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MERCURE
DE FRANCE,
1 1 DEDIE AU ROT.
DECEMBRE 1736.
PREMIER POLVME.
A PARIS,
Chez
GUILLAUMECAVELIER,
rue S. Jacques.
La veuve P ( S SOT, Quay de Conty,
à la descente du Ponr Neuf.
JEANDENULLY,au Palais.
M. DCC. XXXVI,
Avec Aprobation & Privilège du Roy..
AVIS. L'A D RES S E generale ej1 à
MonfiewrMORIAU., Commis an
Mercure, vis - à- vis la Comedie Franfoife,
à Paris. Ceux qui pourleur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux- Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris, peuventfe fervirde cette voyc
pour les faire tenir.
On prie très-inflamment, quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pojlet d'avoir
foin d'en affranchir le Port, comme celas'efl
toujours pratiqué, afin d'épargner3 à nous
le déplaifir de les rebuter, & a ceux qui
les.epvoyent, celui, noç-feulement de ne
pas voir paraître leurs Ouvrages3 mais
même de Us perdre, s'ils n'en ontpas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers, ou les Particuliersqui fouhaitervntavoir
le Mercure de France delà premieremain,
& plus promptement n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porterfur
/',J:itre a la Pojle , OH aux Meffageries qu'on
lui indiquera..
PRIX XXX. SOIS,
PIECES FUGITIVES,
en Vers et en Prose.
LASOLITUDE.
ODE.
Nfin loin du fracas du Monde
Je puis respirer à loisir;
Des douceurs d'une paix profonde
Je goûteà long traits le plaisir;
En butte longtemps aux orages,
D'une Mer féconde en naufrages
J'arrive heureusement au Port;
fit content dans ma solitude,
l. Vol.Aij Sans
Sans trouble et sans inquiétude
J'attens tranquillement la mort.
*
Folle erreur , vapeur fantastique
D'une servile ambition,
Combien ton humeur frénetique
A-t'elle troublé ma raison ?
Vil esclave de la Fortune ,
Cent fois d'une main importune,
J'encensai jadis ses Autels,
Moins touché de sa complaisance,
Qu'irrité de son inconstance,
Sort de la plupart des Mortels
'l-
Que vois-je ? Une sainte lumiere
Tout à coup a frapé mes yeux ;
Mon ame , au rayon qui l'éclairé,
Reconnoît le pouvoir des Dieux ;
Fille du Ciel, douce Sagesse,
Dans le plus fort de mon yvresse
Tu m'as fait entendre ta voix;
Et j'éprouve dans ma retraite,
Qu'il n'est point de douceur parfaite
Qu'en obéïssant à tes loûs.
*
Acheve
1
Déesse adorable,
Ce grand Ouvrage de ta main,
I. Vol. Wotiei
Notre bonheur est peu durable,
Si son apui n'est plus qu'humain;
Toi seule, divine Sagesse ,.
,
Tu peus, malgré notre foiblesse,
faire trompher la raison;
l'air pur qu'avec toi l'on respire,
Nous fait faire sous ton Empire
De vertus une ample moisson.
*
C'en est trop ; rompons la barriere
Qui nous tient en captivité,
Finissons an moins la carriere
Avec plus de tranquillité;
Le seul bien solide, à mon âge,
Est d'avoir acquis l'avantage
De vivre et mourir en repos;
Le reste n\«t plus que chimere,
Triste effet de notre misere
,
Que l'on doit mettre au rang des maux !
*
Loin d'ici
,
poison trop à craindre
,
Amour
,
funeste passion
,
Et vous soif encor plus à plaindre
De richesse ou d'ambition
;
Perfides, votre joug oprime
Notre cceur, toujours la victime
De votre trompeuse douceur, J.VoU Aiij Ei
Et sous l'ombre de vos caresses
Vous nous cachez mille détresses
Plus sûres que votre faveur.
• *
Ce n'est point par misantropie
Qu'aujourd'hui je change de goûts,
Le but de ma Philosophie
Est de rendre mon sort plus doux;
Loin d'être Aristarque incommode,
J'ai dans ma nouvelle Méthode
Pour but un innocent loisir ;
Ei je fais dans ma Solitude
A présent mon unique étude
D'unir la sagesse au plaisir.
•
Venez embelHr nos Campagnes ¡
Déesse de la Liberté;
Et vous très-fidellesCompagnes
De l'innocente volupté,
Muses, prétez-moi votre Lyre
Pour donner au feu qui m'inspire
Les
-
ornemens de vos leçons,
Mais souffrez que dans ce Bocage
Diane quelquefois partage
Le temps d'un de vos Nourrissons.
REPONSE
REPONSE du R. P. Mathieu Texte ;
Dominicain
,
À la Lettre de M. Mail..,
lart,ancien Avocatan Parlement de Pa-
* ris}imprimée dans le Mercure de Juin. I7' , au sujet du Lieu de la N,tissa,.et
de Saint Louis
1)
Roy de France. POur répondre, M. à votre sçavante
Lettre
,
j'aicrû que )e devois vous
i!I!(::r .èt tâcher de le faire d'ine comme vous, maniere courte et méthodique.
Vous commencez par distinguer deux
5o.'te« depreuves, une affirmative, etune
équivoque, et vou1» dires, qu'en concurrence
d!.:!
deux preuves, l'affirmative
l'emporte 'LU" l'équivoque. Ce principe
est infaillible,et il seroit à souhaiter que
Implication que vous en faires contre
mon sentiment, en faveur du vôtre, fut
aussi juste. Le Lecteur en jugera, en
pesant et examinant murement vos preuves
et les miennes.
Je ne repéterai pas ici au long ce que
j'ai déjà dit dans mi Dissertation sur ce
sujet, imprimée dans le Mercure de Novembre
1735.il mesuffitd'en rapeller l'idée
en pu de mots. J'ai dit 1Q. que Saint
Louis en se glorifiant,selon Guillaume
I.Fol. - A iiij de
de Nangis, * d'avoir reçulagracedu Baptême
dans Poissy, fait connoître par-là
qu'il y est né,on il faut qu'on nous dise
par quel cas fortuit ta Reine Blanche accoucha
à Neufville en Beauvoisis
)
dans
un Château qui n'étoit pas alors réuni
a la Couronne,et à quelle occasion si
précipitée et périlleuse lut par raportau sa- de l'ame ,et à la vie du fils d'un Roi
si cher à Pfctat, ce Prince auroit éré porté
avant que d'êrreondoyé, de Neufville
à Poissy , distantde 1 5. lieuës.
En second leu j'ai fait voirque le
même Saint * * s'explique encore plus
clairement en répondant à ses plus
familiers, qu'a yant pris naissance dans
le Diocèse de Chartres, duquel Poissy
dépend pour le spirituel, il en vouloit
observer les Jeûnes, quodde Carnotensi
Dioecesi oriundus existebat , dit
Guillaume de Chartres, son Chapelain,
Dominicain.
J'ai ajouté que la fondation du Monastere
Royal des Dames de Poissy, bâti
par Philipe le Bel, pour honorer le Lieu
de la naissance de S. Louis son Ayeul ,
est une preuve existante de mon sentiment,
in honoremAvi sui quiapud Pissiacum
natus est: quoi de plus clair que
* Duchesne, t. S..t. 3*** nid. t. 471.. A roi. ce
ce témoignage ( Echard ,,t. I. p 6. ) de
GuisionisEvêque de Lodéve, qui étoit
alors aux environs de Paris? L'ancien
Manuscrit de la Bibliotheque du Roy,
que j'ai cité, marque,né à Poissy;apud
Pissiacum natirï-
Ce que dit cet Auteur est confirmé
par le même Roi dans la Chartre de
fondation en ces termes: ( Archives de
Poissy) S. Louis avoit le domaine de
Poissy, Lieu de sa naissance, habebat Villam
ipsam, Locum sut originis. J'ai fait
remarquer que, selon Duchesne, p. 217.
des Antiquités des Cités, nos Reines faisoient
alors leurs couches à Poissy, et que
l'Epitaphe qu'on y voir dedeux freres de
S. Louis ,morts fort jeunes, prouve que
la Reine Blanche y faisoit aussi les siennes.
On trouve des vestiges de cette naissance,
jusque dans un grand paneau de
vitres de la Chapelle de S. Louis
, audessus
de ses Fonts Baptismaux, dans l'Eglise
Collegiale de Poissy,où l'on voit la
Reine Blanche dans son lit, avec ces quatre
Vers qu'on y lisoit dès l'année 1500.
S; Loys fut Enfant né de Poissy
,
Et baptisé dans la présente Eglise j
tes Fonts en sont gardésencoreici,
si honorés comme Relique exquise.
Vot A v Voila
Voila, M. quelles sont à peu près mes
preuves; et de ce fair aussi constaté que
l'est la naissance de S. LouisàPoissy ,
il en résulte une évidence qui se fait
sentir à tout Lecteur impartial.
Vouloir chicanner sur la signification
du terme latin oriundus
, ce seroit
inutilement, il n'en présente point d'autre
ici que celle qui est arrachée à l'adjectif
ortus, ou au mot François Natif.
Catel dans son Histoire de Toulouse
impriméeen IrL3- pag. 347.traduitces
mots de l'Epitaphe d'un Evêque de cette
Ville, décédé au XII le siécle,Mirusmensbicoriundus,
Natifde Miromont, et le
terme d'origine qui pouroir êtreéquivoque
par ra port à un particulier, ne l'est pas
à l'égardd'unRoi; il seroit même injurieux
de dire qu'il est originaire d'un de
ses Châreaux. On ne dira donc pas que
S. Louis l'estde celui de Poissy ,sur tout
a près que le mot d'origine est déterminé
pour signifier le Lieu de sa naissance
par les Monumens et les Ecrivains de
son temps,que j'ai déjà cité, et que vous
passez, M.sous silence, pour ne vousattacher
uniquement qu'au termed'origine.
On dit Enfant de France, et non pas
de Versailles
, ou de Saint Germain;
et si notre Saint signoir Louis de Poissy
1.
1. VoL fiÍ:roit:
c'éroit,cornme nous venons de -voir, par
ra port à son Ba ptême. Le P. Pepiii,ijominicain
,
Docteur de Paris en i 500,
ajoûte : et pour y avoir pris naissance,
intitulebat se non Regem Franciæ, sed Ludovicum
de Pissiaco, eo quod ibi natus futrat,
pariter et sacro Baptismate regeneratus,
Pepin, Sermon de S. Louis, fol. cclxij.
Venons maintenant à vos preuves ou
plutôt à votre preuve, puisque vous ne
produisez qu'une copie d'exemption de
Taille,inconnuë à ceux qui en ont fait
des Recueils, qui a servi de fondement
aux autres, si oposées à l'original, qu'elles
sont plus qu'équivoques,et ne sçauroient
être d'aucune autorité. Pour prouver ce
que j'avance, je n'ai qu'à les confronter
avec les Originaux. Premiere Chartre de
Louis XI. (Mercure de Juin 1736.) Considerant
aussi qu'auditLieu de Neufville, qui
est situé en Forest, et Pays fort infertile , M. S. Louis, notre Prédécesseur, fut né et y
printnaissance
,
ainsi qu'il nous a été affirmé.
Donné à Compiegne, l'an degrace 14(58.
La seconde Chartre de ce Roy est
conçûë en mêmes termes.
La troisiéme, qui est celle du Roy
Henry IV. porte (Mercure de Juin 1736.)
Mesme le Roy S. Louis, de bonne mémoire,
en considération de ce qu'il étoit ni
J. yq/r A vj d
et avoit pris, naissance au Château de la
JSIeiifville
,
les auroit affranchis,et rendus
exenpts
@
de toutes TaJl/s et impositions,
corr.-me k son. exemple et imitation auroit
fait le Roy Louis XI. quoiqu'ils ne fassentaparoir
de confirmation de nosdits Prédécesseurs
et de plusieursOriginaux de leursdites
Chartres, et Titr-cs, ou de partie d'icmx
pour avoir été perdues pendant ces derniers
troubles" et lors, du Siege. du Châr
teau de Neufville.. Donné a, Paris en 1601;
Voila ,..M. vos copies de cesChartres ;,
voyons maintenantlesOriginaux raportés
par M. Simon,, Conseiller auPrésidial de
Beauvais, dans les, Additions à l'Histoire
du Beauvoisis,imprimées en 1706 p. 46"
» J'ai vû., dit-il, (Mercure de Jmvier
» 1733.) les Originaux de trois Titres,
»dont H y ena deux du Roy Louis XL
nl'un du mois d'Août 1468.l'autre du
» 13. Octobre 1475 ettroisième,qui
»sont Lettres du Roy Henry I V. de
rtiSou où l'on accordepour un temps l'e-
»xemption de la Taille, en honneur et
»souvenir dela naissance. de S. Louis;
net il est énoncé dans le dernier de cas Titres, qu'ilavoitlui-même accordé
..la même Exemption par Lettres;il-est
vraique celle de 14,68. dit seulement:
ainsi qfCila été affirmé auxdits Habitans. Il
fauz
faut remarquer que c'est la premiere.
Qui ne voit le peu de conformité des
copiesavec les originaux ? vous dites, M.
1° .que dans vos copies il y a,S Louis,norre
predecesseur, fut né, ety prit naissance;
M. Simon,qui a lu l'original, marque en
honneur et souvenir de la naissance de
S. Louis,ce qui est fort équivoque.
2°. Il y a dans une de vos copies:
S. Louis auroit affranchis et rendus éxempts
de toutes tailles et impositions, comme à son
exemple et imitation, auroitfait LouisXf.
et dans l'Original on lit, où l'on accorde
pour un temps l'exemption de Taille.Vousmême
,Mr
,
dans leManuscrit que vous
avez communiqué au R. P. de M'ontfaucon
, et qu'il raporte T. II. p. izr. des
Monumens de la Monarchie
y.
avoüez
qu'il y a. exemption de Taillepour un temps y
et dans votre Lettre on lit, auroit affranchis
et rendus exempts de toutes tailles et impositions,
ce qui signifie n'y être plus sujet.
Voilà une grande différence. Cette
seule contradiction de l'Auteurmême
qui produit lesCopies de cesChartres
suffit pour les décréditer.
3. Les habitans de Neusville représentent
à Henry IV en 1601. que tous
les tirres qu'ils auroient dû présenter à Sa
Majesté, ont étéperdus au siege duChateau
IL fToL dle
de la Nenfville; et aujourd'hui ils fournissent
, et des Originaux,et des Copies
de ces deux Chartres de Louis XI.un des
prédécesseurs d'HenryIV. sans dire par
quelle habile main ces papiers ont étéga
rantis du débris commun, ni où on a fait
cette heureuse découverte.
4v. Une de vos copies fait dire à Louis
XI. ainsi qu'il nous a été ajfil'Y;;é, et dans
l'original il y aainsiqu'il a étéaffirméauxditshabitans;
ce quiest bien différent,
et se termine à un oui dire 253. ans après
la naissance de S. Louis..
Jugez, Mr
,
de quelle autorité peuvent
être de relies chartres fondées sur un -
oui dire, si différemment raportées, proscrires
par M. Bailler, natif de Neusville,
et que les Roismême qui les accordent,
déclarent n'être apuyées sur aucun titre,
ainsi qu'il a été affirmé auxdits habitans,
dit Louis XI. sans qu'ilparoisseoriginaux,
titres, &c. selon le Roy Henry IV.
Ajoûrons qu'elles ont été obtenues
dans un siecle auquel on y regardoit si
peu de près, que Louis XII. par son Ordonnance
du 15. Octobre 1515. (Recüeil
de Corbinimprimé en 1621. p. 69. etjz.
maintient la Cour des Aydes à Montpellier
, pour y avoir été continuée depuis
1444. sous CharlesVII. et cepen-
JToU dant
dantl'Expose de bonne foi est faux,
puisquelouisXlparsonOrdonnance du
12. Octobre 1467 qui a pourtitre ,
Second
Etablisse?/eniie la Cour desAydesà
Montpellier) déclare que cette Cour tenue
à Toulouse
,
résideradorénavant à Montpellier.
Elle n'y avoi r donc pas été continuée,
selon l'Exposé, depuis1444.
Si les Ordonnances de nos Rois, quoique
données avec tant de précaution,ne
sont pas à l'épreuve d'un faux Exposé,
à plus forte raison des simples exemptions
de taille pour un rems, et sans
conséquence
,
accordées sur pied de Requête
à une pauvre Paroisse, située en
Forest et Paysfort infertile t comme le dit
la Chartre.
Mr Bailler, quoiqu'interessé a faire valoir
les prérogatives de Neusville, sa patrie
, n'a pû se refuser à la vérité
, et le
peu de cas qu'il a fait de ces sortes de
Chartres
, a paru un contre-cou p si fâ.
cheux à ceux qui sont, Mr
,
de votre
sentiment, que l'un d'eux a crû ne pouvoir
mieux y répondre,qu'en niant que
cet Auteur en ait eu connoissance- «Il est
» vrai, dit il, que M. Bailler, ( Mercure
»de Janvier 1733. p. 40.) quiétoitnatif
»de ce la Neufville, a ignoré ce Fait;
» mais comme ce Sçavant quitta sa patrie
1. Vol. » de
w de bonne heure, et qu'il s'informoît
» peu de ce qui croit contenu dans les
n Archives sécu tieres, il n'est pas éton-
» nant qu'il n'en ait pas eu connoissance.
Si celui qui a invente cette défaite,avoit
lû la vie de S. Louis par M. Bailler T. II.
p. 379. il y auroit trouvé que, bien loin
4 qu'il aîtignoré ces trois Chartres, il les
cite, et continuë à soutenir que S. Louis,
est né à Poissy. Tom. IV. pag*292.
De ce que je viens de dire, Mr, il est
aisé de conclure, quesi selon votre prin-
, , '- 1 cipe très-certain
, ce quin'est qu'équivoque
,
doit céder à ce qui est positif,
les Chartres que vous produisez et qui
font votre unique preuve,étant plus
qdue'évqouiivr,oques, comme nous venont
et ce que j'avance de la nais.-
sance de S. Louis à Poissy, ayant le caractère
d'un Fait positif,qui apud PiuÍd-'
cum natus est in mundo ,ditGuidonis; par
une suite nécessaire
, vos Chartres doivent
céder à desisolides preuves , et
votre sentiment nouveau àceluiqui, autorisé
par une nuée d'Ecrivains, aété unanimement
reçu depuis plus decinqsiècles.
Je finis par deux réflexionssur le passage
de la Lettre 175. de S. Bernard aux
Chanoines de Lyon, duquel vous faites
l'aplication aux Dames Dominicaines de
U VoL Poissy :
Poissy: "Ce problême, dites vous, Sv
» Louis est-il, ou non, né à Poissy i
» n'altère, ni la noblesse
,
ni la splen-
» deur
,
ni la régularité du Monastere
» de ces Dames:Virgo Regia falsononeget
» honore veris cumulata TÙullf.
Ceproblèmen'altere, &c. Mr, necom p-'
tez vous donc pour rien de dépouiller
cette illustre Maison de la gloire qu'elle
a d'être le berceau d'un S. Louis, de frustrer
l'intention du Roy Philipe le Bel,
lequel l'a fondée, comme nous avons
vû, afind'éterniser la mémoire de la
naissance de son Ayeul
,
de pri ver ceux
du Lieu, de la confiance qu'ils ont aux
prieres de leur saint Compatriote, et des
suites heureuses qu'une telle prérogative
peut leur procurer.
Ce problême naltéré,&c. On diroit par ce
terme,et par l'aveu sincere que vous faites
den'avoir pastrouvélesujet de laNaissance
de S. Louis à Neufville, que moins prévenu
aujourd'hui de votre sentiment, que
vous ne l'étiez, lorsque vous avez publié'
vos Chartres,vous ne seriez pas éloigné de
faire un problême du sujet de notre dispute,
et une opinion d'un Fait positif.
Mais ces Dames se rendroientIndignes
des loüangesque votre politesse,qui ne
sçauroit se démentir,leur donne si elles ne
A VQI. tejettofem
rejettoient tout problême
, et ne se maintenoient
dans leur juste possession. Elles
l'ont fait jusqu'ici, etil ya sujet d'es.-
perer que le succès secondera leur zele,
et que dans peu de tem ps, animés tous
d'un même esprit, nous ne parlerons
plusqu'unmême langage. Les R P. Continuateurs
de Bollandus
par leur Lettre
du it. Mai 1736.et les Auteurs des Mémoires
de Trevoux, Août 1736. s'étant
déjadéclatés pour Poissy, deux Ecrivains
, qui depuis peu ont suivi votre
sentiment, ayantaussi eu labontéde me
dire qu'ils attendoient l'occasion pour se
retracter. Je suis, &c.
A Paris
,
le 8. Septembre 17$6.
LA ROSE ET L'IMMORTELLE,
FABLE.
DAns
un Jardin délicieux,
On dit qu'une Rose nouvelle
Voyant à ses côtés une vieille Immortelle
Lui tint ce langage odieux.
O Ciel! Comme vous voilàfaite?
Vous êtes maigre,séche, et jaune comme un coin.
Eh comment!près de moi, des Fleurs la plus
parfaite
I, , Osez V«l.Ose*
Osez-vous tenir votre coin?
Il est vrai, répondit l'Immortelle plus sage,
Je n'ai pas la beauté, comme vous, en partage i
Mais de tous ces attraits que vous me vantez tant,
Et dont cent mille Amans font leur bonheur su-3
préme
,
Je vois le Destin inconstant
Prêt d'effacer l'éclat extrême.
Vous êtes aujourd'hui plus belle que l'Amour.
Demain tous vos appas ne seront que poussiere.
Dois-je envier une carriere
,
Que commence et finitun jour,
Pour moi, par des vertus sécretes ,
J'ai droit à l'Immortalité;
Elle a pour moi des graces plus parfaites
>
Elle fait ma félicité.
La Reine du Printems, à ces mots interdite,
Pâlit, se fane, séche
, et disparoit soudain.
D'Hébé,tendre et charmante élite,
Tel on voit votre éclat, telle en sera la fin.
Craignez, jeunes Beautés,le destin de la Rose 2
-
Méprisez des attraits que détruit un moment,
Pour mériter l'apothéose,
Et vivre dans le monument,
11 faut par des vertus, qu'un coeur modeste cele
Imiter la sage Immortelle.
Par M. de St R. de Montpellier
J.Vol. LETTRE
LETTRE de M. D'Arnaud, À M.
le Baron de * 4* au sujet du Poëme
sur la Peinture. cÔmme vous m'avez toujours honoré
de votre amitié, Monsieur; l'ai
cru devoir vous faire paarrttduplaisirque -
du pl aisir q,(Ic
ni'a causé la lecture
Tl*
m'acausé d'un petit Ouvrage
curieux; c'est le Poëme du Pere Marsy,
Jesuite, sur la Peinture, selon que mes
foibles lumieres me permettent d'en juger.
La composition coûte peu à l'Auteur
, ses vers sont coulans,aisés et stfmés
de cette heureuse varieté
,
qui fait le
plus grand ornement de la Poësie
tant
Latine, que Françoise. La maniere dont
il exprime les divers genres de peinture ,
est une peinture elle-même noble, et
élevée au dessus du commun; il a imité
assés heureusement le commencementde
l'Art Poëtique du grand Despreaux dans
ces vers:
.Nascitur..-- &("r
Enuite le Poëte passe en revûë les
meilleurs Peintres qui ont faittantd'honneur
à leur Patrie
j sans oublier l'éloge
roi, d.
de leurs Ouvrages les plus estimés. Ses
transitions sont bien ménagées, et l'on
n'y voit point de ces enthousiasmes scholastiques,
qui gâtent entierement le goût
des jeunesGens. J-c puis vous assurer que
depuis longtems je na'i Iii un meilleur
Ouvrage en fait de Poësie Latine, j'entends
la moderne:toujours plein de respect
pour mes Anciens, je méprise leurs
misérables Copistes.Que diroit-on d'un
homme, qui dédaignant la lecture des
Corneilles,des Racines, des Voltaires,
ne s'occuperoitqu'à admirer les Pradons,
les Boyers, et tant d'autres Auteurs méprisables
et méprisés à juste titre? Lorsque
je veux lire des Vers Latins, je lit
les Virgiles, les Horaces,les Ovides, et
les Catulles; de même des François, les
seules Pieces des grands Maîtres ont entrée
dans mon Cabinet. Il est des Personnes
d'assés mauvais goût pour ne mettre
nulle différence entre Virgile et le P. R.
Ce n'est pas que je veuille ici rabaisser
eon mérite, la République des Lettres
lui a et lui aura d'éternelles obligations.
Vous trouvez tous les jours des Peintres
qui éleveront le Francion au dessus
de Kaphaël
, et négligeront lesTableaux
de Michel-Ange ou du Correge, pour
quelques Copies défigurées : pardonnez
I. Fol. à
à cette boutade poëtique, je reviens au
plusvîte à mon sujet: je ne doute point
que le Pere Marsy ne contribue à la gloire
des Sçavans de sa Compagnie; le peu
de ses productions qui ont paru,nous
fait concevoir de grandes esperances;
peut-être mon sentiment sera t'il rejetté,
mais je me ressouviens toujours de cette
belle maxime de Terence:Quot homines
3
tôt sententia suus cuique ma. Au reste
quel est le mortel parfait dans ses ouvrages
et dans ses actions?
La derniere démarchede la raison,comme
l'a fort bien dit M. Paschal, c'est de
connoître qu'il y a une infinité de choses
qui la surpassent; elle est bien foible,si
elle ne va jusque-là. Je suis,&c.
MADRIGAL,
Apollon
veut votre portrait,
Je m'étoischargé de le faire,
Cela dit bien qu'il n'est pas fait,
Mais que ce soit sans vous déplaire;
Je croyois que l'Original
S'adouciroit sur la Copie;
Mais j'ai vû le moment fatal,
Qu'il m'en alloit coûter la vie.
I. Foi LETTRE
LETTRE écrite à M. l'Abbé le Beuf,
o' Chanoine et Soû-Chantre de la Cathe..
drale d'Auxerre, au sujet d'une Coutume
de l'Eglise du Puy.
J E cherchois dans les Mercures de
1735. une Piece fugitive qui m'avoit
frapé, et je tombai par hazard sur votre
Lettre inserée dans le Mercure de May ;
p. 896. Je la relûs avec le même goût
,
que la premiere fois que j'avois eû le
plaisir de la lire. La bienveillance, dont
vous m'honorez depuis Ion,,,-temps;
me fait esperer que vous voudrez bien
me permettre, Mr
.>
d'ajoûter à tout ce
que vous avez puisé dans l'Antiquité
pour l'explication du mot Prisio
, un récit
de la Capture ou Prise de nos Chanoines
,
qui est encore en usage dans l'Eglise
du Puy. On n'en sçait point l'origine
, et je n'en ai rien trouvé dans les
Archives de la Cathédrale, ni dans celles
des Collégiales de la Ville et du Dio
cèse, dont j'ai parcouru les titreset les
anciens documens avec toute l'exactitude
possible.
Voici, Mr
, ce qui se pratique dans la
7. Yole CathéCathédrale
depuis un temps immemorial.
Le Dimanche de Pâques, et les six
jours suivans, si quelqu'un est absent
de Matines. dès qu'on a entonné le premier
Pseaume, quelques Chanoines et
Choriers sedétachent du Choeur avec
deux Clergeons, dont l'un porte la Croix
Processionnale,et l'autre le Bénitier. Ils
vont deux à deux
, et en silence, à la
maisondu Chanoine absent, et ils y entrent
le plus sécretement qu'ils peuvent,
de crainte qu'il ne s'éveille et nes'éclipse.
Dès qu'ils sont entrés dans la chambre ;
le plus ancien donne de l'Eau Bénite au
Chanoine
,
quoiqu'il soitencore au lit,
et on chantel'Antienne, Htc dies quam
fecit Dominus
,
&c. Après cettecérémonie
, ces Messieurs, plus modestes que
ceux dont vous faites mention dans votre
Lettre
,
donnent au Chanoine le
tems de s'habiller
, et le conduisent ensuite
à l'Eglise processionnellement et
en silence. Si la maison du Chanoine est
éloignée de la Cathédrale,et hors du
Cloître, il est en manteau long;si non.,
il porte le Surplis, l'Aumusse et la Lin.;.
garelle. Le Chanoine paresseux en est
quitte pour un déjeuné qu'il est obligé
de donner à ceux qui lui ont fait l'honneur
d'assister à sa toilette 1 mais il s'y
- I. Vtl. ca
en glisse quelques-uns de ceux qui sont
restés à Marines. Les plus habiles donnent
à déjeûner avant qu'on les conduise
à l'Eglise; le déjeûner en est plus leste ,
et il y a moins de convives. Si on trouve
le Chanoine hors de sa maison , quand
même il seroit en chemin pour aller au
Choeur,il est également aspersé et oblilgeés
à l'amende du déjeûné. On assûre que
Officiers et les Conseillers de la Sénéchaussée
du Puy étoient sujets à une pareille
amende,et qu'on alloit les chercher
en procession, lorsqu'ils ne se trouvoient
pas au commencement de Matines.Plusieurs
Anciens,dignes de foi,m'ont assûré
l'avoir vûJ et même d'avoir assisté au dér
jeûné. On croit par tradition que cette
cérémonie n'a été établie que pour exciter
les Ecclésiastiques et les Laiques à
être plus assidus à l'Office Divin au temps
le plussolemnel de toute l'année. Je vous
prie
,
Mr, de me faire part de vos réfléxions
sur cet ancien usage. Je lis avec
avidité toutes les découvertes dont vous
faites part au Public.
Si vous en faites quelqu'une sur le mot
de Lingarelle, dont je me suis servi cidessus
, je vous prie aussi de m'en vouloir
faire part. C'est uneespece de Sca
pulaire d'un pied en
quarré
, qui est de
I. Vol. B petit
petit gris, doublé de satin rouge pour
les Chanoines, et de bleu ou de violet
pour les autres. C'est une espcce
de Cuirasse de la même fourrure que
l'Aumusse ; et on prétend que c'est
en mémoire de ce que Aimard de Monteil,
Evêque du Puy, fut le premier à
embrasser la Croisade au Concile de
Clermont, avec quelquesuns de ses Chanoines.
On voit encore à la Cathédrale,
dans le Choeur de S. André, la statuë
équestre de ce Prélat,armé de fer de pied
en cape , avec le casque en tête, la cuirasse
et les autres ornemens militaires.
Les Chanoines et tous les Clercs de la
Cathédrale portent cette Lingarelle depuis
les Complies du Samedi Saint inclusivement,
jusques au Vendredi suivant.
Après Prime ils la quitent, excepté les
Dignités, les Officiers du Chapitre Cathédral,
et ceux de l'Université de Saint
Mayol, comme sont les Sacristains, les
Gardes d'Autel, &c. et les dix Enfans de (
Choeur, qui portent cette Lingarelle jusqu'au
premier jourde May qu'ilslaquitentaprèsPrime.
Les Chanoines la portent
avecl'A umusse doublée de rouge, et personne
ne peut entrer au Choeur sans la
Lingarelle ,
quand on est obligé de la
porter.
I. Volp J'ai
J'ai donné mes conjectures sur le mot
de Lingarelle à feu Dom NicolasTous-
:ain
,
Bénédictin de S. Maur, qui avoit
fait non-seulement un recueil considérable
de divers mots, pour augmenter
la nouvelle Edition du Glossaire de
M.Du Cange,mais encore qui avoir lprh
diverses langues, mêmel'Hibernoise
qui , est très-difficile. pour découvrir l'origine
et l'étymologie de ces mots barbares.
Je ne sçai
,
Mr ,si dans cette nouvelle
Edition que vous citez avec éloge,
et que je n'ai pû encore voir, on aura fait
usage de mes conjectures sur la Lingarelle,
et de l'ex plication de plus de mille mots
qui étoient inconnus au docte du Cange,
et que j'avois donnée à D. Toustain.
Ne pouriez-vous point nous aprendre,
vous qui êtes maître en Israël, et qui faites
chaque jour des découvertes dans
l'antiquité; ne pouriez vous pas, dis je,
nous aprendre d'où vient que les Enfans
de Choeur portent la Lingarelle comme
les Dignités et les Officiers, et plus long
temps que les simples Chanoines ?
Cette Lingarelle a quelque raport au
Caperon que portent les Novices Capucins
,
conformément à la Reglede Saint
François que ces bons Religieux tâchent
de pratiquer à la Lettre. Conce U-it eis
1. Vol, B ij pan:os
pannos probationis,videlicet duas tunicas
sine caputio et cingulum , et brachas
, et
Caparonemusque ad cingulum. Cap. 2. Les
Cordeliers, au lieu de caperon, portent
une petite piece d'étofe cousuë à la Mosette
ou Capuce, qu'on nomme la Languette,
ce qui a quelque raport au mot
de Lingarelle
, ou petite langue. Il n'y a
point ici de Recollets ni de Pénitens du
Tiers Ordre de S. François; s'ilyena
dans votre voisinage, vous pourez voir
|a forme de leur caperon. Celui des Capucins
ressemble au chaperon que les
gens de Robe portent lorsqu'ils sont en
habit de deüil, et qu'ils portoient autrefois
autour de la tête, de même que les
Docteurs et les Gradués. Je suis avec, &c.
Du?uyenVelay,le
BOUQUET
Mlle de Bury
A , pour le jfJur de s.a FêlC. hi C
Es jours passés;sur le Parnasse,
Pour vous composer un Bouquet,
Je volois sur les pas d'Horace,
Et lui contois quel étoit mon projet,
« Arrête, me dit-il, vois quelle est ton audace!
»? Des graces de Philis tu prétens uar pour trait,
, I. Vol. » Rendre
• Rendre en tes Vers le fidele Portrait,
»Crois-moi, qu'à l'amitié ce désir fasse place,
» Sois soumis,sois sincere, offre un zele parfait,
» Ou bien crains d'Apollon d'encourir la disgrace,
» Ce Dieu seul veut loüer cet admirable objet,
»» Et prétend
,
quoiqu'on fasse,
» Que pour chanter Philis, un Mortel n'est
pas fait.
J de P.
LETTREdeM. delaf***à
M» D. L. R. sur un sujet de Littérature.
y 'Ay lû, Monsieur,avec tout le plai
sir que donnent ordinairement vos
Ouvrages, vorre cinquiéme Lettre à M.
Maillart
,
insérée dans le Mercure de
Septembre dernier. Cette Lettre, aussi
curieuse que bien écrite, m'a donné une
idée bien avantageuse des lumieres de
feu M. Desroches,qui, selon moi, avoit
raison de douter si ce mot LA PORTE
pour dire la Cour,n'étoit pas en usage en
Orient bien long-temps avant le Mahométisme
,
d'où vous le dérivez: Si votre sçavant
Ami avoir été à portéed'éclaircir
ses doutes, où si vos occu pations vous
avoient permis de relire ies Auteurs où
il est fait mention du Palais et de la
I. Vol. B ii,, C.,ut;
Cour des Rois de Perse
,
je suis persuadé,
Monsieur,que vous ne vous seriez
pas porté si volontiers à accuser d'A--
blancourt de hardiesse ou d'ignorance,ni
d'avoir voulu briller par un terme de son
goût au dépens de la venté, parce que pour
expliquer le mot LA PORTE dont iIJ
s'est servi dans sa Traduction, il a mis en î
Note cette Ex plication
,
à la Cour, com- •
me on dit à présent à la Porte du Grand !
Seigneur.
Je ne sçais pas,Monsieur, pourquoi
vous dires que ce terme la Porte, pour
dire la Cour, est très capable dinduire
en erreur, et il neme paroît pas vraisemblable
qu'en ce sens il fût tour-àfait
inconnu aux anciens Perses, puisqueXénophon,
toutes les fois qu'il veut
parler de la Cour ou du lieu où est le
Roy, se sert presque tou jours du mot
~jvp«,tantôt seul et tantôt avec legénitif
TS^ctaihiuç. Vous en allez juger
vous même par ces Passages.
Cyrus (a) intérrogé par la Reine sa
Mere, qui venoit d'arriver avec lui à la
Cour d'Astyage , qui il trouvoit le plus
beau ou du Roy de Perse ou du Roy
des Medes, dont il ne cessoit d'admirer
( a) Xenop. Ptd. Cyri. L. premt p. y. I. YlJt. '- les
les ajustemens qui lui paroissoient magnifiques,
répond: Madame, le Roy mon
Pere est, sans contredit, le plus beau des
Persesi mais mon Ayeul à en juger par ce
que (ay vu en chemin et à LA PORTE, est
le p'i*< b ut des Medes. if MnTfç, Tlepo-civ
juete eoxus JC.«ÀÀ,r;-oç ó tfJL^ç, crctTHf Mnfav
F~XèLwUT»TdD,-upqOçTWVt«pa>taIYOÏ B T.îj, GeTeî$ t7T6ÀV*<fiÇ
"¡'ÀÀIOÇÓ 9 Î/J.0Ç t:trYo'
Voici encore une autre preuve. Cyaxares
(a) ayant invité Cyrus à souper
avec lui, ce Prince s'en excuse en faisant
entendre à son oncle qu'il doit avoir
des égards pour les Troupes qu'ils ont
amenées qui pouroient prendre de mauvaises
impressions, si il n'alloit pas les
rejoindre; mais demain,dit-il, dès que
l'AU"l'ore pa"oÎl"l'a, ceux qui méritent d'être
admis au Conseil se rendront ici à VOTRE
PORTE, afin que tous ensemble nous délibirionssu*
cequenous^nyona<4emieuxa
faire CtU-:>,lOV "I. ,
7TCù CT(U:O È-rt T«Ç /Tete tÇpggro TfCCPTfÇ cl i7riy^Q/0f
, 07TCÇ
ficvXwTÔfXîèût giv trci T) ;tpn -noietr.
Ce en droit, Monsieur
, prouve clairement
qu'on nommoit LA PORTEle
Lieu où étoit leRoy,quel que fût ce
Lieu, car ce n'est point dans le Palais
(a) Xenop.P&d,Cj/ri, L, J. P. 87.
1. Vote Biiij de
de Cyaxares que Cyrus lui parle, c'est
dans un Camp sous une Tente et c'est
là que le Conseil doit se tenir le lendemain
, et le lieu où l'on doit s'assembler
est ce que Xenophonapelle la Porte.
Comme je passerois les bornes que
je me suis prescrites, si j'entreprenois
de vous raporter tous les Passages où
Xenophon employé le mot cTcpaç pour
dire LA PORTE, c'est- à dire la Cour,
je vous suplie de vous contenter des
deux que vous venez de lire et de VOUd
loir bien jetter les yeux sur les Vies de
Thémistocle et de Pélopidas, écrites
par Plutarque, vous y trouverez les
mors vrrî-S-ypa/ç,employésdans le même
sens, mais pour vous épargner la peine
de relire en entier ces Vies, je vais transcrire
deux Passages, qui joints à ceux
de Xenophon
,
décident absolument la
question.
Thémistocle, que l'envie avoir banni
d'Athenes, s'étoit retiré après avoir échapéà
une infinité de dangers,à Aeges,
petire Ville Eolique, chés Nicogene.
son Hôte, où ildemeura jusqu'au temps
qu'en conséquence d'un songe, il prit
la résolution de s'aller livrer lui-même
au Roy de Perse, qui avoir fait publier
qu'il donneroit deux cent talens à celui
I. Vol qui
qui le lui ameneroit. Nicogene
, afin
que son ami ne COJÏU: aucun risque
dans le voyage ,
le fit mettre sur un
Chariot dans un Pavillon bien fermé,
et ordonna à ses Con-lnceurs de dire à ceux
quilesrencontreroient, et qui leur demanderaient
ce qu'il y (E/):fdms le Chariot,
qué c'étoit une femme Grecque qu'ils menoient
d'Ionie à un Seigneur de LA PORTE
du grand Roy.~rav 7rtç} etUTO" otei Çîç
fVTUF;tccvOUD'I àj OUVva.V°¡.A.EVO'Ç ÀegOVTCdV en
rjyetjovE\\tfVi>tov Jrvovv «lt* IViaç> Il¥Õ'
Ttva 7ds, èOI -S-t/pet/ç(ixcnhiu;.
Le second Passage est aussi décisif que
le premier; le voici. Quand Pélopidas,
envoyé par les Athéniens en Ambassade
auprès du Roy de Perse, fut arrivé,
et qu'ilparut devant les Satrapes, les Princes
et les Capitaines qui étoient à LA PORTE,
ils furent tous saisis d'admiration ,foetiji
ffîçlTt) <$Jpct/ç tttt'TpCCtriÍ'cqç ffcfjf ç-fscrn folt; ^C(
MÏifximvèçd-&ç, Ja.rJ¡J.ee'!; hôfov rr¡y.¡eg..g"X,e,..
Si malgré les authorités que je viens
de raporter, il vous restoit encore quelque
doute
par raport à la signification
du mot Jvpat, la Note de H. Etienne (a)
sur le mot é",,'){dÍVOI, qui mérite que
vous vous donniez la peine de la lire,
(a) Fag. zé- des Notes de H. Etienne sur
X ènohon.
I, Vol. B v vous
vous portera, j'en suis sûr, à changer
votre Epoque du nom de la Porte, et à
convenir que l'usage de ce mot n'a pas
commencé avec le Mahometisme. J'ay
l'honneur d'être, &c.
A Versailles ce 30. Octobre 173S.
L'Auteur de la cinquième Lettre à M.
fifaillart, est très-obligé à M. de la F.
des politesses dont il a assaisonné la Lettre
Critiquequonvientdelire. Pourrépondre
k des manieres si gracieuses, il l'assure qu'il
sera le premiera lui rendre justice, si la
verité qu'il ne fait encore qu'entrevoir, se
découvre entÍerement.
ODE du premier Livre d'Horace sur le
Printemstraduction de l'Abbéd'Elfaut,
de l'Académie Royale de Soissons.
ENfin
par le Retour de l'aimable Zephire »
L'Hyver hérissé de frimats,
De nos Campagnes se retire ,
Et va glacer d'autres climats.
Déjà pour traverser le vaste sein de l'Onde
,.
Et trafiquer au nouveau Monde
,
JL'intrépide Marchand lance en Mer ses vaisseaux
j. HVoLBé/*
Déja mille et mille Troupeaux,
Bondissent au sortir de leur obscure étable ;
1 Et le Laboureur tout joyeux,
Abandonnant enfin son foyer et sa table
,
Court dans ses champs fleuris rendre graces aux
Dieux.
A la brune déja la charmante Cithere,
Que les Graces suivent toujours
,
Danse légèrement sur la tendre fougere j.
Avec les folâtres Amours;
Taudis que dans sa Forge ardente,
Vulcain presse au travail ses Cyclopes hideux ;
Et forme d'une main sçavante,
En differens métaux mille ouvrages fameux.
Cher Ami, couronne ta tête,
Des fleurs qu'en ce beau jour le doux Zephir.
produit
Et dans des Bois où regne une éternelle nuit,
Sacrifie au Dieu Faune,et passe cette Fête,
Quand tu le peux encor, dans le sein des
plaisirs;
La Mort ne bornera que trop tôt tes désirs.
Le Pauvre au fond de sa masure,
Subit ses inhumaines Loix;
Et des vastes Palais la superbe structure,
Contre ses traits perçans n'assure pas les Rois.
Adieu tous les plaisirs si-tôt que la barbare,
T'aura fait passer l'Acheron
,
Dans le sombre manoir du terrible Pluton, l. rot. B vj c
Il n'est plus de festins dont le sort te prépare
Une bachique Royauté
,
Ni de Nymphes dont la jeunesse,
L'esprit
,
l'enjouement, la beauté,
Anime toute ta tendresse,
Et qui sensible à tes ardeurs,
Te comble enfin de ses faveurs.
REPONSE de Mlle. Archambllul.
a la prétendue réfutation de M. L. L.
R. inserée dans le Mercure de Juillet
1755-
J E ne m'étois pas attendue que mes
Réfléxions
,
imprimées dans le Mercure
de Janvier1735. passeroientsans
être critiqtiées; mais pouvois-je m'imaginer
qu'on dût le faire avec si peu de
ménagement ? On voit bien qu'ellesont
extrêmementblessé l'amour propre de'
M. L. L. R. L'invective par laquelle il
commence, et les termes peu mesurés
dont il se sert en parlant de notre sexe,
ne le fonr que trop sentir: Il ne prétend
pas,dit-il, me faire perdre mon
opinion, parce qu'il regarde cela comme
impossible.il dit mieux qu'il ne pen-
I. Vol. se
Se ses raisons sont trop foibles, et l'im
possibilité qu'il trouve à me faire changer
de sentiment, vient moins de mon
entêtement prétendu, que du peu de solidité
de ses preuves: le Public en va ju
ger.
Cet Autheur soutient premièrement
que l'homme est supérieur à la femme
en force et en constance,parce qu'il y
a eu plus de Guerriers que de Guerrieres
, plus de Rois que de Reines, plus
de Sçavans que de Sçavantes, &c. mais
dans la question proposée, il s'agit moins
de compter, que de péser. Il avance que
les Femmes sont incapables de monter
au dégré le plus héroïque; que celles
qui se sont signalées par leur valeur sont
en petit nombre ; qu'il n'yen a eu que
deux dans Israël, une dans l'Empire Romain,
et quelques autres dans tout 1'\1-
nivers. Un homme de quelque érudition
pouroit.il s'être trompé si grossièrement ?
La seuleNation des Scythesa fourni
des millions de femmes belliqueuses qui
se sont acquis une gloire immortelle
par leur valeur.
Les Amasônes voyant, que dans une
bataille la plus grande partie des hom
mes avoient été défaits, et que le reste
prenoit la fuite, prirent les armes, re-
J. Vol. pous
pousserent les ennemis
y et formèrent
dèslors larésolution de n'élever que les
filles aux exercices de la Guerre, et de
ne les point marier * qu'elles n'eussent
tué trois hommes du pays ennemi. C'est
à ces Héroïnes qu'E phese et pl usieurs-
Villes de l'Asie mineure, doivent leur
naissance.
Je sçais que Strabon et quelques Auteurs
modernes prétendent qu'il n'y eût.
jamais d'Amasônes, mais leur sentiment
ne doit pas l'emporter sur l'autorité de
Diodore de Sicile, de Justin; d'Hérodote
, d'Arrien,&c. "*
Lorsque les Lacedemoniennes apre*
noient la mort de leurs enfans tués au service
de la République, elles alloient visiter
leurs cadavres sur le champ de bataille.
et elles regloient leur dou leur selein les
blessures honteuses,ou honorables, donc
ils se trouvoient couverts.
Demetria tua son fils, parce qu'il ne
s'étoit pas exposé à la mort pour sa Patrie.
Une Spartienne ayant apris que le sien
avoit abandonné son rang, le tua aussi
, le trouvant indigne, et d'elle, et de son:
Pays.
Les Persannes voyant l'Armée d'Astiage
prêre à remporter la victoire sur
* Hypocrate.- I.fol,OellQcelle
de Cyrus que la frayeur avoir mise
en déroute
,
rallièrent entièrement les
troupes; et ce ne fur qu'à elles que ce
Roi dut toute sa gloire.
Les Phociennes se préparèrent à mourir,
plutôt que de vivre esclaves avec leurs
enfans; et par ce moyen elles sauverent
leur Patrie, leur vie, leur liberté.
Les Leaconiens vaincus par les Eritriens
, convinrent de sortir de leur Ville
sans armes,avec une robe et une saye
seulement. Les femmes ayant entendu.
parler de ce Traité
,
les obligèrent de déclarer
à leurs ennemis,que la javeline
croit la robe, que le bouclier étoit la
saye de tout homme de coeur,ce qu'ils
firent; et le courage que ces femmes
leur inspirèrent,étonna de telle sorte
-
lesEritriens, qu'ils les laissèrent passer
tous armés.
Les Germaines alloient à la Guerre
avec leurs Maris,se tenoient auprès d'eux
pour les encourager,leur portoient du
rafraîchissement dans le combat
,
étanchoient
le sang de leurs playes, &c. et
souvent par l'intrépidité avec laquelle
elles affrontoient le danger, et par la
force de leurs remontrances, elles arrêroient
les fuvardset sauvoient leur Armée
presque dé~f.itejaussi preféroit-on toujours
h-VQL les
les filles aux garçons, lorsqu'on prenoit
chés eux des otages. Vous pouvez voir ce
que dit Plutarque des Meliennes, des
Toscannes, des Lyciennes, des Salmatides,
des Milesiennes, des Ciennes,&c.
En des temps postérieurs,la Ville de
Sienne s'étant révoltée contre les Impériaux
,on mit les femmes à part, comme
moins propres àla Guerre que les
hommes;mais il s'en présenta trois mille
bien résolues de mourir en combattant.
Je ne parlerai point des Dames de Beauvais
, de Pavie, de S. Riquer et de tant
d'autres qui ne se sont pas moins glorieusement
signalées; les bornes que je
me suis prescrites ne me le permettent
pas: mais il y a certains traits que je ne
puis omettre , et qui sont puisés dans
les meilleurs sources del'Antiquité.
Gedeon, dont l'Armée étoit composée
de trente deux mille hommes, fit publier
que les timides pouvoient se retirer
; combien croit-on qu'il lui resta
d'hommes ? Vingt-deux mille le prirent
au mot, encore des dix mille qui lui
restoient , ne s'en trouva-t-il que trois
cent, qui furent jugés dignes d'être
menés à l'ennemi.
Les Princes de Gilaad voyant que les
Ammonires étoient venus camper dans
I. froL leur
leur Pays,promirent à celui d'ent'reux
qui les attaqueroit le premier, qu'il seroit
le Chef du Peuple tout le temps de sa
vie, etaucun n'osa hazarder l'entreprise.
Il ne se trouvoit point de vaillans
dans Israël, dit l'Ecriture, jusqu'à ce
que Debora parut comme une Mere dans
Israël. Il est inutile d'en ra porter ici
toute l'histoire.
Le Sénat Romain fut obligé de punir
un grand nombre d'hommes, qui se coupoient
les pouces pour se dispenser d'aller
à la Guerre ,etAmmien Marcelin,
pour relever la generosité des Gaulois dit qu'il , ne se trouvoit personne parmi
eux, qui se mutilât ainsi pour éviter
d'entrer dans la milice, comme il ne se
pratiquoit que trop souvent ailleurs. On
sçait la punition que l'Empereur Cons
tantin ordonna contre ceux qui commettoient
de semblables excèsdelâcheté.
Scipion étant sur le point de passer en
Affrique, pour détruire Carthage
, promitd'avoirégard
à la foiblesse de ceux qui
n'auroient pas le courage de le suivre, il
s'en présenta un très-grand nombre qui
lui déclarèrent qu'ils craignoientextrêmement
de s'engager dans cette expédition.
On peux voir par ces éxemples remarquables,
que les hommes s'arrogent à tort
J,Vol. tout
tout le mérite de la constance et de la
valeur.
Ce n'est pas seulement dans l'Art Militaire
que le courage des femmes a surpassé
celui des hommes ; elles ont encore
fait paroître en général plus de résolution
et de fermeté qu'eux en d'autres
occasions.
Dans la conjuration qui fut faite contre
Caius
, une femme nomméeQuintilie
en sçût tout le secret; ce Prince ordonna
à Chersea
, un des Conjurés , de lui faire
donner la question, ce qu'il fit, et quoique
le suplice fut très ruec jusqu'à
faire compassion à Caius même
, in.:
tilie ne nomma pas une seule personne.
Dans celle de Pison contre Neron plusieurs Senateurs , et Chevaliers Romains
avoüerent tout sur une simple menace
,découvrirent tous leurs complices,
leurs plus grands amis. Un aurre pour
éviter le su plice, accusa sa propre Mere
pendant qu'Epicaris souffre les pluscruels9
tourmens ,
plutôt que de trahir ceux
qui s'étoient confiés en elle.
Lorsque cent mille Romains furent
proscrits par les Triumvirs, il se trouva
dans ce nombre quarante mille Dames
Romaines: Hortensia, une des proscrites
, fit un discours plein de force et de
I. Vol. fierté
fierté en faveur des Personnes de son sexe
} prouva qu'on avoit eu tort de les
proscrire; et dans soixante mille hommes
,il ne s'en trouva pas un qui osât
ouvrir la bouche pour se deffendre
3
ni
- pour se plaindre.
Demosthenes
,
le plus grand Orateur
qu'Athenes ait produit, se voyantobligé
de plaider sa propre cause, n'osa paroîrre.
Ciceron accusé par Clodius, pour
avoir puni Lentulus,fond en larmes,
se prosterne aux pieds de ceux qu'il rencontre
, pour leur demander du secours,
et prend enfin le parti de s'enfuir.
Lexna Courtisane
,
complice du dessein
qu'on avoir formé de tuer le Tiran
d'Athenes, ne veut accuser personne,
malgré tous les tourmens qu'on lui fait
souffrir, et porte le courage jusqu'à se
cou per la langue,qu'elle jette au nez
du Tiran.
Asdrubal,General des Carthaginois.
se rend à la discrétiondeScipion
,
son
vainqueur; sa femme aprts lui avoir fait
les reproches que méritoit sa lâcheté
a
meurt genereusement ,
plutôt que de
manquer de fidélité à sa Patrie.
Le Consul Cecinna succombe aux
frayeurs de la mort; sa femme pour l'encourager
, s'ouvre le sein avec un poi-
I. vol. gnard
gnard, le retire tout sanglant, et lui dit
que ce fer ne fait point de mal.
Enfin quelle différence dans les circonstances
de la mort de Brutus,et celle
de Porcia!
Les Femmes, disent les plus judicieux
Auteurs, ont porté l'art de regner à
la plus haute perfection
,
de sorte que
jamais les hommes n'ont atteint à cella
de Marthesie, de Lampeto, et d'Orithie
, qui par leur sage conduite dans
le Gouvernement , et par leurs grands
exploits, furent admirées de toute la terre.
Elles donnèrent aux Nations,ditJustin
, l'exemple d'une audace digne d'une
éternelle mémoire, et de l'admiration
de tous les hommes.
Thomiris ne fut jamais surpassée par
les plus grA-ds Heros; et Semiramis,
Reine d'Assyrie, les surpassa tous; la
seule présence de cette Princesse arrêtoit
les séditions, et elle a été la pre- • micre qui ait osé porrer la Guerre au
de-là du Fleuve Indus.
Zenobie femme d'Odenat, après avoir
vaincu les Perses
, porta la guerre jusqu'à
Calcedoine, et au dessous du Bosphore
: elle avoir Tellement rempli l'Orient
et l'Egypte de la terreur de ses armes
,que ni les Arabes, ni les Armé-
I. Yol. jaiens
liîens n'osoient remuer;et cette Reine
parut encore plus grande dans son malheur
, que dans sa fortune.
S. Ambroise, pour encourager les Femmes
à donner des preuves de leur capacité
dans les occasions, où les hommes
pouroient avoir besoin de leur ministère
leur donne Debora pour l'exemple qu'elles
doivent suivre, parce que, dit ce Pere,
ce n'est pas le sexe qui fait les Personnes
vaillantes, c'est la vertu: sur quoi
je ferai remarquer en passant à mon Adversaire
,qu'une Femme a jugé un grand
Peuple pendant un trèslong-temps, sans
qu'on ait pû rien reprendre dans sa conduite
, et que tous les Juges de l'Aréopage
,assis sur leurs Tribunaux,se laissèrent
corrompre à la vue d'une femme.
Pulcherie gouvernal'Empire dans les
temps les plps difficiles, avec une sagesse
et une conduite que les plus grands
hommes se seroient faits gloire d'imiter;
elle procura le repos et l'abondancedans
toutes les Provinces de ses Etats, y affermit
la paix, contint dans le devoir
les Barbares, qui ne cherchoient auparavant
qu'à franchir les limites qui leur
étoient prescrites; et ils ne firent point
sous son Régne des irruptions,commeils
en avoient faits du temps des Empereurs
les plus redoutables. Je
.-
Je n'avois pas besoin d'aprendre de
M. L. L. R. que les Femmes sont incapables
par elles mêmes de faire des actions
héroïques, et qu'elles sont en cela les
instrumens du bras du Seigneur; mais
je serois curieuse de sçavoir s'il croit que
les hommes tiennent leur Héroïsme de
leur propre nature?
Personne n'ignore que Dieu a choisi
les plus foibles sujets pour faire éclater
sa puissance,et pour établir son Regne
sur la Terre, comme au conrraire l'ennemi
du Genre humain s'est servi des
plus forts, pour tâcher de le détruire par
l'idolatrie
,
l'impiété et la cruauté: En
effet Pharaon Roi d'Ægypte, forme
Je dessein de faire mourir tous les enfans
mâles des Hebreux. Les femmes, dont il avoit besoin pour cela , se mocquent
de ses ordres, et sauvent par-là
Je Peuple de Dieu.
C'est une Femme qui fait élever Moyse,
ce grand Législateur, et qui lui fait
donner une éducation convenable,en le
faisant instruire dans toutes les Sciences
des Egyptiens.
Jabin Roi de Canaan, oprime les Enfans
d'Israël, et les tient pendant vingt
ans dans la plus dure servitude;Debora
les délivre, en défaisant la formidable
I. Yole Armée
^Àtmée de ce Roi; et Jaël autre femme
forte, tuë son General.
Nabuchodonosor entreprend de subjuguer
tous les Peuples dela terre, afin
d'être seul reconnu, et adoré comme
Dieu:Judith arrête son General au
milieu de ses conquêtes, et lui coupe
la tête de sa propre main.
Assuérus veut faire exterminer tous les
Juifs par le conseil d'Aman: Esther les
sauve en s'exposant à la mort, et fait
périr l'orgueilleux Aman. Il semble enfin
qu'il soit particulier aux Femmes de
détruire les ennemis de Dieu, et des
hommes.
Le Seigneur s'est servi de la Mere de
Constantin,dit S. GrégoirePape pour
exciter les Romains à embrasser la foi.
Ste Pulcherie plaida elle-même la cause
de l'Eglise, fit ratifier la condamnation
de l'hérésiarque Nestorius, qui vouloit
ôter à la Ste Vierge le glorieuxtitre de
Mere de Dieu. Lesfemmes ont aussi aboli
la barbarie dans plusieurs grands Royaumes
, pour y faire régner la pureté du
Christianisme.
Le Grand Clovis doit à la Reine,son
Epouse,la gloire d'avoir été le premier
Monarque Chrétien; et cet heureux
Royaume est obligé à la Reine Batilde I.Vol. de,
de n'avoir plus d'Esclaves dans son sein.
Edelburge opera la conversion du Roi
d'Angleterre et de ses sujets. Vlodomir,
premier Prince chrétien des Russes , embrassa la foi par les exhortations
de sonEpouse.Ce fut une Reine dEcosse
qui abolit les restes de barbarie dans ce
Royaume : enfin les Femmes ont eû la
plus grande part aux plus grands évenemens,
et les Histoires saintesetprophanes
nous montrent que de tous temps
les plus grands hommes ont eû besoin
de leurs conseils, et que ceux qui ne
les ont pas suivis, ont payé cherement
la vanité de vouloir se conduire de leur
chef.
J'obmets plusieurs autres faits tirés de
l'Histoire sainte et de la prophane
, pour
ne pas oublier que les Gaulois n'entreprenoient
aucune affaire de conséquence
sans consulter leurs Femmes. Dans le traité
qu'ilsfirent avec Annibal, lorsqu'il
passa par les Gaules, un article portoic:
que , si les Carthaginois prétendoient
avoir reçû quelque tort de la part des
Gaulois, ce seroit les femmes Gauloises;
qui en décideroient.
Les Germains, dit Tacite, faisoient
grand cas du conseil de leurs femmes, et
ils s'en trouvoient si bien,qu'ils croyoient
I. fol. qu'iL
qu'il y avoit en elles quelque chose de
-divin.
» A tous les avantages que l'homme a
» sur la femme
, continue notre Adver-
» saire, joignons-y la science, et nous ache-
»verons de persuader que la constance
-» d'esprit est plus grande dans le pren
mier. Nul autre que l'homme,n'a inn
venté les Arts et les Sciences, nul autre
» ne les a perfectionnés; ce nombre infini
» de Livres qui en traitent, ne vient-il
» pas encore des hommes ? Les femmes
»auroient-elles assés de vanité, pour se
» comparerà eux en tout cela? Secroïent-
» elles assés de soliditéde jugement,d'ém
renduë d'esprit, de justesse de raison-
» nement, pour aprendre à fond les Mathématiques?&
c. » L'Auteur fait ensuite
une espece d'Apologie de notre sexe, et veut faire entendre qu'il seroir fâché
que la moindre chose,qui soit à l'avantage
des femmes, lui hhJpâte Lorsq u'il
pense à la beauté des Romans, qu'elles
ont composé, il en admire le stile
,
les
expressions, les sentimens. Nous n'avons
rien en Romans, dit-il, qui soit audessus
des leurs; et un peu plus bas il soutient
que tout en elles persuade, mais
que les Sciences ne sont pas de leur ressort;
ce qui semble se contredire, car
I. Vol. C cette
cette Science de délicatesse qu'il leur accorde
, emporte avec soi une pareille délicatesse
de discernement, qui montre
qu'elles ont les dispositionsnécessaires
pour réüssir en quelque sorte de Science
que ce soit, puisqu'il ne faut pour cela
que de la raison, de l'esprit et de l'intelligence.
Les anciens Egyptiens doivent à une
femme l'invention de la Médecine, ( se.,
ton Maneton dans Eusebe) et celle
d'embaumer les corps, qui rend en quelque
sorte les Morts immortels.
Dans tous les tem ps ,
les femmes se
sont apliquées à l'étude des Langues, des
belles Lettres,de l'Eloquence,dela Poësie
, de la Philosophie, des Arts Libéraux
,
des Mathématiques
,
&c. On ne
doit pas être surpris, disoit un Philosophe
, de voir les femmes avancer dans
les Sciences avec plus de rapidité que
les hommes, puisqu'elles ont naturellement
plus de vivacité d'esprit, de pénétration
,
de douceur,de modestie, et
par une suite nécessaire, plus de docilité.
Je pourois citer pour éxemple ;
plusieurs Dames Gréques etRomaines de
l'Antiquité Payenne.
Dans les Ecoles Chrétiennes,celle de
S. Jérôme a produit autant de sçavantes
I. Fol. que
que d'étudiantes: Ste Eustochie, fille
de Ste Paule, sçût les Langues Hébraïque,
Gréqueet Latine de fort bonne heure
J
et fut consommée depuis dans l'étude
des Saintes Ecritures. Ce grand Homme
faisoit tant de cas de la science de
SteMarcelle,qu'il témoigne dans sa Préface
sur l'Epitre aux Galates
,
qu'il la regarde
autant comme son Juge, que comme
son Ecoliere.
Hipatia, fille d'un habile Mathématicien
d'A léxandrie, passoit pour une merveille
d'érudition;elle surpassoit tous les
Philosopheset enseignoit publiquement,
de sorte qu'on accouroit de toutes parts
à sonEcole,et l'illustre Evêque Sinesius
,
son Disciple, l'apelloit souvent le PhilcH
sophe par excellence.
Amalasonte, Reine des Goths ,entendoit
et parloit les Langues vivantes
de toutes les Nations du Monde, et
excelloit en diverses autres Sciences,
de sorte que Cassiodore la mettoit au
niveau de Salomon, pour faire entendre
aux Princes
,
contemporains de
cette Princesse
,
qu'ils devoient imiterà
son égard, la conduite de la Reine d'Ethiopie.
On sçait que dans les Ecoles d'Origêne
et des autres celebres Professeurs
I. Vol. C ij qui
qui lui succéderent, les fillesen sorroient
si sçavantes dans les Lettres Humaines,
la Philosophie et les saintes Ecritures , qu'elles pouvoientdisputer routes jeunes
qu'elles étoient, contre les plussçavans
des Gentils. Elles ne se contenroient
pas de confondre le Paganisme par la
force de leur raisonnement mais elles
alloient souvent de l'Ecole au martyre >
en Philosophes chrétiennes.
Les femmes n'ont pas moins brillé
par leurs exccllens Ouvrages, tant en
Prose qu'en Vers. L'Impératrice Eudoxe
mit en Vers Grecs les huit premiers
Livresde l'Ecriture, c'éroit, diton
, une simpleTraduction nette
M et élégante, qui rendoit fidellement le
Texte, sans aucun ornement poëtique ;
elle avoit traduit les Prophétes Zacarie
et Daniel, composé en trois Livres l'histoire
de S. Cyprien,de Ste Justine
,
et
la Vie de Jesus-Christ en Vers, qui imitoient
ceux d'Homere: les autres Sçavantes
chrétiennes me meneroient trop loin.
On ne disconvient pas queles Hommes
qui ont écrit, ne soient en plus grand
nombre que les femmes,mais on doic
aussi convenir qu'il n'y a pas la centiéme
p rtie des Ouvrages sortis de la plume
des hommes, qui mérite la peine d'érre
I. Vol. lus
lus, et qu'au contraire il y a peu de femmes
qui n'ayent parfaitementréüssi en
quelque genre que ce soit.
Si les hommes conviennent qu'en géneralles
femmes ont plus demémoire, de
docilité ,de vivacité et de pénétration
qu'eux,ils sont obligés par
1
conséquent de
leur accorder la supériorité de génie,comme
nous leur accordons celle de la force
du corps, et ce n'est gueres que par cette
com pensation, qu'on peut trouverl'égalité
des deux sexes.Je n'ai garde cependant
de donner dans l'erreur de M. L.
L. R. qui veut que les deux sexes n'ayent
pas la même force et la même constance
d'esprit; la raison et la Religion m'ap-i
prenent à penser plus solidement
, et
Dieu est trop juste, pour les obliger également
à combattre les mêmes passions,
à pratiquer les mêmes * vertus, leur promettant
les mêmes récom penses et les
menaçant des mêmes peines, s'ils n'étoient
pas parfaitement égaux en force
constance.
On me dira peut-être que je me contredis
moi même, en soutenant que la
femme a un génie plus étendu que l'homme
, mais on doit observer que cela ne
donne qu'une plus grande facilité d'a-
! Voyez, l'Homclie de S. Basile sur lu Genèse.
1* Vol. C iijprendre
prendre et de comprendre tout ce qui
est convenable à l'état humain comme
la force du corps donne à l'homme
moins de difficulté pour faire ce qu'il y
a de plus pénible et de plus matériel;
car l'un et l'autre réussir également bien
en tout: l'homme, par son fort tempérament
a l'avantage depouvoirs'apliquer
plus long temps à l'étude
, que ne fait la
femme,et celle ci se fortifie,en joignant
l'exercice à son courage. Elle endurcit
son corps, er fortifie ses bras, dit Salomon
,en parlant de la femmeforte,elle
met la main aux Ouvrages les plusforts.
Je n'ai jamais dit,comme l'Auteurl'acru
entendre, que tous les individus de l'espece
humaine soyent également forts et
constans; jesçai qu'il yen a un très-grand
nombre dans les deux sexes, dont l'esprit
est foible aussi bien que la raison. Je
passe deux ou trois articles des pag. 1499.
et 1500. où l'Auteurs'efforce de réfuter
ce que j'ai prouvé dans le Mercure
de Janvier; mais je ne passerai pas l'article
de sa L ucrece, sans lui faire a percevoir
qu'il fait tort à son discernement,en mettant
au nombre des Héroïnes,une Femme
plus remplie d'amour propre, que
de sagesse.
Les cinquante Lacedemoniennes qui
I. Vol. prirent
prirent la résolution de mourir pour éviter
les insultes des Messéniens
.,
mériroient
mieux sans doute d'occuper ce rang, et
j'admireque l'Auteur ait été embarassé
dans cette occasion
A l'égard de l'éducation des cnfans,
M.L. L. R. ne trouve pas que celle que
donnent les femmes, soit si importante ;
cependant Salomon nous fait entendre
que sa gloire et sa sagesse viennent des
teinrures qu'il a reçûës dans sa premiere
jeunesse ; il marque par tout sa reconnoissance
pour ses Parens, sur - tout
pour sa Mere; il veut que les enfans pratiquent
fidellement les instructions des
Meres
, et on lit que S. Paul oblige si
fortement les Meres de donner l'éducation
à leurs enfins ,qu'il y attache même leur
salut.L'Apôtre
,
dit S. Jean Chrisostôme,
veut que les Meres prennent le même
soin des enfans mâles, car il n'a pas distingué
le sexe dans l'éducation ; il ne dit
pas qu'il faut éxami ner si la femme a mis
des enfans au monde,mais si elle les a
bien * élevés.
C'est à la Mere des Macchabées
,
qu'il
faut attribuer leur sagesse et leurs vertus
, dit Eusebe Emissene; enfin c'est à
la doctrine domestique de leurs Meres
3
? EpIi.t. à Timothée) ch. J. v. 10. Vol. C,iiij que
que le plus grand nombre des Peres de
l'Eglise
,
des Vierges, et des Confesseurs
ont dû les prémices de l'éminente Sainteté
où ils sont tous parvenus. f
S. Grégoire Pape, disoit que par
l'éducation
, que la Reine Brunehaut avoit
donnée au Roi
, son fils
,
il étoit autant
au dessus des autres Rois, que les Rois
sont au dessus des autres hommes; et
le Grand S. Louis dut aux instructions
de son auguste Mere
> ses qualités plus
qu'héroïques.
Je sçaiscependant que les Peres peuvent
être aussi ca pables d'élever leurs enfans
i
que leurs Meres
,
mais les exemples en
sont d'autant plus rares, que les hommes
par leur état,ne peuvent pas résider si assidûment
chés eux. Les voyages,dit S.
Chrisostome
a
les sollicitations du Barreau
,&c. leur causent beaucou p de distractions
, au lieu que les femmes qui
sont plus fixes, sont mieux en état de
s'acquiter de ce devoir. Le sçavant Pere
Calmet,après avoir marqué son étonnementsur
ce que la plûpart des grands
Hommes, que l'on connoît dans l'Histoire
Sacrée et Prophane, ont eu des fils qui
ont dégénérédumérite de leurs Peres
tels , que l'on a vû autrefois les enfans
d'Héli, de Samuel
.,
&c. dit que cela vient
1. Vol.peutpeut-
être de ce que ces grands Hommes,
tout occupés des affaires publiques, pouvoient
moins se partager pour l'éducation
de leurs fils.
J'avoue qu'il y a peu de femmes capables
d'orner l'esprit de leurs enfans de
certaines Sciences,mais quand je n'aurois
pas fait voir que leur inca pacité ne vient
d'aucun défaut naturel, les Histoires nous
le prouveroient.
Euridicée
>
Esclavonne de naissance,
toute âgée qu'elle étoit, se fit instruire
dans les Belles Lettres
, pour les enseigner
à ses enfans, et lorsqu'elle les eut
bien instruits, elle fit une Epigramme
pour en remercier les Dieux. Plutarque
assure que cette Epigrammeétoit un chefd'oeuvre
, que toute l'Antiquité a ad.
miré.
Zenobie enseigna à ses enfans les Lettres
Gréques
,
Egyptiennes et Latines.
Cornélie aprit à ses fils les Gracques,l'Eloquence
Latine,etAristipeapritlaPhilosophie
de sa Mere. Ces exem ples, et quantité
d'autres qu'il n'est pas nécessaire de
raporter, prouventassés que si les femmes
ne s'apliquent pas ordinairement aux
Sciences sérieuses,et que si elles prennent
-plus de soin de la parure de leur corps, ue de la culturede leur esprit, la faute j. Vq/., C V; n'en
n'en doit être rejettée que sur les hommes
, qui
,
loin de les encourager à quitter
la bagatelle pour s'occuper solidement,
les a plaudissent au contraire, lorsqu'elles
ne sçavent quejoüerdesinstrumens,
lire des contes, ou dire de jolis
riens avecagrémentles voüant,pourainsi
dire, à l'ignorance et à l'inutilité dès le
berceau.
Cependant les femmes sçavantes ,dit
Plutarque
,
font leur unique occupation
de leur devoir: une Dame qui étudiera
la Géométrie, aura honte de se livrer à la
galanterie, d'aimer les danses, &c. la Philosophie
morale la rendra plus attachée
à son mari, et lui fera su porter plus généreusement
ses deffauts. Si la Science
rend les hommes meilleurs et plus civils y
dit un Sçavant, comment sera-t-elle dangereuse
aux femmes? Si elle est un remede
pour ceux-là,sera-t'elle un poison
pour celles-ci ? C'est ce qui ne peut se
concevoir. Je soutiens enfin que si on
donnoitaux Femmes une éducation conforme
à celle qu'elles doivent donner à
leurs enfans, tout le Genre humain changeroit
bien-tôt de face.
