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MERCURE
GALANT.
A1PAi\,3, -
AvecPrivilege du Kojt
J-H;ER.C JR.JÈ: GAANT.v
,. ",' .: 'ParleSieur
','
, Mois
*' deNovembre 1-1/1 1 1713. : 0
Le prixest 30.fols relié en veau,&; Z5."fols,broché. : APARIS
Chez DANIEL JOLLET au Livre
Royal, au bout du Pont S.Michel r>* du côtéduPalais.
-
* - if
- PIERRE RIBOU,a l'imageS. LÇMIS,
sur te Quaydes Aùgustins.
GILLESLAMESIE àl'entrée de la ruë
du Foin, du côté de la rue
-_u- Saint Jacques.
- • • J,}** ^vecAfrobàtUbXrFfm'lege duRoi*
M-ERCURE GALANT.
Dissertationsur la Musique
Italienne &Françoise.
,P,ar M. de L. T. ) - -E1 S\.- ,T apparemment,
Monsieur,
pourm'éprouver
& DOUÇ connoître ce que
je puissçavoir en musique,
que
vous me demandez
mon sentiment
sur le goût Italien qui yregneapresent plus
quejamais. Il n'y a personnequipuisse
decider
avec plus de justesse sur
cet a t que vous,qui le
possedez parfaitement,
& quijoignez au beau
naturel une science profonde
dans l'harmonie.
Je vous obeïs donc. Ce
ne fera point comme
Musicien prevenu en saveurde
l'uneoude l'autre
que je vous dirai
mon sentiment ; je parlerai
suivant le goût naturel
qui m'est échû en
naissant pour cette fcience
, & qui doit peu de
choses à l'art: & laissant
là les termes dont les
Musiciens font obligez
de charger leurs traitez
demusîque, & qui loin
d'instruire ne fervent
souvent qu'à embroüil1er
les idées deslesteurs
]c-râcheraydemerendre
sensîble à ceux qui me
liront, en fortequ'ils me
pourront comprend re
sans scavoirlamusique.
J'essayerai donc de vous
faire une peinture de l'une
Sede^ l'autre,ainsi
qu'elles m'ont frapéaprés
les avoir pratiquées
toutes le^sdeùx^.b
n IL y a presentement
icideux partis formez
dans làMusique : Tun
admirateur outré de la
Musique Italienne, proscrit
absolument la Musique
Françoise, comme
fade & sans goût;l'autre,
fidele au goût de sa patrie,
ne peut souffrir sans
indignation que l'on méprise
le bon goût François
, & traite la Muse
Italienne de bizarre &
de capricieuse. Il y a à
tout cela un milieu plus
raisonnable, qui est de
rendre justice à l'une & à
J'ay^re., & delesprendre
cthaecunre deans.leur carac-
-v^ll faudroic être dépourvu
de goût & de
conoissance,pournepas
avoüer que la bonne Musique
Italienne renferme
en general ce qu'il y a de
plussçavant & deplus
recherché dans cet art;
que nous lui devons une
grande partie des agrémensde
lanôtre;que les
Italiens font nos maîtres
pour les Cãcates &: pour
les Sonnattes. J'admire
dans ces picces les desfeins
nouveaux de leurs
figures,si bien imaginez
& si heureusement conduits,
la vivacitépetillantede
leurs imitations
redoublées,lavariétéde
leurs chants, la diversité
de leurs tons & de leurs
modes si bien enchaînez
les uns aux autres, leur
harmonie recherchée S£
sçavante: mais si nous
leur cedons lascience &I
l'invention, ne doiventils
pas nous ceder le bon
goût naturel dont nous
sommes en possession,&
l'execution tendre & noble
où nous excellons?les
enrichissement que nous
y avonsajoutez de nôtre
propre fond ne doiventils
pas prévaloir? & ne
sommes-nous pas de ces
écoliers qui ayant bien
profité des leçons denos
maîtres, sommes à la fin
devenus plus sçavans
qu'eux? Ne pourroit-on
pas dire, sansossenser les
sectateurs de laMusique
Italienne, que leurs ornemenstropfrequens
&
déplacez en étouffent
l'expression,qu'ils ne caracterisent
point assez
leurs ouvrages? semblables
en cela à cette arc hitecture
gothique, qui
trop chargéed'ornemens
en est obscurcie
,
& où
l'oni~ démêle plus le
corpsde louvrage.,Que
laMusique Italienne ressemble
encorea une coquette
aimable pleine de
rouge & de mouches
y toujours vive, toujours
le pied en l'air, qui chercheàbriller
partout sans
raison & sans sçavoir
pourquoy, toujours emportée
dans quelques sujets
qu'elle traite;que l'amour
tendre y danse le
plussouvent la gavotte
ou la gigue. Ne diroiton
pas que le serieuxdevient
comique entre ses
mains, &qu'elle est plus
propre auxarietes St aux
chansonnettes qu'à traiter
de grands sujets? fem- - blableen celaàces Comédiens
quin'ayant que
du talent pour le ÇOOIH
que, reüssissentfort mal
,t>-
&tournentletragiqueenridicule
quànçl
ils veulent s'erî mêler.
Il faut avoüer que la
majestéde le Musique
Françoisetraiteles sujets
heroïques avec plus de
noblesse, & convient
bien mieux au cothurne
DanslaMusiqueItalienne
tout y paroît uniforme,
la joye, la colere,
la douleurl'amourheureuxv
bb t ou quiespere:tout y semblepeintaveclesmêmes
traits&dumêmecaractere,
c'estunegiguecontinuelle,
toujours petit
ki\tfcy LreujoLWs bondisante
; la voix commence
eule, l'instrument repee
ce chant en écho. Ce
esseinsouvent d'un chat
bizarrese promene noneulement
sur toutes les
cordes du mode,mais en-
:orc sur toutes lesétrangeres
où ils peuvents'accrocher
bien ou mal, telement
queleurs pieces
roulent sur tous les tons,
& changent de mode à
chaque instant, en forte
que l'on nesçauroitdire
à la fin duquel ils font.
Après avoir fait cette
longue promenade, où
l'on repete vingt fois le
même changeant la voix
que l'instrument, il faut
encore retourner da cfr
po. Ce passage est quelquefois
très-rude à l'oreille,
étant souvent de
deux cordes, voisines:
mais il arrive souvent
quel'on passe outre,pour
éviter à prolixité&pour
eix/iiminuCerl'e'nenusi.t
C'est un grand défaut
dans tous les ouvrages
d'espit, 8C principalement,
en musique, de ne
pouvoir finir: il faut sçavoir
se modérer. Un bon
ouvrage perd la moitié
de son merite quand il
est trop diffus.
-
Nous avons peine encoreànous
accoutumer
aux intervales bizarres
des chants de leurs recits
qui passent quelquefois
l'étenduëde l'odave»éc
que les. plus habiles ont
peine àentonner juste;les
tenuessurtout,yimpatientent
l'audireur,pour
estredéplacées. Ces tenuës,
qlle nous neiaifons
&i qui ne conviennent
gueres que surles mots
de repos &quelques autees,
sy font indifferemmenusurtouslesmots
qui finissent par des
voyelles. Je ne dispas
qu'il; n'y ait beaucoup
d'art à faire badiner un
violon & une baffe Sous
une de ceslongues tenues
: mais quel rapport
a la liberté avec ce son
qui dure un quart-d'heure
?où cft le goût & l'expression
de tout cela? Il
arrive même souvét que
la Musique Italienne exprime
toute autre chofc
que ceque les paroles
signifient ; j'entens un
prelude vif & emporté.
Je crois que quelque amant
rebuté des rigueurs
de sa belleva se livrer au
dépit &chanter poüiller
à l'amour, pointdu tout.
C'est un amant tendre
qui vante le prix de sa
cpn stance, qui appelle
l'esperance à son secours,
ou qui fait une declaration
à sa bien-aimée.les
„J Passe encore à ceux
qui travaillent pour le
violon, de se livrer tout
entiers dans leurs Sonnatesau
feu de leurimagination,
&de promenet
leurs fugues &leurs
imitations par tous les
modes, eux qui ne font
point gamez par l'expression
des paroles,
qui doit faire la regle
des compositeurs. Nous
sommes redevables à Fttaliede
ces fortes de pieces;
les Corelli,lesAlbinoni,
les Miquels, ÔC
plusieurs autres ont produit
dans ce caractere
despieces qui feront immortelles,
& où peu de
gens peuvent atteindre.
Cependant mille autres
veulent les imiter. J'ai
vû deces pieces d'un
chant si bizarre&d'une
composition si extraordinaire,
qu'on auroit dit
qu'on eustjetté au hazard
des pâtezd'encre
sur du papier reglé, qu'
on y eust ensuite ajouté
des queuës & divisé par
mcfures.
La musique de leurs
Cantates paroît plutôt
convenir aux concerts
de chambrequ'à nos spectacles;
leurs Sonnates
à deux partiesnedoivent
êtrejoüéesqu'à violon
seul ,qui frise & qui
pretintaille autant qu'il
luyplaît, &deviendroient
trèsconfu ses si
la même partie étoit executéeparplusieurs
instrumens
-,
qui feroient
des diminutions differentes,
8k ainsi doit être
bannie d'une grande orchestre.
L'on n'entend en gêneral
dans la musique
qu'une basse continuë
toujours doublée, qui
souvent est une espece
de batterie d'accord,&
un harpegnement qui
jette de la poudre aux
yeux de ceux qui ne s'y
connoissent pas, & qui
reduites au simple reviendroient
aux nôtres.
CesB. C. ne font bonnes
qu'à faire briller la
vîtesse de la main de
ceux
ceux qui accompagnentou
du clavecin ou de la viole;
encore pour rencherir sur
ces; basses déjà trop doublées
d'elles-mêmes,ils les
doublent encore, & c'est
ce quidoublera le plus, de
sorte qu'on n'entend plus
le sujet, quiparoît trop nud
auprès de ce grandbrillant,
& demeureenseveli fous un
cahos de fons tricotez ôc
petillans, qui passant trop
legerement, ne peuvent
faire d'harmonie contre le
sujet.Ilfaudrait donc que
des deuxinstrumens il y
en eût un qui jouât le simple
de la baffe, & l'autre le
double ; ces B. C. passeroient
plûtôt pour des pieces
de viole que. pour un
accompagnement, qui doit
être soûmis au sujet & ne
point, prévaloir. Il faut que
la voix domine & attire la
principale atttention. Tout
le contrairearrive ici, l'on
n'entend que la B. C. qui
petille roûjours, la voix en
est étouffée. Ille trouve un
inconvenient dans les bassesen
batteries &doublées
sur le champ;c'estqu'il est
,
difficile qu'un clavecin,une
viole&une theorbe se puissent
rencontrer juste dans
la même maniere de doubler
; l'un prend un tour &
l'aurre un autre: ce qui
cause une cacophonie extraordinaire.
Un compositeur
ne reconnoît point au
milieu de tout cela son pauvre
ouvrage tout défiguré,
& se contente d'admirer la
vîtesse de la main de ceux
qui l'executent. Voila cependantle
goût de l'executionde
la Musique Italienne.
iCe
nétoit point celui de
Lully,sectateur du beau ôc
du vrai
,
qui auroit banni
de son orchestre un violon
qui eût gâté son harmonie
par quelque diminution ôc
quelque miaulement mal placé.
Ne peut-on pas s'assujettir
àjoüer la musique
comme elle est? est-ce le
goût Italien de faire de faux
accords à tout bout de
champ? J'ai vû des Musiciens
si amoureux des vîtesses
& de ces basses figu.
rées, qu'ils ne pouvoient
souffrir les adagio, c'est à
dire les endroits de recitatifs
lents, ëc. passoient ces
morceaux comme ennuyeux.
C'est cependant
dans ces endroits oùl'harmonie
peut se faire mieux
sentir que dans ces vivacitez,
où, comme je viens de
dire, la baffe passant trop
legerement, & ne faisant
que friser le dessus,ne peut
faire d'harmonie.
Mais si cette musique figurée
convient aux paroles
Italiennes & Latines, pourquoy
y veut-on assujettir la
Langue Françoise ?Un Italien
se gouverne-t-ilcomme
un François? Leurs
goûts, leurs habits, leurs
moeurs, leurs manieres leurs plaisirs , ne sont-ils pas
differens ? Pourquoy ne
veut,on pas qu'ils le soient
aussi dans leurs chants?Un
Italien chante-t-il comme
le François?Pourquoy veuton
que le François chante
comme l'Italien? Chaque
pays, chaque guise, il faut
que chacun demeure chez
soy. Pourquoy veut-on ha- 1* ~ndo tris Rome more tu vivito Roma; 10- nido tris alibi, vivito sientibi.
biller la Mufe Françoise en
masque
, & la rendre extravagante,
elle dont la
langue est si sage & si naïve,
& ne peut souffrir la
moindre violence, est en-
-
nemie des fréquentes repetitions,
de ces grands roulemens,
de ces longues tenuës
que l'on supporte dans
la Musique Italienne ou
Latine ?
On peut ici comparer la
Musique Françoise à une
belle
femme
dont la beauté
simple naturelle & sans art,
attire les coeurs de tous ceux
qui la regardent, quin'a
qu'à se montrer pour plaire,
sans craindre d'être défaite
par les minauderies affectées
d'une coquette outrée- v
qui cherche à mettre les
gens-dans son parti à quelque
prix que ce soit, à qui
nous avons comparé la
Musique Italienne. .j! u* Je pourrois encore ici,
rapporter l'autorité du beau
sexe, auprés de qui la Muse
Italienne a peine à trouver
grâce, quis'ennuye
d'un quart-d'heurede fonnates
, & qui aime mieux
entendre chanter Sangaride
ce jour,& jouer les songes
agreables, que toutes les
batteries & les harpegnemens
d'un violon touché
sçavamment auquel elles
ne connoissent rien, & ne
sentent rien qui les attire:
on a beau lui dire que cela
est sçavant,beau, sublime,
que c'est un tel auteur Italien
qui les à faits, cela est
fort beau,disent les Dames,
mais - nous n'en voulons
plus, ce font pourtant elles
qui decident du mérite 6c
du dessin des ouvrages, ôc
a qui. nous devons chercher
à plaire, & sur-tout
dans cet art qui semble être,
fait pour elles. Ilfautcependantavouer
que quelques-uns de nos
habilesMaîtres ont trouvé
le secret d'allier fort sçavamment
le goût naturel
du François avec le brillant
&.le sçavant de l'Italien,
dans des cantates qui font
entre les mains de tout le
monde, & qui font des
chef-d'oeuvres en cette espece,&
pour la Musique-
& pourlaPoësie, qu'il leur
suffise donc d'avoir montré
aux Italiens que les François
pouvoient porter aussi loin
qu'eux le génie&;le sçavoir
tant dans les cantates
que dans les sonnates:mais
pour cela le bon goût simple
& naturel du François
doit-il être méprisé, quand
les Italiens pour le perfectionnercommencent
euxmêmes
à l'imiter?
Ces sortes d'ouvrages en
ont produit une infinité
d'autres ,les cantates & les
sonnates naissent ici fous
les pas, un Musicienn'arrive
plus que la sonnate ou
la cantate en poche, il n'y
en a point qui neveuillefaire
son livre, être buriné, &
ne pretende faire assaut
contre les Italiens, & leur
damer le pion, à peinele
Poëte y peut-il suffire;il y
a même telles paroles qui
ont souffertplus d'une fois
Ja torture, de la Musique
Italienne, enfin les cantates
nous étouffent ici: j'en ai
entendu qui duroient une
heure, montre sur la table,
ensorte qu'on étoit obligé
de demander quartier, ou
de quitter la place.Qu'est
donc devenu le bon goût t
faudra-t-il qu'il expire ainsi
sous le fatras de toutes ces
cantates? que diroient les
Lambert, les Boësset, les
le Camus, les Babtistes,s'ils
revenoient au monde, de
voir le chant françois si
changé, si avili & si défiguré?
Je suis persuadé que
nos illustres Maistres ont
trop de goût & trop de
science pour l'abandonner
comme il paroist par leurs
propres ouvrages, dont les
endroits les plus gracieux,
& qui plaisent le plus, font
traitez dans le goust fran- * çois, où ils ont sçû mélanger
le bon des Italiens,'
&en ont laissé là le mauvais
, qu'ils rendent justice
au héros & au Ciceron de
la Musique francoise, je
veux dire à Lully *,qu'ils
admirent la grandeur ôc
l'élevation de son genie
au milieude cette naïve
simplicitédépourvûë de
tous ornemens étrangers,
& qui semble devoir tomber
fous les sens de tout Ic
'*l\ogtitLully.
monde. A-t-il voulu peindre
l'amour rendre, quel
coeur ne s'attendrit-il pas,
quel chant, quel naturel,
quelle harmonie dans ses
duo? ne devineroit-on pas
les paroles de ses recits à
en entendre feulement les
chants? ôc n'est-ce pas une
veritable declamation que
son récitatif? A-t-il voulu
exprimer la douleur, les
rochers ne gemissent-ils pas
avec lui? a-t-il voulu peindre
la fureur, lavengeance
,quel coeur ne ressent
pas de secrets fremissemens
? quel feu & quelle
vivacité dans ses airs de vid
Ion, quand il a voulu exprimer
la vitesse dessougueux
aquilons ou des
transports des furies? Si la
joye s'empare de la scene,
tous les peuples, tous les
bergers fautent & dansent
au
son
de ses musettes;l'horreur
& l'effroy s'empare de
nôtreame,s'il veut faire
quelque enchantement ou
evoquer les manes des enfers
; quelle tranquilitéassoupissante
nese répand
pas dans l'ame s'il veut endormir
dormir ou calmer ses heros
agitez ? s'il fait sonner la
trompette l'humeur martialle
ne saisit-elle pas ses
auditeurs, & n'est-on pas
prêt de courir aux armes
& de monter à l'assaut?s'il
veut préparer ou annoncer
quelque oracle,quelle gravité
ou quelle noblesse dans
ses fimphonies ? on diroit
que comme un scavant
Peintre il a scû avec ses
fons peindre pour ainsidire
les mouvemens de toutes
les passions du coeur de
l'homme. A t, il eu recours
pour. cela à tous ces faux
brillans & les ornemens deplacez
de la Musique Italienne
? rien n'est il plus
simple & plus naturel que
sa composition qui est à la
portée de tout le monde, &
en même temps riens desi
élevé, de si noble, & de si
spirituelle pour l'expres.
fion ? Quoy qu'il soit fort
scavant, le goût seul & le ,
genie semblent avoir été
ses guides, lk capable de
préscrire des regles nouvelles
àceux qui les suivroient
il semble quelquefois
avoir negligé les anciennes
, & s'être mis audessus
d'elles. Il faut avouer
aussiquec'est ce qui fait la
meilleure partie du Musicien
que le génie,c'est lui
qui fait aussi les Peintres
& les Poëtes ; car on peut
dire queces trois sciences
se donnent la main,&
peuventpasser pour trois
soeurs:onvoit peu de Peintresqui
nesoientaussi uti
peu ., Musiciens, &.;; qui
n'ayent du goût pour ces
deuxarts; la Musique n'est
elle pas une poësie &une
peinture sonore & harmonieufe?
la peinture & la poësie
ne sont-elles pas conu
posées d'une aimable harmonie
, d'un mélange &
d'un contraste de couleurs,
& de pensées melodieusement
enchaînées? J.
?'J
Il nesuffit doncpas seulement
de régles dans les
arts; il faut être encore inspiré&
animé dece beau
feu quelamaigrenedonne
pasà tout le monde,&qui
àfaitles Titiens & les Lebrun,
lesCorneilles & les
Racines, lesCarissimi &
les Babtistes, & tant d'autres.
Il faut dans ces arts
sçavoir inventer bercer,
outre qu'il faut qu'un CQm-,
positeur possede parfaitement
la langue dans laquelle
il travaille, connoisse
les syllabes rudes surlesquelles
il faut passer legerement
, & celles qui sont
harmonieuses & amies du
chant.Il seroit même àsouhaiter
que le Musicien fût
aussiPoëte pour ajusterles
paroles à on chant,&que
tour, l'ouvrage coulât, de source.
Ce n'est point assez de
sçavoir préparer ou sauver
des dissonances; il faut encore
sçavoir les placer à
propos ou elles conviennent
pour l'expression, les
mettre dans leur jour pour
qu'elles fassent leur effet,
ôc qu'elles fervent comme
d'ombres au tableau, en
faisant valoir les consonances
par opposition, n'en pas
diminuer la force par le.
trop frequent usage, comme
font les Italiens, dont
la musique trop rempliede
dissonances revolte quelquefois
les oreilles: mais
se garder de tomber dans
la monotomie
,
qui est le
vice contraire, & que les
Italiens pourroient plûtôt
nous reprocher.
Les réglés de l'harmonie
ne montrent pas àfaire un
beau chant, qui en est l'ame,
à imaginer un dessein,
à bien rendre l'expression
des paroles, à sçavoir placer
les cadences aux sens
finis, comme les points &
les virgules dans le discours;
à sçavoir changer de
mode quand les paroles
changent decaractere &
de sentiment. Un bon Matematicien
possède à fonds
les regles de la composition&
est un fort mauvais
compositeur. J'ai composé
jadis sans regle & sans science
; & ayantacquis depuis
quelques connoissances,j'ai
revu mes premiers ouvrages,
& j'ai trouve quej'aurois
peine à mieux faire
avec des regles. Il y en a
cependant d'essentielles,&
dont la connoissance est necessaire
: mais lesveritables
ôc lesmeilleures sont celles
que
que le goût &l'oreille vous
inspire. Vous trouvez dans
ces regles beaucoup de con- traditions, & les Italiens
n'en paroissent pas de fort
rigides observateurs : elles
ne font la plûpart fondées
que sur le caprice. J'ai vû
quelques-uns de ces traitez
de musique, & quoique
fort profonds & sçavans,
je n'ensuis pas devenu plus
habile en les lisant
; au contraire
j'en fuis forci plus embarassé.
Ils vous apprennent
bien ce qu'il faut éviter,
qui sont desinconveniens.
où l'oreille feule
nous défend de tomber
mais ils ne nous instruisent
point comment il faut s'y
prendre pour faire une
compoficion gracieuse &
de bon goût C'est donc le
genie naturel seul qui fait
le Musicien.
Si l'on reproche à Lully
d'avoir employé rarement
les tons transposez, ce n'est
pas qu'ilen ignorât l'usage:
mais c'est qu'il s'accommodoit
aux
lujets qu'il avoir
& au goût du temps;qu'il
sentoit qu'un chant n'en
étoit pasplus beau pour être
transposé d'un demi ton
plus haut ou plus bas; &
qu'une musique difficile ou
recherchée, quoique belle,
ne laisse pas que d'avoir un
défaut, qui est que rarement
elle est bien executée,
parce que le nombre
des sçavans est rare, & ainsi
rejettée; au lieu qu'une
bonne musique en est encore
meilleure quand elle
est facile, puis qu'elle est
susceptible d'une meilleure
execution, qui est l'ame de
lamusique; qu'elle invite
d'elle-même à être chantées
quelle est plus de commerce
dans le monde
, étant
plus à laportée des honnêtes
gens qui l'executent ce
qui doit être son but& sa
recompense
; au lieu que
la musique difficile effarouche
& dégoûte
,
ôc n'est
bonne que pour les Musiciens
de profession.
Peut-être auroit-ilsuivi
une autre route ,
maintenant
que tous les Musiciens
sont autant d'illustres compofiteurs
,
& que tousles
écoliers sont autantde maîtres.
:.;.
Cependant ceux qui sont
aujourd'hui entêtez de la
MusiqueItalienne ne peuvent
souffrir la Musique
Françoise, & la regardent
comme une musique fade
,&; sans goût: les Opera anciens
les endorment, ils n'y
sentent rien qui les rappelle,
ils n'y trouvent que des
tons naturels, des mouvemens
faciles;ils veulent
quela clefsoit surchargée
de dieses ou de b mois;que
la B. C.soit brodée & remplie
de tous les chiffres d'arithmetique;
qu'on invente
pour eux des tons transposez,&,
nouveaux ,&,,des
mouvemens extraordinaires;
que la baffe herissée
d'harpegnemes &d'acords
coure toûjours la poste ;enfin
ne trouvent pas une musique
bonne qu'elle ne soit
difficile. A peine peuventils
se resoudre à la regarder
quand il n'y a quedes blanches
ou des noires,& des
mouvemensà2 &a3temps,
cw.o» mme si toutes les mesu-
'"-- .t t »
,
res Italiennes ne revenoient
pas à ces deux mesures. Ne
va-t-on pas reduire la mesure
à deux temps à celle de
quatre, en renfermant deux
mesures en uneseule? Le 4
pour 8 nerevient-il pas à
nos deux temps legers? ôc
les mesures de 6 pour 8,
de 3 pour 8 & de 12 pour
8 ne reviennent-elles pas
toutes à la mesure de trois
temps, battuë plus ou moins
vîte, quoy qu'elles se battent
a 2 & à 4 temps,dont
chaque temps renferme
une de nos mesures à trois
temps?Ce n'est donc qu'une
maniere differente de
s'exprimer, qui est bonne
en soy <3e donne le caractere
de la piece pour la lenteur
ou la legereté, & a plus
defacilité pour être battuë;
carcommeil n'y a en general
que 2. modes differens,
le mineur & le majeur,ilny
a aussi en general que 2.mesures
,
celle à 2. temps ôc
celle à
3. Envainvoudroiton
en imaginer d'autres. Il
seroit aisé, pour contenter
ceux qui, aimentle ragoût
sduesrteosnesxttrraanosrpdoinsaezir,else&s mlees^
basses doublées, de transposer
un de nos Operaun
demi-ton plus bas ou plus
haut, doubler leurs basses
continuës ';& en reduire les
mesures à la maniere Italienne.
- Ils deviendroient
alors deplus difficile execution
,
mais perdroient la
moitié de leur beauté.Un
compositeur n'est-il pas
bien glorieux d'avoir fait
une piecesitransposée,pleine
de si & de mi b quatre,
& d'une si grande vîtesse,
que personnenesçauroit y
mordre,qu'il déchiffre à
peine lui-même. Voila une
piece, dit-il, que je défie à ,
tous les violonsd'execucer
y & à tous les clavecins d'en
trouver les accords sur le
champ; gardez -la donc
pour vous, mon ami: ces
forces de pieces ne font bonnes
qu'à renfermer dansle
cabinet pour la rareté, &
pour montrer qu on en peut
faire
: mais ne peuvent être
d'aucun usage que parmi
- les maîtres de l'art.
Les chants en deviennent-
ils plus beaux & plus
harmonieux pour être sur
des tons transposez ? l'harmonie
en est-elle meillcure
? Au contraire, on peut
dire qu'elleest forcée, que
ces tons ont peu de justesse
sur les instrumens
,
& princi
palement sur le clavecin,
où les seintes devroient être
coupées pour y donner le
veritable temperament;
car quelle apparence qu'une
touche serve de b mol &
deb quarre dans l'autre,
sans perdre de sa justesse?
l'asse encore sur les autres
instrumens comme sur le
violon, où avançant plus
ou moins le doigt sur la
corde,on peutmodifierces
sortes de demi-tons & les
rendre plus justes. J'ai entendu
un de nos illustres
preluder sur son violon, de
quelque maniere qu'ilfût
accordé, &ne suivre, pour
tirerses sons,d'autre regle
que son oreille, & non celle
du manche qui se trouvoit
alors dérangé.
Enfin de ces deux partis
differens il en resulte un
troisiéme plus raisonnable,
& moins entêté que ces
deuxautres, qui est celui
des gens sages & des gens
de goût, qui ne se laissant
point prévenir ni pour l'un
ni pour l'autre, vrais amateurs
de la musique, goûtent
l'une & l'autre composition,
quandelle est bonne
& bien executée,& sans
donner dansle goût pedant
&sçavant, ne vont point
épiloguer sur deux octaves
de [ujrc, sur une septiéme
ou une neuviéme bien ou
mal preparéeou sauvée;ne
méprisent point une musque
,parce qu'elle est trop
aisée, ou parce qu'elle est :
trop difficile
} ne la condamnent
point commepillée,
parce qu'il y aura quelques
bouts de chant que
ressembleront
: mais rendent
justice à la Musique
Françoise dans son caractere
& à la Musique Italienne
dans le sien, & conviennent
que l'on pourroit
faire ungenre de musique
parfait, si l'on pouvoit joindre
le goût sçavant & ingenieux
de l'Italien au bon
goût naturel Ôc simple du
François: mais cependant
qu'un Italien doit chanter
en Italien,&leFrançois
enFrançois. Je suis,&c. '*
Histoireabregée des derniers
tremblemens arrivez à Manosque
en Provence.,
Le premier de ces tremblemens
se fit sentir le 14-
du mois deàsix heu-
1 res & demie du matin, &
l'on entendit en quelques
endroits comme des salves
de plusieurs coups de canon
repetées, en d'autres
comme des mugissemens
épouvantables,& en d'au- ,
tres encore,comme des
roulemens de tonnerre
sourds & affreux. La ville
de Manosque parut à quelques
personnes qui étoient
à la campagne, comme soûlevée
en l'air, ôc ensuite entierement
renversée. Tout
son terroir a été tellement
secoüépar ce tremblement,
qu'il n'y a pas une maison
dans la ville & autour qui,
n'en soit endommagée, les,
unes étant renversées à demi,
d'autres fenduës depuis. lesFondemens jusques à la
couverture. Le château de
Manosque entr'autres menace
ruïne de touscôtez?
T - - - Il
Il-en est de même des Eglises
de saint Sauveur, de
Nôtre-Dame, & du Convent
des Observantins. Les
murailles de la ville font
renversées en quantité d'endroits.
La terre s'est ouverteen
plusieurs lieux; les
rochers se sont fendus, ôc
un entr'autres,à, demi quart
de lieuë de la ville, a jetté
plusieurs sources d'eaudouce
& d'eau soufrée. Les
nourrices du lieu ont perdu
leur lait, la frayeur a
fait plusieurs malades, 6c
rendu quelques-uns hebêrez;
d'autres en ont perdu
l'esprit tout à fait. Les bêtes
même s'en font senties.,
& les oiseaux du ciel
,
se sont enfuis. i, 1,
t
Depuis le 14. jusques au
20. on a senti tous les jours
plusieurs secousses fort legeres
: mais le 20. il se fit
trois tremblemens, dont le
premier fut accompagné
de bruits plus epouvantables
que ceux du 1 4. ce qui
fit deserter la ville aux habitans
en moins d'un demi
quart- d'heure au nombre
de sept à huit millepertonnes.
Ces tremblemens
ont continué tous les jours
depuis le 20. jusques au 30.
lX même quelques uns ont
été assezviolens. Il n'y a
cependant eu personne de
tué fous les ruines. On a ressenti
ces tremblemens jusques
à sept à huit lieuës à
la ronde;les villages de
Corbiere
,
de sainte Tulle
& de Monfuron, quiont àdeux lieuës dé Manosque,
ont souffert quelque
dommage, & celui de Peyrevert
, <juin'eneft^^a'à.
unepetitelieue,aétépresque
autant endommagé
que Manosque même, &c
le château de Forcalquier,
qui est aquatre, lieuës au
nruorïtndeedMetaonuosscqôuet,emze.nace
J;: ;.>
>MEMOJRË,ltil • I.M*
On a oubliédans lesMercures
precedensd'avertir.le
public quel'onvient, d'imprimer
unpetitiDiv^ertif-;
sementpastoral enmusque,
intitulé, LaMusette,
c&UsB(seSurêne.C'est
une petitefête champêtre,,
oùlecaractere de lamusique
pastorale est parfairement
observé
,
& dont la ,fîmplici[é'/ étudiée ne dcplaîtpointaux
connoisseurs.
Il se vend chez ChristopheBallard,
seulImprimeurdu
Roy pour la Muoc!.
dique,ruë. saint Jean jdç'
nBrauavasis,saueM.ont Par- '\:-:'U
,fJô MORT/.
LeMarquis de Brosses,
Colonel d'un vieux regiment
d'infanterie, est mort.
devant Fribourg le septiéme
du mois de Novembre
&de sa maladie, âge,
de vingt-huit àvingt-neuf
ans. Il y avoit onze ans
qu'il étoit Colonel, & s'étoit
distingué à l'attaque.de
Denain & auxsieges de
Marchienne, le Quesnoy,
Doüay, Landau & Fribourg.
Il étoit de la maison
de Tiercelin de Brosses,
de pere & de mere,
laquelle descend des Comtes
de Toulouse ; dont l'un
des descendans se fit surnommer
Tiercelin;l'un
des enfans duquelépousa
une fille de Brosses,avec
stipulation de prendre les
i&n~
-
&: armes de cette
maison. De ce mariage
font issus plusieurs enfans,
dont l'on voit des filles
mariées avec un Duc de
Savoye, un Comte de Geneve,
une autre avec un
Prince du Sang de France
: & des mâles, donc
l'un, fils aîné du Maréchal
de Brosses, autrement
de Bonssac
,
épousa Nicole
heritiere de Bretagne,
le droit de laquelle
fut transmis dans laMaison
de France, par des
transactions
-'
passéesavec
lesRois Loüis X 11~~
François Premier.Ilya
plusieurs autres dignitéz
& grandes alliances dans
cette maison;
Nou•
Nouvelles <££fj>agne.
