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1713, 06 (Gallica)
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MERCURE
GALANT.
A PARIS,
M.DCCXIII
AvecPrivilegedu Roy.
JM( E R C lUf'R R GALANT.
Par le Sieur DuF***
Mois.
de Juin
1713.
Le prix est 30. fols relié en veau, &
25. (oIs) broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JO L LET, au Livre
, Royal, au bout du Pont S.Michel
du cocédu Palais.
PIERRE RIBOU,à l'ImageS. Louis,
sur le Quay des Augustins,
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la ruë
duFoin, du côté de la ruë
Saint Jacques.
jh teéyrobAt\on,&PrivilègeduRei.
MERCURE
1 GA LA NT.
AVANTURE,
ou Historiette nouvelle.
LES DEDITS.
Ommc il ne faut
juier de rien
,
aussi
ïlc doit-on jamais faire
ded.édits confiderables. -
Lavolonté des hommes
est trop changeante,celle
des femmes l'est encore
plus ; M de toutes les
femmes que j'ai jamais
connues, la plus sujetta
à changer,c'est certaine
veuve, dont je vais vous
conter l'avanture.
Cette veuve erolttresvive
dans ses desirs
, SC
dans lesaffaires qui dépsndoient
de sa têteelle
ne laissoit aucun intervale.
entre la volonté s
l'execution > en moins
de rien en elle tout devenoit
passion, jusqu'à
ses vertus: en un mot
elle étoit excessive en
tout, hors en confiance.
Un jour cette veuve
capricieuse se prit d'amitié
dés la premicre
vûë pourune autre veuve
qu'ellc rencontra
chez une personne de sa
connoissance. Cette séconde
veuve étoit d'une
humeur gaye, enjoüéc,
ne cherchoit qua se rejoüir,
§£ l'unique chagrin
quelle eûtrepenti,
cetoic la morede son mari,
encore ne dura-t-il
guercs, & n'empêcha;
pas qu'elle ne devinft amoureuse
d'un jeune
homme aimable. Elle en
fut passionnément aimée.
Elle relit bien voulu
époufer : mais elle avoit
si peu de bien, qu'.
elle n'ellc pas pû le mettre
à son aire, lui qui
n'avoit rien du tout. Ils
se plaignoient un jour
l'un à l'autre de l'injustice
de la fortune, qui
ne leur donnoit pas seulement
de quoy contenter
leurs desirs sages &
reglez, pendant que l'autre
veuve étoit assez riche
pour fuivrc à grands
frais ses idées les plus extravagantes.
La veuve
enjouée,mais qui pensoit
serieusement au solide,
imagina un moyen
de mettre à profit les ca;
prices de la riche veuve.
Puil quelle veut lier sicteté
avec moy , dit-elle
à son amant,ilfautque
cesoit elle qui mus marie
Il ses dépens. Hé comment
cela, répondit le
Cavalier? felon le portrait
que vous m'en faites,
elle nest pas femme
à faire plaisir à personne,
que par rapportà ses
fantaisies.C'estpourcela
reprit la veuve, que je
ne serai pas grand férupule
de tirer parti de ses
caprices. Apres avoir rêve
un moment, la veuve
enjoüée fie un projet,
& voici comment elle
commença à executer.
-
Premièrement elle reçut
avec beaucoup de
froideur les avances d'amitié
que lui fie l'autre
veuve, que nous nommerons
Belise, pour cacher
son veritable nom.
Belise donc fit à celle-ci
toutes les avances de l'a- -~
miriéla plus tendre,
L'autre veuve reçut sesj
offres d'amitié avec
unef
indifférence, une froi-j
deur qui eût rebuté Belife,
si elle n'eût pas été
d'un caraétere a s'animer
par les difficultez.
Elle fut d'autant plus
empressée au prèsdecet- -
te nouvelle amie, qu'-
elle la trouva insensible
à Ces empressemens. Enfin
poussee à bout par
son indolence affecte,
elle la conjura de lui diire
pourquoy elle ne répondoit
point,du moins
parpolitesse, aux avances
d'amitié qu'elle lui falfoit. lui répondit
la veuve enjoüée,
parce que je ne veux point
être de ruas amies. L'aveu
est brusque, lui dit
Belife. Et sincere, repartit
la veuve. Qu'avez-
vous donc trouvé
enmoy,répliquaBelise,
qui puisse m'attirer un
pareil mépris? Loin de
vous méprtftr> reprit la
veuve, ce(l parce queje
vous estime trop que je
veux rompre av,c 'vous;
car quand je fais tant
que de m'attacher, ceji
pour long-temps. Je (ça;
que vous rictes pas capable
d'une amitie durable:
mais supposé que vous
Irvous fixassiez, pour moy,
il me resteroit encore une
raison plus forte dene me
point attacher à vousi ceji que vous pensez, diton,
à vousremarier , &
je ne veux point être Camie
d'une femme mariee.
Ce discours parut bigearre
à Belise, qui lui
dit qu'elle ne pensoit
point àCe remarier:mais
que quand elle se remarieroit,
elle ne comprenoit
pas que cela pût
faireobstacle à leur amitié.
C'en est un invincibleyreprit
brusquement
la veuve folâtre; ep-cë
qu'unefemme mariée peut
avoirdes amies ?avec une
femmemariéeplus desocieté,
plus dejoye, son humeur
saigrit9son esprits'émous-
Je3 &soncoeurs'endurcit.
Belise protesta que jamais
un mari ne la feroit
changer d'humeur, &:
qu'elle: en avoit déjà fait
l'experience.
Ilm'importe, continua
; l'autre, st) pour mon reposseul
à moy je ne veux
point m'atacheraunefemmemariée
; il mefaudroit
partager avec elle tous les
soinsde son ménage, j'en
auroti la tête pleine , je
seroispresqueaussi mariée
qu'elle; elle se prendrait à
moy des brusqueries deson
mari , & son mari me
rendroit responsable des
bigearrertes desa femme;
il me faudroit être conswolatrice
perpétuelle de leurs
chagrins, si) pige assiduè
de leurs querelles dome-
(tiques s & en voulant
les remettre bien Funavec
l'autre, je me ferois
hllir de tous les deux.
Cette veuve continua
ainsi en riant de faire à
l'autre un tableau siaffreux
du mariage, quelle
commença à l'en dégoûter,
& lui donna en
deux ou trois jours tant
d'aversion pour les maris
, qu'elle se voüa au
veuvage avec tout le zele
& toute la ferveur
dont elle étoit susceptible
ble dans ses nouveaux
entêtemens. La veuve
rusée feignit d'être de
moitié dans un voeu qui
devoit rendre leur amitié
durable, 8£ proposa
à l'autre de faire entr'elles
un dédit de trente
mille francs pour ce lle
qui voudroit rompre un
voeu si prudent, Le dédit
fut resolu, & elles
choisirent pour dépositaire
un ami commun,
ou-
plutôt un ami tout
dévoué à la veuve, SC
qui ne connoissoit Belife
que parce que l'autre
lui en avoit ménagé la
connoissance pour venir
à bout de ses desseins.
Voila donc le dédit
fait & consigné ; il s'agit
à present de le faire
payer à Belise, & pour
cela elle trouva moyen
de lui faire voir son amant,
dont nous avons
déja parlé. C'etoit un
jeune hommeaimable,
insinuant, & capable de
faire tourner la tête à
toutes les veuves qu'il
entreprenoit.Il trouva
la riche Belife digne d'être
dupée: mais il avoit
peine à se resoudreà
tromper. Il refusa d'abord
lacommission:mais
son amante luidit qu'en
unbesoin elle lui permettroit
de vouloir serieusement
époufer Belise
; qu'il n'avoit qu'à
lui plaire dans cette intention,
pour ôter tout
scrupule.Enfin,sans plus
examiner ce cas de conscience,
il s'attacha à Belise;
il ne fut pas longtemps
sans la faire repentir
du voeu qu'elle
avoit fait de ne se point
remarier. Elle n'osaconfier
son amour à son a,-
mie, jugeant bien qu'-
elle feroit sans quartier
sur le dédit: mais enfin
cet amour devint si violent
, qu'ellepria son
amie de vouloir bien
composer avec elle & la
quitter du dédit pour
moitié. L'amie rusée lui
jura que dans un autre
tems elle n'en auroit pas
rabattu une obole: mais
qu'un procés important,
pour lequel elle avoit befoin
incessamment de
vingt mille francs,l'obligeoitàluienremetre
dix.
On marchanda, ôc
l'on convint enfin que
Belise mettroit vingt
mille francs entre les
mains du dépositaire,
pour être remis après le
mariage dans celles de
l'amie;moyennantquoy
Belise prendroit desmesures
avec cet amant
pour le mariage. L'argent
pour le dédit fut
déposé, fous condition
qu'on ledélivreroit dans
huitaine à l'amie
,
aprés
lequel temps elle vouloit
les dix mille écus
entiers; ce fut la convention.
! Belife ne pouvoit avoir
aucun soupçon sur
le jeune amant: elle scavoit
qu'iln'étoit pas riche,
& ne croyoit pas
feulement qu'il connût
son amie. Elle se pressoit
donc de conclure dans la
huitaine prescrite: mais
l'amant lui faisoit naître
d'un jour à l'autre des sujets
de retardement si
vraisemblables
,
qu'elle
nepouvoit se défier de
lui. Enfinlahuitaine étant
échuë, le Cavalier
fit paroître un obstacle
insurmontable, qui differoit
le mariage de quelques
jours. Sur quoy l'amie
feignant d'estre fort
pressée pour son procés,
quitta le dédit pour les
vingt mille francs comptant,
& Belife les fic
livrer, dans la certitude
où elle étoit de son mariage,
pour ne pas donner
les dix mille écus entiers;
& ce fut déja une
partie
partie de la dot que cette
pauvre veuve destinoit
à son jeune amant,
en cas qu'il ne fust pas
obligé d'honneur à tenir
parole à Belife : maison
esperoit qu'elle romproit
la premiere, & ce fut
pour la mettre dans son
tort qu'on lui tendit un
fecond paneau.
Dés que la veuve eut
touché l'argent du premier
dédit, elle ne songea
plus qu'à en tirer
un second;&travaillant
en apparence à presser le
mariage de son amie Be
de son amant,elleleretardoiten
effet. Ceprocedé
n'étoit pas dans la
regle severe des bonnes
moeurs : mais l'amour
& la necessitérelâchent
souvent la morale. Nos
deux amans justifioient
tout ceci par leur intention;
car supposé, disoit
l'amant, que Belife persevere
dans son amour,
je ne puis en honneur
rompre avec elle, & il
faudra bien l'épouser. Et
siau contraire, disoit la
veuve ,
je fais que Belift
change la premiere,
il est juste qu'elle paye le
dédit de soninconstance.
Est-ce trop exiger d'el-
JeJ disoit l'amant, qu'un
mois de confiance? Il
faut absolument que je
fasse un voyage en Province
pour mes affaires:
si vous venez à bout de
la faire changer avant
mon retour, merite-telle
que je lui sacrifie l'amour
que j'aipour vous ?
2Sfon vraiment
,
répondit
la veuve ; voyons
doncsifkcon/lanceest à
l'épreuve, du paneau que
je vais lui tendre.
Aprés qu'ils eurent digeré
leur projet, le Cavalier
alla trouver Belife,
& la fit convenir
de la necessité de son
voyage. Quelques jours
aprés l'amie
,
qui commença
d'être la confidente
de ce mariage,
dit au Cavalier, en presence
de Belife, que puis
qu'il ne pouvoit pas époufer
avant son départ,
il faloitdumoins qu'il
lui signât une promesse
de mariage, avec un dédit.
La proposition fut
goutée par Belise ; on fit
le dédit de dix mil écus,
&leCavalier partit réellement
pour un voyage
necessairescar toute cette
intrigue se traitoit
moitiéfranchise, & moitié
tromperie de la part
des amans. Le Cavalier
vouloit de bonne foy
s'engager par ce dédit à
époufcr Belise, si elle
persistoit dans le dessein
de recevoir sa main. C'étoit
donc ici une véritable
crise pour nos amans
;car la jeune veuve
se voyoit dans la necessité
de rendre Be1
lise inconstante dans un
mois, ou de lui voir
épouser sonamant.
La jeune veuveavoit
été recherchée par un
jeune Conseiller trésaimable,
mais qu'elle n'avoit
jamais pû aimer.
Ce Conseiller étoitassez
mal dans ses affaires,
pour souhaiter de les rétablir
par un riche mariage.
Elle lui fit confidence
de tout ce qui s'étoitpassé,
& lui dit que
s'il vouloir longer serieusement
à se faire aimerde
Belise, elle pourroit
bien la lui faire époufer.
Le Conseiller,
dont l'amour étoit fort
ralenti, con senti t à tout
ce que luiprescrivitcelle
qu'il avoit fort aimée,
& voici le jeu qu'ils
joμüerent.
Un jour la jeune veuve
parut accablée de chagrin;
& Belife lui en demandant
lesujet,ellelui
dit, que quelque force
d'esprit &C quelquegayeté
qu'elle eust toujours
affc&é d'avoir elle ne
pouvoit surmonter une
forte patTion qu'elle avoit
- encore pour un
hommes dont l'indifference
la defoloit ; que
cet homme n'avoit jamais
rien aimé vi vement
, & n'etoit capable
que d'une amitié confiante
qu'il avoit encore
pourelle,inais quinesufsifoit
pas pour un coeur
sensible à Tàmour. Ce qui
m'asstige depuis quelques
joursyContwuxtc\\e>ct/l
qu'ilpenseàsétablir,~&
qHilepouseunefemme bïgearre;
avec qui je ne pourai
jamaisavoir aucune
haifbn ; il faudra que je
rompeaveccetamisolide.
Ensuite cette adroite
veuve fit un si beau portrait
du Conseiller à Belife,
qu'ellelui donna envie
de le voir. Elle ne
l'eut pas vû deux fois,
qu'illui parut plus aimable
que l'absent. Il s'attacha
à elle de meilleure
grace que l'autre, qui
tout occupé de son amour
pour sa veuve, n'avoit
pour Belise qu'une
politesseforcée. En un
mot le Conseiller fut aimé,&
parconsequent le
Cavalier absent fut haï;
car lavivacitédeBelise
la faisoit toûjours passer
d'une extrémité à
-
l'autre. La voila donc
entêtée du Conseiller,
& fort embarassée de
l'absent, quiarriva justement
pour se faire haïr
encore plus, en pressant
ce mariage. Alors Belife
ne peu saplus qu'aux
moyens de s'exempter
du dédit: elle con sulta
son amie, qui feignit
d'abord de croire la chose
impossible. Ce jeune
homme-la, luidit-elle,ne
iejt attachéà VOIN que
par interet : vous JugeZj
bien qu'ilprofitera de votre
inconstance pour gagner
dix mille écus, en se
débarassant d'un mariage
qui lui eut été à charge.
Ilmenafait une fois conjidence,
tt)je n'ose pas
vous dire mes sentimens
sur la folie que vous faites
s car vous êtes trop
occupée de vos entêtemens,
vous rompriez, avec moy. Alaù, continua-t-elle,
ily a bien plus; c'estque
depuis son retour il ma
paru prendre beaucoup de
plaisir à me confier ses
chagrins, &je me trompe
fort çln'a un peu de
goût pourmoy. Ohplust
au Ciel, reprit vivement
Belife, plust au
Ciel qu'il fust amoureux
de vous ; ce feroit
un moyen de l'obliger à
se dédire le premier,&
nous romprions but à
but.
Mais, répliqua la
veuve,faites-vous attention
qu'iln'est pasajftz,
riche pour avoir véritablement
envie de vous - quitter pourmoy? que
gagneroit-il en perdant
vos dixmil ecus ? Cette
conversation ne fut pas
poussée plus loin, & la
jeune veuve se contenta
dedisposerinsensîblement
Belise à payer le
déditavecmoins de peine.
LeConseiller redoubla
ses empressemens
pour elle ; & l'autre en
la pressant d'executer sa
promesse, lui dit qu'il
croyoit ecre engagé
d'honneur à lui declarer
qu'il étoit amoureux de
la jeune veuve; qu'il ne
vouloit pas la tromper
là-dessus: maisqu'en même
temps il lui declaroit
qu'il étoit tout prêt à ligner
un contrat malgré
cet amour. Les choses
resterent quelque temps
dans cet état: mais enfin
Belise
Belise impatiente se resolut
à donner un air de
generosité à la démarche
qu'il lui faloit faire: elle
alla trouver son amie,
& lui dit que si de bonne
foy elle étoit resoluë
d'épouser celui qui étoit
si passionné pour elle,
elle donneroit volontiers
les dixmil écus, non pas
commeun dédit,mais
comme un present de
noce à celle qui lui avoit
procuré la connoissance
de son cher Conseillers
Cette proposition ôta
tout scrupule à nos amans,
parce qu'en effet
ces deux mariages étant
faits, Belise fut si contente
des procédez de
son époux, qu'elle ne
regretta jamais les cinquante
mil francs qu'il
lui coûta pour avoir le
plaisîr de se dédiredeux,
fois.
Rêjoüissances faites au sujet
delapaix.
Parmi les empressemens
des peuples à faire éclater
leur joye aux publications
qui se sont faites de la paix
dans toutes les principales
villes du Royaume, par les
actions de graces qu'ils en
ont renduës à Dieu, & par
les réjoüissances publiques
qui ont étéfaites, les habitans
de laville de Chartres
.te. sont fort signalez
,
surtout
les Juges-Consuls &
Corps des Marchands.
Le il. de May ils assemblerent
tous les Membres
qui composent les Corps
de la Juridiction Consulaire,
des Marchands, &
Communautez de la ville.
Après une distribution d'aumônes,
qui fut faire à plus
de trois mille pauvres en
l'Eglise où fut chanté le Te
Deum par le Doyen de la
Cathedrale,ensuite duquel
ils ,allerent à la place publique,
où étoit dresse un
feu d'artifice'," lequel!fut
allumé par le grand Juge
en Charge des Consuls
avec des fréquentés acclamations
de joye, & de
voeux pour la santédu Roy
& de toute: la Famille
Royale.
DON DV ROT.?
: LeRoy a donne' la Charge
de Grand Aumônier de
France au Cardinal de Rohan.
Le grand Aumônier de
France est le premier des
Officiers Ecclesiastiquesde
la Maison du Roy;ilest
,
considerécommel'Evêque
de la Cour. Il est Commandeur
de l'Ordre du
Saint Esprit dés qu'il est
nommé à la Charge de
Grand Aumônier, & ne
cesse point de l'être tant
qu'il en est revêtu. C'est un
honneur attaché à sa dignité
par l'institution de
l'Ordre en 1578. article10. Il
fait à present ferment de sidelité
entre les mains du
Roy, reçoit celui des Officiers
de la Chapelle,& donne
des certificats de ceux
que sont les Prelats entre
les mains de Sa Majesté ér.
nt àl'Eglise. Il disposè des
fonds destinez pour les offrandes
& aumônes, a l'intendance
& adminiltration
des Hôpitaux des quinze
vingt aveugles de Paris, &
des huitvingt de Chartres,
dont il donne les places,&
jouit de plusieurs autres prérogatives.
Il donnoit anciennement
les provisions
de la plus grande partie des
Maladeries de France, avant
leur reünion aux Hôpitaux
deslieux. Geofroy de
Pompadour est le premier
qui a été qualifié grand Aumonier
du Royen i486.fous
le regne de Charles VIH.
Ses successeurs en cette
Charge ont continué à
prendre la mêmequalité
iusqu'àAntoine Sanguin,dic
le Cardinal de Meudon, qui,
en fut pourvu par le Roy
François I. en 1543. fous le tittrreeddeeggrraannddAAuummôônniieerrddee
France; ce qui a,été fuiyi
par tous ceux qui en ont
été revêtus après lui.
On a si souvent parlé de la Maison
de Soubize,qu'on renvoye le lecteur à
ce qu'on en a dit dans les Mercures
precedens.
On a donné dans le dernier
Mercure les Extraits des
Traitez de Paix avec l'Angleterre
&laHollande:
Voici un Extrait de celui
qu'on a publié entre la
France& la Prusse, conclu
à Utrecht le i1. Avril
1713.
41.
Au nom de la tres- Sainte
Trinité. sOit notoire à tous, &c.
quependant le cours
d'une guerre longue & sanglante,
dont l'Europe a été
affligée pendant plusieursannées;
il a plû à la Divine
Providence de préparer à la
Chrétienté la fin de (es maux
en conservant un ardent dé
sir de la Paix dans les coeurs
de Trés- Haut Très- Exccl-
*lenc & Très - Puissant Prince
LOUISXIV.par Ja Grace
de Dieu, Roy de France 8l;.
de Navarre, &c. &
-
de
Très-Haut Très-Excellent
& Très-Puissant Prince
FRÉDÉRIC /; GUILLAUME ,
Par la Grace de Dieu, Roj^
de Prude, Margrave de BrandebourgArchi
Chambdan,
& Prince Electeur du Saint
Empire, Prince Souverain
d'Orange,&c.
ARTICEI.
Cessation de tous Actes
d'hostilité, & promesses de
se garantir réciproquement
de tour dommage, & de fc
procurer toutes sortes d'avantages.
II
Promesse par le Roy de
Prude de retirer de bonne
foy toutes ses Troupes,
tant des Pays- bas que d'ailleurs,
& de ne les faire servir
durant la pre fente guerre
contre le Roy Trés-Chrétien,
fous quelque pretexte
que ce soit, au delà du contingent
qu'il cft obligé de
fournir en qualité de membre
de l'Empire.
III. &IV.
Oubli & amnistie reciproque
pour les Vassaux & Sujeu.,
,
V.
Prisonniers de guerre delivrez
sans rançon de parc
& d'autre.
VI.
Continuation & exécution
du Traité de Vestphalie
rant pour le spirituel que
pour le temporel
,
&c.
VII
Gueldres., Espagnoles que
poflcde le Roy de Prusse &
tous droits, &c. cédée à perpétuité
par Sa Majestétrès-
Chrétienne, en vertu du
pouvoir qu'elle en a du Roy
Cat holique, cette cession
avec la claure expresse
que l'Etac de la ReliligionCatholiquesubsistera
dans lesdits lieux cedez tel
qu'il étoit avanr leur occupation,
& sous la domination
des Roys d'Espagne,
sans qu'on y puisse rien
changer.
VIII.
Le Roy de France cede
à perpétuité au Roy de
Prusse dans le haut quartier
de Gueldres,lePays de Kessel,
& le bailliage de Kric-
Kenbech: avec appartenances
& dépendances, &c. à
condition que l'Etat de lareligion
Catholiquesubsistera
dans lesdits pays& baillage,
&c. comme dans l'Article
ci-dessus, Sa MajestéTres-
Chrétienne promet de faire
fournir la ratification du Roy
Catholique de cet Article &
du septiémequi le précède,
& de la délivrer dans deux
mois.
IXLe
Roy TrèsChrétien reconnoistra
le Roy de Prusse
pour souverain de la Principauté
de Neuschâtel & Valengen,
&c. & en bissera
joüir les habitans, dans tout
le Royaume de France & des
mesmes immuaitez, pfivikges,&
c. dont jouissent ceux,
des autres Pays de la Suisse
&c. : X
En équivalent desdires
cesssions cy dessus le Roy de
Prusse renonce par le present
Article tant pour luy que
pour ses successeurs&à perpétuité,
en faveur du Roy
trés-Chrétien & de ses successeurs,
à tout droit sur la
Principauté d'Orange &sur
les Seigneuries & lieux de la
succession de Châalons&
de Chastelbelin, situéesen-
France dans la Comté de
Bourgogne, avec les charges
aussibien qu'avec les émolumens
presens & futurs sans
rien reserver, &c. Et pour
plus grande validité de ladite
renonciation, le Roy cte
Prusse se charge de satisfaire
les héritiers du feu Prince de
Nasseau Friseau (ujet de leur
prétention sur ladite principauté
& lesdits biens énoncez
cy dessus moyenantun
équivalent; & au surplus
il fera libre au Roy de Prusse
de revêtir du nom de Principauté
d'Orange, la partie
de Gueldres qui luy est cedéc
par leTraité sait aujourd'huy
&d'cn retenir le Titre
& les Armes.
XI.
Le Roy de France & le
Roy de Prusse confentenc
que la Reine de la Grande
Bretagne qui a tant contribué
a la conclusion de la
Paix, & tous autres Potentats
ou Princes qui voudront
entrer dans de pareils cngagemens,
puissent donner au
Roy de France& au Roy de
Prusse leurs promesses & obligations
de garantie de
l'execution & observation
de tout le contenu du present
Traité.
XII.
Tous les treize Cantons
Suites avec tous leurs Alliez
nommément la Principauté
de Neuschâtel & Valengen,
la République & Cité de
Genève, &c.lesVilles de S.
Gal & de Mulhausen &c.les
trois lignes Grises, dépendances,
&c. feront compris,
dans le present Traité.
XIII
Cette Paix ainsi concluë,
les soussignez Ambassadeurs
Extraordinaires & Plenipotentiaires,
promettent de la
faire ratifier pour sa Majesté
trés-Chrétienne & par Sa
Majesté Prussienne, & d'en
fournir & faire échanger ici
les AGtes. de
ratification
dans l'espace de quatre Temaines
, ou plustost si faire
fc peut.
En foy dequoy & pour
plus grande force,lesdits
Ambassadeurs '- Extraordinaires
& Plenipotentiaires
ont souscrit de leurs mairtë
propres, le presentTraité ,
& Lut ap oser leurs cachets.
Faic à Uttreche le onzième
jou; d'A ril, l'an de Grace
mil sept cent treize.
Signé,
L. S.HUXELLES.
L.S. MESSAGER.
L. S. O. M. DE DONHOFF.
L. S. J. A. MARSCHALCH.
DE BIEBERSTEIN.
ArticlefefAré.
Le Roy de France ayant
reconnu le Roy de Prusse &
lui voulant bien accorder
tous les honneurs attachez
à la dignité Royale, &c.
promettant pour luy que
pour ses successeurs & de la
part de Philippe V. Roy
d'E[pagnc &.. Successeurs
ayant pouvoir de Sa Majessé
Catholique, &c. Ils
donneront déformais à perpétuité
au Roy de Prusse &
successeurs, &c. le titre de
Majesté, & feront rendre
à leurs Ministres du premier
& fécond ordre les mesmes
,
honneurs, anciens & nouveaux,
qu'on rend aux autres
nMéinisetress d.es testes couron- .,'.r
Autre Articleséparé.
Que le Roy de Prusse évacucra
la Ville de Rhirftberg
après la conclusion de
la Paix prochaine del'Empire
sans préjudicedesprétentions,
moyennant liquidation
& satisfaction à Sa
MajestéPrussienne.
Uouvelled'Angleterre.
)'! .•i .• On mande de Londres
que les difficultés formées
par les Etats de Zelande au
sujetde l'Electeur de Baviere
ont été levées, que les Communes
avoient présenté deux
adresses, à la Reine; l'une
pour la prier de faire remettre
devant la Chambre une
estimation des sommes necessaires
pour l'entretien des
Troupes durant les six premiers
mois de cette année,
& l'autre pour l'Artillerie
qu'on a accordé, que le 15.
May le Chevalier Robert
Davers presenta un projet
p'Aae pour suspendre pendant
l'espace de deux mois,
tÜnjJQ(t de20.liv sterlinpar,
tonneau de vin de France;
que les Seigneurs avoient approuvé
le projet daâc de la
taxe sur les Terres;que le
même jour on avoit fait la
plublication de la Paix entre
la France & l' Angleterre, au
bruit des Trompettes, des
Timbales, des décharges réiteréesdel'Artillerie,
& aux
acclamations d'un nombre
infini de peuple. Le soir il y
eut par toute la Ville des réjoüissances
& des feux de
joye. Que les Communes
avoient presenté une adresse àlaReinepour la prier de
faire communiquer à la
Chambre le Traité fait avec
les Etats Généraux, touchant
la barrière & la garantie de
la succession à la Couronne,
avec la copie desinstructions
& des ordres donnez
à ceux qui l'ont conclu. Que
le ip. la Chambre avoit resolu
d'accorder à Sa Majellc
six cent trente six mille huit
cent quatre-vingt huit livres
sterlin pour l'entretien des
Troupes de terre durant les
six premiers moie de cette
année. Que le 10* le Viccomt:
de Bullingbrok Secretaire
d'Etat, avoir delivré
aux Seigneurs un message de
la Reine qui contenoit que
suivant la prérogative indubitablede
la Couronne, de
la Paix & la guerre, elle avoit
ratifié les Traitez de Paix &
de Commerce faits par son
ordre avec la France, &
qu'elle avoir ordonné de les
leur communiquer.
Le 18. de May le Duc
d'Aumont donnaen réjouie
sance de la Publication de la
Paix unefête magnifique à
tous les Seigneurs & Dames
de la Maison de la Reine.
La Comtesse de Rochester,
Dame d'honneur de Sa Majesté
dont elle cft parente,
fut priée de faire les
honneurs. Il y eut trois
tables de vingt, de trente &
quarante couverts, avec
Concert & Bal; la nuit il y
entra untres-grand nombre
de Masques, àqui on distribuades
rafraîchissemens en
abondance; on donna au
peuple & aux soldats du vin
& de la biere; tout a esté si
bien reglé, qu'il n'y a eu aucun
desordre. On a fait dans
lesVilles& les Bourgs des
Provinces de grandes réjoüissances,
le peuple temoigne
pnaratoiurteun.e joye extraordi- JOYC extraor
Nouvellesd'Utrecht.
Les Lettres d'Utrecht
portent que le Duc d'Ossone
avoit eu plusieurs confcrcnces
avec les Ministres des
Alliez, & qu'il attendoit de
jour en jour d'Angleterre
le Marquis de Monteleon
pour terminer sa negotiation
; .& le Baron de
Kirchacr troisiéme Pleni-
.J
potentiare de l'Archiduc en
partit le 17 May, avec le
Secretaire de l'Ambassade
pour aller à Dusseldorp, &
delà à Vienne, & que les bagages
du Comte de Sinzendorf
avoit dejà pris la même
route;qu'il y avoit peu d'apparence
que la Cour de
Vienne voulut accepter les
conditions qui luy ont été
offertes. Que les Ministres
des Princesdontles Troupes
ont été congédiées par les
Etats Généraux, avoient
presentédes memoires pour
les faire payer des atterages
quileur sont dûs; que lapluU
part marchoient vers le Rhin
joindre l'armée de l'Empire,
que les Etats du Pays de
Liege avoient fait signifier à
l'Assemblée d'Utrecht, une
protestation contre le i6°
Article du Traité de Paix
fait avec cet Etat; par lequel
on consent qu'ils mettent
garnison dans la Ville & 1er
Chasteau de Huy, & dan$
la Citadelle de Liege. On
mandede Namut du 6. Juin
que les Troupçs Holbn*
ldaoiVseislléçto,&iedncaeqnstlreéeCshadQaen?sq; -le
le ip. May, & qu'enmême
tems celles de France étoient
entrées dans Bethune & dans
Saint Venant,& qu'on devoit
continuer jusqu'à l'entiere
évacuation des places
cedécs de part & d'autre.
Nouvellesd'Espagne.
Les Lettres de Madrid
portent qu'un Commissaire
Portugais y étoit arrivé avec
trente mille écus en lettres
dechange pour payer les
provisions qui ont esté fournies
aux Tronpes Portugai-
Juin 1713. G
ses sur leur route en retournant
par terre de Catalogne
en Portugal.Que Sa Majesté
avoit accordé divers Privileges
à des particuliers qtfi
ont établi à Valdemors, qui
n'est éloigné que de quatre
lieuës de Madrid, des Manufactures
de Draps fins.
On mande de Lerida, que les
Troupes des Royaumes
d'Arragon & de Valence * s'avançcrent verscetteVille;
que le Duc de Popoli qui éft
nommé pour les commander,
devoit partir dans peu
avec Don Joseph Patinno
quiétoit ci-devant Intendant
de l'armée d'Estremadure.
On écrit de Balaguer, que le
Marquis de Cera- Grimaldi
avoit fait entrer dans le Château
d'Ager un ,grand con- voy, escorté par le Colonel
Don Dionisio Martinez de
la Urga, avec sept Compagnies
de Grenadiers & soixante
chevaux: qu'ensuitele
même Colonel avoir chiffe
les Miquelets du Font de
Montfort sur la Noguera
Kilo CGorrçana: qUII l'avoit
fait brûler, & raser le Fore
qui le couvroit. Les dernieres
Lettres de Madrid
portent que le Duc de Popolienétoit
parti le 18.May
pour aller en Catalogue,où
il doit à son arrivée trouver
toutes les Troupes assemblées
au rendez vous marque;
celles de Barcelone
portent que le General Staremberg
étoit fort occupé à
contenir & appaiser les peuples
irritez des desordres que
commettent les Troupes Allemandes,
d'autant plus
qu'elles ne font pas payées
& qu'elles manquent même
de pain; qu'il attendoit le
Vice-Amiral Jennings avec
l'Escadre Angloise qu'il commande,&
les Bastimens de
rranfport, pour faire embarquer
& transporter en
Italie toutes les Troupes Allemandes
qui font en Catalogne;
qu'il tenoit toujours
en arrest le Commandant
des Troupes qui campoienc
aux environs de Tarragone,
& le General Raphaël Neboty
avec quelques autres Officiers
pour leurs concussions.
Nouvelles d'Allemagne.
