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Criez .GUILLAUME DE LUYNE, au Palais, ‘ dans la Salle dés Merciers, àh-Ju-ftice.
Chez CLAUDE BLAGEART,Rue S.JaequeS .. à l’entrée de la R uë du Plâtre,
■Et en la Boutique Court-Neuve du-l^dais, , : A U j D A U P H I N.
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THÉODORE GIRARD , dans h Grande Salle, à lTnvie/r-"'
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-dVEC PRIVILEGE D'/ROÏ,
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LE
EPISTRE.
wus faites dans tout ce que’
<uous entreprenez fayfioîfi
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dans vos Exercices, fa^y
foûtene^ le travail^ & quoy
que j en pttijfe dire^ je fins
bien que mes exprejfia ns fine
penfi efi infiniment au défijoitâ
de ce quon doit attendre
du Fils de L o ii I s le :
Grand. Ce glorieux Titre
enferme tout y je croy ne
pouvoir mieux faires MONSEJGNEF'R^
que de ww
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fon Nom,
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IJR.ANCH, depuis longtemps
- 'jours fi triomphante,
, ' j *• Ç '■ • ?•>$■ ; ;î ■ Z‘A ■ "5
Que débièns, que d'honneurs,' qttë de hauricrs nouveaux, -
Ton Dauphin qui le forme eu métier des Héros, .
Ne te feine-t-il pas dans fa Valeur
- Baillante* .
♦ •% • 8 1^* • • *
11 y fait déjà voir une force étonnahtea Et tous fes .coups d’efiây font figMds-
& fi beaux..
EPISTRE.
Que ce jeune Lion dés les premiers
travaux, ..
Porte en tout ITTnivers TaHarme &
l’épouvante.
S’il exerce un Courfier, c’eft d’un air
qui furprend.
Tout charme en fa Perlonnc, il n’eft
rien de fi grand;
Ce qu il fait,, promet plus que ne fit
Alexandre.
Tous fes Exploits feront des Exploits
inoüis. (attendre
Quels miracles aufii ne doit-on pas
P'un Demy-Dieu formé du Sang du
Urand LOUIS? ~ ; -, -
Jourdain,
le fuis avec le plus profond
refteiï, . ,
> I
Voftre tres-humble, &C très-
■ o♦beïffant Serviteur,' D,
4
u ■ ■ ■ M Ceux qui ont travaillé à quelques^
Ouvrages fur les matières propofées
dans le Troifiéme Extraordinaire.,
font priez de les envoyer inceE
Eamment. La Sailon va devenir ri«
gO oureuïè? ,& les Ouvriers, &: fin* tout .m’y les Graveurs , ne pourront travailler
qu’avec peine. On prie suffi Ceux qui
par-le moyen de leurs correfpondances
reçoivent des Nouvelles de
Perfe , de la Chine, du Japon, des
Indes 5 du Mogol , & d’autres Pais
Etrangers dont on ne parle jamaisdans
les Gazettes, d’en faire part à.
l’Authenr. du Mercure ,■ a l’adreflê
marquée chez le Sieur Blageart Ion
imprimeur. Les Nouvelles qu’on
demande des Païs Etrangers, peuvent
eftre de leurs Guerres prefentes, de
leurs Révolutions, Ceremonies , de
tout ce que font leurs Rois, & gene«
râlement de toutes fortes de Nouvelles
delà nature de celles que Ion met
deri. ue l’Europe dans le Mercure.
c
&
T A B L E D E S. M ATIE RE S contenues en ce Volume»
ATrant-prapos9 1
'Déæejté de Bedonne & de la Paix* .. t ... . V
Belle -Aérion d; Prefttce de Af. le Lieutenant Ch il Girardin* ,.^4
BÇetour de Madame la (ftmtejfë de Soiftons , tout ce qui s'ejl pafse d^Turin pendant le Jtjaur qd elle y a fitît^ ' . 16
Madame la rDuchejJc de LefîUguietes . accouche d'un Garçon* 54
Mort de M. d# Baulay* . , , 56
Mort de M. le P&ip Sieur de Maulou*
. 59
Mort de M, Pfprit^ Premier. Médecin de San Aileffè'Royale3 41
Cette Charge ejî donnée a IMLhpt* 41 La Charge de Premier Médecin de _ Madame eft donnée à MdeBel,
On appuyé firent le bonheur de ceux
TABLÉ.
• ♦ ♦
d'cjui Von cherche à nuire3 Pfift.
'Tout ce qui Feftpafié à la maladie de JM. le Duc de (ft acérés, 80
Fxtrait d'une Lettre écrite far un Eyefyfie aux Tersé (^apucins du Lou'vre 9 87
'fteponft des F très Capucins^ ' p o
-^Attaques d*un nouveau Fort à F A- cademie de J\ï- de JBernardy, 1*5 Fert à M. Colbert F réjtdsnt à Mortier, ■ 15g
JFout ce <fui s’efë fape a F Académie Françoift le jour fue Jd FA'Fbc Colbert y fut reçeu, î^.j‘
. F ropofition de Mariage entré unLinot & une L inote, 1'
Ayant ure quia obligé le Sieur Tofuac d prendre le fart y des Mécontent d' /Tongrie,
y^ecompenfes données parle T^oy d*£f- pagne t ■
Réceptionfaite en France d Monfieur à Madame la Ducheffè de Saint Fedro à Madame la Marqtiif& de pffutana, ao
2ÏG lïï il J IZ4:
TABLE.
Sujet des maladies 4* Angers 9
L?oît de LL le b?wne3 ■
Jtâort de LLl’ E’ve/que d’Agen, Lîort de LL. I ’E^e/que de Cahots,
Le Lfariage înpromptu, L-Cijloîre. 218 Tout te qui s'eft pupe au *Parlament le lendemain de la X Ltarèin, ayea les /datantes de la Coter desAÿdes,
;
LL. le Coadjuteur d’.Arles breiïhe d> J A
- L^erfailies devant Leurs Ldajtfte:^ le jour de la Eejbe de Tous les Saints,.
LLejJie&rs les Abbe^ Vejmaret^ & Se IBetpns font nesntiïe^ optent du Clergé, ■ ■ 1^5
Z? donne le Ljpgimeîst de Ch-dn- pagne à Lf. le Commandeur Colberte
Ce qui s'ejl pafsè àVerfaides le jour, de laSt f/u-bert, ': içç
j. Lettre de _Mt Chapelle à M.le T tic-de
S. A ignani ’ 26g
Tftdponfè inprcmptu de- LL le 'Vue de
S.A.ignan, 26 f
i
■i
?
. T A B LE. .
U a de de M. le Marquis de Mon-
plaifir^.. - ' 270
‘Tout ce qui seftpafse'dans nos Armées pendant les d. u.v derniersMo^, 27 2, Mariage de M. le H ttc Sfir^e & de Mademoifelle deThia^ge, 522.
Mariage de M- de Eertamon & de
Mademoifielle Il ignore, 344-
A if de M- Charpentier, i 5 4.7
Anne de Eretagne, de M, Eerrier, re- prefintée a l'Hofielde'Bourgogne.^àft La Secchia rapiîa, *2 cerne Italien traduit par M» I'errant, 5 49
Explication des deux Enigmes enE'ets du Mois d'Oélobre, 3
Moins de ceux qui les ont expliquées, 551 Enigme en Fers, g
Antre Enigme en Mers, ^7
Moins de ceux qui ont expliqué l* E- nigme en figure, jjg
Explication de cette me fine Enigme enfigure,
Moufette Enigme en figure 9
Mort de M. laComtefiè deErouUaypfii Fin de la Table.,
dSM feurfldcerles figures.
y A Médaillé des Hollandois doit .JUrcgarder h page. u.
La Chardon, qui commence par ZZ js efiJointdef.rintemjsqueferle teint V’Zra, doit regarder la page 44.
Le Menuet qui commence par Ne troye^jw, Jeune ^Bergere^ doit .regar- pdeT la page 187.
Le Plan de Liechtemberg doit regarder la page 2.76.
La Table.Genealogique.de la Mai- ,lo,n Sforze doit regarder la page 343^
L’Air qui cornmence.Dar
tft malheureux d’avoir eu „dç$ d.ej'rs^ doit regarder la page 347.
L'Enigme en Figure doit regarder ■la page 560.»
On donne a^is que le Mercure Galant ne Je Âiferibuëra plus à Ta^env^ que chez^ les Sieurs de fuyne 9 IB.lr- geart, & Girard, £es Libraires de ' ^r&yiffce qui en voudront a^oir s /#- drejferont à Vtfn des mis,
N a eu raifon,
Madame, de vous
affiner qu ’ il n’y
a rien d’égal a la
joye que les Hollandois
continuent àfaire paroiftre
de la Paix. Us en goufk lit
d’autant mieux la douceur,
que depuis l’année mil fc
f
2 MERCVRE . cens foixante & douze? ils ont éprouvé tour ce que la guerre a de rigoureux. Les ? julles fujets qu..e le Roy J avoir eus de fe plaindre de leur conduite , leur avoient attiré fes armes de tous
» ♦ collez. Vous vous louve- nez que plus de trente de leurs plus fortes Places furent prîtes 5 prefque dans le Hiefrne temps qu’ils les virent attaquées. Touttrem- bloit, jufque dans leurs Provinces les plus reculées. Amfterdam ne fe croyoic plus en feureté, & Mr le.
G ALAIN F* 3
Duc de Luxembourg avoit
efté allez avant pour fe
rendre maiftre de la Hayej
fi un dégel qui lurvint ne
luy en euft fait manquer
rentreprife. Les Etats le
Voyant perdus, & manquant
de forces contre celles
du redoutable Enncmy
qu’ils s’eftoient fait, eurent
recours à Targent. C’eft
un feûr moyen pour faire
agir bien des bras. Comme
il ne manque prcf jue jamais,
il leur réüffic. Vous
lefçavez,& cela eft connu
de tout le monde. Les
4 MERCVRE offres qu’ils firent de fournir la plus grande partie des frais de la Guerre, engagèrent plufieursPuiflan- ces à fe déclarer contre le Roy. * L’ éclat de fa gloire avoir caufé de la jaloufîe, ■& on ne doit pas s’étonner fi on prit avidement cette •occafion de .s’unir, pour mettre quelque obftacleà fes conqueftes. 11 fe forma une Ligue d"Alliez. Leurs armes furent jointes pour arrefter les progrès d’un Conquérant à qui rien rdavoic encor refifté • mais
les Hollandois suffirent
à luy fufciterdes Ennemis^
ils ne vinrent pas à bout
d ’ cmpefcher qu> il ne
triomphait toujours également.
Ces Ennemis
s’cftoienc déclarez fans aucun
autre fujet de fe plaindre
5 que celuy que leur
pouvoir donner fon trop
de mérite ; & dans toutes
leurs entreprifeSjils forent
auffi malheureux qu’ils eftoient
injuftes. Il n’elt
point befoin d'entrer dans
un détail dont toute l'Eu-
9
landois rebutez de cette
longue fuite de difgraces
qui accabloit leurs Alliez^
cSequi ne leur laiflbic pas le
temps de rcfpircr 5 fongerent
à l’unique moyen
qu’ils avoienc d’en trouver
la fin. Us voyoient leurs
Peuples dans l’rmpuiflànce
de payer plus longtemps
les taxes qu’on elloit obligé
de faire plu fieurs fois for
eux pendant chaque année,
&• d’ailleurs ils s’ennuyoicnt
de fournir inutk
lement de l’argent qui ne
fervoit qu’à donner de noutantes
conqueftes qu’il fâifoie
dans chaque Camparne
, l’approchoient d eux
par un endroit d’où rien ne
le pouvoir faire reculer,
puis que les Places qu’il
prenoit de jour en j our devenant
Frontières de fes
Provinces , en pouvoient
tirer tous les fecours dont
ellesauroient eu befoin.Ces
diverfes considérations (ïir
lefquelles ils réfléchirent,
les déterminèrent à chercher
la Paix. Le Roy n’eut
A i
pas plûtoft appris la difpoîition
où ils eftoienr delà
recevoir , 'qu’il en voulut
bien recl_>ier les.conditions,
Elles leur furent offertes.
La bonté que ce grand
Prince fit voir par là qu’il
coniervorc encor pour des
Peuples qui avoient eftéfes
Amis j fut aufli remarquable
qu’elle devoir eftre peu
attendue. Les Hollandois
en témoignèrent de la
joye, & trouvèrent tant de
modération pour un Vainqueur
dans ces conditions
propofées, qu’ils n enrefuferent
aucune. C’eft peu
dire. Ils en furent fi'finisfaits,
qu’ils firent mefme
FEl®ge du Roy en les recevant.
Il avoir efté leur Protecteur
avant la Guerre, &
lecat de leurs affaires domeftiques
leur failoit voir
qu’ils avoient encor befoin
de luy , pour empefeher'
qu on ne donnait atteinte
à la liberté qui leur eft fi
chere. Je vous ay appris
tout ce qui s’eft paffé depuis
la conckifion de cette
Paix, mais vous ne fçavez
peut-eftre pas les marques
éclatantes qu’ils ont don-» nées de leur {intenté à la foubaicer inviolable. Ils ont fait bacre une Ivié- daille, fur la Face droite de laquelle on voie lept Flèches qui reprefentent les fept Provinces-Unies. EL les font liées avec un Lys^ dont trois fleurs paroiflènt audeffus. Les paroles qui font fur le lien font con- noiftre que rien ne les fçau- roic def-unir. Celles de
l
la circonférence marquent que la France & la Hollande joignent leurs Lys &
i GALANT, n
î leurs Armes. Toute la capa-
| cité du Revers de la Mé-
I daille eft occupée par une
i Infcriptionenvironnéed’u-
* ne branche d’Olivier. Cette
ïnfcriptio-n donne à entendre
que cette Paix fi agréable
à tous les Peuples eft
venue du Ciel, - Cela fe rapporte
à ce que je vous ay
déjà dit dans quelqu’une
de mes Lettres, que la Paix
vient toujours de Dieu;
que quand il en veut faire
un préfent aux Hommes, il
la fait defeendre dans le
coeur des Roys, & qu’il a
L. fRa
choiC celuy de L o ü i s le
Grand pour le porter à
en-'répandre les fruits fur
toute l’Europe. Vous pouvez
voir tout ce que je
viens de vous, expliquer
dans cettePlanche. Elle reprefente
leRevers auffi bien,
que la Face droite de la Médaille-,
6e j’ay fait graver
Fun 8c l’autre afin que vous
en puiffiez mieux comprendre
toute la beauté. Par ces
& fur lefquels le
tempsna point depouvoir^.
on peut juger de 1a venu1
aux
Hollandois, & avec
.quelle forte paffion ils défirent
la voir durable. On
ne dira point, apres le foin
qu1 ils .prennent de faire
parler les Métaux, que ces
grandes réjoüifTances qui
; onrcfté faites-en Hollande,
; font de celles que les Peu-
’ pies font quelquefois inconfidérement
en faveur
d’une nouveauté^ fans avoir
examiné s’ils ont un jufte
fojetd’cn cftiecontens, La
Paix a également charmé
tout le monde, & ou le
connoift, puis que dans b.
temps que toutes les Villes
témoignent à J’envy leux
extrême fatisfaélion par
leurs acclamations, & les
Feux de joye, ceux qui
gouvernent expriment fur
For, l’argent & le bronze,
Feftime qu'ils font de là
a daigné leur rendre. On
a eu railbn de faire entrer
dans le corps de la Médaillé
F impoffibiiiré qui fe va
trouver à def-unir la France
& la Hollande. Apparemment
elles ne fe def-uniGALANT.
iT font point d clles-mefmes, & quel Ennemy allez puif- fànt viendrait à bout de les y forcer ? Toute l’Europe liguée na pu rien contre la France , & elle pourroit encor bien moins fans les Hollandais 3 puis qu’avec tout T argent qu'ils ont fourny, les Alliez femblenr n avoir pris les Armes que pour payer des Contributions j fe faire b.atre , & perdre des Villes. Nous ne pouvons nous plaindre que la Guerre nous ait cau- fé de grands maux, puis que
16 MERCV
nos Armées ont toujours
cfté chez les Ennemis :
mais fi vous voulez voir la
peinture des avantages
qu’apporte la Paix dans
les lieux où les Troupes
avoienc accoutumé de
camper, vous la trouverez
dans les Vers que je vous
envoyé. Ils font de M’ de
Roux, dont vous avez déjà
veu d’autres Ouvrages. Il
fera difficile que celuy-cy
ne vous plaife, ayant je ne
fçay quoy de naturels de
dégagé qui eft particulier
aux Cavaliers , & qui ne
fe rencontre pas toujours
dans ce que font ceux dont
la principale occupation eft
décrire.
4
LE DEMESLE*
ET DE LA PAIX,
BELLONNE.
Orsquavecunjufte cwitoux^
Sur les fat# de Loiiis je
conduis la ï^ilioiTe^
Rivale Paix^vos fentimès jalons
tiennent troubler mes procès &
ma gloire.
Novembre. B
Au tifs desGrecs &desRomainSy
Avec moins de chagrin je fouffrois
dos outrages.
Mes armes riefloient far en defi
bonnes mains
£t je n3animois feint de fi dignes
courages*
> zffiij voue ennuyez^ donc de reflet
dans les Cieux
Avec ces bons Héros antiques*
Qtàparmy les douceurs de laTable
des Dieux
potur regaloient toujours d'un trait
de leurs Croniquesî
Ceux qu'on voit icy bar chargezfie
mes Lauriers^
S'ffencent du repos qtdoffrent vos
Oliviers.
DepuisquduxC'èbats je-frèfide*
Que j’in [pire aux Mortels une ardeur
intrépide^
4
Que je réglé par tout les interefis
des Grands*
Et que je fais des Cenquèrans*.
le nen\ay point trouve de plus in*
fatigable
Que ls A ugufle Loüis- qui fait hôte
à la Table*
Et qui par des faits immortels*
A toujours [bùtenul'honneur de mes
Autels.
Ses ordres & fin bras ont rendu ma
fttiffance
Plusfotrmdable qwe jamais.
Cependant* trop jaloufe Paix*
Fout m’empefihezjPavoir de la
reconnoiffance*
Quadpar cent Triomphes divers
de veux à fan pou voir fiûmetirg
l Univers»
'U
I
î
20
LA PAIX.
Quif a pu conquérir* peut s*en dire
le MatfireS
2daù l'Hercule Franco# fait_
borner fes travaux*
Et le Ciel l* a fait naiftre
Pour donner à la Terre un affûte
Galantes^
Inhumaine* retires^vos#»
'Laiffezflans ces Climats reÿierun
air plus doux*
tremblantes*
Les infertiles Champs y deviendront
’P’erooe rs,.1 Les Loups yferont fais tout P effroy
des Berpers*
'Les Echos qu'alarmoit l* aiprefa
des Trompettes
*
•U
*
1
! a t a
l 1^/lJL/iî^ 1 • 21
$ Rediront feulement les accords des
5 Mufet es.
j Où campoient les Soldats* là faifà iront les Troupeaux*
i Où les Tentes efioient on verra les J Hameaux.
’l CesHerba^es chéris des zèphirs&. de Flore*
J Ne feront plus foulent feront plus i fanglans*
dis ne feront trempez^ue des pleurs de l* Aurore*
Etnaiftrontà leurqrèplufeursfois tous les ans.
Le Laboureur dans fes Herbes naiffantes*
♦
'J
♦ **
•U
I
* I
$
XI
.7
♦
*4
« \
>< >
■ i V'erra fans plua trembler l'efpoir J de fon Grenier}
Fon a jufqu’icy -moiffonnê U
3 Laurier
$Le Soleil meùrira des moijjbns a^ J boudantes*
«
JLe tumulte & fieffroy fi verrou
abbattM*
Z es innocentes Dclices,
Et les tranquilles Ferais,
Chaflfer ont pour toujours les Seutà
& les Fîtes*
Et les Hommes pourront encor
Gonfler les vraie plaifirsquedonnoif
l9k<^e d'or.
Yssxixsfditfin bonheur daccroifire
E'abondance*-
■ Tf abolir les abonde vanner l'innocence3
E)e voir fleurir flotte luy les Mufles
g? les Arts*
Il eflmonApollon comeil eflvoflre
Mars.
£e repos des Humains eft tout ce
quildeflre, :
Voila rheureuflefin de fis travaux ;
divers-,
retire^-votn > ilpoffede un
Empire
<* **,,r f'
\ Qu* ’vdttt mieux que tout
<•
Al
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S
*
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* * I
vt
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mvers.
Si on voit régner la tranquillité dans nos Campagnes j la juftice régné dans tnos Villes. C’eft avec un Jpouvoir fi fouverain, que • quoy quelle y en ait eu j beaucoup de tout temps, |il femble qu elle n’ait ja- |mais efté u floriflante que ffous l1 Empire du Fils de | Louis le Juste. Le Code Iquc ce GrandMonarque a |jfait faire depuis pluüeurs
I
. '-5
v
A
.24 |
ans pour (bulager (es Sun jets,eneft une marque in- conteftable. Tous les Ma*
4
giftrats s’efforcent à l’envy de féconder les bonnes intentions
de Sa Majefté fur l’équité qui doit eftre la réglé de leurs fentimenspour toute forte de Parties-, & M1 le Lieutenant Civil Gi~
rardin, fit le mois paffé une action de Juftice fi éclatante, qu’on aura fujet de s’en fouvenir long-temps. Ce fut dans une Affaire ou
MrHebert, l’un des plus fameux Banquiers de Paris, eftoit
•2 »
•
Comme
s galant jeftoit opprimé. Icette adion a efté fçeuëde ^beaucoup de monde,U n’y a point à douter qu’elle ne iretienne dans le devoir ceux qui par animofité ou par intereft, ne font pas . quelquefois forupule de âpaflèr pardeffiis la formalite des Procedures. Je ne jvous explique point l’Af- i faire dont il s’agifloit. Les •| termes d’Exploit, de man- 5 que de Contrôle, & d’au- 1 très femblables, ne font | point divertiflans pour les j Dames-, & comme par cet 1 Novembre* C
K
4 **
<<
2 6 r/1 il K Ui v K E Article je ne cherche qui vous faire voir combien, M Girardin s’eft rendu diJ [ gne de l’eftime .qu’il s’eft acquife, il me luffit de vous avoir marqué ce qui le reJ garde.
Je finis ma derniere Lettre avec tant de précipitation , que je ne pûs vous parler du retour de Madame la Comteflè de Soifions.
Elle eftreycnuë de Savoye, &: a efté très-favorablement receuë de Leurs Ma-
jeftez. Les honneurs qu’on luy a rcudus5& les divertif-
h
f GALANT 27 Ifèmens qu’on a eu foin de | luy procurer à Turin, l’y | ont arre liée plus longtemps | quelle n’avoir crû y devoir | relier. Je ne vous dis rien | de la poîitefife de cette | Cour. Elle a des charmes f qui ne la laiflent jamais I
A3
✓ A A ri
quitter fans regret, G ce n eft pour venir en celle de France. Ainfi il vous ell 4 aile de juger que Madame 1 laComteflè de Solfions n’a J" pûquy faire un fort agréa- ble féjour, (oit pour le rang || qu’elle y tient, foit pour J lefprit, la beauté,lagalan- 1 C ij
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.♦ -lîl
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1
a Z ï fi JM << 2 X * <'*< l ’
2/0 X i 'KvJ V J-wl ï ' •:
terie & la magnificence quig s’y trouvent avec d autant^ plus d’éclat j que Madame • I Royale qui en eft l’ameflfl n’oublie rien, de ce qnf;fl peut les y maintenir. Quoyg qu’il y ait des Païs'où toufl'fl tes ces choies (ont nacu-ffl relies, il eft certain que h< plupart des Cours ne fonc^ que ce que les fondes Sou-W verains. Pour vous faire x connoiftre combien celle fl
l • dont je vous parle eft rna^fl! gnifique, il ne faut que fl vous aprcndrc le Jeu qu’on|fl y a jolié, & les fommesfl
• » 4
. /r ;
& T * U
29 qu'on y a perdues. Madame de Solfions en a efté quite pour huit cens Pii- tôles 3 mais il en a coutté près de cinq mille à Mr le Marouis de Panellc & a Madame fa Femme; deux mille à Mr le Comte de S.Maurice, & douze cens à Mr le Marquis de Chaftil- lon, fans compter d’autres fommes confidérables que prefque tous ceux de cette Cour ont perdues. M'; le Prince Philippes, outre vingt Chevaux àr plufieurs riches Etoffes pour faire
C iij
:
y5*0,-. 1fxV/ >l SC. i JX /\ ,.1 x¥ 1V. i>'4l
des Ameublemens , a emporté
plus de quinze cens
Piftoles en France. Joignez
à cela les genéreufes
remifes que ce jeune Prince
a faites derres-pOrolfës loinnies
qu’il n’a point voulu,
qu’on luy ait payées. Mrle
Chevalier Doria n’a pas
moins gagné que luy. Un
peu avant le Départ de
Madame la Comtêfle de
« .
$
1
Soldons > Madame Royale
luy envoya un riche Bracelet
de Dia* mans, eftimé
trois mille Piftoles. Il luy
fut apporté par Madame
■la Comtefie de S.Maurice,
à laquelle cette Pdîiceflb
Jdonna un fort beau Dia-
’niant pour marque de fon
*Ellc fit aulïi prefenr à tous
les Gentilshommes, Officiers
6c Domeftiques dâ
iMc le Prince de Caris-nam
Æ 6c i1l ns’ y eut aucun d_ eOs Va-® if J
î Irfc r*ît rsï.prl X' rl/'c r3r>rtc c*<4r
*
/
que M1 le Prince Philippe^ [ & Mr l’Abbéde Savoye, & | partit le lendemain. Leurs ê Altefles Royales 3 & toute leur Cour, l’accompagne- J rent julqua un mille de f Turin 5 & ce ne fut pas i fans regret que Madame < Royale s en fëpara, les ■ belles ôc grandes qualitez de ces deux Princefles leur ayant fait naiftre beaucoup d’eltime l’une pour l’autre. D. Gabriel de Sa- voye la vint conduire jul- qu à S. Ambroife^ avec les Carroffes de Leurs Akefles
'i iï
1/
GALANT. 33 Royales j M1 le Prince de Carignan jufqu’à la Non- valeze?.ôcM' le Prince Jules fonFils j ufquà Chamberry, Je ne fçay û KL TAbbe de Savoyeque je viens de vous nommer, vous fera connu, C'eltceluy qu’on appelloit toujours M1 le Chevalier de
Carignan. Il prit ce nom d’Abbé de Savoye en fe faifant tonfurer quelques jours avant qu ilpartift de cette Cour. Comme il a
fait voir par là qu’ilfe deC tinoit à l’Eglife , S. A. R. luy doit donner les* meiL
T? F T* T?
5 Z|.i X As-'* À^ V, J V feurs Bénéfices de Ion Etat, lors qu'ils vaqueront.
Vous vous Souviendrez {ans doute de ce que je vous dis il y a quelque temps dune Nourrice, qui ayant cfté retenue par' Madame laDuchefTedeLefdi- guieres, en mourut de joye. Si elle euft eu une fécondé vie, elle Fauroit infailliblement perdue en la voyant depuis peu accouchée heu- reufement d1 un Garçon, dette agréable nouvelle ne fur pas plûroft répandue dans l’Hoftel de Leldiguie-
UriLftH i *
ucS; que cous les Domefti- ques forcirent dans la Rue jcn danfanc, & rendirent jkout ie Quartier témoin de lleurjoyeen ta failanr écla- ; ter au ion de plufieurs In- ffrumens. Ces marques de I réjoüiffance durèrent toute Ila nuit. Le lendemain il y eut un Feu d’artifice dans * les formes avec des figures. Ces témoignages d’unzele affectionné dans des Do- meftiqu.es> furent recom- penfez par une fom me con- fidérable que M? le Duc de I Lefdiguieres prit foin de J
TvWP fVB 17 f
11 Xa-J H V £
leur faire diftribuer. J
On fe réjouit de la naif. I.
lance de beaucoup d’En~4
A JL
fans ■> cependant ils ne naifl t fent que pour mourir, tel les plus heureux apres avoir joiiy quelque temps, ou des honneurs, ou de la réputa- j tion qu’acquiert le mérite, [ font obligez de quitter la j place. Celle de M1 du B ou- * lay qui eft mort le i6.de Fau- J trcMoisne fera pasaifée à J remplir. E ' Univerfité de j Paris a perdu en luy fon ancien Doéteur, fon Greffier,. fon Hiftoriographe, 6c (
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G ALAIN i ■ 37 un de fes plus Illuftres Pro- felfeurs en éloquence,qu’il aenfeignéeforc longtemps avec beaucoup d’applau- diffemenr , & de luccés^ dans le College de Navarre. Ce fçavantHomme a maintenu la gloire de ce grand Corps, & défendu lès interdis en toutes rencontres,
par fes confeils,par fes foins infatigables, & par un grand nombre de doétes Ecrits, mais principalement par le travail im- mcnfede fix gros Volumes In fol. de fon Hiftoire qu’il
MERCVRE j
a donnée au Public. Com-1
me toutes les Perfonnes
d’un mérite extraordinaire
ne manquent jamais d’Envieux}
quelques Particuliers
tâchèrent d’abord de
troubler ce bel Ouvrage, &
voulurent en empelcherla^
continuation ; mais tous^
leurs efforts furent inutiles,
& apres que les Corn miliaires
nommez par Sa Majeffé
eurent examiné fon deflein
«
le pouriuivre, comme estant
à la gloire de l'Etat, à
davantage de rUniverfité,
& trcs-udlc au Public.
La mefme Univerfité
vient auffi de perdre M le Noir SL de Maulou , Directeur du College de Boif- fy j fondé par M‘ Charrier. Le nom de ce dernier eft il connu dans Paris,qu’il n'eft pas beioin d’en rien dire. Mr le Noir donc je vous apprcnsla mort, eftoit un Homme d'une pieté fingu- liere, fcavant & fort cru
3 ï
rieux. Il a laifïc une très-
4° cv
belle Biblioteque. On a
commencé de la mettre en
vente il y a déjà quelques
jours.Pour ce qui regarde fa
naiffance,il eftoit Fils d’un
Controlleur General de la
Maifon de la Rcyne Marguerite
7 qui defcendoit
d’un Thomas de Rochefort
5 Chancelier de Monfieur
le Duc d’Anjou, depuis
Roy de France fous le
région du College de Boiffy
luy eftoit tombée par
Vaillance de fa Maifon avec
celle des Chartiers.
pas plus exempts que les
autres Hommes de la fâicheufe
neceffitéde mourir.
Je vous parlay l’autre Mois
de la perte que nous avions
faite de M? Braver - ML
Efprit l’a fuivy. Il eftoit
Premier Médecin de Monfieur
j & avoir acquis dans
Æa Profeflion toutes les lu-
|mieresqu’une longue étude
une gC* rande ex1périence
j peuvent donner. NfLizoe
jjluyaiùccedé dans la Char-
|ge de Premier Médecin de
iMonCcur. Il l’eftoit aupa-
| Novembre.. D
•S -
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s
?
42 Mü^LiVz&8 |
ravant de Madame, &luy[ avoir eftc donné par MaJ dame la Princeflè Palatine quil avoit fuivie en plu/ fieurs Voyages. Comme cette grande Princefle a une parfaite connoiflance de toutes choies, l’eftime ï quelle fait de luy eft une marque aflurée de fon me-/ rite. IleftFreredeM Lizot depuis peu Curé de Saint/ Sevcrin, il coniidcré d’une/
I. grande Princefle, & de tous fes Paroiflicjas, Mr le Bel/ Médecin fort eftimé d’un/
> çrand nombre de Perfoa- s
5 ' •
l:;: '
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AAAAiMT. 4^ nés de la première Qualité', ôr qui ne l’eft pas moins- dans Ton Corps & dans la Ville , a efté chbify pour remplir la place de Premier Médecin de Madame. 11 a ^infiniment de 1'efprit, mais de cet efp.rit aifé & infi-
X nuant, &quoy qu’il fefoic rendu tres-habile dans la
1
1
Profeffion quil a embraft fée, il peut parler de toute autre chofe, & fe faire toujours écouter avec plaifir.
C’eft dan| la penfée de vous en procurer un très- grand 3 que je vous fais pars D ii
44
d une nouvel le Chahfbn de
M1 Goiier. Elle eft à qua^
tre Parties.' Je ne voüsr en
envoyé pas fouvent de femblà''
bles. L" ’harmonie eftoit
autrefois le7 rerhede dont
on fe fervoit le plus pour la
guérifon des Malades 3 6c
ainfi je croy vous pouvoir
parler de Mufique apres
vous avoir parlé de Medecins.
j
Irn'ftylis
. le teint d*
Z'Hyvera fait mourir les Refis
& les Lys >
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us fait voir -le Prin- temps J ?
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fons. • 4 Iris,
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ns,la feule Iris, cét objet que fa- dote,Malgré la neige la nei-
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feule Iris, cét objet que j’a- dote, Malgré la neige la nei-.
Nous fait voir le Prin- temps dans tou
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Q^el&-'Z£phL^^'-Pli&r-ff - -- ~ Tous les-ans font éclwe.
Iris, la feule/ris eet.Objet^u^
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Malgré la neige & les glaçons, 2/ous fait voir le^rintemfs'dans : tentes les. Saifonsi :': --'t.
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Ces Printanières Iris font bien dangereules pour ceux qui ont le coeur ti-op ' fenfible.L’avanrure que je voioeya^contçr en eft une preuve. Je ne-changé rien dans les circonftances ? & dcs/Témoinstres-dâgnes de foy vous en cerûfiëront la vérité. ■
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46 MERÇVRE, ; Normandie, n’ayant qu’un Fils qu’il devoir lanTcr heritier de cinquante mille ; livres de rente , mcttoitf' tous fes foins à le rendre '
au ffi honn e fte H o m m e qu’il eftoit né heureux duj. cofté de la Fortune. ■ Ici
« Cavalier avoit toujours eu < de tres-favorablcs difpofi- ; tiens à devenir ce que Ion Pere fouhaitoit quil fuft. < Ileftoit bien fait, avoit de : l’eiprit, difoit les chofcs d’une maniéré fine & aiféc, & il ne luy manquoit qu’un certain air qu’on ne
GALANT- 47 fçauroit acquérir dans les Provinces^ & que la pratique du monde ne manque point de donner. Il vient à Paris y y trouve des Amis., en fait de nouveaux -, Sc comme c’eft particulièrement auprès du beau Sexe que les jeunes Gens fe poliment j il cherche accès chez les Dames dont le
mérité fait bruit. Soubien^ fa naiflance , & Page de vingt-deux ans , qui doit eftre compté pour un grand charme, luy facilitent l’entrée par tout où il demande
s
48 MERCVRE à eftre reçeu. On le voit avec plajfir. Les Meres qui ont des Filles à marier le ibuhaitent. C’eft à qui l’aura. On le carefle de touscoftez. Son bonheur le charme. S’il parle, il eft apptaudy. Ses douceurs font agréablement écoutées, & il ny a point de Belle qui par fes comptai- fances ne tâche de s’en attirer
un redoublement de foins. lien donne de particuliers à une jeune Per- fonne qui ayant encor plus defprit que de beauté^ n oublie
n oublie rien pour en faire
autre chofe que fon Amant.
L’avantage quelle rencontre
dans ce party. la met
au deffus de certains (crapules
qui l’ar relie roient
pour tout autre. Les trop
exactes formalitcz luy peuvent
élire nuifibks. Elle
Iparle pour luy donner lieu
Ide s’expliquer, &: fait pour
leela toutes les avances que
da retenue de fon Sexe luy
peut foufrir, Le Cavalier
trouve.de l’agrément dans
ion humeur. Sa ecm variation
luy plaift 5 & ce qu’il
J E
luy dit de flateur, luy laifle efperer ce quelle fouhaite. Cependant comme il n’elb pas moins bien reçeu ailleurs que chez elle, tout ce qu’il luy fait paroiftre d!o-; bligeanr n eft qu’un commencement d’amour qui n’a point de fuite. Ce qu’il voit eft toujours ce qui- l’occupe le plus. Tout luyg plaift, & pour trouver trop à s’attacher, il demeure/ ■ fans aucun attachement/-; Cette fpirituelle Prëten-. dante eft obligée de s’éloi-f guer de Paris. Des affaires^
GALANT,
dndifpenfablcs appellent là
Mere à la-Campagne. Rien
jic la peut difpcnlèr d’cftre
du Voyage , elle eft forcée
de partir fans autre affurance
d’eftre aimée que
celle que luy donne la confiance
qu elle prend en ce
qu’elle vaut. Grand chagrin
de ce qu’on ne s’oppofc
point àfon départ. Il
ne faudroic pour cela qu’une
déclaration en forme,,
mais on ne fe hafte point
de la faire, Sc elle n’obtient
MFÎÏ fVP F mais à celles qui ont un pende mérité. Le Cavalier luy écrit trois ou quatre fois, & luy fait croire qu’il s’apperçoit fort de fon ab- fencc, tandis quils’en con- folc agréablement avec d’autres Belles. Ce com-, mercc cefle par un embarras de coeur qui l’occupe enfin rout entier. On le mene chez .une Fille de qualité que fon Pere, retenu dans une Ville frontière
par un Employ tres- confidérable, avoir mife fous la conduite d’une
Grand’ Mere, Elle faifoit
! bruit, &par fa beauté, Se
par l ’enjoüenient
.humeur, qui luy-attiroit
force Protcftans.
de fon
Le Ca-
valier eft charmé de l’une & de l’autre. Il trouve plus qu’on ne luy a dit. Il regarde , il admire , & cette admiration luy donne une ftupidité impréveuë dont il ne peut -fe tirer. Il veut montrer de l’efprit par ce qu’il veut plaire, mais il a beau vouloir dire d’agrea- bies chofes. Il n’achevé rien de ce qu’il commence,
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5*4 MERCVRE & fon embarras eft fi fort3 quil cherche inutilement r à le cacher. La Belle s’applaudit de cedefordrc. Le Cavalier eftoit en réputa- ï tion d’avoir de l’efprit * & comme fes yeux luy par. ! loient 5 elle avoir allez pris l’habitude de ce langages pour entendre ce qu’ilsj- s’empreftoient de luy expliquer. Ainfî il n’y eut jamais rien de plus élo- | quent pour elle que la ftu- j pidité qu’il fe reprochoit- ; & les paroles les mieux choifies ne luy auroient pas
4
tant plû. que le trouble ? dont il croyoit avoir à rou- f gir. Elle avoir du bien* dînais non pas allez pour ne 1 fe pas faire une fortune | considérable des cinquante 1 mille livres de rente du Ca- | valier, Il revient le lende- g main apres avoir pâlie là J nuit dans des agitations | qui luy font connoiftre | qu’il a de l’amour. Il en | trouve la Belle fi digne I
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qu’il ne fçauroit plus partager fes foins. On le reçoit avec joye. L’accueil qu’on luy fait le rend moins ti- E iiij
mide. B parle , & fait entendre en termes gala ns qu’il eft des occafions de iurprife où il ne doit pas eftre honteux de manquer d’efprir. On feint de ne pas comprendre ce qu’il veut dire, afin qu’il s’explique plus clairement. 11 le fait, & pendant cinq ou fis jours de vifitcs afliduës, les affaires de coeur font toujours un article privilégié qui foûtient la converh- rion. Comme il ne parle point encor d’épouler, on affedte un peu de froideur,
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mais de celle qui engage plus qu’elle ne rebute. On n’efe pas' toujours vifible. On feint des affaires qui obligent de for tir. Le Cavalier fe plaint de ce qu’il en foutre. On revient plu- toit par complaiiance pour luy 3 & enfin fans fe déclarer j on luy laiffe deviner qu’on l’aime. Il en montre une joye dont rien ne peut approcher. La Belle fe fâche de ce qu’il veut trop pénétrer dans fes tenante ns. Les nouvelles pro- teftations quil luy fait lia-
M E P- CVRE paifent- & quand elle croit ravoir rendu afïèz amoureux
pour ne devoir plus ? craindre qu’il luy échape3 J elle luy fait voir ce que de ; plus longues affiduitez ont [ d’incompatible avec ce quelle doit alabienfeance du monde, & à fa propre j vertu. Le Cavalier ne ba- j lance point à la relever de fes fcrupules. Il parle de Sacrement 5. demande feulement le temps de Par- rivée d’un Parent qui doit venir de jour en jour à Paris ? & qui gouvernant ab-
Pere, en obtiendra pour
fon Mariage le confenxe-
nient dont il a beïbin»
C’eftoit le feul party quil avoit à prendre dans Tem- preflfement de fa paflïon. En effet il eftoit trop riche pour pouvoir eiperer dfe£- tre heureux par une autre voyes mefme auprès.da celles qui ont le plus de panchant à s’humaniler. Les faveurs fe refervent
ordinairement pour ceux qui ne font eonfidérabres que par leur mérite. Conv
«
trouvent pas toujours rigoureules,
& cet avantage ,
les récompenle quelque- î
fois de Linjaftice que la:
Fortune leur fait. Le Cavaheures
du jour. C’eft parla
qu’il commence d’ellre
malheureux. Il aime avec '
une fi violente paffion, j
qu’il vondroit que faMaiftrefle
fill tout fon bonheur j
de le voir, comme il fait . 3 It
5-
4 .
61
tout le fieu du plaifir de
l’entretenir; mais l’humeur
de cette belle Perfonne qui
fe fait de la joye de tout, la
laifle incapable de refufer
aucune forte de divertîilèment.
Elle eftfeûredefa
conquefte, & quelque e£
rime qu ’elle air pour le
Cavalier , comme l’amour
a eu moins de part à rengagement
qu’elle a tâché
de luy faire prendre, que la
conhdération de fa fortune,
elle ne peut fe con-
14
fonce. Ainfi elle reçoit vu
fite à fon ordinaire, foufie
qu’on luy conte des douceurs
, le montre enjouée
avec tout le monde, 6e agit
d’une maniéré fi libre., que
ceux qui lavoyent ne peuvent
deviner quelle ait un
Amant choify. Le Cavalier
s’en chagrine. Il croit nef
'Xre point aimé 5 mais il eft
trop pris pour eftre en pouvoir
de rompre les chaînes.
Il diftimule 3 & jaloux de
l’enjouement de fa Maift
trefle qui cherche par tout
à fe divertir/ans fe mettre
pris , Ôc dans ce cruel embarras
il foufre tout ce
quune jaloufie de gloire
& d’amour peur faire foufrir.
Le fuplice eft rude, & ■
il fe bazarde enfin à s’en
expliquer. La Belle qui
croit que c’eft un premier
pas de maiftrifè qu'il eft
dangereux de luy laifler
faire, reçoit fes plaintes
fort fièrement. Il juge de
£i fierté félon les fentimens
de cha •grin dont il eft déjà
prévenu, & entre tout-àcoup
dans un fi grand faifinement
de douleur, qu’il
perd en mefme temps &la
connoiflance & la parole.
On le faigne. Il revient à
luy, & tombe prefque aufiiroft
dans des convulfions
courir au Médecin. Il trouve
cet accident dangereux,
O J &dit qu’on ne le peut transporter
chez luy fans le bazarder.
Comme on avoic
interefi à le conferver, on
fe réfout à luy donner une
1
GALANT.
Chambre dans cette Mai- fon. Cet obligeant cémoi- -crnap-e de bonté luy fait s o •
fouhaiter de vivre. Cependant on tache de tenir la ichofe i-ecrete. La médi- Jfance eft prompte à parler, on eft bien aile de ne îluypas donner lieu de faire ^des contes. Le Cavalier i
Rappelle les Gens, leur don- •Jne ordre de dire au Maiftrc -|de fon Auberge qu’une IPartie de plaifir le doit ar- relier à la Campagne pen- ■ ^dant quelques jours, &-les 1 fait loger dans un quartier: J N.'jyembre> F'
éloigné y en attendant I
temps de fa guérifon. La
Belle dont L imprudence
avoir caufé ce malheur,
ouvre les.yeuxfur les avantages
qu elle a penfé perdre
; & la maladie de fon
Amant luy eft une fi forte
preuve de fon amour, quelle
en eft touchée, & en
prend pour luy tout de
bon. Ce font des foins
continuels pour le foula»
ger. Ils font plus pour luy
que tous les remedes, & il
femble que fo fièvre foit
oL bligée de ceder, à l’envie
GÆ.AMT. p ■quon a de le voir guéry. Tandis quen y travaille de tout fon- pouvoir, la jeune & fpiricuelle Perlonne dont j je vous ay parlé revient à J Paris. Le filence que le ■ Cavalier «rardoit avec elle e>
; depuis quelque temps, luy iavoir fait halte r fon retour., iElle envoyé aulïito11 à fon Auberge, & (ùrprife qu’on frie luy puiffe dire où il eft Jallé^elle employé toute jforte dCdreffe pour le découvrir. On luy dit quil avoir rendu desvifites allez hffiduës a la Belle qu’il ai- ? T"1 * *
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3
moit, fans qu'on puifte luy
apprendre aucune particularité
de cet amour. Elle
met des Efpions en campagne.
On va dans cette
Maifon j & comme les Domeftiques
aiment à parler,
ils font, entendre par quelques
paroles inconfidénées
qui leur echapent,. que le
Cavalier y eft enfermé, &
qu’il n’en fort uoint. Grand
dclefpoir de laDemoifelle.
Elle fait confidence de ce
q u elle a fçeu à un Adorateur
de fa Rivale, qui
ayant appris la mefnie choI
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fe fans qu’on luy euftrien dit delà maladie du Cavalier, adjoûte, foie qu’il le crull, toit qu’il l’inventaft par jaloufie, que les cinquante mille livres de rente avoient ébloüy l’aimable Pcrlonne dont ils fe plai- gnoient tous deux -, que fur le prétexte de quelques vi- fites trop affiduës du Cavalier, on l’avoit arrefté chez elle, pour la luy faire époufer de force; ôc que quatre Hommes armez l’y gardoient à veuë jufqu’à ce qu’il fe fut rélolu à. ce
qu’on vouloir de luy. Le conte eft reçeu, parce qu’il flateTAmante jaloufe. Elle fe veut croire toujours aimée, ôc que la feule prifon du Cavalier l’empefche de luy donner des marques de’ fa tendrefle. Dans cette penfée,. elle fonge à luy procurer fa liberté. Je vous ay parlé d’un Parent qu- attendoit le Cavalier. Elle découvre qu’il eft à Paris, & qu’il s’informe par tout de ce que peut eftre devenu celuy dont elle croit encor poffeder le coeur, C’eflok
9
GALANT- 7i- I* un Homme fage & d’autorité, & qui exerçoit depuis plufieurs ans une des prc- 1 mitres Charges de la Pro- Ivince. Elle luy écrit, luy | marque le lieu ou il trou - | vera le Cavalier dont il eft | en peine, exagere la violence qu’on luy fait pour j l’obliger à un Mariage qui |ne luy plaift pas, l’afTure | qu’il eft gardé jour 8c nuit j à veuë, abaifle le mérité de i la Demoifelle quon veut | qu’il époufe, & luy fait un point-d’honneur de repouf- 311er hautemét l’injure qu’un
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/ 2z l£ <U,J _£X. \AJ y 3. < X/4 fi lâche procède fait à fi Famille. Quoy que Ion Billet rafle impreffion, ce fage Parent ne va pas fivifte. Il trouve de la vrayiembiance Z
a la choie. Le Cavalier eft fort riche. On n’eft pas toujours prudent à fon âge. Il ne paroift point. On luy aura tendu quelque piege, ôc d’un Amant qui a peut- eftre fait quelques protef- rations un peu trop fortes, on peur en vouloir faire un Mary. Tour cela luy pa- roift allez croyable , mais on eft quelquefois furpris dans
4
^jdans des choies qui lem- ^blent encor plus aflùrées- comme la Demoifelle qu’on luy nomme eft de " qualité, il croit qu’il ne , peut agir avec trop de cir- |confpeftion dans une af- 1 faire de cette importance, *11 s’adreiïè au Magiftrat5 luy montre le Billet quil ^areçeu? luy demande du jfecours en cas de befoin. ij *
J fe fait accompagner de quelques Gens de Juftices 6c les ayant laiffez aux environs avec ordre de ne poinr avancer s’il ne les Novembre. G
74 MERCVRE appelle, il va où eft fon Parent, & prie qu’il puifle entretenir la MaiftrefTe de la Maifon. On le fait monter. Sa Robe de Magiftra. ture ( car comme je vous aÿ dc'ja dit,il avoit une des premières Charges de fa/ Province, ) fa fuite & fon équipage,font des marques ' du rang qu’il tient. Il| entreoù eft la Grand’Mere, voit la Belle qui luy tenoit compagnie, & fe perfuade d’autant plus qu’on luy a j dit vray, qu’il la trouve | luy-mefme toute aimable. J
’ F l:
Apres les premiers compli- mens de civilité , il parle de fon Parent, dit quon en eft en peine dans fa Fa- miille, & que n’en ayant i pii apprendre aucunes nou- Ivelles depuis fix jours qu iï }eft à Paris 3 il leur en vient îdemander fur ce qu’il a llçcu quelles luy failoient Iquelquefbis la grâce de le 1 recevoir. On luy répond | en termes qui ne luy don J j nen t aucun éclaircifle J paient; & comme on veut jjlcavoir à qui on parle, ora 1 tourne fi bien les choies,
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3
76 MERCVRE qu’on lengage à fe nommer. A peine sert il Eût connoiftre pour celuy que le Cavalier accendoir5qu on luy marque une extrême joye. Il en eft furpris. Mais il l’eft beaucoup davantage, quand la Grand’Mere, fans s’expliquer avec luy, le prend par la main, &: le prie de vouloir bien fe laif 1er conduire. Elle luy fait trayerfcr un fort grand Apartemenr5 & le mène dans une Chambre pro- primais reculée, où il trouve.le Cavalier au lit, gardé
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| gé de cacher qu’ il y fuit
& Ta-
GALANT- 77 feulement par les charmes de la Belle, & par un relie de fièvre qui laiffoit encor fur fon vifage les marques de l’extrcmiré ou fa maladie f avoir réduit, Ju- vez de l’étonnement où il fut de trouver les chofes fi éloignées de ce quon luy avoir voulu faire croire. Le Cavalier luy conta tout ce qui luy eftoit arrivé, les foins qu’on avoit eûs de luy dans cette Maifon, les | railons qui avoient obîi-
i demeuré malade , G uj
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mour paffionné qu’il avoir pour la belle Perfonne en faveui* de laquelle il le conjuroit d’obtenir le conientement de fon Pere. Les Daines trouvèrent à propos de Te retirer , afin qu’il puft s’expliquer plus librement, & que la fran- chife de leur procédé aidaft à faire connoiftre qu’on l’avoit toujours laiffemaif tre de fes fentimens. Son Parent touché de ce qu’il luydit, ôc convaincu d’ailleurs par fes yeux des charmes de fa Maiftreffe, ne
GALANT. 75
pût faire cas d’un peu du
ncgalité de bien , donc le
^davantage eftoit réparé
par beaucoup de naiffance
& démérité. Ainfi il n’eut
pas de peine à luy promettre
d’employer tout ce qu’il
avoir de crédit auprès de
fon Pcre. Il Ta fait avec
tant de fuccés3 que le Mariage
Te doit achever au
premier jour. La Belle en
reçoit les complimens de
tous coftez au grand dépi
aifir de là Rivale, qui en
cherchant à luy nuire 5 a
avancé fon bonheur.
Toute la Maifon de Monfieur,
ou plûtoft toute" la
France , s en fait un trèsgrand
de l’entiere guérifon
de Monïïeur le Duc de
Chartres 3 Fils unique de
Son AltefTe Royale. Vous
fçavez qu’il fut malade à
l'extrémité fùr ta fin du dernier
.mois. Elle fut telk3.
quon répandit par tout le
bruit de ta mort. Monfieur
«Br Madame en furent inconfolables.
La crainte de
perdre ce petit Prince les ;
accabla de douleur. Toute
la Cour y prit part-, & des
GALANT. 81 queLeurs Majeftez eurent appris ceue fâcheufe |nou- velle, Elles partirent de Verlaillespour ferendre au Palais Royal. 11 eft certain que û un fijufte iujet d’affliction euft laifle Leurs AI-
te fie s Royales capables de recevoir quelque foulage- ment dans leur déplaifir9 rcmpreflèment du Roy à les venir confoler ?. & la ten- dreflè qu’il leur témoigna? auroient beaucoup contribué à l’adoucir mais il ne
diminua que par l’heureux effet des Rcmedes. Vous
pouvez croire quon ne,
pargna rien pour les faire
agir avec fnccés. Les deux
Premiers Médecins dont
je vous ay déjà parlé* mirent
en ulage tout ce que
l’expérience leur avoit appris.