Leslettres de Madrid
portent que le Clergé, la
Noblesse & les peuples
s'empressent volontairement
à contribuer au don
gratuit que le Roy leur a
fait demander pour les dépenses
de la guerre de Catalogne;
entr'autres le Duc
de Veraguas & Don Carlos
Carafa, Gouverneur de
la côte d'Andalousie, avoient
envoyé à la Monnoye
toute leur vaisselle
d'argent; que les sommes
amassées à Cadixétoient
employées à l'armement
des vaisseauxqui,sonten
état de partir pour faire
voile vers les côtes de Catalogne
; que le Comte de
Lexingron, Ambassadeur
d'Angleterre, avoit fait
partir ses bagages & fait ses
visites de congé pour par-
- tir incessamment pour Londres
; que le Marquis de
Brancas, Ambassadeur de
France, y étoit arrivé, &
le Marquis de Toüy , Lieutenant
general, qui doit
servir dans les armées du
Roy en qualité de Capitaine
general. On écrit du
camp devant Barcelonne,
quelanuit du6. au 7. d'Octobrecinquante
volontaires
tenterent d'entrer dans
la ville par la droite de l'armée
: mais qu'ayant été reconnus,
vingt-cinq furent
pris, & les autres se sauverent
à la faveur de la nuit;
qu'undetachement commandé
par Don Juan de
Zerezedaavoit prix dixneufcavaliers
rebeles; que
lestroupes que commandoit
Nebot étoient défaites
ou dissipées;quc)craignant'
d'êtrepris ou livré par ses
propres gens , il les avoit
engagez à attaquer les lignes
de l'armée du Roy. Il
leur dit qu'il étoit necessairequ'ilallât
à Barcelone
pour faire une sortie , afin
de leur faciliter le pacage
pendant qu'ils attaqueroient
leslignes ; qu'il s'étoit
embarqué avec cinq
ou six de ses confidens, entr'autresle
députéDalmau;
dquu'iiltaevnoipt réitséoanrarêvteéc&Dcoanl--
maa,u., par ordre du Gouvernement,
qui vouloir faire
leur procès à cause de leur
mauvaise conduite & de
leurs concussions
; que ses
troupes avoient attaqué les
lignes, suivant l'ordre qu'il
leur avoit donné: mais qu'
elles avoient été repoussées,
qu'on en avoir tué plus de
trois cent ,
fait plusieurs
prisonniers,&lereste poursuivi
; que le Duc de Pn,
poli faisoit travailler à faire
des, lignes plus prés de la
ville, afin de la resserrer
plus étroitement, & que
les troupes du Lampourdan
se preparoient à aller prendre
leurs quartiers d'hyver
le long de la mer, pour empêcher
que les peuples de
la côte ne portent aucuns
vivres ni autres provisions
a Barcelone, &que les bâtiment
de cette ville n'y
puissent aborder.
-
Les dernieres
lettres du camp devantBarcelone
portent que
les pluyes y étoient,tombées
ça si grande abondance,
qu'elles avoient fait deborder
lariviere de Llobrei
gat;que les assiegezvou-
~.*~,~
lantprofiter de cette occasion,
étoient sortis parle
château de Montjoüy au
nombre de quatre ou cinq
mille, v à dessein des'emparer
d'une maison où il y
avoitgarnison, pour assurer
la communication du
camp avec la mer: mais les
piquets y étant venus en
diligence, obligèrent les
rebeles à prendre la fuite
avec precipitation. Ils les
poursuivirent jusqu'au chemin
couvert du château de
Montjoüy, & en tuerent un
grand nombre, sans autre
perte que du Capitaine qui
commandoit dans la m&b
son d'un Lieutenant des
Gardes Espagnoles
, & de
quelques soldats.Don Francisco
de Ebuli, Brigadier
d'armée, y fut blessé au
bras d'un coup de mousquet
; que le Duc de Popoli
avoit fait arrêter le Commandant
de Mataro,àcause
qu'ilpermettoit que quelques
,bâtimens portassent
des grains à Barcelone, Çc
qu'un Commandant Espagnol
avoir étémis en sa place
; qu'un navireétranger
t ",.
voulant entrer au port de
Barcelone, deux vaisseaux
-
Espagnols avoient été à sa
rencontre pour l'empêcher;
tirerent sur luy
,
& l'obligerent
à se rendre. ';.;
Les lettres de Palerme du
II. Octobre portent que le
Roy & la Reine de Sicile y
étoient arrivez heureusement
le 10. & que les bâtimens
sur lesquels étoient
embarquées les troupes y
étoient aussiarrivez; que sitôtquel'escadre eut
moüilléàl'entrée du Mole,
le Marquis los Balbazez,
Viceroy deSicile, vint avec
les galeres,& les complimenta
à bord de leur vaisseau;
que l'Archevêque de
Palerme les complimenta
au nom du Clergé. Lamer
,
étoit couverte de barques
remplies de personnes de
qualité, & le peupleétoit
en foule sur le Mole,té- * moignant unejoyeextraordinaire
de voir. leur nouveau
Roy, qui demeurasur
son bord jusqu'au, lendemain
, afin de donner le
temps aux préparatifs necessaires
au débarquement.
pour lequel on avoir construit
un pont magnifiquement
orné,qui s'estfait le
II. aumatinau bruit de l'artillerie
de laville, du mole,
des vaisseaux & des galeres,
parmi les acclamations du
peuple. Le Roy & la Reine
étant débarquez, accompagner
de toute la Cour,
& d'un très- grand nombre
de Seigneurs Siciliens, tous
vêtus magnifiquement&
suivis d'une foule infinie de
peuple,allerent d'abord à
l'Eglise Metropolitaine rendregraces
à Dieu de l'heureux
succés de leur voyage;
puis ils se rendirent au
Palais, où ils ont -ét¿J:om.
plimentez par tous les
Corps.
Les troupes arrivées sur
l'escadre quia conduit leurs
Majestez sont presque toutes
debarquées, & à mesure
qu'elles entreront dans
la place, celles du Roy d'Espagne
qui sont icy en garnison,
à Messine & en d'autres
villes de ce Royaume,
se rendront à Palerme, pour
être embarquées sur les mêmes
vaisseaux & être transportées
en Espagne.
,:.f -• - Nouvelles d'Angleterre.
La Reine a donné le regiment
de cavalerie du
Marquis d'Harvvich,fils
du Duc de Schomberg,
mort en Irlande, au Sieur
Sybourg
;
le regiment de
dragons du Chevalier Richard
Temple au General
Evens; & le regimenc d'infanterie
du Majorgeneral
Sybourg,qui a été
fait
Colonel
du regiment de cavalerie
du feu Marquis
d'Harvvich, a été donneau
Major general Corbet. On
mande de Londres que le
16. Octobre le Sieur Grimani
, ambassadeur, de la
République de Venise,eur
à Vvindsoraudience de
congé de la Reine, & que
Sa Majesté,suivant la coutume
,le fit Chevalier;que
le 2 5. le Duc d'Aumont, ambassadeur extraordinaire
de France, avoir traité
magnifiquement le Duc
d'Ormond,Milord Asburnham
son gendre, Capitaine
des Gardes du Corps
Ac laReine, & plusieurs
autres Seigneurs;que le 27. leCapitaine duYacht qui
doit passer le Duc d'Aumot
àCalais étoit venu recevoir
ses ordres, & qu'ilétoit
parti pour aller l'attendre à
Douvres;qu'outre les presens
quela Reine a faits aux
Secretaires de lambassade
deFrance,elle avoit encore 1envoyé une medaille d'or
à l'Abbé Nadal par le
Chevalier Cotterel, Maître
des Ceremonies. Quelques
Ingenieurs se sont embarquez
sur un bâtiment
chargé de provisions& de
munitions pour lePortMahon,
afin d'aller travailler
aux fortifications de cette
place. Les dernieres lettres
de Londres portent que le
Comte de Peterborough a
été nomméEnvoyé extraordinaire
pour aller
complimenter le Duc de
Savoye sur son avenement
à la Couronne de Sicile,&
aller ensuite en la même
qualité vers la République
de Venise,& vers les autres
Princes & Etats d'Italie.
Le 30. Octobre le regiment
ment de marine de Milord
Shannonfut casseàRochester.
Le 2. Novembre on
commença a payer au Bureau
de la marine les Officiers
qui ont servi cette année
sur la flote, qui en même
temps furent congediez
&mis à la demi-paye.
On paya aussi ceux qui ont
servi dans l'artillerie à Port
Mahon jusqu'au 5. Juillet
de la presente année.On
équipe en diligenceunvaisseaudeguerre
» qui sera
chargé de provisions & de
diverses machines , pour
aller àla pêche de l'argent
de quelquesgallionsd'Espagne
qui depuis pkfieùtg
annéesontfaitnaufrageen
divers endroits de l'Amerique,
-
suivant la patente
quela Reine a accordéeà
Milord Harley,fils 4fi
grandTresorier. Les Anglois
de la Jamaïque font
ungrand commerce avec
les Espagnols enAmerique,
d'où ils rapportent beaucoupdepiastres.
Leslettres de Hollande
portent que les Officiers
quiétoientà la campagne
<
1
avoient été payez & licentiez;
que les Officiers du
Roy de Prusse faisoient de
grosseslevées dans ses Etats.
Celles de Cologne portent
que le Sieur Archinto,
Nonce du Pape vers les
Princes Ôc Etats du Rhin,
y étoitarrivé le premier
Novembre;& que le regiment
du Prince Maximilien
de Hesse Casselvenant
des Pays-Bas avoir sejourné
deux jours au voisinage
de lamêmeville, & avoit
enfuire continué sa route
vers la Hesse.
On écrit de Vienne que
le Comte de Tierheim a
apporté le projet de la repartition
des quartiers d'hyver
, l'état de l'arméedu
Rhin,& les avis du Prince
Eugene, pour la continua
tion de la guerre; qu'ila
été renvoyé avec le reglement
fait pour les quartiers
d'hyver, & d'autres
donc on n'a point la connoissance
; que le General
Mercy étoitparti le 22. Octobre
pour se rendreà l'armée
du haut Rhin. > '-'
Nouvelles de Varsovie.
•»"•J• Onmande deVarsovie,
que dans la conference que
les deux Envoyez ont euë
avec plusieurs Senateurs lk.
lesMinistres du Roy Auguste
, on avoit fait cinq
propositions ; sçavoir.
, Qu'une amnistiegeneraleseroit
accordée au Roy
Stanislas&àtous les Polonois
les adherans.
Quele Grand Seigneur
employeroit sa mediation
pour faire la paix entre les
Polonois & le Roy de Suede.
Que les Cosaques d'Orlik
, qui sont au nombre de
quatre-vingtmille, ob->
tinssent la permission de demeurerdans
l'UkrainePolonoise
;commeSujets de la
République.
Que l'on conferve aux
Tartaresétablis en Pologne
& en Lituanieles privileges
dont ilsjouissoient cidevant,
& que le Palatinat
de Posnanie soit restitué aUt
Roy Stanislas. 1 Le rapport de cette conserence
ayant été fait au
Roy Auguste,ilrépondit
que cherchant à rétablir la
tranquilitéenPologne
,
il
consentoit au premier &
au dernier article: mais
queles trois autres devoient
être examinezplus particulierement.
Neanmoins les
deux Envoyez étoient regalez&
traitezavecbeaucoup
dedistinction.Ils a(->
furent qu'aussitôtqu'ils seroient
retournez à Andrinople
,&qu'ils auroient
rendu compte de leur commission
, le traité de paix
feroit renouvcllé, & que
les ambassadeurs du Roy.
ôc dela
:
République se- j
roient renvoyezavec toute
forte de satisfaction. Malgre
toutes ces assurances,
on crainttoûjours que le
dessein desTurcs ne foit
d'amuser par toutes ces dé-
J marches le RoyAuguste, afinde gagnerdutemps& j
de penetrer les sentimens j
des Polonois, & même de
former des intrigues.Ils j
continuent
,
leurs preparatifs
pour la guerre, & tra- ]
vaillent avec empressement
aux
aux fortifications de Choc- -
zin : on a même appris que
leur armée grossissoit par
des nouvelles troupes, qui
prenoient leurs quartiers
d'hyver le long du Niester
& de la frontiere de Podolie,
& que le nombre des
Tartares s'augmentoit. On
mande d'Andrinople que
les ambassadeurs du Czar
avoient eu le13.Septembre
audiance du Grand-Vizir;
6c qu'on lui avoit presenté
la ratificationdu traité de
paix
rqu'illesavoit
exhor- ~.1 d téescekaui*de-
1- ,~~, 1.
pendroit deux pour parvenir
à la conclusion dela
paix, en terminantl'article
qui étoit demeuré indecis
touchant les sommes pretenduës
par le Kan des Tartares.
Les lettres de Hambourg
portent que la mortalicé
y diminuoit fort;que
les troupesduDuc de Hanover
étoient entrées dans
les 4.Bailliages qui dépendent
de cetteville, fous prétextede
garder les passages
& d'empêcher toute communicationavec
les Etatsde
leur;Maître;queleRoy de
Prusse avoit offert la permission
de porter de cette
ville dans ses Etats toute
forte de métaux & d'épiceries
,du bois de teinture,
& mêmede la soye ; que la
ville de Tonningen étoit
toujours étroitement bloquée
par les troupes Danoi,
ses; mais qu'on n'y manquoit
pas encore de pain,
de bière ni de sel; mais de
bois,dechandelle & d'huile
à brûler;que la garnison
étoit encore de quatre cent
soixante hommes en y
comprenant les malades,
dont le Commandant prenoit
grand soin. On mande
de Coppenhague que le
Colonel Viereg avoit levé
& presenté au Roy de Danemark
une compagniede
cent Cadets, tous fils de
Colonels, de Lieutenans-
Colonels, de Majors, de
Capitaines ou de Conseillers
, qui feront la garde
dans les apparcemens du
Palais, & feront instruits
dans l'artmilitaire, pour
être ensuite avancez selon
leur merite.
1
Rentrée de l' Academie.
Le Mercredi 15. Novembre
l'Academie Royale des
Sciences reprit ses exercices
ordinaires, donc elle fie
l'ouverture par uneassemblée
publique, où Monsieur
de Fontenelles, Secretaire
de ladite Academie
,
fit avec son éloquence
ordinaire l'éloge de Monsieur
Blondin, éleve Botaniste,
quiétoit mort pendant
l'année. Aprés luy le
Sieur Martino Poli, Romain,
associé étranger de
l'Academie, &qui setrou,
voit pour lors à Paris, donna
une maniere de faire
une poudre qui imitoit par
sa couleur & son éclat les
plus belles perlesOrientales.
En voici le procedé.Il prend
égalés parties de bismuth
ou étain de glace,& de sublimé
cotrosif, pulverisez
chacun à part. Il les mêle
ensemble dans une cornuë
Je verre, puis les distille
comme les Chymistes ont
coutumededistiller le beurre
d'antimoine, Il en sort
en effet, avec dumercure
coulant, une liqueur saline
qui se fige en consistance
de beurre. Il prend ce beurre
,
qu'il distille de nouveau.
Il luy reste dans la
cornuë une poudre fort fine,
talqueuse ou composée
de plusieurs parcelles plattes,
argentine ou de couleur
de perle, que le feu ni
rien ne peut alterar. Il continuë
à distiller de nouveau
ce beurre, jusqu'à ce qu'il
ne laisse plus de poudre à
la fin de la distillation, &
la derniere poudre est plus
belle que la premiere.
Il rendit ensuite raison
de ce qui se passoit dans
cette operation, dont il expliqua
fort bien toutes les
cirçonstances.Il y joignit
quelques reflexions générales
, & il dit entr'autres,
que toutes, ou la plûpart
desvolatilisations,oudes fixations
- qu'on faisoit en
Chymien'étoient point de
veritables volatilisations &
fixations; que nonobstant
toutes les prétenduës fixations
du mercure, ce mineral
restoit toûjours volatil,
& que nonobstant toutes
les prétendues volatilisations
des métaux & du
sel de tartre, ils restoient
toûjours fixes. Il dit qu'il
ne pretendoit pas cependantqu'ells
fussent impossibles,
au contraire; ôc
qu'il donneroit quelque
jour un memoire touchant
la maniere d'en venir à
bout. Enfinil passa aux usages
de sa poudre, dont il
dit qu'on pouvoit faire de
fort belles perles; qu'on
pouvoit l'employer dans la
peinture ou avec le vernis,
pour peindre desévantails,
des tabatieres
,
des boëtes
detoilette,&c.
Ensuite M. de Reaumur
lut un mémoiresur la divisibilité
& l'extensibilité
de la matiere, qu'il demontra
dans les feüilles d'or
battu, dans le fil d'or, ou
plûtôt le fil d'argent dore,
& dans les filets des araignées.
Ce discours, quoyque
long, ne fut point du
tout ennuyeux, tant à cause
de la varieté des choses
curieuses dont il étoit rempli,
que par rapport à l'élegance
du style.Outreles
calculs de l'extensibilité de
l'or dans les feüilles & dans
l'or trait, il dit que le verre
pouvoit se tirer en un fil
assez fin pour se plier &
par consequent pour se travailler
;ce qui est aussi beau
& aussi curieux que la malleabilité
du verre que les
Chymistes cherchent avec
tant d'empressement. A
cette occasion je dirai ici
ce qui m'a été affuré par
un Chymiste qui étoit auprès
de moy, que cette
malleabilité du verre n'étoit
pas impossible;qu'elle
étoit decrite dans un livre
de Becher, intitulé
,
Physica
subterranea,où il decrivoit
la maniere de forger
le verre. Je donne cet avis
en passant, afin que les curieux
en puissent profiter.
Mais revenons au discours
de M. de Reaumur. Il donna
de plus l'anaromie des
parties de l'araignée qui
fervent à préparer la matiere
de ses fils & à les filer,
qui est d'autant plus curieuse
, que ces organes sont
fort petits, que personne
ne les avoit encore décrits,
&qu'on a naturellement
de l'horreur de travailler
sur unsi vilain animal.
MonsieurHomberg lut
ensuite un memoire sur la
facilité qu'ont les métaux
de se laisser penetrer par
certaines substances. Il en.
apporta beaucoup d'exemples;
comme la matière
magnétique qui pénétre
tous les corps, & même
les metaux au travers desquels
l'aiman attire le fer.
L'encre de sympathie faite
avec la chaux&l'orpiment,
qui laisseéchaper de petites
particules ,qui passeau
traversdesbois, des pierres
& des lames de metal,
pour aller colorer l'écriture
faiteavec l'impregnation
de saturne, autrement dite
vinaigre de plomb. 1: Les
émanations qui partent de
la pierre de Boulogne,&
qu'on apperçoit aisément a
l'odeur, qui penetrent de
même la plûpart des corps,
& apportent quelques petits
changemens aux metaux.
Il dit qu'ayant tenu
dans un tiroir une pierre
deBoulogne nouvellement
calcinée, avec une montre
à boëte d'argent,quelque
temps après il trouva la
boëte d'argent dorée par
cettevapeur, & toutes les
rouës de ladite boëte, qui
étoient de cuivre jaune,
argentées. Il ajoûtaqu'un
morceau de soufre mis sur
,
une plaque de fer rouge se
fondpromptement
, penetre
la plaque, fond les
parties dufer qu'il touche,
qu'il entraîne, & laisse un
trou à la plaque. Qu'un
morceau de sublimé corrosiffait
la même chose
sur l'argent, avec cette
difference que l'argent dissous
par le sublimé se rapproche
& laisse un trou à
la plaque, bordé tout autour
d'une éminence ou
bourlet d'argent.
Il donna ensuite la maniere
de faire un sel qui
passe au travers d'un fer
rouge, comme l'eau au travers
d'un drap,sans l'alterer.
Ce sel se fait ainsi.
Il prend une livre de
chaud vive ôc quatrelivres
de vinaigredistillé, Illaisse
»
digerer
digerer le tout ensemble
dans un matras pendant
deux jours, aprés quoy il
verse la liqueur par inclination
, & il la garde.
Ensuite il prend une partie
de soufre, deux parties
de salpêtre, & trois parties
de sel commun decrepité,
dont il fait un mélange
exact, qu'il jette par cüeillerée
dans un creu set rougi
entre les charbons ardens,
où il pousse le feu jusqu'à
ce que le tout soit fondu.
Il jette la matiere fonduë
dans une bassine où elle se
durcir bientôtenunemasse
saline. On prend une -pa-r..
tie de ce sel, on le fait rom
dre dans six parties de vinaigre
distillé ,preparé
comme nous avons dit cidessus.
On fait évaporer Ja
dissolutionjusques à pellicule,
& on la laisse cristalsiser
en un lieu frais. C'est
le sel dont il est question;
quiétant fondu dans une
cuilliere de fer ou autre
vaisseau de fer à grandfeu,
passe au travets des' pores
de la cuilliere, sans alterer
en aucunemaniere la subfiance
du metal. Sionlaisse
ce même sel dans la cuillierc
de fer dans un -
lieu
humide, il se fond peu à
peu, & coule au bout d'un
certain temps au travers du
même fer,quonapperçoit
moüillé au dehors à mesure
que la liqueur qui est au
dedans diminuë :mais cette
filtration se fait bien plus
lentement à froid qu'au
grand feu.
Il decrivit encore une
autreoperation, qui n'est
gueres moins curieuse que
la precedente.C'est une e spece
de bitume metallique
ou de cinabre, d'argent,
dont onmet un morceau
de lagrosseur d'un pois sur
une lame d'argent mediocrement
épaisse & placée
entre les charbons. Cette
matieremetalliquese fond
§>& passeau travers de la lame
,de même que l'eau au
traversdu papier gris. Elle
ne perce point la lame,
maiselle la laisse tachéedes
deux côtez d'une couleur
livide commeduplomb;
&cettecouleur n'occupe
pasfeulement les deux surfaces
exterieures : mais elle
penetre encore toute la substance
de l'argent, qu'on
prendroit pour du plomb,
sans qu'il soit pour cela ni
plus aigre ni plus cassant.
-
Cette experience donna
occasion au R. P. Gouyer,
qui presidoit à l'assemblée,
&quiresumoit en peu de
mots ce que chacun avoit
dit, de reprocher aux Chymisses
en la personnede
M. Homberg
,
qu'au lieu
des richesses qu'ils nous
promettent, il ne nous avoit
encore appris qu'à convertir
l'or en verre dans quelques
experiences des années
precedentes
,
& l'arglenet
en-plocmbida.ns cel- M. Imbert termina l'assemblée
par une observation
d'un homme qui a été
pendant quatre mois endormi
à la Charité des hommes.
Cet homme, qui étoit
garçon Charpentier, ayant
eu querelle avec un de ses
camarades, apprend peu
de temps après que son ennemi
vient de tomber du
haut d'un bâtiment & de 1
se tuer tout roide. Un mélange
de differentespassions
de joye, de surprise,
de frayeur, de compassion,
le rendent immobile, il
tombe par terre & y reste
comme endormi.On le
releve, on le tourmente è
rien ne le réveille. On le
porte à la Charité des hommes,
on le livre aux Medecins,
qui le font saigner,
vomir, purger, suer, ventouser,
&c. & le tout inutilement.
Il dort toûjours,
& dort d'un profond sommeil.
On lui fait prendre
cependant un peu de nourriture
, en luy passantle
doigtmoüillé de vin &de
boüillon sur le bord des levres,
il ouvre les levres ôc
la bouchepour laisser passer
la nourriture, sans se reveiller.
Il dort ainsi depuis
quatre. mois; à la verité
depuis, quelque temps le
sommeil estmoins profond,
ôc il commence à donner
quelques signes de sentiment
& de connoissance.
M. Imbert rapporta en meZ.
me temps une autre observationd'unhommeenHollande
lande qui avoit dormi pendant
plus d'un an. Il accompagna
ces observations de
beaucoup de belles - reflexions,&
d'explications physiques
d'effets si extraordinaires.
Description abregée de la fameuse
Balme appellée Glaciere
de Besançon.
Au milieud'un bois appartenant
au Prince de
Montbeliard
,
situé à quatre
lieuës de Besançon
,
est
un petit tertre couvert de
boistrés-touffu ,au dessous
duquel estla caverne, autrement
la glaciere.
L'ouverture exterieure
està peuprés ronde, &
peut avoir environ soixante
pieds de circuit &dix-huit
pieds de largeur. On descend;
de cette ouverture
parune descente profonde
de deux cent pieds ou environ,
terminée en bas par
uneautre, ouverture comme
cintrée d'environ trente
pieds en tous sens, qui
donne entrée à unsalon
presque quarré d'environ
trente pieds de hauteur sur
autant de largeur; dela
voûte duquel salon tombent
des gouttes d'eau qui
forment en esté differentes
pyramides de glace,
chacune de huit à dix pieds
de circonference
,
& de
douze pieds de hauteur,
& quelquefois plus.
Le plancher du salon
est aussi couvert de glace,
quoy qu'il yait quelques
petites sources d'eau qui
coulent continuellement,
&qui Ce perdent en dedans
au dessous de la glace.
*
En hyver il n'y a point
de glace: mais il regne
dans tout le salon & dans
toute ladescenteune épaisse
vapeur continuelle.
'Parodie de l'Enigme
dont le mot est la
quenoüille.
L'oijiveté de ma maîtresse'
Conprvema coiffure f5
repo/emon corps;
Car, pour ainsi dire, je
dors
--- :•!i
Quand on ne file point
,.," matresse.
Lorjque de laquenoüille
on met la jambe en
presse, -
Sa tête est tournée en
dehors;
C'efialors qu'elle a bonne
grace. 1 Fuseau fait à ses pieds
cent tours de passe-
H*-
Telle fileule au minois
soucieux,
En détournant de moy
lesyeux,
Quoyqu'afilejtoujours
sa mainsoit occufée,
Regarde lefuseau mon
petit compagnon>-
Qu'aux dépens de ma
tête ellegarnit,remplume
, Siquej'en gagnerois te
rhume,
Quandilm'arrache mon
tignon,
Si ma tête de ,', bois étoit
plus lfegmatique:.
Mais duserainje m'in- K
quietepeu,
Quenoüille d'arbre sec,
que la mortfit étique
, Ne craint que lefer &
lefeu.
Parodie de la seconde
Enigme,dont le mot
est un verre à boire.
Je suis d'abord un pre-
,
mier element,
Car c'est de terre
Qu'on fait le verre; Fuis engendréd'unsecond
element:
Car le feu détruisant la
terre,
Engendreun v-erre. Ennaissantjecrainsfort
un troisiéme element.
L'air en sortant du four
fait éclater le verre
Comme un petitcoup
,.'
de tonnerre.
Je crains ensuiteaussi sicond ce element.
vC'eest lerferuequi.brife le ': : Mais unquatriéme element,
C'est l'eau dont on rem- plitleverre,
Pourle défendre un peu
du second element.
Une énigme toûjours rimanten
element
De la rime n'a pas le
premier element:
Mais l'obscuritéfaitle
premier element. Des-En*
gré tant d'element,
Les devineurs ici sont
dansleurelement, Et n'ont point deviné
qu'un verre
Est deces mauvais vers
&ame&l'element.
ENIGME.
En agitant une de mes
oreilles
Contre le chaud je puis
faire merveilles,
Contre le froid je suis
utileaussi.
D'unfleau des humains
je donne en racourci
Une idée assez naturelle,
Et ce qui de mon nom
s'appelle
A maintbrave a causé
la mort.
,
Si dans certainmetalje
fais un juste effort , C'efi quelquefois pour
jouerpiece
A Notre- Dame de
Liesse,
-
AsaintEustache,àsaint
Gervais
Et Dieu sçait 3lebruit
quej'yfais.
Autre Enigme.
Dans une espece de cercüeil,
Mais qui riejt point
pourtant desagreable a Je suis le plus souvent
couchée:
Maisordinairement,
'o',
quand j'en suis détachée
,
Mesbras croiftZ, en
s'étendant,
,,
Et tôt aprés ense joignant,
Al'objcuritéfontlaguerre.
Je pince, jemords 91,
jeserre;
Etquoiquecenefoitpref
que qu'enbadinant,
Mamorsure en noirceur
se tourne incontinent.
-
Traduction d'unPoëme
Anglois,
Sur le Bal que M. le n**'d**
a donnéà Londres le17.
:' , £" :, ,4 U I?IJ. ,"",'-;.\1 ï;'Aout>1713.>;
P our conoître les moeurs,
les goûts, les habitudes
De cent & cent peuples di-
~\W\*Â\V-,\ ^crs,* ,',' "',
iVU grédeleurs inquietudes
Les mortelsinconstans parcourent
l'univers: 9 Pourmoy, libre des foins
qu'entraînent les voyages
,
Loin de vouloir braver les
flots capricieux, 1
Et sans m'exposer aux orages,
Ici je satisfais mes desirs curieux.
Daumont dans son Palais
represente à nos yeux
Les Heros & les mêmes
Dieux
Dont autrefois dansleurs
ouvrages
Les Poëtes ingenieux
J Ne tracerent quelesimages.
Par-toutvous yvoyezer, rans
Les habitans du ciel, de la
terre & de l'onde,
Ettous les hommes differens
Dont les Dieux ont peuplé
tous les climats du
monde.
Suivi de sa brillante cour
Jqupuitierttpéour s'y rendre a l'empirée;
Alecton fort du noir séjour
Avec sa cohorte effarée;
Des humides Tritons Amphitrite
entourée
Reçoit
Reçoit les voeux du Dieu
dont elle est ado-
-
rée,
Et l'on voit errer à l'entour
Les jeunes filles de Nerée.
Mars aux genoux de Citerée
Se laisse dérober ses armes
par l'Amour;
Dans le sein de Thetis le
brillant Dieu du
jour
Fixe sa course mesurée.
Là Dianeparoît artifte-,
: ment parée, -i *v4
L'Amour n'est plusfon ennemi;
Et si j'en croisles soins où
je la voislivrée,
Sa fiere vertumoderée
Cherche un Endimion qui
soit moins endormi.
»
A chaque beauté qui s'avance
Mercure offreà l'instant
des secours seduccteurs,
Par des traits galans & flateurs
Ilsignaleson éloquence.
De toutes parts sont répandus
Princes,Dieux, Rois, mêlez
& confondus
Avec Démons, Bergers,
Nymphes, Geans,
Pigmées.
-
<
L'implacable Nocher des
ondes enflamees*
Soûrit à des objets & plus
doux & plus beaux;
Les Morts suiventses pasy
couverts de leurs
lambeaux.
Ici c'estle Hibou, là c'est
l'Aigle iraraor-•
- iC lierai.*-• J'
On voit le Corbeau, trop
fidele, SJ
D'un noir plumage revê-
,
tu,
Et les oiseaux par leur ramage
.PPoouurrlleessbbeelllleessffoonnttuunnpprreé--
,: ,- sage --,q
De la chûte de leur ver-
,.' tu.
On y voit folâtrer des No-
,- nes peu severes,
Sans reliques Çc sans rosaires.
r Le grave senateur prend
un air gracieux,
De l'austere Themis ou,
bliant le langage,
De son art desormais il ne
veut faire usage
Qu'au tribunal de deux
beaux yeux.
Le triste Medecin déguise
sa presence
Sous un appareil affecp
té.
Le luxe avec la volupté
Empruntent un habit de
pieuse apparence.
Ici cette jeune beauté,
Qui de mille galans tour
a tour est maîtrèfle.-,
Affeâcla(implicite t 1 D'unevertueule Koacresse.
On-voit dans le Palais chacunse
transfor-
.,>; mer,
Daumont seul n'y prend
point une formeem-
*
pruntée.
Quelleautre lui seroit prêtée,
Qui? G: bienquela sienne
eût le don de char- -* mefï1'*
Ainsi dans un festin quand
laTroupe immorîtelle^
Autour de Jupiter se range
avec splendeur,
Il se déguise point sa forme
naturelle;
Ce Dieu s'offre dans sa
grandeur:
Mais lorsque fous le tendre
empire
Dequelque mortelle beauté
Ce Souverain des Dieux
soûpire,
Il voile sa Divinité.
ANNONCE.
On va renouveller
le Mercure au jour de
l'an, & l'on commencera
par y mettre toute
l'exactitude dont serontcapables
des personnes
qui n'auront que
cette occupation
,
à laquelle
je n'ai pas pû
me donner depuis longtemps.
LA DEFAITE
ries Hannetons. PÔ E ME
en deux Chants.
DEs Hannetons vaineusje
chante la défaite,
Et du brave Licas lavictoire
complette,
Mufe, raconte-nous quelle
bouillante ardeur
D'unvifrejjentiment es-
Novembre 1713. Nv
chauffesongrandcoeur,
Colmamentdansses projets valeuraffermie
Triompha fierément d'une
troupe ennemie.
Licas vivoit heureux ,0
tranquilleaParis,
Sonreposfusttroublesi-tost
qu'ileustappris
Que d'insèctes aislées un
partiformidable
Causoit dans ses vergers
un ravage effroyable.
Sur le haut d'un charmant
&fertilecosteau
S'ejUveunmagnifique f5
modernechass,eoeu,
Doptïart ingen«%i$>rivald&
Umfwe:9 >.
Par divers ornemens embellit
lastructure.
L'édifice est construit entre
deux verdsbosquets,
Où l'ardeur du Soleil ne
penetre jamais.
Dujardinspacieuxondécouvre
la Seine,
Qui parde longs detours
Jerpentent dans la plaines
Des ruisseaux, des valons,
des prez, & desforests,
Les presens de Bacchus f5 les dons de Cerés, ,
Les champestres beautez
dont la terresepare,
Et mille objets où l'oeil
avecplaisirs'égare.
C'est dans ce beauséjour,
c'est dans ces lieux charmans,
Qtie Licas avec soin re,.'
veille tous lesans
Favori fortuné de Flore
&dePomonne,
Et lesfleurs du Printems
(f le;fruits de l'Automne.
De quel trait de douleur
dans l'absynthetrempé,
Au rapport qu'on luyfist
son coeurfust-ilfrappé.
Deux coursiers attelez,à
son char le plus leste,
Ilpart, il arrive,&voit
quelspectaclefuneste , ;
Ses arbres dépoüillez de
verdure & defleurs,
; Il pouffe des sanglots ac-
Ilcompagnez de pleurs y'r fremit,il frissonne
,
il
fhûU5 ilchancelle
Danssesyeux enflammez
sacolère tftitoceile:
IIdcîcffc centfois un at-
£ J~ CeïftfWtemïm
qt*Aijfyiffotfdëfefpôir> Ils'addresseàPômône
çfluytimwhzgxgi y
;
O vousquipartagezavec
moy cet outrage,
Dtéeessse pvuniosselzadesninsfec,- j
Dont VÙUY voyez içyles
transportsinsolents. iliI
La Diejle aussitost à ses
yeuxfepresente
Et luy dit: mon pouvoir
remplira ton attente,
Nos ennemis communs de
t$nbonheurjaloux,
Se,ptironMï&ceptw (¡]01(( peutmon-ow>:y-- Je desim?îmz•.» ;u:> .;;• leuraudace>
Il faut extermipçr cette
coupable race.
