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Titre

NOUVELLES de Turquie.

Titre d'après la table

Nouvelles de Turquie,

Fait partie d'une livraison
Page de début
293
Page de début dans la numérisation
303
Page de fin
303
Page de fin dans la numérisation
313
Incipit

A Vienne en Autriche, le 9 Janvier 1711. Il n'est

Texte
NOUVELLES
de Turquie.
A Vienne en Autriche, le
9 Janvier 1711.
Il n'est plus question de
douter de la déclaration de
la guerre quele Grand Seigneur
a faite au Czar,
au Roy Auguste & à leurs
adherans; elle a elle publiée
à Belgrade & dans toutes
les Villes de Livonie & de
Pologne, d'où on mande
que le Czarenavoit lanouvelle.
Il y a des avis à Vienne
que l'Ambassadeur de
Moscovie a estéarrêté à
Consraminople; & il est certain
que le sieur d'Alman
Envoyé de l'Empereur en
cette Ville a écrit que l'on
se tint sur ses gardes, qu'il
y avoit un corps, de Troupesde
quarante mille hommesqui
ne tarderoit pas à
faire des incursions; & cela
s'accorde assez avec ce que
l'on m'écrit deDuntzic,dont
je parlerai tout à l'heure.
Voicy comment les Turcs ont
disposé leurs forces.
Le Kam des Tarrates
commanderaune armée qui
agira en Moscovie au delà
du Boristhéne.
Le Roy de Suéde en
commandera une autre,
composée de ce qu'il a pu
conserver desesTroupes,
de lapetite armée- du P^lia«.
tCinosdaeKqiuoveies&.ddecqquliecllqouuecss
Eciatroilieme de cent
mille hommes, sera commandée
par le Grand Seigneur
en personne, assisté
de Cuproly dernier Visir
déposé, que sa Hautesse a
rappelle auprés d Elle.Cette
armée, doit estre le15 Mars
à Andrinople;& si cela est
vrai, il n'y a presque point
à douter que le Turc n'ait
formé un dessein sur la
Tranfilvanieou la Hongrie;
car si le seulobjet estoit d'aller
contre les Moscovites;
il ne faudroit pas prendre
une route si détournée.
Quoiqu'il en soit, jamais
la Cour de Vienne na
esté plus intriguée qu'elle
l'est aujourd'hui. Elle a donné
ses ordres à ses Generaux
qui font en Hongrie,
malgré la saison si avancée;
le besoin que souffrent les
Troupes, & le dégât que
fait dans ce pays la contagion,
de pour suivre les avantages
qu'ils y ont eu depuis
quelques mois.
Sa Majesté Imperiale
risque beaucoup pour son
armée à cause de la contagion
qui cil: parmi lesHongrois,
mais le peril presse y
& l'on regarde comme un,
grand bien la conqueste do
quelques Places qui peuvent
servir à barrer le Turc.
Aprés ia prisc d'Esperies les
Allemands venoient de se
rendre Maistre deScharkat
petitePlace, mais tres-forte,
qui en le passage entre
Arath & le grand Wacadin.
Les conseils quel'on tient
tous les jours à la Cour de
Vienne sont assez connoître
à l'Empereur de quelle
importance il est pour lui
d''aaVvoOiIrr une ggrroossec aarrnmlCéCe cn;i
Hongrie, qui le rende respectabte
au Turc, & pour
cela on netrouve point de
plus prompt moyen que celui
d'y faire repasser ses
Troupes d'Italie, mais l'on
craint en même temps que
les Princes Italiens se voyant
délivrezdeces Hôtes quileur
ontesté si onereux,
ne fassent entr'euxune ligue
pourleur liberté;& l'on
m' écrit que cetteconsiderationadéterminél'Empereur
à les y laisser,afin de s'y
maintenir en credit, cependant
comme il estimpossible
que dansces embarras
pressans l'on se détermine
tout d'un coup à un parti.
Sa Majesté Imperiale a fait
demander au Nonce du Pape
si Sa Sainteté ne voudra
pas contribuer, à l'imitation
d'Innocent XI. à une
guerre quiinteresse toute la
Chrétienté ,puisqu'elle se
fait contre les Moscovites,
avec qui le Roy Auguste a
de tres - étroites liaisons.
Il a recommandé au Nonce
d'avoir incessamment réponse
du Pape sur cela
,
pour prendre ses mesures;
j tous les Couriers, qu'il Ireçoit de Catalogne ne
sont que pour avoir de
prompts secours, &tous
ceux que le Comte deZinzendorf
envoye de la Haye,
tendent à la même chose.
L'on dit donc que l'Empereur
fera passer en Catalogne
quelques Regimens qui
sont en Italie,& qu'on les
remplacera le mieux que
l'on pourra par des recruës
que l'on y fera filer; en ce
cas il restera peu de Troupes
en Hongrie & en Italie.
L'on me mande de Dantzick
que l'on y avoit des
nouvelles que quarante milleTarcares,
lesquels devoient
estrejoints par douze mille
Janissaires,estoinet entrez en
Valachie; qu'on craignoit
pour Caminiek, où le Roy
Augusteavoit donné ordre
d'envoyer incessamment
quelque argent pour payer
la Garnison&relever les
Fortificationsde cette Place
;quece Prince seroitobligéde
retirer les Troupes
du service des Hollandois,
& que l'onest d'autant plus
Jemba-
rrae sasé' pourl'a1,rmé1e
d'Allemagne qui doit maintenir
laneutralitéduNord,
qu'on avoit appris que l'on
préparoit en Suéde douze
mille hommes pour les faire
passer en Pomeranie & se
joindre au General Craffaw,
Le Moscovice jusqu'à..prosent
fait bonne mine;ilprétend
qu'après avoitassuré
ses conquestes en Livonie;
il opposera quatre-vingt-dix
mille hommes au Royde
Suéde.
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
En janvier 1711, la déclaration de guerre du Grand Seigneur contre le Czar, le roi Auguste et leurs alliés est confirmée. Cette guerre est annoncée à Belgrade et dans diverses villes de Livonie et de Pologne. À Vienne, des rumeurs indiquent l'arrestation de l'ambassadeur de Moscovie à Constantinople et la présence d'un corps de troupes turques de quarante mille hommes prêt à attaquer. Les Turcs ont déployé leurs forces de manière stratégique. Le Khan des Tartares commandera une armée en Moscovie au-delà du Dniestr. Le roi de Suède dirigera une autre armée composée de ses troupes restantes et de celles du prince de Moldavie. Une troisième armée, forte de cent mille hommes, sera commandée par le Grand Seigneur en personne, assisté du dernier vizir déposé. Cette armée doit se rassembler à Andrinople le 15 mars, suggérant une possible attaque sur la Transylvanie ou la Hongrie. La Cour de Vienne est en alerte maximale. Malgré la saison avancée et la contagion parmi les troupes, l'Empereur a ordonné à ses généraux de poursuivre les avantages militaires. Les conseils à la Cour de Vienne soulignent l'importance de maintenir une grande armée en Hongrie pour dissuader les Turcs. Cependant, l'Empereur craint que les princes italiens, libérés des troupes impériales, ne forment une ligue pour leur liberté. L'Empereur a également sollicité l'aide du Pape pour une guerre contre les Moscovites, alliés du roi Auguste. Des renforts sont demandés en Catalogne et en Allemagne pour maintenir la neutralité du Nord. Le roi Auguste prépare des défenses en Valachie et envisage de retirer ses troupes du service des Hollandais. Le Czar, quant à lui, affirme qu'il opposera quatre-vingt-dix mille hommes au roi de Suède après avoir sécurisé ses conquêtes en Livonie.
Soumis par kipfmullerl le