Les Pères Capucins
du Louvre furent appeliez*
&la vie dont on avoir con>
Vous fçavez le bruit quils font dans le monde, ôc le grand nombre de Malades qu’ils ont guéris. Des fuc- cés ü avantageux leur acquièrent beaucoup de gloire y mais ils les expofènt en niefme temps à l’injurieufe ccnfure des Jaloux. Il eft impoffible de n’en point avoir quand on eft d’un me-
A
rite extraordinaire. Ceux que blefle la haute réputation de ces charitables Pères
jveulent croire qu’il ne doit mourir perfbnne qui fe {oit fervy de leurs Reme-
ot -
1^1 3. < V X XvJ -
des; & fi de cent il en eft
un ieul que la violence du
mal emporte , ils en rejettent
la faute fur eux, com- ;
me s’ils eftoient dans l’obligation
de rendre inimon
O tels ceux qu’ils entreprennent
de traiter. Ils font
courir des bruits lourds qui
les décrient. Ces bruits fe
penfee de ne rien dire que
de vray. Ils répètent ce
qu’ils ont entendu, dire,
jcliofe apres eux-
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J D’autres font la mcfme
; ôc comme la vérité mefme s’a Itéré en paflant d’une bouche dans une autre, ils rencheriflenr furies raports qui leur ont efté faits, Les crédules fè iaiflent perfuader,êctrompent ceux qui les écoutent, parce que croyant ce qu’ils difent, iis l’aflùre-nt de bonne-foy. On ne fonge point à chercher lesverita- JL blés Auteurs de ces bruits, pour s’éclaircir avec eux. ils fe perdent dans la foule. On ne les connoitplus. Ils
*
«
* »i :4 j
écoutent ce que les autres leur racontent, comme s’ils neTavoicntpas inventé, & joüifTent de leur malice en feignant de n’avoir aucun intereft à la foûtenir. Voila
ce qui arrive ordinairement dans une auffi grande Ville que Paris, ou la confufion des Peuples empefche ai- fe'ment que la vérité de beaucoup de chofes nefoit connue-, & c’eft ce qui eft arrivé apres la mort de M1 Car patry a 1 ’ égard des Peres Capucins du Louvre. Ils ont foufert ce qui a efté dit
GALANT. 87 ^ontr'eux avec toute l’humilité que doivent avoir des Personnes de leur robe Sc de leur caraétere $ & ils gardcroient encor le filen- ce, fi une Lettre d’unEvef que de leurs Amis ne les avoit forcez de le rompre. Ce Prélat leur marque, ne peut avoir autant d'esliwc & de confédération qu'il en a pour eux ^fans les plaindre des excefféues fatigues que leur doit caufèr le fdn continuel quils ont des Malades 5 iQÿfl eft cepen- : dant[urpris d'apprendre les
J
oo 1V1 _Üj IX. Xj V iVÎ-J Injuftices qui leur fini faites-, gfilfait que leurs Cnvieux publient que ce n eftpas a des Capucins d'exercer la <SMc. decine j £)fil voudrait quun euftfait fa<votr à ces fadcwx inconfidére\ que cet emphy eft de droit Eccleftadtique. gÿ quil n appartient qu'aux Preftres d'en faire la fn- Etion^par le motif 'de charité qui les anime fans en eftem d'autre recomperfe que celle de plaire à Dieu en foulage ant le Prochain; Jftpe c efi pour cela que tous les E^ceft quesportent un Saphir dans
T' ?- W" Ci
leur Anneau Paftoral, pour
les faire fawvenir qu'ils doi*
<vent -ajp-dler les Petâiferez#
$ les guérir par la vertu
que la Nature a renfermée
dans cette "Pierre prétteufe-s
l *'
il vient de faa^oir quon
æ fait courir-des bruits defawantageux
contre leurs Kê’-
■w.edes à Voccafon de Md Carpàttyq
& de U maladie de
Monfieurle Ducde Chartress
ne doutant point que vous
ne vous fafliez un plaifir
d’apprendre la vérité de ce
qui a fait depuis peu Ventretien
de Paris & des Provinces.
DES PERES CAPUCINS
DU LO UVRE,
A la Lettre de M, Evefque de *
MONSEIGNEUR,
Tout le monde veut
GALANT. 91 i tout le monde ne le vêtit pas î par le mefme motif*. îlyen a j qui font la recherche de ce ! qtiils ignorent^ par le fetd î defir defâavoir la véritéy ce font des Ecrits bienfaits. j D'antres le font pour s*en j divertir * ce font des Gens
■J °yfîfi ne cherchent pas 1 pour trouver) c efiàdirepour ; j profiterynaisfeulementfaute d''un meilleur employ. D'au~ très font pires. Ce font les À malicieux 3 qui ne veulent iffivoir les chofes que pour L en corrompre U vérité, ou â four publier ce qui la détruit
H ij
4
quand ils Vont déjà troul
yée corrompue. Pousneftes-,
Monfèigneur^ny des féconds>
ny des derniers ■ auffi ne voudrions-
nous pas fi mal employer
le temps 3 que de U
pajfier a écrire cette Lettre,
fi vom d<vie^ rang parmy ces
fines de Génies. Comme ï ex*
périence nous a fait mille fois
connoifire le %ele que vous
ave^pour la vérité, nous ne
pour fi Uijfir.' fur prendre k
iopinion-* & donner dans le
rnaiwaifè Caufi à de fendre*
fins de ceux. qui ayant une
que des fiuffite\ pp) des fkportions
malicieufès 3 Jdns
■çfi revenue de la bagatelle*
p eut fi cile m ent déco u <v rir
C'efidonc* Monfèigneur*
pourfiitisfiire a ce que vous
defire\fqa’voir 3 que nous
vous dirons que fin Mz CarU
patry^ qui seftoit acquis U gloire de bien fervïr Mon- feignewde Lowvois3par ï'attachement particulier quil avoit pour ce vigilant Mi- niftre, ny avait pas fait un fond d'une parfaite fanti La vie fe dent aire qui efi commune aux Gens qui sa- pliquent avec autant de fidelité quilfiifiit aux affaires de fon Maiftre^y eftoit tout- à-fait contraire, II auvoii pu- cependant vivre encor plufieurs années : fi fa com- plaifance pour des Amis ne l'eult pas fait confentir & un
ta
1 /*» Aï & ■&.TyT’
■ divertiffewzent de Chaffe^dont
ï excès confierna la Nature*
■^jufqtd d luy procurer une
fievre double-tierce, qui foi
bligea de nous venir voir. &
ïde nous prier de ratifier
* dans fa maladie 5 en cas qujlle
continuais nous mar5^
MERCVFÆ
toit. Le refit que nous Ity
fifinet de le lifter rne le rebuta
point. Au contraire^
des le lendemain-au matin il
envoya Madame fa Femme,
accompagnée de M1 du Chefs
Médecin du Koy^ pour nous
demander la méfié chofi,
Comme elle nous, vit fermes
à la refufer elle nous fit
donner un Ordre de Monfeigneurde
Louvoie. Il fallut
ceder à V autorité dun Minifire
qui ne violente jarndis
lec inclinations., puis quan fi
fait toujours un fort grand
plaifr de luy obéir -
allf-M
GALANT. <77. diurne* donc voir ce Malade^ qui U fiuhaitoit avec tant d‘ardeur s quoy quilfufi af- fa inutile \ puis que M1 du 1 Chefie j comme nous luy di- ï mes 5 a voit de nufire Fébrifuge. entre fes mains * par or- ’ dre de Monfiigneur de Lou- woiSy & quil pouvoit luy en donner s il le jugeoit â pyo- \pos. Il le fit. Le Remede ne | manquapas de faire fin ef- jfit* Le Malade fia ahon- 1da.mment pendant l&s trois jours quil'en prit^ & fi la> Nature euft efié aujfi fidele d féconder le Retnede, que U
I Novembre* I
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Remede avait de a)ertu> on
Z~’ A T A •&. ? ”'Ç*
. anwn 1 ■ 99 1 gnée ï avait bien plus échauffé- Son vifiige rnefine avait I toujours confirmé un certain ! air qtd auroitfdt croire auil il J 1
.| eftoit jeu malade. Cependant I /i foiblejfe qui s eftoit fit J( connoiftre ' auparavant par .-S un depoft qui fi fai fit far -i fes jambes, adll avait
vertes depuis un Long temps
■{pas avertis) ou-
eu si
c. -
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* l v H •J
on ne nous en
- augmentafi fort ^pendant
que les forces du 1 Malade diminuaient s que la vie qui eftoit déjà l&nguif- \ Tante fÿ qM n envoyait plus fu- cerveau, les esprits qui i' • .
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I’•/1 rît. v \* font le bon fins 5 donna des marques quelle r&band^u noitpav un délire qui ne fi laiffa que quelques intercales donc nous voulûmes profiter pour luy fiacre donner tous les Sacremens, nu il recent
■L
avec une pieté exemplaire. Ce témoignage d’un parfait -Chreftien f qu’il rendit par nos foins par la connu f- fiance de l'etat ou il eftfi détruit la calomnie qui nous impute d’avoir dit a IkUdawê de Louvois quil eftoit bon de danger; quoy quil demeaU confiant quily avoit plus à
G AL Ali • loi
huit jours que nous n avions
eu l'honneur de la (voir.
J Cependant la maladie aug- ■1 mentant toujours, nous re~ 1 tournâmes au Louvre pour { préparé? un dernier Remede 3 i oue nous apportâmes le len- i 1 . 11
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j demain^ mais comme nous t /I > 19 r* ~ f
.* vîmes au on L avoirjaigne 1 deux fois 5 & quon fè pre- J paroit à une troifîéme Sai- y grée pour le dijjtojer a trois ■Iprifes d'Emetique, qui luy 1 furent données enfuiteywus | crûmes que le party de rem- >1 porter nofire femede eftoit- 1 le meilleur- c? q-^ d eftoit
1 . i ...
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102 MERCVRE inutile de le donner, Nous ne vous difins point 3 Mon. fieigneur^ la qualité de cette Ejfience. VousUfi^ave^déja, Elle eft la mefime qui la vie à Ml de Bonnecorfè, ce bel Efiprit en Po'êfie 5 qui eft encor au Caire d Egypte "unfui pour Sa Majeffé. Il ww en fit l'hiftoire lors quil woes envoya les Livres Arabes que vous luy avieosyle- mander II fàffit pour confirmer fia vertu que nous vous dzfhns que Payant remportée che^ nous Mr Bachelier de Clotomont avec
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qui nous eftions en Egypte^
& qui asvoit appris de M1 de
Bonnecorfè me fine cet effet
prodigieux arrivé en
finne par ce Remede -> nous
le demanda pour M* Huffon. at
Secrétaire du Roy^fn Amy7
qui eftoit auffi mal que M\
Carpatry. fl le luy porta.
Safievre ceff dés le moment
quil l'eutpris ; a quelques
jours de la il s en alla a la
ic^MERCVRE fils de noftre Fébrifuge, fins en guérir, San mal ayant quelque cbofe de plus malin que les fievres ordinaires demandait auffi un Renie de plus efficace.
Au refie 3 quand il fierait <vray que nous enflons dit à ^Madame de Louvoie que M Carpatry e Fiait. hors dt danger ? il fallait nous laiffer continuer jufqu au bout, ayant que de critiquer nos Pronofiics^qui auraient pourtant efié ajfe^juftes s est confiant quilfi portoiï mieux le jour qu'on nous fit
unbAN i • ioy parler^que le lendemain que les Médecins V entreprirent. Cependant ils ne croyaient point que fa maladie d&fl eftre mortelle^ quoy quilfifi pl&s mal. Ce Paradoxe paroi fl convainquant ^puisqu ils n auraient pas esté affe^fd- ciles pour fi commettre a la cure d'un Homme qu’ils auraient crû incurable ; fi ce n eft quon (voulu fi dire ma- hcïcufiment qu’ils avaient peur que nous ne le tirfifons d affaire, ou que voulant nous en faire un capital 3 ils doercbaieiit a le mettre en
état de ne pouvoir
foulage ; car il faudroit
dure l'un ou l'autre
efire
con~
mais
le dernier ne ffouroit eflre
infère contr*eux, puis que
la raifon fait voir qu9ils
nauroientpas voulu rifouer
leur honneur for un Homme
tout-d-foit incurable 7 dont
nous aurions pu en foite leur
donner le blâme, Il faut
donc dire quils ont crû qu'il
eftoit en état d'en revenir,
& quils ont eu dejfein de
nous aider dans cette cure ;
& par confequent quand
nous aurions dît lejour prc*
i • IO7 cèdent que M1 Carpatry nen mourrait pointpnous aurions eflé mieux fondée^ qui ils ne le furent le lendemain s ce qui fit paroi(Ire le peu de réflexion de celuy qui fifoit ce reproche defoy, déjà faux* CMais quand nous demeu^ rerions d'accord d'avoir dit a Madame de Louvoïs que Mv Carpatry n en mourrait pas? peut-edlre aurions- nous dît <vray 5 fi perforine que nous ne s en faft méfié.
da paru par le Remede nous avions fait pour iy ? qu'il auroit pû proion-
Car
que
!..
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4
ger fies jours , s’il eufi efle
heureux pour le prendre,
puisque l effet en a ejié
fi efficace fur M1 Huffbn.
On nous trouvera toujours
de bonne fy ; ce qui ne fere>
peut - eftre pas fi régulier de
U part de nos falaux 5 qui
pourraientfb&haiter que M'
Huffon retombafi malade* &
mefime quil mowruff comme
il peut arriver a un Homme
de fin âge : mais cet accident
ne détruirait point Fe-ffevcs
de nofire Remede 3 & ne ferait
rien non plus fur U efitp
ritd'un H rmnse inté-gb ré.f nJ. ui
f r A > A < TOQ
>/.j; z £ t £ x <> y doit efîre convaincu qu'un Rernede qui puerit une ma^
2
Udie^ ne rendpas un Homme immortel ? quand mefine ce ferait la Saignée 3 le Séné, ou U llbubarbe.
Enfin, éMonfiigneur, M* Cavptâry mourut apres avoir eflé fiigné trois fins3 C# pris trois fois du Vin Eme tique. Les larmes que fi mort afiit répandre ne font pas ali est
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efficaces pour laver U calomnie y qui ne dit pas que la
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Médecins &e Vont pûfiuver* niais que les Capucins du Louvre l'ont tué. Cela fur-
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no MERCVRE prend le Public. Su farprife ne SI pas fins fondement, il Antiquité qui nous donne les Ouvrages d'un Michel- Ange 5 ne s'étonnoit point quand ce grand Peintre fai- , voit ladélicatejfe defin Pin- ceauy & quilfaifiit ces vhes Peintures qui font l'admira* lion des Curieux y & P ornement du Cabinet des pb$ grands Princes. Mais elle aurait eflé furprfi, (l cette ; main délicate fe fajl applé ■ quée à faire des Lanterne^ gÿ elle aurait pu dire avec quelque étonnement9 quefin
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ffd entier n eftoit pas celuy d'un Lanterrâer , -mah celuy d'un Peintre. ^Aïnfi fi le Publie eft Jîirpris d‘ entendre dire que les Capucins du Louvre ont tué MvCarpatry9 c est q&e leur Meftier eft de guérir. comme ils en ont O '
donné des marques depuis fix mois par des milliers de cures qui demeurent incon- teft&bles. Parmy un grand nombre des Guéris > on leur veut imputer la mort de ML i Carpatrp 3 parce quil a pris ! de leurs Remedes^ & qdil n eft pas ordinaire de voir
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HZ iVÆxV mourir ceux jet vis. Sur ce fandc
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V iv ïZ qui s en fin?
ement nous devons Ftwoir tué. Ce ht se si dit ■ mus il eEl difficile de juger qui Fa dit, & comment il peut avoir eflé dit i car pour rendre cette accufatlon autentiquc* il fitr droit quelle euEl eSléfaite par les SMedeans. Or il pu roifi fans répliqué qu ils ne peuvent eélre de ce /intiment., puis qu ils une conduite qui prouve tout le contraire. Cela fait voir que ce font leurs fauls En-
wni' tenu
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quiL nous3 M < /si contre de tout H-i
pable de prévention. Car croirait qu un Médecin- ' le plus ignorant ou le t O
criminel Homme du iage&nt cpdun Ma--
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baroîft edre contre-
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la vérité-
3 au /Intiment -mmnebicnfenfé^
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Jeroit plus monde, fi j
Ude fer oit en périt pour a^otr pris des Remedes chcuds5 il venait à luy donner pur défi fii le plus échauffant de tous- me eft-le Fin ; Emeüque ? Cependant cela- j 5 esi fMt de l'avis de cin-cp t Médecins 3 &■ apres cela on:-
!
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I les Remedesycmm
â.
erte cpie les Capucins luy ont
wis le feu dans le corps ?
que pour l'en guérir on luy
donne de PEwietique,
l^ous woye^ bien 3 Mo;?-
felgnewr, la fuite de ce raïfnnernentfnswous
l expliquer.
V'oEtre Grandeur exconcluait
par confequent^ qM
nous F avions échauffe ; mais
& Kl t r -
tout fait pour nous, car c eft une conviai on que les Médecins n 'e Soient pas tous d'accord, & que dans i op- poption des ftèntimens qui eft- toient partage^, la réalité du Fait a cité rneûrement examinée; apres quoy faplura- lue a efté pour nous , eft a conclu quil n eftoit point A chziîfé. Mais ftupoje que cela ne fuFipas, cette Ordonnance (quey que nonpgnée de tous) nous donne droit, quand tneft- we nous ne. l'aurions point: Car l'on ftqait que dans les Conjultations des Médecins *
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la pluralité dé te. turc à cfite ce q nenty c esl ponre cute ce qui ejiprejcrit par le nombre prévalant 5 comme eftant reconnu réellement tel, me/lne au-péril de la <viey qui ne reçoit point de fùplément^ tant eft confiante en Médecine la dêcifion de la plura* lité, 6c ideo nunieranrur, fed non ponderantur luE fragia.
Pour conclure, éMonfîi- gneur^ la pluralité ordonne un Ré me de chaud, fâçez donc t il nefi- pas de fdît
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^;zr M' Carpatry.
? tons en aan?er p J. > • > Z
este échaufé par inedes.
Les tuteurs de ce bruit offencent bien encor davantage I&s Médecins , en pu^ bliant une choje qui pourrait efïre vmye de Z$ part de V Emetique nuis qui de toute impojjibilùé ne peut eflre un effet de nos Effences. Ih dirent imprudemment 3 quoy qud no Etre avantage, que EMd Carpatry ayant eElé ouvert 3 on luy a trouvé les boyaux gangrenez^ Celapeut
elîre^ nous rienfiywons rum
mais que la chofi Joit ou ne
fit pas s tout eft également
injurieux aux Médecins &
nous donne gain de Caufe,
Car s'il eft ^vray que Us
boyaux de ce Mortfuffent
gangrenez^ & que noftre Remede
n en ait pû elîre U
caufe y à quoy la voudrezvous
attribuer y fi ce ri eft a
n aj amt Tta .£ *4. Av4 J 1A i- * J- J y Si d'autre-part on <ueut dire que les Médecins nous donnent le turt de cette méchante frite j ils font trop prudent pour vouloir gaffer pour des téméraires 3 & trop fcavans pour vouloirfe déclarer ignorons. Téméraires y de vouloir
mieux que T F fait de Vin
faits ordonnent pour la gue« nr & dans lequel les chirurgiens confervent les Monf très morts quils tirent des Corps des Femmes^quand ils
*•<
§ que U gangrené fût caufée | par des Ejfences qui guerif- i fart de la gangrené 3 bien 4 » U 4 . . a
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Qe liC l 'ejfence abftraïte
eft- de la- du> CieL |Z J*
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<1 AT AXTT boyaux. Ce fine des Remedes qui ne font point fit jet s aux digefiions 3 eflant fi volatils & fi pénétrons* quils pajfent prefque à Cinflant par les pores de reflomach* & transpirent jufqua la circonférence. C’eft par la que ces gfiences font fer avec tant d'efficace* qu elles refokuent (ÿ emportent en paffant ce qu'il y a d'impureté^ gÿ d'excrémens fibrilles dans l habitude du Corps 5 qui fè trouve g&ery le lendemain pour rordinaire . quand il : ny a point de maladie comi Novembre.
•?, Æ’T"’ Ti TT*’ T"* t
122 M B K C ¥ K B pliquée. C'ett un étrange Monftre que la fdoufie* .. Sans réfléchir à quoy que ce foit3 elle fe précipite en mille extravagances 5 ô* ne fe nour- | rit que du feulplaiflr d*em^ r pefcher le plaiflr des autres s en fe le voulant approprier. Si ces Critiques peu prudens 1 avoiçnt mis de nos Ejfences* ou quelque € Eprit volatil* dans une Phiole de vem^ bien bouchée > G5 quils por* tapent cet Cflrit dans un lieu chaud 3 comme VeElomad d'un Homme 3 ils verraient tant-s en faut que cet Eprit
<*•
GALANT. 125 i defeendijl en bas comme dans T les boyaux > qu'au contraire î U s ‘élev croit en ^vapeurs qui ; fortiroient de la 'Thiole , fi : { le Verre awoit des pores j comme reftomach de l'Hont- L ^e^Jansquil refiaftrien qui j pufi tomber au fond, Ce font ■î des expériences irréprocba- | blés 3 que la jaloufie jointe æ l 'ignorance^ ne Je donne pas J le temps d‘examiner. Corn- ment fi peut-il donc faire ■| que les Effinces qui ne peu- lèvent defiendre dans les foyaux, y ayent caufé la gangrené^ qtieüesy auraient d ' U
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Enfin s'il fout donner une
preuve que ces Ejfences nom
que le degré de ch&lewr quil
leurfaiï3 nous vous dirons
qu elles gueriffèru les Erefi..
pelles & les Brûlures* que les
Médecins traitent tous par
des Réfrigérons. Mais nous
avens une démonfiration plus
célébré dons U guerifon de
Monfieur de Chartres 3 dont
Vofire Grondeur nous coine
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GALAHT. i2T prù plufieurs fois du Vin Emetique par la bouche* £ÿ in La^vemens. On fait ( gÿ ^Madame mefine la <veu ) que la violence de ce ^.ewede* apres des convulfons réitérées fans quil le puft rendre* ravoit réduit en deux heures
dans une létargie entière* fins poulx^ fins retiration* & fins mouvement > le s y eux ternes & livides comme de i la corne s aucun fg%£ deviez on le croyoit mort. Ce nef toit pas de froid* s'il s enfant reporter à l'opinion des Me~ détins^ qui défont que l'Eme- L iij
violence de ce Vin^ comment
r'effet qui parut powvoitdl
arriver i fi nos Effences font
chaudes ? Comment un Re.
mede chaud na-t-il pas æchevé
ce que la chaleur de
Vautre avoitfifort avancé?
Comment enfin cette Ame
une ardeur dévorants
GALAHT. 127 une teinture minérale qui ne fe nomme que par les effets* puisque dans un infant elle luy redonna la vie * avec le poulx. la retirationfe mouvement la voix 3 & la con- noiffance* Çÿ calma ces terribles convulfionsquifaifoient defêjperer de Jes jours. Il demeura ainfi en repos plus de demie heure 5 pouffant quelques naufées qui fai- foient paroislre V efficace du Reme de >qui apres avoir fortifie la Nature* voulait ex- pulfer l Emetique : mais a- près ce peu de bon temps on
L» < * » ny
128 MERCVPÆ luy redonna de cet: Emetique par Zæ bouche , & en Ldve* <vemens $ & aujftoft les con~ unifions le reprirent comme auparavant. Cependant nof tre Remede eut affe^deforce pour fiutenir entre deux Emetiques , un plue grand poids que celuy qui avoit déjà fitficcomber la Nature ■ fi bien qu apres neuf heures de temps s ce petit Prince les rendit beureufement 3 & fit guery.
C'efl une circonftance fi notable. quil eftinoüy quiun Hommejp^elque robufte qu il
fins en crever 3 & cependant
Monfieur. de Chartres l'a
quoy il£a rendu , & rien efi
point mort.
Efi- ce-la une Efficace chaude
oufroide ^qui/bâtient & tem*
pere la violence d'un Remede
caullique & bouillant l On
efi crû un des plus chauds
Médicament du monde s &
& que les autres en doivent.
'i^oMERGVRE juger par fes effets. Il faut donc eftre plus modéré dans fa malice, & ne pas condamner ce quon ne connoiftpoint fi Von ne feveut déclarer téméraire s ce qui eft le cara- Eieredes Jgnorans. Car enfin on doit J ce Remede froid ou boüddant^ la vie d’une Per- fbnne aufi chere a l'Etat que
^4 «•*/ «*.
ceiïv de ce petit Prince . dont
d *
Madarre q-f' eftoit prefient & les Médecins mefines* nous mt rendu un témoimape cio- o <S <ù vieux y en nous en re&W'ciant le lendemain 3 aujfi- bien que Moxfieur^ de qui nous avons
GALANT. 131 re^eu cet honneur que nous -a acquisceRemede^qufquoy qùilneJoitpas le raefineque celuyies Fievre s y fi pourtant de la mefme nature.
Que ceux qui nous blâment réüffffint également^ & nous les louerons fins les regarder a^ecfiloufi. Qu ils gueriffent autant de monde que nous a^vonsfiit^ & quil meure entre leurs mains un
Ml Carpatry9 qui riefi pourtant pas mort entre les ntfi très j nous dirons qu ils font des miracles yquoy quils ne rejfijcitent pas les Morts-,
fpevoir de nous. s'il arrive
deJembUbles incidens, nous
prendrons fiinde Ven informer
, estant avec tout le refpefif
que nous luy devons,
vos tres-hwnibles, &c.
Quand je donne des Pic*
ces suffi importantes que
cette Lettre, on doit faire
réflexion que ce n’c il point
moy qui parle. Ce font des
Articles de Defenfe qu’on
me communique. Je les
rapporte dénué de tout in«
-F < t- -çwn
U*n*’ % >u h1 nS ia* * 1T 35
tereft. Le Public les examine.
C’eft à luy de conclure,
& à moy de luy biffer
F entière liberté de fon
jugement.
Si la Guerre donc je viens
de vous parler n’eft point*,
fanglance, vous ne trouverez
pas que celle qui fuit le
(bit davantage5 quoy quil
s’agiffe de Sieges & deComjats.
Vous avez fouvent
admiré la conduite & f expérience
que la Jeuneflè de
ce floriflant Royaume a
toujours fait voir dans nos
Armées. Vous n’avez pas
TH MERCVRE dû en ellre furprife. Il fem_ ble que le coeur ne foit point fiijet à l’âge. On en peut avoir dans le Berceau, & qui n’en a point naturellement, employé quelquefois fans aucun fruit & les lumières de fa raifon, &les foins d’une longue étude, pour venir à bout d’en ac-, quérir. Mais comme le coeur ne fuffit pas pour le meftier de la Guerre. &:
J * qu’il y a des Leçons ne- ceffaires à fçavoirpottf devenir Capitaine, on peur dire que l’Académie de
A T A Kl "F
U/iLAlM 1 •
Mr de Bernardy eft une Ecole ouverte, où Ton apprend en fort peu de temps tout ce qui regarde une Profcffion fi digne desPer- ■ formes de la plus haute naif- fance. Les Forts qu’on y attaque tous les ans font : d’un tres-utile fecours pour h connoiflànce de ce grand Art. Mr le Prince deMonc- lort, fécond Fils de Mon- fieur le Comte d’Harcourt, s’v fait admirer. 11 a efté ?
choiiy cette année par ïvLc deBernardy pour comman- 1 dcràrAttaqueduFortqu’il
136 MERCVRE
afaitconftruire. Ainïiccft
luy qui a fous fa direction
toute la jeune Noblefle. Il
1 ’ exerce aux Expéditions
Militaires 3 & continue à
s'acquiterdeïi bonne grâce
de la Charge de General de
cette petite Armée s qu il
femble que la Guerre ait
efté jufqu icy fon unique
employ. A le voir agir dans
les différentes fondions de
cet Exercice 5 on feroit indéja
parfait Capitaine dans
un âge ou peu de Gens ont
efté Soldats. Il eft certain
GALANT.. 137 . qu’il eft né ce que les autres deviennent avecpeine^ laNature luy ayant libéra- ; leinent donné ce qu’elle ■ fait quelquefois acheter ; bien cheremenr. 11 eft vray $ qu’on n’a pas fujet de s’é- j tonner des cfpérances qu’il donne. Il eft d’un làng qui ; infpire la valeur& la Mai- fon dont il fort eft fi féconde en grands Capitaines , qu’il fetnble que les quaïitez qui font tes Héros luy foient devenues héréditaires,
On continué de faire à Novembre. M
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138 MERGVRE Nimegue force Conférer ces pour la Paix, & il y a grand fujet d’efpérer que nous l’aurons baentoft generale. Voicy des Vers lur celle ■ qui eft déjà faite, adreflez à M1 Colbert, qui y foutient toujours avec beaucoup de zele & d’éclat la qualité de Plénipotentiaire. Vous fçavez que le Roy Ta honoré de laGharge qu avoit Monfieur deNo- vion, avant quil fuft Premier Préfident.
I
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*
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I
A MONSIEUR
Prefident à Mortier.
RLvenes^nos plaifirs*
Loiiis eft de retours
Ne craignez^plus le
& bruit des Armes^
Des Trompetespiy du Tambour*
La Paix fait ceffernos allarm.es*
Lit fi doïtfnawant nous répandons
des larmes*
Ce feront des larmes £ amour»
trop longtemps ï1 inhumaine
Bedonne
6
troublé de nos Bote le calme
le repos 3
gÿ- trop longtemps du récit
de nos maux
Tout ce grand Univers réfinne^
II eft temps de goûter le loifir que
no^s donne
fZPInvincible Loiïis Je plus grand
des Héros.
Malgré l* envie & la rage*
Ses obftinez^ Ennemis
Bar l'effort de fin courage v
A la fin luy fini fiùmis.
Contre luy5 V Aigle étonnée
]Spofe plas faire d'effort,
£t le Lyon dans fin Fort
Craint la mefine deftinée.
Tremblant il voit de toutes parts
Qge Louis dam. fa moindre
w'^hr f«s*'
GALANT. 14s
Comme un Fleuve eu fureur Fcloi- qnant de fa fourçe^
Abat fes pieu fermes Ramparss Qdil porte la terreur dans fes %ra# Pâturâmes*
Qajl défi rien affezjvrt pour fermer les Pajfagesÿ
Que tofic ou tard il cedera?
Que le premier coup de icmpefe
Qui tomberadejfus fd tefle^
F fl celuyqui Fécrafera, s&
Enfin ms Figue enviettfe
Du bonheur de fes grands Juccés^ Concevant mille vains projets,
Se croit déjà vscl&rieufe.
Mais fies deffiins mal concerte^ Sont à peine-produits^ on les voit
avorte^ >
1 h la laifient erabarafée S’égarer fans repos de pcnfée efy penfég*
JDe mefhie que ces feux crrans
Que das les nuits lesplwsfereine$y
2. ors que la chaleur régné* on voit
au grc des vents
VoltigOe r au milieu des Plaines.*
Zeur éclat ri eft quune vapeur
Qui ri a nyforce ny chaleur',
£t comme un moment la voit
naiflre*
Vn moment la voit dijfaroiftre»
Trop fcibles Ennemis d'un Jz vaillant
Héros*
Vous v oyez, ce qriil peut pour punir
l'amganeeî
Einiffeg_, finiffeg vas orgueilleux
propos,
Etrecouregafa clemence.
il eftpreft à vous pardonner »
Et ce qui doit vous étonner*
GALANT- i4î
Qe Vainqueur fi putfifiint content de fil viîbire,
N'a point / autre interefi que celuy de fa 'fi°îrc'
^.diâpour voaSjgenéreaxhoùis^
Que ce trait de vofire cUm&nce
Se répande auff loin que va vofire t vaillance-)
Ét le bruit éclatant de vos Faits
< inoüio.
Minière de ce grand Ouvrage ColberTj qui dans tous vos
Emplois
Servegutilement le plusfuifidnf^ des Reys-i
Receveuses Vers pour hommage'.
Sa gloire efi voftre unique objet9 Jtâa Mufieenafait fionfiejet-) «j Das le féal defifin de vous plaire.*.
ï'44 MERCVRE
Peut* eftre qu'elle a prit fin vol %% peu trop hantr.
j&îaà fichanterfin Nom ecfi efits téméraire,
Qui ne tombe aujourdhuy dans fa me fine defaut ? -
fia glaire va par tout^ la Terre e[i remplie,
J X
jZ ri eft Peuple barbare^ ilriefl
•. Z) efirt a ffreuX)
Qui dans fi langue ne publie jDc rAwgtfle Louis le Nom v fa phrieux, .
v tX
i
Jtâaæ fir tout c efticy que d'un air doux & tendre
24ilïe Chantres fameux, mille Apoiïori nouveaux^
' Tafient pour luy leurs Chalu^ meaux?
&ear Concert eft charmant^enez^
venez l'entendre.
puis que vos foins nom ont acquit
la Paix-,
pcnez^duGrand Louis partager
les bienfaits.)
; Apres unefi longue abfence.
i 7/ vom offre un reposfélon nos jufe$
j voeux
I Défis les pleurs de Lys^ fatmy
î nas Demy-Dieux,
j Ceft une digne rècompenfe
j De vos [ervices glorieux$
. dûiiifffi en longtemps pour le bien
’i de Ici France*
j Pt lefecours des Malheureux,
3I
j
Je vous ay parlé du choix
que l’Académie Francoife
ç A 9 >
| Novembre* N - • M Ji
•V*M vColbert
pour remplir h
place de feu Mr Efprit.
Le Voyage de Fontainebleau
futcaufe qu’il diféra
le temps de la Réception
jufqu’au dernier jour de
l'autre Mois. Cette Ceremonie
fe fait dans le lieu
ordinaire de leurs Aflernblées.
C’ eft une Salle du
Louvre , dont le principal
ornement confifte aux Tableaux
des Protecteurs de
cette célébré Comp1- agOn ie,
qui font celuy du Roy, &
ceux de M? le Cardinal de
at & ki nr * a^î
Richelieu fon Inftituteur,
& de feuMf le Chancelier
Seguier qui luy a fervy de
Protecteur apres luy. On
y voit aulli celuy de laReynede
Suède. Lors que cette
grande PrinceïTe vint à Paris
, elle voulut fe trouver
à une Seance de LAcadémie,
Scelle fut fi fatis faite
desfçavantes lumières que
luy découvrirent ceux qui
compofoient cet Illuftre
Corps, que pour marque
de fon amitié 5 elle leur fit
1 honneur de leur envoyer
fon Portrait. Cette Salle eft
148 MERCVRE ouverte à tout le monde chaque fois qu’on reçoit un Académicien nouveau, Ainfi la foule y eft ordinairement fort grande, &: particulièrement quand c’eft une Perforine diftinguée par la qualité. Vous jugez bien par là que l’Aflemblce ne pouvoir eftre que très, nombreufe le jour ou Mr l’Abbé Colbert fut rcçcu. L’envie de vous entretenir
de ce qui s’y paflâ comme témoin oculaire , m’y fit chercher place de fort bonne heure. Je ne vous rediray
G AXANT- 14?
point ce que je me fouviens
devons avoir déjà dit,' qu’une
partie de TAcadémie
Françoife eft compofée de
Perfonnes du premier Ordre
par leur naiflànce & par
leurs employs 3 tant dans
l’Eglife & la Robe-, que
dans l’Epée. Si l’autre partie
n’cft pas d’un rang fi
élevé, elle ne voit rienou
ne doit rien voir au deflus
iTo MERCVRE du Royaume, il ny a néant, moins aucune diftindtion entre eux pour les rangs, C’eft le fort qui décide tous les trois mois des Charges de l’Académie. Il y en a ; trois, qui font celles deDu re£teur,de Chancelier,& de Secrétaire» Je croy, Madame, que vous ne ferez point fâchée que je vous inftruife de ces particulari- tez 3 puis que je vous parle dun Corps qui eft reçeuà l’audiance du Roy avec les mefmes ceremonies que les Compagnies Souveraines,
GALANT-, 351
Ce n eft pas d’au jour d’hu y
qu’il eft en confidération.
Ônle peur connoiftre par
le Livre qui s’eftfàir il y a
déjà vingt-cinq ou trente
ans, de fon Inftiturion, &
de fes Statuts. Il porte pour
titre, Hiftotre de V Académie
Françoifî, & eft de Mr Pelifl'on
qui ne n eftoit pas encor.
Ses Réglés font, que
celuy quia cfté choify pour
remplir une des Places vacantes,
doit faire un Compliment
à la Compagnie
en forme de Remercîmenu
Comme le Roy en eft
NAT ihii’j.i
lentement le Protecteur, & que les grandes choies qui j a faites , & qu’il continue de faire tous les jours, donnent lieu de parler de luy dans toutes les Actions publiques, les Académiciens qui font reçeus font ce mercîment en peu de paroles, afin d’avoir plus de temps à s’étendre fur le Panégyrique de ce grand Prince. Il en faudroir beaucoup,
quand il ne sagiroit que de rébaucher. Celuy qu’on reçoit eft affis au bout d’en bas de la Table,
parce que n’ayant point encor eu de place dans T A- cadémie, ilfemble qu il ne la doive prendre quapres fa Recep tion. Le D ireâeur ell vis-à-vis de luy à l’autre bout de la Table 3 feul de
toute rAcadémie3affis dans tin Fauteüil. Les Officiers
font à les coftez3 & le refie des Académiciens fur, des
C lia i le s au tou r d e la Ta b 1 eo Plusieurs Evefques fe placèrent derrière ces Illuftres
Sçavans, le jour que je viens de vous marquer. Il y avoir aveceux'un grand,nombre-- cz
iT4 MERCVRE ‘dePcrfonnes de lapremie, re Qualité. Le relie de la. Salle eftoit remply indifé- remment de toute forte de
Gens dont beaucoup fe peuvent vanter d un mérite généralement reconnu, M l’Archevefque de Paris, Mr Colbert 3 & Mr l’Abbc fon Fils3 eftant entrez 3 ce dernier eut à peine pris fa place3 que fans fe donner le temps de refpirer apres avoir craverfé une' grande foule 3 il commença fon Complimenr.Jerentendis, & j en fus charmé.. Vous
perdez fans doute beaucoup de ce que ma mémoire ne m’eltpas aflèz fi- de Ile, pour me donner lieu de vous faire un exact rapport des belles chofes qui furent dites. J’encroyfça- voir l’ordre , mais les termes m’ont échapé , ôcc’eft dans les termes que con- fifte la perfection d ’ une Pièce d’éloquence. Ce que je vous vay dire de celle-cy^ ne laiffera pas de vous en. donner de grandes idées-, devons aidera concevoir,,
ce qu’ elle pouvoir cftre
4
GALANT- iyy pour expliquer fa penfe'e, gue U gloire quils s efhient ions âcquije dans l'Empire des belles Lettres, ne pouvoit plus recevoir d'augmentation, ^fiils a,'-v oient choijy fifique-ld affi^de Gens d’un mérite déjà étably^ qui pou~ voient leur communiquer leurs lumières ; ^u3 ils ne dey oient plus finger a l'a- venir qu à former des DfiL plex qui en profitant de celles quils Leur donneroient^ püfi- fentfiûtenir réclat qui ren~ doit leur fuyante Compagnie fi recommandable j & que
-e
comme il ne doutait point
far luy , il effarait qu'avec
tant d'habiles Gens le temps
luy ferait d'un grand fecours
aire devenir ce au ils
avaient defein de le rendre.
Il dit en faîte., Jfafilpouvait
au moins fè vanter d'avoir
toutes les qualité^ re quif es
qu il ne manquait ny de docilité
ny de foûmifilon, f‘
qùïl commençait mfme d'en
donner des marques , en fi
fiûmettant à des Loi# quiGALANT.
hy ïmpofiient U necefftéde fl produire‘d'abord en lapre- Jince de tant de Grands Hem- mes qtd d auroit eu bejoin a écouter longtemps avant J qae dé ofir parler devant ■ eux. ne Je fient tnt pas un \ mérite aJe effort pour jjv ha- tarders'illuy avoir ejtépermis de Je taire ; Qu il Jçavoit qu'il auroit dû faire Ifiloge de 1* Académie, & duCardinal
de Richelieu fin Instituteur* qui ayant toute la confiance defbn MaiSlre^parla tes les Affaires de V Etat & i de la Religion , qui cShient
<•
,9
ifc MERCVRE alors tres-grandes ->fe déUf fit dans V Academie 3 ou avec les G&vrages des Académiciens 3 de fes grandes & férieufes occupations ; Quil aurait dâ louer feu Mj le Chancelier Seguier premier Protecteur de cette célébré Compagnie y & qui pendant trente-trois années avoitpif- fedé la plus importante Charge de fuflice avec une conduite & une prudence qui n‘avaient rien d'égal que fm'zelc, mais quen regardant Louis le Grand, Loüis lInvinc.ible5
£
A T A.
Loti is LE Conquérant,
nujourd'huy leur Augusie
Protecteur* 1' éclat de fi
gloire qui l'occupoit tout entier
ne luy laijfiit point dé^
tourner lesyeuix fir d*autres
Objets. De là? il entra infènfiblement
dans tout ce
que ce Monarque a fait
depuis la Guerre commencée
en 1672,. Il parla du
Paiïàge du Rhin , ôc dit,
Jgué ce Flewue tout rapide
quil eft* n'avwt pu arrefler
les Armes de ce grand Prince*
Que malgré l’obflacU que
devait fiormer a fis deffeins
Novembre. O
l'oppofîtion de ce R&mp/w^
il n asuoit pas laifé d"entrer
che^lesEnnemisQuilavoit
pris d'abord trente de leurs
plus fortes Placesque les
Digues des HolUndois nef,
tant pas fafffintes pour re.
tenir ce torrent de valeur^
ils s'eftoient <vetts contraints
de rompre cesmefmes Dignes
aufquelle s l Art & la Nature
aboient travaillé depuis plus
de cent ans. Il parla en
fuite de toutes les Victoires
du Roy pendant cette
Guerre, & fit voir de quelle
maniéré il avoir joint par
GALANT- 163 tout la prudence & la conduite j au courage &: à la valeur. 11 dépeignit les deux Conqueftes de la Franche- Comté dans des iaifons ri- goureufes, ou ce Prince ef- toit expofc à toutes les injures du temps. Il parla de ce que fa préfence avoit fait faire au Régiment des'Gar- des, dont les Soldats montez les uns fur les autres., avoient forcé la Citadelle
de Belançon à fe rendre- entreprife dans laquelle de grands Capitaines avoienc échoué. Il fit connoifhx
O q.
i64 MERCVM que chaque année, chaque mois, chaque jour, cet irt. comparable Monarque a. voit triomphé, & s’étendit fur la defcription de la prife de Valenciennes. U en fie
une peinture admirable, & fur tout de la frayeur que ce Peuple devoir avoir en fe voyant fur le point d’ef- tre abandonné à tout ce
qu’une Ville prife d’affaut doit attendre d’un Soldat
vainqueur, & naturellement infolent. Il finit cette
peinture, enfaifant voir de
J.
quelle manière le Roy el-
toit obey5. & que par fa clémence
quienapelcha le pib
lage, il avoit trouvé dans
h Victoire quelque .choie
déplue beau que laViéloite
mefme. Apres, avoir parlé
de toutes les Conqueftes
de cette année-là., il pafîa
à celles de Tannée iuivantc*,
Il dit, Qu'au milieu de ÏHyqui
eftoient/ujque-ld detneurezneutres
> & qu on fipwoit
esb'c fur le point de fe déclarer
le Roy &<voit e&é attaquer
un des plus forts Rampars
des Ennemis, II parla en
fuite de la Paix qu’il a donnée,
& fie voir la beautés
la nenérofité de cette Ac~
O
tionquicouronnoit toutes
les autres; apres quoy il
finir,, en dilant, Ghéil n&ppirtenoït
qzéà Meffieurs de
l'Acidémie de parler dignement
des mer^eiUes de ces
die coure imparfaite 1 La
mode ftie de M1 l’Abbé
Colbert à ne le regarder
que comme Difciple dans
l’illuftrc Corps où il avoir
efté fi généralement fouhalte,
charma toute FAffemblée.
Jamais on nen a
tant fait paroiftre avec de
h juftes lujets de vanité.
Mais on n’en doit pas eftre
furpris. Les exemples de
ia Famille qu’il a tous les
jours devant les yeux, luy
ont fait voir que la modellie
n eft pas incompa^
ùblc avec le mérite, ôc que
fi c’eft une qualité que
beaucoup de grands Hommes
ont négligée, elle n’eft
pourtant pas indigne d’entrer
parmy celles qui font
les grands Hommes, Je
paflè à ce que le Directeur
de l’Académie luy répondit
de là part. Le Sort qui décide
tous les trois mois de
1 ’ éleâion des Officiers,
avoir rendu juftice au mérite
de Mr Racine, en le
mettant dans ce Pofte glorieux,
& plus glorieux encor
ce jour.là par l’avantage
qu’il eut de parler devant
GALANT- ië9 vanc une fi belle & fi il- luftrc Aflèmblée. Cet a^- vantage eft grand quand on eft aflùré qu’on ne peut dire que de belles chofes, & qu'on n’a pas lieu de douter que tous ceux qui écoutent n’en foient convaincus.
Voicy donc ce que répondit Mr Racine; Si ce ne font pas les mefmes paroles, ç’cn eft à peu près le fens. Il dit d’abord, le hazard l ’avoir mis dans
T If' f •
une place ou jon écrite ne l'auïoh pas élevé : Et s’a-' dreflant à M” F Abbé Col-
N-Jvembre, P
i7o MERCVRE bert, il le remercia au noin de l’Académie & des belles
Lettres, de l’honneur qu’il avoir bien voulu leur faire, & répéta mefme, Que Ifi cadémie tenoit â honneur de
l'avoir dans fin Corps, Il adjoûta, Que les Portes en ePtoient ouvertes au mérite, que connotjfint le elle luy avoir voulu épar* gner la peine de fidliciter. Il le loua en fuite fur le
Cours de Philofophie qu’il avoit enfeigné, & de ce t? j
qu’ayanc raffemblé 1 ancienne & la moderne, &
& fuprimé des termes barbareSjpQuf
faire connoiftre
de folides veritez, il avoir
fait voir Ariftote, dont ju£
qu icy on n’avoir veu-que
le Phainô-me. Il adjoûra à
cette louange celles qui
eftoienc deués à toutes les
Actions qu'il avoir faites
en Sorbonne. Il dit, Que
jufque-là r Académie. favoiê
admiré, mais que F ayant entendu
prefcber depuis avec
toute U dé licite• ' •dJ e delà Lanelle
avoit jette les yeuse
172 MERCVRE tes far prenante* merveilles Au Roy quile* accakloient de trop de matière. Il tomba de là fur les Conqueftes de Sa Majefté, &dk., Que ce neferoit pas r Académie qui feroit vivre le* Actions de Legrand Monarque f mais qd. celles efiaient fi éclatantes g fi extraordinaire* , quelle renlroient leurs Ouvrages immortels. 11 parla de la Paix qui eft encor plus glo- rieufe auRoy queiaGuerrc, *&dit3 Qu il f avait dcnnd en un moment les diferew 'Intcrefis .ne pouvant
^GALANT- 173 , corder à Nimegue ; mais quil f nofit entreprendre de don- ner à- cette Aïïion les Iwùm-- 1 ges. quelle méritent y apres ce % qif en venait de dire •î r Abbé Colbert, dans le dïf j w duquel on avoit con>%& l non feulementfon éloquence j nuis la paffon qu 'il a<voit- î commune avec tous ceux- de ifi Famille y pour lefervice de | Sa Majeflé. 11 prit là-defïus loccafion de louer le zele •*l
4 que toute cette Maifona ipour le Roy à l’exemple- de | Ion Chef II dit,ce Chef l llluflre awù Enfans, Freres I PiM
-.1
. «
*4
:S.
174 MERCVR’E
& Neveux, qui dans leurs divers Emplois n oublioient rien pour le féconder ; ghy parwy eux trouvait des Tefles & des diras qui s'em- ploycient avec une égale ardeur pour la gloire de cet Aupufte Monarque s JQugh en voyait dans le Conflit^ dans les. Armées , & fur les Mers.-, ^3.que. la-Navigation qui jfquedd ne nous avait * r 1 ' P -
pzs. ciie tout -a fait, connue, cvmentpiit à rendre la France redoutable depuis que dMon- fleur Colbert y donnoït fis foins. Il finir, endifant à
GALANT. i75 Mr l’Abbé fon Fils , trouveroit dans tous ceux qui compojaient le Corps de ï Académie, ce mefine ' efirit y ce me fine %ele pour le Roy quil <voyoit fi généralement j répandu dans fil Mas fions j que le Dictionnaire quipa-
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ro2jfiit une matière afifi fiche qùépineufie 3 leur devenait agréable [parce que tou- les lesjyllabes efioient autant d inflrumens qui fierwlroient i porter la gloire du Roy jufique dans la poflerité la plus éloignée.
Les applaudiffemens P iiij
MERÇVRE qu’on donna tout haut ace difcours furent grands 3 & firent voir que chacun ne connoiflbit pas moins que M1 Racine, les veritez qu'il venoit de dire de laMaifon
de Ml Colbert. Le bruit que caufa la joye que toute rAflemblée en reflènrit ef- tant cefle, le me fine Mc Racine, comme Directeur de 1’Academie, demanda aux Académiciens s’ils avoient quelque choie à lire. Çetce demande fe fait toujours dans leurs Actions publiques, Il n’y a qu’eux qui
ayent ce droit de ledture.
Ils la font affis, couverts, ôc
le papier à la main.
M? l’Abbé Cotin commença
par un Diicours- de
Philofophie. 11 le fit far ce
que ML l’Abbé Colbert
> • • 1 X gnon recevou ce jour-la*
eftoit un très habile Philo-,
fophe. Il n’en lût qu’une
partie, fon âge ne luy laifiant
pasaffez de voix pour
le faire entendre dans une
fi grande Affemblée.
M1 Quinaut lût en fuitedeux
petits Ouvrages de
Vers. Il y en avoir un fur
.3?
la modeftie de M1 Colbert qui fuit toute forte de louanges-, & qui n’aime & entendre que celles du Roy. Il finifïbit par une tres-belle penfée qui faifoit connoiftre que fi ce zélé Miniftre ne pouvoir foufrir que les loüanges de fou Maiftre3 l’admirable Pa négyrique que venoit de faire un autre luy-mefine, avoir dû luy donner une extrême joye. Le fécond Ouvrage de Mr Quinaut-eftoic tout entier à l’avantage de M1 l’Abbé Colbert - fur ce
que dans le bel âge il avoir
uny les belles Lettres au
profond Sçavoir.
Apres qu’il eut achevé,
M l'Abbé Furetiere ficentendre
quelques Vers fur
plufieurs endroits de la Vie
du Roy, pour fervir d’infcrip
cio-ns à un Arc de
Triomphe, dont il a fait le
temps.
Un Dialogue delà Paix,
êc de l a Victoire, fût lu par
M Boyer. Il eft plein de
louanges pour le Roy, &:
reçcut de grands applaudiffcmrns.
Daurres Vers de Mr
Corneille l’aîné fur la Paix
furent écoutez avec be aucoup
de plaifir. ■ On y remarqua
de ces grands
traits de Maiftre qui fort
fi fouvent fait admirer, &
qui le rendent un des
premiers Hommes de fon
Siecle.
Mr fc Clerc lût apres luy
diférens Ouvrages de Poe
fe, & s’acquit l’approbation
de cette grande Af~
fernblée , tant par la maniéré
dont il les. récita-, que
par leur propre beauté. La
GALANT-181 gnde fun marquoit à l’avantage du Roy, que fi cet Invincible Monarque n’a» voit pas conquis leMonde, ilavoit fait voir qu’il avoir efté en pouvoir de le conquérir. Ils’eftoit rencontré avec M Quinauc dans un autre fur la modeftie de M1
Colbert, quiluy faifoit rejeter toute autre louange que celles du Roy. Il en lût un troifiéme dont la dernière penfée eftoit qu’on devoir regarder leSiecle de Lo tirs comme celuy des merveilles. Cette penfée
O ÆT7 Tj \ 1 Ts
tomboit lurM TAbbéCol, bertdontlefpriteft unpro- . digeà fon âges & qui en a donné des marques fur tou, te forte de matières^ que les plus éclairez ne donnent îouvenr qu’apres de longues années. Il finit ce qu’il avoit à faire voir par la lecture d’ Para p rafe de
y Exaudda. M1 Charpentier ■.parla le dernier • Ôc comme la matière des Ouvrages quife lifent publiquement dans ces jours dcRèccpoon n’eft jamais fixée, il fit entendre ■ une Traduction
GALANT 183 qu’il a faite du JMïferere. hile elt reïTerrée en peu de Vers, &: fut extrêmement . applaudie. J’aurois pûvou.s s envoyer une pairie de ces |Pièces, mais j’ay tant de I choies à vous apprendre ce | £ 1
|Mois-cv5 qu’elles ren- Croient ma Lettre troplon- |gue. 11 .fuflir que vous en |ayant marqué les principe . Iles penfées , je vous aye Icionné lieu déjuger de leur ^beauté. Il y a une reflexion âa faire. Pluûeurs de ceux ï • 1
-que je vous viens de nom- lîuer, fe font attachez à van-
ï84
terlamodeftie de M1 CoL
berr dans leurs Ouvrages,
& ils ne peuvent l’avoir fait
fans qu’ils ayent reconnu
que cette vertu eft parti,
culiere à ce g& rand Miniftre.*
On ne le rencontre jamais
dans une naefme penfee,
que fur des veritez inconteftables.
A dire vray,
les loiianp-es ne fèmblcnt
on peut ignorer les
actions ; mais celles des
grands Hommes que Sa
Majefté employé dans les
Affaires les plus importai
: \
GALaN F- iSy ; tes de l’Etat, font trop en <• vcuë, pour eftre cachées à ipcrionnc; & comme elles jparlent d’elles-melmcs, & ique l’heureux fuccés démolis les defleins du Kov 2 / J
’i fait connoiftre lexaditude, Je zele, les foins, & la pru- lj J i .
jdence de ceux qui le fer- ^vent.on chercheroicinuti- lenient à les louer autant /qu’ils méritent -, ce ne ■toit qu’apprendre au Pu- blic ce qu’il fçatt déjà. M? Charpentier ayant achevé éc lire, toute l’AfTemblée .lorcit; fort fatisfaite des befo î z
i Novembre.
•1
»
lés chofes quelle avoit entendues
j 6c comme elle en.
eftoit toute remplie, lesapplaudiflemens
rélonnoient
de tous coftez en faveur des
Illuftres de l’Académie.
Onfe règle fouvent fur les
Sailbns pour les Airs qu’on
fait. C’eft ce qui a donne
lieu à M1 du Parc défaire
celuy-cy fur celle où nous
fommes. Divertiflèz vous
à le chanter auprès du feu,
fi vous ne voulez pas y écouter
ceux qui vous diroient
avec plaifïr que vous elles
belle & aimable.
■+ sf .
4 ♦
A uni bien
fait l’amour aiiprés du feu, Auïli bien que'ur la fou^ere. On fait 1 amour
~ + '7T* L... ’t".,.. "f a 1
J1
On fait l’amour auprès du feu,
gÉq^ïêÇjÉ:
On fait l’amour auprès
------- ------- 14-------r-l—
“^'Tv'7àl3. -----------
croyez
.1 . _ _A_
L._ 1. -LT ......... L
L ... Æ. . • L . s
i 1 0 < j£
enne
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Auffi bien que fur h fougère. On fait l’amour, auprès du
Ht-V
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La faugere.
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la fougere. '
pti /-S * T L."
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I DU PARC?
i
«I
iLAHT. 187'
_ _ N V E T.
N E croyezji^ jeune jBergert*
Que l'Hyver ait banny les plaijirs
de ce lieu.
On fait l'amour auprès dufeut
Juffl bien quefur la fougere,
J’adjoûte à cette Chanfon
une ingénieufe Galanterie
qui ne fçauroit manquer
de vous plaire. Vous
avezlegoult trop bon^pour
n’eftre pas fatisfaite à de
l'enjouement des penfées3
& de la facilite du Hile,
N PROPOSITION
DE MARIAGE
ENTRE
VN LINO1 *
ET UNE LINOTE.
*
A Madame R.