Dés que l'ajlre du jour
dans l'empire desflots,
Aura précipitéfan char if
ses chervaux,
Armetoy de courage, &
cours a la vengeance,
De ces audacieux reprime
l'insolence ; Je conduiray tes coups ,
j'animeray ton coeur,
Et de cegrandcombat tu
sortiras vainqueur.
Fin du premier Chant.
,
SECOND CHANT.
Licas impatient attend
l'heure marquée
Où la troupe parluy doit
sevoir attaquées
Et le temps luy paroist.
couler trop lentement:,
L'astre second des Cieux
qui donne la lumiere,
\A peine eut dans les eaux
terminésa carriere
Quel'empresséLicascourt
&voleaïinjiant,
Ou le dessin l'appelle, où
c
taïgtoire.l'attend,
A l'aspect de ces lieux il
sent croistresa rage:
Surprenons j'ennemysàns
tarderdavantage*,
Frappons ditil,frappons,
ifgnalom noseffort eha^fssjmnt
rw
'f;QWvetIS~y~
&de iïwrtss
Voffenfecptonmefait j,tiF
tementme £wrrw6t<
llejbranle. acestnêup$t
plus d'unesecousse
Des Frenes,des Ormeaux,
ou l'ennemy caché,
Saisi d'effroy, tremblant,
est en euàt*ri retranché.
Des, arbresles plushauts
LaDeese.semontreau
trmjrrsdela:nuey>
AugmehitdeLicasl'héroïquevalèur,
b..
Et de son bras lasséranime
lavigueur -
A ces coups redoublez,tout
cede, toutsuccombe yZ
De momenten momentun
gros d'ennemy tombe>
Ainsi le Laboureur d'unefobujlemain,
De la gerbequ'il batfait
sortirtout legrain.
Pour eux contre la mort il
n'est aucun azyle,
A chaquepasqu'ilfait il
-
enecrasè mille;
Ainsi le Vendangeurpour
avoirplus de vin,
Sous lepesant pressoir é-
,
crase leraisin.
Les coups portentpar tout
des atteintes mortelles,
C'estenvain qu'emploiant
lesecours de leursasiles,
Pour éviter leur perte ils
traversent les airs
Des cadavresépars tous
les champssont couverts
y Les ventsfontmoins tomber
defeuilles en Automne
LaFaucilleabb, at moins
d'épis quand on mois
sonne,
Licas de toutespartsvainqueur
impetueux,
Massacre en un moment
des bataillons nombreux;
Tel un Lion de sang 0*
decarnageavide,
Exerce sa fureur sur un
troupeau timide.
Tel onvit autrefois dans
leschamps Phrygiens
Achille ason courroux immoler
les Troyens.
Par la paix, cettegrande
Qf terriblejournée
Au gré des deux partis
fust enfin terminée.
LesHannetonsvaincus
signerent un traité,
Promirent à Licas ce
vainqueur indompté,
De ne plus ravager de
formaisson domaine.
Mules, qui m'inspirez
laissezmoy prendre )
Mm#,
Préparez,d'autres vers, chantons une autrepaix
, Quele Cieffdrj&r^&fe accorde
à nossebaits
Pitrjfeparsonretourcette
,.,
Paixdesirée ,.
1 K^mner/h^^tgm'fs.
àç&atww es de Rheey
Etfinissant les maux que
nous avonssoufferts;
Enchaisnerpmp jamais
la Discordeaux Enfers.
Fin du fecond & dernier
Chant,
Extrait d'une Lettre de Fri-
-
bourg du 7.Novembre..
Nous sommes maistres
du Chasteau & des trois
Forts de Fribourg
, parmi
lesquels ca celuy de faine
Pierre comme imprenable.
On
On a trouve dans tous ces
Forts une quantité prodigieuse
d'artillerie& de munitions
de guerre &devivres
pour six semaines.
Cette conqueste très-imhpoomrtmanetse
qui n'a coudéni
ni dépenses ; est
deuë à la fermeté duMarcfchal
de Villars
, qui
ayant mis dans son Armée
beaucoup de fourages
, a
tousjours menacéla Garnsson
destre Prisonniere
de Guerre
,
& de mettre - derriere les Batteries les
Prisonniers ennemis;cette
crainte les a obligez à nous
laisser travailler sans tirer.
On ne pouvoir faire nos
Batteries dans la Ville sans
beaucoup pendre de mon- de L~!ViHcëe les Ports
estoientdeffenduspardix-
Gorfipiignksri*,ideta^e
béet*
Op assure que les Enno..
mis ontperdu6000 faoïrw
mes tant-t~ ~ç\ixtaffca :]
€pâ«deiferttfftrstr?z'mopion
Lai Oarinifoctîsést formis
avecarmes &bagagés,.&
se ffêtfPrtf-rîtïRffaWrinTkb;
drevV<iltartn®ihi5î1 ! : vj
cordéau Gouverneur, qui
n'a pû obtenir la liberté de
la Garnison de Landau,&
encore moins décharger
Fribourg
, quatre Pieces de
Canon & deux Mortiers.
Observations sur les change..
ments du Barometre par rapport
au temps, tirées des
Memoires de M* *
Par M. Parent.
Quelques exactes Observateurs
ayant bien voulu
me communiquer leursMemoires
touchant les temperatures,
j'ay pris 148. ob.-
fervations faites sur le Barometre
dans les lunaisonsdes
années 1696.1697. &
1698. dont fay fait une
somme , que j'ay divisée
par 148. pour avoir une
hauteur moyenne de Barometre
qui s'est trouvée de
27. poulces 6. lignes36 ou
de 27. poulces 7. lignes.
J'ay ensuite pris les obfervations
marquées,
( pluye,neige,broüillard,
humide, couvert, trouble,)
ôc j'en ay trouvé. 3. audeffous
de la moyenne, & 51»
audessus.Ayant pris encare
les observations marquées,
( pluye, brouillard,
neige, ) feulement j'en ay
trouvé 18. au dessous,&13.
au dessus. Ayant continué
de prendre les observations
marcluces,pluye neige, )
seulement,j'en ay trouve
15. au dessous &7. au desfus.
Et ay ant pris feulement
les observations marquées,
( pluye ) feulement, j'en ay
trouvé 12.. au dessous, &
6. au dessus.
J'ay pris aussi les observations
marquées, (beau,
~rain, j'en, ay trouvéLau
dessous; de U hauteur
moyenne 7. seulement, &
Ljf, audeflbs.f„ce>qui suffit:
pourconvaincre que le Barometre
est bas dans le
temps humide,& haut
dans Iç[epain..,;0';,,; Quoyquon » ait. parlé dans
le MçreuFe precedent des
Abbayes que le Roy a donné
laveillede laToussaints;
cpii>iT)c on estoit fuir la fin
dçriqmprçiTion
, on n'a pu
donner au Public les remarques
qu'on a coustume
defaire.
DonsduRoy.
Le Roy à donne l'Abbayc:,
c deSAndré de Vienriçy
OrdredeCisteaux
£>#>çefe de Vienne
,
vitedeViennej&àuflt'Ea--
gansde
; lyta, L'Abbaye de Préaux,
Qr&*$do S. Benoist, Dio.
cefe^feLifceux^àU-£>amc
de;Mor^tba?Qn.\! , Cette Abbaye fut fondtc
par la femme de Onfcojcde
YiciUes,, Baronde
fê"ea«*,Seigoejjrde Pontau
de mer, Comte deMeu--
lan & de Beaumone-le-Rager,
fous le
-
titre de S. Leger.
Leur Eglise est assez
grande
,
& a son Autel ifole,
beau, & fort dégagéy
six colomnes de marbre y
portent une demie' Couronne
Imperiale, dontles
branches ouvertes font dorées
& accompagnées de
plusieurs ouvragesde Sculpture.
L'Abbessepresente
aux trois portions de la Cure
de S. Michel de Preaux
J
& ces trois Curer font les
fondionsCurialesj par semainc
maine alternative.
Preaux est le nom de
deux Paroisses & de deux
Abbayes;l'une de Benedictins
& l'autre de Benedictines
situées dans leDiocese
de Lisieux à une grande
lieuë dePonteau de-mer
dans un vallon. L'Abbaye
de S. Pierre de Preaux est
poflfedée par les Bénédictins
de la Congregation de
S. Maur, & fut bastie vers
l'an 1055. Elle reconnoic
pourfondateur Onfroy de
Vieilles,Baron de Preaux
Comte de Meulan.&c.
L'Abbaye de Monrolieú;
Ordrede S Benoît Diocefev
de Carcassonne-y à
l'Abbe du Lordac. * iA
L'Abbaye de Thouars,
Ordre de S Augustin, Diocefe
de Poitiers
,
àI l'Abb6
Gould. .jS:j /i. n
Thouars est unedes prini
cipales villes du Poitou;e lle
est situéeà six lieues de
Saumur sur une colline aux
bord de la rivière de la
Touë. Cette villeest une.
ancienneVicomte7 que possedoit
la familledesSeigneurs
de Thouars, confia
derable dés le temps du
Roy Raoul. Elle a passé
par mariage de filles dans
la Maison d'Amboise
, &:
Marguerited'Amboise fille,
unique de Loiiisd'Amboise
Vicomte de Thouars, la
porta en dot à Louis de la
Tremoille. Ce fut en faveur
de cette derniere Maison
que Charles IX.érigea
la Vicomté de Thouars en
Duché l'an 1563. & Henry
IV. en Pairie l'an 1595. Dixsège
cens Vassaux relevent
de cette Terre, dont laJurisdiction
s'estend jusques
aux confins de la Bretagne.
,' L'Abbaye de Bonlieu
Ordre de , Cisteaux, à la
Dame de Saillans. Il y a
quatre Abbayes de filles du
nom de Bonlieu, toutes de
l'Ordre de Cifteaux,mais
de differens Dioceses.
L'Abbaye de S. Honoré
de Tararcon,à la Dame de
Breflku.
LE VERLVISANT,
L'ABEILLE,
ET LE V E R-A-S O Y E.
FABLE.
On ne
voit point de si
-~ petite Beste, ;: ~S
Qui dans sa jeune,ou sa vieillefaison, I
Ne se mette l'amour, en
P' , ~i teste.i H
Et qui ne croye encor le
,' faire avecraison. A
Ce que je dis estveritable,
La preuve en est dans cette
table.
Sous le pied d'une Ruche
un certain Verluisant
Logeoit; & ce Logis estoit
assez plaisant.
Nostre bonne Mere NaLturc,
Soit à dessein, foit par hazard
* De ses faveurs au Vers ajvoit
fait bonne part.
Il
,
trouvoit. pour sa
*
nour- ~-xiture*i: ')
A quatre pas dequoy inan.
; geravec plaisïr '., - l*
Herbe seche
,
Herbe fraîche
, il n'avoit qu'à
choisir
S'il en vouloir faire pâture,
Tout alloit sélon son desir.
Mais helas ! du moment
--
f ..: :.
qu'on,aime ,'. -;:
A moins que ce ne soit par
un bonheur extrême,.r.
Il faut se réfoudreàiou ffrir.
L'Amour est unvray crou- :ble-£este,••
Des Hommes en ont pu
:., mourir; ; i Voyons comme ihtraita
une beste.
Dans la Ruche, lieu propre
& très- bien habité,
Entre plusieurs, logeoit
certaine jeune Abeille,
Dont lecoeur à l'amour estoit
assez porté.
Ce n'estoit pas grande merveille
A cette passion le Sexe fé.
,'r- minin
Est enclin,-
Autant & plus que ness le
masculin.
Ajoutez que le voisinage
Donnant les moyens de Ce
: voir
Matin <3e soit,
Insensiblement on s'engage.
Venons au Ver. Il avoic de
l'esprit
Il n'estoit rien de beau, ny
de bon, qu'il n'apprît>
Aussi jamais n'avoit on veu
Reprile
En belles qualitez aucanc
que iuy fertile.
il dançoit & chantoit fore
agréablement
;
Mais ce que l'on trouvoie
de rare,
Et dans un Ver qui l'est a£
surément,
C'estqu'iljoüoit dela Guitare
Panablemenr.
Enfin pour la galanterie
Il avoit un si beau talent,
Qu'en Prose cpmme en
,'. Poësie,,
Cestoit un Aucheur excellent.
Quvrage en Vers , Bitlejr*
& Lettre,
Le tout estant de sa façon,
On n'y trouvoit plus rien
-; n' • a mettre :
Et Voirureencomparaiso.ln,
<
Auroit auprès de luy passé
pour un Oyso1n.
Voila le Ver. Quant à
l'Abeille,
Et pour l'esprit, & pour le
corps,
De la Nature elle eut les
plus riches trésors.
Du Monde ellepassoit pour
huitième Merveille,
Ellejoüitdu Clavessin,
Elle avoir appris WMusi-j
v que, ;>
Parloit Italien, &-' mesme
un peuLatin.
Sa mémoire estoit angéli-
.que,-/
?
';!:-j
Aussi l'exerçoit-elle avec
juste raison.
Elle lisoit la Fable,elle lisoit
l'Histoire,
Elle lisoit, cela se peut-il
croire?
Jusques aux Livresde Blazon.
S'il faut parler de sa personne
,
Quoyqu'elle eust assez
- d'embonpoint,
Sa
-
mtaiillge nestooisngranndee &,
Et le bon air n'y manquoit
",. :',':' point. -.. ,-:
Au reste,c'écoituneBlonde,
Dont le teint blanc, frais,
,
& poly,
L'eust fait seul passer dans
le monde
Pour l'Objet le plus accomply.
Cependant malgré tous
ces charmes,
L'Histoire dit que nostre
Verluifant
Eust bravé son pouvoir, s'il
n'eust rendu les armes
Au regard tendre & languissant,
Dont ( quand il plaisoit à la
Dame) Le coeur le plus glacé se
sentoittouten flaâmmee..
C'est en vain qu'on voudroit
resister à l'Amour.
Tortoutard ,
quoyqu'on
fasse, ilest Maistre à son
- tour.
Ce petit Dieu
,
de toute :/i!:: chosè- En ce monde à son grédispcrfe.
L'Abeille est amoureuse,&
leVer amoureux,
Sans que cependant tous
les deux
De leur trou ble secret sçachent
d'abord la cause ;
Mais comme en eux ce
trouble est tous les jours
plus grand
,
L'un &l'autre bientostl'ap-
,
prend.
LeVerestenhumeur chagriné,
Quand il ne voit pas favoisine
;
Et del'Abeille lechagrin
C'est de ne point voirson Voisin.
Quesi quelque doux te steàteste
Se rencontre pour nos A- mans,
Ils ne font que trop voir
dans cesheureux momens
Que l'un de l'autre est la
conqueste.
En mille & mille occasions
Que leur donnoïclafoli-.
tude,
Sans soucy
,
sans inquiétude,
Satisfaisant leurs payions,,
Ils passerent deuxans dans
ce doux badinage.
Mais à la fin eslans surpris,
Il fallut que le Versortist
duvoisinage.
C'estoir le seul moyen- de
dissiperl'ombrage -
Que les Parens de l'Abeille
avoienc pris.
Tout d'un coup il plia bagage,
Et
Et crut àfranchement:par-
-
ler,
Qu'afin de fauter mieux,il alloitreculer.
C'estoitagir en Ver tressage;
Mais par malheur, le pau-
.< vreDiablealla
Pis que de CaribdeenSylla.
,
Comme il ne voyoit plus
qu'une fois la semaine,'.::
Encarincognito,toujours
mesmeavecpeiné,
L-'objetde ses tcadr£$rar mours. ; >
°,r-
Luy quipouvoit le voir autrefoistous
les jours 1
Par un revers en tel cas or-
A mesure qu'il futmoins Veu, -
,}
( Qui de l'Abeille l'auroit
A ) J. -
A mesure il cessa deplaire.
De plus, Dame Avarice
;-""Y" vint mettredusien,
Elle qui tous lesjours: de
etant de maux-c
Les Parens
-
del'Abeille .Lvoietbeaucoupde
Bien è]
Et ceux duGalant n'a-
-r-.r.l'Oi'yûticvnt•'ntn-jr,p ''L
Q(I tourau plus si peu de
chose
Que jen'ose
Là-dessus seulement sous-
Ecdevouloirlesaccoupler
Ec devouloir les accoupler,
Lecoup paroissoit impossible-
A l'Abeille on ditbien&
-
beau,:
(
Qu'ondoimeroit sur lemu-
-4 i
seau,
Si plusau Verluisanton la
:., :-Noÿoit fenCble;
Quenfin elle devoir avoir
Sur.sarichesse un autre esi,
poir,
Puisque leMielpouvoir làmettre
enl'alliance
Du plus riche Animal de
France. »'i I
Fy d'un Ver, disoit-on,qui
napour tout vaillant
Qu'une etincelle de brillant.
Or donc parheureuse.
rencontre,
A nostreVerluifantunjour
L'inconstante Abeille se
moncre. :,
Il luy parla d'abord de son
amour.
Elle recoure sans repondre.
Questce donc qui peut vous
confondre,
Luy dit ce Ver,luy-mesme
confondu
De ce qu'à ses propos elle
n'arépon d u?
Ay je quelque Rival à craindre
?
Non de cela, dit elle, il ne
fautpasvous plaindre; ',"
Si l'airfroid dont J'agis fait
vostre estonnement,
Je m'en vaisvous contersans feindre,
Ce qui causece changement.
Tous mes Parens
, ne vous
:
déplaiseT
SortiGensquisontfort à leur*
aise.
Et lesyoftrpjs3,mvm.vçuil
enseriezlefin,
N'ont pasun semblable destin.
Il est vrayquevous eKr
, (7
moychétive Abeille, >v--V
Nostrecondition si trouve ast
,
sezpareille.
Mais onnecomptepointsur
cettif-éXae. ; Dans laplupart des Maria.
ges ; Etce qui les fautchez les Sages,
Ce n'estquelaréalité --,
Ergo. Parmes
Biensseulsestantrecommandable,
Je dois fairechoixd' un Party
que vd.M Wtfâïfar
table*
Mes Parens à nos feux n'ont
jamaisconsenty.
Ainsicherchez une Maistresse
Quiveuille bien recevoiren
payement
V..ps douceurs& vopre ten- Ànjjf-:
Jy renonce, & dés ce moment
Jelésseavosdpftrfilibertétçttte
entiere
,
Dese donnerailleurscarriere.
L'Abetil^difp.arçi(t vkVer
au desespoir
A tout cela qu'eust-il pû
dire?
Si vous desurezJesçavoir,
Il est dans ceRondeau, vous
n'avez qu'à le lire.
Un tendre coeur fait tout
mon bien;
Et pour n'avoir que cesoustien;
Jeseraytoujoursmiserable;
Car dans ce temps abominable,
On regarde un Gueux comme
un Chien.
• Des amitiez le seul lien,
Argent
,
bel argent, cejl le
tien;
Etsanstoyl'onenvoyeau
-
,
Un.-:Dia£/e tendre coeur.
Tay mon sort, chacun à le
,::. ; :'
,
:-:, sien , Mais
Mais en est-ilcomme le mien?
En est-il d'aussu deplorable ?
Non,non,jesuisinconsolable,
Si l'Abeillecompte pour rien
Vn tendre coeur.
Pendant qu'ainsi nostre
Vermoralise,
L'Abeille sans s'en soucier,
Prend sonessorjusque sur
un Meurier,
Où si-tost qu'elle se suc
n1ise)
Ses yeux d'un ver-à foye
attaquent la franchise.
(Sur ces Arbres tousjours
,.
Ver-àsoye esterrant. )*
Ce Ver la voit, l'aborde,
& dit en son langage,
Aprés l'humble salut que
l'Abeille luy rend;
A veniren ces lieux quelsujet
vous engage?
Vous n'y trouverez point de Fleur,
? Mais en récompense mon cteu-Y
Vient s'offrir à vostre pillage.
Pour vous il est sans aucun
fiel,
Vous en pourriez faire du
Miel;
Belle Abeille,daignezleprendre.
Nostre Abeille sans plus attendre,
Aprés un regard des plus
doux,
Luy dit, Tout de bon, m'aimez-
vous ?
A peine encor m'avez - vous
veuë ;
Et cependant, sivous quittez
ces lieux;
Répond le Ver,vostreabsence
me tuë
, Je ne puis vivreesloigné de
vos jeux.
Je ne sçaurois aussi sans défiance
Croire , un amoursi prompt, si
plein de violence,
Repartl'Abeille au Ver.
; Mais en cas que demain
Vous yresserntieez pareille m.Lar-
Vousviendrez chez,moy me le
dire
y Et vous n'yvviaendirnez p.as en
jidtf'u, beau Ver,je me
retire.
..-"" r'
Quandl'Abeille esten sa
Maison
, .', Ellesonge à sonavanture,
Èt par leSiecle d'or en soymesme
elle jure
Qu'elle fera tres prompte
1
guérison
De la blessure
,
Qu'au coeur du Ver-à soye
ont fait ses doux appas,
Si l'Animal porte les pas
Le lendemain du costé de
la Ruc he.
Quoy,jiii-n-rûistt-igueuxde
Verluisant, Disoit elleenreste hiffanc>
Ilfl!tj¡OÚ rjM'r je fasseCrache.
Vivent mes nouvelles amours
Ah, quellejoye !
Jevais coulerle reste de mes
jours
Et dans le miel
, & dans la
soye.
Elle passa la nuit à raisonnerainsi;
Et des le grand marin elle
n'eut desoucy
Que de demeurer sur sa
Porte,
Croyant de moment en
moment
Qu'il faut que le bon vent
y porte
LebeauVer
,
son nouvel
-
Amant, Il en arriva d'autre sorte,
Pour elle c'estoit temps
perdu.
Son Ver-à soye étoit dodu,
Et marchoit lentement,suivy
de l'équipage
Qu'un Ver semblable à luy
méne à son Mariage.
Le Rendez-vous estoitun
Rendez-vous d'amour;
Mais pour faire un pareil
voyage, Au pesant Ver-à-soye ilfalloit
plus d'un jour.
Quoyqu'il en fust,voicyla
triste destinée
Qu'autour delaRuchetraînoit
Le pauvre Verluisant. Son
ame abandonnée
Au plus mortel chagrin
sans ccèe examinoit
Par où pouvoir adoucir
l'Inhumaine.
Sur Je feüil dela Ruche il
la surprit le soir.
Elle n'estoit pas là sans
doute pour le voir.
J\I*aure^-rusMpoint pitié, luy.
dit il, de ma peine?
Je vous aime tousjours, &..
vousnem'aimezplus
Ingrate, insensible , insidelle,
Que dites-vousune flâmesi
belle?
Messoûpirs si conjlansferont-
-
ilssuperstus?
Enfin, tout de bon, dois-je
croire
v
Que contre rno) vous soyezen
courroux,
Et que vous perdiez la mémoire
De tout ce que l'Amour m'a
faitfaire pour vous ?
Vil Animal
,
Infecte teméraire,
Qu'a'Vez vousfaitqu'envous
trompant
Répond l'Abeill3e, & que
pouviez vous faire ?
Ce que j'ayfait, dit le Ver
en rampant ? Je m'en vay vous l'apprendre,
Abeilie trop légere.
J'ay fait, nonsans de grands
travaux ,
Pour vous conter mes doleances
Messoins, mes soucis, mesfouf
frances, -
Tous les joursmille Vers nouveaux.
J'ayfait cent t7 cent Madrigaux
Sur la moindre de vos absences;
J'ay fait des Odes & des
Stances,
Chansons
,
Triolets, & Rondeaux.
J'ay fait pour vous des Epigrammes
)
Et mesme quelquesAnagrammes
y Le tout d'unstile pur & net.
Et s'il eust esté necessaire
, J'avoistelle ardeur de VOUA plaire,
Que jcujje esté jusqu'au Sonnet.
De tout cela je vous tiens
peu de compte,
Répond l'Abeille, & je
mourrois de honte,
Si javois de l'attachement
Pour un Amant
Dontleplussolide merite
Consiste en beaux discours; dés
mes plus jeunes ans
On m'offusquoit de cetEncens.
JaimeAujourd'huy celuy de la
Marmite.
Elle rentre en sa Ruche, en
disantce beau mot.
Aussi le Verluisantestoit-il
un grand sot,
D'oseraspireràla proye,
Que fuivanc les regles du
temps
Doit attraperle riche Verà
soye.
Qu'il soit donc sage à fcs
dépens,
Et secontente d'une Mouche
>
Qui n'aura comme luy,
que l'esprit & la bouc he,
Il passera par là pour un
Ver de bon sens.
,.J'ay prétendu qu'en cet- te Fable,
Pour que lque Amant peutéstre
Histoireverita ble,
Et les Filles, &les Garçons,
Trouveroient de bonnes
leçons.
Les unes sur l'obéïssance
Que rend l'Abeille aux
droits de la naissance,
Profiteront en la lisant;
Et les autres sujetsàl'aveugle
tendresse,
Quand ils voudront choisir
uneMaistresse,
Consulteront leVerluisant;
Il sçait dans l'amoureuse affaire
Comme est punile Temeraire.
1
HISTORIETTE.
L'Amour nJielt point à
couvert de la destinée
, &
les changemens qui arrivent
tous les jours dans
les liaisons les mieux establies
sont assez connoistre
que les mouvements de
nostre coeur ne font pas fixez
par le premier choix
que nous faisons. Un certain
je ne sçay quoy qui
nousentraisne en dépitde
nous, nous determine à
estre inconstans;& quand
mille exem ples ne serviroient
pas à justifier ce que
je dis,l'avanture donrje vais
vous faire part en seroit la
preuve. Une Demoiselle
fort bien faite,estimable
par sa beauté, & plus encorepar
son esprit qu'elle
avoir vif&très penetrant,
estantvenuë depuis peu de
-
mois prendre soin de quelques
affaires dans une petite
Ville peu esloignée de
Paris, y fut connuë en fort
peu
peu de tems de tout ce
qu'elle y trouva de personnes
denaissance. Son pere
& sa mere qui estoient de
qualité, mais qui avoient
peu de biens, luy connoisfant
du talent pour venir à
bouc de mille chicannes
qui leur estoient faites,&
par lesquelles on taschoit
de renverser leurs précentions
,quoyquejustement
fondées
,
s'estoient reposez
sur elle de la conservation
de leursinterests,&
elles'appliquoitàles mainteniravec
tant d'exactitude
& de conduite, qu'elle
eut bientost demesté les
difficultez quiempefchoient
qu'on ne luy rendit
justice. Son habileté fie
bruit, & tout le monde
marquant de rempressement
pour la servis auprés
de ses Juges, un Gentilhomme
, maistre de son
bien, & des plus riches de
tout le Pays, n'épargna ni
son crédit,ni ses soins pour
luy faire voir combien il
prenoit de part à ses avantages.
Angelique receut
agréablement le secours
i
qu'illuy donnaj&comme
dans le besoin qu'elle avoic
de luy les visites assidues
luy estoient permises
,
insensiblement
le Cavalier
prit pour elle un attachement
plus fort qu'il ne l'avoit
cru. Il connut bien
que ce qu'on luy Jonneroiç
en la mariant n'approcheroit
pas
'*
de ce qu'il pouvoit
prérendre; mais l'amour
commençant à l'cc.
bloüir,il considera que les
grands biens qu'il avoit lui
attireroient beaucoup d'affaires,
& dans cette veuë,
il crut qu'illuy feroit plus
avantageux d'avoir une
femme qui y mettroit ordre
, que d'épouserunefille
qui luy apportant une
dote considerable
, ne se
mefleroit de rien, & n'auroit
l'esprit porté qu'àfaire
de la dépense.Labellequi
s'apperceut de la conquête
que son merite luy avoir
fait faire , la menagea si
adroitement, que le Cavalier
fut enfin contraint de
luydeclarer sapassion On
ne doute point qu'il ne fut
écouté avec plaisir. Elle lui
marqua une estimepleine
de reconnoissance ; & en
l'assurant que ses parens ne
luy seroient point contraires,
elle eut pour luy des
égards d'honnesteté & de
complaisance qui luy firent
connoistre qu'il estoitaimé.
Commeelle avoit de
l'ambition,elle voulut s'asfurer
un rang, & se servir
du pouvoir que sa passion
luy donnoit sur son esprit,
pour luy marquer qu'il y alloit
de sa gloire de pren dre
une Charge avant que de
l'épouser. Le Cavalier avoit
ce dessein depuis quelque
temps, & ainsi en luy promettant
de la satisfaire,il
ne faisoitquece qu'il avoic
desja resolu. Les affaires
d'Angelique s'estantterminées
de la maniere la plus
avantageuse qu'elleeût pû
le souhaiter
,
elle retourna
à Paris, où son Amant la
suivit deux jours après. Son
pere & sa mere qu'elle avoit
instruit de l'estas des
choses, luy firent un accuëil
tres-obligeant, & pour estre
moins en peril de le
laisser échapper, ils luy offrirent
un Appartement
chez eux. L'offre estoit trop
favorable à l'amour duCavalier
pour n'estre pas accepté.
Il logea chez le perc
de laBelle;& ne songeant
qu'à avancer ses affaires, il
prit son avis sur la Charge
qu'il vouloit achepter.Tandis
qu'ontravailloit à lever
des difficultez assez legercs
qui empeschoient de conclurre
le marché de cette
Charge, l'amour fit paroitre
sa bizarrerie par les sentimens
qu'il inspira au Cavalier
pour une soeur d'Angelique.
Cette cadetteavoit
dans les yeux un fort grand
deffaut, dont beaucou p de
gensne se seroient pas accommodez
; & ce deffaut,
tout grand qu'ilestoit
,
ne
pur dérourner le Cavalier
du dessein qu'il prit de ne
vivre que pour elle. Il est
vray ,
qu'excepté ce deffaut,
il n'y avoit rien de
plus aimable.Elle avoit un
tein qui ébloüissoit
,
d*$
traits reguliers dans tout
son visaoge,•des mains & desbras d'une beauté (ans
, pareiflle,uinentailleeaisée;&
fine; & ce quiengageoit
encoreplus,elle estoitdu
ne humeur si douce & G.
agreable queparcetteseulequalité
elleestoit digne
duplus fort amour. Plus
leCavalierla vit,plusil la
trouvacharmante.Illuy
contoit cent folies,& l'enjouëment
avec lequel elle
y répondoit, estoit tout plein de
4
feu ,&. d'esprit.
Riennedevenoit suspect
dans leurs conversations,
parce qu'elles se faisoient
sans àQCun. mystere
,
&:
que l'occasion qu'ils avoient
de se parler àtoute
heure les rendant fortfamiliers,
ne laissoitrienvoir
iqlui fûtrecherche.Eneffet/'
n'yavoit que des sentimens
d'honnestetéducôté
decetteaimable cadette,
qui ne doutant point que
leCavalier .n'épousait..sa:;
soeur,estoitincapable d'aller
pour luyplus loin que
l'estime. Il n'enestoit pasi
ainsi du Cavalier. Le pen^*
chantqui l'entraisnoitvers
Julie,c'estoit ainsiqu'on
nommoitlacadette, eut
tant deforcequ'aprés lui
avoit dit plusieursfois en
badinantqu'ilestoitcharmé
desesmanieras,ils'expliqua
enfin serieusement
sur l'ardent amour • qu'elle
layavoitdonné. Julietournantlachose
en plaisanterie,
luyditqu'il perdoit
l'esprit;toutes lesdeclarations
qu'illuyfit ensuite
luy attirant la mesmeréponse,
illuydemanda un
jour quel désegrément Ôir
dans
son
hitmëtïr[du dans
sa personneluy faisoit
croire qu'ilnemeritoitque
ses mépris. Julie, qaecc
reprochefurprir*seAÇEUS
obligée deluy répondre
d'un ton un peu serieuxi,
qu'il se faisoit tort auiff^-
bien qu'à elle quand il
l'accusoit de le me'priser,
,& que s'il lui eût marqué
del'estime avant quede
s'engager avec si^foeur/
peut-estrene lui eust-ellc.
pas donnésujet de seplain-
-ài-é.^u peu dereconnoiC*.
sancequ'elleauroiteu de
: ses sentimens; maisqu'en fl'eftâcoù estoient les choqu'avec
lesïrcferves-qu'il
trouvoit injustes. Cette réponse
animala passion ; Ce
fut assez qu'il crustt nedéplaire
pas pour l'engager
à aimeravecplus de vio-
~îehée;îl abandonna, son
coeur à tout son penchant,
& ne songea plus qu'à persuader
Julie de sonveritable
attachement. Comme
elle estoitsage, ellevoulut
leguérir en lui donnant
moins d'occasionsdel'entretenierdesonamour;
;rnâi$*plus elle avoit soin
de les éviter, plus illes re-
,
cherchoit.Cetempressement
fut remarquée .& il
:,fettahitbientoft& par
soninquiétude ,; lorsque
fpour le fuïr cette cadette- senfermoit exprisdans sa
chambre,&- par, les regards
pleinsdamour,qu'il
;jettoit sur elle quand illa
voyoitdeyant destémoins.
L'aisnée qui trouvaquel?-
cque refroidissementdans
les maniérés du CavalierJ, >» ensoupçonnaauflitoftla
cause.Ellç pritgardejqu^l
navoit plus auprès de sa
joçurces airs enjoiiez & lu
:bres qu1a-vou pris tantdç
ibis. Elle les .voyait embafailes
fitor quoleursyeuxfe
renconcroienr,ôçla contrainte
qu'ils s'ilup.osoient
J'un & rau.tre Ce lon les. div,
veerrescess'vy-ecuuëc1iCq¡uUt\lleessoobbHli--
geoient de s'observer, luy
fut enfin une indice de la
rrahifonqui lay cftoir faite.
