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1713, 08 (Gallica)
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GALA NT.
A 0 VSTi7ij.
A PARIS,
M.DvrCrXilI
-dvecPri.C> du Roj.
t4Tr«-
MERCURE
G AL AH 1'.
Par le Sieur Du F***
IAMJolisb
Le prix est 30. sols relié en veau, U
15. sols
,
broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JO L LET, au Livre
Royal, au bout du Pont S. Michel
du côté du Palais.
PIERRE RIBOU
,
à l'Image S. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GJLIBS LAMESLE, à l'entrée de la rut
du Foin, du côté de la ruë
Saint ,T^cques.
1
Il-
1 'rpriviltljivuJfrobj ÏPrivilepdfud'KOBmd..
MERCURE
GALANT.
A S. A. ELECTORALE
Monseigneur le Duc
de Baviere.
ODE.
UE d'autres chantent
ces Princes
- Qui peu maîtres de 1ç{3rsoeur,
Ne ravagent des Provinces
Que pour un frivole honneur:
Je cherche uncoeurmagnnime
Qui s'attire nôtre estime
Sans troubler nôtre repos.
UnDieubrillantde lumière
Me découvre dans Baviere
Ce vericable Héros.
Bien que terrible à la guerre
Sa valeur arme son bras,
C'est malgré lui que la terre
Voit la furent des combai*.
Aussî fage qu'intrepide,
De l'équité qui le guide Iln'écoute que la voix;
Sa bonté prévient l'orage,
Et ne cede à son courage Que , pour défendre ses
droits.
Animé du plus beau zele,
Affable
J
humain
, genereux,
Par tout où le sort l'appelle
Il fait des hommes heureux.
Plus élevé par lui même
Qu'il n'est par son rang filprême,
Sa grandeurest sans fierté.
Quiconque le voir, l'admire,
Et ne connoît son empire
Qu'aux charmes de sa bonté.
,
Qu'on vante tadevinée
De ce Tite fortuné
Qui cïtïr perdrela jo, urnée
Quand il n'avait rien donné.
Prince, ta main libérale
Ne souffre point d'intervale
Qui te dérobe un seul jour.
Merveille au siecle où nous sommes
!
Digne du respect des hommes,
Tu neveux que leuramour.
Vainement d'intelligence
Avec l'orgueil des Cesars,
Le sort tromcpa tea vai,llan- Et quitta tes écendars.
Au dessus de ses caprices,
Tu soûtins ses injustices
Sans perdre ta fermeté.
Quels bienfaits tu vas répandre,
Aujourd'hui qu'il va te r-endre
Plus qu'il ne t'avoit Até.
Je vois le Dieu de la Seine
Ates (peaac les pompeux.
Tour Paris est dans Surêne
Où tu rassembles les jeux.
Un monde qui t'environne
Vole autour de ta personne,
Te suit du coeur & des yeux.
Les Muses t'y font hommage:
Par ta presence unvillage
Devient le séjour des Dieux.
Là ranimant les delices
Dont Mars émoussoit les
,
traits,
Par d'agreables premices
,
Tu nous fais goûter la paix.
Dans cette heureuse concrée
Je la vois avec Astrée
Suivre un genereux guerrier
La rivale de Beilonne
Elle même te couronne, Et joint l'olive au laurier.
Que rAllemagne persiste
A ce disputer tes droits,
Est il plus rien qui resiste
Au plus grand de tous les
Rois?
Le Ciel prend foin de sa
gloire;
Denain a vû la victoire
Retourner fous nos drapeaux.
Germains, craignez sa puissance,
- Et n'appellez point la France
A des triomphes nouveaux.
MARIAGE.
Le 31. Juillet 1713. le Comte
de Ponrchartrain, Secretaice
d'Etat, & Commandeur
des Ordres du
Roy, épousa à Pontchartrain
Mademoifclle deLau
befpine de Verderonne;
M. l'Evêque de Chartres
les a mariez.
M. de Pontcharrrain est
fils unique de M. le Chancelier-
Garde des Sceaux de
France, Commandeur des
Ordres du Roy, Ministre
d'Etat
; & de Madame la
Chanceliere, qui est de la
Maison de Maupeou.
M. leChancelier est
fils de Louis Phelypeaux,
Seigneur de Pontchartrain
, Conseiller d'Ecir^
& President des Comités
, qui ccoic fils de
Paul Phelypeaux, Seigneur
de Pontchartrain
y
fait Secretaire
d'Etat par Henry:
le Grand.
PaulPhielypeaux fut en..
voyé à Londres, y traita ôc
conc lut la paix avec les
Prices. & sur Plenipotentiaire
du Ray au Trai-té de
Lou dun.
Il ya eu dans cette Maison
huit Secrétaires dera-t.
& cinq Commandeurs des
Ordres du Roy.
Leur genealogie se trouve
dans tant d'ouvrages &
d'archives de differens Orr
-
dres de Chevalerie
,
& est
si connue aussi bien que
leurs grandes alliances de
les services qu'ils ont rendus
à l'Etat, qu'il est inutile
d'en parler ici: de plus en
leur donnant les éloges qui
leur dont dûs, je craindrois
de blesser la modedtie attachée
à leur Maidon.
Mademoiselle de Verderonne
s'appelle Helene Angélique-
Rosalie de Laubedpine.
Elle est fille de
Claude-Estienne de Laubespine,
Comte de Verderonne,
tué à labataille de
Fleurus;& de Marie-Anne
de Festard
,
heritiere de
Beaucourt, d'une ancienne
noblesse de Picardie, qui a
pris des alliances dans les
Maisons de Rubempré, de
Rivery, de Carvoisin-d'Achy,
ôc plusieurs autres des
plus anciennes de cette
Province.
Quant à la Maison de
Laubespine, elle est fort
ancienne
J
ôc illustrée depuis
prés de deux cens ans
des premieres & principales
dignitez de l'Etat. Elle
a donné à l'Eglise plusieurs
v
Prelats considerables, un
Garde des Sceaux de France
)
deux Chanceliers des
Ordres du Roy, quatre
Commandeurs des mêmes
Ordres, deux Secretaires
d'Etat sous les Rois FrançoisPremier,
Henry II. &
sous François II. & Charles
IX. plusieurs Conseillers
d'Etat,& des Ambassadeurs
dans les principales Cours
de l'Europe : & sans encrer
dans le détail des degrez au
dessus de l'an r> 1500. on remarquera
feulement que
Claude de Laubespine, Seigneur
d'Erouville, épousa
l'an 1507. Marguerite le Ber
ruyer, Dame de la Corbiliere,
& que de cette alliance
sortirent, entr'autres
enfans, Claude de Laubespine,
Baron deChâteauneuf,
premier Secretaire
d'Etat, qui a fait la branche
des Marquis de Châteauneuf-
Surcher, alliée dans
les Maisons de la Châtre,
de Neufville-Villeroy, de
S. Chaumont, de Volvire,
Russec, de Cochesilet-Vaucelas
J
de Rouvroy-faint-
Simone de Beauvillier; ôc
se Gilles de Laubespine,
qui a faitla branche des
Marquis de Verderonne. Il
fut pere de Claude de Laubespine,
Seigneur de Verderonne
,
Commandeur &
Secretaire des Ordres du
Roy,marié l'an 1593. avec
Loüise Pot, fille de Claude
Seigneur de Rodes & de
Chemaut, Commandeur ôc
Prevôt des Ordres du Roy,
Grand Maîtredes Ceremonies
de France; 6c de Jacqueline
de la Châtre, de
laquelle il eut Loüise de
Laubespine, mariée à Jean
de Montberon, Comte de
Fontaines-Chalendray
; &
Charles de Laubespine,
Seigneur de Verderonne,
Ambassadeur en Suisse,
Chancelier de Gaston Duc
d'Orleans, & marié avec
Marie le Bray de Flacourt.
Il en eut Claude de Laubespine,
Marquis de Verderonne
, qui épousa Helene
d'Aligre, fille d'Etienne
d'Aligre Chancelier de
France, & petite-fille d'autre
Etienne d'Aligre, aussï
Chancelier de France. De
ce mariage sortit lepere de
Madame la Comtesse de
Pontchartrain, comme il
aété remarqué ci-devant.
Ceux qui voudront en
être instruits plus amplement,
pourront avoir recours
à l'histoire des Chanceliers
&Gardes des Sceaux
de France, par Antoine du
Chesne
; & à l'histoire des
grands Officiers de la Couronne
& de la Maison du
Roy, par le Pere Anselme
de l'édition de 1712.
Pour Mademoiselledc.
le jour de saFête.
C'E(llaFêteilfabellt]
l\4ufe>il me faut un bouquet
:
.9
TOY que rarement j'tlp:11
Afle-mo
pelle,
Afftle-moyle caquet.
DltU des Vers, je veux
pour elle Jftr comme un perroquel
Et, montésur ton criquet,
Galopera tire-dalle.
Soûliens-moy si je chancelle;
Sur-tout prends foin de
la [elle
Oufattache un plein pfa
quet
Des vertus de ma pueelle.
Si tu veux en racourci
Safigure, la voici.
Taille entre humaine &
dtine
Ni y trop grosse
,
ni trop
fini;
Lesjeux beaux,la hou
cheatilfî; cbe au
Four le necoufjl, coussi:
Mais je l'aime bienawfî.
Je dirai deson oreille
Qu'elle est & fraîche &
'Vermeille,
Sur-tout quand la belle
rit,
Ou bien quand elle 'O
git.c Sa gorge
efl
une mer~ (
vetlle
Et, sans la p,eindre en
détail,
Celi AlhÂtre, cess émail.
Tour le resteje m'en doute;
Car ma foy je riyvois
goûte,
Et si mon inftinft dit
"Ur",,
C)encorAil 9 yvoirt (j)
geai:
Mais il ejt certaines chofeS
Qnuifour moy font lettres
closes.
Poila pour le corps. J'ai
dit;
Voyons maintenant l'efprtt.
Moins qu'une autre elle
sen pique:
Vif & doux, /impIe &
sansfard,
Il n'emprunte rien de
l'art,
Comme nature il s'explique;
Quand elle parle il pa.
raiïl,
Et quand même ellese
taist.
Je wudrois
, comme du - telle,
De
Defin coeur dire du bien:
Pour ne point trahir le
mien,
UétogQ en fera mode(le.
3e fiai qu'il est genereux,
Il est tendre) je le veux;
Ce qu'on en dit je l'avoué,
'Et fendirai bienautant:
jMaisaregret je le loue,
Et je n'en fuis pas content.
Jai mes raisons pour le
dire,
Ellesçait ce qu'il eneff>
Elle n'en fera que rire>
Etc'efl ce qui men de- ,plaist.
Sus allons, bride Pegasèy
Et pprreennoonnsr tgraarrdde aux é- e é
-J cartss
£hton s'en moque, qu'on
en jase,
Me voila monté, jepars.
W
LA TABATIERE
d'or.
NOUVELLE.
Par Monsieur de L **, ON a parlé si diversement
de la Tabatiere
d'or, qu'on croit faire
plaisir de rapporter ce
qui peut avoir engagé
beaucoup de railleurs à
plaisanter aux dépens de
la belle Provinciale qui
avoit un procésauGrand
Conseil. Voila du moins
ce quelle a avance aux
personnes qui lui offroient
du secours & des
sollicitations si le pretendu
procés ne s'accommodoit
pas. Labelle
Provinciale, qui a eu
des raisons pour fc dire
de Bordeaux plûtôt que
de Toulouse, où l'on
sçait certainementquelle
estnée, a demeuré
à Paris quatre mois,
chez une femme qu'elle
appelloit sa tante. si:
bonne tante, qui est encore
jeune, & point ennemie
des gens galans &
polis, a trés-bien reçu
pour elle & pour sa niece
toutes les offres de fervices
qu'on leur a faites.
Un jeune Marquis, trèsspirituel
& trés-aimable,
ayant trouvé la niece
fort à son gré, a imaginé
tout ce qu'il a pû pour
lui plaire; parties de Comedie,
d'Opéra&de S.
Clou ont été mises en
usage. On ne marchoit
que fous les étendars de
la tante ,
dont le plus
grand foin paroissoit celui
de lorgner une tabatiere
d'or qui appartenoit
au Marquis, &
de la garder souvent
des deux & trois jours
disant quelle aimoit
beaucoup le tabac. Les
amis du Marquis, qui
voyoient le train qu'on
faisoit prendre à sa tabatiere,
en railloient
avec lui, &C nedoutoient
aucunement qu'elle ne se
perdît, ou qu'el le ne segarât
entre les mains de
la tante ou de la niece.
Une Comtesse, qui aimoit
le Marquis,& qui
en avoit été éperdûment
aimée, ne vit qu'avec
grande peine son attachement
pour la belle
Provinciale. Elle sçavoit
les emprunts de la tabatiere,
8c étoit la première
a dire au Marquis
qu'ellecouroitde grands
risques. Il reparcoit toûjours
qu'il la sacrifieroit
volontiers,s'ilosoit seulementesperer
ce qui
excitoit l'envie de ses
amis, & la jalousie des
Dames qui parloient mal
à propos de la belle Provinciale,
qu'il assuroit
être la plus sage de toutes
les Dames qu'il eût
jamais connues. Les cho
ses en étoient là, quand
la Comtesse, après y avoir
bien pensé, pria un
ami commun d'elle &
du Marquis d'emprunter
pour quelques jours
la tabatiere, fous pretexte
de s'en faire honneur
auprés d'une Dame
à qui il s'étoit vanté
d'en avoir une de qua-
: tre-vingt pistoles. L'ami
du Marquis, à qui
la Comtesse ne demandoit
que le secret de ne
dire jamais à personne
qu'elle eust eu part à (on
emprunt, n'eut pas de
peine à lui promettre
cette grace ; & dés qu'il
eut la tabatiere, ill'apporta
à la Comtesse, qui
avoir un homme tout
prest pour la porter chez
Rondet, avec qui il convint
du prix de cinq pistoles,
pour en avoir une
de tombac qui la contrefift.
L'ouvrier qui l'entreprit
y reüssit si bien,
que la Comtesse charmée
devoir de quoy duper
sa rivale, prit aussi
le train d'em prunter la
ta batiere d'or: & quoique
le Marquis sust fort
aile qu'elle plust à tout
le monde, il se faisoit
néanmoins un mérité
auprés de la belle Provinciale
de ne la laisser
jamais plus d'un jourà
la Comtesse
,
qui ne la
rendoit aussi qu'en disant,
que tous ses amis
étoient surpris qu'il ne
l'eust pas encore donnée
à la belle Provinciale
pour gage de sa grande
passion. Le Marquis ne
recevoir pareilles plaisanteries
qu'avec un air
à faire croire qu'il defesperoit
de se voir bien
traité de sa belle : mais
la supercherie de sa rivale
donna des soupçons
du contraire;car la Comtessefinissant
un jour une
partie d'ombre avec le
Marquis, tira de sa poche
la fausse tabatiere
& la laissa sur la table
où l'on avoit jolie, en
paroissant vouloir donner
des ordres à une
femme de chambre qu'
elle avoit fait venir. Le
Marquis prit la tabatiere
sans rien dire, & sortit
pour se rendre chez la
belle Provinciale, où il
trouva un de ses amis
qui entretenoit la bonne
tante. Il crut, dés en
arrivant, que sa belle lo
recevoit mieux qu'à l'ordinaire
,
&lui montra
gaiment sa tabatiere, disant
qu'il venoit de la
retirer par un heureux
hazard des mains d'une
Dame qui paroissoit en
avoir beaucoup envie:
mais que son intention
étoit de ne la plus prêter
qu'à la feule personne
qu'il aimoit. La belle
Provinciale, qui écoutoit
avec grand plaisir
cette dec laration, affcdta
de ne recevoir la tabatiere
qu'encedant à la
violence dont il usoit
pour la mettre dans sa
poche. Le jeu de la contestation
excita un combat
dont le Marquis eut
tout l'honneur, & la
belle ne se trouva pas
malheureuse d'en remporter
la tabatiere. Elle
nes'en servit plus cependant
depuis comme elle
avoit accoûtumé
, & le
Marquis, qui n'en étoit
pas content, disoit à tous
ceux qui lui demandoient
ce qu'étoit devenuë
sa tabatiere, qu'elle
étoit chez une fort aimable
veuve, qui avoit
la vanité de ne la pas
montrer,de peur apparemment
qu'on le crût
heureux. Ce nom deveuve,
que la Provinciale
entendoit donner par le
Marquis à la Dame qui
avoit sa tabatiere, ne lui
plut
plut pas; elle croyoit lui
avoir montré assez de
quoy pretendre au nom
& à la qualité de fille
dont elle se paroit : mais
il n'en rabattoit rien, &
la veuve étoit devenuë
l'objet éternel de tout ce
qu'il avoit de malin à
débiter. Le Marquis
manquoit là de delicatesse
& de condescendance
pour l'opinion
que toutes les filles veulent
qu'on ait de leur
conduite passée ; car il
n'y en a aucune qui ne
se croye égale aux plus
fages & aux plus reservées.
La belle Provinciale,
qui voyoit le Marquis
pen fer autrement
ou fatiguée de ses discours,
ou par mépris pour
son gage, pria un ami
de lui prester cinquante
pistoles sur sa tabatiere.
L'ami la fie voir à un
orfevre, qui lui rit au
nez, enl'assurant que la
tabatiere n'étoit que de
cuivre. Il la rapporta sur
le champ à la belle Provinciale,
& lui reditce
que l'orfèvre venoit de
lui dire. Sa surprise fut
si grande, qu'elle la renvoya
à l'instant au Marquis,
avec le billet que
voici.
Jefuis hors d'état de Irvous rlen moy-même jremoy-w,-ér4e
njêtre tabatiere de cuivre;
'l)ous avez* eu grand tort
o
de me la faire recevoir
avec violence.Je vois bien
que je fuis votre dupe :
maisje menvangerai
jientôt, ou je mourrai
dans la peine.
Le Marquis reçut sa
tabatiereavec grande
demonstration de joye,
que la lecture dubillet
rendit courte; car en examinant
de prés la tabatiere,
il reconnut que ce
n'etoit pas la sienne, &
indigné du tour qu'il s'imagina
que lui joüoit la
belle Provinciale, illui
écrivit ce qui fuit.
Je comptois bien ne revoir
jamais ma tabatitre
: mais en men envoyant
un modele VOIU
detvieZ ne me l'annoncer
que pour ce qu'il est : je
naurois pas du alors me
vanter que vos presens
riont aucune proportion
avec celui queje vous ai
fait. javois tlulJi defiem
de me corriger, & de ne
vousplus appeller maveuve
: mais je ne mendédirai
jamais, &je vous
conseille de ne mepas obliger
à en dire davantage.
La belle Provinciale
avoit paru moins indignée
à la découverte de
la tabatiere de cuivre,
qu'à la lecture de la réponte
du Marquis, quellelaissa
fort imprudemment
sur un sopha,
où dés le jour mesme
elle fut trouvée par un
jeune fou, qui la mit
dans sa poche, la montra,
Se en donna des copies
à tous les gens de
son espece. Le Marquis,
à qui on se faisoit un
plaisir de les montrer,
ne douta pas que la belle
Provinciale ne l'eût livré
au public, & il ne
crut pas se pouvoir jamais
justifier qu'en montrant
la tabatiere de cuivre
34 le billet qu'elle
luiavoit écrit. La jalouse
Comtesse attentive au
dénoûment de sa piece,
& ravie qu'elle eust
reüssi
, eut encore la malice
de faire de grands
reproches au Marquis
sur les manieres qu'il
avoir pour une belle qu'il
avoit beaucoup aimée;
& avant qu'il la quittât
, elle lui demanda
quel prix il donneroit à
la
la personne qui lui rendroit
sa tabatiere d'or.
Joüez bien vôtre rolle,
lui die-elle, & venez
souper aujourd'hui avec
moy,vous y trouverez
de quoy vous consoler.
Ce discours fit un veritable
plaisir à lamant
chagrin & inquiet 5 car
faisant reflexion aux effets
que peuvent avoir
l'amour & la jalousie,
il se persuada aisément
que la Comtesse lui avoit
jolie le tour. Il revint
chez elle deux heures
avant son souper, & eut
tête à tête une audiance
si favorable, qu'aprés
avoir bien plaisanté,
il sentit sa tabatiere
dans sa poche.Il publia
dés le lendemain qu'il
l'avoit retrouvée par une
e spece d'enchantement,
& il pria ses amis de lui
trouver des Dames qui
vou lussent avec pareil
rafinement de jalousie
lui friponner sa tabatiere,&
lalui rendre avec
pareil excès d'amour.
Premiere Que/lion.
Si la presence de ce
qu'on aimcauseplus de
joye que les marques de
l'indifférence ne donnent
de pei ne.
Réponse.
Cf(k un tourment aatmer
sansêtre aimé
de même:
Mais pour un bel objet
quand Lamour ejfï
extrême,
Quels que fotent sa regards
y
ilsfonttoujours
charmans,
Etsil'on s'en rapporte aux
délicats amans,
Fust-ontyranniséparcelle
qui nous aime,
Le tyran nous feroit oublier
ce tourment.
Seconde\Quefiion.
..Ãt':..J.:-" Quelest Rembarras
d'une personne, quand
son coeur prend un parti
,
& sa raison un autre.
Réponse.
On ne peut exprimer le
trouble où l'on s'expoje,
Lors quen aimant le coeur
prend unparti
Où la razfon S'f)ppoft;
Souvent cette cruelle est
cause
Quon Je repent de J'être ,
assujetti
Aux douces loix qu'un
Eiij
tendre amour Imposè:
Mais enfin quoy qu'en si
propose,
Oj se rtpent toujours de
s'iêitre repenti.
TrojiémeQusftionï
Si l'on doit haïr quelquun
de ce qu'il nous
plaît trop, quand nous
ne pouvons lui plaire.
Réponse.
Quand ce qui nom plak
tropnesenpOIntntr y
peine,
Que ponr toucher foncoear
notre tendrejje fft
vaine,
Et qnonvoit que rien ne
l'émeut,
Tourseranger diane inhumaine
Doutets-'vom si Con doit
allerjufyiià la
haine ?
'Ifa!sans doute on le doit,
& h dépit le veut:
Mais je ne fiai si ion le
peut.
Quatrième Queïïionl
S'il est plus doux d'aimer
une personne dont
l'esprit est préoccupé
qu'une autre dont le
coeur est insensible.
Reponse.
Ilne- jf-point demeprt-s qui
nefoit roureux:
Mau cest un moindre
mal de se ruoir amoureux
D'une beauté pour totù
inexorable,
Qje àun objet qui brait
d'autr&s feux.
La gloire est grande à
vaincreune insensible
aimable:
Mais du moinsen aimantsiCon
ejtmiserabley
On ria point de rivai
heureux.
vnquiéme Question.
Si meriter d'être aimé
console du chagrin de
ne l'estre pas.
Réponse.
Qjtani dun coeur qu'on
attaqueor: manque la
rviEfoirl:
Ce q(¡."an a de mérité a
beau ptrùhre au
jour,
Le mérité sùffit pour contenter
lagloire:
Mais il ne suffit pas pour
consolerl'amour.
Article des Enigmu.
Parodie de la premiere
Enigme, dont le silos
efl un Jvlaqtereau.
Maquereau frais brillant
dans la faison nouvelle
Suit de prés t'hirondelle.
Vom>Petntres,le voymt
blanc) blets, verd)
Violets
pOUI qui fçavezj l'effet
du mélange in peinture.
^dppreneZjmoypourquoyy
vermeil par t'encolure,
Le gril de fer le rend ¡au.
ney noiry blanc de
lait;
Enfiùte un (ur/out noir
-
finit sa destinée.
Sauce noire est souvent
aux maquereaux
donnée.
A de mauvais plaisans
infpirans le bon mot,
Maquereau fait railler:
(équivoque de foi )
Alaisraillerie à part, il
pique lesgens chiche/>
Qui l'ont à bon marché,
parfois mesme à
crédit.
Il est çlus doux sans con
tredit,
Quand ileefratS &cher
vendu pour les gens
riches.
Avec force ilagitsir les
plUlparessèuxj
Tans pis pour eux.
Parodie de la seconde
Enigme.
fhabite une solide & vivantemaifort;
C'ejlî t'ecaille de ïhuitre,
ou la perle en prison.
Gens qtf.on appelle oisifs
la mettent à la chaîne.
Enfiler perle est le dicton,
Que tous les gens oisifs
devineront sans peine.
Le fer qui de la perle a
tranfperclle flanc
Nt lui jfaurait tirer de
fàng.
Quoique lefangfoin moy
coule en plus d'une
veine-
De cent petits rameaux
gorge de femme est
pleine.
L'oeilbrtltant de la perle
a7fin teint d'argent
ivif
Attirent les desirs d!4 Cor-,
faire (t) du Juif,
Qui pour l'avoir montent
l'esquis.
Lorsque de deux beaux
jeux tu vois couler
des larmes,
Perles sortentdes yeux,
c'est lacomparaison
Aux romans jadis de faison
,
Amant,souviens-toy de
mes charmes :
Mais sensouvienne qui
voudrA,
Quelque maUVAÜ Poète
IIIli:tJ)tn fouvtendra.
Cette derniere Enigme
me n'est pas des meilleures
;celle-ci vaut mieux,
& fera plus difficile à
deviner.
ENIGME
nouvelle.
Dans un lieu qui ressemble
aux coffre* de la
Chine,
Où notre allure on examine
Devant un Juge glapissant,
Vn homme en sueur nous
jugeant,
Dans de sombres cachots
nousfait entrer de
force,
jiux depensquelquefois
de nostre tendre
tcoree,
Et sans avoir defein de
nous faire périr,
Nous coupe adroitement
pour nous faire
mourir,
Et fait crier à pleine tête
Des quidans qui par nous
taAchent deJe nourrir ,1
anJcoup firir.
De maint honnêtes gens
nous faisonslamanie,
Ilsseplaisent à voir notre
peau bien unie;
Celui qui nous tourmente,
bêlas!s'en rejouit,
Et nous tourmente moins
quandlejourCéblouit.
1 QUESTIONS.
Personne n'a répondu
aux questions du mois:
precedent; cela est si
honteux pour le Mercure
, que pour éviter pareille
honte au mois prochain,
j'ai mis dans celuici
les questionsavec les
réponses toutes faites. Je
prie les curieux de questions
de me les envoyer
comme ceux-ci ontfait,
avec les réponses au bas S
car je n'ai plus le temps
de répondre moy-même,
quand les réponses me
manquent, & je crains
quellesnememanquent
souvent. -
Tranchée de la nuit du14.Juil-
./et,fY autresjours futvanSr
LeiA.Messieurs
De S. Fremont, Lieutenant
general.
Le C. de la Macq, Maréchal
de Camp.
Et Nonon, Brigadier.
Regtmtns.
Navarre, 3. bac,
Saillianr., 2.
Medoc, 2.
Souches, 2*
Le i<. MefTicurs
D'Albcrg* otty. «A
Bourc.
Dherlin.
eRégimens.
La Marine, 5.
Orleans) 2..
Perigord
, 1.
Saintonge, 2..
Dilon, J.
Le 2.6. Memm
D'Hautefort.
Verac.
Barnhoel.
Régimens.
Tallart, r.
.A lface, 4*
Hefy, J.
Leirj. Mmeurs
Surville.
Maulevrier.
Cebret.
Regimens.
Broflc, t;
Bourbon, ze
Vermandois) Z. Sorbec,,- Le 18. Messieurs
Dauvray.
De Broglio.
Hoel.
Régimens.
Poitou, 1,
RVoiicirglulca, rs,J.Z. Flandres, 2.
Le19. Mefliturs
Desting.
Roch.
Brillac.
Regtmensr Dauphin,$•
Brendelay , 3.
Chartres3 Z.
Perry, il
Le 30. Meneurs
De Cheladet.
De Mortemart.
Montbason.
Resimens.
La Gervafais, Z.
Provence, s.
Toulouse, Z.
Auxerrois, Z.
Royal-Baviere, 1.
Comme
Comme on n'avoit
pas dans le Mercure precedent
une relation exacte
ni étenduë de cctte
if , A cntree, on n'en a pu
dire que deux mots en
attendant celle-ci.
Relation de fentréede M. le
Ducd'Aamont, /fmbdfiach ur
extraordinaire de Francey à
Londres lelO. JuilLt 1713.
LETTRE DE LONDRES.
J'ai reçu, Monsieur,vos
deux lettres du 2. & du 9.
Juillet; & pour satisfaire
avant toutes choses à vôtre
curiosité sur l'entrée publique
de Monsieur le Duc
d'Aumont ,
j'aurail'honneur
de vous dire que ce
fut Mercredi IL. de ce mois,
& le premier du vieux stile.
Nous nous étions tous rendus
à Grenwich
,
dans la
maison de MonsieurRobinfon,
Capitaine du yacth
qui nous a amenez de France.
Monsieur le Duc y avoit
envoyé dés la veille
tous ses Officiers pour y
preparer un magnifique déjeuner.
Entre midi & une
heure Milord Comte de
Skardel, accompagné de
six Gentilshommes de la
Chambre privée de la Reine,
vint faire à Son Excellence
compliment sur son
heureuse arrivée dans le
Royaume.Monsieur le Duc
descendit trois marches de
l'escalier pour le recevoir,
& lui donna la droite jusqu'à
la chambre,où il y
avoit deux fauteüils, six
chaises pour les six GentilsbOiTImes,
&une autre chaise
à main gauche, & un peu
derriere le fateüil de M.le
Duc, pour M. le Chevalier
Cotherel Maître des Ceremonies.
LeComte eut la
place d'honneur, & se couvrit
avec sa suite. Il n'y eut
de nôtre part que M. le
Duc & le Maître des Ceremonies
qui furent assis &
couverts.
D'abord aprés le compliment
Son Excellence proposa
à Messieurs les Anglois
d'aller déjeûner, & leur
donna toûjours la droite
jusqu'à la salle de l'ambigu,
qui fut des plus somptueux,
sur deux tables de quarante
couverts, où l'on ne s'assit
pas, chacun mangeant debout&
àla placeoù il [e
trouva. Sur les trois heures
on sortit de la maison de
M. Robinson, & depuis ce
moment-làles François eurent
toujours la droite. On
traversa
, pour gagner le
port, plusieurs rues parsemées
de fleurs & lacour de
l'Hôtel desInvalides,oùl'on
trouvalessoldats sous les
armes,les tambours battant
aux champs
,
le Gouverneur
à la premiere porte
avec tous les Officiers, qui
vinrent faire cortege à M.
l'Ambassadeur. Toutes les
berges de la Reine étoient
la à nous attendre. Rien
n'est plus propre, ni plus
galant; ce n'est en dehors
que sculpture & dorure, &
le dedans est tapissé de velours.
Celle où entra M. le
Duc, avec le Milord qui le
conduisoit, étoit superbe ôc
doréejusqual'eau:ellen'avoit
jamais servi à aucun
Ambassadeur. Tous les
yacths de la Reine, moüillez
prés de Grenvvich
, avoient
arboré tous leurs
pavillons;il y en avoit tout
le long des cordages, &
j'en comptai à un seul plus
de cinquante qui jouent au
gré des vents. Ils saluerent
de tous leurs canons la bergede
Son Excellence, &
tous les autres bâtimens
dont la Tamise est couverteétoient
pleins de monde
jusqu'au haut des mats:
ce n'étoient que chapeaux
en Tair, & que cris reÏrerez
de hous,.boufàyJ hou.
J&y.
- On arriva vers les qua- treheures au pied de la
Tour de Londres. Milord
Comte de Northampton,
Connêtable de la Tour,fiiivi
du Commandant Se des
principaux,Officiers, se
trouva au bas de l'escalier
du gay pour recevoir M.le
Duc, & lui presenter la
main au sortir de sa berge.
Il lui fit compliment de la
part de la Reine, & le conduisit
au carosse de Sa Majesté.
C'est un honneur qui
n'avoit pas encore eu d'exemple,
& nul Ambassadeur
n'avoit été reçu jusqu'apresentque
par le
Commandant de la Tour.
Tout le quay étoit bordé
par les gardes de la Reine,
la bayonnette au bout du
fil11
,
les enseignes déployées,
les tambours battant
aux champs, tous les
Officiers à leurs places &
saluant de l'esponton:autre
distinction sans exemple.
&qui n'a été accordée qu'à
M. le Duc d'Aumont.
Quand on sortit de la
Tour, tout le canon nous
falua au nombre de cent
quatre pieces. Voici l'ordreque
l'on garda.
Ilyavoit à la tête une
trentaine d'Anglois parfaitement
bien montez; ce
sont les marchands & les
ouvriers qui fournissent
l'Hôtel de Son Excellence.
Ils étoient suivis des gardes
de M. le Chevalier Maréchal
de la Maison de la Reine,
qu'ils precedoient,
M. le Chevalier Englich,
Maréchal des Ceremonies
lequel étoit dans le carossey
de Milord Comte de Skardel,
par où commençoit la
marche.