J'Ay dans ma Chambre une
Femelle
'j.eun^amoureîife^iendre ^belle^
Qyi vaudrait bien, fie marier.
envie a.fin petit bec
■ pdle-,
Sçachezjin peu devoflre Male
S il ne veut point faparier.
Si vom voulez^ (cavoir &fin bien
le connais. fin
iH U » .«•
Tout [on bien eftunpetit Pot
Tait d'une coque d'Efiargeti
slvec une petite C^gt?.
f refie elle fut toujours fage*
< Et malgré de certains Effirits
Le trop licentieux langage^
Elle n'eut jamais de Petits.
L'Oyfeleur qui mel'a vendue,
M'dfaitwoir qu elle eft defccduê
D'une fort bonne fie Maifon^
Edi delà de nofire horizon,
dira a fait toute fonhiftoire*
Et fi] avois delà 'mémoire,
le pourrais bien vous repéter
T oui ce qu'il a feeu ra en conter 9
Comme en ce Pais chacun caufe,
Etque de peu l'on fàitgrad chifè*
Il ne faut pas vous alarmer*
ipo MERCVRE
Si /*en dit quellefaeut aimer Car ilêfi vrayy je le confefje. Vn jeune Oyfaau de meme efpece A la faveur d'un Airnouveat^ Jettadans fan petit cerveau Quelquefamencede tendrefif Elle le tint le bec dans l'eau. Mais l* emplume Godelureau Qui la perfecutoitfans ceffe^ Voulant la derniere faveur La trouva Femelle d1honneur, Et ne put /’obliger à manquer de fagefe,
Ttâtileut très-grâdmalau coeur Ecouter un Amant yrirc de fa fieu rete,
C'eftle vray lourd*tmeCoqueU, Mais comme elle cfioit jeune^clk ne faruoit pas
Qfilfaloit éviter ce par, Et que parla Coqueterie?
GALANT- 191 jjommes*Oyfiau»*tout fedecric, T)u depuis un Serin ver-d comme
un Perroquet*
Jeune* badin joly* coquet* Superbe* & fier de fin plumage* J)e quelques tendres tons-embellit fin ramage*
pour T enivrer defon caqueta Mais elle luyfit bien connoifire Que cequ^ilfaifiitpourparoiflre^ Son air* fon chant, &.fafaçon* JTeftoientquunepwie Cbanfon Qui n*ebloü.ifioit pointfa rueu'è* Et quelle ne fier oit émette*
Uy ne foufriroit plus dloJmant* Que par un établifement* C'eflà dire pour mariage. Depuâ elle a fait davantage. Qifid elle a vefiu dans les foie* Dans les Jardins fi la Capagne* Elle a fieu faire unfage chois
■D'une irréprochable Compaq,
OnLt 'vit s' èloïyier toujours
Delà libertine Fauvette
Dont on connaît l'hifioriete^
Pourpaffer la plupart des j&un
Cette Piece eft de Mr
Corps de Troyes en Champagne,
qu’une difgrace
imprcveuë tient-prefentement
.arrefte dans la Conciergerie.
U eft aifé devoir
à la liberté d’efprit que luy
laide fa prifon? qu’il ne
fçauroit eirre que malheureux.
Ceux qui ont quelque
choie à craindre dans un
lieu.✓
GALANT.
lieu, où ils ne peuvent éviter un Jugement Souverain, n’ont jamais la tranquillité' qui eft neceflàirç pour imaginer un Ouvrage eçe
fournit
t.
I ••
auffi galant que celuy d fpirituel Priiônnier.
La France me tant de nouvelles.
. r-
vous entretiens rareinçnt des Etrangères. Cependan t je ne puis mcmpcfchcr de vous apprendre un inpi- dent particulier, auquel les. Mécontens de Hongrie ont donné lieu. Il vous fera connoiftre qu’il ne faut
Novembre, R
rent fur les terres de Jofuas. & le regardant comme en. nèmÿ, parce .-qu’il1 avoir régalé-' leurs Ennemis y ils le ruinèrent entièrement < J
fins confidèretque ce n eftoit pas eftre criminel qu’avoir eu l’adreffe de s’é
xempter du pillage, en donnant de bonne grâce beaucoup moins quil n’auroir perdu en fe retirant. Ce General ne lé contenta pas de cette rigueur. Il le. maltraita dans fa Perfonne , &
le fit mener en prifon. 11 a trouve moyen d’en fortir,
J
r
4
Z"'' /VT
Royaume rquineibmapas meime encor rétablies l’a point empefehé de faire donner parSa Majefté Catholique des récompeniès à ceuxo qu’il a -crm qui ,eïi meritoient.^'iLe; Duc J'de Villa-Hermofa , le Comte’ deKache3le Prince de Vmi- demont, Ml de Louvigniesr & D.Francifco-Marcôsde
* " ■ • «V •-
Velafco, en ont eu de confL- dérables. S’ils ne les ont point acquifcspar de grandes actions.,, le defir^qu’iU- avoient d’en faire, cà de leur zele-les ren-
R iiij
4
4
4
fr
ment des Pais-Bas apres h
Paix generale. La derniere
eft une jeune Perfonne de
feize Qudix-fept âns, qui a
efté mariée à- Vienne par
Procureur& qui s’en va
trouver en Efpagne le Marquis
deQuintàna fon Mary.
C’ell un jeune Seigneur
acwc ède dix.neufàvinO^ t ans,.3.
*♦
toutes les Villes & lieux de
%
l’obeïflance du Roy Quelles ont pafle, tous les honneurs qui font deus à leur mit fance & au mérite de Içurs Perfonnes.- Elles falüér Leurs à
Verlailles , &‘qupÿq:tf elles attendiffent; •beàuèôup’’ de r honnefteté du Roy y elles l’ont trbuvé chil pour elles audelà de ce qu elles fe i’ef- toient promis. Apres avoir veu toutce qu’il y a de beau àVcrfàilles, elles vinrent à
s
Paris;:Quelles fedonnèrent le divertiflèment de 1’0-
y
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. GALANT.,^ | pcra, Lagalanterie Fraru | çoifc ne les Ærpricbpoin^ | Elles ayoient déjà.comencé àconnoiftrelaFrance à Ni- jnegue, car: la galanterie rcgfie partout où il y a des Franç ois. • / Comme ils i. la communiquent à toutes les autres Nations,ils fon t eau- fe que cette, Ville, où -les Miniftres de tant de Souverains lont aflcmblez^eft d enuë une Ville de plai- firs.& de Parties agréables, par les iRégals qui s-y fon t donnez, & qui continuent à s’y donner routes les SC-
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3ment cpiiftiniié chez
2c8 mercvre
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deslors cfperer. que.laPaix de France, d’Efpagne, & de Hollande 5 feroit,.bientoft fuivic de la generale. Les Ambafladeurs, qui dans le Cabinet ontfi bien .exécuté
. V ♦ *
les ordres dç leurs, Maif-
' < 4
très , noue pas moins de part à cette Paix, que ceux qui en expolanr leurfàng, & en gagnant, des ;Viétoi- re$-, l’ont fait fouhaiter à
' > • J
• t
nos Ennemis., On peu
- L
meime dire que .Marine Colbert, par les Divertif- femens queles autres Am- baflàdrices ont donnez a
■ rz % ï -*• kj zl £,,i _
fbn exemple/ a commencé
Mihilïrcs'qtie bien diférehs
T
d ’ unir des des intérefts
I tenoieht divifez
l pendant que K
J fon Mar^ toÿBHbit une erffiëre la grâhde' Affiiirë de L elle tràvâUloit • de fon
» ♦
I
à entretenir :efttie lê tics rintelliçrence dû
1
%To delà très
.r
1
212 mercvo: en France eft un dkceux quelle a emportez. Il e[L toit Archevefque .titulaire d’Andrinople, Auditeur de la Rote,& d’une très bonne Maifon de Rome, dont il avoir elle Gouverneur. Il fe
nommoit Pompeïo Varefi, Il avoir toujours eu l’avantage d’eftre fort f agréable au Roy, jufque-là qu’avant wémequ ilvinft en France, Sa Majefté avoir témoigne qu Elle agréeroir le choix que.le Pape feroit de fa Per- fonne pour l’y . envoyer. Son Corps a cité porté à
l’Eglifè de S. Sulpice fa Pa- roifle, & de là - dans celle des Théarins, oui il avoir choify fa Sépulture.'Le dernier Nonce mort en France
du temps de Henry III. fut1 enterré àNôtre-Dame aux
’ defpens du Roy; mais com- ; me celuy-cy avoit ordonné , luy- meftne d« lieu où il vouloir que fon Corps fuft i misj on-a fuivy fes demie- ; res volontez.
M l’Evefque d’Agen eft jmortauffi. Il tenoit rang | parmy les plus grands Pré- | dicateurs,& vous n’en clou-
c •.
Champs. OîVàflüre quila
làifTé tous {es Biens aux
stfiny comme ilavoit commence,
c’eft adiré endom
nant jufqu au dernier jour
I
fait, & avec une grande modeftie il confervoit une gra-vité celle que la demandent la Dignité EpifcopaJe où Dieu Favoit appelle. Il nefoufroit chez lu y aucune Perlonne de l’autre Sexe; & quand il eftoit obligé d’avoir quelque conversation avec les Femmes, c’ef- toit avec une referve qui luy attiroit une grande vénération & un refpeéf fin- gulier de toutes celles qui 1 ’ approchoient, Il avoir beaucoup d’cfprit, & n’i- gnoroit rien de ce qui efi toit
GALANT. 217 f-oic deû au rang qu’il avoir à foûtenir dans FEglife. Il le maintenoit avec tant de
zele, que la moindre chofe qui en blelTaft rant-foit- peu la dignité, luy eftoir mfuportable. Apres avoir efté Evefque de Sarlat pendant dix ans > il fut choify par un fàint Homme pour luy fucceder dans lEveiche de Cahors. Il efl mort icy dans la Maifbn desMiffion-
naires de S.Lazare, où il avoit fouhaité depuis longtemps de mourir , fi Dicd dlpofoitdc luy hors de fo>
Novembre* T
4
croire le concours de mon,
de que la fainteté de fa vie
a attiré pendant trois jours
qu’il a efté expofé en pu.
bliç. Mrs de S. Lazare ont
montré le zeïe qu’ils avoient
pour luy, en luy faifant
des Obfcques dignes
de ce qu’il eftoit,,
Il s’eft fait depuis peu
une Ceremonie., dont la
.fin a efté toute contraire à
ce qu’on s’en eftoit promis,
Le Cas eft particulier, &
vaut bien que .je vous en
fafTeun Article, Je ne vous
* +
GALANT. 219 dirav rien que de vray. La choie s’eft paflee à Troyes, & il vous fera aifé d’en eftre éclaircie. Une jeune De- moifclle 3 ayant pris le Voile blanc dans un Couvent de la Ville que je vous nomme , eftoit fur le point de faire fes voeux. x Elle y avoir efté mifèPenfionnai- re dés l’âge de huit ou neuf ans, ôc fuivant la coutume des Filles qui dans leurs premières années ont pref- que toutes quelque tentation de le faire Religieufts^ elle en avoit eu quelque T ij
envie comme les autres.
Une Guimpe qu’on luy
avoir donnée quelquefois
luy avoit paru la plus jolie
choie du monde ; & comme
dans ces jours qui nef,
toient que de divertiflèment
pour elle, on ne luy
parloir ny de mortification,
ny de penitence, elle
s’eftoit laiflee gagner aux
charmes de la nouveauté,
& avoir crû qu’on îapplaudiroit
toujours furl’agreement
qu’elle recevoir de
cet ajuftement emprunté
Sa Mere luy demandoir à
j GALANT- 221 itemps en temps ce qu’elle Savoir defTein d’eftre. Vous t|jugez bien qu elle rcpon- '|doit en baillant les yeux, ^Religiwje. La Mere s’ac- ycommodoit allez de cette Iréponfe. Elle avoir une au- sjtre Fille que cette Voca- |tion prétendue laillbit he- Sritiere d’une allez grande }|S icceffioiï.. Elle devenoit par là un Party conlidéra- jble, & l’ambition jointe à |un peu plus de panchanc | que cette Mere avoit toû- f jours eu pour elle, luy fai- ■jfôit entretenir la Cadette r T “)
m MERCVM dans la réfolution de preiu dre l’Habit. Le temps vint, Cette Cadette eut quinze ans. On s’informa fi elle r avoir le dondeperfeveran. f ce, &foitquefon cceurne • luy euft encor rien dit pour le monde , loir qu’ellecrai- gnift fa’Mere qui té mou : gnoic fouhaiter qu’elle y rÊnonçâft^elleperfiftadans : fies premiers fentimcns, prit le Voile , & le prit d’un air ificon cent qu’on n e dou- ' ta’point qu’elle ne fuit in- fpirée d’enhaut. Peut-dire le crût-elle d’abord elle-
4inefine< Tout ce qu’on ltty lordonnoitluy plailoit, Elle Isen acquitoit avec une Igayeté extraordinaire, mais lelle ne-fçavoit pas yqftà )moins ■ d’eftre véritable-: Inient appellee, on s’ennuye 1 bien-toit-de faire toujours na mcftnc choie , & qu’il en eft, qui quoy que très- bonnes ‘ Religieufes, font réduites quelquefois à foiu haiter un peu de diverfité' pour fe délaflèr l’eiprit; ne» s fufhce que l’Enterrement " de quelque Ancienne qui? ayant affez veicu ( car en ce
t rn-Ÿ * • * * 1 111]
2Z4MERCVRE lieu-là onne fouhaite point la mort du prochain) leur donne lieu par les devoirs qui luy font rendus, de s’euiployer à quelque autre choie ? qu’à ce qu elles font obligées défaire régulièrement cous les jours. La
Belle dont je vous parle ne fut pas plûtoft Novice^que fa S ccur trouva un Party fort
avantageux. On la maria fur le .pied d’unique héritière. Elle vint voir la Novice
qui commença de trouver qu’un Point de France valoir bienla Guinr
4
j GALANT,
Ipe quelle fc voyoit. Il y a toujours je ne Cçay quoy de
1 brillant dans une nouvelle Mariée qui fauta aux yeux i de cett© jeune Perfonne. I Elle n’en dit rien^mais j| malheureufementpourfon I Aînée, elle avoit une Coin- J *
| pagne dont le Frété luy 1 avoit déjà compté des dou- | ceurs avant qu’elle euft pris 1 l’habit. Il eftoit bien fair0 | de condition égale à la fien- | nCjperfuafif quand on Eé- I coutoit} &: fi elle luy avoit | paru aimable dans fes ha- j bits négligez du.monde * i£
<
MERÇVRE trouva fa beauté fi augmentée par leVoile, qu’il commença tout de bon à fe déclarer. La Soeur qu’il a- voit dans le Couvent, avec la Novice, luy facilitoit les moyens de luy parler, & il tourna fi bien refpric de la Belle ÿ que s eftant rendu maiftre de fon coeur3 il h contraignit à ne ' luy en pas faire un fecret. Ils fe voyoient fort fouvenr, & s ’ écrivoient quand il ne leur efloic pas permis de le voir. Jugez du chagrin de
O O
la Novice. Elle avoit fait
VAJLAIN i- 227 un grand pas. Sa Mere e£ toit d’humeur à ne luy pardonner jamais. Le temps de hProfelhon aprochoit toujours^ elle ne pouvoir plus eftre heureuïè,.qu’en épotu faut celuy qu elle aimoic Son Amant renhardifloir à le .défaire de la crainte
qui l’empefchoit de parler. Elle luy promettoit meiv veilles ■ mais des qu’elle eftoit avec fa Mere ( car fon Pere ne vivoit plus) (es ré- folutions sevanpühïbicnrj jufque-là^ quelle luy laiflà arrefter le jour de lacéré-
monie de fes Voeux à uns
mois de là, & n’eut pas la
force de s’y oppofer. Son
Amant fut au defefpoir de
cette nouvelle, & il auroit
couru rifque de n’eftre jamais
heureux, fi une fievre
très-violente n’euft enfin
emporté la Mere en quatre
jours. C’eftoit le Seul ohflacle
vice.
qui arreftoit la No-
Cette mort la rem
doit maiflreflè de fès volontez
& de là perfonne,
& elle commença de donner
des aflurances plus positives
à fon Amant, qui
GALANT. Z2.9 continua pourtant de trembler quand il Iavir obitinée à laifler aflembler les Pareils pour la ceremonie dont on avoir arrefté le
jour. Elle le pria de le trouver proche de la Grille, & de ne s’inquiéter de rien. 11 y vint tremblant* mais fi propre, que comme on fçavoit qu’il voyoit quelquefois la Novice, on luy dit qu’on ne devoir pas dire lurpris qu’il vouluft faire honneur à fa Fefte.
L’Aflèmblée fut grande. On fit tout ce qui précédé
4
la folemnicé des Voeux 3 &
enfin il fut queftion. de vt\
ïiir à la Novice pour luy
faire déclarer le deffein où
1 oncroyoitquelle fufteru
on dit, que. demande^-vous?
que d’une voix ferme , &
fans balancer, Voila 5 dii<
elle, ce que je demande, Elle
montra fon Amant en difant
ccs mots, & protefta
qu’elle le prenoit pour
Mary, comme elle fçavoit
qu’il vouloir la prendre
pour Femme. Jamais il n y
doit. L’Amant charmé de
la fermeté de la Mailheflr,
fit paroiftre tant de reconnoifian.
ee , & parla d’une
maniéré fi. pleine d’amour
aux Parens de cette aimable
Perfonne, qu’ils ne purent
fe difpenier de luy eftre
favorables. Ainfi quelques
jours apres, ils s’aflemblcrent
tout de nouveau
pour une Ceremonie
bien diférente. de celle
qu’on n’acheva point, puis
que ce fut pour les Noces
des deux Amans. Elles fe
gtie de l’avantage qu’il trouvoit dans l’heureux
fuccés de fon amour.
Le Samedy . iz. de ce mois, Meffieurs du Parlement s’aïlernblerent à la Grand’ Chambre félon la
coutume, ôc forrirent fur -les dix heures pour aller entendre la Meflè, apres avoir efté avertis que Mon- fleur l’Evefque de Luçon qui la devoir célébrer Pon- tificalement, eftoit preft. Elle fut chantée par la Mu-
r
GALANT- fique delà Sainte Chapelle, à laquelle oh avoir adjoûté quantité des plus belles Voix de Paris, La Meiïè eftant dite 3 Monfieur dé1 Novion Prerhier Préfidènt amena1 ce Prélat à la Grand5 Chambre. Tous ceux qui copofènt cet augufte Corps' le îùivirent, & prirent îeur& places à.îordinaire. Apres' quoy, Monfieur le Premier Préfident remercia Moniteur de Luçon. Ce quil dit fur court, mais fort bien.. penfé3 & en tres-beaux termes. M/ de Luçon fit fb® Novembre.
. ^4mercvr
Compliment en fuite, &
remercia Mr le Premier Président
à foji tour, de ce qu’il
avoit bien voulu le choifir
pour faire POuverture du
Parlement. Il parla des belles
qualitez de Moniteur
de Novioiij, &: comme la
matière eft ample, il luy fut
impoflibLe de finir ILtoft.
Il fit voir par le tour fin
qu il donna à fes penfées,
quil parloir en Homme à
qui l’éloquence eftoit naturelle.
On n’a pas lieu
d’en eftre furpris. Il eft
d’une Famille ou il y a inJL
-J- & fi
Uü L/iNT. 2,5$ , gniinent de lelprit , & le noinde Banllon qu’il porte perfuadcra toujours aifë- ment de tout ce qui fe dira à fon avantage. Les Com- plimens- faits, ce-Prélat fe rendit à l’Hoftel de Mon- fieur le Premier Préfident^ qui dés Ventrée de laGrancT Chambre avoit prié tous ceux de fa Compagnie de venir difner chez luy. Le Repas fut d’une magnificence à laquelle il ne fe peut rien adjoûter. Les Harangues ayantefté remifes à la fin dumois^ je paf& à celles
’V’ ij
^6 MERCVRE qui furent faites ce meftne jour à la Cour des Aydes.
Motifieurle Camus, Premier Pïéfident, en fit Fou- v.erture, fuivanr Fufàge ordinaire , par un Dilcours. plein de grâce & d’érudition ôc auquel il donna, tout P agrément poffible par la beauté de la prononciation. Il fit voir la nei
eeffité dans laquelle les Ma- gtflratsfè trouvaient engage*^ de s'établir dans un état de
liberté & d* indépendance^ pour pouvoir refifier aux prières > aux menaces aux
(îon de fis droits dans états. heureux ou walhuu
veux de la vie 7 effioit le ritable partage de la Magfi traturè. Il adjoûra^ filmant la penjée d'un ml cién Philofiphe , l'Hoînm fifle eftüït un préfint que le Ciel fiu[bit aux autres Howl s^es pour leur utilité commune > & quil eftoit fimbU- ble a ces Fontaines qui répandent gratuitement & avec ab ondance leurs eaux fila- taires à tous ceux qui en oni
nette fie jwvre &vec courage
& avec fodmifflon les mouvemens
de leur confiience9
& les décifions des Loix3 &
qn ils en croient les Depo~
fitaires & les Protecteurs^
mime les Anciens avaient
autrefois donné cet avantage
à Apollon ïnn de leursDieux9
n ayant pas voulu commettre
le foin d'une chofe fi prétieufi
A. J ViVvrT’i
u AL AN 1 • 241
aux caprices & aux irrégularité^ de leur'imagination. Il die à Mrs les Gens du Roy, Glu ils eFloient fim- blables à cet Officier des anciens Rqys de Perff qûimar- choie, toujours devant eux avec un Flambeau allumé quand ils fort oient en public^ & qdils dévoient par leurs lumières tirées de la dff option des Loixdiffiper les objcurite^ des Affaires quand elles paroiffoient aux yeux de la hffice. Il finit en exhor-
»
cant la Compagnie de sut- ré-
tacher avec une extrême Novembre. X
242 MZ: i<l7 KSJ L %V / Kil n***
gularité à U'adminiJlration
de cette*luftice 3 puis quun
illufire Payen arvoit dit au.
trefois à un grand Empereur
que la pureté de la lufy
asuoit fait les premières Di,
winitez.
■ Mr Ravot d’Ombrc val,
Avocat General de cette
Compagnie, parla en fuite,
& dit y Qu autrefois on sef.
toit contenté, de la fîmple le-
^me des Ordonnances, pour
remettre devant les yeux des
Juges les réglés de leur devoir
au commencement d#
J GALAMT.24? f temps avaient rendu cette . Journée plus célébré y fins < fi on euft pourtant méprifé y U méthode dinftruire ces wiefines luges par U voix du i Précepte ; Jfue rien ne don- J voit une plus haute idée dé fia Magiftrature 3 que quand | le luge eftoit regardé comme | l'image du Souverains éfiil n entendait point parler d'un luge formé par la feule ambition 5 mais d'un luge dont léentendement éclairé £ÿ la volonté invincible a fuivre toujours lesfentimens de juf tice faifilent un modèle de
i X ij
2-44' MER CVRH perfection; d'un Iugefqavam < Cÿ vertueux 5 tenant plus dç ■ la raifbn que de la nature) y ; a qui il ne manquait rien ■ pour le bonheur des Rayais ; mes , que l'avant âge défin immortel^ue l'éclat de la ■ Pourpre & lautorité, qui accompagnent une FonClitm : f augufie 5 ne rendaient p& ; les luges indépendant $ ; maiCtres abfolus de leurs de- cifions ; qu au contraire ella .eSloient les marques &3 Fa premiers titres de leur ajfe* jettijfement à la Loy ; qtie leur nom meflne les obligeai
J
GALANT. a4y
■
d'en pojfader parfaitement < Pétrit, d'en faire appli-
■
utwu a, tous les diférens . qu'ils décide ient\ faue quel- | qMS Sâges de P Antiquité
cmoient appelle la Loy Pâme | du, luge, parce quelle déçoit l relier toutes fis actions 3 le déterminer en tous fis cm- fedsy & luy fer^ir de guide infaillible affurée dans toutes les difficulté^ qui P em- h araffinent, & que comme les motuvemens du Corps apres la féparatîon* de l'Ame ? ne fini plus les actions d'un Homme, de mefine un Juge X iij
24-^MERCVRE quinobeïjfoit point & la>Loy n efioitpas unverit&ble Iu^; qu'il efiaitfeulementHommr & me fine quelque chofe qui ne méritait pas un fi beau nom ; Que les premiers gifhteurs de Grèce & de Rome, pour empefeher que d&ns la fuite des temps ou nes écurtafi de la Loy a- oientfeint qu ils V'aboient apprifê*'dans plusieurs conférences asvec les Divimte\ de leur Religion ■ gy7 qusn -effet fiât qtion lu confident dans fi éternité, avant quelle fufi expofée aux yeux diï
Homme* > & telle qu eue ej<? toit en Dieu 3 fait.quon la regardaft dans le temps comme le chef dy oeuvre d'une fa- gefie& d’une prudence achevée le luge efloit tod/ours obligé de s y conformer 3 -dilue l'Hiftoire qui nous apprend que des Royaumes ont efté des fie des entiers fans Loy écrite 5 bien loin de détruire cette vérité-> l établijjbit invinciblement y puis qu'elle r^ns fait connoiftre que le Roy & la Loy eftoient une mefme chofe > (ÿ que fis paroles eftoient autant de Dé-
X iiij
I
GALANT. 249 | faire autant d'Articles d'Or- | donnances- qui il fie prefentoit de diférenses efpeces fur lef quelles le luge efioit obligé de donner fes décifons; Qfil y avoit entre le luge & la Loy un de ces mariagespolitiques où elle confervoit toute la fupérioritéy & où elle em~ pruntoit du- luge le droit de fi faire obéir ; Que fans luy j elle feroit dans une impuif 1 fiance continuelle*. Que fans
1]
1
3
)) continuelle• fans luy les Hommes qui ont perdu par le péché la fimpathie avec le véritable bien* &qui fen~ sent une augmentation de
♦x
>s
■3
t
m avantagepour unRoyau,
me j lors que la L<y animait
les Juges 5 & que les Juga
efioient T organe de U Loy
Que cet avantagefetrowvoït
en ce Royaume plus parfiitcment:
qtlen aucun autres &
quon de<vvit eftre feur de fi
continuation fous un Monarque
qui fqavoit parfaitement
unir aux vertus d'un Conquérant
5 les lumières des luges
les plus éclaire^ qui
GALANT. pourrai t din véritablement ce que Libanius fit dire au ■ plus puijfnt des Dieux, que la Juïtice eft affile à fes cotez 5 & qu’elle luy fert autant que la Foudre êc le Tonnerre pour gouverner le Monde; Que c eftoit une grande gloire aux luges devant qui il parfait, d'avoir un[î beau Mode lie, puis, que l'imitant en fi luftice 5 ils méritoient V eftime du plus jîifle de tous les Roy s ?
s attiraient en me fine temps le respect & la vénération des Peuples ; Que pour luy,
encor une parfaite Copie en
leurs perfbnnes qui le confirmaient
d&ns Ia réjblutwn
quil A^uoit prifi de s'unir
pArfiiieement a. U Loy.
CesDifoours quicftoient
tous remplis d’éloquence,
me font louvenir de celle
qu’on admira dans le Sermon
que Mr de Griçnan fit
à Verfailles le jour de Tousles-
Saints 3 en préfonce de
Leurs Majcftez. Il foroit
difficile d’exprimer les apGALANT,
plaudiflémens qu’il en récent. Le Roy luy-mefme l’en félicita, & eut la bonté s de luy dire qu’il n’avoit
?
i
U s } K J »
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•J
4 î s
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1
s
jamais mieux entendu Prêcher.
ML l’AbbéDefniaretz, & M‘ l’Abbc de Bezons, ont elle nommez pour cftre Agents du Clergé dans la prochaine Aflcmbléeo Comme cet Employ demande des Perfonnes d’un grand mérite, on ne peut douter qu’ils ^n’en ayent beaucoup. Je vous en in- forxnerayplus amplement,
*
t
quand ils agiront pour le
fervice de l’Eglife &
Roy. Je ne vous en parle
aujourd’huy que pour vous
faire fçavoir leur Nomination.
Sa Majefté a donné le
Régiment de Champagne
à Mrle Commandeur Coh
bert. Il fe fignala dans la
journée de Cateau. Aufii
peut-on dire qu’il ne contribué
pas peu à faire connoiftre
que la valeur n’efl
pas moins* arrachée à ceux
Maifon, que la prudence
& l’elprit.
A T A
1 * 255
Mr de Brouftèlles, Con- feiller au Parlement, eft mort depuis peu. Il eftoit pils de feu MMeErouflelles Confeiller de la Grand’- Chambre s fort eftimd dans la benne. Il méritoit de l’efîre, & par l’intelligence qu’il avoit dans les affaires, &par Fexaâe jufti- ce qu’il ren-doit.
11 y a des choies, qui quoy quelles fe faflent fou- vent pendant le cours d’une année, ne laiflcnt pas d’avoir un jour particulier où elles fo font plus folenv
vertifiàntcs aufli-bien que
des ferie ufes. LaChafTe,ap.
pellée de Saint Hubert,parce
qu’elle fe fait le jour ou
l’on célébré la Fcfte de ce
Saint , eft du nombre des
donna le divcrtiïlèmenc ce
jour-là avec Monfeigneur
le Dauphin, Monfieur, Madame
, 8c les Perfonnes
Cour, de Fun & de Vautre
Sexe. Les Dames eftoient
toutes en habit de-ChafTerefies.
On laifla courre un
0
U l, /i H î « 257'
Cerf à Fofer - paule 5 qui
donna beaucoup de plaifir
aces IlIuftresChaiTeurSà II
alla barre le Bois Beranger,
& le Bois de la Selle, êc s’en
revint dans fon païs d’où
onlavoit fait partir. Il y fut
pris apres s’eftre fait relancer
plusieurs fois. Monfieur,
& toutes les Dames,
fe trouvèrent à fa mort.
Tous les Bois eftoient remplis
de monde,& il n’y avoit
point d’avenue qui n’en fût
couverte. Le Roy court
quatre foi s la Semaine tantôt
dans (on. Parc de Ver-
Y
MERCVRE failles, & tantôt dehors. On
peut juger par ce pénible & continuel exercice, où rien ne l’oblige que fon di- vertifTement, que les fatigues d’une longue Guerre n eftoient point capables de l’étonner, & que s’il a renoncé à vaincre, ça efté moins pour s’acquérir du repos, que pour en donner à toute l’Europe..
La mefme Fefte ayant donné lieu à une autre
ChafTe, elt caufe du.plailir que je vous vay donner par la lecture de deux Ler-
très dont on m’a fait part.
MeÆieurs les Chevaliers
de Lorraine & de Marfan,
Mr le Grand-Mairtre,
r Mrs le Marquis de Termes^
\ d!Effiat)& de Mamcamp,
* & Mrs du Boulay , & Chapelle,
ayant demandé à Mr
le Duc dfe Saint Aignan fa
Maifon de la Ferté Saint
Aignan prés Chambort»
pour y faire la Saint Hubert,
ce Duc qui fait
fon plus grand plaifir d’obliger
de bonne grâce, leur
accorda aufli-toft ce qu’ils
fouhakoient. Ils s’y rendirent,
& pour luy en mar..
quer leur rcconnoiffance
M' Chapelle, dont le bel
clpritvous ed connu, ky
envoya les Vers que vous
aile z voir , dans lefquels il
fait prefque par tout allu.
fion à la Chaflè d’un fu.
rieur Sanglier que M1 de
S. Aignantua autrefois, &
dont le Portrait eft dam
la Salle de cette Maifon, il
parle fur la fin d’un autre
combat plus périlleux, lors '
que ce mefme Duc fe de- ;
fendit avec tant de courage U
<k de valeur, contre quatre
Hommes qui eftoient venus
l’artaquer. Cette avanture
fi glorieufe pour luy,.
eit fçeuë de tous ceux qui
ont un peu de commerce
dans le monde,
DE Mr CHAPELLE,
A Monfieur.Ic Duc de S.Aignan.
G Ranci Duc en tout., tout
merveilleux^
Sur tout pour efirc ajjezjoeureux
D'aveir ^contre tapropre attente^
Sorty de cent dangers affreux^
Et nonfeulement de tous. ceux
4
Que pour le Pals M ars prc fente-
Mais ce que plu# en toy je vante,
DemiHe autres ExploasfimetiK
Que ta grande Ame impatiente
De P atx,^ non jamais contente,
Qtf elle rt affronte le trépas,
D’un noble feu toujours brûlante,
En tant de périlleux Combats
Dont le feul récit wi épouvante,
Fit naiftre à tout propos., & par
tout faite tes pas.
Qu'avec plaifr la Compagnie
En qui ton accueilgraiieux,
A Toury "redoubla i’envie
De fe voirvifte en cesbeauxlieux,
Y contemple de totte fès yeux
Ce Monfre vraymentfurieuXy
Qui fans ton FcrvichrPux
Eufi partout fa rage affbuvie,
tjr AL./'ïN 1 •
Et dont Cécumante furie Capable de vanneries Cieux* Et £ajfimbler les DetnyDicvx* A tout autre qu'à, tty rieuftpeint lai fié de
Mais quoy.fi- Befle £ Erimante^ Pour qui la Grèce eut lefrtjfin* Quelque rude cfinaiivaisGarçon Quefon Mèleapre elle vante* Hytout ceq£ Fiorner e nous chate De Phénix & fin Nouriffon* Dont la celere trop confiante* Et le trop cuifant Marîj[fin9 Pour la perte £une Servante* Cobla de tant de morts levante* Hefont de vray qtd uiieChanfin^ Au prix de ce que le Cau (fin A veu de ta valeur brûlante*
D une bien plus qyterriere & toute autre façon
2}arta Divinité je jure
Que jamais rien ne $ efi offert
Au petit talent de nature
I Qui fbavent affizjfien me fri.
Pour ofer faire une peinture,
Rten dis-je tel, que ^-avaniur^
Dont fat témoin l'affreux Defrt}.
Où me/me encor je fens que dwt
Pne horreur dontfeulmeraffen
L'a ffecétoujours riant & vert,
De ton cours qui de loin m*en trw
la ceinture.
ÿun Hères à qui l'on écrit,
il faut que je le die?
Comme jamaie le Ciel ne vit
Rien d'égal à t eut .ce qu'il fit
TUm ce bel endroit de fa vie^
Rien au fi n'aurait pu me donner
tant d'efprit.
i
■| REPONSE IMPROMPTU
•3
De Monfieur de S.Aignan,
J A Itnahle & brillant Chapelle*
i A Enfin[vivant monfovhaiî *
L ettre fie avant? & belle-
;-•«
•' '•< r-n
q J a
p, Vient me rendre fat je fait?
| Car fans blâmer le^ènîe
J De ceux de ta Compagnies
ÏDentlestalens fient divers.
: *1 *r * fifinia rai fin nef trompée*
Ifiapoinie de leur Epée
| faut bien celle de leurs Vers.
1 Novembre. 4 ♦ •*
J
Z
H
Ce nef pers que ta Flamberge
2/epufl prouver taviqueur^
Et qu en mon petit Auberge
Elle ne fifi voir ton coeur.
Ees Sangliers déniés Boccages
D demeureroient pour gage s s
Maisfay de fort grands foupcon^
Que tu croit plus raisonnable
De les percer for la Table,
Que dans leurs affreux Buiffbns.
Ven reviens'donc àta Mujet
Et je fbûtiendray ce point,
Quf il faudrait eftre bien bufe,
Si don ne l ’’eftimoit peint.
Comme on. tient pour des merveih
Z es fruits de tes dalles veilles,
Quand PhèbtM vient t’embroefti)
Don humeur libre égalante,
Far mille agrément sachant?
Ml 1
Ceur> qui tentendent jaxer.
•sJkà
Tes beaux Vers fontfur mon ame
Jlignes d3 admiration-$
J)e Monfiettr & de Madame
.ils ont r approbation ;
J}'un Prince tout plein-d'efilme3
De qui Id offrit eft fablime*
J Is feront tout Dentretien ?
268 MER.CVRE Mes Poiffons* Forain?* Enfin* tout leur efi fourni.
Mais dis de plutfi tu ni aimes* ' <f4u jeune Prince Lorrain*
Qui par des efforts extrêmes Fit ronyr les Baux du Rhin* Que quand le De fi in contraire Ramena fin brave Frère* Dont cbez^ mey chacun pefta* .Mon ame alors defilèe 2\7e put efire confolèe Que parce quil y refia.
O Chapelle* que fefiime* Et que f aime tendrement. Soie certain que cette Rime Eftfaite dans un moment'» .rfêtonge ta promenade* Redouble fisucc & grillade Dans mon antique Maifrn^
GALANT.
cependant je vay boire fa frnié deçà la Loire ; 5^2? à wt en faire raifort*
Comme les chofes qui : font belles d’elles- mefmes ont l’avantage de ne point •vieillir, je croy pouvoir j mettre icy la Ballade que ■ Mr le Marquis de Mont-- . plaifir 5 Lieutenant de Roy ? d’Arras, tres-confideïable pour fa valeur & pour fon fçavoir, envoya à ce Duc, accompagnée d'un Motif- queton qui tiroir fept coups, dont il luy fit pre- fen, apres le combat donx Z iij
WA
-7n ww R r v t?
il fortit avec tant d’honneur
contre quatre Hom
mes,
BALLADE,
Army les Bois & laçaye'Uiïdure
Où va cherchant fervent ma-inic
avanture^
.Silnfïaue voua^ tout gentil Ch&-
valieï\
Bars $ue chez vouâ voue allie*
* # F * " ’
vqîùs ébatte y
Quatre vends voue dèfir/\
Voue avezjait (dit- on) leDaddt
a quatre,
JE# coucher deux roides morts w
► h
CY AT A KTT'
1 - 271 jf mettre encor en fuite le dernier Z Ott&y que bief f comme un Démon fe battre l-
Dam Chevalier, onnelefeutnier^ bien faire le Diable à quatre,
lg.
Zfj Demf Dieux fifiers de leur nature,,
A7’ezffentpas fait telle dèconfture3 S'il cuf fallu tel péril efiuyer, Celuy quifcettt tant de Monfires abattre,
s
dë’eufi pat ofè cotre deux s'eflàyef £tvou-sfiei^ncur,faites le Diable à quat re,
| ENVOY.
! F» Moufqueion fpfe vot&s en-
* voyer^
Avec lequel fil veue plaift de combattre*
Z* • ’ •
111J
1.TL MERCVRE y&tM en fourrez^ Seigneur, fift défier*
^tyres avoir tant fait le Diable à quatre.
Je vous ay promis des nouvelles de ce qui s’eft pafle dans nos Armées pendant: les deux derniers
Mois. Voicy celles d’Allemagne. Quand les François (ont Maiftres d’une Place, ils en fçavent tirer tous les avantages qu elle leur peut procurer. Le Bourg de Chenaux ayaiÿ, refuféde payer les Contributions qu’il devoir, & fc
JesPaïfans armez qui le de- fcndoient, & plus encor fur ce qu’il eftoit éloigné de 14. liciies de Fribourg 3 NC Mathieu qui commandoir dans cette derniere Place,.
1
i
s’en rendit maiftre il y a deux mois avec un détache
»
t
ment de fa Garnifon, Il fe
retira apres y avoir fait mettre le feu. Le Prince Charles
qui en eftoit fort éloigné, faifoit cependâc trembler Frankendal, Wbrms,. & Mayence, & caufoit de grands defordres dans tout
le Palatinat. Ses Troupcs brûlèrent plusieurs Villa, ges 3 ôc par Fincommôditd quelles apportèrent à ceux quelles dévoient foulacreq on peut dire qu’elles 1er- voient bien le Roy 5 puis qu’elles ne le faiioient redouter que des Amis de l’Empire.Pendanrce temps M1 de Créquy donnoirdes Sauve-gardes à la Ville de Spire , &faifoit aporter des grains dans fou Camp par les Bourgeois de Neuftad3 Ville du Palatinat. M' de la Fice?Lieutenantdes Car--
a
des du Corps* eftant allé
au delà de Landau*rencontraunParty
des Ennemis3
prefque auffi fort que celuy
qu'il cornmandoit. Il le'
bâtit. Plus de quatre-vingts
demeurèrent fur la place*
avec deux Capitaines*
plufieurs Officiers..- Les
Noltres amenèrent plus de
cent Chevaine Ml le Males
Fourrages de la Baflè
Alface* vint au Camp d’Inguiler.
Il alla en perfonne
vifiter le Chafteau deLîch276
MERCVR& tcmberg, défendu par une groiTe Garnifon Impériale, & par un grand nombre de Pa'ilans, La Brigade de la Roque, les Dragons de Telle, deux Bataillons, fe -faifirent de toutes les avenues.
Voicy le Plan de cette Place eftimée dans le Paü plus forte que n’eft Fribourg. Vous allez croire, o 5
apres que vous en aurez examiné les Fortifications & les Attaques,que je vous vay donner à mon ordinaire un exad & ample Journal des neuf jours que
M^NDE LA VILLE ET DV CHASTEA»
DE LIECHTEMBERG
' . Frise Îct6. Octcdrr& 1678
^CBccstLOTis
^gRahssadeo
æj
g. TTLusoii opte L’on perças.
La, vH, epue les c-ruicmis on
Bndlee cri se retirant dcvns
le CiwateciLL
^.qjSlcl o OjQj. Hlmes
^Tranchées
g. Traverses pour aller auoc
rames
Æ)
6\Batterces
7J
B
scl.
(dhasteau. J7^r <vtz Ihjc escarpé
de toutes parts le quelFoc
est encor sur cône cIYLontagfie
béDonçoTV dit Chastecuc
IglRusc. nis
&
■f. Bastionq.
Farte du. Ckasteau.
“• ' <L^F?<r deg or de- et barrière
de la,parte
i- Rremi&re parte
l. Fosses du- Chasteau, dans
le Roc et reuestus
un-Fosse dedeej-durse lorcol-c
n Fausse tredge
o Tourque tort perça et ou tare
eotabüt. v?i logern&nt
p .Causse parteppaur aller de
ut rude cul C./iaoteaiL
g. Idlcuscrn- du. corps degarde
r Contres carpe et chemin.
coiuce-rt
s c7Ylcuson restes de llncendie
que ton- perça pour condnuer
ta tranche!
t Corps degarde
Fn—p
YÏLuradCdela^vilLe fo^
per ça pour aller le long de
laJxLussedrra/ye
>x
7
GALANT. 277 # Siégé a duré. Quoy que je vous aye toujours fait (çavoir jufqu’aux moindres particularités de tout ce qui s’cft païTé en de pareilles occafions, n’attendez point la mefnie chofe de moy dans cellc-cy. Je vous manque pour la première fois, ôc j’y fuis forcé, parce
que nos Braves ont manqué à m’envoyer des Mémoires. Ainfic’cftplusleur faute que ce ti’clt la mienne. Mais ils font tellement
accoutumez aux grandes Actions , & ils en font fi
■zft MERC.VRE Touvenr5qu ilsn’y refléchif. fènt pas. Le nombre eft .caufe qu’ils les /oublient & apres qu’ils ont vainc^ ils aiment mieux chercher
de nouveau à vaincre 5 que d’employer le téps à écrire ce qu’ils ont fait. Ceux qui défendoient la Ville de
Lichremberg, voyant quelle n’eftoit pas en état de foûtenir la vigueur de nos Troupes , y mirent le feu, & fe retireront dansleChaf-
reau. M deCréquy fïtavaîi- cer le Travail , faire un Logement fur la Contre^
t
, GALAHT. 279 carpe. M" le Comte de frdontperoux eut fon chapeau & une main percée d'un coup de Moufquet5 ni parlant à ce Marefchal. Trois autres à qui ce General montroit ce qu’ils avoient à faire, forent dan- gereufement bleffez auprès de luy dâs le mefnie temps. Il y en eut deux autres tuez fur la place. On perça la muraille la nuit fuivante.
9 pour faire la defeenre du Fofie ; mais parce que le P.oc y eftoit ferme, on n'a- yança pas beaucoup. Pen-
dant ce temps 3 les Impériaux
firent entrer beaucoup
de Troupes dans
Strasbourg, dont la Ville
eft fort incommodée. Le
Commandant de celles de
fEmpereur qui défendoit
Lichtemberg, voyant plu,
fieurs Mineurs attachez,
ncn voulut pas attendre
l’efFet. Il obtint les conditions
ordinaires à ceux qui
fe font défendus en Gens
de coeur. Le Commandement
delaPlace fut donné
àML Bertrandy Lieutenant
Colonel du Régiment du
pleflis. On y trouva trente
Pièces de Canon , & quantité
de Fourrages,.’& de
Meubles prétieux qu’on y
avoir apottez comme dans
une Place imprenable. Le
Prince Charles la croyoif
telle. Une de fes Lettres
qui foc furprifé le fait connoiftre.
Il écrivoit au Prince
de Baden qui eftoit dans
Strafbotirg, V Empereur
n avait p&int de Sujet
pi pufi luy vendre wn ferrdice
plus conjidérMe q^e
cduy que luy rendait Ml le
■•Mare/chal de Créquy en aj£
Ntreembre* A a
fie géant Lichtemberg > pf de l'humeur dont 'ce Gemwl eftoit, il ferait périr toute fin Infanterie ayant qued^ bandonner cette entrepùfi ; gftge fi -Cavalerie pourvoit aufi manquer de Fourra^;
il n en remporterait m autre chfiqueledefivanî^ ve de voir diminuer tous Us O joursfies Troupes par le firÿ par lafiimfue de la maniéré qu'il comoijfiit cette Place, & T Homme qui y comüt doit, il eftoit feûr y quyii mefine Ml de Crcquy sobfi meroit fix mois à ce Siqfi
♦ <
GALANT. 283 fil fcroit contraint de fè retirer honteu/imenty .Qu'il eftoiê furpûs qu ’apres tous les mowvemens qu on luy avait vea faire > il fe ffi âttacké au Lieu t£ Allemagne A plus difficile accès ; f il filait neceffairemenè fon l'eufi trompé. Cette Lettre fut caufe que lors qu’on vit le Gouverneur de Lichtemberg àStralbourg-. on luy dit quil devoir s'attendre à eftre pend u en arrivant à f Armée du Prince ■
Charles ? puis qu’il avoir ■tendu une Place qu’il auroit A a ij.
284 MERCVRB pû défendre un an entier contre la plus grande Armée. SaFemme qui entédit ces paroles > s ’ évanouir. Le Prince Charles eftoit fi bien perluadé de ce au il avoû Ç ■ S
écrit, que quand on eui cefle de tirer dans la Place, parce qu elle eftoit prile, MtS de Srrabour<r luv avau;
J é envoyé dire qu’ils n’enter doienr plus le Canon, ï répondit que ce qu’ils b mandoient, le rapporte: à ce qu’on luy venoit à faire fçavoir, que Xt Créquy avoit levé le
Cela, luy doit faire beaucoup
de peine s adjoûta-t-il, car
cette Place confia peu de
monde. M7 de Tracy, O ff
ficier d'une valeur ôc d’une
expérience confommce ? y
fauconneau. Le melme
coup tua Mr le Chevalier
de S. Hilaire, Coxnmiflàire
de l’Artillerie. Rien ne
l’obligeoir a fe trouver
dans le lieu ou il for tué,
nais il vouloir partager le
danger avec fon General
■çsi alloir rcconnoillre un
endroit propre à faire atta’ : I quer la Place. Le3 circonf. [ tances de cette mort fond dignes deftre remarquées, l Il eftoit Fils de M1 deS.Hi J laire, Lieutenant GeneraU de l’Artillerie , qui ayants eu le bras emporté du; Boulet de Canon qui tua NT de Turenne, ne vefcw
J
apres luy que quelques t: momens. Ainû le Pcre eC le Fils lônt morts chacun-., d’un coup de Canon chacun auprès de fon Gc-’ neral. Cela foie voir que fr ceu^Qui commandent nos;
A
c
Armées, ont fi Couvent la
(rloire de vaincre, ce neft
pas fans qu’ils s’expofcnr
beaucoup. Mrde S.Hilaire
le Fils voyant fon Pere à
l’extrémité dans lamalheu-
; reufe occafion qui nous
coufta Mhde T iirenne, vou-^
: lut luy donner quelques
larmes 5 mais ce généreux
s Pere luy défendit de le
plaindre, & l’envoya pleurer
fur le Corps de fon General.
Le Pvoy pour récompenfor
fes iervices, l’honora
l'année paflee, avec M’ le
Marquis de la Frczelicre,
4
M
I s
• *
►
288 MEkCVRE [ dû Brevet deMarefclîal dé | Camp. NT deMbrmaix F re de celuy qui vient d’eftre’^ tué3ôe digne Ecolier de ion ï Pere „ commanda TArtiLd J : . k , .
ïèrie apres iajmort, a la 5 Retraite de noftre Armée.1 » * ♦ »
• •
11 la commande prefènte. ment dans le Corps d’Ar-< mée dont M’ de Calvo a la? conduite.. Sa modeftie aj toujours empefehé .qu’on 1 n’ait feeu que ce fut luyj; qui monta le premier fur le 1 Rampart de Valenciennes, f 6c qui tourna le Canon fif à propos fur la Ville5,affifté;
de
GALANT. z%9 deM1 de S.Hilaire fon Fre-^ re, ôc de quelques autres Commiflaires. On a auffi perdudevât le Chafteaude Liechtemberg Mr le Chevalier de Vaubecour, Capitaine dans le Régiment de Mr le Marquis de Vaube- cour fon Frere. Ce Cheva-
►J
lier3 quoy qu il n’euft que dix-fept ans, avoit déjà fait plufieurs Campagnes, ôc s eftoit fignalé à la pi ife du FortdeKelh Ileftoitd’une
des plus illuftres Maifons de France. SonBifayeulfi.it blefle à mort au Combat
Novembre* B b
o no MP U r VP
d.'Aumale , en iervant le
Roy Henry IV. Et fon
Ayeul Jean de Netancour/
Comte de Vaubeco.ur, Chevalier
des Ordres du Roy,
reprit Javarin, & fut cflro.
pie en petardant Belgrade.
Comme vous aimez quon
rende juftice à tous les Bra- ■
yes, je me perfua.de que;
cette digreflion en faveur
de deux ou trois P.erfonnes :
dun grand mérite, ne vous
aura pas déplu. Ces Braves
ont répandu leur fang. On
n’en. parlera plus, & ce [ou- ;
venir eft le moins qu’on
i. 291 doive à des Familles auffi confidérablesque celles qui faffligent.de leur mort. Je jeviens à noftre Campagne, de Créquy va en quatre jours du Camp d’ Ing- veiller en celuy de Molf- beim. Ce Marefchal fait faire un Pont fur le Rhin, oui ayant alarmé le Prince Charles , l’oblige à le remonter pour s’approcher des Places qui luy relient dans le Brifgau. Il ordonne des Fourneaux pour faire fauter les Fortifications ^Offcmbourg. C eft eftre Bb ij
292- MERCVRE bien foible, que ne fefentir pas en état de défendre une Place qui avoit cife fortifiée avec tant de foin:
I incontinent apres que nous ï eûmes pris Fribourg. Les? Gardes fe rendent maifi
*
Eres de vingtChariots quon S conduifoir à Strasbourg. Mr de la Feüillée fait entrerun
. s • ✓
Convoy dans les Forts duï Rhin. Mv le Comte de B Schomberg, à la telle de ff quelques Officiers -feule- p ment , bat un Party de-J cinquante Maiftres, &eîv' prend trente. Les Troupes
de FÈnipereur continuent à delo&r leurs Alliez, & ravagent les environs de Mayence.- M1 le Duc de la Ferre eft détaché avec fa Brigade , celle de Normandie, pour aller joindre Mr de Monclar à Gravenf- tadjàune heure & demie de Strafbourg. Elles y arrivèrent à quatre heures du foir, &: allèrent camper à Ille- kirc , une demv lieuë en. deçà, à la portée du Canon. ME de Créquy y amena luy- mefme de nouvelles Trou-
î94MERCVRB J cet endroit un double Folle qui va de la Riviere d’îll au. Rhin. Les Allemans l’apJ pellent Landvverdt. 11 e{? toit garde par une Tour ou. les Ennemis avoient environ eent Hommes. Un peu' au delà eft un grand Canal fort profond qui va de Strafbourg au Rhin, & qui forme entre le Canal des- Forts de ce Fleuve, ce qu’on; appelle lT-fle des Bouchers. C’eftoic par dedans cette^ ïfle que ceux de Strafboiu g s’eftoientconfervez lacord munication libre avec OP
GALAblT. 295- fembourg. Ils s’eftoient retranchez dans un Moulin & dans une Maifon fur ce Canal, qui eftoit alfez près de la première I-fle du Rhin ou leur Pont volant abor- doit. O n marcha avec quatorze cens Homes-de pied, & fix Efcadrons 3 droit à Landvverdt. On lailfa la Tour fur la gauche, & les Troupes n-’ ayant trouvé perfonne derrière elles, firent en peu de temps un Chemin pour faire paflfer deux Efcadrons -,-apres quoy on avança fur le bord dü B b iiij
ME
Canal pour y travailler à
une Baterie, afin de faciliter
les moyens de faire un
*r? m .77 |
b*
9
Ç>dd/r ♦ . «i1
/
4 •
Pont fans lequel il auroit
efté impoffible de paffer.
On fit auffi fommer laTour
ÏL-toft que le jour parut.;.