Commeelle estoit ficre,
elle s'en feroit volontiers
vengeeenle prévenant par
ion cjungejnçncjmaisd
Je avpird£ fort peu de biens?en renonçantan
Cavalier elle
n'etoitpas furedexroirver
un :aurrc:fPareilquil'eust
confoléc xfesr avanrao-es
qu'elle auroit perdue ERllfe
rsfolut de dissimuler;& fc
Contenta desoulager ses
-t,' chagriné par- ; -, - ]4ùes quelques
plaintes qui deconcercerent
le Cavalier. Le troublequ'il
fit paroiflre suc
un aveu de son crimeelleen
tira desconfequettces
qui lui firent examiner
de plus prés tous lesfujers
quelleavoit de fe- deffier
de on amour.Leunma~-
riage ne se devant faire
quaprès cWEculcer lc+
vees touchantLr charge
qiriti vouloir-avoir'elfe
découvrit qu- ne teneit;
qu'à luy de les voir finies,
f&aqisuoeitlnesaiosbtrsetnacelpeosuqiuro'ii^eyn*c
avoir aucun autre fondée
mène que le defilein de gau
gner du terni. Remplie dfe
tous cés fouprons, & vouw
lanceftre* cclaircie dece
qu'elleapprehendoit relfe
pria son pere & sa mere
de vouloir presserlescheM
ses, leur faisant connoistre,
[ans leur parler de sa
foeur, ce qu'il y avoit
.4.r~q~~:~fqer~nT.
jypbftin^i<pn,4^Çav/alter
fur- les prétenduësdifficihi^
rez de la Charge avoic déjà
commencéàleur devenir
suspecte.-jlç, renrreriQrenten
particulier., & luy
dirent, que comme ilsl'a*-
voient logé chez eux >oni
lqïiuuarrnt^ijejrrodipc,..;dvaonirs'&tolountg^te-
.cçpips ^jiffçrpr le mariage
^IpAÈ p#i^^oit cpnvena>>;
que pour;:einpe^her.Iç?
fafcheu* difcoursril falloir
longerg terminerçette.af- fajre«Reliait mile.
fcefoin
-
d'attendre quileuft
fini (on autretraite. Le Cavalier
ne balançapoint far
le parti qu'il avoit à prendre.
IL leur repçjiditqu'il
se sôuvenoit dela, parole
qu'il avait doppée
, &
qu'il Tâ tiendrour avec joïç
en telteras qu'il leur plairoit*,
quilayoit promis d'entre
leur Gcndre., & qu'ilse
feroit un bonheur de le dc<-
venir, mais que ce feroit
en epousant la cadette pouf
qui il sentoit la plus violente
passion
;
qu'il trouçvoit
enelle tout ce* qui
pouvait lesarefairejq1!s
l'humeur de son aisnée êtoit
si peu compatiflante
avec la tienne , qu'elle rre
'hpeouurerurxoitque'terendre trial- ; Ce ques'ils rIl
soient ce qu'ildemandôté
aveclescplilsinftanresprte^
res; ilférdft côntrainrd'é (h
étirer.IlTenirStcette reponsèavec
tant de fermeté
,& toutcequ'ils purent
ce defleirieue si peud'efset,
quene voulant pas rifquer
une si bonne fortune,
ils se virent obligerde conïcntir
a ce qu'il voulÙr. La
feule condition qu'ils exigèrent
»fut que lachofe lè sirau.plustost&eri fçcrct,
afin Que l'aînée fit moins,
éclater."son rcfTehrimenc
quand elleapprendroic
luip injnftice-qui n'auroic,
plus de remède. Le transl
port qui l'obligea de se jet-l'
tera leurspieds pour leurs
rendre grâce de ce qu'ils
faifoiencpour luy, leur
fut une preuve dekvio-''
lence avec laquelle il aimait.
Ils direntà Angélique,,
que quelques raisons -'"~- :jl ¿Lt.,
q'u'Us eutreht: puappoftrf,
le CavalierNettoie si bien
mis en ceste de ne fc poins
marier-quiIn'tut traJcedc làCharge*qu'illeuravQÎt
este impossible den rien
obtenir.Elle compritce
vouloic direrirt refu?
siobstine, &ejifiic,p(qiie'c
audernierpoint: Cependant
toutseconcerroit fccfrecëitientpôurle
mariage
ifaCavalier & de la cadette,
6cil nemanquoitpoor
l'achever qu'une oçcasion
d'en faire la cercmonie
fins queJîaifnécenpu£k
«Tien^fçayoir.cElliBts^ôfffio
favorable peude joursa
persétosi.sU:-nteeDndamreemdeonntfacimelelcea^,
la priade lui tenir <comp&ȣ
gniedansune partie»de*
promenade qui l'enga- - géoît'àallerpasser^queU:
quesjours ala campagne,
Angelique y alla; &euch
assez de forced'esprit pourd
se rneitreaudessus, der fc*:
chagrins ,y;pàroiftra
d'une humeur toute char,s?
mante. Onluy dit qu'onr«
voyoit bien que lajoye
unmariage prêssà;fefai^*
re iiotkmit :au.JJr belles 4c>
grands sujetsd'en~
rrient 3c f>&ur affoibiir la
bèiïf^ÙfcÇftoic
:'1;W ~po~ sép^#;
<yi,'ori jugeoiemal d'elle;
qu'il falloitpourlatoucher
dfccçrtgînçft çp^plaiJàtW
ççsScéc^rpu^s,4'efpri^
qu'ellen'avoit potfiHfcotfivc
dans le Cavalier ;&que
]$&€&>&$tf/a^pkfbC ji;G-
''¥tt.,..Jà-, traîne
!
çnlon.
gwàF que .paw <~J)~
vouioitl'engagerà épothsersa
cadette.Un vieux
garçonfôrc riche,$c re-
.-, : ve stu
Veftj d'une Charge plus
côn(lderab!e, que; cele
^orn^le*CavalierttrakoiC",
itïi'dieeirriant^que quoif
qi/ft eûttousjours esté indiffèrentpoarle
mariage-,
41 vouloiravoir ces tou«s
dVfpm^qui^lmplaifq»erft
tartr,afin de luyoffrirses
*fcrviccssSe quepourles
^cotîi'pîaifiincc^illoy-ii#ok
'aisëifcritépondreîAng^-
lliquéluyrepartit''-¡Ual'-eR
'riant,quelleavoie cm de-
* cûcfâïr'c&luyoc-quï^ftolc
"ftfoftde Ionjgé&É1, faqu^
liotit premire
3*
iïij seroient
^(Tezl'undel'autre;
Surcepies la levietbQ£±,
t~fipç£jçnf4iar>çnj&$dce*uixdjoeus.rdsçruccoemubïfmeunAmant
declaré eç
die à une maistresse;ilgoû-
~asi bien foû-efpric,que
malgrétoutes lesresolutions
prises de demeurer
toujourslibre,il parla eafin
4cnnnfafriâge, Cetteproposition
fut ct.ua
d'Angelique. Elletrouvoit
un rangquicontetoitson
~M;AtPIC,
me à^ui elle '^ouviic foa
•;
ccçw*entrai dansla contu
sJgacejàp;vieik Officier è.ôç
luyfitpromettreque puisqpril,
scîlcrit;déclaré avec
son amie
,
ilen iroitfaire
la demande dans les fox?
mes apressonretour. Ao*
gelique estantrevenue ccçrmnrta à rscoynn pp~e~ree lr'eenn9g'aaggce,4.
ment ou l'on s'estoit mis
pourelle. Lemariagje de
lacadetteestoitfait;ce fut
• pourJuyune joye sensiblé
de voir finir plustost qu'il
f}cTayoit.^çnirembarrai
de te cacher. Cetteadroite
filledissimulant son reflet^
"timénr, ~tWIia deserendre
coure aimablepourle Cavalier
,afindereveillerson
: amour,&deluydonner
parlaplus de regret dela
perdre. Le lendemainelle
remarqua sans estreveue,
que le Cavàliers'èstoitcouole
dans sa chambre délà
soeur,&que la porte en
avoit esté au{fitbftrFerm'éei
Si elleeut ladouleur,elle eut de la joye en meflriè
temps de ce que sa
I
foeur faisant 0"det
avancessiindignesd'elle,
mettoit leic-al
valier hors d'estat de la voirloir,
pour sa femme.Cetre
penséelui remplie l'esprit,
E|lcçrutqfi'ilr^fufepait de
l'epouseraprés les ofreurs
qu'il enavoit obtenuës, &
qu'ainsielle seroit vengée
&d'elle&deluy, quand
son mariage avec l'Officier
ne laisseroit plus. aucun
prerexteà son pere de garder
leCavalier. CetOfficiertintparole.
Onavoit
esteaverti de savisite,& le
Cavalier qui la sçavoitalia
iQUt expréssouperenville
,
&ne revint que.forttard.
L'Officiercharmédel'ac.
*
cuélquï luifut fait, nesortit
point qu'onn'eustfigné
des articles.Angeliquequi
naspiroitqu'à joüir de
vengeance ,
attendisà G.;,
coucher que leCavalierfust
révenn. Apresluiavoirfait
quelquespUimes.delan}*-
niere dont il en usoit po^fc elledepuisquelque rems,
elleajoustaqu'elle lavpiç
timens favorablesqu'elle
luy avoirmarqué d'abord,
qu'ellevenoit ;d£/eagagejf
à un autre,&qu'un Contrat
dem~gc~~sa
separoit pour jamais. Ilseignit
vivejnençxogtçhiî 4e_cy tte
nouvelle. Augeiique pleinede
son triompheenlevoyant a-iii1
accablé, le quitta sans lui donner
letemsde répondra,c'étoit
ce qu'if avoitsouhaitté.Ilse
coucha forttranquillement, Sç
le lendemain comme il l'avoit
concerté avec sonbeaupere ££
atec sa femme,ilalla
chez
un
amidans un quartier éloigné,
oùildemeurajusqu'à ce qu'on,
~çût:sais;lemari^gplÀng^ljqu^
qui imputa cette retraité a'fj>n
deseespoir ,en
.-
sentir (a Vanité
agréablementflatée. Elleépousal'Officier,&
deuxjqursaprés.
le Cavalier revint auprèsde sa
femme. La nouvelle mariée ne
l'eûtpasplustost appris,qu'elle
alla trouver son pere, & luy fit
connoitre le péril où Julie eftoit
exposée s'il gardoitchez
luyleCavalier.Son pereluy
dit, que puisqqu'elleavoittout
sujet d'estre contente, il estoit
pesruadé qu'elle aimait sa soeur
pbur prendre partà ses avanta
ges ; après quoy illuyexpliqua
ce quiestoit arrivé: Le dépit
qu'elle,eue*,de s'estrepromis
une veugeance >
qui ne tournoitqu'asahonte
,la mit, dans
ila deff>rdr6~d'éfpVjhcroy2-
ble.Elle sorit blusquement,
& depuis trois moisqu'elle est
mariée
,
elle n'a
,
point encore
voulu.voirsa soeur ,
*yf>*;!T'•ii• ! MOR TS. 91.
1-..;1 !
MessureArmand Charles
de la Porte, Duc de Rethelois
Mazarin, de la Messeraye, &
de Mayenne, Pair de France,
Chevalier des Ordres du Roy
Lieutenant General de ses
Armées, Prince de Chafieau-
Porcien,Marquis de Montcornet,
Comtede la Fere, de
Marie, &c. Grand Bailly de
Haguenau, Gouverneur d'Alsace
, & de Bretagne, des Villes,
Chasteau & Citadelle de
Brifac, Vitré&de Port-Louis.
CapitaineduChasteau de
Vincennes, & Grand Maistre
de l'Artillerie de France, mourut
en son Chasteau de la
Messeraye le 91 Novembre
1713.âgé de 82. ans; il
s'estoit demis de la Charge de
Grand-Maistre de l'Artillerie
en 1,66.9. en faveur du Duc
du Lude, & de plusieurs
de ses Gouvernemens, & se
retira en les terres.
Il étoit fiUde Charles de
la Porte, Ducdela Mesteraye
grand Maistre de l'Artillerie
&Maréchalde France,& de
MarieRuzé Deffiat; sa prq..
miere femme. Il epoulaXQ
1661.Hortense. Mancini t
fille de Laurent Mancini Chevalier
Romain, & de Hieronime
Mazarin, eoeur de Jules
Mazarin, Cardinal, Ministre
d'Ecat en France, en faveur
duquel mariage de sa Niece ill'intitua son héritieruniverselàcharge
de subtitution
de porter le nom&lesArmes
pleines de Mazarin, ce
qui fut confirmépasLettres,
vérifiées.au Parlementle5
Aoust 1 661. &, pour lors. il
quitta son nom & les Armes
de la Porte, & prit cellesde
Mazarin, qu'ila trahiraisà sa
posteritécomme on voie
qu'ils les portentau jourd'huy
Et de son mariage il eut
Charles Jules Mazarin Duc
de la Mestcraye, Pair de
France, Marie-Charlotte
Mazarin
,
femme du Marquis
de Richelieu,MarieOlirope
Mazarin,épousedu.Marquis
deBellefonds.
,
Charles Jules Mazarin, Duc
de la Mestraye a épauséen
1681; Felice Armande Charlotte
de du Fort Duras, fille
aînée du Maréchal de Duras
doncil a desenfans.
Monsieur le Duc Mazarin
estoit arrièrepetit-fils de
François de laporre, Seigneur
dela Lunardiere, qui fut marié
deux fois, 1°. A Claude
Rochar,fille d'Antoine, Seigneur
deCarinvilliers,Coriseiller
au Parlement, 2. A
Magdelaine Charles, fille de
Nicolas, Seigneur du Plassis-
Piquer. Du premier lir, ileue
Susannede la Porte,femmede
François du Plessis) Seigneur
de Richelieu, Grand Prevost
de France, & fut mere des
Cardinaux de Richelieu, l'un
Ministre d'Etat, & l'autre Atchevesque
de Lyon,& dela
secondé femme ileut Charles
de la Porte, Seigneur de la
Mesleraye, la Lunardjere, &c.
Gentil-hommeordinaire dela
Chambre du Roy, qui epousa
Claude de Champlois, &
il en eut plusieurs enfans, en,
tr'autres, Charles de la Porte,
Duc da la Mesraye, Pair
& Maréchal de France, pert
de Mr le Duc Mazarm.
Messire Jean,Comte de
Gassion,Lieutenant des Gardes
du Corps du Roy, Lieutenant
General de sesArmées
Gouverneurdeu Mezieics,
Chevalier de l'Ordre de S.
Louis,mourut le 26. Novembre
a servi avec beaucoup de
distinction en Allemagne
&en Flandres.
Ilestoitsiss de Jean de Gassion,
PresidentàMortierau
Parlement de Pau, & de Marie
Befrade, & neveu de Jean
de Gaffion MaréchaldeFrance
qui mourut àArras le zl
Octobre1641, d'un coup
de mousquet qu'il receut à la
teste le 28 Septembre precedent.
La famille de Gassion est
tres-considerable enBearn,
qui desccnd de Guillaumede
Gassion,quivivoieen 1499
& qui étoit Sénéchal du Païs
d'Olleran&de Sauvesertepere
de Jean de Gassion qui fut
employépour traiter de la
rançon de HenryII. Roy de
Navarre, auprèsdel'Empereur
Charles quint en 1525.
le traité fut fait pour 30000.
écus d'or. Mais les Agens de
l'Empereur voulansaugmenter
cette convention, il employa
l'argent pour gagner
ses Gardes, & lui procura sa
libertépar stratagême. Jean
Gassion son fils fut Procureur
General au Conseil Souverainde.
Bearn, puis Maistre
des Requestes &- President a,
Mortier auditConseil
,
&'
Chef de la Reine Jeanne de
Navarre, mere du Roy Henry
I V.. Roy de France & de
Navarre,c'estoit le bisayeul
deMr de Gaffion, qui vient
de.mourir. Cette famille ,a
produit des pcrfonncs
qui se font distinguées,
tant dans la Robe que dans
l'Epée, Pierre Marquis de
Gabion,rière de cciui qui
vient de mourir, a cfté Consei
ller d'Etat,premier Presiudent
à Morcici au Parlement
~eBearn, qui de Magdelaine
Colbért du Terran ai eu p!ufîtfurs
ensans,faîné,Charles
Marquis de Gassion, Capitaine.
Lieutenant- des Gendames
,de Mr leDuc Je
—Bourgogne,fut ruéà Hochtér en 1704.& PPiieerrrrce. AA rrmniaanndd
Marquis deGassiort; son freteà
épousé en 1708.la fille
de Mr Darmenonville. 1
MessireJacques Lynch;
Archevesque deTune, Metropolirainde
ta Province de
Conaughc en Irlande, ci devant
Aumônier honnoraire
de feu Charles Il. Roy dtECpagne,
mourut à Paris le zg.
oaobreJâgé-d'environ cene:
ans.
Le Prince de Toscane, fils
aîné du Grand Duc de Toscane,
mourut à Florence le 5.Odtobrc, âge de JI. ans,
après une longue maladie. Il
n'a pointeu d'enfans de son
mariage avec la Princesseon
epouse , soeur des Electeurs
de Baviere & de Cologne.
t McflireLéonde Mazoycr ,J
Seigneur de Verneuïl Moulinro>
n,&c.Gentil- homme ordmaire,&
Ecuyer de Madame
la Diuphinc, mourut en son
ChaftçaudeMoubgnonle ;
Novembre17?3.
Mr MarcAntoine Goder,
Marquis de Soudé, Chevalier
de l'Ordre MilitairedeSaine
Louis, cy devant Capitaine-
Lieutenant des Chevaux Legers
d'Anjou, mourut sans
alliance le 18. Novembre âgé.
de 41. ans.
1
Nicolas Chupin,Consc)'Iler-
Secretaire du Roy, & cydevant
Tresorier général du
Marc d'or des Ordres du Roy,
mourut le n. Novembre.
Mrr. Nicolas le Grain, Chevalier,
mourut le même jour
il. Novembre, âgé de 81.an,
laissant pour fille unique de
feuë Dame Anne Guyet, Dame
N. le Grain, mariée à Mr
Boucher d'Orçay, Maistredes
Requestes
,
fils du Conseiller
d'Etat.
Mte Antoine de Broiiilly,
Marquis d'Herleville,cy devant
Lieutenant général pour
le Roy, Gouverneurdes Province,
Ville & Citadelle de
Pignerol
, mourut aussile 21. Novembre..
L, ,~
Extrait de la Capitulation du
' Cbajleau &des Forts dela
faille de Fribotttg
,
accordée
le i C, Novembrepar Mr le
Maréchala Duc de Villars
commandantl'Admit-, du
O ,'':- Ue le io. Novembre
forcironr desdeux Cbâ.
teaux & des Forts les deux
Garnisons, avec toutes les
marques d'honneur, fous le
Lieutenant général de Bataille
Baron de Wachtendonck, les
deux Commandans de Hanftem
& de Dominique
, tous
les Officiers, avec leurs Dpmeftiques&
équipages qui feront
conduits jusqu'au Camp
Imperial de Rotweïlen Sua-
Le, dans quatre ou cinq
jours. Que,;sixpicces de Canon,
marcheront à la teftc^fçavoir;
.trois,de douze,&trois df six
livres de balle; qe plus quatre
Mortiers decent, 4 trois de
soixanielivresavec la poudrare,
boulet*, bombes & atti-
raiUlss~aeeçccefÙlaaijrrcessppoourur tirer cinquante
coups, aussi bien que
pour toute l'Infanterie & les
Dragons;& pour chaque
Grenadier cinq grenades.
Que cette marche commencera
par les équipages
suffisamment efcorrcz, qu'on
rendra le jour
-
d'auparavant
tous les équipages pris dans la
Ville, meubles & hardes, &
autres; qu'on rendra de bonne
foy tous les chevaux pris
& tource quiappartientàcette
garnison
,
& que la quantité
de chevaux & chariots
dont on a besoin fera fournie
gratis pour le transport jusqu'audit
Rotweil.
Qu'on emmencra librement
tous les Documents &
Ecrits qui font dans les deui
Châteaux concernant les Archlves,
& d'y pouvoir join*
dre ce qui pourroit efire de
plus dans la Ville appartenant
à cela.
Que cous ceux qui voudront
sortir de Fribourg foit presentement
ou dans l'espace de
troismois, comme cela ro
comprend dans toutes les Capitulations
d'honneur, il
leur foit permis, de vendre"
leurs biens - & d'emmener leurs
bagages
j avec les Paflfeports necc:& queJdans ccc
aitick puiflefu cftre/compris
Mrsde ta-Rcgenoe,&c.
- Que lesOfficiers &soldats
malades .& blessez puissent
rester à Fribourg, logez grads.
cbez.les,Bburgeoisravec
les Chirurgiens & autres, pout
cfsfetvir, recevant leur pain
dcïla.farinelaâffée pour ce
fitjet, Çivlesraedjcaraen^idi
mème>, jufipàce;qu'ils
firent en état de partir avec
Passeportspour se rendre à. leursCorps.*
;.
Quetousprisonnierstant -- -
ceuxqui ont csté- lignesyquependantlesiege,
.& cous ceuxqui sont restez
danslaVille, feront rendus,
avec leurs habits & armes.Il
nesera point permis en fortant
de tirer aucun foldac
hors de son rang ou de lccLébaucher
, excepté les defefteurs.
Qu'onmontrera de bonne
foy toutes les minesxtouïg^
l'artillerie &tous les tvivrcs"
qui sontdans les deuxChaf-
, teaux.
, - Que la garnison fera
«
pourveuë de pain pourcinq
jours. ijulqujLRowcil : &
rconime les fours des ChaslVtaca,
uoxninellessulfffeeisrean.tcupiarsepdoaunrslcae- Quelesdettescontra"-,\:f
par lesOfficiers ou--auticsi,
dont-oa^exceptelesvinyja -
viande,le bois& cequ'ila
fallu prendre pour la nourriture
du soldat, & l'usage du
siege ,ce qui ne paye pas, on -
laissera pour les deux premieresclasses
le sieur Dalberdoff,
premier Commissaire
des guerresen ostage, jusqu'à
ce qu'on aurasatisfait,
& on n'éxigera point d'autres
ostages parmi les Officiers.
Qu'aussi-tost la presente
Capitulation fignéc ,on envoyeraun
courier au Prince
EugenedeSavoye, & autre
, pour avertir de la marche
decettegarnison, à
^atvrcil, ( •:: • Qu'oncedera enattendant
la sortie
,
le petit Ouvrage
,,qui est devant la porte de
ceChasteauàlamoitié dela
contrescarpe verslaVille:au
Fort S. Pierre, l'Ouvrage £
, corne&laRedouteattaqué,
^aueiid^flc ^;ciue tca)~ f
deuxôtagespour N4'Jtë LieutenantColonel
Iberaker,&
Mr le Lieutenant Colonel cPErp#<-Jf..1
La Garnison 'n'tfflpfortifc
que le 2.2.ï£aufe3dunY^tfvrfs
temps. Elle ¡ estoit iëltipofefc
ec prés dé?f£|>tVrtitfehbfenm^s»,
& étoit de treize milleau
tommcncerhent du SkgÊJ
Le 31 Octobre Mrle Comte
d'AttatjnattLleàtèriirtft ~~raf~A~~aa~~
^ftWnt1CIÉjètir' àrîtetrâtid^efe
^cfrtbotrtg/fîrattaquer par
d^drcii^Mttnïrèirt le Maré-
^hàtdcrViîfets fàPdcitt(i^ltmë>
laquelle sur emportée dans
l'instant par la valeur des
Troupes, quoy que deffenduë
par cent cinquante hommes
des ennemis qui futent tous
tuez ou pris.
Le lendemain matin on vit
un Drapeau suc labréche, 64
danslemoment Mr le Çrîfticd
d'Artagnan l'estant allé reconnoistre,
s'en saisit, & des
autrespostes. Il entraensuite
dans laville avec quatreCom
pagniesde Grenadiers, & donna
de sibons ordres qu'il
sauva le pillage. Le Baron
d'Arsch,Gouverneur dtJEti4
bourg, envoya le sieur de
Wlinkfoton au Prince Eugene
en son Camp de Mulberg
, il revint le 10. Novembre
au soir. Le lendemain,
le Baron d'Arsch l'envoya au
Maréchal de Villars, auquel il
proposa les conditions pour
la Capitulation du Chasteau
& des Forts, dont une partie
fut refusée. Surqupy le Baron
d'Arsch ayant fait sçavoir
qu'iln'avoit pasun Pouvoir
aâèr grand du Prince Eugene
pour conclurreàd'autres
conditions,demandapermisÛoA&
renvoyerkn}craeùof
sicier
sicier au Prince Eugcne
, ce
qu'onluy accorda. La suspension
d'armes fut prolongée
jusqu'au 15 àcondition que
les Assiegezmettroienttoutes
chosesen état pour l'attaque
du Chasteau& des Forts. On
mit enbatterie vingt-huit
mortiers« & soixantepiSeces de
canon, & on pouffa des
boyaux de communication
aux endroits necessaires. Les
Assiegez voyoient faire tous
ces travaux sans s'y opposer.
Ils envoyoient du Chasteau
des provisions aux malades
& blessez, aux soldats, aux
femmes & aux enfans & aux
valets qu'ilsavoient abandonnez
dans la Ville. Le 13.
Novembre le feu Ce mit par
accident à l'Arsenal de la Ville,
lequel a esté brûlé.
Supplement aux Nouvelles.
On mande de Vienne que
les maladies diminuënt de
jour en jour, que l'Archiduc
a fait écrire aux Seigneurs
quis'estoient retirez àlacampagne,
de revenir à Vienne;
que le Regiment de Bareith
quicampoit aux environs de
cette Ville
,
s'estoit mis en
marche pour aller prendre des
quartiers d'hyver en Baviere.
Les Lettres d'Andrinople
du 3. Otlobrc portent que
les Ambassadeurs du Czar
avoient demandé leur Audience
de congé
,
qu'ils avoient
esté envoyez au Reïs
Effendi, ou Chancelier, qui
leur demanda s'ilsn'avoient
reçu aucune réponse de leur
Maistre sur diverses demandes
qu'on leur avoit faites,
entr'autres du payement du
tribut au Kam des Tartares
que les Mofcovitcs avoient
autrefois accoûtumé de luy
payer, & de la cessiond'une
partie de l'Ukraine ; que les
Ambassadeurs Moscovitesavoient
répondu qu'il n'avoient
reçu aucun ordre sur
ce sujet, mais qu'ils s'engageoient
d'envoyer un Courrier
au Czar pour sçavoir sa
resolution ; que sur cette réponse
les Turcsavoienr fait
remener les Ambassadeurs à
Constantinople pour estre dt
nouveau enfermez dans le
Chasteau des Sept- Tours, 6
que le Palatin de Masov
Ambassadeur de Pologne &
l'Envoyé du RoyAuguste
estoient gardez chezeux fort
éttroitement. Ces mêmes Lettre
s portent que le Rcïs Efsends
estoitallé deux fois rendre
visite au Roy de Suede à
Demir Tocca,qu'illuy avoic
offert del'araent & toute forte
*d'assistance de la part du
Sultan. On écrit de Ham-
»
bourg que les Troupes Danoises
qui gardoient les ave.
nuës de certc Ville,s-'estoient
retirées à Octensen ; de sorte
que la communicationest prélentement
libre avec la Ville
d'Alrena; que la marche des
Troupes Prussiennes qui devoient
venir en ces quartiers
a esté diversée : cc quidonne
sujetde croire que les différends
touchant larectitution
des Etats de Holstein-Gortorp
feront bien-tost terminez.
Les Lettres de Coppenhague
portent que le Roy de
DannemarcK estoit fort mécontent
du Traité conclu
pour mettre en sequestre les
Places de Pomeranie,qu'il en
avoit écrit au Czar, qui luy
avoit répondu qu'il ne se féparcroic
jamais de son allian-
«
ce ; & qu'il rcnvoyeroit les
Trupes en cas qu'il en eue
besoin; que la Flotte Danoise
ayant esté informée que
neuf gros Vaisseaux Suédois
paroissoient en mer, avoit
voulu lever l'anchre pour les
aller combattre ; mais qu'elle
en avoit esté empechéc par
les vents contraires qu'un
Bàstiment chargé de vivres
pour la Flotte estoit péri avec
treize hommes par le mauvais
temps.
Celles de Berlin du 8 Novembre
, portent que le Roy
de Prusse dans un Conseil de
Guerre avoir resolu d'envoyer
dans le Holstein pour
faire leBlocus de Tonningen,
une Armés de vingtmille
hommes
,
composée de douze
mille Fantassins, de cinq
mille chevaux & de trois mille
Dragons de ses meilleures
Troupes, commandées par
le Prince d'Anhate Dessau
,
ayant fous luy pour Généreux
de la Cavalerie
,
les Lieutanans
Généraux Gatzmer &
Doifling
, avec les Majors
généraux Hakkeborn, Panncwicz,
Grotte & Sibourg;
& pour Généraux de 1 Infanterie,
les Lieutenans Généraux,
Arnheime, Finch
, avec
les Majors généraux Lilren,
Gestorf,Leben & Cameke;
que le Roy de Prusse estoit
venu à Brandebourg pour
voir passeren revue les Troupes
qui dévoient semettre en
marche le 24.avec trente picces
de Canon.
On écrit de Madrid que
Don Francisco Tinajero a
presenté un Projet pour établir
une fabi ique de Vaisseaux
de guerre à la Havane, dans
l'Isle de Cuba,où en quatre
ansil en fera construit dix de
soixante pieces de Canon chacun
; que ce Projet a eslé approuve
par le Roy, quiaassigné
pour commencercent
quatre-vingt mille piastresde
revenu de la Nouvelle Espagne,
&il a donné la direction
de cette Fabrique à Don Manuel
Lopez Pintado, Commandant
l'Escadre qui doit
estre à present sortie deCadiz
pour bloquer le Port de Barcelone.
Toutes les Lettres de
Catalogne confirment que
Nebot & ses Compagnons
avoient esté emprisonnez à
Barcelone, & que les Volontaires
& les uiquelets écha-
- pez aprés sa défaite,s'estoient
sauvez, partie dans le Château
de Cardonne, & le reste
Ve rsles Frontières d'Arragon,
où un de leur parti avoit
estédéfait par les Troupes
du Roy. On mande de Naples,
qu'on ramassoit plusieursTartanes
&Bastimens
de transport sur lesquelles
doivent estre embarquez
leursRegimens Espagnols,
qui estoient dans cette Ville,
& estre conduits d'abord
à Mansredonia, & de
la tranfportcz sur les Côtes
de l'obéisance de la Maison
d'Autriche.
Les Lettres d'Angleterre
portent pue Mylord Dunmore
a esté fait Colonel du troisiéme
Rrgiment des Gardes
de la Reine ,à la place du
Comte de Lot hian, & le Colonel
Liconier,Gouverneur
du Fort S Philippe dans Mlle
de Minorque ; que les équipages
de trente Vaisseaux de
guerre avoienresté payées &
congédiées, & les trente Capitaines
mis à la demi paye, aprèsavoiresté payez &
congédiez:que le Comte de
Straford, Pléni potentiaire de
la Reine à Utrecht arriva de
Hollande à Londres avec la
Comtesse, son épouse, qu'il
avoit rendu compte à la Reine
de sesNegoriatoins, particulièrement
en ce qui regarde
les Pays Bas Catoliques, dont
Sa Majesté prétend avoir l'administration
conjointement
avec les Etats Generaux, jusqu'à
ce qu'ils soient remis à
l'Archiduc après laconclusion
de la Paix generale. Que depuis
la démolition d'une partie
des Fortifications de Dankerque
, on a envoyé or dre à
la pluspart des Troupes qui
y estoientd'aller joindre celles
qui font en garnison à
Bruges & à Gand.
On mande de la Haye que
le traité de Paix entre l'Espagne
& cet Etat est fort avancé
qu'on atrend que le courier
envoyé & qui doit arriver
dans peu, pour le conclure.
Que le Marquis de
Chameau- Neuf& les autres
Ministres Etrangers ont souvent
des conferences avec les
Deputez des Etats Generaux;
que le sieur Bruys nommé à
l'Ambassade de France se preparoit
à partir, qu'il n'attendoit
que le retour du sieur
Goslinga son Collsgue, qui
est allé en Frise, d'où il doit
revenir incessamment.
Les Lettres de Cologne du
17.Novembre portent que le
14 le Major de Vesel avoit
passé à Kempen avec trois
cent hommes pour aller à
Liege, recevoir & escorter dix
huit mille fusils & huit mille
paires de pistolets que le Roy
de Prusse y a fait fabriquer.
Nouvelles de Paris.
Le Roy a donné le Gouvernement
d'Alsace, vacant
par la mort du Duc de Mazarin,
au Maréchal de Huxelles.
Le 1 3. Novembrel'ouverture
du Parlement se fit avec
les ceremonies ordinaires. La
Messe fut célébrée par l'Evêque
de Lavaur, qui fit enfuire
un compliment, auquel
le sieur de Mesmes, premier
President répondit fort éloquemmenr.
Le Duc d'Aumont en arrivé
de ion Ambassade d'Angleterre.
& il a salué Sa Majesté
qui l'a reçu très favoriblement.
Le 30. on chanta leTe
Deum dans l'Eglise Metro- j
politaine en Action de Gra- :
ces de la Prise de la Ville & f
les Forts de Fribourg. Le
Cardinal de Noailles,Arche- i
piJf&tatiQtifurtkMufispttlàlienné&
Françoise, 3
Histoire Abregée des derniers
tremblementarri vezàManojqiie
en Provence. 63
mm):reo. rt.69GS iVf'*vtli< d*EfJ>i«ne,73
jYo*velltsd*••'<few. 8S
Nouvelles d- Warfovie. 93
Renrrétdat itA adcmie
1 0 l
Article daEn.gmes,1M
Traduction du Poëme Anvlois
sur leBalqueMr leD*If
D ** a donné à Londres le
17.Aottfî 1713. 133
Annonce. 144
Ladéfaitedes Hannetons,Poème
en deuxChants. 145
Second Chant. ij3
Extrait d'une Lettre de Fribourg.
1co
ObjervationsJur les changemens
du Baromttre., par rapportait
temps,cme. 1c3
DonsduRoy.- 167
Le Ver luisant,l'Abeille&le
Ver àfoye,Fabh.173
Hzftoriclle. 207
GALANT.