Ensuite les quatre Suisses
de M. le Duc sur des che,-
vaux,& aprés eux les trente
valets de pied de M. le
Duc,qui n'a voulu que si
feule Maison, & n'a pas
pris un seul homme de parade.
Ensuite deux écuyers sur
les plus beaux chevaux
d'Angleterre, à la tête de
douze pages, tous Gentilshoninles,
parmi lesquels il
y ades Chevaliers de Malte.
Entre les deux files de
leurs chevaux il y avoit un
Ecuyer à cheval pour les
conduire.
Six palfreniers à cheval,
qui menoient des chevaux
de main;deux autres Gentilshommes
de Son Excellence
marchoient à cheval
immédiatement devant le
carosse de la Reine, dans
lequel étoit M. l'Ambassadcur
, Milord Comte de
Skardel,nommé Ambassadeur
à la Cour de Vienne,
le Secretaire de nôtreambassade,
& le Maître des
Ceremonies.
Un second carosse de la
Reine pour les six Gentilshommes
de sa Chambre, le
carosse du corps de Son Excellence,
attelé de huit chevaux
gris- pommelez, couverts
de harnois dorez, les
crins tressez de rubans cramoisy
, avec des aigrettes
de plume sur la tête. Ce carosse
était vuide,toutes les
glaces levées, suivi de quatre
carosses à huitchevaux,
appartenans à Son Excellence,
& de cinq auti es carossesàsix
chevaux appartenans
à des Gentilshommes
de sa fuite, dont les cochers
& portillons avoienc
la livrée de M.le Duc. Tous
les domestiques de ces
Gentilshommes accompagnoient
à pied ces dix carosses
:
ils étoient habillez
de surtous rouges, uniformes,
& formoient une
nombreuse livrée.
Aprés toute cette pompe
suivoient les carosses à six
chevaux des SeigneursTorris
qui y avoient envoyé
tous leurs gens, & je crois
qu'il y avoit bien cinquante
carosses.
En arrivant à Sommerset
House Son Excellence trouva
dans la cour unecompagnie
des Gardes de la Reine
fous les armes, comme
à la Tour, & toutes les
trompettes de Sa Majesté,
qui avec les timbales &
tambours sonnoientdes
fanfares sur la retraiTe. Il
ne fut plus permis à qui que
ce soit de nôtre livrée d'entrer
dans les appartemens,
& Son Excellence n'eut
plus d'autres Officiers que
ceux de la Reine. La salle
des Gardes se trouva bordée
de trente ou quarante
Hoquetons en toque & en
habits de ceremonie,lahalebardc
à la main, & ils
n'en font pas fortis jusqu'à
Samedi après l'audience.
Le Comte de Skardel
conduisit M. le Duc dans
son appartement, & l'en
mit en possession; & après
lui avoir fait un second
compliment au nom de la
Reine, M. l'Ambassadeur
le reconduisit jusqua sa
chaise à porteurs, en lui
donnant à son tour la main.
Un moment aprés arriva
Milord Comte de Vvindfor,
que Son Excellence
alla recevoir jusques dans
la
la première salle, en lui
donnant la droite ôc la place
dhonneur dans la chambre
d'audience. Le Comte
s'assît, & se couvrit en même
temps que M. le Duc,
à qui il fit compliment de
la part de Sa Majeste
;
aprés
quoy Son Excellence, en
lui donnant toujours la
main, l'alla reconduire jusqu'à
sa chaise.
Toute la soirée se passa
à recevoir des visites ou
des complimens. A dixheures
le Maître d'Hôtel de la
Reine vint avertir Son Excellence
que le souper étoÍr
servi. On n'a jamais rien vû
de plus magnifique. C'étoit
une table longue, dont un
bout donnoit fous le dais i
avec un seul couvert b cadenat,
&un fauteüil de velours
pour M. le Duc, qui
étoit seul à ce bout-là. Plus
bas des deux côtez, &à
une assez grandedistance,
etoient vingt-quatre couverts
, où saffirent sur des
chaises de natte à rAn
gloise Milord Skardel à la
droite, &Milord Vvin¥or
à la gauche, d'autres Milords
après eux, le Maître
des Ceremonies, le premier
Controlleur de la Maison
de la Reine, & dans le
reste des places ce qu'il y
put tenir de Gentilshommes
François. Son Excellence
a toujours été servie
à verre couvert & en vermeildoré
par les mêmes
Officiers qui ont l'honneur
de servir la Reine. C'étoient
les Hoquetons qui
portoient les plats couverts,
& les Gentilshommes servans
qui les mettoient sur
la table. Pendant tout le
repas les trompettesnont
pascesse de sonner: on a
bû toutes les fois à la santé
du Roy,& celle de Sa Majessé
Britannique, & celle
du Roy d'Espagne. Ces santez
ont été bûës debout &
à découvert. Ensuite on a
bû les santez de Monseigneur
le Dauphin, de
Monseigneur le Duc de
Berry, de Monsieur le
Duc d'Orléans, & de Milord
Grand Tresorier. Je
vous avouë que toutes ces
santez n'accommodoient
pas lamienne: c'étoit un
vin de Volney très vif, ou
un fin vin de Champagne,
qu'il faloit boire pur & à
plein verre. Il y a eu six
repas servis avec cette magnificence
,
sans compter
une autre table de plus de
quarante couverts pour les
autres Gentilshommes,qui
ne pouvoienr tenir tous à
celle de M. le Duc. Cette
table,dont M.le Maréchal
des Ceremonies faisoit les
honneurs,étoit servie comme
la premiere par lesOfficiers
de Sa Majesté. Cette
grande Princcesse
, qui ne
dédaigne pas d'entrer dans
les moindres détailsen nôtre
faveur; a donné ordre
qu'on servît la plupart des
plats à la Françoise
,
& a
bien voulu envoyer en
France chercher toutes fortes
de vins, de confitures
seches & liquides.
Outre ces deux grandes
tables, il y en a eu une autre
pour les douze pages &
leurs gouverneurs, servie
avec la mêmesomptuosité.
Enfin l'on peut dire
que tout a répondu à la
magnificence d'une si grande
Reine, & que toute la
fête a été veritablement
royale.
Le Samedi l'aprésdînée,
sur les six heures du soir,
Milord Comte de Salisburi
est venu prendre M.l'Ambaffadeur
pour le conduire
à l'audience publique. Il a
été reçu avec les mêmes
honneurs que les deux autres
Comtes, & la pompe
a été la même que celle du
Mercredi, même cortege,
mêmeséquipages,mêmes
carosses, & même foule à
nous voir passer, & même
ardeur à [e battre pour rzmasser
l'argent du gencreux
Ambassadeur.
A la porte de saint James
Son Excellence a été
reçûë par le Chevalier Maréchal
, par le Maréchal
des Ceremonies, ôc par le
Concierge du Palais, avec
leurs bâtons de commandement
à la main, les Gardes
de Sa Majesté fous les
armes,enseignes déployées,
les Officiers saluant
,
&
les tambours battant aux
champs, même dans le Palais
de la Reine.
Les
Lesvalets de pied de Son
Excellence ont été rangez -
en haye tout le long de l'escalier,
les pages ont entré
dans la salle des Gardes.
M. le Duc a été conduit
dans la Chambre du Conseil,
en attendant que toute
sa fuite fût rassemblée:alors
un Chevalier est venu ravertir
que la Reine éroie
sur son trône, c'est à dire
dans un fauteüil
,
sur une
estrade fous son dais. On a
traversé la salle des Hoquetons
, leur Commandant à
leur tête, qui a conduit Son
Excellence jusqu'à la salle
des Gentilshommes Pensionnaires
magnifiquement
vétus, tous en haye, tenant
leurs hallebardes dorées.
Milord Duc de Beaufort,
leur Capitaine
) a reçû
l'Ambassadeur à la porte de
la salle, & l'a conduit jusqu'à
la Chambre de la Reine,
à la porte de laquelle
tous les Gentilshommes
François qui precedoient
Son Excellence se sont ouverts
pour la laisser entrer
la premiere entre le Comte
de Salisbury & M. le Chevalier
Cook, Vicechambellan
,
faisant les fonctions
en l'absence de M. le
Duc de Shrevvsbury grand
Chambellan.
M. le Duc a fait une premiere
reverence dés l'entrée
de la chambre, une seconde
au milieu, & une
troisiéme aux pieds de la
Reine. Le ceremonial vouloit
que Sa Majesté se levât
à la seconde
: mais l'incommodité
de la Reine & la foiblesse
de ses jambes ne le
lui a pas permis. Avant l'audience
Sa Majestéavoit fait
écrireàSon Excellencepar
MilordDarmouth premier
Secretaire d'Etat une lettre
d'émeute
,
qui a suppléé
à la rigueur du ceremonial.
M le Duc se couvrit un
moment pour la forme, &
prononça son compliment
en presentant ses lettres de
creance. Sa Majesté y répondit
trés- gracieusement
en Anglois, que le Maître
de Ceremonie interpreta;
après quoy Son Excellence
se retira, en faisant trois
reverences aux mêmes endroits
qu'en entrant, en
marchant en arriere jusqu'à
la sortie de la chambre.
On a été reconduit avec
tous les honneurs qu'on avoit
reçus en entrant,&
l'on est revenu au Palais de
Sommerfet dans le même
ordre qu'on en étoit forci.
Aprés que le Milord Comte
de Salisbury eut ramené
M. le Duc dans son appartement,
Son Excellence lui
donna la main, & le reconduisit
en cortege jusqu'à sa
chaise.
Le lendemaindeson aa
dience étant allé à Kinsinp
on faire sa cour à la Reine
, il lui demanda une grace
, qu'il supplia instamment
Sa Majesté de ne lui
pas refuser. La Reine le lui
promit, & Son Excellence
lui dit qu'ilavoitappris que
SSaaMajestéavoit donné or- ~i !c ité avoir ordre
qu'on achetâtpour elle
enHollandeunattelagede
chevaux gris- pommelez ;
qu'il en avoit neuf qu'on
avoit trouvez passables
; ôc
qu'ilsupplioittrés-humblement
Sa Majesté de les accepter
:
osant lui dire qu'
Elle ne pouvoit s'en défendre
après la parole qu'Elle
lui avoit fait l'honneur de
lui donner. La Reine, qui
ne s'attendoit pas à accorder
une pareille grace, parut
un moment interdite ;
mais d'abord d'un visage riant Elle lui répondiot:
Monfeur le Duc,il n'y a
pas moyen de refuser une offre
faite d'une maniere si engageAnte;
d'un autre j'y pfnJerois
4 deux jots: mais devotre
part je reçois tout avec
grand plaisir. Vousjugez
bien que les neuf chevaux
avec leurs parures n'ont pas
tardé à être conduits à Kinsington.
Ce sont les plus
beaux qu'on ait vûs ici, &
les neuf ont coûté en Hollande
dix mil francs. Vous
reconnoissez là les manieres
de M. le Duc d'Aumont.
Avanthier il y eut à Londres
une fête fort solemnelle
pour le Te Deum en
musique, chanté à S. Paul
en actions de graces de la
paix. La Reine ne put s'y
trouver; ce qui diminua
beaucoup de la beautéde
la cavalcade: mais tous les
Meilleurs du Parlement de
l'une & l'aurre Chambre s'y
ren dirent tous en cortege
dans leurscarosses, que les
Torris avoient rendus fort
brillans. Le soir Se toute la
nuit il y eut des feux dans
la ville, & toutes les fenêtres
éclairées. Ceux qui n'y
mirent pas de lumieress'exposoient
à voirbriser leurs
vitres
,
& il n'yen a gueres
de celles-ci qui ayent echa<
péà la tumultueuse rejoüissance
de la mable: c'est ainsi
qu'onappelle la populace
de Londres, qui ces joursla
est la maîtresse, &' que
nulle puissance n'a le droit
ni la force dereprimer. Il
y eut cette nuit là deux fort
beaux feux d'artifice; l'un
dans Hoborn pour la ville,
& l'autre pour la Reine sur
la Tamise, entre Sommerset
& Vvitheal.
VV
Compliment de Son Excellence
M.le Duc d'Aumont
à la Reine de la
Grande Bretagne, à sa
premiere audience pu
blique,
-
MADAME,
C'ejî un moment bien illussre
pour moy quecelui ci:
dans laplus heureuse tTplus
brillante conjoncture j'ai
l'honneur de rendre à Vbtrt
MaJfjlé, de la part du Roy
mon Maitre) des témoignages
publiques de tous /f< fcntimem
qui t'attachent à votre Per- (nne sacrée. Les évtmmens
Jt me longueguerre b n'ont rien
i,
fris sur L'amitié que lhe~: liens
du Jang lui ont ln/pirée) ni
sur ctte haute confédération
qui efl due aux qualité% performelles
,
plus refpeélables
que la majesté des titres, &
que toute la puissance du
trône.
Ces fentimens3 Madame,
ont été mutuels; & l'intelligence
qu'ils ont formée entre
les deux Couronnes a dijjîpe
(esprojets des partis, def&rme
les nations de la terrey changé
la (ace des Ffiâts
,
donné de
nouveaux Rots à l'Europef
& affermi, si je l'ose aire,
la gloire même de Votre Mt.
jtflé Par des conditions dont
Elle a été l'arbitre Elle procure
le bonheur de Jes fu/ers
y
J'a.
vantagedmtJ-esalite^ C&
couronne en même temps les
grands tY mémorables evenemens
de Jon regne, dont
l'antiquiténa pas montré
J'extmple, 0* nouveaux mê.
mhe lsuirjlae tbrônee otùhre.gn4
LA France accoutumée a
trouver dans /es malheurs de
la gloire C? des rejjources , n'en bénira pas moins les con.
feils de Vôtre Majeflé. Elle
a refû avec de vives acclamations
la nouvelle d'une paix
dont la moderation st) la bonne
joy,exercées de part & d'autre
avec émulation
}
ont tranche
toutes les diffculttz &
levé tous les objlac/es.
Ces vertus, si rares dans
lestraiteZJ ont étéréciproques
dans le cours de la dermere
négociation , & elles font
devenues le ptefage (F le
fondement d'uneferme union9
qui dépose entre les mains de
Votre Majesté & dans ctllts
du Roy mon Maître la balance
de touteJ les PuiJJmcei
de tEurope.
Nouvelles d'Angleterre.
On écrit de Londres que
le GeneralEvans partit le
20. Juillet pour aller à Douvres
casser les regimens de
Pocock, de Nevvton 8c
d'Evans, qui doivent y être
arrivez de Flandres; que
le 24. tous les artificiers avoient
été envoyez à Vvol
vvich pour charger de*
bombes, & preparer d'autres
artifices pour l'escadre
qui est vers l'embouchure
de la Tamise
,
qui devoit
partir incessamment pour
aller joindre une escadre
Hollandoise,& faire ensemble
voile vers la mer Baltique,
afin d'obliger les Puissances
du Nord à faire la
paix; quenéanmoins les
Ministres des Etats,garans
des traitez de Vvestphalie,
de Travvendal & de Raenstadt,
travailloient à engager
les parties interessées à
un
en accommodement à l'amiable,
ou à les y contraindre
par la force;quele 17.
la Reine, qui joüit d'une
parfaite santé, étoit reve.,
nuë de Kensington au Palais
de saint James, d'où
elle alla à la Chambre des
Pairs ; que les Communes
s'y étant rendues
3
elle donna
son confenremenr à
l'acte pour faire circuler
douze mille livressterlin de
billets de l'Echiquier, 6c
pour lever cinq cent mille
livres sterlin destinées à
payer les dettes de la liste
civile, & à plusieurs autres
actes ;qu'ensuite elle avoic
fait une harangue aux deux
Chambres, dans laquelle
elle avoit declaré qu'elle
étoit venuë pour terminer
cette seance
;
qu'elle les
avoit remerciez des subsides
qu'ils lui avoient cidevant
accordez,&qui lui
avoient fourni les moyens
de soûtenir la guerre & de
conclure une paix avantageuse
;
qu'elle leur avoit
recommandé de faire connoître
à toute la nation les
biens qui lui en reviennent
& de tâcher de détruire les
divisionsfomentées avec
tant d'artifice, qu'il étoit
necessaire de faire voir
l'amour qu'on avoir pour la
patrie, en se réunissant
pour prévenir la malice
des personnes mal intentionnées,
& détrompant
ceux qui étoient abuiez
j
que rien ne pouvoir maintenir
la paix, que de s'attacher
fermement au gouvernement
dans l'Eglise &
dans l'Etat; qu'on ne pouvoir
faire fond que sur ceux
qui ont ces sentimens:
qu'elle esperoit trouver
l'hyver prochain son Parlement
resolu d'agir dans
les mêmes principes. Aprés
quoy Sa Majesté Britannique
retourna en chaise au
Palais de saint James. Elle
étoit suivie par ses Dames
d'honneur dans son carosse
de parade, attelé de six des
beaux chevaux dont le Duc
d'Aumont lui a fait present.
Son Excellence, accompagnée
de plusieurs Gentilshommes
de [a. fuite ,
suivoit avec deux de ses
magnifiquescarosses. La
Reine a fait distribuer aux -
membres des deux Chambres
des medailles d'or,
qu'elle avoir fait fraper
pour la paix, du poids de
trois guinées & demie chacune.
Milord Compton,Evêque
de Londres, mourut le
18. Juillet, après quelques
jours de maladie, âgé de
quatre-vingt-un an.
La Comtesse Doüairiere
de Salisbury mourut le 19.
au soir.
• Le 25.le Duc d'Aumont
donna un grand bal aux
Seigneurs & aux Dames de
la Cour, & autres personnes
de distinction
;
il fit
distribuer pour les masques
deux mille billets, dont il
envoya cinquante à Milord
Maire pour en disposer.
On y servit des rafraîchissemens
en abondance, &
tout se passa avec beaucoup
d'ordre & de magnificence.
NouvellesJtEfyagnc.
On mande de Madrid
du 17. Juillet, qu'un courier
dépêché par le Duc de
Popoli y étoic arrivé avec
des lettres,qui portent que
dans une assemblée des trois
Estats de Catalogne tenuë
à Barcelonne, le Clergé &
la plupart de la Noblesse ôc
des principaux bourgeois
avoient été d'avis de se soûmettre
à l'obeïssance du
Roy: mais que le député
de Manresa, appellé Sinos,
& quelques autres, avoient
persuadé à la populace de
se défendre jusqu'à ce qu'-
on leur eût accordé la conservation
de leurs privileges
; qu'ensuite ils avoient
publie la guerre au son des
tambours & des trompettes
contre la France &contre
l'Espagne, & nommé des
chefs pour les commander;
qu'il étoit arrivé le
1 3. un
courier de Tarragonne ,
avec des lettres trés-respectueuses
de l'Archevêque
& du Clergé, pour assurer
le Roy qu'ils étoient prêts
de se soûmettre à son obeïssance
; que les rebeles en
ay ant été informez,avoient
envoyé le General Nebot
avec quatre-vingt chevaux,
pour
pour obliger les peuples
de la campagne de Tarragonne
à prendre les armes:
mais qu'au contraire ils les
avoient tournées contre lui,
fait plusieurs de ses gens
prisonniers, & que les rebeles
n'avoient pas eu un meilleur
succés à Oftalric
; que
les troupes du Roy étoient
entrées le 1J. dans Tarragonne)
& avoient été reçûës
par les habitans avec
des cris de Vi'-tt le Roy Philippe
V. que le Comte de
Staremberg s'étoit embarqué
,& avoit fait voile avec
les croupes Allemandes,à
la reserve de quatre mille
hommes de l'Electeur Palatin,
ausquels les rebeles
avoient enlevé les bâtimens
de transportoù ils devoient
s'embarquer, & qu'ils s'étoient
campez & retranchez
sur le bord de la mer,
en attendant une autre
commodité pour leur départ.
Les dernieres lettres de
Catalogne confirmentl'entrée
du Marquis de Leede
avec son détachement dans
Tarragonne, pendant que
les troupes Allemandes en
sortoient par une autre porte.
Elles sont restées au
voisinage, en attendant
l'escorte que le Marquis de
Leede leura promise pour
les mettre à couvert des infuites
des Catalans, & aller
en fûreté joindre deux regimens
Allemans qui n'avoient
pus'embarquer avec
le Comte de Staremberg,
& qui devoient être conduits
à quelque port au-delà
de Barcelonne, où les vaiCseaux
doivent revenir pour
les transporter aussi en Italie;
que le Marquis de Leede
avoirdétachéun Officier,
avec des troupes, & un ordre
du Commandant Allemand
de Tarragonne pour
prendre possession de la
tour de Salo, située sur la
côte,àtrois lieuës de l'ouest,
de Tarragonne : ce qui a
étéexecuté de bonne foy.
On assure qu'avant l'arrivéc
du Marquis de Leede
à Tarragonne, plus de
vingt-cinq villes & bourgs
envoyerent leurs deputez
pour se remettre à la clemence
du Roy, que ceux
cjui font de Barcelonne le
feroient au ssi soûmis, s'ils
n'en avoient été empêchez
par quatre cent volontaires
commandez par Raphaël
Nebot. Les lettres de Cervera
portent que le Duc de
Popoli en devoit partir le
16. avec toute l'armée pour
marcher vers Igualada, &
de là vers la plaine de Barcelonne,
où il devoit arriver
le 24. & qu'on croyoit
qu'il entreroit dans cette
villelà, nonobstant la resolution
que la populace avoit
prise
de
se défendre. On
écrit de Girone que les
Erats de Catalogne furent
assemblez le 30. Juin, pour
deliberer sur le parti qu'ils
devoient prendre après
avoir été abandonnez par
l'Archiduc ; que le Clergé
avoit été d'avis de se soûmettre
à leur Roy legitime
; que la Noblesse avoit
été du même sentiment, à
la pluralité de deux voix
seulement: maisque le tiers
Etat,excité par les auteurs
de la revolte
J
avoit resolu
de se défendre, à moins
qu'on ne leur accordât la
confirmation de tous leurs
privileges que plusieurs
des principaux de la Noblesse
se sont retirez dans
leurs maisons, ou sont venus
à Girone, entr'autres le
Comte de Fuentes Arragonnois,
qui avoit été Viceroy
de Sardaigne; & le
Comte de Palma, qui ayant
été Viceroy de Caralogne
pour Sa Majesté Catholique,
avoit embrassé le parti
de l'Archiduc,s'est retiré à
Mattaro ; que les rebeles
ont choisi pour leurs chefs
le nommé Ragas, auteur
de la revolte de la plaine de
Vich; Buffet, qui fie revolter
le Royaume de Valence;
Nebot, qui desertaavec
son regiment & l'argent du
Roy d'Espagne; & d'autres
personnes semblables. Que
Nebot étoit sorti de Barcelonne
avec quatre ou cinq
mille hommes, pour surprendre
Tarragonne, quoique
le Gouverneur lui eût
fait dire que s'il approchoit
on tireroit sur lui;qu'il s'étoit
approché d'une porte
gardée par les bourgeois,
qu'il esperoit seduire,& qui
tirerent sur les gens: ce
qui l'obligea à abandonner
cette entreprise. Que le
18. nonobstant lacessation
d'armes, ils s'étoient emparez
du poste de Riu d'Arenas
,
à une lieuë au deçà
d'Ostalric, où il y avoir cinquante
hommes du regimenr
de Beauvoisis, dont
leCapitaine fut tué avec
plusieurs soldats, & les autres
faits prisonniers
; que
le Marquis de Leede avoir
dressé une embuscade de
six cent cavaliers à un gros
corps de Miquelets que Nebor
commandoit, qui ICSi
avoic surpris & les avoit entièrement
défdÍts; ôc qu'on
ne sçavoit pas ce qu'étoit
devenu Nebot, & que les
rebeles -de Barcelonne avoienc
envoyé au Gouverneur
de Gironne le regiment
de la Ciudad pour
augmenter sa garnison r
mais qu'ilavoirrefusé de
le recevoir, & qu'il avoit
répondu qu'il vouloit remettre
la place à Sa Majesté
Catholique. Les dernieres
lettres de Catalogne portent
que le Duc de Popoli
étoit aux environs de Barcelonne
avec son armée;
que Sa Majesté Catholique
étoit maître de toute la Catalogne
,
à la reserve de
cette Capitale &: de Cardone,
où étoient les Miquelets
: mais qu'ils en seroient
bientôt chassez.
On écrit de Torro{e.
qu'un convoy de trente bâtimens,
parmi lesquels il y
avoit six galeres, croie sorti
le 15.Juillet du port des AL
faqués, à l'embouchure de
l'Ebro, chargé de neuf
mille quintaux de farine,
de quatorze mille quintaux
de bled, ôc de vingt mille
d'orge & d'avoine pour
Tarragonne.
On mande de Madrid,
que le Comte de Montijo
y eH: arrivé d'Utrecht, avec
la ratification du traité fait
par les Plenipotentiaires
d'Espagne aveclaReine de
la Grande Bretagne, le
Duc de Savoye & le Roy
de Prusse ; qu'il y passa il y
a quelques jours un courier
venant d'Utrecht, & allant
à Lisbonne, au sujet de
quelques difficultez qui retardent
la conclusion de 1$
paix entre l'Espagne & le
Portugal;que le Duc & la
Duchesse d'Albuquerque y,
étoient venus, leur affaire
ayant ece terminée, moyennant
une lomrne considerableque
le Duc a apnnée
au Roy pour les dépenses
de la guerre;& qu'il y étoit
arrivé un convoy d'argent,
qui est le produit de l'induit
de huit ,& un quart
pour cent,dont on est convenu
avec les interessez sur
les effetsde laflote. Il consiste
en sept centmille piastres
,
dont deux cent mille
sont pour les Officiers, &
les cinq cent mille autres
pour le Roy, qui les a fait
porter à la Tresorerie generale
de la guerre.
,
Nouvelles etAllemagne.
Les lettres de Vienne du
29juillet portent qu'une
partie des troupes Allemandes
de Catalogne étoient
arrivées à Genes; qu'elles
seroient suivies par le reste
vers la fin du mois; & que
le Baron de Regal, Lieutenant
general, devoit incessamment
partir du Milanés
avec son regiment&
celui du General Staremberg
d'infanterie, & celui
de Hautois de cavalerie,
pour venir en Allemagne,
& marcher ensuite vers
l'armée du haut Rhin.
On mande de Berlin du
17. que le Roy de Prusse
avoit fait déclarer à la Diete
de Ratisbonne qu'il ne pouvoit
fournir à l'armée de
l'Empire que son contingent
de six mille hommes,
ayant besoin du restede ses
troupes pour les garnisons
de Vvefel, de Meurs, de
Gueldres, & des autres places
voisines, & aussi pour
couvrir ses Etats d'Allemagne
& de Prusse,àcause
de la guerre du Nord. Les
conferences qui se tenoient
à Berlin pour terminer la
guerre dans la basse Allemagne
, sont 6nies, sans
qu'on ait pris aucune resolution.
Le Prince Menzikovv
pria le Roy de Prusse
de lui prêter quelques canons
,qui lui répondit que,
bien loin de contribuer à
la
la guerre du Nord,il vouloit
employer tous ses soins
& ses bons offices pour la
faire cesser. Ces Princes
confederez se preparent à
faire le siege de Stetin, où
le Prinze Menzikovv doit
commander, pendant que
les Danois & Saxons seront
celui de Stralzund
,
dont le
General Flemming aura la
conduite. On parle diffe
remment de ce qui con-*
cerne les affaires du Grand
Seigneur avec les Moscovites.
Plusieurs lettres de
Bender , d'Andrinople &
des environs, portent que
la paix avoit été renouvellée
avec le Czar: mais que
les conditions étoient fort
dures,particulierementtouchant
le tribut annuel que
les Moscovites payoient
aux Tartares avant le traité
de Carlovvicz
; que cependant
l'arméeOthomane
continuoit sa marche vers
la frontiere pour faire exe..¡
curer le traité, faciliter le
passage du Roy de Suede,
& favoriser le rétablissement
du Roy Stanislas;que
le Kan des Tartares étoit
parti le 30. Juin pour Bender
, afin de regler toutes
choses avec ces Princes, &
aller ensuite avec eux joindre
l'arméeOthomane; que
le Divan avoit resolu de ne
point declarer la guerre
aux Moscovites;que le Roy
de Suede devoit partir dans
peu pour être conduit à
Danzick par la Pologne
avecuneescorte de sixmille
chevaux; que le Grand Seigneur
avoit accepté les riches
presens du Roy Auguste;
que les ambassadeurs
& les ôtages du Czar n'avoient
point été renvoyez
aux sept Tours; que le Kan
des Tartares étoit porté
pour la guerre: mais qu'on
esperoit le gagner par de
grandes sommes. D'autres
portent que le Grand Seigneur
avoit non feulement
donné une entiere saisfaction
au Roy de Suede touchantl'attentat
fait contre
sa personne à Bender: mais
qu'il lui avoit donné de
nouvelles assurances de toute
forte de secours,jusqu'à
ce qu'il fût rétabli dans ses
Etats ; qu'ilavoit declaré
aux ôtages & aux ambassadeurs
Moscovites que le
Sultan consentiroit au re.,
nouvellement de la paix a
ces conditions.
I. Que le Czar restituëroit
au Roy de Suede tout
ce qu'il avoit conquis sur
lui, sans aucune exception,
ôc qu'il lui payeroit une
grandesomme pour dédommagement
des pertes,
des ravages& des frais de
la guerre.
2. Que les Moscovites ne
se mêleroient plus directement
ni indirectement des
affaires de Pologne, ni de
maintenir le Roy Auguste:
mais qu'ils retireroient toutes
leurs troupes d'Allemagne
& des Provinces du
Nord par mer, sans entrer
ni passer par la Pologne.
3. Que le Czar quitteroit
le titre d'Empereur des
Grecs.
4. Qu'il rétabliroit le gouvernement-
de Moscovie sur
son ancien pied.
5. Qu'il cederoit enfin
aux Turcs la partie de l'U
kraine - qui est au delà du
Boristene & le Royaume
d'Astracan ; que les ôtages
& les ambassadeursdu Czar
avoient demandé trente
jours pour répondre à ces
propositions, qu'on leur
avoit accordez pour tout
délai; que le Divan s'étoit
assemblé,&que le Musty
y avoit parlé avec beaucoup
de force, & qu'après
plusieûrs remontrances, il
avoit conclu à faire la guerre
aux Moscovites, & que
cette resolution avoit été
approuvée par de grandes
acclamations des milices,
ausquelles elle avoit été aussitôt
communiquée; queivsuite
le Grand Seigneur étoit
allé conferer sur ce sujet
avec le Roy de Suede à
Domiska. Toutes ces nouvelles
si contraires meritent
confirmation avanc
«jue d'y ajouter foy.
DEMONSTRATION
de ïImpossibilité de la
1 quadraturedu Cercle en
nombresexaâs.
Jî, donnay au Public en
1700. dans le Journal des
Sçavans, une démonstration
de l'impossibilité du mouvement
perpetuel avec des
coprs solides ou liquides; &
cela par leur centre de gravité
commun; après l'avoir
expliquée à l'Academie des
Sciences,&ensuitedans mes
Conferences publiques. Depuis
ce tems l'ardeur pour
cette chimere a,, paru un peu
plus ralentie, aucune tentative
n'ayant paru depuis plus
de 12. années. Mais celle que
l'on a pour la quadrature du
Cercle semble croître de
jour en jour, par les productions
qu'elle fournit au Public
aussifréquemment, que
-
la recherche du mouvement
perpetuel faisoit autrefois.
Cela m'a fait penser que je
ferois peut-être autant de
-
plaisir au Public de le délivrer
de cette feconde chimere
d'une maniere qui foit
à la portée de tout le monde
, que dela premiere. Or
on fait que le Problême de
la quadrature numérique du
Cercle consiste à trouver un
quarré ou autre produit
dont la surface soit précisément
égale à celle du cercle;
& que pour trouver cette
parfaite égalité,il suffit de
trouver en nombres le raport
exact de la circonference
d'un cercle à son diametre.
Puis qu'Arc himedesa
démontré il y a plus de ijoo
ans. que la surface d'un Cercleest
égale au rectangle
compris fous son circuit, &
fous le quart de son diametre.
De forte que si l'on avoit
en même tems la juste valeur
de l'un & de l'autre, il
ne resteroit que de multiplier
l'une par l'autre, ôc de tirer
ensuite la racine quarrée du
produit, ou par les nombres,
ou par la Geometrie
pratique; cette racine seroit
le côté du quarré, dont la
surface seroit précisément
égale à celle du Cercle, si le
produit étoit un quarré parfait
; ou du moins en approchantcette
racine de plus en
plus, on approcheroit continuellement
de cette égalité
parfaite.
Voici donc maintenant
comme on peut démontrer
l'impossibilité de trouver en
nombres le raport exact du
circuit d'un cercle à son diametre.
Il ne faut pour cet
effet que prendre la progression
(4 moins 1 plus 4/5 moins
4/7 plus4/9 moins -f-¡ &c.) de M.