L’Officier qui y commandoit
ayant demandé à voir
lé Canon, on le luy montra,
& il fe rendit prifonnier
de guerre, avec quatre-f
Hommes,
seftant M;
fipé5 on vit quelques Lfca<
dronsde l’autre codé-mais;
noftre Canon n’eut pas tiré
GALANT. 197 quatre coups, que la'Cavalerie prit le chemin de Strafi bourg au grand trot. Ceux qui eltoient dans la Maifon retranchée, le retirèrent apres y avoir mis le feu du cofté du Rhin. Comme le trajet ne fe pouvoir faire que fort difficilement, il n y eut que peu de nosGens qui paflerenr dans des Bateaux. Ils prirent fept ou huit des Ennemis qui fe re- riroient. On fit un Pont, & avec un affez gros Corps on marcha aux Forts du Rhin, où l’on donna les or-
dres pour les démolir, &
pour brûler ce qui reftoit
du Pont de Stralbourcr fans
O '
que dou ze mille Hommes
quicftoient danscetreVille
là, s’y opofaflent. Il eft vray
qu’ils iemblent n’y eftre
entrez que pour afloiblir
l’Armée de I-Empire, puis
qu’ayant ces douze mille
Hommes de moins t elle
n’a pas efté en état de rien
entreprendre. Le Pont
qu’on drefla. apres la prile
de la Tour dont je vous
viens de parler, fit croire à
M" de Strafbourg qu’on les
I - 2^ alloit affieger, & que ce Pont eftoit pour la communication de nos Quartiers'. L’alarme fut fi chaude, qu’ils brûlèrent un. de leurs Fauxbourgs. Mr le Maref- chal deCrequy a fait ruiner Gravenftad & Illerick fur
la Riviere d’Ill , avec leurs Chafteaux &leursMoulins*, & apres avoir mis de s-Troupes- en Quartier dans VAL face & dans le B-rifgau, il eft venu à Nancy. J’aprens tout prefentement que Mr d’Almani Meftre de Camp de Cavalerie, a efté attaqué
♦9*1 J • •
Partysramallez, & par des Chenapans., & qu’il n’a pfi ? éviter le malheur d'èitre tué. Mlde Biiïy a eilé pins heureux. 11 a fait une Cour- fe fort conlidéraide dans Hunfradïj' d’où il ell revenu avec quantité de Pri- fermiers\ & un très-grand
' & r
butiu; -’Ces avantages font aifémciit oublier les petites dilgrâces pareilles à celle que je viens de vous marquer. Je finis cet Article^ en faifanc réflexion à l’état où Stralbourg le trouve.
O 7
~ GALANT. 5oi auffi bien que les Troupes d’Allemagne. Cette Ville fîere de Ion Pont & de fes trois Forts., n’cnaplus. J^Ue a perdu un de les Faux- bourgs. Plufieurs petites Places de fa Jurifdiétion font brûlées 9 la plupart de fes Mations de plaifance ruinées; & quoy 4ue nos Troupes ayent fait-vendanges pour elle, il faut qu’elle donne à boire à douze mille Allemans qui y font en gar- nifon, Elle pouvoir s’exempter de tant de malheurs,en demeurant neutre. Quant
t *
au refte des Troupes-d’AL lemagne, elles ont efté oc- ? cupées toutl’Eté à courir le long-du Rhin pour en défendre les Places, Elles ont veu ruiner le long de fes bords Rhinfeld & Sekin-, gen , ôz le Fort de Kcil de : leur cofté mefme. Elles y ont veu prendre des Chah teaux; 6c dés quelles onr voulu faire palier quelques Troupes, elles ont etté barri es. Elles ont enfin pafTé la Campagne chez elles,ce qu’elles n’avoient point en cor fait.Pendant toutes les
GALANT. 30?
autres années elles avoienr
crû pouvoir prendre des Quartiers d ’ Hyver chez nous, maiselles ne l’ont pas •mefme efperé celle-cy.
Il feroit .injulle de rtfu- fer à laGarnilon de Maftric
■les louanges qu’elle mérite. Vous fçavez par toutee que je vous en ay dit, qu elle n’a pas moins fair parler d'elle pendant le .cours de cette .Guerre, qu’auro-ic fait une Armée toujours viâo- J
rieufe. Le 2,4. de Septembre on fit un détachement de cette Place , pour aller
304 MaKjjVK.E t recueillir les Contribuai rions dans le Pais de Cologne. Il fut rencontré; par un Parry d’Allemansj beaucoup plus forts. Marquis de Molac qui' commandoit le fecond Ef- çadron du Régiment de l’Eftang, chargea ce Corps; de Cavalerie Allemande avec tant de vigueur & de fucces, qu’il le pouffa dans .unDéfi!-é,&en Cuirejufqur un Marais, ou il prit le Commandant II fit quarante Prifonniers, & amena cinquante Chevaux an
9
1 j j
Camp?Plusde trente cinq des Ennemis demeurèrent
•l
fur là' place. M1 le Comte de Roüfillon eftoit relié fur
• ' 9
une-hauteur pour foûtenir ce jeiïné Capitaine>• eh cas que 4ëà Ennemis en plus grand nombre fe fuflèrit avancez pour le charger Ce Comte dont la valeur
eftcoririùë, n attendoit que l’ocçàfion d’y courir, & il ifauroit pas manque de le fignaler ; mais le jeune Marquis de Molac n’eut befoinque de fon courage, & quand de nouveaux En-
Novembre. C c
306 MàKG v îvM nemis auroientvoulu s’ap? procher de luy , je doute qu’ils en enflent confervéf l’envie en le voyant combatte avec tant de conclu?
te, & de valeur. Ce jeune Guerrier eft Fils de Mr le
Marquis de Molac, Lieute-, nant General en Bretagne, =.
; & Gouverneur du Païs Narq rois. Il eft d’une des plus lu lu lires Maifons du Royaume, & il en loutientl’echt1 avec beaucoup de magnificence.
L eftime’ particu-
A
liere que toute fa Province a pour luy eft une marque
de Ton mérite. Aufli a-t-il
lant Homme, & on ne doit
pas eltre furpris de le voir
généralement aimé. Jepaflc
à ce que l’Armée de M?,
de Luxembourg a fait depuis
la Paix (ignée entre la
France & VEfpagne. Ce
Duc vient dans le Pais de
Liege, établit fon Quartier
general prés de la Ville
de Huy. Pendant ce temps
Mr le Marquis d’'UxeV.es
fait payer les Contributions-
dans le P aïs de Vaès.
M? de Luxembourg va en
4
trois jours d’Huy à Aixla.
Chapelle, dont il fe rend
maiftre apres luy avoir feu- ?
lement montré du Canon.
Il y demeure deux jours^&y
laifle douze Bataillons fous
S.Rupc AixlaChapelleeft
un nom fameux donc vous
ne ferez pas fâchée que je
vous faite fçavoir l’origine. *
C’eft une Ville Impériale'
ek. Cercle de Weftphalie,
enfermée dans le Duché de
Julliers. Ce mot vient de fe
la belle Eglife de' NoflreGALANT.
309 Darne, bâtie par Charlemagne. Les Latins l’appel- lèvent Aq^ifgrânum d un Granus , Gouverneur du
Pais pour les Romains 3 qui le premier trouva ces Eaux falutaires contre plufieurs maladies 3 & particulièrement contre les fièvres étiques
5 ce qui donna occasion d*y faire bàftir une Ville. Elle fut depuis ruinée par Attila Roy des Huns. Charlemagne la ré- tablit, ôren fit la Capitale de l’Empire par une confti- tution particulière. Il : y
510 MERCVRE
mourut eiv Tannée 814.
fut enterré dans TEglife de
Noftre-Dame qu’il' avoir
fait baffe. Les Empereurs
avoienr coutume d’y prendre
la Couronne de Fer.
Charles-Quint eft le dernier
qui ait voulu y eftre
couronné ? la plupart de
fes-Succeffeurs Payant efté
à Francfort. Quand ce Couronnement
fe fait ailleurs,
les Electeurs font venir le
Chapitre de TEglife Colle-
-male'de N. Dame d’Ai-S
O
pour en apporter les Pitreries
& les autres Or$-
mens qui fervent a cetrei
Ceremonie, ôcdontce Chapitre
eft dépolicaire au
nom de T Empire. Si-toft
que l’Empereur cft couronné,
il prefte ferment au
cette Eglife, dont cn meimc
temps ce Prince eft rcceu
Chanoine,. En 1614. la
Ville d’Aix la Chapelle fut
furprife- par le Marquis d’e
Spinola, & depuis elle a
toujours eu Garnifon Efpagnole
jufqu’en 1632.. quellw
en fut délivrée quand les
Hollandois mirent le Siégé
?iz MERCVRE devant Maftric. En elle rèçeut Gàrnifoh Impériale, qui en. forr.it peu de
temps apres. Eri 1638. elle fut affiegée par le Marquis de Grana, Pere de celuy d’aujourd’huy. Ainfi. elle fut obligée de donner des Quartiers aux Impériaux, En 1641. les François 5 Wi- mariens, ôc Hèfliens, commandez
par le feu Maref- chal de Guébriant, firent quelques defordres dans fon- territoire^ ôc dans h crainte d’en eftre afïïegée, elle reçeut quinze c^ns Hommes
f' Æ. T J* Tl
ïALaNT- SU | Hommes tirez des Garni- ffons Efpagnoles .voifines. i Elle a fouffert un embra- ?(ement général depuis zy* | ou 30. ans. Plus de trois ' nulle Maifons furent bru- ' lées. Elle s’eft rétablie de- i puis ce temps-là. Il y a deux jou trois ans que les Trou-, ’^pes du dernier Eve {que de 3 Munfter l’aflicgerenr, mais i €> ' z
j elles fe retirèrent avec preJ
• *
j cipitation, ayant appris que M Je Calvo s’avançoit pour, ; les combatre. Cette Ville? jellà peu près de la gran-j Heur dc.Soiflbns^ à quatre •1 D d
<-'5”n.v»v
314 MhKCVKh heures de Cologne , à dix ; de Julliers, àquatre deLiru- bourg, à fix de Liege, à à cinq de Duren & de Maf- tricK. L’Armée des Alliez 1 £ épouvantée de’. voir nos ï Troupes dans Aix la Chapelle 3 le retire a Cologne. È En lé retirant, elle jette des t Troupes dans Julliers, dans * Hinfberg, & dans Duren. On donne des feûretcz à
Mr de Luxembourg pour l’argent du Roy qui avoir efté ctE refté à Cologne, & mefrne pour les inrerefls, puren & Hinlberg fc^en-
J
U /t L /UNI ■ 31$ dent, Humbac eftpris auffi
bien que Montjoye, ■& toutes les autres Places du Pais
de Julliers.'Cette Ville Capitale
relie, mais coupée de fous collez. Quoy qu’elle toit remplie de monde, on y manque de toutes fortes de munirions, & cela oblige tous les Soldats à fe débander.
Ilnefuffitpasde jetter beaucoup de Troupes dans une Place. Il faut avoir la
prudence de nos Miniflres, & faire en forte que le relie ny manque pas. Sans cette prévoyançe , les Hommes
Ddi.
■3ï6 mercvre ne fervent.de rien. Jugez de Tétât ou fe doit trouver
Julliers avec un grand Secours inutile. Cette Place
cft : fi tuée à un. jet de pierre deda Rivière de Route,& Capitale du Duché dont .elle porte le nom. Elleell nommée Gulich, ou Gulcb, parlesAllemans3&/^/m?fl en Latin. Ce nom vient de Jules -Célar fon premier Fondateur, quoy que quelques Hiltoriens prétendent qu’elle a efté bâtie par Jude Agripine,Mere de l’Empe- reur Néron. Elleeft défen-
t • 317 due d’une bonne Citadelle de mefme figùre'que -cel-le Je Cambray. Apres là mort 'du dernier Duc de Julliefs. ! arrivée en 1609. la Maifon 1 d’Autrichemit ’ Garnifoà dans cette' Ville /qui-fut prile1 en fuite par les 'HÔl- Jandois en 1610. Marie de .Médicis 3 Mere du--- Roy Jefunr 5 & Rég-ente • dù
& x I
rRoyaume , y envoya une Armée de 12.000 Hommes dons le MarefchaB de-’ la Æhaftre, pour fàvorifer les Affiegeans. Les Clefs de -la tVille^lors de la prife^ furent j Dd fij '
î
s-
mifès encre les mains de ce
Marefchal^ par refpeét que
l’on devoir auRoy3..comme
eftant le plus confidérable,
des Conféderez. En i6n,
elle fut reprife par les Efpagnols
fous le Comte Henry
de Berg. Ils en ont gardé
la Citadelle jufquesauTrai*
té des Pyrénées, en execution
duquel ils Font reftitu.
ee au Duc deNeuboure;□.
La Succeffion vacante des
Ducs de Cleves & de Julliers
a fait allez de bruit
dans l’Europe. Elle fut h
caufe ou le prétexte du ptuf
fant armement que fit le Roy Henry le Grand un peu avant fa mort. Les Ducs de Brandebourg ,& de Neubourg eftoient les principaux Prétendant à cette Succeflïon. Ils l’ont
partagée en fuite. Le Duché de Cleves &: lesComtez ' de la Marck & de Ravenf-
* ' * berg, échurent a l’Eleéteur
' ... . <
de Brandebourgy& les.Du- chez de Berg ôc-dejulliers-, & la Seigneurie de Raven- ftein5 au Duc de Neubourg.. On entend narler des Villes- 1
avec plus de pkifir, qliantl " D d iiij
MT1 Ti v riiîftoii‘e;en eft connue, & c’elt par -cette-; radon que j’ay cru vous devoir marquer ces circbnftances1 Ja, cheve cer Article peut- eftre tous ceux de guerre pour pluiieurs’années. Mr le Marquis de Refuges fait relever les Fortifications de
♦ I
Sittari, & va commander dans'Hinfberg; M1 de Luxembourg - met dans Ver- viers- vingt ■ huit Compagnies tant Cavalerie qif Infanterie. Il marche vers le Païs d’Eyffcl, & le faifïx de la Ville de Blanckenheinn
Î'J-W- ' .«M-rtf*
• U"An TLAh 7hiî.T'l~T-1 ■' ?zi
li y met’Garnifon/ôt.dans--
tous les;-Ghalieaux & Mai-.
en peu de temps on a mis
dans de bonnes Villes hors
de France5-une Armée de
plus - de cinquante, mille
Hommes en Quartier d’nyver.
Toute la peine qu’il en
>s
a coufté,. a efté le chemin qu’il a'fallu faire pour s’y rendre. Ce grand nombre’ de Troupes ayant efté mis' a couvert, Mr de ’Luxenu bourg eft revenu à Paris, i Je dev ois-vous parler au-' commencement de certej Lettre du Mariage de NP le Duc de Sforzer& de Ma--
* • demoifclle de Thiangc, puis que la Cérémonie s’ea! eft faite dés le 30. du Mois! pafte ; mais quand on veuf décrire les chofes avec une entière exactitude, on abe- foin de temps pour en
J
Table Généalogique de la Maifon des Dues Sfor^e
i
Jacques MuTiotC Sforze, Comte de Corignole dans la Romagnepres de Fueiiza fameux General d*Armée pour le fèrvice du Pape Jean XXI1L de Louis d’Anjou, t du Roy de Naples | Ladiflas, 6c de la Reyne Jeanne, '
Bosio , Gouverneur d’Or- viete, mort en ;
C
CGinr Ascagne3 Cardinal dit deSanraFior
Camerlingue & Protecteur d’Élpagne.
Ascagne , Carre de Saura Fior, qui apres :-q avoir porté les armes 7 J fut Cardinal 5c Lcgat , - :>&
■ PertdeFrançois Marquis deVarey} qui fur Pcre deSforza Sforza
Duc de Fiano.
r r
Jules, Mary de
Françoife Faxnefe
î Feeeric, Comte de Sanca
L Fior, qui k 'de Bar- ■ thelemie dePetil- lane de la
Nièce du Pape
Paul III. mort Luis Enfans.
t vicie, inoit /
J1477. lequel Jmi ) eue d’Eleonorej t_
noyé dans le Fieu-1 A]dobrandin a t/* 1 Iflnv. _ _
Aternole j.Janv. ( 1426. âgé de 5 6. I j ans, (les A Urologues luy aveienr défendu depaflêr des Rivières les Lundis) eutd’An- tonia Salimbeni fa première Femme, G.
I
Comteffè de Saura Fior.
Guy, Comte de J
Sauta Fior, qui de j
*■ Francoile Picolo- * i . . >
mini, tut
ZpRANcoïS-Comte | Maifon
1 3 y 1 J TT. /?
de CaftelArquato.
Guy Ascagne,
Cardinal,
Plufieurs Filles
mariées dans des '
Maifons IlluRres.
Bosio IL
Comte de
Saura Fior & deCaf- tel Arqua- ) to, qui de
j IUÎ v-arcnnai ce ) Confiance ; de ]a Rcmagne. « Farnele , ’ PcrcdeFiai -XCÎ5
dtsüifins 1
eut
Fille duPa-
pePaul 111 eut
Ascanio, Prieur de ! Hongrie»
Aleonse, Archevef- que de
Benevent,
Mario,
Valmontone, Cap>
Comte de ^™ce de ■
C
U
I
Et de T-ucta
’fa Maiftrcflè, Froen- fûis t Duc de
Milan, de quifonc venus tous les Sforzes Ducs de Milan, qui ' ont eu phifieurs Alliances avec les Mai- Ibns d’Arragon à Na= pies, de Pologne, de Dannemarc, de Sa- vovede Ferrare 3 de Medicis, Sec.
f Mario , Comte de San ta Fier, &qui de RenéqdeLonaine, t Sceur de Catherine I de Lorraine, temmej de Charles de Gcn-
J vers, 6c depuis de
Ç Alexandre, I Prince de '
Valmontone, Duc de Segni : Marquis de
Fiocct.c d’Onaiic 6. Comte de • Santa Fior, Chevalier des Ordres du Roy, qui de I.ccnor des ; Uïfns, Fille .
V almon- | pai!j joUr_ 1 aain, ljuc ae de Segni,<pracciarO3&i 6cc. qui \ d’Ilabelle de (
Vaknon- j
taine General de Pin- tJ01ie’^u5(* dain, Duc de
fanterie du Duc de t Tofeane, Chevalier
LOUIS, Ducd-Onanoj&c marié en premièresNopces,. i avec Arvcmifia Colonna, J Fille deJulcs^-Cefar,Prince
*) zague Duc de Ne- ? de Caiboçnane, 8c d’ïfabclle j Mantouc, dont elle! lier des Ordres du Roy en eut la feue Reyne I 167^. & a époufé en fécondés Marie de Pologne,& J Nopces Lctiife-Addaïde de
J
de S.Michel, &c Pen-* -^Beatrix ; McdicisScEur 1 ; S”!’s 4« F'»s” I
fîoimairede France, j t.]f qui de Fùlvia Conti, , e
OomtefFe deValmon- ^gmicb •tone&’deSegni, eut j ~ucde 5:3 | Gravine,
Charles, Prieur de L eut Lombardie, qui fur du |
party de Henry IIO |
I-contre Charles V, '
Empereur»
Alexandre , EveC que de Parme, Cardinal Sforze, Légat de
Bologne, Protcàcur d’Efpagne.
Paul , Marquis de Proceno, & quatre Filles mariées en de grandes Maifons,
i J
4
Cg1
de Caibognane, 8c d’Ifebclle
Farnefe. 11 a efté fait Cheva-
y en
la Princcflè Palatine, 5c Fille de Charles Duc de Mayenne &: de Henriette de Sa- voye, eut
P a u l sf ncntrry en fa jeuneflè à latour de France auprès du feu Roy.
Damas, Fille deClaude-Leo— note de Damas, Marquis de Thiange, 6c de Gabriellede Rochechoüatt-Mortemar, le 50. Octobre 1-678. >
Grand Duc
> deToïcane, Ftdïric , Evefque Pcre de la j Revue Marie
! deFerdinadl. ’ nooentX.en 1644. ( auffi-Grand I
1 Duc, eut
de Rimini, Vice Légat d’Avignon, &
de Medicis & i fart Cardinal parln-
Henry , Chevalier
I de Malte 3 Filleul dm 1 Roy Henry IV.
V5 jç 74'
GaLANT 325 prendre toutes les particu- tarirez -, ce qui né fe fait: point fans bèaucoup de foins 3 Bc mefmes fans de grandes recherches. Vous« i ferez aile ment perfoadée quejenay pas négligé d’en . faire, en voyant d’abord la Table généalogique que je vous envoyé de la Maifon iSforze , qui fe peut van» 1 ter d’eftre depuis plufieur& 3 Siècles une des premières ; d’Italie y & dans VAlliance ! de la plus grande partie de - |fes Princes. Vousny trou- | verez. que ce qui regarde-
I
Malle. •.Comme je ny ay poinr marqué les Alliances qui ont efté Elites par les Filles de cette Maifon, parce que cela auroit efté à Fin- finy, vous jugez-bien que je me difpenle de’parler d’un très-grand nombre de ce qu’il y en a de plus confu dérables en Italie., dont vous devriez voiries noms dans cette Table. Elle
ne lai {fera pas de vous faire connoiftre que Loüis Sfbrze qui eft celuy dont je vous aprens aujourd’huv
ÙÆLijHÏM 1 - ^2$ le Mariage, a des Alliances qui le rendent Couftn ifTu de germain de Monfieur le Duc. Ce nouveau Marié eft bien fait de la Per- fonne 3 quoy que dans un âo;e un peu avancé. Il a Fhu-
O A
meur agréable, & Felprit droit lolide. 11 elL Duc d’Onano dans le Patrimoine de ;.S. Pierre, 6c de Segni dans la Campagne de Rome, Comte de Santa Fior dans le Terroir de Sienne , 6e Souverain de Caftel Arquato en Lombardie 3 & de la Sforzelca
Pierre. Outre toutes
■ces Terres., le Duc Mario
Sfbrzc., Pere de celuy d\v
prefent, poflèdoit le Duché
de Valmoncone dans la
Campagne de Rome. 11
le vendit aux Seigneurs
Barherins onze cens mille
Ecus Romains. La nouvelle s
Mariée méritoit les avan- *
«âges que ce grand ’Party
luy donne. Vous fçavez
qu elle lbi't des Maifons de
Damas, de Thiange, &de
Rochqchoüart - Mortemar,
Maifon au.fli Illuftre par fe
puiflanres Alliances , que par la propre grandeur, §c par fon ancienneté. • Ainfi je n’ay rien à vous dire fur cet Article. Mais Q
K
la NaiïTance rend ..cette nouvelle Ducheffe très-
confidérafcle, elle ne le 11 pas moins par la beauté.. Elle Tavive, touchante, & louûtenue de tant d’agrce- menr 5 qu’on ne la peut voir fans eftre furpris. Joignez a cela mille autres belles l
qualitezqu’ellene fçauroic manquer d’avoir, puis qu’elle eft Fille çfô Madame
de Thia-nge. Je vous dis tout en vous la nommant £ftanr impo-ïTible d ’enten. dre parler de Madame de Thiange. fans concevoir tout ce qu’on peur fouhai- tcr de perfcélions dans une Dame accomplie. En effet, il n’y a rien qui ne charJ , me -dans cette merveilleufc
♦ s .
Perfonne ? dont 1 ’ ame eft auffi grande que l’elprit, quoy qu’elle ait 1’efprit infiniment élevé. Sa beauté ne vous efl- pas inconnue, mais c’eft uû des moindres
Mortemar, où l’on trouve tout ce qui peut contenter les yeux les plus difficiles, comme on y trouve d’ailleurs tout ce que la grandeur d’ame a de plus noble, & de plus digne d’eftre ad- ' miré. La Ceremonie-de ce grand & célébré Mariage commença dés le Samèdy , 29. de l’autre mois; Le Roy, la Reyne , Mohfeigneur le Dauphin, Monfietir, Ma- , dame/Mademoifellè, Ma- moifelle de Valois,Made- moifelle d’Orléans, Madame k Grand’ Duché fle^Ma- Novembre, Ee
tfo MERCVRE dame de Guyfe, Monfieut fe Prince, Monfieur le Duq Madame la DucliefIê,Mc£ fieurs les Princes de Conti & de la Roche - fur- Yon, Moniteur de Vermandois, & Monfeur le Duc du Maine
, fe rendirent dans la Chambre du Roy fur les neuf heures du foir. LesPa-
rens s’y trouvèrent de part ‘ d’autre,avec quantité de Pcrfonnes du premier rang; ce qui rendit TA flemblée fi nombreufe, que chacun ne pouvant avoir place, on fut contraint d’ouvrir diféren-
♦ __
GaLaIMÎ - tes Portes qui rendent aux autres Chambres, pour détourner-la foule}& foulager ceux dont la préfènce,eftoit nece flaire. Apres qu’on eut ainfi gagné quelque peu d’efpace, le Roy & la Reyne prirent leurs places dans deux fuperbes Fauteuils , au devant defquels il y avoit une Table richement ornée. Mr de Pom- pone s’avança,, le Contrait de Mariage à la main, quil venoit de prendre de celle du Notaire qui ravoir paflë auparavant. Il eftoit fuivy E e ij
232MERCVRE (
du Secrétaire du Cabinet de
quartier , qui portoit une Ecritoire d’or:garnie de toutJ-Un des Commis de
ce Miniftre en portoit une d argent. Le Roy ordonna auflîtoft qu’on fift avancer les deux Parties. Mr le Mar.
quis de Lavardin parut das le mefme temps,. menant Mademoiselle deThiansre O par la main. Ce Marquis avoiLelte choify par Moniteur le Duc Sforze, comme un des plus proches Pa- rens qu’il eult en France, pour répoufer enfon nom.
noir, roue garny de Dentelles
& de Rubans : tres-
riches, Ï1 avoir un très-beau
* Bouquet de Plumes,- & une Epée .- garnie - de Pierreries, Il neïfe pouvoir rien voir de-mieux entendu, &. toute la Cour en tomba d’accord. Avant h Ceremonie,, il. avoit envoyé à Made-î inoifelle . de Thianre, fui- vaut la coutume , un Bouquet de Fleurs les plus rares, dans une. très- riche Corbeille,ScMademoifeile dcThiange en avoit fait un
rt
#4. MERCVRE préicnt de dévotion. Elle eftofc veftuë de fuiri blanc à fleurs, fous une gaze noire claire &auffi-à fleurs , avec une grande queue. Tout! cet ajuftement eftoic enri. chy tarit par haut que par bas, d'un nombre infiny de Pierreries. Ils s'approchèrent àinfi de la Table , & firent une profonde révérence à Leurs Majeftcz. Le Roy ordonna aüffitoft à Mr de Pompone de lire le 'Contraâ- de Mariage à haute voix. Il n'en lût que le oemmécement, qui con:
«t
A... 7-r -
Lx ALj/ÎÏM I •
tenoit les qualités des Parties.
La lecture entière en
auroit eft© trop longue. Il commença', ainfy. Au nom de Dieu ; Le très-hauty très-
puijptnt^ tresdllufire Prince Louis Duc de sforce..^ avec toutes les autres qualités de (a Maifbn. Cela ne fut lu
quafîn de faire fçavoir à la Compagnie queleRoy trai^ toit ce Duc fur le pied des Princes Etrangers. Cette leârure eftant faite, le Secrétaire du Cabinet mit l’Ecritoire d’or fur la Table,
✓
& Mlde Poinpone en ayant
I i
pris la plume; da mit entre . les mains î de Sa t Majdh:3 qui-ligna; le Coritraift de Mariage ,> & apres Elle, la eReyne^^nMonîeigiieùr le •ÇaùJphin^ dé^Lavardin ^omme. P-rodireurpMade- y ;moifeflei4e Thtangeq •& enffuitetoute la Maiibu les Parêns. - ME de. Pomponfe- (igna le dernier avéo une ; plumé de l’Ecritoire. d'argent -qu un de fes Commis avoir -portée. A cette Ceremonie fucceda celle des Fiançailles , qui -fut faite par M1 k
Cowte
Comte de Noyon, Pair de France. Le Roy l’avoit chôi- fy pour faire cette fonction* non feulement parce qu’il eftoit un des plus proches Parens de Mademoifellê de Thiange ^tnais encor par le rang; qu’il tiët entre les plus flluïfres Prélats de ÏEglife. Les Fiançailles ne forent pas plûtoft achevées , que quantité de Pages du Roy aporterent un fort grand nombre de Baffins de ConJ fitwres , qui forent répatu dues par tout avec profo- Gon. Le lendemain Di^ Novembre- F f
manche > le Roy avec tou te
l’Aflemblée du-jour précédent , fe rendit entre rxiidy & une heure dans ta -Cha-
?
>
pelle du Chaiteau de Ver- tailles s ornée, & ;-gardée extraordinairement , afin tVempefcher la confufion. Toute ta Cour s’y trouva fort Xuperbemênt veftue. Mrde Noyon eftoic en ha- ; bit Pontifical pour dire la j Méfié, & faire le reftedcla J
ï
i
»
►
Ceremonie. Toutes choies j eftant ainfï difpofées, le j Roy ordonna qu’on fill ap- j procher les Fiancez. Mde i
1
. .GALAOT.-^- Ivîarquh dé Lavardin parut - avec un Habit très-magnifique 3 & difcrent de celuy du premier jour. Madè~ > moifelle de Thiange en
O avoir un deToiled’argenC' relevée d’or en fleurons-: Il ' eftoit chargé de Perles &: dé> Rubis, au lieu de Diamant qu elle avoit le jour precedent, & la queue mefrne- qui eftoit -forr longue en ■' eftoit toute remplie. Airifï * elle en. avoit pour plus de ' fix millions fur elle. Ils allèrent de cette forte à F Au- tel, ou ils fe mirent à gc-
3 zx C?
Ff ij
HoMBRCVRE
noux, ayant tous deux ub ; Cierge à la main, avec cette ; différence que celuy de Mr f deLavardin £eul eftoit gar- } ny- de bas en haut d’Ecus < d’or-qui-'furent diftribuez ata Pauvres, plus par cha- ritïque par coutume. La Meffe fut chantee par la Mufique du Roy, & fa Ce- j remanie finir par une cour- î te & utile remontrance que ' fit. Mr- de Noyon aux Ma- Tiez; Elle fut admirée de toute cette grande Aflèin- ■blee, ’& fur tout du Roy qui fe çonaoift jnieuxque Per
de Vivonne traita/fùperbqmefit
une partie des Païens
&; ■des Amis qu’on avok
conviez des deux coftez &:
entr autres Mr le Marquis
F f iij
.Sforce qui a efté un dés . ■principauxNégociateursde i ce : Mariage, & qui, depuis ( longtemps a'fait connoiC ! tre àlaCourdeFrancéj&fon f ■ efprit; &;foni zele pour les ; -divers in-rerefts-.de .-G Mai- | "fon. Madame .de_Tiiiange, 1 O * j: ? Madame de Montelpan, & F îa nouvelle Mariéey.euccnr ddlonneur de dîner ce jour- | là'rnefm^avec^ Sa Maj efté, f
. GALANT. 343 qufreçeut auffi lescomplL mens de tout cd qu’il.-y a déplus qualifié à-lat.Coun Le foir cette nouvelle Du- cheffe alla rendre fes deï voies à laReyne; & fut mife en pofïèffion de. . tous, les rangs, & honpeurs dont joüifcnt les - Princeffes Étrangères. 2 Elle n'oublia pas les liber alitez accoutumées en: de pareilles, occa- fioris. La journée finit par un Bal dans la nouvelle Salle de Marbre., ornée dé
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L-uftres-d’argentÿ&.de tour
C, A
ce auiiiouvbic enrichir un
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Ff iuj;
344 ME RC VR'E Appartement fi fiiperbe. Le Roy l’ouvrir avec..Ma- damé la Ducbeffe Sforce,
Quelques jours apres Moniteur de Vertamon épouia Mademoifelle -JBt- gnon. Il eft Maiftre des Requeftes0 .& Fils d.e. Madame de Vertamon, à pre- fenr Madame la . MareC
.P châle d’Eftrades, & petit* Fils de feu Mr le Chance* lier d’Aligre. Ce jeune rie a dclefprit, & des qua- licez qui luy fonr mériter 1 ’eftime que tout le monde a pour luy. Mademoife lie
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546 ME RÆ V RE
connue 11 eft Frere du.F&
meux M1 Bignon, cy-de?' vint Avocat General, & au jourd’huy Confeiller d'E- tat. La Mere de MademoE
H ♦
/elle Bignon eft Soeur ds Moniteur l’Avocat Gene- ralTalon, dont la réputation eft fi bien & fi jufte; ment établie. Ainfi cette nouvelle Mariée fe trouve
Nièce de ces deux grands Avocats Generaux. Elle eft Fille unique,, riche-, mo- defte, vertueufe , &c peu touchée de L éclat du
>
monde...
* •
D’ayoir fait de T Amour qu’o eft mal’heureux d’avoir (es plus charmants plaifirs, Qaand il
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reux qui peut haïr
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a bien aymé, Heureux
JZJ-JZlZL:J.
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faut renoncer à lardeiir qui nous pref fcl On ne peut oublier ce qui nous a charmé, On ne gouverne
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as comme on veut la cendref- f è; Heureux heureux qui peur haïr
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ri*- ■■
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•i ! '—;
*3— il- —...—
Vous ne ferez pas fâchée de
voir pour la fécondé fois un Madrigal
que vous avez déjà lu
avec plaifir,puis qué je vous.le
renvoy émis en Air par M-r Charpentier,
Comme ces fortes
d-’-Ouvrages, Xu arlenr- .d’4 eu• x- mefmesî je vous làifleray.jt.j.g.çr
à l’avenir de leur bonté,* ■ &J me
. contenteray. de vous, en nommer
les.Autheurs,.
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air nouveau:
bf qu'on efi malheureux d*avoir
eu des defirs^
D'avoir fait de lamcur fe$ plus,
cbarmans plaifrs^ >
Quand il faut renoncer à f ardeur
qui 7,0ut. Krcfel. 2? . . ; 4. . 2/
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On ne peut oublier'ce %ui nous a charïïiL.
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Onnegp&verne pas comme on vcui la ienareffe* '
Heureux qù peut hait ce qu'il a ■'■■' bien uimé.' ’ ’'
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\t4nne ô,
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tel /de ^Bourgogne nous a dé- jà ?dënriê quelques Kepréién- tâtionsÇ eft fa première Piece nouvelle quiair.paru air Théâ- rrêâ-c cet H y ver. ?ÉBe eftde Mdnïîêur •Pemer; Les Vers en font fort aifez 5 & lés p en fées naturel lernént'exprimé es.' Il va des endroits dans la'oeintiire qu’on y Fait de Charles VIII. très- finement tournez â Pavan-
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tage du Roy. Leurs7Altefles Royales font efté voir, & en
C. A ¥ A
? ALj/'ipI l • 54-9
{ont ferries fort fa.tisfaices. ,.
On nous vient de donner en
• * ♦ * floftre-L.an.gue us des plus beau^ Ouvrages d’Iralfequi p’y avoir point encor efté traduit. C’eft
r > •
U Secchia. rapt ta du Taffiqni. Mr P errant qui en a faitlaTra. .du&ion, a inis Je Paçine Italien d’un cpfté, afïnde ne rien .ofter à ceux qui l'entendent a fiez, pour bien gonfler toutes les grâces de?Original.Il eft digne Frere de Mr Perraut-.de 1 -Académie Françoife, & de celuy qui a traduit Vitruve. Nous luy femmes d'autant plus obligez de la peine qu'il s’eft donnée, .que ce poème eftant moitié burlefqye, 5çmoitiéféneux^ il y a des endroits fort difficiles à eftre entendus. Le fwjec en eft
'fondé fur laGüer-re qui s'éleva
entre ceux de Boulông<-> ne & de ïl:
Modene, au temps de l'Em.
pèreur Fedeïic !I. On prétend f
que-cefutà l’occà.âon d’un Seau '
de bois j qu-on a toujours'con- j
lervé depuis ce rémp's lâ -dans |
l’E ïg> 1 i fe Ca tE é d r aie-d é M ô d e n e. Er
On le voit encor' fùfpehdu à la i
voûte de h Salle avec une ch^î. t✓
ne de fer, dont on fetér-voit pour i
fermer la Porte de Boulongne,
par laquelle les Modénois en- j
tferent quand ils -ravirent ce |
Seau. J
pavois crû vous tromper, fie
le Public apres vous , en vous
envoyant deux Enigmes fur le
nQcfme Moti mais p-ïufieurs Perfou
nés fe font apperçëuës de la È
farprife que je voulois faire 5 •&
4
• A T je h
ü/iLANT; ‘351-
Mr Gardien a expliqué; aiiïfî--;
l’une & l’aucre.
C£j deux Enigmes font fort belles, - .-
Tous lesrapportsen fontfidelles^ \ Je ne voy ni en de mieux écrit 5 Mais ce que je tnowvede raty C' foi que le fa jet s'y déclaré.
Comment cacher /’Efprit aviecque tant d'efpritl
■• - ...,
> >
Hrfprit eftdonc le vrav Mot de routes les deux. PluCieurs l’ont connu. En -voicy les-
*
• •• •
noms,-
Mcffieurs Thabaud des Perrons
5 Jarroflbn, Avocat ;au Confeil ; Jouftes de la Chape- liere j -Chanrreau â de • Parjfj L’Abbé Racea-Uj Barrandyôc
Marchand , de la Roche Ile* D es Avarjs,dc Bourlague j ML .•coner, de Villedieu , Sc Lan. glois, de Ponroife 5 Rouflel, Aumônier du Roy, de . Couches * D e Bonnecanip^ Médecin :à QmthpercorànEÎn ; f De Beau, voir , Gentilhomme de Guer. nezey ; Le Mitron de .Norman, die- Stoopen > Suifie de Balle. Le Secrétaire fidelle d’Amiens. Balamir amoureux, & le Che. valierde la 'Porte Pariï ; Mef- demoifelles Loger-, de Troyes- : De Maillerville, de S. Maloj Du Collombier, de Thorigny- ; T-urlis ; Rappé ^ Mafficq, delà ■ 'Flore- de Ré j La bellejouneau, j Scia Veuve de la RuëChapon.
Beaucoup de Particuliers ont I envoyé leurs Explications en ■
GALANT. 3ÿ3 Vers, & cc font Meldemoifelles PenavaLy,de Breft en Bretagne; Nom an » A-n©rry, de, Poitiers 5 Fredinic & Vakherie, dePou- toife; Meffieuts de la Coudre, de Koüen . De la Touche, dç Sauniur ♦ De .-Caftekt Materna- .♦ • tiôien (Lfl a promis un nouveau Sifteme*) De la Marthe, Avocat en Parlement; DeMauviieu de Chanven, de Soîlïons ; Aimez le Fils j de Beziers$ L’aimable AIéxandre\ ëc le-Solitaire de Pencoife^ • ■ ■= ■* -j..
Ceux qui n9ont expliqué que l’une des deux- fur l’Efprir, Sc qui-ont donne un fens difôretic à l’ancre, font MeHieurs Baifé s le jeune - Lamory, Secrétaire de Noyon ; De BdlefoBCainej. LafFon le jeune 5 -De Laftréj Novembre» G £
3î4 MERCVR.E
Avocatà Guyfe ; GautryvGca' graphe à-Tours j .Hervilfon, de Troyes- Chefnon, Directeur f General des Poftes.de Charle-; ville • Les Inféparables, du Pc-1 rigord- Le Céladon d’Aftrée- Ê .LeBohenii,de Sens- Aîifte, de j Guyfe 5 M.illete, de MillefkursJ L'-aifnée des- trois-. Soeurs, de j Gharleville ■ & la Marquife eu- ■ TieuCe, de Gourance. Ceux qui J ont expliqué l'une eu l’autre en ? '■.Vers',îopt Meilleurs Robert^de J Châlons'en Champagne^ Dé ■Tirman, Abbé de SrfLoüislez^ Troyes. D’Ab’oville^Germai^ < de Caën.-;, Chappuis 5,de Mon.- j brifon^ DeGlos,Matémaiicien i Hydrographe àHonfleur j De B-légny • Mademoifelledu Bo- j <age5 Le Poëce naifTant^ Le j
U
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bon Vigneron, d’Argenteüilp
gc 1sInconfolable, de la Rue'
S. Antoine. J-;’ay fuprimélesnoms
qui n’ont que de fimples
lettres , & une partie de ceuxqui
eftant faux, ne fe peuvent’
mettre qu’en trois lign^. A.*l?avenir
rnefme je ne vous envoyéray
que les véritables, ne doutant
pointqueje ne falTe plaifîr
à. ceux qui en prennenvà fe cacher*
Ils ne s’en divertiront pas*--
moins dans leurs Société?^ en
faifant'connùiftre par le vray
Mot des Enigmes qu’ils verront
dans le Mercure de chaque
Mois, que c’eft celu-y mefme
qu’ils a voient trouvé. On a
explique la première des deux
def ECprit, fur le Secret^ le Rab
finnement^ le Bon fens Je Jugement3
Rafinement ,ASilence, I'êIo- guenc?^ U Galanterie r le Fin* r^.ana l'Or, r Argent'la Medey le Secret, ScleF'er à (eyç. Je vous en envoyé deux, nouvelles.., La premiers eft de/Madame de Kambey..- C’eft une Veuve de la Franche-Comté qui a-beaucoup de naiiTancç, &■ dont la perfonne n’a pas moins de beau- ïc& d'agrément, que Ton efprir a de délicateffc & de lumières,
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GALAKF. y? ’
Cependant lé pourra-t*&n croire? -.
je ne fortpas plutoffi d'une fombre^-
prif&io^ >■■ ?" >- - - y
Quel'on voit conteflerlefyeux&Itëraifbn
- ■ '• . :
Pour m établir dé bonne grâce* ■-.
Tantoft-je fuis en hàùtftemofi. fâ ,y
fiïsengagé■ .'•■ u y.-:.-y y
Enfin apresplufiéuTsdebatsé yru
Sur un Trbne de fleurs çn me donnai '
ma place 5 -m
Maîsfije tombepar difracé^ -y
Ce qui m arrive qffe sffouv ene9
Autanten importe levéflt* y
AUTRE ENIGME.
• ♦ • ♦
Evine^qüiqefais 3 rfifi
: Qerpsrfiefl plus du
monde. -*"'■
* * Phabiteda* moitié d*&n^ ••
Machine ronde*.
I ,
Jfivante0 je navets qu’un fenti.
m» ent brutal^- l ;1.
IMaie depuis que l'effort d’une main t
affaffzne [
M. 'a fait donner le coup fatal y )
1-è renferme, fouvent la p lu s haute
DoElrin. e. • tJ s« •
Ceux qui ont explique I’E- ;
nigme en figures fur le-MafqaeJt {
Pour expliquée dans ion vray
féns& ce font Meflïeurs Ga-r- ‘
dien Secrétaire du Roy- Rauk,
deRduen, en Vers; Comparer
Regna u d> ,C h an r're de S.Urba i n
de Troyes ; -Mademoilellé-No- 1
rna-n-Anorri, de Poitiers- ê£ ie
faux Crifanre. Voicy l’Explimtion
dé ce dernier».
Erfée en ce Tableau noaecharme
& nous abu fe “
.Avec fa T efie de Mcdufeî
jkr,7/? dequoy■ sèft-o-n aviff
De luy laifferle front ainjî nu pt&sunCafqueC
-
Caron rdefi pars fortdpuiff
Quand on levé le Mâlque.
Cette Enigme n’eft prefqne
fondée que fur l’action & la diC
pofition des Pcrfonnes qui y font
dépeintes. La telle de Médufe
avec laquelle Perfée Pénible fe
cacher le vifàge, reprcfente le
Mapuey qui n’eft fouvent qu'une
figure difôrme., capable
•d ’effrav« er ou de faire rire, Ces
deux effets font exprimez par
les autres Perfonnages de PEnig.
me3dont l’un s’enfuit., tandis
^oMERCVRE
■ que les deux autres femblenï fe
moquer de Perfée. J'adjoûte
les divers mors fur lefquels elle
a efté expliquée, L* Hyver, une
Carcafe de Guerre, la Mort, la
Peur, le Tonnerre y l,e Froid, le
Miroir ardent, la Fronde, la P a.
reffe, la Lanterne foùrde,lePavot,,
le Cbymiiïe, la Beauté, le Sel, la
(glace, la- P luy a 3 la Grenade, la
Trahifn, T'FI b onde Fe , la Dif
corde, la Guerre, la Paix que
Lotiis tE Gr.aüd donne aux
traie grandes Puijfances fes Ennemie
* la force d e T Eloquence^ le
Difcours concis, le Tornbeau 5 lâ
Kieideffe, & le Cantrepoifon..
Refvez àprcfènt fur FEnigme
&Euridice, Elle mourut piqudé
d’un Serpent. Orphée l’aila redemander
aux Dieux des EnFl
VRYDICE E XI GAIE
GALANT.
;ferSj & les charma -fi bien par U .douceur de fon chant, qu"ils luy accordèrent ce.qu’il .veuloic, Il -retou rouit avec elle tout remply de joy-e, lorsque fur le point.de -revoir le-jour, il tourna la telle pour la regarder, contre la dé. -fenfequiluy en avoit elle faite,* En mefme temps.il eut la douleur de voir Euridice qui ;Iuy ■tendoi-rles bras, 6c des Spectres qui s’eu faifidbicnc pour la re- -mener aux Enfers.
Il ne nie refteplus qu’a vous apprendre la mort de Madame la Comtefle de Froullay 3 arrivée depuis peu en.fon Cbafteau de Monflaux au Bas Maine, ■Quoy qu’elle fuil dans .un âge peu avancé,elle s’y efl préparée avec une réfignation digne de
Novembre. H li
* ;
%6z MERCVRE
la îôhde vertu qu’elle a toujours pratiquée. Elleeftoittrès belle, fut Fille d’,Honneur de la Reyne Mere dés fa plus rendre jeunefTe, fous le nom deMade- ■ moifelledeNeüillan.Quelques r avantages qu’elle euftrçççus de j la Nature9 elle ne s’en fervit que pour faire mieux admirer fa conduire. Jamais elle ne donna •lieu à la moindre médifance. Au contraire, elle eftoit regardée ; à h Cour comme un modèle à • eftre fuivy par toutes les Per- •ionnés'de fon Sexe. Audi les s bonrez & la bienveillance du J Rov.de la Revue, êc de toute - la Mai Ion Royale, n'ont jamais '•>. changé àfon égard. Elle époufa . M1 leComtcdeFroülla'yGrand f- Maiftre des Logis du Roy en f
r» AT A Kl "T1
tx / i IL fiIM 1 • 5^3
1656. Il a efte Chevalier de fes
Ordres, ëc forroic d’une des
meilleures &c plus anciennes
Mailôns du Païsdu Maine. Les
Ticresqui ont efté produits pour la preuve de cecre ancienneté, juftifîçnt rp1 il ' descendait de Pere en Fils d’un Roland Sei-.
gneur;de Frouliay, qui vivoic vers l’an np. Feu M 'le Comte deTefle-eftoir fon aifné. Deux
de fes Cadets font encor, vivans, Mr l’Evefque d’A vranche & ME l’Abbé de Froullay Comte de Lyon. Il eft peu de Gens qui n’a yen c efté perfuadez du véritable mérite de celuy donc je
f J
vous parle. II eftoic brave , &: on ne peut guère fe diftingtier davantage qu’il avoir fait eftanc Capitaine aux Gardes. S-adroi-
Hh ü
3«4MEPæVRE t'ure d’ame, fa fidelité, 6c fa vertu, luy'avoient donné pour Amis' tout ce qu’il y a de Perfonnes du premier rang. Il ÿa enviroir fept ans qtfii eft mort , & Ton peur dire que cette mort com mença celle de Madame la Comrefle de Froullay fa Femme. Le faififïement qu’elle en eut fut'rel, qu’il contribua beaucoup au fchirequi fe forma avec le temps dans fon foye3&-qui l’a1 enfin emportée. La douleur qu\ elle eut de perdre un Mary qui luy eftoit fort cher, fut fuivie d’un autre encorr très - fenfible
que luy caufa ia pérte d’un Fils a-ifhé, rué en'3675". a la Bataille qui fe donna devant Trêves. Il eftoit reveftu de la Charge de Grand Marefchal des Logisÿ
l’une des plus confidérables de la Cour, digne heritier des vernis , 6c du mérite de ML le Comte de Frpallay Ton Pere. Mais coûtes ces diferaces, nv les embarras d’untrès-grand Pro-
- * '
cés, m’ont,pûj.amais ébranler la fermeté d’amç.qu’éll^a fait pa- r o i ft r e j u fq if a u d e ç n i er : n b m e n c de fa vie ; Sc malgré tant de tra- verfes., ou l’a toujours veuë d’une douceur & d’une foûrpif- lion aux ordres. d’Enhaut, donc l’Ecole du grand monde enfei- gne peu la pratiqué.'Elle eftoit Fille de'Charles de Baudean- Parabere, Co nte deNeüillan, Gouverneur deMiorr,6c petite- pilledejean d.eBaudeaa Corn te de Parabere, qui avoit fait un Régiment pour le fervice ude
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3« MERCVRE Henry IV'. Roy de Navarre^ ' & qil 11 uy eh Tenditdetres-con- -fidcrablcsjuf'qù’â la, mort; 11 fe trouva ‘à la Bataille de Courras,
où il acquit gtand honneur, êc prit la Ville de Niort Sc le Château où eftoic le' Gouverneur
de la province. Ce fut la première Place qui fer vit au Roy pour difputer la Couronne de France. Le Prince de Parme, que la Ligue avoir fait venir dans le Royaume, ayant affiegé Corbeil, lé Comte de Parabere l’obligea de lever le Siégé 3 & délivra Paris. H fit cinq cens Lanf. cadets prifonniers, prit Corbie en fuite j &' au Siégé d’Amiens où le Roy eftoic ps é- fent, il commanda une Attaque & une Raterie conjointement
A
AWf- &
avec le Marefchal de Biron qui
en cornmandoit une autre. Le
Roy luy auroitdonne leBafton de Marefchal de France, s’il euft voulu changer de Religion quand Sa Majelté en changea^ niais il ne put endurer qu’il entrait un mouvement d’întereft
du monde dans les motifs qui le dévoient porter â fe convertir. Apres avoir demeuré a fiez long temps Lieutenant- de Roy de Poitou Gouverneur dehïiony il fe rétira dans fa Maifon de
Parabere, où il fe ht Catholique, Qjoy qu’il y euft-cres- long temps qu’il euft renoncé à la Cour, fon mérité Ê< les grands fervices qu'il avoir rendus, par. loienc’tellementâfon avantage^ que pour lesreconnoiftrejefew Roy LouisXIII» luy envoya un
2zg MFRTVRF
B rêvée de Marefchal de F rance, *• '» r *
avec ordrede venir recevoir cet
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honneur, & le Cordon bleu en mefme temps. Pendant qu'il fe préparoit à fe rendre auprès de Sa Màiefcé, il montait .tout cou- vert-de s’o'.re.ôc l-aiila. deux Fils,
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dont le Cadet EirPere. de Madame la Com telle deFrouUay, L’Æilhé fut fait Chevalier des Ordres du Rmy, & a efi:é Lieu- tenant de &ov de Xainrooge,
l 'O ■•*
&■ Gouverneur fde^ Cognac, Lieutenant-General & Gouver-
♦ neur de Poitou.
J’ay oublié de vous dire fur F Article de la Médaillé des Holhmdois, que les, lettres qui font d’un-pins grand caractère quelles 'autres -dans le kevers, s’appellent lettres numérales, Elles fervent à marquer l’année
GALAHT. W pendant laquelle la Médaille a efté faite. Cela fe peut voir en! les aficmblanc, apres qu'on, a1 rejette les petites.
Que de chofes j’aurois encor à vous dire3 fi je"voulois renfermer dans cette Lettre toutes le£
nouvelles de ce Mois; Le temps me prefle, il faut qu’elle parte/ êc malgré nwy je fuis oblige d’attendre à vous entretenir
dans la’premier^ des Publications de la Paix qui ont efté faites dans plufieurs grandes Villes du Royaume j-avec autant de magnificence que de galanterie^ & des Harangues qui fe font tous les ans au parlementa Pou- verturedès Audiences. J*y joindra}’ l’Articledes Modes. Adieu Madame. Je fuis,&c.
tromper.
ON plie ceux qulenvoyeront-des Mémoires ou il y aura des Noms propres,'.d’écrire ces Noms en c-ara&eres tres-bien formez & qui inaitenc. l’Impreflion /s’il fe .-'peut, afin qu’on ne foie plus fujet/à s’y On prie'aiiffi qu’on mette fur des papiers diférens' toutes les Pièces qu’on envoyera.
...On reçoit tour ce qu'on envoyé, & Fon fut plaifir d’envoyer.
Çepx qui ne trouvant point leurs Ouvrages dans le Mercure, les ..doivent chercher dans l’Extraordinaire; & s’ils ne font dans l’an ny dans Faune, ils ne le doivent pas croire ou-- bliez. pour cela. Chacun aura Ton tour. & les premiers envovez feront 1 • \ - J 1 • ks prciuicrs nus, a moins que la nou- vclle matière qu’on recevra ne Toit tellement du temps, qu’on ne puille différer.
A r 1 S.
On ne fait réponfe à perfonne, faute de temps.
On ne met point les Pièces trop, difficiles à lire. <"•
On recevra les Ouvrages gê tous les Rovanmês Etrangers, & onpro- poiera leurs Queftions.
Si les Etrangers envoyent quelques Relations deFeftes ou de Galanteries qui fe feront palfées chez eux , on les mettra dans les Extraordinaires. ' •
On avertit que le Siei.ir ’Blagcarc a prefentement une Boutique dans læ Court Neuve du Palais, vis-à-vis la’ Placé Dauphine, AU DAUPHIN,, où l’on ne manquera Jamais de trouver 'toute forte de Volumes en telle Reliure qu’on les voudra.
Il donnera tous les Volumes de
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l’année 1678. & les Extraordinaires à _ Trente fols reliez en veau, oc à vingt- cinq reliez en parchemin.
Les dix Volumes de l’année U?7e fe donneront toujours à Vingt fois
. y? r Z $■
<Veau, & â Quinze en parchemin.
On donnera un Volume nouveau
du -Mercure Galant le-premier jour
de chaque Mois fans aucun retarde..
xnenr.
•L’Extraordinaire du Quartier d’O-. étobre fe diftnbuëra le 15. Janvier
On prie qu’on affi'anchiflè les Ports de -Lettres, &: qu’on les adreflê toujours chez ledit Sieur Blageart, Imprimeur-Libraire, Rue S.Jacques, «. rentrée de la .Rue du Plaftrc.
On ne mer point d’Hiftoires qui puiflent blefler la-modeftie des Darnes, ou defobliger des Particuliers par quelqnes.traitsfàtyriques.
‘ -On abeaucoup de Chardons. Elles auront toutes leur tour, fi on apprend qu’elles n’ayenr pas efté chantées. C’eft p ourquoy il ceux par qui elles ont efté faites veulent qu’on s’en fer. ve, ils les doivent garder fans les chanter 6c fans en donner de copie jiifqu’à ce .qu’ils les voyen^ans le 'Mercure.
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Criez .GUILLAUME DE LUYNE, au Palais, ‘ dans la Salle dés Merciers, àh-Ju-ftice.
Chez CLAUDE BLAGEART,Rue S.JaequeS .. à l’entrée de la R uë du Plâtre,
■Et en la Boutique Court-Neuve du-l^dais, , : A U j D A U P H I N.
