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Titre

SUITE DE LA LETTRE de Quebec, où l'on a adjousté quelques singularitez tirées d'autres memoires.

Titre d'après la table

Suite de la Lettre de Quebec.

Fait partie d'une livraison
Page de début
3
Page de début dans la numérisation
9
Page de fin
48
Page de fin dans la numérisation
54
Incipit

Le festin qu'on donna aux Sauvages se fit proche

Texte
SUITEDELA LETTRE
de Quebec, où l'on a
adjoussé quelquessingularitez
tirées d'autres memoires.
Le festin qu'on donna
aux Sauvagesse fit proche
les bords du grand fleuve
Saint Laurent, il y avoir
environ quinze cens conviez
,
assîs par familles sur
des troncs d'arbres couchez en forme de longs canapez champêtres,dontles
dossiers estoient de feüillages enlassez.A chaque troupe de convive est une grande cliaudiere
,
les unes ont
neuf à dix pieds de diametre
,
les autres plus grandes, on les remplit de
quartiers de boeufs, de
moutons, de cochons, ôc
de l'élite des plus gros
chiens avec leurstêtes qu'
on voit surnager dans une
espece de bouillon en purée qu'on épaissit en y
jettant avec des peles à longs
manches plusieurs sortes
de pois & de graines aromatiques. En attendant
que leurs viandes fussent
cuites,ils estoient tous a/Iïs,
selon leurusage,lementon
entre les genoux, qu'ils levoient de temps en temps:
là paroissoient des visages
peints de toute forte de
couleurs, les uns de bleu;
les autres de rouge, quelques-uns de vert; cestoit
vun blazon universel
,
car
-
on en distinguoit qui par- -
-
toientaupremier&au quatre d'azur, au deux Be trois
-de gueules; d'aurtes parry
àè-fable) ôc de sinople. De
cerrains portoient coupé
de pourpre 6c de gueule :
nous en remarquaimes
plusïeurs qui avoient seulement le nez teint avec le plus beau bleu que l'on
puissevoir, c'estoit de l'outremer,& les yeux noircis
Qvec de la mine de plomb,
presque tous avoient les
cheveux frotez & imbibez
de ce qu'ils appellent Matacha, c'est à-dire de rouge, ou de toute autre peinture 6c de graissè de loup
marin, un duvet d'Outarde
DU de canard sftoir femé
ÏUrces ehevttx. Au nezdes
Outaouacs pendoient de
petites médailles de cuivre
ou de porcelaine de la Virginie. Quelques
-uns avoient des cornes de Caribouxespece de Cerf de
l'Amérique septentrionale) au denns de leurs oreilles, le visage de ceux qui
n'estoient pas Matachez,
c'est dire,peints,estoient
marquez de hieroglyphes
dont les uns
representoient
des serpens qui tomboient
du milieu du front sur le
nez, & dont la quetuëfînik
foitau menton D'autres
avoient des figures de Renards, d'Ours, de Castor,
de Rat., de Pigeon,aux
joues.Ces hieroglyphesdurent autant que la vie, cela
se faisant avec la pointe de
l'aiguille sur la chair, les
piqûres faites, on jette deflus du charbon broyé fore
menu, & de certaines pier-
res de couleur calcinées &
pulverisées après quoy la
figure conferve une couleur bleuastre
,
ou rouge
,
ouvertefélon les poudres.
Toutesles Nations différentesse distinguent parmy les Sauvages par quelque coloris ou hyerogliphes communs entr'eux.
