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1792, 12, Avis aux souscripteurs, n. 51 (15 décembre) (Mercure, Le Courier belgique)
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NUMERO 102 .
2
230 2018
LE COURIER
10 / 10.Jugs sh honed we 300s & ibi soms no
BELGIQUE.
Du jeudi 13 Décembre 1792 , l'an 1er de la liberté Belg.
540 10530
ALLEMAGNE. y
Vienne , le 28 Novembre. qe
Novembre.
Toute l'armée autrichienne , sans en excepter
aucun régiment , est portée sur l'état
de guerre , cependant la levée des recrues
n'a pas encore lieu.- Si les François attaquent
la forteresse de Luxembourg , elle
n'opposera pas une longue résistance , puis
que , par le grand nombre d'étrangers qui
s'y étoient réfugiés , & la marche & contremarche
des troupes qui avoient défilé par
ces contrées , les vivres y manquent totalement.
La première colonne des troupes impériales
,
dont la destination est pour l'Italie ,
a passé le 12 de ce mois par Mantoue.
Le général d'artillerie de Vins en a pris la
route , afin de s'y charger du commandement.
Des lettres reçues d'Ancone , annoncent
l'apparition de 6 vaisseaux de guerre françois
dans la mer Adriatique. Peut-être formeront-
ils une attaque contre le Patrimoine
de St. Pierre , ou contre les Vénitiens ; mais
l'opinion générale est , que cette escadre
ennemie tâchera de s'emparer du port de
Trieste , où l'on n'est pas sans inquiétude ,
quoique les deux moles se trouvent dans le
meilleur état de défense possible.
progrès rapides qu'y font les François . En
vertu d'un édit , S. (M. Sarde a non- seulement
fait prendre aux milices les armes ,
mais tous les individus mâles , depuis 16
jusqu'à 60 ans , sont obligés de s'armer
afin qu'à tout événément & dans tous les
cas ils puissent marcher sous la conduite de
leurs magistrats. 153 1
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De Francfort , 3 Décembre..
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Il faut ajouter au récit des événemens it
du 2 , que les troupes Françoises qui soutinrent
à la porte de Friedberg , l'attaque
des Hessois , n'avoient point de canon , &
ne se défendirent qu'avec la mousqueterie. 1-
L'artillerie Hessoise causa plusieurs dom- lu
mages dans la ville un boulet tomba sur
le toit de la tour de l'église de Ste. Catherine.
On blâmera peut- être l'extrême , mais
l'imprudente bravoure du général van Helden
, qui s'est obstiné à une résistance inutile
contre une force majeure , & qui a exposé
les braves gens qui l'ont secondé , à
se voir taillés en pièces : ce qui seroit infailliblement
arrivé , si l'humanité n'avoit
prévalu . Plusieurs François ont cependant -
refusé la vie qu'on offroit de leur conserver.it Trieste , où l'on
n'est se trouvent dans le L'affaire qui a eu lieu dans l'après - midi
Les dernieres lettres d'Italie annoncent
des préparatifs immenses pour arrêter les
entre Bockenheim & Rodelheim , n'a été
qu'une retraite des avant- postes du général
Custine , qui se trouve actuellement à Hochst
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avec son armée. Dans le combat le géné
ral Von Eben fut blessé assez près du Roi
de Prusse , & fut transporté dans nos murs
par 12 soldats, Aujourd'hui l'armée combinée
se repose ici dans les environs . Custine
se retire de Hochst à Weilbach sur la
route , de Mayence. On amène ici à tout
instant des prisonniers François . S. M.
Prussienne à assisté le soir au spectacle .
C'étoit sans fondement qu'on avoit avancé
que le fils du général Custine se trouvoit
parmi les prisonniers .
ANGLETERRE. I
De Londres , le 7 Décembre.
Plus de gooo négocians , banquiers , boutiquiers
, &c. de la cité de Londres s'assemblèrent
avant - hier dans une grande salle.
On y lut une résolution qui portoit en substance
,, que dans la crise actuelle , il est
nécessaire que les respectables habitans , de
la capitale particulièrement , donnent des
marques ostensibles de leur attachement à
la constitution . ,, Cette résolution fut reçue
par acclamation . On vit seulement six mains
s'élever contre, mais une indignation géné
rale éclata contre ces ennemis de la constitution
, & ils furent chassés de la salle. On
fit ensuite lecture d'une déclaration qui avoit
été publiée dans toutes les feuilles. Les
articles de cette déclaration les plus applaudis
furent ceux qui disoient , que l'opinion
des respectables habitans de Londres étoit,
,, que la constitution Britannique avoit par
elle - même assez d'énergie pour corriger
les abus , qui avoient pu se glisser par le
laps du temps dans le gouvernement , & que
la base principale de cette constitution étoit
un gouvernement composé du Roi , des
Pairs & des Communes .
Quelques membres respectables de cette
assemblée ayant voulu dire un mot sur une
réforme parlementaire , on refusa de les entendre
, en observant que cette question étoit
étrangère à l'objet pour lequel ils étoient
rassemblés.
On nomma ensuite un comité , & on ouvrit
des registres pour recevoir des signatures
à la déclaration .
Dans un conseil tenu à Pamirauté , un
1
4
autre armement de plusieurs vaisseaux de
ligne fut décidé , ainsi que l'équippement de
plusieurs frégates. On dépêcha en consé
quence un courier , pour porter ces ordres
dans les différens chantiers du Royaume.
Le Roi a accordé avant-hier une audience
au baron de Nagel , envoyé- extraordinaire
de L. H. P. , lequel remit à S. M. des dépêches
importantes qu'il venoit de recevoir
de La Haye par deux couriers. Celles que
notre Cour avoit reçues la veille de milord
Auckland , donnèrent lieu à une délibération
ministérielle , qui fut prolongée jus
qu'à deux heures du matin. Toutes ces dé
pêches roulent , sans doute , sur la prétendue
liberté de navigation à l'Escaut , ainsi
que sur les mesures vigoureuses à prendre
pour faire avorter ce projet des François.
L'Espagne prendra certainement une part
active dans les hostilités ; le marquis del
Campo confère fréquemment avec nos ministres
, en conséquence des dépêches qu'il
reçoit souvent de Madrid.
Les commissaires de l'amiranté ont rendu
compte au Souverain de leurs procédés depuis
vendredi passé ; à cette occasion ils
présentèrent une liste des vaisseaux prêts
à agir , & une deuxieme de ceux que l'on
équippe. Le nombre des premiers monte à
12 vaisseaux de ligne , dont plusieurs sont
à Spithead , rendez- vous de la flotte Royale.
Quelques autres ont déja mis à la voile
munis d'ordres cachetés .
Par ordre special du département de la
guerre , tous les officiers doivent joindre leurs
corps respectifs. La milice mise sur pied ,
ne monte qu'à 6750 hommes. Il y a dans ce
moment près de to mille hommes armés aux
environs de cette capitale. Ces mesures vigoureuses
abattent le courage du parti opposé
du gouvernement.
Ces jours derniers on lisoit sur les arbres
du parc St. James :
Point d'impôt sur le charbon ;
Au diable le duc de Richemont.
FRANCE.
·De Paris , le 8 Décembre.
Les habitans de Nice se sont constitués
en république , faisant partie intégrante de
l'empire
MERCURE FRANÇAIS ,
POLITIQUE , HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE :
AVIS AUX SOUSCRIPTEURS POUR L'ANNÉE 1793 .
( N. B. Le Mercure Français , à compter du Samedi 15 Décembre
1792 , paraîtra in-8° . tous les jours . Nous nous fommes déterminés
à ce format , pour gagner de l'efpace , les perfonnes inftruites en
typographie , fachant que la même feuille in- 12 contient moins
de difcours que celle in- 8° . , à caufe des blancs qui fe multiplieną). à
NOM $ DES
AUTEURS.
MESSIEURS ,
LAHARPE, Poéfie , Littérature , extraits ou notices des Livres
SUARD , Littérature anglaiſe .
FRAMERY , Spectacles.
MARMONTEL , les Contes.
RABAUD DE SAINT- ETIENNE , Convention Nationale ..
LENOIR-LAROCHE , l'article de Paris , les Nouvelles inté
rieures , & celles des Armées .
GARAT , Tableau moral , à la fin de chaque mois , réfultant
des évènemens politiques de l'Europe.
CASTERA , Politique & Nouvelles étrangères , & la rédaction
du Journal.
Nous croyons dévoir faifir l'époque du renouvellement
des Soufcriptions , pour retracer à nos Lecteurs-les principes
d'après lefquels ce journal eft rédigé . Il y aurait autant d'inexactitude
que d'injuftice à juger de l'efprit actuel du Mercure
par celui qu'il avoit avant la dernière époque de la révolution.
Les nouveaux rédacteurs n'ont pas même befoin de fe faire
un mérite auprès du public , d'un changement d'opinion ; its le
feraient avec franchife ; car la première vertu de l'homme libre ,
eft dans l'aveu de fes fautes . Mais invariablement attachés à la
caufede la liberté ,dont ils n'ont ceffé de propager les maximes,
ils ne fe font point effrayés des préjugés qu'ils avaient à yaincre
en fe chargeant de la rédaction du Mercure Français.
