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1678, 10
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OCTO^T^e 1^7 s.
A PARI S.
4P PALAIS.
A. PAR I S,
Chez GUILLAUME DE.LUYNE, au Palais,
dans la Salle des.Merciers, à laj'uïlice.
CHARLES DE S’ERCY, dans la Grande
Salle, à la Bonne-Foycouronnée.
ESTIENNE LDYSON, dans la Gallerie des
Prifonniets, au Nom de Jefus.'
*
JEAN GUIGNARD, dans la Grande Salle,
à l'Image S. Jean,
THEODORE GIRARD, dans la Grande
Salle, à l’Envic.
-CHARLES OSMONT, dan? la Grande
Salle, à l'Efcu .de Fiance.
■* Da<i$ laSalleRoyale,àrimageS.Loifis;
M. D. LXXVIII
<£VEG PRIVILEGE DV.
Uis que Loiiïs finit la Guerre a-
Et qu'il veut qu’aujourd’huy lu
Paix regne en tous lieux,
LesPcuplcs doivent fur laTcrre
S’applaudir àrcnvyd’undonfi prétieuvr-
Qui los fauve de fon Tonnerre:
Il eft vrav que pour eux c’cft un prefent
bien doux-
Mais, Pjï-ince, cette Paix femblc faitepour
vous.
1 q
'<? a *♦*
Louis tientàfoy la Vidoire,
Cette Divinité qui luy faifoit la cour,
Vouloir que feule il la puft croire;
Mais pour vous marquer mieux l'excès
de fon amour,
Retranchant fur fa propre gloire,
Pouvant tout fui'monter, il accorde là
Paix,
Et borne pour vous fcul fes auguftes
projets.
&
Si Phüippes parut bon Pere,
Si pour ! on Alexandre il fe donna du loiiL
Le lu d eft que voulant tout faire,
Il nelai-’Ibitce Fils quelelîmple témoin
-De Gtconduite militaire.
Mais Louis fçachant mieux vous montrer
fon amour,
LaiÆe à voftre Valeur où s «xerperun
jour.
Par fon grand cceur, par fa vaillance,
Parles coups éclata ns de tant d’exploits
guerriers,
Il vous a montré la Science
De moiflonner par tout & Palmes & Lauriers.
Enfin potirvo ftre ex p éri ence. ;
Quepouvoit-il relier à Louis déformais, - Qu’à vous enfeicrier l’art' de bien faire la - Paix ?
Ainfi c’eft pour voftre avantage, Grand Prince, qua l’Europè il la* donne aujourd’huy^
Et H nous luy devons hommage, C’eft moins de vouloir bien terminer-’
noftre èrînuy; »
Que de donner un Prince Page,
Qui fçache comme luy.faire un jour à' propos
Trembler tout lTTliivers, &- caufer fon -
repos.
LE BLANC. •
Les fintimens. de toute la France. SMONSEIGNEMR..
Vers dont j'ay crû pouvoir me fiervir enfInfant connoifire par le nom de leur Autheur, que je n'y ay Aucune part que celle de vous les prefienter. Il efi certain que fi les Peuples fie réjoui fient de l.t Paix, c'efi moins pour les Avantages qu’ils en retirent, qùe pour l’interefi qu’ils prennent à voflre gloire. Ils s'applaudi fient déjà par avance, mOUSElGNÈPH, des
Triomphes que la modération du R oy vous refièrve s _Cÿ en
■mefaie temps qu'ils reconnoifa. fient devoir leur repos à fia bonté, ils envifagent avec un plai- filr extrême les grandes Vic^
foires qui wons doivent mettre au nombre des plus renomme^ Héros. Cet incomparable Monarque en laijfe une ample matière d vojlre Valeur par les bornes qu'il a bien voulu donner a la fienne^ £ÿ vous ne pouvez eftre que Grand £ÿ Au- gufte> efiant Fils du plus Grand & du plus Au gu fie de tous les Rois. Je fuis avec un profond reFfeEt*
^ONSE/GNEVR,
Voftre tres-humble Sr tres^ obeïftanc Serviteur, D,.
*- I ' »z ~
>
QUoy que dans la-derniere- Leccre Extraordinaire mife en vente depuis quinze joursv on air donné deux mois de temps- pour travailler, à ceux qui voudront envoyer des Defleinsd’Arcs de Triomphe, Pyramides, Médaillés , & autres Monumens â la-' gloire du Roy 5 ces deux mois ne font qu’en faveur de ceux qui desmeurent dans les Provinces les plus< reculées 5 & fi les autres n’en- voyoienr plutoft leurs Deflems; on n'auroit pas le temps de les faire graver, ny mefrne d? imprimer l’Êxtraordinaire qui paroiltra le quinziéme de Janvier prochain,, Ceux qui ont déjà des idées pour ces forres d’Ouvrages,& qui ont abfolument rélblu d’y travaille^
font priez d’en avertir dés à pre» font. Cela fera prendre des me- fores fur ie nombre qiCon en dois avoir , & obligera à leur garder place,afin qu'ils ne travaillent pas inutilement.
<1
JSxtrait Su fPrï>tile*e Su J^yy»
PAr Grâce & Privilège du Roy, Donné à
S. Germain en Lave le ;i.Décembre 1677.
Signé,Parle Roy en fan Confeil, Jqnq^ikres.
Il eft permis à J. D, Ecuyer,Sieur de Vizé,
de faire imprimer par Mois un. Livre intitulé
MERCURE GALANT, prefenté à Monfeî=-
gneur le Dauphin, & tout ce qui concerne
ledit Mercure, pendant le temps & efpace de
fîx années, à compter du jour eue chacun defd.
Volumes fera achevé d’imprimer pour la première
fois: Comme auiîî defenfès font faitesà
tous Libraires, Imprimeurs, Graveurs & autres,
d'imprimer, graver & débiter ledit Livre
fins le contentement de LExpofaht, ny è’en
extraire aucune Piece, ny Planches fèrvâr.t à'
l’ornement dudit Livre, metme d’en vendre feparément,
& de donnera lire ledit Livre, la
tout à peine de fîx mille livres d amende,
Sfcconfiïcation des Exemplaires contrefaits^ ainfî
que plus au long il eft porté audit Privilège
Regiftréfur le Livre delà Communauté le y,
Janvier 1678. Signé, E.Couterot, Syndic,
Et ledit Sieur D-. Ecuyer, Sieur-de Vizé,
- a cédé Sc tranfportc fon droit de Privilège 4-
C.Blageart, Imprimeur-Libraire, pour en
jplîir fuivant l’accord faitentr’eux.
^tichë'vê Simprimer peur la premiers/gû?
le Octobre
4
Afcms four placer les Figures •
LAirqui commenccpar, Lors quefef- tois aimé de la jeune Lixete , doit -.regarder la page 51.
Le Plan du Pont de Strasbourg 6c de Æs trois Forts doit regarder la page 6$.
L’Air qui commence par 3 Qu on ne me parle plus d*.Armes ny de Défaites 5 doit regarder la page -rzy.
L’Air qui commence par, Si four a^oir \en feulement* doit regarder la page 2.15.
La Planche des Médaillés doit regarder la page, 277,
L’Air qui commence par, Affreux fâcher s y Demeures./ombre s> doit regarder la page 329.
'L’Enigme en -figure doit regarder fa .page 555.
La Figure du Cavalier doit regarder iapage.575.
'La Figure de fa Femme doit regarder la page 374k
En doutez point,
Madame. Je ne
vous parleray pas
moins de Paix à
l'avenir, que je vous ay
parle jufqu’icy de Guerre.
Toute la différence qu’il y
A "
aura, c’eft que la Guerre
m’obligeoità faire de longs
Qiïubre. A
2 MERCVPOE Articles féparez des Combats qui fe donnoient, 8c des Sieges qu’on entrepre- noit -, au lieu que prefque toutes les matières qui vont çompofer mes Lettres, feront de Paix fans que je vous la nomme. Ce que je vous diray de l^làtisfaélion des Peuples, des Provinces abondantes en toutes cho- fes, du progre's des Mufes & des beaux Arts, des fomptueux Edifices qu’on elevera , des Feftes galantes qui fe donneront, des magnificences & des

libéralitez de Louis
Grand; tout
fournira - t - il pas autant
d’Articles de Paix, puisque
ces diférenres choies eniè-
} ront l’effet ? Jugez fi cette
< matière ne doit pas eftre
inépuifable , e liant loûtenuë
de ce qui fe païfera
dans le plus galant, le plus
tranquille , & le plus ftorilfant
Royaume du monde.
Pour le voir toûjours
; augmenter en gloire , il
{unit qu’il ioit gouverné
parle meilleur,leplusiage,
& le plus grand Roy que le
A ij
4 MERCVRE^
Ciel aie jamais donne' à là Terre. La valeur & la prudence ne peuvent aller plus loin qu’il les a pouflees pendant le cours d’une Guerre qu’il n:y avoir .que luy feul qui fuit capable de terminer. Il a eu la bonté de l’entreprendre, il en eft venu à bout, & l’on peut dire que la Paix eft fon Ouvrage. Vous en avez reçeu la nouvelle avec plaifir ; mais je ne fçay fi vous avez aflèz examiné combien les circonftances qui ont accompagné cette Paix, U
rendent glorieufe pour ce
Grand Roy. La Victoire ne
lavoir point quitté depuis
le commencement de la
Guerre. Pkifieurs Princes
s’eftoient alliez d’abord
avec luy , & leurs Troupes
jointes auxfiennes avoienr
fait quelques Campagnes
affez heureulès. Cependant
fes Ennemis croyant
l’accabler, firent agir de fi
puilfantes Cabales , que
non feulement ils enp-ap-erent
tous ces Princes à rompre
l’Alliance qu’ils avoienr
avec SaMajefté, mais mef-
A iij
6
me à fe déclarer contre
pie, & le Roy vit en
Elle. L’Efpagne qui eftoit
en paix fuivit leur exempeu
de temps prefque tous les
Princes de l’Europe liguez
contre luy. Il eftoit à croire
que n’ayant plus d’Alliez,
& voyant le nombre de lès
Ennemis augmenté , bien
loin de longer à faire de
nouvelles Con quelles , il
auroit de la peine à conlerver
celles qu’il avoit faites.
Le contraire eft arrivé.
4
n & i à MT
jÈ A X X • f
plus il a remporté de Victoires. Il a lùffy luy feul contre tous& ce n’a elle que dans ce temps qu’il a pris des Places que l’on croyoit imprenables. Les chofes eftoient dans cet
état. Toute l’Europe re- gardoit nos avantages avec un étonnement qui ne fe peutexprimer. Les Conférences de Nimégue n’a- boutiflbient prefque arien, & les Peuples ne voyoient aucun lieu d’efperer laPaix, quand le Roy ayant rélolu de la donner, & de la dotx-
A ifj
ner en Vainqueur qui pouvoir
encor pouffer fes Conquêtes,
jugea que le feul
moyen d’en faciliter le lùccés,
eftoit d’aller prendre
les Villes de Gand & d’Ypres.
Il fè rendit maiftre
de l’une & de l’autre, &
l’on ne peut nier qu’il ne
fuit en pouvoir de le devenir
de tout ce qu’il auroit
voulu foûmettre. La
prife de ces Places avoit
jette la terreur parmy les
Peuples de celles qui reftoient
à prendre. L’Hyver
eftoit dans fa force. Il n’y
avoit que le Roy qui fuit
armé, & qui euft des Magasins
pour faire lublifter
de grandes Armées. Les
O
Ennemis n’en pouvoient
mettre en campagne qu’apres
le retour du Printemps.
Ainft il eftoit en
état de vaincre par tout,
fans qu’il puft trouver aucun
obftacle à fes entreprifes.
Sa bonté luy fait
choifir ce temps pour donner
la Paix ; mais il eftoit
bien jufte qu’en la donnant,
il fift connoiftre qu’il
faifoit grâce, & qu’il marquaft,
comme il a fait, que
c’eiloit feulement aux conditions
qu'il avoit trouvées
raifonnablesqu’on pouvoir
choifir la Paix ou la
Guerre, Les Hollandois
acceptent la Paix, apres
avoir fait réflexion fur les
redoutables forces de la
France contre laquelle
.9 J J
prefque toutes lesPuiflances
de T Europe avaient
échoué. Il y a deux temps
à conïidércr dans celuy qui
s’eft pâlie depuis laPaix acceptée3,
jufqu a fon entière
oenclulion.. Lun regarde
ce qui eft arrivé depuis l’acceptation
de cette Paix jusqu'au
jour de (à Signature;.
& l’autre nous mene jufqu’àf
celuy de la Ratification.
Ces deux temps ont
eu chacun leur étendue, &
on ne s’eft que trop apperçeu
que pendant l’un
& l’autre, tout ce que le
Cabinet renferme de Politique
a efté mis en uiage
contre le Roy de la parc
des Princes liguez ; mais
leur prudence ainfi ramaffée
n’a pas eu plus defiiccés
que l’union de leurs armes*
i a pA. ti. R V R E
Mille interefts diférens les
faifoienc agir. Les uns en
avoienr de particuliers pour
eux-mefmes- les autres,
pour des Perfonnes qui les
rouchoicnt de fort près, &
c’elfoient par tout des paffions
violentes qui détrui-
Ibient tout ce qui auroitpia
avancer la conclufion de
la Paix. On fait naiftre des
Incidens. On donne fujet
au Roy de fe plaindre, afin
qu’il le plaigne. On tâche
d’irriter fa bonté, & on
veut adroitement le forcer
Mais tous ces
GALANT. i| artifices ne fervent qu’a mieux faire voir qu’il eft autant au deflus de fes Ennemis par fa fageife, qu’il l’a efté pendant la Guerre par fa valeur. Ce grand Prince dédaigne de leur faire connoiftre qu’il voit leurs brigues. 11 eft per- fuadé que ceux avec qui il traite, & qui ont feuls pouvoir de traiter, açnflent de ’ O bonne foy. 11 en eft con-. tent. Ils fe font fournis, & c’eft aflèz pour luy faire toujours aimer une Paix qui les fauve des périls
i4 MERCVRE dont ils auroient peine à fe garantir dans la continuation de la Guerre. Il a
paru modéré comme Vainqueur, il le veut paroiftre encor comme Roy. On donne un Combat dans le
temps que la Paix vient d’eflre lignée. Ceux qui attaquent manquent leur Coup. Mons n’eft point fecouru, .& par conféquent il ne tient qu’au Roy que Mons ne foit perdu pour les. Ennemis. Ils ne peuvent plus fubfifter auprès de noflre Camp. Il n’a qu’à
i ■ 15 prendre la Place qu’ils ont inutilement voulu fecourir.
On ne pourra dire qu’il rompe la Paix, puis qu’on l’eltvenu attaquer. Tout luy rit,. Les Ennemis a- voient fondé toute leur ef. pérancc fur les Troupes d’une Nation brave &. intrépide.
Elles font batuës, & les noftres n’ont qu’à entreprendre pour rcüllàr. Ces avantages ne diminuent rien des bontez de ce grand Prince. 11 fçait que les véritables Hollan- doisqui aimen t leur Patrie,
if MERCVRE n’ont point de part au def fein de la Bataille qui s’eft donnée. Il veut que la Paix qu’il fait avec eux foit un commencement de celle qu’il fouhaite à toute l’Europe , & il ne fe fert d’aucun des juftcs prétextes qu’on luy a donnez, pour la rompre. On luy en donne de nouveaux apres la
[ Bataille. On fait aux Etats
des Ofres qui paroilïènt fort avantageufes, & on les fait en pleine AiTemblée-, mais les Hollandois auflî fermes de leur collé, qug
GALANT- 17 Sa Majefié l’elt du fien, rejettent ces Ofres, &font convaincus des avantages que peut leur produire l'amitié du. Roy, par ceux qu’ils en ont déjà tant de fois reçeus. L’Efpagne qui ne fait rien fans l’avoir meurement examiné, re- connoit clle-mefme la grandeur de cet augufte Monarque, en Ce réiolvant enfin d’accepter la Paix qu’il luyofre. Elle n’attend plus rien de ces retours de For- b tune & de ces coups ino- pinez qui ont toujours flaté Octobre* B
la Maifon d'Autriche. Tout
eft dans la main du Roy^
& s’il eft fâcheux à un Peu-.
cevoir du Vainqueur, ce
Peuple qui fe fouiner, s’en,
trouve récompenfé par l’avantage
de recouvrer des
Places dont il ne fe feroit
jamais veu maiftre, fi ce
Vainqueurl’euft voulu laif
fer dans la neceflité de les
conque'rir. Il refte quelques
legeres difficultez
pour des Villages, ou des
Articles, de cette nature j
& le Roy toujours Grand,
petits Démeflez , accorde
tout de luy-mefme. On
ne peutdifconvenir que ce
ne foit de fon plein gré,,
puis que L’Arbitrage eftoit
Ligné par les Efpagnols mefmes,
&qu’ilen pouvoir revenir
quelque choie a Sa
Majefté -r les Arbitres ne
jugeant jamais avec une Li,t
entière rigueur, qu’ils ne
cherchent à fatisfairc toujours
les deux Parties. Apre s
cette derniere libéralité du
® il
Roy, le Traité fe ligne entre
la France & l’Efpagne.
Je vous ay mandé de quelle
maniéré. Voila, Madame,
en fort peu de mots toute
THiftoire delà Guerre &
de la Paix:.
Il y a déjà longtemps que
l’elpérance de cette Paix a
fait parler les fçavantes
Mules de Soiflons. Vous
fçavez que l’Illuftre Académie
de la Ville que je
viens devons nommer, a
efté reçeuë dans l’Alliance
de celle que le Roy ne dédaigne
pas de loger dans
fon 'Louvre, & dont il a
bien voulu fe faire le Protecteur.
Elle luy envoyé
tous les ans quelque Ouvrage
en reconnoiflance de
cette aïTociation jSe l’idylle
que vous allez voir, eft
celuy dont elle luy a fait
prêtent cette année. Meffieurs
de l’Académie Françoife
l’ont fort eftimé , &
je ne doute pas que leur
approbation ne foit fuivie
de la voftre.
£ riche émail des Fleurs
orne bien nos Prairies^
Fe Fruit f&dbien à nés
bergers*
Ruifeaux les Rivesfictif
rtes^
Ft la Mofette aux amoureux
Que fer oti-jefans 'vou^mafidelïe
Fdufetteï'
Seuventcv eus faites mes platfrs\.
Sans vous mes ftlfas tendres defr-s
Seraient encor cachez^ à la jeune
Lifette*
làfette dont le teint cfl^lua- blanc
que le Lai
Dont leftuffle eft plu* doux que
Codeur de B Oeillet*
Et qui pafte en beauté le refte des
Bergeres^
Comme un Chejne seleve au dejju#
des Fougères.
O
De l'ardeur de mes feux *despeines
que je fins*
Souvent elle écoute laplainte^
Et ft foname en eft atteint ey
le. dots cet avantage à vos heureux
accens,
IMais quoy qu'elle aime àvou&
entendre
Entonner m si ir doux détendre\
Elle veut aujourd'huy que voscs
changiez^ de ton.
merveilles
Ont percé nos Eorefîs* ontfrapè ntë
oreilles^.
loft*
Et tout ne retentit que du bruit de
fon Nom.
Ne farergoui rien pourfa gloirel
Aidcrfa la placer au Temple de
Mémoire*
Du moins far quelque douce &
charmante Ch an fan.
Zaiffe^à Polymnie entonner la
Trompette*
Célébrer fes beaux Faits* & fes
Exploits guerriers,
Z biffer-luy vanterfes L auriers 5
Vous qui n eftesquuneMufette*
Chantez^nousfa bonté fd douceur^
& la Paix
Qydil va donner d fes Sujets.
'Malgré vos faibles fans ne faye^
point muette*
Qn n'efi jamais blâmé quand on
fait ce qu on peut^
• 2.$
Chantez^ LOP^S efi bon > &
Zifetîe le veut.
y&ttë que le bruit & la fureur
des armes
Ont forcé de quitter nés Champs
& nos Hameaux^
Serge?^ ne craiÿtex^flus De lionne
& fes alarmesa
Ramenez^ dans ces lieux vos faifilles
Troupeaux*
faites y revenir les Nymphes fugitives
y
‘foencz^ enfemble for les Rives
]}e nos agréables Ruiffoaux.
Z à bi enta fi la Divine adfirée
Répandra de fa main fa crée
T es biens fies plaifirs.fr les jeux*
N'ous touchons à ce calme heureux
Si charmant apres la temfefie^
Nefire félicitéforpafiera TMsvoeux*
Octobre. C
Et nos jours ne feront quune lierne
lie F eft e.
il eft vray que Mars en couroux
Tonne encor affezjtres de nousy
Son bruit s'entend jufque dans nos
Campagne^
Mais ce n eftpires comme autrefois
lors quil faiftoit trembler nos plus
hautes Montagnes*
Et retentir nos Rochers & nos
Bois.
On fini bien qu'il eft aux abois5
Et qu on vavoir ceffer les horreurs
de la Guerre*
Tels lesdernicrs coupsduT'onerre*
Quand l'orage eftprès definir
E eut bruit fatrdannice ala Terre
Que le beau temps va revenir,
Ee Grand LOTIS
Ouvrage^
i- 27
jl va donner la Paix a fies fiers
Ennemies
Malgré leur fureur (fi leur ragey
Nous les verrons hientoft fournis,
Alors cet llluftre Héros
tiendra prendre le frai$z (fi goûter
le repos
Au doux ombrage devosHeftresy
Il aime vos Chanfons^quey qu elles
fuient champefreSy
Il vous affemlde icy pour former
des Concerts^
Etneméprife point (bien quil offre
i vos Airs
De fes beaux. Faits la matière
yofiri Frfufefaible (ÿ* naiffante.
Sage au Cvnfeil* vaillant, dans
les Combats r
C ii
Il fiait affronter le trépas5
Mais délivré de l* embarras
Du Ifrftiti dufracas, des 'vacarmes
Quife trouvent parmylesarmes>
Les paifibles Emplois font fes plus
grands plaifirs.
Il trouve fin repos5 il borne fis
défis
fififvir de fa puiffance
Pour reprimer la funefie licence*
Pour faire révérer la majefiè des
L&isc*
Et ramener une heureufi abondance,
Le plus grand des Héros* le plus
jufie des Roy s*
jgpres avoir gagné J^icloire fur
Viftwe,
Se fait une nouvelle gloire
A répandre fur fis Sujets
Des Ruijfiaux éternels de grâces*
de bienfaits»
Quitte de ces grandes fatigues
Qui confirmaient les plus beaux de
fis ans3
il donnera tous fis moment
A réduire en poudre les Digues
Que le defordre oppofiii aux
Vertus ;
Tarluy des Vices ab battis^
'Malgré l'impunité9 malgré fis
fortes brigues*
Les teftes ne renaiflront plus.
Dds cet heureux loifir* en des temps
fi tranquilles y
Que de fiperbes Baflimens*
Et que de riches ornement
Pareront fis Palais* & la Reyne
des Villes l
le vois déjà dans nos plus grands
Hameaux
Zes Bergers /’affïmb 1erformer des
Choeurs nouveaux,
Pour Tendre fa gloire immortelle^
Pi s immortalifer en travaillànt
•pour elle.
IMille grâces, mille douceurs,
S avancent pour chercher les neuf
ffavantes Soeurs.
On va voir les Mufes vuftiques
Habiter des Maifins publiques^
Et partager fes R oyait s faveurs.
Za noflre errante encor au milieu
des Campagnes,
Aura le fort de fes Compagnes ,
£t trouvera dequov (e retirer s
Heftre attenté n eft parinfifte,
Appuyé d'un M.ècene, écouté d’un
Augufe,
Ne d it on pas tout efpérerl
2Aak pour de fi grands biens ? pour
ces rares merveilles^
GALANT. 51
Jtymphestcherche\dU$ cès beaux lieux
Ce quds ont de pliw précieux* Pourlùy coblezfc Fleurs vos plus riches Corbeilles^
Joignez^? des Fefions du floes vert Olivier^
Il l'aime autant que le Laurier, V'oùcyBeryersfanncz^ luy vos travaux & vos veilles
Que vos Rochers manquent d'échos.
Que les rapides eaux remontent vers leur farce y
Que le Ffàbea‘udu joiïr interrompe fa cour fa
Avant que vouâ ceffiès^de chanter ce Héros.
S’il y avoit beaucoup de Mufetes aufli douces que
C I11J
32 MERCVRE
doit eftre celle dont il éil
parlé dans cet Idylle , a- voilez qu’il eït peu deplai- firs qu’on préférait à celuy de les écouter. Je ne fçay meirne fi elles ne feroient pas propres à faire ceflèr les chagrins, contre le (intiment de l’Amant infortuné
qu’on fait parler dans ces Vers que Mr Goiiet a depuis peu mis en Air.
AIR NOUVEAU.
I
Ors que j'eflo&s aime de la jeune Zyfcie*
iPar vos chavmans conceris, veu& fçaviez^ ma Mu[etey
4s? •v
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de la jeu- ne Lifet-re,Par vos char- manscon-certsvo’Içaviezma
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de la jeu- ne Lifcr-ce, Parvoschar-manscon-certsvo9fçaviez ma
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O rfqne j‘e- finis aymé
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vous je lan- guis, je loû- vous ne pou-
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Dans mil-le doux plai-lns cous deux nous enj
-T" * ’ E > vl i
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miilcdoux plaihrsco9dciix nows
4 ■ M
Mais de- puis que fon coeur
!> ,
_i__ 7■> * /a* _____ a j xy
i_~ÿZ7" ' 1 --------------- ----------— --a4
Mais de- puis que Ion coeur eft devenu
r
nu le- ger 3 vous,
Auprès de vous ielan- guis, je fou- pire, Et vous ne pouvez plus, ne plus, Et vous ne
<•
nous engager^
priais déficit que fon césar eft devenu
léger,
Auprès de veut je languis, je
foùpire,
Et vous ne pouv expias foulage?
mon martyre.
Vous m’avez paru fi contente
des Airs de MrGoüetÿ
que j’ay crû ne pouvoir
mieux commencer que par
-cy à vous en envoyer
de nouveaux. Comme il eft
Maiftre de la Mufique des
Dames Religieufes de Lonc1h
amp ? on ne dJ oit pas s s e'-
tonner fi on y trouve de?
4 MERCVRE quoy fatisfaire les oreilles les plus difficiles. En effet, on n’y entend pas leule- ment tout ce que le beau Chant a d’aimable , on y remarque encor une façon de chanter qui n’eft pas commune, tant l’Autheur
s’étudie à faire toujours quelque cholè qui ne le chante point ailleurs. Les belles Voix qui entrent dans ces Concerts fe font
admirer & par leur diver- fité & par leur jufteïïè. La Symphonie qui les accompagne eft • merveilleufe.
Elle eft executée avec une
délicate ife qui répond à la
recherche des beaux Accords,
& l’on diroit que ce
font autant de maiftreflês
mains qui touchent ou les
Violes , ou les Claveflins
qui la compofcnt. Je n’avance
rien qui ne foit connu.
Le mélange des Voix
& des Inftrumens qui forment
cette charmante Mufique,
eft fi doétement ménagé
, que les meilleurs
ConnoifTeurs demeurent
d’accord qu’on ne peut
rien entendre de plus beau
36 MERCVRE dans aucun Monaftere de Filles.
Mr B rayer qui pafloit pour un des plus fameux Médecins de nos jours, eft
* mort au commencement de ce Mois. Si une grande pratique peut rendre un Homme confommé dans cette Profeffion, comme elle le doit en effet , on peut dire qu’il eftoit le premier Médecin du monde. C’eftune choie incroyable que le grand nombre de Malades qu’il voyoit. S’il n’a pas efté le Médecin de
A I A XIT
tout Paris pendant le cours entier des maladies de ceux qui en ont efté attaquez depuis plufteurs années , il les a veus du moins une fois, ayant prefque efté de toutes les Confultations qui fe font faites. Il avoit préveu le temps de fa mort, & quelques-uns tiennent qu’il s’en eftoit expliqué avec fes Amis, comme n’ayant plus que trois mois à vivre. Il n’avoitpas laiifé de relever d’une maladie où il eftoit tombé dans cet intcrvale. Il avoit mefme
* A
U1S
mais cette
fauflè guérilon ne luy avoir point fait changer de pen- fée. Le jour qu’il mourut, il difna à table avec fa Famille.
