Titre
AVIS à une jeune personne entrant dans le monde.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
280
Page de début dans la numérisation
312
Page de fin
289
Page de fin dans la numérisation
321
Incipit
J'ay des conseils à vous donner ;
Texte
AVIS
à une jeune personne entrant
dans le monde.
J'ay des conseils à vous
donner;
- Ce n'cil pas le moyen de
plaire,
Iris on ne divertit guere
Quand on ne fait que raisonner
:
Aussi )'a.u:rois gardé sagement
lesilence,
Où vous n'auriez de moi
que de vaines chansons,
Si
Si je n'avois connu qu'une
heureusenaissance
Avoit dans vostre coeur prévenu
mes leçons,
Souffrez donc que ces vers
aident à vous conduire
Dans cet âge charmant
dont vous allez joüir;
Assez d'autres sans moivoudront
vous réjouir;
Mais peu se chargeront du
foin de vous instruire.
Commencez aujourd'hui le
cours
D'une longue fuite d'annecs,
Esperez en croissant d'heureuses
destinées,
Et qu'une belle humeur anime
vos beaux jours,
Ilsiedmalà quinze ans d'être
triste & réveuse
Mais n'acordez à vos desirs,
Si vous avez dessein d'estre
long temps heureuse,
Que ce que la nature a d'innocens
plaisirs;
Vous n'avez pas besoin Iris
que je m'arreste
A vous montrer quelle est
cette severe Loi
Qui vous ordonne d'estre
honnestes
Le fang dont vons sortez
le fera mieux que moi,
Cet ordre souverain n'admet
point dedispenses,
Et l'honneur en est si jaloux,
Que sur les moindres aparences
Ce Juge rigoureux prononce
contre nous.
Fuyez dans vos discours l'enslure
& la bassesse ;
Qu'ainsi qu'en vos habits
rien n' y soit affeâë)
Qu'une noble simplicité
En fasse l'ornement, la grace
& la richesse,
Celles dont la temerité
-
De ces termessçavans pare
leur éloquence,
Au lieu de montrer leur
science,
Nefontvoir
que leur vanité.
Evitezla plaisanterie,
Dont les traits médisans
percent jusques au coeur,
Et pour réjoüir l'Auditeur
Ne faites point deraillerie,
Aux dépens de vostre pudeur
,
Si les paroles prononcées
Sont les images des pensées,
Voyez sans vous flater d'un
traitement trop doux.
Qu'une severe contenance,
Ne condamnejamais lamodeste
licence,
Des propos que vous entendrez,
Aux bons mots que l'on dit
joignez plûtost les vostres ;
Mais faites quand vous en
direz
, Que les gens dont vous rail-
- lerez
Puissent rire comme les autres.
Qui souffre l'assiduité,
De l'amant que fait sa beauté,
En vain auprés de lui veut
passer pour cruelle;
Un homme qui se voidd'une
femme écouté
A droit de tout esperer d'elle.
N'acoutumez point voitre
coeur
Seduit par la vertu de l'objet
- qui le tente
-
A s'atendrir par la douceur,
Même d'une amitié qui peut
estre innocente.
L'honneur dansce commerce
ctf fort mal assuré,
Ne vous y laissez pas surprendre
,
Un ami si sage & si tendre
Est bien plus dangereux qu'un
amant declaré,
Je ne deffendspas à la prude
De prendre un peu de foin de
ce qu'elle a d'atraits ;
Ce seroit une ingratitude
De négliger les dons que le
--
Ciel nous a faits;
Mais si vous prétendez qu'on
vous estime fage,
Aprenez que le trop de foin
De conserver cet avantage,
Est un infaillible témoin,
Qui montre qu'on en fait
quelque galantusage.
Il ne faut point chercher à
voir
Les interests cachez d'une intrigue
secrerte;
Quand on est curieu se, &
qu'on veut tout sçavoir,
On est seurement indiscret-
: te,
Si le secret vous est malgré
vous revelé,
Cachez le,s'il se peut,avecun
tel silence,
Même
Même à celui dont l'imprudence
Vous en a fait la confidence,
Qiril doute quelquefois s'il
vous en a parlé.
Lamode;est un tiran dont
rien ne nous délivre,
A son bizaicgoût il faut s'acommoder
;
Mais fous les folles Loix étant
forcé de vivre,
Le fage n'est jamais le premier
à les (uivrey
Ni le dernier à les garder.
à une jeune personne entrant
dans le monde.
