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1784, 05, n. 19 (8 mai)
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MERCU -RE
DE FRA N C E.
P 1 È C ES F U G l T 1 V E S.
EN Y E R S E T EN P R OSE •
.A ·p A u L I N E , en lui envoyam un
Couteau dé Toilette.
QuE de ma f;Lce nou~eau gage
ETrant for votre ' front, n'y lai!fe aucun nuagt!
-· Que for un minois enchanteur ·
n enlèye de la blancheur
Pour~n découvrir davantage 1 - ~- 1
Que· dans un emploi li gafant,
Au gté de la main qui vous pare •
Sur un cou q'albârre il s'égare !
· Mais qu'il aiguife Con tran~ha'nt,
~i qûelque téméraire Alll3nt,
- -libre cémoin de vos tni!etres,
Ofoit 7. par des foins affidus,
- ~a. 19, 8 1~aï" 17lL1-. C
Go gle
MERCURJ:
'Par des n1anières indiCcrm es ,
Donner à votre tein quelques roCes de plus.
(Par M. de la Louptière.)
\ R 0 M A N CE.
i'Ylujique de M. F O D o R l' atné.
U N loir , dans la fo- rêc pro - chai- ne
Du hameau qu' Ann ~tte ha bi - toit, Clitand
re aux é - chos ra - con - toit Sa
'=~ ~~~~--@~!~~~
vi-vc ar-·deur , fa don - ce pei - - ne.
An- net - ce vient de m'o rdonner De
fuir pour ja· mais fa pré- fcn- ce ;
· Go gle
DE FRANCE. p
l~~~{~:q?sμ~
Eli: - ce craint ~ , efl-ce : n~ dif, fé - ren - ce l
Je voudrois bien le de- vi - ner !
J.E l'entends par foi~ qui fredonne
Les vers galans que je lui fais;
F.lle fe pare des bouquets
Que totis les matins je lui tlonne;
Mais elle vient de m'ordonner
De fuir pour jamais fa préfoncc.
Efr~e crainte, &c.
L'Âu'I"iu foir j'embralfai Lucile,
Je vis mon Annette pâlir;
nientôt cachant fon dépl aifir,
FJle affeétoic un ,air tranquille:
Ne puis-je pas la foup~onner
D"avoir un peu de jalourie ?
Efr-ce amour ou coqueccerie? _
Je nudrois bien le deviner? his.
D!!llRigRl! uu gros arltre cachée,
Annette ~coutoit fon a~ant;
Go gle
c ij
MERCURE
Il s'exprimoir li rendreme11t
Que la Bergère en fut touchée:
A le fuir, pourquoi m'.obll:iner?
Montrons-nous , dit-elle : ah ! CUtandrc 1
Un foupir que m viens d'entendre
Ne laiffe rien à deviner. !Jis.
( Par M. Louvet. )
LE Re1, SON Fns 6• L'ESCLAVE. , Fable.
LE lils aîné d'un Souverain,
Par mille excès honteux démentant Ca nai'ifancc,
A fes Sujets, qu'il opprimoir d'avance,
Annon~oit un fceptre d'airain.
(Souvent l'abus fuit la puiffance.)
A tant d'affreux déréglemens
Il fallut mettre des entraves:
Le Roi mande fon fils; il fait en m2me-tcmps
Amener à fes piés le plus vil des efclaves,
Er commande à tous deux d'ôter lcnrs vêremens:
" Monllre indigne du trône & du jour qt1i t'éclaire;
l>ir alors à fon fil le Monarque févère,
" Vois le corps de cer homme & le compare au tien.
,. Obferve, conlidèrc bien
,. Si l'un de l'autr en rien diffère,;
Go gle
DE FR ANCE. J3
" Er maintenanr dis-nous en quoi
,. L'~'(c!ave efl: difl:ingué du Roi? .... »
L'Enfanr Cenrit le pnids de cette remontrance!
Il ~omp0t que chaq'1e mortel
D'une Conche commune a voie ciré nailfance;
Et qu'entre nous il n'efl de différence
Que le mérite perfonnel.
(Par M. le BaÏlly , Ayocat en Parlement.)
"Éxplication de la Charade,, de l' Énigme &
du Logogryphe du Mercure précédent.
LE mot de la Charade ell: M. de la H aqJe;"'
'- celui cle l'hmgme efl: Hier; celui_ du Logogryphe
efl: Prifon, où l'on trouve Piron,
Roi, ris', Sion,, Ji,, pois ,/on.
* Elle faic allufion à la première repréfe.matio11
de Coriolan, au profit dés Pauvres.
'
c iij
Go gle
H MERCURE
CH AR ADE.·
UN ~oup de mon premier venant à mon dernier~
Peut te rendre content: devine mon entier,
"
É N 1 G-M E.
lE plaifant animal! comment Cc peut- il faire
Qu'en lui coura.m la queue il dcvicnm: Ca mère>
Et qu'cncicr il a:c moim de plés
Qu'cne de fcs moitiés?
Entier, nous le mangeons; mais, ô prodige étrange!
Quand il cil: à moitié le mall1cureux nous mange.
(Par M. le Comte d,e Chemi:za'ieu.)
L 0 G 0 G R T P H E.
J·1:xtRcE dans ce monde on fi )'Îbin emploi,
Que fans fixer tes yeux davantage fur moi,
Au plus vire je v a i~ décompofer mou être.
li ;enferme huit piés. Târh.e de les connoître.
Ils t'offriront d'abo rd un terme de blaCon;
Cc qui nous rrnd fa vans; un no™bre ; une faifon;
Un morceau convoité par les gens à ton(urc;
Un arbre très-fameux dans la Sainrc-Écrimre ;'
Cc que prcfque jamais on n'appone en nailfanr,
Et que parfois~auffi l'on n'a plus c11 rnouraRc;
Go gle
D E F R A N C E. f 5
Ce qu'un Fermier nous paye; on pays où Théf~é
Aux dangers les plus grands vie fa vie expofée;
Un malheureux défaut qtte le pauvre fouvenr
Reproche, avec rai Con, au coeur de l'opulent.
J c pour rois bien encore ajourer aurre chofe; ·
Mais lorfque !"on dl las, Leél:eur, on fe rep11Ce.
(Par Mlle la Savette.) -NOUVELLES LITTÉRAIRES.
ÉTB.EN NES' Lyriques, Anacréomiques ,pour
L'année 17lS4, pré(enrées à MADAME.
pour la q~rnrrième fois, le 25 Décemble
i 78;.
Les vers font cnfans de la lyre ;
Il faut ltS chanter, non les lire.
LA MOTT!:.
A Paris, chez l' Auteur, rue des Nonain"'.
dières , N°. ;i.
Nos Leêl:eurs peuvent Ce rappeler 3''ec
quelle complaifance officieu(e nous avons
annoncé cette Colleétion trnis années de
foire. le projet nous en _avoir paru très- bon,
fur tout dans 1111 terμps ot'i les Rrcneils font
fi en vogue. Notre /\ia~ ion a plus que toute
autre le génie du vaudedle. 11 n'y ·a guères
de jour à Paris qut ne voie éclorre des couplets.
Succès, revers, modes nouvelles, dé-
C },
' Go gle
56 M ER CU R l
couvertes dai:is les Arts , défa fl:res effroyables'
tout cil: pour le François Ull fujet de
ch:mfons. Quelque médiocre que ce choix
• :a ir éré ·jufq uïci, on a cru devoir lni concilier
la bienveillance du Public, en en rendant
le compte le plus favorable. On chercheit,.
& cela étoit jufl:e, à procurer à l'Éditeur
un débi t qui le mît à portée d'être plus févère
dans la fuite. D'ailleurs , il paroît à la
même épo')ue pluliears Recueils du même
genre, & !'on fait qne le feu! moyen de les
rendre meilleurs, c'efl: d'établir entre eux
une forte de concurrence. On ne devoir
donc pas s'a rte1dre que celui ci, au lieu de
s'améliorer , dût dégénérer d'.année en année.
On allégne ra fans doute pour excufc >
que cette fois on ne vouloir offrir que
des Pièces nquvelles. Cettainement, à mérite
égal, celles -ci doivent être préférées.
Mais il vaut bien mieux re ctteillir les b.mlles
chanfons qui ont paru dJlls l'année, q11e
d'en publier de très médiocres ou de rrèsmauvaifes,
fous préte xte qu'elles font neuves,
quoiqu'elles ne foienr en eftèt le plus
fouvenr que le rebRt des Ouvrages périodiques,
où l'on a coutume d'en inférer. Je dis
plus: les Éditeurs des Colleél:iens annuelles
doivent 11voir pour but de faire un triage
parmi les Pièces Fugitives des Journaux ,
dont le choix ne peur pas être toujours trèsfévère.
Le Rédaél:eur des Étrennes Lyriques
pardonnera fans doute ces obfervations , s'il
a delfein d'en profiter : il doit les. regarder
Go gle
D E F R A N C E. 51'
pfur&t cornrne un ~ vis que comme une critique.
Auili, fans entrer dans les moindres,
détails for les Pi èces q11i ont paru répréhen.
fibles, & pnrmi lef quelles il y en a plufieurs,
où la rime même eft défeél:ueufe, on va fe
borner à cirer celles qui ont paru excellentes.
Les jyges les plus difficiles trouveront que
cette épirhère ne dit rien de trop, {Ï on l'applique
à la chanfon de Mme la Comtetfe de?
Turpin ,-à fon mari, qui revenoit de Corfe.
A IR: On corr.pttroit lu Diamans.
MES regards ne cherchent plus rien;.
Ils n'enviuient que ta préfence :
Et ton coeur va payer au mien
l.es longues dettes de l'abfence.
Tu reviens enfin près de moi,
Et les jeux, le bon beur tranquille:
Reviennent encore avec toi
Habiter ce champêtre afy le.
QutTTElt l'objet de fes amom:s,
C"dl: fe féparer de foi-même.
Un Héros tient d'autres diiiours;,
Mais je fuis époufe, & je t'aime•
Sans toi les'jours les plus fereinsSont
obfcurcis par la trill:eife;
< lis s'étei~nent dans les chagrins•
Et font perdus pour la.tendretfe.
Ji fais bien que da jeune Amouir
Le 1emps jaloux brife Les armes; c.,.
Go gle
MER c u R 1E
Je fais que ac Dieu chaque jour
Dérobe à mon front quelqtJes charmcsLe
temps dl: l'cfpoir des Guerriers,
Et le temps dè l'effroi ~es Belles;
.II rend plu~ beaux de vieux lauriers,
Et flétrit les roCes nouvelles. ·
MA 1 s s'il a détruit mes appas,
S'il no•is ravit l'enfaar volage;
L'amitié qui vi·ent for Ces pas
Des hivers ne craint point l'outrage.
Qu'elle a de grâces & d'attraits!
Oublions l'Amour lJUi s'envole~
S'il eau Ce en fuyant n<;>s regrets,
Sa foeur nous 1efte & nons <:onfolc;
Vo!S tes enfans à ton cqcé,
Vois ton époufe Catisfaite;
Et dis nous quel le volupté• (
Qu~! autre bien ron ca:ur fouhaitc?
L1:s Dieu:11 te donnent à la fois
, Tout ce q4i fla tte & cc l]UÎ brille.
La gloire t'attend chez lçs Rois•
Et l'amitié dans ta famille •.
AMITIÉ, filis luire fur nous
Un ciel pur, .les jours fans nuage:
Viens de m; rayons les plus douJ!
Éclairer le fo.it de uotre âg~.
Go gle
DE FRANCE. f9
Le cceur Ce nourrie de ces feux ;
Il s'uCe au fl.imbeau de con frère.
Dans Ces bras on meure plus heureux;
Dans les cicns la vie efl: plus chère.
Ce n'd1: point U cctre manière afembiq.ué
& entomllée, ni ce ramage foi -difonr .poétique
de ces Rimeurs qui ne fonr des vers
que parce qu'ils en one lû, & que leur oreille
a pris une Corre d'habirudc de la mcfo1 e •.
C'dl: un mêlani:1e de raifon & de frnlibdiré
d ouce; c'ef.l: du vérirable efptir, ce qui dl:
infi11imenr rare. Combien l'idée de la bea1:1ré,
comparée à une rofe , dl: heureuferncot
rajeu nie !
Il rend phis beattx de vieux lauriers,.
Et fl.:crit les roCes r.ouvcnes.
Cerre image efl: allffi limple que neuve;
anffi vraie quï.ni;énieufe. C'dl: un exemple à
prop6Cer à ceux qui prennent p ·mr neuf ce
qui n' efl: en effer que biz.1: re & recherc::hé.
M. de Piis n'efl: pas roujours- e~empt de ce
reproche. Il (e pique d'être original au point
qu'on imagineroir quelquefois qu'il veur imi·
ter le petit-Père André, qui, par gageure faifoit
cmrer, dir· on , dàas (es Sermom les idees les
plm fingulières, &, ~'il efl: permis de le dire,
les plus bifcornues. li ferr1bl·e qu'on prenne
plaifir à rimer anjourcl'hui les bizarres penfées
dt1 Cm1re d'Oxeniteirn, & de l'l:.fp:ignol
Balrazar Gracian. M. Je Piis doit lailfcr ces
étranges rdfourccs à ceux qui voudroient
C vj
Go gle
.,o MERCURE
\ {emphcer le ralrnr qni leur manqne par les.
i:êv eries d'u11c imaginarion folle & dérégl~e.
Il a trop d'efptit, & de très-~on efprir ,
p<rnr ne pas renoncer à ce mauv~is genre. Sa
lJièce iorirulee La Ref/ignaâon Epicurienne~
plaira à tous les Lcél:eurs. . ·
A I R : Que ne fuis-je la foug'ere.
HÉBÉ m'efl: prefque ravie;
:Mais je fuis bien convaincu
Qu'un fage au quart de fa, vie
Doit avoir déjà vécu,
Couché for un lï'r de rofes,,
En paiiible Épicurien,
Je de lire peu de chofes ,
Et je ne regrette rien.
ON ne voit plos de ma lyreDécouler
des vers d'amour ;. ·
Mais ceux qu'Ovide foupire,,
J.e les redis nUir & jour.
Ra!faiié faos ivrelfe,
Et fi dèle par ennui,.
J'aime à préfent ma malttetfc·
Sans aimer celles d' a urrui,
L <s den: coudes fur la table~.
Vainement je me promecs
l)e contenter l'hôte aimable
Qui la [urcharge de mets-;,
le. 1:;urne 11ne faim lér;~.~
Go gle
D E F R A N 'C E. '°'
Comme an malade en repos
Guerre-un rayon de lumière
Au travers de [e.s rideaux.
Lfi>RSQUE Li.goutte me frappe
D'un invilible poignard,
Vers le hufic d'Efculare
Si je tourne un feu! regard ,.
Cc n'efi pas y1:1e je me livre
Au doux cfpoir de guérir;
Je ne cherche point à vivre,
le cherche à ne point mourir,
CONTREBANDIER d'Amathontc,,
J'ai fait des larcins divers;
Mais Vénus fur par trop prompte:
A charger mes piés de fers.
Qu'importe que je me tra~ne
Avec un peii plus d'effort?
Je trouve , en cachant ma chaine•,.
A commercer dans le port.
Sr la mort efi afi"ez bonne,.
Avant de m'en dégager,
Pour fouffrir qu'Amour me fonneLc
quart d'heure du lkrger ,
l'e defcendrai d'un air braye
Dam ma dernière m:.i Con ,
Comme aujoqrd'hÙi dans ma EiiVC
Peut li perdre. la. Elli(ini.
Go gle
'.t.. MERCURE
Voilà ce qni s'appelle du bon efprit & de
la bonne gaîté. C'efi par .de femb!ables couplers
que M. de Piis nous coufolera de
la perte de M. C ol le, fun devancier , ~ont
les chanfom font pleines d un bon f ens jamais
commun, mais jamais bizarre. La Nature
lui 1Voit abf.,Jumenr refufé fa grâce &
_ l'harmonie. Mais fa préci(Îon efi !~ éroRna'.
nre, fa cautl:iciré (Î gaie & IÎ intlruél:ive ,
qu'il fera roujours regarde comme le meilleur
des Chanfonniers dt' fon 1emps.
Parmi crnx qui anno11cenr auiourd'hui le
talenr de la chanfon, il faur compter M. Giraud,
dom le \lOm p;1ruir pour la p remière
fois d:ins les Etrennes Lyriques. Son Buveur
de Vin, en réponfe au Buveur d' Eau, efl:
une Chanfon pleine de verve. & érincelante
d'e(prir Ses couplers à Rofe, font auffi déli-:
cars qu'ingénieux. Les voici.
(
A 1 R : Pour la Baronne.
Lio nom de Ro(e
A julle droit te fut rlOflné·;
l'Amour, qui prévoit toute chofe,
En nailîànt t'avoit ddliné
Le nom de Rofe.
F.tR- TOUT des ro(es
Snr tes pas fillent le plailir ;
Il Cl\ cil: 1ui foot lettres c!ofcs;.
}.-lais )e vois des yeux •lu d::ÛI
Par-tout des ra[~.
Go gle
l. -
/
,. .
D E F lt A N C E. 6J
C'EST uac rofc
Qui fi1r con teint s'épaneuie:
Lorf9ue ca bouche à demi- clofe
Avec finellè nous Courie,
C'ell: 1me rofe.
Bot1TON de rofe
Se clébac fous le clair linon;
Si ton . !ein jamais ne repofe,
C'cll: que cu redens en p~ifo11
Bouton de rofi:.
D't1N uoeud de rofe
Vénus a le front couronné;
Ec Macs 9 ai fa .fierté dépofc •
Languie mollement enchaîné ·
D'un noeud de rote.
<.::'EST une rofc
Dvnt Flore fe pare au. printemps:
Si d:tns (es bras Zéphir repofe,
Quel charme a fixé l'ioconfl:ant?
C'dl: une ro[è~ ·
PAR.FUM de roft
S'qhale , & vienc nous cffieurer.
Heureux!' Amour, li l'Amouf ofc
l'tdfcr ca houche & refpitcr
Parfum de Rofc.
Nous aurions encore à citer plufietui
thanfons., fi nous p~uvi_ons offri.x à: nos Lee-
Go gle
~4 MER CU R El
te.urs toutes celles qui nous our paru jofie'
& agréables. On doit difünguer rntre·amresje
· Train de vie d'un Campagnard, par M. de la
Lou prière, & le Demi-Scrupule, dans lequel
il a alfez bien faiG le ge nre un peu gai de feu
Collé. On trouve de l'efpl"it & de la correél:
ion dans les cauplets de M. Santerre de
Magny. Sa Pièce fur les Couleurs offre des
traits ingén'ieux. Calui-ci, par exer-.iple. Le
verd , die-il ,
/
Rend· à la Nature
Qui langui lfoit dans l'hiver,.
Toure fa parure.
L'arbre de vie-nt plus épais,.
Et Com fon· ombrage frais,
Néris CJUC j'y m~ne exprès.,
Aime la verdure. '
L'Amour Portier_, par M. le Gros, pr~frnte
une aliégorie qù1 fin?t très - ag~éabl~
menr.. I ·•
Ar R: fupiur un jour en fureur.
C0MME i.! ;cond'uit les jaloux!
~crmme il trompe leur vigilance t
Qu'il fait avec intelligence
Ouvrir , fenner les verroux.
R:uféj, Coigneux ,..doué de :zèle,
:Et d'efprit. bien plu u'il n'en fauti ~
Ce Portier n'a ~u·u défaut>
Cert q,u'il n'efl·eas fid
Go gle
D E F R A N C E. 6;
, S'rL pcuvo:t chez vous s'é tablir
Malgré la laideur de fou vice ,
Er s'il y faiCoit Con Cervice
Àu gré de votre ddir;
Vous que j'adore fans le dire,
:Belle Églé, le chaifcriez-vous,
Si jufqucsà vos genoux
Il ofoit m'introduire?
On remarque da11s les couplets intitulés
L' Accident, par M. Gar***, ce talrnt qu'il
avoir déjà {i bien employé dans Ca jolie chan·
fon , J'ai vû Li.fa hier-au fair, de voiler fous
la gaze décente des images poétiques , les
idées les plus difficiles à faire entendre,& que
néanmciins on ne prnr pas dire. Des cot1 plers
de MM. la Chabeauffière, I3odkin, Bari é,
Choifi, Labiée, &c. annoncent beaucoup d'e[prir.
Ils ont cerre rournure légère & badine~
qui e(l:, pour ainfi dire, la pbyfionomie du
bel ef prit François, dont beaucoup d'agréables
fe piquent, quoique la plupart 11'e11 ayent
que la grimace. Plufieurs Pièces de M. du
Chofal annoncent un talent facile, mais Lm
peu trop enclin à la caufiicité; Con llyle eft
trnp négligé, il manque abfolumeDt de pré- .
ci fion; il d0it fonger que quand le fiy le efl:
foible, l'idée ne peut jamais être piquante,
La romance intitulée: les Regrets de Lameth,
par ·M. le Chevalier de Cubières , offre une
fcène patriarchale à la fois neuve & antique,
qui fe termine par un trait de morale très·
Go gle
66 MERCURE
henreu1. Il nous a porté fes plaintes fur IC!S
altérat\ons qne cette Pi èce, & for rom celle
du Tremblement de Meffine, one foutferrcs
ent1'e les mains du Rédaél: eur. Nous aimons
à croirequece 11 'efl: point à delfei11 , mais par
erreur & par négligence, qu'on lui a prêté plufienrs
mauvais vers qu'il de fa voue; & nous invitons
le Rédaéteur à veiller avec plus de foin
for fa typographie, qui dl très · défeétueufc.
Au furplus, on dl: étonné, en lifanr les
Recneils du jour, d'y retrouver à chJque
page ce foux bel-e(prit également fade &
précienx , qui étoit Î1 fort à la mode avant
le grancl Corn{'ille , & que Molière & Defpréaux
a voient emièrement rl écrédiré. On cite
qurlquefois comme un modèledu plus parfait
ridicule, ces vers du Poëme de la J'v! addeine •
• • • • • • Elle s'ocCUf< à punir le forfait
De fon ttmps prltérit qui ne fut qu'imparf.iit,
Temps de qui lt futur reparera les pertes .....
Et le préfmt cfl rd que c'c!l: l'indicatif
D'un amour qui s'en va jufqu'à l'infinitif. .....
Mais c' cil: dans un oegré toujours fuperlatif,
Et ta"urnant contre foi toujours l'accufatif.
Ces inepties recherchées font fourire de
pitié le juge le moins difficile. Eh bien! croiroit'.
on que ce mauvais goût otit p>U féduire
un Poëre agréable & leger , qtü a Couvent
enrichi les C olleétilms annuelles de vers 19leins
de délicarelfe , & rie corrcébon l Si l'on ea
doute, qu'on life les couplets fuivans.
Go gle
D E F R A N C E. 67
DANS la Grammaire des Amaq_s
Sachez conjuguer fans b~/icle;
s-ac6ez bic11 dillingller les ttms •
Soyez for-tout fons fur l'article:
Le temps pajfé [err rarement,
Tâchez toujours d'êrre au préfint.
MARIS, prenez garde au futur,
Craignez le verbe auxiliaire.
Dans votre fl:yle toujours pur
Pendant lorig-temps v~nlez .vous plaire?
N'ufez j~mais d'in:pératiJ:
.soyez toujours à l'optatif.
On ne p~ur trnp décrier ce pitoyable gen..;
re. Il ell: îndi(prn(able de rappeler ::rnx modernes
beaux e(prirs, l'arrêt de prn(cr:prion
que l'Aureur ries Femmes Sawmtes & celui
de l'A rt Poéti que ·~ onr irrévocablement prononcé
co1m e rous les Cocins palfés, préfens&
à venir. Cel111 qui a donné occalion à ces
ob(ervarions, doit recormoître qu'il éroit eCfemiel
de les faire; foi1 exernple n'eût pas
ma:,qne de trom per heaucoup de jeunes faifeurs
de vers; & d'ailleurs on le prie de Ce
rappeler qu'il a reçu plus 1i'une fois des
éloges lincère~ & mérités de !'Auteur de cet
article, qm ne craint p:i~ d'être cléfavoué par
les vrais juges, en ofant dire que Ca plume
Loue avec joie .& blâma avec courage.