L'Archiduc conrinuë de
faire Ion sejour a Luxembourg
où l'on tient souvent
des Conseils, ausquels le
Prince Eugène & les autres
Ministres assistent, pour deliberer
sur lesaffaires presentes.
On assure qu'il a esté
résolu de continuer la guerre
contre la France; jusqu'à ce
qu'elle eut accordé à cette
Cour des conditions plus avantageuses
: qu'outre les
trois Regimens qui ont ordre
de venir de Hongrie, on
fera encore venir deux autres
bataillons de Baviere:qu'on
en attend deux autres d'Italie.
Les Lettres de Vienne
du 20.May portent que le
¡".:.\t>.,. ~<e ayant pris
congé de l'Archiduc & de
l'Imperatrice Eleonor partit
le 18.' pouraller commander
en chef les Armées de rEm.
pire & de l'Archiduc.
Entrée de Milord Duc de
Shrewsbury
,
Ambassadeur
Extraordinaire de la Freine
de la Grandt Bretagne.
Mylord DucShrewfbury,
Ambassadeur Extraordinaire,
&Grand Chambellan
de ta Maison de la Reine de
la Grande Bretagne fit son
Entrée publique e*n cettc
Ville le 11 May.
Le Maréchal d'Estrées &
le Chevalier de Sainctot,lntroducteur
des Ambassadeurs,
furent le prendre dans
les Carosses du Roy, à la
Raquette.
Ordre de la Marche.
Le Carosse de l'Introducteur.
Le Carosse du Maréchal
d'Estrées,précédé de ses
Ecuyers & de quatre Pages
àcheval.
Deux Couriers de la Reine
de la Grande Bretagne à
cheval.
Ving t- quatre Valets de
pieds de l'Ambassadeur.
Son Escuyer, & six Pages
à cheval.
Le Carosse du Roy, dans lequel
étoient l' Ambassadeur,
le Maréchal d'Estrées & le
Chevalier de Saincto)t.
Ccluy de Monseigneur le
Duc de Berry.
Ccluy de Madame la
Duchesse de Berry.
Celuy de M~mc.
Ceux de Monsieur la
Duc d'Orleans & de Madame
la Duchesse d'Orleans.
Celuy de la Princesse de
Condé.
LeCarosse de la Duchesse
de Bourbon.
Celuy de la Princesse de
Conti Douairiere,
Ceux de la Princesse de
Conti &duPrince de Conti.
Ceux du Duc du Mayne
& de la Duchesse du Maync
Celuy de la Duchesse de
Vendôme.
Celuy du Gonut de Toulouse,
Ensuite fuivoiert les Carosses
de l'Ambassadeur qui
étoient des plus magnifiques,
suivis de ceux de plusieurs
SeigneursAnglois, & de
celuy du sieur Prior, Plenipotentiaire
de la Reine de la
Grande Bretagne.
Sitost qu'il fut arrivé à
l'Hostel des Ambassadeurs
Extraordinaires, il sur complimenté
de la part du Roy
parle Duc dela Tremoille,
premier Gentil-hommedela
Chambre de Sa Majesté.
De la part deMonseigneur
le Duc de Berry par le Marquis
de Bethune premier
Gentil-homme de sa Chambre.
De la part de Madame
la Duchesse de Berry par le
Comte de Sautnery son premier
Maistre d'Hostel.
De la part de Madame,
par le Marquis de Mortagnc
son premier Ecuyer.
De la part de Monsieur le
Duc d'Orleans par le Marquis
de Simianne son premier
Gentil-homme de la
Chambre.
1
-
De 1« part de Madame la
Duchesse d Oi leans, par le
Marquis de Saint Pierre son
premier Escuyer.
Le 13. le Prince Charles
de Lorraine, & le Chevalier
de Sainctot, allcrcnt prendreMylord
Duc de Shrewfbury
à l'Hostel des Ambassadeurs
Extraordinaires dans
le Carosse du Roy, & le conduisirent
à Verfailles à sa première
Audiance publique.
Il trouva à son arr ivée les
compagnies des Gardes Françoises
& Suisses fous les armes,
& lesGardes dela
porte & ceux de laPrevoisité.
Il fut reçû par le Marquis
de Dreux Grand Maistre
des Ccrémonies & par le
sieur des GrangesMaistre des Cérémonies, >
Les Cent
-
Suisses étoient
en habit de cérémonie, la
Hallebarde à la main, & par
le DJC de Charost Capitaine
des Gardes du Corps qui
étoient en haye & fous les
armes, à la porte & en dedans
de la Sallc des Gardes.
Apres quoyil fut conduit
aux Audiances de Monseigncur
le Dauphin, de Monseigneur
le Ducde Berry, de
Madame la Dchcftcdc Berry
,
de Madame, & de Monifcur
& Madame la Duchesse
d'Orléans,
Il fut traité magnifiquement
avec tous les Seigneurs
& Gentils-hommes de sa
fuite, pur les Officiers du
Roy, &reconduitàl'Hostel
des Ambassadeurs Extraordinaires
par le Chevalier de
Sainctot, dans le Carosse de
Sa Majesté.
Parodie de l'Enigme,
dontle motest
le Fleuve.
UnFleuve dansson lit
couchesans couverturej
Ne dort que rarementi:
Sans estrevifil est toûjours
en mouvement:
Et n'aimant point le vin
en boit par avanture.
Malgré le Champenois
dontla lourde voiture
Met, pour parlerfigurement,
Le dosdu Fleuve à la
torture.
Le Fleuve, boit le vin
répandu par malheur,
Tel qui dans un Bateau
s'expose à la fureur:
A deux doits de la mort
subite
Sur toute autre-chose
medite,
En luy confiant ses
Tresors.
LeFleuvechangeantd'eau,
change vrayment de
, Corps;
Il estpourtant toûjours lemême.
A qlu'ealquiembaiegneuse qui
ilp:ère innocement ses
bras.
Bras de Fleuvese dit, ne
le critiquez pas.
Baigneuse, entrant dans
l'eau, le tein pâle &
l'oeilbas,
Voit le brillant du Fleuve
avec indifférence:
Et sans chagrin aussi soûfre
son inconstance.
Elle s'oppose à son penchant:
Il la fuit, il la cherche
& même en la cherchant
Usurpe les faveursmais
avec non-chalance:
Car honny foit qui mal
y pense.
ENI G M E.
Quand de fitbjtance
humaine on m'a forméle
corps,
On dit que les sorciers
avec moy sont bien
forts.
Le
Lougarotu
fait m'a
presence:
Le Filourdy fait mon essence:
Car sansluy mon corps
abatH
-
N'auroit pas la haute
vertu,
Quifait qu'avec refpeét
par fois on me contemple.
sefuisfimelle au Bal, (7 jefuismâleauTemple.
Véconome m'enferme un
temps danssa maifort,
Et me donne la vie en motant de prison.
Tant que je suis on me
mutile,
Excepté quandjesers lit,
Ville.
Lateste chaude& lepied
froid,
Jesuis chausséfort à Tetroit
Et lors qu'on me p-romène
avec mes camarades
, Le timide Bourgeois a de
tristesaubades
Mais il ritbienaussi
9 dans l'endroitoù nous pent.
Celuy qrù nousmonte, &
descend
Là nous mouronsfouvent
de ce derniersuplice ,
Pouravoir aupublicrendu
trop deservice.
Parodie de l'Enigme.,
dont le Rasoirest le
mot, par Madame de
Laun,&-c.
LeRasé ne dit mot
&faitleJacquemard.
Psouurrlpeau que leRasoir chairfajïec*
LepatientestauJuplicc, cart,
le bassin luysertde carcan,
Le Barbier met ion cuir
au tan,
Par moy le vieux avare
enfinse martirise;
Luy-même de luy-même
il devientl'écorcheur , Etsursa peau me donne
prise.
Pourfrustrerdeses droits
son adroitgouverneur,
Rajeunissant les vieux,
Rasoirleurfaithonneur:
Le vieillardfrais rasé
croit
- -
croit tjfre enson jeune
âge
Rasoir Àunafiajpn9
Jadisservitlarage
Et quelque Chirurgien,
sen servit par pitié
Rasoir coupant les corps
prendl'hommepar le
pied
Leurfaitfaire laide grimace
Tant mieux pour qui
Rasoir coule légerement
Dans la route qu'un
Rasoir trace
Nulnel'arresteimpunément.
JEe NrèuIffuGfouMvtntEfa.ut
éducation
A m'élever pourtant
maint homme s'emprej*je
Pour contentersa passîon
On m'enchaîne dans ma
jeunesse.
Quandd'unCompagnon,
jeune & mort
On vient à doubler ma
figure.
Malgréluyje prend mon
effort
Un vilainsans pitiéme
met à la torture
Je vis & ne respire pas
Maisje brille aprés mon
trépas
Aprés avoir brillé ma
Carriere cftfinie
Serviteur à la Compagnie
Quoyque faye bon pied
bon oeil
Mourant d'un trattre
coup, on met au
f
Cerceüil. v .:. -
- *;
LA BRAVOURE
I.- prudente. Í.
Trait d'Hfloirc Arabe. ABdolema étant à la
guerre dans le Pays
Corassan, fous le General
Rouché, Heros de
la race de Molhab. Un
brave de l'armée, ennemie
sortit des rangs pour
défier en combat singulier
le plus vaillant de
l'arméedeRouché; Sc
les deux armées convinrent
de ceder à celuy qui
vaincroit pour son parti,
un certain poste qui eut
faitégorger beaucoup de
soldats.»
Ce brave dit à celuy
qui vintcombatrecontre
luy, dis moy cft tu le plus,
ruai/tant homme de ton
PaysjcarJlmnel'estpas
je ne daigneray me battre
contre toy. Je ne sçais si.
je le suis, répondit }'autrè>..
c'est à toy d'en faire l'épreuve
pour me l'aprendre,
le combat fut rude
& le Corassien ne tua
son homme qu'au dépens
de plusieurs blessures qu'il
enreceut.
Ensuite il fit seulement
bander ses playes, & dit
qu'il s'était aperçu que le
pied avoit manqué par
malheur à celui qu'il avoit
tué, Se que ne
croyant pas sa victoire
legitime il vouloir combarre
un second ad versaire
:- tu as tort, la partie
ne fera plus égale, luy
dit quelqu'un deson parti,
car te voila plus icible
8Cplus fatigué que tu
n'étois5 maïsaussi reprit
le brave, n'auray- je à faire
qu'à un homme moins
redoutable, car le premier
en vaillance étoit
celui qui s'est presenté
d'abord, & pour le (è*
cond, je n'ay pas besson
de tant de force,ce second
vint, & ill'abatit à ses
pieds; mais le voyant
mort, il trouva encore
quelque raison de scrupule
sur sa victoire,& soûtenant
qu'il ne l'avoit pas
vaincu de bon jeu; il en
voulut voir un troisiéme.
Son General ayant apris
ses deux combats, lui
envoya dire qu'illuy defendoit
d'en tenter un
troisième, comment donc
répondit-il fierement,
mon General ne m'estime
gueres, ou bien il est
trembleur desontempera~
ment, & ainsi il ne mc"
rite pas de m'avoir à son
Je^tcc; après avoir dit
fierement ces paroles, il
demandaobstinementun
Champion, alors Rouché
commenda à Aboudoulema
de Ce presenter pour
combatre le fieràbras,
qui les infultoit* Abou;
doulema s'excusant prudament
, Rouché en h
pressant, lui dit for le
champ ces vers , vos.
Ayeuls ne vous ont-ils
donc pas laisse pour héritage
,l'amour & le desir
de mourirpour moy * non.
pas répondit Aboudou..
lelna, carfay renoncé a
leurfacctjjion;cependant
reprit Rouché, je t'ay vtr
brave en mille occasions,
ouï répondit Aboudoulerna,
maisma vie est
pleine d'avions temerai-.
res, je fuis âgé &- je veux
laisser dans mes ans un
peu de place pour les
actions de prudence;
mais reprit brusquement
Rouché, cesse donc de
prétendre à la gloire 8z
à la paye de ton Prince..
pour lagloire ellea déjà
volé d'Orient jufquen
Occident, elle est deja
trop loin pour revenir sur
Jes pas, à l'égard de lapaye
Je la reçois pour combatre
mais non-pas p ur estre
tué,cevilain Carajfiien
ne me traiterapas mieux
qu'il afait les autres;
mais dit Rouché, je n'ay
rien de meilleur que vous
la luy oposer,le voilà qui
s'impatiente,&je vais
vous5livrer à lui malgré
vvoouussyppuuiiffqu'ainficjt,répondit
Aboudouema
ilfaut partir, mais le
voyage de l'autremondeefi
grand9ilmefautpour tentreprendre,
une bonne &
friande provision de vins
& devivres;aussi-tost
Rouché chargea un ECclave
de gasteaux, de
viandes, de fruits & de
vins exquis, ensuite Aboudoulema
suivi des
provisions> tira son épée,
marcha vers son
ennemi, & quant il en
fut assez prés pour lui
parler, il lui dit brave
: CorajjienfçaveTyouspar
avarrtu requi ejiAboudoulema,
ouïdit le Goraffien
& si vous l'eltes vous
estes digne de me combatre,
je lefuis répliqua
jiboudoulema, &sivous
112.1croyeZ digne de vous,
vous dcvcZJ croire que je
ne veux point me battre
avec avantage5 vous
avez* perdu vosforces en
tuant deux hommes, il
faut les réparer en buvant
& mangeantavec
my» je crois que cela est
prudent, repris le Corallien
feroce, buvons
donc eniemble avant
que de nous égorger ensemble,
é,gorgerfoitreprit ^ibdoulema; mais je
lieux que ma villimefoit
refaite &en bon point9
pour mériter d'eflre immolée
par moy ; ainsi pour
repaitreen repos9je ruais
feindre de fuir devant
vous, & vous me futt¡;
reZAfin de nous dérober
a la vue des deux armées
& la coupeà la main je
vous chanttray une petite
chanson Arabe de mafaçon:
tout cela fut executé
sur le champ, & comme
Aboudoulema étoit
éloquent sur tout àtable,
il profita de quelques
plaintes que lui fit le Coraffien
sur, ce que son
General luy avoit defenduce
troisiéme combat;
il acheva de luy persuader
que ce General ne meritoit
pas qu'il portâtles
armes pour lui, & qu'au
contraire Rouché efiimoit
tant les braves gens
& étoit si brave lui-mesme,
qu'ilmeritoit un
ami commele Corallien,
enfin Aboudoulenla, à
force d'eloquence & de
bon vin, piqua au jeu le
Coraflien
)
le mena à
Rouché au galop, Rou.
ché fut surpris de les voir
revenir enlemble, Aboudoulema
lui dit.,Seigneur,
voici un camarade que j'aygagné pour vous.,
vous vouliez que nous
nous egorgeassions, nous
avons employé ce temps
à boire à vostre lante,
n'avons nous pas mieux
fait; Rouché, sans rien
répondre tira son épée
nue, elle étoit garnis de
pierres précieuses d'un
grand prix, il la donna
au Corallien lui disant
-fi pouravoir bien combatu
moy contre je te fait
ce prêtent, juge de ceux
que je te feray quand tu
auras combatu pour moy
le Corallien lui dit,,
Seigneur c'est assez de
mon épée pour te servir,
garde la tienne, celle
de mon General est beaucoup
plus riche, cest
celle-là que je veux gagner,
car ilma méprisé,
tu as raison, dit Rouché^
mais c'est à faire à moy
à la luy oster pour te la,
donner;cela dit,Rouché
se lnit à la telle de son ar-.
mée ayant à ses costez le
Corallien & Aboudouma,
ils marchèrent aux
ennemis & firent tous
trois des actions si extraordinaires"
qu'ils gagnerent
une victoire
complette: Rouché joignit
le General , le combatir,
le bIelfa, ledesarma,
&fit prefentauCoraffien
de lepée qu'il desiroit
donnala sienne à Aboudoulemà,
il leur donna
deux des premieres.
places de son armée qu'aucun
ne leur envia,ayant
été témoins de leurs hauts
faits d'armes.
MO R T S.
Messire Antoine le Févre-r
Chevalier,.. Scigntur de la*
Malmaison & de Bissy, Con.
seiller & Doyen de la Cour
des Aydes,âgé de 80- anSJ
moins deux mois, mourut
le 19May,ilavoir esté re^fr
Conseiller de la Cour des
Aydes le 29. May 1656.il
avoir épousé. le 30. Juillet
1663. Dame Anne Marguerite
Auzanet dont il a laissequatre
enfans, sçavoir, FrançoÍÍe
le Févre de la Malmaison,
Concilier au Parlement,
& Commissaire aux
Requestes du Palais; Antoine
leFévre de la Malmaison re.
çû Chevalier de Malte le 17.
Janvier 1688 Anne leFévrc
de la Malmaison, Religieuse
Professeenl'Abbaye de Lon..
champs, & Catherine le Févre
de la Malmaison, veuve
deN. de Bonnouil, Introducteur
des Ambassadeurs
dont elle a deuxenfans.
Messire Antoine Portail,
Chevaher, Conseiller honoraire
de la grande Chambre,
mourut le9 Juin1713. iletoit
Perc du PresidentPortail.
Messire Charles Marquis
de Gaucourt, Lieutenant de
Royen Berry
, mourut le 30.
May, laissant d Albertine
Brigide de laBaume sa seconde
femme un fils qui lui succede
en sa Charge de Lieutenant
de Roy.
DONS DU ROY:
Le Royadonné l'Abbaye
de Saint Germer, Ordre de
S. Benoist, Diocése de Beauvais
à l'AbbéBegon, Doyen
de la Rochelle.
L'Abbaye de l'Etoile, Il OÉm
drc de Citeaux, Diocése de
Poitiers à Don Jean BenoiO.
L'Abbaye de S Sauveur,
Ordre de S.Benoist, Diocese
de Chaalons sur Marneà
'Abbéd- Valcroiss nt.
Le Prieuré de Vesseaux à
l'Abbé de COrHJDt; grand
Vicaire de Soissons.
L'Abbaye de Grosbois,
Ordre de Cîteaux, Diocése
d'Angouleme à l'Abbé Quenel
,
Aumosnier de Monseigneur
le Duc de Berry.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
des Anges, Ord. deSBenoist
Dioceoe de COQtancc; à lit:
Ttarrir rlf* Flrr«.
-' ,-Xr• j*
SUITEDUIII. MEMOIRE
de la Melodie.
DeUQuinte, Comblement
6.Sil'onfaitsonnercft
mêmetempsdeux cordes
égalesLengrosseur & en
ienfion) dont l'une ne soit
que les 7 de Lautre , un
pcurmpins, on - entendra
encore uneconsonancetrésharmonieufe^
ueIon nomme
quinte,dunombre des
fons qu'elle comprend,
comme(UT-, re, mi *sah
sol Les deuxsons quilaforment
sont à la vérité moins !.. unis entreux, que ceux de
l'nniuon &dc l'a^ay^o^
me on l'a dit
leur harmonie est plus glepveéuet<&
i:onpclu;:sf:apnicqpanarci^cdattlf£ir>éjr>:i
comtneiidàio
precodentes
queu cercc' '! harmqak-riui
vient desaritmique(2, GVp,
~mdR&pcvpofensiibfpULpq
où ~£ selon le befoia ; qudia
que chofod'aulfbp^iitfi&i
~d'auffiaigrcatalxb^l'fifprjiîkï
pouvantproceder quedu parfaite
* Le complément de la
quinte est la quarte,parce
que leurs intervales pris de
fuite renferment tous les
sonsquel'octave comprend.
La quarte tient sonnom des
4 sons quellecontient,com-*
me (sol,la,ut.)On la trouve
en faisant sonner enmême
temps deux cordes égales
en longueur & en tenlion,
dÓt l'une n'est que les;
de l'autre,un peu moins.
Elle n'a gueres moins d'harmonie
que la quinte, étant
ouie feule
; c'est pourquoy
on a raison de conclure
aussi que cette perfection
lui convient de sa ritmique
{5,i,i,t,i,3)ou de ses
exposans
, par les raisons
rapportées. On peut aussi
prendre pour ses exposans
96, 'Hr 1 l b r ou lot3 lelon lebesoin.
Au reste la quarte s'employe
avec beaucoup de
succés dans la mélopée,
soit en commençant, soit
dans le progrés du chant,
ou dans sa fin.,& même
plus fréquemment que les
quintes,sixtes & oftaves.,
parce qu'elle estplus aisée
à entonner, & qu'elle est
moins suave que roétave
la quinte, & davantage que
les sextes.C'est pour celaque
les Grecs & les peuplesasiatiques
en ont-fait le fondement
de leur musique,
n'aïant pas eu de conoissance
de la composition. Elle
sert àtemperer la trop grande
douceur des unissons,des
occaves &: des quintes, en
empêchant qu'elles n'affadissent.
Les répliqués de la quin.
te font la ii3 la 19 ,
la 16,
dont les noms se trouvent
tou1\ jours, en ajoutant continuellement
7 au nombre
5
dela quinte; leursexposans
sont(~, '~) qui fc
forment aisément avec
ceux de la quinte ~, comme
il efl évident. Pour entendre
ces répliqués,il faut
faire sonner à la fois deux
cordes égales en tensîon ôc
en grosseur, dont l'une soit
le ~, ou "6, ou de l'autre.
On connoît alors que la
douzième ne cede en rien
à la quinte, &que peutêtre
elle la surpasse en douceur,
les autres allant toujours
en diminuant de beaute
à mesure quelles s'éloignenti
de celles-ci.Et l'on
doit bienremarquerque la
douzième encoresi nanaturelle
;que nonseulementelle
se forme comme
mens a,ventensoufisant
deplus fort en plus fort,
ainsi que l'octave: mais même!
oa l'entend presque
toujoursdans le son des
grands corps mêlée avec
l'oëcave;cë. qui nous fait
connqîtré queles corpsfufiîkmment
longs ne se di-
-vifent- pas feulement en
deux&en quatreparties
par la vertu de leur refforfc
& par le choq de l'air:mais
encore en trois parties égales
& plus, comme on va
le voir. Al'égard des ritmiques
de ces.répliqués,on
voit bien que ce ne sont que
des unités, sçavoir, Ill;
min, ôcc. u-.
•
Enfin les répliqués de la
quarte sont ru,la i8,ia£
qui tirent toujours leurs
noms du nombre:des sons
qu'on y conçoit, lesquels-se
trouvent en ajoutant continuellement
7 à 4. Leursexposans
sont. j,,qu'ilest
aiséde former avec ceux de
la quarte -fj & pour avoir
ces repliques, il faut faire
sonner en,même temps
ddeux coordesnégalets en gros- l'une
soit ou r6, ou de l'autre;
alors on entendra de nou- vellesconsonances,qui
vontcontinuellement en
diminuantde beauté,àmesure
qu'on s'éloigne de là
quarte. Les momens ou
temps de leursritmiques
sont, (3) 3 2.y 1>3* 3>1> 1> J,J)(3,3,3,3,3,1,2.,3,5.
3* b1>l>3)3y3>3>5)
Au reste on peut regarder
la quarte comme une conl
ionanceneutreJdè même
que l'octave, & leurs rei
pliques,ence quelles entrent
danstoutesfortes-de
paillons/-•-ct c.) i » t De la Tierce majeurey cornlement
&répliqués.
#.
7. Sil'on fait sonner cm
semble deux cordes égales
en grosseur & en tension)
dont l'une soit les de/l'autre,
vin peu moins, on en.
tendra.unecontenance, un
peumoins suavequelesprp*
cedentes, c'est à dire un
peuplus piquante, quel'on
peut aappeller aigredouce
,& que l'on nomme tierce
majeure, à cause qu'elle
renferme rrois sons sans
demi-ton,comme(ut,re,
mi ;
sa, loi, la) &c. d'où
l'on peut conclure quecette
douceur, que plusieurs
pareferent même àcelle de
quarte, ne lui vient encore
que de la perfection
de ses exposans (4) On en
peut juger aussi par sa rirmique
(4,1,3,2.2,1,3,4)
qui est médiocrement va-
.i.?
ricç,sansconfusion,&qui
produit un effettrès agreable
à l'oreille. On peur pren..
dre aussi poursesexpolans
~, ou ~- ,
selon l'occasion.
Son aigre-doux a fait que
l'on a été prés de 5000 ans
à la recevoir pour consonance
: mais il y avoic encore
:d'autres raisons qui
combattoient contrelle ,
que l'on verra ci-aprés. Du
reste elle a toujours la préference
dans les passions
vivesaussi-bien que la
quinte, & leurs repliques
comme on le dira en Ion
lieu.
Son complementestla
sixte mineure, ainsinommée
à cause des six fons
qu'elle renferme
,
qui contiennent
-deux demi-tons,
comme (mi,sa, fol^la,si,
ut. ) Pour l'entendreil faut
faire sonner deux cordes
égales en tension & grosseur,
dont l'une soit presque
les de l'autre
;
alors
on a une nouvelle consonance
moins gracieuse que
la precedente, & pour ainsi
dire la moindre de toutes
les consonances reçûës;vulgSiffWnfo
dont-expQfanç
est~,comme onn'en peut
douter par les raisonscidessus
;& par consequent
aussi sa,ritmiquecftCy> 5, *>5>1 4-J) laquellecommence à être
êo.nfti!?;fcomme il est évident.
Aussi rie fait-elle pas
tantdeplaisiràl'oreille que
celle de latierce majeure.
On peut prendre encore
, pour sesexposans~,com-
{hé: 31elpmanifefle. Au
têsté cette consonance est
unede celles qui ont été
rejettéespar les- anciens,
~~?0~~diec~de~an~
?ikes.rçpljquesdéjà tierce
majeure sontla10, la17,-
hbzqy qui tirent toujours
leur?nom&.dtt nombrede
kjuts tons commeilest
ziÇédeIç voir.On.trouve
cesrepliques en faisant sonnçj::
ëxifembiq.dmxcordes?
égales;cml tenGonr
grofleur,dûnfcla- moindre
<ift.prçfque ( dela
pW,Ic)nga)è;-EpqiDÏenaarii
que quela dixmiïiojèfbMoe
peuplusgracieusequela
tiercû:.rrtajcureiy,lai^iefl:
eimàccprkçrpJlufstdloà^ixrc^c-p^mluaiis
5m5m.
fade &plus confuse.Les
rapports de ces repliques
sont donc( K,f,7) parles'
raisons tant rebattuës,ôc
leurs ritmiques font pari
consequent (2,2,1.1, iyzJÇ111r1
) &c. D'où l'on ne
peut douterqu'ellesnempruntenttouteleur
doO^
ceur Aquoyilfaut ajoûter
que la 1,7 est encore Ji,
naturelle ,qu'eliefeforme;
non seulement dans» des
trompettes,&autres inftrûmen$.
à vent, ensoufflant
pandegrejc,demê*n£ que
foQaMCLi tiC?1A même
même on l'entend encore
dans les sons des grands
corps mêlée avec ces trois
dernieres consonances. Ce
qui ne laisse point à douter
que les grands corps ne
se subdivisent encore en
cinq parties égales,tant par
l'action de leur ressort, que
par la resistance de l'air.
Au reste ces divisions naturelles
ne doivent pas être
regardées comme imaginaires,
puis qu'on les apperçoit
à la vue même dans
les tremblemens des longues
cordes tendues, & des
longues tringues de fer retenuës
par un bout fous un
valet de menuisierou dans
un étau de serrurier
,
le
reste demeurant en l'air.
Enfinil est difficile de comprendre
jusqu'oùa été l'entêtement
& la prévention
des anciens, de n'avoir pas
voulu reconnoître ces répliques
pour des consonances,
veu qu'elles necedent
presque en rien à la quinte
& à la quarte, & que la 17
a même une prérogative
que la nature n'a pas accordée
à ces dernieres,C'est
&inùquesouvent,pourvouiloir
rrop.philosophera on
gâte tout. Mais passonsourre,
? z:/ :i:r::iG
- Lesrépliquésde lasi-x.t,e.
mineure sont la 15, la 20,
la*7 mineures, quitirent
tpûjours, leurs!> npms, xlu
nombrede leurs sons. Pour
Jes entendre il fautagiter
enfqmjblç deux cordes égaies
en grqfïeur & jea tçn~ fim » dont la plus courte
fok presque (~, ~, i-) de la
.plus longue , êc on verra
avueemlleenscdiminuent succesde
grâce, à proportion
qu'elles s'eloignent
de la sixte mineure, à commencer
à cette derniere.
On ne peut donc pas douter
que les exposans de
leurs vibrations ne soient
(7> r> )par les raisonsrapportées,
lesquels exposans
se tirent aisément de -5
leurs ritmiques sont (5,5,
5> 1>4> S>S>z>3>S* $"',3il
*»5>5y1> 5'9 5,f}&c.
d'où elles empruntent tout
ce qu'elles ont d'agrément,
puisque c'est. tout ce qui
constituë leur être. Ces contsonances
sont encore de
celles qui ontété rejertées
parles anciens, & ils n'ont
pas eu encela grandtort,
puis qu'ilsignoroient la
composition,&qu'elles ne
sçauroientpresque entrer
dans la melopée qu'en relations.
De la Tierce mineure
, com<• plement,&repliques.
1S. Si l'on fait sonneren
même temps deux cordes
égales en grosseur & en
tension , -& dont la plus
courte soit presque les de
la pluslongue, onaura encore
uneçonfo/itfnçej-^'qui
prend toujourssonnom-du
nombre de ses,£onscomme(
mi,sa,fol,")& dont
le rapport des vibrations
sera ~- par les raisons tant
repetées
, 6c parconsequent
sa ritmique sera (j*i,14 j 3*3>1>4>155)4P*
un peu moins confuse que
celle de la sixte mineure cidessusyaussîcett£
:confonance
est elle un peu plus
gracieuse:mais elle l'est cependantbien
moinsque la
tierce majeure. Onnepeut
donc aussidouterque cet
agrément ne procede de
cette ritmique, ou, ce qui
est le même, du rapport des
vibrations ~,quel'on peut
encore exprimer ainsi ( gi ,
04144) selon le besoin. Au
reste cette consonance 9ojointe
avec la tierce maj7eure
(,) composent la ou :-)canl111e on
le voit en (UT, mi, fol,)
& la même tierce mineure
~76 jointe avec la quarte lÕ8,
composèntla sixte mineure
comme on le,-voIr, en
(MI, sol,ut. )Cettetierce a
eu la même infortune que
les confonáces rejettées par
les anciens, & generalement
par tous les peuples
Orientaux: mais elleen est
recompensée par leprivilege
qu'elle a d'exprimer
la compassion & la tendresse,
en un mot les passions
languissantes, aussibien
que la sexte mineure,
& leurs repliques, comme
on le dira dans son lieu.
Le complement de la
tierce mineure est la sixte
majeure,qui tient son nom
des six sons qu'elle renferme,
entre lesquels il ne se
troutrouve
qu'un demi-ton,
comme dans (UT, re, mi,
sa, sol,la.) On forme cette
consonance en touchant
en même temps deux cordes,
dont l'une est presque
les jr de l'autre. Aprés quoy
l'on ne peut douter que le
rapport de ses vibrations ne
foit }, ou 12 ôcsa ritmique
(5,1,1.3.1,1,3,)qui peut
aller de pair avec celle de
la tierce majeure. Aussi cette
consonance ne lui cedet-
elle point en douceur,
étant même un peu plus fade
: mais la grandeur de son
intervale la rend peu propre
à la melodie
, par la difficulté
qu'il y a de l'entonn,
èr; ainsiellen'y entre qu'
en relation. Au reste elle
èlt cornposée de la tierce
majeure ^} & de la quarte
~>jointes ensemble, comme
on le voit en (UT, sa,
la.) Les anciens & tous les
Orientaux n'ont donc pas
eutant de tort dercjettfcr
cette belle consonance,puis
qu'ilsn'en sçavoient faire
aucun usetquils ne
connoissoientpas mêmeles
relations -.'
4 9.
Lesrepliques de latierce
mineure ~1 sontla10e, la 17e,
la 24emineures, qui tirent
toutes leurs noms dunombre
de> fons qu'elles renferment
On entend ces ret
pliques lors qu'on fait son-
[ ner deuxcordesdont l'unç
cft (h> >i) del'autre,un
peumoins ; &on trouve
qu'elles diminuent continuellement
de beauté, à
{ mesure qu'elles s'éloignent ldela tierce mineure,àcom-
! mencer à celle-ci.On - ne peut pas cependant douter
! que lesexposant de leurs
^hbratiortsne-u>*ent 7"
fy) par les raisonsrapportées:
lesquels exposans se
tirent aisément de ceux de
!â::tîercé mineure {Jb ) & , , que leuragrémentne procedede
leurs ritmiques(5,
1,z,j3; S>4>.rjS*'Si
5>2'>5v5)&c«
Erifirflesrépliquerdelà
sexte majeure ~7 font la;13e;
la 20e ,
la 17? majeures,qui
tirent toûjoursleursnoms
du nombre de leurs [Óns.
On les entend en faisant
sonner ensembledeuxcordeségalesd'alleurs
en tout.
dotit.l'une-est ( ,lu,h,L)tde
l'autre eniçagueur•& on
trouve qu'elles vont toutes
encore en diminuant de
beauté, à mesure qu'elles
s'éloignent dela sextemajeure,
à commencer à celle-
ci. Les exposans de leurs
vibrations sont donc ( lfy 't',
~j )qui se tirentaisément de
~f, & leurs ritmiques sont (3>3>3>1>3-1*3 3yhr)3313ji, , 1>
-3*<3>5*-3>•$•>31»3>3J3>3»
3,3,)"&c., d'oùl'onne peut
douter qu'elles n'empruntentcequellesont4ebeauqtéu,
piulisequse c'est là tout ce constituë.