A Laval,te 13.Novembre173j.
Nous avons recû depuis long-temps
1. VoL- cette
cette Réponse de Mlle Archambault. L'abondance
des matieres
, et d'autres incidens
imprévus en ont retardé la publication,
ainsi que d'une autre Réponse de
la même Dlle à M. Simonet sur le même
sujet,à quoi nous tâcherons de satisfaire
incessamment.
A M. l'Abbé Poney de Neuville. I
Llustre Ami, que je revére
,
Ton estime toujours fut l'objet de mes voeux r
Ton esprit, qui souvent m'éclaire,
Répand sur mes Ecrits,tout ce qu'ils ont d'heureux.
Souffre que ma reconnoissance
Eclate pour toi dans ces Vers;
Quoique
ta modestie en souffre, et s'en offense,
Je loüerai tes talens divers;
Talens délicieux, utiles,
Talens, qui chéstoi réunis,
Dans les coeurs devenans fertiles,
De tes admirateurs te font autant d'amis.
La Lyre d'Apollon dans tes mains nous enchante;
Ce Dieu ne la touche pas mieux ;
Une Ville * illustre et sçavante
* M. l'Abbé deNeuville a remporté sept grands
Ttix aux Jeux Floraux de l'Académie de Toulouse. hVeU Cvj A
A souvent couronné tes travaux précieux.
Mais des talens plus solides encore
A nos coeurs découvrent le tien;
Sage
,
éloquent pour notre bien,
Tu fais aimer le Dieu que l'Univers adore,
Zelé Prédicateur de sa divine Loy ,
Mêlant un salutaire effroy
Aux saintes Vérités qui sortent de ta bouche
Tu fais naître l'amour, l'espérance et la foy j
Dans les ames que ta voix touche.
A tes Discours
,
aussi purs qu'éloquens j.
Qui refuseroit de se rendre?
Tes invincibles Argumens.
Brisent *les coeurs. ainsique de la cendre.
Quelle gloire pour moi d'avoir part à ton coeur t;
Daigne être mon ami, mon censeur etmon
guide;
Le goût que j'ai pour toi, m'est un garant Raooiteur
Que je suis né pour aimer lesolide,
Par S. T.H. S. C.AROLET.
* C'est l'expression dt l'Eglise : (cor contritum
quasicinis. )
LVoli. 1:fOvrE.-
JD 0 V TE proposé aux Sçavans
, au su
jet des Auteurs des Annales des Roisdu
Franceyconnues sous le. nom de Saint
Bertin.
LA plûpart de nos anciennes Chroniques
ont ce défaut, que l'on n'en
connoît pointassés les Auteurs ; ce sont
des morceaux d'Histoires anonimes qui
par cet endroit même perdent quelque
chose de la confiance qu'elles mériteroient,
si l'on sçavoit sûrement le nom
et l'état des Historiens qui nous les ont
transmises.
La Posterité aura obligation aux Sçavans
denos jours, qui font une étude
suivie de cette recherche, et qui par
leurs veilles nous découvriront les véritables
Auteurs detantde fragmens,de
Chroniques, d'Annales anonimes, qui
font néanmoins la partie la plus considérable
de notre Histoire ancienne. C'est
à eux que je soumets les Observations
que j'ai faites ausujet des Auteurs des
deux dernieresParties des Annales de S.
Bertin, que j'aiexaminées par occasion y
à caulse d"'unoEcriit (tDE'FgENlSEidselê'E-'
glise de Troyes
, sur le culte qu'elle rend a
S. Prudence Evêque
,
&c. Paris. Charles
Osmont. 1736.in-8. 125. pages.) qui
vient d'être publié, concernant S. Prudence
Evêque de Troyes, que je crois
être Auteur d'une partie de ces Annales.
Ilfautsçavoir d'abord que le corps de
ces Annales de S. Bertin,lesquelles commencent
à l'année 741. et finissenten
882. est l'ouvrage de plusieurs Auteurs
dont y on a uni et joint ensemble les différentesParties
pour n'en faire qu'un
tout.
Le Pere Roswed Jésuite,découvrit
un Manuscrit fort ancien de ces Annales
dans le Monasrere de S Bertin, donc
elles ont depuis conservé le nom. Le
Pere Bollandus en envoya ufle copie
d'A nvers à M. François Duchesne, sur
laquelle il les fit imprimer dans le troisiéme
Volume des Historiens de France.
M. Duchesne a remarqué(Historiæ
Trancor. Scriptores. t.3. p. 250.) à la fere
de son Edition, que la premiere Partie
de ces Annales depuis l'année 741. jusqu'en
814. n'est qu'une copie d'autres
Annales, qui avoient été déjàpubliées
[ Ibid. to. 2. p. 24. ] par Canisius,Pierre
Pithou, et André Duchesne.
I. roI., \u
La deuxième Parrie depuis814. jusqu'en
830. n'est encore qu'une répetition
, à peu de chose près, des Annales
d'Eginhart.
Mais à commencer à l'année 830. jusqu'à
la fin, c'est un Ouvrage nouveau, dontF.Duchesne n'a point marquéles
Auteurs. Je neconnois detous nos Historiens
, que M. Fleury
,
qui les a nommé
ces Auteurs ( Hist. Eccles. 1. 50. n,
48. ) mais comme il n'a point raporté
les preuves sur lesquelles il s'est déterminé
pour croire que ce sont eux, j'ay
tâché d'y su pléer.
Je divise donc en deux cette Partie
des Annales de S. Bertin, sçavoir depuis
l'an 830. jusqu'en860. Je crois après M.
Fleury, quec'est l'Ouvrage de S. Prudence,
Evêque de Troyes ; depuis 860.
jusqu'en 882. où finit tout le corps de
ces Annales, c'est le célèbre Hincmar,
Archevêque de Reims
,
qui les a faites.
Je vais examiner ces deux Parties l'une
après l'autre.
PremierePartie.
Dans la Partie qui concerne l'Evêque
de Troyes, il y a deux Faits que l'on ne
peut revoquer en doute, auxquels je raporte
mes Observations,et d'où je parts,
LV?L pour
pourapuyer mes preuves. Les voici.
1. S. Prudence avoit composé des
Annales des gestes de nos Rois,lesquels
les furent répanduës dans le Public peu
de temps après sa mort;il yenavoitmême
un Exemplaire dans la Bibliotheque
du Roi Charles le Chauve.
2. S. Prudence avoit raporté dans ses
Annales à l'année 859. la décision du
PapeNicolas I. sur les disputes dela grace
et de la prédestination.
L'Archevêque Hincmar nous a conservé
la mémoire de ces deux Faits dans
la Lettre qu'il écrivit en 866. à Egilon
Archevêque de Sens, auquel il dit [ Op.
Hincm. 1o. 2. Epist. 24. p. 291. ] »Le
» Seigneur Prudence pour autoriser 50.
» sentiment, a écrit à l'année859. dans
» les Annales qu'il a composées des ges-
» tes de nos Rois, que Nicolas Pontife
» de Rome,a confirmé selon la foi, et
» décidé catholiquement sur la grace de
»Dieu, le libre Arbitre, la vérité de la
» double prédestination, etle sang du
»Christ répandu pour tous ceux qui
M croyent en lui. Les gestes dans les-
»quels ces choses sont écrites, sont déja
» entre les mains de plusieurs personnes;
» le Roi les a dans saBibliotheque.
Le Fait est donc constant; Prudence
U fo!*' avoit
avoit écrit des Annales : Or si l'on examine
celles qui portent le nom de Saint
Bertin, on verra que l'Auteur qui les
écrivoir, à commencer à l'année 830,
étoitcontemporain de Prudence, qu'il
étoit occupé à recüeillir les mêmes Faits
et les mêmes gestes que lui; de sorte
que si les Annales de S. Bertin ne sont
pas celles que Prudence a composées en
partie, il faut suposer deux Historiens
contemporains
,
il faut admettre deux
Ouvrages parfaitementuniformes, dont
l'un lui aparriendra, et l'autre fera partie
des Annales de S. Bertin.
3. C'estmultiplier les êtres sans preuve
etsans nécessité. Ilesistê^icde M.Fleury
est plus simple, il n'offre qu'un Auteur
#'
qu'une Histoire ,il a un air de
vrai-semblance et de vérité, auquelon
se prête volontiers.
Que l'Ecrivain des Annales ait été
contemporain des temps et des évenemens
dont il parle, il y en a une dou
ble preuve, qui se tire des Annales mêmes
: l'Annaliste parlant de l'Empereur
Loüis le Débonnaire à l'année832. dit,
(Annal. Bertin.p.188.B.) n Quece Prin-
» ce souffcit avec la patience qu'il a coü-
»tume d'avoir, les nouvelles adversités
»qui lui survinrent en cette année. Om"':'
; I. FoL »ni#
» nia adversaimperator, sicut ei mos est 2
» patientertulit.
A l'année 849. » Hinemar, dit-il
t
» ( Annal. Bertin. p. 10J C ) homme vé-
» nérable, gouverne maintenant l'Eglise
» de Reims. Metropoli Remorum Durocor-
» torum Ingmarus vir venerabilis præsi..
» det.
Le temps présent qu'il employe en
Cesdeux endroits, indique qu'il récite
des Faits récents, qui sepassent dans les
temps qu'il écrit.
Prudencevivoit; si l'on suit l'ordre
des années, on verra qu'il devoir travailler
dans ce temps à ses Annales;
pourquoi donc ne lui pas attribuer celles
de S. Bertin
,
puisqu'elles furent faites
au même temps que les siennes.
Cette raison de convenance est sensible,
ce n'est point la seule que je puis
ra porter. L'Annaliste étoit homme d'une
certaine distinction; il avoir séance
aux Assemblées du Royaume
,
ainsi
qu'il nous l'apprend par le récit de celle
qui fut tenuë à Thionville en l'année
836. au mois de May. » Lothaire,dit-
»il, ( Annal. Bert.p.191.C.)avoit en-
» voyéses Ambassadeurs au Koi son Pe-
» re, pour lui demander la permission
» de venir se présenter devant lui, on
I. Fol. 1) leur
» leur notifia de notre part ,
qu'il pou-
» voit venir en toute sûreté. Nostra
»exparte fimatum est, ut incolumis
» adPatris veniretprasentiam. L'historien
étoit donc présentàl'Assemblée
puisqu'il décide , avec les autres, que Lothaire
peut venir. Car je ne crois point
qu'en cet endroit les mots nostra ex parte,
puissent s'expliquer autrement, sinon
de la part de nous tons ,
quiformions l'assemblée.
On sçait que les plaids, où les assemblées
sous le regne de Loüis le Débonnaire
,
étoient composés, pour la plus
grande partie, des Evêques et des autres
personnes du Clergé,qu'ils avoient la
principale autorité à sa Cour et à ses conseils.
Notre Annaliste ayant déliberé sur
une affaire de grande importance en pleine
assemblée des Etats, il s'ensuit qu'il
tenoit un rang considerable, celui sans
doute d'un Ecclésiastique distingué par
son mérite et par sa naissance; ce qui
convient à Prudence.
Rien ne répugne donc plus à croire,que
c'est lui qui parle en ces termes,nostra ex
parte,&que lesAnnalesdans lesquelles ils
se lisent, sont celles qu'il a composées.
Je n'examinerai point s'il y a de la
ressemblance entre le stile des Annales et I.VoL celui
celui des autres Ecrits de cet Evêque
ressemblance qui forme , pour l'ordinaire
un argument décisif dans les discussions
litteraires; ses autres ouvrages ne consistent
qu'en quelques petits Traités Théologiques,
dans lesquels il est impossible
de trouver une conformité sensible ;
puisque le langage d'un Docteur qui argumente
est bien different de celui d'un
Annaliste quifaitun récit.
o
Mais si l'on s'attache à examiner ses
sentimenssur les disputes de son temps,
on verta qu'ils sont lès mêmes dans ses
Ecrits et dans les Annales. Il s'agissoit
alors des opinions de Gottescale. Voici
comme Prudence s'exprime dans son
Traité contre Scot. (Op. fanctï Prudentii.
R.bliot vet. Patr. to. IJ. p. 480. )
» Q.!nt à rhérefîe Gottescalcane
,
dit-
» il, je ne la défens et ne la soutiens
» point. Cette qualification d'hérésie esc
»encore repetée dans ses récapitula-
»tions. ( Ibid. v. 592.)
- Quelleconformité entre ce discours
et celui de l'Annaliste! » Gottescale,dit-
» il, ( Annal. Bert. an. 849. p. 203. ) sen
me par ses Ecrits et ses Discours pesti-
» ferés plusieurs sentimens contraires à
»la Foi,surtout sous le nom de prédes-
0 tination.
I. Yole Cette
Cette réprobationdessentimens de
Gottescale
,
prononcée par l'Annaliste,
étant semblable à celle que Prudence a
lancée contre lui dans ses écrits, il s'en
suit que les Annales sontson ouvrage;
.puisque ses sentimens y sont ex primés.
J'ai observé que la plûpart des noms
propres sont mal écrits dans cette partie
des Annales. Hincmar est nommé Ingmar
en deux ou trois endroits; Egilon,
Archevêque de Sens, est Guehilon; Gottescale
est Godescal; il en est ainsi de
quelques autres. Je tire de cette faute
une nouvelle conséquence; c'estlà l'ortographe
et la prononciation d'un étranger
qui défigure les noms, auxquels il
n'est point accoûtumé. Or Prudence
étoit né en Espagne
,
étranger par conséquent
parmi nous: cette mauvaise ortographe
prouve donc qu'il est l'Auteur
des Annales.
Tout ce que j'ai dit jusqu'à présent va
acquérir toute l'évidence d'une preuve
complette, en le joignant à ce qui me
reste à raporter.
Il faut se ressouvenir de cette phrase
entiere
,
qu'Hinemar a copié des Annales
de S. Prudence, elle est mot à mot
dans celles de S. Bertin. Je suisobligé de
la repeter ici.» Nicolas Pontife debRo-
I. Vol. me -
w me , a confirmé selon la foi, et décidé
» catholiquement sur la grace de Dieu,
» le libre arbitre, la vérité de la double
» prédestinationet le sang du Christ ré-
» pandu pour tous ceux qui croycnt en
» lui.
On ne peut disconvenir que l'Auteur
du fragment, ne soit celui de l'ouvrage
entier, dans lequel il a sa place
juste et naturelle, sous la mêmeannée
pour laquelle il a été fait; or ce fragment
se retrouve avec toute cette proportion
dans les Annales de S. Bertin :
donc elles sont l'ouvrage de S. Prudence,
puisqu'il est certain que le fragment
est de lui.
Il est mêmeimpossible, suivant Hincmar,
de ne le pas reconnoîrre pour Auteur
de ces Annales; car Hincmar prétend
qu'il avoit son intérêt et ses raisons
particulieres, pour écrire que le Pape
Nicolas avoit décidé catholiquement sur
les points contestés; c'étoit, dit il, pour
apuyer de cette décision son sentiment
particulier. Un Ecrivain qui n'autoit
point eu les mêmes vûës que Prudence.
n'auroit point recüieilli ce fragment, et
ne l'auroit point joint à l'ouvrage
,
duquel
il fait partie; donc Prudence est le
seul et véritable Auteur de la partie des
I. ro1. Annales
Annales de S. Bertin, à laquelle ce fragment
est attaché.
Je ne sçai si je me fais illusion
,
mais
il me semble que tout concourt à confirmer
le sentiment de M. Fleuryet qu'il
se forme de toutes mes conjectures une
démonstration pleine et entiere , de la-,
quelle on doit être frapé, si j'ai l'art de
la représenter aussi vivement queje la
ressens.
La mort en mettant fin à la vie de
l'Evêque Prudence, termina aussi ses travaux;
ce qui arriva au commencement
du mois d'Avril de l'année 861. ( Son
historien fixe le jour de sa mort au 6.
vril. Vie de S. Prudence p. 74.) parce
que sa mort est marquée dans l'histoire,
à la suite d'un évenement arrivé les derniers
jours du mois de Mars de cette mê.
me année.
Après sa mort un nouvel Ecrivain
reprit le fil de l'histoire, et l'a continuée
jusqu'en 882.
M. Fleury, comme je l'ai dit, a pensé
qu'Hincmar, ou quelqu'un de ses
amis, en a été le continuateur. Démêlons
, s'il se peut, les raisons sur lesquelles
il s'est fondé pour parler ainsi.
La suite pour un autre Mercure.
J.Vol. LE
LE TRIOMPHE DE L'AMOUR.
ODE ANACREONTIQUE,
Par M. de Somme-pesle. L
ycas qui méprisoit l'Amour
N'en connoissoit pas la puissance;
L'insensible Berger insultoit chaque jour uxsoupirs des Amans,aux chagrins de l'absence
Des attraits de la liberté
,
Il faisoit l'éloge sans cesse;
ÏMus précieux pour lui queceux delabeautéy
Illeur sacrifioit ses voeux et sa tendresse.
Par ses exemples dangereux,
Nymphes se laisserent séduire,
Zt des jeunes Bergers dédaignerent les
feux
;
Amour perdoit par tout ses droits etsonempirt;
QuandLycas cédant aux pavots
Qui des Mortels charment la peine,
Se trouva tout à coup éveillé par ces mots,
Qu'un amour malheureux dictoit à Elimene. -
Ah Lycas ! inhumain Berger
I. Vol. Le
Le Dieu qui tient en servitude
Tous les coeurs des Humains qu'il lui plaît de
toucher,
Fit-il jamais sentir esclavage si rude?
Plus vîte que ne l'est l'Eclair ,
Lycas vole vers le Boccage,
D'où partoit cette voix, qui vient de fraper l'air
Célimene l'évite et fuit sous le feüillage.
Mais Lycas a bien-tôt atteint
Celle qui le fuit et l'adore,
Et ravi de l'objet en qui l'amour s'est peint;
Il se sent enyvré d'un charme qu'il ignore.
L'Amante voit à ses genoux
Le tendre Berger qu'elle engage ,
Elle se prête à peine à des transports si doux
Et n'ose en recevoir ni refuser l'hommage.
L'Amour alors peu satisfait,
Qu'elle veuille encor se défendre,
S'irrite, prend son Arc et lance un nouveau trait,
Célimene éperduë est forcée à se rendre.
L'un et l'autre vont à l'Autel,
Animés d'une ardeur extrême,
S'engager dans les noeuds d'un amour éternel
, Digne d'être à jamais envié des Dieux même.
I. VoL D Te
Tel se vante de n'aimer rien,
Et d'une affectation vaine
,
Dit que l'indijference est le suprême bien
Dont Amour à l'instant vient dt forger la cbaine,
11 LETrRE deM*****un
Chanoine Régulier de la Congrégationch
France,touchant un Suplément à l'Histoire
de l'Eglise de Meaux. LE R. P. Duplessis a fort bien compris
ma pensée, mon R.P.lorsqu'il a,
jugéque ce n'étoit pas,animo malevolo,
que je vous avois adressé un petit Suplément
pour son Histoire de l'Eglise de
Meaux.. Il y a plaisir de traiter avec un
Religieux si bien disposé à profiter de
tout ce qui lui vient d'une main étrangere.
Puisqu'il prend donc en bonne part
tout ce que j'ai fait entrer par votre canal
dans le Mercure, je vais faire un
Suplément à mon Su plément. Il sera
fort court, puisqu'il ne consistera qu'en
deux ou trois arricles.
Le culte des Saints fait incontestablement
une portion de l'Histoire Ecclesiastique
d'un Diocèse; D. Duplessis en
conviendra, puisqu'il a mis à la têtede
son premier tome un Calendrier des
I. Vol, Saints
Saints du Diocèse de Meaux; mais le
nalheur veut qu'il en ait oublié un des
tills notables. C'est S. Quintin; je ne
Prétends pas parler du célebre S. Quenin
de Vermandois,mais d'un Saint qui
-
eû le même nom en Latin, et qu'en
'rançois on appelle Quintin, pour le disinguer
de l'autre. Si le Pere Du plessis
souhaite sçavoir d'où je tire que ce'Saint
partient à l'Eglise de Meaux, je puis
l'abord le renvoyer au Martyrologe
le M. Chatelain
,
qui marque au 4. Ocobre
qu'il y a de ses Reliques à la Cahédrale
de Meaux; mais cela ne suffit
.a5. J'ai lû autrefois dans la Bibliothèque
Colbert la Vie de ce saint Martyr, conenuë
dans un grand Légendaire du treisiéme
siecle, et j'ai remarqué au comnencement
de cette Vie ces paroles qui
iennent à mon sujet. Quintinus quem
redimus ut multorum habeturnotitia, pag
obisParisiaco prolatum, Meldis ver9 civitate
genitum.
Mais si le R. Pere avoit bien voulu se
lonner la peine de jetter la vue sur quelque
ancien Bréviaire de Meaux, il y auoit
vû au 4. Octobre Quintini Aîurty^isy
ovem lectionum
3
avec des Leçons tirées
le la Vie cy-dessus ; et bien plus
, avec
me Oraison qui commence ainsi: Pro-
I. Vol. D ij Vïti.irc
pitiare quæsumus Domine, nobis famulis
tuis per sancti Quintini Martyris tui Reli
tpÛas qu& in Meldensi requiescunt Ecclesia,
merita gloriosa, ut, &c. Si le Diocèse
deMeaux est tout-à-fait dépourvû de
vieux Bréviaires manuscrits,son Historien
poura consulter celui que j'ai vû autrefois
a la BibliothèqueColbert, où ilétoitcotré
6576.c'est de là que j'ai tiré cette Oraison.
Il me semble aussi que le P.Duplessis
auroit pû dans la même Histoire Ecclesiastique
du Diocèse de Meaux,parler
de la mort d'un Evêque Etranger, qui;
arriva l'an 426. et de l'inhumation de
son corps qui y fut faite dans un mai
gnifique Tombeau de Marbre; c'est saint
Urse, Evêque de Troyes. Pour peu qu'il
eût voulu faire de recherches sur ce
que Des Guerrois ne fait qu'indiquer au
feüillet 83. de son Histoire des Evêques
de Troyes, il eût découvert leCupeda
et le Cubeta qui est resté jusques ici dan$
l'obscurité, et que ni Des Guerrois, ni
M. Chatelain,ni les Bollandisres n'ont
pû trouver dans le Diocèse de Meaux.
A la faveur d'une étude parfaire du
Celtique telle que le P.Duplessis a par,
devers lui, on peut rencontrer l'Analogie
d'un mot avec l'autre, et trouver
une position qui étoit inconnuë. Sr--ce-j
I. Vot. pendant
pendant ses occupations l'obligeoient de
corner son Celtique à la Normandie
3
je
vous prie d'exciter par vos Confreres de
S. Loup, M. Morel Lieutenant Général
de Troyes, ou M. de la Ravaliere
,
qui
travaillent l'un et l'autre à l'Histoire de
Troyes, à nous déterrer ces deux Endroits
du Diocèse de Meaux, qui sont
indirectementde leur fait. Car je ne puis
aprouver que le nouveau Martyrologe de
Paris air écrit Cubras, pour pouvoir dire
que c'est Couvré, entre Lagny et Meaux.
i Un de vos anciens Confreres de l'Hôtel-
Dieu de Provins,a fait voir à un de
mes amis le Martyrologe de i00. ans, cité
par Des Guerrois, où il y a trèsdistinctement
Cubtas, sans aucun abregé.
Oserai- je proposer encore au Pere Du
plessis une petite addition qui seroit à
faire à ce qu'il dit de Rainfroy Evêque
de Meaux
, au neuviéme siecle? La lecture
seule du Testament d'Eccard
,
Comte
d'Autun, raporté par Perard
, ne
suf-firoit pas pour faire remarquer son
omission: mais lorsque Dom Mabillon
( Ann. Ben. To. III.p. 196. ) a fait observer
que c'est à l'Evêque de Meaux de
ce nom que ce Comte a laissé tels ou tels
Livres; il me paroît que celadevenoit
dignede quelque attention Le Pere Du-
I. Vol. Diij plessis
plessis fera là-dessus ce qu'il trouvera
.bon. Je suis,&c.
A * * m ce 16. Novembre I76. -
RE'PONSE du R. P. du Plessis. EST-ce donc pour me faire parler,
que l'on veut me faire honneur malgré
moi d'une Etude parfaite de la langue
Celtique? Je croyois avoir suffisamment
déclaré au Public, que je n'en ai
qu'une teinture très-legere; et comme
avec un peu d'amour propre on n'aime
point communémentà passer pour ignorer
ce que l'on croit sçavoir
,
il me semble
qu'avec un peu de droiture et de sincerité
en n'aime point non plus à passer
pour sçavoir ce que l'on ignore. C'est
donc un compliment tout-à-fait hors de
place, que celui que l'on m'adresse ici
3 et je ne puis en sçavoir gré à son Auteur.
Mais quand j'aurois pardevers moi toute
la science du Celtique
,
quelle preuve
mon Critique a t-ilpardevers lui, que
le mot obscur qui l'embarrasse,et que
ni Des Guerrois, ni M. Châtelain
,
ni les
Sçavans Bollandistes
,
n'ont pû interpréter
, soit dérivé de cette langue? Et s'il
n'en est pas dérivé , comme cela pou-
I. Pol. loie
toit bien être, quel besoin a-t'il d'un
homme qui sçache le Celtique, pour lui
en donner l'explication > Enfin qu'il en
soit dérivé ou non, étoit-il essentiellement
de mon objet d'entrer dans de pareilles
discussions ? J'écrivois une Histoire
, non une Géographie: on me demandoit
des faits, non des étymologies ;
et il étoit de mon devoir de ne me point
trop écarter de mon sujet. A la bonne
heure qu'un Historien dans le cours de
sa narration,et pour varier son stile,
fasse quelquefois usage de cette sorte
de Litterature; mais qu'ille fasse sobrement,
brièvement
, et de loin à loin.
Nous avons là-dessus de si grands modéles
parmi les anciens et parmi les modernes
! Tite-Live auroit eu bonne grace
de s'arrêter sur tous les Villages dont
les noms setrouvoientsous sa plume,
et d'aller chercher jusques dans l'ancienne
Langue des OSqlltS) leur étymologie!
5i c'est là ce que mon Critique demande,
c'est ce qu'un Historien sage et judicieux
lui réfusera toûjours constamment,
quand même il seroit assés sçavant pour
le satisfaire. Il y a des Dissertations, des
Observations,des Remarques critiques,
en un mot je ne sçais combien d'autres
Livres ou de Traités sous toutes sortes de
I. roI. D iiij titres
titres, destinés à ce genre d'érudition,qui
paroît être de son goût: qu'il aille les
consulter
, et qu'il laisse là les Histoires.
On est pourrant surpris que son attention
se soit fixée, comme par une es
pece de prédilection, sur des noms de-
Lieux,qui peut-être n'existent plus, ou
qui à peine méritent d'être remarqués,
pendant qu'ilen avoit d'autres bien plus
interessans sous ses yeux. Que ne me demandoit-
il, par exemple, l'étymologie
de Jatinum ou de Meldi ? Ce sont les
noms de la Ville et du Peuple de Meaux;
et ces noms assurément sont Celtiques
d'origine
,
puisque Ptolomée en fait
mention,et qu'ils ne sont pas dérivés
du Latin. D'ailleurs Meaux étoit mon
objet principal, et puisque j'avois deux
ou trois étymologies à donner, il valloit
mieux,ce semble, m'attacher à celle
de la Ville Capitale qu'à toute autre.
Il ya dans le Diocèse de Meaux un Prieuré
nommé le S. Sépulchre d'Allemagne,
et je n'ai point laissé passer ce mot, qui
pouvoitarrêter quelques Lecteurs, sans
l'accompagner d'une legere explication.-
Mon Critique, au lieu de s'en tenir là,
s'est avisé de suposer dans la premiere
Partie de ses Observations
, ou comme il
les apelle, de son Suplément, que ce mot
I. Vol. &Allemagne
d'Allemagne, qui n'a pas plusd'étendue
ici que l'enceinte du Prieuré,est celui
d'un Canton entier du Diocèse ; et sur
cette fiction ilme demande pourquoi ce
Canton a été ainsiapellé : comme si j'étois
obligé de rendre raison de sessupositions
! Cependant d'habiles gens y ont
été pris, et ont su posé la même chose
après lui sur sa bonne foi. Le sçavant M.
le Beuf qui n'a rien trouvé
, et qui n'avoit
garde de trouver rien sur ce prétendu
Canton dans l'HistoiredeMeaux,
nous a écrit ici
,
à l'Abbaye de S. Germain
des Prez depuis peu de jours, pour
avoir le même éclaircissement. Mais suposons
à notre tour l'existence du Canton
àAllemagne,on ne trouve point non
plus dans la Dissertation sur le Soissonnois
l'étymologie du mot Suessiones ;
nom véritablement Celtique d'un Peuple
trèsréel; et cette Dissertation n'en
est pas moins com plette, parce que M.
le Beuf
,
indépendamment d'une discussion
grammaticale, qui n'étoit point de
son sujet, a aprofondi la question qu'il
s'étoit proposé d'éclaircir.
Qu'on ne demande donc point à un
Ecrivain, ce qu'on n'est point en droit
d'exiger. de lui. Maisque l'Historien surtoutI.
ferme scrupuleusement l'oreille aux fol» D v clameurs
clameurs de cette espece de Critiques,à
qui il importe fort peu qu'une Histoire
ait du nerf, ou qu'elle n'en ait point,
qu'ellesoitécrite avec dignité ou non
qu'elle ennuie ou qu'elle fasse plaisir à
lire,pourvû qu'on y entasse faits sur faits
sans choix ni discernement, qu'on n'en
omette aucun, quelque peu interessant
qu'il soir,et sur toutes choses qu'en habile
Gazetier on ne néglige pas la moindre date.
Quelle méthoded'écrire!Je n'ai encore
donné quetrop jusqu'ici dans ce défautlà,
défaut de jeune homme;et je promets
bien de m'en corriger dans lasuite.
Sur ce principe là, un Lecteur dont
les Histoiresmal digerées n'aurontpoint
dépravé le goût
, poura t'il me faire un
crime d'avoir ornis qu'Eccard
,
Comte
d'Autun,adonné quelques Livres à l'Evêque
Rainfroi?que l'Evêque Manassés
II. a faitunaccord sur laCoutume en 1154.
avec Anseau du Donint)? Que Pierre de'
Cuisi, l'un de ses successeurs, et Thibaud
Comte de Champagnes se sont accordésen
1227.sur l'usagedelaForêt
de Maant ? et d'autres trairs de cette nature
j
qui n'a prennent rien
, ou rien
d'utile pour la conduire de la vie; ce
qui est pourtant le véritable bur de
l'HistoIire?.VCouorirlap.rdès téoustcaes imlensus
détailslà, c'est ce qu'on apelle en bon
François tirer sa poudre aux Moineaux.
Je ne dis pas pour cela que toutes les
observations de mon Critique ne roulent
que sur des minuties. Il yen a quelquesunes
qui auroient pu trouver leur place
dans l'Histoire de l'Eglise de Meaux:
mais l'Historien ne pouvoir pas deviner;
il falloit avant l'impression de son Ouvrage,
ou les lui communiquer en entier,
ou lui en indiquer les sources. Ce
Cartulaire ancien qui est entre vos mains,
ces Recüeils, ces Inventaires, ces Répertoires
, ces Porte-feüilles Diocèsains
, toutes
ces richesses littéraires, vous en êtes
seul en possession
, et il n'y a que vous
qui le sçachiez. Comment voulez vous
donc que j'aille vous démêler dans la
foule? Ditesnous qui vous êtes, montrez-
vous , mettez du moins une Affiche
ou une Enseigne à votre Porte; on aura
recours à vous dans le besoin. Si pour
n'avoir pas connu vos Titres nous tombons
dans quelque méprise, n'en accu..
sez que vousmême; c'étoit à vous à
nous prévenir
, et à nous les communiquer.
Un Particulier zelé pour l'honneur
des Lettres, autant que pour la gloire de
sa Patrie, m'a envoyé de Provins la copie
d'un Titre essentiel, qui m'a servi à
J. Vob combattre
combattre avec avantage le célebre Historiogra
phe André Duchêne,et à fixer
le véritable nom de famille de Nicolas
Volé, Evêque de Meaux: Un autre pareillement
pouvoir m'envoyer du même
Endroit, sans qu'il lui en coûtât beaucoup
, un Extrait du Martyrologe de
l'Hôtel-Dieu
3
dont j'aurois pû faire usage
; et je n'y aurois pas manqué.
Mais, me direz-vous, on ne vous re~
proche pas seulement de n'avoir point
sçû profiter du Martyrologe de Provins;
vous êtes encore en faute pour n'avoir
pas jette les yeux sur certains Livres imprimés,
quipouvoientvous être de quelque
secours. J'entens. C'està-dire qu'un
homme qui se mêled'écrire une Histoire
particuiiere, est également repréhensible
, soit qu'il ne fasse aucun usage de
quelques Pieces manuscrites dont il n'est
pas le maître
, et qui malgré ses soins et
ses recherches ne sont pas même venues
à saconnoissance, soit qu'il ait négligé
-
de lire des Bibliothèques entieres. En
vérité c'en est trop; il faut de la raison
en tout. Vous m'allez dire que c'est moi
qui outre la matiere, puisqu'on ne me
renvoyé qu'à un seul Livre
,
à l'Histoire
des Saints du Diocèse de Troyes. Je l'a-
VOt1. Mais qui auroit deviné que c'e-i
I. UJI. toit
toit ce Livre là précisement, et prtfera-J
blement à tout autre qui pouvoir me
tenir lieu du Martyrologe de Provins 3
J'aurois aussi tôt mis la main sur une
Chronique de Châlons ou de Sesanne. Et
que sçais- je moi? Quelqu'un viendra.
peut être demain me mettre sous les
yeux un trait de l Histoire de Bourges
ou de Bordeaux,dontj'aurois pû également
faire mon profit. Il faudroit donc
ou avoir tout lû avant que de se mettre
en devoir d'écrire
, pour ne donner aucune
prise sur soi,ou avoir l'esprit de
revelation. Or le premier ne m'a jamais
tenté,et le second n'est pas donné à tout
le monde.
Voyons maintenant si malgré le petit
nombre des Observations du Siipléwent-,
mon Critique n'en auroir pas risqué encore
quelquesunes de trop. Je devois,
? dit-il, raporter au 13. Janvier,etnon
au 14. du même mois, la mort d'Etienne
de laChapelle, Evêque de Meaux. Il
est vrai, ajoûte t'il, que le Nécrologe
r du Chapitre de Meaux,et celui de Fon-
1 tainesles Nonnains, que j'ai suivis, portent
le 14. mais son Epitapheest pour
le 13. Je n'avois qu'à me déterminer
pour le 13. par respectpour l'Epitaphe,
un autre en faveur des deux Nécrolol
I. VoL ges
gesauroit pris parti pour le 14. A laquelle
de ces deux autoritésfaut-il donc
souscrire? Si les Nécrologes en général
sont fautifs, les Epitaphes ne le sont guéres
moins: les uns et les autres confondent
souvent le jour de la sépulture avec
celui de la mort. Le plus court, quand
on ne peut faire mieux,est de tirer à la
courre paille. Ici j'avois deux autorités
contre une: Je me suis mis du côté da
plus fort.
J'ai oublié me reproche t'on encore ,
de parler d'une Explication des sept
Pseaumes, donnée par un Evêque de
Meaux,qui selon un Manuscritciedela Bibliotheque
de M. le Comte deSeignelai,
s'apelloit Jean de Bori ; et ce reproche
est accompagné d'un Extrait du Manuscrit
,en forme de Piece justificative. Que
dit cet extrait, tel qu'on nous le représente?
Que Jean de Bori a translaté de
Latin en François une exposition sur les
Pseaumes de la Pénitence. Ce n'est donc
pas lui qui est l'A uteur de cet Ouvrage;
et au lieu du mot d'Explication, il falloit
employer celui de Traduction. Mais at'on
bien lû le Manuscrit? Car enfin il
n'y a point eu d'Evêque de Meaux du
nom de Jean de Bori
, et je soupçonne
qu'il pouroit bien y avoirJean de Briou,
L FQU QUI
jeu que si un Jean de Bori est en dret
l'Auteur de la Traduction,on a eu tort
de l'attribuer à un Evêque de Meaux.
Une lettre de plusou de moins ddOS un
nom propre, est d'une route autre conséquence
qu'un 14. pour un 15. Janvier
dans un Nécrologe,ou sur une Epil:l.
phe. Je ne sçais si par la même raison il
n'y auroit pas Cabras dans le Martyrologe
de Provins,quoique mon Cririqueou
son ami ( car je ne vois pas bien lequel
des deux) y ayent lû Cubtas, et cela,
dit il , sans abreviation. Vraiment on ne
prétend pas non plus que Cubras en soit
une; on croit entrevoir seulement,et
peut être y a t'il quelque chose de plus,
que c'est en effet le véritable mor.
Autre omission de conséquence. Je
n'ai point parlé de l'érection de la Cure
de Berigny,distraite de celle de Lagny
y quoique faite par un Evêque de Meaux,
Commissaire apartmment en cette partie.
Mais ou je ne pouvois pas en foire
mention, parce que j'ignoiois absolument
lefait,etil n'y avoir pas grand
mal, ou je ne le devois pas; parce que
quand je l'auroissçû,il regarde leDiocèse
de Paris, et non celui de Meaux.
Quatrième omission. Je me suis ru:
sur le culte et sur l'Histoire d'unSainf
J- Vol.. nOlbfe
notable du Diocèse de Meaux, S. Quintin
, donc les Breviaires anciens et les Martyrologes
font mention au 4. Octobre. Il
est vrai qu'à l'occasion de ce Saint j'aurois
pu remarquer qu'il a eu autrefois un
culte public dans l'Eglise de Meaux; cette
remarquem'a échapé: mais c'est là
aussi tout ce que j'aurois pû en dire. On
l'a retranché du nouveau Calendrier.
Mon Critique se sent-il assés de force et
de courage pour entreprendre de combattre
ceux qui en ont décrié l'Histoire?
Poursuivons. On a avancé sans preuve;
dans l'Histoire de Meaux,dit l'Auteur des
Observations, que l'Evêque Philipe de
Vitri s'étoit apliqué à la Poësie et à la
Musique; au lieu de ces deux Arts,j'ai
trouvé
,
dit-il
3
( ce sont ses propres paroles)
que c'étoit etArithmétique
, que ce Prélat
semêloitbeaucoup. Il ya ici un raisonnement
tout fait, et un raisonnement à
faire,ou une proposition à prouver.Voici
le premier raisonnement : Philipe de
Vitri s'est beaucoup mêlé d'Arithmétique
donc il ne s'est apliqué ni à la Musique,
ni à la Poësie. Cela ne se resute point
Voici la proposition à prouver. Philipede
îritri s'est beaucoup mêlé d'A,ÎlhrMftique;
et voici de quelle maniere on la prouve
Un filnsiacn nommé Jçan Des Murs a dé- l Vl, dU
dié à Philipe de Vitri un traitéd'Arithmétique
en Vers de sa composition; doncPhilipedeVitri
se mêloit beaucoup d'Aritbmétlque.
Or ce qu'il y a ici de singulier,
c'estque j'ai réellement prouvé quePhi-
- lipe de Vitris'éroirapliqué tout de bon
à la Poësie et à la Musique
, et qu'il a même traduit en Vers François les Métamorphoses
d'Ovide; ma citation est en
marge: au lieu que mon Critique ne
prouve point du tout que ce Prélat se
soit beaucoup mêlé d'Arithmétique,à
moins qu'il ne faille admettre comme un
principe sûr et incontestable
, que celui
Il qui on dédie un Livre se mêlebeaucoup
de la matiere qui y est traités et en ce cas
là il seroit également prouvéquePhilipe
de Vitri se r,:êloit beaucoup de Poésie,*
puisque le Livre de Jean Des Murs est
en Vers. Mais il y a encore plus. Les
seuls cinq ou six Vers de cet Auteur,que
mon Critique a copiés dans ses Observations
, prouvent contre lui, et prouvent
sans réplique ce qu'il m'accuse d'avoir
• avancé sans preuve. Dans cet échantillon
le Poëte prie le Prélat de corriger ses
Vers: Prasentia corrige 7rietra; et deux li-j
gnes plus bas? Corrige, supporta ,
&c.
Quoi donc k Etoit-ce pour se mocquer
du lui qu'il soumettoit ses Vers à sacriti-
1. Vol. que
que, et qu'ille prioit de les retoucher?
Concluons que l'Evêque de Meaux s'étoit
apliqué à la Poësie; et si l'Auteur
des Observations en veut un plus grand
nombre de preuves, qu'il se donne un
peu de patience
,
les nouveaux Auteurs
du GalliaChristiana ontsuffisamment de
quoi le satisfaire.
Je ne sçis comment prendre l'Observation
qu'il fait sur Mathieu de Mont-
Mirel, Fondateur d'un Hôrel-Dieu à la
Ferté-Gaucher; car ce qu'il en ditest
tourné de maniere qu'il n'e t pas aisé
d'arteindre jusqu'à pensée. Veut-ilme
reprendre d'avoir passé cette Fondation
sons silence? Il auroit tort )
j'en ai parlé;
et le titre de Fondation qu'il a trouvé
, je l'ai trouvé aussi
9 on peut le lire
dans mes Piecesjustificatives. Veutil
dire que la date véritable de ce Titre est
de l'an 1231. au lieu que je l'ai marquée
au mois de Juin 1252 ? Si c'est ceh,p°!lrquoi
ne le pas dire clairement etsans détour
? Il n'y avoit rien de plus simple :
le Titre cité par le P. du Plessis, auroit
dit un homme qui va droit à son but,
n'est qu'une Copie , et cette Copie est altérée
dans sa date
}
l'originalquej'ai actuellement
j ou que j'ai eu sous les yeux, porte
l'an 123 1. Ilauroit ensuite raporté un
1. Vol. Extrait
Extrait plus fidtle du même Titre
, et
marqué sans mistere d'où ill'auroit tirée.
Par ce moyen là le P. Duplessis
n'auroit eu d'autre honte à essuyer que
celle de n'avoir pas été bien servi, et le
Public le seroit comme il mérite de l'être.
C'est ce que l'on attend de l'Obser.
vateur, car après toutil pouroit bien
n'avoir lû que dans une Copie aussi bien
que moi; et ma Copie pouroit être plus
,
fidéle que la sienne, à moins que oir
inattention je n'aye écrit un chiffre pour
un autre.
Qu'il continue donc, je l'exhorte de
ne pas demeurer en si beau chemin.J'ai
déja dit que je souscrivois de bon coeur
au désir qu'il avoit de multiplier ses Observations,
et je souscris encore d'lvln
ce aux Observations mêmes, tant qu'elles
seront justes
, ou qu'elles ne porteront
point à faux. Si ce sont de petits
détails indignes de la majesté de l'Histoire
, ils pouront être utiles ou pour
entrer dans des Annales, ou pour dresser
des Tables Chronologiques, ou enfin
pouréclaircir quelques points deCritique
interessans. D'ailleurs je n'ai qu'à,
me loüer en général du procedé de l'Auteur;
il est poli, ou il veut l'être. Cependant
quand on attaque un Ecrivain
I. Vol. en
en qui on supose des fautes, sans avoir
également droit de suposer qu'il en soit
coupable, il semble que pour se mettre
du moins à couvert de la représaille
il seroit bon de s'abstenir de certaines,
expressions aigres douces, telles que pouroient
être celles ci: Dom Mabillon étoit
éxact àfaireremarquer ceci ou cela: Je ne
voudrais pas faire depeine au P. Dupiessis
de ce que, &c. Vne petite notice de cesfaits
n'eut riengÎt,é dans l'Histoire de Aîeaux: à la faveur d'une étude parfaite du Celtique
, telle que le P. Duplessis l'a pardevers
lui, &c. Il y a d'autres tours à prendre
que ceux là. Notre langue est si riche
of et si abondante !
FR. TOUSSAINTS DU PLESSIS.
A Paris, es 3c. Novembre 1736.
ELEGIE.
DEPUIS
près de six mois, oubliant mes
amours,
Dans le sacré Vallon je passois d'heurenx jours *
Fiet de n'aimer plus rien que mon indifference,
Mon coeur s'aplaudissoit de son indépendance,
Quand le Fils de Venus riant de mon dessein
1. Vol. Arm, é
Armé de tous ses traits, est rentré dans mon
sein.
Avec quelle constance il traveise ma vie !
Douce tranquillité, vous m'êtes donc ravie!
Le traître quelque-tems n'a suspendu ses coups,
Que pour mieux me porter le plus cruel de tous.
J'ai. soupiré jadis pour des beautés cruelles,
J'ai jadis adoré des beautés infidelles
,
Mais malgré leur rigueur et leur legereté
,
Toûjours de quelque espoir mon coeur étoit
staté.
En leur présence au moins ma douleur sans contrainte
Pouvoit se soulager par une tendre plainte;
Et maintenant, hélas! brute de plus grands feux,
Je n'ose m'adresser à l'objet de mes voeux.
Je crains qu'en lui parlant, ma flâme auda
cieuse
A ses yeux révoltés ne paroisse odieuse
,
Je crains de lui déplaire ,et l'austere raison
Me défend même ici de prononcer sou nom.
Dieux ! que n'aije point fait pour vaincre en
leur naissancé
-
Ces transports que mon coeur nourrit sans espe..,
rance!
Honteux, confus, j'ai fui ses dangereux attraits:
Hélas ! par tout l'Amour nous atteint de ses
traits.
Vainement pour calmerle mal qui me possede
I. Vol. J',ai
J'ai parmi les plaisirs cherché quelque remede:
Tous les plaisirs divers , et les ris et les jeux
Sont un nouveau suplice aux Amans malheureux.
Quelquefois j'entreprends
, par un desir de
gloire,
De chanter nos Guerriers suivis de la victoire; JMais au Dieu des combats pensant faire ma
cour ,
Ma Lyre sous mes doigts ne resonne qu'Amour
1
Et l'aimable beauté qui cause ma folie,
Est l'unique Déesse à qui je sacrifie.
Le sommeil ,quand la nuit nous invite au tépot,
Ne verse plus sur moi que d'impuissans pavots;
Ou si par avanture, un songe secourable
Me peint celle que j'aime à mes voeux favorable.
Cette charmante erreur et ces trompeurs plaisirs
Ne font à mon réveil qu'accroître mes desirs.
Quoi ! dis je en soupirant, l'illusion d'un songe
Peut donner quelque trêve au chagrin qui me
ronge!
Eh ! que seroit-ce donc si par un sort plus doux,
De ma Belle en effetj'embrassois les genoux?
Si ressentant pour moi ce que je sens pour elle,
Un soupir m'annonçoit saflâme mutuelle?
Si ses yeux sur les miens tendrement attachés
,
Y lisoient de mon coeur les sentimens cachés?
Si la voyant enfin quelquefois me sourire h Vol. J'osois
Posois lui prodiguer ces noms qu'Amour ins-
Pirc»
Ces noms qui ne sont rien pour des coeurs endurcis
,
Mais dont les vrais Amans connoissent tout le
prix
Decesflateurs objets mon ame possedée,
Ui chérit,en nourrit, en conserve l'idée.
Envain quand deux beaux yeux ont sû nous enflâmer
,
Voudrait-on en aimant pouvoir ne pas aimer,
e l'éprouve j et mon coeur que tant d'ardeur dévore
,
Consacre tous ses jours à celle que j'adore.
Eh! qui du trait brûlant dont elle m'a percé,
Comme moi pour jamais n'eut pas été blessé ?
J'ay vû plus de cinq ans élever son enfance,
Mon coeur près d'elle alors étoit sans défiance ,
Je ne redoutois rien de ses attraits naissans ;
Mais ses yeux à la fin devenus plus puissans,
En rencontrant les miens qui contemplorentleurs
charmes,
M'ont forcé tout-à-coup à lui rendre les armes,
Par mille autres apas qui lui sont inconnus,
Mes sens en sa faveur sont encor prévenus.
Sa modeste fierté
, sa timide innocence
,
Son esprit qui paroît jusque dans son silence,
Tout rit, tout plaît en elle, et chacun aplaudit
A tout ce qu'elle fait, à tout ce qu'elle dit.
I. Vol. Mais
Mais que me sert, hélas! de la trouver aimable,
Si plus elle a d'attraits, plus je suis miserable ?
Si toûjours plein du feu dont je me sens brûler,
Je ne sçaurois m'en taire ,et je n'ose en parler?
Si-tôt que je la vois, ma crainte se redouble.
Il est vrai que souvent mon silence,mon trouble,
Ma rougeur , mes transports, un soupir inquiet
Expliquent de mes yeux le langage muet;
Mais la Belle ignorant un langage si tendre ,
Ne m'entend point, ou feint de ne me point ea«
tendre.
0 toi, qui tant de fois as troublé mon repos;
Amour, cruel Amour, prends pitié de mes maux.
Si je ne puis pour moi voir sa flâme allumée,
Fais qu'elle daigne au moins consentir d'être aimée
,
Et qu'en lui revelant mon amoureux transport,
Elle plaigne en secret la rigueur de mon sort.
Que dis je? En quels pensers mon foible esprit
s'égare?
'Ai-je donc oublié tout ce qui nous sépare ?
Ai-je donc oublié qu'un barbare devoir
Lui défend. Ah ! grands Dieux! quel affreux
désespoir!.
Je m'affoiblis,mes yeux se remplissent de larmes
,
Je tremble, je succombe à mes vives allarmes.
Vol. Ah!
Ah ! qu'on doit plaindre un coeur agité tour à
tour,
Par la raison severe et par letendre Amour!
- Par M. COCQUARD.
RvESTION interessante pour les
ChanoinesProfesseurs dans les Vniversités
du Royaume, jugée au Parlement
de Roüen le 4. Juilletdernier. u N Chanoine Professeur en Théologie dans
une Université
,
est-ildispensé de droit de
la résidence en son Eglise, à l'effet d'avoir à son
tour une Maison Canoniale
, que les Statuts de
cette Eglise n'accordent qu'à celui qui a le plus
Présidé Telle est la question qui s'est présentée
au Parlement de Rouen.
FAIT.
Il y a dans la Commune du Chapitre de Bayeux
douze Maisons qu'on apelle Taurnalles, parce
que depuis 1506. jusques à présentellesnesont
destinées que pour loger tour-à tour ceux des
Chanoines qui sont les plus anciens en résidence,
et que celui qui par refus a laissé passer son
tour, n'y peut plus rien prétendre, que les autres
ne soient logés.
Avant 1506. ces Maisons écoient accordées
aux plus anciens en ordre de réception, mais
parce que dans ce temps, qui étoit un temps de
trouble et de désordre, les Chanoines de Bi yeux,
I. Fel, E cornue
comme ceux des autres Eglises, possedoient plusieurs
Prébendes en differens endroits et prétendoient,
avec leur droit d'ancienneté,avoir leur
logement à Bayeux, quoiqu'ils résidassent ailleurs;
le Chapitre de Bayeux y pourvut par un
Statut de la même année 1 506.
Il fut donc arrêté qu'à l'avenir de catero ,
les
Maisons continuëroient d'être données aux plus
anciens,mais sous deux conditions essentielles.
La premiere, que leur domicile ordinaire ne seroit
point dans un autre Chapitre in alio Collegio,
et seroit même dans l'enceinte de Bayeux intr* singulas Bajocenses. La seconde , , que leur
assistance au choeur seroit certaine,et que leur
absence consécutive n'excederoit point la moitié
de l'année ,dummodo illorum absentia continua
majorem Ann; partem non excedat;ceci posé,voici
ce' qui s'est passé:
Le sieur Gabriel-CharlesBuffard, Prêtre
Professeur en Théologie dans l'Université de
Caën, à la recommandation de feu M. de Nesmond,
dès l'an 1712. et Official de feu M. de
Lorraine pour le Siege de la mêmeVille, fut resû
Chanoine de Bayeux au mois de Janvier 1721.
et il prit possession, selon l'usage ordinaire.
Après sa réception au Chapitre, le sieur Buffard
continua ses leçons de Théologie, et à remplir
les fonctions d'Official, mais il ne fut pas
long-temps tranquille;car, quoique son Canonicat
soit des plus simples, puisque le gros n'est
que de 200. livres; on commença par lui retenir
ses distributions, comme s'il eût été dans une
absence volontaire ou inutile
, et il fut dépoüillé
de sa Chaire de Théologie par un ordre supérieur,
qu'il reçût au moisdeDécembre 1722.
M. de Lorraine,informé à Paris de ce qui se I
I. Fol, passoit
passoit,etse proposant de réparer l'injustice que
faisoient au sieur Buffard ceux quiluiretenoient
ses distributions ,commença par lui faire donner
300 livres
, et lai adresser de nouv aux ordres
pour continuer les fonctions d'official à
Caën.Jevous prie,dit le Prélat dans sa Lettre du
mois de Décembre 1722. de retourner à Cuïn
après la Fête, car vous etes toujours mon Official,
et j'ai besoin de vous; si vous voulez un logement
chés moi à Caën
, je vous en ferai donner un ; je
flJAnde à M.d'Isigny de vous donneren particulier
300 livres, n'en parlez, point, je vous prie, si
vous avez, besoin de davantage,mandez-le moi.
Le sieur Buffard obligé d'obéïr aux ordres de
son Evêqueserendit dans l'Hôtel apellé l'Evêché
à Caën ; mais à peine y avoit-il resté trois
mois,qu'on lui forma de nouvelles difficultés,
ce quifit que M. de Lorraine, pour prévenir tout
prétexte, le nomma au Chapitre pro comitlJtu) et
en fit registrer l'Acte le 13. Avril 1723.
Depuis ce temps-là le sieur Buffard a toujours
été marqué comme présent sur les Cartes, et le
9. Avril 1726. ayant reçû les ordres du Roy qui
l'ont éloignéduDiocèse, on lui a fait la même
justice jusqu'au II. Juin 1728.
Dans ces circonstances il a vaqué une Maison
Tournalle, le sieur Buffard,muni ,¡'un Certificat
du Recteur de l'Université de Caën, des Provisions
d'Official de la mêmeVille, et de la
Lettre de M. de Lorraine, en a fait la réquisition;
le sieur du Vernay ,qui a été son Ecolier, l'a
requise également ,et elle a été accordée par le
Chapitre à ce dernier, parce qu'il est plus ancien
en résidence,en contant le sieur Buffard
pour absent, lorsqu'il professoit la Théologie,
eu lorsqu'il étoit Official.
1. Vol. E ij Qudque
Quelque temps après il a encore vacqué une
seconde Maison Tournalle, le sieur le Breton,
quoiqu'il tienne son Canonicat du sieur Butfard,
s'est présentent il l'a obtenue
,
de-même que le
sieur Jourdan, qui est aussi éloigné du Diocèse
par les ordres de Sa Majesté,en a obtenu une
troisième, vacante depuis l'ouverture des Plaidoiries
dont on va parler.
Le sieur Buffard a donc été forcé d'apeller
comme d'abus de l'Acte Capitulaire où il a été
débouté de sa réquisition ; le sieur le Breton est
intervenu en Cause, parce que le sieur du Vernay
perdant son procès, il auroit droit de reclamer
la Maison adjugée dans la
l
seconde conclusion
; et cette Cause venue à tour de rôle,
le sieur Buffard a crû être obligé de coter quatre
Moyens d'apel comme d'abus, parce que dans
l'ActeCapitulaire dont il se plaint ,on a fait un
calcul d'absences sans rien distinguer,et sans parler
des présences de droit, le Chapitre se contentant
de prononcer que ce Chanoine n'avoit pas,
à beaucoup près
,
les présences nécessaires, suivant
les Statuts, pour gagner le tour de Maison. Voici
quels ont été les Moyens du sieur Buffard.
1°. Le refus qui lui est fait donne atteinteaur
Privileges des Professeurs de Théologie, et la
conclusion doit il se plaint n'a été rédigée misterieusement
que pour ne pas soulever les Universités
ou les Parlemens même qui en sont les
Protecteurs. -
i". et 3°. Le même refus attaque ouvertement
les Privilèges des Chanoines,choisis par leurs
Evêques,soit pour le comitatusoit pour l'Employ
d'Official et on n'a encore affecté de l'obscurité
que dans la crainte que les Evêques ne s'élevasser.
tcontre une prononciation si oposée à la
1. Vol. liberté
liberté qu'ils doivent avoir dans le gouvernement
de leurs Eglises.
Enfin ce
refus est une entreprise sur les ordres
du Roy, parce que S. M. ne prétend pas qu'un
Chanoine soit puni par l'obéissance respectueuse
qu'il doit aux volontés de son Souverain; et
on peut dire que la Conclusion du Chapitre, en
: prononçant l'exclusion de la maniere qu'elle est
connue
,
prépare un titre contre les Privilèges,
tant des Mrs les Conseillers Clercs, que des Chapelains
de la Chapelle du Roy, parce que les
Privilèges des uns et lies autres n'ont pas d'autres
principes que ceux des Professeurs enThéologie,
ou les Chanoines à la suite de leur Evêque.
M. Thouars pour le sieur Buffard
, entra dans
le détail de ces Moyens, en suivant le même ordre
; il cita d'abord sur le premierleChapitre
super spécula, de Magiitrh oti le Pape Honoré
III. décide que les Professeurs en Théologie
doivent percevoir tous les fruits de leurs Prébendes
,malgré les Statuts ou Coutumes contraires
, integrè, nonobstante aliqua contraria consuetudine
vel Statuto; cum denario fraudari non debéant
in vinea domini operantes. Il fit voir que
cette décision doit s'entendre au moins de tout
ce qui n'est point distribution quotidienne
,
puisque
le même Pape, au Chapitre Licet extra de
Prab. confirmant la même décision, n'en excepte
que les distributions quotidiennes; enfin il démontra
que cela est absolument confirmé par
Clément V. en ijo8. Jean XXII. en 1331. Clément
VI. tant en 1541. qu'en1346. et par une
infinité d'autres Bulles adressées à
différentes
Universités;celle de Jean XXII.donnée spécia
lement in gratiam Scholarum Bénéficiatiorum,décidant
expressément que ceux qui sont absens
I. Vol. i iij pour
pour cause d'étude
,
reçoivent le gros de leurs
Benefices.
Pour démontrer que ces Privileges n'ont pas
cessé par la vicissitude des temps, comme il
- semble que les Parties vouloient l'insinuer,l'habile
Avocat cita le Chap. Docentes du Concile de
Trente,Sess. f. de reform.qui décidelamême
chose en termes ex près; en vain, dit- il, on prétend
que ce Concile n'a pas été reçû en France,
quant à la discipline; tout le monde sçait, ajoûta-
t'il, que l'Assemblée du Clergé de 1573' en
adopta les dispositions à l'égard des Privilèges
dont nous parlons; en effet tout le monde peut
voir que ce fut un des articles présentés au Roy
par les Cardinaux de Bourbon et de Lorraine, et
que cet Article reçu et authorisé par Lettres Patentes
du u. Janvier 1 574. décide que ceux qui
enseignent lasainte Ecriture jouissenteux et leurs
Ecoliers pendant qu'ils sontpubliquement auxEcoles,
de tous Privilèges de percevoir lesfruits de leurs
Prébendes et Benefices, en leur absence, octroyés de
droit commun; ce que le Roy dans les mêmes
Lettres Patentes, dit être conformeauxsaints Decrets
et ne contenir rien de contraire aux*droits de
l'Eglise Gallicanne. Il est donc vrai que les Privilèges
des Professeurs en Théologie font aujourd'hui
loy dans l'Eglise et dans l'Etat, et que
le Chapitre de Bayeux n'a pû, sans abus, y donner
atteinte, sous prétexte des dispositions du
Statut de 1 505. qui n'a pas prononcé contre les
Pr ivilegiés, puisque sans résider Mrs les Conseillers
Clercs obtiennent tous les jours des Maisons
Tournalles, encore que dans ce Statut la résidence
paroisseenjointe à tous sans exception.
L'Orateur passant à son second Moyen d'abus
, démontra que les Chanoines à la suite de
I. FOI.IcUr
leur Evêque, ou pro comitatu, sont toujours tenus
présens;mais comme les Parties déclarèrent
que dans la Conclusion du Chapitre, les Commissaires
n'avoient examiné que l'absence du
sieur Butfard, tandis qu'il professoit la Théolo.
gie, parce que, selon elles
, cette absence étoit
suffisante pour exclure ce Chanoine du tour de
Maison qu'il reclamoit. Nous passerons les preuves
qui furent proposées sur ce Moyen.
Nous ne raporterons point non- plus celles
dont on fit usage pour soutenir le quatrième
Moyen, parce que les mêmes Parties déclarérent
que le Chapitre de Bayeux n'avoir point entendu
exclure le sieur Butfard dans le temps de
son exil, si vrai qu'il avoir toujours été tenu
pour présent. Il faut cependant, pour rendre
hommage à la vérité, dire que ce Chapitre ayant
fair difficulté de tenir ainsi présent un Chanoine
éloigné par les ordres du Roy, et M. de
Morville,Secretaire d'Etat, ayant écrit pour
faire sçavoir que l'intention de Sa Majesté étoit
que le Chanoine exilé ne souffrit aucune perte
en ses droits, ce ne fut que sur cette Lettre que
le sieur Bussard fût aussi tenu comme présent.
Voyons donc le troisième Moyen d'apel comme
d'abus de ce Professeur.
Les Intimés objectoient que ,
quand l'Official
d'un Evêque auroit quelque Privilege, ce ne
pouroit être que celui de la Ville Episcopale
, et
non pas celui d'une autre Ville, où il n'en est
pas nécessaire, comme celle de Caen, qui est
dans la même Province et sous le même Parlement.
M. Thouars, prévint l'objection
, en faisant
observer que de temps immémorial il y
avoit un Official à Caën, qui avoir une Jurisdic.
tion certaine, un Territoire marqué et sur le-
I. pol, £ iiij quel
quel celui de Bayeux ne pouroit juger sans incompétence
; puis il cita une des Délibérations
de l'Assemblée du Clergéen 1635, qui ordonna
que les Vicaires Généraux, les Officiaux et les
Promoteurs jouiront de tous les revenus de leurs
Dignités, Offices et Prébendes
, tant du gros que
des distributions manuelles, comme s'ils étoient présens
a l'Eglise, ce qui fut confirmé par un Arrêt
du Conseil d'Etat du 23. Février 1636. où le
Roy ordonne la même chose, tant pour les gros
fruits que pour les distributions de quelque nature
qu'ellessoient; ce qui enfin est adopté par
le Chapitre de Bayeux même, puisque quand le
Siege est vacant, ce Chapitre ne fait point diffi
culté de tenir l'Official deCaën comme présenr.
Il est donc vrai que le Privilege des Officiaux
fait aujourd'hui Loy dans l'Eglise et dans l'Etat,
et que le Chapitre de Bayeux a pu d'aurant moins
y donner atteinte
, sous prétexte du Reglement
de 1505. qu'on ne voit pas que ce Reglement
soit plus favorable aux Chanoines envoyés par
le Chapitre, qu'aux Chanoines envoyés par l'E-j
vêque.
De ces principes l'habile Avocat passa à l'au.;:
torité des choses jugées. Il cita d'abord sur le
premier Moyen, entr'autres Arrêts, celui de
1580, raporté par Rochette dans ses Décisions,
Titre de la Résidence,où Daniel d'Auge, Lecteur
en Grec à Paris, fut, à l'égard de son Benefice,
tenu pour présent; celui du 4.Mars
]600. raporté par le même Auteur; ceux que
nous trouvons dans le Recueil de Papon, et autre
en faveur des Etudians ; en un mot, celui du
4. May 1665. rendu contre le Chapitre d'Angers
, et qui est absolument décisif dans cette espèce.
En effet, dit M. Thouars, ce Chapitre avoit
1. r¡. prive
privé un Chanoine de son tour.de Maison, à
cause de ses absences pour études
;
le Chanoine
en apella comme d'abus au Parlement de Paris,
et par l'Arrêt, la Cour interprétant les saints
Decrets favore Studiorum, dit qu'il y avoit abus,
ordonna que l'Apellant auroit la Maison dont il
étoit question, et condamna le Chapitre aux
dépens.
L'Avocat cita ensuite sur le troisième Moyen
d'Apel comme d'abus du sieur Buffard
,
l'Arrêt
contradictoire rendu au Conseil d'Etat le z6.
Janvier 1644. où il fut ordonné contre le Chapitre
d'Amiens,que les deux Chanoines pro comitatu,
le Grand- Vicaire et l'Official seront tenus
présens comme les Chanoines employés aux
affaires du Chapitre. Il cita encore l'Arrêt rendu
en ce Parlement le 3 Juin 1710.qui accorda
au sieur de Launey Hue, absent pour des Missions
dans le Diocèse de Bayeux, une Maisoa
Tournalle
,
quoique le Chapitre l'eût marqué
absent. Mais il faut passer à ce que l'Orateur
observa sur le sentiment des Auteurs.
Tous les Canonistes, dit-il, tant anciens que
modernes,s'accordent en ce point, qu'un Professeur
de Théologie dans une Université célébre,
est tenu présent et dispensé de la résidence,
que tous les fruits de sa Prébende lui sont dûs,
et que s'il y a quelque exception, ce ne peut être
qu'à l'égard des distributions que le Pape Boniface
VIII.apelle manuelles, qut manualia seu
victuAlia nuncupantur. Cap. Cons. de Cler. non
resid. in 6.
Le sçavantRébuffe
,
dans le Traité qu'il a fait
exprès des Privilèges, assure même, N. 31. et
31.que les Statuts des Eglises ne peuvent détruire
les Privilèges de l'Ecole; Statuta Ecclesiarutn non
1. Fol, E v possuni
possunt tollerePrivilegia Litterarum Studiosit
cohcessa etiam si estent à Papa approbata et
confirmitta, et dans un autre endroit sur le mot
Propssôribus, le même Auteur note, quod non
tantum competunt h&c Privilégia Scolaribus, setl
ititim et multo fortius Doctortbns qui Professores
appella;ztur-A quoi il faut ajouter ce que leP.Tho.,
massin soutient dans le second Tome de la nouvellé
Edition de son Traité sur la Discipline de
l'Eglise. Les Statuts, dit-il, où les Coûtumes
contraires ne peuvent empêcher l'effet de cette
dispense Apostolique. non-seulement parce que
l'autorité du S. Siegedoit l'emporter, mais aussi
parce que l'interêt public, que l'Eglise a d'avoir
des personnes sçavantes,doit être préferé à
des motifs particuliers.
On pouroit encore, dit l'Avocat, citer plusieurs
autres Auteurs en faveur du sieur Buffard.
mais le Chapitre de Bayeux a décidé lui-même
la questionjcar on ne peut pas méconnoître
qu'en 1711. il accorda une Maison Tournais
au sieur Coulon
,
occupé à ses études à Caën
, et
que depuis ce temps un Professeur a obtenu lamême
justice. En vain on objecte que ceux-ci
se sont assurés de la permission du Chapitre,
ce qu'ils n'auroient pas fait, dit-ons'ilseussent
trouvé dans le droit un Privilege contre les Statuts
; en vain on objecte que du temps de M. de
Nesmond un Chanoine qui enseignoit la Théo-
Jogie au Village de la Délivrande
, par ordre dece
Prélat,fut tenu présent pour les distributions
et mis en perte de son tour de maison,ce que la,
Cour confirma par Arrêt.
Ces objections ne peuvent faire dÍmpression.,
parce qu'àl'égard de ceux qui se sont assurés de
la permission duChapitre, on ne peut que les
h VoL louer
loüer d'avoir, par ménagement pour ce Chapitre,
tâché d'obtenir en recommandation ce qu'ils auroient
pû obtenir en justice.Le SrBuffard en auroit
fait de-même, s'il ru'cut vû qu'on en vouloir plus
à sa personne qu'à son droit. A l'égard du Chanoine
enseignant à la Délivrande
, on peut dire
que les Privilèges des Professeurs des Universités
ne sont point pour des Professeurs de Village.En
etlet Innocent III. Cap. tua, frateru.Ext. de Cler.
non resid. consulté si ceux qui étudient dans les
Champs doivent recevoir les fruits de leurs Prébendes
,
il répond que non, c'est ce que la Cour
a répondu dans l'espece proposée, parce qu'ayant
l'Université de Caën sous sa protection, elle ea
a voulu conserver les droits.
Les Intimés, dit le sçavant Orateur, voudroient
sauver la contradiction des différentes
Conclusions du Chapitre, en faisant des distinctions
sur ce qu'on apelle communément gros
ou corps de la Prébende
, et sur ce qui vient au
Chanoine manuellement ou par accident. Il faut
pour décider sainement en ce point, se représenter
I. que dans les premiers temps ce qu'on
apelle présentement Chapitre, n'étoit qu'une
Compagnie de Piètres, de Diacres, ou autres
Ministres, qui partageoientavecl'Evêque la direction
ou l'édification des ames, vivant tous
en commun, n'ayant absolument rien en ploprr.
et se nourissant d'un même revenu en Cloître
,
ut fratres, à la même table, sous le même ton,
de sorte que ce qu'on apelloit Prébende
,
n'étoit
autre chose que le Victum et le Vestitum du Bénencier.
i°. Que la corruption des moeurs ayant
aporté quelque relâchement sur cette manière
de vivre en communauté, elle fut plus étroitement
ordonnée au Concile d'Aix-la-Chapelle eu
I. VoU E vj Sitf.
816 de sorte que la vie des Chanoines né fut
plus qu'une vie coenobitique ou religieuse
, soumise
à une réglé fixe et uniforme. 3° Quedans
le XIe siecle les richesses de l'Eglise ayant excité
l'ambition de plusieurs Prélats,qui s'emparerent
presque de tout, il en fallut venir à une
séparation, de sorte que l'on apella Prébende la
part qui échut à chaque Chanoine, ce qui fut
encore confondu sous le même nom Pra.bendtl
dans le Vestitum et Victum de la manse commune.
+9. Enfin que lors de ce partage on laissa
certains biens en commun ,
mais pour venir par
ordre à chacun en particulier
, comme sont les
Maisons Tournalles, parce qu'il n'yen a pas assés
pour loger tous les Chanoines, et on continua
de distribuer au retour de l'Office certaines
portions de pain et de vin,comme des vestiges de
l'ancien usage; ce qui explique le Chap. du Titre
de Cler. non rend, où l'on apelle Victunlia ce
qu'HonoréIII. en ses Décrétales, Titre de
Pra.b. C. 1. apelle retributiones quolidianas.
Tout ceci posé il faut dire, ajoûta l'Avocat;
queles Maisons Tournalles étant de la même
nature que les autres ,
qui sont entrés dans le
partage, elles doivent être considérées comme
faisant partie de ce qu'on apelle le gros ou le
corps de la Prébende
, non pas pour posséder a
l'instant de la prise de possession, mais pour
posséder au temps de l'échéance par ordre d'ancienneté.
Le corps de la Prébende étant certain
, et tout ce qui est au-delà des distributions
quotidiennes
, corpus Pribendt est quod percipitur
prêter distributiones quotidiana. Chart. Barr. Ep
Paris, 1126. apud DuCange,verboPnbendi.
Il KTU: donc dire que le sieur Buffard doit avoir
la Maison Tournage qui lui est échûë , comme
1. Vol. il
il a eu le gros de sa Prébende, et par conséquent
qu'il y a abus de l'en avoirprivé.
Enfin il est démontré, dit M. Thouars,en
finissant, que les Professeurs en Théologie dans
le temps qu'ils donnent leurs Leçons, les Etudians
dans le temps qu'ils reçoivent ces Leçons ;
les Chanoines employés pro comitatu
, ou pour
les affaires du Chapitre, les Officiaux des Evêques,
les Grands- Vicaires, les Promoteurs et autres,
sont dispensés de la résidence; il faut ajouter
à cela que les Chapelains de la Chapelle du
Roy et Mrs les Conseillers Clercs dans les Parlcmens,
ont les mêmes Privilèges , et n'ont pas
pour les soutenir d'autres principes que le bien
public et l'utilité de l'Eglisepropter publicam Regni
et Ecelesia, utilitatem. Il faut adjouter à cela
que les Chanoines de Bayeux ont tous reconnu
que cette dispense de résider en de certains cas ,
est tacitement autorisée par le Statut de iyo6.
puisqu'ils ont marqué comme présens ceux
d'entre'ux qui ont été dans les mêmes cas. Il est
donc vrai de dire que de tous points l'exclusion
du sieur Buffard est abusive et attaque indirectement
tous les Privilégiés.
