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1A7S.
A PARIS.
PÂIAIS,«*
l
* T
a; paris,
Chez GUILLAUME DE LUYNE, au Palais,
dans la Salle des Merciers, à la Juftice,
Chez CLAUDE BLAGF,ART,Ruë S.Jaeques
a l'entrée de la P, ne du Plâtre,
Et en là Boutique Court-Neuve du Palais,
A U A U P H I N.
THEODORE GIRARD, dans la Grands
Salie, à P Envie, ’
«
M. D. LXXVIII.
-i Y
. PRIViLEGE SW RÔït
.* A
2
f^oùy la, fécondé Année du
Mercure Galant finie , g/
• 4
EPIS TR E.
Zï première dans laquelle on luy a veu porter voftre augufte Nom. £)uoy que cette gloire luy ait fervy de pajfeport dans toutes les Cours de V Europe 9 ou les plus grands Princes ne Vont pas crû indigne de leur approbation^ ce ri eft pas ce qui a caufe fa plus forte joye. La plus fenfible quil ait reçeuë 5 c ejf IM 0 N- S E I G NEVR5 d'avoir eu occafîon de parler douze fais de yous. TantoEt il s*eft étendu fur voLlre &- drefïe d manier les Chevaux
EPISTRE.
les plus indomptables s har~ die fie qu on peut nommer intrépidité y dans Ldge où fVQus commencé de
'vous appliquer a de fi pénibles Exercices. Tantôt il a
fait connoifire les avantages que <vous awe^ eus dans les Courfes de Bague qui fi fins faites y & qui outre la har- diejfi demandent beaucoup dé jugement. Les Prix que vous y awee^ remporte^ nont pas moins fait admirer . la bonne grâce avec laquelle vous vous en efies acquité* que la furprenante vigueur iT • • • a hj,
ÉPISTRE.
que vousy avtzfiit paroifireï ^Mais.MO NSEIGNEVR, -doit-on en eftre firprù^ apres ce quon <vous a veu fiire £ La Ch-ijje, tenant toujours la queue des - Chiens perçant les Foretâs , fÿ courant'fit les plus hautes Montagnes^ fins qu* aucun péril <vous étonnaft? Vofire Etyrit nefi pas moins allif* que vofire Corps. Il conçoit avec une promptitude mer^veilleufi. La Fable & T Histoire vous efloient prejque connues dés le Berceau y vous enten* diecç & p^rliez^ la Langue
EPISTRE.
Latine en Maiftre, quand ceux de voftre âge fipwoient a peine parler François. On •vous voyait dés lors expliquer les Autheurs les plus difficiles 9 gÿ ce quils aboient de plus obfîwr F eftoit rarement pour Kous. Les beaux Arts ne vous fint pas moins connus, gÿ vous oevecçfïparfaitement appris à defflner dans vos heures de plaifir, que vous ave^ efté au delà des connoijfances que vous penfie^ acquérir. tAinfi * MONSEIGNEUR, en croyant ne manier un Burin â iiij
EPISTKE, que pour vfire Jeul diver- tijfementy vous ave^fait des Chef-d 'oeuvras du premier coup. Apres cela, ne devons- nous pas efire fortement per- juadez^ que fi U grandeur de noftve incomparable Mo- narquey & celle qui vous environne y vous attirent jamais des Ennemis, vous leur
fere^ voir qu'ils doivent craindre le Sang qui vous anime. Vousconoiftre^lefort y le faible de leurs Camps €ÿ de leurs Places y (ÿ fçaure1^ comment celles de France devront
eftre fortifiées. Tant
E P IS T R E.
de Sciences diverfes, MON- SEIGNEUR, ne proviennent que de la forte Application que vous aveo^euë à tout ce que vous avez* voulu apprendre, & de ce que vous vous efôes rendu infatigable en travaillant. Mais comme vos grandes qualités^ augmentent tous les jours avec voflre âge y le moyen d'en parler tous les Mois, & d'en parler avec quelque raport à ce que vous nous faites admirer en voflre Perfonne? f'aurois befidn de ces Mois entiers p^ur en faire la pre-
EPISTRE.
miere ébauche 3 & ce qui fè
paffi Jous le Régné de Louis
le Grandy m'occupe trop
pour me faifTer mettre dans
leur jour les idées que je
m'en forme. Ainfî*
SEIGNEUR > qucy que le
Mercure ait toujours Lofera
plus que de temps en
temps que je prend#oy la liberté
d'y mettre à h telle un
Portrait des rares Vertus que
rvous fiites éclater. La continuelle
admiration
EPISTRË. ~ t-ufenty ri a rien qui régule- que le profond resfell avez lequel fe juri3
MONSEIGNEUR,
Voftre tres-humbl:e3 trer- obcïÆànx Serviteur., D*
CE n’eft pas feulement en France'
que les Modes n*ont qu'un cours
bornér Les Royaumes Etrangers en
changent auffi-tien que nous ; & fi
ces changemens y arrivent ou plus tapement,
ou plus tard, ils ne laillent pas
d’y arriver , & marquent en eux la
inefme inconftance qu'on nous reproche,
<5c qui eff naturelle à tous les
Hommes. Ainfi l’on voit fort Couvent
que des choies médiocres font beaucoup
plus recherchées que de plus
belles, par le feul avantage de la nouveauté
; & par cette raiion ce qui à
elle longtemps en vogue, peut cefier
de plaire fuis devoir eftre moins
eftimé. Quand le Mercure Galant
auroit eu la mefme dèftinée (ce qui
n’eft pourtant pas arrivé ) il n’auroit
aucun fiijct de fe plaindre. C’eft
F RE F O E-
le fort commun de roue ce qui a efté le plus- en crédit, & nous unifions avec fi peu de fermeté pour nos propres. lentimens, que nous condamnons Couvent ce que nous avons le plus approuvé. Combien de-belles Perfonnes ont celle de charnier leurs
Adorateurs, quoy qu’elles eufient encor les mefines attraits 5 par la feule raifon qu ily avoitlongtcmps qu elles s’en cftoient fait aimer? Le Mercure, apres deux années entières , na pas encor eu cette dilsrace , Sc loin que fa vieillcilê luy ait fdt tort, il itmble qu’elle le fafle rechercher. Il acfiiiyé tour ce que doit craindre un. Livre qui r.éiillit, fi toutefois on peut dire qu’il doit appréhender des attaques qui ef- roient autant de marques de fon Succès , & que Ton nedevroit appelîcr que d'heureux malheurs. On a fait imprimer des Critiques 5 & ce qui a fait voir qu’il ny avoir que fonfuccés qui fift peine, on s’eft engage d’en donner une au Public tous les Mois
PRE F AC E. ce qui marquoit une volonté préméditée de nuire, puis qu’on ne pouvoir fçavoir fi ce qui n avoir point encor paru feroit ou bon, ou méchant. On méprifè trop ces fortes de Critiques pour y répondre. Elles fe d-étruifent d’elles -rnelmcs , & ce qui devoir pa- roiftrc tous les mois eft demeuré étouffe dés fa naiilance. Ainfi peu Gens fçauroient qu’on euft fait une Critique, fi Ton 11'en parloit dans cette Préface. D’autres ont attaqué le Mercure d’une autre manière, & ne pouvant difeonvenir de Ion fuccés, ils ont crû qu’ils en pouroient profiter, en foifant des Livres dont le nom de Mercure feroit méfié dans le titre; mais ils n’ont pû tromper longtemps. La trop grande approbation qu’on a continué de luy donner, amefine chagriné les Autheurs qui aveimt ap- plaudy d’abord au Mercure. Chacun a voulu fe perfuader qu’il en pouvoic faire autant, de que la matière en eff tant toujours toute faite, il n’en pou-
PR E f/fC E.
voir coufter à FAutheur que la peine de l’aflcmbler. Si ce qu’ils publient eftoit vray, tout le Livre ne feroit pas écrit d’un meiîne ftile, 6c quoy qu’on y puft mettre des Mémoires quelquefois mieux écrits que n’eft le Mercure, il ne laiftèroic pas d'eftre une e(pecé de Monftre, à caufe de l’inégalité de Les parties. Un Bâtiment uny,&d’une fymetric bien obfcrvée, cft toûjours plus beau que fi l’on y voyoit un Pavillon enrichy de tous les ornemens que peur fournir la Sculpture, 6c que tout le reftede l’Edificc en manquait. Le Mercure apres avoir elfuyé la fureur desCritiquçs, triomphé des ftra- tagémes de ceux qui fous ion nom vouloient profiter de fou fiiccés, & de l’envie de quelques autres qui le croyoicnr capables d’y travailler, a reçeu encor une plus cruelle attaque par ceux qui iêmbloient obligez de le défendre; & comme vray-femblable- ment on devoir leur ajouter foy, de pareils coups eftoient plus à craindre.
P R E F AC E,
J'cntens par cette derniere attaque une conjuration de plufieurs Libraires qui tous par diférens motifs avoient réfolu de letoufer; les uns, parce qu’ils n’avoient plus droit d’en vendre > -&les autres, parcequ’ils le per- lùadoienr qu’il empcfchoit ledcbic de leurs autres Livres. Cette confpira- tion éclata il y a un mois. Prefqtic tous les Libraires du Palais dirent
qu’ils ne fe chargcoient plus du Mercure, parce qu’ils n’en vendoient pref- que plus : mais comme ils' virent qu’on continuent à le demander avec autant d’cmprellcnicnt qu’à l’ordinaire, Si qtfilleroit difficile dé faire mourir la cntiolîté qu’on, a pour ce -Livre, ils crûrent que pour mettre fin à tout, il n’y avoir qu’à faire ujouiit l’Aurheur. Sa mort fut donc publiée aulïîtoft 5 & mcfme écrite dans les -Provinces à ceux à qui ces Librai es fpurnillbient le Mercure. Cependant on croit eftre oblige de faire feavoir
A • 4
icy qu’il cil toujours plein de vie.
PR $ FAC F.
Tontes ces chofes font des prèuves: incontcftables du fnccés qu’ils ont tâché d’afFoiblir Le Mercure pou'- voit-il manquer d’en avoir,puis qu’on y voit en vingt- deux Vo urnes qui contiennent les Nouvelles de vingt- quatre Mois an abrégé des plus grandes Avions de Louis le Grand pendant ces deux Années. Chacun demeure d’accord que ces Volumes renferment dès chofes qu’on ne trouvera point ailleurs, & fur tout à l'égard des Plans des Articles de la Guerre- On, y trouve des Relations de Sièges & de Combats, dont on n’a jamais rien donné au Public 5 & qui font des morceaux d’Hiftoire qui doi* vent vivre éternellement. On peut dire qu’il n’y a rien que de véritable dans tous ces Volumes puis que H l’on eft tombé dans quelque erreur pour n’avoir pas eu d’abord dès Mémoires allez inftruétifSjCes fautes ont efté reparées dans le Volume fuivaat. Il y amefme delà vérité jufquesdan.fi é
PREFACE.
-les Galanteries, les Hilloires n’eftant ■compofées que fur desfondemens véritables* L’Année mille fix cens foi- ■xanre & dix-neuf devant eftre une .Année de Paix ( ce qui reftera d’En- ncmis au Roy n’eftant pas capable de l’occuper tout entier apres qu’il a -eu à combattre prefque toutes les for- ces de l’Europe ) cette Année fera remplie de plus d’Hiftoires que les- deux qui l’ont précédée. Ces Hif. toires d’autres Galanteries, occuperont la place de la Guerre. Ou prendra de nouveaux foins pour rendre ce Livre agréable, 6c L’on fera en force qu’il y ait des endroits pour tous- les goufts diférens. Quant à l’Excra» ^ordinaire, Ton luccés augmentant tous les jours , on continuera de le donner dans les quatre Quartiers de T Année j 6c le quatrième, qui fera l’Année complété, fera diftribné le quinziéme de Janvier. Plufieurs ont crû jufqu’icy que c’eftoir un Extrait des Nouvelles qui elloicnc dans les
PR EF ACE.
Mercures des trois Mois*. Ceux qm
ont fèiné ces bruits ont eu leurs raiions.
Cependant on croit devoir
avertir qu’ils ne contiennent que des
chofes donc il n’y a pas-un inor dans
les Mercures, & qu’il eft compoléde
matières toutes dîférentes.
Les Particuliers des Provinces qui
voudront avoir le Mercure ii-toft qu’il
fera achevé d’imprimer , n’ont qu’à
donner leur adrelfe au Sieur Blagearr,
Imprimeur-Libraire, fa Boutique
dans la Court-Neuve du Palais,
au Dauphin j & ledit Sieur Blageart
aura le foin de faire fur l’heure leurs
Pacquets, & de les faire porter à la
Pofte ou aux MeiTagers qu’ils luy auront
indiquez, fans qu’il leur en coufc
autre chofe que le prix ordinaire desu*
ils voudront avoii\
TABLE DES MATIERES
, contenues en ce Volume.
AV/ifit-propos, £
Lettre fur une Galere bâtie à
Marfeille en un feubjour, 18
Mariage de M,le Marqt û de IdPterre
de Mademoijelle de l3 ^Ibe, 44
Madrigal) 48
Ouverture du '‘Parlement de 'Dijon, j o
Les .Amans Pèlerins, Piifoire, jy
fbfitraPlgalant fiât par M. TÇobbe. 77
feremonies cbferyées a Montpellier?
pour la P ttblicatlon de laP aix conclue
entre la France & la Hollande*
84
j^eception faited Madame la Comtejfè
de S palier, a S palier, SS
l^fjoiiijfances faites à l^omorantin en
HBerry fur le fujet de la Paix, 94.
^ïejfèin d'une Table pour apprendre
en fort peu de temps a toucher le
TbeorbefarlAHaffè continue’) ïoG
TABLE.
Traite touchant La nouvelle inVtutlosr'
Françoife des Sautereaux, io^>
Mort de M de Ldanteüil, 11 $
Mort de M. T^ormoy Gouverneur des TnValides, n<?'
Mort de M. du Tronchet, 11 jr
La Magie naturelle repre/ènteepar les Comédiens Ttaliem, I12
Sujet de rOpéra nouveau de M- de .
Lully, ' 1241
jindromedejOpera donne tous lesïeudis en Concert par M, de Maliere, li(£ Mort de M. d* Eftiyal, 13,0
MeJJieurs de CFniverfîté font faire un Tîout-de-PAn une Orai/on s fitnehre à feu M- le Premier Prejt- dent de Lamoignon, 131
Tout ce qui seftpajje à l3ouverture des Audiences die Patientent, 133
Galanteries delà Cour de SaVoye, 154- Continuation desDivertiJfcmens à Ni- m guet t 57
/ prefente^ d M. Carillon. Mo-
T A B L-Ç,
le Cardinal de "Bottf au nom des
‘Treforiers de France* 168
JW. le Marquis de Bottiers preft? le
Serment de fidelité entre les mdns
du foy pour la Charge de Qslonel
General des Dragons* 174
Mort de JW. le Comte de la Baume de
Montre’'veli - 175
Bleflion d un nouveau Maire à Brejl?
a'vec les Ceremonies qui s obferment le
jour de fa T^eceftion* yyy
M. f ^4lbé folbert entre en retraite au
Séminaire de S^Sulpice. Origine des
Séminaires* 187
Madrigal furie langage des Feux* 194
Dialogue de lal^aifon de la T^ime^
196
Sentimeus d3un Médecin écrits a Jour
.Amy,fùr la Lettre des fer es Capucins
duLouvre employée dans le Mercure
Galant du mois de AroVemb. ni
TABLE.
de 'Provence tenue a Latnsbec,
IBonte^du T^oy pour la- Fille d Arlest
^7
Aforr de M* de jtâaran,
Effets du zple du *P, de EeHemont, 17%
ïïains & ÊMes à la maniéré des
mains établis à iParûy
me du mois de J^o'tembre, iSo
Noms de Ceux qui l3ont devinéej, i8z
Explication en Fers de la féconde
Enigme du mois de Novembre} 1S4,
Noms de ceux qui l3ont de\i?te'e^ 18'5
f ont devine le$deux^8S
T'eut ce qui s*'eftpajféé aux ddercuriales
du *P arlement,
Article des .Modes»
Conclulîon.
Fin de la Table.
PAr Grâce & Privilège du’ Roy, Donne a5
5G• rmàin en Laye le yi.D’Cembré ig.77.
Signé,Par le Roy en Con Confeil, Jun^IeRe'Sa...
Il eft permis à J. D. Ecuyer, Sieur de -Vizé,..
de faire impiimer par Mois un Livre intitulé
MERCURE GALANT, prefenté à Monfergneur
le Dauphin, & tout ce qui’concerne
ledit Mercure, pendant Je’temps 8c efpa.ee de
£x années, à conipterdu jour que chacun defd.
Volumes fera achevé d’imprimer pour la première
fois: Comme atiffi defenfes font faites
à tou;; Libraires, Imprimeurs Graveurs & auires,
d imprimer, graver & débiter ledit Livre
Tans le confentement de 1 FxpofanV, ny d’en
extraire aucune Piece, ny Planches fervant à
l’ornement dudit Livre, mcfme d’en ven
parement, 8c de donnera lire ledit Livre, le
tour à peine de fix mille livres d’amende, &
confîfGation des Exemplaires contrefaits., airrli
que plus au longil < ft porté audit Privilège.
Regiftré fur le Livre de la Communauté le j,
Janvier 1678. Signe, F.Couterot, Syndic.
Ft ledit Sieur D. Ecuyer, Sieur de Viré,
a eedé & tranfportc (on droit de Privilège 4
C. Bbgeart, Imprimeur-Libraire , pour en
jouir fuivant l’accord fait entr’eux,
^cht'vé a imprimer pour la frewrere feit
le jr. Décembre 167S
N F i h, . Madame,
nous voicy à la fin
JLs^4 fie F Année mil fix
cens foixance & dix-huit,
Année toute glorieufe pour
la France, & fi glorieufe,
que la Pofterité aura peine
à croire les prodiges qui s’y
font paflez. LesHiftoricn^
Decmbre. A
«
Extrait dt* Trrvilege du b^yy»
PAr Grâce & Privilège du Roy, Donné & S. G-rrnain en Laye le ji.D.’cembre 1S.77, Signé, Pat ic Roy en fon Confeil, Jun‘q^ieReS.v I-Jeft permis à J. D. Ecuyer,Sieur de Vizé^ de'faire itnpiimer par Mois un livre intitulé MERCURE GALANT, prefenté à Monfer- gnçur le Dauphin, & tour ce qui concerne ledit Mercure, pendant le'temps & efpace de' ïïx années, à compter du jour que chacun defd. Volumes fera achevé d’imprimer pour la.première fois: Comme suffi'defénfes font faites à tous Libraires, Imprimeurs, Gravea rs & autres, d imprimer,gtnver & débiter ledit Livre lânsic contentement de l'FxpofanV, ny d’en, extraire aucune Pièce , ny Planches fèrvant à Torncnient dudit Livre, mefmc d’en vendrefe-- parement, & de donnera lire ledit Livre, le tour à peine de fix mille livres d’amende, & confifodiion des Exemplaires contrefaits., aiirfi que [dus au îong il cft porté audit Prjvj’cge.
R’egiftré fur le livre de la Communauté le y# Janvier 1678 Signé, F.Couterot, Syndic.
Ft ledit Sieur D. Ecuyer. Sieur de Vizé, a cedr & transporté fon droit de Privilège i C. Bbgeart, Imprimeur-Libraire, pour en jouir fuivant l’accord fair entr’eux.
^schevê d'imprimer four lu frem/ere fais ie y. Décembre 1678,
!
Nfin, Madame,
[ nous voicy à la fin
de F Année mil fix
cens foixante & dix-huit,
Année toute glorieufe pour
la France, & fi glorieufe,
que la Pofterité aura peine
à croire les prodiges qui s’y
font paflez. Les Hiftoricn?
Décembre. A
„ M ■£' P PP Z P P
qui en parleront, feroient fans-doute fufpeârs,ou de- xagerer, ou de raconter des ^Fables, s’ils n’avoient un infaillible moyen de convaincre ceux qui viendront apres nous , de la vérité
A J
des furprenanres merveilles qu’ils auront écrites. Ils n’onc pour cela qu’à faire un Portrait au naturel de Louis le Grand, qu’à peindre une extrême prudence jointe à une parfaite valeur, une haute modération avec une puiflànce ués-étendue, une conci-
U mlAN 1 • 3
nuelle application dans les
Affaires, & enfin toutes les
Vertus politiques, militaires,
& morales, qui ne le
rendent pas moins Augufte
par fa Perionne, que par
P élévation du Trône où
nous le voyons affis. Quand
ces traits, auffi éclatans quils
font particuliers à luy
feul,* auront donn< é une entiere
connoilfance de cet
incomparable Monarque,
ce qu’il eft fera proire facilement
ce qu’il a faitpour
en eftre mieux conréflexion
{urletecret de tes
entreprîtes^ qui n’eft jamais
échapé de Ion Conteil.
Nous n’avons aucune Hite
foire qui nous ait encor
rien marqué detemblable,
nicfme chez les Nations les
plus politiques, & qui au
defaut de la force te font
toujours tirées d ’ affaires
par l’adreffe de leur con^
duite. C’cft ce qu’on ne
fçauroit attribuer qu’aux
grandes & merveilleutes
qualicez du Roy. On le
fort avec un zele taes-etnpreffé
. ie 1 ’ avoué 5 mais
I
%
r
GALANT, f c*eft beaucoup moins par un devoir de Sujet dont on apporte 1 * obligation en naiflàntj. que parce qu’on aime véritablement fa Per- 9 te
fonne. Cet amour, fi profondément gravé pour ce grand Prince dans le coeur de tous les François, fait exécuter fes ordres par tout
I
& en tout temos, avec une
1 J
diligence & avec une exa- O * 9
élitude qui ne laiffent rien afbuhaiterpcur le prompt fuccés de tous fes defTeins» Je vous i ayfàit voir en détail dans chacun des grands
A iij
Evenemens qui font arrU
vez depuis deux ans queje
vous écris des Nouvelles^
vous avez veu faire des
chofes qui paflcnt l'imagination*
au Miniftrc infatire
garde la Guerre. Celuy
qui a le foin des Finances*
fans lefquelles rien ne peut
que rien n'a manqué , &
que les Affaires du Roy :
n’ont point fouffert par ces j
fortes de retardemens qui ;
.. GALANT 7
d’entreprendre de grandes
choies} ou qui les font
avorter apres qu’elles ont
efté cntreprifes. Mais fi
Sa Majefté fe trouve fi bien
fervie, c’eft parce que le vif
ôc jufte difeernement qui
J £ - •
fempefchc de fe tromper
en aucune chofe, luy a fait
connoiftre le lolide mérite
de ceux qui’pouvoient luy
aider à fou tenir le faix des
grandes Affaires; qu’Elle
en a fait un bon choix, &
qu’Elle n’a départy fes lumières,
& diftribué fes orde
les executer avec l’efp.
rit, la prudence, & Fadtivirc
ncccÆiircs , & de les
faire exécuter de la mefmc
forte. Difons plus, Madame.
Le Roy n’a pas feulement
travaillé au bonheur
de la France, en combatant
avec de juftes droits
pour ragrandiffement & r
pour la gloire de ce floriffaut
Royaume, mais en ï
choifi flanc de grands Hom- 5
mes, (bit pour les plus con- <
fidérablesDignicez de l’E- '
glife, foir pour les premie- ■
res Charges de Magiftra- r
GALANT cure. Quel plus digne Chef pouvoit-il donner à la Juf- tice, que l’Illuftre Chan-a celier que nous avons au- jourd’huy ? A-t-on jamais entendu parler d’un choix plus généralement approuvé 1 Toute la France a re-
renty du bruit des acclamations donc il a efté fui-, vy3 & il ne s’éft fait aucune Action publique ou il y ait eu occafion de s’étendre fur les louanges du Roy* qu’on n’y ait méfié celles qu’il méritoit pour le ran£
\ -1 • /, / r»
ou u avoir clcve ce lare &
prudent Miniftre. Les autres
Chefs de Juftice ont
elle' cho fis avec le me fine
difeernement. On ne voit
point de Sujets oprimez
dans le Royaume. Tout y
eft tranquille. L’Equité &:
les Arts y fleurirent , & y
ont mefme fleury pendant
la Guerre, ce qui ne fe peut
trouver que fous le Régné
d’un auffi grand Prince que
Louis XIV. Voyez les fuperbes
& commodes changemens
qui ont efté faits
à Paris depuis quinze ou
vingt années. Quel autre f
. GALAMT. Il
jde nos Roys a jamais eu
(tant de foin d’ordonner de
-fes cmbelliffemens? Combien
de Quais nouveaux?
Combien de Rues élargies?
| Combien de Portes magni-
Sfiques qui auroienc pafle
Montagne applanie, &
chang-Oée toute entière en
Edifices fomptueux, ny du
Cours commencé fur le
«Rempart de la Porte S. Antoine,
& qui ne doit finir
qu’à la Porte de Richelieu,
c’eft à dire, qui contiendra
l’efpace de plufieurs lieues.
Ce n eftpas tout, Il iemble
qu’une Ville d’une auffi
grande étendue qu eft cette
Capitale de la France, ne
puifîe jamais eftre fans defordre,
eftant difficile que
la confufion ne rogne où.
l’on voit tant de Peuples,
tant ^'Etrangers ôc de Vagabonds,
qui ne cherchent
ordinairement qu’à fe mêler
dans la foule, afin de
vivre aux defpensd’autruy..
Cependant nous voyons
icy ce qu’on avoir tenu itn|
GALANT i? Ipoflible d’y voir jamais. | L’ordre & la propreté y |font copatibles avec l’em- îibarras de la Multitude- & lia Police y elb exercée avec |une fi exaéte régularité, | qu’on n’a plus rien à crain- ïdre des abus qui s’y com- |mettoienr. Ce font des mi, |racles du Régné du Roy, ' i&ces miracles le font parce que SaMajetté a choify un |Magiftrat vigilant, habile, | incorruptible, à qui
| toutes ces qualitez eRoicnt neceflaires pourfoûrenir le poids du fardeau qu’Elle a
T'**? TT> "^*7
14 MtKCvKü : jugé à propos de luy corn-! mettre. Il eft certain que rien n’échape aux vives & perçantes lumières de ce ï grand Prince, & qu il con- J noit beaucoup mieux de- quoy chacun ell capable, ; que ne le connoiflent ceux- j mefmes que nous luy f voyons choifir pour les plus f importans Emplois de l’E- tat. La maniéré dont ils s‘en acquitent, eft une| preuve éclatante qu’il ne ■ s’abufe jamais, 6cvous avez r dû eftre perfuadée de cette vérité par quantité d’ArtL L
t ♦
A T A XI Te- clés de mes Lettres qui vous ont fait voir combien ils eftoient dignes du ML j ’
I niftere qui leur a efté con- | fié. Ceux dont il luy a plu i faire choix pour fe repofer j des Affaires de la Mer fur I leurs foins, ne peuvent aulïi | recevoir trop de louanges. I Ils n’en méritent pas feule- I ment par eux - me!mes, | mais par leur vigilance à ne I donner les ordres de Sa |Majefté fous eux, qu’à des ; Perfonn.es qui les fçavent ^exécuter avec autant de capacité que de zelc. Ce
a4
1
16 MERCVPOE que je dis regarde particuJ lierement les Officiers ; mais fi vous voulez defcen- dre jufqu aux Ouvriers qu’ils font agir, vous les trouverez dignes d’avoir quelque part à cette louange. Je ne douce point que ce que j’ay à vous apprendre i fur ce fujet, rien (bit un j d’étonnement pour les au- j très Nations,.-fi pourtanti on peut eftre étonné de ce t que font les François fous p un Roy, dont chaque jour f de la vie fomble dire défi K
K • . tiné pour nous faire voir hf
K
• l
t*
!v
A*
autant de prodiges. C’en
eft un fort grand que ce
que vous allez lire dans la
Lettre que je vous envoyé
d’un Officier de VArfenal
deMarfeille àun Commiffaire
de la Marine de fes
Amis. Toute éclairée que
je vous connoy fur les matières
les moins communes3
j’ay peine à croire
qu’on ne s’explique pas
dans celle.cy par quelques
termes qui vous feront inconnus.
Pour moy, je vous
iavoue que je ne les entens
[pas tous, & quil y en a
I Décembre. Be
a-4 i
quelques-uns que je pour--,
ray mal écrire 5 parce qué
les caractères n’en font pas
SUR UNE GALERE BASTIE
à Marfeille en un feul JpurT’
v 'y Oms m5 avez. fouvent
V demandé des nouvelles
de ce Pats , & fay voulu attendre
d vous fatisfaire que
feuffe quelque chafe d*extralordinaire
a vous mander. le
droit en Provence au cornSa
Mapeftédans vingt-quatre
heures3 qui eftlemefme temps
que les Vénitiens employèrent
à celle quils firent conftruire
en prejence de Henry III.
lors quil pafla par Venife a
fon retour de Pologne. Les
Sieurs Chabert, Maiftres
Conftrulieurs ? à qui il en
parla 5 trouvèrent d'abord
lachofe impofflble ^alléguant
pour leurs raiftnsque ce que
les Vénitiens av oient fiiit3
n eftoit quun leger travail
en comparaifbnde celuy quil
leurpropfiüit. Ils luy remontraient
que les Galeres des
r
4
1
A
_ GALANT- 2i Vénitiens ne font que de za. Bancs > au lieu que celles de France font de 2.6. qui efi un tiers- en longueur de plusy & que lors que les Vénitiens firent ce petit miracle ( car ils ne le nommaient pas autrement ) ils ne firent point une Galere doublée ny clouée par tout pour pouvoir aller en Mer y mais feulement un. ajfemhlage de pièces qui formaient une belle Galere en apparence & qui en effet efioit hors d état de naviger. Toutes ces raifons furent faibles contre Mz T Intendant.
%
u n l., a N t ■ 2 j
vail. Voicy quel e&oit cet
ordre, lla<voit mis cinq cens
bons Ouvriers Charpentiers
en dix Eficadres de cinquante
Hommes chacune y conduits
par un Ecrivain comman*
de'zjwr un CheJ} & un fious-
Chef\ quils appellent parmy
eux. Cap - mailtre & jcus-
Cap-maiflre. Il donna cinq
de ces E[cadres au SY Chabert
l’aîné qui de volt confiruire
le cofié droit de la Galere*
£ÿ les cinq autres au Sr Çhabert
le cadet qui avoit le cofié
gauche. Il fit prendre a chaque
Éfiadre des Bonnets de
c*! ♦
24 MERCVRE - differentes couleurs , afin- quils fuffent tous reconnus, & qdilsne fi melaffent point les uns avec les awfis. lly- asvoit outre ces dix Efia dre s de charpentiers 5 cinquante Cloüeurspour clouer toute la Galere 5 avec des Bonnets dune autre couleur que les Mdfflres charpentiers con^ duits aufflparun Ecrivain deux Efcadres de quarante Bortefàis chacunepour porter les pièces d ceux- qui les devaient pofer^ une Efcadre de Sculpteurs ; une de Maifi- tres- Sdenuifiers . eÿ cent-
Mdifires
oient e ire cal-
• r j*f • ? •
i2 i • ' h i Z? £•• T •* r tf*
Li. h «. /,* cA C f ■ f ?'; wZ/
..' * } n : J ' ' » ? \ r .': A/i , •* l ' J
pt ecedz -■ l -ejfiy
’il avait dcfiein de faire. JJ J
les fil Kieti'iC chacun dans dre*
C- CU n
GMJW- 25 Maifl^es.^Calfists -qui de^ soient commenter à travail- 1er fiés qurrn aurcit prfic les Pièces qui de v fit des.. Il files Ouvriers
* '»><** le j ,■ ur qui qud av^._ . Il dordre uù ils. devaient et
\ & leur demanda fis cb dleux_conn:djfijit Jon du fi, J'ay oublié de vous du e que
< 1 quelques - jours auparavant il avoit donné une inÈlruc- tion a chaque Ecrivain <ÿ i chaque chefid’Efifidre ? afin Décembre, C
9
reco• * mm♦ and7 a de travailler
fins parler 5 ce qui efi trèsdifficile
aux Cens de £Manney
& qui efi pourtant fort
neceffiùre pour empêcher la ;
confiffion. Enfin apres avoir ;
parlé en general & en par fi i
adier à tous ces Ouvriers^
leur avoir prefirit l'ordre
qu'ils devaient tenir5 .gÿ tiré
parole de chacun quils sappliqueroient
fortement à ce
GALANT- 2,7
qfi il leur efioit ordonné fil lei
congédia & leur donnarehd
de^-wous pour de lendemain
matin w. de Novembre i
U pointe du jour. Il s*y trouva le premier tous les Ouvriers eftant venus s il parla encor aux Chefs & aux Ecrivains 3 & fur les fept heures il fit commencer te bel Ouvrage. I j efiois prèfent. Cependant faurais peine è vous dire comme la chofe se~ xecutait. Tout ce que je voyais faire me paroijfoit tenir de ienchantement, Ilfembloit que chaque Ouvrier e Etait un
G ij
a
MERCyRE gVLaiflre * & qu'ils avaient employé toute leurviea faire de pareils Ouvrages. Jls travaillaient avec une dilV gence quon ne fqauroit croire* t? qui ne nie fwrprenoitp&& moins que leur filence. On euftditque prés de huit cens Hommes qu on avoit ern~ ploye^d ce travail* efloient conduits parla mefme main. Tout fe trouva jufie * & le projet de M1 f Intendant fut fi exactement fuivy , qu'il fembloit que le moindre Ouvrier Veuf aprls par. coeur. On n eut b foin que a une
demy-heure 0 & la Galere fut
ce que T on appelle en Rames^
ceft d dire ? toutes les Cofies
mi fi s s mais avec autant de
j uflejfe que fi on y avoit employé
les. quinze jours qu on
employé ordinairement a fai- _
re ce quon fit en cette iemyheure*
Apresjyu-on eut pvfd
Us~M^drc^ on mit les Contre
quille s y. les Eficoùets de
chaque coflé 3 les Perceintes
■(fi les Doublures , car a prefient
en France on double toutes
le* Galeres pour les fortifier
davantage, ce qui fait
quil y a autant de travail au
C iij
dedans d'une Galere comme
au dehors. On pofa en faite
les Fils de chaque Cofie^ &?
au deffbus de la Couverte izo.
lûtes. On boucha la Couverte
gÿ l&s^Cofte^de la Galere*
On mift Iôs Contaux & Trinquemns
5 les Fais de Courfier
€ÿ Surcourfier qui Jont despièces
fi lourdes. 3. qu il faut
quarante Hommes pour les
remuer 3 apres quoy on travailla
a pofarla Poupe d'une
tresbelle Sculpture. Dans le
mefme temps que les Peintres
la peignirent, les Charpentiers
travaillèrent à pla-
£
tër les Queues de late & Ta- pieres ,fiixante Baccalas de chaque cofié, lesPilerets adcn- tées y les Apoftis y les Bancs? Pedaigues, Banquettes b Au~ bareLlieres,ConCrepedaiguesy Cordes, &. Potences pourfiu~ tenir les Bancs. Tout ce la fi fiifbit avec une flgrande diligence, & avec fi peu deeon~ fifionf que ceux qui eTloient prefins aboient peine 4 croire, ce quils voyaient. Les Mea mifiers boifirent le Plancher de la Poupe , & tout le Caurfier qui eftle long de là Qalere de Poupe d Proüe Id
• • • • C mj
devant fat mis5 C/ enfin à 4* heures apres vnidy il ny eut pas lapluspetite plece de bois- ? d po/ers & mm jèulement les Charpentiers eurent confirme la Galere 5 mais ils l eurent tentepatée. F#us fhiueTjpte ce terme fig>dfie ofier le bois faperfluprendre tout égal9 & achever de polir. Les Cal- fats qui avaient déjà commencé à calfater tous les endroits qu ils au oient, pu fe placer, continuèrent leur travail avec tant de promptitude 3 que la Cou verte ejlunt
i • 55
1 toute calfatée y ils U différent libre .> pour pouvoir y faire mettre les Arbres & En- i tennesdeffds ? dans le temps quais allèrent calfater tout l le dehors ■ de la Galere , ' g/ mettre de la Paix dans 1 chaque jointure. Aïo.heu- i res du fuir les Calfate avoient finy & ils voulurent em-
■ ployer le reste de la nuit vifiter ' par tout ce qu ’ ils avaient fit. --M1 l Inten- ’ dant ordonna qu on jetafi de Veau dans la Cadre pour fare P épreuve quon fait or- <■ dinairemcnt y afin de trou-
ver les trous qu on peut avoir
manqué de boucher. CroB
rie^-vous y SMonfcur v^us
quifèave^ce que défi quune
conltruciion 3 qu'il ne s en
trouva qùe trois petits 3 aif
quels on remédia incontinent?
Sur les r, heures du matin
SMV l. Intendant- donna ordre
que l'on mifi l'eau dans le
Baffln ou B on. avoit confirait
U. Galère Ce fini des Bdf.
qtion appelle Formes où l’an
fait venir l’eau-. de la Mer
parle moyen d'une porte qu'il
y a au milieu d7 'une double.
5
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• 1 't
1 4** fi. fi
GALANT. palijfade de bois 3 qui efâ entre la MergJ ces Formes 3 gÿ quon olle en flûte lors que la Galeve flote dans la Forme 3 & qûon <veut la faire entrer* dans le "Fort. Il fl paffa z. heures avant que l'eau fufi dans la Forme, & qu on eufl. ofté les Paliffades. Il eli vtay que dans le temps que Peau entroit t PInten^ a àant fit dire la ^Mejfe dans I la Galère 3 où fe firent toutes | le s Ceremonies qu'on a de | coutume de faire- pour la be- | nir. Ainfi ptécifement d fept j heures, la. Galere fût hors de
36 MERCVÏLE là Forme y & Tïtïfè au milieu du ' Port. On luy mît fa Cbiowne 5 fis Canons. On la le St a. On dre fia les Arbres ZA les Antennes. On l agréa de fies Cordages^ Voiles > & Tendes. On y embarqua les zArmês 3 S* Munitions de Guerre enfin on l'équipa, de tout ce qui luy efiait necejfaire pour Aller en Mer* en forte qua, y. heures du matin la mefine Galere qui avait efïé commencée le jour precedent ' fût hors de Lt Chaîne de MârfiiUe 5 & prit la haute Mer. Tout cantri-
1
i*.
✓ 0 .
• M
tj iHLhN 1 • /■
l Jouait a la faïsfiiEiïon de IM'- ■ r Intendant 3 car il fiiifiit le 4 plus beau temps qu ’ on pufi 4 Jouhaiter, & je ri ay jamais % rueu Galere aller mieux à Jr •
la Rame & a u Noile. Nous | r éprouvâmes de deux fa- .
yjns.
J zApres vous avoir parlé | de cette Merveille 5 il efl | juste que je vous en fajje connoijïre 1* Autheur.
\ Brodart ell le plus <
«L A
'M' '
Ancien
Intendant de Marine qui doit
• d A
dtns le f rr<üice. Il a. eftéemployé fans difiontiwtittion depuis le comencemem de l'année
1 lement quelque temps apres
dans cette mefine qualité^
tant au Port de Toulon que
dans T Armée Navale que
le Roy envoya en Candie.
Jl a eflé Intendant a Dus-
.^er-que , & au Havre de
Grâce 3 & a fait le premier
T établijfiment des Cfa[fa
des Matelots. Le Roy luy
donna V Intendance generale
de fies Galeres au commencement
de Vannée 167s* Ils a*
mie , que celles que nous a- vons aujourd'huy. Tous les Officiers def ArflnaldeM<ir-
a ? akIT
qmte fidigniwient de cet em- ploy^ qu <m «âjmAêiw de Galères fi belles, fi bonn&s^fi . bien ornées 3 & faites avec \ tant de diligence & d*oecono~
» ■1 / ,7.
Zi
«
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* i'
Ç
j jcille ont très- bien exécuté fis ■i ordres dans Toccafion dont je ■ vous parle ? mais particulier rernent M' chalons Commifl : faire general de s Galères. Les \ Sieurs' Chaberte y ont très*- bienfait leur devoir. Ce font les meilleurs Maifires Confia trudeurs de Galères qui fbiet
4n 'ïw W ? \f <<
.O x â- 1?^ \.zxi •• xX^i
dans le monde. C'efi un talent qui leur efi particulier de Pere en Fils depuis plus de deux cens ans. La confiru- Eiion des Galeres eft fort di- foerente de celle des JAdjfoaux. Il y a trente Perfonnes en France capables de confiruire de beaux -Viiiffeaux ? mais pour des Galères il ny a que ces deux Freres qui ayent le
L j
don d'y bien reft/fir, avec un autre Homme tres-habile qui commence à faire parler de luy. le fois vofire^ &c.
A. Marfeillc cen.N0v.1678.
Ne croyez - vous pasy
Madame, que j’aye eu raifon
de donner le nom de
Prodige àlaprompte confo
trudion de cette Galere ?-
& auriez-yous pu vous imaginer
que l’entreprife de la
O A i
bafrir,. & de l'a’ mettre en
Mer prefte à voguer ôc à
une C a m p a g n ene
fl: eftre que l’ouvrage
faire
du fl
d’une journée. On affure
qu elle le peut démonter
avec la mefme facilité qu’elle
a efté conftruite 5 fans
qu’on ait, à craindre d’en
gafler les pièces, & cela
Décembre. D
42-MBRCVRE par le moyen des emboif- remens & des clous qu’on- a faits exprès. Si ceux qui- voulurent faire élever la
Tour de Babel, euflent ordonné le fflence qui a elle obfervé quand on abafty cette Galere, la diverfité des Langues n’y auroit point mis d’obftacles, & ils ïeroient peut-eftre venus à: bout de leur deflein. Il eft certain que ce n’a pas elle un petit effet de prudence, d’ofter à tant d’Ouvriers la neceffité de parler. Le moyen qu’on cuit pu s’en-
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.kW.u V < T*"#*'”
< i A î A1M £ ♦ A 'ï ' tendre parmy le bruit continuel des coups de marteau? Ce qu’il.y a de rare,, c’eft. que la promptitude avec laquelle cette Galerfc a efté conftruire, -n’en a- poinc fait négliger les Or- nemens. Elle a fa Poupe' d’un fort beau Dcffein, & embellie d’une Sculpture, au ffi délicate que bien en-: tendue. On doit en pré-
préparer une autre qui fera- plus grande & plus belle, pour en donner le diver-
1
tiflenlent au.Rov, s’il fàit> Al J J
|voyage à Marfeille. t ‘ D’ i j
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doute que je vous manday
il y a deux mois que M'le
Marquis de la Pierre eftoit
attendre la Difpenle de
Rome. J’ay avons apprendre
aujourd’huy qu’il Fépoufa
à Grenoble .dés le
commencement de No.
Z*- A f A Kl "T .
- < r M 1^1- 4 > eft Fille unique de feu M1 le Préfident de VAlbe, for- ty de l’ancienne Maifondes: Vaçca d'Italie, & du cofté , r-''x* V
de fa Mere 'des Montenars -/tf'A
’ --------- -
& des Allemands, deux Fa- milles illuftres & fort con-
1 nues , mais particulière- ment dans le Dauphiné. La naifiance & le mérite de MT
le Marquis de la Pierre 5 fi ellimé à la Cour de France
& de Savoye ? méritoient la confédération que cette riche Heritiere a eue pour luy. La grande dépenfë oii l’engagent les Emplois
MEB.CVR.E qu’il a à la Guerre, ncluy- a donné aucun lcrupule, Scelle n’a pu tenir pour defauts certaines remarques fur fa conduite, qui ont peut-cftre fervy à rompre un autre deffein de Mariage
qu’il avoit témoigné avoir, avant qu’il épouiaft cette aimable & jeune Per- lonne. > Comme 'l’étroite amitié qui a toujours efté entre leurs Familles,a beaucoup contribué à cette Alliance, ils font fort contens Tun de l’autre, & vous jugez bien que ce ne fut pas
fans déphifir que Mr
Marquis de la Pierre
loignaqaielques jours apres;
fes Noces ■ mais les ordres.
de Madame Rovale luv en- / J
firent une neceffiré^&.il'ne.-
fe pût diipenfer de venir,
icv«t recevoir ceux de Sa Maciion
& le commandement,
avant la qualité défi
ri Radier en France, & de
Marefclial de Camp dans
les Troupes, de Savove.
Ce n’eft pas un petit
avantageque.de bien choifr
en fe mariant. Le repentir
fuir Couvent cette
forte de Contrait. Voyez
dans ce Madrigal les plaintes
que font deux Darnes^
l’une d’avoir pris un Mary
trop vieux, & l’autre d’en
avoii pris un trop jeune.
|VÆ£ i3 \2 Tï '<S < t
* •.»
N blâme d'ttn Mary la-i-opérande
vleidefTe.
l b b , Et 'faccufcdiï vmen la trop- grands
jeuncffe.
Vo^.-^d:tns vos regrets Grperfla^
S'ouveri' voix wx plaiqne^ d'a* ib \»
vol? ce q± ui n c-> dpl hteï
♦
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Jeux bi- berons Tous deuxbiè rodsSc tous deux di- gnes de loiïan- gc ’ J • ’ j • Voyatis piller leur yau
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dan- Chatoient d’un ton joyeux -, Pleurez, ô doux
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„2_ <Un- ...ge,Chatoient d’un to joyeux; Pleurez, &7
y? chere., Pleurez chezuo9,pleurez chez
nos voyli-ns-,
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chere,Pleurez, chez .nous fleurez - chez nos voiCius/'
. ’",7 ~ ' f _• Z'"^ -a 1 r* - -•- —-____ -'4t—-X
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p’7 .Par .Leur.douceur... & . par leurs .. - charipes.Et no9 dÿons-yoyai-^
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chez.no9,__4>--J...--^u^J
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Parleur douceur...&:.... par leurs charmes. Et no’dirons voyons vos ' larmes, Après les pleüts viêdrqhsles pis.
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U A.LA i • 49
Et dans l'ennuyqui me dévoré*
Jvtejf je tue plaint Savoir ce qui
, nefipoint encore,
4 .
J II n’y a que le Vin qui ^rcjoiiilïe toujours les Par- J'titans de Bacclius. Voicy ijdes Paroles qui leur plai- gront. Elles ont efté faites ïllur les dernieres Vendantes. L’Air eft de MMRJk ■^gault de Tours.
1
AIR A BOIRE.
v J /Ianiny deux Biberon^ T mm deux bien ronds,
Ez tMMdc&x dignes de louante 2 Seyant coulerleur vendante
D ecembre,
Cbantoient d’un ton joyeux > fleurez*
b doux Rai fins y
7^' arreflezypoïnt le cours d'une U*
queur fi chere.
Pleurez^cber^nous, fleurez^ che^
nos ^oifins,
'P'ous ne (canner mieux faire.
Vos fleurs confolentnos efprits
Parleur douceury &far leurs
charmes»
Et noue dirons voyatvos larmes^
Afrcs les fleurs viendrai les ris.
L’ouverture des Audiences
du Parlement de Dijon
fût faite le Jeudy 17. Novembre
par M'Brulart Premier
Préfident. Cette grande
Charge qu’il exerce avec
GALANT- p?
tout l’éclat qui luy eftdeu,
n a rien qui foit au deflùs de
fa nailfance, & ilfoûtient
glorieufenient les avantages
de l’une & de l’autre
par un grand nombre de
qualitez encor plus éminentes
que le Rang qu’il
tient. La recherche de la
Vérité fut le fondement de
fon dilcours. Il dit, Jgue
toute P étude des Hommes
doit s'employer ci la découwrir,
parce que fans elle tout
n efi qu objcurité gÿ confia
fon. Il reprelènca aux A vo~'
cats3 de la maniéré du mon.
MF P CW F J i X-WMf JL Xzd
de la plus honnelte, Que leur ramifier e exige beaucoup plus de fincérité que toute . autre Profejfon,puis que les raifons dont ils tâchent d'appuyer le droit des Parties^ fervent â former la décifion de la plus grande partie des Jugement, Il ajoura, Qfon ne pouvait difconvenir que T Eloquence ne fufi un grand agrément & un moyen fort propre pour attirer des ap- plaudijfemens a F Orateur\ ' mais que la Ferité avoit cela de p articulier, qu elle entraîner tous les Ecrits. Il niella 4
GALANT, p
fort adroitement félo^e du
ï O
Roy dans fa Harangue, ôr il le fit en peu de mots, &: avec la dernière jultefie. Il dit entr autres chofes, la Vérité ePlant ï ame des louanges qfion donne À l'admirable Vie de X* MfiePlé) ■fin Vlom fira toujours egfilê- ment iufiue dans U
Pfierite la pb^ .éloignée, parce que la Vérité n efl fi- jette ny d lawieillejjje ny d la mort, & quelle durera au delà des ruines du éMonde, Il fit en fuite une très-belle peinture de la laideur du
Ï. 9 • «
■, llj
U MERCVRE
Menfonge. Il dit, '
eftoitjamaisplus dangereux Tie T^d. ü W l‘air & s APftA^nce de U yerité. & en exhora„t fcs cars & les procureilrs à f gopofer toûpurs Ia bonne- y & cette meïrne Vérité
pour réglé de leur conduite.
Cet éloquent Difcours, dont je ne vous rapporte que des penfées très-imparfaites, & fans aucun ordre, fut prononcé d’un ton de.voix, & accompagné d’un air de grandeur &. de t._ t?
GALANT.
majefté, qui acheva de
charmer toute 1 ’ Affem^
blée.
ligny parla auffi fort éloquemment
fur l'excellence
de lajuftice, & fur le mélange
que les Juges doivent
fai'e du Droit &: de l’E_
quité ■ mais comme il a la
voixfoible, on perdit une
partie des belles chofes
qu’il dit.
Avant que de vous faire
quiter Dijon 5 il faut vous
apprendre ce qui a eftéfaic
pour deux jeunes Soeurs qui
E ifij
derées par le mérite de
leurs perfonnes, que par les V
avantages de leur naiïïànce.