Leibnitz (que l'on trouve
dans les Journaux de Leipsik
de l'année 1682. dans les 2.
tomes de l'Analysedémontrée
du P. Reinau; dans la
Geometrie pratique de
M. Ozanam, & dans la2.
Edition de mes Essais de
Mathématique & de Physique)
afin de faire differentes
sommes des termes de
cette progression pris successivement
3
à commencer
au premier, ensuite des z
premiers, puisdes3 premiers,
ensuite des 4, &c.
Alors on aura différentes
fractions dans chacune desquelles
le numerateur marquera
la valeur de la circonference
d'un cercle quelconque,
& le dénominateur son
diametre, d'autant plus exactement,
que l'on aura pris
une plus grande quantité de
termes. Ce que l'on pourra
verifier en comparant ces
sommes ou fractions avec
les raports approchez de n à
7 trouvé par Archimedes,
ou de 314 à 100, qui se tire
des Tables du cercle, ou encore
de 314159 &c. à 100000
&c. trouvé par Ludolphe de
Cologne, lesquels font connus
& reçûs de tous les Geometres.
5 Or on trouve que la fomme
des z premiers termes
de cette progression 4 moins
A-y sçavoir - est une fraction
irréductible ou primitive, ce
qu'il faut remarquer. Ajoûtant
ensuite cette fraction
avec la suivante afin d'avoir
la somme des 3 premiers
termes, on aura 2 numerateurs,
sçavoir 8 par 5, & 4
par 3, & pour le dénominateur
commun 3 par 5. Or 8
par 5, & 3 par 5 n'ont pour
mesure commune que J,
( puisque 8 & 3
font premiers
entr'eux), mais cettemesure
commune ne mesure pas
4 par 3. De même 4 par 3,
&3 par 5n'ont pour mesure
communeque 3, puisque 4
& 5 font premiers entr'eux;
mais 3 ne mesure pas 8 par
5. Donc la somme des 2, fractions
* & 4/5sçavoir : est
encore irréduttible ou premier.
Otantensuite de 52/15la
fraction suivante ) on démontrera
par un raisonnement
semblable que la fraction
restante304/105 est encore
irréductible. Et si l'on a j oute
à cette derniere la suivante
; dont le dénominateur
a3 pour commune mesure
avec le dénominateur IOJ,
on aura numerateurs 304
par3,& 4par35,& pour
dénominateur commun 3
par 105 (en divisant 105 & 9
chacun par 3. ) Or 304 & IOS
étant premiers entr'eux., 304
par 3, & 105 par3n'auront
que 3 pour mesure commune,
mais quine mesure pas
4 par 35. De même 4 par 35,
& 105 par3 n'ont que 5 pour
commune mesure
?
puisque
4 & 3
font premiers entr'-
eux, de même que 4 & 9,
mais 5 ne mesure pas 304 par
3,puisqu'il ne mesure pas
304. Donc la Comme deces
2,
fractions,sçavoir \O/Slefi
encore irréductible; & si
l'on en ôte ensuite la fraction
suivante 141' il restera
la fraction "qui est encore
primitive, ce qu'on démontrera
comme pour les
fractions Ot & IL cy-
devant,
les denominaceurs 3465 &
11 etant premiers entr'eux,
puisque Iln'est pas un des
nombres premiers qui ont
servi à former 3465. Et continuant
ainsi ces additions
& soustractions alternativement
& successivement, on
démontrera que quand les
dénominateurs des 2 fractions
ajoûtées ou retranchées
feront premiers entr'
eux, leur somme ou leur
reste fera toûjours une fraction
primitive; ou si ces2
dénominateurs ont une mesure
commune, divisant les
2. fractions ou après l'operation
ou pendant l'opération
même par cette mesure commune,
on trouvera toujours
aussi une fraction irréductible.
Voici donc maintenant
une listeoutable decessommes,
qu'on a calculées feulement
de 2 termes en 2 ter-
1
mes, a commencer par 4
moins j ;
ensuite 4 moins 7
plus moins & ainsi de
fuite jusqu'à ( moins 541. )
Or il est aise de comprendre
par la comparaison de
cette fuite de raports avec
les précedents, qu'en conti,
nuant d'ajoûter les termes
decette progression Leibnizienne,
on trouvera encore
les autres raports qui ménent
au raport exact de la
circonference au diametre,
ce que chacun peut experimenterfoy-
même. De plus
on voit que quoyque les 2
dénominateurs des z fractions
que l'on ajoûte, ou
que l'on ôte ayent quelquefois
une mesure commune,
(ce qui rabaisse alors leur
somme ou leur reste)
, ces
sommes ou restes ne laissent
pas de croître continuellement
en exposants, parcequecette
mesure commune
esttoûjours fort petite; de
sorte que dans la 9e somme
cy - dessus elle n'est que de
1155.Maisilarrive souventen
récompense, que les dénominateurs
des 2, fractions
font premiers entr'eux, sçavoir
toutes les fois que celui
de la nouvelle fraction à
ajoûter ou soustraire est premier
en lui ; ce qui se trouve
autour de tous les multiples
de 6 y compris, comme autour
de (6,11,18,;o,&c.)
excepté ceux où se trouve
un multiple de 5 ou 7 par un
des nombres premiers, comme
(24,36,48,&C. ) ce qui
ne laisse pas de produire zy
nombres premiers depuis 1
jusqu'à 100. D'où il faut conclure
que la fraction qu'exprime
le raport exact de la
circonférence d'un cercle à
son diametre, est aussi primitive
ou irréductible que
son numerateur & son dénominateur
font infinis, &
quainfi c'est courir aprés
une chimere que de chercher
à exprimer ce raport
en
en nombres exactement. Il
en est donc du cercle, comme
de toutes les racines sourdes,
que l'on exprime par de
semblables progressions indéfinies,
dont les sommes
font des fractions primitives
qui croissent en exposants
indéfiniment. Il y auroit
donc le même entêtement
de chercher le raport exact
de la circonference au diametre
en nombres, que par
exemple celui du côté d'un
quarré à sa diagonale, ce
que personnenes'avisera de
faire.
ERRATA
Pour le troisiéme Memoire
de la Mélodie.
MOIS D'AV RIL.
PAge 82. au bas, double rencontrera. Pagr
94. ligne16. s'accordent. Pag. 96.lig. 6.
coups contre. Pag. 97. lig. 3. & ce que. PPg-
98. lig. 16. aussiest-elle. Pag. 99.lig. 14.
chacun par une ligne. Pag. 100. lig 13. du
Daïré. Pag. 103. lig. 9. de nombres. Pag,
104.lig. i. J35. 144. Pag. 113. 10. deceque
le coup. Pag. 114. Lig. 6. jamais mieux r
que. Pag. 116.lig. 16. des sons qu'elles. Lig-
• 4 8 is.
MOIS DE JUIN.
.Pag. Il. lig. 15. J
, OU
lot
Pag. 1n. 13. exposans -, ou „
P Z" 1.' d 96
Pag. 114. lig*3. lui vient de. Lig. 8. -, ou
11.
144 8 16
—108
Pag6 II». lig. derniert-p -- pag,
3 î
Z. 5 - Il• lig. S. 3 d l. - ou—de. Pag. 130. lig. 14.
16 31
lesj de l'autre. Pag. iji.lig. 4. peut appel-
'I-.L' r r Z. L
krrZ/£ SHI 15. eipofans - Pag.131. zg. 6.—
4 7t
8n. Pag.139. Zig. ij. presque -
,
-i.. PAg.
16 31
¡. 1
5..1 l" 96
141. 16". les - de. Pag. 143. lig.7. -8J 8°
J'¡-f.. —. 3 101 Ltg. Il. ou - comme. Lig. 14.
103
iio x 90
-*=44- ••«16 3» Pllg. 144. l'go 8. -,- pag. 1-45
r 1 n. 7. les 3 d 1, P f: 5 - de l'autre.Pag. 147. Hgd-
- 5 2.4 J
-5; 12. 2.4 J
jP*£ 141. lIg. *--T» -
*
4*3 L'g. I2..- 5 3
r- l 'II Z. si 3, 3 J fcnt la.Pn. 14.9. lig- J 1. est - - 3
1010 10 2jO 40 * lig. 10.—.,—p*g.iji.lig1. . 7.Q{"uarte ..,.. 3 1-3 -
S P Z. lig.y.mineure -. pag. 1jt. lig, 15 15 10. -
, - 5 4 1
-JS, 1-1 l' K 15 If J
- , - - Pilg.1 jt.ltg.8.T-, J; Ji 3 2. 1
is ts l' J 8 si -
1
— Pag.176. Ug.dern. - qui est. P~
S t 9 1.
16 178. lig- 3. d"cr l, 8 -lnerence. Ug.8. 7. raajeu-
II
re
11 Lig. n. font la9. Pag. ISO. lig.7. 8dont 8 - font le ton mineur, & >- le ma-
1 1
icut.
1 Le Public efi "u/fi prié de vouloir bien corriger
ainsi le cinquième vers de lEpigrAtnmt
Latine du mois précèdentsur le Roy:
Nunc armis parlât, & Regem jurecelebrent.
Sur les Jept merveilles du
Lourvre, de VeifàíUes)
OfdeMarly.
BPIGKAMME
enzgmatzque.
Ces admirables Forts, cette
immense Machine,
Ces Globes somptueux, ces
Tableaux animés,
Ces Jardins jalliffans, ces Palais
d'or semés,
Tant de productions d'une
adresse divine,
Qui s'offrent en ces lieux à
nos yeux ébloüis,
Nous retracent par tout la
Grandeur de LOUIS.
MORTS.
Messire Edme Pirot Prê":
tre Docteur en Theologie
de la Maison & Societé de
Sorbonne, Chanoine &
Chancelier de l'Eglisede
Paris, Vicaire General de
S. E. Monseigneur le Cardinal
de Noailles & Abbé
d'Hermiere, mourut le 4
Aoust âgé de 79 ans.
M. Vivant Penitencier de
l'Eglise de Paris & Grand
Vicaire de Monseigneur le
Cardinal de Noailles, lui
succedeen laPlace de Chancelier.
Et M. de la Chasse son petit
neveu en son Canonicar.
Jean Loüis le Mairat Chevalier
Seigneur de Briere le
Chatel,&c.Conseiller du
Royenses Conseils & d'honneuren
sa Cour de Parlement,
mourut sans alliance
le
2, Aoust 1713 en sa 76 année.
Il avoit épousé Heleine
Baugier, qui mourut en 1701
âgée de 19 à20 ans. Il etoit
coufin germain de Charlotte
Lefpinette le Mairat se..
conde femme du premier
Presidentle Pelletier,&fils
d'Antoine Lespinette le Mairat
Maître des Comptes &
de Loüise Bourgoin.
Dame Loüise Therese Aubry
épouse de Messire Alexandre
le Fevre de la Faluere
Grand Maître des Eaux
& Forests au département
de France, mourut le 9
Aoust âgée de 32 ans. Elle
étoit fille de feu Messire Leonor
Aubry Maître des Comptes,
& soeur de M. Aubry
Conseiller de la premiere
des Requestes du Palais.
Dame Magdelaine Perrot,
veuve de Messire Loüis
Damas de Cormaillon, &
auparavant veuve de Messire
Jacques Honoré Barantin
premier & ancien President
au Grand Conseil, mourut
le 13 Aoust.
E N V o r
burlesque par un oijlf
qui*sà'ennuye aux eaux
deForges.
LEs Bains font pour l'oisiveté,
Aussi bien que pour la
fanté
Des amusements salutaires.
0 vous attaquez de catharres
Rhumatismes , & fluxions;
De vapeurs,oppilations,
Tiedeur de coeur, humeur
caustique,
Ou dont l'esprit paralytique
Abesoin de ce supplement
Pour estre mis en mouvement
Puisez dans cette Poësie.
Le bien, le mal à fantaisie.
Il est des bains alumineux,
Plombez, ferrez bitumineux;
Des Bains, les uns font fiiJ
datoires
,
Et les autres font lavatoires;
Quelquesuns font médicinaux
es uns froids, & les autres
chauds;
Tout comme fontmaintes
pillules
.,,CiTct que veulent les
credules.
Des Bains,les uns font na.
turels,
Les autres artificiels;
)es uns & des autres, le
Sage
)u l'insensé peut faire ufaù
ge,
Au temps que quelque infirmité
L'oblige à chercher sa
santé ;
Car une santé ferme&
stable
Traite l'effet des eaux de
fable.
Des Bains, les uns font
fulphurez,
D'autres picez
)
d'autres
nitrez,
Selon la qualité diverse
De la Mine que l'eau tra
verse.
Ana,le filsdeSebeon,
Des Bains chauds fit l'invention
J
Allant dans un lieu folitare
Paistre les Troupeaux de
son Pere.
C'est dont jamais ne doutera
Qui bien la Genese lira.
L'Interprete d'Ariflophane,
Autheur non sacré
,
mais
profane
Fut l'Inventeur du, premier
- Bain
Ce maistre Forgeron VulcaIn,
Qui d'un Bain chaud (je
m'en rapporte)
Fit un present de cette
forte
Au grand Hercule Conquerant,
Dontle nom va par tout
courant.
D'où vient qu'on nomme
sans scrupule
Tous les Bains chauds, les
Bains d'Hercule ;
Bains qui passerent autrefois
Chez les Vassaux & chez
les Rois ,
Dans le rang des choses
sacrées ,
Pour les matieres sulphurées,
Et pour les Foudres reposez,
Dont on tient qu'ils font
composez.
Les Gens qui font d'une
autre verve, Imputent le - tout à Minerve.
Si l'on en veut croire
Strabon, Autheur qui peut passer
pour bon,
Les Bains froids ont leur
origine
-
Des Argonautes, Gent
marine, Gent aimant le Bain Gent
decoeur,
Tous intrepides & sans
peur,
Qui sans façonner davantage
, Lavoient leur corps sur le
rivage
De la Mer, où Dame Circé
Son domicile avoit placé
Sur les bords de la Mer
Tyrrhene,
Avec autre Magicienne,
Quand cinquante - six
grands Heros
Firent voile jusqu'à Colchos
,
Pour la conqueste ambitieuse
D'une Toison précieuse,
Qu'on appelloit la Toison
d'or,
Aprés qui chacun court
encor, -
Courra jusqu'a la fin du
monde ;
Car Toison en or est feconde
Et l'or,ce métal radieux,
Se fait rechercher en tous
1 lieux.
Pour Chefs decetteillustre
Flotte,
Qu'on pourroit nommer
Argonaute On , avoit Hercule, Jason,
Castor,Pollux,&Telamon,
Hylas, Morphus, le fort
Thesée,
Nauplius,Calaïs,-Orphée
Le genereux Zethos aussi
Peut - rencontrer sa place
icy.
Ces Chefs, ces Hommes
d'importance,
Avanturiers à toute outrance
,
Ces Guerriers de fameux
renom
Dont je viens de marquer lenom,
Furent les premiers de If
âge
Qui ders eBainns 'tfOids eu..
Sur les ~pelles Eaux de
Thetis.
Aux Bains que l'on prenoit
jadis,
UnValet basty comme un
Drille,
Portoit & l'Eponge ,
&
l'Etrille,
Pour décrasser & savonner
Ceux qu'il alloit accompagner.
Si l'Eponge estoit parfu-
If mée
~L'Etrinestoit ,toute em*.
^aunéc,
Car dans ces ~bains grands
& commun
Onse munissoit de Parfums
Et d'agréables Cassolettes,
Pour les Doüillets & les
Doüillztes
, Pour les Mignardes & Mignards,
Qui n'aimoient pas les jeux
de Mars,
Et qui cherissoient leurs
Carcasse
Autant qu'un Coquin sa
Bezace,
Autant qu'un Aveugle (dit-on)
Cherit sa tasse & son
Baston.
Dans ce temps-là plus
nous ne sommes;
Un temps fut que Femmes
• & Hommes
Dans le vaste Empire Ro-
4 main
Pratiquoient tous le mesme
Bain,
Sans mettre aucune difference,
(Honny foit- il qui mal y
- -..- pense.)
Il falloit bien que ces Genslà
Fussent discrets.Apréscela,
Certain Empereur, c'est
Severe,
Empereur d'une humeur
austere
Des sexes fit divi,sion
Pour éviter l'occasion.
La Femme de Neron J
Popée,
Faisant la petite Poupér;
Etrefusant de s'attacher
A ce qui peut mater la
chair,
Et punir ses delicatesses,
Entretenoit cinq cens Asnesses,
Et chaque matin de leur
Lait
Croyoit rendre son teint
moins laid.
C'estoit le Bain éc l'artifice
De cette vainc Imperatrice
Qui sansscrupu, le & sans
remords,
Jour & nuit dorlotoit son
Corps,
Ne pensant la belle Mignonne
Qu'à bien rafraischir sa
personne;
Mais comme tout tend à
la fin,
Il luy fallut mourir enfin
Dans des angoisses sans
pareilles.
Laitieres à grandes oreil
-
les,
Vostre Lait faisoit son teint
beau,
Son trépas fut vostre tombeau.
Aux durs sanglots abandonnées,
On vous vit en peu de
journées
journées
Mornes,&dans une maigreur,
Qui faisoit aux Humains
horreur.
Estant tristes & déconfites,
VostreLaitbientost vous
perdistes
Et laMort , avec ses Cyprès
Cette perte suivit de prés.
(
Il n'est dp'oHinotmsmure la terre
Qui ne puisse encor voirà
Rome
Ces Monuments de vanité
De la superbe Antiquité
Que jadis on a fait construire,
Qu'encore aujourd'hui l'on
admire,
Où les magnifiques Romains
Se lavoient, & prenoient
les Bains
Dans chaque coin d'Architecture,
L'art y surpassoit la nature;
Et tous les Murs par le dedans
De fin Marbre estoient
éclatans,
Marbre apporté de Numidie,
i
Ou bien,venu d'Alexandrie.
L'injusteDiocletien,
Ec le Tyran Maximien
Ont employé sommes immenses
A faire de telles dépenses.
: Mais continuons nos
desseins,
Et décrivons quelques
beaux Bains
Que les Autheurs ixcommandables
Ont rendus des plus ve--
nerables,
Qui mesme ont fait voir
a nos yeux
Un spectacle delicieux.
Les Bains de Fritolle, ou
Tritolle,
Que l'on rencontreauprés
Pouzzolle
Nommez les Ba, ins de
Ciceron
Fabriquez mesm,e avant
Neron
Estoient quelque,chose de
rare.
On n'y voyoit rien de bïzarre,
:
Mais le tout proportionné,
Et fodrt osçanvamnméen,t orSuivant
la regle & la mesure
De la plus noble Architecture.
C'estoit pour le dire en
unmot,
Non la Caverne d'un Marmot,
Maisune Salle bien voutée,
Et de Peintures ajustée
Dont letemps qui , tout ccu^
vre abat)
A ravy le lustre & l'éclat;
On y voit cependant encore
Depuis Vesper jusqu'à
l'Aurore,
Et de l'Aurore jusqu'au
soir,
Maint & maint petit Reservoir,
Remply jadis d'une Eau
potable,
Aux Infirmes fort profita.
ble;
Car chaque Malade y
trouvoit
Ce que son mcdecin vouloit.
Esculape dort là fous rocbe,
Comme une anguille fil
tout procheà l
Au temps que vivoient les
Cesars
,
1
Parmy la guerre & les hazards
,
On voyoit là maintes Statuës
Qui font maintenant abbattuës
Qui , mettant la main sur
leur corps,
Faisoient connoistre en
leur dehors
Tant leur essence magnifique
Que leurs qualitez specifiques
Les Medecins , Salerni.
tains
Plus envietuxiqune lessLa- Piquez d'une jalouse rage,
Ont ravagé ce grand Ou.
vrage, Et desseiché toutes les
Eaux
Qui rendoient ces Bains-
, là si beaux,
S'imaginant que leur pratique
Diminuoit par l'hydraulique,
Et quHippocrate estoit
perdu
Si Ciceron n'estoit fondLt
Près
Prés de là
,
si l'on m'en
veut croire,
On doit passer au Sudatoire;
Mais il faut bientost s'épouffer
,
A moins que l'on veüille
étouffer,
Y faisant chaud de telle
forte
Qu'aussitost l'on) cherche
la Porte.
On voit presqueaumesme
chemin
Les fameux Bains de Saint
Germain
Nommez Thermes de Fumerolles.
Je n'ay presque point de
paroles
• Pour vous expliquer les
raisons
Des fumantes exhalaisons
Qui cette Caverne remplissent
,
Etde leurs vapeurs lanoircissent.
Fuligineuses qualirez
, Que de cerveaux vousenteftez!
-
Domicile sudorisique,
De Vulcain l'affreuse Boutique,
Si- tost qu'on respire vostre
air,
-
On croit avoir cervelle en
rair,
Etre aux Sabat par negro- mance,
Et le sçais par experience.
Au reste,ce Lieu tant vanté
l, A Theureuse proprieté
Deguerir mainte maladie,
Soit de France, soitd'Ausonie
; et quand on apporte en ce
Lieu,
Tout fumant, tout bruslant -
de feu,
Une autre Eau qui foit étrangere,
Soit qu'elle pese, ou soit
kgere,
Ce Bain,sans s'enappercevoir,
Luvycoommiurni.queso-n.pou- <
Chacun sçait que les Bains
, d'Alise
Etde Plombieres,font de
mise;
Qu'à Vichy, qu'à Spa,qu'à
-
Mion,
Ils font enréputation;
Qu'on peut de vous dire le
1 meUne/
Bains de Pougues, Bains
de Belesme ;
Que d'ailleurs il n'est rien
sibon
Que font vos Eaux,Bains
de Bourbon.
Qui font rajeunir les Personnes,
Fussent vieilles comme
Gorgones,
L'à l'on vient chercher de
, beaux ans,
Dans les plus beaux jours
,
du Printem ps,
En chemin l'amour pouvez
faire
Pour vostreusage salutaire.
Je ne vous obmettray jamais,
Belles Etuves, beaux Bains
d'Aix,
J'entens icy d'Aix la Chapelle,
Car vostre structure est
tres- belle,
Et les Germains de tous
costez
Recherchent vos humiditez.
ATongres,au Païs de
Trêves,
Aussi-bien qu'au climat de
Cleves,
On rencontre encor tous
les jours
De ces favorables secours.
Ainsi la belle Germanie
A ses Bains comme l'Ausonie
,
Et comme les charmans
Païs
Soumis au Monarque des
Lys.
A Moscou, Païs des Fourures,
Climat tout glacé de froidures,
Où regnent l'Aigle & le
Croissant,
Etdansl'Empireflorissant
Ou le Soleil onidolâtre,
Des Bains de Porphire&
d'Albâtre,
Tous remplis de bonnes
odeurs,
Se font voir chez les grands
Seigneurs.
C'efi là.ce qui fait leurs
delices,
Leurs passetemps, leurs
exercices;
Surtout chez les Orientaux,
Et chez les Septentrion-
,
naux,
Fréquemment les Bains
-'
.,
on visite
5
Passeroit pour hétéroclite,
Et bourru, qui s'en passeroit,
Qu'on vive à Rome comme
à Rome,
Si l'on veut vivre en honneste
Homme.
Forges & Montdor
, pres
de Rheims,
Fournissent encor de bons
Bains,
Dont se prévaut mainte
Personne.
Acqs & Therfis, prés de
Bayonne,
Balleruc
, avec Barbotan,
Sont encore visitez chaque
an,
Pour leurs Bains, qui dans
la Nature
Ont tousjours fait belle
,
figure.
Nommons-en encor quelques
uns
Que l'usage a rendus communs
Comme utiles , en cent manieres
Les Bains de Barege &
Bagnieres, o
Dont les plus sçavans Médecins
Font le pont aux ânes des
Bains.
NOVVELLES
de Landau.
Les Lettres du camp
devant Laudauporrent
que le 17. Juillet l'une des
sappes fut poussée jusqu'au
chemin couvert de la lunette
de la droite, que le'
Mareschal de Bezonsestant
allé à la tranchée,avoit
ordonné de continuer la
sappe,&que si les ennemis
sortoient de la lunette,de
ne leur opposer qu'une
vingtaine de Grenadiers ;
malgrél'ordredonné,quelques
ennemis s'estant avancez
hors de la lunetre furent
chargez par cinq
compagnies du Regimenc
de Navarre, & par trois
piquets du Régiment de
Medoc
,
qui les repousserent,
& se logerent fer
deux angles saillants du
chemin couvert de la lunette
; mais estant exposez
à découvert au feu de
la Place,& des quatre lunettes,
il y eut onze Officiers
& cent cinquante soldats
tuez ou blessez. Que
le Prince Talmont qui
commandoit la Tranchée
ce jour là y recent une contusion
d'un gabion qui fut
renversé surluy.Que la
nuit du18. au 19. l'Arsena
l avoiteste bruslé avec
quinze mille mousquets &:
tous les affuts de rechange
des assiegez. Que le20.
sept batreries de quatre cancns
c hacune, commencerent
à battre en breche
les quatre lunettes
, que
nostre artillerie faisoit un
si grand feu qu'il y avoit
desja des brec hesauxcontregardes,
& avoit démonté
tous les canons des assiegez
,à la reserve de quatre
ou cinq, & qu'aussitost que
les lunettes seroient prises
on battroit la Place avec
soixante & dix pieces de
canon, quarante mortiers
& vingt pierriers. Que les
assiegez faisoient souvent
jouër des mines sans esser.
On écrit de l'armée des
ennemis que le Prince Eugene
avoit passé le Rhin
avec vingt mille hommes,
&qu'il estoit campé près
de Mayence
, ayant sa
droite couverte par le
Rhin, sa gauche par un
ruisseau
,
& devant luy un
double retranchement
jquMavok laissé quaranteJ
mille hommes pour garder
ses lignes. La nuit du 25.
au 24. on s'em para de la
quatrième lunette sur la
droite que les ennemis abandonnerent,
on se logea
devant la gorge à cause
des fourneaux. Lanuitdu
30.au 31. les ennemis firentunesortie
dela redoute
de Hessy
,
ils renverserent
quelques gabions
deux compagnies de Gre-J
nadiers les repousserent.
La nuit du 51. au premier
Aoust leMareschal de Villars
fit attaquer les trois
lunettes qui restoient, avec
neuf compagnies de la
tranchée & treize autres
quiestoient venuës dela
grande afnée.
On commença l'atraque
à la droite pour y attirer
les ennemis ; un moment
après on attaqua les
trois lunettes: on fit jouer
une mine fous la redoute
de Mélac, qui ayant fait
une breche suffisante
,
fut
emportée
emportée la bayonnette au
bout du fusil, les deux autres
furent prises par escalade;
nous y avons perdu
dans ces differentes attaques
deux Capitaines & un
Ingenieur tuez, & quarante
six blessez. Lanuitdu
au 3. les alliegezfirent
joüer deuxfourneaux dans
les gorges des trois lunettes
que nous avions prises
deux jours auparavant, ils
firent des sorties pour car--
cher de les reprendre,ils
entrerent dans une, mais
ils furent coupez, plusieurs
furent faits prisonniers, ôc
les autres repoussez avec
perte, & si vigoureusement
qu'un Sergent & quinze
Grenadiers entrerent
dans le chemin couvert
que les ennemis abandonnoient
croyant qu'on vouloit
l'attaquer
, nous avons
perdu dans cette occasion
deux Capitaines de Grenadiers
du Regiment d'Orleans
,huit autres Officiers
& quatre Ingénieurs
blessez, quarante ou cinquante
soldats tuez, & environ
cent blessez. Lanuit
du 4.au 5. fut em ployée à
faire une parallele detrois
à quatre cens toises sur le
glacis du chemin couvert
du front des attaques, on
y establit des batteries de
canon, de mortiers & de
pierriers. On attacha des
mineurs fous les an gles
saillansdu chemin couvert
depuis la porte de France
jusqu'à la sortie de la riviere;
les assiegez firent jouër
cinq ou six fourneaux qui
leur causerent plus de perte
qu'aux assiegeants. La mesme
nuit on attaqua le pafte
quicouvroit U l"¡;,tJC'
qui barre la riviere &i\m*
plissoit d'eau le fosse de la
contrescarpe qui eil: devant
le reduit; ce pasté fut emporté
,
il estoit deffendu
par cent hommes commandez
par un Capitaine
qui sur pris, toute sa troupe
fut prise, tuée ou noyée.
Tandis qu'on travailloit à
s'y loger les assiegez firent
une sortie pour reprendre
cet ouvrage, mais ils furent
repoussez, nous n'avons
perdu dans cette attaque
que quelques soldats & un
Capitaine de Grenadiers
du Regiment de Villars-
Suisse, le sieur ManyMajor
aesté dangereusement
blessé. Depuis qu'on a coupé
la digue de charpente &
l'écluse qui sont à la gorge
-
du pasté
,
les eaux sont
beaucoup diminuées. On
asseure que les assiegez ont
desja faitjouer plus de quarante
mines. On écrit du
camp de Spire que le 18,
Juillet le Maréchal de Villars
ayant fait un détachement
de cavalerie & de
dragons fut visiter les bords
du Rhin jusqu'au dessous
deMayence,&reconnoistre
les nouveaux ouvrages
dont les ennemis ont augmenté
les fortifications de
la place. Il y arriva le 25.
& reconnut que le Prince
Eugene avoit formé un
camp entre le Mein & le
Rhin, que les troupes
d'Hanoverestoient encore
à cinqou six lieuës de Mayenc,&
que celle de Hesse
& des autresen eftoienc
encore plus esloignées. Le
Marechal de Villars revint
le 30. à son camp; cette j
course causa une grande
allarme. Le Duc deBourbon
fit le 5. la reveuë de la
Cavalerie.
Extraits de plujteurs Lettres
du Camp de Landau.
On écrit de l'Armée de
devant Landau du 2. Aoust,
que le 27. Juillet le Regiment
d'Alsace descendant
les tranchées, un boulet de
Canon emporta la jambe
aux sieursFerrette & Canville
Enseignes dudit Régiment
, & tua deux Soldacs
; que le sieur Guncherot
Capitaine de Grenadiers
est mort de sa blessure,
& que les sieurs de
Siller & de Petri Capitaines
de Grenadiers du Regiment
d'Alsace qui ont
esté blessez au bras, sont
hors de danger, & que
malgré leurs blessuresils
retournerent aux attaques.
Le 31. Juillet les trois
Redoutes qui restoient ont
esté attaquées & emportées.
M. leDuc de Guiche
estant de tranchée le 3. de
ce mois, on devoit attaquer
quer les chemins couverts.
On a fait pendant la nuit
du 3. au 4. la parallele de
communication environ
trois toises en avant sur les
angles saillants du chemin
couvert, où les mineurs
font depuis pour tascher
de découvrir les mines des
assiegez. A la droite à la
hauteur de la lunette
d'Heffi ou de Quaquem
nous avons un logement
sur l'angle du chemin couvert
de la place qui n'est
qu'à deuxtoises des pallisfades;
nous avançons aussi
unesappesurlepasté qui
(H à la droite de la redoute
de Quaquem quiest à la
sortie des eaux & qui couvre
le batardeau qui retient
celle que formel'inondation
qui couvre le reduit,
nous estions hier matin
sur le fossé du chemin
couvert de ce petit ouvrage
dans lequel il paroist y
avoir peu de troupes.
Du Camp devant Laudau
du 5. Aoust.
Je descendis avant hier
ma sixiéme tranchée, il
-ney en avoit point encore
eude si vive, nous nous
rendismes maistres de toutes
les traverses que les ennemis
avoient encore entre
le chemin couvert & les
lunettes qui furent prises
il y a deux jours ,& nous
fismes un logement au pied
du glacis du chemin couvert,
ils nous inquiéterent
le plus quils peurent par
un grand feu de mousqueterie
& de canon, & par
plusieurs petites sorties où
ils furent repoussez,&par
cinq mines qu'ils firent
jouër,cependant nousavons
bienreussi. La nuit
du 3. au 4. a estéemployée
à achever la parallele, 8c
à la perfectionner de telle
forte que nous l'occupons
presentement. L'on a pris
cette nuit un pasté qui est
tout -
à
-
fait à la droite où
sont les écluses de la sortie
des eaux;il estoit deffendu
par cent hommes commandez
par un Capitaine
qui a esté pris avec toute
sa troupe tuée, blessee ou
prise
> nous nous en femmes
emparez, nous cfperons
faire baisser les eaux
de cinq pieds. L'attaque
qui est entierement déterminée
de ce costé-là fera
beaucoup plus facile, nous
esperons estre maistre de
la Ville dans peu. Nous
avons fait dans cet ouvrage
quarante à cinquante
prisonniers
, toutes nos
troupes ont fait merveille
dans toutes ces differentes
attaques. Je compte fort
n'avoir plus qu'une tranchée
à monter; on croit
que ce soir l'on fera fauter
l'angle saillant du chemin
couvert de la contregarde
du reduit où le mineur est
attaché depuis deux jours,
& qu'on se logera sur cet
angle.
De Landauce13.jdouftijii.