M.de Villers pour le sieur du Vernay, tenta de
justifier la conclusion du Chapitre de Bayeux, en
établissant la preuve de ces trois propositions ;
sçavoir, que le Statut de i 506. n'étant et ne pouvant
être attaquépar la voye d'apel comme d'abus,
doit nécessairement faire Loy entre les Parties,
que la plupart des Décisions Canoniques et
:des Arrêts cités par le sieur Buffard
, ne portent
*}ue dans les cas où il n'y a point de Statuts particuliers,
et ne sont pas même oposés à l'exclusion
prononcée par le Chapitre de Bayeux, que les
privil1èges.ciFtésoen flav.euCr dehMarspdeelalCaouiru, dses
Chapelains de la Chapelle du Roy et autres,n'ont
rien de commun avec ceux que la Partie prétend
donner aux Professeurs en Théologie.
L'habile Orateur
, pour commencer la preuve
de sa premiere proposition, posa comme un
principe dont personne ne doute, et qui est constant
entre les Parties, que la résidence est de
droitcommun.L'obligation de résider étoit dit-il, dans les premiers siecles de l'Eglise si , es-i
sentielle que le Titre et l'Office étoient regardés
comme inséparables. Ensorte que c'étott une
nécessité de renoncer à l'un, dès qu'on manquoit
de satisfaire à l'autre; nous voyonsmême dans
les temps postérieurs ,ajouta-t'il, que la résidence
étoit encore éxigée des titulaires pour toures
sortes de Bénéfices indistinctement, simples
ou à charge d'ames
,
riches ou de revenu modique,
ce qu'on trouve expressément dans lesCh.
nonnulli, et conquerente extra de Cleric. non
resid. Enfin ,continua M. de ViIIerS', les saints-
Décrets, les Ordonnances de nos Rois, les Arrêts
des Cours Supérieures, les Jurisconsultes
et les Casuistes, tout se réunit sur ce principe,
que l'assistance au Choeur est pour le Chanoine
d'une obligation exfunidatione. Ceci étant constant
, reste à voir si le Statut de fOf. qui est
conforme àce Droit commun, ainsi reçuet
respecté,doit faire Loy entre les Parties.
A la seule proposition énoncée, l'esprit se
d étermine, on sçait quelle est dans le Droit Canon
l'autorité des anciens Statuts des Eglises,
sur tout quand ils sont aussi respectables que celui
dont il s'agit, soit parce qu'il a plus de 109,
ans d'execution
,
soit parce qu'il a parû plusieurs
fois sous les yeux de la Cour: en un mot,quand
ils sont con formes au Doit Commun c, à la pu-
J. Vol>,It;t
tcté de la Discipline, il est des principes des
mieux établis qu'on les a toujours regardés
tomme des loix inviolables, dont il n'est par
permis de s'écarter sans relâchement,que rien absolument
n'y peut donner ateinle,ni la prescription
des temps ni les usages contraires, ni même
la puissance des Souverains Pontifes, Jura Eccleti*.
disoit le Pape Pélage second, documentorummithoritate
confirmata
,
nullatenus ah his aiscedendi
Pontifex debet habere licemim
,
c'est dans ces
sentimens que Leon IV. pénétré de cetteimportante
vérité, déclare, comme nous le trouvons
dans le Canon,ldet) 25 qitest. 1. qu'il se gardera
bien de toucher à des Loix si solidement éta,
blies.Abùt à me ut Statuts majorum in qualibei
Ecclesia infringam.
Que le Sieur Buffard
,
dit l'Avocat, cesse de
vanter le sentiment de Rebuffe on respecte la
Science de cet Auteur, on veut bien oublier ce
que le célèbre du Moulin en a dit, ou ce que
nous en trouvons dans les Opuscules de Loisel >
mais Rebuffe ne l'emportera point sur les autorités
qui viennent d'être exposées: d'ailleurs on
Sçait qu'il parloit en homme intéressé, et que
la passion même y avoit part. Ne voit-on pas
qu'il expose son sentiment en injuriant ceux
auxquels il en veut? Il est donc vrai que le Statut
de ifof. doit nécessairement faire Loy entre
ks Parties; car ce qu'on opose encore du sentiment
du scavant Pere Thomassin
, ne doit point
faire impression, puisqu'il cite les Auteurs qui
ont prétendu que ce que décident les Décrets en
faveur des Professeurs en Théologie, étoit pour
untempsoùil étoit extrêmement difficile d'en
avoir.Passons, dit ensuite M. de Villers
, aux
preuves de ma seconde Proposition.
1-r Vol*. Nous
Nous ne voyons point que les Décrets, les
Ordonnances et Jes Arrêts cités par le Sieur Buffard,
en faveur des Professeurs ou des Officiaux,
ayent dérogé expressément aux Statuts ou aux
Loix particulières des Eglises. Ces décisions respectables
ont dispensé de la résidence, mais de
cette résidence recommandée en général par les
Canons; de cette résidence, dont selon les mêmes
Canons, en de certains cas on peut être dispensé
, et non pas de la résidence qui est d'obligation
, ex Statuto particulari Ecclesis, de cette
résidence dont on ne peut absolument être dispensé,
parce qu'elle est enjointe par une Loi particulière
,
émanée de la volonté même de ceux
qui y sont intéressés. En vain on voudroit faire
des distinctions,tout le monde sçait qu'en matiere
de privilèges il faut une dérogation expresse
; et cela est si certain, qu'on peut se dis.¡
penser de pousser la preuve plus loin. En un
mot le Statut de i 505. est le propre Ouvrage du
Sieur Buffard
, ou si l'on veut celui de ses Auteurs
,
ce qui est la même chose. L'obligation
de résider est donc de son propre fait; c'est à ce
titre qu'il est Chanoine: c'est le serment même
qu'il a prêté à l'Eglise. A-t'il fait voir dans les
Décrets et dans les Ordonnances qu'il a cités
,
quelque disposition qui y déroge?
Mais, dit l'Avocat, passons pour un moment
que malgré les Statuts particuliers des Eglises,
Statuts revêtus de l'autorité du S. Siège Apostolique
, Statuts aprouvés par Lettres Patentes
de nos Rois; les Souverains Pontifes, et quelques
Conciles, ayant décidé que les Chanoines
Professeurs en Théologie doivent être marqués
comme présens dans le temps qu'ils enseignent,
ce ne pouroit être jamais que pour le gros de
1. Vol. 0 leurs
leurs Prébendes, et ce gros n'est pas contesté au
sieur Buffard.Eil vain on veut distinguer et faire
les extensions: il raut,ajoûta M.de Villers,se représenter
deux objets dans les biens des Eglises
Cathédrales.1°.Le bien dont le Chanoine seul est
l'oeconom. sigillatim
,
c'est sur quoi les Décrets,
[es Ordonnances et les Arrêts statuant ,
ils lui
zonservent ce bien,parce qu'ille tient des saints
Canons. il. Le bien dont le Chapitre à l'administration
ut universis, pour en faire part à chacun
de ses membres; c'est sur quoi les Décrets,
les Ordonnances et les Arrêts ne veulent point
Statuer, parce qu'ils laissent aux Chapitres leurs
Loix,en ce qu'elles sont conformesaux Fondations,
et qu'elles sont pour le service rendu à
l'Eglise.Les Maisons Tournallessont dans ce dernier
cas, il est donc vrai de dire que les décisiens
citées par le sieur Buffard ne les intéressent
point, et n'ont rien d'oposé au Statut de
isos.
Il est vrai que le Chapitre de Bayeux accorde
le tour de Maison à ceux de Messieurs les Conseillers-
Clers qui sont de son Corps, et il fait
gloire de l'avoir accordé il y a peu de jours à
M. l'Abbé Néel, à cause des services qu'il rend
continueikment dans l'administration de la Justice
; mais le Privilege de Messieurs déroge nommément
aux Statuts particuliers, et le tour de
.Maison leur est expressément accordé par un
effet de la volonté suprême,à laquelle les Loix
des sujets doivent être subordonnées. Il en est
de même des Chapelains de la Chapelle du Roy,
diverses Bulles des Papes Clement VI. Jean XX.
Alexandre IV. Martin IV. Gregoirt X. Pie II.
et autres, autorisées par Edits, Ordonnances,
et Lettres Patentes de nos Rois, dûëment véri-
1.Vol,fiées a
fiées, en ont ordonné, et il faut s'y soumettre.
Mais en matiere de Privilèges
, et c'est ce que
fournira la preuve de la troisième Proposition J'
l'expression de l'un emporte l'exclusion dej
l'autre, et il ne peut jamais y avoir d'ticciisiorti
d'un cas à un autre ; par exemple
, cette prérogative
donnée aux Chanoines Conseillers Clercs
des Palemens, est un rivilége qui leur est,
tellement attaché, qu'on ne l'étend point aux
autres Juges, comme il fut décidé par Arrêts
coutre un Conseiller en la Chambre du Clergé,
le to. Juillet 1617. Dolive en ses quest. not. Luc
1.c. 11. Il faut donc écarter ce qui a été Jécerné!
en faveur de Messieurs, ou des Chapelains de
la Chapelle du Roy,dit Mr de Villers en finis-,
sant, cela ne peut être apliqué aux Professeurs
en Théologie. Les authorites que le sieur Btlf-I
fard vante, ne sont point revêtuës de Lettres Patentes
deumeot vérifiées en cette Cour,elles ne
patientd'ailleurs que de la dispense de résider
pour le gros de la Prébende,et c'est ce qui n'est
point en contestation dans cette cause.
M. Brehain pour le Sr le Breton,représenta.
que les Maisons tournalles sonttellement attachées
à l'assistance au Choeur, que c'est pour Ix
faciliter cette assistance, qu'elles sont données
aux plus anciens: ce n'est point, dit-il, le prix
d'un service rendu à l'Eglisedansdifferensemplois,
c'est le prix du service rendu au Choeur,
residentihus et prtsentibus,sive interessentibus Horis
Canonicts
; en un mot, si les distributions
quotidiennes sont les Honoraires de l'assistance
au Choeurr les maisons tournalles en sont la;
récompense, tout doit être consideré sous le
mette objet pretium residentiâ,, à la différence dui
gros du Benefice,quiest dû au Beueficier indeptn-
1. VoL dament
imment de cette obligation nontam ratione rtdémit,,
quàm ratione Pr,,¡'end&.
Pour taire mieux sentir sa distinction, l'haile
Avocat représenta ce qui se passoit au Chaitre
d'Evreux
, avant que ce Chapitre eut arétéleStatut
de 1574.pour ces sortes de mai-
Dans tournalles. An moment,dit,ilqu'il en deenoit
une vacante, on l'adjugeoit par bail en
orme de licitation
, au Chanoine qui en oftroic
t plus, parce qu'on retenoit sur ses distribuions
au Choeur, une certaine somme pour les
éparations,et les loyers à leur échéance étoient
listribués manuellement à tous les Chanoines;
ant il est vrai que ces maisons étoient regarlées
comme un genre de bien ou revenu, semblable
à celui des fruits dûs à cause de l'assisance
à l'Office. Enfin, ajouta l'Orateur, il est
ii vrai que les maisons tournalles ne font point
partie du gros, ou corps de la Prébende
, et vont
de mime pas avec les rétributions quotidiennes
,
qu'à Rouen, le Chanoine qui résigne son
Benefice,conserve.s'il le veut,sa maison tousnalle.
De tout ceci, M. Brehain tira ses conséquences
, sçavoir
, que les autorités citées par le Sr
Buffard
, ne peuvent être oposées au Statut de
1505. les maisons tournalles étant un genre de
bien laissé par les décrets à la disposition des
Eglises particulières ; puis repassant ce qui a
été dit sur les différentesconclusions du Chapitre,
selon les temps
,
il fit voir que ceux qui
ont été dispensés pour raison, d'étude,ou autrement,
avoient obtenu permissionàCApitulo.
et il n'oublia pas de faire observer qu'en cela
le Chapitre avoit quelquefois obéi à des ordres
supérieurs
,
de sorte que ce point ne pouvoir
teree tiré a conséquence. Mo.
M.l'Avocat General, le Bailly Menager,aprci
avoir raporté sommairement les Plaidoyers <1
Avocats, s'arrêta sur la question de sçavoir j
les Maisons Tournalles doivent être
dlscingu.
de ce qu'on apellele gros du Benefice. Il y a, dit-il, beaucoup d'Eglises en France,oùtoute
les Prébendes sont comme en commun,les anciens
,chacun à leur tour, ayantd'oit d'optej
les meilleures:en sont-elles moins UD grospajon
ta le Magistrat, et seroit-il raisonnable de pre.
tendre les ranger au rang des distribuions manuelles?
Mais à quoy bon des distinctions daai
la force du raisonnement, ou dans le sentiment
des Auteurs? Les Parlemeris ,souverains Inrerprétés
des Saints Décrets, en matiere de discii
piine, ne se sont-ils pas expliqués? Nous vOlons
des Art êts qui expliquent ce qu'on enteni
par distributions quotidiennes,en marqua
nommément que c'est ce qui se paye chaque
jour en argent sec au Choeur pendant le Ser
vice divin: et pour lever tout pretette,no
en trouvons qui désignent dans ce qu'on-apelle
gros, les Droits de Table
, Droits Seigneuriaux,
Droits de Nomination aux Benefices, Droits de
Vente, et autres. Enfin, Brodeau sur M. Louer,
nous en raporte un du 30. May 1645, qui ac
corda au Sr Berrault, Chantre ordinaire de la
Chapelle du Roi, le droit d'option des maisons
canonialles
,
quoiqu'il exceptât de la delivrance
du gros, les distributions quotidiennes.
M. l'Avocat General démontra, mais avec autant
de solidité que de précision, qu'on peut
argumenter du Privilége de Mrs les Conseillers
Clercs, en faveur des Chanoines,Professeurs
en Théologie, comme on argumente du
Privilège des Chapelains de la Chapelle du Roi,
1. rt.
faveur de Mrs les Conseillers Clercs;on ob.
etoit, dit ce Magistrat à M. de Sager, Coniller
Clerc au Parlement de Toulouse, qui préidoit
être dispensé de la résidence au Chpib
de S. Sernin de la même Ville, tout ce on objecte aujourd'hui au Sr Buffard
, et la
estion fut agitée avec tant de force, que le
ivant Pere Thomassin, et notre illustre comtriote
le P. Noiil Alexandre n'oserent la déler:
cependant l'Arrêt rendu le 17. Juin 1705.
rte que M. de Saget seroït regardé comme
Ésent
, non seulement pendant la tenue du
rlement, mais encore toutes les fois qu'il s::-
it absent de son Chapitre, à cause de sa .ChardeConseiller,
et qu'il seroit payé par les Sinr
ou Celerier dudit Chapitre, de tous et uu
acun des fruits comme les autres Chanoines,
exception néanmoins des distributions qui sesont
inutilement dans ledit Chapitre; ce qui déterna
M. l'Avocat General de conclure en saur
du Sr Bufford.
La COUR,par Arrêt prononcé par M. le
Président de Pontcarré,déclaraqu'il yavoit
us dans la conclusion du Chapitre de Bayeux,
en conséquence ordonna que la Maison Tourlle
en question, seroit remise au Sr Buffard
,
ec restitution de fruits perçus , et empêches
rcevoir; leSr duVernay condamné aux dépens
itdéefinirmevnt,eet lne SrtleioBretnont.lepuis son in-
On a dû expliquer l'Enigme et les Logryphes
du Mercure de Novembre
ir le Dés
J
Versaillesy et Nourrice 5 on
[J J. Vol. trouve
trouve dans le premier Logogryphe
Vers, l'Eau,l'Air, Ail,et Ailier dans le second, ,ce Novice, Noce, A7/c<?J!
Roc, C>v«j Vice, et Cire. J
ENIGME.
SAge
, ou digne de la Calote,
Lecteur qui voudrois à me sçavoir;
"iVoi mon portrait: souvent falotte
Quelquefois grave, fiere
, ou sorte.
En me cachant je me fais voir;
Tes mains touchent à mon manoir
Tes yeux me voyent sans me connoître
Tout ce qu'enferme l'Univers
Peut servir à former mon être.
Est-ce assés de ces traits divers l
Non: comme l'humaine nature
Le Masque me cache toujours.
Te plains-tu que je suis obscure ?
Tant mieux ,car donner la torture
Fait tout lebonheur de mes jours,
Veux-tu sçavoir combien je dure l
Tant que je te fais enrager.
faisons la paix ; car je suis en danger.
ParZorobabel de Roqueventoouse
J la Ville d'Avignon.
I. Vol. LOGOGRYPHE
LOGOGRYPHE.
E suis dans mon entier l'Epithete d'un lionw
me,
^ui manque à sa parole, et qui trahit sa foi.
ecteur tu pourois bien à Paris comme à Rome
En rencontrer plus d'un qui l'eut été pour toi j
Efface de ton coeur un souvenir funeste,
ït recherche un objet qui déride ton front,
Alors tu trouveras, sur les Dieux je l'atteste,
Un nom que des enfans bien nés respecteront;
Mais ce n'est point assés, par une autre remarque
Promene ton esprit, et regarde la Mer
Tu verras sans effort la Ville où l'on s'embarque,
Dans l'espoir d'amasser bien plus d'Or que de t: Fer, A V T R E. M
A figure est au Ciel, mais non pas bien
t serain;
S Changé de sens,l'homme me prend en
kr. main,
De quoi maint animal reçoit piteuse chance.
|* I. Vol. Je
t
Je ne suis pas d'usage en France,
Si je ne suis façon de bâtiment,
Fait pour la pompe et la réjoüissance.
Retourne-moi. Je ne sçai pas comment;
Autrefois fut, maint Puriste peu sage
eVoulut, par une pure et creuse vision, fraper d'Anathême et d'interdiction:
Et cependant je suis d'un tel usage ,
Que le Roi, sans ma diction ,
N'acheve point la déclaration
De son vouloir auquel tout rend hommage.
J. Chevrier, Organiste à Chemillé.
en Anjou.
NOUVELLES LITTERAIRES,
DES BEAUX ARTS,&c. i HYMNES du nouveau Breviaire de
Paris, traduites ou paraphrasées en
Vers. Premier Recüeil. AParis,chésa
Gabriel Martin, ruë S. Jacques, vis-à- -
vis la ruë du Plâtre, à l'Etoile. j73,
in-12.
Le second Recüeil, qui contiendra les
1. Vol, Hymnes a I
Hymnes depuis la Sepruagesime jusqu'au
tempsPaschal, paroîtraau commencer
ment de l'année prochaine.
LES VRAIS PRINCIPES de laMusique,
exposés par une gradation de leçons distribuées
d'une maniere facile et sûre
pour arriver à une connoissance parfaite
et pratique de cet Art
,
composés par
le sieur de laChapelle.AParis, chésl'Au.
leur, rue du Temple,et chés la veuve
Boivin,ruë S. Honoré à la Regle d'or.
1736. grandin-4.
DISSERTATIONS DE MEDECINE,Tome
Ille. contenant une Dissertation sur la
Pierre des reins, et de la Vessie, avec
uneméthode simple et facile pour la
dissoudre sans,endommager les organes
de l'urine,avec la Réponse à certains
traits decritique contre la Dissertation
sur les Maux Véneriens,qui se trouvent
dans le Livre de M. Astruc, de Morbis
Venereis. Par Pierre de Sault, Docteur en
Médecine,Aggregé au College des Médecins
de la VilledeBordeaux. A Paris,
chés Jacques Guerin ,Quay des Augustins.
173Ô".in-i,z*
L'AGENDA duVoyageur, pour l'année
LVqL F 1737.
1737. paroîtra à la fin du mois de Dé-*
cembre prochain, etil contiendra une
feuille d'augmentation. Nous avons déja
parlé de cetOuvrage, dont le Public
areconnu l'utilité;il se distribuëra comjne
cy. devant chez la veuve deLaulne ;
ruë S. Jacques,etchez le Sieur le Gras,au Palais. - CALENDRIERPerpetuel
, sans aucunes
Rouës
, par M. Gausse l'aîné. A Paris, chés l'Auteur, ruë de la Verrerie,vis-àvis
la ruë du Cocq , et çfoés lessieur Bailleull'aîné
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Graveur, rue Galande, près
la C,hap;elJle Nôt-re-lDatm:e d;estVerrug., '-, r!r
LA SCIENCE et la Pratique du Pilotage
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à l'usage des Eleves d'Hidrographie,
dans le College Royal,de la Compagnie
de Jesus,à la Rochelle. ParlePere Yves
Valois, de la même Compagnie, de l'Academïe
Royale des Belles Lettres, et
Professeur d'Hidrographie. ABordeaux,
chésJ. B. la Cornée, et se vend aussi à
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J ',1 t D
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servir 56. années dans le Cabinet
, en
forme d'Almanach, présenté à Monseij
: I. Fol. gneur
gneur le Dauphin par Jacques Baradelle
Ingenieur s pour les Instrumens de Mathématique
;il est gravé par lesplus habilesMaîtres
de ce temps; it est fort
simple, et aprendà se servir du Compas
par une ouverture déterminée; l'on
trouve les jours de la semaine, sur lesquels
tombent le premier et les jours suivans
de chaque mois , et le quantiéme
du mois pour tous les jours de la semaipe;
il donne aussi les jours et l'heure des
nouvelles et des pleines Lunes, et ceux
des quartiers: on y trouve aussil'âge
de la Lune pour tous les mois d'un Cyclelunaire,
la Lettre Dominicale, l'EJ,
pacte, le Nombre d'Or, les années et
mois pour le jour de Pâques, et ceux
des Fêtes Mobiles, pour toutes les années
qui y sont notées;il donne aussi
les tems du lever et du coucher du Soleil
à perpétuité, comme aussi les sept
Lettres Dominicales pour lepremier Dimanche
de l'A vent, qui se trouve au
bas dans un petit Cartouche. L'opération
est fort simple : on trouve ce qu'on
cherche par une seule ouverture de
Compas, en connoissant seulement le
jour de la semaine où l'on est. Ilest
collé sur Carton
,
relié en Maroquin, ou
en Veau, et en Papier doré, ou même
I. froL F ij plus
plus simple,avec le Compas qui est renfermé
dans un foureau, tenant à la bordure
,ou sans Compas;on les vendra
aussi en feuilles,&c. A Paris, chés le
SieurBaradelle,al'Enseigne de ïObservatoire
,
JQuay de l'Horloge du Palais
vis-vis lesgrandsdegrés dela Riviere. 3
LA VIE de Marianne,ou les Avantures
de Madame la Comtesse de * ** par
M. de Marivaux, sixièmePartie.A
Paris,chésPraultfils, Quay de Conty,
vis à-vis la descente du Pont Neuf la
Charité.1736. in-iu
PRINCIPESDE L'HISTOIRE, pour l'éducation
de la jeunesse, par années et
parleçons. Seconde année, par M.l'Abbé
Lenglet du Fresnoy, chés de Bure Vaînéy
Jean Musieret Rollin, Quay des Augustins.
173*5. in-12. deuxParties.
Nous annonçâmes il ya deuxmois le
premier Volume, ou la premiere année
de cet Ouvrage,si intéressant pour se
.former dans la premiere connoissance
de l'Histoire. La premiere année contenoit
seulement l'Histoire Sainte de
J'Ancien Testament, celle d'Egypteet
celled'Assyrie, des Medeset des Perses.
Cetre seconde année en continuant le
I1.. VYol. 'mê,mHe
thème Plan
,
donne l'Histoire générale
et particulière de la Grece, depuis l'origine
de la Nation par les Enfans de Japhet,
jusques à la chute des Grecs, occasionnée
par les Romains. Cette portion
de l'Histoire ancienne comprend, outre l'origine des Grecs, celle de la Fa.
ble
,
c'est à-dire des Dieux et des Héros
de l'Antiquité. Après quoi,l'Auteur
vient aux tems historiques de la Grece, temps remplis de précepteset d'exemples
aussi nécessaires pour la vie politi-
(qlue , que pour la vie particuliere.
M. l'Abbé Lenglet du Fresnoy crac
venu à l'Histoire d'Alexandre,il y commence
la seconde Partie de ce Volume où après avoir donné les principales , actions
de ce Héros, il continuë l'Histoire
de ses successeurs, qui n'est pas moins
intéressante que celle d'A lexandre même.
Ensuite l'Auteur finit l'Histoire
Grecque par une Instruction très curieuse
sur la maniere dont les jeunes gens
doivent s'y prendre pour avoir un plus
granddétail de cette Histoire, dont les
évenemens reviennent continuellement
ou dans les lectures, ou dans les conversations
ordinaires.
L'Histoire Grecque est suivie dans ce
Volume de celle des Rois Latins
, et de
A Foi. F iij 14.
la République Romaine, nécessaire pour
le cours des Etudes. L'Auteur la commence
pareillement à l'origine des Nations
qui ont peuplé le Continent de 1Ttalie.
Mais ila soinypour ne pas induire
les jeunes gens en erreur, de donner
pour certain ce qui est apuyé sur de
bonnes preuveset de laisser dans le doute
ce qui n'a pas desfondemens assés bien
assurés. Suivent la République de Carthage
et l'ancienne Sicile, dont l'Auteur
parle succintement.
M. l'Abbé Lenglet a soin de ne pas
donner un détail trop sec, il insinue par
un mot ou unseul trait des maximes de
Morale et de conduite. C'est le Plan
qu'il a roûjours suivi dans cet Ouvrage;
où regne la brieveté
, sans rien omettre
des faits essentiels de chaque nature
d'Histoire. Ainsi cet Ouvrage pouroit
même sortir des mains de la premiere
jeunesse, et servir à des personnes plus
âgées, ou pour se former dans les Elemens
de l'Histoire, ou même pour la re*
passer en peu de mots.
L'Auteur ne néglige pas de faire voir
l'utilité des Histoires qu'il traite; et de
marquer ce qui peut être nécessaire d'avec
ce qui n'est que de pure curiosité.
Comme on imprime le troisième et le Vol.quatrièmej
quatriéme Volume, le Public sera content
de voir paroître tout un corps d'Histoire
formé sur un même Plan, qui vient
d'une main qui a fait toute sa vie une
Etude particulière de l'Histoire.
ELOGE DE LA PAIX,Ouvrage d'Eloquence
et de Politique,enrichi de Textes de l'Ecriture
et de Notes Historiques et Chronologiques
touchant les dernieres Guerres depuis 1700. Dédié
à l'Académie Françoise
, par M. l'Abbé delà
Baume.A-Paris, chés Rolli, fils, Libraire, Quay
des Augustins, à S. Ahianase, 1736.Prix1.livres.
Cet Ouvrage traite de ce qui s'est passé depuis
U commencement du siecle. L'époque est prise
à l'avenement de Philipe V.au Trône d'Espagne.
Il est divisé en deux Parties.
La premiere peint leshorreurs de la guerre, et
parcourt exactement les Actionsles plus mémoxables
qui donnent occasion de rendre justice à
la mémoire et à la valeur des Grands Hommes,
tant morts que vivans, qui s'y sont distingués;
cette partie
finit à
l'armistice et aux Préliminaires
de la Paix présente entre la France et l'Empire.
La seconde partie mer dans tout son jour les
avantages de la Paix engénéral, qui sont, le retour
de l'abondance et du commerce, le repos du
Citoyen
,
l'utilité des Sciences et des Arts, &c
Ce qui donne occasion de parler du merveilleux
accord du Cabinet Politique dans le Traité de la
Paix présente, de prouver l'importance du secret,
et des négociations en tout temps, de peindre le
caractere du parfait Négociateur, et de caractériser
les différentes Académies, tant dans Paris
que dans les Provinces, quiforment la douceur
J. F()l. F iiij de
de la societé et l'agrément de la vie civile,&c.i
Dans l'une et dans l'autre Partie oh a leplaisir
de voir le fonds du discours tour à tour jusifié par
le texte et l'aplication de l'Ecriture, et par des
Notes historiques et curieuses. GerOuvrageest
imprimé de la derniere propreté, in 4. de 70. à
80. pages, les Notes sont au bas des pages,il est
orné de bellesVignenes.militaires et pacifiques et
qui ont toutes raport au sujet.
LA VIE de la Bienheureuse Philippe
de Gueldres3Reine de Sicile.Duchesse de
Lorraine, de Bar, et de Gueldres, depuis
Religieuse au Monasrere de sainte Claire
du Pont-à-Mousson, 1736. in12. A Toul,
chés Claude Vincent, Imprimeur et Mari
chand Libraire.
HISTOIREMÉTALLIQUE deg
dix-sept Provinces des Pays-Bas ,
depuis
l'abdication de l'Empereur Charles V.
jusqu'à la Paix de Bade, par M. Vanloon;
1736. 5. vol. in folio.A la Haye, chés
Pierre de Ronde.
ELEMENS des Finances, contenant
des Instructions nécessaires pour les Per.
sonnes qui sont dans les Emplois, et
pour celles qui y aspirent, particulierement
dans les Domaines du Roy,dans
les Fermes,Traites Foraines, Tailles,
Gabelles, Aydes et Entrées. Tabac, Pos-
I. Fe1. te.
.es, Trésor Royal, Parties Casuellcs et
Etapes
,
Droits de Monneage
,
Dons
Gratuits, Deniers Extraordinaires
,
Capitation,
Dixième
,
Deniers Communs,
Vivres et Munitions. On y a joint plu.
sieursModeles des Comptes,Etats et Bor.
dereaux gravés et des Modelés de Lettres
et d'Arrêts du Conseil, avec un
Dictionnaire-Etimologique et Historique
des Finances. Par le sieur D. A Paris,
chésMesmer, Imprimeur Libraire,rue
S. Severin, au Soleil d'or, ou en sa Boutique
au Palais, Grand'Salle, même En
seigne, 1736. in-folio.
HISTOIRE des deux Aspasies, Femmes
Illustres de la Grece, avec des Remarques
Historiques et Critiques. Par
M. le Comte de Bievre. A Paris, chés le
même Libraire, 1736.in n.
Presque tous les Sçavans, dit l'Auteur
dans la Préface, soutiennent que l'esprit
des femmes est plus foibleque celui des
hommes, qu'il est moins constant, moins
propre aux Emplois considérables,aux
actions courageuses et aux Sciences sublimes.
Cependant l'Histoire nous fournit
plusieurs femmes, qui, de-même
que les hommes, se sont distinguées dans
Gouvernement des Etats et dans la
République des Lettres. Ces exemple
doivent-ils faire conclure que leSexe seui
disringue les uns et les autres que l'esprit
et la raison les égalent? Rien de
plus délicat que de répondre à cette
question; de quelque maniere qu'on s'y
prenne, on se fera toujours des ennemis
également dangereux. J
Pour moi, continuë t'il, sans décider,
j'admire le mérite par tout où il se trouve.
L'Histoire d'une Héroïne en science'
ou en vertu,me paroît aussi curieuse et
aussi intéressante que celle d'un Héros,
ou d'un Sçavanr; et je pense qu'on doit
avoir une égale obligation aux Auteursqui
nous ont conservé les Vies des Femmes
1 llustres,et à ceux qui nous ont
donné celles des Grands Hommes,&c.
Entre les Femmes Illustres, j'ai choisi'
les deux Aspasies, parce que leur Histoire
m'a parû peu connuë et assés maltraitée
par les Auteurs qui en ont dit
quelque chose, &c.
J'ai fait mon possible, poursuit l'Auteur,
pour donner à mes Recherches
un ordre qui les rendît intéressantes et
proportionnées aux Lecteurs les moins
instruits. J'ai répande dans là narration
les agrémens et les refléxions qui se sont
présenItés .à mVon eosprLit. Baien pilus-, j'y 1
ai fait entrer quelquefois des choses qui
prouvent ou qui éclaircissent les faits
avancés,&c.Reste à raporrer quelques
traits del'Eloged'Aspasie la Milesienne;
elle instruisoit tous ceux qui venoient
la voir. Elle leur aprenoit l'art de bien
dire, de gagner les coeurs, de persuader,
de gouverner les esprits, &c.
Cette femme n'excelloit pas seulement
dans l'Eloquence, la Philosophie et la
Politique;il est probable qu'elle cultivoit
encore la Poësie, la Musique et peutêtre
les Mathématiques, &c.
Dans l'Histoire d'Aspasie la Phocéenne
entre autres Eloges, l'Auteur la loüe des
soins qu'elle eut d'Hermotime, son Pere,
dont elle n'oublia pas la pauvreté, elle
le rendit fort riche et fort puissant par
desprésens considérables qu'elle lui fit,
&c.
OEUVRER D'ARCHITECTURE,
contenant les Desseins, tant en plein
qu'en élévation, des principaux et des
plus nouveaux Bâtimens dans le dernier
agrandissement de la Ville d'Amsterdam,
et d'autres Endroits des Provinces Unies,
ordonnées par Philipe Vingboons, 1736.
vol. infol.Ala Haye, chés Pierre de
Ronde.
L roI.. F vj LA
LA GEOGRAPHIEModerne, Natureïïe,
Historique et Politique, par M.
Dubois, 1736. in 40. 4. volumesjàvee
figures. Chés le même Libraire,
NOUTELLEGrammaireFrançoise^
où on fait voir les vices des Grammaires
qui ont paru jusqu'ici; où on traite une
quantité de Points essentiels qui ont été
omis par les autres Grammairiens;et qui
contient tout ce qui est nécessaire pour
acquérir facilement et en peu de temps
une connoissance parfaite de la Langue
Françoise. ParunGrammairien François.
Premicre Edition. A Bruxelles, chés Nicolas
Siryckywant, Imprimeur et Libraire
à la rue de l'Evêque, 1736. in 12.
ESSAY PHILOSOPHIQUE,concernant
l'entendement humain, où l'on
montre quelle est l'étendue de nos connoissances
certaines, et la maniéré dont
nous y parvenons, par M. Locke ; traduit
de l'Anglois par M. Coste.Tcoisiéme
Edition,corrigée et augmentéede quelques
Additions importantes de l'Auteur,
qui n'ont paru qu'après sa mort, et de
quelques Remarques du Traducteur ,
in 4. 1735.A A-insierdam chés Pierre
Humbert.
J.For. ,ODE'
!
ODE au Roy sur la Paix. A Paris chés Mesnier, ruë S. Severin , , au Soleil
d'Or ,ou en sa Bouriqjue Goond'Sall-e
du Pilais,tljf. in-4 Brochure.
Nous en allons transcrire seulemertt
la derniere Srrophe
, pour ne point passer
nos bornes ordinaires.
Jouis de ta gloire suprême
,
Loui s, quand nous en jouissons ,
Toi, F L E u R y ,
dans sa gloire même F
Connois le fruit de tes leçons ,
Et vous qui craigniés le naufrage,
Peuples goûtez après l'orage,
Les douceurs d'un calme serain ;
Qu'à vos justes voeux tout réponde.
Louis est l'Arbitre du Monde
, -
Le bonheur du Monde est certain.
DISSERTATION SUR LARAGE,avecla
Méthode de s'en préserveretguérit,
par Pierre de Saule, Docteur en Médecine,
Aggregé au College de Médecine
de Bdrdeaux. A Paris, chés Jacques
Gilerin
,
Libraire et Imprimeur
,
Quay
desAugustins. 173':¡.vol,.in-IL. de12,9t.
P-91: Vol* *"ï?ouv»i.i.«
NOUVELLE TRADUCTION de l'Abrégé
Historique de Justin, avec deuxCartesGéographiques
desPays dont parle
cet Auteur;ensemble un petit Dictionnaire
de ces mêmes Pays, suivant l'ancienne
et moderne Géographie, dédiée
à Son Eminence Monseigneur le Cardinalde
Fleury, Grand Aumônier de la
Reine,et Ministre d'Etat. Par M.l'Abbé
Favier, Prédicateur du Roy,etPrieur
de Sainte Vaubourg, 2. vol. in-12. Ai
Paris
1
chés P. G: le Mercier, Imprimeurlibraire
ordinaire de la Ville, ruësaint
Jacques au Livred'Or. 1737.
-
HYMNES du nouveau Bréviaire de Paris,
traduitesetparaphrasées en Vers.Premier
Re-cuëil. Brochure in-11. de 64--PPi
chés Gab. Martin,ruë S. Jdcques, àl'Et'oile.
M. DCC. xxxvi.
On ne pouvoir mieux faire que de
Traduire , ces Hymnes, toutes propres à
, entretenir lapieté des Fidèles, en saveur
de ceux à qui la langue originale
n'est point familliere. Nous nous dispensons
d'entrer là-dessus dans aucun
détail, et nous nouscontentons d'exposer
ici à nos Lecteursla Version Poëtique
de l'Hymne, Alma Redemptoris Ma*
tery &c. qui est déjà ancienne dans l'EL
Fol.- gUse-j
glise, et qu'on chante particulièrement
dans ce temps ci, à la fin du dernier ut
Ãce de chaque jour.
SAINTMEREB du Rédempteur,
Fille , Epouse du Dieu suprême
Par la grace de ton Fils même,
Dignede porter ton Auteur.
INCOMPARABLE Créature
Des Esprits purs et saints la gloire et l'ornement.
Vierge devant, après, et dans l'enfantement;
Miracle unique en la nature.
Prens pitié de ton, Peuple, écoute tes Enraps,
Recevant d'eux comme de l'Ange
L'honneur, le salut, la loüange ;
Protegeles, ô Reine, et rends les triomphant-
On promet de donner au comment
cement de l'année1737. le second Recüdl,
qui contiendra les Hymnes de
puis la Septuagtsime
, jusqu'au temps^
Paschal.
TRAITE' des principes de la Foi Chrétienne.
A Paris, chés Guillaume Cave-
1. ¡ToI. lier
lierruëS. Jacques. 3. Vol. in-12, de
prèsde 1400. pages. < - 4
DISCOURS EVANGELIQUES sur différentes
Vérités delaReligion, et d'autant
plus utiles dans chaque état, que les
sujets et les desseins en sont plus particuliers,
et plus rarement traités. Par le
Pere L. R. D. S. D. Tome II. A Paris,
chés de Bily
,
Quay des Augustins, à S.
Jerôme ; le Clerc, Grand'Salle du Palais,
à la Prudence; Gisscy, ruë de la Vieille
Bouderie,à l'Arbre de Jessé; Clottsierj
rue S. Jacques, à PEcu deFrance. 1731.
in-12. de Z44. pages.
LE NOUVEL AN
,
DissertationHistorique,
Morale,serieuse et badine, sur
l'origine et l'usage des Etrennes, et sur
les vûës différentes dans lesquelles on
s'acquire des devoirs de ce temps-là, avec
le Journal des Plaisirs de Paris , en Vati
devilles. Par M,Carolet. A Paris, chés
Prault, pere, Quay de Gêvres.
TRAITE' DES EAUX MINERALES de
Bourbonne les Bains, contenant une explication
méthodique sur tous leurs usages.
Par M.Baudy, Médecin des Hôpitaux
du Roy ,et Intendant des Eaux Minérales
delf lieu.A, Dijon,chés J. Sij,
yoL'c - „,Krot
rot, Imprimeur-Libraire, Place saine
Etienne. 1736. in-8.
DE L'IMMORTALITE' DE L'AME,etdé
ta vie éternelle. Par Guillaume Sherlocki
Docteur en Théologie, &c. Ouvrage
traduit de l'Anglois, in-8. A Amsterdam
s chés Pierre Humbert. Nouvelle édition.
1735-
ESSAY PHILOSOPHIQUE sur l'ame des
Bêtes, où l'on trouve diverses réflexions
sur la nature de la liberté, sur celle de
nos sensations,sur l'union de l'Ame et
du Corps, sur l'immortalité de l'Ame;
Seconde édition,revûë et augmentée,à
laquelle on a joint un Traité des vrais
Principes qui servent de fondement à la
certitude Morale. A Amsterdam, chés
F. Changuyon.1737. in-iz. 1. vol. Par
M. Doullier,qui dédie cette Edition à
M. de Fontenelle,à qui il donne dans
son Epitre Dédicatoire les louanges que
cet illustre Sçavant mérite à si juste titre,
et depuis si long-temps.
4v
l.Vol LIBRES
LIVRES de Médecine que le Sieur Ca.
velier, Libraire, a nouvellement refus
des Pays Etrangers.
i
MAGATUS ( Cæs. ) de rarâ medicatione vul-rf
nerum. in-4. 1. vol. Lypsioe 1733. Papier fin.
Boschetti ( Bart.) Disserratio de salivatione
Mercuriali Phis. Med. Mechanica. in-4. Francoffurti.
1731.
Cocchii (Ant.) Epistolas Phys. Medicæ ad
Lancisium et Morgagnum. in-4. Francoffurti.
1732..
Mazino (Jo.) Mechanicèsmorborum desumpi
tz à motu sanguinis. 3. vol. in-4. Lugd. Bat.
1731-
Plateri ( Felices ) Praxeos medicæ,cum observationibuset
remediis.IV. Editio Em. Konig.
w-4. 3. vol. Basilet. 1756.
Hoffmanni ( Frid. )Opuscula medico practica
seu Dissertationesselectiores anteàdiversis temporibus
editæ. Decas I. et2.in-4 Haloe 1736.
Disserrationum Phis. Chymicarum
Trias, de generatione salium
,
de Analysi Ami.. 1
monii, de Mercurio. in-4. Haloe. 1719.
Alberti(Mich.) de Hæmorroidibus. in-4.
fîaU. 1711.
Cartheuseri ( Jo.) Elementa Chimix medicæ
unà cum synopsi Mat- medicæ sclectiorts. in-8.
Hait.1736.
Tralles ( Lud. )devenâ ju gulari frequentius
recandâ.in-8. Vvratis Lavia. 173j.
Torti ( Frid. )Therapentica specialis ad febres ;
pernitiosas. 3a. Editio aucta. in-4.Venetiis, ,
Ludolfi ( Jo )de locustis
,
cibo Israëltarum
in descito. in-folio. Francofurti. 1694.
DCCÏCXÛI*
Deckero ( Frid.) Exercitationespracticæcircà
medendi methodum. in-4. cum figuris Nell.
poli.1716.
Castebohm (Jo.) Tractatus VI. de aure humanâ.
in-4. 2. vol. cum fig. Hala.1734.
Sacchi (Pomp.) Methodus curandi febres.
in-8. Venetiis. 170J.
Blancardi (Steph.) Lexicon medicum renovatum,
Editio novissima. p. Longe
-
auccior.
in-8. Lugd. Bat. 1735.
Albini ( Bern. ) Historia musculorum homijo
nis. in-4 fig. Lugd. Bat. 1754.
Linnari (Carol.) Bibliotheca Botanica. in-8.
Amsterd. 1736.
*- Ettmulleri ( Mich. ) opéra omnia medica, nova
editio aucta ,
à Mangeto. in-fol.4. vol. Gi.
nev.&. 1736.
Abregé de toute la Médecine pratique,où
l'on trouve lessentimens des plus habiles Médecins
sur les Maladies,sur leurs causes, et sur
leurs remedes, avec plusieurs observations importantes
; traduit de l'Ouvrage de M. Allen,
Médecin Anglois, nouvelle Edition augmentée
de plus du double. 6. vol. in-12. Paris, chés Cilvelier
, et chés Pierre-Michel HlUfrt. ruë. saint
Jacques, rjij.
Cet Ouvrage cy- dessus a été donné en différentes
Langues. Cette Edition est la seconde en
François ; elle a été corrigée et augmentée de
plus du double. La premiere Edition n'avoit
que trois Volumes in-52.imprimée à Paris en
171». celle-cy est entièrement refonduë.
Rollin fils ,Quay des Augustins, à S. Athapase,
vient de mettre en vente les Livres suiyans.
1. Yole L*
LA CITE' DE DIEU de S. Augustin, avec la'
Vie de M. Lombere,4. vol. in-12. 1727.
Cet Ouvrage, qui est le plus sçavant qu'ait
donné S. Augustin,avait déjà été traduit plus
d'une fois en François, même dès le XIV. siècle
par Raoul de Presse
,
Conseiller du Roy Philippede
Valois. Il y en a eu une autre Version
Françoise assés imparfaite,mais celle dont il
s'agit ici est très-estimée. Elle fut imprimée
d'abord par Pierre le Petit, l'Ouvrage n'étoit
pas entier. André Pralard la publia depuis plus
complette, etcette Edition étoit devenuë rare;
celle-cy ne le cede point aux deux premières.
GEOGRAPHIE des enfans, ou Méthode abrogée
de la Géographie,divisée par Leçons,avec
une Liste des Cartes nécessaires aux Enfans, nouvelle
Edition,in-12. 1736.
Nous avons déjà parlé de cet Ouvrage,dont
Voici une nouvelle Edition retouchée par l'Au
leur.
MÉMOIRES de M. le Marquis de Feuquieres,
LieutenantGénéraldesArmées du Roy, contenant
les Maximes sur la Guerre, et l'aplication
des exemples aux Maximes. Nouvelle-Edition , rt-vuë etcorigéesur l'Original augmentée de
plusieurs Additions considerables,ensemble d'une
Vie de l'Auteur, donnée par M. de Feuquieres
son Frere, avec figures, A Londres,et se
vend chés ledit Rollin fils.4* vol. in12. et un
YOJ. in-4. 1757.
INSTRUCTIONS CHRE'TIENNES sur les Mysteres
de N. S. JESUS-CHRIST
, et sur les principalesFêtes,
odsontcipliquées les Evangiles
et fpÎrres des Dimanch s del'Année. Par M.
Singlin Nouvelle Edition , revûë, corigée et < augmentée de laVie de l'Auteur. 12vol. in-ni 1
*7j*. Cet
I
tes Instructions qui ont été imprimées pour la premiers fois par Charles Savreux, furent
données ensuite par André Pralard, mais redigées
dans unmeilleur ordre, et plus correctes
pour le stile ;
elles reparoissent dans cette nouvelleEdition
, très-exactement imprimées. On
sçait la réputation de ce Livre, qui étoit devenu
assés rare.Ilest écrit avec beaucoup de lumières
et d'onction,et on doit sçavoir gré au Libraire
et à l'Editeur,d'y avoir joint la Vie de
.M. Singlin
,
Ecclésiastique Irlandois, élevé
en France,qui a vêcu et est mon dans une gran-
,tie¡ieé..
Dans le Mercure du mois d'Août dernier, on
a annoncé l'impression du Suplément au Glossaire
du Roman de la Rose, contenant des Notes
Critiques,Historiques et Grammaticales, une
Dissertation sur les Auteurs de ce Roman,l'Analyse
de ce Poëme un Discours sur l'utilité
des Glossaires, les Variantes restituées sur un
Manuscrit deM. le Président Bouhier de Savigny
, et une Table des Auteurs cités dans cet
Ouvrage. On nous prie aujourd'hui d'avertir le
Public que l'impression de ce Livre sera
finie
dans le mois de Janvier prochain; il est imprimé
à Dijon ,chés Joseph Sirot, et se vfJlJJlrlJ a
Parischés Etienne Ganeau
,
ruë S. Jacques, ta
<k Lyon chésDuplain, ruë Merciere.
1. Y>I. EXTRAIT
JLXTRAIT d'une Lettre écrite de Pello
dans la Laponie Suédoise, à M. de
Pont-Charost, parM. leMonnier,'
l'un des Académiciens envoyés par ordre
du Roy, dans le Nord pour faire des
Observations Astronomiques.
YOus me demandez, Monsieur,un détail de
mes Opérations,une Description du Pays
que nous habitons présentement, et de vous
marquer les principales curiosités de ce climat; il
faudrait un Volume entier pour satisfaire à toutes
vos questions; mais nos occupations ne nous
en donnent pas le loisir; cependant pour ne
vous pas tout- à-fait laisser sans réponse, ec3
pour vous donner des marques de mon amitié tt je vais vous raporter en abregé ce que je vou.
droispouvoir vous détailler davantage.
, Nousavons pendantcet Eté mesuré géomé-:,,,
triquement un très-grand espace d'un Méridien;
nous sommes présentement sur le haut d'une
Montagne couverte de bois de Sapin d'une trèspetite
espece ,
qui s'étend tout au tour à plus des
dix mille. Nous avons fait bâtir sur ce Lieu désert
deux petites maisons de bois,dans Tunes
desquelles nous avons placé un Secteur de Cercle
de 12.pieds de rayon, c'est un des plus beaux
Instrumens d'Astronomie qu'on ait vûs
, et parison
moyen nous comptons de mésurer exactement
l'espace duCiel-qui répond au terrain ques
nous avons mesuré géométriquement.Nous passons
les jours à dormir ou à chasser et les nuits
à observer le Ciel. Nous espérons de finir toutes
1. Fol. non,
nos Opérations avant que de retourner à Tornetl.
où nous comptons passer l'Hyver.
Quoiqu'il tombe de temps en temps de la neige
et que les Rivieres soient glacées nous n'avons
point encore pris nos habits d'hyver,car nous
devons nous attendre à un froid bien plus picquant
;
mais par bonheur rien ne nous manque,
nousavons fait provision d'habits à la Laponoise,
qui sont très-chauds. Vous ririez trop de me voir
vétu en Lapon,c'est la figure du mondela plus
comique
,
à moins que d'excepter celle duLapon
même,qui, au ridicule de l'habillement, joint
une
figure fort grotesque. Représentez-vous un
homme tout couvert de peaux depuis les pied,
jusques à la tête, qui n'a que trois ou quatre
pieds de haut, de petites jambes, un gros ventre,
une fort grosse tête
, un visage qui ditfere assés
de la forme humaine,enfin c'est à peu près le
le portrait d'Esope
, ou, si vous voulez de San-*
tho Passa.
Ce petit Peuple court les bois et campe tantôt
dans un endroit, tantôt dans un autre, sous de
petites maisons portatives, faites de bois et elJ.
forme d'enronnoirs renversés. Une famille de.
meure 8. ou 10. jours dans cette niahe, elle fait
dufeu au milieu, dont la fumée sort pan le trop
d'en haut. Tout ce Peuple traîneavec soi une
quantité prodigieuse d'animaux qui vivent d'une
espece de Mousse qui se trouve sur les Montagnes
, et ce Troupeau fait toute sa richesse, ilse
nourrit de la chair de ces animaux qu'on nomme
Resnes,et de l'écorce de quelques arbres. Les
peaux de ces animaux servent à faire des especes
d'habits
, que les Russiens et les Suedois achertent
; nous en avons aussi achetté pour notre
Ijbyver
, parce qu'ils sont fort chauds. Les La-
I" ¡.,¡Pol. pons
pons méprisent l'or et tout Métail,excepté raigent,
dont ils ont même de la vaisselle et plu
sieurs vases.
Outre les Lapons, ily a encore ici des FinV
landois ; mais leur maniere de vivre est toute
différente
,
ils ne s'écartent point.des bords des
fleuves oùils habitent, ensorte que les deux
côtés du Fleuve, excepté les Terres quitouchent
au rivage, sont tous déserts et incultes. Leur
occupation est d'aller àla chasse et àla pêche,
pendant queleurs Valets-labourent les terres qui
ne produisent que du Seigle. Ils vivent de la
manière dumonde la plus salle et la plus incommode
;cependant Seigneurs de leurs Terres, ne
payantque très-peu d'impôts, ils pouroient
vivre plus heureux, s'ils sçavoientrjouirdeleur
bonheur; mais chose assés surprenante, ils ont
deux ou troisbelleschambresqu'ils n'habitent
jamais, et qui ne sont destinées que pour les
Etrangers. L'apartement qu'ils occupent est bien
different ; le pere, la mere, les enfans et les valets,
tous logent ensemble dans une chambre 1 obscure,sans lits pour se coucher, sans chaises ; nibancs pour s'asseoir
,
le plancher leur tient 2
lieu de tout. Ils couchent tous sous une vaste f
couverture ,
faite de peaux de Resnes. Ils n'ont 1
dans leurs chambres ni cheminées ni fenêtres; ;
mais un four dans lequel ils entretiennent un t
feu perpétuel, dont la fuméeoccupant le ham;
de la chambre, sort avec bien de la.peine pari
de petites fentes, ensorte que refluant sur ceit
misérables
, pour n'en être point incommodés
ils marchent le ventre et la têtebaissés. Malgré
cette précaution ils sont noirs autant que IturR:
cbambres, et ils ont toujours mal aux yc; ils
cont tousmalheureusementengagés dans le L..
J. Foi.thérianis
ranisme,au reste bonnes gens et bien intention.
nés pour les Etrangers.à qui ils ne voudroient pas
avoir fait le moindre tort. Ilsnous fournissent
beaucoup de bon poisson et à trèsbon marché
sur tout du Saumon frais. Nous en avons mangé
un qui avoit plus de six pieds de long; en
sorte que nous ne sommes pas si mal sur cette
Montagne que vous pouriez le croire. Nous
avons du bois à discrétion; les Gelinotes ,
les
Cocqs de bois, les Lievre set les Canards nous
sont aportés en si grande abondance, que nous
ne pouvons consommer toutes nos provisions;
et ce qui vous paroîtra incroyable, chaque Gelinote
ou Cocq ne coûte que deux sols.
Quant aux Curiosités du Pays, elles sont en
dpeeutixt nombre; celle de voir et d'examiner les
especes d'Habitans dont je viens de vous
parler en est une grande. Une seconde à laquelle
nous nous attendions, c'est de voir le Soleil
à minuit, ce qui arrivehuit jours devant et huit
jours après le Solstice d'Eté; mais comme,en
tournant ainsi au tour des Terres de ce climat
sans se coucher, il échauffe considerablement la
massede l'Air, nous avons été fort incommodés
de la chaleur, qui fait éclore une multitude prodigieuse
de Cousins, dont on peut à peinese
garantir; les Habitans, pour préserver leurs
Troupeaux de ces Insectes volans, sont obligés
d'allumer des feux au tour du lieu où ils paissent.
Une troisième Curiosisé, c'est que, quand le
Soleil commence à s'éloigner de ce Pays, c'està-
dire vers l'Equinoxe d'Automne,les Aurores
Boréales sont ici si fréquentes, qu'il ne se passe
aucunjour sans qu'elles paroissent, ce qui fait
qu'on voit clair ici jouret nait; grande commodité
pour les Voyageurs. Ces inflammations
I. Vol. a qu'on
qu'on nomme à Paris AuroresBoréales, doivent
âtte nommées ici Lumieres Célestes, parce
qu'elles s'étendent également vers les quatre parties
du Monde. Le bruit qu'on entend et sur
tout la varieté admirable des couleurs qu'on remarque
dans la matiere de ces Metéores, forme
le plus beau spectacle du monde.
Nous retournerons à la fin de ce mois à Tornes.
Si vous prenez quelque goût à lire des nouvelles
du Pole Arctique, je vous en ferai encore part, et
je vous détaillerai les singularités de cette Capi
tale. J'ai l'honneur d'être, &c.
A Pello le ii. Octobre 1736.
EXTRAITd:une Lettre écrite de
Florence le 22. Octobre 1736. contenant
plusieurs Nouvelles Litteraires.
J 'Aysuivi votre conseil, et ayant trouvé par
hazard une Felouque à Antibes, elle nous a
conduits jusqu'à Genes; mais nous nous sommes
arrêtés trois jours à Nice,j'y ai vû une Histoire
manuscrite des Alpes Maritimes, par Joffred).
avec ses Recueils en vingt paquets, que je trouve
aussi bons que l'Ouvrage même,et qui contiennent
des Pieces bien curieuses et beaucoup d'originales.
L'un de ces Paquets étoit rempli de Lettres
des sçavans avec qui Joffredy étoit en relation.
J'ai lié quelque négociation avec les Héritiers
pour acquérir ces Manuscrits, que je mec-,
trai en mouvement a mon retour.
Genes fournit à la curiosité par la magnisicence
des Bâtimens
,
mais peu pour la Litterature,
qui y est très négligée. J'y vis pourtant une Bi-
1. Vol. bliotheque
bliotheque qui se forme chés les Peres de Scholé
Pié.. pour les Humanités, avec beaucoup de goût,
et où se trouvent tous les meilleurs Livres en ce
genre , et de bonnes Editions des Auteurs.
J'aurois fort souhaité d'aller voir la Bibliothèque
Aprosiana., à Vintimiglia,qui a quelque
réputation, mais il n'y a pas eû moyen d'aborder.
De Genes nous avons été par Mer jusqu'à Lerice;
de-là nous nous sommes rendus par terre
à MIISSa., et à Carrara, pour voir où se forme
ce beau Marbre blanc
,
qui fournittoute l'Europe
, et nous nous sommes un peu reposés à Lucques.
J'y ai fait connoissance avec le P. Manzi,
de la Congrégation dite di Madré di Dio
,
qui a. traduit toutes les OEuvres du P. Calmet en Latin,
et qui a donné à Lucques une Edition de la Discipline
de l'Eglise du P. Thomassin, aussi en
Latin, avec de courtes animadversions que je
n'eus pas le temps de parcourir pour en pouvoir
juger; il a réimprimé aussi les Conciles en un
vol. in-folio. Il va donner une Edition de Baronius
, avec la Critique du P. Pagy à côté, et
la Censure du P. Pagy, dans une autre colonne,
aux endroits qui la mériteront. Il n'y a aucune
Histoire de Lucques imprimée, la République
ne l'ayant jamais voulu permettre; mais on en.
a plusieurs manuscrites de differens Auteurs.
J'en ai acheté une d'un Alexandre Spada, où il
est parlé d'un Chevalier de Malthe,nommé
Montreal
, que l'Auteur dit Provençal. Il vivoic
vers 1350. et conduisoit une grande troupe de
ces Bandes qui couroient les Pays et les mettoient
à contribution. Il fit beaucoup de bruit
dans ces Contrées et y étoit très-redouté. Je
n'en avois jamais oui parler.
1. Vol. G ij Nous
Nous avons vu à Pise le P. Grandi, Camaldule,
"ra.ne Mathématicien,mais les Espagnols qui
y sont avec le Duc de Montemar
, et qui ne paroissent
pas songer à quitter le Pays, nous en
chasserent par la difficulté d'être bien logés.
Je commence à m'arrangerici, devant y faire
quelque séjour. J'avois fait connoissance avec le
P. Politi, qui traduit l'Eustathius, sur Homere,
et qui me paroît un très bon homme et officieux.
mais il est parti pour Pise,où il est Professeur
des Belles-Lettres.
J'ai déja trouvé à la Bibliothèque Laurentiana
et ailleurs,divers Manuscrits des Troubadours.
J'ai apris à Luques que la Famille de Diodati
y subsiste encore, et que ceux de Geneve en desr
cendent.
J'ai trouvé ici Le Lettere memorabili dell Ahbate
MichaeleJustinianiPatritio Geneveze.3. vol.
in 11. Roma, 1667. 1669.et1675.Dans le
premier volume se trouve la Lettre de Suarez sur lesMédailles,où on lit COL.CABE. qu'il
explique de la Ville de Cavaillon. Elle est écrite
à François Godefroy, datée de Preneste le 9.
Juin 16n. On attribuoit auparavant cette Médaille
à une Ville d'Afrique. Le P. Hardoüin
s'est aproprié sans façon cette Découverte.
Dans le même premier volume il y a une autre
Lettre adressée au P. Nicolas Balducci, du iS.
Juin iéls. sur une Monnoyeparticutiere, trouvée
dans un Sépulchre Chrétien,et sur le sens
du Mot Pulverarinm. Cette Lettre est fort sçavante.
Une autre encore au Seigneur François
Guisendi
, sans date, sur la Poësie et la
Musique des Hébreux, dans le IIIe volume.
Ces Lettres sont toutes en Italien, quoique peut-
1. Vol.être
être elles ayent été écrites en Latin,car FEdi*
teur a traduit en Italien toutes les Lettres qu'il
publioir.
Enfin dans le premiervolume de ce Recueil il
y a six Vers Latins de Suarez, en l'honneur de
18. petits Garçons de la FamilleJustiniani, qui
furent pris par les Turcs dans l'Isle de Chio, et
ensuite tués à Constantinople pour n'avoir pas
voulu renoncer àlaFoy.
Je vous envoyé le Prospectus du grand Ouvrage
de M Gori,sur les Monumens Etrusques,
dont l'executionavance,et pour l'acquisition duqüel
on ;bt encore à temps à souscrire. On attend
cet Ouvrage avec toute l'impatience que le
mérite du Sujet et l'érudition de l'Auteur peuvent
donner.
AvvisoDEU' OPERA INRITOLATA
Museo Etrusco, ai Anton. Francesco Gori, Professore
di Storie nello Studio Fiorentino.
Avendoioillustratotutte leANTICHE INSCRIZIONI
Greche e Latine, le quali sono nelle Città
della Toscana
,
comprese in due Volumi, i
quali sono stati gia dati in luce,ilterzodelle
quali arricchito di XL. Tavole si pubblicherà
quanto più presto sarà possibile: ho deliberato
d' intraprendere coraggiosamente un altr' Opera,
insigne per la grand copiad'antichi Monumenti
la quale,piacendo a Dio, condurro a fine, se
come mi giova sperare , non mi mancherà il favore
, e l' ajuto di queHi Uomini illustri, i quali
non solamente hanno in pregio le memorie d'cn'.
erudita Antichita,ma ol tre modo ancora sigloriano
di dar mano, e di prestar favore alli studi
de'letterati.
Quest' Opera adunque abbraccerà tutti i piii
I. Vil* C iij iasigni?
insigni,eragguardeboli Monumenti degliantichi
TOSCANI;i quali finorasono inediti, compresi
indueVolumi in foglio; i quali potranno
aggiugnersi alla grand' Opera del Dempstero poichè , saranno della medesima una giunta ricchissima.
11 primo Volume conterra dugento Tavole
intagliate, le quali ci rappresenteranno le figure
degli Dei antichissimi, adorati dai nostri Toscani
; di poi una buona quantità di Patere ,o di
Tazze , o d'altri instrumenti da sacrifizio
,
ne'
quali sono intagliate di graffito molte figure: di
poi i Vasi, ornatidi pitture bellissime, le quali
sono le più antiche
,
che a noi siano pervenute , piene di molta, e recondita erudizione; ricavate
sepecialmente da quei Vasi, i quali si conservano
nella Biblioteca Vaticana
,
acquistati poco sa
perornamento della medesima dill Sommo Pontefice
CLEMENTE XII. felicemente regnante. In
oltre daro alcuni Anelli
t e Gemme intagliate dai
tecchi Maestri Toscani, lequali sono ragguardevoli,
e rare; similmente vari Pesi,e Monete,
in oltre cento, e forse anche più
,
Urne sepolcrali
di marmo,o di terra cotta, ornate d' inscrizioni,
e di basso rilievo; lequali poco fa
, avendo io a tal fine fatto un viaggio per le Città
della Toscana, ho procurato che sotto a miei
occhi fossero tutte disegnate, et di poi intagliateda
Vincenzio FranceschiniPittore,e Intagliatore
peritissimo, e diligi ntissimo : dalle quali si
raccolgono,e chiaramente si mostrano i vari
ritÏ, le lustrazioni fatte coll' acqua ,col fuoco,
e col sangue,ed i costumi
, e le usanze degli
antichissimi popoli della Toscana.
Nel secondo Volume in primo luogo porro
le mie Spiegazioni, ed Osservazioni sopra cias-
I. Pot. cuna
tuna delle dugentoTavole, di poi ne seguirrnno
sei Dissertazioni; delle quali la prima trattera
della Teologia degli antichi Toscani, spettante il
culto degli Dei; la II. della Mitologia,chc riguarda
le Favole; la III. della Tisiologia, concernente
i Sacrifisi, le Lustrazioni, et le Feste j
la IV. dell' Etologia,cioè de' costumi, edell'
usanze de' medesimi nelle guerre , nei giuochi ,
nelle cacce, neiconviti, nelle nozze, nei funcrali
; la V. della Lingua, dell' Alfabeto, delle
Lettere, et de' Monumenti degli antichi Toscani.
Il più curioso, e degno di maravigha,et di lode si è, che soggugnieto l' interpretazione delle
INSCRIZIONE ETRUSCHE,che il primo di tutti
ha fatta
, anco ai miei preghi, il dottissimo
, e
di tutte quasi le lingue intendentissimo SIGNOR.
LODOVICO BOURQUET publico Professore di Filosofia
j il quale mi cominunicherà ancora altre
cose, che egli ha osservato per conoscere ,
e in
tendere l' antica Lingua de' Toscani. La VI.
Dissertazione tratterà delle cose inventate dai
Toscani antichi, delli studi, e delle art; le quali
cose tutte si mostreranno coll' autotità degli antichi
Sctittori,e delle Sculture,e delle Picture
Toscane. Non sto a dir nulla degli altri ornamenti,
fregi, e finali, che coroncranno ,
edabbelliranno
quest' Opera.
Ddle dugentoTavole promessegià ne sono state
intagliate LXXX. à mie epese. M: ora vedendo
io
,
che per fare intagliare quelle che ci restano,
e per fare stampare le Spigazioni, e le Osservazioni,
et le Dissertazioni ancora, non possono
reggere atanta spesa lemiedeboli forze,con
questo Avviso,che fo precorrere, piego, e supplicoinstantemente
tutti quelli, i quail si pregiano
di favorite, et di promovere gli studi delle
I. Vol. G iiij belle
belle arti, che si degnino di darmi ajuto, et co-
Jlle porta l' uso introdotto, di sottoscrirersi,
a quest'Opera, colleappresso condizioni.
Ricevcrannoi Socii sottoscritti questi dueVo-
.lr.ní srampati'zonbellissimi caratteri, senz'
~ahiispesa
,
nelmese di Giugno dell' anno
M. DCC. XXXVII:purehédentroa1mese diSettembreii quest'annaM. DCC. XXXV.
paghino,o facciano pagareame P.Anton.FrancescoGon
autore di quest' Opera, Paoli LXXX.
Desideroche i sottoscritti sianno dugento
,
nè
piu
,
nè meno;
il nome de'quali mi pregero di
poire non solo sul bet principiodell' Opera,ma
encora se piu presto che sia possibile faranno
detto pagamento
,
lo faròincidere nella Tavola,
cheiodedichcero'ai medesimi,acciocchè sisappia
da tutti, e da quelli ancora,che dopo di noi
verranno,col favore,e ajuto di chi mi sia sortito
di dare alle stampe questi Volumi. Contatri
detti LXXX Paoli, io daro al Sottoscritto la
ricevuta fatta di mia mano per cautela, e per
sicurezza della fede data
,
e da osservarsi da me
santamente ; la qual ricevuta mi renderà nell'
atto di ricevere i detti due Volumi.
Quelli poi che non si saranno sottoscritti,
uscita l' Opera alla publica luce, sappiano
,
che
se la vorr anno comprare ,
bisognerà che paghino
ai Libraicentoventt Paoli. Sei mesi avanti che
i libri si bubblichino sara mia cura di farlo sapere
a tutti Con Avviso stampato. State sani
» e
favorite imiei studi.
L'Original dont nous donnons icilareprésentationexactementdessinée
et gravée,et qu'on
nousa confié, est le Couvercle d'une Boëte d'Yvoire
,
au-dessus duquel sont sculptées toutes les I.Vol, fiçurrt
figures et les Lettres de la même maniere qu'elles
sont exposées dans la gravure, laquelle est
de grandeur naturelle et entièrement conforme
au Couvercle en question.
Nous n'entreprenons point d'expliquer l'espece
d'Enigmequeprésentent les Symboles exécutés
dans cette Sculpture, ou le veritable sujet
historique quia donné lieu àce Monument, lequel
,au sentiment du R. P. de Montfaucon,
auroit pû tenir sa place parmi ceux de la Monarchie
Françoise ,si ce célebre Auteur en avoit
eu connoissance en temps et lieu. Nous nous
contentons de l'exposer dans ce Journal aux Recherches
et à la Critique des Curieux intelligens
et d'assurer le Public que nous nous ferons un
plaisir de lui faire part de es. qu'on voudra bien
nous adresser là-dessus,
ETATgénéral des différentes Suites d,
Médaillés antiques qui composent le
Cabinet de feu fil. Lebret.
OR.
Médailles et Médaillons des Rois Grecs et autres
, 3 1. parmi lesquels deux Médaillons de toute
beauté; l'un d'Arsinoë et l'autre de Berenice.
Suite des Médailles Impériales, 256.
Plus £4. Médailles ou Quinaires du bas Empire,
de Constantinople et autres.
Item. 19, Médailles ou Quinaires, tant d'or
pale qu'argent et cuivre doré.
Item. 13.Médailles modernes, y compris deux
Icus d'or et un Cromwel.
Totalité de l'or,383.
ARr,rNT.
Médailles etMédaillonsdes V illes Grecques 3 fiV
L. Voh G. v Médarllt,
Médailles et Médaillons des Rois Grecs,139.
Médailles Consulaires, 816. dont 741. d'argent
et 85 de bronze.
Suite des Empereurs,1680.il y a dans cette
Suite entre autres une Cornelia Supera de toute
beauté et plusieurs Médaillons.
Médailles doubles Consulaires Impériales et
autres, 1411.
MédaillesetMédaillons modernes,317,
Médailles de Papes et Jettons des Rois de
France, 89.
Totalité de l'argent, 4749.
Bronze.
Médailles Samaritaines et autres semblables,
Médailles de Villesau nombre de 1065
Rois d'Egypte
,
de Syrie et autres au nombre
de 304.
Poids Romains et Médailles Consulaires de
grand Bronze, 46.
Médaillons Grecs et Latins, 151.
Suite des Empereurs en grand Bronze, fo*»
Suite des Empereurs, en moyen Bronze.
1380.
Autre suite en moyen Bronze, de Médailles
Grecques et de Colonies. 1413-
Suite du siécle de Diocletion et de Valentir
ien, et autres, en grand, moyen, et petit Bron- Zr. Suite des Empereurs,en petit Bronze. 5-^4»
Plus, Médailles Consulaires de Bronze, 85.
faisant partie des 816. Consulaires cy-dessus.
Plus
,.
environ trois mille Médailles en divers
paquets ou sacs, contenant des doubles et
triples des suites cy-dessus.
Totalité du Bronze, 13124,
I. Vol.. R..aCArJ.TU.
Recapitulation.
Médailles d'Or, 383. pesant huit marcs sir
oncesetplus.
Médailles d'Argent, 4749. pesant cent quatre
marcs deux onces.
Médailles de Bronze
, 13124.
Ainsi cette collection est deplus de dix-huit
mille Médailles en tout.
Cet Etat a étédressé par Messieurs Laisné de
l'Académie Royale de Lyon, et Genebrier,
Docteur en Médecine, Antiquaires connus par
plusieurs Ouvrages, et choisis par Messieurs Lebret
pour travailler à la visite de ce Cabinet.
Les Amateurs des beaux Arts seront affligés
,
sans doute, de la perte qu'ils viennent de faire
en la personne de Jeanne d'Albert, veuve de Joseph-
Ignace-AugusteMainfroy- Jerôme de Scaglia
,
Comte de Verrue,en Piémont, Maréchal
des Camps et Armées du Roy, et Commissaire
Général de la Cavalerie legere de France,qu'elleavoitépousé
le H. Août 1683. et qui fut tué
à la Bataille d'Hochsret le 13. Août 1704. Elle
est morte à Paris le iS. Nov. dernier après une
longue maladie
,
dans la 67e année de son âge,
étant née le 18. janvier 1670. Elle étoitfille de
Louis-Charles d'Albert, Duc de Luynes, Pair
de France, Chevalier desOrdres du Roy, mort
le 10. Octobre 16'0. et d'Anne deRohan Montbazon
, sa seconde femme,morte le ty. Octobre
1684.
La Comtesse de Verruë étoit d'un caractere
aimable, elle joignoit à la Noblesse des sentimens
,un discernement
, une justesse d'esprit,
et des maniérés affables et engageantes,qui la
1..Vol. Gvj faisoient
faisoient égalementaimer et respecter. Sorti
amour pour les Tableaux étoit sa passion dominante
; aussi sa Maison paroissoit-elle un
Palais heureusement orné pour la gloire etpour k triomphe de la Peinture et du goût. Eneffet,
onauroit dit que la délicatesse la plus exquise,
et les Graces les pluscapables de flater l'organe
de la vûë
,
avoient présidé au choix de chaque
morceau. Elle se connoissoit parfaitement, et
n'avoit besoin pour se déterminer à acquérir,
ou pour rebuter un Tableau,que de ses propres
lumières
, et dusentiment plus ou moins agréable,
qu'elle éprouvoit en le voyant d'abord. Les
sujets bas, trop sérieux, et trop tristes, quelque
mérite qu'ils eussent d'ailleurs, nelui plaisoient
pas; moins encore ceux qui parés d'un
grand nomet d'une filiation respectable,étoient
dénués de graces, et de cette imitation naïve at
simple du beaunaturel, qui saisit etenchanteles
yeux; ainsi les grandes et sublimes Compositions
des plus fameuses Ecoles d'Italie
,
plus
propres à toucher les Sçavans, que les gens de
goût, ne faisoient pas l'objet de l'admiration de
l'Illustre Dame, qui mérite àsi juste titre, le
tribut de louange que nous lui donnons, et les
regrets des Professeurs et des Amateurs de la
Peinture, quisententparfaitement la perte qu'ils
font. Nous ajouterons en finissantcetarticle,
sur lequel nous nous contraignons, pour ne pas
trop nous étendre, que le Cabinetde la Comtesse
de Verruë, quoique presque borné aux
Tableaux desgrands Maîtres Flamands et Hollandois
, étoiten ce genre une des plus grandes
et des plus précieuses Collectionsqu'ily eut en
Europe,etpréferable
, au gré de beaucoup de
justes Apréc¡.¡rc:urs, à quantité d'autres fameux
L.;'l.çJ. c~
et renommes Cabines, même à celui d'une crande
Reine,qui a été transporté de Rome à Paris
il y a quelques années, et dont oh a été à portée
de faire la comparaison.