11 ne faut qu’avoir des f
yeux pour dire convaincu !
de leur beauté ce qui dl
un grand charme, elles ont ■
refprit auffi bien fait que
le corps. L’Aînée eft d’un
blond le plus beau qu’on le
puifTe figurer 3 la raille fine
& ailée : une douceur oc ;
? I
une majefté qu’on ne crouvepoint
ailleurs. La Cadere
ell brune, mais d’un brun
au
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U/iwifMi- 57 teint & le plus vif qu’on air jamais veu-, les yeux,, d’un brillant à' ne le pouvoir foûtenir -, les traits tous régulièrement beaux, la ’
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plus belle bouche du monde , .& des dents qui fem- blcnt avoir efté faites au tour. Vous jugez bien qu’avec tant d agrémens?& de refpnc à proportion , elles s’attireroient une grande foule d’Adorateurs. fi corn-
J me elles ont le don de plaire, elles vouloient recevoir des foins- mais elles ont une Mere d’une vertu fi
^8 MERCVRE, éminente, & d’une pieté fi peu commune, que F exemple qu’elle leur donne, ne leur permet qtTun tres- foible commerce avec les Societez de plaifir & dedi- vertifTement. Elles l’accompagnent
dans toutes lès dévotions, & font accoutumées à cette forte de retraite,
qu’elles ne regardent point comme une peine
; mais quoy qu’elles ayent peu Tufage du monde, elles ne laiflènt pas d’en avoir la délicatelle. Auffi
font-elles Filles d’un Hom-
* «
A T A —
1 • yÿ Imepoly, galant, éclairé, & Iquieft un des premiers Ma- Igiftrats de la Province. Quatre fa Charge qui luy donne | beaucoup de rang, il a un SEmploy .qui fait tous les | jours connoiftre fa fidelité |par fes. fer vices, & qui ne f luy a pas moins acquis Tef. | time du Roy,que celle d’un | grand-Miniftre qui l’hô- | nore particulièrement de | ion amitié. Ce Magiftrat
O
| a une Maifon de pkifance | à trois lieues de Dijon, des I plus agréables qui fevoyét. j II aime paffionnénient la
4
Chalïè, & le plailîr qu'il
prend luy fait avoir un équi1
page des plus fuperbes,
tout ce que demande la
luire de cette dépenled
Ainlî le jour de la S, Hubert
derniere^il invita route
la NobleiTe de £©n-voiu~:
,-nan-e de Vun de l’antre
la Fefte chez luy. L’Affeniblée
fur grande. Les Dames -
s’y trouvèrent en Julie-aucorps
ôc Perruques fort ina-i
gnifiques. On ïèrvic un Repas
où la delicatefle & la
propreté dilputoient avec
I GALANT. 61 l’abondance. Le Repas fi- ry, on alla courre le Cerf 'dans une Foreft prochaine, .'où l’on rencontra une
• •* •
(Troupe de Chaflèurs que l’ardeur de la ChafTe avoir 'menez à plus de quatre lieues du Canton où ils de-
✓
meuroient.
Ils ne fe con-
moiflbienr les uns ny les au- très j quoy qu’ils fùffènt Tous d’une qualité diftin- :guée. Cependant ceux qui venoient pour prendre, fe trouvèrent pris. Deux Frères des plus qualifiez de la Province ne purent voiries
6t MERCVRE deux charmantes Perfon- nes dont je vous ay parlé, fans eftre touchez de leur beauté, & ils le furent d’une telle forte, qu’on peut dire que dés ce premier moment , ilx en devinrent éperdûmént amoureux. Ils / A • 1
eurent toujours les yeux attachez fur elles 5 leur dirent tout ce qu’ils purent d’obligeant pendant un moment qu’ils trouvèrent oc- cafion de leur parler, & ne s’en fépaverent qu3 avec beaucoup de chagrin, mais la nuit qui s’approchoit les
GALANT força dequiter cette belle Troupe. Ils s’en retournèrent fort relveurs, & ne penfant plus qu’aux moyens de revoir les Belles. La retraite dans laquelle ils apprirent qu’elles <vi- ' voient les fit trembler. Ils
' vouloient chercher à plaire. ; Il faut voir & parler pour y \ réüffir', & ils ne voy oient ; aucune facilité à l’un ny à l’autre, quand ils regar-
; doient ces aimables Filles
fous la conduite d’uneMere
qui ne recevoit ny Jeuneflè j ny Galanterie. Il n’y avoit
pas d’apparence de fe ha;
zarder à aller chez elle, n’en
eftant connus que de nom.
Ainfi le feul party qu’ils virent
à prendre, fut de ren- i'
dre vifite à une Dame de f
leur connoiflànce, qui eftant
voifine des Belles,
pouvoit leur faciliter quelque
accès dans cette Mai- ;
fon. A près les premières civilitez
, on mit la rencon-
J I
tre de la Chaffe fur le tapis, i
On parla de toutes les Dames
qui avoient efté de i
cette belle Partiequand 1
on tomba fur le chapitre
Æ T & KI'T des charmantes Soeurs, les Cavaliers pou ffèrent la matière avec tant d’empreffe- naent & de chaleur , qu il ne fut pas difficile de pénétrer qu * elles leur te- noient fortement au coeur. Ils avouèrent de bonne- foy qu4 ils nJ avoient pu s’empefcher d’eftre pris par ces deux aimables Chaf- krefles -, & dans la paffion de les conndiftre un perr davantage pour fcavoir s ’ ils reux pour ne leur déplaire pas5 ils propoferent-d’aller Décembre. B
o r kr oient
rendre viflte à toute cette
Illuftre Famille, & prièrent
leur Amie de les prefenter.
Elle réfilla quelque temps
ace qu’ils la conjuroiencde
faire pour eux , fur la connoiffance
qu elle avoir du
caraétere de la Mere qui
ne fôuffroic pas volontiers
les vifites de jeunes
Gens ; mais fon Mary vainquit
les fcrupules, comme
la Dame qu’elle craimioitde
fâcher eft devote.
il s’avifa d'introduire les
Cavaliers en lesdiabillant
en Pèlerins. Il prit le mcfme
équipage. Sa Femme s’habilla
auffi en Pelerine avec
deux ou trois de fes Amies.
Ils eltoient propres, quoy
qu’ils n’euflènt rien qui démentift
ce qu’ils vouloienc
qu’on les cruft. Dans ce
déguife ment, ils allèrent
rendre leur vifité, chantant
la chanfon de S. Jac^
On les regarda
ques au milieu de la court,
Ainfi on ne douta point
qu’ils ne fufïènt de vrais.
Pèlerins,
par les feneftres, & apres
les avoir laifTé chanter plus,
d’une demy-heure^ on leur
envoya un Ecu blanc. La
Dame qui s’eftoit chargée
de les introduire, ié mit à
rire d’une fi grande force
de la charité qu’on leur faifoir,
quelle fut aifément
reconnue. Tout le monde
delcendit pour venir recevoir
les Pèlerins & les Pèlerines.
Les deux Freres
furent reçeus fort honncftement.
Apres qu’on fe fut
diverty quelque temps à
dire d’agreables choies fur
1 ’ équipage qu’i-ls avoient
pris, on fit fervir la Collation.
Elle fut de la derniere
GALANT. magnificence,mais les deux Frcres n’en connurent rien; ils navoient des yeux que pour les Belles qui les char- moienr. Ils profitèrent de certe occafion de leur parler autant que la bien- feance le pût permettre, 8c. revinrent de leur Pèlerinage plus amoureux qu’on ne l’a jamais efté. L’efprit de ces admirables Filles ne les avoir pas moins touchez, qu’un je ne fçay quel air modefte ôc majeflueux tout enfemble, dont leur beauté eftoit loûtenuë.. Ainfi la
.V 4
paffion qu * ils fentoient.
pour elles & eftan-t au gmentées
ils mirent tous leurs
foins à tâcher de fe rendre
agréables, en contribuant
le plus qu’iL pourroient à
leur plaiGrs, pendant qu’elles
feroient à la Campagne.
D ans ce deflèin, ils prièrent
projets,on s’arrefta àceluy
demenerune Noce de Village
, & de parer une Epouféeà
la mode de Bourgogne.
On prie une Païfane
des plus laides , âgée d’environ
quatre -• vingts ans.
On la coëffa avec un Tour
de la bonne Faifeufe •
quantité de Pierreries -, force
mouches {ùr fonvifageun
habit de Brocard d’or
bleu, & la Jupe de la mefme
parure. On fit accommoder
une maniéré de
Chariot fort grand & fort
vafte, au haut duquel on
plaça cette Epoufée comme
en triomphe. Les Dames
& Demoifelles qui eftoient
de cette Partie, tou7*
MERÇVRE tes .habillées à la païfane fort, proprement & fort galamment, eftoient auffi farce Chariot, qu’onavoit garny de Citronniers, d'O- rangers, de Mirthes- & de Lauriers. Il y avoir du
moins cinq cens Citrons nouveaux, ôc autant d’Oranges
nouvelles, le toux attaché fur les verdures
de ce Chariot avec des rubans ’ mais d’une manière fi propre3quhlfembloit que ces Rubans ne ferviffent que^ d’embelliflement , & que les fruits foflèns: naturels
ajouté un très-grand nombre
d’OrançOes &: deCitrôns
confits 5 entremêliez avec
les autres de toutes fortes
de Confitures fechesy qui
peuvent eftre attachées,
Ce Chariot eftoit traîné
par fix Chevaux enharnachez
auffi de Rubans
& de verdure. Les
Cavaliers avoient pris auffi
l'équipage de Païfansj &
comme on avoit mis des
Refnes de taffetas de toutes
couleurs autour du Chariot^
ibfuivoientde chaque
Décembre. G
*4 t. .
coïté , tenant chacun une
Guide d’une main , & une
Houlete de l’autre. Douze
Hautbois , & autant de
petits Tambours, précedoicnt
le Chariot, & tous
eftoicnt habillez de verdure.
On arriva dans cet
ordre chez lePere des Belles,
qui ayant entendu dire
quelque cliofè de la Partie
quon devoir exécuter, s’ef-
- toit préparé à recevoir cette
belle Troupe à fonordinab
re,.c’eftà dire avec une trèsgr
an de mag n i fi ce nçe. Les
deux aimables Personnes
pour qui fe faifoit la Fefte,
avoient eu permifïion de
s’habiller aufîï en Païfanes.
Elles ne parurent pas moins
brillantes dans cet équipage
aux yeux des deux Cavaliers,
quelles leur avoient
paru d’abord dans celuy de
Chaflcrcïlès. Ils eurct quelque
liberté de leur parler en
danfant. La Collation fut
fervie, & en fuite un très-,
grand Soupe. Je ne fçay ce
qui arrivera du refte. Cette
paffion fait bruit, & ces fortes
de galanteries d’éclat
l'entent fort le Mariage. Si
...
> r1!1 %
» ï
j’en apprens quelque cho^
le ? je vous le fèray fçavoir*
&r vous nommeray alors les
illuftres Perfonncs qui ont
part à ce que je vous viens
de conter. En attendant,
jevous envoyé un Contrad
de liailon, pafle pardevant
l’Efprit ôc le Coeur, qui font
les deux plus zélez Min-if.
très dont l’Amour ait aç~
fCoutumé de fe ferviro
Tj Ardevant Motif * ’Miniflrcfr
JL de P Amour
Soarfigne^ réfidens dans i' 1fle
de- Cythere^
£t commit par ce Dieu dans cet
heureuxfejourr.
Peur recevoir avec ce caractère
Des fideles Amans les ferment fa
lefànels^-
'Et les unir apres par des noeuds
éternels.
de Thêmiï^
D'une fart^ &la fage charmante
lfabeÜe3
Sf irituelle encore fixe que b elle.-,
JEiUe du Dolfaur Dorimont^
Qui fait fa rèfidence au bas d&
fàcré IMont.
Ce Berger & cette Bergers^
Accompagiiïgde leurs plus chers
Se fini de leur plein gré Vun a
l’autre promis
Vnefoy confiante &fincere.
Et devant tous ont frefié le fer^
ment
De s'aimer éternellement*
Sous de commodes Zeix d'un heu^
. reux Eïyr/ienèe^,
Cet aimable couple d3Amans*
pour bannir toute crainte* & fuir
cent vains tour mens*
Ont par cet Aile uny leur def
tinée*
Et prenant déformais la qualité
d* Epoux*
En prendront* s3il leur plaifi* les
plaifrs les plae doux.
îP Epoux futur apporte à la Communauté
p'n ÿ'and fond de tendreffe& de
fincerité
Qu il areceude la Nature:
Sur ce fond qu'avec foin il afete
ménager. <,p * Et qu'en vain l'on tâcha de luy
faire engager*
El a Signe la Dot de l'Epoufe future.
'Itm* un autre fond de grand?
Comflaifane c,
Semé de Petits foins, mejlez^de
P elle-humeur,
Clos tout autour d'un mur ds.
Bienfeanee^
Et d1 unprofond F offé d? FFoneur?
C’eftld.de plue riche héritage
Qu il ait defes Parent reçcu pour-
Son -partave.
L a Future de fin coflé
'Apporte four fit Dot un grand
fond deSageffe,
Qui rapporte par fa bonté,
Pt beaucoup de Pudeur, &beau~
coup de Tendreffe^
LFaio pour nen point mentir, au
raport des Témoins,
La derniers n'y cr&ft qu avec £ extrêmes
fi ins.
1
ltm3 un ires-grand fond dlEf- prit.
Orné de beaux Difams ranges^ avec juftejfe^.
Pn. champ libre &facile à coucher par écrite
Qui naturellement produit lapo+ liteffe,
Et mille beaux talens quelle pof feâe encore
Qui valent un riche iréfor..
•Î2ASf
X’ Epoux. accorde à l*Epoufc qu*il> aime3
Par préciputy le choix-de leurs • plaifrs,
Et par m rare effet de- fon amour-' extrême 3
Lw foùmettant- jffqties à-fes^ defrs^ t
Lny permet de donner des fermes
à faflame*.
Pour ri avoir en deux corps qittinféal
ttzur&qnune ame.
pour éviter toute raifon de craindre
Certains reproches dépi ai fan#*
Et tout prétexte de fe plaindre*
Dont les nouveaux Epoux
renient cxemts^
D* autant que les Futurs en connoiffent
la caufe,
JD s l'an ^rjour ils ajoutent la
Claufe.
C’efl 4 dire que dans ce temps,,
S'ils ne font par l'un de l'autre
. content*.
GALANT. %
Car il vaut mieux alors fe quitter librement r
Qif attendre avec chagrin qu'un lugubre moment
Defiwifle deux Corps quun trift# J-Iymen affemble.
Sans doute l'on fera de merveilleux progrès r fficrets*.
Si l'on prévient ainfilet defordres Quefouvent l'imprudence ou l'inter eft fait naiftre r
Et pourquoi voyons-notes tant de Gens s'abuferl
Q'(ft quih ne penfe ni pas qu avant que sipoufir^
Il faut fe voir longtemps afin de fi- ■ connoiftre.
Signé. Clidamis &c Isabelle Parties.
Meliton & Ad amas, Témoins;.
Esprit & le Coeur, Notaires..
84 MERÇVRE
On a publié la Paix avec Hollande dans toutes r^^Mes Villes du Royaume;
. n ir ■
2^/^mais-cette Publication ne faite dans aucune avec pluS je pompe que dans Montpellier. Voicy Tordre qui y fut tenu. Six Valets de Confuls 5 marchoient d’abord à piedavec leurs Pertuifanes y fuivis de fîx Efcudiers à Cheval , en Ro bes rouges y & ayant leurs longues MafTes d’argent; Apres venoient bx Tronic petes auffi à cheval, fix Hautbois à pied 3 la grande-
A J A IV’T'
Bande des Violons , & fe
Tambours. Ils-.precedoient
les Huiffiers du SeneCchal,
quivenoient fuivis de deux
Greffiers en Robe & Bonnet
comme eux. Ces deux
Greffiers publièrent la Paix
dans tous les Coins & Carfours
de la Ville 3 -chacun
eftant découvert pendant
qu ils lifoient ce qui donnoit
tant de joye à tout le
monde. Le Juge Mage vendit
apres eux. 11 elloit à '
cheval 3 en Robe rouge &
enBon.net, à la droite du
Premier Conful, fuivy des
h
cinq autres Confuls 3 dans
le mefme ordre. Les Confuls
Majeurs ayant paffé
( on donne ce nom à ceux
de la Ville) on vit paroitre
les Confuls de Mer.
Ils avoient leur Chaperon^
& eftoient précédez d un
Timbalier vcftu de bleu. Je
ne vous parle point de la
plupart de la Bourgeoise
à cheval, qui fuivoir en
foule. Cette Cavalcade eftoit
fermée par les jeunes
Gens de la Ville, au nombre
de plus de deux cens5
tous très -propres 5 & encor
voient chacun un Tour de
plumes bleues 3 & eftoienc
ceints de magnifiques Echarpes.
Leur Chef marchoit
le premier, ayant le
Guidon attaché à ion cofté,
Les Armes du Roy & delà
Ville y eftoienc peintes. Ils
pafferéc par toutes les Rues
dans l’ordre que je viens
de vous marquer., faiianc
grand feu de leurs Piftolets.
Le foir, les fix Sixains qui
fondes Artifans, fe mirent
fous les Armes pour afiifter
auFeu dejoye qui fe fit de^
vantla Maifon de Ville 3 à
lafanfare .de tous les Inftrumens
que je vous ay nommez;
J & .au bruit de tous
les Canons de la Citadelle.
Chaque Habitant fit un
Feu devant fa Maifon. Il y
avpit des lumières à toutes
les Feneftres.? & jamais il
n’y eut une nuit mieux
éclairée.
Autre Marche qui s’eft
Cake pour la Réception de
Madame la Comteflè de
S^Vallier^ àla Ville qui pon
ucenom. Tous les Bourgeois
allèrent au devant
avec le Tambour & laMufete,
Le Principal eftoit à
leur telle. Ilia vint complimenter
à fon. Carroffe,
& en fuite toute cette Troupe
luy fervit d’e.fcorte»--Enapprochant
de Theinyqui.
eft une petite Ville à une
lieue de S^Vallier , elle
trouva quatre Compagniesd
Tnfanrerie qui la rallièrent
de trois ou quatre,
cens coups de Moufquet,
& qui formèrent une maniéré
d’-Arrieregarde dont
O
Décembre. H
JMErCVP^E
elle fut accompagnée dans
le refte du chemin. Elle
arriva enfin en un lieu nommé
Serve, qui n’eft qu’à un quart de lieüe de S. Vallien On la pria de s’v arrefter, & elle y trouva une magnifique Collation, quiluy fut fcrvie au bruit du Canon du
Chaficau, d’où Ton fit plu- fieurs falves. A peine fut- elle à quatre cens pas de ce lieu, qu’elle rencontra quatre autresCompagniesd’In- fanterie, qui la régalèrent d’une pareille décharge que les premières, & quife job
gnant avec elles 5* composèrent
une maniéré de petite
Armée de neuf cens
Hommes, Ils l’efcorterent
jufqu’à fon Chafteau de
S._Vallier> autour duquel.
P Efcadron/ d ‘ Arméniens
& la petite Armée firent
plufieurs décharges. La
Fefte finit par un grand-Feu
d’artifice 5 êc par quantité
deFufées volantes. Le lendemain
a la mefme Troupe
d’Arméniens vint (altier (a.
MaiftrefTe, luy fit pre~
fient de quelques Ouvrages
des Abeilles de leur Pais.
Je reviens à la Publica^
tion de h Paix.. Si- to ft quelle
eutefté Elite à Siumur,
M1 des Hayes Lieutenant de
Roy , reçeut ordre de faire
allumer- des Feux de joye.
Le jour qui fut choily pour
cette Ceremonie eftant arrivé,
tous les Ordres de la
Ville s ’ aïTemblerent dans
l’Eglile de S. Pierre. On y
1 T * chantale Te Devra, avec un
grand nombre de Voix &
d’Inrttumens , apres quoy
Trompâtes vers le Feu qui avoir eflé préparéqui fut allumé parMrs le Lieu» tenant de Roy 3 le Maire, & les Eclievins de la Ville,, Les cris de Nive lé Roy fe firent au/Ti toft en tcn dre. Les Canons du Chafteau- leur
répondirent 5 & à peine eurent-ils ceïTé de tirer^, qu’on vit éclater un Feu d’artifice. Mille Fufées vol-an te s-parurent en l’air dans le mefme temps, & finirent une Felle qui fut célébrée avec toutes les démonftra-
5*4' rions’de joye3 qu’exige h reconnoi fiance qu’on doit aux boutez que le Roy témoigne avoir pour fes Peuples»
On a fait auffi à Romo- rantin en Berry, de grandes réjouiffances pour la mef- meoccafion. Afin que tout le monde puft prendre part aux diverrifïémens préparez 3 & entendre les louanges du Roy , on fit drefTer un Théâtre, non pas dans une Salle,mais dans la grande Court du Chafteau. Les Portraits deSaMajefté, de
GALANT.
Son Alcefle Royale, & de?
tous ceux qui fe font signalez
pendant le cours de?
cette Guerre 5 en faifoienr
les ornernens,. Ils eftoient*
feparez par des Fêlions^ desées,
des Devifes &.
des Infcriptionsà leur gloire.
On recita fur ce Théâtre
plufieurs Poèmes en l’honneur
du Roy. Comme la^
matière en cftoit toute merveilleufe,
ilnc faut pas s’étonner
fi on y trouvoit à
chaque moment de juftes
fujets d ’ admiration. Le
plaifir qu’en reffentirem
I
les Auditeurs'fur fiiivy» de
celuy que leur c-au fa un
tres-beau Feu dartifice. Il
4 eftoi* t d'une hauteur fi extraordinaire,
qu'on n’en avoir
point encor veu de fem blatte.
Les Habitans en firent
en fuite devant leurs Maifons^
& les acclamations
de Vive le- Ray furent fi
qu’elles rendoient un fenfibie
ténioirnaçe de lato
to
xnour que ce.Peuple a pour
Je vous ay parlé trop fouoindre
'f'ntutHi /‘j'ai
t •? -- —
fes qui ont efté faites par
les Capucins du Louvre,
■L '
pour ne vous pas faire voir
leur Laboratoire. Je l’ay
fait graver. Examinez 3e
i dans cette Planche, ôevous
[ ferez coxivaincuë que ce
I n’eit pas fans travailler
j beaucoup, & fans fe donner
de grandes fatigues^
que ces charitables Peres
o ît ruéry tant de Fievres,
o j y
& tant d’autres maux pour
lefquels on avoit crû juf.
qu’icy que la Medecine
manquoit de Remedes.
ication des
-J
Pièces principales qui cornpofent
ce Laboratoire, félon
l’ordre du chiffre que
vous trouverez marque
dans la Planche.
i. Fourneau à Lampes,
dont on voit l’intérieur. Il
eft de trois étages, pour
contenir davantage de nuiras,
z. Deux Lampes, où il
y a.trois mèches, qui peuvent
contenir une pinte
d’Huile.
< 3. Plaque de fer blanq,
percée en placeurs endroits
, pour rompre h
Ti,1r'Tr
V/aL/iiM i • 99 jointe du feu des mèches.
4. Baffins de fer blanc, longs de deux pieds eu environ, & hauts d’un, demy, pour contenir les cendres où font Les .mat-ras figilles hermétiquement, comme l’on voit au chiffre j.
6< Regiitre fitué entre quatre autres, de quatre étages diférens, pour la graduation dufeu.
7. & 8. Quatre Registres fituez aux quatre angles ovales du couvercle du Fourneau,
Spatules, Crochets,
Pi '..
11 ÆT? ïoo ME
autres Inftrumens propres
^travailler autour des Fourneaux.
10. & n. Refrigerans de
cuivre, d’un ulacre ordh
naire.
11. Grand Alhanor de huit
pieds de long, fait à VEgyptienne,
ou Ton voit une
Tour double en dedans qui
partage le charbon dans
chacun desbaflîns qui font
aux deux coftez en ligne
directe 5 6c qui échauffé en
iïiefme temps deux autres
petits Baflins en flanc, qui
font deux Bains-marie 5 ou
Ion peur mettre deux grandes
Cucurbites avec leurs
chapiteaux.
15. Les deux Bains-marie,
où le feu eft gradué par les
Regiftres qui font triples
pour ce fujet.
14. Deux grands Bafïins^
dont l’un eft remply de
cendres, &: Faurre de fable,
pour des opérations diférentes,.
félon le génie de
FArtifte induftrieux. B. B.
B. B. Regiftres triples pour
la graduation du feu,
15. La grande Tour, dont
il cft parlé au chifre 11.
I iij
ïoz
16.
Couvercle de laTour? AA.cfpece d’Etuve propre à faire un feu de digeftion, qui fait l’étendue des grads Baffins 13. & qui n eft e- chauffée que par la Plaque de fer qui foûcienc les cendres , & qui communique un feu égal.
17.
Deux grands Refrigerans. D. Fourneau tour
d’une pièce qui peut fervir à faire un feu defiafionJ&'c.
18.
Grand Bain - marie quarré, où il y a quatre; grandes ouvertures faites dans le Chaudron, &: qui.
GALANT. io? paroiïTent à fon couvercle, où l’on met quatre grandes Cucurbitcs.
19.
io. &ii. Planches qui foûtiennent plufieurs Vaif- feaux de verre de diférente figure.
21. Robinet qui-monte dans le Laboratoire, & qui fournit de l’eau pour l’u- fa<je.
Je vous ay toujours veti rechercher les Airs de Mr deBacilly avec tant dé foin, que j’ay lieu de croire que vous ne ferez pas fàche'e d’en voir un de la compou
io4 MERCVRE fition de Mr Daniel, qu’il a ohoify comme un digne Sujet pour luy mettre entre les mains tout ce qu’il avoit de Gens de la première qualité à infmiire dans la belle maniéré de chanter
Vous fçavez,Madame, que peu de Perfonnes en ont une connoifïance auffi parfaire que Mc de Baçilly, & qu’il en a mefme fait un Traité fort utile à ceux qui veulent parler en public, àcauie des Réglés de prononciation, & de quantité de choies très - curieufe»
imentremarquées. Le choix qu ’ il a fait de Mr Daniel pour luy donner toutes (es pratiques , en. luy faifant époufer une de fes Nièces,, vous Elit connoiftre- qu’il eftoit fortement perluadé de fon mérite. Aufli celuy dont je vous parle eft-il dans une grande réputation foit pour le fond de la Mufique, foit pour la côm- pofition des Parties , pour le génie de faire de tres- beaux Airs, & fur tout pour la noble & am-eable exé- O
cution du Chant. Vous en
a notées.
AIR NOUVEAU*
IIjA7" vain voua tn ordonne^ dc
feindre
De l'indjfêrence pourvoua^
Pour tremper les laloux^
Que nous avens à craindre,
lorsque l'on jouit chaq»? jour
Des charm&s dcvojlreprèfence^.
1'1 eft malaife 'que V amour
Paroi fi de Pindifér-ence.-
Tandis qiie nous {ouïmes
fur la Mufique, il faut
Vous apprendre, Madame,
à vous qui en faites un de
dre? Lors quel’on jouit cha- que jour Des charmes de. voftre préfeti- ce, Il eft makayfë que l’amourï»a-'
/ •*
A Æ KIT* ^os plus grands plaifirs,, qu’on vient de faire graver une Table pour apprendre- en fort peu de temps à toucher le Theorbe fur la> Bafle-continuë. Elle fe vend
chez MjBallard,.fcul Imprimeur de la Mufique da Roy, & eft faite d’une manière qui ne là rend pas moins utile pourles Etrangers
que pour nous ,, en ce que la Mufique , fes Chi- fres, & la Tablature dont il eft fait mention dans cef
Ouvrage, ne diférent eiv aucune, forte , ny de la Mu--
fique 3 ny des Chifres, ny
de là Tablature duThcorf
rement en Italie, eri Aile
dont vous trouverez cette
4
Table difpofée vous perfuadera
aifément de la parfaite
intelligence qu ‘ il a de la
GALANT. K9 Mufique. Ledifcours qu’il y fait encrer, n eft remply que de termes qui luy font propres, 2c ce mefme discours cil éclaire y par des Exemples aifez qui ne laif- fent aucun embarras à ceux
qui ont les premières teintures de cette Science.
On imprime auffi un Traité fort curieux, & utile a tous les amateurs de la
Symphonie , par les premières ouvertures qu ’ il donne pour la nouvellcirv- •vention Françoifc des Saute ;eaux à Langue tes hnpé^
- -210
triales, perpétuelles 3 infa~
■rigables, non fufceptibles
?des inconftances du temps3
ny fuietes aux foies dePorc.
Languetes de bois &
.du plumage ordinaire eC
soient -d’une matière po,.
reufe & fragile qui lesaffujetifïoit
à de-grandes varie.-
-tcz j & c’elloit pour cela
qu’on les appelloir avec
beaucoup deraifon la fource
de toutes les fiijcttions
journalières & ennuyeufo
qui arrivoient aU'Claveffin3
&qui en dégouftoientçeux
qui reftirnoientle plus. Paj
î GALANT, iiï x k moyen des Sautereaux - ! donc- je vous parle ? cec ■i Inftrument va-eltré dans le
* •
| point de perfection, quia j cfté jufqu’à aujourd'huy I louhaité de tout k môde,ôc | inutilement recherché par les plus grands Maiftres de
| l’Arx, tant Etrangers que | François.
I nouvelle Invention rcgar- | de tout enfemble & la ••i
1 Symphonie & les Arts, le Roy a eu la bonté de lotu '5 *
j frir qu’on luy en ait fait | voirie premier cflay. L’uti- ] Uté non cft pas feulement
• »
w
♦ I
Comme .cette
112
fort grande^-caufe que ces
Sautereaux tout flables, &
qu’ils n’aflcrviflcnr point
aux fuj errions ordinaire s 3
mais encor parce qu’ils font
trouver au Claveïfin les
niefmes Cordes, & enfin
.une diverficé d ’ harmonie
ait ny augmentation ny
embarras, c’eflà dire, que
les Jeux doux -sJy rencontrent
avec les Jeux brillant
compagnera toute forte de
Voix & de Muflque Inftrumentale.
Il ferauniverfel
pour tous les Concerts
qu’on voudra faire, & l’un
des plus accomplis de tous
les Inftrumens de Muflque.
Nous avons perdu depuis
peu de jours un des plus
grands Hommes dans fa
Profcflion que la France
ait eu depuis fort longtemps.
C’eft le fameux Mr
de Nanreuil, auffi Illuftre
par fon Burin & par fon
Paftel, que les plus exceL
Decembre. K
lens Peintres de F Antiquité
Font efté par leur Pinceau?
& les plus renommez Statuaires
par leur Cifeau. Il
eftoit de Rheims r & eft
more. âgé de cinquante..
cinq ans. La plupart des
Princes de l’Europe ont
voulu avoir leur Portrait
fait de fa main en PafteL
Ceux qu’il a faits au Burin
eftanr publics y parlent af
fez à fa gloire 3 fans que j’y
Fhonneur de faire louvent
celuy du Roy ■ &c comme
ble? & que SaMajefténe
dédaignoir pas de ! écouter,
il lu y récita les Vers qui
fuivcnt, ua peu avant 4k
mort, pour luy demander
du temps fur un nouveau
Portrait qu'il entrepre^
noir.
AU ROY.
Près les Allions qui vütâ
./ JL couvrent de gloire,
Apres tant de Faits éclatant 3
ilmefaudroit^Grands Roy^donner
un peu detemps
Pour rendre 'voflre Image égale d
vodre Hîftoire.
On verrait dans les traits de P'ofirc
REajeflé .
J^ne Grandeur parfaite unie à U
Ponté j
Ce foùris fcharmant 3 cet air fi
magnanime
Ces mouvement caufezjiar un Ef
prit fubltme*
Pt tout ce qui compofe &fait voir
d la foie
J)ansunHomme,un GrandE-Pome^
& le plus grand des Rois.
Etâair pourquoy dans mes y ers
achever vofire Image?
Tantd* Ecrivains furmoy ri ont-ils
dextérité
2{e peut voue confia crcr d la Pof
ieritél
ï le me pu# bien vanter 2 brûlant ;
l d'angle extrême*
le fyty mon Art^ & faime9
' Ainft dans eeî Ouvrage on pourra
voir'un jour
Ce que peuvent enfèmble & l'adreffe
Cf l*amour.
Exctife^ ce transport*
moy* Sire^
Ce qu'un Sujet fidele.a bien oje
vous dire.
Tous les Princes qui connoifTent
les beaux Arts, &
qui les aiment, avoient
beaucoup d’eftime pour
Mr de Nanteüil ; & Moniteur
le Grand Duc entretenoit
le SrDominique auprès
de luy\, afin-qu’il api
prift quelque chofe d’un fi
grand Homme, & qu’il pull
un jour faire honneur à la,
Tofcane. *
En attendant que je puifiè
m’acquiter de la parole que
je vous ay donnée de vous
entretenir à fond de l’etablifiement
des Invalides,
y ay à vous apprendre la
mort de M^D.ormoy, qui
eftoit Gouverneur de cette
Maifon. Moniteur le Mar-
/^^//zrqiiis de-Louvôys' l’honoroit
d’une eftime particulière.
Çctw- Place a-elle remplis
par M de S. Mar tin, C’eft:
un Employ qui demande7
un Hem me qui j oigne
beaucoup d’intelligence à’
de grands-' ralens pour la
r
Guerre car quoy qu il n y
ait point d’Ertnemis à redouter,
ny de Siégé à craindre
il faut neantmoinsavoir
autant de prudence
que de conduite, pourgou-’
verner un grand nombre
de braves Gens qui ne font
là que pour avoir eu beaucoup
de valeur & de courage.
Mr du Tronchet Con-’
i2o MERCVRE
fèiller honoraire au Parlement
,& Frere de Mr du
Tronchet Préfid en t au x
Enqueftes, eft mort aufiy.
Cette Famille a toujours
efté fort eftimée 5 & avec
beaucoup de juftice.
Je ne puis finir cette matiere3
fans na acculer inoy.,
mefnie d’avoir fait mourir
[
un très - galant Hommes
qui eft encor plein de vic3
& qui mérite fort d’en
jouir longtemps. C’eft Mc
i Canon
I
Canon qui nous fit perdre
M de TurennCj mais il eri^
fut quitte pour cela; & ce
fut luy, & non pas fon Fils^
qui n avoir que vingt '& un
an quand il fut tué., que Sa
Majefté honora. du Brevet
de Marefchal de Camp.
Quand je fais des crimes
de la nature de celuy dont
je m’accule , j’ay toujours
quelques Complices, & ce
font, ou ceux qui n’ont pas
efté allez bien infhuits des
nouvelles qu’ils me donnent,
ou ceux quis’expliquent
fi peu. intelligible.-?
Décembre, L
ir? MFRCVPF ment, que le feus de leurs Mémoires paroift tout contraire ace qu’ils ontdeflein de me faire entendrc.Quoy quil en foit, il eft certain que Mr de S.Hilaire vit encor, & je le reffufcite avec grande joye, apres l’avoir tué fort innocemment.
Puis que je fuis devenu voftre Hiftorien, je ne doy pas vous parler feulement des chofes qui arrivent de jour en jour dans le monde, mais encor de celles qui font tant d’éclat, qu’il y auroic de l’affectation à ne
vous en point entretenir- La nouvelle Comédie qui paroift depuis quelque temps iur le Théâtre des Italiens eft de ce nombre.
Elle eft intitulée la Magie Naturelle.) ou la Magie fans Magie. Je ne vous en puis dire autre chofe^finon que c’eft un Enchantement.'
On y vient en foule. Chacun s’en demande la ration y 6c court où il voit courir les autres. Tout le
monde y rit; les uns, de laPiece; les autres, de voir tant de Rieurs, & peut-
L ij
124 MHRÇVRE ©ftre les Comédiens rient des uns & des autres. Sans la maladie de M1 de LuUy qui a reculé l’Opéra nouveau qu’il nous doit donner cet Hyvcr, il auroit bientoft fon cour, <3<r je ne doute point qu’on n’euft peine à trouver place dans la Salle du Palais Royal. Les Triomphes de Belle- ro-phon en font le Sujet, La viâroirc qu’il remporra iur la Chimère 5 compofée de trois Monftres diférc-ns, ! eft une de ces fùrprenantes actions qui n * appartiens
hent qu ’ aux plus grands
Héros. Nousn’auroslaReprélenration
de cet Opéra
que dans les derniers jours
du Mois prochain. Quelques
Perfonnes qui en ont
entendu repérer les premiers
Afl.es, m’ont parlé
fi avantageufement de là
Muiique, que je ne doute
point qu’elle ne foit le
Chef-d’oeuvre de de
tz^MERCVïLE
■ f Moliere a fait auffi
une manière de petitOpéra
qu ' il donne en concert
chez luy tous les Jeudis depuis
fix femames, Les Aflemblees
y font toujours
plus Illuftres que nombreufes,
le lieu eflant trop
petit pour contenir tous
ceux qui viennent y demander
place. Les Vers en
font naturels, co.ulans, &:
propres à eftre chantez.
Andromède attachée au
Rocher, & délivrée par
Perfée , en eft le Sujet,
Cette malheureufe Prin%
GALANT.' 327
’ ceftè eft reprefentée par
< Mademoifelle Itié, Fille de
t
; Mr Molière, qui chante avec toute la jufteflè pofîi- ' ble. Mademoifelle Siglas, qui Eut le perfonnage de la Mère . entre dans tous les motivemens de la paft lion, &r conduit fa voix avec beaucoup d’agrément. Perlée vient fecourir la Prin-
ceflè. Il eft reprefenté par Mr de Longueil , un des meilleurs Maiftres que nous ayons pour aprendre à bien, chanter, & qui fait les plus habiles Ecoliers. LaSym-
phonie eft agréablement
diverfifiée, félon les diférentes
-pallions qui fe doivent
exprimer. La merveille
de noftre Siecle, la
petite Mademoilelle Jaquier
y y touche le Clavef.
ce charmant Divertiïlèment
finit par un Air
que chante une Demoifelle
de Normandie qui a
la voix admirable. Il feron
.afliirément difficile d * en
trouver une plus touchante,
d’un plus beau fon, &
d’une auffi grande étendue.
Ce que cette Demoifelle a
'd’avantageux, c’eft quelle
eft faite d’une maniéré à
fç faite regarder avec autant de plaiïïr, qu’on en peut recevoir à lecoiïtér, Voiçy les Paroles de PAir qu elle chante.
f ~
>
A Mans* qui chérijfizjVGS chaînes*
Ne vous rebute^point.des peines D&nt les timides coeurs fi trouvent t#lit7777'•'Z' j
w ,,
Ei pour forcer les fîtes fuifians ' obfiacles*
Perfivere*^ P Amour eft le Dieu, des Miracles*
Vous vaincre^ tout, fi vous aime^
Ijo MERCVRE
II y a quelques jours qüê cet Opéra fut chanté au
ThfM.4.
Louvre pour .Madame de Thiange 3 en préfence de Moniteur le Duc} & de plufieurs Daines du premier rang. M.r Moliere re. çeut de toute cette illuftre
Affemblée les applaudiffe- mens qui luy font deûs à pour la beauté de fon Ouvrage, ôc pour le iufte choix O A f
qu’il a fait des belles Voix qui luy donnent tant d’agrément.
A propos de belles Vohç Mr tTEftiyal eft mort5. & k
grands Muficiens en fa
perfonne.
Feu Mr le Premier Pré-
{idem deLamoignon ayant
défendu paHonTeftamenr
qu’on luy fift aucune OraifonFunebre,
oh obéît F An
pafle à iés dernieres volontez-
mais comme on ne
fçaur.oi-t faire trop de portraits
des Actions d’un bon
ijz MERCVRE .
Bouts-de-l’an, ont foin cTe luy rendre la jaftice qui! s’efl refufée. 11 s’en fit un
au commencement de ce mois dans l’Egüfo des Mtu thurins, qui fut un témoignage de la vénération que Meflieurs de rUniverhré ont pour là mémoire. Son Eloge y fut prononcé en Latin _ admiré de tous
Z
ceux qui l’entendirent. Mr l’Abbé Fléçhier doit parler au premier jour fur ce fu jet. Vous fçave'z qu’il a déjà fait plufieurs Oraifons Funèbres, & qu’elles font au-
GALAÎMT 133
tant de Chef - d’oeuvres.
Ainfi on n’en doit rien attendre que d’achevé fur une fi belle matière. L’Article
qui fuit vous feracon- noiftre avec combien d’é-
♦ • *
loquence elle a elle traitée depuis un Mois par un des plus grands Hommes de la Robe.
*
Je vous ay parlé de l’ouverture du Parlement qui fe fait tous les ans le lendemain
de la S. Martin, par une Meflè celcbrée Pontifi-
calement, & qu’on appelle la Meffç rouge , parce que
tous ceux qui compolènt
cet Augufte Corps s'y trotu
vent en Robes rouges, qui
font leur habit deCercmonie.
Je viens prefentement
à l’ouverture des Audiences
jours ou trois fcmaines
apres. M'le Premier Préfident
en choifit le jour, &
comme il a accouftumé d’y
faire un Diïcours auffi-bicn
que le plus ancien Avocat
General, il y a toujours
une très-grande Aflemblcc
pour les entendre. Les
Ducs & Pairs 3 les ÇonGALANT.'
i Ceillers d’honneur, & les Maiftres des Requeftes , y ont des places marquées. Les Lieutenans Generaux, les Tréforiers de France, & les anciens Avocats,y en ont auflL Je ne fçay, Madame, fi vous fçavezla diférence qu’il y a entre les Confèillers d’honneur
dont je vous viens de-parler, & les Confeillers honoraires. Ces derniers font les Confeillers vétérans qui ayant fervy afTez de temps pour conferver leurs entrées , fe font défaits de.
4
leurs cnarges ; æ les v-on» feillers d ’ honneur font ceux qui fans élire du Corps , ne laiifent pas d’y -eftre admis en diférentcs occafions. Le Roy en donne les places , & comme le nombre n’eft que de fix, vous n’aurez pas de peine à croire qu’il faut un fort grand mérité pour eftre xhoify, La Ceremonie dont j’ay à vous entretenir fe lit un des derniers jours du Mois pafle ■ &: comme c’ef- toit la première fois quelle fe faifoit depuis que Mr 4?
GALANT. 137 .
Novion eft Premier Préii- /MtL&r,
dent, rAffembléefut norrv
breuie & illuftre. M1 l’Ar-
chevefque de Rheims, & Mrs les Evefques de Lan- gres 6c de Noyon, s’y trouvèrent comme Ducs 6c
Pairs, auffi-bien quèMr le
Duc de S.. Aignan. Plu-^\^r^ fleurs Confeillers d’ hon- p'z/trT;
neur 6c Maiftres des Re- queftes s’y rendirent aufli, avec quantité d’autres Per- fonne-s de mérite, detoutes' fortes de conditions, Si-toft
que M1 le Premier Préfï- dentfut entre, & que Me f-
D ccembre. M
fieurs les Gens du Roy
eurent pris leur place, Mr
Talon le leva & fit-un fort
beau Difcours. Il le commença
par les plaintes
qu’on failoît avec juftice
de ce que l’Eloquence
ne regnoit plus au Barreau.
11 dit, \Quil ne s'en
étonnait point y quand il
voyait que des Solliciteursd'affaires,
gÿ de jeunes Gens,
fi fiaifiient recevoir Avocats
au finir de leurs études y
quoy quils n’euffent jamau
lu que quelques Recueils
d’Arrefis-, é^ffils parlaient le
uaLaim f- 139 plus fib auvent fins fifitâjoir ce quils aw oient. a dire \ fins aucune grâce & fians politejfies 'Qifi ils étQurdiJfibîe-nt & in- térotnpoient les luges rml\ à propos , en parlant quand il ne le faUitpas , difint ce ad ils &v oient oublié de dire 1
quand il efioit necejfiire de parler. Il ajouta , Pfiue de pareils Avocats fie charge oient de toutes fines de Caufiex^ & avoient la crbnd nelle complaifiance de filât er les Parties qui leur deman- doient leur avis.. Toute là remontrance qu’il leur fit M ij
140 MERCVRE
fin de leur confeiller d
bandonner le Barreau,& de
chercher des Emplois pro,
portionnez à leur foiblefle.
Ils’adrefla enfuire aux Avocats
du premier ordre, &
dit, ■.Que c'efiaient de gêné,
peux Atletes qui
les Caufes publique#, & qui
voulaient bien eftre remis
dans le vray chemin quand il
leur arrivait de s'égarer. Il
les exhorta à continuer de
bien faire, & leur dit, Que
pour en avoir des réglés certaines
jls n avaientqu a écou*
ter ce quileur allait eftre dit
A
La maniéré donc il tourna
lachofe fit connoiftre qu’il
entc-ndoic parler du Difcours
que •M r 1l e* Premier
Préfident- avoit’àleur faire.
a
Il ajouta, gïu’ilfialoitfiproposer
des modeUes ? & choifir
toujours les plus récens
quand ils eftoient par fiait s,
De là, fans nommer perfonne,
il prit occafîon de
faire un portrait des Ames
du premier Ordre, 6c ce
portrait en donna une fi
haute idée, qu’il feroit maU.
aifé d’en trouver beaucoup
de femblables, Il fît voir2
142 MERÇVRE -jQue les Afiresnyavoientau^ cme part'cita pour lè prouver divers exemples de perfinnes nées dans un mefim temps y doé# l'hwne&r & les affilons avaient efté entière- ment déférantes 11 montra,.
le fimg efiait incapable de faire atteindre a ce haut degré de perfeffiton y &quep ï éducation y pouvait quel* que chofiè y. elle eftozt bien éloignée d'y pouvoir tout. La éotnparailcm du-Laboureur qui le coniumo inutilement à cultiver une terre ingrate, J&ns qu’il la puifle rendre
GALANT. 143 meilleureyfiu une des preu- ; ves qu’il en apporta. 11 ap- : puyaceraifonnementypouE conclure 3 djpeles Ames d^
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ç premier Ordre telles quil e-fè venait de dépeindre > Je de- voient toutes a elles mefine*? &fe mettoient au dejpts de l& deflihée. Il die enfuite, que feu M1 le Premier Préfident de Lamoignon eftoit du nombre de ces Ames toutes, parfaites, & fit un portrait de fa vie pendant les vingt- deuxansqu’il avoitpoflèdé cette grande Charge. Il s’é-
1 tendit fur l’établiiTement
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que. lès Pauvres luy de- /voientà Paris, & quiavoit efté caufe de celuy qu’ils avoient euenfuitedans toutes les Villes du Royaume, Il fît voir les foins qu’il avoir pris pour tous les autres Hofpiraux.il parla de fa dévotion qui n’avoit eu rien de faftueux, de fon extrême bonté, des abus auf- quels il avoit remédié par fa vigilance, des avis qu’il avoit donnez avec tant de lumières dans le temps qu’on avoit reformé h Juftiee, de l’autorité des
Evelques
GALANT. 14-v
Evefques , pour laquelle il
seftoir hautement déclaré
contre les prétentions imaginaires de Ceux qui lavou- loicnt affaiblir. Il fit enfin
une peinture de toutes les Allions remarquables de ce grand Homme, & ajouta, Que pour ïexaminer dans des images plus rejfemblan- tes , que ne feraient celles de Phidias quand il aurait ira- vaille d fa Statue , il fàlaie regarder ces Images vivantes dans ceux quil avoit laiffe^ heritiers de fa Gloire & de fan Nom, & dans fes Allian^
Décembre» N
une eSfece d'adoption. L’é.
loge qu il en fit en fuite fut
fi jufte, & fi conforme aux
veritez, quils donnent Heu
tous les jours de publier,
qu il s’attira les applaudit
femens de tout le monde.
modelles, il excita encor les
Avocats à redoubler leurs
foins pour devenir de
grands Jurifconfultes 5 &
enfin de grands Hommes,
puis que le Roy récompeniciit
le mérite de tour ce
qu’il y avoir de Gens dans
fon Royaume d’un mérité
particulier. Delà il entra
dans les louanges de ; ce
grand Prince , & parla de
ces merveilleufes Campapijesoù
il eftoit toujours en
i gerfonne,& qui finifloient
j avant le Printemps. Il dit,
{ J$uïl eftoit infatigable dans
I y travail, Sage, Prudent,
? ^Préveyant, & qu'il avoit
J unylafouveraïneRaifonavec
j lafowueraine Puijfance. Ce
; Panégyrique eut d’autant
plus d’approbation , que
I quelque avantageufement
5 qu’on puifle parler de cet
I N ij
AugufteMonarque,on n’en peut rien dire que de véritable, & que fi l’on manque à quelque chofe en le loiiant ,c’eft parce qu’il n’y a point d’Eloge qui puiflè aller au ffi loin que la vérité. Apres que celuy du Roy fut finy, M1 Talon d’une voix plus baffe,-&cTun ton plus familier, fit en peu de paroles un£ remontrance aux Procureurs , qui leur faifoit voir le danger où ils fe mettoient en négligeant de fatisfaire aux obligations de leur Employ.
Le Difcours qu’un Avot
cat General faifoit autrefois
en pareil jour, n eftoit
qu’un aigre récit des abus
i qui s'eftoient gliflez penf
dantJe cours de l’année, &
: ceux qui les avoienc comj
mis y eftoient aflèz défii
gnez pour avoir la honte
j icrve encor aujourd’huy
| quelque choie de cet anj
cien ufage, mais tout le
J pafle plus honneftement.
Les Per bonnes qu’on re-
N iij
t
MF R fVR F i J O 1 X Xv4
prend ne font point marquées. Les Dilcours qu’on fait n’ont rien de piquant, & font feulement remplis d’une éloquenceperfuaïive. Ainfi par les peintures generales qu’on fait des bons &. des mauvais Magiftrats, on excite les Juges àn’écou- ter que le bon droit des Parties , les Avocats à fe rendre habiles, & les Procureurs à bien s’acquiter de leur devoir. On va encor aux opinions comme autrefois,apres que F Avocat General a parlé, mais on n’o-
(
k
!
Difcours qui vient d eftre
fait - apres quoy M le Premier
Préfident, au lieu de
prononcer, commence celuy
qu’il a decouftume de
faire, & qu’on appelle Harangue
fort improprement,
à caufe du jour qui eft nommé
le jour des Harangues.
Tout fe pafla à l’ordinaire
dans cette derniere occaaux
opinions apres que
Talon eut achevé de parle r,
ôc prenant la parole en-
Niiij
yx TA
fuite 5 il dit le filence efioit necefaire.aux Avocats- <^fiil eftoit quelquefois aujfi éloquent que la parole j tvo&voittoujours ajfe^ toftle temps de dire ce .quon avoit refervé -r Jefije le fi- lence & le fecret aboient ePlé caufe des grandes Conque fies du Roy, & que ces Conquefles T aboient efté de U Paix 3 & en-parlant des longs dii- cours qui- eftoienc fouvenc inutiles, & qui ne figni- fioienr rien , il ajouta, <Quil ne faüoit pas prendre‘garde au nombre des flèches y mais
4
GALANT, ih a celles quifrapoient au but 3 Que les plus profondes Rivières coudoient avec lemoins, de bruit 3 J£ue nous avions deux organes pour tous les: fens y gÿ que nous n' avions que U langue pour parler. Il finit en difant, quun Médecin parleur efloit une féconde maladie. ■ - ■
Ce Difcours ayant efté trcs-court,nc pût avoir de divifîon -, & comme il ne fut cornpofè que d’un amas de penféesqui auroient pu fuffire pour un Difcours de trois heures, peut-eftre que
i54 MERCVRH je ne vous les rapporte pas dans le mefme ordre que ce grand Homme leur don- na en les exprimant. Je puis mefme en avoir oublié quelques-unes. Ce que je vous puis dire de certain, c’eft qu’il les fît paroiftre en termes choifis; & quil fe fervit d’un ftile ferré qui en augmentoit là grâce.
O O
Ainfi chaque parole avoit de la force,&: tout le monde , demeura d’accord qu’on j n’avoir jamais dit, tant de | chofes en fi peu de mots.
Si je mefle fouvent des
GALAHT- lyy Nouvelles de Turin parmy celles que je vous envoyé, vous ne devez pas en eftre furprife. Quand la magni- i ficence & la galanterie re- ■ gnent dans une Cour, on-a* ■; de fréquentes occafions de J parler de ce qui s’y pafle. i Ce font deux chofes qu’on | ne peur difputer à celle de S Savoye, & dont elle eft en j pofleflion depuis lôgtetnps. IMais quoy que Madame S Royale les y ait trouvées |établies, il femble quelles ^nayent jamais efté portées A au point où nous les voyons
J .5 A ‘-1
aujourd’huy parla maniéré dont cette grande PrincefTe agit en toute forte de rencontres. Mr le Nonce, &
Mr de Villars Ambafladeur de Prance,qui s’cft toûjours fait ettimer dans tous les
lieux où fesEmplois luy ont donné ’occafion de paroi- tre ,/ ayant complimenté Madame Royale fur le ré- tabliffement de fa fan té, ils en furent remerciez par des préfens, ainfi que les autres Miniftres Etrangers qui s’acquiterent du mef- me devoir. A votiez Ma-
GALANT. 157 dame, qu’il y a dugalant &: du. magnifique dans cette façon d’agir, & que lors qu’on fait d’une maniéré toute engageante ce qui n’a point de coutume d’eftre pratiqué,on ne s’attire pas feulement 1 ’applaudifle- ment des Peuples, maïs les coeurs de tous ceux à qui ces chofes deviennent connues.
LesDivertiflèmens continuent toutes les Semaines à Nimégue, & toujours avec grand éclat, chez Madame Colbert l’Ambaflà-
iV8 MERCVRE drice, qui s’y fait admirer chaque jour de plus en plus par la galanterie, par là magnificence, & par fon ef- prit. Vousnefçauriez croire jufqu’à quel point qlle s’y eft acquis l’eftime de tous les Ambaflàdeurs & Miniftres Etrangers mef- me de ceux qui ont toujours paru eftre le plus de nos Ennemis. Voila ce que produit le vray mérite. Il a des charmes par tout, & il ;n’y a point d’intérefts op- pofezquiempefchët qu’on ne luy rende ce qu’on ne
GALANT. i^9 luyfçauroic refuferfans in- juftice. Il eft vray que le nom d’Ennemy n’eft plus connu à Nimégue. On ny doute point de la Paix, &c peur-eftre ne finiray^je point cette Lettre fans vous apprendre la Ratification de celle d’Efpagne. Ainfi les A Semblées de plaifir s’y font avec un redoublement de joye incroyable. Madame l’Ambafladrice Colbert leur fournit un nouvel &: fort agréable ornemenr, par Mademoifelle Colbert fà Fille, arrivée depuis peu
à Nimcgue. Elle n'a encoî que fept ans & demy , & poflede déjà toutes les qua. litez du corps & de l’elprit qu’on pourrait fouhaiter diyisla Perfonne la plus accomplie, & d’un âge plus avancé. Elle eft belle, bien faite, joue admirablement bien de plulieurs Inilru- mens, danfe à charmer, & raifonne avec tant de vivacité & de juftefle, que Ç elle avoit quelques années davantage, elle pourroit cailler de grands troubles dans une Alïèmblée, qui ne fe
G A I A MT iA *„.!• I -- AT 1 5» £ • -LOx « . , < • tient que pour le repos de l’Europe. Ne croyez pas, Madame, que je luy donne
plus de louanges qu’elle n’en mer ire. La Gazece de
* * 4
I * f , ' '
Hollande-a rendu témoi- gnage d'une partie de ces verriez, & elle eft d’une Maifon à laquelle il fer.oir difficile de donner cous les
éloges qui luy font deus.
Mr de Barillon-Moran- g[s,Frere de Mc de Barillpn Ambafladeur pour le Roy en Anglecerre,eft Intendât de Juftice dans la Généralité
d Alençon. C’eft ce que
Decewbre. O
vous fçavez déjà. Vousfçavez
auffi qu ’ il eft infiniment
éclairé, & que les lumières
qui le rendent capable
des plus grandes &
des plus importantes Affaires,
ne luy oftent point
Cet elprit aile, fin & délicat,
qui s’appelle l’efprit du
monde. Mais vous ignorez
fans-doutequeMidame fa
Femme eftant accouchée
il y a quelque temps d’un
Garçon, certains Sçavans
luy portèrent des Vers Latins
de congratulation fur
cet Enfant nouveau né. M'
deBanllon les trouva très- ,.• bien tournez, & auffi Vir- giliens qu’on en puiflc fai- ï re, mais il ne pût s’empef- cher de dire que c eftoienc J des Vers Latins. UnFavory j d’Apollon qui efto-it pré- i lent ( jeluy donne ce nom fans le connoiftrc pour la q facilité de fon génieJ com-, ■JJ prit 1a penfëe de Mr deBa-: ■ ' rdlon, ôcl’eftant allé voir le
lendemain, il luy demanda, fi apres avoir donné aud ien- ce aux MufèsLatines,il vou> droit bien perdre auelcjue J temps à écouter les Fran- | O ij.
f
* *7
«*4i
• M
.1
trouve galant & fpirituel.
Chacun s’emprefTapour les
écrire. 11 m’en eft tombé
une Copie entre les mains.
Je vous renvoyé.
L’AMOVR
AU PETIT PE MQRANGI5.
J E viens aimable Enfant, vous
rendre une vifite^
M<y qui fuis Enfant corne vo&>
Cette faveur nleftpa^fetite^
GALANT,
■ Bien d'autres en feront jaloux 9 ..
' Car avec des Enfansjenemoemuft
guère.
Je veux des Gens un feu plu# avance^ ÿ
Maie pour vous jevous tàfiderer le connots Monfieur vofte P ere?. le penfe aufft jdil me connoit aH\-
Il craignoit d'avoir une FiRe,
. Elle neuf pas fi bien fouteau fa Maifon,
il
le le craigne# aufii^ mais par une rai (on
% *
Qui riefipas rai fin de Famille.
le fuis /’ Amours tel que vous me voye^
Pour moy tous les Mortels font fans a'j!e employez^-.
i66 /
A mefervir tout / ’Kntvers conf
V’ne Fille euft fans doute étendu
mon empirer
Eufi inijnre l3 amour maie pour le
féntir^nonj
J ’'aime beaucoup mieux un
Garçon y
Et qui le-fente& qui Finfpire,
J^ous voila donc au monde, hé bien
qu'en dites- vous ?
C*eft du hasard un effet
doux*
pafïc.
Si) comme on croit) vous aUei^
vous mefler
T)yimiter ceux de voftre Race^
Prélats, Amba(fadeursz.Gens de
Robe & d’Efée*
Héros de toutes les façons*
On verrait voftre vie affez^ bien
occupée
Afoûtenir sinfeul de ces grands
H oms.
fivG.uâ irmtczjufjues avoflre
Perss
A vont dire lewray* ce fe ra le meilleur.
Si le fang ne fai fit la moitié de
l* affaire*
Vous n’en fourriegj'amaia venir à
vofire honneur.
w
-K
Quand vous travaillerez^fur de f
beaux Exemples*
Du moins fouvenez^vous de wioy
de temps en temps.
Monfieurle Cardinal de
Bonzi eftant arrive à Mont
pcllierau mois de Novembre
dernier pour prcfider à
l’Aflcmblée des Etats Genéraux
de la Provt ince de ■
Languedoc , Mrs les Tré-
_ O 9
ioriers de France au-Bureau
des Finances de la mdme
Ville, .choifïrent M1 leBaron
de Pezene l’un d’eux,
pour faire Compliment a
Son Eminence de la paît
de leurCompagnic» 11 l’alla
£aliicr
quira de cet employ avec un applaudiffiment G general, que M1 Daguefléau Intendant de la Province, qui l’entendit, & quieft un des Hommes de France qui parle le mieux, dit en mef- me temps à Mr leCardinal de_Bonzi, qu’il voudroit eftre alluré de parler suffi jufte le lendemain à l’ouverture des Etats. Il y fit pourtant un Dilcours inimitable. Voicyles termes dontM de Pezeiie fe fervic pour fon Compliment.
tjo
XVÂ-O N S E I G N E U
✓
L'heureux retour de Voftre Eminence $ oblige noftre Compagnie a a;auewenirrendre fis très -humbles de~ <voirs* Sajoyt eft fi grande dans cette rencontre^qù il luy fimble que nous ne lafaiflns point afie^ paroiftre dans nos yeux & dans nos paroles. Il faudrait pour la connotfire parfaitement _3 que Voftre , Eminence pût pénétrer juf ques dans nos cættrs. Elle Us verrait tout remplis de cetiï
foyë qui fe fût bien mieux
fentir ? quelle ne fe fait exprimer.
Comme il -n en
jamais de plus fncere^avoue^
aujfi^ Morfeigneur^ qu'il rien
fut jamais de mieux établie
puis qu elle eB entièrement
appuyée furies belles & rares
qualité^ de Voftre Eminence.
Ce font ces belles & rares
qualité^ qui cuouss ont
quis l'cfilme de toute t Europe
dans vos diférentes Ambajfades
y & dans le dernier
Conclave, Ce font ces douces
Cÿ infirmantes maniérés > qui
Vous ont gagné les. ^volonte^
T^ÆIF k
J- / .£. *■ **V V i _^w*J
Cÿ les fuffrages de tous les Ordres de cette Province dans les Ajfemblées de -nos Etats ; Cÿ pour dire beaucoup plus que tout cela enfemble^ ç efl â ces dons que vousave% reçeus du Ciel, &} au:< importons jervices que l^ofire Eminence a rendus d la France-que vous efies redevable 'de la bîen-veiüance que vous
témoigne tous les jours nejhe L Augiïfb' Mai s Ire 3 le plus Grand & le plus éclairé Prince O t e , {
- qu e la Terre ait jamais porte. < Puijpe\ - vous joüir long ' temps, TMonfeigneur 3 de cm
h
K
L
if
»
■4
r
4 V
i. Ï73 glorieux avantages pwfi fions - nous avoir celuy dé vous donner fauvent des preuves de nos tres-^humblés refpefàs. Les occasions ne s'en prefinteront jamais ajfi^ tofl pour noftre impatience. Croyez^ le ^ sil vous plaiftj Monfèigneur: & voyant nos bonnes intentions qui ne peuvent échaper à voFlre pénétration , ayes^aujourdi huy la bonté de nous continuer , vos bonnes- grâces & voftre protections Nous ejperons avec confiance que vous nous accorderez ces deux grands
biens, puis que nous-vousles
demandons avec le dernier
empreftement 3.. & que nous
wous les demandons pour une
Compagnie qui eft entièrement
.dévouée a Koflre Eminence..
Mrle Marquis de Boujf
fiers a prefté le Serinent de
fidelité entre les mains dix
Roy pour la Charge de Colonel
General desDragons,
J aeftétres favorablement
reçeu de Sa Majcflé, Il revenoit
d’Allemagne 3 où il
a fervy avec beaucoup de
VJ
zele & de gloire. Le Commandement
de Fribourg,
& la Charge dont je vous
viens de parler, qui luy ont
efté donnez dans la mefme
année, lôntd’avantageufès
marques de la fatisfadiion
que le Roy a reçeuc de fes
lervices, puis qu’il ne récafîon
de fe .fignaler.
M‘ de la Bamne, Comte
de Montrevel, Marquis de
S. Martin & de Savigny,.
Chevalier des Ordres du
pour Sa Majefté de Breffe^
Bufeeay, Valromey, & Gex^
cftTnort il y a fort peu de
temps. Il a^oitépoufé une
Fille de MrÔJier> Sieur de
Nointel 5 & eftoit Fils aîné
de ML le Comte de Montreyel
> qui mourut de la
bleflure qu’il reçeut au
Siégé de S. Jean d’Angcly,
& de Jeanne d’Agouft de
Saulr. Je ne vq|s dis rien
de fes fervices s’eftoit
trouvé avec M lel Comte
de Montrevel fon Perc ail
Siégé de S. Jean d’Angely,
& depuis à ceux de Rovan
i
j
i
i
n
5
.V
• *
■;!
*
T
■ GALAHT. 177 6c de la Rochelle , & aux Guerres de Lorraine & de Picardie. Ce Nom eft encor fort connu, aujourd’huy dans nos Armées, & je ne vous ay guère envoyée de Relations- oùvous ne Faycz veu employé.
On a fait à Breft réle- ction dun nouveau Maire
* depuisquelquesrnois.Vous^ {çavez que Breft eft ün’Poi-t auffi conftdéraWe qu’il y en p_ 1 /
ait en tom^ 1 Europe, & ou SaMajéTte a les plus beaux VaifTeaux, &-en plus grand nombre.. Cette éleéHon fe
GALANT;-179
s.Leger SigureL li eft d’Agen
proche de Bordeaux^
Homme d’honneur 3 magnifique
en tour ce qu il
fait 3 & qui n a pas moins
d’efprit que de conduite.
Le Jour de l’An eft celuy.
où la Réception du nouveau
Maire fe fait-.. On ne
doute point que celle de
Ml de_ JULÊger ne fc fafle:
avec tout l’éclat que demande
le Pôlbe où fon mérite
l’a fait entrer. La Cefont
réinonie en eft allez particulière.
Tous les Habitant
iRo MERCVRK
« ’
prendre fe Maire qui a fait fon temps, & en fuite ce luy qu’on a nommé pour luy fucceder. Ils ont l’un &
l’autre une Soutane de foye, une Robe de velours avec
des manches pendantes3 une Toque auffi de velours,
un Cordon d’or enrichy de
V
Pierreries, &dans cet équipage , ils marchent fuivis des Echevins & des Compagnies
de Milices, au fon des Tambours, de&Trôm- •petés,& des Violons. Apres une Meffc qu’on célébré folemnellement^ on s’ar-
refte dans une Place qui eft
devant le Portail de la principale
Eglife. On y trouve
une grande Pierre plate &
ronde, au milieu de laquelle
il y a un trou. Le
nouveau Maire y met le
talon, êc en mefme temps
cekiy qui fort d’exercice,
luy fait un difeours pour
luy faire connoiftre la con-
Pendanr qu’il luy parle,
l’autre a toujours le talon
danscetroLi, Sc ie bout du
pied levé, & iljne Ven retire
qu’apres qu’il.a prefté le
ferment de fidelité pour le
Tervice du Roy., .& pour le
.maintien des Privilèges.
Cela fait, ils vont tous à la
Citadelle, ou le nouveau
Maire allure Mr le Gouverneur
de fesrefpeâs. On le
remene en fuite chez luy
avec pompe, & il donne un
magnifique Repas. Les
Perfonnes les plus qualifiées,
& la plus grande partie
de la Noble&y s'y trouvent.
Le Dîner finy , on va
à la Mer jouir du divertiL
fement des Sauteurs. Tous
ceux qui fe font mariez depuis
crois ans, ou qui ont,
non feulement fait baftir
une Maifon, mais élever un
pignon, ou drefler quelque
muraille, font obligez de
fauter crois fois à la Mer. Il
n y a perfonne qui en foit
exempt. Les plusconfidérâbles
d‘entre les Bourgeois,
payent des Gens qui
fautent pour eux. Il a beau
geler, comme il gele ordinairement
ce jour-là. Les
Sauteurs ne ' laiflcnc pas
d’eftre en callcçon & en
chemile, avec des Efcarpins
blancs. & des Bas de toile.
•- F'
Celuy qui faute pour 1 e R auneCouronne furïa tefte. Le nouveau Maire, fùivy des Echevins, & de plu- .{leurs autres Officiers fe ■ Îïromene tout, le Jour par es Rues avec des Trompe, tes & des Violons. L’heure de fauter eftanrvenue. Mr le Gouverneur entre dans
!
un des plus beaux Navires du Porc. Les deux Maires & le Corps de Ville .l’accompagnent. Il y trouve les Sauteurs qui s’y font rejv dus auparavant. Le nouveau Maire a un Rôle, &
?
4
galant... ; I8r dans le incline temps qu’il nomme ceux qui doivent fauter, on les voit qui s’élancent du Navire. Il y a toujours quinze ou vingt Chaloupes preftes pour les lècourir, fi que Iqu’un d’eux eftoit en péril de le noyer. Ces Sauteurs font quelquefois au nombre de cin-
* ... I
quante ou de foixante\ & ce divertiflemenc attire-les’ Curieux de toutes parts; Apres qu’ils ont tous faute' trois fois, ils le mettent dans des Chaloupes. Elles- font armées-de dix oudou- Deczmbre*
Rond au bout d’une perche
qui fort par un Sabor du
Navire. Çettç perche eft de
douze ou quinze pieds , &
c’eft entr’eux à qui pourra:
emporter ce Rond. Les
Chaloupes vont fi vifte,que
la plupart tombent dans la
Mer. Celuy qui a ou plus
d’adreflè, ou plus de bonheur
que les autres dans
cette efpece de Courfe, eft
récoin penfe d’un Prix. Le
Rond emporté en décide.
Gn va en fuite fe mettre de
L
Nouveau à table,’ c’effi
toujours par la lanté dïi
Roy qu’on commence. Le
Feftin de la Mairie dure
trois jours, avec une égale
magnificence. Il y a Bal
tous les foirs. Quantité de
Dames de qualité en font
priées, & on employé laplus
grande partie de lanuit
à danfer.
Apres vous avoir parlé
de plufieurs Actions éclatantes
dans lesquelles l’efprit
de Mr l’Abbé Colbert
a paru, je luy ferois injustice
fi jenégliçreois de vous •
' O D
4 zd
-•XwJ
188 entretenir de fa pieté. Il vieht Me donner un grand exemple, en fe retirant pour trois mois dans le Se. minute de &Sulpiceï Quoy que fe véritable êfprk foit allez rare, une pareille pieté l’eft encor plus, particulier rementquand on eft en pouvoir^ ou de fe difpenfer de ces forces, de retraites, ou de ne les pas faire fi longues» Cette auftere régularité fait eonnoiftre que cet Illuftre Abbé fera tou*
jours gloire de s’afiujerir aux Loix du plus ievere de-
è
»
J
«
. r
mens tOtis^ Chreftiens qui
elloient la réglé de fes actions.
■ Il eut fous luy un
Preftre extraordinairement
,;. £elé 3/nommé Mr Bardoife.
lequel entreprit de porter plus loin lïnftruétion des Clercs, ■& tout ce qui regarde la Gléricature. Le Père Vincent, Fondateur <te la Million, jugea avan- tagëûïement de r inftitu- tion de ce Séminaire • &
comme il fongeoit unique' ment à tout ce qûipouvoit avancer le bien-de TEplife, il obtint de feu Mr
GALANT Gondy,.. Arçhevefque de' Paris y que ceux qui • vou- droient prendre lès Ordres,. fcroient une efpece de retraite pendant dix ou douze/ jours , afin qu on? pût employer ce temps à les inf- truire de ce qu’ils dévoient •fçavoir. On luy accorda pour cela le College des- Bons Enfansjoù ces fortes
J de retraites ont commciK 1 ce, & ou elles fefont conti- f nuées fort longtemps par les charitables contribua fions de quelques Dames,, ! &entr autres deMefdames
1
r
les Préfidentes GoufTaut & d'Erfe, Cette coutume s’obfèrve encor au jour* d’huy à S-. Lazare à chaque Ordination. Depuis, pour conferver le fruit que ces retraites faifoient, on a Cru-devoir ramafîèrles noir t I
veaux Ordonnez, & les tenir en Communauté. Celle de S.-Sulpice <^efté:une des premières. Les bien faits de U fl*™ /cu deKréwnvilliers ont j £ beaucoup contribué à-Té- ^j^tablir, Peu MrdêGondripy ^^^Mernier Archevefque de-
I
Sens ,en fut- tiré pour fur- céder
| GALANT. 193 z7 Iceder à M‘ de^Bellégarde/'A^-’ | fon Ongle, auïli Àrcheve£Att/**'' I que de Sens. Depuis ce | temps-là, prefque tous, les | Archevefques, Évefques,& 1 Curez,- ont pareillement | étably des Séminaires dans -1 les lieux de leur réfidénce, —4 • *
i pour élever des Clercs, & | tenir les Ecclefiafliques L dans leur devoir. ' <
. >
i Je vous envoyé un Ma- | drigal fur un langage qui 1 n’eft pas inconnu à beau- 3 coup d’aimables Perfonnes 1 devoftre Sexe. Il eft de NT ÿ Valette d'Ufés. Une Belle • Décembre, R
4
luy-avoir demandé des Leçons
fur çe langage. Voyez
s il peur eftre mis au nom.
bre des habiles Maiftres.
VQus le fcaurt^ Philis, ouy^
je veux vous apprendre
des yeux:,
Et de plus je m’oblige à vous le
faire emendre,
lufqu âmeàsfauter d qui l'entendra
mieux.
le puis,> fans mefater^ dire a mon
amoureux langage *
Et 4üe fivouevoule^pratiquti
ma leqen^
apprendrez^ bientoft cet aimahle
jarayii,
P’oim riezj que cela nevousfaffe
point iiret.
Q^ } verts le f^aurez^ Philip
dsrs //.? woment\
Et ws y eus. le pourront parUr élo~
quemment.
IPourveii que -vous faffiez^ce que
\eVay vous dire,
2l vMÎJàtit. ■.. ( mais au moins jy>
vais de b nne joyi
Ne prenez pas -tecy pour quelque
2d r ita</st émi f)
Il vous faut donc, Philis, pour
parler ta*i rt *
M'aimer autant que jewotts
aime.
Ces Vers ont afliirément
de la Rime & de la Raifon.
Ce font deux chofes qui ne
fe rencontrent pas dans
tous les Ouvrages qui échapent
à bien des Gens qui ?
veulent eftre Poëtes en dépit
des Mules. Vous l’allez I
DE LA RAISON
ET DE LA Ri ME.
LA RAISON.
V allez-vous fi vilteî
Vous feignez, ce femI
F
. fi
A
*
s • s
** ?r
»
%•
1
1
I
•î GA'LhMl. i^7 À LA RIME.
J^ous veule^raifonner ynais je ridy pas le temps.
Délirant de 'me voir toujours en \. *r
bonne eflime, le vay trouver les Gens Qui demandent la Rime.
LA RAISON. ù
Mais ne fçavez-vous pas que vous ne devez jamais ; vous trouver où je ne fuis ■ point, & que la Rime fans i la Raifon Fait une étrange ' figure ? j LA RIME. I P ourlant, quand je parois deffous | un riche habit, ;
\ H e penTc^ pas que je fois fans- ? crédita
R üj
LA RAISON.
Quel crédit, & quelle
eftimc- peut acquérir un
Corps habillé richement,
s’il n’eft point animé ? Ignorez-
vous encor que je dois
eftre lame de tout ce que
l’efprit de l*Homme peut
produire, & que voftre
éclat n’eft folide que quand
je le foûtiens?
LA RIME.
Si je rïallois jamais quen voftre
compagnie*
Jeparoifirois bien rarement:
U on ne vous trouve ou cefi
mal-aifément»
On me voit partir promptement.
LA RAISON.
Ah’ ne vous fuffit-il pas
d’avoir tenu jufqu’icy une
conduire fi licemieufe & fi
blâmab’e? Quelle démangeaifon
avez-vous de vous
donner a tant de Gens qui
vous def-iionorent, en vous
faifant feivir à leurs Ouvrages
impertinens ? Vos Parens
vous ont-ils donné la
vie pour une fin fi baffe, &
fi indigne d’eux? Vrayment,
fi dés le point de
T»-_ 4 • * R. lîij
v* oftre naiflànçe ils ne rous
avoient mile en nia girde,
Üs ne le leroicnr pas acquis
en leur fiecle cant de réputation.
Ils fçavoienr bien
que mon alliance faifoit
tome voftre force 5. & que
la Raifon triomphe le tout.
Ils jugeoient bien que voftre
beauté ne dureroit qu’a*
vec moy, & que fous quelque
habit que vous panifiiez
un jour, vous feriez ridicule,
fi je ne faifois moymefine
voftre ornement.
Soutenez donc mieux voltre
caraétere. Honorez daO
vantage par voftre conduite
la. mémoire de vos;
Anceftres , & mëprifant'
tous ceux qui ne s’attachent
pas à moy, laiflez-les^
vous chercher, ôc vous appeller
inutilement. Vous
les fervirez plus, en leur
refufant voftre prëfence,
qu’en vous donnant à eux
fi librement}. car, comme:
ils n’ont prefque point de^
commerce avec moy ,/ s’ils
vous voyent toujours à mafuite,
ils demeureront en*
repos , ne penieront plusæ
vous,,& ne produifantplus*
de focs Ouvrages, ils en feront
moins ridicules.
LA RIME.
Z a tentation d'ecrire
Mal- aifement feyuerit.
Si loin d'eux je me retire,
Penfez^ votes que leur Efprit
Efe veuille plits rien produire?
Ab! dans leur démange ai fin
Tl n eft rien qui les réprimé*
Et croyant vainement s'acquérir
quelque e^hne^
}ls écriront plutoftftans Rime &
■fans Raifon 9.
/ ur moy J je tiens cette maxime?
Que qui n'a la R ai fin, tout au
moins ait la Rime. I *
LA RAISON.
Que vous raifonnez mal,
ALANT- 20^
& que vous me faites pitiéj J quand je vous encens avan- ■ï cer fi hardiment de telles -1 maximes ! Quoyi vous vou- 1 lez partager le mépris & læ ï raillerie que s'attirent ceux' ; qui ne travaillent pas avec I moy , & vous ne fçauriez les j voir loin de ma compagnie,, ï fins eftre touchée en mef-
*
j me temps du défît de les foulager, & de vous trouver j avec eux? Certes,, j’admire l'emportement de voftre j tédrefle. Vous aimez mieux J fo iiil 1 er voftre lion ne ur,que j de ne pas tomber fous.leur
•• <.
t
204. ME
main toutes les fois qu’ils
vous cherchent.
LA RIME.
Qhacwra fon humeur^fa maniéré
d'agir-r
Je canfcTH que chacun s y tienne,
Mais je ne croy pas que la mienne
Doive me faire rougir.
Tantofl nous femmes enfembler
Tante/} nous n'yfommespas.
P'ous avc^beancoup d'"' appas *
T'aime fort qu on nous affembler.
J'en marche d'un meilleur pas.
Mais qxad quelqu'un ne le peut
faire,
Quand ce quelqu'un de moy feule
eft content,
Te ne vous en veux peint faire icy
de myflere^
le cours fnsvousTqui mi attend.
Qui vous a donc faicpren-
. dre des fentimcns fi con-
I traites à la Raifon? Ma
| force &mafagefTe ne pourront-
elles pas vous faire
f rentrer un peu en vous-
/ mefnie 3 pour voir s’il vous
eft permis de vivre comme
5 il vous plaift? Aurez-vous
j vous plus de çomplaifance
pour la Folie 3 que pour la
Raifon? Et quand la Raifon
vous fera connoiftre ce
que vous luy devez, &: ce
que vous vous devez à vous-
... .>•*»-* .t-> ■•>• c.»'r
4
méMERCVRE d’autres maximes que les fiennes? Y en a-t-il déplus folides & de plus véritables, ôc tout ce qui ne raifonne pas peut-il les combatte? Vous devriez plutoft me rendre grâces du foin que je prens devoftre conduite, 6c de f éclat que je répans fur vous, pour vous rendre aimable, & vous attirer les applaudiffcmens que méritent les belles chofcsj & puis qu’il eft véritable que je fais tout voftre prix, & que vous n’eftes rien fans moy, la honte de pa:
i GALANT. 20j I roiftre feule vous fiéroit | ;bien:?micux., que la liberté I que vous prenez fouvent de j vous placer en des lieux ou
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J
l’on ne m’appelle pas. LA RIME.
le vouo dois beaucoup je l'avou'è* Et c eft avec plai fit que la Rime vous Loue
Soit dit pourtant, fans vous mettre en courotix*
J^ous recevez, de mcy9 fi je reçois de vous.
Quelque éclat qui vous environ e9 Quelque beauté que votes fa file 7^ briller^
De mes defauts vous avezfieau ' railler y
lï eft certain air doux que la Rime vous donne,*
Vn certai&^gèment* certain je
ne ffty qu°y>
Dont une Ame eft charmée.*
Et qui fait, que je croy*
avecque majefté*
Mais non avec tant de mefin,
Par moy ftfquà vos pas tout en
vous eft compté.
JV’'eft il paj vray que la peinture
A plus d ’éclat & de beauté^
;Quandelle a Pornement d’une riche
bordure l
Approuvez^ s*il vous plaift* cette
comparaifn*
Et que par elle je m'exprime.
Dity* je dis hardiment qu on peut
nommer la Rimey
G A1- AN T- 209
, LA RAISON.
| Vrayment, il vous fied 1 Lien de vanter ce que vous J avez de considérable. Sça- jchez que ce qui fait voftre I gloire, & vous acquiert l’ef- kimede tout le monde, c’eft: ; de pouvoir m'eftre utile à j quelque choie, encor que vous me vendiez quelque- ifoisbien cher vos petits fer- i vices. Oüy, vous m’oftez alors plus que vous n’avez h’honneur de me donner; car fi mes fideles Amans jtous placent auprès de ^moy, quoy qu’ils ne vous
■ Décembre, S
♦ ♦<
*10 MERÇVRE
mettent qu’à l’undes bouts de monTrone, vous ne laif. (èzpasde me preflerllfort,, que j’en fuis incommodée, & melme vous faites en forte qu’ilelt des ocçafions où l’on a beaucoup de’peine à me voir.
LA RIME.
Pourvois mettre plus à voftre ai fi Vos Amans ne leur en déplaifa ’jM'e mettent quelquefois en un fort pauvre état.
Ils m ofient mon plus riche éclat3 £t me faifant voftre vihltme3 Ils font caufc quejevoy
'Sien des Gens s'écrier^ en fe rait tant de moy,
Riche Raifimftfr pauvre Rime!
LA RAISON.
Comme il n’eft pas né--
jCefl&ire que vous foyez
Ji dans le monde _ on ne doit J
; pas toujours garder tant de
l mefures avec vous • mais il
; n’en eft pas ainft de moy3
j de qui l’on ne peut le palier
î 11 l’on veut bien faire les
■ choies -, & comme je dif-
. tingue l’Homme d’avec la
Beftej il eftobligé indifpen-.
fablement de reconnoiftre
abufez vous donc, je vous
en prie, & ne vous eftimez
pas tanr que vous faites:;
auffi bien la Raifon ne fçauroit
eftre vaincue; elle feule
a des forces, du pouvoir, &
de la beauté, &tout cequ\
elle vous a dit eftant trèsfolidê
& rres-veritable,vous
ferez fadement, fl vous la
croyez. Elle n’a pas befoin
de vous; elle s’en eft paflée
durant plufieurs fiecles, elle
peut bien s’en pafler encor.
Mais enfin puis que vous
eftes au monde,.elle confent
qu’on ne vous en cliaf
fe pas, pourveu; que vous-
(viviez toujours avec elle, &
Jquernevous permette pas
] de demeurer quelquefois en.
^patience, & d’eftreun peu
plusrefcrvée, vousavezune
' infinité de beaux Efprits dâs
’ toute la France, & dans les
Pais Etrangers, qui vous
occuperont glorieufement;
& le Mercure Galant vous va
donner tanr d’Amans rai'-
fonnables,& bien nez, qui.
fçauronr nous unir enfemble
? 6c nous faire marcher
d’un mefme pas r comme
piufieurs ont déjà fait, qu’il
ne vous fera pas difficile
d’oublier tous ceux qui fe
contentent de vous feule,
& qui ont plus d’emprelfement
pour vous que pour
moy. N’ayez donc plus de
commerce qu avec mes
Amis, puis que c’eft une
necefficéquè laRailon doit
impofer, & que c’eft là lutrc
inceflàmment l’cRime'
& l’amour qu’on a pour,
vous dans le inonde.
LA RIME.
il eftvray que le Mercure
Me donneforment de l'employa
Mail quelque ewifley qu'il rue
procure^
le ne croy pa# çaqner furmoy
De fuirtoùjours la compagnie
Dont vous eftes bannie.
le comprens bien qu'aveque vous
le vaux beaucoup 0 je fuis plus
bette*
Et quil rieft rien defidoux
Que cette unionfidette
Que fon fiait faire de nousî
Que la Rime rai formée
Eft le charme de l'Efprit:
Mais ma mémoire eftfi bornée* '
Que /’oublie 'aifagitnt tout ce q^e l'on me dit. ... ..
•• ». v ; x ., -j.r _ ï * 'k > .• . • f ■/
Qüfi 'fiayreçeudevo&s un confèil- bïenfolide: ‘ ‘ ‘
le reiïa&e mesfient imens.*
JBt pour ne tomber plus dans mes çgaremens,.-. ,
le voudrais qu'il me put toujours tenir en bride;
Pourtant ne vousÿfiezjnat3
Je pourrais manquer de parole,
6Ï je vous promet tels de-fai vre w Vos.pad.
! Courte mémoire^ &téfiefiole 3
14 e feront aller quelquefois
.. Gù l'on neconoiftpoint vos loih Enfin ce que je puis promettre^ éditant que mon panchant me U
- ^pourra permettre,
■Çfefiqu'avec vous je lo^eray
Ls pltcs fiouvent que je ^ourra\’.
la
LA RAISON.
Vivez donc comme il vous
plaira, puis que je ne
f rien fur vous. J’ay cru. de-
* voir vous donner des' con-
I feils raifonnablêS) voyant
■i que vous en aviez befbins
î & que vous ne vous mena-
; gîez pas bien. Si vous aimez
! mieux la liberté d’aller par
J tout fans Railon, que la glo»
; rieufeneceffitédemefuivre *,
toujours, que je voudrais
1 vous impofer, je vous abandonne
a vous-mefme. Me
trouvant avec vous, ou fans
j wus, j’auray toujours mes
Décembre* T
2iS MERCVRE
» ♦
Admirateurs, 6c mesAmis; au lieu que vous n’en aurez jamais , au moins de ceux qui fçavent donner le prix aux belles choies, que quand ils vous verront auprès de moy- car de vous eRimer ailleurs qu’en nia compagnie, c’eft lé rendre ridicule , .& fe moquer de vous. Adieu. Vous allez
trouver les Gens qui demandent la Rime fans la Raifon,contentez-les bien, J’auray le plaiftr de bien rire des uns 6c des autres.
JMc manquez pas cepen-
? i
i""' À ï A > -Tn
dant de venir auffitoft que je vous appelleray. Celuy de tous les Roys qui m’aime le plus ( vous en- ; tendez bien par là Lpüis i leGrand ) nous a fourny ’àl’une & à l’autre une ample matière de travail. La Guerre & la Paix qu’il a feeù fi bien faire, ckman dent que nous nous joi errions hanter fa gloire & fa vertu par toute la Terre. Nous avons déjà coinrneru j ce - achevons mieux/i nous 1 pouvons.
î ?
4
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LA RÏME.
aime bien cegrâd Monarque
11 me loge avec vous dans fa bellè
Maifon 5
Etc? qui en luy chacun remarque^
C'éft qu'il entendRime&Raïf^
On a fait Réponfe à U
Lettre que je vous ay fait
voir des Per,es Capucins du
Louvre, fur la mort de M1
Carpacry, C’eft une efpece
de Procès dont on nie
met les Pièces entre les
mains, & il eft jufte que
je vous communique les
raifons de l’une & de l’au-.
tre Partie. Je ne change
rien aux termes. S’il y en a
quelques-uns qui ne vous
paro-ifïènt pas aflèz adoucis j
vous les devez plûtoft imputer
à la chaleur du rayonnement
, qu’à aucune envie
qu’on.ait eue de chagriner
les Intéreflèz. Apparemment
les Capucins réNT1
d :u n e
k
Ecrits à fon Amy, fur
Pcres Çjw'jcins _du_ _ __
pkvcé dans le Mercure Galant d
Mois cL- Novembre.
la, Lettre des
Louvre . en?-
tMl
GALANT.
inféré dans le Mercure Galant du dernier Mots > fait far les b&ns pères Capucins, fur lequel vous me demande^ mon avis. Fout efles trop -pénétrant pour ne pas rc- manquer que ces bons Peres ignorent à fond les grandes maximes de la Médecins ■> & les Principes de U bonne Phzlofopbie,-quils (e donnent tant d’encens que la tefle leur en fournc\ ne $ appercevanè pas qu'ils oublient les me fur es qu'ils devraient garder pour mi eux ménager leur réputation & Itw modifie , lefquels fur le fait de l*drt ne peuvent avoir rien de recom- wiandable, que /’autorité qu'ufuï- pent ordinairement ceux qui viennent de loin, pour impofer aux petits efprits crédules , a laplebecule, & aU‘X Gcn> qui tient par legoaft des--
- • • •
T inj.
bonnes chofes, & le difcernemefâ
dffegyfin délicat peur demeflerla
fourbe ma[quéc des apparences
de la vérité. il ne faut
quobferver de quelle maniéré &
par quels raifonnemens les bons
Pores fe difculpent de. la mort piemat-
urée & précipitée de M* Car*
patry, par la violence de leurs Re*
medes^ & la hardiejfièypour ne pas
dire plus yavec laquelle ils s*attribuent
? honneur de la guerifon ie
Monfiewrle Duc de Chartres.
<A l'égard du premier Chef le
fubterfuge dont fe fervent ces Médecins
du grand Caire ,efi fi greffier
quil nefe peut lire ny fouffrirfans
quelque efpece d'indignation^ lh
allèguent pour Rai fins péremptoires
, que les Médecins qui nont e/e
appelle^ qu à.I'agoniede M'Cffl*
i
n'*nt f&àtt & encormoins afiuré 5 qtà- '^rs Remedes 'ëtfifint réduit le Malade au déplorable efat où ces Meffieurs le trouvèrent, , l)snc leurs Remtdes notit pas tue '■ jtïr Çarpatry\ parce que les Me- détins ne l'ont pas dit. Cette con~ pfequence n'efl. elle pas bientirèe* ,' non feulement pour leur juflifica- V mi, w*r auffi pour lldprobati&n ;; de leurs Remedes 1 M quand ils la , voudraient fiutenir bonne, elle fi y détruit en oppofint le contraire véritable, puis que les Médecins qui font venus au ficottrs de P'.Açe- nifint y fini f refis dlen p a fier sPPe- £ pardevant F/staireffi Hon ne veut i pas fe c&ntenter de leurs affirma. . tiens publiées pari oui Paris \ pour détromper le Public qui pourrait fila fer firpr-endro aux Faits artfc
culez^par ces bons Peresavec tan
d'apparencede certitude. Le rai»
fonnement {vivant, paz lequel tfo
tirent une confequenceauffiinfailli,
ble que la première, efl d une phi.
lofophie tonte iïwdiere.. & qui n *
>. *• ; ?> -t
aucun raport avec toutes ces wa.
velles dont on seniefte fi atfêwcw
dans le Siecle où noua femmes
dans lequel on cherche l* abrégé des
longues études. p'oicyle raifonm*
ment de ces bons Pires. Si lew
Remedes avaient échauffé le
ladey les Médecins qui ont eft
at&ellegn'auroient jamais ordor.rù
le Pin Ente tique ^qui eft ttn Remette
brûlant rcaûftique- ^-gangrenant,
Ptprcs cette déctjton y juqezjde U
capacité de ce$~ bons Pores,
tranchent hardiment fur la qualiu
gf les effets d'un Remede qdd
GALAHT w font, jamais connu^ comme il paroifi- '^.vr la maniéré dont ils en parlent^ '■•nuis que toute la P acuité de Me- deciuc de Pans eft oppofèe à ce fin- liment prononcé en Maiftres farces S , lequel a efti confirmer ré par Arreft de la Cour^ les Commiffaires député-^ netttpo.ur entendre opiner Do fleurs d'une fi célébré ’dté, e&rcnt fait leur ra port*
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lu. Parler, îcîm les
xy« delivre Procès verbal de tout' r? qui s'efioït paffè dans cette Afi [emblée fi nombreufe, & remplie de tant de be^tix Pfèrits. L*'on en ■pourrait fyawiàr des no truelles plus à fond de Ml de Mauvifiain ancien Doyen de la faculté 5 lequel fie finir toutes les comeftatiora qui pouvaient jWMÇtr les Efprits fur- cette maiiere. dans le temps de fin..
Decanat : ce qui marque leur malice
ou leur ignorance ( fiufl'hon.
tieur de leur Qarafiere. ) il fau~
droit faire icy une Diflertation pow
leur apprendre les bonnes qualité^
du Vin Emcüque r de quelle ma.
nière il agift en évacuant les bn*
meurs rebelles ff opiniâtres^ quire
cedent pas aifément aux Remedet
ordinaires, ny mefme aux acides*
^Ikalf & Sels volatils dont on
eft prefentemeni fi fort entefié* que
!on croit me fine que fins eux il n'y
a point de Panacée à efperer, &
leur faire concevoir comment il
rafraîchit plùtofi qte il n’échaufe*
comment il faut expliquer la ch^
leur , que paraccident feulement il
peut caufer parles copieufes évacuations
dy humeurs atrabilaire^
érugineufes torréfiées, far les inGALANT.
zz? temperas des entraides, & 'particulièrement par les principales parties nuurricieres^dans les replia defquelles ces humeurs farouches y iadompta blés & brûlantes d'elles- mefines> & incapables d ’ aucune wilion, fe trouvent cantonnées^ le fi quelles ne fe peuvent détacher .& mettre en mouvement fans faire rejfmtir cette imprejfionde chaleur dent ils font empreignez^ laquelle n’eft caufée par le Vin Emétique que par accident, comme tl eft dit cy defpt^ non plus qu'une Fourche nefi point eftimée puante en fiyr parce qu'elle remue le vieux fumiery ou d'autres ordures corrompues, dont les halenées peuvent faire bien du de for dre : matt il faut remettre ces profonds éclatrcijfemens en d'aubes temps, parce que ce ne font pat
tites reflétions a
Pajfins au fécond Chef par le.
.■quel ces bons Per es prétendent que
la guérifon de le I)uc de Char,
ires eft l'effet de leurs Remtdes.
P eut -on pouffer plus avant la témérité
avec laquelle ils s'aitùhuent
l'honneur du fichés delà conduite
de Meffietm les Médecins]
Peut-tn fiuffrir la vanité & la
fréfemption de ces Médecins figurez^
en affûtant comme une verni
%tè
■du Prince leur en* avaient rendu
mille actions de grâces & qu'ils ne
peuvoient affez^ dignement les remercier
de ce qu ils avaient fourrq
m Remedefffalutairel Apres ceù
ne peut-onpooe demander à ces bons
-= T/A^
Jv 1 • 2JI
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& *
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pcre> ce qu eft devenu leur pudeur?
£? °& s>£,ft retirée leur modefiie & t leur humilité dont ils fontfemb tant ; de faire profejfion i Pourra-ten a jamaie croire quels fuiffent dire la '■ verité-far la gucrzfon de M1 le T)_ac : de-Chartreslaquelle de ..cotifcjft'on t i
Ci.
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| fPplipîS $ mejme par tous les Ai-
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maphobes&les pUisjures^ Ennemie braillards contre la Saignée. n'eft O ? J dette qtdd ce grand Rems de qu'ar- ûficteufement ces bons Pères ont teù &celi dans -toute la narration qu'ils en ont faite i Que préten- dent'ils aue P en oenfa de leur fn- t * *’ - ■J îtatc & de leur conduitapres un Poui/emeip (i crtmineil .Plais il f tres^certain que leurs Remedes avozent teGcmeat échauffé le Prin- ce, excité une (i violente fermentation dans Us humeurs^ & m mèteo-
MEKCVRE
que les.coï\n
vutâwj^ 'la difficulté de refaire^
si “5 •*■'** ’••*’" ■-’“• }
poufie^epit rllluftre Malade dw les dernières,.extrémité^ qui firent ah(oluw.cnî defiefierer de fon falut fi la Saignée relierée coup fur c^q jpfques.fi iroü fois ffi euft vifibl-^ ment arrache des b rat de la Mm
♦ * ’ ♦
ce jeune Prince^ que par une twf prompte crédulité on avoit aban- donné à leur conduite. il faut cfii fincere quand on écrit hift&rîque- ment un Fait 3 puis fier la nature des Remedesdifeourir par l'or^ne des Stpavans dans 1' Art5 quand sæ tien eft pas capable* & ne pas faire des comparaifons fi hors d? oeuvre,é fi peu applicables au fujet^ corne font ces bons Peres tant par celle de Michel-Ange & du .Lanter- nisr^ que par la P bioîe de verre à
w.
GALANT- 29? laquelle ils (biîhaitentle me foie degré de chaleur y & les me fines fores de l *eftom'aeh 3 afin-de prouver far la veuë que leurs Rëmedès ne défi tendent pas dans les boyaux & par confiéqùent qu‘ ils ne peuvent ja- ; inaiï ratifier aucune infikmation^ ny ' gangrené. En venté peut on fiouf- frir une telle expreffion &un rai- 1 fonnementfi- abfiurdc dans la bonne
Médecine l On ne peut'pas ic}< ré- 1 fondre à toutes ces efipeces d'extra- valantes, parce quil faudrait un ■: Volume pour les refuser à leurepli- ftfiona lî faudrait encor parler £ des Perfionnes un peu Philofiophes^ . ou du moins qui euffent quelque teinture des Principes de la Médecine. il fivffit de faire remarquer les beaux endroits de leur offrit & ' de leur candeur;
H> membre.
X
4
le ne puis encor obmeitre une'
autre vanité publiée dans le Mercure
Galant, d la confufon d'un
jeune Médecin qu ils ont nommé
2tâl fo , Doffeur de la Faculté
de Pans, pefiant trop confié
aux Remedes des bons Peres, il c%.
avait fait ufor à une de fes M&
lades travaillée d 'un ni firme dtpuis
longtemps s & apres quelque
trêve quelle avait ordinairement^
elle retomba dans des accès fins
violent que jamais f forts, qu
M1 le Lon^ defefpera de la pouvoir
tirer, comme luy-mefine I'a
publié dans fa Compagnie, qwq
e d ces bons
JPcres, pour les remercier, ff Itfi?
témoigner qu'il efioit charme de lâ
bonté & de P excellente de leurs
Rcmedes > civilii é un feu forte ptM
? <
* T ‘ : . ..
'• " £ / 5**J * *5 /<” /*> g*
i ‘V i • "J J
ÙH Docteur ■> fielleejlvraye^C'àT ces bons Peres ne font fa/ ficrufule dlimpoferà la vérité.
- Achevons d'examiner la preuve qu'ils avancent four confirmer Il infaillibilité., ou du moins l'excellence de leurs Remedes. Ils défait deux J
chsfès. La première qu9ils'ont oxery un Malade en Egypte, ce qui eft fiùitntf far la dèpofiticn ' d'un fe%l Témoin^ car il en coûte*- •toit trop four en faire venir flu- fleurs de fi loin. Quand cela feroit vray^fettt^ on légitimement ajouter foy d un Tèmoin qui peut cfre mendié? Et four quoy citer m Malade %yery hors de la Sphere des f:n- qutfies . s'ils ont tant fait de miracles à Paris ? Puis en fécond lieu^ ces bons Peres ajoutent pour fortifier leur preuve, qu'ils onf ftndsc
Vh
urminement) fait une infinité
belles cures y certifiées admirables
par quelques Médecins Provinciaux5
déveüe^par politique auxintereftt
de ces bons Peres r Mais
ce qui efl de certain > c efl que fi leurs
Remedes ont rèiifly en quelques
Personnes de ce Climat, an remar~
quera que ce ne font que Soldats*
.Laquais, Crochetewrs, ou quelques
rniferables Yvrognes, tombe^dans
les apparences de quelque maladie
confiderable a leur éçard, & qui
ïdefioit quel* effet de leurs excès
&. de leurs dèbauches^
Jefiay bien qu ils pourront ntf>b-
'jeÏÏcT qu*un Re-mede ne peut pas
farmer touj ceux qui en ufent, g?
cette obleplion efl trop -trivialepourne
s'y pas attendre, Maie quand
ils ont recours à une cri fin. faite
«
ANT. 2j7.
%gy?îe > & * une fécondé faite'
i Paris* petit- eftre aujjl fauffe que
la première f car toutes les autres'
■ fait desguerifans en l'air ) on petit
: réciproquement avec un \peu plue
de certitude leur oppofer cent pour
\ un qui (ont morts, gu lanquiffans^
très-incommode^ four avoir
:. ufë de leurs Remedes far leur bonne"
; fiy, telle que vous la pouvez^ conjure
par ce qui-eftarrivé cy - deffas,
■ M^.,1 S—a■-u--v-a £q>—e• ?. demeurant Rue
Tiquetonnt* ayant eu quelque ai-
■; ds de double-tierce* & ne fe trouvant
pas bien guery apres quelques
' qu'il eut perdu lafievre* veulut
pour plue grandefeùrété tfreon^
frmatian de fa guerifon, ufa des
' Remette de ces bons Pires, Auffi-
= tofla ftevte continuefarvint* & iliïMUTut
eiïquatre ou cinq jours par
7Ï> /Al ]M m ’V-’t
R H
i V I^-Uj
un mnfport au cerveau , (f une
alteration implacable caufee par
Il excès delà chaleur du Remeae
qui le confumoït* & quaucun n.
fralchiffement ne pouvait éteindre,
Idon en peut {savoir le detail par
JV1 loff&n Maiftre .ApoticaiïeY
dans'la Rue des lombards. Ip
Boivin de che\ Moniteur de Lw*
voys* & bon amy de M' -Carpatr^
eft encor dans un pitoyable état
pour en avoir prà. Pn -Revereù
Pere Minime-, Frere de Défi
ponty Payeur des Renies, en a
malade d la--mort pour en avoit
ufi fur la fin d'une ftmple fitwn.,
de laquelle il pcnfià? fè delivW
pltu vifie pwr cette grande panacée,
ftr lequel a efté plus de trois mois
à s'en remettre. Pn Particulier^
I GALANT.
Ecuries du Roy^qui n'en peutencor [revenir, Le Fils de Ml PqqueUq^. ' qui demeure Rue des Petits Chaps^ ■ croche S, Julien des Menefiriers,t, liïè feulement de feizg à dix-huit, "ans. qui depuis quatre mais qu'il en a pris a diverses reprifes, efi en- " cor aujourd'huy dans des retours de: fièvre qui n'ont aucune tcgle 5 ce qui fait foupçonner avec- raifon quelque maligne impre filon du Re-
■
wede dans la fobfiance de quelque ‘■f.nie qui ne pourra eflre formant ée que par la vigueur de la jetineffe.
par la longueur du temps > Et
■
fulieiirsautres^ dont le Catalogue Igra/firoit un peu trop le Volume :>.que l'an difere jpfou'au mois prochain à donnerait Public 5 invitant toùiours par avance ces bons Peres p tenir prsfis lents M-tmoires bien
àrconftancie^ des b elles cures qu'ils
ont faites d Paris 1 autrement ifo
courront grand rifque deftre bientoft
de la Cllffe des Abbez Faytft
SanguinMédecin de B&ufsfRabel,
^autres Gens à Secrets> $
fpcàfiques Gueriffeurs de-Cancers,
dont la vogue rieft que de peu de
durée, parce qu ’ ils manqueront
toujours de cette partie judiciaire,
fîit'ccjjaire pour F application de
leurs Remediï5 quand me fine m
conviendrait de leurs bonnes qualités^
Qu ils fouffrent donc que le
Public fe détrompe, & quon leur
ite une retraite plue co
àleurswceux, Qu ils s acquit entât
leur véritable ebligation, fp qüïh
entrent comme ils devraient'da^
nfamt
PefprU de la charité, en donnant t
au 'Public le ficret de leurs Rcni^ t:
dtiy ?V1
I
GALANT. 241 des> pour ne plus abufer de lafoi- J bleffe & de la crédulité des petits ;/ Efprits r qui fans difeernement en demandent pour toutes fortes de maux 3 & qu ils faffent cefjertant de dèptnfes inutiles ^que la-libéra* lité du plus granddesRoysria point voulu épargner pour le bien & le foidagement de fes fideles Sujets. Ils d ont, ny ne doivent avoir au- ; cun intereft à cacher ce nyfiere pour augmenter leurfortune^ maisfeule - ment pou r éviter de rentrer dans les devoirs de bons Religieux def-in- tereffiz, qui cheriffim leur condi- ( tion>& qui ne doivent chercher ■1 que la gloire de Dieu, le foula- : <cemenl des Pauvres, Voila. Mon- peur,quel eft mon [intiment fur ta conduite & les Remedes de ces bons Peres, qui fe trouvent bien mieux Décembre. X
dans un Louvre, que dans un
Convent four y pratiquer law
f'-Réglé.
Vous me fçaurez gré fans
doute du troifiéme Air non- ;
veau que je vous envoyé, j
puisqu’il vous donnera lieu |
de luire retentir la Hoirs f
O
du Roy dans voftre Pro-?
vince. /
A I R. | i’tt;* *
'^^Ollandsrs. le grand Roy qui |-
vous donne la Paixy
j4u temfs quil fe déformé
Efi f lu# fort que jamais- J
Il forte alors fa gloire en tindeÿ^
fafrémç? ?
lors fa gloU^ëëlf uir&-’-gré• - fiipreftnW<C^r-‘Xjuedàyreftç* : ul<A après Havoir/foûmissP^rroatfès-En-- nen^is,;oi^
Qu'àfe vain- cre qu’àfe vaincre luy mef- me? /me? ox? -nuv ril ’
GALANT. 249
Car que luy rejle-tàj apres avoir
fb lirai s
Par tout fes Ennemis,
Qijà je yaincrefoy me fine?
Cette Victoire qui afi peu confié au plus grand Roy que nous ayons jamais veu, ne fl: pas toujours fort facile àremporter. L’Hilloire que je vous vay conter en eft une marque. Elle vous fera connoiftre qu’une ai- : niable & jeune Perlonne a foufert longtemps , pour n’avoir pu fe rendre maif- trefle d’un fèntimenr d a-
* iVerfion qui luy a fait rejçt- r ’ x y
1 I
ter obftinément tout ce qui
pouvoir contribuer à-fon
repos. Elle eftoit belle,
Ipirituelle, denaifïance3 &
fous la conduite d’une Tante
qui en avoit pris foin
depuislamort de ion Perc
6r de fa Mere. Ses belles
qualitez luy attiroient fo?-
ce Soûpirans ; mais comme
elle n’avoit point de bien,
ils fe contentoient de foupirer5
& aucun d’eux ne
îongeoit à parler François.
Cependant fi ce grand
nombre d’Adorateurs e:abliffoit
1 ’ honneur de fa
iJ charmes , il ne faifoit rien
•| pour fa fortune. C’eftoit
j un Mary qu’il luy falloir, ce
| les douceurs qui luy ef-
'j toicnt contées de toutes
j parts , demeurant toujours
j tournées en douceurs , elle
\ paflbit des jours agréables,
J îcne voyoit rien de folide
i pour l’avenir. Pendant
■ cette inutile affiduité de
5 Proteflans, un Vieillard,
} crû fort riche, & faifanc
; allez bonne figure dans le
' monde, le trouve chez une
Dame à laquelle cette aimable
Perfonne vient ren
dre viflte. Il la voir, ii en eft charmé, & comme il na- voit point de temps à per dre, parce qu’il eftoit preffi de l’âge, il parle à laTante, offre d’époufer fa Niéce^ & la laiffe arbitre des conditions. Onpreffe la Belle. Elle réfifte. C’eft fcfi grand^Pere qu’on veut quelle époufe. L’inégalité des années luy donne pour luy une averfion invincible. Elle ne voit rien que de dégouftant dans fa perfon- ne- mais apres une longue réfiftance, on luy montre
t j
ï
GALAHT. 247 tant d ’ avantages dans ce farty, & on l’afïùrefipofi- dvemenr qu’il mourra dans les fix mois, que fur cette derniere claufe^ elle fe réfout enfin à en faire- ion Mary. Les grands mots fe dilent/ Le bon Homme efl:
*
dans des raviflemens ; incroyables. Il l’adore plû- toft qu’il ne l’aime ,&comme il ne Lt quitte prefque ; jamais, cet excès d’amour
✓
; eft un redoublement de
.s
i
*
. *
✓ ♦
J
. /
M
S
»
peines pour elle. Ce quelle trouve de dégouftantdans le Vit'illard, ne la furprend
X iiij
248MERCVRE
point. Elle s’y eft attendue;
& foufre puis quelle a bien voulu s’y foumettre : mais elle prétend que le terme de fes foufrances doive eftre
borné. Les fix mois fe paf- fcnt. Le bon Homme ne meurt point, comme on luy en avoit répondu, &il ne témoigne pas mefme avoir aucune penfée de mourir. Grand fujct de de- felpoir pour la Belle. Elle n’y trouve qu’un rcmede confolant. Il luy a promis delà mettre dans une opu- lence merveilleufe ; elle luy
t
A
Homme fournie autant
quille peut à fesdépenfes.^
Meubles, Bijoux, Habits,
Points de France ; c'eft tous
les*jours quelque achap-r?
nouveau. L’envie qu’il a de
s’en faire aimer le rend facile
fur tout ce qu’il’voit'
qu’elle fouhaire • mais {a-,
bourfe s’épuifant, il eftenfin
obligé de fermer l’oreille
à fes continuelles de--
mandes. Elle s’en chagrine,
& les refus qu.’il luy fait ne
s accordant pas avec U réputation
qu’il a d’eftre ri2.$
o MERvCVRH che, elle examine fes affaires , &: découvre qu’il n’a pas la moitié du bien qu’il s’eftoit donné. Rien ne la confole de fe voir trompée fur cet article. Elle ne peut plus effre maiftrefle de fa- verfion qu’elle a toujours eue pour le Vieillard. Les plaintes accompagnent fes chagrins. Les reproches fui- vent lès plaintes , & enfin l’obftination qu’il témoigne à le vouloir toujours accommoder de la vie,l’emporte fur ce que l’éclat où elle fe rélout va faire courir
»
1i
de bruits dans le monde.
»
vieux
1 Mary, & retourne chez la
? Tante dont elle le connoit «i
tendrement aimée, & qui
; apres quelques remontran.-
; ces inutiles, fe trouve oblige'e
de la recevoir. Le bon
Homme qui en eft paffionnémenr
amoureux, fe
defefpere. Il court apres
elle, luy dit les chofès les
plus touchantes pour l’obliger
à revenir avec luy^
prie, preffe, & toutes fes
prières ne gagnent rien.
Il la quire, & C-toft qu’il
réfléchit fur ce quelle vaut,
il conoit qu’en la revoyant,
il a pris un nouvel amour,
Il écrit, envoyé Meflàgers
fur Meflàtg? ers,} & tout cela
■inutilement.. La Belle de- ;
meu♦ re inflexible. Une de =.
fes plus parriculieresAmieSj ;
à qui elle n’a jamais refufe ■
aucune chofe, a beau luy
reprefen ter qu’ilvaut mieux
•qu’elle faffe aujourd’huy de
bonne grâce, ce qu’elle ne s
•fe-pourra difpenfer de faire ,
de main ■ que îi fon Mary fai:
la moindre plainte en Juitice,
J la Tante fera obligOée '
4
II*.
; de la renvoyer, & qu’ainu j; elle ne le doit point expofor ; au chagrin d’une contrain- | te qui ne luy fçauroit eftre : quehonteufe. La Belle n’é- ? coûte que fon antipatie. Il : n’eftaucune réfolutionqu- ï elle ne prenne plutoft que î de retourner avec le bon
•
f Homme, & elle protefte < déterminement que cela n arrivera jamais que dans ; loccafion de fa mort. Son J Amie traite cette protefta- tion d'emportement, l’aC ; fure qu’elle reviendra dans fon bonfens. & elles s’é- * >
254-MERCYRE chaufent fi "fort à foûtenir toutes deux ce qu'elles prétendent qui arrivera, qu. elles gagent enfin enfem. ble, Tune, qu’elle n’entrera jamais chez le bon Homme que quand il fera tout preil de mourir-, & l’autre, qu’elle ne pourra tenir longtemps contre fon devoir & (a confcience. Celle
qui perdra doit donner lui Diamant. Trois mois le
paflènt. Le Vieillard amoureux de plus en plus, écrit, envoyé les Amis, & ne peut faire changer de fentitncris
255
à fa jeune Epoufe. Enfin il
a recours au dernier remede.
Il fe mer au Lit, feint
d’eftre malade; & afin
qu’on le croye plus facilement,
il fait dire chaque
M
" r
'ü
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4' S9
J
V
que fon mal augmente. Sa
Femme en eft avertie. On
la prefle de l’aller voir, &
elle ne fe biffe fléchir que
quand on l’affure qu’il eft
dans une telle extrémité,
quon ne croit pas qu’il
paflè le jour. Elle part contrainte
par les importunitez-
quelle reçoit, par- la
Mfi RG VRh bienféance, & par fes Pa, rens. Quoy que le Diamant qu elle avoir gagé luy rinll peu au coeur 5 ellenelaiffi pas d’envoyer chercher fon Amie, Elles vont enfembk chez le Vieillard, & ne voyent que vifages trilles en entrant. Onles conduit avec toutes fortes de marques d’affliétion jufquak Porte de TApartement du Malade. C eft un lilence lugubre, accompagné mefme de pleurs. Jugez de l’étonnement de la Belle. A peine a-t-elle mis le pied dans h
.1
ua-LAih' r- 25” j Chambre ou l’on avoit eu *1 *••,•-»>-' 1 . | ordre de la conduire., que 3 vingt-quatre Violons com- 3 mencenc à luy donner, un
Concert. Elle voit un magnifique Couvert prépare, la plus confidérable No- bleffe du Pais afTemblée, & le Vieillard , qui en fe g jettant à (es genoux , la Lprefïe avec toute la ten- f dre fié imaginable de (c vou- O
loir raccommoder avec Luy. d Tous ceux qui fontprcfens joignent leurs Pollicitations ï a les prières. L’attaque eft forte s & la Belle a peine à. Décembre. Y
la foûtenir. On luy donne le temps de fe remettre, & quoy qu’elle ne foit pas tour - à-fait rendue, on la trouve aflez adoucie pour efperer qu’on luy fera en. tendre raifon. On fert un j Repas des plus fuperbes, Son Amie prend place auprès d elle, la regarde , fe met à rire, &: ne peut s'etn- j pefeher de luy dire un mot ; du Diamant. Il ny avoit f rien de mieux décidé pour; la gageure. Le Repas finy, on propofe la Promenade, Le bon Homme,, qui apres
fa Femme n ’ aimoit rien
tant que les Chevaux, comj
mande qu’on luy en. amené
jun qu’il avoit acheté depuis
peu, & qu’il ne connoifloit
pas encor. Il le
monte pour faire voir i à h.
Belle que l’âge n’avoit pas
épuifé toute fa vigueur. Le
Cheval eftoit fougueux, &
il ne fe, trouva pas fl bien
gourmande par celuy qui
le montoit, qu’il ne l’entrainaft
dans un Etang, où
(il s’abatit. On s’y jetta
pour le fecourir-, mais quoy
(qu’on puft faire, le bon
Homme s’y noya, & on ne
l’en put retirer que mort.
Ainfi la Belle fut la caufe
innocente de cet accident,
&fe vit Veuve dasle temps
quelle avoit toutfujetd’en
defefperer. La reflexion du
Vieillard noyé, & noyé en
quelque façon pour ellejuy
arracha quelques pleurs,
qui ne coulèrent pourtant
pas fi abondamment, quelle
ne dem*andaft à ion
Amie ; à laquelle des deus
elle croyoit qu’il en duft
coufter un Diamant.
Je viens à d’autres nouvel
■GALANT. 261 les. On a tenu les Etats de Languedoc; L’AflemMée s’eft faite à Montpellier. ME le Duc de Verne iiil, Gouverneur de la Province, n’a pu s’y trouver. Quand le Gouverneur eft abfcnt/feft au Lieutenant General à les tenir. Ils font trois en Lan- guedoc,parce que laProvin- ceeft grade; & ces trois ont chacun leur Département. ME le Marquis de Calviflon eft le premier, Mr le Comte duRoure le fécond^ 6c le Marquis de Montanegre le troifiéme. L’ancien, ny
^2, MERCVRE celuy dans le Département duquel les Etats s’aflfem. blent, n'ont pas pour cela plus de privilège de les tenir. C’ell tour à tour qu’ils ont cet honneur. C’eftoit cette année celuv de Mr le
4
Marquis de Calviffon. Il ' .\ell de la Maifon de No-
■ s.5* gare t. & Lieutenant Ge-
O *
neral des Armées du Roy. On ne monte pas à ce degré fans avoir donné en beaucoup d’occafions de grandes marques de coura^ ge &de conduite. Il a elle Meftre de Camp d’un vieux
À T A x
uALaH l ■ 265 Corps. M' le Chevalier de Calviflon fon Frere com- mandoit toutes les Compagnies des Gardes à F Affaire de Treves. Il y fut tué en donnant des preuves d’une valeur extraordinaire. Madame leur Mere eftoit Nièce du Marefchal de Thoiras, & portoit le me Nom. Madame la Mar-
quife de Calviflon eft Fille de Mr le Comte de l’Ifle-
Marivaut, Seigneur & Mar- ---------- > t?
qvds de la Roue. C’eft la mefme qu’on admiroit il y a quelques années àParis5
MERCVRE
& que l’on ny appelloit que la belle de Marivaut, Nom qu’elle s’y eiloir ac. quis avec juftice. Pour rc. venir aux Etats, Mr le Mar. quis de Calyifïon , & N-f Dagueffeau Intendant, y ont expliqué les volontés du Roy. MLi’Archevefc|ue de Touloufe y a fait voir par. la Réponfe la foûmif-, fion des Etats aux ordres
de Sa Majefté) & par une diligence qui jufqu’icy avoir efté inconnue, Us Etats ont arrefté le Don gratuit à huit cens mille cens,
/
écus -, ’ce qui fait voir l’af- feétidn des Peuples pour noftre Augufte Monarque, & la fage conduire de M1 le CardinaldeBonzi, né Préfident des Etats comme Archevefque de Narbonne, l’un des plus habiles Négociateurs du temps, &connu pour tel dans les Cours de Pologne, d’Elpagne, & de Venilc. Vous remarquerez, s’il vous plaift.que ces mefmes Etats donnèrent
l’année derniere trois mil-
*
lions, 8c que le Roy pour faire goûter des fruits de la Dtcembre. " Z
r
I
deux millions quatre cens
mille livres.
L’ AïTemblée generale
des Communautés dePro.
vence s*eft aufli renne
Lamlbec eft le lieu qui a
efté choily pour cela. ML 1
Roullié Intendant de la
Province, y a expliqué les [
volontés du Roy. On y a
accordé huit cens mille livres
à Sa Majefté, laquelle
a eu la bonté d’en remettre
deux cens mille. C’eft Mr
%
; (emblée , 8c le mefme qui
| nous a enlevé la belle Ma- >
J demoifelle dcSevignÿ, qui
t faifoit un des plus agréaï
blés ornemens de la Cour.
M.rle Marefchal Duc de "
Navailles^uicommandoit ~ '
TArmée du Roy en Catalogne
, & quieft toujours à
Perpignan,ayantlaifledeux
Bataillons, & quelque Cavalerie
dans le Comté de
'* niions des Places du Rouf.
■ fillon, avoir envoyé enPro-
* r—v • » Z IJ
f
MERCVRE
vence toutes les Troupes
qui luy reftoient. On en
avoit mis trois Regimens
de Cavalerie dans Arlesmais
les Gouverneurs &
Confuls de cette Ville-là
ayant une entière confian,
ce aux boutez du Rov/ ,' luv4
députèrent M1 le Marquis
de Boche qui eft connu
de Sa Majefté par beaucoup
de fervices qu’il luy a rendus
dans fes Armées, fur
tout en ces dernieres Campagnes
à la telle d’un Régiment
de Cavalerie. Le Roy
qui connoilt la fidelité &
GALANT. h foûmiffion de la Ville d’Arles 5 reçeut favorablement la très-humble prière de M1 le Marquis de Boche. SaMajefté napas oublié le beau Monument qu’on a élevé à la gloire ■>. jentens 1’0 beiiique donc je vous ay envoyé la Figure , ôc qui a fait tant de bruit dans le Monde. Ainfi Elle voulut
bien foulager cette Ville de deux Regimens3 &Iuy laifïa refpérance de luy faire bien-roft la mefme
grâce pour le troifiéme. Le
Pere de ce Marquis, & tous-
Z üj
g
ceux de cette Maifon, ont
toujours efté fortement at.
tachez aux intereits de leur
Païs- & n’ont épargné ny
leur fàng y ny leur bien
pour le Service de l’Erat,
comme on le peut voir dans
FHiftoire de Provence de
Nqftra^amus , & de plusieurs
autres Hiftoriens. On
ne doutera point de la vigilance
& du zele de Hlluftrc
Député dont je viens de
vou s parler, quand on fç aura
qu’il a ’ déjà-obtenu- le
délogement du Régiment
quireftoit à Arles.
* Ml de Maran Lieutenant
Colonel des Fuzeliers, Se
Brigadier d’infanterie, n’a
pû refifter à une fièvre,
apres avoir fi fouvenc bral
vé les plus fortes attaques
de nos Ennemis,
Evefque. Entre les autres
honneurs qui ont eftc rendus
à {a mémoire , on luy a
fait élever une efpece de
Maufolée dans une des plus
272 ME R C VRE i
^yz^^confidérables Egîifès dé I- cite.■ctcJflr» T\2 C* T ^z/ffêri^ Diocele. Je vous eii| TS'j&^'envoyc la Figure qui vous I reprefentera. Tout-les ■*#*£*-5.7?-_ *1'1»
/<«££?•• corps de 1 Ouvrage eftoit i d’un Marbre jafpé rouge, J Le Marbre blanc avoit efté - employ é aux Panneaux du j pied-d’eftal, aux ornemensj & aux quatre Enfans qui h s’y voyeur. Les deux Panneaux de devant &de der~f riere avoienr des Inlcrip-s rions. Vous en pouvez liret une. Voicy ce qui eftoi« dans 1 a utre. Piis manibus R.R.fn Chr. Pat. Fi\ M’allie r
/ mr j ùj !, tj f i nui 11 h . f. < £ » !u LM MJ ‘1U l L! U-M1 1 p=
itiiiijiniii!irijirnninininnniHn!'JniniriHM<i' i ' '<i tin f niT.
t~ piedrde Roy
I
T c pitJrde Rpy
Tioujfiy , Trec. Dioec. : Epifî. Cap. Reg. EccL Trec* dicaz, confierai. Aux Panneaux des deux eoftez e£ toient des Baffe-tailles qui reprefentoient la charité, ôc h douceur de ce .grand Evefque.
Le nom du Pere de Belle- . mon,t Capucin ne vous doit paseftre inconnu , apres ce que je vous ay déjà dit de luy dans mes autres Lettres. Il continue à faire
éclater par tout ce zele aident qui doit animer un. Prédicateur M iffionnairev
& il fait de fi grands fruits
par fes charitables Remontrances
, qu’un Cavalier pc-
» mtent, luy a depuis peu
. ’ i 7 . r r
remjs volontairement en.
tre les mains une fomme
de deniers pour eftre reftL
tuée au Roy. Le Pere de
Bellernonc la porta àSaMaprife
de cette délicatcfTe de
confcience dans un Homme
d’épée. Elle abandonna
cette îomme au Pere pour
en difpofer comme il fcntendroit
en faveur de fon
Couvent-niais laRegk des
AMT. 2*7} Capucins leur défendant dé rien recevoir que pour une choie déterminée, le Roy eut la bonté d’appliquer cette Ibmme pour le Bâtiment de ceux de Con-
ftantinople que Sa Maj efté entretient, avec toutes les autres Ma^ons des Capucins Millionnaires dans la
Turquie, & dans les autres Pais Infidelles ; ce qui marque la grandeur du zcle de ce triomphant Monarque. J Nous avons depuis deux ans des Bains &des Etuves à ki maniéré des Romains.
ceux dont nous nous foin,
mes iervis jufqu’icy. Mr
Dionis Chirurgien ordinaire
de h Reyne, eft le
premier le lèul qui en
ait fait baftir à Paris. Quoy
qu’il air tiré fes premières
connoiflances des Bains
dont on fe fert à Rome, il
a falu qu’il y ait change,
ôcmefæe ajouté beaucoup,
à caufe de la diverfité du
Climat qui eft moins
chaud queheft celuy dltalie.
La difpofaion du lieu
eft riante y & iàtisfait fort
GALANT. 277 ilaveue parles Vales, Buftes, Balfias,PoEcelaines5& Peintures, qui en font les orne- mens. Ces fortes de Bains & d’Etuves ont tiré leur
origine des Levantins, qui ne reconnoifToient point d’autre Medecine. Les Romains «en. eurent connoiC
fance apres les Conqueftes qu’ils firent dans le Levant, & les ayant trouvez excel- lens & pour la fauté & pour la propreté , ils en firent faire plufieursl Rome. On y en a conlervé l’ufagejuf- quàaujourd’huy. Les Em-
278MERCVRE . pereurs melme en ont fait faire de-fi fuperbes pour leur fervice particulier, que EHirtoire nous marque qu il y eut jufqu à quatre cens mille Hommes employez
à la conflruition de ceux deDioclétian. On en voit encor les Ruines, ainfi que de ceux de Néron, de * a
Trajan, & d’Antonin, qui tiennent lieuparmy les An- tiquitez de Rome. Llcalie nous avoit fourny plufieurs choies que nous avons trouvées fort agréables ; les Opéra, les Eaux glacées de
-boutes forces de fleurs & de
| fruits., les Marbres, & mef-
! me placeurs maniérés de
i baftir -, mais Mr Dionis
i nous a raie voir que nous
] toutes fes raretez, en nous
â donnant ces maniérés de
•] Bains qui nous avoient efté
| inconnues jufqu àpréfenL
I Puis que vous eftes Ar-
3 bitre des Gageures qui fe
font faites fur les Enigmes
du dernier Mois dans quelques
Societez de voftre
fait naiftrefur les Explica.
rions dont je vous fais part,
Vous trouverez le vray Mot
de la première dans celle
qui fuit. Elle efl: de M" Gardien
Secrétaire du Roy,
qui n’a fait ces Vers que
pour rendre juftice au mérite
de Madame de Ranibey.
Vous vous fouvencz
que c’eft elle qui a fait l’EC
^^oîi-il donc w*èchetper faits
1 que je le devine %
Ce-n&ir & bistre agrément y
'Quifert aux Dames £ ornement^
moy qyà le premier chantay
origine ?
'cm en d re farter* dirait Qft qu 'il
y touche*
rfvecque fon Troitede fleursl
En vain il prendtnille couleurs*
Je le connoy fart bien* ceft une fin#
Muuchc,
Oüy Mouche* il efl certain j mai#
toute frètieufe.
Pour fa yrace & -pourfa beauté*
Et Ton peut dire en vérité
Que Ton n'en vitjama te de fièonïte
Faifeufe.
D'une iiïuflre Saphoynateplus belle
& plias fage*
Dont Tefpritfe fait renommer*
Elle eft te délicat & farprenanr
c Décembre. A a.
zSz MERCVM
Honneur de voftre Sexe, & gloire du Parnaffi,
Si de ces Mouches-cy voue laiffe^ choirfouvent,
Ne dites plue qu autant en em- porte le vent,
JS&m trouverezjjui les ramage Avec le mefine cmpreffemcnt,
< Que l'on ramafferoit le plus beau Diamant,
J’ajoûte les noms de ceux qui ont trouvé ce mefrne Mot de la Mouche. MIS le Chevalier du Terrië, Capitaine au Régiment du Roy à Ath; De Serival; HaucinTils d’u n Confeiller
■O- fi T A V5T o
1 ■ 283 honoraire du Chaftelet; De Lanonniere-JarrofTon-, Du Mcfnil -, Houppin le jeune; Fontaine des Ifles, d’Or- «* > leans ; Noiret, de Rouen-, Chantreau ; Des Avaris ; Des Rofiers, de Rennes ; Coufinet, Fils d’un Maiftre des Coptes de Paris; Raulï, de Rouen; Lelvlauvileu, de^Chauvcn ; Germain, de Ca ën; D eLonlay, de Valoi- gne; ( ces ïnTaerniers en Vers-, ) Bovcet, d’Orléans-,
/ < — —•* \ ? DeBermcour» de Tournay^ Nlefdern, Marie-Anne de S. Germain ? & duColom- A\i i|
284MERCVRE
hier -, & Mefdemoifelles de
S. Paul, de S. Cheron. La
Cotfe de tafetas* un Majque3
un Loup , &: un Manchon*
font d’autres Mots qu’on
a appliquez à cette Enigme.
Mr Maillet le Verd, Eehevin
de Troyes , a expliqué
ainfi la fécondé dans
fon vray-fens.
Efvant nnjour-Tirfis
§ur le fens qu* enfermait cette
Enigme. nouvelle*
26 a f-auvrepetite cervelle
En moins de rien fut soute en
defamye
n&i âKiT.
1 • ,z.uy
îe renferme fouvent une haute-
J r .r*
lageire.
Cela ni emharafait le plu* :
Maie Tifa fans tant di -fine(Te "Mil Mit d*un caip ledoigtdeffar Car ni 0 fiant ma Calotte, touchant la iefie^
Si la -chope dont tl s'agit
Couvrefauvet des Gens d'efprit^. Souvent au fff dit-if elle couvre:
4
une -Befie*
. r
Mr Maillard, du Quar- rier S. Paul ; Le bon Clerc,, de Châlons &: M' de JMan- fec , Srde Pontdouble, ont, donné le mefme fèns, le dernier en Vers. Les ancres
* s ♦
9
Explications ont elle' fur/^
Chapeau-, la-^Plume a écrire*
me Peau à couvrir un Livre,
la Mer, ôc un Tambour de
Bafque.
Ceux qui ont deviné l’une & l’autre Enigme, font Mrs Rouflel, Aumônier ordinaire du Roy, à Conchesj Panthot, Médecin ; Du Ry de Cliampdoré , Baillé le
jeune, d’Agen - De Bonng- camp , de Quimper De Bollaiii, Capitaine au Régiment de Picardie ; Du Val laifné, Médecin d’£- vreux ; Frolamt, Avocat en Parlement i Treblig, de
GALANT. 287 Villedieu -, D’Infré -, ÜAn- glois, de Pontoilè y & Mef- demoifelles de la Marinière
; Raince, de la Rue Chapon -, Fredmie, de Pon- toifei La Société Cloillrée
de Paris y Potier de Lange, de Compiegne -, Du Mont-, Les Darnes inféparables du Périgord- L’Amant def-in- terefle de Bordeaux -, Mef- demoifelles Rappé, Ma- ficq, Metoyer, ivielchin; La belle Joupeau de la Flbte en l’Ille de Ré -, &
Belamire amoureux. Elles
ont efté expliquées en Vers
par WleCoq de B.oirivey; De Lûtel, dé Sôiflbns ; Du Lamget, de Clermbnt en Auvergne ; De Lorne ;
mes le Fils, de Beziers; Maillet le Verd; -'L’Abbé de Sacy, de Ko tien ■ Chant- leu7 Dli Monc , Avocat à Chaumont-, Horde-, & le . Chevalier de-Lefie.
Lesdeuxnouvelles Enig-
*
mes que je vous envoyé, font-,, la première, de M1 le. P. Jâ-Tournelle', & Vautres- de Mr Taveault^ de Nuis en Bourgogne. ■
ENIGME
3 Ay longemfs fioûtenu ma
Mere,
Qui nia perdue en fi fiauvant.
l'ay des Soeurs àfoifion,fians avoir
un fieul Frere,
Ny rien quifaroijfic vivant*'
Mes Soeurs & moy pourtant nous
faifens des querelles
Qu on craint autat que lesDvels.
Z es traits quenotte lançons,s ils ne
fient pas mortels,
Engnd7rent des haines mortelles^
Fieres comme des Awazpnnes,
Nous nous attaquas aux Etats,
Et fiant nous mènagr aveclesCourennes,
Frondons Edits & Magflrats.
Décembre, B b
. AUTRE ENIGME
ne voit point dans
Z fe la Nature
là ff De corps plu# petit que
le w-ien^
l Et cependant je fait fi bien.
Que je fait pltte fécond qu'aucune
Créaturej'auroie
trop de fureur dans les
^rartdei ch fleurs h
Jd Hyver eft de fané pourmenteure
en ufaçf>
£\iy l'humeur fi piquante &l'f
prit fifauva^Ey
1 • 29!
t Que pires on me-chèrit, plus dnvetje
1 de pleurs. "■ iA
^J'âur f féru if de moypqu on nie j mette en pouffiere, ' z
. .
[Q/on employé à. me battret & la
*3 } * * i •
j î^/e^/Wp
[je nenferqy pas mains audaâcnfi 1 &fièrci
! Jtâalbeur aux Gens qui nie font { trop la cour.
r t
:
Mademoilclle Fredinie. Me Poncoile, a percé les ob- ■fcuritez de l’Fnigme d'Eu-, 'ûdice, en fnifiant .par ces
* ***** !|jVcrs Implication qu elle luy donne.
I Oüy^ j atiroy la ,
j De w efbe attachée au Meut* i '
I B b ij
/CBâf s
■ ï â. -
Ce dernier Mot eft le véritable
de'HÈhigme,
efté auffi trouvé par M"
Robert j de Châlons en
Champagne - üe_S_erival;
- Baillé le jeune 'Le Coq de
iB'piJHvey $ & Caité d’Anlçy
.. près de Dijon. ÔnTa encor
expliquée fur l ’ Echo, k
. Miroiry la Fumée > la Curiefité*
1*Eclypfi de Lûne9&U
Seau, Toutes ces Explications
o* nt leurs beautez;
. GALANT- 2,9j
mais à l’égard du Songe,' il
feroit difficile de rien ima-
• • 4
j giner de plus jufte. Plu.ton ! rend Euridice à Orphée, i avec defenfe de la re^ar-
■ dcr, quil ne loir entièrement lorry des Enfers; II marche. Il fait ? quelque \ temps violéce àfon amour, :< A.
mais a peine a-t-ilentre- veu la (ombrelumière que le Soleil fait defcendréjuf- quà l’entrée dé ces lieux de confufion & de tene- bres, qu’il tourne la tefte, & ccde à 1 ’ impatience de fçavoir fi fa chere Euridice Bb iij
le fuit. U la voit entraînée
par des Ombres, qui la ra~
mènent dans les Enfers.
Voila ce qui nous arrive
fouvent en dormant. Nous
joüiflbns de tout le bonheur
que nous pouvons
(ouhaicer.- Mille flateules
Images nous le reprefentent.
Le jour vient. Nous
ouvrons les yeux, êc cet
imaginaire bonheur s’évanoiiit
avec le fonuneil qui
Ta caufé. A vouloir pouffer
un peu la morale, il y
auroit icy lieu de dire que
GALANT.
fonge, mais je fuis preffé
de vous faire voir l’Enigme
& Hercule 6c de ■ Promethc?*
Ce ne font pas des noms
inconnus pour vous. Vous
fçavez que ce dernier ayant
dérobé le feu du Ciel5 fut
arraché au Caucaie, ou une
Aigle luy venoit tous les
jours déchirer le coeur. Ce
fuplice auroit peut - eftre
eftéeternel* auffi-bien que
celuy* d’Ixion J, de Sif/v 1o he.J
&de beaucoup d’autres fameux
capables, fi Jupiter
n’eu A aimé Thécis. Pro296
NinR CV kh faîte ïcônnoillance de l’a. venir< le: détourna de ce Mariage, enluy faifant dire qu’il avoit elle arrellc par les: Deftins, que celuy qui naillroit deJThe'tis leroit plus grand que fon Pere, Jupiter fe fouvenant de ce qu’il avoir fait contre Sa- türneyéçoufa l’amour qu’il avojtpris pour cetteDeeflc; & pour récompenfer Pro- methée, il envoya Hercule auCauGafe. Hercule tua l’Aigle, & rompit les chaînes de Promethée. Voila la Fable. Trouvez le Cens de l’Enigme.
; GALANT.<297
Il ne me fufEt point de ; vous avoir parlé de l’ouver- cure des Audiences qui le fait toujours un Lündy, quinze jours, ou trois le- inaines apres la S. Martin.
Il faut vous entretenir des '
»
■ Mercuriales. Elles ne manquent jamais de fe faire le Mercredy fuivant; on
; les appèlle Mercuriales par cette raifon. Comme Ces
•> t
fortes de Difcours font des
Remontrances , ils font caufe que tout ce qui eft Réprimandé, a pris le nom de Mercuriale. Les Gens'
90 ivi a v K
u Roy le tenoient anciennement
à l’entrée de la
Grand’Chambre & cony.
me tous les Confeillcrs y
dévoient paffer, ils prenoienc
ce temps pour leur
faire ces Remontrances■
mais cet ufage a efté changé
ôc l’on a étably les
Mercuriales, qui confiftent:
prefentement en des Harangues
publiques.
Mr le Premier Préfident
4
parle d’abord aux HuiC
Cersy. en fuite on va quérir
Meilleurs les Gens du Roy,
& il leur adrcflc la parole
K
en commençant par ces mots y Gens du Roy, Voicy à peu près ce que Monfieur de Novion leur dit la dernière fois. Il fît connoiftre, Qf apres avoir déjà parlé des avantages du Silence 5 il fèmbloit que ceftoit le bief fêry de faire une autre fisfbn éloge ; mais quil luy reçoit beaucoup de chefs adiré qui x pouvaient eflre d'une grande inftruïïion. Il dit en fuite,. Que le filence fit fi bien ob- jèrvé dans l* dréepage , que les Grecs en firent un P??- vetbe parrny euxs & que ce
?oo MERCVRE futdans cette célébré blée iqpte Caton parla avec tant de jufieffé \ & que fon Interprète fi rendit fi ennuyeux qu il donna lieu de dire que lesdifiours Romains partaient de U tefie^ & ceux des Athéniens feulement des Levres. Il ajouta, Que les Egyptiens ne -s'expliquaient ■ que par des hiéroglyphes. & que le laconifme avoit toujours eflé le cara&re de U plus vive Eloquence ; Qw Ltcurgue difiit que fon Peuple aimoit la brièveté, parce ■quelle approchoit le plus du
^GALANT 501. filence. Il dit encor, Que le filence efloit le langage du Ciel s Que le s Oracles avaient peu parlé ; Que Dieu mefine avoir blâmé U prolixité juf- ques dans la priere s & que lors que Moïfèeuft eu T a* ramage de conférer avec cette Msjefâé fapréme 9 il connut. quil a^oit, moins de facilitéâ. sfxprimtrfêftntit que fa langue efioit empef chée. Il conclut de là, Que ce quil y a de plus fablime nous-- apprend a peu parler? & finit, en dilànt^ Qg.il ne faloit rien obmettre de ne-
V
fI
admiré de naryoir rien dit
en ja'&ie dont il eut eu fifit
de Jl repentir.
Ce Difcours eftant &ny5
Mr le Premi* er Prcfuknt
adrefîa la parole aux Com
{ciller.^ & ayant commencé
par le mot, de Meffiewrs, il
leur dit, Que- fi le filence fi.
toit bierficant a tout le monde
, il l'-eSloit encorplus aux
MAgiftratsy donc lafiùffifiance
efioït connue ; Que VHomme
public ne devoir pat toujours
dire tout ce qud fipwoit, &
(“V; • T ~ T*'?"
jhlhNl' jo? devait toujours Jfisuoir ce
« quil eElc/it temps de dire ; C? que sdl ri ePioit pas m&iltre de fi langue y il eftoit incapable des grands Emplois. Il dit en fuite 5 Jfie le grand Parleur eftoit comme un Epileptique qui alioit tomber uù le hasard & U violence de fin mal le portaient Jfie la MafiiElrature estait une Mi- lices (fie U Viffàire fiiivait le fie et y & qu'on Ifibit d. ns H omere 3 que les Troupes Troyenncs qui marchaient À grand bruit j e Ploient toifi jours infortunées; tandis que
304MER.CVRE les Grecs qui tenaient leurs marches fecre.tes ,, rempor- toientdes victoires continuel- les. Il dit encor,Que ces rnej mes Grecs en ioüantlayalcur d'Achille y n aboient.pu donner une plus éclatante idée de celle de nojlre incomparable Monarque s Que tant de troupes unies contre les inter efls de là France5 narp oient pû autre choje que publier des dejfeins inutilesy pendant quil avaitfçeu Je prévaloir des avantages du Jecret y & quil av oit fait des prodiges de valeur. Il parla du fa-
7
• «
>*
: GALANT-'
; meux éloge qui fut\lônh.é : au grand -Capitaine; dè là ; Grèce, & die, Quil n\a<voït jamais paru d'Honrme qui ; fçeutt tant qui dift tâoini.
Il finit par ces paroles. En > effet, Mefffeurs, ce$l toujours î di^
1 üfonfejet, Èÿfoulent mefme i le fllence fait la répbfffe’ du
, r < * f\ •< > * J *
: Sage. ' '
Ceux qui m’ont fait part de ces deux Difcours ayant - une mémoire très heüreu’lei je ne doute point que les penfées n en foient beaucoup mieux fuivies qu’elles
Décembre, C c
des ouvertures des Audien,
ces.
Si-toft que Mr le Premier
Préfident* . e♦ •ut achevé de
parler y' M.! Talon fit un
éloge du Roy fur ce qu’il
ln ous *d onne tant ' d’occafions
de radmirer. Cet
Eloge fur fui-vy de trois Portraits,
donc l’un fut du Magiftrat.
par.ejjhtx y l’autre du
'üolu$tM.ux\t. & le troifiéme
i. ’
du parfit. Il appliqua ce
dernier à M” le Premier Pre-
, fident de Novion. Il parla
de ià vigilance, de fa grande
aflivité, de fon extrême application
aux Affaire s 5 de la
en avoit, 6c de la prompte
expédition qu’il procuroiü
aux Parties. 11 finit en difant
que fa prélènce l’em--
pelchoit de dire des chofes
aufquelles il fçavoit bien
que fa modeflie répugneroic,
6c en excitant tous les
Juges à l’imiter. Toute PAC
femblée fut charmée de cet
close, 6c la fatisfadion quelle
en. fit paroiftre fut urïe
marque qu’elle eftoit fortement
convaincue de tout’
. MERÇVRE ce qui avoit eftédità l’avantage de Mde Premier Pré. fident.
Je vous envoyeray au premier jour un Livre nouveau qui va for tir de là Preflè. C’eft une Diflèrtation fur un Voyage de Grece publié par Mr Spon. Vous y trouverez des Remarques fore curieulès fur les Médailles &fur les Infcriptions; & ce qui vous y plaira le plus, vous y verrez la Dcfenfe d’un autre Livre qui n’a pas moins efté de voftre gouft
O
<pie de celuy du Publie, k
*44 Tt' J?
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r: i-ri^&tLcftqu’aü-4«0Mt des bèauxjcKEsQ^ondoiLiuivrerardcmqueràmournous irif- pirej Mais désqueiïftéfe reï
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. te II faut renoncer aux amours : £nrecompencç, -Si_tdft qUe l’Autoniies avaiv
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< de Bachuâ la bernois ; ■ ■ Vuider ên s’êveilîànt einq .oufix brocs de Vin,; Étiè^eftedujour^ëploy
fçachiosp? s’ileft foir ôumatin» Et le refte du jour s’éployer bot
GALANT. 3o9 parle & Athènes ancienne & nouvelle, que MrdelaGuil- lctiere nous donna il y a trois ans. On l’a attaqué. Vous examinerez fi on a eu railon de le faire.
On m’a envoyé un Air nouveau de Mr des Fontaines. Je vous en fais part. En voicy les Paroles.
AIR NOUVEAU.
E n'eftqu au retour des beaux jours
Q^Jon doit Jarure l'ardeur que l3 Amour nous in(J>ire.
M ati dès que /' Eté Je retire s
Il faut renoncer aux Amours.
En rèco'mpenfe\
Si-toa/t iq ue l9 Automne j’'-a, vance..?.
Zlfatit^poar célébrer de Bacchtrs
la mémoire r
ou fix
Brocs de Fini
Et le tefte du'jour l'employer à tant
boire,
Quenotte ne fyacbionspl& s'il eft
foir on matin.
guider y en s'éveillant, cinq
Je ne vous diray rien de
^4 _ <
la Guerre. Ces Articles auroient
mauvaife grâce dans
un temps où Ton ne parle
par tout que de Paix- &
d’ailleurs on ne s’eft presque
point batu depuis la
dernière Lettre que vous avez reçeuë de moy. Nous n’avons pourtant pas laiffe de prendre quelques Places dans le Diocefe deCologne, où nosTroupes vivent commodément, ainfi que dans les Pais de Julliers ôc du
Liege.; L’Armée du Prince Charles a beaucoup loufert fans fe batre-,. & Vobftina- tion que ce Prince a eue de la faire tenir fur pied dans un.lieu où elle manquoit de vivres, pendant qu’il fai- foit relever les Forrifica-
I
lions du Fort de Kell , luy
fait un Pont de Bateaux à
la place de celuy que nous
avons brûlé , & qu'on appelle
le Pont de Strasbourg.
Le nouveau eft bien éloigné
de reparer la perte de
l’ancien, puisqu’il faudroit
plus de temps pour en rétablir
une feule Arche, que
pour en dreHer un de Bateaux
tour entier. 4
Vous attendez pêut-eftre
que je vous apprenne des
nouvelles d ’ AngOleterre,
Quoy que la def-union qui
s'y c it formée ait déjà confie
du
GALANT., ?i3 dufang, elle peut n eftre qu’apparente , & avoir efté produite par des intelligences dont il n’ell pas aifé de déveloner le mvftere» L J
De la maniéré dont ona<jit de ce coflé-là, il fembie qu’on n’y fçait pas trop bien ce qu’on veut. Quand, le temps nous aura permis de mieux pénétrer dans le lecret des Inxereflezj e vous feray (bavoir en peu de
mots, ce que je ne vous apprendrois pas aujour- d’huy dans un Volume, fi je vous, mandois tout ce
D membre. D d
K |
p4-
qui Ce débité parmy ceux, qui dans l’avidité de parler3 rationnent des journées entières
fur fur un oüy-dire dont il n’éft plus qucftion le lendemain.
Je finis par l’Articleqne vous m’avez particuliere- .Hienr recbmandé de la part de vos Amies. C’eft ccluy des Modes. Il feroit difficile
de vous en parler plus certainement que je v a y faire. La plupart des Eto- fes que l’on porte font des Satins & des Gros de Tours rcbrochez avec un cordon-
GALANT. 315 &et. On porte auffi beaucoup de Velours cizelez. Les fleurs & le fonds des uns font couleur de cheveux
bruns y & les autres ont des fonds blancs, ôc des fleurs brunes. Les Jupes {ont couvertes à plein de broderie de foye ôc quand on v met des dentelles., on les joint de fi près, qu’il femble qu’une feule couvre toute la Jupe. Quand 011 ne met qu’un rang au bas des Jupes, c’eft ordinairement une broderie 3 & l’on n’y met plus rien de couché
Ddij
ny de volant. On porté
beaucoup d’Habits noirs,
& nrefque point de Tabliers.
On a veu au commencement
de T Hyver
plus de cent fortes de Manchons
de pluche. Chaque
Marchand en avoit d’une
façon particulière. Les pluches
eftoicnt de couleurs
ditcrentes, ce qui donnoit
lieu défaire des Manchons
en Zigzac,en Echiquier ou
Damier, &: à bandes, de
diverfes couleurs. Les riches
ont elle d’Hermine,
avec
GALANT. 317
eftoient auffi de toutes fortes
de couleurs. On en a veu de Marte avec de la frange d’or? & d’autres de Marte5. & tous couverts de telles. Cette dernieremode
n’a pas elle fuivie. Il s’en fait prefentement dont la pluche eft toute d’une couleur 3 avec un cordonnet coufu deffus de plufieurs maniérés. On en voit aufli avec ces cordonnets? qui ont un delfcin tres-agrea- ble.
Qaovque ma Lettre foit datée du 51, de ce Mois., des,
518 ME R C VRE raifons que vous pouvez ai le me ne vous imaginer, m’ont obligé de la finir la veille des Pertes, Ainfi
vous n y trouverez aucune des Nouvelles qu’on a eu foin de m’envoyer pendant les huit derniers jours de l1 Année. J’en remets les Articles jufqu’au Mois pro- chain,&n’oubliray pas une perte galante qui a efté faite à Grenoble, & dont la magnificence mérite d.’ertre. publiée par tout. Je vous entretiendray en mefme temps des P^égals qu’on a
de tout ce qui s’eft paffé
touchant la Paix d’entre la
France & l’Elpagne depuis
que la Ratification cftve-,
i
nue. Cette heureufe Paix
eft le fameux Ouvrage de
t?
Loins le Grand. LcsChL
fresRomains qui marquent
l’Année 1673. pendant laquelle
cette Paix a eftéconclue,
fe rencontrent dans
quatre mots Latins par leC
quels Ml*de Vaux Maiftte
520 maiv unLp -des Comptes à Dijon, nous a •exprimé dans cette Langue ce que je viens devons dire dans la nodre. paX LVDoVICI KIagnI opVs. Ces lettres nu» nié raies miles en ordre, font $1. DC, I. XV WHI. Je î’ig •doute point qu’on ne m’envoye quantité de Galanteries qui fe feront faites au fujeedes Etren- neso Ce fera par elles que je communcerav à vous faire voir que mes Lettres feront déformais remplies de maneres a- greabks & divertiffànszes, qncy ■que le refte n’y «oit pas oublié pour ceux qui ne font pas leur pkfifr de ce qui plaift aux belles ■Ruelles, Je fuis,&c.
A Parts ce p. Décembre 1678-
&4<vh pour toujours*
ON prie ceux qui envoyeront des
Mémoires où il y aura des
Noms propres, d’écrire ces Noms en
caraéteres tres-bien formez & qui
imitent l’Imprcflion , s’il fe peut^
afin qu’on ne foie plus fujet à s’y
tromper.
On prie auffi qu’on mette fur des
papiers diférens- toutes les Pièces
qiion envoyera.
On reçoit tout ce qifon envoyé,
&r Von fait plaifir d'envoyer.
Ceux qui ne trouvent point leurs
Ouvrages dans le Mercure , les doivent
chercher dans l’Extraordinairej
3c s’ils ne font d?ns l’im ny dans l’autre,
ils ne fe doivent pas croire oubliez
pour cela. Chacun aura fon
four, 6c les premiers envoyez feront*
les premiers mis, a moûts que la nouvelle
matière qn’on recevra ne foi
tellement du temps, qu’on ne puiil
différer. •
<r < t
A V* 1 V.
On ne fait réponfe à perfonne^.
faute de temps.
On ne met point les Pièces trop
difficiles à lire.
On recevra les Ouvrages de tous les Royaumes Etrangers, &: onpro- poiera leurs Qjeffions,
Si les Etrangers envoyenc quelques Relations de Feftes ou de Galanteries qui iè feront pafices chez eux, on les mettra dans les Extraor- ..
dinaircs.
On avertit que le Sieur Blageart a prefenternent une Boutique dans la Court Neuve du Palais, vis-à-vis la Place Dauphine, AU DAUPHIN, où Von ne manquera jamais de trouver toute forte de Volumes en telle Reliure qu’on les voudra.
Ï1 donnera tous les Volumes de l’année i<5 "S. & les Extraordinaires à Trente fols reliez en veau, à vingt- cinq reliez en parchemin.
Les dix Volumes de Vannée 1677. fe donneront toujours à Vingt fols en
r
r/ s
veau, & à Qpinze en parchemin;.
On donnera un Volume nouveau- du Mercure Galant le premier jour de chaque Mois (ans aucun retarde^-
ment.
L’Extraordinaire du Qqartirrd’ dobre fe diftribuêra le iy. Janvier' I6/9-
On prie qu’on affranchi'^ les-' Ports de Lettres, & qu’on les adrelïé toujours ch; z ledit Sieur Blagcart*. Imprimeur-Libraire, Rue S Jacques*, à rentrée de la Rué du Plaftrc.
On ne mer point d’H'ftoiros qiw puiflent blefler la modeflie des Da- ’ mes, ou defob1igrr les Particuliers par quelques traitsfatyriques.
On abeaucoup de Ghanions Elles auront toutes leur cour, ïî on apprend' qu’elles n’ayent pas efté chantées,. C’eft p ourquoy h ceux par qui elles ont efté faites veulent qu’on s’en fer* ve, ils les doivent garder fans les chanter & fins c-n donner de copie jv.fqu’à ce qu’ils les voyent dans le Mercure,.
A'vti four placer les Fleures.
L'Air qui commence par
:'a.nin, deux diluerons . « garder la page 4.9.
Le Laboratoire des Capucins du
Louvre doit rcgarderla page 9
doit re~
• * * *
L'Air qui.commence par F?zy>ai& Ww z/f feindre, doit regarder
la page io<5.
’ L'Air qui commence par fTuïïan- doi;, le grand %oy qui '‘tout donne la
• s
fnsx, doit regarder lapaec zxz.
* • •> * - •
Le Manlolée doit regarder la page 2771.
L'Fnigme en figure doit regarder la-, paçe 29 y.
L Air qui commence par Ce n'efF qu at retour de- jourst .doit-ie--
garder la page 309,
A PARIS.
PÂIAIS,«*
l
* T
a; paris,
Chez GUILLAUME DE LUYNE, au Palais,
dans la Salle des Merciers, à la Juftice,
Chez CLAUDE BLAGF,ART,Ruë S.Jaeques
a l'entrée de la P, ne du Plâtre,
Et en là Boutique Court-Neuve du Palais,
A U A U P H I N.
THEODORE GIRARD, dans la Grands
Salie, à P Envie, ’
«
M. D. LXXVIII.
-i Y
. PRIViLEGE SW RÔït
.* A
2
f^oùy la, fécondé Année du
Mercure Galant finie , g/
• 4
EPIS TR E.
Zï première dans laquelle on luy a veu porter voftre augufte Nom. £)uoy que cette gloire luy ait fervy de pajfeport dans toutes les Cours de V Europe 9 ou les plus grands Princes ne Vont pas crû indigne de leur approbation^ ce ri eft pas ce qui a caufe fa plus forte joye. La plus fenfible quil ait reçeuë 5 c ejf IM 0 N- S E I G NEVR5 d'avoir eu occafîon de parler douze fais de yous. TantoEt il s*eft étendu fur voLlre &- drefïe d manier les Chevaux
EPISTRE.
les plus indomptables s har~ die fie qu on peut nommer intrépidité y dans Ldge où fVQus commencé de
'vous appliquer a de fi pénibles Exercices. Tantôt il a
fait connoifire les avantages que <vous awe^ eus dans les Courfes de Bague qui fi fins faites y & qui outre la har- diejfi demandent beaucoup dé jugement. Les Prix que vous y awee^ remporte^ nont pas moins fait admirer . la bonne grâce avec laquelle vous vous en efies acquité* que la furprenante vigueur iT • • • a hj,
ÉPISTRE.
que vousy avtzfiit paroifireï ^Mais.MO NSEIGNEVR, -doit-on en eftre firprù^ apres ce quon <vous a veu fiire £ La Ch-ijje, tenant toujours la queue des - Chiens perçant les Foretâs , fÿ courant'fit les plus hautes Montagnes^ fins qu* aucun péril <vous étonnaft? Vofire Etyrit nefi pas moins allif* que vofire Corps. Il conçoit avec une promptitude mer^veilleufi. La Fable & T Histoire vous efloient prejque connues dés le Berceau y vous enten* diecç & p^rliez^ la Langue
EPISTRE.
Latine en Maiftre, quand ceux de voftre âge fipwoient a peine parler François. On •vous voyait dés lors expliquer les Autheurs les plus difficiles 9 gÿ ce quils aboient de plus obfîwr F eftoit rarement pour Kous. Les beaux Arts ne vous fint pas moins connus, gÿ vous oevecçfïparfaitement appris à defflner dans vos heures de plaifir, que vous ave^ efté au delà des connoijfances que vous penfie^ acquérir. tAinfi * MONSEIGNEUR, en croyant ne manier un Burin â iiij
EPISTKE, que pour vfire Jeul diver- tijfementy vous ave^fait des Chef-d 'oeuvras du premier coup. Apres cela, ne devons- nous pas efire fortement per- juadez^ que fi U grandeur de noftve incomparable Mo- narquey & celle qui vous environne y vous attirent jamais des Ennemis, vous leur
fere^ voir qu'ils doivent craindre le Sang qui vous anime. Vousconoiftre^lefort y le faible de leurs Camps €ÿ de leurs Places y (ÿ fçaure1^ comment celles de France devront
eftre fortifiées. Tant
E P IS T R E.
de Sciences diverfes, MON- SEIGNEUR, ne proviennent que de la forte Application que vous aveo^euë à tout ce que vous avez* voulu apprendre, & de ce que vous vous efôes rendu infatigable en travaillant. Mais comme vos grandes qualités^ augmentent tous les jours avec voflre âge y le moyen d'en parler tous les Mois, & d'en parler avec quelque raport à ce que vous nous faites admirer en voflre Perfonne? f'aurois befidn de ces Mois entiers p^ur en faire la pre-
EPISTRE.
miere ébauche 3 & ce qui fè
paffi Jous le Régné de Louis
le Grandy m'occupe trop
pour me faifTer mettre dans
leur jour les idées que je
m'en forme. Ainfî*
SEIGNEUR > qucy que le
Mercure ait toujours Lofera
plus que de temps en
temps que je prend#oy la liberté
d'y mettre à h telle un
Portrait des rares Vertus que
rvous fiites éclater. La continuelle
admiration
EPISTRË. ~ t-ufenty ri a rien qui régule- que le profond resfell avez lequel fe juri3
MONSEIGNEUR,
Voftre tres-humbl:e3 trer- obcïÆànx Serviteur., D*
CE n’eft pas feulement en France'
que les Modes n*ont qu'un cours
bornér Les Royaumes Etrangers en
changent auffi-tien que nous ; & fi
ces changemens y arrivent ou plus tapement,
ou plus tard, ils ne laillent pas
d’y arriver , & marquent en eux la
inefme inconftance qu'on nous reproche,
<5c qui eff naturelle à tous les
Hommes. Ainfi l’on voit fort Couvent
que des choies médiocres font beaucoup
plus recherchées que de plus
belles, par le feul avantage de la nouveauté
; & par cette raiion ce qui à
elle longtemps en vogue, peut cefier
de plaire fuis devoir eftre moins
eftimé. Quand le Mercure Galant
auroit eu la mefme dèftinée (ce qui
n’eft pourtant pas arrivé ) il n’auroit
aucun fiijct de fe plaindre. C’eft
F RE F O E-
le fort commun de roue ce qui a efté le plus- en crédit, & nous unifions avec fi peu de fermeté pour nos propres. lentimens, que nous condamnons Couvent ce que nous avons le plus approuvé. Combien de-belles Perfonnes ont celle de charnier leurs
Adorateurs, quoy qu’elles eufient encor les mefines attraits 5 par la feule raifon qu ily avoitlongtcmps qu elles s’en cftoient fait aimer? Le Mercure, apres deux années entières , na pas encor eu cette dilsrace , Sc loin que fa vieillcilê luy ait fdt tort, il itmble qu’elle le fafle rechercher. Il acfiiiyé tour ce que doit craindre un. Livre qui r.éiillit, fi toutefois on peut dire qu’il doit appréhender des attaques qui ef- roient autant de marques de fon Succès , & que Ton nedevroit appelîcr que d'heureux malheurs. On a fait imprimer des Critiques 5 & ce qui a fait voir qu’il ny avoir que fonfuccés qui fift peine, on s’eft engage d’en donner une au Public tous les Mois
PRE F AC E. ce qui marquoit une volonté préméditée de nuire, puis qu’on ne pouvoir fçavoir fi ce qui n avoir point encor paru feroit ou bon, ou méchant. On méprifè trop ces fortes de Critiques pour y répondre. Elles fe d-étruifent d’elles -rnelmcs , & ce qui devoir pa- roiftrc tous les mois eft demeuré étouffe dés fa naiilance. Ainfi peu Gens fçauroient qu’on euft fait une Critique, fi Ton 11'en parloit dans cette Préface. D’autres ont attaqué le Mercure d’une autre manière, & ne pouvant difeonvenir de Ion fuccés, ils ont crû qu’ils en pouroient profiter, en foifant des Livres dont le nom de Mercure feroit méfié dans le titre; mais ils n’ont pû tromper longtemps. La trop grande approbation qu’on a continué de luy donner, amefine chagriné les Autheurs qui aveimt ap- plaudy d’abord au Mercure. Chacun a voulu fe perfuader qu’il en pouvoic faire autant, de que la matière en eff tant toujours toute faite, il n’en pou-
PR E f/fC E.
voir coufter à FAutheur que la peine de l’aflcmbler. Si ce qu’ils publient eftoit vray, tout le Livre ne feroit pas écrit d’un meiîne ftile, 6c quoy qu’on y puft mettre des Mémoires quelquefois mieux écrits que n’eft le Mercure, il ne laiftèroic pas d'eftre une e(pecé de Monftre, à caufe de l’inégalité de Les parties. Un Bâtiment uny,&d’une fymetric bien obfcrvée, cft toûjours plus beau que fi l’on y voyoit un Pavillon enrichy de tous les ornemens que peur fournir la Sculpture, 6c que tout le reftede l’Edificc en manquait. Le Mercure apres avoir elfuyé la fureur desCritiquçs, triomphé des ftra- tagémes de ceux qui fous ion nom vouloient profiter de fou fiiccés, & de l’envie de quelques autres qui le croyoicnr capables d’y travailler, a reçeu encor une plus cruelle attaque par ceux qui iêmbloient obligez de le défendre; & comme vray-femblable- ment on devoir leur ajouter foy, de pareils coups eftoient plus à craindre.
P R E F AC E,
J'cntens par cette derniere attaque une conjuration de plufieurs Libraires qui tous par diférens motifs avoient réfolu de letoufer; les uns, parce qu’ils n’avoient plus droit d’en vendre > -&les autres, parcequ’ils le per- lùadoienr qu’il empcfchoit ledcbic de leurs autres Livres. Cette confpira- tion éclata il y a un mois. Prefqtic tous les Libraires du Palais dirent
qu’ils ne fe chargcoient plus du Mercure, parce qu’ils n’en vendoient pref- que plus : mais comme ils' virent qu’on continuent à le demander avec autant d’cmprellcnicnt qu’à l’ordinaire, Si qtfilleroit difficile dé faire mourir la cntiolîté qu’on, a pour ce -Livre, ils crûrent que pour mettre fin à tout, il n’y avoir qu’à faire ujouiit l’Aurheur. Sa mort fut donc publiée aulïîtoft 5 & mcfme écrite dans les -Provinces à ceux à qui ces Librai es fpurnillbient le Mercure. Cependant on croit eftre oblige de faire feavoir
A • 4
icy qu’il cil toujours plein de vie.
PR $ FAC F.
Tontes ces chofes font des prèuves: incontcftables du fnccés qu’ils ont tâché d’afFoiblir Le Mercure pou'- voit-il manquer d’en avoir,puis qu’on y voit en vingt- deux Vo urnes qui contiennent les Nouvelles de vingt- quatre Mois an abrégé des plus grandes Avions de Louis le Grand pendant ces deux Années. Chacun demeure d’accord que ces Volumes renferment dès chofes qu’on ne trouvera point ailleurs, & fur tout à l'égard des Plans des Articles de la Guerre- On, y trouve des Relations de Sièges & de Combats, dont on n’a jamais rien donné au Public 5 & qui font des morceaux d’Hiftoire qui doi* vent vivre éternellement. On peut dire qu’il n’y a rien que de véritable dans tous ces Volumes puis que H l’on eft tombé dans quelque erreur pour n’avoir pas eu d’abord dès Mémoires allez inftruétifSjCes fautes ont efté reparées dans le Volume fuivaat. Il y amefme delà vérité jufquesdan.fi é
PREFACE.
-les Galanteries, les Hilloires n’eftant ■compofées que fur desfondemens véritables* L’Année mille fix cens foi- ■xanre & dix-neuf devant eftre une .Année de Paix ( ce qui reftera d’En- ncmis au Roy n’eftant pas capable de l’occuper tout entier apres qu’il a -eu à combattre prefque toutes les for- ces de l’Europe ) cette Année fera remplie de plus d’Hiftoires que les- deux qui l’ont précédée. Ces Hif. toires d’autres Galanteries, occuperont la place de la Guerre. Ou prendra de nouveaux foins pour rendre ce Livre agréable, 6c L’on fera en force qu’il y ait des endroits pour tous- les goufts diférens. Quant à l’Excra» ^ordinaire, Ton luccés augmentant tous les jours , on continuera de le donner dans les quatre Quartiers de T Année j 6c le quatrième, qui fera l’Année complété, fera diftribné le quinziéme de Janvier. Plufieurs ont crû jufqu’icy que c’eftoir un Extrait des Nouvelles qui elloicnc dans les
PR EF ACE.
Mercures des trois Mois*. Ceux qm
ont fèiné ces bruits ont eu leurs raiions.
Cependant on croit devoir
avertir qu’ils ne contiennent que des
chofes donc il n’y a pas-un inor dans
les Mercures, & qu’il eft compoléde
matières toutes dîférentes.
Les Particuliers des Provinces qui
voudront avoir le Mercure ii-toft qu’il
fera achevé d’imprimer , n’ont qu’à
donner leur adrelfe au Sieur Blagearr,
Imprimeur-Libraire, fa Boutique
dans la Court-Neuve du Palais,
au Dauphin j & ledit Sieur Blageart
aura le foin de faire fur l’heure leurs
Pacquets, & de les faire porter à la
Pofte ou aux MeiTagers qu’ils luy auront
indiquez, fans qu’il leur en coufc
autre chofe que le prix ordinaire desu*
ils voudront avoii\
TABLE DES MATIERES
, contenues en ce Volume.
AV/ifit-propos, £
Lettre fur une Galere bâtie à
Marfeille en un feubjour, 18
Mariage de M,le Marqt û de IdPterre
de Mademoijelle de l3 ^Ibe, 44
Madrigal) 48
Ouverture du '‘Parlement de 'Dijon, j o
Les .Amans Pèlerins, Piifoire, jy
fbfitraPlgalant fiât par M. TÇobbe. 77
feremonies cbferyées a Montpellier?
pour la P ttblicatlon de laP aix conclue
entre la France & la Hollande*
84
j^eception faited Madame la Comtejfè
de S palier, a S palier, SS
l^fjoiiijfances faites à l^omorantin en
HBerry fur le fujet de la Paix, 94.
^ïejfèin d'une Table pour apprendre
en fort peu de temps a toucher le
TbeorbefarlAHaffè continue’) ïoG
TABLE.
Traite touchant La nouvelle inVtutlosr'
Françoife des Sautereaux, io^>
Mort de M de Ldanteüil, 11 $
Mort de M. T^ormoy Gouverneur des TnValides, n<?'
Mort de M. du Tronchet, 11 jr
La Magie naturelle repre/ènteepar les Comédiens Ttaliem, I12
Sujet de rOpéra nouveau de M- de .
Lully, ' 1241
jindromedejOpera donne tous lesïeudis en Concert par M, de Maliere, li(£ Mort de M. d* Eftiyal, 13,0
MeJJieurs de CFniverfîté font faire un Tîout-de-PAn une Orai/on s fitnehre à feu M- le Premier Prejt- dent de Lamoignon, 131
Tout ce qui seftpajje à l3ouverture des Audiences die Patientent, 133
Galanteries delà Cour de SaVoye, 154- Continuation desDivertiJfcmens à Ni- m guet t 57
/ prefente^ d M. Carillon. Mo-
T A B L-Ç,
le Cardinal de "Bottf au nom des
‘Treforiers de France* 168
JW. le Marquis de Bottiers preft? le
Serment de fidelité entre les mdns
du foy pour la Charge de Qslonel
General des Dragons* 174
Mort de JW. le Comte de la Baume de
Montre’'veli - 175
Bleflion d un nouveau Maire à Brejl?
a'vec les Ceremonies qui s obferment le
jour de fa T^eceftion* yyy
M. f ^4lbé folbert entre en retraite au
Séminaire de S^Sulpice. Origine des
Séminaires* 187
Madrigal furie langage des Feux* 194
Dialogue de lal^aifon de la T^ime^
196
Sentimeus d3un Médecin écrits a Jour
.Amy,fùr la Lettre des fer es Capucins
duLouvre employée dans le Mercure
Galant du mois de AroVemb. ni
TABLE.
de 'Provence tenue a Latnsbec,
IBonte^du T^oy pour la- Fille d Arlest
^7
Aforr de M* de jtâaran,
Effets du zple du *P, de EeHemont, 17%
ïïains & ÊMes à la maniéré des
mains établis à iParûy
me du mois de J^o'tembre, iSo
Noms de Ceux qui l3ont devinéej, i8z
Explication en Fers de la féconde
Enigme du mois de Novembre} 1S4,
Noms de ceux qui l3ont de\i?te'e^ 18'5
f ont devine le$deux^8S
T'eut ce qui s*'eftpajféé aux ddercuriales
du *P arlement,
Article des .Modes»
Conclulîon.
Fin de la Table.
PAr Grâce & Privilège du’ Roy, Donne a5
5G• rmàin en Laye le yi.D’Cembré ig.77.
Signé,Par le Roy en Con Confeil, Jun^IeRe'Sa...
Il eft permis à J. D. Ecuyer, Sieur de -Vizé,..
de faire impiimer par Mois un Livre intitulé
MERCURE GALANT, prefenté à Monfergneur
le Dauphin, & tout ce qui’concerne
ledit Mercure, pendant Je’temps 8c efpa.ee de
£x années, à conipterdu jour que chacun defd.
Volumes fera achevé d’imprimer pour la première
fois: Comme atiffi defenfes font faites
à tou;; Libraires, Imprimeurs Graveurs & auires,
d imprimer, graver & débiter ledit Livre
Tans le confentement de 1 FxpofanV, ny d’en
extraire aucune Piece, ny Planches fervant à
l’ornement dudit Livre, mcfme d’en ven
parement, 8c de donnera lire ledit Livre, le
tour à peine de fix mille livres d’amende, &
confîfGation des Exemplaires contrefaits., airrli
que plus au longil < ft porté audit Privilège.
Regiftré fur le Livre de la Communauté le j,
Janvier 1678. Signe, F.Couterot, Syndic.
Ft ledit Sieur D. Ecuyer, Sieur de Viré,
a eedé & tranfportc (on droit de Privilège 4
C. Bbgeart, Imprimeur-Libraire , pour en
jouir fuivant l’accord fait entr’eux,
^cht'vé a imprimer pour la frewrere feit
le jr. Décembre 167S
N F i h, . Madame,
nous voicy à la fin
JLs^4 fie F Année mil fix
cens foixance & dix-huit,
Année toute glorieufe pour
la France, & fi glorieufe,
que la Pofterité aura peine
à croire les prodiges qui s’y
font paflez. LesHiftoricn^
Decmbre. A
«
Extrait dt* Trrvilege du b^yy»
PAr Grâce & Privilège du Roy, Donné & S. G-rrnain en Laye le ji.D.’cembre 1S.77, Signé, Pat ic Roy en fon Confeil, Jun‘q^ieReS.v I-Jeft permis à J. D. Ecuyer,Sieur de Vizé^ de'faire itnpiimer par Mois un livre intitulé MERCURE GALANT, prefenté à Monfer- gnçur le Dauphin, & tour ce qui concerne ledit Mercure, pendant le'temps & efpace de' ïïx années, à compter du jour que chacun defd. Volumes fera achevé d’imprimer pour la.première fois: Comme suffi'defénfes font faites à tous Libraires, Imprimeurs, Gravea rs & autres, d imprimer,gtnver & débiter ledit Livre lânsic contentement de l'FxpofanV, ny d’en, extraire aucune Pièce , ny Planches fèrvant à Torncnient dudit Livre, mefmc d’en vendrefe-- parement, & de donnera lire ledit Livre, le tour à peine de fix mille livres d’amende, & confifodiion des Exemplaires contrefaits., aiirfi que [dus au îong il cft porté audit Prjvj’cge.
R’egiftré fur le livre de la Communauté le y# Janvier 1678 Signé, F.Couterot, Syndic.
Ft ledit Sieur D. Ecuyer. Sieur de Vizé, a cedr & transporté fon droit de Privilège i C. Bbgeart, Imprimeur-Libraire, pour en jouir fuivant l’accord fair entr’eux.
^schevê d'imprimer four lu frem/ere fais ie y. Décembre 1678,
!
Nfin, Madame,
[ nous voicy à la fin
de F Année mil fix
cens foixante & dix-huit,
Année toute glorieufe pour
la France, & fi glorieufe,
que la Pofterité aura peine
à croire les prodiges qui s’y
font paflez. Les Hiftoricn?
Décembre. A
„ M ■£' P PP Z P P
qui en parleront, feroient fans-doute fufpeârs,ou de- xagerer, ou de raconter des ^Fables, s’ils n’avoient un infaillible moyen de convaincre ceux qui viendront apres nous , de la vérité
A J
des furprenanres merveilles qu’ils auront écrites. Ils n’onc pour cela qu’à faire un Portrait au naturel de Louis le Grand, qu’à peindre une extrême prudence jointe à une parfaite valeur, une haute modération avec une puiflànce ués-étendue, une conci-
U mlAN 1 • 3
nuelle application dans les
Affaires, & enfin toutes les
Vertus politiques, militaires,
& morales, qui ne le
rendent pas moins Augufte
par fa Perionne, que par
P élévation du Trône où
nous le voyons affis. Quand
ces traits, auffi éclatans quils
font particuliers à luy
feul,* auront donn< é une entiere
connoilfance de cet
incomparable Monarque,
ce qu’il eft fera proire facilement
ce qu’il a faitpour
en eftre mieux conréflexion
{urletecret de tes
entreprîtes^ qui n’eft jamais
échapé de Ion Conteil.
Nous n’avons aucune Hite
foire qui nous ait encor
rien marqué detemblable,
nicfme chez les Nations les
plus politiques, & qui au
defaut de la force te font
toujours tirées d ’ affaires
par l’adreffe de leur con^
duite. C’cft ce qu’on ne
fçauroit attribuer qu’aux
grandes & merveilleutes
qualicez du Roy. On le
fort avec un zele taes-etnpreffé
. ie 1 ’ avoué 5 mais
I
%
r
GALANT, f c*eft beaucoup moins par un devoir de Sujet dont on apporte 1 * obligation en naiflàntj. que parce qu’on aime véritablement fa Per- 9 te
fonne. Cet amour, fi profondément gravé pour ce grand Prince dans le coeur de tous les François, fait exécuter fes ordres par tout
I
& en tout temos, avec une
1 J
diligence & avec une exa- O * 9
élitude qui ne laiffent rien afbuhaiterpcur le prompt fuccés de tous fes defTeins» Je vous i ayfàit voir en détail dans chacun des grands
A iij
Evenemens qui font arrU
vez depuis deux ans queje
vous écris des Nouvelles^
vous avez veu faire des
chofes qui paflcnt l'imagination*
au Miniftrc infatire
garde la Guerre. Celuy
qui a le foin des Finances*
fans lefquelles rien ne peut
que rien n'a manqué , &
que les Affaires du Roy :
n’ont point fouffert par ces j
fortes de retardemens qui ;
.. GALANT 7
d’entreprendre de grandes
choies} ou qui les font
avorter apres qu’elles ont
efté cntreprifes. Mais fi
Sa Majefté fe trouve fi bien
fervie, c’eft parce que le vif
ôc jufte difeernement qui
J £ - •
fempefchc de fe tromper
en aucune chofe, luy a fait
connoiftre le lolide mérite
de ceux qui’pouvoient luy
aider à fou tenir le faix des
grandes Affaires; qu’Elle
en a fait un bon choix, &
qu’Elle n’a départy fes lumières,
& diftribué fes orde
les executer avec l’efp.
rit, la prudence, & Fadtivirc
ncccÆiircs , & de les
faire exécuter de la mefmc
forte. Difons plus, Madame.
Le Roy n’a pas feulement
travaillé au bonheur
de la France, en combatant
avec de juftes droits
pour ragrandiffement & r
pour la gloire de ce floriffaut
Royaume, mais en ï
choifi flanc de grands Hom- 5
mes, (bit pour les plus con- <
fidérablesDignicez de l’E- '
glife, foir pour les premie- ■
res Charges de Magiftra- r
GALANT cure. Quel plus digne Chef pouvoit-il donner à la Juf- tice, que l’Illuftre Chan-a celier que nous avons au- jourd’huy ? A-t-on jamais entendu parler d’un choix plus généralement approuvé 1 Toute la France a re-
renty du bruit des acclamations donc il a efté fui-, vy3 & il ne s’éft fait aucune Action publique ou il y ait eu occafion de s’étendre fur les louanges du Roy* qu’on n’y ait méfié celles qu’il méritoit pour le ran£
\ -1 • /, / r»
ou u avoir clcve ce lare &
prudent Miniftre. Les autres
Chefs de Juftice ont
elle' cho fis avec le me fine
difeernement. On ne voit
point de Sujets oprimez
dans le Royaume. Tout y
eft tranquille. L’Equité &:
les Arts y fleurirent , & y
ont mefme fleury pendant
la Guerre, ce qui ne fe peut
trouver que fous le Régné
d’un auffi grand Prince que
Louis XIV. Voyez les fuperbes
& commodes changemens
qui ont efté faits
à Paris depuis quinze ou
vingt années. Quel autre f
. GALAMT. Il
jde nos Roys a jamais eu
(tant de foin d’ordonner de
-fes cmbelliffemens? Combien
de Quais nouveaux?
Combien de Rues élargies?
| Combien de Portes magni-
Sfiques qui auroienc pafle
Montagne applanie, &
chang-Oée toute entière en
Edifices fomptueux, ny du
Cours commencé fur le
«Rempart de la Porte S. Antoine,
& qui ne doit finir
qu’à la Porte de Richelieu,
c’eft à dire, qui contiendra
l’efpace de plufieurs lieues.
Ce n eftpas tout, Il iemble
qu’une Ville d’une auffi
grande étendue qu eft cette
Capitale de la France, ne
puifîe jamais eftre fans defordre,
eftant difficile que
la confufion ne rogne où.
l’on voit tant de Peuples,
tant ^'Etrangers ôc de Vagabonds,
qui ne cherchent
ordinairement qu’à fe mêler
dans la foule, afin de
vivre aux defpensd’autruy..
Cependant nous voyons
icy ce qu’on avoir tenu itn|
GALANT i? Ipoflible d’y voir jamais. | L’ordre & la propreté y |font copatibles avec l’em- îibarras de la Multitude- & lia Police y elb exercée avec |une fi exaéte régularité, | qu’on n’a plus rien à crain- ïdre des abus qui s’y com- |mettoienr. Ce font des mi, |racles du Régné du Roy, ' i&ces miracles le font parce que SaMajetté a choify un |Magiftrat vigilant, habile, | incorruptible, à qui
| toutes ces qualitez eRoicnt neceflaires pourfoûrenir le poids du fardeau qu’Elle a
T'**? TT> "^*7
14 MtKCvKü : jugé à propos de luy corn-! mettre. Il eft certain que rien n’échape aux vives & perçantes lumières de ce ï grand Prince, & qu il con- J noit beaucoup mieux de- quoy chacun ell capable, ; que ne le connoiflent ceux- j mefmes que nous luy f voyons choifir pour les plus f importans Emplois de l’E- tat. La maniéré dont ils s‘en acquitent, eft une| preuve éclatante qu’il ne ■ s’abufe jamais, 6cvous avez r dû eftre perfuadée de cette vérité par quantité d’ArtL L
t ♦
A T A XI Te- clés de mes Lettres qui vous ont fait voir combien ils eftoient dignes du ML j ’
I niftere qui leur a efté con- | fié. Ceux dont il luy a plu i faire choix pour fe repofer j des Affaires de la Mer fur I leurs foins, ne peuvent aulïi | recevoir trop de louanges. I Ils n’en méritent pas feule- I ment par eux - me!mes, | mais par leur vigilance à ne I donner les ordres de Sa |Majefté fous eux, qu’à des ; Perfonn.es qui les fçavent ^exécuter avec autant de capacité que de zelc. Ce
a4
1
16 MERCVPOE que je dis regarde particuJ lierement les Officiers ; mais fi vous voulez defcen- dre jufqu aux Ouvriers qu’ils font agir, vous les trouverez dignes d’avoir quelque part à cette louange. Je ne douce point que ce que j’ay à vous apprendre i fur ce fujet, rien (bit un j d’étonnement pour les au- j très Nations,.-fi pourtanti on peut eftre étonné de ce t que font les François fous p un Roy, dont chaque jour f de la vie fomble dire défi K
K • . tiné pour nous faire voir hf
K
• l
t*
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A*
autant de prodiges. C’en
eft un fort grand que ce
que vous allez lire dans la
Lettre que je vous envoyé
d’un Officier de VArfenal
deMarfeille àun Commiffaire
de la Marine de fes
Amis. Toute éclairée que
je vous connoy fur les matières
les moins communes3
j’ay peine à croire
qu’on ne s’explique pas
dans celle.cy par quelques
termes qui vous feront inconnus.
Pour moy, je vous
iavoue que je ne les entens
[pas tous, & quil y en a
I Décembre. Be
a-4 i
quelques-uns que je pour--,
ray mal écrire 5 parce qué
les caractères n’en font pas
SUR UNE GALERE BASTIE
à Marfeille en un feul JpurT’
v 'y Oms m5 avez. fouvent
V demandé des nouvelles
de ce Pats , & fay voulu attendre
d vous fatisfaire que
feuffe quelque chafe d*extralordinaire
a vous mander. le
droit en Provence au cornSa
Mapeftédans vingt-quatre
heures3 qui eftlemefme temps
que les Vénitiens employèrent
à celle quils firent conftruire
en prejence de Henry III.
lors quil pafla par Venife a
fon retour de Pologne. Les
Sieurs Chabert, Maiftres
Conftrulieurs ? à qui il en
parla 5 trouvèrent d'abord
lachofe impofflble ^alléguant
pour leurs raiftnsque ce que
les Vénitiens av oient fiiit3
n eftoit quun leger travail
en comparaifbnde celuy quil
leurpropfiüit. Ils luy remontraient
que les Galeres des
r
4
1
A
_ GALANT- 2i Vénitiens ne font que de za. Bancs > au lieu que celles de France font de 2.6. qui efi un tiers- en longueur de plusy & que lors que les Vénitiens firent ce petit miracle ( car ils ne le nommaient pas autrement ) ils ne firent point une Galere doublée ny clouée par tout pour pouvoir aller en Mer y mais feulement un. ajfemhlage de pièces qui formaient une belle Galere en apparence & qui en effet efioit hors d état de naviger. Toutes ces raifons furent faibles contre Mz T Intendant.
%
u n l., a N t ■ 2 j
vail. Voicy quel e&oit cet
ordre, lla<voit mis cinq cens
bons Ouvriers Charpentiers
en dix Eficadres de cinquante
Hommes chacune y conduits
par un Ecrivain comman*
de'zjwr un CheJ} & un fious-
Chef\ quils appellent parmy
eux. Cap - mailtre & jcus-
Cap-maiflre. Il donna cinq
de ces E[cadres au SY Chabert
l’aîné qui de volt confiruire
le cofié droit de la Galere*
£ÿ les cinq autres au Sr Çhabert
le cadet qui avoit le cofié
gauche. Il fit prendre a chaque
Éfiadre des Bonnets de
c*! ♦
24 MERCVRE - differentes couleurs , afin- quils fuffent tous reconnus, & qdilsne fi melaffent point les uns avec les awfis. lly- asvoit outre ces dix Efia dre s de charpentiers 5 cinquante Cloüeurspour clouer toute la Galere 5 avec des Bonnets dune autre couleur que les Mdfflres charpentiers con^ duits aufflparun Ecrivain deux Efcadres de quarante Bortefàis chacunepour porter les pièces d ceux- qui les devaient pofer^ une Efcadre de Sculpteurs ; une de Maifi- tres- Sdenuifiers . eÿ cent-
Mdifires
oient e ire cal-
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i2 i • ' h i Z? £•• T •* r tf*
Li. h «. /,* cA C f ■ f ?'; wZ/
..' * } n : J ' ' » ? \ r .': A/i , •* l ' J
pt ecedz -■ l -ejfiy
’il avait dcfiein de faire. JJ J
les fil Kieti'iC chacun dans dre*
C- CU n
GMJW- 25 Maifl^es.^Calfists -qui de^ soient commenter à travail- 1er fiés qurrn aurcit prfic les Pièces qui de v fit des.. Il files Ouvriers
* '»><** le j ,■ ur qui qud av^._ . Il dordre uù ils. devaient et
\ & leur demanda fis cb dleux_conn:djfijit Jon du fi, J'ay oublié de vous du e que
< 1 quelques - jours auparavant il avoit donné une inÈlruc- tion a chaque Ecrivain <ÿ i chaque chefid’Efifidre ? afin Décembre, C
9
reco• * mm♦ and7 a de travailler
fins parler 5 ce qui efi trèsdifficile
aux Cens de £Manney
& qui efi pourtant fort
neceffiùre pour empêcher la ;
confiffion. Enfin apres avoir ;
parlé en general & en par fi i
adier à tous ces Ouvriers^
leur avoir prefirit l'ordre
qu'ils devaient tenir5 .gÿ tiré
parole de chacun quils sappliqueroient
fortement à ce
GALANT- 2,7
qfi il leur efioit ordonné fil lei
congédia & leur donnarehd
de^-wous pour de lendemain
matin w. de Novembre i
U pointe du jour. Il s*y trouva le premier tous les Ouvriers eftant venus s il parla encor aux Chefs & aux Ecrivains 3 & fur les fept heures il fit commencer te bel Ouvrage. I j efiois prèfent. Cependant faurais peine è vous dire comme la chofe se~ xecutait. Tout ce que je voyais faire me paroijfoit tenir de ienchantement, Ilfembloit que chaque Ouvrier e Etait un
G ij
a
MERCyRE gVLaiflre * & qu'ils avaient employé toute leurviea faire de pareils Ouvrages. Jls travaillaient avec une dilV gence quon ne fqauroit croire* t? qui ne nie fwrprenoitp&& moins que leur filence. On euftditque prés de huit cens Hommes qu on avoit ern~ ploye^d ce travail* efloient conduits parla mefme main. Tout fe trouva jufie * & le projet de M1 f Intendant fut fi exactement fuivy , qu'il fembloit que le moindre Ouvrier Veuf aprls par. coeur. On n eut b foin que a une
demy-heure 0 & la Galere fut
ce que T on appelle en Rames^
ceft d dire ? toutes les Cofies
mi fi s s mais avec autant de
j uflejfe que fi on y avoit employé
les. quinze jours qu on
employé ordinairement a fai- _
re ce quon fit en cette iemyheure*
Apresjyu-on eut pvfd
Us~M^drc^ on mit les Contre
quille s y. les Eficoùets de
chaque coflé 3 les Perceintes
■(fi les Doublures , car a prefient
en France on double toutes
le* Galeres pour les fortifier
davantage, ce qui fait
quil y a autant de travail au
C iij
dedans d'une Galere comme
au dehors. On pofa en faite
les Fils de chaque Cofie^ &?
au deffbus de la Couverte izo.
lûtes. On boucha la Couverte
gÿ l&s^Cofte^de la Galere*
On mift Iôs Contaux & Trinquemns
5 les Fais de Courfier
€ÿ Surcourfier qui Jont despièces
fi lourdes. 3. qu il faut
quarante Hommes pour les
remuer 3 apres quoy on travailla
a pofarla Poupe d'une
tresbelle Sculpture. Dans le
mefme temps que les Peintres
la peignirent, les Charpentiers
travaillèrent à pla-
£
tër les Queues de late & Ta- pieres ,fiixante Baccalas de chaque cofié, lesPilerets adcn- tées y les Apoftis y les Bancs? Pedaigues, Banquettes b Au~ bareLlieres,ConCrepedaiguesy Cordes, &. Potences pourfiu~ tenir les Bancs. Tout ce la fi fiifbit avec une flgrande diligence, & avec fi peu deeon~ fifionf que ceux qui eTloient prefins aboient peine 4 croire, ce quils voyaient. Les Mea mifiers boifirent le Plancher de la Poupe , & tout le Caurfier qui eftle long de là Qalere de Poupe d Proüe Id
• • • • C mj
devant fat mis5 C/ enfin à 4* heures apres vnidy il ny eut pas lapluspetite plece de bois- ? d po/ers & mm jèulement les Charpentiers eurent confirme la Galere 5 mais ils l eurent tentepatée. F#us fhiueTjpte ce terme fig>dfie ofier le bois faperfluprendre tout égal9 & achever de polir. Les Cal- fats qui avaient déjà commencé à calfater tous les endroits qu ils au oient, pu fe placer, continuèrent leur travail avec tant de promptitude 3 que la Cou verte ejlunt
i • 55
1 toute calfatée y ils U différent libre .> pour pouvoir y faire mettre les Arbres & En- i tennesdeffds ? dans le temps quais allèrent calfater tout l le dehors ■ de la Galere , ' g/ mettre de la Paix dans 1 chaque jointure. Aïo.heu- i res du fuir les Calfate avoient finy & ils voulurent em-
■ ployer le reste de la nuit vifiter ' par tout ce qu ’ ils avaient fit. --M1 l Inten- ’ dant ordonna qu on jetafi de Veau dans la Cadre pour fare P épreuve quon fait or- <■ dinairemcnt y afin de trou-
ver les trous qu on peut avoir
manqué de boucher. CroB
rie^-vous y SMonfcur v^us
quifèave^ce que défi quune
conltruciion 3 qu'il ne s en
trouva qùe trois petits 3 aif
quels on remédia incontinent?
Sur les r, heures du matin
SMV l. Intendant- donna ordre
que l'on mifi l'eau dans le
Baffln ou B on. avoit confirait
U. Galère Ce fini des Bdf.
qtion appelle Formes où l’an
fait venir l’eau-. de la Mer
parle moyen d'une porte qu'il
y a au milieu d7 'une double.
5
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1 4** fi. fi
GALANT. palijfade de bois 3 qui efâ entre la MergJ ces Formes 3 gÿ quon olle en flûte lors que la Galeve flote dans la Forme 3 & qûon <veut la faire entrer* dans le "Fort. Il fl paffa z. heures avant que l'eau fufi dans la Forme, & qu on eufl. ofté les Paliffades. Il eli vtay que dans le temps que Peau entroit t PInten^ a àant fit dire la ^Mejfe dans I la Galère 3 où fe firent toutes | le s Ceremonies qu'on a de | coutume de faire- pour la be- | nir. Ainfi ptécifement d fept j heures, la. Galere fût hors de
36 MERCVÏLE là Forme y & Tïtïfè au milieu du ' Port. On luy mît fa Cbiowne 5 fis Canons. On la le St a. On dre fia les Arbres ZA les Antennes. On l agréa de fies Cordages^ Voiles > & Tendes. On y embarqua les zArmês 3 S* Munitions de Guerre enfin on l'équipa, de tout ce qui luy efiait necejfaire pour Aller en Mer* en forte qua, y. heures du matin la mefine Galere qui avait efïé commencée le jour precedent ' fût hors de Lt Chaîne de MârfiiUe 5 & prit la haute Mer. Tout cantri-
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i*.
✓ 0 .
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tj iHLhN 1 • /■
l Jouait a la faïsfiiEiïon de IM'- ■ r Intendant 3 car il fiiifiit le 4 plus beau temps qu ’ on pufi 4 Jouhaiter, & je ri ay jamais % rueu Galere aller mieux à Jr •
la Rame & a u Noile. Nous | r éprouvâmes de deux fa- .
yjns.
J zApres vous avoir parlé | de cette Merveille 5 il efl | juste que je vous en fajje connoijïre 1* Autheur.
\ Brodart ell le plus <
«L A
'M' '
Ancien
Intendant de Marine qui doit
• d A
dtns le f rr<üice. Il a. eftéemployé fans difiontiwtittion depuis le comencemem de l'année
1 lement quelque temps apres
dans cette mefine qualité^
tant au Port de Toulon que
dans T Armée Navale que
le Roy envoya en Candie.
Jl a eflé Intendant a Dus-
.^er-que , & au Havre de
Grâce 3 & a fait le premier
T établijfiment des Cfa[fa
des Matelots. Le Roy luy
donna V Intendance generale
de fies Galeres au commencement
de Vannée 167s* Ils a*
mie , que celles que nous a- vons aujourd'huy. Tous les Officiers def ArflnaldeM<ir-
a ? akIT
qmte fidigniwient de cet em- ploy^ qu <m «âjmAêiw de Galères fi belles, fi bonn&s^fi . bien ornées 3 & faites avec \ tant de diligence & d*oecono~
» ■1 / ,7.
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j jcille ont très- bien exécuté fis ■i ordres dans Toccafion dont je ■ vous parle ? mais particulier rernent M' chalons Commifl : faire general de s Galères. Les \ Sieurs' Chaberte y ont très*- bienfait leur devoir. Ce font les meilleurs Maifires Confia trudeurs de Galères qui fbiet
4n 'ïw W ? \f <<
.O x â- 1?^ \.zxi •• xX^i
dans le monde. C'efi un talent qui leur efi particulier de Pere en Fils depuis plus de deux cens ans. La confiru- Eiion des Galeres eft fort di- foerente de celle des JAdjfoaux. Il y a trente Perfonnes en France capables de confiruire de beaux -Viiiffeaux ? mais pour des Galères il ny a que ces deux Freres qui ayent le
L j
don d'y bien reft/fir, avec un autre Homme tres-habile qui commence à faire parler de luy. le fois vofire^ &c.
A. Marfeillc cen.N0v.1678.
Ne croyez - vous pasy
Madame, que j’aye eu raifon
de donner le nom de
Prodige àlaprompte confo
trudion de cette Galere ?-
& auriez-yous pu vous imaginer
que l’entreprife de la
O A i
bafrir,. & de l'a’ mettre en
Mer prefte à voguer ôc à
une C a m p a g n ene
fl: eftre que l’ouvrage
faire
du fl
d’une journée. On affure
qu elle le peut démonter
avec la mefme facilité qu’elle
a efté conftruite 5 fans
qu’on ait, à craindre d’en
gafler les pièces, & cela
Décembre. D
42-MBRCVRE par le moyen des emboif- remens & des clous qu’on- a faits exprès. Si ceux qui- voulurent faire élever la
Tour de Babel, euflent ordonné le fflence qui a elle obfervé quand on abafty cette Galere, la diverfité des Langues n’y auroit point mis d’obftacles, & ils ïeroient peut-eftre venus à: bout de leur deflein. Il eft certain que ce n’a pas elle un petit effet de prudence, d’ofter à tant d’Ouvriers la neceffité de parler. Le moyen qu’on cuit pu s’en-
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< i A î A1M £ ♦ A 'ï ' tendre parmy le bruit continuel des coups de marteau? Ce qu’il.y a de rare,, c’eft. que la promptitude avec laquelle cette Galerfc a efté conftruire, -n’en a- poinc fait négliger les Or- nemens. Elle a fa Poupe' d’un fort beau Dcffein, & embellie d’une Sculpture, au ffi délicate que bien en-: tendue. On doit en pré-
préparer une autre qui fera- plus grande & plus belle, pour en donner le diver-
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tiflenlent au.Rov, s’il fàit> Al J J
|voyage à Marfeille. t ‘ D’ i j
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•■■i .'Z. ♦
doute que je vous manday
il y a deux mois que M'le
Marquis de la Pierre eftoit
attendre la Difpenle de
Rome. J’ay avons apprendre
aujourd’huy qu’il Fépoufa
à Grenoble .dés le
commencement de No.
Z*- A f A Kl "T .
- < r M 1^1- 4 > eft Fille unique de feu M1 le Préfident de VAlbe, for- ty de l’ancienne Maifondes: Vaçca d'Italie, & du cofté , r-''x* V
de fa Mere 'des Montenars -/tf'A
’ --------- -
& des Allemands, deux Fa- milles illuftres & fort con-
1 nues , mais particulière- ment dans le Dauphiné. La naifiance & le mérite de MT
le Marquis de la Pierre 5 fi ellimé à la Cour de France
& de Savoye ? méritoient la confédération que cette riche Heritiere a eue pour luy. La grande dépenfë oii l’engagent les Emplois
MEB.CVR.E qu’il a à la Guerre, ncluy- a donné aucun lcrupule, Scelle n’a pu tenir pour defauts certaines remarques fur fa conduite, qui ont peut-cftre fervy à rompre un autre deffein de Mariage
qu’il avoit témoigné avoir, avant qu’il épouiaft cette aimable & jeune Per- lonne. > Comme 'l’étroite amitié qui a toujours efté entre leurs Familles,a beaucoup contribué à cette Alliance, ils font fort contens Tun de l’autre, & vous jugez bien que ce ne fut pas
fans déphifir que Mr
Marquis de la Pierre
loignaqaielques jours apres;
fes Noces ■ mais les ordres.
de Madame Rovale luv en- / J
firent une neceffiré^&.il'ne.-
fe pût diipenfer de venir,
icv«t recevoir ceux de Sa Maciion
& le commandement,
avant la qualité défi
ri Radier en France, & de
Marefclial de Camp dans
les Troupes, de Savove.
Ce n’eft pas un petit
avantageque.de bien choifr
en fe mariant. Le repentir
fuir Couvent cette
forte de Contrait. Voyez
dans ce Madrigal les plaintes
que font deux Darnes^
l’une d’avoir pris un Mary
trop vieux, & l’autre d’en
avoii pris un trop jeune.
|VÆ£ i3 \2 Tï '<S < t
* •.»
N blâme d'ttn Mary la-i-opérande
vleidefTe.
l b b , Et 'faccufcdiï vmen la trop- grands
jeuncffe.
Vo^.-^d:tns vos regrets Grperfla^
S'ouveri' voix wx plaiqne^ d'a* ib \»
vol? ce q± ui n c-> dpl hteï
♦
5 j.a «
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Jeux bi- berons Tous deuxbiè rodsSc tous deux di- gnes de loiïan- gc ’ J • ’ j • Voyatis piller leur yau
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X-Z Illot. I?inin_d$x__ biberpjî%.„.
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dan- Chatoient d’un ton joyeux -, Pleurez, ô doux
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„2_ <Un- ...ge,Chatoient d’un to joyeux; Pleurez, &7
y? chere., Pleurez chezuo9,pleurez chez
nos voyli-ns-,
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Parleur douceur...&:.... par leurs charmes. Et no’dirons voyons vos ' larmes, Après les pleüts viêdrqhsles pis.
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les pleurs vieil- dronrles ris.
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Et dans l'ennuyqui me dévoré*
Jvtejf je tue plaint Savoir ce qui
, nefipoint encore,
4 .
J II n’y a que le Vin qui ^rcjoiiilïe toujours les Par- J'titans de Bacclius. Voicy ijdes Paroles qui leur plai- gront. Elles ont efté faites ïllur les dernieres Vendantes. L’Air eft de MMRJk ■^gault de Tours.
1
AIR A BOIRE.
v J /Ianiny deux Biberon^ T mm deux bien ronds,
Ez tMMdc&x dignes de louante 2 Seyant coulerleur vendante
D ecembre,
Cbantoient d’un ton joyeux > fleurez*
b doux Rai fins y
7^' arreflezypoïnt le cours d'une U*
queur fi chere.
Pleurez^cber^nous, fleurez^ che^
nos ^oifins,
'P'ous ne (canner mieux faire.
Vos fleurs confolentnos efprits
Parleur douceury &far leurs
charmes»
Et noue dirons voyatvos larmes^
Afrcs les fleurs viendrai les ris.
L’ouverture des Audiences
du Parlement de Dijon
fût faite le Jeudy 17. Novembre
par M'Brulart Premier
Préfident. Cette grande
Charge qu’il exerce avec
GALANT- p?
tout l’éclat qui luy eftdeu,
n a rien qui foit au deflùs de
fa nailfance, & ilfoûtient
glorieufenient les avantages
de l’une & de l’autre
par un grand nombre de
qualitez encor plus éminentes
que le Rang qu’il
tient. La recherche de la
Vérité fut le fondement de
fon dilcours. Il dit, Jgue
toute P étude des Hommes
doit s'employer ci la découwrir,
parce que fans elle tout
n efi qu objcurité gÿ confia
fon. Il reprelènca aux A vo~'
cats3 de la maniéré du mon.
MF P CW F J i X-WMf JL Xzd
de la plus honnelte, Que leur ramifier e exige beaucoup plus de fincérité que toute . autre Profejfon,puis que les raifons dont ils tâchent d'appuyer le droit des Parties^ fervent â former la décifion de la plus grande partie des Jugement, Il ajoura, Qfon ne pouvait difconvenir que T Eloquence ne fufi un grand agrément & un moyen fort propre pour attirer des ap- plaudijfemens a F Orateur\ ' mais que la Ferité avoit cela de p articulier, qu elle entraîner tous les Ecrits. Il niella 4
GALANT, p
fort adroitement félo^e du
ï O
Roy dans fa Harangue, ôr il le fit en peu de mots, &: avec la dernière jultefie. Il dit entr autres chofes, la Vérité ePlant ï ame des louanges qfion donne À l'admirable Vie de X* MfiePlé) ■fin Vlom fira toujours egfilê- ment iufiue dans U
Pfierite la pb^ .éloignée, parce que la Vérité n efl fi- jette ny d lawieillejjje ny d la mort, & quelle durera au delà des ruines du éMonde, Il fit en fuite une très-belle peinture de la laideur du
Ï. 9 • «
■, llj
U MERCVRE
Menfonge. Il dit, '
eftoitjamaisplus dangereux Tie T^d. ü W l‘air & s APftA^nce de U yerité. & en exhora„t fcs cars & les procureilrs à f gopofer toûpurs Ia bonne- y & cette meïrne Vérité
pour réglé de leur conduite.
Cet éloquent Difcours, dont je ne vous rapporte que des penfées très-imparfaites, & fans aucun ordre, fut prononcé d’un ton de.voix, & accompagné d’un air de grandeur &. de t._ t?
GALANT.
majefté, qui acheva de
charmer toute 1 ’ Affem^
blée.
ligny parla auffi fort éloquemment
fur l'excellence
de lajuftice, & fur le mélange
que les Juges doivent
fai'e du Droit &: de l’E_
quité ■ mais comme il a la
voixfoible, on perdit une
partie des belles chofes
qu’il dit.
Avant que de vous faire
quiter Dijon 5 il faut vous
apprendre ce qui a eftéfaic
pour deux jeunes Soeurs qui
E ifij
derées par le mérite de
leurs perfonnes, que par les V
avantages de leur naiïïànce.
11 ne faut qu’avoir des f
yeux pour dire convaincu !
de leur beauté ce qui dl
un grand charme, elles ont ■
refprit auffi bien fait que
le corps. L’Aînée eft d’un
blond le plus beau qu’on le
puifTe figurer 3 la raille fine
& ailée : une douceur oc ;
? I
une majefté qu’on ne crouvepoint
ailleurs. La Cadere
ell brune, mais d’un brun
au
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U/iwifMi- 57 teint & le plus vif qu’on air jamais veu-, les yeux,, d’un brillant à' ne le pouvoir foûtenir -, les traits tous régulièrement beaux, la ’
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plus belle bouche du monde , .& des dents qui fem- blcnt avoir efté faites au tour. Vous jugez bien qu’avec tant d agrémens?& de refpnc à proportion , elles s’attireroient une grande foule d’Adorateurs. fi corn-
J me elles ont le don de plaire, elles vouloient recevoir des foins- mais elles ont une Mere d’une vertu fi
^8 MERCVRE, éminente, & d’une pieté fi peu commune, que F exemple qu’elle leur donne, ne leur permet qtTun tres- foible commerce avec les Societez de plaifir & dedi- vertifTement. Elles l’accompagnent
dans toutes lès dévotions, & font accoutumées à cette forte de retraite,
qu’elles ne regardent point comme une peine
; mais quoy qu’elles ayent peu Tufage du monde, elles ne laiflènt pas d’en avoir la délicatelle. Auffi
font-elles Filles d’un Hom-
* «
A T A —
1 • yÿ Imepoly, galant, éclairé, & Iquieft un des premiers Ma- Igiftrats de la Province. Quatre fa Charge qui luy donne | beaucoup de rang, il a un SEmploy .qui fait tous les | jours connoiftre fa fidelité |par fes. fer vices, & qui ne f luy a pas moins acquis Tef. | time du Roy,que celle d’un | grand-Miniftre qui l’hô- | nore particulièrement de | ion amitié. Ce Magiftrat
O
| a une Maifon de pkifance | à trois lieues de Dijon, des I plus agréables qui fevoyét. j II aime paffionnénient la
4
Chalïè, & le plailîr qu'il
prend luy fait avoir un équi1
page des plus fuperbes,
tout ce que demande la
luire de cette dépenled
Ainlî le jour de la S, Hubert
derniere^il invita route
la NobleiTe de £©n-voiu~:
,-nan-e de Vun de l’antre
la Fefte chez luy. L’Affeniblée
fur grande. Les Dames -
s’y trouvèrent en Julie-aucorps
ôc Perruques fort ina-i
gnifiques. On ïèrvic un Repas
où la delicatefle & la
propreté dilputoient avec
I GALANT. 61 l’abondance. Le Repas fi- ry, on alla courre le Cerf 'dans une Foreft prochaine, .'où l’on rencontra une
• •* •
(Troupe de Chaflèurs que l’ardeur de la ChafTe avoir 'menez à plus de quatre lieues du Canton où ils de-
✓
meuroient.
Ils ne fe con-
moiflbienr les uns ny les au- très j quoy qu’ils fùffènt Tous d’une qualité diftin- :guée. Cependant ceux qui venoient pour prendre, fe trouvèrent pris. Deux Frères des plus qualifiez de la Province ne purent voiries
6t MERCVRE deux charmantes Perfon- nes dont je vous ay parlé, fans eftre touchez de leur beauté, & ils le furent d’une telle forte, qu’on peut dire que dés ce premier moment , ilx en devinrent éperdûmént amoureux. Ils / A • 1
eurent toujours les yeux attachez fur elles 5 leur dirent tout ce qu’ils purent d’obligeant pendant un moment qu’ils trouvèrent oc- cafion de leur parler, & ne s’en fépaverent qu3 avec beaucoup de chagrin, mais la nuit qui s’approchoit les
GALANT força dequiter cette belle Troupe. Ils s’en retournèrent fort relveurs, & ne penfant plus qu’aux moyens de revoir les Belles. La retraite dans laquelle ils apprirent qu’elles <vi- ' voient les fit trembler. Ils
' vouloient chercher à plaire. ; Il faut voir & parler pour y \ réüffir', & ils ne voy oient ; aucune facilité à l’un ny à l’autre, quand ils regar-
; doient ces aimables Filles
fous la conduite d’uneMere
qui ne recevoit ny Jeuneflè j ny Galanterie. Il n’y avoit
pas d’apparence de fe ha;
zarder à aller chez elle, n’en
eftant connus que de nom.
Ainfi le feul party qu’ils virent
à prendre, fut de ren- i'
dre vifite à une Dame de f
leur connoiflànce, qui eftant
voifine des Belles,
pouvoit leur faciliter quelque
accès dans cette Mai- ;
fon. A près les premières civilitez
, on mit la rencon-
J I
tre de la Chaffe fur le tapis, i
On parla de toutes les Dames
qui avoient efté de i
cette belle Partiequand 1
on tomba fur le chapitre
Æ T & KI'T des charmantes Soeurs, les Cavaliers pou ffèrent la matière avec tant d’empreffe- naent & de chaleur , qu il ne fut pas difficile de pénétrer qu * elles leur te- noient fortement au coeur. Ils avouèrent de bonne- foy qu4 ils nJ avoient pu s’empefcher d’eftre pris par ces deux aimables Chaf- krefles -, & dans la paffion de les conndiftre un perr davantage pour fcavoir s ’ ils reux pour ne leur déplaire pas5 ils propoferent-d’aller Décembre. B
o r kr oient
rendre viflte à toute cette
Illuftre Famille, & prièrent
leur Amie de les prefenter.
Elle réfilla quelque temps
ace qu’ils la conjuroiencde
faire pour eux , fur la connoiffance
qu elle avoir du
caraétere de la Mere qui
ne fôuffroic pas volontiers
les vifites de jeunes
Gens ; mais fon Mary vainquit
les fcrupules, comme
la Dame qu’elle craimioitde
fâcher eft devote.
il s’avifa d'introduire les
Cavaliers en lesdiabillant
en Pèlerins. Il prit le mcfme
équipage. Sa Femme s’habilla
auffi en Pelerine avec
deux ou trois de fes Amies.
Ils eltoient propres, quoy
qu’ils n’euflènt rien qui démentift
ce qu’ils vouloienc
qu’on les cruft. Dans ce
déguife ment, ils allèrent
rendre leur vifité, chantant
la chanfon de S. Jac^
On les regarda
ques au milieu de la court,
Ainfi on ne douta point
qu’ils ne fufïènt de vrais.
Pèlerins,
par les feneftres, & apres
les avoir laifTé chanter plus,
d’une demy-heure^ on leur
envoya un Ecu blanc. La
Dame qui s’eftoit chargée
de les introduire, ié mit à
rire d’une fi grande force
de la charité qu’on leur faifoir,
quelle fut aifément
reconnue. Tout le monde
delcendit pour venir recevoir
les Pèlerins & les Pèlerines.
Les deux Freres
furent reçeus fort honncftement.
Apres qu’on fe fut
diverty quelque temps à
dire d’agreables choies fur
1 ’ équipage qu’i-ls avoient
pris, on fit fervir la Collation.
Elle fut de la derniere
GALANT. magnificence,mais les deux Frcres n’en connurent rien; ils navoient des yeux que pour les Belles qui les char- moienr. Ils profitèrent de certe occafion de leur parler autant que la bien- feance le pût permettre, 8c. revinrent de leur Pèlerinage plus amoureux qu’on ne l’a jamais efté. L’efprit de ces admirables Filles ne les avoir pas moins touchez, qu’un je ne fçay quel air modefte ôc majeflueux tout enfemble, dont leur beauté eftoit loûtenuë.. Ainfi la
.V 4
paffion qu * ils fentoient.
pour elles & eftan-t au gmentées
ils mirent tous leurs
foins à tâcher de fe rendre
agréables, en contribuant
le plus qu’iL pourroient à
leur plaiGrs, pendant qu’elles
feroient à la Campagne.
D ans ce deflèin, ils prièrent
projets,on s’arrefta àceluy
demenerune Noce de Village
, & de parer une Epouféeà
la mode de Bourgogne.
On prie une Païfane
des plus laides , âgée d’environ
quatre -• vingts ans.
On la coëffa avec un Tour
de la bonne Faifeufe •
quantité de Pierreries -, force
mouches {ùr fonvifageun
habit de Brocard d’or
bleu, & la Jupe de la mefme
parure. On fit accommoder
une maniéré de
Chariot fort grand & fort
vafte, au haut duquel on
plaça cette Epoufée comme
en triomphe. Les Dames
& Demoifelles qui eftoient
de cette Partie, tou7*
MERÇVRE tes .habillées à la païfane fort, proprement & fort galamment, eftoient auffi farce Chariot, qu’onavoit garny de Citronniers, d'O- rangers, de Mirthes- & de Lauriers. Il y avoir du
moins cinq cens Citrons nouveaux, ôc autant d’Oranges
nouvelles, le toux attaché fur les verdures
de ce Chariot avec des rubans ’ mais d’une manière fi propre3quhlfembloit que ces Rubans ne ferviffent que^ d’embelliflement , & que les fruits foflèns: naturels
ajouté un très-grand nombre
d’OrançOes &: deCitrôns
confits 5 entremêliez avec
les autres de toutes fortes
de Confitures fechesy qui
peuvent eftre attachées,
Ce Chariot eftoit traîné
par fix Chevaux enharnachez
auffi de Rubans
& de verdure. Les
Cavaliers avoient pris auffi
l'équipage de Païfansj &
comme on avoit mis des
Refnes de taffetas de toutes
couleurs autour du Chariot^
ibfuivoientde chaque
Décembre. G
*4 t. .
coïté , tenant chacun une
Guide d’une main , & une
Houlete de l’autre. Douze
Hautbois , & autant de
petits Tambours, précedoicnt
le Chariot, & tous
eftoicnt habillez de verdure.
On arriva dans cet
ordre chez lePere des Belles,
qui ayant entendu dire
quelque cliofè de la Partie
quon devoir exécuter, s’ef-
- toit préparé à recevoir cette
belle Troupe à fonordinab
re,.c’eftà dire avec une trèsgr
an de mag n i fi ce nçe. Les
deux aimables Personnes
pour qui fe faifoit la Fefte,
avoient eu permifïion de
s’habiller aufîï en Païfanes.
Elles ne parurent pas moins
brillantes dans cet équipage
aux yeux des deux Cavaliers,
quelles leur avoient
paru d’abord dans celuy de
Chaflcrcïlès. Ils eurct quelque
liberté de leur parler en
danfant. La Collation fut
fervie, & en fuite un très-,
grand Soupe. Je ne fçay ce
qui arrivera du refte. Cette
paffion fait bruit, & ces fortes
de galanteries d’éclat
l'entent fort le Mariage. Si
...
> r1!1 %
» ï
j’en apprens quelque cho^
le ? je vous le fèray fçavoir*
&r vous nommeray alors les
illuftres Perfonncs qui ont
part à ce que je vous viens
de conter. En attendant,
jevous envoyé un Contrad
de liailon, pafle pardevant
l’Efprit ôc le Coeur, qui font
les deux plus zélez Min-if.
très dont l’Amour ait aç~
fCoutumé de fe ferviro
Tj Ardevant Motif * ’Miniflrcfr
JL de P Amour
Soarfigne^ réfidens dans i' 1fle
de- Cythere^
£t commit par ce Dieu dans cet
heureuxfejourr.
Peur recevoir avec ce caractère
Des fideles Amans les ferment fa
lefànels^-
'Et les unir apres par des noeuds
éternels.
de Thêmiï^
D'une fart^ &la fage charmante
lfabeÜe3
Sf irituelle encore fixe que b elle.-,
JEiUe du Dolfaur Dorimont^
Qui fait fa rèfidence au bas d&
fàcré IMont.
Ce Berger & cette Bergers^
Accompagiiïgde leurs plus chers
Se fini de leur plein gré Vun a
l’autre promis
Vnefoy confiante &fincere.
Et devant tous ont frefié le fer^
ment
De s'aimer éternellement*
Sous de commodes Zeix d'un heu^
. reux Eïyr/ienèe^,
Cet aimable couple d3Amans*
pour bannir toute crainte* & fuir
cent vains tour mens*
Ont par cet Aile uny leur def
tinée*
Et prenant déformais la qualité
d* Epoux*
En prendront* s3il leur plaifi* les
plaifrs les plae doux.
îP Epoux futur apporte à la Communauté
p'n ÿ'and fond de tendreffe& de
fincerité
Qu il areceude la Nature:
Sur ce fond qu'avec foin il afete
ménager. <,p * Et qu'en vain l'on tâcha de luy
faire engager*
El a Signe la Dot de l'Epoufe future.
'Itm* un autre fond de grand?
Comflaifane c,
Semé de Petits foins, mejlez^de
P elle-humeur,
Clos tout autour d'un mur ds.
Bienfeanee^
Et d1 unprofond F offé d? FFoneur?
C’eftld.de plue riche héritage
Qu il ait defes Parent reçcu pour-
Son -partave.
L a Future de fin coflé
'Apporte four fit Dot un grand
fond deSageffe,
Qui rapporte par fa bonté,
Pt beaucoup de Pudeur, &beau~
coup de Tendreffe^
LFaio pour nen point mentir, au
raport des Témoins,
La derniers n'y cr&ft qu avec £ extrêmes
fi ins.
1
ltm3 un ires-grand fond dlEf- prit.
Orné de beaux Difams ranges^ avec juftejfe^.
Pn. champ libre &facile à coucher par écrite
Qui naturellement produit lapo+ liteffe,
Et mille beaux talens quelle pof feâe encore
Qui valent un riche iréfor..
•Î2ASf
X’ Epoux. accorde à l*Epoufc qu*il> aime3
Par préciputy le choix-de leurs • plaifrs,
Et par m rare effet de- fon amour-' extrême 3
Lw foùmettant- jffqties à-fes^ defrs^ t
Lny permet de donner des fermes
à faflame*.
Pour ri avoir en deux corps qittinféal
ttzur&qnune ame.
pour éviter toute raifon de craindre
Certains reproches dépi ai fan#*
Et tout prétexte de fe plaindre*
Dont les nouveaux Epoux
renient cxemts^
D* autant que les Futurs en connoiffent
la caufe,
JD s l'an ^rjour ils ajoutent la
Claufe.
C’efl 4 dire que dans ce temps,,
S'ils ne font par l'un de l'autre
. content*.
GALANT. %
Car il vaut mieux alors fe quitter librement r
Qif attendre avec chagrin qu'un lugubre moment
Defiwifle deux Corps quun trift# J-Iymen affemble.
Sans doute l'on fera de merveilleux progrès r fficrets*.
Si l'on prévient ainfilet defordres Quefouvent l'imprudence ou l'inter eft fait naiftre r
Et pourquoi voyons-notes tant de Gens s'abuferl
Q'(ft quih ne penfe ni pas qu avant que sipoufir^
Il faut fe voir longtemps afin de fi- ■ connoiftre.
Signé. Clidamis &c Isabelle Parties.
Meliton & Ad amas, Témoins;.
Esprit & le Coeur, Notaires..
84 MERÇVRE
On a publié la Paix avec Hollande dans toutes r^^Mes Villes du Royaume;
. n ir ■
2^/^mais-cette Publication ne faite dans aucune avec pluS je pompe que dans Montpellier. Voicy Tordre qui y fut tenu. Six Valets de Confuls 5 marchoient d’abord à piedavec leurs Pertuifanes y fuivis de fîx Efcudiers à Cheval , en Ro bes rouges y & ayant leurs longues MafTes d’argent; Apres venoient bx Tronic petes auffi à cheval, fix Hautbois à pied 3 la grande-
A J A IV’T'
Bande des Violons , & fe
Tambours. Ils-.precedoient
les Huiffiers du SeneCchal,
quivenoient fuivis de deux
Greffiers en Robe & Bonnet
comme eux. Ces deux
Greffiers publièrent la Paix
dans tous les Coins & Carfours
de la Ville 3 -chacun
eftant découvert pendant
qu ils lifoient ce qui donnoit
tant de joye à tout le
monde. Le Juge Mage vendit
apres eux. 11 elloit à '
cheval 3 en Robe rouge &
enBon.net, à la droite du
Premier Conful, fuivy des
h
cinq autres Confuls 3 dans
le mefme ordre. Les Confuls
Majeurs ayant paffé
( on donne ce nom à ceux
de la Ville) on vit paroitre
les Confuls de Mer.
Ils avoient leur Chaperon^
& eftoient précédez d un
Timbalier vcftu de bleu. Je
ne vous parle point de la
plupart de la Bourgeoise
à cheval, qui fuivoir en
foule. Cette Cavalcade eftoit
fermée par les jeunes
Gens de la Ville, au nombre
de plus de deux cens5
tous très -propres 5 & encor
voient chacun un Tour de
plumes bleues 3 & eftoienc
ceints de magnifiques Echarpes.
Leur Chef marchoit
le premier, ayant le
Guidon attaché à ion cofté,
Les Armes du Roy & delà
Ville y eftoienc peintes. Ils
pafferéc par toutes les Rues
dans l’ordre que je viens
de vous marquer., faiianc
grand feu de leurs Piftolets.
Le foir, les fix Sixains qui
fondes Artifans, fe mirent
fous les Armes pour afiifter
auFeu dejoye qui fe fit de^
vantla Maifon de Ville 3 à
lafanfare .de tous les Inftrumens
que je vous ay nommez;
J & .au bruit de tous
les Canons de la Citadelle.
Chaque Habitant fit un
Feu devant fa Maifon. Il y
avpit des lumières à toutes
les Feneftres.? & jamais il
n’y eut une nuit mieux
éclairée.
Autre Marche qui s’eft
Cake pour la Réception de
Madame la Comteflè de
S^Vallier^ àla Ville qui pon
ucenom. Tous les Bourgeois
allèrent au devant
avec le Tambour & laMufete,
Le Principal eftoit à
leur telle. Ilia vint complimenter
à fon. Carroffe,
& en fuite toute cette Troupe
luy fervit d’e.fcorte»--Enapprochant
de Theinyqui.
eft une petite Ville à une
lieue de S^Vallier , elle
trouva quatre Compagniesd
Tnfanrerie qui la rallièrent
de trois ou quatre,
cens coups de Moufquet,
& qui formèrent une maniéré
d’-Arrieregarde dont
O
Décembre. H
JMErCVP^E
elle fut accompagnée dans
le refte du chemin. Elle
arriva enfin en un lieu nommé
Serve, qui n’eft qu’à un quart de lieüe de S. Vallien On la pria de s’v arrefter, & elle y trouva une magnifique Collation, quiluy fut fcrvie au bruit du Canon du
Chaficau, d’où Ton fit plu- fieurs falves. A peine fut- elle à quatre cens pas de ce lieu, qu’elle rencontra quatre autresCompagniesd’In- fanterie, qui la régalèrent d’une pareille décharge que les premières, & quife job
gnant avec elles 5* composèrent
une maniéré de petite
Armée de neuf cens
Hommes, Ils l’efcorterent
jufqu’à fon Chafteau de
S._Vallier> autour duquel.
P Efcadron/ d ‘ Arméniens
& la petite Armée firent
plufieurs décharges. La
Fefte finit par un grand-Feu
d’artifice 5 êc par quantité
deFufées volantes. Le lendemain
a la mefme Troupe
d’Arméniens vint (altier (a.
MaiftrefTe, luy fit pre~
fient de quelques Ouvrages
des Abeilles de leur Pais.
Je reviens à la Publica^
tion de h Paix.. Si- to ft quelle
eutefté Elite à Siumur,
M1 des Hayes Lieutenant de
Roy , reçeut ordre de faire
allumer- des Feux de joye.
Le jour qui fut choily pour
cette Ceremonie eftant arrivé,
tous les Ordres de la
Ville s ’ aïTemblerent dans
l’Eglile de S. Pierre. On y
1 T * chantale Te Devra, avec un
grand nombre de Voix &
d’Inrttumens , apres quoy
Trompâtes vers le Feu qui avoir eflé préparéqui fut allumé parMrs le Lieu» tenant de Roy 3 le Maire, & les Eclievins de la Ville,, Les cris de Nive lé Roy fe firent au/Ti toft en tcn dre. Les Canons du Chafteau- leur
répondirent 5 & à peine eurent-ils ceïTé de tirer^, qu’on vit éclater un Feu d’artifice. Mille Fufées vol-an te s-parurent en l’air dans le mefme temps, & finirent une Felle qui fut célébrée avec toutes les démonftra-
5*4' rions’de joye3 qu’exige h reconnoi fiance qu’on doit aux boutez que le Roy témoigne avoir pour fes Peuples»
On a fait auffi à Romo- rantin en Berry, de grandes réjouiffances pour la mef- meoccafion. Afin que tout le monde puft prendre part aux diverrifïémens préparez 3 & entendre les louanges du Roy , on fit drefTer un Théâtre, non pas dans une Salle,mais dans la grande Court du Chafteau. Les Portraits deSaMajefté, de
GALANT.
Son Alcefle Royale, & de?
tous ceux qui fe font signalez
pendant le cours de?
cette Guerre 5 en faifoienr
les ornernens,. Ils eftoient*
feparez par des Fêlions^ desées,
des Devifes &.
des Infcriptionsà leur gloire.
On recita fur ce Théâtre
plufieurs Poèmes en l’honneur
du Roy. Comme la^
matière en cftoit toute merveilleufe,
ilnc faut pas s’étonner
fi on y trouvoit à
chaque moment de juftes
fujets d ’ admiration. Le
plaifir qu’en reffentirem
I
les Auditeurs'fur fiiivy» de
celuy que leur c-au fa un
tres-beau Feu dartifice. Il
4 eftoi* t d'une hauteur fi extraordinaire,
qu'on n’en avoir
point encor veu de fem blatte.
Les Habitans en firent
en fuite devant leurs Maifons^
& les acclamations
de Vive le- Ray furent fi
qu’elles rendoient un fenfibie
ténioirnaçe de lato
to
xnour que ce.Peuple a pour
Je vous ay parlé trop fouoindre
'f'ntutHi /‘j'ai
t •? -- —
fes qui ont efté faites par
les Capucins du Louvre,
■L '
pour ne vous pas faire voir
leur Laboratoire. Je l’ay
fait graver. Examinez 3e
i dans cette Planche, ôevous
[ ferez coxivaincuë que ce
I n’eit pas fans travailler
j beaucoup, & fans fe donner
de grandes fatigues^
que ces charitables Peres
o ît ruéry tant de Fievres,
o j y
& tant d’autres maux pour
lefquels on avoit crû juf.
qu’icy que la Medecine
manquoit de Remedes.
ication des
-J
Pièces principales qui cornpofent
ce Laboratoire, félon
l’ordre du chiffre que
vous trouverez marque
dans la Planche.
i. Fourneau à Lampes,
dont on voit l’intérieur. Il
eft de trois étages, pour
contenir davantage de nuiras,
z. Deux Lampes, où il
y a.trois mèches, qui peuvent
contenir une pinte
d’Huile.
< 3. Plaque de fer blanq,
percée en placeurs endroits
, pour rompre h
Ti,1r'Tr
V/aL/iiM i • 99 jointe du feu des mèches.
4. Baffins de fer blanc, longs de deux pieds eu environ, & hauts d’un, demy, pour contenir les cendres où font Les .mat-ras figilles hermétiquement, comme l’on voit au chiffre j.
6< Regiitre fitué entre quatre autres, de quatre étages diférens, pour la graduation dufeu.
7. & 8. Quatre Registres fituez aux quatre angles ovales du couvercle du Fourneau,
Spatules, Crochets,
Pi '..
11 ÆT? ïoo ME
autres Inftrumens propres
^travailler autour des Fourneaux.
10. & n. Refrigerans de
cuivre, d’un ulacre ordh
naire.
11. Grand Alhanor de huit
pieds de long, fait à VEgyptienne,
ou Ton voit une
Tour double en dedans qui
partage le charbon dans
chacun desbaflîns qui font
aux deux coftez en ligne
directe 5 6c qui échauffé en
iïiefme temps deux autres
petits Baflins en flanc, qui
font deux Bains-marie 5 ou
Ion peur mettre deux grandes
Cucurbites avec leurs
chapiteaux.
15. Les deux Bains-marie,
où le feu eft gradué par les
Regiftres qui font triples
pour ce fujet.
14. Deux grands Bafïins^
dont l’un eft remply de
cendres, &: Faurre de fable,
pour des opérations diférentes,.
félon le génie de
FArtifte induftrieux. B. B.
B. B. Regiftres triples pour
la graduation du feu,
15. La grande Tour, dont
il cft parlé au chifre 11.
I iij
ïoz
16.
Couvercle de laTour? AA.cfpece d’Etuve propre à faire un feu de digeftion, qui fait l’étendue des grads Baffins 13. & qui n eft e- chauffée que par la Plaque de fer qui foûcienc les cendres , & qui communique un feu égal.
17.
Deux grands Refrigerans. D. Fourneau tour
d’une pièce qui peut fervir à faire un feu defiafionJ&'c.
18.
Grand Bain - marie quarré, où il y a quatre; grandes ouvertures faites dans le Chaudron, &: qui.
GALANT. io? paroiïTent à fon couvercle, où l’on met quatre grandes Cucurbitcs.
19.
io. &ii. Planches qui foûtiennent plufieurs Vaif- feaux de verre de diférente figure.
21. Robinet qui-monte dans le Laboratoire, & qui fournit de l’eau pour l’u- fa<je.
Je vous ay toujours veti rechercher les Airs de Mr deBacilly avec tant dé foin, que j’ay lieu de croire que vous ne ferez pas fàche'e d’en voir un de la compou
io4 MERCVRE fition de Mr Daniel, qu’il a ohoify comme un digne Sujet pour luy mettre entre les mains tout ce qu’il avoit de Gens de la première qualité à infmiire dans la belle maniéré de chanter
Vous fçavez,Madame, que peu de Perfonnes en ont une connoifïance auffi parfaire que Mc de Baçilly, & qu’il en a mefme fait un Traité fort utile à ceux qui veulent parler en public, àcauie des Réglés de prononciation, & de quantité de choies très - curieufe»
imentremarquées. Le choix qu ’ il a fait de Mr Daniel pour luy donner toutes (es pratiques , en. luy faifant époufer une de fes Nièces,, vous Elit connoiftre- qu’il eftoit fortement perluadé de fon mérite. Aufli celuy dont je vous parle eft-il dans une grande réputation foit pour le fond de la Mufique, foit pour la côm- pofition des Parties , pour le génie de faire de tres- beaux Airs, & fur tout pour la noble & am-eable exé- O
cution du Chant. Vous en
a notées.
AIR NOUVEAU*
IIjA7" vain voua tn ordonne^ dc
feindre
De l'indjfêrence pourvoua^
Pour tremper les laloux^
Que nous avens à craindre,
lorsque l'on jouit chaq»? jour
Des charm&s dcvojlreprèfence^.
1'1 eft malaife 'que V amour
Paroi fi de Pindifér-ence.-
Tandis qiie nous {ouïmes
fur la Mufique, il faut
Vous apprendre, Madame,
à vous qui en faites un de
dre? Lors quel’on jouit cha- que jour Des charmes de. voftre préfeti- ce, Il eft makayfë que l’amourï»a-'
/ •*
A Æ KIT* ^os plus grands plaifirs,, qu’on vient de faire graver une Table pour apprendre- en fort peu de temps à toucher le Theorbe fur la> Bafle-continuë. Elle fe vend
chez MjBallard,.fcul Imprimeur de la Mufique da Roy, & eft faite d’une manière qui ne là rend pas moins utile pourles Etrangers
que pour nous ,, en ce que la Mufique , fes Chi- fres, & la Tablature dont il eft fait mention dans cef
Ouvrage, ne diférent eiv aucune, forte , ny de la Mu--
fique 3 ny des Chifres, ny
de là Tablature duThcorf
rement en Italie, eri Aile
dont vous trouverez cette
4
Table difpofée vous perfuadera
aifément de la parfaite
intelligence qu ‘ il a de la
GALANT. K9 Mufique. Ledifcours qu’il y fait encrer, n eft remply que de termes qui luy font propres, 2c ce mefme discours cil éclaire y par des Exemples aifez qui ne laif- fent aucun embarras à ceux
qui ont les premières teintures de cette Science.
On imprime auffi un Traité fort curieux, & utile a tous les amateurs de la
Symphonie , par les premières ouvertures qu ’ il donne pour la nouvellcirv- •vention Françoifc des Saute ;eaux à Langue tes hnpé^
- -210
triales, perpétuelles 3 infa~
■rigables, non fufceptibles
?des inconftances du temps3
ny fuietes aux foies dePorc.
Languetes de bois &
.du plumage ordinaire eC
soient -d’une matière po,.
reufe & fragile qui lesaffujetifïoit
à de-grandes varie.-
-tcz j & c’elloit pour cela
qu’on les appelloir avec
beaucoup deraifon la fource
de toutes les fiijcttions
journalières & ennuyeufo
qui arrivoient aU'Claveffin3
&qui en dégouftoientçeux
qui reftirnoientle plus. Paj
î GALANT, iiï x k moyen des Sautereaux - ! donc- je vous parle ? cec ■i Inftrument va-eltré dans le
* •
| point de perfection, quia j cfté jufqu’à aujourd'huy I louhaité de tout k môde,ôc | inutilement recherché par les plus grands Maiftres de
| l’Arx, tant Etrangers que | François.
I nouvelle Invention rcgar- | de tout enfemble & la ••i
1 Symphonie & les Arts, le Roy a eu la bonté de lotu '5 *
j frir qu’on luy en ait fait | voirie premier cflay. L’uti- ] Uté non cft pas feulement
• »
w
♦ I
Comme .cette
112
fort grande^-caufe que ces
Sautereaux tout flables, &
qu’ils n’aflcrviflcnr point
aux fuj errions ordinaire s 3
mais encor parce qu’ils font
trouver au Claveïfin les
niefmes Cordes, & enfin
.une diverficé d ’ harmonie
ait ny augmentation ny
embarras, c’eflà dire, que
les Jeux doux -sJy rencontrent
avec les Jeux brillant
compagnera toute forte de
Voix & de Muflque Inftrumentale.
Il ferauniverfel
pour tous les Concerts
qu’on voudra faire, & l’un
des plus accomplis de tous
les Inftrumens de Muflque.
Nous avons perdu depuis
peu de jours un des plus
grands Hommes dans fa
Profcflion que la France
ait eu depuis fort longtemps.
C’eft le fameux Mr
de Nanreuil, auffi Illuftre
par fon Burin & par fon
Paftel, que les plus exceL
Decembre. K
lens Peintres de F Antiquité
Font efté par leur Pinceau?
& les plus renommez Statuaires
par leur Cifeau. Il
eftoit de Rheims r & eft
more. âgé de cinquante..
cinq ans. La plupart des
Princes de l’Europe ont
voulu avoir leur Portrait
fait de fa main en PafteL
Ceux qu’il a faits au Burin
eftanr publics y parlent af
fez à fa gloire 3 fans que j’y
Fhonneur de faire louvent
celuy du Roy ■ &c comme
ble? & que SaMajefténe
dédaignoir pas de ! écouter,
il lu y récita les Vers qui
fuivcnt, ua peu avant 4k
mort, pour luy demander
du temps fur un nouveau
Portrait qu'il entrepre^
noir.
AU ROY.
Près les Allions qui vütâ
./ JL couvrent de gloire,
Apres tant de Faits éclatant 3
ilmefaudroit^Grands Roy^donner
un peu detemps
Pour rendre 'voflre Image égale d
vodre Hîftoire.
On verrait dans les traits de P'ofirc
REajeflé .
J^ne Grandeur parfaite unie à U
Ponté j
Ce foùris fcharmant 3 cet air fi
magnanime
Ces mouvement caufezjiar un Ef
prit fubltme*
Pt tout ce qui compofe &fait voir
d la foie
J)ansunHomme,un GrandE-Pome^
& le plus grand des Rois.
Etâair pourquoy dans mes y ers
achever vofire Image?
Tantd* Ecrivains furmoy ri ont-ils
dextérité
2{e peut voue confia crcr d la Pof
ieritél
ï le me pu# bien vanter 2 brûlant ;
l d'angle extrême*
le fyty mon Art^ & faime9
' Ainft dans eeî Ouvrage on pourra
voir'un jour
Ce que peuvent enfèmble & l'adreffe
Cf l*amour.
Exctife^ ce transport*
moy* Sire^
Ce qu'un Sujet fidele.a bien oje
vous dire.
Tous les Princes qui connoifTent
les beaux Arts, &
qui les aiment, avoient
beaucoup d’eftime pour
Mr de Nanteüil ; & Moniteur
le Grand Duc entretenoit
le SrDominique auprès
de luy\, afin-qu’il api
prift quelque chofe d’un fi
grand Homme, & qu’il pull
un jour faire honneur à la,
Tofcane. *
En attendant que je puifiè
m’acquiter de la parole que
je vous ay donnée de vous
entretenir à fond de l’etablifiement
des Invalides,
y ay à vous apprendre la
mort de M^D.ormoy, qui
eftoit Gouverneur de cette
Maifon. Moniteur le Mar-
/^^//zrqiiis de-Louvôys' l’honoroit
d’une eftime particulière.
Çctw- Place a-elle remplis
par M de S. Mar tin, C’eft:
un Employ qui demande7
un Hem me qui j oigne
beaucoup d’intelligence à’
de grands-' ralens pour la
r
Guerre car quoy qu il n y
ait point d’Ertnemis à redouter,
ny de Siégé à craindre
il faut neantmoinsavoir
autant de prudence
que de conduite, pourgou-’
verner un grand nombre
de braves Gens qui ne font
là que pour avoir eu beaucoup
de valeur & de courage.
Mr du Tronchet Con-’
i2o MERCVRE
fèiller honoraire au Parlement
,& Frere de Mr du
Tronchet Préfid en t au x
Enqueftes, eft mort aufiy.
Cette Famille a toujours
efté fort eftimée 5 & avec
beaucoup de juftice.
Je ne puis finir cette matiere3
fans na acculer inoy.,
mefnie d’avoir fait mourir
[
un très - galant Hommes
qui eft encor plein de vic3
& qui mérite fort d’en
jouir longtemps. C’eft Mc
i Canon
I
Canon qui nous fit perdre
M de TurennCj mais il eri^
fut quitte pour cela; & ce
fut luy, & non pas fon Fils^
qui n avoir que vingt '& un
an quand il fut tué., que Sa
Majefté honora. du Brevet
de Marefchal de Camp.
Quand je fais des crimes
de la nature de celuy dont
je m’accule , j’ay toujours
quelques Complices, & ce
font, ou ceux qui n’ont pas
efté allez bien infhuits des
nouvelles qu’ils me donnent,
ou ceux quis’expliquent
fi peu. intelligible.-?
Décembre, L
ir? MFRCVPF ment, que le feus de leurs Mémoires paroift tout contraire ace qu’ils ontdeflein de me faire entendrc.Quoy quil en foit, il eft certain que Mr de S.Hilaire vit encor, & je le reffufcite avec grande joye, apres l’avoir tué fort innocemment.
Puis que je fuis devenu voftre Hiftorien, je ne doy pas vous parler feulement des chofes qui arrivent de jour en jour dans le monde, mais encor de celles qui font tant d’éclat, qu’il y auroic de l’affectation à ne
vous en point entretenir- La nouvelle Comédie qui paroift depuis quelque temps iur le Théâtre des Italiens eft de ce nombre.
Elle eft intitulée la Magie Naturelle.) ou la Magie fans Magie. Je ne vous en puis dire autre chofe^finon que c’eft un Enchantement.'
On y vient en foule. Chacun s’en demande la ration y 6c court où il voit courir les autres. Tout le
monde y rit; les uns, de laPiece; les autres, de voir tant de Rieurs, & peut-
L ij
124 MHRÇVRE ©ftre les Comédiens rient des uns & des autres. Sans la maladie de M1 de LuUy qui a reculé l’Opéra nouveau qu’il nous doit donner cet Hyvcr, il auroit bientoft fon cour, <3<r je ne doute point qu’on n’euft peine à trouver place dans la Salle du Palais Royal. Les Triomphes de Belle- ro-phon en font le Sujet, La viâroirc qu’il remporra iur la Chimère 5 compofée de trois Monftres diférc-ns, ! eft une de ces fùrprenantes actions qui n * appartiens
hent qu ’ aux plus grands
Héros. Nousn’auroslaReprélenration
de cet Opéra
que dans les derniers jours
du Mois prochain. Quelques
Perfonnes qui en ont
entendu repérer les premiers
Afl.es, m’ont parlé
fi avantageufement de là
Muiique, que je ne doute
point qu’elle ne foit le
Chef-d’oeuvre de de
tz^MERCVïLE
■ f Moliere a fait auffi
une manière de petitOpéra
qu ' il donne en concert
chez luy tous les Jeudis depuis
fix femames, Les Aflemblees
y font toujours
plus Illuftres que nombreufes,
le lieu eflant trop
petit pour contenir tous
ceux qui viennent y demander
place. Les Vers en
font naturels, co.ulans, &:
propres à eftre chantez.
Andromède attachée au
Rocher, & délivrée par
Perfée , en eft le Sujet,
Cette malheureufe Prin%
GALANT.' 327
’ ceftè eft reprefentée par
< Mademoifelle Itié, Fille de
t
; Mr Molière, qui chante avec toute la jufteflè pofîi- ' ble. Mademoifelle Siglas, qui Eut le perfonnage de la Mère . entre dans tous les motivemens de la paft lion, &r conduit fa voix avec beaucoup d’agrément. Perlée vient fecourir la Prin-
ceflè. Il eft reprefenté par Mr de Longueil , un des meilleurs Maiftres que nous ayons pour aprendre à bien, chanter, & qui fait les plus habiles Ecoliers. LaSym-
phonie eft agréablement
diverfifiée, félon les diférentes
-pallions qui fe doivent
exprimer. La merveille
de noftre Siecle, la
petite Mademoilelle Jaquier
y y touche le Clavef.
ce charmant Divertiïlèment
finit par un Air
que chante une Demoifelle
de Normandie qui a
la voix admirable. Il feron
.afliirément difficile d * en
trouver une plus touchante,
d’un plus beau fon, &
d’une auffi grande étendue.
Ce que cette Demoifelle a
'd’avantageux, c’eft quelle
eft faite d’une maniéré à
fç faite regarder avec autant de plaiïïr, qu’on en peut recevoir à lecoiïtér, Voiçy les Paroles de PAir qu elle chante.
f ~
>
A Mans* qui chérijfizjVGS chaînes*
Ne vous rebute^point.des peines D&nt les timides coeurs fi trouvent t#lit7777'•'Z' j
w ,,
Ei pour forcer les fîtes fuifians ' obfiacles*
Perfivere*^ P Amour eft le Dieu, des Miracles*
Vous vaincre^ tout, fi vous aime^
Ijo MERCVRE
II y a quelques jours qüê cet Opéra fut chanté au
ThfM.4.
Louvre pour .Madame de Thiange 3 en préfence de Moniteur le Duc} & de plufieurs Daines du premier rang. M.r Moliere re. çeut de toute cette illuftre
Affemblée les applaudiffe- mens qui luy font deûs à pour la beauté de fon Ouvrage, ôc pour le iufte choix O A f
qu’il a fait des belles Voix qui luy donnent tant d’agrément.
A propos de belles Vohç Mr tTEftiyal eft mort5. & k
grands Muficiens en fa
perfonne.
Feu Mr le Premier Pré-
{idem deLamoignon ayant
défendu paHonTeftamenr
qu’on luy fift aucune OraifonFunebre,
oh obéît F An
pafle à iés dernieres volontez-
mais comme on ne
fçaur.oi-t faire trop de portraits
des Actions d’un bon
ijz MERCVRE .
Bouts-de-l’an, ont foin cTe luy rendre la jaftice qui! s’efl refufée. 11 s’en fit un
au commencement de ce mois dans l’Egüfo des Mtu thurins, qui fut un témoignage de la vénération que Meflieurs de rUniverhré ont pour là mémoire. Son Eloge y fut prononcé en Latin _ admiré de tous
Z
ceux qui l’entendirent. Mr l’Abbé Fléçhier doit parler au premier jour fur ce fu jet. Vous fçave'z qu’il a déjà fait plufieurs Oraifons Funèbres, & qu’elles font au-
GALAÎMT 133
tant de Chef - d’oeuvres.
Ainfi on n’en doit rien attendre que d’achevé fur une fi belle matière. L’Article
qui fuit vous feracon- noiftre avec combien d’é-
♦ • *
loquence elle a elle traitée depuis un Mois par un des plus grands Hommes de la Robe.
*
Je vous ay parlé de l’ouverture du Parlement qui fe fait tous les ans le lendemain
de la S. Martin, par une Meflè celcbrée Pontifi-
calement, & qu’on appelle la Meffç rouge , parce que
tous ceux qui compolènt
cet Augufte Corps s'y trotu
vent en Robes rouges, qui
font leur habit deCercmonie.
Je viens prefentement
à l’ouverture des Audiences
jours ou trois fcmaines
apres. M'le Premier Préfident
en choifit le jour, &
comme il a accouftumé d’y
faire un Diïcours auffi-bicn
que le plus ancien Avocat
General, il y a toujours
une très-grande Aflemblcc
pour les entendre. Les
Ducs & Pairs 3 les ÇonGALANT.'
i Ceillers d’honneur, & les Maiftres des Requeftes , y ont des places marquées. Les Lieutenans Generaux, les Tréforiers de France, & les anciens Avocats,y en ont auflL Je ne fçay, Madame, fi vous fçavezla diférence qu’il y a entre les Confèillers d’honneur
dont je vous viens de-parler, & les Confeillers honoraires. Ces derniers font les Confeillers vétérans qui ayant fervy afTez de temps pour conferver leurs entrées , fe font défaits de.
4
leurs cnarges ; æ les v-on» feillers d ’ honneur font ceux qui fans élire du Corps , ne laiifent pas d’y -eftre admis en diférentcs occafions. Le Roy en donne les places , & comme le nombre n’eft que de fix, vous n’aurez pas de peine à croire qu’il faut un fort grand mérité pour eftre xhoify, La Ceremonie dont j’ay à vous entretenir fe lit un des derniers jours du Mois pafle ■ &: comme c’ef- toit la première fois quelle fe faifoit depuis que Mr 4?
GALANT. 137 .
Novion eft Premier Préii- /MtL&r,
dent, rAffembléefut norrv
breuie & illuftre. M1 l’Ar-
chevefque de Rheims, & Mrs les Evefques de Lan- gres 6c de Noyon, s’y trouvèrent comme Ducs 6c
Pairs, auffi-bien quèMr le
Duc de S.. Aignan. Plu-^\^r^ fleurs Confeillers d’ hon- p'z/trT;
neur 6c Maiftres des Re- queftes s’y rendirent aufli, avec quantité d’autres Per- fonne-s de mérite, detoutes' fortes de conditions, Si-toft
que M1 le Premier Préfï- dentfut entre, & que Me f-
D ccembre. M
fieurs les Gens du Roy
eurent pris leur place, Mr
Talon le leva & fit-un fort
beau Difcours. Il le commença
par les plaintes
qu’on failoît avec juftice
de ce que l’Eloquence
ne regnoit plus au Barreau.
11 dit, \Quil ne s'en
étonnait point y quand il
voyait que des Solliciteursd'affaires,
gÿ de jeunes Gens,
fi fiaifiient recevoir Avocats
au finir de leurs études y
quoy quils n’euffent jamau
lu que quelques Recueils
d’Arrefis-, é^ffils parlaient le
uaLaim f- 139 plus fib auvent fins fifitâjoir ce quils aw oient. a dire \ fins aucune grâce & fians politejfies 'Qifi ils étQurdiJfibîe-nt & in- térotnpoient les luges rml\ à propos , en parlant quand il ne le faUitpas , difint ce ad ils &v oient oublié de dire 1
quand il efioit necejfiire de parler. Il ajouta , Pfiue de pareils Avocats fie charge oient de toutes fines de Caufiex^ & avoient la crbnd nelle complaifiance de filât er les Parties qui leur deman- doient leur avis.. Toute là remontrance qu’il leur fit M ij
140 MERCVRE
fin de leur confeiller d
bandonner le Barreau,& de
chercher des Emplois pro,
portionnez à leur foiblefle.
Ils’adrefla enfuire aux Avocats
du premier ordre, &
dit, ■.Que c'efiaient de gêné,
peux Atletes qui
les Caufes publique#, & qui
voulaient bien eftre remis
dans le vray chemin quand il
leur arrivait de s'égarer. Il
les exhorta à continuer de
bien faire, & leur dit, Que
pour en avoir des réglés certaines
jls n avaientqu a écou*
ter ce quileur allait eftre dit
A
La maniéré donc il tourna
lachofe fit connoiftre qu’il
entc-ndoic parler du Difcours
que •M r 1l e* Premier
Préfident- avoit’àleur faire.
a
Il ajouta, gïu’ilfialoitfiproposer
des modeUes ? & choifir
toujours les plus récens
quand ils eftoient par fiait s,
De là, fans nommer perfonne,
il prit occafîon de
faire un portrait des Ames
du premier Ordre, 6c ce
portrait en donna une fi
haute idée, qu’il feroit maU.
aifé d’en trouver beaucoup
de femblables, Il fît voir2
142 MERÇVRE -jQue les Afiresnyavoientau^ cme part'cita pour lè prouver divers exemples de perfinnes nées dans un mefim temps y doé# l'hwne&r & les affilons avaient efté entière- ment déférantes 11 montra,.
le fimg efiait incapable de faire atteindre a ce haut degré de perfeffiton y &quep ï éducation y pouvait quel* que chofiè y. elle eftozt bien éloignée d'y pouvoir tout. La éotnparailcm du-Laboureur qui le coniumo inutilement à cultiver une terre ingrate, J&ns qu’il la puifle rendre
GALANT. 143 meilleureyfiu une des preu- ; ves qu’il en apporta. 11 ap- : puyaceraifonnementypouE conclure 3 djpeles Ames d^
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ç premier Ordre telles quil e-fè venait de dépeindre > Je de- voient toutes a elles mefine*? &fe mettoient au dejpts de l& deflihée. Il die enfuite, que feu M1 le Premier Préfident de Lamoignon eftoit du nombre de ces Ames toutes, parfaites, & fit un portrait de fa vie pendant les vingt- deuxansqu’il avoitpoflèdé cette grande Charge. Il s’é-
1 tendit fur l’établiiTement
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que. lès Pauvres luy de- /voientà Paris, & quiavoit efté caufe de celuy qu’ils avoient euenfuitedans toutes les Villes du Royaume, Il fît voir les foins qu’il avoir pris pour tous les autres Hofpiraux.il parla de fa dévotion qui n’avoit eu rien de faftueux, de fon extrême bonté, des abus auf- quels il avoit remédié par fa vigilance, des avis qu’il avoit donnez avec tant de lumières dans le temps qu’on avoit reformé h Juftiee, de l’autorité des
Evelques
GALANT. 14-v
Evefques , pour laquelle il
seftoir hautement déclaré
contre les prétentions imaginaires de Ceux qui lavou- loicnt affaiblir. Il fit enfin
une peinture de toutes les Allions remarquables de ce grand Homme, & ajouta, Que pour ïexaminer dans des images plus rejfemblan- tes , que ne feraient celles de Phidias quand il aurait ira- vaille d fa Statue , il fàlaie regarder ces Images vivantes dans ceux quil avoit laiffe^ heritiers de fa Gloire & de fan Nom, & dans fes Allian^
Décembre» N
une eSfece d'adoption. L’é.
loge qu il en fit en fuite fut
fi jufte, & fi conforme aux
veritez, quils donnent Heu
tous les jours de publier,
qu il s’attira les applaudit
femens de tout le monde.
modelles, il excita encor les
Avocats à redoubler leurs
foins pour devenir de
grands Jurifconfultes 5 &
enfin de grands Hommes,
puis que le Roy récompeniciit
le mérite de tour ce
qu’il y avoir de Gens dans
fon Royaume d’un mérité
particulier. Delà il entra
dans les louanges de ; ce
grand Prince , & parla de
ces merveilleufes Campapijesoù
il eftoit toujours en
i gerfonne,& qui finifloient
j avant le Printemps. Il dit,
{ J$uïl eftoit infatigable dans
I y travail, Sage, Prudent,
? ^Préveyant, & qu'il avoit
J unylafouveraïneRaifonavec
j lafowueraine Puijfance. Ce
; Panégyrique eut d’autant
plus d’approbation , que
I quelque avantageufement
5 qu’on puifle parler de cet
I N ij
AugufteMonarque,on n’en peut rien dire que de véritable, & que fi l’on manque à quelque chofe en le loiiant ,c’eft parce qu’il n’y a point d’Eloge qui puiflè aller au ffi loin que la vérité. Apres que celuy du Roy fut finy, M1 Talon d’une voix plus baffe,-&cTun ton plus familier, fit en peu de paroles un£ remontrance aux Procureurs , qui leur faifoit voir le danger où ils fe mettoient en négligeant de fatisfaire aux obligations de leur Employ.
Le Difcours qu’un Avot
cat General faifoit autrefois
en pareil jour, n eftoit
qu’un aigre récit des abus
i qui s'eftoient gliflez penf
dantJe cours de l’année, &
: ceux qui les avoienc comj
mis y eftoient aflèz défii
gnez pour avoir la honte
j icrve encor aujourd’huy
| quelque choie de cet anj
cien ufage, mais tout le
J pafle plus honneftement.
Les Per bonnes qu’on re-
N iij
t
MF R fVR F i J O 1 X Xv4
prend ne font point marquées. Les Dilcours qu’on fait n’ont rien de piquant, & font feulement remplis d’une éloquenceperfuaïive. Ainfi par les peintures generales qu’on fait des bons &. des mauvais Magiftrats, on excite les Juges àn’écou- ter que le bon droit des Parties , les Avocats à fe rendre habiles, & les Procureurs à bien s’acquiter de leur devoir. On va encor aux opinions comme autrefois,apres que F Avocat General a parlé, mais on n’o-
(
k
!
Difcours qui vient d eftre
fait - apres quoy M le Premier
Préfident, au lieu de
prononcer, commence celuy
qu’il a decouftume de
faire, & qu’on appelle Harangue
fort improprement,
à caufe du jour qui eft nommé
le jour des Harangues.
Tout fe pafla à l’ordinaire
dans cette derniere occaaux
opinions apres que
Talon eut achevé de parle r,
ôc prenant la parole en-
Niiij
yx TA
fuite 5 il dit le filence efioit necefaire.aux Avocats- <^fiil eftoit quelquefois aujfi éloquent que la parole j tvo&voittoujours ajfe^ toftle temps de dire ce .quon avoit refervé -r Jefije le fi- lence & le fecret aboient ePlé caufe des grandes Conque fies du Roy, & que ces Conquefles T aboient efté de U Paix 3 & en-parlant des longs dii- cours qui- eftoienc fouvenc inutiles, & qui ne figni- fioienr rien , il ajouta, <Quil ne faüoit pas prendre‘garde au nombre des flèches y mais
4
GALANT, ih a celles quifrapoient au but 3 Que les plus profondes Rivières coudoient avec lemoins, de bruit 3 J£ue nous avions deux organes pour tous les: fens y gÿ que nous n' avions que U langue pour parler. Il finit en difant, quun Médecin parleur efloit une féconde maladie. ■ - ■
Ce Difcours ayant efté trcs-court,nc pût avoir de divifîon -, & comme il ne fut cornpofè que d’un amas de penféesqui auroient pu fuffire pour un Difcours de trois heures, peut-eftre que
i54 MERCVRH je ne vous les rapporte pas dans le mefme ordre que ce grand Homme leur don- na en les exprimant. Je puis mefme en avoir oublié quelques-unes. Ce que je vous puis dire de certain, c’eft qu’il les fît paroiftre en termes choifis; & quil fe fervit d’un ftile ferré qui en augmentoit là grâce.
O O
Ainfi chaque parole avoit de la force,&: tout le monde , demeura d’accord qu’on j n’avoir jamais dit, tant de | chofes en fi peu de mots.
Si je mefle fouvent des
GALAHT- lyy Nouvelles de Turin parmy celles que je vous envoyé, vous ne devez pas en eftre furprife. Quand la magni- i ficence & la galanterie re- ■ gnent dans une Cour, on-a* ■; de fréquentes occafions de J parler de ce qui s’y pafle. i Ce font deux chofes qu’on | ne peur difputer à celle de S Savoye, & dont elle eft en j pofleflion depuis lôgtetnps. IMais quoy que Madame S Royale les y ait trouvées |établies, il femble quelles ^nayent jamais efté portées A au point où nous les voyons
J .5 A ‘-1
aujourd’huy parla maniéré dont cette grande PrincefTe agit en toute forte de rencontres. Mr le Nonce, &
Mr de Villars Ambafladeur de Prance,qui s’cft toûjours fait ettimer dans tous les
lieux où fesEmplois luy ont donné ’occafion de paroi- tre ,/ ayant complimenté Madame Royale fur le ré- tabliffement de fa fan té, ils en furent remerciez par des préfens, ainfi que les autres Miniftres Etrangers qui s’acquiterent du mef- me devoir. A votiez Ma-
GALANT. 157 dame, qu’il y a dugalant &: du. magnifique dans cette façon d’agir, & que lors qu’on fait d’une maniéré toute engageante ce qui n’a point de coutume d’eftre pratiqué,on ne s’attire pas feulement 1 ’applaudifle- ment des Peuples, maïs les coeurs de tous ceux à qui ces chofes deviennent connues.
LesDivertiflèmens continuent toutes les Semaines à Nimégue, & toujours avec grand éclat, chez Madame Colbert l’Ambaflà-
iV8 MERCVRE drice, qui s’y fait admirer chaque jour de plus en plus par la galanterie, par là magnificence, & par fon ef- prit. Vousnefçauriez croire jufqu’à quel point qlle s’y eft acquis l’eftime de tous les Ambaflàdeurs & Miniftres Etrangers mef- me de ceux qui ont toujours paru eftre le plus de nos Ennemis. Voila ce que produit le vray mérite. Il a des charmes par tout, & il ;n’y a point d’intérefts op- pofezquiempefchët qu’on ne luy rende ce qu’on ne
GALANT. i^9 luyfçauroic refuferfans in- juftice. Il eft vray que le nom d’Ennemy n’eft plus connu à Nimégue. On ny doute point de la Paix, &c peur-eftre ne finiray^je point cette Lettre fans vous apprendre la Ratification de celle d’Efpagne. Ainfi les A Semblées de plaifir s’y font avec un redoublement de joye incroyable. Madame l’Ambafladrice Colbert leur fournit un nouvel &: fort agréable ornemenr, par Mademoifelle Colbert fà Fille, arrivée depuis peu
à Nimcgue. Elle n'a encoî que fept ans & demy , & poflede déjà toutes les qua. litez du corps & de l’elprit qu’on pourrait fouhaiter diyisla Perfonne la plus accomplie, & d’un âge plus avancé. Elle eft belle, bien faite, joue admirablement bien de plulieurs Inilru- mens, danfe à charmer, & raifonne avec tant de vivacité & de juftefle, que Ç elle avoit quelques années davantage, elle pourroit cailler de grands troubles dans une Alïèmblée, qui ne fe
G A I A MT iA *„.!• I -- AT 1 5» £ • -LOx « . , < • tient que pour le repos de l’Europe. Ne croyez pas, Madame, que je luy donne
plus de louanges qu’elle n’en mer ire. La Gazece de
* * 4
I * f , ' '
Hollande-a rendu témoi- gnage d'une partie de ces verriez, & elle eft d’une Maifon à laquelle il fer.oir difficile de donner cous les
éloges qui luy font deus.
Mr de Barillon-Moran- g[s,Frere de Mc de Barillpn Ambafladeur pour le Roy en Anglecerre,eft Intendât de Juftice dans la Généralité
d Alençon. C’eft ce que
Decewbre. O
vous fçavez déjà. Vousfçavez
auffi qu ’ il eft infiniment
éclairé, & que les lumières
qui le rendent capable
des plus grandes &
des plus importantes Affaires,
ne luy oftent point
Cet elprit aile, fin & délicat,
qui s’appelle l’efprit du
monde. Mais vous ignorez
fans-doutequeMidame fa
Femme eftant accouchée
il y a quelque temps d’un
Garçon, certains Sçavans
luy portèrent des Vers Latins
de congratulation fur
cet Enfant nouveau né. M'
deBanllon les trouva très- ,.• bien tournez, & auffi Vir- giliens qu’on en puiflc fai- ï re, mais il ne pût s’empef- cher de dire que c eftoienc J des Vers Latins. UnFavory j d’Apollon qui efto-it pré- i lent ( jeluy donne ce nom fans le connoiftrc pour la q facilité de fon génieJ com-, ■JJ prit 1a penfëe de Mr deBa-: ■ ' rdlon, ôcl’eftant allé voir le
lendemain, il luy demanda, fi apres avoir donné aud ien- ce aux MufèsLatines,il vou> droit bien perdre auelcjue J temps à écouter les Fran- | O ij.
f
* *7
«*4i
• M
.1
trouve galant & fpirituel.
Chacun s’emprefTapour les
écrire. 11 m’en eft tombé
une Copie entre les mains.
Je vous renvoyé.
L’AMOVR
AU PETIT PE MQRANGI5.
J E viens aimable Enfant, vous
rendre une vifite^
M<y qui fuis Enfant corne vo&>
Cette faveur nleftpa^fetite^
GALANT,
■ Bien d'autres en feront jaloux 9 ..
' Car avec des Enfansjenemoemuft
guère.
Je veux des Gens un feu plu# avance^ ÿ
Maie pour vous jevous tàfiderer le connots Monfieur vofte P ere?. le penfe aufft jdil me connoit aH\-
Il craignoit d'avoir une FiRe,
. Elle neuf pas fi bien fouteau fa Maifon,
il
le le craigne# aufii^ mais par une rai (on
% *
Qui riefipas rai fin de Famille.
le fuis /’ Amours tel que vous me voye^
Pour moy tous les Mortels font fans a'j!e employez^-.
i66 /
A mefervir tout / ’Kntvers conf
V’ne Fille euft fans doute étendu
mon empirer
Eufi inijnre l3 amour maie pour le
féntir^nonj
J ’'aime beaucoup mieux un
Garçon y
Et qui le-fente& qui Finfpire,
J^ous voila donc au monde, hé bien
qu'en dites- vous ?
C*eft du hasard un effet
doux*
pafïc.
Si) comme on croit) vous aUei^
vous mefler
T)yimiter ceux de voftre Race^
Prélats, Amba(fadeursz.Gens de
Robe & d’Efée*
Héros de toutes les façons*
On verrait voftre vie affez^ bien
occupée
Afoûtenir sinfeul de ces grands
H oms.
fivG.uâ irmtczjufjues avoflre
Perss
A vont dire lewray* ce fe ra le meilleur.
Si le fang ne fai fit la moitié de
l* affaire*
Vous n’en fourriegj'amaia venir à
vofire honneur.
w
-K
Quand vous travaillerez^fur de f
beaux Exemples*
Du moins fouvenez^vous de wioy
de temps en temps.
Monfieurle Cardinal de
Bonzi eftant arrive à Mont
pcllierau mois de Novembre
dernier pour prcfider à
l’Aflcmblée des Etats Genéraux
de la Provt ince de ■
Languedoc , Mrs les Tré-
_ O 9
ioriers de France au-Bureau
des Finances de la mdme
Ville, .choifïrent M1 leBaron
de Pezene l’un d’eux,
pour faire Compliment a
Son Eminence de la paît
de leurCompagnic» 11 l’alla
£aliicr
quira de cet employ avec un applaudiffiment G general, que M1 Daguefléau Intendant de la Province, qui l’entendit, & quieft un des Hommes de France qui parle le mieux, dit en mef- me temps à Mr leCardinal de_Bonzi, qu’il voudroit eftre alluré de parler suffi jufte le lendemain à l’ouverture des Etats. Il y fit pourtant un Dilcours inimitable. Voicyles termes dontM de Pezeiie fe fervic pour fon Compliment.
tjo
XVÂ-O N S E I G N E U
✓
L'heureux retour de Voftre Eminence $ oblige noftre Compagnie a a;auewenirrendre fis très -humbles de~ <voirs* Sajoyt eft fi grande dans cette rencontre^qù il luy fimble que nous ne lafaiflns point afie^ paroiftre dans nos yeux & dans nos paroles. Il faudrait pour la connotfire parfaitement _3 que Voftre , Eminence pût pénétrer juf ques dans nos cættrs. Elle Us verrait tout remplis de cetiï
foyë qui fe fût bien mieux
fentir ? quelle ne fe fait exprimer.
Comme il -n en
jamais de plus fncere^avoue^
aujfi^ Morfeigneur^ qu'il rien
fut jamais de mieux établie
puis qu elle eB entièrement
appuyée furies belles & rares
qualité^ de Voftre Eminence.
Ce font ces belles & rares
qualité^ qui cuouss ont
quis l'cfilme de toute t Europe
dans vos diférentes Ambajfades
y & dans le dernier
Conclave, Ce font ces douces
Cÿ infirmantes maniérés > qui
Vous ont gagné les. ^volonte^
T^ÆIF k
J- / .£. *■ **V V i _^w*J
Cÿ les fuffrages de tous les Ordres de cette Province dans les Ajfemblées de -nos Etats ; Cÿ pour dire beaucoup plus que tout cela enfemble^ ç efl â ces dons que vousave% reçeus du Ciel, &} au:< importons jervices que l^ofire Eminence a rendus d la France-que vous efies redevable 'de la bîen-veiüance que vous
témoigne tous les jours nejhe L Augiïfb' Mai s Ire 3 le plus Grand & le plus éclairé Prince O t e , {
- qu e la Terre ait jamais porte. < Puijpe\ - vous joüir long ' temps, TMonfeigneur 3 de cm
h
K
L
if
»
■4
r
4 V
i. Ï73 glorieux avantages pwfi fions - nous avoir celuy dé vous donner fauvent des preuves de nos tres-^humblés refpefàs. Les occasions ne s'en prefinteront jamais ajfi^ tofl pour noftre impatience. Croyez^ le ^ sil vous plaiftj Monfèigneur: & voyant nos bonnes intentions qui ne peuvent échaper à voFlre pénétration , ayes^aujourdi huy la bonté de nous continuer , vos bonnes- grâces & voftre protections Nous ejperons avec confiance que vous nous accorderez ces deux grands
biens, puis que nous-vousles
demandons avec le dernier
empreftement 3.. & que nous
wous les demandons pour une
Compagnie qui eft entièrement
.dévouée a Koflre Eminence..
Mrle Marquis de Boujf
fiers a prefté le Serinent de
fidelité entre les mains dix
Roy pour la Charge de Colonel
General desDragons,
J aeftétres favorablement
reçeu de Sa Majcflé, Il revenoit
d’Allemagne 3 où il
a fervy avec beaucoup de
VJ
zele & de gloire. Le Commandement
de Fribourg,
& la Charge dont je vous
viens de parler, qui luy ont
efté donnez dans la mefme
année, lôntd’avantageufès
marques de la fatisfadiion
que le Roy a reçeuc de fes
lervices, puis qu’il ne récafîon
de fe .fignaler.
M‘ de la Bamne, Comte
de Montrevel, Marquis de
S. Martin & de Savigny,.
Chevalier des Ordres du
pour Sa Majefté de Breffe^
Bufeeay, Valromey, & Gex^
cftTnort il y a fort peu de
temps. Il a^oitépoufé une
Fille de MrÔJier> Sieur de
Nointel 5 & eftoit Fils aîné
de ML le Comte de Montreyel
> qui mourut de la
bleflure qu’il reçeut au
Siégé de S. Jean d’Angcly,
& de Jeanne d’Agouft de
Saulr. Je ne vq|s dis rien
de fes fervices s’eftoit
trouvé avec M lel Comte
de Montrevel fon Perc ail
Siégé de S. Jean d’Angely,
& depuis à ceux de Rovan
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• *
■;!
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T
■ GALAHT. 177 6c de la Rochelle , & aux Guerres de Lorraine & de Picardie. Ce Nom eft encor fort connu, aujourd’huy dans nos Armées, & je ne vous ay guère envoyée de Relations- oùvous ne Faycz veu employé.
On a fait à Breft réle- ction dun nouveau Maire
* depuisquelquesrnois.Vous^ {çavez que Breft eft ün’Poi-t auffi conftdéraWe qu’il y en p_ 1 /
ait en tom^ 1 Europe, & ou SaMajéTte a les plus beaux VaifTeaux, &-en plus grand nombre.. Cette éleéHon fe
GALANT;-179
s.Leger SigureL li eft d’Agen
proche de Bordeaux^
Homme d’honneur 3 magnifique
en tour ce qu il
fait 3 & qui n a pas moins
d’efprit que de conduite.
Le Jour de l’An eft celuy.
où la Réception du nouveau
Maire fe fait-.. On ne
doute point que celle de
Ml de_ JULÊger ne fc fafle:
avec tout l’éclat que demande
le Pôlbe où fon mérite
l’a fait entrer. La Cefont
réinonie en eft allez particulière.
Tous les Habitant
iRo MERCVRK
« ’
prendre fe Maire qui a fait fon temps, & en fuite ce luy qu’on a nommé pour luy fucceder. Ils ont l’un &
l’autre une Soutane de foye, une Robe de velours avec
des manches pendantes3 une Toque auffi de velours,
un Cordon d’or enrichy de
V
Pierreries, &dans cet équipage , ils marchent fuivis des Echevins & des Compagnies
de Milices, au fon des Tambours, de&Trôm- •petés,& des Violons. Apres une Meffc qu’on célébré folemnellement^ on s’ar-
refte dans une Place qui eft
devant le Portail de la principale
Eglife. On y trouve
une grande Pierre plate &
ronde, au milieu de laquelle
il y a un trou. Le
nouveau Maire y met le
talon, êc en mefme temps
cekiy qui fort d’exercice,
luy fait un difeours pour
luy faire connoiftre la con-
Pendanr qu’il luy parle,
l’autre a toujours le talon
danscetroLi, Sc ie bout du
pied levé, & iljne Ven retire
qu’apres qu’il.a prefté le
ferment de fidelité pour le
Tervice du Roy., .& pour le
.maintien des Privilèges.
Cela fait, ils vont tous à la
Citadelle, ou le nouveau
Maire allure Mr le Gouverneur
de fesrefpeâs. On le
remene en fuite chez luy
avec pompe, & il donne un
magnifique Repas. Les
Perfonnes les plus qualifiées,
& la plus grande partie
de la Noble&y s'y trouvent.
Le Dîner finy , on va
à la Mer jouir du divertiL
fement des Sauteurs. Tous
ceux qui fe font mariez depuis
crois ans, ou qui ont,
non feulement fait baftir
une Maifon, mais élever un
pignon, ou drefler quelque
muraille, font obligez de
fauter crois fois à la Mer. Il
n y a perfonne qui en foit
exempt. Les plusconfidérâbles
d‘entre les Bourgeois,
payent des Gens qui
fautent pour eux. Il a beau
geler, comme il gele ordinairement
ce jour-là. Les
Sauteurs ne ' laiflcnc pas
d’eftre en callcçon & en
chemile, avec des Efcarpins
blancs. & des Bas de toile.
•- F'
Celuy qui faute pour 1 e R auneCouronne furïa tefte. Le nouveau Maire, fùivy des Echevins, & de plu- .{leurs autres Officiers fe ■ Îïromene tout, le Jour par es Rues avec des Trompe, tes & des Violons. L’heure de fauter eftanrvenue. Mr le Gouverneur entre dans
!
un des plus beaux Navires du Porc. Les deux Maires & le Corps de Ville .l’accompagnent. Il y trouve les Sauteurs qui s’y font rejv dus auparavant. Le nouveau Maire a un Rôle, &
?
4
galant... ; I8r dans le incline temps qu’il nomme ceux qui doivent fauter, on les voit qui s’élancent du Navire. Il y a toujours quinze ou vingt Chaloupes preftes pour les lècourir, fi que Iqu’un d’eux eftoit en péril de le noyer. Ces Sauteurs font quelquefois au nombre de cin-
* ... I
quante ou de foixante\ & ce divertiflemenc attire-les’ Curieux de toutes parts; Apres qu’ils ont tous faute' trois fois, ils le mettent dans des Chaloupes. Elles- font armées-de dix oudou- Deczmbre*
Rond au bout d’une perche
qui fort par un Sabor du
Navire. Çettç perche eft de
douze ou quinze pieds , &
c’eft entr’eux à qui pourra:
emporter ce Rond. Les
Chaloupes vont fi vifte,que
la plupart tombent dans la
Mer. Celuy qui a ou plus
d’adreflè, ou plus de bonheur
que les autres dans
cette efpece de Courfe, eft
récoin penfe d’un Prix. Le
Rond emporté en décide.
Gn va en fuite fe mettre de
L
Nouveau à table,’ c’effi
toujours par la lanté dïi
Roy qu’on commence. Le
Feftin de la Mairie dure
trois jours, avec une égale
magnificence. Il y a Bal
tous les foirs. Quantité de
Dames de qualité en font
priées, & on employé laplus
grande partie de lanuit
à danfer.
Apres vous avoir parlé
de plufieurs Actions éclatantes
dans lesquelles l’efprit
de Mr l’Abbé Colbert
a paru, je luy ferois injustice
fi jenégliçreois de vous •
' O D
4 zd
-•XwJ
188 entretenir de fa pieté. Il vieht Me donner un grand exemple, en fe retirant pour trois mois dans le Se. minute de &Sulpiceï Quoy que fe véritable êfprk foit allez rare, une pareille pieté l’eft encor plus, particulier rementquand on eft en pouvoir^ ou de fe difpenfer de ces forces, de retraites, ou de ne les pas faire fi longues» Cette auftere régularité fait eonnoiftre que cet Illuftre Abbé fera tou*
jours gloire de s’afiujerir aux Loix du plus ievere de-
è
»
J
«
. r
mens tOtis^ Chreftiens qui
elloient la réglé de fes actions.
■ Il eut fous luy un
Preftre extraordinairement
,;. £elé 3/nommé Mr Bardoife.
lequel entreprit de porter plus loin lïnftruétion des Clercs, ■& tout ce qui regarde la Gléricature. Le Père Vincent, Fondateur <te la Million, jugea avan- tagëûïement de r inftitu- tion de ce Séminaire • &
comme il fongeoit unique' ment à tout ce qûipouvoit avancer le bien-de TEplife, il obtint de feu Mr
GALANT Gondy,.. Arçhevefque de' Paris y que ceux qui • vou- droient prendre lès Ordres,. fcroient une efpece de retraite pendant dix ou douze/ jours , afin qu on? pût employer ce temps à les inf- truire de ce qu’ils dévoient •fçavoir. On luy accorda pour cela le College des- Bons Enfansjoù ces fortes
J de retraites ont commciK 1 ce, & ou elles fefont conti- f nuées fort longtemps par les charitables contribua fions de quelques Dames,, ! &entr autres deMefdames
1
r
les Préfidentes GoufTaut & d'Erfe, Cette coutume s’obfèrve encor au jour* d’huy à S-. Lazare à chaque Ordination. Depuis, pour conferver le fruit que ces retraites faifoient, on a Cru-devoir ramafîèrles noir t I
veaux Ordonnez, & les tenir en Communauté. Celle de S.-Sulpice <^efté:une des premières. Les bien faits de U fl*™ /cu deKréwnvilliers ont j £ beaucoup contribué à-Té- ^j^tablir, Peu MrdêGondripy ^^^Mernier Archevefque de-
I
Sens ,en fut- tiré pour fur- céder
| GALANT. 193 z7 Iceder à M‘ de^Bellégarde/'A^-’ | fon Ongle, auïli Àrcheve£Att/**'' I que de Sens. Depuis ce | temps-là, prefque tous, les | Archevefques, Évefques,& 1 Curez,- ont pareillement | étably des Séminaires dans -1 les lieux de leur réfidénce, —4 • *
i pour élever des Clercs, & | tenir les Ecclefiafliques L dans leur devoir. ' <
. >
i Je vous envoyé un Ma- | drigal fur un langage qui 1 n’eft pas inconnu à beau- 3 coup d’aimables Perfonnes 1 devoftre Sexe. Il eft de NT ÿ Valette d'Ufés. Une Belle • Décembre, R
4
luy-avoir demandé des Leçons
fur çe langage. Voyez
s il peur eftre mis au nom.
bre des habiles Maiftres.
VQus le fcaurt^ Philis, ouy^
je veux vous apprendre
des yeux:,
Et de plus je m’oblige à vous le
faire emendre,
lufqu âmeàsfauter d qui l'entendra
mieux.
le puis,> fans mefater^ dire a mon
amoureux langage *
Et 4üe fivouevoule^pratiquti
ma leqen^
apprendrez^ bientoft cet aimahle
jarayii,
P’oim riezj que cela nevousfaffe
point iiret.
Q^ } verts le f^aurez^ Philip
dsrs //.? woment\
Et ws y eus. le pourront parUr élo~
quemment.
IPourveii que -vous faffiez^ce que
\eVay vous dire,
2l vMÎJàtit. ■.. ( mais au moins jy>
vais de b nne joyi
Ne prenez pas -tecy pour quelque
2d r ita</st émi f)
Il vous faut donc, Philis, pour
parler ta*i rt *
M'aimer autant que jewotts
aime.
Ces Vers ont afliirément
de la Rime & de la Raifon.
Ce font deux chofes qui ne
fe rencontrent pas dans
tous les Ouvrages qui échapent
à bien des Gens qui ?
veulent eftre Poëtes en dépit
des Mules. Vous l’allez I
DE LA RAISON
ET DE LA Ri ME.
LA RAISON.
V allez-vous fi vilteî
Vous feignez, ce femI
F
. fi
A
*
s • s
** ?r
»
%•
1
1
I
•î GA'LhMl. i^7 À LA RIME.
J^ous veule^raifonner ynais je ridy pas le temps.
Délirant de 'me voir toujours en \. *r
bonne eflime, le vay trouver les Gens Qui demandent la Rime.
LA RAISON. ù
Mais ne fçavez-vous pas que vous ne devez jamais ; vous trouver où je ne fuis ■ point, & que la Rime fans i la Raifon Fait une étrange ' figure ? j LA RIME. I P ourlant, quand je parois deffous | un riche habit, ;
\ H e penTc^ pas que je fois fans- ? crédita
R üj
LA RAISON.
Quel crédit, & quelle
eftimc- peut acquérir un
Corps habillé richement,
s’il n’eft point animé ? Ignorez-
vous encor que je dois
eftre lame de tout ce que
l’efprit de l*Homme peut
produire, & que voftre
éclat n’eft folide que quand
je le foûtiens?
LA RIME.
Si je rïallois jamais quen voftre
compagnie*
Jeparoifirois bien rarement:
U on ne vous trouve ou cefi
mal-aifément»
On me voit partir promptement.
LA RAISON.
Ah’ ne vous fuffit-il pas
d’avoir tenu jufqu’icy une
conduire fi licemieufe & fi
blâmab’e? Quelle démangeaifon
avez-vous de vous
donner a tant de Gens qui
vous def-iionorent, en vous
faifant feivir à leurs Ouvrages
impertinens ? Vos Parens
vous ont-ils donné la
vie pour une fin fi baffe, &
fi indigne d’eux? Vrayment,
fi dés le point de
T»-_ 4 • * R. lîij
v* oftre naiflànçe ils ne rous
avoient mile en nia girde,
Üs ne le leroicnr pas acquis
en leur fiecle cant de réputation.
Ils fçavoienr bien
que mon alliance faifoit
tome voftre force 5. & que
la Raifon triomphe le tout.
Ils jugeoient bien que voftre
beauté ne dureroit qu’a*
vec moy, & que fous quelque
habit que vous panifiiez
un jour, vous feriez ridicule,
fi je ne faifois moymefine
voftre ornement.
Soutenez donc mieux voltre
caraétere. Honorez daO
vantage par voftre conduite
la. mémoire de vos;
Anceftres , & mëprifant'
tous ceux qui ne s’attachent
pas à moy, laiflez-les^
vous chercher, ôc vous appeller
inutilement. Vous
les fervirez plus, en leur
refufant voftre prëfence,
qu’en vous donnant à eux
fi librement}. car, comme:
ils n’ont prefque point de^
commerce avec moy ,/ s’ils
vous voyent toujours à mafuite,
ils demeureront en*
repos , ne penieront plusæ
vous,,& ne produifantplus*
de focs Ouvrages, ils en feront
moins ridicules.
LA RIME.
Z a tentation d'ecrire
Mal- aifement feyuerit.
Si loin d'eux je me retire,
Penfez^ votes que leur Efprit
Efe veuille plits rien produire?
Ab! dans leur démange ai fin
Tl n eft rien qui les réprimé*
Et croyant vainement s'acquérir
quelque e^hne^
}ls écriront plutoftftans Rime &
■fans Raifon 9.
/ ur moy J je tiens cette maxime?
Que qui n'a la R ai fin, tout au
moins ait la Rime. I *
LA RAISON.
Que vous raifonnez mal,
ALANT- 20^
& que vous me faites pitiéj J quand je vous encens avan- ■ï cer fi hardiment de telles -1 maximes ! Quoyi vous vou- 1 lez partager le mépris & læ ï raillerie que s'attirent ceux' ; qui ne travaillent pas avec I moy , & vous ne fçauriez les j voir loin de ma compagnie,, ï fins eftre touchée en mef-
*
j me temps du défît de les foulager, & de vous trouver j avec eux? Certes,, j’admire l'emportement de voftre j tédrefle. Vous aimez mieux J fo iiil 1 er voftre lion ne ur,que j de ne pas tomber fous.leur
•• <.
t
204. ME
main toutes les fois qu’ils
vous cherchent.
LA RIME.
Qhacwra fon humeur^fa maniéré
d'agir-r
Je canfcTH que chacun s y tienne,
Mais je ne croy pas que la mienne
Doive me faire rougir.
Tantofl nous femmes enfembler
Tante/} nous n'yfommespas.
P'ous avc^beancoup d'"' appas *
T'aime fort qu on nous affembler.
J'en marche d'un meilleur pas.
Mais qxad quelqu'un ne le peut
faire,
Quand ce quelqu'un de moy feule
eft content,
Te ne vous en veux peint faire icy
de myflere^
le cours fnsvousTqui mi attend.
Qui vous a donc faicpren-
. dre des fentimcns fi con-
I traites à la Raifon? Ma
| force &mafagefTe ne pourront-
elles pas vous faire
f rentrer un peu en vous-
/ mefnie 3 pour voir s’il vous
eft permis de vivre comme
5 il vous plaift? Aurez-vous
j vous plus de çomplaifance
pour la Folie 3 que pour la
Raifon? Et quand la Raifon
vous fera connoiftre ce
que vous luy devez, &: ce
que vous vous devez à vous-
... .>•*»-* .t-> ■•>• c.»'r
4
méMERCVRE d’autres maximes que les fiennes? Y en a-t-il déplus folides & de plus véritables, ôc tout ce qui ne raifonne pas peut-il les combatte? Vous devriez plutoft me rendre grâces du foin que je prens devoftre conduite, 6c de f éclat que je répans fur vous, pour vous rendre aimable, & vous attirer les applaudiffcmens que méritent les belles chofcsj & puis qu’il eft véritable que je fais tout voftre prix, & que vous n’eftes rien fans moy, la honte de pa:
i GALANT. 20j I roiftre feule vous fiéroit | ;bien:?micux., que la liberté I que vous prenez fouvent de j vous placer en des lieux ou
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l’on ne m’appelle pas. LA RIME.
le vouo dois beaucoup je l'avou'è* Et c eft avec plai fit que la Rime vous Loue
Soit dit pourtant, fans vous mettre en courotix*
J^ous recevez, de mcy9 fi je reçois de vous.
Quelque éclat qui vous environ e9 Quelque beauté que votes fa file 7^ briller^
De mes defauts vous avezfieau ' railler y
lï eft certain air doux que la Rime vous donne,*
Vn certai&^gèment* certain je
ne ffty qu°y>
Dont une Ame eft charmée.*
Et qui fait, que je croy*
avecque majefté*
Mais non avec tant de mefin,
Par moy ftfquà vos pas tout en
vous eft compté.
JV’'eft il paj vray que la peinture
A plus d ’éclat & de beauté^
;Quandelle a Pornement d’une riche
bordure l
Approuvez^ s*il vous plaift* cette
comparaifn*
Et que par elle je m'exprime.
Dity* je dis hardiment qu on peut
nommer la Rimey
G A1- AN T- 209
, LA RAISON.
| Vrayment, il vous fied 1 Lien de vanter ce que vous J avez de considérable. Sça- jchez que ce qui fait voftre I gloire, & vous acquiert l’ef- kimede tout le monde, c’eft: ; de pouvoir m'eftre utile à j quelque choie, encor que vous me vendiez quelque- ifoisbien cher vos petits fer- i vices. Oüy, vous m’oftez alors plus que vous n’avez h’honneur de me donner; car fi mes fideles Amans jtous placent auprès de ^moy, quoy qu’ils ne vous
■ Décembre, S
♦ ♦<
*10 MERÇVRE
mettent qu’à l’undes bouts de monTrone, vous ne laif. (èzpasde me preflerllfort,, que j’en fuis incommodée, & melme vous faites en forte qu’ilelt des ocçafions où l’on a beaucoup de’peine à me voir.
LA RIME.
Pourvois mettre plus à voftre ai fi Vos Amans ne leur en déplaifa ’jM'e mettent quelquefois en un fort pauvre état.
Ils m ofient mon plus riche éclat3 £t me faifant voftre vihltme3 Ils font caufc quejevoy
'Sien des Gens s'écrier^ en fe rait tant de moy,
Riche Raifimftfr pauvre Rime!
LA RAISON.
Comme il n’eft pas né--
jCefl&ire que vous foyez
Ji dans le monde _ on ne doit J
; pas toujours garder tant de
l mefures avec vous • mais il
; n’en eft pas ainft de moy3
j de qui l’on ne peut le palier
î 11 l’on veut bien faire les
■ choies -, & comme je dif-
. tingue l’Homme d’avec la
Beftej il eftobligé indifpen-.
fablement de reconnoiftre
abufez vous donc, je vous
en prie, & ne vous eftimez
pas tanr que vous faites:;
auffi bien la Raifon ne fçauroit
eftre vaincue; elle feule
a des forces, du pouvoir, &
de la beauté, &tout cequ\
elle vous a dit eftant trèsfolidê
& rres-veritable,vous
ferez fadement, fl vous la
croyez. Elle n’a pas befoin
de vous; elle s’en eft paflée
durant plufieurs fiecles, elle
peut bien s’en pafler encor.
Mais enfin puis que vous
eftes au monde,.elle confent
qu’on ne vous en cliaf
fe pas, pourveu; que vous-
(viviez toujours avec elle, &
Jquernevous permette pas
] de demeurer quelquefois en.
^patience, & d’eftreun peu
plusrefcrvée, vousavezune
' infinité de beaux Efprits dâs
’ toute la France, & dans les
Pais Etrangers, qui vous
occuperont glorieufement;
& le Mercure Galant vous va
donner tanr d’Amans rai'-
fonnables,& bien nez, qui.
fçauronr nous unir enfemble
? 6c nous faire marcher
d’un mefme pas r comme
piufieurs ont déjà fait, qu’il
ne vous fera pas difficile
d’oublier tous ceux qui fe
contentent de vous feule,
& qui ont plus d’emprelfement
pour vous que pour
moy. N’ayez donc plus de
commerce qu avec mes
Amis, puis que c’eft une
necefficéquè laRailon doit
impofer, & que c’eft là lutrc
inceflàmment l’cRime'
& l’amour qu’on a pour,
vous dans le inonde.
LA RIME.
il eftvray que le Mercure
Me donneforment de l'employa
Mail quelque ewifley qu'il rue
procure^
le ne croy pa# çaqner furmoy
De fuirtoùjours la compagnie
Dont vous eftes bannie.
le comprens bien qu'aveque vous
le vaux beaucoup 0 je fuis plus
bette*
Et quil rieft rien defidoux
Que cette unionfidette
Que fon fiait faire de nousî
Que la Rime rai formée
Eft le charme de l'Efprit:
Mais ma mémoire eftfi bornée* '
Que /’oublie 'aifagitnt tout ce q^e l'on me dit. ... ..
•• ». v ; x ., -j.r _ ï * 'k > .• . • f ■/
Qüfi 'fiayreçeudevo&s un confèil- bïenfolide: ‘ ‘ ‘
le reiïa&e mesfient imens.*
JBt pour ne tomber plus dans mes çgaremens,.-. ,
le voudrais qu'il me put toujours tenir en bride;
Pourtant ne vousÿfiezjnat3
Je pourrais manquer de parole,
6Ï je vous promet tels de-fai vre w Vos.pad.
! Courte mémoire^ &téfiefiole 3
14 e feront aller quelquefois
.. Gù l'on neconoiftpoint vos loih Enfin ce que je puis promettre^ éditant que mon panchant me U
- ^pourra permettre,
■Çfefiqu'avec vous je lo^eray
Ls pltcs fiouvent que je ^ourra\’.
la
LA RAISON.
Vivez donc comme il vous
plaira, puis que je ne
f rien fur vous. J’ay cru. de-
* voir vous donner des' con-
I feils raifonnablêS) voyant
■i que vous en aviez befbins
î & que vous ne vous mena-
; gîez pas bien. Si vous aimez
! mieux la liberté d’aller par
J tout fans Railon, que la glo»
; rieufeneceffitédemefuivre *,
toujours, que je voudrais
1 vous impofer, je vous abandonne
a vous-mefme. Me
trouvant avec vous, ou fans
j wus, j’auray toujours mes
Décembre* T
2iS MERCVRE
» ♦
Admirateurs, 6c mesAmis; au lieu que vous n’en aurez jamais , au moins de ceux qui fçavent donner le prix aux belles choies, que quand ils vous verront auprès de moy- car de vous eRimer ailleurs qu’en nia compagnie, c’eft lé rendre ridicule , .& fe moquer de vous. Adieu. Vous allez
trouver les Gens qui demandent la Rime fans la Raifon,contentez-les bien, J’auray le plaiftr de bien rire des uns 6c des autres.
JMc manquez pas cepen-
? i
i""' À ï A > -Tn
dant de venir auffitoft que je vous appelleray. Celuy de tous les Roys qui m’aime le plus ( vous en- ; tendez bien par là Lpüis i leGrand ) nous a fourny ’àl’une & à l’autre une ample matière de travail. La Guerre & la Paix qu’il a feeù fi bien faire, ckman dent que nous nous joi errions hanter fa gloire & fa vertu par toute la Terre. Nous avons déjà coinrneru j ce - achevons mieux/i nous 1 pouvons.
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LA RÏME.
aime bien cegrâd Monarque
11 me loge avec vous dans fa bellè
Maifon 5
Etc? qui en luy chacun remarque^
C'éft qu'il entendRime&Raïf^
On a fait Réponfe à U
Lettre que je vous ay fait
voir des Per,es Capucins du
Louvre, fur la mort de M1
Carpacry, C’eft une efpece
de Procès dont on nie
met les Pièces entre les
mains, & il eft jufte que
je vous communique les
raifons de l’une & de l’au-.
tre Partie. Je ne change
rien aux termes. S’il y en a
quelques-uns qui ne vous
paro-ifïènt pas aflèz adoucis j
vous les devez plûtoft imputer
à la chaleur du rayonnement
, qu’à aucune envie
qu’on.ait eue de chagriner
les Intéreflèz. Apparemment
les Capucins réNT1
d :u n e
k
Ecrits à fon Amy, fur
Pcres Çjw'jcins _du_ _ __
pkvcé dans le Mercure Galant d
Mois cL- Novembre.
la, Lettre des
Louvre . en?-
tMl
GALANT.
inféré dans le Mercure Galant du dernier Mots > fait far les b&ns pères Capucins, fur lequel vous me demande^ mon avis. Fout efles trop -pénétrant pour ne pas rc- manquer que ces bons Peres ignorent à fond les grandes maximes de la Médecins ■> & les Principes de U bonne Phzlofopbie,-quils (e donnent tant d’encens que la tefle leur en fournc\ ne $ appercevanè pas qu'ils oublient les me fur es qu'ils devraient garder pour mi eux ménager leur réputation & Itw modifie , lefquels fur le fait de l*drt ne peuvent avoir rien de recom- wiandable, que /’autorité qu'ufuï- pent ordinairement ceux qui viennent de loin, pour impofer aux petits efprits crédules , a laplebecule, & aU‘X Gcn> qui tient par legoaft des--
- • • •
T inj.
bonnes chofes, & le difcernemefâ
dffegyfin délicat peur demeflerla
fourbe ma[quéc des apparences
de la vérité. il ne faut
quobferver de quelle maniéré &
par quels raifonnemens les bons
Pores fe difculpent de. la mort piemat-
urée & précipitée de M* Car*
patry, par la violence de leurs Re*
medes^ & la hardiejfièypour ne pas
dire plus yavec laquelle ils s*attribuent
? honneur de la guerifon ie
Monfiewrle Duc de Chartres.
<A l'égard du premier Chef le
fubterfuge dont fe fervent ces Médecins
du grand Caire ,efi fi greffier
quil nefe peut lire ny fouffrirfans
quelque efpece d'indignation^ lh
allèguent pour Rai fins péremptoires
, que les Médecins qui nont e/e
appelle^ qu à.I'agoniede M'Cffl*
i
n'*nt f&àtt & encormoins afiuré 5 qtà- '^rs Remedes 'ëtfifint réduit le Malade au déplorable efat où ces Meffieurs le trouvèrent, , l)snc leurs Remtdes notit pas tue '■ jtïr Çarpatry\ parce que les Me- détins ne l'ont pas dit. Cette con~ pfequence n'efl. elle pas bientirèe* ,' non feulement pour leur juflifica- V mi, w*r auffi pour lldprobati&n ;; de leurs Remedes 1 M quand ils la , voudraient fiutenir bonne, elle fi y détruit en oppofint le contraire véritable, puis que les Médecins qui font venus au ficottrs de P'.Açe- nifint y fini f refis dlen p a fier sPPe- £ pardevant F/staireffi Hon ne veut i pas fe c&ntenter de leurs affirma. . tiens publiées pari oui Paris \ pour détromper le Public qui pourrait fila fer firpr-endro aux Faits artfc
culez^par ces bons Peresavec tan
d'apparencede certitude. Le rai»
fonnement {vivant, paz lequel tfo
tirent une confequenceauffiinfailli,
ble que la première, efl d une phi.
lofophie tonte iïwdiere.. & qui n *
>. *• ; ?> -t
aucun raport avec toutes ces wa.
velles dont on seniefte fi atfêwcw
dans le Siecle où noua femmes
dans lequel on cherche l* abrégé des
longues études. p'oicyle raifonm*
ment de ces bons Pires. Si lew
Remedes avaient échauffé le
ladey les Médecins qui ont eft
at&ellegn'auroient jamais ordor.rù
le Pin Ente tique ^qui eft ttn Remette
brûlant rcaûftique- ^-gangrenant,
Ptprcs cette déctjton y juqezjde U
capacité de ce$~ bons Pores,
tranchent hardiment fur la qualiu
gf les effets d'un Remede qdd
GALAHT w font, jamais connu^ comme il paroifi- '^.vr la maniéré dont ils en parlent^ '■•nuis que toute la P acuité de Me- deciuc de Pans eft oppofèe à ce fin- liment prononcé en Maiftres farces S , lequel a efti confirmer ré par Arreft de la Cour^ les Commiffaires député-^ netttpo.ur entendre opiner Do fleurs d'une fi célébré ’dté, e&rcnt fait leur ra port*
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lu. Parler, îcîm les
xy« delivre Procès verbal de tout' r? qui s'efioït paffè dans cette Afi [emblée fi nombreufe, & remplie de tant de be^tix Pfèrits. L*'on en ■pourrait fyawiàr des no truelles plus à fond de Ml de Mauvifiain ancien Doyen de la faculté 5 lequel fie finir toutes les comeftatiora qui pouvaient jWMÇtr les Efprits fur- cette maiiere. dans le temps de fin..
Decanat : ce qui marque leur malice
ou leur ignorance ( fiufl'hon.
tieur de leur Qarafiere. ) il fau~
droit faire icy une Diflertation pow
leur apprendre les bonnes qualité^
du Vin Emcüque r de quelle ma.
nière il agift en évacuant les bn*
meurs rebelles ff opiniâtres^ quire
cedent pas aifément aux Remedet
ordinaires, ny mefme aux acides*
^Ikalf & Sels volatils dont on
eft prefentemeni fi fort entefié* que
!on croit me fine que fins eux il n'y
a point de Panacée à efperer, &
leur faire concevoir comment il
rafraîchit plùtofi qte il n’échaufe*
comment il faut expliquer la ch^
leur , que paraccident feulement il
peut caufer parles copieufes évacuations
dy humeurs atrabilaire^
érugineufes torréfiées, far les inGALANT.
zz? temperas des entraides, & 'particulièrement par les principales parties nuurricieres^dans les replia defquelles ces humeurs farouches y iadompta blés & brûlantes d'elles- mefines> & incapables d ’ aucune wilion, fe trouvent cantonnées^ le fi quelles ne fe peuvent détacher .& mettre en mouvement fans faire rejfmtir cette imprejfionde chaleur dent ils font empreignez^ laquelle n’eft caufée par le Vin Emétique que par accident, comme tl eft dit cy defpt^ non plus qu'une Fourche nefi point eftimée puante en fiyr parce qu'elle remue le vieux fumiery ou d'autres ordures corrompues, dont les halenées peuvent faire bien du de for dre : matt il faut remettre ces profonds éclatrcijfemens en d'aubes temps, parce que ce ne font pat
tites reflétions a
Pajfins au fécond Chef par le.
.■quel ces bons Per es prétendent que
la guérifon de le I)uc de Char,
ires eft l'effet de leurs Remtdes.
P eut -on pouffer plus avant la témérité
avec laquelle ils s'aitùhuent
l'honneur du fichés delà conduite
de Meffietm les Médecins]
Peut-tn fiuffrir la vanité & la
fréfemption de ces Médecins figurez^
en affûtant comme une verni
%tè
■du Prince leur en* avaient rendu
mille actions de grâces & qu'ils ne
peuvoient affez^ dignement les remercier
de ce qu ils avaient fourrq
m Remedefffalutairel Apres ceù
ne peut-onpooe demander à ces bons
-= T/A^
Jv 1 • 2JI
X '5'
& *
2 -ï. -
> . .5-1
>+>/} * •
\3
pcre> ce qu eft devenu leur pudeur?
£? °& s>£,ft retirée leur modefiie & t leur humilité dont ils fontfemb tant ; de faire profejfion i Pourra-ten a jamaie croire quels fuiffent dire la '■ verité-far la gucrzfon de M1 le T)_ac : de-Chartreslaquelle de ..cotifcjft'on t i
Ci.
J
| fPplipîS $ mejme par tous les Ai-
I
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44
i
f
maphobes&les pUisjures^ Ennemie braillards contre la Saignée. n'eft O ? J dette qtdd ce grand Rems de qu'ar- ûficteufement ces bons Pères ont teù &celi dans -toute la narration qu'ils en ont faite i Que préten- dent'ils aue P en oenfa de leur fn- t * *’ - ■J îtatc & de leur conduitapres un Poui/emeip (i crtmineil .Plais il f tres^certain que leurs Remedes avozent teGcmeat échauffé le Prin- ce, excité une (i violente fermentation dans Us humeurs^ & m mèteo-
MEKCVRE
que les.coï\n
vutâwj^ 'la difficulté de refaire^
si “5 •*■'** ’••*’" ■-’“• }
poufie^epit rllluftre Malade dw les dernières,.extrémité^ qui firent ah(oluw.cnî defiefierer de fon falut fi la Saignée relierée coup fur c^q jpfques.fi iroü fois ffi euft vifibl-^ ment arrache des b rat de la Mm
♦ * ’ ♦
ce jeune Prince^ que par une twf prompte crédulité on avoit aban- donné à leur conduite. il faut cfii fincere quand on écrit hift&rîque- ment un Fait 3 puis fier la nature des Remedesdifeourir par l'or^ne des Stpavans dans 1' Art5 quand sæ tien eft pas capable* & ne pas faire des comparaifons fi hors d? oeuvre,é fi peu applicables au fujet^ corne font ces bons Peres tant par celle de Michel-Ange & du .Lanter- nisr^ que par la P bioîe de verre à
w.
GALANT- 29? laquelle ils (biîhaitentle me foie degré de chaleur y & les me fines fores de l *eftom'aeh 3 afin-de prouver far la veuë que leurs Rëmedès ne défi tendent pas dans les boyaux & par confiéqùent qu‘ ils ne peuvent ja- ; inaiï ratifier aucune infikmation^ ny ' gangrené. En venté peut on fiouf- frir une telle expreffion &un rai- 1 fonnementfi- abfiurdc dans la bonne
Médecine l On ne peut'pas ic}< ré- 1 fondre à toutes ces efipeces d'extra- valantes, parce quil faudrait un ■: Volume pour les refuser à leurepli- ftfiona lî faudrait encor parler £ des Perfionnes un peu Philofiophes^ . ou du moins qui euffent quelque teinture des Principes de la Médecine. il fivffit de faire remarquer les beaux endroits de leur offrit & ' de leur candeur;
H> membre.
X
4
le ne puis encor obmeitre une'
autre vanité publiée dans le Mercure
Galant, d la confufon d'un
jeune Médecin qu ils ont nommé
2tâl fo , Doffeur de la Faculté
de Pans, pefiant trop confié
aux Remedes des bons Peres, il c%.
avait fait ufor à une de fes M&
lades travaillée d 'un ni firme dtpuis
longtemps s & apres quelque
trêve quelle avait ordinairement^
elle retomba dans des accès fins
violent que jamais f forts, qu
M1 le Lon^ defefpera de la pouvoir
tirer, comme luy-mefine I'a
publié dans fa Compagnie, qwq
e d ces bons
JPcres, pour les remercier, ff Itfi?
témoigner qu'il efioit charme de lâ
bonté & de P excellente de leurs
Rcmedes > civilii é un feu forte ptM
? <
* T ‘ : . ..
'• " £ / 5**J * *5 /<” /*> g*
i ‘V i • "J J
ÙH Docteur ■> fielleejlvraye^C'àT ces bons Peres ne font fa/ ficrufule dlimpoferà la vérité.
- Achevons d'examiner la preuve qu'ils avancent four confirmer Il infaillibilité., ou du moins l'excellence de leurs Remedes. Ils défait deux J
chsfès. La première qu9ils'ont oxery un Malade en Egypte, ce qui eft fiùitntf far la dèpofiticn ' d'un fe%l Témoin^ car il en coûte*- •toit trop four en faire venir flu- fleurs de fi loin. Quand cela feroit vray^fettt^ on légitimement ajouter foy d un Tèmoin qui peut cfre mendié? Et four quoy citer m Malade %yery hors de la Sphere des f:n- qutfies . s'ils ont tant fait de miracles à Paris ? Puis en fécond lieu^ ces bons Peres ajoutent pour fortifier leur preuve, qu'ils onf ftndsc
Vh
urminement) fait une infinité
belles cures y certifiées admirables
par quelques Médecins Provinciaux5
déveüe^par politique auxintereftt
de ces bons Peres r Mais
ce qui efl de certain > c efl que fi leurs
Remedes ont rèiifly en quelques
Personnes de ce Climat, an remar~
quera que ce ne font que Soldats*
.Laquais, Crochetewrs, ou quelques
rniferables Yvrognes, tombe^dans
les apparences de quelque maladie
confiderable a leur éçard, & qui
ïdefioit quel* effet de leurs excès
&. de leurs dèbauches^
Jefiay bien qu ils pourront ntf>b-
'jeÏÏcT qu*un Re-mede ne peut pas
farmer touj ceux qui en ufent, g?
cette obleplion efl trop -trivialepourne
s'y pas attendre, Maie quand
ils ont recours à une cri fin. faite
«
ANT. 2j7.
%gy?îe > & * une fécondé faite'
i Paris* petit- eftre aujjl fauffe que
la première f car toutes les autres'
■ fait desguerifans en l'air ) on petit
: réciproquement avec un \peu plue
de certitude leur oppofer cent pour
\ un qui (ont morts, gu lanquiffans^
très-incommode^ four avoir
:. ufë de leurs Remedes far leur bonne"
; fiy, telle que vous la pouvez^ conjure
par ce qui-eftarrivé cy - deffas,
■ M^.,1 S—a■-u--v-a £q>—e• ?. demeurant Rue
Tiquetonnt* ayant eu quelque ai-
■; ds de double-tierce* & ne fe trouvant
pas bien guery apres quelques
' qu'il eut perdu lafievre* veulut
pour plue grandefeùrété tfreon^
frmatian de fa guerifon, ufa des
' Remette de ces bons Pires, Auffi-
= tofla ftevte continuefarvint* & iliïMUTut
eiïquatre ou cinq jours par
7Ï> /Al ]M m ’V-’t
R H
i V I^-Uj
un mnfport au cerveau , (f une
alteration implacable caufee par
Il excès delà chaleur du Remeae
qui le confumoït* & quaucun n.
fralchiffement ne pouvait éteindre,
Idon en peut {savoir le detail par
JV1 loff&n Maiftre .ApoticaiïeY
dans'la Rue des lombards. Ip
Boivin de che\ Moniteur de Lw*
voys* & bon amy de M' -Carpatr^
eft encor dans un pitoyable état
pour en avoir prà. Pn -Revereù
Pere Minime-, Frere de Défi
ponty Payeur des Renies, en a
malade d la--mort pour en avoit
ufi fur la fin d'une ftmple fitwn.,
de laquelle il pcnfià? fè delivW
pltu vifie pwr cette grande panacée,
ftr lequel a efté plus de trois mois
à s'en remettre. Pn Particulier^
I GALANT.