Go gle
6S MERCURE
NÉ.C ROLOGIE. . LP.s produél:ions miles, & mê~e l'exercice
honnere des ralensagréables,font des bienfaits
envers la Société; ainG l'hommage qu'on
rend après leur mort aux hommes qui fe
font difhngués dans les. Sciences , les Lettres
01~ les Ans , ell: tout-à.- la-fois un alte de
jt1''1:ice & de reconnoi!fance. Ce devoir devi~
nt plus cher & plus facré, quand ils ont
inrérdfé par les qualités du coear, comme
ils fe font illufl:rés par les produ::èiomdeleur
er,p n.t . ·
Tel a été M.!' Abbé Bexon, Chanoine &
Grand Chantre de la Sainte Chapelle, qui
vienr de nous êrre enlevé par une mon précoce
& imprévue. li éroit né à Remiremont
en 1748. Apnt pris de bonne heure l'état
EccléGafl:ique, il s'éroit fait connoître d'abord
par trois Ouvrages : le Sy(lême de la.
Fmilifacion, le .Catéchifme d'A~riculture,
& l' Hifloire de Lorraine; Ce dermer, qui e!1
rell:é-imparfait, n'efl: pas la meilleure de fes
produétiom, quoitiu'il ait des parties ell:imables;
c'efl: une Hifl:oire qu'il vouloir
écrire, & le mérite qu'on y remarque efr
étranger à l'Hitl:orien, Le titre des denx autres
Ouvrages en démontre {eul l'uriliré. L'un
& l'autre annonce de l'efprit & des connoiffances;
l'un & l'autre efl: diéèé par l'amour
du bien public; mais le dernier, par la for--
Go gle
p E F R A N C E. ~ ~
me que l' Auteur lui a donnée, dl: plus fait
pour ~rri' er à fon bue; il efl: plus à la porcée
de la-multitude; & rians les Sciences économiques,
il efl: moins dfenriel de parler aux
Savans que d'êrre entendu par le peuple,
parce qu'il s'agit moins de faire dilputer fur
la théorie, ~ue d'érablir uue prauque fructueufe.
1
Le Syjlême de la Fmilifation & le Catéchifoze
d' Agriculture, éroient plus conformes
que l' Hifloire dr: Lorraine, au goût & au
talent de M. !'Abbé Bexon; :wOE ont ils
réuni un plus grand nombre de fuffr~ges.
C'efi par ces effais préliminaires qu'il fe renàoir
digne de la glorieufe adoption du Na~
curalifl:e François; c'ell: par eux qu'i l méri~
toit , fans y prétendre & fa ns le fa voir,
d'être aifocié à fes cravau ~ immortels.
De pareilles ldepcions font trop honorables
pour que l'envie & la malignité ne cher•
chenr pas d'o1dinaire à rabailier ceux qui en
font les obJers. On ne manque pref que jamais
de leur difputer le rifre de Cooper teurs, pour
les cond.rniner à celm de Covill:es; mais le
choix qu'on a fait d'eux les déd~mm:ige & d it
les confoler; le frul aéte de leur a!lociarioo efl:
un titre d'11n n1orral iré; & l' dlime qu'il (uppo·
(e de la part du'gra nd Homme qui les adop·
ta , en arrell:an leur méri·c • lm donne une
forte rle CanétiGn qni d l: r erpeété~ d'âge t'"1 âge.
M.1' Abbé Bex on a V"o1r e!h vé le ""!ème reprc
che ;,& ceux qm onr vou! · foi dilpurer l'honneur
d'une coaperat1on effeéti\·e, n 'étoient
Go gle
70 M ER CUR E
point guidés par le defir d'ajouter à la gloire de
M. de Buffon; ils Cavent rrop que fon pro·
prc fonds ef[ plus que (uffifant pour l'immorcalifer
; mais ils cherchoient Je plaifir
malî11 de retrancher à celle d'un homme ttGp
honoré par cecre ad.option , pour n'être pas
envié.
Au refèe, l'l\bbé Bcxon, difciple modcfle
& reconnoif[111r, fenroir avec enrhouliafme
Je génie d'un Maîrrc qu'il émir d.igna
d'apprécier; & il n'a pas ecé difficile de s'appcrcevoir
que fou talent avoir infiniment
gagné en fe rapprochant de lui. Il écrivoic
avec plus de pureté, & peignoir avec un
plos brillant coloris. Il n'efl pl us permis aujourd'hui
de laiffer à. la Science fon coflume
ancien, c'ell: à-dire, Con appareil fcientifique,
fa fafüdieufe obfcurité, & foR langage
pédamefque : au 1ner~re dL1 Savant , 11 fau t
joindre le ralenr de }'Ecrivain. Fontenelle le
r.remier rendJ[ la Science acceHible à. tous
es efprits; il lui donna la grâce & la clarré ;
M. de Buffon y a joint mutes les richcffes de
l'éloquem:e. Ce n'ell: pas que cet exemple ne
foit devenu dangereur.:; on ne (aie plus écrire
une page d'Hill:eire Narnrelle fans I~ prétention
au beau tlylc, fam l'affiche du ton ora ..
ro:rc ; mais la gaucherie des i mir~ucurs ne
peuc fa ire aucun torr au.x grâces de lem modèle;
ils peuvent fe ridiculifer fur fes traces ;
fa gloire n'en demeu re pas moins entière.
L'aménité for1n oit la bafe du caraélère
de M. !'Abbé Bexon. Il avoi< même dana
Co gle
D 'E. P R A N C E. 71
rabord &. dans la conve1 fa[Îôn cttrc douceur
qui, dam les grandc.s villes, dl: propre à armer
la dc:6ancc , ceru polirefi'e que la connoiffa11cc
du inonde fair foupçonncr d'un
fcnrim cnr intérdfe; mais on s'a pperccvoic
l.ienrôr qμc ce qui n'efi chez rilm d'aunes
qac l'arme de la dnpl1caé, étoir chez lui
l'e1prefl.ion d'un coeur atfeét:ucux, & qu'il
djfo;t un mot :Jj?;rcablc, faute d.c pouvoir
rcnd1c un bon office.
Cc caraétère heureux le rendit aimable;
ac il fur aimé. Quelle confolacion pour
l'homme à ralcm, de pou\·oir fc dire au
mo.Ocnt de quirtt:r Ja VÎC ! mon cf prit m'ac•
t1uir de la gloi re; je dois encore plus à ruoa
coeur, il m'a f.i. it des amis; fi mes Ouvrages
plaident la caufe de mon génie, l'amirié
confacrcra l'éloge de mes venus: loue par
la uns , pleuré par ks aurrcs, j'aurai fn
réuRir rour cc que Ir ciel pe11r accorder à la
aoble •ml>ition de !"homme.
La fon•Re même avoir commencé à payer
aajufle rribur au mérite de M. I' Abbé Bexon;
fon Hifloire de Lorraine ("oyant fait conJIOÎtte
à ccrre Reine autli aimable que fcnfible.
qui, ayant à choifir parmi toutes les
Jaaill"ances humaines, préfère toujours celle
de la bienfaifance , clic lui accorda fa prou:
ttiom, qui lui valur ua Canonicar de la
Sùote-Chapellc; & il dut cnfuitc à l"cflime
de fon Chapitre la place de Grand Chantre,
..U lui a éré donnée unanimement. Mais la
~ac lui a pas laiJfé le temps Je jouir ni
Gu gk
71 MERCURE -
de profiter de ces avantages; ~ il n'a lailfé
à une famille honnête & vertueufe, qu'il
a voit ra!femblée autour de lui, d'autre fortune
que la gloire de lui apparrenir.
On envie quelquefois aux Gens de Lettres
lfs bienfaits qu'on accorde à leurs talens; &
h>n QUblie les facrifices qu'ils ont faits,
& les longues années d'arrence qu'il leur en
a coûré. On les accufe d'avoir encore des
defirs 011 des befoins, après avoir eté récompen[
és; & l'on ne fonge pas que leur aifancc
aél:uelle dl: employée à couvrir leurs infor·
runes paflèes; ils n'en ell pas 1m~ins vrai,
que s'ils ne fom pas nés avec de la fortune,
ils n'en profitent pas quand elle arrive, parce
que le p.1 lfé qu'ils OL1t à rép.arer, dévore cout
leur bonheLir préfent ; & leur pofition ne
leur permet guères de jouir que quand l'âge
& l'excès du travail leur en ont fair perdre
les facu !rés.
M. I' Abbé Bexon n'e!l: pas arrivé à ce terme;
la mort qui l'a for pris au milieu de Ca
courfe , lui a épargné ces regrets peur augmenter
ceux de fes amis ; en nous forçant
de louer ce qu'il a fait, elle nous oblige à
regretter ce qu'il auroic fait eacore; car.,
cumme nous l'avons déjà dit, fes dernièru
produéèions prouvent qu'il avoit acquis des
forces nouvelles, & que les années n'.auroienr.
fait qu'ajouter à fon calent.
( Cet Article ejl de M. Imbert. )
SPECTACLE~
Go gle
DE FRANOE:E. 7 l
S P. E C TA C L E S .
.ACADÉMIE ROYAL.EDE MUSIQUE.
LA premifre r'eprJfenr:aiof'l ~ dcS -Dana'ida
:'l attiré·, coirime Oil devoir ~·y attendre, uot
affluence prodigîeufe ·; mais' l\ne grande pa'rrie
des Speétareurs y om :tP:poné des pré''
entions & des di(po(itions fi difféïcnrcs -,
qu'il feroit très-d1ffic1ie de démêler le verriable
femiment du Public fut !"Ouvrage.
dlns l'effet qu'a produit cette prCtJ!ière reprffenrarion.
Ceux quÎ s'Jtr1e~d,o icnr ,à v~ir un fpeél:adè
dfrayam, ont ere eronnes d y trouver plu,
de fêres que de terreur; ceux qui c(péroient
y trouver les grandes imprdlions clc
la Tragédie , n'~, one pas éprouvé un in ..
rérêt, affcz touchant & aJfez varié ; c_eux qui
~·ocCupoierit .à démêler dans ln mufl.èjue ce
qni pouvo~r appartenir à M. Gluck ou~ fan '
.Elève,. ont reconnu hiférnenr dJns l'e(prit
général, de la compofüiç;n ) cette manière
gnn1de, fane, rap!.de & vraie qui clraétéri(c
le fyM1ne du cré:iteur dé b ml1Gque Dra
··ip.:\iiqne; .pu. is ils ont cru appcrcevoir en
Jn2m~ re:1l1ps dans les det.ails1, fur-tour dans·
]e 1é,cir11 . tif~ dans la. tournure du chanr, un
ïlyle pan.i;:;\_ilier, mah qui ara10ncc uf.\ talent
fupéricur (k de la plus grande efp,érance
N°. 19, ~ Mai 178f." D
Go gle
;>4 MERCURE
pour notre Theâue. Enfin ceux des Spccrarturs
qui, fans prévenrion & fans fyfl:~me,
s'abandonnent franchcmC'nt aux iinpr~1lions
n:nurclles des objers, om cte vi"cmt'nt happ
és de b. nouveaure, d~lanc.hdl~~, ic l.1 va11é·
té inaucnduc que lem :i offe1 res ... e Spccl: 1· IC'.
Au milieu de ce1re c0ntrJriét.éde !e111Î 1~ (ns,
nous ne nous pcrmeurons pas em .. orr d\x~
pofer le nôrre; 1101 s av nns bcfoin d':uh:11rs
d'obfcrver l'effet dc plulicu1s rcprefem 1tiu1s
de cet Opéra pour être en e1ar d'avoir une
opini on fur les beautés & les defams de la
mulîque, nous 1~ous comcmcruns dans cet
arricle de faire qudques obfcrvarions fur le
plan & la conduire dn Poëme.
Les Poëtcs qu i , jufqn'ici, ont mis fur
le Théân e le lol.1êmc fujct, ont fatc Hr
permnejlre & non les D ana'ides; c'dl:-à·d1rc,.
qu'ils om fondé l':i étion & l'iutérê[ de leur
Drame fur la fiiurnon terrible d' Hypernmeftre,
condamnCe par fon père à égorger fora
amanr. C'<"ft :iinfi que l'ont conçu Mécaflafc,,
Lafom, Riouperoux & M. Lcrnicrrc, donc
h Tragédie, bien Cupérieure à celle dc-s trois
anrres > dt une de celles qu'on joue le plus
fouvem au Théâtre Frar;çois.
Mais le fujet d'une belle Tragidie n'eA:
pas roujaurs propre à faire un bel Opéra.
L'Aureur des Dana'ùl es a conçu un plan plas
va/le & plus hardi, & l'a c~écuté avec un
arr & des relfonrccs qui prouvent une grande
connoi!fance du Theâr re Lyrique; mais nous
troyons en mêmc·temps qu'il s'eil rromp;
Cü gk
D E F R A N C !':. 7i
(nr l'<fftt principal de Ion Ouvrage. En
faifan~ poner l'intcrêr de fa Tragcdie fur la
litoarion d Hyp<rmneflre & de IJncu, il
a voulu (ulpcndre &: animer encore CC'l interêt
P3r les oppoGrions de fêtes, de gaîré, de
Yolupre m~me, q~1 'il a répanch.ies dans la Scène;
mais il nous tCmble que l'imérêt dl. foible,
parce qu'il m:moue de mouvement & Je
variére, & qu'il cfl: encore refroidi par les
tableaux & lrs danfcs trop p ro longées qui
dctounu~m rrop long· [Cmps l'arcention de
l'all:ion principale.
L'expolÎtion forme on tableau noble &
impofaoc; & la Scène d'amour fntre Hyp__
ermntjlre &: Linclt pr épare bien l'inrérêc. Le
fccond Aéle préfente un table:iu heurcufcmcnr
conuafl:e avec le premier; & la Scène
de DaRaÜs avec fa fi.lie , qui le termine ,
place les Speébrcurs dans le moment le plus
inréreffom de l'aétion; m:iis dès ce momrnt,
la fituarion d' lfypermnrjlre eft tellement décidcc
qu'elle ne peut plus changer ju(qu'au
dcRouemcnt; les Scènes qu'elle a cnfuitc
avec fon père & fon amant ne peuvi:m ixéftmcr
que le même rrouble , la même pcr ...
plcxiré, les mêrni:s fcnrimens ; & il feroit
4illicile an Poëre de lni faire dire d<S chofes
que fa firnation feule n'exprimât avec plut
d'cnetgie, & que l'efprit du Spcêtat<ur ftnJiblcn'cûrprévenues.
C'cfi là, à ce que nous
croyom , le plus grand défaut du plan. Dans
le iroitième Aête, Hypermnejlre & J.,yncée
font oubliis au milieu des danfcs qui abfor-
D ij
Co gk
;G M E R C U tcE
bene !'~lttl'nrio n des Speélmeurs. La m1nière
dont le banquer d [ excc uré ue prepare μas
d'ailleurs aefez nam rell ement la Scène J' Hy•
psrmnefl.re entre Dana.ü.1 & Lyncée.
·· Au quatrième Ade, ln. Scr11e de D anaiis
& de fa. fille ne peur pas êrre d 'un gr:rnd
effot, parce que com cc qu'ils ont à (e diic
dl: crop pré\'u , & n'offre qu'une reμ é·
ririon des n1 èrn~s iMes & des mê01ts (entimens.
l a Scène d'Ji_1permnejlrt & Lincc.'c
tfi: d'un grand in té1êr, bien conçue & bien
di a!qgpée p·tr le Poëre; c-x écur ~e avec cha·
leu r & r.\>ec énergie par le Mulicien; ell.c fe
rerminc ro-ir avec un grand rffer (j le. fignal
du meu~nre & les cris cl. es maris égorgés
ero'iem rendus avec plus dïnrérêr & de vc ri1é.
L'arFivé'! des D 'mai'de.r _, qui vienncnccha1ucr
& d:rnfer, ~ e ur s poignards enfanglanrés à la
mAin , pardÎr rrop brufquc , & nç produit
p~s, à beaucoup près, l'etfet qn'on en pou·
voir an endre; mais ce n'é;oir p:'IS la première
intention du Poë1c. 11 les faifoir venir
an cinquième Alte , vêrttcs en Bacchanres,
:ivec dts poignarrls, des tyrfes& des rambours
de bafque, trnnf ponécsrle fo reur & d'ivrcilè,
ch amane une hymne à B?. cchus, & cclebrant
une efpèce de t'êre i l'honnu1r dc ce Dieu. C'broiti,
à ce qo'il nous fembl e. une idCe h:1rdie &
' rrès- poéti 'luë, mais quï avoir be.foin pouc
la m11ft qne & la pantomime d'une cxecurioll
ple·i~e de monvcment , de verve & d,: ch;r
leur. En rra1lfponant ce Labl cay au q 11 :1.tti,
nie Aéle , on lui a fait perdre i3 plus
Co gle
,1
1
1
D E FR AN C E '77
grande par tie de (a vraifcmblance & de fori
e tfet; n1ais on a cru fons doure que Let Atle,
.crop (évè.re & rrop r.url., av9it befoin d 'êt~ç
rdcve pa r du fpeé.b.cle; & l'on n'a pas vû
que certe tr:i.nfpofoion rendoic abfurdt:. la
Sdnc du cinquième Alte , où Danaüs demande
à llypermnejlre G elle a rué Lincée.
L.t firu<m on d'fl)'pamneflre au commeo ·
crmcnt du cinqllièrnc Aéle) cfl: n:i.tureile &
bien exprimée ; mais le dénouemenr nous
raroît la panic la p!us défrétueufo de t'Ou·
~·rnge) & il nous femble que c~dl: i'cpi1iion
géue rale du Public. On ne prnr s'empêcher
de 1cgreuer que l'Ameur n'air prts adopté le.
coup de chéâ1rc qui forme le d ~nc.nemenc de
la. Tr.::gédie d'Rypermneflre; il )' ero it auror
if épar l'emploi qu'ont fair du mc':me moyen
p lu!Îeurs~uteurs 1Jranoatiques4 On ne fait
pourq110i l'Anrcur des Danai"des f.1ir poignarder
D anaüs par fon Capi1ai11e des "Gnrd
es , donc la rrahifon n'a été préparée par
rien; c'clt ~ It ére r g:ra ru itemcnt Lll1 tïair con ..
fJC1·é de la Fable des D aneides, & rappelé
d.lns le Po~me m&mc par D,w.::iis ,,"qUI a!lèg~:
c.- à fa fille !'Oracle , par lcqt11..l il dl: me ..
n i.cé dt: périr de !a main d'un de i~s gcndr~s.
J\lais la foibldfe de la catallroploc efhéparéc
par le gh nd tableau du Tartare , oü Li
réunion d'une decorarion fllprrhe , d'une
p01n tomirne terrible & d'une muGque pleine
d'énergie, form ent un des Spcélacles les pltt~
fra ~pans qu'on aie encore préfemé~ fur aucna
rlu:.~ae. . . . o:if .
Go gle
r
7S MERCURE
Nous reviendrons fur ce Poëme dans Ult
:rnrreaniclr,& nous rendrons compce enluitc:
de la multquo & de l'exécution de l'Opéra.
COMÉDI E FRANÇOIS E •
. [F.. Mardi 1.7 Avril on a rt-préfcnté, pour la prc•
mière fois. la Fe>llt l ournlt , ou !t Mariagt J1
Figaro, Com~!ic en cinq A'1e1 &: en profc, par M.
de Beaumarchais.
Cet Oovr:a..,c faft Cuire au B11rbitr dt Slvillt •
<Wmtdic du ~êmc Auteur. Nos Lcdcurs (c fou '
f'Î .:nncn t que dans ccrtc Pièce, le Comte AlmaViva,
aidé du Barbicc Figaro, vient à bout d'ob ..
tenir le ccrur & la main Je Rçi finc, pupille du Oocrc>
Jr Dartholo. Dans la Folle follrnle , le CQmtc ,
déjà ralf.tfié de foa bonlicar, dl: (lcvcm1 infiJèlc. ll
nég:igc Ca femme, k prHcnt~ inJ1fl:iofumcoc Con
ho{llmagc à to1.m. -. s les jolies perfonncs qui l'approchent;
m;iis Suzanne, première Cama1inc etc la
Comtclfc, dl: l'objet qui l"occu?c le phn fécicuCc ..
ment. Cette S11z.annc dl: promi(c à Fi~aro, qui n'dl.
plus Darhicr, mais Concierge du chàteau d' Agu as
FrrfiaJ, Elle dt memc Ca fiancée. le Conne a formi
le projec de la féduirc; il a m~RlC chargé B.nilc de
hii faire des propofüion5. D'un :rn:rc côté, la Com•
rdfc, délaitfée par fon mari, a p ~is, p'lur un <impie
imtrb de bicnveillancc , les rcndru frntimcns qiac
Jvi a i•Cpirts un jcuoc Page du Comte, appelé Ch~ ..
.ruhin. Cc jeune Page dl dans l'âge nù le coeur com•
JftCOCC à fcotir Je bcfoin .l':timcr. li arfo rc h Com•
u:QC, qui dl: foc alliée &': fa ma ruine; mai! r:ttn•
r:u le rcfpcll • par une rimidiré inféparablc de9 prc-
9'1ièrn paflioA5 , &. n'ofant lui pulcr de cc qu•il
4$ro.evc • li en parle à to11rcs les jc •ccs illa •
Co gk
DE FR ANCE 79
château , & principalement ~ SU7.annc. Tandis que
le Comtç projette~ riue la Comtdfc fe laitfc: entraîner
doucement aux tendres mouvcmcllS qui l'agiienr.
'lue Figaro &: Su"Zanne s'occupcm de hâter
l'înlhnt Je lem bQnhcur; Marcdine , ancirnne
Gouvernante du Dolleur Banholo, fc propofc de
faire valoir les draies qu'elle a acquis fur la rwain de
figaro, &: mande Je Séville le Dalleur Con ancien
iMaître, pou.r la fotm:nir f.:ms fes réclam:aions. Tel
dl l'état d!s chofes , lorfque commence l'aétion
de J.a Folle Journée. Cet cxporé mmu llOS Led:cur5:
à panée de Cuivre facilement l'intri~ue dont nous
, allons donner les décails 1 fans néoinmoins noas appefancir
for quelq ues objets l\éceffaircs au Théâue pour
la Jiaifon des Scènes & l'i~tcl!igcnce d,çf dév-elop•
pcmens, mais qu'il [croît abfurdc de rappon?r dans
ube analyfe.
Lor r'lue !c Comte Alma· Viva s'cll mar\é, il a Cupprimé
le Droit du Scii:;neur dans frs Dom:lines. L':i·
wour qu~ lui a infpiréSuz:mne lui do nne des regret.~
fut la fup prcflion de cc Droit; m:tis il ,.a Fromis de
doter la belle Camari Ile, & pour p~ix de la dot, il
cxigc1qu.e Su;zanne lui donna un rcnde?;.-vous le joue
tdc ton mariage, & le traite cornm:::: fi le Droit du
Sc igncurn'érc>it pas Cupprimé. Snz:inn..: infiru1r figaro
des ddfcins du Comte. Audacieux, adroit, fpi1îc:.1el •
jnrrigant 1 celui- ci (c promet bitn d'y met:re ob[.
c1de ; il n'cfi effrayé nî par l'humeur q:ùl va
.donnei; au Comte, ni par les men.:ic.es de Marcelinc
/,t. dn Doét-eur B.mholo, & marche à [es 6.'.ls avec
&e courage d'un homme C]Ui compte for les rdtô:.irces
de Con efprit. Suzanae , rdl-éc {(-u\e, reçoit bientôt
la vi!ite du petit P:ige, qui, cotit. en lailf:mt éclater
{~ fcnrimens pour la Comtclfe, cardfe Su2a1rne, &
lui avoac 'J.UC, dcp1üs un certain temps, la vû:=, le
fci.;.I raom d'uoc fille ou J'uo-c fi:mme produ~fent en lui
dcsmouVQO\CilS q_u'il n'a jamais~ connus. Il appe 1·~oit
Div
,_.__ ___ Go gk
Se MER CU R E
Une n;he d·.t riiatih p':léée Cur le do~ d'ùn fouteuil; il
dem ande auffüÔt à ,uunrc eu riue c'dl:. Dès qu'il
.,pprend. que «t c robe apparticm à fa nurraim.::, il
en :urachc un ruban, m11lgrê \~ e-1Tor1s de Su:z.annc.
Petite querelle, qui -dl intenompuc par l'arrivée du
Cvmre. Snz·:mne cache lr. ~~c 1lcrrièrc le fumml. le
Comte ne vient que dan~ l'intcn1iou de pnrkrd'amour
à la belle Cam:w!lc, il cherche 3 l'éblouir par acs promc!
fcs, a:nfi cp1'à \':mcndrir. Il cil inrcrronirn à fon
tou~ par l':rrrivfr de B;11ile. Ccminc il ne veut pas
Cu c furpris en t~te 3. •ètc a\'CC Sdunnc, il chC!rche à
fc cacher , Suzanne s'y opro(c; maii il paffc malgré
elle derrière le fautettil, qLtc le petit P<lge q11itrc .à
l'iRllant pour venir fc blottir dans lîmfricur de cC!I
même fanrtu:~, dont le .dofficr , va fic & plein , le
cad1c abfolumcnt :rn Comtc. La robe dtt marin~
que le ha.fo:-rt n rlacéc Et très- heurcufcmcnt, dt
j-.:téc rar SU?anne for le dev3nt & fur le derrière dn
fau-euil , & cmp~chc ~n7.ilc d':tp\'C"rcevoir ks dcut
rerfonncs czch~cs. Ce Dazi'e 1 Agent du C81D!C.
f.1it des propofitions .3 la jeune perfonne, qui le\ rejene
avec dèd:iïn DJ?.ile p i'lu~ lui reproche ~c n'é!rc
p:i~ li (~vère :t\feC tnut Je monJc, Je- fo uffrir les
affi,luitésde Chérubin, &de n'y1pas ê1ré infeuhble.11
\·éccnJ avec ccmp!aifance for le carall:ère de cc
Paf.!:C, qui, non cor>tcnt de foufirn pour b Comtdfo,
va conr:tn: fon do•1!C"111 rt'!U l m.1nyrc a A:outes
l e~ femmeJ du ch3.re:m. L1 1ourn:Jre <'\~ FrcPd la
convc1 fadon ne permet pas au Comte de, refür plus
long-remp c.aehé; il pnoit., Elemaml..: à Gazile l'e ..: ..
plicarion de fcs difcours ; Bnil:- vl':i.1t revenir for lès
p:is & crcufer le peiit Pap;e , mais en vain. Le Comte
s'dl: apper~u en partie de la véiicé de cc <\u'a dit fcn
Agent. la veille il dl entré chez. fon Jardinier, il a
tro~1vé Ca fi !e F:mchcm: ~u i, après :ivoir rardé b~:au ..
coup à lui ouri r l:i: fN~e. h1i a p:tru très·cmbar ..
raffCc. Ccr embarras lui a fuü foup~nuer du b1r~
Cu gle
D E F R A N C E. !lt
(i!rc; il s'c(l approché, dit· il, d\m rideau, & avan~
ant la main cioucc:mcnt, il l'a levé avec viv:icicé.
Le Comte, en faifanc cc récit, veu~ fie;urer la pan-
1omimcdc fon aétion d::: la veille, il étend la main
for la robe tJUi C0'1vrc le: fauteuil, kt tire vi\'emem,
& retrouve Chérubin à peu· près dans la même pofüion
où il l'a tronvé d1cz. Fanchctu:. La fütiation
des pcrfonn':l!!;C:S devient ici cttrêmc~cnt comique.
Le Cnmte efi furi e u~ ; Builc cil m1.1ct d'étonnement;
le petit Page n'ofc fori:ir de fa retraite, & Suzanne
n\:1foyc •1u'cn trcn,oblant ,t.,,. Cc difrulpcr Certe
Scène efl: foivie Je J'arriv-èe de la Comrdfo, accom·
pagnfr de Figaro &: d'un atfcz. ~·,1 and nombre des
Vaffaui du Comte. Figaro pr~c (on Maîrre de bâter
l'inflant où rlapnc for la 1ête de Ca fiancée, le chapeau
fpnbole di= la virginité, il donnera de l':i.uthcn-
1lcité à la füppreffion d'un drflit 'lui 1ùxiflc d~jà plus,
&:: fera la félicité de deux tendres ainans. Il Cc fait
app\:lycr par la Comtclfc, dont les infianccs forcent
k Comte à promettre de remplir fa promdfc Je jour
m~me. La ja!oufic que Chfrubi1l dom10: au CQmte
k rend (évèrc à (na égard, pour le punir, il veut
Je bannir du château. La Comtdfe demaudc fa
gracc &. l'obtient ; mais en 'accordaoc cetce grâce , le
Comte s'efl réCcrvC le moyen de l'é!oiguer; il lui
donne en conféq1.1encc de l'emploi dans fa I.t-g'ion,
le fui ordonne de panir for le champ, après avoir
demandé à fa ruarraiJ1e la cootinultion de fan .amitié
&: de Ca protetlion. Chérubin fe met à genoux-, &:
rc.~oit les derniers avis de !a Connelfc, iont la voix
tremblante annonce un trouble que remarque !e t:omtt.
El!c ei:pli<JUC cc trouble par l'intérêt qu'infpire un
enfant que l'or; dcO:inc lîttlt au métier clcs armes. Elle
{ort avec Je Comte, &: fig:uO fe: re1irc co s'occupanc
.lt!s moyens qui peuvent l'empêcher d'l!rre h dupe èe
fun. m.Ji:tre. Au fecond Alle, lè Th~âtre re:préfonte la
ciham~re à mucher de la Comtdfo; on ~pperçQÎl 'un
D v
Co gle -
~. M ER CURE
c:aJinc: àdmitc, & dan; lc f0!'1d nnc fenêtre quidoone
ll1r le janlin. Figam & SJ211n l'Jc fc réuniffcnt pour con•
fo~n l.i Comtdfo, qui gén,ir du infidé li tés .ic fon
lpom;:, lis Juj arprcnn::RC qu'i ls Ont formé Je projet
èc faire avo:-rcr tous Ces Acffciu~ ca éveillant fà ja•
loll1Îc. Hs propt1fcnt de llf' point faire panir Chbubin
c;ommc l'a orJonné lt" Cmmc, de le ca ~ber da os le
çhi°i.tcJ.u, de 1 b;ôillcr en fille • & de le fo ire trou·
'll:Cr le foir au rct1dc1 -vou .. qnc le Conne csigc de
Su-iarmc. Eufi n i ls p:n v1cnncm à conn in crc l'mcct·
~i·1c Hoti ne, qu'une tcl1c con duiuett indifpcn fa ble
pour le bonheur de tout le monde. Elle (c rend;
Chfrtib ir1cnm:, il cfl: crnb:irr:iffé i on lui fa it cha n•
ter une Romance qu'i l a coLn porée , & c cr~c Romance
prouve cla irement avec qud chagrin il quitte fa .
warrainc. Suunne . toujours ga ie , bad ine beaa.cotip
fur Je Jégu ifcment du Page. On J.,.i ctf.tyc un
bonnc:c , on lni ôrc. (on manteau; & pc:nd:int te ut cc
badi oagc , ChétoJbin dl aus gc: oou1 de: fa marraine•
~ u i , c:1-1 rc lcvagt une manche: de fa vd1c: , dtcouvre
Je ruban qu'i l a p ri~ 1mlgté 3uunnc, & avec lc:qud il
a en veloppé une !~ gèr e ble lfurc qu'i! s'efl: Fai te au bras.
1,.a Comtc:ffc s'cl!. f aîfit, quo iq,J'il foie taché du fang
clu !'a~c. Tanrtis que: , poor parv enir au déguifemc:nt
complet d.: Chérn1'i D. , la Camarifie dl allée cbccchcr
4cs habics par ordre: Je (a Maîm:Jfc:, le Comte revic:nr •
.{(: p1 ~ rc n1c: cl.cz (a fcminc, donc l'appancmc:nt dl:
ftrmé , & frap pe.. Gr:rnde inquiécudc. On· cache le
l'a ~c d.1os QD cabi oc:t, k la ponc s'ouvre. Un billet
;i.nonyR'le a •onné avis au Cùmcc: 1.1ue quelqu'un qW..
dnoic quitter le château d.rns le jour , y relleroit a11-
CO'ltrairc: caché. Il :t des foup)ODS; il q11efiionnc la
eomcc:Kc, qui lui rép~nd de manière à les coo 6rmc:
r. Il vc11r ouvr ir I ~ porte cln cabinet dans lcquél 1l
fc doute qu'il rc o.:ontrc1 a qu l:'lqu 'uis; il demande la
clef, on la lni refofr. Il menace d'enfoncer la ponc.
l>.:ndaat '<.:t~ cunycrfation , la Camarific 1cvi.w:.
c,, gle
D E F R A N C E. 81
entend la querelle de (es Maitres , Sc faos être
appcrçuc: ni par le Com'tc ni par l:t Conm:ilè, clic
fc cache dans l'akovc, Néanmoins, pour ne pas
compromettre fa femme, & pour s'•Jfurcr qu'il ne
fera pas trompé Jui-.au'.o.1e, le Comte ferme les portes.
&: fon avec clic pour écarter Ces gcm. Pendant
qu'il s'occupe de ces <lttails, Suu.one dit à Chérubin
de quitter le cabinet. Celui-ci en fort. Tremblant,.
tant pol1? lui que pour fa marraine , il ne trouve
d:autrc parti à prendre que celui de fauter par la fcnêm:,
cc qu'il faiL Suzanne .entre dans le cabinet ,
le Comte&: la Comtdfc rc:paroilfca.t. Celle-ci fe voi t ,
forcée d'avC'luc r <Ju'ayant projeté uric plaifamc:ric innocente,
clic a reçu Chérubin cbcz clic, & qo'ellc
l'a fai1 cacher dans le cabioct; elle fc fou mer à tout
pour Îon compte; mais clic demande à fon épou:z: de
ne point fe porter à des c:z:cès comre un enfant dont
il n'a point à fc: plaindre. Le Comte n'écoute rieu, il
r.rcnd la clef que la Comtclfc lui do11ne, & ouvic
c cabinet dont il voit fonir Suunuc. Il foupljOO!'l.C
q:J'cllc:. n'y cil pas feule, il y entre po11r s'en couvaincre.
Pendant fa courte abfcnce, Suu.one infuuir
la Comtcfi"c de tout cc qui s'cfi palfé. Le Comte
rentre, L'adroitcCamarHlc lui .r1~fc, ntelaSc~ne, donc
l'épou'I confondu d(nun:l:c l'c'lplic.niOR, comme une
lprcuve que la Conndfe a voulu faire de ra confiaucC
~n clic. Le Comte implore fon pardon, & l'obtient
avec peine. Arrivée de Figaro , qui u·~rant infi:ruit
de rien, dl fort cmbarraifé Je répondre aus qucftions
que lui fait fon M;aître, &: qui vient enfin à
bout de s'en tirer à fon honneur, à l'aid: de qnclttu::
s mots qu'il fa.Hic avec incclligencc. On croit que
tont et\: tcrmini6 fiu cet objet. Point du co111c, le Jar·
.linier Antonio vient, à moitié Ï\•rc, dire à Con Maî ...
uc qu'on jette dcs·homm::s p;1.r la fcnêm: de l~Com ·
1etfc , 3' -i-1'il en cl\ tombé UI\ à l'rnO:ant , qui l111i a
luifé 1 en tombam 1 un pot de giroflée. Quel dl cet
Dvj
11~ M E R C 19 R E •
homme"/ Figaro prCtc:nd que c'c:H lui, & en dcnne
des prcuvcs ·alfcz 1plaut1.bk .. s. Eh him, lui di; le Jar dini.
er, ptûfq;.i.t c'1ft VÔ!l.î, il faut tji.·t je ·vous rcn:le
un p~pitr qilt' vous ave{ lnijfi to'h!btr. Le: Comrc (c:
fatfit du papier, & demande -?!: Figaro ce que c'dl-.
Nouvel embarras. Tandis t{llt le Cmme développe
le papier, la Comrdfc y jette tln coup.d'oeil, <]Ui lui
fait cormoître que c'd't le brevet de Capiratnc rhnPé
au petit Paf,e; elle !'apprebd 2 Suum e·en un mût .
quî, répété par la Camar!flt, inAruirà Ci1n tour Figaro..
Après avoir feint de r~ve,r pcndarir qndque rems, -le
· fllÎéConcicrge prrnd ks artirudesd'u11 homme au dé·fefpoir
, & qui fc rappelle quelque chofr qu'il a
oublié. C'cft: le brevet de cc petit malhcnmi:r: •
die il: il prét.:?d qu"il y manque <1,Uclqueclwfe.Quoil
Jemande le Comte. Hel.i.rrnfcmenc, avant le remur
Qe celui-ci • la Comrdfo a ''U !e br~vet , & s'cfl:
aprefçue qu'on a oublié d'y appofct le cachet cles armts
Je fon mari.f:lk ledit furtivement à Sm.anne,qui
Je répète de même à Figaro. En honune adroit, Figaro
entflurc cc qu'il )'C!'utdirc d'une foule de petites phrafcs
qui annoncem la candeur & la bonhommie; enfin il
déclare que c'efl: te cachet qui m:mquc-. Le Comte 1"'"'
g.ardc,& apr~s ayoir v 11 qne c;: c:i.chetmanqneroelfct:
allons , dit-il, i! dl: décidé que je ne faurai rien. l\ l :!!r"
celine a prêté à Fi~aro une fommc ::iflèz confidérnblç:
celui-ci s'éft ob,igé de la lui parer, ou de l'éf<'tifct
2 défaut de paiement. En renféqu~ncc de cc C]UC
Jigaro n'a point payé , la "ieilfc gouv~nantc ,
accomp~J!:flée du Ooéteur Banholo , vient réclamer
la main d-u' débircur. On Mcidc que le procès va
-~rre plaidé Îur le champ. Le Comte ordonne d'a!Tcmblcr
les Cffi.:iet~ de foTI TriEfunal. Au rroilièmc Alle ,
1e Théâtre repréfrntc une SJl!c d'Audicncc. Avant
l'ouverture de C{"t•t autfüncc, le Comte, dans deux
frènes , la prcmiirc avec t:ir:--::r? , !::t fecondc- 3vcc
SL.~:rnne ~ chcrdi-: à pfoéuu fi. les fmurs ne cher ...
Co gle
D E F R A N C E. 81
c"heP.t fit~ à le faire kur dupe , l'un en feignant
d'iE:,oOrlr fès projeu, & l'amrc en faifont frmb!ant
Cc s',y prêrc r. li croit s'apperccvùir qu'on ic joue,
& il ne fi:: propofc pas moins qui= de fe venger éo
faifant perdre à Figaro fon procès , par un bon
Arrêt, hitn jufle. Le T1ibunal s';fl"emblc. Don
Gufman Bridtoffon, Lieutcnanr du Siège , Dauhlcmain
, Greffier', & fcs ;;,{felfcurs, prenneP.r-le•trs
fla.ces. On ~1'fel!e &m caufcs , après kfguel!cs
Vîcrit cclfe de M:i.rccline & de Fig~rn. On fait
kélure de l'écrit , port4nt promdfc clc payer, ou
d'éroufer. Le lcétcur -dt B.1nho!o. Au lieu d'l,u
il Et &. Figaro fc récrie. li prétend qu'çm falhfie
fon bitlcr. l 'onbkmaîn en faic lffJC (ecom!e lcdurc ;
mais quand il c\1 vient à l'objet des réclamations
de li~:lro, il déclare CJUC b. choie devient douteu(c:,
&: ciu'on peut ' également lire , & , &. ou, parce
qu'il y am~ pâté ' for le mot. F.n hOmn1c CJUÎ conuoi:
t les détours de la chicane , Banholo avance
que fa .Panic ne dvit pas moins criomrhcr, rircc
que 011., dans cette circonHa11ce , ne YLur-pas dire,
ou hicn , mais dans ltqucl; qu'aidi la pi:irafc
éram conp1c :ûnfi , laquellt fomm't je P'tJ'f'IUts
lui paytr dans et ch4uau , où je tipouftrai,
Figaro doit tout - à - la - fois payer Marcelinc &
l"époufrr thns cc chSte:m. Après de vives r~pauies
de pan &. d':>.orre , le Conne prononce , &:;
condamne Figaro à payer M:ircc!ine , ou à l'époufcr
dans le jour. Figaro dt forietn: ; cependant il
efpCre w~uver la fomme néceffaire pour rcmbourfer
Marcclinc. Mais qui la lui prêtera ~ 'Que diront
fes n•bles parens s'il époufc une -vieille chambrière
? On fe moque de la noblctîe prétendue de
Figaro. Il s'inditnc : cc Cro1cz-vous, dit· il , que
:n Ji me~ nobles puens n'avoient pas mis tm grand
.. prir à mon c1iftc1'lce , ils auroicnr attaché à.
" 1non bras dc1 marques fairt:s '}lOUr me: faire recoD.-
Go gle .
S6 MERCURE
u ocûtrc un jour~ ,. Il dit quelles foot ces marq11cs.
Auffi:'tét M.arcclinc dl: faitic d'étonnement & Je
tcnd rdfc. C'cfl: mon fi ls , c'dl: le •Ô~c, dir-cllc à
,Jartholo, c'dlcct Emmanuel que j'ai perdu. Ccnc
découvcnc ne flatte point l'amour propre de Figaro l
mais les c.trcJfcs de fa mère parlent à Con coeur , ac
il fait éclater fa .fcnfibilité. Danhg)o n'dl pas fi.
fcnlibl-: que Marcclir.c. li dédarc qu'il ne veut
point éroutèr la vieille • ac qu'il uc s'avouera i•~
mais pour le père d'un ç«rntmtnl tel que Figaro.
Marcclinc, Suunnc, &:'le tris· roturier fils du Docteur
l'cntourcn: &. le carrclfcm i ils ga~ncnt enfin fur
lui de confcntir .à devenir épollJ: & pcrc. Tout r:cla
De caJrc point avc'- les dclfcins du Co111.tc. Marcc ..
linc 1cconnu:. mère de Figare, Suzanne redevient
fa fiancée, & rien n'arrête plus le mariage. Il fc
retire, en rriaut Amonio, fon Jardinier, & onde
lie Suz.anne , de ne rien terminer fans lui avoir
p:1.r!é. Le Seigneur Alrva - Viva a obtenu de Sufannc
un rendez-vous for la brune fou, les gr'ands
maronnier' du parc La Comrclfe a été infiruirc
ciu rendez-voue, Elle Cngage (a Camarifie à foi prêter
lës habits , &: à lui céder fa place après avoir pris
les Gens. Elle fait mrotc écrire un billet par Suzanne
; clic l'auachc avec nnc ériogle , &: à la
Jin dll billet clic a écrit ces mots: Renvoyt{"m•i le
tdchtt. Le Théâtre rcpréfcntc alors la grande gale~
rie du cbâm1.11. C'cfl: là que le Comte doit Cc rendre
, &:. , en p~fcucc de fes vatfaiu: , au milieu
d'une fête imarrinéc à cet effet, tiosmer de ia pllbliciu~
à la fü0
pprc"on du Droit d11 Sci~ncur.
Les jetmcs Hflc.s du lieu viennent d'abord; on les
préfc11t• à la Comrdfc , qui , parmi clics , ca
clifiinguc une qu·c:·:c regarde avec intirlt , &:. qui
n'clt :iutrc cho(c que le pcrit P:age déguifÇ. Cc d&
guifemenr cil: bientôt connu , parrc què le 1 ardioia
A»towo, tt:ai a uouvC lt: chapeau de c:r jcllnc hom·
Co gk
f
1
D E F R A N C E. 37
n1c, am~Rc fon maître dans la galerie · , & lui
anootrc le Utncur qui a bri(é fcs gi roflées. 12et
~vèncmcnt découYre toute l'hi!loirc du cabinet;
m.iis la Comtc!fc , forre des découvertes qu'elle a
fanes~ r~pond le!lcmcnc aux qudlions du Comte,
qui renvoie le Pa~c; apres quoi la Gérémonic com"
1cncc. Au moment où il :uuche le chapeau virginal,
SU'Ulnac lu i remet le billet q1~'cllc a écrit pour
obé1rà CaMaitrclfc. Il faiftt, ?Our le lirc, l'infhnt
•"- cous les yeux fcmblcnt Ckfournés de fa perfonnc
&: fixés fur la fi'tc: il fc ri~1? c à l'épingle, la jette avec
Lumctt.r, tir,&. ch arrér..::c11anc les derniers mots, fc
reproche fa viv;u;ité , chcrcl c l'tpioglc, la trou\·c
&: fore à la t~c de tmu fon monde. A l:J. Rn de
la Scène <JlÙ fait , & dans bqur:lle Figaro caufe
avec fa mère de fcs rrojets • Fanchenc vient ' &:
dit qu'elle cherche p:u -touc Suzanne pour lui remettre
une épingle de b pan du Comte. Les cxplicarion'>
qu'amène ccne fatale épingle , découvrent
le myfkre du rcndci - vous. Figaro efi en proie
à 'o'J.s les tounnens de la jaloalie. Il ülate ~
ij menace , il projette. En vain Marcclinc
"Teat le rappckr aux principes qu'il vicnr d'établir
, à l'i ntrépidité dont il . a fait parade ; rien
ne le tranquil!i(e; il fort en forma ne .des projets de
nngeance. Au cinquième Alle , la Scène (c paffe
foU"i l'allée des gr.rnds maronniers. Su.r le devant du
Théâtre, à chaque côté des couliffes, dl: placé an
cabinet, Il cO: nuit. Figaro, fuivi de Baz.ile, de Mar·
cclir.(: , de Bartholo , de Bridcoifon & d'une foule
tl'atres. encre enveloppé dans un mantcatl. 11 prie
ceoir qui le fuivcnt de rcfier en cmbnCcaèe , &: de fc
préfemcr à un lignai convC'n u. Relté (cul, il p.cnfc à.
fun malheur, & jette un lo11g C{)up d'eril fur tous les
~ vi!'.ncm : ns de fa vie. Son chagrin s'en 2ugmc111c. Il
entend ~l u bruit ; il écoJ te. La Comceffc & Suzanne
u:rivc• cnlcm1ele, cllo:5 oot changé d'habit. S•·
88 M E R C U R E
z.annt, qui a (u les foup~ns de Figaro, n 1Jt lui fJire
esri:=r fa méfiance j elle parle haut, & tmit ce gn'e::e
dit dt fair pour lcd ~ fcfpé.rcr. Le pctic P a~e.qui cher ..
die la rc~üe F:lnchcne. arrive en chantant j il ap·
pcrçoir la Comtclfc, la prend p(l ur Suzanne , lui J1t
mille folies, nut l'cmbratfcr. Le Ccm?e arrive, re·
connaît l:t voiz de Con Page, s'approche_, reçoit un
b~ifc:r rldliné à Sruannc, ''eut -y ré.pondre p;tt urt.
fou lTict qne rc~oi t FÎij:tro, & qu'a efquivé Chérub!n.
Trompé par les vêtem~n~, la fru!c cbofc cp1ï : puillè
diflingm:r dans le crépofcc::h:,Ahna-Vin va d1oità la
Comdfe,qu'i'I prend auffi pou: Suzanne. Ccl!c-ci cil
à un des côtés du Théâtre, Figaro occupe l'aucrc. L:i
Comtclfc dt~uife fa voi:r , & dem2nde :rn Comte
raifon de fon infidélité. li répond par les cxcu(cs
communes aux éroui: libertins, & enn-c dans Je
«lfo1il des niorcns que doivent employer les femmes
rcar fixer leurs maris, h ne lu 91Jhfitrai pas J dit la
Comteffe, rnojours en déguifant fa voii: ; ni moi ..
dit 5U7.aune; ni moi, répète FiQaro de fon côté. JI y
a de l'écho ici, dit le Cornu. Comme "Cet écho Jui
donne de l'in<piiérude, il (c rerire un momcut pour
obfcner : pendant ce remrs, la Conneffe patfe dans
Je cabinet ~ gauche, & Figaro refic fcul en Sc( nc
nec fa fiancée. Suzanne contrefait à foa tour fa
voix, & fonde la confiaMcc tic figuo qui, la croyanc
Jans I• cabinet, veut y entrer, & reconnait fa fcm ..
.,c , que la frayeur force i fe fervir de (a voii: natu
rel le. Alors il feint de fe rendre aux très. foiblcs
inll:anccs de b fau!fe Comtdfc, qui reconno1r to:n
auflitôt que fon amant la _.upc. Delà une petite cr·
plicaticm amonreufe, où Figaro apprend Jes rnotifs
Oc la conduite de Suz.arme, &' confeut à dt:venir com ..
rlicc des dclfcins formés conrrc le Comrc. Celui.ci,
a fon retour. prenant Suzanne po·ur la Comtclfe,
fc livre à toute la ra~c d'lm mari qui Cc cro;t
offcnfé, dlCt"cl1c à . retenir S1ù.anne, qui fait cla
Co gle
D E P R A N C E. S9
e!forts rom arracher fa m1in de celle du Comte •
& qui foir dan~ le cabinet ~ d1oiic. Alma-Viva
ri(mandc des Aarnbcaux , rr ricnt tous crni: qul
f._Hvirnncnt pour t~moim de l' :; ffrontqu'il vient d'cCfoycr.
&: dont il vem offrir la preuve; ciudl:ionnc
Figaro, qui lui répond par des plna(a à double cnl.
tcn•c, & dont le Cens namrei 11'c!l: pa~ f.i ic rout le
ralf urcr. Enfin, il entre d:i.m le cabinet ( il faut obfcrvc.
r qn'il cil nuîc & qu'il n'y a point clc lumière d~mlJ
cc cabinet), b pmni c~ rc main qu'il rcncormc il s'en
Caifit. :i:m~nc de force le pcrfonnagc a qni elle :ipparticnc,
&: rcconr.oît. qui? Son V age . . Antonio entre,
.amène un :i.mrc pcrfonn:i~c; c'cfl: fo fi le 1;anch~ttc.
~:mholo y cn~rc à fon IOllT, & en tait fortir Martclinc.
Tous s'y éroicnr ca c hé~, lts uns par crai~!C, les
aurres par curiotité; enfin Suzanne en fon, & vient
.fn hailfant la tête (c mcmc aui: g_cnoux du Comrc
en ::i.nitm!c fuppliante Tvuç les ai't1!h1ns dem:m~cnt
~râce, &: (c meucnr à ~cnolJK. Non, non. non.,
s'écrie le Ccinitc ên fc dérournant, y fu.lfitt- vo11J •n
tutt. A l'mlbnt' flu cabinet rlacé l r,auch1.:. s'éJ;JnCC
la Corntelfc, en difant, au moi-ts jt ftrtti r.omirc:
clic viem auffi (c mcl'ne au:t ~cr:C'IUl' ~c :èrn mari ,
·& le jcne, par ccm: apparition inattt'nduc, dans
le plu<> haut éronr~mc-nr , Confoudu, il \'Oit la cau(c
rlc fa méprifè, & fopplic fa Lminc de lui pardonnct
fcç tons. La Comoet1è fc fait un peu prerfc:r ; m'-is
clic cède aux in!l:tnccs du Comte, &: Oie : lt vo~s
·p ttdonnt. Et moi auj/i, d\(crit tour à·tour pluficurs
dn pcrfonna~cs prélcn.s; fJ moi 1wjfi, répète Figaro,
tn ajoutant for le. champ: li y a dt l'lcho ici. Je
lui\ joué, s'écrie lt Comu, gui reconnaît un mot
tout récemm-.'f1t lchappé de fa bouche. De la con·
fufion '1u'il épi ouvc, réfuhc tm retour· fincère vers
fa f1.•mmt" , q:•i , Je fon côtC , un peu hontcu(e
de: 'a folbJ... lfc pnur le Jtunc Chérnbin , rtçmt
1o protdhtions Je fon moai al'cC la franchife & la
Co gle
,o M ER ·c URE
fcntibilité d'une femme vraiment honnête. Mar«:
linc épou(c Banholo, Figaro époufc Suzanne, Ché ..
rubin part pour l'armée, en cmparrant le ruban dont
la C'omtdfc s'étoit cmp:ué, & 'lu' elle rcjcne d(s
qu'elle fc doute du mmif qui le lui a fait prendre , &.
tout !c monde dl: co:i tcnt.
A quelque" détails près , inuti les, comme nous
tavons ifü, à 1 itcr cbn" une analyfc, telle cft la
marche de ia folle journée. Peu d'Ouvr:igc" rcrupliffcnt
aufli bien leurs titres que celui-ci remplit le firn.
L'i rtri~uc en dl: très-compliquée , m:Ü'i clic dl:
cl3.irc ; & la marche en dl ~Îtrc. Les incidens font
amenés avec beaucoup d'aJrdfc. & préfcmcnt
tour-à tour des fitu:mons très· intérdf:mtes & les
t:t.bleaux les pltts cc-miqJcs. Tous les dfo1i!s font
piqtuns ac neufs. Nous ne connoilfons roinr a
Théâtre de rôle plus oiiginnl que celui deFigaro.,
C'dl: uo vériublc Proth~e. Habile à Caifir rous Ier
carail:ères J à dcmncr à ra phyfiono1t1ic & à fon
Jan~age, toutes les nu::mce' faites pour féduirc, pour
e1 traîner l!c pour convaincre, il paffC. avec u11c n.pi ..
~ité ntr:»ordinair~ &: une aiiretfe inexprimable , à
l'cxprdfton de tous lcsfcntimens. Froadeurcyniqac.
plli(ant aimable, myfii'-e1tc\lrirfgénicu::r, philofophc
auflèrc & r:iifonoablc • myfanuopc fombrc & farouche,
il varie fuivant le!I citconfl:ancC's, & l'oa
\ pourroit dire de lui: Omni6us, omnia f11iiu.s. Sc:s
-aé. l::imaUons coacrc tes abus qu'il :t obfrrvés. les
f:ucafmcs comre les niaifcrics importantes attachées
à quelques états de b fociété, fcs réflC"1 io1u fur qud ..
q\les YC:utions fubalterncs, offrent des idi!es, tinoa
n('llYCS pour tout le monde , aw. moins po.:r la ph.11
grande panic des Sp<'fl,ncurs •..•..• , .
. . . . , ........ , ... , ... le caractère
du C"cmtc dt à-peu-près celui que no:1s voyons
toU( les jous chez. tant de Nobles qui , pour n'êU"c
poii)t Efpagools comme Alma· Viva 1 o•blimtcommc
Co gk
1
DE F R A N C E. 91
Jui Jcç ~poufeHimabl c s, jeiines &: faites pour plaire;
q ui offrent leurinconll:ant hommage à routes les hellcs
femmes qu'ils rencontrent ; qui foudoycnr chèrement
de vils agens Je leurs plai.firs plus libertins
f1UC focrets. &: qui reco n,noilfent les foins & le zèle
de leurs fidèles forviteurs , en che rchant à féduire
Jeurs femmes & à rendre leur bonre authcntlqu(.'.
Un caratl:ère très-dl:imablc , mais beaucoup plus
rare que cc.lui d'Alma·Viva , efl le caraél:ère de la
Comtclfe. Délai!Téc par un mari qu'elle a toujours
adoré, fon coeur fcn6b!e &: temlre, prdfé par le befoio
d'aimer, :i co1;çu pour un Page cnCtlre enfant ,
" dom elle dl: la marraine, un intérêt qui mène fo n
coeur un peu loin, mais qui uc le déroun1e point de
la venu ; &: c'dl bien fincèrcrnenc que la réSc:xion ,
la vérité & la raifon lui fon t oublier cet intérêt·, dès
qu'elle en a découven la véritable fource pour
rout entreprendre ,, .:;~n de r;un~nc.r .à elle un' époux
Yola~e. Suzanne , gaie, F?lle, fimuue!lc , adrC1ite •
t ttachéc du fond du coeur a la Comtdfe& ?i. Figaro
cil: enc!»re un pcrfunna~c très-d ramatiq\1C, Noas ne
1
croyons pas que M. de Beaumarcbais pîu nous ~lfri r
beaucoup de mc;:i ,fdes d1,1 pcrfonnagc de Brideoifon ,
dont le nom préfemc a.!fe:z. l'efprit &: la phyfionc•
n1ic. Cc perfonnagc dl un peu c~:ugé , mais il eft
n trêmemo::nt comiqa o:: , &:: quelgues-uns de fes craies
pourraient trouver des appfüaiions très - j'.l'fies. Il
am ~nc d 'ailleurs des r éflexions très-Cenfées dans-le
fond , q uoique très-folles par la forme , fi1r les
inconvéniens qui réfu!tcnt quelquefois de la vénalité
des charges de Judicature. Antonio , Il.li.
i le , Marccline & Bar Io n'offrect point des
caraélères fort faillans ; :ais ils font des acceffcires
utile.~. Ils éch1ircnt l'aél:ion , ils la dévc.
lo?pcm, amènent des incidcns agréables , & e 11
moti .. ent quelqaes autres. En un mot , c ~tt e Co-.
m•'iic , cxcrêmemeOt ~aie 3' attach ante , paroî:t
krc la rcoduéliou •d'un cf prit fou pie ' qui a vâ t(.l\l. t•
Go gIe __________ _
~t M E R C U R E
a-tnur cc: qt1ïl a obfc:rvé-a.-cc 1.: coup-d'exil épigummariquc
de R3bdai~ . . . . . . . . ... .. ..•
Cmc Pièce c:n lor:~uc. Seule, elle: p:i!fc Je" berne
ri~s n:prércm.1tion~ ordi11airc:s, C)tti, comme on fai r,,
fout compoféc~ de dc: ux 0uvrages, dont le pre 4
mic:r a qud'luc:foiJ cinq, & le lccond trois A8:c4:.
le fo .. ccs J.: l.i première rcpréfrmation n'a point
ité équi\•oquc, conun: on a cherché à le fair.:
etoirc. Des détails in uti les , des dévdoppemc:ns trop
rrolongé,' des lt1uivoquc:shafardécs. d:s pl:iif~ntcf;
es un peu crues.. , .• . , . , ••. , • . •••
\ . . . .. , .. . .... , cnt c:xcité de~ mnrl'ltmcs
nci mhrcux &:: trè~marq u ~ ; mai~ ces murmarc<,
en an:t9u.rnr les chofcs :icccffoircs, n'ontj.3·
fn:l.Ï~ attaqué le fond de l'Ouvragc. On pourrait
ddircr pcut-!m: ciuc !'Auteur c:Ût éré rlus rffcrvé
for quelques plaiLrntcrios d'un certain ~enrc , ~
nonscroyons qui l'Ouvr:igc y gagnc roirfi M. de lk:iu-
1n:irchai~ le purge,lft de quelques-unes d'cmre-c:llcs ;
mais ']U.tnt aux moeurs qu: l'on a tain blamécs, !< fi
injllfiemcnc , cl!cs ne font pgint étrangères aa Thiltic.
Elln préfcrncrtt le vice rel quîf eft , c'lcs le
Mma(quent, rnais il ne triomphe r.u'.le pan; &: s'il
h"y dl ris pu11i, :rn moins y trm:ive+ir une confofion
faite pour r"ffure r les âmes timorées. M. de
Bc:ium:uchais :a ob(uvé, il a peint ce qu'il a vtÎ •
m2i~ il a Cu adoucir (c1 coulcun, & couvrir rar u:-c
~:tiié conllan1c amant qu"ag;é:iblc, l:i. vérité '1Lld·
qm::foiç un rcu force dt:s rrain èont il s'c:ft Ccr• i.
Dqmis la première rcprffcmarion, l:t Folle Jonrnéc a
fuhi ,Jivcdès fuprrcffionç. & elle ;t ~ré rlus gtnc'.ralrmc:
nr ~oûtéc daos deu'I npré/èP"ltarions foj.
vanrc~. La 1roifièn1c fu out a eu un foccè~ cc11n ..
plct. Nous dcvoos n:rrurqurr C]llC cet Ouvra~: •
q1Joiquc rrtç. compliqué &: d1argé de beaucot-r
tlîncidem , ne fort po:nr d.:<; ~'es '1 'i fi:rc:ii t
à l'e!~·a.c.: d..: virifit q i:i.m: h.::Jr.a l'fo:cduc d u1~c
Cc> gk
D E F R A N C E ?!
rcp.rffc.ntJ.tÎou c!ram:ui•1ue, & que b loi de<; vr~ifcn,
b!.lnct:s y dl: ng.uurcul(mcm oüfcn•ée. Au
unal, une conception telle que celle de la Foilc
Journée annonce de l'cfprit, de la gaité, rk la r.aifon,
de la phi!o(ophie, du ratent & une têre bien
0r~anifée. Le ilyle a paru n'avoir ra~ par-tout la
!nême cou~euq 011 y peut re.1.urquGr facilement Jes
cxprd1ions blâm:tblcs & de~ locutions vicieu(es à la
rigueur; mais chac]Ue Pcrfonn:ige a t.e Gtn ; tr:ut le
monde n'y r~rle r 2i. le même l;tn!Zagc. commu on
le: ·1oit mJp fouwnt dans nos moJ: rn:'.s Comédies ,
où M:tîcres & Valets s'c1primenr dans le m~me
idiômc & fans dillinélion Jes é:a1.s qui dcvroiem
érJb!ir entre-eux une dil'flrcnce fenfib!t:'.11 efl:en~orc
.bon de dire, pour répon-ire à ccrnains Critiques", <jui
ont cralré d'amphigouriques des locutions familières
;i.u1 Efpagnolf, ~ue la Scène e!l en Ef))agne, & qu'-<'n corc
faut-il bien qu'un Auteur, malgié la dÇJai gneufe
ignoraw::e d'un grand' nombre de fes
juges, rappelle par qaelqae drnfc le génie &. les- iiabirndc~
de !.a Nation chez. laci'lci :c il porte~ fa Sc~ne,
la Folle Journée a été fnife avec foin; elle a été
rep r~fcmée avec un en(emble bien rare, & cet eofct
1ib!c a tr~ fr:nGble dès la première teprHemarioo.
M. Molé dl ~ans Alma Viva mue cc q~'il pon~·flir
;7è~e~d~tf~ ~~~~1~a1u~ ~;énn~:~il:~r~ff~~~eurda~:s ~:
Comtcffq elle a peint avcc autant d~ décence 41uc
de vérité le trouble dont dl: a~irét μne fouune bunoêt::
qui ép"rm1ve une foiblcÀ8 invdont:tir.:::. t.rnc:
Contar , dans le rôle de Suunne, a mérité de-nou•
caux droits aux apphudHfemens des Connoilftuis
par un jeu franc, frirituf'I & gai. Le: .pe'tit Page dl
rendu avec inrérêt par Z..1lle Olivier .. Q_uant au rôl:c
de Figam, il doit faire honucur .& ajoîiier lir>aU.coup
à la répumicn de M. Da:z.inrnurt ; il y
a déployé des rc1foui:ccs· de talent qu'il · u:.~·olt.. p~s
Go gle
96 ~\ E R C U •l F
D i couvEttTE J'ir.: pt•i,,t âiJn:;.;Î J.ms f1tir, ,)
lujC.;c 1us Machine~ AJrofl.u1quts poJr nav;g,.urcor.
m~ lt 11tnt, 2drellt:e par M. O . ... à A1, Mo 1·l~
gui fie r, Iuvcn1e11r des Aéroflau • av(!c Figures , Înt·
pr :m-Ec a.J profit des oéto~énaircs. En Fromcc; ac fe
1rouvc à P~ris, cbc:z. Cailleau, lmprirm: ur-Librairc 1
rue Galandc, n~. 6+.
V1 z <Ù Htn oit-}ofepJ, LA~rt, mort à R om ~ tn
lla'tur dt fainuti, traduite de l'l•a!icn de M. Mat·
cuni, Lc&~r du CoUégc Romain , Confctft:"ur du
Scrv1reur de. Dieu, Drochure de uo pages. A Paris .
chu. G,,i1l ot, Libraire, 1uc: S:iim Ja ci u::s .
A la foitc de ccne Vie on a m1i. un Recueil dF
Pjèccs poyr ft.rvir à l'hifloirc de Labre:, &. nOcammcnt
unc . coric du vrccès-vcrbal drcf1é le jour dç
Pâ iucs. cinq jours apr~s Ca mon, inim ~H i:1 ri;,rnc nc:
:a vant fon inhum:uion. Û(I dtmtu.~r.l inccfl"a111mrnt
une îccondc Par::îc a cts Mémoiru.
V oy'{,, pour lu Annonces a'cs Liwu , dt 1.
/ttujiq.u (J Jts Efl.i'n1pu ~ û low·n.û '' /4 Libr.J. ,j, fur la Couwrturt,
T A B L E.
À PAULINE, "'' .E1m1tfts!.yriqut, ff
Romttnc~ , f o .'V /trulvti.t , t,.8
ù .Ho: ,fon Fils 6' I Efclavt, Académ. Royaltdt Mufiq. 69
cl~:t: f"'rm' & Lo;:1:. ~·~~::i:,/iai;..1:,fc~~ . ~
t;rypht • Hl
ÀPPRO-BATION.
J• Al lu , pi: N.lcc clc ~(gr le G:u~t; c!e~ Sc,.111x, ic
~!~;;';;,' rr~~\'~r~~1'·t 'pf;';f!r ~~c cSn~;;~~' ~'i~~~·~1fi~!. "1
Paril, k 1 MJi l7'1· G Ul.U ~ >
Go g,1c _________ _._
JOURNAL POLITIQUE ·
DE BRUXELLES.
RUSSIE.
DE PÉTI!l{SBOUl(G, le JO Mars.
L'Impérarrice , par tm Oukafe pùblié cfernierement
, invite tous les étrangers fans
d1 ibnéèion de pays ni de cuire, à s'établir i;
Cherfon, à Ca/la & à Ach-Tyap, 01i ils
jouiront: de la l-iberté civile & religieufe la
{!l us entiere ; non - feulement ils pourront
exercer le commerce dans ces deux places,
mais C. dans la fuite ils veulent les quitter,
avec leurs familles & leurs biens, ils n'é ..
prouveront aucun empêchement quelcon ...
que, :\ la charge cependant dè payer , aa
momem: de leur départ , rr0is antrées de la
capiration , réglée pour tous les citoyens d4
leur condition.
D A N N E M A R C K.
DB ·Co Pl!. NHA G u E , le 11 A vril,
Le 4 de ce m<lis , le Prince Royal a été
.N•. J~, S Mai x784. c
Go gle
, - ( jO )
confirmé en préfence du Roi & de toute la
Cour. Après cette cérémonie, S. M. a décoré
de la Clef de fon Grand-Chambellan le
Barnn d'Eichfiedr, Minifirè rl'Erar, qui avoir
éré c:hargé de l'éducation du jeune Prince;
il a donné la dérniOEon de fes em2lois , en
confervant cependant le rang & les honneurs
de Général au fervice du Roi.
S. M. a faitpublierl'Ordonnancefuivante.
S> Nous avons é[é informés que les jeunes pcrfonncs
du fexe paroiffoicnt fous des parures nop
recherchées, & fouven t peu dhentes, le jour
qU'elles v1cm•cnt recevoir la Confirmation, cet
abus , qui annonce plutéit de la vanité , qu'une
dévotion fincere, ne pouvant manquer d'occafionncr
de{ dépenfes inu til es aux pareos peu en
état d'y fuffire, & voulant prévenir les maux qui
en r éfultcnt , nous ordonnons à tous les Qabi1ans
de Dannemuk & de Norwege, les feuls payfans
èxceptés, de ne donner à Jeurs filles, pour la
cérémonie fufdite, que des robes de taffe1as, de
toile ou de laine. Ces vêternens qui feront tOU•
jours noirs ou blancs , ne pourront avoir de 'ar
u iture que de la même étoffe. Il leur fera hbre
de porter !br la tête un rub'Jn blanc ou rouge;
mais elles n'oîeront jamai; fe préfe n1 er fans avoir
vn mouchoir blanc au col. Les Mini Ures refpectifs
foÔt autorifés à faire fortir de l'Egliîe toutes
)e; perfonnes qui auront n égli~é de (e conformer
3. la préîentc Ordonnance ; celles qui fe préîen~
tcront pour la premiere Communion , doivent
être habillées de même u .
ALLEMAGNE.
DB VIl!.NNE, le 17 Avril.
P 'apiès d'Çl l~ttrei de Çopfiantinpplc, du
Go gic
( jl )
10 Mais, l'lnt•monce Impérial ayant pré·
Knté un Ménwire à la Perte, pour demander
en faveur des fujets ltutrichiens les mêmes
avantaqe! qui ont été accordés aux
Ruffes ; il s e!l: tenu un grand Confeil dans
la maifon du Mufti ; & il y a été réfolu de
confemir aux demandes de notre Cour. Eil
conféquence les fojets de !'Empereur peuvent
r.raverfer le détroit de Conflantinople,
& paffer d'une mer à l'autre. Les bâtimens
qui defcerrdront le Danube, pourront fe
porter de la mer Noire dans !'Archipel & la
Méditerranée, & ceux de T rietle pourront ,
tn fuivant la même route, entrer jufquefo
dans le Dapubc , fans être fournis à aucunes
vifücs.
I.e fort des Dames du Chapitre Noble de Hall
en Tyrol, vif'nt d'êtr,c décidé pir un Drcrct de
la Cour. La Supcrieure reçoit une penfion an·
nuellc de 800 florins, &- chacune des Dames
400 Horins de penfion , & en outre ? oo florins de
• gratification ~une fois payés. Ces penrions feront
des efpcces de Prébendes, & lorfqu'il y en aura
une de vacante, elle fer3 donnée à une autr'e
fille de condition. Ces ChanOineffes portetontauffi
une marque de diflinfüon à un large ruban
noir; elle _reprCfentcra r Aigle du Tyrol, aveC
l'Jnfcription fuivanre Cur le re vers : Jofephus II~
~.p.:urioe paitr.
DI!. HAMB ou RG, le 18 Avril.
Dans un momenr où les N0uvelles politiques
offrent peu de détails à la fUrioGté,
-c 1.
Co gle
( ! l )
ri'ous nout empre!Tuons de recueillir ici let
lettres qui imé-reffcm le commerce; la fuî ..
vp..u te a é(é taite à Riga.
I ~ ~!l: e:mé l'annr~ dernierc dins ce port -
i,1p 1·itimens, & il en dt fo rci 1,1-t-n les
4roits de dou.i.nc one rap?orté pendan· Je même
~(pa c e de tem ps 8..> 3,904 r<>Libl es -49 tro1s quarts
.cop..-rkes ; favoir 1&1,~ 8 1 R. H un <Juan cop.
p ourles bâtim ~ nsent ré s , &.~-.11 , 60; R. Ifdtmi
~op. pour lu biâtiniens fortis. On èvdlut· la quan.
cité d'argent importé d.ins le coun de la mcme
agnéc i 1,;-io 965 r ilj;.1d ies.
Après ce qu'a dû fouffrir naturellement
[année demiere la ville de Ri~a 1 pendant
1o Btocus , oq ne fer~ pa~ fàche de trou ver
i~i un état, qu~ peut donner une idée de
fon cornm~rq;:,pend~nt cette annéemalbeu-
1:eufe. · ·
li y eOE entré1l 1~i(,Jafide froment, ·~ · ~6'r
1'efeiglt , 2. 9 '-~ d'orge , 11i.01d·avO'Î11e, autant
.de dre~ he ; 84 d.o g rua.11 de bled (;malin, 84 de
· grua.u de mi Ier, 197 de pois; le grain exporié
A. 1oonté .i 16,910 Jal} de froment, 13,1Gs de
feig le 1 ~,i. 99 d 'o~ gc , 71 J d'avoine , 6.H de
,We che , f.S de g rwau d1t bled farralin, 62. de
g: mtlJ de millet , H6 de pois Les birimcn11
eri<rf, dans ce p.ort fpnt au "ombre de cSS 1 , &
Jçs biiimcns Cortis ~ celui de (.94.
L'Edit de roléranr~, publié ~ans fes Etats
par fE!~aeur de Treves, n'a paru flans la
plup~rr des papiers publics qu.e d'une mapierc
peu CXOh. '• tc ;•une lertre de Treves en
offre le précis fuivapr que nomi tranf.crirons •
..c 1•, On accordera aux .Prottlhns, tant r~ ..
l'o111'é• ~·• da la coafellion d' A•&Jbourjr la ijbcrif
Go gle
( Sl )
•e tt"ller aans le pays ; 1 °. on !tut petmettta
d'après le conrenit"tncm de l'E!edeur. de s'h1blit
dans toutes les villes & v:llagrs de l'é1•8: J ra t , cù
l\on peut e(pfrer d'obu:nir quel11ucs avanraget
p Jur le commerce ou pour q.idqu':uurc profcf ..
fion ; ; 0
• ih ne pourront obtt-ni r au ... un d~oit dct
ÎH·urgeo1li.! ni offi ce de ma g i fini t u 1c~ 2 MlOÎnS
que l'Eleél .:>ur ne foffe une exception en lt'M r
fa veur à ra ifon de leur mérjte per.onncl; 4 9
, ilt
feront, ainli que: les Ca1holiques, !Ou mis au paie ...
ment dts taxe• en propo·t ion de l~urs re\•tnus ;
, 0 • on ne veut ci"?end.tnt que dt"s per fonnes
at lC'5 c .>m111e des M 1rch:tnd) & des Manuf.iftu ...
riers ; 60. ih nt p:t crnnt <tucune aurre con1ri ..
bution aux P êtrrt Catholi 1uc ~ que les dtoitt
4'~tole; 7°. il lt1.1r frra permis de comm\1niet
dàl\s ltts places prou Il f'lt <!) du vo :finage, d'y faire
b.uifer, enterrer, & a !mettre à J., communau1é
de religion ; 15°. ils pourront en:rtrenîr del
tnaiuts de leur pr.,prc religion pour cnfeigntt
Jeurs cnfans; 9°. lo ri'qu 'un ce t ra ~ n nombre d•
familles (e trouvera- di!ns un eniroit , ou qu'une
M.inufaélure Oti un Etabli(f('ment exigrra une
infped:ioa particuliere, on leur permettra d'exer•
cer plus amplement leur culte, 2 peu près for le
pied qu·on l'accorde aux C1tho!i1ues dt1m lei
Pays-Bas·l'nis ; 10° 6 des Habi(r.ns Catholiqu~
viennent â ch<1.nger de religion, il faudra qu'ils
~uittent l'Ele8:orat; 11° dei Protetlnu m1bdc1
au ni.oribonds ne feront j>as o~igés d'admè"ttr~ un
Prêtre Catholique ,. fans leur con(entcrncnt ;
11°. pour. l'avaiuage de la rdigiorr dominante ,
le& cnfans dont le pcre ou la mere fera Catholique,
feront él,evés d.; n1 le culte romain! 13°. J esaff°
JÎMs de mari.agtt cn·re des Proreflms feront
por1~cs au Go1.1vcroernenr , 2 l'cxclu!ion de 1..Çour
EccléGaJliq1u; it•, }C,.li P_(.jti'Cldns ne feroM
"j
Cu gk
( H)
pas obligés de s~alfujetür aux cérémonies Catho.1
liqucs ; cependant at1x jours d'une fête ~atholique,
ils fte pourront travailler publiquement,
pour prévenir tcu ce difficu lté.
Les lettres de Manheim porrem que l'Ele
ét:eur a fait publier Je 17 du mois dernier
la réfolution fu ivante , en faveur <le ceux de
fes fujers Palatins, qui ont fair des perces, à
1' occafion des derniers débordemcns.
Ltsremifcs qui feront f..titei aux Taillables&:
aux Fermiers ne feroAt point r~eartics for let
autres Sujets de S. A. E. pour la réparation d•
édifice' & b3.limens appancnans à l'Elcéleur ; il
fera remis du créfor de l'Eledeur une fomrne de
j'o,o00 Aerins à la Commîffion établie pour I~
vifite des dommages & la répartition des bienfaits
del'Eleét,eur, laquelle fomrue ft: rvi ra, fans qu'on
puiffe e11 pr"ndrc la moindre , hale pour gratification
ou vacation, à aider promptement chaque.
particulier dasa la proportion des domm,agcs Sc
pertes qu'il a e!Tuy és ; la Commitlion évaluer;a
dans fon rapport général les pertes & dommages s
pour qu'enfüicc S. A. E. p~ffe en çonnoîtrc Be,
crdonner ultérieurement ce qu'il conviendra.
1TAL1 E.
DB L 1 v o u RN E , le 1 o A.,il.
Depuis le 19 du mois dernier, nous avant
effuyé ici une tempête affreufe, qui a caufé_
beaucoup de défafrres, & pen4_ant laquelle
ont péri tin bâtiment de Ragufe & un de
Turquie, qui éraient en quarantaine à cette
rade; o.n efpere parvenir à fauver l'autlea
Co gle
- ( l l )
Aujo~td'hui le temps s'e!t calmé; mai! o"'
épro uvoit un froid auquel on n'el1: point acco:.
imnté dans cerre faifon, & la n~ige qui
tombe en abondance, a blanchi coures les
cam?a.:;nes. ·
L'efcadre Ruffo, qui a paffé l'hiver dam
ce port , & qui a éré réparée partie ici, &
partie à Porto Ferrajo, a reçu les derniers
ordres , de mettre à la voile, & de retourner
dans la Baltique.
DE MIL AN, !e 4 Mai,
O n a aboli dernierement dedx CouveM
de Religieutès, l'un de Dominicaines à Son!
lino, & l'autre de Bénédiét:ine5 à Crémone;
On comp·c qu'il en fera fupprimé encore
quelques ai.J:rres.
Le Sénat de Veni(c , lit· on dans une lrttrc de
Hologne, s'étant déterminé à confcr•·cr les Ord
res Religieux daRs les Etats de ;la République~
& vo!.llant encore aug mcn•er le nombre des individus,
a arreté qu' il reroit déror' i n:~.,\ men t
qui fixoit à z. t ans 1 lll'e pmër .,. · ...
&. celui des voeux à if. A ~· ·r. ·1 u "'"r<l I
N ovices à 16 ans , & .:..:1 1 s adn:ertr.;i à h pro ..
feffion religieufe à i 1 .
On mande de Naples les nou.c.:•c: f:.u
vanres.
L'Evêque deBerfag lia étantmort, le Ch:ipi1re1
ù fl affemblé , & a élu un Vicaire; il y eut ;;nfli.
tôt des protC!f'h tions de nullité formées c •ntr ~
ceuc éleélion dans la Cour du Métropolitain ql1 i,
de fon cûté , 1\.0mmt Wl Yicairt ad ùt·rim, L~
c 4
· Cu glc
( j6 l .
premier, jugeant (on t ldtion par le (!h~pi1tt
c1non iqu eo . pri( polfe<lion des fonétions. D.tn1 ces
cnrrt' fa itcs , arrÎ \·a l'ordre de la proinu1g:Hion de
la Croi!ciJe ; le Vic ~1 i re Capi rn h ire la p1,1 blia &
la fit .iffich er t>n fo n nom : le Vic.!li re ad in·~ rirn,
nommé par lt' 1.1 ~ r ro;>ol i :it in, ordonna d'a rr;icher
&. la cé'rrr les ;tffü::h es du Vic.ti re C:i pimlaire Le
Gouvc rnemt nc ayinc l:té infir uit de ce qui s'étoit
palfé •S. M. a ex lé le Vicai re ad imtrim du royau•
-me, & a .1drdfé r~s o_rJrrs àce 1U je:1 à l'A rch :vèque
de NJp ~c •, en qua!ité de Comilh1 irc ApoCloJ;qu1:,
· Dt New-Yorck, le 1 Flvrù r. Le paquebot
François, le Courrier du Port-Lo:Jis, C1~
pitaine T uëvachc, venant de l'Orient , &
defliné ~our cc port, échoua le J 9 du mo~
dernier a Hunringron-Sound derriere Lon~
lfiand. Le froid extellif a fait péri< 1 ~ matelots,
les uns à bord du bâttment, les autres
à terre , avant qu'ils euffcnr pu trouver
un afyle. li y avoit 6 paffagers , & J &
hommes d'équipage; deux des premiers ont
fuccombé, & d'autres font très·malad.es; ili
ont rrouvé tous les recours & tous les foin1
de l'humanité de la patt des habitans de
l"lfle.
11 Le 1; du même mois, le Bac qui tran(ponoit
plulieurs paffagcrs danr cette ville, fut pris entre
cieux glaçoAs1 qui l'cnJommagcrcnt tellement•
qu'il coula b'1S avant qu'ils (c Mtlfcnt ftparb,
Les paffagers en tombant s'accrochcrent à un
autre gl<.i<;oa , ~ui , hcu i:eufcmi: nt fe uou.n
Cc> glc
( f' l
i port(e'; â: eu afile l..:5 préferva da fa mort·
pour le moment} il leur fit lènt .r plus lcn,-
1empt le danger_dc leur firua1ion, & l'horreur
d'une mon proc.h.1inè, lk Celon lei apparences
inévicable. Ballotés par le cou ra ne, par 1a marée,.
p ort~s tant6t dans un brar de la r;vière, tantôt
d.ins l'autre, ramenés enfui te avec impérnofi1é,
au milieu des glaces, dont quelques· unes it.0icnt
d'une groffeur énorme , ils n'avoienr aucune
efpénncc de (alut, En effet, le port étant entic•
remcnt obllru~ par les glaces, ce rue en vain qu'ort
elfaya d'envo) er à leur recours cleux ou rrois ca no1s.
Ces frcles b~1imen1 ne purent jamais par•
venir i nincrc la réfinance qu'elles leur opeo fercnt
; on let crnt ;:!on p( rdus fans rcrour ~
cepen1b nt 1-:t riviere s'éunt un peu débarr.dféc 9
qudques Soldals eurent le courage de s'emUarq
~cr dans un peti1 b;ueau 8: la conf1ance d'aller
ttès Join à la recherche de ces malheureux toujeurs
empor1és: par I<"& v;lace!o JI tcoit Mj:i prefque
nuit; & on avuit tout lieu de craindre qt!C'
cei bravrs g:ens ne p<?rtageaffent le fort des infortunés
pou r le fol0t defquclt ils s:'e'3tpofoien·c Îr
gtnércu(cment • lorfqo'on lt>s vit rcvtnir avec
lêpt palfagers qui 1'étoient r-éfugiéj (\ilr I~ g~on •
Je hnitiemc qui étoit un Ncgre 'f c!toit mon de
froid. MM. L~Uo meux & Thompfon, tous dcuxhabitans
ac cette ville étoient du nombre de•
paffaget\ fauvts.
On mande de Philadelphie- un exerople
affcz extraordinaire de courai;C dans une
fi lle qui a fervi long - remps dans l'armé"
Américaine parmi les troupes- de- l\1aifa·
( hn!fm.
Cet1e fille vive, belle, fgte àe 19 ~ns a ferv i
pendanc arois an• ~n 'J.UaliLé de Sokbt..fans êu t:
Co glc
C j
~------
( 58 )
J êcouvnte. Elle a montré penda nt ce tempsbcaucC>".
tp d'aétivité , de i.de, de fageffe & de
courage. Elle s'eft trouYée à plu iieurs efcarmeuchei
& a été bJ.cû.ëe; fes Offi ciers tn pnt
toujours parlé a.vcc éloge ; eUe ne fréquentait que
Jes Soldats les plus fo bres & les plus rangés. Une
violente maladi t:. dont elle rn,. attaqutc pendant
que les troupes éta ien t à Phil,.dclphie, a f.iic découvrir
Con fi~xe . Elle a eu fOI' congé &unerécompenCc
avec laquelle on l ' a.renv oyé e~ i Ces parcns.,
qui fo ot établis , à ce qu'il pa.roit , à l'cll de
Bofl on, dans un endroit appelé Mundan-Cook.
O n dit qu'e lle n.e s'étoit travcfiic ~n homme, que
p ou r fc fo uOrai re aux mauvais traitemens de fa
famill e , qui voul a it la contraindre à époufcr un
homme pour lequel elle avait le p1us grande
avcr(Ïon. On aioute à ceb , l'auachement
qu'elle avoit pour la caufc de fon pays. Elle écoir
connue dans l'Armée Cous le nom de Robcit
Sh1mlielf, c'eR celui fou s lequd elle étoit portie
fur les rôl~s du Réglmenr.
ANGLETERRE.
DE L o N.D Il E 6 , le 1•3 Avril
On a été très -inquiet de la fanté de la
Reine pendant quelques joms; le x 3 de:
c:e mois, daru: la nuit, elle fe fentit malade;
on envoya cherchtr fur le champ Je
Doélcur J ebb qui fe rendir à \'V'indfor • ~
qui heureufcment raflùra route la €our ; le
lendemain S. M. émir hors de da1lger; aujburd'hui
elle e!l patfaitement.ré(ablie.
11 eft queRior>, diCent nQ1 P:\P'ers, des ~
Go gle
( 59 )
riagcc; f11ivans qùi auront fü~u fücce!livemcnJ::
celui du Prince de Galles avec la Princclfc Char ..
lotte Catherine , pctite-niecc du Roi de Pruffe ,
née en 1767.- De l'Evéquc d'Ofnabruck avec
la Princcffe Louifc Fréderiquc Wilhelmine, fiUc
du Pûnce d'Orange , née en 1770. - De la
Princeffc Royale avec le Prince GuilJaumc-F réderic
, petit-neveu du Roi de Prulfe , né en.
1768. -De la Princeffc Augullc avec le Prince
Guillaumc-F réduic , fih du Prince d'Orange _
né en 1771.-Et du Prince Guillaume-Henri
avec Caroline - George - loui(~, Princclfc de
Mccklembourg-Strcli1z, née en 1769.
~ On.n'dl: occupé ici qre de 1'6leél:ion de
\\7 eil:minfier. Sir Cecil W ra.y a commencé
-à perdre une partie des fuffrages gui lui don·
noient la maioriré fur fon concurrent. Le i. z.
de ce mois il en avoit 6650,. & M. Fox.
5570; le z.3 le premier en avoit 569 .~>, &
le fecond 5 p 5. Le 14 elle< éroient pour
celui-là de,1737, & p.our celui-ci de 5671,
Aujourd'hui Gr Cecil \'Vray n'eti a plus que
511'o6,"& M. Fox 5817, ce qui fait une ma·
jorité de l I en fneur de ce dernier. On âtcribue
ce changenienc à la quantité d'aimaDles
follicireufes qui a,giffent polir lui, & qui
om beaucoup de fuccès. On cornpte-cepen<
lant, que malgré les efforts del' oppo!ition,
elle n'aura PilS la prépondérance au nouve.1u
Patlemcat. Il paraît qu'elle ne parviendra
qu'à fe procurer environ lO" membres.
I.e Minifl:ere a befoin de la majorité pour
&ire paifer plufieors im~ôts qu'on fuppof.ë
su'il a en yuc, & dont on préfente ainfi
l~~ · c6
Co gk
1 60 )
les noflve t1d taxes quOn p r~eue, & fur Ier..
fiUCllc; on femb le fonc!e r la nation e n les faifant
publi er dars quelques papi~rs font: :?.O fd1eli ng1
fot lei ièrvantes qu i , dit-on , produiront :?.Oo,ooo
liv. fi:. ; JO fcheli ngs de plu.s' par domefiique
' JJJile, qui en fe ront 4 0.000, qu'on croit pouvoir
p orcer au double en la prélevant avec plu; de
foin ain li que h ta xe origi11airc; 20 fch clin gs de
plus fur toutes les maifons dom le loyer d l à
l S liv. fi. & au·delfos , rendront 5oc,ooo liv. 0 11
compte en ebt t nir 1001000 de f fchdling add
itionels fu r lts roues; 600.00 0 par les réglcmens
powr empêcher la cont rebanJe du clié, du vin,
.de l'eau-de vie, &c. ::?o~ , oo o d'une c(pecc dccapi.
tation , & ;oo,ooo d'une rcpaftirion f!lus égale
du vingticme & de 10 pour 100 additioncb. -
Ces deux derniercs ta xes• qui feront fans contredit
le:; rlus proJuétives. r~ront difficiles & 4élica1cs
à éti!.b lir; la capintion for· tout , effr.iy~ ra
tl es Anglois; & on fc rappdle que Je fameu x:
Comte de Chatham, pendant fon admi11ifira ti on,
.au mi lieu des foccès qui avoient porté l' en thou.
Jifme de la nuion au plus ha'J t deg ré , n 'o f~
.pas tenter d'en lever une.
. 0 .1 prétend qu'il fer.i. fa it au ffi un nouvel em.
Prunt donc pn fi."<C ainli la v:i.leu r & les annta~
es ; il r.. . n dt: 7 ou 8 millions ; on d,) rtn er:t
pourchaqu'! t ooliv. a un ti1rede cette va!eurà
3 pour 100 é .. a ! J~ .l rs liv. a. 1. liv. de longues
an nuités évaluéts à t 7 ans & quart de profit ,.
34 liv. 10 f.; un Qillet de lot terie grat is , doftt
les: chances fe ront p:iyt-es en aélions au lieu de
l'être en argent , ce qui en réduira la valeur à
8 liv, JO(., cc qui fert en tout Ja r liv., c'cR•
à -dire 1 pour 100 de pro fit fans la prime fut let
~illct de lçitter ie.
L'atce11tioa cil aélu.,llemcnt tomnéc dl&
Co glc
(Gr )
et.té de l'Irlande , où la fermeoration regne:
toujourc; , ml les plaimes ex cirée' par quelques
unes des de~n ieres me fores prifes _ par
le Parlc menr, n'ont produit d'amre effet que
l'a;te qui doit menre un frein aux libelles.
La Chambre des Communes fe forma en co1h ..
mi•é le 1 :z. de ce mois , fur le bill pour alfor~r la
l ibnré dl• la prcffe , en en ri prim<lnt la lict:nce.
Cc11e aff.iire Îm1'ortanrc • que l'on conli:iere fous
des poims d~ v~e bien d:ff=ren! , for terminée
c~ jÔu1'·1.i avec moins de débats qu'on -ne s'y
attcnd<Jit. L~ bill foi lu ath!ntiv@ment , arcicle
par arr:clc. L1 pre.i1ierc cl .ure p.dfa un.mimi!•
menr. Elll! oblige h •Ut propnérnire de papiers
publics de fr faire connaitre• & de placer au
9H ,de ch~que article qu'il imprime Je nom de
l'Au1c:u r qui l'a fourni. On regH"<lc ce moyen
camme 1:: (eul qui puiffe in fp:re r de la circonfpe8:
ion; !' Ecrivain d'un libdle pourra être connu
& pourfoi vi. Toutes les autres claufe! du bill,
ainli eX'lminées fucceffive:nent , rcçurem des
altérations ou des correélioPls; le rapport en fut
f.l it le même jour , ap rèoï qur'li il fut envoyé~ la
Chambre Haute , où il ne p·iffera p:u avec moins
de rapidité, p•iifque la (econde lethirc en a été
faite le J 4. - On rcmarq·Je drns la <éance d'e
la Chambre des Communes, du u 1 une circ
onfla n ce~fr:ippance , & qui prouve la nécèJlité
de ce bill. Le Procureur Général mir for le
bureau ph1licurs .oapien pHblics, où l'on lifoic
des par:igraphesfrès- vi ok: ns contre les Membre•
qui avaient proçofé le bill & ceux qui 1~avoi rrrr
îoutemi ; dans l' un encr'autre! on ilommoit (cpt
perfonnes , au nombre defquelles (e trouvoie
(on propre nom , & on difoi r q1o1'ellespap:roient
&outes de leur Yic l'aueimc 'iu'elles porcoiear. à
Co gie
( 61 )
Ja liberté r-& qu'il y a~oit des geru payls poor Jei
affafii1ter.
Il eft certain qu'il importe de réprimer de
pareils excès: mais la Nation en général re·
garde le bill , qui doi< produire cet effet ,
comme une atteinte portée à fa liberté ., on
peut être curieux dans les pays étrangers de
voir comment on raifonné id fur cc fujet.
Cc qui fe pa!Tc en Irlande relativement à l:l
preffe, mérice une confidérarion férieufC' de Ja
part de la N.ition, Elle ne fauroit veiller :ivec
trop de jaloufie fo r Ja conft.rvation de fes priviJeges.
Le plan de rellreindre la liberté de l:t.
prelÎe pewt commencer en Irlande; mais li J'on
fouffre lts entraves qu'on fc propofe d'y meure
dans ce pays , 0.1 .finira par les porttr aufii en
Angleterre. On 1enta, il y a Cn\'Îron dou1e am,
en Angleterre, une pareille attaque. Les hommes
t-n quclq!lc force, ont changé depuis ce tems;
cependant les occations fo nt Jcs mêmes , & on
doit s'acte'ndre aux mêmes con(équeoces. En
confidérant un fait récent, qui héfiiera à pe-=:ifer
quo quand fir J. l. fit vuider, il y a quelques
(emaines, la galerie de la Chambre des Com·
munes, avant d'entrer en di(cunion for une
grande affaire, il ne fit que fuiyre un plan médité
d'anncc, non pour (e délivreruniquemeot
d'un témoin qu'on ne Touloit pas, mais pour
s'environner de tériebres , lorfque les repréfentans
du peuple, écablis par Jul , & lui devant
compte de leur conduitt, femblentn'avoir d'aurre
fotérêt ni d'autre devoir que d'agir ouvertement
& de maniere qu'il puiffe C:tre infor~
fur le champ de ce qu'ils ont fait; il paroit
que le Miniüere aduel voudrait cacher fe• procédés
à la Nation, s'envelopper de téncbres,
Co gk
( 63 ) '
comme dans les a.utrc'î pa)s, ou Je peuple n'eR
ccmpté pour rien, ot1 l'on ne s'embarra!Tc pH
de s'inllruire de ce qui fc paffe, où l'en ne lui
tionnc que les in formations qu'on veut bien lu i
donner, & où on les réJuit à peu de chofe. 1
On peut fai re ailh:urs comme on l'entend; mais ici
Je peuple cO: quelque cho(e , il fait corps dans
la légifiation , il doit être co nfulté 1 écouté, & ...
il faut agir comme il l'entend. Son in tfrêt ea
de confe rver les nouvf'a'JX pa picn; ils ont ici
une inAucnce plus gunde qtse dans tout autre
p ays ; ils rendent compte de tous les débats du
Parlement ; ils en publient les opérations ;ournalieres,
le pttiple apprend à y connoir re (a
liruation, les r:préfent z.ns qui le fe rvent , ceux
dont il doit (e d ' fier , l'état des finan ce1, leur
rmpJoi ; comme il paie • il eO: juftc qu'il lacl1e
à quoi (e dépenfo cc qu'jl pJic, quels font les
befoins, quels fo nt les impôts, cemment on
affied & on lcve ces derniers. Si quclqucfoi5
le:> papiers publics fe pe:mettent quelques exc ès1
ks loix y ont pourvu; ch;:r~ u e Imprimeur répond
de cc qu'il imprime, il peut être auaqué
en )uRice : les rupprimer ou les gêner. emraiDeroit
des inconvéniens bien plus graves.
Dans la précip itation avec 1aquclle'la Chambre
des Communes d\Irlandc a paffé l'Aéte pour la
refirifüon de la liberté de la prrfre , il pa roît qu.e
(es membres n'o nt eu en vue qu'une fe ule conGdCtation,
fa voir : de pr~veonir les •anaqtites perfon nclles
, fo ndées fur de {iinples diffamations. Il fan t
afpércr que laCh.,mbre des Pairs aura la prudence
de voir les cho(es plus en g ran d., &: qn'clle fe ra.
auention aux: dan,gcrs innombraèles qui aflà illiroient
la cq nO:i tut1on , fi l'en met cc bill.fi ex~c ution
, La prévarication, & l'infamie des Officien
de loutcs les cla[es , lb it Minifües , t onfeillen
Co gle
( ' Gf J' . .
privés ·ou SénJteurs; &c. , reflcra (tcrctte :ru
moyen Je Ct'tte nouvelle iniroduétion. Les Miniftrcs
pourront précipice(leur Patrie dans l'abyfme
de la deArud.on , (ans craindre des attaques. Le-'
moindre p;1r.1graphequi critiquera les membres du
Minill t' rC, ou qui mtttra 3U jour la corruption de,amisde
l'Admin llrarion, fera foudroyé des perCécutions
les plus cruelles 1 qui perdront ~ jamair
l1Autcur,l'Edi1t< ur ou l'imprimeur desprodufüont
de ce genre. On a pré!ènté le I J à l..t Chambrecks
Pairs le bill pour affurer, ou ph11ôt pour annihi
ler 1 la liberté de la preffe. C'dl dans cette pcc-
afion qu'il faut que les LorJs d'Irlande, ces J:ardicns
héréditaires de la liberté de la Nmon ,_
fci pénérrem d~ l'e fprit qui animoit lturs ancêtres
à Runnyme1lc,lorC-:iu'ils affurcrent la gra ndechane
Je la Jih'ené, à la p; inte de la 11ncc ; de
cet cfprit , qui • en 171 if, fixa l'indépendance de
Plrlandedans cccre fam eufo reprffcnrarion qu'on
l it encore dans les Jou rnaux du Parlement, & qu i
refpire 1out le feu du pat rlotifme·, pour c1oigner 2
jamais tlesSrntutsduRoyaume, la tache lndéleb; le
qu'y fcroit cet Alle, précurfeurde l'e(clavagc. 0 !
Pdin d'l rlande, fouillez dan ~ t'Hilloitt de vot re
Pairie, ouvre1 vos propres J ournaux, & li !ti.-r
'f'Otre devoir. Nedémencez. point vos ancêtrCJ , Be
ncclésh\morez. point vosdcfcendans,~n confemant
ldrhemem au>t menées qu'infpire un reffcncimcnt
out ré, dan'> c•me époque malh-eureure.
On craint beaucoup et'l Irlande, que leS'
Jhéconrentemens aéhrels n'aient des fuites
tâcheufes; & on a remarqué en effet ql1e·
plufieurs meni.b res de la:01arnbre·des Communes
craignent de fo.rtir feuls & fans armes
; on les a vus venir même au Parlement
avec leurs épées, pour fe défendre des
affalfms dorit ils ont été menacés.
Cu gle
( 61 )
('Jette ville,. frrit~on de Dublin, en datre chi
J 5, rcffcm!Jlc à une ville a li -gée. La g.1rnifo11
cfl contldrnmcnt fous lt's ar1"cs ; les cinq régiments
d'inf.anterie & celui de cava\crle fonr:
muni! de: poudre &: de l>Jlles; ~ quJnd 1a pariie
qui n'eil p<u de gide fe tc po(C, tlle ne f-= déshJb11le
poinc pour être prête au (ervice à la
mi11 u1c •'11 en cli bcfoi11. D1n~ fo qu.utier de
'D11blin , ha'Jité prindpalcment p.1r les pluvru
rno1nuf.téturiers, il y a un b.1tadlon poilé, lt
1 ou 3 fen:inelles pl.1ds à chAq ue coin de rue;
fous prércXte d'empéchcr les at 1r1Jupemcns, ils
nt permettent pH à plus de 3 prrConnes-de r~A :r
cnfemble. Cet appareil mili1.iirc, les prépJra•
tifs qu'on femble fdire dans lei b.uraques , pour
tomb ~ r for le peuple au prcmirr mouvemenl •
peuvent porter, on le crainr du moin', les ou•
vritrs au dff.dpoir ~ & s'il= fe montreJlt il n'd}
pis do)utt:ux que quel1ues uns ne tombent fous
la balle ou la baycnnu1e. M:ri1 le ciel I1:ul (ait
quelles peuvent être' les conlêqucnces de l t ur
C..ng, fi on le fait couler. Jufqu'ici les volon•
uires ont moRtré bcJucoup de fang froid & de
circonfpeétion; mais il n'c(} pas d.1.ns la naturo
dt l'homme de r i-für tranquille en voyant (es
1mi1 , (es compagnons maffacrés .à Ces yeux.
JI a des armes l!!•tre les mains; il en connoît
l'ufJgc; let (entimens d'huma11ité fon~ dans fo •
coeur; que le ci.,l ait pidé de nous , & nout
préferve du danger qui nous mcnaèe.
Le bruit fe répand l. pr~fent q~'il y a eu
une éme"e à Dublin, & que le Duc do
Rurland , qui étoit fotti pour e!fayer d'y
mcrrre ordre, &. de calmer les mutins, en
a été infulté groflieremenr.
Dans une arfembléc des Bourgeois q'une
Co gle
( 66 )
Paroilfe de Dublin, renue le ll, il fur pris
les réfolutions fü'ivanres.
Aq~rl u.nonimtnulH, que les pauvres manufacturiers
détenusen priCon, ntéri1ent notre commi(
éradon ; qu'il fera fait une levée d~ deniers dans
cette ParoiO"e pour leur rrocurer du foulagcment
dans ladite prifon & pour lu mcurccn étatd'obte•
nir leur libcrcé. - Qu'auendu le peu d'encouugemcnt
& deproteél:ion qu'on donne- à nos m .. nufaélures,
nous ne ferons ufage que des produétions
du pays, & que celui qui violera cette réfohuion,
'fera rt"ga rdé comme ennemi de l'Irlande. - Que
le bill pré(enté depuis pcuauParlemcnt,ayant pour
titr~: Bill pour affurer la liberti dt la Prtffe, s'il
"paffe Cfl loi, portera le coup le plus fun elle :iu grand
Palladium de la liberté & i notre glorieufe Con Ai ..
fution; qp'cn conlcquence, nous ne pouvons trop
fortement exprimer l'horreur que nhus eau Ce cette
innovation dangereufe & alarmante. - Que la
fttuation alh1elle drs affàircsexige de l'union & de
1a vÎj?'ueur de la pa rt de tour es les claffes de la Nat:
ien lrlandoife, Il que nous recommandons vive·
ment aux dilféren1es Paroiffes de cette ville d'a dopter
des réfolutions pareilles à celles que nout
venons de prendre.
Aux nouvelles reçues "1ernieremcnc de
Bombay , nos papiers ajoucem les détails
foivam, qu\ls mu extraft: de dive[fes lettres
particulieres.
Le f Novembre le Commodore Bikcrron étoic
arrivé dans ce port avec le Gibraltar, laDéf:nCt,
le Rurford ~ l'Aigleo • Je Montmouth, le Wor•
cefit"r & le fioop le Flamand. U comptoit en par•
tir dans Jt" mois de décembre foivant, avec le
Rurford (culemenr. L' Amiral Hughes y éco it au«i
arriv~ Je ::. 3 novembre ; mais a ne faifoic pu
( 67 )
encore les prépara tifs de lon retour en Europe;
en cil perfuadé qu'il n'aura pa~ fieu avanc l'a r;.
J'Îvée de Con fuccefTcur. - Parmi lrs vaifreaux
~u'atttnd la Compagnie dc:s lndes , il y en a plulieurs
qui (e pré~ r en c à leur dé(>art :à Calcutta.
Le Rodney , le Wincbeacr, le Worccfler , le
Norfolck dcvoicnt mcm e à Ja voite le JO Novembre,
le Barwcl, l'Atlas, le Belton, dcvoicnt
fuine le 10 Déccmè re; ]a Cérès , Je Talbot , le
:io Janvier; le Halwcll , le Lord Macarm1y
& le Fox le 30. On commence à charger le
Vanfittard • le Pigot , ltJ Comte d'Oxfort &'
qutlques autres.
On a resu aulli des lettres de Bengale ;
elles ont été apportées par le Schooner le
Nerbuddah. Il a mouillé à fainte-Helene où
il a laiffé la fr égate la fo rtituJc, à bord d•
laquelle efl embarqué le Général Stuart.
Le maufolée en marbre que le Roi & le Pa rle~
ment ont fait élever au Comte de Chatham dans
}'Abbaye de Wcfimintler a été découvert Je 6 de
cc .moit. Il e!l compofé de 6 figures. Cell{'S du
Lord, de Ja prudence & du courage occupent
la partie fop ér ic ure du Carcophage. Le Lord ell
revêtu de Ca robe parlcmencairc , dans l'auitude
è'un homme qui parle , aya nt la main levée 8è
portée en avant. La prudence a pour accribut . r
\fi mireir ent o~ré d'un ferprnt qui ltJi tient lieu
de bordure. Le courage e(l délig né par le fut
d'une colonne & couvert d'une peau de Ji o n~
Le groupe inférieur dl Coflllpo ië de la Grandelhetagnc
afli(c fur un rocher 1 ayant la terre &:
l'océan à fcs pieds. EJJe cicnt le tridènt de Neptune
comme mahreffe de la mer; la figure de l'océan
efl entiérement nue , & le dauphin fur lequet
c;llc dl affi(e efi: difpofé de manicre à confe.ruc
Go gle
( 68 )
la décence. L'infcri p1ÎQll fo ivantc (c lit a\I bu')
J! Jc11i p:ir le Roi lr le Pu.rlunc .t co~.mt un ri•
moi.;na.,c ta ;tmus & d~ l'hahiie-l de G11·llaurnt
]?iu , Comrc dt Charham , ptr1d.z111 l'a1i.1Îl1i 1a ·011
duquel la d vint> Pro~i ftnC"' ilt11a l 1 Grandc-Brti
agnt d un point dt pt·friiti & de.gloire iti. ·ù:.n•
llUX â",es pri t! :cm. Cc: nuutol~c t'ft l 'ouvrage de
M. B.icon q11i a dé j.i. (di, le rul)numcnt él::vé aa
même Lo1d à Guildh.t ll.
Les annales de Ncw~a t e ne fou rni!fi: nt pas une
(cene aufii touchante qu e celle de la mon da
CapitilÎ nc Lée & de fa mere. Cet O ffi cier
né ~c p~ re ns ric hes, aprh avoi r diffipé Ca fonun1
par le jeu & par la déba uche 1 s'•rracha .à une
comédienne, l'époufa , Cuivit ,(on fort, & monta
fur le thé! rre avec elle. Bien tôt après il quitta
cet état dans le quel il ne réunit pas & prit un_a
fcolc; maj, fe condui fan t mal, il ne fut .pu plus
heureux ' & après avoir perdu r. fe mme, il prit
le paui de reYenir à Londres. Arrivé C.ns an
fchcling dans une ruerne où.il a.voit ci·dttant
a cpenfè & perdu pluGeuu mülien de guinéts,
mais où. il froit connu pour n'ea avoir plus, ~
il ne put y obtenir u111e chambre ni. (c faire fen·:t
i rou pt>r (ans argenl; il n'en a voit pas ; (es beCoi111
ft oient preffans , & fon imagination affiigéc , ar
épuitèe ne lui. préfcnta que la reffource d'un filux;
Ü fort , le" rapporte une cuite , 1cceptée, à ce
.. u' il dit au premier garçon, par le Lord Town ..
shend , fur le T réforier de l'Artillerie. JI foupe
&: s'a rfure UJl lit ft1r cette craice de 1 S Jiv. fierl.,
(ur laq a elle il demande encore un ~ compte d'une
s:uinée &:. demie jufqu'au lendemain. Le garçon
r oun avec fon billet recevoir fo n argent au
b ureau ; le f.iu" en f('COn nu J ie CapÎtJ. Înc l&
arrêté & conduit à New~ue . On le iul.!e qud~1·e1
iou.u apr ès 1 il ctl: condamnê & enfin pcftW,
Co gk
( ,9 )
la loi ne pardonnant ici lt faux dire4 tn aucua
cas-. ·Sa malheurcufe mcrc rc ~ oit la g.tl.CUe dan1
tinc petite vi lle de province , lit le fo rt de fon
6 !1' & t o m ~ c à la rcn vcrrc . on )4 t roun 1110110
fur fan parquet quf'l ques heures a prè , Oo n'a.
!u la caufe de f.1 mnn qu.c pa rce qu'eJlt' noit
à la main Je p p:cr qui p• rloit de cd1e de Con fils.
FRANCE.
Da V1i.B.S AILLES, le -+ Mai.
L M. & la FamiHe Royale fi gnerent Io
1 S du mois dernier le contrat de mariage
du Vicomre de la Couldrc la Bretonniere ,
Capita!ne des vaiffeaux du Roi, avec Dama
de Montmort de Gravelle , & le 15 ceux
du Marquis de Laval avec demoifelle de
Voyer, & du Comre de Lons-, Maréchal
de Camp, & Lieutenant de Roi de Navarro
&de Bearn, avec demoifelle ac Tourdan•
ner.
Le 9, le Comte c!e Beaufranchet d'Aya,
Je t 7 le Baron cle Clofen Haydenbourg, le
Marquis de Chaumon-Quitey, le Comte
Viélor de Menou , le Ilaron de Galiffet, Io
Çomre Rayemont de Iloffeuil, le Vicomte
de ~eram, le Marquis Dauvet, le Vicomte
de Prunle, le Marquis de Morard; & le 11,
le Comte Ebrard du Chayla, & le Comte
de ChannoÔ , qui avoient eu l'honneur
d'être préfentés au Roi , ont eu cel1Ji de
111on·cr dans les voitur~ de S. M., ac-~
~cc avec elle.
Co gk
! 70 )
• L.e Roi a accordé le prevet de Duc héréditaire,
& les honneurs du LoLtvrc au ~1aré#
chal de Levis , quha eu le i6 l'hon"neur ~de
faire fès remercîmens à S. M.
M. Anquf:ril , Priem de Château - Ren5rd
, Correfp.ondant de l'Académie des
lnfcriptions , a eu J'hoirmeur de préfcnter à
L. M. & à la FamiUe Royale la vie du Maréchal
de Villars, écrite par lui ·mËme (1}.
D li PAR. I s , le 4 Mai.
Le Roi de Suedc e!l attendu ici le 4 Juin;
on compre que le féjour de S. M. fera au
moins àc 3 fema ines. Il y aara quelques
Opéras fur le grand Théâtre de Verfailles;
Armide du Chevalier Gluck, .que l'on prépare
à cet' ~ffer, & ceux qu'on jouera dans
ce temps·la à Paris. Les Comédiens Fran-
çois joueront auffi fur le même Théâtre la
tragédie d'Athalie, qu\fcra mife dans coure
fa pompe, c'efr-à-dire, avec les choeurs, &c.
Il y aura Bal paré, Appattement & petites
fèces à Trianon.
On dit qu'à peu près vers la mËme épo-
{1) Cc1 ouvrage en 4 vol . in-u., prix 10 liv, broché,,
& 11 livres relié , fe trouve c.hn Moucud, lmprimrur.
Libraire , rue des Marhmins, hô1el de Clugny. Le
ml!me Libraire vi~nr d'imrrimer la Henriade de Vohaire i
la plus torreae 9ui aie encore parw , :ivcc des remarquai
fU M. PaMfot. m· I. 6 Jiy. &: en papier veLin. dont on
a iiré 100 n:emplairer u Jiv. Cccre cdition uès·foianlc •
ellnl'.;,ufie avec braucoup dt goût, & fah honneur auX
prcJl'es «M. MoUlltcl.
Go gle
( 71 ) .
qùe, le Landgrave de Helfe Calfel viendra
aulfi à Paris.
Les Elus généraux des Etau de Bourgogne·,
prffentés par le Prince de Con:l.é, Gouverneur de
cette Province, &: p.1r le Baron de Breteuil, Minillre
& Sec1étaire ,d'Etat , ayant la m~c Pro·
vince dans Con département , ont eû l'honneur
d'offrir au.Roi, à Ja Reine, ;;l Mgr le Dauphin,
& à toute la famille Royale, des Médaille.s
qu'ih ont fait frapper à J'Bccafion de l'owverture
des trol$ C:icaux de navigation cntrtpris par Jes
füau de Bourgogne. L'un de ces Canaux, appellé
Can.1l de Charolois , s'étendra depuis la
'Ville de Chilons·Cur-SJône, julqu'au bou.rg tic
Digoin, fur une longueur de 14 lieues , & opérera
la jonfüon des deux men ~ par celle de la
S.iônc & du Rbàne , avec la Loire. Comme il
fera compris en entier dans la Bourgogne , la
Province cnneprend de le conRruire â fes frai.a
en toialicé. Le (econd, nommé Cooal de Bourgozn.
e , doit s'~ccndre depuis la ville de SaintJean
de Lofne, ju(qu'au village de la Roche,
entre S. Florentin & J cigny, for une longueur
de f 1 lieues , & owvrira une feconde communication
d's deux mtrs par celle de la Saône & d1it
Rhône avec l'Yonne & la Seine. La B o urgogn~
fe charge de hir~ , à Ces frais , la panic de ce
Canal depuis Saint-Jean de Lofne jufqu'.à Dijon,
Ja1uelle aura plus de 6 lieues , & fera navigable,
indép,ndammcnc du refic, au moyen d'une
pri(e d'eau dans la rjviere d'Ouchc. En6n, le
troiGcme de ces Canaux, ,ppellé Canal dt Franche-
Comrl, _s'én'f'ldra depuis le village d.e Saint ..
Symphorien , for la Sa&ne , un peu au-do.Crus de
Saint-Jean de Lof ne, &. for la rive oppotèe,
jau'auprO. de la ville de Dole, delà il f.èr a
Co glc
( 71 )
ftTltinué jurqu9.au deflcus de Stralbo\l rg , & opfrf'n
une tro:lirme 1ordion tin deux lllt'fS , par
cdlt de la S.ô 11c & du Rlt(lr.e, avec 1 Ill & le
J\hin. Le Roi a ordonné pour le momenr •
l'ü écu tion , e la p<imc dtpui1 Sai nt - Sym•
p horien jufqu'à Dote , Jaq1·eJle aura plui de
3 litur1 , & ft' ra navig able, indépendamment
d u fur pl m . par une pri (c d eau fai te dans le
D u b~ . L.i Bourgogr:c fe charge dt fa ire , à fct
frais 1 eTIYi{On Ja mt•Î1Îé de CtltC partÎC 1 qui fe
crouve lur fon territoire , & s'étend jufqu'aus.
Jimi1es qui (( paren t et ttc Province d'avtc la
F ram.he Comcé. Par fts Fdiu , des moi1 d: J an•
'fi r & de Sept embre J 18;, le Roi a autorifé les
E rats de Bourz ognc 2 ou \'rir & conflruirc cet
t rois Ca11 aux d ~ na v i ~ at i on , conformemeni aua
E_lans &: devis qui lui ont ért- préfent fs par les
Elus gênéraux ; & par d'autres Edi u , des moi1
tic Ffvricr & de Dfcembrc de la mcm<! .i.nnéc,
S. M. a érigé, en fn·cur des Etau, ces mèmcs
C maux en plein fi ef , avec t ouçc juU cc. Ces
trois Canaux font dé;a commcncé-s , & ouverts
Cl'l f lu/jcurs trdroirs ; on y tr.t vaillc uec afü•
ir ; & s'i l ne fun ie nt au cun accident imprévu,
on a liai d'rfp~ rc r que t out.: t les p"rc :cs cnr repri
fcs pa r 1es f t ts de Bourgogne, feront cntiéremt
nt achevées en 1790. 1...Ls médajllesque les
Elus généraux ont fair fra pper , pour conferver
le fo unnir, & conllar C'r l'époque de ces u1ilti1
tral:aux , porcc nt , d'un c&ré , le Ru le du Roi
âvec cette l ~gcndc : Luoov1co XVI. F RANc1•
l:T NAVAll ~ & R f GI OPTIMO t &: ~ l'exerg ue:
C otUTIA Bu,..our-014 : au revers , la fi gure de
la .Saône, aya nt fur f.t rê1e l.t touronAc Duca'e
de Bourgogne & à fès pied ~ l'~ .:: u tTo n des armee
• c cette Provin::c; portani dans fes mains la
embléap dy to1111111xc;c 4 4• l;i pro !plrir~ ; 41
' inêlanc
Co gk
• ·( 7J )
.tnêlant res eaux à celles de Ja L'oire , de la Seine
& du Rb in , avec cette légenfo: VTRJUSQUB ,
MAl\.JS JuNcTJO T a I PLEX; & à l'exergue , Fossu
, All ARAU ' AD LIGEIUM , S.eQUANAM, ET
R HENUM ,i:hMUL APERT JS. M. DCC. LXXX Il l.
Sur la de mande des Elus généraux , S . J\!l. a ordonné,
qu'à la pt'ochaine aflèmb lée des Eta ts d11
Hourgogne , qui doit avoir lieu cette année, la
prem1ere pie ire de chacun de ces trois Canaux
fi-ra folemn el r rn em pofée, en fon nom , par le
1'rince d'e Condé. S. M. , au f.urplus , a t f'<iU ht
médai lle' préfcn~ée par l e~ Elus généraux , avec
des t émoignag es de fa1isfafüon proportionoés ~
la grandeur &.à l'ucilité de l'entreprife qui f'[\
cil l'ob j ~ t , & au :iele & à !'afl:ivité des Elus pour
en alfll rcr le fuccès, & en a ccC lerer l' exécu ..
iion.
On lit dans une lettre de Srrafbourg l~
trait fuivant de courage, de généroGré &
d'humanité, que nous nous empreffons de
tranfcrire.
I.e 18 Mars dernie r , ent re cinq & fix heures~
clu fo!r , un cocher ayan t conduit un carroffe i
l'eatt pour le lave r dans l'abreuvoir qui d l au-'
de ffoes dn moul in de Z orn, & s' ét ant t rop ava n..1
cé dans h riviere , la voiture & le cqcher fu rent
rmponés pat le courant ; ce cocher alloit périr
]orfi?U'il fut aper'u par cin1 foldats du r ~gi mc n t
de Foix; ils accourent , m~ cte nt hab it bas, fe'
j~tten t à la nage , & avec une intrepidité admir
ée des îpcd:ateurs, parviennent à amener le cocher
dans un bJ.telet auaché près d'un !avoir ~
vont à la voitu re pour fauver les chev:lux: ;
&9apperceva nc q_ue le cocher e!l tombé du ba ...
tcllU dans l'eau, ils reviennent à lui & le ra-;
.,enent de nouv&au ; & malgré leS in{b nces d~
fi0• 1 9 , s Mai 17.s1. d ·
Go gle
( 74)
propriétaire , qui voyoir le grand danger de ctl
foldJts, ils ont été fduver Jcs chevaux & la voi-.
turc, à quoi ils ont reuffi après avoir brné Je
plus grand péril, & pris d'amant plus de peine
qu'il 1aifoit grand froid. Le prop ri éta ire ,' imm~diatement
ap rès , ayant vou lu leur donner l'argent
qu'il avoit fu r Jui pou r qu'ils pulTem aller fe
rctlaurer cle leurs fatigues, ils ne voulurent point
le prendre; celui qui volontairement r'expofe au
péril de (a vie , fe fent affez recompen(é par
Je fervtce qu'il a rendu à fon feml>lable. Les
noms de ces cinq (oJdau méritent d'être cités :
Beùe1ofe. Fa>Te , de la Compagnie de MontaJ.
Chaumont, Joly , de celle du Chev. de Ja Brofft.
Et Clarry, de Ja Comr agnie ncante •.
Après les détails des défallres qy'a éprouvés
la Champagne , pendant Je dernier dégel,
on nous laura gré <le prâfenrer le ta·
Dleau des foulagemens que la bieofaifoncc
s' efi cmpreffée de répandre dans cerro pro·
vince. J .a lettre füivanrc nous l'offie; le fcn~
timcnr & la reconnoiffance 1' one diétée.
M. vorre J ou •nd femble ti tre derenu le dépôt
publ ie de la Nation. Vo ulez~vous bien permettre
(Jue j'y conftgne , a\•ec Je rcmoignagc de toi.ti
un peuple rappellé à ht v ie par les bi-:nfairs du
Roi , Je r écit des malheurs qu'il a épr9uvés ~
l 'occalion du débo rdement des e~ux. V OllS y verrez
.que, graces à la muoificeace de S M •• le
mal a été réparf aufli·1Ôt que connu. - Aprèt
pl ulieurs mois du fr.:iid Je plus rigoureux, les
neiges & les frimars a)allt fait de notre Chani•
pagne un vallc: dfferc 1 les venu fe font toUt ·l- •
coup di1igés vers le midi, & nous ont enfin?men6
le dégel. Mais (., mardie a été ft rapide qu'en
,noins de de>JX heu res l les dvieres accru~ pif
Co gk
{'75 ) '
la (onle fuhite dt's neiges' (è ront rrpanduci
avec un fracas horrible , d~ns la parrie feptt'n ...
rrionalc de la Champagne, & ont entraîné dans
leur débordement granges , maifons , ponts ,
villages & communaut.és cntieres, ri en n'a éthappé
à leurs ravages! Pour vo1u Sonner une idée
de cette journée défafireufe , il me fuffira de
yous dire que 2.l.79 feux répartis fur 9J Paroilfes
ont fait une perte, tant en bâtimens qu'en fourages
, grains & bcfiiaux, é\'alu~s, d'après let
procès-verbaux des Officiers des Ele8:ions , à
jl,91,000 liv. Dans ces pre"1Îers momcns de
défordre & de fobmerlion 1otale , M. Rouillé
d'Orfcuil, Intendant de Champagne, a fait
porter des (ccburs en tout genre & en abondance
par·toUt où la voix du bcfoin fc fc1ifoit emendre ;
& l'on doit rendre ceue jufiicc à (cS Subdél.fgués
qu'ils ont parfaitement fecondé les \'Ues de
àienfaifance & d'humanité qui caraéléri fent fon
admini!l:radon. Mais ces premiers fecours du moment
n'étoi eRt qu'un palliacif po\lr d'aulli grands
maux. M. Rouillé d'Orfeuil l'a fenti; & plein
de confiance daas les bontCs l'nÎmcnt p;uernelles;
du Roi pour f~s peuples, il a été ]es folliciter
lui-même auprès de fes Miniflres, & a été affex
heureux pour remplir un objet fi cher à fon
coeur. - Penda1u qu'il plaidait ainû la caufe
des malheureux, les Négocians de la ville de
Rheims ouvroien' une foufcription en fa\•eur
des habitans d'Hle & de Boult-fur~Suippe, &
de quelques autres Communautésvoifines, dont
1es maifons, au nombre de plus de 600 , ont été
t•talement Cubme-rgé~ s . & avec elles roo métiers
appartenans à 360 Fabricans domiciliés dans
ces Paroilfes. Cette foufcription qu'on pourrait
appeller la c6'tifacion du patriotifmc , a été remplie·
auiü-i~t qu"ouverte, Elle -a produit 13,000 liv ..
d 2. '
Go gk
( , 76 )
\Ui, jointes aux graces que M. Cintendant a Q&- ,
tenues, forment un fonds d'autant plus intéreffant,
qu'il ne pourra que s'ac:croltre par Jes
nouvelles qu'il follicite, & qu'il ofe fe promet•
n e de la bienveillance du Gouvernement. Le
premier foin de .l\.t de Rouillé d'Orfcud a été
d'ailer difiribucr lui·mêmc ces fccours aux
11 abitans d'l{]c.fur·SuÎppe, & des autres P.1-
roiffes qui ont partagé ces dffafires. li cfi arrivé
drns ce lieu de défolation _& de calamité pu ..
bli 1ues , parmi les ru ines & la defiruâion. La
douleur & la confiern.ufon étoient peintes for
tous les vifagcs; un morne Jilcnce régnoît dans
ce Céjour d'horreur; tout y portoi.t l'empreinte
du dé(efpoi r; mais a peine M. d'Orfeuil a fait
entendre le nom d té ri du Roi, & le récit de
fes bienfaits , que ces malheureux revenus
comme d'un profond alToupdfe ment > ont fai r
· éc'acer leur rcconnoiffance par des cris de jole
& des acclamations réitérées, & ont béni le
Ci ·I de leur avoir donné dans la per(onne fàcrte
du Roi ttn pere tendre & compâ;ifîanr. Les
(e.;ou rs qu'on leur a diOribués ont d~ja rempli
l'..,,bje t qu'on en :mendoir. Déja ces Paroife~
Mt repris un afpc:él plus tjant. On reconGruir
pir-tout, par-tout on rl!-parc Je dommage cau(5
par les eaux. & bientôt il n'en cxifh:ra p3s le
moindre vtfügc. Chaque F.ibricant a reçu le
même nombre de mérit' rs que l'incndarion lui
a .. oit enlevés, & dé;a il emploie les l:t!nes &
autr('S maticres qu'on .!.'efl emprelTé de lui four4
nir. Quelque lo11gue que foit c:cue lettre, je
\'ous d~mandl·rai, M. la permitlic.n d'y ajouter
rncore un trait. L6rs de lA fubmedion de l:t
PJroilîc de Boult-fo r-Sui ppe , le Cu1é s'éroir ré ~
fugié dam l'Eglifo avec fc:s Paroilliens , efpé4'
J4'lf ~ue les CJU~ ne ylendw.i;nt. !?"'' g;igncr
Go glc
( 77 ) •
fttte retnite ; mais, en moins d'une heure, eUe
fut invefiic de tous les c6tés, & le danger de ..
vcno.it très-preffant. Alors ce bon Curé ne prenant
confeil que de fon ~ele, charge for Ces
épaules le plus 5.gé de fcs paroiflicns , trnvcrfe
parmi lrs g\a<jons, une riviere qui a voit plus de
quarre pieds d'eau de profJndcu r, & après avoir
expofé ri\ille fois fa vie, va dépofer dans ur.
lieu (Ür fon prhieux fardeau. Après quoi il
tt'tourne .à (on Eglife , fc charge d"cn autre
vieillard, le fauve 1 & recommence ftize fois le
même voyage, toujours avec un ég:tl fuccès.
L'acteur d'une fi belle aélion mérite ::i.fTJ rément
d'êcre connu. Elle efl due au courage, au rele &:
2 la piété de M. Hlli50N , Cu.ré à portion
congrue clf' la Paroiffe de Boulc fnr-S•Jippe.
Coa1me frs Supérieurs l'en faicicoient • & lui
demandoient comment il (croit poflible de l'en
récompcnfer, il leur a répondu , avec ceue
10ode1Hc qui lui en naturelle : " le Paflcur
• doit donner fa 'fie pour (es brebis ; aiuli je
,., n'ai pas grand mérite d'avoir cxpofé Ja
» mienne. T otit ce que je dem:indc, fi l'on
»veut me récompenfrr d'avoir fait mon de·
., voir, c'eA: de ne pas faire payer à nies pauvres
., paroifliens Jes JOO Jiv. qu'jJ en conter.t p1ur
,., faire réparer mon presbrrere », Ah! M. qua
la Religion qui in(pire de p::ireils frni imen • eil:
grande & foblime ; combien d:e dl digne de
ttot horvmages & ci<.> route notre aàmir.1tion. Je
fuis,&c. Sign~, HEUVltARD, Cenfe1rR~)'!t!.
On dit que du 6 au t ci Je ce mois, }Of
frercs Robert partiront du moulin de Javelle
, avec un Globe 9u'ils con!huifenr à
S. Cloud. Ils ont invente aufli des machine•
propres à. le diriger; M. Charles s'e!\, clit•
d J
( 78 )
en , toujours ilevé contre cette invention:
il croit, ajoutc -r-on, la direétion impoffible;
& il ne veut pas être du voyage.
On vient de recevoir le procès-verbal de
l'expér[ence aérollarique de l'Académie de
Dijon, faite le i.5 Avxil, que nous.pla<.<crons
ici.
Nous Souflignés, Commiffaires pour monter
1' Aérollatc (l'Académie de Dijon) , avons ttdigé
..:omme i l fuit un premier procès-verbal Cuccinél ,
avant de quit.ter le lieu de notre arrivét. Le nnt
irès-fort & tourbillo.nmlnt , qui s'étoic levé qudc;
iucs intlans :1vant notre dépare, &- qui nous avoi t
dtjà repouaés plufieurs fois contre terre de tou1c
la hauteur des codes qu'on filoü, nous , ayant
fait cr~indre qu'il -ne brisît roos nos agrêts , qu'il
ne'nous jetlt dt1 moins for la ville, ét.int préciOErnent
:iu pied du pluli baut de Ces clochen , nous
primes la réfolu tîon de jeter fucceffivement aff~z.
de lefi pour v:iincre la réfülance qu'il nous oppo ..
foii ( 1); ce >l ui ltépuifa en en!Îe r , & même parde
de nos provilions . que nous. eflimons devoir ê rre
de foixan ·e & quinze à quarr~·vingt livres. Maj1
:l peine t>Ûmes -nous dépaffé la hauteur des toits:
de l'Eglife , que notre afcenfion fot excrémemenc
rapide, & notis ne vîmes plus fon clDchl'r qu'CJI
plongeant, & fort au ·ddfons de nous. La forme
de notre ballon nous anno~ant alors une très-forte
(1 ) le lcnde:nain nutin, nous::i.vons appris a Auxonne
'jUC i.l l'iolcncc du vent avoit allarn1é pOur nous ceux
~·i renoiendcs cordes,&: qu'ih refufoîent abfolumcnr.de
les lâcher, mal gr~ le!! figuaux répétés,&: ils n'avaient cUé
<lUC qu.md ils nous :i.voicnr v1u jc1er J.i. plus grande parrie
de notre lcll, & qu'ils fc ftmoii:m eux m!mcs cmraio.és 1
~~~!ri:~: é~,t~~~~ ~~.;:e;~~:r;;~~u;~i~~~pan u~s::
Go gk
( 79 )
dilatation, occalionnée i la fois par la chaleur d'll
l'oleil &: la diminution d: den fi té de l'air environ ..
nam , nous a\•o ns faic jouer en même temps nos
deuxfoupapes ; mais elles n'onc pas fuffi 2 l'écoult>
ment du fluide, & le ballon s'ell ouvert de la
longueur de 7 à huit pouces dans 1a parcie inférieur~
1 tout près de l'appendice , ce qui ooùs a
plutôt ralfurês qu 'etfrayés. Nous nous Commes
1rouvés eqfuite dans un calme prerque plat, au
-. pe:nt de nous regarde r comme fiationnaircs; cependant
nous nous appercûmcs bientôt que nous
étions déjà Join de la ville. A f heures 5 minutes
n ous paITT.mes fur un village que nous ne conni'tmes
pas, où nous lai ffâ mes tomber un billet at ..
taché à une pelotte rempl ie de Con, por tant banderole,
lequel a n:;:ionçoit que nous nous lfOuvions
" très bien , que le baromeure éco it à 2 0 pouces!} ..
lignes, le thermometre i un degré & demi aud
elfous de z.éro , l'hygrometre à 59 degn~s. de
l'échelle de M. de Retz., & 59 & demi de l' ~chclle
de M. Copineau. Nous avons l:!iffés tomber deu;ic
autres billets, mais éc rits au crayon, le froid net
DOus pe rm ettant pas de cenir la plume; à 5 bcure5
11 minutes , il étoit à 3 degrés au-dc<rous de
zéro, c'dl-à-dire qu'il ér6it ddcendu de 14 degrés
& demi depuis notre dép ar t. Nous ob(erv:l ...
m:s la chO te d'un de ces billets à la montre à fe d>
ndes ; il fut fans dou c fOlitl!nu par le r ub:in
Boctant, car, quoiqu'il tombàc a<rez. perpendiculairement,
nous comp:à. rnes 57 fe condcs avan t
qu'il touchât terre. Le froid vif nous faifit les
oreilles , & c'cfi h f'eule incommodit~ que nous
avons éprouvée, & dont nous avons été bien dédonimagés
par ce (entiment que M. Charles a fi
lticn peint. Nous n'avons qu'un trait à ajouter ~
fon tableau, c'efi qu'il nous a paru affaibli plu ~'
qu'exagéré , lorfque nous avons vu une met
d 4
Co gk
( !o )
~e nU3gH couler fous no~s, & nous iîoler de· la
t erre. Nol.l"s répét:lmes alors de cencert la devife
emblématique de notre aérofbte : Surgit nunt
Gallus ad oethtrn. Le fo lt il comme n~ant à baitfer,
aprê's nous a.voir donné Je fpettacle d'une foptrbe
parélie, nous no1u apper~u m t~ que la p:ir1ie inférieure
de notre ballon s'apph11 i{foit •qu' il éco;t
temps de choilir le lieu de dcfrei:ite, nous jwge-â. ..
mes par b bot.:ffole que noos n'étions pas loin dé"
h ville d'Auxonne, & nous crl1mesla rcconnoî.tre
à fa mafl'l' , à environ ~ s degrés for notre droite ;
nok!s ne n<Jus trompÎQns pas; no·us prîmes !;1; réfo- t
lu tion de faire uiàge de toli tes nos manoeuvréf
pour diriger vers ce poiTit , el'. es avo!ent été !ort
endt'mm;igét:s par le coup de vent que nous avJOr f ~
éprouvé ;l notre M"art . le gouvern ai l étoit dlboi:
é, une des ramC's de la Gon:lole avait é é
came .i l'axe de fon m?.nche , & s'éroit détachée
au premier m ' ment où nom "'n \•oull1mcs fai 1c
ufage pour nous Cloignc r de Dijon; la rame de
l'Equ<itenr du même càté s'étoit cn~agée tl:insunc
des grJndes cordes füée~ lors du départ, & que
ncus n'avions pu r::imener à nous pour les couper;
il ne nous rdloir do.ru:: q u ~ les deux au rres rames •
<JUÎ, fc rrouvant du même côté, nous ont éte ab-.
folum:m inutiles pen:fant la plus grande parrie
èe narre marche, d:rns le calme , & même forfqLe
r ous étious portc'.s en tournant fans courant (enliblc;
mais étant tombés dans un courant qui
.nous jcuoic fur l'efl, nous fîmes joue r ces rames
avec beaucc.p de facilité fons aucun inconvénie nt
pcndanc w :i 9 mi1tutes, & ellei nous faifoient
t tl1ement virer au fud-efl, point de notre deRin:
uion , que nous fendons t=léja la nécefficéde ménager
ce1te force pour dériver qu2nd il en (croit
tem~s, fo r-rout n'ayant.rien pour rappellcr l l'cO:.
Nous cfpér.ions donc pou\•oir de(cendrc prè' d ..
Go gk
~ 81 )
cettë maire que nous jugions Auxonne; maiS nout
perdions beaucoup par 1 'ouvertarc de notre ballon
nous enc rions alor~ dans un grand erpace couvert
de bois ; nous nous (emiom defcendre, nous gardâmes
le peu de lefi qu i nous refioit , & qui n'~ ioit
gueres que les plaRches mobiles ~ui nous fer ...
volent d::- bancs, pour ralenrir la chute, s'il en
é ro~t befo in ; nous n1en jetâmes qu'une feu le ,
n ous defcendîmes t rès-doucement fur un raillis ,
~u e nous avonsapp r i~ depuis s'App~lle rl e Chai511et,
appartenant à Madame la Comtdfc Ferdinande de
Brun , ter ri toire de la Marche. A peine nom• gondole
toucha-t-clle les branches , qu'el!e fe r.eleva
avec fo rce ; nous faisîmcs ces Oranches pour
nous ancrer , p'J ur n'être p:ts j~tc~s fu r que lques
grands arbres qui (e trouvaient de di llancc en
di Gance. Ni>us •cJf.iyl.mes de dcfcendre en tiran t
les tiges de ces taillis , comme on marche. fu r
la mer à la toue; il ne nous fu.t pas poOible :
nous entendîmes du monde , nous appel13.tncs
pour nous aider à ar river à terre , c'étoit des
h iib itans de Mdgny-lès-Auxonnc 1 l'wn deux nous
répondit qu'il vie ndroit volon[iers fi nous vculfr.ns
ne lui point faire de mal ; nous le raITUrâmei. So,n
exemple & no; invitations déc idcrent enfin f~ s
camarades , & nous touch:imes terre à 6 heures
J.S' minutes. D,1ns le nombre des habitans qui s'y
rendirent, on a remarq ué deux hommes & 1roiâ
f emmes qui (e mirent à genoux devant notre ballon.
A peinr dimes-nous attaché not re Aéroll..ttc;
laiffé quelqu'un à (a g:ldc & expédié un courier
p our ~O'lner à Dijon de nos nouvelles, que nous
rrouvâmes fur la r:mcc de Magny plufi::un perf"
o n ne~ qui nous ayant vus d'Auxonnc, venuient
à n ot re rencontre, qui ont bien voulu ligner avec
n i) us çe procés. verbal , rédigé à J.1 Cure d 'Ad1é~
y;Jlagc \•oifindc Magay, le 15 AVril 17·R 4~
d s
Go gle
( S1 ' )
M. de Morveau êcrivit le lendemain i
q uelques ao1is, en leur envoyant le Proûs·
verbal.
cc Yons jugez., par Ja note , que la tiitié bar•
bare de ceux qui s'étoient chargés•de tenir les
cordes nous a volé , comme dans ~fa poche , les
trois qt1arts du foccès de notre expfricnce. ('un
d'eux fut 4nJevé à trois pieds de terre, il ne lacha
que dans ce mo-menr, & (e bl-effa à l'épaule
en retombant; il a avoué qu'il avait eu le prajet
d'attacher la côrde à fon poignet, s'il l'eut
exéct11é, fon poids aurait fait pencher d'un côté
le cercle équatorial, les cordes de fufpenfion d'e
· Ja gondole auraient crevé le ballon, nous étions
perdus, ainfi que lui & ceux qui fe fcro?e rn trouvés
deffous, Cc n'efi pas que les ordres de lacber
l!'eulfem été hicn donnés; en jett.1~t coup . fu rcoup
notre !dl & panic de nQs hlbits , nous an·
noi:icions affe1 la réfolution de partir; pour affurer-
}a confiance daps les fignaux je tenois d"urre
main le papier où ils êtoient écrits; M. le P. de
Virly, chaTgé de les répécer à terre. en fit de
même, on l'a même entendu menacer de les;
couper avec un fobre li on ne Tes abandonnoir:
répomle\·110u.r de leur vie? difoit~on , quel mot'
pour un jour de baiaille? faud·ra-t i-1 donc au Ai
des confeils d'e guerre pour-~ceux qui nrobéi!fenc
pas aux fignaux (ur ce nouvel océan! cefa fe ref_
Umble en ce que le confeil de gi.ierre ne r end
fas- l'occalion perdue; mais il y a ici une grande
différc:lce, on efi encore- obligé d'-cmB raffc:r les
coupabl~ en arrivant; à la vérité , on prend la
réfolution de ne plus dépendre une aotrc fois que
d'~n cordeau d'ancre- que i~on peut couper foi--:
W&rme >>.
On a publié à Diion l'avis fuivam.
Go gle
' ( 81 )
Le fuccès de l'Expérience AëroAatique ayant
fait regretter à pluftcurs Amateurs que le manque
.d'exécution des (ign~ux aie privé lu Voyageurs de
pccfquc cout leur lefi 1 & les ait cmpê.::hésdc don-.
ner â leur navigation aër1enne encore plus d'éclat,
ih ont dépo(é 5 1" louis au Bureau des Affiches peut
\lnc nouvelle Expérience; ils efpercnt engagct
M. de Mon•cau à vouloir bien la diriger, & invi tent
ceux qui y prennent intérêi à Cc réunir à eux
pourcompletterla fomme néceffaire. Une fa1fo11
plus heureu(e, la célérité de la derniere opération
qui n'(l duré que 15 heures , & la (enftbilité de
leurs CompJtriotes à une Expérience auffi glo ..
di:~:= s:~rol: ~:~;f t
0f c"~;n~~ ~~~te~d~~:n~~~~~~
d'alégrcifc, jufic bomm1gerendu aux 1alcns. Ceux
q_ui voudronc y concourir , font priés d'envoyci:
audit Bureau des Affi.:hes Jeurs noms & tellt! fom-;
sne qu' ils jugeront à propos, donc ils recevront
ttuittancc; & ;oil étoic poflible que !'Expérience
n'eût point lieu, ta fommedo:inéc leur fcroit rcn~
due en rapportant la quittance.
Après toat ce qui a été dit pour & contre
ces machines , on ne defire pfos de nouvel ..
les differrations, on ne demande que des
faits; Ji celui que l' 011 cite dans cette lettre
efl fondé , elle ne peJt qu'imérelfcr nos lec ..
teurs , & nous la tranfcrirons , fans y rien
a,ourer, ni retrancher. Noas la devorts 1
M. T.enée; ello dl de Lyon, le 16 Avril
dernier.
M. Ayant commil1Î.>n d'acheter des talîetat
propres à faire des ballons aérofhciqucs, îe me
fuis cran(poué chez. M. l\l~rcié, Graveur, J\tfcha ...
nicicn, demeurant au coin de Saï.nt.Côme de nott•
d Ci
Go gle
( 84 )
vilttdeLyon; il m'a montré des taffetas d'une Coti9
pl ~ffe fur prer:anrc, impc rmé..ible au gaz. inflammable
, & c ellem~nt éh: tl:ri:iue , qu'il tir.a jufqu'à
fix écincc li <"f de luite, n'ay"lnt été fro:1é qu'un
fcul ct>up. Il avo:1 au plafond de fon laboratoire
des b.dlons \le be.1u !ruche qui é1oic:n1 remplis
d'i!. r infl 1mmù1c depùÎI un temps infin i. Surp1is
dt:: y ,J ir chct. h1i re -1ue je n'avOis j;un.iis vu ,
j,· lui fo: il ne vous tndn1ue pins qu'i trouver
lad rcdion, puif1ue vous co1rervct. fi bien cet
~ir fi r.irt'. Sms me rtpon:i1e , il ouv rit une
g a·t,Je hoëre dt' carton, d'ot'I je vis Coni r un
afrollHf' q·1i 01voit la fo rme d'un poifTon ; & bien
l o1n 1 ~ s'devcr en perp..-n.Jic.Jlaire , co nmc font
l t s ba ll ons, il vint dro t a moi; je fis un cri
d 'c't nnernPnt. Alors Ir lieu r Me c1é m'ddreffant
h parn1r , rne ,fü: ;Wa'!.fie r, de quel côri deflrt {""
nw qu~ cett• m 1Chme dirige frn val . J 'cxigeJi
qu'elle f a wus les mouve111e ns iu'd ft' ro:c befoin
que l'on pÎ1t fa 1fc en l'.iir. A 1'inn.1nt il prit
fon p.-.iiff n, le fi avani.:cr t11 ligne tro;te, puis
tournt'r ~ g~u~he , en Cu ite 1 Jr _•itc, aller , ven;r,
m o~ t cr t'n piral , 1dct'n1re d·· même Je lui dis
a lo rs il ne vous mJnTJC plus qllc dt' vaincre les
venu. Co 11111:> il n'en f,.j l(, t point alors . il ne
pu1 me con\•ain..:r~, nMÎs il m:: fir lirt un cer ...
ti fic.u de M. Montgo!fit:r, & du Perc Lcf{"vre de
l' AcaJémied(' L)O'l, par kC]ncl ils alluroient avoir
., ,, la ma~hine du fi-:11r M('rc1é, (c ~irig~ r conrre
u:i Cllur int d'air !r.nfio1e. Ce que j'ai trouvé de
forprf'nJnl 1ans ccm: inv,..nrion 1 c'dl C]UC CC(IC
machine efl Côm:iof'-e Je• 1cllc r.i,on, qu'elle
op"n: fans qu'il r~ a{fe aucun frottement quel·
co11ue, c.it fon m ·uvtment n'efl point par un
mécluni(me , & ce n'e!l qu ~ par un t'ff-:1 fimple
& n uur ·1, que fon ballJn tt\'Jnce où l'on vent.
J · l'ai prié d" m!' donn.:r JJ CO?ic de (ès certi:&·
1 1ts, que je j-Jins ici.
, , ( X 5 J
~ L1 Académie tn'ayant nommé 1 à la demande
de M. Mercié, pour affiiler à quelques expérien ~
ces qu'il fe propofoit de fai re Cur la direéiion des
balloAs aérolhtiquc:s, je me fois tranfporrê avec
lui dans la grande C.1lle du College de la Trinité,
& il a fait en ma pré!è'nce les fix expériences fuivantes,
avec un ballon de beaudruche rempli
d'air inflammable. J'ai demandé que le ,balloq
étant placé fur le parquet, à \'une des extrémités
de la Calle, il s'élevât en s'avança ne foiv:int une
ligne droite:. vèrs l'autre rxtrémiu'.-. 2°. Qu'après
quelques inflans, il changeât de direéiion t:n cour~
nant â 4roite, ~ 0 • Qu'il en changeât en tournant
à gauche. 4°. Que Je ballon placé à l'autre extrémité
de la talle. à une hauteur d'environ quinz.e
pieds, s'abbaifs5t à l'autre extrémité fur UR point
défigné du parquet, 5°. Qu'en defcend;Mt il changeât
de èireél:ion, comme d.ins les feconde &
t roifieme expériences. 6°. Que placé for le parquet,
il s' élevàt en tournapt & en décrivant une
eîpece de fpira le. - Tous ces mouv:;omens ont
été exécutés. En fOi de quoi j'ai ligné le préfcnc
certilic<1 t, Fait :l Lyon, le) Avril 17S4.
Signi, LEFEVRE DE LoR, de l'Académie Je
LJ•On. - J'ai affillé à la répétition ·de plu fleurs
e xpéri~nces ci-delfos défignées, & ai même vu
que le ballon ~'efi dirigé contre un courant d'aic
fenlible. ALvon, le9 Avril 1184.
Signé, JoSEPH MoNT"GOLFIER,
On écrit dl1 Pont dn S. Efpn:, qu'un
pêcheur étant fur le Rhône, dans un petit
bateau , enrendit derriere iui descris d' «t"'...
fro1; il fe rêtourne, & Voit dansi' éloigne ·
ment un ba\lon tomber fur le chmp dans
le Reave. Un homme qui fc trouvoit dans
la galerie , & qui crioit au fecours , voulut
Go gle
( S6 )
alors en forcir, pour fe fauver à Ia nage :
mais fon pied s'étant ernbarraffé dans Jcs
cordes qui pcinoiem fa galerie., il fut noyé
ou érouffé , avant que le pêcheur pût arriver
près de lui. On a .dit que cette découvene
auroir fes marryrs; celui-là cfl: le premier, (Ï
cependant le fait efl vrai; car dans tous les
~ays on a déja fair plufieurs fois caffer le col
a plus d'un voyageur aërien; on en a fait
mourir de froid, &c. & toue cela étoit invenré
à plaifir.
0 1t apprend de Dijon que le i.o Mars 1184;
MJ'vl. les Elus Généraux des Etats de Bourgogne
affemb1's ~a ya nt reconnu que le Cachéchi(ruc fur
les mores apparentes, dires afphyxies,Jcompofé par
M. de Gardanne, Dofreur·Régcnt de la Faculté
de Pa!is, & publié en 1781 par ord re du Gau ..
vern.emenc, renfermait des infiruaions utiles, Be
que l'on préviendrait par ce moyen les accident
fundles qui ne font que trop fréquens parmi le
peuple , ont délibéré & ordonné que cet ouvrage
feroit inceffamment imprimé aux frais de la Province
, du même format que la dixiéme édition
de ce livre, faite à Paris en 178:. , qu'il en fc~
rait Réanruoins recranché tout cc qui concerne
Jcs afphyxics caurécs par la mofete de la calle lt
de l'entrepont des vaifreaux, mais qu'il y (croit
ajou té un fopplément, contenant un avis fur les
pr~cautions ~ prendre dans le cas où les circon( ..
tances oblig-:roiem à faire des exhumations de
cadavres, .rédigé par M. Marcas, Dalleur en
Médecine, MéJecin du Roi ponr les épidémies,
:Secrétaire perpétuel de l'Académie ae Oijon ;
qu\mfin cet Ol!vrage, dont l'utili1é a été conf,_
a,ée I>M tam d'éditions différentes faites en moiot
Co gie
c i1 )
ae tl mois 1 rcroit difl:ribué gratuitement dans
toute la Province (J).
On vient de nous faire paffer un fair affez.
finguli~ , que nous nous cmpreffons de
tranfcrtre, parce qu'il ell: important au Pu4
blic d'être inlhuit des dangers auxquels peut
l'expofer quelquefois trop de confiance.
Le iz du mois dernier, l 8 heurt:S du foir ;
M. P•" , homme efiimable, &: Chirurgien connu,
étant obligé d'aller de la rue du Four, faux ..
bourg S. G. à celle des Juifs, au Marais, pour
voir un malade, •'adrefî'a. à un cocher d~ fiacre
qui paffoit, & lui prGpOfa de le con:!uire ; cel ui.
ci ne répondit rien, mais il s'arrêta une minute
après & lui ouvrit la poriierc. l'tl. Pit*" fut fort
étonné, en entrant, d'y trouver une perfonne ~
. qu'il reconnut à la voix être une femme d'un ccr ..
tain 1ge, &: aux vêtemens, d'un éra t très-infé-rieur.
11 voulut excuftr fon indiforéuon, Ce
plaindre du fiacre, & (e rttiru, mais la O.if!?C
l'affura qu'elle al\oit au Muais .. & Ce félicita de
la rencontre. A peirie M. P ••• fut -il affü, qu'on
nulut lui perfoadC'r qu'il y avoit une odeur dé-fagréable
dans la voiture, quoiqu'il ne s'en ap•
perçût pas, & on lui pré(cma du rabac. Le Chirurgien
n'étoit point en ufoic d'en prendre, & il
refufa. La boîte queettce Dame, très·attentiTe,
renoit ouverte, a voit répandu unt vapeur G fone
dans l'i.ntécieur de }a voiture, qooiqaé les pan-
1
(il Le m!mo1re fur fa colique des gens de mer, ha
~i:f P~:u!Je"ci~~ ,dd~n~:~~~~~,:~~~1ff~t:t~rc:d:~: fiï:
tion , vit:nt auffi d'itrc rfonprimé p.u orJre du M.iniftte
de la Marine , ~ l'Jmprimmt Royi.lt, k lliOûbué dol.Al
la port1 G.i R.oyau.ni'-
Co glc
r zs· î' .
neaux fufl"cnt ouverts • que M. 1' ..• en fia incommodé
au point d'être obligé d'f n fortir avec
précipitat ion. L'étourdiffement qu'il éprouvoit,
& peut · êrre l'cmpoi fon nement qu'il craignoit lui
firent négli ger dt· connoit re les vraies caufes d'une
/
rencont re fi ex traordinaire; il ne fu: occupéda~s
le moment qu'à s'éloigner, & il ne fongea ni
au nuinér.:t du fiac re, ni au Commiffaire, paÎ'
l cfquels il auroi1 pu é1re inflruir. On a cru qu'il
étoit de l'inrérêr public gue des fuies pareils fu(fcnt
connus. Celui-ci s'efl paffé d.ins J'efpacc de
4 minutes. & d.rns J'efpacc qu'il y a à parcourir
depuis la rue de l'Egout jufqu'à 1.:1. rue Princcffe.
Les Numéros forris au Tirage-de la Loter
ie Royale de France, font: 41, 79, l3 ,
17, & 76.
Le lieur Oubuiffon, MJ. de rouge de la Rein e ,
continue à fa ~1 riqucr & :l débicer ion bc'IU rouge
exrr.iit de fleurs, roujours en (a métlle demeure
rue des Cifcaux . près de J'Abbaye S. Germain~
des-P rés ; un en trouve chez lui d(s pots~ J liv.
à 6 liv & à 11 hv. ce dern ier cil dans des po!S
dorés cfe porcelaine de S(VC, & cil au d.:gré le
plus érnil"Jcnt ; le- pots de 6 li vr,·s , qui font en
faye .;ce •font ~ tiqueté ~ en r.ougf' ~ -;eu'I de~ liv.
le 1001 rn noi • Cè rouge a eu le plus grand
fu r, ès drp u i~ le mriis ;,f:\vril 1"70, que !'Ante
,r l'a mis au iou r après a\•oir é1é approuvé
p.i• le doyen de 1.i f.-i cu!té ;au mois de Mai ; 773,
il <l été .. ncore fonmis à l'examen de la Commil.
fi ori Ro y~ le de \léJec:ne. ~ ~ ppro :.ive d'elle.
Vo .er le Macure d<"' J uiJ Pt 111(.me anné • • pre~
m >rr volume le fü-nr D•1buiffvn avertit qu'il
n'cil en aucune fo.::iérr à l'arü pour le débit de
fo 1. ~auge. quoiq"e pluficurs perfonnts s'en au.~
tonCent.
Go gle
( s, )
DE B RUXELLES , le +Mai.
Les Etats - Généraux ont pris fur les mémoires
remis par le Gouvernement général'
des Pays-Bas à M. de Hop, les réfolutions
fui vantes.
Q ue, pour \lfe r dans cute occ::dioa de toute la
c ondc fc~ dance poflible , & prfr.enir tout ce qui
pourrait donner lieu :l des difficultés ulrérieures ,
il fr r.a ordonné au Cofüge del' Amir:mté cle Zélande
1 de prendre au plm&t les mefures nfreflàires
pour qu' il ne foi1 fait, p2r proyifion 1 ju!ques
à nouvel ordre de L. H. P., par le navire de
l'Etat, qni Ce trouve dans le Vloot devant Lillo,
aucune vi fite quelconque , ni tenté d' arrê ter au·
cun nav ire alla nt de b Flandre A11trichienne vers
l es !iemc nommés Vrl' pol_der::, & vice v·ersâ : &
a infi de !~ yers les P olders de Lillo , SandvliN '·
m·îis-qu'au c1Jnt raire lc(dirs navires puiffe:irpaifer
lib~em e n t . &. cela p ro~ifi..lnnel!ement poi.H aμffi
long temps que L. H. P. ne donne ront pas d'a u-'..
tres odre-s . Qu'il fe ra don né de ceci connoiffance
t.~qreffe au Colonel de Pabfl, & ~ .A. priée dè
Jui infinun que J. H. P. ent<'!n clent avo ir pris plt'
Jes fu rd itsordres de s mefitrf'S ruffifa ntes, pour que
l e navire de garde ne le trollve ooint dans le cas
d'avoir befoin de &m:i n d~r aflifbnce conrre leS
fuldits n:1vircs venar:a ou allant vers lefdits Vrypolders-;
& que L. H. P. apprmn-ent fa conduite ,
lu i ordonnent ultérie urcmènt de la r;onrin ue r , &
d'éviter tout ce qui pnurroir rtffembler à une ag·
greffion du cô té de l'Er<1t. Q u'il lui ~ ra envo )'ê
copie du mémoire ~ rem is à M Hop-, contenant
une plainte fu r l'empl acement des paliflàdes de
L illo , & la conO: ruél:ion d' u n~ batterie , avec or'I'
dre d'i nfo rmer le plutôt po~ble ~ comment &
Go gle
( 90 )
jufqu'où l'on ell avancé, & précifément à quttle
place on étoit d'intention de conflruirc le fd ircs
p<iliffades & batteries, (j on les a dt"ja efièfüvemcnt
plantées & conftrui:es, & pour que pend1.
nt lu délibér.11ions il ne foit procédé à ladiie
, plantation des p.1Jilf.ides , ni éonflruéi:ion des
b tteries, ho rs de ren ceince, jufques à nouvel
ordre. Que l ui Colonel doit informer L.H. P. de
ce qui. s'efl paffé à ! 'égard de l'affermcment de la
pêche devant l'éclufe du Polder de Doel & des
h C' rbes d'une partie de la digu,e, Cur !;;quelle il
exifle plainte dttns le mémoire de la Cour de Rru:
xelles. Que L. H. P. le chargent de.prendre les
Inefures néccffaires, pour que ledit affermement
n'ait point lieu, & qu'il ne foie fait aucun ufage
de la pêche. - Ec fera envo)·écopie 'de cette rérolurion
J M. Hop, Miniflrc- Plénipotentiaire .1 la
Cour de Bruxelles, avec ordre de déclarer que
L.H. P. ne vifènt qu'à éviter de donner par leurs
0,6;,c.i er.s. ou Employés , aucune oftenfo quel ..
conque à S. M.1. & R., & qu'elles ont même à (e
plaindre des foup~ons con~us , comme li d!ts
avaient donné qu elci ues orJres Cecrecs à cet égHd.
Qu'afin d:t'n mieux défabuier le Gouvernement
général, elles ont donné les ordres provifionnels,
ci-deffos détaillés. Que L H. P. perfillent au relle
inébranlablement dans Jeurs fenrimens de refped:
& haute efiime pour S. M. I. & R., Ccntimcns déja.
fi fouvcntdéclarés ; ne ddirant rien de plus que de
pouvoir en mettre au jour les preuves indubita ..
bles, & efpérant que les négociations prochainet
pourront terminer au contentement réciproque
tous les différends fubfillans encre les deux Enu.
Le 1 s du mois dernier, M. Doringer, Secréraire
de Légation, &. chargé des affaires
de la Cour de Vienne à la Haye, remir le
Co gk
( 91 )
Mémoire fuivant à .\l. le Greffier Fa~cl.
Le Souffigné cfi chargé de \,1 part du Gouver~
nemcnr.g én~ral de S. M. de r co r é ~e nter uèthumblemenc
à L. J-1. P.: Que S. M.1. & R. t ient
par droit l:i navigation abfo lumcnt dans toute la
panic où le5 bateliers fuj e t ~ de S. M. vi('OOCJll du
D oel pour An vers, ou d'Anvers pour le Doel;
IJU'ils doivent pouvoir y paffer, fans étre tenus à
aucune vifitc , à aucune déclaration , à aucu•
droit & aucune gêne qu elconques, qu'on ne fe
r elâchera jamais tur eu article, & qt:'on n'emend
aJmertre aucune difp .J fi ion ou provifion, ni de la
part de l'Amir.rnté ou des Etats de Z élande, ni de
la pJTt de la République même; que cc droit dé rive
de la fouvcrJÎneté abfoluc & notoire de S J\l.
& par conféquent d'une Cource que S. M. l'Ernpe~
re1ot r filura faire refpe8er. Que le Gouvernement·
gén ~ ra\ n'a pu qu'être fo rpris q\u le Commandant
C:lu navire pofié devant Lillo, qué l'on nomme
frégate, Ce feit pem1is de remcurc le 6 d~ ce mois
aa batelier Brager , Je même dont il dl quenion
dans les deux mémoires remis le 4 de ec moÎ.t de
b part du Gouvernrmcnt général de S. M. à M.
dcHop.MiniAre-PléniPotentiaite de L.H. P. à la
Cour de Rruxellcs , deux Déclarà tions, l'uae de
lai , & l'autfe d'un Employé ou Commis H oJlan.,
dois , qui parlent tau res les deux de L. H. P.,
en 1émoignant qu'ils doivent leur rendre compte
du re fus fa it , de leur faire la dêcbrarion ordinaire.
Qu'eux Souffignés attendronl les ordres de
L. H. P., mais qu'ils laifTeront provilionndlement
parfer lui batelier Bragcr , protdl.inc néanmoins
contre le refus. Qu'on regarde ces déclaralÎons
comme étrangères & nulles, & qu'on les rendra
a la fource d'où elles font venues , avec une répon·
(c conforme aux drOits de S. J\.l. - Que ce n'ell
point dans des moyens de provitiom ou difi>olitions
Go gk
( 9t )
ë!e cette efpt:ce que S. M. pourra trouver.Con ap..:
paifcmcnt. Qu'elle ne pou voit y trou\'er qu'une
nouvelle atteinte portée à fes droits. Qu'il s'agit
d'une facisfadion prompte, éclatante, prbponion.
née aux offenfcs, & celle que la dignité de S. M.
l'exige. -Que fi L.H. P. ne cornmeocenc pas
par retirer fur le champ du rerritoire de S. 1". ladite
frégate' qui y ea fans tirre 1 dans la feule vue
de vexer & d'opprimer lcs.füjeu de S. M. 1 il fera
impoffiblc de leur prffumer l'intention d~ fatis'·
faire S. M. Que Pon pourrait d!re méme plus ,·
après tant d'attaques continuelles, fans !,pterruption
1 & le fceau public qu'on r ;1 mis p l r la me.
nace & ex écution du cot1p de canon, Qu'il dépend
des Erafs- Généraux de porter ccne efpece
de fréga1e for leu r rerriro.re reconnu & non con reflé
p:!r S. M. - Qu'on entamera avec plaiÎlr
la négociation; mais que le Gouvernement·gériéral
de S. 1\1. compte bien qu'avant l ' arriv~e de
l\IM. les PJé niporc:ntia:res de la République a
Bruxelles , Je Soulliiné pourra lui a!lnoncer ,
comme une cho(e déculée , la rffolution del.HP.
de donner à S. M. la fat(,faélion la plus amph:., ~
comme fait, réfolu & ordonné le r.appel , for le
pied mentionné ci -ddfos, de la prétendue fr~g.ttlt
qui devient infopporrnble à tous égards, & dont
Je Céjour (eul efi une in fraltion & infulce conti~
nuelle à la r.~ uvera:neté Oc S. M. ,,
Les Jerne-; d'A m!l:erdam contiennent les
dérails fuivam.
P.umi les .rl')u vellcs reçues des Jndes·Oricn•
t ;ile~ •.Rn a a?pris que la pJtric de l'équip:-ge d11
vaiffeau de \a Comμag-nie le Mercure, qui avait
maff cré l'.n11rc:. s'ef1 défendue jufqu'~ la der·
nif-te exirémiré, conrre le vaiffeau armé qu'en
avoit envoyé pour s'(n emparer; mais •uc ne
Go glc
t 93 )
voyant aucnn moyen de fc fauvcr , c.es al!"affins
avoicnt misJe feu au navire, après quoi ais s'éto1cnt
jettés en mer. Quatre onr été pris, un
autre qui fc défcndoit en nagt:.ant, aéré rué d'un
coup de Cabre., & Je rcflc conJiOanr en i.o pcrfonnes,
s'efi fauvé dttns l'i!le le Beffi.
Le Zieriki:ée , vaiffeau de guerre de la Répu ..
'b1ique, reffortilîant au collcge de l'Amirauté de
Zélande , ayànt eu Je ma!hcur d'échouer en 1181
fur la côre de J utland , M. CorO-cn, digne pafteur
de l'Eglifc de Nord-TweClcdt > yiJJage d1
cette pro.,·ince., recueillit avec la plus g rande
humanité autant de ces infortunés que Con presby1cre
pouvait en contenir; il adoucit le•Jr fort
& leur contint1a fes foins paternels jufqu'au moment
de leur départ pour Hambou rg. - Arrivés
dans cette ville, M. Je Baron de Hoggucr ,
l1inifire de L. H. P. auprès du cc-rcle de la Ra1Tc 4
Saxe, les re<;ut, & leur fot. rnit en abonda nce
tout cc q ui leur étoit néccffairc pour regagner les
ports de Ja Z cbndc, Le collcgc d'Amirauté de
Z ela nde voul.i.ntJui donner une marque fenlible
de fa rcconnoiffa11ce , vient de lui envoyer un
grt1nd plau1au d'argent, travaillé avec beaucoup
de goût, orné des armes d• l'Amirauté Zéland
ailC , avec l'infcription fuivawc : L1b. Bar" dt
HoGGUPR .• de Zclandis mwfagium pa(fi.s , viélu
a.mi8uqu.c deflir uiis , optirpc mtrito. CoTi.. Archir.
~t'f. D. D. A. 178i. - Le même college a
au1Ti fait parvenir au charitable paReur de NordTwefledt
, une grande caftètiere d'argem, fur
laquelle (e trouvent gravées les a~mcs de ce collcge
& l'in !cript ion îuivante : Viro Vcncrando
L. CORSl!NJO. qutd Zclandcs Ntt •fragio v1x tfopfos
prrhumanitcr reccperit, Coll. Archir. Zel. D, D•
;i, 178> .
Cu gl_e __________ _
( 94 l
PiticlS DES GA%ETT(S ANc;I..;
Comme l'adminiflruion aéluclle a des prérC'n ...
tion.. à la venu , on peut lui cicer des faits pout'
encourager, s'ils n'exci tent pat fon émulation.
Sir Henri Vam, Tréforicr de Ja Marine, a voit
pour revenu 4 f. pour livre dans la cOmmiillon
qui exifia pendant la guerre de Hollande ; il
ttouva, au bout de l'année, que ces+ f. poar
livre lui avoiem valu .;o,oço liv. fi. JI regarda
cet énorme émolument comme un vol ; il y reflon
ça , & ne fiipula que 1000 liv, pour un com•
mis qu'il a\•oit occupé à ce travail. Cette aaion
mérite d'être louée &. for-tout d'être imitfe.
On dcmandoit dernié remen t à un homme in(trwit
quel avantage le public tiroic d'une éleélion
g ém~ ralc; il répondit, aucun : mais vous & moi
nous verrons que les pcrfonnes t n pouvoir fon t
r oujo~n fûres Ce1rouverune majorité dans Je P:u ..
Jement; que les ordres du Confeil & du i\lagiC·
trat feront 'toujotirs re çus par cet1e majorité;
CjUe l'art du GouverntmCnt efi: de taxer d'une
main & de corrompre de l'autre; & que le dernier
refie de la liberté aogloife ell Je pouvoir gu'a
Je peuple de fe vendre lu i-même autant de fois
eju'if y a des életl:i.ons.
Un grand Seigneur a, dit-on, été trb-attentif
.l <]uclques avis donnés pai Jacques J à
Ion acceffion ; ils n'en Conr pas moins imporuns
ni moins ut.i les , C]Uoiqu'il les ait trop tôt
oubliés. J3cques avertit lei Eledeurs de chercher
feulement pour le ncau\•eau P.ulement les hommes
qui f!.coienc les guides & lu lumie r~ de
leur pays , dts hommes qui menoient uAc vie
honnè1e & exempb.ire, point de banquet'outien ,
jl'1ventu.rien • de ceJ gens qui aiment à pêcbec
Co gk
( 9 ) )
en eau trouble. De pareils hommes , ob(crve it-i1,
d elirenr de longs Parlemcns pour prolongrr la
p ro tctlion do.nt ils ont befoin 1 & pou r s' affu rct
d u tcms pour fore leurs propres affai r es.
Nous avons eu ici pendant •quelquts jours ;
li.t-on ~ dans une lecc rc de BJ.th, le Md rquis de
Bouillé , avec deux autres François de d1fiinc ..
t ion. On ne fauro ic être plus poli que cet Offi cier
géné ral. T ouct"s (es manicrcs juflifient la
h aute idée qu'on i.'étoit formét de lui d'après (a
c onduite dans les Indu occiden tales; il n'a lai ffé
é chappe r ancunc des occafions où il pouvait ex·
primer Cans affe&uion , fa viv~ rccon noilfance
p :>ur toutes les ci vi lités & cous les compliment
q u' il a reçus à Landre(, li a pa rlé d'une façon
u ès-avan.ugcu(e des O fficiers Anglois de (a con·
n oiCfance qui ont fait lè plus d'hon neur & rendu
Je plus de fe n• ices à leu r patrie dans les Indes
o ccidentales, fo it fu r terre ou fur meri , enir'autres
de !'Amiral Bnrington, du Lord H ood , du.
G énérJ] Melville & du Gouverneur Fcrgufon;
mais nous avo ns remarqué qu'il n'a Fas di t un
(cul mot de nos deux héros qui ont fai t la conquête
de 1'1fie de S. Eufiach e.
GAZETTE ABRÉGÉE DES TRIBUNAUX (1);
Parlemelll de Provence, arrltl d11- 1 Mars 178+ i
- ronct rnanc les failliw. '
Sur le compte rendu à la Cour pu le Pro ..
cureut.Général du Rci, de l'abus introduit par
(1 l On fo11 rcrit pour l'Oun age t nder, dont fabonnement
ell dt 1s Jiv. p.u an , chu M. Mau, Avocac. 1111
le. Hôcc1 de ierpcote,
Go glc
. (· ,,; )'
des Négociant qui remettent au Greffe cl. la
Jurifdifrion confulaire une déclaration , foit defaill
ite , foit de fufpenlîon de payemens , fans
' remettre en même temps leurs livres & écritures
' de commerce\' enfemble des mémoires qu'il
s'efl fait rememc fur ce fujct par les Juges -
Confols & par les dtpuu:s de la Chambre du
Commerce de Marfcille; vu fes conclulions,
la Co11r a ordonné & ordonne qne les Ordon ..
nanccs & Déclarations du. Roi , concernant les
faillites, feront C'Xétutécs Celon leur fo rme &.
t eneur; ce faifant , que tout négociant qui
fera au Greffe de la Jurifdiélion confolairc une
déclaration, foit de faillite, foit de fufpenflo"
de paicmens, fera tenu d'y remettre au (Dême
inllant fcs Livres & écr itures de commerce , pour
~rre incontinent déccits & parapt<lés par un des
Jugcs-Confols, l'un de"s Créanciers prffent ou
2-pμcllé, pour ê1r:, tous les feuillets en blanc,
bat on nés par ledit Juge - Conful , de quoi i
drefftra procès-verbal, Cauf audit négoci:int d~
ftquerir, après ledi t procès-verbal, que fefdi11
Jivrcs-,& écriturc'i lui foient remis 1 pour les garder
penda nt quini.aine à. l'c,llh de dreffer fon
Bilan. ou état ena: & détaiUé , certifié vérit.
ble. de tous (es effets, mobiliers ou immobifiers
, & clc (et dettes 1 qu'il dépofcra enfuite
.audit Greffe, avf'c lefclits livres & écritures ,
& pe1ld'1nt ladite quini.aine, il fera loilible l
tous ks Cr~anciers de (e porter chez le débireur
f ;iilli , p_our y ''OÎr (es livres &: écritures, l4ir1
d ..:pl:icer ; &: 1 en cas de cnntraveniion , à cc
qtre dcfi"u: , le négociant fera réputé bailquerou·
1ier fr auduleux, & fujct comme 'el, aux peÎDtl
portées par les ordonnances.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le