La maniere dont l'illustre défunte a disposé
de quantité <1;Tableaux précieux en faveur de
quelques amis de'"disinction,ses dispositions
pour recompenser tout son Domestique, et la
place qu'elleadésignée dans le Cimetiere des
Pauvres, où elle a vouluêtre inhumée, par les
Pauvres même,prouvent également la solidité
desonchoix pour ses amis, sa reconnoissance
la noblesse de ses semimens et son humilité
Chrétienne.
l|, desLa Suite des Portraits des Grands Hommes ci
Personnes Illustres dans les Arts et dans les
Sciences,se continuë toujours avec succès, chés
Odieuvre
,
Marchand d'Estampes, Quay de l'Ecole.
Il vient de mettre en vente, et toujours de
la,même grandeur i.AntoineW:ATTEAU,del'Académie
Royale de Peinture, né à Valenciennes, mort à
Nogent. près de Paris, le 18.Juillet 1721. âgyé
d'environ 37. ans ,peint par lui-même et gravéar
B. Lépicié.
RO SA AL BAC ark tb R. A, de l'Académie
RoyaledePeinture, née à Venise
,
peinte par
elle-même
, et gravé par B. Lepicié.
?, Le Public est averti que le vraiSel de Polichreste
de M. Seignette, de la Rochelle, se vend
ils Paris, chés le sieur Doutreleau
,
Marchand
épicier, ruë et près S. André des Arts, àl'Imae
S. Nicolas, et à la Rochelle,chésM. Sei-.
nette rue des Augustins ; que celui qui se déite
ailleurs est suposé. I, l'd, AI2&
AI R.
Rossignols,
qui sous ces ombrages
r
Annoncez vos tendres désirs, e votre sort est beau! les plus ~charmaqp;
plaisirs
Suivent de près vos doux ramages ;
- Que n'ai-je la même douceur,
Dans ces lieux écartés où mon amour m'enta;
traîne!
Mais, hélas! pénetré du départ de ~Cliraene;j
Tandis que vos accents peignent votre ~bonheum
L'Echo seul retentit durécit de ma peine.
La Musique est deM. Fremeaux, OM
laniste de S. Aspais de Melun.
r»i.SPECTJCLL
Rt?/J{ç7l01. de j-*f~é>Jiié?&ii<A'\Z)ece/7i£7'*e .17315: .l;vpl.
SPECTACLES.
APrès 22. Représentions, les Comédiens
Françoisontinterrompu la
Comédie de l'Enf'nt Prodigue
s par l'indisposition
d'une Actrice.
Ils donnerent le 19. de ce mois,la premiers
Représentation de Childeric,Trageédienouvelle
de M. de Morand, avec
un très grand concours de Spectacteurs :
elle fut fort aplaudie. Nous ne manquerons
pas d'en parler plus au long,et
de raporter les sentimens du Public sur
ce Poëme.
Le 3. Décembre, les Comédiens Italiens
donnerenr la premiere Représentation
d'une Piéèce nouvelle en Vers et en
trois Actes, intitulée les Amans Assortis
sans le sçuvoir
}
de h composition de
Ai.Guyit de /ilerviîie,Auteurries Mascarades
Amoureuses, qui ont été si fort goutées
sur le même Theatre. Cette-derniere
Piéce n'a pas été si heureuse; l'Auteur
l'a retirée a près la seconde Représentaration.
Le 13, les mêmes Comédiens don-
I. Vol. ncren-t
nerent encore une Piéce nouvelle en umL
Acte, enVaudevilles et des Divertissemens,
intitulée Médée et Jason, Parodis
de l'Opéra,qui porte ce titre, et qu'on
joue actuellement : elle est de la compo-o
sition de M.Carolet,et aété fortaplaudie.
Ils avoient donné en May 1727. une
semblable Parodie de cette Tragedie, qtiliu
avoit été fort goutée ; on la trouve im-n
primée chés Denis de la Tour,oula veuves
Muguet,ruëdelaHarpe.Commeces
deux Pieces contiennent à- peu- près fa."l
même chose, et roulent sur le mê**:
me sujet, nous renvoyons le Lecteur ai
l'Extrait que nous avons donné de laxi
premiere Parodie, dans le Mercure des!
Juin 1727. I. Vol. p. 1205.
LES GAVLOIS y
Parodie de ltt.
Tragédie dePharâmond^V^.Roma- -
gnesi, représentée pour u premiers foÚ,
t
par les CorKcdicxs Italiens> le 1]. Sep- -
tembreiyy6. Extrait. LA nouvelle maniere qui s'est établie ,
depuis quelques années defaire des
Parodies, devroit nous dispenser d'enn
rendre compte au Public; nous ne pou- -i
vons nous acquiter des engagemens que e
nous avons contractés avec nos Lee-.
teurs, qu'en leur mettant deux fois le3
i,. roL- mêmes
même fond de Piece sous les yeux ; c'est
un inconvénient que nous devons éviter
, si nous ne voulons nous exposer au
péril de déplaire par la répétition d'une
même Piece » le seul parti qui nous reste
à prendre, c'est de ne donner qu'une
legere ébauche de ces sortes de productions
,
qui ne laisseroient pas d'être d'un
grand prix, si leurs Auteurs n'étoient
pas rebutés de la difficulté qu'il y a à
faire des Parodies, telles qu'Oedipe travesti
,
le MauvaisMénage>et sur-tout , Agnès de Chaillot. Ce n'est pas que le Sr
Romagnesi
Auteur de celle-ci, ne soit
très capable d'en faire d'aussi bonnes que
celles que nous venons de cirer; mais de
deux Genres,
il choisit le plus aisé; en
quoi il n'est pas blamable
,
puisque le
Public veut bien s'en contenter.
Nous ne donnerons donc que quelques
fragmens de la Parodie des Gaulois;
nos Lecteurs, pour se mettre au fait de
la, Piece, voudront bien nous permettre
de les renvoyer à l'Extrait que nous avons
donné de la Tragédie de Pharamond dans le Mercure d'Octobre , ,p. 2323.
La Parodie en question,qui ui a étéreçue
très- favorablement du Public, est en un
seul Acte,composé de 21. Scenes. A la
troisième Scene,Vindorix, principal MLI.
Foi nistre
nistre de Pharamond
, pour arracher ce
Prince à un amour qui lui fait oublier
le soin de sa gloire
, et la parole qu'il m
donnée à Gondebaud, d'épouser la Princesse
sa soeur ,
lui dit que ses Soldats
murmurent de son inaction, et même
qu'ils le chansonnent ; Vindorix chante
un cou plet qu'on vient de lâcher contre
lui, sur l'air,j'aimemieux ma Aiie angai;
Monsieur notre General,
Venu d'Allemagne,
N'aime point le bacchanal,
Qu'on fait en Campagne j
Avec sa Maitresse, à Rheim,
Il sable, loin des Romains,
Son vin de Champagne ,
Au gai,
Son vin de Champagne.
Après ce joli couplet, Vindorix prenant
un ton plus serieux, reproche à sont
Roy, son amour pour Arminie, am
mépris de ses engagemens avec Gondebaud;
l'Auteur de la Parodie reprocheà
l' Auteur de la.Tragedie un Anachronisme
de cent ans; mais le Public plus indulgent
que lui, y avoir fait si peu d'attention
, que le trop scrupuleux Censeur
auroit dû voir qu'il auroit pu s'é- J.Fol. pargnes
pargner la peine de chercher dans Mezeray
s une critique de si peu d'importance.
Le reste de la Parodie est semé
de découvertes plus heureuses et plus
essentielles que celle-la; en voici une
entr'autres
,
qui a paru très sensée aux
yeux des Connoisseurs ; elle est dans la
cinquième Scene. Vindorix ayant raconté
à Segeste, son Confident,son avanture
duCirque; Segeste lui répond
, en
parlant du Romain genereux qui l'a sauvé
de la fureur du Tigre, dont son fils
venoit d'être la victime à m yeux :
Par ma foy ,ce Romain étoit bien honnête homme;
Vous sçavez ce qu'il est, et comment il se nomme
,
Vindorix embarrassé
,
lui répond:
J'aurois dû m'informer de son nom,en effet;
Mais j'étois si troublé, que je ne l'ai pas fait,
Segeste
, peu satisfait de cette réponse,
lui repart :
Mais, Seigneur, tout au moins un tel bienfait
mérite
Qu'à son libérateur, on rende une visite;
Vous ne sçavez pas vivre.
Qu'on ne prenne pas à la lettre ce que
I. Vol.. nous
nous venons de dire de ce trait de critique
, qui a été avoiié des Connoisseurs
; l'Auteur de la Tragedie pouroit
se justifier là-dessus : l'horreur dont Vindorix
est penetré à la vûë d'un fils déchiré
à ses yeux ,
le peut fraper jusqu'au
point de lui faire oublier,ce que
la reconnoissance lui doit inspirer envers
son libérateur; son désespoir l'occu
pe tout entier; il ne peut trop tôt
quitter des lieux si funestes à son fils „
il doit compter pour rien, des jours malheureux,
qu'on lui a sauvés;joursquidoivent
couler dans l'amertume, après Il
perte d'un fils tendrement aimé,qui vient
d'expirer à ses yeux pour lui sauver iaj
vie; le Parodiste avoit un plus beau sujet
d'exercer sa censure *, c'est cette Fille
dontVindorix vient de dire:
Un Préteur l'enleva.
Il ne devoit pas partir de Rome, sans
sçavoir.ce qu'elle étoit devenuë,et san..
prier son Bienfaicteur d'achever son ouvrage
,en lui faisant rendre sa Fille; mais
l'Auteur de la Tragédie n'y auroit pas
trouvé son compte, et il y auroit perdu
une reconnoissance, qui a tiré beaucoup
de larmes ; voilà ce qui nous est revenu
de quelques critiques sensées, dont nous
I. FoL av&nfc
avons crû devoir faire part au Public.
Nous ne citerons plus qu'un trait
de cetteParodie; il regarde le serment
de Pharamond,que la plûpart des Spectateurs
ont trouvé absurde, attendu
qu'il est composé de deux parties,
dont la derniere anéantit la premiere.
Pharamond ayant juré de faire périr celui
qui a enlevé Arminie
, et d'accorder
à celui qui lui livreroit le ravisseur, tout
ce qu'il lui dernanderoit, à sa Couronne
près
,
Maxime, fondé sur ce double serment
,
vient se présenter à lui sans rien
craindre; voici un petit fragment de Scene
entre Pharamond et lui, au sujet de
la derniere partie du serment,et du
Ravisseur.
Maxime.
Queme donneras-tu? je tele faisconnoftre.
Pharamond.
Du prix de ce bienfait mon serment te Mmt
maître.
Maxime.
"t voici.
Pharamond.
Quoy ? Maxime !
Maxime.
Ouy;lui-même.
J. * Pharamond
Pharamond. 7
Ah!Morbleu!
Mais, Maxime ou quelque autre ,
il m'importe
fort peu. Maxime.
J'ai livré la victime,et j'attends le salaire,
Pharamond.
Parle sans balancer, je vais te satisfaire.
Exige, et je t'éxauce en ce même moment.
Que me demandes-tu?
Maxime.
De fausser ton serment.
Cette Critique a paru très-jusre et trèscomique;
il est bien vrai que dans la Tragédie
, Maxime se prévaut plus noblement
de l'absurdité du double serment;
mais cela n'empêche pas que le serment
ne soit très-digne de Censure. Nous n'en
dirons pas davantage. La Piece finit par
un Divertissement termine par un Vaudeville
, dont la Musique est de M.
Mouret.
Cette Piece paroît imprimée chéi
Prault, le pere ,
Quay de Gêvres
,
in 11,
prix 24. sols.
On continuë sur le Theatre de l'Opéra,
avec un plein succès, les Représen-
I.Fol. tations
tations deMedée et Jason. La Dlle Antier
)
premiere Actrice de l'Académie
Royalede Musique, et la premiere de
toutes celles de sa profession, continue
de remplir le principal Rôle
J au gré du
Public et des Spectateurs les plus delicats
et les plus difficiles: en effet, le
caractere de Medée n'a jamais été exprimé
avec tant de finesse,deforce et
de naturel.
On prépare l'Opéra de Persée, pour
donner a près celui-ci.
LTARODÎE
sur l'air des Guerriers dt
l'Opéra de Medée et Jasont an pre.. mier Acte.
On, je ne veux plus aimer Aminte i
C'est trop vivre sous sa loy.
Viens à moi,
Viens ma pinte,
Viensàmoi,
Je n'ai recours qu'à toi ; ,
Vienscombler mes voeux;
Brille à mes yeux;
Eteins mes feux.
Quel vin! qu'il est charmant!
Dans ce moment
1-e suis heureux Amant.
I. Vol. Que
Que d'attraits!
Ca Laquais,
Qu'on s'empresse;
Versez moi tout plein,
Versez moi jusqu'à demain;
Versez de ce jus divin,
Il est l'objet de ma tendresse;
Versez moi tout plein,
Versez moi jusqu'à demain,
On se passe de Maîtresse,
Quand on a de si bon vin.
',MAReHE des Bostangis du Ballet dtt
Indes Galantes. Le Voluptueux, Pcm
rodie, par M. Fuzillier le fils.
Point
d'excès.
fLe plaisir en a plus d'attraits,
Je fais tout,
Tant que le coeur y prend du ZcJ&
A l'amour
Je ne donnai jamais le jour;
Et la nuit
Suffit
A mes voeux ;
A mes feux;
Je suis heureux.
Jeprends le matin
1. roi. De
Du vin,
Etjefinissoudain,
Si je toucheà ma fin.
Liberté
De toi nous tenons la gayeté :
Chers amis,
A table tout nous est permis. à chantons,
Rions,
Caressons,
Etvuidons
Quelque, façons ;
Mais que le rafinement
Nous rende ce moment
Délicieux,charmant.
ç Les Dieux
,
Placés au banquet dans les Cieux t
Goûtent à loisir
Leplaisir.
Moi,
Je m'en fais une douce loi.
En tout temps ,
Messens
Animés,
Enflamés,
Restent charmés.
Qu'ai-je à désirer de plus ,
1.Vol., H Qiand
Quand je reçois ce jus
DsmainscemaVcous,
On aprend de Naples. que le 4. dumois der.
nier le Roivureprésentermuleïh,J,r de
S. Barthélémy,un jaouvcl Opéra,-u;itiylj&Al&
xttndre dans lesJndts Le grard tipuibie<KIUS—
très et ae Girandoles,dou't la Salle éoir éclairée,
larichesse des tapis, donttoutes lesogcs,
et paruculierement cette du Roy,étoiertornées,
la magnificence des habits ces Seigneurs
et des Danes de la Cour, rendirent ce sp ctacle
extrêmement pompeux , et l'Opéra fut tort
goûte.
NOUVELLESETRANGERES
TURQUIEETPERSE.
ON a apris par la voye de Russie, que Thamas
Kouli- Kan avoir dépêche un Officier
Persan au Grand Seigneurpour lui porter la ratification
du Traité de Paix conclu dernièrement
à Etzerum par les Ministres WcxiipoteuuaiKfc
des deux Puissances ;que depuv$; Je, départ de
cet Officier, les Troupesquiformoient le Blocus
de Bagdad
,
s'étoient rentrées de devant cette
Place,et que Thamas Kouli-Kan avoir séparé
son Armée.
Les mêmes Lettres marquent qu'en exécution
d'un des articlesdu Traite SI,.?;I é par le Grand
Seigneuret parThamasKouli Kan,Sa Haujesseavoir
ordonné de ne plus exposer à l'ave-
I. Vol. 'ni?
nit dans les Basars ou Marchés publics aucun
Jïscla e qui fut Persan ou Georgien
4
de donn r
laiiDeué àtousceuxdecesdeux Nations q ui
sont actuellementen esclavage,et de pamettreà
ceuxqui voudroient retourner en Per e,de quitterla
Turquie ; qu'elle vouloir que ceux qui
étoient actuellement entre les mains des Marchands
d'Enclaves
,
fussenr rachetés à ses dépens
par les Lieutenans de Policede chaque Ville ,et
que les Maîtres donnassent des apointemens 4
ceux qu'ilsengageroientàdemeureràleurservice
, et les traitassent comme des Domestique
libres.
, On aapris depuis que ce fut le 29. Septembre
, que s* fit l'échange ots ratifications q
Traite conclu entre les Turcs et lesPeisans;
Ajue le 30 du mois d'Octobre Baki Kan, Am-,
bassardeurExtraor dinaire,etMinisrtPiémpo»,
lentiai e le Thamas K )U]I Kan avoir eu son,
Au lance ,'e congé tuGrand Seigneur, qui lui
avoitfait présentd'un Sobreenrichide Damans
et que Sa Hauttssedevoit mvoyer incessamment
un Ambassadeur à Thamas-Kouli-
Kain, pour le feliciter sur son avenement ag
Trône de Perse.
LETTRE écrite de Constantinople le 8.
* S'p'erhbre1756. au sujet du nonvems
Roy de Perse. -
THamas Kouli Kan
,
Monsieur, est natif
d'un Bourg ou Village de la Province de
Chorassan, appellé Afichetr
,
à trois journées dr
Mached
,
où est le Tombeau de l'Iman Biza Son Pere, dont i on ignore le nom ,
étoit l^tre I. Fot. e e ij oy
ou Berger ;
le Fils suivit cette même Profession
, mais étant né avec des sentimens pfusecvés,
et ayant un grand fond d'ambition il s'en
lassa bientôt, et après avoir enlevé à son Pue
septmille MOQ[Qns,iI aliales vendre à Muchcd;
il se servit de l'Argent de ce vol pour rassembler
une troupe de Bandits, dont il se tit le Chef,
et avec lesquels il détroussa plusieurs Caravanes
, ce qui l'enrichit extrêmement;il conuttua.
cette vie criante et vagabonde pendant plus de
sept ans, et jusqu'à la prise d'ispaham par les
Aghuans. Schah-Hussein, avant la reddition de
cette Place en avoit fait sortir son Fils Sclnh-
Thamas
, et l'avoir envoyé dans le Mazandran
,
et dans l'Astrabat pour y lever une Aimée, pour
soustraire en même temps ce Prince des mains
de ses ennemis ,et pour avoir un vengeur, au
cas qu'il eut le malheur de succomber sous les
efforts des Aghuans.
Ce fut dans l'Astrabat que Nadir-Kouli, qui
est le nom que ponoitalorsThamas-Kouli-Kan,
vint offrir à Schah-Tlamas ses trésors et ses
troupes, qui montoient à environ 5000. hommes,
et s'engagea de le l'établir sur le Thrône
de ses Ancêtres
,
à condition que s'il réussissoit
dans cette entreprise, Schah-Thamas le feroit
5on Premier Visir, et que s'il suçcomboit dans
son projet, il sesoumettoit à perdre la têt('.:-
ce Prince accepta ses offres, le baisa au front,
et lui dit qu'il le regarderoit doresnavant comme
son propre Pere; ce fut alors qu'il quitta le
nom de Nadir pour prendre celui de Thamas-
Kouli-Kan
,
qui veut dire Esclave de Schah-
Thamas
, pour marquer qu'il étoit entierement
dévoué au service de ce Prince.
Le premier exploit de Thamas-Kouli Kan
I. Vol. prs
après cette convention
,
fut la prise de Mached,
dont le Gouverneur s'étoit soumis auxAghuans )
Schah-Thamas l'accompagna dans cette expédition,
etrestadanscette Ville après sa reddition
pendant que Thamas-Kouli-Kan alla soumettre
la Province de Herar,dont il prit le Gouverneur
nommé Hassach-Adhulla
,
à qui il fit
couperla tête, laquelle il porta lui-même à
Schali-Thamas. A son retour les forces de ce
Prince étant considérablement augmentées, lui
et Thamas-Kouli-Kan projetterait l'attaque
d'Ispaham,qui fut pris après un siège de quelques
mois
, et oÙ Thamas-Kouli-Kan donna
des marques extraordinaires de son activité, de
sa prudence,et de sa valeur. Je n'entrerai point
ici, Monsieur, dans un détail circonstancié du
reste desExploits,et des Entreprises de ceRestaurateur
de la Perse; il suffira de dire qu'il a
entièrement dissipé les Aghuans, qui avoienc
presque subjugué ce grand Empire, et qu'il a reconquis
toutes les Provinces que les Turcs et les
Moscovites en avaient usurpées.
Il y a sept mois qu'il s'est fait déclarer Roy
après avoir fait mourir Schah Thamas
, son
Maître, et ensuite tous les Princes de la Maison
des Sophis, avec plusieurs Seigneurs Persans, qui faisoient ombrage à sa Royauté naissante.
Il se fait appeller Schah-Nadir, et on voit
Sur les Monnoyes qu'il a fait fraperà son coin,
j'inscription suivant.
Sebach-Nadir jïlemdar Char-Kioche.
qui signifie
,, Le Roy incomparable, Souverain
„ des quatre Parties du Monde.
Il a environ 50. ans, il a l'air majestueux, étant d'ailleurs robuste, et endurci à toutes sortes
de fatigues, grand mangeur, buvant beau-
1. Fol. Hiij coup
coup de Vin, et de Liqueurs,et fort adonné
aux femmes.
Il a deux garçons et trois fillesqui lui sont
nés dans letemps qu'il étoit Berger. L'aîné des
Garçons a 15. ans, et a été fait Gouv,rac-ur de
MacKid et le cadet, dont on ne sçait pas l'âge,
Gouverneur d. Herat.
Il - a épousé en secondes noces une Princesse
de la Maison du dernier Schah
,
dont il a es
jusqu'icideux Garçons et deux Filles.
Son Pere est mort, mais sa Mere vit encore, il a aussi deux Freres, dont l'un est Gouverneur
du Kirman
, et l'autre de Tauris.
Quoiqu'il fasse observer une exacte discipline
à ses Troupes,qu'il a mises sur un pied aprochant
de celles d'Europe, il est fort aimé des
Soldats, tant parce qu'il partage avec eux les
périls et les fatigues de la Guerre, que parce
qu'illeur fait dé grandes largesses.
On a toujours remarqué en lui beaucoup d'équité
et de générosité, même envers ses ennemis
, ayant traité avec douceur les Prisonniers
de Guerre
,
et fait rendre les honneursfunebres
à Topal-Osman-Pacha, et à Abdullah- Cuppruly
Pacha
,
Généraux des Armées Othomanes,
qui ontététués dans deux différentes Batailles
qu'il a gagnées sur les Turcs.
Lorsqu'en dernier lieu on eut reconquis la
Géorgie, et pris Tiflis. les Peres Capucins Missionnaires
, qui sont dans cette Ville sous la
protection de France, allèrent le saluer; illes
reçut le plus gracieusement du monde, les fit
asseoir auprès de lui, et les combla de politesses
, il leur demanda d'abord s'ils étoient François
ou Allemands, et ces Peres ayant réponde
qu'ils étoient François,il leur dit qu'il avoiç
I. Vol toujours
toujours eu beaucoup d'estime et d'amitié pour
cer e Nation, et une grande vénération pour
l'Empereur de France;qu'il avoir une juste idée
de ses forces et de sa puissance, et que ses Sujets
seroient toujours traités avec distinction
dans ses Etats. Il confirma tous les Privilèges
de ces Missionnaires
, et leur dit qu'il les regarderoit
toûjours comïrt- ses Freres; il ordonna
sur le champ aux Gouverneurs, et autres Officiers
iit la Géorgie d'avoir tous les égards possibles
pour eux, sous peine d'être châtiés aveo
la derntere sévérité. Les Capucins profitant de
cette heureuse disposition, lui demanderent sa
protection en faveur des Jésuites François établis
à Chamakié. et pour leur Eglise; Thamas-
Koali Kanentendant parler de Chamakié,se
mit à sourire, et leur dit que cette Ville avoit
mérité sa colere et son inJInatiol1, qu'il se
proposoit de la détruire de fond en comble,d'y
faire passer la Charrue et d'exterminer tous ses
Habitans; que pour ce qui regardait les Jésuites,
illesdédommagerait,et leurassigneroit
quequ'autre lieu qui ne seroit pas maudit de
Dieu.Ces Peres en prenant congé de lui, lui
offrirent quelques Boëtes de Thériaque et
d'autres Médicamens ; il leur donna quarante
Sequins, en leur disant qu'il étoit bien fâché
de ne pouvoir pas reconnoître plus généreusement
leur politesse, mais que c'étoit là
tant l'Argent q u'il avoir sur lui.
eScah-Nadir est de la même Secte que les
Turcs; il a été reconnu pour Roy de Perse par
Je. Grand Mogol
,
qui lui a fait à cette occasion
des présensqu'on estime monter à plus de trois
millions. Je suis, Monsieur,&c.
11 I, Vol. Hiiij• DANDANNEMARCK.
ON mande. de Copenhague,que le Roy y
1 avoit établi une Banque semblable à cell
de Londres, et dont le fond consistera en cincl.
cent mille écus; que cette Banque escomptera us
ks Lettres de Change et prêtera à quatre pour
cent; que chaque Action de ceux qUI prendront
intérêt dans cette Banque,sera de 500. écus;
que les Intéressés é iront deux Syndics pour en • avoir la régie, conjointementaveccinq Négocians
de réputation. et que le Roy nommera,
troisCommissaires qui auront inspection sur [
ce qui se passera dans les Assemblées des In-;
teressés
, sans cependant y avoir voix délibérallye.
ALLEMAGNE. 0N aprnd de Hambourg que le 25. du
mois dernier on y essuya une violente tempête
qui a causé des dommages considérables
dans cette Ville et dans les environs.
La Marée, qui fut aussi haute qu'en 1717;
inondaentierement la Basse Ville,et ses progrès.
furent si rapides qu'on eut à peine le temps de
retirer une partie des Marchandises qui étoient
dans les caves et dans les Magasins.
Plusieurs Vaisseaux dérivèrent sur leurs ancres
et furent fort endommagea. Un Bâtiment -
venant d'Archangel, périt sur l'Elbe
, et toutes
les personnes de l'Equipage furent noyées. Ily
eut plusieurs Digues de rompuës, du nombre
desquelles est celle qu'on avoit élevée près de
Freybourg dans l'Archeveché de Bremen.
Plusieurs maisons ont été emportées par les
1. Vol. caux Ir
) eaux , et on prétend que la perte causée par cette
tempête aux Habitans du seul district de cette
Ville, monte à plus de deux millions d'écus.
La nuit du premier au 2. de ce mois, il s'éleva
Un vent de Nord aussi violent que celui du 2 5.
du mois dernier, et la Basse Ville fut inondée
une seconde fois.NeufVaisseaux ont péri près.
du Heyligland, et l'on a reçû la nouvelle du
naufrage d'un Bâtiment qui étoit parti de Hambourgquelques
jours auparavant et dont on n'a
pû sauver l'Equipage ni les Marchandises.
ITAr,IE. UN Neveu du Duc d'Ormont a quitté les
Troupes du Roy d'Espagne,dans lesquelles
il servoit avec Brevet de Colonel, et ayant pris
l'habit (je Capucin, il a fait son noviciat à Cesene
, où il a distribué ses biens aux pauvres.
On écrit d: Naples, du I. Septembre,que
le R. P. François, de la Compagnie de Jesus,
venoit d'en partir pour Rome,dans le dessein
de passer au Japon avec plusieurs autres P P. de
cette Compagnie: on aprend qu'ils y sont apellés
pour la Mission du Japon par les Portugais
après ? en avoir été autrefois chassés par les Hollandois.
Sur la fin du mois dernier, les Religieux de la
Chartreuse de S Martin, envoyèrent au Roy
v selon la coûtume ,un présent de toutes sortes.
de Fruits et de Confitures, et trois grandes Cagesremplies
de Paons blancs et autres Oiseaux rares.
On écrit de Genes que les Lettres de M. Rivarola
marquent qu'on avoir reçû à la Bastie la
Confirmation de la nouvelle du départ du principal
Chef des Rebelles, et depuis on aapris
I. rel. H v qwl
qu'il étoit débarqué à Livourne, qu'il y avoir
demeuré peu de temps, et on ignore quelle route
ila prie.
La République ayant promis de donner aux
autres Chefs des Rebelles toutes les sûretés qu'ils
demanderoienr pour leurs personnes et pour leurs
biens. plusieurs d'entre eux ont déjà eû des
Conférences avec les Commissaires qu'elle a
nommés.
Les dernieres nouvelles qu'on a reçues
, portent
que ceux des Rebelles qui persistent à ne
vouloir point se soumettie , ont fait publier une
défense à tous leurs adhérens, d'avoir aucune
communication avec les Commissaires de la Ré.
publique, sous peine de mort et de confiscation
de leurs biens.
On a apris de Livourne, que c'étoit un Bâtiment
François quiy avoit conduit le principal
Chef desRebelles de Corse, et que le Capitaine
ce ce Bâtiment, pour avoir abordé contre les
défenses de S. M.T. C. dans un Port occupé par
les Rebelles,avoit été mis aux arrêts à la réquisition
du Consul de la Nation Françoise.
Les Lettres de Florence du premier de ce mois,
confirment que ce Chef des Rebelles y arriva le
12. Novembre travesti en Ecclésiastique, et qu'il
en étoit parti le même jour avec le nommé Costa
, duquel il étoit accompagné. On a depuis
apris par quelques passagers venus à bord du
Bâtiment sur lequel il s'est rendu à Livourne,
qu'avant son départ de Corse il avoit assemblé
à Sarsenna les Rebelles dont il avoit reçû le plus
Je marques d'attachement, et qu'il leur avoit dit
qu'il ne vouloir pas les laisser dans une plus longue
incertitude, que leur confiance exigeant de
lui un effort particulier, il avoit résolu d'aller
1. Vol. chercher
chercher lui-même le secours qu'il leur promertait
depuis si long-temps,quetousl'avoient assuré
qu'ils persistoient dans leur premiere résolution
qu'ils lui remettoient le soin de leurs interêts
et de leur salut, et qu'il pouvoir agir àcet
égard de la maniere qu'il jugeroit à propos
; qu'il avoir nommé ensuite trois d'entre
eux pour commander en son absence, que le
jour rte son départ, ses plus affidés l'avoient ac.
compagné jusqu'au lieu de son embarquement,
et qu'après les avoir embrassé plusieurs fois, il
les avoit assuré en montant sur le Vaisseau, qu'ils
le reverroient bien-tôt et qu'ils auroient lieu d'être
contens du succès de son voyage.
E SPAG N E.
L E 31. Octobre,le Pinque le S. Antoine de
Padoüe, commandé par Don Juan Macharo,
découvrit à la hauteur de Tarife, une Galiotte
Barbaresque, qui avoit fait plusieurs prises dans
la Barre de San Lucar, et qui donnoit la chasse
à un Bâtimentchargé de munitions de guerre
pour Ceuta. Don Juan Matharo attaqua cette
Galiotte, et ayant gagné le dessus du vent,tl
lui tira plusieurs coups de Canon à Boulets rouges
, dont un mit le feu aux Poudres des Ennemis
et fit sauter en l'air une partie de leur Vaisseau.
Les Maures ont eu en cette occasion 16,
hommes de tués ou de noyés et onze de blessés,
17.quis'étoient jettés dans la Mer lorsque leur
Bâtiment fut prêt de couler à fond, en ont été
retirés et ont été coniuits à Ceuta, où Don
Juan Maitharo arriva le même jour du Combat.
It n'y a eu personne de rué du côte des Espagnols
, et le Pinquen'areçü d'autre dommage
I. rl. H viqu
que d'avoir lacoile du Trinquetemportée.
Le ig. Novembre,le Roydonnà le Collier d&
l'Ordre de la Toison d'or au Duc de Villars,
qu'elle avoir nommé il y a quelque-temps Chevalier
de cet Ordre,à la place du feu Maréchal
de Villars,son Pere. Le même jour, le Duc de
Villars se couvrit devant S. M, en qualité de
Grand d'Espagne de la premiere Classe; et le
Marquis de Villa- Hermosa, qui a été déclaré
Grand d'Espagne de laseconde, sous le titre de
Comte de Valparasio
t eut le même honneur.
On, mande du Paraguay , que le 16. du mois.
de. May de l'année derniere, pendant que le Pere,
Julien;Lisardi,de la. Compagnie de Jésus, lequel.
étoit en Mission chés la Nation Sauvage des
Chiriguans, célebroitlaMessedans le Bourg;
de Tariguea
, une Troupe de Sauvages écoit venu
l'arracher de l'Autel ret qu'après avoir mutilé
les principales Images qui écoient dans l'Eglise
et l'avoir réduire en cendres, ces infideles,
avoient tué ce Missionnaire à coups de flèches*
Le Corps de ce Prêtre
,
qui était,né a Astcasn , dans la Province de Guipuscoa,et qui étoit âgé;
de 38. ans, a été porté à Tarija, oùon,luia
renduleshonneurs dûs aux Martirs.
A F RI^U' E. oN' a apris du Royaume de Maroc ,qu'une
partie de l'Armée des Noirs ayant aban--.
donné les intérêts de Muley Abdallah, avoir,
proclamé Roy Muley Hamet Bcn-Lariba ; que.
le nouveau Roy
,
aprdri s'être emparé de la Villede
Fez., avoit attaqué les Troupes de Muley-
Abdallah et les avoit entièrement défaites; que-
Muley-Abdallah,,sut la aouyellc de la victoire:
¡.. VoLremportée:
remportée par ce prince,s'étoit sauvé de Meq-
uinez avec ses trésors, ec s'étoit retiré dans les
Montagnes. Muley-Lariba, afin de s'attacher
davantage les Habitans de Fez
, a épousé la tille
d'un des principaux d'entre eux. Comme ce
Prince a la réputation d'être équitable et debonnaire,
ceux de son parti se promettent que son
Regne sera heureux et tranquille. Les Habitansdela
Villede Fez et ceux des autres Villes qui
sont soumises à Muley Lanba, se sont engagés
a lui fournir tous les ans trois cent mille marcs:
cpargcnt.
COMBAT donné entreune Escadre de
Vaisseaux de Malte, Commandét par
le Commandeur B Thomasi, Lieutenant
Général, et une Escadre de Vais
seaux Algériens, CmvaniL par Hidgi
Soliman Pantas sareschy Amiral ci'Al.,
ger.
L1 Escadre de trois Vaisseaux de Malte se
trouvant le 27, Octobre dernier àla hauteurs'Alicante
on donna avis au Commandant
qu'il y avoit trois Vaisseaux Barbaresques sous
le Cap de Palos:et poursignalement, quele
plus gros, de 64. pieces de Canon, avoit lesr
Garittes rouges, et les dehors de la Poupe de
couleur bleuë
, avec un grand Soieil au milieu ;
que le second étoit de 50. Canons, et le troisième
de 40. Cet avis fut confirmé par différens
Vaisseaux Marchands.
Le 19, on aprit sous Carthagene
,
qu'on avoic
vû le jour précèdent des Vaisseaux de Barbarie, l, yolr SOUS
sous le Cap de Gatté, bordant les Côtesd'.A£ri«J
que, et depuis ce jour-là il n'en vint aucune
nouvelle aux Vaisseaux Maltois.
Cependant le Commandant de l'Escadre jugeant
que les Ennemis pouvoient avoir pris la
route du Détroit de Gibraltar,fit forcer de-Voiles
de ce cô;é là, mais les vents ne permirent
pas de pouvoir le passer avant le soir du 2. Novembre.
Ayant apris
,
après l'avoir passé, que
depuis huit jours on n'avoit vû aucun Vais.
spau qui parût être Corsaire, il rentra le4. dans
la Méditerranée, et le jour suivant dans les Meu.
du Cap deMulint,où les Vaisseaux de Malte
en découvrirent sur le soir trois, qui couroient
à l'Ouest avec un vent grégal, ou Nord-Est.
Pendant ce temps-là, ceux de la Religion étoient
retenus par le calme; mais s'étant levé
un petit vent de Sud, ils tournèrent la Prouë
pour aller reconnoîcrelesVaisseaux qu'ils avoient
découverts
,
ce qu'ils ne pûrent faire ce jour.tà.
à cause de lanuit qui survint, pendant laquelle
à la. faveur d'un petit vent d'Est ,ils forcèrent
de Voiles pour pouvoir les joindre, en cas qu'ils
continuassent leur route par le détroit, où les
Maltois resterent toute la matinée, sans pouvoir
encore les reconnoître : mais à une heure et demie
après midi ils les virent enfin vers la Côte
d'Espagne, sous Marbeglia, qui couroient avec
un vent Sud-Est vers le Détroit.
- Les Vaisseaux de Malte ayant alors tourné
la Prouë du côté du vent, pour leur couper le
chemin,les Barbaresques se mirent àla Bouline,
le bord du côté d'Espagne. Les Vaisseaux de la
Religion firent la même manoeuvre pour les
poursuivre. Ceux des Corsaires étant arrivés
près de terre, après les quatre heures du soir 1.roi. ils,
ils borderent les Voiles pour se maintenir audessus
du vent; le S. Antoine que montoit le
Commandant, et leS. Vincent, ayant un peu
le dessous du vent. Ces deux Vaisseaux cependant
s'étant aprochés de terre, virerent un peu
de bord en dehors,et tournèrent ensuite encore
du côté de terre, pour empêcher les Barbaresques
de tourner la Proue,car les Malcois
les avoient enfin reconnus pour tels, s'étans assésaprochés
d'eux le soir pour distinguer les
couleurs de la Poupe
, et pour voir qu'un de
leurs Vaisseaux avoit, selon qu'on les en avoit
avertis, les Carittes rouges, et le dessus de la
Poupe bleu.
Le Commandant de Malte avoit déja tiré
un coup de Canon,et arboré le Pavillon de la
Religion,mais les Corsaires n'arborerent le leur
que fort tard.
Cependant le S. Vincent
,
qui avoir le vent
sur les Ennemis, quoiqu'il fut resté un peu en
arriere, s'étant aproché d'eux au coucher du
Soleil, les força d'abandonner le dessein ou ils
étoient de border la terre, de façon que le voyant
venir sur eux, ils prirent leparti de tenter la
fuite en virant de bord au large du côté du Sud,
le vent s'étant tourné à l'Est. Mais les Corsaires
s'étant rencontrés sur les cinq heures avec le
S. Vincenr, qui prit le vent sut eux, celui-ci
leur lâcha sa bordée,a laquelledeux Corsaires
les plus près de la Côte
,
répondirent de même.
Le S. Vînceiit ayantsur le champ reviré de bord
il atteignit en moins d'une demie heure le Vaisseau
Ennemi, qui étoi; le plus près de lui. C'é.
toit celui qui avoit la Poupe bleue. Ille battit
jusqu'à sept heures du soir, le Corsaire lui répondant
continuellement de son Canon et de sa
Mousqueiexie, Le
LeS. Antoine etle S. JeansuivoientlesBarbaresques
sous le vent, lorsque le Vaisseau bat-
.'tll par le S.Vincent étant tombé sousleS. Antoine
le Commandant lui fit une décharge de
toute son Arrillerie, que l'Ennemi évitaen rangeant
le bord. Le Commandant voyant alors
que le S. Vincent étoit plus à portée que lui du
Vaisseau Ennemi, il aima mieux suivre les deux
autres, qui étoient encore en vue; et dans le
doute où il étoit que le Vaisseau que le S. Vincent
avoit attaqué, pouvoir être l'Amiral dont
on lui avoit donné lesignalement,il ordonna
2-u S. Jean de demeurer avec le S. Vincent pour
lui donner secours en cas de besoin. Pour lui il
força de Voiles pour joindre les deux autres j
il en joignit en peu de temps un par le travers
au-dessus du vent.
Le S. Vincent qui étoit resté en arriere pcn."
dant quelque temps,voyant que le Commandant
tiroit avant, retourna à l'attaque du Vaisseau
qu'ii combatoit, il la continua jusques à onze
heures ; le voyant alors démâté de la Hune
,
il
suspendit le combat
, et ayant passé à la Poupe
du S. Jean, il dit au Capitaine qu'il étoit d'avis
qu'il allât joindre le Commandant, qui avoit
deux Vaisseaux au- dessus du vent; que pour
lui, il comptoit que celui qu'il avoit attaqué ne
lui échaperoit pas.
Ce sentiment fut celui de tous ses Officiers
et embrassé par M Deaux, Capitaine du Saint
Jean, qui suivit le Commandant; et le S. Vincent
retourna battre encore pendant quelque
temps son Vaisseau
,
qui faisoit toujours une
vigoureuse résistance. Mais le Capitaine du S..
Vincentvoyant que le Corsaire nepouvoit plus lrVoL hue
faire route, ses Voiles étant toutes mises erî
pieces -par le Canon,il cesa le combat dans le
dessein de recommencer l'attaque le lendeinaiii
matin; cependant à peine fut-il jour que le
Corsaire arbora un Pavillon blanc, pour signe
qu'il se rondoit.
Le Commandant tint toute la nuit le Vaisseau
qu'il vouloir attaquer sous le vent ; la Mer
qu'il avoir en Prouë l'empêcha d'avancer
, et il
ne le combatif point, se trouvant trop éloigné
Spoolueril lui tirer pendant la nuit. Mais des que le
fut levé, il commença à l'attaquer. Le
Corsaire répondit d'abord avec toute son Artillerie,
et ne cessa ensuite de tirer continuellement.
Cependant en moins d'une heure la Hune et la
Misene lui étant rombees, il commença à s'approcher
du S. Antoine
,
dont l'Artilleir qui hi'
soir beaucoup plus d'effet, à cause de l'aproche
du Vaisseau, qui lui donnoit moyen de tirer à
cartouche
,
l'obligea de se rendre, le combat
ayant duré environ deux heures.
, On trouva dans ce Vaisseau 1 ?8. Turcs, y
Compris le Renegat Hadgi Soliman, Amiral
d'Alger, dit Pantassaresch. et 25. Esclaves,
parmi lesquelsil y avoit 7. Italiens, 6. Espagnols,
un Portugais, un natif de Sardaigne, 2.
Corses
, un Anglois, f. Hambourgeois
, un
Moscovite et un Malrois.
Le S. Vincent ne rejonit l'Escadre que le
8. Novembre au soirdans la Raie de Malaga.
Dans la matinée suivante le Capitaine de ce
Vaisseau étant allé rendre compte de son combat
au Command ant, il lui aprit qu'étant la
veille au matin à quatre lieuës de la Montagne
de Gibraltar, occupé à radouber le Vaisseau
qu'il avoit pris, il avoit vû une Fregate de 40.
L Vol. Canons
a
Canons, qui faisoit route du cô é du Détroit , laquele ayant passé fort proche ir son Vaisseau
fui reconnue de tout le monde pour Algértenne.
il lui dit aussi qu'il avoit découvert au méme
endroit le 8. au matin, que cette Fregate
bordoit avec un vent d'Ouest l'entrée du Détroit,
et outte cela il lui confirma la nouvelle
qu'ii avoit déjà aprise des Esclaves Chrétiens
qui étoient dans sa prise; sçavoir que la Caravelle
Turque devoit de jour en jour retourner
de l'Ocean où elle est allée en course. Le Commandant
ayant tenu Conseil sur ces avis, donna
sur le champ ordre au S. Jean de partir et
de faire voile vers le Détroit de Gibraltar, a là
poursuite de ces Barbaresques, 1 quel ordre fut
eXL'cu:é sans perte de temps le même jour par lé
Capitaine Deaux
,
qui montoit le S. Jean.
Le Capitaine du S. Vincent trouva dans sa
prise 184. Turcs, le Rais ou Capitaine nommé
Shiulach, et ;1. Esclaves Chrétiens, dont uri
de Jana, dansle Royaume de Méxique, 3. François,
19. Espagnols, unGenois 3. Siciliens.
un Hambourgeois, 2. deSardaigne
, et un Maltois.
,
Les deux Vaisseaux Algériens pris
, sont tous
deux percés pour 42. Canons,quoique celui qui
aété pris par le S. Antoine ,nommé la Demy-
Lune,n'en eût que 34. montés, et l'autre nommé
le petit Posais,jX.
NOMS des principaux Officiers de
l'Escadre de Malte.
Sur le Saint AwoÍnc.
LeCommandeurThomasi,Commandantdel'Éscadre,
Capitaine. Le Chevalier de Combroux. Ca-
1.Vol. pitainô
pitaine de Pavillon. Le Chevalier Laumont, Major
,
le Chevalier Ruffo
,
Provediteur de l'Escadre.
Les Chevaliers Deynach
,
de Zaizana ec
Thomasi,Lieutenans, &c.
Sur le S. Jean.
Le Chevalier Deaux,Capitaine. Le Chevalier
Sousa, Capitaine en second. Les Chevaliers
Deroche, Lagesconre et Sarassa, Lieutenans, &c.
incent. f Sur le S. Vincent.
r Le Commandeur Lapparesse
,
Capitaine. Le
Chevalier Samsay
,
Capitaine en second. Les
Chevaliers Barnicelli, Davon et Cousis
,
Lieutenans,
&c.
Deux Enseignes sur chaque Vaisseau,et plusieurs
Chevaliers faisant leurs Caravanes.
Un Volontaire Danois
,
nommé le Comte de
Lowenorn, Capirai ne de Vaisseau du Roy de
Dannemarc. Il étoit sur le Bord du Commandant,
&c.
t On a eû avis d'Aiicante
, que le Vaisseau Algerien
qu'on poursuivoit, s'étoit réfugié dans
J le Port de Gibraltar.
L PORTUGAL.
L E 9. Octobre, on sentit entre sept ethuit
heures du soir plusieurs secousses de Tremblement
de Terre dans la Province des Algarves,
et il y eut quelques Maisons renversées aux environs
de Villanova de Portiman.
1.Pol. MORTS
MORTS DES PATS ETRANGERS.
LE 3.Noy,D. Joseph Patigno,quelesEspagnols
écrivent Patino, Grand d'Espane de la premiere
Classe, Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'Or, Commandeur d'Alcuesca dans l'Or.
dre deS.Jacques,duConseild'Etat deSM.C.
Gouverneur, ou Président du Conseil des Finances,
et des Tribunaux en dépendant, Surintendant
Genéral des rentes générales, ou revenus
roïltix,Secr,,taire d'Etatet des dépêches dans les
Départemens de la Marine, des Indes et des
Finances
, mourut après quelques semaines de
maladie, au Château de S. Ildesonse, à l'âge de
70. ans, fort regretté de L. M. C. à cause de
ses grands talens
,
de son désinteressement
, et
de son zele pour leur service. Ce Ministre,qui
avoit été dabord Jesuite, passoit pour une des
meilleurs Têtes d'Espagne, et étoit fort entendur
au fait des Finances, du Commerce et de la
Martiie-ils'étoit rendu habile par son aplication
à remplir les differens emplois, qui lui avoient
été confiés, Il fut fait au mois de Mars 1713-
Intendant de l'Armée en Catalogne,après la
prise de Barcelonne au mois d'Octobre 1714*
Il fut déclaré Intendant Général de la Princidpeauté
de Catalogne et de l'Armée,mais au mois
Novembre suivant il fut fait Secretaire des
dépêches pour les Finances des Indes Occidentales.
L'Intendance générale de la Marine d'Espagne
, qui fut ôtée à D. Antoine de Sartines,
lui fut donné au mois de Fevrier 1717 et il
1.Vol. ctiz
Élit en même temps une place dans le Conseil
des Ordres. D. Antoine de Sartines étant rentré
en possession le 21. Juillet 1720. de la Charge
d'Intendant Généraldela Marine, D Joseph
Patigno fut fait alors Intendant Général
d'Andalousie. Il eut depuis la Charge de Secre,
taire des dépêches de la Marne et des Indes
laquelle , ayant été réunie au mois de Décem»-
bre 1725. à celle de Secretaire d'Etat
, et des
dépêchesuniverselles,dont le Duc de Ripperda
venoit d'être revétu, il fut nommé au mois
de Janvier suivant, Résident à la Cour de Bru-*
xelles, et Ministre - Commissaire, pour y régler
et liquider les Comptes à faire entre la Catalogne
et la Flandres ,en vertu du Traité de
paix, conclu à Vienne. Cette nomination n'eut
point d'effet, et après la disgrace du Duc de
Ripperda
,
arrivée au mois de May 1726. il fut
rétabli dans la Charge de Seçretaire des dépêches
de la Marine et des Indes,et au mois
d'Octobre suivant, il fut encore chargé de la
Secretairerie des dépêches des Finances, ;1vec
rétention de celle de la Marine et des Indes.
Il eut en même temps le gouvernement du Conseil
des Finances et de ses Tribunaux
, avec la
Surintendance générale des revenus royaux. Il
a conservé depuis
1
toutes ces places jusqu'à son
décès. Le Collier de la Toison, d'Or lui fut
donné au mois d'Août1732. pour avoir facilité
et disposé avec beaucoup de zele, de travail
et de soins, l'expédition pour la conquête
et le recouvrement des Places d'Oran et Mazarquivir
en Afrique. Dans la maladie
,
dont
il est mort, le Roi d'Espagne,en considération
de son méritesingulier,et de ses longs
Cf importans services, lui a accordé la Gran- I.vol.desse
desse d'Espagne ie la première Classe,pour sa
personne,ses héritiers et successeurs.S. M. C..
a ordonné depuis son décès, qu'on lui fit ai
ses dépens, des obsèques avec toute la magnificence
possible
,
et qu'on celébra: pour le repos.
de son ame , 10. mille Messes. D. Joseph Pa-,
tigno étoit frere aîné de feu D. Baltazar Pa.
tigno
,
Maiquisde Castelar, Commandeur d'Alange
dans l'Ordre de S. Jacques,Gentihommede
la Chambre du Roi Catholique,de sont
Conseil de Guerre, Secretaire d'Etat et des dépêches
universelles de la Guérie
,
Ambassa eur
extraordinaire et Plen potentiaire a la Cour de
France, mort à Paris,le 19 Octobre17<3. âgé;
de 6.ans,ainsi qu'il est reporté dans le M, r-.
cure du même mois p. xjoç. Ce Marquis avoir
érousé Dona Hippolite Artendola Bo'ognina Visconti,
morte le 24. Mars de l'année Jernit're
173 5. à Madrid, à l'âge de 56. ans. l en a laissé
line fille, mariée au Lomte de Fuenc ara, Grand
d'Espagne, et actuellement Ambassadeur de s.
M. C. à Venise, et un fils, qui est D. Luc
Patigno
,
Marquis de Castelar
,
Commmandeur
de Beas dans l'Ordre de S. Jacques, qui a servi
dans la derniere Guerre en Italie, et qui étant
arrivé à Madrid le IN. Juin 1734 avec la nouvelle
de la céfaite entiere des Impériaux à Bitonte,
fut déclaré Lieutenant Général des Armées
de S. M. C. c'est à lui que passe la Grandesse
d'Espagne, accordée à feu son oncle, mort
sans postérité.
Don Scbastien de la Quadra
,
premier Commis
des Affaires Etrangères, succédé à D. Joceph
Patigno,dans la Place de Secretaire d'E- .:
tat , ayant le Département des Affaireshtian-;
geres. L'tmploy de Secretaire d'Etit rour les*
Vol. finances
finances,a étédonné au Marquis delli Tor-
\-.Nu'va, Tiésoriir Général,et ona joint par
interem à son Département
,
celui de la Manne
et celui des Indes.
Le premier de ce mois, M. Simon de SUnge,,!
landt
,
Penstonnaire des Provincçs de Hollande
et de Westfrise, mourut à la Haye,dans la 7 ic,
année de son âge. La réputation qu'il s'étoit
acquise dans l'emploi de Secretaire d'Etat deq
Provinces unies, qu'il a exercé pendant 30. ans,
et dans celui de Trésorier general des mêmes
Provinces, dont il fut p, urvù le 27. Octobre
1725 avoient engagé les Provinces de Hollande
et de Westfrise à le nommer leur Pensionnaire.
Il remplissoit cette derniere place de.
ppauris le 17. juillet 1727. et il s'y est distingué
son aplication continuelle aux affaires, et
par son zele pour le bien public
Le 11. le sieur Tholpfls Dunn Brevvil, mourut
à Londres, âgé de cent ans moins deux
jours.
FRANCE.
Nouvelles de U Cour, de Paris,&c. LE 30 du mois dernier, jour destiné pour la
présentation dela Rose d'or,que le Pape
envoyée à la Reine, S. M. accompagnée de
Mademoiselle de Clermont, Princesse du Sang
et des Dames de sa Cour , ,se rendit à midy
dans la Chapelle du Château. L'Abbé Lercari
Referendaire de l'une et l'autre Signature
, et i*-nommé
nommé par Sa Sainteté son Commissaire Apostolique
pour aporter à la Reine la Rose d'or J
fut conduit dans !a Chapelle par le Chevalierde
Saintot, Introducteur des Ambassadeurs
, et ill
fut placé près de la Reine, à la gauche du Priedieu.
La Messe fut dite par le Cardinâl ,e'nel
ry, Grand Aumônierde la Reine, lequel, apr
la Communion,descenditdel'Autelpeur pren
dre sa Chape et sa Mitre. Lorsqu'il RtremonJ
à l'Autel
,
l'Abbé Lercari présenta à ia Rem
le Bref du Pape, et Sa Majesté le remit au sieua
de Balagny, Secrétaire de sesCommandemens
quien fit la lecture à haute voix"en-Pabsein3
du Marquis de Breteuil, Chancelier de Sa Mafl
jesté, qui ne pût se trouver à cette cerémonie
La Reine monta ensuite à l'Autel
,
où s'étanl
mise à genoux,le Cardinal de Fleury debout J
recita l'Oraison accipe Rosam, à la fin de laquelle
l'Abbé Lercari donna au Cardinal de Fleu y,
la Rose d'or
,
qui pendant la Messe avoit été
posée sur l'Autel du côté de l'Evangile.La Kernel
reçut la Rose d'or des mainsdu Cardinal de
Fleury
,
la baisa,et la remit à l'Abbé de Chevriers
, son Aumônier en quartier
,
qui la port
devant Sa Majesté, depuis la Chapelle jusque
dans l'Oratoire de la Reine
,
où elle fut mise.
Le Cardinal de Fleury et l'Abbé Le: cari accompagnèrent
la Reine au retour de la Chapelle.
Le Roi, Monseigneur le Dauphin e Mesdames
de France entendirent la même Mess
dans la Tribune,etvirent la Cerémonie. |
i
Le 2. de ce mois, Premier Dimanche de l'Ai
vent ,
le Roi et la Reine assisterent dans-
Chapelle du Château de Versailles
,
à la Mes
chantée par la Musique, et l'après midi,
le
I. Vol%-Majestés
Majestés, accompagnées du Duc d'Orléans, dlt.
Prince de Dombes, et du Comte d'Eu entendirent
leSemon du P. Hericourt,Théatin,
Le 8. Fete de la Conception de la Ste Vierge
, le Roi et la R,'ir.e éntendirent dans la Chapelle
du Château de Versailles
,
la Messe chantée par
la Musique.
L'après midi, le Roi accompagné du Comte
d'Eu, entendit le Sermon du P. Herico rt Théatin, , et ensuite les Vêpres, auxquelles la
Reine assista dans la Tribune.
•
Le même jour, la Reine communia par les
mains du Cardinal de Fleury, son Grand Aumônier.
Le il le Duc d'Antin prêta serment de fidelité
entre les mains du Roi ,pour le Gouvernement
de l'Orleanois
, que S M. lui avoit
accordé il y a Héja quelque temps, en survivance
du feu Duc d'Antin
, son Pere.
Le 16. 3e. Dimanche de l'Avent, le Roi et la
Reine assisterent dans la Chape le du Château
de Versailles, à la Messe chantée par la Musique.
L'après midi, le Roi accompagné du Prince
de Dombes et du Comte d'Eu
,
entendit le
Sermon du P. Hericourt
,
Théatin.
Le 26 le Marquis Fontanelly, Envoyé du
Duc
de Modene
, eut audience publique de congé
du Roi, étant conduit par le Chevalier de
Saintot, Introducteur des Ambassadeurs, qui étoit
allé le prendre dansles Carosses du Roi et de
la Ren \.fPt ensuite conduit à l'audience de
la Reine, a celle de Monseigneur Je Dauphin,
et à celle de Mesdames de France ; et après avoir
I. Vol. 1 été
été traité par les Officiers du Roi, il fut recon.
duit à Paris dans les Carosses de leurs Majestés.
Le Roi a donné le Gouvernement de la Ci.
tadelle de Valenciennes à M. de la Motte la
Peirouze. Maréchal des Camps et Armées do
S. M. et Commandeur de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Louis.
Le 2.+. de ce mois, veille de la Fête de la Nativité
de N. S. le Roi revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit; se rendit à la Chapelle
du Château de Versailles, où S. M. commuma
par les mains du Cardinal de Rohan
,
Grand
Auinô.ûerdi France :ensuite le Roi toucha un
grand nombre de malades. r,' 'i
L'aprèsmidi, Leurs Majestés entendirent tei
premières Vêpres, auxquelles l'Archevêque de'
Sensofficia. ,
Le 25 jour de la Fête,le Roi, qui, après
avoir assisté à Matines, avoir entendu trois Messesassista
à la grande Messe celebrée par l'Archévêque
de Sens. La Reine entendit troisi
M sses à minuit,et elle assista le hurin alai
grande Messe ainsi que Monseigneur le Dau-i
phin et Mesdames ,je france.
L'aprèsmidi
,
le Roi accompagné du Comte;
de Clermont,du Prince de Conty et dû Prince:
de Dombes, entendit le Sermon duPere Hericourt
,
Théatin
, et ensuitelesVêpres chanteéetsMpeasrdatémMesudseiqFure
a,nacuexaq&ueïlslfeès&leimrfêamuexVPcr-é*
lat
oiffcia.LaReineàtoqsejgneurle
Dauphin
et JsVol.le près.
:r l,;-r
Le 18 Novembre, on donna au Concert de
la Reine, le Caprice d'Erato ; il fut exécuté par
les Dlles Lenner
,
Hermans
,
Mathieu, Deschamps
, et par 1 sieur Chassé,
Le 3. D c m re, on exécuta le Prologue et
le p'.eivi-r.Ver e Thzse'e,où la DlleDeschamps
fit le Rôle d'Eg'ée.
Le f. le ie e- e 3e Aet"
, avec la Cantaté
de Circé de M. de Blâment, qui fut chantée
par la DUe Lenner, et accompagnée par les Sr,
Blavet et Guinon.
Le 10 on donna le 4e et je Acte; le Concert
fut terminé par la Cantate de l'Amour con-
¿uit par laFolie
,
dont la musique est de M. de
Blamont
,
elle fut chantée par la Dlle Mathieu.
Le 12. et le 17. M. de Blamont donna au
Concert de la Reine, un ouvrage nouveau de
sa composition. intitulé les Caractères de l'Amour,
Ballet héroïque
; ces Caractères forment
trois Actes, sçavoir
,
l'Amour constant, l'Amour
jaloux
, et l'Amour volage.
Le Prologue est une évocation que Mercure
fait des ombres des Poëtes galants du siecle -de
Louis XIV. pour former le Ballet.
L'idée de ce Prologue, qui d'abord ne paroît
pas fort liée au sujet, y est pourtant tout
à fait relative. Le Poëme est en effet une espece
de Centon, c'est-à-dire,qu'il est composé
pour la plus grande partie ,d'un choix de
Vers qu'on a pris dans les meilleurs AlHeur
du dernier siécle, et qui n'avoient jamais été
mis en musique: C'est une idéequivint il y
a plusieurs années, à quelques personnes de condition
et d'un goût exquis; on en conviendroit
aisément, si on les pommoit ;
ils se firent un
amusement de la composition
, ou plutôt de l'é-
1. Vol.Iij bauche
bauche de ce Poëme ; M. de Blamont, dans lesif
mains de qui il assa presque aussi tôt, y ayant
reconnu un fonds assés propre au Ballet, et pl'.-in,
de considération d'ailleurs pour ceux qui l'avoient
inventé, a cru devoir suivre ce projet
Il a chargé quelques uns de ses amis d'y mettre
la derniere main, et ensuite en a tait Ia.;
musique. L'execurion de ce Billet fur extrémement
goûtée. Les princip aux Rôses furent
chantés par les Dlles Erremans, Lennet,Math eut
Duhamel et Deschamps
; et par les Srs Ciassé-
Dangerville, Petillot
,
le Clerç
, et le Begue, qui
furent fort aplaudis.
Le 19. on donna la Fête, ou l'Impromptu dll
Labyrinthe, Divertissement de la composition du
même Auteur; et les principaux Rôles furent
chantés par les Acteurs cy-dessus.
Le jour de Noël
,
M. deBlamont fit jouer
au souper de leurs Majestés, une suite de Noëls
et de Symphonie de sa composition; ce Concert
fut très bien exécuté, et plut beaucoup.
Le 8. Décembre, Fête de la Conception de
la Vierge
, on chanta au Concert spirituel des
Thuilleries
,
le Miserere, Motet à grand Choeur,
de feu M. Bernier, qui fut suivi d'une excel- lente suite de Symphonie nouvelle, et d'un ait.
tre grand Motet du sieur Dornel. La Dlle Fel
chanta ensuite le petit Motet Cantemu-tDomino
,
de M. Mouret, avec bien des aplaudissemens
, et le sieur Cormans, un Air Italien
de la composition du fameux M Hendel
; le
Concert fut terminé par un Motet de M, de la
Lande, precedé de deux Concerto, .cL¡tés par
les sieurs Guignon et Blavet.
Le25. Fête de Noël,on chanta au même
1. (Sol Concert
Concert un très-beau Motet de feu M. Gilles
qui fut suivi u'une suite des plus beaux Noèls
exécutés , par toute la Symphonie : on chanta après
un Motet à grand Choeur de M. Gervais
,
Maître
de Musique de la Chapede du ROI, qui
fut très aplaudi. Le Concert fut terminé par
un Motet de teu M. de la Lane ,
precedé
d'un Air Italien chanté par la Dlle Fel.
L'EPE'E ET LA BALANCE,
Fab^eA<É(TORICJNE sur la P,tl,\:. A son
E,mnence M. le Cardinal de FLUJRY.
L
Aisse-moi rem pl ir ma vengeance
Contre des ennemis jaloux
,
Disoit l'Ebée à la Balance,
Je vais fraper les derniers coups;
Par toi ma valeur animée,
A la Victoire accoûtumée
,
Rejetteunindigne repos,
Eh ne m'aurois-tu reclamée
Que pour suspendre mes travaux?
Arrête, lui dit la Balance
,
Je dois mettre un terme aux Exploits;
Le Glaive n'est que la défense
Non le renversement des Loix ;
Le Rhin et le Pô
, tout est libre,
Les droits injustes sont détruits,
Tu m'as rendu mon équilibre
I. rBlt I , iij Laissa
Laisse les Nations en recueillir les fruits: -
C'est aux mains de F iLr. UR Y maintenant qui
noussommes, ;
Il n'est plus de Tbémis pour nous ;
F LEU R Y le plus sage des hommes,
Veut faire à l'Univers le destin le plus doux;
Nous ne sortirons plus de ses mains équitables
Source du bonheur des Mortels,
Et là
,
plus que jamais justes et redoutables,
Nous mériterons mieux leurs voeux et leurs
Autels. 't
RECEPTIONde M.le Marquis
de FLivacourt en La Charge de Giand.
Bailly et Lieutenant d: Roy ds Gisors.
Extrait d'une Lettre du 1 z. NQvern
bre 1736.
Hler dès cinq heures du matin on entendit
battre la Generale, à sept heures on battit
l'Assemblée
,
à neuf le Drapeau et à dix la Marche.
Une Compagnie de 100. Hommes très-bien
montés, et vêtus à la Dragonne, se détacha
pour aller prendre le Marquis de Flavacourt à
Courcelles
,
chés le Président de la Garde
,
où il
étoit depuisplusiturs jours. Ilmonta àcheval, accompagné de deux de ses Amis,sur trois de
ses plus beaux chevaux
,
superbement harnachés..
Il trouva sur toutesa route beaucoup d'Intall'"
terie en haye, les ruës et les fenêtres remplies
de monde, et il entendit beaucoup d'acclamations
du Peuple.
Toute la Noblesse s'étant jointe, elle le con-
L foU duisit
duisit en cortege au Palais, où le Lieutenant
General du Ba~age le reçût en Robe au haut
de Phscaiïcr
, et le plaça à côté du Procureur du
Roy, on fit aussi-tôt la lecture de ses Provisions,
après laquelle le sieur Frémont, Avocat, parla
sur ce sujet avec beaucoup d'éloquence et de dignité.
On alla ensuite aux opinions pour l'enregistrement
des Lettres; et immédiatement après
le Lieutenant General alla prendre le Marquis de
Flavacourt et le con luisît jusqu'au premier Siege
qu'il devoit occuper. Il lui adressa un Discours
qui futgénéralement aplaudi
,
auquel M. de Flavacourtrépondir
avec le même succès. Il y eut
encore d'autres Discours prononcés sur le même
I]jtt ; et e reste de là Séance fut rempli par la
Plaidoirie d'une Cause qui fut jugée à l'Audience
, et dont la Sentence fut prononcée par M.le
G. Bailly.
La Ville
,
représentée par ses principaux Officiers
, vint ensuiteluioffrir son présent, composé
de plusieurs bouteilles de Vins de Liqueurs.
de Vins de Champagne et de\pluqtlllS boëtes de
Confitures. Le Lieutenant General reprit la parole
etfit un Compriment des plus gracieux aù
Marquis de Flavacourt.
Toute la Cérémonie finie, on servit le dîner
sur deux Tables de cinquante couverts. Ce fut
avec tout le goût, la delicaresse et la magnificence
la plus recherchée. Il y eut cinq Services
de 47. plats chacun. Après le repas on commença
le Bal, pour lequel on avoit fait venir
toute la Symphonie deBeauvais. Mllede la Garde
en fit l'ouverture jelle prit M. d'Orillac pour
danser, M. de Flavacourt l'ayant chargé de faire
les honneurs de la Cérémonie:Il s'en acquitta
avec toute la politesse et l'attention possibles; on
,", I. 1/01. 1iiij, servit
servit beaucoup de rafraîchissemens pendant le
Bal a près lequel les Dames trouverent encore unmagnifiquerepasenambigu.
Il y eut des Illuminations par [OGtt la Ville;
celle de la façade de l'Hôtel de Ville éroit supetbe,
coii-iposée principalement d'une prodigieuse
quantité de Lampions qui formoient le nom
et les Armes de Flavacourt. Enfin pendant
toute la Cérémonie il coula des Fontaines de
vin artistement placées entre des colomnes et
des Pilastres rustiques, ornées de festons de
lierre de fleurs
, &c. et on mit à la broche des
Mouonsentiers vis-à-vis ces Fontaines, pour
régaler le Peuple.
Les noms et qualités de M. deFlavacourt;
sont,François-Marie de Fouilleuse, Marquis
de Flavacourt, Mestre de Camp de Cavalerie,
Grand-Bailly de Gravelines,Bourbourg, Gisors,
les Andelis et Vernon. Il est fils de feu Michel
de Foüilleuse de Flavacourt, Capitaine aux Gardes
Françaises, et de D. Marie-Marguerite
Rouxel dt Granceyde Médavid.
Cette Maison est en possession du Grand Bailliage
de Gisors depuis plus de 200. ans, ainsi que
du Gouvernement, dont elle ne s'est démise que
lorsque Gisors a cessé d'être un Apanage de lat
Maison Royale. Elle a fourni plusieurs Commandeurs
et Chevaliers de Malte, des Lieutenans
Généraux, Commandeurs des Ordres du
Roy, Gouverneurs de Places Frontieres
, et
plusieurs Officiers qui se sont distingués tant
sur Terre que sur Mer. C'est une des plus anciennes
de la Province, et qui a les plus grandes
Alliances.
-
1. V4* -.
-
A
A M. ASSELIN.
Proviseur du College d'Harcourt
BOUQUET.
Obs:quii rnonumentiim et pignits amoris.
Que
pourois-je t'offrir pour celebrer ta Fête,
Illustre Favori des neuf sçavantes Soeurs ?
Leurs festons immortelsont couronné ta tête.
As-tu besoin du vain éclat des Fleurs,
Qui ne peuvent braver les coups de la tempête ;
Et dont un jour voit naître etmourir les couleurs?
Daigne agréer nos voeux, tendre hommage dCtl
coeurs,
Dont tes vertus t'assurent la conquête.
1.voil 1 v. LETRB
L ETTRE de M. le Commandeur Tom-
Vtazj,Lieutenant GénéraldesVaisseaux
de Aialte
,
à M. Csîbbé de Saint
Pierre,envoyée par M. le ConmandeHf
de TarlïbonneattJ Trésorier de l'Ordre ,
au Tew.ple le 26. Novembre 1736.
L A vénération que conservent, Monsieur ;,
tous les Officiers des Vaisseaux de Malte
pour M le ChevalierdeSaint Pierre, leur
premier Commandant, les a porté à lui érigerunTombeau.
L'Inscription qu'on y a gravée
nous propose un )todé'? quenousrous
efforceronsd'imiter eux et m. i
,
qui suis dansune
p'ace qu'il a r mplie si dIgnement. C'est
au nom de tout le Corps que je vous envoyé
cette Epitaphe. Je le fai« avec autant de plaisir
que l'en trouve à vous temoigner combien j'ai
l'honneur d'être, Monsieur, Votretrès-humfcle
et très obéissant serviteur.Signé,Chevalier
Commandeur Tomrr.aù.
A MalteU 16. Septembre 173tf.-
D. O. MFr.
Francisco de Castel S. Pierre
Equiti Ven. Ling. Franciæ
Census Magistralis de Pieton Commenda
tario
Qui ob suam in re Militari virtutem , ac pru- deotiara-Gia~
Clarissimo in Gallicis oris nomine sibi
comparato
- Ubi primum instituta fuit bellicarum naviui®
classis
In supremum hujus moderatorem
Totiusque navalis militiæ locum.tenentem Gen,
Delectus est anno M. DCCII.
Postque fere triennium possessionem inivit
Anno M. DCCVI. cepit prætoriam navim tunetanam
Annoque sequenti Orano auxiliaris adfuir
Postea valetudinem facinorum suorum curriculo
Adversantem sentiens
Sese à suscepta Plovincia abdicavit
Optimam regiminis normam successoribus rc-i
linquens
ObiitVersaliis XIV. Cal.Jun. an. M. DCCIX.
Equites bellicis navibus præfecti
Primo earum moderatori optime merito
Monumentum hoc
Proprio astc posuerunt anno M. DCC. xxxru-
Réflexion.,
Ce Monument fait à la vérité beaucoup d'honneur
aux grandes qualités du feu Commandeur
de S.Pierre; maisje ne sçais s'il ne faitpasautant
d'khonnVeurqàLceIux.qu\i l£'ont é rigé ,et s'il n'est
n'est pas une preuve permanente dWPur gtanJ
amour pour ces grandes qualités, qui sentes
font les Grands Hommes.
MORTS., NAISSANCESI
L E 12. Novembre 1736. Jean Denis letif
Souche Sshn ur de Chauviere,(Tentirboin..
me d'une ancienne Noblesse de Bourbonnois,
mourut dans la ville de Montluçon, âgé d'environ
42. ans, et sans laisser de posterité. Il étoit
,
fils unique de feu Claude de la Souche, Seigneur
de Chanviere,et d'Eleonore de Courtay.