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THÉODORE GIRARD , dans h Grande Salle, à lTnvie/r-"'
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wus faites dans tout ce que’
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dans vos Exercices, fa^y
foûtene^ le travail^ & quoy
que j en pttijfe dire^ je fins
bien que mes exprejfia ns fine
penfi efi infiniment au défijoitâ
de ce quon doit attendre
du Fils de L o ii I s le :
Grand. Ce glorieux Titre
enferme tout y je croy ne
pouvoir mieux faires MONSEJGNEF'R^
que de ww
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fon Nom,
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IJR.ANCH, depuis longtemps
- 'jours fi triomphante,
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Que débièns, que d'honneurs,' qttë de hauricrs nouveaux, -
Ton Dauphin qui le forme eu métier des Héros, .
Ne te feine-t-il pas dans fa Valeur
- Baillante* .
♦ •% • 8 1^* • • *
11 y fait déjà voir une force étonnahtea Et tous fes .coups d’efiây font figMds-
& fi beaux..
EPISTRE.
Que ce jeune Lion dés les premiers
travaux, ..
Porte en tout ITTnivers TaHarme &
l’épouvante.
S’il exerce un Courfier, c’eft d’un air
qui furprend.
Tout charme en fa Perlonnc, il n’eft
rien de fi grand;
Ce qu il fait,, promet plus que ne fit
Alexandre.
Tous fes Exploits feront des Exploits
inoüis. (attendre
Quels miracles aufii ne doit-on pas
P'un Demy-Dieu formé du Sang du
Urand LOUIS? ~ ; -, -
Jourdain,
le fuis avec le plus profond
refteiï, . ,
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Voftre tres-humble, &C très-
■ o♦beïffant Serviteur,' D,
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u ■ ■ ■ M Ceux qui ont travaillé à quelques^
Ouvrages fur les matières propofées
dans le Troifiéme Extraordinaire.,
font priez de les envoyer inceE
Eamment. La Sailon va devenir ri«
gO oureuïè? ,& les Ouvriers, &: fin* tout .m’y les Graveurs , ne pourront travailler
qu’avec peine. On prie suffi Ceux qui
par-le moyen de leurs correfpondances
reçoivent des Nouvelles de
Perfe , de la Chine, du Japon, des
Indes 5 du Mogol , & d’autres Pais
Etrangers dont on ne parle jamaisdans
les Gazettes, d’en faire part à.
l’Authenr. du Mercure ,■ a l’adreflê
marquée chez le Sieur Blageart Ion
imprimeur. Les Nouvelles qu’on
demande des Païs Etrangers, peuvent
eftre de leurs Guerres prefentes, de
leurs Révolutions, Ceremonies , de
tout ce que font leurs Rois, & gene«
râlement de toutes fortes de Nouvelles
delà nature de celles que Ion met
deri. ue l’Europe dans le Mercure.
c
&
T A B L E D E S. M ATIE RE S contenues en ce Volume»
ATrant-prapos9 1
'Déæejté de Bedonne & de la Paix* .. t ... . V
Belle -Aérion d; Prefttce de Af. le Lieutenant Ch il Girardin* ,.^4
BÇetour de Madame la (ftmtejfë de Soiftons , tout ce qui s'ejl pafse d^Turin pendant le Jtjaur qd elle y a fitît^ ' . 16
Madame la rDuchejJc de LefîUguietes . accouche d'un Garçon* 54
Mort de M. d# Baulay* . , , 56
Mort de M. le P&ip Sieur de Maulou*
. 59
Mort de M, Pfprit^ Premier. Médecin de San Aileffè'Royale3 41
Cette Charge ejî donnée a IMLhpt* 41 La Charge de Premier Médecin de _ Madame eft donnée à MdeBel,
On appuyé firent le bonheur de ceux
TABLÉ.
• ♦ ♦
d'cjui Von cherche à nuire3 Pfift.
'Tout ce qui Feftpafié à la maladie de JM. le Duc de (ft acérés, 80
Fxtrait d'une Lettre écrite far un Eyefyfie aux Tersé (^apucins du Lou'vre 9 87
'fteponft des F très Capucins^ ' p o
-^Attaques d*un nouveau Fort à F A- cademie de J\ï- de JBernardy, 1*5 Fert à M. Colbert F réjtdsnt à Mortier, ■ 15g
JFout ce <fui s’efë fape a F Académie Françoift le jour fue Jd FA'Fbc Colbert y fut reçeu, î^.j‘
. F ropofition de Mariage entré unLinot & une L inote, 1'
Ayant ure quia obligé le Sieur Tofuac d prendre le fart y des Mécontent d' /Tongrie,
y^ecompenfes données parle T^oy d*£f- pagne t ■
Réceptionfaite en France d Monfieur à Madame la Ducheffè de Saint Fedro à Madame la Marqtiif& de pffutana, ao
2ÏG lïï il J IZ4:
TABLE.
Sujet des maladies 4* Angers 9
L?oît de LL le b?wne3 ■
Jtâort de LLl’ E’ve/que d’Agen, Lîort de LL. I ’E^e/que de Cahots,
Le Lfariage înpromptu, L-Cijloîre. 218 Tout te qui s'eft pupe au *Parlament le lendemain de la X Ltarèin, ayea les /datantes de la Coter desAÿdes,
;
LL. le Coadjuteur d’.Arles breiïhe d> J A
- L^erfailies devant Leurs Ldajtfte:^ le jour de la Eejbe de Tous les Saints,.
LLejJie&rs les Abbe^ Vejmaret^ & Se IBetpns font nesntiïe^ optent du Clergé, ■ ■ 1^5
Z? donne le Ljpgimeîst de Ch-dn- pagne à Lf. le Commandeur Colberte
Ce qui s'ejl pafsè àVerfaides le jour, de laSt f/u-bert, ': içç
j. Lettre de _Mt Chapelle à M.le T tic-de
S. A ignani ’ 26g
Tftdponfè inprcmptu de- LL le 'Vue de
S.A.ignan, 26 f
i
■i
?
. T A B LE. .
U a de de M. le Marquis de Mon-
plaifir^.. - ' 270
‘Tout ce qui seftpafse'dans nos Armées pendant les d. u.v derniersMo^, 27 2, Mariage de M. le H ttc Sfir^e & de Mademoifelle deThia^ge, 522.
Mariage de M- de Eertamon & de
Mademoifielle Il ignore, 344-
A if de M- Charpentier, i 5 4.7
Anne de Eretagne, de M, Eerrier, re- prefintée a l'Hofielde'Bourgogne.^àft La Secchia rapiîa, *2 cerne Italien traduit par M» I'errant, 5 49
Explication des deux Enigmes enE'ets du Mois d'Oélobre, 3
Moins de ceux qui les ont expliquées, 551 Enigme en Fers, g
Antre Enigme en Mers, ^7
Moins de ceux qui ont expliqué l* E- nigme en figure, jjg
Explication de cette me fine Enigme enfigure,
Moufette Enigme en figure 9
Mort de M. laComtefiè deErouUaypfii Fin de la Table.,
dSM feurfldcerles figures.
y A Médaillé des Hollandois doit .JUrcgarder h page. u.
La Chardon, qui commence par ZZ js efiJointdef.rintemjsqueferle teint V’Zra, doit regarder la page 44.
Le Menuet qui commence par Ne troye^jw, Jeune ^Bergere^ doit .regar- pdeT la page 187.
Le Plan de Liechtemberg doit regarder la page 2.76.
La Table.Genealogique.de la Mai- ,lo,n Sforze doit regarder la page 343^
L’Air qui cornmence.Dar
tft malheureux d’avoir eu „dç$ d.ej'rs^ doit regarder la page 347.
L'Enigme en Figure doit regarder ■la page 560.»
On donne a^is que le Mercure Galant ne Je Âiferibuëra plus à Ta^env^ que chez^ les Sieurs de fuyne 9 IB.lr- geart, & Girard, £es Libraires de ' ^r&yiffce qui en voudront a^oir s /#- drejferont à Vtfn des mis,
N a eu raifon,
Madame, de vous
affiner qu ’ il n’y
a rien d’égal a la
joye que les Hollandois
continuent àfaire paroiftre
de la Paix. Us en goufk lit
d’autant mieux la douceur,
que depuis l’année mil fc
f
2 MERCVRE . cens foixante & douze? ils ont éprouvé tour ce que la guerre a de rigoureux. Les ? julles fujets qu..e le Roy J avoir eus de fe plaindre de leur conduite , leur avoient attiré fes armes de tous
» ♦ collez. Vous vous louve- nez que plus de trente de leurs plus fortes Places furent prîtes 5 prefque dans le Hiefrne temps qu’ils les virent attaquées. Touttrem- bloit, jufque dans leurs Provinces les plus reculées. Amfterdam ne fe croyoic plus en feureté, & Mr le.
G ALAIN F* 3
Duc de Luxembourg avoit
efté allez avant pour fe
rendre maiftre de la Hayej
fi un dégel qui lurvint ne
luy en euft fait manquer
rentreprife. Les Etats le
Voyant perdus, & manquant
de forces contre celles
du redoutable Enncmy
qu’ils s’eftoient fait, eurent
recours à Targent. C’eft
un feûr moyen pour faire
agir bien des bras. Comme
il ne manque prcf jue jamais,
il leur réüffic. Vous
lefçavez,& cela eft connu
de tout le monde. Les
4 MERCVRE offres qu’ils firent de fournir la plus grande partie des frais de la Guerre, engagèrent plufieursPuiflan- ces à fe déclarer contre le Roy. * L’ éclat de fa gloire avoir caufé de la jaloufîe, ■& on ne doit pas s’étonner fi on prit avidement cette •occafion de .s’unir, pour mettre quelque obftacleà fes conqueftes. 11 fe forma une Ligue d"Alliez. Leurs armes furent jointes pour arrefter les progrès d’un Conquérant à qui rien rdavoic encor refifté • mais
les Hollandois suffirent
à luy fufciterdes Ennemis^
ils ne vinrent pas à bout
d ’ cmpefcher qu> il ne
triomphait toujours également.
Ces Ennemis
s’cftoienc déclarez fans aucun
autre fujet de fe plaindre
5 que celuy que leur
pouvoir donner fon trop
de mérite ; & dans toutes
leurs entreprifeSjils forent
auffi malheureux qu’ils eftoient
injuftes. Il n’elt
point befoin d'entrer dans
un détail dont toute l'Eu-
9
landois rebutez de cette
longue fuite de difgraces
qui accabloit leurs Alliez^
cSequi ne leur laiflbic pas le
temps de rcfpircr 5 fongerent
à l’unique moyen
qu’ils avoienc d’en trouver
la fin. Us voyoient leurs
Peuples dans l’rmpuiflànce
de payer plus longtemps
les taxes qu’on elloit obligé
de faire plu fieurs fois for
eux pendant chaque année,
&• d’ailleurs ils s’ennuyoicnt
de fournir inutk
lement de l’argent qui ne
fervoit qu’à donner de noutantes
conqueftes qu’il fâifoie
dans chaque Camparne
, l’approchoient d eux
par un endroit d’où rien ne
le pouvoir faire reculer,
puis que les Places qu’il
prenoit de jour en j our devenant
Frontières de fes
Provinces , en pouvoient
tirer tous les fecours dont
ellesauroient eu befoin.Ces
diverfes considérations (ïir
lefquelles ils réfléchirent,
les déterminèrent à chercher
la Paix. Le Roy n’eut
A i
pas plûtoft appris la difpoîition
où ils eftoienr delà
recevoir , 'qu’il en voulut
bien recl_>ier les.conditions,
Elles leur furent offertes.
La bonté que ce grand
Prince fit voir par là qu’il
coniervorc encor pour des
Peuples qui avoient eftéfes
Amis j fut aufli remarquable
qu’elle devoir eftre peu
attendue. Les Hollandois
en témoignèrent de la
joye, & trouvèrent tant de
modération pour un Vainqueur
dans ces conditions
propofées, qu’ils n enrefuferent
aucune. C’eft peu
dire. Ils en furent fi'finisfaits,
qu’ils firent mefme
FEl®ge du Roy en les recevant.
Il avoir efté leur Protecteur
avant la Guerre, &
lecat de leurs affaires domeftiques
leur failoit voir
qu’ils avoient encor befoin
de luy , pour empefeher'
qu on ne donnait atteinte
à la liberté qui leur eft fi
chere. Je vous ay appris
tout ce qui s’eft paffé depuis
la conckifion de cette
Paix, mais vous ne fçavez
peut-eftre pas les marques
éclatantes qu’ils ont don-» nées de leur {intenté à la foubaicer inviolable. Ils ont fait bacre une Ivié- daille, fur la Face droite de laquelle on voie lept Flèches qui reprefentent les fept Provinces-Unies. EL les font liées avec un Lys^ dont trois fleurs paroiflènt audeffus. Les paroles qui font fur le lien font con- noiftre que rien ne les fçau- roic def-unir. Celles de
l
la circonférence marquent que la France & la Hollande joignent leurs Lys &
i GALANT, n
î leurs Armes. Toute la capa-
| cité du Revers de la Mé-
I daille eft occupée par une
i Infcriptionenvironnéed’u-
* ne branche d’Olivier. Cette
ïnfcriptio-n donne à entendre
que cette Paix fi agréable
à tous les Peuples eft
venue du Ciel, - Cela fe rapporte
à ce que je vous ay
déjà dit dans quelqu’une
de mes Lettres, que la Paix
vient toujours de Dieu;
que quand il en veut faire
un préfent aux Hommes, il
la fait defeendre dans le
coeur des Roys, & qu’il a
L. fRa
choiC celuy de L o ü i s le
Grand pour le porter à
en-'répandre les fruits fur
toute l’Europe. Vous pouvez
voir tout ce que je
viens de vous, expliquer
dans cettePlanche. Elle reprefente
leRevers auffi bien,
que la Face droite de la Médaille-,
6e j’ay fait graver
Fun 8c l’autre afin que vous
en puiffiez mieux comprendre
toute la beauté. Par ces
& fur lefquels le
tempsna point depouvoir^.
on peut juger de 1a venu1
aux
Hollandois, & avec
.quelle forte paffion ils défirent
la voir durable. On
ne dira point, apres le foin
qu1 ils .prennent de faire
parler les Métaux, que ces
grandes réjoüifTances qui
; onrcfté faites-en Hollande,
; font de celles que les Peu-
’ pies font quelquefois inconfidérement
en faveur
d’une nouveauté^ fans avoir
examiné s’ils ont un jufte
fojetd’cn cftiecontens, La
Paix a également charmé
tout le monde, & ou le
connoift, puis que dans b.
temps que toutes les Villes
témoignent à J’envy leux
extrême fatisfaélion par
leurs acclamations, & les
Feux de joye, ceux qui
gouvernent expriment fur
For, l’argent & le bronze,
Feftime qu'ils font de là
a daigné leur rendre. On
a eu railbn de faire entrer
dans le corps de la Médaillé
F impoffibiiiré qui fe va
trouver à def-unir la France
& la Hollande. Apparemment
elles ne fe def-uniGALANT.
iT font point d clles-mefmes, & quel Ennemy allez puif- fànt viendrait à bout de les y forcer ? Toute l’Europe liguée na pu rien contre la France , & elle pourroit encor bien moins fans les Hollandais 3 puis qu’avec tout T argent qu'ils ont fourny, les Alliez femblenr n avoir pris les Armes que pour payer des Contributions j fe faire b.atre , & perdre des Villes. Nous ne pouvons nous plaindre que la Guerre nous ait cau- fé de grands maux, puis que
16 MERCV
nos Armées ont toujours
cfté chez les Ennemis :
mais fi vous voulez voir la
peinture des avantages
qu’apporte la Paix dans
les lieux où les Troupes
avoienc accoutumé de
camper, vous la trouverez
dans les Vers que je vous
envoyé. Ils font de M’ de
Roux, dont vous avez déjà
veu d’autres Ouvrages. Il
fera difficile que celuy-cy
ne vous plaife, ayant je ne
fçay quoy de naturels de
dégagé qui eft particulier
aux Cavaliers , & qui ne
fe rencontre pas toujours
dans ce que font ceux dont
la principale occupation eft
décrire.
4
LE DEMESLE*
ET DE LA PAIX,
BELLONNE.
Orsquavecunjufte cwitoux^
Sur les fat# de Loiiis je
conduis la ï^ilioiTe^
Rivale Paix^vos fentimès jalons
tiennent troubler mes procès &
ma gloire.
Novembre. B
Au tifs desGrecs &desRomainSy
Avec moins de chagrin je fouffrois
dos outrages.
Mes armes riefloient far en defi
bonnes mains
£t je n3animois feint de fi dignes
courages*
> zffiij voue ennuyez^ donc de reflet
dans les Cieux
Avec ces bons Héros antiques*
Qtàparmy les douceurs de laTable
des Dieux
potur regaloient toujours d'un trait
de leurs Croniquesî
Ceux qu'on voit icy bar chargezfie
mes Lauriers^
S'ffencent du repos qtdoffrent vos
Oliviers.
DepuisquduxC'èbats je-frèfide*
Que j’in [pire aux Mortels une ardeur
intrépide^
4
Que je réglé par tout les interefis
des Grands*
Et que je fais des Cenquèrans*.
le nen\ay point trouve de plus in*
fatigable
Que ls A ugufle Loüis- qui fait hôte
à la Table*
Et qui par des faits immortels*
A toujours [bùtenul'honneur de mes
Autels.
Ses ordres & fin bras ont rendu ma
fttiffance
Plusfotrmdable qwe jamais.
Cependant* trop jaloufe Paix*
Fout m’empefihezjPavoir de la
reconnoiffance*
Quadpar cent Triomphes divers
de veux à fan pou voir fiûmetirg
l Univers»
'U
I
î
20
LA PAIX.
Quif a pu conquérir* peut s*en dire
le MatfireS
2daù l'Hercule Franco# fait_
borner fes travaux*
Et le Ciel l* a fait naiftre
Pour donner à la Terre un affûte
Galantes^
Inhumaine* retires^vos#»
'Laiffezflans ces Climats reÿierun
air plus doux*
tremblantes*
Les infertiles Champs y deviendront
’P’erooe rs,.1 Les Loups yferont fais tout P effroy
des Berpers*
'Les Echos qu'alarmoit l* aiprefa
des Trompettes
*
•U
*
1
! a t a
l 1^/lJL/iî^ 1 • 21
$ Rediront feulement les accords des
5 Mufet es.
j Où campoient les Soldats* là faifà iront les Troupeaux*
i Où les Tentes efioient on verra les J Hameaux.
’l CesHerba^es chéris des zèphirs&. de Flore*
J Ne feront plus foulent feront plus i fanglans*
dis ne feront trempez^ue des pleurs de l* Aurore*
Etnaiftrontà leurqrèplufeursfois tous les ans.
Le Laboureur dans fes Herbes naiffantes*
♦
'J
♦ **
•U
I
* I
$
XI
.7
♦
*4
« \
>< >
■ i V'erra fans plua trembler l'efpoir J de fon Grenier}
Fon a jufqu’icy -moiffonnê U
3 Laurier
$Le Soleil meùrira des moijjbns a^ J boudantes*
«
JLe tumulte & fieffroy fi verrou
abbattM*
Z es innocentes Dclices,
Et les tranquilles Ferais,
Chaflfer ont pour toujours les Seutà
& les Fîtes*
Et les Hommes pourront encor
Gonfler les vraie plaifirsquedonnoif
l9k<^e d'or.
Yssxixsfditfin bonheur daccroifire
E'abondance*-
■ Tf abolir les abonde vanner l'innocence3
E)e voir fleurir flotte luy les Mufles
g? les Arts*
Il eflmonApollon comeil eflvoflre
Mars.
£e repos des Humains eft tout ce
quildeflre, :
Voila rheureuflefin de fis travaux ;
divers-,
retire^-votn > ilpoffede un
Empire
<* **,,r f'
\ Qu* ’vdttt mieux que tout
<•
Al
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r
S
*
•
* * I
vt
X
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mvers.
Si on voit régner la tranquillité dans nos Campagnes j la juftice régné dans tnos Villes. C’eft avec un Jpouvoir fi fouverain, que • quoy quelle y en ait eu j beaucoup de tout temps, |il femble qu elle n’ait ja- |mais efté u floriflante que ffous l1 Empire du Fils de | Louis le Juste. Le Code Iquc ce GrandMonarque a |jfait faire depuis pluüeurs
I
. '-5
v
A
.24 |
ans pour (bulager (es Sun jets,eneft une marque in- conteftable. Tous les Ma*
4
giftrats s’efforcent à l’envy de féconder les bonnes intentions
de Sa Majefté fur l’équité qui doit eftre la réglé de leurs fentimenspour toute forte de Parties-, & M1 le Lieutenant Civil Gi~
rardin, fit le mois paffé une action de Juftice fi éclatante, qu’on aura fujet de s’en fouvenir long-temps. Ce fut dans une Affaire ou
MrHebert, l’un des plus fameux Banquiers de Paris, eftoit
•2 »
•
Comme
s galant jeftoit opprimé. Icette adion a efté fçeuëde ^beaucoup de monde,U n’y a point à douter qu’elle ne iretienne dans le devoir ceux qui par animofité ou par intereft, ne font pas . quelquefois forupule de âpaflèr pardeffiis la formalite des Procedures. Je ne jvous explique point l’Af- i faire dont il s’agifloit. Les •| termes d’Exploit, de man- 5 que de Contrôle, & d’au- 1 très femblables, ne font | point divertiflans pour les j Dames-, & comme par cet 1 Novembre* C
K
4 **
<<
2 6 r/1 il K Ui v K E Article je ne cherche qui vous faire voir combien, M Girardin s’eft rendu diJ [ gne de l’eftime .qu’il s’eft acquife, il me luffit de vous avoir marqué ce qui le reJ garde.
Je finis ma derniere Lettre avec tant de précipitation , que je ne pûs vous parler du retour de Madame la Comteflè de Soifions.
Elle eftreycnuë de Savoye, &: a efté très-favorablement receuë de Leurs Ma-
jeftez. Les honneurs qu’on luy a rcudus5& les divertif-
h
f GALANT 27 Ifèmens qu’on a eu foin de | luy procurer à Turin, l’y | ont arre liée plus longtemps | quelle n’avoir crû y devoir | relier. Je ne vous dis rien | de la poîitefife de cette | Cour. Elle a des charmes f qui ne la laiflent jamais I
A3
✓ A A ri
quitter fans regret, G ce n eft pour venir en celle de France. Ainfi il vous ell 4 aile de juger que Madame 1 laComteflè de Solfions n’a J" pûquy faire un fort agréa- ble féjour, (oit pour le rang || qu’elle y tient, foit pour J lefprit, la beauté,lagalan- 1 C ij
Tl
.♦ -lîl
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1
a Z ï fi JM << 2 X * <'*< l ’
2/0 X i 'KvJ V J-wl ï ' •:
terie & la magnificence quig s’y trouvent avec d autant^ plus d’éclat j que Madame • I Royale qui en eft l’ameflfl n’oublie rien, de ce qnf;fl peut les y maintenir. Quoyg qu’il y ait des Païs'où toufl'fl tes ces choies (ont nacu-ffl relies, il eft certain que h< plupart des Cours ne fonc^ que ce que les fondes Sou-W verains. Pour vous faire x connoiftre combien celle fl
l • dont je vous parle eft rna^fl! gnifique, il ne faut que fl vous aprcndrc le Jeu qu’on|fl y a jolié, & les fommesfl
• » 4
. /r ;
& T * U
29 qu'on y a perdues. Madame de Solfions en a efté quite pour huit cens Pii- tôles 3 mais il en a coutté près de cinq mille à Mr le Marouis de Panellc & a Madame fa Femme; deux mille à Mr le Comte de S.Maurice, & douze cens à Mr le Marquis de Chaftil- lon, fans compter d’autres fommes confidérables que prefque tous ceux de cette Cour ont perdues. M'; le Prince Philippes, outre vingt Chevaux àr plufieurs riches Etoffes pour faire
C iij
:
y5*0,-. 1fxV/ >l SC. i JX /\ ,.1 x¥ 1V. i>'4l
des Ameublemens , a emporté
plus de quinze cens
Piftoles en France. Joignez
à cela les genéreufes
remifes que ce jeune Prince
a faites derres-pOrolfës loinnies
qu’il n’a point voulu,
qu’on luy ait payées. Mrle
Chevalier Doria n’a pas
moins gagné que luy. Un
peu avant le Départ de
Madame la Comtêfle de
« .
$
1
Soldons > Madame Royale
luy envoya un riche Bracelet
de Dia* mans, eftimé
trois mille Piftoles. Il luy
fut apporté par Madame
■la Comtefie de S.Maurice,
à laquelle cette Pdîiceflb
Jdonna un fort beau Dia-
’niant pour marque de fon
*Ellc fit aulïi prefenr à tous
les Gentilshommes, Officiers
6c Domeftiques dâ
iMc le Prince de Caris-nam
Æ 6c i1l ns’ y eut aucun d_ eOs Va-® if J
î Irfc r*ît rsï.prl X' rl/'c r3r>rtc c*<4r
*
/
que M1 le Prince Philippe^ [ & Mr l’Abbéde Savoye, & | partit le lendemain. Leurs ê Altefles Royales 3 & toute leur Cour, l’accompagne- J rent julqua un mille de f Turin 5 & ce ne fut pas i fans regret que Madame < Royale s en fëpara, les ■ belles ôc grandes qualitez de ces deux Princefles leur ayant fait naiftre beaucoup d’eltime l’une pour l’autre. D. Gabriel de Sa- voye la vint conduire jul- qu à S. Ambroife^ avec les Carroffes de Leurs Akefles
'i iï
1/
GALANT. 33 Royales j M1 le Prince de Carignan jufqu’à la Non- valeze?.ôcM' le Prince Jules fonFils j ufquà Chamberry, Je ne fçay û KL TAbbe de Savoyeque je viens de vous nommer, vous fera connu, C'eltceluy qu’on appelloit toujours M1 le Chevalier de
Carignan. Il prit ce nom d’Abbé de Savoye en fe faifant tonfurer quelques jours avant qu ilpartift de cette Cour. Comme il a
fait voir par là qu’ilfe deC tinoit à l’Eglife , S. A. R. luy doit donner les* meiL
T? F T* T?
5 Z|.i X As-'* À^ V, J V feurs Bénéfices de Ion Etat, lors qu'ils vaqueront.
Vous vous Souviendrez {ans doute de ce que je vous dis il y a quelque temps dune Nourrice, qui ayant cfté retenue par' Madame laDuchefTedeLefdi- guieres, en mourut de joye. Si elle euft eu une fécondé vie, elle Fauroit infailliblement perdue en la voyant depuis peu accouchée heu- reufement d1 un Garçon, dette agréable nouvelle ne fur pas plûroft répandue dans l’Hoftel de Leldiguie-
UriLftH i *
ucS; que cous les Domefti- ques forcirent dans la Rue jcn danfanc, & rendirent jkout ie Quartier témoin de lleurjoyeen ta failanr écla- ; ter au ion de plufieurs In- ffrumens. Ces marques de I réjoüiffance durèrent toute Ila nuit. Le lendemain il y eut un Feu d’artifice dans * les formes avec des figures. Ces témoignages d’unzele affectionné dans des Do- meftiqu.es> furent recom- penfez par une fom me con- fidérable que M? le Duc de I Lefdiguieres prit foin de J
TvWP fVB 17 f
11 Xa-J H V £
leur faire diftribuer. J
On fe réjouit de la naif. I.
lance de beaucoup d’En~4
A JL
fans ■> cependant ils ne naifl t fent que pour mourir, tel les plus heureux apres avoir joiiy quelque temps, ou des honneurs, ou de la réputa- j tion qu’acquiert le mérite, [ font obligez de quitter la j place. Celle de M1 du B ou- * lay qui eft mort le i6.de Fau- J trcMoisne fera pasaifée à J remplir. E ' Univerfité de j Paris a perdu en luy fon ancien Doéteur, fon Greffier,. fon Hiftoriographe, 6c (
f
K
s
».
i.
à
A $ y
T?
G ALAIN i ■ 37 un de fes plus Illuftres Pro- felfeurs en éloquence,qu’il aenfeignéeforc longtemps avec beaucoup d’applau- diffemenr , & de luccés^ dans le College de Navarre. Ce fçavantHomme a maintenu la gloire de ce grand Corps, & défendu lès interdis en toutes rencontres,
par fes confeils,par fes foins infatigables, & par un grand nombre de doétes Ecrits, mais principalement par le travail im- mcnfede fix gros Volumes In fol. de fon Hiftoire qu’il
MERCVRE j
a donnée au Public. Com-1
me toutes les Perfonnes
d’un mérite extraordinaire
ne manquent jamais d’Envieux}
quelques Particuliers
tâchèrent d’abord de
troubler ce bel Ouvrage, &
voulurent en empelcherla^
continuation ; mais tous^
leurs efforts furent inutiles,
& apres que les Corn miliaires
nommez par Sa Majeffé
eurent examiné fon deflein
«
le pouriuivre, comme estant
à la gloire de l'Etat, à
davantage de rUniverfité,
& trcs-udlc au Public.
La mefme Univerfité
vient auffi de perdre M le Noir SL de Maulou , Directeur du College de Boif- fy j fondé par M‘ Charrier. Le nom de ce dernier eft il connu dans Paris,qu’il n'eft pas beioin d’en rien dire. Mr le Noir donc je vous apprcnsla mort, eftoit un Homme d'une pieté fingu- liere, fcavant & fort cru
3 ï
rieux. Il a laifïc une très-
4° cv
belle Biblioteque. On a
commencé de la mettre en
vente il y a déjà quelques
jours.Pour ce qui regarde fa
naiffance,il eftoit Fils d’un
Controlleur General de la
Maifon de la Rcyne Marguerite
7 qui defcendoit
d’un Thomas de Rochefort
5 Chancelier de Monfieur
le Duc d’Anjou, depuis
Roy de France fous le
région du College de Boiffy
luy eftoit tombée par
Vaillance de fa Maifon avec
celle des Chartiers.
pas plus exempts que les
autres Hommes de la fâicheufe
neceffitéde mourir.
Je vous parlay l’autre Mois
de la perte que nous avions
faite de M? Braver - ML
Efprit l’a fuivy. Il eftoit
Premier Médecin de Monfieur
j & avoir acquis dans
Æa Profeflion toutes les lu-
|mieresqu’une longue étude
une gC* rande ex1périence
j peuvent donner. NfLizoe
jjluyaiùccedé dans la Char-
|ge de Premier Médecin de
iMonCcur. Il l’eftoit aupa-
| Novembre.. D
•S -
►
s
?
42 Mü^LiVz&8 |
ravant de Madame, &luy[ avoir eftc donné par MaJ dame la Princeflè Palatine quil avoit fuivie en plu/ fieurs Voyages. Comme cette grande Princefle a une parfaite connoiflance de toutes choies, l’eftime ï quelle fait de luy eft une marque aflurée de fon me-/ rite. IleftFreredeM Lizot depuis peu Curé de Saint/ Sevcrin, il coniidcré d’une/
I. grande Princefle, & de tous fes Paroiflicjas, Mr le Bel/ Médecin fort eftimé d’un/
> çrand nombre de Perfoa- s
5 ' •
l:;: '
I
AAAAiMT. 4^ nés de la première Qualité', ôr qui ne l’eft pas moins- dans Ton Corps & dans la Ville , a efté chbify pour remplir la place de Premier Médecin de Madame. 11 a ^infiniment de 1'efprit, mais de cet efp.rit aifé & infi-
X nuant, &quoy qu’il fefoic rendu tres-habile dans la
1
1
Profeffion quil a embraft fée, il peut parler de toute autre chofe, & fe faire toujours écouter avec plaifir.
C’eft dan| la penfée de vous en procurer un très- grand 3 que je vous fais pars D ii
44
d une nouvel le Chahfbn de
M1 Goiier. Elle eft à qua^
tre Parties.' Je ne voüsr en
envoyé pas fouvent de femblà''
bles. L" ’harmonie eftoit
autrefois le7 rerhede dont
on fe fervoit le plus pour la
guérifon des Malades 3 6c
ainfi je croy vous pouvoir
parler de Mufique apres
vous avoir parlé de Medecins.
j
Irn'ftylis
. le teint d*
Z'Hyvera fait mourir les Refis
& les Lys >
5
J ...
us fait voir -le Prin- temps J ?
1 • ... .. ■ ■ > 3
le Prin- temps dans-’"' tou-Ht-
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fons. • 4 Iris,
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ns,la feule Iris, cét objet que fa- dote,Malgré la neige la nei-
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feule Iris, cét objet que j’a- dote, Malgré la neige la nei-.
Nous fait voir le Prin- temps dans tou
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2e & les
cous,Nous fait voir
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les Laitons.
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' Nous fait voit Prin- temps les faifbns*
£ le Prin temps dans
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A’ les (iifons. Iris, la feule Iris,
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Nous fait voir le
que Nous, raie
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■jkztemps,
Nous fait voir le Prin.
4
Nous fait voir le Prin .
'Jousfaic voir le Priala
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feule fris s
G' O U ET,
' C A.'£-T'-%Æ '^ ?-
Q^el&-'Z£phL^^'-Pli&r-ff - -- ~ Tous les-ans font éclwe.
Iris, la feule/ris eet.Objet^u^
■ .3 ; . ;'s/ • '/ Z<..«■•... "*'.. *- ••'—
1 adsre* * ? ■ '.' ■ - - -
Malgré la neige & les glaçons, 2/ous fait voir le^rintemfs'dans : tentes les. Saifonsi :': --'t.
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Ces Printanières Iris font bien dangereules pour ceux qui ont le coeur ti-op ' fenfible.L’avanrure que je voioeya^contçr en eft une preuve. Je ne-changé rien dans les circonftances ? & dcs/Témoinstres-dâgnes de foy vous en cerûfiëront la vérité. ■
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46 MERÇVRE, ; Normandie, n’ayant qu’un Fils qu’il devoir lanTcr heritier de cinquante mille ; livres de rente , mcttoitf' tous fes foins à le rendre '
au ffi honn e fte H o m m e qu’il eftoit né heureux duj. cofté de la Fortune. ■ Ici
« Cavalier avoit toujours eu < de tres-favorablcs difpofi- ; tiens à devenir ce que Ion Pere fouhaitoit quil fuft. < Ileftoit bien fait, avoit de : l’eiprit, difoit les chofcs d’une maniéré fine & aiféc, & il ne luy manquoit qu’un certain air qu’on ne
GALANT- 47 fçauroit acquérir dans les Provinces^ & que la pratique du monde ne manque point de donner. Il vient à Paris y y trouve des Amis., en fait de nouveaux -, Sc comme c’eft particulièrement auprès du beau Sexe que les jeunes Gens fe poliment j il cherche accès chez les Dames dont le
mérité fait bruit. Soubien^ fa naiflance , & Page de vingt-deux ans , qui doit eftre compté pour un grand charme, luy facilitent l’entrée par tout où il demande
s
48 MERCVRE à eftre reçeu. On le voit avec plajfir. Les Meres qui ont des Filles à marier le ibuhaitent. C’eft à qui l’aura. On le carefle de touscoftez. Son bonheur le charme. S’il parle, il eft apptaudy. Ses douceurs font agréablement écoutées, & il ny a point de Belle qui par fes comptai- fances ne tâche de s’en attirer
un redoublement de foins. lien donne de particuliers à une jeune Per- fonne qui ayant encor plus defprit que de beauté^ n oublie
n oublie rien pour en faire
autre chofe que fon Amant.
L’avantage quelle rencontre
dans ce party. la met
au deffus de certains (crapules
qui l’ar relie roient
pour tout autre. Les trop
exactes formalitcz luy peuvent
élire nuifibks. Elle
Iparle pour luy donner lieu
Ide s’expliquer, &: fait pour
leela toutes les avances que
da retenue de fon Sexe luy
peut foufrir, Le Cavalier
trouve.de l’agrément dans
ion humeur. Sa ecm variation
luy plaift 5 & ce qu’il
J E
luy dit de flateur, luy laifle efperer ce quelle fouhaite. Cependant comme il n’elb pas moins bien reçeu ailleurs que chez elle, tout ce qu’il luy fait paroiftre d!o-; bligeanr n eft qu’un commencement d’amour qui n’a point de fuite. Ce qu’il voit eft toujours ce qui- l’occupe le plus. Tout luyg plaift, & pour trouver trop à s’attacher, il demeure/ ■ fans aucun attachement/-; Cette fpirituelle Prëten-. dante eft obligée de s’éloi-f guer de Paris. Des affaires^
GALANT,
dndifpenfablcs appellent là
Mere à la-Campagne. Rien
jic la peut difpcnlèr d’cftre
du Voyage , elle eft forcée
de partir fans autre affurance
d’eftre aimée que
celle que luy donne la confiance
qu elle prend en ce
qu’elle vaut. Grand chagrin
de ce qu’on ne s’oppofc
point àfon départ. Il
ne faudroic pour cela qu’une
déclaration en forme,,
mais on ne fe hafte point
de la faire, Sc elle n’obtient
MFÎÏ fVP F mais à celles qui ont un pende mérité. Le Cavalier luy écrit trois ou quatre fois, & luy fait croire qu’il s’apperçoit fort de fon ab- fencc, tandis quils’en con- folc agréablement avec d’autres Belles. Ce com-, mercc cefle par un embarras de coeur qui l’occupe enfin rout entier. On le mene chez .une Fille de qualité que fon Pere, retenu dans une Ville frontière
par un Employ tres- confidérable, avoir mife fous la conduite d’une
Grand’ Mere, Elle faifoit
! bruit, &par fa beauté, Se
par l ’enjoüenient
.humeur, qui luy-attiroit
force Protcftans.
de fon
Le Ca-
valier eft charmé de l’une & de l’autre. Il trouve plus qu’on ne luy a dit. Il regarde , il admire , & cette admiration luy donne une ftupidité impréveuë dont il ne peut -fe tirer. Il veut montrer de l’efprit par ce qu’il veut plaire, mais il a beau vouloir dire d’agrea- bies chofes. Il n’achevé rien de ce qu’il commence,
E iij
5*4 MERCVRE & fon embarras eft fi fort3 quil cherche inutilement r à le cacher. La Belle s’applaudit de cedefordrc. Le Cavalier eftoit en réputa- ï tion d’avoir de l’efprit * & comme fes yeux luy par. ! loient 5 elle avoir allez pris l’habitude de ce langages pour entendre ce qu’ilsj- s’empreftoient de luy expliquer. Ainfî il n’y eut jamais rien de plus élo- | quent pour elle que la ftu- j pidité qu’il fe reprochoit- ; & les paroles les mieux choifies ne luy auroient pas
4
tant plû. que le trouble ? dont il croyoit avoir à rou- f gir. Elle avoir du bien* dînais non pas allez pour ne 1 fe pas faire une fortune | considérable des cinquante 1 mille livres de rente du Ca- | valier, Il revient le lende- g main apres avoir pâlie là J nuit dans des agitations | qui luy font connoiftre | qu’il a de l’amour. Il en | trouve la Belle fi digne I
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qu’il ne fçauroit plus partager fes foins. On le reçoit avec joye. L’accueil qu’on luy fait le rend moins ti- E iiij
mide. B parle , & fait entendre en termes gala ns qu’il eft des occafions de iurprife où il ne doit pas eftre honteux de manquer d’efprir. On feint de ne pas comprendre ce qu’il veut dire, afin qu’il s’explique plus clairement. 11 le fait, & pendant cinq ou fis jours de vifitcs afliduës, les affaires de coeur font toujours un article privilégié qui foûtient la converh- rion. Comme il ne parle point encor d’épouler, on affedte un peu de froideur,
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mais de celle qui engage plus qu’elle ne rebute. On n’efe pas' toujours vifible. On feint des affaires qui obligent de for tir. Le Cavalier fe plaint de ce qu’il en foutre. On revient plu- toit par complaiiance pour luy 3 & enfin fans fe déclarer j on luy laiffe deviner qu’on l’aime. Il en montre une joye dont rien ne peut approcher. La Belle fe fâche de ce qu’il veut trop pénétrer dans fes tenante ns. Les nouvelles pro- teftations quil luy fait lia-
M E P- CVRE paifent- & quand elle croit ravoir rendu afïèz amoureux
pour ne devoir plus ? craindre qu’il luy échape3 J elle luy fait voir ce que de ; plus longues affiduitez ont [ d’incompatible avec ce quelle doit alabienfeance du monde, & à fa propre j vertu. Le Cavalier ne ba- j lance point à la relever de fes fcrupules. Il parle de Sacrement 5. demande feulement le temps de Par- rivée d’un Parent qui doit venir de jour en jour à Paris ? & qui gouvernant ab-
Pere, en obtiendra pour
fon Mariage le confenxe-
nient dont il a beïbin»
C’eftoit le feul party quil avoit à prendre dans Tem- preflfement de fa paflïon. En effet il eftoit trop riche pour pouvoir eiperer dfe£- tre heureux par une autre voyes mefme auprès.da celles qui ont le plus de panchant à s’humaniler. Les faveurs fe refervent
ordinairement pour ceux qui ne font eonfidérabres que par leur mérite. Conv
«
trouvent pas toujours rigoureules,
& cet avantage ,
les récompenle quelque- î
fois de Linjaftice que la:
Fortune leur fait. Le Cavaheures
du jour. C’eft parla
qu’il commence d’ellre
malheureux. Il aime avec '
une fi violente paffion, j
qu’il vondroit que faMaiftrefle
fill tout fon bonheur j
de le voir, comme il fait . 3 It
5-
4 .
61
tout le fieu du plaifir de
l’entretenir; mais l’humeur
de cette belle Perfonne qui
fe fait de la joye de tout, la
laifle incapable de refufer
aucune forte de divertîilèment.
Elle eftfeûredefa
conquefte, & quelque e£
rime qu ’elle air pour le
Cavalier , comme l’amour
a eu moins de part à rengagement
qu’elle a tâché
de luy faire prendre, que la
conhdération de fa fortune,
elle ne peut fe con-
14
fonce. Ainfi elle reçoit vu
fite à fon ordinaire, foufie
qu’on luy conte des douceurs
, le montre enjouée
avec tout le monde, 6e agit
d’une maniéré fi libre., que
ceux qui lavoyent ne peuvent
deviner quelle ait un
Amant choify. Le Cavalier
s’en chagrine. Il croit nef
'Xre point aimé 5 mais il eft
trop pris pour eftre en pouvoir
de rompre les chaînes.
Il diftimule 3 & jaloux de
l’enjouement de fa Maift
trefle qui cherche par tout
à fe divertir/ans fe mettre
pris , Ôc dans ce cruel embarras
il foufre tout ce
quune jaloufie de gloire
& d’amour peur faire foufrir.
Le fuplice eft rude, & ■
il fe bazarde enfin à s’en
expliquer. La Belle qui
croit que c’eft un premier
pas de maiftrifè qu'il eft
dangereux de luy laifler
faire, reçoit fes plaintes
fort fièrement. Il juge de
£i fierté félon les fentimens
de cha •grin dont il eft déjà
prévenu, & entre tout-àcoup
dans un fi grand faifinement
de douleur, qu’il
perd en mefme temps &la
connoiflance & la parole.
On le faigne. Il revient à
luy, & tombe prefque aufiiroft
dans des convulfions
courir au Médecin. Il trouve
cet accident dangereux,
O J &dit qu’on ne le peut transporter
chez luy fans le bazarder.
Comme on avoic
interefi à le conferver, on
fe réfout à luy donner une
1
GALANT.
Chambre dans cette Mai- fon. Cet obligeant cémoi- -crnap-e de bonté luy fait s o •
fouhaiter de vivre. Cependant on tache de tenir la ichofe i-ecrete. La médi- Jfance eft prompte à parler, on eft bien aile de ne îluypas donner lieu de faire ^des contes. Le Cavalier i
Rappelle les Gens, leur don- •Jne ordre de dire au Maiftrc -|de fon Auberge qu’une IPartie de plaifir le doit ar- relier à la Campagne pen- ■ ^dant quelques jours, &-les 1 fait loger dans un quartier: J N.'jyembre> F'
éloigné y en attendant I
temps de fa guérifon. La
Belle dont L imprudence
avoir caufé ce malheur,
ouvre les.yeuxfur les avantages
qu elle a penfé perdre
; & la maladie de fon
Amant luy eft une fi forte
preuve de fon amour, quelle
en eft touchée, & en
prend pour luy tout de
bon. Ce font des foins
continuels pour le foula»
ger. Ils font plus pour luy
que tous les remedes, & il
femble que fo fièvre foit
oL bligée de ceder, à l’envie
GÆ.AMT. p ■quon a de le voir guéry. Tandis quen y travaille de tout fon- pouvoir, la jeune & fpiricuelle Perlonne dont j je vous ay parlé revient à J Paris. Le filence que le ■ Cavalier «rardoit avec elle e>
; depuis quelque temps, luy iavoir fait halte r fon retour., iElle envoyé aulïito11 à fon Auberge, & (ùrprife qu’on frie luy puiffe dire où il eft Jallé^elle employé toute jforte dCdreffe pour le découvrir. On luy dit quil avoir rendu desvifites allez hffiduës a la Belle qu’il ai- ? T"1 * *
1 " y
1 i
3
moit, fans qu'on puifte luy
apprendre aucune particularité
de cet amour. Elle
met des Efpions en campagne.
On va dans cette
Maifon j & comme les Domeftiques
aiment à parler,
ils font, entendre par quelques
paroles inconfidénées
qui leur echapent,. que le
Cavalier y eft enfermé, &
qu’il n’en fort uoint. Grand
dclefpoir de laDemoifelle.
Elle fait confidence de ce
q u elle a fçeu à un Adorateur
de fa Rivale, qui
ayant appris la mefnie choI
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nH 1. • 69
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fe fans qu’on luy euftrien dit delà maladie du Cavalier, adjoûte, foie qu’il le crull, toit qu’il l’inventaft par jaloufie, que les cinquante mille livres de rente avoient ébloüy l’aimable Pcrlonne dont ils fe plai- gnoient tous deux -, que fur le prétexte de quelques vi- fites trop affiduës du Cavalier, on l’avoit arrefté chez elle, pour la luy faire époufer de force; ôc que quatre Hommes armez l’y gardoient à veuë jufqu’à ce qu’il fe fut rélolu à. ce
qu’on vouloir de luy. Le conte eft reçeu, parce qu’il flateTAmante jaloufe. Elle fe veut croire toujours aimée, ôc que la feule prifon du Cavalier l’empefche de luy donner des marques de’ fa tendrefle. Dans cette penfée,. elle fonge à luy procurer fa liberté. Je vous ay parlé d’un Parent qu- attendoit le Cavalier. Elle découvre qu’il eft à Paris, & qu’il s’informe par tout de ce que peut eftre devenu celuy dont elle croit encor poffeder le coeur, C’eflok
9
GALANT- 7i- I* un Homme fage & d’autorité, & qui exerçoit depuis plufieurs ans une des prc- 1 mitres Charges de la Pro- Ivince. Elle luy écrit, luy | marque le lieu ou il trou - | vera le Cavalier dont il eft | en peine, exagere la violence qu’on luy fait pour j l’obliger à un Mariage qui |ne luy plaift pas, l’afTure | qu’il eft gardé jour 8c nuit j à veuë, abaifle le mérité de i la Demoifelle quon veut | qu’il époufe, & luy fait un point-d’honneur de repouf- 311er hautemét l’injure qu’un
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/ 2z l£ <U,J _£X. \AJ y 3. < X/4 fi lâche procède fait à fi Famille. Quoy que Ion Billet rafle impreffion, ce fage Parent ne va pas fivifte. Il trouve de la vrayiembiance Z
a la choie. Le Cavalier eft fort riche. On n’eft pas toujours prudent à fon âge. Il ne paroift point. On luy aura tendu quelque piege, ôc d’un Amant qui a peut- eftre fait quelques protef- rations un peu trop fortes, on peur en vouloir faire un Mary. Tour cela luy pa- roift allez croyable , mais on eft quelquefois furpris dans
4
^jdans des choies qui lem- ^blent encor plus aflùrées- comme la Demoifelle qu’on luy nomme eft de " qualité, il croit qu’il ne , peut agir avec trop de cir- |confpeftion dans une af- 1 faire de cette importance, *11 s’adreiïè au Magiftrat5 luy montre le Billet quil ^areçeu? luy demande du jfecours en cas de befoin. ij *
J fe fait accompagner de quelques Gens de Juftices 6c les ayant laiffez aux environs avec ordre de ne poinr avancer s’il ne les Novembre. G
74 MERCVRE appelle, il va où eft fon Parent, & prie qu’il puifle entretenir la MaiftrefTe de la Maifon. On le fait monter. Sa Robe de Magiftra. ture ( car comme je vous aÿ dc'ja dit,il avoit une des premières Charges de fa/ Province, ) fa fuite & fon équipage,font des marques ' du rang qu’il tient. Il| entreoù eft la Grand’Mere, voit la Belle qui luy tenoit compagnie, & fe perfuade d’autant plus qu’on luy a j dit vray, qu’il la trouve | luy-mefme toute aimable. J
’ F l:
Apres les premiers compli- mens de civilité , il parle de fon Parent, dit quon en eft en peine dans fa Fa- miille, & que n’en ayant i pii apprendre aucunes nou- Ivelles depuis fix jours qu iï }eft à Paris 3 il leur en vient îdemander fur ce qu’il a llçcu quelles luy failoient Iquelquefbis la grâce de le 1 recevoir. On luy répond | en termes qui ne luy don J j nen t aucun éclaircifle J paient; & comme on veut jjlcavoir à qui on parle, ora 1 tourne fi bien les choies,
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«1
3
76 MERCVRE qu’on lengage à fe nommer. A peine sert il Eût connoiftre pour celuy que le Cavalier accendoir5qu on luy marque une extrême joye. Il en eft furpris. Mais il l’eft beaucoup davantage, quand la Grand’Mere, fans s’expliquer avec luy, le prend par la main, &: le prie de vouloir bien fe laif 1er conduire. Elle luy fait trayerfcr un fort grand Apartemenr5 & le mène dans une Chambre pro- primais reculée, où il trouve.le Cavalier au lit, gardé
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| gé de cacher qu’ il y fuit
& Ta-
GALANT- 77 feulement par les charmes de la Belle, & par un relie de fièvre qui laiffoit encor fur fon vifage les marques de l’extrcmiré ou fa maladie f avoir réduit, Ju- vez de l’étonnement où il fut de trouver les chofes fi éloignées de ce quon luy avoir voulu faire croire. Le Cavalier luy conta tout ce qui luy eftoit arrivé, les foins qu’on avoit eûs de luy dans cette Maifon, les | railons qui avoient obîi-
i demeuré malade , G uj
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mour paffionné qu’il avoir pour la belle Perfonne en faveui* de laquelle il le conjuroit d’obtenir le conientement de fon Pere. Les Daines trouvèrent à propos de Te retirer , afin qu’il puft s’expliquer plus librement, & que la fran- chife de leur procédé aidaft à faire connoiftre qu’on l’avoit toujours laiffemaif tre de fes fentimens. Son Parent touché de ce qu’il luydit, ôc convaincu d’ailleurs par fes yeux des charmes de fa Maiftreffe, ne
GALANT. 75
pût faire cas d’un peu du
ncgalité de bien , donc le
^davantage eftoit réparé
par beaucoup de naiffance
& démérité. Ainfi il n’eut
pas de peine à luy promettre
d’employer tout ce qu’il
avoir de crédit auprès de
fon Pcre. Il Ta fait avec
tant de fuccés3 que le Mariage
Te doit achever au
premier jour. La Belle en
reçoit les complimens de
tous coftez au grand dépi
aifir de là Rivale, qui en
cherchant à luy nuire 5 a
avancé fon bonheur.
Toute la Maifon de Monfieur,
ou plûtoft toute" la
France , s en fait un trèsgrand
de l’entiere guérifon
de Monïïeur le Duc de
Chartres 3 Fils unique de
Son AltefTe Royale. Vous
fçavez qu’il fut malade à
l'extrémité fùr ta fin du dernier
.mois. Elle fut telk3.
quon répandit par tout le
bruit de ta mort. Monfieur
«Br Madame en furent inconfolables.
La crainte de
perdre ce petit Prince les ;
accabla de douleur. Toute
la Cour y prit part-, & des
GALANT. 81 queLeurs Majeftez eurent appris ceue fâcheufe |nou- velle, Elles partirent de Verlaillespour ferendre au Palais Royal. 11 eft certain que û un fijufte iujet d’affliction euft laifle Leurs AI-
te fie s Royales capables de recevoir quelque foulage- ment dans leur déplaifir9 rcmpreflèment du Roy à les venir confoler ?. & la ten- dreflè qu’il leur témoigna? auroient beaucoup contribué à l’adoucir mais il ne
diminua que par l’heureux effet des Rcmedes. Vous
pouvez croire quon ne,
pargna rien pour les faire
agir avec fnccés. Les deux
Premiers Médecins dont
je vous ay déjà parlé* mirent
en ulage tout ce que
l’expérience leur avoit appris.