Au milieu de cette multitude de journaux auxquels la révoluion
imprime une fi grande activité , qui naiffent , meurent
renaiffent , & fe difputent l'empire de l'intérêt & de la nouveauté
, nous ne ferons point valoir , en faveur du Mercure ,
fon ancienne exiftence , fa réputation faite , les foins fans
nombre & les facrifices même de fon entrepreneur , pour le
rendre digne des regards du public. La liberté de la preffe
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ne fouffre plus d'autre titre de préférence que celui qui tient
au mérite de l'ouvrage ; le journal qui obtiendra le plus de
fuccès , fera toujours celui qui inſpirera le plus d'intérêt dans
les chofes & dans la rédaction.
Tous les Journaux aujourd'hui devant avoir la même phyfionomie
, le même caractere dans leur compofition & rédaction
, ne refpirer que l'amour de la liberté & de l'égalité qui
avant peu , feront les vertus & le partage de tous les Peuples
de l'Europe ; il ne manquoit au Mercure Français , dans les circonftances
actuelles , où le public avide , impatient de curiofité
, femble dévorer les nouvelles ; il ne lui manquoit , dis-je ,
que de fatisfaire fon impatience à cet égard , en paraiffant
feuilles & tous les jours à l'inftar de toutes les autres
papiers -nouvelles qui s'impriment à Paris & dans les Départemens
( 1 ) : c'eft le parti que nous venons de prendre après y avoir
très- mûrement réfléchi ; & nous avons tâché dans la nouvelle
forme que préfentera le Mercure Français , de lui conferyer
tous fes avantages , & même de les multiplier ; car , paraiffant
tous les jours , & étant imprimé en partie avec un caractère
dit petit- texte pour la partie Littéraire , de petit- romain pour la
partie Politique & de la Convention nationale , nous ferions en
état de prouver que les fept Mercures de la femaine , avec la
feuille des Contes & les Supplémens , comprendront l'équivalent
de fept feuilles , au lieu de quatre dont le Mercure Français
étoit compofé , fans cependant en augmenter le prix (2).
La partie des nouvelles politiques , foit nationales , étrangères , l'article de la Convention nationale
donc en étendue à cet arrangement. Les extraits de livres feront
feuls réduits ; & leur briéveté ne rendra les objets que plus piquans
, fans ôter rien à la folidité de la critique : & cependant
pour conferver au Mercure Français fon caractère , nous donnerons
toutes les femaines une pièce de Vers , une Charade
une Enigme , un Logogryphe . Ces extraits ou notices feront terminés
par l'annonce des titres des livres nouveaux , des eftampes
& de la mufique , & par une notice des fpectacles , en fe réduifant
foit
gagneront
à n'annoncer que les pièces qui auront du fuccès . Les chûtés
doivent être indifférentes au Public , & les auteurs ne nous
fauront point mauvais gré , en les laiffant ignorer. La Révolu
(1) Nous préfumons qu'il exifte aujourd'hui ea France plus de
150 papiers - nouvelles . qui paraiffent tous les jours . Il y en a au
moins un dans chaque Département; & dans plufieurs , comme
Marleille & à Lyon , il y en a trois à quatre .
(1 ) La pièce de Vers paraîtra le Samedi ; la Charade_le Di- manche l'Enigme le Lundi , le Logogryphe te Mardi ; les Extraits ou Notices de Livres tous les jours ; les Spectacles , le lendemain de chaque pièce nouvelle. L'annonce des Spectacles tous les jours le cours des Changes deux fois la femaine, le Dimanche & le mer
eredi; la Loterie tous les is jours.
ぐろか
tion , dans fon cours rapide , ayant abforbé toutes les idées,
fixé toutes les attentions , a dú néceffairement détourner les
efprits de la culture des lettres , & de ces méditations profondes
& folitaires qui ajoutent au progrès des lumières , de forte qu'en
réduifant la partie litteraire , & en nous bornant à de courts
extraits qui feront connoître les livres nouveaux , nous ne faiſons
que nous plier à l'empire des circonstances & au vou des Soufcripteurs.
Nous allons entrer dans quelques détails fur la nouvelle compofition
& rédaction de ce Journal.
La partie littéraire du Mercure eft confiée aux Citoyens
de la Harpe & Suard ( ce dernier fera chargé de la Littérature
anglaife & étrangère ) .

L'article des Spectacles fera traité par Framery.
Les Contes par Marmontel continueront à paraitre le premier
de chaque mois , & formeront un ſupplément.
Nous publierons auffi d'autres Supplémens lorfque l'impor
tance des matieres l'exigera.
La partie hiftorique & politique contiendra :
1°. La Convention nationale. On donnera aux féances tout
Fintérêt que comporte la nature & l'étendue du Mercure. On
s'attachera fur-tout à donner à cet article une phyfionomie qui
diftingue cette rédaction de celles des autres Journaux . On s'im
pofe les règles fuivantes : 1 ° . de donner chaque jour la féance
du jour : 2°. d'en prefenter un précis fidèle & complet : 39. de
ne fe permettre fur les difcours qui y font prononcés & fur les
débats, que les réflexions fimples & courtes , propres à faire
connaîtrel'esprit & le réſultat de la féance : 4°. de préfenter, furtout
dans les grandes féances , le caractère qui les aura animées
& l'effet dramatique qu'elles auront produit : 5 ° . d'y publier les
décrets effentiels & généraux qui auront été rendus : 6°. de
renvoyer à une autre feuille ou en abrégé dans un fupplément
les difcours les plus intéreffans & les plus propres à former l'efprit
public.
2º. Les nouvelles de Paris & des Départemens , confidérées
dans leur rapport avec l'ordre public & les progrès de la liberté.
3°. Les réfolutions du Confeil exécutif provifoire , les principaux
jugemens des Tribunaux & les objets d'Adminiftration les
plus intéreffans .
4°. Les difcuffions fur des matières de droit public , d'écono
nie politique & de morale , effentiellement liées à l'organifation
conftitutionnelle qui appartient à un peuple qui veut
être libre & vertueux. Ces objets formeront des feuilles de
fupplément .
5. Enfin les nouvelles de nos armées , auxquelles feront
jointes les pièces officielles qui peuvent fervir un jour de maté
riaux à l'hiftoire .
Les différens objets qui conftituent la politique inte enre font
rédigés par J. J. Lenoir-Laroche , ancien membre de l'Af
fémblée Conftituante."
Quant à la politique étrangère , on ne fera pas moins attentif
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à faire un choix févère des nouvelles les plus intéréffantes
& les plus authentiques , à rectifier les inexactitudes & les
erreurs dont les gazettes , de tous les jours ne fauraient être
exemptes ; à guider , autant qu'il fera poffible , le jugement
des lecteurs fur les grands événemens dont l'Europe eft le
théâtre. Affez long-tems , la politique n'a été qu'un affemblage,
monftrueux de rufe , de perfidie , de machiavélifme & de
confpiration contre les droits & la liberté des peuples . Il
eft tems que la raifon , la morale & la philofophie faffent
juftice de ces erreurs qui ont influé d'une manière fi terrible,
fur les malheurs du genre humain .
Cette tâche eft remplie par M. Caftera, & un homme de lettres
( M. Garat Miniftre de la juftice ) que fes talens- & fa morale .
publique ont appellé à des fonctions importantes , & qui ne
penfe pas qu'elles foient incompatibles avec les progrès de l'inftruction
& de la vérité, abien voulu fe charger de donner, au commencement
de chaque mois , un tableau moral réſultant des évènemens
politiques de l'Europe . Si les journaux euffent été connus à
Rome , croit-on que Cicéron eût regardé comme au- deffous de
la dignité confulaire , de faifir un moyen de plus d'être utile.
Tels font les différens objets qui rendront toujours le Mercure
un des ouvrages périodiques le plus varié & le plus
inftructif , & qui lui aigneront , entre toutes les productions de
ce genre , un caractère particulier . Il n'en eft point qui , avec
un prix auffi modique & des frais auffi énormes , offre
autant d'intérêt à la curiofité des lecteurs ...
Les Citoyen Caftera , connu par la traduction du célèbre
Voyage en Nubie & en Abyfinie , par Bruce , eft chargé
de la correspondance & de la rédaction générale du Mercure
Français .
7
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Le prix de l'abonnement eft de 36 livres pour Paris & les Départe
ments , franc de port par tout le royaume, OIS 12
Il faut affranchir le port de l'argent & de la lettre, & joindre
à cette dernière le reçu du Directeur des Poftes. On fouferit hôtel
de Thou, rue des Poitevin's on s'adreſſera au Citoyen Guth , Directeur
du Bureau du Mercure Français . Les perfonnes qui joindrone
des affignats à leur lettre , font priées de la faire enregistrer &
charger à la pofte . La même chofe doit s'obferver pour les autres
Journaux.
sild:
JOURNAL HISTORIQUE
ET POLITIQUE.
Ce Journal , connu auparavant fous le nom de Journal de
Genève , continue à paraitre féparément & tous les famedis
de chaque femaine , Il eft rédigé dans les principes que nous avons précédemment développés : c'eft la volonté nationale
& chacun doit s'y conformer . Il renferme le réfumé exact des
feuilles publiques dans toutes les langues , & d'une corefpondance
politique dans tous les pays. Il eft confié aux mêmes aureurs,
que pour le Mercure.
ر ا و
Si ce Journal ne fatisfait point la curiofité , comme une feuille
de tous les jours , il a fur celle - ci des avantages plus folides
& plus réels . Les faits y font plus exacts , les refultats plus fûrs,
les nouvelles mieux jugées , les rapprochemens mieux faifis , le
coup- d'oeil fur les évènemens plus étendu , & la marche de
l'efprit public mieux obfervée. Il eft compofé & rédigé par
J. J. Lenoir-Laroche , ancien membre de l'Affemblée nationale
conftituante , & Charles Denis , ancien rédacteur de ce Journal.
On y inférera chaque mois le tableau moral & politique ' par
Dominiq- e Garrat , dout nous parlons ci - deffas.
Le prix de l'abonnement eft toujours de 25 liv. pour l'année
, & ce prix eft un des plus modérés de tous les Journaux
qui paraiffent ; ce Journal étant régulièrement composé de trois
feuilles , & quelquefois de quatre.
Le bureau général ae Soufcription pour la France eft à Paris , hôtel
de Thou , rue des Poitevins . Ilfaut s'adreffer au Citoyen Guth, directeur
du bureau de ce Journal, ainfi que de celui du Mercure Français.
IONALE GAZETTE NATIONALE OU LE MONITEUR UNIVERSEL .
Ce Journal , qui a paru pour la première fois , le 24 Novembre
1789 , eft particulièrement confacré aux féances de la
Convention nationale & à la Politique . On y trouve auffi
l'extrait des affemblées de la Commune de Paris , des morceaux
intéreſſans fur les matières Politiques & d'adminiſtration ,
la Littérature , les Arts , enfin l'extrait des Pièces de théâtre
qui ont obtenu quelques fuccès ce Journal jouit d'une eftime
méritée par l'exactitude des faits , la véracité & l'impartialité
des débats & des difcuffions . On ne trouve que dans le Moniteur
une foule de pièces originales , foit fur les opérations
Politiques , foit fur les travaux de l'Affemblée conftituante ,
de l'Affemblée législative & de la Convention. Il y a tel difcours
improvifé que les Auteurs eux-mêmes n'ont pu conferver
que dans ce Journal . Il eft devenu un dépôt précieux à confulter
, pour qui voudra écrire ou même fimplement connaître
l'hiftoire de ce fiècle. La rédaction en a été toujours confiée à
des Citoyens diftingués par leur civifme , leurs talens & leurs
lumières , & on ne néglige rien pour lui affurer la durée de
la réputation dont il jouit , réputation qui eft telle , que les
premières années de ce Journal , qui ne fe retrouvent plus que
très - difficilement , ont été portées de 72 livres à douze &
quinze louis.
On fouferit auffi rue des Poitevins , n . 18 , pour la Gazette
Nationale ou Moniteur univerfel , à raison de 72 livres l'année ,
pour Paris , & 84 liv. pour les Départemens . S'adreffer au Citoyen
· Aubry.
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ENCYCLOPÉDIE PAR ORDRE DE MATIÈRES.
Il en parait actuellement 52 livraiſons , qui coûtent enſemble
1474.livres.
Ce grand ouvrage , le plus confidérable qu'on ait entrepris
depuis qu'on imprime des livres , objet d'une dépenfe de plus
de huit millions , produit des veilles & des travaux continus de
plus de 250 Gens de Lettres qui s'en font conftamment occupés
pendant près de 40 années ( nous comprenons le temps de la
première édition ) , eft divifée en 4 dictionnaires généraux' ;
fur ces 41 dictionnaires , il y en a 38 qui n'exiftent en aucune
langue plus complets & plus parfaits . Il y a même des objets
décrits dans ces diction . qui n'exiftent encore dans aucune bibliothèque
de l'Europe , comme les 100 arts nouveaux du dictionnaire
des arts mécaniques , le 2 ° . dictionnaire desjeux , l'anatomie comparée
par M. Vicq- d'Azyr , &c. , &c . Il contient de plus 24
petits dictionnaires renfermés dans ces 41 dictionnaires généraux
, & en outre plus de 200 vocabulaires particuliers ; le nombre
des volumes de difcours doit être de 128 à 130. Il en a actuellement
paru 89 & demi de difcours ; neuf volumes de planches
d'arts & métiers mécaniques ; deux volumes d'Atlas , & 14
liv aifons de planches d'hiftoire naturelle : 31 volumes de difcours
font actuellement fous preffe : plus de 60 graveurs font
occupés des planches , & cet ouvrage , du moins pour le manuf
crit , pourroit être terminé pour la fin de 1793 , & achevé
même d'imprimer pour ce temps, fi les circonftances actuelles &
le doublement du prix du papier , l'impoflibilité de s'en procerer
, le renchériffement de l'impreffion & de tous les autres
objets ne nous entraînaient dans des obftacles imprévus , &
qui feront retarder de fix mois peut-être l'achèvement de cette
- grande entrepriſe .
I
Chaque volume in-4° . étant d'environ huit cents pages ,
d'un petit caractère & d'une large juftification , contient autant
de matières que cinq volumes iz -4° . ordinaires , comme le
Buffon , le Velly , &c. , ainfi les 130 vol . in-4° . de difcours
font la repréſentation de 750 vol. in-4° . ordinaires.
Ces 130 vol. in-4° . contiennent près du quintuple des diſcours
de la première Encyclopédie in -folio de Paris , y compris fon
fupplément , formant en totalité 21 volumes in -folio.
Nous fommes affurés aujourd'hui que l'Encyclopédie actuelle
comprendra cent cinquante mille articles de plus que cette première
, fur-tout fi l'on insère dans le Vocabulaire les principales
efpèces de l'Hiftoire naturelle .
Il y a tels des Dictionnaires Encyclopédiques , compofés de
quelques volumes feulement , qui peuvent remplacer plufieurs
milliers de volumes , comme ceux de Finance , de la Grammaire
& Littérature , de la Marine , de l'Architecture , &c.
77 )
31 on raffembloit de la première Encyclopédie ce qui fe trouve
fur ces matières , on ne pourroit pas en former un quart ' ou
demi volume ; prefque tous ont été refaits à neuf.
Cette Encyclopédie comprend l'univerfalité de toutes les
connoiffances humaines prifes dès leur origine , & fuivies
jufques dans leurs dernières ramifications , & un corps do
planches fur l'Hiftoire Naturelle , que notre pofition feule nous
permettoit d'exécuter & de donner au prix le plus modéré.
Ces planches repréfentent ce que l'on trouve dans des milliers de
volumes écrits en toutes fortes de langues , la plupart d'un prix
exceffif. On ne pourroit pas fe procurer , & ceci eft l'exacte vérité
,, ppoouurr deux cents mille livres , les ouvrages qui ont fervi &
qui fervent à la compofition de ces planches de la nature
prefque toutes données fans réduction .
On aura donc dans fix à fept volumes de 300 planches chaque
au plus , la repréſentation en figures , de plus de dix-huit mille
objets de la nature , rangés par claffes , genres & eſpèces . Ces
planches , dont il a actuellement paru quatorze livraiſons , font
un Linnée en grand , un Linnée perfectionné , augmenté de plufieurs
milliers d'efpèces , dont ce grand naturaliſte n'avoit pu
avoir connaiffance.
Nous ne croyons pas inutile d'obferver que la première
édition in -folio de l'Encyclopédie , ne contient , en totalité ,
que 108 planches de l'Hiftoire Naturelle. Nos fept volumes
en contiendront 2100. Nous fommes perfuadés & fûrs de ne
point exagérer , que cet ouvrage en figures , fur l'Hiftoire
Naturelle , qui ne reviendra aux Soufcripteurs qu'à 441 liv.
fera porté à 1000 & 2000 liv. dans les ventes , l'encyclopédie
étant terminée ; car nous ne préfumons pas que de
plufieurs fiècles , aucune perfonne en Europe puiffe reproduire
un pareil ouvrage ; il faudroit que l'Entrepreneur fe
trouvât dans une pofition égale à la nôtre , qu'il fût fûr d'en
placer trois mille d'abord , pour s'en permettre l'exécution .
On fait d'ailleurs que tous les livres d'Hiftoire Naturelle ,
quand ils ont un mérite fondé , une utilité reconnue , augmentent
de prix avec le tems . Les élémens de Botanique , de
Tournefort , vol. in-8° . avec figures , qui n'ont coûté , dans
le principe , que 48 liv . , s'élèvent aujourd'hui dans les ventes à
150 liv.
On fait que la première édition in -folio , de Paris , s'eft
élevée jufqu'à 18co , & même 2000 livres . Elle avoit été
annoncée par foufcription , en dix volumes de difcours , & deux
de planches , pour 280 liv. , & elle compofe , y compris le fupplément
, 21 volumes in folio , & 12 de planches : la nôtre renferme
autant de matières que 85 à 90 de ces volumes in-folio , &
de plus , deux Atlas , un corps de planches d'Hiftoire Naturelle;
& compris ces objets , elle ne s'élèvera à guéres plus que cette
première .
Nous avons publié quatre grands mémoires fur cet ouvrage
, où l'on pourra prendre une jufte idée de l'Encyclopédie
actuelle , qui ne reffemble pas plus à l'ancienne, que le
RU
R
Belg.
ermanique , suranemi
commun :
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201. roeden an
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( 8 )
palais du Louvre à une chaumière , ou St.-Pierre de Rome à une
chapelle.
Le public peut actuellement fe procurer les deuxième & troifième
mémoires. Le deuxième coûte douze fols , le troifième
-vingt-quatre fols. Le quatrième & dernier , actuellement fous
preffe , paraîtra à la fin de Janvier ; on le diftribuera gratis. Le
premier n'existe plus féparément : il fe trouve à la tête du premier
volume des Beaux- Arts , vingt -feptième livraiſon.
POST- SCRIPTUM.
Si quelqu'un pouvait s'étonner de cette continuité d'efforts
que fait le Propriétaire du Mercure Français pour la reſtauration
de ce Journal , il n'aurait qu'un mot à dire pour fa
défenfe , c'eft qu'il eft une des grandes victimes de la Révolution
, qu'elle lui ôte plus d'un million , & le fruit de
près de 40 années de pénibles travaux ; qu'il a expofé fa
fortune entière pour foutenir l'Encyclopédie ( 1 ) ; que par
les travaux continués de fa maifon , il a été un des hommes
les plus utiles dans la Révolution , en procurant tous les
jours de l'occupation à plus de fix cents perfonnes , à cent
Gens de Lettres , foixante Graveurs , deux cents Ouvriers
Imprimeurs , & à un plus grand nombre d'Ouvriers dans
les Manufactures de papiers. Les nouveaux malheurs qu'il
vient d'éprouver par la fufpenfion des paiemens d'une des
principales maifons de Banque de Paris , fuffiraient feuls pour
ôter toute idée de malveillance à fon égard . Dans tout autre tems
cette réflexion ferait : idicule & déplacée . Il est même douloureux
I qu'on fe croie obligé d'entrer dans de pareils détails , mais les
amis de l'ordre & de la paix , fans lefquels la Liberté & l'Egalité
ne feraient que de vains avantages , en pénétreront les motifs
, & ne les regarderont point comme inutiles dans les circonftances
actuelles.
N. B. Les foufcripteurs nouveaux de 1793 recevront gratis les
numéros 15 à 31 , de Décembre 1792 du Mercure Français.
On fouferir chez tous les libraires & les directeurs des poftes ; à
Londres chez Boffe ; à Lyon chez Roffet ; à Bordeaux chez les frères
Labottière , & c.
(1 ) La différence des recettes fur les dépenfes de l'Encyclopédie
forme aujourd'hui un objet de près de 900 mille liv . On a publié 25
Livraiſons , ou o vol . , depuis la Révolution , & il n'y a eu aucune
Livraison qui n'ait entraîné une difference en recetté de 24 à 50,000 1 .
Quoi qu'il en foit , elle fera terminée dans dix - huit mois ou deux ans ,
& les Soufcripteurs ne doivent avoir aucune crainte à cet égard.
Plufieurs même d'entr'eux ont offert des fonds au propriétaire .
MERCURE FRANÇAIS
HISTORIQUE , POLITIQUE ET LITTÉRAIRE ;
NOMS DES AUTEURS.
LAHARPE , poésie , littérature , extrait ou notices de livres.
SUARD , littérature anglaise .
FRAMERY , spectacles .
MARMONTEL , les contes .
RABAUT DE SAINT-ETIENNE , convention nationale .
LENOIR-LAROCHE , la commune de Paris , nouvelles intérieures .
GARAT , tableau moral , à la fin de chaque mois , résultant des
évènemens politiques de l'Europe.
CASTÉRA , politique , nouvelles étrangères , et rédaction .
No. 51. SAMEDI 15 DÉCEMBRE 1792 , l'an premier de la République.
S₁
PIÈCES fugitives en vers et en prose .
EPIGRAM ME.
1 sur vos pas s'offre par malencontre ,
Un homme dur , qui sut un mot s'aigrit ,
Prêt à prouver et le pour et le contre ,
Sachant sur-tout beaucoup plus qu'il n'apprit ;
A ce portrait , si jamais il écrit ,
Très-aisément pourrez le reconnaître ,
Dites c'est- là , sans faute , un bel esprit ,
Ou quelque sot qui travaille pour l'étre.
( Par M. Rochemont . )
Explic. des Charade , Enigme et logogriphe du Mercure dernier.
Le mot de la Charede est Sou -pape ; celui de l'Enigme est Etoile ; et
celui du Logogriphe est Grosse , où l'on trouve Rosse.
NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Logique et principes de grammaire , par M. Dumarsais , ouvrages posthumes
en partie. et en partie extraits de plusieurs traités de cet auteur , qui
ont déjà paru. Nouvelle éqition augmentée du traité de l'inversion ,
2 vot. in- 12 , à Paris , chez Barrois , libraire , quai des Augustins ,
n° . 19 , et Froullé , imprimeur - libraire , quai des Augustins ,
n°. 39. Prix , 6 liv. relié.
Voilà un de ces ouvrages qu'on réimprimera toujours , parce que
toujours on le lira. Dumarsais est , sans nulle comparaison , le
premier de nos grammairiens . C'était un esprit bien naturellement
philosophiqne ; car cette philosophie s'étendait jusques
sur son caractère , et cette réunion est rare . Il sentait tout
ce qu'il valait , mais ne songeait nullement à le faire valoir
; aussi fut - il oujours pauvre , sans en être ni humilié
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tot 5.gealeten
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i her. Ses principes de grammaire , son traité des tropes , sone
les chefs -d'oeuvre de ce genre d'écrire , parce qu'il a autant de
goût que de raison , et qu'il écrit aussi bien qu'il pense ; ce
qui a manqué à presque tous nos grammairiens . L'abbé Girard
lui - même , qui a mis beaucoup d'esprit dans ses synonymes
n'est pas exempt de mauvais goût et d'affectation . Dumarsais
excelle par la netteté des conceptions , la clarté des définitions ,
la justesse, dans les applications comme dans les principes , et
l'art d'être méthodique sans sécheresse .
--
Sa logique n'a été imprimée qu'après sa mort : elle est précédée
, comme elle doit l'être , de quelques-unes des premieres
notions métaphysiques ; car il est dans l'ordre de parler de la
nature de l'esprit avant d'expliquer ses opérations . Il commence
ainsi : Dieu a tiré du néant deux substanees , la substance
spirituelle et la substance corporelle . Ce commencement est
remarquable dans un homme connu pour être athée . Mais il
l'était , comme il le disait lui -même , pour le bien de son ame , sans
se soucier de faire des prosélites ; bien différent de Boindin , qui
prêchait si publiquement Pathéisme , qu'on montait sur les tables
pour l'entendre dans l'ancien café de Procope . C'est lui qui répondit
au lieutenant de police qui lui disait : quoi ! monsieur ,
vous soutenez qu'il n'y a pas de Dieu ! Monsieur , je fais plus je
le prouve. Il se trompait fort , car il est absolument impossible
de prouver la non - existence de Dieu , comme il l'est de conce
voir son essence ni la création . Mais Boindin était charlatan et
Dumarsais ne l'était pas . On voit que dans ces premieres lignes
de sa logique , il a mieux aimé se prêter aux idées reçues , que
d'argumenter sur les siennes , qui , après tout , ne pouvaient être
qu''une hypothèse et ne faisaient rien à son objet. Il a été suffisamment
hardi pour le tems où il écrivait , en disant : « nous ne
connaissons point la substance de l'ame : nous ne connaissons
l'ame que par le sentiment intérieur que nous avons de ses propriétés
d'appercevoir , de vouloir et de sentir. Il y avait là
de quoi révolter tous les théologiens qui prétendent bien savoir
au juste ce que c'est que l'ame. Car qu'est- ce que les théologiens
ne savent pas
f
?
Le traité de l'inversion paraît aujourd'hui pour la première fois :
il est digne des autres productions du même auteur.
De l'éducation , I vol . in-8 . à Paris , chez le citoyen Huet , directeur
de la correspondance des sciences et des arts , rue Saint-Honoré ,
n°. 70 , vis - à- vis la grille des Jacobins .
Leçons élémentaires de géographie , ouvrage utile à toutes les maisons
d'éducation , P. N. B. Halma , P. D. M. , 1 vol. in- 8 . "
à Paris ,
chez le citoyen Huet , directeur
de la correspondance
des sciences
et des arts , rue Saint -Honoré
, nº . 70 , vis-à- vis la grille des Jacobins.
Economie rurale et civile , ou moyens les plus économiques d'administrer
et faire valoir les biens de campagne et de ville , de conduire
ses affaires litigieuses , de régler sa maison et ses dépenses ,
ses achats et ventes , d'exécuter ou faire exécuter les ouvrages des
( ૩ )
Irts et métiers , de l'usage le plus ordinaire , de conserver et rétra
blir sa santé et celle des animaux domestiques avec des avis sur les
préjugés , erreurs , fraudes , artifices , falsifications des ouvriers ou
marchands , troisième partie , économie des champs , tome 4 , in- 8 ° . , par
M. l'abbé de la Lauze , l'un des coopérateurs du cours complet
d'agriculture de M. l'abbé Rozier. A Paris , chez Buisson , imprimeur
libraire , rue Hautefeuille , nº . 20. Prix , 4 liv . 10 sols broché , ca
5 liv. rendu franc de port dans tous les départemens.
SPECTACLES.
On donne au théâtre de la République une comédie nouvelle es
trois actes , et en vers , l'obligeant mal - adroit. La scène se passe en.
Angleterre . En voici en peu de mois le sujet . Sidney a promis Fanni
sa fille à Floricourt , jeune Français . Ils s'aiment réciproquement.
Un gascon nommé Vilsac vient à la traverse , gagne la confiance de
Sidney , qui veut obliger sa fille à renoncer à son premier amant pour
épouser celui-ci qu'elle deteste . Richard , frere be Fanni , jeune homme
étourdi , curieux , indiscret , ayant la manie de vouloir toujours rendre
service malgré les gens , occasionne par sa mal -adresse des incidens et
des obstacles multipliés , dont une rusée soubrette vient toujours à
bout de triompher.
La pièce est fort gaie , sur -tout le dernier acte . La versification
en est assez coulante , Mais le caractère d'Obligeant mal- adroit ne parait
cependant pas assez développé . Le titre de brouillon paraît
mieux lui convenir . L'ariette , accompagnée de harpe , et les couplets
chantés à la fin , sont très - applaudis.
L'auteur est le citoyen Famin , professeur de physique , qui ,
depuis plusieurs années , donne tous les hivers au public un cours
gratuit de cette science . L'instruire et l'amuser sont deux titres
sa reconnaissance et à ses encouragemens .
NOUVELLES POLITIQUES ÉTRANGERES ( 1 ) .
ITALIE.
Des lettres de Naples , en date du 27 novembre , disent
que la cour craignant que la flotte française , qui est dans la
Méditerrannée , ne se portât vers cette ville , a donné ordre
d'armer toute sa marine , toutes ses chaloupes canonieres pour
la défense du Cratere .
D'autres lettres plus récentes assurent que le roi de Naples
a reconnu le citoyen français Makau , en qualité d'ambassadeur
de la république française .
On ne saurait donner trop d'éloges à la fermeté de Makau ,
qui , pendant trois mois , a lutte contre la mauvaise volonté
et l'orgueil de la cour de Naples .
Le pape est , dit-on , sur le point de solliciter de la Répu
blique française , la permission de la reconnaître .
SUISSE. Du Lôcle et de la Chaudefont.
La République française , qui doit l'exemple à toute l'Euro
(1 ) Nous sommes obligés , dans ce numéro , de revenir en fa
veur de nos anciens abonnés , sur les nouvelles de la semaine.
Désormais nous marcherons de pais avec les événemens du jour.
E.
R
iberté Belg.
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JUBIERAJSI UJA
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( 4 )
e, vient de servir de modele aux habitans du Locle et de la
Chaudefont , montagne du Valangin , frontiere du Doubs.
Ces braves citoyens ont planté chez eux l'arbre de la liberté
. Ce seroit leur faire une injustice que de taire une action
qui mérite que la France la protége , si le
zeufchâtelois s'en offensoit.
gouvernement
POLOGNE . De Varsovie , le 18 novembre.
On sait très - positivement ici que depuis le 17 septembre
dernier , il y a de grands mouvemens à Constantinople . Les
français patriotes qui y sont , ont trouvé moyen d'éclairer plusieurs
membres du divan sur les vrais intérêts de la Porte .
Les musulmans ne peuvent pas oublier la perte de la Crimée ,
du Kuban et de la Bessarabie , et ils ne seront jamais les amis
sincères de ceux qui leur ont ravi ces provinces .
Les partisans des russes craignent que le parti français ne
devienne triomphant , et il le deviendra à coup sûr , si les
promesses que l'on fait à la Porte sont suivies d'une prompte
réalisation .
Les polonais ne supportent
qu'impatiemment l'oppression
des russes. Leur
mécontentement éclate sans cesse . Les russes
ont eru qu'il était prudent de faire retirer un corps - de - garde
qu'ils avaient à l'hôtel- de - ville et qui déplaisait au peuple ;
chaque nuit ils ont au moins trois mille hommes sous les armes
et ils font des patrouilles avec du canon .
On mande de Kaminick , en date du 31 octobre , que la
forteresse de Choczim a été rendue aux turcs , d'après un ordre
venu de Vienne , et adressé au général Kanto. D'un autre
côté , le grand - seigneur a fait éérire aux officiers qui se
trouvent à Semlin , pour approuver leur conduite , et leur enjoindre
de rester , jusqu'à ce qu'on ait pris des mesures pour
rétablir la paix dans la Servie , sur le territoire de l'empereur
Allemagne son bon ami et allié.
ALLEMAGNE. Aix- la- Chapelle , le 26 novembre.
Les ci- devant princes françois , Monsieur et M. le comte
d'Artois , sont arrivés hier au soir en cette ville et en sont
repartis ce matin.
On ossure que le premier doit se rendre en Espagne , et le
second en Prusse .
Erlangen , le 25 novembre.
On vient de recevoir ici la nouvelle que la diète générale
de Ratisbonne a arrêté , à une très -grandc unanimité de voix
de tripler les contingens respectifs . On compte qu'en conséquence
cette armée des contingens sera porté à 120 mille
hommes.
Clèves , le 5 décembre .
La chambre royale de guerre et des domaines de la princi
pauté de Clèves et du duché de Meurs , vient de faire publier
('5'))
Hans les gazettes , par l'ordre du roi de Prusse , qu'il ne serà
permis aux émigrés français qui pourraient passer par ces pro
vinces , d'y faire un séjour de 48 heures seulement , excepté
dans les cas , où ils prouveraient des affaires particulieres , une
maladie survenue , ou quelqu'autre revers .
En conséquence tous les émigrés français et autres , qui se
trouvaient dans le pays , s'en sont retirés pour passer dans les
Provinces-Unies , et s'embarquer pour l'Angleterre , ou iis
affluent depuis quelque tems .
PAYS - BAS. Herve , le 2 décembre.
guerre
,
Il s'est tenu hier à six heures un conseil de
l'hôtel du feld - maréchal- lieutenant comte de Clairfayt :
auquel ont assisté les généraux comte de Baillet de la
Tour , baron dè Lilien , de Pereinstein , duc de Wurtemberg
, baron de Biela , comte de Haponcour Comte
de Piesbach , de Bores , de Schwarzemberg , S. A. le prince,
de Lorraine Lambesc , et plusieurs autres officiers superieurs
. Il a été décidé que vû la pénurie des magasins qui ,
peine suffiraient pour quatre jours , on était nécessité à abandonner
cette province , et à se retirer au- delà du Rhin. En
conséquence les officiers civils ont reçu ordre de partir sur-lechamp
, et les officiers des bagages à minuit.
Selon le rapport des officiers des vivres , les Autrichiens ont
abandonné des fournitures et des vivres pour environ 40 mille
On s'attend hommes pendant six mois. à voir les troupes,
Françaises et Brabançonnes faire leur entrée en cette ville.
L'armée . Autrichienne est allée camper entre Henry-la - Cha
pelle , et Aix-la- Chapelle.
Bruxelles , le 8 décembre .
Le fameux avocat Vonck est mort le premier de ce mois à
Lille où il s'était retiré depuis quelques années. Selon les nouvelles
de Liége les choses y marchent avec autant de célérité
qu'elles vont avec lenteur à Bruxelles . Le clergé et la noblesse
du Branbant sont opposés au nouvel ordre de choses et cabalent
toujours sous main.
CONVENTION NATIONALE,
PRÉSIDENCE DE FERMONT.
Séance du Vendredi 14 Décembre 1792 .
Un membre a fait , au nom du comité de marine , un rapport
tendant à faire acheter en Amérique les vaisseaux pour la pêche
de la baleine .
On a demandé le renvoi de ee projet aux comités de commerce
et de la marine réunis ; ce renvoi a été adopté .
Manuel est monté à la tribune pour faire une motion
d'ordre ; il a représenté combien il serait juste que tous les
citoyens de Paris et des départemens pussent être admis dan's
ER
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s Germanique , surl'ennemi
commun :
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s de l'Empire , cooni
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doch inGefchot macr aengeflagen tot 5.gemer
Huve
geroaron đầu
76 )
Yes tribunes de la Convention , et d'empêcher que les hommes
qui ont le tems de venir d'avance attendre l'ouverture des
portes des tribunes , n'en occupent toujours les places ; en
conséquence , il a proposé de décréter que les inspecteurs de
la salle feraient passer tous les jours , dans six sections , sucressivement
, un nombre égal de billets pour être distribués
24 heures à l'avance , par les comités , sur une liste reconnue
par l'assemblé générale des sections .
2 ° . Que les inspecteurs feront également passer à six députations
des départemens , chacune à leur tour , deux billest
par députés.
Thuriot a combattu le premier ce projet ; il a dit qu'il n'y
aurait que les amis et les parens des membres des comités de
sections qui auraient des billets ; il a observé que rien n'était
plus conforme à l'égalité que lorsque les portes des tribunes
étaient ouvertes au premier occupant , et il a demandé la question
préalable sur le projet de décret proposé par Manuel .
2
et
La discussion a excité des débats , tant de la part de ceux
qui voulaient que tous les citoyens pussent assister successivement
aux tribunes que de ceux qui pensaient que ce
serait un moyen d'y introduire des modérés pour influer sur
le jugement du ci-devant roi. La question préalable sur le
projet ayant été demandée , elle a été mise au voix ; et le
président ayant prononcé qu'il y avait lieu à délibérer ,
des membres soutenant qu'il y avait du doute , plusieurs ont
demandé l'appel nominal , qui , alors , a été réclamé par la
presque totalité de l'Assemblée . On a demandé la question
préalable sur l'appel nominal , puis l'ordre du jour ; une
grande agitation s'est répandue , dans l'Assemblée , plusieurs
membres du côté droit sont allés se faire inscrire pour l'appel
nominal. Le président s'est couvert , et l'ordre s'étant
rétabli , le président a dit que l'appel nominal avait été de
mandé par la presque totalité de l'Assemblée , qu'il avait
même chargé un secrétaire de le faire ; et il a proposé de
refaire l'épreuve de la question préalable sur la motion de Manuel
. A l'épreuve , il a été décidé qu'il n'y avait pas lieu à
délibérer.
Louis XVI , dans ses réponses aux interpellations du président
de la Convention , avait répondu , relativement à Wit
genstein , que sa lettre était postérieure à son rappel , et qu'il
n'avait plus été employé depuis, Rhul , dans la séance d'hier
communiqua à l'Assemblée une lettre par laquelle il paraissait
que Witgenstein avait obtenu postérieurement un commandement
en Corse. La commission des 21 fut chargée d'aller vérifier
le fait dans les bureaux du ministre de la guerre . Un
des membres de cette commission a rapporté qu'il n'y existait
aucune preuve de ce fait ; mais il a été trouvé une lettre du
ministre de la guerre , à la date du 20 juillet , par laquelle ,
annonçant à Witgenstein que le roi l'avait nommé pour servir
(2)
´dans l'armée du Nord sous les ordres de Lafayette , il lui enjoignait
de se rendre auprès de ce général . On a vérifié si
Witgenstein avoit eu un congé pour venir à Paris le 10 août ,
on n'a trouvé aucun congé .
Une discussion assez vive s'est élevée relativement à la dénonciation
faite par un citoyen , et adressée par le ministre de
l'intérieur à la Convention , d'un arrêté pris par l'assemblée
électorale pour faire imprimer les listes des signataires des pétitions
des 8 et 20 mille , etc. Johannot demandait que le prés
sident de l'assemblée électorale fût mandé à la barre . Sergent
s'opposait à ce que , sur la dénonciation d'un simple particu
lier , la Convention sévît contre des hommes élus librement
par le peuple . Lecointre-Puyravaux a dit que , quoiqu'il existât
une loi qui ordonnait le brûlement de ces listes , elle n'empê
chait pas un citoyen de parler sur les hommes comme il a le
droit de parler sur les choses . Il a prétendu que les corps
électoraux pouvaient délibérer sur la portion de souveraineté
qui leur est déléguée . Plusieurs membres voulaient que l'opinant
fut rappellé à l'ordre pour avoir avancé des hérésies politi
ques. Lecointre-Puyravaux a quitté la tribune , en se réser
vant de faire les developpemens de son opinion , lorsqu'elle
pourrait être mieux accueillie . Pons , de Verdun , instruit la
Convention que l'arrêté qu'on avait dénoncé n'émanait point
de l'assemblée électorale , mais d'un club qui se formait le soir
d'une partie de ses membres , et qui avait un autre président,
d'autres secrétaires. La mention honorable du zele des élec
teurs , a crié Bazire.
La Convention a passé à l'ordre du jour.
Un décret du 19 octobre avait confirmé la formation pro
visoire du département de Paris . Le procureur-général- syndie
ayant convoqué le corps électoral pour nommer le président ,
le greffier et l'accusateur public du tribunal criminel , le corps
électoral , au lieu de procéder à cette nomination , a nommé
un nouveau procureur- syndic et de nouveaux administrateurs
du département. Le conseil exécutif auquel cette élection a
été dénoncée , a fait une proclamation pour l'annuller , et
a fait parvenir cette proclamation à la Convention nationale ,
qui l'a renvoyée à l'examen de son comite de l'égislation .
A
Sur le rapport de Loysel , au nom du comité des finances ,
il a été rendu un décret que nous rapporterons une autic
fois. •
Lorsque les satellites des tyrans étrangers souilleiant le territoire
de la République française , ils ne se sont pas bornés à
dévaster le pays , à incendier les propriétés des défenseurs de
la liberté ; ils ont poussé la rage jusqu'à brûler les exemplaires
des lois qui fondent cette liberté. Trois cents communes du
département de la Moselle en sont privées et en sollicitent. Le
ministre de l'intérieur a demandé à être autorisé à leur en
fournis ,
ER
E.
iberté Belg.
s Germanique , surl'ennemi
commun :
itoit en même tems
s de l'Empire , cooni
distiction , à em-
, tous les moyens
conservation de la
afin d'en repousser
un courage germa-
Ir patriotisme.
de Bohême remit
conforme à la prés
: ,, que l'Empeoit
de mettre sur
s les troupes Aurétablissement
du
l'Empire . ,,
E.
Décembre.
99
dans les fonctions
prêté le serment
avant- été pendu
euple . Cet homavoient
reconoralité
lui avoit
aujourd'hui d'aure
Ta liste civile , &
lequel la Cour comp
groot 7,gemeten
289. roeden
en
nomen
entekomen inactiver
gebruk
.Over
1.derde ,een fchoon
enwel gecond . doch inGefchot maer aengeflagen
tot e
( 8 )
Cette autorisation a été décrétée .
On a repris la suite de la discussion sur l'établissement des
écoles primaires .
Jacob Dupont a réfuté l'opinion de Durand de Maillane : il
a combattu le projet de bannir de la République , des arts et
des sciences qui contribuent à la perfectibilité de l'espèce
humaine , et par conséquent aux progrès de la raison , et d'une
liberté éclairée ; il a peint à ses auditeurs le Panthéon Fran
çais , semblable aux fameux Lycées des Grecs , où , en présence
des statues des philosophes et des sages , les maîtres
dans les sciences , en donnaient publiquement des leçons ; il
a sur-tout fortement attaqué le projet d'occuper le cerveau
des enfans , d'idées et d'habitudes superstitieuses destructives
de la liberté ; il s'est plaint de l'aristocratie des hommes éclairés
qui continuent à croire qu'ils faut au peuple une religion
dont eux-mêmes ne veulent pas , et que ceux qui l'enseignent
ne croyent souvent pas . Pour conserver la République , il ne
faut d'autres autels que celui de la patrie , d'autres emblêmes ,
que l'arbre de la liberté... il aurait pu ajouter , d'autres prêtres
que ses magistrats .
La séance étant avancée , Garan Coulon , au nom de la com
mission des 21 , a fait un rapport des paquets cachetés , adressés
à Louis XVI , et que la Convention avait renvoyés à l'examen
de la commission. Il en résulte que l'un de ces paquets
est une réclamation de l'abbé Briquet de Lavau , d'une somme
de 150,000 liv . pour indemnité d'un emploi qu'il n'a pas obtenu
à Saint-Domingue ...
Que l'autre renferme 42 exemplaires d'un mémoire fait par
un militaire , pour prouver que Louis XVI ne doit être jugé
que sur les lois antérieures à ses délits : il demandait que ces
exemplaires fussent envoyés à Louis XVI.
SPECTACLES.
}
Th . de la Nation . , Auj. Apothéose de Beaurepaire.,
Ital . Raoul , Sire de Créqui , Jean et Genevieve.
- De Moliere . Crispin , médecin ; le Château du Diable .
De Montansier. Médée ; le Mont Alphéa .
Du Palais . M. de Crac ; les deux Fermiers .
De la rue de Louvois . Le Libérateur , le Philosophe imaginaire ..
Du Vaudeville . Encore des bonnes Gens ; la Matrône d'Ephese's Arg
· lequin Cruello , parodie d'Othello.
THE
NUMERO 103.
LE COURIER
BELGIQUE.
Du lundi 17 Décembre 1792 , l'an 1er de la liberté Belg.
ALLEMAGNE.
Vienne , le 30 Novembre.
29
,, autres états du corps Germanique , sur-
,, pris ou menacés par l'ennemi commun :
Son Altesse Royale le duc de Saxe- Tes- mais que le Roi invitoit en même tems
chen ayant donné sa démission du généralat , les membres respectifs de l'Empire , coode
l'armée Autrichienne dans les Pays - Bas ,
,, pérans , sans retard ni distiction , à em-
" ployer , de leur côté , tous les moyens
cette charge importante a été conférée au
comte de Clerfayt.
,, imaginables pour la conservation de la
,, patrie commune , & afin d'en repousser
,, toute agression avec un courage germanique
& digne de leur patriotisme .
On dit que Sa Majesté Prussienne vient
de communiquer , par une lettre écrite de
sa propre main , à l'Empereur la nouvelle
agréable , que la plus grande partie de son
armée agira au printemps prochain contre
les François , & que ce Souverain se mettra
encore à la tête de ses troupes . Le prince
de Saxe - Cobourg est revenu de Hongrie en
cette résidence . S. A. S. commandera , dit -on ,
les troupes impériales durant le cours de
la campagne prochaine. M. le Landgrave
de Hesse - Cassel aura le commandement en
chef de l'armée de l'Empire , & sera d'ailleurs
revêtu de la dignité électorale .
De Ratisbonne , le 30 Novembre.
Le ministre électoral de Brandebourg vient
de communiquer aux autres députés respectifs
une déclaration de sa cour , contenant
", que S. M. Prussienne , imitant l'exemple
,, de l'auguste chef de l'Empire , avoit pris
la résolution de faire marcher avec toute
la célérité possible un nombreux corps
,, d'armée pour la défense & le soutien des
99.
99
و ا
99
Le ministre électoral de Bohême remit
ensuite une déclaration conforme à la précédente
; il ajouta de plus : ,, que l'Empe-
,, reur , son maître , venoit de mettre sur
le pied de guerre toutes les troupes Au-
,, trichiennes , pour le rétablissement du
,, repos & la défense de l'Empire . ,,
FRANCE.
De Paris , le 11 Décembre.
Chambon a été installé dans les fonctions
de maire de Paris , & a prêté le serment
requis en cette qualité.
Le buste de Mirabeau a été pendu avanthier
à la Grêve , par le peuple . Cet homme
dont les grands talens avoient reconquis
l'estime que son immoralité lui avoit
fait perdre , est convaincu aujourd'hui d'avoir
reçu de l'argent de la liste civile , &
d'avoir été l'agent sur lequel la Cour comptoit
le plus .
not ,gemeren 289 .
yourlo 7 упописи асп текоТРИ 18
se
*
( 660 )
Capet & de la série de questions qu'on devoit lui
faire , mais ces deux pièces n'ont pu encore être
présentées à la convention nationale ; le rapporteur
avoit eu trop peu de temps pour se préparer à ce
grand ouvrage . La commission des vingt - un présente
, en attendant la fin du travail , un rapport
préliminaire sur les crimes du ci - devant Roi . C'est
un exposé exact & assez lumineux , mais un peu
foible , de la conduite de Louis XVI depuis la
révolution.
Ce matin , la séance a commencé par la lecture
de l'acte d'accusation contre Louis Capet. C'est
Barbaroux qui l'a présenté au nom de la commission
des vingt - un. On y a vu avec assez de précision
les principaux délits de Louis XVI. Chaque
grief étoit suivi de l'énoncé des pièces justificatives
qui en fournissoient la preuve.
Louis Capet , ci-devant Roi , a été conduit
aujourd'hui , de la tour du temple à
la convention nationale , où il est arrivé
vers les trois heures du soir ; les mesures
les plus sages avoient été prises par la municipalité
, & approuvées par le conseil - exé
catif pour la sûreté de cette marche , & le
maintien de l'ordre & de la tranquillité dans
Paris. Il a été ordonné à tout citoyen de
rendre en armes , dès huit heures du
na tin , au quartier de sasection , sous peine d'etre noté comme mauvais citoyen . Une
triple haye de gardes nationales bordoit la
Toute sur les boulevards depuis le Temple
jusqu'à la convention nationale . Louis Capet étoit avec le maire & deux officiers municipaux,
dans une voiture garnie en tôle , précédée & suivie de plusieurs pièces de
canon & de mille deux cens hommes tant
d'infanterie que de cavalerie ; trente officiers
municipaux , décorés de l'écharpe , entou- roient la voiture ; le long de cette route ,
la garde nationale portoit les armes basses.
Ce qui a fait le plus de plaisir aux vrais
républicains , c'est que la multitude immense
a respecté dans le ci - devant Roi son malheur
, tout en détestant son crime ; elle a
concentré son indignation contre le coupa auditoire. Il expose ensuite aux citoyens des tri-
& l'a vu passer dans le plus profond
ble
;
silence
.
En exécution de l'arrêt pris par le conseilgénéral
, le 5 de ce nois , on avoit enlevé
rasoirs
La convention décrète que l'acte énonciatif des
délits du ci -devant Roi servira de série de questions
pour son interrogatoire , & qu'après la lecture de
chaque grief, le président dira au coupable : Qu'avezvous
à répondre ? Le président est aussi autorisé
à lui faire les questions qui pourroient naître de ses
réponses ; & à le faire asseoir à la barre .
Barrère , président , annonce que Louis Capet
est à la porte ; il invite les représentans du peuple
à se pénétrer de la grandeur de leurs fonctions
il leur rappelle qu'ils forment un tribunal sur lequel
l'Europe à les yeux fixés , & dont la postérité
jugera le jugement ; il les exhorte à se montrer
dignes , par leur silencieuse gravité , de ce grand
bunes ce qu'ils doivent aux représentans du peuple ,
du peuple dont ils font partie ; il leur interdic
sévèrement tout signe d'improbation & d'approbation
, & leur rappelle le silence & la dignité froide
aux
prisonniers
du Temple
un grand
nombre
qui
accueillirent
Louis
XVI
à son
retour
de Vad'instrumens
tranchans
, tels que
ciseaux
, couteaux
, lancettes
, & compas
rennes. Nous devons dire que l'assemblée s'est
constamment respectée pendant l'interrogatoire
& qu'elle a été respectée des tribunes , qui , à
pour
rouler
les
cheveux
, instrumens
pour
l'exception
de
quelques
malveillans
, n'ont
besoin
les
pieds
,
canifs
, nécessaires
de
chasse
.
Louis
, en
le
fouillant
, a haussé
les
épaules
,
en disant on ne doit rien craindre de
moi
. Antoinette
a ajouté
: il faut
aussi
nous
enlever
nos
aiguilles
, car
elles
piquent
bien
vivement
.
Louis avoit envie de conserver un petit
écessaire & un couteau qu'il avoit depuis
cix ans. Tous ces objets ont été déposés au
secrétariat.
CONVENTION NATIONALE.
Séance du mardi 11 Décembre 1792 .
La séance d'hier soir étoit consacrée à la discussion
de l'acte énonciatif des délits de Louis
que de l'exemple.
Louis Capet est traduit à la barre . Le président
lui signifie le décret par lequel la convention
s'est constituée en tribunal pour le juger. Mailhe
lui lit l'acte énonciatif ci - après de ses délits.
Le président reprend ensuite cet acte , grief par
grief, & à chaque grief demande à l'accusé ce qu'il
a à y répondre. Louis n'a pas décliné , comme
Charles I , l'autorité du tribunal qui le citoit ;
soit foiblesse , soit raison , soit espoir de rendre
sa cause meilleure , il a rendu cet hommage à la
souveraineté nationale. Il n'a pas prononcé de discours
; pas fait d'observations générales ; il s'est
contenté de répondre en peu de mots à chaque
question ; il a demandé communication de l'acte
d'accusation , des pièces justificatives & de son
interrogatoire , & réclamé un conseil,
( 661 )
Du reste , ses réponses ont été précises & courtes.
A toutes ses questions relatives aux délits
antérieurs à ce qu'on appelle l'acceptation de la
constitution , il a répondu que jusques à l'époque
de cette acceptation , le voeu du peuple ne lui
étoit pas connu , & qu'il s'en rapporte à la déclaration
qu'il laissa en partant pour Varennes. A
toutes celles relatives aux délits postérieurs , il a
répondu ou en rejettant les délits sur ses ministres ,
ou en niant les faits , ou en alléguant le besoin
de sa propre sûreté. Cette dernière réponse est
celle qu'il a faite à l'interrogatoire qui avoit pour
objet d'éclaircir le rassemblement de la force armée
dans le château des Tuileries , les 9 & 10 août ;
& il a ajouté qu'étant instruit que le château devoit
être attaqué , il avoit cru devoir défendre une autorité
instituée par la nation.
• Quant aux pièces , Louis Capet n'en a reconnu
que deux ; savoir un projet de lettre à écrire à la
Fayette , & un état de sommes à distribuer dans
un des fauxbourgs de Paris. Il a désavoué ou déclaré
ne pas connoître les autres.
Louis s'étant retiré par ordre du président , deux
objets se sont offerts à la délibération de l'assemblée.
Il s'est agi d'abord de savoir si Louis Capet seroit
renvoyé au Temple , ou s'il resteroit , jusqu'à sa
seconde comparution , dans le bâtiment des Feuillans.
On a préféré le renvoyer au Temple. L'autre
point n'a pas été aussi facilement décidé , & cependant
il devoit l'être encore bien plus. Nonseulement
on a mis en question si l'on accorderoit
un conseil à l'accusé , mais cette question a été la
matière des plus vifs débats & d'un tumulte si
violent , que le président a été forcé de se couvrir.
Enfin pourtant l'humanité , la raison , la justice
ont triomphé , & il a été décrété que l'accusé
pourroit se choisir un conseil .
Alle énonciatif des crimes de Louis , dernier
Roi des François.
Louis , le peuple François vous accuse d'avoir
commis une multitude de crimes pour établir votre
tyrannie en détruisant votre liberté.
Vous avez , le 20 Juin 1789 , attenté à la souveraineté
du peuple , en suspendant les assemblées
de ses représentans , & en les repoussant par la
violence du lieu de leurs séances. La preuve en
es: dans le procès - verbal dressé au jeu de paume
de Versailles par les membres de l'assemblée constituinte.
Le 23 Juin vous avez voulu dicter des lois à la
nation ; vous avez entouré de troupes ses représentans
; vous leur avez présenté deux déclarations
Royales , reversives de toute liberté , & vous leur
avez ordonné de se séparer. Vos déclarations &
les procès verbaux de l'assemblée constatent ces
attentats.
Réponse. Il n'y avoit dans ce tems - là aucune
loi qui exista sur cet objet- là.
Vous avez fait marcher une armée contre les citoyens
de Paris. Vos satellites ont fait couler le
sang de plusieurs d'entr'eux , & vous n'avez éloigné
cette armée que lorsque la prise de la Bastille
& l'insurrection générale vous ont appris que
le peuple étoit victorieux , & libre.
R. J'étois le maître de faire marcher les traupes
comme je le voulois dans ce tems- là , & jamais
mon intention n'a été de faire verser le sang.
Les discours que vous avez tenu , les 9 , 12 ,
& 14 Juillet , aux diverses députations de l'assemblée
constituante , font connoître quelles étoient
vos intentions , & les massacres des Tuileries déposent
contre vous .
Après les événemens & malgré les promesses que
vous aviez fait le 15 dans l'assemblée constituante
& le 17 dans l'hôtel - de- ville de Paris , vous avez
persisté dans vos projets contre la liberté nationale
; vous avez long- tems éludé de faire exécuter
les décrets du 11 Août , concernant l'abolition de
la servitude personnelle du règne féodale & de la
dime ; vous avez long- tems refusé de reconnoître
la déclaration des droits de l'homme ; vous avez
augmenté du double le nombre de vos gardes-ducorps
, & appellé le régiment de Flandre à Versailles
; vous avez permis que dans des orgies faites
sous vos yeux , la cocarde nationale fut foulée
aux pieds , la cocarde blanche arborée , & la nation
blasphémée ; enfin vous avez nécessité une
nouvelle insurrection , occasionné la mort de plusieurs
citoyens , & ce n'est qu'après la défaite de
vos gardes que vous avez changé de langage &
renouvellé les promesses perfides. Les preuves de
ces faits sont dans vos observations du 18 Septembre
, sur les décrets du II Août , dans les procès
- verbaux de l'assemblée constituante , dans les
événemens de Versailles , le 5 & 6 Octobre , &
dans le discours que vous avez tenu le même jour
à une députation de l'assemblée constituante , lorsque
vous lui dites que vous vouliez vous éclairer
de ses conseils , & de ne jamais vous séparer d'elle.
R. J'ai fait des observations que j'ai cru justes
& nécessaires , sur les décrets qu'on m'a présenté.
Le fait est faux sur la cocarde , & devant moi &
jamais ça n'a existé . Je ne me rappelle point positivement
de tout ce qui s'est passé dans ce temslà
, mais le tout est antérieur à l'acceptation de
la constitution .
Vous avez prêté , à la fédération du 14 Juillet ,
un serment que vous n'avez pas tenu. Bientôt vous
avez essayé de corrompre l'esprit public , à l'aide
de Talon , qui agissoit dans Paris , & de Mirabeau
qui devoit imprimer un mouvement contrerévolutionnaire
aux provinces ; vous avez répandu
des millions pour effectuer cette corruption ,
рассудин сухани , vau Hongen aen tekomen in
( 662 )
vous avez voulu faire de la popularité même un
moyen d'asservir le peuple. Ces faits résultent d'un
mémoire de Talon , que vous avez apostillé de
votre main , & d'une lettre que Laporte vous écrivoit
le 19 Avril , dans laquelle vous rapportant
une conversation qu'il avoit eu avec Rivarol , i
vous disoit que les millions qu'il vous avoit engagé
à répandre , n'avoient rien produit.
R. Je n'avois pas de plus grand plaisir que de
donner à ceux qui en avoit besoin ; mais cela n'avoit
aucun trait à aucun projet.
Dès long- tems vous avez médité un projet de
fuite ; il vous fut remis , le 23 Février , un mémoire
qui vous en indiquoit les moyens , & vous
l'apostillates . Le 28 , une multitude de nobles &
de militaires se répandirent dans vos appartemens ,
au château des Tuileries , pour favoriser cette fuite
: vous voulûtes , le 18 Avril , quitter Paris pour
vous rendre à Saint-Cloud ; mais la résistance des
citoyens vous fit sentir que la défiance étoit grande
; vous cherchâtes à la dissiper , en communiquanc
à l'assemblée constituante une lettre que
vous adressiez aux agens de la nation auprès des
puissances étrangères , pour leur annoncer que vous
aviez accepté librement les articles constitutionnels
qui vous avoient été présentés , & cependant le
21 Juin vous preniez la fuite avec un faux passeport
; vous laissiez une déclaration contre ces mêmes
articles constitutionnels ; vous ordonniez aux
ministres de ne signer aucun des actes émanés de
l'assemblée - nationale , & vous défendiez à celui de
la justice de remettre le sceau de l'état.
R. Je n'ai aucune connoissance du mémoire du
23 Février. Quant à ce qui regarde mon voyage
à Varennes , je m'en rapporte aux réponses que
j'ai faites à l'assemblée constituante , dans ce tems - là.
"
L'argent du peuple étoit prodigué pour assurer
le succès de cette trahison , & la force publique
devoit la protéger , sous les ordres de Bouillé
qui naguère avoit été chargé de diriger le massacre
de Nanci , & à qui vous aviez écrit à ce sujet
de soigner sa popularité , parce qu'elle vous se-
Toit utile. Ces faits sont prouvés par le mémoire
du 23 Février , apostillé de votre main , par votre
déclaration du 20 Juin , toute entière de votre
écriture , par votre lettre du .... à Bouillé , & par
une note de celui - ci , dans lequel il vous rend
compte de l'emploi de 9 cens 93 mille livres donnés
par vous , & employés en partie à la corruption
des troupes qui devoient vous escorter.
R. Cette accusation est absurde.
Après votre arrestation à Varennes , l'exercice
du pouvoir-exécutif fut un moment suspendu dans
vos mains , & vous conspirâtes encore. Le 17 Juillet
le sang des citoyens fut versé au Champ - de-
Mars Une lettre de votre main , écrite en 1790 ,
à la Fayette , prouve qu'il existoit une coalition
criminelle entre vous & la Fayette , à laquelle
Mirabeau avoit accédé. La révision commença sous
ces auspices cruels ; tous les genres de corruption
furent employés ; vous avez payé des libelles , des
pamphlets , des journaux destinés à pervertir l'opinion
publique , à discréditer les assignats & à
soutenir la cause des émigrés. Les registres de Septeuil
indiquent que les sommes énormes ont été
employées à des manoeuvres liberticides.
Vous avez paru accepter la constitution le 14
Septembre ; vos discours annonçoient la volonté
de la maintenir , & vous travailliez à la renverser
, avant qu'elle fut achevée .
R. Ce qui s'est passé , le 17 Juillet , ne peut ,
en aucune manière , me regarder , pour le reste ,
je n'en ai aucune connoissance.
Une convention avoit été faite à Piinitz , le 24
Juillet , entre Léopold d'Autriche & Frederic Guillaume
de Brandebourg , qui s'étoient engagés à relever
, en France , le trône de la monarchie absolue
, & vous vous êtes tû sur cette convention
jusqu'au moment où elle a été connue de l'Europe
entière.
R. Je l'ai fait connoître aussi- tôt qu'elle est venue
à ma connoissance : au reste , c'est une affaire
qui regarde , par la constitution , les ministres.
Arles avoit levé l'étendart de la révolte , vous
l'aviez favorisé par l'envoi des trois commissaires
civils , qui se sont occupés , non à réprimer les
contre-révolutionnaires , mais à justifier leurs attentats
.
R. Les instructions que portoient les commissaires
, doivent prouver ce dont ils étoient chargés ,
& je n'en connoissois aucun quand mes ministres
me les ont proposés.
Avignon & le Comtat Venaissin avoient été réunis
à la France , vous n'avez fait exécuter le décret
qu'après un mois , & pendant ce temps la guerre
civile a désolé ce pays. Les commissaires que vous
y avez envoyés , ont achevé de le dévaster.
R. Ce fait-là ne peut pas me regarder personnellement
; c'étoit ceux qui étoient chargés de l'envoi
que ça regarde.
Nimes , Montauban , Mende , Jalès avoient
éprouvé de grandes agitations dès les premiers jours
de la liberté , vous n'avez rien fait pour écouffer
le germe de contre - révolution , jusqu'au moment
où la conspiration a éclatée .
R. J'ai donné tous les ordres , pour cela , que
les ministres m'ont proposés.
Vous avez donné le commandement du midi à
Wigenschein , qui vous écrivoit , le 21 avril 1789,
après qu'il eut été rappellé , quelques instans de
plus
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le