On luy dit en dif- nant qu’il avoir mauvais vilàge, & qu’il feroit bien de prendre quelque Re- mede. Il répondit qu’il le feroit inutilement, & qu’- encor qu’il ne loufrift aucun mal, il fentoit bien qu’il approchoit de fa fin., Il mourut quelques heures apres affis dans fa Chailè. On ne peut nier qu’il n’ait
cfté un véritable Médecin,
puis qu’il s’elt connu luymefme.
Je ne vous dis rien
de fa piete', ny de la maniéré
toute Chreftienne
dont il s’eftoit préparé à la
mort qu’il y avoir fi longtemps
qu’il envifageoir.
Jugez -en par la charité,
qui luy faifoit employer
tous les ans douze ou quinze
mille livres à foulager
les befoins des Pauvres.
dre celle de Mr Nicole que la Ville de Chartres avoit
choify pour Ion Avocat. C’eft une perte confidéra- ble pour les Gens de Lettres. Quoy qu’il fuft dans un âge fort avancé, il fou- tenoit avec autant de fer-
meté que de politefle, la haute réputation que fes Pièces d’éloquence luy a- voient acquife. Il s’eftoit attiré l’eftime de quantité de Perlônnes de la Naif-
fance la plus relevée. Il les complimentoit au nom de la Ville, lors quelles paf-
fôient par Chartres,, & toujours
avec un applaudifîèment
general. Il efloitPerede
l’Illullre Mr Nicole, connu
de tout le monde par
les excellens Ouvrages d'érudition
de pieté qu’il
met au jour depuis près de
trente années -r entf autres
par h Perpétuité de lu Poy*.
,<k nouvellement par les.
'Ejptis. de Morale. Quelques
mois avant fa mort, il avoir,
choify Mr Noël, Cotrolleur
des Domaines de Son A. R.
à Chartres , pour luy fucceder
dans, le pénible &
OEfobre, D
honorable Employ d’Avocat
de cette Ville. Il en
remplit admirablement les
Fonctions, & fuit de près
ce grand Homme. Il commença
d’en donner d’écla- !
tantes marques, par un
Compliment fortjufte qu’il
fit fur le champ à Madame
la Duché fie de Tofcane,
qui fe rendit à Chartres il
y a trois mois pour fignaler
la piete' qui luy eft ordinaire
dans le Temple le
plus ancien de toute la
Chrefticnté. Entre les Actions
qu’il a efté déjà obligé
j de faire, il n’y en a point I de plus remarquable que le Panégyrique du Roy qu’il prononça le fécond.
< de ce Mois, à l’occafion de • deux Echevins qu’on avoit . éleus. Tout ce qu’il y a i dePerfonnes confidérables A
| dans la Province s’y trouva, iauffibien que tous lesCorps | de la Ville. Quoy qu’une jfi augufle matière fait en! ï quelque forte au deflus de l’expreffion, il la traita d’une maniéré fi délicate, qu’il eut tout le fuccés qu’il en pouvoir eiperer. Je ne D ij
44- MERCVRE vous parle point de la Fa- mille des Nicoles. Tout le monde vous dira qu’elle elt très-ancienne à Chartres, ôé qu’il y a plus de deux cens ans quelle y fournit des Magiftrats. Elle a pre- fentement pour digne Chef le Lieutenant General de cette Ville,
Vous allez juger du loin que je prens de vous chercher d’agréables chofes, par celuy que j’ay eu de recouvrer une Copie de la Lettre que je vous envoyé. Elle eft de Mr de Lamathe
Avocat au Parlement. De
grandes & fàcheufès affaires
l’ont obligé jufqu’icy
d’écoufer de fort jolies Pièces
dont j’efpere quejevous
feray part à l’avenir. Cellecy
vous fera connoiflre
combien vous pouvez attendre
d’un Génie auffi
A MADAME
L A COMTESSE DE ***
Sur ces Tarâtes de COfe'ra 4
D’une confiance extrême
Un R.üiffeau fuit foncours3
Ï1 en fera demefme
Du choix de mes amours^
Et du moment que j'aime,
C’eftpour aimer toujours,
VOus avez. donc cru>
Madame, que la comp&
r&ijon d'un Ruijjeau efloit
la plus jufte & Zæ plus heureufe
du monde, pour exprimer
une amitiéfidelle gÿ covp
GALANT 47 tante ? Cependant il me jem- * ble que c eft tout le contraire
& je croîs que <vous en de- meurere*^ d'accord 3 quand <vou* y aure\fait réflexion. Pour moy, je way dire ce que j'en penjè.
Un Ruifleau ne fuit point fon cours,
Comme vous diriez bien, d’une confiance extréme5
Et fi quelqu’un ainfi vous aime,
Défiez-vous de pareilles a- mours.
S’il éft vray qu’un Ruifleau ne puifTe cftre infidelle,
Il cefle de couler tout au moins quand il gele,
Et vous n’ignorez pas qu’il gels
tous-les ans,.
A li r quel, mod el e i d es A m an s i
Te pourvoit mefme <vom$
prouvery Madamerfije vouloi&,
que les Ruifoaux fini
infidellet comme nous. Fous
diriez^ a leur petit air tranquille
& modefle, quils ne
cherchent qwà fè joindre a
quelque ' honnefie Riviere
pour s en tenir la tout-a-foit;
mais- les Galant ny font pas
toft parvenus , quils veulent
aller plus lmny & ils ne
font jamais consens y qu'ils
n ’ayent traîné leurs eauxGALANT.
49 arnbitieufes Jufquesdla, Mer. L'honneur en efi grand pour eux ; mais vous mavouereg* qu avant que de luy porter leurs hommages, ils font certaines infidélités^ en chemin, qui ne font nullement de bon exemple. Vous les voye^ qui fe débordent tantofi fur une belle Prairie, & tantofi fur une Plaine agréable. Ils font tous de ce caractère, & Je gage que cet aimable Kuijfeau qui pajfe au pied de vofire charmante Maifon de ne manque pas de faire de
?
jour- que je renvois près de
luy a mes trifies aruantures^
de dormir d V ombre des
Saules qui fins fur fi s bords.
Jl efloit couché fiw le plus
beau fablon du monde s & le
voyant dans cet étatf aurais
juré quil efioit dans une par»
faite indolence. Mais je fus
regardé plus
qud Uordinaire 3 de luy voir
carrejferfort tendrement une
Fontaine naijfinte qui s* efi
toit venue joindre d luy. le
: g/ les ayant fiivis deux ot&
J trois cens pas 3 je vis quils
. couroient enfiemble s fins fi
quitter d’un moment s ce qui
me fit juger qu'ils alloient
achever les myfleres de leur
amour, à quelque Rendezvous
quils s'efioient donné*
. apparamment à rentrée de
la Riviere de.w qui pajfie
à une lieu'è de là.
Lorsque queïquejeune Foâ^
raine,
â Par fes petits bouillons exprimant
fon tourment,
Se jette entre les brasd’uuRuif-
| foau fon Amant,
i Croyait y foulager fa peine*
TT' ® k ï E y
52 MER.CVRE
Le Fripon fans façon l’cm* meine-
Chemin Enfant, c’cft un amu» fernent.
Mais, Madame 3 ce feroit peu fi ces Mejfieurs les Ruif- faux efioient feulement coquets, Lu Coqueterie peut avoir fs raifins gÿ fs ex- cttfs. Les Ruijfeaux fnt bien pis que de caqueter. Ce fnt des libertins & des df bordez^. Il y a des temps quils nepewvent fe tenir che% euxs gÿ quils ne font point defcru- puï&de recevoir dans leur lit tout ce qu'il y a de plus vi-
. laines eaux far leurp&ffage*
* Je ne mous dis rieny Ma*
damedu peu de chaleur naturelle
de ces Amans s parce
que mous ne moude\pas fans
doute quon poujfie la choje
fi loin. Mais moyens il mous
\ plàijly quel tort mous faifîe\
; à la confiante & filide amittéfae
luy donner unfimbole
fi défifitueux. le ne prétens
pas neantmoins
icy les Paroles de ML Jfafa
nault. Elles font tres-naturelies
5 gÿ nofire Siecle luy a
trop d’obligation de mille
tendres douces exprefifions
plus de temps pour vous ex~
primer les penfées qui me
tiennent far cette matière a
wefare que je vous écris je
vous firois voir quily a peu
qui ne clochent
5 comme je vous le dis
dés le moment que vous vous
recriaftes fur U jufte/fe Cÿ U
beauté de celle- cy. éMaisy
Madame y voftre Laquais me
Mr le Conneftable Colonne
arriva il y a quelque’
temps incognito à Turin, &
logea chez le Duc de Giovoneze.
11 vit Madame la
ComtefTe de Soiflons, &
eut deux longues confc->
rences avec elle. Ses trois'
par fon ordre, & virent lestrois
Princes de Soiflons»
Les carrefTes furent grandes
de part & d’autre. Mr le
Conneftable rendit vifite
a Madame Royale qui gardoit
encor le Lit. Son A R.
fè tint toujours del out auprès
d’elle. Perfonne ne fe
couvrir, &les Complimens
furent affez courts. Toutes
les Perlonnes de qualité de
cette Cour qui eurent ordre
de fe trouver à cette
S vifite, 8c les Dames qui ef„
toienr fort parées, demeurèrent
dans l’Antichambre.
M le Marquis de Fleury,
dont la bonne &c mauvaife
fortune cft connue de tout
le monde, eft prefentement
très - bien dans la
Cour de l’Empereur. Il a
envoyé un de fes Gens à
Turin pour payer les debtes
qu’il avoir faites pendant
laprifon. On luy fait
faire une magnifique Livrée,
&de très-riches JulK
à-corps, qui doivent fervir
auxNopces de l’Archiducheffe
Marie-Anne avec le
Prince de Neubourg. Il a
la commiffion d’en faire
tous les apprefts,
voyé à.Rome pour une Dit
penfc eftant Parent de
Mademoifelie d’Albe au.
troifiéme degré..
Une Difpenfe de cette nature,
vient, de faire Icbôhcur
i A L, A H 1 • ^9 de deuxIlluftresPerfonnes,. qui dans un degré encor plus proche, n’oioicnr prêt que permettre aucune eC- pérance à leur amour. On m’en donne la nouvelle de
Bagnols en Languedoc, où O O ’
apparemment leur Maria*- ge s’elt fait. Le Marié eù: Mr le Vicomte de Luflam Capitaine de Chevaux Légers dans le Régiment Meftre de Camp, & Frere du Comte du melme nom, Premier Gentilhomme de
la Chambre de Monfieur le Duc. le vous ay déjà
parlé de luy dans plufieurs
de mes Lettres fousle nom
de Ml le Chevalier de Luffan.
11 a donné des marques
de la valeur & de fon
courage en diférentes oc-
O
cafions, mais fur tout dans
la Bataille de Caffel, où le
bras droit luy flic emporté
d’une volée de Canon,
apres qu’il eut chargé les
Ennemis quatre ou cinq
.fois avec une intrépidité
merveilleufe. Il eft admirablement
bien fait de fa
perlbnne, & il y a peu de
Gens qui piaffent luy diffonne
qu’il a époufée eft
une Veuve de laMaifon de
Montcan, l’une des plus
anciennes de la Province.
Sa beauté eft foûter.uë d’un
mérite tres-fîngulier. L’un
& l’autre luy avoient acquis
un grand nombre
d’Admirateurs lors quelle
portoit le nom de Madame
de S. André. Mr leVicomte
e Luflàn & elle font fortis
duFrere & de la Soeur ; &
comme cette proximité
metroit obftacle à leur
union , & que 1 ’ auftere
vertu de cette belle Veuve
ne luy permettoit point de
fe fervir de fauflcs raifens
pour obtenir la Dilpenfe
qui leur eftoit necefïàire,
ils fe réfolurent d’écrire
tous deux à Sa Sainteté, &
ils le firent en des termes
qui exprimoient fi fortement
la tendrefTe qu’ils ont
l'un pour l’autre, & les violons
efforts qu’ils feroient
obligez de fe faire pour l’étoufer,
fi elle ne pouvoir
eftre rendue légitime, que
etdes Farts qiu en dpendent *
1 '<:L M
le. teut fait a la Qsue
A Le Fort deKcllpris part Q'mptdept e ludlef a t)‘li
' uvzr api -es
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b heui •«?> le J)eqe %■ ont de y^y l toises qui t\rFte ’irude •. la muet di b au y <? àiloust auee leu trots relou (eu de \baisD.£S.
Ledit Fort de Kell a e.re aeheue. de KM&r tUiec lEcjtuec^ueurfuduonu b ru/seule y''a 8 heure? du dot.r Créa ride redoute de bob fittaneiv sur le bord du grand Jl/icn pour garder te pontpar l'entre deTt.de I.e Fort de Üsle que lesFn net ni. r abandonnèrent le vnz.terme a -me heure apres rnuly Le. Foi't deLEstodleque leu-Enne.mu abandonnèrent au. >y apres trente heures de Jtege
La Z die de Strasbourg Lrle rnarescageuue dans le temps que y le Pont a esteb radie .
1
f f r
'/K
7
A ~ A XÎT Z* | KZ-HXj/ÏIM i • 6^
yje Saint Pere leur a permis |de le marier par la feule »confidération d’une 11 ve-
♦ » fritable &fi parfaite amitié.
Je m’acquite de ma pa- ; rôle, en vous envoyant un ' Plan que je ne doute point ; que vous ne trouviez tres- curieux. Il contient celuy ? de Strafbourg du cofté du i Pont. Le Pont de cette y mefme Ville y eft marqué, f avec les trois Forts & les
files, & c’eft ce que vous n’avez point encor veu en- femble. Quand vous l’aurez bien examiné, vous ad-
^4 MERCVRE mirerez encor davantage ce que Moniteur le Maref, chai de Créquy a fait pen. dant cette derniere Campagne.
Comme cet Article parle encor de Guerre, vous voulez bien que je fafle entrer icy un Madrigal donné à une Belle au jour de (a F elle avant qu’on eu II fait aucune proportion de Paîjc. Vous pourriez ne le pas trouver de faifon, fi j’atten- dois plus tard à vous l’envoyer.
B E LLE,
une Guerre jufie
Occupe le plut grand des
J1
4 JA
•1
3
, BOVQVE
jpOUR UNE
A P refont qu
p
Roy s,
Et que ce Conquérant augufle
1 Contraint fes Ennemis à recevoir
fes Loixÿ
Nouo croyions de l* Amour éviter
j les aUarmeSy
j Et ne redouter plus fes coups,
j Et qu'au milieu de la Guerre &
il des Armes
• Ses traits ne fourraient fa# attein*
dre jufqu a nous,
'--■Ce Dieu me [me tremblant four
plus d'une Conquefie
Octobre. F
*1
Croyait fin Empire abbatu?
dtâaiï il reprend, Pbiliï, au jour
de voftre Fe/le
Toute fi foi ce-& fi. vertu,
yos charmes aujourd'huyd3ajfurent
de fi gloire3.
On le fiait ^.nbien des endroits.
£t vos beauxyeux qui font fi plus
fiùïe victoire,
Sont d'iUüflres yarands défis ph&
nobles droits.
Il fonde fur vous fi puijfante,
Comme Mars fir 10^2 S établit
fin pouvoir,
‘JDe ce grand Roy pour vaincre il
luy faut la -préfince^
J2t P Amour, peur charmer, riâ
qu'à vous faire voir,
Monfeigneur le Dauphin
} Meflîeurs les Princes
a- t a IV'T' z„ /"I rx * • O / de Gonty r& Monfîeur le- Due de Vermandois, ont e-fté fe promener à Couran-. ce, pendant le fejour que
Fontainebleau. C’eft une:
Leurs Maieftez' ont fait
Eres-belle Mailon qui appartient à M1 de Poinvillc Maiilre des Requeftes. Mf de Gourance fon Fils reçeut Monfeigneur le Dauphin à la Porte du Chafteau, & luy fit fon compliment. Ce jeune Prince fe promena quelque temps , & admira" les Eaux qui font une des plus grandes beautez de
cette Maifon .Au retour de
la promenade il trouva une
Collation de Fruit fervie
très, proprement, & retourna
à Fontainebleau fort fatisfait
de la réception qui
luy avoit efté faite.
Madernoifelle Courtin?
Fille de Mr Cour tin Confeiller
d’Etat ordinaire,
dont je vous ay fi fouvenc
parlé , & qui vous doit eftre
connu, & par le mérité de
fa Perfonne , & par plufieurs
grandes Ambaïfades
dont il s’eft toujours tresglorieufement
acquité, a
O 1 J
époufé Mr de Varangeville
, nommé à celle de
*
, Venife parSaMajellé.Plu-
! fleurs Personnes de la plus
! haute qualité affilièrent à
î la ceremonie de leur Ma-
\ riage. Monfieur le Cardi-
' naldeBonly,&M‘TArchej
vefque de Rheims, furent
î du nombre ,auffi-bien que
M de Befancon, & Mefi-
• dames la Duchelïè de Verj
neiiil, la Princeflè d’Epij
noy, la Marquife de Louj
vois , & Mademoifelle de
; Sully. Je n’ajoute rien à ce
• que je vous dis de Mr de Va7o
MERCVRE rangeville, quand le Roy. luy fit l’honneur de le choi- fir pour le glorieux Employ qu’il luy a plû de luy confier. Le choix qu’il a fait de Mademoilclle Courtin, juftifie la jufteflè de fondif- cernement pour le vray mérité. Tout le monde, convient qu’elle en a beaucoup. Elle.eft belle, fpiri- tuelle, & on voit peu de Mariez quife (oient acquis une eftime plus generale..
Jecroy vous donner une. agréable nouvelle , à vous, qui elles curieufe de Gc-
GALANT. 7-r nealogies, en vous difanr que nous verrons bien-toll un Livre de celle de plu- Leurs Illuftres Familles. Le Roy a demandé à Mc le Comte d’Armagnac Grand Ecuyer de France r le Catalogue de tous ceux qui depuis l’année 1667. jufqu’à aujourd’huy ont eu 1’lion- neur d’ellre Pages fou s. fon commandement ; & Mon- fieur d ’ Armagnac, a ordonné à Mr d’Hozierr Ge- nealogiile des Ecuries de Sa Majefté, de raffembler snceflluijment les cinq de-
72 MERCVRE grez de Genealogie,. que chaque Particulier eft obligé de fournir pour prouver faNoblefTe, avant que d’y pouvoir eftre reçeu. Ainfi tous ceux qui ont joüy de cet avantage .ont eu ordre d’envoyer à Mc d’Hozicr leurs noms de Baptefme & de Famille ; l’Employ & la Charge qu’ils ont eu chez le Roy, à la Guerre , ou ailleurs , depuis qu’ils ne fervent plus Sa Majefté comme Pages ; les Noms,.
GALANT. 73 ayeuls & Trifayeuls , & de chacune de leurs Femmes, avec les Extraits & les dates qui juftifient leurs Mariages , leurs Charges & leurs Emplois. On les oblige d’y ajouter les Noms, Surnoms , Qualitez, & Seigneuries de chacune de ces Femmes, & unMemoi- re de l’ancienneté de leur
Race -, de quelle Province elle eft originaire -, les Branches qu’elle a produites; où.elles font habituées;les Terres , & les Charges quelle a eues; les fervices Ofôubre. G
4 h
74, MERCVRE qu’elle a rendus , &: les occafions où elle s’eft fi_ gnalée. Comme ce Recueil i?
de Généalogies regarde un très-grand nombre des plus O 1
confidérables Familles du
Royaume , il ne fe peut qu’il ne foit tres-curieux, Vous devez eftre fort per. fuadée de l’ordre , de la netteté , & de la vérité qu’on y trouvera, apres que je vous ay dit qu’on en laiffele foin à Mrd’Hozier.
La profonde capacité qu'il a pour ces fortes de choies eft connue de tout le
J monde.
Le Roy a donné 1 ’Abbaye
de Fenieres au Fils
' aîné de M1 de Cordejmoy,
Lecteur de Monleijgneur
le Dauphin. Elle eft
! dans le Diocefe de Clerimont.
Le Pere & le Fils
Ifont fort eftimez. Le Pere
kft de l'Académie Fran-
Içoife. Il a compofé beaucoup
de fort beaux Ouvrages,
& travaille à l’Hiltoire
jGenerale. Le Fils s’eft rend
’du digne deda Profeflion
j qu’il embrafîè par une forte
Application à l’étude. Il
M5 de Mouchy a elle
suffi qualifié d’uneAbbaye.
Sa Majefté luy a donné
celle de S. Cyran au Diocefe
de Bourges. Cette rccompenle
elt une marque
de fon mérité. On ne pouvoir
douter qu’il n en eull
beaucoup, envoyant l’employ
qu’il a auprès de M1 le
Duc de Vermandois. On
ne confie ces fortes de
4
DE UEMPEREUR
CHARLES-QUINT.
'ijr' '.Invincible LOP^IS
avoit mis aux abois
J|_ ,4"^^ de Holanà
en l'efiace d'un mois.
Tout le monde jaloux de fisproÿdî
' s*éternue *
Chacun dé fis Amis touT-à-toM'
♦l •' a♦ ba• ndonne.J • -
'2'Empire réunit tûtes fis Membre
divers*
Et contre Luy ÏEfiapyw armetwi
1* Univers..
GALANT- 79
malgré l'Vnivers il remet
A. «kà s < -UJ »rsS>W“A
en campagne ?
Au lieu de la- BLolande^ il attaqué
l5 Efpagn e S -
Ce Hérosfa biffait devoir que fin grand coeur
Trouve des Ennemi* dignes de fi valeur^
Bien loin d eftre Matu\ prend des forces nouvelles*
Et jamaB il ne fit dfntreprifes pl&s belles.
La- Comte de Bourgogne* Aire*. Condf Bouchain*
ValenciennesLimbourgy Dinany & Saint Guilain^
Saint Orner & Cambrays devient tient fes Conqueftes*
Et cet Hercule feul contre uns' Hydre à cent teftes*-
Lors que fin Bras réduit les Ela~ maris fous Ces Loix.
JJ i>
4
Editfar terre & far mer* ailleurs
cent beaux Exploits,
Ilyt^etous les jours des Bifinira
nouvelles.
Enfin Gand afile^éfaït craindre
pour Bruxelles^
Rien ne le peut fauver^ & P^iilcr^
mofe a peury
Qfiafres Gantf à Venvy^ tout ne
cede au Vainqueur,
Il voit de fon coftè toute l ’ Europe
enfcmble^
Mais il fiait qu avec luy toute
l'Europe tremble,
Et n efperant plus rien de fes faibles
efforts^
Au defaut des Mortels , il a recours
aux Morts,
y ne infigse Sorcière^ une autu
By tonifie^
Que dans d'obfiws Cachais rete~
noit la Influe,
"Pat fin ordre élargie3 conduite
>au Palais,
Puy promet de forcer,avec fesnoirs
Secrets,
Z es Mânes dfun Guerrier tel qtïil
voudra prefcnre,
A luy rendre raifin de tout ceqidil
dcfre.
Il veut voir Charles-Quint 5 des
mots qui font horreur
pont pareifire aujjitofi ce fameux
Empereur.
Ilfcazt ce quifipaffi,&fin Ombre
interdite
Expyime par ces mots la douleur
qui fagite.
O
Pourquoy me contraint-on par
un lâche attentat
D’eftre témoin des maux que
mon Pais s’attire?-
Faut il, dans noftre fombrs
Empire, *
Que nousfoyons encor des Victimes
d’Etat?
E’Efpagne, des Chaps Elifées
Trouve doc les routes aifées,
Et pour fecourir Gand, croit
tous les chemins clos?
Dans l’état où fevoic le lieu de
ma naiffance,
pourquoy vous arrefter â troiü.
hier mon repos?
Que-n’allez-vous' troubler le
repos de la France?
Qnoy, tant de Nations ; quoy.
tant de Potentats
N^ftnrmcfrnetenter le fecours
Kd’une. Ville?.
GALANT. 83 Malgré leurmurmure inutile. Un Prince fe rend feul maiftre devosEtars5
Il brave feul das cette Guerre Les forces de toute laTerre.
Tant d’Ennémis confus n’ofent luy refifter.
Autrefois j’atraquois les François par la Flandre,
Malgré leurs Alliez i’allois les infulter,
Et tous vos Alliez ne peuvent vous défendre?
CT
Mais dois-je m’étonner despaits de ce grand Roy?
Ce Sang qui m’infpiroit cette haute vaillance,
N ’eftoirce pas le Sang de France
Que mon Illoftre Aycule avoit porté chez rnoy?.
84 MERCVRE
ÂNNEjoiutea Louis lejufte3 A réüny ce Sang a.ugufte,
Leur Fils peut-ildu Ciel n’eftre pas Favory?
De toutes nos vertus & de nof.
tre courage,
D e ce qu’eut de plus grand mef- inc le Grand Henry,
En luy ne voit-on pas un heureux aflemblage?
Comme-du plusGrand Roy que l’on ait maintenant, L’Efpagne fans raifon à fov- mefmc inhumaine.
A voulu s’attirer la haine, Vos difgraces pour môy n’ont rien de forprenantj ce qui caufe ma furprife5 C’eltde voir que cette entre- prife
& j ifr p'-T1
1 • h)
He vous oblige pas à combatre aujourd'hui
Que pouvez^vous rifquer? Si vous aimez la gloire,
Vous aurez plus d’honneur d’cf- tre défaits parluy,
Qje d’avoir fur un autre emporté la viéloire.
Mais on court à ïà perte avec témérité,
(Dites-vous) quand on cherche une gloire femblable
Contre un Héros fi redoutable.
Combat-on pour l’honneur? cVltpour la liberté.
Il s’agit donc de vous apprendre
Comment vous pourez vous défendre
86 MERCVRE
Des fers dont fa valeur femble vous menacer.
Voftre Etat eft fans.doute en un péril extrême,
E-C vous verrez ce Prince un jour le renverfer,
A moins quefon grand coeur ne fe borne luy-mefme.
A- t-on veu quelquefois ce Hé. ros s'engager
A tenter fans fuccés quelque grande entreprife?
Dit-on pas qu’une Ville eft prifè
AulTutoft que l’on fçait qu’il va pour l’aÜîeger?
Ce qu’il fait, l’auroit-on pu croire?
A-t-il marche sas laVicfoire?
A-t-on pu. d’un moment retarder fes progrès?
a ï a kit
£r quoy que voftre Efpagne en Politique excelle, A-t-elle découvert quelqu’un de fes fecrets.-?
gcait-elle les delfeins qu’il forme encor contr’elle?
Qujl entreprenne tout5 quels que foienrfes projets,
Le Deftin luy promet toujours mefme avantage.
S’il veut , vous luy rendrez hommage,
Et tous vos Alliez deviendront
fes Sujets.
S’il court àlsEmpire dumÔdes
Sur la terre ainft que fur fonde,
La Victoire fuivra toujours fes EtendartSj
ïljoindra l’Aigle aux Lys,pour- ven qu’il le defire5
Et s’il veut abolir le grandNoni
des Céfars,
On donnera le fien aux Maiüres
de PEmpire.
Que le Tonnerre gronde au
delà de la Mer;
Que comme en terre-ferme aux
Iflesd5 Angleterre,
On luy déclare encor la
Ces nouveaux Ennemis ne
ronc l’allarmer-
Que dans un moment des
Armées
Contre luy fe trouvent forméess
Que Cadmus dans les Champs
feme encordes Guerriers,
Tous leurs efforts unis deviendront
inutiles»
v
Et fon B cas, s’il le veur, cueillera
des Lauriers
Dans des Champs en Soldats
conrreluy fi fertiles.
Gand ne peut éviter d’eftre
bientofl François,
Ypres fuivra le fort de ce Chef
de la Flandre,
Et tout le relie ira fe rendre,
S'il n’eft par une Paix affermy
fous vos Loix.
Vos Grands entendront la
rempefte (telle.
Bientofl: gronder près de leur
Puycerda de Madrid ouvrira
les chemins,
Et vous n’arrellerez ce Monarque
invincible,
Q^e quand Payant rendu maiftre
de vos deftins,
0& bre.
I
À vos foûmiflions il deviendra
fenfible.
Contre Luy voulez-vous avoir
un ferme ap'puy?
Laiflez entre fes mains tout i f
fait la Balance,
Etquepar cette deférence
Il ait vos imerefts à garder contre
Luy;
Arbitre de tout, quoy qu’il
fafle,
I] ne peutvous faire quegrace.
Mais il vous donnera plus que
vous n’efpérez.
Et l’on mettra toujours, quoy
que vous puiffiez dire,
Aunombre des préfens quevous
en recevrez,
Tous les Lieux qu’il voudra laiffer
fous voflre Empire»
»- » •-
• *
n&l &K^T
J?/ cet Empereur- achevé de
parler*
Coneme de T^erns mellez avecau?' *■> X- £ ' le Tonnerre*
On volt ^lufieurs Eclairs „ onfent*
trembler la Terre.*
Qn efi comme aveuglé- d'un nuaçequi
naiff
Pillcrintfe d enfuit y & Id Ombrer
difftaroif.
Je vous ay déjà fait partdeplufieurs
Pelles,.niais je:
diverfifiée que celle dont
92 ME RC VIVE s’eft donnée il y a peu de jours fur les bords de la Marne à douze lieuës de
Paris. Sa magnificence vous perfuadera aifément qu’il n’y a eu que des Per- fonnes de qualité qui s’en font niellées.
Six ou fept Bergers, & autant deBergeres, s’eftant aflemblez dans un Hameau , où ils avoient accoû- tumédc venir faireVendan-
ges tous les ans, réfolurent de faire parler d’eux dans le voifinage. Ils concerte- rent leurs divertiflemens,
GALANT. 93
cherchèrent fur-tout les
moyens de les faire partaocr
à deux aimables Pertonnes
, dont le trop de
beauté caufoitle malheur.
Cette beautéeftoit fouftenue
de beaucoup debien; &
comme on avoir fait déjà
quelque entreprife pour les
enlever, ceux dont elles dépendoient
y avoient pourveu,
en les enfermant dans
un Chafteau dont on ne les
hifloit jamais fortir. La
prifon fe pouvoir nommer
agréable, à confiderer la
promenade qui leur eltoit
permife dans un- grand Parc; mais elle eftoit telle, ment prilon à l’égard des vifites qu’on leur rendoit, quelles n’enpouvoient recevoir aucune qu’à la ma. niere des Filles Cloiftrées; Une Cloilôn grillée ieua-
C? J
toit deux Chambres.. Elles eftoient dans l’une, on les. entretenoit dans l’autre, & toujours en prefence de témoins. Jamais Prifonnies d’Etat ne fut fi foigneufe- ment gardé à veue. Ces précautions n’alloient pas jufqu’àles priver de ce qu’il
ri Ai A KIT
!v ad’innocens plaints. On /foufroit qu’on amenaft .des Violons à leur Grille;
comme, cette forte de divertifïèmens & d’autres femblables leur eftoient
permis, il n’y avoir perforine aux environs qui ne cherchait à leur en fournir.
Ce fut par cette raifon que la galante Troupe dont je vous parle , ayant médité une longue Fefte, n’en
O >
voulut executer le defïèin
que dans ce Ghafteau. Tous ceux qui la compoloient vinrent rendre vifite à ces
• ♦ <
deux belles Perfonnes le
matin du Lundy 5. jour
de ce Mois. Les Hommes
ertoient vertus partie en
Vendangeurs & partie en
Hoteurs. Il n’y avoit rien
de plus propre que leur
équipage. Les Femmes ne
leur cedoientny en galanterie
ny en propreté. Elles
avoient toutes des habits
de Vendantjeulès, avec des
O '
Chapeaux, des Paniers, &
des Serpetes qui ibûtenoient
admirablement le
Perlonnage qu’elles pre-
■noientplaifiràjoüer. Cette
première entreveuëfe paflà
toute en complimens. Les
belles Cloiftrées témoignèrent
beaucoup de joye de
cette vifite , & accordèrent
avec plaifir le rendez-
vous qu’on leur demanda
pour l’aprefdinéé.
Il fit bruit dans toute la *
Noblcflè des lieux voifins.
On vint au Chafteau de
toutes parts. L’Aflemblée
fut grande, & l’heure qu on
avoit marquée eftant venue,
la meime Troupe arriva
au mefme équipage,
mais ce fut au fon des Vio-
Octobre* I
Ions, des Flutes-douccs &
1
Hautbois. Les Hoteurs s Vendangeufes corn-
&
mencerent à faire voir par une Dante fort plaiian- te qu’ils fçavoient autre choie que vendanger. Les Hôtes qui fe rencontroient avec les Paniers, mar- quoient la cadence , & ils ne faifoient aucun pas qu’avec la plus exadte jufteite. Une fort agréable fympho- nie fuivic la Dante. Elle eftoit compofée de fix Violons , de quatre Flûtes & de dgux Hautbois. Un Con-
kj. L, h.ri i ■ s>9 cert de Voix toutes charmantes luy fucceda. On. chanta plufieurs Chanfons dur la Vendange, & apres que ce Régal eut duré deux heures, on le finit par une ^nouvelle Dante qui ne di- 1 vertit pas moins que la pre- Imiere. Les belles Reclufès | trouvèrent ce temps fi |court, quelles ne purent h’empeicher de le témoi- | gner ; mais elles furent jfort confblées , quand un jdes Vendangeurs les pria î de faire dreffer unTheatre pour une Comédie qu’ils : i ij
ioo MERCVRE viend.roi.cnc reprefenter le lendemain. Ils prirent congé apres cette Annonce ( vous voudrez bien me loufrir ce mot ) & apres avoir loupé tous enfem. ble dans le Hameau , ils donnèrent un Bal en forme, où tout ce qui fe pre- fenta d’honneftes Gens fut
* s
reçeu.
Le lendemain qui eftoit Mardy, ils tinrent parole fur la Comédie promife. Ils avoient préparé les Fâcheux de feu Moliere. Tous lesPerfonnages en eftoient
A IOI
fi heurculèment dilpofez,
que de véritables Comédiens
auroient eu peine à
s’en mieux tirer. Vous jugez
bien que l’Affemblée
fut encor plus grande
qu’on ne 1 avoit veuë le
jour precedent. Les trois
Actes eurent chacun divers
Inftrumens pour les diftinguer.
Les Violons feuls
joiirrent d’abord l’ouverture.
Apres le premier A été
les Flûtes - douces fe firent
entendre ; les Hautbois
apres le fécond ; une Voix
a v :;T h u o rb e apres le
rroiCéme $ & enfuite les
Hautbois & les Flutes-dou.
ces le joignirent avec les
Violons pour former en.
femble la fymphonie de
l'adieu. On ne le dit aux
Belles qu’ apres les avoir
priées d’empelcher qu'on
nabatift le Théâtre. C’eftoit
leur promettre un nouveau
divertiflèment pour k
Mercredy. Ce jour e liant
venu, on accourut en foule
au Chafteau. La galante
Troupe y reprefenta une
Paftorale avec le mefme
fuccés quelle avoit fait les
Fâcheux le jour precedent.
Les habits des Bergers &
de Bergeres quelle avoir
pris rehaufloicnt la bonne
mine des Aéteurs, comme
ils donnoient un nouvel
éclat à la beauté des Actrices.
Une Baccanade fut
promife à la mefrne heure
pour le Jeudy. On tint parole.
L’arrivée de Bacchusavec
fa Troupe fut annon cée
de loin, par un grand
bruit de Timbales,de Fifres-
& deTrompetes. Bacchus;
chanta fettl d’abord. En
fuite deux Bacchantes dan-
1 iiij.
ïo4 MERCVRE
ferent au fon de leurs Tambours
de Bafque dont elles
joüerent divinement -, &
Bacchus ayant recomencé
de chanter, tous ceux de fa
Troupe meflerét leurs voix
avec la. benne, & on ne
peut rien entendre de plus
jufle- ny de plus mélodieux
que fut ce Concert. Pendant
qu’il fe fit, les Belles
qu’on avoit déjà régalées
de trois jours de Fefte, firent
apporter une Table
Ambigu tout drefle. Elles
ç-onnoifloienc l’humeur <fe
4
GALANT, kt Bacchus, & ayant confenty à le recevoir,elles croyoient
qu’il y alloit de leur honneur de le faire boire. Toute
cette aimable Troupe fe mit à table. Les Liqueurs ne luy furent pas épargnées, Ils chantèrent tous le verre à la main, & le di- verriffement de cette journée finit par une harmonie admirable que firent en- femble les Tymbales, les Tambours de Bafque, les Fifres, les Violons, les Flûtes.douces & les Hautbois.
On prépara les Belles à fe
laiflcr dire leurBonne- avanturc
le lendemain Vendre,
dy, par une Bande d’Egyptiens
êcd’Egyptiennes, qui
dévoient venir accompagnez
d’un Opérateur. Vous
jugez bien, Madame, que
ce nouvel équipage fut
tres-galant. On ne peut
rien imaginer de plus
agréable que l’Entrée que
firent ces charmants Protées
qui s’cftoient faits
Egyptiens & Egyptiennes.
Leur lano-age n’eftoit pas
& o r
moins divertiflant que leur
danlè qu’ils diverhfîoient
GALA
par mille plaifantes poftures.
Ils demandèrent la
main aux belles Cloiftrées,
en examinèrent toutes les
lignes, & leur firent cent
prédictions fpirituelles
avantageufes fur le changement
de fortune qui leur
devoit rendre la liberté. Elles
répondirent obligeamment,
qu’elles ne fe laflcroient
jamais de leur prifon,
fi elle devoit fouvent
leur attirer des Personnes
suffi galantes que celles
qui prenoient tant de loin
d’en adoucir les chagrins,.
La converfation euft efté
plus loin fans de grands
éclats de rire que fit l’Afl
femblée. Ils furent caufez
par un Opérateur & un Arlequin
qui montèrent fur le
Theatre. Ils efloienthabilles
tous deux de la maniéré
du monde la plus grotefque.
La Scene qu’ils firent
enlemblen’eut rien que de
réjoüilïànt. Elle fut meflée
de quantité de tours de Gobelets,
de Gibeciere, & de
Cartes, qui divertirent fort
les Spectateurs. Apres que
l’Opérateur eut joué quelGALANT.
io9 que temps fon perfonnage, il dit qu’il n’dtoitpas feulement: le Maildre des Opérateurs, mais aufli Intendant des poudres & des
Salpeftres , & qu’ainfi il convioit tous ceux qui l’é- coutoienr,de venir admirer un Feud’Artifice qui fe devoir faire le lendemain au
foir pour prendre congé des Belles. Jamais journée ne leur fut plus lôgue. Elles le mirét aux Feneftres de bonne
heure, & virent appref- ter le Feu, en attendant que la Galante Troupe arrivait.
Elle ne vint qu’ apres le
Soupe,'dans l’équipage du
premier jour, c’eft à dire,
qu’ils eftoient tous habillez
en Bergers & en Ber gérés.
O O
Le bruic d’une douzaine
de Bo'étes qui furent tirées
d’abord, fitconoiftre qu’on
alloit allumer le Feu d’Artifice.
Il eftoit compofé
avec beaucoup d’ordre, &
donna un fort grand plaifirà
tous ceux quis’eftoient
aflemblez pour jouir de ce
SpeéFacle. Il finit par un
très-grand nombre de Fufées
volantes, qui firent un
effet merveilleux en s’élevant
, & en fè perdant dans
l’air. Apres cct agréable divertiflcment
on s’approcha
des Feneftres pour donner
une Sérénade aux deux belles
Enfermées. Elle commença
par une Chanfon
Italienne, qu’un Berger &
une Bergere chantèrent enfemble
avec le Thuorbe.
Les Violons joiierent en
fuite les plus beaux Airs de
l’Opéra. Si-toft qu’ils eurent
ccffé, les Belles furent
régalées d’une Chanfon
Françoifè par une feule
Voix admirable. Elle ne
charmapas moins l’Aflèinblée,
que tour le Choeur
des Bergers & des Bergeres
qui Te firent entendre apres
■ elle. A ce Concert fiicceda
celuy des Violons, des Flûtes-
douces & des Hautbois,
qui en répondant au bruit
des Tymbales, des Fifres,
&des Trompetes,terminèrent
agréablement les plaifirs
de cette journée & toutes
les Fefles des jours précedens.
Voila, Madame, le commencement
des fruits
GALANT, n? la Paix. La joye qu’elle a répandue par tout, fait qu’on ne pente plus qu’aux plaifirs. Ma derniere Lettre Extraordinaire du 14. de ce Mois vous a fait con-
noiftre les réjoiiifiances qui en ont efté faites icy. Je vous ay parlé du Feu d’Ar- tifice qu’on, dreffa devant l’Hoftel de Ville le jour qu’on chanta le Te- Deum. Je vous en ay mefme envoyé le Dcflein gravé; mais quoy que je vous aye marqué de la joye des Peuples., ce que j’apprens tous les
Oïïobre. K
4
jours des témoignages qu’ils en ont donnez,me fait voir
que je ne vousrfn ay parlé qu’imparfaitement. On a allumé des Feux plus d’une fois dans- toutes nos Ruës.
On les commença dés le jour de la Publication à cettePaix,quoyqu’ils neuf- fent point efté ordonnez; & malgré la rigueur du temps qui n’eftoit pas entièrement favorable à ces
fortes, dé divertiflèmens, ©n ne laiifa pas en beaucoup d’endroits d’y palier la plus grande partie de b
tx/lLiAiM 1 ■ 115“
nuit. Vous jugez bien que
les mefines 1-éjoüiffance.sont
efté faites avec beaut
coup d’éclat dans’ toutes
les Villes des Etats. On
nous apprend quelles ont
efté extraordinaires-, mais
quelques grandes qu’on1
lésait veucs^ .elles n’ont pû
cftre proportionnées àl’cKccs
de la joyc des Peuples.
Ils ont fiijet don avoir une’
très - fenfible d’eftre délivrez
d’une guerre dont ils
foûtenoient prefque tour
le faix ; ce qu’ils n’ont pu
fiure fans en avoir elle fort
incommodez. Leur commerce
eftoit interrompu- & ceux qui le faifoient pour eux depuis fort longtemps, avoient lieu de fouhaiter
que la Guerre ne finift point. Il femble mefme qu’ils ne leur ayent offert leur fecours qu’afîn de la faire toujours durer. Il eft naturel de longer à fes in- terefts, mais on n’eft pas toujours affure' de venir à bout de fes entreprifes, & depuis bien des Siècles nous n 'avons veu que Louis leGrand toujours
GALANT. n7
heureux dans toutes les fiennes. Mais comment au- roit-il pû manquer d’y réiàf- fir, puis que fa juftice & fa prudence ont toujours égalé fa conduite & fa valeur? Lesloiianges quifontdeuës à la bonté de ce Grand Prince, n’ont pas efté oubliées dans les réjoüiffan- ces qui ont fuivy à la Haye . la Publication de la Paix.
Une partie des Peuples des Villes voifines y eft accourue pour joindre fes acclamations à celles des Habi- tans de cette Ville. Ainfi
rien, ne pouvoir eftre plus;
éclatant. Le bruit du Canon
a elle fur tout ïî continuel
, qu’il a fait mal à la
tefte à plufteurs Perfonnes
quinen recevoient aucune
incômodité dans le Camp.
C’eft peut-eftre à cauie que
le bruit qui. eft renfermé
dans une Ville, porte un
plus grand coup. Quelques
Miniftres qui réfîdent à la
Haye delà part des Princes
xempter de faire allumer
des.Feux devant leurs Hofj’-'-
r ‘A * •*- It,
Cx/ VL.ArS $ - IIï? tels. Il y en eut me line oui s’abfenterent dans ce def- fein ; mais leur précaution fut inutile. Le Peuple voulut voir des Feux par tour-, & ceux qu’ils avoient laif- fez dans ces Hofiels, furent obligez d ’ en faire, & de contribuer aux témoigna- îp ges d’une joye que leurs- Maiftres ne fentoient pas. On ne peut rien ajouter à ce que fit Mr le Comte d’Avaux dans ce rencontre. Il traita une partie des Etats. Il fit couler plu- fieurs Fontaines deVin de-
110 ME RC VRE vant ion Hoftel, & les li. béralitez qu’il fit au Peuple égalèrent fes autres magni licences. J’efpere vous en. voyer un de'tail de tout ce que fit cet Ambaflàdeur pendant ce jour pour 1a gloire de Ion Maiftre. Je vous ay déjà entretenue de quelques Feftes galantes qu’il a données à Nimeguc, & vous m’en avez paru fi fatisfaite, que j’ay lieu de croire que vous ne le ferez pas moins de celle-cy. Cependant auriez-vous crû qu’avant que la Paix euft
AT A “klT
I ■ 12Î cfté lignée avec l’Efpagne, on eull fait aufli des Feus de joye à Madrid? Je vous en voy chercher le fujet. Vous aurez de la peine à le trouver, & vous en auriez encor davantage à croire qu’en vous l’apprenant je vous appriïïe une vérité, fi je ne vous aflurois que la Gazete de Bruxelles en a
fait un de fes Articles. Je vous ay donné dans ma Lettre du dernier Mois une fort ample Relation de ce qui fe paifa le 14. d’Aoult entre l’Armée que conq
Octobre. L
■ mande M1 le Duc de Luxembourg,
3c celle des Ab
liez Ils firent leurs derniers
efforts pour fecourir Mons,
& ne purent exécuter k
deffein. C’eft pour ccLi
qu’on a chanté le Te Deum
en El pagne. Ce dehors
ébloüit les Peuples. On a
crû par là leur perfuackr
que Mons avoir cité lecouru.
Comme nous n’eftions
pas encor en patx
avec les Efpagnols, nous
n’avons pas fujet de nous
en plaindre. Ils ont leur
Çoliiique dont ils le font
GALAHT 12? toujours affez bien trouvez. Leurs Peuples font de croyance facile, & on. leur fait recevoir fans peine ce qu’on publie à leur avantage quand il s’eff prffé loin d’eux. Cette N r i on, quoy que naturelle ment galante, fpirirutHe & politique, citant celle de toute l’Europe qui aime le moins à voyager, fçait rarement l’état des Affaires au dehors,
& la bonne opinion, qu’elle a d’elle-mefme luy frit aifémenr croire ce qui la Hâte. C’elt par là qu’on
L ij
124- IV1 a A. kJ ¥ K c, a fouvent débité en Efpa- gne des Relations de prifès de Places par les Efpagnols, & de levées de Sièges par nos Armées, quoy qu’ils n’euffent jamais attaqué ces Places, & que nous nous fuffions rendus maif-
tres de celles dont ils pré- tendoient nous avoir chaf- fez. Ces Relations ont efté
quelquefois accompagnées de circonltances fi fortes,
6c de tant d’apparences de vérité , que des François qui efloient dans le Païs s y font eux-mefines laifT.z
Z"1 K T A KÏ'T1 ’ • ,1 2-^
tromper, malgré toutes les
lumières qui leur faifoient
voir que félon l’état des
Affaires préfentes qu’ils
fçavoient, il eftoit iæpoffible
que les chofes euflcnt
tourné de la maniéré qu’on,
le publioit. Les Efpagnols
ne font point à blâmer d’avoir
recours à. l’adrelfe,
pour maintenir leurs Etats
tranquilles. Ils fervent les
Peuples mefmes,en cequ’ils
ne leur donnent point le
chagrin d’eftre inftruit&
d’un mal dont la connoif.
iz6 MERCVRE eftre de plus grands dans le coeur de leur P aïs. La Paix q ue le Roy leur donne, va marie leur Politique en repos. Elle a elle publiée dans une Saiion de joye, celle des Vendanges eflant pour beaucoup de Gens une des plus agréables de tonte l’année. C’ell là-def- fus qu’on a fait les Vers que vous allez voir. Ils ont elle mis en Air par Ml du Parc,
Z)5où l'on n*aporie rien de nouveau que du ^iny
L’ * • •
11 11
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, Par tout on rien de
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tes: De- puisque parla Paix les Guerres ont pris fin. Par tout on
______ ____ ._ __O _
tes 3 Ba- chus feul au- jour- d’huy doit remplir les Gazct-
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d’armes ny de défiai- tes, Ba- chus feul aujour- d’huy. doit remplir les Gazeron
ne me parle plus d’armes m
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rien de
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nouveau que du vin. vin. Dc-
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BOUveau que du viji, yjji, ©ç
•M
-.—-.-Si. ii 1iiuir
O PARC,
AIR NOUVEAU:
phr les Gazptesî
fl
Depuis que par la Paix les Guerres
ont pris fin^
Partout on ne fait rien de nouveau
que du Vin.
paiffons-ta lesCeurriers de Flandre
Ve recevons que ceux de Beaune
& de Champagne.
Palme tout ce qui vient de ce climas
divin,
* -*
D*o& l’on ri aporterien de nouveau
que du VinY
12 Sâ Rey des Beuveurs^ fax
que tout eftiranquile^
quim eft- en repos aux Champs
& dans la
Pour confirmer la Paix, par ton
pouvoir divin,
rien de nouveau
que du Vin.
Je ne doute point, Madame,
que vous ne vous
fouvcniez du nom de Mc
Jaugeon dont je vous ay
parlé dans quelqu’une de
mes Lettres. C’eft luy qui
a înventéun Mortier qu’un
X‘ feul Homme peut porter
avec fon Affuft, & qui pouf*
{è jufqu’à quacre cens pas
une douzaine de Grenades,
tout-à-la-fois. Il a trouvé
depuis quelque temps une
nouvelle Pompe pour les
Vaiflèaux de Sa Majefté,
qui ne donc fujets ny à l’air
ny au vent, & qui font
les ordinaires, & avec bien
plus de facilité. L’épreuve
en fut faite dés l’année paffée
en préfence du Roy, &
il y a trois mois quelle fut
reïterée avec beaucoup de
fucces devant b-V l'intendant
de Brelt, & plusieurs
ï3o MERCVRE . Officiers de la Marine. Ivf Sauvage en prit le foin, a. près en avoir reçeu le def- lèin de M! Jaugeon. quelques jours avant qu’il par- tilt pour la Campagne de Tabago. Il luy laifïà placeurs autres chofes de fon
invention , dont les effets ont fait connoiftre les avantages.
Comme il n’y a perforine qui fait mieux inf- truit que luy dans toutes les Sciences utiles & agréables, qu’il eft tout de feu, & qu’il n’a point de plus forte paffion que celle de
GMMÏT. 131 travailler pour la gloire de fon Prince. Il a imaginé depuis lèpt ou huit mois une efpece 'de Monument le plus beau & le plus augure qui fe foit veu dans toute l’Antiquité , il renfermera d’une maniéré admirable
toutes les Victoires, les Combats, & les prifes de Villes, qui font appeller le Régné de Loiiis le Grand un Régné de Miracles & de Prodiges. Ce Monument marquera fans écriture , l’année, le mois, &. le jour où chaque
verra dans leurs Figures na. turelles tous ceux- qui au. ront eu part à ces grandes Actions. Ce feront toutes Figures Emblématiques, qui paieront le nom bn de mille, & qui faifant con- noiftre les Maifons de ceux
qu’elles reprefenteront, feront accompagnées de tout ce qu’il y a de plus beau dans 1’ Horlogerie , & de tout ce qu’on peut faire de plus curieux par le moyeu, de l’eau. Jugez, Madame, 5/ il peut y avoir rien ds
a xM i • ^33
plus noble ny de plus .digne
delamajefte' de noftre
Grand Roy, que cette forte
d’Edifïce. Je ne manqueray
pas de vous en envoyer le
Defïèin grave' avec une
exacte explication de tout
ce que la Figure contiendra,
fi-tort qu’on voudra
bien confèntir quelle foit
publique.
Vous me donnez bien
de la joye , en m’apprenant
que les agréables
Ouvrages que j’ay fait entrer
dans ma Lettre ExMois
ont efté de .voftre
gouft. Vous m'avouerez
qu’elle contient des Ré.
ponfes tres-lpirituelles à h
Queftion galante. Je vous
ay mandé qu’il m’en eftoit
relié quelque s unes. Il faut
iatisfaire la curiofté ’que
vous avez de les voir. Celle
qui fuit eft écrite avec me'-
thode. Elle a un tour particulier
qui-en rend le rationnement
perfuafif
i’
SUR LA QUESTION
propofee dans l’Exrraordinaire
du Quartier d’Avril,
page 199. au fujet de
la confidence que la Princefle
de Cleves fait de fa
Paflion à fon Mary.
A Juger /? V afâion a deû
Jj\eftre ou non y par
\ùs faites quelle a eues dans
il ajfa'matisüe (trouve^bon^
| M^njieur / que je me jerve
Ide ce terme pour abréger)
j on dewr’oit décider en fai
4i
T
H
Homme que le Prince de
Clevesfi retraite d'une Per*
&4 en juger par râpons
îefprit de Madame de dewes
> & a fin inimitable vertu,
elle avoit lieu d'efpereï,
que fion Mary recevrait cvmz
C£fol>r@’.
CLes in-
corne- 9Men$ fine
A fc Uiiç
f l- Q^e Ton hazarde - fa vertu; | parles combats, L fonrepos; | 2. Qjc Fon fournît à la paffion i d’un Amant les occafîons de J s’accroiftre & de fe rendre de ) plus en plus agréable,
Conïcrver fa réputation de
Femme de vertu,
3. Q^ynfiti le commerce s’éta- biiilant infenfiWementj il
V peut venir à éclater.
r
1.
i. Vivre bien avec fon Mary.
%
| Les oe-
| rvoe&fa- ] ’ £ej/è-
\ Wf
J
3- - .... t-----
j doux du monde.
$•
Suivre un panchant le pin?
14. Ne s’expofer point au hazncî du jugement que peut faire un Mary d’une pareille con» âdcnce.
f E.esincWve-
s
nient
feront
')
)
1 Æes â-
! •vantaî
\^ront
Se mettre mal avec un trèsbonnette
Homme, & bon
Mary..
Perdre auprès de luy l’eflimoe
de Femme de vertu,
1
I r. Expo- r un Amant S a -v'^c'
1er lloy-memeCnjetlt
O »
f t-, Mettre en feu reté une venu'
1 fortement combatuë..

! z. Prévenir les fuites d’un con>-
<* merce,
Donner à un bon M-arv unf
ger diflinUement tous ces in-
WMueniens gÿ ces avantages,
Il faut encor raifonner fiî
deux Points quon doit également
apliquer aux biens &
aux maux ; je veux dire
quil faut décider le plus pré
cifirnent qu'ilJe peut)
t
GALANT. 141 Z)cqnelcoftêfontlesfpIu^^<!sbiens-
J £ moindres maux.
De quel cofté fe cronve la probabilité des 11ns ôc des autres.
Il faut doncpar une dernier e. R eflexion chercher dans chaque party le plus du cer- ■ tain > gÿ de Ï infaillible ; car un grand bienfait fort incertain & de peu de durée3 ou qui neft un bien que par accident, neft pas tant a rechercher qu'un moindre bien qui fera infaillible 5 indépendant y & qui ne pourra eftre altéré ; au contraire > on doit éviter un grand mal &
%
142 MERCVRE. de longue duréey quoy quind certain, par un mal infaillL ble qui d'ailleurs feroit de peu de durée ? beaucoup moindre em fiy & dans fis faites ; comme on évite, fi nous encroyons les Médecins3 une maladie par une faignée de précaution.
Il efi fiur que prenant le party du faïence une Femme s'expfae d perdre le plus grand de tous les biens j puis qu elle hasarde fa vertu3 qu'elle doit préférer d toutes chofes* La certitude de cette circonfiance efi pofée par

Les avantages. que cetiï ô i
Femme peut efyerer de &
dangereux filante 3 ne fimt
pas d une égale.certitude> car
elle ne peut fi répondu
qu'en.- demeurant
voir fowuent./un Amanty elle
rfÀ
GALANT. 14$ drës chofes font ombrage un jaloux, il U jugera cnmf ndle fur de fimples complais finces de civilité* ^Âmfitous les maux quelle <voitd craindre en parlant font en quelque façon certains pour elle* en ne parlant pas ■ puis qui_L efi prefque impojjïble que la veu'è & la continuation des foins de fon Ornant ? riaug^ mentent fapafiiony& quelle naît enfin toutes les fâcheu^ fs faites qu'ont la plupart de celles de cette nature.
Si nous examinons les maux qui peuvent arriver de la Oclvbre, * N

s
GALANT. 147 quil eft impofllble quil ne perde bien-toft les injuftes fentimens quilaura conceus^ & quil ne redouble fi ten- drejfle pour une Femme qui l'aura fifinement convaincu quelle ne veut vivre que pour luy.
Kous jugc^~bienMon- fleur j que F inconvénient de rendre un Mary jaloux fians luy donner heu de l ' eftre longtemps y eftant beaucoup moindre pour une Femme* 4 que ce luy de hasarder fi ver- dont U perte luy eftprtf- que infaillible ^fi elle conti-
N ij
nue æ voir un Amant
on doit conclure fur les Prin. clpes que f ay établis , qw cette Femme efl obligée à U confidence, A dire vr&y y il efl fi difficile qu on p&iffi prendre une ' forte pfifion pour un Amant s quand ont une parfaite eSlime pour un Mary ? que je fûts perfuadè que peu de Femmes fie ren- contreront dans l\embarras oè Madame de Clewes s efi ' trouvée. L'Autheur de fin
Hifioire a eu le champ librei pour Im donner tous les de-
GALANT i4<? rendre compatibles des fienti- mens fi contraires. Rien ne ■ petit efire ny plus finement3 ny plus délicatement traités & qwy qu il nous ait fiait une Héroïne, qui ne fiera peut- efire jamais imitée de per- jlnne, on ne laijfie pas de luy efire fort obligé de U charmante peinture quil nous est a fiaite9
Je croy, Madame, que vous ferez duparty de ceux qui fe perfuadenc que les continuelles occafions de voir le Duc de Nemours,.
N il).'
ne pouvoient eftre que fort
dangereules pour la Prince
flè de Cleves. Quand le
coeur a efté une fois atteint,
il eft difficile de guérir
d’une forte pafhon, fi
on n’a recours à la fuite.
. t
Lesof
recoîc
«
7 I
fA
<i
;frares meime quen
r*' Â
, ionc rarement oe
pables de nous donner Find'ih:*
rcnce que nousiouhai-
A •* -•
tons, & on fait cent rélolutious
de ne plus aimer
üns qu’on puiflè en exécuter
aucune. C’eft ce que
h Madrigal qui fuit.nous
apprend. À i «
L eft dangereux quand on _
aimey
J)e trop i abandonner à fon ref
fentiment*
On jure en vain de ri eftre plus
Amant >
Le Cteur qui ri a jamais prie loy
que de hty-mefine.)
5* cmbarafje peu d'un ferment.
Quey que la Volonté promette
Contreun Objet remply d'appas s
Quoy qti elle luyprépare me bains
mdifcrete^
Ce Coeurfowue-nt n obéit pas.
Ces autres Vers vous fcJ
ront connoiftre qu’on n’a
N iiij
jamais regardé la neceffiré
de cefler d’aimer, que
comme un fort grand fùplice.
AUTRE MADRIGAL.
AJ/, qu' on malheureux
d'avoir eu des defirs.*
avoir fait de r Amour fis flttë
charmant flaiffrs*
Quand il faut renoncer à l'ardsuif
qui no iis greffe l
On ne feut oublier ce qui noue a
charmé.
On ne gouverne far comme en veut
la tendreffc.
JAeureux.qui teut haïr ce qu'il a
bien aimél
11 faut vous faire voir
SUR UN BAISER
DEROBE*.
four wtef avoir frit un
baifev. en fecretz
Pous me traitezjle téméraire?
Auprès de veut jay le nom ddin~
difcrci ?
Ah voila bien deqttoy voue tant
mettre en colore ?
La faveur efiant f legere*
Fallait-il me la refit fer?
Ou flûte fl ofeZçVeue vousplaindre
davantage^
Qui-indpottrla perte dun baifer
Ldon coeurvotâ efl refiè pour oa^ei
autres que je vous promettois.
11 eft jufte de vous
fatisfaire. Vous vous fouvicndrez
qu'elles me font
venues de Lyon. Je ne puis
vous dire à qui e les font
adrefïces -, mais je ne bazarde
rien en vous affinant
que l’explication de l’Enignie
du Ca J»
contiennent, eft accompagnée
de quantité de Remarques
fort curieufes
dont vous me fçaurez bon
*rré de vous avoir fait part.
VO VS efles un étrange
Homme. Vous deman.
que fi je me méts une fiais en
train de parlern enfis.
re^. pas^quitte à fi bon marché
que vous penfie^J Maïs
bafte ? fije ^votts dérobe quelques
moment 3 c cfi wofire
faute. Il y a deux jours que
revenant de che^ Madame
de T. nous parlâmes vous ôf
moy du Mercure. Je vous dis
ma penfiee far' ï Enigme delà
Statue de Memnon. Nous
GALANT- les formes, &que fy ajoute* dites-vous 3 quelques traits pour lembellir t On dirait â vous entendre parler * qu il ferait wff aifé de trouver de jolies chofes 3 quil me Ta efté de deviner que Ï Enigme eft le Cadran. Pour le premier il fiut de cet Ejprit que Mademoijeüe B. apelloit l'autre jour ajfe\ plaijam- ment de l’Efprir Mercuria- iifé, Êÿ ce neftpas che^ moy quon en trouve. Pour £autre^
il ne faut fouvent quun peu de hasard; maisfoitha- ‘Z&rd ou non^ je croy avoir
■iy8 MERCVRE rencontréj^fie. Memnon efi toit .né dans ces Pais où le Soleil fèmblc Je lever. Il eüoit de V extrémité de l'o.
rient; c efioitajfi^awx Poètes qui aimoient a couvrir VHtJ taire mejme de voiles ingé vieuxpour dire qu il efiéit Pils de V Aurore. Il efiéit Prince des Ethiopiens gÿ des Egyptiens. Ces deux Peuples efioient joints. Ils avoiwt les mefines Dieux 5 gÿ presque les mefines Coutumes. Les Ethiopiens s'efioient yen- du* maifires de PEgypte. Afifi ceux qui le fins Ethio-
GALANT, pïen nont pas ton j mais à, parler jufte,il eftoit Egyptien , & né dans cettefameu- fe Thebes d’Egypte à cent Portes t qu'on pourvoit appelle? une Fille de Miracles. Elle eftoitprefque toute baftie en l'air. le vous en pourrais mander cent jolies chofes* mais elles ne font poes de mon fijet. Il mefèwble que ce Et avec afe-^ de raifim qu'on A cherché l'Emblème du Cadran cbe'g les edutheurs de l'Mftrologie des Mathe-? matiques, (ÿ dans le Parentage de l'Aurore ^fj du So-
îeiL On voit cette Statué de Memnonà Thebes.danslefameux Temple de Serapis. Elle eftoit de Marbre noir, tournée du cofté du Soleil le vant5 gÿ reprefentoit un jeune Homme qui fembloit vouloir fi lever. L1Autheur de F Enigme en. Figure ne nous l'a pas reprefentée dans un Temple^ mais dans une eft pece de Jardin i aparemment pour garder davantage U juftejfte de t Enigme. J'avoue que cette fituation na pas peu contribué d me la faire deviner. Ce lieu cbampeftrey
ces Arbres ? gy* ces fleurs3 nepas
md
A ordinaire à h Campagne &■
dans les Jardins quon éleve
& quon trouve les Cadrans*
Voï-ts fçave^ quelle ejl leur'
utilité dans ces lieux aima-
%
blés 3 où l'on vit Aune ma~-
niere fi douce r& fi innocente^
où l'on refaire tdit tout pur,
oà le Soleil lujumefîne diff
enfie tous les biens ; oùl'on
ne connoift d'heures
defaifins que celles que marque
ou falumiere3 ou fin ombre.
Lé ces Cadrans tendentcelle*
des anciens Oracles. On
les wa confite? en foule. C'ejl
ce qûe rcprefèntent ces Gens
qui fnt autour de la Statue.
Tous les Oracles anciens
avaient leur nuit. le veux
dire quils ne parlaient pas
toujours. Les Dieux fe phifient
fouvent a fe taire.
Nul Oracle neut pourtant
jamais une destinée fi changeante
que la Statue, de Meinnon.
Le Soleil fembloit hÿ
donner la vie. La Nuit h
Cadrans ne parlent
condamnait au filence's les
plus dés
que le Soleil cejfe de les écUU
Lornement des grandes Places,
Le premier que l'on ait
fait, au moins en Europe^fut
drejfé dans la P lace publique
de Lacédémone. Athènes
les Gens de loifir. La Colomnt où il eftoit. dreffewe fait fan- ger om Pïedeftal far lequel eJlpoftée la StaM'è de Mew-
»
non. Ne trouvez-vous pas. que ce h s ’ accorde extrême, ment bien ? ‘Vous fiçave^ quon a encor cette coutume de les élever far quelque Bfaè. Avant que les Romains enfilent ce Cadran qui fat confirait environ le temps de la première Guerre de Carthage, ils eftoient furieu- fement ignorans dans la divi- fiondu jour. Ils en fipivoient moins que nos plus grofilm
i?
apercevoir le Soleil entre
Tribune aux Harangues
? & le lieu quils apclloient
Station des Grecs, où
i66 MERCVRE Prenezgarde À toute lapoflu, redu corps de la Statue^1 ^vous <verrezquelle ne vient pas mal a un Cadran au Soleil, Cette main avancée fèm- ble dépeindre afec^ naturellement f Ombre. Cette tefle a dfTe\ de r air de 1*aiguille y ou du flyle de Cadran que les Anciens appelloient Gnomon. Aurefleleurs Cadrans n efloient pas tout a fait comme les noflres. C'ef-* soient des ef>eces de Coquilles ou des Plats-creux faits en ffaon de demy cercles , marquez de lignes également di*
flantes , avec une ejjece de
bafion au milieu. Vouspou^
en avoir veu de cette
façon. Ce Globe qu on a mis
fous le pied de U Statué ne fa
pds fans dejfain. Vous ave^
pu remarquer qu on ên grave
quelquefois la figure proche
de ces Cadrans, on a coûtu^
me de les joindre ^aparemment
parce que qui que ce
fait qui les ait inventez^ on
donne prefque toujours le
mefîne Autheur au Globe
a l Horloge Solaire. il me
vientquelque choje enpenfée
fur U Statué de Memnon que
fe powf'iy <vous mander une
LE* TTRE II
ne du travail des autres.
Vous attendes^ aufp-bien que
inoy 4><vec une extrême impa tience.

dans leurs miSlerex ! Nous
que nos Enigmes Figure
valent prefqu* les Hierogliph'es
3 je ne veux pas dire
quils /oient abfolument la
mejme choje. Les nvSires
marquent par une Fable * ou
par une autre affion complété*
me feule chofe 3 ou une feule
idée de nolïre E/prit. Les
-leurs envelopoient foulent
\plufieurs myfleres fous un
J me fine voile. Pn feul coup de
crayon trahit differentes chofis.
Tout leur eiioit bons »
■ Arbre * un Fleuve > un Ani~
7
fentmoins ferrées, ilyaphs
de perfeeSives &&d’éloigné
mens. Les Egyptiensfeifeiem
des leurs une chofe fortfi.
ricufe. C" efiait prefque kw
maniéré d’écrire, de parler^
de feire connoiftre leur penfée.
Ils s’en fermaient wtf.
me pour les chofe# feinta
Nous rien feifens qriun
de quelques momens que nws
ne poujjirons pas jufqrié ms
myfieres. Cependant je
faiffe pas d'y trouver du
. port. Ces Peuples s ’ en fiîtt
j ferais quelquefois pardrvtf'
iffewent s Cÿ comme ils
>
■UA^Arl i • 17^ empruntaient de tout, ils \fiont pas lai fié d'en avoir ^d’auf/t étendues que les nof- i très s furqu oy je retnarqu e en pufant, que quelques Gens \ont définy les Hierogliphes, \en difànt que ce fiaient des \ Emblèmes des chojes ficrées. lié origine d,u Mot qui est Grec, les avait aparemment [trompe'zy, ffi il ne fer oit pas jdifficile de faire voir que les J égyptiens ne couvraient peut- ■ efire guère moins de ces ri~ féaux, les chofes naturelles pu artificielle s, que les myfle^ 'res de leur Religion* Sans p
4
tué de Metnnonjfioit de ce
nombre, &peut-eflre ne de*
vineroit-on pas mal depcn^
fer quelle rep rcfintoit lH orloge
Solaire nïefoie. Vous dire\
quelle navoippâs cette
invention du temps quonla
drejfa, & qu3 Anaximandrè
enfut l3Inventeur : mais ne
vous fouvene^ vous point
de ce que nous avons dit quelquefois
de la vanité de tous
les Peuples a fi vouloir attribuer
la découverte des
chofes ; far tout de Tadrejfe
des Grecs à fi faire Autbeur's
decedontfouventils ne font
P üij,
que les Copistes ? Par heetà pie 3 fi vous en <vw>le<^ croin le mefme Laërce^ qui nous dit qtd Anaxim&ndre eStl’ Inventeur du Cadran^ lefigeThalés ■aura le premier dvvïfe T An- née endowzp Mois^ & entrer cens fbix&nee jjfi cinq jours. Cependant Jofephe attribué cettê dEvifion aux Hébreux avant le Deluge 5 £ÿ les plus fid elles Ecrivains prophéties la donnent conftamment aux Egyptiens. Thaïes ria donc eEié r Autheur de cette dif tinëêion que dans T Europe tour au plus & je croy
GALANT 177 mëfine chofe de fan' Compatriote Anaximandre pour l'Horloge. J^ous dire que fay pour moy la diverfité des Autheurs qui ne s'accordent pas à luy attribuer la découverte des cbofees 9 fg) le filen-
ce de Vitruve, qui dans une énumération affeez. exalle des Autheurs des Horloges ne parle point du Milefien^ que fay mefine leu en quelque lieu que le Cadran de Lacédémone qu il conftruifet , avoit eflé fe rmé à V imitation de
ceux des Babiloniens , ce fee-
A
roittrop dans une Lettre nui
- L
ï78 MERCVRE ne doit pas ellre fi fiav ante. Il vaut quelquefois mieux relâcher de fis droits , & ne convaincre pas les Gens, que de les étourdir en affeïïant trop d'érudition* Croyez m en donc fur ma bonne fy. Vous panchere^ peut^efia aufii-bien que moy fi croire que ces Philofiphes de Milet avaient puifé leurs connofi finces dans l'Egypte, Ion que vo^sfiaure^que-les Milefient ont efié'fameux fir Mer ; quils avaient' bafiy près de quatre-vingts failles fur divers Cofies ^une entre--
GALANT. 17? autres, nommée Naucrate, dans lé Egypte, qu'ils allaient tous les jours dans ce
Haïs pour le Commerce. Js pourrais vous parler icy de toutes les découvertes que les Egyptiens ont faites dans l'Aftronomie, £? dans les Mathématiques j vous dire qùils ont les premiers divi- fé les jours en heures 5 que l? Mot d‘ heure- eft Egyptien, & quilvient de celuy d’Ho- rus,. qui fignifie dans leur Langue le Soleil ; ftfilsfont les Inventeurs des Horloges d’Eau, qui fernblent avoir
i8o MERCVkE efté plus difficiles a trouver que le Cadran 3 qu ainfi il y a quelque apparence qüon leur doit auffi ce dernier. Müs pour trancher court 5 queL qu un avant moy l a donné formellement a leur Hernies Trifmegifte. C'eft ce mefme Hermès qui divifa. dit - on} le jour en douze heures 5 fÿ la maniéré dont il trouva cet- te disvifion eft ajfte^plaifivnte pour mériter que je vous lu conte. Il prit garde qtdttn certain Animal confier é a leur DieuSerapis^ urinoit dôme
GALAOT i8ï Jl trouva cette duvifion commode & prit de là occ-ifîon de partager le jour en autant de différons effaces. VoiUune belle raifon pour un auffi grand Philojopbe quon nous dépeintceluy-là! Les Egyptiens ne nous auraient -ils point icy ffeIon leur coutumes caché quelque vérité fins ce voile ? Perçons un peu la nuage. Le Dieu Serapü eït le Soleil il AnimaleftL Hie- Togliphe de f Horloge, gÿ la vérité cachée eft que ce grand Mathématicien trou va la proportion des Ombres mar-
qua far le Cadran dauze lignes
, & trouva cette cHvi~
fion commode du jour "en douze
parties. Ce n'efl pas la
première fois que les Egyptiens
fie fontfervis d’un Animal
pour figurer les Horloges.
Ils employ oient le mefme,
& dansla'mefme pofiure,
pour reprefenter les Clepfidres
ou Horloges d'Eau, dont
Ctefibius d’'^Alexandrie fat
Inventeur. Si cela ne vous
fajfit pas, faites encor réflexion
far cecy. La Statue de
Memnon efioit dans le TemGALANT.
1S3 SoleiLV ousfçawe^lacoutu- Me des Anciens, de mettre dans les Temples des Dieux U figure de ce qui leur appartenait , de leurs .offices de leur fuite Le galant Ovide dans la belle defiriptlon quil nous a donnée du Palais du Soleil chezje-s Ethiopiens fia pas manqué fiy placer les jours, les mois s les années3
les fie des ÿ & les heures , po- fées d difiances égales. Le Temple de Serapis ne manquait pas de belles Figures de toutes ces chofies 3 les Habitant de la Faille de Thebes,
i t
mie, nat oient garde d'ou.
blier d’y mettre des memoriaux
de leurs Intentions.
J’attens vos {èntimens
fur ces Lettres. Je ne doute
point qu’ils ne foiem cou.
GALANT- 18^ formes à ceux de quantité dePerfonnes tres-fpirituel- les qui les ont leuës plus d’une fois, & qui ont toujours trouve' de juftes fu- jcts de les admirer. Cependant je paffe à l’ArticIe d’un grand Homme, dont: iamelure des jours eftrem- . plie. Je parle dé Monfieur j l’Evefque de Munfter en J Allemagne, mort le dix- = neuvième du dernier Mois, | dans Bàhus Chafteau de An Evefché. Il eftoit âgé de foixante & quatorze | ans ; comme il a eu beau- > Octobre, Q
i -
4
4
coup de part aux Affaires
qui ont fait remuer toute
1,Europe , je me perfuade
que vous ne ferez point fâchée
d’apprendre fon Hiftoireenpeu
de mots.
Ils’appelloit Chriftophe-
Jkrnârd de Galen. SaMai.
fort eftoit une des-plus Nobles
y & des plus confidérables
de la. Veftphalte,
Elle droit fon origine de
la Livonie, & avoit produit
des Branches en Hollande,
de l’une defquelles eftoit
forty le Commandeur de
Galen, qui ayantefté donGALAOT
187
iûé pour Chef'à une forte
Efcadre de VailTeaux HoL
landois, bâtit les Anglois
auprès de Livourne. Cela
arriva en 1653. Il fut blefîë
à mort dans ce Combat.
L’Evefque dont je vous
parle, ne fin pas plûtoft
forty des Etudes, qu’il
voyagea félon la coutume
de la Nation. Quelques
années apres, il prit le party
des Armes , & eut mefmc
un Régiment au fervice
du feu Electeur de Cologne.
Il fît quelques Carm
pagnes, & quita l’Armée
à l’occafion d’un Canonr
cat de Munfler dont il fut
pourveu. fl eut enfuite la
Prevoflé, qui ell la première
Dignité de 1 ’Eglife Ca,
thedrale, & fceut fi bien J >
gagner les Efprits j que l’Evefché
de Munftcr eftant
venu à vaquer en 1650. par
la mort de Ferdinand de
Bavieres, Archevefque &
Electeur de Cologne , cm
ténoit auffi cet Evelché, 1
fut éleu Evefque & Prince
de Munlter par le Chapitre,
fur l'a fin de cette radine
année, malgré les oppo-
* Cj 1 J.
1
GALA W 189 {Irions de plufieursPréten- dans très - confidérables. D’abord qu’il fut en poflef- fcffion, il fit reparer les lieux de fon Diocefe. La
■ Guerre qui avoit efté lon- ! sue en Allemagne , les ; O . O 7
; avoir mis dans ‘un grand i defordre; 11 fit aufllrebaftir t
*>
; diverles Eglifcs ruinées. 11 ? ne vint pas fi aifément à
1 bout de faire rétablir fon : Autorité dans la Ville de
*
s Munfter. Il y trouva des j obftacles , & ils furent fi j grands, qu’il fut obligé de
< l’affieger en 1657. Ce Siégé
I
dura deux mois, &: il n’aui roit finy que par fa priiq, fans le lècours que ceux de la Ville firencvenir de Hol. lànde, fous le commande. mentduRhingrave. Cefiit ce qui le fitconfenrir à l’accommodement qu’on luy propofa. LesHàbitans de Munfter loufrirent qu ’ il mift une Garnifon de huit cens Hommes dans leur Ville j.mais comme ce nef- toit pas tout ce qu’il de: mandoic, les choies commencèrent de nouveau à fe brouiller. Il obtint ds
• GALANT. 191 l’Empereur tous les. juge- mens qu’il fouhaita quifuf fent rendus en là faveur
& aflîegea une fécondé fois cette mefme Ville. Elleré-
fifta quelque temps, mais elle fe vit tellement lerre'e
de toutes parts, qu enfin elle fe trouva contrainte de fe rendre le é.’d’Aouftiééi, Si-toft qu’il en fut le Maif- tre, il y mit une bonne Garnifon,la rendit une des plus fortes Places d’Allemagne, & y fit baftir une Citadelle. Il fortifia aufli Coesfeld & Varendorp, &
%•
MÈRÇVM
eut quelque démellé avec
les Hollandais au fujet du
Fort d’Eideler dans la Frife
Orientale. En 1664. il fut
choily pour eftre • un des
Directeurs de FArmée de
9 •
l’Empire contre les Turcs.
Cet Employ le fit aller en
Hongrie, où à peine il fut
arrivé, qucl’Empereur arrefta
là Paix avec eux. AinG
il n’eur aucune occafion de
rien faire. Peu de temps
apres; on le fit Adminiftrateur
de la belle Abbaye
de Correy fur le Vefer, qui
eft une petite Principauté,
vinces-Unies, il fe ligua
avec luycontre eux, & entra
avec une petite Armée
dans la Province de Gueldres
& dans la Tranfifelales
Etats-Generaux vers h
fin de l'année 1666. U em.
ploya les deux fuivantcs à
faire entièrement rebaibr
i’Eglifè de fon Abbaye de
Correy, qui eftoit prefque
toute ruinée par les Guerres.
il n’épargna rien pour
la rendre magnifique, &en
1671. il obligea le Duc de
Brunfvic de luy ceder la
Ville de Heuxter dont il
luy retenoient la Seigneurie deBorklo, dépendante de Ton. Evefché; & ayant joint fort Armée avec un Détachement de celle du Roy , il prit les Villes de Doëtcum, de Lochem, & de G roi, dans le Duché de Gueldres. En fuite il mit le Siégé devant la Ville de Dever.ter, Capitale de la Province de Tranfilelane.
Ce Sicge luy acquit beaucoup de gloire. Ilfe rendit maiftrc de la Place, ainfi que de Zvol, de Campen3 de HafTelt, & de la Forte-
R ii
M MERCVRE reflè de Coverden, ce qui . le mit en poflèffion de toute cette Province. Il s’em, para encor de plaideurs PU- ces dans la Frilè, & affiegea fortement la Ville de Gro-
ningiie. Il la preïïà pendant deux mois tous entiers, & fut enfin obligé de lever le Siégé, par la vigou- reufe refiftance du fameux
Rabenhaupt qui y corn- mandoit, & qui recevoir tous les jours de nouveaux renforts par le coïté que les Ennemis avoient inondé. La prife de plufieurs Forts
1 GAUNb ïq7
efi ces quartiers-là, le récompenfa
de cette difgracc.
Sur la fin de l’année, il
prit deux Places au Comté
de la Mark fur l’Eleéteur
de Brandebourg -r &c au
commencement de 1673. il
adjouta à ces diyerlès conqueftes
tout le Comté de
Pvavenfberg , appartenant
à cet Electeur qui venoit lècourirles
Ho’ilandois. Ilne
le rendit qu’apres qu’il eus
pris la Neutralité. La confpiratiqn
du nommé Kett
qui vouloir livrer la Ville
deMunflerà fes Ennemis-,,
R ü)
ayant efté découverte, il le
fit punir , & pourluivit la
guerre contre les Provinces
Unies avec affez de fuccés
tout le relie de cette année.
Les Armées de l'Empereur
1 obligèrent de faire la Paix
O
avec les Etats en 1674. Il
[è vit mefme engagé d’entrer
l’année fuivante dans
fon Alliance contre les
Suédois, fur lcfquels il prit
quelques Places du Duché
de Bremen & de la Principauté
de Ferden , qui eitoient
à eux. En 1676. il
aida à prendre la Ville de
& ne voulut point depuis
accorder aucun fecours au
Roy de Dannemarç, qu’aux
conditions de ' la celïion
qu’il luy avoit faite de ce
qui luy appartenoit de la
conquefte dans ce Duché
de Brcmen. Son deflcin
eftoit de l’unir à fon Evefclié
& comme il avoit
toujours bon nombre de
Troupes
ces, & qu’il eftoit extrêmement
agiflant & riche, il
fe faifoit craindre de fes
Voilins, ayant toujours efté
R iiq
en aûion ou par foy, ou
par fes armes, jufqu’à fa
derniere maladie qui dura
fort peu de jours. Il mourut
avec beaucoup de réfignalion3
laiïTant pour fon Succefleur
à l’Evelché de Munfter,
Monteur l'Evefque de
Paderborn } qui en avoir
elle cieu Coadjuteur il y a
onze ans. Comme il paflc
pour un des grands Hommes
de noftre Siecle, vous
vous plaindriez de rnoy, fi
je négligeois de vous le
faire connoiftre-.
II. s’appelle Ferdinand
de Furftemberg, & defcend
de la Maifon des libres
Barons de ce nom an
eut le Siecle dernier un
Grand-Mailtre de l’Ordre
Teutonique en Livonie de
cette Mailon. Son grand
Oncle Théodore de.Furflemberg
fut élcu en ijSj.
Evefque de Paderborn, <8c
poflèda cet Evefchéjufquà
fa mort, qui arriva en 1618
Cqluy dont je vous parle
naquit aBilftcin leu. d’Oftobre
162.6. Il fit fes étuune
étroite amitié avec M'
Cbigi Evcfque de ^Jardo,
qui y eftoit alors Nonce
jipoftolique, & qui le fut
depuis à Munfter. L’application
qu’il avoit pour les
belles Lettres & pour la
Poëfie Latine, luy acquit
la bienveillance de ce Prélat,
qui eftant de retour à
Rome, & y ayant efté fait
Cardinal en i6jz. attira
auflitoft Mr de Furftemberg
auprès de luy. Çc
Cardinal luy donna beaucoup
de marques de Ion
eftime , & il les confirma.
ficat en 1655. fous le Nom
d'Alexandre VU. Illepourveut
en fuite des Canonicats
des Eglifes Cathe'dralcs
de Hildesheim, de Paderborn
, & de Munfter j
apres quoy TEvefché de
Paderborn eftant demeuré
vacant par la mort de
Théodore - Adolphe de
Reck le p, de Janvier 1661.
le Chapitre, à la recommandation
du Pape, élet t
M' de Furlteinbcrg pour
2-04 1
fon Succeffeur. Il eftoit
r
alors à Rome, où ayant eu
fes Bulles, il fut facré le g,
de Juin par Mlle Cardinal
igliofi, qui a elle depuis
le Pape Clement IX.
Il fe rendit à fon Evefché
quatre mois apres, & y fut
reconnu avec de grandes
acclamations pourEvefque
& Prince de Paderborn.
Depuis ce temps-là, il a
donné tous fes foins au
bien de fon Diocefe, où il
a fait quantité de réparations
tres-neceffaires. Ses
rA i • 20)
con-
dente .& judicieufe
duite, luy attirèrent une admiration fi generale, que feu Mr l’Evefque de Munf- ; ter, qui connoiflbit parti- ? culierement fon mérité, j s’employa de tout fonpou- l voir à le faire élire pour
*
fon Coadjuteur par Ion
Chapitre 9 quoy qu’ il ne g fuit ny fon Parent ny fon s Allié. Les obftacles que J cette Affaire reçeut du côté 1 de quelques Perfonnes Ipuiflàntes, ne l’empefifoc- Irent point de réiiffir. Cette j Dignité de Coadjuteur de
y d
*
19. de Juillet 1667. Sc il en eut les Bulles à Rome le
50. d’Avril 1668. Dans ce mefme temps il aflura encor à fon Evefché de Paderborn
la Ville de Lugde, & la future Succefîion au
Comté de Pirmont. Ces foins ne l’ont pas empel- ché dans les heures de loifir
de s’appliquer à tout ce qui regarde les Sciences. Outre les doétes Ouvrage s qu’il a donnez au Public, & h beau Livre des Monumens de Paderborn, û eftirné de
tous les Sçavans, il a fait
tant de libéralitez à la plus
grande partie des Gens de
Lettres, qu’il pafïè par tout
pour leur Mécenas. Aufli
eft ce avec une grande joye
qu’on le voit aujourd’huy
Evefque & Prince de Muni’
ter. Cet Eve> fché eft un des
plus riches del’Allemagne^,
de Paderborn, en vertu du
Bref de compatibilité qu’il
en a du Pape. Je vous ay
déjà dit qu’il eft d’une des
meilleures Maifons de tout
ie Pais. 11 a plufieurs Fremoine
de Mayence ■& de
Spire. Celuy qui eftoir marié,
avoit époufé une Nièce
des Electeurs de Mayence
& de Trêves, de la Maifon
deLeyen. 11 en a deux autres
, donc l’un eft Prevoft
de Munfter, & Chanoine
de Saltzbourg, de Paderborn,
& de Liege -, & le dernier,
Chanoine de Paderborn,
de Hildesheim, &
de Munfter.
En vous donnant la Relation
du Siégé d’Ypres, d
me fouvient de vous avob
GALANT'
parlé d’un Capucin qui’
ayant cité autrefois Mousquetaire,
en a confervé l’intrépidité.
Je vous appris
alors qu’il fur un des premiers
qui entra dans la
Contrelcarpe, & que l’ardeur
de donner des marques
de (a charité à ceux
qui pouvoient avoir befoin
de fon fecours, le fît toujours
courir aux endroits
les plus périlleux. iTs"appelle
le Pere de Bellemonr-
& comme fon zélé pour le
fervice du Roy & pour le
la lut* de s Mourans,s’
Octobre.
ticulierement firaalé dans
/
l’occafion du Combat de
Mons, il eft bon que je
vous en inftruife. Ce Pere
qui ne cherchoit qu’à fe
rendre utile aux malheureux,
s’eftant mcflé paimy
les Bataillons fins le fou.
cier delà vie,afliftoit indifféremment
toute forte de
Bf fiez qu’il retiroit de la
.L
foule des Combarans , afin
qu’lis ne leur fervifl'ent pas
de marchepied,. Une ardeur
fi charitable, fit qu’infen-
{iblement de Mourant en
Mourant il paflà jufqu’aux
Ennemis, qui recevoient de
luy la mdme affiihnce
qu’il donnoit aux Noltres.
Il fut reconnu, & mené à
Mr de Villa-Hermoia, qui
ordonna incontinent qu’on
le tinit priionnier dans ion
vieux CarroiTe. La crainte
qu’il eut que ce Pere ne
portail: la veuë iur le dciordre
de fon Camp, & qu’il
n’en informait Ml le Duc
de Luxembourg, l’obligea
d’ajourer à cet ordre celuy
dabatreles deux Portières,
il ne voulut pas melme le
confier à fes Soldars. Il
choifit deux de (es Gardes
pour luy répondre de fa
Perlbnne. Ils s’enfermèrent
avec luy dans le Carroife,
& l’un d’eux pour fe mieux
alfurer de ce dépoli, appuya
fa telle for fa Robe
qu’il tenoit encor d’une
main. Mais cette précaution
fut inutile. Ces Gardes
qui eftoient fans doute
fatiguez du Combat dont
il n’y avoit que quelques
heures qu’on eftoit fotty,
fe trouvèrent bien-toll accablez
d ’un profond foinjjieil.
Le Pere de Bellemonç
qui n’avoir aucune envie
de dormir} crut qu’il devoir
profiter de leur reposa
11 fe défit de fon Manteau
dont il fit une efpece d ’oreiller,&
retirât fort doucement
la telle du Garde qui
s’elloit endormy fur fes genoux,
il la mit lur ce M âteau
préparé. L’adrefTe ne luy
manqua pas pour lever une
portiers, & s’échaper de
cette Prifon. Son bonheur
cher, & ayantapperçeuun
Valet de Mr F Abbé de Bellemont
fon Frere, qui luy
avoit efté donné pour le
fervir ? & qui ayant efté fait
prifonnieravec luy, n’eftoic
pas plus ioiorieufement
gardé que quelques autres
dont on n’apprehendoit
rien, il le fit avancer deux
ou trois cens pas devant luy
avec ordre de l’attendre.
kx A L A Fl 1 • 2If faire paflàge parm y les Dragons qui ne penlbicnt pas qu’il fuit Aumônier François. Il monte fur le Cheval, luy mec le licol dans la bouche en forme débridé, atteint le Valet, le fait mettre en troupe derrière luy, prend fon Chapeau qu’il met fur fa telle, fait couvrir celle du Valet avec un mouchoir pour Etire la f gure d’un Soldat bluffé, pafïè librement dans cet équipa^ ge, & comme la Carte du Pais luy eftoit connue, il. tourne vers l’Armée de ML
de Luxembourg avec toute
la diligence poflrblc. liai,
rive au Quartier de la grande
Garde des Ennemis qu'il
croit eftre noftre Avant.
garde. On vient àlüy. On
lay demande* Qtti’vïve't ïl
s’approche toujours en répondant*
Bons Amis. Les
Ennemis qui vouloientua
langage plus fignifîcatif,
continuent à lïiy demander
vive ? Il répond enfin,
F'ive France, ne doutant
point qu’il ne fuît parmy
nos Fran çois. Ces paroles
le font connoiftrepour Ennemyy
.
le prendre. Le Valet épouvanté
fe kifle couler du,
Cheval en bas, fe fauve
dans les Bois , & regagne
heureufement nollre
Camp. Le Pere qui fe voie
feul, donne un coup de
foiietau Cheval, & le met
par là dans une telle fureur
qu’il force les Ennemis à
luy faire place. Ils luy déchargent
plus de deux
cens coups de Moufqueton,
fe voyant dans l’impuifknce
de l’arrefter, (de
Cheval en reçeut deux fous
Oïïobre. T
le ventre. ) Dans le mefme
temps un Officier luy cou.
pe chemin, luy porte un
coup de Piftolet à brûle,
pourpoint fans le toucher,
& le pourfuivant de près,
le prend par fa corde. L’adreffie
du Pere de Bellemont
l’empefche de profiter
de cet avantage. Il détache
fa corde qui demeure
entre les mains de cet
Officier, & pouffe en mefme
temps fon Cheval d'une
maniéré fi vigoureufe,
que fe mocquant de fa
pourfuite, il fe rend en
GALANT. 21^ fioftre Camp, où l’on com- mençoic à croire qu’il avoit, efté tué. On luy confeil- loic de garder le Cheval qui eftoit tres-beau, mais il répondit qu’il eftoit d’un Ordre qui luy permettoit d’emprunter les choies dans le beloin, mais qui l’obligeoit de les rendre en fuite fort civilement. En effet il renvoya le Cheval par un Trompeté avec une Lettre de remercîment à M' de Villa Hermola. Elle finiffoit par des excufes, de ce que l’ardeur qu’il avoit Tij
4 |
defervir le Roy , de fe ren.
dre auprès de la Perfonne
de M.r le Comte du Pleffis
Praflin, Lieutenant General,
qui s’expo (oit dans tous
les périls,.& de continuer
fes foins charitables aux
Bleflez, f avoit oblige de
tirer avantage du fommeil
de fes Gardes qui eftoient
fort innocens de fa fuite, '
On m’a averty de quelques
fautes, ou la mauvaile
écriture m’a fait encor tomber
pour les noms propres
dans ma Lettre du dernier
Mois. J’ay mis les BatailA
r
\j.
fons de Longis, &: deLegncrant,,
au lieu de Congis
& de Seguiran. Ce dernier
prcnoir les ordres de Mr le
Chevalier de Seguiran Capitaine
aux Gardes, à la confideration
duquel je vous
ay déjà dit que le Roy avoir
accorde (on agréement
pour la démiffion de la.
Charge de Premier Préfîdent
en la Cour des Comptes,
Aydes , & Finances de
Provencefaite fous le bon
plaifir de Sa Majefté à Mc
de Seguiran Abbé de Guitttes
Erere du dernier Pre--
jnier Préfient qui la poflé.1
doit. Les fervices que ceux
de cette Maifon ont rendus,
ont toujours efté fi
agréables, que quand il
eut l’honneur d’eftre prefenté
au Roy pour le remercier
de la grâce qu’il avoit
eu la bonté de luy aecordcr3
& pour l’aflurer de fa fidelité
& de fon zele, Sa Majefté
répondit qu’elle ne
doutoit point qu'il ne s’acquitaft
auffi dignement de
fà Charge, qu’avoient fait
tous les autres de fa Famille
, & particulièrement
1- 225
quand il s’agiroit de fois
1-ervice.
D ans î Article du Régiment
Lyonnois qui s’eft fi
fort diftingué à Mons, j@
vous ay dit que Mr de la
Taillerie, quil faut appel-
1er de la Tuilliere, Capitaine
de ce Régiment, avoit
efté tué, & Mr Martinet
blefle. C’eft tout le con-
Mr Martinet , & Mr de la
Tuilliere en a efté quitte;
pour de très-grandes blefo
fores.. Au lieu de Mr le Chevalier
de Gonnery, qui a eu’
T iiij:
j
■i^B *
. l3 < AJ *4 ✓ rx ksl fc.'J fc. b^fl xth î
224 MERCV les deux, cuifles percées | dans cette Aétion, il faut | lire Mr le Chevalier de Ge- notines. Ceux qui en. voyent des Mémoires écriront mieux les noms propres , quand il leur plaira.
L’Air nouveau que vous
allez voir, eft de la compo-M fition d’un excellent Mufi-H IWl cien de la Cathédrale deW Montpellier. Les Paroleslf font de Ml Lauflèl. Avocalf en la Cour des Aydcs de 1<H mefme Ville. Son mérit® & fon çrénie aile & narurer pour la Poeiie^ font connus (
X.
'1
t
I

voir ven leuli'-rneiit3LePorLL-?.it d’un objet ay- niable, Mon coeurfoûpire à tout mo- ment, Du
cl tourment qui rac-cable?
rr“xi "r■ zittTzST i
__ I I _____ 1I S1
ray l’Oi’iz. giiial. Quand je verjay
À, »
mi- le- ta- ble9Quandjei^yèr
•w-x 5.X X • Xu'X-r’J
de tout ce qu’il y a de Gens d’efprit dans la Province. Il a donne' des marques du.: fien parplufieursOuvrages,, dont il a fai t part au Public.
AIR NOUVEAU..
-„>/ pour avoir veu feulement £e Portrait £un Objet aimable fyfon coeur[oâpire 4 tout moment Du cruel'teurment qui P accablez , 1 rie, far tant de maf
j Si je dois eftre miferable^ i Quand fauray veu l'Original. J
1 La penfée de cette Chan- *{ôn peut n’eftre qu’une, ‘‘imagination duPoëtej mais
%
4
4
^6 MERCVRE ce que je vous vay appren. dre vous fera connoifire qu’une belle Copie fait quelquefois de fortes ira. pre (fions, quand on fçait que l’Originaî eft cffeâif. Un Gentilhomme de Province ctably depuis longtemps a la Cour,, y avoit acquis tout ce que le commerce du beau monde peut donner de mérité à une Perfonne qui ne néglige rien pour en profiter. Son Pere mort depuis fort longtemps, luy avoir laifïe avec un, autre. Gentilhomme de
GALANT 227 fes voifîns,un de ces fortes de Procès qui femblent eftre immortels dans les Familles.
Quov qùe fes prétentions fuffent plus juftes que celles de fa Partie , les plaifirs de la Cour, & l’a- verfion naturelle qu il avoit pour la chicane, l’Qblî- geoient à fè repofer fur un Procureur des pourfuites de fon Affaire, Le Procu'
i1
reur qui n’efioit pas fâché de la voir durer, fàifoit ces pourfuites affcz lentement, & avoit mefmeveu mourir fie G cntilhomme contre qui
en tirer aucun avantage.
Cependant le Cavalier qui
s’inquiétoit peu du retardement
de les diligences,
menoit toujours une vie
fort douce. U eftoit de toutes
les Parties agréables, &
il y avoir peu de Belles à
qui il n’euft conté des douceurs
>, fans que fon coeur
fe fufl encor attaché. If y a
un moment fatalpour tout
le monde; Kc lien- arriva.
Il luy prit un jour envie
d’aller voir des Tableaux
chez un; fameux Peintre.
GALANT. 229
C’eftoit Ion charme. Il ea
vie plufieurs qui luy plurent fort, & il fut particulièrement touché d ’ une
Diane habillée en Chah- lereflè. Il fembLoit que l'idée du Peintre fe fuft épui- fée à ramaflèr dans un feul vifane toutes les beautez D
qui peuvent le rendre parfait. Il n’avoit jamais rien veu de plus animé. Tout parloir dans cette merveil- leufe Diane. Le Cavalier l’admira, & la regardant comme un Tableau qui avoir efté fait à plaifir, il
23o MERCVRE demanda au Peintre à quel prix il confentiroit à s’en défaire. Jugez de fa fùr- priiè quand le Peintre luy eut dit que c’eftoitj un Por- trait fait d’apres nature, dont il n’avoit pas le pouvoir de difpofèr. Vous croyez bien qu’il ne manqua pas de demander s’il eftoit poflible que l’Origi- nal approchait de tant de beautez. On luy répondit que s’il avoir veu l’aimable Perfonne que repreientoit cette peinture, il avouerait que la régularité & la déli7
4
A T A «J.TT
UmLAiM i. 231 cateflè de fes traits eftoient au deflus de toute l’adrefl® du Pinceau. On adjoufta quelle cfloit de Province, & Fille d’une Dame veuve
que quelques voient amenée
affaires a-
*
depuis un
mois à Paris. Le Cavalier

acheta quelques Tableaux,
& fortit fans s’informer de
rien davantage. Les chofes & n’auroient pas efté plus loin, fi (comme je faydéja dit) l’inftantfatal qui fem- blé eftre marqué pour tout le monde, n’euft efté venu pour luy. Il refva à cette
2^ 2
belle Pcrlônnc; & comme
il n’avoit jamais rien veu de
fi parfait -quelle, il y rcfva
fi puiflàmment pendant
quelques j ours, qu’il ne put
refifter à 1 ’ impatiente ardeur
de lavoir. Il retourna
chez le Peintre, demanda
fon nom, & eut un nouveau
fujet de furprife quand
ce nom luy fit connoiltre
qu’elle eftoit Pille de ton
cés rendent ordinairement
les Parties irréconciliables,
& celuy dont il s’agi iîoit
eftoit aflcz d’importance
niable Perfonne dont je
vous parle. Sa Mere qui
l’avoit amenée exprès avec
elle. attendoit de fa beauté
de fortes follicitations auprès
de fes Juges, & fur
cette confiance elle s’eftoit
réfoluë à fortir d’affaires.
Le Cavalier fe trouvafort
embarafle. Dansletat
oùeftoient les;chofes5il n’y
avoit pas lieu de chercher
à rendre vifite à la Mère,
fans vouloir parler d’ac=
Ofâobrs. y.'
ERCVO commodément. La jufticc qui eftoit de fon. cofténe (oufroit pas qu’il fift une fi defavantageufe démarché, La voir par rencontre, ce n’eftoit rien faire pour luy; Son nom. qu’il luy. aurait efté facile d’apprendre, luy auroit peut-eftre fait quitter la place > & il euft efté bien-aife de ne fe pas faire connoiftre d’abord comme Ennemy. Apres mille pen- fées diférentes, rien ne luy' parut plus à propos qu’un deguifement qu’il fe fefo-i lut de bazarder. Les cha-
liurs ont efté excelfives
l’Eté dernier, & chacun
fçait- combien.' elles ont
rendu les Bains fréquens..
Le Cavalier qui s’informe,
avec foin dé la Belle, apprend
qu ’ elle j les alloit
prendre tous les jours dansla
Riviere avec la Meré|,.&’
quelques Amies. L’argent;
qu’il donne à un de ces ruftiques
Bateliers qui ont des
Tentes commodes pour
cette forte de Bains,l’oblige
à l’affocier avec 1 uy. Il
prend: l’habit d’un Bonhomme
qu’il paye îargç...
ment , & n’attend pas long,
temps dans cet équipage
fans voir arriver la Belle. Il
la portoit peinte dans fon
coeur, & quand il n’en au.
roit pas veu le Portrait,
c’eftoit une beauté fi achevée,
qu’il cuft efté difficile
qu’il s’y fuft mépris. Il la
voit, il en eft charmé. Elle
fe méfié dans une converfation
qui fe fait dans le Bateau,
& tout ce qu’il luy entend
dire luy paroift fi fpirituel
& fi fin, que de fon Ennemy
involontaire, il devient
fon plus paflïonnc
Adorateur. Il ia baigne une:
fcconde fois, & elle fe trouattend
le moins. Elle eft à
peine dans l’eau, qu’une
agréable Symphonie de
Violons, &de Hautbois fe
fait entendre. Elle fort du
Bain, & voit dans le Bateau
une magnifique Collation
, où les Fruits,les Confitures,
& les Liqueurs font
en abondance. La Fleur
d’Orange eft femée par
tout, & il ne fe peut rien de
plus propre. C’eftoit un
Bateau tout préparé, dont
^S'MERÇVRE le Cavalier avoir, fait fùir®- l’échange avecceluy que Ibn faux habit luy permet- toit de conduire. Il ne luy avoir pas elfe difficile d’en venir à bout pendant que lés Dames eftoient dans Beau. Elles le regardent, admirent la magnificence du Régal,, louent à l’envy là galanterie de celuyqui le donne, fans-s’imaginer en cftre entendues, &.luy demandent à luy^melme à qui elles doivent une Fefte û bien ordonnée. Il affile de répondre groffierement,
•TV £ T A PT* „ „
V M L. JA îM1 - 2^ 9 parle peu pour ne pas faire remarquer qu’il içait un autre langage ; & fur ce qu’il allure qu’il ne con- noiftpointles Gens qui ont fait mettre la. Collation dans fon Bateau, il entend qu’on en fait honneur à un jeune Marquis qui rendoit des foins à la Belle. Ce Marquis
qui joiioitchez elle quelquefois, y va le foir mefme. On luy parle du Réga 1. 11 en eft furpris, & plus on luy dit que ce qu’il a Elit paflè le galant,, moins il comprend ce qu’on luy
I
2'4-0 IV i a bv v tv &
veut dire. Son ingénuité a
fe defendre fort ferieuiement
d'une choie qui ne
luy pouvoir e-ftre qu ’ avana
aucune part. Embarras
nouveau pour les Dames.
Elles retournent au Bain.
Autre Fefte auifo galante
que la première. Le faux
Batelier toûjoursplus charmé,
n’oublie rien pour prevenirfavorablement
la Belle
, fur la connoiiïanceqn il
luy doit donner de ce qu'il
eli. 11 s’entend: louer fins
qu’on fçache que c’eft luy
GALANT. 241 qu’on loue -, & apres cinq ou fix jours de Feite, on le preffe fi fortement pour l’o- , bliger d ’en nommer l’Au- theur., qu’en fin il s’engage 1 le mener le lendemain chez la Dame, fi on veut bien confentir à le recevoir. Les Dames affûtent toutes qu’on le verra avec joye, & fur quelques autres questions, elles commencent à s’appercevoir que le Batelier a trop d’efprit pour n’eftre pas autre chofe que ce qu il paroift. Jugez de 1 impatience devoir arriver
Otto bre. X x
z4z MERÆVRE l’heure où elles doivent: dire éclaircies de tout. Eh les félicitent la Belle de ■ l’Amant que (es charmes luyont donné, & 11e peu- vent que le croire très-digne d’elle, apres une fi longue fuite de galanteries, ç? D
Le lenderqain le Cavalier
• i prend un habit des plus magnifiques -} inftruit fes Gens de c.e qu’ils doivent répondre à tout ce qu’on leur pourra demander, & avec cet air qui fernble efire particulier aux Gens de Çour, il va chez la Damo
T
jF^ f-1^ X * 2/^-j
Gù la Belle ne l’attendoit
pas moins impatiemment que fes Amies. Il avoir efté trop examiné la derniere fois pour n’ellre pas reconnu d'abord pour le Batelier. On s’écrie lur cette méta-
morphofe. Ilenfaitlefujet de Ion compliment, & dit deschofesfi pleines d’efprit à la Belle, qu’elle commence dés ce moment à s’applaudir de cette conquefte. La Dame le prie de ne luy pas cacher plus longtemps à qui elle parle. La crainte d avoir part à l’inimitié que ■ X ij
leurs Familles, luy fait emprunter
le nom d’un de fes
particuliers Amis, de mefme
Province que luy, &
dont la Maifon eftoit connue
à la Dame. Ils eftoienr
venus tous deux à la Cour
dans le mefme temps, &
elle ne pouvoit connoiftre
le vilàge deîun ny de l’autre.
Il eft très - favorablement
reçeu fous ce nom. Il
continué fes villtes. Plus il
voit, plus il devient amoureux.
Il s’explique. On l'écoute.
Les proportions de
GALANT. 14.$ Mariage ne plaifent pas moins à la Dame qu’a la Belle, mais on voudrais dire fans procès avant que d’en venir à l’effet. Ilne dé- guife point qu’il eft très- particulier Amy du Cavalier qui plaide contre elles, & fait aller le pouvoir qu’il a fur luy, jufqu’à fe répondre de le faire entrer dans un accommodement raisonnable. Mais comme cet accommodement ne pourra fe faire fàns le voir, il feint de craindre que Ion* Amy ne devienne amou-
X kj
rcux de fa Maiftrefïe, &
qu’ e fiant beaucoup plus ri.
che que luy,on ne confcnte
à le rendre heureux s’il demande
à l’époufèr. 11 ajoute
qu’il a un preffentiment fecret
que la choie arrivera,
qu’on a dit à cet Amy du
mérité de fa Perfonne, il
avoir déjà beaucoup d’eftime
pour elle. La Belle fe
fâche du tort qu’il luy fait
enjugeant d’elle fi peu favorablement-,
luy proteftc
que puis que fa Mere luy
ri a f
GAuu^ 1 • 247 aucune fortune capable, de luy faire changer de fenti- ment ; & pour luy mettre l’elpriten repos,elle l’allure quelle ne verra point le Cavalier. Il répond à ce tte aimable Perfonne qu’il ne voudroit pas avoir à fe reprocher d’eftrecaufe de l’é, ternelle divibon de deux Familles ; & comme il nedou- te point que le plaibr de la voir,ne foit un des plus pref- fans motifs qui porteront Ion Amy à vouloir entendre parler d’accommodement, dlaprie de n’y mettre point’
X ii ij
d’obltacle par la çélolutiois
qu’elle femble prendre de
le cacher. Quelques jours
fe pafiènt à dire à la Dame
qu’il avoit commence l’af.
wre, qu’il croyoit en venir
à bout, & qu’il trembloit
toujours que cçtte négocia,
tion ne le rendift maiheuceux.
Le plaifïr d’entendre
tous les jours là belle Maiftreflê
luy faire de nouvelles
proteftations de fidélité', le
met dans des raviflèmens
inexprimables. Enfin il dit à
la Mere qu’il a fait confentir
fa Partie à venir traiter
avec elle de bonne-foy.Le
GALANT.*^' jour eft pris pour cela. Il avertit fon Amy qu’il avoir déjà informé de toute l’intrigue,
& l’engage à venir faire le peribnnage de Plaideur interefle fous fon
nom , comme il avoir jpiié jufque-là le roled’Amant tous le lien. Ils viennent
enlemble. On parle d’accord. Quelques difficulté», fe forment-, & comme tout
ce qu’on propofe pour les. réfoudre n’accomodc point le faux Plaideur, il déclare à la Mere que ce n’eft qu’en, époufànt là Fille qu’il peut
droits. On répond'qu’il s’agit
de terminer un Procès,
non pas de conclure un
Mariage. Il fait voir que
l’inimitié des deux Familles
a efté fi loin, qu’il n’y a que
ce feul moyen de prévenir
les malheurs quelle peut
caufer. La Mere qui goûte
lès avantages de cette
blés raifons pour la combatte.
Le Cavalier fait paroiftre
fur fon vifàge un
enrier accablement de douleur..
Il dit qu’il l’avoit toûGALA1MT’
2$t jours bien préveu, & feint de vouloir lortir pour n’entendre pas prononcer l’Ar- reft de fa mort. La Belle
l’arrefte. Ses regards qui luy marquent la confiance de fon amour , luy reprochent en mefme-temps le peu qu’il en a pour elle. Un Homme atteint d’une forte
paffion ne doit jamais ceder ce qu’il aime a fon Rival* & c’eft eftre généreux a contretemps que de s’en montrer capable. Vous pouvez juger , Madame s, combien ces reproches de-
lier. li en auroii joüy plus
longtempsfans 1 ’ arrivée
d’un Gentilhomme ,, fort
proche Parent de laDanie,
Il connoifloit les deux pré.
tendus Rivaux, & il ne parla
pas longtemps, fans tirer
la Mere & la Fille de l’ervoir
mauvais gré au Cavalier
d’avoir paru genereux,
puis que c’eftoit agir pour
luy-mefme. Labelle gronda
de la peine où il l’avoir
mife, & ilTappaifa en luy
fentiment qui luy avoir fait
croire, qu’elle leréfoudroit
à faire un Heureux de celuy
qui avoit pafle jufque-là
1,1 s’eft fait un Mariage
fort confidérable depuis
dix jours. C’eft celuy de Mr
le Marquis de Chafteau-
Gontier , qui a epoufé Mademoifelle
de la Cour des
Bois. Il eft Fils de Mr de
Bailleul, Président à Mortier
} dont le Pere ayant
J?
Robe par la Charge de
Lieutenant Particulier au
Chaiteler, fut enfuite Lieutenant
Civil, Prévoit des
Marchands, Chancelier de
la Reyne Mere, Préfident
à Mortier, & enfin Sur-intendant
des Finances. M1
le Préfident à prefent vivant
, obtint la fiirvivance
à l’âge de vingt-cinq ans,
& fut misa trente dansl’esercice
de cette grande
Charge. Il en a toujours
remply les devoirs avec
tant d’intégrité, & d’une
maniéré fi honnefle pour
tous ceux qui ont cherché de l’accès auprès de luy, qu’il n’y eu t jamais une civilité plus obligeante. Mr le Marquis fon Fils quia eltéreçeu Confeiller de la Cour depuis unan & demy, a de grandes applications pour l’étude. Auffi eft il d’un profond fçavoir,
très - digne de lucceder à tous les Emplois de fes An- celtres, Ce fut luy qui pre- fenta au Roy M'le Prévoit des Marchands & les pche-
&
4
vins, il y ,a environ deux mois. Je vous ay déjamar-
2^6ME R CVRE
que combien Sa Majefté
avoit elle fatisfaite de fa
'Harangue. La Famille de
Bailleul cft d’une tres-an..
cienne Nobleâè , & des
mieux alliées que nous
.ayons. Madame la MarquifedeS.
Germain & Madame
la Marquifè d’U fiel font
Soeurs de Ml le Préfident
d’aprefent. L’alliance qui lé
fait aujourd’hui par le Mariage
dont je vous parle, eft
un renouvellement de celle
4
GALAHT-257 Maifon de Bailleul, & que Ml le Président fon Mary eftoit le Frere aîné de Mr Girard de la Cour des Bois.
Je ne vous dis point que cette FamiHe de Girard eft des plus confidérables & des plus anciennes de la Robe. Tout le monde fçait que depuis trois cens ans elle a toujours fourny des' Officiers aux Cours Souve-
raines. Mr de la Cour des Bois, Pere de la Mariée, apres avoir efté Procureur General de la- Chambre des Comptes , fe fir
OEiabre. Y y
?c8. MP p CVRF Gonfeiller au Grand Con-
feil, & eft Maiftre des Re- queftes depuis vingt-quatre ans. Ml duTillctfon
Frere aîné dont je vous viens de parler, eftoit Pre'- ftdent dans cette meime
Chambre des Comptes, & Mr Girard qui en eft aujour- d’huy Procureur General eft de fes proches Parens. Ainfi dans cette illuftre
Alliance , il y a de grands 1 &
Biens, & beaucoup deNo- blefte de part & d’autre. Mademoiselle de la Cour
«tes Bois eft Soeur de Mcre
lé d’enjoiiement, mais cet
enjoiienient eft toujours
d’une Perforine tres^raifonnable,
& qui . ne lçait ce
que c’eft que de s’amuler à
la bagatelle. Elle fait toutes
cliofes fans s’embaraffer
d’aucune, & répond parfai-'
tement à l’heureufe éduca-’
tion qu’elle a reçeuë d’une
Merehonnefte, gencreufè,
liberale, & qui a toutes les
bonnes qualitez qu’on
peut fouhaiter. Le jour du
Mariage il y eut un. grand
Feltin le foir , chez MT le
de la Cour des Bois. Mr
le Préfident de Bailleul,
Madame la Marquilè deLivry,
Fille de Mrle Duc de
S. Aignan,Madame la Marquile
de Bron, Femme du
Grand Ecuyer de Madame,
& Mr Clement/s’y trouvèrent.
Ce dernier eft Conièiller
en la Cour des Aydes,
& en haute réputation
pour les Devifes. Les autres
efioient Ml de Bailleul
qui a efté Capitaine aux
Gardes, M' de Joüy Sous'
GALANT. z6ï«
Lieutenant aux Gardes,,
tous deux Frétés du Marie',.
Franquetot, la Soeur ; trois
autres Filles de M‘ le Prclîdent
de Bailleul ; Mr le
Marquis de Lery, & Mrde
Vauvré, l’un & l’autre Frères
de Mere de la Mariée,
Le premier eft Meftre de
Camp de Cavalerie, & a
plus de quinze années de
fervices. Il en a rendu de
très-grands, fur toutà Meffine,
qu’il a fait fublifter
longtemps par les Pàrtys
qu’il failoit fur les Ennemis.
Il eft très-conlideré
de M.1 le Marquis de Louvois
& des Officiers Gener
»aux. M de Vauvré fert de.
puis plus de feize ans dans
la Marine , dont ilelt prefentement
Intendant. C’eft
un employ dont Moniteur
Colbert a recompenfé lôrt
mérité, & ou fon exacte fidélité,
jointe à une tresgrande
intelligence, l’a
fiitmonter de degré en degré.
Pendant les trois premiers
jours de ce Mariage,
tout ce qu’ily a de Perlonnes
de Qualité tant à h
plimens chez Ml1 le Piéûdent
dé Baillent, & chez
Mrdc la Cour des Bois ou;
les Mariez demeurent.
Je vous apprens,à vous qui
eftes (gavante 3 & quiavez
fouvenc plaint vos Amies,,
de ce qu’Horace n’avoit
point travaillé pour clics,
que vous les pouvez inviter
a la leéture des charmantes
Poëfîes de cet Auteur, donton
afait une nouvelle Traduction
depuis quelques
jours. On la trouve chez le
L
une très-grande fidelité. Ce
font les deux principaux
caractères d’une bonne
Traduction. Celle-cy eft
de Mr de M'artignac. Outre
le fecours que les Gens
de Letrres en pourront tirer
par les fçavantes Remarques
qu’il a mifes au
Bas des pages, pour l’intelligence
dé tout ce qu’il y a
d’endroits difficiles, les Dames
ne fçauroient qu’attendre
GALANT. tendre un fort grand plai- fir de cette leâure , puis qu’Horace a toujours pafle pour le plus galant Poëte de la Vieille Rome, & que lès Ouvrages s’accommo- O
dent aux, inclinations de
tout le monde , par l’agréa- ble variété des belles choies qu’ils contiennent. Ils font pour les Gens de Cour & de Guerre ; pour les Amans & les Solitaires-, & fur tout ceux qui font leur fouverain bien de mener une vie tranquille , y trouveront des préceptes com- QÏÏobre. Z
M MERCVRE modes pour la pafler dans un plein repos.
Je fuis bien aife que vous approuviez les Defleins de Médaillés pour le Roy, que j’ay propofez dans ma dernière Rettre Extraordinaire. C’eft une carrière ouverte pour les Sçavans. Je ne doute point que ceux qui ie font appliquez aux recherches de ce qui regarde, une Science fi curieufo, ne m’enenvoyent des Traitez avec ces Defleins. J’atcens les uns pour iàtisfaire la cu- riofité que vous me témoi-
GALANT. 267 gnezlà-defTus,&les autres pour les donner aux Graveurs. Par là, mes Lettres Extraordinaires qui ont efté divcrtiffantes pour vous juf qu’icv,- deviendront uritesi 1 J > ?
& comme une matière d’érudition
en attire une autre, j’cipere que tant d’habiles Gens dont les Ouvrages coraoolent ces Lettres, D 1
ne vous Iaiftèront rien ignorer. En attendant ce que vous devez apprendre par eux touchant les Médaillés, je vous diray qu’elles eftoient en grande vénéra-
Z ij
4
z6S ME RC VR.E
tion parmÿ les Romains, &
particulièrement celles qui
reprefentoient les vifagcs
de leurs Empereurs. Ils
n’en ont pourtant pas fabriqué
d’une grandeur exceffive.
S’ils les ont relTer.
rées à un certain nombre
confervent foient porta
tifs pour les faire aller par
tout. Ce font des Hiftoires
parlantes qui ne peuvent
dire que véritables,
eftant faites dans les temps
raefmes des chofes qui y
font marquées. On n’y
peut rien ofter ny ajouter,
comme on fait le plus (cuvent
aux Hiftoires qu’on
t’imprime. Peu de Figures
& peu de Paroles, quf nd les
Médaillés font inventées
par un habile Homme,font
bienfouvét toute l’Hiftoire
d’un Héros, en caractères
Z iij
ui durent toujours
que les Métaux ne
point (ujets à s’uler.
3
ce qui a fait dire à plufieurs
qu’on ne peut trouver la
fuite de l’Hilloire Romai-,
ne , & reparer ce qui en eft
perdu, que par les Médaillés.
On commença d’en
faire de plus grandes fous
Néron,& cette grandeur a
ellédep uis imitée en France.
Il 'îie faut pas s’étonner
que l’Antiquité les ayant
rendues vencrablès ,lesModernes
ayent voulu s’en fervil-.
Rien n’eft plus utile
.x M
aux Peintres & aux Statuaires.
Ce font des Deflèins
pour eux. Ils y trouvent des
éclairciflemens pour les fujets
qu’ils veulent traiter.
Les Hiftoriens modernes
n’en tirent pas un moindre
avantage, par les connoiffances
certaines que leur
donnent ces Monumens
incorruptibles laiffez à la
Poftericé, dans le temps où
chacun d’eux a efté receu.
Il faut prendre garde que
la plus-part des Médaillés
ne font faites qu’à cauie des
Revers qui fourniiTenttoù-
Z u• •i • j•
e
272 MERCVR jours d’heureufes penfées. Ainfi, Madame, ceux d vos Amis qui voudront bien en envoyer des DeC- feins, doivent s’épargner la peine d’en faire defliner 1a face droite, qui elt le colle' de l’effigie} ou de la telle, II ce n’ell qu’il y aie quelque raifon particulière qui les ÿ engage, comme feroit celle de reprefenter le Roy en Hercule, ou de quelque autre maniéré. Alors il faudrait
envoyer le Delfein de la Face droite avec celuy du Revers. Vous fçavez
, GALANT. 27? qu’on peut peindre les Gens de plufieurs façons, Il en eft demefme pour les Médaillés. Il n’eft pas nouveau qu’un meime Revers s’applique à diverfes Faces. Cela vient de ce que les Au- theurs tombent dans une mefme penfée, quoy qulils ne fe foient point communiquez. Il y a des Revers fans Figures, qui ne contiennent que de fimples Infcriptions, mais d’un ftile fi ferré quelles renferment louvent toute la Vie de celuy que reprelente la Me-
Zr / —J. v £ ; x < V, i ■&• 1K XmJ daille II y en a beaucoup où le temps de leur publication. & d’autres choies
femblables fe voyent lous l’Exergue. Voila un terrible mot, qui ne fignifie pourtant rien autre chofe que le court efpace qui demeure pour marquer l’année , quand toute la circonférence de la Médaillé
n’eft point remplie del’Inf- cription. Celles dont les paroles de l’Inlcription aul- quelles on donne le nom de Legende, occupent en- tieremehtla circonférence,
GALANT 27î' ne fçauroient avoir d’Exer- gue. Tour le champ de la Médaillé s’appelle la Capacité. On les lèpare fouvent en deux parties, dont l’une eft appelle'e luperieure, & l’autre inferieure. La première contient la Région de l’air, & la fécondé, la Terre; aufti la nomme-t on le Terrain. Il y a des Médaillés de plus de trente fortes de noms, félon que quelque chofe d’éclatant s’eft paffé. De quelque nature que cette chofe ait pu eftre, vous ne devez point
douter que ceux qui prendront pîaifir à écrire fur cette matière, ne parlent des plus-confiderables. Je ne vous apprendrais que ce que vous fçavez, quand je vous dirais qu’on fait des Médaillés pour les Sacres des Souverains, pour leurs Couronnemens & leurs
Mariages. Elles font des marques de largeïTe pour les Peuples dans ces grandes occalions. Partny celles dont je vay vous faire voir les Dcffeins, vous en trouverez de congratulation , &
a? 9?’^
V
EDAILLEJ) V
K : T=t “réî^vî
L rS S-1 t L yJA
‘551-
GALANT. 2,77 • ^autres de punition ( s’il m’eft permis de parler ain- ' fv) puis quelles font faites en mémoire d’une Ville punie de la révolté. Je yous les laifle examiner dans cette Planche, & ne vous les donne point pour nouvelles, ne doutant pas que vous n’en ayez déjà veu une partie, mais elles pourront n’eftre pas connues de tout • le monde, & du moins ceux qui en auront veu quelques unes feparément , pourront approuver le foin que j’ay pris de les affembler. Je
paffe à ce que j’ay à vous
dire fur chacune, félon l’ordre
du Chiffre que vous y
voyez marqué. Ceux qui
voudront travailler fur une
matière fi digne d’un ge'nie
edevé&r d’un efpnc inventif,
en pourront tirer des
idées favorables pour leurs
De fie in s.
DE TOUTES LES MEDAILLES
Dont le De flêin eft dans la planche.
î. Revers d’m ^Médaillé
d'Vrbain F*
Ce Revers reprefente un
Temple, au devant duquel ori
voit un Captif nu , qui femble
eftre Mars, ou la Difeorde,
image de la Guerre, ayant les
bras & un des pieds attachez
au Temple. 11 eft affis fur un
amas d’Armes Cernées par terre.
U a la Paix devant luy, reprefencee
fous la figure d’une Vierge a demy nue. Elle rient une Corne d’abondance de fa main gauche, &c de fa droite un Flambeau avec lequel elle mec le feu dans cet amas d’Ar, mes. Urbain eut pour Pcre, Grimouard Seigneur de Gri- fiac au Diocefe de Mande. On t publia cette Médaillé, parce J que ce Pape établir la Paix par tout ou il fut poffible de Péta- \ blir. On voit fous l’Exergue le temps-de fon avènement au Pontificat. Je ne vous parleray ’ point des temps marquez dans < î’Exarguedes autres Médaillés, p parce qu’il vous eft aifé de les i lire. Publier une Médaillé, eft r le terme propre pour dire, don- f ner une Médaillé au Public.
4
i, Revers d'une Médaillé de
Charles Cardinal de TSen~
Cette Medaillereprefente un
Lys haut élevé, avec fa tige,
forçant d’un Buiffon d’épines.
Ce Lys qui marque la pureté
de la vie de ce Cardinal, fait
connoîftre qu’il eftoit né dit
Sang de France. Les épines
d’où fort ce Lys, préfageoienr
que ce grand Homme porreroîc
cpnftamment les adverfirez, Il
eftoit Archevefque de Roücny
& prit le party de Henry le
Grand pendant la Ligue»
0 cio bre. Â
/ Revers d^ une ^Médaillé de Louis Cardinal de Lor-
9 raine.
. On voit dans cette Médaillé un Chapeau de Cardinal, encre les Cordons duquel paroift une Couronne Ducale, pour mon. trer que comme Cardinal & corne Archevefque de Rhcims, ce Prince eftoit dédié â Dieuj & comme Duc& Pair de France, au fervice du Roy.
4,
Kevers d'une Médaillé d'Armand du P le [fis Cardinal de Richelieu.
Ce Revers contient une Inf' criprion Latine dreflee par les
GALANT, zfy
Codeurs de la Faculté de Paris,
afin de Cervir de Monument
éternel à la pieté de ce fameux
Cardinal. Certe Infcriprion
marque toutcequ’il afair pour
la Maifon de Sorbonne, & a
efté jertée dans fes Fondemens.
5. Revers d'une autre du
mefme -
Louis le Jufte eft reprefenté
dans cette Médaillé. Il eft traîné
dans un Char. La Renommée
luy fert de guide. Les Armes
de la Maifon de Richelieu
paroiflent dans la Banderolle.,
La Rébellion, fous la figure
d’une Femme, eft attachée derrière
le Char,
A a ij
1S4 MERCVRE
6.
Attire du mefîne.
Cerce Médaillé reprefente un Globe rerreftre environné du Ciel, au cofté duquel, en la partie inférieure de la Médaillé, eft reprefenrée une Intelligence Celefte qui fait rouler continuellenient ce Ciel avec les Aftres qui font tout autour, L’Efprit du Cardinal de Richelieu eftoit d’une fi grande élévation, qu’il n’eft pas befoin de rien adjoûter à l’explication de cette Médaillé.
» :
7.
Face droite d’une Médaillé de leanne Pucelle d’Orléans.
Cette Face droite reprefente
u . JL
cette Héroïne. Elle eftoir née
en France au Village de Donilenay,
qui eft du Bailliage de
Chaumont en Baffigny,
§, Revers de la mefàe MedaiUe.
Ce Revers reprefente FAffaut
qu’elle donna à la Ville^e
jargeau près d’Orléans, où elle
nubleffée dJun coup de pierre.
$. Revers d'une Médaillé
Cette Médaillé qui reprefenre
un Lyon apprivoifé, fait
voir que la difcipline jointe
à la dexreriré de PEfprit, fait
venir à bout des chofes les plus
difficiles, & que mefme par ce
moyen les Beftes farouches fonc
domptées. Ce Marefchal rcn,
dit de .grands fervices à Char J
les VIII. ScàLoüisXII. I
X. Revers d'une Médaillé de\.
9
François de Bourbon Duc s
„ I
d Enguyen. |
Le corps de cette Médaillé^
eftcompofé d’un Palmier, fym-;
bole de la Victoire, au coftéj
duquel paroift un Cavalier ar-,
nié, tournant la telle, comme
un Homme qui a efté irritent
Il eft en aélion de darder le Ja-j.
velot qu’il tient vers un Lyon
qu’on découvre auprès ;de cet
GALANT. 287 Arbre, & quilevela pâte droite comme s’il vouloir pourfuivre 8c attaquer le Cavalier. Cette Médaillé futpubliée en l’année 1^44. en laquelle ce Princefor- ty del’augufte Maifonde Bourbon ( en ayant la valeur héréditaire tout jeune qu’il eftoit) commandoi t F A rmée de F ran ce
en Italie, gagna la Victoire dansda fameufe Bataille de Ce-
rifolcs en Piémont, fur le vieil Marquis du Guaft L.ieurenant Generalde l’Empereur Charles Qaint. Ce Duc d’Enguyen ef- roic Oncle parternel du Roy Henry le Grand.
On y voie un Balon enflé
de vent, lequel eftant violemment
jette par terre, bondir &
fe releve en l'air avec plus de
force. Cet Admirai fut injuftement
accufé).& fon innocence
ayant efté reconnue, il fut rétably
& plus en faveur qtfauparavant
auprès de François L
Revers d'une Médaillé
de la Duchejfe de V&Untinoi&
Le Tombeau fur le milieu
duquel eft une Fléché pointee
vers
vers le Ciel, &, entrelacée de
deux Branches de Laurier, donne
à entendre qu’aprcs la more
du Roy Henry II. h Floche
qui avoir bleffe lecoeur de cette
Duchefle, vivent feule dans ce
Monument,
Î1 reprefente une Corde !*u
quelle ddeend d'un nuage, $c
qui fe trouve mê;ée par le bour,
& entrelacée de plufieurs roeus.
Au cofté gauche paroi!! un Bras
ferrant,auflï d’un nuage,* ôc tenaut
un Coutelas dans la main
qu’il haulie en action de vouloir
trancher ces doeus, pour montrer
que par la vertu &c par le
Ocï^bre. B b
courage on furmonte & dé- mefle les chofes les plus diffi, ciles & les plus confufes. Ce Marefchal eftoit de la noble & ancienne Famille d’Albon en Lyonnois. Il fervic les Roys Henry IL François IL & Charles IX. & fat tué à la Bataille de Dreux/
14. Face droite d'une Médaillé de Henry Prince de Navarre.
I
Cette Médaille reprefente un Enfant couché dans un Berceau. Une petite Victoire qu’il tient en fa droite , porte une Palme dans Tune de fes mains,
une petite Couronne dans l’autre. Un Squelette qui re-
GALANT prefente la Morr, & qui tient une Faux, eft dans la gauche de ce Prince, pour donner à entendre q-u’citant parvenu eh âge. il combatroit fi visourea- D 7 K?
fcmentfes Ennemis,qu’il triomphèrent de leurs Ligues, ouper- droit la vie. Ce Prince fut depuis le Roy Henry le Grand, & rendit l’A u gure véritable par fes Victoires.
Tj. Revers d'une Médaillé d Honnorat de Sa<üoye2 Comte de Pîllars.
On voit dans ce Monument la Fortune reprefënrée fous la figure d’une Femme, nuë, échevelée, élevant la face vers le Ciel5 & ayant au coltéfeneftre B b ij
un V oile flütanr au gré du vent. Elle tient en fes mains une Ban-
derolle chargée d’une Croix pleine, qui dcfigne les Armes de la Maifon de Savoye de laquelle ce Comte de Villars eft toit defcendu. Cette Femme
appuyé fes pieds fur un Globe qui flore Ôc fumage dans la Mer, pour lignifier que dans l’inftabilitéordinairedes chofes
du monde, la guide la plus af- furée qu’on puiffe choifir eft celle de la Providence Divine. Ce Comte eftoit Fils aifoé de
René de Savoye Comte de Beanfort, Grand - Maiftre de France ôc Gouverneur de Provence- &: ayant efté fairpre- mierement Marefchal, il fut depuis Admirai de France Ions:
Charles IX. auquel il rendit de grands fervices. Il euft pour Fille & Heritiere unique Henriette de Savoye, mariée en pr e- mieres Nopcesà Melchior Déf- prez j Seigneur de Monpczar, & en fuite à Charles de Loraine Duc du Maine.
16. Revers d'une Médaillé de Jacques de Nemours,
Il reprefente un Bras armé, mouvant d’un nüage, & tenant en main un Coutelas enr action de trancher quantité de nceus meflez & entrelacez • ce qui lignifie que ce Prince par fa vertu démefleroit les chofesles plus embaraffées. 11 eftoit for- tv de la trcs-illuftre Maifou de
Savoye. Son Pere qui en eftoit
puifné, fut Pbilipes Duc de
Nemours & de Genevois, qui
eut pour Enfans Charles-Emanüelj
Si Henry, fucceffiveulent
Ducs de Nemours.
ïy. Revers d'une Médaillé
de Marguerite Soeur du
de Savoye*
Ce Monument reprefente un
Tombeau fur lequel quatre
Couronnes de Laurier fontpo>
fées. A codé fe voyent deux
Branches de Laurier en départ,
En la partie fupérieure paroift
le Ciel femé d’Etoilles,. & environné
de nuages, pour lignifier
que la Vertu mérite des
GALANT. 25,7
Couronnes, & qu’apres h mort
de ceux qui l’ont cultivée, elle
ne manque jamais de trionu
Revers d'une autre Médaillé
de la niefine.
Cette Médaillé ne contient
qu’une Infcription, qui en confacrant
la pieté de cette Pr’incefle,
fait connoiftre qu’il ne
faut rien fe promettre de folide
en ce mondej mais qu’apres
la mort, ceux qui ont bien vefca
doivent attendre leur récompenfe
du Ciel. Cette Duchefle
de Savoye de Berry eftoit
Fille du Roy François I. 6-C
Soeur de Henry 11, Elle fit batte
ces deux Médaillés, &, joignit
B b iiij
â beaucoup de vertu h connoif.
fan ce des belles Lettres 5 ce qui
la fie furnommer la PaI las de ion
furforrliberale envers
les S ça vans & les Peribn.
nés de merire»
Le corps de cette Médaillé
eft un Ange qui a pris fon vol
dans la région de l'air 3 entre
des nliagOe s,* tenant de la main
droite une Branche de Palmes»
& de la. gauche une Courohne
de Laurier qu’il met fur fa tefte,
pour montrer que la Vertu eft
la plus digne rccompenfe d’ellcmefme
»
xo Revers d'wneautre Médaillé
du mefme.
Il reprefente un Autel fur lequel
font deux Mains qui fe
joignent l’une dans l’autre, eû
action de fe donner la foy réciproquement.
EHes forcent de
deux nuages > & fuportent une
double Croix couronnée & entrelacée
de deux Branches de
L urier 5 ce qui marque que ce
Duc rendoit grâces à Dieu de
luy avoir fait obrenir la victoire
far les Ennemis de la Foy & de
l’Erar, & prorefloic de fon inviolable
fidelité.
9
£i. Face droite d'une Médaillé de Henry de Pour- bony Prince de Condé.
On voie par cette Medaibe, queceluy qui en fes adverfitez mec fa confiance en Dieu, ne doirdefefperer de rien.
zi. Revers d'une Médaillé- de Guy de Laval ^Marquis de Nejïe.
On y voie m Rocher barru des vents &, des vagues,, pour montrer que la confiance d’un Homme généreux ne peut eftre ébranlée par les difgraces. Ce Marquis eftoit del’illoftreMalien-de Laval, ôc Fils unique de-
GALANT 501 Jean deLaval Seigneur deLotié; Il tiroir fon origine maternelle
fort jeune d’une bleffure qu’il rcçeut à la Bataille d’Yvry au ferviceduRoy Henry leGrancL
zj. Revers d'une Médaillé de Henry de la Tour ^premier Gentilhomme delà Charnu hre du Roy.
Ce Duc, auparavant Vicomte: de Turenne a voulu fiçnifier par une Etoille brillanre environnée de nuages épais,.que les grandes adverfitez dont il fut affligé dés fa jeunefle, & les traits de la calomnie, n’avoienc fervy qu’à rendre fon nom & fi vertu plus célébrés,. 11 défera*
joz MERCVRE doit des anciens Comtes d’Auvergne,
& combatirà Courrras avec Henry le Grand, qui le fie Marefchal deFrance,&. moyen, na fon Mariage avec Chariots de la Mark,DuchelTedeBcüiU
Ion, U Souveraine de Sedan.
Il èpoufa en Cuire Elizabeth de NaiFau , ifluc des Princes d’CR range, de laquelle il eut deux Enfans, fçavoir, Federic- Mau- riceDucde Boüillon, & Henry de laT our V icomte dcT urenDA 9 mort en Allemagne d’un coup de Canon.
2,4. Revers d'une Médaillé de ^Marie de Cleves.
On y voit deux Cygnes qui femblent fe regarder rendre-
GALANT.
nient, pour marquer que dans
le Mariage de cetce PrinceHô avec Henry de Bourbon premier du nom, Prince de Condc>
l’amour & la fidelité conjugale feraient réciproquement inviolables.
25. Face droite d'une Médaillé de Ccfar Duc de Vcndo/ine.
Le corps de cette Médaillé re- prefenre ce prince armé, ayant la tefte découverte, &’tenant une Epée nuë en action de corn- batre, 6c faisant bondir Ion Cheval , pour montrer qu’il loûti endroit avantageufement l'honneur d'eftre forry du Sang de Henry le Grand,
H
î6. Revers d’une Médaillé de '
François Duc de Luxent
-Ce qui eft reprefenté dans *
cette Médaillé , n'a efté mis
que pour marquer la pieté de
ce Duc.. Le Roy Henry 1IL ’
l’envoya à Rome en qualiré
d’AmbaffadeurExrràordinaire.* 1
pourprefter obédienceau Pape ■
Sixte V. Ce fut en fa faveur
que la Seigneurie d’Epiney en
Champagne fut érigée en Duché
& Pairie. Il fervir en fuite
Henry IV. fort utilement. Il
y a eu des Empereurs dans cette
Maifon, & elle a fou vent efté
alliée à celle de France.
zy. Revers d'une Médaillé
de Maximilien de Bethune
, Duc de Sully, Grand
Maiftre de /' Artillerie de
francs
On y voie dans un nuage
un Aigle qui porte la Foudre.
Cela marque qu’il eftoit preft,
comme Grand- Maiftre deTArtillerie,
de la porter où le Roy
vou droit.
18. Revers d'une Médaillé de
Henry de la Tour Duc de
Bouillon,
On y voit une Tour lù portée
par deux cimes d’un Rocher
fourchu 5c entrecoupe, qui eft
I
furieuiemenc battu des flots de la Mer, Sa confiance dans fes adverfitez eft marquée par là.
19. Revers d'une Médaillé d'Antoine Ru^é^Marq^s d'Ejfiât.
Cette Médaillé fait voirnn Globe celefte fuporix par Hercule qui a fur le dos fa peau de Lyon , &, fa Maffbë à fes pied ; A cofté paroift Atlas, qui pour foulager Hercule, foûtienree Globe avec l’épaule & la main droite, & s’appuye de la gauche fur un tronc d’ArbrC; Cela fait connoiftreque le Marquis d’Ef- fiat fe donnoic tout entier aux Affaires, donc le Roy qui ré- gnoic alors vouloir bien feic- ^■jofer fur fes foins.
^o. Face droite d'une Me-, daille publiée en F honneur de Charles de Neuf*- <ville.
Le corps de cette Médaillé efi; compofé du Portail d*une Eglife de la Ville de Lyon, de laquelle il eftoit Gouverneur, Ses Armes font fur la partie fu- périeure de ce Portail. On a voulu donner à entendre que Dieuprenoit cette grande Ville eu fa protection particulière. Elle fut édifiée au commencement de 1* Empire d’Augufte par Lucius Munutius Sénateur Romain, pendant qu’il gouver- noir la Gaule Celtique, depuis appellée Lyonnoife. parce que
OElobre. C c
*
cette inefnie Ville de Lyon fut
faire Capitale de la Province,
C*eftoitpar cette raifonqueles
Lieutenans Generaux des Enu
pereurs Romains en Gaule, y
faifoient leur réfidence ordinaire.
t. Revers de l& Médaillé;
Les paroles qui font dans ce.
Revers marquent que ce pieux
Gouverneur a fait baftir en
l’honneur dé là Vierge l’Eglife.
donc le Portail eft dans la face
droite d.e.la Médaillé..
Face droite d'une Me-'
daille de Chriftïerne
Roy deDannemarcl^.
On y voit le Portrait1 de-ce-
Monarque. II la fit publier enfilant-
aHieger Stokolme.
jj; Revers de -la me fine.
On y voit un Aigle qui combatavec
un Serpent. On içair l'antipathie
qu’ils-ont l’un pour l’autre.
CeRevers fait voirqu’il faut
tüiijours combatte fes Ennemis. -
34. Face droite d'une Médaillé
de Soliman* Empereur
des Turcs.
Elle reprefente le Portrait de -
^io MERCVR/E
cet Empereur. Il la fit publier
pendant le Siégé de Bellegrade.
55. Revers de Za wefme.
Ce Revers reprefenfe la Ville
de Bdlegrade. Toutes les dépouilles
5c vous les Drapeaux
qui avoient elle pris fur les
Turcs depuis A murât, eftoient
enfermez dans cetrePlace bien
gardée ôc bien munie.
0. Face droite d'une Médaillé
d'Adrien JL
Elle reprefente la tefte de ce
Souverain Ponrife. Ilavoit efïé
Chancelier de TUniverficé de
Louvain s &
Charles V.
Précepteur
»
j7- Revers de la me fine.
On y voit un Mur qui com-‘
mence à tomber en ruine- ce
Pape voulant faire voir par là
que fesjoursfiniroientpeu à peu
ainfi que ce Mur. Cette Médaillé
fut publiée un peu apres
fon élection.
38. droite d'une Médaillé
d'Ifibelle Fille
d'Emanuel Roy de Portugal,
gÿ Femme de l'Empereur
Charles
Elle reprefenre le Porterait de
cette Prince (Te, L'Empereur
fon Epoux la fit publier en fon
honneur.
î
c
59. Revers; de lâ me fine..
On y voir les trois Grâces,
Les paroles fonr voir que cette--
Princeffè les avoit toutes-, &.
qu’elle les ftirpaflbit en beauté,
40. Race droite d'une Médaillé
de r Empereur-
Charles P.
On y voit le Portrait de cet
Empereur.
41; Revers dêl&mefine.
Il reprefente une Femme qui1
rient d'une main une Corne
.d'abondance^ & de l'antre un
Flambeau- dont elle brûle des
Livres 6c des Armes. L'Empereur
Charles quint apres la
9
GALAIMT. 313- rébellion de Gand , fit couper la tefteà vingt-fix des plus coupables dé la Rébellion. U etr exila d’autres, & d’autres évitèrent cette peine par de grandes- fouîmes qu’ils donnèrent. Il y en eut cent qui furentcondam- nez à luy demander pardon* pour toute la Villeâ‘genoux-,, nüds pieds , & la corde au col. On battit uneCitadelle, Oh de- farma les Bourgeois. On les priva de leurs P ri vileges^êc c’eft ce qui eft reprefènté par ces Armes* & par ces Livres brûlez dans- le Revers de cette Médaillé,
41. Revers d'une Medâille de Henry II,
On. y congratule ce Monar-
3i4 MERCVRE que de fes heureux fuccés dans la Guerre, 8c de tout ce qu’il a fait pour fes Amis &- pour ü gloire.
Si l’on compare les A&ions des plus grands Hommes pour lefquels la plupart de ces Médaillés ont efté faites , avec ce qu’on a veu faire au Roy depuis fix ans, il ne fe peut qu’on ne s’élève d’autant plus en travaillant pour fa gloire, qu’il pafle tout ce qu’on a jamais écrit des plus renommez Héros. La matière eft d’une grande étendue, & chacun la peut traiter félon fon génie, fans craindre de fe
& *
rencontrer dans les peniées. Loüis le Grand a fait vojr que ce Titre luy eftdeû en tour..
OALhfM r 31 v J1 eft Grand en attaquant par Juy-mefroe. Il l’eft dans le Cabinet.!! l’eft en donnant laPaix4 .&. perfonne ne rajamais eftéde la-mefme maniéré par cet endroit. Il fait fleurir les Arts &
Ses Vertus^ &. fi on adelapeine à le louer, c’eft parce qu’il eft trop louable. On fit une Médaillé pour Henry IV. un peu avant la mort de ce Prince. Un Monde environné des fymboles des Vertus paroifloit dans le Revers, avec cesparoles,Reget viïtutibtM erbem. V a-t il rien qui convienne mieux au Roy? Quoy qu’on dife de luy, on ne peut trop dire, quand mefme on irait auffi loin que Philipes it dans la Médaillé qu’il fit faire lors que Charles- quint fon Pere
Octobre. D d
fe démit de la Couronne d‘EC
pagne en fa faveur. Ce Prince
eftoit reprefenté avec le Globe
du Monde fur fes épaules ; £des
paroles marquoienc qu’il portoit
ce Globe afin qu’Atlas pût
fe repofer, Cette Médaillé eftoit
un peu Efpagnole. Cependant
on ne peut difconvenir de
fa beauté. J’attens avec impaticnce
tous les Defieins qui nie
viendront fur un auffi grand &
auffi augufte fujet qu’eft celuy
de ia Vie du Roy. J’auray foin
de vous les faire voir gravez
dans ma quatrième Lettre Extraordinaire
que vous aurez le
j 5. de Janvier.
Je ne refifte point aux louanges
que vous donnez à la dernière
que vous avez reçeuë de
rnov. Elle clt remplie de tant d’agreables Ouvrages aufquels je n’ay point de part, que je croy pouvoir confentîr au bien que vous m’en dites , fans me faire accufcr de vanité. Les fictions fur l’origine des Mou» cbes, &. les Réponfes fur la confidence de Madame de Cle-
ves j ont efté les deux marieras fur lefquelles on s’eftparties librement exerce. Je ne me fuis point étonné que la -.derniers ait tant fait écrire, Depuis la Piinoeflè deMontpenfier, nous n’avions eu aucun Livre de ga~ lauterie qui euft fait tant de broit que la princclïc de Cle- va, & il n’y a jamais eu un trais fi nouveau que l’aveu qu’elle
1
4
/**
giB ME
luy a fait prendre le Duc de Nemours. Ce que je vous ay déjà envoyé fur ce fajec, vous fait connojftre ce que le Public i
en a penfé, chaque piece djfc. | rente n’eftant pas l’avis feu] de '■ celuy qui l’a compofce, mais de plufietirs Socierez affemblées- pour s’expliquer fur uneQuef. •• lion fi délicate. Quoy -que les ■: raifons de ceux qu’elle a parta- gez doivent vous avoir déterminée à prendre party, je ne: laifleray pas d’ajouter à ce que vous avez déjà veu, une nouvelle contrariété d’opinions E laquellecette Q^ueftion adonné lieu, La choie c£t arrivée en
Province,& fi je ne me-trompe, en Baffigny. Voicy ce que c'efh Une Uune & fort aimable Pe“- af
fonne qui avoir refprir vif, èc qui falloir des Vers fi facilement, que lesïnpromptu ne luy ccmftoient rien , eftoit fur le point d’eftre mariée à un Homme qui ne fe piquoir en aucune force d’avoir le mefme talent. Il eftoir plus âgé 5c plus riche qu’elle, bon Homme, mais de ces Hommes francs ôc fans façon, qui difent nettement leurs penfées, •& qqi en feroienc quelquefois blâmez, fi leur fran-
A f
chife ne leur fervoic pas d’ex- cufe. Le jour ayant efté pris pour la Signature des Articles, la plus grande partie des Parens s’eftoir déjà rendue chez la Belle, quand un Homme de la Compagnie reçéut' un Paquet qu’on- luy .envoyoit de Paris.
320 F
C'cftoit le fécond Extraordi.
naire du Mercure. On s’cniprefTa
pour le voir. On le par.
courue, & on tomba prcfque
aufficoft fer la Que (tien pro.
pofée touchant la‘déclaration
que la Pnncefle de Clevesfaic
à fon Mary, Grande conrefration
d’abord. Les uns examinèrent
'a Que ü ion par les réglés
du raifonnemenr. Les autres en
jugeret félon leur gouft, & enfin
on eonfeka là-defius les deux
Amans. Ils fe trouvèrent de fentimens
opofez,8< les appuyèrent
fi ferrement, que chacun d’eux
crût en fou purriculier que l’autre
’ avoir quelques puiflùntcs
raifons qu'il n’expüquoit pas
pour prendre le p.irty qu’il renoic.
Cette penfée les chagrin^
GALANT 521 & leur fie tirer des conféquen- ces de leur humeur, Us craignirent de n’eftre pas fi unis par le ■Mariage, que la défiance ne regnaftd’un cotte, Scia coque- terîe de Vautre. Le parcy de l’Amante qui ne pouvoir con- fentir à la déclaration, fut Couteau
par un jeune Abbé â qui peut-ettre la Belle n’eftoit pas indiférenre, L'Amant n’en fur
pas conrent, & voulut établir certaines Maximes qui firent dire à quelqu’un de la. Compa- gnie qu’Arnolphe de l’Ecole des Femmes auroir bien fait fon
profit de cette converfation pour les falutaires avis qu’il donne à Agnès. On dit quelque chofe de fore plaifanc fur ces Maximes qu’un autre tourna Dd iiij
lur le champ en Vers^par l’h^ promptuque vous allez voir,
DAn^ereufe efi la politique D'un coeur qui fentantè regret
Les traits £m amour tyr Unique 3 Embraffe un procédé difcretî La marque d'une ame pudique^ = C'efid'enrèvcler le fecret.
Quan don ne fange point au mfi Envahi cache-t-on lemifiere, On peut confier tout à l'amour m*
La confidence alors loin cïefire te- mer air e^.
A l'honneur d'une Femme efi aufii falutaire*
Que le fecret ferait fatal..
n&f A KIT
L’érabliflemenc de ces Maximes
que flaroient PAmantr fie entrer la Belle dans de fc-
rieufes reflexions. Elle refva, & comrneon luy en fitla guerres elle dit qu'elle faifoic des Vers à fon tour, que c’eftoir un Meftier qui demandoic de la refverie. On la crût, parce qu’elle avoit un talent aife pour la Pocfie, On la preffa de dire fes Vers, oc apres s’eftre fait prier, pour avoir le temps de fo n ger v eri tab 1 e m en t à e n fa t r e5 elle dir le Çhudrain qui fuir,.
CZ/ * uferP™ prudemment Défer a fon Mary découvrir fa- . foihleffe^ (fejje, ■
Et je ne choiproit pour aller à coft* Elymon Mary ny mon Amant.
a MI7 U fVQ Ï7
Ces Vers firent rire toute TACfemblée.
L’Abbé qui avoit in.
Animent dePefprjrsdechraqu!d
vouloir suffi faire des Vers. Ii
fe tira un peu à l’écart, refva
quelque temps, & .vint en fuite
régOa ler la ComoaOsniede ceux.
cy, pour favorilcr les fèntimcn-s
de la Belle»
QF*adune F'emmeveut <gierir
D’un amour (ecretMi l'ob~
/ed9eî .
t S'il sayytdc le découvrir.
Et vers £ Epoux crier a l'aide^
le tiens pour moy qu'il faut périr
Plutoft qu a fer de ce rems de.
Par un aveu ftemeraire y
Z a Femme fait trois mauvais
coups.
A fin Amantfait une affaire,
Et met /’ Amour en gtâd e&ureux»
Ces Vers plurent fort, &ftir tour les trois derniers qui furent répétez vingt fois. L’Amant qui connut que les Rieurs n’eu toienr pas pour luy , déclara qu’il ferendoit^ & pour le faire connoiftre, apres avoir prié fa Maiftrefle de l’aimer tant qu’il luy fuit impoflïble d’en aimer un autre, il la conjura de luy en faire unfecret, fi elle ne pouvoir l'éviter, afin qu’il n’euft jamais le malheur d’eftre jaloux Tout le monde luy applaudit, & l’on demeura d’accord que fi un Jaloux fur fin- certitude mefme d’avoir aucun
326MERCVR.E lieu de l’eft're,. foufroit fi cruel, lemenr , la jâloufie ne pouvoir qu’eftre mortelle, comme elle l’avoir efté pour M*'de C!evesy quand on apprenoitde la bouche mefme d’une Femme qu’un Rival avoir place dans fon coeur, êc que fupofé qu’on ah rnaft véritablement , il n’eftoit pas poffible de vivre apres une fi funcfte confidence.
Quoy qu’il fe foit pafic des chofes allez confidérables.dans nos Armées, vous ne trouverez aucun Article dé Guerre dans cette Lettre. Je les referve pour la Mois prochain ,.afin d’avoir dauantage à vous dire tout à !a fois. J’y joindray le Plan.& les Attaques du Chafteau de Lie’ -- remberg.j.Sc comme la-ReU-
□*«1, æ. T Th T uauhNi- 32,7
tion des Affaires de deux mois
vous en fera mieux voir la fuite7,*
en vous les pr-é fe-nc a o t tout d’une
veuë, je ne douce point que vous
-n’approuviez ce .retardement.
Le beau Sexe ne fe caift pas
quand il s’agi-ft de marquer Tadmiraticn
où l’on eft des Og randes
A-ftions du .Roy. Voyezde par
ces Vers de Mademoifelle Cerîain-
Huron.
E P I G R A M M E.
2V n entendra plw tant
■parler
D.-e dos fameux Exploits de
guerre.
3* MERCVRE sVïa/s 3 Grand Royz pourvout fi.
ÿialer^
Il e[i d'autres éclats que ces coups de tonnerre»
Quoy que vos Triomphespafie^ Portent vofire qrand Nom au comble de la gloire,
Si ce rieft pas encore affez^ pour former tout le plan d'une pompeufe Hifloire^
Poftre \ufiice3 vos bienfaits,
■ pofire prudence fans exemple^
Grand Roy^ font de rares fujets^ De qui l'éclat n 'eflque trop <- mp te Pour en tracer les derniers traits.
Vous avez déjà veu quelques Airs de M'Lefgu. En voicy encor un nouveau de fa façon« On ne m‘a point dit de qui eU toient les Paroles.
ïi±p: ~ I
" Affreux Rochers, demeures bres, Charmant fejout d'unm
4X4^zJ.-..J—+—~~4—-7^—---
. ’ $■* - - > BASSE-CONTINUE.-'-ÿ
—4—.n j: ■—j—-~~±~teaz3
2*
j’aymerhorreuc
ftsfiËiÈl
1
. i.
Amant,
O b. _,
■ —.—j--— ----------j—/ V
vos ombres,Où je refvcenre- posa mon cruel tourment: mcnt:Quemo bonheur ferait ex.
444----------------4zzzï1ezzz^—4-____ ~
ô r t" ' . _ -z- '
M. LE S G U2
demeures
UÂL.AN i • 329
AIR. NOUVEAU.
1\. F freux Rochers 3 Demeures fombres^
Charmant fêjoar d'un malheureux
Que'J aime •/’horreur de vos fibres^ Ou je refus en repos à mon cruel tourment!
Que mon bonheur feroit extrême*
Si l* ingrate Beauté que l’aime*
O JL * 9
Me voubit^ comme voies y écouter
un moment.
'B
Le fejour que le Roy a voit defluin de faire â S.CJoud,ayant cfté réfolu avant lbn départ pour Fontainebleau, Monfieur |qui avoir donné les ordres pour ;Uc logement de coure la Cours
33° MERCVRE
s’y rendit le 6. de ce Mois, pour
voir s’ils a voient efté bien oc.
curez. lien vifita les Apparre^ mens, & ne pût'que loüer Fe. xactirudedu S! Bifton^â qui k: direction de cette belle Maifon ' a efté donnée. Son Alteflé
Royale alla en foire dans la Gallerie qu’il n’avoit point en- ' cor veu.ë depuis qu’el Le eft ache- •vée & meublée.. Elle en demeura
.fi fatisfaite, qu’elle fou.. haïra impatiemment la venue de Leurs Mâjeftez, Elles arri- , verent Je 10. dans le Carrofié ;
t du Roy, où il n’y avoir avec ; -Elles que Monfeigneur leDsü- ; .phin,Madem-oifelle,& Madame ; la Comte fie de Bechone. Les
autres Carroffes ne pûrent faire Ja mefme dili.zencé -à caufe des
mauvais chemins, Apres qu’on
eut admiré les OuvragOes du fameux
M' Mignard, qui rendent
la Gallerie de S«Cioud une des
plus belles choies de l’Europe
(•je vous en foray une autre fois
un Article particulier )'çn fit
diverfes Parties de jeu jufqu’à
l’heure du Soupe; qui for digne
de la magnificence du Roy. La
Table eftoit ovale,-de vingt*
cinq Couverts - Sc comme elle
eftoit fort large, & que les Officiers
n’âiiroient pu mettre de
Plats dans le milieu, on l'avoir
•remply de Fleurs d’une maniéré
fi propre, fi galante, ôc ïi pompeufe
routa la fois^qu*il eftdifficile
d’en bien concevoir toute la
beauté. Le Service des Viandes
de la bouche eftoit de quatorze
Octobre. Ee
3?2 MERCVRE grands Plats qui formoient un Cçrdon. Il y en avoit vingt, quatre petits pour le tour, qui approchoient des Couverts, Le Fruit répondoit à ce Service. .
.Outre Monfeigneur le Dauphin, Monfieur, Madame, Ma- demoifèlle, Mademoifelle de Valois, Mademoifelle d’Orléans,
S< Mademoifellede Blois- routes les DuchefleSj MareL-
châles de France , Dames, &c . Filles d’Honneur de la Reyne, • de Madame3Scde Madémoifelle d’Orieans, furent .placées à la ; Table. La figure des Fleurs fe cbangeoic à chaque Repas, Tanxoft elles efloient dans une
Machine dorée d’une invention agréable, rantoft dans des Corbeilles d’argent > puis dans des
GALANT. 333
Vâfes ou des Cailles de mefme
matière, & quelquefois on les
yoyoic méfiées les unesavecles
autres. Toutes les autres Tables
du Roy tinrent à leur ordinaire,
forent magnifiquement fervies.
Monfieur en fit aufii fervir
plufieurs dans le Bourg, f! y eut
Bal tous les foirs avant le Soupé
dans le Salon neuf qui eft an
bout delà Gallerie. 'Tonry eftoit
fi bien ordonné, qu’on n’a
jamais veu une Place fi fpatieufe
pour dan fer, quoy qu’il y euft
une infinité de monde. L’Affemblée
ne pouvoir efire plus
Illuflre. J’atirois trop à vous
dire, fi je voulois vous parler de
la ç-race merveilleufe de Monfeigneur
le Dauphin,de l’air galant
de Meflieurs les Princes de
Concy, de la Roche fur Yon- & de Vermandois, de Meflîeurs- les Comtes d’Armagnac, de-, /Marfan & de Brionne, de ME ;
le Marquis de Hautefort, & de Mr le Chevalier de ChaftiL Ion : mais fi je me féns incapable de vous exprimer les avantages-qu’ils ont àdadanfe, que pourrois-je vous dire qui répondit â l’àd mi ration que cauferent Mademoifelle , Mademoifelle de Valois 5 Mademoifelle de Blois, Mefdames lès Ducheffes de Vantado-ur, de la Ferré, & de Nevers, Madame la Com- tefie de Mare, & Mefdemoi- felles de Grancé, deThiange, ôc de Beauvais ? Cette dernier? eft une des Filles de Madame, Qjoy que la mort d’un de fes
I‘y fait pas briller avec moins
d’éclatquefi elle eftoiraccom*
pagnée des ornemens qui font:
recherchez par tontes les Belles.
Le mauvais temps fut caufe
qu’on fe promena peu dans les
délicieux Jardins de S. Cloud3
mais il n’empefcha pas le Roy
d’aller voir l’état de fes Baftimens
de Verfailles, Si de vifiter
la Maifon des Invalides, C’eft:
un effet merveilleux de la bonté
& de laprévoyancedece grand
Prince * qui dans le temps qu’il
avoir toute l’Europe lignée
contre luy 3 ne fongeoit pas
feulement à triompher de fesforces,
mais à faire un Etablif,
fanent pour les Officiers & Soldats
qui feroient mishors d’état de fervir par leurs bleflures, Ainfi tandis que noftre Car-on dêmolifloic ces Murs ennemis, M1 le Marquis de Louvois rai_ ‘ foit élever ceux du grand & <_? fomproeux Baftiment des Invalides par les ordres de Sa Majefté. Ils ont efté executez-
avec cane de promptitude, qu’il femble que ce Baftim-enc (bit forty de terre. On ne doit pas en eftre furp-ris. Le zele qui anime ME de Louvoi-s, lova fait faire des chofès qu’on tiendra un jour incroyables. Ce fur luy qui reçeut le Roy quand S, M. alla voir le Palais- de ces Braves
Malheureux.On luy peurdôner ce nom , puis qu ’ il v a bien de grands Princes oui n'en ont pas ûP A
2?,
> 5" ÿ*'
7* >
rl JL iAf^ î - 5?7 d'une fi vaitc étendue. Le Roy vifira toute cette grande Maifon jüïqu’aux endroits les plus reculez, Quoy qu’elle foit très- cou fidérable par la beauté &£ par la grandeur du Baftirnent, elle i’elt encor davantage par la bonne difcipline qui s’y ob- ferve. On y vit comme dans une P lace de Guerre., on n’y oublie rien de ce qui peut porter â la pieté. Le jour qui. précéda l’arrivée de Leurs Ma-
jeftez, Madame la Marquife de la d’Aubiaye qui avoirprefté le ferment accouftumé pour la Charge de Gouvernante des O
Filles de Madame entre les mains de Madame la Maref-
chale du Plefiis Damed’Hon- xieur de Son AkcfTe R.oyale5 cn
vint prendre poffeffion à Saine
Cloud. Vous ne douterez nv
de fa qualité ny de fon mérite,
quand pour l'une je vous diray
quis de Monteclair, & pour
l’autre » que Monfieur qui en
a fait le choix, a donné-’cette-
Charge à la vertu de cecteDame,
qui dans un âgepeu avance, •
ccmpre feize années-de Veuvage.
J’avois efté mal informé
de fon nom quand jé luy ay
donné‘celuy de Roubais. Le
R o-v eftan t party pourV erfai 11 es
le 16. de ce Mois, Leurs Akefles
Royales vinrent'icy le lendemain,
& reçeurent’Mademoifêlle
de Fonrange à la place de
Mademoifelle de Mefnieres, â
pïcfent Duchefie de Villars.
GALANT. 359 C’eft une fort belle Perfonne. Elle eft grandejjlonde^a le teint vif,Ics yeLlX bleusj& mille belles qualicez de corps&d’efpritdans une grande jeunefte. MrleC6re de Rouffille fon-Pere eft d’Au-
vergnex Elle dévoie eftre pre- fentée par Madame-la Princcfle Palatine, qui l’a donnée 5 mais comme elle eftoit malade, Madame la Ducheffe deVantadour
laprefenta au lieu d’elle.
Madame la -p rince fie d’El- beuf eft accouchée d’un Garçon. S’il eft aufli brave que Monfieur le Prince d'Elbeuf fon Pere, il fera parler de luy de bonne heure. Je vous ay fouvent parlé de la valeur de ce jeune Prince. Vous fçavez qu’il fut dangereusement bleflc dans
Octobre. F f
340 MERCVO une des dernieres occafionsde cette Guerre, & qu’il n’en a laifle paffer aucune fans fe fi_ gnaler.
Le Ray a donné une Abbavef à Mf Robert Maiitre de 'Miv-
a louvend
& - Ÿ
àa xvia- •
n tr i >4 '
Ç4 V u H i
Maiftre fique de fa Chapelle. Ses OnJ v rages luy ont attiré les applaudificmens de jefté, ce n’eft pas fans bien connu fon mérité que ce - Prince fa récompenfé. î)
Comme je ne prérens louer;' que ceux qui en ont veriubleft ment, je me crois obligé cH vous avertir que ray efté lur<>' pris dans un Mémoire qui m’a-I voit efté donné rres-favorabR à un certain Mv des Clofets. IB m’avoir efté fi particulièrement, •recommandé , que le peu de
■>
GALANTtemps
que j’ay chaque Mois à
vous écrire tant de Nouvelles
diferenres, ne me permetran-c
pas tcûjours de m’éclaircir de
ce qui ne m'eft pas connu, j’ay
füivv de bonne foy le Mémoire
2 i
donc je vous parle. Vous trouverez
ben que je n’en demeure
pas garant*.
Je paffe à l’ExpIication des
Emgmes, Celle de la première
en Vers eft renfermée dans ce
Voicv les noms de ceux qui ‘
l’ont auffi expliquée fur’/eter,
qui eft le vray fens - Mefficurs ;
de la Fondrie, Avocat au Par- >
lementde Roüenj Petit Chefne î
F A ng lois, Notaire à Pontoife^ 5
Des Forges, Avocat du Roy j
â Guife 5 Hiraut, Avocat 5 Meu j
dames Vallin ■ Des Bereauxs j
Tréforier de France â Orléans- ■
Jouer, de la Rue des Rofienj ;
La Câdete d’Amiens * & la
petite Laide de la Rué des deux
?ortcs. Ceux que je vous vay.
GmLaJSFT. 34^ nommer en ont envoyé FEx- plication en Verso Meilleurs le Courrier, de Caën 5 Raulrs de Rotienj Le Mary de jourj &: le Berger d’Arneville.
La fécondé a efté ainfi expliquée dans fon vray fens par jVPBroflard Confeiller au f re- fidial de Bourg en BreiTe.
Ql^evoUre Enigme eft difficiles
Depuis deux jours j'y refve en me rongeant les^doigts^- le me fuis dépité vingt
Sans trouver le vray mot j’en ay foupçonné m ilîe9
IYay pourtant a lafin donné dans le vrayfensï ( utile s
Vn peu de patience eft toujours fort LaNcffie, comme on dit^mcurit avec le temps.
i-X/d ji. <»- \-,,-ll <f -à. ~A_ jJv.sJ
Ce metaie Mot de la Ncffti a efté trouvé par Meffieurs l’Abbê de l’Erangj Guérir), Prieur de Sainte Marie Mag- delaine de Bezillac • Chappuis. Chetaon, Directeur general ckx Poîtcs de la Souveraineté de Charleville* Deïgarabat de Nogarot, dans l’Armagnacj Du Bois - Queauec . Archambault, de Roüen 5 De la Porte, d'Orlcens $ Taifand, Avocat au Parlement de Dijon • De Lattre, Avocat à Guife 5 Delà Ma- •delaine ; Balamir amoureux; L© Chevalier de Gros-jonc- Tournés, du Village de Gouxj Thabaud desFerrons,de Berry. Des Baffins, Ecuyer de Mr îe Marefchal de Lorge-Jean Bouche d*or; Darcife, Gemilhom-
/ 9
$ ""T S.Xi» ± • ^j nzi" «i
me Beaujolois- Panthot3- Du
Mefnil $ Mefdamesde laTuftes
Mademoifelle de Corcouffon5
ReneufvCjdeNoyon ■ Les Coïieres
de Rouen 5 Le Quatrain
de Mondoubleau- Le Ialoux
de la gloire des Tourangeaux-3
Le bon Clerc de Mufique d@
Châlons fur Saône 3 le Hollandois
de Saumur $ Neptune, &
le Secrétaire des Vcndangeufes
de Courbevoye. Ceux qui
l’ont expliquée en Vers font
Meilleurs Hervilfon S. D. V.
de TrovJesJ • De la Coudrez ,< de
Caen j Gardien*, L. Barré5 de
Chartres - & Poiymene.
II y a eu beaucoup d'ExplL
cations de cette Enigme fur la
Srcnade.
34^ NIHR.CVR.H |
3e routes les deux, & ce font
Meilleurs Jourdan de la Salle, deTroyesi Aymés, deBczicrsj De Vaënevar Sr de Retourne- Merlin, de Beauvais5 Armand Chefhon, de Tours $ Luron le jeune, de Noyon • Le Bourg, Médecin à Caen 5 L'Abbc Rat. tenu 5 Du Mefny , Abbé des Bons Enfans de Loches 5 De
PrunevillCy Capitaine-an Régiment de Champagne j Le Phi- lofopbe naturel d* Orléans^ loufles Sr de la Chapeliers, de Cliarleville- Le bon Clerc de k bonne Mufique de Châlons* De Goumiers ■ Ün Chanoine
de S. VicStor ■ Mefdames le Pel- leri'T, de Meaux5 Favereau, fur k Q_ <y de la Tournelle 5 Guéno, de la Citadelle de Stenay;
GALAOT.?47 JDeNoyelle fur la Mer 5 Léger,. deTroyes • Anronie 5 L'Incomparable du Pais de Caux j La Société des trois Perfonnes en-
i
jouées de Tours ■ Les Pics des Tours de Noftre-Dame; L’aimable Angélique de Pontoifej La Veuve de la Rue Chapon^ Le Chevalier, delà Porte de Paris « L’Amant'def-intereffer de Noyon L’Cpéra de la Ro- chellej Le Solitaire de Picardie- Le Secrétaire fidelle d'Amiens^ & le Triton. Mefdémoifelles
de Penavaiy de Breft,Sc Clarice Genoife,. les ont expliquées en Vers aufli-bien que Meflîeur$ du Mont Avocat à Chaumont,. L’Abbé Rathier, Houppin le jeune, Horde Secrétaire de Ms le Comte de parabere^
ME RC"VRE
Fueillec Avocat à Chartres,
Geoffroy le jeune de Loches;
Carel de la Rue du Four, de
Forefta Cofonque, Le Solitaire
dePoncoife, le petit Afoa’gne,
Hugo de Gournay fur Eptes
Baizc le jeune,. Le Druide du
Bois de Levantin, 3c les Reformateurs
de Bretagne.
Les deux nouvelles Enigmes
que je vous envoyé font, la première
de LL Satinn, & Faurre
de Mr Broflard Confoiller au-
Prefidial de Bourg en Greffe,-
4
y*"*
X Su/***
3Z ferait mal fans rnoy
toute importante affaire
Et je puis æ la Cour
trancher du wceffaire.
le me mefe de tont^ y excelle en tout
Employ,
l^erfonne nè'me voit, hhacun^croit'
me'connoiflrev
Et rien n ‘eftplus olfur à moymejme
que moy,
■ Vous me chercbe^icypeu^efrcy.
Maisfijen'y fais pas^ au moins jf
devrois eflre;
27e vous rebute^ point 3 cherche^,
moy déformais ;
On me croit bien fcuvent où je fie
fus f mais»
AUTRE ENIGME.
’m* £ fuis en v figue en France. UJ & jenjf fais f as rare y
ijà d^ais quand je fais commun
*“ on nemeflimepas.
lefais habile^&partin fart bistre
le fais feuvenimon plus grand
embarras
llvief rien que je rfofe&neftiijfe
entreprendre,
Qandje parois eyfifje travaille en-
£t mon travail finy je ne fauToi#
comprendre
la maniéré dent je tayfait*
le fais de tout meflierfaans lapais^
dans la guerre.
Sans moy Conne fait rien de bon.
le puis facilement courir i otite la
terre.
GALANT,
JSt je fats toujours en frifon,
par tout en me recherche* èn m'eftime
& l'on m'aime.
Tout le monde à l'envy me trouve
plein d'attraits,
Refvez^cherchez-moy bien^frene^
un foin extrême.
Si ie ne me trouve moy~mefme3
J^oua neme trouverezjamais.
L'Enigme en figure qui roprefente
Daphné fuyant Apollon,
n’eft autre chofe que l'Om*
bre, Voicy l’Explicacion que
Mc Raulc de Rouen en a donnée.
Ans cette 'Forefi verte &
fombre*
Allons^ Daphné, noue mettre è
Fombre,
Z cfrais y caufc m d oux foimneil:
•Q'eft dans ce lieuvert&fauva^
Que no ut repûftiïïsà 't ombra^,
Le Mercure nou* -dit qu'il faut
fuir le Seleil.
Cette Enigme ne confifte c{Ue
dans l'action. Apollon eft caufe
de la fuite de Daphné, & POîik
brc eft toujours produire par
■le Soleil. Meffieors AndrvJ ,' le
edecinà’CacD, Bonner
de Vaux, £< les Réformateurs
de
ce
Bretagne, ont auffi
mefme lens. Envoie I
I 0
•très donnez à cette Enigme pari
diférenres Perfonnes.
Mr Gardien , un Flambeau
Z**' a T A MT
i ■ 353
Le Hollandais de le Soleil fvurfiiivant à [im lever Z’ El aille du lour 5 Meilleurs -Jofeph Rey, Geogranhe de 5- A. R. de Sa-
O 1 '
voye- Datxifes -Genrilhomme Beaujollois- De Lattre Avocat à-Guife- Chappuis, de Mon-- brifon en Foreft ; Le bon Clerc de Müfiqu.e de Cbâîons fur Saône- & 1 e T r i c o n , la H olla n de & la Paix donnée par le Roy à telle Province ; Mr Ev ci i lard Avocat en Parlement, la Paix: aui amfie les Conquêtes de Loués le Grand y L’Anunt .nochirne, les Conqutfles du R oy ? Le J a loux de la rloirc des Tourangeaux., t O *
laGloue'pourfeïvïc parles ERéros- Meilleurs Houppin le jeune, Merlin de Beauvais, 6c le So- ^raire inconilanc s la Qhafieté?
4
354 ME RCVRE M[ Panthot, la Paix vlliorieufei La Société des trois Perfonnes enjouées de Tours, les Piïloires du Roy far les Peuples du Rhin* Hervilfon, S.D. V. deTroyes* la Grape de Perjtte j Du Melhil, les Arbres & les Plantes 5 Thi- baud Médecin àTours, leSwe, en Vers. Le Solitaire de Pon„ toife, la Terre & le Soleil, en Vers 5 L’Inconfblable du Païs ■de Caux., l'Aurore \ Mesdames le Pelletier, de Meaux, une Racine deau, Clarice Génoife, la diférence de la Profè (ÿ- des Per^ en Vers • Mr du Mefny Abbé des Bons Enfans de Loches, & le petit Afcagne, le Printemps? Meilleurs Thabaud des Ferrons Æn Berry, gcAymés de Béziers, U Nuée.
»
M*
GALANT.
Jdèdufe eft la nouvelle Enigme que je vous propofe. Sa reftequc Perfce Filsde Jupiter & de Danaé coupa,, avoit le 1 4
pouvoir de changer tous ceux qui Ja regardoienr en pierre. Ainfi elle eftoit Pefîroy de tout le monde,.& on avoir srand
* c**
foin de fuir pour s’empêcher de la voir.
Mr deChoify, Commandant dansThiouville,& Gouverneur de la Citadelle de Cambray9a enfin époufé Mademoifelle de Clermont. Le Mariage eftoit arrefté depuis quelque temps, mais la ceremonie n’avoit encor
pu s’en faire à canfe qu’il eftoit occupé aux Fortifications de Longhuy. Iî excelle dans ccs Ouvrages, & s’eftrendu fi utile
Octobre. G <r
C5
'or4 MFP F
& fl agréable à Sa Majefté^qiVil en reçoit de tres^confidérabies Penfions. lia fait voir en phu fleurs rencontres que fon coeur n’eftoir pas moins eftimable que fon efpric, Rien n’cft: plus galant ny plus magnifique, que les divers préfens qu’il a faits tous les jours à- fa Maiftrcfle depuis celuy de fon ai rivée < jufqu’à ce que Te donnant roue entier à. elle,, il ne trouva piusà renchérir for ce dernier don. Au four, d’hny c’eftoir un beau Fil de- Perles j demain des Boucles de I^iamans • le jour foivanr un prand Carroflb avec fix Che- vaux- un autre jour force Loiiis dans une- Caffetre de Criilal
» garny d'or,- & enfin plufieursj BoHcs à Portraits & à
ch es , le root enrichy de Dia- mans. Son mérite plus que ces galantes libéralité?. , qui ne dcûrent pourtan-r pas déplaire, l’avoit rendu maiftre du coeur ‘ avant qu'il lefuft de la perfonne de M.foen.’ioifelle de Clermont, qui eft d’une- très - bonne Maifon & des mieux alliées de Paris dans la Robe & dans i’Epce. M* de Clermont fon Pere-eftoit: Maiftre des Comptes. Elle n’a qu’un Frere qui eft ConfeiHer au Grand Con-feil. Madame fa Mere eft Gargan, &'a une pieté exemplaire ..«qui ne luy lai lie avoir des veuës que vers le Ciel. Quny que fes verras éclatent, ce ne font .pourtant que cclk-s qu’elle ne peut en* ticrcment cacher.
3$ MERCVRE
Le Public a fait une cres^
»
grande perte en la perfonne du R« P. Yves de Paris 3 qui eft mort depuis quinze jours au Couvent des Capucins de la Rue S. Honoré. C’èftoir- m Homme extraordinaire > du nombre de ces Efprirs pené- îranSjiqui il femble. que la Grâce & la Nature ayent pris pkifir à découvrir tout. H né faut que lire fes Ouvrages pour eftre convaincu de fa profonde érudition r &c des hautes lumières qu’il poffedoit dans routes forces de Sciences. U a donné au public douze Volumes Info!, &. quantité d'autres Livres qui ne bifferont jamais effacer h g oireqn’on ne luy fçaoroitdîf puter ? d’avoir efté une des plus
UALiAfM i. fécondés, des plus éloquentes^ & des plusfaintes Plumes de fon* Siècle, Ce grand Homme avoir confacrc (ajeuneffè uBarreail, jufqu’à l’âge de trente ans qu’il entra chez les Capucins 3 où il en a pafle cinquante-huit avec une telle intégrité de vie , & un fi genereux mépris des honneurs , qu’il y a toujours confia mm en r refufé les premiers Emplois qui luy ont efté plu- fieurs fois offerts, li eft mort âgé de quatre-vingts-huit ans. Jene vous dis rien de fes vertus particulières. Elles fleurirent } î a « J a _ a» a • . ta 1 J J J _ _
ttâiciucui uauoiuui i Mrore des Capucins, qu’il fuffit d’en eftre pour mériter beaucoup de gloire devant Dieu & devant les Hommes.
.^O MERCVRE
M1 Carpatryy MaiRre des _ Comptes & Commis de Mon, fleur le -Tellier, 6c de M; de Louvois, eft mortauffi dans le incline- rernps. lia cfté fort re- prêté de ces deux Minières, à
1 canfe de l’expérience qu'il s voir dans les affaires où ils l’ont employé pendant plu fleurs an- nées. Comme ceux qui travail- • A
lent fous de fl Grands Hommes < 7 deviennent habiles en peu de remos .> &-qtïed,ailleursilsn,en
L ’ à
choififfenr point qui n’ayent déia un fort grand mérité , on ne doit point-douter de ccluy de M’;C'a rpatry
Mr l’À-bbé- de C’navicny Docteur de Sorbonne, a cite riommé à fEvefché de Troy--S vacant par h mort de- Mr
lier du Houflay vqui
doit du vivant de
SC qui eftoit Abbé de S; Pierre
de Melun. L’abondance de la
matière de ce Mois me fais
différer à vous' entretenir du
mérite de ce nouveau Prélat,,
julqu’au temps où je vous parlera
v de Ion Sacre,
Je p a (Te à l’AmcIe des Modes
nouvelles, donr je ne vous entretiendray
que parce que je
îïj’vJ fuis engLz agO é. ^l7e ne devais
pas fixer un temps pour vous
en parler; & puis que lïnconff
tance les fait naiitre, je devais
croire que je ne pou vois rien
Apromettre d’affuré fur cet Article,
Je me Sois fur le changementdes
Saifons, mais elles font
fouvent bien uompeufes. IL eft
• MERCVRE vray qu’elles confervent toujours leur nom\ mais on ne les peur quelquefois rcconnoiftre que par là, & leur nom ne füffit pas pour produire des Modes nouvelles, quand durefte elles n’ont rien de ce qu’on attend d’elles, quePHyver régné pendant les premiers jours du Printemps, & les chaleurs de FEté pendant la plus grande partie deFAuromne. Ce déreglement des S.rifons fera caufe que dso- refnavant je ne vous parleray de Modes qu’a mefure qu’elles feront inventées, Je ne vous en- apprendray guéres à la fois,, mais je vous en entretiendray ïbuvenr, Sc peur-eftre en trouverez-vous quelque chofe dans la plus grande partie de mes Lettres
t
GALANT. 363 Lettres tant ordinaires qu'extraordinaires, Comme on a cette Année paffé tour d’un coup de rEté à EHyver, &que ; les pluyes continuelles ont fnc- cedé aux grandes 8c longues chaleurs, fans que nous ayons joüy des beaux jours que l’Au- tomne devoir nous donner, je pafleray de mefine des Modes de l’Etéa celles de l’Hyver. le croy vous devoir entretenir d’abord des Habits 8c des Etofes d’or 8c d’argent, le fçay bien qu’il eft défendu d’en porte & vous le fçavcz comme rnoy. Cependant il eft peu de per- tonnes de qualité qui n’en ayentfl Il eft vray qu’elles ne s’en fervent que rarement 5 ôc que lors qu’elles les portent, ce n’eft que 0Sobre, H h
3^4 f
dans des lieux où il n’y a rien J,
craindre duplusjufte &du:plus
vigilant luge de Police que nous
ayons veu en France. .Le-temps
forces de qcfenfes $ il Jes faloir
fins celle renouveller $ on tfitnceux
ofbient y contrevenir • mais ce
temps eftpafle, ôcquoy queMr
de ia ReyniefoirleMagiftratdu
monde le plus affableon peut
aflurer que lors qu'il s’agir de
faire execucer les voloncez du
Roy, rien ne luy peut faire relâcher
de la j «(le feverité que
tout luge qui veut eftre cqui-j
table doit avoir. le croy que
cec éclairciflement eftoit neçeffâire
avant que de vous parler
des E.tofes d’or & d’argent.
Celles qui fonde ;plus en régné, font des Draps d’or façonnez de plu fleurs fortes, fur des ■•fondsde couleurdemufc, clairs & bruns, brochez d’or St d’argent. On brode aufii en or ôC ■en argent fur des Gros de Na- p'es.,ou Moires liffces defoye, fabrique de Paris s & façon de velours ras. Ceux qui Déportent ny or ny argent, font broder ces Etores de foye de plu- fleurs couleurs. On y faicnief- me imprimer ou gauffrer des Fleurs.. On double les Habits de pluche ou pannes de couleurs hautes, comme de couleur de feu oudecerife. Lapiû- parc des Hommes ne s'habille* ront cet H y ver que de deux fortes d’Ecofcs^ La premiers
^66 MERCVRE eft un Drap gris, que Ton peut dire auffi bien travaillé que le Caftor, La fécondé eft une Etofe brochée avec un cordon» net. MlGaultier de la Cou» ronne Rue des Bourdonnois, a fait faire ces Erofes qui font tres-belles. Les Habits de Ville des Femmes feront d’Erofes de foye de toutes fortes de manières. Il y en aura avec du velouté tant en noir qu’en couleur. On portera des Iupes brodées tant fur leMeftier que par le Bro- deur, qui imiteront les Points de France. On porte à prefent quantité de gros Satins couleur d® cheveux, gris de Souris, & gris de perle, qui font femez d’un courant de Fleurs. On porte auffi de grqs Satins don
GALANT.
les Fleurs font fraizces, comme fi c’eftoit du velours cizelé, & des Etamines à fleurs à fonds de Tarin blanc. Nous avons veu naiftre deux couleurs depuis quelques années ( ce qui n’arrive que très - rarement. ) Ces deux couleurs font celles de paille & de Prince. A41 Gaultier en promet une troifiéme,. mais il n’en veut point encor dire le nom. Il attend pour la S. Martin une Flore de très-
riches Erofes. Les Manteaux que FonFait font toujours aflez négligez • & la plupart des Robes font faites à l’Indienne.
On porte â la Cour l’or î’argent fur le bleu & fur le rouge, pourveuquece ne foie point de la Broderie, car elfe H h üj.
A
3éS MERCVRE
n’eft permifc qu’à ceux qui ont des lutte - £- corps de Btever5 mais on couvre en récompenfe les lufte-à.corps bleus & rou. ges d’un Point de France & d’un Point d’Efpagne fi relevé & fi bien fait, qu’il furpafle la Broderie en beauté, & il y en a mefine qui font tour couverts d’argent trait. Les Echarpes font magnifiques, Se font d’un Point d’Efpagne d’or, ou d’or & d’argent enfemble, niais fi maniables, qu’elles ne groffif fent point. Ces Echarpes ne fe metrent pas feulement pardef fus les Lüfte-à'Corps bleus & rouges garnis de Dentelles on les met encor fur ceux de velours, & fur les gris. L’on fe fort toujours des Boutons de ver-
GALANT. 3«9 sdeil doré, mais l’on ne fait point de Boutonnières de fil d'or. Les Boucles de Souliers les plus à la mode font d'or. Les Noeuds d’épaule &d*Epée font brodea-paffèz, feulement d’url demy pied de haut\ avec une Frange doublé 5- ou une Campaned'or & d’argent. le croy que vous-n’ignorez pas que brodé-païfé eft une Broderie place qui paroift des deux coftez. Les Rubans que l'on porte fans or & fans argent font tresdarges r & la plupart tabf- fez & moucherez. Les Chapeaux qui fe portent avec les riches Iufte-à-corps dont je Vous ay parlé, font bordez d'or & d’argent ,S< l’on commence ïliefine-à-porter nn périr fil d’or
H h. iiij
37OMERCVRE autour des Caudebecs. On forte avec les mefmes Jufte-à- corpsdesBandriersà fleursd’or, découpez avec des couleurs deflbus,. On apetiffe tous les jours les Chapeaux, ôcles Caftais font toujours ras.LesBou- quets de Plumes commencent à devenir â la mode. Celle des
Habits n’ePc point changée, ils font toujours â la Cavalière. Les Bas font toujours roulez, & les lufle-â-corps longs. Les Canons des Rhingraves fout toûjours évidez, excepté ceux que fon fait de point deFrance, dont on voit beaucoup â pre- fent. On portera des Habits gris brodez de fbye, avec ces Canons de Point» Il y a une Fabrique Royale établie no-u-
A é
T. 571
tellement à S. Maur près Paris
par le Sieur Charlier, où l’on
fait des Etofes d’or, d’argenr,.
SC de foye, & des Draps d’or à
la façon des perfes, & d’autres
à la maniéré d’Italie 5 des Velours,
Satins, Damas,. & de toutes
forces de Draps d’or & de
fbye de qualités extraordinaires
que l'on peut acheter delà première
main, en allant d fon Magazin
à Paris Rue de la Coutellerie,
au Cerceau d’or, où il
débité tefdits Ouvrages. Ce
Mr Charlier a une intelligence
toute particulière pour faire fabriquer
toutes fortes d’Etofesa
C’eft luy qui a fait depuis fix
ans toutes celles qui ont fervy
pour habiller le Roy. Il en fait
d'admirables pour les Amevu
wMEKCVRE
&lemen.v Quant à celles qui1
fervent à faire des Habits, j}
les fait fi maniables,, qu’on ne
fijauroit affez les admirer, &■
c'en par là qu’elles ont plû au
Roy. On ne doit pas s'étonner
du merveilleux talent qu’il a
pour ces fortes de chofes, puis
qu’il a veu tous les Païs Etrangers
ou iesplus belles Etofcs fa
fabriquent* Il en fait de nou^
velles dont les Deffèins font
admira blés ■ ôc d’une invention
toute particulière. Il rfy* a que
luy1 en France qui puiffe venir
àboucdes choies qu’il -execute;
Il faut jufques à-quînze milles
cordes pour monter la plupart
de fès Mefliers, & on ne les
fçauroit voir fans furprife. Apres
vous avoir parlé d’Etofes, de

| GALANT. 373: [Jlodes, 6c de Manufactures [ nouvelles t je croy vous devoir ^faire voir deux Figures habillées. Jettez le^yeux fur ce C'a- jhalier, vous verrez dans fon [habillement uneparùcdes choies dont je vous viens d'entre- ï tenir. Imaginez-vous qu’il re- vient de F Armée, & qu'on Fa (habillé félon les premières Mc* ; des qui ont paru. Son Habit eft de ces Draps gris dont je vous ay déjà parlé , & qui fe vendent chez le Sieur Gaultier»
»
( Son Julie -à*-corps eft long, &: fa Vefte un peu plus courte que j celles qu'on-portoit FEtéder*. nier. Elle eft brodée de foye fur un fonds de Satin, ( cen’eft pas qu'on n’en porte de4phi-<- fieurs autres Etofes. ), Il n’y.iu
s J
374MERCVRE
Joint de Modes generales pou? les Veftes. Les Manches de ce Cavalier fontà l‘ordinaire, avec, un fort grand Noeud de Ruban large. Ses Gants font de Frange de la couleur de fa Garniture- &C fon Nccud d’épaule ftceluy dé fon Epée font larges & bro_ dez-pafîez , avec une grande Frange au bord. Son Baudrier eft brodé de foye fur un fonds de la couleur de fa Garnirure.
fon Echarpe eft de Point d’Efpagne. Il a un Manchon de petit gris, (' on n’eft pas feûr que cette Mode continue, mais il eft certain que les Marchands le fouhaitent, & quaih en ont fait faire beaucoup.) Son Chapeau eft petit j 6c garnv dïm Bouquet de Plumes. Il eft de
GALAHT. nî
Caftor gris blanc, & ras. Ôn
porte auflï de petits Caudebecs
noirs, légers, Sc maniables. La
Perruque que vous voyez eft
encor à la Cavalière, 8c laCre*
vate eft de Point de France.
Je ne vous dis rien des Defleins
de ce Point, puis qu’ils n’ont pas
changé depuis que je vous en
ay parlé. Les Bas de ce Cavalier
font roulez, fes Boucles
d’or, 8c fes Souliers luftrez.
C'eft aflez vous entretenir de
ce qui regarde l’ajuftement des
Hommes ; il eft temps de vous
parler des Dames, Il n’yaencor
rien de changé à leurs coë
res j leurs cheveux font toujours
moitié crêpez Sc moitié
boudez, ôc fort feparez dans le
milieu du front, Elles mettent
576MERCVRE .
ordinairement deux Cornerez
de Point à la Reyne, on de foye
écruç, & fort rarement de Point’
de France, parce que le Point clair fied mieux au vifage. La- petite Cornéte fraizée qui en approcheleplus, eft notice d'un Ruban fous le menton, La fe.J conde qui accompagne la petite, eft plus longue • & l’on mec au basde la croifiéme ap-j peilée la-grande, deux Noeuds J négligez, On noue-fur la tefteï un Ruban large Sc tournant/
O
La première Cocffe eft dePoint de mefme les CorneEes?, .& laû fécondé de Gaze double. Tout-
cela fe voit dans la Figure de :■ Femme que je vous-envoye, fur! laquelle vous n’avez qu’àjecten lesyeux. La forme de fon Man4 teau eft à l’ordinaire. II eft de -
by it c" 1K1^7 as* /ver
Mil j'ix C&ru'
d'aixxiante exb
dvoc hiicct
grosSatin de,Florence, couleur de Mufc, brodcdefo.ye.de couleurs modeftes, qui font le vio,- 1er, le gris delin,'& la couleur de Prince. H y a un peu de blanc méfié parmy ces couleurs. Sa Jupe eft d'un gros Satin d’un blanc un .peu laie, brodé de foyes bleues & violâtes, & de couleur de Prince & de Mufç. Il y a en bas une grandeDentelle de foye rebro- dée&pliflee. On-met toujours un double rang de Point aux Manches, 8c des Manchetes doubles, JLes devans des Manteaux font retrouflez de Noeuds dePierreries. On brodelesSouliers de .grands fleurons or 8c argent j 8c les Manchons des Dames font faits de tiffu &. de pluche. On met de gros N ccuds
Q
MER. G AL
de Ruban fur ces Manchons;
J’ay oublié à vous marquer que les Habits de fatigue des Hommes font deFrize d'Irlande, & qu’on en porte beaucoup.
Je devrois encor vous entre- tenir de Mariages, de Mortsÿ d’Accouchemens, de Charges nouvellement données, & de plufleurs autres Articles 3 mais toutes ces chofes nfeftant venues trop tard, je fuisobligéde remettre àu Mois prochain à vous en parler. Vous les fçau- rez fans-doute alors , mais je croy qu’elles ne bifferont pas de vous eltre nouvelles par plu- fleurs circonftances dont j’au- ray foin de vous informer. Je fuis, &c
A Paris ce QtMrc 267 OP
TABLE DES MATIERES
contenues en ce Volume.
AFant-propos, 1
Idylle de Meffieurs de
2. Z
Galanterie en prof & en Fers far
des Paroles de l’Opér'a dl
Arrivée de M. le Qmnefadle Colonne
à la four de Sdwye, fin entrecesse
acee Madame la Corniejjl de
H
lesAprefadeHoceduPrince de TpeitjZ.
lourg CP Je l* Arcbidrschejje Marie
Anne* font faits par le Marquis de
Fleury par ordre de P Empereur* j£
Mariage de M»le Ficote deLuffan,
Promenade de M&nfiigneur le %*auTA
BLE.
de MademoifeUe fourtin^ O
'ddbuyeaux Libres de Genealogie, 70
donne deux Abbayes, l'un& au ïils de M- de fordèmoy Lecteur de Monfeigneur-le ’Da.upbin , £2** raietre à M. de Mouchy^. 7 j.
E'O frtbre.de LEmpereur. Charles-quint en T^eft 3 far< M. I*Abbé de la Cbaife, 78
ddejles galantes données, fur. les bords de la Marne, 5 5
j^ejoüîJft nces faites en plufeurs en- droits, 2!j
Monument nouveau. à la gloire dit 2Ç07, intenté par M.de Iaugeon,\t% ^ijfértation fur la Qytefio» fropofie dans le fécond Extraordinaire dit. Mercure, 33 j
Madrigal, icr
udutrç Madrigal, 1 f 2,.
Lrers fur un B ai fer dérobé, , 35 j
Eettre touchant T origine des (fàdrans,
155
Autre fur le mfme fd]et9 ï63
Mort de M. l 'Byef^ue de Munficr^
M
’ïa'éeë:
ttÿec un abrégé de fa iSj *
t'ÉVeJqu'e de 'fadèrborn luy'Juc-
cedê, zoo
C'irconfiance eutliée défis la'Relation du fombat de Mons, zoS
Fautes qui défiaient'glrjfies dans la ntefine 7(elation, 21Q ’
Id Amant 'Batelier, Ififioire^ 11$ Mariage de M. le Marquis de (fhaf teaugontier, de Mademoifi lie '- de la four' des B où, 2 y 5
FfouVellë eTradùélion d‘ I/oraCe, 16J Difiours touchant les Médaillés* 166 Sccflication des Médaillesgravées dans ce Foltitne* zyS--
A'Vanturt confie f ar la Qgefiion profit fie dans le fécond ëdiraordînairé du Mercure, jrS
Bpigramntei 31 £
5Pivertijfement de J*, Clond, 5 2.7
Lé 7(oy Va- lifter la Mai fin des Invalidés,
355
Madame la^Marqnifi dé la d* Au- hlaye prend f°Jfifiorî de la Charge de- Gouvernante des Filles d*iFon-
TABLE.
toeur de Madame,
Mademoifede de Fontange e^ reçeuë
FiHe d* ^donneur de Madame, 33$ ★Accoucb entent deMadame la Trincejfe
d'dlbeufi 339
Zf T^by donne une Abbaye a Mdfiolert
Maifb'e de Mufîque de fa (fbapelle,
54°
Explication en F"ers de la premiers Énigme du Mois pajié, 34s
d£oms de ceux qui l'ont expliquée, 54Z Explication de la ficonde Énigme en
Fers, > ,34;
Idoms de ceux qui T ont expliquéey 3^.. ddéms de ceux qui ont trouve le \ray fens de toutes jet deux Enigmes, 34 £ Enigme, 349
dbrtre Enigme, 35°
Explication en EefS de T Énigme en
Figure du Mioù paff~é, 35ï
3doms de ceux qui L'ont expliquée, 551 Mariage de M^de Cboijy Commandant dans 7 Hon\Hlegy>de Mademoi'/elle de Clermont,
'Mon du ^éterendTere jFet de Ta- r ta s. S
TABLE.
'Mort Je M, Qtrpatry>
M. r\A.bbè Je Qha’vigny eft nomme J llEyefthe Je^Troyes^ 'vacrtnt par loe mort Je M. Miïer Ju ïfoujpty^
M&Jes 'WHJ'teïïth
&
Fin de la Table,
ON prie ceux qui envoyeront des *
Mémoires ou. il y aura des Noms propres, d’ccrire ces Noms en câsa&eres tres-bien formez*- & qui imitent- l'ïmpreffion , s'il fe peut, afin qu’on ne foit plus ïùjec à s y tromper.
On prie aufîï qu’on mette fur des' papiers diférens toutes les Pièces qu’on envoyera.
On reçoit tout ce' qù’on’envoyé^ &l’on fait plaifii^d’envoyer.
Ceux' qui' ne trouvent point leurs Ouvrages dans le Mercure, les doivent chercher dans l’Extraordinairej ôè s’ils ne font dans l’un ny dans Vautre, ils ne fc doivent pas croire oubliez pour cela. Chacun aura fon tour, & les premiers envoyez feront lès premiers mis, à moins que la nouvelle matière qu’on recevra ne 1 bit rellement^du temps, qxfon- ne ppifte différer.
On ne fait réponfe àperionn^,
faute de temps.
On iu met point les' Pièces trop
difficiles à lire.
On recevra les Ouvrages de tons les Royaumes Etrangers, ■.& on proposera leurs Queftions..
Si les Etrangers envoyent quel* ques Relations de Feftes ou de Galanteries qui fe feront palîées chez eux, on les mettra dans les Extraor ~ dinaires..
On avertit que lè Sieur Blageart a prefentement une Boutique dans la Court Neuve du Palais, vis-à-vis Place Dauphine,. AU DAUPHIN*, où Fon ne manquera jamais de trou* ver toute forte, de Volumes m telle Reliure qu’on les-voudra.
Il donnera tous les Volumes de. l’année 3^78. & les Extraordinaires à- Trente fols reliez en veau, 8c à vingt— cinq reliez en parchemin.
Les dix Volumes de l’année 1677,. fe donneront toujours à Vingt fols en.
. »
' veau, Quinze en parchemins
On donnera un Volume nouveau; du Mercure Galant le premier jour de chaque Mois fans aucun retarde* ment.
L’Extraordinaire du Quartier æ Ztobre fe diftribucrà le ic. Janvier •1679.
O11 prie qu’on afifanchiflé les- Ports de Lettres, & qu’on les adreiîb toujours chez ledit Sieur Blageart, Imprimeur-Libraire, Rue S Jacques^ à l’entrée de la Rue du Plaftre.
On ne met point d’Hiftoires qui "puiflènt blelfer la modeftie des Dames, ou defobliger les Particuliers par quelques traits fàtyriques.
On à beaucoup de Chanfons. Elles •auront toutes leur tour, fi pn apprend qu’elles n’ayent pas efté chantées,. C’eft r ourquoy fi ceux par qui elles ont eflé faites veulent qu’on s’en feu ve, ils les doivent garder fans les J O
chanter fans en donner^de copie jufq.u’à ce qu’ils les voyènVJdans; le 'Mercure..
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le