Les Pères Capucins
du Louvre furent appeliez*
&la vie dont on avoir con>
Vous fçavez le bruit quils font dans le monde, ôc le grand nombre de Malades qu’ils ont guéris. Des fuc- cés ü avantageux leur acquièrent beaucoup de gloire y mais ils les expofènt en niefme temps à l’injurieufe ccnfure des Jaloux. Il eft impoffible de n’en point avoir quand on eft d’un me-
A
rite extraordinaire. Ceux que blefle la haute réputation de ces charitables Pères
jveulent croire qu’il ne doit mourir perfbnne qui fe {oit fervy de leurs Reme-
ot -
1^1 3. < V X XvJ -
des; & fi de cent il en eft
un ieul que la violence du
mal emporte , ils en rejettent
la faute fur eux, com- ;
me s’ils eftoient dans l’obligation
de rendre inimon
O tels ceux qu’ils entreprennent
de traiter. Ils font
courir des bruits lourds qui
les décrient. Ces bruits fe
penfee de ne rien dire que
de vray. Ils répètent ce
qu’ils ont entendu, dire,
jcliofe apres eux-
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J D’autres font la mcfme
; ôc comme la vérité mefme s’a Itéré en paflant d’une bouche dans une autre, ils rencheriflenr furies raports qui leur ont efté faits, Les crédules fè iaiflent perfuader,êctrompent ceux qui les écoutent, parce que croyant ce qu’ils difent, iis l’aflùre-nt de bonne-foy. On ne fonge point à chercher lesverita- JL blés Auteurs de ces bruits, pour s’éclaircir avec eux. ils fe perdent dans la foule. On ne les connoitplus. Ils
*
«
* »i :4 j
écoutent ce que les autres leur racontent, comme s’ils neTavoicntpas inventé, & joüifTent de leur malice en feignant de n’avoir aucun intereft à la foûtenir. Voila
ce qui arrive ordinairement dans une auffi grande Ville que Paris, ou la confufion des Peuples empefche ai- fe'ment que la vérité de beaucoup de chofes nefoit connue-, & c’eft ce qui eft arrivé apres la mort de M1 Car patry a 1 ’ égard des Peres Capucins du Louvre. Ils ont foufert ce qui a efté dit
GALANT. 87 ^ontr'eux avec toute l’humilité que doivent avoir des Personnes de leur robe Sc de leur caraétere $ & ils gardcroient encor le filen- ce, fi une Lettre d’unEvef que de leurs Amis ne les avoit forcez de le rompre. Ce Prélat leur marque, ne peut avoir autant d'esliwc & de confédération qu'il en a pour eux ^fans les plaindre des excefféues fatigues que leur doit caufèr le fdn continuel quils ont des Malades 5 iQÿfl eft cepen- : dant[urpris d'apprendre les
J
oo 1V1 _Üj IX. Xj V iVÎ-J Injuftices qui leur fini faites-, gfilfait que leurs Cnvieux publient que ce n eftpas a des Capucins d'exercer la <SMc. decine j £)fil voudrait quun euftfait fa<votr à ces fadcwx inconfidére\ que cet emphy eft de droit Eccleftadtique. gÿ quil n appartient qu'aux Preftres d'en faire la fn- Etion^par le motif 'de charité qui les anime fans en eftem d'autre recomperfe que celle de plaire à Dieu en foulage ant le Prochain; Jftpe c efi pour cela que tous les E^ceft quesportent un Saphir dans
T' ?- W" Ci
leur Anneau Paftoral, pour
les faire fawvenir qu'ils doi*
<vent -ajp-dler les Petâiferez#
$ les guérir par la vertu
que la Nature a renfermée
dans cette "Pierre prétteufe-s
l *'
il vient de faa^oir quon
æ fait courir-des bruits defawantageux
contre leurs Kê’-
■w.edes à Voccafon de Md Carpàttyq
& de U maladie de
Monfieurle Ducde Chartress
ne doutant point que vous
ne vous fafliez un plaifir
d’apprendre la vérité de ce
qui a fait depuis peu Ventretien
de Paris & des Provinces.
DES PERES CAPUCINS
DU LO UVRE,
A la Lettre de M, Evefque de *
MONSEIGNEUR,
Tout le monde veut
GALANT. 91 i tout le monde ne le vêtit pas î par le mefme motif*. îlyen a j qui font la recherche de ce ! qtiils ignorent^ par le fetd î defir defâavoir la véritéy ce font des Ecrits bienfaits. j D'antres le font pour s*en j divertir * ce font des Gens
■J °yfîfi ne cherchent pas 1 pour trouver) c efiàdirepour ; j profiterynaisfeulementfaute d''un meilleur employ. D'au~ très font pires. Ce font les À malicieux 3 qui ne veulent iffivoir les chofes que pour L en corrompre U vérité, ou â four publier ce qui la détruit
H ij
4
quand ils Vont déjà troul
yée corrompue. Pousneftes-,
Monfèigneur^ny des féconds>
ny des derniers ■ auffi ne voudrions-
nous pas fi mal employer
le temps 3 que de U
pajfier a écrire cette Lettre,
fi vom d<vie^ rang parmy ces
fines de Génies. Comme ï ex*
périence nous a fait mille fois
connoifire le %ele que vous
ave^pour la vérité, nous ne
pour fi Uijfir.' fur prendre k
iopinion-* & donner dans le
rnaiwaifè Caufi à de fendre*
fins de ceux. qui ayant une
que des fiuffite\ pp) des fkportions
malicieufès 3 Jdns
■çfi revenue de la bagatelle*
p eut fi cile m ent déco u <v rir
C'efidonc* Monfèigneur*
pourfiitisfiire a ce que vous
defire\fqa’voir 3 que nous
vous dirons que fin Mz CarU
patry^ qui seftoit acquis U gloire de bien fervïr Mon- feignewde Lowvois3par ï'attachement particulier quil avoit pour ce vigilant Mi- niftre, ny avait pas fait un fond d'une parfaite fanti La vie fe dent aire qui efi commune aux Gens qui sa- pliquent avec autant de fidelité quilfiifiit aux affaires de fon Maiftre^y eftoit tout- à-fait contraire, II auvoii pu- cependant vivre encor plufieurs années : fi fa com- plaifance pour des Amis ne l'eult pas fait confentir & un
ta
1 /*» Aï & ■&.TyT’
■ divertiffewzent de Chaffe^dont
ï excès confierna la Nature*
■^jufqtd d luy procurer une
fievre double-tierce, qui foi
bligea de nous venir voir. &
ïde nous prier de ratifier
* dans fa maladie 5 en cas qujlle
continuais nous mar5^
MERCVFÆ
toit. Le refit que nous Ity
fifinet de le lifter rne le rebuta
point. Au contraire^
des le lendemain-au matin il
envoya Madame fa Femme,
accompagnée de M1 du Chefs
Médecin du Koy^ pour nous
demander la méfié chofi,
Comme elle nous, vit fermes
à la refufer elle nous fit
donner un Ordre de Monfeigneurde
Louvoie. Il fallut
ceder à V autorité dun Minifire
qui ne violente jarndis
lec inclinations., puis quan fi
fait toujours un fort grand
plaifr de luy obéir -
allf-M
GALANT. <77. diurne* donc voir ce Malade^ qui U fiuhaitoit avec tant d‘ardeur s quoy quilfufi af- fa inutile \ puis que M1 du 1 Chefie j comme nous luy di- ï mes 5 a voit de nufire Fébrifuge. entre fes mains * par or- ’ dre de Monfiigneur de Lou- woiSy & quil pouvoit luy en donner s il le jugeoit â pyo- \pos. Il le fit. Le Remede ne | manquapas de faire fin ef- jfit* Le Malade fia ahon- 1da.mment pendant l&s trois jours quil'en prit^ & fi la> Nature euft efié aujfi fidele d féconder le Retnede, que U
I Novembre* I
l $
Remede avait de a)ertu> on
Z~’ A T A •&. ? ”'Ç*
. anwn 1 ■ 99 1 gnée ï avait bien plus échauffé- Son vifiige rnefine avait I toujours confirmé un certain ! air qtd auroitfdt croire auil il J 1
.| eftoit jeu malade. Cependant I /i foiblejfe qui s eftoit fit J( connoiftre ' auparavant par .-S un depoft qui fi fai fit far -i fes jambes, adll avait
vertes depuis un Long temps
■{pas avertis) ou-
eu si
c. -
i
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* l v H •J
on ne nous en
- augmentafi fort ^pendant
que les forces du 1 Malade diminuaient s que la vie qui eftoit déjà l&nguif- \ Tante fÿ qM n envoyait plus fu- cerveau, les esprits qui i' • .
U
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..I
-J
I’•/1 rît. v \* font le bon fins 5 donna des marques quelle r&band^u noitpav un délire qui ne fi laiffa que quelques intercales donc nous voulûmes profiter pour luy fiacre donner tous les Sacremens, nu il recent
■L
avec une pieté exemplaire. Ce témoignage d’un parfait -Chreftien f qu’il rendit par nos foins par la connu f- fiance de l'etat ou il eftfi détruit la calomnie qui nous impute d’avoir dit a IkUdawê de Louvois quil eftoit bon de danger; quoy quil demeaU confiant quily avoit plus à
G AL Ali • loi
huit jours que nous n avions
eu l'honneur de la (voir.
J Cependant la maladie aug- ■1 mentant toujours, nous re~ 1 tournâmes au Louvre pour { préparé? un dernier Remede 3 i oue nous apportâmes le len- i 1 . 11
1 -ÆA !■ nJ
j demain^ mais comme nous t /I > 19 r* ~ f
.* vîmes au on L avoirjaigne 1 deux fois 5 & quon fè pre- J paroit à une troifîéme Sai- y grée pour le dijjtojer a trois ■Iprifes d'Emetique, qui luy 1 furent données enfuiteywus | crûmes que le party de rem- >1 porter nofire femede eftoit- 1 le meilleur- c? q-^ d eftoit
1 . i ...
I
1
♦ K
102 MERCVRE inutile de le donner, Nous ne vous difins point 3 Mon. fieigneur^ la qualité de cette Ejfience. VousUfi^ave^déja, Elle eft la mefime qui la vie à Ml de Bonnecorfè, ce bel Efiprit en Po'êfie 5 qui eft encor au Caire d Egypte "unfui pour Sa Majeffé. Il ww en fit l'hiftoire lors quil woes envoya les Livres Arabes que vous luy avieosyle- mander II fàffit pour confirmer fia vertu que nous vous dzfhns que Payant remportée che^ nous Mr Bachelier de Clotomont avec
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qui nous eftions en Egypte^
& qui asvoit appris de M1 de
Bonnecorfè me fine cet effet
prodigieux arrivé en
finne par ce Remede -> nous
le demanda pour M* Huffon. at
Secrétaire du Roy^fn Amy7
qui eftoit auffi mal que M\
Carpatry. fl le luy porta.
Safievre ceff dés le moment
quil l'eutpris ; a quelques
jours de la il s en alla a la
ic^MERCVRE fils de noftre Fébrifuge, fins en guérir, San mal ayant quelque cbofe de plus malin que les fievres ordinaires demandait auffi un Renie de plus efficace.
Au refie 3 quand il fierait <vray que nous enflons dit à ^Madame de Louvoie que M Carpatry e Fiait. hors dt danger ? il fallait nous laiffer continuer jufqu au bout, ayant que de critiquer nos Pronofiics^qui auraient pourtant efié ajfe^juftes s est confiant quilfi portoiï mieux le jour qu'on nous fit
unbAN i • ioy parler^que le lendemain que les Médecins V entreprirent. Cependant ils ne croyaient point que fa maladie d&fl eftre mortelle^ quoy quilfifi pl&s mal. Ce Paradoxe paroi fl convainquant ^puisqu ils n auraient pas esté affe^fd- ciles pour fi commettre a la cure d'un Homme qu’ils auraient crû incurable ; fi ce n eft quon (voulu fi dire ma- hcïcufiment qu’ils avaient peur que nous ne le tirfifons d affaire, ou que voulant nous en faire un capital 3 ils doercbaieiit a le mettre en
état de ne pouvoir
foulage ; car il faudroit
dure l'un ou l'autre
efire
con~
mais
le dernier ne ffouroit eflre
infère contr*eux, puis que
la raifon fait voir qu9ils
nauroientpas voulu rifouer
leur honneur for un Homme
tout-d-foit incurable 7 dont
nous aurions pu en foite leur
donner le blâme, Il faut
donc dire quils ont crû qu'il
eftoit en état d'en revenir,
& quils ont eu dejfein de
nous aider dans cette cure ;
& par confequent quand
nous aurions dît lejour prc*
i • IO7 cèdent que M1 Carpatry nen mourrait pointpnous aurions eflé mieux fondée^ qui ils ne le furent le lendemain s ce qui fit paroi(Ire le peu de réflexion de celuy qui fifoit ce reproche defoy, déjà faux* CMais quand nous demeu^ rerions d'accord d'avoir dit a Madame de Louvoïs que Mv Carpatry n en mourrait pas? peut-edlre aurions- nous dît <vray 5 fi perforine que nous ne s en faft méfié.
da paru par le Remede nous avions fait pour iy ? qu'il auroit pû proion-
Car
que
!..
i..
4
ger fies jours , s’il eufi efle
heureux pour le prendre,
puisque l effet en a ejié
fi efficace fur M1 Huffbn.
On nous trouvera toujours
de bonne fy ; ce qui ne fere>
peut - eftre pas fi régulier de
U part de nos falaux 5 qui
pourraientfb&haiter que M'
Huffon retombafi malade* &
mefime quil mowruff comme
il peut arriver a un Homme
de fin âge : mais cet accident
ne détruirait point Fe-ffevcs
de nofire Remede 3 & ne ferait
rien non plus fur U efitp
ritd'un H rmnse inté-gb ré.f nJ. ui
f r A > A < TOQ
>/.j; z £ t £ x <> y doit efîre convaincu qu'un Rernede qui puerit une ma^
2
Udie^ ne rendpas un Homme immortel ? quand mefine ce ferait la Saignée 3 le Séné, ou U llbubarbe.
Enfin, éMonfiigneur, M* Cavptâry mourut apres avoir eflé fiigné trois fins3 C# pris trois fois du Vin Eme tique. Les larmes que fi mort afiit répandre ne font pas ali est
i J 1 v
efficaces pour laver U calomnie y qui ne dit pas que la
l i. .£
Médecins &e Vont pûfiuver* niais que les Capucins du Louvre l'ont tué. Cela fur-
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no MERCVRE prend le Public. Su farprife ne SI pas fins fondement, il Antiquité qui nous donne les Ouvrages d'un Michel- Ange 5 ne s'étonnoit point quand ce grand Peintre fai- , voit ladélicatejfe defin Pin- ceauy & quilfaifiit ces vhes Peintures qui font l'admira* lion des Curieux y & P ornement du Cabinet des pb$ grands Princes. Mais elle aurait eflé furprfi, (l cette ; main délicate fe fajl applé ■ quée à faire des Lanterne^ gÿ elle aurait pu dire avec quelque étonnement9 quefin
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ffd entier n eftoit pas celuy d'un Lanterrâer , -mah celuy d'un Peintre. ^Aïnfi fi le Publie eft Jîirpris d‘ entendre dire que les Capucins du Louvre ont tué MvCarpatry9 c est q&e leur Meftier eft de guérir. comme ils en ont O '
donné des marques depuis fix mois par des milliers de cures qui demeurent incon- teft&bles. Parmy un grand nombre des Guéris > on leur veut imputer la mort de ML i Carpatrp 3 parce quil a pris ! de leurs Remedes^ & qdil n eft pas ordinaire de voir
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HZ iVÆxV mourir ceux jet vis. Sur ce fandc
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V iv ïZ qui s en fin?
ement nous devons Ftwoir tué. Ce ht se si dit ■ mus il eEl difficile de juger qui Fa dit, & comment il peut avoir eflé dit i car pour rendre cette accufatlon autentiquc* il fitr droit quelle euEl eSléfaite par les SMedeans. Or il pu roifi fans répliqué qu ils ne peuvent eélre de ce /intiment., puis qu ils une conduite qui prouve tout le contraire. Cela fait voir que ce font leurs fauls En-
wni' tenu
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ïW * ; ii’H i-.
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quiL nous3 M < /si contre de tout H-i
pable de prévention. Car croirait qu un Médecin- ' le plus ignorant ou le t O
criminel Homme du iage&nt cpdun Ma--
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baroîft edre contre-
* f <*j /* 7 r? n, s r f, ri,J
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la vérité-
3 au /Intiment -mmnebicnfenfé^
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Jeroit plus monde, fi j
Ude fer oit en périt pour a^otr pris des Remedes chcuds5 il venait à luy donner pur défi fii le plus échauffant de tous- me eft-le Fin ; Emeüque ? Cependant cela- j 5 esi fMt de l'avis de cin-cp t Médecins 3 &■ apres cela on:-
!
|
I les Remedesycmm
â.
erte cpie les Capucins luy ont
wis le feu dans le corps ?
que pour l'en guérir on luy
donne de PEwietique,
l^ous woye^ bien 3 Mo;?-
felgnewr, la fuite de ce raïfnnernentfnswous
l expliquer.
V'oEtre Grandeur exconcluait
par confequent^ qM
nous F avions échauffe ; mais
& Kl t r -
tout fait pour nous, car c eft une conviai on que les Médecins n 'e Soient pas tous d'accord, & que dans i op- poption des ftèntimens qui eft- toient partage^, la réalité du Fait a cité rneûrement examinée; apres quoy faplura- lue a efté pour nous , eft a conclu quil n eftoit point A chziîfé. Mais ftupoje que cela ne fuFipas, cette Ordonnance (quey que nonpgnée de tous) nous donne droit, quand tneft- we nous ne. l'aurions point: Car l'on ftqait que dans les Conjultations des Médecins *
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k:
< T;.
17À V >•> W R ?. .
J. 4.'..' £■ <- A
la pluralité dé te. turc à cfite ce q nenty c esl ponre cute ce qui ejiprejcrit par le nombre prévalant 5 comme eftant reconnu réellement tel, me/lne au-péril de la <viey qui ne reçoit point de fùplément^ tant eft confiante en Médecine la dêcifion de la plura* lité, 6c ideo nunieranrur, fed non ponderantur luE fragia.
Pour conclure, éMonfîi- gneur^ la pluralité ordonne un Ré me de chaud, fâçez donc t il nefi- pas de fdît
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zi Q n t f*
lus Re-
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> > ’-i i i.
^;zr M' Carpatry.
? tons en aan?er p J. > • > Z
este échaufé par inedes.
Les tuteurs de ce bruit offencent bien encor davantage I&s Médecins , en pu^ bliant une choje qui pourrait efïre vmye de Z$ part de V Emetique nuis qui de toute impojjibilùé ne peut eflre un effet de nos Effences. Ih dirent imprudemment 3 quoy qud no Etre avantage, que EMd Carpatry ayant eElé ouvert 3 on luy a trouvé les boyaux gangrenez^ Celapeut
elîre^ nous rienfiywons rum
mais que la chofi Joit ou ne
fit pas s tout eft également
injurieux aux Médecins &
nous donne gain de Caufe,
Car s'il eft ^vray que Us
boyaux de ce Mortfuffent
gangrenez^ & que noftre Remede
n en ait pû elîre U
caufe y à quoy la voudrezvous
attribuer y fi ce ri eft a
n aj amt Tta .£ *4. Av4 J 1A i- * J- J y Si d'autre-part on <ueut dire que les Médecins nous donnent le turt de cette méchante frite j ils font trop prudent pour vouloir gaffer pour des téméraires 3 & trop fcavans pour vouloirfe déclarer ignorons. Téméraires y de vouloir
mieux que T F fait de Vin
faits ordonnent pour la gue« nr & dans lequel les chirurgiens confervent les Monf très morts quils tirent des Corps des Femmes^quand ils
*•<
§ que U gangrené fût caufée | par des Ejfences qui guerif- i fart de la gangrené 3 bien 4 » U 4 . . a
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Qe liC l 'ejfence abftraïte
eft- de la- du> CieL |Z J*
fn r* i
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<1 AT AXTT boyaux. Ce fine des Remedes qui ne font point fit jet s aux digefiions 3 eflant fi volatils & fi pénétrons* quils pajfent prefque à Cinflant par les pores de reflomach* & transpirent jufqua la circonférence. C’eft par la que ces gfiences font fer avec tant d'efficace* qu elles refokuent (ÿ emportent en paffant ce qu'il y a d'impureté^ gÿ d'excrémens fibrilles dans l habitude du Corps 5 qui fè trouve g&ery le lendemain pour rordinaire . quand il : ny a point de maladie comi Novembre.
•?, Æ’T"’ Ti TT*’ T"* t
122 M B K C ¥ K B pliquée. C'ett un étrange Monftre que la fdoufie* .. Sans réfléchir à quoy que ce foit3 elle fe précipite en mille extravagances 5 ô* ne fe nour- | rit que du feulplaiflr d*em^ r pefcher le plaiflr des autres s en fe le voulant approprier. Si ces Critiques peu prudens 1 avoiçnt mis de nos Ejfences* ou quelque € Eprit volatil* dans une Phiole de vem^ bien bouchée > G5 quils por* tapent cet Cflrit dans un lieu chaud 3 comme VeElomad d'un Homme 3 ils verraient tant-s en faut que cet Eprit
<*•
GALANT. 125 i defeendijl en bas comme dans T les boyaux > qu'au contraire î U s ‘élev croit en ^vapeurs qui ; fortiroient de la 'Thiole , fi : { le Verre awoit des pores j comme reftomach de l'Hont- L ^e^Jansquil refiaftrien qui j pufi tomber au fond, Ce font ■î des expériences irréprocba- | blés 3 que la jaloufie jointe æ l 'ignorance^ ne Je donne pas J le temps d‘examiner. Corn- ment fi peut-il donc faire ■| que les Effinces qui ne peu- lèvent defiendre dans les foyaux, y ayent caufé la gangrené^ qtieüesy auraient d ' U
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Enfin s'il fout donner une
preuve que ces Ejfences nom
que le degré de ch&lewr quil
leurfaiï3 nous vous dirons
qu elles gueriffèru les Erefi..
pelles & les Brûlures* que les
Médecins traitent tous par
des Réfrigérons. Mais nous
avens une démonfiration plus
célébré dons U guerifon de
Monfieur de Chartres 3 dont
Vofire Grondeur nous coine
«
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I
GALAHT. i2T prù plufieurs fois du Vin Emetique par la bouche* £ÿ in La^vemens. On fait ( gÿ ^Madame mefine la <veu ) que la violence de ce ^.ewede* apres des convulfons réitérées fans quil le puft rendre* ravoit réduit en deux heures
dans une létargie entière* fins poulx^ fins retiration* & fins mouvement > le s y eux ternes & livides comme de i la corne s aucun fg%£ deviez on le croyoit mort. Ce nef toit pas de froid* s'il s enfant reporter à l'opinion des Me~ détins^ qui défont que l'Eme- L iij
violence de ce Vin^ comment
r'effet qui parut powvoitdl
arriver i fi nos Effences font
chaudes ? Comment un Re.
mede chaud na-t-il pas æchevé
ce que la chaleur de
Vautre avoitfifort avancé?
Comment enfin cette Ame
une ardeur dévorants
GALAHT. 127 une teinture minérale qui ne fe nomme que par les effets* puisque dans un infant elle luy redonna la vie * avec le poulx. la retirationfe mouvement la voix 3 & la con- noiffance* Çÿ calma ces terribles convulfionsquifaifoient defêjperer de Jes jours. Il demeura ainfi en repos plus de demie heure 5 pouffant quelques naufées qui fai- foient paroislre V efficace du Reme de >qui apres avoir fortifie la Nature* voulait ex- pulfer l Emetique : mais a- près ce peu de bon temps on
L» < * » ny
128 MERCVPÆ luy redonna de cet: Emetique par Zæ bouche , & en Ldve* <vemens $ & aujftoft les con~ unifions le reprirent comme auparavant. Cependant nof tre Remede eut affe^deforce pour fiutenir entre deux Emetiques , un plue grand poids que celuy qui avoit déjà fitficcomber la Nature ■ fi bien qu apres neuf heures de temps s ce petit Prince les rendit beureufement 3 & fit guery.
C'efl une circonftance fi notable. quil eftinoüy quiun Hommejp^elque robufte qu il
fins en crever 3 & cependant
Monfieur. de Chartres l'a
quoy il£a rendu , & rien efi
point mort.
Efi- ce-la une Efficace chaude
oufroide ^qui/bâtient & tem*
pere la violence d'un Remede
caullique & bouillant l On
efi crû un des plus chauds
Médicament du monde s &
& que les autres en doivent.
'i^oMERGVRE juger par fes effets. Il faut donc eftre plus modéré dans fa malice, & ne pas condamner ce quon ne connoiftpoint fi Von ne feveut déclarer téméraire s ce qui eft le cara- Eieredes Jgnorans. Car enfin on doit J ce Remede froid ou boüddant^ la vie d’une Per- fbnne aufi chere a l'Etat que
^4 «•*/ «*.
ceiïv de ce petit Prince . dont
d *
Madarre q-f' eftoit prefient & les Médecins mefines* nous mt rendu un témoimape cio- o <S <ù vieux y en nous en re&W'ciant le lendemain 3 aujfi- bien que Moxfieur^ de qui nous avons
GALANT. 131 re^eu cet honneur que nous -a acquisceRemede^qufquoy qùilneJoitpas le raefineque celuyies Fievre s y fi pourtant de la mefme nature.
Que ceux qui nous blâment réüffffint également^ & nous les louerons fins les regarder a^ecfiloufi. Qu ils gueriffent autant de monde que nous a^vonsfiit^ & quil meure entre leurs mains un
Ml Carpatry9 qui riefi pourtant pas mort entre les ntfi très j nous dirons qu ils font des miracles yquoy quils ne rejfijcitent pas les Morts-,
fpevoir de nous. s'il arrive
deJembUbles incidens, nous
prendrons fiinde Ven informer
, estant avec tout le refpefif
que nous luy devons,
vos tres-hwnibles, &c.
Quand je donne des Pic*
ces suffi importantes que
cette Lettre, on doit faire
réflexion que ce n’c il point
moy qui parle. Ce font des
Articles de Defenfe qu’on
me communique. Je les
rapporte dénué de tout in«
-F < t- -çwn
U*n*’ % >u h1 nS ia* * 1T 35
tereft. Le Public les examine.
C’eft à luy de conclure,
& à moy de luy biffer
F entière liberté de fon
jugement.
Si la Guerre donc je viens
de vous parler n’eft point*,
fanglance, vous ne trouverez
pas que celle qui fuit le
(bit davantage5 quoy quil
s’agiffe de Sieges & deComjats.
Vous avez fouvent
admiré la conduite & f expérience
que la Jeuneflè de
ce floriflant Royaume a
toujours fait voir dans nos
Armées. Vous n’avez pas
TH MERCVRE dû en ellre furprife. Il fem_ ble que le coeur ne foit point fiijet à l’âge. On en peut avoir dans le Berceau, & qui n’en a point naturellement, employé quelquefois fans aucun fruit & les lumières de fa raifon, &les foins d’une longue étude, pour venir à bout d’en ac-, quérir. Mais comme le coeur ne fuffit pas pour le meftier de la Guerre. &:
J * qu’il y a des Leçons ne- ceffaires à fçavoirpottf devenir Capitaine, on peur dire que l’Académie de
A T A Kl "F
U/iLAlM 1 •
Mr de Bernardy eft une Ecole ouverte, où Ton apprend en fort peu de temps tout ce qui regarde une Profcffion fi digne desPer- ■ formes de la plus haute naif- fance. Les Forts qu’on y attaque tous les ans font : d’un tres-utile fecours pour h connoiflànce de ce grand Art. Mr le Prince deMonc- lort, fécond Fils de Mon- fieur le Comte d’Harcourt, s’v fait admirer. 11 a efté ?
choiiy cette année par ïvLc deBernardy pour comman- 1 dcràrAttaqueduFortqu’il
136 MERCVRE
afaitconftruire. Ainïiccft
luy qui a fous fa direction
toute la jeune Noblefle. Il
1 ’ exerce aux Expéditions
Militaires 3 & continue à
s'acquiterdeïi bonne grâce
de la Charge de General de
cette petite Armée s qu il
femble que la Guerre ait
efté jufqu icy fon unique
employ. A le voir agir dans
les différentes fondions de
cet Exercice 5 on feroit indéja
parfait Capitaine dans
un âge ou peu de Gens ont
efté Soldats. Il eft certain
GALANT.. 137 . qu’il eft né ce que les autres deviennent avecpeine^ laNature luy ayant libéra- ; leinent donné ce qu’elle ■ fait quelquefois acheter ; bien cheremenr. 11 eft vray $ qu’on n’a pas fujet de s’é- j tonner des cfpérances qu’il donne. Il eft d’un làng qui ; infpire la valeur& la Mai- fon dont il fort eft fi féconde en grands Capitaines , qu’il fetnble que les quaïitez qui font tes Héros luy foient devenues héréditaires,
On continué de faire à Novembre. M
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138 MERGVRE Nimegue force Conférer ces pour la Paix, & il y a grand fujet d’efpérer que nous l’aurons baentoft generale. Voicy des Vers lur celle ■ qui eft déjà faite, adreflez à M1 Colbert, qui y foutient toujours avec beaucoup de zele & d’éclat la qualité de Plénipotentiaire. Vous fçavez que le Roy Ta honoré de laGharge qu avoit Monfieur deNo- vion, avant quil fuft Premier Préfident.
I
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*
»
I
A MONSIEUR
Prefident à Mortier.
RLvenes^nos plaifirs*
Loiiis eft de retours
Ne craignez^plus le
& bruit des Armes^
Des Trompetespiy du Tambour*
La Paix fait ceffernos allarm.es*
Lit fi doïtfnawant nous répandons
des larmes*
Ce feront des larmes £ amour»
trop longtemps ï1 inhumaine
Bedonne
6
troublé de nos Bote le calme
le repos 3
gÿ- trop longtemps du récit
de nos maux
Tout ce grand Univers réfinne^
II eft temps de goûter le loifir que
no^s donne
fZPInvincible Loiïis Je plus grand
des Héros.
Malgré l* envie & la rage*
Ses obftinez^ Ennemis
Bar l'effort de fin courage v
A la fin luy fini fiùmis.
Contre luy5 V Aigle étonnée
]Spofe plas faire d'effort,
£t le Lyon dans fin Fort
Craint la mefine deftinée.
Tremblant il voit de toutes parts
Qge Louis dam. fa moindre
w'^hr f«s*'
GALANT. 14s
Comme un Fleuve eu fureur Fcloi- qnant de fa fourçe^
Abat fes pieu fermes Ramparss Qdil porte la terreur dans fes %ra# Pâturâmes*
Qajl défi rien affezjvrt pour fermer les Pajfagesÿ
Que tofic ou tard il cedera?
Que le premier coup de icmpefe
Qui tomberadejfus fd tefle^
F fl celuyqui Fécrafera, s&
Enfin ms Figue enviettfe
Du bonheur de fes grands Juccés^ Concevant mille vains projets,
Se croit déjà vscl&rieufe.
Mais fies deffiins mal concerte^ Sont à peine-produits^ on les voit
avorte^ >
1 h la laifient erabarafée S’égarer fans repos de pcnfée efy penfég*
JDe mefhie que ces feux crrans
Que das les nuits lesplwsfereine$y
2. ors que la chaleur régné* on voit
au grc des vents
VoltigOe r au milieu des Plaines.*
Zeur éclat ri eft quune vapeur
Qui ri a nyforce ny chaleur',
£t comme un moment la voit
naiflre*
Vn moment la voit dijfaroiftre»
Trop fcibles Ennemis d'un Jz vaillant
Héros*
Vous v oyez, ce qriil peut pour punir
l'amganeeî
Einiffeg_, finiffeg vas orgueilleux
propos,
Etrecouregafa clemence.
il eftpreft à vous pardonner »
Et ce qui doit vous étonner*
GALANT- i4î
Qe Vainqueur fi putfifiint content de fil viîbire,
N'a point / autre interefi que celuy de fa 'fi°îrc'
^.diâpour voaSjgenéreaxhoùis^
Que ce trait de vofire cUm&nce
Se répande auff loin que va vofire t vaillance-)
Ét le bruit éclatant de vos Faits
< inoüio.
Minière de ce grand Ouvrage ColberTj qui dans tous vos
Emplois
Servegutilement le plusfuifidnf^ des Reys-i
Receveuses Vers pour hommage'.
Sa gloire efi voftre unique objet9 Jtâa Mufieenafait fionfiejet-) «j Das le féal defifin de vous plaire.*.
ï'44 MERCVRE
Peut* eftre qu'elle a prit fin vol %% peu trop hantr.
j&îaà fichanterfin Nom ecfi efits téméraire,
Qui ne tombe aujourdhuy dans fa me fine defaut ? -
fia glaire va par tout^ la Terre e[i remplie,
J X
jZ ri eft Peuple barbare^ ilriefl
•. Z) efirt a ffreuX)
Qui dans fi langue ne publie jDc rAwgtfle Louis le Nom v fa phrieux, .
v tX
i
Jtâaæ fir tout c efticy que d'un air doux & tendre
24ilïe Chantres fameux, mille Apoiïori nouveaux^
' Tafient pour luy leurs Chalu^ meaux?
&ear Concert eft charmant^enez^
venez l'entendre.
puis que vos foins nom ont acquit
la Paix-,
pcnez^duGrand Louis partager
les bienfaits.)
; Apres unefi longue abfence.
i 7/ vom offre un reposfélon nos jufe$
j voeux
I Défis les pleurs de Lys^ fatmy
î nas Demy-Dieux,
j Ceft une digne rècompenfe
j De vos [ervices glorieux$
. dûiiifffi en longtemps pour le bien
’i de Ici France*
j Pt lefecours des Malheureux,
3I
j
Je vous ay parlé du choix
que l’Académie Francoife
ç A 9 >
| Novembre* N - • M Ji
•V*M vColbert
pour remplir h
place de feu Mr Efprit.
Le Voyage de Fontainebleau
futcaufe qu’il diféra
le temps de la Réception
jufqu’au dernier jour de
l'autre Mois. Cette Ceremonie
fe fait dans le lieu
ordinaire de leurs Aflernblées.
C’ eft une Salle du
Louvre , dont le principal
ornement confifte aux Tableaux
des Protecteurs de
cette célébré Comp1- agOn ie,
qui font celuy du Roy, &
ceux de M? le Cardinal de
at & ki nr * a^î
Richelieu fon Inftituteur,
& de feuMf le Chancelier
Seguier qui luy a fervy de
Protecteur apres luy. On
y voit aulli celuy de laReynede
Suède. Lors que cette
grande PrinceïTe vint à Paris
, elle voulut fe trouver
à une Seance de LAcadémie,
Scelle fut fi fatis faite
desfçavantes lumières que
luy découvrirent ceux qui
compofoient cet Illuftre
Corps, que pour marque
de fon amitié 5 elle leur fit
1 honneur de leur envoyer
fon Portrait. Cette Salle eft
148 MERCVRE ouverte à tout le monde chaque fois qu’on reçoit un Académicien nouveau, Ainfi la foule y eft ordinairement fort grande, &: particulièrement quand c’eft une Perforine diftinguée par la qualité. Vous jugez bien par là que l’Aflemblce ne pouvoir eftre que très, nombreufe le jour ou Mr l’Abbé Colbert fut rcçcu. L’envie de vous entretenir
de ce qui s’y paflâ comme témoin oculaire , m’y fit chercher place de fort bonne heure. Je ne vous rediray
G AXANT- 14?
point ce que je me fouviens
devons avoir déjà dit,' qu’une
partie de TAcadémie
Françoife eft compofée de
Perfonnes du premier Ordre
par leur naiflànce & par
leurs employs 3 tant dans
l’Eglife & la Robe-, que
dans l’Epée. Si l’autre partie
n’cft pas d’un rang fi
élevé, elle ne voit rienou
ne doit rien voir au deflus
iTo MERCVRE du Royaume, il ny a néant, moins aucune diftindtion entre eux pour les rangs, C’eft le fort qui décide tous les trois mois des Charges de l’Académie. Il y en a ; trois, qui font celles deDu re£teur,de Chancelier,& de Secrétaire» Je croy, Madame, que vous ne ferez point fâchée que je vous inftruife de ces particulari- tez 3 puis que je vous parle dun Corps qui eft reçeuà l’audiance du Roy avec les mefmes ceremonies que les Compagnies Souveraines,
GALANT-, 351
Ce n eft pas d’au jour d’hu y
qu’il eft en confidération.
Ônle peur connoiftre par
le Livre qui s’eftfàir il y a
déjà vingt-cinq ou trente
ans, de fon Inftiturion, &
de fes Statuts. Il porte pour
titre, Hiftotre de V Académie
Françoifî, & eft de Mr Pelifl'on
qui ne n eftoit pas encor.
Ses Réglés font, que
celuy quia cfté choify pour
remplir une des Places vacantes,
doit faire un Compliment
à la Compagnie
en forme de Remercîmenu
Comme le Roy en eft
NAT ihii’j.i
lentement le Protecteur, & que les grandes choies qui j a faites , & qu’il continue de faire tous les jours, donnent lieu de parler de luy dans toutes les Actions publiques, les Académiciens qui font reçeus font ce mercîment en peu de paroles, afin d’avoir plus de temps à s’étendre fur le Panégyrique de ce grand Prince. Il en faudroir beaucoup,
quand il ne sagiroit que de rébaucher. Celuy qu’on reçoit eft affis au bout d’en bas de la Table,
parce que n’ayant point encor eu de place dans T A- cadémie, ilfemble qu il ne la doive prendre quapres fa Recep tion. Le D ireâeur ell vis-à-vis de luy à l’autre bout de la Table 3 feul de
toute rAcadémie3affis dans tin Fauteüil. Les Officiers
font à les coftez3 & le refie des Académiciens fur, des
C lia i le s au tou r d e la Ta b 1 eo Plusieurs Evefques fe placèrent derrière ces Illuftres
Sçavans, le jour que je viens de vous marquer. Il y avoir aveceux'un grand,nombre-- cz
iT4 MERCVRE ‘dePcrfonnes de lapremie, re Qualité. Le relie de la. Salle eftoit remply indifé- remment de toute forte de
Gens dont beaucoup fe peuvent vanter d un mérite généralement reconnu, M l’Archevefque de Paris, Mr Colbert 3 & Mr l’Abbc fon Fils3 eftant entrez 3 ce dernier eut à peine pris fa place3 que fans fe donner le temps de refpirer apres avoir craverfé une' grande foule 3 il commença fon Complimenr.Jerentendis, & j en fus charmé.. Vous
perdez fans doute beaucoup de ce que ma mémoire ne m’eltpas aflèz fi- de Ile, pour me donner lieu de vous faire un exact rapport des belles chofes qui furent dites. J’encroyfça- voir l’ordre , mais les termes m’ont échapé , ôcc’eft dans les termes que con- fifte la perfection d ’ une Pièce d’éloquence. Ce que je vous vay dire de celle-cy^ ne laiffera pas de vous en. donner de grandes idées-, devons aidera concevoir,,
ce qu’ elle pouvoir cftre
4
GALANT- iyy pour expliquer fa penfe'e, gue U gloire quils s efhient ions âcquije dans l'Empire des belles Lettres, ne pouvoit plus recevoir d'augmentation, ^fiils a,'-v oient choijy fifique-ld affi^de Gens d’un mérite déjà étably^ qui pou~ voient leur communiquer leurs lumières ; ^u3 ils ne dey oient plus finger a l'a- venir qu à former des DfiL plex qui en profitant de celles quils Leur donneroient^ püfi- fentfiûtenir réclat qui ren~ doit leur fuyante Compagnie fi recommandable j & que
-e
comme il ne doutait point
far luy , il effarait qu'avec
tant d'habiles Gens le temps
luy ferait d'un grand fecours
aire devenir ce au ils
avaient defein de le rendre.
Il dit en faîte., Jfafilpouvait
au moins fè vanter d'avoir
toutes les qualité^ re quif es
qu il ne manquait ny de docilité
ny de foûmifilon, f‘
qùïl commençait mfme d'en
donner des marques , en fi
fiûmettant à des Loi# quiGALANT.
hy ïmpofiient U necefftéde fl produire‘d'abord en lapre- Jince de tant de Grands Hem- mes qtd d auroit eu bejoin a écouter longtemps avant J qae dé ofir parler devant ■ eux. ne Je fient tnt pas un \ mérite aJe effort pour jjv ha- tarders'illuy avoir ejtépermis de Je taire ; Qu il Jçavoit qu'il auroit dû faire Ifiloge de 1* Académie, & duCardinal
de Richelieu fin Instituteur* qui ayant toute la confiance defbn MaiSlre^parla tes les Affaires de V Etat & i de la Religion , qui cShient
<•
,9
ifc MERCVRE alors tres-grandes ->fe déUf fit dans V Academie 3 ou avec les G&vrages des Académiciens 3 de fes grandes & férieufes occupations ; Quil aurait dâ louer feu Mj le Chancelier Seguier premier Protecteur de cette célébré Compagnie y & qui pendant trente-trois années avoitpif- fedé la plus importante Charge de fuflice avec une conduite & une prudence qui n‘avaient rien d'égal que fm'zelc, mais quen regardant Louis le Grand, Loüis lInvinc.ible5
£
A T A.
Loti is LE Conquérant,
nujourd'huy leur Augusie
Protecteur* 1' éclat de fi
gloire qui l'occupoit tout entier
ne luy laijfiit point dé^
tourner lesyeuix fir d*autres
Objets. De là? il entra infènfiblement
dans tout ce
que ce Monarque a fait
depuis la Guerre commencée
en 1672,. Il parla du
Paiïàge du Rhin , ôc dit,
Jgué ce Flewue tout rapide
quil eft* n'avwt pu arrefler
les Armes de ce grand Prince*
Que malgré l’obflacU que
devait fiormer a fis deffeins
Novembre. O
l'oppofîtion de ce R&mp/w^
il n asuoit pas laifé d"entrer
che^lesEnnemisQuilavoit
pris d'abord trente de leurs
plus fortes Placesque les
Digues des HolUndois nef,
tant pas fafffintes pour re.
tenir ce torrent de valeur^
ils s'eftoient <vetts contraints
de rompre cesmefmes Dignes
aufquelle s l Art & la Nature
aboient travaillé depuis plus
de cent ans. Il parla en
fuite de toutes les Victoires
du Roy pendant cette
Guerre, & fit voir de quelle
maniéré il avoir joint par
GALANT- 163 tout la prudence & la conduite j au courage &: à la valeur. 11 dépeignit les deux Conqueftes de la Franche- Comté dans des iaifons ri- goureufes, ou ce Prince ef- toit expofc à toutes les injures du temps. Il parla de ce que fa préfence avoit fait faire au Régiment des'Gar- des, dont les Soldats montez les uns fur les autres., avoient forcé la Citadelle
de Belançon à fe rendre- entreprife dans laquelle de grands Capitaines avoienc échoué. Il fit connoifhx
O q.
i64 MERCVM que chaque année, chaque mois, chaque jour, cet irt. comparable Monarque a. voit triomphé, & s’étendit fur la defcription de la prife de Valenciennes. U en fie
une peinture admirable, & fur tout de la frayeur que ce Peuple devoir avoir en fe voyant fur le point d’ef- tre abandonné à tout ce
qu’une Ville prife d’affaut doit attendre d’un Soldat
vainqueur, & naturellement infolent. Il finit cette
peinture, enfaifant voir de
J.
quelle manière le Roy el-
toit obey5. & que par fa clémence
quienapelcha le pib
lage, il avoit trouvé dans
h Victoire quelque .choie
déplue beau que laViéloite
mefme. Apres, avoir parlé
de toutes les Conqueftes
de cette année-là., il pafîa
à celles de Tannée iuivantc*,
Il dit, Qu'au milieu de ÏHyqui
eftoient/ujque-ld detneurezneutres
> & qu on fipwoit
esb'c fur le point de fe déclarer
le Roy &<voit e&é attaquer
un des plus forts Rampars
des Ennemis, II parla en
fuite de la Paix qu’il a donnée,
& fie voir la beautés
la nenérofité de cette Ac~
O
tionquicouronnoit toutes
les autres; apres quoy il
finir,, en dilant, Ghéil n&ppirtenoït
qzéà Meffieurs de
l'Acidémie de parler dignement
des mer^eiUes de ces
die coure imparfaite 1 La
mode ftie de M1 l’Abbé
Colbert à ne le regarder
que comme Difciple dans
l’illuftrc Corps où il avoir
efté fi généralement fouhalte,
charma toute FAffemblée.
Jamais on nen a
tant fait paroiftre avec de
h juftes lujets de vanité.
Mais on n’en doit pas eftre
furpris. Les exemples de
ia Famille qu’il a tous les
jours devant les yeux, luy
ont fait voir que la modellie
n eft pas incompa^
ùblc avec le mérite, ôc que
fi c’eft une qualité que
beaucoup de grands Hommes
ont négligée, elle n’eft
pourtant pas indigne d’entrer
parmy celles qui font
les grands Hommes, Je
paflè à ce que le Directeur
de l’Académie luy répondit
de là part. Le Sort qui décide
tous les trois mois de
1 ’ éleâion des Officiers,
avoir rendu juftice au mérite
de Mr Racine, en le
mettant dans ce Pofte glorieux,
& plus glorieux encor
ce jour.là par l’avantage
qu’il eut de parler devant
GALANT- ië9 vanc une fi belle & fi il- luftrc Aflèmblée. Cet a^- vantage eft grand quand on eft aflùré qu’on ne peut dire que de belles chofes, & qu'on n’a pas lieu de douter que tous ceux qui écoutent n’en foient convaincus.
Voicy donc ce que répondit Mr Racine; Si ce ne font pas les mefmes paroles, ç’cn eft à peu près le fens. Il dit d’abord, le hazard l ’avoir mis dans
T If' f •
une place ou jon écrite ne l'auïoh pas élevé : Et s’a-' dreflant à M” F Abbé Col-
N-Jvembre, P
i7o MERCVRE bert, il le remercia au noin de l’Académie & des belles
Lettres, de l’honneur qu’il avoir bien voulu leur faire, & répéta mefme, Que Ifi cadémie tenoit â honneur de
l'avoir dans fin Corps, Il adjoûta, Que les Portes en ePtoient ouvertes au mérite, que connotjfint le elle luy avoir voulu épar* gner la peine de fidliciter. Il le loua en fuite fur le
Cours de Philofophie qu’il avoit enfeigné, & de ce t? j
qu’ayanc raffemblé 1 ancienne & la moderne, &
& fuprimé des termes barbareSjpQuf
faire connoiftre
de folides veritez, il avoir
fait voir Ariftote, dont ju£
qu icy on n’avoir veu-que
le Phainô-me. Il adjoûra à
cette louange celles qui
eftoienc deués à toutes les
Actions qu'il avoir faites
en Sorbonne. Il dit, Que
jufque-là r Académie. favoiê
admiré, mais que F ayant entendu
prefcber depuis avec
toute U dé licite• ' •dJ e delà Lanelle
avoit jette les yeuse
172 MERCVRE tes far prenante* merveilles Au Roy quile* accakloient de trop de matière. Il tomba de là fur les Conqueftes de Sa Majefté, &dk., Que ce neferoit pas r Académie qui feroit vivre le* Actions de Legrand Monarque f mais qd. celles efiaient fi éclatantes g fi extraordinaire* , quelle renlroient leurs Ouvrages immortels. 11 parla de la Paix qui eft encor plus glo- rieufe auRoy queiaGuerrc, *&dit3 Qu il f avait dcnnd en un moment les diferew 'Intcrefis .ne pouvant
^GALANT- 173 , corder à Nimegue ; mais quil f nofit entreprendre de don- ner à- cette Aïïion les Iwùm-- 1 ges. quelle méritent y apres ce % qif en venait de dire •î r Abbé Colbert, dans le dïf j w duquel on avoit con>%& l non feulementfon éloquence j nuis la paffon qu 'il a<voit- î commune avec tous ceux- de ifi Famille y pour lefervice de | Sa Majeflé. 11 prit là-defïus loccafion de louer le zele •*l
4 que toute cette Maifona ipour le Roy à l’exemple- de | Ion Chef II dit,ce Chef l llluflre awù Enfans, Freres I PiM
-.1
. «
*4
:S.
174 MERCVR’E
& Neveux, qui dans leurs divers Emplois n oublioient rien pour le féconder ; ghy parwy eux trouvait des Tefles & des diras qui s'em- ploycient avec une égale ardeur pour la gloire de cet Aupufte Monarque s JQugh en voyait dans le Conflit^ dans les. Armées , & fur les Mers.-, ^3.que. la-Navigation qui jfquedd ne nous avait * r 1 ' P -
pzs. ciie tout -a fait, connue, cvmentpiit à rendre la France redoutable depuis que dMon- fleur Colbert y donnoït fis foins. Il finir, endifant à
GALANT. i75 Mr l’Abbé fon Fils , trouveroit dans tous ceux qui compojaient le Corps de ï Académie, ce mefine ' efirit y ce me fine %ele pour le Roy quil <voyoit fi généralement j répandu dans fil Mas fions j que le Dictionnaire quipa-
. > ■j J • % 2!
t I a r l
.s
«
I
♦ t ?
;r
ro2jfiit une matière afifi fiche qùépineufie 3 leur devenait agréable [parce que tou- les lesjyllabes efioient autant d inflrumens qui fierwlroient i porter la gloire du Roy jufique dans la poflerité la plus éloignée.
Les applaudiffemens P iiij
MERÇVRE qu’on donna tout haut ace difcours furent grands 3 & firent voir que chacun ne connoiflbit pas moins que M1 Racine, les veritez qu'il venoit de dire de laMaifon
de Ml Colbert. Le bruit que caufa la joye que toute rAflemblée en reflènrit ef- tant cefle, le me fine Mc Racine, comme Directeur de 1’Academie, demanda aux Académiciens s’ils avoient quelque choie à lire. Çetce demande fe fait toujours dans leurs Actions publiques, Il n’y a qu’eux qui
ayent ce droit de ledture.
Ils la font affis, couverts, ôc
le papier à la main.
M? l’Abbé Cotin commença
par un Diicours- de
Philofophie. 11 le fit far ce
que ML l’Abbé Colbert
> • • 1 X gnon recevou ce jour-la*
eftoit un très habile Philo-,
fophe. Il n’en lût qu’une
partie, fon âge ne luy laifiant
pasaffez de voix pour
le faire entendre dans une
fi grande Affemblée.
M1 Quinaut lût en fuitedeux
petits Ouvrages de
Vers. Il y en avoir un fur
.3?
la modeftie de M1 Colbert qui fuit toute forte de louanges-, & qui n’aime & entendre que celles du Roy. Il finifïbit par une tres-belle penfée qui faifoit connoiftre que fi ce zélé Miniftre ne pouvoir foufrir que les loüanges de fou Maiftre3 l’admirable Pa négyrique que venoit de faire un autre luy-mefine, avoir dû luy donner une extrême joye. Le fécond Ouvrage de Mr Quinaut-eftoic tout entier à l’avantage de M1 l’Abbé Colbert - fur ce
que dans le bel âge il avoir
uny les belles Lettres au
profond Sçavoir.
Apres qu’il eut achevé,
M l'Abbé Furetiere ficentendre
quelques Vers fur
plufieurs endroits de la Vie
du Roy, pour fervir d’infcrip
cio-ns à un Arc de
Triomphe, dont il a fait le
temps.
Un Dialogue delà Paix,
êc de l a Victoire, fût lu par
M Boyer. Il eft plein de
louanges pour le Roy, &:
reçcut de grands applaudiffcmrns.
Daurres Vers de Mr
Corneille l’aîné fur la Paix
furent écoutez avec be aucoup
de plaifir. ■ On y remarqua
de ces grands
traits de Maiftre qui fort
fi fouvent fait admirer, &
qui le rendent un des
premiers Hommes de fon
Siecle.
Mr fc Clerc lût apres luy
diférens Ouvrages de Poe
fe, & s’acquit l’approbation
de cette grande Af~
fernblée , tant par la maniéré
dont il les. récita-, que
par leur propre beauté. La
GALANT-181 gnde fun marquoit à l’avantage du Roy, que fi cet Invincible Monarque n’a» voit pas conquis leMonde, ilavoit fait voir qu’il avoir efté en pouvoir de le conquérir. Ils’eftoit rencontré avec M Quinauc dans un autre fur la modeftie de M1
Colbert, quiluy faifoit rejeter toute autre louange que celles du Roy. Il en lût un troifiéme dont la dernière penfée eftoit qu’on devoir regarder leSiecle de Lo tirs comme celuy des merveilles. Cette penfée
O ÆT7 Tj \ 1 Ts
tomboit lurM TAbbéCol, bertdontlefpriteft unpro- . digeà fon âges & qui en a donné des marques fur tou, te forte de matières^ que les plus éclairez ne donnent îouvenr qu’apres de longues années. Il finit ce qu’il avoit à faire voir par la lecture d’ Para p rafe de
y Exaudda. M1 Charpentier ■.parla le dernier • Ôc comme la matière des Ouvrages quife lifent publiquement dans ces jours dcRèccpoon n’eft jamais fixée, il fit entendre ■ une Traduction
GALANT 183 qu’il a faite du JMïferere. hile elt reïTerrée en peu de Vers, &: fut extrêmement . applaudie. J’aurois pûvou.s s envoyer une pairie de ces |Pièces, mais j’ay tant de I choies à vous apprendre ce | £ 1
|Mois-cv5 qu’elles ren- Croient ma Lettre troplon- |gue. 11 .fuflir que vous en |ayant marqué les principe . Iles penfées , je vous aye Icionné lieu déjuger de leur ^beauté. Il y a une reflexion âa faire. Pluûeurs de ceux ï • 1
-que je vous viens de nom- lîuer, fe font attachez à van-
ï84
terlamodeftie de M1 CoL
berr dans leurs Ouvrages,
& ils ne peuvent l’avoir fait
fans qu’ils ayent reconnu
que cette vertu eft parti,
culiere à ce g& rand Miniftre.*
On ne le rencontre jamais
dans une naefme penfee,
que fur des veritez inconteftables.
A dire vray,
les loiianp-es ne fèmblcnt
on peut ignorer les
actions ; mais celles des
grands Hommes que Sa
Majefté employé dans les
Affaires les plus importai
: \
GALaN F- iSy ; tes de l’Etat, font trop en <• vcuë, pour eftre cachées à ipcrionnc; & comme elles jparlent d’elles-melmcs, & ique l’heureux fuccés démolis les defleins du Kov 2 / J
’i fait connoiftre lexaditude, Je zele, les foins, & la pru- lj J i .
jdence de ceux qui le fer- ^vent.on chercheroicinuti- lenient à les louer autant /qu’ils méritent -, ce ne ■toit qu’apprendre au Pu- blic ce qu’il fçatt déjà. M? Charpentier ayant achevé éc lire, toute l’AfTemblée .lorcit; fort fatisfaite des befo î z
i Novembre.
•1
»
lés chofes quelle avoit entendues
j 6c comme elle en.
eftoit toute remplie, lesapplaudiflemens
rélonnoient
de tous coftez en faveur des
Illuftres de l’Académie.
Onfe règle fouvent fur les
Sailbns pour les Airs qu’on
fait. C’eft ce qui a donne
lieu à M1 du Parc défaire
celuy-cy fur celle où nous
fommes. Divertiflèz vous
à le chanter auprès du feu,
fi vous ne voulez pas y écouter
ceux qui vous diroient
avec plaifïr que vous elles
belle & aimable.
■+ sf .
4 ♦
A uni bien
fait l’amour aiiprés du feu, Auïli bien que'ur la fou^ere. On fait 1 amour
~ + '7T* L... ’t".,.. "f a 1
J1
On fait l’amour auprès du feu,
gÉq^ïêÇjÉ:
On fait l’amour auprès
------- ------- 14-------r-l—
“^'Tv'7àl3. -----------
croyez
.1 . _ _A_
L._ 1. -LT ......... L
L ... Æ. . • L . s
i 1 0 < j£
enne
ii--
I—
1
1
0
“ —^5“’ —
Auffi bien que fur h fougère. On fait l’amour, auprès du
Ht-V
M
+
La faugere.
-3
la fougere. '
pti /-S * T L."
h
I DU PARC?
i
«I
iLAHT. 187'
_ _ N V E T.
N E croyezji^ jeune jBergert*
Que l'Hyver ait banny les plaijirs
de ce lieu.