Ecuries du Roy^qui n'en peutencor [revenir, Le Fils de Ml PqqueUq^. ' qui demeure Rue des Petits Chaps^ ■ croche S, Julien des Menefiriers,t, liïè feulement de feizg à dix-huit, "ans. qui depuis quatre mais qu'il en a pris a diverses reprifes, efi en- " cor aujourd'huy dans des retours de: fièvre qui n'ont aucune tcgle 5 ce qui fait foupçonner avec- raifon quelque maligne impre filon du Re-
■
wede dans la fobfiance de quelque ‘■f.nie qui ne pourra eflre formant ée que par la vigueur de la jetineffe.
par la longueur du temps > Et
■
fulieiirsautres^ dont le Catalogue Igra/firoit un peu trop le Volume :>.que l'an difere jpfou'au mois prochain à donnerait Public 5 invitant toùiours par avance ces bons Peres p tenir prsfis lents M-tmoires bien
àrconftancie^ des b elles cures qu'ils
ont faites d Paris 1 autrement ifo
courront grand rifque deftre bientoft
de la Cllffe des Abbez Faytft
SanguinMédecin de B&ufsfRabel,
^autres Gens à Secrets> $
fpcàfiques Gueriffeurs de-Cancers,
dont la vogue rieft que de peu de
durée, parce qu ’ ils manqueront
toujours de cette partie judiciaire,
fîit'ccjjaire pour F application de
leurs Remediï5 quand me fine m
conviendrait de leurs bonnes qualités^
Qu ils fouffrent donc que le
Public fe détrompe, & quon leur
ite une retraite plue co
àleurswceux, Qu ils s acquit entât
leur véritable ebligation, fp qüïh
entrent comme ils devraient'da^
nfamt
PefprU de la charité, en donnant t
au 'Public le ficret de leurs Rcni^ t:
dtiy ?V1
I
GALANT. 241 des> pour ne plus abufer de lafoi- J bleffe & de la crédulité des petits ;/ Efprits r qui fans difeernement en demandent pour toutes fortes de maux 3 & qu ils faffent cefjertant de dèptnfes inutiles ^que la-libéra* lité du plus granddesRoysria point voulu épargner pour le bien & le foidagement de fes fideles Sujets. Ils d ont, ny ne doivent avoir au- ; cun intereft à cacher ce nyfiere pour augmenter leurfortune^ maisfeule - ment pou r éviter de rentrer dans les devoirs de bons Religieux def-in- tereffiz, qui cheriffim leur condi- ( tion>& qui ne doivent chercher ■1 que la gloire de Dieu, le foula- : <cemenl des Pauvres, Voila. Mon- peur,quel eft mon [intiment fur ta conduite & les Remedes de ces bons Peres, qui fe trouvent bien mieux Décembre. X
dans un Louvre, que dans un
Convent four y pratiquer law
f'-Réglé.
Vous me fçaurez gré fans
doute du troifiéme Air non- ;
veau que je vous envoyé, j
puisqu’il vous donnera lieu |
de luire retentir la Hoirs f
O
du Roy dans voftre Pro-?
vince. /
A I R. | i’tt;* *
'^^Ollandsrs. le grand Roy qui |-
vous donne la Paixy
j4u temfs quil fe déformé
Efi f lu# fort que jamais- J
Il forte alors fa gloire en tindeÿ^
fafrémç? ?
lors fa gloU^ëëlf uir&-’-gré• - fiipreftnW<C^r-‘Xjuedàyreftç* : ul<A après Havoir/foûmissP^rroatfès-En-- nen^is,;oi^
Qu'àfe vain- cre qu’àfe vaincre luy mef- me? /me? ox? -nuv ril ’
GALANT. 249
Car que luy rejle-tàj apres avoir
fb lirai s
Par tout fes Ennemis,
Qijà je yaincrefoy me fine?
Cette Victoire qui afi peu confié au plus grand Roy que nous ayons jamais veu, ne fl: pas toujours fort facile àremporter. L’Hilloire que je vous vay conter en eft une marque. Elle vous fera connoiftre qu’une ai- : niable & jeune Perlonne a foufert longtemps , pour n’avoir pu fe rendre maif- trefle d’un fèntimenr d a-
* iVerfion qui luy a fait rejçt- r ’ x y
1 I
ter obftinément tout ce qui
pouvoir contribuer à-fon
repos. Elle eftoit belle,
Ipirituelle, denaifïance3 &
fous la conduite d’une Tante
qui en avoit pris foin
depuislamort de ion Perc
6r de fa Mere. Ses belles
qualitez luy attiroient fo?-
ce Soûpirans ; mais comme
elle n’avoit point de bien,
ils fe contentoient de foupirer5
& aucun d’eux ne
îongeoit à parler François.
Cependant fi ce grand
nombre d’Adorateurs e:abliffoit
1 ’ honneur de fa
iJ charmes , il ne faifoit rien
•| pour fa fortune. C’eftoit
j un Mary qu’il luy falloir, ce
| les douceurs qui luy ef-
'j toicnt contées de toutes
j parts , demeurant toujours
j tournées en douceurs , elle
\ paflbit des jours agréables,
J îcne voyoit rien de folide
i pour l’avenir. Pendant
■ cette inutile affiduité de
5 Proteflans, un Vieillard,
} crû fort riche, & faifanc
; allez bonne figure dans le
' monde, le trouve chez une
Dame à laquelle cette aimable
Perfonne vient ren
dre viflte. Il la voir, ii en eft charmé, & comme il na- voit point de temps à per dre, parce qu’il eftoit preffi de l’âge, il parle à laTante, offre d’époufer fa Niéce^ & la laiffe arbitre des conditions. Onpreffe la Belle. Elle réfifte. C’eft fcfi grand^Pere qu’on veut quelle époufe. L’inégalité des années luy donne pour luy une averfion invincible. Elle ne voit rien que de dégouftant dans fa perfon- ne- mais apres une longue réfiftance, on luy montre
t j
ï
GALAHT. 247 tant d ’ avantages dans ce farty, & on l’afïùrefipofi- dvemenr qu’il mourra dans les fix mois, que fur cette derniere claufe^ elle fe réfout enfin à en faire- ion Mary. Les grands mots fe dilent/ Le bon Homme efl:
*
dans des raviflemens ; incroyables. Il l’adore plû- toft qu’il ne l’aime ,&comme il ne Lt quitte prefque ; jamais, cet excès d’amour
✓
; eft un redoublement de
.s
i
*
. *
✓ ♦
J
. /
M
S
»
peines pour elle. Ce quelle trouve de dégouftantdans le Vit'illard, ne la furprend
X iiij
248MERCVRE
point. Elle s’y eft attendue;
& foufre puis quelle a bien voulu s’y foumettre : mais elle prétend que le terme de fes foufrances doive eftre
borné. Les fix mois fe paf- fcnt. Le bon Homme ne meurt point, comme on luy en avoit répondu, &il ne témoigne pas mefme avoir aucune penfée de mourir. Grand fujct de de- felpoir pour la Belle. Elle n’y trouve qu’un rcmede confolant. Il luy a promis delà mettre dans une opu- lence merveilleufe ; elle luy
t
A
Homme fournie autant
quille peut à fesdépenfes.^
Meubles, Bijoux, Habits,
Points de France ; c'eft tous
les*jours quelque achap-r?
nouveau. L’envie qu’il a de
s’en faire aimer le rend facile
fur tout ce qu’il’voit'
qu’elle fouhaire • mais {a-,
bourfe s’épuifant, il eftenfin
obligé de fermer l’oreille
à fes continuelles de--
mandes. Elle s’en chagrine,
& les refus qu.’il luy fait ne
s accordant pas avec U réputation
qu’il a d’eftre ri2.$
o MERvCVRH che, elle examine fes affaires , &: découvre qu’il n’a pas la moitié du bien qu’il s’eftoit donné. Rien ne la confole de fe voir trompée fur cet article. Elle ne peut plus effre maiftrefle de fa- verfion qu’elle a toujours eue pour le Vieillard. Les plaintes accompagnent fes chagrins. Les reproches fui- vent lès plaintes , & enfin l’obftination qu’il témoigne à le vouloir toujours accommoder de la vie,l’emporte fur ce que l’éclat où elle fe rélout va faire courir
»
1i
de bruits dans le monde.
»
vieux
1 Mary, & retourne chez la
? Tante dont elle le connoit «i
tendrement aimée, & qui
; apres quelques remontran.-
; ces inutiles, fe trouve oblige'e
de la recevoir. Le bon
Homme qui en eft paffionnémenr
amoureux, fe
defefpere. Il court apres
elle, luy dit les chofès les
plus touchantes pour l’obliger
à revenir avec luy^
prie, preffe, & toutes fes
prières ne gagnent rien.
Il la quire, & C-toft qu’il
réfléchit fur ce quelle vaut,
il conoit qu’en la revoyant,
il a pris un nouvel amour,
Il écrit, envoyé Meflàgers
fur Meflàtg? ers,} & tout cela
■inutilement.. La Belle de- ;
meu♦ re inflexible. Une de =.
fes plus parriculieresAmieSj ;
à qui elle n’a jamais refufe ■
aucune chofe, a beau luy
reprefen ter qu’ilvaut mieux
•qu’elle faffe aujourd’huy de
bonne grâce, ce qu’elle ne s
•fe-pourra difpenfer de faire ,
de main ■ que îi fon Mary fai:
la moindre plainte en Juitice,
J la Tante fera obligOée '
4
II*.
; de la renvoyer, & qu’ainu j; elle ne le doit point expofor ; au chagrin d’une contrain- | te qui ne luy fçauroit eftre : quehonteufe. La Belle n’é- ? coûte que fon antipatie. Il : n’eftaucune réfolutionqu- ï elle ne prenne plutoft que î de retourner avec le bon
•
f Homme, & elle protefte < déterminement que cela n arrivera jamais que dans ; loccafion de fa mort. Son J Amie traite cette protefta- tion d'emportement, l’aC ; fure qu’elle reviendra dans fon bonfens. & elles s’é- * >
254-MERCYRE chaufent fi "fort à foûtenir toutes deux ce qu'elles prétendent qui arrivera, qu. elles gagent enfin enfem. ble, Tune, qu’elle n’entrera jamais chez le bon Homme que quand il fera tout preil de mourir-, & l’autre, qu’elle ne pourra tenir longtemps contre fon devoir & (a confcience. Celle
qui perdra doit donner lui Diamant. Trois mois le
paflènt. Le Vieillard amoureux de plus en plus, écrit, envoyé les Amis, & ne peut faire changer de fentitncris
255
à fa jeune Epoufe. Enfin il
a recours au dernier remede.
Il fe mer au Lit, feint
d’eftre malade; & afin
qu’on le croye plus facilement,
il fait dire chaque
M
" r
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* %
4' S9
J
V
que fon mal augmente. Sa
Femme en eft avertie. On
la prefle de l’aller voir, &
elle ne fe biffe fléchir que
quand on l’affure qu’il eft
dans une telle extrémité,
quon ne croit pas qu’il
paflè le jour. Elle part contrainte
par les importunitez-
quelle reçoit, par- la
Mfi RG VRh bienféance, & par fes Pa, rens. Quoy que le Diamant qu elle avoir gagé luy rinll peu au coeur 5 ellenelaiffi pas d’envoyer chercher fon Amie, Elles vont enfembk chez le Vieillard, & ne voyent que vifages trilles en entrant. Onles conduit avec toutes fortes de marques d’affliétion jufquak Porte de TApartement du Malade. C eft un lilence lugubre, accompagné mefme de pleurs. Jugez de l’étonnement de la Belle. A peine a-t-elle mis le pied dans h
.1
ua-LAih' r- 25” j Chambre ou l’on avoit eu *1 *••,•-»>-' 1 . | ordre de la conduire., que 3 vingt-quatre Violons com- 3 mencenc à luy donner, un
Concert. Elle voit un magnifique Couvert prépare, la plus confidérable No- bleffe du Pais afTemblée, & le Vieillard , qui en fe g jettant à (es genoux , la Lprefïe avec toute la ten- f dre fié imaginable de (c vou- O
loir raccommoder avec Luy. d Tous ceux qui fontprcfens joignent leurs Pollicitations ï a les prières. L’attaque eft forte s & la Belle a peine à. Décembre. Y
la foûtenir. On luy donne le temps de fe remettre, & quoy qu’elle ne foit pas tour - à-fait rendue, on la trouve aflez adoucie pour efperer qu’on luy fera en. tendre raifon. On fert un j Repas des plus fuperbes, Son Amie prend place auprès d elle, la regarde , fe met à rire, &: ne peut s'etn- j pefeher de luy dire un mot ; du Diamant. Il ny avoit f rien de mieux décidé pour; la gageure. Le Repas finy, on propofe la Promenade, Le bon Homme,, qui apres
fa Femme n ’ aimoit rien
tant que les Chevaux, comj
mande qu’on luy en. amené
jun qu’il avoit acheté depuis
peu, & qu’il ne connoifloit
pas encor. Il le
monte pour faire voir i à h.
Belle que l’âge n’avoit pas
épuifé toute fa vigueur. Le
Cheval eftoit fougueux, &
il ne fe, trouva pas fl bien
gourmande par celuy qui
le montoit, qu’il ne l’entrainaft
dans un Etang, où
(il s’abatit. On s’y jetta
pour le fecourir-, mais quoy
(qu’on puft faire, le bon
Homme s’y noya, & on ne
l’en put retirer que mort.
Ainfi la Belle fut la caufe
innocente de cet accident,
&fe vit Veuve dasle temps
quelle avoit toutfujetd’en
defefperer. La reflexion du
Vieillard noyé, & noyé en
quelque façon pour ellejuy
arracha quelques pleurs,
qui ne coulèrent pourtant
pas fi abondamment, quelle
ne dem*andaft à ion
Amie ; à laquelle des deus
elle croyoit qu’il en duft
coufter un Diamant.
Je viens à d’autres nouvel
■GALANT. 261 les. On a tenu les Etats de Languedoc; L’AflemMée s’eft faite à Montpellier. ME le Duc de Verne iiil, Gouverneur de la Province, n’a pu s’y trouver. Quand le Gouverneur eft abfcnt/feft au Lieutenant General à les tenir. Ils font trois en Lan- guedoc,parce que laProvin- ceeft grade; & ces trois ont chacun leur Département. ME le Marquis de Calviflon eft le premier, Mr le Comte duRoure le fécond^ 6c le Marquis de Montanegre le troifiéme. L’ancien, ny
^2, MERCVRE celuy dans le Département duquel les Etats s’aflfem. blent, n'ont pas pour cela plus de privilège de les tenir. C’ell tour à tour qu’ils ont cet honneur. C’eftoit cette année celuv de Mr le
4
Marquis de Calviffon. Il ' .\ell de la Maifon de No-
■ s.5* gare t. & Lieutenant Ge-
O *
neral des Armées du Roy. On ne monte pas à ce degré fans avoir donné en beaucoup d’occafions de grandes marques de coura^ ge &de conduite. Il a elle Meftre de Camp d’un vieux
À T A x
uALaH l ■ 265 Corps. M' le Chevalier de Calviflon fon Frere com- mandoit toutes les Compagnies des Gardes à F Affaire de Treves. Il y fut tué en donnant des preuves d’une valeur extraordinaire. Madame leur Mere eftoit Nièce du Marefchal de Thoiras, & portoit le me Nom. Madame la Mar-
quife de Calviflon eft Fille de Mr le Comte de l’Ifle-
Marivaut, Seigneur & Mar- ---------- > t?
qvds de la Roue. C’eft la mefme qu’on admiroit il y a quelques années àParis5
MERCVRE
& que l’on ny appelloit que la belle de Marivaut, Nom qu’elle s’y eiloir ac. quis avec juftice. Pour rc. venir aux Etats, Mr le Mar. quis de Calyifïon , & N-f Dagueffeau Intendant, y ont expliqué les volontés du Roy. MLi’Archevefc|ue de Touloufe y a fait voir par. la Réponfe la foûmif-, fion des Etats aux ordres
de Sa Majefté) & par une diligence qui jufqu’icy avoir efté inconnue, Us Etats ont arrefté le Don gratuit à huit cens mille cens,
/
écus -, ’ce qui fait voir l’af- feétidn des Peuples pour noftre Augufte Monarque, & la fage conduire de M1 le CardinaldeBonzi, né Préfident des Etats comme Archevefque de Narbonne, l’un des plus habiles Négociateurs du temps, &connu pour tel dans les Cours de Pologne, d’Elpagne, & de Venilc. Vous remarquerez, s’il vous plaift.que ces mefmes Etats donnèrent
l’année derniere trois mil-
*
lions, 8c que le Roy pour faire goûter des fruits de la Dtcembre. " Z
r
I
deux millions quatre cens
mille livres.
L’ AïTemblée generale
des Communautés dePro.
vence s*eft aufli renne
Lamlbec eft le lieu qui a
efté choily pour cela. ML 1
Roullié Intendant de la
Province, y a expliqué les [
volontés du Roy. On y a
accordé huit cens mille livres
à Sa Majefté, laquelle
a eu la bonté d’en remettre
deux cens mille. C’eft Mr
%
; (emblée , 8c le mefme qui
| nous a enlevé la belle Ma- >
J demoifelle dcSevignÿ, qui
t faifoit un des plus agréaï
blés ornemens de la Cour.
M.rle Marefchal Duc de "
Navailles^uicommandoit ~ '
TArmée du Roy en Catalogne
, & quieft toujours à
Perpignan,ayantlaifledeux
Bataillons, & quelque Cavalerie
dans le Comté de
'* niions des Places du Rouf.
■ fillon, avoir envoyé enPro-
* r—v • » Z IJ
f
MERCVRE
vence toutes les Troupes
qui luy reftoient. On en
avoit mis trois Regimens
de Cavalerie dans Arlesmais
les Gouverneurs &
Confuls de cette Ville-là
ayant une entière confian,
ce aux boutez du Rov/ ,' luv4
députèrent M1 le Marquis
de Boche qui eft connu
de Sa Majefté par beaucoup
de fervices qu’il luy a rendus
dans fes Armées, fur
tout en ces dernieres Campagnes
à la telle d’un Régiment
de Cavalerie. Le Roy
qui connoilt la fidelité &
GALANT. h foûmiffion de la Ville d’Arles 5 reçeut favorablement la très-humble prière de M1 le Marquis de Boche. SaMajefté napas oublié le beau Monument qu’on a élevé à la gloire ■>. jentens 1’0 beiiique donc je vous ay envoyé la Figure , ôc qui a fait tant de bruit dans le Monde. Ainfi Elle voulut
bien foulager cette Ville de deux Regimens3 &Iuy laifïa refpérance de luy faire bien-roft la mefme
grâce pour le troifiéme. Le
Pere de ce Marquis, & tous-
Z üj
g
ceux de cette Maifon, ont
toujours efté fortement at.
tachez aux intereits de leur
Païs- & n’ont épargné ny
leur fàng y ny leur bien
pour le Service de l’Erat,
comme on le peut voir dans
FHiftoire de Provence de
Nqftra^amus , & de plusieurs
autres Hiftoriens. On
ne doutera point de la vigilance
& du zele de Hlluftrc
Député dont je viens de
vou s parler, quand on fç aura
qu’il a ’ déjà-obtenu- le
délogement du Régiment
quireftoit à Arles.
* Ml de Maran Lieutenant
Colonel des Fuzeliers, Se
Brigadier d’infanterie, n’a
pû refifter à une fièvre,
apres avoir fi fouvenc bral
vé les plus fortes attaques
de nos Ennemis,
Evefque. Entre les autres
honneurs qui ont eftc rendus
à {a mémoire , on luy a
fait élever une efpece de
Maufolée dans une des plus
272 ME R C VRE i
^yz^^confidérables Egîifès dé I- cite.■ctcJflr» T\2 C* T ^z/ffêri^ Diocele. Je vous eii| TS'j&^'envoyc la Figure qui vous I reprefentera. Tout-les ■*#*£*-5.7?-_ *1'1»
/<«££?•• corps de 1 Ouvrage eftoit i d’un Marbre jafpé rouge, J Le Marbre blanc avoit efté - employ é aux Panneaux du j pied-d’eftal, aux ornemensj & aux quatre Enfans qui h s’y voyeur. Les deux Panneaux de devant &de der~f riere avoienr des Inlcrip-s rions. Vous en pouvez liret une. Voicy ce qui eftoi« dans 1 a utre. Piis manibus R.R.fn Chr. Pat. Fi\ M’allie r
/ mr j ùj !, tj f i nui 11 h . f. < £ » !u LM MJ ‘1U l L! U-M1 1 p=
itiiiijiniii!irijirnninininnniHn!'JniniriHM<i' i ' '<i tin f niT.
t~ piedrde Roy
I
T c pitJrde Rpy
Tioujfiy , Trec. Dioec. : Epifî. Cap. Reg. EccL Trec* dicaz, confierai. Aux Panneaux des deux eoftez e£ toient des Baffe-tailles qui reprefentoient la charité, ôc h douceur de ce .grand Evefque.
Le nom du Pere de Belle- . mon,t Capucin ne vous doit paseftre inconnu , apres ce que je vous ay déjà dit de luy dans mes autres Lettres. Il continue à faire
éclater par tout ce zele aident qui doit animer un. Prédicateur M iffionnairev
& il fait de fi grands fruits
par fes charitables Remontrances
, qu’un Cavalier pc-
» mtent, luy a depuis peu
. ’ i 7 . r r
remjs volontairement en.
tre les mains une fomme
de deniers pour eftre reftL
tuée au Roy. Le Pere de
Bellernonc la porta àSaMaprife
de cette délicatcfTe de
confcience dans un Homme
d’épée. Elle abandonna
cette îomme au Pere pour
en difpofer comme il fcntendroit
en faveur de fon
Couvent-niais laRegk des
AMT. 2*7} Capucins leur défendant dé rien recevoir que pour une choie déterminée, le Roy eut la bonté d’appliquer cette Ibmme pour le Bâtiment de ceux de Con-
ftantinople que Sa Maj efté entretient, avec toutes les autres Ma^ons des Capucins Millionnaires dans la
Turquie, & dans les autres Pais Infidelles ; ce qui marque la grandeur du zcle de ce triomphant Monarque. J Nous avons depuis deux ans des Bains &des Etuves à ki maniéré des Romains.
ceux dont nous nous foin,
mes iervis jufqu’icy. Mr
Dionis Chirurgien ordinaire
de h Reyne, eft le
premier le lèul qui en
ait fait baftir à Paris. Quoy
qu’il air tiré fes premières
connoiflances des Bains
dont on fe fert à Rome, il
a falu qu’il y ait change,
ôcmefæe ajouté beaucoup,
à caufe de la diverfité du
Climat qui eft moins
chaud queheft celuy dltalie.
La difpofaion du lieu
eft riante y & iàtisfait fort
GALANT. 277 ilaveue parles Vales, Buftes, Balfias,PoEcelaines5& Peintures, qui en font les orne- mens. Ces fortes de Bains & d’Etuves ont tiré leur
origine des Levantins, qui ne reconnoifToient point d’autre Medecine. Les Romains «en. eurent connoiC
fance apres les Conqueftes qu’ils firent dans le Levant, & les ayant trouvez excel- lens & pour la fauté & pour la propreté , ils en firent faire plufieursl Rome. On y en a conlervé l’ufagejuf- quàaujourd’huy. Les Em-
278MERCVRE . pereurs melme en ont fait faire de-fi fuperbes pour leur fervice particulier, que EHirtoire nous marque qu il y eut jufqu à quatre cens mille Hommes employez
à la conflruition de ceux deDioclétian. On en voit encor les Ruines, ainfi que de ceux de Néron, de * a
Trajan, & d’Antonin, qui tiennent lieuparmy les An- tiquitez de Rome. Llcalie nous avoit fourny plufieurs choies que nous avons trouvées fort agréables ; les Opéra, les Eaux glacées de
-boutes forces de fleurs & de
| fruits., les Marbres, & mef-
! me placeurs maniérés de
i baftir -, mais Mr Dionis
i nous a raie voir que nous
] toutes fes raretez, en nous
â donnant ces maniérés de
•] Bains qui nous avoient efté
| inconnues jufqu àpréfenL
I Puis que vous eftes Ar-
3 bitre des Gageures qui fe
font faites fur les Enigmes
du dernier Mois dans quelques
Societez de voftre
fait naiftrefur les Explica.
rions dont je vous fais part,
Vous trouverez le vray Mot
de la première dans celle
qui fuit. Elle efl: de M" Gardien
Secrétaire du Roy,
qui n’a fait ces Vers que
pour rendre juftice au mérite
de Madame de Ranibey.
Vous vous fouvencz
que c’eft elle qui a fait l’EC
^^oîi-il donc w*èchetper faits
1 que je le devine %
Ce-n&ir & bistre agrément y
'Quifert aux Dames £ ornement^
moy qyà le premier chantay
origine ?
'cm en d re farter* dirait Qft qu 'il
y touche*
rfvecque fon Troitede fleursl
En vain il prendtnille couleurs*
Je le connoy fart bien* ceft une fin#
Muuchc,
Oüy Mouche* il efl certain j mai#
toute frètieufe.
Pour fa yrace & -pourfa beauté*
Et Ton peut dire en vérité
Que Ton n'en vitjama te de fièonïte
Faifeufe.
D'une iiïuflre Saphoynateplus belle
& plias fage*
Dont Tefpritfe fait renommer*
Elle eft te délicat & farprenanr
c Décembre. A a.
zSz MERCVM
Honneur de voftre Sexe, & gloire du Parnaffi,
Si de ces Mouches-cy voue laiffe^ choirfouvent,
Ne dites plue qu autant en em- porte le vent,
JS&m trouverezjjui les ramage Avec le mefine cmpreffemcnt,
< Que l'on ramafferoit le plus beau Diamant,
J’ajoûte les noms de ceux qui ont trouvé ce mefrne Mot de la Mouche. MIS le Chevalier du Terrië, Capitaine au Régiment du Roy à Ath; De Serival; HaucinTils d’u n Confeiller
■O- fi T A V5T o
1 ■ 283 honoraire du Chaftelet; De Lanonniere-JarrofTon-, Du Mcfnil -, Houppin le jeune; Fontaine des Ifles, d’Or- «* > leans ; Noiret, de Rouen-, Chantreau ; Des Avaris ; Des Rofiers, de Rennes ; Coufinet, Fils d’un Maiftre des Coptes de Paris; Raulï, de Rouen; Lelvlauvileu, de^Chauvcn ; Germain, de Ca ën; D eLonlay, de Valoi- gne; ( ces ïnTaerniers en Vers-, ) Bovcet, d’Orléans-,
/ < — —•* \ ? DeBermcour» de Tournay^ Nlefdern, Marie-Anne de S. Germain ? & duColom- A\i i|
284MERCVRE
hier -, & Mefdemoifelles de
S. Paul, de S. Cheron. La
Cotfe de tafetas* un Majque3
un Loup , &: un Manchon*
font d’autres Mots qu’on
a appliquez à cette Enigme.
Mr Maillet le Verd, Eehevin
de Troyes , a expliqué
ainfi la fécondé dans
fon vray-fens.
Efvant nnjour-Tirfis
§ur le fens qu* enfermait cette
Enigme. nouvelle*
26 a f-auvrepetite cervelle
En moins de rien fut soute en
defamye
n&i âKiT.
1 • ,z.uy
îe renferme fouvent une haute-
J r .r*
lageire.
Cela ni emharafait le plu* :
Maie Tifa fans tant di -fine(Te "Mil Mit d*un caip ledoigtdeffar Car ni 0 fiant ma Calotte, touchant la iefie^
Si la -chope dont tl s'agit
Couvrefauvet des Gens d'efprit^. Souvent au fff dit-if elle couvre:
4
une -Befie*
. r
Mr Maillard, du Quar- rier S. Paul ; Le bon Clerc,, de Châlons &: M' de JMan- fec , Srde Pontdouble, ont, donné le mefme fèns, le dernier en Vers. Les ancres
* s ♦
9
Explications ont elle' fur/^
Chapeau-, la-^Plume a écrire*
me Peau à couvrir un Livre,
la Mer, ôc un Tambour de
Bafque.
Ceux qui ont deviné l’une & l’autre Enigme, font Mrs Rouflel, Aumônier ordinaire du Roy, à Conchesj Panthot, Médecin ; Du Ry de Cliampdoré , Baillé le
jeune, d’Agen - De Bonng- camp , de Quimper De Bollaiii, Capitaine au Régiment de Picardie ; Du Val laifné, Médecin d’£- vreux ; Frolamt, Avocat en Parlement i Treblig, de
GALANT. 287 Villedieu -, D’Infré -, ÜAn- glois, de Pontoilè y & Mef- demoifelles de la Marinière
; Raince, de la Rue Chapon -, Fredmie, de Pon- toifei La Société Cloillrée
de Paris y Potier de Lange, de Compiegne -, Du Mont-, Les Darnes inféparables du Périgord- L’Amant def-in- terefle de Bordeaux -, Mef- demoifelles Rappé, Ma- ficq, Metoyer, ivielchin; La belle Joupeau de la Flbte en l’Ille de Ré -, &
Belamire amoureux. Elles
ont efté expliquées en Vers
par WleCoq de B.oirivey; De Lûtel, dé Sôiflbns ; Du Lamget, de Clermbnt en Auvergne ; De Lorne ;
mes le Fils, de Beziers; Maillet le Verd; -'L’Abbé de Sacy, de Ko tien ■ Chant- leu7 Dli Monc , Avocat à Chaumont-, Horde-, & le . Chevalier de-Lefie.
Lesdeuxnouvelles Enig-
*
mes que je vous envoyé, font-,, la première, de M1 le. P. Jâ-Tournelle', & Vautres- de Mr Taveault^ de Nuis en Bourgogne. ■
ENIGME
3 Ay longemfs fioûtenu ma
Mere,
Qui nia perdue en fi fiauvant.
l'ay des Soeurs àfoifion,fians avoir
un fieul Frere,
Ny rien quifaroijfic vivant*'
Mes Soeurs & moy pourtant nous
faifens des querelles
Qu on craint autat que lesDvels.
Z es traits quenotte lançons,s ils ne
fient pas mortels,
Engnd7rent des haines mortelles^
Fieres comme des Awazpnnes,
Nous nous attaquas aux Etats,
Et fiant nous mènagr aveclesCourennes,
Frondons Edits & Magflrats.
Décembre, B b
. AUTRE ENIGME
ne voit point dans
Z fe la Nature
là ff De corps plu# petit que
le w-ien^
l Et cependant je fait fi bien.
Que je fait pltte fécond qu'aucune
Créaturej'auroie
trop de fureur dans les
^rartdei ch fleurs h
Jd Hyver eft de fané pourmenteure
en ufaçf>
£\iy l'humeur fi piquante &l'f
prit fifauva^Ey
1 • 29!
t Que pires on me-chèrit, plus dnvetje
1 de pleurs. "■ iA
^J'âur f féru if de moypqu on nie j mette en pouffiere, ' z
. .
[Q/on employé à. me battret & la
*3 } * * i •
j î^/e^/Wp
[je nenferqy pas mains audaâcnfi 1 &fièrci
! Jtâalbeur aux Gens qui nie font { trop la cour.
r t
:
Mademoilclle Fredinie. Me Poncoile, a percé les ob- ■fcuritez de l’Fnigme d'Eu-, 'ûdice, en fnifiant .par ces
* ***** !|jVcrs Implication qu elle luy donne.
I Oüy^ j atiroy la ,
j De w efbe attachée au Meut* i '
I B b ij
/CBâf s
■ ï â. -
Ce dernier Mot eft le véritable
de'HÈhigme,
efté auffi trouvé par M"
Robert j de Châlons en
Champagne - üe_S_erival;
- Baillé le jeune 'Le Coq de
iB'piJHvey $ & Caité d’Anlçy
.. près de Dijon. ÔnTa encor
expliquée fur l ’ Echo, k
. Miroiry la Fumée > la Curiefité*
1*Eclypfi de Lûne9&U
Seau, Toutes ces Explications
o* nt leurs beautez;
. GALANT- 2,9j
mais à l’égard du Songe,' il
feroit difficile de rien ima-
• • 4
j giner de plus jufte. Plu.ton ! rend Euridice à Orphée, i avec defenfe de la re^ar-
■ dcr, quil ne loir entièrement lorry des Enfers; II marche. Il fait ? quelque \ temps violéce àfon amour, :< A.
mais a peine a-t-ilentre- veu la (ombrelumière que le Soleil fait defcendréjuf- quà l’entrée dé ces lieux de confufion & de tene- bres, qu’il tourne la tefte, & ccde à 1 ’ impatience de fçavoir fi fa chere Euridice Bb iij
le fuit. U la voit entraînée
par des Ombres, qui la ra~
mènent dans les Enfers.
Voila ce qui nous arrive
fouvent en dormant. Nous
joüiflbns de tout le bonheur
que nous pouvons
(ouhaicer.- Mille flateules
Images nous le reprefentent.
Le jour vient. Nous
ouvrons les yeux, êc cet
imaginaire bonheur s’évanoiiit
avec le fonuneil qui
Ta caufé. A vouloir pouffer
un peu la morale, il y
auroit icy lieu de dire que
GALANT.
fonge, mais je fuis preffé
de vous faire voir l’Enigme
& Hercule 6c de ■ Promethc?*
Ce ne font pas des noms
inconnus pour vous. Vous
fçavez que ce dernier ayant
dérobé le feu du Ciel5 fut
arraché au Caucaie, ou une
Aigle luy venoit tous les
jours déchirer le coeur. Ce
fuplice auroit peut - eftre
eftéeternel* auffi-bien que
celuy* d’Ixion J, de Sif/v 1o he.J
&de beaucoup d’autres fameux
capables, fi Jupiter
n’eu A aimé Thécis. Pro296
NinR CV kh faîte ïcônnoillance de l’a. venir< le: détourna de ce Mariage, enluy faifant dire qu’il avoit elle arrellc par les: Deftins, que celuy qui naillroit deJThe'tis leroit plus grand que fon Pere, Jupiter fe fouvenant de ce qu’il avoir fait contre Sa- türneyéçoufa l’amour qu’il avojtpris pour cetteDeeflc; & pour récompenfer Pro- methée, il envoya Hercule auCauGafe. Hercule tua l’Aigle, & rompit les chaînes de Promethée. Voila la Fable. Trouvez le Cens de l’Enigme.
; GALANT.<297
Il ne me fufEt point de ; vous avoir parlé de l’ouver- cure des Audiences qui le fait toujours un Lündy, quinze jours, ou trois le- inaines apres la S. Martin.
Il faut vous entretenir des '
»
■ Mercuriales. Elles ne manquent jamais de fe faire le Mercredy fuivant; on
; les appèlle Mercuriales par cette raifon. Comme Ces
•> t
fortes de Difcours font des
Remontrances , ils font caufe que tout ce qui eft Réprimandé, a pris le nom de Mercuriale. Les Gens'
90 ivi a v K
u Roy le tenoient anciennement
à l’entrée de la
Grand’Chambre & cony.
me tous les Confeillcrs y
dévoient paffer, ils prenoienc
ce temps pour leur
faire ces Remontrances■
mais cet ufage a efté changé
ôc l’on a étably les
Mercuriales, qui confiftent:
prefentement en des Harangues
publiques.
Mr le Premier Préfident
4
parle d’abord aux HuiC
Cersy. en fuite on va quérir
Meilleurs les Gens du Roy,
& il leur adrcflc la parole
K
en commençant par ces mots y Gens du Roy, Voicy à peu près ce que Monfieur de Novion leur dit la dernière fois. Il fît connoiftre, Qf apres avoir déjà parlé des avantages du Silence 5 il fèmbloit que ceftoit le bief fêry de faire une autre fisfbn éloge ; mais quil luy reçoit beaucoup de chefs adiré qui x pouvaient eflre d'une grande inftruïïion. Il dit en fuite,. Que le filence fit fi bien ob- jèrvé dans l* dréepage , que les Grecs en firent un P??- vetbe parrny euxs & que ce
?oo MERCVRE futdans cette célébré blée iqpte Caton parla avec tant de jufieffé \ & que fon Interprète fi rendit fi ennuyeux qu il donna lieu de dire que lesdifiours Romains partaient de U tefie^ & ceux des Athéniens feulement des Levres. Il ajouta, Que les Egyptiens ne -s'expliquaient ■ que par des hiéroglyphes. & que le laconifme avoit toujours eflé le cara&re de U plus vive Eloquence ; Qw Ltcurgue difiit que fon Peuple aimoit la brièveté, parce ■quelle approchoit le plus du
^GALANT 501. filence. Il dit encor, Que le filence efloit le langage du Ciel s Que le s Oracles avaient peu parlé ; Que Dieu mefine avoir blâmé U prolixité juf- ques dans la priere s & que lors que Moïfèeuft eu T a* ramage de conférer avec cette Msjefâé fapréme 9 il connut. quil a^oit, moins de facilitéâ. sfxprimtrfêftntit que fa langue efioit empef chée. Il conclut de là, Que ce quil y a de plus fablime nous-- apprend a peu parler? & finit, en dilànt^ Qg.il ne faloit rien obmettre de ne-
V
fI
admiré de naryoir rien dit
en ja'&ie dont il eut eu fifit
de Jl repentir.
Ce Difcours eftant &ny5
Mr le Premi* er Prcfuknt
adrefîa la parole aux Com
{ciller.^ & ayant commencé
par le mot, de Meffiewrs, il
leur dit, Que- fi le filence fi.
toit bierficant a tout le monde
, il l'-eSloit encorplus aux
MAgiftratsy donc lafiùffifiance
efioït connue ; Que VHomme
public ne devoir pat toujours
dire tout ce qud fipwoit, &
(“V; • T ~ T*'?"
jhlhNl' jo? devait toujours Jfisuoir ce
« quil eElc/it temps de dire ; C? que sdl ri ePioit pas m&iltre de fi langue y il eftoit incapable des grands Emplois. Il dit en fuite 5 Jfie le grand Parleur eftoit comme un Epileptique qui alioit tomber uù le hasard & U violence de fin mal le portaient Jfie la MafiiElrature estait une Mi- lices (fie U Viffàire fiiivait le fie et y & qu'on Ifibit d. ns H omere 3 que les Troupes Troyenncs qui marchaient À grand bruit j e Ploient toifi jours infortunées; tandis que
304MER.CVRE les Grecs qui tenaient leurs marches fecre.tes ,, rempor- toientdes victoires continuel- les. Il dit encor,Que ces rnej mes Grecs en ioüantlayalcur d'Achille y n aboient.pu donner une plus éclatante idée de celle de nojlre incomparable Monarque s Que tant de troupes unies contre les inter efls de là France5 narp oient pû autre choje que publier des dejfeins inutilesy pendant quil avaitfçeu Je prévaloir des avantages du Jecret y & quil av oit fait des prodiges de valeur. Il parla du fa-
7
• «
>*
: GALANT-'
; meux éloge qui fut\lônh.é : au grand -Capitaine; dè là ; Grèce, & die, Quil n\a<voït jamais paru d'Honrme qui ; fçeutt tant qui dift tâoini.
Il finit par ces paroles. En > effet, Mefffeurs, ce$l toujours î di^
1 üfonfejet, Èÿfoulent mefme i le fllence fait la répbfffe’ du
, r < * f\ •< > * J *
: Sage. ' '
Ceux qui m’ont fait part de ces deux Difcours ayant - une mémoire très heüreu’lei je ne doute point que les penfées n en foient beaucoup mieux fuivies qu’elles
Décembre, C c
des ouvertures des Audien,
ces.
Si-toft que Mr le Premier
Préfident* . e♦ •ut achevé de
parler y' M.! Talon fit un
éloge du Roy fur ce qu’il
ln ous *d onne tant ' d’occafions
de radmirer. Cet
Eloge fur fui-vy de trois Portraits,
donc l’un fut du Magiftrat.
par.ejjhtx y l’autre du
'üolu$tM.ux\t. & le troifiéme
i. ’
du parfit. Il appliqua ce
dernier à M” le Premier Pre-
, fident de Novion. Il parla
de ià vigilance, de fa grande
aflivité, de fon extrême application
aux Affaire s 5 de la
en avoit, 6c de la prompte
expédition qu’il procuroiü
aux Parties. 11 finit en difant
que fa prélènce l’em--
pelchoit de dire des chofes
aufquelles il fçavoit bien
que fa modeflie répugneroic,
6c en excitant tous les
Juges à l’imiter. Toute PAC
femblée fut charmée de cet
close, 6c la fatisfadion quelle
en. fit paroiftre fut urïe
marque qu’elle eftoit fortement
convaincue de tout’
. MERÇVRE ce qui avoit eftédità l’avantage de Mde Premier Pré. fident.
Je vous envoyeray au premier jour un Livre nouveau qui va for tir de là Preflè. C’eft une Diflèrtation fur un Voyage de Grece publié par Mr Spon. Vous y trouverez des Remarques fore curieulès fur les Médailles &fur les Infcriptions; & ce qui vous y plaira le plus, vous y verrez la Dcfenfe d’un autre Livre qui n’a pas moins efté de voftre gouft
O
<pie de celuy du Publie, k
*44 Tt' J?
* ?4^~_L Ifc
...... -......AJa
r: i-ri^&tLcftqu’aü-4«0Mt des bèauxjcKEsQ^ondoiLiuivrerardcmqueràmournous irif- pirej Mais désqueiïftéfe reï
w>**
. te II faut renoncer aux amours : £nrecompencç, -Si_tdft qUe l’Autoniies avaiv
r——^_
—a .-l «■ U» 1 j- 1 — •»••' « ■ 1 1 i|——
< de Bachuâ la bernois ; ■ ■ Vuider ên s’êveilîànt einq .oufix brocs de Vin,; Étiè^eftedujour^ëploy
fçachiosp? s’ileft foir ôumatin» Et le refte du jour s’éployer bot
GALANT. 3o9 parle & Athènes ancienne & nouvelle, que MrdelaGuil- lctiere nous donna il y a trois ans. On l’a attaqué. Vous examinerez fi on a eu railon de le faire.
On m’a envoyé un Air nouveau de Mr des Fontaines. Je vous en fais part. En voicy les Paroles.
AIR NOUVEAU.
E n'eftqu au retour des beaux jours
Q^Jon doit Jarure l'ardeur que l3 Amour nous in(J>ire.
M ati dès que /' Eté Je retire s
Il faut renoncer aux Amours.
En rèco'mpenfe\
Si-toa/t iq ue l9 Automne j’'-a, vance..?.
Zlfatit^poar célébrer de Bacchtrs
la mémoire r
ou fix
Brocs de Fini
Et le tefte du'jour l'employer à tant
boire,
Quenotte ne fyacbionspl& s'il eft
foir on matin.
guider y en s'éveillant, cinq
Je ne vous diray rien de
^4 _ <
la Guerre. Ces Articles auroient
mauvaife grâce dans
un temps où Ton ne parle
par tout que de Paix- &
d’ailleurs on ne s’eft presque
point batu depuis la
dernière Lettre que vous avez reçeuë de moy. Nous n’avons pourtant pas laiffe de prendre quelques Places dans le Diocefe deCologne, où nosTroupes vivent commodément, ainfi que dans les Pais de Julliers ôc du
Liege.; L’Armée du Prince Charles a beaucoup loufert fans fe batre-,. & Vobftina- tion que ce Prince a eue de la faire tenir fur pied dans un.lieu où elle manquoit de vivres, pendant qu’il fai- foit relever les Forrifica-
I
lions du Fort de Kell , luy
fait un Pont de Bateaux à
la place de celuy que nous
avons brûlé , & qu'on appelle
le Pont de Strasbourg.
Le nouveau eft bien éloigné
de reparer la perte de
l’ancien, puisqu’il faudroit
plus de temps pour en rétablir
une feule Arche, que
pour en dreHer un de Bateaux
tour entier. 4
Vous attendez pêut-eftre
que je vous apprenne des
nouvelles d ’ AngOleterre,
Quoy que la def-union qui
s'y c it formée ait déjà confie
du
GALANT., ?i3 dufang, elle peut n eftre qu’apparente , & avoir efté produite par des intelligences dont il n’ell pas aifé de déveloner le mvftere» L J
De la maniéré dont ona<jit de ce coflé-là, il fembie qu’on n’y fçait pas trop bien ce qu’on veut. Quand, le temps nous aura permis de mieux pénétrer dans le lecret des Inxereflezj e vous feray (bavoir en peu de
mots, ce que je ne vous apprendrois pas aujour- d’huy dans un Volume, fi je vous, mandois tout ce
D membre. D d
K |
p4-
qui Ce débité parmy ceux, qui dans l’avidité de parler3 rationnent des journées entières
fur fur un oüy-dire dont il n’éft plus qucftion le lendemain.
Je finis par l’Articleqne vous m’avez particuliere- .Hienr recbmandé de la part de vos Amies. C’eft ccluy des Modes. Il feroit difficile
de vous en parler plus certainement que je v a y faire. La plupart des Eto- fes que l’on porte font des Satins & des Gros de Tours rcbrochez avec un cordon-
GALANT. 315 &et. On porte auffi beaucoup de Velours cizelez. Les fleurs & le fonds des uns font couleur de cheveux
bruns y & les autres ont des fonds blancs, ôc des fleurs brunes. Les Jupes {ont couvertes à plein de broderie de foye ôc quand on v met des dentelles., on les joint de fi près, qu’il femble qu’une feule couvre toute la Jupe. Quand 011 ne met qu’un rang au bas des Jupes, c’eft ordinairement une broderie 3 & l’on n’y met plus rien de couché
Ddij
ny de volant. On porté
beaucoup d’Habits noirs,
& nrefque point de Tabliers.
On a veu au commencement
de T Hyver
plus de cent fortes de Manchons
de pluche. Chaque
Marchand en avoit d’une
façon particulière. Les pluches
eftoicnt de couleurs
ditcrentes, ce qui donnoit
lieu défaire des Manchons
en Zigzac,en Echiquier ou
Damier, &: à bandes, de
diverfes couleurs. Les riches
ont elle d’Hermine,
avec
GALANT. 317
eftoient auffi de toutes fortes
de couleurs. On en a veu de Marte avec de la frange d’or? & d’autres de Marte5. & tous couverts de telles. Cette dernieremode
n’a pas elle fuivie. Il s’en fait prefentement dont la pluche eft toute d’une couleur 3 avec un cordonnet coufu deffus de plufieurs maniérés. On en voit aufli avec ces cordonnets? qui ont un delfcin tres-agrea- ble.
Qaovque ma Lettre foit datée du 51, de ce Mois., des,
518 ME R C VRE raifons que vous pouvez ai le me ne vous imaginer, m’ont obligé de la finir la veille des Pertes, Ainfi
vous n y trouverez aucune des Nouvelles qu’on a eu foin de m’envoyer pendant les huit derniers jours de l1 Année. J’en remets les Articles jufqu’au Mois pro- chain,&n’oubliray pas une perte galante qui a efté faite à Grenoble, & dont la magnificence mérite d.’ertre. publiée par tout. Je vous entretiendray en mefme temps des P^égals qu’on a
de tout ce qui s’eft paffé
touchant la Paix d’entre la
France & l’Elpagne depuis
que la Ratification cftve-,
i
nue. Cette heureufe Paix
eft le fameux Ouvrage de
t?
Loins le Grand. LcsChL
fresRomains qui marquent
l’Année 1673. pendant laquelle
cette Paix a eftéconclue,
fe rencontrent dans
quatre mots Latins par leC
quels Ml*de Vaux Maiftte
520 maiv unLp -des Comptes à Dijon, nous a •exprimé dans cette Langue ce que je viens devons dire dans la nodre. paX LVDoVICI KIagnI opVs. Ces lettres nu» nié raies miles en ordre, font $1. DC, I. XV WHI. Je î’ig •doute point qu’on ne m’envoye quantité de Galanteries qui fe feront faites au fujeedes Etren- neso Ce fera par elles que je communcerav à vous faire voir que mes Lettres feront déformais remplies de maneres a- greabks & divertiffànszes, qncy ■que le refte n’y «oit pas oublié pour ceux qui ne font pas leur pkfifr de ce qui plaift aux belles ■Ruelles, Je fuis,&c.
A Parts ce p. Décembre 1678-
&4<vh pour toujours*
ON prie ceux qui envoyeront des
Mémoires où il y aura des
Noms propres, d’écrire ces Noms en
caraéteres tres-bien formez & qui
imitent l’Imprcflion , s’il fe peut^
afin qu’on ne foie plus fujet à s’y
tromper.
On prie auffi qu’on mette fur des
papiers diférens- toutes les Pièces
qiion envoyera.
On reçoit tout ce qifon envoyé,
&r Von fait plaifir d'envoyer.
Ceux qui ne trouvent point leurs
Ouvrages dans le Mercure , les doivent
chercher dans l’Extraordinairej
3c s’ils ne font d?ns l’im ny dans l’autre,
ils ne fe doivent pas croire oubliez
pour cela. Chacun aura fon
four, 6c les premiers envoyez feront*
les premiers mis, a moûts que la nouvelle
matière qn’on recevra ne foi
tellement du temps, qu’on ne puiil
différer. •
<r < t
A V* 1 V.
On ne fait réponfe à perfonne^.
faute de temps.
On ne met point les Pièces trop
difficiles à lire.
On recevra les Ouvrages de tous les Royaumes Etrangers, &: onpro- poiera leurs Qjeffions,
Si les Etrangers envoyenc quelques Relations de Feftes ou de Galanteries qui iè feront pafices chez eux, on les mettra dans les Extraor- ..
dinaircs.
On avertit que le Sieur Blageart a prefenternent une Boutique dans la Court Neuve du Palais, vis-à-vis la Place Dauphine, AU DAUPHIN, où Von ne manquera jamais de trouver toute forte de Volumes en telle Reliure qu’on les voudra.
Ï1 donnera tous les Volumes de l’année i<5 "S. & les Extraordinaires à Trente fols reliez en veau, à vingt- cinq reliez en parchemin.
Les dix Volumes de Vannée 1677. fe donneront toujours à Vingt fols en
r
r/ s
veau, & à Qpinze en parchemin;.
On donnera un Volume nouveau- du Mercure Galant le premier jour de chaque Mois (ans aucun retarde^-
ment.
L’Extraordinaire du Qqartirrd’ dobre fe diftribuêra le iy. Janvier' I6/9-
On prie qu’on affranchi'^ les-' Ports de Lettres, & qu’on les adrelïé toujours ch; z ledit Sieur Blagcart*. Imprimeur-Libraire, Rue S Jacques*, à rentrée de la Rué du Plaftrc.
On ne mer point d’H'ftoiros qiw puiflent blefler la modeflie des Da- ’ mes, ou defob1igrr les Particuliers par quelques traitsfatyriques.
On abeaucoup de Ghanions Elles auront toutes leur cour, ïî on apprend' qu’elles n’ayent pas efté chantées,. C’eft p ourquoy h ceux par qui elles ont efté faites veulent qu’on s’en fer* ve, ils les doivent garder fans les chanter & fins c-n donner de copie jv.fqu’à ce qu’ils les voyent dans le Mercure,.
A'vti four placer les Fleures.
L'Air qui commence par
:'a.nin, deux diluerons . « garder la page 4.9.
Le Laboratoire des Capucins du
Louvre doit rcgarderla page 9
doit re~
• * * *
L'Air qui.commence par F?zy>ai& Ww z/f feindre, doit regarder
la page io<5.
’ L'Air qui commence par fTuïïan- doi;, le grand %oy qui '‘tout donne la
• s
fnsx, doit regarder lapaec zxz.
* • •> * - •
Le Manlolée doit regarder la page 2771.
L'Fnigme en figure doit regarder la-, paçe 29 y.
L Air qui commence par Ce n'efF qu at retour de- jourst .doit-ie--
garder la page 309,
Qualité de la reconnaissance optique de caractères