Le 1 5.Jean CesarRousseau de la Parisiere,
du Diocèse de Poitiers, Evêque de Nismes en
Languedoc
, et Abbé Commandataire del'Abbaye
de S. Gilles ,O S. TS. dans son -
Diocèse
, mourut à Nismes. Il avaitétéDépuré de
la Province de "onJ deaux àl'Assemblée Generale
du Clergé de 17 ç Il fut nommé à l'£.
vêchédeNismes,Suiffragant de Narbonnele11
Juillet 17 10, & facré le 8 Février 171 T par le
feu Cardinal de Noailles, Ce fut lui qui prononça
le 2 Juin 1714, en l'Eglise de N. D. de
Paris, l'Oraison Funebre de feuë Marie-LoüiseÇabridle
de Savoye
,
Reine d'Espagne. Il harangua
le Roi à la tèr, des Deputés des Etats de
Langueduc, le 30 Septembre 715 ,
étant Député
du Cergé de cette Province. Il fut au/fi
Député de la ProvincedeNarbonne, et l'un
des Présidens à l'Assemblée GeneraleduClergé,
tenuë en 1730 ; et ce [nt 1vi
,
qui à l'ouverture
de cette Assemblée fitla Prédicationle 5 Juin, et
qui
qui après sa clôture harangua le Roi à la tête des
Dépatês le 17 Septembre suivant. Il eut au mois
de Janvier ,7ji l'Abbaye de S. Jacques de Provins
, O. S. A. l). de Sens, qu'il n'a possedé
que jusques au mois de juin 1732, ayant obtenu
alors celle de S. Gilles, Il étoit Protecteur
de l'Académie établieàNismes.
Le 19. Charles-Ferdinand FrançoisdelaBaume-
Montrevel, Marquis de S.Martin, Mestrede
camp de Cavalerie, et ci-devantColonel du
Regiment de Roüergue Infanterie
, par commission
du premier Fevrier 1719 ) mourut dans le
Comté le Bourgogne, où sont situées ses Terres
,
dans la 42e année de son âge, étant né au
mois de Mars 169 5 Ilétoit filsaîné de Charles-
Antoine de la Baume-Montrevel
,
Marquis
de S. Martin, et de Françoise de Poitiers-Vadans.
Son Frere puîné, apellé le Comte de la
Baume-Montrevel, mourut en Allemagne le j-
Avrildel'année derniere 1735, étant Brigadier'
desArmées du Roi, et Colonel du Regiment de
Roüergue, qu'il avoir eu par la démission de
son Frere. Le Marquisde la Baume-Montrevel
qui vient de mourir y , avoirépousé le 19 Juillet
1723Elisabeth-Charlote de Beauvau, née kîtf
Novembre 1705 ,
Fille aînée de Marc de Beaa.
vau, Comte de Craon, Prince du S. Empire,
Grand d'Espagne de la premiere classe
,
Conseiller
d'Etat, et Grand Ecuïer du feu Duc de
Lorr ine
, et d'Anne-Marguerite de Ligneville, Dame d'honneurde la Duchesse Douairiere de
Lorraine.
Le I Décembre Louis Genevieve de La Mothe
Houdancourt,Fils unique de Louis-Charlesde
La Mothe-Houdancoult, Marquis de La Mothe
1
Seigneur du Fayel, Grand d'Espagne,
i.iewe-5
Lieutenant General des Armées du Roi, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de MaJeresJ et
de Dame Eustelle Thérese de Courbon de la Roche
, son épouse, mourut de la petite verole à
Paris, âgé de 12 ans, étant né le 4. Decembre
1724.
Le 2. Claude-Jean-Baptiste-Hiacinthe-Joachim
Rouault, Marquis de Gamaches. Seigneur &
Gouverneur de Saint Vallery sur Somme,Comte
du Pays & Roc de Cayeu, &c. Lieutenant
Géneral des Armées du Roy, mourut à Paris
dans la 8 fe année de son âge, étant né le U;
Août 16Í1.. Il avoit été successivement Mestre
de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 16jj.
Brigadier le 10. Mars 1690. Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis le 6. Fevrier 1694.
nomme au moisde Mais 1695. pour être auprès
de la personne du Duc de Chartres, et faire
les fonctions de premier Gentilhomme de sa
Chambre, fait Maréchal de Camp le 3. Janvier
1696. choisi aumois ce Mars 1702. pour être
toûjours auprès de la personne du Duc de Bourgogne
,
nommé Généralissime de l'Armée du
Roi en Flandres, et enfin déclaré Lieutenant
Géneral le 23Décembre17 02. Il servit encore
l'année suivante au Siége de Brisac. Il devint
en 1704. l'aîné de sa Maison, et en recueillitles
biens par la mort de Jean - Joseph Rouault r Marquis de Saint Vallery
, et de Gamaches, soaneveu
,
qui fut tué à la Bataille d'Hochstet. IL
prit en meme tems le titre de Marquis de Gamaches,
au lieu de celui de Comte de Cayeu il
qu'il avoit porté jusqu'alors. Il avoit érousé au
mois de Décembre 1680. Louise-Madeleine de
Lomenie, sa cousine germaine, fille de feu:
Louis-Henry de Lomenie,Comte de Brienne,
, et de
et de Montberon
,
ci-devant Sectetaire d)EtarjI'
et de Henriete Bouthillier de Chavigny. Il n'en
laisse qu'un fils, qui eu Jean-Joachim Rouault,
Comte de Cayeu, Maréchal des Camps et Armées
du Roy, marié
, et ayant des enfans.
Le7. Loüis Gabriel ~Tardu'u Chevatier,Seigneur
d'Esclavelles, Brigadier des Armées du
Roy du premier Février 1719. Commandeur de
l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis du 19.
Septembre 1711.. et Gouverneur de la Citadelle
de Valenciennes, mourut à Paris, âgé de 71.
ans. Il étoit en 1722. Lieutenant-Colonel du
Régiment du Roi Infanterie
, et ce fut lui qui
futchargé au mois de Septembre de la même
année, de la défense du Fort de Montreuil, qui
avoit été élevé pour donner au Roy la premiere
idée de la defense d'une Place.
Le 13. Georges Mareschal
, Ecuyer, Seigneur de
Bievre,et de Velizy
,
Conseiller a prmier Chirurgien.
du Roy, et Chevalier lie l'Ordre de
S Michel, mourut en son Château de Biévre
près deVersailles,âgéde78 ans Il étoit Chirurgien-
Juré de S. Côme à Paris, et avoit été longtemps
Chirurgien ordinaire de l'Hopital de
la charité des Hommes. Il s'étoit aquis une
grande réputation dans sa profession par son habileté dans les opérations les plus difficiles;
c'est ce qui le fit apel er dans les Consultations
que lefeuRoy fit raire en 16916. pour un abscès
considérable, dont S. M. fut attaquée à la
nuque du col. Après la mort deCharles-François
Felix, il fut déclaré au mois de May 1703.
premier Chirurgien du Roy;il fut fait aussi Maîr
lire, d'Hôtel de S. M. au mois de Juiu 1->06. én-r
nobli par Lettres données à Versailles au mois
eie Décembre 1707. et honoré du Collier de
&
S. Michel en 1723. Il laisse un fils Georges-
Loüis Mareschal, ci-devant Gentilhomme ordinaire
de la Maison du Roi, et son Maîtred'Hôtel
, et aujourd'hui l'un desFermiersGénéraux
de S. M. depuis1732.
Le ao. Novembre, naquit Louis-Gabriel,
fils de Jean-Victor de Rochechouart, Comte
de Mortemart
,
Colonel du Régiment de Dauphiné
; et de D. Eleonore-Loüise-Gabrielle-
Françoise de Crux son épouse.
ARRESTS NOTABLES.
A RREST du 19 Moy, qui ordonne que conformement
à la Déclaration du11. Janvier
1736. le premier Président de l'Election de Paris
, fera seulles fonctions de Lieutenant Criminel
, à l'exclusion des autres Officiers de ladite
Election.
ORDONNANCE DU ROY, du 17 Août
par laquelle il est dit que S M. ayant vû l'Ordonnance
renduë le n Juin 1736. par l'ArchiduchesseGouvernante
des Pays- bas, & publiée
le JO. dudit mois au Consisoire du Conseil de
Flandres, porTant que les Meurtriers, Voleurs,
In;.nciaires, Détrousseurs de chemins, et autres
criminels dE pareile nature, qui, après
avoir commis lesdits crimessur Terres de ia domination
de S. M. se retireront sur celles de la
dominationde l'Empereur auxdits Pays bas, y
seront arrêtés, et remis au pouvoir des Officiers
, oa
ou Juges qui les réclameront
; S. M s'est déterminée
d'autant plus volontiers à établir sur cela
une reglé réciproque dans ses Provinces de Flandres
,
Artois, Haynault, et des Evêchés, qu'Elle
est persuadée que le moyen le plus sûr de prévenir
ces sortes de crimes, est d'ôter à ceux qui
les commettent, tome esperance d'asyle et d'impunité
: et en conséquence, Elle a ordonné et
ordonne que tous criminels prévenus de meurtres
,
assassinats
,
incendies,vols de g ands chemins,
et autres crimes semblables, qui,après
les avoir commis sur Terres de la domination
de l'Empereur aux Pays-bas, se retireront sur
celles de la domination de S. M en Flandres,
Artois,Hynault, et dans les Evechés
, seront
arrêtés, et remis àu pouvoir des Offi îerg et Juges
du lieu du délit, sur leur simple réclamation
: Voulant S. M. que dans le cas où il se
trouveroit quelque difficulté à décider, si les
chefs d'accusation sont de l'espece des crimes
ci- dessus enoncés, les Magistrats et Officiers
qui en auront pris connoissance, soient tenus
de communiquer aux Officiers de S. M. les
charges résultantes de leur information, pour
en être par eux rendu compte à S. M. et être
par Elle ordonné ce qu'il conviendra; le tout
tant et si longuement qu'il en sera u;.é réciproquement
dans les Pays-bas de la domination de
l'Empereur.
AUTRE du 15 Août, qui ordonne la supression
d'un Livre qui a pour titre : Réfutationdes
Anecdotes, &c. par lequel S. M. ordonne
que ledit Ouvrage imprimé sous le titre
de
: Réfutation des Anecdotes. adressée à l'Auteur
par Messire Pierre-François Laffiteau Evejue de
Sisteron t
SiJltron
,
ci-devant chargédesAffaires du Roiauprès
du Saint Siége
,
Tome second. A Avignon chésFortunat Labaye, Imprimeur & Libraire,à,
la Place de S. Didier, sera et demeurera supprimé.
Enjoint Sa Majesté à tous ceux qui en ont
des exemplaires, de les remettre incessamment
au Greffe du Conseil, pour y être supprimés.
Fait deffenses à tous Imprimeurs, Libraires,
Colporteurs et autres, de quelque état, qualité
etconditionqu'ils soient, d'en imprimer, vendre
,
débuter ,ou autrement distribuer, à peine
de punition exemplaire
, &c.
AR RES T du Parlement, au sujet d'un
Libelle, &c.
Ce jour les Gens du Roy sont entrés:et M11-
tre Pierre Gilbert de Voisins, Avocat dudir
Seigneur Roy, portant la parole, ont dit: Qu'il
vient de leur tomber entre les mains un Imprimé
sans aveu, qui se répand sous le titre, de
Remontrance
, ou seconde Lettre à Monseigneur
l'Archevêque de Paris. Que ce Libelle étant une
suite de la Lettre sur le nouveau Breviaire de
Paris, qui fut condamnée par l'Arrêt de la Cour
du 8. Juin dernier. et portant un caractère également
repréhensible, ils croyent n'avoir qu'à
employer cet Arrêt à son égard : et requierent
qu'il plaise à la Cour ordonner que ce nouveau
Libelle dont ils ont l'honneur de lui remettre
un Exemplaire
, sera laceré et brûlé dans la Cour du Palais, au pied du grand Escalier, par l'Elécuteur
de la Haute Justice: Qu'il soit fait
très-expresses inhibitions et défenses à tous Libraires
, Imprimeurs, Colporteurs, et à tous
autres, de l'imprimer, vendre, débiter ou autrement
dstribuer: Enjoint à tous ceux qui en
auroient
auroient des Exemplaires, de les remettre incessamment
au Greffe civil de la Cour, pour y être
suprimés : Qu'il soit permis à eux Gens du
Roy de faire informer contre ceux qui ont compose,
imprime, vendu, débité ou distribué ce
Libelle, pardevant un Conseiller de la Cour,
pour les témoins qui seroient à Paris
, et pardevant
les Lieutenans Criminels ces Bailliages et
Sénéchaussées,et autres Juges des cas Royaux, à la poursuite de leurs Substituts, pour les témoins
qui se trouveroient sur les lieux; pour
les informations faites, raportées, et à eux
communiquées,être par eux pris telles conclusions
, et par la Cour ordonné ce qu'i apartiendroit
: ordonné que copies collationnées de
l'Arrêt, seroient envoyées aux Bailliages et Sénéchaussée.
s..«n' Ressort, pour y être lû, publié
et registré : Enjoint à leurs Substituts d'y tenir
la main, et d'en certifier la Cour dans le mois.
Eux retirés:
Vû ledit Libelle intitulé: Remontrance, ou fe.
conde Lettre à Monseigneur l'Archevêque de P&m
ris. La matiere sur ce mise en délibération.
LACOUR, faisant droit sur les Condu
sions des Gens du Roy, à arrêté et ordonné
que ledit Libelle sera lac ré et brûlé dans la Cour
du Palais
, au pied du grand Escalier d'icelui ,
par l'Exécuteur de la Haute- Juftice. Fait trèsexpresses
inhibitions et défenses à tous Libraires
, Imprimeurs,Colporteurs et à tous autres
de l'im primer, vendre, débiter, ou autrement
distribuer:Enjoint à tous ceux qui en auroient
des Exemplaires de les remettre incessamment
au Greffe civil de la Cour, pour y être suprimés
; permet au Procureur Général du Roy, de
faireinformer contre ceux qui ont composé,
imprimé
)
imprimé, vendu ,débité ou distribueleditLibelle,
pardevant Maître Aymé-Jean-Jacques
Seveit,Conseiller,pour lestémoins quiseroient
en cette ville de Parts. et pardevant lc3 Lieute-,
nans Criminels des BailliagesetSénéchaussées,
et autres Juges des cab Royaux, à la poursuite
des Substituts du Procureur General du Roy esdits
Siéges pour les témoins qui.se trouveroient
esdits lieux, pour les informations faites,rapportées
et communiquées au Procureur General
du Roy, être par lui pris telles Conclusions, et
par la Cour ordonné ce qu'il apartiendra. Ordonne
en outre que copies collationnées du présent
Arrêt, seront envoyées aux Bailliages et
Sénéchaussées du Ressort, pour y être lû, publié
et rrgimt. Enjoint an* Substituts du Procureur
General du Roy, d'y tenir la main, et
d'en certifier la Cour dans le mois. Fait en Parlement
le 20. Août 1736. Signé
,
DUFRANC.
Et leditiourvingt Août mil fept cens irentefix
à la levée de la Cour, en exécution du susdit
Arrêt, le Libelle y mentionnéa été lacéré et jetté
au feu par l'Exécuteur de la Haute-Justice au bas
du rand Escalier du Palais, en présence de Nous
Marie Dagobert Ysabeau, l'un des trois premiers
et principaux Commis pour la Grand'Chambre >
assisté de deux Huissiers de ladite Cour. Signé,YSABEAU.
t
ORDONNANCE DU ROY, du io. Août,
portant
que le Regiment de Cavalerie, vacant
par le décès de M. le Duc du Mayne, sera mis
dorénavant sous le nom et commandementdu
sieur Marquis de Saint Simon ,Mestre-de-camp,
et prendra rang après celui de Toulouse.
ARREST
ARREST duParlement, du 30 Août J736,
qui condamne Thomas Cheron, d'être attaché
au C rcan , ayant Ecriteaux devant et derriere ,
portant ces mots : Rebe.'i(m'la re armé d'un couteau.,
et ensuite fustigé et lf érri d'un fer chaud
en forme de fleur de lys, pour avoir fait rébellion
, et blessé un Garde de l'Hôpital de Biscê-
Ire avec uncouteau.(
AUTRE du Conseil
,
du 4.Septembre, qui
ordonne qu'il sera procedé par Messieuis les lntendans
d**s Provinces et Généralités du Royau..
me ,
à l'adjudication de la fourniture de l'étape
aux Troupesde Sa Majesté,pour l'année 1757.
AUTRE du 11. servantdeRèglement pour les
Veuves, Enfans
, et les plus proches Parens des
Officiers décedés en perte d'Offices.
AUTRE du 18
, portant règlement pour differentes
sortes de Camelots et Etamines qui se
fabriquent à Amiens.
AUTRE du même jour, qui permet le transport
des grains des Provinces de Flandres, du
Hamault,et des Evêchés de Metz, Toul ep
Verdun
,
dans les Pays Etrangers.
AUTRE du 20. Septembre, qui confirme l'établissement
du Séminaire de Meaux, dans l'Hô..
pital de Jean Rose de la même Ville.
ORPONNANCE DU ROY du 25. pour
regler le nombre des Officiers de ses Troupes
d'Infanterie Françoise, qui auront congé par Se-
Baes.re.
AUTRE
AUTRE du même jour, pour regler le, nomtarc
des Officiers de ses Troupes de Cavalerieet
deDragons
,
qui auront congé par Semestre,
Le second volume du Mercure de Décembre est
Actuellement sous presse et paroitra incessamment.
- Table.
p TECES FUGITIVES. La Solitude Ode, 2591
Réponse au sujet de la Naissance de SalOl
Louis, 2595
La Rose et l'Immortelle .Fable
, 260C
Lettre au sujet du Poëme sur la Peinture, 160I
Madrigal z61o
Lettre au sujet d'une Coûtume de l'Eglise du
Puy, 16n
Bouquet à Mlle du B. 2616
Lettre de M. de la F. sur la Porte ou Cour, &c.
î617
Ode traduite d'Horace, 1,611
Réponse de Mad. Archambault à la prétenduë
réfutation de M. L. L. 1624
JI. M. l'Abbé de Neuville, Pers, 2647
Doute proposé aux Sçavans,au sujet des Auteurs
des Annales des Rois de France,dites de
S.Bertin, 1649
Le Triomphe de l'Amour,Ode, 1669
Deuxième Lettre touchant un Suplement à l'Histoire
de l'Eglise de Meaux, lééz
Réponse à la deuxième Lettre
J
2666
Elégie, 2.680
Question intéressante, jugée au Parlement de
Rouen,
,
68r
Enigme
~ugm*,Logagryphcs, fcc. i70tf
NOUVELLES LITTERAIRES, DES BEAUX-ARTS,
- &c. 17ô2
Nouveau Calendrier à Compas
, 1710
Principes de l'Histoire pour l'Education de la
jeunesse ,&c.2712 Eloge dt. laPaix, Ouvrage d'Eloquence, &c.
17r*
Histoire des deux Aspasies, Femmes 1Huîtres, "v.- T - 2717
Ode au Roy sur la Paix,2.72.I Hymnes du nouveau Bréviaire, traduites, et
paraphrasés,&c. 27"b
Le nouvel an, Dissertation Historique, Morale
,
&c. -' 2724
Essay Phi osophique sur l'ame des Bêtes. 2715*
Livres de Médecine nouvellement reçus à Paris
des PaysEtrangers,2726
Extrait de Lettre écrite de la Laponie sur les
Observations Astronomiques des Académiciens
1730 Extrait de Le ~re écrite de Florence, PlusieursNouvellesLittéraires contenant , ,2.73+
Figure en basrelief gravé, 2840
Catalogue -des differ tes suites de Médailles
1 antiques du Cabinet de M. Lebret, 2741
Mort de la Comtesse de Verruë
, 2743
Suite des Portraits des Personnes Illustres;2745
Air noté,274 Spectacles, 2747
Les Gallois,Parodie de la Tragédie de Pharamond
, 274&
Parodies d'un air de l'Opera de Médée,et d'un
autre des Indes Galanies2755
Nouvelles Etrangères, de Turquie et Perse, 27^8
LePttreede Cronsstaenti,nople sur le nouveau Roy de - 27j5
De Dannemarck, d'Allemagne et d'Italie, 1764
D'Espagneet 0'AlnljU' 2767
Combat Naval entre deux Escadres de Vaisseaux
de Malte et d'Alger, 2769
De Portugal, Morts des P.J)S Etrangers
, 2776
France. Nouvelles de la Cour, de Paris,&c.
Presentation de la Rose d'or
> 2779
Concetrede Iii Reine, 2.783
L'EPpéeaet laIBxalan,ce2, Fab.le7Allegogrique)surla Réception du Marquis de Flavacourt, &c.,,
Bouquet. 2789
Lettre du Command ur Tommazi,&c. 1790
Mor;s,Nai'sancts,&c. Z792
Arrêts Notâbles
, 2796
Fan'es a corriger dans ce Livre.
p)<Age1613. tgne 11. JVp* lifèz.etfpCt. P 2^19.
Mï.tfl.M*T*y»sl7fJt.iTà.Ifj.ii l 9,
«r«éy>0(lTtt.'Wfùot l.13.'Bit?' If fÍ l. 2.41filC1"!
(Skfonxil ««pj'rofratf. idem '7roi I 2620
l 9.h'&-s, iv&is. P.iftii. LII.AI6»'VT»»
À:jo'vt«» 1.Il., (V/CIl 1.l'o'Í.s,111.S-é9-II,Ô"
J.S'"fpoTII)ÕH, l il '¡;;(lX£Y l 'G1'Clpt'cxn.
P. 2660. 2. du bat:, Etimene l. Chlllcne.
P. 2^8. 1.26 1o5'1. 1506. &c.
P. 2706. 17à,ôtez- cette lmre.
P- 2739.1. 31. Spigazioni,l. Spiegazione. I.1743.1. 5 zon, con,
La Tlanchegravéedoit regarderla pag' 1840
LA Chansonnotée doit rtgarder La ta., 174^
DE FRANCE,
1 1 DEDIE AU ROT.
DECEMBRE 1736.
PREMIER POLVME.
A PARIS,
Chez
GUILLAUMECAVELIER,
rue S. Jacques.
La veuve P ( S SOT, Quay de Conty,
à la descente du Ponr Neuf.
JEANDENULLY,au Palais.
M. DCC. XXXVI,
Avec Aprobation & Privilège du Roy..
AVIS. L'A D RES S E generale ej1 à
MonfiewrMORIAU., Commis an
Mercure, vis - à- vis la Comedie Franfoife,
à Paris. Ceux qui pourleur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux- Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris, peuventfe fervirde cette voyc
pour les faire tenir.
On prie très-inflamment, quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pojlet d'avoir
foin d'en affranchir le Port, comme celas'efl
toujours pratiqué, afin d'épargner3 à nous
le déplaifir de les rebuter, & a ceux qui
les.epvoyent, celui, noç-feulement de ne
pas voir paraître leurs Ouvrages3 mais
même de Us perdre, s'ils n'en ontpas garde
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers, ou les Particuliersqui fouhaitervntavoir
le Mercure de France delà premieremain,
& plus promptement n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porterfur
/',J:itre a la Pojle , OH aux Meffageries qu'on
lui indiquera..
PRIX XXX. SOIS,
PIECES FUGITIVES,
en Vers et en Prose.
LASOLITUDE.
ODE.
Nfin loin du fracas du Monde
Je puis respirer à loisir;
Des douceurs d'une paix profonde
Je goûteà long traits le plaisir;
En butte longtemps aux orages,
D'une Mer féconde en naufrages
J'arrive heureusement au Port;
fit content dans ma solitude,
l. Vol.Aij Sans
Sans trouble et sans inquiétude
J'attens tranquillement la mort.
*
Folle erreur , vapeur fantastique
D'une servile ambition,
Combien ton humeur frénetique
A-t'elle troublé ma raison ?
Vil esclave de la Fortune ,
Cent fois d'une main importune,
J'encensai jadis ses Autels,
Moins touché de sa complaisance,
Qu'irrité de son inconstance,
Sort de la plupart des Mortels
'l-
Que vois-je ? Une sainte lumiere
Tout à coup a frapé mes yeux ;
Mon ame , au rayon qui l'éclairé,
Reconnoît le pouvoir des Dieux ;
Fille du Ciel, douce Sagesse,
Dans le plus fort de mon yvresse
Tu m'as fait entendre ta voix;
Et j'éprouve dans ma retraite,
Qu'il n'est point de douceur parfaite
Qu'en obéïssant à tes loûs.
*
Acheve
1
Déesse adorable,
Ce grand Ouvrage de ta main,
I. Vol. Wotiei
Notre bonheur est peu durable,
Si son apui n'est plus qu'humain;
Toi seule, divine Sagesse ,.
,
Tu peus, malgré notre foiblesse,
faire trompher la raison;
l'air pur qu'avec toi l'on respire,
Nous fait faire sous ton Empire
De vertus une ample moisson.
*
C'en est trop ; rompons la barriere
Qui nous tient en captivité,
Finissons an moins la carriere
Avec plus de tranquillité;
Le seul bien solide, à mon âge,
Est d'avoir acquis l'avantage
De vivre et mourir en repos;
Le reste n\«t plus que chimere,
Triste effet de notre misere
,
Que l'on doit mettre au rang des maux !
*
Loin d'ici
,
poison trop à craindre
,
Amour
,
funeste passion
,
Et vous soif encor plus à plaindre
De richesse ou d'ambition
;
Perfides, votre joug oprime
Notre cceur, toujours la victime
De votre trompeuse douceur, J.VoU Aiij Ei
Et sous l'ombre de vos caresses
Vous nous cachez mille détresses
Plus sûres que votre faveur.
• *
Ce n'est point par misantropie
Qu'aujourd'hui je change de goûts,
Le but de ma Philosophie
Est de rendre mon sort plus doux;
Loin d'être Aristarque incommode,
J'ai dans ma nouvelle Méthode
Pour but un innocent loisir ;
Ei je fais dans ma Solitude
A présent mon unique étude
D'unir la sagesse au plaisir.
•
Venez embelHr nos Campagnes ¡
Déesse de la Liberté;
Et vous très-fidellesCompagnes
De l'innocente volupté,
Muses, prétez-moi votre Lyre
Pour donner au feu qui m'inspire
Les
-
ornemens de vos leçons,
Mais souffrez que dans ce Bocage
Diane quelquefois partage
Le temps d'un de vos Nourrissons.
REPONSE
REPONSE du R. P. Mathieu Texte ;
Dominicain
,
À la Lettre de M. Mail..,
lart,ancien Avocatan Parlement de Pa-
* ris}imprimée dans le Mercure de Juin. I7' , au sujet du Lieu de la N,tissa,.et
de Saint Louis
1)
Roy de France. POur répondre, M. à votre sçavante
Lettre
,
j'aicrû que )e devois vous
i!I!(::r .èt tâcher de le faire d'ine comme vous, maniere courte et méthodique.
Vous commencez par distinguer deux
5o.'te« depreuves, une affirmative, etune
équivoque, et vou1» dires, qu'en concurrence
d!.:!
deux preuves, l'affirmative
l'emporte 'LU" l'équivoque. Ce principe
est infaillible,et il seroit à souhaiter que
Implication que vous en faires contre
mon sentiment, en faveur du vôtre, fut
aussi juste. Le Lecteur en jugera, en
pesant et examinant murement vos preuves
et les miennes.
Je ne repéterai pas ici au long ce que
j'ai déjà dit dans mi Dissertation sur ce
sujet, imprimée dans le Mercure de Novembre
1735.il mesuffitd'en rapeller l'idée
en pu de mots. J'ai dit 1Q. que Saint
Louis en se glorifiant,selon Guillaume
I.Fol. - A iiij de
de Nangis, * d'avoir reçulagracedu Baptême
dans Poissy, fait connoître par-là
qu'il y est né,on il faut qu'on nous dise
par quel cas fortuit ta Reine Blanche accoucha
à Neufville en Beauvoisis
)
dans
un Château qui n'étoit pas alors réuni
a la Couronne,et à quelle occasion si
précipitée et périlleuse lut par raportau sa- de l'ame ,et à la vie du fils d'un Roi
si cher à Pfctat, ce Prince auroit éré porté
avant que d'êrreondoyé, de Neufville
à Poissy , distantde 1 5. lieuës.
En second leu j'ai fait voirque le
même Saint * * s'explique encore plus
clairement en répondant à ses plus
familiers, qu'a yant pris naissance dans
le Diocèse de Chartres, duquel Poissy
dépend pour le spirituel, il en vouloit
observer les Jeûnes, quodde Carnotensi
Dioecesi oriundus existebat , dit
Guillaume de Chartres, son Chapelain,
Dominicain.
J'ai ajouté que la fondation du Monastere
Royal des Dames de Poissy, bâti
par Philipe le Bel, pour honorer le Lieu
de la naissance de S. Louis son Ayeul ,
est une preuve existante de mon sentiment,
in honoremAvi sui quiapud Pissiacum
natus est: quoi de plus clair que
* Duchesne, t. S..t. 3*** nid. t. 471.. A roi. ce
ce témoignage ( Echard ,,t. I. p 6. ) de
GuisionisEvêque de Lodéve, qui étoit
alors aux environs de Paris? L'ancien
Manuscrit de la Bibliotheque du Roy,
que j'ai cité, marque,né à Poissy;apud
Pissiacum natirï-
Ce que dit cet Auteur est confirmé
par le même Roi dans la Chartre de
fondation en ces termes: ( Archives de
Poissy) S. Louis avoit le domaine de
Poissy, Lieu de sa naissance, habebat Villam
ipsam, Locum sut originis. J'ai fait
remarquer que, selon Duchesne, p. 217.
des Antiquités des Cités, nos Reines faisoient
alors leurs couches à Poissy, et que
l'Epitaphe qu'on y voir dedeux freres de
S. Louis ,morts fort jeunes, prouve que
la Reine Blanche y faisoit aussi les siennes.
On trouve des vestiges de cette naissance,
jusque dans un grand paneau de
vitres de la Chapelle de S. Louis
, audessus
de ses Fonts Baptismaux, dans l'Eglise
Collegiale de Poissy,où l'on voit la
Reine Blanche dans son lit, avec ces quatre
Vers qu'on y lisoit dès l'année 1500.
S; Loys fut Enfant né de Poissy
,
Et baptisé dans la présente Eglise j
tes Fonts en sont gardésencoreici,
si honorés comme Relique exquise.
Vot A v Voila
Voila, M. quelles sont à peu près mes
preuves; et de ce fair aussi constaté que
l'est la naissance de S. LouisàPoissy ,
il en résulte une évidence qui se fait
sentir à tout Lecteur impartial.
Vouloir chicanner sur la signification
du terme latin oriundus
, ce seroit
inutilement, il n'en présente point d'autre
ici que celle qui est arrachée à l'adjectif
ortus, ou au mot François Natif.
Catel dans son Histoire de Toulouse
impriméeen IrL3- pag. 347.traduitces
mots de l'Epitaphe d'un Evêque de cette
Ville, décédé au XII le siécle,Mirusmensbicoriundus,
Natifde Miromont, et le
terme d'origine qui pouroir êtreéquivoque
par ra port à un particulier, ne l'est pas
à l'égardd'unRoi; il seroit même injurieux
de dire qu'il est originaire d'un de
ses Châreaux. On ne dira donc pas que
S. Louis l'estde celui de Poissy ,sur tout
a près que le mot d'origine est déterminé
pour signifier le Lieu de sa naissance
par les Monumens et les Ecrivains de
son temps,que j'ai déjà cité, et que vous
passez, M.sous silence, pour ne vousattacher
uniquement qu'au termed'origine.
On dit Enfant de France, et non pas
de Versailles
, ou de Saint Germain;
et si notre Saint signoir Louis de Poissy
1.
1. VoL fiÍ:roit:
c'éroit,cornme nous venons de -voir, par
ra port à son Ba ptême. Le P. Pepiii,ijominicain
,
Docteur de Paris en i 500,
ajoûte : et pour y avoir pris naissance,
intitulebat se non Regem Franciæ, sed Ludovicum
de Pissiaco, eo quod ibi natus futrat,
pariter et sacro Baptismate regeneratus,
Pepin, Sermon de S. Louis, fol. cclxij.
Venons maintenant à vos preuves ou
plutôt à votre preuve, puisque vous ne
produisez qu'une copie d'exemption de
Taille,inconnuë à ceux qui en ont fait
des Recueils, qui a servi de fondement
aux autres, si oposées à l'original, qu'elles
sont plus qu'équivoques,et ne sçauroient
être d'aucune autorité. Pour prouver ce
que j'avance, je n'ai qu'à les confronter
avec les Originaux. Premiere Chartre de
Louis XI. (Mercure de Juin 1736.) Considerant
aussi qu'auditLieu de Neufville, qui
est situé en Forest, et Pays fort infertile , M. S. Louis, notre Prédécesseur, fut né et y
printnaissance
,
ainsi qu'il nous a été affirmé.
Donné à Compiegne, l'an degrace 14(58.
La seconde Chartre de ce Roy est
conçûë en mêmes termes.
La troisiéme, qui est celle du Roy
Henry IV. porte (Mercure de Juin 1736.)
Mesme le Roy S. Louis, de bonne mémoire,
en considération de ce qu'il étoit ni
J. yq/r A vj d
et avoit pris, naissance au Château de la
JSIeiifville
,
les auroit affranchis,et rendus
exenpts
@
de toutes TaJl/s et impositions,
corr.-me k son. exemple et imitation auroit
fait le Roy Louis XI. quoiqu'ils ne fassentaparoir
de confirmation de nosdits Prédécesseurs
et de plusieursOriginaux de leursdites
Chartres, et Titr-cs, ou de partie d'icmx
pour avoir été perdues pendant ces derniers
troubles" et lors, du Siege. du Châr
teau de Neufville.. Donné a, Paris en 1601;
Voila ,..M. vos copies de cesChartres ;,
voyons maintenantlesOriginaux raportés
par M. Simon,, Conseiller auPrésidial de
Beauvais, dans les, Additions à l'Histoire
du Beauvoisis,imprimées en 1706 p. 46"
» J'ai vû., dit-il, (Mercure de Jmvier
» 1733.) les Originaux de trois Titres,
»dont H y ena deux du Roy Louis XL
nl'un du mois d'Août 1468.l'autre du
» 13. Octobre 1475 ettroisième,qui
»sont Lettres du Roy Henry I V. de
rtiSou où l'on accordepour un temps l'e-
»xemption de la Taille, en honneur et
»souvenir dela naissance. de S. Louis;
net il est énoncé dans le dernier de cas Titres, qu'ilavoitlui-même accordé
..la même Exemption par Lettres;il-est
vraique celle de 14,68. dit seulement:
ainsi qfCila été affirmé auxdits Habitans. Il
fauz
faut remarquer que c'est la premiere.
Qui ne voit le peu de conformité des
copiesavec les originaux ? vous dites, M.
1° .que dans vos copies il y a,S Louis,norre
predecesseur, fut né, ety prit naissance;
M. Simon,qui a lu l'original, marque en
honneur et souvenir de la naissance de
S. Louis,ce qui est fort équivoque.
2°. Il y a dans une de vos copies:
S. Louis auroit affranchis et rendus éxempts
de toutes tailles et impositions, comme à son
exemple et imitation, auroitfait LouisXf.
et dans l'Original on lit, où l'on accorde
pour un temps l'exemption de Taille.Vousmême
,Mr
,
dans leManuscrit que vous
avez communiqué au R. P. de M'ontfaucon
, et qu'il raporte T. II. p. izr. des
Monumens de la Monarchie
y.
avoüez
qu'il y a. exemption de Taillepour un temps y
et dans votre Lettre on lit, auroit affranchis
et rendus exempts de toutes tailles et impositions,
ce qui signifie n'y être plus sujet.
Voilà une grande différence. Cette
seule contradiction de l'Auteurmême
qui produit lesCopies de cesChartres
suffit pour les décréditer.
3. Les habitans de Neusville représentent
à Henry IV en 1601. que tous
les tirres qu'ils auroient dû présenter à Sa
Majesté, ont étéperdus au siege duChateau
IL fToL dle
de la Nenfville; et aujourd'hui ils fournissent
, et des Originaux,et des Copies
de ces deux Chartres de Louis XI.un des
prédécesseurs d'HenryIV. sans dire par
quelle habile main ces papiers ont étéga
rantis du débris commun, ni où on a fait
cette heureuse découverte.
4v. Une de vos copies fait dire à Louis
XI. ainsi qu'il nous a été ajfil'Y;;é, et dans
l'original il y aainsiqu'il a étéaffirméauxditshabitans;
ce quiest bien différent,
et se termine à un oui dire 253. ans après
la naissance de S. Louis..
Jugez, Mr
,
de quelle autorité peuvent
être de relies chartres fondées sur un -
oui dire, si différemment raportées, proscrires
par M. Bailler, natif de Neusville,
et que les Roismême qui les accordent,
déclarent n'être apuyées sur aucun titre,
ainsi qu'il a été affirmé auxdits habitans,
dit Louis XI. sans qu'ilparoisseoriginaux,
titres, &c. selon le Roy Henry IV.
Ajoûrons qu'elles ont été obtenues
dans un siecle auquel on y regardoit si
peu de près, que Louis XII. par son Ordonnance
du 15. Octobre 1515. (Recüeil
de Corbinimprimé en 1621. p. 69. etjz.
maintient la Cour des Aydes à Montpellier
, pour y avoir été continuée depuis
1444. sous CharlesVII. et cepen-
JToU dant
dantl'Expose de bonne foi est faux,
puisquelouisXlparsonOrdonnance du
12. Octobre 1467 qui a pourtitre ,
Second
Etablisse?/eniie la Cour desAydesà
Montpellier) déclare que cette Cour tenue
à Toulouse
,
résideradorénavant à Montpellier.
Elle n'y avoi r donc pas été continuée,
selon l'Exposé, depuis1444.
Si les Ordonnances de nos Rois, quoique
données avec tant de précaution,ne
sont pas à l'épreuve d'un faux Exposé,
à plus forte raison des simples exemptions
de taille pour un rems, et sans
conséquence
,
accordées sur pied de Requête
à une pauvre Paroisse, située en
Forest et Paysfort infertile t comme le dit
la Chartre.
Mr Bailler, quoiqu'interessé a faire valoir
les prérogatives de Neusville, sa patrie
, n'a pû se refuser à la vérité
, et le
peu de cas qu'il a fait de ces sortes de
Chartres
, a paru un contre-cou p si fâ.
cheux à ceux qui sont, Mr
,
de votre
sentiment, que l'un d'eux a crû ne pouvoir
mieux y répondre,qu'en niant que
cet Auteur en ait eu connoissance- «Il est
» vrai, dit il, que M. Bailler, ( Mercure
»de Janvier 1733. p. 40.) quiétoitnatif
»de ce la Neufville, a ignoré ce Fait;
» mais comme ce Sçavant quitta sa patrie
1. Vol. » de
w de bonne heure, et qu'il s'informoît
» peu de ce qui croit contenu dans les
n Archives sécu tieres, il n'est pas éton-
» nant qu'il n'en ait pas eu connoissance.
Si celui qui a invente cette défaite,avoit
lû la vie de S. Louis par M. Bailler T. II.
p. 379. il y auroit trouvé que, bien loin
4 qu'il aîtignoré ces trois Chartres, il les
cite, et continuë à soutenir que S. Louis,
est né à Poissy. Tom. IV. pag*292.
De ce que je viens de dire, Mr, il est
aisé de conclure, quesi selon votre prin-
, , '- 1 cipe très-certain
, ce quin'est qu'équivoque
,
doit céder à ce qui est positif,
les Chartres que vous produisez et qui
font votre unique preuve,étant plus
qdue'évqouiivr,oques, comme nous venont
et ce que j'avance de la nais.-
sance de S. Louis à Poissy, ayant le caractère
d'un Fait positif,qui apud PiuÍd-'
cum natus est in mundo ,ditGuidonis; par
une suite nécessaire
, vos Chartres doivent
céder à desisolides preuves , et
votre sentiment nouveau àceluiqui, autorisé
par une nuée d'Ecrivains, aété unanimement
reçu depuis plus decinqsiècles.
Je finis par deux réflexionssur le passage
de la Lettre 175. de S. Bernard aux
Chanoines de Lyon, duquel vous faites
l'aplication aux Dames Dominicaines de
U VoL Poissy :
Poissy: "Ce problême, dites vous, Sv
» Louis est-il, ou non, né à Poissy i
» n'altère, ni la noblesse
,
ni la splen-
» deur
,
ni la régularité du Monastere
» de ces Dames:Virgo Regia falsononeget
» honore veris cumulata TÙullf.
Ceproblèmen'altere, &c. Mr, necom p-'
tez vous donc pour rien de dépouiller
cette illustre Maison de la gloire qu'elle
a d'être le berceau d'un S. Louis, de frustrer
l'intention du Roy Philipe le Bel,
lequel l'a fondée, comme nous avons
vû, afind'éterniser la mémoire de la
naissance de son Ayeul
,
de pri ver ceux
du Lieu, de la confiance qu'ils ont aux
prieres de leur saint Compatriote, et des
suites heureuses qu'une telle prérogative
peut leur procurer.
Ce problême naltéré,&c. On diroit par ce
terme,et par l'aveu sincere que vous faites
den'avoir pastrouvélesujet de laNaissance
de S. Louis à Neufville, que moins prévenu
aujourd'hui de votre sentiment, que
vous ne l'étiez, lorsque vous avez publié'
vos Chartres,vous ne seriez pas éloigné de
faire un problême du sujet de notre dispute,
et une opinion d'un Fait positif.
Mais ces Dames se rendroientIndignes
des loüangesque votre politesse,qui ne
sçauroit se démentir,leur donne si elles ne
A VQI. tejettofem
rejettoient tout problême
, et ne se maintenoient
dans leur juste possession. Elles
l'ont fait jusqu'ici, etil ya sujet d'es.-
perer que le succès secondera leur zele,
et que dans peu de tem ps, animés tous
d'un même esprit, nous ne parlerons
plusqu'unmême langage. Les R P. Continuateurs
de Bollandus
par leur Lettre
du it. Mai 1736.et les Auteurs des Mémoires
de Trevoux, Août 1736. s'étant
déjadéclatés pour Poissy, deux Ecrivains
, qui depuis peu ont suivi votre
sentiment, ayantaussi eu labontéde me
dire qu'ils attendoient l'occasion pour se
retracter. Je suis, &c.
A Paris
,
le 8. Septembre 17$6.
LA ROSE ET L'IMMORTELLE,
FABLE.
DAns
un Jardin délicieux,
On dit qu'une Rose nouvelle
Voyant à ses côtés une vieille Immortelle
Lui tint ce langage odieux.
O Ciel! Comme vous voilàfaite?
Vous êtes maigre,séche, et jaune comme un coin.
Eh comment!près de moi, des Fleurs la plus
parfaite
I, , Osez V«l.Ose*
Osez-vous tenir votre coin?
Il est vrai, répondit l'Immortelle plus sage,
Je n'ai pas la beauté, comme vous, en partage i
Mais de tous ces attraits que vous me vantez tant,
Et dont cent mille Amans font leur bonheur su-3
préme
,
Je vois le Destin inconstant
Prêt d'effacer l'éclat extrême.
Vous êtes aujourd'hui plus belle que l'Amour.
Demain tous vos appas ne seront que poussiere.
Dois-je envier une carriere
,
Que commence et finitun jour,
Pour moi, par des vertus sécretes ,
J'ai droit à l'Immortalité;
Elle a pour moi des graces plus parfaites
>
Elle fait ma félicité.
La Reine du Printems, à ces mots interdite,
Pâlit, se fane, séche
, et disparoit soudain.
D'Hébé,tendre et charmante élite,
Tel on voit votre éclat, telle en sera la fin.
Craignez, jeunes Beautés,le destin de la Rose 2
-
Méprisez des attraits que détruit un moment,
Pour mériter l'apothéose,
Et vivre dans le monument,
11 faut par des vertus, qu'un coeur modeste cele
Imiter la sage Immortelle.
Par M. de St R. de Montpellier
J.Vol. LETTRE
LETTRE de M. D'Arnaud, À M.
le Baron de * 4* au sujet du Poëme
sur la Peinture. cÔmme vous m'avez toujours honoré
de votre amitié, Monsieur; l'ai
cru devoir vous faire paarrttduplaisirque -
du pl aisir q,(Ic
ni'a causé la lecture
Tl*
m'acausé d'un petit Ouvrage
curieux; c'est le Poëme du Pere Marsy,
Jesuite, sur la Peinture, selon que mes
foibles lumieres me permettent d'en juger.
La composition coûte peu à l'Auteur
, ses vers sont coulans,aisés et stfmés
de cette heureuse varieté
,
qui fait le
plus grand ornement de la Poësie
tant
Latine, que Françoise. La maniere dont
il exprime les divers genres de peinture ,
est une peinture elle-même noble, et
élevée au dessus du commun; il a imité
assés heureusement le commencementde
l'Art Poëtique du grand Despreaux dans
ces vers:
.Nascitur..-- &("r
Enuite le Poëte passe en revûë les
meilleurs Peintres qui ont faittantd'honneur
à leur Patrie
j sans oublier l'éloge
roi, d.
de leurs Ouvrages les plus estimés. Ses
transitions sont bien ménagées, et l'on
n'y voit point de ces enthousiasmes scholastiques,
qui gâtent entierement le goût
des jeunesGens. J-c puis vous assurer que
depuis longtems je na'i Iii un meilleur
Ouvrage en fait de Poësie Latine, j'entends
la moderne:toujours plein de respect
pour mes Anciens, je méprise leurs
misérables Copistes.Que diroit-on d'un
homme, qui dédaignant la lecture des
Corneilles,des Racines, des Voltaires,
ne s'occuperoitqu'à admirer les Pradons,
les Boyers, et tant d'autres Auteurs méprisables
et méprisés à juste titre? Lorsque
je veux lire des Vers Latins, je lit
les Virgiles, les Horaces,les Ovides, et
les Catulles; de même des François, les
seules Pieces des grands Maîtres ont entrée
dans mon Cabinet. Il est des Personnes
d'assés mauvais goût pour ne mettre
nulle différence entre Virgile et le P. R.
Ce n'est pas que je veuille ici rabaisser
eon mérite, la République des Lettres
lui a et lui aura d'éternelles obligations.
Vous trouvez tous les jours des Peintres
qui éleveront le Francion au dessus
de Kaphaël
, et négligeront lesTableaux
de Michel-Ange ou du Correge, pour
quelques Copies défigurées : pardonnez
I. Fol. à
à cette boutade poëtique, je reviens au
plusvîte à mon sujet: je ne doute point
que le Pere Marsy ne contribue à la gloire
des Sçavans de sa Compagnie; le peu
de ses productions qui ont paru,nous
fait concevoir de grandes esperances;
peut-être mon sentiment sera t'il rejetté,
mais je me ressouviens toujours de cette
belle maxime de Terence:Quot homines
3
tôt sententia suus cuique ma. Au reste
quel est le mortel parfait dans ses ouvrages
et dans ses actions?
La derniere démarchede la raison,comme
l'a fort bien dit M. Paschal, c'est de
connoître qu'il y a une infinité de choses
qui la surpassent; elle est bien foible,si
elle ne va jusque-là. Je suis,&c.
MADRIGAL,
Apollon
veut votre portrait,
Je m'étoischargé de le faire,
Cela dit bien qu'il n'est pas fait,
Mais que ce soit sans vous déplaire;
Je croyois que l'Original
S'adouciroit sur la Copie;
Mais j'ai vû le moment fatal,
Qu'il m'en alloit coûter la vie.
I. Foi LETTRE
LETTRE écrite à M. l'Abbé le Beuf,
o' Chanoine et Soû-Chantre de la Cathe..
drale d'Auxerre, au sujet d'une Coutume
de l'Eglise du Puy.
J E cherchois dans les Mercures de
1735. une Piece fugitive qui m'avoit
frapé, et je tombai par hazard sur votre
Lettre inserée dans le Mercure de May ;
p. 896. Je la relûs avec le même goût
,
que la premiere fois que j'avois eû le
plaisir de la lire. La bienveillance, dont
vous m'honorez depuis Ion,,,-temps;
me fait esperer que vous voudrez bien
me permettre, Mr
.>
d'ajoûter à tout ce
que vous avez puisé dans l'Antiquité
pour l'explication du mot Prisio
, un récit
de la Capture ou Prise de nos Chanoines
,
qui est encore en usage dans l'Eglise
du Puy. On n'en sçait point l'origine
, et je n'en ai rien trouvé dans les
Archives de la Cathédrale, ni dans celles
des Collégiales de la Ville et du Dio
cèse, dont j'ai parcouru les titreset les
anciens documens avec toute l'exactitude
possible.
Voici, Mr
, ce qui se pratique dans la
7. Yole CathéCathédrale
depuis un temps immemorial.
Le Dimanche de Pâques, et les six
jours suivans, si quelqu'un est absent
de Matines. dès qu'on a entonné le premier
Pseaume, quelques Chanoines et
Choriers sedétachent du Choeur avec
deux Clergeons, dont l'un porte la Croix
Processionnale,et l'autre le Bénitier. Ils
vont deux à deux
, et en silence, à la
maisondu Chanoine absent, et ils y entrent
le plus sécretement qu'ils peuvent,
de crainte qu'il ne s'éveille et nes'éclipse.
Dès qu'ils sont entrés dans la chambre ;
le plus ancien donne de l'Eau Bénite au
Chanoine
,
quoiqu'il soitencore au lit,
et on chantel'Antienne, Htc dies quam
fecit Dominus
,
&c. Après cettecérémonie
, ces Messieurs, plus modestes que
ceux dont vous faites mention dans votre
Lettre
,
donnent au Chanoine le
tems de s'habiller
, et le conduisent ensuite
à l'Eglise processionnellement et
en silence. Si la maison du Chanoine est
éloignée de la Cathédrale,et hors du
Cloître, il est en manteau long;si non.,
il porte le Surplis, l'Aumusse et la Lin.;.
garelle. Le Chanoine paresseux en est
quitte pour un déjeuné qu'il est obligé
de donner à ceux qui lui ont fait l'honneur
d'assister à sa toilette 1 mais il s'y
- I. Vtl. ca
en glisse quelques-uns de ceux qui sont
restés à Marines. Les plus habiles donnent
à déjeûner avant qu'on les conduise
à l'Eglise; le déjeûner en est plus leste ,
et il y a moins de convives. Si on trouve
le Chanoine hors de sa maison , quand
même il seroit en chemin pour aller au
Choeur,il est également aspersé et oblilgeés
à l'amende du déjeûné. On assûre que
Officiers et les Conseillers de la Sénéchaussée
du Puy étoient sujets à une pareille
amende,et qu'on alloit les chercher
en procession, lorsqu'ils ne se trouvoient
pas au commencement de Matines.Plusieurs
Anciens,dignes de foi,m'ont assûré
l'avoir vûJ et même d'avoir assisté au dér
jeûné. On croit par tradition que cette
cérémonie n'a été établie que pour exciter
les Ecclésiastiques et les Laiques à
être plus assidus à l'Office Divin au temps
le plussolemnel de toute l'année. Je vous
prie
,
Mr, de me faire part de vos réfléxions
sur cet ancien usage. Je lis avec
avidité toutes les découvertes dont vous
faites part au Public.
Si vous en faites quelqu'une sur le mot
de Lingarelle, dont je me suis servi cidessus
, je vous prie aussi de m'en vouloir
faire part. C'est uneespece de Sca
pulaire d'un pied en
quarré
, qui est de
I. Vol. B petit
petit gris, doublé de satin rouge pour
les Chanoines, et de bleu ou de violet
pour les autres. C'est une espcce
de Cuirasse de la même fourrure que
l'Aumusse ; et on prétend que c'est
en mémoire de ce que Aimard de Monteil,
Evêque du Puy, fut le premier à
embrasser la Croisade au Concile de
Clermont, avec quelquesuns de ses Chanoines.
On voit encore à la Cathédrale,
dans le Choeur de S. André, la statuë
équestre de ce Prélat,armé de fer de pied
en cape , avec le casque en tête, la cuirasse
et les autres ornemens militaires.
Les Chanoines et tous les Clercs de la
Cathédrale portent cette Lingarelle depuis
les Complies du Samedi Saint inclusivement,
jusques au Vendredi suivant.
Après Prime ils la quitent, excepté les
Dignités, les Officiers du Chapitre Cathédral,
et ceux de l'Université de Saint
Mayol, comme sont les Sacristains, les
Gardes d'Autel, &c. et les dix Enfans de (
Choeur, qui portent cette Lingarelle jusqu'au
premier jourde May qu'ilslaquitentaprèsPrime.
Les Chanoines la portent
avecl'A umusse doublée de rouge, et personne
ne peut entrer au Choeur sans la
Lingarelle ,
quand on est obligé de la
porter.
I. Volp J'ai
J'ai donné mes conjectures sur le mot
de Lingarelle à feu Dom NicolasTous-
:ain
,
Bénédictin de S. Maur, qui avoit
fait non-seulement un recueil considérable
de divers mots, pour augmenter
la nouvelle Edition du Glossaire de
M.Du Cange,mais encore qui avoir lprh
diverses langues, mêmel'Hibernoise
qui , est très-difficile. pour découvrir l'origine
et l'étymologie de ces mots barbares.
Je ne sçai
,
Mr ,si dans cette nouvelle
Edition que vous citez avec éloge,
et que je n'ai pû encore voir, on aura fait
usage de mes conjectures sur la Lingarelle,
et de l'ex plication de plus de mille mots
qui étoient inconnus au docte du Cange,
et que j'avois donnée à D. Toustain.
Ne pouriez-vous point nous aprendre,
vous qui êtes maître en Israël, et qui faites
chaque jour des découvertes dans
l'antiquité; ne pouriez vous pas, dis je,
nous aprendre d'où vient que les Enfans
de Choeur portent la Lingarelle comme
les Dignités et les Officiers, et plus long
temps que les simples Chanoines ?
Cette Lingarelle a quelque raport au
Caperon que portent les Novices Capucins
,
conformément à la Reglede Saint
François que ces bons Religieux tâchent
de pratiquer à la Lettre. Conce U-it eis
1. Vol, B ij pan:os
pannos probationis,videlicet duas tunicas
sine caputio et cingulum , et brachas
, et
Caparonemusque ad cingulum. Cap. 2. Les
Cordeliers, au lieu de caperon, portent
une petite piece d'étofe cousuë à la Mosette
ou Capuce, qu'on nomme la Languette,
ce qui a quelque raport au mot
de Lingarelle
, ou petite langue. Il n'y a
point ici de Recollets ni de Pénitens du
Tiers Ordre de S. François; s'ilyena
dans votre voisinage, vous pourez voir
|a forme de leur caperon. Celui des Capucins
ressemble au chaperon que les
gens de Robe portent lorsqu'ils sont en
habit de deüil, et qu'ils portoient autrefois
autour de la tête, de même que les
Docteurs et les Gradués. Je suis avec, &c.
Du?uyenVelay,le
BOUQUET
Mlle de Bury
A , pour le jfJur de s.a FêlC. hi C
Es jours passés;sur le Parnasse,
Pour vous composer un Bouquet,
Je volois sur les pas d'Horace,
Et lui contois quel étoit mon projet,
« Arrête, me dit-il, vois quelle est ton audace!
»? Des graces de Philis tu prétens uar pour trait,
, I. Vol. » Rendre
• Rendre en tes Vers le fidele Portrait,
»Crois-moi, qu'à l'amitié ce désir fasse place,
» Sois soumis,sois sincere, offre un zele parfait,
» Ou bien crains d'Apollon d'encourir la disgrace,
» Ce Dieu seul veut loüer cet admirable objet,
»» Et prétend
,
quoiqu'on fasse,
» Que pour chanter Philis, un Mortel n'est
pas fait.
J de P.
LETTREdeM. delaf***à
M» D. L. R. sur un sujet de Littérature.
y 'Ay lû, Monsieur,avec tout le plai
sir que donnent ordinairement vos
Ouvrages, vorre cinquiéme Lettre à M.
Maillart
,
insérée dans le Mercure de
Septembre dernier. Cette Lettre, aussi
curieuse que bien écrite, m'a donné une
idée bien avantageuse des lumieres de
feu M. Desroches,qui, selon moi, avoit
raison de douter si ce mot LA PORTE
pour dire la Cour,n'étoit pas en usage en
Orient bien long-temps avant le Mahométisme
,
d'où vous le dérivez: Si votre sçavant
Ami avoir été à portéed'éclaircir
ses doutes, où si vos occu pations vous
avoient permis de relire ies Auteurs où
il est fait mention du Palais et de la
I. Vol. B ii,, C.,ut;
Cour des Rois de Perse
,
je suis persuadé,
Monsieur,que vous ne vous seriez
pas porté si volontiers à accuser d'A--
blancourt de hardiesse ou d'ignorance,ni
d'avoir voulu briller par un terme de son
goût au dépens de la venté, parce que pour
expliquer le mot LA PORTE dont iIJ
s'est servi dans sa Traduction, il a mis en î
Note cette Ex plication
,
à la Cour, com- •
me on dit à présent à la Porte du Grand !
Seigneur.
Je ne sçais pas,Monsieur, pourquoi
vous dires que ce terme la Porte, pour
dire la Cour, est très capable dinduire
en erreur, et il neme paroît pas vraisemblable
qu'en ce sens il fût tour-àfait
inconnu aux anciens Perses, puisqueXénophon,
toutes les fois qu'il veut
parler de la Cour ou du lieu où est le
Roy, se sert presque tou jours du mot
~jvp«,tantôt seul et tantôt avec legénitif
TS^ctaihiuç. Vous en allez juger
vous même par ces Passages.
Cyrus (a) intérrogé par la Reine sa
Mere, qui venoit d'arriver avec lui à la
Cour d'Astyage , qui il trouvoit le plus
beau ou du Roy de Perse ou du Roy
des Medes, dont il ne cessoit d'admirer
( a) Xenop. Ptd. Cyri. L. premt p. y. I. YlJt. '- les
les ajustemens qui lui paroissoient magnifiques,
répond: Madame, le Roy mon
Pere est, sans contredit, le plus beau des
Persesi mais mon Ayeul à en juger par ce
que (ay vu en chemin et à LA PORTE, est
le p'i*< b ut des Medes. if MnTfç, Tlepo-civ
juete eoxus JC.«ÀÀ,r;-oç ó tfJL^ç, crctTHf Mnfav
F~XèLwUT»TdD,-upqOçTWVt«pa>taIYOÏ B T.îj, GeTeî$ t7T6ÀV*<fiÇ
"¡'ÀÀIOÇÓ 9 Î/J.0Ç t:trYo'
Voici encore une autre preuve. Cyaxares
(a) ayant invité Cyrus à souper
avec lui, ce Prince s'en excuse en faisant
entendre à son oncle qu'il doit avoir
des égards pour les Troupes qu'ils ont
amenées qui pouroient prendre de mauvaises
impressions, si il n'alloit pas les
rejoindre; mais demain,dit-il, dès que
l'AU"l'ore pa"oÎl"l'a, ceux qui méritent d'être
admis au Conseil se rendront ici à VOTRE
PORTE, afin que tous ensemble nous délibirionssu*
cequenous^nyona<4emieuxa
faire CtU-:>,lOV "I. ,
7TCù CT(U:O È-rt T«Ç /Tete tÇpggro TfCCPTfÇ cl i7riy^Q/0f
, 07TCÇ
ficvXwTÔfXîèût giv trci T) ;tpn -noietr.
Ce en droit, Monsieur
, prouve clairement
qu'on nommoit LA PORTEle
Lieu où étoit leRoy,quel que fût ce
Lieu, car ce n'est point dans le Palais
(a) Xenop.P&d,Cj/ri, L, J. P. 87.
1. Vote Biiij de
de Cyaxares que Cyrus lui parle, c'est
dans un Camp sous une Tente et c'est
là que le Conseil doit se tenir le lendemain
, et le lieu où l'on doit s'assembler
est ce que Xenophonapelle la Porte.
Comme je passerois les bornes que
je me suis prescrites, si j'entreprenois
de vous raporter tous les Passages où
Xenophon employé le mot cTcpaç pour
dire LA PORTE, c'est- à dire la Cour,
je vous suplie de vous contenter des
deux que vous venez de lire et de VOUd
loir bien jetter les yeux sur les Vies de
Thémistocle et de Pélopidas, écrites
par Plutarque, vous y trouverez les
mors vrrî-S-ypa/ç,employésdans le même
sens, mais pour vous épargner la peine
de relire en entier ces Vies, je vais transcrire
deux Passages, qui joints à ceux
de Xenophon
,
décident absolument la
question.
Thémistocle, que l'envie avoir banni
d'Athenes, s'étoit retiré après avoir échapéà
une infinité de dangers,à Aeges,
petire Ville Eolique, chés Nicogene.
son Hôte, où ildemeura jusqu'au temps
qu'en conséquence d'un songe, il prit
la résolution de s'aller livrer lui-même
au Roy de Perse, qui avoir fait publier
qu'il donneroit deux cent talens à celui
I. Vol qui
qui le lui ameneroit. Nicogene
, afin
que son ami ne COJÏU: aucun risque
dans le voyage ,
le fit mettre sur un
Chariot dans un Pavillon bien fermé,
et ordonna à ses Con-lnceurs de dire à ceux
quilesrencontreroient, et qui leur demanderaient
ce qu'il y (E/):fdms le Chariot,
qué c'étoit une femme Grecque qu'ils menoient
d'Ionie à un Seigneur de LA PORTE
du grand Roy.~rav 7rtç} etUTO" otei Çîç
fVTUF;tccvOUD'I àj OUVva.V°¡.A.EVO'Ç ÀegOVTCdV en
rjyetjovE\\tfVi>tov Jrvovv «lt* IViaç> Il¥Õ'
Ttva 7ds, èOI -S-t/pet/ç(ixcnhiu;.
Le second Passage est aussi décisif que
le premier; le voici. Quand Pélopidas,
envoyé par les Athéniens en Ambassade
auprès du Roy de Perse, fut arrivé,
et qu'ilparut devant les Satrapes, les Princes
et les Capitaines qui étoient à LA PORTE,
ils furent tous saisis d'admiration ,foetiji
ffîçlTt) <$Jpct/ç tttt'TpCCtriÍ'cqç ffcfjf ç-fscrn folt; ^C(
MÏifximvèçd-&ç, Ja.rJ¡J.ee'!; hôfov rr¡y.¡eg..g"X,e,..
Si malgré les authorités que je viens
de raporter, il vous restoit encore quelque
doute
par raport à la signification
du mot Jvpat, la Note de H. Etienne (a)
sur le mot é",,'){dÍVOI, qui mérite que
vous vous donniez la peine de la lire,
(a) Fag. zé- des Notes de H. Etienne sur
X ènohon.
I, Vol. B v vous
vous portera, j'en suis sûr, à changer
votre Epoque du nom de la Porte, et à
convenir que l'usage de ce mot n'a pas
commencé avec le Mahometisme. J'ay
l'honneur d'être, &c.
A Versailles ce 30. Octobre 173S.
L'Auteur de la cinquième Lettre à M.
fifaillart, est très-obligé à M. de la F.
des politesses dont il a assaisonné la Lettre
Critiquequonvientdelire. Pourrépondre
k des manieres si gracieuses, il l'assure qu'il
sera le premiera lui rendre justice, si la
verité qu'il ne fait encore qu'entrevoir, se
découvre entÍerement.
ODE du premier Livre d'Horace sur le
Printemstraduction de l'Abbéd'Elfaut,
de l'Académie Royale de Soissons.
ENfin
par le Retour de l'aimable Zephire »
L'Hyver hérissé de frimats,
De nos Campagnes se retire ,
Et va glacer d'autres climats.
Déjà pour traverser le vaste sein de l'Onde
,.
Et trafiquer au nouveau Monde
,
JL'intrépide Marchand lance en Mer ses vaisseaux
j. HVoLBé/*
Déja mille et mille Troupeaux,
Bondissent au sortir de leur obscure étable ;
1 Et le Laboureur tout joyeux,
Abandonnant enfin son foyer et sa table
,
Court dans ses champs fleuris rendre graces aux
Dieux.
A la brune déja la charmante Cithere,
Que les Graces suivent toujours
,
Danse légèrement sur la tendre fougere j.
Avec les folâtres Amours;
Taudis que dans sa Forge ardente,
Vulcain presse au travail ses Cyclopes hideux ;
Et forme d'une main sçavante,
En differens métaux mille ouvrages fameux.
Cher Ami, couronne ta tête,
Des fleurs qu'en ce beau jour le doux Zephir.
produit
Et dans des Bois où regne une éternelle nuit,
Sacrifie au Dieu Faune,et passe cette Fête,
Quand tu le peux encor, dans le sein des
plaisirs;
La Mort ne bornera que trop tôt tes désirs.
Le Pauvre au fond de sa masure,
Subit ses inhumaines Loix;
Et des vastes Palais la superbe structure,
Contre ses traits perçans n'assure pas les Rois.
Adieu tous les plaisirs si-tôt que la barbare,
T'aura fait passer l'Acheron
,
Dans le sombre manoir du terrible Pluton, l. rot. B vj c
Il n'est plus de festins dont le sort te prépare
Une bachique Royauté
,
Ni de Nymphes dont la jeunesse,
L'esprit
,
l'enjouement, la beauté,
Anime toute ta tendresse,
Et qui sensible à tes ardeurs,
Te comble enfin de ses faveurs.
REPONSE de Mlle. Archambllul.
a la prétendue réfutation de M. L. L.
R. inserée dans le Mercure de Juillet
1755-
J E ne m'étois pas attendue que mes
Réfléxions
,
imprimées dans le Mercure
de Janvier1735. passeroientsans
être critiqtiées; mais pouvois-je m'imaginer
qu'on dût le faire avec si peu de
ménagement ? On voit bien qu'ellesont
extrêmementblessé l'amour propre de'
M. L. L. R. L'invective par laquelle il
commence, et les termes peu mesurés
dont il se sert en parlant de notre sexe,
ne le fonr que trop sentir: Il ne prétend
pas,dit-il, me faire perdre mon
opinion, parce qu'il regarde cela comme
impossible.il dit mieux qu'il ne pen-
I. Vol. se
Se ses raisons sont trop foibles, et l'im
possibilité qu'il trouve à me faire changer
de sentiment, vient moins de mon
entêtement prétendu, que du peu de solidité
de ses preuves: le Public en va ju
ger.
Cet Autheur soutient premièrement
que l'homme est supérieur à la femme
en force et en constance,parce qu'il y
a eu plus de Guerriers que de Guerrieres
, plus de Rois que de Reines, plus
de Sçavans que de Sçavantes, &c. mais
dans la question proposée, il s'agit moins
de compter, que de péser. Il avance que
les Femmes sont incapables de monter
au dégré le plus héroïque; que celles
qui se sont signalées par leur valeur sont
en petit nombre ; qu'il n'yen a eu que
deux dans Israël, une dans l'Empire Romain,
et quelques autres dans tout 1'\1-
nivers. Un homme de quelque érudition
pouroit.il s'être trompé si grossièrement ?
La seuleNation des Scythesa fourni
des millions de femmes belliqueuses qui
se sont acquis une gloire immortelle
par leur valeur.
Les Amasônes voyant, que dans une
bataille la plus grande partie des hom
mes avoient été défaits, et que le reste
prenoit la fuite, prirent les armes, re-
J. Vol. pous
pousserent les ennemis
y et formèrent
dèslors larésolution de n'élever que les
filles aux exercices de la Guerre, et de
ne les point marier * qu'elles n'eussent
tué trois hommes du pays ennemi. C'est
à ces Héroïnes qu'E phese et pl usieurs-
Villes de l'Asie mineure, doivent leur
naissance.
Je sçais que Strabon et quelques Auteurs
modernes prétendent qu'il n'y eût.
jamais d'Amasônes, mais leur sentiment
ne doit pas l'emporter sur l'autorité de
Diodore de Sicile, de Justin; d'Hérodote
, d'Arrien,&c. "*
Lorsque les Lacedemoniennes apre*
noient la mort de leurs enfans tués au service
de la République, elles alloient visiter
leurs cadavres sur le champ de bataille.
et elles regloient leur dou leur selein les
blessures honteuses,ou honorables, donc
ils se trouvoient couverts.
Demetria tua son fils, parce qu'il ne
s'étoit pas exposé à la mort pour sa Patrie.
Une Spartienne ayant apris que le sien
avoit abandonné son rang, le tua aussi
, le trouvant indigne, et d'elle, et de son:
Pays.
Les Persannes voyant l'Armée d'Astiage
prêre à remporter la victoire sur
* Hypocrate.- I.fol,OellQcelle
de Cyrus que la frayeur avoir mise
en déroute
,
rallièrent entièrement les
troupes; et ce ne fur qu'à elles que ce
Roi dut toute sa gloire.
Les Phociennes se préparèrent à mourir,
plutôt que de vivre esclaves avec leurs
enfans; et par ce moyen elles sauverent
leur Patrie, leur vie, leur liberté.
Les Leaconiens vaincus par les Eritriens
, convinrent de sortir de leur Ville
sans armes,avec une robe et une saye
seulement. Les femmes ayant entendu.
parler de ce Traité
,
les obligèrent de déclarer
à leurs ennemis,que la javeline
croit la robe, que le bouclier étoit la
saye de tout homme de coeur,ce qu'ils
firent; et le courage que ces femmes
leur inspirèrent,étonna de telle sorte
-
lesEritriens, qu'ils les laissèrent passer
tous armés.
Les Germaines alloient à la Guerre
avec leurs Maris,se tenoient auprès d'eux
pour les encourager,leur portoient du
rafraîchissement dans le combat
,
étanchoient
le sang de leurs playes, &c. et
souvent par l'intrépidité avec laquelle
elles affrontoient le danger, et par la
force de leurs remontrances, elles arrêroient
les fuvardset sauvoient leur Armée
presque dé~f.itejaussi preféroit-on toujours
h-VQL les
les filles aux garçons, lorsqu'on prenoit
chés eux des otages. Vous pouvez voir ce
que dit Plutarque des Meliennes, des
Toscannes, des Lyciennes, des Salmatides,
des Milesiennes, des Ciennes,&c.
En des temps postérieurs,la Ville de
Sienne s'étant révoltée contre les Impériaux
,on mit les femmes à part, comme
moins propres àla Guerre que les
hommes;mais il s'en présenta trois mille
bien résolues de mourir en combattant.
Je ne parlerai point des Dames de Beauvais
, de Pavie, de S. Riquer et de tant
d'autres qui ne se sont pas moins glorieusement
signalées; les bornes que je
me suis prescrites ne me le permettent
pas: mais il y a certains traits que je ne
puis omettre , et qui sont puisés dans
les meilleurs sources del'Antiquité.
Gedeon, dont l'Armée étoit composée
de trente deux mille hommes, fit publier
que les timides pouvoient se retirer
; combien croit-on qu'il lui resta
d'hommes ? Vingt-deux mille le prirent
au mot, encore des dix mille qui lui
restoient , ne s'en trouva-t-il que trois
cent, qui furent jugés dignes d'être
menés à l'ennemi.
Les Princes de Gilaad voyant que les
Ammonires étoient venus camper dans
I. froL leur
leur Pays,promirent à celui d'ent'reux
qui les attaqueroit le premier, qu'il seroit
le Chef du Peuple tout le temps de sa
vie, etaucun n'osa hazarder l'entreprise.
Il ne se trouvoit point de vaillans
dans Israël, dit l'Ecriture, jusqu'à ce
que Debora parut comme une Mere dans
Israël. Il est inutile d'en ra porter ici
toute l'histoire.
Le Sénat Romain fut obligé de punir
un grand nombre d'hommes, qui se coupoient
les pouces pour se dispenser d'aller
à la Guerre ,etAmmien Marcelin,
pour relever la generosité des Gaulois dit qu'il , ne se trouvoit personne parmi
eux, qui se mutilât ainsi pour éviter
d'entrer dans la milice, comme il ne se
pratiquoit que trop souvent ailleurs. On
sçait la punition que l'Empereur Cons
tantin ordonna contre ceux qui commettoient
de semblables excèsdelâcheté.
Scipion étant sur le point de passer en
Affrique, pour détruire Carthage
, promitd'avoirégard
à la foiblesse de ceux qui
n'auroient pas le courage de le suivre, il
s'en présenta un très-grand nombre qui
lui déclarèrent qu'ils craignoientextrêmement
de s'engager dans cette expédition.
On peux voir par ces éxemples remarquables,
que les hommes s'arrogent à tort
J,Vol. tout
tout le mérite de la constance et de la
valeur.
Ce n'est pas seulement dans l'Art Militaire
que le courage des femmes a surpassé
celui des hommes ; elles ont encore
fait paroître en général plus de résolution
et de fermeté qu'eux en d'autres
occasions.
Dans la conjuration qui fut faite contre
Caius
, une femme nomméeQuintilie
en sçût tout le secret; ce Prince ordonna
à Chersea
, un des Conjurés , de lui faire
donner la question, ce qu'il fit, et quoique
le suplice fut très ruec jusqu'à
faire compassion à Caius même
, in.:
tilie ne nomma pas une seule personne.
Dans celle de Pison contre Neron plusieurs Senateurs , et Chevaliers Romains
avoüerent tout sur une simple menace
,découvrirent tous leurs complices,
leurs plus grands amis. Un aurre pour
éviter le su plice, accusa sa propre Mere
pendant qu'Epicaris souffre les pluscruels9
tourmens ,
plutôt que de trahir ceux
qui s'étoient confiés en elle.
Lorsque cent mille Romains furent
proscrits par les Triumvirs, il se trouva
dans ce nombre quarante mille Dames
Romaines: Hortensia, une des proscrites
, fit un discours plein de force et de
I. Vol. fierté
fierté en faveur des Personnes de son sexe
} prouva qu'on avoit eu tort de les
proscrire; et dans soixante mille hommes
,il ne s'en trouva pas un qui osât
ouvrir la bouche pour se deffendre
3
ni
- pour se plaindre.
Demosthenes
,
le plus grand Orateur
qu'Athenes ait produit, se voyantobligé
de plaider sa propre cause, n'osa paroîrre.
Ciceron accusé par Clodius, pour
avoir puni Lentulus,fond en larmes,
se prosterne aux pieds de ceux qu'il rencontre
, pour leur demander du secours,
et prend enfin le parti de s'enfuir.
Lexna Courtisane
,
complice du dessein
qu'on avoir formé de tuer le Tiran
d'Athenes, ne veut accuser personne,
malgré tous les tourmens qu'on lui fait
souffrir, et porte le courage jusqu'à se
cou per la langue,qu'elle jette au nez
du Tiran.
Asdrubal,General des Carthaginois.
se rend à la discrétiondeScipion
,
son
vainqueur; sa femme aprts lui avoir fait
les reproches que méritoit sa lâcheté
a
meurt genereusement ,
plutôt que de
manquer de fidélité à sa Patrie.
Le Consul Cecinna succombe aux
frayeurs de la mort; sa femme pour l'encourager
, s'ouvre le sein avec un poi-
I. vol. gnard
gnard, le retire tout sanglant, et lui dit
que ce fer ne fait point de mal.
Enfin quelle différence dans les circonstances
de la mort de Brutus,et celle
de Porcia!
Les Femmes, disent les plus judicieux
Auteurs, ont porté l'art de regner à
la plus haute perfection
,
de sorte que
jamais les hommes n'ont atteint à cella
de Marthesie, de Lampeto, et d'Orithie
, qui par leur sage conduite dans
le Gouvernement , et par leurs grands
exploits, furent admirées de toute la terre.
Elles donnèrent aux Nations,ditJustin
, l'exemple d'une audace digne d'une
éternelle mémoire, et de l'admiration
de tous les hommes.
Thomiris ne fut jamais surpassée par
les plus grA-ds Heros; et Semiramis,
Reine d'Assyrie, les surpassa tous; la
seule présence de cette Princesse arrêtoit
les séditions, et elle a été la pre- • micre qui ait osé porrer la Guerre au
de-là du Fleuve Indus.
Zenobie femme d'Odenat, après avoir
vaincu les Perses
, porta la guerre jusqu'à
Calcedoine, et au dessous du Bosphore
: elle avoir Tellement rempli l'Orient
et l'Egypte de la terreur de ses armes
,que ni les Arabes, ni les Armé-
I. Yol. jaiens
liîens n'osoient remuer;et cette Reine
parut encore plus grande dans son malheur
, que dans sa fortune.
S. Ambroise, pour encourager les Femmes
à donner des preuves de leur capacité
dans les occasions, où les hommes
pouroient avoir besoin de leur ministère
leur donne Debora pour l'exemple qu'elles
doivent suivre, parce que, dit ce Pere,
ce n'est pas le sexe qui fait les Personnes
vaillantes, c'est la vertu: sur quoi
je ferai remarquer en passant à mon Adversaire
,qu'une Femme a jugé un grand
Peuple pendant un trèslong-temps, sans
qu'on ait pû rien reprendre dans sa conduite
, et que tous les Juges de l'Aréopage
,assis sur leurs Tribunaux,se laissèrent
corrompre à la vue d'une femme.
Pulcherie gouvernal'Empire dans les
temps les plps difficiles, avec une sagesse
et une conduite que les plus grands
hommes se seroient faits gloire d'imiter;
elle procura le repos et l'abondancedans
toutes les Provinces de ses Etats, y affermit
la paix, contint dans le devoir
les Barbares, qui ne cherchoient auparavant
qu'à franchir les limites qui leur
étoient prescrites; et ils ne firent point
sous son Régne des irruptions,commeils
en avoient faits du temps des Empereurs
les plus redoutables. Je
.-
Je n'avois pas besoin d'aprendre de
M. L. L. R. que les Femmes sont incapables
par elles mêmes de faire des actions
héroïques, et qu'elles sont en cela les
instrumens du bras du Seigneur; mais
je serois curieuse de sçavoir s'il croit que
les hommes tiennent leur Héroïsme de
leur propre nature?
Personne n'ignore que Dieu a choisi
les plus foibles sujets pour faire éclater
sa puissance,et pour établir son Regne
sur la Terre, comme au conrraire l'ennemi
du Genre humain s'est servi des
plus forts, pour tâcher de le détruire par
l'idolatrie
,
l'impiété et la cruauté: En
effet Pharaon Roi d'Ægypte, forme
Je dessein de faire mourir tous les enfans
mâles des Hebreux. Les femmes, dont il avoit besoin pour cela , se mocquent
de ses ordres, et sauvent par-là
Je Peuple de Dieu.
C'est une Femme qui fait élever Moyse,
ce grand Législateur, et qui lui fait
donner une éducation convenable,en le
faisant instruire dans toutes les Sciences
des Egyptiens.
Jabin Roi de Canaan, oprime les Enfans
d'Israël, et les tient pendant vingt
ans dans la plus dure servitude;Debora
les délivre, en défaisant la formidable
I. Yole Armée
^Àtmée de ce Roi; et Jaël autre femme
forte, tuë son General.
Nabuchodonosor entreprend de subjuguer
tous les Peuples dela terre, afin
d'être seul reconnu, et adoré comme
Dieu:Judith arrête son General au
milieu de ses conquêtes, et lui coupe
la tête de sa propre main.
Assuérus veut faire exterminer tous les
Juifs par le conseil d'Aman: Esther les
sauve en s'exposant à la mort, et fait
périr l'orgueilleux Aman. Il semble enfin
qu'il soit particulier aux Femmes de
détruire les ennemis de Dieu, et des
hommes.
Le Seigneur s'est servi de la Mere de
Constantin,dit S. GrégoirePape pour
exciter les Romains à embrasser la foi.
Ste Pulcherie plaida elle-même la cause
de l'Eglise, fit ratifier la condamnation
de l'hérésiarque Nestorius, qui vouloit
ôter à la Ste Vierge le glorieuxtitre de
Mere de Dieu. Lesfemmes ont aussi aboli
la barbarie dans plusieurs grands Royaumes
, pour y faire régner la pureté du
Christianisme.
Le Grand Clovis doit à la Reine,son
Epouse,la gloire d'avoir été le premier
Monarque Chrétien; et cet heureux
Royaume est obligé à la Reine Batilde I.Vol. de,
de n'avoir plus d'Esclaves dans son sein.
Edelburge opera la conversion du Roi
d'Angleterre et de ses sujets. Vlodomir,
premier Prince chrétien des Russes , embrassa la foi par les exhortations
de sonEpouse.Ce fut une Reine dEcosse
qui abolit les restes de barbarie dans ce
Royaume : enfin les Femmes ont eû la
plus grande part aux plus grands évenemens,
et les Histoires saintesetprophanes
nous montrent que de tous temps
les plus grands hommes ont eû besoin
de leurs conseils, et que ceux qui ne
les ont pas suivis, ont payé cherement
la vanité de vouloir se conduire de leur
chef.
J'obmets plusieurs autres faits tirés de
l'Histoire sainte et de la prophane
, pour
ne pas oublier que les Gaulois n'entreprenoient
aucune affaire de conséquence
sans consulter leurs Femmes. Dans le traité
qu'ilsfirent avec Annibal, lorsqu'il
passa par les Gaules, un article portoic:
que , si les Carthaginois prétendoient
avoir reçû quelque tort de la part des
Gaulois, ce seroit les femmes Gauloises;
qui en décideroient.
Les Germains, dit Tacite, faisoient
grand cas du conseil de leurs femmes, et
ils s'en trouvoient si bien,qu'ils croyoient
I. fol. qu'iL
qu'il y avoit en elles quelque chose de
-divin.
» A tous les avantages que l'homme a
» sur la femme
, continue notre Adver-
» saire, joignons-y la science, et nous ache-
»verons de persuader que la constance
-» d'esprit est plus grande dans le pren
mier. Nul autre que l'homme,n'a inn
venté les Arts et les Sciences, nul autre
» ne les a perfectionnés; ce nombre infini
» de Livres qui en traitent, ne vient-il
» pas encore des hommes ? Les femmes
»auroient-elles assés de vanité, pour se
» comparerà eux en tout cela? Secroïent-
» elles assés de soliditéde jugement,d'ém
renduë d'esprit, de justesse de raison-
» nement, pour aprendre à fond les Mathématiques?&
c. » L'Auteur fait ensuite
une espece d'Apologie de notre sexe, et veut faire entendre qu'il seroir fâché
que la moindre chose,qui soit à l'avantage
des femmes, lui hhJpâte Lorsq u'il
pense à la beauté des Romans, qu'elles
ont composé, il en admire le stile
,
les
expressions, les sentimens. Nous n'avons
rien en Romans, dit-il, qui soit audessus
des leurs; et un peu plus bas il soutient
que tout en elles persuade, mais
que les Sciences ne sont pas de leur ressort;
ce qui semble se contredire, car
I. Vol. C cette
cette Science de délicatesse qu'il leur accorde
, emporte avec soi une pareille délicatesse
de discernement, qui montre
qu'elles ont les dispositionsnécessaires
pour réüssir en quelque sorte de Science
que ce soit, puisqu'il ne faut pour cela
que de la raison, de l'esprit et de l'intelligence.
Les anciens Egyptiens doivent à une
femme l'invention de la Médecine, ( se.,
ton Maneton dans Eusebe) et celle
d'embaumer les corps, qui rend en quelque
sorte les Morts immortels.
Dans tous les tem ps ,
les femmes se
sont apliquées à l'étude des Langues, des
belles Lettres,de l'Eloquence,dela Poësie
, de la Philosophie, des Arts Libéraux
,
des Mathématiques
,
&c. On ne
doit pas être surpris, disoit un Philosophe
, de voir les femmes avancer dans
les Sciences avec plus de rapidité que
les hommes, puisqu'elles ont naturellement
plus de vivacité d'esprit, de pénétration
,
de douceur,de modestie, et
par une suite nécessaire, plus de docilité.
Je pourois citer pour éxemple ;
plusieurs Dames Gréques etRomaines de
l'Antiquité Payenne.
Dans les Ecoles Chrétiennes,celle de
S. Jérôme a produit autant de sçavantes
I. Fol. que
que d'étudiantes: Ste Eustochie, fille
de Ste Paule, sçût les Langues Hébraïque,
Gréqueet Latine de fort bonne heure
J
et fut consommée depuis dans l'étude
des Saintes Ecritures. Ce grand Homme
faisoit tant de cas de la science de
SteMarcelle,qu'il témoigne dans sa Préface
sur l'Epitre aux Galates
,
qu'il la regarde
autant comme son Juge, que comme
son Ecoliere.
Hipatia, fille d'un habile Mathématicien
d'A léxandrie, passoit pour une merveille
d'érudition;elle surpassoit tous les
Philosopheset enseignoit publiquement,
de sorte qu'on accouroit de toutes parts
à sonEcole,et l'illustre Evêque Sinesius
,
son Disciple, l'apelloit souvent le PhilcH
sophe par excellence.
Amalasonte, Reine des Goths ,entendoit
et parloit les Langues vivantes
de toutes les Nations du Monde, et
excelloit en diverses autres Sciences,
de sorte que Cassiodore la mettoit au
niveau de Salomon, pour faire entendre
aux Princes
,
contemporains de
cette Princesse
,
qu'ils devoient imiterà
son égard, la conduite de la Reine d'Ethiopie.
On sçait que dans les Ecoles d'Origêne
et des autres celebres Professeurs
I. Vol. C ij qui
qui lui succéderent, les fillesen sorroient
si sçavantes dans les Lettres Humaines,
la Philosophie et les saintes Ecritures , qu'elles pouvoientdisputer routes jeunes
qu'elles étoient, contre les plussçavans
des Gentils. Elles ne se contenroient
pas de confondre le Paganisme par la
force de leur raisonnement mais elles
alloient souvent de l'Ecole au martyre >
en Philosophes chrétiennes.
Les femmes n'ont pas moins brillé
par leurs exccllens Ouvrages, tant en
Prose qu'en Vers. L'Impératrice Eudoxe
mit en Vers Grecs les huit premiers
Livresde l'Ecriture, c'éroit, diton
, une simpleTraduction nette
M et élégante, qui rendoit fidellement le
Texte, sans aucun ornement poëtique ;
elle avoit traduit les Prophétes Zacarie
et Daniel, composé en trois Livres l'histoire
de S. Cyprien,de Ste Justine
,
et
la Vie de Jesus-Christ en Vers, qui imitoient
ceux d'Homere: les autres Sçavantes
chrétiennes me meneroient trop loin.
On ne disconvient pas queles Hommes
qui ont écrit, ne soient en plus grand
nombre que les femmes,mais on doic
aussi convenir qu'il n'y a pas la centiéme
p rtie des Ouvrages sortis de la plume
des hommes, qui mérite la peine d'érre
I. Vol. lus
lus, et qu'au contraire il y a peu de femmes
qui n'ayent parfaitementréüssi en
quelque genre que ce soit.
Si les hommes conviennent qu'en géneralles
femmes ont plus demémoire, de
docilité ,de vivacité et de pénétration
qu'eux,ils sont obligés par
1
conséquent de
leur accorder la supériorité de génie,comme
nous leur accordons celle de la force
du corps, et ce n'est gueres que par cette
com pensation, qu'on peut trouverl'égalité
des deux sexes.Je n'ai garde cependant
de donner dans l'erreur de M. L.
L. R. qui veut que les deux sexes n'ayent
pas la même force et la même constance
d'esprit; la raison et la Religion m'ap-i
prenent à penser plus solidement
, et
Dieu est trop juste, pour les obliger également
à combattre les mêmes passions,
à pratiquer les mêmes * vertus, leur promettant
les mêmes récom penses et les
menaçant des mêmes peines, s'ils n'étoient
pas parfaitement égaux en force
constance.
On me dira peut-être que je me contredis
moi même, en soutenant que la
femme a un génie plus étendu que l'homme
, mais on doit observer que cela ne
donne qu'une plus grande facilité d'a-
! Voyez, l'Homclie de S. Basile sur lu Genèse.
1* Vol. C iijprendre
prendre et de comprendre tout ce qui
est convenable à l'état humain comme
la force du corps donne à l'homme
moins de difficulté pour faire ce qu'il y
a de plus pénible et de plus matériel;
car l'un et l'autre réussir également bien
en tout: l'homme, par son fort tempérament
a l'avantage depouvoirs'apliquer
plus long temps à l'étude
, que ne fait la
femme,et celle ci se fortifie,en joignant
l'exercice à son courage. Elle endurcit
son corps, er fortifie ses bras, dit Salomon
,en parlant de la femmeforte,elle
met la main aux Ouvrages les plusforts.
Je n'ai jamais dit,comme l'Auteurl'acru
entendre, que tous les individus de l'espece
humaine soyent également forts et
constans; jesçai qu'il yen a un très-grand
nombre dans les deux sexes, dont l'esprit
est foible aussi bien que la raison. Je
passe deux ou trois articles des pag. 1499.
et 1500. où l'Auteurs'efforce de réfuter
ce que j'ai prouvé dans le Mercure
de Janvier; mais je ne passerai pas l'article
de sa L ucrece, sans lui faire a percevoir
qu'il fait tort à son discernement,en mettant
au nombre des Héroïnes,une Femme
plus remplie d'amour propre, que
de sagesse.
Les cinquante Lacedemoniennes qui
I. Vol. prirent
prirent la résolution de mourir pour éviter
les insultes des Messéniens
.,
mériroient
mieux sans doute d'occuper ce rang, et
j'admireque l'Auteur ait été embarassé
dans cette occasion
A l'égard de l'éducation des cnfans,
M.L. L. R. ne trouve pas que celle que
donnent les femmes, soit si importante ;
cependant Salomon nous fait entendre
que sa gloire et sa sagesse viennent des
teinrures qu'il a reçûës dans sa premiere
jeunesse ; il marque par tout sa reconnoissance
pour ses Parens, sur - tout
pour sa Mere; il veut que les enfans pratiquent
fidellement les instructions des
Meres
, et on lit que S. Paul oblige si
fortement les Meres de donner l'éducation
à leurs enfins ,qu'il y attache même leur
salut.L'Apôtre
,
dit S. Jean Chrisostôme,
veut que les Meres prennent le même
soin des enfans mâles, car il n'a pas distingué
le sexe dans l'éducation ; il ne dit
pas qu'il faut éxami ner si la femme a mis
des enfans au monde,mais si elle les a
bien * élevés.
C'est à la Mere des Macchabées
,
qu'il
faut attribuer leur sagesse et leurs vertus
, dit Eusebe Emissene; enfin c'est à
la doctrine domestique de leurs Meres
3
? EpIi.t. à Timothée) ch. J. v. 10. Vol. C,iiij que
que le plus grand nombre des Peres de
l'Eglise
,
des Vierges, et des Confesseurs
ont dû les prémices de l'éminente Sainteté
où ils sont tous parvenus. f
S. Grégoire Pape, disoit que par
l'éducation
, que la Reine Brunehaut avoit
donnée au Roi
, son fils
,
il étoit autant
au dessus des autres Rois, que les Rois
sont au dessus des autres hommes; et
le Grand S. Louis dut aux instructions
de son auguste Mere
> ses qualités plus
qu'héroïques.
Je sçaiscependant que les Peres peuvent
être aussi ca pables d'élever leurs enfans
i
que leurs Meres
,
mais les exemples en
sont d'autant plus rares, que les hommes
par leur état,ne peuvent pas résider si assidûment
chés eux. Les voyages,dit S.
Chrisostome
a
les sollicitations du Barreau
,&c. leur causent beaucou p de distractions
, au lieu que les femmes qui
sont plus fixes, sont mieux en état de
s'acquiter de ce devoir. Le sçavant Pere
Calmet,après avoir marqué son étonnementsur
ce que la plûpart des grands
Hommes, que l'on connoît dans l'Histoire
Sacrée et Prophane, ont eu des fils qui
ont dégénérédumérite de leurs Peres
tels , que l'on a vû autrefois les enfans
d'Héli, de Samuel
.,
&c. dit que cela vient
1. Vol.peutpeut-
être de ce que ces grands Hommes,
tout occupés des affaires publiques, pouvoient
moins se partager pour l'éducation
de leurs fils.
J'avoue qu'il y a peu de femmes capables
d'orner l'esprit de leurs enfans de
certaines Sciences,mais quand je n'aurois
pas fait voir que leur inca pacité ne vient
d'aucun défaut naturel, les Histoires nous
le prouveroient.
Euridicée
>
Esclavonne de naissance,
toute âgée qu'elle étoit, se fit instruire
dans les Belles Lettres
, pour les enseigner
à ses enfans, et lorsqu'elle les eut
bien instruits, elle fit une Epigramme
pour en remercier les Dieux. Plutarque
assure que cette Epigrammeétoit un chefd'oeuvre
, que toute l'Antiquité a ad.
miré.
Zenobie enseigna à ses enfans les Lettres
Gréques
,
Egyptiennes et Latines.
Cornélie aprit à ses fils les Gracques,l'Eloquence
Latine,etAristipeapritlaPhilosophie
de sa Mere. Ces exem ples, et quantité
d'autres qu'il n'est pas nécessaire de
raporter, prouventassés que si les femmes
ne s'apliquent pas ordinairement aux
Sciences sérieuses,et que si elles prennent
-plus de soin de la parure de leur corps, ue de la culturede leur esprit, la faute j. Vq/., C V; n'en
n'en doit être rejettée que sur les hommes
, qui
,
loin de les encourager à quitter
la bagatelle pour s'occuper solidement,
les a plaudissent au contraire, lorsqu'elles
ne sçavent quejoüerdesinstrumens,
lire des contes, ou dire de jolis
riens avecagrémentles voüant,pourainsi
dire, à l'ignorance et à l'inutilité dès le
berceau.
Cependant les femmes sçavantes ,dit
Plutarque
,
font leur unique occupation
de leur devoir: une Dame qui étudiera
la Géométrie, aura honte de se livrer à la
galanterie, d'aimer les danses, &c. la Philosophie
morale la rendra plus attachée
à son mari, et lui fera su porter plus généreusement
ses deffauts. Si la Science
rend les hommes meilleurs et plus civils y
dit un Sçavant, comment sera-t-elle dangereuse
aux femmes? Si elle est un remede
pour ceux-là,sera-t'elle un poison
pour celles-ci ? C'est ce qui ne peut se
concevoir. Je soutiens enfin que si on
donnoitaux Femmes une éducation conforme
à celle qu'elles doivent donner à
leurs enfans, tout le Genre humain changeroit
bien-tôt de face.
A Laval,te 13.Novembre173j.
Nous avons recû depuis long-temps
1. VoL- cette
cette Réponse de Mlle Archambault. L'abondance
des matieres
, et d'autres incidens
imprévus en ont retardé la publication,
ainsi que d'une autre Réponse de
la même Dlle à M. Simonet sur le même
sujet,à quoi nous tâcherons de satisfaire
incessamment.
A M. l'Abbé Poney de Neuville. I
Llustre Ami, que je revére
,
Ton estime toujours fut l'objet de mes voeux r
Ton esprit, qui souvent m'éclaire,
Répand sur mes Ecrits,tout ce qu'ils ont d'heureux.
Souffre que ma reconnoissance
Eclate pour toi dans ces Vers;
Quoique
ta modestie en souffre, et s'en offense,
Je loüerai tes talens divers;
Talens délicieux, utiles,
Talens, qui chéstoi réunis,
Dans les coeurs devenans fertiles,
De tes admirateurs te font autant d'amis.
La Lyre d'Apollon dans tes mains nous enchante;
Ce Dieu ne la touche pas mieux ;
Une Ville * illustre et sçavante
* M. l'Abbé deNeuville a remporté sept grands
Ttix aux Jeux Floraux de l'Académie de Toulouse. hVeU Cvj A
A souvent couronné tes travaux précieux.
Mais des talens plus solides encore
A nos coeurs découvrent le tien;
Sage
,
éloquent pour notre bien,
Tu fais aimer le Dieu que l'Univers adore,
Zelé Prédicateur de sa divine Loy ,
Mêlant un salutaire effroy
Aux saintes Vérités qui sortent de ta bouche
Tu fais naître l'amour, l'espérance et la foy j
Dans les ames que ta voix touche.
A tes Discours
,
aussi purs qu'éloquens j.
Qui refuseroit de se rendre?
Tes invincibles Argumens.
Brisent *les coeurs. ainsique de la cendre.
Quelle gloire pour moi d'avoir part à ton coeur t;
Daigne être mon ami, mon censeur etmon
guide;
Le goût que j'ai pour toi, m'est un garant Raooiteur
Que je suis né pour aimer lesolide,
Par S. T.H. S. C.AROLET.
* C'est l'expression dt l'Eglise : (cor contritum
quasicinis. )
LVoli. 1:fOvrE.-
JD 0 V TE proposé aux Sçavans
, au su
jet des Auteurs des Annales des Roisdu
Franceyconnues sous le. nom de Saint
Bertin.
LA plûpart de nos anciennes Chroniques
ont ce défaut, que l'on n'en
connoît pointassés les Auteurs ; ce sont
des morceaux d'Histoires anonimes qui
par cet endroit même perdent quelque
chose de la confiance qu'elles mériteroient,
si l'on sçavoit sûrement le nom
et l'état des Historiens qui nous les ont
transmises.
La Posterité aura obligation aux Sçavans
denos jours, qui font une étude
suivie de cette recherche, et qui par
leurs veilles nous découvriront les véritables
Auteurs detantde fragmens,de
Chroniques, d'Annales anonimes, qui
font néanmoins la partie la plus considérable
de notre Histoire ancienne. C'est
à eux que je soumets les Observations
que j'ai faites ausujet des Auteurs des
deux dernieresParties des Annales de S.
Bertin, que j'aiexaminées par occasion y
à caulse d"'unoEcriit (tDE'FgENlSEidselê'E-'
glise de Troyes
, sur le culte qu'elle rend a
S. Prudence Evêque
,
&c. Paris. Charles
Osmont. 1736.in-8. 125. pages.) qui
vient d'être publié, concernant S. Prudence
Evêque de Troyes, que je crois
être Auteur d'une partie de ces Annales.
Ilfautsçavoir d'abord que le corps de
ces Annales de S. Bertin,lesquelles commencent
à l'année 741. et finissenten
882. est l'ouvrage de plusieurs Auteurs
dont y on a uni et joint ensemble les différentesParties
pour n'en faire qu'un
tout.
Le Pere Roswed Jésuite,découvrit
un Manuscrit fort ancien de ces Annales
dans le Monasrere de S Bertin, donc
elles ont depuis conservé le nom. Le
Pere Bollandus en envoya ufle copie
d'A nvers à M. François Duchesne, sur
laquelle il les fit imprimer dans le troisiéme
Volume des Historiens de France.
M. Duchesne a remarqué(Historiæ
Trancor. Scriptores. t.3. p. 250.) à la fere
de son Edition, que la premiere Partie
de ces Annales depuis l'année 741. jusqu'en
814. n'est qu'une copie d'autres
Annales, qui avoient été déjàpubliées
[ Ibid. to. 2. p. 24. ] par Canisius,Pierre
Pithou, et André Duchesne.
I. roI., \u
La deuxième Parrie depuis814. jusqu'en
830. n'est encore qu'une répetition
, à peu de chose près, des Annales
d'Eginhart.
Mais à commencer à l'année 830. jusqu'à
la fin, c'est un Ouvrage nouveau, dontF.Duchesne n'a point marquéles
Auteurs. Je neconnois detous nos Historiens
, que M. Fleury
,
qui les a nommé
ces Auteurs ( Hist. Eccles. 1. 50. n,
48. ) mais comme il n'a point raporté
les preuves sur lesquelles il s'est déterminé
pour croire que ce sont eux, j'ay
tâché d'y su pléer.
Je divise donc en deux cette Partie
des Annales de S. Bertin, sçavoir depuis
l'an 830. jusqu'en860. Je crois après M.
Fleury, quec'est l'Ouvrage de S. Prudence,
Evêque de Troyes ; depuis 860.
jusqu'en 882. où finit tout le corps de
ces Annales, c'est le célèbre Hincmar,
Archevêque de Reims
,
qui les a faites.
Je vais examiner ces deux Parties l'une
après l'autre.
PremierePartie.
Dans la Partie qui concerne l'Evêque
de Troyes, il y a deux Faits que l'on ne
peut revoquer en doute, auxquels je raporte
mes Observations,et d'où je parts,
LV?L pour
pourapuyer mes preuves. Les voici.
1. S. Prudence avoit composé des
Annales des gestes de nos Rois,lesquels
les furent répanduës dans le Public peu
de temps après sa mort;il yenavoitmême
un Exemplaire dans la Bibliotheque
du Roi Charles le Chauve.
2. S. Prudence avoit raporté dans ses
Annales à l'année 859. la décision du
PapeNicolas I. sur les disputes dela grace
et de la prédestination.
L'Archevêque Hincmar nous a conservé
la mémoire de ces deux Faits dans
la Lettre qu'il écrivit en 866. à Egilon
Archevêque de Sens, auquel il dit [ Op.
Hincm. 1o. 2. Epist. 24. p. 291. ] »Le
» Seigneur Prudence pour autoriser 50.
» sentiment, a écrit à l'année859. dans
» les Annales qu'il a composées des ges-
» tes de nos Rois, que Nicolas Pontife
» de Rome,a confirmé selon la foi, et
» décidé catholiquement sur la grace de
»Dieu, le libre Arbitre, la vérité de la
» double prédestination, etle sang du
»Christ répandu pour tous ceux qui
M croyent en lui. Les gestes dans les-
»quels ces choses sont écrites, sont déja
» entre les mains de plusieurs personnes;
» le Roi les a dans saBibliotheque.
Le Fait est donc constant; Prudence
U fo!*' avoit
avoit écrit des Annales : Or si l'on examine
celles qui portent le nom de Saint
Bertin, on verra que l'Auteur qui les
écrivoir, à commencer à l'année 830,
étoitcontemporain de Prudence, qu'il
étoit occupé à recüeillir les mêmes Faits
et les mêmes gestes que lui; de sorte
que si les Annales de S. Bertin ne sont
pas celles que Prudence a composées en
partie, il faut suposer deux Historiens
contemporains
,
il faut admettre deux
Ouvrages parfaitementuniformes, dont
l'un lui aparriendra, et l'autre fera partie
des Annales de S. Bertin.
3. C'estmultiplier les êtres sans preuve
etsans nécessité. Ilesistê^icde M.Fleury
est plus simple, il n'offre qu'un Auteur
#'
qu'une Histoire ,il a un air de
vrai-semblance et de vérité, auquelon
se prête volontiers.
Que l'Ecrivain des Annales ait été
contemporain des temps et des évenemens
dont il parle, il y en a une dou
ble preuve, qui se tire des Annales mêmes
: l'Annaliste parlant de l'Empereur
Loüis le Débonnaire à l'année832. dit,
(Annal. Bertin.p.188.B.) n Quece Prin-
» ce souffcit avec la patience qu'il a coü-
»tume d'avoir, les nouvelles adversités
»qui lui survinrent en cette année. Om"':'
; I. FoL »ni#
» nia adversaimperator, sicut ei mos est 2
» patientertulit.
A l'année 849. » Hinemar, dit-il
t
» ( Annal. Bertin. p. 10J C ) homme vé-
» nérable, gouverne maintenant l'Eglise
» de Reims. Metropoli Remorum Durocor-
» torum Ingmarus vir venerabilis præsi..
» det.
Le temps présent qu'il employe en
Cesdeux endroits, indique qu'il récite
des Faits récents, qui sepassent dans les
temps qu'il écrit.
Prudencevivoit; si l'on suit l'ordre
des années, on verra qu'il devoir travailler
dans ce temps à ses Annales;
pourquoi donc ne lui pas attribuer celles
de S. Bertin
,
puisqu'elles furent faites
au même temps que les siennes.
Cette raison de convenance est sensible,
ce n'est point la seule que je puis
ra porter. L'Annaliste étoit homme d'une
certaine distinction; il avoir séance
aux Assemblées du Royaume
,
ainsi
qu'il nous l'apprend par le récit de celle
qui fut tenuë à Thionville en l'année
836. au mois de May. » Lothaire,dit-
»il, ( Annal. Bert.p.191.C.)avoit en-
» voyéses Ambassadeurs au Koi son Pe-
» re, pour lui demander la permission
» de venir se présenter devant lui, on
I. Fol. 1) leur
» leur notifia de notre part ,
qu'il pou-
» voit venir en toute sûreté. Nostra
»exparte fimatum est, ut incolumis
» adPatris veniretprasentiam. L'historien
étoit donc présentàl'Assemblée
puisqu'il décide , avec les autres, que Lothaire
peut venir. Car je ne crois point
qu'en cet endroit les mots nostra ex parte,
puissent s'expliquer autrement, sinon
de la part de nous tons ,
quiformions l'assemblée.
On sçait que les plaids, où les assemblées
sous le regne de Loüis le Débonnaire
,
étoient composés, pour la plus
grande partie, des Evêques et des autres
personnes du Clergé,qu'ils avoient la
principale autorité à sa Cour et à ses conseils.
Notre Annaliste ayant déliberé sur
une affaire de grande importance en pleine
assemblée des Etats, il s'ensuit qu'il
tenoit un rang considerable, celui sans
doute d'un Ecclésiastique distingué par
son mérite et par sa naissance; ce qui
convient à Prudence.
Rien ne répugne donc plus à croire,que
c'est lui qui parle en ces termes,nostra ex
parte,&que lesAnnalesdans lesquelles ils
se lisent, sont celles qu'il a composées.
Je n'examinerai point s'il y a de la
ressemblance entre le stile des Annales et I.VoL celui
celui des autres Ecrits de cet Evêque
ressemblance qui forme , pour l'ordinaire
un argument décisif dans les discussions
litteraires; ses autres ouvrages ne consistent
qu'en quelques petits Traités Théologiques,
dans lesquels il est impossible
de trouver une conformité sensible ;
puisque le langage d'un Docteur qui argumente
est bien different de celui d'un
Annaliste quifaitun récit.
o
Mais si l'on s'attache à examiner ses
sentimenssur les disputes de son temps,
on verta qu'ils sont lès mêmes dans ses
Ecrits et dans les Annales. Il s'agissoit
alors des opinions de Gottescale. Voici
comme Prudence s'exprime dans son
Traité contre Scot. (Op. fanctï Prudentii.
R.bliot vet. Patr. to. IJ. p. 480. )
» Q.!nt à rhérefîe Gottescalcane
,
dit-
» il, je ne la défens et ne la soutiens
» point. Cette qualification d'hérésie esc
»encore repetée dans ses récapitula-
»tions. ( Ibid. v. 592.)
- Quelleconformité entre ce discours
et celui de l'Annaliste! » Gottescale,dit-
» il, ( Annal. Bert. an. 849. p. 203. ) sen
me par ses Ecrits et ses Discours pesti-
» ferés plusieurs sentimens contraires à
»la Foi,surtout sous le nom de prédes-
0 tination.
I. Yole Cette
Cette réprobationdessentimens de
Gottescale
,
prononcée par l'Annaliste,
étant semblable à celle que Prudence a
lancée contre lui dans ses écrits, il s'en
suit que les Annales sontson ouvrage;
.puisque ses sentimens y sont ex primés.
J'ai observé que la plûpart des noms
propres sont mal écrits dans cette partie
des Annales. Hincmar est nommé Ingmar
en deux ou trois endroits; Egilon,
Archevêque de Sens, est Guehilon; Gottescale
est Godescal; il en est ainsi de
quelques autres. Je tire de cette faute
une nouvelle conséquence; c'estlà l'ortographe
et la prononciation d'un étranger
qui défigure les noms, auxquels il
n'est point accoûtumé. Or Prudence
étoit né en Espagne
,
étranger par conséquent
parmi nous: cette mauvaise ortographe
prouve donc qu'il est l'Auteur
des Annales.
Tout ce que j'ai dit jusqu'à présent va
acquérir toute l'évidence d'une preuve
complette, en le joignant à ce qui me
reste à raporter.
Il faut se ressouvenir de cette phrase
entiere
,
qu'Hinemar a copié des Annales
de S. Prudence, elle est mot à mot
dans celles de S. Bertin. Je suisobligé de
la repeter ici.» Nicolas Pontife debRo-
I. Vol. me -
w me , a confirmé selon la foi, et décidé
» catholiquement sur la grace de Dieu,
» le libre arbitre, la vérité de la double
» prédestinationet le sang du Christ ré-
» pandu pour tous ceux qui croycnt en
» lui.
On ne peut disconvenir que l'Auteur
du fragment, ne soit celui de l'ouvrage
entier, dans lequel il a sa place
juste et naturelle, sous la mêmeannée
pour laquelle il a été fait; or ce fragment
se retrouve avec toute cette proportion
dans les Annales de S. Bertin :
donc elles sont l'ouvrage de S. Prudence,
puisqu'il est certain que le fragment
est de lui.
Il est mêmeimpossible, suivant Hincmar,
de ne le pas reconnoîrre pour Auteur
de ces Annales; car Hincmar prétend
qu'il avoit son intérêt et ses raisons
particulieres, pour écrire que le Pape
Nicolas avoit décidé catholiquement sur
les points contestés; c'étoit, dit il, pour
apuyer de cette décision son sentiment
particulier. Un Ecrivain qui n'autoit
point eu les mêmes vûës que Prudence.
n'auroit point recüieilli ce fragment, et
ne l'auroit point joint à l'ouvrage
,
duquel
il fait partie; donc Prudence est le
seul et véritable Auteur de la partie des
I. ro1. Annales
Annales de S. Bertin, à laquelle ce fragment
est attaché.
Je ne sçai si je me fais illusion
,
mais
il me semble que tout concourt à confirmer
le sentiment de M. Fleuryet qu'il
se forme de toutes mes conjectures une
démonstration pleine et entiere , de la-,
quelle on doit être frapé, si j'ai l'art de
la représenter aussi vivement queje la
ressens.
La mort en mettant fin à la vie de
l'Evêque Prudence, termina aussi ses travaux;
ce qui arriva au commencement
du mois d'Avril de l'année 861. ( Son
historien fixe le jour de sa mort au 6.
vril. Vie de S. Prudence p. 74.) parce
que sa mort est marquée dans l'histoire,
à la suite d'un évenement arrivé les derniers
jours du mois de Mars de cette mê.
me année.
Après sa mort un nouvel Ecrivain
reprit le fil de l'histoire, et l'a continuée
jusqu'en 882.
M. Fleury, comme je l'ai dit, a pensé
qu'Hincmar, ou quelqu'un de ses
amis, en a été le continuateur. Démêlons
, s'il se peut, les raisons sur lesquelles
il s'est fondé pour parler ainsi.
La suite pour un autre Mercure.
J.Vol. LE
LE TRIOMPHE DE L'AMOUR.
ODE ANACREONTIQUE,
Par M. de Somme-pesle. L
ycas qui méprisoit l'Amour
N'en connoissoit pas la puissance;
L'insensible Berger insultoit chaque jour uxsoupirs des Amans,aux chagrins de l'absence
Des attraits de la liberté
,
Il faisoit l'éloge sans cesse;
ÏMus précieux pour lui queceux delabeautéy
Illeur sacrifioit ses voeux et sa tendresse.
Par ses exemples dangereux,
Nymphes se laisserent séduire,
Zt des jeunes Bergers dédaignerent les
feux
;
Amour perdoit par tout ses droits etsonempirt;
QuandLycas cédant aux pavots
Qui des Mortels charment la peine,
Se trouva tout à coup éveillé par ces mots,
Qu'un amour malheureux dictoit à Elimene. -
Ah Lycas ! inhumain Berger
I. Vol. Le
Le Dieu qui tient en servitude
Tous les coeurs des Humains qu'il lui plaît de
toucher,
Fit-il jamais sentir esclavage si rude?
Plus vîte que ne l'est l'Eclair ,
Lycas vole vers le Boccage,
D'où partoit cette voix, qui vient de fraper l'air
Célimene l'évite et fuit sous le feüillage.
Mais Lycas a bien-tôt atteint
Celle qui le fuit et l'adore,
Et ravi de l'objet en qui l'amour s'est peint;
Il se sent enyvré d'un charme qu'il ignore.
L'Amante voit à ses genoux
Le tendre Berger qu'elle engage ,
Elle se prête à peine à des transports si doux
Et n'ose en recevoir ni refuser l'hommage.
L'Amour alors peu satisfait,
Qu'elle veuille encor se défendre,
S'irrite, prend son Arc et lance un nouveau trait,
Célimene éperduë est forcée à se rendre.
L'un et l'autre vont à l'Autel,
Animés d'une ardeur extrême,
S'engager dans les noeuds d'un amour éternel
, Digne d'être à jamais envié des Dieux même.
I. VoL D Te
Tel se vante de n'aimer rien,
Et d'une affectation vaine
,
Dit que l'indijference est le suprême bien
Dont Amour à l'instant vient dt forger la cbaine,
11 LETrRE deM*****un
Chanoine Régulier de la Congrégationch
France,touchant un Suplément à l'Histoire
de l'Eglise de Meaux. LE R. P. Duplessis a fort bien compris
ma pensée, mon R.P.lorsqu'il a,
jugéque ce n'étoit pas,animo malevolo,
que je vous avois adressé un petit Suplément
pour son Histoire de l'Eglise de
Meaux.. Il y a plaisir de traiter avec un
Religieux si bien disposé à profiter de
tout ce qui lui vient d'une main étrangere.
Puisqu'il prend donc en bonne part
tout ce que j'ai fait entrer par votre canal
dans le Mercure, je vais faire un
Suplément à mon Su plément. Il sera
fort court, puisqu'il ne consistera qu'en
deux ou trois arricles.
Le culte des Saints fait incontestablement
une portion de l'Histoire Ecclesiastique
d'un Diocèse; D. Duplessis en
conviendra, puisqu'il a mis à la têtede
son premier tome un Calendrier des
I. Vol, Saints
Saints du Diocèse de Meaux; mais le
nalheur veut qu'il en ait oublié un des
tills notables. C'est S. Quintin; je ne
Prétends pas parler du célebre S. Quenin
de Vermandois,mais d'un Saint qui
-
eû le même nom en Latin, et qu'en
'rançois on appelle Quintin, pour le disinguer
de l'autre. Si le Pere Du plessis
souhaite sçavoir d'où je tire que ce'Saint
partient à l'Eglise de Meaux, je puis
l'abord le renvoyer au Martyrologe
le M. Chatelain
,
qui marque au 4. Ocobre
qu'il y a de ses Reliques à la Cahédrale
de Meaux; mais cela ne suffit
.a5. J'ai lû autrefois dans la Bibliothèque
Colbert la Vie de ce saint Martyr, conenuë
dans un grand Légendaire du treisiéme
siecle, et j'ai remarqué au comnencement
de cette Vie ces paroles qui
iennent à mon sujet. Quintinus quem
redimus ut multorum habeturnotitia, pag
obisParisiaco prolatum, Meldis ver9 civitate
genitum.
Mais si le R. Pere avoit bien voulu se
lonner la peine de jetter la vue sur quelque
ancien Bréviaire de Meaux, il y auoit
vû au 4. Octobre Quintini Aîurty^isy
ovem lectionum
3
avec des Leçons tirées
le la Vie cy-dessus ; et bien plus
, avec
me Oraison qui commence ainsi: Pro-
I. Vol. D ij Vïti.irc
pitiare quæsumus Domine, nobis famulis
tuis per sancti Quintini Martyris tui Reli
tpÛas qu& in Meldensi requiescunt Ecclesia,
merita gloriosa, ut, &c. Si le Diocèse
deMeaux est tout-à-fait dépourvû de
vieux Bréviaires manuscrits,son Historien
poura consulter celui que j'ai vû autrefois
a la BibliothèqueColbert, où ilétoitcotré
6576.c'est de là que j'ai tiré cette Oraison.
Il me semble aussi que le P.Duplessis
auroit pû dans la même Histoire Ecclesiastique
du Diocèse de Meaux,parler
de la mort d'un Evêque Etranger, qui;
arriva l'an 426. et de l'inhumation de
son corps qui y fut faite dans un mai
gnifique Tombeau de Marbre; c'est saint
Urse, Evêque de Troyes. Pour peu qu'il
eût voulu faire de recherches sur ce
que Des Guerrois ne fait qu'indiquer au
feüillet 83. de son Histoire des Evêques
de Troyes, il eût découvert leCupeda
et le Cubeta qui est resté jusques ici dan$
l'obscurité, et que ni Des Guerrois, ni
M. Chatelain,ni les Bollandisres n'ont
pû trouver dans le Diocèse de Meaux.
A la faveur d'une étude parfaire du
Celtique telle que le P.Duplessis a par,
devers lui, on peut rencontrer l'Analogie
d'un mot avec l'autre, et trouver
une position qui étoit inconnuë. Sr--ce-j
I. Vot. pendant
pendant ses occupations l'obligeoient de
corner son Celtique à la Normandie
3
je
vous prie d'exciter par vos Confreres de
S. Loup, M. Morel Lieutenant Général
de Troyes, ou M. de la Ravaliere
,
qui
travaillent l'un et l'autre à l'Histoire de
Troyes, à nous déterrer ces deux Endroits
du Diocèse de Meaux, qui sont
indirectementde leur fait. Car je ne puis
aprouver que le nouveau Martyrologe de
Paris air écrit Cubras, pour pouvoir dire
que c'est Couvré, entre Lagny et Meaux.
i Un de vos anciens Confreres de l'Hôtel-
Dieu de Provins,a fait voir à un de
mes amis le Martyrologe de i00. ans, cité
par Des Guerrois, où il y a trèsdistinctement
Cubtas, sans aucun abregé.
Oserai- je proposer encore au Pere Du
plessis une petite addition qui seroit à
faire à ce qu'il dit de Rainfroy Evêque
de Meaux
, au neuviéme siecle? La lecture
seule du Testament d'Eccard
,
Comte
d'Autun, raporté par Perard
, ne
suf-firoit pas pour faire remarquer son
omission: mais lorsque Dom Mabillon
( Ann. Ben. To. III.p. 196. ) a fait observer
que c'est à l'Evêque de Meaux de
ce nom que ce Comte a laissé tels ou tels
Livres; il me paroît que celadevenoit
dignede quelque attention Le Pere Du-
I. Vol. Diij plessis
plessis fera là-dessus ce qu'il trouvera
.bon. Je suis,&c.
A * * m ce 16. Novembre I76. -
RE'PONSE du R. P. du Plessis. EST-ce donc pour me faire parler,
que l'on veut me faire honneur malgré
moi d'une Etude parfaite de la langue
Celtique? Je croyois avoir suffisamment
déclaré au Public, que je n'en ai
qu'une teinture très-legere; et comme
avec un peu d'amour propre on n'aime
point communémentà passer pour ignorer
ce que l'on croit sçavoir
,
il me semble
qu'avec un peu de droiture et de sincerité
en n'aime point non plus à passer
pour sçavoir ce que l'on ignore. C'est
donc un compliment tout-à-fait hors de
place, que celui que l'on m'adresse ici
3 et je ne puis en sçavoir gré à son Auteur.
Mais quand j'aurois pardevers moi toute
la science du Celtique
,
quelle preuve
mon Critique a t-ilpardevers lui, que
le mot obscur qui l'embarrasse,et que
ni Des Guerrois, ni M. Châtelain
,
ni les
Sçavans Bollandistes
,
n'ont pû interpréter
, soit dérivé de cette langue? Et s'il
n'en est pas dérivé , comme cela pou-
I. Pol. loie
toit bien être, quel besoin a-t'il d'un
homme qui sçache le Celtique, pour lui
en donner l'explication > Enfin qu'il en
soit dérivé ou non, étoit-il essentiellement
de mon objet d'entrer dans de pareilles
discussions ? J'écrivois une Histoire
, non une Géographie: on me demandoit
des faits, non des étymologies ;
et il étoit de mon devoir de ne me point
trop écarter de mon sujet. A la bonne
heure qu'un Historien dans le cours de
sa narration,et pour varier son stile,
fasse quelquefois usage de cette sorte
de Litterature; mais qu'ille fasse sobrement,
brièvement
, et de loin à loin.
Nous avons là-dessus de si grands modéles
parmi les anciens et parmi les modernes
! Tite-Live auroit eu bonne grace
de s'arrêter sur tous les Villages dont
les noms setrouvoientsous sa plume,
et d'aller chercher jusques dans l'ancienne
Langue des OSqlltS) leur étymologie!
5i c'est là ce que mon Critique demande,
c'est ce qu'un Historien sage et judicieux
lui réfusera toûjours constamment,
quand même il seroit assés sçavant pour
le satisfaire. Il y a des Dissertations, des
Observations,des Remarques critiques,
en un mot je ne sçais combien d'autres
Livres ou de Traités sous toutes sortes de
I. roI. D iiij titres
titres, destinés à ce genre d'érudition,qui
paroît être de son goût: qu'il aille les
consulter
, et qu'il laisse là les Histoires.
On est pourrant surpris que son attention
se soit fixée, comme par une es
pece de prédilection, sur des noms de-
Lieux,qui peut-être n'existent plus, ou
qui à peine méritent d'être remarqués,
pendant qu'ilen avoit d'autres bien plus
interessans sous ses yeux. Que ne me demandoit-
il, par exemple, l'étymologie
de Jatinum ou de Meldi ? Ce sont les
noms de la Ville et du Peuple de Meaux;
et ces noms assurément sont Celtiques
d'origine
,
puisque Ptolomée en fait
mention,et qu'ils ne sont pas dérivés
du Latin. D'ailleurs Meaux étoit mon
objet principal, et puisque j'avois deux
ou trois étymologies à donner, il valloit
mieux,ce semble, m'attacher à celle
de la Ville Capitale qu'à toute autre.
Il ya dans le Diocèse de Meaux un Prieuré
nommé le S. Sépulchre d'Allemagne,
et je n'ai point laissé passer ce mot, qui
pouvoitarrêter quelques Lecteurs, sans
l'accompagner d'une legere explication.-
Mon Critique, au lieu de s'en tenir là,
s'est avisé de suposer dans la premiere
Partie de ses Observations
, ou comme il
les apelle, de son Suplément, que ce mot
I. Vol. &Allemagne
d'Allemagne, qui n'a pas plusd'étendue
ici que l'enceinte du Prieuré,est celui
d'un Canton entier du Diocèse ; et sur
cette fiction ilme demande pourquoi ce
Canton a été ainsiapellé : comme si j'étois
obligé de rendre raison de sessupositions
! Cependant d'habiles gens y ont
été pris, et ont su posé la même chose
après lui sur sa bonne foi. Le sçavant M.
le Beuf qui n'a rien trouvé
, et qui n'avoit
garde de trouver rien sur ce prétendu
Canton dans l'HistoiredeMeaux,
nous a écrit ici
,
à l'Abbaye de S. Germain
des Prez depuis peu de jours, pour
avoir le même éclaircissement. Mais suposons
à notre tour l'existence du Canton
àAllemagne,on ne trouve point non
plus dans la Dissertation sur le Soissonnois
l'étymologie du mot Suessiones ;
nom véritablement Celtique d'un Peuple
trèsréel; et cette Dissertation n'en
est pas moins com plette, parce que M.
le Beuf
,
indépendamment d'une discussion
grammaticale, qui n'étoit point de
son sujet, a aprofondi la question qu'il
s'étoit proposé d'éclaircir.
Qu'on ne demande donc point à un
Ecrivain, ce qu'on n'est point en droit
d'exiger. de lui. Maisque l'Historien surtoutI.
ferme scrupuleusement l'oreille aux fol» D v clameurs
clameurs de cette espece de Critiques,à
qui il importe fort peu qu'une Histoire
ait du nerf, ou qu'elle n'en ait point,
qu'ellesoitécrite avec dignité ou non
qu'elle ennuie ou qu'elle fasse plaisir à
lire,pourvû qu'on y entasse faits sur faits
sans choix ni discernement, qu'on n'en
omette aucun, quelque peu interessant
qu'il soir,et sur toutes choses qu'en habile
Gazetier on ne néglige pas la moindre date.
Quelle méthoded'écrire!Je n'ai encore
donné quetrop jusqu'ici dans ce défautlà,
défaut de jeune homme;et je promets
bien de m'en corriger dans lasuite.
Sur ce principe là, un Lecteur dont
les Histoiresmal digerées n'aurontpoint
dépravé le goût
, poura t'il me faire un
crime d'avoir ornis qu'Eccard
,
Comte
d'Autun,adonné quelques Livres à l'Evêque
Rainfroi?que l'Evêque Manassés
II. a faitunaccord sur laCoutume en 1154.
avec Anseau du Donint)? Que Pierre de'
Cuisi, l'un de ses successeurs, et Thibaud
Comte de Champagnes se sont accordésen
1227.sur l'usagedelaForêt
de Maant ? et d'autres trairs de cette nature
j
qui n'a prennent rien
, ou rien
d'utile pour la conduire de la vie; ce
qui est pourtant le véritable bur de
l'HistoIire?.VCouorirlap.rdès téoustcaes imlensus
détailslà, c'est ce qu'on apelle en bon
François tirer sa poudre aux Moineaux.
Je ne dis pas pour cela que toutes les
observations de mon Critique ne roulent
que sur des minuties. Il yen a quelquesunes
qui auroient pu trouver leur place
dans l'Histoire de l'Eglise de Meaux:
mais l'Historien ne pouvoir pas deviner;
il falloit avant l'impression de son Ouvrage,
ou les lui communiquer en entier,
ou lui en indiquer les sources. Ce
Cartulaire ancien qui est entre vos mains,
ces Recüeils, ces Inventaires, ces Répertoires
, ces Porte-feüilles Diocèsains
, toutes
ces richesses littéraires, vous en êtes
seul en possession
, et il n'y a que vous
qui le sçachiez. Comment voulez vous
donc que j'aille vous démêler dans la
foule? Ditesnous qui vous êtes, montrez-
vous , mettez du moins une Affiche
ou une Enseigne à votre Porte; on aura
recours à vous dans le besoin. Si pour
n'avoir pas connu vos Titres nous tombons
dans quelque méprise, n'en accu..
sez que vousmême; c'étoit à vous à
nous prévenir
, et à nous les communiquer.
Un Particulier zelé pour l'honneur
des Lettres, autant que pour la gloire de
sa Patrie, m'a envoyé de Provins la copie
d'un Titre essentiel, qui m'a servi à
J. Vob combattre
combattre avec avantage le célebre Historiogra
phe André Duchêne,et à fixer
le véritable nom de famille de Nicolas
Volé, Evêque de Meaux: Un autre pareillement
pouvoir m'envoyer du même
Endroit, sans qu'il lui en coûtât beaucoup
, un Extrait du Martyrologe de
l'Hôtel-Dieu
3
dont j'aurois pû faire usage
; et je n'y aurois pas manqué.
Mais, me direz-vous, on ne vous re~
proche pas seulement de n'avoir point
sçû profiter du Martyrologe de Provins;
vous êtes encore en faute pour n'avoir
pas jette les yeux sur certains Livres imprimés,
quipouvoientvous être de quelque
secours. J'entens. C'està-dire qu'un
homme qui se mêled'écrire une Histoire
particuiiere, est également repréhensible
, soit qu'il ne fasse aucun usage de
quelques Pieces manuscrites dont il n'est
pas le maître
, et qui malgré ses soins et
ses recherches ne sont pas même venues
à saconnoissance, soit qu'il ait négligé
-
de lire des Bibliothèques entieres. En
vérité c'en est trop; il faut de la raison
en tout. Vous m'allez dire que c'est moi
qui outre la matiere, puisqu'on ne me
renvoyé qu'à un seul Livre
,
à l'Histoire
des Saints du Diocèse de Troyes. Je l'a-
VOt1. Mais qui auroit deviné que c'e-i
I. UJI. toit
toit ce Livre là précisement, et prtfera-J
blement à tout autre qui pouvoir me
tenir lieu du Martyrologe de Provins 3
J'aurois aussi tôt mis la main sur une
Chronique de Châlons ou de Sesanne. Et
que sçais- je moi? Quelqu'un viendra.
peut être demain me mettre sous les
yeux un trait de l Histoire de Bourges
ou de Bordeaux,dontj'aurois pû également
faire mon profit. Il faudroit donc
ou avoir tout lû avant que de se mettre
en devoir d'écrire
, pour ne donner aucune
prise sur soi,ou avoir l'esprit de
revelation. Or le premier ne m'a jamais
tenté,et le second n'est pas donné à tout
le monde.
Voyons maintenant si malgré le petit
nombre des Observations du Siipléwent-,
mon Critique n'en auroir pas risqué encore
quelquesunes de trop. Je devois,
? dit-il, raporter au 13. Janvier,etnon
au 14. du même mois, la mort d'Etienne
de laChapelle, Evêque de Meaux. Il
est vrai, ajoûte t'il, que le Nécrologe
r du Chapitre de Meaux,et celui de Fon-
1 tainesles Nonnains, que j'ai suivis, portent
le 14. mais son Epitapheest pour
le 13. Je n'avois qu'à me déterminer
pour le 13. par respectpour l'Epitaphe,
un autre en faveur des deux Nécrolol
I. VoL ges
gesauroit pris parti pour le 14. A laquelle
de ces deux autoritésfaut-il donc
souscrire? Si les Nécrologes en général
sont fautifs, les Epitaphes ne le sont guéres
moins: les uns et les autres confondent
souvent le jour de la sépulture avec
celui de la mort. Le plus court, quand
on ne peut faire mieux,est de tirer à la
courre paille. Ici j'avois deux autorités
contre une: Je me suis mis du côté da
plus fort.
J'ai oublié me reproche t'on encore ,
de parler d'une Explication des sept
Pseaumes, donnée par un Evêque de
Meaux,qui selon un Manuscritciedela Bibliotheque
de M. le Comte deSeignelai,
s'apelloit Jean de Bori ; et ce reproche
est accompagné d'un Extrait du Manuscrit
,en forme de Piece justificative. Que
dit cet extrait, tel qu'on nous le représente?
Que Jean de Bori a translaté de
Latin en François une exposition sur les
Pseaumes de la Pénitence. Ce n'est donc
pas lui qui est l'A uteur de cet Ouvrage;
et au lieu du mot d'Explication, il falloit
employer celui de Traduction. Mais at'on
bien lû le Manuscrit? Car enfin il
n'y a point eu d'Evêque de Meaux du
nom de Jean de Bori
, et je soupçonne
qu'il pouroit bien y avoirJean de Briou,
L FQU QUI
jeu que si un Jean de Bori est en dret
l'Auteur de la Traduction,on a eu tort
de l'attribuer à un Evêque de Meaux.
Une lettre de plusou de moins ddOS un
nom propre, est d'une route autre conséquence
qu'un 14. pour un 15. Janvier
dans un Nécrologe,ou sur une Epil:l.
phe. Je ne sçais si par la même raison il
n'y auroit pas Cabras dans le Martyrologe
de Provins,quoique mon Cririqueou
son ami ( car je ne vois pas bien lequel
des deux) y ayent lû Cubtas, et cela,
dit il , sans abreviation. Vraiment on ne
prétend pas non plus que Cubras en soit
une; on croit entrevoir seulement,et
peut être y a t'il quelque chose de plus,
que c'est en effet le véritable mor.
Autre omission de conséquence. Je
n'ai point parlé de l'érection de la Cure
de Berigny,distraite de celle de Lagny
y quoique faite par un Evêque de Meaux,
Commissaire apartmment en cette partie.
Mais ou je ne pouvois pas en foire
mention, parce que j'ignoiois absolument
lefait,etil n'y avoir pas grand
mal, ou je ne le devois pas; parce que
quand je l'auroissçû,il regarde leDiocèse
de Paris, et non celui de Meaux.
Quatrième omission. Je me suis ru:
sur le culte et sur l'Histoire d'unSainf
J- Vol.. nOlbfe
notable du Diocèse de Meaux, S. Quintin
, donc les Breviaires anciens et les Martyrologes
font mention au 4. Octobre. Il
est vrai qu'à l'occasion de ce Saint j'aurois
pu remarquer qu'il a eu autrefois un
culte public dans l'Eglise de Meaux; cette
remarquem'a échapé: mais c'est là
aussi tout ce que j'aurois pû en dire. On
l'a retranché du nouveau Calendrier.
Mon Critique se sent-il assés de force et
de courage pour entreprendre de combattre
ceux qui en ont décrié l'Histoire?
Poursuivons. On a avancé sans preuve;
dans l'Histoire de Meaux,dit l'Auteur des
Observations, que l'Evêque Philipe de
Vitri s'étoit apliqué à la Poësie et à la
Musique; au lieu de ces deux Arts,j'ai
trouvé
,
dit-il
3
( ce sont ses propres paroles)
que c'étoit etArithmétique
, que ce Prélat
semêloitbeaucoup. Il ya ici un raisonnement
tout fait, et un raisonnement à
faire,ou une proposition à prouver.Voici
le premier raisonnement : Philipe de
Vitri s'est beaucoup mêlé d'Arithmétique
donc il ne s'est apliqué ni à la Musique,
ni à la Poësie. Cela ne se resute point
Voici la proposition à prouver. Philipede
îritri s'est beaucoup mêlé d'A,ÎlhrMftique;
et voici de quelle maniere on la prouve
Un filnsiacn nommé Jçan Des Murs a dé- l Vl, dU
dié à Philipe de Vitri un traitéd'Arithmétique
en Vers de sa composition; doncPhilipedeVitri
se mêloit beaucoup d'Aritbmétlque.
Or ce qu'il y a ici de singulier,
c'estque j'ai réellement prouvé quePhi-
- lipe de Vitris'éroirapliqué tout de bon
à la Poësie et à la Musique
, et qu'il a même traduit en Vers François les Métamorphoses
d'Ovide; ma citation est en
marge: au lieu que mon Critique ne
prouve point du tout que ce Prélat se
soit beaucoup mêlé d'Arithmétique,à
moins qu'il ne faille admettre comme un
principe sûr et incontestable
, que celui
Il qui on dédie un Livre se mêlebeaucoup
de la matiere qui y est traités et en ce cas
là il seroit également prouvéquePhilipe
de Vitri se r,:êloit beaucoup de Poésie,*
puisque le Livre de Jean Des Murs est
en Vers. Mais il y a encore plus. Les
seuls cinq ou six Vers de cet Auteur,que
mon Critique a copiés dans ses Observations
, prouvent contre lui, et prouvent
sans réplique ce qu'il m'accuse d'avoir
• avancé sans preuve. Dans cet échantillon
le Poëte prie le Prélat de corriger ses
Vers: Prasentia corrige 7rietra; et deux li-j
gnes plus bas? Corrige, supporta ,
&c.
Quoi donc k Etoit-ce pour se mocquer
du lui qu'il soumettoit ses Vers à sacriti-
1. Vol. que
que, et qu'ille prioit de les retoucher?
Concluons que l'Evêque de Meaux s'étoit
apliqué à la Poësie; et si l'Auteur
des Observations en veut un plus grand
nombre de preuves, qu'il se donne un
peu de patience
,
les nouveaux Auteurs
du GalliaChristiana ontsuffisamment de
quoi le satisfaire.
Je ne sçis comment prendre l'Observation
qu'il fait sur Mathieu de Mont-
Mirel, Fondateur d'un Hôrel-Dieu à la
Ferté-Gaucher; car ce qu'il en ditest
tourné de maniere qu'il n'e t pas aisé
d'arteindre jusqu'à pensée. Veut-ilme
reprendre d'avoir passé cette Fondation
sons silence? Il auroit tort )
j'en ai parlé;
et le titre de Fondation qu'il a trouvé
, je l'ai trouvé aussi
9 on peut le lire
dans mes Piecesjustificatives. Veutil
dire que la date véritable de ce Titre est
de l'an 1231. au lieu que je l'ai marquée
au mois de Juin 1252 ? Si c'est ceh,p°!lrquoi
ne le pas dire clairement etsans détour
? Il n'y avoit rien de plus simple :
le Titre cité par le P. du Plessis, auroit
dit un homme qui va droit à son but,
n'est qu'une Copie , et cette Copie est altérée
dans sa date
}
l'originalquej'ai actuellement
j ou que j'ai eu sous les yeux, porte
l'an 123 1. Ilauroit ensuite raporté un
1. Vol. Extrait
Extrait plus fidtle du même Titre
, et
marqué sans mistere d'où ill'auroit tirée.
Par ce moyen là le P. Duplessis
n'auroit eu d'autre honte à essuyer que
celle de n'avoir pas été bien servi, et le
Public le seroit comme il mérite de l'être.
C'est ce que l'on attend de l'Obser.
vateur, car après toutil pouroit bien
n'avoir lû que dans une Copie aussi bien
que moi; et ma Copie pouroit être plus
,
fidéle que la sienne, à moins que oir
inattention je n'aye écrit un chiffre pour
un autre.
Qu'il continue donc, je l'exhorte de
ne pas demeurer en si beau chemin.J'ai
déja dit que je souscrivois de bon coeur
au désir qu'il avoit de multiplier ses Observations,
et je souscris encore d'lvln
ce aux Observations mêmes, tant qu'elles
seront justes
, ou qu'elles ne porteront
point à faux. Si ce sont de petits
détails indignes de la majesté de l'Histoire
, ils pouront être utiles ou pour
entrer dans des Annales, ou pour dresser
des Tables Chronologiques, ou enfin
pouréclaircir quelques points deCritique
interessans. D'ailleurs je n'ai qu'à,
me loüer en général du procedé de l'Auteur;
il est poli, ou il veut l'être. Cependant
quand on attaque un Ecrivain
I. Vol. en
en qui on supose des fautes, sans avoir
également droit de suposer qu'il en soit
coupable, il semble que pour se mettre
du moins à couvert de la représaille
il seroit bon de s'abstenir de certaines,
expressions aigres douces, telles que pouroient
être celles ci: Dom Mabillon étoit
éxact àfaireremarquer ceci ou cela: Je ne
voudrais pas faire depeine au P. Dupiessis
de ce que, &c. Vne petite notice de cesfaits
n'eut riengÎt,é dans l'Histoire de Aîeaux: à la faveur d'une étude parfaite du Celtique
, telle que le P. Duplessis l'a pardevers
lui, &c. Il y a d'autres tours à prendre
que ceux là. Notre langue est si riche
of et si abondante !
FR. TOUSSAINTS DU PLESSIS.
A Paris, es 3c. Novembre 1736.
ELEGIE.
DEPUIS
près de six mois, oubliant mes
amours,
Dans le sacré Vallon je passois d'heurenx jours *
Fiet de n'aimer plus rien que mon indifference,
Mon coeur s'aplaudissoit de son indépendance,
Quand le Fils de Venus riant de mon dessein
1. Vol. Arm, é
Armé de tous ses traits, est rentré dans mon
sein.
Avec quelle constance il traveise ma vie !
Douce tranquillité, vous m'êtes donc ravie!
Le traître quelque-tems n'a suspendu ses coups,
Que pour mieux me porter le plus cruel de tous.
J'ai. soupiré jadis pour des beautés cruelles,
J'ai jadis adoré des beautés infidelles
,
Mais malgré leur rigueur et leur legereté
,
Toûjours de quelque espoir mon coeur étoit
staté.
En leur présence au moins ma douleur sans contrainte
Pouvoit se soulager par une tendre plainte;
Et maintenant, hélas! brute de plus grands feux,
Je n'ose m'adresser à l'objet de mes voeux.
Je crains qu'en lui parlant, ma flâme auda
cieuse
A ses yeux révoltés ne paroisse odieuse
,
Je crains de lui déplaire ,et l'austere raison
Me défend même ici de prononcer sou nom.
Dieux ! que n'aije point fait pour vaincre en
leur naissancé
-
Ces transports que mon coeur nourrit sans espe..,
rance!
Honteux, confus, j'ai fui ses dangereux attraits:
Hélas ! par tout l'Amour nous atteint de ses
traits.
Vainement pour calmerle mal qui me possede
I. Vol. J',ai
J'ai parmi les plaisirs cherché quelque remede:
Tous les plaisirs divers , et les ris et les jeux
Sont un nouveau suplice aux Amans malheureux.
Quelquefois j'entreprends
, par un desir de
gloire,
De chanter nos Guerriers suivis de la victoire; JMais au Dieu des combats pensant faire ma
cour ,
Ma Lyre sous mes doigts ne resonne qu'Amour
1
Et l'aimable beauté qui cause ma folie,
Est l'unique Déesse à qui je sacrifie.
Le sommeil ,quand la nuit nous invite au tépot,
Ne verse plus sur moi que d'impuissans pavots;
Ou si par avanture, un songe secourable
Me peint celle que j'aime à mes voeux favorable.
Cette charmante erreur et ces trompeurs plaisirs
Ne font à mon réveil qu'accroître mes desirs.
Quoi ! dis je en soupirant, l'illusion d'un songe
Peut donner quelque trêve au chagrin qui me
ronge!
Eh ! que seroit-ce donc si par un sort plus doux,
De ma Belle en effetj'embrassois les genoux?
Si ressentant pour moi ce que je sens pour elle,
Un soupir m'annonçoit saflâme mutuelle?
Si ses yeux sur les miens tendrement attachés
,
Y lisoient de mon coeur les sentimens cachés?
Si la voyant enfin quelquefois me sourire h Vol. J'osois
Posois lui prodiguer ces noms qu'Amour ins-
Pirc»
Ces noms qui ne sont rien pour des coeurs endurcis
,
Mais dont les vrais Amans connoissent tout le
prix
Decesflateurs objets mon ame possedée,
Ui chérit,en nourrit, en conserve l'idée.
Envain quand deux beaux yeux ont sû nous enflâmer
,
Voudrait-on en aimant pouvoir ne pas aimer,
e l'éprouve j et mon coeur que tant d'ardeur dévore
,
Consacre tous ses jours à celle que j'adore.
Eh! qui du trait brûlant dont elle m'a percé,
Comme moi pour jamais n'eut pas été blessé ?
J'ay vû plus de cinq ans élever son enfance,
Mon coeur près d'elle alors étoit sans défiance ,
Je ne redoutois rien de ses attraits naissans ;
Mais ses yeux à la fin devenus plus puissans,
En rencontrant les miens qui contemplorentleurs
charmes,
M'ont forcé tout-à-coup à lui rendre les armes,
Par mille autres apas qui lui sont inconnus,
Mes sens en sa faveur sont encor prévenus.
Sa modeste fierté
, sa timide innocence
,
Son esprit qui paroît jusque dans son silence,
Tout rit, tout plaît en elle, et chacun aplaudit
A tout ce qu'elle fait, à tout ce qu'elle dit.
I. Vol. Mais
Mais que me sert, hélas! de la trouver aimable,
Si plus elle a d'attraits, plus je suis miserable ?
Si toûjours plein du feu dont je me sens brûler,
Je ne sçaurois m'en taire ,et je n'ose en parler?
Si-tôt que je la vois, ma crainte se redouble.
Il est vrai que souvent mon silence,mon trouble,
Ma rougeur , mes transports, un soupir inquiet
Expliquent de mes yeux le langage muet;
Mais la Belle ignorant un langage si tendre ,
Ne m'entend point, ou feint de ne me point ea«
tendre.
0 toi, qui tant de fois as troublé mon repos;
Amour, cruel Amour, prends pitié de mes maux.
Si je ne puis pour moi voir sa flâme allumée,
Fais qu'elle daigne au moins consentir d'être aimée
,
Et qu'en lui revelant mon amoureux transport,
Elle plaigne en secret la rigueur de mon sort.
Que dis je? En quels pensers mon foible esprit
s'égare?
'Ai-je donc oublié tout ce qui nous sépare ?
Ai-je donc oublié qu'un barbare devoir
Lui défend. Ah ! grands Dieux! quel affreux
désespoir!.
Je m'affoiblis,mes yeux se remplissent de larmes
,
Je tremble, je succombe à mes vives allarmes.
Vol. Ah!
Ah ! qu'on doit plaindre un coeur agité tour à
tour,
Par la raison severe et par letendre Amour!
- Par M. COCQUARD.
RvESTION interessante pour les
ChanoinesProfesseurs dans les Vniversités
du Royaume, jugée au Parlement
de Roüen le 4. Juilletdernier. u N Chanoine Professeur en Théologie dans
une Université
,
est-ildispensé de droit de
la résidence en son Eglise, à l'effet d'avoir à son
tour une Maison Canoniale
, que les Statuts de
cette Eglise n'accordent qu'à celui qui a le plus
Présidé Telle est la question qui s'est présentée
au Parlement de Rouen.
FAIT.
Il y a dans la Commune du Chapitre de Bayeux
douze Maisons qu'on apelle Taurnalles, parce
que depuis 1506. jusques à présentellesnesont
destinées que pour loger tour-à tour ceux des
Chanoines qui sont les plus anciens en résidence,
et que celui qui par refus a laissé passer son
tour, n'y peut plus rien prétendre, que les autres
ne soient logés.
Avant 1506. ces Maisons écoient accordées
aux plus anciens en ordre de réception, mais
parce que dans ce temps, qui étoit un temps de
trouble et de désordre, les Chanoines de Bi yeux,
I. Fel, E cornue
comme ceux des autres Eglises, possedoient plusieurs
Prébendes en differens endroits et prétendoient,
avec leur droit d'ancienneté,avoir leur
logement à Bayeux, quoiqu'ils résidassent ailleurs;
le Chapitre de Bayeux y pourvut par un
Statut de la même année 1 506.
Il fut donc arrêté qu'à l'avenir de catero ,
les
Maisons continuëroient d'être données aux plus
anciens,mais sous deux conditions essentielles.