Il y a
quelques.unes de
ces Nations où les jeunes
hommes qui deviennent
amoureux, se pergnentune
figure de cœur sur le front,
& paroissent ainsi couronnez de feuilles devant leur
maistresse, & c'est un lignal de declaration d'amour; & siau bout d'un
certain temps ils ne sont
pas aimez,ils sont obligez
de recolorer ce cœur de
noir, sinonlafamille qui
ne veut point d'alliance
avec celle du jeune amoureux, se tiendroit deshonorêe, & s'ils sont agreez par
la maistresse, elle se peint
à l'imitation de lamant, &
l'amant jointunautrecœur
au premier qu'il avoir
peint
:
mais ces fortes de
peintures d'amour ne sont
quappliquées & non avec
des piqûres comme los
hyerogliphes,&ne durent
que peu de temps, apparemment autant que
,,
leur
amour qui n'est pas plus
confiant que celuy des Européens.
Les Sauvages estoient
armez de haches
,
de ce -
qu'ils appellent casse-testes
oumassues, d'un long couteau à Il ceinture
,
avec
leur arc, & leurs ca quois
garnis de fleches mis en
bandouliere.
Toutes ces differentes
Nations sauvages du Nord
de l'Amérique estant ainsi
rangées, Mr le Marquis
de Vaudreuil Gouverneur
général present, & accompagné de Mr le Chevalier
de Ramezé Gouverneur de
Montreal, le sieur Joncaire Officier François Negotiateur & Envoyé ordinaire chez les Iroquois,
parut au milieu de tous ces
Sauvages, dont oncomptoit treize ou quatorze Nations différentes, il estoie
armé d'une assez longue
perche, à lextremité de la-
quelle essais plantée une
teste de Chien à demy grillée, & qu'il montroit de
toutes parts.S'estant, après
plusieurs cours faits de cossé & d'autre, retiré à un
des bouts de l'assemblée
du costé des Iroquois qu'il
avoit ordre de haranguer,
un autre Officier François
bon lnterprete de la langue des Sauvages d'en
haut, marcha aussi le long
des rangs avec une autre
teste de Chien qu'ilmontra à droite & à gauche,
puis se fut ranger du costé-
des, Nations Outaouaises.,
Ces deux Officiers ainsi
portez, firentalternativement, &à l'extremité des
lignes que formoient toutes ces Nationssàuvages,
la harangue dont voicy la
substance à peu prés, èc
cela de la part d'Onnonthio
,
c'estainsi qu'ils appellent le Gouverneur general des François en Canada.
C'est icy un festin 'lie
guerre pour vous engager
à lever la hache contre: les
Anglais, vostre ennemy
& le nostre, ils ont relolu
de vous aller troublersur
vos nattes & dans vos cabanes. Onnonrhio espere
que vous vous comporterez en hommes,cest-à dire
,
en braves & vaillants
Guerriers.
Les harangues finies
, Mrjoncaire tenant au bout
de son grand baston latedte
de Chien élevée, dansa &
chanta en mesme temps
seul,quiest la maniere des
Sauvages, laissant tomber
négligemment le bras gauche le long des hanches,
& tournant comme un furieux la teste tantost à
droite, tantost à gauche, fe-"
Courbant & redressant le
corps parfaçades
,
écar- -
tant & ferrantles genoux,
quoyque les pieds restent
prcfque joints l'un contre
l'autre. La chanson ne consista qu'à prononcer avec
un assez grand effort de
poitrine, l'ïnterjection hê9
hé, hé, qui est à peu près
celle de nos fendeurs de
bois, ils répondirent à
cette espece de cri de guerre
par ho, ho9 bai, ho, ho,
huiy
hai
,
ce qui ressembloit
assezàunemauvaise musique Iralienne.
Plusieurs Officiers François qui sçavent les maniéres Iroquoises, danserent
&chanterent les unsaprés
les autres
,
portant tous à
la main un des bastons ou
estoit une teste de Chien.
Les danses des Officiers finies, & celles de plusieurs
Chefs des Sauvages, toutes
seul à seul;une teste de
Chien fut presentée au Chef des Iroquois de la
Mission de saint Louis proche l'Isle de Montreal; celuy-cy l'ayant prise la mit
sur ses genoux, car il (fioit
assis, puis il jetta un cri fort
aigu, pour signifier aux autres qu'ilalloit danser
; ce
Sauvage ayant joué foi*
rôle, presenta la teste de
Chien à un autre Chef ou
ancien qui dansa & chanta
assez long-temps il en fut
de mesme de plusieursautresf Chefs de cette Nation.
Les deux testes de Chien
ayantestéainsi portéesde
Chefen Chefdes Nations,
tant Iroquoises, qu'Algonkines & Outaoüaises, les
derniers d'entre les Anciens &Chefs à qui elles
écheurent, les croquerenc
en mangerent lacervelle,
& crieront en leur langage,
ainsiserons-nous de mis. nos enneLes dansesfinies entre
les plus considerables des
Sauvages au bout desept
heures d'horloge ou environ,MrleMarquis de Vaudreuil
,
Onnont hio
,
qui
leur faisoit le festin
,
fit distribuer abondamment à
chaque famille, de la viande& de la biere.
Dans le temps que Mr
le Gouverneur general envoyoit de bons Officiers &
-
des soldats agguerris en
Acadie, pour feconder les
intentions du brave saint
Cassin, Gentilhomme Ga£
con, tres -
fidele fervitcur
de sa Majesté
,
& fortaimé des Acadiens,il arriva
icy un petit bastiment que
des Canadiens en canot le
long des costes venoienc
de prendre; ce fut parcette prise que la nouvellecer-
taine vint - en Canada, de
l'armement des Anglois
contre nous, que leur flotte estoit en mer, contenant dix à douze mille
pommes, avec ce qu'ils
avoient pu ramasser à Baston& aux Villesvoisines,
de bastimentsde transport,
de barques, de doubles
chaloupes.
Un bastiment venant de
Plaisance en Terre-neuve,
& un Irlandois, qui avoit
deserté le party des ennemis, nous vinrent donner
avis quela flotte Angloise
avoit mis à la voile le dixiéme d'Aoust, de Baston.
Un de nos partis de SauvagesAlgonKins, amena
un Iroquois de la Nation
des Goïogoüens, qui asseura que lesjeunes gens d'entre ses freres, malgré le
conseil & le sentiment des
Anciens &desChefs,s'estoienc enfin laisse gagner
par les Anglois d'Orange
&de la Menade ( deux Villes de Newyork) un Sauvage Abnaki, appelle Cadenarec , qui apporroit la
cheveleured'un Anglois,-
& qui amenoit un soldat
qu'il avoit fait prisonnier,
vint nous apprendre qu'il
avoit veu faire lepartage
de quantité de canots &
de pirogues pour mettre
sur le lac Champlain
,
ce
qui confirmoit que le corps
de l'armée Angloise estoit
en marche.
Tant de témoinsnecertifioient que trop que nos
ennemis vouloient nous
attaquer par en haut, c'està dire, du costé de Montréal
; quant à celuy qu'ils
avoient formé de le faire
par en bas, & du costé de
Q)I-uCebcc.Lenomm'Guione
un de nos Flibustiers le plus
alerte, vint nous en asseurer: car ayant esté pris le
13. de Septembre dans la
riviere de saint Laurent,
& presqu'aussi
-
tost relasché (àcause que l'année
précédente1710. )
il avoit
pris luy. mesmel'Anglois
qui venoit de se rendre
maistre de son petit bastiment, & qu'il en avoir esté
traité humainement, il
nous rapporta qu'il avoit
veu la flotte des Anglois
vers
vers le Cap Matane ,& à
soixante lieuës de Quebec,
qu'il avoit compté plus de
quatre-vingt dix voiles.
Mr le Gouverneur génera l
,
sur des avis si marquez, ramassa tout le de-.'
tachement des troupes de
la Marine, qui sont les
troupes reglées dessinées à
garder la colonie; Mr de
Ramezay Gouverneur de
Montréalluy amena plus
de neuf cens Canadiens,
tous bons guerriers, enfin
on ramassa beaucoup de
troupes. La capitale de la
nouvelle France Quebec,
estoit fortifiée par Mr le
Chevalier de Beaucour Capitaine
,
& fort habile Ingenieur.
La seconde Ville du Canada qui est Ville
-
Marie, vulgairement appellee
Montréal
,
à cause d'une
montagne, qui traverse
dans sa longueur une petite partie de fIne: de ce
nom, n'est fortifiée que de
pallissades
,
elle est flanquée du costé de la campagne de trois bastions &
les choses estoient dans
cet estat lorsque nous apprismes par deux Canadiens venus de laTerrede
Labrador, à la coste du
nord du fleuve saint Laurent, la manœuvre des
Anglois depuisl'endroit où
est une baye aÍfez profonde à la coste du Sud jusques au Cap Matane du
mesme costé de la riviere,
& cela jour par jour. Ces
genslà ont veu des débris
de sept vaisseaux de hautbord, parmy lesquels estoit
l'amiral de la flotte, si on
en juge par le pavillon &
la flamme qui en ont elri
apportez icy par le fie ur de
la Valiere;ils ont compte
pendant cinq lieuës de
chemin le longdu rivage,
quinze cens corps noyez,
parmi lesquels estoit une
femme très- proprement
habillée qui tenoitsous un
de ses brasun petit enfant
qu'ellen'a voir pointlasché
en se noyant
,
&unjeune
Anglois qui tenoit encore
une planche, n'estoit pas
loin d'elle. Ces habitants
découvrirent aussi plufleurs chevaux morts, tout
cela esoit melle parmy
des hauts bans
,
des masts,
des cables de différentes
grossèurs, des banques, des
coffres de bord de toutes
façons, ils y remarquèrent
aussi quantité d'uftvnciJes
& de pièces de mesnage,
comme des chaudières, des
poëlons, des casseroles, des
matelats, des berceaux, &
mille autres choses qu'il feroit ennuyeux de vous rap.
porter. Un furieux coup
devenr,le troisième Septembre, quelques uns ont
dit que c'estoit du Sud Sud-
oueltJlesavoit portez avec
impecuollcé
,
sur rifle aux
œufa, & ensuite à la colle
du Nord, puisàcelle du
Sud, les bons Pilotes leur
manquaient. Il est certain
que le fleuve saint Laurent
est très-difficile à pratiquer, mesmes aux plus anciensPilotes
; car outre
qu'il est herisse d'isles, donc
les approches font trembler) les bords en cftant
efcarpez, il est plein de
battures
,
de brisants
,
ou
rochers, dont quelques-
-
uns fontà fleur d'eau.ou-
f tre cela le canal que l'on
prend ordinairement
,
a
peud'estenduë, c'est au
Nord, on est cependant
obligé de ranger d'afîcz
près cette coste, sur roue
vers t'iHe aux Coudres
,
le
CapTourmente la Traverse. La coste du Sud cft
beaucoup plus apparente,
quoyqu'elle foit très- certainement moins faine que
celledu Nord
:
je ne iciche que feu Mr le Chevalier d'iberville qui le foin
hafirdé de la ranger ,je
parle de la cofte du Sud du
fleuve saint Laurent.
Nousetions encore dans"
l'attente des ennemis à
Québec ,& nous nous tenions sur nos gardes au milieu de toutes ces nouvelles
de la défaite des Anglois
dans la riviere par la tempeste. Lorsque le Heros,.
vassfeau duRoy,commandé par Mr le Chevalier de'
Beauharnois de Marigny,
est venu mouiller dans la
rade de cette Vjne,çaefiéle sîxiéme d'Oâobre. Ce
gros navire a procuré à la
Colonie un secours consi
durable d'hommes & de
munirions de guerre, il a
faitdeux prises en venant)
& en a
bruslé une, il a amené l'autre jusques icy
,
& a
louvié & couru plusieurs
bordées,tantofl: à bas bord,
tantost à stribord pendant
l'espace de dix-sept jours
dans la fécondé riviere de
(iint Laurent sans avoir
rencontré aucun vaisseau
ennemy. Lacirconstance
d'un auni gros bastiment
que le Heros qui passe à
tr-aversunefloue ennemie
sans en estre arresté,for-
moit deftranges & fâcheux soupçons contre le
Flibufticr Canadien nomme Guyon, & quelques au.'
tres qui avoient compte
les Navires des Anglois
qui paroissoient occuper
tout le travers du grand
fleuve faint^Laurent. Tous
ces faits se font neanmoins
trouvez trèsconformes à
la verité, la flotteavoir repris le chemin d'Europe,
& on avoir renvoye quelques bastiments à Baston,
dans la nouvelle Angleterre.
Mr nostre General afleuré de la dispersion Ôa:' de la
ruine de la flotte Angloise, pensà d'abord à aller fecourir le haut Canada, je
veux dire le Montreal, &
tout le Gouvernement de
rIfle de ce nom, il prit à
cet effet mille ou douze
cens hommes
,
tant de
Quebec que des trois Rivieres, & vint en diligence
joindre Mr le Baron de
Longueil Lieutenant de
Roy de Ville-Marie, ou
Montreal) quiestoit desja
au Fort de Poiitchartrain,
ou de Chamblis) pour s'opposer, ôc aller delà au devant du General Nicholson
a
les Anglois venoient
attaquer la Colonie de ce
cofté- là pour faire diverfion de nos forces. -
Mr le Marquis de Vatidreuil ayantefté informé,
que les ennemis prenoienc
J-d. fuite,decacba apiés eux
Mrs de Rouville, la chau.
vinerie & de Vieuxpont,
pour donner sur l'arrieregar dedes ennemisle long
duLac de Champlain,
;Voila Mr où en clîoienç
les choses sur la fin d'Octobre dernier
y
nos ennemis se font défaitssans que
nous ayons perdu un seul
homme. Le Sauvage On.
iiontagué a
racontéa. nos
Officiers, que le restedes
Anglois reprenoit le chemin d'Orange & de la Mo.
nade.
Parmi les prisonniers que
les Sauvages Abnakis nos
alliez
,
ont faits cette année dans la nouvelle Angleterre) il s'en trouve un
bien remarquable, c'est
un Anglois de la Ville de
Northampton
,
âgé d'environ cent ans, son fils
qui l'accompagnoit dans
un champ où il alloit ra- maÍfer du foin, ayant esté
tue, sonPere courut à un
petit bois voisin, & s'y cacha en se courbant derriere un arbre, mais pas si
bien qu'un Sauvage ne l'y
appcrceuft>celuy -cy fuy
lalchaun coup de fusil donc
la balle passale long de l'épine du dos, & fut s'arrefier entre cuir & chair un
peu au dessous de l'épaule
gauche. Cet Anglois ayant
esté amené par le party des
Sauvages Abnaxis à Montreal
,
il a
esté pensé soigneusement, la balle qu'on
luya tirée s'esttrouvéeapplatie, &le prisonnier n'avoit jamais senti aucune
douleur dansles vertebres,
quoyque la balle eust passé
par tant d'endroits. & d'à* 1, II ne épaule à
l'autre, b
L'année a
estéabondante en ce pays
-
cy en toute
forte de grains, nous avons
eu le bonheur & le temps
d'en faire la recolte, & de
les ferrertous. L'hyver qui
est d'ordinaire iî senfilec
en Canada,a eslédoux.,,ia
quelques huit ou dix jours
près, qui ont cependant
suffi pour glacer le fleuve,
mais si ferme qu'on alloit
d'icy à Montreal en cariole & sur detraifneaux
,
le
froid n'a commencé que
vers les derniers jours de
Janvier ce qui est extraordinaire en Canada où la
grande Riviere de S. Laurent toute large & rapide
qu'elle est, prend ordinairement au moins sur les
bords vers le commencement
ment deNovembre du cossé d'en haut, je veux dire
en remontant le fleuve du
cossé de ritle de Montreal.
Des Sauvages de la Mis
sion de Mr de Breslay, ont
découvert à environ vingt
lieuës de Montreal au mois
de Juin dernier) une carriere qui semble estre toute de marbre
,
& mesme
d'une espece de jaspe, c'est
toute unemontagne a peu
prés longue d'une demi
lieuë, ce sont des Nepissings,ou Algonkins esta-
blis dans l'IsleauxTourtes,
à l'extremité d'en haut de
rIfle de Montreal,qui ont
fait cette découverte, &
en ont apporté de gros
morceaux au retour de
leur chasse qui dure des
quatre & cinq mois chez
les Sauvages. J'en ay veu
un morceau qu'ils ont apporté, dans lequel il m'a
paru quatre couleurs difserentes qui font espacées
regulierement
,
formant
comme des especes de flammes, avec des estoillesaux
extremitez, où l'on voit
comme des pailletes brillantes
,
& entre ces rangées de flammes il y a
des
especes de spirales ou limaçons du plus beau, couleur de feu & noir, & ce
qui rendroit ce marbre exquis, c'est qu'il est aussi dur
& aussi lié que le marbre
blanc.
11 Il y en a
d'autre plus
brun, qui a toutes les varierez de la pierre de jaspe, mais les quatre costez,
par exemple d'un carreau
de deux pieds cubes, sont
tous différentsen couleur
Ge mineral, quoyque pesant & dur,ma semble assez
facileàtailler. Cettemontagne qui n'est qu'une carriere, au rapport des Sauva ges,
ébloüit les yeux des
personnes.qui la regardent
un peu fixement à cause de
diverses couleurs que le
Soleil y
fait briller. Ces
Algonkins disent que cette
merveilleuse carriere n'est
esloignée du fleuve saint
Laurent que d'une demi
lieuë, que l'on y voit de
fort grosses pierres toutes
d'une mesmecouleur, les.
unes rouges,les autres de
couleur d'un beau bleu de
turquoise, quelques
0-
unes
de noires, ôc d'autres jaC*
pées,& tellesque le morceau dont je vous ay parlé.
Voicy une autre découverte .de' mineraux
,
c'est
- une mine de plomb qui a
esté trouvée par des habitansCanadiens à la coste
du Sud, que l'on, appelle
icy Coste de Varenne, du
nom du Seigneur de cette
contrée, c'est vis-à-vis la
partie d'en bas de l'Isle de
Montreal une lieue & de-
mie au dessous de Roucherville. Cette découverte a
esté faite cette année à la
fin du mois d'Aoust. On a
apporté de cette mine un
morceau du poids de soixante livres, qui aprés avoir
estéfondu, ne s'est trouvé
diminué que d'un demi
quart, & dont l'œil est rougeastre,mais pourtant argenté comme l'étain. Plusieurs morceaux de cette
espece de plomb furent
trouvez dans cette mine,
mais on les laissa. Les habitans des environs ageu-
rent n'avoir jamais pufaire
venir de bled dans leftcnduë de quatre ou cinq arpents qui occupe cette mine
,
qu'il y
avoit ordinairement beaucoup moins
de neiges en cet endroit
qu'ailleurs, & qu'elle s'y
fond beaucoup plustost.
Le pourpre a
fait bien
du ravage icy, ie dis dans
Quebec, carle mal ne s'est
point estendu jusqu'au
Montreal. Cette maladie
nous a
enlevé plusieurs Ecclesiastiques du Séminaire
des Missions Eftrangeres,
Jesuites., Recollets, ôc
Religieuses Hofpiralieres.
Nous comptons outre cela
trois cens Laiques morts
en tres peude temps dans
cette Ville ou aux environs.
OnOn donnera dans le
Mercure prochain, ou
dans celuy d'après une
autre Relation ou espece
de voyage meslé d'avajitures tres -
nouvelles c~
tres-veritables
Collectivité
Faux
Lieu
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Résumé
Le texte relate un festin organisé pour des nations amérindiennes près du fleuve Saint-Laurent, réunissant environ quinze cents convives. Ces derniers étaient assis par familles sur des troncs d'arbres disposés en forme de canapés champêtres. Les repas étaient servis dans de grandes claudières contenant des quartiers de bœufs, de moutons, de cochons et de chiens, cuits dans un bouillon épais avec des pois et des graines aromatiques. Les convives avaient des visages peints de diverses couleurs et portaient des médailles ou des cornes de caribou. Certains arboraient des hiéroglyphes représentant des animaux ou des symboles d'amour. Le gouverneur général, le Marquis de Vaudreuil, accompagné du Chevalier de Ramezé et de l'officier Joncaire, harangua les nations présentes pour les inciter à lever la hache contre les Anglais. Les officiers français dansèrent et chantèrent, portant des perches avec des têtes de chien grillées. Les chefs amérindiens firent de même, et les têtes de chien furent finalement mangées par les derniers chefs. Parallèlement, des nouvelles alarmantes arrivaient sur l'armement des Anglais et leur flotte en mer. Des témoins rapportèrent des débris de vaisseaux et des corps noyés le long du fleuve Saint-Laurent. La colonie se préparait à une attaque imminente, avec des troupes rassemblées à Québec et Montréal. La tempête avait causé la défaite de la flotte anglaise, et la colonie attendait l'arrivée des ennemis tout en restant sur ses gardes. Le texte mentionne également plusieurs événements et découvertes dans la région du fleuve Saint-Laurent et au Canada. Un navire a navigué pendant dix-sept jours sans rencontrer de vaisseaux ennemis, malgré la présence de navires anglais. Cette expédition a suscité des soupçons contre un flibustier nommé Guyon. La flotte ennemie a repris le chemin de l'Europe, et certains navires ont été envoyés à Boston. Le général canadien a décidé de se diriger vers Montréal pour défendre la colonie contre une attaque anglaise. Les forces ennemies ont été repoussées sans perte humaine du côté canadien. Parmi les prisonniers, un Anglais âgé d'environ cent ans a été capturé et soigné après avoir été blessé par une balle de fusil. L'année a été abondante en grains, et l'hiver a été doux, avec une glace sur le fleuve permettant les déplacements en cariole. Des Sauvages ont découvert une carrière de marbre et de jaspe près de Montréal, ainsi qu'une mine de plomb sur la côte de Varenne. La maladie du pourpre a causé de nombreuses victimes à Québec, notamment parmi les ecclésiastiques et les laïcs. Une relation détaillée de ces événements sera publiée dans le prochain Mercure. L'œuvre 'Les Trois Vérités' est attribuée à l'empereur romain Julien, connu sous le nom de Julien l'Apostat. Julien y expose sa vision de la divinité et de la nature humaine. Il affirme que la divinité est une réalité tangible et non une abstraction. Il distingue trois vérités : la divinité existe et est présente dans toutes les âmes humaines ; elle est une et indivisible ; elle est bonne et bienveillante. Julien explique que la divinité est à la fois immanente et transcendente, présente en chaque être humain mais aussi au-delà de la compréhension humaine. Il souligne que la connaissance de cette divinité est accessible par l'intellect et la contemplation. Julien critique les religions qui adorent des divinités multiples ou considèrent la divinité comme éloignée de l'humanité. Il insiste sur l'importance de la vertu et de la sagesse pour se rapprocher de la divinité. Enfin, il conclut en affirmant que la véritable connaissance de la divinité conduit à une vie vertueuse et harmonieuse.
Constitue la suite d'un autre texte
Provient d'un lieu
Soumis par delpedroa le