La nuit du 12. au 13. on
a attaqué le redent qui est
entre les deux angles rentrans
des deux conrregardes,
sçavoir la verte & celle
qui est reveftuë où l'on
s'est logé le long de la gorge
,& l'on a fait une communication
sur la mesme
ligne avec un crochet en
retour depuis ladite gorge
jusqu'aux pallissades du
tambour le long de la demie
gorge qui regarde la
contregarde du réduit; l'on
a poussé une sappe à la parallele
qui fait le front de
la face gauche de cette
mesme contregarde
)
cela
a esté attaqué par vingt
Grenadiers, & soutenus
duRegiment Dauphin, le
redent n'estoit nullement
endommagé,il estoit frisé
,
pallissadé avec un fossé
& chemin couvert , nous
n'y avons perdu que trois
Grenadiers, soixante travailleurs,
un Capitaine de
Brosse blessé
,
& un Lieutenant
de Saillant. L'on a
jetté un pont sur le fossé
de lacontregarde de la demie
Lune bruslé par les
assiegez, & restabli dans
la nuit;l'on a fait une batterie
de six pieces de canon
pour battre en breche
la contregarde qui fera
à la gauche du redent,
elle doit tirer demain matin
14. de ce mois.
De Landau ce 13.Aoufl 1715,
Mr de la Valliere qui
estoit la nuit passée de tranchée
a fait taster par trenteGrenadiers
duRegiment
Dauphin le petit ouvrage
de terre qui est entre les angles
rentrants des contregardes
de la demie- lune &
du reduit, quoique son ouvrage
fust dans sonentier,
qu'il n'y manquât pas une
palissade, les Grenadiers y
sont entrez, ont tué vingt
hommes qui le gardoient,
exceptésix que l'on a pris,
(establissement & la communication
ont estédifficiles
à cause des feux des
contregardes qui plongent
dans cet ouvrage, il en a
cousté soixante travailleurs
tuez ou blessez mais l'ouvrage
est fini.
Nouvelles de Flandres.
LesLettres de Gand &
de Brugesportent que trois
Regiments de cavalerie
Anglois qui y estoient en
garnison, en estoient partis
pour s'aller embarquer
& repasser en Angleterre,
que le General Sabin
ayant découvert que quel.t
ques soldats tramoient une
nouvelle conspiration, avoit
fait venir de Bruges
quelques Regiments de
Dragons qui arriverent le
11. Juillet à trois heures du
matin, & occu perent les
avenuës des casernes,qu'on
y avoit pris les autheurs du
précedent tumulte, qui
aprés un Conseil de guerre
furent arquebufez le lendemain
avec cinq autres.
Nouvelles d'Vtrecht.
On mande d'Utrecht
que le4. decemois le Duc
d'Ossone & le Marquis de
Monteleon Ambassadeurs
d'Espagne,arrivèrent à la
Haye dans trois carosses à
six chevaux, qu'ils avoient
eu plusieurs conférences
avec les Dépurez de l'Estat
touchant quelques articles
qui retardent la conclusion
du Traité, & qu'on
esperoit que les difficultez
feroient bientostlevées.
Les Lettrés de la Haye portent
que les Deputez de
l'Estar avoient aulIi eu diverses
conferences avec les
Ministres duCzar, duRoy
de DannemarK,& du Roy
Auguste, pour tascher de
terminer la guerre du
Nord. Onmande de Bonne
que le Regiment Suisse
du Colonel Diesbach
,
qui
y estoit en garnison au fervice
des Provinces. Unies,
avoir esté licentié; que les
- troupes du Duc d'Hanover
s'estoient approchées de
Mayence, & que d'autres
avoient pris leurs places
toujours au deça du Mein,
que les troupes de Pruflfe,
de Saxe, de Wirtemberg
, & autres revenuës des
Pays-Bas, estoient encore
dans le Westerwalet au
Nord du Mein.
Les dernieres Lettres de
la Haye portent que les
Plenipotentiaires d'Espagne
avoient eu avec les
Députez des Estats Generaux
& le sieur Heinsius
Pensionnaire
,
plusieurs
conférences dans lesquelles
presque toutes les difficultez
avoient estélevées,
gz qu'ils devoient retourner
dans peu à Ucrecht pour signer
le Traité de Paix entre
l'Espagne & cet Enar,
& qu'on n'attendoit que
le retour des courriers pour
conclure au fli la Paix entre
la mesme Couronne ôc lePortugal. On mande de
Francfort que les troupes deWirtemberg&de Saxe
avoient paffé le Mein pour
aller joindrel'armée de
l'Empire, que celles d'Hanover
& la pluspart des
autres estoient encore au
deçà de cette riviere
,
&
qu'on ne sçavoit le party
que devoient prendre ce lles
du Landgrave de Hesse-
Cassel qui font encore dans
leur pays.
Nouvelles de Paris lezy
Aoufl 1713.
Il est arrivé cette nuit
deux Courriers du camp
devant Landau; le premier
est le fils de Mr de
Vallory, depesché le 19.
de ce mois, qui a apporté
*
la nouvelle de la prisede
deux contregardes ;
le second
Mrde Luteau beaufrere
frere de M. le Maréchal de
Befons qui a apporté celle
de la prise de Landau,dont
la Garnison a esté faite Prifonniere
de guerre.
L'on attaqua les deux
Contregardes lanuit du 18.
au 19. l'action fut vive Se
brillante; elles furent emportées
toutes deux. L'on
fie 60. ou 80. Prisonniers
dans celle de la droite devant
le Réduit qui n'estoit
pas revestu, & 20. dans
celle de la gauche revestuë
de maçonnerie
?
l'on fc
contenta de se loger sur la o
pointe de cette derniere;
l'on estendit le logement
tout le long de la Gorge
de celle de terre, parce que
l'on vouloit y establir des
Batteries pour achever de
battre en breche le Reduit;
Les Ennemis battirent
la Chamade le 19. au matin,&
envoyerent des Ostages.
M. le Maréchal de
Villars leur declara qu'il
vouloit que laGarnison fust
Prisonniere de guerre. Les
Ostages s'en retournerent
peu fatisfairs, & revinrent
deux heures aprés demander
que l'on leur accordast
la mesme Capitulation
que les Alliez avoient accordez
à la Garnison de
Tournay. M. le Maréchal
de Villars dit qu'il falloit
qu'ils fussentPrisonniers de
guerre. Les Ostages s'en
retournerent, l'on recommença
à tirer de part &
d'autreà 8. heures dusoir,
& les Assiegezfirent le
plus grand feu de leurs Ca
nons, deBombes, deMoufqueterie
,
qu'ils eussent fait -
de tout le Siege; mais enfin
ils arborerent le Drapeau
blanc le 20. au matin,
renvoyerent des Ostages,
& convinrent de se
rendre Prisonniers. M. le
Maréchal leurs accorda
leurs équipages
, & des
congezaux principaux Officiers
qui voudroient retourner
chez eux en donnant
leurs paroles.
M0RTS.
Dame Françoise de Nargonne,
Veuve de Charles
de Valois, Duc d'Engousesme,
mourut au Chasteau
de Montmort en Champagne
le 10. Aoust âgée de
92.. ans. Elle estoit fille de
Charles de Nargonne,Baron
de Mareüil,&de Leonore
de la Riviere, fut mariée
par Contrat du 19.
Janvier 1644. à Charles de
Valois, Duc d'Engoulefme,
Pair deFrance, Comte
d'Auvergne, de Ponthieu,
de Lauragais
,
&d'Alets;
Chevalier des Ordres da
Roy, Colonel General de
laCavalerieLegere deFfâftce
y
Fils naturel de Chai%>
IX. du nom, Roy de France,
& de Marie Touchet,
Dame de Belleville.Il mou.
rut le 24. Septembre 16 5 0. âge de 77. ans,5ans 4. mois
aprés son second mariage,
parce qu'il avoir épousé en
premieres nôces Charlotte
de Montmorency, fille aînée
de Henry
,
I. du nom,
Duc deMontmorency,Pair
& Connestable de France,
& d'AntoinettedelaMarck
Boüillon.
De son fecond mariage
il n'a point eu d'ensans, &
Madame laDuchesse d'Engoulefme
saseconde Epouse
a reste enviduité depuis
sa mort pendant 63. ans.Elle
n'avoit lors de son mariage
que 2. 3. ou 24.ans,
& la chose est bien extraordinaire
de dire que en 1713,
la Veuve du Fils du Roy
Charles IX. est decedée,ce
Roy estant mort en 1574.
il y a 139.ans,& que nous
avons eu depuis luy sur le
Thrône Henry 111. Henry
IV. Louis XIII. & Louis
XIV. à presentregnant.
Mre Arcus de Lyonne Evesquede
Rosalie, VicaireApostolique
de la Province deSuchüen
dans la Chine,mouruten cette
Ville le 2. de ce mois, au Seminaire
des Missions Etrangères,
âgé de 58. ans. Il estoitnls de
Mre Hugues de Lyonne,Ministre
& Secretaire d'Estat, & il
estoitnéàRomeen1655.durant
l'Ambassade de son pere vers
les Princes d'Italie. Avant embraisé
l'estat Ecclesiastique, il
s'estoit engagé dans lesMssions
d'Orient,où il a travailléavec
un grand zele durant plus de
vingt années, & ilavoit acquis
une grande connaissance des
lettres & des scienceschinoises.
Il vint en France en <68£ avec
les Ambassadeurs du Roy de
Siam, qu'il remena en leur pnl's
l'année suivante. De la il,.:aia
à la Chine, & il revint à Rome
en 1703. pour les affaires de la.
VReligioin,l&lenesuite.en cette
Dons du Roy.
Le Roy a nommé l'Evêque
de Tournay à l'Archevêché
de Toulouse. Cette
Ville est la Capitale du Languedoc
,elle est située sur la
Garonne
,
qui la divise en
deux parties fort inégales.
Sa Métropolitaine est Saint
Edenne.CetteEglise est considerable
par plusieurs belles
Chapelles.SonChapitre en
composé d'un Prevoit, d'un
grand Archidiacre, d'un Archidiacre
de Laugarais,&de
vingt quatre Chanoines. Le
Diocese avoit autrefois une
grandeétendue:mais depuis
que les Evéchez de Pamiers,
de Saint Papoul
,
de Lombez
& Lavaur, ont este démembrez,
il ne contient que
deux cent cinquante Paroisses
& six Abbayes. Aptes
cette Cathedrale fuitcelle de
Saint Sernin, qui estAbbatiale
,
Collegiale & l'ancien
Mausolée des Comtes de
Toulouse. Saint Sernin suc
le premier Eveque de l'Eglise
de Toulouse, que le Pape
Jean XXII. érigea en Ar
chevêche l'an 1317. luy donnant
pour Suffragans Pamiers,
Montauban, Mirepoix
Lavaur,Rieux, Lombez,
& S. Papoul. Le Parlement
de Toulouse après celuy
de Paris est le plus grand
du Royaume. Il fut institué
parPhilippes leBel en 1301.
&CharlesVII.lefitsedentaire
en 1443. H en partagé
en cinq Chambres,sçavoir;
la Grand'Chambre,laTournelle,
la Première, la Seconde,
& la Troisiéme des Enquestes,
& celle des Requêtes
que François I. institua
cri 1543. Henry II.la supprima
après 4. années la rétablieen
1558.François II. la
cassa de nouveau par son Edic
du mois de Juillet ijôo. mais
elle fut rétablie par Charles
IX. en 1573.LesConseillers
jouissent d'une prerogative
fort particulière qui est
d'avoir Séance au Parlement
deParis selon l'ordre de leur
reception ; ce qui n'est accordé
aux Conseillers d'aucun
autre Parlement. Ce
Parlement a dans son ressort
le haut &le bas Languedoc,
le Vivarais) le Velay le
Gevaudan
,
l'Albigeois, le
Rouergue
,
le Quercy, le
Lauraguais, le Pays de Foix,
& une partie de la baffe Gascogne.
Dans l'endroit où cil
le Palais estoit autrefois le
Chasteau des Comtes qui en
estoientSouverains. LaMaison
de Ville eil: fort magnifique.
On luy donne le
nom de Capirole, & les Echevins
ou Consuls
,
celuy de
Capitouls. L Université cil
composée de divers Collèges
,dont les principaux sont
ceux des Je suites, de Foix,
de Sainte Cat herine, de Saine
Nicolas & de Narbonne.
Les Ecoles de proie, de
Medecine & de Theologie,
font des plus renommées du
Royaume. Cette Université
fut fondée par le Pape Gre.
goire IX. en 1233. Le circuit
des murailles de cette
Ville est de six mille huit cent
pas communs, que l'on peut
faire en trois heures. Ceux
qui veulent tirer sa grandeur
du fang des Troyens, disent
qu'un de leursChefsnommé
Toulousain ,en jetta les fondemens
; d'autres donnent
cette gloire à un certain
Tholusde la race de Jophet,
ce qui arriva, disentils, six
cens ans avant la fondation
de Rome. Il y en a plusieurs
qui soutiennent qu'elle ait
pris son nom de Tolosa
femme de Polyphême, , qui
eut tant d'amour pour elle,
qu'afin d'éterniser sa mémoire,
il fit bâtir cette Ville II
y a plus d'apparence qu'elle
ait elle appellée des Tolofates,
qui suivirent les Tectosages
dans leurs expéditions,
& qu'on accusa d'avoir enlevé
du Temple de Delphes
cette prodigieusequantité
d'or qu'on failoit monter à
quarante millions
J que le
Romain Cæpio trouva prés
de cette Ville dans un Lac où
ils l'avoient jette par l'avis de
leurs Devins, qui leur annoncerent
que c'estoit le fcul
moyen de guerir d'une maladie
maligne qui les defoloit
, ce qui a donné lieu au
Proverbe de l'or de Toulouse.
Les Romainsenayant
fait une Colonie
,
luy choisirent
Minerve pour Protectrice,
d'où elle a esté quelquefois
nomméePalladia
)
ils l'embellirent d'un Amphiteatre
& d'un Capitole. Il
n'y a que Toulouse
,
Narbonne,&
Carthage la neuve
,
où ils ayent jamais fait
bâtir un Capirole. On ne
sçait pas même si CEghic de
de Nostre
- Dame n'estoit
point celuy de Jupiter, &
celle de Saint Quentin celuy
d'Apollon.
Toulouse fut longtemps
gouvernée par les Comtes
dont le premier fut Chorson
ou Torfin du temps de
Charlemagne, & dont le dernier
fut Alphonse frere de S.
Louis, & de Comte de Poitiers
,
après la mort duquel
& de Jeanne sa femme sans
cnfans en 1270. à leur retour
d'Affrique, la Comté.
de Toulouse fut réuni à la
Couronne de France) suivant
le Traité qui avoitesté
fait à Paris l'an 1228. avec le
Comte Raymond dernier de
ce nom,& pere deladite
Jeanne. La Feste des Jeux
Floraux elt une chose tresremarquable
en cette Ville.
lis furent instituez en 1 314.
par sept hommes de condition
de la Ville qui aimoient
les belles Lettres. & qui s'
tant assemblez dans un J ardin
au Fauxbourg de Saint-
Etienne, firent une Lettre
circulaire, par laquclleils
invitèrent tous les Trouvaires
ou Poëtes des environs,
de se rendre à Toulouse le
premier jour de May de la
même année , promettant
de donner une Violette d'or
pour Prix à celuy qui auroic
recité les plus beaux Vers;
cé projet plut tellement aux
Capitouls qu'il fut fefolú
qu'on l'executeroit toutes les
annéesauxdépens du public.
Pour donner quelque forme.
a cette Assemblée
, on créa
un Chancelier & un Secretaire.
Désce temps là les [cpt
qui avoientestécause decette
Institution prirentlenom
de Mainteneurs. On ajoûta
depuis à la Violette deux autres
fleurs, l'Eglantine & le
Soucy pour servir de second
& de troisiéme Prix.
Vers l'an 1540. une Dame
de Toulouse
,
appellée Clemence
I faure, forma le dessein
d'éterniser sa mémoire
par l'Institution d'une Feste
qui sut appellée les Jeux Floraux
,& qu'ellevoulue qu'on
cclebrast le premier & le
troisième jour de May. Elle
laissa pour cela la plusgrande
partie de son bien à Messieurs
de Ville, à condition
qu'ils feroient faire tous les
ans quatre fleurs de vermeil,
qui seroient l'Eglantine
,
le
Soucy
,
la Violette & l'Oeillet.
L'Hostel de Ville qui cft
très- beau estoit la Maison de
cette Dame, qu'elle leur donna
pour y celebrer ces Jeux;
avec la Place du Marché, appellée
la Pierre. Sa Satuë qui
est de marbre blanccouronnée
de fleurs & ceinte d'une
ceinture aussi de fleurs,cft
dans une niche contre la muraille
de la grande Salle de cet
Hostel. Le Roy par ses Lettres
Parentes du mois de Septembre
1694.érigea les Jeux
Floraux de Toulouse en Académie
de belles Lettres, avec
le Brevet de nomination
d'un Chancelier de ces Jeux
& de trente-cinq Académiciens.
Les Prix qui s'y
donnent à present font
une Amaranthe d'or
, une
Violette,une Eglantine, &
un Soucy d'argent.
L'Archevesque de Toulouse
se nomme René François
de Beauvau, fils de
Jacques de Beauvau 3e du
nom, Chevalier Marquis du
Rivau, & de Dame N/hric
de Campet de Saujon, son
épouse; il fut d'abord grand
Vicaire de Sarlat sous François
de Beauvau, Evcfquc
dudit lieu, son Oncle, puis
nommé Evesque de Bayonnc
le premier Novembre 1700.
au lieu de Messire Leon de la
Lanne, qui estoit mort la
nInc année, & fut sacré
à Paris le 17.Juillet 1701.
en l'Eglise du Noviciat des
Jesuites par l'Archevesque
d'Auch
,
son Metropolitain,
Armand Tristan de la Baume
de Suse, assisté de Messire
François de Clermont-
Tonnere,Evesque de Lan..
gres, Pair de France, son
parent, & de Messire François
de Kerhoen de Coëncafaô,
Evesqued'Avranche,
•
fut transféréàl'Evesché de
Tournay le jour de Pasques
24. Avril 1707. vaccant
par la mort de Louis Marcel
de Coetlogon, qui deceda à
Tournay le 18. Avril de ladite
année 1707 & enfin
transferé à l'Archevesché de
ToulouCc) le Juillet
1713.
La Maison de Beauvau en
tres illustre& tres-ancienne,
descenduë des Anciens
Comtes d'Anjou par Foulques
d'Anjou,Seigneur de
Briolan, & de Jirzé, que
l'on dit estre quatr iéme fils
de Foulques deuxiéme du
nom, Comte dAnjou & de
Ger berge de Bretagne. Il
fut pere de Foulques I1 du
nom, Seigneur de Beauvau
& de Jarzé, qui mourut à
Angers, trois jours aprés
Pasques, l'an 1000. c'est de
ce Foulques premier Seigneur
de Beauvau que toute
cette Maison descend par
vingt-deux generations jusques
à Mr l'Archevêque de
Toulouse, danslesquels degrez
il se rencontre des alliances
tres- considerables ,
& celle qui fait plus d'honneur
à cette Maison estcelle
qu'lfabeau de Beauveaucontractaen1454.
avec Jean
de Bourbon Comte de Vcndorme,
Prince du Sang
Royal de France, de laquelle
cil: descenduë toute la branche
Royale de Bourbon, &
par elle presque tous les
Princes & Princesses de l'Europeen
descendent,&l'honneur
qui en reste à la Maison
de Beauveau
,
c'est que
dans toutes les veines des
Princes& Prince sses del Europe
, le Sang de Beauveau
y circuleavec le leur, & se
trouve allié du 8 au2edegré
avec toutes les Testes couronnées,
Cette Maison s'est divisée
en quantité de branc hes
, dontl'aînéeest tom bée dans
la Maison de Bourbon;
comme j'ay dit cy -
dessus,
par le mariage d'Isabeau avec
le Prince Jean de Bourbon
Comte de la Marche
, auquel
elle apporta les Terres
de la Rocheguyon & de
Champigny. La seconde
Branche est celle de Manonville,
qui cil: en Lorraine
*
& qui subsiste en plusieurs
branches
,
dont 1aînée
subsiste en la per sonne
du Marquis de Beauveau Maréchal
de Lorraine, quia des
cnfans
, & le Marquis de
Craon grand Ecuyer de Lorraine
son frere, qui a aussi
des enfans. Cette branche
est divisée en quantité de rameaux;
sçavoir celles deNovian
,de Rollan
,
Depcnfc
, de Panges, de Lannan Reneuve
; de Begnipont
,
&
Sandaucourt. La troisiéme
branche cft celle de Precigny,
divisée en celles de Tigny,
& de S. Laurent de
Mortiers. Et la quatriéme
cft celle du Rivau
,
de laquelle
est l'Archevêque de
Toulouse, qui te divise en
deux rameaux ; sçavoir
,
le
Marquis de Beauveau le Rivau,
& les Seigneurs de Ri.
varennes.
L'Abbé Phelypeaux, Chanoine
de Nôtre- Dame à l'Evêché
de Riez. Cette villeest
dans la Provence, à onze
lieuës d'Aix:elle est située au
bas d'une montagne , entre
deux petites rivieres, qui fc
rendent par une même embouchure
dans le Verdon.
Son Evêché est suffragant de
la Métropole d'Aix, & forv
Eglise Cathedrale porte le
nom de S. Maxime & de S.
Theode. Son Chapitreest
composé d'un Prévôt, d'un
Archidiacre, d'un Sacristain,
d'un Capiscol, & de huit
Chanoines, dont l'un efl:
Theologal. Son Diocese n'est
pas de grande étenduë:il renferme
seulement cinquantequatre
Paroisses,& le Doyenné
de Valenfoles
, qui est uni
à la ManseAbbatiale de Cluny.
Le Roy a donné l'Abbaye
d'Hernieres
,
Ordre de Prémontré,
Diocese de Paris, à
l'Abbé Frison.
L'Abbaye de Beaulieu
,
à
l'Abbé Brossard, Grand Vicaire
de Limoges. Il y a en
France quatre Abbayes de ce
nom: deux de l'Ordre de S.
Benoist, dont l'uneest située
dans la Touraine,proche de
Loches, qui fut fondée au
commencement du onziéme
siecle
, par Foulques Nera,
Comte d'Anjou; l'autre est
dans le Limosin,aux confins
du Qiercy, proche la ville de-
Martel Capitale de la Vicomté
de Turenne: elle fut fondéeen
8jj. par Raoul, Archevêque
de BourgesJ&. qui
releve en foy & hommage de
cet Archevêché. Il y en a une
de l'Ordre de Citeaux
,
Docese
cesede Langres, proche le
Duché de - Bar; cette Abbaye
cil: fille deCharlier
: elle a été
fondée au mois de Juillet
1138. Laquatrième est dans
le Diocese de Troye, de l'Ordre
de Prémontré, dont elle
rcèût la Regle en 1140. S.
Bernard parle de cette Abbaye
dans l'Epitre252. -
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Meaux,Ordre de S. Belnoi\
t à»la Dîamne deéChaernis.ay L'Abbaye de Chaillor, Ordre
de S. Augustin, Diocese
de Paris, à la DamePrunclay
de Saint Germain.
L'Abbaye de la Saure, Or.
dre de S. Benoit, Diocese de
Nismes, à la Dame de Morangis.
Erle Prieuré ed Domfront,
à la Dame de Rezali.
SalementauxNQHVelles.
Les Ietrres de Catalogne
portent,que leDuc dePopoli
avoir continué sa marche avec
l'armée, sans que les peu- -
ples y ayent aucune opposition:
qu'au-contraire les Villes
& les Bourgs envoyoient
des Deputés pour assurer de
-
leur obeïssance & de leur fidélité
: que les Habitans de la
Ville& du Château de Berga,
sur leLlobregat, avoient tué
le Colonel Don Francisco
Puig de Pierafira, qui y étoit
en garnison
,
& quiécoit un
des quatre Chefs de la révolté
de la plaine de Vich
, & qu'il
y avoir dans le Château de
Berga une grande quantité
d'artillerie & de munitions:
queledétachement que le
Duc de Popoliavoit fait pour
chasser les Miquelets & les
Volontaires de quelques paffages
& défiés qu'ils occupaient)
les avoient entierement
défait: que les Troupes
de sa Majesté Carholique s'etant
avancees à la portee du
du canon de Barcelone, on
avoir tiré à boulet sur elles;
ce qui marquoit assez que les
Rebelles y étoient encore les
maîtres. Les derniers avis aCfurent
, que le 27 Juillet le
Duc de Popoli étoit campé à
l'Hospitalet aux environs de
Barcelone: qu'il avoitentiement
bloqué laVille,&qu'il
faisoit les dispositiens necessaires
pour la réduire: qu'elle
étoitbloquée du côté de la
Mer par six Galeres dEspagne,
quid'abord avoienr pris
une barque de Mayorque,
chargée de deux cent Cano-
O niers & de munitions, & ensuite
trois autres bâtimens,
chargez de sel & de provisions
pour Barcelone: & que
le Duc de Popoli avoir reçû
par mer un grand convoyde
farine&de grains qui avoicnc
été débarqué dans la riviere
de Llobregat. On mande
d"Ostalric
, que le Gouverneur
de cette Ville avoir prié
les Troupes Françoises qui
sont dans le Lampourdan, de
s'approcher de cette place-là,
pour empêcher les Rebelles
de s'y introduire par intelligence,
& pour contenir dans
l'obéissancelesMècontens
qui y peuvent être;mais qu'il
avoit refusé de laisser lesFrançois,
voulant luy-même remettre
la place au Duc de Popoli,
dont il attendoit incessament
lleessoorrddrreess;-queles garnisons
Françoises qui étoient
dans la Citadelle de Pampelune,
& à Taraçona sur
la frontiere d'Aragon, avoient
remis ces places
aux Espagnols
,
& qu'elles
étoient retourné1es en FFrance:
& que celles de Puicerda de
Belvert, étoient aussi parties,
aprés avoir démoli les forrihcatiens
qai y avoient été faites.
On assure que Don Antonio
de Villaroel que les Rebelles
avoient choisi pour leur
General, malgré sonrefus,
s'étoit retiré à Collioure.
Les lettres de Genes confirment
l'arrivée du Comte
de Staremberg
, avec la plus
grandepartie des troupesqui
étoient en Catalogne qu'il
dévoit dans peu de jours partir
pour Vienne, où leCom
te de Konigsegg ett arrive de.
puis-quelques jours pour rendre
compte de ce qui s'est pasfé
à l'évacuation de la Catalogne
: que TAhbé de Kempten
avoit refusédaccepter
la ch arge de Président du
Conseil Aulique,& qu'il avoit
pris congé de la Cour pour
retourner dans sesEtatsque'
les Troupes Allemandes qui
sont débarquées à Genes, avoient
ordre de se tenir prêtes
à marcher dès que les autres -
feront arrivées, pour aller
joindre l'armée sur le Rhin,
- sçvoir, le Regiment deCar
valerie de Caraffa
,
& celuy
d Infanterie de Wetzel. Celles
de Naples portent, que le
Comte de Thaun avoicordonné
qu'onpréparât des
quartiers pour quatre mille
Allemans attendu dans peu à
Genes, du nombre de ceux
qui étoient en Catalogne:que
le, Officiers & Soldats Espagnols
qui y étoient parmi les
Troupes,& qui ont refusé de
prêter un nouveau frerment'.à,
l'Archiduc, estoient encore
dans l'Arsenal 3& que leterme
qu'on leur avoir donné
pour se retirer, avoit été prolongé
; qu'on avoit propose
à pluflairs d'être distribués
dân-ç les Regimens Allemans,
qu'ils l'avoient refusé, & qu'-
ils avoient mieux aimé quitter
le seervice
: que les passeports
permis leur avoient étéaccordés,&
que leComte deThaun
avoit fait offrir àceux qui ne
voudroienr pas servir ny rtourner,
à demeurrer dans le
- Royaume : que le Prince de la
Torella arrivé depuis qudques
jours de laCour devienne
,
avoit apportéauCpmtc
de Thaun le Collier de la Toison
d'or
, & que le Marquis
del Valto dévoie luy donnes:
en ceremonie.
An Camp devant Landau le
2.0. AvuftJ713.
Avanthier je montay ma
huitiéme tranchée qui fait
la cinquante-huitième du
Siège: L'on attaqua les deux
Contre Gardes; sçavoir celle
du Réduit & celle de la
demie-lune;la premiere fut
attaquée par les deux Compagnies
de Grenadiers de
mon Regiment,soûtenuë
d'une de Daguillc & une de
NIce.) qui sortirenr par le
Pasté & passerent le long du
Bâtardeau qui est à l'Angle
de l'ouvrage où l'on avoit
mis de clayes; nos Grenadiers
gagnerent cet Angle
& monterent dans l'ouvrage,
leur ordre estoit de fuir
vre le long de l'épaule jusqu'à
la communication du
chemin couvert qui cft à la
droite de nostre attaque., &
en même temps deux Compagnies
de Grenadiers de
Surbeck passerent la rivicre
au-dessous du Pont qui avoit
esté rompû & monteent
dans le même ouvrage
our nettoyer l'épaule gau..
hc; cela a estéexecuté avec
ne valedr inconcevable &
os Grenadiers se sont renus
maistres de tout jusqua
i premiere place d'armes du
hemin couvert malgré la
a resistance qu'ont fait les
nnemis, à quatre trrverses
lui estoient avant cette placc
l'armes des six Officiers de
Grenadiersde mon Régien
ayeû deux
-.
de tuez ôc
rois de blessez nous avons
raic nostre logement entier;
çavoir, coupé l'ouvrage de
la gorge le long du fosé du
Reduit & deux boyaux parale
lles aux deux Flancs de
l'ouvrage; l'autre Contre-
Garde de la demie-lune, aprés
avoir fait joüé deuxmines
aux deux épaules, ont
esté attaquez par deux Compagnies
de Xaintonges d'une
part & de l'autre par la
troisîéme de Sui beck, &les
deux de Bur bon, ouvrage
a esté emporté comme l'autre,
à la reserve que les- A[--
úegcz ont gardé deux tra
ver sèss dont nous ne no
lommes pas rendus Maiftrifl
Le Comte de Sczane& Mr
de Gonlaque eftoiem les Généraux
de tranchéej Mr de
Cebret, Brigadier, & moy
nous avons esté chargez de
l'attaque de la droite. Mr
Houet, Capitaine aux Gardes
montant comme Brigadier
avec Mr de Lemellc
Colonel à la fuite de Sorbcck,
de celle de l'autre demie-
lune; ils ont perdu un
Capitaine de Grenadiers tué,
&un bkfle5& un Lieutenant
& environ soixante-six Grenadiers
; à nostre attaque un
Capitaine de mon Régiment
& un Lieutenant tuez, ci
Capitaines blessez, qua
Lieutenants ou Sous-Liei
nants & environ quat
vingt Grenadiers dont il
a dix-neufd'une Compagi
& dix-sepe de l'autre. Il)
eu environ cent travaillel
tuez; nous avons pris à h
taque de mon Regiment 6
prisonniers avec un Capit;
n:. Les Affiegezavoientcei
Grenadiers, cent Fufilie
dans cet ouvrage & cer
pour les foûrenir; cette bc
sogne a elle faite de fiiço
que Meilleurs les tvlard
chaux ont esté très-contents,
ils ne lont pas moins cilé
lors qu'ils ont [û qu'à neuf
heures les, Assiegez avoienc
arboré le Drapeau blanc &
demandoient des otages,jy
ay esté envoyé avec unLieutenant
Colonel, un Major;
ils ont d'abord demandez la mc Capitulation que Mr
leMaréschal de Tallard avoir
accordé au Comte de Frize;
elle leur a elle rerufee, nos - Mareschaux les voulant prilanniers
de guerre. Ils demandèrent
ensuite celle que
le Prince Eugene avoir accordec
a Tournay, elle leur a
encore cfté refusée; enfin à
huit heures nous recommençâmes
à tirer,& cette nuit
ils ont fait un feu enragé ;
mlis au moment que je vous
écrit on me vient dire qu'ils
ont arboré le Drapeau sur la
lejourdesaFesie, 20
La Tabatiered'or nouvelleparMrL**.
27
Quefiions, 51
Articles des Enigmes, 59
Relation de l*Entrée de
Mrie Duc Daumont
TABLE.
Ambajfadeurde France
à Londres 73
Compliment defon Excellence
Adr le Duc
Daumont à la Reine
de la Grande - Bretagne
à sa prerniere
yîudiancePublique,
107
Nouvelles d*dngleterre3
lit
Nourvellesd8Eftagné u8~
Nouvelles a*Allemagney
*34
Enrvoy Bur/e[quepar un
TABLE.
oisif qui senuye aux
EauxdeForges, 169
Nouvelles de Landau,
203
Extrait de plusieurs Lettres
du Camp devant
Landau, 2iy
Du Camp devant Landau
du 5 Aonft, 218
De Landau le 13 Aoufl
222
De Landau le 13 Aoust
2zy
Nouvelles de Flandres
2.6
TABLE.
Nouvelles d'Vtrecb,228
Nouvellesde Paris le 2y
A 0 VSTi7ij.