La premiere, que leur domicile ordinaire ne seroit
point dans un autre Chapitre in alio Collegio,
et seroit même dans l'enceinte de Bayeux intr* singulas Bajocenses. La seconde , , que leur
assistance au choeur seroit certaine,et que leur
absence consécutive n'excederoit point la moitié
de l'année ,dummodo illorum absentia continua
majorem Ann; partem non excedat;ceci posé,voici
ce' qui s'est passé:
Le sieur Gabriel-CharlesBuffard, Prêtre
Professeur en Théologie dans l'Université de
Caën, à la recommandation de feu M. de Nesmond,
dès l'an 1712. et Official de feu M. de
Lorraine pour le Siege de la mêmeVille, fut resû
Chanoine de Bayeux au mois de Janvier 1721.
et il prit possession, selon l'usage ordinaire.
Après sa réception au Chapitre, le sieur Buffard
continua ses leçons de Théologie, et à remplir
les fonctions d'Official, mais il ne fut pas
long-temps tranquille;car, quoique son Canonicat
soit des plus simples, puisque le gros n'est
que de 200. livres; on commença par lui retenir
ses distributions, comme s'il eût été dans une
absence volontaire ou inutile
, et il fut dépoüillé
de sa Chaire de Théologie par un ordre supérieur,
qu'il reçût au moisdeDécembre 1722.
M. de Lorraine,informé à Paris de ce qui se I
I. Fol, passoit
passoit,etse proposant de réparer l'injustice que
faisoient au sieur Buffard ceux quiluiretenoient
ses distributions ,commença par lui faire donner
300 livres
, et lai adresser de nouv aux ordres
pour continuer les fonctions d'official à
Caën.Jevous prie,dit le Prélat dans sa Lettre du
mois de Décembre 1722. de retourner à Cuïn
après la Fête, car vous etes toujours mon Official,
et j'ai besoin de vous; si vous voulez un logement
chés moi à Caën
, je vous en ferai donner un ; je
flJAnde à M.d'Isigny de vous donneren particulier
300 livres, n'en parlez, point, je vous prie, si
vous avez, besoin de davantage,mandez-le moi.
Le sieur Buffard obligé d'obéïr aux ordres de
son Evêqueserendit dans l'Hôtel apellé l'Evêché
à Caën ; mais à peine y avoit-il resté trois
mois,qu'on lui forma de nouvelles difficultés,
ce quifit que M. de Lorraine, pour prévenir tout
prétexte, le nomma au Chapitre pro comitlJtu) et
en fit registrer l'Acte le 13. Avril 1723.
Depuis ce temps-là le sieur Buffard a toujours
été marqué comme présent sur les Cartes, et le
9. Avril 1726. ayant reçû les ordres du Roy qui
l'ont éloignéduDiocèse, on lui a fait la même
justice jusqu'au II. Juin 1728.
Dans ces circonstances il a vaqué une Maison
Tournalle, le sieur Buffard,muni ,¡'un Certificat
du Recteur de l'Université de Caën, des Provisions
d'Official de la mêmeVille, et de la
Lettre de M. de Lorraine, en a fait la réquisition;
le sieur du Vernay ,qui a été son Ecolier, l'a
requise également ,et elle a été accordée par le
Chapitre à ce dernier, parce qu'il est plus ancien
en résidence,en contant le sieur Buffard
pour absent, lorsqu'il professoit la Théologie,
eu lorsqu'il étoit Official.
1. Vol. E ij Qudque
Quelque temps après il a encore vacqué une
seconde Maison Tournalle, le sieur le Breton,
quoiqu'il tienne son Canonicat du sieur Butfard,
s'est présentent il l'a obtenue
,
de-même que le
sieur Jourdan, qui est aussi éloigné du Diocèse
par les ordres de Sa Majesté,en a obtenu une
troisième, vacante depuis l'ouverture des Plaidoiries
dont on va parler.
Le sieur Buffard a donc été forcé d'apeller
comme d'abus de l'Acte Capitulaire où il a été
débouté de sa réquisition ; le sieur le Breton est
intervenu en Cause, parce que le sieur du Vernay
perdant son procès, il auroit droit de reclamer
la Maison adjugée dans la
l
seconde conclusion
; et cette Cause venue à tour de rôle,
le sieur Buffard a crû être obligé de coter quatre
Moyens d'apel comme d'abus, parce que dans
l'ActeCapitulaire dont il se plaint ,on a fait un
calcul d'absences sans rien distinguer,et sans parler
des présences de droit, le Chapitre se contentant
de prononcer que ce Chanoine n'avoit pas,
à beaucoup près
,
les présences nécessaires, suivant
les Statuts, pour gagner le tour de Maison. Voici
quels ont été les Moyens du sieur Buffard.
1°. Le refus qui lui est fait donne atteinteaur
Privileges des Professeurs de Théologie, et la
conclusion doit il se plaint n'a été rédigée misterieusement
que pour ne pas soulever les Universités
ou les Parlemens même qui en sont les
Protecteurs. -
i". et 3°. Le même refus attaque ouvertement
les Privilèges des Chanoines,choisis par leurs
Evêques,soit pour le comitatusoit pour l'Employ
d'Official et on n'a encore affecté de l'obscurité
que dans la crainte que les Evêques ne s'élevasser.
tcontre une prononciation si oposée à la
1. Vol. liberté
liberté qu'ils doivent avoir dans le gouvernement
de leurs Eglises.
Enfin ce
refus est une entreprise sur les ordres
du Roy, parce que S. M. ne prétend pas qu'un
Chanoine soit puni par l'obéissance respectueuse
qu'il doit aux volontés de son Souverain; et
on peut dire que la Conclusion du Chapitre, en
: prononçant l'exclusion de la maniere qu'elle est
connue
,
prépare un titre contre les Privilèges,
tant des Mrs les Conseillers Clercs, que des Chapelains
de la Chapelle du Roy, parce que les
Privilèges des uns et lies autres n'ont pas d'autres
principes que ceux des Professeurs enThéologie,
ou les Chanoines à la suite de leur Evêque.
M. Thouars pour le sieur Buffard
, entra dans
le détail de ces Moyens, en suivant le même ordre
; il cita d'abord sur le premierleChapitre
super spécula, de Magiitrh oti le Pape Honoré
III. décide que les Professeurs en Théologie
doivent percevoir tous les fruits de leurs Prébendes
,malgré les Statuts ou Coutumes contraires
, integrè, nonobstante aliqua contraria consuetudine
vel Statuto; cum denario fraudari non debéant
in vinea domini operantes. Il fit voir que
cette décision doit s'entendre au moins de tout
ce qui n'est point distribution quotidienne
,
puisque
le même Pape, au Chapitre Licet extra de
Prab. confirmant la même décision, n'en excepte
que les distributions quotidiennes; enfin il démontra
que cela est absolument confirmé par
Clément V. en ijo8. Jean XXII. en 1331. Clément
VI. tant en 1541. qu'en1346. et par une
infinité d'autres Bulles adressées à
différentes
Universités;celle de Jean XXII.donnée spécia
lement in gratiam Scholarum Bénéficiatiorum,décidant
expressément que ceux qui sont absens
I. Vol. i iij pour
pour cause d'étude
,
reçoivent le gros de leurs
Benefices.
Pour démontrer que ces Privileges n'ont pas
cessé par la vicissitude des temps, comme il
- semble que les Parties vouloient l'insinuer,l'habile
Avocat cita le Chap. Docentes du Concile de
Trente,Sess. f. de reform.qui décidelamême
chose en termes ex près; en vain, dit- il, on prétend
que ce Concile n'a pas été reçû en France,
quant à la discipline; tout le monde sçait, ajoûta-
t'il, que l'Assemblée du Clergé de 1573' en
adopta les dispositions à l'égard des Privilèges
dont nous parlons; en effet tout le monde peut
voir que ce fut un des articles présentés au Roy
par les Cardinaux de Bourbon et de Lorraine, et
que cet Article reçu et authorisé par Lettres Patentes
du u. Janvier 1 574. décide que ceux qui
enseignent lasainte Ecriture jouissenteux et leurs
Ecoliers pendant qu'ils sontpubliquement auxEcoles,
de tous Privilèges de percevoir lesfruits de leurs
Prébendes et Benefices, en leur absence, octroyés de
droit commun; ce que le Roy dans les mêmes
Lettres Patentes, dit être conformeauxsaints Decrets
et ne contenir rien de contraire aux*droits de
l'Eglise Gallicanne. Il est donc vrai que les Privilèges
des Professeurs en Théologie font aujourd'hui
loy dans l'Eglise et dans l'Etat, et que
le Chapitre de Bayeux n'a pû, sans abus, y donner
atteinte, sous prétexte des dispositions du
Statut de 1 505. qui n'a pas prononcé contre les
Pr ivilegiés, puisque sans résider Mrs les Conseillers
Clercs obtiennent tous les jours des Maisons
Tournalles, encore que dans ce Statut la résidence
paroisseenjointe à tous sans exception.
L'Orateur passant à son second Moyen d'abus
, démontra que les Chanoines à la suite de
I. FOI.IcUr
leur Evêque, ou pro comitatu, sont toujours tenus
présens;mais comme les Parties déclarèrent
que dans la Conclusion du Chapitre, les Commissaires
n'avoient examiné que l'absence du
sieur Butfard, tandis qu'il professoit la Théolo.
gie, parce que, selon elles
, cette absence étoit
suffisante pour exclure ce Chanoine du tour de
Maison qu'il reclamoit. Nous passerons les preuves
qui furent proposées sur ce Moyen.
Nous ne raporterons point non- plus celles
dont on fit usage pour soutenir le quatrième
Moyen, parce que les mêmes Parties déclarérent
que le Chapitre de Bayeux n'avoir point entendu
exclure le sieur Butfard dans le temps de
son exil, si vrai qu'il avoir toujours été tenu
pour présent. Il faut cependant, pour rendre
hommage à la vérité, dire que ce Chapitre ayant
fair difficulté de tenir ainsi présent un Chanoine
éloigné par les ordres du Roy, et M. de
Morville,Secretaire d'Etat, ayant écrit pour
faire sçavoir que l'intention de Sa Majesté étoit
que le Chanoine exilé ne souffrit aucune perte
en ses droits, ce ne fut que sur cette Lettre que
le sieur Bussard fût aussi tenu comme présent.
Voyons donc le troisième Moyen d'apel comme
d'abus de ce Professeur.
Les Intimés objectoient que ,
quand l'Official
d'un Evêque auroit quelque Privilege, ce ne
pouroit être que celui de la Ville Episcopale
, et
non pas celui d'une autre Ville, où il n'en est
pas nécessaire, comme celle de Caen, qui est
dans la même Province et sous le même Parlement.
M. Thouars, prévint l'objection
, en faisant
observer que de temps immémorial il y
avoit un Official à Caën, qui avoir une Jurisdic.
tion certaine, un Territoire marqué et sur le-
I. pol, £ iiij quel
quel celui de Bayeux ne pouroit juger sans incompétence
; puis il cita une des Délibérations
de l'Assemblée du Clergéen 1635, qui ordonna
que les Vicaires Généraux, les Officiaux et les
Promoteurs jouiront de tous les revenus de leurs
Dignités, Offices et Prébendes
, tant du gros que
des distributions manuelles, comme s'ils étoient présens
a l'Eglise, ce qui fut confirmé par un Arrêt
du Conseil d'Etat du 23. Février 1636. où le
Roy ordonne la même chose, tant pour les gros
fruits que pour les distributions de quelque nature
qu'ellessoient; ce qui enfin est adopté par
le Chapitre de Bayeux même, puisque quand le
Siege est vacant, ce Chapitre ne fait point diffi
culté de tenir l'Official deCaën comme présenr.
Il est donc vrai que le Privilege des Officiaux
fait aujourd'hui Loy dans l'Eglise et dans l'Etat,
et que le Chapitre de Bayeux a pu d'aurant moins
y donner atteinte
, sous prétexte du Reglement
de 1505. qu'on ne voit pas que ce Reglement
soit plus favorable aux Chanoines envoyés par
le Chapitre, qu'aux Chanoines envoyés par l'E-j
vêque.
De ces principes l'habile Avocat passa à l'au.;:
torité des choses jugées. Il cita d'abord sur le
premier Moyen, entr'autres Arrêts, celui de
1580, raporté par Rochette dans ses Décisions,
Titre de la Résidence,où Daniel d'Auge, Lecteur
en Grec à Paris, fut, à l'égard de son Benefice,
tenu pour présent; celui du 4.Mars
]600. raporté par le même Auteur; ceux que
nous trouvons dans le Recueil de Papon, et autre
en faveur des Etudians ; en un mot, celui du
4. May 1665. rendu contre le Chapitre d'Angers
, et qui est absolument décisif dans cette espèce.
En effet, dit M. Thouars, ce Chapitre avoit
1. r¡. prive
privé un Chanoine de son tour.de Maison, à
cause de ses absences pour études
;
le Chanoine
en apella comme d'abus au Parlement de Paris,
et par l'Arrêt, la Cour interprétant les saints
Decrets favore Studiorum, dit qu'il y avoit abus,
ordonna que l'Apellant auroit la Maison dont il
étoit question, et condamna le Chapitre aux
dépens.
L'Avocat cita ensuite sur le troisième Moyen
d'Apel comme d'abus du sieur Buffard
,
l'Arrêt
contradictoire rendu au Conseil d'Etat le z6.
Janvier 1644. où il fut ordonné contre le Chapitre
d'Amiens,que les deux Chanoines pro comitatu,
le Grand- Vicaire et l'Official seront tenus
présens comme les Chanoines employés aux
affaires du Chapitre. Il cita encore l'Arrêt rendu
en ce Parlement le 3 Juin 1710.qui accorda
au sieur de Launey Hue, absent pour des Missions
dans le Diocèse de Bayeux, une Maisoa
Tournalle
,
quoique le Chapitre l'eût marqué
absent. Mais il faut passer à ce que l'Orateur
observa sur le sentiment des Auteurs.
Tous les Canonistes, dit-il, tant anciens que
modernes,s'accordent en ce point, qu'un Professeur
de Théologie dans une Université célébre,
est tenu présent et dispensé de la résidence,
que tous les fruits de sa Prébende lui sont dûs,
et que s'il y a quelque exception, ce ne peut être
qu'à l'égard des distributions que le Pape Boniface
VIII.apelle manuelles, qut manualia seu
victuAlia nuncupantur. Cap. Cons. de Cler. non
resid. in 6.
Le sçavantRébuffe
,
dans le Traité qu'il a fait
exprès des Privilèges, assure même, N. 31. et
31.que les Statuts des Eglises ne peuvent détruire
les Privilèges de l'Ecole; Statuta Ecclesiarutn non
1. Fol, E v possuni
possunt tollerePrivilegia Litterarum Studiosit
cohcessa etiam si estent à Papa approbata et
confirmitta, et dans un autre endroit sur le mot
Propssôribus, le même Auteur note, quod non
tantum competunt h&c Privilégia Scolaribus, setl
ititim et multo fortius Doctortbns qui Professores
appella;ztur-A quoi il faut ajouter ce que leP.Tho.,
massin soutient dans le second Tome de la nouvellé
Edition de son Traité sur la Discipline de
l'Eglise. Les Statuts, dit-il, où les Coûtumes
contraires ne peuvent empêcher l'effet de cette
dispense Apostolique. non-seulement parce que
l'autorité du S. Siegedoit l'emporter, mais aussi
parce que l'interêt public, que l'Eglise a d'avoir
des personnes sçavantes,doit être préferé à
des motifs particuliers.
On pouroit encore, dit l'Avocat, citer plusieurs
autres Auteurs en faveur du sieur Buffard.
mais le Chapitre de Bayeux a décidé lui-même
la questionjcar on ne peut pas méconnoître
qu'en 1711. il accorda une Maison Tournais
au sieur Coulon
,
occupé à ses études à Caën
, et
que depuis ce temps un Professeur a obtenu lamême
justice. En vain on objecte que ceux-ci
se sont assurés de la permission du Chapitre,
ce qu'ils n'auroient pas fait, dit-ons'ilseussent
trouvé dans le droit un Privilege contre les Statuts
; en vain on objecte que du temps de M. de
Nesmond un Chanoine qui enseignoit la Théo-
Jogie au Village de la Délivrande
, par ordre dece
Prélat,fut tenu présent pour les distributions
et mis en perte de son tour de maison,ce que la,
Cour confirma par Arrêt.
Ces objections ne peuvent faire dÍmpression.,
parce qu'àl'égard de ceux qui se sont assurés de
la permission duChapitre, on ne peut que les
h VoL louer
loüer d'avoir, par ménagement pour ce Chapitre,
tâché d'obtenir en recommandation ce qu'ils auroient
pû obtenir en justice.Le SrBuffard en auroit
fait de-même, s'il ru'cut vû qu'on en vouloir plus
à sa personne qu'à son droit. A l'égard du Chanoine
enseignant à la Délivrande
, on peut dire
que les Privilèges des Professeurs des Universités
ne sont point pour des Professeurs de Village.En
etlet Innocent III. Cap. tua, frateru.Ext. de Cler.
non resid. consulté si ceux qui étudient dans les
Champs doivent recevoir les fruits de leurs Prébendes
,
il répond que non, c'est ce que la Cour
a répondu dans l'espece proposée, parce qu'ayant
l'Université de Caën sous sa protection, elle ea
a voulu conserver les droits.
Les Intimés, dit le sçavant Orateur, voudroient
sauver la contradiction des différentes
Conclusions du Chapitre, en faisant des distinctions
sur ce qu'on apelle communément gros
ou corps de la Prébende
, et sur ce qui vient au
Chanoine manuellement ou par accident. Il faut
pour décider sainement en ce point, se représenter
I. que dans les premiers temps ce qu'on
apelle présentement Chapitre, n'étoit qu'une
Compagnie de Piètres, de Diacres, ou autres
Ministres, qui partageoientavecl'Evêque la direction
ou l'édification des ames, vivant tous
en commun, n'ayant absolument rien en ploprr.
et se nourissant d'un même revenu en Cloître
,
ut fratres, à la même table, sous le même ton,
de sorte que ce qu'on apelloit Prébende
,
n'étoit
autre chose que le Victum et le Vestitum du Bénencier.
i°. Que la corruption des moeurs ayant
aporté quelque relâchement sur cette manière
de vivre en communauté, elle fut plus étroitement
ordonnée au Concile d'Aix-la-Chapelle eu
I. VoU E vj Sitf.
816 de sorte que la vie des Chanoines né fut
plus qu'une vie coenobitique ou religieuse
, soumise
à une réglé fixe et uniforme. 3° Quedans
le XIe siecle les richesses de l'Eglise ayant excité
l'ambition de plusieurs Prélats,qui s'emparerent
presque de tout, il en fallut venir à une
séparation, de sorte que l'on apella Prébende la
part qui échut à chaque Chanoine, ce qui fut
encore confondu sous le même nom Pra.bendtl
dans le Vestitum et Victum de la manse commune.
+9. Enfin que lors de ce partage on laissa
certains biens en commun ,
mais pour venir par
ordre à chacun en particulier
, comme sont les
Maisons Tournalles, parce qu'il n'yen a pas assés
pour loger tous les Chanoines, et on continua
de distribuer au retour de l'Office certaines
portions de pain et de vin,comme des vestiges de
l'ancien usage; ce qui explique le Chap. du Titre
de Cler. non rend, où l'on apelle Victunlia ce
qu'HonoréIII. en ses Décrétales, Titre de
Pra.b. C. 1. apelle retributiones quolidianas.
Tout ceci posé il faut dire, ajoûta l'Avocat;
queles Maisons Tournalles étant de la même
nature que les autres ,
qui sont entrés dans le
partage, elles doivent être considérées comme
faisant partie de ce qu'on apelle le gros ou le
corps de la Prébende
, non pas pour posséder a
l'instant de la prise de possession, mais pour
posséder au temps de l'échéance par ordre d'ancienneté.
Le corps de la Prébende étant certain
, et tout ce qui est au-delà des distributions
quotidiennes
, corpus Pribendt est quod percipitur
prêter distributiones quotidiana. Chart. Barr. Ep
Paris, 1126. apud DuCange,verboPnbendi.
Il KTU: donc dire que le sieur Buffard doit avoir
la Maison Tournage qui lui est échûë , comme
1. Vol. il
il a eu le gros de sa Prébende, et par conséquent
qu'il y a abus de l'en avoirprivé.
Enfin il est démontré, dit M. Thouars,en
finissant, que les Professeurs en Théologie dans
le temps qu'ils donnent leurs Leçons, les Etudians
dans le temps qu'ils reçoivent ces Leçons ;
les Chanoines employés pro comitatu
, ou pour
les affaires du Chapitre, les Officiaux des Evêques,
les Grands- Vicaires, les Promoteurs et autres,
sont dispensés de la résidence; il faut ajouter
à cela que les Chapelains de la Chapelle du
Roy et Mrs les Conseillers Clercs dans les Parlcmens,
ont les mêmes Privilèges , et n'ont pas
pour les soutenir d'autres principes que le bien
public et l'utilité de l'Eglisepropter publicam Regni
et Ecelesia, utilitatem. Il faut adjouter à cela
que les Chanoines de Bayeux ont tous reconnu
que cette dispense de résider en de certains cas ,
est tacitement autorisée par le Statut de iyo6.
puisqu'ils ont marqué comme présens ceux
d'entre'ux qui ont été dans les mêmes cas. Il est
donc vrai de dire que de tous points l'exclusion
du sieur Buffard est abusive et attaque indirectement
tous les Privilégiés.
M.de Villers pour le sieur du Vernay, tenta de
justifier la conclusion du Chapitre de Bayeux, en
établissant la preuve de ces trois propositions ;
sçavoir, que le Statut de i 506. n'étant et ne pouvant
être attaquépar la voye d'apel comme d'abus,
doit nécessairement faire Loy entre les Parties,
que la plupart des Décisions Canoniques et
:des Arrêts cités par le sieur Buffard
, ne portent
*}ue dans les cas où il n'y a point de Statuts particuliers,
et ne sont pas même oposés à l'exclusion
prononcée par le Chapitre de Bayeux, que les
privil1èges.ciFtésoen flav.euCr dehMarspdeelalCaouiru, dses
Chapelains de la Chapelle du Roy et autres,n'ont
rien de commun avec ceux que la Partie prétend
donner aux Professeurs en Théologie.
L'habile Orateur
, pour commencer la preuve
de sa premiere proposition, posa comme un
principe dont personne ne doute, et qui est constant
entre les Parties, que la résidence est de
droitcommun.L'obligation de résider étoit dit-il, dans les premiers siecles de l'Eglise si , es-i
sentielle que le Titre et l'Office étoient regardés
comme inséparables. Ensorte que c'étott une
nécessité de renoncer à l'un, dès qu'on manquoit
de satisfaire à l'autre; nous voyonsmême dans
les temps postérieurs ,ajouta-t'il, que la résidence
étoit encore éxigée des titulaires pour toures
sortes de Bénéfices indistinctement, simples
ou à charge d'ames
,
riches ou de revenu modique,
ce qu'on trouve expressément dans lesCh.
nonnulli, et conquerente extra de Cleric. non
resid. Enfin ,continua M. de ViIIerS', les saints-
Décrets, les Ordonnances de nos Rois, les Arrêts
des Cours Supérieures, les Jurisconsultes
et les Casuistes, tout se réunit sur ce principe,
que l'assistance au Choeur est pour le Chanoine
d'une obligation exfunidatione. Ceci étant constant
, reste à voir si le Statut de fOf. qui est
conforme àce Droit commun, ainsi reçuet
respecté,doit faire Loy entre les Parties.
A la seule proposition énoncée, l'esprit se
d étermine, on sçait quelle est dans le Droit Canon
l'autorité des anciens Statuts des Eglises,
sur tout quand ils sont aussi respectables que celui
dont il s'agit, soit parce qu'il a plus de 109,
ans d'execution
,
soit parce qu'il a parû plusieurs
fois sous les yeux de la Cour: en un mot,quand
ils sont con formes au Doit Commun c, à la pu-
J. Vol>,It;t
tcté de la Discipline, il est des principes des
mieux établis qu'on les a toujours regardés
tomme des loix inviolables, dont il n'est par
permis de s'écarter sans relâchement,que rien absolument
n'y peut donner ateinle,ni la prescription
des temps ni les usages contraires, ni même
la puissance des Souverains Pontifes, Jura Eccleti*.
disoit le Pape Pélage second, documentorummithoritate
confirmata
,
nullatenus ah his aiscedendi
Pontifex debet habere licemim
,
c'est dans ces
sentimens que Leon IV. pénétré de cetteimportante
vérité, déclare, comme nous le trouvons
dans le Canon,ldet) 25 qitest. 1. qu'il se gardera
bien de toucher à des Loix si solidement éta,
blies.Abùt à me ut Statuts majorum in qualibei
Ecclesia infringam.
Que le Sieur Buffard
,
dit l'Avocat, cesse de
vanter le sentiment de Rebuffe on respecte la
Science de cet Auteur, on veut bien oublier ce
que le célèbre du Moulin en a dit, ou ce que
nous en trouvons dans les Opuscules de Loisel >
mais Rebuffe ne l'emportera point sur les autorités
qui viennent d'être exposées: d'ailleurs on
Sçait qu'il parloit en homme intéressé, et que
la passion même y avoit part. Ne voit-on pas
qu'il expose son sentiment en injuriant ceux
auxquels il en veut? Il est donc vrai que le Statut
de ifof. doit nécessairement faire Loy entre
ks Parties; car ce qu'on opose encore du sentiment
du scavant Pere Thomassin
, ne doit point
faire impression, puisqu'il cite les Auteurs qui
ont prétendu que ce que décident les Décrets en
faveur des Professeurs en Théologie, étoit pour
untempsoùil étoit extrêmement difficile d'en
avoir.Passons, dit ensuite M. de Villers
, aux
preuves de ma seconde Proposition.
1-r Vol*. Nous
Nous ne voyons point que les Décrets, les
Ordonnances et Jes Arrêts cités par le Sieur Buffard,
en faveur des Professeurs ou des Officiaux,
ayent dérogé expressément aux Statuts ou aux
Loix particulières des Eglises. Ces décisions respectables
ont dispensé de la résidence, mais de
cette résidence recommandée en général par les
Canons; de cette résidence, dont selon les mêmes
Canons, en de certains cas on peut être dispensé
, et non pas de la résidence qui est d'obligation
, ex Statuto particulari Ecclesis, de cette
résidence dont on ne peut absolument être dispensé,
parce qu'elle est enjointe par une Loi particulière
,
émanée de la volonté même de ceux
qui y sont intéressés. En vain on voudroit faire
des distinctions,tout le monde sçait qu'en matiere
de privilèges il faut une dérogation expresse
; et cela est si certain, qu'on peut se dis.¡
penser de pousser la preuve plus loin. En un
mot le Statut de i 505. est le propre Ouvrage du
Sieur Buffard
, ou si l'on veut celui de ses Auteurs
,
ce qui est la même chose. L'obligation
de résider est donc de son propre fait; c'est à ce
titre qu'il est Chanoine: c'est le serment même
qu'il a prêté à l'Eglise. A-t'il fait voir dans les
Décrets et dans les Ordonnances qu'il a cités
,
quelque disposition qui y déroge?
Mais, dit l'Avocat, passons pour un moment
que malgré les Statuts particuliers des Eglises,
Statuts revêtus de l'autorité du S. Siège Apostolique
, Statuts aprouvés par Lettres Patentes
de nos Rois; les Souverains Pontifes, et quelques
Conciles, ayant décidé que les Chanoines
Professeurs en Théologie doivent être marqués
comme présens dans le temps qu'ils enseignent,
ce ne pouroit être jamais que pour le gros de
1. Vol. 0 leurs
leurs Prébendes, et ce gros n'est pas contesté au
sieur Buffard.Eil vain on veut distinguer et faire
les extensions: il raut,ajoûta M.de Villers,se représenter
deux objets dans les biens des Eglises
Cathédrales.1°.Le bien dont le Chanoine seul est
l'oeconom. sigillatim
,
c'est sur quoi les Décrets,
[es Ordonnances et les Arrêts statuant ,
ils lui
zonservent ce bien,parce qu'ille tient des saints
Canons. il. Le bien dont le Chapitre à l'administration
ut universis, pour en faire part à chacun
de ses membres; c'est sur quoi les Décrets,
les Ordonnances et les Arrêts ne veulent point
Statuer, parce qu'ils laissent aux Chapitres leurs
Loix,en ce qu'elles sont conformesaux Fondations,
et qu'elles sont pour le service rendu à
l'Eglise.Les Maisons Tournallessont dans ce dernier
cas, il est donc vrai de dire que les décisiens
citées par le sieur Buffard ne les intéressent
point, et n'ont rien d'oposé au Statut de
isos.
Il est vrai que le Chapitre de Bayeux accorde
le tour de Maison à ceux de Messieurs les Conseillers-
Clers qui sont de son Corps, et il fait
gloire de l'avoir accordé il y a peu de jours à
M. l'Abbé Néel, à cause des services qu'il rend
continueikment dans l'administration de la Justice
; mais le Privilege de Messieurs déroge nommément
aux Statuts particuliers, et le tour de
.Maison leur est expressément accordé par un
effet de la volonté suprême,à laquelle les Loix
des sujets doivent être subordonnées. Il en est
de même des Chapelains de la Chapelle du Roy,
diverses Bulles des Papes Clement VI. Jean XX.
Alexandre IV. Martin IV. Gregoirt X. Pie II.
et autres, autorisées par Edits, Ordonnances,
et Lettres Patentes de nos Rois, dûëment véri-
1.Vol,fiées a
fiées, en ont ordonné, et il faut s'y soumettre.
Mais en matiere de Privilèges
, et c'est ce que
fournira la preuve de la troisième Proposition J'
l'expression de l'un emporte l'exclusion dej
l'autre, et il ne peut jamais y avoir d'ticciisiorti
d'un cas à un autre ; par exemple
, cette prérogative
donnée aux Chanoines Conseillers Clercs
des Palemens, est un rivilége qui leur est,
tellement attaché, qu'on ne l'étend point aux
autres Juges, comme il fut décidé par Arrêts
coutre un Conseiller en la Chambre du Clergé,
le to. Juillet 1617. Dolive en ses quest. not. Luc
1.c. 11. Il faut donc écarter ce qui a été Jécerné!
en faveur de Messieurs, ou des Chapelains de
la Chapelle du Roy,dit Mr de Villers en finis-,
sant, cela ne peut être apliqué aux Professeurs
en Théologie. Les authorites que le sieur Btlf-I
fard vante, ne sont point revêtuës de Lettres Patentes
deumeot vérifiées en cette Cour,elles ne
patientd'ailleurs que de la dispense de résider
pour le gros de la Prébende,et c'est ce qui n'est
point en contestation dans cette cause.
M. Brehain pour le Sr le Breton,représenta.
que les Maisons tournalles sonttellement attachées
à l'assistance au Choeur, que c'est pour Ix
faciliter cette assistance, qu'elles sont données
aux plus anciens: ce n'est point, dit-il, le prix
d'un service rendu à l'Eglisedansdifferensemplois,
c'est le prix du service rendu au Choeur,
residentihus et prtsentibus,sive interessentibus Horis
Canonicts
; en un mot, si les distributions
quotidiennes sont les Honoraires de l'assistance
au Choeurr les maisons tournalles en sont la;
récompense, tout doit être consideré sous le
mette objet pretium residentiâ,, à la différence dui
gros du Benefice,quiest dû au Beueficier indeptn-
1. VoL dament
imment de cette obligation nontam ratione rtdémit,,
quàm ratione Pr,,¡'end&.
Pour taire mieux sentir sa distinction, l'haile
Avocat représenta ce qui se passoit au Chaitre
d'Evreux
, avant que ce Chapitre eut arétéleStatut
de 1574.pour ces sortes de mai-
Dans tournalles. An moment,dit,ilqu'il en deenoit
une vacante, on l'adjugeoit par bail en
orme de licitation
, au Chanoine qui en oftroic
t plus, parce qu'on retenoit sur ses distribuions
au Choeur, une certaine somme pour les
éparations,et les loyers à leur échéance étoient
listribués manuellement à tous les Chanoines;
ant il est vrai que ces maisons étoient regarlées
comme un genre de bien ou revenu, semblable
à celui des fruits dûs à cause de l'assisance
à l'Office. Enfin, ajouta l'Orateur, il est
ii vrai que les maisons tournalles ne font point
partie du gros, ou corps de la Prébende
, et vont
de mime pas avec les rétributions quotidiennes
,
qu'à Rouen, le Chanoine qui résigne son
Benefice,conserve.s'il le veut,sa maison tousnalle.
De tout ceci, M. Brehain tira ses conséquences
, sçavoir
, que les autorités citées par le Sr
Buffard
, ne peuvent être oposées au Statut de
1505. les maisons tournalles étant un genre de
bien laissé par les décrets à la disposition des
Eglises particulières ; puis repassant ce qui a
été dit sur les différentesconclusions du Chapitre,
selon les temps
,
il fit voir que ceux qui
ont été dispensés pour raison, d'étude,ou autrement,
avoient obtenu permissionàCApitulo.
et il n'oublia pas de faire observer qu'en cela
le Chapitre avoit quelquefois obéi à des ordres
supérieurs
,
de sorte que ce point ne pouvoir
teree tiré a conséquence. Mo.
M.l'Avocat General, le Bailly Menager,aprci
avoir raporté sommairement les Plaidoyers <1
Avocats, s'arrêta sur la question de sçavoir j
les Maisons Tournalles doivent être
dlscingu.
de ce qu'on apellele gros du Benefice. Il y a, dit-il, beaucoup d'Eglises en France,oùtoute
les Prébendes sont comme en commun,les anciens
,chacun à leur tour, ayantd'oit d'optej
les meilleures:en sont-elles moins UD grospajon
ta le Magistrat, et seroit-il raisonnable de pre.
tendre les ranger au rang des distribuions manuelles?
Mais à quoy bon des distinctions daai
la force du raisonnement, ou dans le sentiment
des Auteurs? Les Parlemeris ,souverains Inrerprétés
des Saints Décrets, en matiere de discii
piine, ne se sont-ils pas expliqués? Nous vOlons
des Art êts qui expliquent ce qu'on enteni
par distributions quotidiennes,en marqua
nommément que c'est ce qui se paye chaque
jour en argent sec au Choeur pendant le Ser
vice divin: et pour lever tout pretette,no
en trouvons qui désignent dans ce qu'on-apelle
gros, les Droits de Table
, Droits Seigneuriaux,
Droits de Nomination aux Benefices, Droits de
Vente, et autres. Enfin, Brodeau sur M. Louer,
nous en raporte un du 30. May 1645, qui ac
corda au Sr Berrault, Chantre ordinaire de la
Chapelle du Roi, le droit d'option des maisons
canonialles
,
quoiqu'il exceptât de la delivrance
du gros, les distributions quotidiennes.
M. l'Avocat General démontra, mais avec autant
de solidité que de précision, qu'on peut
argumenter du Privilége de Mrs les Conseillers
Clercs, en faveur des Chanoines,Professeurs
en Théologie, comme on argumente du
Privilège des Chapelains de la Chapelle du Roi,
1. rt.
faveur de Mrs les Conseillers Clercs;on ob.
etoit, dit ce Magistrat à M. de Sager, Coniller
Clerc au Parlement de Toulouse, qui préidoit
être dispensé de la résidence au Chpib
de S. Sernin de la même Ville, tout ce on objecte aujourd'hui au Sr Buffard
, et la
estion fut agitée avec tant de force, que le
ivant Pere Thomassin, et notre illustre comtriote
le P. Noiil Alexandre n'oserent la déler:
cependant l'Arrêt rendu le 17. Juin 1705.
rte que M. de Saget seroït regardé comme
Ésent
, non seulement pendant la tenue du
rlement, mais encore toutes les fois qu'il s::-
it absent de son Chapitre, à cause de sa .ChardeConseiller,
et qu'il seroit payé par les Sinr
ou Celerier dudit Chapitre, de tous et uu
acun des fruits comme les autres Chanoines,
exception néanmoins des distributions qui sesont
inutilement dans ledit Chapitre; ce qui déterna
M. l'Avocat General de conclure en saur
du Sr Bufford.
La COUR,par Arrêt prononcé par M. le
Président de Pontcarré,déclaraqu'il yavoit
us dans la conclusion du Chapitre de Bayeux,
en conséquence ordonna que la Maison Tourlle
en question, seroit remise au Sr Buffard
,
ec restitution de fruits perçus , et empêches
rcevoir; leSr duVernay condamné aux dépens
itdéefinirmevnt,eet lne SrtleioBretnont.lepuis son in-
On a dû expliquer l'Enigme et les Logryphes
du Mercure de Novembre
ir le Dés
J
Versaillesy et Nourrice 5 on
[J J. Vol. trouve
trouve dans le premier Logogryphe
Vers, l'Eau,l'Air, Ail,et Ailier dans le second, ,ce Novice, Noce, A7/c<?J!
Roc, C>v«j Vice, et Cire. J
ENIGME.
SAge
, ou digne de la Calote,
Lecteur qui voudrois à me sçavoir;
"iVoi mon portrait: souvent falotte
Quelquefois grave, fiere
, ou sorte.
En me cachant je me fais voir;
Tes mains touchent à mon manoir
Tes yeux me voyent sans me connoître
Tout ce qu'enferme l'Univers
Peut servir à former mon être.
Est-ce assés de ces traits divers l
Non: comme l'humaine nature
Le Masque me cache toujours.
Te plains-tu que je suis obscure ?
Tant mieux ,car donner la torture
Fait tout lebonheur de mes jours,
Veux-tu sçavoir combien je dure l
Tant que je te fais enrager.
faisons la paix ; car je suis en danger.
ParZorobabel de Roqueventoouse
J la Ville d'Avignon.
I. Vol. LOGOGRYPHE
LOGOGRYPHE.
E suis dans mon entier l'Epithete d'un lionw
me,
^ui manque à sa parole, et qui trahit sa foi.
ecteur tu pourois bien à Paris comme à Rome
En rencontrer plus d'un qui l'eut été pour toi j
Efface de ton coeur un souvenir funeste,
ït recherche un objet qui déride ton front,
Alors tu trouveras, sur les Dieux je l'atteste,
Un nom que des enfans bien nés respecteront;
Mais ce n'est point assés, par une autre remarque
Promene ton esprit, et regarde la Mer
Tu verras sans effort la Ville où l'on s'embarque,
Dans l'espoir d'amasser bien plus d'Or que de t: Fer, A V T R E. M
A figure est au Ciel, mais non pas bien
t serain;
S Changé de sens,l'homme me prend en
kr. main,
De quoi maint animal reçoit piteuse chance.
|* I. Vol. Je
t
Je ne suis pas d'usage en France,
Si je ne suis façon de bâtiment,
Fait pour la pompe et la réjoüissance.
Retourne-moi. Je ne sçai pas comment;
Autrefois fut, maint Puriste peu sage
eVoulut, par une pure et creuse vision, fraper d'Anathême et d'interdiction:
Et cependant je suis d'un tel usage ,
Que le Roi, sans ma diction ,
N'acheve point la déclaration
De son vouloir auquel tout rend hommage.
J. Chevrier, Organiste à Chemillé.
en Anjou.
NOUVELLES LITTERAIRES,
DES BEAUX ARTS,&c. i HYMNES du nouveau Breviaire de
Paris, traduites ou paraphrasées en
Vers. Premier Recüeil. AParis,chésa
Gabriel Martin, ruë S. Jacques, vis-à- -
vis la ruë du Plâtre, à l'Etoile. j73,
in-12.
Le second Recüeil, qui contiendra les
1. Vol, Hymnes a I
Hymnes depuis la Sepruagesime jusqu'au
tempsPaschal, paroîtraau commencer
ment de l'année prochaine.
LES VRAIS PRINCIPES de laMusique,
exposés par une gradation de leçons distribuées
d'une maniere facile et sûre
pour arriver à une connoissance parfaite
et pratique de cet Art
,
composés par
le sieur de laChapelle.AParis, chésl'Au.
leur, rue du Temple,et chés la veuve
Boivin,ruë S. Honoré à la Regle d'or.
1736. grandin-4.
DISSERTATIONS DE MEDECINE,Tome
Ille. contenant une Dissertation sur la
Pierre des reins, et de la Vessie, avec
uneméthode simple et facile pour la
dissoudre sans,endommager les organes
de l'urine,avec la Réponse à certains
traits decritique contre la Dissertation
sur les Maux Véneriens,qui se trouvent
dans le Livre de M. Astruc, de Morbis
Venereis. Par Pierre de Sault, Docteur en
Médecine,Aggregé au College des Médecins
de la VilledeBordeaux. A Paris,
chés Jacques Guerin ,Quay des Augustins.
173Ô".in-i,z*
L'AGENDA duVoyageur, pour l'année
LVqL F 1737.
1737. paroîtra à la fin du mois de Dé-*
cembre prochain, etil contiendra une
feuille d'augmentation. Nous avons déja
parlé de cetOuvrage, dont le Public
areconnu l'utilité;il se distribuëra comjne
cy. devant chez la veuve deLaulne ;
ruë S. Jacques,etchez le Sieur le Gras,au Palais. - CALENDRIERPerpetuel
, sans aucunes
Rouës
, par M. Gausse l'aîné. A Paris, chés l'Auteur, ruë de la Verrerie,vis-àvis
la ruë du Cocq , et çfoés lessieur Bailleull'aîné
,
Graveur, rue Galande, près
la C,hap;elJle Nôt-re-lDatm:e d;estVerrug., '-, r!r
LA SCIENCE et la Pratique du Pilotage
,
à l'usage des Eleves d'Hidrographie,
dans le College Royal,de la Compagnie
de Jesus,à la Rochelle. ParlePere Yves
Valois, de la même Compagnie, de l'Academïe
Royale des Belles Lettres, et
Professeur d'Hidrographie. ABordeaux,
chésJ. B. la Cornée, et se vend aussi à
laRochelle.1735. m-4.de^Éj. pp. avec
des Planches de Mathématique.
J ',1 t D
Nouveau Calendrierà Compas , pour
servir 56. années dans le Cabinet
, en
forme d'Almanach, présenté à Monseij
: I. Fol. gneur
gneur le Dauphin par Jacques Baradelle
Ingenieur s pour les Instrumens de Mathématique
;il est gravé par lesplus habilesMaîtres
de ce temps; it est fort
simple, et aprendà se servir du Compas
par une ouverture déterminée; l'on
trouve les jours de la semaine, sur lesquels
tombent le premier et les jours suivans
de chaque mois , et le quantiéme
du mois pour tous les jours de la semaipe;
il donne aussi les jours et l'heure des
nouvelles et des pleines Lunes, et ceux
des quartiers: on y trouve aussil'âge
de la Lune pour tous les mois d'un Cyclelunaire,
la Lettre Dominicale, l'EJ,
pacte, le Nombre d'Or, les années et
mois pour le jour de Pâques, et ceux
des Fêtes Mobiles, pour toutes les années
qui y sont notées;il donne aussi
les tems du lever et du coucher du Soleil
à perpétuité, comme aussi les sept
Lettres Dominicales pour lepremier Dimanche
de l'A vent, qui se trouve au
bas dans un petit Cartouche. L'opération
est fort simple : on trouve ce qu'on
cherche par une seule ouverture de
Compas, en connoissant seulement le
jour de la semaine où l'on est. Ilest
collé sur Carton
,
relié en Maroquin, ou
en Veau, et en Papier doré, ou même
I. froL F ij plus
plus simple,avec le Compas qui est renfermé
dans un foureau, tenant à la bordure
,ou sans Compas;on les vendra
aussi en feuilles,&c. A Paris, chés le
SieurBaradelle,al'Enseigne de ïObservatoire
,
JQuay de l'Horloge du Palais
vis-vis lesgrandsdegrés dela Riviere. 3
LA VIE de Marianne,ou les Avantures
de Madame la Comtesse de * ** par
M. de Marivaux, sixièmePartie.A
Paris,chésPraultfils, Quay de Conty,
vis à-vis la descente du Pont Neuf la
Charité.1736. in-iu
PRINCIPESDE L'HISTOIRE, pour l'éducation
de la jeunesse, par années et
parleçons. Seconde année, par M.l'Abbé
Lenglet du Fresnoy, chés de Bure Vaînéy
Jean Musieret Rollin, Quay des Augustins.
173*5. in-12. deuxParties.
Nous annonçâmes il ya deuxmois le
premier Volume, ou la premiere année
de cet Ouvrage,si intéressant pour se
.former dans la premiere connoissance
de l'Histoire. La premiere année contenoit
seulement l'Histoire Sainte de
J'Ancien Testament, celle d'Egypteet
celled'Assyrie, des Medeset des Perses.
Cetre seconde année en continuant le
I1.. VYol. 'mê,mHe
thème Plan
,
donne l'Histoire générale
et particulière de la Grece, depuis l'origine
de la Nation par les Enfans de Japhet,
jusques à la chute des Grecs, occasionnée
par les Romains. Cette portion
de l'Histoire ancienne comprend, outre l'origine des Grecs, celle de la Fa.
ble
,
c'est à-dire des Dieux et des Héros
de l'Antiquité. Après quoi,l'Auteur
vient aux tems historiques de la Grece, temps remplis de précepteset d'exemples
aussi nécessaires pour la vie politi-
(qlue , que pour la vie particuliere.
M. l'Abbé Lenglet du Fresnoy crac
venu à l'Histoire d'Alexandre,il y commence
la seconde Partie de ce Volume où après avoir donné les principales , actions
de ce Héros, il continuë l'Histoire
de ses successeurs, qui n'est pas moins
intéressante que celle d'A lexandre même.
Ensuite l'Auteur finit l'Histoire
Grecque par une Instruction très curieuse
sur la maniere dont les jeunes gens
doivent s'y prendre pour avoir un plus
granddétail de cette Histoire, dont les
évenemens reviennent continuellement
ou dans les lectures, ou dans les conversations
ordinaires.
L'Histoire Grecque est suivie dans ce
Volume de celle des Rois Latins
, et de
A Foi. F iij 14.
la République Romaine, nécessaire pour
le cours des Etudes. L'Auteur la commence
pareillement à l'origine des Nations
qui ont peuplé le Continent de 1Ttalie.
Mais ila soinypour ne pas induire
les jeunes gens en erreur, de donner
pour certain ce qui est apuyé sur de
bonnes preuveset de laisser dans le doute
ce qui n'a pas desfondemens assés bien
assurés. Suivent la République de Carthage
et l'ancienne Sicile, dont l'Auteur
parle succintement.
M. l'Abbé Lenglet a soin de ne pas
donner un détail trop sec, il insinue par
un mot ou unseul trait des maximes de
Morale et de conduite. C'est le Plan
qu'il a roûjours suivi dans cet Ouvrage;
où regne la brieveté
, sans rien omettre
des faits essentiels de chaque nature
d'Histoire. Ainsi cet Ouvrage pouroit
même sortir des mains de la premiere
jeunesse, et servir à des personnes plus
âgées, ou pour se former dans les Elemens
de l'Histoire, ou même pour la re*
passer en peu de mots.
L'Auteur ne néglige pas de faire voir
l'utilité des Histoires qu'il traite; et de
marquer ce qui peut être nécessaire d'avec
ce qui n'est que de pure curiosité.
Comme on imprime le troisième et le Vol.quatrièmej
quatriéme Volume, le Public sera content
de voir paroître tout un corps d'Histoire
formé sur un même Plan, qui vient
d'une main qui a fait toute sa vie une
Etude particulière de l'Histoire.
ELOGE DE LA PAIX,Ouvrage d'Eloquence
et de Politique,enrichi de Textes de l'Ecriture
et de Notes Historiques et Chronologiques
touchant les dernieres Guerres depuis 1700. Dédié
à l'Académie Françoise
, par M. l'Abbé delà
Baume.A-Paris, chés Rolli, fils, Libraire, Quay
des Augustins, à S. Ahianase, 1736.Prix1.livres.
Cet Ouvrage traite de ce qui s'est passé depuis
U commencement du siecle. L'époque est prise
à l'avenement de Philipe V.au Trône d'Espagne.
Il est divisé en deux Parties.
La premiere peint leshorreurs de la guerre, et
parcourt exactement les Actionsles plus mémoxables
qui donnent occasion de rendre justice à
la mémoire et à la valeur des Grands Hommes,
tant morts que vivans, qui s'y sont distingués;
cette partie
finit à
l'armistice et aux Préliminaires
de la Paix présente entre la France et l'Empire.
La seconde partie mer dans tout son jour les
avantages de la Paix engénéral, qui sont, le retour
de l'abondance et du commerce, le repos du
Citoyen
,
l'utilité des Sciences et des Arts, &c
Ce qui donne occasion de parler du merveilleux
accord du Cabinet Politique dans le Traité de la
Paix présente, de prouver l'importance du secret,
et des négociations en tout temps, de peindre le
caractere du parfait Négociateur, et de caractériser
les différentes Académies, tant dans Paris
que dans les Provinces, quiforment la douceur
J. F()l. F iiij de
de la societé et l'agrément de la vie civile,&c.i
Dans l'une et dans l'autre Partie oh a leplaisir
de voir le fonds du discours tour à tour jusifié par
le texte et l'aplication de l'Ecriture, et par des
Notes historiques et curieuses. GerOuvrageest
imprimé de la derniere propreté, in 4. de 70. à
80. pages, les Notes sont au bas des pages,il est
orné de bellesVignenes.militaires et pacifiques et
qui ont toutes raport au sujet.
LA VIE de la Bienheureuse Philippe
de Gueldres3Reine de Sicile.Duchesse de
Lorraine, de Bar, et de Gueldres, depuis
Religieuse au Monasrere de sainte Claire
du Pont-à-Mousson, 1736. in12. A Toul,
chés Claude Vincent, Imprimeur et Mari
chand Libraire.
HISTOIREMÉTALLIQUE deg
dix-sept Provinces des Pays-Bas ,
depuis
l'abdication de l'Empereur Charles V.
jusqu'à la Paix de Bade, par M. Vanloon;
1736. 5. vol. in folio.A la Haye, chés
Pierre de Ronde.
ELEMENS des Finances, contenant
des Instructions nécessaires pour les Per.
sonnes qui sont dans les Emplois, et
pour celles qui y aspirent, particulierement
dans les Domaines du Roy,dans
les Fermes,Traites Foraines, Tailles,
Gabelles, Aydes et Entrées. Tabac, Pos-
I. Fe1. te.
.es, Trésor Royal, Parties Casuellcs et
Etapes
,
Droits de Monneage
,
Dons
Gratuits, Deniers Extraordinaires
,
Capitation,
Dixième
,
Deniers Communs,
Vivres et Munitions. On y a joint plu.
sieursModeles des Comptes,Etats et Bor.
dereaux gravés et des Modelés de Lettres
et d'Arrêts du Conseil, avec un
Dictionnaire-Etimologique et Historique
des Finances. Par le sieur D. A Paris,
chésMesmer, Imprimeur Libraire,rue
S. Severin, au Soleil d'or, ou en sa Boutique
au Palais, Grand'Salle, même En
seigne, 1736. in-folio.
HISTOIRE des deux Aspasies, Femmes
Illustres de la Grece, avec des Remarques
Historiques et Critiques. Par
M. le Comte de Bievre. A Paris, chés le
même Libraire, 1736.in n.
Presque tous les Sçavans, dit l'Auteur
dans la Préface, soutiennent que l'esprit
des femmes est plus foibleque celui des
hommes, qu'il est moins constant, moins
propre aux Emplois considérables,aux
actions courageuses et aux Sciences sublimes.
Cependant l'Histoire nous fournit
plusieurs femmes, qui, de-même
que les hommes, se sont distinguées dans
Gouvernement des Etats et dans la
République des Lettres. Ces exemple
doivent-ils faire conclure que leSexe seui
disringue les uns et les autres que l'esprit
et la raison les égalent? Rien de
plus délicat que de répondre à cette
question; de quelque maniere qu'on s'y
prenne, on se fera toujours des ennemis
également dangereux. J
Pour moi, continuë t'il, sans décider,
j'admire le mérite par tout où il se trouve.
L'Histoire d'une Héroïne en science'
ou en vertu,me paroît aussi curieuse et
aussi intéressante que celle d'un Héros,
ou d'un Sçavanr; et je pense qu'on doit
avoir une égale obligation aux Auteursqui
nous ont conservé les Vies des Femmes
1 llustres,et à ceux qui nous ont
donné celles des Grands Hommes,&c.
Entre les Femmes Illustres, j'ai choisi'
les deux Aspasies, parce que leur Histoire
m'a parû peu connuë et assés maltraitée
par les Auteurs qui en ont dit
quelque chose, &c.
J'ai fait mon possible, poursuit l'Auteur,
pour donner à mes Recherches
un ordre qui les rendît intéressantes et
proportionnées aux Lecteurs les moins
instruits. J'ai répande dans là narration
les agrémens et les refléxions qui se sont
présenItés .à mVon eosprLit. Baien pilus-, j'y 1
ai fait entrer quelquefois des choses qui
prouvent ou qui éclaircissent les faits
avancés,&c.Reste à raporrer quelques
traits del'Eloged'Aspasie la Milesienne;
elle instruisoit tous ceux qui venoient
la voir. Elle leur aprenoit l'art de bien
dire, de gagner les coeurs, de persuader,
de gouverner les esprits, &c.
Cette femme n'excelloit pas seulement
dans l'Eloquence, la Philosophie et la
Politique;il est probable qu'elle cultivoit
encore la Poësie, la Musique et peutêtre
les Mathématiques, &c.
Dans l'Histoire d'Aspasie la Phocéenne
entre autres Eloges, l'Auteur la loüe des
soins qu'elle eut d'Hermotime, son Pere,
dont elle n'oublia pas la pauvreté, elle
le rendit fort riche et fort puissant par
desprésens considérables qu'elle lui fit,
&c.
OEUVRER D'ARCHITECTURE,
contenant les Desseins, tant en plein
qu'en élévation, des principaux et des
plus nouveaux Bâtimens dans le dernier
agrandissement de la Ville d'Amsterdam,
et d'autres Endroits des Provinces Unies,
ordonnées par Philipe Vingboons, 1736.
vol. infol.Ala Haye, chés Pierre de
Ronde.
L roI.. F vj LA
LA GEOGRAPHIEModerne, Natureïïe,
Historique et Politique, par M.
Dubois, 1736. in 40. 4. volumesjàvee
figures. Chés le même Libraire,
NOUTELLEGrammaireFrançoise^
où on fait voir les vices des Grammaires
qui ont paru jusqu'ici; où on traite une
quantité de Points essentiels qui ont été
omis par les autres Grammairiens;et qui
contient tout ce qui est nécessaire pour
acquérir facilement et en peu de temps
une connoissance parfaite de la Langue
Françoise. ParunGrammairien François.
Premicre Edition. A Bruxelles, chés Nicolas
Siryckywant, Imprimeur et Libraire
à la rue de l'Evêque, 1736. in 12.
ESSAY PHILOSOPHIQUE,concernant
l'entendement humain, où l'on
montre quelle est l'étendue de nos connoissances
certaines, et la maniéré dont
nous y parvenons, par M. Locke ; traduit
de l'Anglois par M. Coste.Tcoisiéme
Edition,corrigée et augmentéede quelques
Additions importantes de l'Auteur,
qui n'ont paru qu'après sa mort, et de
quelques Remarques du Traducteur ,
in 4. 1735.A A-insierdam chés Pierre
Humbert.
J.For. ,ODE'
!
ODE au Roy sur la Paix. A Paris chés Mesnier, ruë S. Severin , , au Soleil
d'Or ,ou en sa Bouriqjue Goond'Sall-e
du Pilais,tljf. in-4 Brochure.
Nous en allons transcrire seulemertt
la derniere Srrophe
, pour ne point passer
nos bornes ordinaires.
Jouis de ta gloire suprême
,
Loui s, quand nous en jouissons ,
Toi, F L E u R y ,
dans sa gloire même F
Connois le fruit de tes leçons ,
Et vous qui craigniés le naufrage,
Peuples goûtez après l'orage,
Les douceurs d'un calme serain ;
Qu'à vos justes voeux tout réponde.
Louis est l'Arbitre du Monde
, -
Le bonheur du Monde est certain.
DISSERTATION SUR LARAGE,avecla
Méthode de s'en préserveretguérit,
par Pierre de Saule, Docteur en Médecine,
Aggregé au College de Médecine
de Bdrdeaux. A Paris, chés Jacques
Gilerin
,
Libraire et Imprimeur
,
Quay
desAugustins. 173':¡.vol,.in-IL. de12,9t.
P-91: Vol* *"ï?ouv»i.i.«
NOUVELLE TRADUCTION de l'Abrégé
Historique de Justin, avec deuxCartesGéographiques
desPays dont parle
cet Auteur;ensemble un petit Dictionnaire
de ces mêmes Pays, suivant l'ancienne
et moderne Géographie, dédiée
à Son Eminence Monseigneur le Cardinalde
Fleury, Grand Aumônier de la
Reine,et Ministre d'Etat. Par M.l'Abbé
Favier, Prédicateur du Roy,etPrieur
de Sainte Vaubourg, 2. vol. in-12. Ai
Paris
1
chés P. G: le Mercier, Imprimeurlibraire
ordinaire de la Ville, ruësaint
Jacques au Livred'Or. 1737.
-
HYMNES du nouveau Bréviaire de Paris,
traduitesetparaphrasées en Vers.Premier
Re-cuëil. Brochure in-11. de 64--PPi
chés Gab. Martin,ruë S. Jdcques, àl'Et'oile.
M. DCC. xxxvi.
On ne pouvoir mieux faire que de
Traduire , ces Hymnes, toutes propres à
, entretenir lapieté des Fidèles, en saveur
de ceux à qui la langue originale
n'est point familliere. Nous nous dispensons
d'entrer là-dessus dans aucun
détail, et nous nouscontentons d'exposer
ici à nos Lecteursla Version Poëtique
de l'Hymne, Alma Redemptoris Ma*
tery &c. qui est déjà ancienne dans l'EL
Fol.- gUse-j
glise, et qu'on chante particulièrement
dans ce temps ci, à la fin du dernier ut
Ãce de chaque jour.
SAINTMEREB du Rédempteur,
Fille , Epouse du Dieu suprême
Par la grace de ton Fils même,
Dignede porter ton Auteur.
INCOMPARABLE Créature
Des Esprits purs et saints la gloire et l'ornement.
Vierge devant, après, et dans l'enfantement;
Miracle unique en la nature.
Prens pitié de ton, Peuple, écoute tes Enraps,
Recevant d'eux comme de l'Ange
L'honneur, le salut, la loüange ;
Protegeles, ô Reine, et rends les triomphant-
On promet de donner au comment
cement de l'année1737. le second Recüdl,
qui contiendra les Hymnes de
puis la Septuagtsime
, jusqu'au temps^
Paschal.
TRAITE' des principes de la Foi Chrétienne.
A Paris, chés Guillaume Cave-
1. ¡ToI. lier
lierruëS. Jacques. 3. Vol. in-12, de
prèsde 1400. pages. < - 4
DISCOURS EVANGELIQUES sur différentes
Vérités delaReligion, et d'autant
plus utiles dans chaque état, que les
sujets et les desseins en sont plus particuliers,
et plus rarement traités. Par le
Pere L. R. D. S. D. Tome II. A Paris,
chés de Bily
,
Quay des Augustins, à S.
Jerôme ; le Clerc, Grand'Salle du Palais,
à la Prudence; Gisscy, ruë de la Vieille
Bouderie,à l'Arbre de Jessé; Clottsierj
rue S. Jacques, à PEcu deFrance. 1731.
in-12. de Z44. pages.
LE NOUVEL AN
,
DissertationHistorique,
Morale,serieuse et badine, sur
l'origine et l'usage des Etrennes, et sur
les vûës différentes dans lesquelles on
s'acquire des devoirs de ce temps-là, avec
le Journal des Plaisirs de Paris , en Vati
devilles. Par M,Carolet. A Paris, chés
Prault, pere, Quay de Gêvres.
TRAITE' DES EAUX MINERALES de
Bourbonne les Bains, contenant une explication
méthodique sur tous leurs usages.
Par M.Baudy, Médecin des Hôpitaux
du Roy ,et Intendant des Eaux Minérales
delf lieu.A, Dijon,chés J. Sij,
yoL'c - „,Krot
rot, Imprimeur-Libraire, Place saine
Etienne. 1736. in-8.
DE L'IMMORTALITE' DE L'AME,etdé
ta vie éternelle. Par Guillaume Sherlocki
Docteur en Théologie, &c. Ouvrage
traduit de l'Anglois, in-8. A Amsterdam
s chés Pierre Humbert. Nouvelle édition.
1735-
ESSAY PHILOSOPHIQUE sur l'ame des
Bêtes, où l'on trouve diverses réflexions
sur la nature de la liberté, sur celle de
nos sensations,sur l'union de l'Ame et
du Corps, sur l'immortalité de l'Ame;
Seconde édition,revûë et augmentée,à
laquelle on a joint un Traité des vrais
Principes qui servent de fondement à la
certitude Morale. A Amsterdam, chés
F. Changuyon.1737. in-iz. 1. vol. Par
M. Doullier,qui dédie cette Edition à
M. de Fontenelle,à qui il donne dans
son Epitre Dédicatoire les louanges que
cet illustre Sçavant mérite à si juste titre,
et depuis si long-temps.
4v
l.Vol LIBRES
LIVRES de Médecine que le Sieur Ca.
velier, Libraire, a nouvellement refus
des Pays Etrangers.
i
MAGATUS ( Cæs. ) de rarâ medicatione vul-rf
nerum. in-4. 1. vol. Lypsioe 1733. Papier fin.
Boschetti ( Bart.) Disserratio de salivatione
Mercuriali Phis. Med. Mechanica. in-4. Francoffurti.
1731.
Cocchii (Ant.) Epistolas Phys. Medicæ ad
Lancisium et Morgagnum. in-4. Francoffurti.
1732..
Mazino (Jo.) Mechanicèsmorborum desumpi
tz à motu sanguinis. 3. vol. in-4. Lugd. Bat.
1731-
Plateri ( Felices ) Praxeos medicæ,cum observationibuset
remediis.IV. Editio Em. Konig.
w-4. 3. vol. Basilet. 1756.
Hoffmanni ( Frid. )Opuscula medico practica
seu Dissertationesselectiores anteàdiversis temporibus
editæ. Decas I. et2.in-4 Haloe 1736.
Disserrationum Phis. Chymicarum
Trias, de generatione salium
,
de Analysi Ami.. 1
monii, de Mercurio. in-4. Haloe. 1719.
Alberti(Mich.) de Hæmorroidibus. in-4.
fîaU. 1711.
Cartheuseri ( Jo.) Elementa Chimix medicæ
unà cum synopsi Mat- medicæ sclectiorts. in-8.
Hait.1736.
Tralles ( Lud. )devenâ ju gulari frequentius
recandâ.in-8. Vvratis Lavia. 173j.
Torti ( Frid. )Therapentica specialis ad febres ;
pernitiosas. 3a. Editio aucta. in-4.Venetiis, ,
Ludolfi ( Jo )de locustis
,
cibo Israëltarum
in descito. in-folio. Francofurti. 1694.
DCCÏCXÛI*
Deckero ( Frid.) Exercitationespracticæcircà
medendi methodum. in-4. cum figuris Nell.
poli.1716.
Castebohm (Jo.) Tractatus VI. de aure humanâ.
in-4. 2. vol. cum fig. Hala.1734.
Sacchi (Pomp.) Methodus curandi febres.
in-8. Venetiis. 170J.
Blancardi (Steph.) Lexicon medicum renovatum,
Editio novissima. p. Longe
-
auccior.
in-8. Lugd. Bat. 1735.
Albini ( Bern. ) Historia musculorum homijo
nis. in-4 fig. Lugd. Bat. 1754.
Linnari (Carol.) Bibliotheca Botanica. in-8.
Amsterd. 1736.
*- Ettmulleri ( Mich. ) opéra omnia medica, nova
editio aucta ,
à Mangeto. in-fol.4. vol. Gi.
nev.&. 1736.
Abregé de toute la Médecine pratique,où
l'on trouve lessentimens des plus habiles Médecins
sur les Maladies,sur leurs causes, et sur
leurs remedes, avec plusieurs observations importantes
; traduit de l'Ouvrage de M. Allen,
Médecin Anglois, nouvelle Edition augmentée
de plus du double. 6. vol. in-12. Paris, chés Cilvelier
, et chés Pierre-Michel HlUfrt. ruë. saint
Jacques, rjij.
Cet Ouvrage cy- dessus a été donné en différentes
Langues. Cette Edition est la seconde en
François ; elle a été corrigée et augmentée de
plus du double. La premiere Edition n'avoit
que trois Volumes in-52.imprimée à Paris en
171». celle-cy est entièrement refonduë.
Rollin fils ,Quay des Augustins, à S. Athapase,
vient de mettre en vente les Livres suiyans.
1. Yole L*
LA CITE' DE DIEU de S. Augustin, avec la'
Vie de M. Lombere,4. vol. in-12. 1727.
Cet Ouvrage, qui est le plus sçavant qu'ait
donné S. Augustin,avait déjà été traduit plus
d'une fois en François, même dès le XIV. siècle
par Raoul de Presse
,
Conseiller du Roy Philippede
Valois. Il y en a eu une autre Version
Françoise assés imparfaite,mais celle dont il
s'agit ici est très-estimée. Elle fut imprimée
d'abord par Pierre le Petit, l'Ouvrage n'étoit
pas entier. André Pralard la publia depuis plus
complette, etcette Edition étoit devenuë rare;
celle-cy ne le cede point aux deux premières.
GEOGRAPHIE des enfans, ou Méthode abrogée
de la Géographie,divisée par Leçons,avec
une Liste des Cartes nécessaires aux Enfans, nouvelle
Edition,in-12. 1736.
Nous avons déjà parlé de cet Ouvrage,dont
Voici une nouvelle Edition retouchée par l'Au
leur.
MÉMOIRES de M. le Marquis de Feuquieres,
LieutenantGénéraldesArmées du Roy, contenant
les Maximes sur la Guerre, et l'aplication
des exemples aux Maximes. Nouvelle-Edition , rt-vuë etcorigéesur l'Original augmentée de
plusieurs Additions considerables,ensemble d'une
Vie de l'Auteur, donnée par M. de Feuquieres
son Frere, avec figures, A Londres,et se
vend chés ledit Rollin fils.4* vol. in12. et un
YOJ. in-4. 1757.
INSTRUCTIONS CHRE'TIENNES sur les Mysteres
de N. S. JESUS-CHRIST
, et sur les principalesFêtes,
odsontcipliquées les Evangiles
et fpÎrres des Dimanch s del'Année. Par M.
Singlin Nouvelle Edition , revûë, corigée et < augmentée de laVie de l'Auteur. 12vol. in-ni 1
*7j*. Cet
I
tes Instructions qui ont été imprimées pour la premiers fois par Charles Savreux, furent
données ensuite par André Pralard, mais redigées
dans unmeilleur ordre, et plus correctes
pour le stile ;
elles reparoissent dans cette nouvelleEdition
, très-exactement imprimées. On
sçait la réputation de ce Livre, qui étoit devenu
assés rare.Ilest écrit avec beaucoup de lumières
et d'onction,et on doit sçavoir gré au Libraire
et à l'Editeur,d'y avoir joint la Vie de
.M. Singlin
,
Ecclésiastique Irlandois, élevé
en France,qui a vêcu et est mon dans une gran-
,tie¡ieé..
Dans le Mercure du mois d'Août dernier, on
a annoncé l'impression du Suplément au Glossaire
du Roman de la Rose, contenant des Notes
Critiques,Historiques et Grammaticales, une
Dissertation sur les Auteurs de ce Roman,l'Analyse
de ce Poëme un Discours sur l'utilité
des Glossaires, les Variantes restituées sur un
Manuscrit deM. le Président Bouhier de Savigny
, et une Table des Auteurs cités dans cet
Ouvrage. On nous prie aujourd'hui d'avertir le
Public que l'impression de ce Livre sera
finie
dans le mois de Janvier prochain; il est imprimé
à Dijon ,chés Joseph Sirot, et se vfJlJJlrlJ a
Parischés Etienne Ganeau
,
ruë S. Jacques, ta
<k Lyon chésDuplain, ruë Merciere.
1. Y>I. EXTRAIT
JLXTRAIT d'une Lettre écrite de Pello
dans la Laponie Suédoise, à M. de
Pont-Charost, parM. leMonnier,'
l'un des Académiciens envoyés par ordre
du Roy, dans le Nord pour faire des
Observations Astronomiques.
YOus me demandez, Monsieur,un détail de
mes Opérations,une Description du Pays
que nous habitons présentement, et de vous
marquer les principales curiosités de ce climat; il
faudrait un Volume entier pour satisfaire à toutes
vos questions; mais nos occupations ne nous
en donnent pas le loisir; cependant pour ne
vous pas tout- à-fait laisser sans réponse, ec3
pour vous donner des marques de mon amitié tt je vais vous raporter en abregé ce que je vou.
droispouvoir vous détailler davantage.
, Nousavons pendantcet Eté mesuré géomé-:,,,
triquement un très-grand espace d'un Méridien;
nous sommes présentement sur le haut d'une
Montagne couverte de bois de Sapin d'une trèspetite
espece ,
qui s'étend tout au tour à plus des
dix mille. Nous avons fait bâtir sur ce Lieu désert
deux petites maisons de bois,dans Tunes
desquelles nous avons placé un Secteur de Cercle
de 12.pieds de rayon, c'est un des plus beaux
Instrumens d'Astronomie qu'on ait vûs
, et parison
moyen nous comptons de mésurer exactement
l'espace duCiel-qui répond au terrain ques
nous avons mesuré géométriquement.Nous passons
les jours à dormir ou à chasser et les nuits
à observer le Ciel. Nous espérons de finir toutes
1. Fol. non,
nos Opérations avant que de retourner à Tornetl.
où nous comptons passer l'Hyver.
Quoiqu'il tombe de temps en temps de la neige
et que les Rivieres soient glacées nous n'avons
point encore pris nos habits d'hyver,car nous
devons nous attendre à un froid bien plus picquant
;
mais par bonheur rien ne nous manque,
nousavons fait provision d'habits à la Laponoise,
qui sont très-chauds. Vous ririez trop de me voir
vétu en Lapon,c'est la figure du mondela plus
comique
,
à moins que d'excepter celle duLapon
même,qui, au ridicule de l'habillement, joint
une
figure fort grotesque. Représentez-vous un
homme tout couvert de peaux depuis les pied,
jusques à la tête, qui n'a que trois ou quatre
pieds de haut, de petites jambes, un gros ventre,
une fort grosse tête
, un visage qui ditfere assés
de la forme humaine,enfin c'est à peu près le
le portrait d'Esope
, ou, si vous voulez de San-*
tho Passa.
Ce petit Peuple court les bois et campe tantôt
dans un endroit, tantôt dans un autre, sous de
petites maisons portatives, faites de bois et elJ.
forme d'enronnoirs renversés. Une famille de.
meure 8. ou 10. jours dans cette niahe, elle fait
dufeu au milieu, dont la fumée sort pan le trop
d'en haut. Tout ce Peuple traîneavec soi une
quantité prodigieuse d'animaux qui vivent d'une
espece de Mousse qui se trouve sur les Montagnes
, et ce Troupeau fait toute sa richesse, ilse
nourrit de la chair de ces animaux qu'on nomme
Resnes,et de l'écorce de quelques arbres. Les
peaux de ces animaux servent à faire des especes
d'habits
, que les Russiens et les Suedois achertent
; nous en avons aussi achetté pour notre
Ijbyver
, parce qu'ils sont fort chauds. Les La-
I" ¡.,¡Pol. pons
pons méprisent l'or et tout Métail,excepté raigent,
dont ils ont même de la vaisselle et plu
sieurs vases.