J'ay des conseils à vous
donner;
- Ce n'cil pas le moyen de
plaire,
Iris on ne divertit guere
Quand on ne fait que raisonner
:
Aussi )'a.u:rois gardé sagement
lesilence,
Où vous n'auriez de moi
que de vaines chansons,
Si
Si je n'avois connu qu'une
heureusenaissance
Avoit dans vostre coeur prévenu
mes leçons,
Souffrez donc que ces vers
aident à vous conduire
Dans cet âge charmant
dont vous allez joüir;
Assez d'autres sans moivoudront
vous réjouir;
Mais peu se chargeront du
foin de vous instruire.
Commencez aujourd'hui le
cours
D'une longue fuite d'annecs,
Esperez en croissant d'heureuses
destinées,
Et qu'une belle humeur anime
vos beaux jours,
Ilsiedmalà quinze ans d'être
triste & réveuse
Mais n'acordez à vos desirs,
Si vous avez dessein d'estre
long temps heureuse,
Que ce que la nature a d'innocens
plaisirs;
Vous n'avez pas besoin Iris
que je m'arreste
A vous montrer quelle est
cette severe Loi
Qui vous ordonne d'estre
honnestes
Le fang dont vons sortez
le fera mieux que moi,
Cet ordre souverain n'admet
point dedispenses,
Et l'honneur en est si jaloux,
Que sur les moindres aparences
Ce Juge rigoureux prononce
contre nous.
Fuyez dans vos discours l'enslure
& la bassesse ;
Qu'ainsi qu'en vos habits
rien n' y soit affeâë)
Qu'une noble simplicité
En fasse l'ornement, la grace
& la richesse,
Celles dont la temerité
-
De ces termessçavans pare
leur éloquence,
Au lieu de montrer leur
science,
Nefontvoir
que leur vanité.
Evitezla plaisanterie,
Dont les traits médisans
percent jusques au coeur,
Et pour réjoüir l'Auditeur
Ne faites point deraillerie,
Aux dépens de vostre pudeur
,
Si les paroles prononcées
Sont les images des pensées,
Voyez sans vous flater d'un
traitement trop doux.
Qu'une severe contenance,
Ne condamnejamais lamodeste
licence,
Des propos que vous entendrez,
Aux bons mots que l'on dit
joignez plûtost les vostres ;
Mais faites quand vous en
direz
, Que les gens dont vous rail-
- lerez
Puissent rire comme les autres.
Qui souffre l'assiduité,
De l'amant que fait sa beauté,
En vain auprés de lui veut
passer pour cruelle;
Un homme qui se voidd'une
femme écouté
A droit de tout esperer d'elle.
N'acoutumez point voitre
coeur
Seduit par la vertu de l'objet
- qui le tente
-
A s'atendrir par la douceur,
Même d'une amitié qui peut
estre innocente.
L'honneur dansce commerce
ctf fort mal assuré,
Ne vous y laissez pas surprendre
,
Un ami si sage & si tendre
Est bien plus dangereux qu'un
amant declaré,
Je ne deffendspas à la prude
De prendre un peu de foin de
ce qu'elle a d'atraits ;
Ce seroit une ingratitude
De négliger les dons que le
--
Ciel nous a faits;
Mais si vous prétendez qu'on
vous estime fage,
Aprenez que le trop de foin
De conserver cet avantage,
Est un infaillible témoin,
Qui montre qu'on en fait
quelque galantusage.
Il ne faut point chercher à
voir
Les interests cachez d'une intrigue
secrerte;
Quand on est curieu se, &
qu'on veut tout sçavoir,
On est seurement indiscret-
: te,
Si le secret vous est malgré
vous revelé,
Cachez le,s'il se peut,avecun
tel silence,
Même
Même à celui dont l'imprudence
Vous en a fait la confidence,
Qiril doute quelquefois s'il
vous en a parlé.
Lamode;est un tiran dont
rien ne nous délivre,
A son bizaicgoût il faut s'acommoder
;
Mais fous les folles Loix étant
forcé de vivre,
Le fage n'est jamais le premier
à les (uivrey
Ni le dernier à les garder.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
L'auteur adresse un avis à une jeune personne entrant dans le monde, lui offrant des conseils pour naviguer dans la société. Bien que ces conseils puissent sembler vains, ils sont présentés comme nécessaires pour guider la jeune personne durant cette phase charmante de sa vie. L'auteur encourage à profiter des jeunes années tout en restant honnête et en évitant les désirs excessifs. Il souligne l'importance de l'honneur et de la modestie, mettant en garde contre les discours ensorceleurs et les plaisanteries médisantes. Il conseille également de ne pas se laisser séduire par des amitiés dangereuses et de ne pas négliger ses attraits naturels tout en évitant de les mettre en avant de manière excessive. Enfin, il recommande de ne pas chercher à connaître les secrets des autres et de suivre la mode avec discernement, sans être ni trop précurseur ni trop en retard.
Est rédigé par une personne