A PARIS,
M.DvrCrXilI
-dvecPri.C> du Roj.
t4Tr«-
MERCURE
G AL AH 1'.
Par le Sieur Du F***
IAMJolisb
Le prix est 30. sols relié en veau, U
15. sols
,
broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JO L LET, au Livre
Royal, au bout du Pont S. Michel
du côté du Palais.
PIERRE RIBOU
,
à l'Image S. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GJLIBS LAMESLE, à l'entrée de la rut
du Foin, du côté de la ruë
Saint ,T^cques.
1
Il-
1 'rpriviltljivuJfrobj ÏPrivilepdfud'KOBmd..
MERCURE
GALANT.
A S. A. ELECTORALE
Monseigneur le Duc
de Baviere.
ODE.
UE d'autres chantent
ces Princes
- Qui peu maîtres de 1ç{3rsoeur,
Ne ravagent des Provinces
Que pour un frivole honneur:
Je cherche uncoeurmagnnime
Qui s'attire nôtre estime
Sans troubler nôtre repos.
UnDieubrillantde lumière
Me découvre dans Baviere
Ce vericable Héros.
Bien que terrible à la guerre
Sa valeur arme son bras,
C'est malgré lui que la terre
Voit la furent des combai*.
Aussî fage qu'intrepide,
De l'équité qui le guide Iln'écoute que la voix;
Sa bonté prévient l'orage,
Et ne cede à son courage Que , pour défendre ses
droits.
Animé du plus beau zele,
Affable
J
humain
, genereux,
Par tout où le sort l'appelle
Il fait des hommes heureux.
Plus élevé par lui même
Qu'il n'est par son rang filprême,
Sa grandeurest sans fierté.
Quiconque le voir, l'admire,
Et ne connoît son empire
Qu'aux charmes de sa bonté.
,
Qu'on vante tadevinée
De ce Tite fortuné
Qui cïtïr perdrela jo, urnée
Quand il n'avait rien donné.
Prince, ta main libérale
Ne souffre point d'intervale
Qui te dérobe un seul jour.
Merveille au siecle où nous sommes
!
Digne du respect des hommes,
Tu neveux que leuramour.
Vainement d'intelligence
Avec l'orgueil des Cesars,
Le sort tromcpa tea vai,llan- Et quitta tes écendars.
Au dessus de ses caprices,
Tu soûtins ses injustices
Sans perdre ta fermeté.
Quels bienfaits tu vas répandre,
Aujourd'hui qu'il va te r-endre
Plus qu'il ne t'avoit Até.
Je vois le Dieu de la Seine
Ates (peaac les pompeux.
Tour Paris est dans Surêne
Où tu rassembles les jeux.
Un monde qui t'environne
Vole autour de ta personne,
Te suit du coeur & des yeux.
Les Muses t'y font hommage:
Par ta presence unvillage
Devient le séjour des Dieux.
Là ranimant les delices
Dont Mars émoussoit les
,
traits,
Par d'agreables premices
,
Tu nous fais goûter la paix.
Dans cette heureuse concrée
Je la vois avec Astrée
Suivre un genereux guerrier
La rivale de Beilonne
Elle même te couronne, Et joint l'olive au laurier.
Que rAllemagne persiste
A ce disputer tes droits,
Est il plus rien qui resiste
Au plus grand de tous les
Rois?
Le Ciel prend foin de sa
gloire;
Denain a vû la victoire
Retourner fous nos drapeaux.
Germains, craignez sa puissance,
- Et n'appellez point la France
A des triomphes nouveaux.
MARIAGE.
Le 31. Juillet 1713. le Comte
de Ponrchartrain, Secretaice
d'Etat, & Commandeur
des Ordres du
Roy, épousa à Pontchartrain
Mademoifclle deLau
befpine de Verderonne;
M. l'Evêque de Chartres
les a mariez.
M. de Pontcharrrain est
fils unique de M. le Chancelier-
Garde des Sceaux de
France, Commandeur des
Ordres du Roy, Ministre
d'Etat
; & de Madame la
Chanceliere, qui est de la
Maison de Maupeou.
M. leChancelier est
fils de Louis Phelypeaux,
Seigneur de Pontchartrain
, Conseiller d'Ecir^
& President des Comités
, qui ccoic fils de
Paul Phelypeaux, Seigneur
de Pontchartrain
y
fait Secretaire
d'Etat par Henry:
le Grand.
PaulPhielypeaux fut en..
voyé à Londres, y traita ôc
conc lut la paix avec les
Prices. & sur Plenipotentiaire
du Ray au Trai-té de
Lou dun.
Il ya eu dans cette Maison
huit Secrétaires dera-t.
& cinq Commandeurs des
Ordres du Roy.
Leur genealogie se trouve
dans tant d'ouvrages &
d'archives de differens Orr
-
dres de Chevalerie
,
& est
si connue aussi bien que
leurs grandes alliances de
les services qu'ils ont rendus
à l'Etat, qu'il est inutile
d'en parler ici: de plus en
leur donnant les éloges qui
leur dont dûs, je craindrois
de blesser la modedtie attachée
à leur Maidon.
Mademoiselle de Verderonne
s'appelle Helene Angélique-
Rosalie de Laubedpine.
Elle est fille de
Claude-Estienne de Laubespine,
Comte de Verderonne,
tué à labataille de
Fleurus;& de Marie-Anne
de Festard
,
heritiere de
Beaucourt, d'une ancienne
noblesse de Picardie, qui a
pris des alliances dans les
Maisons de Rubempré, de
Rivery, de Carvoisin-d'Achy,
ôc plusieurs autres des
plus anciennes de cette
Province.
Quant à la Maison de
Laubespine, elle est fort
ancienne
J
ôc illustrée depuis
prés de deux cens ans
des premieres & principales
dignitez de l'Etat. Elle
a donné à l'Eglise plusieurs
v
Prelats considerables, un
Garde des Sceaux de France
)
deux Chanceliers des
Ordres du Roy, quatre
Commandeurs des mêmes
Ordres, deux Secretaires
d'Etat sous les Rois FrançoisPremier,
Henry II. &
sous François II. & Charles
IX. plusieurs Conseillers
d'Etat,& des Ambassadeurs
dans les principales Cours
de l'Europe : & sans encrer
dans le détail des degrez au
dessus de l'an r> 1500. on remarquera
feulement que
Claude de Laubespine, Seigneur
d'Erouville, épousa
l'an 1507. Marguerite le Ber
ruyer, Dame de la Corbiliere,
& que de cette alliance
sortirent, entr'autres
enfans, Claude de Laubespine,
Baron deChâteauneuf,
premier Secretaire
d'Etat, qui a fait la branche
des Marquis de Châteauneuf-
Surcher, alliée dans
les Maisons de la Châtre,
de Neufville-Villeroy, de
S. Chaumont, de Volvire,
Russec, de Cochesilet-Vaucelas
J
de Rouvroy-faint-
Simone de Beauvillier; ôc
se Gilles de Laubespine,
qui a faitla branche des
Marquis de Verderonne. Il
fut pere de Claude de Laubespine,
Seigneur de Verderonne
,
Commandeur &
Secretaire des Ordres du
Roy,marié l'an 1593. avec
Loüise Pot, fille de Claude
Seigneur de Rodes & de
Chemaut, Commandeur ôc
Prevôt des Ordres du Roy,
Grand Maîtredes Ceremonies
de France; 6c de Jacqueline
de la Châtre, de
laquelle il eut Loüise de
Laubespine, mariée à Jean
de Montberon, Comte de
Fontaines-Chalendray
; &
Charles de Laubespine,
Seigneur de Verderonne,
Ambassadeur en Suisse,
Chancelier de Gaston Duc
d'Orleans, & marié avec
Marie le Bray de Flacourt.
Il en eut Claude de Laubespine,
Marquis de Verderonne
, qui épousa Helene
d'Aligre, fille d'Etienne
d'Aligre Chancelier de
France, & petite-fille d'autre
Etienne d'Aligre, aussï
Chancelier de France. De
ce mariage sortit lepere de
Madame la Comtesse de
Pontchartrain, comme il
aété remarqué ci-devant.
Ceux qui voudront en
être instruits plus amplement,
pourront avoir recours
à l'histoire des Chanceliers
&Gardes des Sceaux
de France, par Antoine du
Chesne
; & à l'histoire des
grands Officiers de la Couronne
& de la Maison du
Roy, par le Pere Anselme
de l'édition de 1712.
Pour Mademoiselledc.
le jour de saFête.
C'E(llaFêteilfabellt]
l\4ufe>il me faut un bouquet
:
.9
TOY que rarement j'tlp:11
Afle-mo
pelle,
Afftle-moyle caquet.
DltU des Vers, je veux
pour elle Jftr comme un perroquel
Et, montésur ton criquet,
Galopera tire-dalle.
Soûliens-moy si je chancelle;
Sur-tout prends foin de
la [elle
Oufattache un plein pfa
quet
Des vertus de ma pueelle.
Si tu veux en racourci
Safigure, la voici.
Taille entre humaine &
dtine
Ni y trop grosse
,
ni trop
fini;
Lesjeux beaux,la hou
cheatilfî; cbe au
Four le necoufjl, coussi:
Mais je l'aime bienawfî.
Je dirai deson oreille
Qu'elle est & fraîche &
'Vermeille,
Sur-tout quand la belle
rit,
Ou bien quand elle 'O
git.c Sa gorge
efl
une mer~ (
vetlle
Et, sans la p,eindre en
détail,
Celi AlhÂtre, cess émail.
Tour le resteje m'en doute;
Car ma foy je riyvois
goûte,
Et si mon inftinft dit
"Ur",,
C)encorAil 9 yvoirt (j)
geai:
Mais il ejt certaines chofeS
Qnuifour moy font lettres
closes.
Poila pour le corps. J'ai
dit;
Voyons maintenant l'efprtt.
Moins qu'une autre elle
sen pique:
Vif & doux, /impIe &
sansfard,
Il n'emprunte rien de
l'art,
Comme nature il s'explique;
Quand elle parle il pa.
raiïl,
Et quand même ellese
taist.
Je wudrois
, comme du - telle,
De
Defin coeur dire du bien:
Pour ne point trahir le
mien,
UétogQ en fera mode(le.
3e fiai qu'il est genereux,
Il est tendre) je le veux;
Ce qu'on en dit je l'avoué,
'Et fendirai bienautant:
jMaisaregret je le loue,
Et je n'en fuis pas content.
Jai mes raisons pour le
dire,
Ellesçait ce qu'il eneff>
Elle n'en fera que rire>
Etc'efl ce qui men de- ,plaist.
Sus allons, bride Pegasèy
Et pprreennoonnsr tgraarrdde aux é- e é
-J cartss
£hton s'en moque, qu'on
en jase,
Me voila monté, jepars.
W
LA TABATIERE
d'or.
NOUVELLE.
Par Monsieur de L **, ON a parlé si diversement
de la Tabatiere
d'or, qu'on croit faire
plaisir de rapporter ce
qui peut avoir engagé
beaucoup de railleurs à
plaisanter aux dépens de
la belle Provinciale qui
avoit un procésauGrand
Conseil. Voila du moins
ce quelle a avance aux
personnes qui lui offroient
du secours & des
sollicitations si le pretendu
procés ne s'accommodoit
pas. Labelle
Provinciale, qui a eu
des raisons pour fc dire
de Bordeaux plûtôt que
de Toulouse, où l'on
sçait certainementquelle
estnée, a demeuré
à Paris quatre mois,
chez une femme qu'elle
appelloit sa tante. si:
bonne tante, qui est encore
jeune, & point ennemie
des gens galans &
polis, a trés-bien reçu
pour elle & pour sa niece
toutes les offres de fervices
qu'on leur a faites.
Un jeune Marquis, trèsspirituel
& trés-aimable,
ayant trouvé la niece
fort à son gré, a imaginé
tout ce qu'il a pû pour
lui plaire; parties de Comedie,
d'Opéra&de S.
Clou ont été mises en
usage. On ne marchoit
que fous les étendars de
la tante ,
dont le plus
grand foin paroissoit celui
de lorgner une tabatiere
d'or qui appartenoit
au Marquis, &
de la garder souvent
des deux & trois jours
disant quelle aimoit
beaucoup le tabac. Les
amis du Marquis, qui
voyoient le train qu'on
faisoit prendre à sa tabatiere,
en railloient
avec lui, &C nedoutoient
aucunement qu'elle ne se
perdît, ou qu'el le ne segarât
entre les mains de
la tante ou de la niece.
Une Comtesse, qui aimoit
le Marquis,& qui
en avoit été éperdûment
aimée, ne vit qu'avec
grande peine son attachement
pour la belle
Provinciale. Elle sçavoit
les emprunts de la tabatiere,
8c étoit la première
a dire au Marquis
qu'ellecouroitde grands
risques. Il reparcoit toûjours
qu'il la sacrifieroit
volontiers,s'ilosoit seulementesperer
ce qui
excitoit l'envie de ses
amis, & la jalousie des
Dames qui parloient mal
à propos de la belle Provinciale,
qu'il assuroit
être la plus sage de toutes
les Dames qu'il eût
jamais connues. Les cho
ses en étoient là, quand
la Comtesse, après y avoir
bien pensé, pria un
ami commun d'elle &
du Marquis d'emprunter
pour quelques jours
la tabatiere, fous pretexte
de s'en faire honneur
auprés d'une Dame
à qui il s'étoit vanté
d'en avoir une de qua-
: tre-vingt pistoles. L'ami
du Marquis, à qui
la Comtesse ne demandoit
que le secret de ne
dire jamais à personne
qu'elle eust eu part à (on
emprunt, n'eut pas de
peine à lui promettre
cette grace ; & dés qu'il
eut la tabatiere, ill'apporta
à la Comtesse, qui
avoir un homme tout
prest pour la porter chez
Rondet, avec qui il convint
du prix de cinq pistoles,
pour en avoir une
de tombac qui la contrefift.
L'ouvrier qui l'entreprit
y reüssit si bien,
que la Comtesse charmée
devoir de quoy duper
sa rivale, prit aussi
le train d'em prunter la
ta batiere d'or: & quoique
le Marquis sust fort
aile qu'elle plust à tout
le monde, il se faisoit
néanmoins un mérité
auprés de la belle Provinciale
de ne la laisser
jamais plus d'un jourà
la Comtesse
,
qui ne la
rendoit aussi qu'en disant,
que tous ses amis
étoient surpris qu'il ne
l'eust pas encore donnée
à la belle Provinciale
pour gage de sa grande
passion. Le Marquis ne
recevoir pareilles plaisanteries
qu'avec un air
à faire croire qu'il defesperoit
de se voir bien
traité de sa belle : mais
la supercherie de sa rivale
donna des soupçons
du contraire;car la Comtessefinissant
un jour une
partie d'ombre avec le
Marquis, tira de sa poche
la fausse tabatiere
& la laissa sur la table
où l'on avoit jolie, en
paroissant vouloir donner
des ordres à une
femme de chambre qu'
elle avoit fait venir. Le
Marquis prit la tabatiere
sans rien dire, & sortit
pour se rendre chez la
belle Provinciale, où il
trouva un de ses amis
qui entretenoit la bonne
tante. Il crut, dés en
arrivant, que sa belle lo
recevoit mieux qu'à l'ordinaire
,
&lui montra
gaiment sa tabatiere, disant
qu'il venoit de la
retirer par un heureux
hazard des mains d'une
Dame qui paroissoit en
avoir beaucoup envie:
mais que son intention
étoit de ne la plus prêter
qu'à la feule personne
qu'il aimoit. La belle
Provinciale, qui écoutoit
avec grand plaisir
cette dec laration, affcdta
de ne recevoir la tabatiere
qu'encedant à la
violence dont il usoit
pour la mettre dans sa
poche. Le jeu de la contestation
excita un combat
dont le Marquis eut
tout l'honneur, & la
belle ne se trouva pas
malheureuse d'en remporter
la tabatiere. Elle
nes'en servit plus cependant
depuis comme elle
avoit accoûtumé
, & le
Marquis, qui n'en étoit
pas content, disoit à tous
ceux qui lui demandoient
ce qu'étoit devenuë
sa tabatiere, qu'elle
étoit chez une fort aimable
veuve, qui avoit
la vanité de ne la pas
montrer,de peur apparemment
qu'on le crût
heureux. Ce nom deveuve,
que la Provinciale
entendoit donner par le
Marquis à la Dame qui
avoit sa tabatiere, ne lui
plut
plut pas; elle croyoit lui
avoir montré assez de
quoy pretendre au nom
& à la qualité de fille
dont elle se paroit : mais
il n'en rabattoit rien, &
la veuve étoit devenuë
l'objet éternel de tout ce
qu'il avoit de malin à
débiter. Le Marquis
manquoit là de delicatesse
& de condescendance
pour l'opinion
que toutes les filles veulent
qu'on ait de leur
conduite passée ; car il
n'y en a aucune qui ne
se croye égale aux plus
fages & aux plus reservées.
La belle Provinciale,
qui voyoit le Marquis
pen fer autrement
ou fatiguée de ses discours,
ou par mépris pour
son gage, pria un ami
de lui prester cinquante
pistoles sur sa tabatiere.
L'ami la fie voir à un
orfevre, qui lui rit au
nez, enl'assurant que la
tabatiere n'étoit que de
cuivre. Il la rapporta sur
le champ à la belle Provinciale,
& lui reditce
que l'orfèvre venoit de
lui dire. Sa surprise fut
si grande, qu'elle la renvoya
à l'instant au Marquis,
avec le billet que
voici.
Jefuis hors d'état de Irvous rlen moy-même jremoy-w,-ér4e
njêtre tabatiere de cuivre;
'l)ous avez* eu grand tort
o
de me la faire recevoir
avec violence.Je vois bien
que je fuis votre dupe :
maisje menvangerai
jientôt, ou je mourrai
dans la peine.
Le Marquis reçut sa
tabatiereavec grande
demonstration de joye,
que la lecture dubillet
rendit courte; car en examinant
de prés la tabatiere,
il reconnut que ce
n'etoit pas la sienne, &
indigné du tour qu'il s'imagina
que lui joüoit la
belle Provinciale, illui
écrivit ce qui fuit.
Je comptois bien ne revoir
jamais ma tabatitre
: mais en men envoyant
un modele VOIU
detvieZ ne me l'annoncer
que pour ce qu'il est : je
naurois pas du alors me
vanter que vos presens
riont aucune proportion
avec celui queje vous ai
fait. javois tlulJi defiem
de me corriger, & de ne
vousplus appeller maveuve
: mais je ne mendédirai
jamais, &je vous
conseille de ne mepas obliger
à en dire davantage.
La belle Provinciale
avoit paru moins indignée
à la découverte de
la tabatiere de cuivre,
qu'à la lecture de la réponte
du Marquis, quellelaissa
fort imprudemment
sur un sopha,
où dés le jour mesme
elle fut trouvée par un
jeune fou, qui la mit
dans sa poche, la montra,
Se en donna des copies
à tous les gens de
son espece. Le Marquis,
à qui on se faisoit un
plaisir de les montrer,
ne douta pas que la belle
Provinciale ne l'eût livré
au public, & il ne
crut pas se pouvoir jamais
justifier qu'en montrant
la tabatiere de cuivre
34 le billet qu'elle
luiavoit écrit. La jalouse
Comtesse attentive au
dénoûment de sa piece,
& ravie qu'elle eust
reüssi
, eut encore la malice
de faire de grands
reproches au Marquis
sur les manieres qu'il
avoir pour une belle qu'il
avoit beaucoup aimée;
& avant qu'il la quittât
, elle lui demanda
quel prix il donneroit à
la
la personne qui lui rendroit
sa tabatiere d'or.
Joüez bien vôtre rolle,
lui die-elle, & venez
souper aujourd'hui avec
moy,vous y trouverez
de quoy vous consoler.
Ce discours fit un veritable
plaisir à lamant
chagrin & inquiet 5 car
faisant reflexion aux effets
que peuvent avoir
l'amour & la jalousie,
il se persuada aisément
que la Comtesse lui avoit
jolie le tour. Il revint
chez elle deux heures
avant son souper, & eut
tête à tête une audiance
si favorable, qu'aprés
avoir bien plaisanté,
il sentit sa tabatiere
dans sa poche.Il publia
dés le lendemain qu'il
l'avoit retrouvée par une
e spece d'enchantement,
& il pria ses amis de lui
trouver des Dames qui
vou lussent avec pareil
rafinement de jalousie
lui friponner sa tabatiere,&
lalui rendre avec
pareil excès d'amour.
Premiere Que/lion.
Si la presence de ce
qu'on aimcauseplus de
joye que les marques de
l'indifférence ne donnent
de pei ne.
Réponse.
Cf(k un tourment aatmer
sansêtre aimé
de même:
Mais pour un bel objet
quand Lamour ejfï
extrême,
Quels que fotent sa regards
y
ilsfonttoujours
charmans,
Etsil'on s'en rapporte aux
délicats amans,
Fust-ontyranniséparcelle
qui nous aime,
Le tyran nous feroit oublier
ce tourment.
Seconde\Quefiion.
..Ãt':..J.:-" Quelest Rembarras
d'une personne, quand
son coeur prend un parti
,
& sa raison un autre.
Réponse.
On ne peut exprimer le
trouble où l'on s'expoje,
Lors quen aimant le coeur
prend unparti
Où la razfon S'f)ppoft;
Souvent cette cruelle est
cause
Quon Je repent de J'être ,
assujetti
Aux douces loix qu'un
Eiij
tendre amour Imposè:
Mais enfin quoy qu'en si
propose,
Oj se rtpent toujours de
s'iêitre repenti.
TrojiémeQusftionï
Si l'on doit haïr quelquun
de ce qu'il nous
plaît trop, quand nous
ne pouvons lui plaire.
Réponse.
Quand ce qui nom plak
tropnesenpOIntntr y
peine,
Que ponr toucher foncoear
notre tendrejje fft
vaine,
Et qnonvoit que rien ne
l'émeut,
Tourseranger diane inhumaine
Doutets-'vom si Con doit
allerjufyiià la
haine ?
'Ifa!sans doute on le doit,
& h dépit le veut:
Mais je ne fiai si ion le
peut.
Quatrième Queïïionl
S'il est plus doux d'aimer
une personne dont
l'esprit est préoccupé
qu'une autre dont le
coeur est insensible.
Reponse.
Ilne- jf-point demeprt-s qui
nefoit roureux:
Mau cest un moindre
mal de se ruoir amoureux
D'une beauté pour totù
inexorable,
Qje àun objet qui brait
d'autr&s feux.
La gloire est grande à
vaincreune insensible
aimable:
Mais du moinsen aimantsiCon
ejtmiserabley
On ria point de rivai
heureux.
vnquiéme Question.
Si meriter d'être aimé
console du chagrin de
ne l'estre pas.
Réponse.
Qjtani dun coeur qu'on
attaqueor: manque la
rviEfoirl:
Ce q(¡."an a de mérité a
beau ptrùhre au
jour,
Le mérité sùffit pour contenter
lagloire:
Mais il ne suffit pas pour
consolerl'amour.
Article des Enigmu.
Parodie de la premiere
Enigme, dont le silos
efl un Jvlaqtereau.
Maquereau frais brillant
dans la faison nouvelle
Suit de prés t'hirondelle.
Vom>Petntres,le voymt
blanc) blets, verd)
Violets
pOUI qui fçavezj l'effet
du mélange in peinture.
^dppreneZjmoypourquoyy
vermeil par t'encolure,
Le gril de fer le rend ¡au.
ney noiry blanc de
lait;
Enfiùte un (ur/out noir
-
finit sa destinée.
Sauce noire est souvent
aux maquereaux
donnée.
A de mauvais plaisans
infpirans le bon mot,
Maquereau fait railler:
(équivoque de foi )
Alaisraillerie à part, il
pique lesgens chiche/>
Qui l'ont à bon marché,
parfois mesme à
crédit.
Il est çlus doux sans con
tredit,
Quand ileefratS &cher
vendu pour les gens
riches.
Avec force ilagitsir les
plUlparessèuxj
Tans pis pour eux.
Parodie de la seconde
Enigme.
fhabite une solide & vivantemaifort;
C'ejlî t'ecaille de ïhuitre,
ou la perle en prison.
Gens qtf.on appelle oisifs
la mettent à la chaîne.
Enfiler perle est le dicton,
Que tous les gens oisifs
devineront sans peine.
Le fer qui de la perle a
tranfperclle flanc
Nt lui jfaurait tirer de
fàng.
Quoique lefangfoin moy
coule en plus d'une
veine-
De cent petits rameaux
gorge de femme est
pleine.
L'oeilbrtltant de la perle
a7fin teint d'argent
ivif
Attirent les desirs d!4 Cor-,
faire (t) du Juif,
Qui pour l'avoir montent
l'esquis.
Lorsque de deux beaux
jeux tu vois couler
des larmes,
Perles sortentdes yeux,
c'est lacomparaison
Aux romans jadis de faison
,
Amant,souviens-toy de
mes charmes :
Mais sensouvienne qui
voudrA,
Quelque maUVAÜ Poète
IIIli:tJ)tn fouvtendra.
Cette derniere Enigme
me n'est pas des meilleures
;celle-ci vaut mieux,
& fera plus difficile à
deviner.
ENIGME
nouvelle.
Dans un lieu qui ressemble
aux coffre* de la
Chine,
Où notre allure on examine
Devant un Juge glapissant,
Vn homme en sueur nous
jugeant,
Dans de sombres cachots
nousfait entrer de
force,
jiux depensquelquefois
de nostre tendre
tcoree,
Et sans avoir defein de
nous faire périr,
Nous coupe adroitement
pour nous faire
mourir,
Et fait crier à pleine tête
Des quidans qui par nous
taAchent deJe nourrir ,1
anJcoup firir.
De maint honnêtes gens
nous faisonslamanie,
Ilsseplaisent à voir notre
peau bien unie;
Celui qui nous tourmente,
bêlas!s'en rejouit,
Et nous tourmente moins
quandlejourCéblouit.
1 QUESTIONS.
Personne n'a répondu
aux questions du mois:
precedent; cela est si
honteux pour le Mercure
, que pour éviter pareille
honte au mois prochain,
j'ai mis dans celuici
les questionsavec les
réponses toutes faites. Je
prie les curieux de questions
de me les envoyer
comme ceux-ci ontfait,
avec les réponses au bas S
car je n'ai plus le temps
de répondre moy-même,
quand les réponses me
manquent, & je crains
quellesnememanquent
souvent. -
Tranchée de la nuit du14.Juil-
./et,fY autresjours futvanSr
LeiA.Messieurs
De S. Fremont, Lieutenant
general.
Le C. de la Macq, Maréchal
de Camp.
Et Nonon, Brigadier.
Regtmtns.
Navarre, 3. bac,
Saillianr., 2.
Medoc, 2.
Souches, 2*
Le i<. MefTicurs
D'Albcrg* otty. «A
Bourc.
Dherlin.
eRégimens.
La Marine, 5.
Orleans) 2..
Perigord
, 1.
Saintonge, 2..
Dilon, J.
Le 2.6. Memm
D'Hautefort.
Verac.
Barnhoel.
Régimens.
Tallart, r.
.A lface, 4*
Hefy, J.
Leirj. Mmeurs
Surville.
Maulevrier.
Cebret.
Regimens.
Broflc, t;
Bourbon, ze
Vermandois) Z. Sorbec,,- Le 18. Messieurs
Dauvray.
De Broglio.
Hoel.
Régimens.
Poitou, 1,
RVoiicirglulca, rs,J.Z. Flandres, 2.
Le19. Mefliturs
Desting.
Roch.
Brillac.
Regtmensr Dauphin,$•
Brendelay , 3.
Chartres3 Z.
Perry, il
Le 30. Meneurs
De Cheladet.
De Mortemart.
Montbason.
Resimens.
La Gervafais, Z.
Provence, s.
Toulouse, Z.
Auxerrois, Z.
Royal-Baviere, 1.
Comme
Comme on n'avoit
pas dans le Mercure precedent
une relation exacte
ni étenduë de cctte
if , A cntree, on n'en a pu
dire que deux mots en
attendant celle-ci.
Relation de fentréede M. le
Ducd'Aamont, /fmbdfiach ur
extraordinaire de Francey à
Londres lelO. JuilLt 1713.
LETTRE DE LONDRES.
J'ai reçu, Monsieur,vos
deux lettres du 2. & du 9.
Juillet; & pour satisfaire
avant toutes choses à vôtre
curiosité sur l'entrée publique
de Monsieur le Duc
d'Aumont ,
j'aurail'honneur
de vous dire que ce
fut Mercredi IL. de ce mois,
& le premier du vieux stile.
Nous nous étions tous rendus
à Grenwich
,
dans la
maison de MonsieurRobinfon,
Capitaine du yacth
qui nous a amenez de France.
Monsieur le Duc y avoit
envoyé dés la veille
tous ses Officiers pour y
preparer un magnifique déjeuner.
Entre midi & une
heure Milord Comte de
Skardel, accompagné de
six Gentilshommes de la
Chambre privée de la Reine,
vint faire à Son Excellence
compliment sur son
heureuse arrivée dans le
Royaume.Monsieur le Duc
descendit trois marches de
l'escalier pour le recevoir,
& lui donna la droite jusqu'à
la chambre,où il y
avoit deux fauteüils, six
chaises pour les six GentilsbOiTImes,
&une autre chaise
à main gauche, & un peu
derriere le fateüil de M.le
Duc, pour M. le Chevalier
Cotherel Maître des Ceremonies.
LeComte eut la
place d'honneur, & se couvrit
avec sa suite. Il n'y eut
de nôtre part que M. le
Duc & le Maître des Ceremonies
qui furent assis &
couverts.
D'abord aprés le compliment
Son Excellence proposa
à Messieurs les Anglois
d'aller déjeûner, & leur
donna toûjours la droite
jusqu'à la salle de l'ambigu,
qui fut des plus somptueux,
sur deux tables de quarante
couverts, où l'on ne s'assit
pas, chacun mangeant debout&
àla placeoù il [e
trouva. Sur les trois heures
on sortit de la maison de
M. Robinson, & depuis ce
moment-làles François eurent
toujours la droite. On
traversa
, pour gagner le
port, plusieurs rues parsemées
de fleurs & lacour de
l'Hôtel desInvalides,oùl'on
trouvalessoldats sous les
armes,les tambours battant
aux champs
,
le Gouverneur
à la premiere porte
avec tous les Officiers, qui
vinrent faire cortege à M.
l'Ambassadeur. Toutes les
berges de la Reine étoient
la à nous attendre. Rien
n'est plus propre, ni plus
galant; ce n'est en dehors
que sculpture & dorure, &
le dedans est tapissé de velours.
Celle où entra M. le
Duc, avec le Milord qui le
conduisoit, étoit superbe ôc
doréejusqual'eau:ellen'avoit
jamais servi à aucun
Ambassadeur. Tous les
yacths de la Reine, moüillez
prés de Grenvvich
, avoient
arboré tous leurs
pavillons;il y en avoit tout
le long des cordages, &
j'en comptai à un seul plus
de cinquante qui jouent au
gré des vents. Ils saluerent
de tous leurs canons la bergede
Son Excellence, &
tous les autres bâtimens
dont la Tamise est couverteétoient
pleins de monde
jusqu'au haut des mats:
ce n'étoient que chapeaux
en Tair, & que cris reÏrerez
de hous,.boufàyJ hou.
J&y.
- On arriva vers les qua- treheures au pied de la
Tour de Londres. Milord
Comte de Northampton,
Connêtable de la Tour,fiiivi
du Commandant Se des
principaux,Officiers, se
trouva au bas de l'escalier
du gay pour recevoir M.le
Duc, & lui presenter la
main au sortir de sa berge.
Il lui fit compliment de la
part de la Reine, & le conduisit
au carosse de Sa Majesté.
C'est un honneur qui
n'avoit pas encore eu d'exemple,
& nul Ambassadeur
n'avoit été reçu jusqu'apresentque
par le
Commandant de la Tour.
Tout le quay étoit bordé
par les gardes de la Reine,
la bayonnette au bout du
fil11
,
les enseignes déployées,
les tambours battant
aux champs, tous les
Officiers à leurs places &
saluant de l'esponton:autre
distinction sans exemple.
&qui n'a été accordée qu'à
M. le Duc d'Aumont.
Quand on sortit de la
Tour, tout le canon nous
falua au nombre de cent
quatre pieces. Voici l'ordreque
l'on garda.
Ilyavoit à la tête une
trentaine d'Anglois parfaitement
bien montez; ce
sont les marchands & les
ouvriers qui fournissent
l'Hôtel de Son Excellence.
Ils étoient suivis des gardes
de M. le Chevalier Maréchal
de la Maison de la Reine,
qu'ils precedoient,
M. le Chevalier Englich,
Maréchal des Ceremonies
lequel étoit dans le carossey
de Milord Comte de Skardel,
par où commençoit la
marche.
Ensuite les quatre Suisses
de M. le Duc sur des che,-
vaux,& aprés eux les trente
valets de pied de M. le
Duc,qui n'a voulu que si
feule Maison, & n'a pas
pris un seul homme de parade.
Ensuite deux écuyers sur
les plus beaux chevaux
d'Angleterre, à la tête de
douze pages, tous Gentilshoninles,
parmi lesquels il
y ades Chevaliers de Malte.
Entre les deux files de
leurs chevaux il y avoit un
Ecuyer à cheval pour les
conduire.
Six palfreniers à cheval,
qui menoient des chevaux
de main;deux autres Gentilshommes
de Son Excellence
marchoient à cheval
immédiatement devant le
carosse de la Reine, dans
lequel étoit M. l'Ambassadcur
, Milord Comte de
Skardel,nommé Ambassadeur
à la Cour de Vienne,
le Secretaire de nôtreambassade,
& le Maître des
Ceremonies.
Un second carosse de la
Reine pour les six Gentilshommes
de sa Chambre, le
carosse du corps de Son Excellence,
attelé de huit chevaux
gris- pommelez, couverts
de harnois dorez, les
crins tressez de rubans cramoisy
, avec des aigrettes
de plume sur la tête. Ce carosse
était vuide,toutes les
glaces levées, suivi de quatre
carosses à huitchevaux,
appartenans à Son Excellence,
& de cinq auti es carossesàsix
chevaux appartenans
à des Gentilshommes
de sa fuite, dont les cochers
& portillons avoienc
la livrée de M.le Duc. Tous
les domestiques de ces
Gentilshommes accompagnoient
à pied ces dix carosses
:
ils étoient habillez
de surtous rouges, uniformes,
& formoient une
nombreuse livrée.
Aprés toute cette pompe
suivoient les carosses à six
chevaux des SeigneursTorris
qui y avoient envoyé
tous leurs gens, & je crois
qu'il y avoit bien cinquante
carosses.
En arrivant à Sommerset
House Son Excellence trouva
dans la cour unecompagnie
des Gardes de la Reine
fous les armes, comme
à la Tour, & toutes les
trompettes de Sa Majesté,
qui avec les timbales &
tambours sonnoientdes
fanfares sur la retraiTe. Il
ne fut plus permis à qui que
ce soit de nôtre livrée d'entrer
dans les appartemens,
& Son Excellence n'eut
plus d'autres Officiers que
ceux de la Reine. La salle
des Gardes se trouva bordée
de trente ou quarante
Hoquetons en toque & en
habits de ceremonie,lahalebardc
à la main, & ils
n'en font pas fortis jusqu'à
Samedi après l'audience.
Le Comte de Skardel
conduisit M. le Duc dans
son appartement, & l'en
mit en possession; & après
lui avoir fait un second
compliment au nom de la
Reine, M. l'Ambassadeur
le reconduisit jusqua sa
chaise à porteurs, en lui
donnant à son tour la main.
Un moment aprés arriva
Milord Comte de Vvindfor,
que Son Excellence
alla recevoir jusques dans
la
la première salle, en lui
donnant la droite ôc la place
dhonneur dans la chambre
d'audience. Le Comte
s'assît, & se couvrit en même
temps que M. le Duc,
à qui il fit compliment de
la part de Sa Majeste
;
aprés
quoy Son Excellence, en
lui donnant toujours la
main, l'alla reconduire jusqu'à
sa chaise.
Toute la soirée se passa
à recevoir des visites ou
des complimens. A dixheures
le Maître d'Hôtel de la
Reine vint avertir Son Excellence
que le souper étoÍr
servi. On n'a jamais rien vû
de plus magnifique. C'étoit
une table longue, dont un
bout donnoit fous le dais i
avec un seul couvert b cadenat,
&un fauteüil de velours
pour M. le Duc, qui
étoit seul à ce bout-là. Plus
bas des deux côtez, &à
une assez grandedistance,
etoient vingt-quatre couverts
, où saffirent sur des
chaises de natte à rAn
gloise Milord Skardel à la
droite, &Milord Vvin¥or
à la gauche, d'autres Milords
après eux, le Maître
des Ceremonies, le premier
Controlleur de la Maison
de la Reine, & dans le
reste des places ce qu'il y
put tenir de Gentilshommes
François. Son Excellence
a toujours été servie
à verre couvert & en vermeildoré
par les mêmes
Officiers qui ont l'honneur
de servir la Reine. C'étoient
les Hoquetons qui
portoient les plats couverts,
& les Gentilshommes servans
qui les mettoient sur
la table. Pendant tout le
repas les trompettesnont
pascesse de sonner: on a
bû toutes les fois à la santé
du Roy,& celle de Sa Majessé
Britannique, & celle
du Roy d'Espagne. Ces santez
ont été bûës debout &
à découvert. Ensuite on a
bû les santez de Monseigneur
le Dauphin, de
Monseigneur le Duc de
Berry, de Monsieur le
Duc d'Orléans, & de Milord
Grand Tresorier. Je
vous avouë que toutes ces
santez n'accommodoient
pas lamienne: c'étoit un
vin de Volney très vif, ou
un fin vin de Champagne,
qu'il faloit boire pur & à
plein verre. Il y a eu six
repas servis avec cette magnificence
,
sans compter
une autre table de plus de
quarante couverts pour les
autres Gentilshommes,qui
ne pouvoienr tenir tous à
celle de M. le Duc. Cette
table,dont M.le Maréchal
des Ceremonies faisoit les
honneurs,étoit servie comme
la premiere par lesOfficiers
de Sa Majesté. Cette
grande Princcesse
, qui ne
dédaigne pas d'entrer dans
les moindres détailsen nôtre
faveur; a donné ordre
qu'on servît la plupart des
plats à la Françoise
,
& a
bien voulu envoyer en
France chercher toutes fortes
de vins, de confitures
seches & liquides.
Outre ces deux grandes
tables, il y en a eu une autre
pour les douze pages &
leurs gouverneurs, servie
avec la mêmesomptuosité.
Enfin l'on peut dire
que tout a répondu à la
magnificence d'une si grande
Reine, & que toute la
fête a été veritablement
royale.
Le Samedi l'aprésdînée,
sur les six heures du soir,
Milord Comte de Salisburi
est venu prendre M.l'Ambaffadeur
pour le conduire
à l'audience publique. Il a
été reçu avec les mêmes
honneurs que les deux autres
Comtes, & la pompe
a été la même que celle du
Mercredi, même cortege,
mêmeséquipages,mêmes
carosses, & même foule à
nous voir passer, & même
ardeur à [e battre pour rzmasser
l'argent du gencreux
Ambassadeur.
A la porte de saint James
Son Excellence a été
reçûë par le Chevalier Maréchal
, par le Maréchal
des Ceremonies, ôc par le
Concierge du Palais, avec
leurs bâtons de commandement
à la main, les Gardes
de Sa Majesté fous les
armes,enseignes déployées,
les Officiers saluant
,
&
les tambours battant aux
champs, même dans le Palais
de la Reine.
Les
Lesvalets de pied de Son
Excellence ont été rangez -
en haye tout le long de l'escalier,
les pages ont entré
dans la salle des Gardes.
M. le Duc a été conduit
dans la Chambre du Conseil,
en attendant que toute
sa fuite fût rassemblée:alors
un Chevalier est venu ravertir
que la Reine éroie
sur son trône, c'est à dire
dans un fauteüil
,
sur une
estrade fous son dais. On a
traversé la salle des Hoquetons
, leur Commandant à
leur tête, qui a conduit Son
Excellence jusqu'à la salle
des Gentilshommes Pensionnaires
magnifiquement
vétus, tous en haye, tenant
leurs hallebardes dorées.
Milord Duc de Beaufort,
leur Capitaine
) a reçû
l'Ambassadeur à la porte de
la salle, & l'a conduit jusqu'à
la Chambre de la Reine,
à la porte de laquelle
tous les Gentilshommes
François qui precedoient
Son Excellence se sont ouverts
pour la laisser entrer
la premiere entre le Comte
de Salisbury & M. le Chevalier
Cook, Vicechambellan
,
faisant les fonctions
en l'absence de M. le
Duc de Shrevvsbury grand
Chambellan.
M. le Duc a fait une premiere
reverence dés l'entrée
de la chambre, une seconde
au milieu, & une
troisiéme aux pieds de la
Reine. Le ceremonial vouloit
que Sa Majesté se levât
à la seconde
: mais l'incommodité
de la Reine & la foiblesse
de ses jambes ne le
lui a pas permis. Avant l'audience
Sa Majestéavoit fait
écrireàSon Excellencepar
MilordDarmouth premier
Secretaire d'Etat une lettre
d'émeute
,
qui a suppléé
à la rigueur du ceremonial.
M le Duc se couvrit un
moment pour la forme, &
prononça son compliment
en presentant ses lettres de
creance. Sa Majesté y répondit
trés- gracieusement
en Anglois, que le Maître
de Ceremonie interpreta;
après quoy Son Excellence
se retira, en faisant trois
reverences aux mêmes endroits
qu'en entrant, en
marchant en arriere jusqu'à
la sortie de la chambre.
On a été reconduit avec
tous les honneurs qu'on avoit
reçus en entrant,&
l'on est revenu au Palais de
Sommerfet dans le même
ordre qu'on en étoit forci.
Aprés que le Milord Comte
de Salisbury eut ramené
M. le Duc dans son appartement,
Son Excellence lui
donna la main, & le reconduisit
en cortege jusqu'à sa
chaise.
Le lendemaindeson aa
dience étant allé à Kinsinp
on faire sa cour à la Reine
, il lui demanda une grace
, qu'il supplia instamment
Sa Majesté de ne lui
pas refuser. La Reine le lui
promit, & Son Excellence
lui dit qu'ilavoitappris que
SSaaMajestéavoit donné or- ~i !c ité avoir ordre
qu'on achetâtpour elle
enHollandeunattelagede
chevaux gris- pommelez ;
qu'il en avoit neuf qu'on
avoit trouvez passables
; ôc
qu'ilsupplioittrés-humblement
Sa Majesté de les accepter
:
osant lui dire qu'
Elle ne pouvoit s'en défendre
après la parole qu'Elle
lui avoit fait l'honneur de
lui donner. La Reine, qui
ne s'attendoit pas à accorder
une pareille grace, parut
un moment interdite ;
mais d'abord d'un visage riant Elle lui répondiot:
Monfeur le Duc,il n'y a
pas moyen de refuser une offre
faite d'une maniere si engageAnte;
d'un autre j'y pfnJerois
4 deux jots: mais devotre
part je reçois tout avec
grand plaisir. Vousjugez
bien que les neuf chevaux
avec leurs parures n'ont pas
tardé à être conduits à Kinsington.
Ce sont les plus
beaux qu'on ait vûs ici, &
les neuf ont coûté en Hollande
dix mil francs. Vous
reconnoissez là les manieres
de M. le Duc d'Aumont.
Avanthier il y eut à Londres
une fête fort solemnelle
pour le Te Deum en
musique, chanté à S. Paul
en actions de graces de la
paix. La Reine ne put s'y
trouver; ce qui diminua
beaucoup de la beautéde
la cavalcade: mais tous les
Meilleurs du Parlement de
l'une & l'aurre Chambre s'y
ren dirent tous en cortege
dans leurscarosses, que les
Torris avoient rendus fort
brillans. Le soir Se toute la
nuit il y eut des feux dans
la ville, & toutes les fenêtres
éclairées. Ceux qui n'y
mirent pas de lumieress'exposoient
à voirbriser leurs
vitres
,
& il n'yen a gueres
de celles-ci qui ayent echa<
péà la tumultueuse rejoüissance
de la mable: c'est ainsi
qu'onappelle la populace
de Londres, qui ces joursla
est la maîtresse, &' que
nulle puissance n'a le droit
ni la force dereprimer. Il
y eut cette nuit là deux fort
beaux feux d'artifice; l'un
dans Hoborn pour la ville,
& l'autre pour la Reine sur
la Tamise, entre Sommerset
& Vvitheal.
VV
Compliment de Son Excellence
M.le Duc d'Aumont
à la Reine de la
Grande Bretagne, à sa
premiere audience pu
blique,
-
MADAME,
C'ejî un moment bien illussre
pour moy quecelui ci:
dans laplus heureuse tTplus
brillante conjoncture j'ai
l'honneur de rendre à Vbtrt
MaJfjlé, de la part du Roy
mon Maitre) des témoignages
publiques de tous /f< fcntimem
qui t'attachent à votre Per- (nne sacrée. Les évtmmens
Jt me longueguerre b n'ont rien
i,
fris sur L'amitié que lhe~: liens
du Jang lui ont ln/pirée) ni
sur ctte haute confédération
qui efl due aux qualité% performelles
,
plus refpeélables
que la majesté des titres, &
que toute la puissance du
trône.
Ces fentimens3 Madame,
ont été mutuels; & l'intelligence
qu'ils ont formée entre
les deux Couronnes a dijjîpe
(esprojets des partis, def&rme
les nations de la terrey changé
la (ace des Ffiâts
,
donné de
nouveaux Rots à l'Europef
& affermi, si je l'ose aire,
la gloire même de Votre Mt.
jtflé Par des conditions dont
Elle a été l'arbitre Elle procure
le bonheur de Jes fu/ers
y
J'a.
vantagedmtJ-esalite^ C&
couronne en même temps les
grands tY mémorables evenemens
de Jon regne, dont
l'antiquiténa pas montré
J'extmple, 0* nouveaux mê.
mhe lsuirjlae tbrônee otùhre.gn4
LA France accoutumée a
trouver dans /es malheurs de
la gloire C? des rejjources , n'en bénira pas moins les con.
feils de Vôtre Majeflé. Elle
a refû avec de vives acclamations
la nouvelle d'une paix
dont la moderation st) la bonne
joy,exercées de part & d'autre
avec émulation
}
ont tranche
toutes les diffculttz &
levé tous les objlac/es.
Ces vertus, si rares dans
lestraiteZJ ont étéréciproques
dans le cours de la dermere
négociation , & elles font
devenues le ptefage (F le
fondement d'uneferme union9
qui dépose entre les mains de
Votre Majesté & dans ctllts
du Roy mon Maître la balance
de touteJ les PuiJJmcei
de tEurope.
Nouvelles d'Angleterre.
On écrit de Londres que
le GeneralEvans partit le
20. Juillet pour aller à Douvres
casser les regimens de
Pocock, de Nevvton 8c
d'Evans, qui doivent y être
arrivez de Flandres; que
le 24. tous les artificiers avoient
été envoyez à Vvol
vvich pour charger de*
bombes, & preparer d'autres
artifices pour l'escadre
qui est vers l'embouchure
de la Tamise
,
qui devoit
partir incessamment pour
aller joindre une escadre
Hollandoise,& faire ensemble
voile vers la mer Baltique,
afin d'obliger les Puissances
du Nord à faire la
paix; quenéanmoins les
Ministres des Etats,garans
des traitez de Vvestphalie,
de Travvendal & de Raenstadt,
travailloient à engager
les parties interessées à
un
en accommodement à l'amiable,
ou à les y contraindre
par la force;quele 17.
la Reine, qui joüit d'une
parfaite santé, étoit reve.,
nuë de Kensington au Palais
de saint James, d'où
elle alla à la Chambre des
Pairs ; que les Communes
s'y étant rendues
3
elle donna
son confenremenr à
l'acte pour faire circuler
douze mille livressterlin de
billets de l'Echiquier, 6c
pour lever cinq cent mille
livres sterlin destinées à
payer les dettes de la liste
civile, & à plusieurs autres
actes ;qu'ensuite elle avoic
fait une harangue aux deux
Chambres, dans laquelle
elle avoit declaré qu'elle
étoit venuë pour terminer
cette seance
;
qu'elle les
avoit remerciez des subsides
qu'ils lui avoient cidevant
accordez,&qui lui
avoient fourni les moyens
de soûtenir la guerre & de
conclure une paix avantageuse
;
qu'elle leur avoit
recommandé de faire connoître
à toute la nation les
biens qui lui en reviennent
& de tâcher de détruire les
divisionsfomentées avec
tant d'artifice, qu'il étoit
necessaire de faire voir
l'amour qu'on avoir pour la
patrie, en se réunissant
pour prévenir la malice
des personnes mal intentionnées,
& détrompant
ceux qui étoient abuiez
j
que rien ne pouvoir maintenir
la paix, que de s'attacher
fermement au gouvernement
dans l'Eglise &
dans l'Etat; qu'on ne pouvoir
faire fond que sur ceux
qui ont ces sentimens:
qu'elle esperoit trouver
l'hyver prochain son Parlement
resolu d'agir dans
les mêmes principes. Aprés
quoy Sa Majesté Britannique
retourna en chaise au
Palais de saint James. Elle
étoit suivie par ses Dames
d'honneur dans son carosse
de parade, attelé de six des
beaux chevaux dont le Duc
d'Aumont lui a fait present.
Son Excellence, accompagnée
de plusieurs Gentilshommes
de [a. fuite ,
suivoit avec deux de ses
magnifiquescarosses. La
Reine a fait distribuer aux -
membres des deux Chambres
des medailles d'or,
qu'elle avoir fait fraper
pour la paix, du poids de
trois guinées & demie chacune.
Milord Compton,Evêque
de Londres, mourut le
18. Juillet, après quelques
jours de maladie, âgé de
quatre-vingt-un an.
La Comtesse Doüairiere
de Salisbury mourut le 19.
au soir.
• Le 25.le Duc d'Aumont
donna un grand bal aux
Seigneurs & aux Dames de
la Cour, & autres personnes
de distinction
;
il fit
distribuer pour les masques
deux mille billets, dont il
envoya cinquante à Milord
Maire pour en disposer.
On y servit des rafraîchissemens
en abondance, &
tout se passa avec beaucoup
d'ordre & de magnificence.
NouvellesJtEfyagnc.
On mande de Madrid
du 17. Juillet, qu'un courier
dépêché par le Duc de
Popoli y étoic arrivé avec
des lettres,qui portent que
dans une assemblée des trois
Estats de Catalogne tenuë
à Barcelonne, le Clergé &
la plupart de la Noblesse ôc
des principaux bourgeois
avoient été d'avis de se soûmettre
à l'obeïssance du
Roy: mais que le député
de Manresa, appellé Sinos,
& quelques autres, avoient
persuadé à la populace de
se défendre jusqu'à ce qu'-
on leur eût accordé la conservation
de leurs privileges
; qu'ensuite ils avoient
publie la guerre au son des
tambours & des trompettes
contre la France &contre
l'Espagne, & nommé des
chefs pour les commander;
qu'il étoit arrivé le
1 3. un
courier de Tarragonne ,
avec des lettres trés-respectueuses
de l'Archevêque
& du Clergé, pour assurer
le Roy qu'ils étoient prêts
de se soûmettre à son obeïssance
; que les rebeles en
ay ant été informez,avoient
envoyé le General Nebot
avec quatre-vingt chevaux,
pour
pour obliger les peuples
de la campagne de Tarragonne
à prendre les armes:
mais qu'au contraire ils les
avoient tournées contre lui,
fait plusieurs de ses gens
prisonniers, & que les rebeles
n'avoient pas eu un meilleur
succés à Oftalric
; que
les troupes du Roy étoient
entrées le 1J. dans Tarragonne)
& avoient été reçûës
par les habitans avec
des cris de Vi'-tt le Roy Philippe
V. que le Comte de
Staremberg s'étoit embarqué
,& avoit fait voile avec
les croupes Allemandes,à
la reserve de quatre mille
hommes de l'Electeur Palatin,
ausquels les rebeles
avoient enlevé les bâtimens
de transportoù ils devoient
s'embarquer, & qu'ils s'étoient
campez & retranchez
sur le bord de la mer,
en attendant une autre
commodité pour leur départ.
Les dernieres lettres de
Catalogne confirmentl'entrée
du Marquis de Leede
avec son détachement dans
Tarragonne, pendant que
les troupes Allemandes en
sortoient par une autre porte.
Elles sont restées au
voisinage, en attendant
l'escorte que le Marquis de
Leede leura promise pour
les mettre à couvert des infuites
des Catalans, & aller
en fûreté joindre deux regimens
Allemans qui n'avoient
pus'embarquer avec
le Comte de Staremberg,
& qui devoient être conduits
à quelque port au-delà
de Barcelonne, où les vaiCseaux
doivent revenir pour
les transporter aussi en Italie;
que le Marquis de Leede
avoirdétachéun Officier,
avec des troupes, & un ordre
du Commandant Allemand
de Tarragonne pour
prendre possession de la
tour de Salo, située sur la
côte,àtrois lieuës de l'ouest,
de Tarragonne : ce qui a
étéexecuté de bonne foy.
On assure qu'avant l'arrivéc
du Marquis de Leede
à Tarragonne, plus de
vingt-cinq villes & bourgs
envoyerent leurs deputez
pour se remettre à la clemence
du Roy, que ceux
cjui font de Barcelonne le
feroient au ssi soûmis, s'ils
n'en avoient été empêchez
par quatre cent volontaires
commandez par Raphaël
Nebot. Les lettres de Cervera
portent que le Duc de
Popoli en devoit partir le
16. avec toute l'armée pour
marcher vers Igualada, &
de là vers la plaine de Barcelonne,
où il devoit arriver
le 24. & qu'on croyoit
qu'il entreroit dans cette
villelà, nonobstant la resolution
que la populace avoit
prise
de
se défendre. On
écrit de Girone que les
Erats de Catalogne furent
assemblez le 30. Juin, pour
deliberer sur le parti qu'ils
devoient prendre après
avoir été abandonnez par
l'Archiduc ; que le Clergé
avoit été d'avis de se soûmettre
à leur Roy legitime
; que la Noblesse avoit
été du même sentiment, à
la pluralité de deux voix
seulement: maisque le tiers
Etat,excité par les auteurs
de la revolte
J
avoit resolu
de se défendre, à moins
qu'on ne leur accordât la
confirmation de tous leurs
privileges que plusieurs
des principaux de la Noblesse
se sont retirez dans
leurs maisons, ou sont venus
à Girone, entr'autres le
Comte de Fuentes Arragonnois,
qui avoit été Viceroy
de Sardaigne; & le
Comte de Palma, qui ayant
été Viceroy de Caralogne
pour Sa Majesté Catholique,
avoit embrassé le parti
de l'Archiduc,s'est retiré à
Mattaro ; que les rebeles
ont choisi pour leurs chefs
le nommé Ragas, auteur
de la revolte de la plaine de
Vich; Buffet, qui fie revolter
le Royaume de Valence;
Nebot, qui desertaavec
son regiment & l'argent du
Roy d'Espagne; & d'autres
personnes semblables. Que
Nebot étoit sorti de Barcelonne
avec quatre ou cinq
mille hommes, pour surprendre
Tarragonne, quoique
le Gouverneur lui eût
fait dire que s'il approchoit
on tireroit sur lui;qu'il s'étoit
approché d'une porte
gardée par les bourgeois,
qu'il esperoit seduire,& qui
tirerent sur les gens: ce
qui l'obligea à abandonner
cette entreprise. Que le
18. nonobstant lacessation
d'armes, ils s'étoient emparez
du poste de Riu d'Arenas
,
à une lieuë au deçà
d'Ostalric, où il y avoir cinquante
hommes du regimenr
de Beauvoisis, dont
leCapitaine fut tué avec
plusieurs soldats, & les autres
faits prisonniers
; que
le Marquis de Leede avoir
dressé une embuscade de
six cent cavaliers à un gros
corps de Miquelets que Nebor
commandoit, qui ICSi
avoic surpris & les avoit entièrement
défdÍts; ôc qu'on
ne sçavoit pas ce qu'étoit
devenu Nebot, & que les
rebeles -de Barcelonne avoienc
envoyé au Gouverneur
de Gironne le regiment
de la Ciudad pour
augmenter sa garnison r
mais qu'ilavoirrefusé de
le recevoir, & qu'il avoit
répondu qu'il vouloit remettre
la place à Sa Majesté
Catholique. Les dernieres
lettres de Catalogne portent
que le Duc de Popoli
étoit aux environs de Barcelonne
avec son armée;
que Sa Majesté Catholique
étoit maître de toute la Catalogne
,
à la reserve de
cette Capitale &: de Cardone,
où étoient les Miquelets
: mais qu'ils en seroient
bientôt chassez.
On écrit de Torro{e.
qu'un convoy de trente bâtimens,
parmi lesquels il y
avoit six galeres, croie sorti
le 15.Juillet du port des AL
faqués, à l'embouchure de
l'Ebro, chargé de neuf
mille quintaux de farine,
de quatorze mille quintaux
de bled, ôc de vingt mille
d'orge & d'avoine pour
Tarragonne.
On mande de Madrid,
que le Comte de Montijo
y eH: arrivé d'Utrecht, avec
la ratification du traité fait
par les Plenipotentiaires
d'Espagne aveclaReine de
la Grande Bretagne, le
Duc de Savoye & le Roy
de Prusse ; qu'il y passa il y
a quelques jours un courier
venant d'Utrecht, & allant
à Lisbonne, au sujet de
quelques difficultez qui retardent
la conclusion de 1$
paix entre l'Espagne & le
Portugal;que le Duc & la
Duchesse d'Albuquerque y,
étoient venus, leur affaire
ayant ece terminée, moyennant
une lomrne considerableque
le Duc a apnnée
au Roy pour les dépenses
de la guerre;& qu'il y étoit
arrivé un convoy d'argent,
qui est le produit de l'induit
de huit ,& un quart
pour cent,dont on est convenu
avec les interessez sur
les effetsde laflote. Il consiste
en sept centmille piastres
,
dont deux cent mille
sont pour les Officiers, &
les cinq cent mille autres
pour le Roy, qui les a fait
porter à la Tresorerie generale
de la guerre.
,
Nouvelles etAllemagne.
Les lettres de Vienne du
29juillet portent qu'une
partie des troupes Allemandes
de Catalogne étoient
arrivées à Genes; qu'elles
seroient suivies par le reste
vers la fin du mois; & que
le Baron de Regal, Lieutenant
general, devoit incessamment
partir du Milanés
avec son regiment&
celui du General Staremberg
d'infanterie, & celui
de Hautois de cavalerie,
pour venir en Allemagne,
& marcher ensuite vers
l'armée du haut Rhin.
On mande de Berlin du
17. que le Roy de Prusse
avoit fait déclarer à la Diete
de Ratisbonne qu'il ne pouvoit
fournir à l'armée de
l'Empire que son contingent
de six mille hommes,
ayant besoin du restede ses
troupes pour les garnisons
de Vvefel, de Meurs, de
Gueldres, & des autres places
voisines, & aussi pour
couvrir ses Etats d'Allemagne
& de Prusse,àcause
de la guerre du Nord. Les
conferences qui se tenoient
à Berlin pour terminer la
guerre dans la basse Allemagne
, sont 6nies, sans
qu'on ait pris aucune resolution.
Le Prince Menzikovv
pria le Roy de Prusse
de lui prêter quelques canons
,qui lui répondit que,
bien loin de contribuer à
la
la guerre du Nord,il vouloit
employer tous ses soins
& ses bons offices pour la
faire cesser. Ces Princes
confederez se preparent à
faire le siege de Stetin, où
le Prinze Menzikovv doit
commander, pendant que
les Danois & Saxons seront
celui de Stralzund
,
dont le
General Flemming aura la
conduite. On parle diffe
remment de ce qui con-*
cerne les affaires du Grand
Seigneur avec les Moscovites.
Plusieurs lettres de
Bender , d'Andrinople &
des environs, portent que
la paix avoit été renouvellée
avec le Czar: mais que
les conditions étoient fort
dures,particulierementtouchant
le tribut annuel que
les Moscovites payoient
aux Tartares avant le traité
de Carlovvicz
; que cependant
l'arméeOthomane
continuoit sa marche vers
la frontiere pour faire exe..¡
curer le traité, faciliter le
passage du Roy de Suede,
& favoriser le rétablissement
du Roy Stanislas;que
le Kan des Tartares étoit
parti le 30. Juin pour Bender
, afin de regler toutes
choses avec ces Princes, &
aller ensuite avec eux joindre
l'arméeOthomane; que
le Divan avoit resolu de ne
point declarer la guerre
aux Moscovites;que le Roy
de Suede devoit partir dans
peu pour être conduit à
Danzick par la Pologne
avecuneescorte de sixmille
chevaux; que le Grand Seigneur
avoit accepté les riches
presens du Roy Auguste;
que les ambassadeurs
& les ôtages du Czar n'avoient
point été renvoyez
aux sept Tours; que le Kan
des Tartares étoit porté
pour la guerre: mais qu'on
esperoit le gagner par de
grandes sommes. D'autres
portent que le Grand Seigneur
avoit non feulement
donné une entiere saisfaction
au Roy de Suede touchantl'attentat
fait contre
sa personne à Bender: mais
qu'il lui avoit donné de
nouvelles assurances de toute
forte de secours,jusqu'à
ce qu'il fût rétabli dans ses
Etats ; qu'ilavoit declaré
aux ôtages & aux ambassadeurs
Moscovites que le
Sultan consentiroit au re.,
nouvellement de la paix a
ces conditions.
I. Que le Czar restituëroit
au Roy de Suede tout
ce qu'il avoit conquis sur
lui, sans aucune exception,
ôc qu'il lui payeroit une
grandesomme pour dédommagement
des pertes,
des ravages& des frais de
la guerre.
2. Que les Moscovites ne
se mêleroient plus directement
ni indirectement des
affaires de Pologne, ni de
maintenir le Roy Auguste:
mais qu'ils retireroient toutes
leurs troupes d'Allemagne
& des Provinces du
Nord par mer, sans entrer
ni passer par la Pologne.
3. Que le Czar quitteroit
le titre d'Empereur des
Grecs.
4. Qu'il rétabliroit le gouvernement-
de Moscovie sur
son ancien pied.
5. Qu'il cederoit enfin
aux Turcs la partie de l'U
kraine - qui est au delà du
Boristene & le Royaume
d'Astracan ; que les ôtages
& les ambassadeursdu Czar
avoient demandé trente
jours pour répondre à ces
propositions, qu'on leur
avoit accordez pour tout
délai; que le Divan s'étoit
assemblé,&que le Musty
y avoit parlé avec beaucoup
de force, & qu'après
plusieûrs remontrances, il
avoit conclu à faire la guerre
aux Moscovites, & que
cette resolution avoit été
approuvée par de grandes
acclamations des milices,
ausquelles elle avoit été aussitôt
communiquée; queivsuite
le Grand Seigneur étoit
allé conferer sur ce sujet
avec le Roy de Suede à
Domiska. Toutes ces nouvelles
si contraires meritent
confirmation avanc
«jue d'y ajouter foy.
DEMONSTRATION
de ïImpossibilité de la
1 quadraturedu Cercle en
nombresexaâs.
Jî, donnay au Public en
1700. dans le Journal des
Sçavans, une démonstration
de l'impossibilité du mouvement
perpetuel avec des
coprs solides ou liquides; &
cela par leur centre de gravité
commun; après l'avoir
expliquée à l'Academie des
Sciences,&ensuitedans mes
Conferences publiques. Depuis
ce tems l'ardeur pour
cette chimere a,, paru un peu
plus ralentie, aucune tentative
n'ayant paru depuis plus
de 12. années. Mais celle que
l'on a pour la quadrature du
Cercle semble croître de
jour en jour, par les productions
qu'elle fournit au Public
aussifréquemment, que
-
la recherche du mouvement
perpetuel faisoit autrefois.
Cela m'a fait penser que je
ferois peut-être autant de
-
plaisir au Public de le délivrer
de cette feconde chimere
d'une maniere qui foit
à la portée de tout le monde
, que dela premiere. Or
on fait que le Problême de
la quadrature numérique du
Cercle consiste à trouver un
quarré ou autre produit
dont la surface soit précisément
égale à celle du cercle;
& que pour trouver cette
parfaite égalité,il suffit de
trouver en nombres le raport
exact de la circonference
d'un cercle à son diametre.
Puis qu'Arc himedesa
démontré il y a plus de ijoo
ans. que la surface d'un Cercleest
égale au rectangle
compris fous son circuit, &
fous le quart de son diametre.
De forte que si l'on avoit
en même tems la juste valeur
de l'un & de l'autre, il
ne resteroit que de multiplier
l'une par l'autre, ôc de tirer
ensuite la racine quarrée du
produit, ou par les nombres,
ou par la Geometrie
pratique; cette racine seroit
le côté du quarré, dont la
surface seroit précisément
égale à celle du Cercle, si le
produit étoit un quarré parfait
; ou du moins en approchantcette
racine de plus en
plus, on approcheroit continuellement
de cette égalité
parfaite.
Voici donc maintenant
comme on peut démontrer
l'impossibilité de trouver en
nombres le raport exact du
circuit d'un cercle à son diametre.
Il ne faut pour cet
effet que prendre la progression
(4 moins 1 plus 4/5 moins
4/7 plus4/9 moins -f-¡ &c.) de M.
Leibnitz (que l'on trouve
dans les Journaux de Leipsik
de l'année 1682. dans les 2.
tomes de l'Analysedémontrée
du P. Reinau; dans la
Geometrie pratique de
M. Ozanam, & dans la2.
Edition de mes Essais de
Mathématique & de Physique)
afin de faire differentes
sommes des termes de
cette progression pris successivement
3
à commencer
au premier, ensuite des z
premiers, puisdes3 premiers,
ensuite des 4, &c.
Alors on aura différentes
fractions dans chacune desquelles
le numerateur marquera
la valeur de la circonference
d'un cercle quelconque,
& le dénominateur son
diametre, d'autant plus exactement,
que l'on aura pris
une plus grande quantité de
termes. Ce que l'on pourra
verifier en comparant ces
sommes ou fractions avec
les raports approchez de n à
7 trouvé par Archimedes,
ou de 314 à 100, qui se tire
des Tables du cercle, ou encore
de 314159 &c. à 100000
&c. trouvé par Ludolphe de
Cologne, lesquels font connus
& reçûs de tous les Geometres.
5 Or on trouve que la fomme
des z premiers termes
de cette progression 4 moins
A-y sçavoir - est une fraction
irréductible ou primitive, ce
qu'il faut remarquer. Ajoûtant
ensuite cette fraction
avec la suivante afin d'avoir
la somme des 3 premiers
termes, on aura 2 numerateurs,
sçavoir 8 par 5, & 4
par 3, & pour le dénominateur
commun 3 par 5. Or 8
par 5, & 3 par 5 n'ont pour
mesure commune que J,
( puisque 8 & 3
font premiers
entr'eux), mais cettemesure
commune ne mesure pas
4 par 3. De même 4 par 3,
&3 par 5n'ont pour mesure
communeque 3, puisque 4
& 5 font premiers entr'eux;
mais 3 ne mesure pas 8 par
5. Donc la somme des 2, fractions
* & 4/5sçavoir : est
encore irréduttible ou premier.
Otantensuite de 52/15la
fraction suivante ) on démontrera
par un raisonnement
semblable que la fraction
restante304/105 est encore
irréductible. Et si l'on a j oute
à cette derniere la suivante
; dont le dénominateur
a3 pour commune mesure
avec le dénominateur IOJ,
on aura numerateurs 304
par3,& 4par35,& pour
dénominateur commun 3
par 105 (en divisant 105 & 9
chacun par 3. ) Or 304 & IOS
étant premiers entr'eux., 304
par 3, & 105 par3n'auront
que 3 pour mesure commune,
mais quine mesure pas
4 par 35. De même 4 par 35,
& 105 par3 n'ont que 5 pour
commune mesure
?
puisque
4 & 3
font premiers entr'-
eux, de même que 4 & 9,
mais 5 ne mesure pas 304 par
3,puisqu'il ne mesure pas
304. Donc la Comme deces
2,
fractions,sçavoir \O/Slefi
encore irréductible; & si
l'on en ôte ensuite la fraction
suivante 141' il restera
la fraction "qui est encore
primitive, ce qu'on démontrera
comme pour les
fractions Ot & IL cy-
devant,
les denominaceurs 3465 &
11 etant premiers entr'eux,
puisque Iln'est pas un des
nombres premiers qui ont
servi à former 3465. Et continuant
ainsi ces additions
& soustractions alternativement
& successivement, on
démontrera que quand les
dénominateurs des 2 fractions
ajoûtées ou retranchées
feront premiers entr'
eux, leur somme ou leur
reste fera toûjours une fraction
primitive; ou si ces2
dénominateurs ont une mesure
commune, divisant les
2. fractions ou après l'operation
ou pendant l'opération
même par cette mesure commune,
on trouvera toujours
aussi une fraction irréductible.
Voici donc maintenant
une listeoutable decessommes,
qu'on a calculées feulement
de 2 termes en 2 ter-
1
mes, a commencer par 4
moins j ;
ensuite 4 moins 7
plus moins & ainsi de
fuite jusqu'à ( moins 541. )
Or il est aise de comprendre
par la comparaison de
cette fuite de raports avec
les précedents, qu'en conti,
nuant d'ajoûter les termes
decette progression Leibnizienne,
on trouvera encore
les autres raports qui ménent
au raport exact de la
circonference au diametre,
ce que chacun peut experimenterfoy-
même. De plus
on voit que quoyque les 2
dénominateurs des z fractions
que l'on ajoûte, ou
que l'on ôte ayent quelquefois
une mesure commune,
(ce qui rabaisse alors leur
somme ou leur reste)
, ces
sommes ou restes ne laissent
pas de croître continuellement
en exposants, parcequecette
mesure commune
esttoûjours fort petite; de
sorte que dans la 9e somme
cy - dessus elle n'est que de
1155.Maisilarrive souventen
récompense, que les dénominateurs
des 2, fractions
font premiers entr'eux, sçavoir
toutes les fois que celui
de la nouvelle fraction à
ajoûter ou soustraire est premier
en lui ; ce qui se trouve
autour de tous les multiples
de 6 y compris, comme autour
de (6,11,18,;o,&c.)
excepté ceux où se trouve
un multiple de 5 ou 7 par un
des nombres premiers, comme
(24,36,48,&C. ) ce qui
ne laisse pas de produire zy
nombres premiers depuis 1
jusqu'à 100. D'où il faut conclure
que la fraction qu'exprime
le raport exact de la
circonférence d'un cercle à
son diametre, est aussi primitive
ou irréductible que
son numerateur & son dénominateur
font infinis, &
quainfi c'est courir aprés
une chimere que de chercher
à exprimer ce raport
en
en nombres exactement. Il
en est donc du cercle, comme
de toutes les racines sourdes,
que l'on exprime par de
semblables progressions indéfinies,
dont les sommes
font des fractions primitives
qui croissent en exposants
indéfiniment. Il y auroit
donc le même entêtement
de chercher le raport exact
de la circonference au diametre
en nombres, que par
exemple celui du côté d'un
quarré à sa diagonale, ce
que personnenes'avisera de
faire.
ERRATA
Pour le troisiéme Memoire
de la Mélodie.
MOIS D'AV RIL.
PAge 82. au bas, double rencontrera. Pagr
94. ligne16. s'accordent. Pag. 96.lig. 6.
coups contre. Pag. 97. lig. 3. & ce que. PPg-
98. lig. 16. aussiest-elle. Pag. 99.lig. 14.
chacun par une ligne. Pag. 100. lig 13. du
Daïré. Pag. 103. lig. 9. de nombres. Pag,
104.lig. i. J35. 144. Pag. 113. 10. deceque
le coup. Pag. 114. Lig. 6. jamais mieux r
que. Pag. 116.lig. 16. des sons qu'elles. Lig-
• 4 8 is.
MOIS DE JUIN.
.Pag. Il. lig. 15. J
, OU
lot
Pag. 1n. 13. exposans -, ou „
P Z" 1.' d 96
Pag. 114. lig*3. lui vient de. Lig. 8. -, ou
11.
144 8 16
—108
Pag6 II». lig. derniert-p -- pag,
3 î
Z. 5 - Il• lig. S. 3 d l. - ou—de. Pag. 130. lig. 14.
16 31
lesj de l'autre. Pag. iji.lig. 4. peut appel-
'I-.L' r r Z. L
krrZ/£ SHI 15. eipofans - Pag.131. zg. 6.—
4 7t
8n. Pag.139. Zig. ij. presque -
,
-i.. PAg.
16 31
¡. 1
5..1 l" 96
141. 16". les - de. Pag. 143. lig.7. -8J 8°
J'¡-f.. —. 3 101 Ltg. Il. ou - comme. Lig. 14.
103
iio x 90
-*=44- ••«16 3» Pllg. 144. l'go 8. -,- pag. 1-45
r 1 n. 7. les 3 d 1, P f: 5 - de l'autre.Pag. 147. Hgd-
- 5 2.4 J
-5; 12. 2.4 J
jP*£ 141. lIg. *--T» -
*
4*3 L'g. I2..- 5 3
r- l 'II Z. si 3, 3 J fcnt la.Pn. 14.9. lig- J 1. est - - 3
1010 10 2jO 40 * lig. 10.—.,—p*g.iji.lig1. . 7.Q{"uarte ..,.. 3 1-3 -
S P Z. lig.y.mineure -. pag. 1jt. lig, 15 15 10. -
, - 5 4 1
-JS, 1-1 l' K 15 If J
- , - - Pilg.1 jt.ltg.8.T-, J; Ji 3 2. 1
is ts l' J 8 si -
1
— Pag.176. Ug.dern. - qui est. P~
S t 9 1.
16 178. lig- 3. d"cr l, 8 -lnerence. Ug.8. 7. raajeu-
II
re
11 Lig. n. font la9. Pag. ISO. lig.7. 8dont 8 - font le ton mineur, & >- le ma-
1 1
icut.
1 Le Public efi "u/fi prié de vouloir bien corriger
ainsi le cinquième vers de lEpigrAtnmt
Latine du mois précèdentsur le Roy:
Nunc armis parlât, & Regem jurecelebrent.
Sur les Jept merveilles du
Lourvre, de VeifàíUes)
OfdeMarly.
BPIGKAMME
enzgmatzque.
Ces admirables Forts, cette
immense Machine,
Ces Globes somptueux, ces
Tableaux animés,
Ces Jardins jalliffans, ces Palais
d'or semés,
Tant de productions d'une
adresse divine,
Qui s'offrent en ces lieux à
nos yeux ébloüis,
Nous retracent par tout la
Grandeur de LOUIS.
MORTS.
Messire Edme Pirot Prê":
tre Docteur en Theologie
de la Maison & Societé de
Sorbonne, Chanoine &
Chancelier de l'Eglisede
Paris, Vicaire General de
S. E. Monseigneur le Cardinal
de Noailles & Abbé
d'Hermiere, mourut le 4
Aoust âgé de 79 ans.
M. Vivant Penitencier de
l'Eglise de Paris & Grand
Vicaire de Monseigneur le
Cardinal de Noailles, lui
succedeen laPlace de Chancelier.
Et M. de la Chasse son petit
neveu en son Canonicar.
Jean Loüis le Mairat Chevalier
Seigneur de Briere le
Chatel,&c.Conseiller du
Royenses Conseils & d'honneuren
sa Cour de Parlement,
mourut sans alliance
le
2, Aoust 1713 en sa 76 année.
Il avoit épousé Heleine
Baugier, qui mourut en 1701
âgée de 19 à20 ans. Il etoit
coufin germain de Charlotte
Lefpinette le Mairat se..
conde femme du premier
Presidentle Pelletier,&fils
d'Antoine Lespinette le Mairat
Maître des Comptes &
de Loüise Bourgoin.
Dame Loüise Therese Aubry
épouse de Messire Alexandre
le Fevre de la Faluere
Grand Maître des Eaux
& Forests au département
de France, mourut le 9
Aoust âgée de 32 ans. Elle
étoit fille de feu Messire Leonor
Aubry Maître des Comptes,
& soeur de M. Aubry
Conseiller de la premiere
des Requestes du Palais.
Dame Magdelaine Perrot,
veuve de Messire Loüis
Damas de Cormaillon, &
auparavant veuve de Messire
Jacques Honoré Barantin
premier & ancien President
au Grand Conseil, mourut
le 13 Aoust.
E N V o r
burlesque par un oijlf
qui*sà'ennuye aux eaux
deForges.
LEs Bains font pour l'oisiveté,
Aussi bien que pour la
fanté
Des amusements salutaires.
0 vous attaquez de catharres
Rhumatismes , & fluxions;
De vapeurs,oppilations,
Tiedeur de coeur, humeur
caustique,
Ou dont l'esprit paralytique
Abesoin de ce supplement
Pour estre mis en mouvement
Puisez dans cette Poësie.
Le bien, le mal à fantaisie.
Il est des bains alumineux,
Plombez, ferrez bitumineux;
Des Bains, les uns font fiiJ
datoires
,
Et les autres font lavatoires;
Quelquesuns font médicinaux
es uns froids, & les autres
chauds;
Tout comme fontmaintes
pillules
.,,CiTct que veulent les
credules.
Des Bains,les uns font na.
turels,
Les autres artificiels;
)es uns & des autres, le
Sage
)u l'insensé peut faire ufaù
ge,
Au temps que quelque infirmité
L'oblige à chercher sa
santé ;
Car une santé ferme&
stable
Traite l'effet des eaux de
fable.
Des Bains, les uns font
fulphurez,
D'autres picez
)
d'autres
nitrez,
Selon la qualité diverse
De la Mine que l'eau tra
verse.
Ana,le filsdeSebeon,
Des Bains chauds fit l'invention
J
Allant dans un lieu folitare
Paistre les Troupeaux de
son Pere.
C'est dont jamais ne doutera
Qui bien la Genese lira.
L'Interprete d'Ariflophane,
Autheur non sacré
,
mais
profane
Fut l'Inventeur du, premier
- Bain
Ce maistre Forgeron VulcaIn,
Qui d'un Bain chaud (je
m'en rapporte)
Fit un present de cette
forte
Au grand Hercule Conquerant,
Dontle nom va par tout
courant.
D'où vient qu'on nomme
sans scrupule
Tous les Bains chauds, les
Bains d'Hercule ;
Bains qui passerent autrefois
Chez les Vassaux & chez
les Rois ,
Dans le rang des choses
sacrées ,
Pour les matieres sulphurées,
Et pour les Foudres reposez,
Dont on tient qu'ils font
composez.
Les Gens qui font d'une
autre verve, Imputent le - tout à Minerve.
Si l'on en veut croire
Strabon, Autheur qui peut passer
pour bon,
Les Bains froids ont leur
origine
-
Des Argonautes, Gent
marine, Gent aimant le Bain Gent
decoeur,
Tous intrepides & sans
peur,
Qui sans façonner davantage
, Lavoient leur corps sur le
rivage
De la Mer, où Dame Circé
Son domicile avoit placé
Sur les bords de la Mer
Tyrrhene,
Avec autre Magicienne,
Quand cinquante - six
grands Heros
Firent voile jusqu'à Colchos
,
Pour la conqueste ambitieuse
D'une Toison précieuse,
Qu'on appelloit la Toison
d'or,
Aprés qui chacun court
encor, -
Courra jusqu'a la fin du
monde ;
Car Toison en or est feconde
Et l'or,ce métal radieux,
Se fait rechercher en tous
1 lieux.
Pour Chefs decetteillustre
Flotte,
Qu'on pourroit nommer
Argonaute On , avoit Hercule, Jason,
Castor,Pollux,&Telamon,
Hylas, Morphus, le fort
Thesée,
Nauplius,Calaïs,-Orphée
Le genereux Zethos aussi
Peut - rencontrer sa place
icy.
Ces Chefs, ces Hommes
d'importance,
Avanturiers à toute outrance
,
Ces Guerriers de fameux
renom
Dont je viens de marquer lenom,
Furent les premiers de If
âge
Qui ders eBainns 'tfOids eu..
Sur les ~pelles Eaux de
Thetis.
Aux Bains que l'on prenoit
jadis,
UnValet basty comme un
Drille,
Portoit & l'Eponge ,
&
l'Etrille,
Pour décrasser & savonner
Ceux qu'il alloit accompagner.
Si l'Eponge estoit parfu-
If mée
~L'Etrinestoit ,toute em*.
^aunéc,
Car dans ces ~bains grands
& commun
Onse munissoit de Parfums
Et d'agréables Cassolettes,
Pour les Doüillets & les
Doüillztes
, Pour les Mignardes & Mignards,
Qui n'aimoient pas les jeux
de Mars,
Et qui cherissoient leurs
Carcasse
Autant qu'un Coquin sa
Bezace,
Autant qu'un Aveugle (dit-on)
Cherit sa tasse & son
Baston.
Dans ce temps-là plus
nous ne sommes;
Un temps fut que Femmes
• & Hommes
Dans le vaste Empire Ro-
4 main
Pratiquoient tous le mesme
Bain,
Sans mettre aucune difference,
(Honny foit- il qui mal y
- -..- pense.)
Il falloit bien que ces Genslà
Fussent discrets.Apréscela,
Certain Empereur, c'est
Severe,
Empereur d'une humeur
austere
Des sexes fit divi,sion
Pour éviter l'occasion.
La Femme de Neron J
Popée,
Faisant la petite Poupér;
Etrefusant de s'attacher
A ce qui peut mater la
chair,
Et punir ses delicatesses,
Entretenoit cinq cens Asnesses,
Et chaque matin de leur
Lait
Croyoit rendre son teint
moins laid.
C'estoit le Bain éc l'artifice
De cette vainc Imperatrice
Qui sansscrupu, le & sans
remords,
Jour & nuit dorlotoit son
Corps,
Ne pensant la belle Mignonne
Qu'à bien rafraischir sa
personne;
Mais comme tout tend à
la fin,
Il luy fallut mourir enfin
Dans des angoisses sans
pareilles.
Laitieres à grandes oreil
-
les,
Vostre Lait faisoit son teint
beau,
Son trépas fut vostre tombeau.
Aux durs sanglots abandonnées,
On vous vit en peu de
journées
journées
Mornes,&dans une maigreur,
Qui faisoit aux Humains
horreur.
Estant tristes & déconfites,
VostreLaitbientost vous
perdistes
Et laMort , avec ses Cyprès
Cette perte suivit de prés.
(
Il n'est dp'oHinotmsmure la terre
Qui ne puisse encor voirà
Rome
Ces Monuments de vanité
De la superbe Antiquité
Que jadis on a fait construire,
Qu'encore aujourd'hui l'on
admire,
Où les magnifiques Romains
Se lavoient, & prenoient
les Bains
Dans chaque coin d'Architecture,
L'art y surpassoit la nature;
Et tous les Murs par le dedans
De fin Marbre estoient
éclatans,
Marbre apporté de Numidie,
i
Ou bien,venu d'Alexandrie.
L'injusteDiocletien,
Ec le Tyran Maximien
Ont employé sommes immenses
A faire de telles dépenses.
: Mais continuons nos
desseins,
Et décrivons quelques
beaux Bains
Que les Autheurs ixcommandables
Ont rendus des plus ve--
nerables,
Qui mesme ont fait voir
a nos yeux
Un spectacle delicieux.
Les Bains de Fritolle, ou
Tritolle,
Que l'on rencontreauprés
Pouzzolle
Nommez les Ba, ins de
Ciceron
Fabriquez mesm,e avant
Neron
Estoient quelque,chose de
rare.
On n'y voyoit rien de bïzarre,
:
Mais le tout proportionné,
Et fodrt osçanvamnméen,t orSuivant
la regle & la mesure
De la plus noble Architecture.
C'estoit pour le dire en
unmot,
Non la Caverne d'un Marmot,
Maisune Salle bien voutée,
Et de Peintures ajustée
Dont letemps qui , tout ccu^
vre abat)
A ravy le lustre & l'éclat;
On y voit cependant encore
Depuis Vesper jusqu'à
l'Aurore,
Et de l'Aurore jusqu'au
soir,
Maint & maint petit Reservoir,
Remply jadis d'une Eau
potable,
Aux Infirmes fort profita.
ble;
Car chaque Malade y
trouvoit
Ce que son mcdecin vouloit.
Esculape dort là fous rocbe,
Comme une anguille fil
tout procheà l
Au temps que vivoient les
Cesars
,
1
Parmy la guerre & les hazards
,
On voyoit là maintes Statuës
Qui font maintenant abbattuës
Qui , mettant la main sur
leur corps,
Faisoient connoistre en
leur dehors
Tant leur essence magnifique
Que leurs qualitez specifiques
Les Medecins , Salerni.
tains
Plus envietuxiqune lessLa- Piquez d'une jalouse rage,
Ont ravagé ce grand Ou.
vrage, Et desseiché toutes les
Eaux
Qui rendoient ces Bains-
, là si beaux,
S'imaginant que leur pratique
Diminuoit par l'hydraulique,
Et quHippocrate estoit
perdu
Si Ciceron n'estoit fondLt
Près
Prés de là
,
si l'on m'en
veut croire,
On doit passer au Sudatoire;
Mais il faut bientost s'épouffer
,
A moins que l'on veüille
étouffer,
Y faisant chaud de telle
forte
Qu'aussitost l'on) cherche
la Porte.
On voit presqueaumesme
chemin
Les fameux Bains de Saint
Germain
Nommez Thermes de Fumerolles.
Je n'ay presque point de
paroles
• Pour vous expliquer les
raisons
Des fumantes exhalaisons
Qui cette Caverne remplissent
,
Etde leurs vapeurs lanoircissent.
Fuligineuses qualirez
, Que de cerveaux vousenteftez!
-
Domicile sudorisique,
De Vulcain l'affreuse Boutique,
Si- tost qu'on respire vostre
air,
-
On croit avoir cervelle en
rair,
Etre aux Sabat par negro- mance,
Et le sçais par experience.
Au reste,ce Lieu tant vanté
l, A Theureuse proprieté
Deguerir mainte maladie,
Soit de France, soitd'Ausonie
; et quand on apporte en ce
Lieu,
Tout fumant, tout bruslant -
de feu,
Une autre Eau qui foit étrangere,
Soit qu'elle pese, ou soit
kgere,
Ce Bain,sans s'enappercevoir,
Luvycoommiurni.queso-n.pou- <
Chacun sçait que les Bains
, d'Alise
Etde Plombieres,font de
mise;
Qu'à Vichy, qu'à Spa,qu'à
-
Mion,
Ils font enréputation;
Qu'on peut de vous dire le
1 meUne/
Bains de Pougues, Bains
de Belesme ;
Que d'ailleurs il n'est rien
sibon
Que font vos Eaux,Bains
de Bourbon.
Qui font rajeunir les Personnes,
Fussent vieilles comme
Gorgones,
L'à l'on vient chercher de
, beaux ans,
Dans les plus beaux jours
,
du Printem ps,
En chemin l'amour pouvez
faire
Pour vostreusage salutaire.
Je ne vous obmettray jamais,
Belles Etuves, beaux Bains
d'Aix,
J'entens icy d'Aix la Chapelle,
Car vostre structure est
tres- belle,
Et les Germains de tous
costez
Recherchent vos humiditez.
ATongres,au Païs de
Trêves,
Aussi-bien qu'au climat de
Cleves,
On rencontre encor tous
les jours
De ces favorables secours.
Ainsi la belle Germanie
A ses Bains comme l'Ausonie
,
Et comme les charmans
Païs
Soumis au Monarque des
Lys.
A Moscou, Païs des Fourures,
Climat tout glacé de froidures,
Où regnent l'Aigle & le
Croissant,
Etdansl'Empireflorissant
Ou le Soleil onidolâtre,
Des Bains de Porphire&
d'Albâtre,
Tous remplis de bonnes
odeurs,
Se font voir chez les grands
Seigneurs.
C'efi là.ce qui fait leurs
delices,
Leurs passetemps, leurs
exercices;
Surtout chez les Orientaux,
Et chez les Septentrion-
,
naux,
Fréquemment les Bains
-'
.,
on visite
5
Passeroit pour hétéroclite,
Et bourru, qui s'en passeroit,
Qu'on vive à Rome comme
à Rome,
Si l'on veut vivre en honneste
Homme.
Forges & Montdor
, pres
de Rheims,
Fournissent encor de bons
Bains,
Dont se prévaut mainte
Personne.
Acqs & Therfis, prés de
Bayonne,
Balleruc
, avec Barbotan,
Sont encore visitez chaque
an,
Pour leurs Bains, qui dans
la Nature
Ont tousjours fait belle
,
figure.
Nommons-en encor quelques
uns
Que l'usage a rendus communs
Comme utiles , en cent manieres
Les Bains de Barege &
Bagnieres, o
Dont les plus sçavans Médecins
Font le pont aux ânes des
Bains.
NOVVELLES
de Landau.
Les Lettres du camp
devant Laudauporrent
que le 17. Juillet l'une des
sappes fut poussée jusqu'au
chemin couvert de la lunette
de la droite, que le'
Mareschal de Bezonsestant
allé à la tranchée,avoit
ordonné de continuer la
sappe,&que si les ennemis
sortoient de la lunette,de
ne leur opposer qu'une
vingtaine de Grenadiers ;
malgrél'ordredonné,quelques
ennemis s'estant avancez
hors de la lunetre furent
chargez par cinq
compagnies du Regimenc
de Navarre, & par trois
piquets du Régiment de
Medoc
,
qui les repousserent,
& se logerent fer
deux angles saillants du
chemin couvert de la lunette
; mais estant exposez
à découvert au feu de
la Place,& des quatre lunettes,
il y eut onze Officiers
& cent cinquante soldats
tuez ou blessez. Que
le Prince Talmont qui
commandoit la Tranchée
ce jour là y recent une contusion
d'un gabion qui fut
renversé surluy.Que la
nuit du18. au 19. l'Arsena
l avoiteste bruslé avec
quinze mille mousquets &:
tous les affuts de rechange
des assiegez. Que le20.
sept batreries de quatre cancns
c hacune, commencerent
à battre en breche
les quatre lunettes
, que
nostre artillerie faisoit un
si grand feu qu'il y avoit
desja des brec hesauxcontregardes,
& avoit démonté
tous les canons des assiegez
,à la reserve de quatre
ou cinq, & qu'aussitost que
les lunettes seroient prises
on battroit la Place avec
soixante & dix pieces de
canon, quarante mortiers
& vingt pierriers. Que les
assiegez faisoient souvent
jouër des mines sans esser.
On écrit de l'armée des
ennemis que le Prince Eugene
avoit passé le Rhin
avec vingt mille hommes,
&qu'il estoit campé près
de Mayence
, ayant sa
droite couverte par le
Rhin, sa gauche par un
ruisseau
,
& devant luy un
double retranchement
jquMavok laissé quaranteJ
mille hommes pour garder
ses lignes. La nuit du 25.
au 24. on s'em para de la
quatrième lunette sur la
droite que les ennemis abandonnerent,
on se logea
devant la gorge à cause
des fourneaux. Lanuitdu
30.au 31. les ennemis firentunesortie
dela redoute
de Hessy
,
ils renverserent
quelques gabions
deux compagnies de Gre-J
nadiers les repousserent.
La nuit du 51. au premier
Aoust leMareschal de Villars
fit attaquer les trois
lunettes qui restoient, avec
neuf compagnies de la
tranchée & treize autres
quiestoient venuës dela
grande afnée.
On commença l'atraque
à la droite pour y attirer
les ennemis ; un moment
après on attaqua les
trois lunettes: on fit jouer
une mine fous la redoute
de Mélac, qui ayant fait
une breche suffisante
,
fut
emportée
emportée la bayonnette au
bout du fusil, les deux autres
furent prises par escalade;
nous y avons perdu
dans ces differentes attaques
deux Capitaines & un
Ingenieur tuez, & quarante
six blessez. Lanuitdu
au 3. les alliegezfirent
joüer deuxfourneaux dans
les gorges des trois lunettes
que nous avions prises
deux jours auparavant, ils
firent des sorties pour car--
cher de les reprendre,ils
entrerent dans une, mais
ils furent coupez, plusieurs
furent faits prisonniers, ôc
les autres repoussez avec
perte, & si vigoureusement
qu'un Sergent & quinze
Grenadiers entrerent
dans le chemin couvert
que les ennemis abandonnoient
croyant qu'on vouloit
l'attaquer
, nous avons
perdu dans cette occasion
deux Capitaines de Grenadiers
du Regiment d'Orleans
,huit autres Officiers
& quatre Ingénieurs
blessez, quarante ou cinquante
soldats tuez, & environ
cent blessez. Lanuit
du 4.au 5. fut em ployée à
faire une parallele detrois
à quatre cens toises sur le
glacis du chemin couvert
du front des attaques, on
y establit des batteries de
canon, de mortiers & de
pierriers. On attacha des
mineurs fous les an gles
saillansdu chemin couvert
depuis la porte de France
jusqu'à la sortie de la riviere;
les assiegez firent jouër
cinq ou six fourneaux qui
leur causerent plus de perte
qu'aux assiegeants. La mesme
nuit on attaqua le pafte
quicouvroit U l"¡;,tJC'
qui barre la riviere &i\m*
plissoit d'eau le fosse de la
contrescarpe qui eil: devant
le reduit; ce pasté fut emporté
,
il estoit deffendu
par cent hommes commandez
par un Capitaine
qui sur pris, toute sa troupe
fut prise, tuée ou noyée.
Tandis qu'on travailloit à
s'y loger les assiegez firent
une sortie pour reprendre
cet ouvrage, mais ils furent
repoussez, nous n'avons
perdu dans cette attaque
que quelques soldats & un
Capitaine de Grenadiers
du Regiment de Villars-
Suisse, le sieur ManyMajor
aesté dangereusement
blessé. Depuis qu'on a coupé
la digue de charpente &
l'écluse qui sont à la gorge
-
du pasté
,
les eaux sont
beaucoup diminuées. On
asseure que les assiegez ont
desja faitjouer plus de quarante
mines. On écrit du
camp de Spire que le 18,
Juillet le Maréchal de Villars
ayant fait un détachement
de cavalerie & de
dragons fut visiter les bords
du Rhin jusqu'au dessous
deMayence,&reconnoistre
les nouveaux ouvrages
dont les ennemis ont augmenté
les fortifications de
la place. Il y arriva le 25.
& reconnut que le Prince
Eugene avoit formé un
camp entre le Mein & le
Rhin, que les troupes
d'Hanoverestoient encore
à cinqou six lieuës de Mayenc,&
que celle de Hesse
& des autresen eftoienc
encore plus esloignées. Le
Marechal de Villars revint
le 30. à son camp; cette j
course causa une grande
allarme. Le Duc deBourbon
fit le 5. la reveuë de la
Cavalerie.
Extraits de plujteurs Lettres
du Camp de Landau.
On écrit de l'Armée de
devant Landau du 2. Aoust,
que le 27. Juillet le Regiment
d'Alsace descendant
les tranchées, un boulet de
Canon emporta la jambe
aux sieursFerrette & Canville
Enseignes dudit Régiment
, & tua deux Soldacs
; que le sieur Guncherot
Capitaine de Grenadiers
est mort de sa blessure,
& que les sieurs de
Siller & de Petri Capitaines
de Grenadiers du Regiment
d'Alsace qui ont
esté blessez au bras, sont
hors de danger, & que
malgré leurs blessuresils
retournerent aux attaques.
Le 31. Juillet les trois
Redoutes qui restoient ont
esté attaquées & emportées.
M. leDuc de Guiche
estant de tranchée le 3. de
ce mois, on devoit attaquer
quer les chemins couverts.
On a fait pendant la nuit
du 3. au 4. la parallele de
communication environ
trois toises en avant sur les
angles saillants du chemin
couvert, où les mineurs
font depuis pour tascher
de découvrir les mines des
assiegez. A la droite à la
hauteur de la lunette
d'Heffi ou de Quaquem
nous avons un logement
sur l'angle du chemin couvert
de la place qui n'est
qu'à deuxtoises des pallisfades;
nous avançons aussi
unesappesurlepasté qui
(H à la droite de la redoute
de Quaquem quiest à la
sortie des eaux & qui couvre
le batardeau qui retient
celle que formel'inondation
qui couvre le reduit,
nous estions hier matin
sur le fossé du chemin
couvert de ce petit ouvrage
dans lequel il paroist y
avoir peu de troupes.
Du Camp devant Laudau
du 5. Aoust.
Je descendis avant hier
ma sixiéme tranchée, il
-ney en avoit point encore
eude si vive, nous nous
rendismes maistres de toutes
les traverses que les ennemis
avoient encore entre
le chemin couvert & les
lunettes qui furent prises
il y a deux jours ,& nous
fismes un logement au pied
du glacis du chemin couvert,
ils nous inquiéterent
le plus quils peurent par
un grand feu de mousqueterie
& de canon, & par
plusieurs petites sorties où
ils furent repoussez,&par
cinq mines qu'ils firent
jouër,cependant nousavons
bienreussi. La nuit
du 3. au 4. a estéemployée
à achever la parallele, 8c
à la perfectionner de telle
forte que nous l'occupons
presentement. L'on a pris
cette nuit un pasté qui est
tout -
à
-
fait à la droite où
sont les écluses de la sortie
des eaux;il estoit deffendu
par cent hommes commandez
par un Capitaine
qui a esté pris avec toute
sa troupe tuée, blessee ou
prise
> nous nous en femmes
emparez, nous cfperons
faire baisser les eaux
de cinq pieds. L'attaque
qui est entierement déterminée
de ce costé-là fera
beaucoup plus facile, nous
esperons estre maistre de
la Ville dans peu. Nous
avons fait dans cet ouvrage
quarante à cinquante
prisonniers
, toutes nos
troupes ont fait merveille
dans toutes ces differentes
attaques. Je compte fort
n'avoir plus qu'une tranchée
à monter; on croit
que ce soir l'on fera fauter
l'angle saillant du chemin
couvert de la contregarde
du reduit où le mineur est
attaché depuis deux jours,
& qu'on se logera sur cet
angle.
De Landauce13.jdouftijii.