Des
-
conjôntnces qu'on peut
ajoûter aux precedentes.
-.' 9. Il estévidentque les
consonances considerées.
ainsi par - complemens ôc
répliques se reduisent au
nombre decinqfondament- :
tales
,
tant anciennesque
modernes, majeures & mineures
;fçavqir,l'viaiflAn.f,
l'odrave ,? la;quinte î"at
tierce majeure \,&la tierce
mineure --• ce quidonne
une grande facilité pourles1
retrouver toutes, & les
comparer entr'elles., Suivant
cela l'octave comprend
huit consonances en
tout, en ajoutant aux precedentes
la quatre (-, complément
de la quinte; la
sixte mineure~', complement
de la tierce majeure;
& la sixtemajeure~ complément
de la tierce mineure.
Ausquelles consonances
si l'onajoute trois
repliques pour chacune,
«(lnniflon excepté.) on aura
vingtineuf consonances en
,tp4ç ornais en mê,.me temps
on trouve plusieurs autres
rapports tirez des precedens,
( & qu'on peut par
consèquent nommer musicaux
) lesquels font aussi
simples que plusieurs de
ceux-là. Ces rapports sont
l~es3on(ze5sju3iva4n)s,)( 4-,>~t dont
les ritmiques égalent en
simplicité, en symetrie,Ôc
en variété plusieurs de celles
des consonances reçûës;
ces ritmiques sont (5, 4,1,
5>?>5*hl>4r5H4>4*
J,;,4, l,4,3, '>4>4)'U>2->
1.iji}1 i,z)&c»(4,4?
: 1
4>3>4>4>4> 4> 4>4>1>
h4>4j4)^c* (ï)5y553>5»
5>5>I>4>5*5>4j'J5Î5J5>2'J3>
5,5, 5 &c-&(J>3>3>5»Î»
3>3>3>1>1> 3 , 3>3*3*3 , 3> 3j1?133>5)3>3>3>3>3>3-î
&c. Si l'on veut donc se
donner la peine d'accoûtumer
l'oreille à ces nouveaux
intervales
, comme ona faità la tierce, à la sexte
mineures, & à leurs répliqués,
on aura une nouvelle
conlonance dans l'octave,
dont la replique est*,
-& en tout quarante consonances.
On verra ci-aprés
d'où ces onze nouvelles
consonances sont tirées;
car elles tiennent leur origine
des dissonances,dont
on va parler incontinent,
quoique les intervales-;,
~7, It r, ~n'en retiennent
presque rien du tout,ne
cedant en rien aux consonances
reçûës; ce qui pourroit
même paÍffr pour un
3e paradoxe en musique.
A,'
Mais ce qui doit certainement
passer pour un quatriéme
paradoxe. encette
fciencc, c'est que les inrer-
~Va\l-seisy(t-737i7 --n-- M)IJ<i J>
Tjt ?,tï:r,5)&c.qui
renferment dans leurs ex,
pofans d'autres nombres
premiers que (t93,5) soient
des dissonances, quoique
ces exposans soient aussi
(impies , & leursritmiques
aussi symerrisées & aussi variées
que les precedentes,
comme on peur le voir ici, (ni,&:c ) (i,i, 2, 1. 1,
2.,2.,2.)(),3,1,2..3.2.,1,
3, 3.)453> 1,4 ,z.2.., 4, (mï,&c. ) (z,
~,2. )2, ,1, 1.1, 1, 1, 2.,2;;
a) (î»-3»î»*»*y3- 3-3 ,1)i)
3»3$il(4» 4->Jj4j4>
2..2,,4-)4,,,3,4,4)&c.
D'ailleursces ritmiques
font autant deplaisir à loi
reille
,
étant destituées de
son, que les precedenres,
comme chacun peut le^.
pprroouuvveer rlsooyy--mmêemmee. ..DOolut
peut donc venir cette difference,
qui semblerenverser
toute la theorie dessons
& des vibrations ? pourquoy
faut-il que les exposans
des consonances ne
soient point camposez d'autres
nombres premiers que
des trois ( i,$,y?) & quel
privilege onp ces tro4 &<'
tousles autres 7,11,15, &c.
qui sont en nombre infini?
Certes ce privilege ne peut
venirque de la conformation
de nôtre organe, qui
ne peut admettre d'autres
nombres premiers que ces
trois plus simples. Demême
que ce qui fait que tous
les peuples de cet ancien
continent comptent seulement
jusqu'à dix, & non
.Pasjufqu.,àdouze, cela vient
certainement de ce que la
nature ne nous a donné que
dix doigts , puis qu'ilseroit
>bie#; pluscommode, de
compter jusqu'à douze, par
exemple. Il faut donc necessairement
rappeller ici
la structure de l'oreille humaine,
que nous avons expliquée
exprés assez en détail
dans le premier me- 1
moiredenôtre Mellodie- , où nous avons remarque
que les trois canaux fèmi-j
circulaires du labyrinthe
s'abouchent dans sa cavice
par cinq embouchures seulement,
& non pas par six, 1
commeils le devroient naturellement
û lanature.
ji'avoiirien-affediîé ici de
particulier, deux deces canaux
ayant une embouchure
commune; & cela
non seulement dans tous les
hommes, mais même dans
la plûpart des animaux qui
ont le labyrinthe, comme
on trouve cinq doigts aux
pieds de plusieurs animaux,
de même qu'aux mains ôc
aux pieds de l'homme. Ce
qui faitassez connoître que
cettestructure si singuliere
n'est point un effet ou du
hazard ou d'aucun dérangtement.
Au contraire elle cAfafM telle,pour êtrepro.
pre à recevoir les cinq branches
du nerf auditif, sçavoir
de la partie de ce nerf
bqausie aprés avoir quitté la
du limaçon, entre dans
la voûte, où elle se divise
en cinq rameaux, (demême
que la main en cinq
doigts) dont chacun entre
en chacune des cinq embouchures
de ces trois canaux,
pour se distribuer , &
se perdre ensuitedans leur
perioste. Ilrestedoncmaintenant
d'expliquer commenttoutesles
consonances
precedentes peuvent
s'exs'exprimer
sur ces cinq rameaux
comme sur les cinq
cordesd'unviolon,&d'où
vient;'qu^ils; n'admettent
point d'autresintervales.
Pourentendre ceci, il faut
se souvenir de ce que nous
ayons établi en parlantde
l'oreille,article 15,sçavoir,
qchuaesqsiusnoeiqsouieensets differens
en aucune.
consonanceprochaine avec
leson quilesfrape, ils ne
laissent pas de trembler,
priais d'un tremblement
forcé, ôc qui nedure qu'autant
que dure le son qui les
Juin 1713. O
meut; au lieu que quand le
chassis exterieuraété mis
enconsonance prochaine
avec leson dedehors. par
ses muscles, il en reçoit
alors les vibrations avec facilité
, & les conferve me*4
meaprésque le fonnlagicj
plusdessus.Ilenestdemê- :
me des cinq rameaux du
nerf auditif queje distin- 1
gue en premier second , J
troisiéme, quatriéme &cin- ,
quiéme, en supposant que j
le premierpar sagrandeur,
A: par lanaturedes e/prib
: qu'ilcontient, étant dans j
sonétatnaturel, est disposé
à fairecinq vibrationscontrelesecond
six ,.aii0idans
foudm:naturel aixiQ xres
deux puneaux- sont natuxelleraent
,-entr)eux entier*
•c.c mineure: Ájue Jp même
premier rameaueûHeîmê>-
me avec le troiséime.,aussi
dans son état naturel, en
tiercemajeure ; c'çfi: à dire
AU.II. faitqtaaroe viliraciID-m
contrecelui-ci cinq;qu'il
cil avec le quatriéme, aussi
dans son état naturel, eu
quinte: de sortequ'il fait
deux tremblemens contre
celui-ci trois. Enfinque te
même premier rameau est
en octave avec le cinquième
, ou fait un tremblement
contre lecinquième
deux. Ce qui servira a rectifier
ce qui n'-efl:qu'ébauché
dan^iràrticloi17;dumémoire
cité.!.•: Ceci étant supposé, on
voit déja comme on peut
exprimer les sons /iU'T^
rnifoi,ut) sur lê,premieri
le troisiéme, le quatriéme
Jôc cinquiéme rameaux du
nerf auditif, puisquepour
ceteffet il suffitque l'âme
les mette chacun a l'unisson
des vibrations de ces
quatre. sons, en accelerant
ou retardantle mouvement
des esprits qu'ils contien-,
nent. Pour y exprimer en:,
suite unsa, qui fait la quartravée
UTj il suffitque le
premier rameauUT sesubdivise
en quatre partieségalesparlechoqdel'air,
afin
que trois deces parties ensembleen
puissent recevoir
les tremblemens. De même
le son las'exprimera sur
[le troisiéme rameau ,
qui
yFait mi.) avec lequel il fait
SLuffi [laqu^rtcj.Lefi$cXr
primerasurlesol,avec lequel
ilfait JatierceTnZr
jeure; & pourcelail fuoo
que le ranicau sol se (ubdivise
en cinqpartieségales
par le choqdeTatt\,.,aftù
quequatre de' icçspartie*
faisent ensemble le.si : mais
le, mêmesi s'exprimera encoremieux
surlemi,quand
lelajnefondera pas;car
puis qu'ilfaitla quinté avec
le mi, il suffira que le ra-,
meau mi se divise en trois
parties égales,afinque deux
decesparties eufc-mbl-e fas- i
fent lesi; au lieuque si lç
1a sonnoiten mêmetemps,
ilfaudroitquelechoqde
l'air pûc.exiger-jCCrameau
[deTe subdiviseren douze
parties e'gàles^fïn queneuf
ide cesparties ensemble
[fendillent-«leh^ôc huit le
si'i ce qui n'éstpeut-lêtrç
pasfortdifficile. Enfinpour
le re,ilnepeut mieuxs'exprimerque
sur le loi : mais
comme ilestplus basque
tee sol,il fautpour ceteffet
'l'quelesol lui
-
mêmedescendeàson
o:étqve) & se
diviseensix partieségales,
afinerenl
de le fol naturel, ôc que quatreensemble puissent
fcnnerleJredesire.^
r. Les répliquesbafïess'exj
primeront demêmesur les
mêmes filet?&rclâchez4propos
:maispour lesrepliqués
hautes, ilsuffira que lJait;
du labyrinthe divise les cinq
rameaux musicaux ; par
exemplela replique haute
du sa divisera le cinquiéme
rameau, de même que le
sa bas divise le premier
Pour la repliquédu la, l'aiir
divAlerale troifiélnc: ra- meanJ
meaumien8afin que six
ensemble rendent le la, 6c
trois ensemble sa replique.
Pour le si il y aura deux par.
ties du quatriémerameau
sol, divisé en cinq comme
ci-dessus
, qui fremissant
| ensemble rendront sa repli-
; que.Le mi se diviseraaussi
en trois parties égales, donc
chacune à part sonnera si
replique, lorsque le la ne
sonnera point; & si le la s'y
1 trouve, alors le mi étant di- :vile en douze, comme cidessus,
quatre rendronc la
replique du si, deux sa duplique,
ôc 1
sa tripliquc:
le tout selon les principes
de la division des cordes
ex pliquez ci-devant.
Des consonances composées >
ou accords,
'.:: 10. A l'égard des confoinnaannccees.
s ccoormnppoofsééeess nnoo,mm~r,
méesaccords,comme(UT,
mi, sol,ut) ( LA, ut, mi,
la)&c. je n'en traiterai poinc
exprés,cesujet appartenant
plûtôtà la compofinon.Je
dirai seulement qu'ayant
trouvé leurs exposans (-4',
5,6,8)(10, 1z, 15, 2°-)
&c. on pourra se representer
les ritmiques de ces accords,
en divisant d'abord
une ligne droite en quatre
parties égales, puis en cinq,
en six, & en huit; ou d'abord
en dix, puis en douze,
en quinze, & en vingt, &c.
Ce qui se fait endivisant la
premiere en 120 parties égales
,& la secondeen 60 seulelllent,
&pour les autres à
proportion, & observant les
points où deux ou plus de
fons se rencontrent à fraper
ensemble
: ce que je marque
par des points ainsi,
4>S::**•»
i3,)i5,,i:1i0,:t6,,i,4i,J;,ij : )'($,' 3:1,2:
1: 1,3 : 1,1,1,2:i,1>
1 •1)1:2.:1j1: 3: 1.JI,l"
2: 1,1,1, 3=) & demême
pour toutes les autres
ritmiques plus simples , ou
plus composees indéfiniment;
où ilfaut remarquer
que quoique ces deux-ci
paroissent plus composées
qu'aucunes des consonances
precedentes,cependant
elles le sont moins en urt
sens, en ce qu'elles sont di{.,,
tinguées en plulieurs ritmiquesparticulieres
par differentes
chûtes de coups
forts;ce qui les rend intelligibles.
De la maniere dont les bêtes
goûtent la musique.
11. Il resteroit de dire
quelque chose sur la maniere
dont les bêtes apperçoivent
les consonances,
puisque l'experience nous
apprend que plusieurs sont
trés-sensibles à la musique,
comme nous l'avons déja
remarqué dans le premier
Qaçirçojre. Otlc:s consonances
s'apperçoivent en deua
manieres :
la premiere, par
le plus ou le moins d'ébranlement
qu'elles causent suc
les filets du nerf auditif
comme nous avons dit cidevant,
qu'une corde ébranlée
en meut une autre qui
est avec elle en quelque
consonance prochaine. La
feconde, par leur ritmique.
Mais on ne sçauroit penser
que la ritmique des consonances
cause en elles le plarJ
sir de l'harmonie, sans leur
donneren même tempsune
ame toute semblable à la
nôtre. D'ailleurs on ne remarque
point queles ritmiques
destituées de son leur
causent aucun plaisir,ni qu'0#
elles en marquent aucune
dans leurs cris ou dans leurs
chants; ce qui nous doit
convaincre que leur ame
sensitive est purement Ina.
terietle, & qu'elle n'apperçoit
les consonances que de
>
la premiere maniere,&nul.
lement par leurs ritmiques.
DesDissonances.
12. Il y a de deux especes
de dissonances:sçavoir,les
premières, qu>on peut appeller
musicales, puis quelles
sont cirées des consonances
reçues ou anciennes,&
qu'elles ne sont composées
que des trois mêmes
nombres premiers (z*,3)5 )
qu'elles. Les autres sont étrangeres)
ne pouvant être
tirées en aucune façon de
ces consonances,parce Qlll.,
elles renferment d'autres
nombres premiers comme
(7, 11,13, &c. ) Les dissonances
musicales les plus
communes font le ton majeur
;, qui est la différence
d,e la quarte à la quinte comme sa fol,
différence
de UT saàUT sol,son
complément est la septième
mineure~£, sol sa, &
ses repliques la ,majeure
l, la 16e majeure9r, la 13e
majeure ~f, dont on a fait
de nouvelles consonances :
le ton mineur ~différence
de la quinte 1, à la sixte
majeure ;.', comme sol la,
différence de UT sol à UT
,1a
; son complément est la
7e moyenne }., ou ~i la sol,
ôc sa réplique la9e moyens
ne~r,qu'on a mises avec
les mêmes consonances
:
le
semi-ton majeur différence
de la tierce majeure~5 à
la quarte £, comme mi sa,
différence de Ut mià UT
sa
;
son,complément est la
7e mineure V; sa mi
,
qui a
pour répliques les nouvel-
1les con{f"onances ( J~ l~ )
¡, v, ï; & ses répliqués font la 9e
mineure la 16e mineure &c. le semi-ton mineur,
ou dieze moderne 1; différence
de la tierce majeure.
2 à la tierce mineure £:
comme mib mi, fib si
;
son
complément eR:, la 7e crofmatique
£ mi mib
,
si sib;
& ses repliques sont la 9e
cromatique ~g, la 16e cromanquer,
la 13e cromatique
?y qu'on a mile encore
au rang des nouvelles con-
[onances, aussi- bien que la
26efuperfluër. Outre ces
rdiflonances, il y a encore
les fausses consonances;sçavoir,
la fausse quinte ~3, qui
est composéede la quarte i, & dufemi-tonmajeur ~£,
comme si sa, composée de
si mi, & de mi sa, ou encore
de deux tierces mineures
si re, re sa,& dont le
complément est la fausse
quarrcappeilée triton H, ôc
lesrepliques la fausseuc :£,
&c. la quinte to diminuée
d'un comma) dont 8 r font
le ton majeur)qui est la difserence
de la sixte *-° au ton
majeur,comme re la, en
faisant UT re, ton majeur;
ion complément est la quarte
forte d'un comma la re, sesrépliqués &c.& la tiercemineurefoibled'un
comma
,1'
,
qui est la différence
de la quarte au ton majeur
~%, comme resa,en faisant
toujoursUTre ton majeur.
Son complément eu: la -
sixte majeure force d'un
comma ; & leurs repliques
sont ôce. 27 y-;
&c.dontladernière pour-,
roit encore dans un besoin
servir de nouvelle conso.
nance: ou si l'on fait UT re,
tonmineur, alors la quinte
foible d'un comma est fol
re, ôc son complément la
quarte forte re fol: la tierce
mineure foibled'un comma
est sire, & la sixte majeure
forte re si.
Si l'on veut entendre la
diffoaaflcc'f, quiest une
10e mineure foible, d'un
comma, il ne faudra qu'accorder
quatre cordes d'une
viole de quarte en quarte,
alors la premiere ôc la derniere
touchées. ensemble
rendront cette 10e ; & si
l'on souhaite oüir la difïo—;
nance ~V, qui est une 13e majeure
forte d'un comma ,
on accordera les 4 cordes
d'un violon de quinte en
quinte,&ontouchera feulement
la premiere ôc la
derniere à la fois,quirendront
cette 13e. Au reste
toutes cesdissonances font
d'autant plus dures, que
leurs exposans sont plus
composez, ou leurs ritmiques
plus confuses; ce qu'il
seroit trop long d'examiner
ici.Quant à la maniéré dont
les dissonances s'apperçoivent,
il faut remarquer qu\.
elles se prèsentent de deux
manieres ;sçavoir) comme
sommes ou différences des
consonances ou de leurs repliqués
,comme quand on
sonne à la fois les huit sons (UT, re,mi, sa,sol, la, si,
rut,) oubien seules;dans le
prermier cas elles sont ex*-
primées sur les 5 rameaux
du nerf auditif
; dans le sécond
chacun de leurs sons
rend à ébranler chacun de
ces rameaux, ôc ne le pouvanc
tous à la fois, parce
que ces rameaux sont trop
courts pourune si grande
division, on sent alors une
espèce de combat fort defagreable
,
qu'on appelle dit
sonance, à cause que la divisionque,
chaqueson à
partyproduit est auflitoc^
dértuite par celle d'un au-1
tre. C'est pour cela que
les
incervales qui renferment
d'aud'autres
nombres premiers
que les musicaux 1, 3,5,
sont tous dissonanans,parce
qu'ils ne se presentent ja-
: mais de la premiere maniere,
mais feulement de la féconde,
pour laquellelenerf
auditif n'a point, de fijets
convenables.
Errata pour le commùncem:nt
de ce Mémoiredam II.
Mercureà*Avrïl.1'1;,
•;Page94. ligne ) 16. vibrations
s'accordent. P. 96. l.
troiscoupsyÇQntrè.P. 98. 6.aiifli efi.
P.99 l.14.chacun par une.
P.103.l9 de nombres dont.
P. 113. 1. 10. de ce que le
coup. P. 114. l. 6. jamais
mieux, que.P.116. l. dern.
font f,8r.' n 1
Extrait duTtdite de Paixentre
* laFrance &lePoriug l, conclu àUtrechtle 11. Ivril.*nGArticle
premier.
Paix perpetuelleentre S.
M.TrésChrétienne,&S.M.
Portugaise, successeurs, heritiers,&
c.Etats&sujets,&c.
** Art.2. ,Q',"'l :"
•' Oubli &amniftieehfrelés
sujets de part&d'autre,&c.
Arc. 3.
Prisonniers de guerre mis
en libertésans rançon. ':
Art. 4.
Si dans les Colonies ou
autres Domaines de leurs
Majestez on a pris quelque
place, fore ou porte, le tout
fera rendu au premier posfesseur,
en l'état où on l'aura
trouvé au temps de la publication
de la paix.
Art.5.&c6.
ti Dans lecontinent deFrance
& de Portugalle commerce
rétabli comme avat
L1 guerre, chacune des parties
se reservant la liberté de
regler les conditions, du
commercepar un traite particulier
qu'on pourra faireà
ce sujet, avec mêmes privileges
& exemptions reciproquement
accordez aux
sujets l'un de l'autre, comme
aux siens propres.
-
Art. 7.
Entrée reciproque des
vaisseaux demarchandise&
de guerre, comme par le
passé
,
pourvu que ceux-ci'
n'excedent tous ensemble le
nombre de six,à l'égard des
ports d'une plus grande
capacité,
& de trois dans les
moindres: & pour un plus
grand nombre demanderont
une permission aux
GouverneursouMagistrats,
ainsi que pour le temps du
séjour, quand leurs vaisseaux
y auront été portez
par le gros temps ou autre
necessité pressante, &c.
Art.8. 9.10. & II.
Et pour l'union & concorde
des deux nations, Sa M.
Trés-Chrétiennc se desiste
de toutes pretentions surles
terresduCap du Nort,entre
la riviere desAmasones &
celles de Japol, ou de Vincent
Pinson
; & en consequenceS.
M. Portug.pourra
faire rebâtir les forts d'Arguais
& de Camau, ou Massapa,
&les autres démolis
par le traité de Lisbonne le
4. Mars 1700. & reconnoît
5. M. Trés-Chrét.queles
deux bords de la rivieredes
Amasones,domaine,souveraineté&
navigation apartiennent
au Roy de Portu-
,,
gal. Arc. 12.
A l'égard du commerce
queleshabitans de Cayenne
pourroiententreprendre
1
dans le Maragnan, & dans
l'embouchure de la riviere
des Amasonesdéfense de
part & d'autre de passer la
riviere de Vincent Pinson
pour negocier,acheter des
esclaves dans les terres du
Cap du Nort, & aux Portugais
d'aller commercer à
Cayenne.
': ,- Arc. 1 3. &14.
S.M.Trés Chrét.empêchera
qdue'siMl ni'sysiaointndaairness lesdites terres
François, &c.
en laissant les missions aux Mir..
sionnaires Portugais. .', Art. •f»Encas de rupture entre les
François& lesPofcugais,ce qu'à
Dieu ne plaise, six moisdepart
& d'autre pour transporter leii
,
effets. f.
: Arc. 16.17.18.&19: -1
Et parce que la Reine de lai
Grande Bretagne offre d'être
garante de l'execution de ces
traité,le Roy de France & celui
de Portugal acceptent cette
garantie,&que tous les Rois-t
Princes&Républiques qui voudront
entrer dans lamêm egarantie,
puissent donner leurs
promçflès, oBligatips^&ç.Tous
:
lesart.ci-dessuspassez entre les
Ambassadeurs Plenipotentiaires,&
c.ratifications données
de part&d'autre,&c.&ont ligné
à Utrech^le.Àvriliyiji
etS.Huxel.i LS.J.C.de Tarouça.
LS.Menag. LS.D.L.de Cunha.
TRAITECONCLU
le 11.Avril1713.àUtrech
entre le Roy de France (2*
le Duc de Savoye.
Ce Traité est composé
de dix neuf Articles, qui
contiennent en substance
ce qui suit.
Les deux premiers.
Qu'il y aura une bonne
& inviolable Paix entre le
RoyTres Chrestien&Son
Altesse Royale deSavoye,
- leurs heritiers, successeurs
& Estats, avec cessation de
toutes hostilitez,&unoubli
3c amnistie de tout ce
qui s'est passé durant la
presente guerre. ,
Le3 &4.
Que le Roy immédiatement
après la ratification
du present Traité, restituëra
à Son Altesse Royale
le Duché de Savoye, le
Comté de Nice, avec leurs
appartenances, & dependancesen
l'estas où ils fè
trouvent. Sa Majesté luy
cede de plus la Vallée de
Pragela,avec les Forts d'Exilles
& de Fenestrelles, les
Vallées d'Oulx; de Sezane,
deBardonache &de Chasteau
-
Dauphin, & tout ce
qui est à l'eau pendante
des Alpes vers le Piémont: iSonAlccfTe Royalecedereciproquement
à Sa Majesté
laVallée deBarcelonete
& ses dépendances, de maniere
que les Sommets des
Alpes serviront à l'avenir
de limites entre la France,
le Piémont & le Comté de
: Nice
*
& les Plaines qui
font dessus feront parragées
de mesme
,
selon le
cours des eaux.
Le 5.Article.
Qu'il est dit que comme
il a estéconvenu entre leurs
Majestez Tres-Chrestienne
& Cat holique d'une
part, & Sa MajestéBritannique
de l'autre,que le Roy
Catholique ayant cedé à
SonAltesse Royale le Royaume
de Sicile & les Isles
qui en dépendent, Sa Majesté
Tres - Chrestienne
consent & veut que cette
cession fasse partie du present
Traité, & promet pour
elle & ses successeurs de ne
s'opposerny faire aucune
choie contraire à ladite ceision,
promettant toute aide
& secours pour son exécution,
& pour maintenir
envers & contre tous Son
Altesse Royale en possession
dece Royaume.
Article 6.
Quele Roy consent que
la declaration du Roy d'£C
pagne, qui au défaut de
ses descendants, assure la
succession de la Couronne
d'Espagne & des Indes à
Son Altesse Royale & aux
Princes de Savoye
,
ainsi
qu'à leurs descendants males,
nez en legitime Mariage,
soitb tenu pour une partie
essentielle de ce Traité,
conformément à TAste
fait par le Roy d'Espagne
le 5. Novembre 1711.àceluy
des Estats ou Cortés du 7.Novembre 1712. &aux
renonciations de Monseigneur
le Duc de Berry &
de Monsieur le Duc d'Orleans
des 19. & 24. Novembre
1712.. promettant d'employer
ses forces envers ôc
contre tous,pour l'exécution
de cet article.
Article 7.
.,
Qu'il a cité convenu que
les cessions faites par le feu
Empereur Leopold à Son
AltesseRoyale dans leTraité
fait entre eux le 8. Novembre
1703. de la partie
du Duché de Montferrat
que possedoit le feu Duc de
Mantouè , des Provinces
d'Alexandrie & de Valen-
, ce , avec toutes les terres
entre lePo & le Tanaro,
de laLomelline
,
de laVallée
de Sesia
,
du droit ou
exercice de droit sur les
Fiefs des Langbes, & le
Vigevanasque ou son équivalent,
resteront dans leur
force & vigueur,&auront
leur effet, sans queSonAltesTe
Royale y puisse (ltre
troublée, mesme par les
prétendants au Duché de
Montferrat,lesquels feront
indemnisezconformément
audit Traité du 8.
Novembre 1703. promettant
d'employer conjointement
avec la Reine de la
Grande Bretagne,ses offices
ôc ses forces pour le
maintien & la garantie du
contenu au present Article
: comme aussi que la
Sentence Arbitrale du 27.
Janvier 1712. demeurera
dans sa force & vigueur, ôc
que dans six mois, les mesures
feront prises par l'Arbitrage
des Puissances garantes
du Traité de 1703.
pour le payement des
creances de Son Altesse
Royale.
Article 8.
Que Son Altesse pourra
fortifier ses frontières ôc
les lieux qui luy ont esté
cedez de parc & d'autre.
Article 9.
Que sa prétention que
le Prince de Monacho doit
prendre investiture d'elle
pour les Fiefs de Menton
& de Roccabruna, fera réglée
dans six mois par l'Arbitrage
de leurs Majestez
Très- Chrestienne & Britannique.
Les dix -autres Articles
concernent le restablissement
du Commerce & des
droits comme ils eftoienc
au temps du Duc Charles.
Emmanuel: la liberté à Son
Altesse de vendre les biens,
terres & effets qu'elle a en
France: la main levée de
ce qui a esté confisqué de
part & d'autre à l'occasion
de la guerre, à la reserve
des jugements legitimementrendus.
Ce queles
sujets de part & d'autre ont
fourni,leur fera payé Les
prisonniers de guerre ôc -
autres feront misenliberté.
Les quatre derniers ne
contiennent que les formalitez
ordinairesdes
Traitez, & ne meritent
point un Sommaire.
NOUVELLES
d'Andrinople.
LEs Lettres d'Andrinople
portent que le grand
Visir a esté déposer que
le Capitan Bacha avoir esté
mis en sa place: que le Seraskier
de Bender avoit
aussi esté déposé
,
& que
-
le Kan des Tartares estoit
arrivé à Andrinople,oùil
leavoit esté bien receu; que Roy de Suede avoit eu
une longue conference
avec le Sultan, qui faisoit
punir rigoureusement tous
ceux qui avoient eu part
à l'insulte faite à ce Prince,&
que l'on continuoit
de travailler aux préparatifs
dela guerre contre les
Moscovites.Qu'on avoit
appris par des Lettres de
Podoliequ'undétachement
des Troupes du Palatin
de Kiovie commandé
par le sieurValikows-
Ki, avoit enlevé un parti
de cavaleriePolonoise, &
qu'un corps de Tartares
avoit surpris prés de Bafilowen
UKraine,unegar-
, de avancée des Moscovites
dont une partie avoit
estétuée,&le reste emmené
prisonnier.
Celles de Constantinople
assurent les changements
arrivez à la Porte
Ottomane par la déposition
du grand Visir&d'autres
principaux Officiers,
& la Relegation du Kan
des Tartares à l'Isle de
Rhodes. Elles portentaussi
que ces changements ont,
esté faits sur le soupçon
d'une conspiration pour
déposer le GrandSeigneur;
que les queuës de Cheval
estoient toujours exposées
prés d'Andrinople, où l'arméeestoit
campée, que
les Troupes y arrivoient de
tous costez, & qu'on employoit
un grand nombre
de Bastiments pour tranfporrer
des vivres & des
munitions par la Mer noire
à Asaf& aux autres Pla-
- ces, ce qui donnoit lieu de
[croire que le Grand Sei- gneureitoittousjours dans
la resolution de faire la
, guerre aux Moscovites,
", que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours au
sept Tours enfermez; mais
que les ostagesavoient eu
quelques conférences avec
les Ministres; que le Roy
de Suede estoit encore au
Serrail de Hassan Bacha
près d'Andrinople,traité
magnifiquement par ordre
du Sultan,& qu'iln'y
avoit encore rien
de
certain
sur son départ.
Les dernieres Lettres
d'Andrinople portent que
le nouveau grand Visir
Ibrahim avoit esté déposé
& eftranglé
,
qu'onesperoitqu'Yssuph
Bacha, quia
a desja possedécette Charge
seroit mis en sa place,
& qu'il avoit esté resolu de
faire conduire le Roy de
Suede dans ses Estats par
la Pologne,avec une puis
fante escorte
,
qui auroit
ordre de n'exercer aucune
hostilité contre les Moscovites,
jusquàce qu'on eust
veu quel succez auroicnc
les negociations qu'on estoit
sur le point de renouër
avec eux.
Les Lettres de Hambourg
du 23. May portent
quele Roy de Dannemarc
s'estantdesiste de les prétentions
sur Tonningen,
le Traité avoir esté signéle
16. par les Commissaires
des deux parties, & approuvé
à Tonningen par
le Comte de Stein bock.
Ce Traité est composé de
plusieurs Articles, sçavoir:
Que l'arméeSuedoise,
reduire à six mille hommes,
&environ deux mille
malades, se rendroit prisonniere
de guerre pour
estre efchangée avec les
prisonniers des Princes
Confederez, & le surplus
obligé à payerrançonconformément
au cartel.
Que tous les Généraux
& hauts Officiers conserveront
armes & bagages,
les archives, la caisse militaire,
& tout ce qui en dépend
sans estre visitez.
Que les Officiers subalternes
& les soldats auront
feulement leurs épées
leurs bagages& leurs har-
; des.
Que les canons, les armes
à feu, les chevaux des
Cavaliers des Dragons,
& ceux de l'artillerie, avec
les Drapeaux,Estendarts,
Timbales & Tambours
feront remis aux Confederez.
Que l'évacuation de la
place commencera trois
jours a près la signature du
Traité, & fera achevée
dans huit jours.
Que les Trou pes seront
conduites vers Kiell, Ec-
Kenford,&c. d'où ellesne
pourront estre transportées
qu'enSuede, se fournissant
à leurs dépens de
vivres & de Bastimens auxquels
le Roy de Dannemarc
fournira des passeports
, & une escorte de
trois Fregates sitost que les
ttrroouuppeessaauurroonntte,sfitéee'élèchhaann.-.
gées & leur rançon payée.
Que les Prisonniers faits
sur les Confederez, feront
retenus, ainsi que les Deserteurs
qui obtiendront
leur pardon en rentrant
dans leurs Regiments;
qu'on ne pourra obliger
aucun soldat ou autre des
Troupes Suedoises, à prendre
parti dans ce lles des
Confédérés.
Que les Troupes mancheront
tousjours & sejourneront
le quatriéme
jour,& qu'on fournira des
chariots à ceux qui tomberont
malades.
1 Que lesmalades qui sont
à Tonningen,seront transportez
au paysvoisin, où
ils feront traitez à leurs
dépens, &c.