On fait l'amour auprès dufeut
Juffl bien quefur la fougere,
J’adjoûte à cette Chanfon
une ingénieufe Galanterie
qui ne fçauroit manquer
de vous plaire. Vous
avezlegoult trop bon^pour
n’eftre pas fatisfaite à de
l'enjouement des penfées3
& de la facilite du Hile,
N PROPOSITION
DE MARIAGE
ENTRE
VN LINO1 *
ET UNE LINOTE.
*
A Madame R.
J'Ay dans ma Chambre une
Femelle
'j.eun^amoureîife^iendre ^belle^
Qyi vaudrait bien, fie marier.
envie a.fin petit bec
■ pdle-,
Sçachezjin peu devoflre Male
S il ne veut point faparier.
Si vom voulez^ (cavoir &fin bien
le connais. fin
iH U » .«•
Tout [on bien eftunpetit Pot
Tait d'une coque d'Efiargeti
slvec une petite C^gt?.
f refie elle fut toujours fage*
< Et malgré de certains Effirits
Le trop licentieux langage^
Elle n'eut jamais de Petits.
L'Oyfeleur qui mel'a vendue,
M'dfaitwoir qu elle eft defccduê
D'une fort bonne fie Maifon^
Edi delà de nofire horizon,
dira a fait toute fonhiftoire*
Et fi] avois delà 'mémoire,
le pourrais bien vous repéter
T oui ce qu'il a feeu ra en conter 9
Comme en ce Pais chacun caufe,
Etque de peu l'on fàitgrad chifè*
Il ne faut pas vous alarmer*
ipo MERCVRE
Si /*en dit quellefaeut aimer Car ilêfi vrayy je le confefje. Vn jeune Oyfaau de meme efpece A la faveur d'un Airnouveat^ Jettadans fan petit cerveau Quelquefamencede tendrefif Elle le tint le bec dans l'eau. Mais l* emplume Godelureau Qui la perfecutoitfans ceffe^ Voulant la derniere faveur La trouva Femelle d1honneur, Et ne put /’obliger à manquer de fagefe,
Ttâtileut très-grâdmalau coeur Ecouter un Amant yrirc de fa fieu rete,
C'eftle vray lourd*tmeCoqueU, Mais comme elle cfioit jeune^clk ne faruoit pas
Qfilfaloit éviter ce par, Et que parla Coqueterie?
GALANT- 191 jjommes*Oyfiau»*tout fedecric, T)u depuis un Serin ver-d comme
un Perroquet*
Jeune* badin joly* coquet* Superbe* & fier de fin plumage* J)e quelques tendres tons-embellit fin ramage*
pour T enivrer defon caqueta Mais elle luyfit bien connoifire Que cequ^ilfaifiitpourparoiflre^ Son air* fon chant, &.fafaçon* JTeftoientquunepwie Cbanfon Qui n*ebloü.ifioit pointfa rueu'è* Et quelle ne fier oit émette*
Uy ne foufriroit plus dloJmant* Que par un établifement* C'eflà dire pour mariage. Depuâ elle a fait davantage. Qifid elle a vefiu dans les foie* Dans les Jardins fi la Capagne* Elle a fieu faire unfage chois
■D'une irréprochable Compaq,
OnLt 'vit s' èloïyier toujours
Delà libertine Fauvette
Dont on connaît l'hifioriete^
Pourpaffer la plupart des j&un
Cette Piece eft de Mr
Corps de Troyes en Champagne,
qu’une difgrace
imprcveuë tient-prefentement
.arrefte dans la Conciergerie.
U eft aifé devoir
à la liberté d’efprit que luy
laide fa prifon? qu’il ne
fçauroit eirre que malheureux.
Ceux qui ont quelque
choie à craindre dans un
lieu.✓
GALANT.
lieu, où ils ne peuvent éviter un Jugement Souverain, n’ont jamais la tranquillité' qui eft neceflàirç pour imaginer un Ouvrage eçe
fournit
t.
I ••
auffi galant que celuy d fpirituel Priiônnier.
La France me tant de nouvelles.
. r-
vous entretiens rareinçnt des Etrangères. Cependan t je ne puis mcmpcfchcr de vous apprendre un inpi- dent particulier, auquel les. Mécontens de Hongrie ont donné lieu. Il vous fera connoiftre qu’il ne faut
Novembre, R
rent fur les terres de Jofuas. & le regardant comme en. nèmÿ, parce .-qu’il1 avoir régalé-' leurs Ennemis y ils le ruinèrent entièrement < J
fins confidèretque ce n eftoit pas eftre criminel qu’avoir eu l’adreffe de s’é
xempter du pillage, en donnant de bonne grâce beaucoup moins quil n’auroir perdu en fe retirant. Ce General ne lé contenta pas de cette rigueur. Il le. maltraita dans fa Perfonne , &
le fit mener en prifon. 11 a trouve moyen d’en fortir,
J
r
4
Z"'' /VT
Royaume rquineibmapas meime encor rétablies l’a point empefehé de faire donner parSa Majefté Catholique des récompeniès à ceuxo qu’il a -crm qui ,eïi meritoient.^'iLe; Duc J'de Villa-Hermofa , le Comte’ deKache3le Prince de Vmi- demont, Ml de Louvigniesr & D.Francifco-Marcôsde
* " ■ • «V •-
Velafco, en ont eu de confL- dérables. S’ils ne les ont point acquifcspar de grandes actions.,, le defir^qu’iU- avoient d’en faire, cà de leur zele-les ren-
R iiij
4
4
4
fr
ment des Pais-Bas apres h
Paix generale. La derniere
eft une jeune Perfonne de
feize Qudix-fept âns, qui a
efté mariée à- Vienne par
Procureur& qui s’en va
trouver en Efpagne le Marquis
deQuintàna fon Mary.
C’ell un jeune Seigneur
acwc ède dix.neufàvinO^ t ans,.3.
*♦
toutes les Villes & lieux de
%
l’obeïflance du Roy Quelles ont pafle, tous les honneurs qui font deus à leur mit fance & au mérite de Içurs Perfonnes.- Elles falüér Leurs à
Verlailles , &‘qupÿq:tf elles attendiffent; •beàuèôup’’ de r honnefteté du Roy y elles l’ont trbuvé chil pour elles audelà de ce qu elles fe i’ef- toient promis. Apres avoir veu toutce qu’il y a de beau àVcrfàilles, elles vinrent à
s
Paris;:Quelles fedonnèrent le divertiflèment de 1’0-
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. GALANT.,^ | pcra, Lagalanterie Fraru | çoifc ne les Ærpricbpoin^ | Elles ayoient déjà.comencé àconnoiftrelaFrance à Ni- jnegue, car: la galanterie rcgfie partout où il y a des Franç ois. • / Comme ils i. la communiquent à toutes les autres Nations,ils fon t eau- fe que cette, Ville, où -les Miniftres de tant de Souverains lont aflcmblez^eft d enuë une Ville de plai- firs.& de Parties agréables, par les iRégals qui s-y fon t donnez, & qui continuent à s’y donner routes les SC-
1
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3ment cpiiftiniié chez
2c8 mercvre
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deslors cfperer. que.laPaix de France, d’Efpagne, & de Hollande 5 feroit,.bientoft fuivic de la generale. Les Ambafladeurs, qui dans le Cabinet ontfi bien .exécuté
. V ♦ *
les ordres dç leurs, Maif-
' < 4
très , noue pas moins de part à cette Paix, que ceux qui en expolanr leurfàng, & en gagnant, des ;Viétoi- re$-, l’ont fait fouhaiter à
' > • J
• t
nos Ennemis., On peu
- L
meime dire que .Marine Colbert, par les Divertif- femens queles autres Am- baflàdrices ont donnez a
■ rz % ï -*• kj zl £,,i _
fbn exemple/ a commencé
Mihilïrcs'qtie bien diférehs
T
d ’ unir des des intérefts
I tenoieht divifez
l pendant que K
J fon Mar^ toÿBHbit une erffiëre la grâhde' Affiiirë de L elle tràvâUloit • de fon
» ♦
I
à entretenir :efttie lê tics rintelliçrence dû
1
%To delà très
.r
1
212 mercvo: en France eft un dkceux quelle a emportez. Il e[L toit Archevefque .titulaire d’Andrinople, Auditeur de la Rote,& d’une très bonne Maifon de Rome, dont il avoir elle Gouverneur. Il fe
nommoit Pompeïo Varefi, Il avoir toujours eu l’avantage d’eftre fort f agréable au Roy, jufque-là qu’avant wémequ ilvinft en France, Sa Majefté avoir témoigne qu Elle agréeroir le choix que.le Pape feroit de fa Per- fonne pour l’y . envoyer. Son Corps a cité porté à
l’Eglifè de S. Sulpice fa Pa- roifle, & de là - dans celle des Théarins, oui il avoir choify fa Sépulture.'Le dernier Nonce mort en France
du temps de Henry III. fut1 enterré àNôtre-Dame aux
’ defpens du Roy; mais com- ; me celuy-cy avoit ordonné , luy- meftne d« lieu où il vouloir que fon Corps fuft i misj on-a fuivy fes demie- ; res volontez.
M l’Evefque d’Agen eft jmortauffi. Il tenoit rang | parmy les plus grands Pré- | dicateurs,& vous n’en clou-
c •.
Champs. OîVàflüre quila
làifTé tous {es Biens aux
stfiny comme ilavoit commence,
c’eft adiré endom
nant jufqu au dernier jour
I
fait, & avec une grande modeftie il confervoit une gra-vité celle que la demandent la Dignité EpifcopaJe où Dieu Favoit appelle. Il nefoufroit chez lu y aucune Perlonne de l’autre Sexe; & quand il eftoit obligé d’avoir quelque conversation avec les Femmes, c’ef- toit avec une referve qui luy attiroit une grande vénération & un refpeéf fin- gulier de toutes celles qui 1 ’ approchoient, Il avoir beaucoup d’cfprit, & n’i- gnoroit rien de ce qui efi toit
GALANT. 217 f-oic deû au rang qu’il avoir à foûtenir dans FEglife. Il le maintenoit avec tant de
zele, que la moindre chofe qui en blelTaft rant-foit- peu la dignité, luy eftoir mfuportable. Apres avoir efté Evefque de Sarlat pendant dix ans > il fut choify par un fàint Homme pour luy fucceder dans lEveiche de Cahors. Il efl mort icy dans la Maifbn desMiffion-
naires de S.Lazare, où il avoit fouhaité depuis longtemps de mourir , fi Dicd dlpofoitdc luy hors de fo>
Novembre* T
4
croire le concours de mon,
de que la fainteté de fa vie
a attiré pendant trois jours
qu’il a efté expofé en pu.
bliç. Mrs de S. Lazare ont
montré le zeïe qu’ils avoient
pour luy, en luy faifant
des Obfcques dignes
de ce qu’il eftoit,,
Il s’eft fait depuis peu
une Ceremonie., dont la
.fin a efté toute contraire à
ce qu’on s’en eftoit promis,
Le Cas eft particulier, &
vaut bien que .je vous en
fafTeun Article, Je ne vous
* +
GALANT. 219 dirav rien que de vray. La choie s’eft paflee à Troyes, & il vous fera aifé d’en eftre éclaircie. Une jeune De- moifclle 3 ayant pris le Voile blanc dans un Couvent de la Ville que je vous nomme , eftoit fur le point de faire fes voeux. x Elle y avoir efté mifèPenfionnai- re dés l’âge de huit ou neuf ans, ôc fuivant la coutume des Filles qui dans leurs premières années ont pref- que toutes quelque tentation de le faire Religieufts^ elle en avoit eu quelque T ij
envie comme les autres.
Une Guimpe qu’on luy
avoir donnée quelquefois
luy avoit paru la plus jolie
choie du monde ; & comme
dans ces jours qui nef,
toient que de divertiflèment
pour elle, on ne luy
parloir ny de mortification,
ny de penitence, elle
s’eftoit laiflee gagner aux
charmes de la nouveauté,
& avoir crû qu’on îapplaudiroit
toujours furl’agreement
qu’elle recevoir de
cet ajuftement emprunté
Sa Mere luy demandoir à
j GALANT- 221 itemps en temps ce qu’elle Savoir defTein d’eftre. Vous t|jugez bien qu elle rcpon- '|doit en baillant les yeux, ^Religiwje. La Mere s’ac- ycommodoit allez de cette Iréponfe. Elle avoir une au- sjtre Fille que cette Voca- |tion prétendue laillbit he- Sritiere d’une allez grande }|S icceffioiï.. Elle devenoit par là un Party conlidéra- jble, & l’ambition jointe à |un peu plus de panchanc | que cette Mere avoit toû- f jours eu pour elle, luy fai- ■jfôit entretenir la Cadette r T “)
m MERCVM dans la réfolution de preiu dre l’Habit. Le temps vint, Cette Cadette eut quinze ans. On s’informa fi elle r avoir le dondeperfeveran. f ce, &foitquefon cceurne • luy euft encor rien dit pour le monde , loir qu’ellecrai- gnift fa’Mere qui té mou : gnoic fouhaiter qu’elle y rÊnonçâft^elleperfiftadans : fies premiers fentimcns, prit le Voile , & le prit d’un air ificon cent qu’on n e dou- ' ta’point qu’elle ne fuit in- fpirée d’enhaut. Peut-dire le crût-elle d’abord elle-
4inefine< Tout ce qu’on ltty lordonnoitluy plailoit, Elle Isen acquitoit avec une Igayeté extraordinaire, mais lelle ne-fçavoit pas yqftà )moins ■ d’eftre véritable-: Inient appellee, on s’ennuye 1 bien-toit-de faire toujours na mcftnc choie , & qu’il en eft, qui quoy que très- bonnes ‘ Religieufes, font réduites quelquefois à foiu haiter un peu de diverfité' pour fe délaflèr l’eiprit; ne» s fufhce que l’Enterrement " de quelque Ancienne qui? ayant affez veicu ( car en ce
t rn-Ÿ * • * * 1 111]
2Z4MERCVRE lieu-là onne fouhaite point la mort du prochain) leur donne lieu par les devoirs qui luy font rendus, de s’euiployer à quelque autre choie ? qu’à ce qu elles font obligées défaire régulièrement cous les jours. La
Belle dont je vous parle ne fut pas plûtoft Novice^que fa S ccur trouva un Party fort
avantageux. On la maria fur le .pied d’unique héritière. Elle vint voir la Novice
qui commença de trouver qu’un Point de France valoir bienla Guinr
4
j GALANT,
Ipe quelle fc voyoit. Il y a toujours je ne Cçay quoy de
1 brillant dans une nouvelle Mariée qui fauta aux yeux i de cett© jeune Perfonne. I Elle n’en dit rien^mais j| malheureufementpourfon I Aînée, elle avoit une Coin- J *
| pagne dont le Frété luy 1 avoit déjà compté des dou- | ceurs avant qu’elle euft pris 1 l’habit. Il eftoit bien fair0 | de condition égale à la fien- | nCjperfuafif quand on Eé- I coutoit} &: fi elle luy avoit | paru aimable dans fes ha- j bits négligez du.monde * i£
<
MERÇVRE trouva fa beauté fi augmentée par leVoile, qu’il commença tout de bon à fe déclarer. La Soeur qu’il a- voit dans le Couvent, avec la Novice, luy facilitoit les moyens de luy parler, & il tourna fi bien refpric de la Belle ÿ que s eftant rendu maiftre de fon coeur3 il h contraignit à ne ' luy en pas faire un fecret. Ils fe voyoient fort fouvenr, & s ’ écrivoient quand il ne leur efloic pas permis de le voir. Jugez du chagrin de
O O
la Novice. Elle avoit fait
VAJLAIN i- 227 un grand pas. Sa Mere e£ toit d’humeur à ne luy pardonner jamais. Le temps de hProfelhon aprochoit toujours^ elle ne pouvoir plus eftre heureuïè,.qu’en épotu faut celuy qu elle aimoic Son Amant renhardifloir à le .défaire de la crainte
qui l’empefchoit de parler. Elle luy promettoit meiv veilles ■ mais des qu’elle eftoit avec fa Mere ( car fon Pere ne vivoit plus) (es ré- folutions sevanpühïbicnrj jufque-là^ quelle luy laiflà arrefter le jour de lacéré-
monie de fes Voeux à uns
mois de là, & n’eut pas la
force de s’y oppofer. Son
Amant fut au defefpoir de
cette nouvelle, & il auroit
couru rifque de n’eftre jamais
heureux, fi une fievre
très-violente n’euft enfin
emporté la Mere en quatre
jours. C’eftoit le Seul ohflacle
vice.
qui arreftoit la No-
Cette mort la rem
doit maiflreflè de fès volontez
& de là perfonne,
& elle commença de donner
des aflurances plus positives
à fon Amant, qui
GALANT. Z2.9 continua pourtant de trembler quand il Iavir obitinée à laifler aflembler les Pareils pour la ceremonie dont on avoir arrefté le
jour. Elle le pria de le trouver proche de la Grille, & de ne s’inquiéter de rien. 11 y vint tremblant* mais fi propre, que comme on fçavoit qu’il voyoit quelquefois la Novice, on luy dit qu’on ne devoir pas dire lurpris qu’il vouluft faire honneur à fa Fefte.
L’Aflèmblée fut grande. On fit tout ce qui précédé
4
la folemnicé des Voeux 3 &
enfin il fut queftion. de vt\
ïiir à la Novice pour luy
faire déclarer le deffein où
1 oncroyoitquelle fufteru
on dit, que. demande^-vous?
que d’une voix ferme , &
fans balancer, Voila 5 dii<
elle, ce que je demande, Elle
montra fon Amant en difant
ccs mots, & protefta
qu’elle le prenoit pour
Mary, comme elle fçavoit
qu’il vouloir la prendre
pour Femme. Jamais il n y
doit. L’Amant charmé de
la fermeté de la Mailheflr,
fit paroiftre tant de reconnoifian.
ee , & parla d’une
maniéré fi. pleine d’amour
aux Parens de cette aimable
Perfonne, qu’ils ne purent
fe difpenier de luy eftre
favorables. Ainfi quelques
jours apres, ils s’aflemblcrent
tout de nouveau
pour une Ceremonie
bien diférente. de celle
qu’on n’acheva point, puis
que ce fut pour les Noces
des deux Amans. Elles fe
gtie de l’avantage qu’il trouvoit dans l’heureux
fuccés de fon amour.
Le Samedy . iz. de ce mois, Meffieurs du Parlement s’aïlernblerent à la Grand’ Chambre félon la
coutume, ôc forrirent fur -les dix heures pour aller entendre la Meflè, apres avoir efté avertis que Mon- fleur l’Evefque de Luçon qui la devoir célébrer Pon- tificalement, eftoit preft. Elle fut chantée par la Mu-
r
GALANT- fique delà Sainte Chapelle, à laquelle oh avoir adjoûté quantité des plus belles Voix de Paris, La Meiïè eftant dite 3 Monfieur dé1 Novion Prerhier Préfidènt amena1 ce Prélat à la Grand5 Chambre. Tous ceux qui copofènt cet augufte Corps' le îùivirent, & prirent îeur& places à.îordinaire. Apres' quoy, Monfieur le Premier Préfident remercia Moniteur de Luçon. Ce quil dit fur court, mais fort bien.. penfé3 & en tres-beaux termes. M/ de Luçon fit fb® Novembre.
. ^4mercvr
Compliment en fuite, &
remercia Mr le Premier Président
à foji tour, de ce qu’il
avoit bien voulu le choifir
pour faire POuverture du
Parlement. Il parla des belles
qualitez de Moniteur
de Novioiij, &: comme la
matière eft ample, il luy fut
impoflibLe de finir ILtoft.
Il fit voir par le tour fin
qu il donna à fes penfées,
quil parloir en Homme à
qui l’éloquence eftoit naturelle.
On n’a pas lieu
d’en eftre furpris. Il eft
d’une Famille ou il y a inJL
-J- & fi
Uü L/iNT. 2,5$ , gniinent de lelprit , & le noinde Banllon qu’il porte perfuadcra toujours aifë- ment de tout ce qui fe dira à fon avantage. Les Com- plimens- faits, ce-Prélat fe rendit à l’Hoftel de Mon- fieur le Premier Préfident^ qui dés Ventrée de laGrancT Chambre avoit prié tous ceux de fa Compagnie de venir difner chez luy. Le Repas fut d’une magnificence à laquelle il ne fe peut rien adjoûter. Les Harangues ayantefté remifes à la fin dumois^ je paf& à celles
’V’ ij
^6 MERCVRE qui furent faites ce meftne jour à la Cour des Aydes.
Motifieurle Camus, Premier Pïéfident, en fit Fou- v.erture, fuivanr Fufàge ordinaire , par un Dilcours. plein de grâce & d’érudition ôc auquel il donna, tout P agrément poffible par la beauté de la prononciation. Il fit voir la nei
eeffité dans laquelle les Ma- gtflratsfè trouvaient engage*^ de s'établir dans un état de
liberté & d* indépendance^ pour pouvoir refifier aux prières > aux menaces aux
(îon de fis droits dans états. heureux ou walhuu
veux de la vie 7 effioit le ritable partage de la Magfi traturè. Il adjoûra^ filmant la penjée d'un ml cién Philofiphe , l'Hoînm fifle eftüït un préfint que le Ciel fiu[bit aux autres Howl s^es pour leur utilité commune > & quil eftoit fimbU- ble a ces Fontaines qui répandent gratuitement & avec ab ondance leurs eaux fila- taires à tous ceux qui en oni
nette fie jwvre &vec courage
& avec fodmifflon les mouvemens
de leur confiience9
& les décifions des Loix3 &
qn ils en croient les Depo~
fitaires & les Protecteurs^
mime les Anciens avaient
autrefois donné cet avantage
à Apollon ïnn de leursDieux9
n ayant pas voulu commettre
le foin d'une chofe fi prétieufi
A. J ViVvrT’i
u AL AN 1 • 241
aux caprices & aux irrégularité^ de leur'imagination. Il die à Mrs les Gens du Roy, Glu ils eFloient fim- blables à cet Officier des anciens Rqys de Perff qûimar- choie, toujours devant eux avec un Flambeau allumé quand ils fort oient en public^ & qdils dévoient par leurs lumières tirées de la dff option des Loixdiffiper les objcurite^ des Affaires quand elles paroiffoient aux yeux de la hffice. Il finit en exhor-
»
cant la Compagnie de sut- ré-
tacher avec une extrême Novembre. X
242 MZ: i<l7 KSJ L %V / Kil n***
gularité à U'adminiJlration
de cette*luftice 3 puis quun
illufire Payen arvoit dit au.
trefois à un grand Empereur
que la pureté de la lufy
asuoit fait les premières Di,
winitez.
■ Mr Ravot d’Ombrc val,
Avocat General de cette
Compagnie, parla en fuite,
& dit y Qu autrefois on sef.
toit contenté, de la fîmple le-
^me des Ordonnances, pour
remettre devant les yeux des
Juges les réglés de leur devoir
au commencement d#
J GALAMT.24? f temps avaient rendu cette . Journée plus célébré y fins < fi on euft pourtant méprifé y U méthode dinftruire ces wiefines luges par U voix du i Précepte ; Jfue rien ne don- J voit une plus haute idée dé fia Magiftrature 3 que quand | le luge eftoit regardé comme | l'image du Souverains éfiil n entendait point parler d'un luge formé par la feule ambition 5 mais d'un luge dont léentendement éclairé £ÿ la volonté invincible a fuivre toujours lesfentimens de juf tice faifilent un modèle de
i X ij
2-44' MER CVRH perfection; d'un Iugefqavam < Cÿ vertueux 5 tenant plus dç ■ la raifbn que de la nature) y ; a qui il ne manquait rien ■ pour le bonheur des Rayais ; mes , que l'avant âge défin immortel^ue l'éclat de la ■ Pourpre & lautorité, qui accompagnent une FonClitm : f augufie 5 ne rendaient p& ; les luges indépendant $ ; maiCtres abfolus de leurs de- cifions ; qu au contraire ella .eSloient les marques &3 Fa premiers titres de leur ajfe* jettijfement à la Loy ; qtie leur nom meflne les obligeai
J
GALANT. a4y
■
d'en pojfader parfaitement < Pétrit, d'en faire appli-
■
utwu a, tous les diférens . qu'ils décide ient\ faue quel- | qMS Sâges de P Antiquité
cmoient appelle la Loy Pâme | du, luge, parce quelle déçoit l relier toutes fis actions 3 le déterminer en tous fis cm- fedsy & luy fer^ir de guide infaillible affurée dans toutes les difficulté^ qui P em- h araffinent, & que comme les motuvemens du Corps apres la féparatîon* de l'Ame ? ne fini plus les actions d'un Homme, de mefine un Juge X iij
24-^MERCVRE quinobeïjfoit point & la>Loy n efioitpas unverit&ble Iu^; qu'il efiaitfeulementHommr & me fine quelque chofe qui ne méritait pas un fi beau nom ; Que les premiers gifhteurs de Grèce & de Rome, pour empefeher que d&ns la fuite des temps ou nes écurtafi de la Loy a- oientfeint qu ils V'aboient apprifê*'dans plusieurs conférences asvec les Divimte\ de leur Religion ■ gy7 qusn -effet fiât qtion lu confident dans fi éternité, avant quelle fufi expofée aux yeux diï
Homme* > & telle qu eue ej<? toit en Dieu 3 fait.quon la regardaft dans le temps comme le chef dy oeuvre d'une fa- gefie& d’une prudence achevée le luge efloit tod/ours obligé de s y conformer 3 -dilue l'Hiftoire qui nous apprend que des Royaumes ont efté des fie des entiers fans Loy écrite 5 bien loin de détruire cette vérité-> l établijjbit invinciblement y puis qu'elle r^ns fait connoiftre que le Roy & la Loy eftoient une mefme chofe > (ÿ que fis paroles eftoient autant de Dé-
X iiij
I
GALANT. 249 | faire autant d'Articles d'Or- | donnances- qui il fie prefentoit de diférenses efpeces fur lef quelles le luge efioit obligé de donner fes décifons; Qfil y avoit entre le luge & la Loy un de ces mariagespolitiques où elle confervoit toute la fupérioritéy & où elle em~ pruntoit du- luge le droit de fi faire obéir ; Que fans luy j elle feroit dans une impuif 1 fiance continuelle*. Que fans
1]
1
3
)) continuelle• fans luy les Hommes qui ont perdu par le péché la fimpathie avec le véritable bien* &qui fen~ sent une augmentation de
♦x
>s
■3
t
m avantagepour unRoyau,
me j lors que la L<y animait
les Juges 5 & que les Juga
efioient T organe de U Loy
Que cet avantagefetrowvoït
en ce Royaume plus parfiitcment:
qtlen aucun autres &
quon de<vvit eftre feur de fi
continuation fous un Monarque
qui fqavoit parfaitement
unir aux vertus d'un Conquérant
5 les lumières des luges
les plus éclaire^ qui
GALANT. pourrai t din véritablement ce que Libanius fit dire au ■ plus puijfnt des Dieux, que la Juïtice eft affile à fes cotez 5 & qu’elle luy fert autant que la Foudre êc le Tonnerre pour gouverner le Monde; Que c eftoit une grande gloire aux luges devant qui il parfait, d'avoir un[î beau Mode lie, puis, que l'imitant en fi luftice 5 ils méritoient V eftime du plus jîifle de tous les Roy s ?
s attiraient en me fine temps le respect & la vénération des Peuples ; Que pour luy,
encor une parfaite Copie en
leurs perfbnnes qui le confirmaient
d&ns Ia réjblutwn
quil A^uoit prifi de s'unir
pArfiiieement a. U Loy.
CesDifoours quicftoient
tous remplis d’éloquence,
me font louvenir de celle
qu’on admira dans le Sermon
que Mr de Griçnan fit
à Verfailles le jour de Tousles-
Saints 3 en préfonce de
Leurs Majcftez. Il foroit
difficile d’exprimer les apGALANT,
plaudiflémens qu’il en récent. Le Roy luy-mefme l’en félicita, & eut la bonté s de luy dire qu’il n’avoit
?
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U s } K J »
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1
s
jamais mieux entendu Prêcher.
ML l’AbbéDefniaretz, & M‘ l’Abbc de Bezons, ont elle nommez pour cftre Agents du Clergé dans la prochaine Aflcmbléeo Comme cet Employ demande des Perfonnes d’un grand mérite, on ne peut douter qu’ils ^n’en ayent beaucoup. Je vous en in- forxnerayplus amplement,
*
t
quand ils agiront pour le
fervice de l’Eglife &
Roy. Je ne vous en parle
aujourd’huy que pour vous
faire fçavoir leur Nomination.
Sa Majefté a donné le
Régiment de Champagne
à Mrle Commandeur Coh
bert. Il fe fignala dans la
journée de Cateau. Aufii
peut-on dire qu’il ne contribué
pas peu à faire connoiftre
que la valeur n’efl
pas moins* arrachée à ceux
Maifon, que la prudence
& l’elprit.
A T A
1 * 255
Mr de Brouftèlles, Con- feiller au Parlement, eft mort depuis peu. Il eftoit pils de feu MMeErouflelles Confeiller de la Grand’- Chambre s fort eftimd dans la benne. Il méritoit de l’efîre, & par l’intelligence qu’il avoit dans les affaires, &par Fexaâe jufti- ce qu’il ren-doit.
11 y a des choies, qui quoy quelles fe faflent fou- vent pendant le cours d’une année, ne laiflcnt pas d’avoir un jour particulier où elles fo font plus folenv
vertifiàntcs aufli-bien que
des ferie ufes. LaChafTe,ap.
pellée de Saint Hubert,parce
qu’elle fe fait le jour ou
l’on célébré la Fcfte de ce
Saint , eft du nombre des
donna le divcrtiïlèmenc ce
jour-là avec Monfeigneur
le Dauphin, Monfieur, Madame
, 8c les Perfonnes
Cour, de Fun & de Vautre
Sexe. Les Dames eftoient
toutes en habit de-ChafTerefies.
On laifla courre un
0
U l, /i H î « 257'
Cerf à Fofer - paule 5 qui
donna beaucoup de plaifir
aces IlIuftresChaiTeurSà II
alla barre le Bois Beranger,
& le Bois de la Selle, êc s’en
revint dans fon païs d’où
onlavoit fait partir. Il y fut
pris apres s’eftre fait relancer
plusieurs fois. Monfieur,
& toutes les Dames,
fe trouvèrent à fa mort.
Tous les Bois eftoient remplis
de monde,& il n’y avoit
point d’avenue qui n’en fût
couverte. Le Roy court
quatre foi s la Semaine tantôt
dans (on. Parc de Ver-
Y
MERCVRE failles, & tantôt dehors. On
peut juger par ce pénible & continuel exercice, où rien ne l’oblige que fon di- vertifTement, que les fatigues d’une longue Guerre n eftoient point capables de l’étonner, & que s’il a renoncé à vaincre, ça efté moins pour s’acquérir du repos, que pour en donner à toute l’Europe..
La mefme Fefte ayant donné lieu à une autre
ChafTe, elt caufe du.plailir que je vous vay donner par la lecture de deux Ler-
très dont on m’a fait part.
MeÆieurs les Chevaliers
de Lorraine & de Marfan,
Mr le Grand-Mairtre,
r Mrs le Marquis de Termes^
\ d!Effiat)& de Mamcamp,
* & Mrs du Boulay , & Chapelle,
ayant demandé à Mr
le Duc dfe Saint Aignan fa
Maifon de la Ferté Saint
Aignan prés Chambort»
pour y faire la Saint Hubert,
ce Duc qui fait
fon plus grand plaifir d’obliger
de bonne grâce, leur
accorda aufli-toft ce qu’ils
fouhakoient. Ils s’y rendirent,
& pour luy en mar..
quer leur rcconnoiffance
M' Chapelle, dont le bel
clpritvous ed connu, ky
envoya les Vers que vous
aile z voir , dans lefquels il
fait prefque par tout allu.
fion à la Chaflè d’un fu.
rieur Sanglier que M1 de
S. Aignantua autrefois, &
dont le Portrait eft dam
la Salle de cette Maifon, il
parle fur la fin d’un autre
combat plus périlleux, lors '
que ce mefme Duc fe de- ;
fendit avec tant de courage U
<k de valeur, contre quatre
Hommes qui eftoient venus
l’artaquer. Cette avanture
fi glorieufe pour luy,.
eit fçeuë de tous ceux qui
ont un peu de commerce
dans le monde,
DE Mr CHAPELLE,
A Monfieur.Ic Duc de S.Aignan.
G Ranci Duc en tout., tout
merveilleux^
Sur tout pour efirc ajjezjoeureux
D'aveir ^contre tapropre attente^
Sorty de cent dangers affreux^
Et nonfeulement de tous. ceux
4
Que pour le Pals M ars prc fente-
Mais ce que plu# en toy je vante,
DemiHe autres ExploasfimetiK
Que ta grande Ame impatiente
De P atx,^ non jamais contente,
Qtf elle rt affronte le trépas,
D’un noble feu toujours brûlante,
En tant de périlleux Combats
Dont le feul récit wi épouvante,
Fit naiftre à tout propos., & par
tout faite tes pas.
Qu'avec plaifr la Compagnie
En qui ton accueilgraiieux,
A Toury "redoubla i’envie
De fe voirvifte en cesbeauxlieux,
Y contemple de totte fès yeux
Ce Monfre vraymentfurieuXy
Qui fans ton FcrvichrPux
Eufi partout fa rage affbuvie,
tjr AL./'ïN 1 •
Et dont Cécumante furie Capable de vanneries Cieux* Et £ajfimbler les DetnyDicvx* A tout autre qu'à, tty rieuftpeint lai fié de
Mais quoy.fi- Befle £ Erimante^ Pour qui la Grèce eut lefrtjfin* Quelque rude cfinaiivaisGarçon Quefon Mèleapre elle vante* Hytout ceq£ Fiorner e nous chate De Phénix & fin Nouriffon* Dont la celere trop confiante* Et le trop cuifant Marîj[fin9 Pour la perte £une Servante* Cobla de tant de morts levante* Hefont de vray qtd uiieChanfin^ Au prix de ce que le Cau (fin A veu de ta valeur brûlante*
D une bien plus qyterriere & toute autre façon
2}arta Divinité je jure
Que jamais rien ne $ efi offert
Au petit talent de nature
I Qui fbavent affizjfien me fri.
Pour ofer faire une peinture,
Rten dis-je tel, que ^-avaniur^
Dont fat témoin l'affreux Defrt}.
Où me/me encor je fens que dwt
Pne horreur dontfeulmeraffen
L'a ffecétoujours riant & vert,
De ton cours qui de loin m*en trw
la ceinture.
ÿun Hères à qui l'on écrit,
il faut que je le die?
Comme jamaie le Ciel ne vit
Rien d'égal à t eut .ce qu'il fit
TUm ce bel endroit de fa vie^
Rien au fi n'aurait pu me donner
tant d'efprit.
i
■| REPONSE IMPROMPTU
•3
De Monfieur de S.Aignan,
J A Itnahle & brillant Chapelle*
i A Enfin[vivant monfovhaiî *
L ettre fie avant? & belle-
;-•«
•' '•< r-n
q J a
p, Vient me rendre fat je fait?
| Car fans blâmer le^ènîe
J De ceux de ta Compagnies
ÏDentlestalens fient divers.
: *1 *r * fifinia rai fin nef trompée*
Ifiapoinie de leur Epée
| faut bien celle de leurs Vers.
1 Novembre. 4 ♦ •*
J
Z
H
Ce nef pers que ta Flamberge
2/epufl prouver taviqueur^
Et qu en mon petit Auberge
Elle ne fifi voir ton coeur.
Ees Sangliers déniés Boccages
D demeureroient pour gage s s
Maisfay de fort grands foupcon^
Que tu croit plus raisonnable
De les percer for la Table,
Que dans leurs affreux Buiffbns.
Ven reviens'donc àta Mujet
Et je fbûtiendray ce point,
Quf il faudrait eftre bien bufe,
Si don ne l ’’eftimoit peint.
Comme on. tient pour des merveih
Z es fruits de tes dalles veilles,
Quand PhèbtM vient t’embroefti)
Don humeur libre égalante,
Far mille agrément sachant?
Ml 1
Ceur> qui tentendent jaxer.
•sJkà
Tes beaux Vers fontfur mon ame
Jlignes d3 admiration-$
J)e Monfiettr & de Madame
.ils ont r approbation ;
J}'un Prince tout plein-d'efilme3
De qui Id offrit eft fablime*
J Is feront tout Dentretien ?
268 MER.CVRE Mes Poiffons* Forain?* Enfin* tout leur efi fourni.
Mais dis de plutfi tu ni aimes* ' <f4u jeune Prince Lorrain*
Qui par des efforts extrêmes Fit ronyr les Baux du Rhin* Que quand le De fi in contraire Ramena fin brave Frère* Dont cbez^ mey chacun pefta* .Mon ame alors defilèe 2\7e put efire confolèe Que parce quil y refia.
O Chapelle* que fefiime* Et que f aime tendrement. Soie certain que cette Rime Eftfaite dans un moment'» .rfêtonge ta promenade* Redouble fisucc & grillade Dans mon antique Maifrn^
GALANT.
cependant je vay boire fa frnié deçà la Loire ; 5^2? à wt en faire raifort*
Comme les chofes qui : font belles d’elles- mefmes ont l’avantage de ne point •vieillir, je croy pouvoir j mettre icy la Ballade que ■ Mr le Marquis de Mont-- . plaifir 5 Lieutenant de Roy ? d’Arras, tres-confideïable pour fa valeur & pour fon fçavoir, envoya à ce Duc, accompagnée d'un Motif- queton qui tiroir fept coups, dont il luy fit pre- fen, apres le combat donx Z iij
WA
-7n ww R r v t?
il fortit avec tant d’honneur
contre quatre Hom
mes,
BALLADE,
Army les Bois & laçaye'Uiïdure
Où va cherchant fervent ma-inic
avanture^
.Silnfïaue voua^ tout gentil Ch&-
valieï\
Bars $ue chez vouâ voue allie*
* # F * " ’
vqîùs ébatte y
Quatre vends voue dèfir/\
Voue avezjait (dit- on) leDaddt
a quatre,
JE# coucher deux roides morts w
► h
CY AT A KTT'
1 - 271 jf mettre encor en fuite le dernier Z Ott&y que bief f comme un Démon fe battre l-
Dam Chevalier, onnelefeutnier^ bien faire le Diable à quatre,
lg.
Zfj Demf Dieux fifiers de leur nature,,
A7’ezffentpas fait telle dèconfture3 S'il cuf fallu tel péril efiuyer, Celuy quifcettt tant de Monfires abattre,
s
dë’eufi pat ofè cotre deux s'eflàyef £tvou-sfiei^ncur,faites le Diable à quat re,
| ENVOY.
! F» Moufqueion fpfe vot&s en-
* voyer^
Avec lequel fil veue plaift de combattre*
Z* • ’ •
111J
1.TL MERCVRE y&tM en fourrez^ Seigneur, fift défier*
^tyres avoir tant fait le Diable à quatre.
Je vous ay promis des nouvelles de ce qui s’eft pafle dans nos Armées pendant: les deux derniers
Mois. Voicy celles d’Allemagne. Quand les François (ont Maiftres d’une Place, ils en fçavent tirer tous les avantages qu elle leur peut procurer. Le Bourg de Chenaux ayaiÿ, refuféde payer les Contributions qu’il devoir, & fc
JesPaïfans armez qui le de- fcndoient, & plus encor fur ce qu’il eftoit éloigné de 14. liciies de Fribourg 3 NC Mathieu qui commandoir dans cette derniere Place,.
1
i
s’en rendit maiftre il y a deux mois avec un détache
»
t
ment de fa Garnifon, Il fe
retira apres y avoir fait mettre le feu. Le Prince Charles
qui en eftoit fort éloigné, faifoit cependâc trembler Frankendal, Wbrms,. & Mayence, & caufoit de grands defordres dans tout
le Palatinat. Ses Troupcs brûlèrent plusieurs Villa, ges 3 ôc par Fincommôditd quelles apportèrent à ceux quelles dévoient foulacreq on peut dire qu’elles 1er- voient bien le Roy 5 puis qu’elles ne le faiioient redouter que des Amis de l’Empire.Pendanrce temps M1 de Créquy donnoirdes Sauve-gardes à la Ville de Spire , &faifoit aporter des grains dans fou Camp par les Bourgeois de Neuftad3 Ville du Palatinat. M' de la Fice?Lieutenantdes Car--
a
des du Corps* eftant allé
au delà de Landau*rencontraunParty
des Ennemis3
prefque auffi fort que celuy
qu'il cornmandoit. Il le'
bâtit. Plus de quatre-vingts
demeurèrent fur la place*
avec deux Capitaines*
plufieurs Officiers..- Les
Noltres amenèrent plus de
cent Chevaine Ml le Males
Fourrages de la Baflè
Alface* vint au Camp d’Inguiler.
Il alla en perfonne
vifiter le Chafteau deLîch276
MERCVR& tcmberg, défendu par une groiTe Garnifon Impériale, & par un grand nombre de Pa'ilans, La Brigade de la Roque, les Dragons de Telle, deux Bataillons, fe -faifirent de toutes les avenues.
Voicy le Plan de cette Place eftimée dans le Paü plus forte que n’eft Fribourg. Vous allez croire, o 5
apres que vous en aurez examiné les Fortifications & les Attaques,que je vous vay donner à mon ordinaire un exad & ample Journal des neuf jours que
M^NDE LA VILLE ET DV CHASTEA»
DE LIECHTEMBERG
' . Frise Îct6. Octcdrr& 1678
^CBccstLOTis
^gRahssadeo
æj
g. TTLusoii opte L’on perças.
La, vH, epue les c-ruicmis on
Bndlee cri se retirant dcvns
le CiwateciLL
^.qjSlcl o OjQj. Hlmes
^Tranchées
g. Traverses pour aller auoc
rames
Æ)
6\Batterces
7J
B
scl.
(dhasteau. J7^r <vtz Ihjc escarpé
de toutes parts le quelFoc
est encor sur cône cIYLontagfie
béDonçoTV dit Chastecuc
IglRusc. nis
&
■f. Bastionq.
Farte du. Ckasteau.
“• ' <L^F?<r deg or de- et barrière
de la,parte
i- Rremi&re parte
l. Fosses du- Chasteau, dans
le Roc et reuestus
un-Fosse dedeej-durse lorcol-c
n Fausse tredge
o Tourque tort perça et ou tare
eotabüt. v?i logern&nt
p .Causse parteppaur aller de
ut rude cul C./iaoteaiL
g. Idlcuscrn- du. corps degarde
r Contres carpe et chemin.
coiuce-rt
s c7Ylcuson restes de llncendie
que ton- perça pour condnuer
ta tranche!
t Corps degarde
Fn—p
YÏLuradCdela^vilLe fo^
per ça pour aller le long de
laJxLussedrra/ye
>x
7
GALANT. 277 # Siégé a duré. Quoy que je vous aye toujours fait (çavoir jufqu’aux moindres particularités de tout ce qui s’cft païTé en de pareilles occafions, n’attendez point la mefnie chofe de moy dans cellc-cy. Je vous manque pour la première fois, ôc j’y fuis forcé, parce
que nos Braves ont manqué à m’envoyer des Mémoires. Ainfic’cftplusleur faute que ce ti’clt la mienne. Mais ils font tellement
accoutumez aux grandes Actions , & ils en font fi
■zft MERC.VRE Touvenr5qu ilsn’y refléchif. fènt pas. Le nombre eft .caufe qu’ils les /oublient & apres qu’ils ont vainc^ ils aiment mieux chercher
de nouveau à vaincre 5 que d’employer le téps à écrire ce qu’ils ont fait. Ceux qui défendoient la Ville de
Lichremberg, voyant quelle n’eftoit pas en état de foûtenir la vigueur de nos Troupes , y mirent le feu, & fe retireront dansleChaf-
reau. M deCréquy fïtavaîi- cer le Travail , faire un Logement fur la Contre^
t
, GALAHT. 279 carpe. M" le Comte de frdontperoux eut fon chapeau & une main percée d'un coup de Moufquet5 ni parlant à ce Marefchal. Trois autres à qui ce General montroit ce qu’ils avoient à faire, forent dan- gereufement bleffez auprès de luy dâs le mefnie temps. Il y en eut deux autres tuez fur la place. On perça la muraille la nuit fuivante.
9 pour faire la defeenre du Fofie ; mais parce que le P.oc y eftoit ferme, on n'a- yança pas beaucoup. Pen-
dant ce temps 3 les Impériaux
firent entrer beaucoup
de Troupes dans
Strasbourg, dont la Ville
eft fort incommodée. Le
Commandant de celles de
fEmpereur qui défendoit
Lichtemberg, voyant plu,
fieurs Mineurs attachez,
ncn voulut pas attendre
l’efFet. Il obtint les conditions
ordinaires à ceux qui
fe font défendus en Gens
de coeur. Le Commandement
delaPlace fut donné
àML Bertrandy Lieutenant
Colonel du Régiment du
pleflis. On y trouva trente
Pièces de Canon , & quantité
de Fourrages,.’& de
Meubles prétieux qu’on y
avoir apottez comme dans
une Place imprenable. Le
Prince Charles la croyoif
telle. Une de fes Lettres
qui foc furprifé le fait connoiftre.
Il écrivoit au Prince
de Baden qui eftoit dans
Strafbotirg, V Empereur
n avait p&int de Sujet
pi pufi luy vendre wn ferrdice
plus conjidérMe q^e
cduy que luy rendait Ml le
■•Mare/chal de Créquy en aj£
Ntreembre* A a
fie géant Lichtemberg > pf de l'humeur dont 'ce Gemwl eftoit, il ferait périr toute fin Infanterie ayant qued^ bandonner cette entrepùfi ; gftge fi -Cavalerie pourvoit aufi manquer de Fourra^;
il n en remporterait m autre chfiqueledefivanî^ ve de voir diminuer tous Us O joursfies Troupes par le firÿ par lafiimfue de la maniéré qu'il comoijfiit cette Place, & T Homme qui y comüt doit, il eftoit feûr y quyii mefine Ml de Crcquy sobfi meroit fix mois à ce Siqfi
♦ <
GALANT. 283 fil fcroit contraint de fè retirer honteu/imenty .Qu'il eftoiê furpûs qu ’apres tous les mowvemens qu on luy avait vea faire > il fe ffi âttacké au Lieu t£ Allemagne A plus difficile accès ; f il filait neceffairemenè fon l'eufi trompé. Cette Lettre fut caufe que lors qu’on vit le Gouverneur de Lichtemberg àStralbourg-. on luy dit quil devoir s'attendre à eftre pend u en arrivant à f Armée du Prince ■
Charles ? puis qu’il avoir ■tendu une Place qu’il auroit A a ij.
284 MERCVRB pû défendre un an entier contre la plus grande Armée. SaFemme qui entédit ces paroles > s ’ évanouir. Le Prince Charles eftoit fi bien perluadé de ce au il avoû Ç ■ S
écrit, que quand on eui cefle de tirer dans la Place, parce qu elle eftoit prile, MtS de Srrabour<r luv avau;
J é envoyé dire qu’ils n’enter doienr plus le Canon, ï répondit que ce qu’ils b mandoient, le rapporte: à ce qu’on luy venoit à faire fçavoir, que Xt Créquy avoit levé le
Cela, luy doit faire beaucoup
de peine s adjoûta-t-il, car
cette Place confia peu de
monde. M7 de Tracy, O ff
ficier d'une valeur ôc d’une
expérience confommce ? y
fauconneau. Le melme
coup tua Mr le Chevalier
de S. Hilaire, Coxnmiflàire
de l’Artillerie. Rien ne
l’obligeoir a fe trouver
dans le lieu ou il for tué,
nais il vouloir partager le
danger avec fon General
■çsi alloir rcconnoillre un
endroit propre à faire atta’ : I quer la Place. Le3 circonf. [ tances de cette mort fond dignes deftre remarquées, l Il eftoit Fils de M1 deS.Hi J laire, Lieutenant GeneraU de l’Artillerie , qui ayants eu le bras emporté du; Boulet de Canon qui tua NT de Turenne, ne vefcw
J
apres luy que quelques t: momens. Ainû le Pcre eC le Fils lônt morts chacun-., d’un coup de Canon chacun auprès de fon Gc-’ neral. Cela foie voir que fr ceu^Qui commandent nos;
A
c
Armées, ont fi Couvent la
(rloire de vaincre, ce neft
pas fans qu’ils s’expofcnr
beaucoup. Mrde S.Hilaire
le Fils voyant fon Pere à
l’extrémité dans lamalheu-
; reufe occafion qui nous
coufta Mhde T iirenne, vou-^
: lut luy donner quelques
larmes 5 mais ce généreux
s Pere luy défendit de le
plaindre, & l’envoya pleurer
fur le Corps de fon General.
Le Pvoy pour récompenfor
fes iervices, l’honora
l'année paflee, avec M’ le
Marquis de la Frczelicre,
4
M
I s
• *
►
288 MEkCVRE [ dû Brevet deMarefclîal dé | Camp. NT deMbrmaix F re de celuy qui vient d’eftre’^ tué3ôe digne Ecolier de ion ï Pere „ commanda TArtiLd J : . k , .
ïèrie apres iajmort, a la 5 Retraite de noftre Armée.1 » * ♦ »
• •
11 la commande prefènte. ment dans le Corps d’Ar-< mée dont M’ de Calvo a la? conduite.. Sa modeftie aj toujours empefehé .qu’on 1 n’ait feeu que ce fut luyj; qui monta le premier fur le 1 Rampart de Valenciennes, f 6c qui tourna le Canon fif à propos fur la Ville5,affifté;
de
GALANT. z%9 deM1 de S.Hilaire fon Fre-^ re, ôc de quelques autres Commiflaires. On a auffi perdudevât le Chafteaude Liechtemberg Mr le Chevalier de Vaubecour, Capitaine dans le Régiment de Mr le Marquis de Vaube- cour fon Frere. Ce Cheva-
►J
lier3 quoy qu il n’euft que dix-fept ans, avoit déjà fait plufieurs Campagnes, ôc s eftoit fignalé à la pi ife du FortdeKelh Ileftoitd’une
des plus illuftres Maifons de France. SonBifayeulfi.it blefle à mort au Combat
Novembre* B b
o no MP U r VP
d.'Aumale , en iervant le
Roy Henry IV. Et fon
Ayeul Jean de Netancour/
Comte de Vaubeco.ur, Chevalier
des Ordres du Roy,
reprit Javarin, & fut cflro.
pie en petardant Belgrade.
Comme vous aimez quon
rende juftice à tous les Bra- ■
yes, je me perfua.de que;
cette digreflion en faveur
de deux ou trois P.erfonnes :
dun grand mérite, ne vous
aura pas déplu. Ces Braves
ont répandu leur fang. On
n’en. parlera plus, & ce [ou- ;
venir eft le moins qu’on
i. 291 doive à des Familles auffi confidérablesque celles qui faffligent.de leur mort. Je jeviens à noftre Campagne, de Créquy va en quatre jours du Camp d’ Ing- veiller en celuy de Molf- beim. Ce Marefchal fait faire un Pont fur le Rhin, oui ayant alarmé le Prince Charles , l’oblige à le remonter pour s’approcher des Places qui luy relient dans le Brifgau. Il ordonne des Fourneaux pour faire fauter les Fortifications ^Offcmbourg. C eft eftre Bb ij
292- MERCVRE bien foible, que ne fefentir pas en état de défendre une Place qui avoit cife fortifiée avec tant de foin:
I incontinent apres que nous ï eûmes pris Fribourg. Les? Gardes fe rendent maifi
*
Eres de vingtChariots quon S conduifoir à Strasbourg. Mr de la Feüillée fait entrerun
. s • ✓
Convoy dans les Forts duï Rhin. Mv le Comte de B Schomberg, à la telle de ff quelques Officiers -feule- p ment , bat un Party de-J cinquante Maiftres, &eîv' prend trente. Les Troupes
de FÈnipereur continuent à delo&r leurs Alliez, & ravagent les environs de Mayence.- M1 le Duc de la Ferre eft détaché avec fa Brigade , celle de Normandie, pour aller joindre Mr de Monclar à Gravenf- tadjàune heure & demie de Strafbourg. Elles y arrivèrent à quatre heures du foir, &: allèrent camper à Ille- kirc , une demv lieuë en. deçà, à la portée du Canon. ME de Créquy y amena luy- mefme de nouvelles Trou-
î94MERCVRB J cet endroit un double Folle qui va de la Riviere d’îll au. Rhin. Les Allemans l’apJ pellent Landvverdt. 11 e{? toit garde par une Tour ou. les Ennemis avoient environ eent Hommes. Un peu' au delà eft un grand Canal fort profond qui va de Strafbourg au Rhin, & qui forme entre le Canal des- Forts de ce Fleuve, ce qu’on; appelle lT-fle des Bouchers. C’eftoic par dedans cette^ ïfle que ceux de Strafboiu g s’eftoientconfervez lacord munication libre avec OP
GALAblT. 295- fembourg. Ils s’eftoient retranchez dans un Moulin & dans une Maifon fur ce Canal, qui eftoit alfez près de la première I-fle du Rhin ou leur Pont volant abor- doit. O n marcha avec quatorze cens Homes-de pied, & fix Efcadrons 3 droit à Landvverdt. On lailfa la Tour fur la gauche, & les Troupes n-’ ayant trouvé perfonne derrière elles, firent en peu de temps un Chemin pour faire paflfer deux Efcadrons -,-apres quoy on avança fur le bord dü B b iiij
ME
Canal pour y travailler à
une Baterie, afin de faciliter
les moyens de faire un
*r? m .77 |
b*
9
Ç>dd/r ♦ . «i1
/
4 •
Pont fans lequel il auroit
efté impoffible de paffer.
On fit auffi fommer laTour
ÏL-toft que le jour parut.;.