La nuit du 12. au 13. on
a attaqué le redent qui est
entre les deux angles rentrans
des deux conrregardes,
sçavoir la verte & celle
qui est reveftuë où l'on
s'est logé le long de la gorge
,& l'on a fait une communication
sur la mesme
ligne avec un crochet en
retour depuis ladite gorge
jusqu'aux pallissades du
tambour le long de la demie
gorge qui regarde la
contregarde du réduit; l'on
a poussé une sappe à la parallele
qui fait le front de
la face gauche de cette
mesme contregarde
)
cela
a esté attaqué par vingt
Grenadiers, & soutenus
duRegiment Dauphin, le
redent n'estoit nullement
endommagé,il estoit frisé
,
pallissadé avec un fossé
& chemin couvert , nous
n'y avons perdu que trois
Grenadiers, soixante travailleurs,
un Capitaine de
Brosse blessé
,
& un Lieutenant
de Saillant. L'on a
jetté un pont sur le fossé
de lacontregarde de la demie
Lune bruslé par les
assiegez, & restabli dans
la nuit;l'on a fait une batterie
de six pieces de canon
pour battre en breche
la contregarde qui fera
à la gauche du redent,
elle doit tirer demain matin
14. de ce mois.
De Landau ce 13.Aoufl 1715,
Mr de la Valliere qui
estoit la nuit passée de tranchée
a fait taster par trenteGrenadiers
duRegiment
Dauphin le petit ouvrage
de terre qui est entre les angles
rentrants des contregardes
de la demie- lune &
du reduit, quoique son ouvrage
fust dans sonentier,
qu'il n'y manquât pas une
palissade, les Grenadiers y
sont entrez, ont tué vingt
hommes qui le gardoient,
exceptésix que l'on a pris,
(establissement & la communication
ont estédifficiles
à cause des feux des
contregardes qui plongent
dans cet ouvrage, il en a
cousté soixante travailleurs
tuez ou blessez mais l'ouvrage
est fini.
Nouvelles de Flandres.
LesLettres de Gand &
de Brugesportent que trois
Regiments de cavalerie
Anglois qui y estoient en
garnison, en estoient partis
pour s'aller embarquer
& repasser en Angleterre,
que le General Sabin
ayant découvert que quel.t
ques soldats tramoient une
nouvelle conspiration, avoit
fait venir de Bruges
quelques Regiments de
Dragons qui arriverent le
11. Juillet à trois heures du
matin, & occu perent les
avenuës des casernes,qu'on
y avoit pris les autheurs du
précedent tumulte, qui
aprés un Conseil de guerre
furent arquebufez le lendemain
avec cinq autres.
Nouvelles d'Vtrecht.
On mande d'Utrecht
que le4. decemois le Duc
d'Ossone & le Marquis de
Monteleon Ambassadeurs
d'Espagne,arrivèrent à la
Haye dans trois carosses à
six chevaux, qu'ils avoient
eu plusieurs conférences
avec les Dépurez de l'Estat
touchant quelques articles
qui retardent la conclusion
du Traité, & qu'on
esperoit que les difficultez
feroient bientostlevées.
Les Lettrés de la Haye portent
que les Deputez de
l'Estar avoient aulIi eu diverses
conferences avec les
Ministres duCzar, duRoy
de DannemarK,& du Roy
Auguste, pour tascher de
terminer la guerre du
Nord. Onmande de Bonne
que le Regiment Suisse
du Colonel Diesbach
,
qui
y estoit en garnison au fervice
des Provinces. Unies,
avoir esté licentié; que les
- troupes du Duc d'Hanover
s'estoient approchées de
Mayence, & que d'autres
avoient pris leurs places
toujours au deça du Mein,
que les troupes de Pruflfe,
de Saxe, de Wirtemberg
, & autres revenuës des
Pays-Bas, estoient encore
dans le Westerwalet au
Nord du Mein.
Les dernieres Lettres de
la Haye portent que les
Plenipotentiaires d'Espagne
avoient eu avec les
Députez des Estats Generaux
& le sieur Heinsius
Pensionnaire
,
plusieurs
conférences dans lesquelles
presque toutes les difficultez
avoient estélevées,
gz qu'ils devoient retourner
dans peu à Ucrecht pour signer
le Traité de Paix entre
l'Espagne & cet Enar,
& qu'on n'attendoit que
le retour des courriers pour
conclure au fli la Paix entre
la mesme Couronne ôc lePortugal. On mande de
Francfort que les troupes deWirtemberg&de Saxe
avoient paffé le Mein pour
aller joindrel'armée de
l'Empire, que celles d'Hanover
& la pluspart des
autres estoient encore au
deçà de cette riviere
,
&
qu'on ne sçavoit le party
que devoient prendre ce lles
du Landgrave de Hesse-
Cassel qui font encore dans
leur pays.
Nouvelles de Paris lezy
Aoufl 1713.
Il est arrivé cette nuit
deux Courriers du camp
devant Landau; le premier
est le fils de Mr de
Vallory, depesché le 19.
de ce mois, qui a apporté
*
la nouvelle de la prisede
deux contregardes ;
le second
Mrde Luteau beaufrere
frere de M. le Maréchal de
Befons qui a apporté celle
de la prise de Landau,dont
la Garnison a esté faite Prifonniere
de guerre.
L'on attaqua les deux
Contregardes lanuit du 18.
au 19. l'action fut vive Se
brillante; elles furent emportées
toutes deux. L'on
fie 60. ou 80. Prisonniers
dans celle de la droite devant
le Réduit qui n'estoit
pas revestu, & 20. dans
celle de la gauche revestuë
de maçonnerie
?
l'on fc
contenta de se loger sur la o
pointe de cette derniere;
l'on estendit le logement
tout le long de la Gorge
de celle de terre, parce que
l'on vouloit y establir des
Batteries pour achever de
battre en breche le Reduit;
Les Ennemis battirent
la Chamade le 19. au matin,&
envoyerent des Ostages.
M. le Maréchal de
Villars leur declara qu'il
vouloit que laGarnison fust
Prisonniere de guerre. Les
Ostages s'en retournerent
peu fatisfairs, & revinrent
deux heures aprés demander
que l'on leur accordast
la mesme Capitulation
que les Alliez avoient accordez
à la Garnison de
Tournay. M. le Maréchal
de Villars dit qu'il falloit
qu'ils fussentPrisonniers de
guerre. Les Ostages s'en
retournerent, l'on recommença
à tirer de part &
d'autreà 8. heures dusoir,
& les Assiegezfirent le
plus grand feu de leurs Ca
nons, deBombes, deMoufqueterie
,
qu'ils eussent fait -
de tout le Siege; mais enfin
ils arborerent le Drapeau
blanc le 20. au matin,
renvoyerent des Ostages,
& convinrent de se
rendre Prisonniers. M. le
Maréchal leurs accorda
leurs équipages
, & des
congezaux principaux Officiers
qui voudroient retourner
chez eux en donnant
leurs paroles.
M0RTS.
Dame Françoise de Nargonne,
Veuve de Charles
de Valois, Duc d'Engousesme,
mourut au Chasteau
de Montmort en Champagne
le 10. Aoust âgée de
92.. ans. Elle estoit fille de
Charles de Nargonne,Baron
de Mareüil,&de Leonore
de la Riviere, fut mariée
par Contrat du 19.
Janvier 1644. à Charles de
Valois, Duc d'Engoulefme,
Pair deFrance, Comte
d'Auvergne, de Ponthieu,
de Lauragais
,
&d'Alets;
Chevalier des Ordres da
Roy, Colonel General de
laCavalerieLegere deFfâftce
y
Fils naturel de Chai%>
IX. du nom, Roy de France,
& de Marie Touchet,
Dame de Belleville.Il mou.
rut le 24. Septembre 16 5 0. âge de 77. ans,5ans 4. mois
aprés son second mariage,
parce qu'il avoir épousé en
premieres nôces Charlotte
de Montmorency, fille aînée
de Henry
,
I. du nom,
Duc deMontmorency,Pair
& Connestable de France,
& d'AntoinettedelaMarck
Boüillon.
De son fecond mariage
il n'a point eu d'ensans, &
Madame laDuchesse d'Engoulefme
saseconde Epouse
a reste enviduité depuis
sa mort pendant 63. ans.Elle
n'avoit lors de son mariage
que 2. 3. ou 24.ans,
& la chose est bien extraordinaire
de dire que en 1713,
la Veuve du Fils du Roy
Charles IX. est decedée,ce
Roy estant mort en 1574.
il y a 139.ans,& que nous
avons eu depuis luy sur le
Thrône Henry 111. Henry
IV. Louis XIII. & Louis
XIV. à presentregnant.
Mre Arcus de Lyonne Evesquede
Rosalie, VicaireApostolique
de la Province deSuchüen
dans la Chine,mouruten cette
Ville le 2. de ce mois, au Seminaire
des Missions Etrangères,
âgé de 58. ans. Il estoitnls de
Mre Hugues de Lyonne,Ministre
& Secretaire d'Estat, & il
estoitnéàRomeen1655.durant
l'Ambassade de son pere vers
les Princes d'Italie. Avant embraisé
l'estat Ecclesiastique, il
s'estoit engagé dans lesMssions
d'Orient,où il a travailléavec
un grand zele durant plus de
vingt années, & ilavoit acquis
une grande connaissance des
lettres & des scienceschinoises.
Il vint en France en <68£ avec
les Ambassadeurs du Roy de
Siam, qu'il remena en leur pnl's
l'année suivante. De la il,.:aia
à la Chine, & il revint à Rome
en 1703. pour les affaires de la.
VReligioin,l&lenesuite.en cette
Dons du Roy.
Le Roy a nommé l'Evêque
de Tournay à l'Archevêché
de Toulouse. Cette
Ville est la Capitale du Languedoc
,elle est située sur la
Garonne
,
qui la divise en
deux parties fort inégales.
Sa Métropolitaine est Saint
Edenne.CetteEglise est considerable
par plusieurs belles
Chapelles.SonChapitre en
composé d'un Prevoit, d'un
grand Archidiacre, d'un Archidiacre
de Laugarais,&de
vingt quatre Chanoines. Le
Diocese avoit autrefois une
grandeétendue:mais depuis
que les Evéchez de Pamiers,
de Saint Papoul
,
de Lombez
& Lavaur, ont este démembrez,
il ne contient que
deux cent cinquante Paroisses
& six Abbayes. Aptes
cette Cathedrale fuitcelle de
Saint Sernin, qui estAbbatiale
,
Collegiale & l'ancien
Mausolée des Comtes de
Toulouse. Saint Sernin suc
le premier Eveque de l'Eglise
de Toulouse, que le Pape
Jean XXII. érigea en Ar
chevêche l'an 1317. luy donnant
pour Suffragans Pamiers,
Montauban, Mirepoix
Lavaur,Rieux, Lombez,
& S. Papoul. Le Parlement
de Toulouse après celuy
de Paris est le plus grand
du Royaume. Il fut institué
parPhilippes leBel en 1301.
&CharlesVII.lefitsedentaire
en 1443. H en partagé
en cinq Chambres,sçavoir;
la Grand'Chambre,laTournelle,
la Première, la Seconde,
& la Troisiéme des Enquestes,
& celle des Requêtes
que François I. institua
cri 1543. Henry II.la supprima
après 4. années la rétablieen
1558.François II. la
cassa de nouveau par son Edic
du mois de Juillet ijôo. mais
elle fut rétablie par Charles
IX. en 1573.LesConseillers
jouissent d'une prerogative
fort particulière qui est
d'avoir Séance au Parlement
deParis selon l'ordre de leur
reception ; ce qui n'est accordé
aux Conseillers d'aucun
autre Parlement. Ce
Parlement a dans son ressort
le haut &le bas Languedoc,
le Vivarais) le Velay le
Gevaudan
,
l'Albigeois, le
Rouergue
,
le Quercy, le
Lauraguais, le Pays de Foix,
& une partie de la baffe Gascogne.
Dans l'endroit où cil
le Palais estoit autrefois le
Chasteau des Comtes qui en
estoientSouverains. LaMaison
de Ville eil: fort magnifique.
On luy donne le
nom de Capirole, & les Echevins
ou Consuls
,
celuy de
Capitouls. L Université cil
composée de divers Collèges
,dont les principaux sont
ceux des Je suites, de Foix,
de Sainte Cat herine, de Saine
Nicolas & de Narbonne.
Les Ecoles de proie, de
Medecine & de Theologie,
font des plus renommées du
Royaume. Cette Université
fut fondée par le Pape Gre.
goire IX. en 1233. Le circuit
des murailles de cette
Ville est de six mille huit cent
pas communs, que l'on peut
faire en trois heures. Ceux
qui veulent tirer sa grandeur
du fang des Troyens, disent
qu'un de leursChefsnommé
Toulousain ,en jetta les fondemens
; d'autres donnent
cette gloire à un certain
Tholusde la race de Jophet,
ce qui arriva, disentils, six
cens ans avant la fondation
de Rome. Il y en a plusieurs
qui soutiennent qu'elle ait
pris son nom de Tolosa
femme de Polyphême, , qui
eut tant d'amour pour elle,
qu'afin d'éterniser sa mémoire,
il fit bâtir cette Ville II
y a plus d'apparence qu'elle
ait elle appellée des Tolofates,
qui suivirent les Tectosages
dans leurs expéditions,
& qu'on accusa d'avoir enlevé
du Temple de Delphes
cette prodigieusequantité
d'or qu'on failoit monter à
quarante millions
J que le
Romain Cæpio trouva prés
de cette Ville dans un Lac où
ils l'avoient jette par l'avis de
leurs Devins, qui leur annoncerent
que c'estoit le fcul
moyen de guerir d'une maladie
maligne qui les defoloit
, ce qui a donné lieu au
Proverbe de l'or de Toulouse.
Les Romainsenayant
fait une Colonie
,
luy choisirent
Minerve pour Protectrice,
d'où elle a esté quelquefois
nomméePalladia
)
ils l'embellirent d'un Amphiteatre
& d'un Capitole. Il
n'y a que Toulouse
,
Narbonne,&
Carthage la neuve
,
où ils ayent jamais fait
bâtir un Capirole. On ne
sçait pas même si CEghic de
de Nostre
- Dame n'estoit
point celuy de Jupiter, &
celle de Saint Quentin celuy
d'Apollon.
Toulouse fut longtemps
gouvernée par les Comtes
dont le premier fut Chorson
ou Torfin du temps de
Charlemagne, & dont le dernier
fut Alphonse frere de S.
Louis, & de Comte de Poitiers
,
après la mort duquel
& de Jeanne sa femme sans
cnfans en 1270. à leur retour
d'Affrique, la Comté.
de Toulouse fut réuni à la
Couronne de France) suivant
le Traité qui avoitesté
fait à Paris l'an 1228. avec le
Comte Raymond dernier de
ce nom,& pere deladite
Jeanne. La Feste des Jeux
Floraux elt une chose tresremarquable
en cette Ville.
lis furent instituez en 1 314.
par sept hommes de condition
de la Ville qui aimoient
les belles Lettres. & qui s'
tant assemblez dans un J ardin
au Fauxbourg de Saint-
Etienne, firent une Lettre
circulaire, par laquclleils
invitèrent tous les Trouvaires
ou Poëtes des environs,
de se rendre à Toulouse le
premier jour de May de la
même année , promettant
de donner une Violette d'or
pour Prix à celuy qui auroic
recité les plus beaux Vers;
cé projet plut tellement aux
Capitouls qu'il fut fefolú
qu'on l'executeroit toutes les
annéesauxdépens du public.
Pour donner quelque forme.
a cette Assemblée
, on créa
un Chancelier & un Secretaire.
Désce temps là les [cpt
qui avoientestécause decette
Institution prirentlenom
de Mainteneurs. On ajoûta
depuis à la Violette deux autres
fleurs, l'Eglantine & le
Soucy pour servir de second
& de troisiéme Prix.
Vers l'an 1540. une Dame
de Toulouse
,
appellée Clemence
I faure, forma le dessein
d'éterniser sa mémoire
par l'Institution d'une Feste
qui sut appellée les Jeux Floraux
,& qu'ellevoulue qu'on
cclebrast le premier & le
troisième jour de May. Elle
laissa pour cela la plusgrande
partie de son bien à Messieurs
de Ville, à condition
qu'ils feroient faire tous les
ans quatre fleurs de vermeil,
qui seroient l'Eglantine
,
le
Soucy
,
la Violette & l'Oeillet.
L'Hostel de Ville qui cft
très- beau estoit la Maison de
cette Dame, qu'elle leur donna
pour y celebrer ces Jeux;
avec la Place du Marché, appellée
la Pierre. Sa Satuë qui
est de marbre blanccouronnée
de fleurs & ceinte d'une
ceinture aussi de fleurs,cft
dans une niche contre la muraille
de la grande Salle de cet
Hostel. Le Roy par ses Lettres
Parentes du mois de Septembre
1694.érigea les Jeux
Floraux de Toulouse en Académie
de belles Lettres, avec
le Brevet de nomination
d'un Chancelier de ces Jeux
& de trente-cinq Académiciens.
Les Prix qui s'y
donnent à present font
une Amaranthe d'or
, une
Violette,une Eglantine, &
un Soucy d'argent.
L'Archevesque de Toulouse
se nomme René François
de Beauvau, fils de
Jacques de Beauvau 3e du
nom, Chevalier Marquis du
Rivau, & de Dame N/hric
de Campet de Saujon, son
épouse; il fut d'abord grand
Vicaire de Sarlat sous François
de Beauvau, Evcfquc
dudit lieu, son Oncle, puis
nommé Evesque de Bayonnc
le premier Novembre 1700.
au lieu de Messire Leon de la
Lanne, qui estoit mort la
nInc année, & fut sacré
à Paris le 17.Juillet 1701.
en l'Eglise du Noviciat des
Jesuites par l'Archevesque
d'Auch
,
son Metropolitain,
Armand Tristan de la Baume
de Suse, assisté de Messire
François de Clermont-
Tonnere,Evesque de Lan..
gres, Pair de France, son
parent, & de Messire François
de Kerhoen de Coëncafaô,
Evesqued'Avranche,
•
fut transféréàl'Evesché de
Tournay le jour de Pasques
24. Avril 1707. vaccant
par la mort de Louis Marcel
de Coetlogon, qui deceda à
Tournay le 18. Avril de ladite
année 1707 & enfin
transferé à l'Archevesché de
ToulouCc) le Juillet
1713.
La Maison de Beauvau en
tres illustre& tres-ancienne,
descenduë des Anciens
Comtes d'Anjou par Foulques
d'Anjou,Seigneur de
Briolan, & de Jirzé, que
l'on dit estre quatr iéme fils
de Foulques deuxiéme du
nom, Comte dAnjou & de
Ger berge de Bretagne. Il
fut pere de Foulques I1 du
nom, Seigneur de Beauvau
& de Jarzé, qui mourut à
Angers, trois jours aprés
Pasques, l'an 1000. c'est de
ce Foulques premier Seigneur
de Beauvau que toute
cette Maison descend par
vingt-deux generations jusques
à Mr l'Archevêque de
Toulouse, danslesquels degrez
il se rencontre des alliances
tres- considerables ,
& celle qui fait plus d'honneur
à cette Maison estcelle
qu'lfabeau de Beauveaucontractaen1454.
avec Jean
de Bourbon Comte de Vcndorme,
Prince du Sang
Royal de France, de laquelle
cil: descenduë toute la branche
Royale de Bourbon, &
par elle presque tous les
Princes & Princesses de l'Europeen
descendent,&l'honneur
qui en reste à la Maison
de Beauveau
,
c'est que
dans toutes les veines des
Princes& Prince sses del Europe
, le Sang de Beauveau
y circuleavec le leur, & se
trouve allié du 8 au2edegré
avec toutes les Testes couronnées,
Cette Maison s'est divisée
en quantité de branc hes
, dontl'aînéeest tom bée dans
la Maison de Bourbon;
comme j'ay dit cy -
dessus,
par le mariage d'Isabeau avec
le Prince Jean de Bourbon
Comte de la Marche
, auquel
elle apporta les Terres
de la Rocheguyon & de
Champigny. La seconde
Branche est celle de Manonville,
qui cil: en Lorraine
*
& qui subsiste en plusieurs
branches
,
dont 1aînée
subsiste en la per sonne
du Marquis de Beauveau Maréchal
de Lorraine, quia des
cnfans
, & le Marquis de
Craon grand Ecuyer de Lorraine
son frere, qui a aussi
des enfans. Cette branche
est divisée en quantité de rameaux;
sçavoir celles deNovian
,de Rollan
,
Depcnfc
, de Panges, de Lannan Reneuve
; de Begnipont
,
&
Sandaucourt. La troisiéme
branche cft celle de Precigny,
divisée en celles de Tigny,
& de S. Laurent de
Mortiers. Et la quatriéme
cft celle du Rivau
,
de laquelle
est l'Archevêque de
Toulouse, qui te divise en
deux rameaux ; sçavoir
,
le
Marquis de Beauveau le Rivau,
& les Seigneurs de Ri.
varennes.
L'Abbé Phelypeaux, Chanoine
de Nôtre- Dame à l'Evêché
de Riez. Cette villeest
dans la Provence, à onze
lieuës d'Aix:elle est située au
bas d'une montagne , entre
deux petites rivieres, qui fc
rendent par une même embouchure
dans le Verdon.
Son Evêché est suffragant de
la Métropole d'Aix, & forv
Eglise Cathedrale porte le
nom de S. Maxime & de S.
Theode. Son Chapitreest
composé d'un Prévôt, d'un
Archidiacre, d'un Sacristain,
d'un Capiscol, & de huit
Chanoines, dont l'un efl:
Theologal. Son Diocese n'est
pas de grande étenduë:il renferme
seulement cinquantequatre
Paroisses,& le Doyenné
de Valenfoles
, qui est uni
à la ManseAbbatiale de Cluny.
Le Roy a donné l'Abbaye
d'Hernieres
,
Ordre de Prémontré,
Diocese de Paris, à
l'Abbé Frison.
L'Abbaye de Beaulieu
,
à
l'Abbé Brossard, Grand Vicaire
de Limoges. Il y a en
France quatre Abbayes de ce
nom: deux de l'Ordre de S.
Benoist, dont l'uneest située
dans la Touraine,proche de
Loches, qui fut fondée au
commencement du onziéme
siecle
, par Foulques Nera,
Comte d'Anjou; l'autre est
dans le Limosin,aux confins
du Qiercy, proche la ville de-
Martel Capitale de la Vicomté
de Turenne: elle fut fondéeen
8jj. par Raoul, Archevêque
de BourgesJ&. qui
releve en foy & hommage de
cet Archevêché. Il y en a une
de l'Ordre de Citeaux
,
Docese
cesede Langres, proche le
Duché de - Bar; cette Abbaye
cil: fille deCharlier
: elle a été
fondée au mois de Juillet
1138. Laquatrième est dans
le Diocese de Troye, de l'Ordre
de Prémontré, dont elle
rcèût la Regle en 1140. S.
Bernard parle de cette Abbaye
dans l'Epitre252. -
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Meaux,Ordre de S. Belnoi\
t à»la Dîamne deéChaernis.ay L'Abbaye de Chaillor, Ordre
de S. Augustin, Diocese
de Paris, à la DamePrunclay
de Saint Germain.
L'Abbaye de la Saure, Or.
dre de S. Benoit, Diocese de
Nismes, à la Dame de Morangis.
Erle Prieuré ed Domfront,
à la Dame de Rezali.
SalementauxNQHVelles.
Les Ietrres de Catalogne
portent,que leDuc dePopoli
avoir continué sa marche avec
l'armée, sans que les peu- -
ples y ayent aucune opposition:
qu'au-contraire les Villes
& les Bourgs envoyoient
des Deputés pour assurer de
-
leur obeïssance & de leur fidélité
: que les Habitans de la
Ville& du Château de Berga,
sur leLlobregat, avoient tué
le Colonel Don Francisco
Puig de Pierafira, qui y étoit
en garnison
,
& quiécoit un
des quatre Chefs de la révolté
de la plaine de Vich
, & qu'il
y avoir dans le Château de
Berga une grande quantité
d'artillerie & de munitions:
queledétachement que le
Duc de Popoliavoit fait pour
chasser les Miquelets & les
Volontaires de quelques paffages
& défiés qu'ils occupaient)
les avoient entierement
défait: que les Troupes
de sa Majesté Carholique s'etant
avancees à la portee du
du canon de Barcelone, on
avoir tiré à boulet sur elles;
ce qui marquoit assez que les
Rebelles y étoient encore les
maîtres. Les derniers avis aCfurent
, que le 27 Juillet le
Duc de Popoli étoit campé à
l'Hospitalet aux environs de
Barcelone: qu'il avoitentiement
bloqué laVille,&qu'il
faisoit les dispositiens necessaires
pour la réduire: qu'elle
étoitbloquée du côté de la
Mer par six Galeres dEspagne,
quid'abord avoienr pris
une barque de Mayorque,
chargée de deux cent Cano-
O niers & de munitions, & ensuite
trois autres bâtimens,
chargez de sel & de provisions
pour Barcelone: & que
le Duc de Popoli avoir reçû
par mer un grand convoyde
farine&de grains qui avoicnc
été débarqué dans la riviere
de Llobregat. On mande
d"Ostalric
, que le Gouverneur
de cette Ville avoir prié
les Troupes Françoises qui
sont dans le Lampourdan, de
s'approcher de cette place-là,
pour empêcher les Rebelles
de s'y introduire par intelligence,
& pour contenir dans
l'obéissancelesMècontens
qui y peuvent être;mais qu'il
avoit refusé de laisser lesFrançois,
voulant luy-même remettre
la place au Duc de Popoli,
dont il attendoit incessament
lleessoorrddrreess;-queles garnisons
Françoises qui étoient
dans la Citadelle de Pampelune,
& à Taraçona sur
la frontiere d'Aragon, avoient
remis ces places
aux Espagnols
,
& qu'elles
étoient retourné1es en FFrance:
& que celles de Puicerda de
Belvert, étoient aussi parties,
aprés avoir démoli les forrihcatiens
qai y avoient été faites.
On assure que Don Antonio
de Villaroel que les Rebelles
avoient choisi pour leur
General, malgré sonrefus,
s'étoit retiré à Collioure.
Les lettres de Genes confirment
l'arrivée du Comte
de Staremberg
, avec la plus
grandepartie des troupesqui
étoient en Catalogne qu'il
dévoit dans peu de jours partir
pour Vienne, où leCom
te de Konigsegg ett arrive de.
puis-quelques jours pour rendre
compte de ce qui s'est pasfé
à l'évacuation de la Catalogne
: que TAhbé de Kempten
avoit refusédaccepter
la ch arge de Président du
Conseil Aulique,& qu'il avoit
pris congé de la Cour pour
retourner dans sesEtatsque'
les Troupes Allemandes qui
sont débarquées à Genes, avoient
ordre de se tenir prêtes
à marcher dès que les autres -
feront arrivées, pour aller
joindre l'armée sur le Rhin,
- sçvoir, le Regiment deCar
valerie de Caraffa
,
& celuy
d Infanterie de Wetzel. Celles
de Naples portent, que le
Comte de Thaun avoicordonné
qu'onpréparât des
quartiers pour quatre mille
Allemans attendu dans peu à
Genes, du nombre de ceux
qui étoient en Catalogne:que
le, Officiers & Soldats Espagnols
qui y étoient parmi les
Troupes,& qui ont refusé de
prêter un nouveau frerment'.à,
l'Archiduc, estoient encore
dans l'Arsenal 3& que leterme
qu'on leur avoir donné
pour se retirer, avoit été prolongé
; qu'on avoit propose
à pluflairs d'être distribués
dân-ç les Regimens Allemans,
qu'ils l'avoient refusé, & qu'-
ils avoient mieux aimé quitter
le seervice
: que les passeports
permis leur avoient étéaccordés,&
que leComte deThaun
avoit fait offrir àceux qui ne
voudroienr pas servir ny rtourner,
à demeurrer dans le
- Royaume : que le Prince de la
Torella arrivé depuis qudques
jours de laCour devienne
,
avoit apportéauCpmtc
de Thaun le Collier de la Toison
d'or
, & que le Marquis
del Valto dévoie luy donnes:
en ceremonie.
An Camp devant Landau le
2.0. AvuftJ713.
Avanthier je montay ma
huitiéme tranchée qui fait
la cinquante-huitième du
Siège: L'on attaqua les deux
Contre Gardes; sçavoir celle
du Réduit & celle de la
demie-lune;la premiere fut
attaquée par les deux Compagnies
de Grenadiers de
mon Regiment,soûtenuë
d'une de Daguillc & une de
NIce.) qui sortirenr par le
Pasté & passerent le long du
Bâtardeau qui est à l'Angle
de l'ouvrage où l'on avoit
mis de clayes; nos Grenadiers
gagnerent cet Angle
& monterent dans l'ouvrage,
leur ordre estoit de fuir
vre le long de l'épaule jusqu'à
la communication du
chemin couvert qui cft à la
droite de nostre attaque., &
en même temps deux Compagnies
de Grenadiers de
Surbeck passerent la rivicre
au-dessous du Pont qui avoit
esté rompû & monteent
dans le même ouvrage
our nettoyer l'épaule gau..
hc; cela a estéexecuté avec
ne valedr inconcevable &
os Grenadiers se sont renus
maistres de tout jusqua
i premiere place d'armes du
hemin couvert malgré la
a resistance qu'ont fait les
nnemis, à quatre trrverses
lui estoient avant cette placc
l'armes des six Officiers de
Grenadiersde mon Régien
ayeû deux
-.
de tuez ôc
rois de blessez nous avons
raic nostre logement entier;
çavoir, coupé l'ouvrage de
la gorge le long du fosé du
Reduit & deux boyaux parale
lles aux deux Flancs de
l'ouvrage; l'autre Contre-
Garde de la demie-lune, aprés
avoir fait joüé deuxmines
aux deux épaules, ont
esté attaquez par deux Compagnies
de Xaintonges d'une
part & de l'autre par la
troisîéme de Sui beck, &les
deux de Bur bon, ouvrage
a esté emporté comme l'autre,
à la reserve que les- A[--
úegcz ont gardé deux tra
ver sèss dont nous ne no
lommes pas rendus Maiftrifl
Le Comte de Sczane& Mr
de Gonlaque eftoiem les Généraux
de tranchéej Mr de
Cebret, Brigadier, & moy
nous avons esté chargez de
l'attaque de la droite. Mr
Houet, Capitaine aux Gardes
montant comme Brigadier
avec Mr de Lemellc
Colonel à la fuite de Sorbcck,
de celle de l'autre demie-
lune; ils ont perdu un
Capitaine de Grenadiers tué,
&un bkfle5& un Lieutenant
& environ soixante-six Grenadiers
; à nostre attaque un
Capitaine de mon Régiment
& un Lieutenant tuez, ci
Capitaines blessez, qua
Lieutenants ou Sous-Liei
nants & environ quat
vingt Grenadiers dont il
a dix-neufd'une Compagi
& dix-sepe de l'autre. Il)
eu environ cent travaillel
tuez; nous avons pris à h
taque de mon Regiment 6
prisonniers avec un Capit;
n:. Les Affiegezavoientcei
Grenadiers, cent Fufilie
dans cet ouvrage & cer
pour les foûrenir; cette bc
sogne a elle faite de fiiço
que Meilleurs les tvlard
chaux ont esté très-contents,
ils ne lont pas moins cilé
lors qu'ils ont [û qu'à neuf
heures les, Assiegez avoienc
arboré le Drapeau blanc &
demandoient des otages,jy
ay esté envoyé avec unLieutenant
Colonel, un Major;
ils ont d'abord demandez la mc Capitulation que Mr
leMaréschal de Tallard avoir
accordé au Comte de Frize;
elle leur a elle rerufee, nos - Mareschaux les voulant prilanniers
de guerre. Ils demandèrent
ensuite celle que
le Prince Eugene avoir accordec
a Tournay, elle leur a
encore cfté refusée; enfin à
huit heures nous recommençâmes
à tirer,& cette nuit
ils ont fait un feu enragé ;
mlis au moment que je vous
écrit on me vient dire qu'ils
ont arboré le Drapeau sur la
lejourdesaFesie, 20
La Tabatiered'or nouvelleparMrL**.
27
Quefiions, 51
Articles des Enigmes, 59
Relation de l*Entrée de
Mrie Duc Daumont
TABLE.
Ambajfadeurde France
à Londres 73
Compliment defon Excellence
Adr le Duc
Daumont à la Reine
de la Grande - Bretagne
à sa prerniere
yîudiancePublique,
107
Nouvelles d*dngleterre3
lit
Nourvellesd8Eftagné u8~
Nouvelles a*Allemagney
*34
Enrvoy Bur/e[quepar un
TABLE.
oisif qui senuye aux
EauxdeForges, 169
Nouvelles de Landau,
203
Extrait de plusieurs Lettres
du Camp devant
Landau, 2iy
Du Camp devant Landau
du 5 Aonft, 218
De Landau le 13 Aoufl
222
De Landau le 13 Aoust
2zy
Nouvelles de Flandres
2.6
TABLE.
Nouvelles d'Vtrecb,228
Nouvellesde Paris le 2y
Qualité de la reconnaissance optique de caractères