A1PAi\,3, -
AvecPrivilege du Kojt
J-H;ER.C JR.JÈ: GAANT.v
,. ",' .: 'ParleSieur
','
, Mois
*' deNovembre 1-1/1 1 1713. : 0
Le prixest 30.fols relié en veau,&; Z5."fols,broché. : APARIS
Chez DANIEL JOLLET au Livre
Royal, au bout du Pont S.Michel r>* du côtéduPalais.
-
* - if
- PIERRE RIBOU,a l'imageS. LÇMIS,
sur te Quaydes Aùgustins.
GILLESLAMESIE àl'entrée de la ruë
du Foin, du côté de la rue
-_u- Saint Jacques.
- • • J,}** ^vecAfrobàtUbXrFfm'lege duRoi*
M-ERCURE GALANT.
Dissertationsur la Musique
Italienne &Françoise.
,P,ar M. de L. T. ) - -E1 S\.- ,T apparemment,
Monsieur,
pourm'éprouver
& DOUÇ connoître ce que
je puissçavoir en musique,
que
vous me demandez
mon sentiment
sur le goût Italien qui yregneapresent plus
quejamais. Il n'y a personnequipuisse
decider
avec plus de justesse sur
cet a t que vous,qui le
possedez parfaitement,
& quijoignez au beau
naturel une science profonde
dans l'harmonie.
Je vous obeïs donc. Ce
ne fera point comme
Musicien prevenu en saveurde
l'uneoude l'autre
que je vous dirai
mon sentiment ; je parlerai
suivant le goût naturel
qui m'est échû en
naissant pour cette fcience
, & qui doit peu de
choses à l'art: & laissant
là les termes dont les
Musiciens font obligez
de charger leurs traitez
demusîque, & qui loin
d'instruire ne fervent
souvent qu'à embroüil1er
les idées deslesteurs
]c-râcheraydemerendre
sensîble à ceux qui me
liront, en fortequ'ils me
pourront comprend re
sans scavoirlamusique.
J'essayerai donc de vous
faire une peinture de l'une
Sede^ l'autre,ainsi
qu'elles m'ont frapéaprés
les avoir pratiquées
toutes le^sdeùx^.b
n IL y a presentement
icideux partis formez
dans làMusique : Tun
admirateur outré de la
Musique Italienne, proscrit
absolument la Musique
Françoise, comme
fade & sans goût;l'autre,
fidele au goût de sa patrie,
ne peut souffrir sans
indignation que l'on méprise
le bon goût François
, & traite la Muse
Italienne de bizarre &
de capricieuse. Il y a à
tout cela un milieu plus
raisonnable, qui est de
rendre justice à l'une & à
J'ay^re., & delesprendre
cthaecunre deans.leur carac-
-v^ll faudroic être dépourvu
de goût & de
conoissance,pournepas
avoüer que la bonne Musique
Italienne renferme
en general ce qu'il y a de
plussçavant & deplus
recherché dans cet art;
que nous lui devons une
grande partie des agrémensde
lanôtre;que les
Italiens font nos maîtres
pour les Cãcates &: pour
les Sonnattes. J'admire
dans ces picces les desfeins
nouveaux de leurs
figures,si bien imaginez
& si heureusement conduits,
la vivacitépetillantede
leurs imitations
redoublées,lavariétéde
leurs chants, la diversité
de leurs tons & de leurs
modes si bien enchaînez
les uns aux autres, leur
harmonie recherchée S£
sçavante: mais si nous
leur cedons lascience &I
l'invention, ne doiventils
pas nous ceder le bon
goût naturel dont nous
sommes en possession,&
l'execution tendre & noble
où nous excellons?les
enrichissement que nous
y avonsajoutez de nôtre
propre fond ne doiventils
pas prévaloir? & ne
sommes-nous pas de ces
écoliers qui ayant bien
profité des leçons denos
maîtres, sommes à la fin
devenus plus sçavans
qu'eux? Ne pourroit-on
pas dire, sansossenser les
sectateurs de laMusique
Italienne, que leurs ornemenstropfrequens
&
déplacez en étouffent
l'expression,qu'ils ne caracterisent
point assez
leurs ouvrages? semblables
en cela à cette arc hitecture
gothique, qui
trop chargéed'ornemens
en est obscurcie
,
& où
l'oni~ démêle plus le
corpsde louvrage.,Que
laMusique Italienne ressemble
encorea une coquette
aimable pleine de
rouge & de mouches
y toujours vive, toujours
le pied en l'air, qui chercheàbriller
partout sans
raison & sans sçavoir
pourquoy, toujours emportée
dans quelques sujets
qu'elle traite;que l'amour
tendre y danse le
plussouvent la gavotte
ou la gigue. Ne diroiton
pas que le serieuxdevient
comique entre ses
mains, &qu'elle est plus
propre auxarietes St aux
chansonnettes qu'à traiter
de grands sujets? fem- - blableen celaàces Comédiens
quin'ayant que
du talent pour le ÇOOIH
que, reüssissentfort mal
,t>-
&tournentletragiqueenridicule
quànçl
ils veulent s'erî mêler.
Il faut avoüer que la
majestéde le Musique
Françoisetraiteles sujets
heroïques avec plus de
noblesse, & convient
bien mieux au cothurne
DanslaMusiqueItalienne
tout y paroît uniforme,
la joye, la colere,
la douleurl'amourheureuxv
bb t ou quiespere:tout y semblepeintaveclesmêmes
traits&dumêmecaractere,
c'estunegiguecontinuelle,
toujours petit
ki\tfcy LreujoLWs bondisante
; la voix commence
eule, l'instrument repee
ce chant en écho. Ce
esseinsouvent d'un chat
bizarrese promene noneulement
sur toutes les
cordes du mode,mais en-
:orc sur toutes lesétrangeres
où ils peuvents'accrocher
bien ou mal, telement
queleurs pieces
roulent sur tous les tons,
& changent de mode à
chaque instant, en forte
que l'on nesçauroitdire
à la fin duquel ils font.
Après avoir fait cette
longue promenade, où
l'on repete vingt fois le
même changeant la voix
que l'instrument, il faut
encore retourner da cfr
po. Ce passage est quelquefois
très-rude à l'oreille,
étant souvent de
deux cordes, voisines:
mais il arrive souvent
quel'on passe outre,pour
éviter à prolixité&pour
eix/iiminuCerl'e'nenusi.t
C'est un grand défaut
dans tous les ouvrages
d'espit, 8C principalement,
en musique, de ne
pouvoir finir: il faut sçavoir
se modérer. Un bon
ouvrage perd la moitié
de son merite quand il
est trop diffus.
-
Nous avons peine encoreànous
accoutumer
aux intervales bizarres
des chants de leurs recits
qui passent quelquefois
l'étenduëde l'odave»éc
que les. plus habiles ont
peine àentonner juste;les
tenuessurtout,yimpatientent
l'audireur,pour
estredéplacées. Ces tenuës,
qlle nous neiaifons
&i qui ne conviennent
gueres que surles mots
de repos &quelques autees,
sy font indifferemmenusurtouslesmots
qui finissent par des
voyelles. Je ne dispas
qu'il; n'y ait beaucoup
d'art à faire badiner un
violon & une baffe Sous
une de ceslongues tenues
: mais quel rapport
a la liberté avec ce son
qui dure un quart-d'heure
?où cft le goût & l'expression
de tout cela? Il
arrive même souvét que
la Musique Italienne exprime
toute autre chofc
que ceque les paroles
signifient ; j'entens un
prelude vif & emporté.
Je crois que quelque amant
rebuté des rigueurs
de sa belleva se livrer au
dépit &chanter poüiller
à l'amour, pointdu tout.
C'est un amant tendre
qui vante le prix de sa
cpn stance, qui appelle
l'esperance à son secours,
ou qui fait une declaration
à sa bien-aimée.les
„J Passe encore à ceux
qui travaillent pour le
violon, de se livrer tout
entiers dans leurs Sonnatesau
feu de leurimagination,
&de promenet
leurs fugues &leurs
imitations par tous les
modes, eux qui ne font
point gamez par l'expression
des paroles,
qui doit faire la regle
des compositeurs. Nous
sommes redevables à Fttaliede
ces fortes de pieces;
les Corelli,lesAlbinoni,
les Miquels, ÔC
plusieurs autres ont produit
dans ce caractere
despieces qui feront immortelles,
& où peu de
gens peuvent atteindre.
Cependant mille autres
veulent les imiter. J'ai
vû deces pieces d'un
chant si bizarre&d'une
composition si extraordinaire,
qu'on auroit dit
qu'on eustjetté au hazard
des pâtezd'encre
sur du papier reglé, qu'
on y eust ensuite ajouté
des queuës & divisé par
mcfures.
La musique de leurs
Cantates paroît plutôt
convenir aux concerts
de chambrequ'à nos spectacles;
leurs Sonnates
à deux partiesnedoivent
êtrejoüéesqu'à violon
seul ,qui frise & qui
pretintaille autant qu'il
luyplaît, &deviendroient
trèsconfu ses si
la même partie étoit executéeparplusieurs
instrumens
-,
qui feroient
des diminutions differentes,
8k ainsi doit être
bannie d'une grande orchestre.
L'on n'entend en gêneral
dans la musique
qu'une basse continuë
toujours doublée, qui
souvent est une espece
de batterie d'accord,&
un harpegnement qui
jette de la poudre aux
yeux de ceux qui ne s'y
connoissent pas, & qui
reduites au simple reviendroient
aux nôtres.
CesB. C. ne font bonnes
qu'à faire briller la
vîtesse de la main de
ceux
ceux qui accompagnentou
du clavecin ou de la viole;
encore pour rencherir sur
ces; basses déjà trop doublées
d'elles-mêmes,ils les
doublent encore, & c'est
ce quidoublera le plus, de
sorte qu'on n'entend plus
le sujet, quiparoît trop nud
auprès de ce grandbrillant,
& demeureenseveli fous un
cahos de fons tricotez ôc
petillans, qui passant trop
legerement, ne peuvent
faire d'harmonie contre le
sujet.Ilfaudrait donc que
des deuxinstrumens il y
en eût un qui jouât le simple
de la baffe, & l'autre le
double ; ces B. C. passeroient
plûtôt pour des pieces
de viole que. pour un
accompagnement, qui doit
être soûmis au sujet & ne
point, prévaloir. Il faut que
la voix domine & attire la
principale atttention. Tout
le contrairearrive ici, l'on
n'entend que la B. C. qui
petille roûjours, la voix en
est étouffée. Ille trouve un
inconvenient dans les bassesen
batteries &doublées
sur le champ;c'estqu'il est
,
difficile qu'un clavecin,une
viole&une theorbe se puissent
rencontrer juste dans
la même maniere de doubler
; l'un prend un tour &
l'aurre un autre: ce qui
cause une cacophonie extraordinaire.
Un compositeur
ne reconnoît point au
milieu de tout cela son pauvre
ouvrage tout défiguré,
& se contente d'admirer la
vîtesse de la main de ceux
qui l'executent. Voila cependantle
goût de l'executionde
la Musique Italienne.
iCe
nétoit point celui de
Lully,sectateur du beau ôc
du vrai
,
qui auroit banni
de son orchestre un violon
qui eût gâté son harmonie
par quelque diminution ôc
quelque miaulement mal placé.
Ne peut-on pas s'assujettir
àjoüer la musique
comme elle est? est-ce le
goût Italien de faire de faux
accords à tout bout de
champ? J'ai vû des Musiciens
si amoureux des vîtesses
& de ces basses figu.
rées, qu'ils ne pouvoient
souffrir les adagio, c'est à
dire les endroits de recitatifs
lents, ëc. passoient ces
morceaux comme ennuyeux.
C'est cependant
dans ces endroits oùl'harmonie
peut se faire mieux
sentir que dans ces vivacitez,
où, comme je viens de
dire, la baffe passant trop
legerement, & ne faisant
que friser le dessus,ne peut
faire d'harmonie.
Mais si cette musique figurée
convient aux paroles
Italiennes & Latines, pourquoy
y veut-on assujettir la
Langue Françoise ?Un Italien
se gouverne-t-ilcomme
un François? Leurs
goûts, leurs habits, leurs
moeurs, leurs manieres leurs plaisirs , ne sont-ils pas
differens ? Pourquoy ne
veut,on pas qu'ils le soient
aussi dans leurs chants?Un
Italien chante-t-il comme
le François?Pourquoy veuton
que le François chante
comme l'Italien? Chaque
pays, chaque guise, il faut
que chacun demeure chez
soy. Pourquoy veut-on ha- 1* ~ndo tris Rome more tu vivito Roma; 10- nido tris alibi, vivito sientibi.
biller la Mufe Françoise en
masque
, & la rendre extravagante,
elle dont la
langue est si sage & si naïve,
& ne peut souffrir la
moindre violence, est en-
-
nemie des fréquentes repetitions,
de ces grands roulemens,
de ces longues tenuës
que l'on supporte dans
la Musique Italienne ou
Latine ?
On peut ici comparer la
Musique Françoise à une
belle
femme
dont la beauté
simple naturelle & sans art,
attire les coeurs de tous ceux
qui la regardent, quin'a
qu'à se montrer pour plaire,
sans craindre d'être défaite
par les minauderies affectées
d'une coquette outrée- v
qui cherche à mettre les
gens-dans son parti à quelque
prix que ce soit, à qui
nous avons comparé la
Musique Italienne. .j! u* Je pourrois encore ici,
rapporter l'autorité du beau
sexe, auprés de qui la Muse
Italienne a peine à trouver
grâce, quis'ennuye
d'un quart-d'heurede fonnates
, & qui aime mieux
entendre chanter Sangaride
ce jour,& jouer les songes
agreables, que toutes les
batteries & les harpegnemens
d'un violon touché
sçavamment auquel elles
ne connoissent rien, & ne
sentent rien qui les attire:
on a beau lui dire que cela
est sçavant,beau, sublime,
que c'est un tel auteur Italien
qui les à faits, cela est
fort beau,disent les Dames,
mais - nous n'en voulons
plus, ce font pourtant elles
qui decident du mérite 6c
du dessin des ouvrages, ôc
a qui. nous devons chercher
à plaire, & sur-tout
dans cet art qui semble être,
fait pour elles. Ilfautcependantavouer
que quelques-uns de nos
habilesMaîtres ont trouvé
le secret d'allier fort sçavamment
le goût naturel
du François avec le brillant
&.le sçavant de l'Italien,
dans des cantates qui font
entre les mains de tout le
monde, & qui font des
chef-d'oeuvres en cette espece,&
pour la Musique-
& pourlaPoësie, qu'il leur
suffise donc d'avoir montré
aux Italiens que les François
pouvoient porter aussi loin
qu'eux le génie&;le sçavoir
tant dans les cantates
que dans les sonnates:mais
pour cela le bon goût simple
& naturel du François
doit-il être méprisé, quand
les Italiens pour le perfectionnercommencent
euxmêmes
à l'imiter?
Ces sortes d'ouvrages en
ont produit une infinité
d'autres ,les cantates & les
sonnates naissent ici fous
les pas, un Musicienn'arrive
plus que la sonnate ou
la cantate en poche, il n'y
en a point qui neveuillefaire
son livre, être buriné, &
ne pretende faire assaut
contre les Italiens, & leur
damer le pion, à peinele
Poëte y peut-il suffire;il y
a même telles paroles qui
ont souffertplus d'une fois
Ja torture, de la Musique
Italienne, enfin les cantates
nous étouffent ici: j'en ai
entendu qui duroient une
heure, montre sur la table,
ensorte qu'on étoit obligé
de demander quartier, ou
de quitter la place.Qu'est
donc devenu le bon goût t
faudra-t-il qu'il expire ainsi
sous le fatras de toutes ces
cantates? que diroient les
Lambert, les Boësset, les
le Camus, les Babtistes,s'ils
revenoient au monde, de
voir le chant françois si
changé, si avili & si défiguré?
Je suis persuadé que
nos illustres Maistres ont
trop de goût & trop de
science pour l'abandonner
comme il paroist par leurs
propres ouvrages, dont les
endroits les plus gracieux,
& qui plaisent le plus, font
traitez dans le goust fran- * çois, où ils ont sçû mélanger
le bon des Italiens,'
&en ont laissé là le mauvais
, qu'ils rendent justice
au héros & au Ciceron de
la Musique francoise, je
veux dire à Lully *,qu'ils
admirent la grandeur ôc
l'élevation de son genie
au milieude cette naïve
simplicitédépourvûë de
tous ornemens étrangers,
& qui semble devoir tomber
fous les sens de tout Ic
'*l\ogtitLully.
monde. A-t-il voulu peindre
l'amour rendre, quel
coeur ne s'attendrit-il pas,
quel chant, quel naturel,
quelle harmonie dans ses
duo? ne devineroit-on pas
les paroles de ses recits à
en entendre feulement les
chants? ôc n'est-ce pas une
veritable declamation que
son récitatif? A-t-il voulu
exprimer la douleur, les
rochers ne gemissent-ils pas
avec lui? a-t-il voulu peindre
la fureur, lavengeance
,quel coeur ne ressent
pas de secrets fremissemens
? quel feu & quelle
vivacité dans ses airs de vid
Ion, quand il a voulu exprimer
la vitesse dessougueux
aquilons ou des
transports des furies? Si la
joye s'empare de la scene,
tous les peuples, tous les
bergers fautent & dansent
au
son
de ses musettes;l'horreur
& l'effroy s'empare de
nôtreame,s'il veut faire
quelque enchantement ou
evoquer les manes des enfers
; quelle tranquilitéassoupissante
nese répand
pas dans l'ame s'il veut endormir
dormir ou calmer ses heros
agitez ? s'il fait sonner la
trompette l'humeur martialle
ne saisit-elle pas ses
auditeurs, & n'est-on pas
prêt de courir aux armes
& de monter à l'assaut?s'il
veut préparer ou annoncer
quelque oracle,quelle gravité
ou quelle noblesse dans
ses fimphonies ? on diroit
que comme un scavant
Peintre il a scû avec ses
fons peindre pour ainsidire
les mouvemens de toutes
les passions du coeur de
l'homme. A t, il eu recours
pour. cela à tous ces faux
brillans & les ornemens deplacez
de la Musique Italienne
? rien n'est il plus
simple & plus naturel que
sa composition qui est à la
portée de tout le monde, &
en même temps riens desi
élevé, de si noble, & de si
spirituelle pour l'expres.
fion ? Quoy qu'il soit fort
scavant, le goût seul & le ,
genie semblent avoir été
ses guides, lk capable de
préscrire des regles nouvelles
àceux qui les suivroient
il semble quelquefois
avoir negligé les anciennes
, & s'être mis audessus
d'elles. Il faut avouer
aussiquec'est ce qui fait la
meilleure partie du Musicien
que le génie,c'est lui
qui fait aussi les Peintres
& les Poëtes ; car on peut
dire queces trois sciences
se donnent la main,&
peuventpasser pour trois
soeurs:onvoit peu de Peintresqui
nesoientaussi uti
peu ., Musiciens, &.;; qui
n'ayent du goût pour ces
deuxarts; la Musique n'est
elle pas une poësie &une
peinture sonore & harmonieufe?
la peinture & la poësie
ne sont-elles pas conu
posées d'une aimable harmonie
, d'un mélange &
d'un contraste de couleurs,
& de pensées melodieusement
enchaînées? J.
?'J
Il nesuffit doncpas seulement
de régles dans les
arts; il faut être encore inspiré&
animé dece beau
feu quelamaigrenedonne
pasà tout le monde,&qui
àfaitles Titiens & les Lebrun,
lesCorneilles & les
Racines, lesCarissimi &
les Babtistes, & tant d'autres.
Il faut dans ces arts
sçavoir inventer bercer,
outre qu'il faut qu'un CQm-,
positeur possede parfaitement
la langue dans laquelle
il travaille, connoisse
les syllabes rudes surlesquelles
il faut passer legerement
, & celles qui sont
harmonieuses & amies du
chant.Il seroit même àsouhaiter
que le Musicien fût
aussiPoëte pour ajusterles
paroles à on chant,&que
tour, l'ouvrage coulât, de source.
Ce n'est point assez de
sçavoir préparer ou sauver
des dissonances; il faut encore
sçavoir les placer à
propos ou elles conviennent
pour l'expression, les
mettre dans leur jour pour
qu'elles fassent leur effet,
ôc qu'elles fervent comme
d'ombres au tableau, en
faisant valoir les consonances
par opposition, n'en pas
diminuer la force par le.
trop frequent usage, comme
font les Italiens, dont
la musique trop rempliede
dissonances revolte quelquefois
les oreilles: mais
se garder de tomber dans
la monotomie
,
qui est le
vice contraire, & que les
Italiens pourroient plûtôt
nous reprocher.
Les réglés de l'harmonie
ne montrent pas àfaire un
beau chant, qui en est l'ame,
à imaginer un dessein,
à bien rendre l'expression
des paroles, à sçavoir placer
les cadences aux sens
finis, comme les points &
les virgules dans le discours;
à sçavoir changer de
mode quand les paroles
changent decaractere &
de sentiment. Un bon Matematicien
possède à fonds
les regles de la composition&
est un fort mauvais
compositeur. J'ai composé
jadis sans regle & sans science
; & ayantacquis depuis
quelques connoissances,j'ai
revu mes premiers ouvrages,
& j'ai trouve quej'aurois
peine à mieux faire
avec des regles. Il y en a
cependant d'essentielles,&
dont la connoissance est necessaire
: mais lesveritables
ôc lesmeilleures sont celles
que
que le goût &l'oreille vous
inspire. Vous trouvez dans
ces regles beaucoup de con- traditions, & les Italiens
n'en paroissent pas de fort
rigides observateurs : elles
ne font la plûpart fondées
que sur le caprice. J'ai vû
quelques-uns de ces traitez
de musique, & quoique
fort profonds & sçavans,
je n'ensuis pas devenu plus
habile en les lisant
; au contraire
j'en fuis forci plus embarassé.
Ils vous apprennent
bien ce qu'il faut éviter,
qui sont desinconveniens.
où l'oreille feule
nous défend de tomber
mais ils ne nous instruisent
point comment il faut s'y
prendre pour faire une
compoficion gracieuse &
de bon goût C'est donc le
genie naturel seul qui fait
le Musicien.
Si l'on reproche à Lully
d'avoir employé rarement
les tons transposez, ce n'est
pas qu'ilen ignorât l'usage:
mais c'est qu'il s'accommodoit
aux
lujets qu'il avoir
& au goût du temps;qu'il
sentoit qu'un chant n'en
étoit pasplus beau pour être
transposé d'un demi ton
plus haut ou plus bas; &
qu'une musique difficile ou
recherchée, quoique belle,
ne laisse pas que d'avoir un
défaut, qui est que rarement
elle est bien executée,
parce que le nombre
des sçavans est rare, & ainsi
rejettée; au lieu qu'une
bonne musique en est encore
meilleure quand elle
est facile, puis qu'elle est
susceptible d'une meilleure
execution, qui est l'ame de
lamusique; qu'elle invite
d'elle-même à être chantées
quelle est plus de commerce
dans le monde
, étant
plus à laportée des honnêtes
gens qui l'executent ce
qui doit être son but& sa
recompense
; au lieu que
la musique difficile effarouche
& dégoûte
,
ôc n'est
bonne que pour les Musiciens
de profession.
Peut-être auroit-ilsuivi
une autre route ,
maintenant
que tous les Musiciens
sont autant d'illustres compofiteurs
,
& que tousles
écoliers sont autantde maîtres.
:.;.
Cependant ceux qui sont
aujourd'hui entêtez de la
MusiqueItalienne ne peuvent
souffrir la Musique
Françoise, & la regardent
comme une musique fade
,&; sans goût: les Opera anciens
les endorment, ils n'y
sentent rien qui les rappelle,
ils n'y trouvent que des
tons naturels, des mouvemens
faciles;ils veulent
quela clefsoit surchargée
de dieses ou de b mois;que
la B. C.soit brodée & remplie
de tous les chiffres d'arithmetique;
qu'on invente
pour eux des tons transposez,&,
nouveaux ,&,,des
mouvemens extraordinaires;
que la baffe herissée
d'harpegnemes &d'acords
coure toûjours la poste ;enfin
ne trouvent pas une musique
bonne qu'elle ne soit
difficile. A peine peuventils
se resoudre à la regarder
quand il n'y a quedes blanches
ou des noires,& des
mouvemensà2 &a3temps,
cw.o» mme si toutes les mesu-
'"-- .t t »
,
res Italiennes ne revenoient
pas à ces deux mesures. Ne
va-t-on pas reduire la mesure
à deux temps à celle de
quatre, en renfermant deux
mesures en uneseule? Le 4
pour 8 nerevient-il pas à
nos deux temps legers? ôc
les mesures de 6 pour 8,
de 3 pour 8 & de 12 pour
8 ne reviennent-elles pas
toutes à la mesure de trois
temps, battuë plus ou moins
vîte, quoy qu'elles se battent
a 2 & à 4 temps,dont
chaque temps renferme
une de nos mesures à trois
temps?Ce n'est donc qu'une
maniere differente de
s'exprimer, qui est bonne
en soy <3e donne le caractere
de la piece pour la lenteur
ou la legereté, & a plus
defacilité pour être battuë;
carcommeil n'y a en general
que 2. modes differens,
le mineur & le majeur,ilny
a aussi en general que 2.mesures
,
celle à 2. temps ôc
celle à
3. Envainvoudroiton
en imaginer d'autres. Il
seroit aisé, pour contenter
ceux qui, aimentle ragoût
sduesrteosnesxttrraanosrpdoinsaezir,else&s mlees^
basses doublées, de transposer
un de nos Operaun
demi-ton plus bas ou plus
haut, doubler leurs basses
continuës ';& en reduire les
mesures à la maniere Italienne.
- Ils deviendroient
alors deplus difficile execution
,
mais perdroient la
moitié de leur beauté.Un
compositeur n'est-il pas
bien glorieux d'avoir fait
une piecesitransposée,pleine
de si & de mi b quatre,
& d'une si grande vîtesse,
que personnenesçauroit y
mordre,qu'il déchiffre à
peine lui-même. Voila une
piece, dit-il, que je défie à ,
tous les violonsd'execucer
y & à tous les clavecins d'en
trouver les accords sur le
champ; gardez -la donc
pour vous, mon ami: ces
forces de pieces ne font bonnes
qu'à renfermer dansle
cabinet pour la rareté, &
pour montrer qu on en peut
faire
: mais ne peuvent être
d'aucun usage que parmi
- les maîtres de l'art.
Les chants en deviennent-
ils plus beaux & plus
harmonieux pour être sur
des tons transposez ? l'harmonie
en est-elle meillcure
? Au contraire, on peut
dire qu'elleest forcée, que
ces tons ont peu de justesse
sur les instrumens
,
& princi
palement sur le clavecin,
où les seintes devroient être
coupées pour y donner le
veritable temperament;
car quelle apparence qu'une
touche serve de b mol &
deb quarre dans l'autre,
sans perdre de sa justesse?
l'asse encore sur les autres
instrumens comme sur le
violon, où avançant plus
ou moins le doigt sur la
corde,on peutmodifierces
sortes de demi-tons & les
rendre plus justes. J'ai entendu
un de nos illustres
preluder sur son violon, de
quelque maniere qu'ilfût
accordé, &ne suivre, pour
tirerses sons,d'autre regle
que son oreille, & non celle
du manche qui se trouvoit
alors dérangé.
Enfin de ces deux partis
differens il en resulte un
troisiéme plus raisonnable,
& moins entêté que ces
deuxautres, qui est celui
des gens sages & des gens
de goût, qui ne se laissant
point prévenir ni pour l'un
ni pour l'autre, vrais amateurs
de la musique, goûtent
l'une & l'autre composition,
quandelle est bonne
& bien executée,& sans
donner dansle goût pedant
&sçavant, ne vont point
épiloguer sur deux octaves
de [ujrc, sur une septiéme
ou une neuviéme bien ou
mal preparéeou sauvée;ne
méprisent point une musque
,parce qu'elle est trop
aisée, ou parce qu'elle est :
trop difficile
} ne la condamnent
point commepillée,
parce qu'il y aura quelques
bouts de chant que
ressembleront
: mais rendent
justice à la Musique
Françoise dans son caractere
& à la Musique Italienne
dans le sien, & conviennent
que l'on pourroit
faire ungenre de musique
parfait, si l'on pouvoit joindre
le goût sçavant & ingenieux
de l'Italien au bon
goût naturel Ôc simple du
François: mais cependant
qu'un Italien doit chanter
en Italien,&leFrançois
enFrançois. Je suis,&c. '*
Histoireabregée des derniers
tremblemens arrivez à Manosque
en Provence.,
Le premier de ces tremblemens
se fit sentir le 14-
du mois deàsix heu-
1 res & demie du matin, &
l'on entendit en quelques
endroits comme des salves
de plusieurs coups de canon
repetées, en d'autres
comme des mugissemens
épouvantables,& en d'au- ,
tres encore,comme des
roulemens de tonnerre
sourds & affreux. La ville
de Manosque parut à quelques
personnes qui étoient
à la campagne, comme soûlevée
en l'air, ôc ensuite entierement
renversée. Tout
son terroir a été tellement
secoüépar ce tremblement,
qu'il n'y a pas une maison
dans la ville & autour qui,
n'en soit endommagée, les,
unes étant renversées à demi,
d'autres fenduës depuis. lesFondemens jusques à la
couverture. Le château de
Manosque entr'autres menace
ruïne de touscôtez?
T - - - Il
Il-en est de même des Eglises
de saint Sauveur, de
Nôtre-Dame, & du Convent
des Observantins. Les
murailles de la ville font
renversées en quantité d'endroits.
La terre s'est ouverteen
plusieurs lieux; les
rochers se sont fendus, ôc
un entr'autres,à, demi quart
de lieuë de la ville, a jetté
plusieurs sources d'eaudouce
& d'eau soufrée. Les
nourrices du lieu ont perdu
leur lait, la frayeur a
fait plusieurs malades, 6c
rendu quelques-uns hebêrez;
d'autres en ont perdu
l'esprit tout à fait. Les bêtes
même s'en font senties.,
& les oiseaux du ciel
,
se sont enfuis. i, 1,
t
Depuis le 14. jusques au
20. on a senti tous les jours
plusieurs secousses fort legeres
: mais le 20. il se fit
trois tremblemens, dont le
premier fut accompagné
de bruits plus epouvantables
que ceux du 1 4. ce qui
fit deserter la ville aux habitans
en moins d'un demi
quart- d'heure au nombre
de sept à huit millepertonnes.
Ces tremblemens
ont continué tous les jours
depuis le 20. jusques au 30.
lX même quelques uns ont
été assezviolens. Il n'y a
cependant eu personne de
tué fous les ruines. On a ressenti
ces tremblemens jusques
à sept à huit lieuës à
la ronde;les villages de
Corbiere
,
de sainte Tulle
& de Monfuron, quiont àdeux lieuës dé Manosque,
ont souffert quelque
dommage, & celui de Peyrevert
, <juin'eneft^^a'à.
unepetitelieue,aétépresque
autant endommagé
que Manosque même, &c
le château de Forcalquier,
qui est aquatre, lieuës au
nruorïtndeedMetaonuosscqôuet,emze.nace
J;: ;.>
>MEMOJRË,ltil • I.M*
On a oubliédans lesMercures
precedensd'avertir.le
public quel'onvient, d'imprimer
unpetitiDiv^ertif-;
sementpastoral enmusque,
intitulé, LaMusette,
c&UsB(seSurêne.C'est
une petitefête champêtre,,
oùlecaractere de lamusique
pastorale est parfairement
observé
,
& dont la ,fîmplici[é'/ étudiée ne dcplaîtpointaux
connoisseurs.
Il se vend chez ChristopheBallard,
seulImprimeurdu
Roy pour la Muoc!.
dique,ruë. saint Jean jdç'
nBrauavasis,saueM.ont Par- '\:-:'U
,fJô MORT/.
LeMarquis de Brosses,
Colonel d'un vieux regiment
d'infanterie, est mort.
devant Fribourg le septiéme
du mois de Novembre
&de sa maladie, âge,
de vingt-huit àvingt-neuf
ans. Il y avoit onze ans
qu'il étoit Colonel, & s'étoit
distingué à l'attaque.de
Denain & auxsieges de
Marchienne, le Quesnoy,
Doüay, Landau & Fribourg.
Il étoit de la maison
de Tiercelin de Brosses,
de pere & de mere,
laquelle descend des Comtes
de Toulouse ; dont l'un
des descendans se fit surnommer
Tiercelin;l'un
des enfans duquelépousa
une fille de Brosses,avec
stipulation de prendre les
i&n~
-
&: armes de cette
maison. De ce mariage
font issus plusieurs enfans,
dont l'on voit des filles
mariées avec un Duc de
Savoye, un Comte de Geneve,
une autre avec un
Prince du Sang de France
: & des mâles, donc
l'un, fils aîné du Maréchal
de Brosses, autrement
de Bonssac
,
épousa Nicole
heritiere de Bretagne,
le droit de laquelle
fut transmis dans laMaison
de France, par des
transactions
-'
passéesavec
lesRois Loüis X 11~~
François Premier.Ilya
plusieurs autres dignitéz
& grandes alliances dans
cette maison;
Nou•
Nouvelles <££fj>agne.
Leslettres de Madrid
portent que le Clergé, la
Noblesse & les peuples
s'empressent volontairement
à contribuer au don
gratuit que le Roy leur a
fait demander pour les dépenses
de la guerre de Catalogne;
entr'autres le Duc
de Veraguas & Don Carlos
Carafa, Gouverneur de
la côte d'Andalousie, avoient
envoyé à la Monnoye
toute leur vaisselle
d'argent; que les sommes
amassées à Cadixétoient
employées à l'armement
des vaisseauxqui,sonten
état de partir pour faire
voile vers les côtes de Catalogne
; que le Comte de
Lexingron, Ambassadeur
d'Angleterre, avoit fait
partir ses bagages & fait ses
visites de congé pour par-
- tir incessamment pour Londres
; que le Marquis de
Brancas, Ambassadeur de
France, y étoit arrivé, &
le Marquis de Toüy , Lieutenant
general, qui doit
servir dans les armées du
Roy en qualité de Capitaine
general. On écrit du
camp devant Barcelonne,
quelanuit du6. au 7. d'Octobrecinquante
volontaires
tenterent d'entrer dans
la ville par la droite de l'armée
: mais qu'ayant été reconnus,
vingt-cinq furent
pris, & les autres se sauverent
à la faveur de la nuit;
qu'undetachement commandé
par Don Juan de
Zerezedaavoit prix dixneufcavaliers
rebeles; que
lestroupes que commandoit
Nebot étoient défaites
ou dissipées;quc)craignant'
d'êtrepris ou livré par ses
propres gens , il les avoit
engagez à attaquer les lignes
de l'armée du Roy. Il
leur dit qu'il étoit necessairequ'ilallât
à Barcelone
pour faire une sortie , afin
de leur faciliter le pacage
pendant qu'ils attaqueroient
leslignes ; qu'il s'étoit
embarqué avec cinq
ou six de ses confidens, entr'autresle
députéDalmau;
dquu'iiltaevnoipt réitséoanrarêvteéc&Dcoanl--
maa,u., par ordre du Gouvernement,
qui vouloir faire
leur procès à cause de leur
mauvaise conduite & de
leurs concussions
; que ses
troupes avoient attaqué les
lignes, suivant l'ordre qu'il
leur avoit donné: mais qu'
elles avoient été repoussées,
qu'on en avoir tué plus de
trois cent ,
fait plusieurs
prisonniers,&lereste poursuivi
; que le Duc de Pn,
poli faisoit travailler à faire
des, lignes plus prés de la
ville, afin de la resserrer
plus étroitement, & que
les troupes du Lampourdan
se preparoient à aller prendre
leurs quartiers d'hyver
le long de la mer, pour empêcher
que les peuples de
la côte ne portent aucuns
vivres ni autres provisions
a Barcelone, &que les bâtiment
de cette ville n'y
puissent aborder.
-
Les dernieres
lettres du camp devantBarcelone
portent que
les pluyes y étoient,tombées
ça si grande abondance,
qu'elles avoient fait deborder
lariviere de Llobrei
gat;que les assiegezvou-
~.*~,~
lantprofiter de cette occasion,
étoient sortis parle
château de Montjoüy au
nombre de quatre ou cinq
mille, v à dessein des'emparer
d'une maison où il y
avoitgarnison, pour assurer
la communication du
camp avec la mer: mais les
piquets y étant venus en
diligence, obligèrent les
rebeles à prendre la fuite
avec precipitation. Ils les
poursuivirent jusqu'au chemin
couvert du château de
Montjoüy, & en tuerent un
grand nombre, sans autre
perte que du Capitaine qui
commandoit dans la m&b
son d'un Lieutenant des
Gardes Espagnoles
, & de
quelques soldats.Don Francisco
de Ebuli, Brigadier
d'armée, y fut blessé au
bras d'un coup de mousquet
; que le Duc de Popoli
avoit fait arrêter le Commandant
de Mataro,àcause
qu'ilpermettoit que quelques
,bâtimens portassent
des grains à Barcelone, Çc
qu'un Commandant Espagnol
avoir étémis en sa place
; qu'un navireétranger
t ",.
voulant entrer au port de
Barcelone, deux vaisseaux
-
Espagnols avoient été à sa
rencontre pour l'empêcher;
tirerent sur luy
,
& l'obligerent
à se rendre. ';.;
Les lettres de Palerme du
II. Octobre portent que le
Roy & la Reine de Sicile y
étoient arrivez heureusement
le 10. & que les bâtimens
sur lesquels étoient
embarquées les troupes y
étoient aussiarrivez; que sitôtquel'escadre eut
moüilléàl'entrée du Mole,
le Marquis los Balbazez,
Viceroy deSicile, vint avec
les galeres,& les complimenta
à bord de leur vaisseau;
que l'Archevêque de
Palerme les complimenta
au nom du Clergé. Lamer
,
étoit couverte de barques
remplies de personnes de
qualité, & le peupleétoit
en foule sur le Mole,té- * moignant unejoyeextraordinaire
de voir. leur nouveau
Roy, qui demeurasur
son bord jusqu'au, lendemain
, afin de donner le
temps aux préparatifs necessaires
au débarquement.
pour lequel on avoir construit
un pont magnifiquement
orné,qui s'estfait le
II. aumatinau bruit de l'artillerie
de laville, du mole,
des vaisseaux & des galeres,
parmi les acclamations du
peuple. Le Roy & la Reine
étant débarquez, accompagner
de toute la Cour,
& d'un très- grand nombre
de Seigneurs Siciliens, tous
vêtus magnifiquement&
suivis d'une foule infinie de
peuple,allerent d'abord à
l'Eglise Metropolitaine rendregraces
à Dieu de l'heureux
succés de leur voyage;
puis ils se rendirent au
Palais, où ils ont -ét¿J:om.
plimentez par tous les
Corps.
Les troupes arrivées sur
l'escadre quia conduit leurs
Majestez sont presque toutes
debarquées, & à mesure
qu'elles entreront dans
la place, celles du Roy d'Espagne
qui sont icy en garnison,
à Messine & en d'autres
villes de ce Royaume,
se rendront à Palerme, pour
être embarquées sur les mêmes
vaisseaux & être transportées
en Espagne.
,:.f -• - Nouvelles d'Angleterre.
La Reine a donné le regiment
de cavalerie du
Marquis d'Harvvich,fils
du Duc de Schomberg,
mort en Irlande, au Sieur
Sybourg
;
le regiment de
dragons du Chevalier Richard
Temple au General
Evens; & le regimenc d'infanterie
du Majorgeneral
Sybourg,qui a été
fait
Colonel
du regiment de cavalerie
du feu Marquis
d'Harvvich, a été donneau
Major general Corbet. On
mande de Londres que le
16. Octobre le Sieur Grimani
, ambassadeur, de la
République de Venise,eur
à Vvindsoraudience de
congé de la Reine, & que
Sa Majesté,suivant la coutume
,le fit Chevalier;que
le 2 5. le Duc d'Aumont, ambassadeur extraordinaire
de France, avoir traité
magnifiquement le Duc
d'Ormond,Milord Asburnham
son gendre, Capitaine
des Gardes du Corps
Ac laReine, & plusieurs
autres Seigneurs;que le 27. leCapitaine duYacht qui
doit passer le Duc d'Aumot
àCalais étoit venu recevoir
ses ordres, & qu'ilétoit
parti pour aller l'attendre à
Douvres;qu'outre les presens
quela Reine a faits aux
Secretaires de lambassade
deFrance,elle avoit encore 1envoyé une medaille d'or
à l'Abbé Nadal par le
Chevalier Cotterel, Maître
des Ceremonies. Quelques
Ingenieurs se sont embarquez
sur un bâtiment
chargé de provisions& de
munitions pour lePortMahon,
afin d'aller travailler
aux fortifications de cette
place. Les dernieres lettres
de Londres portent que le
Comte de Peterborough a
été nomméEnvoyé extraordinaire
pour aller
complimenter le Duc de
Savoye sur son avenement
à la Couronne de Sicile,&
aller ensuite en la même
qualité vers la République
de Venise,& vers les autres
Princes & Etats d'Italie.
Le 30. Octobre le regiment
ment de marine de Milord
Shannonfut casseàRochester.
Le 2. Novembre on
commença a payer au Bureau
de la marine les Officiers
qui ont servi cette année
sur la flote, qui en même
temps furent congediez
&mis à la demi-paye.
On paya aussi ceux qui ont
servi dans l'artillerie à Port
Mahon jusqu'au 5. Juillet
de la presente année.On
équipe en diligenceunvaisseaudeguerre
» qui sera
chargé de provisions & de
diverses machines , pour
aller àla pêche de l'argent
de quelquesgallionsd'Espagne
qui depuis pkfieùtg
annéesontfaitnaufrageen
divers endroits de l'Amerique,
-
suivant la patente
quela Reine a accordéeà
Milord Harley,fils 4fi
grandTresorier. Les Anglois
de la Jamaïque font
ungrand commerce avec
les Espagnols enAmerique,
d'où ils rapportent beaucoupdepiastres.
Leslettres de Hollande
portent que les Officiers
quiétoientà la campagne
<
1
avoient été payez & licentiez;
que les Officiers du
Roy de Prusse faisoient de
grosseslevées dans ses Etats.
Celles de Cologne portent
que le Sieur Archinto,
Nonce du Pape vers les
Princes Ôc Etats du Rhin,
y étoitarrivé le premier
Novembre;& que le regiment
du Prince Maximilien
de Hesse Casselvenant
des Pays-Bas avoir sejourné
deux jours au voisinage
de lamêmeville, & avoit
enfuire continué sa route
vers la Hesse.
On écrit de Vienne que
le Comte de Tierheim a
apporté le projet de la repartition
des quartiers d'hyver
, l'état de l'arméedu
Rhin,& les avis du Prince
Eugene, pour la continua
tion de la guerre; qu'ila
été renvoyé avec le reglement
fait pour les quartiers
d'hyver, & d'autres
donc on n'a point la connoissance
; que le General
Mercy étoitparti le 22. Octobre
pour se rendreà l'armée
du haut Rhin. > '-'
Nouvelles de Varsovie.
•»"•J• Onmande deVarsovie,
que dans la conference que
les deux Envoyez ont euë
avec plusieurs Senateurs lk.
lesMinistres du Roy Auguste
, on avoit fait cinq
propositions ; sçavoir.
, Qu'une amnistiegeneraleseroit
accordée au Roy
Stanislas&àtous les Polonois
les adherans.
Quele Grand Seigneur
employeroit sa mediation
pour faire la paix entre les
Polonois & le Roy de Suede.
Que les Cosaques d'Orlik
, qui sont au nombre de
quatre-vingtmille, ob->
tinssent la permission de demeurerdans
l'UkrainePolonoise
;commeSujets de la
République.
Que l'on conferve aux
Tartaresétablis en Pologne
& en Lituanieles privileges
dont ilsjouissoient cidevant,
& que le Palatinat
de Posnanie soit restitué aUt
Roy Stanislas. 1 Le rapport de cette conserence
ayant été fait au
Roy Auguste,ilrépondit
que cherchant à rétablir la
tranquilitéenPologne
,
il
consentoit au premier &
au dernier article: mais
queles trois autres devoient
être examinezplus particulierement.
Neanmoins les
deux Envoyez étoient regalez&
traitezavecbeaucoup
dedistinction.Ils a(->
furent qu'aussitôtqu'ils seroient
retournez à Andrinople
,&qu'ils auroient
rendu compte de leur commission
, le traité de paix
feroit renouvcllé, & que
les ambassadeurs du Roy.
ôc dela
:
République se- j
roient renvoyezavec toute
forte de satisfaction. Malgre
toutes ces assurances,
on crainttoûjours que le
dessein desTurcs ne foit
d'amuser par toutes ces dé-
J marches le RoyAuguste, afinde gagnerdutemps& j
de penetrer les sentimens j
des Polonois, & même de
former des intrigues.Ils j
continuent
,
leurs preparatifs
pour la guerre, & tra- ]
vaillent avec empressement
aux
aux fortifications de Choc- -
zin : on a même appris que
leur armée grossissoit par
des nouvelles troupes, qui
prenoient leurs quartiers
d'hyver le long du Niester
& de la frontiere de Podolie,
& que le nombre des
Tartares s'augmentoit. On
mande d'Andrinople que
les ambassadeurs du Czar
avoient eu le13.Septembre
audiance du Grand-Vizir;
6c qu'on lui avoit presenté
la ratificationdu traité de
paix
rqu'illesavoit
exhor- ~.1 d téescekaui*de-
1- ,~~, 1.
pendroit deux pour parvenir
à la conclusion dela
paix, en terminantl'article
qui étoit demeuré indecis
touchant les sommes pretenduës
par le Kan des Tartares.
Les lettres de Hambourg
portent que la mortalicé
y diminuoit fort;que
les troupesduDuc de Hanover
étoient entrées dans
les 4.Bailliages qui dépendent
de cetteville, fous prétextede
garder les passages
& d'empêcher toute communicationavec
les Etatsde
leur;Maître;queleRoy de
Prusse avoit offert la permission
de porter de cette
ville dans ses Etats toute
forte de métaux & d'épiceries
,du bois de teinture,
& mêmede la soye ; que la
ville de Tonningen étoit
toujours étroitement bloquée
par les troupes Danoi,
ses; mais qu'on n'y manquoit
pas encore de pain,
de bière ni de sel; mais de
bois,dechandelle & d'huile
à brûler;que la garnison
étoit encore de quatre cent
soixante hommes en y
comprenant les malades,
dont le Commandant prenoit
grand soin. On mande
de Coppenhague que le
Colonel Viereg avoit levé
& presenté au Roy de Danemark
une compagniede
cent Cadets, tous fils de
Colonels, de Lieutenans-
Colonels, de Majors, de
Capitaines ou de Conseillers
, qui feront la garde
dans les apparcemens du
Palais, & feront instruits
dans l'artmilitaire, pour
être ensuite avancez selon
leur merite.
1
Rentrée de l' Academie.
Le Mercredi 15. Novembre
l'Academie Royale des
Sciences reprit ses exercices
ordinaires, donc elle fie
l'ouverture par uneassemblée
publique, où Monsieur
de Fontenelles, Secretaire
de ladite Academie
,
fit avec son éloquence
ordinaire l'éloge de Monsieur
Blondin, éleve Botaniste,
quiétoit mort pendant
l'année. Aprés luy le
Sieur Martino Poli, Romain,
associé étranger de
l'Academie, &qui setrou,
voit pour lors à Paris, donna
une maniere de faire
une poudre qui imitoit par
sa couleur & son éclat les
plus belles perlesOrientales.
En voici le procedé.Il prend
égalés parties de bismuth
ou étain de glace,& de sublimé
cotrosif, pulverisez
chacun à part. Il les mêle
ensemble dans une cornuë
Je verre, puis les distille
comme les Chymistes ont
coutumededistiller le beurre
d'antimoine, Il en sort
en effet, avec dumercure
coulant, une liqueur saline
qui se fige en consistance
de beurre. Il prend ce beurre
,
qu'il distille de nouveau.
Il luy reste dans la
cornuë une poudre fort fine,
talqueuse ou composée
de plusieurs parcelles plattes,
argentine ou de couleur
de perle, que le feu ni
rien ne peut alterar. Il continuë
à distiller de nouveau
ce beurre, jusqu'à ce qu'il
ne laisse plus de poudre à
la fin de la distillation, &
la derniere poudre est plus
belle que la premiere.
Il rendit ensuite raison
de ce qui se passoit dans
cette operation, dont il expliqua
fort bien toutes les
cirçonstances.Il y joignit
quelques reflexions générales
, & il dit entr'autres,
que toutes, ou la plûpart
desvolatilisations,oudes fixations
- qu'on faisoit en
Chymien'étoient point de
veritables volatilisations &
fixations; que nonobstant
toutes les prétenduës fixations
du mercure, ce mineral
restoit toûjours volatil,
& que nonobstant toutes
les prétendues volatilisations
des métaux & du
sel de tartre, ils restoient
toûjours fixes. Il dit qu'il
ne pretendoit pas cependantqu'ells
fussent impossibles,
au contraire; ôc
qu'il donneroit quelque
jour un memoire touchant
la maniere d'en venir à
bout. Enfinil passa aux usages
de sa poudre, dont il
dit qu'on pouvoit faire de
fort belles perles; qu'on
pouvoit l'employer dans la
peinture ou avec le vernis,
pour peindre desévantails,
des tabatieres
,
des boëtes
detoilette,&c.
Ensuite M. de Reaumur
lut un mémoiresur la divisibilité
& l'extensibilité
de la matiere, qu'il demontra
dans les feüilles d'or
battu, dans le fil d'or, ou
plûtôt le fil d'argent dore,
& dans les filets des araignées.
Ce discours, quoyque
long, ne fut point du
tout ennuyeux, tant à cause
de la varieté des choses
curieuses dont il étoit rempli,
que par rapport à l'élegance
du style.Outreles
calculs de l'extensibilité de
l'or dans les feüilles & dans
l'or trait, il dit que le verre
pouvoit se tirer en un fil
assez fin pour se plier &
par consequent pour se travailler
;ce qui est aussi beau
& aussi curieux que la malleabilité
du verre que les
Chymistes cherchent avec
tant d'empressement. A
cette occasion je dirai ici
ce qui m'a été affuré par
un Chymiste qui étoit auprès
de moy, que cette
malleabilité du verre n'étoit
pas impossible;qu'elle
étoit decrite dans un livre
de Becher, intitulé
,
Physica
subterranea,où il decrivoit
la maniere de forger
le verre. Je donne cet avis
en passant, afin que les curieux
en puissent profiter.
Mais revenons au discours
de M. de Reaumur. Il donna
de plus l'anaromie des
parties de l'araignée qui
fervent à préparer la matiere
de ses fils & à les filer,
qui est d'autant plus curieuse
, que ces organes sont
fort petits, que personne
ne les avoit encore décrits,
&qu'on a naturellement
de l'horreur de travailler
sur unsi vilain animal.
MonsieurHomberg lut
ensuite un memoire sur la
facilité qu'ont les métaux
de se laisser penetrer par
certaines substances. Il en.
apporta beaucoup d'exemples;
comme la matière
magnétique qui pénétre
tous les corps, & même
les metaux au travers desquels
l'aiman attire le fer.
L'encre de sympathie faite
avec la chaux&l'orpiment,
qui laisseéchaper de petites
particules ,qui passeau
traversdesbois, des pierres
& des lames de metal,
pour aller colorer l'écriture
faiteavec l'impregnation
de saturne, autrement dite
vinaigre de plomb. 1: Les
émanations qui partent de
la pierre de Boulogne,&
qu'on apperçoit aisément a
l'odeur, qui penetrent de
même la plûpart des corps,
& apportent quelques petits
changemens aux metaux.
Il dit qu'ayant tenu
dans un tiroir une pierre
deBoulogne nouvellement
calcinée, avec une montre
à boëte d'argent,quelque
temps après il trouva la
boëte d'argent dorée par
cettevapeur, & toutes les
rouës de ladite boëte, qui
étoient de cuivre jaune,
argentées. Il ajoûtaqu'un
morceau de soufre mis sur
,
une plaque de fer rouge se
fondpromptement
, penetre
la plaque, fond les
parties dufer qu'il touche,
qu'il entraîne, & laisse un
trou à la plaque. Qu'un
morceau de sublimé corrosiffait
la même chose
sur l'argent, avec cette
difference que l'argent dissous
par le sublimé se rapproche
& laisse un trou à
la plaque, bordé tout autour
d'une éminence ou
bourlet d'argent.
Il donna ensuite la maniere
de faire un sel qui
passe au travers d'un fer
rouge, comme l'eau au travers
d'un drap,sans l'alterer.
Ce sel se fait ainsi.
Il prend une livre de
chaud vive ôc quatrelivres
de vinaigredistillé, Illaisse
»
digerer
digerer le tout ensemble
dans un matras pendant
deux jours, aprés quoy il
verse la liqueur par inclination
, & il la garde.
Ensuite il prend une partie
de soufre, deux parties
de salpêtre, & trois parties
de sel commun decrepité,
dont il fait un mélange
exact, qu'il jette par cüeillerée
dans un creu set rougi
entre les charbons ardens,
où il pousse le feu jusqu'à
ce que le tout soit fondu.
Il jette la matiere fonduë
dans une bassine où elle se
durcir bientôtenunemasse
saline. On prend une -pa-r..
tie de ce sel, on le fait rom
dre dans six parties de vinaigre
distillé ,preparé
comme nous avons dit cidessus.
On fait évaporer Ja
dissolutionjusques à pellicule,
& on la laisse cristalsiser
en un lieu frais. C'est
le sel dont il est question;
quiétant fondu dans une
cuilliere de fer ou autre
vaisseau de fer à grandfeu,
passe au travets des' pores
de la cuilliere, sans alterer
en aucunemaniere la subfiance
du metal. Sionlaisse
ce même sel dans la cuillierc
de fer dans un -
lieu
humide, il se fond peu à
peu, & coule au bout d'un
certain temps au travers du
même fer,quonapperçoit
moüillé au dehors à mesure
que la liqueur qui est au
dedans diminuë :mais cette
filtration se fait bien plus
lentement à froid qu'au
grand feu.
Il decrivit encore une
autreoperation, qui n'est
gueres moins curieuse que
la precedente.C'est une e spece
de bitume metallique
ou de cinabre, d'argent,
dont onmet un morceau
de lagrosseur d'un pois sur
une lame d'argent mediocrement
épaisse & placée
entre les charbons. Cette
matieremetalliquese fond
§>& passeau travers de la lame
,de même que l'eau au
traversdu papier gris. Elle
ne perce point la lame,
maiselle la laisse tachéedes
deux côtez d'une couleur
livide commeduplomb;
&cettecouleur n'occupe
pasfeulement les deux surfaces
exterieures : mais elle
penetre encore toute la substance
de l'argent, qu'on
prendroit pour du plomb,
sans qu'il soit pour cela ni
plus aigre ni plus cassant.
-
Cette experience donna
occasion au R. P. Gouyer,
qui presidoit à l'assemblée,
&quiresumoit en peu de
mots ce que chacun avoit
dit, de reprocher aux Chymisses
en la personnede
M. Homberg
,
qu'au lieu
des richesses qu'ils nous
promettent, il ne nous avoit
encore appris qu'à convertir
l'or en verre dans quelques
experiences des années
precedentes
,
& l'arglenet
en-plocmbida.ns cel- M. Imbert termina l'assemblée
par une observation
d'un homme qui a été
pendant quatre mois endormi
à la Charité des hommes.
Cet homme, qui étoit
garçon Charpentier, ayant
eu querelle avec un de ses
camarades, apprend peu
de temps après que son ennemi
vient de tomber du
haut d'un bâtiment & de 1
se tuer tout roide. Un mélange
de differentespassions
de joye, de surprise,
de frayeur, de compassion,
le rendent immobile, il
tombe par terre & y reste
comme endormi.On le
releve, on le tourmente è
rien ne le réveille. On le
porte à la Charité des hommes,
on le livre aux Medecins,
qui le font saigner,
vomir, purger, suer, ventouser,
&c. & le tout inutilement.
Il dort toûjours,
& dort d'un profond sommeil.
On lui fait prendre
cependant un peu de nourriture
, en luy passantle
doigtmoüillé de vin &de
boüillon sur le bord des levres,
il ouvre les levres ôc
la bouchepour laisser passer
la nourriture, sans se reveiller.
Il dort ainsi depuis
quatre. mois; à la verité
depuis, quelque temps le
sommeil estmoins profond,
ôc il commence à donner
quelques signes de sentiment
& de connoissance.
M. Imbert rapporta en meZ.
me temps une autre observationd'unhommeenHollande
lande qui avoit dormi pendant
plus d'un an. Il accompagna
ces observations de
beaucoup de belles - reflexions,&
d'explications physiques
d'effets si extraordinaires.
Description abregée de la fameuse
Balme appellée Glaciere
de Besançon.
Au milieud'un bois appartenant
au Prince de
Montbeliard
,
situé à quatre
lieuës de Besançon
,
est
un petit tertre couvert de
boistrés-touffu ,au dessous
duquel estla caverne, autrement
la glaciere.
L'ouverture exterieure
està peuprés ronde, &
peut avoir environ soixante
pieds de circuit &dix-huit
pieds de largeur. On descend;
de cette ouverture
parune descente profonde
de deux cent pieds ou environ,
terminée en bas par
uneautre, ouverture comme
cintrée d'environ trente
pieds en tous sens, qui
donne entrée à unsalon
presque quarré d'environ
trente pieds de hauteur sur
autant de largeur; dela
voûte duquel salon tombent
des gouttes d'eau qui
forment en esté differentes
pyramides de glace,
chacune de huit à dix pieds
de circonference
,
& de
douze pieds de hauteur,
& quelquefois plus.
Le plancher du salon
est aussi couvert de glace,
quoy qu'il yait quelques
petites sources d'eau qui
coulent continuellement,
&qui Ce perdent en dedans
au dessous de la glace.
*
En hyver il n'y a point
de glace: mais il regne
dans tout le salon & dans
toute ladescenteune épaisse
vapeur continuelle.
'Parodie de l'Enigme
dont le mot est la
quenoüille.
L'oijiveté de ma maîtresse'
Conprvema coiffure f5
repo/emon corps;
Car, pour ainsi dire, je
dors
--- :•!i
Quand on ne file point
,.," matresse.
Lorjque de laquenoüille
on met la jambe en
presse, -
Sa tête est tournée en
dehors;
C'efialors qu'elle a bonne
grace. 1 Fuseau fait à ses pieds
cent tours de passe-
H*-
Telle fileule au minois
soucieux,
En détournant de moy
lesyeux,
Quoyqu'afilejtoujours
sa mainsoit occufée,
Regarde lefuseau mon
petit compagnon>-
Qu'aux dépens de ma
tête ellegarnit,remplume
, Siquej'en gagnerois te
rhume,
Quandilm'arrache mon
tignon,
Si ma tête de ,', bois étoit
plus lfegmatique:.
Mais duserainje m'in- K
quietepeu,
Quenoüille d'arbre sec,
que la mortfit étique
, Ne craint que lefer &
lefeu.
Parodie de la seconde
Enigme,dont le mot
est un verre à boire.
Je suis d'abord un pre-
,
mier element,
Car c'est de terre
Qu'on fait le verre; Fuis engendréd'unsecond
element:
Car le feu détruisant la
terre,
Engendreun v-erre. Ennaissantjecrainsfort
un troisiéme element.
L'air en sortant du four
fait éclater le verre
Comme un petitcoup
,.'
de tonnerre.
Je crains ensuiteaussi sicond ce element.
vC'eest lerferuequi.brife le ': : Mais unquatriéme element,
C'est l'eau dont on rem- plitleverre,
Pourle défendre un peu
du second element.
Une énigme toûjours rimanten
element
De la rime n'a pas le
premier element:
Mais l'obscuritéfaitle
premier element. Des-En*
gré tant d'element,
Les devineurs ici sont
dansleurelement, Et n'ont point deviné
qu'un verre
Est deces mauvais vers
&ame&l'element.
ENIGME.
En agitant une de mes
oreilles
Contre le chaud je puis
faire merveilles,
Contre le froid je suis
utileaussi.
D'unfleau des humains
je donne en racourci
Une idée assez naturelle,
Et ce qui de mon nom
s'appelle
A maintbrave a causé
la mort.
,
Si dans certainmetalje
fais un juste effort , C'efi quelquefois pour
jouerpiece
A Notre- Dame de
Liesse,
-
AsaintEustache,àsaint
Gervais
Et Dieu sçait 3lebruit
quej'yfais.
Autre Enigme.
Dans une espece de cercüeil,
Mais qui riejt point
pourtant desagreable a Je suis le plus souvent
couchée:
Maisordinairement,
'o',
quand j'en suis détachée
,
Mesbras croiftZ, en
s'étendant,
,,
Et tôt aprés ense joignant,
Al'objcuritéfontlaguerre.
Je pince, jemords 91,
jeserre;
Etquoiquecenefoitpref
que qu'enbadinant,
Mamorsure en noirceur
se tourne incontinent.
-
Traduction d'unPoëme
Anglois,
Sur le Bal que M. le n**'d**
a donnéà Londres le17.
:' , £" :, ,4 U I?IJ. ,"",'-;.\1 ï;'Aout>1713.>;
P our conoître les moeurs,
les goûts, les habitudes
De cent & cent peuples di-
~\W\*Â\V-,\ ^crs,* ,',' "',
iVU grédeleurs inquietudes
Les mortelsinconstans parcourent
l'univers: 9 Pourmoy, libre des foins
qu'entraînent les voyages
,
Loin de vouloir braver les
flots capricieux, 1
Et sans m'exposer aux orages,
Ici je satisfais mes desirs curieux.
Daumont dans son Palais
represente à nos yeux
Les Heros & les mêmes
Dieux
Dont autrefois dansleurs
ouvrages
Les Poëtes ingenieux
J Ne tracerent quelesimages.
Par-toutvous yvoyezer, rans
Les habitans du ciel, de la
terre & de l'onde,
Ettous les hommes differens
Dont les Dieux ont peuplé
tous les climats du
monde.
Suivi de sa brillante cour
Jqupuitierttpéour s'y rendre a l'empirée;
Alecton fort du noir séjour
Avec sa cohorte effarée;
Des humides Tritons Amphitrite
entourée
Reçoit
Reçoit les voeux du Dieu
dont elle est ado-
-
rée,
Et l'on voit errer à l'entour
Les jeunes filles de Nerée.
Mars aux genoux de Citerée
Se laisse dérober ses armes
par l'Amour;
Dans le sein de Thetis le
brillant Dieu du
jour
Fixe sa course mesurée.
Là Dianeparoît artifte-,
: ment parée, -i *v4
L'Amour n'est plusfon ennemi;
Et si j'en croisles soins où
je la voislivrée,
Sa fiere vertumoderée
Cherche un Endimion qui
soit moins endormi.
»
A chaque beauté qui s'avance
Mercure offreà l'instant
des secours seduccteurs,
Par des traits galans & flateurs
Ilsignaleson éloquence.
De toutes parts sont répandus
Princes,Dieux, Rois, mêlez
& confondus
Avec Démons, Bergers,
Nymphes, Geans,
Pigmées.
-
<
L'implacable Nocher des
ondes enflamees*
Soûrit à des objets & plus
doux & plus beaux;
Les Morts suiventses pasy
couverts de leurs
lambeaux.
Ici c'estle Hibou, là c'est
l'Aigle iraraor-•
- iC lierai.*-• J'
On voit le Corbeau, trop
fidele, SJ
D'un noir plumage revê-
,
tu,
Et les oiseaux par leur ramage
.PPoouurrlleessbbeelllleessffoonnttuunnpprreé--
,: ,- sage --,q
De la chûte de leur ver-
,.' tu.
On y voit folâtrer des No-
,- nes peu severes,
Sans reliques Çc sans rosaires.
r Le grave senateur prend
un air gracieux,
De l'austere Themis ou,
bliant le langage,
De son art desormais il ne
veut faire usage
Qu'au tribunal de deux
beaux yeux.
Le triste Medecin déguise
sa presence
Sous un appareil affecp
té.
Le luxe avec la volupté
Empruntent un habit de
pieuse apparence.
Ici cette jeune beauté,
Qui de mille galans tour
a tour est maîtrèfle.-,
Affeâcla(implicite t 1 D'unevertueule Koacresse.
On-voit dans le Palais chacunse
transfor-
.,>; mer,
Daumont seul n'y prend
point une formeem-
*
pruntée.
Quelleautre lui seroit prêtée,
Qui? G: bienquela sienne
eût le don de char- -* mefï1'*
Ainsi dans un festin quand
laTroupe immorîtelle^
Autour de Jupiter se range
avec splendeur,
Il se déguise point sa forme
naturelle;
Ce Dieu s'offre dans sa
grandeur:
Mais lorsque fous le tendre
empire
Dequelque mortelle beauté
Ce Souverain des Dieux
soûpire,
Il voile sa Divinité.
ANNONCE.
On va renouveller
le Mercure au jour de
l'an, & l'on commencera
par y mettre toute
l'exactitude dont serontcapables
des personnes
qui n'auront que
cette occupation
,
à laquelle
je n'ai pas pû
me donner depuis longtemps.
LA DEFAITE
ries Hannetons. PÔ E ME
en deux Chants.
DEs Hannetons vaineusje
chante la défaite,
Et du brave Licas lavictoire
complette,
Mufe, raconte-nous quelle
bouillante ardeur
D'unvifrejjentiment es-
Novembre 1713. Nv
chauffesongrandcoeur,
Colmamentdansses projets valeuraffermie
Triompha fierément d'une
troupe ennemie.
Licas vivoit heureux ,0
tranquilleaParis,
Sonreposfusttroublesi-tost
qu'ileustappris
Que d'insèctes aislées un
partiformidable
Causoit dans ses vergers
un ravage effroyable.
Sur le haut d'un charmant
&fertilecosteau
S'ejUveunmagnifique f5
modernechass,eoeu,
Doptïart ingen«%i$>rivald&
Umfwe:9 >.
Par divers ornemens embellit
lastructure.
L'édifice est construit entre
deux verdsbosquets,
Où l'ardeur du Soleil ne
penetre jamais.
Dujardinspacieuxondécouvre
la Seine,
Qui parde longs detours
Jerpentent dans la plaines
Des ruisseaux, des valons,
des prez, & desforests,
Les presens de Bacchus f5 les dons de Cerés, ,
Les champestres beautez
dont la terresepare,
Et mille objets où l'oeil
avecplaisirs'égare.
C'est dans ce beauséjour,
c'est dans ces lieux charmans,
Qtie Licas avec soin re,.'
veille tous lesans
Favori fortuné de Flore
&dePomonne,
Et lesfleurs du Printems
(f le;fruits de l'Automne.
De quel trait de douleur
dans l'absynthetrempé,
Au rapport qu'on luyfist
son coeurfust-ilfrappé.
Deux coursiers attelez,à
son char le plus leste,
Ilpart, il arrive,&voit
quelspectaclefuneste , ;
Ses arbres dépoüillez de
verdure & defleurs,
; Il pouffe des sanglots ac-
Ilcompagnez de pleurs y'r fremit,il frissonne
,
il
fhûU5 ilchancelle
Danssesyeux enflammez
sacolère tftitoceile:
IIdcîcffc centfois un at-
£ J~ CeïftfWtemïm
qt*Aijfyiffotfdëfefpôir> Ils'addresseàPômône
çfluytimwhzgxgi y
;
O vousquipartagezavec
moy cet outrage,
Dtéeessse pvuniosselzadesninsfec,- j
Dont VÙUY voyez içyles
transportsinsolents. iliI
La Diejle aussitost à ses
yeuxfepresente
Et luy dit: mon pouvoir
remplira ton attente,
Nos ennemis communs de
t$nbonheurjaloux,
Se,ptironMï&ceptw (¡]01(( peutmon-ow>:y-- Je desim?îmz•.» ;u:> .;;• leuraudace>
Il faut extermipçr cette
coupable race.
Dés que l'ajlre du jour
dans l'empire desflots,
Aura précipitéfan char if
ses chervaux,
Armetoy de courage, &
cours a la vengeance,
De ces audacieux reprime
l'insolence ; Je conduiray tes coups ,
j'animeray ton coeur,
Et de cegrandcombat tu
sortiras vainqueur.
Fin du premier Chant.
,
SECOND CHANT.
Licas impatient attend
l'heure marquée
Où la troupe parluy doit
sevoir attaquées
Et le temps luy paroist.
couler trop lentement:,
L'astre second des Cieux
qui donne la lumiere,
\A peine eut dans les eaux
terminésa carriere
Quel'empresséLicascourt
&voleaïinjiant,
Ou le dessin l'appelle, où
c
taïgtoire.l'attend,
A l'aspect de ces lieux il
sent croistresa rage:
Surprenons j'ennemysàns
tarderdavantage*,
Frappons ditil,frappons,
ifgnalom noseffort eha^fssjmnt
rw
'f;QWvetIS~y~
&de iïwrtss
Voffenfecptonmefait j,tiF
tementme £wrrw6t<
llejbranle. acestnêup$t
plus d'unesecousse
Des Frenes,des Ormeaux,
ou l'ennemy caché,
Saisi d'effroy, tremblant,
est en euàt*ri retranché.
Des, arbresles plushauts
LaDeese.semontreau
trmjrrsdela:nuey>
AugmehitdeLicasl'héroïquevalèur,
b..
Et de son bras lasséranime
lavigueur -
A ces coups redoublez,tout
cede, toutsuccombe yZ
De momenten momentun
gros d'ennemy tombe>
Ainsi le Laboureur d'unefobujlemain,
De la gerbequ'il batfait
sortirtout legrain.
Pour eux contre la mort il
n'est aucun azyle,
A chaquepasqu'ilfait il
-
enecrasè mille;
Ainsi le Vendangeurpour
avoirplus de vin,
Sous lepesant pressoir é-
,
crase leraisin.
Les coups portentpar tout
des atteintes mortelles,
C'estenvain qu'emploiant
lesecours de leursasiles,
Pour éviter leur perte ils
traversent les airs
Des cadavresépars tous
les champssont couverts
y Les ventsfontmoins tomber
defeuilles en Automne
LaFaucilleabb, at moins
d'épis quand on mois
sonne,
Licas de toutespartsvainqueur
impetueux,
Massacre en un moment
des bataillons nombreux;
Tel un Lion de sang 0*
decarnageavide,
Exerce sa fureur sur un
troupeau timide.
Tel onvit autrefois dans
leschamps Phrygiens
Achille ason courroux immoler
les Troyens.
Par la paix, cettegrande
Qf terriblejournée
Au gré des deux partis
fust enfin terminée.
LesHannetonsvaincus
signerent un traité,
Promirent à Licas ce
vainqueur indompté,
De ne plus ravager de
formaisson domaine.
Mules, qui m'inspirez
laissezmoy prendre )
Mm#,
Préparez,d'autres vers, chantons une autrepaix
, Quele Cieffdrj&r^&fe accorde
à nossebaits
Pitrjfeparsonretourcette
,.,
Paixdesirée ,.
1 K^mner/h^^tgm'fs.
àç&atww es de Rheey
Etfinissant les maux que
nous avonssoufferts;
Enchaisnerpmp jamais
la Discordeaux Enfers.
Fin du fecond & dernier
Chant,
Extrait d'une Lettre de Fri-
-
bourg du 7.Novembre..
Nous sommes maistres
du Chasteau & des trois
Forts de Fribourg
, parmi
lesquels ca celuy de faine
Pierre comme imprenable.
On
On a trouve dans tous ces
Forts une quantité prodigieuse
d'artillerie& de munitions
de guerre &devivres
pour six semaines.
Cette conqueste très-imhpoomrtmanetse
qui n'a coudéni
ni dépenses ; est
deuë à la fermeté duMarcfchal
de Villars
, qui
ayant mis dans son Armée
beaucoup de fourages
, a
tousjours menacéla Garnsson
destre Prisonniere
de Guerre
,
& de mettre - derriere les Batteries les
Prisonniers ennemis;cette
crainte les a obligez à nous
laisser travailler sans tirer.
On ne pouvoir faire nos
Batteries dans la Ville sans
beaucoup pendre de mon- de L~!ViHcëe les Ports
estoientdeffenduspardix-
Gorfipiignksri*,ideta^e
béet*
Op assure que les Enno..
mis ontperdu6000 faoïrw
mes tant-t~ ~ç\ixtaffca :]
€pâ«deiferttfftrstr?z'mopion
Lai Oarinifoctîsést formis
avecarmes &bagagés,.&
se ffêtfPrtf-rîtïRffaWrinTkb;
drevV<iltartn®ihi5î1 ! : vj
cordéau Gouverneur, qui
n'a pû obtenir la liberté de
la Garnison de Landau,&
encore moins décharger
Fribourg
, quatre Pieces de
Canon & deux Mortiers.
Observations sur les change..
ments du Barometre par rapport
au temps, tirées des
Memoires de M* *
Par M. Parent.
Quelques exactes Observateurs
ayant bien voulu
me communiquer leursMemoires
touchant les temperatures,
j'ay pris 148. ob.-
fervations faites sur le Barometre
dans les lunaisonsdes
années 1696.1697. &
1698. dont fay fait une
somme , que j'ay divisée
par 148. pour avoir une
hauteur moyenne de Barometre
qui s'est trouvée de
27. poulces 6. lignes36 ou
de 27. poulces 7. lignes.
J'ay ensuite pris les obfervations
marquées,
( pluye,neige,broüillard,
humide, couvert, trouble,)
ôc j'en ay trouvé. 3. audeffous
de la moyenne, & 51»
audessus.Ayant pris encare
les observations marquées,
( pluye, brouillard,
neige, ) feulement j'en ay
trouvé 18. au dessous,&13.
au dessus. Ayant continué
de prendre les observations
marcluces,pluye neige, )
seulement,j'en ay trouve
15. au dessous &7. au desfus.
Et ay ant pris feulement
les observations marquées,
( pluye ) feulement, j'en ay
trouvé 12.. au dessous, &
6. au dessus.
J'ay pris aussi les observations
marquées, (beau,
~rain, j'en, ay trouvéLau
dessous; de U hauteur
moyenne 7. seulement, &
Ljf, audeflbs.f„ce>qui suffit:
pourconvaincre que le Barometre
est bas dans le
temps humide,& haut
dans Iç[epain..,;0';,,; Quoyquon » ait. parlé dans
le MçreuFe precedent des
Abbayes que le Roy a donné
laveillede laToussaints;
cpii>iT)c on estoit fuir la fin
dçriqmprçiTion
, on n'a pu
donner au Public les remarques
qu'on a coustume
defaire.
DonsduRoy.
Le Roy à donne l'Abbayc:,
c deSAndré de Vienriçy
OrdredeCisteaux
£>#>çefe de Vienne
,
vitedeViennej&àuflt'Ea--
gansde
; lyta, L'Abbaye de Préaux,
Qr&*$do S. Benoist, Dio.
cefe^feLifceux^àU-£>amc
de;Mor^tba?Qn.\! , Cette Abbaye fut fondtc
par la femme de Onfcojcde
YiciUes,, Baronde
fê"ea«*,Seigoejjrde Pontau
de mer, Comte deMeu--
lan & de Beaumone-le-Rager,
fous le
-
titre de S. Leger.
Leur Eglise est assez
grande
,
& a son Autel ifole,
beau, & fort dégagéy
six colomnes de marbre y
portent une demie' Couronne
Imperiale, dontles
branches ouvertes font dorées
& accompagnées de
plusieurs ouvragesde Sculpture.
L'Abbessepresente
aux trois portions de la Cure
de S. Michel de Preaux
J
& ces trois Curer font les
fondionsCurialesj par semainc
maine alternative.
Preaux est le nom de
deux Paroisses & de deux
Abbayes;l'une de Benedictins
& l'autre de Benedictines
situées dans leDiocese
de Lisieux à une grande
lieuë dePonteau de-mer
dans un vallon. L'Abbaye
de S. Pierre de Preaux est
poflfedée par les Bénédictins
de la Congregation de
S. Maur, & fut bastie vers
l'an 1055. Elle reconnoic
pourfondateur Onfroy de
Vieilles,Baron de Preaux
Comte de Meulan.&c.
L'Abbaye de Monrolieú;
Ordrede S Benoît Diocefev
de Carcassonne-y à
l'Abbe du Lordac. * iA
L'Abbaye de Thouars,
Ordre de S Augustin, Diocefe
de Poitiers
,
àI l'Abb6
Gould. .jS:j /i. n
Thouars est unedes prini
cipales villes du Poitou;e lle
est situéeà six lieues de
Saumur sur une colline aux
bord de la rivière de la
Touë. Cette villeest une.
ancienneVicomte7 que possedoit
la familledesSeigneurs
de Thouars, confia
derable dés le temps du
Roy Raoul. Elle a passé
par mariage de filles dans
la Maison d'Amboise
, &:
Marguerited'Amboise fille,
unique de Loiiisd'Amboise
Vicomte de Thouars, la
porta en dot à Louis de la
Tremoille. Ce fut en faveur
de cette derniere Maison
que Charles IX.érigea
la Vicomté de Thouars en
Duché l'an 1563. & Henry
IV. en Pairie l'an 1595. Dixsège
cens Vassaux relevent
de cette Terre, dont laJurisdiction
s'estend jusques
aux confins de la Bretagne.
,' L'Abbaye de Bonlieu
Ordre de , Cisteaux, à la
Dame de Saillans. Il y a
quatre Abbayes de filles du
nom de Bonlieu, toutes de
l'Ordre de Cifteaux,mais
de differens Dioceses.
L'Abbaye de S. Honoré
de Tararcon,à la Dame de
Breflku.
LE VERLVISANT,
L'ABEILLE,
ET LE V E R-A-S O Y E.
FABLE.
On ne
voit point de si
-~ petite Beste, ;: ~S
Qui dans sa jeune,ou sa vieillefaison, I
Ne se mette l'amour, en
P' , ~i teste.i H
Et qui ne croye encor le
,' faire avecraison. A
Ce que je dis estveritable,
La preuve en est dans cette
table.
Sous le pied d'une Ruche
un certain Verluisant
Logeoit; & ce Logis estoit
assez plaisant.
Nostre bonne Mere NaLturc,
Soit à dessein, foit par hazard
* De ses faveurs au Vers ajvoit
fait bonne part.
Il
,
trouvoit. pour sa
*
nour- ~-xiture*i: ')
A quatre pas dequoy inan.
; geravec plaisïr '., - l*
Herbe seche
,
Herbe fraîche
, il n'avoit qu'à
choisir
S'il en vouloir faire pâture,
Tout alloit sélon son desir.
Mais helas ! du moment
--
f ..: :.
qu'on,aime ,'. -;:
A moins que ce ne soit par
un bonheur extrême,.r.
Il faut se réfoudreàiou ffrir.
L'Amour est unvray crou- :ble-£este,••
Des Hommes en ont pu
:., mourir; ; i Voyons comme ihtraita
une beste.
Dans la Ruche, lieu propre
& très- bien habité,
Entre plusieurs, logeoit
certaine jeune Abeille,
Dont lecoeur à l'amour estoit
assez porté.
Ce n'estoit pas grande merveille
A cette passion le Sexe fé.
,'r- minin
Est enclin,-
Autant & plus que ness le
masculin.
Ajoutez que le voisinage
Donnant les moyens de Ce
: voir
Matin <3e soit,
Insensiblement on s'engage.
Venons au Ver. Il avoic de
l'esprit
Il n'estoit rien de beau, ny
de bon, qu'il n'apprît>
Aussi jamais n'avoit on veu
Reprile
En belles qualitez aucanc
que iuy fertile.
il dançoit & chantoit fore
agréablement
;
Mais ce que l'on trouvoie
de rare,
Et dans un Ver qui l'est a£
surément,
C'estqu'iljoüoit dela Guitare
Panablemenr.
Enfin pour la galanterie
Il avoit un si beau talent,
Qu'en Prose cpmme en
,'. Poësie,,
Cestoit un Aucheur excellent.
Quvrage en Vers , Bitlejr*
& Lettre,
Le tout estant de sa façon,
On n'y trouvoit plus rien
-; n' • a mettre :
Et Voirureencomparaiso.ln,
<
Auroit auprès de luy passé
pour un Oyso1n.
Voila le Ver. Quant à
l'Abeille,
Et pour l'esprit, & pour le
corps,
De la Nature elle eut les
plus riches trésors.
Du Monde ellepassoit pour
huitième Merveille,
Ellejoüitdu Clavessin,
Elle avoir appris WMusi-j
v que, ;>
Parloit Italien, &-' mesme
un peuLatin.
Sa mémoire estoit angéli-
.que,-/
?
';!:-j
Aussi l'exerçoit-elle avec
juste raison.
Elle lisoit la Fable,elle lisoit
l'Histoire,
Elle lisoit, cela se peut-il
croire?
Jusques aux Livresde Blazon.
S'il faut parler de sa personne
,
Quoyqu'elle eust assez
- d'embonpoint,
Sa
-
mtaiillge nestooisngranndee &,
Et le bon air n'y manquoit
",. :',':' point. -.. ,-:
Au reste,c'écoituneBlonde,
Dont le teint blanc, frais,
,
& poly,
L'eust fait seul passer dans
le monde
Pour l'Objet le plus accomply.
Cependant malgré tous
ces charmes,
L'Histoire dit que nostre
Verluifant
Eust bravé son pouvoir, s'il
n'eust rendu les armes
Au regard tendre & languissant,
Dont ( quand il plaisoit à la
Dame) Le coeur le plus glacé se
sentoittouten flaâmmee..
C'est en vain qu'on voudroit
resister à l'Amour.
Tortoutard ,
quoyqu'on
fasse, ilest Maistre à son
- tour.
Ce petit Dieu
,
de toute :/i!:: chosè- En ce monde à son grédispcrfe.
L'Abeille est amoureuse,&
leVer amoureux,
Sans que cependant tous
les deux
De leur trou ble secret sçachent
d'abord la cause ;
Mais comme en eux ce
trouble est tous les jours
plus grand
,
L'un &l'autre bientostl'ap-
,
prend.
LeVerestenhumeur chagriné,
Quand il ne voit pas favoisine
;
Et del'Abeille lechagrin
C'est de ne point voirson Voisin.
Quesi quelque doux te steàteste
Se rencontre pour nos A- mans,
Ils ne font que trop voir
dans cesheureux momens
Que l'un de l'autre est la
conqueste.
En mille & mille occasions
Que leur donnoïclafoli-.
tude,
Sans soucy
,
sans inquiétude,
Satisfaisant leurs payions,,
Ils passerent deuxans dans
ce doux badinage.
Mais à la fin eslans surpris,
Il fallut que le Versortist
duvoisinage.
C'estoir le seul moyen- de
dissiperl'ombrage -
Que les Parens de l'Abeille
avoienc pris.
Tout d'un coup il plia bagage,
Et
Et crut àfranchement:par-
-
ler,
Qu'afin de fauter mieux,il alloitreculer.
C'estoitagir en Ver tressage;
Mais par malheur, le pau-
.< vreDiablealla
Pis que de CaribdeenSylla.
,
Comme il ne voyoit plus
qu'une fois la semaine,'.::
Encarincognito,toujours
mesmeavecpeiné,
L-'objetde ses tcadr£$rar mours. ; >
°,r-
Luy quipouvoit le voir autrefoistous
les jours 1
Par un revers en tel cas or-
A mesure qu'il futmoins Veu, -
,}
( Qui de l'Abeille l'auroit
A ) J. -
A mesure il cessa deplaire.
De plus, Dame Avarice
;-""Y" vint mettredusien,
Elle qui tous lesjours: de
etant de maux-c
Les Parens
-
del'Abeille .Lvoietbeaucoupde
Bien è]
Et ceux duGalant n'a-
-r-.r.l'Oi'yûticvnt•'ntn-jr,p ''L
Q(I tourau plus si peu de
chose
Que jen'ose
Là-dessus seulement sous-
Ecdevouloirlesaccoupler
Ec devouloir les accoupler,
Lecoup paroissoit impossible-
A l'Abeille on ditbien&
-
beau,:
(
Qu'ondoimeroit sur lemu-
-4 i
seau,
Si plusau Verluisanton la
:., :-Noÿoit fenCble;
Quenfin elle devoir avoir
Sur.sarichesse un autre esi,
poir,
Puisque leMielpouvoir làmettre
enl'alliance
Du plus riche Animal de
France. »'i I
Fy d'un Ver, disoit-on,qui
napour tout vaillant
Qu'une etincelle de brillant.
Or donc parheureuse.
rencontre,
A nostreVerluifantunjour
L'inconstante Abeille se
moncre. :,
Il luy parla d'abord de son
amour.
Elle recoure sans repondre.
Questce donc qui peut vous
confondre,
Luy dit ce Ver,luy-mesme
confondu
De ce qu'à ses propos elle
n'arépon d u?
Ay je quelque Rival à craindre
?
Non de cela, dit elle, il ne
fautpasvous plaindre; ',"
Si l'airfroid dont J'agis fait
vostre estonnement,
Je m'en vaisvous contersans feindre,
Ce qui causece changement.
Tous mes Parens
, ne vous
:
déplaiseT
SortiGensquisontfort à leur*
aise.
Et lesyoftrpjs3,mvm.vçuil
enseriezlefin,
N'ont pasun semblable destin.
Il est vrayquevous eKr
, (7
moychétive Abeille, >v--V
Nostrecondition si trouve ast
,
sezpareille.
Mais onnecomptepointsur
cettif-éXae. ; Dans laplupart des Maria.
ges ; Etce qui les fautchez les Sages,
Ce n'estquelaréalité --,
Ergo. Parmes
Biensseulsestantrecommandable,
Je dois fairechoixd' un Party
que vd.M Wtfâïfar
table*
Mes Parens à nos feux n'ont
jamaisconsenty.
Ainsicherchez une Maistresse
Quiveuille bien recevoiren
payement
V..ps douceurs& vopre ten- Ànjjf-:
Jy renonce, & dés ce moment
Jelésseavosdpftrfilibertétçttte
entiere
,
Dese donnerailleurscarriere.
L'Abetil^difp.arçi(t vkVer
au desespoir
A tout cela qu'eust-il pû
dire?
Si vous desurezJesçavoir,
Il est dans ceRondeau, vous
n'avez qu'à le lire.
Un tendre coeur fait tout
mon bien;
Et pour n'avoir que cesoustien;
Jeseraytoujoursmiserable;
Car dans ce temps abominable,
On regarde un Gueux comme
un Chien.
• Des amitiez le seul lien,
Argent
,
bel argent, cejl le
tien;
Etsanstoyl'onenvoyeau
-
,
Un.-:Dia£/e tendre coeur.
Tay mon sort, chacun à le
,::. ; :'
,
:-:, sien , Mais
Mais en est-ilcomme le mien?
En est-il d'aussu deplorable ?
Non,non,jesuisinconsolable,
Si l'Abeillecompte pour rien
Vn tendre coeur.
Pendant qu'ainsi nostre
Vermoralise,
L'Abeille sans s'en soucier,
Prend sonessorjusque sur
un Meurier,
Où si-tost qu'elle se suc
n1ise)
Ses yeux d'un ver-à foye
attaquent la franchise.
(Sur ces Arbres tousjours
,.
Ver-àsoye esterrant. )*
Ce Ver la voit, l'aborde,
& dit en son langage,
Aprés l'humble salut que
l'Abeille luy rend;
A veniren ces lieux quelsujet
vous engage?
Vous n'y trouverez point de Fleur,
? Mais en récompense mon cteu-Y
Vient s'offrir à vostre pillage.
Pour vous il est sans aucun
fiel,
Vous en pourriez faire du
Miel;
Belle Abeille,daignezleprendre.
Nostre Abeille sans plus attendre,
Aprés un regard des plus
doux,
Luy dit, Tout de bon, m'aimez-
vous ?
A peine encor m'avez - vous
veuë ;
Et cependant, sivous quittez
ces lieux;
Répond le Ver,vostreabsence
me tuë
, Je ne puis vivreesloigné de
vos jeux.
Je ne sçaurois aussi sans défiance
Croire , un amoursi prompt, si
plein de violence,
Repartl'Abeille au Ver.
; Mais en cas que demain
Vous yresserntieez pareille m.Lar-
Vousviendrez chez,moy me le
dire
y Et vous n'yvviaendirnez p.as en
jidtf'u, beau Ver,je me
retire.
..-"" r'
Quandl'Abeille esten sa
Maison
, .', Ellesonge à sonavanture,
Èt par leSiecle d'or en soymesme
elle jure
Qu'elle fera tres prompte
1
guérison
De la blessure
,
Qu'au coeur du Ver-à soye
ont fait ses doux appas,
Si l'Animal porte les pas
Le lendemain du costé de
la Ruc he.
Quoy,jiii-n-rûistt-igueuxde
Verluisant, Disoit elleenreste hiffanc>
Ilfl!tj¡OÚ rjM'r je fasseCrache.
Vivent mes nouvelles amours
Ah, quellejoye !
Jevais coulerle reste de mes
jours
Et dans le miel
, & dans la
soye.
Elle passa la nuit à raisonnerainsi;
Et des le grand marin elle
n'eut desoucy
Que de demeurer sur sa
Porte,
Croyant de moment en
moment
Qu'il faut que le bon vent
y porte
LebeauVer
,
son nouvel
-
Amant, Il en arriva d'autre sorte,
Pour elle c'estoit temps
perdu.
Son Ver-à soye étoit dodu,
Et marchoit lentement,suivy
de l'équipage
Qu'un Ver semblable à luy
méne à son Mariage.
Le Rendez-vous estoitun
Rendez-vous d'amour;
Mais pour faire un pareil
voyage, Au pesant Ver-à-soye ilfalloit
plus d'un jour.
Quoyqu'il en fust,voicyla
triste destinée
Qu'autour delaRuchetraînoit
Le pauvre Verluisant. Son
ame abandonnée
Au plus mortel chagrin
sans ccèe examinoit
Par où pouvoir adoucir
l'Inhumaine.
Sur Je feüil dela Ruche il
la surprit le soir.
Elle n'estoit pas là sans
doute pour le voir.
J\I*aure^-rusMpoint pitié, luy.
dit il, de ma peine?
Je vous aime tousjours, &..
vousnem'aimezplus
Ingrate, insensible , insidelle,
Que dites-vousune flâmesi
belle?
Messoûpirs si conjlansferont-
-
ilssuperstus?
Enfin, tout de bon, dois-je
croire
v
Que contre rno) vous soyezen
courroux,
Et que vous perdiez la mémoire
De tout ce que l'Amour m'a
faitfaire pour vous ?
Vil Animal
,
Infecte teméraire,
Qu'a'Vez vousfaitqu'envous
trompant
Répond l'Abeill3e, & que
pouviez vous faire ?
Ce que j'ayfait, dit le Ver
en rampant ? Je m'en vay vous l'apprendre,
Abeilie trop légere.
J'ay fait, nonsans de grands
travaux ,
Pour vous conter mes doleances
Messoins, mes soucis, mesfouf
frances, -
Tous les joursmille Vers nouveaux.
J'ayfait cent t7 cent Madrigaux
Sur la moindre de vos absences;
J'ay fait des Odes & des
Stances,
Chansons
,
Triolets, & Rondeaux.
J'ay fait pour vous des Epigrammes
)
Et mesme quelquesAnagrammes
y Le tout d'unstile pur & net.
Et s'il eust esté necessaire
, J'avoistelle ardeur de VOUA plaire,
Que jcujje esté jusqu'au Sonnet.
De tout cela je vous tiens
peu de compte,
Répond l'Abeille, & je
mourrois de honte,
Si javois de l'attachement
Pour un Amant
Dontleplussolide merite
Consiste en beaux discours; dés
mes plus jeunes ans
On m'offusquoit de cetEncens.
JaimeAujourd'huy celuy de la
Marmite.
Elle rentre en sa Ruche, en
disantce beau mot.
Aussi le Verluisantestoit-il
un grand sot,
D'oseraspireràla proye,
Que fuivanc les regles du
temps
Doit attraperle riche Verà
soye.
Qu'il soit donc sage à fcs
dépens,
Et secontente d'une Mouche
>
Qui n'aura comme luy,
que l'esprit & la bouc he,
Il passera par là pour un
Ver de bon sens.
,.J'ay prétendu qu'en cet- te Fable,
Pour que lque Amant peutéstre
Histoireverita ble,
Et les Filles, &les Garçons,
Trouveroient de bonnes
leçons.
Les unes sur l'obéïssance
Que rend l'Abeille aux
droits de la naissance,
Profiteront en la lisant;
Et les autres sujetsàl'aveugle
tendresse,
Quand ils voudront choisir
uneMaistresse,
Consulteront leVerluisant;
Il sçait dans l'amoureuse affaire
Comme est punile Temeraire.
1
HISTORIETTE.
L'Amour nJielt point à
couvert de la destinée
, &
les changemens qui arrivent
tous les jours dans
les liaisons les mieux establies
sont assez connoistre
que les mouvements de
nostre coeur ne font pas fixez
par le premier choix
que nous faisons. Un certain
je ne sçay quoy qui
nousentraisne en dépitde
nous, nous determine à
estre inconstans;& quand
mille exem ples ne serviroient
pas à justifier ce que
je dis,l'avanture donrje vais
vous faire part en seroit la
preuve. Une Demoiselle
fort bien faite,estimable
par sa beauté, & plus encorepar
son esprit qu'elle
avoir vif&très penetrant,
estantvenuë depuis peu de
-
mois prendre soin de quelques
affaires dans une petite
Ville peu esloignée de
Paris, y fut connuë en fort
peu
peu de tems de tout ce
qu'elle y trouva de personnes
denaissance. Son pere
& sa mere qui estoient de
qualité, mais qui avoient
peu de biens, luy connoisfant
du talent pour venir à
bouc de mille chicannes
qui leur estoient faites,&
par lesquelles on taschoit
de renverser leurs précentions
,quoyquejustement
fondées
,
s'estoient reposez
sur elle de la conservation
de leursinterests,&
elles'appliquoitàles mainteniravec
tant d'exactitude
& de conduite, qu'elle
eut bientost demesté les
difficultez quiempefchoient
qu'on ne luy rendit
justice. Son habileté fie
bruit, & tout le monde
marquant de rempressement
pour la servis auprés
de ses Juges, un Gentilhomme
, maistre de son
bien, & des plus riches de
tout le Pays, n'épargna ni
son crédit,ni ses soins pour
luy faire voir combien il
prenoit de part à ses avantages.
Angelique receut
agréablement le secours
i
qu'illuy donnaj&comme
dans le besoin qu'elle avoic
de luy les visites assidues
luy estoient permises
,
insensiblement
le Cavalier
prit pour elle un attachement
plus fort qu'il ne l'avoit
cru. Il connut bien
que ce qu'on luy Jonneroiç
en la mariant n'approcheroit
pas
'*
de ce qu'il pouvoit
prérendre; mais l'amour
commençant à l'cc.
bloüir,il considera que les
grands biens qu'il avoit lui
attireroient beaucoup d'affaires,
& dans cette veuë,
il crut qu'illuy feroit plus
avantageux d'avoir une
femme qui y mettroit ordre
, que d'épouserunefille
qui luy apportant une
dote considerable
, ne se
mefleroit de rien, & n'auroit
l'esprit porté qu'àfaire
de la dépense.Labellequi
s'apperceut de la conquête
que son merite luy avoir
fait faire , la menagea si
adroitement, que le Cavalier
fut enfin contraint de
luydeclarer sapassion On
ne doute point qu'il ne fut
écouté avec plaisir. Elle lui
marqua une estimepleine
de reconnoissance ; & en
l'assurant que ses parens ne
luy seroient point contraires,
elle eut pour luy des
égards d'honnesteté & de
complaisance qui luy firent
connoistre qu'il estoitaimé.
Commeelle avoit de
l'ambition,elle voulut s'asfurer
un rang, & se servir
du pouvoir que sa passion
luy donnoit sur son esprit,
pour luy marquer qu'il y alloit
de sa gloire de pren dre
une Charge avant que de
l'épouser. Le Cavalier avoit
ce dessein depuis quelque
temps, & ainsi en luy promettant
de la satisfaire,il
ne faisoitquece qu'il avoic
desja resolu. Les affaires
d'Angelique s'estantterminées
de la maniere la plus
avantageuse qu'elleeût pû
le souhaiter
,
elle retourna
à Paris, où son Amant la
suivit deux jours après. Son
pere & sa mere qu'elle avoit
instruit de l'estas des
choses, luy firent un accuëil
tres-obligeant, & pour estre
moins en peril de le
laisser échapper, ils luy offrirent
un Appartement
chez eux. L'offre estoit trop
favorable à l'amour duCavalier
pour n'estre pas accepté.
Il logea chez le perc
de laBelle;& ne songeant
qu'à avancer ses affaires, il
prit son avis sur la Charge
qu'il vouloit achepter.Tandis
qu'ontravailloit à lever
des difficultez assez legercs
qui empeschoient de conclurre
le marché de cette
Charge, l'amour fit paroitre
sa bizarrerie par les sentimens
qu'il inspira au Cavalier
pour une soeur d'Angelique.
Cette cadetteavoit
dans les yeux un fort grand
deffaut, dont beaucou p de
gensne se seroient pas accommodez
; & ce deffaut,
tout grand qu'ilestoit
,
ne
pur dérourner le Cavalier
du dessein qu'il prit de ne
vivre que pour elle. Il est
vray ,
qu'excepté ce deffaut,
il n'y avoit rien de
plus aimable.Elle avoit un
tein qui ébloüissoit
,
d*$
traits reguliers dans tout
son visaoge,•des mains & desbras d'une beauté (ans
, pareiflle,uinentailleeaisée;&
fine; & ce quiengageoit
encoreplus,elle estoitdu
ne humeur si douce & G.
agreable queparcetteseulequalité
elleestoit digne
duplus fort amour. Plus
leCavalierla vit,plusil la
trouvacharmante.Illuy
contoit cent folies,& l'enjouëment
avec lequel elle
y répondoit, estoit tout plein de
4
feu ,&. d'esprit.
Riennedevenoit suspect
dans leurs conversations,
parce qu'elles se faisoient
sans àQCun. mystere
,
&:
que l'occasion qu'ils avoient
de se parler àtoute
heure les rendant fortfamiliers,
ne laissoitrienvoir
iqlui fûtrecherche.Eneffet/'
n'yavoit que des sentimens
d'honnestetéducôté
decetteaimable cadette,
qui ne doutant point que
leCavalier .n'épousait..sa:;
soeur,estoitincapable d'aller
pour luyplus loin que
l'estime. Il n'enestoit pasi
ainsi du Cavalier. Le pen^*
chantqui l'entraisnoitvers
Julie,c'estoit ainsiqu'on
nommoitlacadette, eut
tant deforcequ'aprés lui
avoit dit plusieursfois en
badinantqu'ilestoitcharmé
desesmanieras,ils'expliqua
enfin serieusement
sur l'ardent amour • qu'elle
layavoitdonné. Julietournantlachose
en plaisanterie,
luyditqu'il perdoit
l'esprit;toutes lesdeclarations
qu'illuyfit ensuite
luy attirant la mesmeréponse,
illuydemanda un
jour quel désegrément Ôir
dans
son
hitmëtïr[du dans
sa personneluy faisoit
croire qu'ilnemeritoitque
ses mépris. Julie, qaecc
reprochefurprir*seAÇEUS
obligée deluy répondre
d'un ton un peu serieuxi,
qu'il se faisoit tort auiff^-
bien qu'à elle quand il
l'accusoit de le me'priser,
,& que s'il lui eût marqué
del'estime avant quede
s'engager avec si^foeur/
peut-estrene lui eust-ellc.
pas donnésujet de seplain-
-ài-é.^u peu dereconnoiC*.
sancequ'elleauroiteu de
: ses sentimens; maisqu'en fl'eftâcoù estoient les choqu'avec
lesïrcferves-qu'il
trouvoit injustes. Cette réponse
animala passion ; Ce
fut assez qu'il crustt nedéplaire
pas pour l'engager
à aimeravecplus de vio-
~îehée;îl abandonna, son
coeur à tout son penchant,
& ne songea plus qu'à persuader
Julie de sonveritable
attachement. Comme
elle estoitsage, ellevoulut
leguérir en lui donnant
moins d'occasionsdel'entretenierdesonamour;
;rnâi$*plus elle avoit soin
de les éviter, plus illes re-
,
cherchoit.Cetempressement
fut remarquée .& il
:,fettahitbientoft& par
soninquiétude ,; lorsque
fpour le fuïr cette cadette- senfermoit exprisdans sa
chambre,&- par, les regards
pleinsdamour,qu'il
;jettoit sur elle quand illa
voyoitdeyant destémoins.
L'aisnée qui trouvaquel?-
cque refroidissementdans
les maniérés du CavalierJ, >» ensoupçonnaauflitoftla
cause.Ellç pritgardejqu^l
navoit plus auprès de sa
joçurces airs enjoiiez & lu
:bres qu1a-vou pris tantdç
ibis. Elle les .voyait embafailes
fitor quoleursyeuxfe
renconcroienr,ôçla contrainte
qu'ils s'ilup.osoient
J'un & rau.tre Ce lon les. div,
veerrescess'vy-ecuuëc1iCq¡uUt\lleessoobbHli--
geoient de s'observer, luy
fut enfin une indice de la
rrahifonqui lay cftoir faite.
Commeelle estoit ficre,
elle s'en feroit volontiers
vengeeenle prévenant par
ion cjungejnçncjmaisd
Je avpird£ fort peu de biens?en renonçantan
Cavalier elle
n'etoitpas furedexroirver
un :aurrc:fPareilquil'eust
confoléc xfesr avanrao-es
qu'elle auroit perdue ERllfe
rsfolut de dissimuler;& fc
Contenta desoulager ses
-t,' chagriné par- ; -, - ]4ùes quelques
plaintes qui deconcercerent
le Cavalier. Le troublequ'il
fit paroiflre suc
un aveu de son crimeelleen
tira desconfequettces
qui lui firent examiner
de plus prés tous lesfujers
quelleavoit de fe- deffier
de on amour.Leunma~-
riage ne se devant faire
quaprès cWEculcer lc+
vees touchantLr charge
qiriti vouloir-avoir'elfe
découvrit qu- ne teneit;
qu'à luy de les voir finies,
f&aqisuoeitlnesaiosbtrsetnacelpeosuqiuro'ii^eyn*c
avoir aucun autre fondée
mène que le defilein de gau
gner du terni. Remplie dfe
tous cés fouprons, & vouw
lanceftre* cclaircie dece
qu'elleapprehendoit relfe
pria son pere & sa mere
de vouloir presserlescheM
ses, leur faisant connoistre,
[ans leur parler de sa
foeur, ce qu'il y avoit
.4.r~q~~:~fqer~nT.
jypbftin^i<pn,4^Çav/alter
fur- les prétenduësdifficihi^
rez de la Charge avoic déjà
commencéàleur devenir
suspecte.-jlç, renrreriQrenten
particulier., & luy
dirent, que comme ilsl'a*-
voient logé chez eux >oni
lqïiuuarrnt^ijejrrodipc,..;dvaonirs'&tolountg^te-
.cçpips ^jiffçrpr le mariage
^IpAÈ p#i^^oit cpnvena>>;
que pour;:einpe^her.Iç?
fafcheu* difcoursril falloir
longerg terminerçette.af- fajre«Reliait mile.
fcefoin
-
d'attendre quileuft
fini (on autretraite. Le Cavalier
ne balançapoint far
le parti qu'il avoit à prendre.
IL leur repçjiditqu'il
se sôuvenoit dela, parole
qu'il avait doppée
, &
qu'il Tâ tiendrour avec joïç
en telteras qu'il leur plairoit*,
quilayoit promis d'entre
leur Gcndre., & qu'ilse
feroit un bonheur de le dc<-
venir, mais que ce feroit
en epousant la cadette pouf
qui il sentoit la plus violente
passion
;
qu'il trouçvoit
enelle tout ce* qui
pouvait lesarefairejq1!s
l'humeur de son aisnée êtoit
si peu compatiflante
avec la tienne , qu'elle rre
'hpeouurerurxoitque'terendre trial- ; Ce ques'ils rIl
soient ce qu'ildemandôté
aveclescplilsinftanresprte^
res; ilférdft côntrainrd'é (h
étirer.IlTenirStcette reponsèavec
tant de fermeté
,& toutcequ'ils purent
ce defleirieue si peud'efset,
quene voulant pas rifquer
une si bonne fortune,
ils se virent obligerde conïcntir
a ce qu'il voulÙr. La
feule condition qu'ils exigèrent
»fut que lachofe lè sirau.plustost&eri fçcrct,
afin Que l'aînée fit moins,
éclater."son rcfTehrimenc
quand elleapprendroic
luip injnftice-qui n'auroic,
plus de remède. Le transl
port qui l'obligea de se jet-l'
tera leurspieds pour leurs
rendre grâce de ce qu'ils
faifoiencpour luy, leur
fut une preuve dekvio-''
lence avec laquelle il aimait.
Ils direntà Angélique,,
que quelques raisons -'"~- :jl ¿Lt.,
q'u'Us eutreht: puappoftrf,
le CavalierNettoie si bien
mis en ceste de ne fc poins
marier-quiIn'tut traJcedc làCharge*qu'illeuravQÎt
este impossible den rien
obtenir.Elle compritce
vouloic direrirt refu?
siobstine, &ejifiic,p(qiie'c
audernierpoint: Cependant
toutseconcerroit fccfrecëitientpôurle
mariage
ifaCavalier & de la cadette,
6cil nemanquoitpoor
l'achever qu'une oçcasion
d'en faire la cercmonie
fins queJîaifnécenpu£k
«Tien^fçayoir.cElliBts^ôfffio
favorable peude joursa
persétosi.sU:-nteeDndamreemdeonntfacimelelcea^,
la priade lui tenir <comp&ȣ
gniedansune partie»de*
promenade qui l'enga- - géoît'àallerpasser^queU:
quesjours ala campagne,
Angelique y alla; &euch
assez de forced'esprit pourd
se rneitreaudessus, der fc*:
chagrins ,y;pàroiftra
d'une humeur toute char,s?
mante. Onluy dit qu'onr«
voyoit bien que lajoye
unmariage prêssà;fefai^*
re iiotkmit :au.JJr belles 4c>
grands sujetsd'en~
rrient 3c f>&ur affoibiir la
bèiïf^ÙfcÇftoic
:'1;W ~po~ sép^#;
<yi,'ori jugeoiemal d'elle;
qu'il falloitpourlatoucher
dfccçrtgînçft çp^plaiJàtW
ççsScéc^rpu^s,4'efpri^
qu'ellen'avoit potfiHfcotfivc
dans le Cavalier ;&que
]$&€&>&$tf/a^pkfbC ji;G-
''¥tt.,..Jà-, traîne
!
çnlon.
gwàF que .paw <~J)~
vouioitl'engagerà épothsersa
cadette.Un vieux
garçonfôrc riche,$c re-
.-, : ve stu
Veftj d'une Charge plus
côn(lderab!e, que; cele
^orn^le*CavalierttrakoiC",
itïi'dieeirriant^que quoif
qi/ft eûttousjours esté indiffèrentpoarle
mariage-,
41 vouloiravoir ces tou«s
dVfpm^qui^lmplaifq»erft
tartr,afin de luyoffrirses
*fcrviccssSe quepourles
^cotîi'pîaifiincc^illoy-ii#ok
'aisëifcritépondreîAng^-
lliquéluyrepartit''-¡Ual'-eR
'riant,quelleavoie cm de-
* cûcfâïr'c&luyoc-quï^ftolc
"ftfoftde Ionjgé&É1, faqu^
liotit premire
3*
iïij seroient
^(Tezl'undel'autre;
Surcepies la levietbQ£±,
t~fipç£jçnf4iar>çnj&$dce*uixdjoeus.rdsçruccoemubïfmeunAmant
declaré eç
die à une maistresse;ilgoû-
~asi bien foû-efpric,que
malgrétoutes lesresolutions
prises de demeurer
toujourslibre,il parla eafin
4cnnnfafriâge, Cetteproposition
fut ct.ua
d'Angelique. Elletrouvoit
un rangquicontetoitson
~M;AtPIC,
me à^ui elle '^ouviic foa
•;
ccçw*entrai dansla contu
sJgacejàp;vieik Officier è.ôç
luyfitpromettreque puisqpril,
scîlcrit;déclaré avec
son amie
,
ilen iroitfaire
la demande dans les fox?
mes apressonretour. Ao*
gelique estantrevenue ccçrmnrta à rscoynn pp~e~ree lr'eenn9g'aaggce,4.
ment ou l'on s'estoit mis
pourelle. Lemariagje de
lacadetteestoitfait;ce fut
• pourJuyune joye sensiblé
de voir finir plustost qu'il
f}cTayoit.^çnirembarrai
de te cacher. Cetteadroite
filledissimulant son reflet^
"timénr, ~tWIia deserendre
coure aimablepourle Cavalier
,afindereveillerson
: amour,&deluydonner
parlaplus de regret dela
perdre. Le lendemainelle
remarqua sans estreveue,
que le Cavàliers'èstoitcouole
dans sa chambre délà
soeur,&que la porte en
avoit esté au{fitbftrFerm'éei
Si elleeut ladouleur,elle eut de la joye en meflriè
temps de ce que sa
I
foeur faisant 0"det
avancessiindignesd'elle,
mettoit leic-al
valier hors d'estat de la voirloir,
pour sa femme.Cetre
penséelui remplie l'esprit,
E|lcçrutqfi'ilr^fufepait de
l'epouseraprés les ofreurs
qu'il enavoit obtenuës, &
qu'ainsielle seroit vengée
&d'elle&deluy, quand
son mariage avec l'Officier
ne laisseroit plus. aucun
prerexteà son pere de garder
leCavalier. CetOfficiertintparole.
Onavoit
esteaverti de savisite,& le
Cavalier qui la sçavoitalia
iQUt expréssouperenville
,
&ne revint que.forttard.
L'Officiercharmédel'ac.
*
cuélquï luifut fait, nesortit
point qu'onn'eustfigné
des articles.Angeliquequi
naspiroitqu'à joüir de
vengeance ,
attendisà G.;,
coucher que leCavalierfust
révenn. Apresluiavoirfait
quelquespUimes.delan}*-
niere dont il en usoit po^fc elledepuisquelque rems,
elleajoustaqu'elle lavpiç
timens favorablesqu'elle
luy avoirmarqué d'abord,
qu'ellevenoit ;d£/eagagejf
à un autre,&qu'un Contrat
dem~gc~~sa
separoit pour jamais. Ilseignit
vivejnençxogtçhiî 4e_cy tte
nouvelle. Augeiique pleinede
son triompheenlevoyant a-iii1
accablé, le quitta sans lui donner
letemsde répondra,c'étoit
ce qu'if avoitsouhaitté.Ilse
coucha forttranquillement, Sç
le lendemain comme il l'avoit
concerté avec sonbeaupere ££
atec sa femme,ilalla
chez
un
amidans un quartier éloigné,
oùildemeurajusqu'à ce qu'on,
~çût:sais;lemari^gplÀng^ljqu^
qui imputa cette retraité a'fj>n
deseespoir ,en
.-
sentir (a Vanité
agréablementflatée. Elleépousal'Officier,&
deuxjqursaprés.
le Cavalier revint auprèsde sa
femme. La nouvelle mariée ne
l'eûtpasplustost appris,qu'elle
alla trouver son pere, & luy fit
connoitre le péril où Julie eftoit
exposée s'il gardoitchez
luyleCavalier.Son pereluy
dit, que puisqqu'elleavoittout
sujet d'estre contente, il estoit
pesruadé qu'elle aimait sa soeur
pbur prendre partà ses avanta
ges ; après quoy illuyexpliqua
ce quiestoit arrivé: Le dépit
qu'elle,eue*,de s'estrepromis
une veugeance >
qui ne tournoitqu'asahonte
,la mit, dans
ila deff>rdr6~d'éfpVjhcroy2-
ble.Elle sorit blusquement,
& depuis trois moisqu'elle est
mariée
,
elle n'a
,
point encore
voulu.voirsa soeur ,
*yf>*;!T'•ii• ! MOR TS. 91.
1-..;1 !
MessureArmand Charles
de la Porte, Duc de Rethelois
Mazarin, de la Messeraye, &
de Mayenne, Pair de France,
Chevalier des Ordres du Roy
Lieutenant General de ses
Armées, Prince de Chafieau-
Porcien,Marquis de Montcornet,
Comtede la Fere, de
Marie, &c. Grand Bailly de
Haguenau, Gouverneur d'Alsace
, & de Bretagne, des Villes,
Chasteau & Citadelle de
Brifac, Vitré&de Port-Louis.
CapitaineduChasteau de
Vincennes, & Grand Maistre
de l'Artillerie de France, mourut
en son Chasteau de la
Messeraye le 91 Novembre
1713.âgé de 82. ans; il
s'estoit demis de la Charge de
Grand-Maistre de l'Artillerie
en 1,66.9. en faveur du Duc
du Lude, & de plusieurs
de ses Gouvernemens, & se
retira en les terres.
Il étoit fiUde Charles de
la Porte, Ducdela Mesteraye
grand Maistre de l'Artillerie
&Maréchalde France,& de
MarieRuzé Deffiat; sa prq..
miere femme. Il epoulaXQ
1661.Hortense. Mancini t
fille de Laurent Mancini Chevalier
Romain, & de Hieronime
Mazarin, eoeur de Jules
Mazarin, Cardinal, Ministre
d'Ecat en France, en faveur
duquel mariage de sa Niece ill'intitua son héritieruniverselàcharge
de subtitution
de porter le nom&lesArmes
pleines de Mazarin, ce
qui fut confirmépasLettres,
vérifiées.au Parlementle5
Aoust 1 661. &, pour lors. il
quitta son nom & les Armes
de la Porte, & prit cellesde
Mazarin, qu'ila trahiraisà sa
posteritécomme on voie
qu'ils les portentau jourd'huy
Et de son mariage il eut
Charles Jules Mazarin Duc
de la Mestcraye, Pair de
France, Marie-Charlotte
Mazarin
,
femme du Marquis
de Richelieu,MarieOlirope
Mazarin,épousedu.Marquis
deBellefonds.
,
Charles Jules Mazarin, Duc
de la Mestraye a épauséen
1681; Felice Armande Charlotte
de du Fort Duras, fille
aînée du Maréchal de Duras
doncil a desenfans.
Monsieur le Duc Mazarin
estoit arrièrepetit-fils de
François de laporre, Seigneur
dela Lunardiere, qui fut marié
deux fois, 1°. A Claude
Rochar,fille d'Antoine, Seigneur
deCarinvilliers,Coriseiller
au Parlement, 2. A
Magdelaine Charles, fille de
Nicolas, Seigneur du Plassis-
Piquer. Du premier lir, ileue
Susannede la Porte,femmede
François du Plessis) Seigneur
de Richelieu, Grand Prevost
de France, & fut mere des
Cardinaux de Richelieu, l'un
Ministre d'Etat, & l'autre Atchevesque
de Lyon,& dela
secondé femme ileut Charles
de la Porte, Seigneur de la
Mesleraye, la Lunardjere, &c.
Gentil-hommeordinaire dela
Chambre du Roy, qui epousa
Claude de Champlois, &
il en eut plusieurs enfans, en,
tr'autres, Charles de la Porte,
Duc da la Mesraye, Pair
& Maréchal de France, pert
de Mr le Duc Mazarm.
Messire Jean,Comte de
Gassion,Lieutenant des Gardes
du Corps du Roy, Lieutenant
General de sesArmées
Gouverneurdeu Mezieics,
Chevalier de l'Ordre de S.
Louis,mourut le 26. Novembre
a servi avec beaucoup de
distinction en Allemagne
&en Flandres.
Ilestoitsiss de Jean de Gassion,
PresidentàMortierau
Parlement de Pau, & de Marie
Befrade, & neveu de Jean
de Gaffion MaréchaldeFrance
qui mourut àArras le zl
Octobre1641, d'un coup
de mousquet qu'il receut à la
teste le 28 Septembre precedent.
La famille de Gassion est
tres-considerable enBearn,
qui desccnd de Guillaumede
Gassion,quivivoieen 1499
& qui étoit Sénéchal du Païs
d'Olleran&de Sauvesertepere
de Jean de Gassion qui fut
employépour traiter de la
rançon de HenryII. Roy de
Navarre, auprèsdel'Empereur
Charles quint en 1525.
le traité fut fait pour 30000.
écus d'or. Mais les Agens de
l'Empereur voulansaugmenter
cette convention, il employa
l'argent pour gagner
ses Gardes, & lui procura sa
libertépar stratagême. Jean
Gassion son fils fut Procureur
General au Conseil Souverainde.
Bearn, puis Maistre
des Requestes &- President a,
Mortier auditConseil
,
&'
Chef de la Reine Jeanne de
Navarre, mere du Roy Henry
I V.. Roy de France & de
Navarre,c'estoit le bisayeul
deMr de Gaffion, qui vient
de.mourir. Cette famille ,a
produit des pcrfonncs
qui se font distinguées,
tant dans la Robe que dans
l'Epée, Pierre Marquis de
Gabion,rière de cciui qui
vient de mourir, a cfté Consei
ller d'Etat,premier Presiudent
à Morcici au Parlement
~eBearn, qui de Magdelaine
Colbért du Terran ai eu p!ufîtfurs
ensans,faîné,Charles
Marquis de Gassion, Capitaine.
Lieutenant- des Gendames
,de Mr leDuc Je
—Bourgogne,fut ruéà Hochtér en 1704.& PPiieerrrrce. AA rrmniaanndd
Marquis deGassiort; son freteà
épousé en 1708.la fille
de Mr Darmenonville. 1
MessireJacques Lynch;
Archevesque deTune, Metropolirainde
ta Province de
Conaughc en Irlande, ci devant
Aumônier honnoraire
de feu Charles Il. Roy dtECpagne,
mourut à Paris le zg.
oaobreJâgé-d'environ cene:
ans.
Le Prince de Toscane, fils
aîné du Grand Duc de Toscane,
mourut à Florence le 5.Odtobrc, âge de JI. ans,
après une longue maladie. Il
n'a pointeu d'enfans de son
mariage avec la Princesseon
epouse , soeur des Electeurs
de Baviere & de Cologne.
t McflireLéonde Mazoycr ,J
Seigneur de Verneuïl Moulinro>
n,&c.Gentil- homme ordmaire,&
Ecuyer de Madame
la Diuphinc, mourut en son
ChaftçaudeMoubgnonle ;
Novembre17?3.
Mr MarcAntoine Goder,
Marquis de Soudé, Chevalier
de l'Ordre MilitairedeSaine
Louis, cy devant Capitaine-
Lieutenant des Chevaux Legers
d'Anjou, mourut sans
alliance le 18. Novembre âgé.
de 41. ans.
1
Nicolas Chupin,Consc)'Iler-
Secretaire du Roy, & cydevant
Tresorier général du
Marc d'or des Ordres du Roy,
mourut le n. Novembre.
Mrr. Nicolas le Grain, Chevalier,
mourut le même jour
il. Novembre, âgé de 81.an,
laissant pour fille unique de
feuë Dame Anne Guyet, Dame
N. le Grain, mariée à Mr
Boucher d'Orçay, Maistredes
Requestes
,
fils du Conseiller
d'Etat.
Mte Antoine de Broiiilly,
Marquis d'Herleville,cy devant
Lieutenant général pour
le Roy, Gouverneurdes Province,
Ville & Citadelle de
Pignerol
, mourut aussile 21. Novembre..
L, ,~
Extrait de la Capitulation du
' Cbajleau &des Forts dela
faille de Fribotttg
,
accordée
le i C, Novembrepar Mr le
Maréchala Duc de Villars
commandantl'Admit-, du
O ,'':- Ue le io. Novembre
forcironr desdeux Cbâ.
teaux & des Forts les deux
Garnisons, avec toutes les
marques d'honneur, fous le
Lieutenant général de Bataille
Baron de Wachtendonck, les
deux Commandans de Hanftem
& de Dominique
, tous
les Officiers, avec leurs Dpmeftiques&
équipages qui feront
conduits jusqu'au Camp
Imperial de Rotweïlen Sua-
Le, dans quatre ou cinq
jours. Que,;sixpicces de Canon,
marcheront à la teftc^fçavoir;
.trois,de douze,&trois df six
livres de balle; qe plus quatre
Mortiers decent, 4 trois de
soixanielivresavec la poudrare,
boulet*, bombes & atti-
raiUlss~aeeçccefÙlaaijrrcessppoourur tirer cinquante
coups, aussi bien que
pour toute l'Infanterie & les
Dragons;& pour chaque
Grenadier cinq grenades.
Que cette marche commencera
par les équipages
suffisamment efcorrcz, qu'on
rendra le jour
-
d'auparavant
tous les équipages pris dans la
Ville, meubles & hardes, &
autres; qu'on rendra de bonne
foy tous les chevaux pris
& tource quiappartientàcette
garnison
,
& que la quantité
de chevaux & chariots
dont on a besoin fera fournie
gratis pour le transport jusqu'audit
Rotweil.
Qu'on emmencra librement
tous les Documents &
Ecrits qui font dans les deui
Châteaux concernant les Archlves,
& d'y pouvoir join*
dre ce qui pourroit efire de
plus dans la Ville appartenant
à cela.
Que cous ceux qui voudront
sortir de Fribourg foit presentement
ou dans l'espace de
troismois, comme cela ro
comprend dans toutes les Capitulations
d'honneur, il
leur foit permis, de vendre"
leurs biens - & d'emmener leurs
bagages
j avec les Paflfeports necc:& queJdans ccc
aitick puiflefu cftre/compris
Mrsde ta-Rcgenoe,&c.
- Que lesOfficiers &soldats
malades .& blessez puissent
rester à Fribourg, logez grads.
cbez.les,Bburgeoisravec
les Chirurgiens & autres, pout
cfsfetvir, recevant leur pain
dcïla.farinelaâffée pour ce
fitjet, Çivlesraedjcaraen^idi
mème>, jufipàce;qu'ils
firent en état de partir avec
Passeportspour se rendre à. leursCorps.*
;.
Quetousprisonnierstant -- -
ceuxqui ont csté- lignesyquependantlesiege,
.& cous ceuxqui sont restez
danslaVille, feront rendus,
avec leurs habits & armes.Il
nesera point permis en fortant
de tirer aucun foldac
hors de son rang ou de lccLébaucher
, excepté les defefteurs.
Qu'onmontrera de bonne
foy toutes les minesxtouïg^
l'artillerie &tous les tvivrcs"
qui sontdans les deuxChaf-
, teaux.
, - Que la garnison fera
«
pourveuë de pain pourcinq
jours. ijulqujLRowcil : &
rconime les fours des ChaslVtaca,
uoxninellessulfffeeisrean.tcupiarsepdoaunrslcae- Quelesdettescontra"-,\:f
par lesOfficiers ou--auticsi,
dont-oa^exceptelesvinyja -
viande,le bois& cequ'ila
fallu prendre pour la nourriture
du soldat, & l'usage du
siege ,ce qui ne paye pas, on -
laissera pour les deux premieresclasses
le sieur Dalberdoff,
premier Commissaire
des guerresen ostage, jusqu'à
ce qu'on aurasatisfait,
& on n'éxigera point d'autres
ostages parmi les Officiers.
Qu'aussi-tost la presente
Capitulation fignéc ,on envoyeraun
courier au Prince
EugenedeSavoye, & autre
, pour avertir de la marche
decettegarnison, à
^atvrcil, ( •:: • Qu'oncedera enattendant
la sortie
,
le petit Ouvrage
,,qui est devant la porte de
ceChasteauàlamoitié dela
contrescarpe verslaVille:au
Fort S. Pierre, l'Ouvrage £
, corne&laRedouteattaqué,
^aueiid^flc ^;ciue tca)~ f
deuxôtagespour N4'Jtë LieutenantColonel
Iberaker,&
Mr le Lieutenant Colonel cPErp#<-Jf..1
La Garnison 'n'tfflpfortifc
que le 2.2.ï£aufe3dunY^tfvrfs
temps. Elle ¡ estoit iëltipofefc
ec prés dé?f£|>tVrtitfehbfenm^s»,
& étoit de treize milleau
tommcncerhent du SkgÊJ
Le 31 Octobre Mrle Comte
d'AttatjnattLleàtèriirtft ~~raf~A~~aa~~
^ftWnt1CIÉjètir' àrîtetrâtid^efe
^cfrtbotrtg/fîrattaquer par
d^drcii^Mttnïrèirt le Maré-
^hàtdcrViîfets fàPdcitt(i^ltmë>
laquelle sur emportée dans
l'instant par la valeur des
Troupes, quoy que deffenduë
par cent cinquante hommes
des ennemis qui futent tous
tuez ou pris.
Le lendemain matin on vit
un Drapeau suc labréche, 64
danslemoment Mr le Çrîfticd
d'Artagnan l'estant allé reconnoistre,
s'en saisit, & des
autrespostes. Il entraensuite
dans laville avec quatreCom
pagniesde Grenadiers, & donna
de sibons ordres qu'il
sauva le pillage. Le Baron
d'Arsch,Gouverneur dtJEti4
bourg, envoya le sieur de
Wlinkfoton au Prince Eugene
en son Camp de Mulberg
, il revint le 10. Novembre
au soir. Le lendemain,
le Baron d'Arsch l'envoya au
Maréchal de Villars, auquel il
proposa les conditions pour
la Capitulation du Chasteau
& des Forts, dont une partie
fut refusée. Surqupy le Baron
d'Arsch ayant fait sçavoir
qu'iln'avoit pasun Pouvoir
aâèr grand du Prince Eugene
pour conclurreàd'autres
conditions,demandapermisÛoA&
renvoyerkn}craeùof
sicier
sicier au Prince Eugcne
, ce
qu'onluy accorda. La suspension
d'armes fut prolongée
jusqu'au 15 àcondition que
les Assiegezmettroienttoutes
chosesen état pour l'attaque
du Chasteau& des Forts. On
mit enbatterie vingt-huit
mortiers« & soixantepiSeces de
canon, & on pouffa des
boyaux de communication
aux endroits necessaires. Les
Assiegez voyoient faire tous
ces travaux sans s'y opposer.
Ils envoyoient du Chasteau
des provisions aux malades
& blessez, aux soldats, aux
femmes & aux enfans & aux
valets qu'ilsavoient abandonnez
dans la Ville. Le 13.
Novembre le feu Ce mit par
accident à l'Arsenal de la Ville,
lequel a esté brûlé.
Supplement aux Nouvelles.
On mande de Vienne que
les maladies diminuënt de
jour en jour, que l'Archiduc
a fait écrire aux Seigneurs
quis'estoient retirez àlacampagne,
de revenir à Vienne;
que le Regiment de Bareith
quicampoit aux environs de
cette Ville
,
s'estoit mis en
marche pour aller prendre des
quartiers d'hyver en Baviere.
Les Lettres d'Andrinople
du 3. Otlobrc portent que
les Ambassadeurs du Czar
avoient demandé leur Audience
de congé
,
qu'ils avoient
esté envoyez au Reïs
Effendi, ou Chancelier, qui
leur demanda s'ilsn'avoient
reçu aucune réponse de leur
Maistre sur diverses demandes
qu'on leur avoit faites,
entr'autres du payement du
tribut au Kam des Tartares
que les Mofcovitcs avoient
autrefois accoûtumé de luy
payer, & de la cessiond'une
partie de l'Ukraine ; que les
Ambassadeurs Moscovitesavoient
répondu qu'il n'avoient
reçu aucun ordre sur
ce sujet, mais qu'ils s'engageoient
d'envoyer un Courrier
au Czar pour sçavoir sa
resolution ; que sur cette réponse
les Turcsavoienr fait
remener les Ambassadeurs à
Constantinople pour estre dt
nouveau enfermez dans le
Chasteau des Sept- Tours, 6
que le Palatin de Masov
Ambassadeur de Pologne &
l'Envoyé du RoyAuguste
estoient gardez chezeux fort
éttroitement. Ces mêmes Lettre
s portent que le Rcïs Efsends
estoitallé deux fois rendre
visite au Roy de Suede à
Demir Tocca,qu'illuy avoic
offert del'araent & toute forte
*d'assistance de la part du
Sultan. On écrit de Ham-
»
bourg que les Troupes Danoises
qui gardoient les ave.
nuës de certc Ville,s-'estoient
retirées à Octensen ; de sorte
que la communicationest prélentement
libre avec la Ville
d'Alrena; que la marche des
Troupes Prussiennes qui devoient
venir en ces quartiers
a esté diversée : cc quidonne
sujetde croire que les différends
touchant larectitution
des Etats de Holstein-Gortorp
feront bien-tost terminez.
Les Lettres de Coppenhague
portent que le Roy de
DannemarcK estoit fort mécontent
du Traité conclu
pour mettre en sequestre les
Places de Pomeranie,qu'il en
avoit écrit au Czar, qui luy
avoit répondu qu'il ne se féparcroic
jamais de son allian-
«
ce ; & qu'il rcnvoyeroit les
Trupes en cas qu'il en eue
besoin; que la Flotte Danoise
ayant esté informée que
neuf gros Vaisseaux Suédois
paroissoient en mer, avoit
voulu lever l'anchre pour les
aller combattre ; mais qu'elle
en avoit esté empechéc par
les vents contraires qu'un
Bàstiment chargé de vivres
pour la Flotte estoit péri avec
treize hommes par le mauvais
temps.
Celles de Berlin du 8 Novembre
, portent que le Roy
de Prusse dans un Conseil de
Guerre avoir resolu d'envoyer
dans le Holstein pour
faire leBlocus de Tonningen,
une Armés de vingtmille
hommes
,
composée de douze
mille Fantassins, de cinq
mille chevaux & de trois mille
Dragons de ses meilleures
Troupes, commandées par
le Prince d'Anhate Dessau
,
ayant fous luy pour Généreux
de la Cavalerie
,
les Lieutanans
Généraux Gatzmer &
Doifling
, avec les Majors
généraux Hakkeborn, Panncwicz,
Grotte & Sibourg;
& pour Généraux de 1 Infanterie,
les Lieutenans Généraux,
Arnheime, Finch
, avec
les Majors généraux Lilren,
Gestorf,Leben & Cameke;
que le Roy de Prusse estoit
venu à Brandebourg pour
voir passeren revue les Troupes
qui dévoient semettre en
marche le 24.avec trente picces
de Canon.
On écrit de Madrid que
Don Francisco Tinajero a
presenté un Projet pour établir
une fabi ique de Vaisseaux
de guerre à la Havane, dans
l'Isle de Cuba,où en quatre
ansil en fera construit dix de
soixante pieces de Canon chacun
; que ce Projet a eslé approuve
par le Roy, quiaassigné
pour commencercent
quatre-vingt mille piastresde
revenu de la Nouvelle Espagne,
&il a donné la direction
de cette Fabrique à Don Manuel
Lopez Pintado, Commandant
l'Escadre qui doit
estre à present sortie deCadiz
pour bloquer le Port de Barcelone.
Toutes les Lettres de
Catalogne confirment que
Nebot & ses Compagnons
avoient esté emprisonnez à
Barcelone, & que les Volontaires
& les uiquelets écha-
- pez aprés sa défaite,s'estoient
sauvez, partie dans le Château
de Cardonne, & le reste
Ve rsles Frontières d'Arragon,
où un de leur parti avoit
estédéfait par les Troupes
du Roy. On mande de Naples,
qu'on ramassoit plusieursTartanes
&Bastimens
de transport sur lesquelles
doivent estre embarquez
leursRegimens Espagnols,
qui estoient dans cette Ville,
& estre conduits d'abord
à Mansredonia, & de
la tranfportcz sur les Côtes
de l'obéisance de la Maison
d'Autriche.
Les Lettres d'Angleterre
portent pue Mylord Dunmore
a esté fait Colonel du troisiéme
Rrgiment des Gardes
de la Reine ,à la place du
Comte de Lot hian, & le Colonel
Liconier,Gouverneur
du Fort S Philippe dans Mlle
de Minorque ; que les équipages
de trente Vaisseaux de
guerre avoienresté payées &
congédiées, & les trente Capitaines
mis à la demi paye, aprèsavoiresté payez &
congédiez:que le Comte de
Straford, Pléni potentiaire de
la Reine à Utrecht arriva de
Hollande à Londres avec la
Comtesse, son épouse, qu'il
avoit rendu compte à la Reine
de sesNegoriatoins, particulièrement
en ce qui regarde
les Pays Bas Catoliques, dont
Sa Majesté prétend avoir l'administration
conjointement
avec les Etats Generaux, jusqu'à
ce qu'ils soient remis à
l'Archiduc après laconclusion
de la Paix generale. Que depuis
la démolition d'une partie
des Fortifications de Dankerque
, on a envoyé or dre à
la pluspart des Troupes qui
y estoientd'aller joindre celles
qui font en garnison à
Bruges & à Gand.
On mande de la Haye que
le traité de Paix entre l'Espagne
& cet Etat est fort avancé
qu'on atrend que le courier
envoyé & qui doit arriver
dans peu, pour le conclure.
Que le Marquis de
Chameau- Neuf& les autres
Ministres Etrangers ont souvent
des conferences avec les
Deputez des Etats Generaux;
que le sieur Bruys nommé à
l'Ambassade de France se preparoit
à partir, qu'il n'attendoit
que le retour du sieur
Goslinga son Collsgue, qui
est allé en Frise, d'où il doit
revenir incessamment.
Les Lettres de Cologne du
17.Novembre portent que le
14 le Major de Vesel avoit
passé à Kempen avec trois
cent hommes pour aller à
Liege, recevoir & escorter dix
huit mille fusils & huit mille
paires de pistolets que le Roy
de Prusse y a fait fabriquer.
Nouvelles de Paris.
Le Roy a donné le Gouvernement
d'Alsace, vacant
par la mort du Duc de Mazarin,
au Maréchal de Huxelles.
Le 1 3. Novembrel'ouverture
du Parlement se fit avec
les ceremonies ordinaires. La
Messe fut célébrée par l'Evêque
de Lavaur, qui fit enfuire
un compliment, auquel
le sieur de Mesmes, premier
President répondit fort éloquemmenr.
Le Duc d'Aumont en arrivé
de ion Ambassade d'Angleterre.
& il a salué Sa Majesté
qui l'a reçu très favoriblement.
Le 30. on chanta leTe
Deum dans l'Eglise Metro- j
politaine en Action de Gra- :
ces de la Prise de la Ville & f
les Forts de Fribourg. Le
Cardinal de Noailles,Arche- i
piJf&tatiQtifurtkMufispttlàlienné&
Françoise, 3
Histoire Abregée des derniers
tremblementarri vezàManojqiie
en Provence. 63
mm):reo. rt.69GS iVf'*vtli< d*EfJ>i«ne,73
jYo*velltsd*••'<few. 8S
Nouvelles d- Warfovie. 93
Renrrétdat itA adcmie
1 0 l
Article daEn.gmes,1M
Traduction du Poëme Anvlois
sur leBalqueMr leD*If
D ** a donné à Londres le
17.Aottfî 1713. 133
Annonce. 144
Ladéfaitedes Hannetons,Poème
en deuxChants. 145
Second Chant. ij3
Extrait d'une Lettre de Fribourg.
1co
ObjervationsJur les changemens
du Baromttre., par rapportait
temps,cme. 1c3
DonsduRoy.- 167
Le Ver luisant,l'Abeille&le
Ver àfoye,Fabh.173
Hzftoriclle. 207
Qualité de la reconnaissance optique de caractères