L’Officier qui y commandoit
ayant demandé à voir
lé Canon, on le luy montra,
& il fe rendit prifonnier
de guerre, avec quatre-f
Hommes,
seftant M;
fipé5 on vit quelques Lfca<
dronsde l’autre codé-mais;
noftre Canon n’eut pas tiré
GALANT. 197 quatre coups, que la'Cavalerie prit le chemin de Strafi bourg au grand trot. Ceux qui eltoient dans la Maifon retranchée, le retirèrent apres y avoir mis le feu du cofté du Rhin. Comme le trajet ne fe pouvoir faire que fort difficilement, il n y eut que peu de nosGens qui paflerenr dans des Bateaux. Ils prirent fept ou huit des Ennemis qui fe re- riroient. On fit un Pont, & avec un affez gros Corps on marcha aux Forts du Rhin, où l’on donna les or-
dres pour les démolir, &
pour brûler ce qui reftoit
du Pont de Stralbourcr fans
O '
que dou ze mille Hommes
quicftoient danscetreVille
là, s’y opofaflent. Il eft vray
qu’ils iemblent n’y eftre
entrez que pour afloiblir
l’Armée de I-Empire, puis
qu’ayant ces douze mille
Hommes de moins t elle
n’a pas efté en état de rien
entreprendre. Le Pont
qu’on drefla. apres la prile
de la Tour dont je vous
viens de parler, fit croire à
M" de Strafbourg qu’on les
I - 2^ alloit affieger, & que ce Pont eftoit pour la communication de nos Quartiers'. L’alarme fut fi chaude, qu’ils brûlèrent un. de leurs Fauxbourgs. Mr le Maref- chal deCrequy a fait ruiner Gravenftad & Illerick fur
la Riviere d’Ill , avec leurs Chafteaux &leursMoulins*, & apres avoir mis de s-Troupes- en Quartier dans VAL face & dans le B-rifgau, il eft venu à Nancy. J’aprens tout prefentement que Mr d’Almani Meftre de Camp de Cavalerie, a efté attaqué
♦9*1 J • •
Partysramallez, & par des Chenapans., & qu’il n’a pfi ? éviter le malheur d'èitre tué. Mlde Biiïy a eilé pins heureux. 11 a fait une Cour- fe fort conlidéraide dans Hunfradïj' d’où il ell revenu avec quantité de Pri- fermiers\ & un très-grand
' & r
butiu; -’Ces avantages font aifémciit oublier les petites dilgrâces pareilles à celle que je viens de vous marquer. Je finis cet Article^ en faifanc réflexion à l’état où Stralbourg le trouve.
O 7
~ GALANT. 5oi auffi bien que les Troupes d’Allemagne. Cette Ville fîere de Ion Pont & de fes trois Forts., n’cnaplus. J^Ue a perdu un de les Faux- bourgs. Plufieurs petites Places de fa Jurifdiétion font brûlées 9 la plupart de fes Mations de plaifance ruinées; & quoy 4ue nos Troupes ayent fait-vendanges pour elle, il faut qu’elle donne à boire à douze mille Allemans qui y font en gar- nifon, Elle pouvoir s’exempter de tant de malheurs,en demeurant neutre. Quant
t *
au refte des Troupes-d’AL lemagne, elles ont efté oc- ? cupées toutl’Eté à courir le long-du Rhin pour en défendre les Places, Elles ont veu ruiner le long de fes bords Rhinfeld & Sekin-, gen , ôz le Fort de Kcil de : leur cofté mefme. Elles y ont veu prendre des Chah teaux; 6c dés quelles onr voulu faire palier quelques Troupes, elles ont etté barri es. Elles ont enfin pafTé la Campagne chez elles,ce qu’elles n’avoient point en cor fait.Pendant toutes les
GALANT. 30?
autres années elles avoienr
crû pouvoir prendre des Quartiers d ’ Hyver chez nous, maiselles ne l’ont pas •mefme efperé celle-cy.
Il feroit .injulle de rtfu- fer à laGarnilon de Maftric
■les louanges qu’elle mérite. Vous fçavez par toutee que je vous en ay dit, qu elle n’a pas moins fair parler d'elle pendant le .cours de cette .Guerre, qu’auro-ic fait une Armée toujours viâo- J
rieufe. Le 2,4. de Septembre on fit un détachement de cette Place , pour aller
304 MaKjjVK.E t recueillir les Contribuai rions dans le Pais de Cologne. Il fut rencontré; par un Parry d’Allemansj beaucoup plus forts. Marquis de Molac qui' commandoit le fecond Ef- çadron du Régiment de l’Eftang, chargea ce Corps; de Cavalerie Allemande avec tant de vigueur & de fucces, qu’il le pouffa dans .unDéfi!-é,&en Cuirejufqur un Marais, ou il prit le Commandant II fit quarante Prifonniers, & amena cinquante Chevaux an
9
1 j j
Camp?Plusde trente cinq des Ennemis demeurèrent
•l
fur là' place. M1 le Comte de Roüfillon eftoit relié fur
• ' 9
une-hauteur pour foûtenir ce jeiïné Capitaine>• eh cas que 4ëà Ennemis en plus grand nombre fe fuflèrit avancez pour le charger Ce Comte dont la valeur
eftcoririùë, n attendoit que l’ocçàfion d’y courir, & il ifauroit pas manque de le fignaler ; mais le jeune Marquis de Molac n’eut befoinque de fon courage, & quand de nouveaux En-
Novembre. C c
306 MàKG v îvM nemis auroientvoulu s’ap? procher de luy , je doute qu’ils en enflent confervéf l’envie en le voyant combatte avec tant de conclu?
te, & de valeur. Ce jeune Guerrier eft Fils de Mr le
Marquis de Molac, Lieute-, nant General en Bretagne, =.
; & Gouverneur du Païs Narq rois. Il eft d’une des plus lu lu lires Maifons du Royaume, & il en loutientl’echt1 avec beaucoup de magnificence.
L eftime’ particu-
A
liere que toute fa Province a pour luy eft une marque
de Ton mérite. Aufli a-t-il
lant Homme, & on ne doit
pas eltre furpris de le voir
généralement aimé. Jepaflc
à ce que l’Armée de M?,
de Luxembourg a fait depuis
la Paix (ignée entre la
France & VEfpagne. Ce
Duc vient dans le Pais de
Liege, établit fon Quartier
general prés de la Ville
de Huy. Pendant ce temps
Mr le Marquis d’'UxeV.es
fait payer les Contributions-
dans le P aïs de Vaès.
M? de Luxembourg va en
4
trois jours d’Huy à Aixla.
Chapelle, dont il fe rend
maiftre apres luy avoir feu- ?
lement montré du Canon.
Il y demeure deux jours^&y
laifle douze Bataillons fous
S.Rupc AixlaChapelleeft
un nom fameux donc vous
ne ferez pas fâchée que je
vous faite fçavoir l’origine. *
C’eft une Ville Impériale'
ek. Cercle de Weftphalie,
enfermée dans le Duché de
Julliers. Ce mot vient de fe
la belle Eglife de' NoflreGALANT.
309 Darne, bâtie par Charlemagne. Les Latins l’appel- lèvent Aq^ifgrânum d un Granus , Gouverneur du
Pais pour les Romains 3 qui le premier trouva ces Eaux falutaires contre plufieurs maladies 3 & particulièrement contre les fièvres étiques
5 ce qui donna occasion d*y faire bàftir une Ville. Elle fut depuis ruinée par Attila Roy des Huns. Charlemagne la ré- tablit, ôren fit la Capitale de l’Empire par une confti- tution particulière. Il : y
510 MERCVRE
mourut eiv Tannée 814.
fut enterré dans TEglife de
Noftre-Dame qu’il' avoir
fait baffe. Les Empereurs
avoienr coutume d’y prendre
la Couronne de Fer.
Charles-Quint eft le dernier
qui ait voulu y eftre
couronné ? la plupart de
fes-Succeffeurs Payant efté
à Francfort. Quand ce Couronnement
fe fait ailleurs,
les Electeurs font venir le
Chapitre de TEglife Colle-
-male'de N. Dame d’Ai-S
O
pour en apporter les Pitreries
& les autres Or$-
mens qui fervent a cetrei
Ceremonie, ôcdontce Chapitre
eft dépolicaire au
nom de T Empire. Si-toft
que l’Empereur cft couronné,
il prefte ferment au
cette Eglife, dont cn meimc
temps ce Prince eft rcceu
Chanoine,. En 1614. la
Ville d’Aix la Chapelle fut
furprife- par le Marquis d’e
Spinola, & depuis elle a
toujours eu Garnifon Efpagnole
jufqu’en 1632.. quellw
en fut délivrée quand les
Hollandois mirent le Siégé
?iz MERCVRE devant Maftric. En elle rèçeut Gàrnifoh Impériale, qui en. forr.it peu de
temps apres. Eri 1638. elle fut affiegée par le Marquis de Grana, Pere de celuy d’aujourd’huy. Ainfi. elle fut obligée de donner des Quartiers aux Impériaux, En 1641. les François 5 Wi- mariens, ôc Hèfliens, commandez
par le feu Maref- chal de Guébriant, firent quelques defordres dans fon- territoire^ ôc dans h crainte d’en eftre afïïegée, elle reçeut quinze c^ns Hommes
f' Æ. T J* Tl
ïALaNT- SU | Hommes tirez des Garni- ffons Efpagnoles .voifines. i Elle a fouffert un embra- ?(ement général depuis zy* | ou 30. ans. Plus de trois ' nulle Maifons furent bru- ' lées. Elle s’eft rétablie de- i puis ce temps-là. Il y a deux jou trois ans que les Trou-, ’^pes du dernier Eve {que de 3 Munfter l’aflicgerenr, mais i €> ' z
j elles fe retirèrent avec preJ
• *
j cipitation, ayant appris que M Je Calvo s’avançoit pour, ; les combatre. Cette Ville? jellà peu près de la gran-j Heur dc.Soiflbns^ à quatre •1 D d
<-'5”n.v»v
314 MhKCVKh heures de Cologne , à dix ; de Julliers, àquatre deLiru- bourg, à fix de Liege, à à cinq de Duren & de Maf- tricK. L’Armée des Alliez 1 £ épouvantée de’. voir nos ï Troupes dans Aix la Chapelle 3 le retire a Cologne. È En lé retirant, elle jette des t Troupes dans Julliers, dans * Hinfberg, & dans Duren. On donne des feûretcz à
Mr de Luxembourg pour l’argent du Roy qui avoir efté ctE refté à Cologne, & mefrne pour les inrerefls, puren & Hinlberg fc^en-
J
U /t L /UNI ■ 31$ dent, Humbac eftpris auffi
bien que Montjoye, ■& toutes les autres Places du Pais
de Julliers.'Cette Ville Capitale
relie, mais coupée de fous collez. Quoy qu’elle toit remplie de monde, on y manque de toutes fortes de munirions, & cela oblige tous les Soldats à fe débander.
Ilnefuffitpasde jetter beaucoup de Troupes dans une Place. Il faut avoir la
prudence de nos Miniflres, & faire en forte que le relie ny manque pas. Sans cette prévoyançe , les Hommes
Ddi.
■3ï6 mercvre ne fervent.de rien. Jugez de Tétât ou fe doit trouver
Julliers avec un grand Secours inutile. Cette Place
cft : fi tuée à un. jet de pierre deda Rivière de Route,& Capitale du Duché dont .elle porte le nom. Elleell nommée Gulich, ou Gulcb, parlesAllemans3&/^/m?fl en Latin. Ce nom vient de Jules -Célar fon premier Fondateur, quoy que quelques Hiltoriens prétendent qu’elle a efté bâtie par Jude Agripine,Mere de l’Empe- reur Néron. Elleeft défen-
t • 317 due d’une bonne Citadelle de mefme figùre'que -cel-le Je Cambray. Apres là mort 'du dernier Duc de Julliefs. ! arrivée en 1609. la Maifon 1 d’Autrichemit ’ Garnifoà dans cette' Ville /qui-fut prile1 en fuite par les 'HÔl- Jandois en 1610. Marie de .Médicis 3 Mere du--- Roy Jefunr 5 & Rég-ente • dù
& x I
rRoyaume , y envoya une Armée de 12.000 Hommes dons le MarefchaB de-’ la Æhaftre, pour fàvorifer les Affiegeans. Les Clefs de -la tVille^lors de la prife^ furent j Dd fij '
î
s-
mifès encre les mains de ce
Marefchal^ par refpeét que
l’on devoir auRoy3..comme
eftant le plus confidérable,
des Conféderez. En i6n,
elle fut reprife par les Efpagnols
fous le Comte Henry
de Berg. Ils en ont gardé
la Citadelle jufquesauTrai*
té des Pyrénées, en execution
duquel ils Font reftitu.
ee au Duc deNeuboure;□.
La Succeffion vacante des
Ducs de Cleves & de Julliers
a fait allez de bruit
dans l’Europe. Elle fut h
caufe ou le prétexte du ptuf
fant armement que fit le Roy Henry le Grand un peu avant fa mort. Les Ducs de Brandebourg ,& de Neubourg eftoient les principaux Prétendant à cette Succeflïon. Ils l’ont
partagée en fuite. Le Duché de Cleves &: lesComtez ' de la Marck & de Ravenf-
* ' * berg, échurent a l’Eleéteur
' ... . <
de Brandebourgy& les.Du- chez de Berg ôc-dejulliers-, & la Seigneurie de Raven- ftein5 au Duc de Neubourg.. On entend narler des Villes- 1
avec plus de pkifir, qliantl " D d iiij
MT1 Ti v riiîftoii‘e;en eft connue, & c’elt par -cette-; radon que j’ay cru vous devoir marquer ces circbnftances1 Ja, cheve cer Article peut- eftre tous ceux de guerre pour pluiieurs’années. Mr le Marquis de Refuges fait relever les Fortifications de
♦ I
Sittari, & va commander dans'Hinfberg; M1 de Luxembourg - met dans Ver- viers- vingt ■ huit Compagnies tant Cavalerie qif Infanterie. Il marche vers le Païs d’Eyffcl, & le faifïx de la Ville de Blanckenheinn
Î'J-W- ' .«M-rtf*
• U"An TLAh 7hiî.T'l~T-1 ■' ?zi
li y met’Garnifon/ôt.dans--
tous les;-Ghalieaux & Mai-.
en peu de temps on a mis
dans de bonnes Villes hors
de France5-une Armée de
plus - de cinquante, mille
Hommes en Quartier d’nyver.
Toute la peine qu’il en
>s
a coufté,. a efté le chemin qu’il a'fallu faire pour s’y rendre. Ce grand nombre’ de Troupes ayant efté mis' a couvert, Mr de ’Luxenu bourg eft revenu à Paris, i Je dev ois-vous parler au-' commencement de certej Lettre du Mariage de NP le Duc de Sforzer& de Ma--
* • demoifclle de Thiangc, puis que la Cérémonie s’ea! eft faite dés le 30. du Mois! pafte ; mais quand on veuf décrire les chofes avec une entière exactitude, on abe- foin de temps pour en
J
Table Généalogique de la Maifon des Dues Sfor^e
i
Jacques MuTiotC Sforze, Comte de Corignole dans la Romagnepres de Fueiiza fameux General d*Armée pour le fèrvice du Pape Jean XXI1L de Louis d’Anjou, t du Roy de Naples | Ladiflas, 6c de la Reyne Jeanne, '
Bosio , Gouverneur d’Or- viete, mort en ;
C
CGinr Ascagne3 Cardinal dit deSanraFior
Camerlingue & Protecteur d’Élpagne.
Ascagne , Carre de Saura Fior, qui apres :-q avoir porté les armes 7 J fut Cardinal 5c Lcgat , - :>&
■ PertdeFrançois Marquis deVarey} qui fur Pcre deSforza Sforza
Duc de Fiano.
r r
Jules, Mary de
Françoife Faxnefe
î Feeeric, Comte de Sanca
L Fior, qui k 'de Bar- ■ thelemie dePetil- lane de la
Nièce du Pape
Paul III. mort Luis Enfans.
t vicie, inoit /
J1477. lequel Jmi ) eue d’Eleonorej t_
noyé dans le Fieu-1 A]dobrandin a t/* 1 Iflnv. _ _
Aternole j.Janv. ( 1426. âgé de 5 6. I j ans, (les A Urologues luy aveienr défendu depaflêr des Rivières les Lundis) eutd’An- tonia Salimbeni fa première Femme, G.
I
Comteffè de Saura Fior.
Guy, Comte de J
Sauta Fior, qui de j
*■ Francoile Picolo- * i . . >
mini, tut
ZpRANcoïS-Comte | Maifon
1 3 y 1 J TT. /?
de CaftelArquato.
Guy Ascagne,
Cardinal,
Plufieurs Filles
mariées dans des '
Maifons IlluRres.
Bosio IL
Comte de
Saura Fior & deCaf- tel Arqua- ) to, qui de
j IUÎ v-arcnnai ce ) Confiance ; de ]a Rcmagne. « Farnele , ’ PcrcdeFiai -XCÎ5
dtsüifins 1
eut
Fille duPa-
pePaul 111 eut
Ascanio, Prieur de ! Hongrie»
Aleonse, Archevef- que de
Benevent,
Mario,
Valmontone, Cap>
Comte de ^™ce de ■
C
U
I
Et de T-ucta
’fa Maiftrcflè, Froen- fûis t Duc de
Milan, de quifonc venus tous les Sforzes Ducs de Milan, qui ' ont eu phifieurs Alliances avec les Mai- Ibns d’Arragon à Na= pies, de Pologne, de Dannemarc, de Sa- vovede Ferrare 3 de Medicis, Sec.
f Mario , Comte de San ta Fier, &qui de RenéqdeLonaine, t Sceur de Catherine I de Lorraine, temmej de Charles de Gcn-
J vers, 6c depuis de
Ç Alexandre, I Prince de '
Valmontone, Duc de Segni : Marquis de
Fiocct.c d’Onaiic 6. Comte de • Santa Fior, Chevalier des Ordres du Roy, qui de I.ccnor des ; Uïfns, Fille .
V almon- | pai!j joUr_ 1 aain, ljuc ae de Segni,<pracciarO3&i 6cc. qui \ d’Ilabelle de (
Vaknon- j
taine General de Pin- tJ01ie’^u5(* dain, Duc de
fanterie du Duc de t Tofeane, Chevalier
LOUIS, Ducd-Onanoj&c marié en premièresNopces,. i avec Arvcmifia Colonna, J Fille deJulcs^-Cefar,Prince
*) zague Duc de Ne- ? de Caiboçnane, 8c d’ïfabclle j Mantouc, dont elle! lier des Ordres du Roy en eut la feue Reyne I 167^. & a époufé en fécondés Marie de Pologne,& J Nopces Lctiife-Addaïde de
J
de S.Michel, &c Pen-* -^Beatrix ; McdicisScEur 1 ; S”!’s 4« F'»s” I
fîoimairede France, j t.]f qui de Fùlvia Conti, , e
OomtefFe deValmon- ^gmicb •tone&’deSegni, eut j ~ucde 5:3 | Gravine,
Charles, Prieur de L eut Lombardie, qui fur du |
party de Henry IIO |
I-contre Charles V, '
Empereur»
Alexandre , EveC que de Parme, Cardinal Sforze, Légat de
Bologne, Protcàcur d’Efpagne.
Paul , Marquis de Proceno, & quatre Filles mariées en de grandes Maifons,
i J
4
Cg1
de Caibognane, 8c d’Ifebclle
Farnefe. 11 a efté fait Cheva-
y en
la Princcflè Palatine, 5c Fille de Charles Duc de Mayenne &: de Henriette de Sa- voye, eut
P a u l sf ncntrry en fa jeuneflè à latour de France auprès du feu Roy.
Damas, Fille deClaude-Leo— note de Damas, Marquis de Thiange, 6c de Gabriellede Rochechoüatt-Mortemar, le 50. Octobre 1-678. >
Grand Duc
> deToïcane, Ftdïric , Evefque Pcre de la j Revue Marie
! deFerdinadl. ’ nooentX.en 1644. ( auffi-Grand I
1 Duc, eut
de Rimini, Vice Légat d’Avignon, &
de Medicis & i fart Cardinal parln-
Henry , Chevalier
I de Malte 3 Filleul dm 1 Roy Henry IV.
V5 jç 74'
GaLANT 325 prendre toutes les particu- tarirez -, ce qui né fe fait: point fans bèaucoup de foins 3 Bc mefmes fans de grandes recherches. Vous« i ferez aile ment perfoadée quejenay pas négligé d’en . faire, en voyant d’abord la Table généalogique que je vous envoyé de la Maifon iSforze , qui fe peut van» 1 ter d’eftre depuis plufieur& 3 Siècles une des premières ; d’Italie y & dans VAlliance ! de la plus grande partie de - |fes Princes. Vousny trou- | verez. que ce qui regarde-
I
Malle. •.Comme je ny ay poinr marqué les Alliances qui ont efté Elites par les Filles de cette Maifon, parce que cela auroit efté à Fin- finy, vous jugez-bien que je me difpenle de’parler d’un très-grand nombre de ce qu’il y en a de plus confu dérables en Italie., dont vous devriez voiries noms dans cette Table. Elle
ne lai {fera pas de vous faire connoiftre que Loüis Sfbrze qui eft celuy dont je vous aprens aujourd’huv
ÙÆLijHÏM 1 - ^2$ le Mariage, a des Alliances qui le rendent Couftn ifTu de germain de Monfieur le Duc. Ce nouveau Marié eft bien fait de la Per- fonne 3 quoy que dans un âo;e un peu avancé. Il a Fhu-
O A
meur agréable, & Felprit droit lolide. 11 elL Duc d’Onano dans le Patrimoine de ;.S. Pierre, 6c de Segni dans la Campagne de Rome, Comte de Santa Fior dans le Terroir de Sienne , 6e Souverain de Caftel Arquato en Lombardie 3 & de la Sforzelca
Pierre. Outre toutes
■ces Terres., le Duc Mario
Sfbrzc., Pere de celuy d\v
prefent, poflèdoit le Duché
de Valmoncone dans la
Campagne de Rome. 11
le vendit aux Seigneurs
Barherins onze cens mille
Ecus Romains. La nouvelle s
Mariée méritoit les avan- *
«âges que ce grand ’Party
luy donne. Vous fçavez
qu elle lbi't des Maifons de
Damas, de Thiange, &de
Rochqchoüart - Mortemar,
Maifon au.fli Illuftre par fe
puiflanres Alliances , que par la propre grandeur, §c par fon ancienneté. • Ainfi je n’ay rien à vous dire fur cet Article. Mais Q
K
la NaiïTance rend ..cette nouvelle Ducheffe très-
confidérafcle, elle ne le 11 pas moins par la beauté.. Elle Tavive, touchante, & louûtenue de tant d’agrce- menr 5 qu’on ne la peut voir fans eftre furpris. Joignez a cela mille autres belles l
qualitezqu’ellene fçauroic manquer d’avoir, puis qu’elle eft Fille çfô Madame
de Thia-nge. Je vous dis tout en vous la nommant £ftanr impo-ïTible d ’enten. dre parler de Madame de Thiange. fans concevoir tout ce qu’on peur fouhai- tcr de perfcélions dans une Dame accomplie. En effet, il n’y a rien qui ne charJ , me -dans cette merveilleufc
♦ s .
Perfonne ? dont 1 ’ ame eft auffi grande que l’elprit, quoy qu’elle ait 1’efprit infiniment élevé. Sa beauté ne vous efl- pas inconnue, mais c’eft uû des moindres
Mortemar, où l’on trouve tout ce qui peut contenter les yeux les plus difficiles, comme on y trouve d’ailleurs tout ce que la grandeur d’ame a de plus noble, & de plus digne d’eftre ad- ' miré. La Ceremonie-de ce grand & célébré Mariage commença dés le Samèdy , 29. de l’autre mois; Le Roy, la Reyne , Mohfeigneur le Dauphin, Monfietir, Ma- , dame/Mademoifellè, Ma- moifelle de Valois,Made- moifelle d’Orléans, Madame k Grand’ Duché fle^Ma- Novembre, Ee
tfo MERCVRE dame de Guyfe, Monfieut fe Prince, Monfieur le Duq Madame la DucliefIê,Mc£ fieurs les Princes de Conti & de la Roche - fur- Yon, Moniteur de Vermandois, & Monfeur le Duc du Maine
, fe rendirent dans la Chambre du Roy fur les neuf heures du foir. LesPa-
rens s’y trouvèrent de part ‘ d’autre,avec quantité de Pcrfonnes du premier rang; ce qui rendit TA flemblée fi nombreufe, que chacun ne pouvant avoir place, on fut contraint d’ouvrir diféren-
♦ __
GaLaIMÎ - tes Portes qui rendent aux autres Chambres, pour détourner-la foule}& foulager ceux dont la préfènce,eftoit nece flaire. Apres qu’on eut ainfi gagné quelque peu d’efpace, le Roy & la Reyne prirent leurs places dans deux fuperbes Fauteuils , au devant defquels il y avoit une Table richement ornée. Mr de Pom- pone s’avança,, le Contrait de Mariage à la main, quil venoit de prendre de celle du Notaire qui ravoir paflë auparavant. Il eftoit fuivy E e ij
232MERCVRE (
du Secrétaire du Cabinet de
quartier , qui portoit une Ecritoire d’or:garnie de toutJ-Un des Commis de
ce Miniftre en portoit une d argent. Le Roy ordonna auflîtoft qu’on fift avancer les deux Parties. Mr le Mar.
quis de Lavardin parut das le mefme temps,. menant Mademoiselle deThiansre O par la main. Ce Marquis avoiLelte choify par Moniteur le Duc Sforze, comme un des plus proches Pa- rens qu’il eult en France, pour répoufer enfon nom.
noir, roue garny de Dentelles
& de Rubans : tres-
riches, Ï1 avoir un très-beau
* Bouquet de Plumes,- & une Epée .- garnie - de Pierreries, Il neïfe pouvoir rien voir de-mieux entendu, &. toute la Cour en tomba d’accord. Avant h Ceremonie,, il. avoit envoyé à Made-î inoifelle . de Thianre, fui- vaut la coutume , un Bouquet de Fleurs les plus rares, dans une. très- riche Corbeille,ScMademoifeile dcThiange en avoit fait un
rt
#4. MERCVRE préicnt de dévotion. Elle eftofc veftuë de fuiri blanc à fleurs, fous une gaze noire claire &auffi-à fleurs , avec une grande queue. Tout! cet ajuftement eftoic enri. chy tarit par haut que par bas, d'un nombre infiny de Pierreries. Ils s'approchèrent àinfi de la Table , & firent une profonde révérence à Leurs Majeftcz. Le Roy ordonna aüffitoft à Mr de Pompone de lire le 'Contraâ- de Mariage à haute voix. Il n'en lût que le oemmécement, qui con:
«t
A... 7-r -
Lx ALj/ÎÏM I •
tenoit les qualités des Parties.
La lecture entière en
auroit eft© trop longue. Il commença', ainfy. Au nom de Dieu ; Le très-hauty très-
puijptnt^ tresdllufire Prince Louis Duc de sforce..^ avec toutes les autres qualités de (a Maifbn. Cela ne fut lu
quafîn de faire fçavoir à la Compagnie queleRoy trai^ toit ce Duc fur le pied des Princes Etrangers. Cette leârure eftant faite, le Secrétaire du Cabinet mit l’Ecritoire d’or fur la Table,
✓
& Mlde Poinpone en ayant
I i
pris la plume; da mit entre . les mains î de Sa t Majdh:3 qui-ligna; le Coritraift de Mariage ,> & apres Elle, la eReyne^^nMonîeigiieùr le •ÇaùJphin^ dé^Lavardin ^omme. P-rodireurpMade- y ;moifeflei4e Thtangeq •& enffuitetoute la Maiibu les Parêns. - ME de. Pomponfe- (igna le dernier avéo une ; plumé de l’Ecritoire. d'argent -qu un de fes Commis avoir -portée. A cette Ceremonie fucceda celle des Fiançailles , qui -fut faite par M1 k
Cowte
Comte de Noyon, Pair de France. Le Roy l’avoit chôi- fy pour faire cette fonction* non feulement parce qu’il eftoit un des plus proches Parens de Mademoifellê de Thiange ^tnais encor par le rang; qu’il tiët entre les plus flluïfres Prélats de ÏEglife. Les Fiançailles ne forent pas plûtoft achevées , que quantité de Pages du Roy aporterent un fort grand nombre de Baffins de ConJ fitwres , qui forent répatu dues par tout avec profo- Gon. Le lendemain Di^ Novembre- F f
manche > le Roy avec tou te
l’Aflemblée du-jour précédent , fe rendit entre rxiidy & une heure dans ta -Cha-
?
>
pelle du Chaiteau de Ver- tailles s ornée, & ;-gardée extraordinairement , afin tVempefcher la confufion. Toute ta Cour s’y trouva fort Xuperbemênt veftue. Mrde Noyon eftoic en ha- ; bit Pontifical pour dire la j Méfié, & faire le reftedcla J
ï
i
»
►
Ceremonie. Toutes choies j eftant ainfï difpofées, le j Roy ordonna qu’on fill ap- j procher les Fiancez. Mde i
1
. .GALAOT.-^- Ivîarquh dé Lavardin parut - avec un Habit très-magnifique 3 & difcrent de celuy du premier jour. Madè~ > moifelle de Thiange en
O avoir un deToiled’argenC' relevée d’or en fleurons-: Il ' eftoit chargé de Perles &: dé> Rubis, au lieu de Diamant qu elle avoit le jour precedent, & la queue mefrne- qui eftoit -forr longue en ■' eftoit toute remplie. Airifï * elle en. avoit pour plus de ' fix millions fur elle. Ils allèrent de cette forte à F Au- tel, ou ils fe mirent à gc-
3 zx C?
Ff ij
HoMBRCVRE
noux, ayant tous deux ub ; Cierge à la main, avec cette ; différence que celuy de Mr f deLavardin £eul eftoit gar- } ny- de bas en haut d’Ecus < d’or-qui-'furent diftribuez ata Pauvres, plus par cha- ritïque par coutume. La Meffe fut chantee par la Mufique du Roy, & fa Ce- j remanie finir par une cour- î te & utile remontrance que ' fit. Mr- de Noyon aux Ma- Tiez; Elle fut admirée de toute cette grande Aflèin- ■blee, ’& fur tout du Roy qui fe çonaoift jnieuxque Per
de Vivonne traita/fùperbqmefit
une partie des Païens
&; ■des Amis qu’on avok
conviez des deux coftez &:
entr autres Mr le Marquis
F f iij
.Sforce qui a efté un dés . ■principauxNégociateursde i ce : Mariage, & qui, depuis ( longtemps a'fait connoiC ! tre àlaCourdeFrancéj&fon f ■ efprit; &;foni zele pour les ; -divers in-rerefts-.de .-G Mai- | "fon. Madame .de_Tiiiange, 1 O * j: ? Madame de Montelpan, & F îa nouvelle Mariéey.euccnr ddlonneur de dîner ce jour- | là'rnefm^avec^ Sa Maj efté, f
. GALANT. 343 qufreçeut auffi lescomplL mens de tout cd qu’il.-y a déplus qualifié à-lat.Coun Le foir cette nouvelle Du- cheffe alla rendre fes deï voies à laReyne; & fut mife en pofïèffion de. . tous, les rangs, & honpeurs dont joüifcnt les - Princeffes Étrangères. 2 Elle n'oublia pas les liber alitez accoutumées en: de pareilles, occa- fioris. La journée finit par un Bal dans la nouvelle Salle de Marbre., ornée dé
• • <
L-uftres-d’argentÿ&.de tour
C, A
ce auiiiouvbic enrichir un
X I L.
Ff iuj;
344 ME RC VR'E Appartement fi fiiperbe. Le Roy l’ouvrir avec..Ma- damé la Ducbeffe Sforce,
Quelques jours apres Moniteur de Vertamon épouia Mademoifelle -JBt- gnon. Il eft Maiftre des Requeftes0 .& Fils d.e. Madame de Vertamon, à pre- fenr Madame la . MareC
.P châle d’Eftrades, & petit* Fils de feu Mr le Chance* lier d’Aligre. Ce jeune rie a dclefprit, & des qua- licez qui luy fonr mériter 1 ’eftime que tout le monde a pour luy. Mademoife lie
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546 ME RÆ V RE
connue 11 eft Frere du.F&
meux M1 Bignon, cy-de?' vint Avocat General, & au jourd’huy Confeiller d'E- tat. La Mere de MademoE
H ♦
/elle Bignon eft Soeur ds Moniteur l’Avocat Gene- ralTalon, dont la réputation eft fi bien & fi jufte; ment établie. Ainfi cette nouvelle Mariée fe trouve
Nièce de ces deux grands Avocats Generaux. Elle eft Fille unique,, riche-, mo- defte, vertueufe , &c peu touchée de L éclat du
>
monde...
* •
D’ayoir fait de T Amour qu’o eft mal’heureux d’avoir (es plus charmants plaifirs, Qaand il
*
reux qui peut haïr
. » _
a bien aymé, Heureux
JZJ-JZlZL:J.
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faut renoncer à lardeiir qui nous pref fcl On ne peut oublier ce qui nous a charmé, On ne gouverne
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as comme on veut la cendref- f è; Heureux heureux qui peur haïr
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— -4-
S5 > ■.....
•i ! '—;
*3— il- —...—
Vous ne ferez pas fâchée de
voir pour la fécondé fois un Madrigal
que vous avez déjà lu
avec plaifir,puis qué je vous.le
renvoy émis en Air par M-r Charpentier,
Comme ces fortes
d-’-Ouvrages, Xu arlenr- .d’4 eu• x- mefmesî je vous làifleray.jt.j.g.çr
à l’avenir de leur bonté,* ■ &J me
. contenteray. de vous, en nommer
les.Autheurs,.
if
air nouveau:
bf qu'on efi malheureux d*avoir
eu des defirs^
D'avoir fait de lamcur fe$ plus,
cbarmans plaifrs^ >
Quand il faut renoncer à f ardeur
qui 7,0ut. Krcfel. 2? . . ; 4. . 2/
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On ne peut oublier'ce %ui nous a charïïiL.
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Onnegp&verne pas comme on vcui la ienareffe* '
Heureux qù peut hait ce qu'il a ■'■■' bien uimé.' ’ ’'
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\t4nne ô,
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tel /de ^Bourgogne nous a dé- jà ?dënriê quelques Kepréién- tâtionsÇ eft fa première Piece nouvelle quiair.paru air Théâ- rrêâ-c cet H y ver. ?ÉBe eftde Mdnïîêur •Pemer; Les Vers en font fort aifez 5 & lés p en fées naturel lernént'exprimé es.' Il va des endroits dans la'oeintiire qu’on y Fait de Charles VIII. très- finement tournez â Pavan-
I e
tage du Roy. Leurs7Altefles Royales font efté voir, & en
C. A ¥ A
? ALj/'ipI l • 54-9
{ont ferries fort fa.tisfaices. ,.
On nous vient de donner en
• * ♦ * floftre-L.an.gue us des plus beau^ Ouvrages d’Iralfequi p’y avoir point encor efté traduit. C’eft
r > •
U Secchia. rapt ta du Taffiqni. Mr P errant qui en a faitlaTra. .du&ion, a inis Je Paçine Italien d’un cpfté, afïnde ne rien .ofter à ceux qui l'entendent a fiez, pour bien gonfler toutes les grâces de?Original.Il eft digne Frere de Mr Perraut-.de 1 -Académie Françoife, & de celuy qui a traduit Vitruve. Nous luy femmes d'autant plus obligez de la peine qu'il s’eft donnée, .que ce poème eftant moitié burlefqye, 5çmoitiéféneux^ il y a des endroits fort difficiles à eftre entendus. Le fwjec en eft
'fondé fur laGüer-re qui s'éleva
entre ceux de Boulông<-> ne & de ïl:
Modene, au temps de l'Em.
pèreur Fedeïic !I. On prétend f
que-cefutà l’occà.âon d’un Seau '
de bois j qu-on a toujours'con- j
lervé depuis ce rémp's lâ -dans |
l’E ïg> 1 i fe Ca tE é d r aie-d é M ô d e n e. Er
On le voit encor' fùfpehdu à la i
voûte de h Salle avec une ch^î. t✓
ne de fer, dont on fetér-voit pour i
fermer la Porte de Boulongne,
par laquelle les Modénois en- j
tferent quand ils -ravirent ce |
Seau. J
pavois crû vous tromper, fie
le Public apres vous , en vous
envoyant deux Enigmes fur le
nQcfme Moti mais p-ïufieurs Perfou
nés fe font apperçëuës de la È
farprife que je voulois faire 5 •&
4
• A T je h
ü/iLANT; ‘351-
Mr Gardien a expliqué; aiiïfî--;
l’une & l’aucre.
C£j deux Enigmes font fort belles, - .-
Tous lesrapportsen fontfidelles^ \ Je ne voy ni en de mieux écrit 5 Mais ce que je tnowvede raty C' foi que le fa jet s'y déclaré.
Comment cacher /’Efprit aviecque tant d'efpritl
■• - ...,
> >
Hrfprit eftdonc le vrav Mot de routes les deux. PluCieurs l’ont connu. En -voicy les-
*
• •• •
noms,-
Mcffieurs Thabaud des Perrons
5 Jarroflbn, Avocat ;au Confeil ; Jouftes de la Chape- liere j -Chanrreau â de • Parjfj L’Abbé Racea-Uj Barrandyôc
Marchand , de la Roche Ile* D es Avarjs,dc Bourlague j ML .•coner, de Villedieu , Sc Lan. glois, de Ponroife 5 Rouflel, Aumônier du Roy, de . Couches * D e Bonnecanip^ Médecin :à QmthpercorànEÎn ; f De Beau, voir , Gentilhomme de Guer. nezey ; Le Mitron de .Norman, die- Stoopen > Suifie de Balle. Le Secrétaire fidelle d’Amiens. Balamir amoureux, & le Che. valierde la 'Porte Pariï ; Mef- demoifelles Loger-, de Troyes- : De Maillerville, de S. Maloj Du Collombier, de Thorigny- ; T-urlis ; Rappé ^ Mafficq, delà ■ 'Flore- de Ré j La bellejouneau, j Scia Veuve de la RuëChapon.
Beaucoup de Particuliers ont I envoyé leurs Explications en ■
GALANT. 3ÿ3 Vers, & cc font Meldemoifelles PenavaLy,de Breft en Bretagne; Nom an » A-n©rry, de, Poitiers 5 Fredinic & Vakherie, dePou- toife; Meffieuts de la Coudre, de Koüen . De la Touche, dç Sauniur ♦ De .-Caftekt Materna- .♦ • tiôien (Lfl a promis un nouveau Sifteme*) De la Marthe, Avocat en Parlement; DeMauviieu de Chanven, de Soîlïons ; Aimez le Fils j de Beziers$ L’aimable AIéxandre\ ëc le-Solitaire de Pencoife^ • ■ ■= ■* -j..
Ceux qui n9ont expliqué que l’une des deux- fur l’Efprir, Sc qui-ont donne un fens difôretic à l’ancre, font MeHieurs Baifé s le jeune - Lamory, Secrétaire de Noyon ; De BdlefoBCainej. LafFon le jeune 5 -De Laftréj Novembre» G £
3î4 MERCVR.E
Avocatà Guyfe ; GautryvGca' graphe à-Tours j .Hervilfon, de Troyes- Chefnon, Directeur f General des Poftes.de Charle-; ville • Les Inféparables, du Pc-1 rigord- Le Céladon d’Aftrée- Ê .LeBohenii,de Sens- Aîifte, de j Guyfe 5 M.illete, de MillefkursJ L'-aifnée des- trois-. Soeurs, de j Gharleville ■ & la Marquife eu- ■ TieuCe, de Gourance. Ceux qui J ont expliqué l'une eu l’autre en ? '■.Vers',îopt Meilleurs Robert^de J Châlons'en Champagne^ Dé ■Tirman, Abbé de SrfLoüislez^ Troyes. D’Ab’oville^Germai^ < de Caën.-;, Chappuis 5,de Mon.- j brifon^ DeGlos,Matémaiicien i Hydrographe àHonfleur j De B-légny • Mademoifelledu Bo- j <age5 Le Poëce naifTant^ Le j
U
.4
bon Vigneron, d’Argenteüilp
gc 1sInconfolable, de la Rue'
S. Antoine. J-;’ay fuprimélesnoms
qui n’ont que de fimples
lettres , & une partie de ceuxqui
eftant faux, ne fe peuvent’
mettre qu’en trois lign^. A.*l?avenir
rnefme je ne vous envoyéray
que les véritables, ne doutant
pointqueje ne falTe plaifîr
à. ceux qui en prennenvà fe cacher*
Ils ne s’en divertiront pas*--
moins dans leurs Société?^ en
faifant'connùiftre par le vray
Mot des Enigmes qu’ils verront
dans le Mercure de chaque
Mois, que c’eft celu-y mefme
qu’ils a voient trouvé. On a
explique la première des deux
def ECprit, fur le Secret^ le Rab
finnement^ le Bon fens Je Jugement3
Rafinement ,ASilence, I'êIo- guenc?^ U Galanterie r le Fin* r^.ana l'Or, r Argent'la Medey le Secret, ScleF'er à (eyç. Je vous en envoyé deux, nouvelles.., La premiers eft de/Madame de Kambey..- C’eft une Veuve de la Franche-Comté qui a-beaucoup de naiiTancç, &■ dont la perfonne n’a pas moins de beau- ïc& d'agrément, que Ton efprir a de délicateffc & de lumières,
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GALAKF. y? ’
Cependant lé pourra-t*&n croire? -.
je ne fortpas plutoffi d'une fombre^-
prif&io^ >■■ ?" >- - - y
Quel'on voit conteflerlefyeux&Itëraifbn
- ■ '• . :
Pour m établir dé bonne grâce* ■-.
Tantoft-je fuis en hàùtftemofi. fâ ,y
fiïsengagé■ .'•■ u y.-:.-y y
Enfin apresplufiéuTsdebatsé yru
Sur un Trbne de fleurs çn me donnai '
ma place 5 -m
Maîsfije tombepar difracé^ -y
Ce qui m arrive qffe sffouv ene9
Autanten importe levéflt* y
AUTRE ENIGME.
• ♦ • ♦
Evine^qüiqefais 3 rfifi
: Qerpsrfiefl plus du
monde. -*"'■
* * Phabiteda* moitié d*&n^ ••
Machine ronde*.
I ,
Jfivante0 je navets qu’un fenti.
m» ent brutal^- l ;1.
IMaie depuis que l'effort d’une main t
affaffzne [
M. 'a fait donner le coup fatal y )
1-è renferme, fouvent la p lu s haute
DoElrin. e. • tJ s« •
Ceux qui ont explique I’E- ;
nigme en figures fur le-MafqaeJt {
Pour expliquée dans ion vray
féns& ce font Meflïeurs Ga-r- ‘
dien Secrétaire du Roy- Rauk,
deRduen, en Vers; Comparer
Regna u d> ,C h an r're de S.Urba i n
de Troyes ; -Mademoilellé-No- 1
rna-n-Anorri, de Poitiers- ê£ ie
faux Crifanre. Voicy l’Explimtion
dé ce dernier».
Erfée en ce Tableau noaecharme
& nous abu fe “
.Avec fa T efie de Mcdufeî
jkr,7/? dequoy■ sèft-o-n aviff
De luy laifferle front ainjî nu pt&sunCafqueC
-
Caron rdefi pars fortdpuiff
Quand on levé le Mâlque.
Cette Enigme n’eft prefqne
fondée que fur l’action & la diC
pofition des Pcrfonnes qui y font
dépeintes. La telle de Médufe
avec laquelle Perfée Pénible fe
cacher le vifàge, reprcfente le
Mapuey qui n’eft fouvent qu'une
figure difôrme., capable
•d ’effrav« er ou de faire rire, Ces
deux effets font exprimez par
les autres Perfonnages de PEnig.
me3dont l’un s’enfuit., tandis
^oMERCVRE
■ que les deux autres femblenï fe
moquer de Perfée. J'adjoûte
les divers mors fur lefquels elle
a efté expliquée, L* Hyver, une
Carcafe de Guerre, la Mort, la
Peur, le Tonnerre y l,e Froid, le
Miroir ardent, la Fronde, la P a.
reffe, la Lanterne foùrde,lePavot,,
le Cbymiiïe, la Beauté, le Sel, la
(glace, la- P luy a 3 la Grenade, la
Trahifn, T'FI b onde Fe , la Dif
corde, la Guerre, la Paix que
Lotiis tE Gr.aüd donne aux
traie grandes Puijfances fes Ennemie
* la force d e T Eloquence^ le
Difcours concis, le Tornbeau 5 lâ
Kieideffe, & le Cantrepoifon..
Refvez àprcfènt fur FEnigme
&Euridice, Elle mourut piqudé
d’un Serpent. Orphée l’aila redemander
aux Dieux des EnFl
VRYDICE E XI GAIE
GALANT.
;ferSj & les charma -fi bien par U .douceur de fon chant, qu"ils luy accordèrent ce.qu’il .veuloic, Il -retou rouit avec elle tout remply de joy-e, lorsque fur le point.de -revoir le-jour, il tourna la telle pour la regarder, contre la dé. -fenfequiluy en avoit elle faite,* En mefme temps.il eut la douleur de voir Euridice qui ;Iuy ■tendoi-rles bras, 6c des Spectres qui s’eu faifidbicnc pour la re- -mener aux Enfers.
Il ne nie refteplus qu’a vous apprendre la mort de Madame la Comtefle de Froullay 3 arrivée depuis peu en.fon Cbafteau de Monflaux au Bas Maine, ■Quoy qu’elle fuil dans .un âge peu avancé,elle s’y efl préparée avec une réfignation digne de
Novembre. H li
* ;
%6z MERCVRE
la îôhde vertu qu’elle a toujours pratiquée. Elleeftoittrès belle, fut Fille d’,Honneur de la Reyne Mere dés fa plus rendre jeunefTe, fous le nom deMade- ■ moifelledeNeüillan.Quelques r avantages qu’elle euftrçççus de j la Nature9 elle ne s’en fervit que pour faire mieux admirer fa conduire. Jamais elle ne donna •lieu à la moindre médifance. Au contraire, elle eftoit regardée ; à h Cour comme un modèle à • eftre fuivy par toutes les Per- •ionnés'de fon Sexe. Audi les s bonrez & la bienveillance du J Rov.de la Revue, êc de toute - la Mai Ion Royale, n'ont jamais '•>. changé àfon égard. Elle époufa . M1 leComtcdeFroülla'yGrand f- Maiftre des Logis du Roy en f
r» AT A Kl "T1
tx / i IL fiIM 1 • 5^3
1656. Il a efte Chevalier de fes
Ordres, ëc forroic d’une des
meilleures &c plus anciennes
Mailôns du Païsdu Maine. Les
Ticresqui ont efté produits pour la preuve de cecre ancienneté, juftifîçnt rp1 il ' descendait de Pere en Fils d’un Roland Sei-.
gneur;de Frouliay, qui vivoic vers l’an np. Feu M 'le Comte deTefle-eftoir fon aifné. Deux
de fes Cadets font encor, vivans, Mr l’Evefque d’A vranche & ME l’Abbé de Froullay Comte de Lyon. Il eft peu de Gens qui n’a yen c efté perfuadez du véritable mérite de celuy donc je
f J
vous parle. II eftoic brave , &: on ne peut guère fe diftingtier davantage qu’il avoir fait eftanc Capitaine aux Gardes. S-adroi-
Hh ü
3«4MEPæVRE t'ure d’ame, fa fidelité, 6c fa vertu, luy'avoient donné pour Amis' tout ce qu’il y a de Perfonnes du premier rang. Il ÿa enviroir fept ans qtfii eft mort , & Ton peur dire que cette mort com mença celle de Madame la Comrefle de Froullay fa Femme. Le faififïement qu’elle en eut fut'rel, qu’il contribua beaucoup au fchirequi fe forma avec le temps dans fon foye3&-qui l’a1 enfin emportée. La douleur qu\ elle eut de perdre un Mary qui luy eftoit fort cher, fut fuivie d’un autre encorr très - fenfible
que luy caufa ia pérte d’un Fils a-ifhé, rué en'3675". a la Bataille qui fe donna devant Trêves. Il eftoit reveftu de la Charge de Grand Marefchal des Logisÿ
l’une des plus confidérables de la Cour, digne heritier des vernis , 6c du mérite de ML le Comte de Frpallay Ton Pere. Mais coûtes ces diferaces, nv les embarras d’untrès-grand Pro-
- * '
cés, m’ont,pûj.amais ébranler la fermeté d’amç.qu’éll^a fait pa- r o i ft r e j u fq if a u d e ç n i er : n b m e n c de fa vie ; Sc malgré tant de tra- verfes., ou l’a toujours veuë d’une douceur & d’une foûrpif- lion aux ordres. d’Enhaut, donc l’Ecole du grand monde enfei- gne peu la pratiqué.'Elle eftoit Fille de'Charles de Baudean- Parabere, Co nte deNeüillan, Gouverneur deMiorr,6c petite- pilledejean d.eBaudeaa Corn te de Parabere, qui avoit fait un Régiment pour le fervice ude
H h fij
s
3« MERCVRE Henry IV'. Roy de Navarre^ ' & qil 11 uy eh Tenditdetres-con- -fidcrablcsjuf'qù’â la, mort; 11 fe trouva ‘à la Bataille de Courras,
où il acquit gtand honneur, êc prit la Ville de Niort Sc le Château où eftoic le' Gouverneur
de la province. Ce fut la première Place qui fer vit au Roy pour difputer la Couronne de France. Le Prince de Parme, que la Ligue avoir fait venir dans le Royaume, ayant affiegé Corbeil, lé Comte de Parabere l’obligea de lever le Siégé 3 & délivra Paris. H fit cinq cens Lanf. cadets prifonniers, prit Corbie en fuite j &' au Siégé d’Amiens où le Roy eftoic ps é- fent, il commanda une Attaque & une Raterie conjointement
A
AWf- &
avec le Marefchal de Biron qui
en cornmandoit une autre. Le
Roy luy auroitdonne leBafton de Marefchal de France, s’il euft voulu changer de Religion quand Sa Majelté en changea^ niais il ne put endurer qu’il entrait un mouvement d’întereft
du monde dans les motifs qui le dévoient porter â fe convertir. Apres avoir demeuré a fiez long temps Lieutenant- de Roy de Poitou Gouverneur dehïiony il fe rétira dans fa Maifon de
Parabere, où il fe ht Catholique, Qjoy qu’il y euft-cres- long temps qu’il euft renoncé à la Cour, fon mérité Ê< les grands fervices qu'il avoir rendus, par. loienc’tellementâfon avantage^ que pour lesreconnoiftrejefew Roy LouisXIII» luy envoya un
2zg MFRTVRF
B rêvée de Marefchal de F rance, *• '» r *
avec ordrede venir recevoir cet
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honneur, & le Cordon bleu en mefme temps. Pendant qu'il fe préparoit à fe rendre auprès de Sa Màiefcé, il montait .tout cou- vert-de s’o'.re.ôc l-aiila. deux Fils,
O • • 1 .» ■•. : . f
dont le Cadet EirPere. de Madame la Com telle deFrouUay, L’Æilhé fut fait Chevalier des Ordres du Rmy, & a efi:é Lieu- tenant de &ov de Xainrooge,
l 'O ■•*
&■ Gouverneur fde^ Cognac, Lieutenant-General & Gouver-
♦ neur de Poitou.
J’ay oublié de vous dire fur F Article de la Médaillé des Holhmdois, que les, lettres qui font d’un-pins grand caractère quelles 'autres -dans le kevers, s’appellent lettres numérales, Elles fervent à marquer l’année
GALAHT. W pendant laquelle la Médaille a efté faite. Cela fe peut voir en! les aficmblanc, apres qu'on, a1 rejette les petites.
Que de chofes j’aurois encor à vous dire3 fi je"voulois renfermer dans cette Lettre toutes le£
nouvelles de ce Mois; Le temps me prefle, il faut qu’elle parte/ êc malgré nwy je fuis oblige d’attendre à vous entretenir
dans la’premier^ des Publications de la Paix qui ont efté faites dans plufieurs grandes Villes du Royaume j-avec autant de magnificence que de galanterie^ & des Harangues qui fe font tous les ans au parlementa Pou- verturedès Audiences. J*y joindra}’ l’Articledes Modes. Adieu Madame. Je fuis,&c.
tromper.
ON plie ceux qulenvoyeront-des Mémoires ou il y aura des Noms propres,'.d’écrire ces Noms en c-ara&eres tres-bien formez & qui inaitenc. l’Impreflion /s’il fe .-'peut, afin qu’on ne foie plus fujet/à s’y On prie'aiiffi qu’on mette fur des papiers diférens' toutes les Pièces qu’on envoyera.
...On reçoit tour ce qu'on envoyé, & Fon fut plaifir d’envoyer.
Çepx qui ne trouvant point leurs Ouvrages dans le Mercure, les ..doivent chercher dans l’Extraordinaire; & s’ils ne font dans l’an ny dans Faune, ils ne le doivent pas croire ou-- bliez. pour cela. Chacun aura Ton tour. & les premiers envovez feront 1 • \ - J 1 • ks prciuicrs nus, a moins que la nou- vclle matière qu’on recevra ne Toit tellement du temps, qu’on ne puille différer.
A r 1 S.
On ne fait réponfe à perfonne, faute de temps.
On ne met point les Pièces trop, difficiles à lire. <"•
On recevra les Ouvrages gê tous les Rovanmês Etrangers, & onpro- poiera leurs Queftions.
Si les Etrangers envoyent quelques Relations deFeftes ou de Galanteries qui fe feront palfées chez eux , on les mettra dans les Extraordinaires. ' •
On avertit que le Siei.ir ’Blagcarc a prefentement une Boutique dans læ Court Neuve du Palais, vis-à-vis la’ Placé Dauphine, AU DAUPHIN,, où l’on ne manquera Jamais de trouver 'toute forte de Volumes en telle Reliure qu’on les voudra.
Il donnera tous les Volumes de
* l
l’année 1678. & les Extraordinaires à _ Trente fols reliez en veau, oc à vingt- cinq reliez en parchemin.
Les dix Volumes de l’année U?7e fe donneront toujours à Vingt fois
. y? r Z $■
<Veau, & â Quinze en parchemin.
On donnera un Volume nouveau
du -Mercure Galant le-premier jour
de chaque Mois fans aucun retarde..
xnenr.
•L’Extraordinaire du Quartier d’O-. étobre fe diftnbuëra le 15. Janvier
On prie qu’on affi'anchiflè les Ports de -Lettres, &: qu’on les adreflê toujours chez ledit Sieur Blageart, Imprimeur-Libraire, Rue S.Jacques, «. rentrée de la .Rue du Plaftrc.
On ne mer point d’Hiftoires qui puiflent blefler la-modeftie des Darnes, ou defobliger des Particuliers par quelqnes.traitsfàtyriques.
‘ -On abeaucoup de Chardons. Elles auront toutes leur tour, fi on apprend qu’elles n’ayenr pas efté chantées. C’eft p ourquoy il ceux par qui elles ont efté faites veulent qu’on s’en fer. ve, ils les doivent garder fans les chanter 6c fans en donner de copie jiifqu’à ce .qu’ils les voyen^ans le 'Mercure.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères