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1692, 02 (Lyon) (2)
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MERCURE
GALAN T.
DEDIE A MONSEIG NEUR
LE DAUPHIN
FEVRIER 1692.
A LYON,
Chez T HOMAS AMAULRY
ru Merciere au Mercure Galan t.
M. DC. XCII.
MvG Privilege ds Roy.
vil.9 i5aiv.oi0lsb
LIVR Es Nov VE APX
ldu mois de FevrieT o9 :
OEuvres de Meieurs'de
Corneilles Pierre 8 Tho
mas de l'Academic Françoife.,
revûës corrigees &augmentées
- dcbeaucoup, 10.v.ind. t8.liv.
Relexions Critiques fur le
Sytême Carteficn de la Philofophie
de M. Regis par M.Dahamel,
ind. 3o.f.
Retraite fur nôtre Seignenr
Jefus-Chrift, par le Pere Neveu,
ind. 3o.f.
L'Ecriture Sainte reduite en
Meditations parle Perele Paulmier
de la Compagnie de J Efus,
ind, 2.vol. 3.l.1o.f.
Le même en Latin en ua
volume ind.2.l.s.f
Carateres naturcls des Hommes
en cent Dialogues , par
M. Bordelor, ind. 3o, f I'EtT. 8A B2L 5E.0 M Des fept, Sacremens. de
glife & des Difpoftions ncceffaires
pouE lesrecevoir avec 2Rolade. fruit , ind. liv, s.fo Rfioüiflancesfaites pour la prife de
fur ce qui peut aMontmelian.
plaire ,3-V. ind, 4iv. 10.f, Poëme far la rofitntion des Sainis
tieA, finadires da Temps Xl.pr- 4Lienx.
Difgrace des Ama'S Ceremonics curicnfes obfreies à 30.fols, Ind. Stras bourg. 4o
Letre (urla Beauté,sya 47
Lettre ei Vers de Madme: des
Lnoulieres.. ev93
Charges donnécs par le Roy 99
M. l'Abbé d'Etrades, e nomné
dAmbaladeur. A la Çour, de Pot -
Particularitfa touchant la mort
d'un vicil Hermitc qui afait
bruir dans le monde. abi ogilov
18
TABLE.
Galantesric,ss 109 a Fable dn Cygne des oifonsn
Confiderations far la Ligoe d'Auf:
Remede fpecifque. I67
Mort de M. le Nonce. 168
Lettre de M. Amelot, Amballad:ur
tSS de France en Suile. I73
Reception de M. Toureilà l'Acsde
mie Françoife. n'ladtk9 Martage. 186
Morts. I90
Avantages remporteXur mer > Pa
B Mrle Marquis de Nefmond ,
Mi des Augers. 208
Portrait dn Roy nowvellment pPeint
212
Norvclles dAngletere. 215
Nouvelles d'Efpagne.
Article des l'Enigmes. 217
Détail de tout ce qui set palle d
- Mariage de Monfeiguenr le Duc
TABLE.
o de chartres & de Mademoifelle SS3 si9n2 22 RE de Blois,
Douze Vaifeaux Holan dois dchouc.
2 far les cofes de Bifcaye. 25
Couyfes faites par Mr de Melac, ó
8 Mr le Coste de Talard.ro 2s2
M de Montholon e/ receuprimier
Prefdent an Parlement de Nor
mandie. 253
Le Grand Seigneny fe détermine à
o61 continner la gucTe , aprës BU0L7
eei confalte le Mnfti. 254
o Fin de la Table.
La Chanfon doit regarder li
page 2 2 I.
La Figure marque I. doit, regarder
la page 23713;.
La Figure marquée II, doit regarder
la page 239
sldsT al sb ait
MERCURE
GALANT:
FEVRIER 1692.o
OUS avez raifon
Madame lde dire,
que quoy que jaye
déja commencé plus
de deux cens cinquante de mes
Lettres hiftoriques, par des Eloges
tu Roy, cette matiere ne
Sepuifera jamais. Je n'ay cité
que des faits , & loin de setonner
du grand nombre , on
Feurier 1692. A
4 MERC VRE
demanderoicntqucls Minitres
autoicnt eu des Giniesaflez fe
pericurs pour avoir travailla
i utilementà la gloire de la
France , & lavoir renduë plus
redoutable que tous, les Rois
enfemblel n'ont jamais, fait.
Ricn ne pourroit egaler leur
étonnemnent , quand ils apprendroient
que le Roy so
rant bien voulu donncrsple
foin de travailler luy-mefme
fans avoir de premier Miniftre,
en a fait toutes. les fonions
i quil ny apoint de
details oùil ne foit entré potur
lebien de fes Sujers & la gloire de TEftat quon na rien
Cxeçuté quepar fes ordres s&
que 1a, pcnctrationos fon tra
vail continuel, & fon exemple
ayant rendu fes Miniftres
vigilans, laborieux &c habilesy
GALA NT.
jamais Monarque n'a ctéi)
bien fervy. Pour vous donner
feulencnt une marqúe qu
fçalt tout,quil voit tout , &
quil fait tout,je ne parleraique
du dérail où ilvicnt d'entrerlan
milicu des grandes affaires/qui
l'occupent. Ce détail regarde
le, Regiment de fes Gardes
Françoifes ,en, faveur duqucl
ce Prince abien voulu fe donner
la peine de trawailler à un
Reglement, qui conticnt trois,
cens ving articlesup qul a,
Cxaminezyayec l'actention
quih donne jafqu'aux moin
des chales, Ce feroit beaucOLup
pour un particulier qu
nauroit aucune affaire.s que
d'en écouter les Articles qu1
remplifent, un volume alez
roS pout cffrayer ceux qui
naimeroient que les diverti-
A 3
67 MERCVRED
femens. Cepéndantle Roy ne
s'mpofe pasun moindre travail
dansles temps ouil n'et pas
entieremnent occupé des af
fires de TErat , & il fait fes
heuresde plaifr de mille re
glemcas pareik,On ne doit pas'
setonner fA lordre fe trouvant
en toutés eehofes festaaires
font dans tine'i glorieufe fitia
tion, qencore que depuis trois
ans ce Prince foit attaqu par
toute FEurope , fes1Troupes
toujöurs triomphántësnoht
encore pafe ancune Campaghe
cqne dans le Pays ennemy , ny
aacune faifon fans vaincre,
C'eft ce qui vicht de nous faite
chanter un Te Deum au miieu
du plus rude byver que nous
ayonseu depuislong temps, &
cel ce que nos Ennemis n'ont
Pöint encore fait, Vous jugez
GALANT.
bien que je veux parler da Te
Deum que l'ona chanté pourla
prife de Montmclian, Toute la
France a fuivy l'excmple de la
Capitale du Royaume ; maîs
comme onfçaitavec quclzele&
qucle magnificence ces fortes
de réjouiflances s'y font,
que je vous en ay fait une
infinité de deleriptions, vous
vous les imaginez aflez fans
qu'il foit beloin que j'entre
dans le dérail des Feltes qui
les.accompagnent , Elles -ont
cfté d'aueant plus grandes en
Daupbiné, que cette Province
fe trouvoit cxpofec atux incur
ions des Troupes des Princes
de la Liguc , && queloin quils
ayent fait réufir le moindre
de leurs projets , le Roy ayant
pris toute la Savoyc , en a fat
cOmme une barriere entre la
A 4
MERCVRE
France & les EnncInis quilay
de ce cofte là, & comme il ne
reftoitque Montmeian par ou
Cette barriere puft eftre forcee
fi toutefois il cuft efte
poffible de fe. faire jour en
France,il n'y a pas lieu d'eftre
urprisque la joye ait citéanli
grande quonla veuë en Dauphine.
Pour vous en donner
une foible ide , je vals vous
parler dec ce qui seft fait dans
jun Village de cette Provincela
nomm Montrevel &
VOus jugerez par là de ce qul
selt pû paller dans les gran-.
des Villes. louzsg
Le premier jour de l'année
fut choiG par lcs Habitans de
Ce Village, pour faire cclater
leur joyc dans une occafion
où la gloire de Sa Majeté l'a
renduë uniyerfclle, Ce fut une,
agreable érenne pour es
GALANT
peuples quc les ations de
graces qu on rendit au Ciel
en memoire dun fuccés qui
a étonné toute l'Europc, Un
feu d'artifce fut drcfë pour
ce fujet. Voicy quclle eltoit
'lnleripion de fon frontif
pice.
LUDOVICO MAGN O
Tnu tarwm 4rcium invito
DEB ELLA TORI,
Montinm Micce, Montis Emilinni
Triplicis federatortn Princpm
fusicnli nünquam anTea rapti
Inexpetatis temporibus Domitori
felicifimo,
Parochus & Cives Montis Revell,
Malaipl cis4c tante glorie Mivatores;4e
Impar letitie fue Monimentums
Kaltnds fannarii M.- DC. XCII
MERCVRE'
La feconde face du Fen
d'Arifioe avoit pour ornement
úne Devife dont le
corps eftoit le Soleil au Solrfoiclee
sd 'Huitver, avec ces pa-
Progredie dum fare videtur
Pour fire voir que commç.
le Soleil nc s'arrefte jamais dans
fa carrietc. lorsmefme quit
eft enfon Solftice, de mefme
Louis le Grand fait fans. cefle
des progrés glorieux malgré les
rigucnts del'hiver,qui mettent
les autres Princes de l'Europe
dans linadtion 8 comme hors
eltat de rien entreprendre ,;
ce qui a fait dire à nos Poëtes,
quie le Rôy cftoitun Heros de
toutes les Saifons. Sur qhoy on
doit rêmarquer pour bien
concevoIF le fens de cette
Devilc que Montmclian für
GALANT.
conquis le I. de Decembre
dernier, jour auquel le Soleil
cntre dans le Solftice d'hiyer.
-On voyoiv dans la troiiémç
face une autte Devile , quj avoir
de melme pour corps le
Soleil dans Equinoxe , & ces y2 paroles pour ame
eont Equalis falger nbique.
Ceft à dire ; que comme le Soleil
partage également fa lumiere
a tous les Climats aui
temps de. fon Equinoxe, y de
mefme le Roy brille par tour
d'une égale gloire , ce qui clt
juftfi par Mons en Flandre
&Nice en Piémont, deux importantes
Places emportées. ,
prelqu'en mefne jour vers l'Equinoxe
du Printemps dernier.,
ALa quarriéme face eftoit
enrichie dune Devife dont
linvention a piru nguliere
A 6
I2 ME RCURE
aux Connoifeurs. Elle avoit
ainfi quc les deux premieres,
le Soleil pour corps cnvironné
des Plahctes, qui luy ciennent
lieu de Satellites , & qui
luy doivent toute leur lumicre,
tandis quil écliple la Lune
au temps de fon oppofition.
L'ame de cette Devife ctoi;
Com inus llnftrat , emunns obfinrat.
Voilà au jufte le plan de
l'Europe , dans la fituation o
clle fe trouve aujourd huy par
une fanglante guerre , qi a
fait reffentir fes fureurs à tous
les Etats ligucz contre la France,
Le Soleil dans Gette Devile
reprefente Loüis le, Grand,
autant élevé an defus des aucres
Princes du monde , quç ces
Princes le font au defus de leurs
Sujets. Ccs Satellites qui ne
GALANT.
s'eloignent jamais du Soleil,
& quien reçoivent toute leur
lumiere, nous figurent les
Sujets du Roy , qui trent tout
leur bonheur de ce grand
Prince, par l'attachement inviolable
qu'ils ont à à perfonne
facrée. La Luhe par fon
oppofition au Soleil ignife
linconftante Europe, qui a ofé
oppofer (on corps fombre &
opaque a l'éclatante glotre dont
brille Louis le Grand fur le
premier Trône de lUnivers.
Tout le monde fçait que la
Lune n'et jamais écliplke que
dans fon oppofition avecle
Soleil,&quen toutautre tempS
clle en reçoit la lumiere; mais
tout le monde fçait encore
Mieux que lEurope sclt
toujours veiuë dans labondance
& dans leclar, tandis qu'clle a
34 MER CVRE
fceuménager la bienvcillknce
du Roy, &qu'au contraire elle
ne s'eft pas fi toft oppofée a få
gloire qu'clle a fouffert
cffroyable, écipfe où nous la
voyons maintenat plongée,
au licu que la France, toujours
dévoüe à fon incomparable
Prnce, fe voit, dans un eftar
parfait de felicité. eriot
S Linvention de ces Devifes
aufi bicn que de I'Infcription
quroccupoit le frontifpice du
Feu d'arifice , cft dúë à Mr
Crochat , Doteur en Theologic
, & Curé de Montrevel,
qu'on ava pendant quatre ans
Profeleur de Mathematiquesà
Paris, Ilsy difingua parcicu
herement par cctte celebre dif
putequil eut avec les Parcifatis
de l'Aftrologic Judiciaire doit
pluficurs de mes Letres oit
GALANT. 1$
arle: Illa cominença par tun
défy quil fità tous les Aftro4
logues de l'Europe , & illa finir
par une Piece quú ferma pour
toujours la bouche au feul Bcri.
vain qu1 cntra cn lice contre
luy. Ce n'eft pas d'aujourd'huy
que cet Auteur soccupe à
pablier la gloire du Roy. Un
julte volume aufot peineà
renfermer tous les PanegyIi
ques quil a prononccz für ce
fujet. Il nc manqua pas lajour
de cette rejoüifance d'en fait
un houvcau qui etit bcaucoup
de fuccés. Je nc vous diray
tien dela juftefle avec laselle
il' parla des grandeurs> de ce
Monarque. On imprime ce
Difcours , & vous en poufrez
juger bien toft par vous-mef
ne, La Fefte fe termina par
leFeu dartifee par lcsac16
MERCVRE GALANT. 7 clamations du reuple par Rcligicux de fObíervance de
pluffcurs decharges de la MoudSaint François , & Commifgucterie
, & par un régale faire general de la Terre Sainoù
la Santé de Sa Majelté te ,prefenta au Roy le 6. de ce
fut beuë avecbeaucoup de ref nois, un Poëme Chreftien fur
pedt.ail itocgnn la refticution de Saints Lieux.
Le 1 5.d mois paff, Mr de Je vous parlay amplemcntil ya
Martangis , Amballadeur Ex- pres de deux ans, de cette ref- tiution , & de toutes les cir- Eraordinaire de France en Dan:
nemarc,ayantreceu la nouvelle conftances glorieules pour Sa
de la prife de la même rlãce Majefte quilaccompagnerent,
fit chanter le Te Deum dans fa ainfi que des réjouiflances qui
Chapelle Cn ation de graces furent faites en ce temps-là au. à Dicu,& donna un magnifqüe grand Convent des Cordeliers
repas à tous les Scigneurs de Paris , ces Peres ayant m- Miniftres , & Dames de ceue qué tout le zele imaginable
Cour. Ce regale fut fuivy du pour la gloire de noftre angufte Bal & d'une grande Illumi- Monarque, à qui ils font fi
nation. Mr de Martangis a redevables ,& fur tout le Pere
toujours foûtenu on caradtere Verdun, Commifaire General
dAmbafadeuf par une beHe de la Terre Sainte, Comme ce.
alépenfe.,u gl Pome n'et pas fort long , & Le Pere Louis de Verdun, qil roule fur des matieres qui
18 MERCVRE
ne peuvent que vous eftre ford
agreables, je ne doute point
que vous ne. le liftez avec
plaifir. Il eft de Mr l'Abbé
de Maumenet ,quta rempor=
té le prix de. Poie dans la
plufpart des Academies de
France.b
LA RESTIT UTION
SAINTS
Poëme heroique.
CEnt Mongr ques jaloux da bonhenr
de la Fisnce
Sforcent vainement d'abbaifler fa
puiflance,
Sous le plusgrand des Rois,à labi
de leurs conps ,
GALANT. 19
ll vit des projcts, qu'a formt
Sie lewrconroux.
troubler fon repos,le demon de
Dans les champs ens mis fait gron.
al der on tonnerre ,
Ei tout ce que Bellone s de trifle &
d'afreux ,
LOPIS S;sit 'étarter de fonEmpire
beureus.
Mait ce n'eß point aer que fes
vertns guerricres ,
Les armes ala main protegent n0s
frontieres ;
LIEUX.Szele,qui foåtient fes fl:lles Sa
jets,
Lyprefente aujourd buy de plas di_
gnes objets.
Le cnlte des Autels, les droits do
diademe ,
Dint lorew vent foüiler ta Majè
Plas que nos intertRs ont cxtite
Louis,
20: MERC UR E
D'exercera valear par des fain
inouis,
1lfçait, ce Roy Chrefiens que les
grandeurs bumaines ,
Spnslappuy da Seigncar, fout fra
giles o vaines,
Et quil n'ef point icy de lauriers
immortels,
Que ceux q"'un Roy moiffoane sux
pieds de nos Autels.
De ces beanx fentimensfon ame pe.
netyée
Combat fenle aujourd bay lEarope
conjnrée
t voit le Ciel propice à l'Empire
des Lis ,
Favoifrdesdroitsfur lei fen ta.
blis.
Mais tandis gu'an Couchant a
valenr animée
Dfend les interqfs de l'Eglife op
primée ,
fafque dans'oricnt il cherche à figualer
GALANT. 2r
Caele dont peur Dieu fon cænrfe
fent briler
Decs Licax,on lefui daigna mourir
sa piete le rend l'arbitre o le
mailre ,
Etls chrelicns en foule à l'abry de
Jon Nom,
Vepevt baifea leiimurs de lafainte
Sion, sN
Là, fans aime+ fon brasfes vertns
Pacifigues
Bannifcnt pour jamais d'in olens
Schifmatiqucs
Rui du Dieu difraelofant braver
la loy,
Ont afsurp des biens conquis par Godefroy.
Eune m1s des Antels que ls France
prorege
ou n'ont ils point porté lewr fureur
Jacrilege,
ED 1099, pelignages dOatre mer chap. 1,
22 MERCURE GALAN T. 23
Lors que Pa7 lenn Jecours des Trafeas en expirant rendit la vie as
*odienx , mon des
Qferent envabirl' Empire der Sait La Croix, ce digae objet du refpe#
Licux ? des bumains ,
A ent aff onts divers lEglifeaba, itfar elle imprimer la fareur de
donnée , lears mains ,
in la cité de Dicn tilement po Lirs qu'à grands coups de finëtleay
fanée. aVengle manie
Bthléem egretta fes Temples dt.Tnta ce qu'ilsm'ontr pifar l autenr
molis , de la vie.
Dufacteernemens on artashay Whain queiesinfenfez par de telles
Lis , horre urs,
Et ces donspreciens , dont wos plu Couterent anx mOrtels d de fang&
grands Monarques de plenrs !
Avoient d'un zele ardent donne dit Pr la main de nos Rois jntement
luftres marques , portegée ,
Ces lampes qui brilloient dans cet Alorable Sion , tn dois eflre vanaugulle
lieu
cellerent de lervir an culie du uray Vpour te fecourir combien d'bom.
Dics. mcs arme,
Ce Bois même , ou v&incn par J2eny dans tes champs acconTCnt
bonte feconde , animck,
*les Sarrazins, eesg cos l3)
24 MERCVRE
Enfl:m par a Bernard, un de us
famenx " Princess
9ite avrc cent Heros le fein de
nos ProU1NCes,
Er Conyad imitant lenz genereus
delfen,
Anx forees du François joint cellu
du Germain.
Ladifance des licux,le dangrola
peine
NE feasroiept arrefer larde qui
les entyaine ,
Er bientofi l'orient alloit eflre foamis,
Sils ovaient fern dompter defecrt
Ennem1s;
Si d'un perfde Grec qui mediteii
leay perte ,
L'horrible trabifon cnf cpe daoa:
Verte.
aS Bernard.
b Louis vil
c L'Pmpercur Conrad.
d L'Empcreur Munuel.
GALANT,
Lyfeuljalous de voir leur 1erville
Pary d'afreux deferis lengage adroiterment,
Erlà de cesgueriiers vaincus par la
famaine
Z'Ihfdele a fans peine achevé la
rOIne.
Cpendant un actts f contraire à
Sion, de tes Enfans n'teignit pas
les feux ,
E! Phrlippr, &e Richard touches
de tes difgraccs ,
A travers cent écueils ont marché
fur leurs traces
Et ces deux Usillans Rois en la flewr
de leurs ans ,
Confacrerene leurs norns par cent
faits éelat ans.
Alors , loin d'abolir le culsc de l'E
glife,
b Philippe Augule.
Richard Ceur do Líon,
Fev. 1692. B
26 MERCVRE
L'Angleterme à fes loix, àfes Prin
cesfoumyfe,
Des droits les plus facreK qu'dlle
brave aujor d buy ,
Se montra tout enfemble o lazile,
Mais quel demos , jalous d'uneff
fainte guerte ,
En dévonrDa fondain la France o
lAngleteme:
Tandis qu'un des * cefars devsnça
n0s Guerriers,
Aeconrat dans tes champs fe couuris
de Losricrs ?
Que ne founit-il point an gre ds
fon contage :
Le* Grec voular en vsin dipntey
lepaflage ,
Priderie leforça de ceder à fes lois,
FridericI,
L'Empereur laac 1'Ange,
GALANT. 27
Et Saladin lag méme enfle defes exploits
N'aurost på refler à leffort de fes.
armes ,
Sifa mort, du Tyran n'caf calm
les alarmes ,
Et, comme alesxandre * cn tous
lienx redouté,
Le Cydnus cnfon fein ne l'avoit av.
D'un E(lé trop bralant il crut par
cette eauvive,t
Enfe baignant domprer la chaleur
Mais helas dans cette onde iltronve
le trépas ,
Qildvita cent fois dans l'ardeur
des combaIS.
Ceft à vons d'achever cette aoble
entrcpriles
Princes, de qui la foy dpais longtemps
promufe.
* Alexandre le Grand courue rique de A
ViC pour s'ére baígn dans ce fleuve. B 2
28 MERCVRE
Ne dfre qc tropcè ogag facré,
Q0evons aveR tons denx publigae.
Dans fa captivité, Sion infortanle,
Enperdant Frideric, fe voit abandonnee
Sanstarder plas long tempsuoleaà
fon fecours ,
Poar lafranckir des frs,confaeres
vos beanx jou7s.,
Et fans vons decbirer par des gher.
res crpellcs ,
S'il faut à vos Vertus des palmts
immortelles,
alumeponr Dicn feal unfi jnße
L'eniemy de s chrêtiens el plas di.
gne de vous,
Is partent, G bicn tof? lenr cfo
yable Armée
Eut arboré la Croix dans toute lIdumee,
si la divifunfatale à tant d'E
GALANT 29
N'eup trop tof rappele ces dens
5r grends Potentals, Su
Lenrs efprits diferens ,& lenrs amours
contraircs;
Confondirent alors leursprojees militaires.
L'ennemy plas faperbe an brait de
lear départ,
Pendit chr aus chrêtiens fon plu
fameux Rampart ,
Et par nmille travaux Ptolemais
foumife ,
Fat le prix, la fin d'ane longue
entreprife.
Que ne fonfris-to point , Sion ,
guard de tes champs ,
La difeorde eut banny deux Rivaus
Apaiffans ?
Malgreles vains efforts que ft la
Germanie,
Elle nc pnt jamais vaincte ln tyran.
nie
Ny par le bras uangear de fes Prin-
Ces 001s
B 3
ME RCVRE
Reparer n trente ans la perte gue
lepremps qu'un feul Roy ,*qu'
veunaitre la France ,
Ainf quefes Ayenx , sarme pour
is défenfe.
Ses forces , fa valen? , fon zele
(puré ,
Irometènt an: Chrbtiens un trions.
phe afard.it
1ls'avance ; G déa for fes pas la
vitoire-
Cowronne fes projezs de bonbeur
de gloire.
Fugu'an fond de fes eaux le Nil é
Pouvanté ,
Voit au premier combat le Sarrazin
dompte,
Et de fes champs feconds la plus fa
perbe * rille,
N'oppefe à la valeur, qu'sn oblacle
inutile.
Saint Loiüis :
* Damiccte
GALANT. 31
Mais quaPpetço1s-je 6.Ciel quel
ettange revers,s
Loäis aimé de Dicu s loin de brifer
tes fers
Malheureafe Sion pour fruis de
tanl de peines ,
E/* lay même tombe dans de bar
bares chaincs
okle Cieléprouvant fa canflance
Fa par Ladvefité d'un grand
Prince , un faint Rog.
fale danfes defleins dont l'humaine
fojblelle
Ne doit iamais blâmer lexdre s o
la fagele.
Dien ,peut eäre , exoçant ce Reg
pleis de vextns
Punilans les excez des chrêties
corromp ns,
Don: * le aele apparent, lo pieté
fardée,
Toiniviile
Szint Der nasd., de Covfd lin, 20 chap, TS B4
MERCVRE 32
NOfrotent aüx yeux mortels qw'ane
trompenfe idle,
Tandis qu'abandenne?À de fales
ardenrs,
Ils recouroient à Dicu ,quils cha
foient de leurs ceurs.
Louis, dont la vertu magnanime
folideisa
Ef de tous fes defleins l'bjet; la:
me & le uide ,
Ne fçatt point dementiy la noblefer
meté.
Qui le fois dansla pompe, dans
ladverfité ,
Toujonrs prompt à benirl'Anteur de
la Nature,
l compte ponr des biens tons les
maux qn'il endure,
Effait qiun Bray chrèien perfecuté,
fouffant ,
Sait lexemple d'an Dics fur la
Croix expirant,
Cf en vsin quà fesyeux, des Ty-
Tans pleins d'audace,
GALANT. 33
Le paignardà la matn, tnulten fa
diferace.
SA verta jagu'aufond dn plas barbare
cæuT
Va changer en refpt la baine &
la farcure
Ces inbumains charmez de fa conpance
extrême
Ate noble Captif offrent le Diade-
Mais 'honneny de regner dans ces
lointains climats,
Doit ceder aux befoins de fes pro
pres Etats,
Ilrevient y calmer le 1ronble, o les
alarmes 3
Et quand il peut gonter un repos
plein de chaimes ,
4 vanger, tes mépris plus ardent
que jamais ,
Sion, il vole encore à de nowveaus
projets ,
Et vent dans une. vie extmpte de
BS.
34. MERCURE
fufqu'an dernier foupir couronner
la fagelle .
Mais Dien, content des maux qui!
a foaferts pour toy s
Dansle fein d Abraham vs placer
ce grand Roy.
Pre de forcer Tanis , fa viguenr
abbatuë.
Cede à l'air corromps qai l'infeie,
G le taë
Il meust, G ton fpoir expirant
Parnmy de fers Trans, te lailfe fans
appuy.
Combien de fois ; helasy fous leur
jowg afervie ,
Plaignis- tn vainement ta libertd
rAvie,
Sans qu'ancHn Potentat touche de
tes malhewrs,
efforçår d'arrêser le tòrtent de tes
pleurs?
Quaire iecles entiers , tmoins de
1es miferes
GALANIN T.
deur.de a0s Reres ,
eelat perdu
Renaif fos Heres da faint Roy
defcen du,.
Heririendcfonmom , ainff que de
fon zele,
il confacre fes foins à ta gloire im.
mortele , .t
Et cc que Charlem agne intrepide,
Fit parlefeul dclat de fon nom gloieux
>
Louis dont Toromas evere la
puillarce ,
Zefritfansenmplojorfaforee ,fa
vaillance.
Sans voir tosber des ours fous l'effort
defon bras
Ce Prince ménager dn fang de
fes Soldat5 ,
Prtfere les LAAYiersy que fon 7çle
36 MERCURE
A ceuxdons la valeur. dass 289
Champs le conronne.
Certes,s'il fant vanter sn triom.
phe eclatant n
Quau prix da fang bumain achete
un Combatant ,
Confeflons gua nos yeus ce guil
offre de charmes ;
A mile infortunez fait vépandze
des larmes.
Mais ce triomphe bearenx , que
leflime & lamour
Luy dreffent anx climats, onfe leve
le jour ,
San1 répandre de fang ny forter
de murailles,
Illnpre micux lon nom , que n'ot
fait cent batailles ,o
o le Vaincu cedant à leffort da
Ne foumet que fos bras so refule
fon ceur.
Roy qui furfs pas voit marchst la jic.
GALANT. 7
N'aime que la vapeur d'un libre
facrifice , zqinc
Et fans eflre contraint n'arme point
Tel on vcrroit L ours peuple
ingrat jaloux , gh
Germain5, par fès bonsez attirer
lwôre bommage , y
Sipar mille attentats lveillant fon
Vons we l'aviez forcé vons mémes
s des'armer,
Pour punir les complots que. vous
offez tramer.al
4 quelexces d' borresrvôure «ffrga.
ble Ligue
N'a-totlle point portéla malice,
Lors qu' au mépris dufang, de l'e.
4glife & des Lois,
Vons appuy?elexyeuir, derônez les Rois
c't afeRinfulter le Ciclo la Nai
MERCVRE
Rompez l'injufle nand d'une Ligue
parjure ,niaitao
(Etn'autorifekpas vos rebelles fajets
A former contre vons defemblables
projets.
Ponr vons, g2i connoiffant ce Prin-
NN ce magnanimes
Rende7à fesKerens un tribnt legi.
time
Superbes oftomans ,.acco7dez vôrn
Aux Saints Lieux, quà nos vaux
Et laifezy egner fans defordre
ans gWerre ,
Le culte qu'on y doit au SaBvenr de
la Terre?
Rien ne plaifß davantage au plus
chrètien des Rois, tin
Que d'yvoir triompher letendari
EUN de la Croix,
Eidyfervir an Dieu, dont la gloi.
re faprêmea
GALANT. 39
EA plas chere à fes geux, que n
fon Diadême ,a
Mais fperdant un joT ces vepeis
solinonis ,
Qu'ont fait naisre en vos caus les
A Ver Pus de Lours,
De fon zele Chrêrien vons détrai
33fezl'ouorage ,
Fiers Gtto7MAnS , cAignelcfes de
fon courage.
Ce Prince redousable aatant qu'i
5109 caimé,
S'ouurira le chcmin que vons AKrek..
Et par fes digues Pils formez far
fes extmples,
Sontensnt apres.lny les honneurs de
A msTemples,
Ine verra jamais braver. im puné
Ln foy, que fes Neacus garderont
40 MERC VRE
On a fait le mois paffe à
Strafbourg ce qui sy pratiquc
tous les ans, celtà dre quon
ya élu un Conful, à qui l'on
donne le nom d'A mmeifter,
Ceft luy uiarccles Echevins
élit dix enilhonmmes de la
Ville pour eftre Senateurs , &
tous cnfemble formenc le Seiat
On luy fait prêter le ferment
le Mardy d'aprs les Rois. On
dreffe pour ccla un Echafaut de::
vant l'Eglife Cathedrale. Tout
le Magiftrat y monte, & lcs
vingt Tribus du Peuple font au
pied dans la Place. Cc Magitrat
efb compofe de, quatre
Confeils ; de ccluy des trcize,
qui traite des Confcderations
& des affaires militaires; ccluy
des quinze, quia pouvoir d'ex:
horter le Conful a fon devoir,
des vingt & un, && de ce qu'on
GALANT.V 41
appelle le Senat, qui outre les
dix Gentilshommes dont je
viensde vous parler, cft encore
compofé d'autant de Citoycns
quil ya de Tribus, ceft à dire
de vingt, Tous ces venerables
Ciroyenscftant montez fur l'E-
-chafaut , avec les Officiers de
la Chanceleric , && les Grefiers
de pluficurs Tribus, deux Bedeaux
ou Valets de Ville, crient
auPeuple quil va entendre la
leure des Reglemens que la
Ville a faits. Un Grcfier les lir
cnfuite dans une longue Pancarte.
L'Ammeifter qui fort de
Charge fait prefter le ferment
à celuy qui cft élu, && ccluy-cy
lercçoit de tous lcs autres qui
font fur l'Echaffaut, La forIme
de ce ferment cft de lever la
main droite, & d'erendre les
deux premiers doigts, Vous re
42 MERCVRE GALANT! 43
marquerez que l'Office d'Am: mais ce qui s'elt fait celle-cy,
meifterou de Conful clt annuclqui ne lavoit point cft de-
& qu'aucun Gentilhomne ne puis I fz 9.ceft que le lendefçauroit
le poffeder. Cclay des main tous les Magiftrats Ca
Echevinselt de deuxàns. Apre: tholiques qut cOmencent
cela y le premier Statmeilte dcltre en afez bor nonbre,
(cet aini que l'on appellel: allerenc à la Cathedrale en
Nobles qui font partic du Se Corps, &tafGfterentà ume Melle
nat ) vient fe mettre fous le d S, Efprit, pour demander à
ais , & demande aux ving Dieu la grace de bi sacquitter
Tribus affemblées. yfi clles ie des fontions de leurs Charges.
veulent pas prêter le fermem Cetre Meffe fut fondée en rsI3
de fidelite au Roy & au M&- par les Magiftrars e Stragiftrat,
en confotmité de celiy boturg, Suivant les termes de
que le Magiftrat a prère à S cette fondation, la Ville devoit
Majcfte , & fi clles ne proma fäire plufieurs aumônes, && il y
Tent pas d'executer les Regle- avoit mefme unc amende con>
mens qui leur viennent d'èrd tre ceux du Magiftrat qui ne
làs. Toutes répondent qu oüy: sy roveroient point, à moins
Brant leur chapeau, & érendant quils n'en fuflent empèchez
les deux premicrs dogrs de par maladie. Cetre derniere
main droite, Les fermens d Ceremonic du rêrablifement
sCnouveltent toutes les anmées de cette Mefe du S. Efprit íc
44 MERCVRE
fr dans le dernier mois avec
éclat , au grand honneur de Si
Majefté, & à la confufhon des
Heretiques. C'eft. une chole
fingulicre que le Magitrac de
Strafbourg faffe une fondation
en IsI3.digne de la piet des
plus zelez Catholiques, & que
feize années apres , fçavoir en
1529, ces mefmes Magiftrars
les Tribus de la mefne Ville
palent à une extrémité enic
rement oppofee, en fafpendant
l'exercice de la Melle,
jufqu'à ce qu'on ait pû leut
faire connoiftre que ceft un,
culte agreable à Dicu. Deux
Ates fi prés Iun de l'aucre,
& fi contralres marquent
bien laveuglement de lefprie
de 'homne , lors quil sa
bandonne au sdéreglement
Vous ne frez pas faché dap:
GALANT. 45
prendre les circonftances de
ÎAte fait en I 5 29. Ce furent
lcs vingt Tribus qui le paf
ferent, c'eft å dire les quinze
Nocables de chaque Tribu ,
qu'on nomme Echevins , qui
tous aflemblez font le Confeil
des crois cens. Mais afin
que vous ne preniez pas cd
Confeil pour celuy des Sages,
il cft à propos de yous dire
que ces 20.Tribus font toutes
compofées d'Arifans.Les Batelicrs
parexemple, font la premiere
Tribu, les Cabaretiers
les Cordonniers , & ainfi chaque
Art mchanique compofe
la fenne, Voilà la yenerable
Alemblée qui en IS29. lufpenditl'exercice
de la Meffe.
Le rérablifement de celle du
S, Efpric fe feroit fair avec plus
46 MERCVRE GALANT. 47
déclat,fi toutes les Tribus re -on Jevous envoye un Difvenuës
à leur bon fens avoica cours fur la Beauté qui a don
affifté àla Cathedrale, & fuivné lieu à une Letere de Mr Cylexemple
de Mr Oprecht, piere que vous avez venë dans
homme d'autant déruditian une desmiennes, Il y répon-
que de picte, & donc la con. -doit par cette Lettre,&& comme
verfioncft des plus finceres l clle a fait fouhaiter de voir ce
iya quelques années quilt difcours, je vous en fais part, en
abjuration entre les mains de ayant heureulenment recouvré
-Mrl Evefque de Mcaux, D: une Copie,
puis ce temps-là ,le Roy luy hhhh donné la Charge de Precu
Royal. Autrefois il yavoit
Strafbourg un Prereur ImpeL T TRE
rial, dontla Charge avoit elt
donnée en fef aux Evelqae sURLA BEAUTE ECRITE
de la Ville qui l'y failoiem par Mr. Bellet à Mr. Sehreuder.
exercer avant IHerefie. i
MONSIEUR,
Majefte a jugé à propos
la remplird'un homme qui fut
À Elle, 1e Preteur affiftant Jenaime cn noy, ny la quanom
du Roy àroutes les Aleu: lité d'Auteur, ny celle d'Inno-
blées ou Confeils dela Ville. VAteur, Je n'ay point aufi re
48 MERCVRE
folu de mexpoferà la Critique,
comme font tous ceux qui foht
paroiftre des fentimens parti:
culicts.Ainf je ne confentirois
pointà vous crire, f je cro:
yois quetna Lettre deuft paroiftre,
jje vois tous les jours qu:
une chofe qui plaiftà une per:
fonne, dêplaift à cent autres;
&peut eftre que cequeje vout
tcris feroit defaprouv dun
grand nombre de gens; car
en cft des Beautez qui fe trouvent
dans les ouvVrages de l'e
prit, comme des Beautez du
corps. L'efime qu'on fit d'ek
les dépend du goufti des per
fonnes qui les regardent , &
pour entrer en matiere,ce dif
ferent gouft,que fera-ce? Une
differentc imagination, un d
ferent temperament du cer
veau , la grofliercté ou la delicaro
GALANT. 49
catefe des fibres ,un ply , ne
habitude,une opinion, & pcUt
ctre la mode nouvelle, C'eftlà
une herefe enafmout, dira-t-o
mais vous trouverez que,celt
une verité , vous, dis-je, qui
avezaflez voyagé pour connoiftre
le different genie des Peuples.
Vous fçavez aufi qu'cn
Europe & cn Perfe les beaux
Nez fontaquilins, qu'au Jas
pon & dans la Chine ils font
large, & qu'en Afrique ils font
gros, Vous fçavezque dans
Bornco,dans Achem, &à Siamn
les belles dents font noires y*
que dans les Celebes elles font
dores j qu'en Ethiopie cles
1oht jauncs. Mais fouvenezvOus
de m'ayoir ditque les Belles
de venife fe lavoient los
cheveux de lefive pour les faire
à Tavernicr.
Fevrier 1692- C
MERCVRE
roufir. Cepcndantvous voyez
que la France s'eft tcllement
declarée contre cette roufeur,
que file RoyDavid fe prefens
toit aujourd huy a Nerfailles
avecles cheveuxroux, comme
il eft dans voftre tableau, il e
feroitpas feulement reçû Sol.
dat aux Gardes. Et que direzvousde
ces femmes de la Terte
de Jeffo, * guin'employent tolt
Jeurtemps qu'a preparerlesro
pasde leursmaris, & à fe pein:
dre de bleu leslevres &les lourcils,
pour plaire aux plus vilaini
hommes du monde Une Belle
de Mycone * ne vouis plairoit
pasavec fa façon d'habit quand
clle ne feroit pas plus cruele
que les Belles de Sçio j voS
mel'avez avoi, Enfin touge
* Chardin.
yreler.
GALANT
1Europe "nainera o pastiune
Beaut Negre j &z toute la
Nigretieméprifera une Belle
Circallienne. Mais fans
fortir de noftre pays,ditcs-moy,
je vous prie,fi les Blondes l'em
portent toujours furlesBruncs;
& i vous aimeriez aútant les
yeux louches. que faifoit Mr
Dclcartes. Ce quiet merveil
leux, il y.amclne des défauts
quifiéentîbicnàquclqaes per
fonnes, que Mr de Montnorency
n'euft jamaisefté fagréable
sil n'euft cfté louche sny
lEmpereur Claude, s'iln'eut
cfte boieux , tant il elt vray
quikn'y a de Beauré que dans
l'opinion & limagination des
hommes,
aAprés cela, ne me dites point
quìl y auroit des Beautez réclles,
quand il n'y auroitny ycux
C 2
32 MERCVRE GALANT. S3 ny cerveaux : car li cela eltoit, heix: car jappelle Beau ce
clles devroient paroiftre telles qui plailt aux yeux Qcomnme
tous leshommes, cõme lorlur jappelle Bon ce qui plaift à la
paroit or, & elles devroicntraue. Ún bon Phiicicn m'acvir
aufi toftl'elprit & le ceur, cordera cela infailliblement,
qCuei pfeonndtant ily a bicn des gens puis gueles imprefions des ob- Cn repos de ce cofte- jersf faifant dans tous les of
là, qugy quils n'aycnt pont gaies de la mefme maniere
travaillé pour s'y metrre. Ille celtà dire, par le mouvement
trouve eulement quils n'ont des ibres quife communique
pas s les fibres de leurs yeux, julgu au cerveau , on doit apqui
reçoivent les imprch porter pour la raifon du dif.
fions des objets difpolees feret plaifir que nousrecevons
dune manicre àne fajre quun parles yeux ,la méme,que pour
doux cremblemcnt qul fe com, celiy que nous recevous par les
mniguant julquau cerveau, autres fens i.puis que même ,
peut exciter du plaifr dans l'a: Propremcnt parler; il ny a
me; & siln'ya jamais eu de lai- qu'un fens,
des amours,e'eft parce qucdau Ne me dites donc plus que jaitres
ont les fibres de larcLine merois Eve, f clle revenoit a
proportiohnées jutement au lage de vingt ans , avec cette
imprefions qu'clles reçoiven Beauté quc les propres doigts
de ces objers qui leur paroillent, de Dieu luy avoient formée.
C 3
S4 ME ROURE
Que fçay-jefi clle me plairoit
elle qui navoir cfté faite que
pour plaire au premier homme
le l'honorerois- comime s ia
grand' Merc,toute jeune qu'elle
feroit , & ije n'etois pas fon
amant, jene croirois pointfaire
tort à la fcience de Dieu ,qui
peut-eftre n'apas voulu la faife
Belle à mes yeux. Jene tçayi
-vous l'aimeriez, vous qui dites
que vous aimericz la Sybille
Cumée toute ridée & toute
barbuë quclle fuft, Pour cellecyje
crois que vous la place
iez dans. voftre Cabinet non
pas comme la plus belle de vos
Antiques , mais commela plus
vieille, && je doute fî clle auroit
pour voltre cceur leprix de
T'Antiquite , &&les graces de là
nouycauté
* M, Petit des Sybiles:
GALAN T. S5
Mais pour revenir , n'eft-il
pas vray quily ades couleurs,
des odeurs, des fons, des fruits
que l'on aime plus les uns que
les aucres ? Et quct-ce que la
Beaut dans voftre opinion même,
que cerraines couleurs &
cercaines figures enfemble ?
Vous fçavez que nous voyons
lafigure des corps par celle qu'-
imprimefur la reine la colomohe
de lumiere qui part de l'objet,
&& que nous appercevons la
diverficé des couleurs par les
differentes lignes que font de
þetits rayons dans le corps de
cette colomne iguréc, Il n'et
pas befoin pour un homme qui
entend auff bienl'Opique quc
Svous, d'entrer dans un plas profond
dérail , & il ne fau que
VOus rappeller les idées pour
vous faire avouër que les plus
C 4
MERCUR E
beaux objets nc ont vifblcs
que par leurs couleurs & leurs
igures. Orfoitque les couleurs
foientréclles ou apparentes, i1
clttoujours certain quilnentre
clans nos yeux que delalumicre
& que le plaifir qucenous y fentOns
, n'eft caufe que par le chatoüillement
des ibres de la rc
tnc.Quefnous les avions allez
delicates pour ctrc émües avcc
violence par un telrayon delu:
miere, qui ne produiroit fur
d'aucres quiun mouvement fort
doux, fentirions-nous du plaifrà
laveuëde ces objcts Non!
fans doutc, puis que ceft la
rifon pourquoy les Beaúrez.
blanches nc plaifentpoint aux
Negres.
Croyez vous aufli qu'une belle
Ethiopienne trouvaft beaucOup
de Galans à la Cour,où le
GALANT. S7
gouft elt fdelicat? Pour moy.
je ne le cro1s pas parce que le
noir de cette femime nereflechiroit
point afez de. lumiere,
ou le pou quil en envoyeroit
feroit trop foible pour produire.
un mouvemétfenfible & agréable.
C'eft pourquoy je ne puis
pas bien croire ce que les Erhiopiens
difent, q'une Reine: de
leurs pays eftant venuë à Jeru
falem pour voir Salomon , elle
ait efté la Maiftrefe de ce Prince,
an préjudice d'un grand
nombre de Dames, & quelle
en ait eu un Fils nommé Meni
lehech dont la Famiile remonta
fur le Trône d'Abyfinic cn
1300. ayant efté depoledée
par les Zagées 340, ans auparavant,
Nos gens du Nord ont les
9 HiR, aBchiop, de Ludofph,
s8 MERCVRE
ibres trop grofieres à caufe de
Vhumiditequis'y attache, pour
eftre ébranlées à la veu des
Beautez fi noires avec ce doux
mouvement qui donne du plaifir,
& cer Ambafladeur de Maroc
, qui menoit dix-huit femmes
a lafuitc , ne devoit point
craindre que les Parifens luy
cn enlevafentquclqu'une. Sça
vez-VOUS ce que répondit cette
Excellence Noire à une Damè
Françoife qui luy demandoit
sil n'avoit point aflez dnc
femme ? Une conmme vous me
fuffroit , luy dit-il j mais cef
toit plultoft un tour d'efpriti
une galanterie, une complalfance,
que fon propre goults
car f cer Ambafladeur fentoit
du panchant pour les belles
Françoiles, en verité fon Mai-
-tre pourroir bicn en fcntir a-
GALANT.
tant. Cependant voyons nous
que ce Pince achete des femmes
blanches y quilaime quelque
Efclave Européenne , ou
cnfin que d'autres Rois fes voifos
lefaffent?
suC'et patce que la grande
chaleur confumanc l'humidité
qui pourroit groffir les fibres
deleur ceryeau, illes ont trop
deliees, trop delicates & trop
Teches pour n'eftre pas émus
&tenduës plus quil ne faut par
le mouvement que fait cette
grande lumiere refléchie par
les objets blancs; & cette mê
me delicaceffe qui rend les fibres
fi fufcepibles de muavement
fait que le peu de rayons
qni partent des Objets noirs,eft
aflëz fort pour chatouiller doucementles
organes, & donner
du plaifir & de l'amour; de lor
C 6
MERC VRE
tequiln'y a point lieu de dous
ter quel'Afrique n'ait fes Beau
tez, fes Amans, & peur-cftre
fes Poetes &fes Romans,
Pour noyje cros que toutcs
les Belles font laides aux yeux
de quclqucs-uns, & que toutes
les Laides trouvent des Adora
teurs finceres ; & je doute fi
Efope * a tolijours trouvé des
Euphrofnes , && sil n'a jamais
cOnté autre chofe que des Fablcs,
Poir gåter une beauté, il
ne fautquunc partie qui rcHe
chile la lumiere d'une naniere
a raccr dans l'imagnation unc
image ou deslignes qui nc don-
Heront point de plaifir à faute
de certaines difpofirions. Là
fuperficie du cuir peut produi-
Ie quclque mouvement dans
un rayon qui gátera tout, &
Fables dElope Com cdis
GALANT. 61
voilà d'où viene que des perfonnts
qui n'nt rien d'irregulier
ne plaifent pourtant pas.
Mais fi ce srayon ct rencontré
par quclquautre qui cn puife
augmenter, ou retarder , changerle
mouvement & la déter
mination, tout s'accommnode
& fi peu qu'y contrjbule temperament
du cerveau, voilà dt
plaifir, & voilà la beauté. C'eft
auffi d'o vicnt quç certaines
perlonnesdans lefqueles onnè
voit ny la jute proporrion des
partics , ny cette delicateflc des
traits ne laiffent pas de plaire,
parce quil ne faut qne de la
douceur dans lesycux, ou de
l'eclat dans le ceint pour rac{
commoder touv ce que les au
tres parties ont de rude. Je vcx
dire que quelqucfois , ce quife
trouye dagreable dans ccrraiMERCVRE
nes paries l'emporte fur ce
quily de delagreablei ailleurs,
Je veux dire cnfin que le mouvement
rcglé & proportionn
des rayons cnvoyez par certaines
partiesl'emporte furle peu
dordre qui lo trouve dans les
rayons Cnvoyez par d'autresy
comme ta tourbillon cn oblige
unautre à fuivre fa deterimina,
tion,
aUne expericnce vous fera
comprendre tout ce que peU:
vent faire des rayons de lumiere
qui fe rencontrent. Les couleurs
bleus &jaunes mêlées enfemblc
font le verd, parce que la d+
termination & la force, des rayons
qui partent du corps jaune
cftant changée & rallenie pa
la rencontre des rayons qui partent
du corps bleu (lefquels
fouffrent aufi quclquc chngc:
GALANT.
ment) cesdeux fortesderayo
ne peuvt avoir qu'une1
le detcrmination des globules,
que des nouyeaux mouveinens
diferens des premicrs, & ainfi
ne faire quune nottvelle couleur,
que nous appellons
verte,
Cés pcrlonnes-là peuvcnt
donc eftreappelléesBclles,lors
qu cn les voyant on les trouve
agreables, & que l'on relent
du plaifir 5 mais comme lc
plailir dépend du temperamment
de nos fbres, ielles fonc
rop leches ou trop humides
trop delicates ou trop groflieres,
ces perlonnes nc plaient
plus.Je fçay que l'amour couvre
bcaucoup dedéfauts , & que les
Amans trouvent des agrémens
qui ne furent jamais.
Qucl che Tbuenmo vede, amor
ifa inoiffkile ,
S4 MÉRC VRE
E linusfbile fa veder a
mais cela nefme montrcquil y
a plis de pation quc de realit.
Qnoy,me direz vous , Lucre
ce n'a et8 chalte :que parce
qu'elle n'avoitpas dans fon cer!
veAN une difpofition à prendre
le mefme plaifr à la veuë de
Sextus, qu'elle prenoit à lave
de quelques autres hommes l
Ouy, Monfieur, c'elt là a rais
fon de cette Epithere f glori
eufe qu'on luy donne, ceft
l'origine de fa gloire , & îje
l'ofe dire, celt tà fa'. vertu )
croiriez vous que ce neft que
cette difpofttion & lamour dé
ceplaifirque firét qu'H:lene fë
lailla cnlever par aris, & que
toute la Grece s'opiniâra p en
Voyez le P. le Moinc &ks Pgufécs d
TEtfes de M, Bcylc,
GALANT 6s
danc dix ans à la ruine du foríf
fant Royanme de Priam ? A
voftrçavis , falloit-il faire tant
de bruit pour une Coquerte ?
Croiriez-Vous aufi que la defcente
des Anglois dans I'ile de
Ré,ily a longtemps ,ine fuft
que la fuite dunc intrigue
amoureufcd'un Favory, & quc
la guerre des François dans te
Milanez ne fuft qu'un cffet. du
defir qu'avoit I'Amniral Bonnivet
de revoir la Signori
Cleric Cepcndant il n'y a
rien de plus vráy, à le prendre
dans la Phifque && dans les
Anccdotes ; &t ce n'eftpas d'aujojr-
d huy qúe nous voyons de.
grandes gurres eftre caufkes
Par quclques rayons de lumiere
qui ontfrapé les yeux d'un General.
Au moins nous a-t-on
voulu faire croire que la guerre
66 MERC VRE
de Hongrie, qui dure encore,
n'eltfortie que de l'amourd'un
Grand Vifir pour la Fcnmc
du Pacha de Bude.js
Jugez , Monfcur , aprés cch
de ce qu'eft la beauté , f des
coulcurs && des figures font un
bien i folide && fiavanrageux
quil merite toute la peinc
quon prend pour l'acque-
, En verité , fi la Beauté
.et maiftrefe de tous ceuxqu!
l'admirent , clle et, fujetea
perdre bien-toft fon crcdit
car ti clle change en elle-memie
elle devient le rebut
de fes efelaves , & fi fes Sujers
changent feulement de tem
perament, clle fe voit expose
aleur caprice , && abandonne
de ceux qui la recherchoient
Mais cnfin, je lçay quc
0sCara Mu fapha.ct
GALANT. 67
nour &l'ambition gouvernent
le monde de concert3 & que
ces deux paffions font a linaginacion,
ce que la volonté &
lentendement font à Tamc.
Toutes chofes itont toujours
dans le monde de la même
maniere ; & f jay dit
ali commencement que je ne
voulois point cftre un Innovatéur,
je declaro que je veux
Leftre encore moins un Reformatcur,
Je fuis,
CLes pafions violentes font
fujertes a des retours extraordinaires
& les agitations les
plus fortes'fe trouvenc fouvent
fuiyies d'un calneheuteux qui
dure autant que la vie, Vous
le connoiftrez par l'avanture
dont je vais vous faire part. Un
Cavalierque fes bellesqualitez
diffinguoient encore plus quo
68 MERCURE
fanaifancc, ayanteuaccés chez
une jolie Perlonnc, fo firun
tel plaifir de la voir, quiinfen
fblement fes vifites y devin:
rent afidu ës La Belleles tcceut
avecplaifir, & comne il etoir
pour elle un party confideraal
ble aude là de tout ce. qu'clle
pouvoitatendre, clle employa
EOUs fes charmes pour le mettrg
hors d'eftac de luy échaperi
Rien ne mairquoit aux com
plaifances Aateufes quclle a
voit pour luy , & en pea de
temps clle vint à bout de fe fi-!
re aimer éperdument. Ainh
Tengagement cftoit pris ayant
guil eift eu le tennps de faire
reflexion fiur les obffacles quil
pouvoit y rencontrer. Aprés
quil luy cut fait les plus tendres
proteftarions de n'etre
janais quà clle, il commença
GALANT. 69
d defefperer de voir réuflis les
projets de fon amour, La Belle
avoit peu de bien, & il dependoit
d'un Pere fort riche, qui
ayant formé un aucte deffein,
le prefoit depuis longtemps
de rendre des foins à une Heri
tiere plus laide quebclle, mais
qui poffedoit deux Terres
d'un revenu fort confderable
Le Cavalier fe tiroi d'affaires
en.difant toujours qu'il ne,vouloit
point fe marier ; mais en
fin Aaré des obligeans témoigiages
de tendrefe qil recevoit
de la Bellc, qui par toutes
lortes. de moycns tâchoit touS
les jours rendre fon engage
ment plus fort, il refoluc de
n epargner ricn pour venir a
bout de fes defleins. Malgr
Teloignenment quil ne pouvoit
ic cacher que loi Pere auioit
70 MERCVRE
pour cc nariage, il it agirtous
ceux qui avoient lc plas de
pouvoir für fonefprits mais
leurs remontrances furent in
ueiles. Il blânia limprudence
de fon Fils qui seftoit aban:
donné à la furcur de l'amout)
& quclque peinture qu'on luy
fM de la violence de fa pafsion,
il la craita de foiblefe, & dit
que c'eftoit un feu quil falloit
laiffer amorir au temps, Ce
mauvais fuccés. mit la Belle
dans un chagrin incroyablc.
Elle aimoit le Cayalicr, mais
elle sainoit cncore plus quC
luy, &lambition eftant fa pa
fiong dominante , clle foufrit
avec in regret qu'on ne fçauroit
cxprimer la, perte des
avantages quilay eftojcnt aflu:
rez file Cavalierl'euft époufec
il entra fenfiblement dans e
GALANT,
déplaifir quelle luy en ft pa:
roiftre, & le rogardant comme
inc preuve d'amour plûtoft
quc comme l'efet d'une, veuz
iDrerefée ,ilrefolut de fe. fers
vir d'un dernier moyen, dont
le fuccês luy parue cltee in
faillible. Son Pere etoit un
hommegalant , d'une humeur
aifee & agréable, Il avoit tou
jours aimé les belles Perfon
1es pour qui il ne pouvoit
cncote s'empécher d'avoir de
fort grandes complaifances.
&z le Cavalier fe perluada que
fion pouyoit luy fairc voir fa
Maitrefe , fans quil la connaft
Pour ce qu'clle etoit, fa
beaute & fes manieres le
préviendroicnt afez favorablementpour
l'obliger à changor
de fentimens , &à confentir
qu'clle fuft fa Belle-fllc.
MERCVRE
La chofe fut mênagée aveo
tant d'adrcfe, que la Bclle
fe trouva dans unc Maifon;
ou l'on fçavoit quil devoit
aller, Il h vit, il lentrerint,
il luy conta mêne alez de
douccurs s lors quaprés
qu'elle fut forrie on luy d.
manda ce quilycronvoit cn
cette jolie Perfonne,il re
pondit qu'elle avoit des' a
grémcns qui ne devoicnt pås
la lailer| manquer dAdort
teurs. Il demanda à fon tour
qui clle eftoit, & on luy ft
croire que ceftoit une Demoifclle
de Province venuë
Paris avec fa Mere pour n
procés , qui devoit bien-tolft
eftre jug. Peu de jours aprés;
il la retrouva a dans le mene
ien, & layant encore entretenu
quclquc temps, il luy te cnfin
GALANT. 73
cnfin quil cftoit impofible de
la voir, fans- sinterefer a ce
qui pouvoit luy faire plaifir,
& que fi clle avoic befoin de
fon credit auprés de fes Juges,
il feroit ravy de luy cltre bon
a quelque chofe. La Belle luy
EMoigna beaucoup de reconnoiflance
d'une difpofition i
favorable , & commc clle avoit
fon but, elle fit valoir tout ce
qu'clle avoit de plus cngagcant
pour fe meture bicn dans fon
cprit. Taundis quc ces chofes
fe paffoicnt , le Cavalier fe vic
oblig de fairc un Voyage en
une Ville celebre, eloignce de
Paris d'environ quarante lieuts.
Un de les Amis parciculiers
qui avoit befoin de fon fecours,
y atendoit pour une affaire
Lmportante qui ne le pouvoit
terminer fans luy. Avant quc
Fev. 1692• D
34 MERCVRE
de séloigner , il pria euxd
qui il avoit fait patt de fonfe.
ctet , de contibucr leurs foits
pour entretchir fon Pere dans
les fencincns d'eftime quil paroiffoitavoir
pour la Belle. Soa
Percquila trouvoit fort aima.
ble, la revit encore deux 0u
trois fois ; imis enfin il découviit
qu'on lavoir trompé &
que celle qu'on faifoit pafler
pour une Provinciale , etoit
la Maîtree de fon Fils. Ct
pendant la Belle avoit fit (ar
fon cfprit des impreflions
fortes , quil garda pour ele
les mefmes honneftetez qul
avoit euës jufques-là. Il luy
dit obligeammcnt que faute
de la connoiftre il avoit ag)
en Pere, mais quil ne pouv
luy vouloir de mal de selre
fait aimer de fon Fils i qul
GALANT. 75
eftoit fort naturel de chercher
fes avantages, && quclque ob-
Atacle quil cuft paru mettre à
fes efperances, il comimençoit
a fentir qu'il n'auroit jaimais la
-force de fe déclarer fon ennemy.
La Bcllc luy repondit en
Ldes termes fi flateurs , quc
and il fallut fe feparer, il
quitta quen luy difant qu'-
clle auroic bien-toft de fes nouvelles.
Elle cut unejoye fenfible
de cette afurance , &clle
écrivir dés le lendemain au
Cavalier le tour heureux que
leur affaire prenoit, Ilfe laiffa
Hlater agrcablement d'un favorable
fuccés , & attendit avec
Une extrême impaience quelle
fuite auroit unf beau com
mencement, Son Pere ne fut
Pas long-temps à ltenir parole
Trois jours luy fufirent pour
D 2
g6162 MERCVRE
prendre une refolution determinée,
& aprés ce temps il le
rendit chez la Belle quil prla
d'abord de le vouloir couter
fans l'interrompre, Son vilage
Ouvert luy parut d'un bon augure
, & quand elle lay cutré.
pondu avec la civilit refpetueufe
qu'clle luy devoit, en
sle ragardant commne fon Beaupere,
il luy dit cn prelcnce
defa Mere, qui lavoit receu
aufi-bicn quìl pouvoit attendre
qu'aprés s'eftre oppose
auli hautement quil avoit at
à fonmariage avec fon Fils , i
n'eftoir point homme à fe dé
mentir; quil avoit pris. un engagement
pour luy que rien
netoit capable de rompre ,
qu'elle perdroit fon temps
elle vouloit le dérourner de ce
GALANT.
qu'il avoit rcfolu fur cet articles
mais que pourreparer foninjufice,
sileftoit vray quil en fiít
quclqu une a fon égard, ils'of
froit à l'epoufer en la place
de fon Fils , avec tous les
vantages qu une perfonne aufsi
jeune quclle pouvolt attendre
d'un homme quì avoit
prelquc paffe toutes fes belles
annees ; quil la laiferoit maftreffe
des conditions qelle
voudroit que lon employaft
dans le Contrat, & quil l'afuroit
de toutes les complaifances
qui pourroient contribuer
ala rendre heureufe. La Belle
voulutluy fairc enténdre combien
fon Fils auroit lieu de fe
plaindre d'elle, f elle manquoit
de fidelité pour luy; ma
D 3
MERCURE
i1 Tuyl ferma la bouche en
lay difant d'un ton abfolu;
qúe ceftoir à elle à voir î le
patty la pouvoit accommoder
puis que toutesles raifons dont
on pourroit fe fervir n'appor.
teroient aucun fchangement
dans la propofition quil luy
avoit faite, & quafin qu clle
cutt le temps de tenir confeil
avec fa Mere , il confentoit à
navoir réponfc que le lendc.
main, II fortit dans ce moment
fans rien dire davantage, fco
n'eft quil les pria de luy gar
derle fecrct, quclque refolution
quelles pufent prendre.
La Belle fur fort chagrine de
voir la chofe tourner autre-
Ment qu'clle n'avoit crû. Cependant
comme la tendrefe
ne l'emportoir pas fur l'ambition
, & quun établifement
GALANT. . 79
avantageUX luy tenoit plus au
Coeur que l'amour , elle fuuyit
les fentinens. de l Mere, qui
luy confeilla d'accepter loffre
quiluy cftoir faite. Le Pere du
Caval;er paroifloit å peine
avoir cinquante ans. Il eftoi:
d bonnc humcur, avoit l'c
prit agréable, && bien d'autres
gu'cllefeferoient faic honneu
du nm de fa. Femme. L'eng18Cment
quelle avoit aveç
le Filsluy faifoit fentir quclquç
Kemords. La violence de fa
pafion , dont mille marques
uy eftoient tonjours prelentes
Iuy peignoir l'abime du déplaifir
oulalloit plonger fon changement
;, mais il s'agifoit de
la forunc, & le Pere eftant
revenu le lendemain, & voulantavoir
une réponfe prccile,
tOus les détours cftoient inu1- D 4
8o MERC VRE
les.,il falloit parler ouverte
ment. Ainfi prelec par fon interelt,
qi avoit toujours regl
les mouvemens de lon coeur,
malore les reproches quelle
s'en faifoit au fond de l'ame;
clle confentit à l'epoufer. Ine
voulut point perdre de temps
La Mere envoya fur lheure
chercher fon Notaire, & lon
dreffa les articles. Tout ce
qu'clle demanda d'avantageux
pour fa Fille luy fut accordé,
&trois jours aprés le mariagc
fe fit. Qucl coup de foudre
pour le Cavalier quand on luy
Ht part de cette nouvelle Il
nc put croire les premicrs avis
qu'on luy en donna, mais enfin
les Lettres reiterées , & plas;
que tout le flence de la Belle,
le convainquirent de fon infdelité,
Il entra contre elle dans
GALANT.
des trfports de colere proportionnez
a lamour quil avoIt
eu, && faperfidic luy fut d'auant
plis infapportable, que
s'il vouloit sen faire raifon,
i fe trouyo1t arrcfté par le
refpeat quil devoit à fon trop
henreux Rival. Il ne pouvoit
voir fon Ennemy fans y rencontrer
fon Pere, & cette cruelle
circonftance contraignant
fon defcfpoir , en portoit la
violence jufqua unexcés qui
ne peut simaginer. In réfolut
de ne voir jamaiS ny I'un ny
Tautre, puis que les liens du
ang luy défendoient la vangeançe
qui lanroit pû foulager,
& le feul party qil vit à
Prendre, fu d'aller cn Iralie,
attendre, ou que le fecours du
temps lc rendift capable de fe
iDoderer OLu que la mort de
DS
8i MER CURE
fon Pere le mift en pouvoir de
perfecucer on Ennemie, Ie
ivroit cependant pour elle à
toute Thorreur que fa trahilon
luy devoit donner; mais c'eftoit
toujours entretenir fon Image
dans fon coeur , & fe fouvenir
dune perfide. Combien
de relexions fit-il fur la foiblefle
de lhomme, qui aimeà
fe dépoüiller de fa raifon poúr
s'abandonner å fes paflions;
Ce que fouffrit fon clprir par
Jes continuclles agitations qu'
il fe donna , pala jufquau
Corps, &t ne pouvant foutenir
fes-déplaifirs, il fut enfin atraqué
dune fievre continu
avec des redoublemens, qu!
en peu de jours irent prelque
defefpeter de fa vic. Les Medecins
ne luy déguiferent
point quil devoit longer
GALA NT. 83
lay, & on fit en mefne tenps
donner avis à fon Pere de
T'exeremit où il etoit. Le
Cavalierne seEOnna poinr..
Lesrefkexipns quilayoit faites
fur le peu de folidité des
chofes qui nogs flarent, davantage
, avoient li bien commencé
à le déracher du monde ,.
ga'cnvilageant a mort comme
devant ctte la fn de fes
peines , l sy prépara avec
Mne relignation & une vertl
toute Chreftienne Pendant
quileftoit dans ces heureufes
difpofitions, fon Pere arriva
fort afligé de la nouvclle quil
avoit recent, & d'autant plus
alarmé de fa maladie quil nc
doutoit point quil n'en fut
la caufe par linjuftice quil
luy avoit faite en époufant fa
Milrefe Il nayoit que luy
84 MERC VRE
d'Enfans ,&faperterenverfoit
les grands deleins qu'il avoi:
formez pour fon érablite:
ment. Comme on fçavoit
que lon mariage avoit mis le
Cavalier dans le dangereux
eftat ou il etoit', il fue jnge
à propos de le difpofer à fouf.
frir fa veuëy afin d'empècher
le trop d'agitation que liy
pourroit caufer la furprife: ll
en témoigna beaucoup de
l'arrivée de fon Pere , 8 di:
cn poufant-un long foupir,
qu'il s'eltoit Aaté quon le laif
feroit mourir tranquillement.
Cependant il ne montra pont
de repgnance a le voir,&
lors qu'il fut auprésde fon lit,
il le remercia en peu de paroles
desdernieres marques quil luy
donnait de fon ainiié.Son pous
quis cmit cn luy parlant }luy
GALANT:
fe impofer filence , & on conmue
malgré luy, que quoy quil
ncs'échapalt a aucune plaintdee,
fa prefence ne laifloit pas
lenmbaraler, Cette éniotion
parut encore plus forte les
deux jours fuivans, & les Medecins
qui s'en apperceurent,
prierent fon Pere de s'abftenir
d'entrer dans fa chambre , s'il
vonloit que leuES remedcs
fuffent employez avec fucces.
Il y confentit quoy qu'avec tegret,
& le Malade eftant demeurétranguille,
donna infeniblement
de fort grandes e
perances de fa guerifon. Son
Pere ne voulut point partir
squil n'en cuft la certitude , &
eslh crainte de l'expofer au penl
wde la recheute , Iuy fit gagner
far luy-mefne de s'éloigner
fans luy dire adieu: Le Cava86
MEROVRE
lier fe trouva chfin fans fevre,
$par le moyen dun bon re
gime, ilrecouvEa les premi¢
FS forces; mais hcureufement
pour luy, il ne reprit point fes
paffions. Lacericude où ils'ef
toit v, longtemps de mourir,
& les longues meditarions quil
-avoit faites dans tout le couts
de fa maladie , fur le peu datr
tachement que lon doir avor
aux chofes du monde, T'avoient
obligé a fe donncr tout a Dieu,
&& cefut un don quil crut devoir
eftre irrevo cable. l avoit
appris quà dix lieuës de la
Vile ou il cftoit, il yavoir un
Monaftere de Religieux dans
Jn endroit extrement folitairç.
H eut envie de les voir, && alla
paler huit ou dix jours avcc
eux pour sinfruire. de leur
regle, && voir f Jaufterigé ne
GALANT. 87
l'en dégoufteroir pas. Les infpirations
quil receucdans cet
te recraite le confirmerent dans
darefolution de quitter le monde
, &à peine fur-il de rerour
de ce voyage, dont il ne vouluc
rien dire à petlonne , quil
lécrivic à fon Pere quil fe prefentoit
pour luy un party avan
tageux qui luy plailoir fort
pourvû quil euft fon confentement.
Son Pere ravy d'avour
une occafion de reparer les
fujets de plainte que fon mariage
luy avoit donnez, luy repondít
aufi-toft quil le laifoit
mailre de fes inclinarions , &
ne doutant point que par CG
mot de party il ne deult entendre
inc Mailtrele, il lafura
que quclque perlonne qul
choifift pour l'épouler,elolay
feroitfort agréable. En mcfmc
88 MERCURE
temps il luy fit toucher mille
piftoles afn que sil avoit
quclques prefens àa luy faire)
dequoy yfournir. Lors
quileut receu ccte réponfe,
il pala encore un mois dans
le mefme lieu, faifant cntendre
à tous fes Amis quil avot
quclque defein de faire un
voyage en Italic. Aprés ccla
il difparut tout à coup , && ala
fott en fecret s'enfermer dans
fon Convent , où il fur trois
mois au Noviciat avant que de
reccvoir l'habir,Cependant fon
Pere furpris de ne point avoir
de fes nouvelles , apres luy -
voir écrit inutilement rois ol
quatre fois, s'adrella à fes Amis
"pour tácher dapprendre ce
quil pouvoir cftre devenu. Is
luy manderent qu'il y avoit
trois ou quatre mois qu'il éroic
GALANT. 8g
party fans leur avoir dit adiet,
&c que felon ce qu'on luy avoit
fouvent entendu dire , ils croyoient
qu'il fuft à Rome.l y fit
crire, ainfi qu'à Venifc & en
plufieurs autres lienx, && quelques
recherches qu'il fft faire,
i1n'en put rien decouvrir.L'inquiecude
quil prit d'un f long
ilence le nit dans un chagrin
extraordinaire, & ce n'etoit
pas le feul quil ayoit. Il efoit
puny cruellement de luy avoir
oftéfa Maiftreffe.Cette perfonnc
qui luy avoit paru toute aimable,
navoit pas cfté fi-toft
la Femme , quabufant de fa
foiblele, & du trop d'empire
que fon amour luy laifa d'abord
prendre fur luy , clle fe mit
de tous les plaifrs fans aucune
complaifance en ce qui pouvoit
le faisfaire, C'étoit tous
90 MERCVRE GALANT.
lesjours des parties nouvelles,quil fuft vivant. Il fe pala plus
La promenade , le Jeu, le Bal, de quinze mois fans quil pult
TOpera p la Comedie, pou:fortir de cette cruclle inccrvoient
à peine fuffire a fes di, itude, && enfin par une renvertilemcns.
Elle devint Go contre fort inopinée, il fut inquette
à outrance, & nayant formé du party quilavoit pris,
jamais aimé qu'elle,clle ne lon Ile rendítauíf-toft a, fa Soliugea
qu(e contenter , &ne pur de,où ifarçiva lors qril etoir
saflujeir à aucun de fes de pret a fairc fes Vcux. IHn'et
voirs, Cette conduite que rien rien quil n'employaft pour l'en
ne put reformer, mettoit le detourner, Aprés luy avoir
poignard dans le, coeur de fon cxageré le defefpoir o il lal-
Mary, qui n'olant fe plaindte loit metre, s'il periftoit dans
aprés ce quil avoit faic, de fa refolution, il luyoffit de
peur de sse'expofer à la railleric fe depoiiler deflors de tout ce
etoit obligé de renfermer a quil pouvoir pretendre en fon
douleur, Ianroitfenti ce ma bien, dont il devoic avoir une
heur moins vivenent , f lon parie tres-confiderable, quand
Filsluy euft donné une Bclle, même il naiftroit dautres eRFille
; comme il s'en cltolt fans de fon fecond Mariage ,
Aatté ; mnais loin de luy volf inais il parla fans rien obrenir.
conclure ce pretenda mariage Son Fils demeura inebranlable,
lavoit nme fujet de ouce && les ateraits de la Grace fu92
MERCVKE GALANT. 93
vent fi pui lans, qu'l ne voula: vOus préparer à une leture
point changer le calme- don: tres-agreable 5 iot
il jouiloit depuis plus d'un an,
pour le tumulte du mondo,
où l'on effayoit de le rembar-
qucr. Ainfi ce malheurcx A MADA ME D'USSE,
Pere eut le déplaifir de n'eltrelle de M. de Vauban.
venu en ce lieu-là , que pur
affiter aux ceremonies quIi 9ac):elqu'an gui n'el pas compagncrcht a Profeliom. votre Eponx,
la fit avec une joye inconceva- Ei poar qurcependant ,foit dit fans
ble, & fon Pere s'en retourna 4U vOHs déplaire ,
penetré de déplaifir d'avoir Yousfentekguclque chefe de vif
ViVre avcc une Femme qul G de doux
luy caufoit tous les jours mille Me aifoit Pautre jour de prendre
chagrins, fans quela raifon luy un ton fevere tn
puft faire ouvrir les yeux lur Posr... Mais dans vos beaux yenx
fon devoir. 1e vey de la colere,
Loin de grouder, appaifR, vous;
La Lettre en Vers que vou Ce quelqu'un o'c, Iris, que votre
allez lire, cft de lillultre Ma illalre Pere.
dame des Houlieres,. Que pout
roi-je vous dire de plus pout Elle papillonne toujours ,
94 ME RCURE
Mdifoitce grand bomme, rin
ne la corrige.
En attendant qu'un jour la tailan
la dirige;
Ele axroit grand befoin de quelgu
antre fecours.
Employtz tos les ttaits que foatnit
la Satyre
Contre wne ativite, qui dn matin
au foir
La fait conyir ,fantere rir.
Alfez imprndemment je lay premti
d'écrire;
Car quelle raion peut valoir
Conttc ap lkger defaut que la jeo.
neffe donnè,
Etqac je me connois perfonne
Quine vonlaft encore avoit.
Avecque quatorze ans écris far b
vilage,
lvons firoit beau voir prendre as air ferieux.ig0
GALANT. 95
X renverfeK, point lorde étably
par lufag.
Hés q9e peut on faire de mnieas
Que de folafhrer à voftre hze ?
Vous avez devant vous dix ans de
badinage.
Qu'ilne s'y mêle point de momens
ennuyenX.
Qu'entre les feux , les Ris ,séconle
ofe partage
Un temps f beau ,fprecieux,
Vows n'en aurcz que trop , belas 1
pour efre fage.
Tout bien confdert ,qu'ch-ce que
gate en vons
L'attivité qu'on vous reproche ?
Vofre fpris n'en el pas moins
doux.
Voiyeax n'en ble(lent pas , de moins
dangerenx coups
LInfenfible qui vons APproche.
Pous mene-toelle à ganche , os plus
loin qu'il ne fant
MEROVRE
Moins je trouve quun tel defaut
ofe lesagrémens que la natnytdon.
Par exemple voity der faiti
AeK conzus pour gu on sy fonit,
Les Zephirs, les Ruilfeans nn sar.
oftent jamais.
Parlear etrvité perdent ils lam
attraits?
Contre. elle p-il guelqu'un gu
gronde ,
Et voit on qu'on tronye .malvaš
Que ce Dieu que déja tboasfoarni-
Aille fans cefle par le monde
Tioabler des ceurs lhurenfe paix!
TMaains fta nds cehe rmcheirf fe lorine fa,ntit
Qocs cxemples d'attivind
Ne rencontrez, vons potnt dat
GALANT, 97
Il luy ficd bien, cn verile,
DE me propofer de vou s faire
Disleçons de tranguilittyo
Lny , gui foit n paix , foit en
Gonte moins le repos qe ne font les
Luy,Pguiparë/lqauedfeminblasble. ài cei fers
Qui partouroient toute. la terte
Enleveà des Geans enuienx mae
tins
Nop de libertines Infantes,l
Mais en chemin faifant des Rlaces
tti mportant es ,sgnap ait
Qai de Theureufe. Francen árent
les deflins. atase A
Que far fes proccdez, Iris ,il refle-
Et quil nous dife un pèayil eroie
qe'ilfoit permjs sh
De confiderer com ne #p viceT
Ce counagensilant qi'ez luyle Ciel
Feurier 1692. E
MERCVRE
S quelqu' an pcat is'en plaindr
NO AVEC quelque jufice,usg
-9 ceneJont que nos Ennemis:
Comie la bonne foy dans mes dif.
Qh cours tolate,sRT934
sbdnte ne vous difimule pas E
Qoenfaivant mes confeils on peut
SAR faireun faux pas,ta"
Er que laffaire eft delicate.
font bons cependant;masjtate
E02 belle Iris
-b l.ne aur point qae je me fate,
2Le temps diminuèra leur prix.
*Ain qúand vos voudrez fuon
9i Regaidez-en totjours la datt.
al pe Pavis, la veille des Roi,
c4L'Anmil fex cens quatre:om
Temps ow par de feveres lois
-41ZEglife defend qu'os dpoufe,
GALANT
-Il fufhloit dans les Siccles
pallez d'eftre affidu ala Cour,
& de s'aeirer fouvent les regards
du Prince pour eltre af
furé de parvenir à une haute
forcune , ce qui fit dire
autrefois à un vicux & habile
<Courtilan, qu<fx mois d'ntrigue
de Cabinet ualoicnt micux g2e
dix annees de ferviec, Ge n'et
sPlus aujourd' huy la méné choe,
&les fervicesfont recompenfezfans
que ceux qui fe di-
Iingnent par ces SCndroit,
oicnt obligez de donnr atk
Sollicitations le ltemps qu ils
Peuyent employer plus urile
ment Quoy que M.le Marquis
de BoufHers ait peu paru à
Goure, fes fervices nont pas
laifé derecevoir toujours lè
pix qui leur cltoit di; 1 fut
it Coloncl Gendral dus DrL
E 2
MERCVRE
gonsengi6a8. LieutcnantG¢.
neral dcs Armees du Roy, ch
683a; Gouverneur. Genctal
de la Lorraine & de Luxem
-bourg en i687.leftant deja
de la Ville, une, annee,aupatiyant.
I a, commande divers
Corps d'Armée , &ce futluy
9u1 en I6 88. mit une partie
sdu Palatinat fous l'obeilanc
de Sa Majefte, Jamais Capiti
nen'a cuplusde wigilance,, &
plusdapplicarion a fonméier,
8onPSuvdire qu cn sy don:
pant, touSNtiers il cmployc
Jesjours &les nuits. Comme
On ne peut trop veiller furun
orpsquialbonneur de lorvir
AnParie a la garde, du Roy
Sa Majetelanoipné Colonel
du Regimento de, fes. Gardes
Fançoiles,s pour, scmplir la
place de feu M, le Duc de là
GALA NT. Toi
Feuillade &c lors qu Elle le
sprefenta aux Ofciers dece
lCorps M. de Creilqui en cft
un des plus anciens Capitaines;
dita Sa Majefté, que le Corps
avoii ófe; il l'anrott remerciee ds
chois qu'ib tay aviit pla defaire?
J'oubliois d vousdire, que M.
de Bouflers ayant efté nom
mé Chevalier des Ordres dt
Roy dans fa derniere Promo
tion , Sa Majefté luy donna le
jour de la Purificarion la Croi
de lOrdre avecles ceremonies
accoûtnmées. Ce Marquisn'a
yant demeuré que guelques
jours à la Cour, eft retourné
an ferviceavec l'empreflement
dunhomme qui fe trouye hors
del fa ituation ordinaire lots
quil n'agit pas
M. de Froulay omte de
Tefë, Licutenant Generaldt
Maine, Perche && Laval , &
MERCVRE
Meftre de Camp General des
Dragonsa a eu la Charge de
Colonel General des Dragons
que poffedoit M. de BoufflerS.
Conmeil a fouvent fait des
ationsdeclat &z de valeur,
dont je vous ay donné plufieuts
Hétails jc ne vous entretiendrai
pas davantáge aujourd'huy
dun homine dont la bravoure elt connuë par tout ddk
Mr le Comte de Mailly,
bon Officier aimant fon meier
diftingu par une illuftre
Nailance i,. & par beaucoup
de fagele, && qui a l'honnent
d'eftre l'un des Menins de
Monfcigneur a cté faic
Metre de Camp Gencral des
2Dragons. Il avoit perdu Mt
cole Marquis de Nefle fon frero
Ir an Sicge de Philifbourg, ou
ilict mort de fes bleffures
GALANT. 103
AinG il cftoit jufte de metcre
des honneuts, 8 des reçom-
Penles dans une Famille,quie
verle lon fang pourlagloire de IErat,bio
Le Roy a nommé M,l'Abbé
d'Eltrade,Fils du Maréchalde
ce nom, fon Ambafladeiurà la
Cour de Portugal, à la place de
M, le Vidame. dEncval. Cet
Abbé ayant beaucoup d'elprit,
de vivacité 8 de lumieres, 8&
setant tres-bien acquité de
fon Ambalade de Vcnife, il, y
qiadujet de croire que les Conrs
de France & de Portugal enfesrOnt
tres-fatisfaires, & qui!
imitera M.le Marcchál d'Etrade
fon pere , qui seft acquis
TNbeaucoup de reputation dans
oles Ambaflades d'Anglererre
6.& de Hollande. Ce Marechal
etoit Maire perpctuel de Bor-
E 4
MERCVRE
deatix ,Gouvrneúr de Dun
kérquc, & Vicetoy de 'Ame!
riqre! 0191QDTK 1iinsH
aVous aurez ans doute en
tendt parler de la mort d'an
vieil Herite, qui depuislong
Temps seltoit rctiré auprés de
Toursoù il vivoit dans un
Hermitage avec quelques autres
Freres qui fembloient
s Ctre misfous fa conduite. il et
nortfr la fin du dernier mois,I
agé de plus de quatre-ving
Ans, &ce qui vous furprenda,
celt que toutes fes manieres
faifant alfez voir que fa náit
fance n étoit pas commune;
quoy quon ait pà faire poor
fçavoir qui il eftoit, on naja
maisp en venira bout Je voush
Cnvoye une Letureque Ml'ALU
bed'Anieres a écrite là-defus:
Je roy qu'on n'çn fçaura ricnl
GALAN T.
de plas politifique çe que Nous
y lirezà poins gyc ce bon
Hernire n'ait feveléfon lecret
à d'auttes perfonnesl qui ne fe
croiront plus obligées de, le
garderTstioxISb uniioru
stAiMADA MEto
LA DUCHE SSE
o DE LA MEILLERA YE.
Ay apprissg Madame, qu4
Jvous fouhaitiçz fçavoir la
nailanceidu bon Pere Jeans
Hermite & qucivous aviez
doyné ordre a voftte, Gouyct
neur de Montreuil-Blay, de
veur rme demander ce. quc jen
pouvois [gayoikg Veusnctes
fô6MERCVRE
pasla feulte, Madamë auveh
eu cette curjofte. Le Rova
voulu aufien eftre informé.
Yaquatre ans que Mt e Cht.
teau-ueuf ne fit I'honneur dé
m'écrire deux fois fur ce fujeti
mats comme je n'ay jamais' pd
cn rien fçavoir de cerain ,il
ma auff cfte impoffiblc d'en
ien dire qui pult faisfairé S
Majcfte. N'attendez donc rien
de moy Midame , qu puill
vous cclaircir. Ce bon Vicil
lard ne s'eftpoint caché dans 4
retraite, parce quilfe tenot
feur que perfonne ne déconk
Viiroir au vray quiiléftoit:ll)
tout lieude croire quc
celtoit un homme e Quralite.
Henavoit l'air; les etes;lo
vifage,l'huneur & le coeur,X
fes manicres d'agir avoiérjc t
Sgay quoy de grand, gui le fü
GALANT.
foicnt honorer &aimer detot
le monde.Je confiderois ce bon
Hermite comne uns Figme,
puis qu'au nilicu de fa pay-
Vret, de faimplicit & de fon
definterefemcar ,on y remar
guoit de a, grandeur &e de la,
majeíté ,accompagnées d'une
Prvoyance cxtrarodinaire ;car,
bicn quilnc pofledaft rien , &
g9emcfmcilnc demandaft rien:
perfonne,ilavoit toajours de
qugy fournir aux ncceflitez de
les Freres, & de quoy afiter
les. Pauvres, Vous çavcz , Ma-:
ame,, qu'on le faifoit pafer
pour un Fils de Flenry IV.par-
Seguil luy reflembloit entie-
ESment, Layant un jour preffE
la-deflus il me dit, gue rela pouot
(ftye rAJ mais quil nela
Juroit passquc peanmoins il eftoit le-
3IimEx Noila ençore unc Enig-
E G
MERCVRE
me que jen'ayjamaisphexplt
qucr non plus quc ccllc-cyslay
añe Mire,mais jen'ay potnt de Pare,
Vous tirere Madame, rcld
confequence quil vons plaita
de ce quil a bicn voulu mc
dire, mais je ne crois pas lquc
Otis en tiriez aucune quipuile
vous fatisfaire, Ce S. Vicillard.
cft mort commeilavécudelt
a diee, dans un grandiamour
pourla rerraite & pour les pal
Vres s car moy cftant prefent,
ilordonna à un de fesFreres de
metire fous fa tefte le Livre des
Vies des Peres du Defert:f n
dilant 5jo veux mOui iy dans la.
fentmens de ces Peres ,&ileát ce
Livreglous ateftejutquaujour
quil nourut. Pout ce qui eltdes
Pauvres, il diftribua &fit
diltibuer par fes Freres a ceux
d'voifinageo prefque tout te
GALAN T. TO9
qu'ib yi avoitdargent, dans
lHermitage ; enmourant il
metémoigna avoirde la dou
leurde ce quc. fa langue qui
etoit devenu fort grofe s
l'empèchoit de patler, paree
quil euft bien voulu me dire
qüelquc chofe. Il ne put rien
prononcer de plussde forre quc
je n ay rien fçeu de particulier
touchanp fa Famille & fi Nai
Si vous avez trouvé dE
linyention & de Tefprit anx
galanteries dont je vous ay
donné la defeription sdans
ma Lettre du mois paffe , &
qui ont cfe fites pár trois di
vorfes perfonnes,vous en troue
verëz beancop dans.lcelle que
Jervoiscnvoye. Ele part du
genie d'un Cavilitr Agevih
IO MERCVRE
dontje vous ay, deja faic voi;
guclques Enigmesgi
Ayant les nanierestoutes
galantes ne peut mnqucr
de réufirs, lors suil sagit de
galanteries de la narure de cel
les dont je vous ay deja,entre
tenu. ll cherchoit a faire un
prclcnt à une Demifclle ágéo
feulcment de, quatorze ans aveclaquelle
il joüoit quclqus
fois au corbillon, & vouloitqus
ceprefent lny donnaft lieu de
luy faire une declaration d'4-
mour cn badinant ; car VOUS
Içavez que quand ona de,
Prlt on touye des manic;
res de tout direlans quung
Belles'en puifle offenler Py
qu'cllesengagent le Cavalier
qu'autant quil plaiftà fon cqus
de,cõtinuier en veriableAmanr
agalanteiequ Va cQnnneA?
IG ALANT.
en galant homme. Les ênvois
dont je vous parlay la dernicre
fois; furent faits dansle temps
des Etrenes, & le prefent dont
vous allez voir la defcription
a eté faic dans les premicts
jours de la Foire S. Germain
Le Cavalier envoya une Corbeille
foftproprement travaillée
& fort richement
coiverte && feparce en neuf
peits tompartimens, un dans
le milieu ßi& huit alentour
Celuy du milieu eftoit doublt
deblanc, & plein à demy de
petits coeursde fucre fous
ce mt , cordialné far quoY
on vóyoit un ceur decire pcn
dant à un gros neud grilehn
quicn fortoit, Un cofté de ce
Enr eftoit couleur de feu
portane fur fon miheu une,
bougieblanche allume ,& ces,
MERCVRE
mots. écrits en lettres d'ot,, a
brileray jufqu à ma fn. L'aute
cofté duCeur éroit bleu-mot
rant, charge de chaînes ncglb
gemnent.étendus , quife perdoient
avcc certe Dcvile Icalienne,
Porto de ll' amore i colorile;
catene ; & le coeur cltoit cm-)
brafe d'un petit papicr qu
contenoit ces quatre Vers.b
Ponr rc ndre homnage a 98
le vous prefcnte nn cenr foupla
comme la cire , E
Toujonrs i.mais aaisje ne tait)
car jecrains d'cn trop dire
Phenice , (ans parler neimntende
vons pas? J6
L'un des quatre pcrits com
paramcns quifaifoientlacroix,1
eftoit doubléde couleur de fcuy
& remply de pâres rouges,avec
ce mot ,ArdenmiLaure idory
GALANT 113
bl de veir, & plein de con
firurcs vettes,cftoit fousle mot,
Efperane: Le troifiéme eftoit
dotiblé d' Aurore avec des pâtes
jaunes le mot,fran:(fe ; 8
le quatfiéme bleu avec des
pites demême nnoccnce. Les
quatre aticres qui faifoientles
coins felon leurs differentes
conleurs,avoictckacuin un de
ces quatre mots, DifrCtIon ,paf
fon ,doncear flelne , 8& eltoient
garnis de difrentesefpeces de
dragées,&& lardezde foles l'el
fence de Bergamotte, d'oranzi)
de Cafe,de Tubcreufe , de tafaain
oe. Enfn; cette Corbeille
fut portée avcc 'quatrc rubans
feu &or qui partant des qua
tre´Cöftez unifToient à la
hauteurd'un bufop& for
moieht ün'neudy dans lequel
le Cávaliet ayoit lace cet 'en114
ME RCURE Voy .gui vous fera voir l'èz GALANT. dont l'original et Latin. La trêmejeunefe de la Deno, traduction en a efe faice"Ppar
felle Par rapport jon jq M.de Sainc Oun de Caën, &
ne favory i1la adrelle au Pere Bouhotirs
e vens donne le Corbi ln. Jetuite, qui a tant oncribué à
Si vons demandez gu met-on a purete de noftrc Langúe .
Te vows repons 1enne ht) par lesexcellens Ouvragcs
Queecp le cay de Etup quil nos a donnez.
Rien ne paroilt h implkAmAAh que ces fortes d'envois, &ct.
pendantrien n'elt f dificile d olrLE cy GN ES
faired'une maniere galanre &
naturelle. Ilsne doivcnt pon, 3n104 21s E. T
cftre eftimez par la valeur des
chofes que l'on envoye, tou 1oL E S:o-O Y SON S.
leur prix confftant dans linvention,
& le badinage q4
font cfimer les prelens gu RovaoDRS, Pour quelque tems
coutent peu & font caüle abstenez-vous d'écrirc,
qOn en parle comme sis c Après, vous reprendreK,vos Ouvia:
toient de confequence.
Je vous,¢nvoye unc Fable, Daigaeisy jeter leiyeax,
MERCURE
Au premic jou7 de lan je vx
vons faire rire.
Se Cafre à regret noait pa Le
Ssjoncs
Foible , mais infolent babillaxt
TAcbe , immonde o
Et dont les forts impuifans
UThc8hengt dee nusire tnno. cens
Qwileoe avee. plaifi Flkwvt
dans fon on de.s
Une vaine émalation
Leur donne cette aver/bon.
Lalaidear de leur corps , lur3
- difagréable
Releve les beauteo la veis ad
mirable
Di Ggnes , dont le chani plaiá de:
mille dopcCBrs
Se pouroit égaler à celuy des wuf
t
GALANTu7
Un des plus beaus s'artira lent
colere
Par fes 'atens barmoniens,
Son chant, dont il feavoit charmer
2e caur des Dicux,
toovabien lart de leur plaire,
Qa'ils llimorens mille fois
equ'on voit reluire
Anprés la celete Lyre ,.
Qiapresta mort d'orphte on plaça
dans les Cienx.
Voila afiment l'origine
Dela batne,des cris, de la fotte
De cctte coborte mutine ,
uc 1ufq1lcy yicn na dompte.
Maiecne les voic avcc indie-
Ei rain qt tay feroit igalement
bontenx
I8. MERCVRE
Deleur ceder,ou detriompher d'eus,
Enfn poUr en tiTe une noble. vAn.
$me3eance
Ilfe munitde patience.
juRe Combat igo
Ils nen pouvoient ternir Pelat,
En que fon chant meprifoit leur mA.
lice.
Koicy pour en vangy gwelfu
artifce.egknbiad
Ce Fleuve en un endroit. avartdt
fes ennx ,
Ne laille qu'an amas de fang':
Qui deo glayculs desrel4:
Pait nn fale bonzbeux wélat:
3.
Crllà quc la Troupe olani
S'abbat,e promene s a4lk
aEr s'arnant comne Champon
Se veafre
EGALANT
Peidat èe terible appareil
Nolre Gygne qu'on vott Tarcment
fans vies faire
Qu venoit de thanter plus qu'à
fon.ordinaire,
Goátott un paifble fommeil,
Lors qutnopinéwmeut cette Ligue
craelle
laniague fa blancheur qui faifoit
bonte aux Lis,
Et du limon dont ils fe fontfalis
Prend plaifr à fouiller fa beantë
nature lle.
Apres cette xpedition,
2Cette Troupe plus animle
Chr les 'antres oifeaux va fans
difcretion
Pablier que la Renommée
Vante fans Taifon la blancheur
Di Cygne, quiWeß plus qu'un petacle
d'borrcar.
120 MERCVRE
Chacuy pony en létrir la glir,
Scme diverfemerit dcs bruits ca
lomnicnx 3
Mais ceux dont Iimpofute / pla
fonc & plas bo1re,o
Plaignens d'un ton maliceus,
Ca qu'en le voyant melme on aurit
peine à croire.
Les antres dont le Datn7el
E/ plas fanvage d plus eat,
Le condamnent par Jon (ilent,
Difent quiln'ofe plasmager m plhi-
E! que fes Compagncns » pour co.
t ble de fes manx.
N vonlant plusfenffoir de fA pre
fnce,
De bonte il ecours à 'abfentt.
Is ajontent cncor que de lcurt pro
tt l'ont visenfuir du rivag'
GALANT. I21
Et que pour s'en dolaircir mienx
Ctux guine vondront pas croire leur
temoignage
Pitnnent enx. mgfmes (ur les liex
Pour veuir enfn à la preuve
De ce qu'a peine on pouvoit concevoir,
Tous les oifeaux voularent voir ,
£ vinrent à l'envy fur le bord de
ce fMeuve.
4 peine le soleil fortoit du fein des
Cau,
QWon voit bien. tof far le rivsge
Un nombre innombrable d'oi.
feanx.
Diferens de couleur aut ant que de
ramege,
Le Coucoa fort de fes antignes
bois ,
Etla Colombe curicufe
Depéche le Hibos, quifous les memcs
toits
Fev. 169 2. F
I22 MEROURE GALANT.
sErfn mile oicans malbeu Zors gue te bean Chantre sauance,
Dont la fombre d foible panpi E dà fes airs melodiens
a Ne peut f4Pporter la lamiere. Cette Tronpe répond par des cris Quittent leur fejouz tenebrazenuieux.ul ttt2u9
La Pie & le Corbeau, PHirondea sin Be volage Ingez quelle fu fa farprife,
Vienment accompagnez ds fr: nnd fur luy fenl, il voit de tonches
Ramicrs , tes parts.
Tant cenx qui font patai, quedaQu'on jetre d'avides regards ,
tres dónt les picds is Qui fembloient contrc lny marquer
Ne font convens d'ancun plamgguelgue entreprife.
Entre tant d'oifeauxf divi Confus d'ere lobejct de tant de
La Corneille an coû blane parut 4 pctatcurs ;
taa plus ardente Four cn trouver la caufe, ilcherche
A faire entendze dans les airs en fa memoire,
Les tons aigus de fa vofx croallau Mais l'eas comme un miroir le de
termineà croire
4prés telre tons afl:mbl), Que les oifons eloient ls inven
Le Cygne qui fndoit l'onde h ja0 teuys
ordinairesbaC D'une perfidie anlfi noire.
Sons une coulear étrangere .
Fut reconnn de loin à Alors fans 'amafer à de vaes donbleK raifons ,
3
I4. MERCVRE GALANT 25 Cen'cl pai là, dit il, ma cenlan fire part d'unc Piccc qi fait 2atarelle.
grand bruit dans les Pays Etran- RprencilA, Troupe infidll,
gors oti elle a cfte faite, & qui lereconnois V0S ITabifons. commence courir cn Fran
ildidaigna de parler davantag,
l fe plonges legerement
Etle limon , cn quittant fon pli- en gaintant foupeimmhimAm:
Ne lny fervit qu'à le vendre plu O NSIDER ATI ON S
beau, SOR LA LIGVE
Ainfl'on connoil l'artifet, D'AUSBOURG.
Dont afent contre luy cesjaloux i
L A Ligue où la Maifon
Et les pntres oifeaux, temoins
dAuftriche eft entrée avec
la malice , tous les Protcltans , & qui
Conviennent tous que l'injmleaprés avoir deja produit des
Doit retomnber fur fes Aulewl), cffers fi pernicicux à la Religion
Catholique, pourra même
n Vous aimez tour ce qutT en caufer un jour la ruinc engarde
les Afaires du Temps,& tiere dans une grande Parrie de
cclt ce qui m'engage d vots lEurope , ctla chofe dumonde
F 3
T26 MERCVRE
qi mcrite le plus les foinsk
application du Pere commin
des Fidelles,afin de prévenie
les fuites dun f grand mal pat
tous les moyens que Dieu lay
a mis cntre les mains , pour le
gouvernement, & pourla conlervation
de fon Egie.b
Il feroit inutile de faire ic
le dénombrement des mans
qu'a foufferts , &que fouffte
Cncore tous les jours la Rel|
gion Catholique, au fujer dë
cette Confederation ; ils ne
font que trop vifbles, Un Roy
Catholiquc dépolfedé de trois
Royaumes , pour faire placo
à un Ufurpateur Heretique,
& par confequcnt la rujnc de
la Foy dans ces Pays là s lcs
Heretiques répandus en Irále
pour y corrompre la plus faine
partic de IEgie ; là Flandre
GALANT 1 27
mile cntrc les mains & fous le
pouvoir des Protelans,ne font
qucles premices de cette liaion
politique cntre la Maifon d'Au-
Itriche & les Enncmis de la
Foy.co
Quoy que dans certe Confederation
il y ait un aflemblage
de diverfes Rcligions ,
&que les grands noms de
IEmpercur & du Roy Catho
liquc y. trouvent la premiere
place, clle eft pourtant efeivement
& doit eftre appellée
une Ligue Prote ftante,
d'autant que tout Corps po
licique compofé de diverfes
parties , doit prendre fon nom
de cclles qui y font les plus
nombreufes & les plus puiantes.
Or il ct cercain qu'en
cOmprant ce quont de forçes
par mer ou1 par terre les
F 4
a8 MERCURE
Catholiqtes, & les Proceftats
qui forment la Ligue, on
trouvera que celles des Proteftans
font ininiment fupc-
Tleures aux autres, otEt
Pour ce qui eft des fores
de mer,il n'y a nnlle proportion
entre les dex Puilfancesj
car on peut prefque compt
pour rien cequen ont les Catholiques
, tandis que les Proteftans
en ont de i confidera
bles. Mais 'pour mieux comprendre
quel cffet peut avoir
mefme fur terre cecte fuperiorit
par mer , on n'aquale fovenir
de quelle maniere la
Monarchic d'efpagne eft de
cheuë depuis le temps que fes
forces maritimes ont cfté défaites
cn l'année i S88. & volr.
au contrairc quelles Flotes , &
GALANT.r29
quelles A rmées la Hollande,
Ce petit morceau de terre a demy
noyé peut nertre à prefent
fur pied par cette feurle
raifon qu'elle cft fi puifante
fur mera
Au regard des forces de
renre ,il cft vray que lincgalité
n'en eft pas fi grande entre
les deux Puilances i mais
s'en tenant à la fupputation
commune j quc les Catholiques
& les Proteftans cn Allemagne
fnt prefque égaux
cn forces (pour ne pas comprer
la Suede & le Danncmarck)
comment l'Efpagne feule aujOurd'huy
peut-clle tenir contre
l'Angleterre & la Hollande
On ne manqaera pas de
répondre quune Ligue nc
1301dauMERÇ
doit pas eftre, noinmée Here
1quc, parce que les Hereiques
y lont en plus grand nombre,
mais qu elle doit prendre
fon nom du deffein & des moufs
pour lelqucls clle a cte
formée, qui ne tendent quà
reprimer les entreprifes de la
France fur fes Voifins,us
A la bonne heurc , qu on
fe regle en ccla fur intcrtion
des Ligueurs ; mais tor-
Jours il y a une grande differencc
entre les faux prétextes ql
paroillent , & les Vrais motis
font cachcz , & qui ne lo
econvrirontqu'en leur temp
Je veux bien mefme croire que
la Maifon d'Auftrichc & le
autres Catholiques Confete
rcz n'ont point d'autre delen
gue celuy, qu on a marque;
mais pour les Protetans qui
GALANT.
ont en' plus grand nombre, &
les plus forts debeaucoup,il me
fut pardonner fi je ne puis
mempecher de croire que
leurs de leins n'ont pas les
mêmes borihes scar il et évident
quilsn'ont point degeneré
de leurs Anceftres , & q1uiils
confervent toujours le genie de
leur Sete, qui eft de n'avoir
en tefte que la deftrution &
lanéantiement de ce quis
appellent le Regne de 'Antcchrift,
Nommci donc la
Ligue comime il vous plaira ,
pourveu que l'on convicnne
que l'intention de ceux quiy
dominent le plus , lemportera
dans la, fuite , & fera enfin
Cxccutée: de forte que fi ces
Mrs pneluvent venir à bout de
leurs defeins contre la France,
toute la faveur que les Princës
de la Maifon d'Auftriche F6
MERCVRE
doivents iráifonnablémeh.
tendre d'eux ,ccft de n'cte
Cngloutis que les derniers,iul
i9 Cette verité elt fi conftan.
te & fi clairc , quil faut cftre
bien aveugle de haine contre
les François , pour ne la pas
voir ; car peut-on simaginer
gue dans l'occafion le Prince
Orange. aura plus degards
pour. IEmpercur & le Roy
dEfpagne, quiln'en a cu pour
le Roy d'Angleterre fon Oncle
& fan Beau pere Croycnt-ls
quil en ufera mieux avec cUx,
Parce quils ontefté fes Coiplices
dans fa premiere Ulurpation,
Pluficurs chofes ont cfté a
vancéesen faveur des Princes
de la Maifon d'Auftriche, pour
cOUVrlr 3 OLu pour diminuer
l'injufticc de leur proccdé cn-
GALANT.
vers SarMajcíté Britanniqué
Ils difent que ce n'eftoit pas
leurintention que ce Roy fuft
dépouille de lon Royaume s
mais feulement quil fult contraint
d'cntrer dans la Ligue
contre la France : ce quils pretendent
quil cftoit obligé de
faire en qualité de garant de l2
Paix de Nimegue, que la France
avoit. rompuë , mais pour
mieux voir que ce prétexte eft
fans fondement , il faut un peu
ledevclopper. Ils conviennent
qu'ils vouloicnt bicn que le
Roy d'Anglererre fult forcés
mais non pas dépofledé, C'eft à
dire, quils vouloient, afn de le
faire entrer dans la Ligue; que
le Prince d'Orange entralt
avec unc Armée dans fon
Royaumes quil fe rendift naifre
dé fes Places & de fa PcrI34
MERCVRE
fonne, &c quil le contraignit
de fe foumettre à tout ce guil
vouloit, En tout cela le Prince
dOrangenapas inangued'agit
felon leur gre , & de fuivre
exatement leurs intentions;
mais fur ce qu'il a fait de plas,
enluy oftant le titre de Roy
pour s'en révcir foy même,
Cesgens de bicn font femblan
d'en avoir du ferupule. Voli
en verité les apparences 1auvées
d'une manierc bicn gro
fiere,& il etétonnant que dans
un cas où la jaftice cft blefee
untel,cxcés, ils puiffent appitfer
les remords de leur conlcience
par une defaite auli
vaine que celle-là.Car de bonne
foy croyent-ils que le Prince
d'Orange puft semparer du
Pays, de l'autorité & de la PeEfonne
du Roy fans injuftice,
GALAN T. 135
pourveu quil ne touchát poiE
à fon Titre de Roy ?On pou
roit dire avec la même raifon
tun Voleur pourroit fans
crupale prendre 1'argent,
pourveu quil lailàt la bourfe
Mais, diront-ils , felon nôtre
intention, il ne seft emparé
de tout cela que pour le
remcttre entre les mnains du
Roy, & il devoit s'en retourner
cn Hollande, aprés l'avoir mis
dans la Ligue concre la France.
Mais cn cas que le Roy n'eult
pas voulu y foufcrire, quelle
en eult eè la fuite? Il paroift
par l'evenement quil a micux
aimé fe fauver cn sechapant
de leurs mains que d'eftre forçe.
D'ailleurs , feront-ils croire
quun homme du caradtere du
Prince dOrange voudroit fi
aifement lacher prife , &quit136
MERCVRE
ter un Royaume dont il fe le
roit rendu, mailtre A-t-on
jamais veu de parcilles ind
narions, dans la Monarchie
d'Epagne ,defedefaiir i
cilement des Pays dont cllea
une fois pris polcflion
Apréstout, quand il sagir
de faire leur Cour au Princd
dOrange, tous ces beaux pré
textes , tous ces ferupules s
vanouilent ; car lUfurpateur,
ne fe fit pas pluftoft declarer
Roy, que Dom-Pedro de Ron:
quallo s'en alla le felicirer (ur
avenement à la Couronne
d'Anglerre , fans attendre un
Courier d'Efpagne , & fans
qu'on fçache quil cn ait ete
defavoüè par le Roy Catholi-!
quc; d'ou l'ou doir conclure,i
ou que ce Miniltre parunelpri
Propherique ayoit Içen uclle
GALANT. I37
(eroit la völonté de fon Mai
fre dans unc telle conjoncture,
ou quc fon Maiftre dés le commencement
avoit cfté de com
plot. Enfin voila la maniere
dontla confcience fe gouver-?
ne prefentement à la Courd'E
pagne, && cOmnnent elle trouve
moyen de favorifer fans aucun
fcrupule, un Ufrpateur Here-,
cique contre un Roy legiime
& Catholique dont tout le crime
eft de n'eftre pas Enemy
déclaré de la France.
Voyons maintenant fi ce,
quils pretendent touchant
l'obligation que le Roy d'An
gleterre avoit d'eDtrer dans la
Ligue en qualité de Garant de
la Paix de Nimegue,leur rénf
tira mieux pour couvrir leur
injafice. Suppofons donc, par.
ce quils leveulent, que ce Roy
I38 MERCVRE
en eftoit verirablement le Garant.
S'enfuitilque pour n'avoir
pas pris les armes contie la
France , ( ce que peut-cftre il
ne pouvoit pas faire dans lerac
oùil cltoit ) fes propres Royaumes
font legitimement conf
qucz, & quil cft déchû de la
Royauté ? El-ce à ces conditions-
là que les ROiS s'encre
mettent pouir faire la Paix en
tre les Princes leurs Voifins
& qu'ils cn font les Garansh
Si cela cftoit , il n'y auroit plus
de Mediateur ny d'Entremet:
teur au monde, & les Princes
qui fe feroit la guerre,s'achar:
neroicnt les uns contre les atres
comme des beftes feroces,
jufquà ce quils fulent cous
enierement déruits, Ajoutons
à celaquele roy, d Angte
quand même il l'auroit voulus
GALA NTM I 39
n'étoit pas cn ctata fonavcncus
ment à la Couronnc, dentrc-i
prendre une guerré étrangcre,
n'eftant pas encore bien affer
my chez luy ,à caufe de fa rC:
ligion, ce qul ne parut quc.
troplors que le Prince d'Orange
le vint attaqucr. Il n'eft pas
vray au refte que Sa Majefté
Bricannique cftoi le Garant:
du Traité dont on parle, Tout
le monde fçait que ce Traite
fuo fuit fous le Regne du ROY
fon Frere , qui en etoit verita2
blement le Garant ; mais le
koy d'aujourd'huy n'y avoit
nulle part, parce que la qualité
de Garant cft perfonnelle , &
ne pafle point à un Heritier ,
cftant fondéc uniquement fur
lapromefe volontaire de celuy
qui veut fe fairc Garant. Qui
na donc point fait de promec
I40 MERCURE
en fon,nom,ne pet eftre obli
górà rien, & voilà Iinjufice
dela Maifon d'Autriche à lt
gard du Roy d'Angleterrestoute
nuë, lans qu'on pule cn cou-
Vir la difformire par le moin
dre Pretexte apparent.taahg
En verité leur procedé cn
vers ce Monarque na point
dexemple; car durant tout fon
Regne, jufqu'au moment qucle
Prince d'Orange fe faifit di
Royaunne,ily avoit en ap
parcnce une profonde Paix, &
une parfaite annitie entreles
Couronnes, Leurs Ambalideurs
, au leurs EDVOyeZ relidoient
à chaque Cour , avce
toutes les marques d'une tresbonne
correfpondance; maisle
Prince d'Orange n'euft pis
plûtoft mis le pied à Vvhitehall
, que tout d'un coup lans
GALANT, I4I
aucune declaration de guerre,
&& fans pretendre en avoir au
cun fujet , ils traitent le Roy
cn ennemy declaré. Ils chalent
fes Minifres honteufement de
leurs Cours , & font mêmne
prifonnicrs de guerre ceux de
fes Sujets qui demeurent dans
fon obeiflance. Je veux croire
quiun procedéf irregulier & fi
Eloign de toute humanité , cft
fort contraire aux inclinations
de ces Princes, dont fa Maifon
aetéautre-fois di (tinguée par
fa douccur & par fon zele pour
laRcligion, On doit ans doute
attribuer ce proccdé à la malignité
de leurs Miniftres dans
les Cours Etrageres tels qu ont
cfté Dom Pedro de Ronquillo,
& fes femblables , qui pour avancer
lcur fortune, &pour le
rondre ncccfaires , fefoucicnt
I42 MERCVRE
peu quels avis , ou quclles in.
preflions, fauffes ou veritables
ils donnent à leurs Maiftres
& qui n'eftant point cux memes
fenfibles au des-honner
dont ils chargent leurs Princes,
1 ménagcnt fort mal &
gloire && la confcience.ina
zCela paroift évidemment pait
les foins quils prirent de fire
croire à leurs Maitres &
mefine a tout le monde ,autant
quils pûrent,quc le Roy d'Ar:
glererre n'avoit point perdi
fon Royaume à çaule de faRe
igion, & que la Rcligion na
voit fouffert en elle-mefncat
Cun dommage par la nouvellc
ufurparion. Que peut on direà
des Sgens qu1 ont le front de debiter des fauletez i vilbles,
& à ceux qu1 ont cu h foiblefle de s'y laier fi fic
GA LAN T. I43
leinent furprendre ? Si Dom-
Pedro n'avoit cu les yeux fermcz
à la verité , il auroir reconnu
dans fa propre perfonne
la fauffeté de ce quil afi hardiment
avancé, & par lon experience
particuliere ilferoit demeuréd
accord que la Religion
n eat que trop de part dans.
cette fatale révolution qui fe fit
alors en Angleterre ; car lAr
méc du Prince dOrange ne
Parut pas plûtoft devant Londres,
que a Chapelle de cet
Amballhdeur fut démolie de
fond cn comble, & en haine de
la Chapclle , touce fa mailon
fut pilléc & ruinée par le Peu-
Ple,qui chtrcprit de renverfer
toutes les Chapclles de l'An
gleterrc, Telle cftoit la rage
d'un Pcuple anim plus que jamais
contre la Religion CaI44
MERC VRE
tholique,àlaveude ceux quilk
ellent en leur langage leuts
Liberateurs ; & les Vangeun
de la cirannie du Papilme,
Enfuite de cette démolicon
de Chapelles , le Prince d'0.
rahge scltant mis en pollc.
fion du gouvernement on
fait rechercher par tout nos
Evelques , nos Preftres , &
tous le Catholiques nourek
lement convertis.Plufieurs (ont
faifis & nis cn prifon fur une
accufarion de leze Majelt
touchantle fenl fait de la Reli
gion. Trois Evefques,bcaucol?
de Preftres & de Laiques do
plus haut rang, ont efte de o
nombre, Il eft vray que la p
litique du Cabinet it furleor
leurprocés , tant on craignol
que leur fang répandu neon
naft trop les Princes Cathol
Rdri quc
GALANT: I45
ques qui cltoicnt liez avec le
Prince d'Orange s & avec fes
complices dans lafaite d'An=
glererre. guntb 9nbgiohl
Javouë quc la démolition des
Chapclles ne paroifloit que,
l'ouvrage du Peuple,i mais
cnfn oeftoit un Peuple qucla
haine de la Religion rendoit
feditieux , aufbien quç leurs
Gouverneurs , quclle porta
fe foulevr contrc leur Roy legitime,
à mettre l0furpateurfur
le Trône. C'eltle mef
me efprit qui leur fit faire enluite
une loy pour exclure a
jamais de la Couronnc d'Angleterre,
non feulement le Roy
&le Prince de Galles, mais tout
Succefleur Cacholique. De là
on peut connoiftre la bonne foy
de DomPedro Ronguillo, lors
quil fouticnt que la Religion
Feurier L692. G
1461 MERCVARE
navoitpoint de parrau malhkêur
dei Sa Majcté Britannique}
&cque glife n'avoit rich
fouffert dans ce changement:
Je lè ipuis afuret avec la
derniere certitude, que flo
Roycuftvoulufeulemeni con:
fentir que le Prince de Galles
est efté élevé dans la Religio
Pròteftante ,fousla conduite de
leur Archevque de Cantorbie,
tous les Chefs hormis ün fort
petit nombre, tant de l'Armce
que du Parlement ,qui fe ran
gerent aprés du coftéda Prince
dOrange, euflenttcnu feriné
pour les interefts de-leur le
gitime Souverain,& en cecas
IUfurpareur avec fescaroz0
nille hommessanroie pn anb
facilement conquerirlEnpir!
du monde 5 que le Royaume
GIAVDAI N T. 147
SOëpendantcvoilaiggcemei
fembleryileiplas grand facri
ficequun Roy peut faire à fons
Dieu:Ila micuxaimé tout rif
quer&sabandonnerà la Providence
que de blefervfa
confoicnce &de rien fairé
cohtre laReligión. Ce facrifice
a aufi unc grande reflemblance
ayec celuy dAbraham
carleóRoy enobeiffantàl'oI
drode Dieu,qui commande de
préferet la Rcligion à toutes
chofes, outre fa Couronnc,a
encore facrifie fon Fils icet
adire,fa fuccefion A laCouron
ne plns eftimée que a vie
mefme; de forte gu'on peut
raifonnalblement cfperer que
Cette obeiffance heroique d
Roy d' Angleterre fera récompenfee
tolt ou tard j& en ce
monde & en l'autre} des benc-
G 2
I48 MERICURE
diaions abondantes dont celle
duPeredes Croyans fubfuivic
A contraire, il eftà craundre
que lapart quont ces deus
Princes Carholiques dans. une
üfurpaion injafte, &n
contraireyaux interefts deda
Religion 3) ne les expofe atx
rigueurs de la juftice divibey
A, moins quils ne reparent le
tOrD quilsiont fait à Ša Majel
té Brirannique, &le feandalel
quilsont ldonnéà toúte la
Chreftienté, Enfin quels que
foient les deerets de la Provi!
dence au regard du tecmps &do
licu de larcompenfe ou de
punition, il vaut micux, (to:
joufs fouftrir pourlaJuftice&
Pou, lla Religion y que, d'eftre
heureuX des voyes ohn),
teufes & illegitimes.ngohn
-SEJe ne puis pas dirc prci
GIALANT 4g
fensent lalpart que ces Princes
ont euöà ces cdeuxo infighes
faulorcz,furlefquelles le prince
d'Orange & les Etats Ge
eraux dans leurs Manifeftes
fonderent toute la juftice prét
tehduë de leur entreprife fur
IAnglererre ,foitque ces Prin
ceslesayent crû eux-mefmesE
oti quilsy ayent feulement
donne credit. Ces deux fauf
fetcz font ine Ligue du Roy
dAnglecerre avec lasFrance!y
&un prince de Galles fuppofe.
Pourla premiere yils onti på
eltre furpris par les Miniftres>
qils avoientidans les Coursh
Etrangeres, lefquels n'eftoiene
qetrop fujets a faire
auuprés.de leurs Maitres lente
proptes rêvericsipour descora
titudes;maisle temps &lafàite
desaffaires ont fufhifamncnt
G 3
MERAO V RE
découvertCOmbien cette on
jeture ftoit vaine en no0s
faifant voir cequeile Roy
d'Anglctcrre fouftritd'abord
fautelde fecóurs,qui nelluya
roient pasmanqu, sil euft ea
des liaifons réclles ayeclaFrancclorsquil
futattaqu pàr le
rince dOrange. Auli lUiur
pateur gui n'eltoit que strop
infofme de tout cc quie pállot
dansle Conleil de Sa Majolté
Britanniquc, ne craignit hullement
iquc fon entreprile
trouvaftquclque obftacle de del
colté1à. Cetapparemmentce
qui lempêcha ide aireidáns
fon Manifete aucne mention
deicette alliance pretcndus
peut-etre quil ain: mienx
laifer aúx Hollandois lefoin
de debitercette impofturcdns
celuy quils publierent cnleut
HGALAN T,
nom spor excitersdayantage
contrciles deux Rois la hain¢
desConfcderez. ioy 10
bnAu rete; poun eftre pletnement
convaincû qucceltoit
une pure vifion il:cne faut
quinterrogerlà-de fus le Conite
de Sunderland alors pre+
mier Minitre du Roy. Tout
<efclave. quil cft aujourd'huyi
Prince d'Orange,il noferoie
direfe contraire. at alab
JyPour ceexqui cftde ala naiG
fance du Pirnce de Galles ce,
feroit faire affront au Chrif>
tianifme g &&des honórer les
Tetes Couronnéesi que de
rcroire capable d'une telle fuppofition
un Prince auffi: religieux
qucle Royd'Anglererre,
&desimaginerquc la Maifon
zrd'Auftriche fuft affez foible
ipourajo îurer foy à une fiion fi
G 4
MERCVKE
peuvray femblable odqu'elte
fuft afez méchante} pour ap.
Puyer une cálomnie fi hoif
Cet déja trop pour lei Roy
d'Efpagne, &rpour l'Empe
rentrde s'eftre unis d'inté!
refts avei un Prince anibi
cicuxXBqui, deicete Fabl &
de cette impofure diaboliqie
afait le préteKte de fon ufit! pation,E29 3H0Ta
UPeut eftre que ccs bons Prin
cés croirontfe pouvoirdéchar
gerdublâme d'eftre mlezaved
des Heretiques,dans ünc Ligi
quc la Francena pas mieux
fair'y ctant cntrée dahs pla
fieurs Ligues avec les Prote?
Itans, máis -cela ne les fue
pass car pfemieremenrquah
la France feroit en cela coti
pable,on n'et poit jhftife
Darles fures d'autruy. Sccon
GA LANT. S3
dement, laFrance n'elt jamais
ree dans une Ligue ou il y
cuftun Roy Carholiquc depof
fedé pourfaire placeà un Vírpatcur
Herctique. Troifémnement,
dans lesi Ligues ou les
François ont efte avec les Hereciques
ils ctoient toujours
fupericurs en forces : de forte
qulnyavoit point de danger
ny pour eux dêre maiftrifez
parleurs ConfedereZ ny pour
aReligiond'etre accablée par.
lHereie. Je voudrois bicn qu'à
cecte heure l'Empcreur & le
Roy dEfagne cn pufent dire
autant, mais que le monde jage
qui eft le Maiftre dc la Ligue
où lEmpcreur qui vit tranquille
à Vienne & le Roy
dlpagne qui vit de même à
Madrids ou le Princç dOran-
8,quicftà la tete de foixan=
G S
i54 MERCIVRE
te milleihomnesien Flandre,
&les Elcteursde Saxen&&ido
Brandcbourg s qui ont de puil
fantes Acmées fur leRhin,ph.
eAjoûtons ,a cela les forcés
Mar itimes de lAngleterrei&t
de,la IHollandc & ce que cos
deux Etats ont dargent pour
foutenir les frais de la guerr,
&fongèons un peu où tout ccla
aboutiroit en cas quils puleit
redusrela Erance aitx ccrmes
Projstezà la Hayc.sCroit-oh
qapréstant dintrigues &de
moyvemens,le Princed'Qran
ge fuft dhumeur ià cquitterli
Flandres qui ct-i, fortràa ia
bien-fcance, & donr il fe peur
faire unebellcSouvcranetécn
la joignant, avec la Hollandey
agyey souc femble le difpolen?
Il feroit bien valoit alons fes
pretentions , && les appuyerot
GALAN T. s
fansdotute furundroi dátquifitionayant
tant dépenfé pour
gui poirtar
devroitdonner un peuà penfer
zalEmpcreury carfiles affáires
côn venoicntla, ilferoîtobligé
d'avoip degrands ménagamens
avec les Princes Proteltans fes
Voifins yqui feroient foutenis
dun fopuifant appuy de leur
29nMais x«quand on confidere
Ieminente pieté de Sa Majeé
dmperiale, que le Ciel a ré
componfe d'unciinaniere i
CXtraordinaire paf cettedele
Vrance prcfque miraculeufe'de
Nienne,au Sicge qucles Tires
cnfircnt eh 683. &cn füite
paritant de Vitoires rempor
téesg par tant de Plhces coiqu
fes furlce fier cnnemy dunom
Chrêcicns quand, dis-je'j o G6
MER CURE
-confdetresloes (chafesiplon e
peucpasroire quelEmpereut
foit méconnoifant de (tant de
gracés ;»mais on jugeu plutoft
2quil aura autant defoin des
interefts dë la Reigion; quc
le Cielen a eu deceus delEm:
pire, Sal piet & fon ele fe
reveilleront apparemment a là
voix du Souverain Pafteur,lors
quitlexhortera de ne plis en!
tretenir Üne guerre, allamee
dansle fein de rla Chrêtient)
mais.de rompre ce, commerco
aveciles:cHeretiques, fifarala
laiReligion de confpirci a
nettre la Paix cntre les Enfans
do l'Eglife &de pourfuivrclal
guerre icontre les Turcs; quc
lal Providence par uno lo;
e tci de Victoires fömble,
avoir livrezipour, étendro
ainG lès limites du Royatumo
GALANTI
du Sauveur du monde,&cipouir
cmpêchequeles Ottomans ne
faflent plus dorefnavant de ra
vcagoess d Canshlersê Tteirerens sde,si Piirpin
o1Ouctele devoir d'un Empe
reur 'des Romains sde veiller à
laconfervation de la Religion
Catholiquc Romaine , & celay.
d'Enfant de l'Eglife,de prefter
l'oreille, aux avis paternölszde
Sa Saihteté , à juger fainement
felonila conjonhure prefent
dos affaires de l'Europe,iln'et
pas. moins defon propte interetyque
de celuydela Reliel
gionn quil s'accorde hvec a
Fvance par une bonne Paix & quil poufe enfuite vivenent
leTirc Mais le mal elt que le
deftrde fe vanger des François
&&lefperance d'en venir àbout
fondéc fur le grand nombrcde
MERICIURE
leiur Oohfederezjiontitelle
mentnébloüyi fesl Miniftres,
quils ne peuvent regarden de
fang froid, ny leimallque h
Ligue a fait a la Religion, y
le peu d'effet qu'clleca ct; &
qu'clleaura probablcment cortrela
France;quils ne peuvent
mêmet difcerner leiveritable
intereft.de lcur Majefté qui
eftd'acterrer une bonne fois
ehnemy du nom Chrêtien,
qui a mis ffouvent l'Empire
å deux doigts de fa ruinc. Car
y. a-t-il, chofc aui monde qui
puife mieux érablir ala grana
deur de la Maifon d'Auftr:
che, que de bien afermin fon
Royaume de Hongrielavec
toutesifes dépendanes yafin
que Viennein'cftantplusifron:
tiere, elle foità janaisle centre
de ces Erats : Mais celh ne
IGALANT!
e peut fairea coup fcur qu et
continuant la guerfelconrele
Turd, & cnneuluy donnant
Pone de relache pendant quil
cft foiblel & abart d'antant
qiue fi on donne unc foisd ce
afte Corpšde tempde fefpirGD
& de le reconnoiftreo
quc maladequil foit àprefent,
ilpeuc ayec un pewde repos
reprendre fes forcecs, & deve
niranfifort & aufRredoutable
quil ait ljmais efteau st op
aJe fçay bicn quc de telles mefuresiIne
feront point au goutt
des Princes Proteftans dAlle
magné,ny conyenables aux va
ftes deleins du Prince dOráge.
Ces Princes ont toijours efte
parle paffe, & feront cncore d
l'avenir ydes quils cn auront
l'occatony laufi jaloux de la
puilance Imperiale ,quils le
160 MERCVRE
lont aujourd'huy de la,
deur de la France S musjclp;
re qu ils n'auront point dafcek
dant ur les Confeilsde Sa Ma
jefté Imperiale; & qu'Ellefea
convaincuë,pour peu quElley
penle squ'en fon particulier
Elle a plus rifqu & plus perd
en perdantBelgrade && Nice,
qualle ne gagna à la, prife dg
Mayence &de Bonne. Je, crois
même, qu Elle fera rcfexion
que le Royaume, de Hongtiç
vaut miCux que deux ou ro
Places dc plus ou de moins g
le Rhin, lefquelles pcut-çltrg
on pourroit avoir à melleun
marché par un Traité de Paiy
que par a continuarin del
Alégard de la Courgnng
d'Elpagne sporçavoir q4e}
ayautageclleipourroir rallogm
GALANTI
sablement attendre dela con)
tinuacion de la Ligué, & de la
gùerie avec la Francel, il fatit
dconvenir de celuy qu
eft t prefent le Maiftre de la
Flandre, fi cetle roy Catho
lique ou le Prince dOrangel
Lidecifion de cette quefion
ctaifbe. Les Troupes du Prin
ce dOrange font en garnifon
dans coutes les grandes Villes;
i1aunpouvoir abfolu danslAt
méey il donne les ordres par
totit en ce Pais-là, aufi fouve
rainement qu'aucun Roy d'E
pagne lesipotutroit donner, y
fAit-il en perfonne. C'eft là te
que tout le monde reconnoift
pouf des narques affuréesd'un¢
autorité Souveraine ; de forte.
qie' la Flandre quila co ûté tant
d'anhées de guerre & tant d
milliöns pour la défendre conI62
MERCVRE
Gre la Francc, &ila Hollande
cft tout dun coup livre cnte
les Dains,du Prince dOtange}
peut-eftre en reconpcnle.des
bons fervices que fes Ayu
ont rendus a lElpagne.ó cat
pourles iens s on ne voiv pai
çe quila fait jufguà prefentah
faveur de cete Couronnei,i
on nc yeuE luy comptcr polit
ungrand fervicc d'avoir lo4t
prendre Monsa fa veuöd4voit
mangé tour le Paysla derniere
calnpagne,fans gagher un faul
pouce de terre url'ennemy*
d'avoir cucnfin foixante:doze
de fes Efadrons cntiercinent
défaits par vingt-huit desFran
snMais Pouri parler foricul
ment, ileftinconteftableque
la Ligue & la guerre conEre la
Erance doivent avoirleurçours
GALA N TMI 6
jufqu'au bouty toure l'afaitc ne
fe ternminera qu'aux dépens du
Roy d Efpagnc. Car lne de
cesdeux chofes arrivcra infail
liblenient; oule Roy de Fran
cey ou le Prince d'Orange fera
alorsle pofefeur de la Flan-
1 Mais diront les Minilres
Efpagnols, fle Prince d'Orange
gagnela Flandre, cene fera
que pour nous la rendre;aulieu,
queifi le Roy de France ch deA
vient le:Maiftrc, la volà per
duë pour toujours. On nepeut
railohner plus jufte): car enin
le Prinçe d'Orange à témoigné
fire grand ferupule de retcnir
ce qui ne luy apparticnt pass
Oependanti on aflure, que ce
que les Proteftans appcllentla
lumiere de l'Evangile:s com-!
mence à fe répandre dans les
164 MERCVRE
Provincesi de Brabanti&do
Flandte&rque> tous les jour
ibsiy fait quclqucs converRons
a leuf node:s cequi nerito
bien d'eftre confideré par:S4
Saintét , & qui n'eft pasiindi
gne des reflexions de Sa Majel
té Catholique,ohio) ao
is Enfih fuppofons queles Prin
ces de la Maifond'Autriche
fullent cintre2 d'abord dansket!
te Ligue:àvec les Heretiques
fans bleferleur confciencey &
fans autre deffein que delfe
deffendré concre la Francey de
recouvter ice qu'on avoirpris
fur eux:Sitoutefois l'experien
ce leurfait voir que la Religion
enadéjaextrêmemenofouffert
quclle court) riqucs de plus
grands malheurs, 8& qucotost
Ies coups quils portér ontre
la France fans la concherj t8
GALANTH
tomberontfurlEglife, quiceh
clt:dangerenfement blefie.ci
pluieurs cndroits , cetà dirc,
cu Angleterre, cn Ecoffe, cn
Irlande ,cn Flandre &en Iralie
fctont-ils ilcxcufables, devant
Dietu. yisils perfeverCntldans
une Confederation f funefte
enfes cfets, au licy d'écouter
le remontrances du Saint Pere,
&de fongerà la Paix, comme
àlunique rcmede "de tousles
5\En.dernier lieu, il me femble
quç ces Princes fedevroient>
D pouéxaminer fur la pare
quils ont euë dans linjultice
quia cté faite au Roy d'Angle
terre. C'eft à cux de voir sils
niont pas unjute fujot d'appre
hender. là-deflus des reproches
duscofte des-hommes, & des
châinens du cofté de Dicu, à
1661 MERC VRE
moins que den faire une repa
raion convenable; car il ctd
craindre quc lon ne mette fir
leut compte toutes les Ames;
OL perverties, ounn conver
tíes, tout le, fang des Prêtres
&ides aüeres Catholiques, quil
fera répandu un jour dans co
Pays là , ou l'ancienne perleA
cution, qui commence deja
fe renouveller, De Manqiera
pas de croiftre avec l'autorite
de 1Ufurpatcur, jufqu'à fuire
revivre les Loix (anguinaires
La fubtilité de leurs Cafaiftes
ne leur fervira de rien au tribus
nal du Souverain Juge. Celk
là que le Chef & les Compl:
Ces porteront la mêmo peinc?
T'un pour avoir entrepris le
Crime , & les autres poun ne
s'ycQtreu opna sn oep cproofjeezp. arHs iabuto r1e9lt1e5
GALANTM 167
que ce foit lesi feuls interefts
da Royi dAngletorre qui me
falent parler de cette forte:
caren verité la chofeeft de
bien plustgrande importance
paur cés Princes, que pour luy
Ilniy, va à fon égard que de l4
pere d'uneo Couronne tem
porelle yau lieu qu'à leur é
gard il s'agit de la perte mes
nedeleur Ame,&td'un Royau- mer éternel,vNAbt
Quoy que rien ne foit moins
galant que de parlerde remcdes
dans iune Lettre comme cees
quejevous adrele rous les mois
haimoins l'utile deyant l'empotter
fur l'agreable ; je ne
Içauroi m'empecher de vous
Parler de celuy qui a efté mis
CRvogue par M. Miracle, Off-
Cier ordinaire de la Mufique de
la Chappelle du Roy. C'eft un
68 MERCV RE GALANT: 169
Baume pour les Rhumarifme; ini, Nonce Extraordinairc de
dont il a feul le, fecrets & Sa Sainteté, qui eft mort le4
dont la bonte, rerentit daus de ce mo1s,Il eftoitFils du SecoutVerlailles,
Mille geng nateur Matteo, dune des predignes
de foy afurent miêres & plus ahciènnes Fa
perfonne ne s'cn clt fervy, qui millcs dc Florence;rou fes
pen ait efté guery & memç Ahceftres ont poffedé lès plus
di promptement que ceuX inportantes Charges dans là
quien ont ule ont regarde leut temps qu'elle cftoit gouvernéb
ml comne un fonge, Les Ru- eh Republique , & encore dematilmes
ayant efte frequenpeis quellc eft pafee fous la
cette année à canfe du long H: órnination de fa Maifon dè
ver & de la quantite de neiga Mcdicis, Aprés avoir fny fes
qui eft tombée,ce remedesclt étides dans les Colleges dc
trouvé dune utilité fort gran Pife 8< de Parnie il fc rendit
de. C'cft, ce quia achevé de lela' Cout de Rome ,ou lePape
nettre dans larepucation ou! Alexandre VIL lleva à la
commence d'eftre depuis quel Prélature, avec le titre de Reque
temps. ferendaire des deux Signatures
de Grace& de Juftice. Pendant
-La Medecinc n'en a p four; ePontifcar, 8%fous ceux de
Dlr aucun qui ait eu effet dans ClementIX, & deClement X.
da longuc maladie de M,Nico: ibcut fucceffivenmcnt divers
se lini, H
MERCURE GALAN T.
Gouyernemens dans l'Etae eplaudiflement de tout lemonclefafiqae
,def à dires dutdelpar la manicre dont il sacles
Villes de Tivoli, Fabrapquicra de cet employ. Alexan-
Camerino & Afcoli, &shcau dre VII, ayant ctt élevé a la
partout une etime gencrile. Chaire de Saint Picrre aprés la
Clement X.le fit venir cnfuite mort d'Innocent,le homma fon
à la Cour, &le mit au Tribg Nonce en France. Il arriva à
nal de la Congregacion deh Patis le 2 5. Novembre n690.
Confulte. Ihnoccnt XI, le nom & cut le lendemain une auma
fon Vicelegat en Avignon, dicnce particuliere du Roys
où il demeura neuf ans , peI- mais la mort du Pape qui fudant
lefquels on eut tout ujevint, la longucur du Conclave,
d'admirer fa prudence &a k divers aucres accidens l'ayt
conduite. Sa Saintetb layat0bligé de differer fon entrée
detiné aprés cela à aller exct- publique, il ne la put faire que
cerla Nonciature de Portugal, 20. Novembre de l'année
il fat facré aiuparavant Arche- dernicre, Elle fe fit avec beauvefque
de Rhodes dans IEglife coup de magnificence, & deux
des Jefuies d'Avignon, & fut joursaprés il fut adnmis à l'Aureceu
à Libonne avec torts les dienco publique de Sa Majeté,
honneurs quil pouvoit attti- guile reccutde la maniere du
dre. Il pafà quatre ans S demy monde la plus favorable. II
dans cette Cour, & merita lap tomba malade au comnence- H 2
172 MERCVRE -ment da mois pálë,& fon mal GALANTubA73 e la Chre-
-redoublant de jour en jour,lan; Henre. Sa Majefte luy aya
ait foft plus grand
tienté.
tience le fouffir;il i chyoye M. Fagon premier
LuccombaRinde la feuc Reine &
enfin a la violence dune fievrc des Enfans de France, 8qu
de trente jours, Il voulutctreDrofe fe 1a Medecine avec un 1
ehtcrrélansaucune pompe, grand fuccés quil y faut ajol
fut porté à lEglife des Capus tet foy.
cins de la ruë S. Honoré, qulvous cnvoye une Lettre
avoit choifie pour eftrele lteu de M. Amclot Ambafladeur.
de h fepalture. Il eft mort for, du Roy en Suille quil a écriregreté
à la Cour, & de çout, te de Soleurre
ce qu'il y a d'honneftes g aux Treize
Cantons, cn datte du 9 du Paris, 1lavoit conceu unc tello mois pafl. Vous fçavez quclle
ecoftnimnoeif lopiot lu'arr dlee uRr o&y l ed zocnlet ,reputation il s'olt acquie dans
tolites fes' Ambaflades , & aveç
pour fleas v ienrteitarebfltes Rpaetligon combien de prudenceil vieng a
n'auroient jamaisppraerveaicluu lcieorp, bilofeu tm dee1 teoútes les affaires dont
tre la juftice quil devoit a la
pictéde ce Monarque. Si fong Nspotsotso:9s
M
avoit pû remedierà fon pal
il travailleroit cncore prelcn Agnifques Scigneurs,,
Les braits quife fonHt re p;andns , 3
ig4 MERCVRE GALANT 175
parl'artifice des Eäncms du R rats gui ont part an gouvere
an fajet dEla vìlle de Genrve ament desdiff rens Etats qui com po-
Jant dha donné fujet d'aarerSeut le Suille, font trop éclairez
Particilier les loüables cautonfP4r ze pas connoištre avec une
Aliez de cette Vlle, des Fic entiere évidence , G Par mille
intentions de Sa Mat) ponr lt preuvesfenfbles de la bienveillanrepos
de tout le Cotps Helvetigoè c du Reg gue Sa Majslé defire
leur agsni miefme 'explignta 02 feulement d'entretenir, & d'an
7aifons folides qui doivent les ton gmnter, s'il ct polible , la bonne
vaincreque Genevt n'svoit iin corvefpond ance , mais cncore g
Ell prend antant d intere gue
la bonté & protèEt1on da 'Royi y'y pous mefnc à la parfaite confervacpbien
aie cntore de vout fih tion de la trAnqüilite feureté de
cönnoi flye à tons en general danla Anion de la Suilfe. ll ef certain,
Gia ordre du Roy , de vons en
ConjonTures prefentes les veritalltr
difpofitions de Sa Majgle poir allurersque la prife de Mont melian,
vons,yTe & ions les auiresfuccés dont il plai-
fe vous ay déja reprefentt tb 1a à Dica de continuer à beniz les
Axmes de Sa Majeté, ne tournerot
tant d'occaftons tout ce qui pouvoit
vous convaincre pleincment fir tt jamais. guà lavantage des louables
Cantons fes bons Amis , Alliez
fijet , qu'itln'eß pas befon dt voit
lerepeter isy en dèrail. Lei Mig G Confedere, fe doisH m e4fne vons
g76 MERC VRB 3GALANT, 179
dire de fapaie qucla conqugfe de gueje fait , toaterfortesd'avantacette
import ante Place ne change ges profperitez, ntnt sus2
vien linclination qu Sa Majelé Magnifiques Seigneurs,
G-cuë à faciliter une bonne pstx, Voftre tres afetionnéà vOus
Que fles ations de gucme , qui
femblene éoignées pat là de volt M E LOT.t
voiinage, vous donnoient encore
guelqua inquietvde de cccoléelh,Iy au roit caot de chofes à
&que v04s cruftz powzoin par dire fur la conduite, la bonté
uos foins procuter:la, paix de lti- &cla gencrofté du Royy quc je
Aepar u A0COmOdement de Sod. vous laife faire les reflexions
R de Savoyc avtole Roy, Sa Ma- -done cette Lettre fourDit ua
jeftd a tant de confance en von ample fujet.
defiretellerment de voas procurt 32Le Jeudy 14: de cemois M.
de, toute maniere wn plein repot, de Toureil;que jeivous dis la
guElle dopnera volontiers les maibs derniere fois avoir eté élu
a ivois accepter pour MedisCr! pour templir la place de Mr
eGarants diun paneil Traité.ce le Clerc à lAcademnie Fran
ce<que js n'ay pas voula difrerde çoife, y fut reccu fclon la cou:
DDUSfaire fpavoirs vons priant tume. Il remercia la Compa
delre. bien perfuades que 'om at gnic par un Difcourstourplein
Reukvonsfonhaiterplas fincercmcit deloquence ,qui fut èxtraor.
dinaircmcnt applaudy , && Mr H s
CharpentKE
Direteor,
luyrépondit par ün aucrc
luy marqua d'une maniere for
fne & fort delicate, que l'Att
demie en le choif6fant n'avoit
fait que fatis faire aaox intencions
duRoy, qul vouloit que
dans ces lortes d'Elctionson
rendit jutice au vray merte,
fans aucun égard aox brigucs.
Jc pourray vous en dire divantage
le mois prochalo.
Apresquc ces deux Difcours
eurenticte prononcez, M:
l'Abbé de la Vau leut une fuire
du Poeme de Mr Perrault,
iptitulé, La Creation du MonAt.
L'on trouva dés defcriptions
fort vives, comme onavolt fit
la dernicre fois,& cetue leture
fut fuivie d'une Lettre en Vers
& d'une maniere de Prologue
paltoral poar mertre cn Mas-
GALANT. -181
guc,l'un & l'autrc de Mr Boyer,
Ces deux Ouvrages rcçt-
TCDt beaucoup dapplaudiemens,
& firent conboiltrc quc
le bcau feo de l'clprit ncft
point lujct aux annccs.
sop Le7: de çe mois, Mrle Marguis
de Marignanes,Capitaine
de Cavaleric daps le Keg mcnc
Calonel . époufa dans Alby la
Fille de Mr le Crufol S. SolguCso dufeo
Germain de Mr le Duc dUGz
Toute la France fçait affcz l'ancieDneté
& la grandcur de cette
Maifon. Mrle Marguis de S.
Suplice et Fils d'uDc Scur de
feu Mr le Comte d'AubigeousidAmboife
,guidelcendoit co
o droite)igne d'Anicico,qui fuc
tait, Seigncur d'A mboife par
'Emper eur Maximin en 23T•
croit aifé de urerla foite des
H G
MERCVRE
ScigncursdAmboife degre par
degre,depuis cet Aniciep juf.
qucs a Pierre,fi chery de Lotis
XI, lors même quil n'etot
cncorc que Dauphin , & dont
il fut Chambellan & dépur cn
Italie POur accorder le Pape
a vec certains Princcs.Il époula
Anne de Bueil, Seur de Jcan
Comte de Sanferre , Amial
de France, & ce marage tur
parláircmcnr hcurepx , Puls
Dâouit Deuf En faos
males,qui oat elté tous r<matquables
dansleur tcmpsChat
les qui époufa la. Dame de
Chavigoy s Loüis , Evclque
d'Alby Ican Evclque de
Langres ; Emery, Grand Majt
ftrc de Rhodes ; Pierre,Evekio
quc de Poitiers Jacques, E
vefque de Clermont. 5 Jean
Scigncur de Buly,Hact,Seigai
GALANT:183
neord'Aubigcous,& le fameux
Cardinal Gcorge d'Amboifc
Mniltre && Favory du Roy
Louis X II: Outre ce Louis
d'Ambuife, Evefgue d'Alby,
1 ý cat cncore un autre Lours
de cette Maifon qui le fut aufi,
&et à ces deux Prelats quc
laVlle d'Alby cft redevable de
cette famcofe Eglile dédiée à
Sainte Cecile , qui palle pour
ube des plus belles e la Chre
tienté, & de plofeurs avtres
monumens de leur magoificence
& de leur picte. Aufi
lcs Habitan's d'A by oot-ils
une veneration cxrenne pour
les Defcendans de ceue illuftre
Maifon , && cclt ce qui les a
obligez de témoigner par diverfes
fetes & tejouiffapces
publiques la part quils pre
noient aa mariage' quc je vous
I84 MERCAVRE
apprens. L'Epoux & T'Epoafe
font fi bicD faits, & f dignes
l'un de l'autre, gu'on De doue
point qu'un mariage i bien
aflorty n'ait des ojes tresheurcufes.
Madame de Salicz,
Viguierc d'Alby , dont tous
des Ouvrages font i cimez,
a fait pour cux l'Epithalame
9uc je vous cDvoyc. 3
on cherche. vaincment cat
charmante Fille,
En qui brle te Sang d'une illyfre aoy Fami lle. he
Un jeanc Conquerant qui vu?
517endre bi ureuxe
L'enl ve à travcrs mille fax,
Tont a favorfé fon amourcafe atdaces
rend à fi
place
Une Femmc admirable, cn qui no
Tevogons
4 GALANT.
olo La Fille que noys rgretions.
Ele a fes agrémens yfes air,6
910ob fes manteres,ulpel
OScsycnx, fon teint , fes ln-
Et tous lcs fentimens de fes nobles
Dont la magnifcence eolate dans
Enfn, ces deux objets font ane
mofme chofe.
Voms,pour gui le Cielfait ceite Metamorphofe,
Epoux ainmable & fort une,
A quel comble de biens cstesLvORs
Voftre Eponfe , toujours adorablr,
fevcre,
Va marcherfur les pas deon illufre
Mere
Etvons allezgoûter , a gre de vos
30s deirs
"Un long enchaincment de jaye ,
de plaiirs, 0
186 MERCVRE
Mr le Marquis de Mari:
gnanes, qui vicnt dépoofet
Mademorfelle de Cruolde
Saint Supplice , et de la Fe.
mille de Couet ,originaire de
Brcfe, qui s'ct vcnaë rablit
dAllemagne cn ce Pays la &
Fils de Mr le Marquis de
Marignanes & des lsles d'or,
Baron dc Velaux , Bornes,
Saint Ganat, Seigneur deVi
trolles, Coudoux ,la Bourdonnrcre
& aurres Gouver
neur pour le Roy des Islès&
Fortcteles de Porte: cros &
de Levant ,&&quia cté deux
fois premier Procureur dp
Pays de Provence. cmploy
guon Dc donne gu'aux Gen
tilshommes lcs plus diltingucz
de cette Province. ll ävoitpoule
en premieres noces ün6
Fille dela Mailop dc Porcelet
GALANT. 87.
Scurda Marquis de Maillane,
quicltmorte (ans cofans, & il
époufa cnfecondes 9oces Bian.
che de Scycrcs de Laumons
Nicce du Bailly de Laumons,
Amballadeur de fon Ordre à
Romc,quiclt mor, tenantl'Auberge
deProvence, Dc ce mariage
font fortis deus Filles &z
deux Garçons. L'aifpée des
Filles à cté mfarie à Chatles
Grimaldisd'Antibes, Margais
de Cagpes, de, la Mailon des
Princes de Mopaco , &la Cadete,
à Philippe Guillaume
de Grammoot de la Mailon des,
Grammont de Bearn. L'aifpé
des Garçons ct M.le Marquis
de, Marigoanes , dont, je vous
Parle, Le cadet et Licutepapt
dans le. Regiment des Gar
des Françoiles. Lent grand
Pcre cftoit Marquis de Mari
188 MERCUC E
gnancs j) GOuverneür pouT
Roy de la Tour de Bouc, lcz,
Martigues en Provence &
avoit aufi cfté premicr PrQcureur
du Pays de Provence
&& Coloncl d'un Regimept da
fanterie. Leur silay cul ctoit
Confeiller carde des Sceaux
au Parlement d'Aix en Pro
vence , qu'on apelle le Baron
de Couct Baron de Trets , de
Sillans && autres Places. Lcur
Trifayeul le Baron de Coücts
aui Baron de Trctz , fut MC;
tre de Camp des Arquebu:
fiers à cheval de Provence ,&
chaft de Marfeille par Calaux
pour avoir efté idelle au Royi
comme il en c fair mention
dans l'Hitoire de Provcnce
C'et luy qui s'et venu érabir
le premier dans cette Provincc,
où il aivit le Duc de Sa
GALANT 189
vore dans l'echange qui fe he
dela Brefe avec le Marquifac!
de Saluces,&& il a fae la braoche
de Provence.L'autreclt
demeuréc en Brefe C'et celle
de Mrs les Comtes de Montri
bloud qii frent un des plus
beaux partags dont on ait ouy
parler depuislongtemps cntrc
des particuliors,l'un des Freres
ayant eu les terres en deça, &
lautre les terres en delà du
Rhône. Iean de Couet, Comce
de Montribloud, Capiraine de.
cent hommes d'armes,fe diftin
gua au Siege de Rouen où il:
cotra le premier par labréche
I'Htoire de Mezeray. La
Grand' Mere cltoit de la Maifon
d'Efcalis de Bras , des Baronsd'A
o louis en provence i
lasifayeule de la Maifon de
Graffe,illutre en PrOVence,&
199% MERCVRE
la Trifay cule de celle de Vil.
leneuve des Marquis deTrans,
de cette mefmc province. Je
ne vouspatle point des allian)
ces de cette Maifon,qui lontles
meilleures de provence. btd
Voicy les noms de plufieurs
perfonnes confiderables de lan
&& de l'aure fexe, mortes de-
Pispeu de temps. y en aone
Partie dont labondanc de la
matiere m'empclcha de vous
parler des l'aucre mois.
Mcire Philippes Cirus de
Torcy, Comte de Torcy, Sei
gneur de Torcy, le Mont Chevenclles
& autres lieux , Lieu-;
tenant Coloncl du Regimenr
de Cavalerie de Bellegarde. Il
étoir ils de Philippes de Torcy
Sicur de la Tour Licuten
General des Armées du Roy
Gouverneur. de Dieppe &
GALA NTM
d'Arras, &c de Silvie Angelisl
que dël'Hofpiral dela Branche
de Sainte Melinc. Il eft mort
fans alliance. Son frere ainé a
époufe Marie Françoife-Eliza
beth del'Hofpiral, fille dudefu
funt Duc de Vitry. Torcy porte
de fable à la bande d'or.súnotig
Mademoifelle Elizabeth de
THofpiral de Sainte Mefme.
Elle employoit touo fon temsi
au fecours des pauvres &à dif
& vorfes alions de piete
clkoit foeur de M. de lHofpital
, Comte de Sainte Mefme
premicr Ecuyer de Madame la
grande Duchefe de Tofcane;
&& cy-devant premier Ecuyer
de feuë Madame la Duchefe
Doüairiere dOrleans, Ils defcendent
d'une branche cadette
de l'anciennc Maifon de l'Hofpital
, ifluë du Sieur del'HofpiMERCVRE
tal de Sainte-Melme,mort des
bleleures quil rcçut au Sicge
de Payie. Cette Maifon del.
cend d'Aloph de IHlôpital,
Seigneur de Choify & de Sainte-
Mcfinc, dont le fils aifné,
Jean de lHofpital, Comte de
Choify époufa Leonor Stuart,
dont eft venu Jacques de I'Hol
piral, Marquis de. Choify,
Chevalier des Ordres du Roy
Gouverneur && Sencchal d'AtvCrgne
,& Chevalier d'honneur
de la Reine Marguerite ,
quiépoufa Madeleine de Collt
Gonnor d'où font iflus les
Marquis de Choify, Comtes
de IHofpital & Barons des
Cordou. François de l'Hofpial
Seignenr de Vitry, époufa Aine
de la Chafrc,flle de Clatde
, Baron, de Maifon-Fort,
dont clt venu Louis de l'Hol
GALANT. I93
pital, Marquis de Vicry, Chevalier
des Ordres du Roy, Capitaine
des Gardes du Corps
de Sa Majelté, Lieutenant general
des Comtez de Champagne
& Brie, & Gouvcrncur de
la ville de Meaux, qui époufa
Françoife de Brichanteau de
Bcauvais -Nangis, dont il euc
Nicolas & François de l'Hofpiral,
Marêchaux de France, &
trois filles dont deuxfureut mariees
aux Comte de Charlus
& Marquis de Perfan, & la
ttoifiéme, Louife de lHofpital,
fue Abbele de Monciviliers
Nicolas de l'Hofpital , Marquis
de Vitty & d'Arc, Comtcde
Châceauvilain, Bailly de
Meaux, Capitaine des Gardes
du Corps du Roy, arrefta le
MarèchaldAncre, par l'ordre
de Louis XIII, quile ft Mare194
MÉRCVRE chal de France en 16i7: pús
en 1619 Chevalier de fes Ordres,
Eni632.il fut Gouver.
neur de Provence, & cnfuite
on luy donna le titre de Duc
de Vitry. Il mourut en i644,
Doyen des Marêchaux de
France &t avoit époufe Lucrece
Bouhier de Beaumarchais.
Il en eut feu M, le Duc de Vitry.
dont le fils eft mort fans
alliance && des illes. François
delHofpital, frere pifné de
Nicolas, Dnc de Vitry , Sct
gneurdu Halier Comte de
Beine & de Romorantin ,2
cfté Chevalier des Ordres du
Roy, Confeiller de a Majelt
cn fes Confeils & d'honnear
en a Cour de Parlement de
Paris, feul Lieutenant General
pour le Roy cn Champagne
&c Brie, Gouverneur &
Licute
GALANT. I95
Lieutenant general de la ville ,
Pievôté & Vicomté de Paris,
auparavant Gouverneur de
Nancy dés l'an 62 1. Ilfut
Capirainc des Gardes du Corps
du Roy, 8 en i643. Sa Maje-
Réle fe Marèchal de Frand
Il mourut en i66o. &eft connu
dans lHitoire ous le nom
de du Halier , quil portoic
ayant quil, cuft leBaton de
Maréchal. Il s'acquit une grande
jrépuration à la baraille de
Rocroy , où il fut ble le , au.
Carelet, & cn divers autres
lieux d'Allemagne Flandre ,
Iralic ,Franche-Comté & Lorrainc.
Il n'a pas laifé d'enfans.
Cette Mailon de l'Hofpital,
qu on prctend originaire de
Naples , porte oartelé aa premT
d Anjou , Naples, Steile , a8
-Jcond d drragon , an Broifpeme de
Frurier. 1692.
196 MERCNRE d GALANT. 197
Brichantean au qarnicme dt Iableant , de St Benin, Menetou
chatre, & or le tont de l'Hpi: & autres lieux,mortâgé de 7s
tal gui e de guenles au cog d't- -ans en fon Châtcau de Margent,
armé & trefe d'or,foñtennt Simoule prés de Dreux, & rede
fon pied droit un toufon chargt greté generalement dans fa
sd'une feur de lis d'or. Province, tant des riches quc
tioMr André Chevalier, Mar.des pauvres , à qui il fervoi3
Squis de Saint Blimont,Seigneur ide pere n'ayant point de
de Pandé, Caon, Goüy,Erte- plus grand plaifir quc de cherbeufSalnel,;
d'Enneville, Uron cher les foulager. Tl avoit cté
Armuncourt & autres lieux, à Malche & apres avoir fait fes
Il avoit prisalliance dans la fa- Caravannes, il nevoulut point
mille des le Tonnelier de Bre- -faire fes veux, Il eutlhonneur
teüil , qui a donné des Con- deltre Page de la bambre de
trôleurs GenerauX des Finah- Louis XILl. & fut fait cnfaite
ces, Confeillers d'Etat , Mal- Lieutenant des Gardes otù il
ftres des Requêtes , Intendans lervit pluficurs années , aprés
de Juftice Confeillers au quoy il fut Gentil-homme de
Patlement, GrandConfeil , & la Chamlbre de feu Monfieur
aux Compagnies Superieures le Duc d'Orleans, & ayant Meffire Antoine de Gui- guitté la Cour, il nc fonlon,
Seigneur de Marmoule, gea plus quà cravailler à l'afdu
haut & bas Garnay, Cham- fairede fon falut. Jacques de
Guillon fon pere Mailtre des
I 2
i98 MERCURE GALANT: 199
RequeftesJSurintendant de l:. de Grand Maiftre de l'Artille
fice en la Generaliréd'Orleanmric pendant douze ans. II épou
cut le brevet de Confeiller a Geneviéve de Foneenus ,&z
d'Etat,fous Louis XIIL. & laifla ch eut François & Jacques.
cntrautres enfans de Louife de Erançois de Guillon fon aifné
1'Epine,pctite flle de M.lcPre. Contrôleur de lArtillerie
fhderBailler,Charles de Guillon ifla un fils,qui fut eué au Siege
Confeiller Clerc au Parlement dela Mote cftant Capitaine aux
de Paris , Jacqucs de Guillon, Gardes, & deux flles , dont
fecond du nom , Confciller anaifhée époufa M, le Comte de
ParlemeDt de Rouën pendant Treville, Capiraine - Lieule
(Semeftre , & cnfuite Pro- tenant des Moufquetaires du
curcur Gencral au Parlement Roy. L'autre fut Grande Prieude
Dijon, & une fille marie re del'Abbaye de Chelles. Pierà
Mr Vauclin , Scigncur des re de Guillon , fon Bifaycul,
Yvereaux , Intendant de Julti- Commilaire ordinaireenlArce
enLanguedoc,dont le Frere tillerie deFrance , Lientenant
eutlhonneur d'êtrePrecepreur de Mr de Biron, Grand Maiftre
du'deffunt Roy, Marcellin de de l'Artillerie dans les ProsGuillon
fon Áyeul, Contrö-Vinces de Lionnois , Dauphileur
General de l'Arillerie, ne, & Qontrôleur ordinaire
fut Chevalier de lOrdre de des Gucrres , fut pere de Marfaint
Michel, & ft la Charg olin dontje viens de vous par- I3
200 - MERC VRE
ler & dePierre, fecond du nom,
qui fit lh Branche de la famille
guieft encorë a Lyon. Ilfervoit
en i 524. fotis François I. Ily
a eu un Eftienne de Guillon;
Prefident au Parlement de
Grenoble en 1429.Antoine de
Guillon, dont je vous apprens
lamort, a eu plufieurs Enfans
1gavoir,Simonde cuillon,mott
Page de S. A. R. Monficuts
Antoine, qui cfant devent
l'ainé par fa mort renonça1
monde. , && fe fit Religicux de
Saint Benoilt de la Congrega
tion de Saint Maur ;Leonarq
quiayant cfté Page dellagrande
Ecurie, & Capitaine:Exempt
des cardes , a cftt forcé dabandonncr
le fervice à caule
dune grande blefure receuau
cõbat de KocefbergiJ. Leonard,
quiere Page de la petite Ecuri.
du Roy; Barbe de cuillon, ma
GALANT. 201
ice à Meire Urbain de Tilly,
dela Famille de Blanc, Licutenant
Coloncl du Regiment de
Cavaleriede crinant, & Marguerite-
Françoife,qaia époufé
Monfieur delaRoche Seigneur
de la Chapclle , Capitaine au
Regiment de Grinant , dont
le Pere qui cftoit Aimé de la.
Valléede la Roche, a commandé
le Regiment du crand Maitre
Mr de la Milerayc. Guillon
porte d'azT aufautotr d'or , pour
fupports deux Pelicans,& pour
corps de Devife , un pelican
qui fe tuë pour nourritfes petiS
avee ces mots , Mibi nonfam n4-
Dame. Marie Vallée Bar-.
rcaux, Veuve de MefirePierre
Violer, Prefdent en la Quatiéme
des Enqueftes. Elleroit
Fille de Fc Mr des BarrcauX I 4
202 MERCV RE
Preidentau Grand Confeil, &
de Dame Barbe Dolu, &alai
fe Madamela Comtelle de Tilliens,
&& Madame la Prefidente
Taon, fes Heriieres. Elles
font Filles de' Dame Elizabeth
Vallée, a Sæur, & de M, du
Bouley-Favier , Miftre des
Requeftes.
M. le Marquis du Plefis-
Beliere, Gouverneur de Carmagnole
& de Suze. Il a fit
une infinité de belles adions,
&& joignoit la valeur à la qrudence.
ILa maniere dont i!
seft diftingué en plufcurs
occaftons luy avoit acquis une
grande efime dans les troupes
, & vous fçavcz quil a
Contribué aux grands avantages
que les armes du Roy ont
remportez en Savoye , & cn
Piedmont. II efoit Frere de
GALANT. 203
Madame la Maréchale de CrequiPerfonne
nignore quon ne
voit que des modclles de vertu
dans cette Famille.
M. le Comte dAlegre. Il
eftoit encore dans fes plus belles
annécs; & avoit époufe Mademoifelle
du Frenoy.Ce nom
ct fi connu , quil n'et ignoré
d'aucun de ceux qui connoifsét
les amours & les graces. M, le
Comte d'Alegre eft de la troifiémëbranche
de lilluftre Maifon
d'Alegre, qui a autrefois
donné des ViccRoisau Royaumede
Naples, La branche ainéec
dont eftoit feuë Madame de
Seignelay, eft d'Auvergne, &&
celt celle des Marquis d'Alegre-
Torfel, La feconde branche
cclle d'Alegre Coupigoy
du Quefnel , de Normandie,
8c la croiféme , celle d'Alegrc
204 MERCVRE
-Vivares, dontcftoit M.le Com.
TedAlegre qui vient de mou-
Madame Gourreauu de h
Prouftierc, Prieure de I'Abbaye
de Saint Antoine des
Champslez Paris , & Doyenne
des Religieufes de ce Convent,
agée de plus de quàrre-vingt
ans, Elle cltoit Fille de Mcfire
Jean Gourreau, Sieur de la Drouftiere
&& des Palluaux, Confeller
de la Cour des Aides, Seur
de Mefire Nicolas coutreau ,
Sr de la Prouftiere, à prefent
Doyen des Confeillers de rla
Cour desAydes à Paris,& Tante
de Meire François courreal,
fcur de la Proufticre, Confelller
Clerc en la crand'Chambre
du Parlement.C'eftune ancienne
Famille d'Anjou ,originaire
de Bretagne,dnt il y a cu PhiaGALANT.
lippe courreau,fieur de la Prolfiere
, reccu en I S 69.Maiftre
des Requeftes , aprés avoir clté
Confeiller au Parlement de Bretagnc,
époufa Antoinctte
Poyet, Nicce du Chancclier de
France.Gourreau de la Proufie
re porte dor à l'Aigle double de fa
bles axmé, bequ o couronnd de
guenles.
iú Dame Marie Madeleine le
Boitel , Femne de Mefire
Claude Bauflan , Maiftre des
Requcftes honoraire.
s Dame Marie du Frenay,Fcm:
me de Meffire Jofeph-François.
dErnochon, Seigneurde Lango
Treuilly, & autres lieux, Baron
de l'ancienne Baronnie du Pont.
Il fut receu Maiftre des Requetes
en 682. aprés avoir efté
Confeiller au Parlement , & au2e6
MERCURE
paravant Confciller au Chafe:
let de Paris.lisci89
Dame Rence Angelique
Rouillet de Beauchamps, Fem:
me de Meffire René Roland le
Vayer, Seigneur de Boutigny,
Confeiller du Royenla premi
re Chambre des Enqucftes du
rarlement, où il fut receu en
I687. Il cft Fils de feu M. le
Vayer de Boutigny Mailtre des
Requetes && Intendant de Juftice
a Soifans, & auparayant
durant plus de vingt annécs Avocar
aul rarlement, ou il fe fit
diftinguer par la facilité de fon
exprefion, & cctte loqucnce
qui ky etoitf naturelle, Sa Famille
et originaire du Maine,
où clle a donné plufieurs Liek.
tenans Geheraux en la Ville du
Mans, M. le Vayer, Maiftre des
Requeftes, & M.le Vaycr, Con
GALANT. 207
feiller de la Gour des Aides, font
de cette Famille.
oM, Chbarles Raviere , receu
Avocat au parlement en I 64s.
lagrande capacité && la connoif
lance parfaite quil avoit de la
Jurifprudence, le faifoient fort
employer. Son Frerea été Pro
curcar du Roy au Trcfor , &a
Socur a époufe M.de Montholon
Confcillerlau Châtelet , dune
brnche cadette de I'lluftre
Maifon des de Montholon,
M. Pijar, Copfeiller, Me
decin ordinaire du Roy, Do•
teur Regent, & Doyen de la
Faculté de Medecine de Paris,
mort le fecond jour de ce mois,
agé de prés de quatre vingt
quinzeans. IH futreça Doeur
en la melme Faculté , le neuviéme
de lanvier. i623. & il
l'a cté foixante-ncuf ans &
MERCyRE
plus, cltant devennle plus ancien
des Dottcurs de a Com,
pagaie,ledixine de Janyier
1671:latoûjours exercé fa profefion
avec beaucoup, dhon-
Cneur &de réputation, & avois
puifé dansles Livres üne lcien:
ce profonde, oùilsctoit con.
frné par une longue expérionce
auprés des malades. Il
connoifoit la propricé des tot-
Tmes les plus rares & les moins
uftez. de la Langue Grecque
& de laLati oe, & cltoit tres.
fçavant daos lcs belles Leircs.
:On doit l'ekimer, up grand
Medecin, puis qu'ila travalluDe
longuc vie.
taLesFrapçois coninucot toUjours
à remporter for mer des
avantages fort coniderablcs.
Sur l'avis qui fut donaé àgus-
GALA NT, 209
tre Vaieaux du Roy quicroifoientdepuis
plus de lix femains
vers le Cap de Fioiltere,
quune Flote de vingt-deux
bAtimens Marchands, chargez
de bled,devoitpa ferde Bribao
à Cadix clcortez de deux
Vaifeaux de gucrreHollandois,
I'un de cinguante Canon,
&& l'autre de quarante fx,
ils s'alombletent & prirent
leurs mefures pourlcs atiaquer
M. le Chevallcr des A ugers
Capitai nc de Hautbard qu1
com nandele Maure de s. Canons,
l'un des Vailraux qui
eftoient Venus à Brelt de Dua-
Kerque, difpoa de ceite forte,
ca gualité do Commandaot,
Jescrois autres Vaifeaux, qui
cltoient de 3o. à 36. Ca0ons ,
fçavoir, le Pali, le Seditieux
& TOpiniâtre qoe, commandeat
Mrs Serpaud, du Vignau
MERC VRE
& le Chevalier Damon. Les
deux premiers curent ordre
d'attaquer le moins fort des
deux Vail:auxde convoy, M.
le Chevalicr des Augerss'etant
relervé le plus gros, ayant ofdonné
à M. le Chevalier Damon,
de prendre le plus quil
pourroit des Vaifleaux Marchands
pendanc le combat. I!
fut forc rude, & ne finit qu'au
bout de quatre heures. M. le
Chevalier des Augers coula a
fond, aprés, deux bordées, le
Vaifeau qu'ilattaguoit & Mrs
Serpaud & du Vignau, en fi
rent autant du leur. Il n'y ur
que feizc perfonnes , dont le
Capitaine Croug fut du nombre,
qui échaperent de ces
deux VaiTeaux de gucrre. M.
le Chevalier Damon pric gra.
tre des baftimens Marchapds,
GALANT. 211
& les äutres fe fauverent a S.
Thomé, qui n'etoit pas loin
de là. Les Doftrcs fe retirent à
Roche fort avcc lers prifcs,
M. des Augers ayant perdule
Beaupré de fon Vaifeau, & les
au:res quelquc chofe des leurs
IIs font Capitaines de Fre.
gare.
M le Marquis de Nefmond,
Lieutenant General des Armées
Navales, n'a pas eu moins
d'avantage , puifquc s'eftant
Imis. en Mer avcc une Efcadre
de Vaifleaux, il en a pris quatre
Marchands Hollandois3
dont trois cltoicnt richement
chargez. Le mauvais temps l'a
obligé de relácher à Belle. Ile ,
ou illes a amenez. Vous remarquerez
, Madame , que depuis
que les Ennemis ont renoncé
à la Paix , ils ont perdu vingt212
MERCVRE
cin Vaifeaux de guerre, fans
quele Roy en ait perdu aucun.
Ce que je vous dis clt un fait
conftancdontils font forcez de
convenir, On ne peut fonger
quavec beaucoup de furprile,
queles Anglois &, les Hollat:
dois , ayant efte plus puiflans
fur Mer que la Francc , avantle
fegne du Roy, mcfme quand
ces deux Puiflances n'eItoicnt
pas unics & quon les voyoit
agir féparément, ils foicnt a=
jourd huy contraints de luy ce-,
der. On croit ce qu'on voit, && on l'admire,ont
Tous les ficcles ont eu leurs
Heros. On pcut dire, quc le
Roy eft non-feulement celuy
defon iecle s mais encore de
tOus ceuX qui ont préced le
iecle de ce MOnarqiue. Le hauc
degré de gloire otil cft parvcn
GALANT.213
ayant faicretentirle bruit de fon
nom chez toutes les Nations du
monde, il ne faut pas setonncr
fon fouhaite de vor de fes Pottraits
par toute la terrc , & fi
le grand dcbt qui s'en fait s engage
toutes fortes -de peintres à
cn fure,& toutes fortes de Gra
veurs den graver.C'eft ce qui elt
caufe qu'on en trouve un f
grand nombre qui font f defgurez
qu'on n'y reconnoift
point le Roy, & que les Etrangers
qui croyent le connoitre fur
les portraits quils ont fait venir
de France , n'en peuvent concevoir
de juftes idées , ny trouver
dans fes traits tout ce quils
Promettent de grand && dheureux,
Ils ne feroient peut-cltre
pas fichez d'apprendre que de
tous ceuX qui ontcfte faits, ce
luy de M, Perfon a cté trouvé
214 MERCVRE
undes plus reflemblans pout ne
pas dire e plus. Celt ce qui a
caufe l'emprefement du püblic
pour enavoir. Lafirprife a cte
grnde pour ceuxquUi croyoient
quon leur en avoit envoyé de
la main de Monfeur Perfon,
lors quils ont connu que ce
n'eftoit qucjdes copies d'aprs
luy. La fupercheric a cfté poulfée
fi loin,que des Pcintres ont
ofé prendre fon nom pour debiter
de leurs copies. Ce portrait
avoit füt trop de bruit pour
netre pas gravé. IIlacftépar le
fieurDrevet, qui loge ruë S.
Jacques, prés de S. Sevcrin, &
qui cndonne les Eftampes pour
un cu. Les curieux qui louhatteront
avoir des premieres tirées,
ne doivent point perdre de
temps, sils veulent fatisfaire
leur curiofité fur le peu qui cn
'refte.
GALANT. 215
Ily agrand nombre de Me
contens en Angleterre,& la dif
grace de Milord Churchill à qui
Ie Prince dOrangé a ofté toutes
fes Charges,fait voir à ccux
i en fçavcnt le fecret, quclle
peur avoir de grandes fuitcs ,
puis qu'cllc vient de ce quea
Femne de ce milord , Damne
d'honncur de la Princeffe de
Danmarck,a cxcité cette Pri n
ccfle à fe paindre, de ce que le
Prince d'Orangene ticnt aucune
des promefes qu'il a faites au
Prince fon mary, dont Iunc êtoit,
de le faire Amiral,Elle a dit
en fe plaignant haurcment,que
fi clle avoit crcu que le prince
dOrange en cuft ufè de cctte
lorte, clle n'auroit pas confenti
au traitcmet quil a fait au
Roy fon pere.
2 La Cour d'Efpagne n'eft pas
plus tranguille, & la mefintel16
MERC VRE
ligence efigrande entre fes
deux Reines, que toutela Couir
ct divifee cn deux partis.Cha-
-cunfoutient f hautement celuy
quil a pris , que ceux qui les
Tuivent ont des rubans a leurs
chapeaux, qui font connoiftre
s'ils font dans les interclts de la
Reine Doüairiere, ou de la
Reine Regnante. Laat2
L'emprcfement des Irlan-.
dois pour pafler en France et
toujours le mefme , & quoy
qu on ny en attendit plus depuis
l'arriv de M. de Sarsfield
à Breft, il y cft encore vènú
deux petits Bârimens chargez
de fept à huit cens hommes
Ceux qui ont cxpliqué la
sdernicre Enigme ur la Lan:c.
te, qui cn cltoit le vray mot,
font Mrs Turrault de la Col
fonniere,Chanoine de S.Pierte
GALA NT. 217
du Mans, & mulin le jeune de
la mefme ville, Vagnard , du
Puits d'Anour,l'Abbé de Reilmiro
; F. Maroy, de la ruë de la
Harpe ; Coquebert de chez M.
du Catcl;le Chevalier Befnie,
de Bellair,cy-devant Capirainc
de la vieille Marine;le Gloiance,
Chirurgicn à Vannes en Bretagne;
Ricquct , Commis de la
Pofte de la même ville;& Lautent
Bouvier, Chirurgien auu
mène lieu;Serein, Apotiqtaire
chez Madame ; F.Mefier de la
Place S.Nizier de Lion; Etienne
de la Ru des trois peits
Ecus à Troyc ; Leger Commif
faire des Marèchauffées de
Chartres & Chalteaudun ; de
MOntfrery s le Petit , du grand
Turc, ruë S. Honoré ; le Bcl
cfprit du Cerfvolant de la mef
me ruë, C, Aujoulat, ffeur de
18 MERCVRE
laraume, Ren& Lorillat , L'Abbé
Pionncau; L'Ilaftre zonnard
de lHofel du Quefnoy,
C, Hutuged'Orleans, le Chevalier
Loibcl de la place Maubert,
le Triumvirat de rourg
cn Brefe ; le Comte de Quer-
-meno,f lAmant à loüer de la
ruë S. Martin, l'Eoncmi des
prejugez , de la ruë de la Tif
ferandric, le Beau tencbreux,
de la ruë de Jouy, le bon Beaa
pere du Chevalier de Balligny
& Horace, de la ruë de la Ce
-rifayc. Mefdemoifelles Ogier
du coin de la ruë de Richclieu,
Nanctte de la Croix blanche,
la Charnante nicce de Madame
de la Neuville, prochcle
jcu de paume du Rehmparri
Soiffons , Jeannetón Gucriant,
de la ruë des Lions , aber
Petit, de la rue MOntmarte;
GALANT.
la veuve Heron, de la ruë Simon
le Fránc, le Bas , fon Aimable
frere , le Jurilte de a
ruëS. Germain, & le Vindicacifdu
Puits d'Amour, Ton-
-tine , de la Fu S. Roch, l'0-
bligeante, du Quay des Auguftins
, les deux Charmantes
lcurs du puits dAmours : da
plus Indiferente rcclufe du
Faux-bourg aint Severe de
Roücn : I'Aimable Croifette,
de la ruë du Chaume ; la Charmante
Beauceronnc, de la ruë
Neuve S. Eufáche: la Chate
Epoufe du coin dela ruë Vildot,
Renaudot, de la ru du Pecit-
Lion :la Charmantec Villomete:
laPrinceffe Thomas de IIle,
fon fdelle Secretaire: le BergerTircisà
l'Anagramme Siccle
de fer ; la Marquife à l'Anagiamme.,
Pure imaqe de.EILD :
Diane de la Forel dA eon:
Fev. 169 2. K
MERCVRE GALAN T. (221
la Defunte aux jouts Alez E (ans rien emprunter de lart de
foye: la. Nimphe aimantéc:slChirurgie
rBergere aux châaignes; laf tn
rituelle Merede laimable Fil!
de la ruë S. Hiacinte, && o
plus fdelle Amant,la charman
te Morandin de S.Etienne.
L'Enigme nouvelle que jd
VOus enyoye eft de M, Comiers,
ENIG ME.
s'addonner à
fion.
fufft 'efre adroin, o fant am.
birion.
Du Penple que je fers ie Seay binqi yr
des mifleres.
On permet que les Seurs couGhen!
aVecles Freres , 72ille alarmes,
Et f lon y foaffroit an Roy, L'Eé me rempliloit d'froy)
aBe ferois pour lay fans cmploys Et 'Automne fouveVt mE coutott
Sans rien (cavoir dans la noirtti bicn des larmes. t3
Magie , K 2
MERC VRE
a Defunte aux joUrs Ale
foye: la Nimphe aimántée : a
Bergereaux chátaionesula.fi.
Jors queSrar brulaitpow:my ere tanu du Pric tenps mo cauisomil allamas lite ne ranpu
sot deeay ec lauitonnerouuetIELAUSOLLbien das larmarme causotbieades lar manlonsguesomu,
Thynorraulfinisoitmac martallr lannauntdstoulkr plal oinc j repranoabyag nadepuugulra ar
lage en tonttans je ve ve duplaivn tou tenpsje ver
AVeCLeS TTETeS
Etflony foaffroit uo Ros
fe ferois posr luy fans emplys
Sans ricn fiavoir dans la noine
Magie,
se duplaninti
Le
GALANT. 22
(ans ricn emprunter de lar de
Chirargie ygid ogtvo
fafronse le premier tos tes pag
dangernx iss
EI fais qaand il me plai marcher
pdroin les Boiteux.tel
Si tu pe pemx encore icy me veconnoifre,
Diew te garde, Leteur , de,devenir
mon Mailre.
Je croy quc vous prendrez
plaifir à chanter l'air nouveat
dont vous allez lire les paroles,
AIR NOUVEAy.
Ors qne Twcis bráloit pour
retouz du Printeps me camfoit
mille alarmes,1picin
L'Eé me remplifoit d'froy s)
8 bien des la7mes.
MERCUR E
2Hivr fesl finioit mes mortells
langueurS
EA de tous les plailirs je repreni uage,
Mas depnis que Tircis et devrns
volage
En tout temps je verfe des plemi.
Je ne fuis point furpris de
l'empreflement que vous avCZ
de fçavoir le détail de ce qut
seft paflé au mariage de Mon
fieur le Duc de Chartres,& de
Mademoifelle de Blois. Tout
ce quis'eft fait fous leregne da
Roy a quelque chofe de f difingu
& de fi different de co
qui s'eft àn julques icy, qu on
ne doit pas s'etonner de la ctriofité
quil excite,S'il sagit de
Cõquêtes,clles fe fontavecune
rapidicé inoüie avant ce fiece
Sl ct qucltion de pité, lo
GALANT. 223
exemples en font grands &e
nouveaux , & fiquelques conjonctires
importantes deman-;.
dent des Fcltes, les moins prepares,
& o l'oh n'employe
que le ncceflaire , e font avcc
unéclar & un bon go ût,qui fait
diftinguer la Cour de Loüis le
Grand de toutes cclles qui ont
le plus brillé , & qui peuvent
précendre quclquc diftintion
dans ['Europe , Qupour miçux
dire dans la torre cntiere, Je
commence ce qu) regarde le
mariage dont jay à vous parlery
par un article qui vous fera voig
gue jamais Souvexains en quel
que fiecleque ce foit, n'a fait
des prefensi confiderables que
font les picreries que le Roy a
données à Mademoifelle de
Blois. En voicy le dónombrement,
& je vous en parle avec
K 3
214 MERCVRE
cleertitsud ev, àyoanitr e,uRle p la9ifr nde
Uñe parare de Diamans brillant,
cOntenantho
Une paire de boucles d'oreilles.
Une paire de Pendans. )
Upe grande Atache de de.
Deux AtÚaches de manches
Quátre Attaches de pochçs.
Un Ncud de derriere.a3
Quarante-huit Boutons.
Une parure de Ribis , conteDAU
Deux Poinçons.
Une paire de pendans.
Une grande A tache.
Deux Attaches de manches
Quatre Ataches de poches.
Uo ncnd de derriere.
Quarante huit boutons.
Une parure de Sapbirs , conlt-
Deux Poinçons.
GALANT.2'2
Uoc paire dePendans;h
Unc grande Atache,
Deux Atachcs de manches
Quatre Ataches de 'poches.
Uo Ncud dc dcrricre..
Quarante huit. boutops.
Uneparure de Topazes, contenan!
Quatre Poinçons.
Upe paire de Boucles d'oreilles.
Une paire de Pendans.
Unc grande Atrache..
Denx Attaches de poches.
Quatre Attaches de poches.
Un Ncude derriere. t
Quaraoce-huit bousons. tPlus,
QUatre vingt boutons,
Une Lafure.
Deux Tailles.
Vingt pilcces pour chamarrer
le devant ,
Tout cela ekant de Pierreries. K 4
226 MERCVRE
parfaites, && d'one groffeur qui
en relevele prix, ilferoit tres
dificile de vous en marquct la
jute valcur.
Le 1y.de ce mois,jourdetiné
pour la cérémonie des fançailles,
Monfeur le Duc de
Charures accompagné de Me
de Blainville, Grand Mailre
descérémonies , & de Mr des
Granges, Maiftre des Cérémonies,
alla prendre Mademoifelle
de Blois dans fon appartement
&ill'amena augrand Salon de
T'appartement du Roy. Ce
Prince avoit un habit de brocard
d'or, couvert de dentelle,
fçavoir les chauffes, le poutpoint
; & le manteau. Des
diamans, & des merandesfer-1
voient par toat de pied à cete
dentelle, & la garniture de cet
habiretoit d'un ruban coulcur
GALANT. 427
de rofe pâle mêl d'un roban
d'or.
Le fond de la robe de Mademoifelle
de Blois cltojt d'u
De étoffe d'or liferée d'un
filct noir squi formoiE de petites
fleurs. Le bords de cet
robe cltoient boüllonncz on
fraifcz d'un point d'Efpagoç
d'or, La jupc cltoit d'un fond
dargent & à petites rayes grig
de lin , garoie de diltance cn
diftance , d'un poiDt d'Efpa
gne d'or cn cerceau, lc toutf
bien eotendu & f bien travaillé,
que cer babit cioit l'ouvrage
de pluicurs mois-Lagarniture
coit de diamans & de
rabis. La Princefe eftoit coëffee
de fes propres, cheveyx
qoifont d'one tres-graDde
beauté. Ils étoieng mèlez de,
Domparcille verte & de dja- Ks
228 MERCVRE
mans, au defus defqucls éroit
un gros ruban vert & or. lle
avoit une mante de réfeaud'ot,
dont les bords cftoient garnis
d'un point d'Epagne d'or.
Le Roy eltoit habille de velours
noir brodé d'or à plcid,
avecles boutons de Diamans
dont je vous ay deja parlé auzrcfois,&
tout ce qui peuc ren.
dre complette la garaiture ne.
ccllaire pour no habit , dontil
n'ya point de termesqui puilf
fent bicn vous cxprímer la tl:
thele, puis quil pcut paller
pour unique dans le monde,
Mônfieur a voit un babit de
brocard d'or , tout garny de
pointd'Efpagne d'argcot, avec
des boutons de Diamans. Les
Prioccs, les Princeles, & les
plus grands, Scignenrs de la
Sour,& tous ceux qui cltoicnt
GALANT. 229
nommez pour danfer aaBal
qui devoitfaivre les Fiarçailles;
avoient des habiUS , ou bro
dez,ou de brocard d'or ou d'argent,
touccouverts de poiots
de la même richcfe.Toutesles
Dames Dommécs aufi pour le
al, avoicnt des garnitarcs de.
Pierreries, & il y avoit peu
de Seigneurs du Bal dont les
habits n'en fuflent garnis. La
ceremonie des iançailles)
fut faice dans le Cabinet de:
Sa Majefte par Mr le Cardinal
de Boiuillon ; Grand
Aumônier de France , & le
Contrat fut leu par Mr de
Ponchartrain, Miniftre &< Secretaire
d'Etat, accompagne
de M. le Marquis de Torcy
Secretaire d'Etat, 8& fiene par
le Roy , Monfeigneur le Dau=
phin, Monfcur ,Madamey K6
230 MERCURE
Monfieur de Chartres Ma
demoifelle , Mademoifclle de
Blois, les Princes & les Prin:
celfes , dont ceuxqui devoienc
avoir Ihonneur de dancer
eftoient parez de la maniere
queje viens de vous marquer,
Je vous en donneray la life à
la fin de cet article, ne croyant
pas devoir interrompre le fl
de cette narration, Au milien
dubal qui fut fait dans une tresgrande
Salle du grand appartement
du Roy, deftinéc pour
Ces divertiflemens , & dans la->
quclle il y adeux tribunes pour
les violons , on vit paroitre
une colation aulli galante, qu
magnifique & bicn entenduë.
Elle ctoit précedée de pluieurs
perlonnesy deftinées
pour leryir, avcc des. erviettCs
fur le bras. On vit cnlite
GALANT. 23T
avancer huitgrandes machines,
portées chacune par quatr
hommes qui tenoient chacun,
de grands anneaux dorez d'or
bruni. Ces machincs avoient
pluficurs érages , & ceux de
deus portoient un grand
nombre de corbeilles, remplies
de confitures feches. Entre tous
ces érages & le bas de la machine,
il y avoit un jour qui laifloit
voir comme uh grand par
terre chargé de fruits , & ces
fruits eftoientdans des çorbeilL
les de toutes fortes de figures
& qui faivoient le plan de chaque
machine. Ce fruit parut
encore plusà découvert,quand
les corbeilles , qui eltoicnt aau
deflus, furent, ou cnlvées
ou dépoüillées de ce qui les
rempliloit. Ily avoIt entre ces
huit, machines pluicurs Ofh
MERCVRE
ciers , portant des foulcoupes,
les unes remplies de verres &
les autres de caraffes pleinesde
toutes fortes dei liqucurs &
d'eaux glacées, Tout cela eftoi
fuivi de trente bhommes, porrant
des corbeilles où les fruis
&& les confitures foches compofoient
aucant de piramides, &
comme les fruits & les confitu-
Jes, tant de ces corbeilles, que
de celles des huit grandes ma:
chines , cftoient tout couverts
de ffeurs, toute lafale paroioit
un parterre émailie de diver:
fes couleurs. Il y avoit encore
entre ceux qui portoient ces
corbeilles , des Ofmcicrs , portant
des liquevrs, des caux glicées,
& ce quil y a de furprenant,
ceft quils eftoient plus
de cent, tous Offciers du Chafteau
de Verailles, && ayang
GALANT. 233
des jufte-au-corpsde drap bleu,
garnis de galon d'argent.
S Leir 8. Monfieur le Duc de
Chartres alla prendre Mademoifelle
de Blois dans fon appartement
avec les mefmes ceremonies
que le jour préeedent
Ce Prince avoit un habit de
velours noir brodé d'or. Les
chaufes eftoient brodées Par
bandes, & les vuides garnis de
Perles & de Diamans Le pouEpoint
cftoit de mefme, &le
devant du- mantcau , couvert
des gros Diamans de Monficur.
La garnicure cftoit d'un ruban
or && couleur defeu, avec des
plunes de la mefe couleur
Lhabit de la Princefle cftoit
d'unetres-riche tofe d'argent,
tot garny d'un Point d'Efpagne
d'argent , & tout brillant
de Picrreries. Ils fe rendirent
234 MERCVRE dans la grande Galerie, ou c
toient Monleigneur le Dauphin,
Monfieur, Madame, lcs
Princes & Princeles avec des
habits diferens de ceux quil;
avoient la veille , mais qui nc,
ftoient pas moins riches, Coluy
de Monieur eftoit de velouts
noir brodéd'or à plain , && gat:
ni de Rubis. Le Roy eftant ve,
Du, toute la Compagnie alla à
la Chapclle du Chafteai. Mont
feur de Chartres & Mademolfelle
de Blois marchoient des
vantle Roy guicftoit environ,
né & fuivy de toute la Coura
&ils furent placez fur les de
grezquifont au bas de l'Autel
devant le Prié Dieu de Sa Ma
jelté, On leur donna l'Eau Be,
nifte avant que de la prefenteE
au Roy. Lors que M. le Cardi
nal de. Bouillon demanda à
GALAN T. 3s
Monieur lc Duc de Chartres'
s'il prenois Mademofelle de Blois
pour Epoufe,il fit une reverence
au Roy, à Monfietir &à Madame
, comme pour denmander
leur confentement , & Made
moifelle de Blois n'enficquau
Roy. A lOfertoire Monfieur
le Duc de Chartres , & Madame
la Ducheffe de Chareres al
lerent à l'Ofrande , &y furent
conduizs' par le Grand Maiftre
des Ceremonies , le Grand
Mailtre ayant prefenté le Cier
ge à Monfieurle Ducde Char-,
tres, & le Mailtre à Madane!
la Ducheffe de Chartres. Le
Pocfle fut tenu par M. I'Evefque
dOrleans , Premier Aumofnier
du Roy, & par M.Abbe
Fleury, Aumofnier de quartier.
A li fn de la céréimonie, le
zg6 MERC VRE
Regiftre de la Paroifle nyan
cté apporte au Roy, Mr lE
veque dOrleas prcfenta la
plume à Sa Majcte, en prefence
du Curé. Ce Regiftro fut
fhgné par le Roy, Monfeigneur
le Dauphin, Monieur & Maame
Monfieur le Duc de
Chartres, Madame la Duchcle
de Chartres , & Monfieur le
Prince. Toure la Cour accomnpagna
enfuite le Roy dans fon
appartement, S Madame laDus
chefle de Chareres y fut conduite
par Mle Marquisde Vil
lars , fon Chevalierd'honneur,
& par M, le Comte de Fontaine-
Martel,fon premier Ecuyer;
qui commencerent par-là à cn
gtrer cen fosnaio,n ede leturts oChar-
Le Roy avoit ce jour-là.
habit de brocard d'or, biodé
r2snupu
|SN) p mp
Se Roy
monseignau
Madame
m.
duchesse de Chartes
PriasPser. i
Graude ducasse
I
de Guisme .°
n cere
P
duchaore
m.
de Verneuil
GALAN T. a37
dargcnt & unc attache de fort
grands diamans furl'epaule, au
ien des neuds de rubans que
l'on y met ordinairenent, Monfeignenr
eftoit en jufte -aucorps
de velours Doif tout uni,
ce qui faifoic mieux briller
tous les gros Diainàns de la
Couronne qui éroient defus
& dont il avoit pour plufieurs
millions. Sa Majeté donna a
difner dans lapartement de la
feuë Reine. Vous trouverez
dans le papier marque. I dc
quelle maniere eftoit la table,
& les rangs que tenoient les
Princes && Princefes, qui eurCnt
l'honneur d'y avoir place.
Le lieu ou fe donna le repas
toit magnifiquement paré. Je
nc vous dis rien de la fompruo
fité des fervices, non plus
que de l'abondance & de la
delicateffe des mets. Il fuffit
238 MERCVRE
de vous dire, que le Roy donnoit
ce repas pour vous faire
cntendre quil auroit efté dif
ficile ; quon eût pû y fouhaiter
quelque chofe. i'apreldtnée
,il y cur grands
mens, ou le Roy d'Angleterre
fetrouva. On y joüa gros jeu,
&on ychanta quantité des plus
beaux cndroits de la Mufiqu
de feu MOnfieur de Lully. Le
loupé que le Roy donna le foir
dans le mcfne lieu,ne peut eftre
égale que par le difiner dont il
avoit cté precedé ,i ce n'elt
que l'eclat des lumieres faifoit
paroitre, & le lieu, & le
repas,encore plus magnifiqucs,
les pierreries dont les habits de.
toutes perfonncs ditinguécs
dela Cour étoíent garnis, brillantalors
beaucoup davantage.
Ily cut plas de couvcrts à cetre
reee
rincas
77. dlaed Cuhheartsees
conti ele dhearolot3
eC|o tnetipdrnce
e e d
Cep duchesse
du mene de Vernau m
GALANT, 239
able, & vous pourrez remarieürentlhonoeur
d'y manger le foir, & quin'y
avoicntpas difné,dansle papier
marqu. II. Opfervit au fouper
plus de cent cinquante
platsfansle defere qui fut fuperbe.
A l'heure du couché
toutes les perlonnes les plús
ditingues de la Cour, fe
Tendirent dans l'apartement
de Madame la Duchefe de
Chartres. Quelque richee
que l'on fut açcotûtumé de voit,
on ne laifla pas d'admirer la
Toilette dont le Roy à fait prefent
à cette Princefe. Conme
ce Monarque eft toujours le
premicr a fuivrc les loix quil
impofe aiux autres,& quilles
fuirmefnc bien plus régulierement
, cctte toilette, n'avoit
Pasplus de picces que'lOrdon218
MEROVRE
nance en permev s mais anff
Sa Majcfté avoit voulu , que
lepetit nombre dont elle etoit
compofée, fr aufli parfait, &
auffi bien travaillé quille potvoit
eftre., On voyoit fur le dek
fus d'ane de ces pieces un bas
relief, o eftoit reprefente
Venus à la toiletre, fervic par
les Graces, & par les Amours,
&les.ornemens du corps de la
mefme picce , réprcfentotent
les ondes de la Mer, Onremarquoir
fur d'autres picces plufieurs
autres bas reliefs , dans
lelqucls on voyoit la. Fidelite,
&& a Fecondité reprcfentées,
& le tout eftoit orné de m¢-
dailles d'hommes & de femmcs
co ffez à l'antiquc , d'entrclats
& de divers autres ornemens,
maniere de Mofaique ; mais
fans confufion, ce qu cn fu-
GALANT. 239
foit paroiftrele hon goûr. Toute
l'argenteric de cotte toilette
eft de Mrde Launay. s dont
les Ouvrages font f etimez,
&firecherchcz. Je nc vous dis
rien desétofes & des points de
la toilette,vous jugcz bicn que
tout y eltoit cgal cn beauté.
Jene vou dis ricn non plis
d'un grand nombre d'habits,
nydes points,dentclles & pierreries
qui ont qccompagné dn
toilerre.Le dérail des brodcries,
&dela richefe des érofes, fuf
firoit pour remplir ma Lettre,
&vou pouvez bicn vous imaginer
toutes ces chofes,en vous
reprefentant celuy qui cn faifoit
prefent. La benedition du
dit fur faite. par Mrle Cardinal
de souillon, Le Roy d'Angleterre
donna la chemife à Monfieur
le Duc de Chartres, &
240 MERCVRE
Madame la donna a Madame la
Duchelle de Chartres.A
Le mardy , il y cut encore
bal. Monheurle Duc de Chat.
tres y parut avec un habit de
velours cramoify done le def
fein eltoiti bien entendu, que
les perles & les diamans dont
il cftoit prelque tou couyert ,
rentroient dans ccluy de labro
derie. Tous les habits de Monfieur
le Duc de Chartres, etoiét
du d¢fein de M.Berrain, quil
fuffit de vous, nommer pour
vous en faire conoiftre labeauté.
Monfieur le Duc de Char-
Stres changca encore d'habit,
les trois jours fuivans. len mit
n le Mecredy de drap gris
blanc, brode d'or avec un peu
de foye couleur de feu, ce qu
aflorciloit à une vete detofe
d'or. Le Jcudy, ce Prince en
prit
IG ADANT.
prit un de velours noir avec de
grands agrémens d'or, & celuy
guil micle lendemain cltoit de
rouge brodé d'or.
M. le Duc de Chartres fera
fervy par les Officiers de Monfieur
quià mefure quils foriront
de quartier , en ferviront
un chez ce Prince, comme
font les Oiciers du Roy chez
Monfeigneur le Dauphin !,
parce que l'on ne fait point de
Maifon aux Princes dont les
Oficiers doivent pafler à leur
fervice aprés la mort des Souveralns,
ou dcs Princes leurs
Peres. Les Oficiers qui ont
efté nonmcz pour fervir Ma3
dame la Duchefe de Chartres,
Madame la Maréchale de
Rochefort, Dame d'honncur.
Fovricr 1692.' L
242MER CVRE
3 Madane. laComrefe de
Maillyts Dame d'arour, oi
b6 MleMarquis dc Villars,
Chevalier dhonneur,io1T
M. le Comte de Fonraine-
-Martels premier Eçuyer
DeuxEcuyersaiaü.
so Madame de SaintJuft:s premicre
Femme de Chambre,
Neuf Femmes de Chambre.
usorfeb iu2a13vnoD.
Esp M.de S, Pré , Sccreraite des
Commandemens, olrabsno
S Mrs Silvain & Fremont,
Maiftre dHoftel. t) bup
M,Fronton Contrôleur gencralto.bite
Deux Contrôleurs Clercs
Deux Gentilshommes, Scrvans,
C
Un Aumônier,
GALANT. s a43
sb Un Chapelain. ricbaM
Un Clercde ChapclleisM.
e211Six Valetsde Chambre.
is TroisGarçons de la Cham- bres.ot D61ahalo
Un Huiflfier de Chambre/
Un Huifier de Cabinet.
-9b1crUen ,HsuiafieLr dA'ATntiR- chaamt--
OLUn Ecuyer Cavalcadour, &
Gouverneur des Pages.T
295 Voicy la lifte de ceux q!
ont dané au Bal qui fucdon
hé lojour dös Fiançailles, &t
qucje mc (uis s engage de vous
Cnvoyerau conmmencement de
cet
L 2
ME RCURE
Moofcigh9sloDug Madcnoislls
de Bourgog
Duc MIl dë JBlotsfl 911
ordelGhareresprolboM
M.le Du¢
MCeoenPtriyn.clels dre s MoeCTha oDiulachaeiTlt:
M.le Comt d¢Tou- Me e ist
MLCher.de Sally. Me de Valentinois
HYSAmagoae,4
Le Prince.Camille. Me d'Eprieh eim ônt,
M. Dfpinoy Mlc de Tourbeus5
M de là Chare. MIle de Melun.
M)LCõtedeCrulfol Mle dela Téemoujl,
M de Bouligneux,Mede Medavys| srn
M.M d.ea cS Ncohgecphyt .M1 IMleI |ed ed eM Oenhaetrtoeuá.nitíit
Mle,Vidames, de Mle de Jouçhcs. sup
M.C Dahliaocroturert,s,ielorehfac.
M de Mpnbrón, Mle de Moreuilts
M. de Vins. Me dela Eayctte.
M de CoffE, MIle Fuftemberg
M. le Chevalicr de Medela Vicrille,) ug
Bouillon
M. de Grignon, Mc de Mongon,91
MleChevalier de Mllc souyillgavi SA
Mircpoix, MoÀ padlo|o
M. le Prince d'Eori
Me Deioiih di
de l
GALA NTH 145
Le bon air & la gratide: pas
ture ne.tirent pas fealement
oegerleDuc
sle Bal, mais
ce Prine charma auffi parpla
manicre dont il danfat.oS9ru oal lM
LanVille de Chartres ayant
député M, Miole, Lieutenanit
General y&& Prefident., avcc
deuxEchevins pour faite com
plimenta Mlc Duc, & a Mada
ne la Duchefede Chartes fir
leurmariage, il dit à ce Prince
goe l'ayant flicie far fa Campä
gne,il enort encore le faire far fes
premieres inclnations. Hluy. marqua
cnlulte que s. A. R nAUoit
pi faire n plas beau choix gue de
jener les jeas fúr nne Princele
de France , danslaquclle il rec7
moiffoit la fagele prematirée la
doueeur Thumanitè des BoNTbons
Il comparale Prince && la L 3
246 MERACVRE
Piincefe à dcax Mirors öp
pofezquiferepctentlunlat
er, A yant.enfaitecltt.conduit
chezMadame la Duchcfe de
Chartrcs, il luy parla de Ja fot
ah98 M4DA M E;on RC
beur.de la ille de cbaytheq
defes Princalles. Cette Villes a.</
depuis long tmpsle paitage ds
Fils des Filles de France. Nonš
cufmes lhopncatily a quelqucs ad,
ples dy fsluer an nom de la Vlle
V4, R.lrs quc fes grALeInailat:
fRs aommençoiept à faie ladmiva.
tion de la.Coar: Nons j reconneu mc
dés lors. le rare merite & li veits
Royales qui ent lcharmé Moneis
SIAnd Prince a ladame,il le ma-
408 bien par feuspremicres, incdink,
GALA NTH
fécommandableile nom de noAre
rille, taquicles la feront coinoilre
AUR Peuplcsteplaseloignek Toute
la Frante,sMedamscefl cnjoye de
yous voir nain cnfemble le fang de,
fs Rois, o no4s fonbaitons ,que
deicerte bclteaniorn de' neslis spuife
narßre ujout ane, longuasfuite de
Prinees tonqucransqui faient di
enes defortir de LeüIsle Grend, vb
Le Chapitre îde:lEglife de
CharttesaiiaufidépatérM
1'Abbé Roberts hanoine92
Arcbidiacrc & grand Vicaire
de Chartrcs accompagné de
trois auErCs Chanoines pour
faire fes complimcns. Il par
la aiaf à Monheur le Duc de
ACeferoit pew pour nous diad
z48 MERCIURE
mizeranectontela France letgrands
talens o les vertnsdontil aplà
Cieldecombler Vollre altee Royale
gui la rendest encore plús tecom:
mandable par lexeellence de fon
micpcrfouactsqu' Bll nhailins
giée parfon tange parfanaifišis
Nws appartenons VaAsR.
Lhonnenr qu' Elle nons fait de porter
te nom de Duc de Charftes,
nous donne licy de:h nousiregarder
comne la pieisiere Eglife
hônor able, hosintquiert, Manferei
g0:Kr; qnetgse droit de prehd
Part àtoüteveßre gloire. cefafi
ee qni nons engage n offirlà Diea
despriercscontinnellespoiur la eons
fervaión devAs R.S a
aNous w'avons pas wanqué de les
redonbler dans l'ocafion de ivnftre
Mariage&nous úchons vos af
Seizet nonufenlément,de Pexacas
titwde svee laquelle nous les on-
GALAN/T.
mOns acquirterons dece devoir avec
tont:le Rele quclapusforte inclinz
ton le plas prafond refpet pent nous infpirer.ipatS
iLe:complimengu'il fit cns
fuirea Madamel Duchefe dé.
Cmhatteress, fkuticfoönçsû reno cgesoter
2sniMA DA ME,
ta devotion de Noltre Dame de
Chavtres et herediraire dans la
Maifon de Erance s nous ne dah
t0ns point qneV.A.R.,en qulon avt
des fon enfance: la religion ó la
piete des Rois dont elle ef ifluë , ne
fatve lenr.exemple days cetnefian a
cienne f faint devotion.S
-Noss ofoni mefme efprer que
voflre heuycox MaringevOBS Ajarit
donnd te nom de Ducbee da chat
ttes, ce vous fevaan nouvesK MotI
de confiance à la Sainte Vierge quieß
MERCYRE
honoree dansl'Eglfetde chartris,
oNons #e manquerons pasde
continuer nos prietes lcomme nons
le devonspoar'aconplf ment de
tous vos fouhaits di ncas frenons
l'honncar de fa prot tion & defa
bienveillañc,s kaKRI l
SM Roberë quiaiprotoncé
cesicOmplimensy eft frere de
Mle Procurcurtdiu-Roy dé
Paris; &de M.legrandPent
tenciers Le merite decette fà
mille et f connu &f ditin
guésqu'ot peut dire qoicleelt
au-defisdes loitangess
Jevous parlèray le moispro
chain:dece quisclbypae au
Palais Royal, lejourque le Royi.
yyaaaambmeneén MJaOduarm qeulae D luèc hR¢oflei
de Ohartres.itUt n
GALANI T
iJerviensod'apprendre;qu
les douzeBácinens Marchands
qui avoient échapé à nos Vaif
feaux; commandez par M. le
Chevalierdes Augers;ont tous
échoité ur les Côtes de iBif
caye. Ona cunouvrelles que M:
le Marquis de Nefmondeft ar!
riyé à Bellifleravcc quatre Pri
fes. Iiy ena une Anglorfe, &
une Holandoife.La'premiere
faifoir route, versl'Amerique,
&les autresvers Corofol, Tor
tës les iquatre. eftoicnt de qua
rante CanonsiouIenviron, &
fort richement chargées-usi2
ibLes Françots cftant fupe=
tieurs par:touts niinquictent
pas foulcmcntileursen nemis ;
mais ils agiffent, & Made Me;
lac eftant defcenduc Manbein
avec ltroiS Censrhommes d'In
fanteric, yla,fait de grandos
3S2MERCVRE
exceutions militairesy 8tqui
ont jettelepouvanteidans toue
le Pays. M. le Comtc de Tal:
-larda aufi faic uncicourfebau
de-làdu Rhin sjulqúesà Elbron
&il y a non fcutemencmis
tous ceux du Pays àrcontribrg.
tiong maisilleur amefme fid
promettre de payef les iarrerai
ges éhusdu'tempsque Mayen
ce cftoit aui Roy && pour fu
retéde cete promelte, Ilaen
mené vingt-cing Orages Cet
te ation et feclatante & fi
hardie, qu'on peutdire, qu'elle
eb toute Françoife, >l auog
saLe Mardy vingt fix de ice
mois ,iMonlieur deuNoneho
lon fut, reçt en la Charge de
Premier Prefident ae Parle
ment de Norinandic,& y prie
feance lemefmeijourd l'Ar=
dicncede la GrandChambre
GALDANT.
Mnficurdu SortoirgAvoeat,
s'cltant:brouvéichargéidea
premire Caufe qui fut propo!
Tee.devantluy ne manqua pas
de reinplir l'attente publiqué
parle touringénicux quil prit,
pour mettre dans un beaa jour
les'verusrperfonnellesrderM
le premicr Prefident; && celles
defes Illuftres Anceftres.Ila
un talent particúlier pour ces
fortesd'Ouvrages. Le difcours
dloquent quil avoit faic fur la
prefentation des LettresLdt
Gouvernemént de la Provincej
pour M, le Marchal Ducde
Luxembourg ,nc pormer pas
d'ondouter.Il cftoir bien juite,
qu'apréstavoirict Phonncur
davoif ofte choifiy pour par
lerpourle Gouverneurs ileuE
aufi ccluys de porterle pre
ierla parolerdevane ce nou
454 MERAQvRE
gNoa Ohefde la Julice: Mrs
Gobbe & de Bordeaax pat
lerent dans la mefne Caufe,
& chacun d'eux ft aufih
cOmplimçnt:t,9etsA sot,
sLesdernieresLertres de
Turqaie portent, que le Mitfi
ayantetéconfultéparle Grand
Seigneur,furle faicde la Gocrre&
de la Paix yaprotete qie
SaHaurcfc éroitobligéechcofcience
à continüer l Guerre
contré les Polonois , les Allemans,
& les Venitiens. Elle
fut enfuite réfoluödans le Di
van & ldouze Bachas pronírcnt
de fournir foixante &
dix mille Turcs y & I'Aga des
Janiflaires en promit vingtmil
le de fes millices poie pic.
mierdAvril, Onr&folut en
mefme-temps, que 'ce jourlà
lesTrotpes commcnceroientà
GALA NT.255
marchervers Belgrade, & que
pour ccla on cxpoferoir laqueuë
de Cheval lepremich de Mar.
On relolut encore, gquc-lAtmée
Navale feroit augmentée
de plufieurs, Galeres, & Vaie
aux. Lc Kan des Tartarès a
alur de nOUvcaus quijoindroitle
Grand Vizir en Hon-
Srieavec trente mille homnes
&que, les Mofcovites n'entrc-
PrCndroient rien contre la krimée.
Le Grand Seigneura envOyé
quaante-cinq mille RichedalesAu
Comte Thekely.
Je, fuis Madane, Vôtre, kc,t
Og conti2ee les entrctiens cm forme
de Pafquinades dons lep zie
fra dcbite le, 25.deMarso Lebon
-256 MERC VR'E
Urage oblige l'Autear d'en donner
la fuite. Quand il aura athevt
THiftoire dai Prince d'Orange i qui
ne contiendra plus quc d: nx Entres
ticns, ilpafera à d'antres maticres,
quil renfermera fonvent dans un
Senl, e quil pomfera quclquefois
iu/ques a denx, mais fans létendre
jamais davantage , afin de fariss
faire ceax qui aiment les now:
veaateh,
On donse avis qucles Confercn
crd ordinaies pour la vechurche
veifeation des nonvelles Déconi
vertes , fe tiendront dorénavant
tons les endredis à trois beures
apres midy ,à lentvee de la ru de
Guenegaud premice porte , à
mAin ganche. i.i1.
MERCURE
GALANT
DEDTE A
MONSEl
GNEUR
LE DAUPHIN
1692
GALAN T.
DEDIE A MONSEIG NEUR
LE DAUPHIN
FEVRIER 1692.
A LYON,
Chez T HOMAS AMAULRY
ru Merciere au Mercure Galan t.
M. DC. XCII.
MvG Privilege ds Roy.
vil.9 i5aiv.oi0lsb
LIVR Es Nov VE APX
ldu mois de FevrieT o9 :
OEuvres de Meieurs'de
Corneilles Pierre 8 Tho
mas de l'Academic Françoife.,
revûës corrigees &augmentées
- dcbeaucoup, 10.v.ind. t8.liv.
Relexions Critiques fur le
Sytême Carteficn de la Philofophie
de M. Regis par M.Dahamel,
ind. 3o.f.
Retraite fur nôtre Seignenr
Jefus-Chrift, par le Pere Neveu,
ind. 3o.f.
L'Ecriture Sainte reduite en
Meditations parle Perele Paulmier
de la Compagnie de J Efus,
ind, 2.vol. 3.l.1o.f.
Le même en Latin en ua
volume ind.2.l.s.f
Carateres naturcls des Hommes
en cent Dialogues , par
M. Bordelor, ind. 3o, f I'EtT. 8A B2L 5E.0 M Des fept, Sacremens. de
glife & des Difpoftions ncceffaires
pouE lesrecevoir avec 2Rolade. fruit , ind. liv, s.fo Rfioüiflancesfaites pour la prife de
fur ce qui peut aMontmelian.
plaire ,3-V. ind, 4iv. 10.f, Poëme far la rofitntion des Sainis
tieA, finadires da Temps Xl.pr- 4Lienx.
Difgrace des Ama'S Ceremonics curicnfes obfreies à 30.fols, Ind. Stras bourg. 4o
Letre (urla Beauté,sya 47
Lettre ei Vers de Madme: des
Lnoulieres.. ev93
Charges donnécs par le Roy 99
M. l'Abbé d'Etrades, e nomné
dAmbaladeur. A la Çour, de Pot -
Particularitfa touchant la mort
d'un vicil Hermitc qui afait
bruir dans le monde. abi ogilov
18
TABLE.
Galantesric,ss 109 a Fable dn Cygne des oifonsn
Confiderations far la Ligoe d'Auf:
Remede fpecifque. I67
Mort de M. le Nonce. 168
Lettre de M. Amelot, Amballad:ur
tSS de France en Suile. I73
Reception de M. Toureilà l'Acsde
mie Françoife. n'ladtk9 Martage. 186
Morts. I90
Avantages remporteXur mer > Pa
B Mrle Marquis de Nefmond ,
Mi des Augers. 208
Portrait dn Roy nowvellment pPeint
212
Norvclles dAngletere. 215
Nouvelles d'Efpagne.
Article des l'Enigmes. 217
Détail de tout ce qui set palle d
- Mariage de Monfeiguenr le Duc
TABLE.
o de chartres & de Mademoifelle SS3 si9n2 22 RE de Blois,
Douze Vaifeaux Holan dois dchouc.
2 far les cofes de Bifcaye. 25
Couyfes faites par Mr de Melac, ó
8 Mr le Coste de Talard.ro 2s2
M de Montholon e/ receuprimier
Prefdent an Parlement de Nor
mandie. 253
Le Grand Seigneny fe détermine à
o61 continner la gucTe , aprës BU0L7
eei confalte le Mnfti. 254
o Fin de la Table.
La Chanfon doit regarder li
page 2 2 I.
La Figure marque I. doit, regarder
la page 23713;.
La Figure marquée II, doit regarder
la page 239
sldsT al sb ait
MERCURE
GALANT:
FEVRIER 1692.o
OUS avez raifon
Madame lde dire,
que quoy que jaye
déja commencé plus
de deux cens cinquante de mes
Lettres hiftoriques, par des Eloges
tu Roy, cette matiere ne
Sepuifera jamais. Je n'ay cité
que des faits , & loin de setonner
du grand nombre , on
Feurier 1692. A
4 MERC VRE
demanderoicntqucls Minitres
autoicnt eu des Giniesaflez fe
pericurs pour avoir travailla
i utilementà la gloire de la
France , & lavoir renduë plus
redoutable que tous, les Rois
enfemblel n'ont jamais, fait.
Ricn ne pourroit egaler leur
étonnemnent , quand ils apprendroient
que le Roy so
rant bien voulu donncrsple
foin de travailler luy-mefme
fans avoir de premier Miniftre,
en a fait toutes. les fonions
i quil ny apoint de
details oùil ne foit entré potur
lebien de fes Sujers & la gloire de TEftat quon na rien
Cxeçuté quepar fes ordres s&
que 1a, pcnctrationos fon tra
vail continuel, & fon exemple
ayant rendu fes Miniftres
vigilans, laborieux &c habilesy
GALA NT.
jamais Monarque n'a ctéi)
bien fervy. Pour vous donner
feulencnt une marqúe qu
fçalt tout,quil voit tout , &
quil fait tout,je ne parleraique
du dérail où ilvicnt d'entrerlan
milicu des grandes affaires/qui
l'occupent. Ce détail regarde
le, Regiment de fes Gardes
Françoifes ,en, faveur duqucl
ce Prince abien voulu fe donner
la peine de trawailler à un
Reglement, qui conticnt trois,
cens ving articlesup qul a,
Cxaminezyayec l'actention
quih donne jafqu'aux moin
des chales, Ce feroit beaucOLup
pour un particulier qu
nauroit aucune affaire.s que
d'en écouter les Articles qu1
remplifent, un volume alez
roS pout cffrayer ceux qui
naimeroient que les diverti-
A 3
67 MERCVRED
femens. Cepéndantle Roy ne
s'mpofe pasun moindre travail
dansles temps ouil n'et pas
entieremnent occupé des af
fires de TErat , & il fait fes
heuresde plaifr de mille re
glemcas pareik,On ne doit pas'
setonner fA lordre fe trouvant
en toutés eehofes festaaires
font dans tine'i glorieufe fitia
tion, qencore que depuis trois
ans ce Prince foit attaqu par
toute FEurope , fes1Troupes
toujöurs triomphántësnoht
encore pafe ancune Campaghe
cqne dans le Pays ennemy , ny
aacune faifon fans vaincre,
C'eft ce qui vicht de nous faite
chanter un Te Deum au miieu
du plus rude byver que nous
ayonseu depuislong temps, &
cel ce que nos Ennemis n'ont
Pöint encore fait, Vous jugez
GALANT.
bien que je veux parler da Te
Deum que l'ona chanté pourla
prife de Montmclian, Toute la
France a fuivy l'excmple de la
Capitale du Royaume ; maîs
comme onfçaitavec quclzele&
qucle magnificence ces fortes
de réjouiflances s'y font,
que je vous en ay fait une
infinité de deleriptions, vous
vous les imaginez aflez fans
qu'il foit beloin que j'entre
dans le dérail des Feltes qui
les.accompagnent , Elles -ont
cfté d'aueant plus grandes en
Daupbiné, que cette Province
fe trouvoit cxpofec atux incur
ions des Troupes des Princes
de la Liguc , && queloin quils
ayent fait réufir le moindre
de leurs projets , le Roy ayant
pris toute la Savoyc , en a fat
cOmme une barriere entre la
A 4
MERCVRE
France & les EnncInis quilay
de ce cofte là, & comme il ne
reftoitque Montmeian par ou
Cette barriere puft eftre forcee
fi toutefois il cuft efte
poffible de fe. faire jour en
France,il n'y a pas lieu d'eftre
urprisque la joye ait citéanli
grande quonla veuë en Dauphine.
Pour vous en donner
une foible ide , je vals vous
parler dec ce qui seft fait dans
jun Village de cette Provincela
nomm Montrevel &
VOus jugerez par là de ce qul
selt pû paller dans les gran-.
des Villes. louzsg
Le premier jour de l'année
fut choiG par lcs Habitans de
Ce Village, pour faire cclater
leur joyc dans une occafion
où la gloire de Sa Majeté l'a
renduë uniyerfclle, Ce fut une,
agreable érenne pour es
GALANT
peuples quc les ations de
graces qu on rendit au Ciel
en memoire dun fuccés qui
a étonné toute l'Europc, Un
feu d'artifce fut drcfë pour
ce fujet. Voicy quclle eltoit
'lnleripion de fon frontif
pice.
LUDOVICO MAGN O
Tnu tarwm 4rcium invito
DEB ELLA TORI,
Montinm Micce, Montis Emilinni
Triplicis federatortn Princpm
fusicnli nünquam anTea rapti
Inexpetatis temporibus Domitori
felicifimo,
Parochus & Cives Montis Revell,
Malaipl cis4c tante glorie Mivatores;4e
Impar letitie fue Monimentums
Kaltnds fannarii M.- DC. XCII
MERCVRE'
La feconde face du Fen
d'Arifioe avoit pour ornement
úne Devife dont le
corps eftoit le Soleil au Solrfoiclee
sd 'Huitver, avec ces pa-
Progredie dum fare videtur
Pour fire voir que commç.
le Soleil nc s'arrefte jamais dans
fa carrietc. lorsmefme quit
eft enfon Solftice, de mefme
Louis le Grand fait fans. cefle
des progrés glorieux malgré les
rigucnts del'hiver,qui mettent
les autres Princes de l'Europe
dans linadtion 8 comme hors
eltat de rien entreprendre ,;
ce qui a fait dire à nos Poëtes,
quie le Rôy cftoitun Heros de
toutes les Saifons. Sur qhoy on
doit rêmarquer pour bien
concevoIF le fens de cette
Devilc que Montmclian für
GALANT.
conquis le I. de Decembre
dernier, jour auquel le Soleil
cntre dans le Solftice d'hiyer.
-On voyoiv dans la troiiémç
face une autte Devile , quj avoir
de melme pour corps le
Soleil dans Equinoxe , & ces y2 paroles pour ame
eont Equalis falger nbique.
Ceft à dire ; que comme le Soleil
partage également fa lumiere
a tous les Climats aui
temps de. fon Equinoxe, y de
mefme le Roy brille par tour
d'une égale gloire , ce qui clt
juftfi par Mons en Flandre
&Nice en Piémont, deux importantes
Places emportées. ,
prelqu'en mefne jour vers l'Equinoxe
du Printemps dernier.,
ALa quarriéme face eftoit
enrichie dune Devife dont
linvention a piru nguliere
A 6
I2 ME RCURE
aux Connoifeurs. Elle avoit
ainfi quc les deux premieres,
le Soleil pour corps cnvironné
des Plahctes, qui luy ciennent
lieu de Satellites , & qui
luy doivent toute leur lumicre,
tandis quil écliple la Lune
au temps de fon oppofition.
L'ame de cette Devife ctoi;
Com inus llnftrat , emunns obfinrat.
Voilà au jufte le plan de
l'Europe , dans la fituation o
clle fe trouve aujourd huy par
une fanglante guerre , qi a
fait reffentir fes fureurs à tous
les Etats ligucz contre la France,
Le Soleil dans Gette Devile
reprefente Loüis le, Grand,
autant élevé an defus des aucres
Princes du monde , quç ces
Princes le font au defus de leurs
Sujets. Ccs Satellites qui ne
GALANT.
s'eloignent jamais du Soleil,
& quien reçoivent toute leur
lumiere, nous figurent les
Sujets du Roy , qui trent tout
leur bonheur de ce grand
Prince, par l'attachement inviolable
qu'ils ont à à perfonne
facrée. La Luhe par fon
oppofition au Soleil ignife
linconftante Europe, qui a ofé
oppofer (on corps fombre &
opaque a l'éclatante glotre dont
brille Louis le Grand fur le
premier Trône de lUnivers.
Tout le monde fçait que la
Lune n'et jamais écliplke que
dans fon oppofition avecle
Soleil,&quen toutautre tempS
clle en reçoit la lumiere; mais
tout le monde fçait encore
Mieux que lEurope sclt
toujours veiuë dans labondance
& dans leclar, tandis qu'clle a
34 MER CVRE
fceuménager la bienvcillknce
du Roy, &qu'au contraire elle
ne s'eft pas fi toft oppofée a få
gloire qu'clle a fouffert
cffroyable, écipfe où nous la
voyons maintenat plongée,
au licu que la France, toujours
dévoüe à fon incomparable
Prnce, fe voit, dans un eftar
parfait de felicité. eriot
S Linvention de ces Devifes
aufi bicn que de I'Infcription
quroccupoit le frontifpice du
Feu d'arifice , cft dúë à Mr
Crochat , Doteur en Theologic
, & Curé de Montrevel,
qu'on ava pendant quatre ans
Profeleur de Mathematiquesà
Paris, Ilsy difingua parcicu
herement par cctte celebre dif
putequil eut avec les Parcifatis
de l'Aftrologic Judiciaire doit
pluficurs de mes Letres oit
GALANT. 1$
arle: Illa cominença par tun
défy quil fità tous les Aftro4
logues de l'Europe , & illa finir
par une Piece quú ferma pour
toujours la bouche au feul Bcri.
vain qu1 cntra cn lice contre
luy. Ce n'eft pas d'aujourd'huy
que cet Auteur soccupe à
pablier la gloire du Roy. Un
julte volume aufot peineà
renfermer tous les PanegyIi
ques quil a prononccz für ce
fujet. Il nc manqua pas lajour
de cette rejoüifance d'en fait
un houvcau qui etit bcaucoup
de fuccés. Je nc vous diray
tien dela juftefle avec laselle
il' parla des grandeurs> de ce
Monarque. On imprime ce
Difcours , & vous en poufrez
juger bien toft par vous-mef
ne, La Fefte fe termina par
leFeu dartifee par lcsac16
MERCVRE GALANT. 7 clamations du reuple par Rcligicux de fObíervance de
pluffcurs decharges de la MoudSaint François , & Commifgucterie
, & par un régale faire general de la Terre Sainoù
la Santé de Sa Majelté te ,prefenta au Roy le 6. de ce
fut beuë avecbeaucoup de ref nois, un Poëme Chreftien fur
pedt.ail itocgnn la refticution de Saints Lieux.
Le 1 5.d mois paff, Mr de Je vous parlay amplemcntil ya
Martangis , Amballadeur Ex- pres de deux ans, de cette ref- tiution , & de toutes les cir- Eraordinaire de France en Dan:
nemarc,ayantreceu la nouvelle conftances glorieules pour Sa
de la prife de la même rlãce Majefte quilaccompagnerent,
fit chanter le Te Deum dans fa ainfi que des réjouiflances qui
Chapelle Cn ation de graces furent faites en ce temps-là au. à Dicu,& donna un magnifqüe grand Convent des Cordeliers
repas à tous les Scigneurs de Paris , ces Peres ayant m- Miniftres , & Dames de ceue qué tout le zele imaginable
Cour. Ce regale fut fuivy du pour la gloire de noftre angufte Bal & d'une grande Illumi- Monarque, à qui ils font fi
nation. Mr de Martangis a redevables ,& fur tout le Pere
toujours foûtenu on caradtere Verdun, Commifaire General
dAmbafadeuf par une beHe de la Terre Sainte, Comme ce.
alépenfe.,u gl Pome n'et pas fort long , & Le Pere Louis de Verdun, qil roule fur des matieres qui
18 MERCVRE
ne peuvent que vous eftre ford
agreables, je ne doute point
que vous ne. le liftez avec
plaifir. Il eft de Mr l'Abbé
de Maumenet ,quta rempor=
té le prix de. Poie dans la
plufpart des Academies de
France.b
LA RESTIT UTION
SAINTS
Poëme heroique.
CEnt Mongr ques jaloux da bonhenr
de la Fisnce
Sforcent vainement d'abbaifler fa
puiflance,
Sous le plusgrand des Rois,à labi
de leurs conps ,
GALANT. 19
ll vit des projcts, qu'a formt
Sie lewrconroux.
troubler fon repos,le demon de
Dans les champs ens mis fait gron.
al der on tonnerre ,
Ei tout ce que Bellone s de trifle &
d'afreux ,
LOPIS S;sit 'étarter de fonEmpire
beureus.
Mait ce n'eß point aer que fes
vertns guerricres ,
Les armes ala main protegent n0s
frontieres ;
LIEUX.Szele,qui foåtient fes fl:lles Sa
jets,
Lyprefente aujourd buy de plas di_
gnes objets.
Le cnlte des Autels, les droits do
diademe ,
Dint lorew vent foüiler ta Majè
Plas que nos intertRs ont cxtite
Louis,
20: MERC UR E
D'exercera valear par des fain
inouis,
1lfçait, ce Roy Chrefiens que les
grandeurs bumaines ,
Spnslappuy da Seigncar, fout fra
giles o vaines,
Et quil n'ef point icy de lauriers
immortels,
Que ceux q"'un Roy moiffoane sux
pieds de nos Autels.
De ces beanx fentimensfon ame pe.
netyée
Combat fenle aujourd bay lEarope
conjnrée
t voit le Ciel propice à l'Empire
des Lis ,
Favoifrdesdroitsfur lei fen ta.
blis.
Mais tandis gu'an Couchant a
valenr animée
Dfend les interqfs de l'Eglife op
primée ,
fafque dans'oricnt il cherche à figualer
GALANT. 2r
Caele dont peur Dieu fon cænrfe
fent briler
Decs Licax,on lefui daigna mourir
sa piete le rend l'arbitre o le
mailre ,
Etls chrelicns en foule à l'abry de
Jon Nom,
Vepevt baifea leiimurs de lafainte
Sion, sN
Là, fans aime+ fon brasfes vertns
Pacifigues
Bannifcnt pour jamais d'in olens
Schifmatiqucs
Rui du Dieu difraelofant braver
la loy,
Ont afsurp des biens conquis par Godefroy.
Eune m1s des Antels que ls France
prorege
ou n'ont ils point porté lewr fureur
Jacrilege,
ED 1099, pelignages dOatre mer chap. 1,
22 MERCURE GALAN T. 23
Lors que Pa7 lenn Jecours des Trafeas en expirant rendit la vie as
*odienx , mon des
Qferent envabirl' Empire der Sait La Croix, ce digae objet du refpe#
Licux ? des bumains ,
A ent aff onts divers lEglifeaba, itfar elle imprimer la fareur de
donnée , lears mains ,
in la cité de Dicn tilement po Lirs qu'à grands coups de finëtleay
fanée. aVengle manie
Bthléem egretta fes Temples dt.Tnta ce qu'ilsm'ontr pifar l autenr
molis , de la vie.
Dufacteernemens on artashay Whain queiesinfenfez par de telles
Lis , horre urs,
Et ces donspreciens , dont wos plu Couterent anx mOrtels d de fang&
grands Monarques de plenrs !
Avoient d'un zele ardent donne dit Pr la main de nos Rois jntement
luftres marques , portegée ,
Ces lampes qui brilloient dans cet Alorable Sion , tn dois eflre vanaugulle
lieu
cellerent de lervir an culie du uray Vpour te fecourir combien d'bom.
Dics. mcs arme,
Ce Bois même , ou v&incn par J2eny dans tes champs acconTCnt
bonte feconde , animck,
*les Sarrazins, eesg cos l3)
24 MERCVRE
Enfl:m par a Bernard, un de us
famenx " Princess
9ite avrc cent Heros le fein de
nos ProU1NCes,
Er Conyad imitant lenz genereus
delfen,
Anx forees du François joint cellu
du Germain.
Ladifance des licux,le dangrola
peine
NE feasroiept arrefer larde qui
les entyaine ,
Er bientofi l'orient alloit eflre foamis,
Sils ovaient fern dompter defecrt
Ennem1s;
Si d'un perfde Grec qui mediteii
leay perte ,
L'horrible trabifon cnf cpe daoa:
Verte.
aS Bernard.
b Louis vil
c L'Pmpercur Conrad.
d L'Empcreur Munuel.
GALANT,
Lyfeuljalous de voir leur 1erville
Pary d'afreux deferis lengage adroiterment,
Erlà de cesgueriiers vaincus par la
famaine
Z'Ihfdele a fans peine achevé la
rOIne.
Cpendant un actts f contraire à
Sion, de tes Enfans n'teignit pas
les feux ,
E! Phrlippr, &e Richard touches
de tes difgraccs ,
A travers cent écueils ont marché
fur leurs traces
Et ces deux Usillans Rois en la flewr
de leurs ans ,
Confacrerene leurs norns par cent
faits éelat ans.
Alors , loin d'abolir le culsc de l'E
glife,
b Philippe Augule.
Richard Ceur do Líon,
Fev. 1692. B
26 MERCVRE
L'Angleterme à fes loix, àfes Prin
cesfoumyfe,
Des droits les plus facreK qu'dlle
brave aujor d buy ,
Se montra tout enfemble o lazile,
Mais quel demos , jalous d'uneff
fainte guerte ,
En dévonrDa fondain la France o
lAngleteme:
Tandis qu'un des * cefars devsnça
n0s Guerriers,
Aeconrat dans tes champs fe couuris
de Losricrs ?
Que ne founit-il point an gre ds
fon contage :
Le* Grec voular en vsin dipntey
lepaflage ,
Priderie leforça de ceder à fes lois,
FridericI,
L'Empereur laac 1'Ange,
GALANT. 27
Et Saladin lag méme enfle defes exploits
N'aurost på refler à leffort de fes.
armes ,
Sifa mort, du Tyran n'caf calm
les alarmes ,
Et, comme alesxandre * cn tous
lienx redouté,
Le Cydnus cnfon fein ne l'avoit av.
D'un E(lé trop bralant il crut par
cette eauvive,t
Enfe baignant domprer la chaleur
Mais helas dans cette onde iltronve
le trépas ,
Qildvita cent fois dans l'ardeur
des combaIS.
Ceft à vons d'achever cette aoble
entrcpriles
Princes, de qui la foy dpais longtemps
promufe.
* Alexandre le Grand courue rique de A
ViC pour s'ére baígn dans ce fleuve. B 2
28 MERCVRE
Ne dfre qc tropcè ogag facré,
Q0evons aveR tons denx publigae.
Dans fa captivité, Sion infortanle,
Enperdant Frideric, fe voit abandonnee
Sanstarder plas long tempsuoleaà
fon fecours ,
Poar lafranckir des frs,confaeres
vos beanx jou7s.,
Et fans vons decbirer par des gher.
res crpellcs ,
S'il faut à vos Vertus des palmts
immortelles,
alumeponr Dicn feal unfi jnße
L'eniemy de s chrêtiens el plas di.
gne de vous,
Is partent, G bicn tof? lenr cfo
yable Armée
Eut arboré la Croix dans toute lIdumee,
si la divifunfatale à tant d'E
GALANT 29
N'eup trop tof rappele ces dens
5r grends Potentals, Su
Lenrs efprits diferens ,& lenrs amours
contraircs;
Confondirent alors leursprojees militaires.
L'ennemy plas faperbe an brait de
lear départ,
Pendit chr aus chrêtiens fon plu
fameux Rampart ,
Et par nmille travaux Ptolemais
foumife ,
Fat le prix, la fin d'ane longue
entreprife.
Que ne fonfris-to point , Sion ,
guard de tes champs ,
La difeorde eut banny deux Rivaus
Apaiffans ?
Malgreles vains efforts que ft la
Germanie,
Elle nc pnt jamais vaincte ln tyran.
nie
Ny par le bras uangear de fes Prin-
Ces 001s
B 3
ME RCVRE
Reparer n trente ans la perte gue
lepremps qu'un feul Roy ,*qu'
veunaitre la France ,
Ainf quefes Ayenx , sarme pour
is défenfe.
Ses forces , fa valen? , fon zele
(puré ,
Irometènt an: Chrbtiens un trions.
phe afard.it
1ls'avance ; G déa for fes pas la
vitoire-
Cowronne fes projezs de bonbeur
de gloire.
Fugu'an fond de fes eaux le Nil é
Pouvanté ,
Voit au premier combat le Sarrazin
dompte,
Et de fes champs feconds la plus fa
perbe * rille,
N'oppefe à la valeur, qu'sn oblacle
inutile.
Saint Loiüis :
* Damiccte
GALANT. 31
Mais quaPpetço1s-je 6.Ciel quel
ettange revers,s
Loäis aimé de Dicu s loin de brifer
tes fers
Malheureafe Sion pour fruis de
tanl de peines ,
E/* lay même tombe dans de bar
bares chaincs
okle Cieléprouvant fa canflance
Fa par Ladvefité d'un grand
Prince , un faint Rog.
fale danfes defleins dont l'humaine
fojblelle
Ne doit iamais blâmer lexdre s o
la fagele.
Dien ,peut eäre , exoçant ce Reg
pleis de vextns
Punilans les excez des chrêties
corromp ns,
Don: * le aele apparent, lo pieté
fardée,
Toiniviile
Szint Der nasd., de Covfd lin, 20 chap, TS B4
MERCVRE 32
NOfrotent aüx yeux mortels qw'ane
trompenfe idle,
Tandis qu'abandenne?À de fales
ardenrs,
Ils recouroient à Dicu ,quils cha
foient de leurs ceurs.
Louis, dont la vertu magnanime
folideisa
Ef de tous fes defleins l'bjet; la:
me & le uide ,
Ne fçatt point dementiy la noblefer
meté.
Qui le fois dansla pompe, dans
ladverfité ,
Toujonrs prompt à benirl'Anteur de
la Nature,
l compte ponr des biens tons les
maux qn'il endure,
Effait qiun Bray chrèien perfecuté,
fouffant ,
Sait lexemple d'an Dics fur la
Croix expirant,
Cf en vsin quà fesyeux, des Ty-
Tans pleins d'audace,
GALANT. 33
Le paignardà la matn, tnulten fa
diferace.
SA verta jagu'aufond dn plas barbare
cæuT
Va changer en refpt la baine &
la farcure
Ces inbumains charmez de fa conpance
extrême
Ate noble Captif offrent le Diade-
Mais 'honneny de regner dans ces
lointains climats,
Doit ceder aux befoins de fes pro
pres Etats,
Ilrevient y calmer le 1ronble, o les
alarmes 3
Et quand il peut gonter un repos
plein de chaimes ,
4 vanger, tes mépris plus ardent
que jamais ,
Sion, il vole encore à de nowveaus
projets ,
Et vent dans une. vie extmpte de
BS.
34. MERCURE
fufqu'an dernier foupir couronner
la fagelle .
Mais Dien, content des maux qui!
a foaferts pour toy s
Dansle fein d Abraham vs placer
ce grand Roy.
Pre de forcer Tanis , fa viguenr
abbatuë.
Cede à l'air corromps qai l'infeie,
G le taë
Il meust, G ton fpoir expirant
Parnmy de fers Trans, te lailfe fans
appuy.
Combien de fois ; helasy fous leur
jowg afervie ,
Plaignis- tn vainement ta libertd
rAvie,
Sans qu'ancHn Potentat touche de
tes malhewrs,
efforçår d'arrêser le tòrtent de tes
pleurs?
Quaire iecles entiers , tmoins de
1es miferes
GALANIN T.
deur.de a0s Reres ,
eelat perdu
Renaif fos Heres da faint Roy
defcen du,.
Heririendcfonmom , ainff que de
fon zele,
il confacre fes foins à ta gloire im.
mortele , .t
Et cc que Charlem agne intrepide,
Fit parlefeul dclat de fon nom gloieux
>
Louis dont Toromas evere la
puillarce ,
Zefritfansenmplojorfaforee ,fa
vaillance.
Sans voir tosber des ours fous l'effort
defon bras
Ce Prince ménager dn fang de
fes Soldat5 ,
Prtfere les LAAYiersy que fon 7çle
36 MERCURE
A ceuxdons la valeur. dass 289
Champs le conronne.
Certes,s'il fant vanter sn triom.
phe eclatant n
Quau prix da fang bumain achete
un Combatant ,
Confeflons gua nos yeus ce guil
offre de charmes ;
A mile infortunez fait vépandze
des larmes.
Mais ce triomphe bearenx , que
leflime & lamour
Luy dreffent anx climats, onfe leve
le jour ,
San1 répandre de fang ny forter
de murailles,
Illnpre micux lon nom , que n'ot
fait cent batailles ,o
o le Vaincu cedant à leffort da
Ne foumet que fos bras so refule
fon ceur.
Roy qui furfs pas voit marchst la jic.
GALANT. 7
N'aime que la vapeur d'un libre
facrifice , zqinc
Et fans eflre contraint n'arme point
Tel on vcrroit L ours peuple
ingrat jaloux , gh
Germain5, par fès bonsez attirer
lwôre bommage , y
Sipar mille attentats lveillant fon
Vons we l'aviez forcé vons mémes
s des'armer,
Pour punir les complots que. vous
offez tramer.al
4 quelexces d' borresrvôure «ffrga.
ble Ligue
N'a-totlle point portéla malice,
Lors qu' au mépris dufang, de l'e.
4glife & des Lois,
Vons appuy?elexyeuir, derônez les Rois
c't afeRinfulter le Ciclo la Nai
MERCVRE
Rompez l'injufle nand d'une Ligue
parjure ,niaitao
(Etn'autorifekpas vos rebelles fajets
A former contre vons defemblables
projets.
Ponr vons, g2i connoiffant ce Prin-
NN ce magnanimes
Rende7à fesKerens un tribnt legi.
time
Superbes oftomans ,.acco7dez vôrn
Aux Saints Lieux, quà nos vaux
Et laifezy egner fans defordre
ans gWerre ,
Le culte qu'on y doit au SaBvenr de
la Terre?
Rien ne plaifß davantage au plus
chrètien des Rois, tin
Que d'yvoir triompher letendari
EUN de la Croix,
Eidyfervir an Dieu, dont la gloi.
re faprêmea
GALANT. 39
EA plas chere à fes geux, que n
fon Diadême ,a
Mais fperdant un joT ces vepeis
solinonis ,
Qu'ont fait naisre en vos caus les
A Ver Pus de Lours,
De fon zele Chrêrien vons détrai
33fezl'ouorage ,
Fiers Gtto7MAnS , cAignelcfes de
fon courage.
Ce Prince redousable aatant qu'i
5109 caimé,
S'ouurira le chcmin que vons AKrek..
Et par fes digues Pils formez far
fes extmples,
Sontensnt apres.lny les honneurs de
A msTemples,
Ine verra jamais braver. im puné
Ln foy, que fes Neacus garderont
40 MERC VRE
On a fait le mois paffe à
Strafbourg ce qui sy pratiquc
tous les ans, celtà dre quon
ya élu un Conful, à qui l'on
donne le nom d'A mmeifter,
Ceft luy uiarccles Echevins
élit dix enilhonmmes de la
Ville pour eftre Senateurs , &
tous cnfemble formenc le Seiat
On luy fait prêter le ferment
le Mardy d'aprs les Rois. On
dreffe pour ccla un Echafaut de::
vant l'Eglife Cathedrale. Tout
le Magiftrat y monte, & lcs
vingt Tribus du Peuple font au
pied dans la Place. Cc Magitrat
efb compofe de, quatre
Confeils ; de ccluy des trcize,
qui traite des Confcderations
& des affaires militaires; ccluy
des quinze, quia pouvoir d'ex:
horter le Conful a fon devoir,
des vingt & un, && de ce qu'on
GALANT.V 41
appelle le Senat, qui outre les
dix Gentilshommes dont je
viensde vous parler, cft encore
compofé d'autant de Citoycns
quil ya de Tribus, ceft à dire
de vingt, Tous ces venerables
Ciroyenscftant montez fur l'E-
-chafaut , avec les Officiers de
la Chanceleric , && les Grefiers
de pluficurs Tribus, deux Bedeaux
ou Valets de Ville, crient
auPeuple quil va entendre la
leure des Reglemens que la
Ville a faits. Un Grcfier les lir
cnfuite dans une longue Pancarte.
L'Ammeifter qui fort de
Charge fait prefter le ferment
à celuy qui cft élu, && ccluy-cy
lercçoit de tous lcs autres qui
font fur l'Echaffaut, La forIme
de ce ferment cft de lever la
main droite, & d'erendre les
deux premiers doigts, Vous re
42 MERCVRE GALANT! 43
marquerez que l'Office d'Am: mais ce qui s'elt fait celle-cy,
meifterou de Conful clt annuclqui ne lavoit point cft de-
& qu'aucun Gentilhomne ne puis I fz 9.ceft que le lendefçauroit
le poffeder. Cclay des main tous les Magiftrats Ca
Echevinselt de deuxàns. Apre: tholiques qut cOmencent
cela y le premier Statmeilte dcltre en afez bor nonbre,
(cet aini que l'on appellel: allerenc à la Cathedrale en
Nobles qui font partic du Se Corps, &tafGfterentà ume Melle
nat ) vient fe mettre fous le d S, Efprit, pour demander à
ais , & demande aux ving Dieu la grace de bi sacquitter
Tribus affemblées. yfi clles ie des fontions de leurs Charges.
veulent pas prêter le fermem Cetre Meffe fut fondée en rsI3
de fidelite au Roy & au M&- par les Magiftrars e Stragiftrat,
en confotmité de celiy boturg, Suivant les termes de
que le Magiftrat a prère à S cette fondation, la Ville devoit
Majcfte , & fi clles ne proma fäire plufieurs aumônes, && il y
Tent pas d'executer les Regle- avoit mefme unc amende con>
mens qui leur viennent d'èrd tre ceux du Magiftrat qui ne
làs. Toutes répondent qu oüy: sy roveroient point, à moins
Brant leur chapeau, & érendant quils n'en fuflent empèchez
les deux premicrs dogrs de par maladie. Cetre derniere
main droite, Les fermens d Ceremonic du rêrablifement
sCnouveltent toutes les anmées de cette Mefe du S. Efprit íc
44 MERCVRE
fr dans le dernier mois avec
éclat , au grand honneur de Si
Majefté, & à la confufhon des
Heretiques. C'eft. une chole
fingulicre que le Magitrac de
Strafbourg faffe une fondation
en IsI3.digne de la piet des
plus zelez Catholiques, & que
feize années apres , fçavoir en
1529, ces mefmes Magiftrars
les Tribus de la mefne Ville
palent à une extrémité enic
rement oppofee, en fafpendant
l'exercice de la Melle,
jufqu'à ce qu'on ait pû leut
faire connoiftre que ceft un,
culte agreable à Dicu. Deux
Ates fi prés Iun de l'aucre,
& fi contralres marquent
bien laveuglement de lefprie
de 'homne , lors quil sa
bandonne au sdéreglement
Vous ne frez pas faché dap:
GALANT. 45
prendre les circonftances de
ÎAte fait en I 5 29. Ce furent
lcs vingt Tribus qui le paf
ferent, c'eft å dire les quinze
Nocables de chaque Tribu ,
qu'on nomme Echevins , qui
tous aflemblez font le Confeil
des crois cens. Mais afin
que vous ne preniez pas cd
Confeil pour celuy des Sages,
il cft à propos de yous dire
que ces 20.Tribus font toutes
compofées d'Arifans.Les Batelicrs
parexemple, font la premiere
Tribu, les Cabaretiers
les Cordonniers , & ainfi chaque
Art mchanique compofe
la fenne, Voilà la yenerable
Alemblée qui en IS29. lufpenditl'exercice
de la Meffe.
Le rérablifement de celle du
S, Efpric fe feroit fair avec plus
46 MERCVRE GALANT. 47
déclat,fi toutes les Tribus re -on Jevous envoye un Difvenuës
à leur bon fens avoica cours fur la Beauté qui a don
affifté àla Cathedrale, & fuivné lieu à une Letere de Mr Cylexemple
de Mr Oprecht, piere que vous avez venë dans
homme d'autant déruditian une desmiennes, Il y répon-
que de picte, & donc la con. -doit par cette Lettre,&& comme
verfioncft des plus finceres l clle a fait fouhaiter de voir ce
iya quelques années quilt difcours, je vous en fais part, en
abjuration entre les mains de ayant heureulenment recouvré
-Mrl Evefque de Mcaux, D: une Copie,
puis ce temps-là ,le Roy luy hhhh donné la Charge de Precu
Royal. Autrefois il yavoit
Strafbourg un Prereur ImpeL T TRE
rial, dontla Charge avoit elt
donnée en fef aux Evelqae sURLA BEAUTE ECRITE
de la Ville qui l'y failoiem par Mr. Bellet à Mr. Sehreuder.
exercer avant IHerefie. i
MONSIEUR,
Majefte a jugé à propos
la remplird'un homme qui fut
À Elle, 1e Preteur affiftant Jenaime cn noy, ny la quanom
du Roy àroutes les Aleu: lité d'Auteur, ny celle d'Inno-
blées ou Confeils dela Ville. VAteur, Je n'ay point aufi re
48 MERCVRE
folu de mexpoferà la Critique,
comme font tous ceux qui foht
paroiftre des fentimens parti:
culicts.Ainf je ne confentirois
pointà vous crire, f je cro:
yois quetna Lettre deuft paroiftre,
jje vois tous les jours qu:
une chofe qui plaiftà une per:
fonne, dêplaift à cent autres;
&peut eftre que cequeje vout
tcris feroit defaprouv dun
grand nombre de gens; car
en cft des Beautez qui fe trouvent
dans les ouvVrages de l'e
prit, comme des Beautez du
corps. L'efime qu'on fit d'ek
les dépend du goufti des per
fonnes qui les regardent , &
pour entrer en matiere,ce dif
ferent gouft,que fera-ce? Une
differentc imagination, un d
ferent temperament du cer
veau , la grofliercté ou la delicaro
GALANT. 49
catefe des fibres ,un ply , ne
habitude,une opinion, & pcUt
ctre la mode nouvelle, C'eftlà
une herefe enafmout, dira-t-o
mais vous trouverez que,celt
une verité , vous, dis-je, qui
avezaflez voyagé pour connoiftre
le different genie des Peuples.
Vous fçavez aufi qu'cn
Europe & cn Perfe les beaux
Nez fontaquilins, qu'au Jas
pon & dans la Chine ils font
large, & qu'en Afrique ils font
gros, Vous fçavezque dans
Bornco,dans Achem, &à Siamn
les belles dents font noires y*
que dans les Celebes elles font
dores j qu'en Ethiopie cles
1oht jauncs. Mais fouvenezvOus
de m'ayoir ditque les Belles
de venife fe lavoient los
cheveux de lefive pour les faire
à Tavernicr.
Fevrier 1692- C
MERCVRE
roufir. Cepcndantvous voyez
que la France s'eft tcllement
declarée contre cette roufeur,
que file RoyDavid fe prefens
toit aujourd huy a Nerfailles
avecles cheveuxroux, comme
il eft dans voftre tableau, il e
feroitpas feulement reçû Sol.
dat aux Gardes. Et que direzvousde
ces femmes de la Terte
de Jeffo, * guin'employent tolt
Jeurtemps qu'a preparerlesro
pasde leursmaris, & à fe pein:
dre de bleu leslevres &les lourcils,
pour plaire aux plus vilaini
hommes du monde Une Belle
de Mycone * ne vouis plairoit
pasavec fa façon d'habit quand
clle ne feroit pas plus cruele
que les Belles de Sçio j voS
mel'avez avoi, Enfin touge
* Chardin.
yreler.
GALANT
1Europe "nainera o pastiune
Beaut Negre j &z toute la
Nigretieméprifera une Belle
Circallienne. Mais fans
fortir de noftre pays,ditcs-moy,
je vous prie,fi les Blondes l'em
portent toujours furlesBruncs;
& i vous aimeriez aútant les
yeux louches. que faifoit Mr
Dclcartes. Ce quiet merveil
leux, il y.amclne des défauts
quifiéentîbicnàquclqaes per
fonnes, que Mr de Montnorency
n'euft jamaisefté fagréable
sil n'euft cfté louche sny
lEmpereur Claude, s'iln'eut
cfte boieux , tant il elt vray
quikn'y a de Beauré que dans
l'opinion & limagination des
hommes,
aAprés cela, ne me dites point
quìl y auroit des Beautez réclles,
quand il n'y auroitny ycux
C 2
32 MERCVRE GALANT. S3 ny cerveaux : car li cela eltoit, heix: car jappelle Beau ce
clles devroient paroiftre telles qui plailt aux yeux Qcomnme
tous leshommes, cõme lorlur jappelle Bon ce qui plaift à la
paroit or, & elles devroicntraue. Ún bon Phiicicn m'acvir
aufi toftl'elprit & le ceur, cordera cela infailliblement,
qCuei pfeonndtant ily a bicn des gens puis gueles imprefions des ob- Cn repos de ce cofte- jersf faifant dans tous les of
là, qugy quils n'aycnt pont gaies de la mefme maniere
travaillé pour s'y metrre. Ille celtà dire, par le mouvement
trouve eulement quils n'ont des ibres quife communique
pas s les fibres de leurs yeux, julgu au cerveau , on doit apqui
reçoivent les imprch porter pour la raifon du dif.
fions des objets difpolees feret plaifir que nousrecevons
dune manicre àne fajre quun parles yeux ,la méme,que pour
doux cremblemcnt qul fe com, celiy que nous recevous par les
mniguant julquau cerveau, autres fens i.puis que même ,
peut exciter du plaifr dans l'a: Propremcnt parler; il ny a
me; & siln'ya jamais eu de lai- qu'un fens,
des amours,e'eft parce qucdau Ne me dites donc plus que jaitres
ont les fibres de larcLine merois Eve, f clle revenoit a
proportiohnées jutement au lage de vingt ans , avec cette
imprefions qu'clles reçoiven Beauté quc les propres doigts
de ces objers qui leur paroillent, de Dieu luy avoient formée.
C 3
S4 ME ROURE
Que fçay-jefi clle me plairoit
elle qui navoir cfté faite que
pour plaire au premier homme
le l'honorerois- comime s ia
grand' Merc,toute jeune qu'elle
feroit , & ije n'etois pas fon
amant, jene croirois pointfaire
tort à la fcience de Dieu ,qui
peut-eftre n'apas voulu la faife
Belle à mes yeux. Jene tçayi
-vous l'aimeriez, vous qui dites
que vous aimericz la Sybille
Cumée toute ridée & toute
barbuë quclle fuft, Pour cellecyje
crois que vous la place
iez dans. voftre Cabinet non
pas comme la plus belle de vos
Antiques , mais commela plus
vieille, && je doute fî clle auroit
pour voltre cceur leprix de
T'Antiquite , &&les graces de là
nouycauté
* M, Petit des Sybiles:
GALAN T. S5
Mais pour revenir , n'eft-il
pas vray quily ades couleurs,
des odeurs, des fons, des fruits
que l'on aime plus les uns que
les aucres ? Et quct-ce que la
Beaut dans voftre opinion même,
que cerraines couleurs &
cercaines figures enfemble ?
Vous fçavez que nous voyons
lafigure des corps par celle qu'-
imprimefur la reine la colomohe
de lumiere qui part de l'objet,
&& que nous appercevons la
diverficé des couleurs par les
differentes lignes que font de
þetits rayons dans le corps de
cette colomne iguréc, Il n'et
pas befoin pour un homme qui
entend auff bienl'Opique quc
Svous, d'entrer dans un plas profond
dérail , & il ne fau que
VOus rappeller les idées pour
vous faire avouër que les plus
C 4
MERCUR E
beaux objets nc ont vifblcs
que par leurs couleurs & leurs
igures. Orfoitque les couleurs
foientréclles ou apparentes, i1
clttoujours certain quilnentre
clans nos yeux que delalumicre
& que le plaifir qucenous y fentOns
, n'eft caufe que par le chatoüillement
des ibres de la rc
tnc.Quefnous les avions allez
delicates pour ctrc émües avcc
violence par un telrayon delu:
miere, qui ne produiroit fur
d'aucres quiun mouvement fort
doux, fentirions-nous du plaifrà
laveuëde ces objcts Non!
fans doutc, puis que ceft la
rifon pourquoy les Beaúrez.
blanches nc plaifentpoint aux
Negres.
Croyez vous aufli qu'une belle
Ethiopienne trouvaft beaucOup
de Galans à la Cour,où le
GALANT. S7
gouft elt fdelicat? Pour moy.
je ne le cro1s pas parce que le
noir de cette femime nereflechiroit
point afez de. lumiere,
ou le pou quil en envoyeroit
feroit trop foible pour produire.
un mouvemétfenfible & agréable.
C'eft pourquoy je ne puis
pas bien croire ce que les Erhiopiens
difent, q'une Reine: de
leurs pays eftant venuë à Jeru
falem pour voir Salomon , elle
ait efté la Maiftrefe de ce Prince,
an préjudice d'un grand
nombre de Dames, & quelle
en ait eu un Fils nommé Meni
lehech dont la Famiile remonta
fur le Trône d'Abyfinic cn
1300. ayant efté depoledée
par les Zagées 340, ans auparavant,
Nos gens du Nord ont les
9 HiR, aBchiop, de Ludofph,
s8 MERCVRE
ibres trop grofieres à caufe de
Vhumiditequis'y attache, pour
eftre ébranlées à la veu des
Beautez fi noires avec ce doux
mouvement qui donne du plaifir,
& cer Ambafladeur de Maroc
, qui menoit dix-huit femmes
a lafuitc , ne devoit point
craindre que les Parifens luy
cn enlevafentquclqu'une. Sça
vez-VOUS ce que répondit cette
Excellence Noire à une Damè
Françoife qui luy demandoit
sil n'avoit point aflez dnc
femme ? Une conmme vous me
fuffroit , luy dit-il j mais cef
toit plultoft un tour d'efpriti
une galanterie, une complalfance,
que fon propre goults
car f cer Ambafladeur fentoit
du panchant pour les belles
Françoiles, en verité fon Mai-
-tre pourroir bicn en fcntir a-
GALANT.
tant. Cependant voyons nous
que ce Pince achete des femmes
blanches y quilaime quelque
Efclave Européenne , ou
cnfin que d'autres Rois fes voifos
lefaffent?
suC'et patce que la grande
chaleur confumanc l'humidité
qui pourroit groffir les fibres
deleur ceryeau, illes ont trop
deliees, trop delicates & trop
Teches pour n'eftre pas émus
&tenduës plus quil ne faut par
le mouvement que fait cette
grande lumiere refléchie par
les objets blancs; & cette mê
me delicaceffe qui rend les fibres
fi fufcepibles de muavement
fait que le peu de rayons
qni partent des Objets noirs,eft
aflëz fort pour chatouiller doucementles
organes, & donner
du plaifir & de l'amour; de lor
C 6
MERC VRE
tequiln'y a point lieu de dous
ter quel'Afrique n'ait fes Beau
tez, fes Amans, & peur-cftre
fes Poetes &fes Romans,
Pour noyje cros que toutcs
les Belles font laides aux yeux
de quclqucs-uns, & que toutes
les Laides trouvent des Adora
teurs finceres ; & je doute fi
Efope * a tolijours trouvé des
Euphrofnes , && sil n'a jamais
cOnté autre chofe que des Fablcs,
Poir gåter une beauté, il
ne fautquunc partie qui rcHe
chile la lumiere d'une naniere
a raccr dans l'imagnation unc
image ou deslignes qui nc don-
Heront point de plaifir à faute
de certaines difpofirions. Là
fuperficie du cuir peut produi-
Ie quclque mouvement dans
un rayon qui gátera tout, &
Fables dElope Com cdis
GALANT. 61
voilà d'où viene que des perfonnts
qui n'nt rien d'irregulier
ne plaifent pourtant pas.
Mais fi ce srayon ct rencontré
par quclquautre qui cn puife
augmenter, ou retarder , changerle
mouvement & la déter
mination, tout s'accommnode
& fi peu qu'y contrjbule temperament
du cerveau, voilà dt
plaifir, & voilà la beauté. C'eft
auffi d'o vicnt quç certaines
perlonnesdans lefqueles onnè
voit ny la jute proporrion des
partics , ny cette delicateflc des
traits ne laiffent pas de plaire,
parce quil ne faut qne de la
douceur dans lesycux, ou de
l'eclat dans le ceint pour rac{
commoder touv ce que les au
tres parties ont de rude. Je vcx
dire que quelqucfois , ce quife
trouye dagreable dans ccrraiMERCVRE
nes paries l'emporte fur ce
quily de delagreablei ailleurs,
Je veux dire cnfin que le mouvement
rcglé & proportionn
des rayons cnvoyez par certaines
partiesl'emporte furle peu
dordre qui lo trouve dans les
rayons Cnvoyez par d'autresy
comme ta tourbillon cn oblige
unautre à fuivre fa deterimina,
tion,
aUne expericnce vous fera
comprendre tout ce que peU:
vent faire des rayons de lumiere
qui fe rencontrent. Les couleurs
bleus &jaunes mêlées enfemblc
font le verd, parce que la d+
termination & la force, des rayons
qui partent du corps jaune
cftant changée & rallenie pa
la rencontre des rayons qui partent
du corps bleu (lefquels
fouffrent aufi quclquc chngc:
GALANT.
ment) cesdeux fortesderayo
ne peuvt avoir qu'une1
le detcrmination des globules,
que des nouyeaux mouveinens
diferens des premicrs, & ainfi
ne faire quune nottvelle couleur,
que nous appellons
verte,
Cés pcrlonnes-là peuvcnt
donc eftreappelléesBclles,lors
qu cn les voyant on les trouve
agreables, & que l'on relent
du plaifir 5 mais comme lc
plailir dépend du temperamment
de nos fbres, ielles fonc
rop leches ou trop humides
trop delicates ou trop groflieres,
ces perlonnes nc plaient
plus.Je fçay que l'amour couvre
bcaucoup dedéfauts , & que les
Amans trouvent des agrémens
qui ne furent jamais.
Qucl che Tbuenmo vede, amor
ifa inoiffkile ,
S4 MÉRC VRE
E linusfbile fa veder a
mais cela nefme montrcquil y
a plis de pation quc de realit.
Qnoy,me direz vous , Lucre
ce n'a et8 chalte :que parce
qu'elle n'avoitpas dans fon cer!
veAN une difpofition à prendre
le mefme plaifr à la veuë de
Sextus, qu'elle prenoit à lave
de quelques autres hommes l
Ouy, Monfieur, c'elt là a rais
fon de cette Epithere f glori
eufe qu'on luy donne, ceft
l'origine de fa gloire , & îje
l'ofe dire, celt tà fa'. vertu )
croiriez vous que ce neft que
cette difpofttion & lamour dé
ceplaifirque firét qu'H:lene fë
lailla cnlever par aris, & que
toute la Grece s'opiniâra p en
Voyez le P. le Moinc &ks Pgufécs d
TEtfes de M, Bcylc,
GALANT 6s
danc dix ans à la ruine du foríf
fant Royanme de Priam ? A
voftrçavis , falloit-il faire tant
de bruit pour une Coquerte ?
Croiriez-Vous aufi que la defcente
des Anglois dans I'ile de
Ré,ily a longtemps ,ine fuft
que la fuite dunc intrigue
amoureufcd'un Favory, & quc
la guerre des François dans te
Milanez ne fuft qu'un cffet. du
defir qu'avoit I'Amniral Bonnivet
de revoir la Signori
Cleric Cepcndant il n'y a
rien de plus vráy, à le prendre
dans la Phifque && dans les
Anccdotes ; &t ce n'eftpas d'aujojr-
d huy qúe nous voyons de.
grandes gurres eftre caufkes
Par quclques rayons de lumiere
qui ontfrapé les yeux d'un General.
Au moins nous a-t-on
voulu faire croire que la guerre
66 MERC VRE
de Hongrie, qui dure encore,
n'eltfortie que de l'amourd'un
Grand Vifir pour la Fcnmc
du Pacha de Bude.js
Jugez , Monfcur , aprés cch
de ce qu'eft la beauté , f des
coulcurs && des figures font un
bien i folide && fiavanrageux
quil merite toute la peinc
quon prend pour l'acque-
, En verité , fi la Beauté
.et maiftrefe de tous ceuxqu!
l'admirent , clle et, fujetea
perdre bien-toft fon crcdit
car ti clle change en elle-memie
elle devient le rebut
de fes efelaves , & fi fes Sujers
changent feulement de tem
perament, clle fe voit expose
aleur caprice , && abandonne
de ceux qui la recherchoient
Mais cnfin, je lçay quc
0sCara Mu fapha.ct
GALANT. 67
nour &l'ambition gouvernent
le monde de concert3 & que
ces deux paffions font a linaginacion,
ce que la volonté &
lentendement font à Tamc.
Toutes chofes itont toujours
dans le monde de la même
maniere ; & f jay dit
ali commencement que je ne
voulois point cftre un Innovatéur,
je declaro que je veux
Leftre encore moins un Reformatcur,
Je fuis,
CLes pafions violentes font
fujertes a des retours extraordinaires
& les agitations les
plus fortes'fe trouvenc fouvent
fuiyies d'un calneheuteux qui
dure autant que la vie, Vous
le connoiftrez par l'avanture
dont je vais vous faire part. Un
Cavalierque fes bellesqualitez
diffinguoient encore plus quo
68 MERCURE
fanaifancc, ayanteuaccés chez
une jolie Perlonnc, fo firun
tel plaifir de la voir, quiinfen
fblement fes vifites y devin:
rent afidu ës La Belleles tcceut
avecplaifir, & comne il etoir
pour elle un party confideraal
ble aude là de tout ce. qu'clle
pouvoitatendre, clle employa
EOUs fes charmes pour le mettrg
hors d'eftac de luy échaperi
Rien ne mairquoit aux com
plaifances Aateufes quclle a
voit pour luy , & en pea de
temps clle vint à bout de fe fi-!
re aimer éperdument. Ainh
Tengagement cftoit pris ayant
guil eift eu le tennps de faire
reflexion fiur les obffacles quil
pouvoit y rencontrer. Aprés
quil luy cut fait les plus tendres
proteftarions de n'etre
janais quà clle, il commença
GALANT. 69
d defefperer de voir réuflis les
projets de fon amour, La Belle
avoit peu de bien, & il dependoit
d'un Pere fort riche, qui
ayant formé un aucte deffein,
le prefoit depuis longtemps
de rendre des foins à une Heri
tiere plus laide quebclle, mais
qui poffedoit deux Terres
d'un revenu fort confderable
Le Cavalier fe tiroi d'affaires
en.difant toujours qu'il ne,vouloit
point fe marier ; mais en
fin Aaré des obligeans témoigiages
de tendrefe qil recevoit
de la Bellc, qui par toutes
lortes. de moycns tâchoit touS
les jours rendre fon engage
ment plus fort, il refoluc de
n epargner ricn pour venir a
bout de fes defleins. Malgr
Teloignenment quil ne pouvoit
ic cacher que loi Pere auioit
70 MERCVRE
pour cc nariage, il it agirtous
ceux qui avoient lc plas de
pouvoir für fonefprits mais
leurs remontrances furent in
ueiles. Il blânia limprudence
de fon Fils qui seftoit aban:
donné à la furcur de l'amout)
& quclque peinture qu'on luy
fM de la violence de fa pafsion,
il la craita de foiblefe, & dit
que c'eftoit un feu quil falloit
laiffer amorir au temps, Ce
mauvais fuccés. mit la Belle
dans un chagrin incroyablc.
Elle aimoit le Cayalicr, mais
elle sainoit cncore plus quC
luy, &lambition eftant fa pa
fiong dominante , clle foufrit
avec in regret qu'on ne fçauroit
cxprimer la, perte des
avantages quilay eftojcnt aflu:
rez file Cavalierl'euft époufec
il entra fenfiblement dans e
GALANT,
déplaifir quelle luy en ft pa:
roiftre, & le rogardant comme
inc preuve d'amour plûtoft
quc comme l'efet d'une, veuz
iDrerefée ,ilrefolut de fe. fers
vir d'un dernier moyen, dont
le fuccês luy parue cltee in
faillible. Son Pere etoit un
hommegalant , d'une humeur
aifee & agréable, Il avoit tou
jours aimé les belles Perfon
1es pour qui il ne pouvoit
cncote s'empécher d'avoir de
fort grandes complaifances.
&z le Cavalier fe perluada que
fion pouyoit luy fairc voir fa
Maitrefe , fans quil la connaft
Pour ce qu'clle etoit, fa
beaute & fes manieres le
préviendroicnt afez favorablementpour
l'obliger à changor
de fentimens , &à confentir
qu'clle fuft fa Belle-fllc.
MERCVRE
La chofe fut mênagée aveo
tant d'adrcfe, que la Bclle
fe trouva dans unc Maifon;
ou l'on fçavoit quil devoit
aller, Il h vit, il lentrerint,
il luy conta mêne alez de
douccurs s lors quaprés
qu'elle fut forrie on luy d.
manda ce quilycronvoit cn
cette jolie Perfonne,il re
pondit qu'elle avoit des' a
grémcns qui ne devoicnt pås
la lailer| manquer dAdort
teurs. Il demanda à fon tour
qui clle eftoit, & on luy ft
croire que ceftoit une Demoifclle
de Province venuë
Paris avec fa Mere pour n
procés , qui devoit bien-tolft
eftre jug. Peu de jours aprés;
il la retrouva a dans le mene
ien, & layant encore entretenu
quclquc temps, il luy te cnfin
GALANT. 73
cnfin quil cftoit impofible de
la voir, fans- sinterefer a ce
qui pouvoit luy faire plaifir,
& que fi clle avoic befoin de
fon credit auprés de fes Juges,
il feroit ravy de luy cltre bon
a quelque chofe. La Belle luy
EMoigna beaucoup de reconnoiflance
d'une difpofition i
favorable , & commc clle avoit
fon but, elle fit valoir tout ce
qu'clle avoit de plus cngagcant
pour fe meture bicn dans fon
cprit. Taundis quc ces chofes
fe paffoicnt , le Cavalier fe vic
oblig de fairc un Voyage en
une Ville celebre, eloignce de
Paris d'environ quarante lieuts.
Un de les Amis parciculiers
qui avoit befoin de fon fecours,
y atendoit pour une affaire
Lmportante qui ne le pouvoit
terminer fans luy. Avant quc
Fev. 1692• D
34 MERCVRE
de séloigner , il pria euxd
qui il avoit fait patt de fonfe.
ctet , de contibucr leurs foits
pour entretchir fon Pere dans
les fencincns d'eftime quil paroiffoitavoir
pour la Belle. Soa
Percquila trouvoit fort aima.
ble, la revit encore deux 0u
trois fois ; imis enfin il découviit
qu'on lavoir trompé &
que celle qu'on faifoit pafler
pour une Provinciale , etoit
la Maîtree de fon Fils. Ct
pendant la Belle avoit fit (ar
fon cfprit des impreflions
fortes , quil garda pour ele
les mefmes honneftetez qul
avoit euës jufques-là. Il luy
dit obligeammcnt que faute
de la connoiftre il avoit ag)
en Pere, mais quil ne pouv
luy vouloir de mal de selre
fait aimer de fon Fils i qul
GALANT. 75
eftoit fort naturel de chercher
fes avantages, && quclque ob-
Atacle quil cuft paru mettre à
fes efperances, il comimençoit
a fentir qu'il n'auroit jaimais la
-force de fe déclarer fon ennemy.
La Bcllc luy repondit en
Ldes termes fi flateurs , quc
and il fallut fe feparer, il
quitta quen luy difant qu'-
clle auroic bien-toft de fes nouvelles.
Elle cut unejoye fenfible
de cette afurance , &clle
écrivir dés le lendemain au
Cavalier le tour heureux que
leur affaire prenoit, Ilfe laiffa
Hlater agrcablement d'un favorable
fuccés , & attendit avec
Une extrême impaience quelle
fuite auroit unf beau com
mencement, Son Pere ne fut
Pas long-temps à ltenir parole
Trois jours luy fufirent pour
D 2
g6162 MERCVRE
prendre une refolution determinée,
& aprés ce temps il le
rendit chez la Belle quil prla
d'abord de le vouloir couter
fans l'interrompre, Son vilage
Ouvert luy parut d'un bon augure
, & quand elle lay cutré.
pondu avec la civilit refpetueufe
qu'clle luy devoit, en
sle ragardant commne fon Beaupere,
il luy dit cn prelcnce
defa Mere, qui lavoit receu
aufi-bicn quìl pouvoit attendre
qu'aprés s'eftre oppose
auli hautement quil avoit at
à fonmariage avec fon Fils , i
n'eftoir point homme à fe dé
mentir; quil avoit pris. un engagement
pour luy que rien
netoit capable de rompre ,
qu'elle perdroit fon temps
elle vouloit le dérourner de ce
GALANT.
qu'il avoit rcfolu fur cet articles
mais que pourreparer foninjufice,
sileftoit vray quil en fiít
quclqu une a fon égard, ils'of
froit à l'epoufer en la place
de fon Fils , avec tous les
vantages qu une perfonne aufsi
jeune quclle pouvolt attendre
d'un homme quì avoit
prelquc paffe toutes fes belles
annees ; quil la laiferoit maftreffe
des conditions qelle
voudroit que lon employaft
dans le Contrat, & quil l'afuroit
de toutes les complaifances
qui pourroient contribuer
ala rendre heureufe. La Belle
voulutluy fairc enténdre combien
fon Fils auroit lieu de fe
plaindre d'elle, f elle manquoit
de fidelité pour luy; ma
D 3
MERCURE
i1 Tuyl ferma la bouche en
lay difant d'un ton abfolu;
qúe ceftoir à elle à voir î le
patty la pouvoit accommoder
puis que toutesles raifons dont
on pourroit fe fervir n'appor.
teroient aucun fchangement
dans la propofition quil luy
avoit faite, & quafin qu clle
cutt le temps de tenir confeil
avec fa Mere , il confentoit à
navoir réponfc que le lendc.
main, II fortit dans ce moment
fans rien dire davantage, fco
n'eft quil les pria de luy gar
derle fecrct, quclque refolution
quelles pufent prendre.
La Belle fur fort chagrine de
voir la chofe tourner autre-
Ment qu'clle n'avoit crû. Cependant
comme la tendrefe
ne l'emportoir pas fur l'ambition
, & quun établifement
GALANT. . 79
avantageUX luy tenoit plus au
Coeur que l'amour , elle fuuyit
les fentinens. de l Mere, qui
luy confeilla d'accepter loffre
quiluy cftoir faite. Le Pere du
Caval;er paroifloit å peine
avoir cinquante ans. Il eftoi:
d bonnc humcur, avoit l'c
prit agréable, && bien d'autres
gu'cllefeferoient faic honneu
du nm de fa. Femme. L'eng18Cment
quelle avoit aveç
le Filsluy faifoit fentir quclquç
Kemords. La violence de fa
pafion , dont mille marques
uy eftoient tonjours prelentes
Iuy peignoir l'abime du déplaifir
oulalloit plonger fon changement
;, mais il s'agifoit de
la forunc, & le Pere eftant
revenu le lendemain, & voulantavoir
une réponfe prccile,
tOus les détours cftoient inu1- D 4
8o MERC VRE
les.,il falloit parler ouverte
ment. Ainfi prelec par fon interelt,
qi avoit toujours regl
les mouvemens de lon coeur,
malore les reproches quelle
s'en faifoit au fond de l'ame;
clle confentit à l'epoufer. Ine
voulut point perdre de temps
La Mere envoya fur lheure
chercher fon Notaire, & lon
dreffa les articles. Tout ce
qu'clle demanda d'avantageux
pour fa Fille luy fut accordé,
&trois jours aprés le mariagc
fe fit. Qucl coup de foudre
pour le Cavalier quand on luy
Ht part de cette nouvelle Il
nc put croire les premicrs avis
qu'on luy en donna, mais enfin
les Lettres reiterées , & plas;
que tout le flence de la Belle,
le convainquirent de fon infdelité,
Il entra contre elle dans
GALANT.
des trfports de colere proportionnez
a lamour quil avoIt
eu, && faperfidic luy fut d'auant
plis infapportable, que
s'il vouloit sen faire raifon,
i fe trouyo1t arrcfté par le
refpeat quil devoit à fon trop
henreux Rival. Il ne pouvoit
voir fon Ennemy fans y rencontrer
fon Pere, & cette cruelle
circonftance contraignant
fon defcfpoir , en portoit la
violence jufqua unexcés qui
ne peut simaginer. In réfolut
de ne voir jamaiS ny I'un ny
Tautre, puis que les liens du
ang luy défendoient la vangeançe
qui lanroit pû foulager,
& le feul party qil vit à
Prendre, fu d'aller cn Iralie,
attendre, ou que le fecours du
temps lc rendift capable de fe
iDoderer OLu que la mort de
DS
8i MER CURE
fon Pere le mift en pouvoir de
perfecucer on Ennemie, Ie
ivroit cependant pour elle à
toute Thorreur que fa trahilon
luy devoit donner; mais c'eftoit
toujours entretenir fon Image
dans fon coeur , & fe fouvenir
dune perfide. Combien
de relexions fit-il fur la foiblefle
de lhomme, qui aimeà
fe dépoüiller de fa raifon poúr
s'abandonner å fes paflions;
Ce que fouffrit fon clprir par
Jes continuclles agitations qu'
il fe donna , pala jufquau
Corps, &t ne pouvant foutenir
fes-déplaifirs, il fut enfin atraqué
dune fievre continu
avec des redoublemens, qu!
en peu de jours irent prelque
defefpeter de fa vic. Les Medecins
ne luy déguiferent
point quil devoit longer
GALA NT. 83
lay, & on fit en mefne tenps
donner avis à fon Pere de
T'exeremit où il etoit. Le
Cavalierne seEOnna poinr..
Lesrefkexipns quilayoit faites
fur le peu de folidité des
chofes qui nogs flarent, davantage
, avoient li bien commencé
à le déracher du monde ,.
ga'cnvilageant a mort comme
devant ctte la fn de fes
peines , l sy prépara avec
Mne relignation & une vertl
toute Chreftienne Pendant
quileftoit dans ces heureufes
difpofitions, fon Pere arriva
fort afligé de la nouvclle quil
avoit recent, & d'autant plus
alarmé de fa maladie quil nc
doutoit point quil n'en fut
la caufe par linjuftice quil
luy avoit faite en époufant fa
Milrefe Il nayoit que luy
84 MERC VRE
d'Enfans ,&faperterenverfoit
les grands deleins qu'il avoi:
formez pour fon érablite:
ment. Comme on fçavoit
que lon mariage avoit mis le
Cavalier dans le dangereux
eftat ou il etoit', il fue jnge
à propos de le difpofer à fouf.
frir fa veuëy afin d'empècher
le trop d'agitation que liy
pourroit caufer la furprife: ll
en témoigna beaucoup de
l'arrivée de fon Pere , 8 di:
cn poufant-un long foupir,
qu'il s'eltoit Aaté quon le laif
feroit mourir tranquillement.
Cependant il ne montra pont
de repgnance a le voir,&
lors qu'il fut auprésde fon lit,
il le remercia en peu de paroles
desdernieres marques quil luy
donnait de fon ainiié.Son pous
quis cmit cn luy parlant }luy
GALANT:
fe impofer filence , & on conmue
malgré luy, que quoy quil
ncs'échapalt a aucune plaintdee,
fa prefence ne laifloit pas
lenmbaraler, Cette éniotion
parut encore plus forte les
deux jours fuivans, & les Medecins
qui s'en apperceurent,
prierent fon Pere de s'abftenir
d'entrer dans fa chambre , s'il
vonloit que leuES remedcs
fuffent employez avec fucces.
Il y confentit quoy qu'avec tegret,
& le Malade eftant demeurétranguille,
donna infeniblement
de fort grandes e
perances de fa guerifon. Son
Pere ne voulut point partir
squil n'en cuft la certitude , &
eslh crainte de l'expofer au penl
wde la recheute , Iuy fit gagner
far luy-mefne de s'éloigner
fans luy dire adieu: Le Cava86
MEROVRE
lier fe trouva chfin fans fevre,
$par le moyen dun bon re
gime, ilrecouvEa les premi¢
FS forces; mais hcureufement
pour luy, il ne reprit point fes
paffions. Lacericude où ils'ef
toit v, longtemps de mourir,
& les longues meditarions quil
-avoit faites dans tout le couts
de fa maladie , fur le peu datr
tachement que lon doir avor
aux chofes du monde, T'avoient
obligé a fe donncr tout a Dieu,
&& cefut un don quil crut devoir
eftre irrevo cable. l avoit
appris quà dix lieuës de la
Vile ou il cftoit, il yavoir un
Monaftere de Religieux dans
Jn endroit extrement folitairç.
H eut envie de les voir, && alla
paler huit ou dix jours avcc
eux pour sinfruire. de leur
regle, && voir f Jaufterigé ne
GALANT. 87
l'en dégoufteroir pas. Les infpirations
quil receucdans cet
te recraite le confirmerent dans
darefolution de quitter le monde
, &à peine fur-il de rerour
de ce voyage, dont il ne vouluc
rien dire à petlonne , quil
lécrivic à fon Pere quil fe prefentoit
pour luy un party avan
tageux qui luy plailoir fort
pourvû quil euft fon confentement.
Son Pere ravy d'avour
une occafion de reparer les
fujets de plainte que fon mariage
luy avoit donnez, luy repondít
aufi-toft quil le laifoit
mailre de fes inclinarions , &
ne doutant point que par CG
mot de party il ne deult entendre
inc Mailtrele, il lafura
que quclque perlonne qul
choifift pour l'épouler,elolay
feroitfort agréable. En mcfmc
88 MERCURE
temps il luy fit toucher mille
piftoles afn que sil avoit
quclques prefens àa luy faire)
dequoy yfournir. Lors
quileut receu ccte réponfe,
il pala encore un mois dans
le mefme lieu, faifant cntendre
à tous fes Amis quil avot
quclque defein de faire un
voyage en Italic. Aprés ccla
il difparut tout à coup , && ala
fott en fecret s'enfermer dans
fon Convent , où il fur trois
mois au Noviciat avant que de
reccvoir l'habir,Cependant fon
Pere furpris de ne point avoir
de fes nouvelles , apres luy -
voir écrit inutilement rois ol
quatre fois, s'adrella à fes Amis
"pour tácher dapprendre ce
quil pouvoir cftre devenu. Is
luy manderent qu'il y avoit
trois ou quatre mois qu'il éroic
GALANT. 8g
party fans leur avoir dit adiet,
&c que felon ce qu'on luy avoit
fouvent entendu dire , ils croyoient
qu'il fuft à Rome.l y fit
crire, ainfi qu'à Venifc & en
plufieurs autres lienx, && quelques
recherches qu'il fft faire,
i1n'en put rien decouvrir.L'inquiecude
quil prit d'un f long
ilence le nit dans un chagrin
extraordinaire, & ce n'etoit
pas le feul quil ayoit. Il efoit
puny cruellement de luy avoir
oftéfa Maiftreffe.Cette perfonnc
qui luy avoit paru toute aimable,
navoit pas cfté fi-toft
la Femme , quabufant de fa
foiblele, & du trop d'empire
que fon amour luy laifa d'abord
prendre fur luy , clle fe mit
de tous les plaifrs fans aucune
complaifance en ce qui pouvoit
le faisfaire, C'étoit tous
90 MERCVRE GALANT.
lesjours des parties nouvelles,quil fuft vivant. Il fe pala plus
La promenade , le Jeu, le Bal, de quinze mois fans quil pult
TOpera p la Comedie, pou:fortir de cette cruclle inccrvoient
à peine fuffire a fes di, itude, && enfin par une renvertilemcns.
Elle devint Go contre fort inopinée, il fut inquette
à outrance, & nayant formé du party quilavoit pris,
jamais aimé qu'elle,clle ne lon Ile rendítauíf-toft a, fa Soliugea
qu(e contenter , &ne pur de,où ifarçiva lors qril etoir
saflujeir à aucun de fes de pret a fairc fes Vcux. IHn'et
voirs, Cette conduite que rien rien quil n'employaft pour l'en
ne put reformer, mettoit le detourner, Aprés luy avoir
poignard dans le, coeur de fon cxageré le defefpoir o il lal-
Mary, qui n'olant fe plaindte loit metre, s'il periftoit dans
aprés ce quil avoit faic, de fa refolution, il luyoffit de
peur de sse'expofer à la railleric fe depoiiler deflors de tout ce
etoit obligé de renfermer a quil pouvoir pretendre en fon
douleur, Ianroitfenti ce ma bien, dont il devoic avoir une
heur moins vivenent , f lon parie tres-confiderable, quand
Filsluy euft donné une Bclle, même il naiftroit dautres eRFille
; comme il s'en cltolt fans de fon fecond Mariage ,
Aatté ; mnais loin de luy volf inais il parla fans rien obrenir.
conclure ce pretenda mariage Son Fils demeura inebranlable,
lavoit nme fujet de ouce && les ateraits de la Grace fu92
MERCVKE GALANT. 93
vent fi pui lans, qu'l ne voula: vOus préparer à une leture
point changer le calme- don: tres-agreable 5 iot
il jouiloit depuis plus d'un an,
pour le tumulte du mondo,
où l'on effayoit de le rembar-
qucr. Ainfi ce malheurcx A MADA ME D'USSE,
Pere eut le déplaifir de n'eltrelle de M. de Vauban.
venu en ce lieu-là , que pur
affiter aux ceremonies quIi 9ac):elqu'an gui n'el pas compagncrcht a Profeliom. votre Eponx,
la fit avec une joye inconceva- Ei poar qurcependant ,foit dit fans
ble, & fon Pere s'en retourna 4U vOHs déplaire ,
penetré de déplaifir d'avoir Yousfentekguclque chefe de vif
ViVre avcc une Femme qul G de doux
luy caufoit tous les jours mille Me aifoit Pautre jour de prendre
chagrins, fans quela raifon luy un ton fevere tn
puft faire ouvrir les yeux lur Posr... Mais dans vos beaux yenx
fon devoir. 1e vey de la colere,
Loin de grouder, appaifR, vous;
La Lettre en Vers que vou Ce quelqu'un o'c, Iris, que votre
allez lire, cft de lillultre Ma illalre Pere.
dame des Houlieres,. Que pout
roi-je vous dire de plus pout Elle papillonne toujours ,
94 ME RCURE
Mdifoitce grand bomme, rin
ne la corrige.
En attendant qu'un jour la tailan
la dirige;
Ele axroit grand befoin de quelgu
antre fecours.
Employtz tos les ttaits que foatnit
la Satyre
Contre wne ativite, qui dn matin
au foir
La fait conyir ,fantere rir.
Alfez imprndemment je lay premti
d'écrire;
Car quelle raion peut valoir
Conttc ap lkger defaut que la jeo.
neffe donnè,
Etqac je me connois perfonne
Quine vonlaft encore avoit.
Avecque quatorze ans écris far b
vilage,
lvons firoit beau voir prendre as air ferieux.ig0
GALANT. 95
X renverfeK, point lorde étably
par lufag.
Hés q9e peut on faire de mnieas
Que de folafhrer à voftre hze ?
Vous avez devant vous dix ans de
badinage.
Qu'ilne s'y mêle point de momens
ennuyenX.
Qu'entre les feux , les Ris ,séconle
ofe partage
Un temps f beau ,fprecieux,
Vows n'en aurcz que trop , belas 1
pour efre fage.
Tout bien confdert ,qu'ch-ce que
gate en vons
L'attivité qu'on vous reproche ?
Vofre fpris n'en el pas moins
doux.
Voiyeax n'en ble(lent pas , de moins
dangerenx coups
LInfenfible qui vons APproche.
Pous mene-toelle à ganche , os plus
loin qu'il ne fant
MEROVRE
Moins je trouve quun tel defaut
ofe lesagrémens que la natnytdon.
Par exemple voity der faiti
AeK conzus pour gu on sy fonit,
Les Zephirs, les Ruilfeans nn sar.
oftent jamais.
Parlear etrvité perdent ils lam
attraits?
Contre. elle p-il guelqu'un gu
gronde ,
Et voit on qu'on tronye .malvaš
Que ce Dieu que déja tboasfoarni-
Aille fans cefle par le monde
Tioabler des ceurs lhurenfe paix!
TMaains fta nds cehe rmcheirf fe lorine fa,ntit
Qocs cxemples d'attivind
Ne rencontrez, vons potnt dat
GALANT, 97
Il luy ficd bien, cn verile,
DE me propofer de vou s faire
Disleçons de tranguilittyo
Lny , gui foit n paix , foit en
Gonte moins le repos qe ne font les
Luy,Pguiparë/lqauedfeminblasble. ài cei fers
Qui partouroient toute. la terte
Enleveà des Geans enuienx mae
tins
Nop de libertines Infantes,l
Mais en chemin faifant des Rlaces
tti mportant es ,sgnap ait
Qai de Theureufe. Francen árent
les deflins. atase A
Que far fes proccdez, Iris ,il refle-
Et quil nous dife un pèayil eroie
qe'ilfoit permjs sh
De confiderer com ne #p viceT
Ce counagensilant qi'ez luyle Ciel
Feurier 1692. E
MERCVRE
S quelqu' an pcat is'en plaindr
NO AVEC quelque jufice,usg
-9 ceneJont que nos Ennemis:
Comie la bonne foy dans mes dif.
Qh cours tolate,sRT934
sbdnte ne vous difimule pas E
Qoenfaivant mes confeils on peut
SAR faireun faux pas,ta"
Er que laffaire eft delicate.
font bons cependant;masjtate
E02 belle Iris
-b l.ne aur point qae je me fate,
2Le temps diminuèra leur prix.
*Ain qúand vos voudrez fuon
9i Regaidez-en totjours la datt.
al pe Pavis, la veille des Roi,
c4L'Anmil fex cens quatre:om
Temps ow par de feveres lois
-41ZEglife defend qu'os dpoufe,
GALANT
-Il fufhloit dans les Siccles
pallez d'eftre affidu ala Cour,
& de s'aeirer fouvent les regards
du Prince pour eltre af
furé de parvenir à une haute
forcune , ce qui fit dire
autrefois à un vicux & habile
<Courtilan, qu<fx mois d'ntrigue
de Cabinet ualoicnt micux g2e
dix annees de ferviec, Ge n'et
sPlus aujourd' huy la méné choe,
&les fervicesfont recompenfezfans
que ceux qui fe di-
Iingnent par ces SCndroit,
oicnt obligez de donnr atk
Sollicitations le ltemps qu ils
Peuyent employer plus urile
ment Quoy que M.le Marquis
de BoufHers ait peu paru à
Goure, fes fervices nont pas
laifé derecevoir toujours lè
pix qui leur cltoit di; 1 fut
it Coloncl Gendral dus DrL
E 2
MERCVRE
gonsengi6a8. LieutcnantG¢.
neral dcs Armees du Roy, ch
683a; Gouverneur. Genctal
de la Lorraine & de Luxem
-bourg en i687.leftant deja
de la Ville, une, annee,aupatiyant.
I a, commande divers
Corps d'Armée , &ce futluy
9u1 en I6 88. mit une partie
sdu Palatinat fous l'obeilanc
de Sa Majefte, Jamais Capiti
nen'a cuplusde wigilance,, &
plusdapplicarion a fonméier,
8onPSuvdire qu cn sy don:
pant, touSNtiers il cmployc
Jesjours &les nuits. Comme
On ne peut trop veiller furun
orpsquialbonneur de lorvir
AnParie a la garde, du Roy
Sa Majetelanoipné Colonel
du Regimento de, fes. Gardes
Fançoiles,s pour, scmplir la
place de feu M, le Duc de là
GALA NT. Toi
Feuillade &c lors qu Elle le
sprefenta aux Ofciers dece
lCorps M. de Creilqui en cft
un des plus anciens Capitaines;
dita Sa Majefté, que le Corps
avoii ófe; il l'anrott remerciee ds
chois qu'ib tay aviit pla defaire?
J'oubliois d vousdire, que M.
de Bouflers ayant efté nom
mé Chevalier des Ordres dt
Roy dans fa derniere Promo
tion , Sa Majefté luy donna le
jour de la Purificarion la Croi
de lOrdre avecles ceremonies
accoûtnmées. Ce Marquisn'a
yant demeuré que guelques
jours à la Cour, eft retourné
an ferviceavec l'empreflement
dunhomme qui fe trouye hors
del fa ituation ordinaire lots
quil n'agit pas
M. de Froulay omte de
Tefë, Licutenant Generaldt
Maine, Perche && Laval , &
MERCVRE
Meftre de Camp General des
Dragonsa a eu la Charge de
Colonel General des Dragons
que poffedoit M. de BoufflerS.
Conmeil a fouvent fait des
ationsdeclat &z de valeur,
dont je vous ay donné plufieuts
Hétails jc ne vous entretiendrai
pas davantáge aujourd'huy
dun homine dont la bravoure elt connuë par tout ddk
Mr le Comte de Mailly,
bon Officier aimant fon meier
diftingu par une illuftre
Nailance i,. & par beaucoup
de fagele, && qui a l'honnent
d'eftre l'un des Menins de
Monfcigneur a cté faic
Metre de Camp Gencral des
2Dragons. Il avoit perdu Mt
cole Marquis de Nefle fon frero
Ir an Sicge de Philifbourg, ou
ilict mort de fes bleffures
GALANT. 103
AinG il cftoit jufte de metcre
des honneuts, 8 des reçom-
Penles dans une Famille,quie
verle lon fang pourlagloire de IErat,bio
Le Roy a nommé M,l'Abbé
d'Eltrade,Fils du Maréchalde
ce nom, fon Ambafladeiurà la
Cour de Portugal, à la place de
M, le Vidame. dEncval. Cet
Abbé ayant beaucoup d'elprit,
de vivacité 8 de lumieres, 8&
setant tres-bien acquité de
fon Ambalade de Vcnife, il, y
qiadujet de croire que les Conrs
de France & de Portugal enfesrOnt
tres-fatisfaires, & qui!
imitera M.le Marcchál d'Etrade
fon pere , qui seft acquis
TNbeaucoup de reputation dans
oles Ambaflades d'Anglererre
6.& de Hollande. Ce Marechal
etoit Maire perpctuel de Bor-
E 4
MERCVRE
deatix ,Gouvrneúr de Dun
kérquc, & Vicetoy de 'Ame!
riqre! 0191QDTK 1iinsH
aVous aurez ans doute en
tendt parler de la mort d'an
vieil Herite, qui depuislong
Temps seltoit rctiré auprés de
Toursoù il vivoit dans un
Hermitage avec quelques autres
Freres qui fembloient
s Ctre misfous fa conduite. il et
nortfr la fin du dernier mois,I
agé de plus de quatre-ving
Ans, &ce qui vous furprenda,
celt que toutes fes manieres
faifant alfez voir que fa náit
fance n étoit pas commune;
quoy quon ait pà faire poor
fçavoir qui il eftoit, on naja
maisp en venira bout Je voush
Cnvoye une Letureque Ml'ALU
bed'Anieres a écrite là-defus:
Je roy qu'on n'çn fçaura ricnl
GALAN T.
de plas politifique çe que Nous
y lirezà poins gyc ce bon
Hernire n'ait feveléfon lecret
à d'auttes perfonnesl qui ne fe
croiront plus obligées de, le
garderTstioxISb uniioru
stAiMADA MEto
LA DUCHE SSE
o DE LA MEILLERA YE.
Ay apprissg Madame, qu4
Jvous fouhaitiçz fçavoir la
nailanceidu bon Pere Jeans
Hermite & qucivous aviez
doyné ordre a voftte, Gouyct
neur de Montreuil-Blay, de
veur rme demander ce. quc jen
pouvois [gayoikg Veusnctes
fô6MERCVRE
pasla feulte, Madamë auveh
eu cette curjofte. Le Rova
voulu aufien eftre informé.
Yaquatre ans que Mt e Cht.
teau-ueuf ne fit I'honneur dé
m'écrire deux fois fur ce fujeti
mats comme je n'ay jamais' pd
cn rien fçavoir de cerain ,il
ma auff cfte impoffiblc d'en
ien dire qui pult faisfairé S
Majcfte. N'attendez donc rien
de moy Midame , qu puill
vous cclaircir. Ce bon Vicil
lard ne s'eftpoint caché dans 4
retraite, parce quilfe tenot
feur que perfonne ne déconk
Viiroir au vray quiiléftoit:ll)
tout lieude croire quc
celtoit un homme e Quralite.
Henavoit l'air; les etes;lo
vifage,l'huneur & le coeur,X
fes manicres d'agir avoiérjc t
Sgay quoy de grand, gui le fü
GALANT.
foicnt honorer &aimer detot
le monde.Je confiderois ce bon
Hermite comne uns Figme,
puis qu'au nilicu de fa pay-
Vret, de faimplicit & de fon
definterefemcar ,on y remar
guoit de a, grandeur &e de la,
majeíté ,accompagnées d'une
Prvoyance cxtrarodinaire ;car,
bicn quilnc pofledaft rien , &
g9emcfmcilnc demandaft rien:
perfonne,ilavoit toajours de
qugy fournir aux ncceflitez de
les Freres, & de quoy afiter
les. Pauvres, Vous çavcz , Ma-:
ame,, qu'on le faifoit pafer
pour un Fils de Flenry IV.par-
Seguil luy reflembloit entie-
ESment, Layant un jour preffE
la-deflus il me dit, gue rela pouot
(ftye rAJ mais quil nela
Juroit passquc peanmoins il eftoit le-
3IimEx Noila ençore unc Enig-
E G
MERCVRE
me que jen'ayjamaisphexplt
qucr non plus quc ccllc-cyslay
añe Mire,mais jen'ay potnt de Pare,
Vous tirere Madame, rcld
confequence quil vons plaita
de ce quil a bicn voulu mc
dire, mais je ne crois pas lquc
Otis en tiriez aucune quipuile
vous fatisfaire, Ce S. Vicillard.
cft mort commeilavécudelt
a diee, dans un grandiamour
pourla rerraite & pour les pal
Vres s car moy cftant prefent,
ilordonna à un de fesFreres de
metire fous fa tefte le Livre des
Vies des Peres du Defert:f n
dilant 5jo veux mOui iy dans la.
fentmens de ces Peres ,&ileát ce
Livreglous ateftejutquaujour
quil nourut. Pout ce qui eltdes
Pauvres, il diftribua &fit
diltibuer par fes Freres a ceux
d'voifinageo prefque tout te
GALAN T. TO9
qu'ib yi avoitdargent, dans
lHermitage ; enmourant il
metémoigna avoirde la dou
leurde ce quc. fa langue qui
etoit devenu fort grofe s
l'empèchoit de patler, paree
quil euft bien voulu me dire
qüelquc chofe. Il ne put rien
prononcer de plussde forre quc
je n ay rien fçeu de particulier
touchanp fa Famille & fi Nai
Si vous avez trouvé dE
linyention & de Tefprit anx
galanteries dont je vous ay
donné la defeription sdans
ma Lettre du mois paffe , &
qui ont cfe fites pár trois di
vorfes perfonnes,vous en troue
verëz beancop dans.lcelle que
Jervoiscnvoye. Ele part du
genie d'un Cavilitr Agevih
IO MERCVRE
dontje vous ay, deja faic voi;
guclques Enigmesgi
Ayant les nanierestoutes
galantes ne peut mnqucr
de réufirs, lors suil sagit de
galanteries de la narure de cel
les dont je vous ay deja,entre
tenu. ll cherchoit a faire un
prclcnt à une Demifclle ágéo
feulcment de, quatorze ans aveclaquelle
il joüoit quclqus
fois au corbillon, & vouloitqus
ceprefent lny donnaft lieu de
luy faire une declaration d'4-
mour cn badinant ; car VOUS
Içavez que quand ona de,
Prlt on touye des manic;
res de tout direlans quung
Belles'en puifle offenler Py
qu'cllesengagent le Cavalier
qu'autant quil plaiftà fon cqus
de,cõtinuier en veriableAmanr
agalanteiequ Va cQnnneA?
IG ALANT.
en galant homme. Les ênvois
dont je vous parlay la dernicre
fois; furent faits dansle temps
des Etrenes, & le prefent dont
vous allez voir la defcription
a eté faic dans les premicts
jours de la Foire S. Germain
Le Cavalier envoya une Corbeille
foftproprement travaillée
& fort richement
coiverte && feparce en neuf
peits tompartimens, un dans
le milieu ßi& huit alentour
Celuy du milieu eftoit doublt
deblanc, & plein à demy de
petits coeursde fucre fous
ce mt , cordialné far quoY
on vóyoit un ceur decire pcn
dant à un gros neud grilehn
quicn fortoit, Un cofté de ce
Enr eftoit couleur de feu
portane fur fon miheu une,
bougieblanche allume ,& ces,
MERCVRE
mots. écrits en lettres d'ot,, a
brileray jufqu à ma fn. L'aute
cofté duCeur éroit bleu-mot
rant, charge de chaînes ncglb
gemnent.étendus , quife perdoient
avcc certe Dcvile Icalienne,
Porto de ll' amore i colorile;
catene ; & le coeur cltoit cm-)
brafe d'un petit papicr qu
contenoit ces quatre Vers.b
Ponr rc ndre homnage a 98
le vous prefcnte nn cenr foupla
comme la cire , E
Toujonrs i.mais aaisje ne tait)
car jecrains d'cn trop dire
Phenice , (ans parler neimntende
vons pas? J6
L'un des quatre pcrits com
paramcns quifaifoientlacroix,1
eftoit doubléde couleur de fcuy
& remply de pâres rouges,avec
ce mot ,ArdenmiLaure idory
GALANT 113
bl de veir, & plein de con
firurcs vettes,cftoit fousle mot,
Efperane: Le troifiéme eftoit
dotiblé d' Aurore avec des pâtes
jaunes le mot,fran:(fe ; 8
le quatfiéme bleu avec des
pites demême nnoccnce. Les
quatre aticres qui faifoientles
coins felon leurs differentes
conleurs,avoictckacuin un de
ces quatre mots, DifrCtIon ,paf
fon ,doncear flelne , 8& eltoient
garnis de difrentesefpeces de
dragées,&& lardezde foles l'el
fence de Bergamotte, d'oranzi)
de Cafe,de Tubcreufe , de tafaain
oe. Enfn; cette Corbeille
fut portée avcc 'quatrc rubans
feu &or qui partant des qua
tre´Cöftez unifToient à la
hauteurd'un bufop& for
moieht ün'neudy dans lequel
le Cávaliet ayoit lace cet 'en114
ME RCURE Voy .gui vous fera voir l'èz GALANT. dont l'original et Latin. La trêmejeunefe de la Deno, traduction en a efe faice"Ppar
felle Par rapport jon jq M.de Sainc Oun de Caën, &
ne favory i1la adrelle au Pere Bouhotirs
e vens donne le Corbi ln. Jetuite, qui a tant oncribué à
Si vons demandez gu met-on a purete de noftrc Langúe .
Te vows repons 1enne ht) par lesexcellens Ouvragcs
Queecp le cay de Etup quil nos a donnez.
Rien ne paroilt h implkAmAAh que ces fortes d'envois, &ct.
pendantrien n'elt f dificile d olrLE cy GN ES
faired'une maniere galanre &
naturelle. Ilsne doivcnt pon, 3n104 21s E. T
cftre eftimez par la valeur des
chofes que l'on envoye, tou 1oL E S:o-O Y SON S.
leur prix confftant dans linvention,
& le badinage q4
font cfimer les prelens gu RovaoDRS, Pour quelque tems
coutent peu & font caüle abstenez-vous d'écrirc,
qOn en parle comme sis c Après, vous reprendreK,vos Ouvia:
toient de confequence.
Je vous,¢nvoye unc Fable, Daigaeisy jeter leiyeax,
MERCURE
Au premic jou7 de lan je vx
vons faire rire.
Se Cafre à regret noait pa Le
Ssjoncs
Foible , mais infolent babillaxt
TAcbe , immonde o
Et dont les forts impuifans
UThc8hengt dee nusire tnno. cens
Qwileoe avee. plaifi Flkwvt
dans fon on de.s
Une vaine émalation
Leur donne cette aver/bon.
Lalaidear de leur corps , lur3
- difagréable
Releve les beauteo la veis ad
mirable
Di Ggnes , dont le chani plaiá de:
mille dopcCBrs
Se pouroit égaler à celuy des wuf
t
GALANTu7
Un des plus beaus s'artira lent
colere
Par fes 'atens barmoniens,
Son chant, dont il feavoit charmer
2e caur des Dicux,
toovabien lart de leur plaire,
Qa'ils llimorens mille fois
equ'on voit reluire
Anprés la celete Lyre ,.
Qiapresta mort d'orphte on plaça
dans les Cienx.
Voila afiment l'origine
Dela batne,des cris, de la fotte
De cctte coborte mutine ,
uc 1ufq1lcy yicn na dompte.
Maiecne les voic avcc indie-
Ei rain qt tay feroit igalement
bontenx
I8. MERCVRE
Deleur ceder,ou detriompher d'eus,
Enfn poUr en tiTe une noble. vAn.
$me3eance
Ilfe munitde patience.
juRe Combat igo
Ils nen pouvoient ternir Pelat,
En que fon chant meprifoit leur mA.
lice.
Koicy pour en vangy gwelfu
artifce.egknbiad
Ce Fleuve en un endroit. avartdt
fes ennx ,
Ne laille qu'an amas de fang':
Qui deo glayculs desrel4:
Pait nn fale bonzbeux wélat:
3.
Crllà quc la Troupe olani
S'abbat,e promene s a4lk
aEr s'arnant comne Champon
Se veafre
EGALANT
Peidat èe terible appareil
Nolre Gygne qu'on vott Tarcment
fans vies faire
Qu venoit de thanter plus qu'à
fon.ordinaire,
Goátott un paifble fommeil,
Lors qutnopinéwmeut cette Ligue
craelle
laniague fa blancheur qui faifoit
bonte aux Lis,
Et du limon dont ils fe fontfalis
Prend plaifr à fouiller fa beantë
nature lle.
Apres cette xpedition,
2Cette Troupe plus animle
Chr les 'antres oifeaux va fans
difcretion
Pablier que la Renommée
Vante fans Taifon la blancheur
Di Cygne, quiWeß plus qu'un petacle
d'borrcar.
120 MERCVRE
Chacuy pony en létrir la glir,
Scme diverfemerit dcs bruits ca
lomnicnx 3
Mais ceux dont Iimpofute / pla
fonc & plas bo1re,o
Plaignens d'un ton maliceus,
Ca qu'en le voyant melme on aurit
peine à croire.
Les antres dont le Datn7el
E/ plas fanvage d plus eat,
Le condamnent par Jon (ilent,
Difent quiln'ofe plasmager m plhi-
E! que fes Compagncns » pour co.
t ble de fes manx.
N vonlant plusfenffoir de fA pre
fnce,
De bonte il ecours à 'abfentt.
Is ajontent cncor que de lcurt pro
tt l'ont visenfuir du rivag'
GALANT. I21
Et que pour s'en dolaircir mienx
Ctux guine vondront pas croire leur
temoignage
Pitnnent enx. mgfmes (ur les liex
Pour veuir enfn à la preuve
De ce qu'a peine on pouvoit concevoir,
Tous les oifeaux voularent voir ,
£ vinrent à l'envy fur le bord de
ce fMeuve.
4 peine le soleil fortoit du fein des
Cau,
QWon voit bien. tof far le rivsge
Un nombre innombrable d'oi.
feanx.
Diferens de couleur aut ant que de
ramege,
Le Coucoa fort de fes antignes
bois ,
Etla Colombe curicufe
Depéche le Hibos, quifous les memcs
toits
Fev. 169 2. F
I22 MEROURE GALANT.
sErfn mile oicans malbeu Zors gue te bean Chantre sauance,
Dont la fombre d foible panpi E dà fes airs melodiens
a Ne peut f4Pporter la lamiere. Cette Tronpe répond par des cris Quittent leur fejouz tenebrazenuieux.ul ttt2u9
La Pie & le Corbeau, PHirondea sin Be volage Ingez quelle fu fa farprife,
Vienment accompagnez ds fr: nnd fur luy fenl, il voit de tonches
Ramicrs , tes parts.
Tant cenx qui font patai, quedaQu'on jetre d'avides regards ,
tres dónt les picds is Qui fembloient contrc lny marquer
Ne font convens d'ancun plamgguelgue entreprife.
Entre tant d'oifeauxf divi Confus d'ere lobejct de tant de
La Corneille an coû blane parut 4 pctatcurs ;
taa plus ardente Four cn trouver la caufe, ilcherche
A faire entendze dans les airs en fa memoire,
Les tons aigus de fa vofx croallau Mais l'eas comme un miroir le de
termineà croire
4prés telre tons afl:mbl), Que les oifons eloient ls inven
Le Cygne qui fndoit l'onde h ja0 teuys
ordinairesbaC D'une perfidie anlfi noire.
Sons une coulear étrangere .
Fut reconnn de loin à Alors fans 'amafer à de vaes donbleK raifons ,
3
I4. MERCVRE GALANT 25 Cen'cl pai là, dit il, ma cenlan fire part d'unc Piccc qi fait 2atarelle.
grand bruit dans les Pays Etran- RprencilA, Troupe infidll,
gors oti elle a cfte faite, & qui lereconnois V0S ITabifons. commence courir cn Fran
ildidaigna de parler davantag,
l fe plonges legerement
Etle limon , cn quittant fon pli- en gaintant foupeimmhimAm:
Ne lny fervit qu'à le vendre plu O NSIDER ATI ON S
beau, SOR LA LIGVE
Ainfl'on connoil l'artifet, D'AUSBOURG.
Dont afent contre luy cesjaloux i
L A Ligue où la Maifon
Et les pntres oifeaux, temoins
dAuftriche eft entrée avec
la malice , tous les Protcltans , & qui
Conviennent tous que l'injmleaprés avoir deja produit des
Doit retomnber fur fes Aulewl), cffers fi pernicicux à la Religion
Catholique, pourra même
n Vous aimez tour ce qutT en caufer un jour la ruinc engarde
les Afaires du Temps,& tiere dans une grande Parrie de
cclt ce qui m'engage d vots lEurope , ctla chofe dumonde
F 3
T26 MERCVRE
qi mcrite le plus les foinsk
application du Pere commin
des Fidelles,afin de prévenie
les fuites dun f grand mal pat
tous les moyens que Dieu lay
a mis cntre les mains , pour le
gouvernement, & pourla conlervation
de fon Egie.b
Il feroit inutile de faire ic
le dénombrement des mans
qu'a foufferts , &que fouffte
Cncore tous les jours la Rel|
gion Catholique, au fujer dë
cette Confederation ; ils ne
font que trop vifbles, Un Roy
Catholiquc dépolfedé de trois
Royaumes , pour faire placo
à un Ufurpateur Heretique,
& par confequcnt la rujnc de
la Foy dans ces Pays là s lcs
Heretiques répandus en Irále
pour y corrompre la plus faine
partic de IEgie ; là Flandre
GALANT 1 27
mile cntrc les mains & fous le
pouvoir des Protelans,ne font
qucles premices de cette liaion
politique cntre la Maifon d'Au-
Itriche & les Enncmis de la
Foy.co
Quoy que dans certe Confederation
il y ait un aflemblage
de diverfes Rcligions ,
&que les grands noms de
IEmpercur & du Roy Catho
liquc y. trouvent la premiere
place, clle eft pourtant efeivement
& doit eftre appellée
une Ligue Prote ftante,
d'autant que tout Corps po
licique compofé de diverfes
parties , doit prendre fon nom
de cclles qui y font les plus
nombreufes & les plus puiantes.
Or il ct cercain qu'en
cOmprant ce quont de forçes
par mer ou1 par terre les
F 4
a8 MERCURE
Catholiqtes, & les Proceftats
qui forment la Ligue, on
trouvera que celles des Proteftans
font ininiment fupc-
Tleures aux autres, otEt
Pour ce qui eft des fores
de mer,il n'y a nnlle proportion
entre les dex Puilfancesj
car on peut prefque compt
pour rien cequen ont les Catholiques
, tandis que les Proteftans
en ont de i confidera
bles. Mais 'pour mieux comprendre
quel cffet peut avoir
mefme fur terre cecte fuperiorit
par mer , on n'aquale fovenir
de quelle maniere la
Monarchic d'efpagne eft de
cheuë depuis le temps que fes
forces maritimes ont cfté défaites
cn l'année i S88. & volr.
au contrairc quelles Flotes , &
GALANT.r29
quelles A rmées la Hollande,
Ce petit morceau de terre a demy
noyé peut nertre à prefent
fur pied par cette feurle
raifon qu'elle cft fi puifante
fur mera
Au regard des forces de
renre ,il cft vray que lincgalité
n'en eft pas fi grande entre
les deux Puilances i mais
s'en tenant à la fupputation
commune j quc les Catholiques
& les Proteftans cn Allemagne
fnt prefque égaux
cn forces (pour ne pas comprer
la Suede & le Danncmarck)
comment l'Efpagne feule aujOurd'huy
peut-clle tenir contre
l'Angleterre & la Hollande
On ne manqaera pas de
répondre quune Ligue nc
1301dauMERÇ
doit pas eftre, noinmée Here
1quc, parce que les Hereiques
y lont en plus grand nombre,
mais qu elle doit prendre
fon nom du deffein & des moufs
pour lelqucls clle a cte
formée, qui ne tendent quà
reprimer les entreprifes de la
France fur fes Voifins,us
A la bonne heurc , qu on
fe regle en ccla fur intcrtion
des Ligueurs ; mais tor-
Jours il y a une grande differencc
entre les faux prétextes ql
paroillent , & les Vrais motis
font cachcz , & qui ne lo
econvrirontqu'en leur temp
Je veux bien mefme croire que
la Maifon d'Auftrichc & le
autres Catholiques Confete
rcz n'ont point d'autre delen
gue celuy, qu on a marque;
mais pour les Protetans qui
GALANT.
ont en' plus grand nombre, &
les plus forts debeaucoup,il me
fut pardonner fi je ne puis
mempecher de croire que
leurs de leins n'ont pas les
mêmes borihes scar il et évident
quilsn'ont point degeneré
de leurs Anceftres , & q1uiils
confervent toujours le genie de
leur Sete, qui eft de n'avoir
en tefte que la deftrution &
lanéantiement de ce quis
appellent le Regne de 'Antcchrift,
Nommci donc la
Ligue comime il vous plaira ,
pourveu que l'on convicnne
que l'intention de ceux quiy
dominent le plus , lemportera
dans la, fuite , & fera enfin
Cxccutée: de forte que fi ces
Mrs pneluvent venir à bout de
leurs defeins contre la France,
toute la faveur que les Princës
de la Maifon d'Auftriche F6
MERCVRE
doivents iráifonnablémeh.
tendre d'eux ,ccft de n'cte
Cngloutis que les derniers,iul
i9 Cette verité elt fi conftan.
te & fi clairc , quil faut cftre
bien aveugle de haine contre
les François , pour ne la pas
voir ; car peut-on simaginer
gue dans l'occafion le Prince
Orange. aura plus degards
pour. IEmpercur & le Roy
dEfpagne, quiln'en a cu pour
le Roy d'Angleterre fon Oncle
& fan Beau pere Croycnt-ls
quil en ufera mieux avec cUx,
Parce quils ontefté fes Coiplices
dans fa premiere Ulurpation,
Pluficurs chofes ont cfté a
vancéesen faveur des Princes
de la Maifon d'Auftriche, pour
cOUVrlr 3 OLu pour diminuer
l'injufticc de leur proccdé cn-
GALANT.
vers SarMajcíté Britanniqué
Ils difent que ce n'eftoit pas
leurintention que ce Roy fuft
dépouille de lon Royaume s
mais feulement quil fult contraint
d'cntrer dans la Ligue
contre la France : ce quils pretendent
quil cftoit obligé de
faire en qualité de garant de l2
Paix de Nimegue, que la France
avoit. rompuë , mais pour
mieux voir que ce prétexte eft
fans fondement , il faut un peu
ledevclopper. Ils conviennent
qu'ils vouloicnt bicn que le
Roy d'Anglererre fult forcés
mais non pas dépofledé, C'eft à
dire, quils vouloient, afn de le
faire entrer dans la Ligue; que
le Prince d'Orange entralt
avec unc Armée dans fon
Royaumes quil fe rendift naifre
dé fes Places & de fa PcrI34
MERCVRE
fonne, &c quil le contraignit
de fe foumettre à tout ce guil
vouloit, En tout cela le Prince
dOrangenapas inangued'agit
felon leur gre , & de fuivre
exatement leurs intentions;
mais fur ce qu'il a fait de plas,
enluy oftant le titre de Roy
pour s'en révcir foy même,
Cesgens de bicn font femblan
d'en avoir du ferupule. Voli
en verité les apparences 1auvées
d'une manierc bicn gro
fiere,& il etétonnant que dans
un cas où la jaftice cft blefee
untel,cxcés, ils puiffent appitfer
les remords de leur conlcience
par une defaite auli
vaine que celle-là.Car de bonne
foy croyent-ils que le Prince
d'Orange puft semparer du
Pays, de l'autorité & de la PeEfonne
du Roy fans injuftice,
GALAN T. 135
pourveu quil ne touchát poiE
à fon Titre de Roy ?On pou
roit dire avec la même raifon
tun Voleur pourroit fans
crupale prendre 1'argent,
pourveu quil lailàt la bourfe
Mais, diront-ils , felon nôtre
intention, il ne seft emparé
de tout cela que pour le
remcttre entre les mnains du
Roy, & il devoit s'en retourner
cn Hollande, aprés l'avoir mis
dans la Ligue concre la France.
Mais cn cas que le Roy n'eult
pas voulu y foufcrire, quelle
en eult eè la fuite? Il paroift
par l'evenement quil a micux
aimé fe fauver cn sechapant
de leurs mains que d'eftre forçe.
D'ailleurs , feront-ils croire
quun homme du caradtere du
Prince dOrange voudroit fi
aifement lacher prife , &quit136
MERCVRE
ter un Royaume dont il fe le
roit rendu, mailtre A-t-on
jamais veu de parcilles ind
narions, dans la Monarchie
d'Epagne ,defedefaiir i
cilement des Pays dont cllea
une fois pris polcflion
Apréstout, quand il sagir
de faire leur Cour au Princd
dOrange, tous ces beaux pré
textes , tous ces ferupules s
vanouilent ; car lUfurpateur,
ne fe fit pas pluftoft declarer
Roy, que Dom-Pedro de Ron:
quallo s'en alla le felicirer (ur
avenement à la Couronne
d'Anglerre , fans attendre un
Courier d'Efpagne , & fans
qu'on fçache quil cn ait ete
defavoüè par le Roy Catholi-!
quc; d'ou l'ou doir conclure,i
ou que ce Miniltre parunelpri
Propherique ayoit Içen uclle
GALANT. I37
(eroit la völonté de fon Mai
fre dans unc telle conjoncture,
ou quc fon Maiftre dés le commencement
avoit cfté de com
plot. Enfin voila la maniere
dontla confcience fe gouver-?
ne prefentement à la Courd'E
pagne, && cOmnnent elle trouve
moyen de favorifer fans aucun
fcrupule, un Ufrpateur Here-,
cique contre un Roy legiime
& Catholique dont tout le crime
eft de n'eftre pas Enemy
déclaré de la France.
Voyons maintenant fi ce,
quils pretendent touchant
l'obligation que le Roy d'An
gleterre avoit d'eDtrer dans la
Ligue en qualité de Garant de
la Paix de Nimegue,leur rénf
tira mieux pour couvrir leur
injafice. Suppofons donc, par.
ce quils leveulent, que ce Roy
I38 MERCVRE
en eftoit verirablement le Garant.
S'enfuitilque pour n'avoir
pas pris les armes contie la
France , ( ce que peut-cftre il
ne pouvoit pas faire dans lerac
oùil cltoit ) fes propres Royaumes
font legitimement conf
qucz, & quil cft déchû de la
Royauté ? El-ce à ces conditions-
là que les ROiS s'encre
mettent pouir faire la Paix en
tre les Princes leurs Voifins
& qu'ils cn font les Garansh
Si cela cftoit , il n'y auroit plus
de Mediateur ny d'Entremet:
teur au monde, & les Princes
qui fe feroit la guerre,s'achar:
neroicnt les uns contre les atres
comme des beftes feroces,
jufquà ce quils fulent cous
enierement déruits, Ajoutons
à celaquele roy, d Angte
quand même il l'auroit voulus
GALA NTM I 39
n'étoit pas cn ctata fonavcncus
ment à la Couronnc, dentrc-i
prendre une guerré étrangcre,
n'eftant pas encore bien affer
my chez luy ,à caufe de fa rC:
ligion, ce qul ne parut quc.
troplors que le Prince d'Orange
le vint attaqucr. Il n'eft pas
vray au refte que Sa Majefté
Bricannique cftoi le Garant:
du Traité dont on parle, Tout
le monde fçait que ce Traite
fuo fuit fous le Regne du ROY
fon Frere , qui en etoit verita2
blement le Garant ; mais le
koy d'aujourd'huy n'y avoit
nulle part, parce que la qualité
de Garant cft perfonnelle , &
ne pafle point à un Heritier ,
cftant fondéc uniquement fur
lapromefe volontaire de celuy
qui veut fe fairc Garant. Qui
na donc point fait de promec
I40 MERCURE
en fon,nom,ne pet eftre obli
górà rien, & voilà Iinjufice
dela Maifon d'Autriche à lt
gard du Roy d'Angleterrestoute
nuë, lans qu'on pule cn cou-
Vir la difformire par le moin
dre Pretexte apparent.taahg
En verité leur procedé cn
vers ce Monarque na point
dexemple; car durant tout fon
Regne, jufqu'au moment qucle
Prince d'Orange fe faifit di
Royaunne,ily avoit en ap
parcnce une profonde Paix, &
une parfaite annitie entreles
Couronnes, Leurs Ambalideurs
, au leurs EDVOyeZ relidoient
à chaque Cour , avce
toutes les marques d'une tresbonne
correfpondance; maisle
Prince d'Orange n'euft pis
plûtoft mis le pied à Vvhitehall
, que tout d'un coup lans
GALANT, I4I
aucune declaration de guerre,
&& fans pretendre en avoir au
cun fujet , ils traitent le Roy
cn ennemy declaré. Ils chalent
fes Minifres honteufement de
leurs Cours , & font mêmne
prifonnicrs de guerre ceux de
fes Sujets qui demeurent dans
fon obeiflance. Je veux croire
quiun procedéf irregulier & fi
Eloign de toute humanité , cft
fort contraire aux inclinations
de ces Princes, dont fa Maifon
aetéautre-fois di (tinguée par
fa douccur & par fon zele pour
laRcligion, On doit ans doute
attribuer ce proccdé à la malignité
de leurs Miniftres dans
les Cours Etrageres tels qu ont
cfté Dom Pedro de Ronquillo,
& fes femblables , qui pour avancer
lcur fortune, &pour le
rondre ncccfaires , fefoucicnt
I42 MERCVRE
peu quels avis , ou quclles in.
preflions, fauffes ou veritables
ils donnent à leurs Maiftres
& qui n'eftant point cux memes
fenfibles au des-honner
dont ils chargent leurs Princes,
1 ménagcnt fort mal &
gloire && la confcience.ina
zCela paroift évidemment pait
les foins quils prirent de fire
croire à leurs Maitres &
mefine a tout le monde ,autant
quils pûrent,quc le Roy d'Ar:
glererre n'avoit point perdi
fon Royaume à çaule de faRe
igion, & que la Rcligion na
voit fouffert en elle-mefncat
Cun dommage par la nouvellc
ufurparion. Que peut on direà
des Sgens qu1 ont le front de debiter des fauletez i vilbles,
& à ceux qu1 ont cu h foiblefle de s'y laier fi fic
GA LAN T. I43
leinent furprendre ? Si Dom-
Pedro n'avoit cu les yeux fermcz
à la verité , il auroir reconnu
dans fa propre perfonne
la fauffeté de ce quil afi hardiment
avancé, & par lon experience
particuliere ilferoit demeuréd
accord que la Religion
n eat que trop de part dans.
cette fatale révolution qui fe fit
alors en Angleterre ; car lAr
méc du Prince dOrange ne
Parut pas plûtoft devant Londres,
que a Chapelle de cet
Amballhdeur fut démolie de
fond cn comble, & en haine de
la Chapclle , touce fa mailon
fut pilléc & ruinée par le Peu-
Ple,qui chtrcprit de renverfer
toutes les Chapclles de l'An
gleterrc, Telle cftoit la rage
d'un Pcuple anim plus que jamais
contre la Religion CaI44
MERC VRE
tholique,àlaveude ceux quilk
ellent en leur langage leuts
Liberateurs ; & les Vangeun
de la cirannie du Papilme,
Enfuite de cette démolicon
de Chapelles , le Prince d'0.
rahge scltant mis en pollc.
fion du gouvernement on
fait rechercher par tout nos
Evelques , nos Preftres , &
tous le Catholiques nourek
lement convertis.Plufieurs (ont
faifis & nis cn prifon fur une
accufarion de leze Majelt
touchantle fenl fait de la Reli
gion. Trois Evefques,bcaucol?
de Preftres & de Laiques do
plus haut rang, ont efte de o
nombre, Il eft vray que la p
litique du Cabinet it furleor
leurprocés , tant on craignol
que leur fang répandu neon
naft trop les Princes Cathol
Rdri quc
GALANT: I45
ques qui cltoicnt liez avec le
Prince d'Orange s & avec fes
complices dans lafaite d'An=
glererre. guntb 9nbgiohl
Javouë quc la démolition des
Chapclles ne paroifloit que,
l'ouvrage du Peuple,i mais
cnfn oeftoit un Peuple qucla
haine de la Religion rendoit
feditieux , aufbien quç leurs
Gouverneurs , quclle porta
fe foulevr contrc leur Roy legitime,
à mettre l0furpateurfur
le Trône. C'eltle mef
me efprit qui leur fit faire enluite
une loy pour exclure a
jamais de la Couronnc d'Angleterre,
non feulement le Roy
&le Prince de Galles, mais tout
Succefleur Cacholique. De là
on peut connoiftre la bonne foy
de DomPedro Ronguillo, lors
quil fouticnt que la Religion
Feurier L692. G
1461 MERCVARE
navoitpoint de parrau malhkêur
dei Sa Majcté Britannique}
&cque glife n'avoit rich
fouffert dans ce changement:
Je lè ipuis afuret avec la
derniere certitude, que flo
Roycuftvoulufeulemeni con:
fentir que le Prince de Galles
est efté élevé dans la Religio
Pròteftante ,fousla conduite de
leur Archevque de Cantorbie,
tous les Chefs hormis ün fort
petit nombre, tant de l'Armce
que du Parlement ,qui fe ran
gerent aprés du coftéda Prince
dOrange, euflenttcnu feriné
pour les interefts de-leur le
gitime Souverain,& en cecas
IUfurpareur avec fescaroz0
nille hommessanroie pn anb
facilement conquerirlEnpir!
du monde 5 que le Royaume
GIAVDAI N T. 147
SOëpendantcvoilaiggcemei
fembleryileiplas grand facri
ficequun Roy peut faire à fons
Dieu:Ila micuxaimé tout rif
quer&sabandonnerà la Providence
que de blefervfa
confoicnce &de rien fairé
cohtre laReligión. Ce facrifice
a aufi unc grande reflemblance
ayec celuy dAbraham
carleóRoy enobeiffantàl'oI
drode Dieu,qui commande de
préferet la Rcligion à toutes
chofes, outre fa Couronnc,a
encore facrifie fon Fils icet
adire,fa fuccefion A laCouron
ne plns eftimée que a vie
mefme; de forte gu'on peut
raifonnalblement cfperer que
Cette obeiffance heroique d
Roy d' Angleterre fera récompenfee
tolt ou tard j& en ce
monde & en l'autre} des benc-
G 2
I48 MERICURE
diaions abondantes dont celle
duPeredes Croyans fubfuivic
A contraire, il eftà craundre
que lapart quont ces deus
Princes Carholiques dans. une
üfurpaion injafte, &n
contraireyaux interefts deda
Religion 3) ne les expofe atx
rigueurs de la juftice divibey
A, moins quils ne reparent le
tOrD quilsiont fait à Ša Majel
té Brirannique, &le feandalel
quilsont ldonnéà toúte la
Chreftienté, Enfin quels que
foient les deerets de la Provi!
dence au regard du tecmps &do
licu de larcompenfe ou de
punition, il vaut micux, (to:
joufs fouftrir pourlaJuftice&
Pou, lla Religion y que, d'eftre
heureuX des voyes ohn),
teufes & illegitimes.ngohn
-SEJe ne puis pas dirc prci
GIALANT 4g
fensent lalpart que ces Princes
ont euöà ces cdeuxo infighes
faulorcz,furlefquelles le prince
d'Orange & les Etats Ge
eraux dans leurs Manifeftes
fonderent toute la juftice prét
tehduë de leur entreprife fur
IAnglererre ,foitque ces Prin
ceslesayent crû eux-mefmesE
oti quilsy ayent feulement
donne credit. Ces deux fauf
fetcz font ine Ligue du Roy
dAnglecerre avec lasFrance!y
&un prince de Galles fuppofe.
Pourla premiere yils onti på
eltre furpris par les Miniftres>
qils avoientidans les Coursh
Etrangeres, lefquels n'eftoiene
qetrop fujets a faire
auuprés.de leurs Maitres lente
proptes rêvericsipour descora
titudes;maisle temps &lafàite
desaffaires ont fufhifamncnt
G 3
MERAO V RE
découvertCOmbien cette on
jeture ftoit vaine en no0s
faifant voir cequeile Roy
d'Anglctcrre fouftritd'abord
fautelde fecóurs,qui nelluya
roient pasmanqu, sil euft ea
des liaifons réclles ayeclaFrancclorsquil
futattaqu pàr le
rince dOrange. Auli lUiur
pateur gui n'eltoit que strop
infofme de tout cc quie pállot
dansle Conleil de Sa Majolté
Britanniquc, ne craignit hullement
iquc fon entreprile
trouvaftquclque obftacle de del
colté1à. Cetapparemmentce
qui lempêcha ide aireidáns
fon Manifete aucne mention
deicette alliance pretcndus
peut-etre quil ain: mienx
laifer aúx Hollandois lefoin
de debitercette impofturcdns
celuy quils publierent cnleut
HGALAN T,
nom spor excitersdayantage
contrciles deux Rois la hain¢
desConfcderez. ioy 10
bnAu rete; poun eftre pletnement
convaincû qucceltoit
une pure vifion il:cne faut
quinterrogerlà-de fus le Conite
de Sunderland alors pre+
mier Minitre du Roy. Tout
<efclave. quil cft aujourd'huyi
Prince d'Orange,il noferoie
direfe contraire. at alab
JyPour ceexqui cftde ala naiG
fance du Pirnce de Galles ce,
feroit faire affront au Chrif>
tianifme g &&des honórer les
Tetes Couronnéesi que de
rcroire capable d'une telle fuppofition
un Prince auffi: religieux
qucle Royd'Anglererre,
&desimaginerquc la Maifon
zrd'Auftriche fuft affez foible
ipourajo îurer foy à une fiion fi
G 4
MERCVKE
peuvray femblable odqu'elte
fuft afez méchante} pour ap.
Puyer une cálomnie fi hoif
Cet déja trop pour lei Roy
d'Efpagne, &rpour l'Empe
rentrde s'eftre unis d'inté!
refts avei un Prince anibi
cicuxXBqui, deicete Fabl &
de cette impofure diaboliqie
afait le préteKte de fon ufit! pation,E29 3H0Ta
UPeut eftre que ccs bons Prin
cés croirontfe pouvoirdéchar
gerdublâme d'eftre mlezaved
des Heretiques,dans ünc Ligi
quc la Francena pas mieux
fair'y ctant cntrée dahs pla
fieurs Ligues avec les Prote?
Itans, máis -cela ne les fue
pass car pfemieremenrquah
la France feroit en cela coti
pable,on n'et poit jhftife
Darles fures d'autruy. Sccon
GA LANT. S3
dement, laFrance n'elt jamais
ree dans une Ligue ou il y
cuftun Roy Carholiquc depof
fedé pourfaire placeà un Vírpatcur
Herctique. Troifémnement,
dans lesi Ligues ou les
François ont efte avec les Hereciques
ils ctoient toujours
fupericurs en forces : de forte
qulnyavoit point de danger
ny pour eux dêre maiftrifez
parleurs ConfedereZ ny pour
aReligiond'etre accablée par.
lHereie. Je voudrois bicn qu'à
cecte heure l'Empcreur & le
Roy dEfagne cn pufent dire
autant, mais que le monde jage
qui eft le Maiftre dc la Ligue
où lEmpcreur qui vit tranquille
à Vienne & le Roy
dlpagne qui vit de même à
Madrids ou le Princç dOran-
8,quicftà la tete de foixan=
G S
i54 MERCIVRE
te milleihomnesien Flandre,
&les Elcteursde Saxen&&ido
Brandcbourg s qui ont de puil
fantes Acmées fur leRhin,ph.
eAjoûtons ,a cela les forcés
Mar itimes de lAngleterrei&t
de,la IHollandc & ce que cos
deux Etats ont dargent pour
foutenir les frais de la guerr,
&fongèons un peu où tout ccla
aboutiroit en cas quils puleit
redusrela Erance aitx ccrmes
Projstezà la Hayc.sCroit-oh
qapréstant dintrigues &de
moyvemens,le Princed'Qran
ge fuft dhumeur ià cquitterli
Flandres qui ct-i, fortràa ia
bien-fcance, & donr il fe peur
faire unebellcSouvcranetécn
la joignant, avec la Hollandey
agyey souc femble le difpolen?
Il feroit bien valoit alons fes
pretentions , && les appuyerot
GALAN T. s
fansdotute furundroi dátquifitionayant
tant dépenfé pour
gui poirtar
devroitdonner un peuà penfer
zalEmpcreury carfiles affáires
côn venoicntla, ilferoîtobligé
d'avoip degrands ménagamens
avec les Princes Proteltans fes
Voifins yqui feroient foutenis
dun fopuifant appuy de leur
29nMais x«quand on confidere
Ieminente pieté de Sa Majeé
dmperiale, que le Ciel a ré
componfe d'unciinaniere i
CXtraordinaire paf cettedele
Vrance prcfque miraculeufe'de
Nienne,au Sicge qucles Tires
cnfircnt eh 683. &cn füite
paritant de Vitoires rempor
téesg par tant de Plhces coiqu
fes furlce fier cnnemy dunom
Chrêcicns quand, dis-je'j o G6
MER CURE
-confdetresloes (chafesiplon e
peucpasroire quelEmpereut
foit méconnoifant de (tant de
gracés ;»mais on jugeu plutoft
2quil aura autant defoin des
interefts dë la Reigion; quc
le Cielen a eu deceus delEm:
pire, Sal piet & fon ele fe
reveilleront apparemment a là
voix du Souverain Pafteur,lors
quitlexhortera de ne plis en!
tretenir Üne guerre, allamee
dansle fein de rla Chrêtient)
mais.de rompre ce, commerco
aveciles:cHeretiques, fifarala
laiReligion de confpirci a
nettre la Paix cntre les Enfans
do l'Eglife &de pourfuivrclal
guerre icontre les Turcs; quc
lal Providence par uno lo;
e tci de Victoires fömble,
avoir livrezipour, étendro
ainG lès limites du Royatumo
GALANTI
du Sauveur du monde,&cipouir
cmpêchequeles Ottomans ne
faflent plus dorefnavant de ra
vcagoess d Canshlersê Tteirerens sde,si Piirpin
o1Ouctele devoir d'un Empe
reur 'des Romains sde veiller à
laconfervation de la Religion
Catholiquc Romaine , & celay.
d'Enfant de l'Eglife,de prefter
l'oreille, aux avis paternölszde
Sa Saihteté , à juger fainement
felonila conjonhure prefent
dos affaires de l'Europe,iln'et
pas. moins defon propte interetyque
de celuydela Reliel
gionn quil s'accorde hvec a
Fvance par une bonne Paix & quil poufe enfuite vivenent
leTirc Mais le mal elt que le
deftrde fe vanger des François
&&lefperance d'en venir àbout
fondéc fur le grand nombrcde
MERICIURE
leiur Oohfederezjiontitelle
mentnébloüyi fesl Miniftres,
quils ne peuvent regarden de
fang froid, ny leimallque h
Ligue a fait a la Religion, y
le peu d'effet qu'clleca ct; &
qu'clleaura probablcment cortrela
France;quils ne peuvent
mêmet difcerner leiveritable
intereft.de lcur Majefté qui
eftd'acterrer une bonne fois
ehnemy du nom Chrêtien,
qui a mis ffouvent l'Empire
å deux doigts de fa ruinc. Car
y. a-t-il, chofc aui monde qui
puife mieux érablir ala grana
deur de la Maifon d'Auftr:
che, que de bien afermin fon
Royaume de Hongrielavec
toutesifes dépendanes yafin
que Viennein'cftantplusifron:
tiere, elle foità janaisle centre
de ces Erats : Mais celh ne
IGALANT!
e peut fairea coup fcur qu et
continuant la guerfelconrele
Turd, & cnneuluy donnant
Pone de relache pendant quil
cft foiblel & abart d'antant
qiue fi on donne unc foisd ce
afte Corpšde tempde fefpirGD
& de le reconnoiftreo
quc maladequil foit àprefent,
ilpeuc ayec un pewde repos
reprendre fes forcecs, & deve
niranfifort & aufRredoutable
quil ait ljmais efteau st op
aJe fçay bicn quc de telles mefuresiIne
feront point au goutt
des Princes Proteftans dAlle
magné,ny conyenables aux va
ftes deleins du Prince dOráge.
Ces Princes ont toijours efte
parle paffe, & feront cncore d
l'avenir ydes quils cn auront
l'occatony laufi jaloux de la
puilance Imperiale ,quils le
160 MERCVRE
lont aujourd'huy de la,
deur de la France S musjclp;
re qu ils n'auront point dafcek
dant ur les Confeilsde Sa Ma
jefté Imperiale; & qu'Ellefea
convaincuë,pour peu quElley
penle squ'en fon particulier
Elle a plus rifqu & plus perd
en perdantBelgrade && Nice,
qualle ne gagna à la, prife dg
Mayence &de Bonne. Je, crois
même, qu Elle fera rcfexion
que le Royaume, de Hongtiç
vaut miCux que deux ou ro
Places dc plus ou de moins g
le Rhin, lefquelles pcut-çltrg
on pourroit avoir à melleun
marché par un Traité de Paiy
que par a continuarin del
Alégard de la Courgnng
d'Elpagne sporçavoir q4e}
ayautageclleipourroir rallogm
GALANTI
sablement attendre dela con)
tinuacion de la Ligué, & de la
gùerie avec la Francel, il fatit
dconvenir de celuy qu
eft t prefent le Maiftre de la
Flandre, fi cetle roy Catho
lique ou le Prince dOrangel
Lidecifion de cette quefion
ctaifbe. Les Troupes du Prin
ce dOrange font en garnifon
dans coutes les grandes Villes;
i1aunpouvoir abfolu danslAt
méey il donne les ordres par
totit en ce Pais-là, aufi fouve
rainement qu'aucun Roy d'E
pagne lesipotutroit donner, y
fAit-il en perfonne. C'eft là te
que tout le monde reconnoift
pouf des narques affuréesd'un¢
autorité Souveraine ; de forte.
qie' la Flandre quila co ûté tant
d'anhées de guerre & tant d
milliöns pour la défendre conI62
MERCVRE
Gre la Francc, &ila Hollande
cft tout dun coup livre cnte
les Dains,du Prince dOtange}
peut-eftre en reconpcnle.des
bons fervices que fes Ayu
ont rendus a lElpagne.ó cat
pourles iens s on ne voiv pai
çe quila fait jufguà prefentah
faveur de cete Couronnei,i
on nc yeuE luy comptcr polit
ungrand fervicc d'avoir lo4t
prendre Monsa fa veuöd4voit
mangé tour le Paysla derniere
calnpagne,fans gagher un faul
pouce de terre url'ennemy*
d'avoir cucnfin foixante:doze
de fes Efadrons cntiercinent
défaits par vingt-huit desFran
snMais Pouri parler foricul
ment, ileftinconteftableque
la Ligue & la guerre conEre la
Erance doivent avoirleurçours
GALA N TMI 6
jufqu'au bouty toure l'afaitc ne
fe ternminera qu'aux dépens du
Roy d Efpagnc. Car lne de
cesdeux chofes arrivcra infail
liblenient; oule Roy de Fran
cey ou le Prince d'Orange fera
alorsle pofefeur de la Flan-
1 Mais diront les Minilres
Efpagnols, fle Prince d'Orange
gagnela Flandre, cene fera
que pour nous la rendre;aulieu,
queifi le Roy de France ch deA
vient le:Maiftrc, la volà per
duë pour toujours. On nepeut
railohner plus jufte): car enin
le Prinçe d'Orange à témoigné
fire grand ferupule de retcnir
ce qui ne luy apparticnt pass
Oependanti on aflure, que ce
que les Proteftans appcllentla
lumiere de l'Evangile:s com-!
mence à fe répandre dans les
164 MERCVRE
Provincesi de Brabanti&do
Flandte&rque> tous les jour
ibsiy fait quclqucs converRons
a leuf node:s cequi nerito
bien d'eftre confideré par:S4
Saintét , & qui n'eft pasiindi
gne des reflexions de Sa Majel
té Catholique,ohio) ao
is Enfih fuppofons queles Prin
ces de la Maifond'Autriche
fullent cintre2 d'abord dansket!
te Ligue:àvec les Heretiques
fans bleferleur confciencey &
fans autre deffein que delfe
deffendré concre la Francey de
recouvter ice qu'on avoirpris
fur eux:Sitoutefois l'experien
ce leurfait voir que la Religion
enadéjaextrêmemenofouffert
quclle court) riqucs de plus
grands malheurs, 8& qucotost
Ies coups quils portér ontre
la France fans la concherj t8
GALANTH
tomberontfurlEglife, quiceh
clt:dangerenfement blefie.ci
pluieurs cndroits , cetà dirc,
cu Angleterre, cn Ecoffe, cn
Irlande ,cn Flandre &en Iralie
fctont-ils ilcxcufables, devant
Dietu. yisils perfeverCntldans
une Confederation f funefte
enfes cfets, au licy d'écouter
le remontrances du Saint Pere,
&de fongerà la Paix, comme
àlunique rcmede "de tousles
5\En.dernier lieu, il me femble
quç ces Princes fedevroient>
D pouéxaminer fur la pare
quils ont euë dans linjultice
quia cté faite au Roy d'Angle
terre. C'eft à cux de voir sils
niont pas unjute fujot d'appre
hender. là-deflus des reproches
duscofte des-hommes, & des
châinens du cofté de Dicu, à
1661 MERC VRE
moins que den faire une repa
raion convenable; car il ctd
craindre quc lon ne mette fir
leut compte toutes les Ames;
OL perverties, ounn conver
tíes, tout le, fang des Prêtres
&ides aüeres Catholiques, quil
fera répandu un jour dans co
Pays là , ou l'ancienne perleA
cution, qui commence deja
fe renouveller, De Manqiera
pas de croiftre avec l'autorite
de 1Ufurpatcur, jufqu'à fuire
revivre les Loix (anguinaires
La fubtilité de leurs Cafaiftes
ne leur fervira de rien au tribus
nal du Souverain Juge. Celk
là que le Chef & les Compl:
Ces porteront la mêmo peinc?
T'un pour avoir entrepris le
Crime , & les autres poun ne
s'ycQtreu opna sn oep cproofjeezp. arHs iabuto r1e9lt1e5
GALANTM 167
que ce foit lesi feuls interefts
da Royi dAngletorre qui me
falent parler de cette forte:
caren verité la chofeeft de
bien plustgrande importance
paur cés Princes, que pour luy
Ilniy, va à fon égard que de l4
pere d'uneo Couronne tem
porelle yau lieu qu'à leur é
gard il s'agit de la perte mes
nedeleur Ame,&td'un Royau- mer éternel,vNAbt
Quoy que rien ne foit moins
galant que de parlerde remcdes
dans iune Lettre comme cees
quejevous adrele rous les mois
haimoins l'utile deyant l'empotter
fur l'agreable ; je ne
Içauroi m'empecher de vous
Parler de celuy qui a efté mis
CRvogue par M. Miracle, Off-
Cier ordinaire de la Mufique de
la Chappelle du Roy. C'eft un
68 MERCV RE GALANT: 169
Baume pour les Rhumarifme; ini, Nonce Extraordinairc de
dont il a feul le, fecrets & Sa Sainteté, qui eft mort le4
dont la bonte, rerentit daus de ce mo1s,Il eftoitFils du SecoutVerlailles,
Mille geng nateur Matteo, dune des predignes
de foy afurent miêres & plus ahciènnes Fa
perfonne ne s'cn clt fervy, qui millcs dc Florence;rou fes
pen ait efté guery & memç Ahceftres ont poffedé lès plus
di promptement que ceuX inportantes Charges dans là
quien ont ule ont regarde leut temps qu'elle cftoit gouvernéb
ml comne un fonge, Les Ru- eh Republique , & encore dematilmes
ayant efte frequenpeis quellc eft pafee fous la
cette année à canfe du long H: órnination de fa Maifon dè
ver & de la quantite de neiga Mcdicis, Aprés avoir fny fes
qui eft tombée,ce remedesclt étides dans les Colleges dc
trouvé dune utilité fort gran Pife 8< de Parnie il fc rendit
de. C'cft, ce quia achevé de lela' Cout de Rome ,ou lePape
nettre dans larepucation ou! Alexandre VIL lleva à la
commence d'eftre depuis quel Prélature, avec le titre de Reque
temps. ferendaire des deux Signatures
de Grace& de Juftice. Pendant
-La Medecinc n'en a p four; ePontifcar, 8%fous ceux de
Dlr aucun qui ait eu effet dans ClementIX, & deClement X.
da longuc maladie de M,Nico: ibcut fucceffivenmcnt divers
se lini, H
MERCURE GALAN T.
Gouyernemens dans l'Etae eplaudiflement de tout lemonclefafiqae
,def à dires dutdelpar la manicre dont il sacles
Villes de Tivoli, Fabrapquicra de cet employ. Alexan-
Camerino & Afcoli, &shcau dre VII, ayant ctt élevé a la
partout une etime gencrile. Chaire de Saint Picrre aprés la
Clement X.le fit venir cnfuite mort d'Innocent,le homma fon
à la Cour, &le mit au Tribg Nonce en France. Il arriva à
nal de la Congregacion deh Patis le 2 5. Novembre n690.
Confulte. Ihnoccnt XI, le nom & cut le lendemain une auma
fon Vicelegat en Avignon, dicnce particuliere du Roys
où il demeura neuf ans , peI- mais la mort du Pape qui fudant
lefquels on eut tout ujevint, la longucur du Conclave,
d'admirer fa prudence &a k divers aucres accidens l'ayt
conduite. Sa Saintetb layat0bligé de differer fon entrée
detiné aprés cela à aller exct- publique, il ne la put faire que
cerla Nonciature de Portugal, 20. Novembre de l'année
il fat facré aiuparavant Arche- dernicre, Elle fe fit avec beauvefque
de Rhodes dans IEglife coup de magnificence, & deux
des Jefuies d'Avignon, & fut joursaprés il fut adnmis à l'Aureceu
à Libonne avec torts les dienco publique de Sa Majeté,
honneurs quil pouvoit attti- guile reccutde la maniere du
dre. Il pafà quatre ans S demy monde la plus favorable. II
dans cette Cour, & merita lap tomba malade au comnence- H 2
172 MERCVRE -ment da mois pálë,& fon mal GALANTubA73 e la Chre-
-redoublant de jour en jour,lan; Henre. Sa Majefte luy aya
ait foft plus grand
tienté.
tience le fouffir;il i chyoye M. Fagon premier
LuccombaRinde la feuc Reine &
enfin a la violence dune fievrc des Enfans de France, 8qu
de trente jours, Il voulutctreDrofe fe 1a Medecine avec un 1
ehtcrrélansaucune pompe, grand fuccés quil y faut ajol
fut porté à lEglife des Capus tet foy.
cins de la ruë S. Honoré, qulvous cnvoye une Lettre
avoit choifie pour eftrele lteu de M. Amclot Ambafladeur.
de h fepalture. Il eft mort for, du Roy en Suille quil a écriregreté
à la Cour, & de çout, te de Soleurre
ce qu'il y a d'honneftes g aux Treize
Cantons, cn datte du 9 du Paris, 1lavoit conceu unc tello mois pafl. Vous fçavez quclle
ecoftnimnoeif lopiot lu'arr dlee uRr o&y l ed zocnlet ,reputation il s'olt acquie dans
tolites fes' Ambaflades , & aveç
pour fleas v ienrteitarebfltes Rpaetligon combien de prudenceil vieng a
n'auroient jamaisppraerveaicluu lcieorp, bilofeu tm dee1 teoútes les affaires dont
tre la juftice quil devoit a la
pictéde ce Monarque. Si fong Nspotsotso:9s
M
avoit pû remedierà fon pal
il travailleroit cncore prelcn Agnifques Scigneurs,,
Les braits quife fonHt re p;andns , 3
ig4 MERCVRE GALANT 175
parl'artifice des Eäncms du R rats gui ont part an gouvere
an fajet dEla vìlle de Genrve ament desdiff rens Etats qui com po-
Jant dha donné fujet d'aarerSeut le Suille, font trop éclairez
Particilier les loüables cautonfP4r ze pas connoištre avec une
Aliez de cette Vlle, des Fic entiere évidence , G Par mille
intentions de Sa Mat) ponr lt preuvesfenfbles de la bienveillanrepos
de tout le Cotps Helvetigoè c du Reg gue Sa Majslé defire
leur agsni miefme 'explignta 02 feulement d'entretenir, & d'an
7aifons folides qui doivent les ton gmnter, s'il ct polible , la bonne
vaincreque Genevt n'svoit iin corvefpond ance , mais cncore g
Ell prend antant d intere gue
la bonté & protèEt1on da 'Royi y'y pous mefnc à la parfaite confervacpbien
aie cntore de vout fih tion de la trAnqüilite feureté de
cönnoi flye à tons en general danla Anion de la Suilfe. ll ef certain,
Gia ordre du Roy , de vons en
ConjonTures prefentes les veritalltr
difpofitions de Sa Majgle poir allurersque la prife de Mont melian,
vons,yTe & ions les auiresfuccés dont il plai-
fe vous ay déja reprefentt tb 1a à Dica de continuer à beniz les
Axmes de Sa Majeté, ne tournerot
tant d'occaftons tout ce qui pouvoit
vous convaincre pleincment fir tt jamais. guà lavantage des louables
Cantons fes bons Amis , Alliez
fijet , qu'itln'eß pas befon dt voit
lerepeter isy en dèrail. Lei Mig G Confedere, fe doisH m e4fne vons
g76 MERC VRB 3GALANT, 179
dire de fapaie qucla conqugfe de gueje fait , toaterfortesd'avantacette
import ante Place ne change ges profperitez, ntnt sus2
vien linclination qu Sa Majelé Magnifiques Seigneurs,
G-cuë à faciliter une bonne pstx, Voftre tres afetionnéà vOus
Que fles ations de gucme , qui
femblene éoignées pat là de volt M E LOT.t
voiinage, vous donnoient encore
guelqua inquietvde de cccoléelh,Iy au roit caot de chofes à
&que v04s cruftz powzoin par dire fur la conduite, la bonté
uos foins procuter:la, paix de lti- &cla gencrofté du Royy quc je
Aepar u A0COmOdement de Sod. vous laife faire les reflexions
R de Savoyc avtole Roy, Sa Ma- -done cette Lettre fourDit ua
jeftd a tant de confance en von ample fujet.
defiretellerment de voas procurt 32Le Jeudy 14: de cemois M.
de, toute maniere wn plein repot, de Toureil;que jeivous dis la
guElle dopnera volontiers les maibs derniere fois avoir eté élu
a ivois accepter pour MedisCr! pour templir la place de Mr
eGarants diun paneil Traité.ce le Clerc à lAcademnie Fran
ce<que js n'ay pas voula difrerde çoife, y fut reccu fclon la cou:
DDUSfaire fpavoirs vons priant tume. Il remercia la Compa
delre. bien perfuades que 'om at gnic par un Difcourstourplein
Reukvonsfonhaiterplas fincercmcit deloquence ,qui fut èxtraor.
dinaircmcnt applaudy , && Mr H s
CharpentKE
Direteor,
luyrépondit par ün aucrc
luy marqua d'une maniere for
fne & fort delicate, que l'Att
demie en le choif6fant n'avoit
fait que fatis faire aaox intencions
duRoy, qul vouloit que
dans ces lortes d'Elctionson
rendit jutice au vray merte,
fans aucun égard aox brigucs.
Jc pourray vous en dire divantage
le mois prochalo.
Apresquc ces deux Difcours
eurenticte prononcez, M:
l'Abbé de la Vau leut une fuire
du Poeme de Mr Perrault,
iptitulé, La Creation du MonAt.
L'on trouva dés defcriptions
fort vives, comme onavolt fit
la dernicre fois,& cetue leture
fut fuivie d'une Lettre en Vers
& d'une maniere de Prologue
paltoral poar mertre cn Mas-
GALANT. -181
guc,l'un & l'autrc de Mr Boyer,
Ces deux Ouvrages rcçt-
TCDt beaucoup dapplaudiemens,
& firent conboiltrc quc
le bcau feo de l'clprit ncft
point lujct aux annccs.
sop Le7: de çe mois, Mrle Marguis
de Marignanes,Capitaine
de Cavaleric daps le Keg mcnc
Calonel . époufa dans Alby la
Fille de Mr le Crufol S. SolguCso dufeo
Germain de Mr le Duc dUGz
Toute la France fçait affcz l'ancieDneté
& la grandcur de cette
Maifon. Mrle Marguis de S.
Suplice et Fils d'uDc Scur de
feu Mr le Comte d'AubigeousidAmboife
,guidelcendoit co
o droite)igne d'Anicico,qui fuc
tait, Seigncur d'A mboife par
'Emper eur Maximin en 23T•
croit aifé de urerla foite des
H G
MERCVRE
ScigncursdAmboife degre par
degre,depuis cet Aniciep juf.
qucs a Pierre,fi chery de Lotis
XI, lors même quil n'etot
cncorc que Dauphin , & dont
il fut Chambellan & dépur cn
Italie POur accorder le Pape
a vec certains Princcs.Il époula
Anne de Bueil, Seur de Jcan
Comte de Sanferre , Amial
de France, & ce marage tur
parláircmcnr hcurepx , Puls
Dâouit Deuf En faos
males,qui oat elté tous r<matquables
dansleur tcmpsChat
les qui époufa la. Dame de
Chavigoy s Loüis , Evclque
d'Alby Ican Evclque de
Langres ; Emery, Grand Majt
ftrc de Rhodes ; Pierre,Evekio
quc de Poitiers Jacques, E
vefque de Clermont. 5 Jean
Scigncur de Buly,Hact,Seigai
GALANT:183
neord'Aubigcous,& le fameux
Cardinal Gcorge d'Amboifc
Mniltre && Favory du Roy
Louis X II: Outre ce Louis
d'Ambuife, Evefgue d'Alby,
1 ý cat cncore un autre Lours
de cette Maifon qui le fut aufi,
&et à ces deux Prelats quc
laVlle d'Alby cft redevable de
cette famcofe Eglile dédiée à
Sainte Cecile , qui palle pour
ube des plus belles e la Chre
tienté, & de plofeurs avtres
monumens de leur magoificence
& de leur picte. Aufi
lcs Habitan's d'A by oot-ils
une veneration cxrenne pour
les Defcendans de ceue illuftre
Maifon , && cclt ce qui les a
obligez de témoigner par diverfes
fetes & tejouiffapces
publiques la part quils pre
noient aa mariage' quc je vous
I84 MERCAVRE
apprens. L'Epoux & T'Epoafe
font fi bicD faits, & f dignes
l'un de l'autre, gu'on De doue
point qu'un mariage i bien
aflorty n'ait des ojes tresheurcufes.
Madame de Salicz,
Viguierc d'Alby , dont tous
des Ouvrages font i cimez,
a fait pour cux l'Epithalame
9uc je vous cDvoyc. 3
on cherche. vaincment cat
charmante Fille,
En qui brle te Sang d'une illyfre aoy Fami lle. he
Un jeanc Conquerant qui vu?
517endre bi ureuxe
L'enl ve à travcrs mille fax,
Tont a favorfé fon amourcafe atdaces
rend à fi
place
Une Femmc admirable, cn qui no
Tevogons
4 GALANT.
olo La Fille que noys rgretions.
Ele a fes agrémens yfes air,6
910ob fes manteres,ulpel
OScsycnx, fon teint , fes ln-
Et tous lcs fentimens de fes nobles
Dont la magnifcence eolate dans
Enfn, ces deux objets font ane
mofme chofe.
Voms,pour gui le Cielfait ceite Metamorphofe,
Epoux ainmable & fort une,
A quel comble de biens cstesLvORs
Voftre Eponfe , toujours adorablr,
fevcre,
Va marcherfur les pas deon illufre
Mere
Etvons allezgoûter , a gre de vos
30s deirs
"Un long enchaincment de jaye ,
de plaiirs, 0
186 MERCVRE
Mr le Marquis de Mari:
gnanes, qui vicnt dépoofet
Mademorfelle de Cruolde
Saint Supplice , et de la Fe.
mille de Couet ,originaire de
Brcfe, qui s'ct vcnaë rablit
dAllemagne cn ce Pays la &
Fils de Mr le Marquis de
Marignanes & des lsles d'or,
Baron dc Velaux , Bornes,
Saint Ganat, Seigneur deVi
trolles, Coudoux ,la Bourdonnrcre
& aurres Gouver
neur pour le Roy des Islès&
Fortcteles de Porte: cros &
de Levant ,&&quia cté deux
fois premier Procureur dp
Pays de Provence. cmploy
guon Dc donne gu'aux Gen
tilshommes lcs plus diltingucz
de cette Province. ll ävoitpoule
en premieres noces ün6
Fille dela Mailop dc Porcelet
GALANT. 87.
Scurda Marquis de Maillane,
quicltmorte (ans cofans, & il
époufa cnfecondes 9oces Bian.
che de Scycrcs de Laumons
Nicce du Bailly de Laumons,
Amballadeur de fon Ordre à
Romc,quiclt mor, tenantl'Auberge
deProvence, Dc ce mariage
font fortis deus Filles &z
deux Garçons. L'aifpée des
Filles à cté mfarie à Chatles
Grimaldisd'Antibes, Margais
de Cagpes, de, la Mailon des
Princes de Mopaco , &la Cadete,
à Philippe Guillaume
de Grammoot de la Mailon des,
Grammont de Bearn. L'aifpé
des Garçons ct M.le Marquis
de, Marigoanes , dont, je vous
Parle, Le cadet et Licutepapt
dans le. Regiment des Gar
des Françoiles. Lent grand
Pcre cftoit Marquis de Mari
188 MERCUC E
gnancs j) GOuverneür pouT
Roy de la Tour de Bouc, lcz,
Martigues en Provence &
avoit aufi cfté premicr PrQcureur
du Pays de Provence
&& Coloncl d'un Regimept da
fanterie. Leur silay cul ctoit
Confeiller carde des Sceaux
au Parlement d'Aix en Pro
vence , qu'on apelle le Baron
de Couct Baron de Trets , de
Sillans && autres Places. Lcur
Trifayeul le Baron de Coücts
aui Baron de Trctz , fut MC;
tre de Camp des Arquebu:
fiers à cheval de Provence ,&
chaft de Marfeille par Calaux
pour avoir efté idelle au Royi
comme il en c fair mention
dans l'Hitoire de Provcnce
C'et luy qui s'et venu érabir
le premier dans cette Provincc,
où il aivit le Duc de Sa
GALANT 189
vore dans l'echange qui fe he
dela Brefe avec le Marquifac!
de Saluces,&& il a fae la braoche
de Provence.L'autreclt
demeuréc en Brefe C'et celle
de Mrs les Comtes de Montri
bloud qii frent un des plus
beaux partags dont on ait ouy
parler depuislongtemps cntrc
des particuliors,l'un des Freres
ayant eu les terres en deça, &
lautre les terres en delà du
Rhône. Iean de Couet, Comce
de Montribloud, Capiraine de.
cent hommes d'armes,fe diftin
gua au Siege de Rouen où il:
cotra le premier par labréche
I'Htoire de Mezeray. La
Grand' Mere cltoit de la Maifon
d'Efcalis de Bras , des Baronsd'A
o louis en provence i
lasifayeule de la Maifon de
Graffe,illutre en PrOVence,&
199% MERCVRE
la Trifay cule de celle de Vil.
leneuve des Marquis deTrans,
de cette mefmc province. Je
ne vouspatle point des allian)
ces de cette Maifon,qui lontles
meilleures de provence. btd
Voicy les noms de plufieurs
perfonnes confiderables de lan
&& de l'aure fexe, mortes de-
Pispeu de temps. y en aone
Partie dont labondanc de la
matiere m'empclcha de vous
parler des l'aucre mois.
Mcire Philippes Cirus de
Torcy, Comte de Torcy, Sei
gneur de Torcy, le Mont Chevenclles
& autres lieux , Lieu-;
tenant Coloncl du Regimenr
de Cavalerie de Bellegarde. Il
étoir ils de Philippes de Torcy
Sicur de la Tour Licuten
General des Armées du Roy
Gouverneur. de Dieppe &
GALA NTM
d'Arras, &c de Silvie Angelisl
que dël'Hofpiral dela Branche
de Sainte Melinc. Il eft mort
fans alliance. Son frere ainé a
époufe Marie Françoife-Eliza
beth del'Hofpiral, fille dudefu
funt Duc de Vitry. Torcy porte
de fable à la bande d'or.súnotig
Mademoifelle Elizabeth de
THofpiral de Sainte Mefme.
Elle employoit touo fon temsi
au fecours des pauvres &à dif
& vorfes alions de piete
clkoit foeur de M. de lHofpital
, Comte de Sainte Mefme
premicr Ecuyer de Madame la
grande Duchefe de Tofcane;
&& cy-devant premier Ecuyer
de feuë Madame la Duchefe
Doüairiere dOrleans, Ils defcendent
d'une branche cadette
de l'anciennc Maifon de l'Hofpital
, ifluë du Sieur del'HofpiMERCVRE
tal de Sainte-Melme,mort des
bleleures quil rcçut au Sicge
de Payie. Cette Maifon del.
cend d'Aloph de IHlôpital,
Seigneur de Choify & de Sainte-
Mcfinc, dont le fils aifné,
Jean de lHofpital, Comte de
Choify époufa Leonor Stuart,
dont eft venu Jacques de I'Hol
piral, Marquis de. Choify,
Chevalier des Ordres du Roy
Gouverneur && Sencchal d'AtvCrgne
,& Chevalier d'honneur
de la Reine Marguerite ,
quiépoufa Madeleine de Collt
Gonnor d'où font iflus les
Marquis de Choify, Comtes
de IHofpital & Barons des
Cordou. François de l'Hofpial
Seignenr de Vitry, époufa Aine
de la Chafrc,flle de Clatde
, Baron, de Maifon-Fort,
dont clt venu Louis de l'Hol
GALANT. I93
pital, Marquis de Vicry, Chevalier
des Ordres du Roy, Capitaine
des Gardes du Corps
de Sa Majelté, Lieutenant general
des Comtez de Champagne
& Brie, & Gouvcrncur de
la ville de Meaux, qui époufa
Françoife de Brichanteau de
Bcauvais -Nangis, dont il euc
Nicolas & François de l'Hofpiral,
Marêchaux de France, &
trois filles dont deuxfureut mariees
aux Comte de Charlus
& Marquis de Perfan, & la
ttoifiéme, Louife de lHofpital,
fue Abbele de Monciviliers
Nicolas de l'Hofpital , Marquis
de Vitty & d'Arc, Comtcde
Châceauvilain, Bailly de
Meaux, Capitaine des Gardes
du Corps du Roy, arrefta le
MarèchaldAncre, par l'ordre
de Louis XIII, quile ft Mare194
MÉRCVRE chal de France en 16i7: pús
en 1619 Chevalier de fes Ordres,
Eni632.il fut Gouver.
neur de Provence, & cnfuite
on luy donna le titre de Duc
de Vitry. Il mourut en i644,
Doyen des Marêchaux de
France &t avoit époufe Lucrece
Bouhier de Beaumarchais.
Il en eut feu M, le Duc de Vitry.
dont le fils eft mort fans
alliance && des illes. François
delHofpital, frere pifné de
Nicolas, Dnc de Vitry , Sct
gneurdu Halier Comte de
Beine & de Romorantin ,2
cfté Chevalier des Ordres du
Roy, Confeiller de a Majelt
cn fes Confeils & d'honnear
en a Cour de Parlement de
Paris, feul Lieutenant General
pour le Roy cn Champagne
&c Brie, Gouverneur &
Licute
GALANT. I95
Lieutenant general de la ville ,
Pievôté & Vicomté de Paris,
auparavant Gouverneur de
Nancy dés l'an 62 1. Ilfut
Capirainc des Gardes du Corps
du Roy, 8 en i643. Sa Maje-
Réle fe Marèchal de Frand
Il mourut en i66o. &eft connu
dans lHitoire ous le nom
de du Halier , quil portoic
ayant quil, cuft leBaton de
Maréchal. Il s'acquit une grande
jrépuration à la baraille de
Rocroy , où il fut ble le , au.
Carelet, & cn divers autres
lieux d'Allemagne Flandre ,
Iralic ,Franche-Comté & Lorrainc.
Il n'a pas laifé d'enfans.
Cette Mailon de l'Hofpital,
qu on prctend originaire de
Naples , porte oartelé aa premT
d Anjou , Naples, Steile , a8
-Jcond d drragon , an Broifpeme de
Frurier. 1692.
196 MERCNRE d GALANT. 197
Brichantean au qarnicme dt Iableant , de St Benin, Menetou
chatre, & or le tont de l'Hpi: & autres lieux,mortâgé de 7s
tal gui e de guenles au cog d't- -ans en fon Châtcau de Margent,
armé & trefe d'or,foñtennt Simoule prés de Dreux, & rede
fon pied droit un toufon chargt greté generalement dans fa
sd'une feur de lis d'or. Province, tant des riches quc
tioMr André Chevalier, Mar.des pauvres , à qui il fervoi3
Squis de Saint Blimont,Seigneur ide pere n'ayant point de
de Pandé, Caon, Goüy,Erte- plus grand plaifir quc de cherbeufSalnel,;
d'Enneville, Uron cher les foulager. Tl avoit cté
Armuncourt & autres lieux, à Malche & apres avoir fait fes
Il avoit prisalliance dans la fa- Caravannes, il nevoulut point
mille des le Tonnelier de Bre- -faire fes veux, Il eutlhonneur
teüil , qui a donné des Con- deltre Page de la bambre de
trôleurs GenerauX des Finah- Louis XILl. & fut fait cnfaite
ces, Confeillers d'Etat , Mal- Lieutenant des Gardes otù il
ftres des Requêtes , Intendans lervit pluficurs années , aprés
de Juftice Confeillers au quoy il fut Gentil-homme de
Patlement, GrandConfeil , & la Chamlbre de feu Monfieur
aux Compagnies Superieures le Duc d'Orleans, & ayant Meffire Antoine de Gui- guitté la Cour, il nc fonlon,
Seigneur de Marmoule, gea plus quà cravailler à l'afdu
haut & bas Garnay, Cham- fairede fon falut. Jacques de
Guillon fon pere Mailtre des
I 2
i98 MERCURE GALANT: 199
RequeftesJSurintendant de l:. de Grand Maiftre de l'Artille
fice en la Generaliréd'Orleanmric pendant douze ans. II épou
cut le brevet de Confeiller a Geneviéve de Foneenus ,&z
d'Etat,fous Louis XIIL. & laifla ch eut François & Jacques.
cntrautres enfans de Louife de Erançois de Guillon fon aifné
1'Epine,pctite flle de M.lcPre. Contrôleur de lArtillerie
fhderBailler,Charles de Guillon ifla un fils,qui fut eué au Siege
Confeiller Clerc au Parlement dela Mote cftant Capitaine aux
de Paris , Jacqucs de Guillon, Gardes, & deux flles , dont
fecond du nom , Confciller anaifhée époufa M, le Comte de
ParlemeDt de Rouën pendant Treville, Capiraine - Lieule
(Semeftre , & cnfuite Pro- tenant des Moufquetaires du
curcur Gencral au Parlement Roy. L'autre fut Grande Prieude
Dijon, & une fille marie re del'Abbaye de Chelles. Pierà
Mr Vauclin , Scigncur des re de Guillon , fon Bifaycul,
Yvereaux , Intendant de Julti- Commilaire ordinaireenlArce
enLanguedoc,dont le Frere tillerie deFrance , Lientenant
eutlhonneur d'êtrePrecepreur de Mr de Biron, Grand Maiftre
du'deffunt Roy, Marcellin de de l'Artillerie dans les ProsGuillon
fon Áyeul, Contrö-Vinces de Lionnois , Dauphileur
General de l'Arillerie, ne, & Qontrôleur ordinaire
fut Chevalier de lOrdre de des Gucrres , fut pere de Marfaint
Michel, & ft la Charg olin dontje viens de vous par- I3
200 - MERC VRE
ler & dePierre, fecond du nom,
qui fit lh Branche de la famille
guieft encorë a Lyon. Ilfervoit
en i 524. fotis François I. Ily
a eu un Eftienne de Guillon;
Prefident au Parlement de
Grenoble en 1429.Antoine de
Guillon, dont je vous apprens
lamort, a eu plufieurs Enfans
1gavoir,Simonde cuillon,mott
Page de S. A. R. Monficuts
Antoine, qui cfant devent
l'ainé par fa mort renonça1
monde. , && fe fit Religicux de
Saint Benoilt de la Congrega
tion de Saint Maur ;Leonarq
quiayant cfté Page dellagrande
Ecurie, & Capitaine:Exempt
des cardes , a cftt forcé dabandonncr
le fervice à caule
dune grande blefure receuau
cõbat de KocefbergiJ. Leonard,
quiere Page de la petite Ecuri.
du Roy; Barbe de cuillon, ma
GALANT. 201
ice à Meire Urbain de Tilly,
dela Famille de Blanc, Licutenant
Coloncl du Regiment de
Cavaleriede crinant, & Marguerite-
Françoife,qaia époufé
Monfieur delaRoche Seigneur
de la Chapclle , Capitaine au
Regiment de Grinant , dont
le Pere qui cftoit Aimé de la.
Valléede la Roche, a commandé
le Regiment du crand Maitre
Mr de la Milerayc. Guillon
porte d'azT aufautotr d'or , pour
fupports deux Pelicans,& pour
corps de Devife , un pelican
qui fe tuë pour nourritfes petiS
avee ces mots , Mibi nonfam n4-
Dame. Marie Vallée Bar-.
rcaux, Veuve de MefirePierre
Violer, Prefdent en la Quatiéme
des Enqueftes. Elleroit
Fille de Fc Mr des BarrcauX I 4
202 MERCV RE
Preidentau Grand Confeil, &
de Dame Barbe Dolu, &alai
fe Madamela Comtelle de Tilliens,
&& Madame la Prefidente
Taon, fes Heriieres. Elles
font Filles de' Dame Elizabeth
Vallée, a Sæur, & de M, du
Bouley-Favier , Miftre des
Requeftes.
M. le Marquis du Plefis-
Beliere, Gouverneur de Carmagnole
& de Suze. Il a fit
une infinité de belles adions,
&& joignoit la valeur à la qrudence.
ILa maniere dont i!
seft diftingué en plufcurs
occaftons luy avoit acquis une
grande efime dans les troupes
, & vous fçavcz quil a
Contribué aux grands avantages
que les armes du Roy ont
remportez en Savoye , & cn
Piedmont. II efoit Frere de
GALANT. 203
Madame la Maréchale de CrequiPerfonne
nignore quon ne
voit que des modclles de vertu
dans cette Famille.
M. le Comte dAlegre. Il
eftoit encore dans fes plus belles
annécs; & avoit époufe Mademoifelle
du Frenoy.Ce nom
ct fi connu , quil n'et ignoré
d'aucun de ceux qui connoifsét
les amours & les graces. M, le
Comte d'Alegre eft de la troifiémëbranche
de lilluftre Maifon
d'Alegre, qui a autrefois
donné des ViccRoisau Royaumede
Naples, La branche ainéec
dont eftoit feuë Madame de
Seignelay, eft d'Auvergne, &&
celt celle des Marquis d'Alegre-
Torfel, La feconde branche
cclle d'Alegre Coupigoy
du Quefnel , de Normandie,
8c la croiféme , celle d'Alegrc
204 MERCVRE
-Vivares, dontcftoit M.le Com.
TedAlegre qui vient de mou-
Madame Gourreauu de h
Prouftierc, Prieure de I'Abbaye
de Saint Antoine des
Champslez Paris , & Doyenne
des Religieufes de ce Convent,
agée de plus de quàrre-vingt
ans, Elle cltoit Fille de Mcfire
Jean Gourreau, Sieur de la Drouftiere
&& des Palluaux, Confeller
de la Cour des Aides, Seur
de Mefire Nicolas coutreau ,
Sr de la Prouftiere, à prefent
Doyen des Confeillers de rla
Cour desAydes à Paris,& Tante
de Meire François courreal,
fcur de la Proufticre, Confelller
Clerc en la crand'Chambre
du Parlement.C'eftune ancienne
Famille d'Anjou ,originaire
de Bretagne,dnt il y a cu PhiaGALANT.
lippe courreau,fieur de la Prolfiere
, reccu en I S 69.Maiftre
des Requeftes , aprés avoir clté
Confeiller au Parlement de Bretagnc,
époufa Antoinctte
Poyet, Nicce du Chancclier de
France.Gourreau de la Proufie
re porte dor à l'Aigle double de fa
bles axmé, bequ o couronnd de
guenles.
iú Dame Marie Madeleine le
Boitel , Femne de Mefire
Claude Bauflan , Maiftre des
Requcftes honoraire.
s Dame Marie du Frenay,Fcm:
me de Meffire Jofeph-François.
dErnochon, Seigneurde Lango
Treuilly, & autres lieux, Baron
de l'ancienne Baronnie du Pont.
Il fut receu Maiftre des Requetes
en 682. aprés avoir efté
Confeiller au Parlement , & au2e6
MERCURE
paravant Confciller au Chafe:
let de Paris.lisci89
Dame Rence Angelique
Rouillet de Beauchamps, Fem:
me de Meffire René Roland le
Vayer, Seigneur de Boutigny,
Confeiller du Royenla premi
re Chambre des Enqucftes du
rarlement, où il fut receu en
I687. Il cft Fils de feu M. le
Vayer de Boutigny Mailtre des
Requetes && Intendant de Juftice
a Soifans, & auparayant
durant plus de vingt annécs Avocar
aul rarlement, ou il fe fit
diftinguer par la facilité de fon
exprefion, & cctte loqucnce
qui ky etoitf naturelle, Sa Famille
et originaire du Maine,
où clle a donné plufieurs Liek.
tenans Geheraux en la Ville du
Mans, M. le Vayer, Maiftre des
Requeftes, & M.le Vaycr, Con
GALANT. 207
feiller de la Gour des Aides, font
de cette Famille.
oM, Chbarles Raviere , receu
Avocat au parlement en I 64s.
lagrande capacité && la connoif
lance parfaite quil avoit de la
Jurifprudence, le faifoient fort
employer. Son Frerea été Pro
curcar du Roy au Trcfor , &a
Socur a époufe M.de Montholon
Confcillerlau Châtelet , dune
brnche cadette de I'lluftre
Maifon des de Montholon,
M. Pijar, Copfeiller, Me
decin ordinaire du Roy, Do•
teur Regent, & Doyen de la
Faculté de Medecine de Paris,
mort le fecond jour de ce mois,
agé de prés de quatre vingt
quinzeans. IH futreça Doeur
en la melme Faculté , le neuviéme
de lanvier. i623. & il
l'a cté foixante-ncuf ans &
MERCyRE
plus, cltant devennle plus ancien
des Dottcurs de a Com,
pagaie,ledixine de Janyier
1671:latoûjours exercé fa profefion
avec beaucoup, dhon-
Cneur &de réputation, & avois
puifé dansles Livres üne lcien:
ce profonde, oùilsctoit con.
frné par une longue expérionce
auprés des malades. Il
connoifoit la propricé des tot-
Tmes les plus rares & les moins
uftez. de la Langue Grecque
& de laLati oe, & cltoit tres.
fçavant daos lcs belles Leircs.
:On doit l'ekimer, up grand
Medecin, puis qu'ila travalluDe
longuc vie.
taLesFrapçois coninucot toUjours
à remporter for mer des
avantages fort coniderablcs.
Sur l'avis qui fut donaé àgus-
GALA NT, 209
tre Vaieaux du Roy quicroifoientdepuis
plus de lix femains
vers le Cap de Fioiltere,
quune Flote de vingt-deux
bAtimens Marchands, chargez
de bled,devoitpa ferde Bribao
à Cadix clcortez de deux
Vaifeaux de gucrreHollandois,
I'un de cinguante Canon,
&& l'autre de quarante fx,
ils s'alombletent & prirent
leurs mefures pourlcs atiaquer
M. le Chevallcr des A ugers
Capitai nc de Hautbard qu1
com nandele Maure de s. Canons,
l'un des Vailraux qui
eftoient Venus à Brelt de Dua-
Kerque, difpoa de ceite forte,
ca gualité do Commandaot,
Jescrois autres Vaifeaux, qui
cltoient de 3o. à 36. Ca0ons ,
fçavoir, le Pali, le Seditieux
& TOpiniâtre qoe, commandeat
Mrs Serpaud, du Vignau
MERC VRE
& le Chevalier Damon. Les
deux premiers curent ordre
d'attaquer le moins fort des
deux Vail:auxde convoy, M.
le Chevalicr des Augerss'etant
relervé le plus gros, ayant ofdonné
à M. le Chevalier Damon,
de prendre le plus quil
pourroit des Vaifleaux Marchands
pendanc le combat. I!
fut forc rude, & ne finit qu'au
bout de quatre heures. M. le
Chevalier des Augers coula a
fond, aprés, deux bordées, le
Vaifeau qu'ilattaguoit & Mrs
Serpaud & du Vignau, en fi
rent autant du leur. Il n'y ur
que feizc perfonnes , dont le
Capitaine Croug fut du nombre,
qui échaperent de ces
deux VaiTeaux de gucrre. M.
le Chevalier Damon pric gra.
tre des baftimens Marchapds,
GALANT. 211
& les äutres fe fauverent a S.
Thomé, qui n'etoit pas loin
de là. Les Doftrcs fe retirent à
Roche fort avcc lers prifcs,
M. des Augers ayant perdule
Beaupré de fon Vaifeau, & les
au:res quelquc chofe des leurs
IIs font Capitaines de Fre.
gare.
M le Marquis de Nefmond,
Lieutenant General des Armées
Navales, n'a pas eu moins
d'avantage , puifquc s'eftant
Imis. en Mer avcc une Efcadre
de Vaifleaux, il en a pris quatre
Marchands Hollandois3
dont trois cltoicnt richement
chargez. Le mauvais temps l'a
obligé de relácher à Belle. Ile ,
ou illes a amenez. Vous remarquerez
, Madame , que depuis
que les Ennemis ont renoncé
à la Paix , ils ont perdu vingt212
MERCVRE
cin Vaifeaux de guerre, fans
quele Roy en ait perdu aucun.
Ce que je vous dis clt un fait
conftancdontils font forcez de
convenir, On ne peut fonger
quavec beaucoup de furprile,
queles Anglois &, les Hollat:
dois , ayant efte plus puiflans
fur Mer que la Francc , avantle
fegne du Roy, mcfme quand
ces deux Puiflances n'eItoicnt
pas unics & quon les voyoit
agir féparément, ils foicnt a=
jourd huy contraints de luy ce-,
der. On croit ce qu'on voit, && on l'admire,ont
Tous les ficcles ont eu leurs
Heros. On pcut dire, quc le
Roy eft non-feulement celuy
defon iecle s mais encore de
tOus ceuX qui ont préced le
iecle de ce MOnarqiue. Le hauc
degré de gloire otil cft parvcn
GALANT.213
ayant faicretentirle bruit de fon
nom chez toutes les Nations du
monde, il ne faut pas setonncr
fon fouhaite de vor de fes Pottraits
par toute la terrc , & fi
le grand dcbt qui s'en fait s engage
toutes fortes -de peintres à
cn fure,& toutes fortes de Gra
veurs den graver.C'eft ce qui elt
caufe qu'on en trouve un f
grand nombre qui font f defgurez
qu'on n'y reconnoift
point le Roy, & que les Etrangers
qui croyent le connoitre fur
les portraits quils ont fait venir
de France , n'en peuvent concevoir
de juftes idées , ny trouver
dans fes traits tout ce quils
Promettent de grand && dheureux,
Ils ne feroient peut-cltre
pas fichez d'apprendre que de
tous ceuX qui ontcfte faits, ce
luy de M, Perfon a cté trouvé
214 MERCVRE
undes plus reflemblans pout ne
pas dire e plus. Celt ce qui a
caufe l'emprefement du püblic
pour enavoir. Lafirprife a cte
grnde pour ceuxquUi croyoient
quon leur en avoit envoyé de
la main de Monfeur Perfon,
lors quils ont connu que ce
n'eftoit qucjdes copies d'aprs
luy. La fupercheric a cfté poulfée
fi loin,que des Pcintres ont
ofé prendre fon nom pour debiter
de leurs copies. Ce portrait
avoit füt trop de bruit pour
netre pas gravé. IIlacftépar le
fieurDrevet, qui loge ruë S.
Jacques, prés de S. Sevcrin, &
qui cndonne les Eftampes pour
un cu. Les curieux qui louhatteront
avoir des premieres tirées,
ne doivent point perdre de
temps, sils veulent fatisfaire
leur curiofité fur le peu qui cn
'refte.
GALANT. 215
Ily agrand nombre de Me
contens en Angleterre,& la dif
grace de Milord Churchill à qui
Ie Prince dOrangé a ofté toutes
fes Charges,fait voir à ccux
i en fçavcnt le fecret, quclle
peur avoir de grandes fuitcs ,
puis qu'cllc vient de ce quea
Femne de ce milord , Damne
d'honncur de la Princeffe de
Danmarck,a cxcité cette Pri n
ccfle à fe paindre, de ce que le
Prince d'Orangene ticnt aucune
des promefes qu'il a faites au
Prince fon mary, dont Iunc êtoit,
de le faire Amiral,Elle a dit
en fe plaignant haurcment,que
fi clle avoit crcu que le prince
dOrange en cuft ufè de cctte
lorte, clle n'auroit pas confenti
au traitcmet quil a fait au
Roy fon pere.
2 La Cour d'Efpagne n'eft pas
plus tranguille, & la mefintel16
MERC VRE
ligence efigrande entre fes
deux Reines, que toutela Couir
ct divifee cn deux partis.Cha-
-cunfoutient f hautement celuy
quil a pris , que ceux qui les
Tuivent ont des rubans a leurs
chapeaux, qui font connoiftre
s'ils font dans les interclts de la
Reine Doüairiere, ou de la
Reine Regnante. Laat2
L'emprcfement des Irlan-.
dois pour pafler en France et
toujours le mefme , & quoy
qu on ny en attendit plus depuis
l'arriv de M. de Sarsfield
à Breft, il y cft encore vènú
deux petits Bârimens chargez
de fept à huit cens hommes
Ceux qui ont cxpliqué la
sdernicre Enigme ur la Lan:c.
te, qui cn cltoit le vray mot,
font Mrs Turrault de la Col
fonniere,Chanoine de S.Pierte
GALA NT. 217
du Mans, & mulin le jeune de
la mefme ville, Vagnard , du
Puits d'Anour,l'Abbé de Reilmiro
; F. Maroy, de la ruë de la
Harpe ; Coquebert de chez M.
du Catcl;le Chevalier Befnie,
de Bellair,cy-devant Capirainc
de la vieille Marine;le Gloiance,
Chirurgicn à Vannes en Bretagne;
Ricquct , Commis de la
Pofte de la même ville;& Lautent
Bouvier, Chirurgien auu
mène lieu;Serein, Apotiqtaire
chez Madame ; F.Mefier de la
Place S.Nizier de Lion; Etienne
de la Ru des trois peits
Ecus à Troyc ; Leger Commif
faire des Marèchauffées de
Chartres & Chalteaudun ; de
MOntfrery s le Petit , du grand
Turc, ruë S. Honoré ; le Bcl
cfprit du Cerfvolant de la mef
me ruë, C, Aujoulat, ffeur de
18 MERCVRE
laraume, Ren& Lorillat , L'Abbé
Pionncau; L'Ilaftre zonnard
de lHofel du Quefnoy,
C, Hutuged'Orleans, le Chevalier
Loibcl de la place Maubert,
le Triumvirat de rourg
cn Brefe ; le Comte de Quer-
-meno,f lAmant à loüer de la
ruë S. Martin, l'Eoncmi des
prejugez , de la ruë de la Tif
ferandric, le Beau tencbreux,
de la ruë de Jouy, le bon Beaa
pere du Chevalier de Balligny
& Horace, de la ruë de la Ce
-rifayc. Mefdemoifelles Ogier
du coin de la ruë de Richclieu,
Nanctte de la Croix blanche,
la Charnante nicce de Madame
de la Neuville, prochcle
jcu de paume du Rehmparri
Soiffons , Jeannetón Gucriant,
de la ruë des Lions , aber
Petit, de la rue MOntmarte;
GALANT.
la veuve Heron, de la ruë Simon
le Fránc, le Bas , fon Aimable
frere , le Jurilte de a
ruëS. Germain, & le Vindicacifdu
Puits d'Amour, Ton-
-tine , de la Fu S. Roch, l'0-
bligeante, du Quay des Auguftins
, les deux Charmantes
lcurs du puits dAmours : da
plus Indiferente rcclufe du
Faux-bourg aint Severe de
Roücn : I'Aimable Croifette,
de la ruë du Chaume ; la Charmante
Beauceronnc, de la ruë
Neuve S. Eufáche: la Chate
Epoufe du coin dela ruë Vildot,
Renaudot, de la ru du Pecit-
Lion :la Charmantec Villomete:
laPrinceffe Thomas de IIle,
fon fdelle Secretaire: le BergerTircisà
l'Anagramme Siccle
de fer ; la Marquife à l'Anagiamme.,
Pure imaqe de.EILD :
Diane de la Forel dA eon:
Fev. 169 2. K
MERCVRE GALAN T. (221
la Defunte aux jouts Alez E (ans rien emprunter de lart de
foye: la. Nimphe aimantéc:slChirurgie
rBergere aux châaignes; laf tn
rituelle Merede laimable Fil!
de la ruë S. Hiacinte, && o
plus fdelle Amant,la charman
te Morandin de S.Etienne.
L'Enigme nouvelle que jd
VOus enyoye eft de M, Comiers,
ENIG ME.
s'addonner à
fion.
fufft 'efre adroin, o fant am.
birion.
Du Penple que je fers ie Seay binqi yr
des mifleres.
On permet que les Seurs couGhen!
aVecles Freres , 72ille alarmes,
Et f lon y foaffroit an Roy, L'Eé me rempliloit d'froy)
aBe ferois pour lay fans cmploys Et 'Automne fouveVt mE coutott
Sans rien (cavoir dans la noirtti bicn des larmes. t3
Magie , K 2
MERC VRE
a Defunte aux joUrs Ale
foye: la Nimphe aimántée : a
Bergereaux chátaionesula.fi.
Jors queSrar brulaitpow:my ere tanu du Pric tenps mo cauisomil allamas lite ne ranpu
sot deeay ec lauitonnerouuetIELAUSOLLbien das larmarme causotbieades lar manlonsguesomu,
Thynorraulfinisoitmac martallr lannauntdstoulkr plal oinc j repranoabyag nadepuugulra ar
lage en tonttans je ve ve duplaivn tou tenpsje ver
AVeCLeS TTETeS
Etflony foaffroit uo Ros
fe ferois posr luy fans emplys
Sans ricn fiavoir dans la noine
Magie,
se duplaninti
Le
GALANT. 22
(ans ricn emprunter de lar de
Chirargie ygid ogtvo
fafronse le premier tos tes pag
dangernx iss
EI fais qaand il me plai marcher
pdroin les Boiteux.tel
Si tu pe pemx encore icy me veconnoifre,
Diew te garde, Leteur , de,devenir
mon Mailre.
Je croy quc vous prendrez
plaifir à chanter l'air nouveat
dont vous allez lire les paroles,
AIR NOUVEAy.
Ors qne Twcis bráloit pour
retouz du Printeps me camfoit
mille alarmes,1picin
L'Eé me remplifoit d'froy s)
8 bien des la7mes.
MERCUR E
2Hivr fesl finioit mes mortells
langueurS
EA de tous les plailirs je repreni uage,
Mas depnis que Tircis et devrns
volage
En tout temps je verfe des plemi.
Je ne fuis point furpris de
l'empreflement que vous avCZ
de fçavoir le détail de ce qut
seft paflé au mariage de Mon
fieur le Duc de Chartres,& de
Mademoifelle de Blois. Tout
ce quis'eft fait fous leregne da
Roy a quelque chofe de f difingu
& de fi different de co
qui s'eft àn julques icy, qu on
ne doit pas s'etonner de la ctriofité
quil excite,S'il sagit de
Cõquêtes,clles fe fontavecune
rapidicé inoüie avant ce fiece
Sl ct qucltion de pité, lo
GALANT. 223
exemples en font grands &e
nouveaux , & fiquelques conjonctires
importantes deman-;.
dent des Fcltes, les moins prepares,
& o l'oh n'employe
que le ncceflaire , e font avcc
unéclar & un bon go ût,qui fait
diftinguer la Cour de Loüis le
Grand de toutes cclles qui ont
le plus brillé , & qui peuvent
précendre quclquc diftintion
dans ['Europe , Qupour miçux
dire dans la torre cntiere, Je
commence ce qu) regarde le
mariage dont jay à vous parlery
par un article qui vous fera voig
gue jamais Souvexains en quel
que fiecleque ce foit, n'a fait
des prefensi confiderables que
font les picreries que le Roy a
données à Mademoifelle de
Blois. En voicy le dónombrement,
& je vous en parle avec
K 3
214 MERCVRE
cleertitsud ev, àyoanitr e,uRle p la9ifr nde
Uñe parare de Diamans brillant,
cOntenantho
Une paire de boucles d'oreilles.
Une paire de Pendans. )
Upe grande Atache de de.
Deux AtÚaches de manches
Quátre Attaches de pochçs.
Un Ncud de derriere.a3
Quarante-huit Boutons.
Une parure de Ribis , conteDAU
Deux Poinçons.
Une paire de pendans.
Une grande A tache.
Deux Attaches de manches
Quatre Ataches de poches.
Uo ncnd de derriere.
Quarante huit boutons.
Une parure de Sapbirs , conlt-
Deux Poinçons.
GALANT.2'2
Uoc paire dePendans;h
Unc grande Atache,
Deux Atachcs de manches
Quatre Ataches de 'poches.
Uo Ncud dc dcrricre..
Quarante huit. boutops.
Uneparure de Topazes, contenan!
Quatre Poinçons.
Upe paire de Boucles d'oreilles.
Une paire de Pendans.
Unc grande Atrache..
Denx Attaches de poches.
Quatre Attaches de poches.
Un Ncude derriere. t
Quaraoce-huit bousons. tPlus,
QUatre vingt boutons,
Une Lafure.
Deux Tailles.
Vingt pilcces pour chamarrer
le devant ,
Tout cela ekant de Pierreries. K 4
226 MERCVRE
parfaites, && d'one groffeur qui
en relevele prix, ilferoit tres
dificile de vous en marquct la
jute valcur.
Le 1y.de ce mois,jourdetiné
pour la cérémonie des fançailles,
Monfeur le Duc de
Charures accompagné de Me
de Blainville, Grand Mailre
descérémonies , & de Mr des
Granges, Maiftre des Cérémonies,
alla prendre Mademoifelle
de Blois dans fon appartement
&ill'amena augrand Salon de
T'appartement du Roy. Ce
Prince avoit un habit de brocard
d'or, couvert de dentelle,
fçavoir les chauffes, le poutpoint
; & le manteau. Des
diamans, & des merandesfer-1
voient par toat de pied à cete
dentelle, & la garniture de cet
habiretoit d'un ruban coulcur
GALANT. 427
de rofe pâle mêl d'un roban
d'or.
Le fond de la robe de Mademoifelle
de Blois cltojt d'u
De étoffe d'or liferée d'un
filct noir squi formoiE de petites
fleurs. Le bords de cet
robe cltoient boüllonncz on
fraifcz d'un point d'Efpagoç
d'or, La jupc cltoit d'un fond
dargent & à petites rayes grig
de lin , garoie de diltance cn
diftance , d'un poiDt d'Efpa
gne d'or cn cerceau, lc toutf
bien eotendu & f bien travaillé,
que cer babit cioit l'ouvrage
de pluicurs mois-Lagarniture
coit de diamans & de
rabis. La Princefe eftoit coëffee
de fes propres, cheveyx
qoifont d'one tres-graDde
beauté. Ils étoieng mèlez de,
Domparcille verte & de dja- Ks
228 MERCVRE
mans, au defus defqucls éroit
un gros ruban vert & or. lle
avoit une mante de réfeaud'ot,
dont les bords cftoient garnis
d'un point d'Epagne d'or.
Le Roy eltoit habille de velours
noir brodé d'or à plcid,
avecles boutons de Diamans
dont je vous ay deja parlé auzrcfois,&
tout ce qui peuc ren.
dre complette la garaiture ne.
ccllaire pour no habit , dontil
n'ya point de termesqui puilf
fent bicn vous cxprímer la tl:
thele, puis quil pcut paller
pour unique dans le monde,
Mônfieur a voit un babit de
brocard d'or , tout garny de
pointd'Efpagne d'argcot, avec
des boutons de Diamans. Les
Prioccs, les Princeles, & les
plus grands, Scignenrs de la
Sour,& tous ceux qui cltoicnt
GALANT. 229
nommez pour danfer aaBal
qui devoitfaivre les Fiarçailles;
avoient des habiUS , ou bro
dez,ou de brocard d'or ou d'argent,
touccouverts de poiots
de la même richcfe.Toutesles
Dames Dommécs aufi pour le
al, avoicnt des garnitarcs de.
Pierreries, & il y avoit peu
de Seigneurs du Bal dont les
habits n'en fuflent garnis. La
ceremonie des iançailles)
fut faice dans le Cabinet de:
Sa Majefte par Mr le Cardinal
de Boiuillon ; Grand
Aumônier de France , & le
Contrat fut leu par Mr de
Ponchartrain, Miniftre &< Secretaire
d'Etat, accompagne
de M. le Marquis de Torcy
Secretaire d'Etat, 8& fiene par
le Roy , Monfeigneur le Dau=
phin, Monfcur ,Madamey K6
230 MERCURE
Monfieur de Chartres Ma
demoifelle , Mademoifclle de
Blois, les Princes & les Prin:
celfes , dont ceuxqui devoienc
avoir Ihonneur de dancer
eftoient parez de la maniere
queje viens de vous marquer,
Je vous en donneray la life à
la fin de cet article, ne croyant
pas devoir interrompre le fl
de cette narration, Au milien
dubal qui fut fait dans une tresgrande
Salle du grand appartement
du Roy, deftinéc pour
Ces divertiflemens , & dans la->
quclle il y adeux tribunes pour
les violons , on vit paroitre
une colation aulli galante, qu
magnifique & bicn entenduë.
Elle ctoit précedée de pluieurs
perlonnesy deftinées
pour leryir, avcc des. erviettCs
fur le bras. On vit cnlite
GALANT. 23T
avancer huitgrandes machines,
portées chacune par quatr
hommes qui tenoient chacun,
de grands anneaux dorez d'or
bruni. Ces machincs avoient
pluficurs érages , & ceux de
deus portoient un grand
nombre de corbeilles, remplies
de confitures feches. Entre tous
ces érages & le bas de la machine,
il y avoit un jour qui laifloit
voir comme uh grand par
terre chargé de fruits , & ces
fruits eftoientdans des çorbeilL
les de toutes fortes de figures
& qui faivoient le plan de chaque
machine. Ce fruit parut
encore plusà découvert,quand
les corbeilles , qui eltoicnt aau
deflus, furent, ou cnlvées
ou dépoüillées de ce qui les
rempliloit. Ily avoIt entre ces
huit, machines pluicurs Ofh
MERCVRE
ciers , portant des foulcoupes,
les unes remplies de verres &
les autres de caraffes pleinesde
toutes fortes dei liqucurs &
d'eaux glacées, Tout cela eftoi
fuivi de trente bhommes, porrant
des corbeilles où les fruis
&& les confitures foches compofoient
aucant de piramides, &
comme les fruits & les confitu-
Jes, tant de ces corbeilles, que
de celles des huit grandes ma:
chines , cftoient tout couverts
de ffeurs, toute lafale paroioit
un parterre émailie de diver:
fes couleurs. Il y avoit encore
entre ceux qui portoient ces
corbeilles , des Ofmcicrs , portant
des liquevrs, des caux glicées,
& ce quil y a de furprenant,
ceft quils eftoient plus
de cent, tous Offciers du Chafteau
de Verailles, && ayang
GALANT. 233
des jufte-au-corpsde drap bleu,
garnis de galon d'argent.
S Leir 8. Monfieur le Duc de
Chartres alla prendre Mademoifelle
de Blois dans fon appartement
avec les mefmes ceremonies
que le jour préeedent
Ce Prince avoit un habit de
velours noir brodé d'or. Les
chaufes eftoient brodées Par
bandes, & les vuides garnis de
Perles & de Diamans Le pouEpoint
cftoit de mefme, &le
devant du- mantcau , couvert
des gros Diamans de Monficur.
La garnicure cftoit d'un ruban
or && couleur defeu, avec des
plunes de la mefe couleur
Lhabit de la Princefle cftoit
d'unetres-riche tofe d'argent,
tot garny d'un Point d'Efpagne
d'argent , & tout brillant
de Picrreries. Ils fe rendirent
234 MERCVRE dans la grande Galerie, ou c
toient Monleigneur le Dauphin,
Monfieur, Madame, lcs
Princes & Princeles avec des
habits diferens de ceux quil;
avoient la veille , mais qui nc,
ftoient pas moins riches, Coluy
de Monieur eftoit de velouts
noir brodéd'or à plain , && gat:
ni de Rubis. Le Roy eftant ve,
Du, toute la Compagnie alla à
la Chapclle du Chafteai. Mont
feur de Chartres & Mademolfelle
de Blois marchoient des
vantle Roy guicftoit environ,
né & fuivy de toute la Coura
&ils furent placez fur les de
grezquifont au bas de l'Autel
devant le Prié Dieu de Sa Ma
jelté, On leur donna l'Eau Be,
nifte avant que de la prefenteE
au Roy. Lors que M. le Cardi
nal de. Bouillon demanda à
GALAN T. 3s
Monieur lc Duc de Chartres'
s'il prenois Mademofelle de Blois
pour Epoufe,il fit une reverence
au Roy, à Monfietir &à Madame
, comme pour denmander
leur confentement , & Made
moifelle de Blois n'enficquau
Roy. A lOfertoire Monfieur
le Duc de Chartres , & Madame
la Ducheffe de Chareres al
lerent à l'Ofrande , &y furent
conduizs' par le Grand Maiftre
des Ceremonies , le Grand
Mailtre ayant prefenté le Cier
ge à Monfieurle Ducde Char-,
tres, & le Mailtre à Madane!
la Ducheffe de Chartres. Le
Pocfle fut tenu par M. I'Evefque
dOrleans , Premier Aumofnier
du Roy, & par M.Abbe
Fleury, Aumofnier de quartier.
A li fn de la céréimonie, le
zg6 MERC VRE
Regiftre de la Paroifle nyan
cté apporte au Roy, Mr lE
veque dOrleas prcfenta la
plume à Sa Majcte, en prefence
du Curé. Ce Regiftro fut
fhgné par le Roy, Monfeigneur
le Dauphin, Monieur & Maame
Monfieur le Duc de
Chartres, Madame la Duchcle
de Chartres , & Monfieur le
Prince. Toure la Cour accomnpagna
enfuite le Roy dans fon
appartement, S Madame laDus
chefle de Chareres y fut conduite
par Mle Marquisde Vil
lars , fon Chevalierd'honneur,
& par M, le Comte de Fontaine-
Martel,fon premier Ecuyer;
qui commencerent par-là à cn
gtrer cen fosnaio,n ede leturts oChar-
Le Roy avoit ce jour-là.
habit de brocard d'or, biodé
r2snupu
|SN) p mp
Se Roy
monseignau
Madame
m.
duchesse de Chartes
PriasPser. i
Graude ducasse
I
de Guisme .°
n cere
P
duchaore
m.
de Verneuil
GALAN T. a37
dargcnt & unc attache de fort
grands diamans furl'epaule, au
ien des neuds de rubans que
l'on y met ordinairenent, Monfeignenr
eftoit en jufte -aucorps
de velours Doif tout uni,
ce qui faifoic mieux briller
tous les gros Diainàns de la
Couronne qui éroient defus
& dont il avoit pour plufieurs
millions. Sa Majeté donna a
difner dans lapartement de la
feuë Reine. Vous trouverez
dans le papier marque. I dc
quelle maniere eftoit la table,
& les rangs que tenoient les
Princes && Princefes, qui eurCnt
l'honneur d'y avoir place.
Le lieu ou fe donna le repas
toit magnifiquement paré. Je
nc vous dis rien de la fompruo
fité des fervices, non plus
que de l'abondance & de la
delicateffe des mets. Il fuffit
238 MERCVRE
de vous dire, que le Roy donnoit
ce repas pour vous faire
cntendre quil auroit efté dif
ficile ; quon eût pû y fouhaiter
quelque chofe. i'apreldtnée
,il y cur grands
mens, ou le Roy d'Angleterre
fetrouva. On y joüa gros jeu,
&on ychanta quantité des plus
beaux cndroits de la Mufiqu
de feu MOnfieur de Lully. Le
loupé que le Roy donna le foir
dans le mcfne lieu,ne peut eftre
égale que par le difiner dont il
avoit cté precedé ,i ce n'elt
que l'eclat des lumieres faifoit
paroitre, & le lieu, & le
repas,encore plus magnifiqucs,
les pierreries dont les habits de.
toutes perfonncs ditinguécs
dela Cour étoíent garnis, brillantalors
beaucoup davantage.
Ily cut plas de couvcrts à cetre
reee
rincas
77. dlaed Cuhheartsees
conti ele dhearolot3
eC|o tnetipdrnce
e e d
Cep duchesse
du mene de Vernau m
GALANT, 239
able, & vous pourrez remarieürentlhonoeur
d'y manger le foir, & quin'y
avoicntpas difné,dansle papier
marqu. II. Opfervit au fouper
plus de cent cinquante
platsfansle defere qui fut fuperbe.
A l'heure du couché
toutes les perlonnes les plús
ditingues de la Cour, fe
Tendirent dans l'apartement
de Madame la Duchefe de
Chartres. Quelque richee
que l'on fut açcotûtumé de voit,
on ne laifla pas d'admirer la
Toilette dont le Roy à fait prefent
à cette Princefe. Conme
ce Monarque eft toujours le
premicr a fuivrc les loix quil
impofe aiux autres,& quilles
fuirmefnc bien plus régulierement
, cctte toilette, n'avoit
Pasplus de picces que'lOrdon218
MEROVRE
nance en permev s mais anff
Sa Majcfté avoit voulu , que
lepetit nombre dont elle etoit
compofée, fr aufli parfait, &
auffi bien travaillé quille potvoit
eftre., On voyoit fur le dek
fus d'ane de ces pieces un bas
relief, o eftoit reprefente
Venus à la toiletre, fervic par
les Graces, & par les Amours,
&les.ornemens du corps de la
mefme picce , réprcfentotent
les ondes de la Mer, Onremarquoir
fur d'autres picces plufieurs
autres bas reliefs , dans
lelqucls on voyoit la. Fidelite,
&& a Fecondité reprcfentées,
& le tout eftoit orné de m¢-
dailles d'hommes & de femmcs
co ffez à l'antiquc , d'entrclats
& de divers autres ornemens,
maniere de Mofaique ; mais
fans confufion, ce qu cn fu-
GALANT. 239
foit paroiftrele hon goûr. Toute
l'argenteric de cotte toilette
eft de Mrde Launay. s dont
les Ouvrages font f etimez,
&firecherchcz. Je nc vous dis
rien desétofes & des points de
la toilette,vous jugcz bicn que
tout y eltoit cgal cn beauté.
Jene vou dis ricn non plis
d'un grand nombre d'habits,
nydes points,dentclles & pierreries
qui ont qccompagné dn
toilerre.Le dérail des brodcries,
&dela richefe des érofes, fuf
firoit pour remplir ma Lettre,
&vou pouvez bicn vous imaginer
toutes ces chofes,en vous
reprefentant celuy qui cn faifoit
prefent. La benedition du
dit fur faite. par Mrle Cardinal
de souillon, Le Roy d'Angleterre
donna la chemife à Monfieur
le Duc de Chartres, &
240 MERCVRE
Madame la donna a Madame la
Duchelle de Chartres.A
Le mardy , il y cut encore
bal. Monheurle Duc de Chat.
tres y parut avec un habit de
velours cramoify done le def
fein eltoiti bien entendu, que
les perles & les diamans dont
il cftoit prelque tou couyert ,
rentroient dans ccluy de labro
derie. Tous les habits de Monfieur
le Duc de Chartres, etoiét
du d¢fein de M.Berrain, quil
fuffit de vous, nommer pour
vous en faire conoiftre labeauté.
Monfieur le Duc de Char-
Stres changca encore d'habit,
les trois jours fuivans. len mit
n le Mecredy de drap gris
blanc, brode d'or avec un peu
de foye couleur de feu, ce qu
aflorciloit à une vete detofe
d'or. Le Jcudy, ce Prince en
prit
IG ADANT.
prit un de velours noir avec de
grands agrémens d'or, & celuy
guil micle lendemain cltoit de
rouge brodé d'or.
M. le Duc de Chartres fera
fervy par les Officiers de Monfieur
quià mefure quils foriront
de quartier , en ferviront
un chez ce Prince, comme
font les Oiciers du Roy chez
Monfeigneur le Dauphin !,
parce que l'on ne fait point de
Maifon aux Princes dont les
Oficiers doivent pafler à leur
fervice aprés la mort des Souveralns,
ou dcs Princes leurs
Peres. Les Oficiers qui ont
efté nonmcz pour fervir Ma3
dame la Duchefe de Chartres,
Madame la Maréchale de
Rochefort, Dame d'honncur.
Fovricr 1692.' L
242MER CVRE
3 Madane. laComrefe de
Maillyts Dame d'arour, oi
b6 MleMarquis dc Villars,
Chevalier dhonneur,io1T
M. le Comte de Fonraine-
-Martels premier Eçuyer
DeuxEcuyersaiaü.
so Madame de SaintJuft:s premicre
Femme de Chambre,
Neuf Femmes de Chambre.
usorfeb iu2a13vnoD.
Esp M.de S, Pré , Sccreraite des
Commandemens, olrabsno
S Mrs Silvain & Fremont,
Maiftre dHoftel. t) bup
M,Fronton Contrôleur gencralto.bite
Deux Contrôleurs Clercs
Deux Gentilshommes, Scrvans,
C
Un Aumônier,
GALANT. s a43
sb Un Chapelain. ricbaM
Un Clercde ChapclleisM.
e211Six Valetsde Chambre.
is TroisGarçons de la Cham- bres.ot D61ahalo
Un Huiflfier de Chambre/
Un Huifier de Cabinet.
-9b1crUen ,HsuiafieLr dA'ATntiR- chaamt--
OLUn Ecuyer Cavalcadour, &
Gouverneur des Pages.T
295 Voicy la lifte de ceux q!
ont dané au Bal qui fucdon
hé lojour dös Fiançailles, &t
qucje mc (uis s engage de vous
Cnvoyerau conmmencement de
cet
L 2
ME RCURE
Moofcigh9sloDug Madcnoislls
de Bourgog
Duc MIl dë JBlotsfl 911
ordelGhareresprolboM
M.le Du¢
MCeoenPtriyn.clels dre s MoeCTha oDiulachaeiTlt:
M.le Comt d¢Tou- Me e ist
MLCher.de Sally. Me de Valentinois
HYSAmagoae,4
Le Prince.Camille. Me d'Eprieh eim ônt,
M. Dfpinoy Mlc de Tourbeus5
M de là Chare. MIle de Melun.
M)LCõtedeCrulfol Mle dela Téemoujl,
M de Bouligneux,Mede Medavys| srn
M.M d.ea cS Ncohgecphyt .M1 IMleI |ed ed eM Oenhaetrtoeuá.nitíit
Mle,Vidames, de Mle de Jouçhcs. sup
M.C Dahliaocroturert,s,ielorehfac.
M de Mpnbrón, Mle de Moreuilts
M. de Vins. Me dela Eayctte.
M de CoffE, MIle Fuftemberg
M. le Chevalicr de Medela Vicrille,) ug
Bouillon
M. de Grignon, Mc de Mongon,91
MleChevalier de Mllc souyillgavi SA
Mircpoix, MoÀ padlo|o
M. le Prince d'Eori
Me Deioiih di
de l
GALA NTH 145
Le bon air & la gratide: pas
ture ne.tirent pas fealement
oegerleDuc
sle Bal, mais
ce Prine charma auffi parpla
manicre dont il danfat.oS9ru oal lM
LanVille de Chartres ayant
député M, Miole, Lieutenanit
General y&& Prefident., avcc
deuxEchevins pour faite com
plimenta Mlc Duc, & a Mada
ne la Duchefede Chartes fir
leurmariage, il dit à ce Prince
goe l'ayant flicie far fa Campä
gne,il enort encore le faire far fes
premieres inclnations. Hluy. marqua
cnlulte que s. A. R nAUoit
pi faire n plas beau choix gue de
jener les jeas fúr nne Princele
de France , danslaquclle il rec7
moiffoit la fagele prematirée la
doueeur Thumanitè des BoNTbons
Il comparale Prince && la L 3
246 MERACVRE
Piincefe à dcax Mirors öp
pofezquiferepctentlunlat
er, A yant.enfaitecltt.conduit
chezMadame la Duchcfe de
Chartrcs, il luy parla de Ja fot
ah98 M4DA M E;on RC
beur.de la ille de cbaytheq
defes Princalles. Cette Villes a.</
depuis long tmpsle paitage ds
Fils des Filles de France. Nonš
cufmes lhopncatily a quelqucs ad,
ples dy fsluer an nom de la Vlle
V4, R.lrs quc fes grALeInailat:
fRs aommençoiept à faie ladmiva.
tion de la.Coar: Nons j reconneu mc
dés lors. le rare merite & li veits
Royales qui ent lcharmé Moneis
SIAnd Prince a ladame,il le ma-
408 bien par feuspremicres, incdink,
GALA NTH
fécommandableile nom de noAre
rille, taquicles la feront coinoilre
AUR Peuplcsteplaseloignek Toute
la Frante,sMedamscefl cnjoye de
yous voir nain cnfemble le fang de,
fs Rois, o no4s fonbaitons ,que
deicerte bclteaniorn de' neslis spuife
narßre ujout ane, longuasfuite de
Prinees tonqucransqui faient di
enes defortir de LeüIsle Grend, vb
Le Chapitre îde:lEglife de
CharttesaiiaufidépatérM
1'Abbé Roberts hanoine92
Arcbidiacrc & grand Vicaire
de Chartrcs accompagné de
trois auErCs Chanoines pour
faire fes complimcns. Il par
la aiaf à Monheur le Duc de
ACeferoit pew pour nous diad
z48 MERCIURE
mizeranectontela France letgrands
talens o les vertnsdontil aplà
Cieldecombler Vollre altee Royale
gui la rendest encore plús tecom:
mandable par lexeellence de fon
micpcrfouactsqu' Bll nhailins
giée parfon tange parfanaifišis
Nws appartenons VaAsR.
Lhonnenr qu' Elle nons fait de porter
te nom de Duc de Charftes,
nous donne licy de:h nousiregarder
comne la pieisiere Eglife
hônor able, hosintquiert, Manferei
g0:Kr; qnetgse droit de prehd
Part àtoüteveßre gloire. cefafi
ee qni nons engage n offirlà Diea
despriercscontinnellespoiur la eons
fervaión devAs R.S a
aNous w'avons pas wanqué de les
redonbler dans l'ocafion de ivnftre
Mariage&nous úchons vos af
Seizet nonufenlément,de Pexacas
titwde svee laquelle nous les on-
GALAN/T.
mOns acquirterons dece devoir avec
tont:le Rele quclapusforte inclinz
ton le plas prafond refpet pent nous infpirer.ipatS
iLe:complimengu'il fit cns
fuirea Madamel Duchefe dé.
Cmhatteress, fkuticfoönçsû reno cgesoter
2sniMA DA ME,
ta devotion de Noltre Dame de
Chavtres et herediraire dans la
Maifon de Erance s nous ne dah
t0ns point qneV.A.R.,en qulon avt
des fon enfance: la religion ó la
piete des Rois dont elle ef ifluë , ne
fatve lenr.exemple days cetnefian a
cienne f faint devotion.S
-Noss ofoni mefme efprer que
voflre heuycox MaringevOBS Ajarit
donnd te nom de Ducbee da chat
ttes, ce vous fevaan nouvesK MotI
de confiance à la Sainte Vierge quieß
MERCYRE
honoree dansl'Eglfetde chartris,
oNons #e manquerons pasde
continuer nos prietes lcomme nons
le devonspoar'aconplf ment de
tous vos fouhaits di ncas frenons
l'honncar de fa prot tion & defa
bienveillañc,s kaKRI l
SM Roberë quiaiprotoncé
cesicOmplimensy eft frere de
Mle Procurcurtdiu-Roy dé
Paris; &de M.legrandPent
tenciers Le merite decette fà
mille et f connu &f ditin
guésqu'ot peut dire qoicleelt
au-defisdes loitangess
Jevous parlèray le moispro
chain:dece quisclbypae au
Palais Royal, lejourque le Royi.
yyaaaambmeneén MJaOduarm qeulae D luèc hR¢oflei
de Ohartres.itUt n
GALANI T
iJerviensod'apprendre;qu
les douzeBácinens Marchands
qui avoient échapé à nos Vaif
feaux; commandez par M. le
Chevalierdes Augers;ont tous
échoité ur les Côtes de iBif
caye. Ona cunouvrelles que M:
le Marquis de Nefmondeft ar!
riyé à Bellifleravcc quatre Pri
fes. Iiy ena une Anglorfe, &
une Holandoife.La'premiere
faifoir route, versl'Amerique,
&les autresvers Corofol, Tor
tës les iquatre. eftoicnt de qua
rante CanonsiouIenviron, &
fort richement chargées-usi2
ibLes Françots cftant fupe=
tieurs par:touts niinquictent
pas foulcmcntileursen nemis ;
mais ils agiffent, & Made Me;
lac eftant defcenduc Manbein
avec ltroiS Censrhommes d'In
fanteric, yla,fait de grandos
3S2MERCVRE
exceutions militairesy 8tqui
ont jettelepouvanteidans toue
le Pays. M. le Comtc de Tal:
-larda aufi faic uncicourfebau
de-làdu Rhin sjulqúesà Elbron
&il y a non fcutemencmis
tous ceux du Pays àrcontribrg.
tiong maisilleur amefme fid
promettre de payef les iarrerai
ges éhusdu'tempsque Mayen
ce cftoit aui Roy && pour fu
retéde cete promelte, Ilaen
mené vingt-cing Orages Cet
te ation et feclatante & fi
hardie, qu'on peutdire, qu'elle
eb toute Françoife, >l auog
saLe Mardy vingt fix de ice
mois ,iMonlieur deuNoneho
lon fut, reçt en la Charge de
Premier Prefident ae Parle
ment de Norinandic,& y prie
feance lemefmeijourd l'Ar=
dicncede la GrandChambre
GALDANT.
Mnficurdu SortoirgAvoeat,
s'cltant:brouvéichargéidea
premire Caufe qui fut propo!
Tee.devantluy ne manqua pas
de reinplir l'attente publiqué
parle touringénicux quil prit,
pour mettre dans un beaa jour
les'verusrperfonnellesrderM
le premicr Prefident; && celles
defes Illuftres Anceftres.Ila
un talent particúlier pour ces
fortesd'Ouvrages. Le difcours
dloquent quil avoit faic fur la
prefentation des LettresLdt
Gouvernemént de la Provincej
pour M, le Marchal Ducde
Luxembourg ,nc pormer pas
d'ondouter.Il cftoir bien juite,
qu'apréstavoirict Phonncur
davoif ofte choifiy pour par
lerpourle Gouverneurs ileuE
aufi ccluys de porterle pre
ierla parolerdevane ce nou
454 MERAQvRE
gNoa Ohefde la Julice: Mrs
Gobbe & de Bordeaax pat
lerent dans la mefne Caufe,
& chacun d'eux ft aufih
cOmplimçnt:t,9etsA sot,
sLesdernieresLertres de
Turqaie portent, que le Mitfi
ayantetéconfultéparle Grand
Seigneur,furle faicde la Gocrre&
de la Paix yaprotete qie
SaHaurcfc éroitobligéechcofcience
à continüer l Guerre
contré les Polonois , les Allemans,
& les Venitiens. Elle
fut enfuite réfoluödans le Di
van & ldouze Bachas pronírcnt
de fournir foixante &
dix mille Turcs y & I'Aga des
Janiflaires en promit vingtmil
le de fes millices poie pic.
mierdAvril, Onr&folut en
mefme-temps, que 'ce jourlà
lesTrotpes commcnceroientà
GALA NT.255
marchervers Belgrade, & que
pour ccla on cxpoferoir laqueuë
de Cheval lepremich de Mar.
On relolut encore, gquc-lAtmée
Navale feroit augmentée
de plufieurs, Galeres, & Vaie
aux. Lc Kan des Tartarès a
alur de nOUvcaus quijoindroitle
Grand Vizir en Hon-
Srieavec trente mille homnes
&que, les Mofcovites n'entrc-
PrCndroient rien contre la krimée.
Le Grand Seigneura envOyé
quaante-cinq mille RichedalesAu
Comte Thekely.
Je, fuis Madane, Vôtre, kc,t
Og conti2ee les entrctiens cm forme
de Pafquinades dons lep zie
fra dcbite le, 25.deMarso Lebon
-256 MERC VR'E
Urage oblige l'Autear d'en donner
la fuite. Quand il aura athevt
THiftoire dai Prince d'Orange i qui
ne contiendra plus quc d: nx Entres
ticns, ilpafera à d'antres maticres,
quil renfermera fonvent dans un
Senl, e quil pomfera quclquefois
iu/ques a denx, mais fans létendre
jamais davantage , afin de fariss
faire ceax qui aiment les now:
veaateh,
On donse avis qucles Confercn
crd ordinaies pour la vechurche
veifeation des nonvelles Déconi
vertes , fe tiendront dorénavant
tons les endredis à trois beures
apres midy ,à lentvee de la ru de
Guenegaud premice porte , à
mAin ganche. i.i1.
MERCURE
GALANT
DEDTE A
MONSEl
GNEUR
LE DAUPHIN
1692
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Remarque
Numérisé par Anouk Delpedro, Léa Kipfmüller et Timothée Léchot le 6 février 2024.