Titre
RECEPTION DE Mr. LE LIEUTENANT CIVIL.
Titre d'après la table
Reception de Mr le Lieutenant Civil.
Fait partie d'une livraison
Page de début
239
Page de début dans la numérisation
261
Page de fin
246
Page de fin dans la numérisation
268
Incipit
Le Samedy 4. Octobre, Mr d'Argouges de Rannes fut
Texte
RECEPTION
D E
Mr.LE LIEUTENANT CIVIL.
Le Samedy 4. Octobre,
Mr d'Argouges de Rannes
fut instalé dans la Charge
de Lieutenant Civilpar*Mr
Godard Conseiller de la
Grand'-Chambre.
Mr Godard le conduifit
d'abord au Parc Civil
où présidoit pour lors Mr
Pasquier Lieutenant Particulier
avec plusieurs Confeillers.
Là MrGodard prir
la place du Président, &
mitMr le Lieurenant Civil
à sa droite, ou l'Avocat du
Roy luy fit un Discours.
EnsuiteMr Godard, que
Mr le Lieutenant Civil
avoit prié de bonne foy de
ne luy point composer d'Eloge
, ne luy dit que quelques
mots sans préparation
sur le choix du Roy. Ce
choix
,
dit il
,
d'un Roysi
juste & siéclairé,estun gage
àses puples des lumieres &
de l'équitéduJuge qu'il leur
donné.
Il
Il luy propola ensuite
pour modelle dans saFamillemesme
,
Mrs le Pelletier
,
qui remplirent si
dignernent les premieres
places de l'Etat & qui
joignent, continua-t'il
,
à
tant de vertus, celle qui les
releve toutes;cess cette modeflie
,vertusi rare dans l'élévation
, &surtout avec les qualitez
brillantes quevous poJJedez
; mais cette modestie que je
louë en vous m'imposeJtlence.
Mr Godard prononça enfuite
les mots essentiels au
Cérémonial de l'instalation
; c'est icy
,
dit-il, que
mous rendrezjustice aux Sujets
du Roy.
La mesme modestie
qui fait craindre les
éloges à Mr le Lieutenant
Civil, luy fit prononcer
sa réponse si
bas, que peu de gens
l'entendirent. Comme
j'estois assez prés pour
entendre,je hazarday à
la faveur du sens que
j'ay retenu de faire tort
au tour & aux exprcfsions
qui peuvent m'estre
échapées.
Persuadé quejesquis
3
Mon.
fleur
:J
de l'importance de mes
devoirs
,
je ressens combien il
m'est difficile de les remplir.
L'illustre Magistrat auquel je
succede
,
est un de ceux dont
l'exempleeg toujours ref^efiabley
& toujours redoutable à
ses successeurs. Ce Tribunal
est encore tout plein desgrandes
idées de juflice qui estoient le
principe & la réglé de ses
jugements. Son image estgravée
dans vos coeur, dit-ilaux
Conseillers
, je ne viens
point l'effacer.Heureuxsije
puis la retracer soiblement.
Vous my aiderez ,Mersieurs,
& en entrant icy je
compte sur les lumieres etune
Compagniesiaccoustumée à
connoistre la juflice
, .& à la
rendre.
1
, Lejour qu'on instale un
Lieutenant CIvIl, on plaide
une Cause devant le
Conseiller de la Grand'- Chambre dont le prononce
est un Arrestquoyqu'au
Chastelet
,
parcequ'ilrepresente
là leP-arleillent,
Cette Audiance finie,
le Conseillerc'est-à. dire,
le Parlement, va instaler
le Lieutenant Civil à la
Chambre Civile, & de là
àla Chambre du Conseil,
où sont le Lieutenant Criminel&
le Lieutenant Particulierqui
vont au devant
du Parlement jusqu'à la
porte, & c'etf à la Chambre
du Conseil que le Lieutenant
Civil commence Ces
fondions.
Feu Mr le Camus a esté
Lieutenant Civil prés de
quarante ans. il fut nomme
pour remplir cette placeau
mois de Juillet i6-jia*
D E
Mr.LE LIEUTENANT CIVIL.
Le Samedy 4. Octobre,
Mr d'Argouges de Rannes
fut instalé dans la Charge
de Lieutenant Civilpar*Mr
Godard Conseiller de la
Grand'-Chambre.
Mr Godard le conduifit
d'abord au Parc Civil
où présidoit pour lors Mr
Pasquier Lieutenant Particulier
avec plusieurs Confeillers.
Là MrGodard prir
la place du Président, &
mitMr le Lieurenant Civil
à sa droite, ou l'Avocat du
Roy luy fit un Discours.
EnsuiteMr Godard, que
Mr le Lieutenant Civil
avoit prié de bonne foy de
ne luy point composer d'Eloge
, ne luy dit que quelques
mots sans préparation
sur le choix du Roy. Ce
choix
,
dit il
,
d'un Roysi
juste & siéclairé,estun gage
àses puples des lumieres &
de l'équitéduJuge qu'il leur
donné.
Il
Il luy propola ensuite
pour modelle dans saFamillemesme
,
Mrs le Pelletier
,
qui remplirent si
dignernent les premieres
places de l'Etat & qui
joignent, continua-t'il
,
à
tant de vertus, celle qui les
releve toutes;cess cette modeflie
,vertusi rare dans l'élévation
, &surtout avec les qualitez
brillantes quevous poJJedez
; mais cette modestie que je
louë en vous m'imposeJtlence.
Mr Godard prononça enfuite
les mots essentiels au
Cérémonial de l'instalation
; c'est icy
,
dit-il, que
mous rendrezjustice aux Sujets
du Roy.
La mesme modestie
qui fait craindre les
éloges à Mr le Lieutenant
Civil, luy fit prononcer
sa réponse si
bas, que peu de gens
l'entendirent. Comme
j'estois assez prés pour
entendre,je hazarday à
la faveur du sens que
j'ay retenu de faire tort
au tour & aux exprcfsions
qui peuvent m'estre
échapées.
Persuadé quejesquis
3
Mon.
fleur
:J
de l'importance de mes
devoirs
,
je ressens combien il
m'est difficile de les remplir.
L'illustre Magistrat auquel je
succede
,
est un de ceux dont
l'exempleeg toujours ref^efiabley
& toujours redoutable à
ses successeurs. Ce Tribunal
est encore tout plein desgrandes
idées de juflice qui estoient le
principe & la réglé de ses
jugements. Son image estgravée
dans vos coeur, dit-ilaux
Conseillers
, je ne viens
point l'effacer.Heureuxsije
puis la retracer soiblement.
Vous my aiderez ,Mersieurs,
& en entrant icy je
compte sur les lumieres etune
Compagniesiaccoustumée à
connoistre la juflice
, .& à la
rendre.
1
, Lejour qu'on instale un
Lieutenant CIvIl, on plaide
une Cause devant le
Conseiller de la Grand'- Chambre dont le prononce
est un Arrestquoyqu'au
Chastelet
,
parcequ'ilrepresente
là leP-arleillent,
Cette Audiance finie,
le Conseillerc'est-à. dire,
le Parlement, va instaler
le Lieutenant Civil à la
Chambre Civile, & de là
àla Chambre du Conseil,
où sont le Lieutenant Criminel&
le Lieutenant Particulierqui
vont au devant
du Parlement jusqu'à la
porte, & c'etf à la Chambre
du Conseil que le Lieutenant
Civil commence Ces
fondions.
Feu Mr le Camus a esté
Lieutenant Civil prés de
quarante ans. il fut nomme
pour remplir cette placeau
mois de Juillet i6-jia*
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Résumé
Le 4 octobre, Monsieur d'Argouges de Rannes fut installé dans la charge de Lieutenant Civil par Monsieur Godard, Conseiller de la Grand'-Chambre. La cérémonie débuta au Parc Civil sous la présidence de Monsieur Pasquier, Lieutenant Particulier, en présence de plusieurs conseillers. Monsieur Godard installa Monsieur d'Argouges à sa droite, où l'Avocat du Roy prononça un discours. Monsieur Godard, malgré la demande de ne pas composer d'éloge, parla du choix du Roi, soulignant sa justice et sa clarté, et proposa Monsieur le Pelletier comme modèle de vertu et de modestie. Il rappela ensuite au Lieutenant Civil son devoir de rendre justice aux sujets du Roi. Monsieur d'Argouges, par modestie, exprima la difficulté de remplir ses devoirs et l'exemple laissé par son prédécesseur, soulignant l'importance de maintenir les grandes idées de justice du tribunal et comptant sur le soutien des conseillers. Lors de cette installation, une cause est plaidée devant le Conseiller de la Grand'-Chambre, dont le prononcé est un arrêt rendu au Châtelet. Après cette audience, le Parlement installa le Lieutenant Civil à la Chambre Civile, puis à la Chambre du Conseil, où le Lieutenant Criminel et le Lieutenant Particulier l'attendaient pour commencer ses fonctions. Monsieur Camus avait occupé la charge de Lieutenant Civil pendant près de quarante ans, étant nommé en juillet 1614.