Que la ville deTonningen
fera remise au Prince
administrateur deHolstein
Gottorp.
Que-leRoyde Dannemarc
retiendrale Duché
de Sleswick jusques. à la
conclusion de la Paix.
Que Sa Majesté Danoise
ne fera pas bombarder
Tonningen cette année,
qu'elle s'oblige d'exécuter
ce Traité en tous ses
points, & d'y faire consentir
les Chefsdesarmées de
ses Alliez.
La principale raison qui a engagé le Comte de
Steinbock à accepter ce
Traité avec les Confederez
,
est qu'il manquoit de
vivres, & ne voyoit aucune
apparence de secours.
Il se rendit le 20. May avec
quelquesuns de ses princi
paux Officiers au camp
desConfederez,où leRoy
de Dannemarc estoit. Il
baisa la main à Sa Majesté
& mitàses pieds son épée;
qu'elle luy rendit sur le
champ, & le retint à disner
avec les Généraux des
Confederez
,
aprés quoy
il retourna à Tonningen
pour faire executer leTraité.
Le 24. Tonningen&
les retranchements furent
entieremenc évacuez. Les
Troupes ont esté distri-,
buées en quartier dans le
Duché
Duché de Sleswich, elles
consistent en cinq cens
quatre-vingt neuf Officiers.
Six mille six cens quatrevingt
douze Cavaliers &
Fantassins, & deux mille
cinq cens quatre -vingt
cinq malades. Ils ont laissé
aux Confederez douze petites
pieces de canon de
bronze de trois livres de
,
bale, & six de fer, soixante
trois estendarts
,
soixante
sept drapeaux, huit paires
-
de timbales avec leurs
trompettes & tambours.
La pluspart feront eschangez
contre les Prisonniers
qui sont entre les mains
des Suedois, & le reste suivant
le cartel fera mis en
liberté pour la Comme de
quarante mille écus. On
écrit que les Moscovires &
les Saxons ont commence
à se mettre en marche vers
la Pomeranie.
1 LETTRE DE L'ARMEE
auCampdeSpirele j.de
Juin 1713. auC.deL.
par &c.
L'armée du Roy vient
d'executer un projet bien
difficile, & dont l'utilité
fera grande; il ne pouvoit
reunir que par une extréme
diligence & un profond
secret; & pour y par-
, venir Monsieur le Mareschal
de Villars ayant refpandu
dans tout le pays
qui est entre Haguenav
& Lauterbourg les troupes
qu'il a trouvées en Alsace,
a donné ses ordres de maniere
que dans la mesme
nuit l'armée s'est affem.
blée,formée en marchant,
& tel bataillon a fait seize
lieuës en vingt heures.Cette
diligence prodigieuse a
tellement surpris les Ennemis
, que la teste de l'armée
composée de vingtdeux
Escadrons & cent
cinquante six Bataillons &
mille grenadierscommandez
par Mr le Comte de
Broglio, Mr de Montpou
Mareschal de Camp , &
Mr deChassenet Brigadiers
, & arrivez sur la digue
de Philisbourg à onze
heures du soir, cela a occupé
toutes les troupes de
l'Empereur estant campées
fous Philisbourg, où
le Prince Eugene est arrivé
le vingt-quatre du mois
passé.. Mr le Mareschal
partit de Strasbourg le trois
à neuf heures du matin
vint , en posteauFort-Loüis.
Il avoit fait trouver Mr le
Chevalier d'Asfelds avec
un corps de Cavalerie
d'Infanterie , & du canon à
la teste de l'Isle de Selingue.
Mr le Marcfchal
se promena jusqu'à l'entrée
de la nuit sur le chemin
de Rastas, & on noubliarien
de tout ce qui
pouvoit persuader aux Ennemis
que l'on vouloit
marcher à leurs lignes
d'Estinguen.-
Dès le mesme soir Mr
le Marcfchal s'en alla en
poste à Lauterbourg, se
mit à la teste des troupes
avec les Comtes du Bourg,
de saint Fremont,Albergoti
, Vivans, Coigny ,
Montperoux
,
& le Marquis
de Broglio, de Guerchoir
Mareschaux de
Camp
*
& l'on marcha
tousjours sans faire d'autre
alte qu'une de trois heures.
Les soldats soustenants
avec un courage surprenantune
fatigue aussi violence,
Mr le Mareschal les
confolanc en marchant.
leur disant que l'on ne pouvoit
reüssir que par de telles
peines. L'on ne peut
assez louer leurs rcfponfes
& leur bonne volonté; il
ca vray qu'ils se sont un
peu desalterez ce matin le
pays estans plein de vin,
ils l'ont bien merité, ilseroit
difficile de leur en faire
distribuer par ordre, & un
petit desordre de quelques
heures est pardonnable
dans de certaines occasions.
Voilal'armée du
Roy dans le milieu du
Palatinat & des Electorats
de Treves & de Mayence
en estat de faire le siege de
Landau,&dans une abondance
de fourrage
,
qui
fourniroit à quatre cens
Escadrons pendant. toute
la Campagne si on veut
les envoyer dans ce pays,
l'armée des Ennemis estant
assemblée dès le vingt quatre
,
& ils avoient près de
cent Escadrons plus que
nous. Mr le Mareschal
ayant préferé la diligence
au nombre de trou pes, &
n'ayant que soixante Escadrons.
Il n'est arrivé des
troupes de l'armée de la
Moselle que celles que Mr
de Vivans a amenées.
HARANGVE
faite au Roy, £7* prononcée
par Monseigneur le Cardinal
DE POLIGNAC,
députédel'AcadémieFran- ,çoiseyausujet de la PAix,
le 17. Juin J7'3.'
L'Académie Françoise
ne parut jamais avec tant
de joye aux pieds de Vostre
Majesté qu'elle fait en
ce jour, conduite par son
zele ordinaire, & l'interest
singulier qu'elle prend à la
Paix. Les Mufes dans tous
les temps ont aimé le repos
& la tranquillité. Si quelquefois
elles chantent les
combats pour celebrer la
vertu des Héros, bien-tost
aprés elles deplorent le tumulte
des armes qui fait
languir les beaux arts. Mais
quand la Paix revient sur
la terre avec tout l'éclat &
tous les avantages de la Vitraire)
c'est alors qu'elles
font au comble de leurs desirs.
Qui l'auroit cru,SIRE?
qu'après neuf ans de malheurs
où jusqu'à la Nature
tout sembloit avoir conjuré
vostre perte,vous deufsiez
en sortir plus glorieux,
& restablir dans vos Estats
le calme qu'on leur avoit
si long temps refusé,conferver
vos plus belles couquelles
,
affermir des Couronnes
sur la teste de vos
Enfants en donner mesme
à vos Alliez: effet prodigieux
de courage & d'une
prudence dont l'Antiquité
ne nous avoir point laisse
d'exemple ; il nous l'avait
bien promis le Dieu de justice
& de misericorde qu'il
abbaisseroit le superbe,&
qu'il éleveroit l'humble de
coeur Nous l'avons veu
tout d'un coup faire succeder
le jour le plus brillant
à la nuit la plus tenebreuse,
changer les coeurs qu'il
tenoit en sa main, les soumettre
par degrez aux loix
de la raison, rejetter ceux
qui vouloient la guerre,&
confondre leurs vains projets
pendant queVostre
Majesté tousjours attenti-
,
ve mais inébranlable, sourenoit
avec fermeté les
épreuves dela Providence,
& ne reflechissoit sur les
maux que pour les reparer,
plus seconde en ressources
que la fortune en disgraces
, prest à s'exposer aux
plus grands perils plustost
que de s'abandonner à de
foibles conseils, & ne cherchant
le retour de Ces anciennes
prosperitez que
pour haster le soulagement
de ses peu ples.
Qu'il me soit permis de
reveler aujourd'huy les miracles
de vostre sagesse &
de vostre magnanimité t
dont j'ay eu le bonheur
d'estre témoin, & de voir
insensîblement croistre &
iâ
meurir les fruits précieux.
Eh ne faut
- il pas qu'un si
fameux événement foit
transmis par nous à la posterirél
Supérieur aux forces
de l'éloquence, aux ornemens
de la Poësie
, au
moins il passera dans la
simplicité de l'histoire jusqu'à
vosDescendants pour
leurservir de modele, &
pour leur apprendre l'usage
qu'on doit faire des adversitez
& des succez car - c'estainsi que vous avez
consommé ce grand ouvrage,
les Princes de l'Europe
desabusez par vostre
consiance, ramenez par
vostre bonne soy,desarmez
par vostre moderation,
cessent enfinde vous
combattre.Ils ne l'auroient
jamais entrepris sila grandeur
de vostre puissance
leur avoit laisse connoistre
& gouster toutes vos vertus;
quelques-uns ont encore
peine à.fc rendre,
mais on les verra bientost
revenir de leurs enchantements
, &tous ceux qui
n'ont admiré jusques icy
V. M. qu'avec crainte l'admireront
mireront désormais com
me nous avec amour.
LESSERINS.
par Mr le M. de.
LAssé des amoureux
commerces
Où tous mes desirs estoient
vains,
J'avois donné dans les Serins
Mais je n'ay , pas moins de
traverses,
Et je ne sçay quels font
mes plus cruels chagrins
Dans mes infortunes diverses.
Tout sembloit respondreà
mesvoeux,
Tous mes Serins avoient
desoeufs, J'attendois de petits une
heureuse abondance,
Mais helas! ainsi qu'en
amour
Je me flattois d'une vaine
esperance.
Quelques-uns n'ont point
veu le jour,
Et les autres font morts au
, point de leur naissance;
D'autres par un plus rude
fore,
Bien beuvants, bien naen-î
géants,drus comme pere
&merc,
N'ont pu s'exempter de la
mort,
Et c'est ce qui me defef-
1 perc.
Helas! qui pourroit Supporter
La rigueur d'un fort si contraire
>
Je vois d'un seul coup em.
porter
Une famille toute entiere
Sans sçavoir qui peut me
rosser.
Ma douleur estoit sans égale
Quandje voyois cette troupe
voler
D'un bout à l'autre de ma
folle,
Et commencer à gazouil-
1er,
Des autres j'oublioisladit
grace fatale.
Ce qui redouble mes chagrins
,
Dans de si funestes outrages
C'est de voir semblables
Serins
De l'heureux Licidas remplir
toutes les cages.
Helas ! ce qui détruit les
miens
Ne porte aucune atteinte
auxsiens;
Ils viennent tous au gré de
son envie:
On diroic à les voir qu'il
leur soufle la vie.
Voila mon fort sur les oiséaux
;
C'est ainsi qu'en amour je
voyois mes rivaux
Heureux & contents dans
leurt chaisnes,
Lorsque je reffentois les
plus cruelles peines.
Quand je vois du fameux
Damon
Les vollieres presque desertes
;
Je devrois trouver dans ses
pertes
Quelque sujet de consolation,
Il en fait tousjours de nouvelles
Et quand , je perds des Serins
gris,
Je vois perir ses blancs,
ses blonds Ces isabelles,
Donc la rareté fait le
prix.
Mais par un long apprentissage,
Damon dans les Serins
presumant tout sçavoir,
Fait& rompt chaque mariage
Selon , que dans sa teste il
Ce forme l'espoir
Dereüssir dansceconcubinage.
Les oiseaux veulent se
pourvoir,
Il faut que l'amour les enga£
c>
Autrement comme nous
ils font mauvais ménage,
S'il caschoit moins d'en
plus avoir, Ilenauroit peut-esredavantage,
Je laisse aux miens les tendres
soins,
Ils sçavent mieux se satisfaire,
Et jene touche à leurvo- :
liere j
Que pour leur donner I
leurs besoins.
Dans mes malheurs que
faut- il faire?
Trouverai - je Iris moins 1
severe?
Retournerai-fous ses loix ?
Non son coeur à mesvoeux
fera tousjours contraire,
Je ne l'ay veu que trop de
,. fois.
- Poursuivons y
Poursuivons nostredestinée,
Il ne faut pas dans un commencement
Se rebuter d'unemauvaise
année,
Danslasuite j'auray plus decontentement ;
Mais' quand rien ne devroit
respondreàmonen-
, )l.' vie
J'aimeiroisencor mieux
me voir toute ma vie
, Malheureux oiseleur que malheureuxamant.
Monsieur Defanierefit
l'ouverture de l'Académie
Royale des Médailles &
Inscriptions, comme nous
lavons annonce - dans le
Mercureprécèdent, par un
Discours fort curieux sur
l'ulage desfeux 0- des illuminations
dans les Fesses facrées
& prophancs.
Il fit voir d'abord que
cet usageaesté sicolemnel
dans l'antiquité, qu'ils'est
confervé si religieusement
parmi toutes les Nations,
& qu'il en cil: parlé si souvent
-
dans les Auteurs facrez&
prophanes, tant
Hifioriens, Poëtes,qu'Orateurs,
que l'on peut dire
que c'est un des points qui
mérité le plus les recherches
des Sçavants. Cette
matière n'avoit point encore
estétrainée à fond,
& elleestoit si estendue &
si vaste qu'il estoit comme
impossible de l'épuisèr, &
tresdifficile de bien ranger
le grand nombre de faits
qu'elle comprend.
-
Pour y mettre quelque
ordre Monsieur Defaniere
adiviséson discours sur ce
lùjet en deux parties. L,"
premiere comprend les
faits qui regardent l'usage
des feux & des illuminai
tions par ra pport à la Religion
: & la fécondé
, ce
mesme usageen tant qu'il
'Ca employc dans les rejoiiifTances
publiques &
particulieres. Mais comme
letemps ne luy permit pas
de faire la levure de cette
Jerniere partie, il se borna
feulement à la premiere
qu:ildivisa en trois articles.
Le premier regardoit l'ufage
que les Juifs en ont
/f
fait pour le culte du veritable
Dieu,usage que Dieu
avoit non feulement ordonné
, mais pour ainsi dire
consacréluy-mesme. Le second traitoit des
abus que les Payens en ont
fait pour honorer les faux
Dieux.
Le troisiéme enfinestoit
employé à examiner si l'ufàge
que les Chrestiens
ont pû faire du feu & des
illuminations dans leurs
festes & dans leurs ceremonies
a fait & fait encore
partiede leur culte religieux.
- X iij
Mr Defaniere commence
l'article des Juifs par
une reflexion générale avant
d'en venir aux preuves
particulières. Il remarque
que Dieu suivant les
divines Ecritures,avoit fait
un choix particulier du
feu pour estre le symbole
de ses principaux attributs
; que par une bonte
singuliere pour ce peuple,
il avoit employé le feu,
pour luy donner quelque
legere idée deson adorable
Divinité par des signes
qui luy fussent proportionnez.
Mais il fallut encore
que les recompenses & les
chastiments en fussent inseparables.
Faut-il s'eflonneraprès
cela si le feu chez
ce peuple tenoit le premier
rang dans les plus augustes
ceremonies de leur Religion
,
si leurs sacrifices &
leurs festes en recevoient
tout leur éclat & leur perscâson,
& si un si précieux
gage estoit si religieusement
confervé dans leur
Temple? 1.
Mais pour faire voir une
espèce de
;
çonfècratiory
plus particulière de cet
élement
,
il fit voir que-
Dieu s'est represèntéplusieurs
fois luy mesmesous
la forme du feu, les exemples
que les Livres sacrer
Juy ont fourni pour prouver
sa prepofirion
,
l'ont
porté à en c.fiablir une autre
tirée necessairement de
la premiere
,
qu'il ne faut
pas après ce la s'efionner
que le culte souverain de
Dieu sesoit fait par le feu:
il trouve egalement de
quoy establir cettedernie- rspropositiondanspltir
sieurs endroits de l'Ecriture
où l'on voit le culte
que Dieu veut qu'il luy soit
rendu par lessacrifices &,
les holocaustes. Le feu sur
roue faifoic l'accom pliflcment
& la perfectionde
lis sacrifices par la consomption
qui s'y faisoitde
certaines parties des victimes
ou de toure la viéïime
dans le sacrifice de
l'holocauste, lequel à cau se
de cela estoit consideré
comme le plus excellent.
Mr Defaniere fit voir ci>.
fuite que Dieu s'est servi du
feu pour marquer que les
sacrifices luy estoient a.
gréables,enfaisant tomber
le feu du Ciel sur la
victime pour la consumer.
Il allégué l'exemple
du sacrifice d'Abel,celuy
fait pour la confècrarion
d'Aaron, celuy de Gedeon,
de David, de Salomon,
d'Helie, & celuy de Nehernie.
Il fit remarquer
que si le feu eftoicuniymbole
si desirable aux adorateurs
de laDivinité,qu'il
n'estoitpas moins formidable
aux transgresseurs
de la loy divine; que si
la bonté de ce souverain
maistre du monde se ma-
- nifeftoitainsi, savengeance
n'en éclattoit pas moins
contre ceux qui estoient
rebelles à ses ordres. Les
preuves qu'il tire de l'Ecriture
pour appuyer ce qu'il
avance dans cet endroit,
font assez voir que le feu
est l'instrument le plus ordinaire
dont Dieu s'est fer- fvi pour la punition des impies
& des insîdelles
,
&
- que c'estpar le feu qu'il
punie & qu'il punira ceux
qu'il a condamnez par fJ.
justice à estre tourmentez ;
éternellement pour leurs
crimes. Après avoir fait
voir l'usage que Dieu a saie
de cet element à l'égarddes
hommes, Mr Defaniere
passe à l'usage que les
hommes en ont fait pour
honorer Dieu
,1 Chez les Jyifs la plus 1
grande marque d'adora- 1
tion du Dieusouverain, I1
estoit le feu continuel qu.
on entretenoit sur l'Autel,
& dont le soin estoit commis
aux Prestres,&;;<jur
istoittellement lié avec le
Sacerdoce du Grand Prestre,
qu'il s'estieignit dés que
Jason (e fut empare de cette
dignité par de mauvaises
voyes. Il s'estoitconservé
auparavant tousjours
allumé & sans alteration,
cache dans un endroit du
Temple pendant les foixante
& dix années de la
captivité de Babylone. Il
ne fut esteint précisément
que dans le temps de l'extindion
du Sacerdoce, prérogative
qui fait çonnoiCtre
que le principal culte
extérieur de Dieu,confit
toit dans ce feu sacré.
Mr Defanïere n'a garde
de passer fous silence les
festes particulieres desJuifs
dans lefqueiles les illuminations
faisoient tousjours
la principalepartie de leurs
devotions & de leurs réioüissances,
non feulement
par rapport aux sacrifïces
qui avoient coutume d'y
cftre offerts, & que le feu
confumoit
,
mais encore
par rapport aux différentes
illuminations qu'on y adjouftoit
pour rendre ces
festes plus auguites.
Il y avoit la feste appellée
accenfio lucernarum à cause
de la quantité des lampes
qu'on allumoit en ce
jour; la feste appeUeecowbujlio
vulpium,en laquelle
en bruistoit des renards en
mémoire de l'histoire de
Sanson ,& generalement
la fin de toutes leurs grandes
fbtcmniccz
,
estoit accompagnéede
feux&d'itluminationsensigne
de
réj uiflance; au contraire
les jours de jeûne, c'etf à
dire,dans lesqûels ils faisoient
mémoire de quelques
évenemens funestes
à leur Nation,etfoientlurgauibforeiesnr&
ténébreux; ils
mesme un jeûne
particulier le 18. du mois
d'Ab à cause que la lampe
de la branche occidentale
du chandelier d'or quiertoit
dans le Templey fut
esteinte sous le regne du -
Roy AKas, regardant cet
accident comme un malheur
confiderable qui al- i
Joit porterungrand préju- 1
dice au culte qu'ils ren-
< doient à Dieu.? 4 A
A l'égard du fecond
article qui regarde l'usage
des feux & des illuminations
parmy les Payens ,
Mr Defaniere prouva sort
solidement que cet ufa ge
a esté un des points lesplus
dfentiels de leur Religion;
il allegua rAuteur du Livre
de la Sagesse pour faire
voir que ces peuples abandonnez
à leurs egaremens
:' se portèrent à rendre un
culte souverain à cet éler
ment;ils luydreiTerent des
Autels, luy firent cond
cruirc des Temples, luy
insticuerent des Sacrifices,
& luy establirent des Pree.
très. S. Augustin cherchant
lesmotifs de ce cul.
te parmy les Nations en
soupçonne deux principaux,,
le premier, la connoissance
que ces peuples
avoient que plusieurs victimes
avoient osté confumez
par un feu descendu
du Ciel, ce qui les portoit
a croire que ce ne
pouvoit estre qu'un Dieu
caché fous cette forme le-z
gere ,
l'autre motif , lex~
- perience qu'ils avoient du
mouvement continuel du
feu qui monte tousjours
en haut,ils s'imaginoient
peut-estre, que le feu est
une portiondela Divinité
qui est auCiel vers laquelle
il tend à se réunir en en-*
levant avec foi les victimes
; delà vient qu'ils
estoient persuadez que
plus il avoit paru d'activite
& de clarté dans les
sacrifices
,
plus la vic',Iimc
estoit receuë favorablement.
Mais Ciceron fournit
une raison plus plausi.
ble
,
lorsquil dit que IA
necefficé&.l'utilité ont
porté les hommes à qualisier
du nom de Dieu les
choses qui leur estoient
d'un plus grand secours &
dont ils avoient le plus de
besoin
,
c'est aussi ce qui
les engagea à avoir pour
le feu ce mesme ésgard ôc
a le considerer comme un
veritableDieu.
,
lt.
Le Soleil d'abord fut
l'objet de leurs adorations,
& peu de tems après le
feu qui en estoit une émanation
selon leur TIICOICH
gie, merita qu'onlui rendift
le mesmehonneur.
Les Egyptiens furent les
premiers qui lui rendirent
le culte souverain, & toutes
les nations les ont fuivies
sur cette croyance.
L'on apprend par les Auteurs
sacrez & prophanes,
que ce culte estoit répandu
generalement parmy
les Chaldéens, lesAssyriens,
les Medes, les Babylonieris
,
les Perfesles
Lybiens
,
les Grecs,les
Romains, les Germains
-
6c parmy les Celtes. Mr
Defaniere fit observer que
pour distinguer ce cuIre
d'avec celuy qu'ils addref.
soient au Soleil; ils y firent
présider de certaines
Divinirez qu'ils regardoient
comme le feu met
me, tantost c'estoit Vulcain,
tantost Vesta, tantotf
Promethée,& tantost Bacchus.
Il se trouve une aisez
grande conformitéparmy
toutes les Nations sur ca
qui regarde ce culte, s'il y
a quelque difference ce
n'est que sur les ceremonies
de leurs sacrifices,fut
le genre desvictimes,&
sur leurs Prestres. Les Perses
dans de certains jours
de l'année mettoient la Divinité
du feu sur un cheval
blanc, & luy faisoientfaire
plusieurs fois le tour de
leur Temple leurs Rois.
suivoient cette pompe accompagnez
de toute leur
Cour.
C'estoit une coustume
generale parmy tous ces
peuples de consèrver un
feu sacré dans leurs Temples
qu'ils regardoient
comme un gage précieux, : auquel estoit attachée la
durée de leurs Empires. il
y avoit des Prêtres desti-:
nez uniquement a cette,
fonction; les Chaldéens,
les Affynens, les Medes,
les Baby loniens & les Perses,
commettoient cesoin.
à des Mages nommez à
causede cela Pyrettes.
Parmi les Grecs la conservation
du feu sacré eitoic
confiéeà desVeuves,&
chez les Romains à des
Vierges que l'on appelloir
Vestales. L'on avoirattaché
à ce
ministeredespré
rogatives singuliéres&excelleLites.
1
cellentes
*, mais aussi la négligence
de ceux qui en
faisoient les fondions eftoit
punie avec la derniere
rigueur. Quand il arrivoic
par malheur que ce feu
s'esteignoit, il n'estoit pas
permis dele rallumer avaC
du feu ordinaire,on se fervoit
des rayons du Soleil
que l'on réunissoit avec un
instruméc qui formoic une
cavité triangulaire, qui par
sa forme rassembloit les
rayons au point de son centre,
afin de leur donner la
force d'enflammer la matiere
sur laquelle ondirigeoit
ce foyer de rayons.
Le Temple bastienl'honneur
de Vesta par Numa
Pompilius, n'estoit pas le
sèul à Rome où l'on conservoit
un feu sacre
,
l'on
enconservoit encore dans
les Temples des Dieux anciens.
Le feu estant reconnu
pour une Divinité parmy
toutes les Nations, on
Juy offroit par une consequence
necessaire des fa-s
crifices, mais les victimes
n'estoient pas lesmesmes
par tout. Les uns fc fervoiéc
d'animaux, & les autres de
victimes humaines; on ne
les égorgeoit point, mais
on les assommoit à grands
cou ps de massuë de bois,
Ces. sacrifices se faisoient
toujours avec grande ceremonie
& grandes dépenses
, les Prestres en tiroient
ordinairement quantité de
présages ;
si leurs divinations
ou augures se prenoient
du costé de la fumée
qu'ils y observoient,
ils les a ppelloientCapromanties,
s'ils les tiroient
du feu mesme ils les nommoient
Py romanries. Il
n'estoit pas permis de se
servir d'autre feu pour con.
fumer la victime que de ce
feu sacré; celuy qui auroit
estéassezhardy pourvouloir
l'esteindre avec de
l'eau, auroit passé dans l'efprit
du peuple pour un
athée, & auroit esté puni
sur le cham p.
L'entrée des Temples où
l'on con servoit le feu sacré
estoitfermé pendant la
nuit à tout le monde, &
pen dant le jour les hommes
avoient liberté seuleftiem
dentrer dans celuy
auquel les Prestres estoient
préposez, & les femmes
dans celuy dont les Preftrefles
avoient la garde;
de toucher ou regarder ce
feu passoit pour un sacrilege,
il en cousta la privation
dela veuë à Metellus
pour l'avoir voulu sauver
de l'embrasement dutem.-
ple de Vesta ; c'est ce qui
a porté plusieursNations à
ne point se servir du feu
pour bru ler les corps des
morts. Dioscoride rapporte
qu'un certain Persan
nomme Euphrates dessenditpar
cette raison de bruler
son corps a près sa morr,
dans la crainte où il etoit
que son attouchement ne
caufaft quelque soüilleure
a une chose si fainte & si
respectable.
Deux accidens fâche*'ux
pour le Dieu du feu luy
firent beaucoup perdre de
son credit parmy les peuples
,
l'un arriva par l'artifice
des Prestres de Canope
Dieu des Egyptiens
qui demeura victorieux du
Dieu des Pcrfes après un
desisolemnel fait entre ces
deux Nations sur le pouvoir
de ces deuxDivinitez;
le second lorsque l'Empereur
Heraclius ravagea
toute la Capadoce & la
Perse & en abolit le culte
dans plusieurs Provinces
de ce pays où il etoit
establi.
Passons presentement à
ce qui se pratiquoit dans
les Temples de ces Dieux.
Mr Defaniere se sert du
témoignage de Strabon,
par lequel l'on apprend
que parmi les Orientaux
au milieu de ces Temples
estoit un Autel, sur lequel
il y avoic de la cendre
pour couvrir ce feu qui
ne devoit jamais s'éteindre,
les Pyrettes leurs Mages
entroient tous les jours
dans ce Temple pour y
chanter pendant l'espace
d'une heure, se tenant
prosternez devant ceDieu,
ayant en leur main un
faisseau de verges, & sur
letesteunethiare de laine
qui leur couvroit la plus
grande partie du visage;
&asin de se rendre plus
respectables quand ils sortoient
de ces Temples,
ils avoient coutume de
porter une branche de
laurier dans une main,&
de l'autre un flambeau allumé.
L'antiquité Romaine
nous apprend que dans
le Temple de Vesta
,
il
n'y avoir aucun fimulacre
de Divinirez, que le feu
sacré y estoit conservé
dans une Urne de terre
suspenduë en l'air, que
les Vestales veilloient jour
& nuit successivement &
que le grand Pontife les
visitoitdetems en tems.
Tous les a£tes des Pavens
estoient tousjours accompagnez
de lumiéres, vouloient-
ils addresser des
voeux à quelques-uns de
leurs Dieuxou lesremercier
de quelque grace ou
bienfait qu'ils croyoienc
en avoir reccus; ils allumoientune
grande quantité
de lam pes devant leurs
Images & sur tout devant
celles des Dieux Lares &
des Dieux Penates; s'ils
faisoient des alliances &
des sermens ils en prenoient
le feu pour témoin
,
en un mot leurs foyers
estoient regardez comme
une chosesilainte qu'ils y
faisoient présider des Divinitez
particuliéres, ils
se servoientencore du feu
pour découvrir les coupables
quand leurs crimes
ntefioient pas bien averez
d'ai lleurs,on les faisoit
approcher de l'Autel de ce
,
Dieu, on leur ordonnoit
ensuite de poser la main
dessusle feu, &s'il arrivoit
qu'ils ne tesmoignassent
aucune émotion, on
les jugeoic innocens, &
on les renvoyoit absous.
Cette pratique pourroit
bien avoir donné lieu à
pareil usage introduit parmy
les Chrestiens d'Occident
dans le huit & neuviémesiécle,
à l'esgard
de l'espreuve du fer chaud
pour découvrir les criminels.
Mr Defaniereobserve
que plusieurs Divinitez
avoient besoin avant que
d'estre admises au rang
des Dieux, d'estre purisiez
par le feu, tels que les
Empereurs & autres particuliers
pour lesquels on
faisoit des consecrations
publiques
;
les Roys, les
Mdgistrats les Prestres
parmy plusieurs peuples
ne pouvoient faire les pre.
mieres fonctions de leur
employ sans estreaussipurissés
par le feu, afin de
rendre leurs actions dans
la suite plus pures &plus
justes. C'est pour celaaussi
que l'on voyoit à Arfcne
au milieu de l'endroit où
l'Areopage se tenoit une
Statuë de Vesta, & que
l'on plaçoitaussi dans le
Vestibule des Palais des
Rois la Statuë de cette
Déesse afin de leurs apprendre
aux uns & aux
autres qu'elle seroit témoin
de leurs Ordonnances &
de leur conduite.
Les Payens avoient SLUC
siplusieurs Festes establies
en l'honneur de plusieurs
Divinitez où l'usage des
feux& des illuminations
contribuoit à les rendre
plus augustes & plus éclatantes.
Mr Defaniere s'est
borné aux Egyptiens, aux
Grecs & aux Romains, il
parcoure toutes les principales
Festes de ces peuples,
& il fait un détail de toutes
les réjoüissances & des
festins qui avoient tousjours
coustume d'accompagner
ces fortes de solemnitez.
Je ne puis rien vous dire
sur le troisiéme article
qui regarde l'usage des
feux & des illuminations
par rapport à la Religion,
parmy les Chrétiens. Mr
Defanierese trouva borné
par l'heure & ne put achever
la lecture de ce troisiéme
article.
INFANTERIE
devant Landau.
BATAILLONS.
Navarre 3
La Marinnc 3
Poitou z
Tallart z
Dauphin 3
Saillans 1 LaChenelay 2.
Orleans z
Vermandois JL
Rouergue 2.
Sourche
- z
Medoc z :
Provence z
1 Toulouse
1
Touloule FPlanedrresigordI2z. Xaintonge. 2.
Beaujolois
2r Perry i
Auxerrois z. Royal Bavière i
Dillon i
Lagcrvefaisx Bout bon z
A1face +
Villars 3 Brendelc 3 Royal Artillerie
2r Bombardiers i
Total. 60
CAVALERIE.
ESCADRONS.
Royal 3
Cuirassiers 3
Dauphin J
Chartres 3
Dutrone 3
Villeroy 3
Hudicourt z
Bonzol L
Aubusson J,
Rennepont *
Saint Germain J,
Marcillac ,,-.tt x
Saint Pouanges
Biffon. 1
Roye 2.
Fontaine 2,
Total 39 DRAGONS.
MeftredeCamp 3
Dauphin
p
3
Foix-3
Le Chevalier de Belleifle
Total12.3
Par le Courier arrivé le
20. de ce mois la Tranchée
doit s'ouvrir le
2. 4.
La nouvelle Edition des
Essais ôc Recherches de
Mathématique & dePhysique
de Mr Parent, contenant
deux anciens volumes
fort augmentez, & un
troisiéme tout nouveau, se
vend actuellement chez JNully,ruësaint Jacques,
& C. Jombert, attenant les
grands Augustins ,
six liv.
reliée en veau.
Entrée de Milord Duc de
Sbrevvsbury,Ambassadeur
Extraordinaire de la Reine
de la grande Bretagne, 79
Parodie de l'Enigme dont le
motestle fleuve, 88
Enigme
, 92
Parodie de l'Enigme dont le
rasoir estle mot, par Madame
de Z. 95
Enigme -98
LaBravoure prudente
,
trait
d'histoire Arabe, roo
Morts, 111
Donsdu Roy, It?
Suitdutroisiéme, MémoireK
•
de 1.4 melodieydelà quinte
complément er repliques
lu
Extrait du Traité de Paix ,
entre la France ~& le Portugal
conclu à Utrecht le
11. Avrily 186
Traité conclu le II. Avril1713.
à Utrecht entre le Roy de
France ~& le Duc de Savoye,
193
Nouvelles d'Andrinople,204
Lettre de l'Armée, au Camp
de Spire le &c. 2.1.9
Harangue faite au Roy, c~
prononcée par Monseigneur
le Cardinal de Polignac
226
Les Serins par Mr le M.
GALANT.
A PARIS,
M.DCCXIII
AvecPrivilegedu Roy.
JM( E R C lUf'R R GALANT.
Par le Sieur DuF***
Mois.
de Juin
1713.
Le prix est 30. fols relié en veau, &
25. (oIs) broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JO L LET, au Livre
, Royal, au bout du Pont S.Michel
du cocédu Palais.
PIERRE RIBOU,à l'ImageS. Louis,
sur le Quay des Augustins,
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la ruë
duFoin, du côté de la ruë
Saint Jacques.
jh teéyrobAt\on,&PrivilègeduRei.
MERCURE
1 GA LA NT.
AVANTURE,
ou Historiette nouvelle.
LES DEDITS.
Ommc il ne faut
juier de rien
,
aussi
ïlc doit-on jamais faire
ded.édits confiderables. -
Lavolonté des hommes
est trop changeante,celle
des femmes l'est encore
plus ; M de toutes les
femmes que j'ai jamais
connues, la plus sujetta
à changer,c'est certaine
veuve, dont je vais vous
conter l'avanture.
Cette veuve erolttresvive
dans ses desirs
, SC
dans lesaffaires qui dépsndoient
de sa têteelle
ne laissoit aucun intervale.
entre la volonté s
l'execution > en moins
de rien en elle tout devenoit
passion, jusqu'à
ses vertus: en un mot
elle étoit excessive en
tout, hors en confiance.
Un jour cette veuve
capricieuse se prit d'amitié
dés la premicre
vûë pourune autre veuve
qu'ellc rencontra
chez une personne de sa
connoissance. Cette séconde
veuve étoit d'une
humeur gaye, enjoüéc,
ne cherchoit qua se rejoüir,
§£ l'unique chagrin
quelle eûtrepenti,
cetoic la morede son mari,
encore ne dura-t-il
guercs, & n'empêcha;
pas qu'elle ne devinft amoureuse
d'un jeune
homme aimable. Elle en
fut passionnément aimée.
Elle relit bien voulu
époufer : mais elle avoit
si peu de bien, qu'.
elle n'ellc pas pû le mettre
à son aire, lui qui
n'avoit rien du tout. Ils
se plaignoient un jour
l'un à l'autre de l'injustice
de la fortune, qui
ne leur donnoit pas seulement
de quoy contenter
leurs desirs sages &
reglez, pendant que l'autre
veuve étoit assez riche
pour fuivrc à grands
frais ses idées les plus extravagantes.
La veuve
enjouée,mais qui pensoit
serieusement au solide,
imagina un moyen
de mettre à profit les ca;
prices de la riche veuve.
Puil quelle veut lier sicteté
avec moy , dit-elle
à son amant,ilfautque
cesoit elle qui mus marie
Il ses dépens. Hé comment
cela, répondit le
Cavalier? felon le portrait
que vous m'en faites,
elle nest pas femme
à faire plaisir à personne,
que par rapportà ses
fantaisies.C'estpourcela
reprit la veuve, que je
ne serai pas grand férupule
de tirer parti de ses
caprices. Apres avoir rêve
un moment, la veuve
enjoüée fie un projet,
& voici comment elle
commença à executer.
-
Premièrement elle reçut
avec beaucoup de
froideur les avances d'amitié
que lui fie l'autre
veuve, que nous nommerons
Belise, pour cacher
son veritable nom.
Belise donc fit à celle-ci
toutes les avances de l'a- -~
miriéla plus tendre,
L'autre veuve reçut sesj
offres d'amitié avec
unef
indifférence, une froi-j
deur qui eût rebuté Belife,
si elle n'eût pas été
d'un caraétere a s'animer
par les difficultez.
Elle fut d'autant plus
empressée au prèsdecet- -
te nouvelle amie, qu'-
elle la trouva insensible
à Ces empressemens. Enfin
poussee à bout par
son indolence affecte,
elle la conjura de lui diire
pourquoy elle ne répondoit
point,du moins
parpolitesse, aux avances
d'amitié qu'elle lui falfoit. lui répondit
la veuve enjoüée,
parce que je ne veux point
être de ruas amies. L'aveu
est brusque, lui dit
Belife. Et sincere, repartit
la veuve. Qu'avez-
vous donc trouvé
enmoy,répliquaBelise,
qui puisse m'attirer un
pareil mépris? Loin de
vous méprtftr> reprit la
veuve, ce(l parce queje
vous estime trop que je
veux rompre av,c 'vous;
car quand je fais tant
que de m'attacher, ceji
pour long-temps. Je (ça;
que vous rictes pas capable
d'une amitie durable:
mais supposé que vous
Irvous fixassiez, pour moy,
il me resteroit encore une
raison plus forte dene me
point attacher à vousi ceji que vous pensez, diton,
à vousremarier , &
je ne veux point être Camie
d'une femme mariee.
Ce discours parut bigearre
à Belise, qui lui
dit qu'elle ne pensoit
point àCe remarier:mais
que quand elle se remarieroit,
elle ne comprenoit
pas que cela pût
faireobstacle à leur amitié.
C'en est un invincibleyreprit
brusquement
la veuve folâtre; ep-cë
qu'unefemme mariée peut
avoirdes amies ?avec une
femmemariéeplus desocieté,
plus dejoye, son humeur
saigrit9son esprits'émous-
Je3 &soncoeurs'endurcit.
Belise protesta que jamais
un mari ne la feroit
changer d'humeur, &:
qu'elle: en avoit déjà fait
l'experience.
Ilm'importe, continua
; l'autre, st) pour mon reposseul
à moy je ne veux
point m'atacheraunefemmemariée
; il mefaudroit
partager avec elle tous les
soinsde son ménage, j'en
auroti la tête pleine , je
seroispresqueaussi mariée
qu'elle; elle se prendrait à
moy des brusqueries deson
mari , & son mari me
rendroit responsable des
bigearrertes desa femme;
il me faudroit être conswolatrice
perpétuelle de leurs
chagrins, si) pige assiduè
de leurs querelles dome-
(tiques s & en voulant
les remettre bien Funavec
l'autre, je me ferois
hllir de tous les deux.
Cette veuve continua
ainsi en riant de faire à
l'autre un tableau siaffreux
du mariage, quelle
commença à l'en dégoûter,
& lui donna en
deux ou trois jours tant
d'aversion pour les maris
, qu'elle se voüa au
veuvage avec tout le zele
& toute la ferveur
dont elle étoit susceptible
ble dans ses nouveaux
entêtemens. La veuve
rusée feignit d'être de
moitié dans un voeu qui
devoit rendre leur amitié
durable, 8£ proposa
à l'autre de faire entr'elles
un dédit de trente
mille francs pour ce lle
qui voudroit rompre un
voeu si prudent, Le dédit
fut resolu, & elles
choisirent pour dépositaire
un ami commun,
ou-
plutôt un ami tout
dévoué à la veuve, SC
qui ne connoissoit Belife
que parce que l'autre
lui en avoit ménagé la
connoissance pour venir
à bout de ses desseins.
Voila donc le dédit
fait & consigné ; il s'agit
à present de le faire
payer à Belise, & pour
cela elle trouva moyen
de lui faire voir son amant,
dont nous avons
déja parlé. C'etoit un
jeune hommeaimable,
insinuant, & capable de
faire tourner la tête à
toutes les veuves qu'il
entreprenoit.Il trouva
la riche Belife digne d'être
dupée: mais il avoit
peine à se resoudreà
tromper. Il refusa d'abord
lacommission:mais
son amante luidit qu'en
unbesoin elle lui permettroit
de vouloir serieusement
époufer Belise
; qu'il n'avoit qu'à
lui plaire dans cette intention,
pour ôter tout
scrupule.Enfin,sans plus
examiner ce cas de conscience,
il s'attacha à Belise;
il ne fut pas longtemps
sans la faire repentir
du voeu qu'elle
avoit fait de ne se point
remarier. Elle n'osaconfier
son amour à son a,-
mie, jugeant bien qu'-
elle feroit sans quartier
sur le dédit: mais enfin
cet amour devint si violent
, qu'ellepria son
amie de vouloir bien
composer avec elle & la
quitter du dédit pour
moitié. L'amie rusée lui
jura que dans un autre
tems elle n'en auroit pas
rabattu une obole: mais
qu'un procés important,
pour lequel elle avoit befoin
incessamment de
vingt mille francs,l'obligeoitàluienremetre
dix.
On marchanda, ôc
l'on convint enfin que
Belise mettroit vingt
mille francs entre les
mains du dépositaire,
pour être remis après le
mariage dans celles de
l'amie;moyennantquoy
Belise prendroit desmesures
avec cet amant
pour le mariage. L'argent
pour le dédit fut
déposé, fous condition
qu'on ledélivreroit dans
huitaine à l'amie
,
aprés
lequel temps elle vouloit
les dix mille écus
entiers; ce fut la convention.
! Belife ne pouvoit avoir
aucun soupçon sur
le jeune amant: elle scavoit
qu'iln'étoit pas riche,
& ne croyoit pas
feulement qu'il connût
son amie. Elle se pressoit
donc de conclure dans la
huitaine prescrite: mais
l'amant lui faisoit naître
d'un jour à l'autre des sujets
de retardement si
vraisemblables
,
qu'elle
nepouvoit se défier de
lui. Enfinlahuitaine étant
échuë, le Cavalier
fit paroître un obstacle
insurmontable, qui differoit
le mariage de quelques
jours. Sur quoy l'amie
feignant d'estre fort
pressée pour son procés,
quitta le dédit pour les
vingt mille francs comptant,
& Belife les fic
livrer, dans la certitude
où elle étoit de son mariage,
pour ne pas donner
les dix mille écus entiers;
& ce fut déja une
partie
partie de la dot que cette
pauvre veuve destinoit
à son jeune amant,
en cas qu'il ne fust pas
obligé d'honneur à tenir
parole à Belife : maison
esperoit qu'elle romproit
la premiere, & ce fut
pour la mettre dans son
tort qu'on lui tendit un
fecond paneau.
Dés que la veuve eut
touché l'argent du premier
dédit, elle ne songea
plus qu'à en tirer
un second;&travaillant
en apparence à presser le
mariage de son amie Be
de son amant,elleleretardoiten
effet. Ceprocedé
n'étoit pas dans la
regle severe des bonnes
moeurs : mais l'amour
& la necessitérelâchent
souvent la morale. Nos
deux amans justifioient
tout ceci par leur intention;
car supposé, disoit
l'amant, que Belife persevere
dans son amour,
je ne puis en honneur
rompre avec elle, & il
faudra bien l'épouser. Et
siau contraire, disoit la
veuve ,
je fais que Belift
change la premiere,
il est juste qu'elle paye le
dédit de soninconstance.
Est-ce trop exiger d'el-
JeJ disoit l'amant, qu'un
mois de confiance? Il
faut absolument que je
fasse un voyage en Province
pour mes affaires:
si vous venez à bout de
la faire changer avant
mon retour, merite-telle
que je lui sacrifie l'amour
que j'aipour vous ?
2Sfon vraiment
,
répondit
la veuve ; voyons
doncsifkcon/lanceest à
l'épreuve, du paneau que
je vais lui tendre.
Aprés qu'ils eurent digeré
leur projet, le Cavalier
alla trouver Belife,
& la fit convenir
de la necessité de son
voyage. Quelques jours
aprés l'amie
,
qui commença
d'être la confidente
de ce mariage,
dit au Cavalier, en presence
de Belife, que puis
qu'il ne pouvoit pas époufer
avant son départ,
il faloitdumoins qu'il
lui signât une promesse
de mariage, avec un dédit.
La proposition fut
goutée par Belise ; on fit
le dédit de dix mil écus,
&leCavalier partit réellement
pour un voyage
necessairescar toute cette
intrigue se traitoit
moitiéfranchise, & moitié
tromperie de la part
des amans. Le Cavalier
vouloit de bonne foy
s'engager par ce dédit à
époufcr Belise, si elle
persistoit dans le dessein
de recevoir sa main. C'étoit
donc ici une véritable
crise pour nos amans
;car la jeune veuve
se voyoit dans la necessité
de rendre Be1
lise inconstante dans un
mois, ou de lui voir
épouser sonamant.
La jeune veuveavoit
été recherchée par un
jeune Conseiller trésaimable,
mais qu'elle n'avoit
jamais pû aimer.
Ce Conseiller étoitassez
mal dans ses affaires,
pour souhaiter de les rétablir
par un riche mariage.
Elle lui fit confidence
de tout ce qui s'étoitpassé,
& lui dit que
s'il vouloir longer serieusement
à se faire aimerde
Belise, elle pourroit
bien la lui faire époufer.
Le Conseiller,
dont l'amour étoit fort
ralenti, con senti t à tout
ce que luiprescrivitcelle
qu'il avoit fort aimée,
& voici le jeu qu'ils
joμüerent.
Un jour la jeune veuve
parut accablée de chagrin;
& Belife lui en demandant
lesujet,ellelui
dit, que quelque force
d'esprit &C quelquegayeté
qu'elle eust toujours
affc&é d'avoir elle ne
pouvoit surmonter une
forte patTion qu'elle avoit
- encore pour un
hommes dont l'indifference
la defoloit ; que
cet homme n'avoit jamais
rien aimé vi vement
, & n'etoit capable
que d'une amitié confiante
qu'il avoit encore
pourelle,inais quinesufsifoit
pas pour un coeur
sensible à Tàmour. Ce qui
m'asstige depuis quelques
joursyContwuxtc\\e>ct/l
qu'ilpenseàsétablir,~&
qHilepouseunefemme bïgearre;
avec qui je ne pourai
jamaisavoir aucune
haifbn ; il faudra que je
rompeaveccetamisolide.
Ensuite cette adroite
veuve fit un si beau portrait
du Conseiller à Belife,
qu'ellelui donna envie
de le voir. Elle ne
l'eut pas vû deux fois,
qu'illui parut plus aimable
que l'absent. Il s'attacha
à elle de meilleure
grace que l'autre, qui
tout occupé de son amour
pour sa veuve, n'avoit
pour Belise qu'une
politesseforcée. En un
mot le Conseiller fut aimé,&
parconsequent le
Cavalier absent fut haï;
car lavivacitédeBelise
la faisoit toûjours passer
d'une extrémité à
-
l'autre. La voila donc
entêtée du Conseiller,
& fort embarassée de
l'absent, quiarriva justement
pour se faire haïr
encore plus, en pressant
ce mariage. Alors Belife
ne peu saplus qu'aux
moyens de s'exempter
du dédit: elle con sulta
son amie, qui feignit
d'abord de croire la chose
impossible. Ce jeune
homme-la, luidit-elle,ne
iejt attachéà VOIN que
par interet : vous JugeZj
bien qu'ilprofitera de votre
inconstance pour gagner
dix mille écus, en se
débarassant d'un mariage
qui lui eut été à charge.
Ilmenafait une fois conjidence,
tt)je n'ose pas
vous dire mes sentimens
sur la folie que vous faites
s car vous êtes trop
occupée de vos entêtemens,
vous rompriez, avec moy. Alaù, continua-t-elle,
ily a bien plus; c'estque
depuis son retour il ma
paru prendre beaucoup de
plaisir à me confier ses
chagrins, &je me trompe
fort çln'a un peu de
goût pourmoy. Ohplust
au Ciel, reprit vivement
Belife, plust au
Ciel qu'il fust amoureux
de vous ; ce feroit
un moyen de l'obliger à
se dédire le premier,&
nous romprions but à
but.
Mais, répliqua la
veuve,faites-vous attention
qu'iln'est pasajftz,
riche pour avoir véritablement
envie de vous - quitter pourmoy? que
gagneroit-il en perdant
vos dixmil ecus ? Cette
conversation ne fut pas
poussée plus loin, & la
jeune veuve se contenta
dedisposerinsensîblement
Belise à payer le
déditavecmoins de peine.
LeConseiller redoubla
ses empressemens
pour elle ; & l'autre en
la pressant d'executer sa
promesse, lui dit qu'il
croyoit ecre engagé
d'honneur à lui declarer
qu'il étoit amoureux de
la jeune veuve; qu'il ne
vouloit pas la tromper
là-dessus: maisqu'en même
temps il lui declaroit
qu'il étoit tout prêt à ligner
un contrat malgré
cet amour. Les choses
resterent quelque temps
dans cet état: mais enfin
Belise
Belise impatiente se resolut
à donner un air de
generosité à la démarche
qu'il lui faloit faire: elle
alla trouver son amie,
& lui dit que si de bonne
foy elle étoit resoluë
d'épouser celui qui étoit
si passionné pour elle,
elle donneroit volontiers
les dixmil écus, non pas
commeun dédit,mais
comme un present de
noce à celle qui lui avoit
procuré la connoissance
de son cher Conseillers
Cette proposition ôta
tout scrupule à nos amans,
parce qu'en effet
ces deux mariages étant
faits, Belise fut si contente
des procédez de
son époux, qu'elle ne
regretta jamais les cinquante
mil francs qu'il
lui coûta pour avoir le
plaisîr de se dédiredeux,
fois.
Rêjoüissances faites au sujet
delapaix.
Parmi les empressemens
des peuples à faire éclater
leur joye aux publications
qui se sont faites de la paix
dans toutes les principales
villes du Royaume, par les
actions de graces qu'ils en
ont renduës à Dieu, & par
les réjoüissances publiques
qui ont étéfaites, les habitans
de laville de Chartres
.te. sont fort signalez
,
surtout
les Juges-Consuls &
Corps des Marchands.
Le il. de May ils assemblerent
tous les Membres
qui composent les Corps
de la Juridiction Consulaire,
des Marchands, &
Communautez de la ville.
Après une distribution d'aumônes,
qui fut faire à plus
de trois mille pauvres en
l'Eglise où fut chanté le Te
Deum par le Doyen de la
Cathedrale,ensuite duquel
ils ,allerent à la place publique,
où étoit dresse un
feu d'artifice'," lequel!fut
allumé par le grand Juge
en Charge des Consuls
avec des fréquentés acclamations
de joye, & de
voeux pour la santédu Roy
& de toute: la Famille
Royale.
DON DV ROT.?
: LeRoy a donne' la Charge
de Grand Aumônier de
France au Cardinal de Rohan.
Le grand Aumônier de
France est le premier des
Officiers Ecclesiastiquesde
la Maison du Roy;ilest
,
considerécommel'Evêque
de la Cour. Il est Commandeur
de l'Ordre du
Saint Esprit dés qu'il est
nommé à la Charge de
Grand Aumônier, & ne
cesse point de l'être tant
qu'il en est revêtu. C'est un
honneur attaché à sa dignité
par l'institution de
l'Ordre en 1578. article10. Il
fait à present ferment de sidelité
entre les mains du
Roy, reçoit celui des Officiers
de la Chapelle,& donne
des certificats de ceux
que sont les Prelats entre
les mains de Sa Majesté ér.
nt àl'Eglise. Il disposè des
fonds destinez pour les offrandes
& aumônes, a l'intendance
& adminiltration
des Hôpitaux des quinze
vingt aveugles de Paris, &
des huitvingt de Chartres,
dont il donne les places,&
jouit de plusieurs autres prérogatives.
Il donnoit anciennement
les provisions
de la plus grande partie des
Maladeries de France, avant
leur reünion aux Hôpitaux
deslieux. Geofroy de
Pompadour est le premier
qui a été qualifié grand Aumonier
du Royen i486.fous
le regne de Charles VIH.
Ses successeurs en cette
Charge ont continué à
prendre la mêmequalité
iusqu'àAntoine Sanguin,dic
le Cardinal de Meudon, qui,
en fut pourvu par le Roy
François I. en 1543. fous le tittrreeddeeggrraannddAAuummôônniieerrddee
France; ce qui a,été fuiyi
par tous ceux qui en ont
été revêtus après lui.
On a si souvent parlé de la Maison
de Soubize,qu'on renvoye le lecteur à
ce qu'on en a dit dans les Mercures
precedens.
On a donné dans le dernier
Mercure les Extraits des
Traitez de Paix avec l'Angleterre
&laHollande:
Voici un Extrait de celui
qu'on a publié entre la
France& la Prusse, conclu
à Utrecht le i1. Avril
1713.
41.
Au nom de la tres- Sainte
Trinité. sOit notoire à tous, &c.
quependant le cours
d'une guerre longue & sanglante,
dont l'Europe a été
affligée pendant plusieursannées;
il a plû à la Divine
Providence de préparer à la
Chrétienté la fin de (es maux
en conservant un ardent dé
sir de la Paix dans les coeurs
de Trés- Haut Très- Exccl-
*lenc & Très - Puissant Prince
LOUISXIV.par Ja Grace
de Dieu, Roy de France 8l;.
de Navarre, &c. &
-
de
Très-Haut Très-Excellent
& Très-Puissant Prince
FRÉDÉRIC /; GUILLAUME ,
Par la Grace de Dieu, Roj^
de Prude, Margrave de BrandebourgArchi
Chambdan,
& Prince Electeur du Saint
Empire, Prince Souverain
d'Orange,&c.
ARTICEI.
Cessation de tous Actes
d'hostilité, & promesses de
se garantir réciproquement
de tour dommage, & de fc
procurer toutes sortes d'avantages.
II
Promesse par le Roy de
Prude de retirer de bonne
foy toutes ses Troupes,
tant des Pays- bas que d'ailleurs,
& de ne les faire servir
durant la pre fente guerre
contre le Roy Trés-Chrétien,
fous quelque pretexte
que ce soit, au delà du contingent
qu'il cft obligé de
fournir en qualité de membre
de l'Empire.
III. &IV.
Oubli & amnistie reciproque
pour les Vassaux & Sujeu.,
,
V.
Prisonniers de guerre delivrez
sans rançon de parc
& d'autre.
VI.
Continuation & exécution
du Traité de Vestphalie
rant pour le spirituel que
pour le temporel
,
&c.
VII
Gueldres., Espagnoles que
poflcde le Roy de Prusse &
tous droits, &c. cédée à perpétuité
par Sa Majestétrès-
Chrétienne, en vertu du
pouvoir qu'elle en a du Roy
Cat holique, cette cession
avec la claure expresse
que l'Etac de la ReliligionCatholiquesubsistera
dans lesdits lieux cedez tel
qu'il étoit avanr leur occupation,
& sous la domination
des Roys d'Espagne,
sans qu'on y puisse rien
changer.
VIII.
Le Roy de France cede
à perpétuité au Roy de
Prusse dans le haut quartier
de Gueldres,lePays de Kessel,
& le bailliage de Kric-
Kenbech: avec appartenances
& dépendances, &c. à
condition que l'Etat de lareligion
Catholiquesubsistera
dans lesdits pays& baillage,
&c. comme dans l'Article
ci-dessus, Sa MajestéTres-
Chrétienne promet de faire
fournir la ratification du Roy
Catholique de cet Article &
du septiémequi le précède,
& de la délivrer dans deux
mois.
IXLe
Roy TrèsChrétien reconnoistra
le Roy de Prusse
pour souverain de la Principauté
de Neuschâtel & Valengen,
&c. & en bissera
joüir les habitans, dans tout
le Royaume de France & des
mesmes immuaitez, pfivikges,&
c. dont jouissent ceux,
des autres Pays de la Suisse
&c. : X
En équivalent desdires
cesssions cy dessus le Roy de
Prusse renonce par le present
Article tant pour luy que
pour ses successeurs&à perpétuité,
en faveur du Roy
trés-Chrétien & de ses successeurs,
à tout droit sur la
Principauté d'Orange &sur
les Seigneuries & lieux de la
succession de Châalons&
de Chastelbelin, situéesen-
France dans la Comté de
Bourgogne, avec les charges
aussibien qu'avec les émolumens
presens & futurs sans
rien reserver, &c. Et pour
plus grande validité de ladite
renonciation, le Roy cte
Prusse se charge de satisfaire
les héritiers du feu Prince de
Nasseau Friseau (ujet de leur
prétention sur ladite principauté
& lesdits biens énoncez
cy dessus moyenantun
équivalent; & au surplus
il fera libre au Roy de Prusse
de revêtir du nom de Principauté
d'Orange, la partie
de Gueldres qui luy est cedéc
par leTraité sait aujourd'huy
&d'cn retenir le Titre
& les Armes.
XI.
Le Roy de France & le
Roy de Prusse confentenc
que la Reine de la Grande
Bretagne qui a tant contribué
a la conclusion de la
Paix, & tous autres Potentats
ou Princes qui voudront
entrer dans de pareils cngagemens,
puissent donner au
Roy de France& au Roy de
Prusse leurs promesses & obligations
de garantie de
l'execution & observation
de tout le contenu du present
Traité.
XII.
Tous les treize Cantons
Suites avec tous leurs Alliez
nommément la Principauté
de Neuschâtel & Valengen,
la République & Cité de
Genève, &c.lesVilles de S.
Gal & de Mulhausen &c.les
trois lignes Grises, dépendances,
&c. feront compris,
dans le present Traité.
XIII
Cette Paix ainsi concluë,
les soussignez Ambassadeurs
Extraordinaires & Plenipotentiaires,
promettent de la
faire ratifier pour sa Majesté
trés-Chrétienne & par Sa
Majesté Prussienne, & d'en
fournir & faire échanger ici
les AGtes. de
ratification
dans l'espace de quatre Temaines
, ou plustost si faire
fc peut.
En foy dequoy & pour
plus grande force,lesdits
Ambassadeurs '- Extraordinaires
& Plenipotentiaires
ont souscrit de leurs mairtë
propres, le presentTraité ,
& Lut ap oser leurs cachets.
Faic à Uttreche le onzième
jou; d'A ril, l'an de Grace
mil sept cent treize.
Signé,
L. S.HUXELLES.
L.S. MESSAGER.
L. S. O. M. DE DONHOFF.
L. S. J. A. MARSCHALCH.
DE BIEBERSTEIN.
ArticlefefAré.
Le Roy de France ayant
reconnu le Roy de Prusse &
lui voulant bien accorder
tous les honneurs attachez
à la dignité Royale, &c.
promettant pour luy que
pour ses successeurs & de la
part de Philippe V. Roy
d'E[pagnc &.. Successeurs
ayant pouvoir de Sa Majessé
Catholique, &c. Ils
donneront déformais à perpétuité
au Roy de Prusse &
successeurs, &c. le titre de
Majesté, & feront rendre
à leurs Ministres du premier
& fécond ordre les mesmes
,
honneurs, anciens & nouveaux,
qu'on rend aux autres
nMéinisetress d.es testes couron- .,'.r
Autre Articleséparé.
Que le Roy de Prusse évacucra
la Ville de Rhirftberg
après la conclusion de
la Paix prochaine del'Empire
sans préjudicedesprétentions,
moyennant liquidation
& satisfaction à Sa
MajestéPrussienne.
Uouvelled'Angleterre.
)'! .•i .• On mande de Londres
que les difficultés formées
par les Etats de Zelande au
sujetde l'Electeur de Baviere
ont été levées, que les Communes
avoient présenté deux
adresses, à la Reine; l'une
pour la prier de faire remettre
devant la Chambre une
estimation des sommes necessaires
pour l'entretien des
Troupes durant les six premiers
mois de cette année,
& l'autre pour l'Artillerie
qu'on a accordé, que le 15.
May le Chevalier Robert
Davers presenta un projet
p'Aae pour suspendre pendant
l'espace de deux mois,
tÜnjJQ(t de20.liv sterlinpar,
tonneau de vin de France;
que les Seigneurs avoient approuvé
le projet daâc de la
taxe sur les Terres;que le
même jour on avoit fait la
plublication de la Paix entre
la France & l' Angleterre, au
bruit des Trompettes, des
Timbales, des décharges réiteréesdel'Artillerie,
& aux
acclamations d'un nombre
infini de peuple. Le soir il y
eut par toute la Ville des réjoüissances
& des feux de
joye. Que les Communes
avoient presenté une adresse àlaReinepour la prier de
faire communiquer à la
Chambre le Traité fait avec
les Etats Généraux, touchant
la barrière & la garantie de
la succession à la Couronne,
avec la copie desinstructions
& des ordres donnez
à ceux qui l'ont conclu. Que
le ip. la Chambre avoit resolu
d'accorder à Sa Majellc
six cent trente six mille huit
cent quatre-vingt huit livres
sterlin pour l'entretien des
Troupes de terre durant les
six premiers moie de cette
année. Que le 10* le Viccomt:
de Bullingbrok Secretaire
d'Etat, avoir delivré
aux Seigneurs un message de
la Reine qui contenoit que
suivant la prérogative indubitablede
la Couronne, de
la Paix & la guerre, elle avoit
ratifié les Traitez de Paix &
de Commerce faits par son
ordre avec la France, &
qu'elle avoir ordonné de les
leur communiquer.
Le 18. de May le Duc
d'Aumont donnaen réjouie
sance de la Publication de la
Paix unefête magnifique à
tous les Seigneurs & Dames
de la Maison de la Reine.
La Comtesse de Rochester,
Dame d'honneur de Sa Majesté
dont elle cft parente,
fut priée de faire les
honneurs. Il y eut trois
tables de vingt, de trente &
quarante couverts, avec
Concert & Bal; la nuit il y
entra untres-grand nombre
de Masques, àqui on distribuades
rafraîchissemens en
abondance; on donna au
peuple & aux soldats du vin
& de la biere; tout a esté si
bien reglé, qu'il n'y a eu aucun
desordre. On a fait dans
lesVilles& les Bourgs des
Provinces de grandes réjoüissances,
le peuple temoigne
pnaratoiurteun.e joye extraordi- JOYC extraor
Nouvellesd'Utrecht.
Les Lettres d'Utrecht
portent que le Duc d'Ossone
avoit eu plusieurs confcrcnces
avec les Ministres des
Alliez, & qu'il attendoit de
jour en jour d'Angleterre
le Marquis de Monteleon
pour terminer sa negotiation
; .& le Baron de
Kirchacr troisiéme Pleni-
.J
potentiare de l'Archiduc en
partit le 17 May, avec le
Secretaire de l'Ambassade
pour aller à Dusseldorp, &
delà à Vienne, & que les bagages
du Comte de Sinzendorf
avoit dejà pris la même
route;qu'il y avoit peu d'apparence
que la Cour de
Vienne voulut accepter les
conditions qui luy ont été
offertes. Que les Ministres
des Princesdontles Troupes
ont été congédiées par les
Etats Généraux, avoient
presentédes memoires pour
les faire payer des atterages
quileur sont dûs; que lapluU
part marchoient vers le Rhin
joindre l'armée de l'Empire,
que les Etats du Pays de
Liege avoient fait signifier à
l'Assemblée d'Utrecht, une
protestation contre le i6°
Article du Traité de Paix
fait avec cet Etat; par lequel
on consent qu'ils mettent
garnison dans la Ville & 1er
Chasteau de Huy, & dan$
la Citadelle de Liege. On
mandede Namut du 6. Juin
que les Troupçs Holbn*
ldaoiVseislléçto,&iedncaeqnstlreéeCshadQaen?sq; -le
le ip. May, & qu'enmême
tems celles de France étoient
entrées dans Bethune & dans
Saint Venant,& qu'on devoit
continuer jusqu'à l'entiere
évacuation des places
cedécs de part & d'autre.
Nouvellesd'Espagne.
Les Lettres de Madrid
portent qu'un Commissaire
Portugais y étoit arrivé avec
trente mille écus en lettres
dechange pour payer les
provisions qui ont esté fournies
aux Tronpes Portugai-
Juin 1713. G
ses sur leur route en retournant
par terre de Catalogne
en Portugal.Que Sa Majesté
avoit accordé divers Privileges
à des particuliers qtfi
ont établi à Valdemors, qui
n'est éloigné que de quatre
lieuës de Madrid, des Manufactures
de Draps fins.
On mande de Lerida, que les
Troupes des Royaumes
d'Arragon & de Valence * s'avançcrent verscetteVille;
que le Duc de Popoli qui éft
nommé pour les commander,
devoit partir dans peu
avec Don Joseph Patinno
quiétoit ci-devant Intendant
de l'armée d'Estremadure.
On écrit de Balaguer, que le
Marquis de Cera- Grimaldi
avoit fait entrer dans le Château
d'Ager un ,grand con- voy, escorté par le Colonel
Don Dionisio Martinez de
la Urga, avec sept Compagnies
de Grenadiers & soixante
chevaux: qu'ensuitele
même Colonel avoir chiffe
les Miquelets du Font de
Montfort sur la Noguera
Kilo CGorrçana: qUII l'avoit
fait brûler, & raser le Fore
qui le couvroit. Les dernieres
Lettres de Madrid
portent que le Duc de Popolienétoit
parti le 18.May
pour aller en Catalogue,où
il doit à son arrivée trouver
toutes les Troupes assemblées
au rendez vous marque;
celles de Barcelone
portent que le General Staremberg
étoit fort occupé à
contenir & appaiser les peuples
irritez des desordres que
commettent les Troupes Allemandes,
d'autant plus
qu'elles ne font pas payées
& qu'elles manquent même
de pain; qu'il attendoit le
Vice-Amiral Jennings avec
l'Escadre Angloise qu'il commande,&
les Bastimens de
rranfport, pour faire embarquer
& transporter en
Italie toutes les Troupes Allemandes
qui font en Catalogne;
qu'il tenoit toujours
en arrest le Commandant
des Troupes qui campoienc
aux environs de Tarragone,
& le General Raphaël Neboty
avec quelques autres Officiers
pour leurs concussions.
Nouvelles d'Allemagne.
L'Archiduc conrinuë de
faire Ion sejour a Luxembourg
où l'on tient souvent
des Conseils, ausquels le
Prince Eugène & les autres
Ministres assistent, pour deliberer
sur lesaffaires presentes.
On assure qu'il a esté
résolu de continuer la guerre
contre la France; jusqu'à ce
qu'elle eut accordé à cette
Cour des conditions plus avantageuses
: qu'outre les
trois Regimens qui ont ordre
de venir de Hongrie, on
fera encore venir deux autres
bataillons de Baviere:qu'on
en attend deux autres d'Italie.
Les Lettres de Vienne
du 20.May portent que le
¡".:.\t>.,. ~<e ayant pris
congé de l'Archiduc & de
l'Imperatrice Eleonor partit
le 18.' pouraller commander
en chef les Armées de rEm.
pire & de l'Archiduc.
Entrée de Milord Duc de
Shrewsbury
,
Ambassadeur
Extraordinaire de la Freine
de la Grandt Bretagne.
Mylord DucShrewfbury,
Ambassadeur Extraordinaire,
&Grand Chambellan
de ta Maison de la Reine de
la Grande Bretagne fit son
Entrée publique e*n cettc
Ville le 11 May.
Le Maréchal d'Estrées &
le Chevalier de Sainctot,lntroducteur
des Ambassadeurs,
furent le prendre dans
les Carosses du Roy, à la
Raquette.
Ordre de la Marche.
Le Carosse de l'Introducteur.
Le Carosse du Maréchal
d'Estrées,précédé de ses
Ecuyers & de quatre Pages
àcheval.
Deux Couriers de la Reine
de la Grande Bretagne à
cheval.
Ving t- quatre Valets de
pieds de l'Ambassadeur.
Son Escuyer, & six Pages
à cheval.
Le Carosse du Roy, dans lequel
étoient l' Ambassadeur,
le Maréchal d'Estrées & le
Chevalier de Saincto)t.
Ccluy de Monseigneur le
Duc de Berry.
Ccluy de Madame la
Duchesse de Berry.
Celuy de M~mc.
Ceux de Monsieur la
Duc d'Orleans & de Madame
la Duchesse d'Orleans.
Celuy de la Princesse de
Condé.
LeCarosse de la Duchesse
de Bourbon.
Celuy de la Princesse de
Conti Douairiere,
Ceux de la Princesse de
Conti &duPrince de Conti.
Ceux du Duc du Mayne
& de la Duchesse du Maync
Celuy de la Duchesse de
Vendôme.
Celuy du Gonut de Toulouse,
Ensuite fuivoiert les Carosses
de l'Ambassadeur qui
étoient des plus magnifiques,
suivis de ceux de plusieurs
SeigneursAnglois, & de
celuy du sieur Prior, Plenipotentiaire
de la Reine de la
Grande Bretagne.
Sitost qu'il fut arrivé à
l'Hostel des Ambassadeurs
Extraordinaires, il sur complimenté
de la part du Roy
parle Duc dela Tremoille,
premier Gentil-hommedela
Chambre de Sa Majesté.
De la part deMonseigneur
le Duc de Berry par le Marquis
de Bethune premier
Gentil-homme de sa Chambre.
De la part de Madame
la Duchesse de Berry par le
Comte de Sautnery son premier
Maistre d'Hostel.
De la part de Madame,
par le Marquis de Mortagnc
son premier Ecuyer.
De la part de Monsieur le
Duc d'Orleans par le Marquis
de Simianne son premier
Gentil-homme de la
Chambre.
1
-
De 1« part de Madame la
Duchesse d Oi leans, par le
Marquis de Saint Pierre son
premier Escuyer.
Le 13. le Prince Charles
de Lorraine, & le Chevalier
de Sainctot, allcrcnt prendreMylord
Duc de Shrewfbury
à l'Hostel des Ambassadeurs
Extraordinaires dans
le Carosse du Roy, & le conduisirent
à Verfailles à sa première
Audiance publique.
Il trouva à son arr ivée les
compagnies des Gardes Françoises
& Suisses fous les armes,
& lesGardes dela
porte & ceux de laPrevoisité.
Il fut reçû par le Marquis
de Dreux Grand Maistre
des Ccrémonies & par le
sieur des GrangesMaistre des Cérémonies, >
Les Cent
-
Suisses étoient
en habit de cérémonie, la
Hallebarde à la main, & par
le DJC de Charost Capitaine
des Gardes du Corps qui
étoient en haye & fous les
armes, à la porte & en dedans
de la Sallc des Gardes.
Apres quoyil fut conduit
aux Audiances de Monseigncur
le Dauphin, de Monseigneur
le Ducde Berry, de
Madame la Dchcftcdc Berry
,
de Madame, & de Monifcur
& Madame la Duchesse
d'Orléans,
Il fut traité magnifiquement
avec tous les Seigneurs
& Gentils-hommes de sa
fuite, pur les Officiers du
Roy, &reconduitàl'Hostel
des Ambassadeurs Extraordinaires
par le Chevalier de
Sainctot, dans le Carosse de
Sa Majesté.
Parodie de l'Enigme,
dontle motest
le Fleuve.
UnFleuve dansson lit
couchesans couverturej
Ne dort que rarementi:
Sans estrevifil est toûjours
en mouvement:
Et n'aimant point le vin
en boit par avanture.
Malgré le Champenois
dontla lourde voiture
Met, pour parlerfigurement,
Le dosdu Fleuve à la
torture.
Le Fleuve, boit le vin
répandu par malheur,
Tel qui dans un Bateau
s'expose à la fureur:
A deux doits de la mort
subite
Sur toute autre-chose
medite,
En luy confiant ses
Tresors.
LeFleuvechangeantd'eau,
change vrayment de
, Corps;
Il estpourtant toûjours lemême.
A qlu'ealquiembaiegneuse qui
ilp:ère innocement ses
bras.
Bras de Fleuvese dit, ne
le critiquez pas.
Baigneuse, entrant dans
l'eau, le tein pâle &
l'oeilbas,
Voit le brillant du Fleuve
avec indifférence:
Et sans chagrin aussi soûfre
son inconstance.
Elle s'oppose à son penchant:
Il la fuit, il la cherche
& même en la cherchant
Usurpe les faveursmais
avec non-chalance:
Car honny foit qui mal
y pense.
ENI G M E.
Quand de fitbjtance
humaine on m'a forméle
corps,
On dit que les sorciers
avec moy sont bien
forts.
Le
Lougarotu
fait m'a
presence:
Le Filourdy fait mon essence:
Car sansluy mon corps
abatH
-
N'auroit pas la haute
vertu,
Quifait qu'avec refpeét
par fois on me contemple.
sefuisfimelle au Bal, (7 jefuismâleauTemple.
Véconome m'enferme un
temps danssa maifort,
Et me donne la vie en motant de prison.
Tant que je suis on me
mutile,
Excepté quandjesers lit,
Ville.
Lateste chaude& lepied
froid,
Jesuis chausséfort à Tetroit
Et lors qu'on me p-romène
avec mes camarades
, Le timide Bourgeois a de
tristesaubades
Mais il ritbienaussi
9 dans l'endroitoù nous pent.
Celuy qrù nousmonte, &
descend
Là nous mouronsfouvent
de ce derniersuplice ,
Pouravoir aupublicrendu
trop deservice.
Parodie de l'Enigme.,
dont le Rasoirest le
mot, par Madame de
Laun,&-c.
LeRasé ne dit mot
&faitleJacquemard.
Psouurrlpeau que leRasoir chairfajïec*
LepatientestauJuplicc, cart,
le bassin luysertde carcan,
Le Barbier met ion cuir
au tan,
Par moy le vieux avare
enfinse martirise;
Luy-même de luy-même
il devientl'écorcheur , Etsursa peau me donne
prise.
Pourfrustrerdeses droits
son adroitgouverneur,
Rajeunissant les vieux,
Rasoirleurfaithonneur:
Le vieillardfrais rasé
croit
- -
croit tjfre enson jeune
âge
Rasoir Àunafiajpn9
Jadisservitlarage
Et quelque Chirurgien,
sen servit par pitié
Rasoir coupant les corps
prendl'hommepar le
pied
Leurfaitfaire laide grimace
Tant mieux pour qui
Rasoir coule légerement
Dans la route qu'un
Rasoir trace
Nulnel'arresteimpunément.
JEe NrèuIffuGfouMvtntEfa.ut
éducation
A m'élever pourtant
maint homme s'emprej*je
Pour contentersa passîon
On m'enchaîne dans ma
jeunesse.
Quandd'unCompagnon,
jeune & mort
On vient à doubler ma
figure.
Malgréluyje prend mon
effort
Un vilainsans pitiéme
met à la torture
Je vis & ne respire pas
Maisje brille aprés mon
trépas
Aprés avoir brillé ma
Carriere cftfinie
Serviteur à la Compagnie
Quoyque faye bon pied
bon oeil
Mourant d'un trattre
coup, on met au
f
Cerceüil. v .:. -
- *;
LA BRAVOURE
I.- prudente. Í.
Trait d'Hfloirc Arabe. ABdolema étant à la
guerre dans le Pays
Corassan, fous le General
Rouché, Heros de
la race de Molhab. Un
brave de l'armée, ennemie
sortit des rangs pour
défier en combat singulier
le plus vaillant de
l'arméedeRouché; Sc
les deux armées convinrent
de ceder à celuy qui
vaincroit pour son parti,
un certain poste qui eut
faitégorger beaucoup de
soldats.»
Ce brave dit à celuy
qui vintcombatrecontre
luy, dis moy cft tu le plus,
ruai/tant homme de ton
PaysjcarJlmnel'estpas
je ne daigneray me battre
contre toy. Je ne sçais si.
je le suis, répondit }'autrè>..
c'est à toy d'en faire l'épreuve
pour me l'aprendre,
le combat fut rude
& le Corassien ne tua
son homme qu'au dépens
de plusieurs blessures qu'il
enreceut.
Ensuite il fit seulement
bander ses playes, & dit
qu'il s'était aperçu que le
pied avoit manqué par
malheur à celui qu'il avoit
tué, Se que ne
croyant pas sa victoire
legitime il vouloir combarre
un second ad versaire
:- tu as tort, la partie
ne fera plus égale, luy
dit quelqu'un deson parti,
car te voila plus icible
8Cplus fatigué que tu
n'étois5 maïsaussi reprit
le brave, n'auray- je à faire
qu'à un homme moins
redoutable, car le premier
en vaillance étoit
celui qui s'est presenté
d'abord, & pour le (è*
cond, je n'ay pas besson
de tant de force,ce second
vint, & ill'abatit à ses
pieds; mais le voyant
mort, il trouva encore
quelque raison de scrupule
sur sa victoire,& soûtenant
qu'il ne l'avoit pas
vaincu de bon jeu; il en
voulut voir un troisiéme.
Son General ayant apris
ses deux combats, lui
envoya dire qu'illuy defendoit
d'en tenter un
troisième, comment donc
répondit-il fierement,
mon General ne m'estime
gueres, ou bien il est
trembleur desontempera~
ment, & ainsi il ne mc"
rite pas de m'avoir à son
Je^tcc; après avoir dit
fierement ces paroles, il
demandaobstinementun
Champion, alors Rouché
commenda à Aboudoulema
de Ce presenter pour
combatre le fieràbras,
qui les infultoit* Abou;
doulema s'excusant prudament
, Rouché en h
pressant, lui dit for le
champ ces vers , vos.
Ayeuls ne vous ont-ils
donc pas laisse pour héritage
,l'amour & le desir
de mourirpour moy * non.
pas répondit Aboudou..
lelna, carfay renoncé a
leurfacctjjion;cependant
reprit Rouché, je t'ay vtr
brave en mille occasions,
ouï répondit Aboudoulerna,
maisma vie est
pleine d'avions temerai-.
res, je fuis âgé &- je veux
laisser dans mes ans un
peu de place pour les
actions de prudence;
mais reprit brusquement
Rouché, cesse donc de
prétendre à la gloire 8z
à la paye de ton Prince..
pour lagloire ellea déjà
volé d'Orient jufquen
Occident, elle est deja
trop loin pour revenir sur
Jes pas, à l'égard de lapaye
Je la reçois pour combatre
mais non-pas p ur estre
tué,cevilain Carajfiien
ne me traiterapas mieux
qu'il afait les autres;
mais dit Rouché, je n'ay
rien de meilleur que vous
la luy oposer,le voilà qui
s'impatiente,&je vais
vous5livrer à lui malgré
vvoouussyppuuiiffqu'ainficjt,répondit
Aboudouema
ilfaut partir, mais le
voyage de l'autremondeefi
grand9ilmefautpour tentreprendre,
une bonne &
friande provision de vins
& devivres;aussi-tost
Rouché chargea un ECclave
de gasteaux, de
viandes, de fruits & de
vins exquis, ensuite Aboudoulema
suivi des
provisions> tira son épée,
marcha vers son
ennemi, & quant il en
fut assez prés pour lui
parler, il lui dit brave
: CorajjienfçaveTyouspar
avarrtu requi ejiAboudoulema,
ouïdit le Goraffien
& si vous l'eltes vous
estes digne de me combatre,
je lefuis répliqua
jiboudoulema, &sivous
112.1croyeZ digne de vous,
vous dcvcZJ croire que je
ne veux point me battre
avec avantage5 vous
avez* perdu vosforces en
tuant deux hommes, il
faut les réparer en buvant
& mangeantavec
my» je crois que cela est
prudent, repris le Corallien
feroce, buvons
donc eniemble avant
que de nous égorger ensemble,
é,gorgerfoitreprit ^ibdoulema; mais je
lieux que ma villimefoit
refaite &en bon point9
pour mériter d'eflre immolée
par moy ; ainsi pour
repaitreen repos9je ruais
feindre de fuir devant
vous, & vous me futt¡;
reZAfin de nous dérober
a la vue des deux armées
& la coupeà la main je
vous chanttray une petite
chanson Arabe de mafaçon:
tout cela fut executé
sur le champ, & comme
Aboudoulema étoit
éloquent sur tout àtable,
il profita de quelques
plaintes que lui fit le Coraffien
sur, ce que son
General luy avoit defenduce
troisiéme combat;
il acheva de luy persuader
que ce General ne meritoit
pas qu'il portâtles
armes pour lui, & qu'au
contraire Rouché efiimoit
tant les braves gens
& étoit si brave lui-mesme,
qu'ilmeritoit un
ami commele Corallien,
enfin Aboudoulenla, à
force d'eloquence & de
bon vin, piqua au jeu le
Coraflien
)
le mena à
Rouché au galop, Rou.
ché fut surpris de les voir
revenir enlemble, Aboudoulema
lui dit.,Seigneur,
voici un camarade que j'aygagné pour vous.,
vous vouliez que nous
nous egorgeassions, nous
avons employé ce temps
à boire à vostre lante,
n'avons nous pas mieux
fait; Rouché, sans rien
répondre tira son épée
nue, elle étoit garnis de
pierres précieuses d'un
grand prix, il la donna
au Corallien lui disant
-fi pouravoir bien combatu
moy contre je te fait
ce prêtent, juge de ceux
que je te feray quand tu
auras combatu pour moy
le Corallien lui dit,,
Seigneur c'est assez de
mon épée pour te servir,
garde la tienne, celle
de mon General est beaucoup
plus riche, cest
celle-là que je veux gagner,
car ilma méprisé,
tu as raison, dit Rouché^
mais c'est à faire à moy
à la luy oster pour te la,
donner;cela dit,Rouché
se lnit à la telle de son ar-.
mée ayant à ses costez le
Corallien & Aboudouma,
ils marchèrent aux
ennemis & firent tous
trois des actions si extraordinaires"
qu'ils gagnerent
une victoire
complette: Rouché joignit
le General , le combatir,
le bIelfa, ledesarma,
&fit prefentauCoraffien
de lepée qu'il desiroit
donnala sienne à Aboudoulemà,
il leur donna
deux des premieres.
places de son armée qu'aucun
ne leur envia,ayant
été témoins de leurs hauts
faits d'armes.
MO R T S.
Messire Antoine le Févre-r
Chevalier,.. Scigntur de la*
Malmaison & de Bissy, Con.
seiller & Doyen de la Cour
des Aydes,âgé de 80- anSJ
moins deux mois, mourut
le 19May,ilavoir esté re^fr
Conseiller de la Cour des
Aydes le 29. May 1656.il
avoir épousé. le 30. Juillet
1663. Dame Anne Marguerite
Auzanet dont il a laissequatre
enfans, sçavoir, FrançoÍÍe
le Févre de la Malmaison,
Concilier au Parlement,
& Commissaire aux
Requestes du Palais; Antoine
leFévre de la Malmaison re.
çû Chevalier de Malte le 17.
Janvier 1688 Anne leFévrc
de la Malmaison, Religieuse
Professeenl'Abbaye de Lon..
champs, & Catherine le Févre
de la Malmaison, veuve
deN. de Bonnouil, Introducteur
des Ambassadeurs
dont elle a deuxenfans.
Messire Antoine Portail,
Chevaher, Conseiller honoraire
de la grande Chambre,
mourut le9 Juin1713. iletoit
Perc du PresidentPortail.
Messire Charles Marquis
de Gaucourt, Lieutenant de
Royen Berry
, mourut le 30.
May, laissant d Albertine
Brigide de laBaume sa seconde
femme un fils qui lui succede
en sa Charge de Lieutenant
de Roy.
DONS DU ROY:
Le Royadonné l'Abbaye
de Saint Germer, Ordre de
S. Benoist, Diocése de Beauvais
à l'AbbéBegon, Doyen
de la Rochelle.
L'Abbaye de l'Etoile, Il OÉm
drc de Citeaux, Diocése de
Poitiers à Don Jean BenoiO.
L'Abbaye de S Sauveur,
Ordre de S.Benoist, Diocese
de Chaalons sur Marneà
'Abbéd- Valcroiss nt.
Le Prieuré de Vesseaux à
l'Abbé de COrHJDt; grand
Vicaire de Soissons.
L'Abbaye de Grosbois,
Ordre de Cîteaux, Diocése
d'Angouleme à l'Abbé Quenel
,
Aumosnier de Monseigneur
le Duc de Berry.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
des Anges, Ord. deSBenoist
Dioceoe de COQtancc; à lit:
Ttarrir rlf* Flrr«.
-' ,-Xr• j*
SUITEDUIII. MEMOIRE
de la Melodie.
DeUQuinte, Comblement
6.Sil'onfaitsonnercft
mêmetempsdeux cordes
égalesLengrosseur & en
ienfion) dont l'une ne soit
que les 7 de Lautre , un
pcurmpins, on - entendra
encore uneconsonancetrésharmonieufe^
ueIon nomme
quinte,dunombre des
fons qu'elle comprend,
comme(UT-, re, mi *sah
sol Les deuxsons quilaforment
sont à la vérité moins !.. unis entreux, que ceux de
l'nniuon &dc l'a^ay^o^
me on l'a dit
leur harmonie est plus glepveéuet<&
i:onpclu;:sf:apnicqpanarci^cdattlf£ir>éjr>:i
comtneiidàio
precodentes
queu cercc' '! harmqak-riui
vient desaritmique(2, GVp,
~mdR&pcvpofensiibfpULpq
où ~£ selon le befoia ; qudia
que chofod'aulfbp^iitfi&i
~d'auffiaigrcatalxb^l'fifprjiîkï
pouvantproceder quedu parfaite
* Le complément de la
quinte est la quarte,parce
que leurs intervales pris de
fuite renferment tous les
sonsquel'octave comprend.
La quarte tient sonnom des
4 sons quellecontient,com-*
me (sol,la,ut.)On la trouve
en faisant sonner enmême
temps deux cordes égales
en longueur & en tenlion,
dÓt l'une n'est que les;
de l'autre,un peu moins.
Elle n'a gueres moins d'harmonie
que la quinte, étant
ouie feule
; c'est pourquoy
on a raison de conclure
aussi que cette perfection
lui convient de sa ritmique
{5,i,i,t,i,3)ou de ses
exposans
, par les raisons
rapportées. On peut aussi
prendre pour ses exposans
96, 'Hr 1 l b r ou lot3 lelon lebesoin.
Au reste la quarte s'employe
avec beaucoup de
succés dans la mélopée,
soit en commençant, soit
dans le progrés du chant,
ou dans sa fin.,& même
plus fréquemment que les
quintes,sixtes & oftaves.,
parce qu'elle estplus aisée
à entonner, & qu'elle est
moins suave que roétave
la quinte, & davantage que
les sextes.C'est pour celaque
les Grecs & les peuplesasiatiques
en ont-fait le fondement
de leur musique,
n'aïant pas eu de conoissance
de la composition. Elle
sert àtemperer la trop grande
douceur des unissons,des
occaves &: des quintes, en
empêchant qu'elles n'affadissent.
Les répliqués de la quin.
te font la ii3 la 19 ,
la 16,
dont les noms se trouvent
tou1\ jours, en ajoutant continuellement
7 au nombre
5
dela quinte; leursexposans
sont(~, '~) qui fc
forment aisément avec
ceux de la quinte ~, comme
il efl évident. Pour entendre
ces répliqués,il faut
faire sonner à la fois deux
cordes égales en tensîon ôc
en grosseur, dont l'une soit
le ~, ou "6, ou de l'autre.
On connoît alors que la
douzième ne cede en rien
à la quinte, &que peutêtre
elle la surpasse en douceur,
les autres allant toujours
en diminuant de beaute
à mesure quelles s'éloignenti
de celles-ci.Et l'on
doit bienremarquerque la
douzième encoresi nanaturelle
;que nonseulementelle
se forme comme
mens a,ventensoufisant
deplus fort en plus fort,
ainsi que l'octave: mais même!
oa l'entend presque
toujoursdans le son des
grands corps mêlée avec
l'oëcave;cë. qui nous fait
connqîtré queles corpsfufiîkmment
longs ne se di-
-vifent- pas feulement en
deux&en quatreparties
par la vertu de leur refforfc
& par le choq de l'air:mais
encore en trois parties égales
& plus, comme on va
le voir. Al'égard des ritmiques
de ces.répliqués,on
voit bien que ce ne sont que
des unités, sçavoir, Ill;
min, ôcc. u-.
•
Enfin les répliqués de la
quarte sont ru,la i8,ia£
qui tirent toujours leurs
noms du nombre:des sons
qu'on y conçoit, lesquels-se
trouvent en ajoutant continuellement
7 à 4. Leursexposans
sont. j,,qu'ilest
aiséde former avec ceux de
la quarte -fj & pour avoir
ces repliques, il faut faire
sonner en,même temps
ddeux coordesnégalets en gros- l'une
soit ou r6, ou de l'autre;
alors on entendra de nou- vellesconsonances,qui
vontcontinuellement en
diminuantde beauté,àmesure
qu'on s'éloigne de là
quarte. Les momens ou
temps de leursritmiques
sont, (3) 3 2.y 1>3* 3>1> 1> J,J)(3,3,3,3,3,1,2.,3,5.
3* b1>l>3)3y3>3>5)
Au reste on peut regarder
la quarte comme une conl
ionanceneutreJdè même
que l'octave, & leurs rei
pliques,ence quelles entrent
danstoutesfortes-de
paillons/-•-ct c.) i » t De la Tierce majeurey cornlement
&répliqués.
#.
7. Sil'on fait sonner cm
semble deux cordes égales
en grosseur & en tension)
dont l'une soit les de/l'autre,
vin peu moins, on en.
tendra.unecontenance, un
peumoins suavequelesprp*
cedentes, c'est à dire un
peuplus piquante, quel'on
peut aappeller aigredouce
,& que l'on nomme tierce
majeure, à cause qu'elle
renferme rrois sons sans
demi-ton,comme(ut,re,
mi ;
sa, loi, la) &c. d'où
l'on peut conclure quecette
douceur, que plusieurs
pareferent même àcelle de
quarte, ne lui vient encore
que de la perfection
de ses exposans (4) On en
peut juger aussi par sa rirmique
(4,1,3,2.2,1,3,4)
qui est médiocrement va-
.i.?
ricç,sansconfusion,&qui
produit un effettrès agreable
à l'oreille. On peur pren..
dre aussi poursesexpolans
~, ou ~- ,
selon l'occasion.
Son aigre-doux a fait que
l'on a été prés de 5000 ans
à la recevoir pour consonance
: mais il y avoic encore
:d'autres raisons qui
combattoient contrelle ,
que l'on verra ci-aprés. Du
reste elle a toujours la préference
dans les passions
vivesaussi-bien que la
quinte, & leurs repliques
comme on le dira en Ion
lieu.
Son complementestla
sixte mineure, ainsinommée
à cause des six fons
qu'elle renferme
,
qui contiennent
-deux demi-tons,
comme (mi,sa, fol^la,si,
ut. ) Pour l'entendreil faut
faire sonner deux cordes
égales en tension & grosseur,
dont l'une soit presque
les de l'autre
;
alors
on a une nouvelle consonance
moins gracieuse que
la precedente, & pour ainsi
dire la moindre de toutes
les consonances reçûës;vulgSiffWnfo
dont-expQfanç
est~,comme onn'en peut
douter par les raisonscidessus
;& par consequent
aussi sa,ritmiquecftCy> 5, *>5>1 4-J) laquellecommence à être
êo.nfti!?;fcomme il est évident.
Aussi rie fait-elle pas
tantdeplaisiràl'oreille que
celle de latierce majeure.
On peut prendre encore
, pour sesexposans~,com-
{hé: 31elpmanifefle. Au
têsté cette consonance est
unede celles qui ont été
rejettéespar les- anciens,
~~?0~~diec~de~an~
?ikes.rçpljquesdéjà tierce
majeure sontla10, la17,-
hbzqy qui tirent toujours
leur?nom&.dtt nombrede
kjuts tons commeilest
ziÇédeIç voir.On.trouve
cesrepliques en faisant sonnçj::
ëxifembiq.dmxcordes?
égales;cml tenGonr
grofleur,dûnfcla- moindre
<ift.prçfque ( dela
pW,Ic)nga)è;-EpqiDÏenaarii
que quela dixmiïiojèfbMoe
peuplusgracieusequela
tiercû:.rrtajcureiy,lai^iefl:
eimàccprkçrpJlufstdloà^ixrc^c-p^mluaiis
5m5m.
fade &plus confuse.Les
rapports de ces repliques
sont donc( K,f,7) parles'
raisons tant rebattuës,ôc
leurs ritmiques font pari
consequent (2,2,1.1, iyzJÇ111r1
) &c. D'où l'on ne
peut douterqu'ellesnempruntenttouteleur
doO^
ceur Aquoyilfaut ajoûter
que la 1,7 est encore Ji,
naturelle ,qu'eliefeforme;
non seulement dans» des
trompettes,&autres inftrûmen$.
à vent, ensoufflant
pandegrejc,demê*n£ que
foQaMCLi tiC?1A même
même on l'entend encore
dans les sons des grands
corps mêlée avec ces trois
dernieres consonances. Ce
qui ne laisse point à douter
que les grands corps ne
se subdivisent encore en
cinq parties égales,tant par
l'action de leur ressort, que
par la resistance de l'air.
Au reste ces divisions naturelles
ne doivent pas être
regardées comme imaginaires,
puis qu'on les apperçoit
à la vue même dans
les tremblemens des longues
cordes tendues, & des
longues tringues de fer retenuës
par un bout fous un
valet de menuisierou dans
un étau de serrurier
,
le
reste demeurant en l'air.
Enfinil est difficile de comprendre
jusqu'oùa été l'entêtement
& la prévention
des anciens, de n'avoir pas
voulu reconnoître ces répliques
pour des consonances,
veu qu'elles necedent
presque en rien à la quinte
& à la quarte, & que la 17
a même une prérogative
que la nature n'a pas accordée
à ces dernieres,C'est
&inùquesouvent,pourvouiloir
rrop.philosophera on
gâte tout. Mais passonsourre,
? z:/ :i:r::iG
- Lesrépliquésde lasi-x.t,e.
mineure sont la 15, la 20,
la*7 mineures, quitirent
tpûjours, leurs!> npms, xlu
nombrede leurs sons. Pour
Jes entendre il fautagiter
enfqmjblç deux cordes égaies
en grqfïeur & jea tçn~ fim » dont la plus courte
fok presque (~, ~, i-) de la
.plus longue , êc on verra
avueemlleenscdiminuent succesde
grâce, à proportion
qu'elles s'eloignent
de la sixte mineure, à commencer
à cette derniere.
On ne peut donc pas douter
que les exposans de
leurs vibrations ne soient
(7> r> )par les raisonsrapportées,
lesquels exposans
se tirent aisément de -5
leurs ritmiques sont (5,5,
5> 1>4> S>S>z>3>S* $"',3il
*»5>5y1> 5'9 5,f}&c.
d'où elles empruntent tout
ce qu'elles ont d'agrément,
puisque c'est. tout ce qui
constituë leur être. Ces contsonances
sont encore de
celles qui ontété rejertées
parles anciens, & ils n'ont
pas eu encela grandtort,
puis qu'ilsignoroient la
composition,&qu'elles ne
sçauroientpresque entrer
dans la melopée qu'en relations.
De la Tierce mineure
, com<• plement,&repliques.
1S. Si l'on fait sonneren
même temps deux cordes
égales en grosseur & en
tension , -& dont la plus
courte soit presque les de
la pluslongue, onaura encore
uneçonfo/itfnçej-^'qui
prend toujourssonnom-du
nombre de ses,£onscomme(
mi,sa,fol,")& dont
le rapport des vibrations
sera ~- par les raisons tant
repetées
, 6c parconsequent
sa ritmique sera (j*i,14 j 3*3>1>4>155)4P*
un peu moins confuse que
celle de la sixte mineure cidessusyaussîcett£
:confonance
est elle un peu plus
gracieuse:mais elle l'est cependantbien
moinsque la
tierce majeure. Onnepeut
donc aussidouterque cet
agrément ne procede de
cette ritmique, ou, ce qui
est le même, du rapport des
vibrations ~,quel'on peut
encore exprimer ainsi ( gi ,
04144) selon le besoin. Au
reste cette consonance 9ojointe
avec la tierce maj7eure
(,) composent la ou :-)canl111e on
le voit en (UT, mi, fol,)
& la même tierce mineure
~76 jointe avec la quarte lÕ8,
composèntla sixte mineure
comme on le,-voIr, en
(MI, sol,ut. )Cettetierce a
eu la même infortune que
les confonáces rejettées par
les anciens, & generalement
par tous les peuples
Orientaux: mais elleen est
recompensée par leprivilege
qu'elle a d'exprimer
la compassion & la tendresse,
en un mot les passions
languissantes, aussibien
que la sexte mineure,
& leurs repliques, comme
on le dira dans son lieu.
Le complement de la
tierce mineure est la sixte
majeure,qui tient son nom
des six sons qu'elle renferme,
entre lesquels il ne se
troutrouve
qu'un demi-ton,
comme dans (UT, re, mi,
sa, sol,la.) On forme cette
consonance en touchant
en même temps deux cordes,
dont l'une est presque
les jr de l'autre. Aprés quoy
l'on ne peut douter que le
rapport de ses vibrations ne
foit }, ou 12 ôcsa ritmique
(5,1,1.3.1,1,3,)qui peut
aller de pair avec celle de
la tierce majeure. Aussi cette
consonance ne lui cedet-
elle point en douceur,
étant même un peu plus fade
: mais la grandeur de son
intervale la rend peu propre
à la melodie
, par la difficulté
qu'il y a de l'entonn,
èr; ainsiellen'y entre qu'
en relation. Au reste elle
èlt cornposée de la tierce
majeure ^} & de la quarte
~>jointes ensemble, comme
on le voit en (UT, sa,
la.) Les anciens & tous les
Orientaux n'ont donc pas
eutant de tort dercjettfcr
cette belle consonance,puis
qu'ilsn'en sçavoient faire
aucun usetquils ne
connoissoientpas mêmeles
relations -.'
4 9.
Lesrepliques de latierce
mineure ~1 sontla10e, la 17e,
la 24emineures, qui tirent
toutes leurs noms dunombre
de> fons qu'elles renferment
On entend ces ret
pliques lors qu'on fait son-
[ ner deuxcordesdont l'unç
cft (h> >i) del'autre,un
peumoins ; &on trouve
qu'elles diminuent continuellement
de beauté, à
{ mesure qu'elles s'éloignent ldela tierce mineure,àcom-
! mencer à celle-ci.On - ne peut pas cependant douter
! que lesexposant de leurs
^hbratiortsne-u>*ent 7"
fy) par les raisonsrapportées:
lesquels exposans se
tirent aisément de ceux de
!â::tîercé mineure {Jb ) & , , que leuragrémentne procedede
leurs ritmiques(5,
1,z,j3; S>4>.rjS*'Si
5>2'>5v5)&c«
Erifirflesrépliquerdelà
sexte majeure ~7 font la;13e;
la 20e ,
la 17? majeures,qui
tirent toûjoursleursnoms
du nombre de leurs [Óns.
On les entend en faisant
sonner ensembledeuxcordeségalesd'alleurs
en tout.
dotit.l'une-est ( ,lu,h,L)tde
l'autre eniçagueur•& on
trouve qu'elles vont toutes
encore en diminuant de
beauté, à mesure qu'elles
s'éloignent dela sextemajeure,
à commencer à celle-
ci. Les exposans de leurs
vibrations sont donc ( lfy 't',
~j )qui se tirentaisément de
~f, & leurs ritmiques sont (3>3>3>1>3-1*3 3yhr)3313ji, , 1>
-3*<3>5*-3>•$•>31»3>3J3>3»
3,3,)"&c., d'oùl'onne peut
douter qu'elles n'empruntentcequellesont4ebeauqtéu,
piulisequse c'est là tout ce constituë.
Des
-
conjôntnces qu'on peut
ajoûter aux precedentes.
-.' 9. Il estévidentque les
consonances considerées.
ainsi par - complemens ôc
répliques se reduisent au
nombre decinqfondament- :
tales
,
tant anciennesque
modernes, majeures & mineures
;fçavqir,l'viaiflAn.f,
l'odrave ,? la;quinte î"at
tierce majeure \,&la tierce
mineure --• ce quidonne
une grande facilité pourles1
retrouver toutes, & les
comparer entr'elles., Suivant
cela l'octave comprend
huit consonances en
tout, en ajoutant aux precedentes
la quatre (-, complément
de la quinte; la
sixte mineure~', complement
de la tierce majeure;
& la sixtemajeure~ complément
de la tierce mineure.
Ausquelles consonances
si l'onajoute trois
repliques pour chacune,
«(lnniflon excepté.) on aura
vingtineuf consonances en
,tp4ç ornais en mê,.me temps
on trouve plusieurs autres
rapports tirez des precedens,
( & qu'on peut par
consèquent nommer musicaux
) lesquels font aussi
simples que plusieurs de
ceux-là. Ces rapports sont
l~es3on(ze5sju3iva4n)s,)( 4-,>~t dont
les ritmiques égalent en
simplicité, en symetrie,Ôc
en variété plusieurs de celles
des consonances reçûës;
ces ritmiques sont (5, 4,1,
5>?>5*hl>4r5H4>4*
J,;,4, l,4,3, '>4>4)'U>2->
1.iji}1 i,z)&c»(4,4?
: 1
4>3>4>4>4> 4> 4>4>1>
h4>4j4)^c* (ï)5y553>5»
5>5>I>4>5*5>4j'J5Î5J5>2'J3>
5,5, 5 &c-&(J>3>3>5»Î»
3>3>3>1>1> 3 , 3>3*3*3 , 3> 3j1?133>5)3>3>3>3>3>3-î
&c. Si l'on veut donc se
donner la peine d'accoûtumer
l'oreille à ces nouveaux
intervales
, comme ona faità la tierce, à la sexte
mineures, & à leurs répliqués,
on aura une nouvelle
conlonance dans l'octave,
dont la replique est*,
-& en tout quarante consonances.
On verra ci-aprés
d'où ces onze nouvelles
consonances sont tirées;
car elles tiennent leur origine
des dissonances,dont
on va parler incontinent,
quoique les intervales-;,
~7, It r, ~n'en retiennent
presque rien du tout,ne
cedant en rien aux consonances
reçûës; ce qui pourroit
même paÍffr pour un
3e paradoxe en musique.
A,'
Mais ce qui doit certainement
passer pour un quatriéme
paradoxe. encette
fciencc, c'est que les inrer-
~Va\l-seisy(t-737i7 --n-- M)IJ<i J>
Tjt ?,tï:r,5)&c.qui
renferment dans leurs ex,
pofans d'autres nombres
premiers que (t93,5) soient
des dissonances, quoique
ces exposans soient aussi
(impies , & leursritmiques
aussi symerrisées & aussi variées
que les precedentes,
comme on peur le voir ici, (ni,&:c ) (i,i, 2, 1. 1,
2.,2.,2.)(),3,1,2..3.2.,1,
3, 3.)453> 1,4 ,z.2.., 4, (mï,&c. ) (z,
~,2. )2, ,1, 1.1, 1, 1, 2.,2;;
a) (î»-3»î»*»*y3- 3-3 ,1)i)
3»3$il(4» 4->Jj4j4>
2..2,,4-)4,,,3,4,4)&c.
D'ailleursces ritmiques
font autant deplaisir à loi
reille
,
étant destituées de
son, que les precedenres,
comme chacun peut le^.
pprroouuvveer rlsooyy--mmêemmee. ..DOolut
peut donc venir cette difference,
qui semblerenverser
toute la theorie dessons
& des vibrations ? pourquoy
faut-il que les exposans
des consonances ne
soient point camposez d'autres
nombres premiers que
des trois ( i,$,y?) & quel
privilege onp ces tro4 &<'
tousles autres 7,11,15, &c.
qui sont en nombre infini?
Certes ce privilege ne peut
venirque de la conformation
de nôtre organe, qui
ne peut admettre d'autres
nombres premiers que ces
trois plus simples. Demême
que ce qui fait que tous
les peuples de cet ancien
continent comptent seulement
jusqu'à dix, & non
.Pasjufqu.,àdouze, cela vient
certainement de ce que la
nature ne nous a donné que
dix doigts , puis qu'ilseroit
>bie#; pluscommode, de
compter jusqu'à douze, par
exemple. Il faut donc necessairement
rappeller ici
la structure de l'oreille humaine,
que nous avons expliquée
exprés assez en détail
dans le premier me- 1
moiredenôtre Mellodie- , où nous avons remarque
que les trois canaux fèmi-j
circulaires du labyrinthe
s'abouchent dans sa cavice
par cinq embouchures seulement,
& non pas par six, 1
commeils le devroient naturellement
û lanature.
ji'avoiirien-affediîé ici de
particulier, deux deces canaux
ayant une embouchure
commune; & cela
non seulement dans tous les
hommes, mais même dans
la plûpart des animaux qui
ont le labyrinthe, comme
on trouve cinq doigts aux
pieds de plusieurs animaux,
de même qu'aux mains ôc
aux pieds de l'homme. Ce
qui faitassez connoître que
cettestructure si singuliere
n'est point un effet ou du
hazard ou d'aucun dérangtement.
Au contraire elle cAfafM telle,pour êtrepro.
pre à recevoir les cinq branches
du nerf auditif, sçavoir
de la partie de ce nerf
bqausie aprés avoir quitté la
du limaçon, entre dans
la voûte, où elle se divise
en cinq rameaux, (demême
que la main en cinq
doigts) dont chacun entre
en chacune des cinq embouchures
de ces trois canaux,
pour se distribuer , &
se perdre ensuitedans leur
perioste. Ilrestedoncmaintenant
d'expliquer commenttoutesles
consonances
precedentes peuvent
s'exs'exprimer
sur ces cinq rameaux
comme sur les cinq
cordesd'unviolon,&d'où
vient;'qu^ils; n'admettent
point d'autresintervales.
Pourentendre ceci, il faut
se souvenir de ce que nous
ayons établi en parlantde
l'oreille,article 15,sçavoir,
qchuaesqsiusnoeiqsouieensets differens
en aucune.
consonanceprochaine avec
leson quilesfrape, ils ne
laissent pas de trembler,
priais d'un tremblement
forcé, ôc qui nedure qu'autant
que dure le son qui les
Juin 1713. O
meut; au lieu que quand le
chassis exterieuraété mis
enconsonance prochaine
avec leson dedehors. par
ses muscles, il en reçoit
alors les vibrations avec facilité
, & les conferve me*4
meaprésque le fonnlagicj
plusdessus.Ilenestdemê- :
me des cinq rameaux du
nerf auditif queje distin- 1
gue en premier second , J
troisiéme, quatriéme &cin- ,
quiéme, en supposant que j
le premierpar sagrandeur,
A: par lanaturedes e/prib
: qu'ilcontient, étant dans j
sonétatnaturel, est disposé
à fairecinq vibrationscontrelesecond
six ,.aii0idans
foudm:naturel aixiQ xres
deux puneaux- sont natuxelleraent
,-entr)eux entier*
•c.c mineure: Ájue Jp même
premier rameaueûHeîmê>-
me avec le troiséime.,aussi
dans son état naturel, en
tiercemajeure ; c'çfi: à dire
AU.II. faitqtaaroe viliraciID-m
contrecelui-ci cinq;qu'il
cil avec le quatriéme, aussi
dans son état naturel, eu
quinte: de sortequ'il fait
deux tremblemens contre
celui-ci trois. Enfinque te
même premier rameau est
en octave avec le cinquième
, ou fait un tremblement
contre lecinquième
deux. Ce qui servira a rectifier
ce qui n'-efl:qu'ébauché
dan^iràrticloi17;dumémoire
cité.!.•: Ceci étant supposé, on
voit déja comme on peut
exprimer les sons /iU'T^
rnifoi,ut) sur lê,premieri
le troisiéme, le quatriéme
Jôc cinquiéme rameaux du
nerf auditif, puisquepour
ceteffet il suffitque l'âme
les mette chacun a l'unisson
des vibrations de ces
quatre. sons, en accelerant
ou retardantle mouvement
des esprits qu'ils contien-,
nent. Pour y exprimer en:,
suite unsa, qui fait la quartravée
UTj il suffitque le
premier rameauUT sesubdivise
en quatre partieségalesparlechoqdel'air,
afin
que trois deces parties ensembleen
puissent recevoir
les tremblemens. De même
le son las'exprimera sur
[le troisiéme rameau ,
qui
yFait mi.) avec lequel il fait
SLuffi [laqu^rtcj.Lefi$cXr
primerasurlesol,avec lequel
ilfait JatierceTnZr
jeure; & pourcelail fuoo
que le ranicau sol se (ubdivise
en cinqpartieségales
par le choqdeTatt\,.,aftù
quequatre de' icçspartie*
faisent ensemble le.si : mais
le, mêmesi s'exprimera encoremieux
surlemi,quand
lelajnefondera pas;car
puis qu'ilfaitla quinté avec
le mi, il suffira que le ra-,
meau mi se divise en trois
parties égales,afinque deux
decesparties eufc-mbl-e fas- i
fent lesi; au lieuque si lç
1a sonnoiten mêmetemps,
ilfaudroitquelechoqde
l'air pûc.exiger-jCCrameau
[deTe subdiviseren douze
parties e'gàles^fïn queneuf
ide cesparties ensemble
[fendillent-«leh^ôc huit le
si'i ce qui n'éstpeut-lêtrç
pasfortdifficile. Enfinpour
le re,ilnepeut mieuxs'exprimerque
sur le loi : mais
comme ilestplus basque
tee sol,il fautpour ceteffet
'l'quelesol lui
-
mêmedescendeàson
o:étqve) & se
diviseensix partieségales,
afinerenl
de le fol naturel, ôc que quatreensemble puissent
fcnnerleJredesire.^
r. Les répliquesbafïess'exj
primeront demêmesur les
mêmes filet?&rclâchez4propos
:maispour lesrepliqués
hautes, ilsuffira que lJait;
du labyrinthe divise les cinq
rameaux musicaux ; par
exemplela replique haute
du sa divisera le cinquiéme
rameau, de même que le
sa bas divise le premier
Pour la repliquédu la, l'aiir
divAlerale troifiélnc: ra- meanJ
meaumien8afin que six
ensemble rendent le la, 6c
trois ensemble sa replique.
Pour le si il y aura deux par.
ties du quatriémerameau
sol, divisé en cinq comme
ci-dessus
, qui fremissant
| ensemble rendront sa repli-
; que.Le mi se diviseraaussi
en trois parties égales, donc
chacune à part sonnera si
replique, lorsque le la ne
sonnera point; & si le la s'y
1 trouve, alors le mi étant di- :vile en douze, comme cidessus,
quatre rendronc la
replique du si, deux sa duplique,
ôc 1
sa tripliquc:
le tout selon les principes
de la division des cordes
ex pliquez ci-devant.
Des consonances composées >
ou accords,
'.:: 10. A l'égard des confoinnaannccees.
s ccoormnppoofsééeess nnoo,mm~r,
méesaccords,comme(UT,
mi, sol,ut) ( LA, ut, mi,
la)&c. je n'en traiterai poinc
exprés,cesujet appartenant
plûtôtà la compofinon.Je
dirai seulement qu'ayant
trouvé leurs exposans (-4',
5,6,8)(10, 1z, 15, 2°-)
&c. on pourra se representer
les ritmiques de ces accords,
en divisant d'abord
une ligne droite en quatre
parties égales, puis en cinq,
en six, & en huit; ou d'abord
en dix, puis en douze,
en quinze, & en vingt, &c.
Ce qui se fait endivisant la
premiere en 120 parties égales
,& la secondeen 60 seulelllent,
&pour les autres à
proportion, & observant les
points où deux ou plus de
fons se rencontrent à fraper
ensemble
: ce que je marque
par des points ainsi,
4>S::**•»
i3,)i5,,i:1i0,:t6,,i,4i,J;,ij : )'($,' 3:1,2:
1: 1,3 : 1,1,1,2:i,1>
1 •1)1:2.:1j1: 3: 1.JI,l"
2: 1,1,1, 3=) & demême
pour toutes les autres
ritmiques plus simples , ou
plus composees indéfiniment;
où ilfaut remarquer
que quoique ces deux-ci
paroissent plus composées
qu'aucunes des consonances
precedentes,cependant
elles le sont moins en urt
sens, en ce qu'elles sont di{.,,
tinguées en plulieurs ritmiquesparticulieres
par differentes
chûtes de coups
forts;ce qui les rend intelligibles.
De la maniere dont les bêtes
goûtent la musique.
11. Il resteroit de dire
quelque chose sur la maniere
dont les bêtes apperçoivent
les consonances,
puisque l'experience nous
apprend que plusieurs sont
trés-sensibles à la musique,
comme nous l'avons déja
remarqué dans le premier
Qaçirçojre. Otlc:s consonances
s'apperçoivent en deua
manieres :
la premiere, par
le plus ou le moins d'ébranlement
qu'elles causent suc
les filets du nerf auditif
comme nous avons dit cidevant,
qu'une corde ébranlée
en meut une autre qui
est avec elle en quelque
consonance prochaine. La
feconde, par leur ritmique.
Mais on ne sçauroit penser
que la ritmique des consonances
cause en elles le plarJ
sir de l'harmonie, sans leur
donneren même tempsune
ame toute semblable à la
nôtre. D'ailleurs on ne remarque
point queles ritmiques
destituées de son leur
causent aucun plaisir,ni qu'0#
elles en marquent aucune
dans leurs cris ou dans leurs
chants; ce qui nous doit
convaincre que leur ame
sensitive est purement Ina.
terietle, & qu'elle n'apperçoit
les consonances que de
>
la premiere maniere,&nul.
lement par leurs ritmiques.
DesDissonances.
12. Il y a de deux especes
de dissonances:sçavoir,les
premières, qu>on peut appeller
musicales, puis quelles
sont cirées des consonances
reçues ou anciennes,&
qu'elles ne sont composées
que des trois mêmes
nombres premiers (z*,3)5 )
qu'elles. Les autres sont étrangeres)
ne pouvant être
tirées en aucune façon de
ces consonances,parce Qlll.,
elles renferment d'autres
nombres premiers comme
(7, 11,13, &c. ) Les dissonances
musicales les plus
communes font le ton majeur
;, qui est la différence
d,e la quarte à la quinte comme sa fol,
différence
de UT saàUT sol,son
complément est la septième
mineure~£, sol sa, &
ses repliques la ,majeure
l, la 16e majeure9r, la 13e
majeure ~f, dont on a fait
de nouvelles consonances :
le ton mineur ~différence
de la quinte 1, à la sixte
majeure ;.', comme sol la,
différence de UT sol à UT
,1a
; son complément est la
7e moyenne }., ou ~i la sol,
ôc sa réplique la9e moyens
ne~r,qu'on a mises avec
les mêmes consonances
:
le
semi-ton majeur différence
de la tierce majeure~5 à
la quarte £, comme mi sa,
différence de Ut mià UT
sa
;
son,complément est la
7e mineure V; sa mi
,
qui a
pour répliques les nouvel-
1les con{f"onances ( J~ l~ )
¡, v, ï; & ses répliqués font la 9e
mineure la 16e mineure &c. le semi-ton mineur,
ou dieze moderne 1; différence
de la tierce majeure.
2 à la tierce mineure £:
comme mib mi, fib si
;
son
complément eR:, la 7e crofmatique
£ mi mib
,
si sib;
& ses repliques sont la 9e
cromatique ~g, la 16e cromanquer,
la 13e cromatique
?y qu'on a mile encore
au rang des nouvelles con-
[onances, aussi- bien que la
26efuperfluër. Outre ces
rdiflonances, il y a encore
les fausses consonances;sçavoir,
la fausse quinte ~3, qui
est composéede la quarte i, & dufemi-tonmajeur ~£,
comme si sa, composée de
si mi, & de mi sa, ou encore
de deux tierces mineures
si re, re sa,& dont le
complément est la fausse
quarrcappeilée triton H, ôc
lesrepliques la fausseuc :£,
&c. la quinte to diminuée
d'un comma) dont 8 r font
le ton majeur)qui est la difserence
de la sixte *-° au ton
majeur,comme re la, en
faisant UT re, ton majeur;
ion complément est la quarte
forte d'un comma la re, sesrépliqués &c.& la tiercemineurefoibled'un
comma
,1'
,
qui est la différence
de la quarte au ton majeur
~%, comme resa,en faisant
toujoursUTre ton majeur.
Son complément eu: la -
sixte majeure force d'un
comma ; & leurs repliques
sont ôce. 27 y-;
&c.dontladernière pour-,
roit encore dans un besoin
servir de nouvelle conso.
nance: ou si l'on fait UT re,
tonmineur, alors la quinte
foible d'un comma est fol
re, ôc son complément la
quarte forte re fol: la tierce
mineure foibled'un comma
est sire, & la sixte majeure
forte re si.
Si l'on veut entendre la
diffoaaflcc'f, quiest une
10e mineure foible, d'un
comma, il ne faudra qu'accorder
quatre cordes d'une
viole de quarte en quarte,
alors la premiere ôc la derniere
touchées. ensemble
rendront cette 10e ; & si
l'on souhaite oüir la difïo—;
nance ~V, qui est une 13e majeure
forte d'un comma ,
on accordera les 4 cordes
d'un violon de quinte en
quinte,&ontouchera feulement
la premiere ôc la
derniere à la fois,quirendront
cette 13e. Au reste
toutes cesdissonances font
d'autant plus dures, que
leurs exposans sont plus
composez, ou leurs ritmiques
plus confuses; ce qu'il
seroit trop long d'examiner
ici.Quant à la maniéré dont
les dissonances s'apperçoivent,
il faut remarquer qu\.
elles se prèsentent de deux
manieres ;sçavoir) comme
sommes ou différences des
consonances ou de leurs repliqués
,comme quand on
sonne à la fois les huit sons (UT, re,mi, sa,sol, la, si,
rut,) oubien seules;dans le
prermier cas elles sont ex*-
primées sur les 5 rameaux
du nerf auditif
; dans le sécond
chacun de leurs sons
rend à ébranler chacun de
ces rameaux, ôc ne le pouvanc
tous à la fois, parce
que ces rameaux sont trop
courts pourune si grande
division, on sent alors une
espèce de combat fort defagreable
,
qu'on appelle dit
sonance, à cause que la divisionque,
chaqueson à
partyproduit est auflitoc^
dértuite par celle d'un au-1
tre. C'est pour cela que
les
incervales qui renferment
d'aud'autres
nombres premiers
que les musicaux 1, 3,5,
sont tous dissonanans,parce
qu'ils ne se presentent ja-
: mais de la premiere maniere,
mais feulement de la féconde,
pour laquellelenerf
auditif n'a point, de fijets
convenables.
Errata pour le commùncem:nt
de ce Mémoiredam II.
Mercureà*Avrïl.1'1;,
•;Page94. ligne ) 16. vibrations
s'accordent. P. 96. l.
troiscoupsyÇQntrè.P. 98. 6.aiifli efi.
P.99 l.14.chacun par une.
P.103.l9 de nombres dont.
P. 113. 1. 10. de ce que le
coup. P. 114. l. 6. jamais
mieux, que.P.116. l. dern.
font f,8r.' n 1
Extrait duTtdite de Paixentre
* laFrance &lePoriug l, conclu àUtrechtle 11. Ivril.*nGArticle
premier.
Paix perpetuelleentre S.
M.TrésChrétienne,&S.M.
Portugaise, successeurs, heritiers,&
c.Etats&sujets,&c.
** Art.2. ,Q',"'l :"
•' Oubli &amniftieehfrelés
sujets de part&d'autre,&c.
Arc. 3.
Prisonniers de guerre mis
en libertésans rançon. ':
Art. 4.
Si dans les Colonies ou
autres Domaines de leurs
Majestez on a pris quelque
place, fore ou porte, le tout
fera rendu au premier posfesseur,
en l'état où on l'aura
trouvé au temps de la publication
de la paix.
Art.5.&c6.
ti Dans lecontinent deFrance
& de Portugalle commerce
rétabli comme avat
L1 guerre, chacune des parties
se reservant la liberté de
regler les conditions, du
commercepar un traite particulier
qu'on pourra faireà
ce sujet, avec mêmes privileges
& exemptions reciproquement
accordez aux
sujets l'un de l'autre, comme
aux siens propres.
-
Art. 7.
Entrée reciproque des
vaisseaux demarchandise&
de guerre, comme par le
passé
,
pourvu que ceux-ci'
n'excedent tous ensemble le
nombre de six,à l'égard des
ports d'une plus grande
capacité,
& de trois dans les
moindres: & pour un plus
grand nombre demanderont
une permission aux
GouverneursouMagistrats,
ainsi que pour le temps du
séjour, quand leurs vaisseaux
y auront été portez
par le gros temps ou autre
necessité pressante, &c.
Art.8. 9.10. & II.
Et pour l'union & concorde
des deux nations, Sa M.
Trés-Chrétiennc se desiste
de toutes pretentions surles
terresduCap du Nort,entre
la riviere desAmasones &
celles de Japol, ou de Vincent
Pinson
; & en consequenceS.
M. Portug.pourra
faire rebâtir les forts d'Arguais
& de Camau, ou Massapa,
&les autres démolis
par le traité de Lisbonne le
4. Mars 1700. & reconnoît
5. M. Trés-Chrét.queles
deux bords de la rivieredes
Amasones,domaine,souveraineté&
navigation apartiennent
au Roy de Portu-
,,
gal. Arc. 12.
A l'égard du commerce
queleshabitans de Cayenne
pourroiententreprendre
1
dans le Maragnan, & dans
l'embouchure de la riviere
des Amasonesdéfense de
part & d'autre de passer la
riviere de Vincent Pinson
pour negocier,acheter des
esclaves dans les terres du
Cap du Nort, & aux Portugais
d'aller commercer à
Cayenne.
': ,- Arc. 1 3. &14.
S.M.Trés Chrét.empêchera
qdue'siMl ni'sysiaointndaairness lesdites terres
François, &c.
en laissant les missions aux Mir..
sionnaires Portugais. .', Art. •f»Encas de rupture entre les
François& lesPofcugais,ce qu'à
Dieu ne plaise, six moisdepart
& d'autre pour transporter leii
,
effets. f.
: Arc. 16.17.18.&19: -1
Et parce que la Reine de lai
Grande Bretagne offre d'être
garante de l'execution de ces
traité,le Roy de France & celui
de Portugal acceptent cette
garantie,&que tous les Rois-t
Princes&Républiques qui voudront
entrer dans lamêm egarantie,
puissent donner leurs
promçflès, oBligatips^&ç.Tous
:
lesart.ci-dessuspassez entre les
Ambassadeurs Plenipotentiaires,&
c.ratifications données
de part&d'autre,&c.&ont ligné
à Utrech^le.Àvriliyiji
etS.Huxel.i LS.J.C.de Tarouça.
LS.Menag. LS.D.L.de Cunha.
TRAITECONCLU
le 11.Avril1713.àUtrech
entre le Roy de France (2*
le Duc de Savoye.
Ce Traité est composé
de dix neuf Articles, qui
contiennent en substance
ce qui suit.
Les deux premiers.
Qu'il y aura une bonne
& inviolable Paix entre le
RoyTres Chrestien&Son
Altesse Royale deSavoye,
- leurs heritiers, successeurs
& Estats, avec cessation de
toutes hostilitez,&unoubli
3c amnistie de tout ce
qui s'est passé durant la
presente guerre. ,
Le3 &4.
Que le Roy immédiatement
après la ratification
du present Traité, restituëra
à Son Altesse Royale
le Duché de Savoye, le
Comté de Nice, avec leurs
appartenances, & dependancesen
l'estas où ils fè
trouvent. Sa Majesté luy
cede de plus la Vallée de
Pragela,avec les Forts d'Exilles
& de Fenestrelles, les
Vallées d'Oulx; de Sezane,
deBardonache &de Chasteau
-
Dauphin, & tout ce
qui est à l'eau pendante
des Alpes vers le Piémont: iSonAlccfTe Royalecedereciproquement
à Sa Majesté
laVallée deBarcelonete
& ses dépendances, de maniere
que les Sommets des
Alpes serviront à l'avenir
de limites entre la France,
le Piémont & le Comté de
: Nice
*
& les Plaines qui
font dessus feront parragées
de mesme
,
selon le
cours des eaux.
Le 5.Article.
Qu'il est dit que comme
il a estéconvenu entre leurs
Majestez Tres-Chrestienne
& Cat holique d'une
part, & Sa MajestéBritannique
de l'autre,que le Roy
Catholique ayant cedé à
SonAltesse Royale le Royaume
de Sicile & les Isles
qui en dépendent, Sa Majesté
Tres - Chrestienne
consent & veut que cette
cession fasse partie du present
Traité, & promet pour
elle & ses successeurs de ne
s'opposerny faire aucune
choie contraire à ladite ceision,
promettant toute aide
& secours pour son exécution,
& pour maintenir
envers & contre tous Son
Altesse Royale en possession
dece Royaume.
Article 6.
Quele Roy consent que
la declaration du Roy d'£C
pagne, qui au défaut de
ses descendants, assure la
succession de la Couronne
d'Espagne & des Indes à
Son Altesse Royale & aux
Princes de Savoye
,
ainsi
qu'à leurs descendants males,
nez en legitime Mariage,
soitb tenu pour une partie
essentielle de ce Traité,
conformément à TAste
fait par le Roy d'Espagne
le 5. Novembre 1711.àceluy
des Estats ou Cortés du 7.Novembre 1712. &aux
renonciations de Monseigneur
le Duc de Berry &
de Monsieur le Duc d'Orleans
des 19. & 24. Novembre
1712.. promettant d'employer
ses forces envers ôc
contre tous,pour l'exécution
de cet article.
Article 7.
.,
Qu'il a cité convenu que
les cessions faites par le feu
Empereur Leopold à Son
AltesseRoyale dans leTraité
fait entre eux le 8. Novembre
1703. de la partie
du Duché de Montferrat
que possedoit le feu Duc de
Mantouè , des Provinces
d'Alexandrie & de Valen-
, ce , avec toutes les terres
entre lePo & le Tanaro,
de laLomelline
,
de laVallée
de Sesia
,
du droit ou
exercice de droit sur les
Fiefs des Langbes, & le
Vigevanasque ou son équivalent,
resteront dans leur
force & vigueur,&auront
leur effet, sans queSonAltesTe
Royale y puisse (ltre
troublée, mesme par les
prétendants au Duché de
Montferrat,lesquels feront
indemnisezconformément
audit Traité du 8.
Novembre 1703. promettant
d'employer conjointement
avec la Reine de la
Grande Bretagne,ses offices
ôc ses forces pour le
maintien & la garantie du
contenu au present Article
: comme aussi que la
Sentence Arbitrale du 27.
Janvier 1712. demeurera
dans sa force & vigueur, ôc
que dans six mois, les mesures
feront prises par l'Arbitrage
des Puissances garantes
du Traité de 1703.
pour le payement des
creances de Son Altesse
Royale.
Article 8.
Que Son Altesse pourra
fortifier ses frontières ôc
les lieux qui luy ont esté
cedez de parc & d'autre.
Article 9.
Que sa prétention que
le Prince de Monacho doit
prendre investiture d'elle
pour les Fiefs de Menton
& de Roccabruna, fera réglée
dans six mois par l'Arbitrage
de leurs Majestez
Très- Chrestienne & Britannique.
Les dix -autres Articles
concernent le restablissement
du Commerce & des
droits comme ils eftoienc
au temps du Duc Charles.
Emmanuel: la liberté à Son
Altesse de vendre les biens,
terres & effets qu'elle a en
France: la main levée de
ce qui a esté confisqué de
part & d'autre à l'occasion
de la guerre, à la reserve
des jugements legitimementrendus.
Ce queles
sujets de part & d'autre ont
fourni,leur fera payé Les
prisonniers de guerre ôc -
autres feront misenliberté.
Les quatre derniers ne
contiennent que les formalitez
ordinairesdes
Traitez, & ne meritent
point un Sommaire.
NOUVELLES
d'Andrinople.
LEs Lettres d'Andrinople
portent que le grand
Visir a esté déposer que
le Capitan Bacha avoir esté
mis en sa place: que le Seraskier
de Bender avoit
aussi esté déposé
,
& que
-
le Kan des Tartares estoit
arrivé à Andrinople,oùil
leavoit esté bien receu; que Roy de Suede avoit eu
une longue conference
avec le Sultan, qui faisoit
punir rigoureusement tous
ceux qui avoient eu part
à l'insulte faite à ce Prince,&
que l'on continuoit
de travailler aux préparatifs
dela guerre contre les
Moscovites.Qu'on avoit
appris par des Lettres de
Podoliequ'undétachement
des Troupes du Palatin
de Kiovie commandé
par le sieurValikows-
Ki, avoit enlevé un parti
de cavaleriePolonoise, &
qu'un corps de Tartares
avoit surpris prés de Bafilowen
UKraine,unegar-
, de avancée des Moscovites
dont une partie avoit
estétuée,&le reste emmené
prisonnier.
Celles de Constantinople
assurent les changements
arrivez à la Porte
Ottomane par la déposition
du grand Visir&d'autres
principaux Officiers,
& la Relegation du Kan
des Tartares à l'Isle de
Rhodes. Elles portentaussi
que ces changements ont,
esté faits sur le soupçon
d'une conspiration pour
déposer le GrandSeigneur;
que les queuës de Cheval
estoient toujours exposées
prés d'Andrinople, où l'arméeestoit
campée, que
les Troupes y arrivoient de
tous costez, & qu'on employoit
un grand nombre
de Bastiments pour tranfporrer
des vivres & des
munitions par la Mer noire
à Asaf& aux autres Pla-
- ces, ce qui donnoit lieu de
[croire que le Grand Sei- gneureitoittousjours dans
la resolution de faire la
, guerre aux Moscovites,
", que les Ambassadeurs du
Czar estoient tousjours au
sept Tours enfermez; mais
que les ostagesavoient eu
quelques conférences avec
les Ministres; que le Roy
de Suede estoit encore au
Serrail de Hassan Bacha
près d'Andrinople,traité
magnifiquement par ordre
du Sultan,& qu'iln'y
avoit encore rien
de
certain
sur son départ.
Les dernieres Lettres
d'Andrinople portent que
le nouveau grand Visir
Ibrahim avoit esté déposé
& eftranglé
,
qu'onesperoitqu'Yssuph
Bacha, quia
a desja possedécette Charge
seroit mis en sa place,
& qu'il avoit esté resolu de
faire conduire le Roy de
Suede dans ses Estats par
la Pologne,avec une puis
fante escorte
,
qui auroit
ordre de n'exercer aucune
hostilité contre les Moscovites,
jusquàce qu'on eust
veu quel succez auroicnc
les negociations qu'on estoit
sur le point de renouër
avec eux.
Les Lettres de Hambourg
du 23. May portent
quele Roy de Dannemarc
s'estantdesiste de les prétentions
sur Tonningen,
le Traité avoir esté signéle
16. par les Commissaires
des deux parties, & approuvé
à Tonningen par
le Comte de Stein bock.
Ce Traité est composé de
plusieurs Articles, sçavoir:
Que l'arméeSuedoise,
reduire à six mille hommes,
&environ deux mille
malades, se rendroit prisonniere
de guerre pour
estre efchangée avec les
prisonniers des Princes
Confederez, & le surplus
obligé à payerrançonconformément
au cartel.
Que tous les Généraux
& hauts Officiers conserveront
armes & bagages,
les archives, la caisse militaire,
& tout ce qui en dépend
sans estre visitez.
Que les Officiers subalternes
& les soldats auront
feulement leurs épées
leurs bagages& leurs har-
; des.
Que les canons, les armes
à feu, les chevaux des
Cavaliers des Dragons,
& ceux de l'artillerie, avec
les Drapeaux,Estendarts,
Timbales & Tambours
feront remis aux Confederez.
Que l'évacuation de la
place commencera trois
jours a près la signature du
Traité, & fera achevée
dans huit jours.
Que les Trou pes seront
conduites vers Kiell, Ec-
Kenford,&c. d'où ellesne
pourront estre transportées
qu'enSuede, se fournissant
à leurs dépens de
vivres & de Bastimens auxquels
le Roy de Dannemarc
fournira des passeports
, & une escorte de
trois Fregates sitost que les
ttrroouuppeessaauurroonntte,sfitéee'élèchhaann.-.
gées & leur rançon payée.
Que les Prisonniers faits
sur les Confederez, feront
retenus, ainsi que les Deserteurs
qui obtiendront
leur pardon en rentrant
dans leurs Regiments;
qu'on ne pourra obliger
aucun soldat ou autre des
Troupes Suedoises, à prendre
parti dans ce lles des
Confédérés.
Que les Troupes mancheront
tousjours & sejourneront
le quatriéme
jour,& qu'on fournira des
chariots à ceux qui tomberont
malades.
1 Que lesmalades qui sont
à Tonningen,seront transportez
au paysvoisin, où
ils feront traitez à leurs
dépens, &c.
Que la ville deTonningen
fera remise au Prince
administrateur deHolstein
Gottorp.
Que-leRoyde Dannemarc
retiendrale Duché
de Sleswick jusques. à la
conclusion de la Paix.
Que Sa Majesté Danoise
ne fera pas bombarder
Tonningen cette année,
qu'elle s'oblige d'exécuter
ce Traité en tous ses
points, & d'y faire consentir
les Chefsdesarmées de
ses Alliez.
La principale raison qui a engagé le Comte de
Steinbock à accepter ce
Traité avec les Confederez
,
est qu'il manquoit de
vivres, & ne voyoit aucune
apparence de secours.
Il se rendit le 20. May avec
quelquesuns de ses princi
paux Officiers au camp
desConfederez,où leRoy
de Dannemarc estoit. Il
baisa la main à Sa Majesté
& mitàses pieds son épée;
qu'elle luy rendit sur le
champ, & le retint à disner
avec les Généraux des
Confederez
,
aprés quoy
il retourna à Tonningen
pour faire executer leTraité.
Le 24. Tonningen&
les retranchements furent
entieremenc évacuez. Les
Troupes ont esté distri-,
buées en quartier dans le
Duché
Duché de Sleswich, elles
consistent en cinq cens
quatre-vingt neuf Officiers.
Six mille six cens quatrevingt
douze Cavaliers &
Fantassins, & deux mille
cinq cens quatre -vingt
cinq malades. Ils ont laissé
aux Confederez douze petites
pieces de canon de
bronze de trois livres de
,
bale, & six de fer, soixante
trois estendarts
,
soixante
sept drapeaux, huit paires
-
de timbales avec leurs
trompettes & tambours.
La pluspart feront eschangez
contre les Prisonniers
qui sont entre les mains
des Suedois, & le reste suivant
le cartel fera mis en
liberté pour la Comme de
quarante mille écus. On
écrit que les Moscovires &
les Saxons ont commence
à se mettre en marche vers
la Pomeranie.
1 LETTRE DE L'ARMEE
auCampdeSpirele j.de
Juin 1713. auC.deL.
par &c.
L'armée du Roy vient
d'executer un projet bien
difficile, & dont l'utilité
fera grande; il ne pouvoit
reunir que par une extréme
diligence & un profond
secret; & pour y par-
, venir Monsieur le Mareschal
de Villars ayant refpandu
dans tout le pays
qui est entre Haguenav
& Lauterbourg les troupes
qu'il a trouvées en Alsace,
a donné ses ordres de maniere
que dans la mesme
nuit l'armée s'est affem.
blée,formée en marchant,
& tel bataillon a fait seize
lieuës en vingt heures.Cette
diligence prodigieuse a
tellement surpris les Ennemis
, que la teste de l'armée
composée de vingtdeux
Escadrons & cent
cinquante six Bataillons &
mille grenadierscommandez
par Mr le Comte de
Broglio, Mr de Montpou
Mareschal de Camp , &
Mr deChassenet Brigadiers
, & arrivez sur la digue
de Philisbourg à onze
heures du soir, cela a occupé
toutes les troupes de
l'Empereur estant campées
fous Philisbourg, où
le Prince Eugene est arrivé
le vingt-quatre du mois
passé.. Mr le Mareschal
partit de Strasbourg le trois
à neuf heures du matin
vint , en posteauFort-Loüis.
Il avoit fait trouver Mr le
Chevalier d'Asfelds avec
un corps de Cavalerie
d'Infanterie , & du canon à
la teste de l'Isle de Selingue.
Mr le Marcfchal
se promena jusqu'à l'entrée
de la nuit sur le chemin
de Rastas, & on noubliarien
de tout ce qui
pouvoit persuader aux Ennemis
que l'on vouloit
marcher à leurs lignes
d'Estinguen.-
Dès le mesme soir Mr
le Marcfchal s'en alla en
poste à Lauterbourg, se
mit à la teste des troupes
avec les Comtes du Bourg,
de saint Fremont,Albergoti
, Vivans, Coigny ,
Montperoux
,
& le Marquis
de Broglio, de Guerchoir
Mareschaux de
Camp
*
& l'on marcha
tousjours sans faire d'autre
alte qu'une de trois heures.
Les soldats soustenants
avec un courage surprenantune
fatigue aussi violence,
Mr le Mareschal les
confolanc en marchant.
leur disant que l'on ne pouvoit
reüssir que par de telles
peines. L'on ne peut
assez louer leurs rcfponfes
& leur bonne volonté; il
ca vray qu'ils se sont un
peu desalterez ce matin le
pays estans plein de vin,
ils l'ont bien merité, ilseroit
difficile de leur en faire
distribuer par ordre, & un
petit desordre de quelques
heures est pardonnable
dans de certaines occasions.
Voilal'armée du
Roy dans le milieu du
Palatinat & des Electorats
de Treves & de Mayence
en estat de faire le siege de
Landau,&dans une abondance
de fourrage
,
qui
fourniroit à quatre cens
Escadrons pendant. toute
la Campagne si on veut
les envoyer dans ce pays,
l'armée des Ennemis estant
assemblée dès le vingt quatre
,
& ils avoient près de
cent Escadrons plus que
nous. Mr le Mareschal
ayant préferé la diligence
au nombre de trou pes, &
n'ayant que soixante Escadrons.
Il n'est arrivé des
troupes de l'armée de la
Moselle que celles que Mr
de Vivans a amenées.
HARANGVE
faite au Roy, £7* prononcée
par Monseigneur le Cardinal
DE POLIGNAC,
députédel'AcadémieFran- ,çoiseyausujet de la PAix,
le 17. Juin J7'3.'
L'Académie Françoise
ne parut jamais avec tant
de joye aux pieds de Vostre
Majesté qu'elle fait en
ce jour, conduite par son
zele ordinaire, & l'interest
singulier qu'elle prend à la
Paix. Les Mufes dans tous
les temps ont aimé le repos
& la tranquillité. Si quelquefois
elles chantent les
combats pour celebrer la
vertu des Héros, bien-tost
aprés elles deplorent le tumulte
des armes qui fait
languir les beaux arts. Mais
quand la Paix revient sur
la terre avec tout l'éclat &
tous les avantages de la Vitraire)
c'est alors qu'elles
font au comble de leurs desirs.
Qui l'auroit cru,SIRE?
qu'après neuf ans de malheurs
où jusqu'à la Nature
tout sembloit avoir conjuré
vostre perte,vous deufsiez
en sortir plus glorieux,
& restablir dans vos Estats
le calme qu'on leur avoit
si long temps refusé,conferver
vos plus belles couquelles
,
affermir des Couronnes
sur la teste de vos
Enfants en donner mesme
à vos Alliez: effet prodigieux
de courage & d'une
prudence dont l'Antiquité
ne nous avoir point laisse
d'exemple ; il nous l'avait
bien promis le Dieu de justice
& de misericorde qu'il
abbaisseroit le superbe,&
qu'il éleveroit l'humble de
coeur Nous l'avons veu
tout d'un coup faire succeder
le jour le plus brillant
à la nuit la plus tenebreuse,
changer les coeurs qu'il
tenoit en sa main, les soumettre
par degrez aux loix
de la raison, rejetter ceux
qui vouloient la guerre,&
confondre leurs vains projets
pendant queVostre
Majesté tousjours attenti-
,
ve mais inébranlable, sourenoit
avec fermeté les
épreuves dela Providence,
& ne reflechissoit sur les
maux que pour les reparer,
plus seconde en ressources
que la fortune en disgraces
, prest à s'exposer aux
plus grands perils plustost
que de s'abandonner à de
foibles conseils, & ne cherchant
le retour de Ces anciennes
prosperitez que
pour haster le soulagement
de ses peu ples.
Qu'il me soit permis de
reveler aujourd'huy les miracles
de vostre sagesse &
de vostre magnanimité t
dont j'ay eu le bonheur
d'estre témoin, & de voir
insensîblement croistre &
iâ
meurir les fruits précieux.
Eh ne faut
- il pas qu'un si
fameux événement foit
transmis par nous à la posterirél
Supérieur aux forces
de l'éloquence, aux ornemens
de la Poësie
, au
moins il passera dans la
simplicité de l'histoire jusqu'à
vosDescendants pour
leurservir de modele, &
pour leur apprendre l'usage
qu'on doit faire des adversitez
& des succez car - c'estainsi que vous avez
consommé ce grand ouvrage,
les Princes de l'Europe
desabusez par vostre
consiance, ramenez par
vostre bonne soy,desarmez
par vostre moderation,
cessent enfinde vous
combattre.Ils ne l'auroient
jamais entrepris sila grandeur
de vostre puissance
leur avoit laisse connoistre
& gouster toutes vos vertus;
quelques-uns ont encore
peine à.fc rendre,
mais on les verra bientost
revenir de leurs enchantements
, &tous ceux qui
n'ont admiré jusques icy
V. M. qu'avec crainte l'admireront
mireront désormais com
me nous avec amour.
LESSERINS.
par Mr le M. de.
LAssé des amoureux
commerces
Où tous mes desirs estoient
vains,
J'avois donné dans les Serins
Mais je n'ay , pas moins de
traverses,
Et je ne sçay quels font
mes plus cruels chagrins
Dans mes infortunes diverses.
Tout sembloit respondreà
mesvoeux,
Tous mes Serins avoient
desoeufs, J'attendois de petits une
heureuse abondance,
Mais helas! ainsi qu'en
amour
Je me flattois d'une vaine
esperance.
Quelques-uns n'ont point
veu le jour,
Et les autres font morts au
, point de leur naissance;
D'autres par un plus rude
fore,
Bien beuvants, bien naen-î
géants,drus comme pere
&merc,
N'ont pu s'exempter de la
mort,
Et c'est ce qui me defef-
1 perc.
Helas! qui pourroit Supporter
La rigueur d'un fort si contraire
>
Je vois d'un seul coup em.
porter
Une famille toute entiere
Sans sçavoir qui peut me
rosser.
Ma douleur estoit sans égale
Quandje voyois cette troupe
voler
D'un bout à l'autre de ma
folle,
Et commencer à gazouil-
1er,
Des autres j'oublioisladit
grace fatale.
Ce qui redouble mes chagrins
,
Dans de si funestes outrages
C'est de voir semblables
Serins
De l'heureux Licidas remplir
toutes les cages.
Helas ! ce qui détruit les
miens
Ne porte aucune atteinte
auxsiens;
Ils viennent tous au gré de
son envie:
On diroic à les voir qu'il
leur soufle la vie.
Voila mon fort sur les oiséaux
;
C'est ainsi qu'en amour je
voyois mes rivaux
Heureux & contents dans
leurt chaisnes,
Lorsque je reffentois les
plus cruelles peines.
Quand je vois du fameux
Damon
Les vollieres presque desertes
;
Je devrois trouver dans ses
pertes
Quelque sujet de consolation,
Il en fait tousjours de nouvelles
Et quand , je perds des Serins
gris,
Je vois perir ses blancs,
ses blonds Ces isabelles,
Donc la rareté fait le
prix.
Mais par un long apprentissage,
Damon dans les Serins
presumant tout sçavoir,
Fait& rompt chaque mariage
Selon , que dans sa teste il
Ce forme l'espoir
Dereüssir dansceconcubinage.
Les oiseaux veulent se
pourvoir,
Il faut que l'amour les enga£
c>
Autrement comme nous
ils font mauvais ménage,
S'il caschoit moins d'en
plus avoir, Ilenauroit peut-esredavantage,
Je laisse aux miens les tendres
soins,
Ils sçavent mieux se satisfaire,
Et jene touche à leurvo- :
liere j
Que pour leur donner I
leurs besoins.
Dans mes malheurs que
faut- il faire?
Trouverai - je Iris moins 1
severe?
Retournerai-fous ses loix ?
Non son coeur à mesvoeux
fera tousjours contraire,
Je ne l'ay veu que trop de
,. fois.
- Poursuivons y
Poursuivons nostredestinée,
Il ne faut pas dans un commencement
Se rebuter d'unemauvaise
année,
Danslasuite j'auray plus decontentement ;
Mais' quand rien ne devroit
respondreàmonen-
, )l.' vie
J'aimeiroisencor mieux
me voir toute ma vie
, Malheureux oiseleur que malheureuxamant.
Monsieur Defanierefit
l'ouverture de l'Académie
Royale des Médailles &
Inscriptions, comme nous
lavons annonce - dans le
Mercureprécèdent, par un
Discours fort curieux sur
l'ulage desfeux 0- des illuminations
dans les Fesses facrées
& prophancs.
Il fit voir d'abord que
cet usageaesté sicolemnel
dans l'antiquité, qu'ils'est
confervé si religieusement
parmi toutes les Nations,
& qu'il en cil: parlé si souvent
-
dans les Auteurs facrez&
prophanes, tant
Hifioriens, Poëtes,qu'Orateurs,
que l'on peut dire
que c'est un des points qui
mérité le plus les recherches
des Sçavants. Cette
matière n'avoit point encore
estétrainée à fond,
& elleestoit si estendue &
si vaste qu'il estoit comme
impossible de l'épuisèr, &
tresdifficile de bien ranger
le grand nombre de faits
qu'elle comprend.
-
Pour y mettre quelque
ordre Monsieur Defaniere
adiviséson discours sur ce
lùjet en deux parties. L,"
premiere comprend les
faits qui regardent l'usage
des feux & des illuminai
tions par ra pport à la Religion
: & la fécondé
, ce
mesme usageen tant qu'il
'Ca employc dans les rejoiiifTances
publiques &
particulieres. Mais comme
letemps ne luy permit pas
de faire la levure de cette
Jerniere partie, il se borna
feulement à la premiere
qu:ildivisa en trois articles.
Le premier regardoit l'ufage
que les Juifs en ont
/f
fait pour le culte du veritable
Dieu,usage que Dieu
avoit non feulement ordonné
, mais pour ainsi dire
consacréluy-mesme. Le second traitoit des
abus que les Payens en ont
fait pour honorer les faux
Dieux.
Le troisiéme enfinestoit
employé à examiner si l'ufàge
que les Chrestiens
ont pû faire du feu & des
illuminations dans leurs
festes & dans leurs ceremonies
a fait & fait encore
partiede leur culte religieux.
- X iij
Mr Defaniere commence
l'article des Juifs par
une reflexion générale avant
d'en venir aux preuves
particulières. Il remarque
que Dieu suivant les
divines Ecritures,avoit fait
un choix particulier du
feu pour estre le symbole
de ses principaux attributs
; que par une bonte
singuliere pour ce peuple,
il avoit employé le feu,
pour luy donner quelque
legere idée deson adorable
Divinité par des signes
qui luy fussent proportionnez.
Mais il fallut encore
que les recompenses & les
chastiments en fussent inseparables.
Faut-il s'eflonneraprès
cela si le feu chez
ce peuple tenoit le premier
rang dans les plus augustes
ceremonies de leur Religion
,
si leurs sacrifices &
leurs festes en recevoient
tout leur éclat & leur perscâson,
& si un si précieux
gage estoit si religieusement
confervé dans leur
Temple? 1.
Mais pour faire voir une
espèce de
;
çonfècratiory
plus particulière de cet
élement
,
il fit voir que-
Dieu s'est represèntéplusieurs
fois luy mesmesous
la forme du feu, les exemples
que les Livres sacrer
Juy ont fourni pour prouver
sa prepofirion
,
l'ont
porté à en c.fiablir une autre
tirée necessairement de
la premiere
,
qu'il ne faut
pas après ce la s'efionner
que le culte souverain de
Dieu sesoit fait par le feu:
il trouve egalement de
quoy establir cettedernie- rspropositiondanspltir
sieurs endroits de l'Ecriture
où l'on voit le culte
que Dieu veut qu'il luy soit
rendu par lessacrifices &,
les holocaustes. Le feu sur
roue faifoic l'accom pliflcment
& la perfectionde
lis sacrifices par la consomption
qui s'y faisoitde
certaines parties des victimes
ou de toure la viéïime
dans le sacrifice de
l'holocauste, lequel à cau se
de cela estoit consideré
comme le plus excellent.
Mr Defaniere fit voir ci>.
fuite que Dieu s'est servi du
feu pour marquer que les
sacrifices luy estoient a.
gréables,enfaisant tomber
le feu du Ciel sur la
victime pour la consumer.
Il allégué l'exemple
du sacrifice d'Abel,celuy
fait pour la confècrarion
d'Aaron, celuy de Gedeon,
de David, de Salomon,
d'Helie, & celuy de Nehernie.
Il fit remarquer
que si le feu eftoicuniymbole
si desirable aux adorateurs
de laDivinité,qu'il
n'estoitpas moins formidable
aux transgresseurs
de la loy divine; que si
la bonté de ce souverain
maistre du monde se ma-
- nifeftoitainsi, savengeance
n'en éclattoit pas moins
contre ceux qui estoient
rebelles à ses ordres. Les
preuves qu'il tire de l'Ecriture
pour appuyer ce qu'il
avance dans cet endroit,
font assez voir que le feu
est l'instrument le plus ordinaire
dont Dieu s'est fer- fvi pour la punition des impies
& des insîdelles
,
&
- que c'estpar le feu qu'il
punie & qu'il punira ceux
qu'il a condamnez par fJ.
justice à estre tourmentez ;
éternellement pour leurs
crimes. Après avoir fait
voir l'usage que Dieu a saie
de cet element à l'égarddes
hommes, Mr Defaniere
passe à l'usage que les
hommes en ont fait pour
honorer Dieu
,1 Chez les Jyifs la plus 1
grande marque d'adora- 1
tion du Dieusouverain, I1
estoit le feu continuel qu.
on entretenoit sur l'Autel,
& dont le soin estoit commis
aux Prestres,&;;<jur
istoittellement lié avec le
Sacerdoce du Grand Prestre,
qu'il s'estieignit dés que
Jason (e fut empare de cette
dignité par de mauvaises
voyes. Il s'estoitconservé
auparavant tousjours
allumé & sans alteration,
cache dans un endroit du
Temple pendant les foixante
& dix années de la
captivité de Babylone. Il
ne fut esteint précisément
que dans le temps de l'extindion
du Sacerdoce, prérogative
qui fait çonnoiCtre
que le principal culte
extérieur de Dieu,confit
toit dans ce feu sacré.
Mr Defanïere n'a garde
de passer fous silence les
festes particulieres desJuifs
dans lefqueiles les illuminations
faisoient tousjours
la principalepartie de leurs
devotions & de leurs réioüissances,
non feulement
par rapport aux sacrifïces
qui avoient coutume d'y
cftre offerts, & que le feu
confumoit
,
mais encore
par rapport aux différentes
illuminations qu'on y adjouftoit
pour rendre ces
festes plus auguites.
Il y avoit la feste appellée
accenfio lucernarum à cause
de la quantité des lampes
qu'on allumoit en ce
jour; la feste appeUeecowbujlio
vulpium,en laquelle
en bruistoit des renards en
mémoire de l'histoire de
Sanson ,& generalement
la fin de toutes leurs grandes
fbtcmniccz
,
estoit accompagnéede
feux&d'itluminationsensigne
de
réj uiflance; au contraire
les jours de jeûne, c'etf à
dire,dans lesqûels ils faisoient
mémoire de quelques
évenemens funestes
à leur Nation,etfoientlurgauibforeiesnr&
ténébreux; ils
mesme un jeûne
particulier le 18. du mois
d'Ab à cause que la lampe
de la branche occidentale
du chandelier d'or quiertoit
dans le Templey fut
esteinte sous le regne du -
Roy AKas, regardant cet
accident comme un malheur
confiderable qui al- i
Joit porterungrand préju- 1
dice au culte qu'ils ren-
< doient à Dieu.? 4 A
A l'égard du fecond
article qui regarde l'usage
des feux & des illuminations
parmy les Payens ,
Mr Defaniere prouva sort
solidement que cet ufa ge
a esté un des points lesplus
dfentiels de leur Religion;
il allegua rAuteur du Livre
de la Sagesse pour faire
voir que ces peuples abandonnez
à leurs egaremens
:' se portèrent à rendre un
culte souverain à cet éler
ment;ils luydreiTerent des
Autels, luy firent cond
cruirc des Temples, luy
insticuerent des Sacrifices,
& luy establirent des Pree.
très. S. Augustin cherchant
lesmotifs de ce cul.
te parmy les Nations en
soupçonne deux principaux,,
le premier, la connoissance
que ces peuples
avoient que plusieurs victimes
avoient osté confumez
par un feu descendu
du Ciel, ce qui les portoit
a croire que ce ne
pouvoit estre qu'un Dieu
caché fous cette forme le-z
gere ,
l'autre motif , lex~
- perience qu'ils avoient du
mouvement continuel du
feu qui monte tousjours
en haut,ils s'imaginoient
peut-estre, que le feu est
une portiondela Divinité
qui est auCiel vers laquelle
il tend à se réunir en en-*
levant avec foi les victimes
; delà vient qu'ils
estoient persuadez que
plus il avoit paru d'activite
& de clarté dans les
sacrifices
,
plus la vic',Iimc
estoit receuë favorablement.
Mais Ciceron fournit
une raison plus plausi.
ble
,
lorsquil dit que IA
necefficé&.l'utilité ont
porté les hommes à qualisier
du nom de Dieu les
choses qui leur estoient
d'un plus grand secours &
dont ils avoient le plus de
besoin
,
c'est aussi ce qui
les engagea à avoir pour
le feu ce mesme ésgard ôc
a le considerer comme un
veritableDieu.
,
lt.
Le Soleil d'abord fut
l'objet de leurs adorations,
& peu de tems après le
feu qui en estoit une émanation
selon leur TIICOICH
gie, merita qu'onlui rendift
le mesmehonneur.
Les Egyptiens furent les
premiers qui lui rendirent
le culte souverain, & toutes
les nations les ont fuivies
sur cette croyance.
L'on apprend par les Auteurs
sacrez & prophanes,
que ce culte estoit répandu
generalement parmy
les Chaldéens, lesAssyriens,
les Medes, les Babylonieris
,
les Perfesles
Lybiens
,
les Grecs,les
Romains, les Germains
-
6c parmy les Celtes. Mr
Defaniere fit observer que
pour distinguer ce cuIre
d'avec celuy qu'ils addref.
soient au Soleil; ils y firent
présider de certaines
Divinirez qu'ils regardoient
comme le feu met
me, tantost c'estoit Vulcain,
tantost Vesta, tantotf
Promethée,& tantost Bacchus.
Il se trouve une aisez
grande conformitéparmy
toutes les Nations sur ca
qui regarde ce culte, s'il y
a quelque difference ce
n'est que sur les ceremonies
de leurs sacrifices,fut
le genre desvictimes,&
sur leurs Prestres. Les Perses
dans de certains jours
de l'année mettoient la Divinité
du feu sur un cheval
blanc, & luy faisoientfaire
plusieurs fois le tour de
leur Temple leurs Rois.
suivoient cette pompe accompagnez
de toute leur
Cour.
C'estoit une coustume
generale parmy tous ces
peuples de consèrver un
feu sacré dans leurs Temples
qu'ils regardoient
comme un gage précieux, : auquel estoit attachée la
durée de leurs Empires. il
y avoit des Prêtres desti-:
nez uniquement a cette,
fonction; les Chaldéens,
les Affynens, les Medes,
les Baby loniens & les Perses,
commettoient cesoin.
à des Mages nommez à
causede cela Pyrettes.
Parmi les Grecs la conservation
du feu sacré eitoic
confiéeà desVeuves,&
chez les Romains à des
Vierges que l'on appelloir
Vestales. L'on avoirattaché
à ce
ministeredespré
rogatives singuliéres&excelleLites.
1
cellentes
*, mais aussi la négligence
de ceux qui en
faisoient les fondions eftoit
punie avec la derniere
rigueur. Quand il arrivoic
par malheur que ce feu
s'esteignoit, il n'estoit pas
permis dele rallumer avaC
du feu ordinaire,on se fervoit
des rayons du Soleil
que l'on réunissoit avec un
instruméc qui formoic une
cavité triangulaire, qui par
sa forme rassembloit les
rayons au point de son centre,
afin de leur donner la
force d'enflammer la matiere
sur laquelle ondirigeoit
ce foyer de rayons.
Le Temple bastienl'honneur
de Vesta par Numa
Pompilius, n'estoit pas le
sèul à Rome où l'on conservoit
un feu sacre
,
l'on
enconservoit encore dans
les Temples des Dieux anciens.
Le feu estant reconnu
pour une Divinité parmy
toutes les Nations, on
Juy offroit par une consequence
necessaire des fa-s
crifices, mais les victimes
n'estoient pas lesmesmes
par tout. Les uns fc fervoiéc
d'animaux, & les autres de
victimes humaines; on ne
les égorgeoit point, mais
on les assommoit à grands
cou ps de massuë de bois,
Ces. sacrifices se faisoient
toujours avec grande ceremonie
& grandes dépenses
, les Prestres en tiroient
ordinairement quantité de
présages ;
si leurs divinations
ou augures se prenoient
du costé de la fumée
qu'ils y observoient,
ils les a ppelloientCapromanties,
s'ils les tiroient
du feu mesme ils les nommoient
Py romanries. Il
n'estoit pas permis de se
servir d'autre feu pour con.
fumer la victime que de ce
feu sacré; celuy qui auroit
estéassezhardy pourvouloir
l'esteindre avec de
l'eau, auroit passé dans l'efprit
du peuple pour un
athée, & auroit esté puni
sur le cham p.
L'entrée des Temples où
l'on con servoit le feu sacré
estoitfermé pendant la
nuit à tout le monde, &
pen dant le jour les hommes
avoient liberté seuleftiem
dentrer dans celuy
auquel les Prestres estoient
préposez, & les femmes
dans celuy dont les Preftrefles
avoient la garde;
de toucher ou regarder ce
feu passoit pour un sacrilege,
il en cousta la privation
dela veuë à Metellus
pour l'avoir voulu sauver
de l'embrasement dutem.-
ple de Vesta ; c'est ce qui
a porté plusieursNations à
ne point se servir du feu
pour bru ler les corps des
morts. Dioscoride rapporte
qu'un certain Persan
nomme Euphrates dessenditpar
cette raison de bruler
son corps a près sa morr,
dans la crainte où il etoit
que son attouchement ne
caufaft quelque soüilleure
a une chose si fainte & si
respectable.
Deux accidens fâche*'ux
pour le Dieu du feu luy
firent beaucoup perdre de
son credit parmy les peuples
,
l'un arriva par l'artifice
des Prestres de Canope
Dieu des Egyptiens
qui demeura victorieux du
Dieu des Pcrfes après un
desisolemnel fait entre ces
deux Nations sur le pouvoir
de ces deuxDivinitez;
le second lorsque l'Empereur
Heraclius ravagea
toute la Capadoce & la
Perse & en abolit le culte
dans plusieurs Provinces
de ce pays où il etoit
establi.
Passons presentement à
ce qui se pratiquoit dans
les Temples de ces Dieux.
Mr Defaniere se sert du
témoignage de Strabon,
par lequel l'on apprend
que parmi les Orientaux
au milieu de ces Temples
estoit un Autel, sur lequel
il y avoic de la cendre
pour couvrir ce feu qui
ne devoit jamais s'éteindre,
les Pyrettes leurs Mages
entroient tous les jours
dans ce Temple pour y
chanter pendant l'espace
d'une heure, se tenant
prosternez devant ceDieu,
ayant en leur main un
faisseau de verges, & sur
letesteunethiare de laine
qui leur couvroit la plus
grande partie du visage;
&asin de se rendre plus
respectables quand ils sortoient
de ces Temples,
ils avoient coutume de
porter une branche de
laurier dans une main,&
de l'autre un flambeau allumé.
L'antiquité Romaine
nous apprend que dans
le Temple de Vesta
,
il
n'y avoir aucun fimulacre
de Divinirez, que le feu
sacré y estoit conservé
dans une Urne de terre
suspenduë en l'air, que
les Vestales veilloient jour
& nuit successivement &
que le grand Pontife les
visitoitdetems en tems.
Tous les a£tes des Pavens
estoient tousjours accompagnez
de lumiéres, vouloient-
ils addresser des
voeux à quelques-uns de
leurs Dieuxou lesremercier
de quelque grace ou
bienfait qu'ils croyoienc
en avoir reccus; ils allumoientune
grande quantité
de lam pes devant leurs
Images & sur tout devant
celles des Dieux Lares &
des Dieux Penates; s'ils
faisoient des alliances &
des sermens ils en prenoient
le feu pour témoin
,
en un mot leurs foyers
estoient regardez comme
une chosesilainte qu'ils y
faisoient présider des Divinitez
particuliéres, ils
se servoientencore du feu
pour découvrir les coupables
quand leurs crimes
ntefioient pas bien averez
d'ai lleurs,on les faisoit
approcher de l'Autel de ce
,
Dieu, on leur ordonnoit
ensuite de poser la main
dessusle feu, &s'il arrivoit
qu'ils ne tesmoignassent
aucune émotion, on
les jugeoic innocens, &
on les renvoyoit absous.
Cette pratique pourroit
bien avoir donné lieu à
pareil usage introduit parmy
les Chrestiens d'Occident
dans le huit & neuviémesiécle,
à l'esgard
de l'espreuve du fer chaud
pour découvrir les criminels.
Mr Defaniereobserve
que plusieurs Divinitez
avoient besoin avant que
d'estre admises au rang
des Dieux, d'estre purisiez
par le feu, tels que les
Empereurs & autres particuliers
pour lesquels on
faisoit des consecrations
publiques
;
les Roys, les
Mdgistrats les Prestres
parmy plusieurs peuples
ne pouvoient faire les pre.
mieres fonctions de leur
employ sans estreaussipurissés
par le feu, afin de
rendre leurs actions dans
la suite plus pures &plus
justes. C'est pour celaaussi
que l'on voyoit à Arfcne
au milieu de l'endroit où
l'Areopage se tenoit une
Statuë de Vesta, & que
l'on plaçoitaussi dans le
Vestibule des Palais des
Rois la Statuë de cette
Déesse afin de leurs apprendre
aux uns & aux
autres qu'elle seroit témoin
de leurs Ordonnances &
de leur conduite.
Les Payens avoient SLUC
siplusieurs Festes establies
en l'honneur de plusieurs
Divinitez où l'usage des
feux& des illuminations
contribuoit à les rendre
plus augustes & plus éclatantes.
Mr Defaniere s'est
borné aux Egyptiens, aux
Grecs & aux Romains, il
parcoure toutes les principales
Festes de ces peuples,
& il fait un détail de toutes
les réjoüissances & des
festins qui avoient tousjours
coustume d'accompagner
ces fortes de solemnitez.
Je ne puis rien vous dire
sur le troisiéme article
qui regarde l'usage des
feux & des illuminations
par rapport à la Religion,
parmy les Chrétiens. Mr
Defanierese trouva borné
par l'heure & ne put achever
la lecture de ce troisiéme
article.
INFANTERIE
devant Landau.
BATAILLONS.
Navarre 3
La Marinnc 3
Poitou z
Tallart z
Dauphin 3
Saillans 1 LaChenelay 2.
Orleans z
Vermandois JL
Rouergue 2.
Sourche
- z
Medoc z :
Provence z
1 Toulouse
1
Touloule FPlanedrresigordI2z. Xaintonge. 2.
Beaujolois
2r Perry i
Auxerrois z. Royal Bavière i
Dillon i
Lagcrvefaisx Bout bon z
A1face +
Villars 3 Brendelc 3 Royal Artillerie
2r Bombardiers i
Total. 60
CAVALERIE.
ESCADRONS.
Royal 3
Cuirassiers 3
Dauphin J
Chartres 3
Dutrone 3
Villeroy 3
Hudicourt z
Bonzol L
Aubusson J,
Rennepont *
Saint Germain J,
Marcillac ,,-.tt x
Saint Pouanges
Biffon. 1
Roye 2.
Fontaine 2,
Total 39 DRAGONS.
MeftredeCamp 3
Dauphin
p
3
Foix-3
Le Chevalier de Belleifle
Total12.3
Par le Courier arrivé le
20. de ce mois la Tranchée
doit s'ouvrir le
2. 4.
La nouvelle Edition des
Essais ôc Recherches de
Mathématique & dePhysique
de Mr Parent, contenant
deux anciens volumes
fort augmentez, & un
troisiéme tout nouveau, se
vend actuellement chez JNully,ruësaint Jacques,
& C. Jombert, attenant les
grands Augustins ,
six liv.
reliée en veau.
Entrée de Milord Duc de
Sbrevvsbury,Ambassadeur
Extraordinaire de la Reine
de la grande Bretagne, 79
Parodie de l'Enigme dont le
motestle fleuve, 88
Enigme
, 92
Parodie de l'Enigme dont le
rasoir estle mot, par Madame
de Z. 95
Enigme -98
LaBravoure prudente
,
trait
d'histoire Arabe, roo
Morts, 111
Donsdu Roy, It?
Suitdutroisiéme, MémoireK
•
de 1.4 melodieydelà quinte
complément er repliques
lu
Extrait du Traité de Paix ,
entre la France ~& le Portugal
conclu à Utrecht le
11. Avrily 186
Traité conclu le II. Avril1713.
à Utrecht entre le Roy de
France ~& le Duc de Savoye,
193
Nouvelles d'Andrinople,204
Lettre de l'Armée, au Camp
de Spire le &c. 2.1.9
Harangue faite au Roy, c~
prononcée par Monseigneur
le Cardinal de Polignac
226
Les Serins par Mr le M.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères