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1713, 12 (Gallica)
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45.60 Mo
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298
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Texte
MERCURE
GALANT.
» A PARIS, M.DCCXIII.
AvecPrivilege du R.tJJ." ,
par le Sieur DuF
Mois
de Décembre
1713.
te prix est30. fols relié en veau, 3i
25. sols, broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JOLLET, au Livr.
Royal, au bout du Pont S.Michel
ducôte du Paiais.
PIERRE RIBOU, à l'Image S. Louis,
sur le Quay des Augustins.
CILLES LAMESLE, à l'entrée de la ruij
du Foin, du côté de la rue
, Saint Jacques.
yCCJ4F>robationt&PrivilègeàUKtu
ETRENES.
N donne au Public
en étrenes un
renouvellemeT de
foins pour le Mercure,
DU plutôt un Mercure
hotiveau., celui de l'an
passéayant beaucoup
langui
, parce que l'auteur,
par des raisons
qu'il a dites les mois derniers
,
n'a pas pu s'y appliquer,
& n'a pu être
reconnu pour auteur
que parce que le privilege
cft en son nom.
Il a chargé du soin du
Mercure en general un
associé, qui contentera
le Public autant que le
Public peut être contenté
, c'està dire tantôl
,OUI, tantot non, & autant
que le peut permettre
un livre qui ne sçauroit
jamais contenter
tout le monde: ce qui
est, comme on sçait, la
définition du Mercure.
> L'auteur tâchera d'y
placer toujours quelque
petit morceau de lui,
Taille que vaille. Il n'a
pu y mettre que fort peu
de chose ce mois-ci
,
6C
lpu" riie les lesteurs de ne
rien attribuer que
quand il y meetra son
nom ou sa marque, qui
sera D, F. Il a ses raisons
pour donner cet avis.
Au reste, il lui paroic
qu'excepré exactitude
& quelques mémoires
recherchez qu'
on aura dans la fuite,
ceMercure-ci estpassa«
ble, au degré qu'un Mercure
doit l'être. C'estaù
Public à en juger.
ERUDITION SUR LES
Etrenes.
Par M. ÏAbbèROF* * *
LEs anciens auteurs
ne
sont pas d'accord entre
eux de l'origine du nom
d'étrenes. Lesunsappellentétrenes
ce qu'on
donnedansunjourconsacré
pour souhaiter
quelque bonheur,& la
superstition des autres
tire ce bonheur de la su.
perstition des nombres.
Quetcjues-uns ne souhaitoientd'heureux
que le
troisiéme jour, &c ce
nombre de trois comprenait,
selon eux, tous
les jours su i vans. Âinsi
écrenes, selon eux,c'est
troisiémes,comme si tous
les jours de l'année dépendoient
du troisième.
Ainsi troisièmes c'est trenæ-'
auquel motajoûtant
la,lettreS,selon un ufa~
geancïcn, cela faitfirc-
D'autres font deriver
ce mot de la Déesse Stretinie
ou Strenuë. De la
forêt consacrée à cette
Décile sont venuës les
vervenes qui servoient
de présages à la nouvelle
année.Plusîeursauteurs
doutent que cette vervene
fût la même chose
que le gui chez nos Gaulois,
appelle le gui-l'anneuf.
Les Gentils ont fait
cette DeClle, qu'on as
adorée enfuire à Rome
fous le nom de Strenna,
après luy avoir élevé un
Temple dans lavoye sacrée
, vers le quarriéme
quartier de la ville, qui
regardoit la citadelle,
c'est à dire à peu prés ou
font situez à present les
Carmes,assez proche de
l'Amphiteatre Flavien
& du Temple de Vesta
, à côté de la colinc
du Mont Palatin.
On invoquoit Strenna
pour rendre la jeunesse
Romainecourageuse
; comme la Déesse
Agenorie pour l'exciter
à agir, & Stimule pour
lui inspirer la ruse &
ladresse : & en même
temps ils bannirent hors
-de la ville la Déesse du
repos, de peur quelle
n'inspirât la paresse aux
habitans.
Ils appelloicntceux
qur donnent des êtrenés
muneraires, comme
ceux qui faisoient represencer
& donnoient
des spectacles aux peupte:;.
Quintilien fait Augure
auteur de ce mot.
Les muneraires s'appelloient
avant lui les maîtres
des Jeux.
Ce qui distingue furtout
les presens consacrez
à Strenna, & qui
leur rend propre le nom
d'étrenes, c'cft quand on
se fait réciproquement
ces presens : cependant
on se donnoit en quelques
autres temps de
l'année des presens de
part & d'autre.
Ces étrenes commencerent
fous l'Empire des
Rois & des Consuls Romains.
Rome leur a donné
l'origine; & l'on donne
mal à propos le nom
d'étrenesaux dons des
Indiens, des Mages, des
Xemis, des Grecs, &Cc:
On a donne dans tous
les temps : mais l'idée
etrenes a commence
chez les Romains.
En Perse on appelle
les presens qu'on faisoit
aux Grands,saluts, parce
qu'en allant au devant
des Rois on leur
portoit de l'argent à pleines
mains. On honoroit
les Princes à force d'argent
en Judée, en Egypte
, &c. & on leur en
porto.it aussi à la nai-fsance
de leurs enfans,
sans que cela portât l'idée
detrenes.
Polidore écrit, parlant
des Romains &C des
Italiens, que les grands
Seigneurs ont coûtume
de donner au menu peuple
, les Papes auxPrinces
, aux Cardinaux &
auxEvesques. Peculus
Marius témoigne que
dans toutes les villes de
l'Italie, le premier de
Janvier les jeunes gens
faisoient de petits ouvrages
d'esprit par émulation,
comme nos écoliers,
à la loüange de
leurs parens, maîtres, protecteurs, &c. & leur
souhaitant la bonne année
en recevoient des
presens.
Marcellien, Donatus ,
& d'autres auteurs parlant
de Ferdinand Roy
deSicile &C deNaples,
dit qu'il dispensa au peuple
,aux jeunes étudians (
8C1
&.auxapprentifs lesmesmes
étrenes que ses predecesssurs
donnoient &
aux Princes & aux
Grands de la Cour, Se
que par cette nouvelle
manière de distribuer les
étrenes il s'acquit l'amitié
de ses peuples, qui
auparavant étoient furchargez
par les exactions
qu'on levoit sur
eux,pour donner des
étrenes magnifiques aux
grands Seigneurs..
Fjbrice de Padouë)
Philosophe & Medecin,
rapporte aussi que tous
les Italiens donnoient
les étrenes à leurs ensans
, les Medecins à
leurs malades, les Maîtres
à leursécoliers, 5C
tous à leurs domestiques,
en leur souhaitant la
bonne année,&qu'ily
avoit une autre sortede
presens quis'appelloient
la mancia ; d'où est venu
puut-estre ce que
nous appellons donner lamance.
Popinia parlant des
Suisses, dit qu'ils donnent
pour étrenes a leurs
enfans des gâteaux &
des pains molets, qu'ils
appellent hersetton ÔC
helsscggen, & que les
Paroissiens en font à
leurs Pasteurs qu'ils appellentlestuchin.
En Allemagne les superieurs
donnent les étrenes
à leurs inferieurs,
les inférieurs aux Cupe:
rieurs, & leségaux à
leurs égaux,& ils ont
entr'eux en ce temps-là
un grand commerce de
liberalitez 6c de reconnaissances.
Le peuple
fait ces fortes de presens
d'ordinaire precisément
au premier jour de l'an.
Au second ce font les
Magistrats, les Princes,
les Pasteurs, les Precepteurs
qui donnent les
étrenes aux parens de
ceux qu'ils élevent.
Au troisiéme jour ce
font les collegues qui
donnent à leurs collegnes
les étrenes, lesépoux
les donnent à leurs
épouses, les amis à leurs
amis;& ilsemble qu'ils
fassent attention à l'excellence
du troisiéme
jour, quisondoitlasuperstition
ancienne sur
les étrenes, pour le celebrer
par les étrenes du
coeur marquées dans les
societez, le mariage 6c
1l» 'a•ml itié.
La solemnité des étrenes
étoit commune aux
grands, aux moyens &
aux petits: mais lanature
des dons étoit differente
par rapport à la
difference des personnes
& à celle des temps. Elles
consistoient en quelqucs
fruits & herbages,
comme Emmach nous
le montre dans son dixiémelivre,
où il estdit
que T. Tabruz en donna
auxbraves Romains
&. Sabins; & c'étoit
alors une simple branche
de verveine, qui se
donnoient d'abord commeherbages
simples,
&qui devinrent un symbole
de la valeur & de
la victoire. Ensuite on fit succeder aux fruits
cruds les friandises &
fruitsconfits;ce qui subllifta
long-temps aprés sa
premiere institution: &
quand ils joignirent à
cela des palmes & du
miel, ils les donnoient
comme un symbole de
la paix publique & de
la paix, pour ainsidire,
privée, marquant par
le miel la douceur des
moeurs, qui cfl le plus
grand present que les
Dieux nous puissent faire
pour la societé.
L'usage del'or & de
l'argent, qui a succedé
à mesure que l'avarice
&
& l'ambition a gagné le
coeur des hommes, a
duré jusquànous. Cette
coûtume commence à
s'abolir parmi nous, non
pas par la diminution
de ces deux passions
mais , par la négligence
& la paresse où nous
sommes tombez sur tous
les devoirs gênans; & ce
ceremonial de la societé
en devient à la verité
plus aisé,plus commode,
mais aussi moins
affectueux &c moins
tendre; car ces petits
presens ne laissoient pas
de faire souvenir de l'amitié,
durespect &: de
l'attention que les hommes
doivent avoir les
uns pour les autres.
Article des Enigmes.
Parodie de la premiere
Enigme, dont le mot
, est le Soufflet.
En agitant une de mes
oreilles
Soufflet contre le chaud
pourroitfaire mer- veilles. '-'
Souffletsaudos,aunez,
sous levent,àcôté,
Pourroient rafraîchir en
1 été.
Contre lefroid ji-fûts.
utile aussi.
Soufflant le feu vous
l'entendez ainct.
D'unfléau des humains
je donne en racourci
Uneidéeairelle.-
Levent
Des mers c'est le bour- -
reau. Et ce qui de mon nom s'appelle,
Le faufilée sur la jouë a
causémaintquerelle,
r:4..maint brave a causé
la mort.
Si dans certain métal je
fais unjuste effort,
GVft soufflet d'orgue,
ou jeme trompe fort,
C'est quelquefois pour
joüerpiece tri
A Nôtre- Dame de
Liesse
AsaintEujtach,e,àfaint
Gervais':J
Et Dieu sçait le bruit
que j'yfais.
Parodie de la seconde
Enigme, dont le mot
est la Mouchette.
Dans une espece de cercüeil
Porte-mouch,ette peut
être agreable à l'oeil,
Je suis leplus (owvent
couchée:
ildais lorsque j'en suis
détachée,
Mes bras croisez en s'é~
tendant,
Et tôt aprés en siJoignant,
A lobscurité font la
guerre. Je pince je mors oje
serre.
Etquoique la mouchette
étreigne en badinant,
Sa morsureennoirceur
se tourne incontinent.
ENIGME.
J'ai la couleur d'un diahIe"
oeil defeu,front
connu,
Piedgriffé, corps velu,
Je trouble le Jommeil
je blesse la pensée
Par .) moy comme le corps
l'ame étant offensée,
- Tel qui porte mon nom
venditmainteforçat,
Etfait trembler le Jet*
lerat.
Telle portant mon nom prend le , nom d'assasfine.
J'assassineparfoislorsque
je me inuttne;
Je bois parfois en trahison
Quand un fer m'ouvre
ma prison:
Là je fais mal sans en
avoirl'envie;
Là cependant je perds
la vie.
J'habite parfois les fovêts
Commefirentjadis Philosophes
abstraits,
Et là je me construis
une caverne
sombre Où meditant ,à l'ombre,
Je fais des ouvrages divins
Pour illuminer les humains.
Autre Enigme.
Au fondd'un bois j'ai
prismonorigine5
Gens groeiers d"efprit f5
demine
Entre deux bois encore
ont travaillésur
moy
Pour lesujet &pour le
Roy.
Claire comme un miroir,
l'eau claire, trans
parente
M'embelit f5 me repre-
Jefaisplsaeinsteir.
métenqsua;nd je
Chez,les mortelsje porte
en même temps
L'argent, l'aliment, la
lumiere,
Et tout ce qui conduit
maint homme dans
la biere,
Et le glaive fatal aux
morts
Quisoüillent quelquefois
mesbords:
Mais le rivage mejt
propice
-, Où la femelle, au lieu
d'y pêcherl'écreru/
ce
3 Chante parfois en m'assommant
de coups,
Et parfois devant mbj
s'incline à deux
genoux,
Puis me portant dans
sa taniere,
Me donne forme à sa
maniéré.
&un scelerat mourant
fai souvent le
dessinj
jivec lesmains on me
farde le tein Puis , me courbant sur
moyl'on me redresse
ensuite.
jifîeZ; pour deviner où
l'on me met enfin
La gent dervineresse à
presentest instruite
PARAPHRASE
d'un fragment de
Poësies GL" reques.
PAr-dela le lfeuvefatal
Qui porte les mortssur (ononde,
Etqui roulesonnoircristal
Dans lesplaines de l'autremonde
;
Dans une forêt de cyprès
Sont des routes froides
&sombres,
Faites parla nature exprés
Pour la promenade des
ombres.
Là,malgrélarigueurdu
fort9
Les plus vieux rajeunis
vontse conterfleurettes
Et font revivre après
leurmort
Leurs amours é5leurs
amourettes.
Arrirvé dans ce basJejour
Comme vivan,t j'eus le
coeur tendre
yif resolus d'abordj d'apprendre
Commentonyfaisoitl'amour.
J'allai dans cette forêt
rJo.mbre,,-' Douce
Douce retraite des amans,
Et j'en apperçus un
grand nombre
Quipoussoient les beaux
sentimens.
Les uns gaischantoient
leurs maitresses,
Les autres étoient aux
abois
Llûprés de leurssires ti-
* greffes,
Et mouroient encore une
fois*
-
V:.
Là desbeuteztristes
eS pales
^Maudissant leurs feux
'violens y
Murmuroietcontre leurs
galans,
Et médifoient de leurs
rivales.
Parmi tant d'objets a-.
moureux
¡le. vis uneaviedesolées
Elle s'arrachait les cheveux
Dans lefonddl'unesomy
breallée.
Mille soûpirs qu'elle
pouBoit
Montroient quelle étoit
amoureuse :
CSepeondanit telle parois Aussi belle
que malheu-
Tout le monde diJàit!
Voila
Cette ame triste eS miferalrle
Etquoyqu'ellefût fort
aimable,
Tout le monde la lais
(bit là.
Ombre pleureuse ombre
crieuse,
M-êlas!lui dis-je en l'ac- costant,
Ametragique&declameuse
,
Qu'est-ce qui te tour*
mente tant ?
Chezlesmortssans ccremonte
On se parle ainsi brus
quement, Et l'on renonce au compliment
Désque l'onfortdecette
vie.
Qui que tusois, dit-elle,
helas!
Tu vois une ame malheureuse
, Furieusement amoureue-,,
Et quin'aime que des
ingrats.
Dtanos il'asutre monde j'é- belle
Maisrien , ne pouvoit
me touchera
J'étois fiere
, fétois
cruelle.,
Et fayots un coeur de
rocher.
Jétois pesse j'étois rieufe3
.-. Je traitois f!:J bruns fM
blondtns,
D'impcrtinens& de badins
Et je faisois, la précieusi.
Je rendois leursort dé-
-
plorable
Lors qu'ilsJe rangeoient
sousmaloy, ":
Et dés qu'ils Se don- -noient à moy
Je les donnais d'abord
< au diable.
C'étoit en vainquiU
senjlamozent.
Maintenant les Dieux
me punissent ; Je haïssois ceux qui mai*
moient,
Et j'aime ceux qui me
haissent.
Envain je Soûpire es
je gronde;
Les destins le veulent
ainsi,
Les prudes de ce premier
monde
Sontlesfollesde celui-ci,
MORT.
Le Comte d'Adhemar,
un des six Seigneurs que le
Roynommaen1680.pour
être auprès de Monseigneur
le Dauphin, mourut le 1 5.
Novembre,âgéde soixante-
trois ans.
Il étoit frere du Comte
de Grignan, Chevalier des
Ordres de Roy, Commandant
en Provence.
Eruditionsur le vin.
Que le vin soit l'appas
leplusdouxdela vie,1
Qa'il^ bannisse l'ennui,
dissipe le chagrin,
2,
3 Enchante les esprits,
charme le coeur ,;
humain,
Enlevé tous les sens,rende
l'ameravie;
Qu'il fournisse au bûveur
du coeur & de
Feipric, 4
1.
1 Non ejl vivere jfed
valerevita. Martial.
2. Date vinum his qui
amarosuntanimo. Prov.
c. 31.
3 Ex bonovinoplusquam
ex alio quocumque
potu generantur e5 multiplicanturspiritus
fenues.
Avicen.
4 Ingenium acuit.Scola
Saler. '-
Qu'il épanche l'odeur du
plusfin ambre-gris, 5
6 Qu'il inspire la joye,
augmente le courage,
7.
Qu'il deride le front des
Catons de nôtre
âge, 8
Qu'il soit de tous les
5 Vinum priusquam
degustetur quintâ parte
suinectarisprocessus mamillares
jam imbuit.
Tl"uf Rem.
6 Vinum e5 musica
latificant cor hominis-
Eccl. 40.
7; Vina parant anitnos.
Ovid. Add;, cornua
pauperi. Horat.
8 Narratur e5 prisci
Catonis sæpe mero caluissevirtus.
Idem.
dons que Dieu fait
aux mortels
Leplusprecieux, leplus
digne 9
Que par une faveur in-
.,
signe
Il destine pour les autels:
C'cft une verité que la
Sagessemême.
Nous a laissée empreinte
en ses divins écrits.
Un homme de bon sens ,
de bon goût&d'esprit
9 Natura nihilquicquam
eJito penu largita
est præstantius vino.
Gunter. Hyg. p. 76.
Peut-il ia recevoir comme
un nouveau problême?
C'est nier de sens froid
un principearrêté
10
Par les graves Auteurs
de la Latinité,
Comme de la sçavante
Grece.
C'est l'aimable lien de
la societé, Il
Charmantauteurdel'allegresse
;
Il fournit les bons mots,
10 Ire contra omnes in*
sanire est.
11 Non habet amaritudinemconversatio
illius,
nec tædium cowviitus illius,
sed lætitiam (S?gaule
sel, l'urbanité;
C'est le grand sceau des
mariages,
C'efl l'ame des fefiins..
des bals, des comperages,
12
L'ennemi du divorce &
des divisions,
L'arc-boutant des reünions;
Agreable tyran, puissant
moteur de l'ame,
Qui d'un vieillard usé
, sçait ranimer la
flame. ri
dium. Sap.c.8.
12Revera voluptas
mensarum atque delitiæ
semper habitus estvini
potus , ex cujus suavitate
convivii festivitas
omnis Qf elegantiavenit
æstimanda. Gunter.
15 Vino sublato non
Voulez-vous dissiper ces
rigoureux ennuis
Qui vous obsedent jour
&nuit,
Et mettre fin à vos disgraces,
14
Bûvez du vin à pleines
tasses.
Infortuné client, qui
crains que ce procés
Ne te fasse dans peu tonv
ber en decadence,
D'un vin delicieux tâte
sans faire exees, is
fjl tpenUi. Eurip.
14 Dissipatcujuscuras
edales. Horat. FiniþJ.
re memento tristitiam
molli mero. Idem.
IS Hute calix tnul;
Et laisse agir la Providence
Sur le bon ou mauvais
succés.
Languissante beauté
J
- donc l'humeur hif-
-, terique,
indigeûe,mélancolique16
Agice un petit corps a
chaque lunaison,
Laissez poudre ,.eau ,bolus
& sel diureyrvôusprdnrets-
d^Vin
impingendus est, utplorare
desinat. Cic. Tusc.
3.
16 Vis vinipræcipua
ad crassos humores
,
ad
obstructiones,ad morbos
frigidos
, ac diuturnos
ad , quæ quovis syrupo
vel medicato liquore præftantius.
Fernel. Meentiere
guerison;
Contre les douleurs de
colique,
D'un rhumatisme affreux
ou goutte sciatiq
ue,
Il vaut mieux que les
eauxnid'Aix ni de
Bourbon:
Car pour brifer l'acide il
est seur,il est bon.
Un vin leger & vifvainc
la douleur cruelle 17
Du calcul & de la gravelle;
thod.
thod. lib. 4. c. 11.
-
17 Tenuenjinumcien*
dæ urinæ magis idoneum
capitinullaminsert noC'est
un doux vehicule
, aalf) insinuant,
18.
A qui cedent Aix,Spa-
Plombiere & saint
Amand.
Pauvre convalescent ,
veux-tu que l'on rabatte
Par un moyen facile Se
doux
Les grossieres vapeurs
du foye& de la ratte,
Qui frapant le cerveau
yfont'/e-ntir coups, kurs - :
xam. Galen. lib. 1. de
euchym.
18 Qjtmm vinum sit
naturæ jucundum acfamiliare,
per omnia JeJe
insinuansvires in ßn84
gulas 'Ell abilitissimas
corporis partes diffundit
atque impertit, estque
optimum medicinæ vin.
culum. Ferel ibid.
Congedie à presentGalien,
Hippocrate,
19Avicene& Fernel > le
bon vin mieux qu'eux
tous,
Sitôt qu'il a changé sa
nature de moût,
Sçauradesopiler
,
bannir
l'humeur ingrate.
Vous qui devenus languissans
Par l'effort imprévud'une
paralysie,
20 Ne goutez qu'à demi
lesplaisirsdelavie,
19Bacchus ab antiquis
dicebatur Medicus uuU
gi, eò quòd vinomorbos
omnes fugaret. Moreau
ad Scol. Sal.
20 Vis vinipræcipua
ad morbosfrigidos. Fernel.
Le vin ranimera tous
les nerfs im puissans.
21 Beau sexe, rejettez
ces boissons meurtrieres
Qui changean,t vôtre
teint,retranchent le
beau cours
Du printemps fleuride
vos jours;
Brifez tasses & caffetieres,
22 Et d'un vin petillant
emplissez vos aiguieres:
Vina omnia 'Vircs roborant.
Gal.
21 Centis ociosæ nugamenta.
22 Bibat t'[}inum in jUcunditate.
Judith c. 12.
Il accroîtra le feu de vos
vivespaupieres,
23 Le vin vous tiendra
lieu de parure &
d'atours.
Il purge les humeurs que
dans la solitude
24 Contractent les hommes
d'étude,
Et d'un flegme importun
sçait les débarasser:
Avecque son secours ils
sçavent retracer
Tant de traits enchassez
tj Son
23 Son jus pris par
compas redonne la con*
leur. Dubaitois.
24 Muniteadhibe vim
fàpientiæ. Hor.
Sapientium curas fu«
gat. Idem.
dans leur vaftc memoire
Et de politique & d'hiss"-'
roire.
z5 Sans le vin des arts liberaux
Verroit-on de nobles travaux?
x6 Et si nous en croyons
Horace,
Lut-on jamais sur le Parnasle
25 Nam si bono 'vino
moderatè utantur,longè
seipsis CJr ad excogitandum
acutiores
, f5 ad explicandum
orandumque
uberiores
,
FlJ ad memoriam
denique firmores
evadunt. Moreau.
2.6 Carmina vino ingeniumfaciente
canunt.
Ovid.
2.7 Des xtth faits par un
buveur d'eau
Qui valussent ceux de
Boileau?
28Nos zelezOrateurs
tonnent mieux dans
les chaires,
Lors qu'ils s'en vont munis
de quatre ou cinq
bons verres.
Ces mortels enfoncez
dans la devotion,
Qui boivent par compas
<
6C sans81ffettion)
29 Gardantles voeux les
27 Sanèmagnus equeis
lepidosunt vinaPoëtæ,
2S Foecundi cælices non
feceredisertum. Horat.
19 Severioris est virplus
austeres
A saine Thierry
,
saint
Bâle,Hautvillers&
Cumicres,
Sententcroître la voix,
la force & 30l'onction,
31 Lors qu'ils boivent les
jours de jubilation
De ce pieux nectar qui
provient sur leurs
terres.
Les Dames en beguin
de Reims & d'Avenay
tutis calcar 69 stimulus
vinum. Thes. Rem.
30 Vatasti nos rvino
compunctionis. Ps. 59.
31iVfl/z ille, quan.
quam Socraticis madet
sermonibus
j te negligit
horridus. Horat.
31, Sentent ceder d'abord
-
à la liq ueurdivine
Qui croît sur leurs côteaux
ou bienà Verzenay,
Foiblesse d'estomach, ftbriibniefeïc de poi- , I
33 Qui les tourmente si
souvent,
Et qui levur ientenrdittle. Enfin quiconque veut l
dans l'extreme vieil-
Je/Iè,
32 Stomachitædia diF
€Uttt. Thes. Rem.
33
Vinumin ventriculo
perfusum ciborum cofiionem
f5 distributionent
juvat.
Lacsenum.
Libre d'esprit & sain de
corps
54 Braver les horreurs de
la mort,
Et seconserver en liesse,
Qu'il ait en son cellier
un foudre de fin vin,
- t un recipé tout divin.
jj Avecque lui le pauvre
oublie ses disgraces
;
( Quatre rasades les effacent)
L'artïsan son travail, le
34Vinum remedium
adversùssenectutis duritiem.
Plato de kg,
35 Bibant obliviscantur
egestatis j'uæ. Eccles.
soldat tous ses
maux, 36
Le pelerin ses pas,le gasantsesrivaux,
L'homme convalescent
la douleur si cruelle
Que lui causa l'effortd'une
fievrerebelle, 37
Le prude sourcilleux les
rides de son front,38
Le vindicatifun affront.
Enfin c'est le tombeau
de toutes les miseres,
Des chagrins, des ennuis
qu'ici nous desesperent
;
36 Vinum laborum
pharmacumest. Limpid*
in Troad.
37 Etdoloris sui non
recordenturampliùs. Eccles.
38 PrAceliens est antipharmacum
; siquidem
caperatam mirèfrontem
exporrigitsuave clarumque
vinum. Rhodig.
C'est l'ame des plus doux
desirs,
Et l'innocent objet des
Colides.plaisirs.39
Sur ce pied je soûtiens,
& contre la Sorbonne,
Que le vin fut toujours
une chose trés
bonne.40
Le vin, me direz-vous,
est l'auteur des querelles.
Oui, quand il s'introduit
dansde foibles
cervelles,
39 Tristissobrietas est
remo'venda. Senec.
40 Tanturn vino crtditur
attribuisse Æfèulapius
, ut aqua id cum
numinibus,lance latHe-
,rif, Rhodig.
Qu'ilrencontre un bûveur
chagrin ou rioteux,
41
Ou quelque jeune furieux,
42, Qui boitavec excès &C
se plaît à l'yvresse,
Que le moindre mot
choque &C blesse. 43
44 Quoy? parce que
Noëenyvra saraison,
Le vin passera pour poi-
Ion?
41 Fel
41 Fel draconum wnumcorum.
Deuter.
42 Vinum multum
meracum infaniæcauft.
Hippoc.
43 Natis in usum latitiæ
Sapphis pugnare
Thracum ejl.Horat.
-
44 Vinum in jucunditatem
ereaturnejl, non inebrietatem ab initio.
hdt ce principe vain la
beauté, les attraits,
Les charmes de l'esprit,
le feu de 1éloquence,
L'érudition
,
la science
Contre l'ordre de Dieu
font reputez mauvais.
Point depresent du Ciel
dont le méchant n'abufe;
La prudence en lui de"
vient ruse
Pour surprendre les innocens
; L'éloquence mondaine
avec ses doux accens
Devient l'art dangereux
d'appuyer le mensonge
;
La politique prend la vé- ritépour songe:
Avecque les atours cette
femme au filet
Prend l'homme comme
on fait un timide
oiselet,
Et ces attraits charmans
dont chacun fait
estime.
Lui fervent d'échelons
au crime.
Faudra-t-il pour cela
proscrire ces talens
Qui font les hommes
excellens?
L'ISLE
DES PESCHEURS.
Hitoriette traduite de l'Italien
parM.dePrè***.
UNe femme trés-sensible
à l'ambition, & encore
plus à l'amour, venoit
de perdre son mari
qu'elle , aimoit, & qui
étoit Gouverneur de
l'Isle des Pescheurs.
Elle se retira dans le
creuxd'un rocher, dont
elle ne sortoit que pour
aller pleurer sur le bord
de la mer.
Unpescheur mélancolique,
& qui pour
pescher seul s'écartoit
toûjours des autres, alla
un jour pescher de bon
matin, & se plaça sur
le bout d'un rocher, proche
decelui qu'habitoit
Zauraa. (c'étoit le nom
de la veuve ) Quoique
depuis son veuvage elle
1
n'eût éie capable de
prendre aucun plaisir,
elle trouva que celui de
la pesche étoit si mélancolique,
qu'il convenoit
à une personneaffligée:
elle regarda la pesche un
peu detemps, & ensuite
elle regarda le pescheur.
Il avoit aussi l'air
fort mélancolique; cest
ce qui luyplut d'abord:
elle s'approcha de luy,
8G se mit à pleurer. Le
gescheur, qui nesçavoit
que lui dire, se mit à
pleurer aussi, & ce fut
toute la conversation de
cette premiere entrevuë.
Zauraa rentra dans son
rocher,& le pêcheurss'en
retourna dans sa cabane.
Toute la nuit Zauraa
pensa à son défunt mari
,
& par malheur pour
elle elle n'y peut penser
sans pleurer, ni pleurer
sans se souvenir de celui
qui avoit pleuré de compagnie
-
avec elle: elle
jugea
jugea que deux pleureursvalentmieux
qu'-
un, & font plus d'honneur
au défunt. Elle retourna
àl'endroit de la
peschepouryrencontrer
son second. Dés la
pointe du jour il ne manqua
pas de s'y trouver;
carilavoitresoludeconsoler
la veuve. D'abord
ils reprirent les pleurs
où ils lesavoientlaissez
de bonesprit, & qui
sçavoit que 1g meilleur
moyen de retirer quelqu'un
de sadouleur,c'est
d'yentrer d'abord avec
lui, se mità parlerainsi.
En vérité, Madame,
vous avez bien raifonde
pleurer Monsieur vôtre
mari; car c'étoit le
meilleur & le plus honjiete
homme du monde.
Comment donc, dit
la veuve, est-ceque vous
le connoissez?Non pas,
Madame, répondit le
pescheur:mais j'en juge
par la maniere dont vous
le pleurez. Après plusieurs
autres discours de
la même espece, enfin le
pescheur la consola de si
bonne grace, qu'elle benissoit
presque le sujet
d'affliction qui luyavoit
attiré un tel consolateur.
Elle l'aima pendant quelque
temps sans s'en ap-
- percevoir;car siere comme
elle Tétoit, elle ailroit
rompu d'abord tout
commerce. Le pescheur
qui s'en étoit apperçû
d'abord, avoit fait confidence
de sa bonne fortune
à la suivante de la
veuve, à qui il promit
tout si elle conduisoit la
chose jusqu'à un bon
mariage.
Cette suivante étoit
une espece de magicienne,
c'est à dire une espece
de fourbe qui avoit
lû des livres de magic,
d'Astrologie, de Chiromancie
,& autres de pareille
trempe. Un foir,
que sa maîtresse rêvoit
profondément au pescheur,
elle lui prit la
main en badinant, &
par certaines lignes redoublées
qu'elle vit dans
sa main, elle devina qu'-
elle étoit destinée à se
remarier. Ce mot deremarier
l'irrita si fort,
que la suivante eût voulu
le retenir, 6L n'en
pnarlaépelus.de la jour-
Le lendemain cette
fiere veuve voyant à son
ordinaire pêscher le pescheur,
se surprit dans un
mouvement detendresse
si fort, qu'elle ne pouvoit
plus le meconnoître.
Elle en eut tant
d'horreur, qu'elle fut
prête à se précipiter dans
la mer:on dit même qu'-
elle s'y précipita,& que
le pescheur la repescha
aussitôt. Quoy qu'il en
foit
,
ello resolut de ne
le plus voir, & elle n'eût
jamais crû pouvoir tenir
sa resolution ;elle la tint
pourtant: mais quels
combatsnéprouvat-elle
point?Tantôt elle regardoit
avec horreur
l'objet de sa foiblesse;
tantôt elle prenoit plaisir
à penser à lui malgré
elle:encertains momens
elle vouloit mourir, en
d'autres momens elle se
feiitoit delà^iipeiîtîoïi
à vi vre. Enfin^a. Magicienne,
qui devinoit tout
de - qu'elle ne ---vouloi-t
point luidire,siten forte
, avec le temps & l'amour,
que la veuve conftritit'à
êtrepresenteà
Uhê^efthêmerveiHeufc
que la Magicienne * lui
Èro?o«sa, &C qui se passa
enjtféfrte'fortc.-; Entre les herbes qu'-
elleconnoissoit, il y en
avoit une pour la-qu-cllc-
,
les poissons avoient tant
d'antipatie, quelle les
faifoic fuir du plus loin
qu'ils la sentoient. Du
jus de cette herbe le pescheur
alloit toutes les
nuits froter les filetsde
ses camarades, en sorte
que pendant huit jours
on ne pur prendre aucun
poisson dans toute fine.
Les voila desolez ; car
ils ne vivoient que de
leur pesche, c'étoit tout
leur commerce.
On eut recours a l'oracle
feur & .trés-seur
car l'oracle dépendoitdu
Sacrificateur, & le Sacrificateur
dépendoitde
la Magicienne. En un
mot elle fit dire à l'oracle
que le poisson ne
viendroit point se prendre
si la veuve de leur
Gouverneur ne leur donnoit
pour chef le pescheuren
question.Apres
cela l'oracle fitunebelle
genealogie au pescheur,
pour le rendre plus digne
de commander: ensuite
sur la foy de l'oracle
on depura vers la
veuve,quirefusa, autant
qu'il en fut besoin
pour persuader qu'elle
ne se fûtjamais mariée
sans la necessité absoluë
qu'il y a d'obéir aux oracles.
Enfin l(histoireditqu'-
elle se maria pour le bien
public; que l'amourdu
bien public lui fit prendre
son mariage en patience
aussi bien qu'à son
mari, qui pour ne jamais
oublier sa baffe extraction
,fit élever un monument
magnifique, avec
un trophée superbe, ou
il appendit son habit ruftique
, sa ligne, ses filets;&
toute sadépoüille
de pescheur, & fitgraver
ces vers au-dessous.
Rustiques omemens de
mapauvrefamille,
Filets
, guetres,sabots
es barette &man- 9
dille,
Je n'ai pas de regret de
*7 * vous avoir quittez
Mais je veux vousgarder
dans mes antiquitez.,
Pour me servir un jour
contre la vaine
gloire.
C'ejl par vous que je
veux commencermon
histoire
A ceux qui curieux de
mesillustresfaits, Mecroiroientvolontiers
descendu desJafets.
Lorsque vous me verrez
un jour par avanture
Succombantsous lepoids
d'une injuste dorure,
'B,Ouff dans mon jabot
comme un pigeon
patu y, Faites-moyJouvenirque
vous m avez, vêtu.
Si quelquefatpajépour
illustrer ma race,
Retranche à mes ayeux
lefiltteS lanasse Pour , me passer sur le
rapé
D'une antique Principauté
,
Pour lors,mes chers hA"
bits,contrecetteimposture
Vous vous érigerez, en
preuves de roture.
m
CHANSON
en étrennes.
ParM.D.L.T.
Avec un petit Mored'argent émaillé
de noir.
eA Madame la Comtesse de. J E viens des lointains
climats
Exprés
, je vous jure,
Pour m'attacher à vos
pas)
Ne me refusezdoncpas
La bonne avanture au
gué, La
La bonne avanture.
Si l'ardentflambeau des
ceux
Noircit ma figure J'aimeroismafy m, ieux
Brûler aufeu de 'Vos
yeux.
La bonne avanture, eSc.
D'un équipage brillant
Jefais la parure;
Jefais bien un compliment,
Etjedisfortjoliment:
La bonne arvanture9 Çfc,
Jde'hvouus pir,édis aujour- Prédiction el sure
Que maint , amoureux
transi
Vous diratout cetan-ci,
La bonne avanture, &c.
Je ne vous couterai rien
Pour la nourriture, Vous voir est l'unique
bien
Qu'ilfaut pourmon entretien.
La bonne avanture, Çfc.
CheZnous onfaitde vos
traits
La blanchepeinture
Je viens pour voir de - plusprés
Si blancvaut noir en attraits.
Labonneavnnture, &c.
Un blanc amant roÕilJ
vientvoir
J'en fesie ) ÇbdngeZ donc du^tanc
au noir,
Si de moy voulez,avoir
La bonne avanture au
gué,
La bonne avanture.-
A LA BELLE
inhumaine.
par le faitgalant de la Foin
Saint Germain*
Avec un homme de pain kiepice-. D'Vn tendre amant
r-ecevez, le portrait
Dans cethommç depain
d'épices
Il estpâle
,
doux CYdifcret>
Desnmartyre ilsoûpire
en Jecret>
Le pauvre homme en a la jaunijïe-
A LA BELLE JOUEUSE
d'Hombre.
*vcc les detjc**nêirS' A quenzencementde
(\"Wiannée
Voici, Philis,les deux
as noirs, Qui pour vous rendre
fortunée
Viennent vous rendre
leurs devoirs.
Que la manille lesseconde,
jiïhombre vous en joue-*
rez, mieux:
lUenis ils vaincront tont F"1*sip :
Commelevadre awfuos
beauxyeuxtrai
Philis
, si de leur soin
fidelle
Vos beauxyeuxsonttoûjJoouursrsttéémmooinisnhs
; S'ilstouchent cette main
fidelle,
Ils serontpayez, de leurs
soins.
Qu'un tierstoûjours infatigable
Quittant brelan f5lans
quenet, Ne quitte jamaisvôtre
table,
Etse pique jusqu'au hi.
net.
Voila ce que pour vos
étrennes
Unamant vous offre en
ce jou;
Iris,faites quepour les
fiennes
Il devienne heureux en
amour.
rt,m
'jj
A MONSEIGNEUR desmaretz,
Ministre d'Etat, Controlleur
General des
Finances.
ODE.
Quel sort flatte mon
fiperance-
Quels chants heureuxfrapent
lesairs?
Le Ctel fait triompher la
France,
Le Ciel veut calmer J'V..,
nivers
Landause rend, Fribourg
succombe,
La discorde aux enfers rtw
tombe,
'JEliey vagemir à jamais.
Quel bonheur, quel comble
degloire?
Sur les ailes de la Victoire
L01)JSfait descendre
la Paix.
Jevois Villars,je vois
Eugène
Fameux par cent travaux
,
guerriers,
Malgré l'ardeur qui les
entraine
Preferer l'Olive aux Lanriers
Le Rhin surson Vrne refose,
Dubonheur des lieux qu'il
arrose
Il se plaist à voirles aprtjls
Son Ondesefait violence
Et l'on droit queson silence
JReJpecleaaugujlesfecrets»
Desmaretz,Ministre
fide1le
Du Héros qui comble nos
voeux,
Souffre un moment que je
rapelle
l'Image d'un tems moins
heureux.
Queltems?en vain contre
l'orage
LaFrance excitoitson
courage,
Tout sembloit trahir ses
efforts;
Rivaux, fiers de nostre
disgrace
Combien r'anima vojlre
audace
L'épusement de nos trelors?
Ton nom seul calma,
nos alarmes
LOVIS le plussage des
Rois.
Renditl'esperance à nos
armes
Par la justicedeson choix
Que dis-je, projets inutiles
Sur nos champs toujours
sifendes
L'Hiver exercesafureur;
Le Ciel contre nousse dé*
clare;
Tout perit; la nature avare
Trompel'espoir du lahoureur.
Quelsort? quel exés de
misere?
Il en fallutsubir la loy;
LOVIS la sentit com-
1 Pere
Et lafoulagea comme Roy.
Tu connus toute sa tendresse,
Et de laplus hautefagesse
<j Les tresors en lui réunis;
Il commitsonpeuple à ton
zele
Tout prit une face nou«
velle ;
Mais nos mauxnefioient
pasfinis.
L'or, l'argent devenus
Prothées
Sedéroboient à tous nos
soins,
Et sous des formes empruntées
Augmentoient encore nos
besoins
L'Usure monstre plus anji*
de,
Que l'Hydrequ'abatit Alcide,
Jusqu'à cejour t'avoit brave's
Mais en vainsa rusefatale
S'envelopoit dans un dedale
Le fil t'en estoit reservé.
De nos maux tu connus
lasource,
Et par un travail assidu
Tu ¡çûs arrester dans fl
course
Un torrentpartout répandu.
Par ton sçavoir, par ta
prudence,
Tu rétablis la confiance;
Pour réüssir il faut oser;
Rien n'étonne un Minstre
habile;
Et plus le temps est difficile
Plus ilsçait s'imortalizer.
Lefort où tu nousfaits
atteindre
Passe tous nos voeux &
les tiens;
Nous n'avons plus de
maux à craindre
Et nous esperons mille
biens.
Les flots des plus fieres
tempefles
Qui sembloient menacer
nos tefies
Anos peds viennent se
briser;
De LOVIS nos destins
dépendent
Et nos ennemis lui demandent
Ce qu'ilsosoient nous refùftr.
C'est la Paix, que ce
grand ouvrage
Comblera les voeux de ton
Roy.
Il vient de t'en donner un
gage
Dans l'éclat qu'ilrépand
sur toy
Nous la terrons bien-tost
descendre;
Que ne devons nous pas
attendre
Du Z-Jele qui brûle (on
coeur?
Pourjïiis,consacre ta me*
mOIre;
Tune peus augmenter ta
gloire
Sansaugmenter nos-tre
bonheur.
; NOUVELLES.
Les Lettres de Warsovic
portent que les Troupes Moscovites
sorties de Pomeranie
marchent en trois Corps par
trois routes différentes;dont
l'un est commandé par le
Prince Dolherou l'aurre par
le Prince Repuin
,
& le troisiéme
par le General Baver.
Ils sont accompagnez par des
Commissaires pourempêcher
les desordres.
On mande de Moldavie
,
que le Roy de Suede, le Roy
Stanislas, & cous ceux de leur
parti, estoienc très bien traitez,
& que les Ambassadeurs
du Czar avoient esté renvoyez
à Constantinople,que
rArmeeOcromanceOoic tou-
-
jours campée auprès deChoczin,
que les Tartares se font
[ éloignez feulement de six
lieues3 pour la commodité
des sourages, qu'on travaille
toûjours en diligence aux Fortifications
de cette Place, & -rneme; à conftruirc des barfaques
pour y faire hiverner
unepartie de l'Armée
,
& le
reste en Moldavie, en Walaquic,
ôc au voisinage du Danube.
Les Lettres de'Turquie venues
par la voye de Walaquie
portent que le Grand Vizir
avoir dctlaré aux Ambassadeurs
Mascovites & Polonois,
qu'il n'y auroit point
de Paix iurqg-àce que leCzar
eue consenti à payer par an
quatre vingt milleflorins au
Kam des Tartares, ourre les
arrerages du tribut qu'il prétend
luy estre dûs, que la Pologne
ne cedeunepartiede la
basse Podolie, avec sept territoires
de l'Ukraine où les
Colaques qui ont pris le parti
du Roy de Suede vivoient
possiblement,queleRoy Sta-
11:11Js rentrera dans ses biens
& diolnircz) & que la Republique
promettra que s'il wurvit
au Roy Auguste, elle ne
prendra point d'autre Roy
que luy. Enfin qu on laissera
passer librement le Roy de
Suede par la Pologne, avec
une efeorte de six milleTurcs.
Ces Lettresajoûtent qu'encore
que la disposition des affaires
paroisse tres -
favorable
pour le Roy de Suede, ce
Prince souhaite fortement de
retourner dans les Etats, &
qu'il se mettra en chemin
aussi tost qu'ille pourra faire
avec seureté.
On mande de Hambourg
que la mortalité diminuë de
plus en plus en plus. Néanmoins
les Troupes Danoises
occupent encore le Posse de la
Montagne prés de cetteVille,
pour empêcher toute communication
avec le pays de
Hollfein,&leDuc deHanover
adenouveauinterdittouteommerce
avec Ces Etats,que le Baron
de Kartzvoch, Refidenc
de la Cour deVienne, fit fev
voir au Comte de Welling
que , cette Cour avoit fixé au
ij. Décembre le jour qu'on
devoir tenir àBrunswick une
Assemblée pour terminer à
lamiable les affaires du Nord,
& que les Suédois pourroient
y envoyer un Ministre, &
que la Ville de Tonningen
cliort réduite à lineextrême
necefficé, faute de vivres:
mais on assure que le Roy de
Dannemarck estoit disposé à
y laiflcr enrrer quelques provisions
,
qu'il avoit écrit au
Roy de Prussequ'ilconfentiroitc
à lever le Blocus & à
retirer ses Troupes, pourvû
qu'ildemeurât en possession
de cout le DuchédeSlefwick,
juiqu'à la fin de le Négociauon.
On écrit de Stokholm du 8.
Novembre que les deux mille
Moscovites qui estoient dans
la Ville d'Abo s'étoient retirez
à l'approche du Contre-
Amiral Taube avec des Galeres
, craignant qu'il ne mit des
Vaisseaux pour les couper, &
qu'après avoir visité Abo
,
il
estoit allé joindre la Flot c
Suedoise, qui croisoit de ce
coHé.là, qu'un renfort de
Troupes n'attendoit qu'un
vent favorable pour faire voile
vers la Finlandey qu'elles
seront commandées avec celles
quiy sont déja,par le General
Taube, ayant fous luy
les Majors Généraux Schommer
& Licben : que le General
Lubecker qui commandoit
cidevant en Finlande
,
avoit esté rappelle à
Stokolm
,
où il estoit arrivé,
& qu'on vouloit lay faire
rendre compte de laconduite
qu'il avoit tenue à la premiere
defeente que les Moscovites
avoient faue en Finlande.
Les Lettres de Vienne portent
que les Etats de la Basse
Autriche s'éstant assemblez
en cette Ville, le Cornee de
Zinzendorss, Chancelier dela
Cour, après leur avoir faitun
discours, leur demanda un
fubfidc de six cent milleflorins,
avec unerecrue de trois
mille trois cent Fantassins.,&
une autre de quatre cent foixante-
quatre Cavaliers , &
une de deux cent trente trois
Dragons, pour rendre complcts
les Ré giments de leur
répartition,qu'on avec envoyéoidre
au Prince Eugene
d'entrer en conference avec
le Maréchal de Villars.
Celles dePalerrae portent
que le Roy & ta Reine de Sicile
avoicnt reçûlesfournirions
& les compliments de toutes
lesVilles & des Principaux Seigneurs
Siciliens qu'ils avoienc
ICÇÛ avec beaucoup de bonté;
de forte que laNoblesse&les
Peuples estoient également
satisfaits, & que le Roy de
Sicile commençoit à s'iréformerdel'étatdesFinabcespour
les remettrern meilleur,
état & réformer ptafteurs
abus
,
qu'il travailloit avecune
application extraordinaire
à rétablir le bon ordre
dans le Gouvernement, ayant
déjà ordonné qu'on payât à
plusieurs perTonnes les fomnies
qui leur estoient dcûcs
par des Seigneurs qui refufoientde
les fatisfairc,qu'il avoit
recommandé aux Barons
de ne pas donner retraite dans
leurs Terres à des bandis &
àdes scelerats qui commettoient
plusieurs desordres *
fous peine d'en estre responsables.
On écrit de Londres que la
Reine avoit donne le Regiment
de Cavalerie du Lieutenant
General Langsdor au.
Brigadier Joceline
,
celuy
d'Infanterie du Colonel Durell
, au Brigadier Hams Hamilton
& celuy de ce dernier
au Colonel Chudleigh
que les Regiments de Popper,
d'Evans autres qui estoient
à la paye d'Angleterre , avoient esté réduits à la paye
d'Irlande
,
le Regiment de
Cavalerie de Mylord Vindlor
a esté caffé,mais il a encore fcRegiment chfCavalerie du
feu General Wood qui est en
Fiantes& quiavecceluy dq
General
General Lumley & celuy des
Gardes du Comte de Peterborough
,
font les seuls Regimens
de Cavalerie qui doivent
estre conservez à la paye Angloise
outre les Gardes du
Corps
,
qu'on avoit établi
cinq Commissaires ,qui sont
le Chevalier Guillaume Giffard,
les Sieurs Samuel Hunter,
Nicolas Roop ,Thomas
Coleby ,& Thomas Lèyron;
pour casser les Regiments de
Marine. La Compagnie de la
Mer du Sud à quatre Vaisseaux
chargez de toutes sortes
de Marchandises & prêts à
faire voile pour aller prendre
des Negres sur lacosted'Afrique&
les transporter à l'Amerique
Espagnole,suivant
le Contrat d'Assiento fait
avec l'Espagne.
On mande de Hollande
qu'on travaille à terminer les
difficultez qui empêchent la
conclusion de la Paix d'Espaavec
lePortugal &cetEtat,
& que les Ministres de Sa
Majesté Catholique ont eû
sur ce sujet deux conferences
à Rosendalavecl''Evêque de
Londres, que lesieur de Goflingarevint
de Frise le 5. Decembre,
à la Haye
,
il se prépare
à partir dans peu de
jours avec le sieur Buys, pour
leur Ambassade à la Cour de
France.
On écrit de Bruxelles que
les Regiments de Cavalerie
de Vander Nath & de Borle
cy-devant Wales quiestoient
à la solde Angloise
,
estoient
ePntrerzuau fSelrviTce dcu R.oy de
OnmandedeCologne qquuet
les partis Françoisfaisoient
des courses en ce pays lef..
quels avoient enlevé plusieurs
Marchands de Cologne qui
revenoienc de la foire de Bonne
avec leurs Marchandises.
Les Lettres de Strasbourg
portent, que le Maréchal de
Villarsen estoit parti le ij.
Novembre pour aller au
Fort Loüis,d'où il partit le29.
pour se rendre au Chasteau
de Rastat dans le Marquisat
de Bade
,
où il afriva àtrois
heures après midy
, pour y
traiter de la Paix Generale
avec le Prince EugenedeSavoye,
lequel y arriva le même
jour. Le Maréchal de Villars
alla le recevoir versJe haut
de l'escalier,où ils se presenterent
mutuellement les Seigneurs
qui les accompagnent,
& ensuite il leconduisitdans
sonappartement,d'où aprés
un quart-d'heured'entretien
le Prince Eugene conduisit à
son tour le Maréchal de
Villars dans sonappartement.
Les Conferences devoient
commencer dans peu ,
s'étant
déja de part & d'autre
communiqué leurs Pleinspouvoirs,
que les Troupes du
Roy, & celles des Ennemis
estoient en marche pour aller
prendreleurs quartiers d'hyver.
,
Nouvelles d'Espagne.
Le Roy a donné l'Ordre
de la Toison au Marquis de
Brancas Ambassadeur de
France, qui le même jour
traira magnifiquement tous
les autres Chevaliers de la
Toison
, & plusieurs autres
personnes de distinction. Sa
Majesté a donné le Collier du
même Ordre, au Comte de
Montijo. Elle a aussi donné
la Regence du Royaume de
de Navarre,à Don Carlos
Guticrrez de la Penna, l'un
des Alcades de sa Motion &
Cour. On a publié un Decret
par lequel le Roy a reglé le
nombre de ceux qui composeront
ses Conseils.Le
ConseildeCastille feracomposé
de cinq Presidents
,
de
vingt quatre Conseillers,qui
prendront séance selon leur
ancienneté, d'un Fiscal ou
d'un Procureur General, de
deux Avocats Generaux, &
de quatre Secretaires.
Le Conseil des Indes fera
composé de trois Presidens,
dix Conseillers de Robe, de
dixConseillers d'Epée,d'un
ProcureurGeneral
,
de deux
Avocats Generaux, & de trois
Secretaires.
Le Conseil des Ordres, de
deux Presidents, de dixConseillers
de Robe, d'un Procureur
General, d'un Avocat
General
,
& d'un Secretaire.
Le Conseil des Finances,
d'un Controlleur General, de
quatre Presidents
,
de dixhuit
Conseillers de Robe,de
dix-huit Conseillers d'Epée,
de deux ProcureursGeneraux,
de deux Avocats Generaux
,
de cinq Secretaires & de cinq
Rapporteurs de Comptes.
La Salle ou Tribunal des
Alcaldes
, ou Prevosts de
Cour, fera composé de trois
Presidents, de deux Avocats
Generaux, de quatre Secretaires,
& de dix huit Lieutenans
des Alcaldes : on assure que
dans peu on reglera les autres
Tribunaux inferieurs.
Sa Majesté a donné la
Charge de Secretaire des Finances
des Indes à Don Geror
nimo de Ustariz : celle d'Intendant
de la Province de Seville,
au Marquis de Miraflores
de los Angeles : celle de
Soriaà Don JosephPedrajas:
celle de Valladolid,àDon Nicolas
deHinijofa : celle de
MurcieàDon Louis de Mergelina,
& celle de la Province
de Cuença, à Don Bartholomé
Antonio Badaran de Osinaldé.
Les Lettres de Catalogne
portent qu'onacheve les Lignes
de contrevallation devant
Barcelone pour l'assieger
dans les formes: qu'onattendoit
de jour en jour l'Escadre
de Cadiz, que le Chasteau de
Cardonne étoit bloqué: que
les Sommetans ou Malices de
Catalogne,poursuivoient les
Volontaires & les Miquelets;
afin de rétablir la Paix dans
cette Principauté, & quoiqu'il
fut entré quelques provisions
dans Barcelonne, il y
manquoit encore beaucoup
de choses necessaires; celles
de Cadiz du 19. Novembre
portent que l'Escadre commandée
par le Vice-Amiral
Pintado, avoit fait voile le
même jour de ce Port-là avec
un vent favorable; elle
cft composée de dix Vaisseaux
de guerre & de six Belandres
ou Barques armées, elle est
destinée pour le Siege de Barcelone
aussi bien que le Marquis
de Valdecannas, & les
Troupes qui y sont embarquées
avec une grande quantité
devivres, de munitions,
& d'autres preparatifs de
guerre.
EXTRAIT
dela Gazette de Cithere,
le4. Decembre 1713.
Un Envoyédu brillant
Hymenèe
Paré defleurs, ût audiance
icy,
Venus étantdes Ris environnée
Ilfuat adlmnisàjileu.r.parler
Depuisl'Hymen de cel-
,
le dontla coupe
Fait l'enjouëment de la
table des Dieux;
PourcaJ pareil,sijamais
<vojlretroupe
SçûsanimerlesPlaisirs&
lesJeux,
Quelle y travaille avec tinfoinextreme3
Un jeune objet dans nos
rets efl tombé'
Aux yeux d'Hercule il
paroistroit Hebé,
Et je l'ay pris pour la
Jeunesse même;
Il a l'éclat de Flore au renouveau
Et de l' Aurore en ouvrant
sa Cariere,
Beauténaissante& reçue
au berceau
Ensurvivance auxappas
delaMere:
Sa Merefçutl'artdefer*
petuer
Ses traits charmans dans
sa bellefamille,
Lorsqu'ellefit bonne part à
safille
De les attraits sans les
diminuer:
Ainsi des mois l'inégale
Courriere
Et de ses feux, les autres
feux témoins
Du blond Phoebus em«.
prunte la lumiere
Tant que jamais Phoebus
en brille moins.
Le jeune objet que l'Hy.
1 "llnCe engage
Sous nul empire encore n'a
flechi,
Et cent beautez., fesoient
un douxpartage
De centtresorsdontilest
enrichi;
Il estluiseul plus maistre
en l'art de plaire
Que vostroisSoeurs, les
JHufes toutes neuf,
Pour dire plus, cejl trait
pour traitfa Mere.
A ce portrait ceji la jeune
Pleneuf
1 Dîtsurlechamp la Reine
D'*dmathonte9
C'estse moquer,c'est If-.
vant lasaison
Allerunir les jeuxà la
raison,
Et l'Hymenêe en devroit
avoir honte;
Dans mon couroux qu'estce
qui me retient
L'Ingrat qu'ilest, que je
ne le querelle;
Ravirsi-tost a. mais
il me souvient
Qu'encor sa Mereétoit
plus jeune qu'elle
Quand par l'amour son
contratfut signe,
Contrat si bon au bien de
nos affaires
Qj£à cet Hymen, ma samilleagagné
Une recrue deSoeurs
de freres,
Lajeune Iris ne m'en promet
pas moins;
Cherche l' Amour, q'iit
s'aime qu'ilj'apprëte,
Arelever l'Hymen de
tous ses soins,
Qu'il aide seulse mêler de
laseste,
Sur-tout au cas que la première
nuit
Le même toit mere &
fillerassemble;
jiti grand raport qu'ont
leurs attraits ensemble
L'Hymenpourroitse méprendrede
lit; -
Il passeroit pour d'autant
moinscoupable,
En commetant cette erreur
auflambeau
Qu'en pleinmidy duSoleil
le plus beau
Qui laseroit,seroitfort
pardonable;
On ne devroit qu'après
mûr examen
Marierfille ayantsijeune
mere
Etsans le soin que je
prend du mistere
Quel qui pro quo pouroit
faire l'Hymen.
jîllezj, mon fils, réglée
bien toutes choses,
Die- Citheréeàl'enfantamtiiïreux,
Venezcueillir sur mes le~
rvres de roses
Un doux basser pour ces
époux heureux;
Que ce baiser les remplisse
deflame,
Qui'l soit suivi du plus
fort de vos traits,
Et que portant jufyuau
fondde leurame
Ily demeure &m'enforte
jamais;
Et vous Seigneur,ditesà
l'Hymenee
Que s'il formoit toujours
depareils noeuds
Saplace ici luiseroit dcfi*
gné,e/
Avecles Ris, les Graces(7
lesFeux.
LE GAZETIER
à la jeune Mariée. * J'aurois jadis mieux
badinépeut-estre
Quand on tif jeune,il
sied bien d'estre fou,
Mais, par malheur, Iris
monfort est d'estre
VieuxCazetier comme l'abbéBernou;
Hebe la jeune immortelle
Etvostreinférieure erijeu..
ness-e,en appas
Ases Noces fç*4P bien rajeunir
Iolas , Daignez,fairesur moi ce
miracle comme elle3
Je voudroisprolonger mon
cours
Pour redoubler tous les
jours
Le tendre attachement que
j'aipour vostre race,
Pourquoy, ne puis-je rajeunir.
Pour ne voirpas fi-tost la
fin qui le menace
Puisqu'il rieft que ma
mort, quipuisse lefinir.
ENVOY.
Ces Vers partent du
coeur, tamitie les ins
pire
Ils riont pas ces merveilleux
traits
Des Pindares nouveaux
dont on vante la Lyre,
Mais lessentimens en
font vrais.
Par M. Palaprat.
MARIAGE.
Le Marquis de Prie, Aide
de Camp de Monseigneur le
Duc de Bourgogne en 1702.
& 1703.Colonel d'un Regiment
de Dragons
,
nommé
en 1713.Ambassadeur pour
le Roy auprès du Roy de Sicile
,
épousa le 28. Décembre
Agnès Berthelor, fille d'Etienne
Berthelot, Ecuyer, Seigneur
de Pleneuf
,
&c. Conseiller
du Royen ses Conseils,
Directeur General de l'Artilletie
de France, & d'Agnès
~Rioult Düilly. Etienne Berthelot
de Pleneuf, cil fils de
François Bert helot
,
Conseillet
d'Etat & Secretaire des
Commandemens de feuë Madame
la Dauphine
,
qui eut
neuf enfans
,
six garçons: * N Berthelot de Joy
,
Secretaire
des Commandemens
en survivance ; Etienne Berthelot
de Pleneuf, pere de la
Marquise de Prie ; Jean-Baptiste
Berthelot de Duchy;N..
Berthelot de S. Alban, morr
Capitaine au Régiment du
Roy;N. Berthelot de Rebourfeau
,
Brigadier & Colonet
du Regiment de Bretagne;
& N. Berthelot de S. Laurent.
Trois filles: la premiere
épousa Mr Dombreval,Avocat
General de la Cour des
Aides; la seconde
,
le Maréchal
de Matignon ; la troisiéme,
M1 le President de Novion,
President à Mortier au
Parlement de Paris.
La Maison de ~Piiecft une
des plus anciennes & des plus
illustres du Royaume : elle a
produit de grands Hommes,
& diversOfficiers de la Couronne.
Jean de Prie I du
nom, Seigneur de Buzancois
(x. de Moulinsen Berry, vivoiten
nôj. Philippes do
Prie, Seigneur de Buzancois
& de Montpoupon, Sénéchal
de Beaucaire & de Nismes,
servir au Siege d'Ypres
l'an 1318. & en d'autres Sieges.
Il avoit épouséIsabeau
de Sainte Maure, de laquelle
il eut plusieurs enfans, entr'-
autres Jean de Prie, Seigneur
de ~Buzancois, & Capitaine de
la Rochelle quiservit dans les
Armées des Rois Philippes de
Valois, & Jean, & se signalaau
Siege de la Charité, &
al la bataille d'Auray en 1364.
Il eut PhilippesCourault, sa
femme, Jean de Prie, Seigeur
de Busancois & de Moulins,
qui prit alliance avec Isabeau
de Chanac, dont il eut
Jean de Prie, Seigneur de Buzancois,
grand Pannetier de
France, & Ca pitaine de la
grosse Tour de Bourges, qui
fut tué l'an 1427. endéfendant
cette Placecontre les
Anglois; Antoine de Prie,
Chevalier Seigneur de Busancois,
de Montpoupon & de
Moulins, étoit grand Queux
de France, l'an 1431. Il épou- sa Madeleined'Amboise ,
fille d'Hugues d'Amboife^Sei*-
gneur de Chaumont , &cv
dont ilcu-t'.ilioiiis-dc Pryc,
René Cardinal, & Aimar,
Radegonde, Religieuse à
Poissy,morteen1501.Chariorcc,
Mauec à Geofroy de
Chabannes, Seigneur de la
Palisse,& Catherine, femme
de Loüis du Puy
,
Seineur du
Coudray en Berry.
Loiiis de Prye, Seigneur de
Buzancois,Chambellan du
Roy & grand Queux de France,
épou sa Jeanne deSalafart,
donc ileut Aimoin de Prye.
-' Aimar de Prye,Seigneur
de Montpoupon & de la
Mothe, alla à la Conqueste
de Naples avec le Roy CharlesVIII.
en1495.& setrouva
à la prise de Capouë en 1501.
& au secours de Therouannc
en 15 1 3. il fut Conseiller &
Chambellan du Roy, Grand
Maistre des Arbalestriers de
France en 1513.& Gouverneur
du saint Esprit. Ce Seigneur
épousa en premieres
nôces Claude de Traves
,
fille
de Thibaud Seigneur de Draci
, & en seconde Claudine
de la Baume, fille de Marc
Comte de Montrevel, desquelles
il a eu plusieurs enfans.
René de Prie Cardinal Eve-,
que de Bayeux ,Abbé de
Bourgüeil ;
soutenuducredit
de son coufin germain, le
Cardinal d' Amboise, il s'éleva
auxDignitez de grand Archi-
! diacre de Bourges, d'Abbé.
i de Bourg -
Dieu,de la Prée
,
d'Evêquc de ~Laboure ,
de
Limoges
,
de Bayeux, &enfin
1 à celle de Cardinal qu'il obtint
i du Pape JulesII. en 1507.
[ deux ans aprés le Cardinal de
* Priealla à Rome & s'y trou- va avec le Cardinal de Clermont,
lorsque le Pape Jules
II. prie les armes contre le
Roy Loüis XII. ce Pontise
fie arrêter le Cardinal de Clermont,&
deffendit au Cardinal
de Prie de sortir de Rome
fous peine d'être privé defcg
Benefices ; mais ces précautions
furent inutiles. Les
Cardinaux de Prie
,
de Carvaïal,
de saint Severin & quelqu'autres
se retirerent à Gennes
d'oùils vinrent à ~Pise
tenir leur Concile; ce coup
irrita furieusement le Pape,
qui les priva du Cardinalat ;
mais ils furent rétablis fous
Leon X. Le Cardinal de Prie
mourut en France "le!). Septembre151
6. & fut enterré à
l'Abbaye de la Prée,où l'on
voit son Tombeau.
Aymar de Prie IIdu nom
Marquis de Coucy
,
Baron de
Montpoupon épousa le 13.
Mars 1593. Loüise de du
Hautaner,fillede Guillaume
Seigneur de Fervaques Maréchal
de France
,
dont il eut
Aymar de Prie tué au fervicc
du Roy au Siege de Montauban,
en 162 1. Loüis & François
de Prie Baron de Plannas
de qui Marie Brochart fillede
Pierre Seigneur de Marigny, a
laissé N.dePre quia des enfans.
-
Loüis de Prie,Marquis de
ToucyépousaFrançoise de
saint Gelais fille d'Artus, Seigneur
de Lanzac
,
& de
Françoise de ~Souvré, morte
le 29. Avril 1693. dont ila
eu Charlotte de Prie mariée le
27. Fevrier ~1639. à Noël de
Bullion
,
Marquis de Gallardon,
Sei1gn)eur de Bonnelles Conseiller d'honneur au Parlement
de Paris & Commandeur
des Ordres du Roy ,
morte le 14. Novembre
1700. âgée78.de Loüise de
Prie Marquise de Toucy
Gouvernante des Enfans de
France,&Surintendante de
leurs Maisons
,
alliée le 22.
Novembre1650. àPhilippe
de la Mothe-~Houdancourc
Duc de Cardonnc Maréchal
de France, morte le 6. Janvier
1709. âgée 85. ans.
François de Prie Baron de
Plannas
,
aprés la mort de
Loiiis det Prie son aîné,
demeura le Chefde la maison.
Il épousa Marie Brochardfille
de Pierre Brochard Seigneur
de Marigny, Maistre des Requestesdel'Hôtel
de la Ville.
Il eut pour enfans Aymara
Antoine, Edme ,& Jean de
Prie.
Aymar Antoine de Prie,
âiné de la Maison
,
Baron de
Plannas &c. Maréchal de
Camp, épousa Jaqueline de
Ferrésfilleunique de N. Ferrés
dont il ~eur Leonor & Loüis
de Prie, qui a épousé Mlle.
de Pleneuf.
Roland Aymar de Prie
Abbé du Papat
,
& Leonor
de Prie Capitaine de Cavalerie.
Madame la Princesse de
Ting yJ acoucha le 30. Novembre
d'un fils, que 1on
nomme le Comte de Luxe,
Elle est femme de MclIirc
Christian Loiiis de Montmorency-
Luxembourg, comme
cy devant fous le nom de
Chevalier de Luxembourg,
& depuis son mariage fous le
nom de Prince de Tingry. Il
cd fils de feu Mr le Mare-
~chai de Luxembourg, & frere
de Mr le Duc de Luxembourg,
Gouverneur de Normandie
, premier de Mr le
Duc de Chastillon & de Madame
la Princesse de Neufchastel
; je ne puis étendre
davantage 1 Eloge de la Maison
de Montmorency que
celle que je vous ay donnée
cy-devant dans le Mercure
du mois de Décembre 1711,
lorsque je vous ay parlé du
mariage de Mondit Seigneur
le Prince de Tin^ry où je
- renvoye le Lecteur. Quand à
la famille de Madame la Princesse
de Tingry
,
elle se nomme
Marie LouisedeHarlay;
elleestfillede flire A-bilcs
de Harlay 4e du nom, Comte
de Beaumont, Conseiller
d'Etat, & de Dame Anne
RenéeduLoüet, fille du Marquis
de ~Coeijanval, Doyen
du Parlement de ~Brecagne,
& petite fille de Achiles de
Harlay 5e du nom, Comte
de Beaumont, premier Pulîdent
au Parlement de Paris,
quia rempli cette haute dignité
avec tanr d intégrité & de
gloire pendant l'espace de 18.
ans Cette famille de Harlay
descend de Gautier de Harlay,
Sergent d'armes du Roy, qui
vivoit en 1397, & depuis luy
Madame la Princesse de Tingry
est au onziémedegré.
Cette famille a donné de tresgrands
hommes, Robert de
Harlay, Baron de Monglac
a esté grand Louvetier de
France; Jean de Harlay a
esté Chevalier du Guet, à
Paris en 1461. Christophe de
Harlay, suc President à Mortier
à Paris en 1555. Achiles
deHarlay fut President à mortier,
Conseiller d'Etat, puis
Premier President. Achiles de
Harlay 20
c: du nom fut Conseiller
au Parlement, Maistre
des Requestes, Conseiller d'Erat
, puis Procureur General
en 1661. pere d'Achiles 3e.
du nom, dont j'ay parlé cydessus
& qui fut Conseiller au
Parlement, Procureur Genc*
ral, enfin premier President,
qui ~écoit l'Ayeul de Madame
la Princesse de Tingry.
Cette famille s'est divisée -
en plusieurs branches dans lesquelles
il s'est rencontré quantité
d'hommes tres illustres,
& des alliances tres ~confiierables
; entr'autres Nicolas
Auçufte de Harlay, Maistre
des Requestes, qui a esté un
tres grand Negotiateur commeila
paru dans ses Ambassades,
ayant esté Plenipotentiaire
à Francfort en 1681.
& pour la Paix generale à ~Rifvick
en 169j.
L'Eglise a eu des ~Prelacs de
distinction de cette famille
dans la branche de Chamvalon,
entrautres François de
Harlay, Abbé de S. Victor,
premier Archevesque Roüen,
& François de Harlay, son
Neveu, & son successeur à
l'Archevesché de Roüen,puis
Archevesque de Paris, Duc.
de S. Clou, en faveur de qui
le Roy Louis XIV. érigea
la Terre de S Clou en Duché
Pairie, & pour luy & ses
successeurs, Archevesques de
Paris, le Roy le fit aussi Commandeur
des ses Ordres ~cn
2664. & le nomma au Cardinalat
en 1690. pour la premiere
Promotion qui se feroit
en faveur desCouronnes:mais
la mort l'empêcha en 1695.
de recevoir cet honneur.
MORT S.
Dame Helene de Besançon,
épouse de Louis- Charles,
Prince de Courtenay, & iiiparavant
de Messire Jean le
Brun, Maistre des Requestes
& President au Grand Conseil,
mourut le 30. Novembre.
Edme tlaugter) beigneur
deVoise & de Montrouge,
l'un des Fermiers Generaux
de Sa Majesté, mourut le 5a
Novembre
Dame Marie- Madelaine
Guerapin de Vaureal, veuve
de Messire Louis Sevin, Marquis
de Bandeville, Colonel
d'un Regiment d'Infanterie,
mort en 16-74. des blessures
qu'il reçût à la batailled'Einfheim,
mourut sans laisser
posterité le 3. Decembre
171 3. en sasoixante-quatriéme
année.
Dame Marie le Bel, veuve
de Jean de la Baune, Conseiller,
Secreraire du Roy, ~Si
Greffier en Chef au Criminel
du Parlement, mourut le 9.
Décembre
Messire Gabriel Choart,
Chevalier, Seigneur duTremblay
Surintendant de la Maison
de ~fcuë Madame la Dauphine
; mourut le 16. Decembre.
E'LECTIONS.
Le 23. de ce mois, le
sieur de la Monnoye fut reçâ
à la place vacante dans l'Academie
Françoise, par le decés
de l'Abbé Regnier des
Marais,& l'Abbé d'Estrées,
Chevalier de la Compagnie,
répondit à son discours avec
beaucoup d'éloquence. Quelques
jours auparavant le sieur
Dacier avoit estéélû Secretaire
perpecuel à la place de
l'Abbé Regnier, qui l'avoit
exercé depuis la mort du sieur
Mezeray, successeur du ifeur
Conrart.
Le Reverend Pere Feuillée ,
Religieux Minime, Mathematritien
de Sa Majesté, que
Monseigneur le Comte de
Pontchartrain avoit envoyé
par ordre du Royen 1707.
aux Indes Occidentales pour
y travailler à la perfection des
Sciences & des Arts, a prefenré
à sa Majesté une partie de
ses ouvrages, qui les a reçus
avec beaucoup d'agrément.
On trouve chez, Rondet
Imprimeur,ruë de la
Harpe, vis-à-vis la ruë
du Foin, la suite de l'Almanach
Historique; annoncé
dans le Mercure de
DécembreY]II*
EXTRAIT
du Discours-deMonsieurde
Reaumur sur la prodigieuse
ductilité dedinjerfesmatiè-
Ires) leu dans l'assemblée publique
de l'AcadémieRayale
des Sciences
,
le 15. Novembre.
'D Ans le Mercure dernier
nous nous contentasmes
de faire connoistre le
sujet de cettedissertation
d'indiquer lesmatierescu-,
rieusesqui y sont examinées;
nousavertismes aussi
RU'ellé estoitremplie d'un
grand nombre d'observations
singulieres, écrites
d'une maniere qui feule estoit
capable de les faire recevoir
agréablement, on
nous sçauroit mauvais gré
si nous en estions restez Jà,-
nous allons tascher d'en
donner une idée plus complette.
Pour embrasser tout ce
qui regarde lamerveilleuseductilité
dedivers corps,
M. deReaumur divisales
corps ductiles en deux
classes;dontlapremiere
comprend lecorpsqu'il
nommaductiles durs, &.
la seconde les ductiles
mous Les métaux quis'estendent
sans marteau, ou
en passant par la filiere,
luy fournirent des exemples
de la premiere cfpece
de ductilité. Le Pere Mersenne,
Furtiere
,
Rohault,
& divers Sçavans, que M.
de Reaumur eut foin de
citer, ont fait des calculs
pour montrer jusquesoù
les batteurs d'orestendent
l'orenfeüilles, & jusques
où les tireurs d'or estendent
les lingots dorez,dont ils
forment les fils que nous
employons dans une infinité
d'ouvrages. Mr de
Reaumur qui a décrit les
arts du batteur d'or & du
tireur d'or pour servir l'histoire
generale des arts, a
-
trouve pouffé la ductilité
des metaux bien plus loin
que les Anciens ne l'avoient
dit. Les artsse persectionnèrent
, nous nous
contenterons de rapporter
qu'il fit voir par des experiences
exactes que l'onestend
un lingot ou une especede
cylindre d'argent:
doré d'environ vingt deux
pouces de long,& de quinze
lignes de diametre, qu'-
on estend, dis
- je,ce cylindrejusqul'à
ce que sa longueur
parvienne à celle de
cent onze lieuës. Le calcul
quil donna de 1epaifseur
de lacouche d'or qui
couvre les lames d'argent
doré dans lesquels cit réduit
ce lingot, est encore
plus surprenant. Cette cou- -
che d'or n'a pas fouvenc
d'epaisseur la 300000. partie
d'une ligne; Mr de
Reaumuramesme fait des
experiencesoùilla reduite
à n'en avoir que la millionniéme
partie aprés avoir
examiné les duétiIes
durs, Mr de Reaumur passa
aux ductiles mous Entre
les corps il donna le premier
rang au verre; il avertit
au reste qu'on ne devoit
pas e stre surpris de ce qu'il
donnoit cette -place à la
plus cassante, & àla plus
roide de toutes les matieres
Lorsque le feu l'a penetrée
on la peut rravailler
comme une cire molle. Il
expliqua comment avec le
1
verre on forme des fils plus
déliez que les cheveux, &
qui se plientde mesme au
gréduvent. Enfinil montra
qu'on pouvoit rendre
flexibles ces fils à un point
estonnant; & que si nous
en sçavionsfaired'aussi déliées
que le sont ceux dont
les araignées forment les
coques qui enveloppent
leurs oeufs; que probablement
ils feroient propres à
entrer dans des tissus. De
forte
,
s'il est vray de dire
que le verre n'est pas malleable
,
qu'il n'est pas seur
,
de dire qu'il n'est pas textible.
Il raconta aussi la maniere
dont il avoir tiré de
pareils fils beaucoup plus
déliez que ceux que les ouvriers
filent, & plus fins
mesme que les fils des versr àfoye.
Aprés rout Mr de Reaumur
avoüa que nous estions
peu habiles à travailler
les corps ductiles mous,
mais qu'heureusement la
nature nous a dédommagé
de ce quenous ignorons
de ce costé-la, il dit qu'elle
instruitune infinité d'animaux
à les estendre pour
nous; nous n'avons qu'à
mettre en oeuvre les fils
qu'ils nous préparent. Les
Vers à foye sont ces animaux.
Ils tirent leurs fils
d'une matiere visqueuse
contenuë dans leurs corps.
- A mesure que cette matiere
s'estend elle prend de
la consistance, elle devient
soye. Pourfaire voir néanmoinsjusques
où la nature
sçait estendreune matiere
molle, Mr de Reaumur ne
crut pas devoir s'arrester à
la soye des Vers. Les Araignées
luy en fournirent de 1
meilleures preuves. Mais
avant de faire voir quelle i
ea la prodigieusefinesse
des fils de certaines especes
d'Araignées, il décrivit la
belle mecanique que la nature
employe pour former
ces fils, il entra dans le détail
de toutes les parties
destinées à cetusage. Dans
le corps d'un si vilain animal
il y a un appareil furprenant
prés du derriere
de l'Araignée; on voit six
mamelons, le bout de chaque
mamelon examiné au
microscope, paroist percé
d'un nombre de trous prodigieux
, Mr de Reaumur
crut trop dire en asseurant
qu'il n'y avoit pas un de ces
bouts qui n'eust plus demille
trous. Chaque trou donnepassage
à un fil séparé.
L'Araignée ayant six mamelons
peut donc faire fortir
de son corps plus desix
millefils à la fois, ou pluCtostces
six mille fils séparez
sont actuellement formezdans
son corps. Tout
déliez qu'ils sont, ils ont
chacun leur tuyau particulier
qui les conduit jusques
aux reservoirs où est contenuë
la liqueur dont ilssont
formez. A la sortie dumamelon
plusieurs de ces fils
se réunissent ensemble
, &
en compofenr un ,
tel que
font ceux dont les araignées
font leurscoques.
Mais quelle est la prodigieuse
finesse de ces fils
dont l'assemblagene compose
qu'un fil plus délié
que tout ce quenousconnoissons.
Enfin siau lieu de
considerer ces 6000. fils,
dans les grossesAraignées
on les confidere dans certainesAraignées
naissantes,
qui ne peuvent presqueestre
apperçuës ellesmêmes
qu'avec le Microscope, on
aura bien de quoy admirer
les ouvrages de la nature.
Nousajouterons icy
une chose
,
dont nousoubliâmes
à parler dans le
dernier Mercure, qui ne
doit pas estre indifferente
au Public. C'est que le Pere
Gouye, après avoir fait un
Extrait trésexact des Discours
précedens,annonça
au Public que M. de Reaumur
s'estoit charge en partie
de l'execution du projet
que l'Academie a formé de
donner des descriptions de
tous les Arts & Metiers,
de tous leurs procédez, de
tous leurs instrumens, leurs
machines
, &c. Ce projet
dans l'execution a esté generalement
souhaitté,soit
dans leRoyaume, doit dans
les Pays estrangers
, comme
trés-utile, soit pour le
progrez, foit pour la conservation
des Arts. Le Pere
Gouye annonça en rneme
Fernps que M. de Reaumur
*A
avoit des ja décrit un grand
nombre d'Arts des pluscurieux
,
dont il donneroit
bientostun grosvolume.
PourM. le Dauphin, ausujet
d'une avanture entre luy
& le petit Marquis de
Brancas.
mures,Prenez
vos plus
brillans atours,
Vos patins neufs, vos habits
des bons jours,
Vos beaux pendants, soyez
proprettes & blanches,
Telle qu'un jour de Feste
ou deDimanche.
Il faut partir dés demain
pour la Cour,
Un jeune Prince aussi beau
que l'amour
Enfant , des Dieux, par ses
graces, exige
De tous les coeurs un juste
hommage-lige;
Chacun s'empresse à luy
rendre le sien,
Portez luy viste &levostre
& le mien.
C'est ce Dauphin,seul
gage
gage ouinousrcite,
D'un pere helas ! que le
courroux celeste
Malgré les cris des peuples
gemissans,
Nous enleva dans la fleur
de ses ans.
Fasse le Ciel, appaifant sa
colere,
Qu'un jour le fils nous remplace
le pere,
Nous ne pouvons souhaitter
aujourd'huy, ;;
Rien de plus doux ny pour
nous , ny pour luy.
Mais arresté
, que vois-je
icy ma Mufe
,
Vous qui d'abord estonnée
& confuse,
Et dans le coeur murmurant
contre moy Vousdeffendiez d'a,cceprer
cet employ
Au tendre nom du Dau..
phin de la France,
Vous reprenez toute vostre
assurance,
Et semblez mesmeà vôtre
air vif& gay,
Ne demander qu'à partir
sans délay.
Je vois le point, & je crois
vous entendre,
Pour un enfant dans l'âge
le plus tendre,
Et qui ne compte encore
que trois moissons,
Me dites-vous, faut-iltant
de façons?
Muse, tout doux,qui vous
laisseroit faire
Vous me feriez à la Cour
quelque affaire;
Je crois vous voir prompte
à vous oublier,
D'un pas leger & d'un air
familier
Vers le Dauphin pour debut
d'ambassade
Les bras , ouverts courir à
l'embrassade.
Autant en fit dans un fern-J
blable cas
Jeune Marquis que vous ne
valez pas.
Autant en fit & compta
sans son hoste,
Retenez-en Muse, & n'y
faites faute,
Toute l'Histoire. AuPrince
certain jour
Ce jeune enfant alloit faire
: sa cour.
Sa cour, que dis- je, helas !
c'est un langage
Dont à trois ans on ignore
l'usage.
Sans tant tourner disons
qu'ill'alloit voir
Plus par instinct mesme
que par devoir.
Le coeur qui fut son guide
&son genie
Ne connoist point tant de
ceremonie.
Depuis long temps flaté
deceplaisir,
- Le pauvre enfant brusloit
d'un vray desir
De voir le Prince, & disoit
à toute heure,
Quand le verrai- je ? il se
tourmente, il pleure,
Il veut le voir; soyez sage
&demain,
Luy disoit on,vous le verrez
soudain.
Il s'appaifoir, une telle promesse
Plus letouchoit que bonbons
ny carresse.
Arriveenfin ce jour tant
souhaitté,
Long-temps promis, te souvent acheté,
D'attendre au moins un
moment qu'on l'instruise :
Point denouvelle,il faut
qu'on l'y conduise.
Sans differer
,
enfin pour
faire court,
On l'y conduit,ou plutôt
il y court.
En le voyant il ne se sent
pas d'aise,
Il vole à luy, iauce à son
col, le baise
Detout soncoeur; quin'en
,
feroit autant?
Si l'on osoit,n'en faites rien
pourtant,
Un tel debut quoyqu'assez
pardonnable ,
Muse,n'eut pas un succez
favorable.
Bientost le Prince estant
debarrassé
Des petits bras qui l'avoient
embrassé,
Sur l'embrasseur jette une
oeillade;
Et reculant quatre pas en
arriere,
Son petit coeur, mais noble
& qui se sent,
Est tout émû de ce trait
indecent.
Que fera-t il? il s'agite, il
secouë
Avec depit ce baiser de sa
Jouë;
Et de sa main il semble
s'efforcer
S'il est possible au moins
de l'effacer.
A tous ces traits d'un courroux
roux respectable,
Que dit, que fit
, que devint
le coupable,
Coupable, oüy qu'il soit
ainsinommé, [
Mais feulement pour avoir
trop aimé.
Le pauvre enfant dans une
allarmeextreme
Se fit d'abord son procez
à luy mesme, -
Ses yeux baissez,immobile,
- - interdit,
Il reconnut sa faute, il en
rougit,
Son repentir repara son
1 1.
audace,
Par son res pect il mérite sa
grâce,
Et s'approchant humblement
du Dauphin
Il fit sa paix en luy baisant
la main:
De tout cecy vous parois-
,
sez surprise,
Et vostreesprit raisonnant
à sa guise,
Se dit tout bas, Prince tant
c
foitil grande
Sijeune encor envieroit-il sonrang»
Dés son berceau touchant
,.
à laCouronne
Diftinguc.-exill!éclat qui
rr
l'environne,
Et de Louis présomptif
successeur
De son destin comme il a
la grandeur;
Muse, il la sent, s'il ne sçait
la connoistre
, Dans les Heros que pour
regner fit naistre
Des grands Bourbons la
Royalle Maison,
Le fang inspire & prévient
la raison,
Le noble instinct qui dans
leur coeur domine,
Rappelle en eux leurceleste
origine,
Et de ce sangreceu de tant deRoys
La majesté reclame tous
fès droits.
Allez donc, Muses, & deformais
infiruite
Sur ces leçons reglez vostreconduite,
De cesoleil [DUS l'enfance
éclipsé,
N'approchez point d'un air
trop empressé,
Sans affecter des airs de
confiance,
Qu'une modeste & naïve
asseurance
Gagne le Prince & puisse
de la part
Vous attirer quelque tendre
regard:
Haranguez peu, mais que
vostre visage,
De vostre coeur exprime
le langage,
Je ne dis pas qu'un petit
compliment
Assaisonné du sel de l'enjoüement,
N'eust qon merite & mesme
ne pust plaire;
Mais l'embarras, Muse, est
de le bien faire,
Le tout defpend des momens
& du tour,
Vous l'apprendrez des
Rhereurs de la Cour;
Point ne connois pour l'art
de la parole
De plus adroite & plus
subtile école.
Le beau par ler vint au
monde en ce lieu,
Et Compliment est leur
Croix de ParDieu.
L'air du pays qui de luymesme
inspire,
Vous dictera ce que vous
devez dire.
Si cependant vous doutez
du succez
Retranchez , - vous à faire
dessouhaits;
C'est un encens qui fut
toujours de mise,
Mais faites-les en Muse
bien apprise,
Vous trouverez de quoy
dans le Dauphin,
Et surson compte on en
feroit sans fin.
Souhaittez - luy les vertus
de son Pere,
Adjoustez y les graces de
sa Mere,
L'ame &le coeur du Dauphin
son ayeul,
De Louis tout, il comprend
tout luy seul.
Luy fouhaitter qu'àLouis
il ressemble,
C'est le doüer de tous les
dons ensemble.
S'il demandoit, comme il
faut toutprévoir,
Pourquoy ne suis-je moymesme
allé le voir?
Vous luy direz àl'oreille,
mon Prince,
Je croi qu'il a quelque affaire
en province,
Mais en tour cas à luy ne
tiendra point.
Que ne soyez obëi sur ce
point.
LABELLEL.AIDE
ou la Duperie de Bretagne
,
Avanture de
l'an passé. -
ENuneVille de basse
Bretagne brilloit, malgré
sa laideur,une fille
de condition, c'estoit un
prodige; car avec des
traits, dont la description
auroit donnél'idée
d'une très-laide personne,
elle avoit desja fait
de très-fortes passions.
Elle avoit les yeux petits,
le _fi.ont étroit, le nez
court & relevé, la bouche
fort grande, mais de
belles dents, un rire agréable,
un air de vivacité
répandu dans tous
les traits, la rendoient la
plus piquante personne
du la Province, en forte
qu'on la nommoit par
singularité la belle laide.
UnMarquis passionnément
amoureux d'elle,
mais qui n'avoit pas aiIèz
de bien pour l'épouser,
elle qui n'en avoit point
du tout, fit une campagne
dans la marine, Se
rencontra en plusieurs
endroits un Baron negociantqui
avoit fait plusieurs
voyages sur mer
moitié guerre,moitié
marchandise, &C n'avoit
réüssi ny à l'un ny a.rau"
tre,estant tres-pesant de
genie.Ayant fort peu de
sens& de hardiesse il perdit
par avarice beaucoup
d'occasions de gagner. Il
avoit mis sur un vaisseau
quelque argent, ce vaisseau
ayant peri, il se dégoutta
du negoce, & resolut
de revenir sur son
pallier où il vivoit dans
une de fès terres fort engagée
par les pertes qu'il
avoit faites. Ce Barcn
devenu très-mal aisé,pria
fès amis de luy chercher
quelque femme jeune ou
vieille, belle ou laide,
vertueuse ou non >
pourvû
qu'elle luyapportast
de l'argent comptant. Il
ne luy importoit
, cette
espece d'aviscirculaire
qu'il donnoit à la Province
du besoin qu'il avoit
de se marier
,
vint aux
oreilles du Marquis, qui
trouva dans la bourse de
ses amis dix mille écus
d'argent comptant, avec
lesquels il medita de faire
la fortune de sa belle laide
& la sienne en la maoiere
que vous allez voir,
& à l'occasiond'une Lettre
qu'il receut de Cadis
en ce temps-là.
Un amy du Marquis
qui l'avoit veu à Cadis
avec le Baron, & qui estoit
alors à Cadis où un
ancien associé du Baron
estoit en peine de sçavoir
ce qu'il estoit devenu,
écrivit au Marquis de
luy faire sçavoir si le Baron
estoit en Bretagne,
& luy manda par occailon
que c'estoit pour luy
donner avis que son ancien
associé avoit recouvert
depuis peu sur les
debris de ce Vaisseau qui
avoit pery, plusieurs effets,
qui pour la part du
Baron se montoient à peu
présàcinquante mille
écus. Sur cette Lettred'avis)
ce Marquis qui eût
esté assez passablement
honneste homme s'il eût
esté riche
, &C s'iln'eût
point esté amoureux, oublia
en ce moment l'exade
probité pour le rendre
legitimemaistre de
cescinquante mille écus,
en profitant de la betise
&dela paressedu Baron.
Voicyce qu'ilfitdeconcert
avec sa belle laide.
Une fille plus vieille
que jeune,& réellement
trés
-
laide, les seconda
dans cette intrigue:elle
alla trouverun Magistrat
de la Ville de homme
aisé à tromper, parce
qu'il estoit bon & charitable
table, elle luy dit qu'estant
de famille delicate
sur l' honneur, elle seroit
assomée par deux brutaux
de freres qu'elle avoit,
si elle ne se marioit
au plus viste, parce que,
disoit-elle
, pour sauver
son honneur elle n'avoit
point de temps à perdre;
& pour faire croire qu'elle
avoitraison de se presser,
elle avoit un peu outré
son deshabillé&
garni son corset. Le Magiftrat
eutpeine à estre
desabusé de la sagesse de
lafille, parce qu'elle estoit
d'une laideur à rester
fage toute sa viemalgré
qu'elle en eust. Enfin le
Magistrat luy promit de
proposer au Baron les dix
mille écus qu'elle offrit,
& de disposer adroitement
le Baron à la prendre
en deshabillé en faveur
des dix mille écus;
& il fut resolu, qu'on
addresseroit leBaronchez
une Dame avec qui elle
logeoit, & qu'on luy
diroit d'y aller incognito
fous quelqueprétexte,
pour voir si la laideur ne
le rebuteroit point.
Deux jours aprés le
Baronalla de la part du
Magistrat chez l'hofleffe
intrigantedecette entreveuë
qui l'entretint un
moment de la laideur singuliere
de la fille à marier
,luy disant qu'elle ne
laissoit pas d'avoir quelque
agrément. Enfin, elle
luy fit voir la belle laide
au lieu de la laide laide:
d'abord le Baron en
fut charmé
,
& il en devint
passionnément amoureux.
A la seconde
visite il fit confidence de
son amour au Magistrat
qui avoit entendu quelquefois
parler de la belle
laide, & qui estant un
bon homme fort retiré,
la confondit avec la laide
laide qu'il avoit vue. Il
ne pouvoit pourtant
s'empescher d'admirer
comment le Baron en estoit
devenu amoureux ;
& le Baron luy répondoit
qu'en effet elle n'avoit
pas les traits beaux,
mais qu'elle l'avoit charmé.
Le Magistrat n'ayant
nul interest d'approfondir
d'avantage ce qui
pro quo, luy dit que
puisqu'il estoit content
il n'avoitqu'à convenir
de ses faits, & qu'il iroit
signer le contrat, mais
que puifqu'il s'estoitentremis
pour ce mariage,
qu'il prit bien garde à ne
luy pas donner parole
mal - à- propos, & à ne
luy point faire de reproches
dans la suite; qu'il
ne luy garantiffoit la fille
qu'à l'égard des dix mille
écus. LeBaron protesta
qu'il estoit dans une impatience
extrême
,
Se que
dés le lendemain on termineroit.
- Le Magistrat qui set
toit informé à quelqu'un
qui estoitla belle laide,
avoit esté instruit qu'un
Marquis en estoit devenu
fort amoureux; & sans
sortir de son erreur l'a
crut tousjours la mesme
qui l'estoit venu trouver.
Le jour fut pris enfin
pour le - lendemain
, &
enprenant ce dernierrendez
vous la laide belle
qui avoittousjours imité
le deshabiller dontl'autre
avoit dit la cause au Magistrat,
affectasurtout ce
jour-là del'estaller encore
davantage, en mesme
temps que ses charmes
achevoient de déterminer
le Baron à supporter les
malheurs qu'on luyavoit
fait pressentir
,
& qu'il
avoit à demy preveu,
comme nous l'avons dit.
Il estoit donc passionnément
amoureux, & n'avoit
sur l'amour qu'une
delicatesse basseBretonne.
Vous
Vdousoavezveu Gi;3 le bonne &>y;*
qui la donnoit au^Bai'ard
avoit estétrompé luymesme
par le manege de
la laide, &qu'il ne s'étoit
point trouveauxieh-f>
trevuësde la belle laide
&C du Baron, ce qui causace
qui pro quo que
vous verrez dans lafuite;l
La belle laide cruë enceinte
par le Baron, signa,
lapremièreune promessè
de mariage fous sein privé,
&C feignant après
avoir écrit son nom, une
honte subite 6C un remors
d'avoir à se reprocher
de ne pas avouer
franchementàson époux
qu'elle n'avoir pas un
coeur tout neuf, le tira à
quartier dans un coin de
la chambre, & luy avoüa
les yeux en pleurs, qu'il
feroit obligé de fairedans
troismoisladépensed'un
Baptême. Le Breton enchanté
de la beauté & de
la sinceritéde sa nouvelle
épouse
,
pleura aussi de
son costé, & enfuitevint
signer la promesse qu'ils
avoient quittée de vûë.
On attendoit avec impatience
,
disoit on,le Magistrat
qui devoit signer
comme témoin. Dans
cette impatiencel'épouse
monta en carrosse pour
eller au devant de luy, &C
quelque temps après on
vit revenir avec le Magistrat
la laide laide, qui
du plus loin qu'elle vit le
Baron courut l'embrasser
comme époux. M.le Baron
voyant cet épouvantail,
s'éstonna
,
setroubla,
& jura bas Breton que ce
n'estoit point la celle qui
avaitsigné : ceux qui estoient
du complot luy dirent
qu'il extravaquoit,
& le Magistrat qui n'avoit
jamaisveu que celle-
là, le crut réellement
extravagant,quandilluy
jura que celle à qui il setoit
mariéestoitcharmante.
Voicy commenton la
voit escamotée pour luy
substituer la laide affreuse.
La belle après avoir
signé un papier, avoit
occupé les yeux 6c le
coe) ur du Baron, pendant
qu'on substitua un
Wrc papier où celle-cy
avoit réellement
-
signé,
-&cestoit ce dernier que
le Baronavoit signéaussi,
ensortequ'il estoit rnai'ié
avec la laide qui luy apportoit
à ce qu'il crut ui*
enfanten mariage.D'ailleurs
les dix mille écus estoient
réellement sur table
,
& c'est ce qui tenoit
au coeur du Baron à qui
on proposa que si ce mariage
ne luy convenoit
pas qu'on pouvoitannullex
l'affaire. Comme on
vit qu'ilnepouvoit se refoudre
ny à lascher les
trente mille francs ny à fè
charger de la laide enceinte,
le Marquis qui
-èftOlt present luy fit une
proposition en ces termesf
Rien n'est plus vray- ,
Monsieur, que tout ce
qu'on vous 3. dit, &je
fuis passionnément amoureux
de cette belle
laide,& si amoureux ,
que j'avaisdessein de
l'emmener à Cadis. Vous
avez euautrefois quelque
actionsurun vaisseau qui
apery, si vous voulezme
ceder la part que vous y
av ez, j'iray denleÍlcI: làies
cequ'onpourroit en
civo r sauvé, & à tout hazard
je vous lâisse ces dix
mille écus d'argent com-
-ptspt& jcod"a& charge
.ducciitràti'j Letraité fut
conclu, &cequele Baron,
ceda au Marquis se
trouva assez considerable
pour servir de dor à» sa
bcitc maistresse oui n'avoit
jamais commis aucui-
ie faute contre sr*on honneur, mais bien contre
la sincerité en trompant
le Magistrat& le
Baron.
DONS DU ROY:
-
LE24. Décembre veille
de Noël. sa Majesté donna
l'Abbaye de Landevenech
Ordre de Saint Benoist,
Diocése de Qiuiji percorentin
à l'Abbé de Varennes
,
Chapelain du Roy.
,
Landevenech
,
cil,un
Bourg de France dans la
Bretagne
, en latinLandenjencwm*
Il est situé sur la
Baye de Brest, de l'autre
casté&vis-à visdelaVille
de ce nom dont il est éloigné
de rrois lieux; on dit
quel'Abbaye de Landevenech
a esté fondée par
Grallon Royde Bretagne.
L'Abbaye d'Herivauxà
l'Abbé de Puismartin.
L'Abbaye de Sully, Ordre
de Saint Benoist ,Diocése
de Bourges, à l'Abbé
du Vallon.
L'Abbaye de la Trappe
Ordre de Cîceaux Diocése
de Séez, à Don Isidore
Dannetier, Religieux du
mesme Ordre.
La Trappe, ou Nostre-
Dame de la Maison-Dieu,
est située vers les Confins
de la Normandie , dans le
Perche, entre les Villes
de Seez
,
Mortagne
,
&
Laigle. Elle est dans un
grand Vallon, les Collines
& la Forest qui l'environnent
font disposées
de telle sorte qu'elles semblent
la vouloir cac her ju
reste de la terre. Elles enferment
des terres labourables
, des plants d'Arbres
fruitiers, des paturages,
& neuf Estangs qui
sont autour de l'Abbaye.
Elle fut fondéel'an 1140.
par - Rorrou Comte du
Perche, & consacrée fous
le nom de la Sainte Vierge
l' an 1214. par Robert
Archevesque deRoüen
Raoul Evesque d'Evreux,
& Silvestre Evesque de
Séez. Le relaschement ou
elle estoit tombé depuis
un grand nombre d'années,
porta Messire Armand
Jean Bouthilier de
Rancé, qui en estoit
Abbé Commandataire, &
qui se sentoit vivement
touché del'amour de Dieu,
à exhorter les Religieux de
demander eux- mesmes
qu'elle fust mise entre les
mains de l'estroite Observance
de l'Ordre de Cîteaux
pour y restablir la
premiere & la veritable
pratique de la Regle
, ce
qui fut fait par un Concordat
passé avec l'Abbe
& les Anciens Religieux
de la Trappe le 17. d'Aoust
1662. Ce fut en vertu de
ce Concordat, que ceux
de l'estroite Observance
entrerent dans ce Monastere
& en prirent possession.
Lorsqu'ils commençoient
à y faire revivre le
premier esprit des Peres
& des Saints qui en ont
estéles Fondateurs,l'Abbé
deRancé qui s'estoit retiré
du monde depuis quelque
tems, obtint du Roy
la permission de tenir cette
Abbaye en Regle, &
prit l'Habit Regulier en
j66$. dans le Convent de
Nostre-Dame de Perfeigne
, où il fut admis au
Noviciat, & où il fit Prosession
le 26 Juin 1664.
Lorsqu'il eut receu de la
Cour de Rome ses Expeditions
pour tenir l'Abbaye
dela Trappe enRegle
,
il s'y rendit le 14.
Juillet suivant
,
& ne son- -
gea plus qu'à inspirer par
son exemple aux Religieux
dont il estoit devenu
le Pere & le Pasteur le desirde reprendre , toutes
les austeritez & les penirences
qui estoient en
usage dans L'establissement
de cette Sainte Regle. Il
n'y eut aucun des Religieux
qui ne voulut imiter
la conduite toute édifianre
de ce Saint Abbé, &
ne voulut s'abstenir comme
lui de boire du vin,
de manger des oeufs &
du poisson, ajoûtant à cela
le travail des mains
chaque jour pendant trois
heures. Toutes les actions
de ces saints Anachorettes
font des prieres
continuelles à Dieu: en
Esté ils se couchent à huit
heures,& en Hyver à fepr:
ils se levent la nuit à deux
heures pour aller a Matines
qui durent jufquà
quatre
quatre heures & demie,
ils disentoutre ce grand
Office celuy de la Vierge,
les jours où l'Eglise ne fo-,
lemnife la Feste d'aucun
Saint: ils recitent encore
l'Office des Morts, au sortir
de Marines, si c'esten
Esié
,
ils peuvent s'aller reposer
dans leurs Cellules
jusqu'à Prime
,
l'Hyver ils
vont dans une Chambre
Commune proche du
Chauffoir où chacun lie
en particulier, les Prestres
prennent dordinaire ce
temslapour dire la Messe:
àcinq heures & demie ils
disent Prime & vont enfuite
- au Chapitre où ils
entendent les predications
que leur fait l'Abbé ou le
Prieur: sur les sept heures
ils vont travailler, ils se
mettent les uns à labourer
la terre, les autres à la cribler,
d'autres à porter des
pierres, chacun recevant
sa tâche sans choisir ce
travail L'Abbé luy-mesme
est le premier au travail
,
& s'employe souvent à ce
qu'il y a de plus abjeâ.
Quand le tems ne permet <
pas de sortir, ilsnettoyent
l'Eglise , balayent les
Cloistres, écurent la vaisselle,
font des lessives ;
souventils font plusieurs
assis contre terre les uns
aupres des autres à ratisser
des racines sans jamais
parler ensemble, plusieurs
travaUlenHdes ouvrages
de menuiserie, d'aurres à
tourner ,
n'y ayant - guere
-de shosesnecessaires à la
Maison,à leur usage
qu'ils ne fassent eux-mesmes,
aprés quoy ilsretour- -
nent à l'Office : vers les
onze heures ils entrent au
Refectoire qui est fort
grand,où ilya un long
rang de Tables dechaque
côté; celledel'Abbé est
en face au milieu desautres
,
& contient les places
de six ou septs personnes.
Il se met àun bouc, ayant
à sa gauche le Prieur, Se
à sa droite les Etrangers,
lorsqu'il yen a quimansi.[
êluReftétoire, ce
qtii arrive tfcs rarement.
Ces tables sont nuës Ôc
sans nappes , mais fore
propres.:Chaque B^elilÍ
Y
gieux a sa serviette, sa tasse
de faïence, son cousteau
, sa cuëillere
, & sa fourchette
de buis. Ils ont devant
eux du pain plus qu'ils
n'en peuvent manger, un
pot d'eau, un autre pot
d'environ chopine de Paris
plein de cidre. Leur pain
est fort bis & gros, à cause
qu'on ne sasse point la farine
,& qu'elle est seulement
passée par le crible. On leur
sertun potage quelquefois
aux herbes, d'autres fois
aux pois & aux lentilles,
& ainsi différemment
-
d'herbes & de legumes
,
mais tousjours sans beurre
& sans huile, avec deux
petit plats de legumes, ou
de boulie, ou de gruau, se-
Ion lasaison. Leurs sauces
ordinaires sont faites avec
du sel & de l'eau épaissie
avec un peu de gruau, ÔC
quelquefois un peu de lait.
A une heure ils retournent
au travail qui dure encore
une heure & demie; après
le travail ils font quelques
méditations ou lecture
spirituellejusqu'àVêpres
qu'ils chantent àquatre
heures. Les jours qu'ils ne
jeûnent pas on leur donne
pour leur souper un peu de
cidre, une portion de racines
,
& du pain comme à
diner avec quelque pomme
ou poire pour dessert:
pour les jeûnes de la Regle
on leur donne quatre onces
de pain, un peu de cidre,
avec deux pommes ou poires
; mais pour les jeûnes
de l'Eglise ils nont que
deux onces de pain & une
fois à boire. Les mets ordinaires
pour les Etrangers
font un potage, deux ou
trois plats de legumes; on
ne leur fert point de poisson
quoique les étangs en
soient remplis. Ils ont un
appartement particulier,
& n'entrent dans les Clois-
J, tres que pour aller à l'Eglise
aux heures de l'Office.
Cette Eglise n'a rien,
de considerable que la sainteté
du lieu. Elle est bastie
d'une maniere Gothique,
& le bout du costé du
Choeursemble representer,
la pouppe d'un vaisseau.
Tout l'ouvrage en estgrosÍjer,
&mesme contre le
Aréglés 1
regles de l'Architecture, Sa
grandeur estde vingt-deux
toises de Long, sur neuf de
large ou environ.
Le nombre de ses Solitaires
s'est tellement augmenté
depuis la Reforme
, que laréputation de
leur sainteté ayant inspiré
auGrandDuc deTolcanne
l'envie d'establir, une Maiton
de cette mesme. Reforme
dansl'Abbaye de
Buon Solaffo, qui est dans
sesEtats
,
&qui luy aesté
accordé par le Pape, il a
fait demander au Roy dix.
nuit Religieux de la Trappe
,
qui en partirent au
mois de Février 1705. avec
la permission de SaMajesté
pour se rendre en Italie.
Un de ces Religieux connu
dans le monde fous le nom
du Comte d'Aria Piémon
tois de naissance
,
& qui a
fait autrefois une grande
figure à la Cour de Savoye,
a eilé nomméAbbéde
cette Million. Le frere Arsene,
frere aîné duMarquis
de Janson ôc de l'Abbé
de Janson, & qui a porté
dans le monde le nom
de Comte de Rosemberg,
est du nombre des dix huit
Religieux.
L'Abbaye d'Epagne à la
Dame Lambert de Torigny.
L'Abbaye de Laval, Ordre
de S.Benoist,Diocése
du Mans, à la Dame de
Bossosel. Laval estune Ville
de France dans le Bas
Mayne. Elle est située sur
la riviere de Mayenne,à
six lieuës de la Ville de ce
nom. Cette Ville que l'on
appelle autrement LavaL
Guyon, a titre de Comte
Puirie, & s'est renduë recommandable
par le grand
traficdetoilles que l'on y
fait. On y voit un College,
deux Eglises Paroissiales,
qui sont la Trinité ôc S. Venerand
,
& deux Collegiales.
La premiere qui est
aussiParoissiale est dediée
à Saine Thugal & l'autre à
S. Michel. La ville de Laval
appartient aux Seigneurs
de la Tremoille. Il
ya une Chambre des Comptes
pour les Terres dépendantes
de ce Comté;
un Siege Royal; Siege des
Traitez; Election; Grenier
à Sel; & Département de
Gabelles.
L'Abbaye de Noftre-
Dame de Meaux, Ordre
de S. Augustin, Diocése
de Meaux
,
à la Dame le
Pilleur, Prieure du Prieuré
d'Andely. Meaux, Ville de
France
,
Capitale de la
Brie, avec Evêché Suffragant
de Paris, est située
sur la Riviere de Marne.
L'Eglise Cathédrale dediée
à S. Etienneestmagnifique
dans ses ornemens
& dans sa structure. Cet
édifice passoit pour un ouvage
achevé avant que
lesAnglois eussent ruiné
l'une de les Tours. Celle
qui est demeurée en forv
entier est admirable dans
sa grosseur,& dans les miniatures
dont elle est embellie.
LeChapitre decetteEglise,
quicom pte faine
Santin parmi ses Evêques
est composé d'un Doyen >
d'un Grand Archidiacre d'un Chantre, d'un Thre-,
sorier, de l'Archidiacre de
Brie, & de vingt quatre
Chanoines. Le Diocesen'a
que no. Paroisses. Il comprend
quatre Abbayes
d'hommes, & quatre de
filles.Ily aBailliage,Juge
Présidial, Prévosté
, Marechaussée,
Election,&Grenier
àSel. Elle atitre de
Comté
, & un asser grand
nombre d'habitans.
SUPPLEMENT
aux Nouvelles.
Les Lettres de Stokholm
du 15. Novembre
portent, que suivant les
ordres du Roy de Suede.
la Princesse Ulrique sa
soeur s'efloit chargée de la
Regence durant son abfcnee,
& qu'elle en avoic
pris possession le 10. sefêtanttrouvée
ce jour-là pour
la premiere fois au Con[ei!;,
qu'il y avoit esté resolu de
convoquer une Diete genérale
des Etats du Royaume,
& qu'on avoit expedié
pour cette convocation des
Lettres circulaires, dans
lesquelles on marque qu'on
y de libereroit sur les remedes
qu'on pouvoir apporter
au mauvais eut où le
Royaume le trouvoit; sur
les mesures les plus convenables
pourtraiter & conclurre
la Paix avec les ennemis
; & enfin pour envoyer
une Dépuration solemnelleau
Roy de Suéde
eh Turquie, tuy representer
le veritable état de son
Royaume,ôc recevoir ses
ordres; qu'on avoit receu
une Relation de Pererfbourg
de ce qui s'caort
passé en Finlande jusqu'au
8. Octobre,trés differente
de celle qu'on publiait. Elle
porte que le premier O&obre
l'Amiral Apraxin avoit
marché avec l'Armée vers
Trawasthus, que les Suedois
avoient abandonné,
aprèsavoir jetté leurs Canons
dans la Riviere
, &
ils s'estoient retirez au-delà
de la riviere de Pelken,
qui seslargit en forme de
Lac, où ils Ce retrancherent
&jetterent des batteries.
Les Moscovites les fuivirent,
&camperent vis àvis
durant quatre jours. Ils
firent aussi des Batteries,
& preparerent des Pontons,
sur lesquels le Prince
de Galliezen s'embarqua
avec six cens hommes
choisis, & il alla le 7. mettre
pied à terre à demie
lieuë de lava la gauche des
Suedois. Ils se deffendirenc
courageusement, neanmoins
après un combat de
trois heures, ils furent obligez
de ceder au nombre
superieur des Moscovites :
les Suedois perdirent dans
cette action cinq cens soixante
hommes
,
& deux
cens quarante faits Prisonniers
, sept gros Canons, d'autres plus petits,& plusieurs
Drapeaux ; que les
Moscovites avoient perda
cent vingt hommes, de
plus de cinq çens blessez.
On mande de Pomeranie
que les Trou pes Saxonnes
qui en sont sorties, ont fait
dans leur marche de si
grands desordres , qu'un
Officier du Roy de Prusse
en a fait arrester six-vingt
hommes, afin d'obtenir sàtisfaction
des dommages
qu'elles ont causez.
Les Lettres de Berlin da
12. portent que le Sieur
GolowKinAmbassadeur du
Czar prés du Roy dePrusse
,
luy avoit presenté un
Memoire par lequel leCzar
s'excuse de ratifier IeTrairé
conclu avec le PrinceMenzikow,
touchant le sequestre
de la Pomeranie
,
4
moins qu'on ne change
trois Articles duTraitéconclu
entre le Roy de Prusse
& le Prince Administrateur
de Holstein Gottorp
qu'ilprétendluy estre pré-,
judiciables,&à ses Alliez..
On écrit de Vienne que
lesEtats dela Basse Aurrichecontinuënt
leurs Délir^-
berations sur le subside
d'un million & demid'éeus
qu'on leur demande,
& qu'on necroit pas qu'ils
puissent fournir;qu'on voie
en cette Ville la copie d'une
Lettre que l'Archiduc
écrivit au Czar le 4. Novembre.
Elle contient des
plaintes de ce que le Prince
MenziKow avoit sans aucun
droit exigé deux cens
mille écus de la Ville de
Hambourg, trois cens trente
trois mille trois cens
trente trois écus de celle de
Lubex
, outre un present
de cinqmille ducats, & de
ce qu'ilavoitobligé par
executionmilitaire,les peuples
du païs de MecKelbourg
à porter des vivresà
son Camp devant Stetin,
ce que la petite Ville de
Male ayant refusée
,
elle
avoir esté prised'assaut&
pillée ; qu'il n'avoit pu se
dispenser comme Chef de
l'Empire, de luy en porter
ses plaintes, & d'emploïer
ses bons offices pour faire
restituer à ces Villes & à
ces peu ples ce qui leur a
.cl}é enlevé ; que la connoissance
qu'il avoit de la
justice & de la grandeur
d'ame du Czar ne luy permettoit
pas de douter qu'il
ne fit faire cette restitution-,
& qu'il n'empeschât
à l'avenir de pareilles violences.
On mande de Madrid
que le Roy a donnéle Gouvernement
de Roses dans
le Lampourdan,àDonAntonio
Marin de Guerrea,
Marêchalde Camp;quele
Marquis de Morous Ambassadeur
du Roy de Sicile
y estoit arrivé. Les Lettres
de
deCatalogne portentque
lesTroupesEspagnolles qui
servoientauxPaïs Bascommençoient
à arriver dans
cette Principauté; qu'on
préparoit toutes choses
pour faire le siege de Barcelone,
& que plusieurs des
principaux habitansayant
appris qu'on équipoit àCadis
une Escadre pour FaCsieger
aussi par Mer, & ne
voulant pas y demeurer
enfermez, s'estoient embarquez
secrettement
,
&
s'estoientretirez à Gennes.
D'autres avisdeCatalogne
portent que les habitant
de Barcelone manquoient
de viande, & qu'ils commençoient
à avoir disette
de pain, ce qui avoit causé
une émotion du peuple,
dans laquelle quelques personnes
avoient estetuées;
qu'on continuoit dans le
Camp les préparatifs ne..
cessaires pour le siege de
cette ville-là, & que l'on
n'attendoit que la jonction
des Troupes d'Estramadure,
dont la plus grande partie
étoit encore sur la frontiere
de Catalogne,&l'arrivée
de l'Escadre,qui outre
les vivres & les munitions
donc elle est chargée,
a encore embarquée des
Troupes à Cadis, à Cartagene,
&sur lescostes du
I" oyaume de Valence.
On mande de la Haye
que le Duc d'Ossonne y avoit
envoyé le Comte de
Pinto son frere pour visiter
le Palais d'Espagne & le
faire reparer;que le Traité
de Commerce entre l'Espagne
& l'Angleterre avoic
estésigné le 9. de ce mois;
qu'on n'attendoit que leretour
des Couriers de Madrid&
deLisbonne pour
conclurre les Traitez entre
l'Espagne & le Portugal, &
entre l'Espagne & cet Etat;'
On écrit de Bruxelles
que les Etats de Brabaftr*
de Flandres,&deHaynaut
estoient sur le point de terminer
leurs differens avec
le Roy de Prusse pour les
quatre-vingt mille écus
qu'il leur demande.
On a apprisde DunKerque
que le premier de ce
mois on y avoit fait fauter
les deux* -..
49
Erudition sur le Vin. 50
VIsse des Pecheurs. Historiette
traduite de tItalien sur
M. de Pre. ff
TABLE.
Chanson en Etrennes de.11z
A la belle inhumaine de.i16
A la belle foù'euse d'hombre
avec les deux as noirs. 117 jî Monseigneur Desmarets
Miniflre d'Etat, & ControlleurGeneral
des Finances.
Ode. in
Nouvelles. 133
Nouvellesd'Espagne. 150
Extraitde la Galette de Cithere,
&c. ij6
Le Gautier à lajeuneMariée»
166
Envoy. 168
Mariage. 169
Morts.c 185
TABLE.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le