Outre les Lapons, ily a encore ici des FinV
landois ; mais leur maniere de vivre est toute
différente
,
ils ne s'écartent point.des bords des
fleuves oùils habitent, ensorte que les deux
côtés du Fleuve, excepté les Terres quitouchent
au rivage, sont tous déserts et incultes. Leur
occupation est d'aller àla chasse et àla pêche,
pendant queleurs Valets-labourent les terres qui
ne produisent que du Seigle. Ils vivent de la
manière dumonde la plus salle et la plus incommode
;cependant Seigneurs de leurs Terres, ne
payantque très-peu d'impôts, ils pouroient
vivre plus heureux, s'ils sçavoientrjouirdeleur
bonheur; mais chose assés surprenante, ils ont
deux ou troisbelleschambresqu'ils n'habitent
jamais, et qui ne sont destinées que pour les
Etrangers. L'apartement qu'ils occupent est bien
different ; le pere, la mere, les enfans et les valets,
tous logent ensemble dans une chambre 1 obscure,sans lits pour se coucher, sans chaises ; nibancs pour s'asseoir
,
le plancher leur tient 2
lieu de tout. Ils couchent tous sous une vaste f
couverture ,
faite de peaux de Resnes. Ils n'ont 1
dans leurs chambres ni cheminées ni fenêtres; ;
mais un four dans lequel ils entretiennent un t
feu perpétuel, dont la fuméeoccupant le ham;
de la chambre, sort avec bien de la.peine pari
de petites fentes, ensorte que refluant sur ceit
misérables
, pour n'en être point incommodés
ils marchent le ventre et la têtebaissés. Malgré
cette précaution ils sont noirs autant que IturR:
cbambres, et ils ont toujours mal aux yc; ils
cont tousmalheureusementengagés dans le L..
J. Foi.thérianis
ranisme,au reste bonnes gens et bien intention.
nés pour les Etrangers.à qui ils ne voudroient pas
avoir fait le moindre tort. Ilsnous fournissent
beaucoup de bon poisson et à trèsbon marché
sur tout du Saumon frais. Nous en avons mangé
un qui avoit plus de six pieds de long; en
sorte que nous ne sommes pas si mal sur cette
Montagne que vous pouriez le croire. Nous
avons du bois à discrétion; les Gelinotes ,
les
Cocqs de bois, les Lievre set les Canards nous
sont aportés en si grande abondance, que nous
ne pouvons consommer toutes nos provisions;
et ce qui vous paroîtra incroyable, chaque Gelinote
ou Cocq ne coûte que deux sols.
Quant aux Curiosités du Pays, elles sont en
dpeeutixt nombre; celle de voir et d'examiner les
especes d'Habitans dont je viens de vous
parler en est une grande. Une seconde à laquelle
nous nous attendions, c'est de voir le Soleil
à minuit, ce qui arrivehuit jours devant et huit
jours après le Solstice d'Eté; mais comme,en
tournant ainsi au tour des Terres de ce climat
sans se coucher, il échauffe considerablement la
massede l'Air, nous avons été fort incommodés
de la chaleur, qui fait éclore une multitude prodigieuse
de Cousins, dont on peut à peinese
garantir; les Habitans, pour préserver leurs
Troupeaux de ces Insectes volans, sont obligés
d'allumer des feux au tour du lieu où ils paissent.
Une troisième Curiosisé, c'est que, quand le
Soleil commence à s'éloigner de ce Pays, c'està-
dire vers l'Equinoxe d'Automne,les Aurores
Boréales sont ici si fréquentes, qu'il ne se passe
aucunjour sans qu'elles paroissent, ce qui fait
qu'on voit clair ici jouret nait; grande commodité
pour les Voyageurs. Ces inflammations
I. Vol. a qu'on
qu'on nomme à Paris AuroresBoréales, doivent
âtte nommées ici Lumieres Célestes, parce
qu'elles s'étendent également vers les quatre parties
du Monde. Le bruit qu'on entend et sur
tout la varieté admirable des couleurs qu'on remarque
dans la matiere de ces Metéores, forme
le plus beau spectacle du monde.
Nous retournerons à la fin de ce mois à Tornes.
Si vous prenez quelque goût à lire des nouvelles
du Pole Arctique, je vous en ferai encore part, et
je vous détaillerai les singularités de cette Capi
tale. J'ai l'honneur d'être, &c.
A Pello le ii. Octobre 1736.
EXTRAITd:une Lettre écrite de
Florence le 22. Octobre 1736. contenant
plusieurs Nouvelles Litteraires.
J 'Aysuivi votre conseil, et ayant trouvé par
hazard une Felouque à Antibes, elle nous a
conduits jusqu'à Genes; mais nous nous sommes
arrêtés trois jours à Nice,j'y ai vû une Histoire
manuscrite des Alpes Maritimes, par Joffred).
avec ses Recueils en vingt paquets, que je trouve
aussi bons que l'Ouvrage même,et qui contiennent
des Pieces bien curieuses et beaucoup d'originales.
L'un de ces Paquets étoit rempli de Lettres
des sçavans avec qui Joffredy étoit en relation.
J'ai lié quelque négociation avec les Héritiers
pour acquérir ces Manuscrits, que je mec-,
trai en mouvement a mon retour.
Genes fournit à la curiosité par la magnisicence
des Bâtimens
,
mais peu pour la Litterature,
qui y est très négligée. J'y vis pourtant une Bi-
1. Vol. bliotheque
bliotheque qui se forme chés les Peres de Scholé
Pié.. pour les Humanités, avec beaucoup de goût,
et où se trouvent tous les meilleurs Livres en ce
genre , et de bonnes Editions des Auteurs.
J'aurois fort souhaité d'aller voir la Bibliothèque
Aprosiana., à Vintimiglia,qui a quelque
réputation, mais il n'y a pas eû moyen d'aborder.
De Genes nous avons été par Mer jusqu'à Lerice;
de-là nous nous sommes rendus par terre
à MIISSa., et à Carrara, pour voir où se forme
ce beau Marbre blanc
,
qui fournittoute l'Europe
, et nous nous sommes un peu reposés à Lucques.
J'y ai fait connoissance avec le P. Manzi,
de la Congrégation dite di Madré di Dio
,
qui a. traduit toutes les OEuvres du P. Calmet en Latin,
et qui a donné à Lucques une Edition de la Discipline
de l'Eglise du P. Thomassin, aussi en
Latin, avec de courtes animadversions que je
n'eus pas le temps de parcourir pour en pouvoir
juger; il a réimprimé aussi les Conciles en un
vol. in-folio. Il va donner une Edition de Baronius
, avec la Critique du P. Pagy à côté, et
la Censure du P. Pagy, dans une autre colonne,
aux endroits qui la mériteront. Il n'y a aucune
Histoire de Lucques imprimée, la République
ne l'ayant jamais voulu permettre; mais on en.
a plusieurs manuscrites de differens Auteurs.
J'en ai acheté une d'un Alexandre Spada, où il
est parlé d'un Chevalier de Malthe,nommé
Montreal
, que l'Auteur dit Provençal. Il vivoic
vers 1350. et conduisoit une grande troupe de
ces Bandes qui couroient les Pays et les mettoient
à contribution. Il fit beaucoup de bruit
dans ces Contrées et y étoit très-redouté. Je
n'en avois jamais oui parler.
1. Vol. G ij Nous
Nous avons vu à Pise le P. Grandi, Camaldule,
"ra.ne Mathématicien,mais les Espagnols qui
y sont avec le Duc de Montemar
, et qui ne paroissent
pas songer à quitter le Pays, nous en
chasserent par la difficulté d'être bien logés.
Je commence à m'arrangerici, devant y faire
quelque séjour. J'avois fait connoissance avec le
P. Politi, qui traduit l'Eustathius, sur Homere,
et qui me paroît un très bon homme et officieux.
mais il est parti pour Pise,où il est Professeur
des Belles-Lettres.
J'ai déja trouvé à la Bibliothèque Laurentiana
et ailleurs,divers Manuscrits des Troubadours.
J'ai apris à Luques que la Famille de Diodati
y subsiste encore, et que ceux de Geneve en desr
cendent.
J'ai trouvé ici Le Lettere memorabili dell Ahbate
MichaeleJustinianiPatritio Geneveze.3. vol.
in 11. Roma, 1667. 1669.et1675.Dans le
premier volume se trouve la Lettre de Suarez sur lesMédailles,où on lit COL.CABE. qu'il
explique de la Ville de Cavaillon. Elle est écrite
à François Godefroy, datée de Preneste le 9.
Juin 16n. On attribuoit auparavant cette Médaille
à une Ville d'Afrique. Le P. Hardoüin
s'est aproprié sans façon cette Découverte.
Dans le même premier volume il y a une autre
Lettre adressée au P. Nicolas Balducci, du iS.
Juin iéls. sur une Monnoyeparticutiere, trouvée
dans un Sépulchre Chrétien,et sur le sens
du Mot Pulverarinm. Cette Lettre est fort sçavante.
Une autre encore au Seigneur François
Guisendi
, sans date, sur la Poësie et la
Musique des Hébreux, dans le IIIe volume.
Ces Lettres sont toutes en Italien, quoique peut-
1. Vol.être
être elles ayent été écrites en Latin,car FEdi*
teur a traduit en Italien toutes les Lettres qu'il
publioir.
Enfin dans le premiervolume de ce Recueil il
y a six Vers Latins de Suarez, en l'honneur de
18. petits Garçons de la FamilleJustiniani, qui
furent pris par les Turcs dans l'Isle de Chio, et
ensuite tués à Constantinople pour n'avoir pas
voulu renoncer àlaFoy.
Je vous envoyé le Prospectus du grand Ouvrage
de M Gori,sur les Monumens Etrusques,
dont l'executionavance,et pour l'acquisition duqüel
on ;bt encore à temps à souscrire. On attend
cet Ouvrage avec toute l'impatience que le
mérite du Sujet et l'érudition de l'Auteur peuvent
donner.
AvvisoDEU' OPERA INRITOLATA
Museo Etrusco, ai Anton. Francesco Gori, Professore
di Storie nello Studio Fiorentino.
Avendoioillustratotutte leANTICHE INSCRIZIONI
Greche e Latine, le quali sono nelle Città
della Toscana
,
comprese in due Volumi, i
quali sono stati gia dati in luce,ilterzodelle
quali arricchito di XL. Tavole si pubblicherà
quanto più presto sarà possibile: ho deliberato
d' intraprendere coraggiosamente un altr' Opera,
insigne per la grand copiad'antichi Monumenti
la quale,piacendo a Dio, condurro a fine, se
come mi giova sperare , non mi mancherà il favore
, e l' ajuto di queHi Uomini illustri, i quali
non solamente hanno in pregio le memorie d'cn'.
erudita Antichita,ma ol tre modo ancora sigloriano
di dar mano, e di prestar favore alli studi
de'letterati.
Quest' Opera adunque abbraccerà tutti i piii
I. Vil* C iij iasigni?
insigni,eragguardeboli Monumenti degliantichi
TOSCANI;i quali finorasono inediti, compresi
indueVolumi in foglio; i quali potranno
aggiugnersi alla grand' Opera del Dempstero poichè , saranno della medesima una giunta ricchissima.
11 primo Volume conterra dugento Tavole
intagliate, le quali ci rappresenteranno le figure
degli Dei antichissimi, adorati dai nostri Toscani
; di poi una buona quantità di Patere ,o di
Tazze , o d'altri instrumenti da sacrifizio
,
ne'
quali sono intagliate di graffito molte figure: di
poi i Vasi, ornatidi pitture bellissime, le quali
sono le più antiche
,
che a noi siano pervenute , piene di molta, e recondita erudizione; ricavate
sepecialmente da quei Vasi, i quali si conservano
nella Biblioteca Vaticana
,
acquistati poco sa
perornamento della medesima dill Sommo Pontefice
CLEMENTE XII. felicemente regnante. In
oltre daro alcuni Anelli
t e Gemme intagliate dai
tecchi Maestri Toscani, lequali sono ragguardevoli,
e rare; similmente vari Pesi,e Monete,
in oltre cento, e forse anche più
,
Urne sepolcrali
di marmo,o di terra cotta, ornate d' inscrizioni,
e di basso rilievo; lequali poco fa
, avendo io a tal fine fatto un viaggio per le Città
della Toscana, ho procurato che sotto a miei
occhi fossero tutte disegnate, et di poi intagliateda
Vincenzio FranceschiniPittore,e Intagliatore
peritissimo, e diligi ntissimo : dalle quali si
raccolgono,e chiaramente si mostrano i vari
ritÏ, le lustrazioni fatte coll' acqua ,col fuoco,
e col sangue,ed i costumi
, e le usanze degli
antichissimi popoli della Toscana.
Nel secondo Volume in primo luogo porro
le mie Spiegazioni, ed Osservazioni sopra cias-
I. Pot. cuna
tuna delle dugentoTavole, di poi ne seguirrnno
sei Dissertazioni; delle quali la prima trattera
della Teologia degli antichi Toscani, spettante il
culto degli Dei; la II. della Mitologia,chc riguarda
le Favole; la III. della Tisiologia, concernente
i Sacrifisi, le Lustrazioni, et le Feste j
la IV. dell' Etologia,cioè de' costumi, edell'
usanze de' medesimi nelle guerre , nei giuochi ,
nelle cacce, neiconviti, nelle nozze, nei funcrali
; la V. della Lingua, dell' Alfabeto, delle
Lettere, et de' Monumenti degli antichi Toscani.
Il più curioso, e degno di maravigha,et di lode si è, che soggugnieto l' interpretazione delle
INSCRIZIONE ETRUSCHE,che il primo di tutti
ha fatta
, anco ai miei preghi, il dottissimo
, e
di tutte quasi le lingue intendentissimo SIGNOR.
LODOVICO BOURQUET publico Professore di Filosofia
j il quale mi cominunicherà ancora altre
cose, che egli ha osservato per conoscere ,
e in
tendere l' antica Lingua de' Toscani. La VI.
Dissertazione tratterà delle cose inventate dai
Toscani antichi, delli studi, e delle art; le quali
cose tutte si mostreranno coll' autotità degli antichi
Sctittori,e delle Sculture,e delle Picture
Toscane. Non sto a dir nulla degli altri ornamenti,
fregi, e finali, che coroncranno ,
edabbelliranno
quest' Opera.
Ddle dugentoTavole promessegià ne sono state
intagliate LXXX. à mie epese. M: ora vedendo
io
,
che per fare intagliare quelle che ci restano,
e per fare stampare le Spigazioni, e le Osservazioni,
et le Dissertazioni ancora, non possono
reggere atanta spesa lemiedeboli forze,con
questo Avviso,che fo precorrere, piego, e supplicoinstantemente
tutti quelli, i quail si pregiano
di favorite, et di promovere gli studi delle
I. Vol. G iiij belle
belle arti, che si degnino di darmi ajuto, et co-
Jlle porta l' uso introdotto, di sottoscrirersi,
a quest'Opera, colleappresso condizioni.
Ricevcrannoi Socii sottoscritti questi dueVo-
.lr.ní srampati'zonbellissimi caratteri, senz'
~ahiispesa
,
nelmese di Giugno dell' anno
M. DCC. XXXVII:purehédentroa1mese diSettembreii quest'annaM. DCC. XXXV.
paghino,o facciano pagareame P.Anton.FrancescoGon
autore di quest' Opera, Paoli LXXX.
Desideroche i sottoscritti sianno dugento
,
nè
piu
,
nè meno;
il nome de'quali mi pregero di
poire non solo sul bet principiodell' Opera,ma
encora se piu presto che sia possibile faranno
detto pagamento
,
lo faròincidere nella Tavola,
cheiodedichcero'ai medesimi,acciocchè sisappia
da tutti, e da quelli ancora,che dopo di noi
verranno,col favore,e ajuto di chi mi sia sortito
di dare alle stampe questi Volumi. Contatri
detti LXXX Paoli, io daro al Sottoscritto la
ricevuta fatta di mia mano per cautela, e per
sicurezza della fede data
,
e da osservarsi da me
santamente ; la qual ricevuta mi renderà nell'
atto di ricevere i detti due Volumi.
Quelli poi che non si saranno sottoscritti,
uscita l' Opera alla publica luce, sappiano
,
che
se la vorr anno comprare ,
bisognerà che paghino
ai Libraicentoventt Paoli. Sei mesi avanti che
i libri si bubblichino sara mia cura di farlo sapere
a tutti Con Avviso stampato. State sani
» e
favorite imiei studi.
L'Original dont nous donnons icilareprésentationexactementdessinée
et gravée,et qu'on
nousa confié, est le Couvercle d'une Boëte d'Yvoire
,
au-dessus duquel sont sculptées toutes les I.Vol, fiçurrt
figures et les Lettres de la même maniere qu'elles
sont exposées dans la gravure, laquelle est
de grandeur naturelle et entièrement conforme
au Couvercle en question.
Nous n'entreprenons point d'expliquer l'espece
d'Enigmequeprésentent les Symboles exécutés
dans cette Sculpture, ou le veritable sujet
historique quia donné lieu àce Monument, lequel
,au sentiment du R. P. de Montfaucon,
auroit pû tenir sa place parmi ceux de la Monarchie
Françoise ,si ce célebre Auteur en avoit
eu connoissance en temps et lieu. Nous nous
contentons de l'exposer dans ce Journal aux Recherches
et à la Critique des Curieux intelligens
et d'assurer le Public que nous nous ferons un
plaisir de lui faire part de es. qu'on voudra bien
nous adresser là-dessus,
ETATgénéral des différentes Suites d,
Médaillés antiques qui composent le
Cabinet de feu fil. Lebret.
OR.
Médailles et Médaillons des Rois Grecs et autres
, 3 1. parmi lesquels deux Médaillons de toute
beauté; l'un d'Arsinoë et l'autre de Berenice.
Suite des Médailles Impériales, 256.
Plus £4. Médailles ou Quinaires du bas Empire,
de Constantinople et autres.
Item. 19, Médailles ou Quinaires, tant d'or
pale qu'argent et cuivre doré.
Item. 13.Médailles modernes, y compris deux
Icus d'or et un Cromwel.
Totalité de l'or,383.
ARr,rNT.
Médailles etMédaillonsdes V illes Grecques 3 fiV
L. Voh G. v Médarllt,
Médailles et Médaillons des Rois Grecs,139.
Médailles Consulaires, 816. dont 741. d'argent
et 85 de bronze.
Suite des Empereurs,1680.il y a dans cette
Suite entre autres une Cornelia Supera de toute
beauté et plusieurs Médaillons.
Médailles doubles Consulaires Impériales et
autres, 1411.
MédaillesetMédaillons modernes,317,
Médailles de Papes et Jettons des Rois de
France, 89.
Totalité de l'argent, 4749.
Bronze.
Médailles Samaritaines et autres semblables,
Médailles de Villesau nombre de 1065
Rois d'Egypte
,
de Syrie et autres au nombre
de 304.
Poids Romains et Médailles Consulaires de
grand Bronze, 46.
Médaillons Grecs et Latins, 151.
Suite des Empereurs en grand Bronze, fo*»
Suite des Empereurs, en moyen Bronze.
1380.
Autre suite en moyen Bronze, de Médailles
Grecques et de Colonies. 1413-
Suite du siécle de Diocletion et de Valentir
ien, et autres, en grand, moyen, et petit Bron- Zr. Suite des Empereurs,en petit Bronze. 5-^4»
Plus, Médailles Consulaires de Bronze, 85.
faisant partie des 816. Consulaires cy-dessus.
Plus
,.
environ trois mille Médailles en divers
paquets ou sacs, contenant des doubles et
triples des suites cy-dessus.
Totalité du Bronze, 13124,
I. Vol.. R..aCArJ.TU.
Recapitulation.
Médailles d'Or, 383. pesant huit marcs sir
oncesetplus.
Médailles d'Argent, 4749. pesant cent quatre
marcs deux onces.
Médailles de Bronze
, 13124.
Ainsi cette collection est deplus de dix-huit
mille Médailles en tout.
Cet Etat a étédressé par Messieurs Laisné de
l'Académie Royale de Lyon, et Genebrier,
Docteur en Médecine, Antiquaires connus par
plusieurs Ouvrages, et choisis par Messieurs Lebret
pour travailler à la visite de ce Cabinet.
Les Amateurs des beaux Arts seront affligés
,
sans doute, de la perte qu'ils viennent de faire
en la personne de Jeanne d'Albert, veuve de Joseph-
Ignace-AugusteMainfroy- Jerôme de Scaglia
,
Comte de Verrue,en Piémont, Maréchal
des Camps et Armées du Roy, et Commissaire
Général de la Cavalerie legere de France,qu'elleavoitépousé
le H. Août 1683. et qui fut tué
à la Bataille d'Hochsret le 13. Août 1704. Elle
est morte à Paris le iS. Nov. dernier après une
longue maladie
,
dans la 67e année de son âge,
étant née le 18. janvier 1670. Elle étoitfille de
Louis-Charles d'Albert, Duc de Luynes, Pair
de France, Chevalier desOrdres du Roy, mort
le 10. Octobre 16'0. et d'Anne deRohan Montbazon
, sa seconde femme,morte le ty. Octobre
1684.
La Comtesse de Verruë étoit d'un caractere
aimable, elle joignoit à la Noblesse des sentimens
,un discernement
, une justesse d'esprit,
et des maniérés affables et engageantes,qui la
1..Vol. Gvj faisoient
faisoient égalementaimer et respecter. Sorti
amour pour les Tableaux étoit sa passion dominante
; aussi sa Maison paroissoit-elle un
Palais heureusement orné pour la gloire etpour k triomphe de la Peinture et du goût. Eneffet,
onauroit dit que la délicatesse la plus exquise,
et les Graces les pluscapables de flater l'organe
de la vûë
,
avoient présidé au choix de chaque
morceau. Elle se connoissoit parfaitement, et
n'avoit besoin pour se déterminer à acquérir,
ou pour rebuter un Tableau,que de ses propres
lumières
, et dusentiment plus ou moins agréable,
qu'elle éprouvoit en le voyant d'abord. Les
sujets bas, trop sérieux, et trop tristes, quelque
mérite qu'ils eussent d'ailleurs, nelui plaisoient
pas; moins encore ceux qui parés d'un
grand nomet d'une filiation respectable,étoient
dénués de graces, et de cette imitation naïve at
simple du beaunaturel, qui saisit etenchanteles
yeux; ainsi les grandes et sublimes Compositions
des plus fameuses Ecoles d'Italie
,
plus
propres à toucher les Sçavans, que les gens de
goût, ne faisoient pas l'objet de l'admiration de
l'Illustre Dame, qui mérite àsi juste titre, le
tribut de louange que nous lui donnons, et les
regrets des Professeurs et des Amateurs de la
Peinture, quisententparfaitement la perte qu'ils
font. Nous ajouterons en finissantcetarticle,
sur lequel nous nous contraignons, pour ne pas
trop nous étendre, que le Cabinetde la Comtesse
de Verruë, quoique presque borné aux
Tableaux desgrands Maîtres Flamands et Hollandois
, étoiten ce genre une des plus grandes
et des plus précieuses Collectionsqu'ily eut en
Europe,etpréferable
, au gré de beaucoup de
justes Apréc¡.¡rc:urs, à quantité d'autres fameux
L.;'l.çJ. c~
et renommes Cabines, même à celui d'une crande
Reine,qui a été transporté de Rome à Paris
il y a quelques années, et dont oh a été à portée
de faire la comparaison.
La maniere dont l'illustre défunte a disposé
de quantité <1;Tableaux précieux en faveur de
quelques amis de'"disinction,ses dispositions
pour recompenser tout son Domestique, et la
place qu'elleadésignée dans le Cimetiere des
Pauvres, où elle a vouluêtre inhumée, par les
Pauvres même,prouvent également la solidité
desonchoix pour ses amis, sa reconnoissance
la noblesse de ses semimens et son humilité
Chrétienne.
l|, desLa Suite des Portraits des Grands Hommes ci
Personnes Illustres dans les Arts et dans les
Sciences,se continuë toujours avec succès, chés
Odieuvre
,
Marchand d'Estampes, Quay de l'Ecole.
Il vient de mettre en vente, et toujours de
la,même grandeur i.AntoineW:ATTEAU,del'Académie
Royale de Peinture, né à Valenciennes, mort à
Nogent. près de Paris, le 18.Juillet 1721. âgyé
d'environ 37. ans ,peint par lui-même et gravéar
B. Lépicié.
RO SA AL BAC ark tb R. A, de l'Académie
RoyaledePeinture, née à Venise
,
peinte par
elle-même
, et gravé par B. Lepicié.
?, Le Public est averti que le vraiSel de Polichreste
de M. Seignette, de la Rochelle, se vend
ils Paris, chés le sieur Doutreleau
,
Marchand
épicier, ruë et près S. André des Arts, àl'Imae
S. Nicolas, et à la Rochelle,chésM. Sei-.
nette rue des Augustins ; que celui qui se déite
ailleurs est suposé. I, l'd, AI2&
AI R.
Rossignols,
qui sous ces ombrages
r
Annoncez vos tendres désirs, e votre sort est beau! les plus ~charmaqp;
plaisirs
Suivent de près vos doux ramages ;
- Que n'ai-je la même douceur,
Dans ces lieux écartés où mon amour m'enta;
traîne!
Mais, hélas! pénetré du départ de ~Cliraene;j
Tandis que vos accents peignent votre ~bonheum
L'Echo seul retentit durécit de ma peine.
La Musique est deM. Fremeaux, OM
laniste de S. Aspais de Melun.
r»i.SPECTJCLL
Rt?/J{ç7l01. de j-*f~é>Jiié?&ii<A'\Z)ece/7i£7'*e .17315: .l;vpl.
SPECTACLES.
APrès 22. Représentions, les Comédiens
Françoisontinterrompu la
Comédie de l'Enf'nt Prodigue
s par l'indisposition
d'une Actrice.
Ils donnerent le 19. de ce mois,la premiers
Représentation de Childeric,Trageédienouvelle
de M. de Morand, avec
un très grand concours de Spectacteurs :
elle fut fort aplaudie. Nous ne manquerons
pas d'en parler plus au long,et
de raporter les sentimens du Public sur
ce Poëme.
Le 3. Décembre, les Comédiens Italiens
donnerenr la premiere Représentation
d'une Piéèce nouvelle en Vers et en
trois Actes, intitulée les Amans Assortis
sans le sçuvoir
}
de h composition de
Ai.Guyit de /ilerviîie,Auteurries Mascarades
Amoureuses, qui ont été si fort goutées
sur le même Theatre. Cette-derniere
Piéce n'a pas été si heureuse; l'Auteur
l'a retirée a près la seconde Représentaration.
Le 13, les mêmes Comédiens don-
I. Vol. ncren-t
nerent encore une Piéce nouvelle en umL
Acte, enVaudevilles et des Divertissemens,
intitulée Médée et Jason, Parodis
de l'Opéra,qui porte ce titre, et qu'on
joue actuellement : elle est de la compo-o
sition de M.Carolet,et aété fortaplaudie.
Ils avoient donné en May 1727. une
semblable Parodie de cette Tragedie, qtiliu
avoit été fort goutée ; on la trouve im-n
primée chés Denis de la Tour,oula veuves
Muguet,ruëdelaHarpe.Commeces
deux Pieces contiennent à- peu- près fa."l
même chose, et roulent sur le mê**:
me sujet, nous renvoyons le Lecteur ai
l'Extrait que nous avons donné de laxi
premiere Parodie, dans le Mercure des!
Juin 1727. I. Vol. p. 1205.
LES GAVLOIS y
Parodie de ltt.
Tragédie dePharâmond^V^.Roma- -
gnesi, représentée pour u premiers foÚ,
t
par les CorKcdicxs Italiens> le 1]. Sep- -
tembreiyy6. Extrait. LA nouvelle maniere qui s'est établie ,
depuis quelques années defaire des
Parodies, devroit nous dispenser d'enn
rendre compte au Public; nous ne pou- -i
vons nous acquiter des engagemens que e
nous avons contractés avec nos Lee-.
teurs, qu'en leur mettant deux fois le3
i,. roL- mêmes
même fond de Piece sous les yeux ; c'est
un inconvénient que nous devons éviter
, si nous ne voulons nous exposer au
péril de déplaire par la répétition d'une
même Piece » le seul parti qui nous reste
à prendre, c'est de ne donner qu'une
legere ébauche de ces sortes de productions
,
qui ne laisseroient pas d'être d'un
grand prix, si leurs Auteurs n'étoient
pas rebutés de la difficulté qu'il y a à
faire des Parodies, telles qu'Oedipe travesti
,
le MauvaisMénage>et sur-tout , Agnès de Chaillot. Ce n'est pas que le Sr
Romagnesi
Auteur de celle-ci, ne soit
très capable d'en faire d'aussi bonnes que
celles que nous venons de cirer; mais de
deux Genres,
il choisit le plus aisé; en
quoi il n'est pas blamable
,
puisque le
Public veut bien s'en contenter.
Nous ne donnerons donc que quelques
fragmens de la Parodie des Gaulois;
nos Lecteurs, pour se mettre au fait de
la, Piece, voudront bien nous permettre
de les renvoyer à l'Extrait que nous avons
donné de la Tragédie de Pharamond dans le Mercure d'Octobre , ,p. 2323.
La Parodie en question,qui ui a étéreçue
très- favorablement du Public, est en un
seul Acte,composé de 21. Scenes. A la
troisième Scene,Vindorix, principal MLI.
Foi nistre
nistre de Pharamond
, pour arracher ce
Prince à un amour qui lui fait oublier
le soin de sa gloire
, et la parole qu'il m
donnée à Gondebaud, d'épouser la Princesse
sa soeur ,
lui dit que ses Soldats
murmurent de son inaction, et même
qu'ils le chansonnent ; Vindorix chante
un cou plet qu'on vient de lâcher contre
lui, sur l'air,j'aimemieux ma Aiie angai;
Monsieur notre General,
Venu d'Allemagne,
N'aime point le bacchanal,
Qu'on fait en Campagne j
Avec sa Maitresse, à Rheim,
Il sable, loin des Romains,
Son vin de Champagne ,
Au gai,
Son vin de Champagne.
Après ce joli couplet, Vindorix prenant
un ton plus serieux, reproche à sont
Roy, son amour pour Arminie, am
mépris de ses engagemens avec Gondebaud;
l'Auteur de la Parodie reprocheà
l' Auteur de la.Tragedie un Anachronisme
de cent ans; mais le Public plus indulgent
que lui, y avoir fait si peu d'attention
, que le trop scrupuleux Censeur
auroit dû voir qu'il auroit pu s'é- J.Fol. pargnes
pargner la peine de chercher dans Mezeray
s une critique de si peu d'importance.
Le reste de la Parodie est semé
de découvertes plus heureuses et plus
essentielles que celle-la; en voici une
entr'autres
,
qui a paru très sensée aux
yeux des Connoisseurs ; elle est dans la
cinquième Scene. Vindorix ayant raconté
à Segeste, son Confident,son avanture
duCirque; Segeste lui répond
, en
parlant du Romain genereux qui l'a sauvé
de la fureur du Tigre, dont son fils
venoit d'être la victime à m yeux :
Par ma foy ,ce Romain étoit bien honnête homme;
Vous sçavez ce qu'il est, et comment il se nomme
,
Vindorix embarrassé
,
lui répond:
J'aurois dû m'informer de son nom,en effet;
Mais j'étois si troublé, que je ne l'ai pas fait,
Segeste
, peu satisfait de cette réponse,
lui repart :
Mais, Seigneur, tout au moins un tel bienfait
mérite
Qu'à son libérateur, on rende une visite;
Vous ne sçavez pas vivre.
Qu'on ne prenne pas à la lettre ce que
I. Vol.. nous
nous venons de dire de ce trait de critique
, qui a été avoiié des Connoisseurs
; l'Auteur de la Tragedie pouroit
se justifier là-dessus : l'horreur dont Vindorix
est penetré à la vûë d'un fils déchiré
à ses yeux ,
le peut fraper jusqu'au
point de lui faire oublier,ce que
la reconnoissance lui doit inspirer envers
son libérateur; son désespoir l'occu
pe tout entier; il ne peut trop tôt
quitter des lieux si funestes à son fils „
il doit compter pour rien, des jours malheureux,
qu'on lui a sauvés;joursquidoivent
couler dans l'amertume, après Il
perte d'un fils tendrement aimé,qui vient
d'expirer à ses yeux pour lui sauver iaj
vie; le Parodiste avoit un plus beau sujet
d'exercer sa censure *, c'est cette Fille
dontVindorix vient de dire:
Un Préteur l'enleva.
Il ne devoit pas partir de Rome, sans
sçavoir.ce qu'elle étoit devenuë,et san..
prier son Bienfaicteur d'achever son ouvrage
,en lui faisant rendre sa Fille; mais
l'Auteur de la Tragédie n'y auroit pas
trouvé son compte, et il y auroit perdu
une reconnoissance, qui a tiré beaucoup
de larmes ; voilà ce qui nous est revenu
de quelques critiques sensées, dont nous
I. FoL av&nfc
avons crû devoir faire part au Public.
Nous ne citerons plus qu'un trait
de cetteParodie; il regarde le serment
de Pharamond,que la plûpart des Spectateurs
ont trouvé absurde, attendu
qu'il est composé de deux parties,
dont la derniere anéantit la premiere.
Pharamond ayant juré de faire périr celui
qui a enlevé Arminie
, et d'accorder
à celui qui lui livreroit le ravisseur, tout
ce qu'il lui dernanderoit, à sa Couronne
près
,
Maxime, fondé sur ce double serment
,
vient se présenter à lui sans rien
craindre; voici un petit fragment de Scene
entre Pharamond et lui, au sujet de
la derniere partie du serment,et du
Ravisseur.
Maxime.
Queme donneras-tu? je tele faisconnoftre.
Pharamond.
Du prix de ce bienfait mon serment te Mmt
maître.
Maxime.
"t voici.
Pharamond.
Quoy ? Maxime !
Maxime.
Ouy;lui-même.
J. * Pharamond
Pharamond. 7
Ah!Morbleu!
Mais, Maxime ou quelque autre ,
il m'importe
fort peu. Maxime.
J'ai livré la victime,et j'attends le salaire,
Pharamond.
Parle sans balancer, je vais te satisfaire.
Exige, et je t'éxauce en ce même moment.
Que me demandes-tu?
Maxime.
De fausser ton serment.
Cette Critique a paru très-jusre et trèscomique;
il est bien vrai que dans la Tragédie
, Maxime se prévaut plus noblement
de l'absurdité du double serment;
mais cela n'empêche pas que le serment
ne soit très-digne de Censure. Nous n'en
dirons pas davantage. La Piece finit par
un Divertissement termine par un Vaudeville
, dont la Musique est de M.
Mouret.
Cette Piece paroît imprimée chéi
Prault, le pere ,
Quay de Gêvres
,
in 11,
prix 24. sols.
On continuë sur le Theatre de l'Opéra,
avec un plein succès, les Représen-
I.Fol. tations
tations deMedée et Jason. La Dlle Antier
)
premiere Actrice de l'Académie
Royalede Musique, et la premiere de
toutes celles de sa profession, continue
de remplir le principal Rôle
J au gré du
Public et des Spectateurs les plus delicats
et les plus difficiles: en effet, le
caractere de Medée n'a jamais été exprimé
avec tant de finesse,deforce et
de naturel.
On prépare l'Opéra de Persée, pour
donner a près celui-ci.
LTARODÎE
sur l'air des Guerriers dt
l'Opéra de Medée et Jasont an pre.. mier Acte.
On, je ne veux plus aimer Aminte i
C'est trop vivre sous sa loy.
Viens à moi,
Viens ma pinte,
Viensàmoi,
Je n'ai recours qu'à toi ; ,
Vienscombler mes voeux;
Brille à mes yeux;
Eteins mes feux.
Quel vin! qu'il est charmant!
Dans ce moment
1-e suis heureux Amant.
I. Vol. Que
Que d'attraits!
Ca Laquais,
Qu'on s'empresse;
Versez moi tout plein,
Versez moi jusqu'à demain;
Versez de ce jus divin,
Il est l'objet de ma tendresse;
Versez moi tout plein,
Versez moi jusqu'à demain,
On se passe de Maîtresse,
Quand on a de si bon vin.
',MAReHE des Bostangis du Ballet dtt
Indes Galantes. Le Voluptueux, Pcm
rodie, par M. Fuzillier le fils.
Point
d'excès.
fLe plaisir en a plus d'attraits,
Je fais tout,
Tant que le coeur y prend du ZcJ&
A l'amour
Je ne donnai jamais le jour;
Et la nuit
Suffit
A mes voeux ;
A mes feux;
Je suis heureux.
Jeprends le matin
1. roi. De
Du vin,
Etjefinissoudain,
Si je toucheà ma fin.
Liberté
De toi nous tenons la gayeté :
Chers amis,
A table tout nous est permis. à chantons,
Rions,
Caressons,
Etvuidons
Quelque, façons ;
Mais que le rafinement
Nous rende ce moment
Délicieux,charmant.
ç Les Dieux
,
Placés au banquet dans les Cieux t
Goûtent à loisir
Leplaisir.
Moi,
Je m'en fais une douce loi.
En tout temps ,
Messens
Animés,
Enflamés,
Restent charmés.
Qu'ai-je à désirer de plus ,
1.Vol., H Qiand
Quand je reçois ce jus
DsmainscemaVcous,
On aprend de Naples. que le 4. dumois der.
nier le Roivureprésentermuleïh,J,r de
S. Barthélémy,un jaouvcl Opéra,-u;itiylj&Al&
xttndre dans lesJndts Le grard tipuibie<KIUS—
très et ae Girandoles,dou't la Salle éoir éclairée,
larichesse des tapis, donttoutes lesogcs,
et paruculierement cette du Roy,étoiertornées,
la magnificence des habits ces Seigneurs
et des Danes de la Cour, rendirent ce sp ctacle
extrêmement pompeux , et l'Opéra fut tort
goûte.
NOUVELLESETRANGERES
TURQUIEETPERSE.
ON a apris par la voye de Russie, que Thamas
Kouli- Kan avoir dépêche un Officier
Persan au Grand Seigneurpour lui porter la ratification
du Traité de Paix conclu dernièrement
à Etzerum par les Ministres WcxiipoteuuaiKfc
des deux Puissances ;que depuv$; Je, départ de
cet Officier, les Troupesquiformoient le Blocus
de Bagdad
,
s'étoient rentrées de devant cette
Place,et que Thamas Kouli-Kan avoir séparé
son Armée.
Les mêmes Lettres marquent qu'en exécution
d'un des articlesdu Traite SI,.?;I é par le Grand
Seigneuret parThamasKouli Kan,Sa Haujesseavoir
ordonné de ne plus exposer à l'ave-
I. Vol. 'ni?
nit dans les Basars ou Marchés publics aucun
Jïscla e qui fut Persan ou Georgien
4
de donn r
laiiDeué àtousceuxdecesdeux Nations q ui
sont actuellementen esclavage,et de pamettreà
ceuxqui voudroient retourner en Per e,de quitterla
Turquie ; qu'elle vouloir que ceux qui
étoient actuellement entre les mains des Marchands
d'Enclaves
,
fussenr rachetés à ses dépens
par les Lieutenans de Policede chaque Ville ,et
que les Maîtres donnassent des apointemens 4
ceux qu'ilsengageroientàdemeureràleurservice
, et les traitassent comme des Domestique
libres.
, On aapris depuis que ce fut le 29. Septembre
, que s* fit l'échange ots ratifications q
Traite conclu entre les Turcs et lesPeisans;
Ajue le 30 du mois d'Octobre Baki Kan, Am-,
bassardeurExtraor dinaire,etMinisrtPiémpo»,
lentiai e le Thamas K )U]I Kan avoir eu son,
Au lance ,'e congé tuGrand Seigneur, qui lui
avoitfait présentd'un Sobreenrichide Damans
et que Sa Hauttssedevoit mvoyer incessamment
un Ambassadeur à Thamas-Kouli-
Kain, pour le feliciter sur son avenement ag
Trône de Perse.
LETTRE écrite de Constantinople le 8.
* S'p'erhbre1756. au sujet du nonvems
Roy de Perse. -
THamas Kouli Kan
,
Monsieur, est natif
d'un Bourg ou Village de la Province de
Chorassan, appellé Afichetr
,
à trois journées dr
Mached
,
où est le Tombeau de l'Iman Biza Son Pere, dont i on ignore le nom ,
étoit l^tre I. Fot. e e ij oy
ou Berger ;
le Fils suivit cette même Profession
, mais étant né avec des sentimens pfusecvés,
et ayant un grand fond d'ambition il s'en
lassa bientôt, et après avoir enlevé à son Pue
septmille MOQ[Qns,iI aliales vendre à Muchcd;
il se servit de l'Argent de ce vol pour rassembler
une troupe de Bandits, dont il se tit le Chef,
et avec lesquels il détroussa plusieurs Caravanes
, ce qui l'enrichit extrêmement;il conuttua.
cette vie criante et vagabonde pendant plus de
sept ans, et jusqu'à la prise d'ispaham par les
Aghuans. Schah-Hussein, avant la reddition de
cette Place en avoit fait sortir son Fils Sclnh-
Thamas
, et l'avoir envoyé dans le Mazandran
,
et dans l'Astrabat pour y lever une Aimée, pour
soustraire en même temps ce Prince des mains
de ses ennemis ,et pour avoir un vengeur, au
cas qu'il eut le malheur de succomber sous les
efforts des Aghuans.
Ce fut dans l'Astrabat que Nadir-Kouli, qui
est le nom que ponoitalorsThamas-Kouli-Kan,
vint offrir à Schah-Tlamas ses trésors et ses
troupes, qui montoient à environ 5000. hommes,
et s'engagea de le l'établir sur le Thrône
de ses Ancêtres
,
à condition que s'il réussissoit
dans cette entreprise, Schah-Thamas le feroit
5on Premier Visir, et que s'il suçcomboit dans
son projet, il sesoumettoit à perdre la têt('.:-
ce Prince accepta ses offres, le baisa au front,
et lui dit qu'il le regarderoit doresnavant comme
son propre Pere; ce fut alors qu'il quitta le
nom de Nadir pour prendre celui de Thamas-
Kouli-Kan
,
qui veut dire Esclave de Schah-
Thamas
, pour marquer qu'il étoit entierement
dévoué au service de ce Prince.
Le premier exploit de Thamas-Kouli Kan
I. Vol. prs
après cette convention
,
fut la prise de Mached,
dont le Gouverneur s'étoit soumis auxAghuans )
Schah-Thamas l'accompagna dans cette expédition,
etrestadanscette Ville après sa reddition
pendant que Thamas-Kouli-Kan alla soumettre
la Province de Herar,dont il prit le Gouverneur
nommé Hassach-Adhulla
,
à qui il fit
couperla tête, laquelle il porta lui-même à
Schali-Thamas. A son retour les forces de ce
Prince étant considérablement augmentées, lui
et Thamas-Kouli-Kan projetterait l'attaque
d'Ispaham,qui fut pris après un siège de quelques
mois
, et oÙ Thamas-Kouli-Kan donna
des marques extraordinaires de son activité, de
sa prudence,et de sa valeur. Je n'entrerai point
ici, Monsieur, dans un détail circonstancié du
reste desExploits,et des Entreprises de ceRestaurateur
de la Perse; il suffira de dire qu'il a
entièrement dissipé les Aghuans, qui avoienc
presque subjugué ce grand Empire, et qu'il a reconquis
toutes les Provinces que les Turcs et les
Moscovites en avaient usurpées.
Il y a sept mois qu'il s'est fait déclarer Roy
après avoir fait mourir Schah Thamas
, son
Maître, et ensuite tous les Princes de la Maison
des Sophis, avec plusieurs Seigneurs Persans, qui faisoient ombrage à sa Royauté naissante.
Il se fait appeller Schah-Nadir, et on voit
Sur les Monnoyes qu'il a fait fraperà son coin,
j'inscription suivant.
Sebach-Nadir jïlemdar Char-Kioche.
qui signifie
,, Le Roy incomparable, Souverain
„ des quatre Parties du Monde.
Il a environ 50. ans, il a l'air majestueux, étant d'ailleurs robuste, et endurci à toutes sortes
de fatigues, grand mangeur, buvant beau-
1. Fol. Hiij coup
coup de Vin, et de Liqueurs,et fort adonné
aux femmes.
Il a deux garçons et trois fillesqui lui sont
nés dans letemps qu'il étoit Berger. L'aîné des
Garçons a 15. ans, et a été fait Gouv,rac-ur de
MacKid et le cadet, dont on ne sçait pas l'âge,
Gouverneur d. Herat.
Il - a épousé en secondes noces une Princesse
de la Maison du dernier Schah
,
dont il a es
jusqu'icideux Garçons et deux Filles.
Son Pere est mort, mais sa Mere vit encore, il a aussi deux Freres, dont l'un est Gouverneur
du Kirman
, et l'autre de Tauris.
Quoiqu'il fasse observer une exacte discipline
à ses Troupes,qu'il a mises sur un pied aprochant
de celles d'Europe, il est fort aimé des
Soldats, tant parce qu'il partage avec eux les
périls et les fatigues de la Guerre, que parce
qu'illeur fait dé grandes largesses.
On a toujours remarqué en lui beaucoup d'équité
et de générosité, même envers ses ennemis
, ayant traité avec douceur les Prisonniers
de Guerre
,
et fait rendre les honneursfunebres
à Topal-Osman-Pacha, et à Abdullah- Cuppruly
Pacha
,
Généraux des Armées Othomanes,
qui ontététués dans deux différentes Batailles
qu'il a gagnées sur les Turcs.
Lorsqu'en dernier lieu on eut reconquis la
Géorgie, et pris Tiflis. les Peres Capucins Missionnaires
, qui sont dans cette Ville sous la
protection de France, allèrent le saluer; illes
reçut le plus gracieusement du monde, les fit
asseoir auprès de lui, et les combla de politesses
, il leur demanda d'abord s'ils étoient François
ou Allemands, et ces Peres ayant réponde
qu'ils étoient François,il leur dit qu'il avoiç
I. Vol toujours
toujours eu beaucoup d'estime et d'amitié pour
cer e Nation, et une grande vénération pour
l'Empereur de France;qu'il avoir une juste idée
de ses forces et de sa puissance, et que ses Sujets
seroient toujours traités avec distinction
dans ses Etats. Il confirma tous les Privilèges
de ces Missionnaires
, et leur dit qu'il les regarderoit
toûjours comïrt- ses Freres; il ordonna
sur le champ aux Gouverneurs, et autres Officiers
iit la Géorgie d'avoir tous les égards possibles
pour eux, sous peine d'être châtiés aveo
la derntere sévérité. Les Capucins profitant de
cette heureuse disposition, lui demanderent sa
protection en faveur des Jésuites François établis
à Chamakié. et pour leur Eglise; Thamas-
Koali Kanentendant parler de Chamakié,se
mit à sourire, et leur dit que cette Ville avoit
mérité sa colere et son inJInatiol1, qu'il se
proposoit de la détruire de fond en comble,d'y
faire passer la Charrue et d'exterminer tous ses
Habitans; que pour ce qui regardait les Jésuites,
illesdédommagerait,et leurassigneroit
quequ'autre lieu qui ne seroit pas maudit de
Dieu.Ces Peres en prenant congé de lui, lui
offrirent quelques Boëtes de Thériaque et
d'autres Médicamens ; il leur donna quarante
Sequins, en leur disant qu'il étoit bien fâché
de ne pouvoir pas reconnoître plus généreusement
leur politesse, mais que c'étoit là
tant l'Argent q u'il avoir sur lui.
eScah-Nadir est de la même Secte que les
Turcs; il a été reconnu pour Roy de Perse par
Je. Grand Mogol
,
qui lui a fait à cette occasion
des présensqu'on estime monter à plus de trois
millions. Je suis, Monsieur,&c.
11 I, Vol. Hiiij• DANDANNEMARCK.
ON mande. de Copenhague,que le Roy y
1 avoit établi une Banque semblable à cell
de Londres, et dont le fond consistera en cincl.
cent mille écus; que cette Banque escomptera us
ks Lettres de Change et prêtera à quatre pour
cent; que chaque Action de ceux qUI prendront
intérêt dans cette Banque,sera de 500. écus;
que les Intéressés é iront deux Syndics pour en • avoir la régie, conjointementaveccinq Négocians
de réputation. et que le Roy nommera,
troisCommissaires qui auront inspection sur [
ce qui se passera dans les Assemblées des In-;
teressés
, sans cependant y avoir voix délibérallye.
ALLEMAGNE. 0N aprnd de Hambourg que le 25. du
mois dernier on y essuya une violente tempête
qui a causé des dommages considérables
dans cette Ville et dans les environs.
La Marée, qui fut aussi haute qu'en 1717;
inondaentierement la Basse Ville,et ses progrès.
furent si rapides qu'on eut à peine le temps de
retirer une partie des Marchandises qui étoient
dans les caves et dans les Magasins.
Plusieurs Vaisseaux dérivèrent sur leurs ancres
et furent fort endommagea. Un Bâtiment -
venant d'Archangel, périt sur l'Elbe
, et toutes
les personnes de l'Equipage furent noyées. Ily
eut plusieurs Digues de rompuës, du nombre
desquelles est celle qu'on avoit élevée près de
Freybourg dans l'Archeveché de Bremen.
Plusieurs maisons ont été emportées par les
1. Vol. caux Ir
) eaux , et on prétend que la perte causée par cette
tempête aux Habitans du seul district de cette
Ville, monte à plus de deux millions d'écus.
La nuit du premier au 2. de ce mois, il s'éleva
Un vent de Nord aussi violent que celui du 2 5.
du mois dernier, et la Basse Ville fut inondée
une seconde fois.NeufVaisseaux ont péri près.
du Heyligland, et l'on a reçû la nouvelle du
naufrage d'un Bâtiment qui étoit parti de Hambourgquelques
jours auparavant et dont on n'a
pû sauver l'Equipage ni les Marchandises.
ITAr,IE. UN Neveu du Duc d'Ormont a quitté les
Troupes du Roy d'Espagne,dans lesquelles
il servoit avec Brevet de Colonel, et ayant pris
l'habit (je Capucin, il a fait son noviciat à Cesene
, où il a distribué ses biens aux pauvres.
On écrit d: Naples, du I. Septembre,que
le R. P. François, de la Compagnie de Jesus,
venoit d'en partir pour Rome,dans le dessein
de passer au Japon avec plusieurs autres P P. de
cette Compagnie: on aprend qu'ils y sont apellés
pour la Mission du Japon par les Portugais
après ? en avoir été autrefois chassés par les Hollandois.
Sur la fin du mois dernier, les Religieux de la
Chartreuse de S Martin, envoyèrent au Roy
v selon la coûtume ,un présent de toutes sortes.
de Fruits et de Confitures, et trois grandes Cagesremplies
de Paons blancs et autres Oiseaux rares.
On écrit de Genes que les Lettres de M. Rivarola
marquent qu'on avoir reçû à la Bastie la
Confirmation de la nouvelle du départ du principal
Chef des Rebelles, et depuis on aapris
I. rel. H v qwl
qu'il étoit débarqué à Livourne, qu'il y avoir
demeuré peu de temps, et on ignore quelle route
ila prie.
La République ayant promis de donner aux
autres Chefs des Rebelles toutes les sûretés qu'ils
demanderoienr pour leurs personnes et pour leurs
biens. plusieurs d'entre eux ont déjà eû des
Conférences avec les Commissaires qu'elle a
nommés.
Les dernieres nouvelles qu'on a reçues
, portent
que ceux des Rebelles qui persistent à ne
vouloir point se soumettie , ont fait publier une
défense à tous leurs adhérens, d'avoir aucune
communication avec les Commissaires de la Ré.
publique, sous peine de mort et de confiscation
de leurs biens.
On a apris de Livourne, que c'étoit un Bâtiment
François quiy avoit conduit le principal
Chef desRebelles de Corse, et que le Capitaine
ce ce Bâtiment, pour avoir abordé contre les
défenses de S. M.T. C. dans un Port occupé par
les Rebelles,avoit été mis aux arrêts à la réquisition
du Consul de la Nation Françoise.
Les Lettres de Florence du premier de ce mois,
confirment que ce Chef des Rebelles y arriva le
12. Novembre travesti en Ecclésiastique, et qu'il
en étoit parti le même jour avec le nommé Costa
, duquel il étoit accompagné. On a depuis
apris par quelques passagers venus à bord du
Bâtiment sur lequel il s'est rendu à Livourne,
qu'avant son départ de Corse il avoit assemblé
à Sarsenna les Rebelles dont il avoit reçû le plus
Je marques d'attachement, et qu'il leur avoit dit
qu'il ne vouloir pas les laisser dans une plus longue
incertitude, que leur confiance exigeant de
lui un effort particulier, il avoit résolu d'aller
1. Vol. chercher
chercher lui-même le secours qu'il leur promertait
depuis si long-temps,quetousl'avoient assuré
qu'ils persistoient dans leur premiere résolution
qu'ils lui remettoient le soin de leurs interêts
et de leur salut, et qu'il pouvoir agir àcet
égard de la maniere qu'il jugeroit à propos
; qu'il avoir nommé ensuite trois d'entre
eux pour commander en son absence, que le
jour rte son départ, ses plus affidés l'avoient ac.
compagné jusqu'au lieu de son embarquement,
et qu'après les avoir embrassé plusieurs fois, il
les avoit assuré en montant sur le Vaisseau, qu'ils
le reverroient bien-tôt et qu'ils auroient lieu d'être
contens du succès de son voyage.
E SPAG N E.
L E 31. Octobre,le Pinque le S. Antoine de
Padoüe, commandé par Don Juan Macharo,
découvrit à la hauteur de Tarife, une Galiotte
Barbaresque, qui avoit fait plusieurs prises dans
la Barre de San Lucar, et qui donnoit la chasse
à un Bâtimentchargé de munitions de guerre
pour Ceuta. Don Juan Matharo attaqua cette
Galiotte, et ayant gagné le dessus du vent,tl
lui tira plusieurs coups de Canon à Boulets rouges
, dont un mit le feu aux Poudres des Ennemis
et fit sauter en l'air une partie de leur Vaisseau.
Les Maures ont eu en cette occasion 16,
hommes de tués ou de noyés et onze de blessés,
17.quis'étoient jettés dans la Mer lorsque leur
Bâtiment fut prêt de couler à fond, en ont été
retirés et ont été coniuits à Ceuta, où Don
Juan Maitharo arriva le même jour du Combat.
It n'y a eu personne de rué du côte des Espagnols
, et le Pinquen'areçü d'autre dommage
I. rl. H viqu
que d'avoir lacoile du Trinquetemportée.
Le ig. Novembre,le Roydonnà le Collier d&
l'Ordre de la Toison d'or au Duc de Villars,
qu'elle avoir nommé il y a quelque-temps Chevalier
de cet Ordre,à la place du feu Maréchal
de Villars,son Pere. Le même jour, le Duc de
Villars se couvrit devant S. M, en qualité de
Grand d'Espagne de la premiere Classe; et le
Marquis de Villa- Hermosa, qui a été déclaré
Grand d'Espagne de laseconde, sous le titre de
Comte de Valparasio
t eut le même honneur.
On, mande du Paraguay , que le 16. du mois.
de. May de l'année derniere, pendant que le Pere,
Julien;Lisardi,de la. Compagnie de Jésus, lequel.
étoit en Mission chés la Nation Sauvage des
Chiriguans, célebroitlaMessedans le Bourg;
de Tariguea
, une Troupe de Sauvages écoit venu
l'arracher de l'Autel ret qu'après avoir mutilé
les principales Images qui écoient dans l'Eglise
et l'avoir réduire en cendres, ces infideles,
avoient tué ce Missionnaire à coups de flèches*
Le Corps de ce Prêtre
,
qui était,né a Astcasn , dans la Province de Guipuscoa,et qui étoit âgé;
de 38. ans, a été porté à Tarija, oùon,luia
renduleshonneurs dûs aux Martirs.
A F RI^U' E. oN' a apris du Royaume de Maroc ,qu'une
partie de l'Armée des Noirs ayant aban--.
donné les intérêts de Muley Abdallah, avoir,
proclamé Roy Muley Hamet Bcn-Lariba ; que.
le nouveau Roy
,
aprdri s'être emparé de la Villede
Fez., avoit attaqué les Troupes de Muley-
Abdallah et les avoit entièrement défaites; que-
Muley-Abdallah,,sut la aouyellc de la victoire:
¡.. VoLremportée:
remportée par ce prince,s'étoit sauvé de Meq-
uinez avec ses trésors, ec s'étoit retiré dans les
Montagnes. Muley-Lariba, afin de s'attacher
davantage les Habitans de Fez
, a épousé la tille
d'un des principaux d'entre eux. Comme ce
Prince a la réputation d'être équitable et debonnaire,
ceux de son parti se promettent que son
Regne sera heureux et tranquille. Les Habitansdela
Villede Fez et ceux des autres Villes qui
sont soumises à Muley Lanba, se sont engagés
a lui fournir tous les ans trois cent mille marcs:
cpargcnt.
COMBAT donné entreune Escadre de
Vaisseaux de Malte, Commandét par
le Commandeur B Thomasi, Lieutenant
Général, et une Escadre de Vais
seaux Algériens, CmvaniL par Hidgi
Soliman Pantas sareschy Amiral ci'Al.,
ger.
L1 Escadre de trois Vaisseaux de Malte se
trouvant le 27, Octobre dernier àla hauteurs'Alicante
on donna avis au Commandant
qu'il y avoit trois Vaisseaux Barbaresques sous
le Cap de Palos:et poursignalement, quele
plus gros, de 64. pieces de Canon, avoit lesr
Garittes rouges, et les dehors de la Poupe de
couleur bleuë
, avec un grand Soieil au milieu ;
que le second étoit de 50. Canons, et le troisième
de 40. Cet avis fut confirmé par différens
Vaisseaux Marchands.
Le 19, on aprit sous Carthagene
,
qu'on avoic
vû le jour précèdent des Vaisseaux de Barbarie, l, yolr SOUS
sous le Cap de Gatté, bordant les Côtesd'.A£ri«J
que, et depuis ce jour-là il n'en vint aucune
nouvelle aux Vaisseaux Maltois.
Cependant le Commandant de l'Escadre jugeant
que les Ennemis pouvoient avoir pris la
route du Détroit de Gibraltar,fit forcer de-Voiles
de ce cô;é là, mais les vents ne permirent
pas de pouvoir le passer avant le soir du 2. Novembre.
Ayant apris
,
après l'avoir passé, que
depuis huit jours on n'avoit vû aucun Vais.
spau qui parût être Corsaire, il rentra le4. dans
la Méditerranée, et le jour suivant dans les Meu.
du Cap deMulint,où les Vaisseaux de Malte
en découvrirent sur le soir trois, qui couroient
à l'Ouest avec un vent grégal, ou Nord-Est.
Pendant ce temps-là, ceux de la Religion étoient
retenus par le calme; mais s'étant levé
un petit vent de Sud, ils tournèrent la Prouë
pour aller reconnoîcrelesVaisseaux qu'ils avoient
découverts
,
ce qu'ils ne pûrent faire ce jour.tà.
à cause de lanuit qui survint, pendant laquelle
à la. faveur d'un petit vent d'Est ,ils forcèrent
de Voiles pour pouvoir les joindre, en cas qu'ils
continuassent leur route par le détroit, où les
Maltois resterent toute la matinée, sans pouvoir
encore les reconnoître : mais à une heure et demie
après midi ils les virent enfin vers la Côte
d'Espagne, sous Marbeglia, qui couroient avec
un vent Sud-Est vers le Détroit.
- Les Vaisseaux de Malte ayant alors tourné
la Prouë du côté du vent, pour leur couper le
chemin,les Barbaresques se mirent àla Bouline,
le bord du côté d'Espagne. Les Vaisseaux de la
Religion firent la même manoeuvre pour les
poursuivre. Ceux des Corsaires étant arrivés
près de terre, après les quatre heures du soir 1.roi. ils,
ils borderent les Voiles pour se maintenir audessus
du vent; le S. Antoine que montoit le
Commandant, et leS. Vincent, ayant un peu
le dessous du vent. Ces deux Vaisseaux cependant
s'étant aprochés de terre, virerent un peu
de bord en dehors,et tournèrent ensuite encore
du côté de terre, pour empêcher les Barbaresques
de tourner la Proue,car les Malcois
les avoient enfin reconnus pour tels, s'étans assésaprochés
d'eux le soir pour distinguer les
couleurs de la Poupe
, et pour voir qu'un de
leurs Vaisseaux avoit, selon qu'on les en avoit
avertis, les Carittes rouges, et le dessus de la
Poupe bleu.
Le Commandant de Malte avoit déja tiré
un coup de Canon,et arboré le Pavillon de la
Religion,mais les Corsaires n'arborerent le leur
que fort tard.
Cependant le S. Vincent
,
qui avoir le vent
sur les Ennemis, quoiqu'il fut resté un peu en
arriere, s'étant aproché d'eux au coucher du
Soleil, les força d'abandonner le dessein ou ils
étoient de border la terre, de façon que le voyant
venir sur eux, ils prirent leparti de tenter la
fuite en virant de bord au large du côté du Sud,
le vent s'étant tourné à l'Est. Mais les Corsaires
s'étant rencontrés sur les cinq heures avec le
S. Vincenr, qui prit le vent sut eux, celui-ci
leur lâcha sa bordée,a laquelledeux Corsaires
les plus près de la Côte
,
répondirent de même.
Le S. Vînceiit ayantsur le champ reviré de bord
il atteignit en moins d'une demie heure le Vaisseau
Ennemi, qui étoi; le plus près de lui. C'é.
toit celui qui avoit la Poupe bleue. Ille battit
jusqu'à sept heures du soir, le Corsaire lui répondant
continuellement de son Canon et de sa
Mousqueiexie, Le
LeS. Antoine etle S. JeansuivoientlesBarbaresques
sous le vent, lorsque le Vaisseau bat-
.'tll par le S.Vincent étant tombé sousleS. Antoine
le Commandant lui fit une décharge de
toute son Arrillerie, que l'Ennemi évitaen rangeant
le bord. Le Commandant voyant alors
que le S. Vincent étoit plus à portée que lui du
Vaisseau Ennemi, il aima mieux suivre les deux
autres, qui étoient encore en vue; et dans le
doute où il étoit que le Vaisseau que le S. Vincent
avoit attaqué, pouvoir être l'Amiral dont
on lui avoit donné lesignalement,il ordonna
2-u S. Jean de demeurer avec le S. Vincent pour
lui donner secours en cas de besoin. Pour lui il
força de Voiles pour joindre les deux autres j
il en joignit en peu de temps un par le travers
au-dessus du vent.
Le S. Vincent qui étoit resté en arriere pcn."
dant quelque temps,voyant que le Commandant
tiroit avant, retourna à l'attaque du Vaisseau
qu'ii combatoit, il la continua jusques à onze
heures ; le voyant alors démâté de la Hune
,
il
suspendit le combat
, et ayant passé à la Poupe
du S. Jean, il dit au Capitaine qu'il étoit d'avis
qu'il allât joindre le Commandant, qui avoit
deux Vaisseaux au- dessus du vent; que pour
lui, il comptoit que celui qu'il avoit attaqué ne
lui échaperoit pas.
Ce sentiment fut celui de tous ses Officiers
et embrassé par M Deaux, Capitaine du Saint
Jean, qui suivit le Commandant; et le S. Vincent
retourna battre encore pendant quelque
temps son Vaisseau
,
qui faisoit toujours une
vigoureuse résistance. Mais le Capitaine du S..
Vincentvoyant que le Corsaire nepouvoit plus lrVoL hue
faire route, ses Voiles étant toutes mises erî
pieces -par le Canon,il cesa le combat dans le
dessein de recommencer l'attaque le lendeinaiii
matin; cependant à peine fut-il jour que le
Corsaire arbora un Pavillon blanc, pour signe
qu'il se rondoit.
Le Commandant tint toute la nuit le Vaisseau
qu'il vouloir attaquer sous le vent ; la Mer
qu'il avoir en Prouë l'empêcha d'avancer
, et il
ne le combatif point, se trouvant trop éloigné
Spoolueril lui tirer pendant la nuit. Mais des que le
fut levé, il commença à l'attaquer. Le
Corsaire répondit d'abord avec toute son Artillerie,
et ne cessa ensuite de tirer continuellement.
Cependant en moins d'une heure la Hune et la
Misene lui étant rombees, il commença à s'approcher
du S. Antoine
,
dont l'Artilleir qui hi'
soir beaucoup plus d'effet, à cause de l'aproche
du Vaisseau, qui lui donnoit moyen de tirer à
cartouche
,
l'obligea de se rendre, le combat
ayant duré environ deux heures.
, On trouva dans ce Vaisseau 1 ?8. Turcs, y
Compris le Renegat Hadgi Soliman, Amiral
d'Alger, dit Pantassaresch. et 25. Esclaves,
parmi lesquelsil y avoit 7. Italiens, 6. Espagnols,
un Portugais, un natif de Sardaigne, 2.
Corses
, un Anglois, f. Hambourgeois
, un
Moscovite et un Malrois.
Le S. Vincent ne rejonit l'Escadre que le
8. Novembre au soirdans la Raie de Malaga.
Dans la matinée suivante le Capitaine de ce
Vaisseau étant allé rendre compte de son combat
au Command ant, il lui aprit qu'étant la
veille au matin à quatre lieuës de la Montagne
de Gibraltar, occupé à radouber le Vaisseau
qu'il avoit pris, il avoit vû une Fregate de 40.
L Vol. Canons
a
Canons, qui faisoit route du cô é du Détroit , laquele ayant passé fort proche ir son Vaisseau
fui reconnue de tout le monde pour Algértenne.
il lui dit aussi qu'il avoit découvert au méme
endroit le 8. au matin, que cette Fregate
bordoit avec un vent d'Ouest l'entrée du Détroit,
et outte cela il lui confirma la nouvelle
qu'ii avoit déjà aprise des Esclaves Chrétiens
qui étoient dans sa prise; sçavoir que la Caravelle
Turque devoit de jour en jour retourner
de l'Ocean où elle est allée en course. Le Commandant
ayant tenu Conseil sur ces avis, donna
sur le champ ordre au S. Jean de partir et
de faire voile vers le Détroit de Gibraltar, a là
poursuite de ces Barbaresques, 1 quel ordre fut
eXL'cu:é sans perte de temps le même jour par lé
Capitaine Deaux
,
qui montoit le S. Jean.
Le Capitaine du S. Vincent trouva dans sa
prise 184. Turcs, le Rais ou Capitaine nommé
Shiulach, et ;1. Esclaves Chrétiens, dont uri
de Jana, dansle Royaume de Méxique, 3. François,
19. Espagnols, unGenois 3. Siciliens.
un Hambourgeois, 2. deSardaigne
, et un Maltois.
,
Les deux Vaisseaux Algériens pris
, sont tous
deux percés pour 42. Canons,quoique celui qui
aété pris par le S. Antoine ,nommé la Demy-
Lune,n'en eût que 34. montés, et l'autre nommé
le petit Posais,jX.
NOMS des principaux Officiers de
l'Escadre de Malte.
Sur le Saint AwoÍnc.
LeCommandeurThomasi,Commandantdel'Éscadre,
Capitaine. Le Chevalier de Combroux. Ca-
1.Vol. pitainô
pitaine de Pavillon. Le Chevalier Laumont, Major
,
le Chevalier Ruffo
,
Provediteur de l'Escadre.
Les Chevaliers Deynach
,
de Zaizana ec
Thomasi,Lieutenans, &c.
Sur le S. Jean.
Le Chevalier Deaux,Capitaine. Le Chevalier
Sousa, Capitaine en second. Les Chevaliers
Deroche, Lagesconre et Sarassa, Lieutenans, &c.
incent. f Sur le S. Vincent.
r Le Commandeur Lapparesse
,
Capitaine. Le
Chevalier Samsay
,
Capitaine en second. Les
Chevaliers Barnicelli, Davon et Cousis
,
Lieutenans,
&c.
Deux Enseignes sur chaque Vaisseau,et plusieurs
Chevaliers faisant leurs Caravanes.
Un Volontaire Danois
,
nommé le Comte de
Lowenorn, Capirai ne de Vaisseau du Roy de
Dannemarc. Il étoit sur le Bord du Commandant,
&c.
t On a eû avis d'Aiicante
, que le Vaisseau Algerien
qu'on poursuivoit, s'étoit réfugié dans
J le Port de Gibraltar.
L PORTUGAL.
L E 9. Octobre, on sentit entre sept ethuit
heures du soir plusieurs secousses de Tremblement
de Terre dans la Province des Algarves,
et il y eut quelques Maisons renversées aux environs
de Villanova de Portiman.
1.Pol. MORTS
MORTS DES PATS ETRANGERS.
LE 3.Noy,D. Joseph Patigno,quelesEspagnols
écrivent Patino, Grand d'Espane de la premiere
Classe, Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'Or, Commandeur d'Alcuesca dans l'Or.
dre deS.Jacques,duConseild'Etat deSM.C.
Gouverneur, ou Président du Conseil des Finances,
et des Tribunaux en dépendant, Surintendant
Genéral des rentes générales, ou revenus
roïltix,Secr,,taire d'Etatet des dépêches dans les
Départemens de la Marine, des Indes et des
Finances
, mourut après quelques semaines de
maladie, au Château de S. Ildesonse, à l'âge de
70. ans, fort regretté de L. M. C. à cause de
ses grands talens
,
de son désinteressement
, et
de son zele pour leur service. Ce Ministre,qui
avoit été dabord Jesuite, passoit pour une des
meilleurs Têtes d'Espagne, et étoit fort entendur
au fait des Finances, du Commerce et de la
Martiie-ils'étoit rendu habile par son aplication
à remplir les differens emplois, qui lui avoient
été confiés, Il fut fait au mois de Mars 1713-
Intendant de l'Armée en Catalogne,après la
prise de Barcelonne au mois d'Octobre 1714*
Il fut déclaré Intendant Général de la Princidpeauté
de Catalogne et de l'Armée,mais au mois
Novembre suivant il fut fait Secretaire des
dépêches pour les Finances des Indes Occidentales.
L'Intendance générale de la Marine d'Espagne
, qui fut ôtée à D. Antoine de Sartines,
lui fut donné au mois de Fevrier 1717 et il
1.Vol. ctiz
Élit en même temps une place dans le Conseil
des Ordres. D. Antoine de Sartines étant rentré
en possession le 21. Juillet 1720. de la Charge
d'Intendant Généraldela Marine, D Joseph
Patigno fut fait alors Intendant Général
d'Andalousie. Il eut depuis la Charge de Secre,
taire des dépêches de la Marne et des Indes
laquelle , ayant été réunie au mois de Décem»-
bre 1725. à celle de Secretaire d'Etat
, et des
dépêchesuniverselles,dont le Duc de Ripperda
venoit d'être revétu, il fut nommé au mois
de Janvier suivant, Résident à la Cour de Bru-*
xelles, et Ministre - Commissaire, pour y régler
et liquider les Comptes à faire entre la Catalogne
et la Flandres ,en vertu du Traité de
paix, conclu à Vienne. Cette nomination n'eut
point d'effet, et après la disgrace du Duc de
Ripperda
,
arrivée au mois de May 1726. il fut
rétabli dans la Charge de Seçretaire des dépêches
de la Marine et des Indes,et au mois
d'Octobre suivant, il fut encore chargé de la
Secretairerie des dépêches des Finances, ;1vec
rétention de celle de la Marine et des Indes.
Il eut en même temps le gouvernement du Conseil
des Finances et de ses Tribunaux
, avec la
Surintendance générale des revenus royaux. Il
a conservé depuis
1
toutes ces places jusqu'à son
décès. Le Collier de la Toison, d'Or lui fut
donné au mois d'Août1732. pour avoir facilité
et disposé avec beaucoup de zele, de travail
et de soins, l'expédition pour la conquête
et le recouvrement des Places d'Oran et Mazarquivir
en Afrique. Dans la maladie
,
dont
il est mort, le Roi d'Espagne,en considération
de son méritesingulier,et de ses longs
Cf importans services, lui a accordé la Gran- I.vol.desse
desse d'Espagne ie la première Classe,pour sa
personne,ses héritiers et successeurs.S. M. C..
a ordonné depuis son décès, qu'on lui fit ai
ses dépens, des obsèques avec toute la magnificence
possible
,
et qu'on celébra: pour le repos.
de son ame , 10. mille Messes. D. Joseph Pa-,
tigno étoit frere aîné de feu D. Baltazar Pa.
tigno
,
Maiquisde Castelar, Commandeur d'Alange
dans l'Ordre de S. Jacques,Gentihommede
la Chambre du Roi Catholique,de sont
Conseil de Guerre, Secretaire d'Etat et des dépêches
universelles de la Guérie
,
Ambassa eur
extraordinaire et Plen potentiaire a la Cour de
France, mort à Paris,le 19 Octobre17<3. âgé;
de 6.ans,ainsi qu'il est reporté dans le M, r-.
cure du même mois p. xjoç. Ce Marquis avoir
érousé Dona Hippolite Artendola Bo'ognina Visconti,
morte le 24. Mars de l'année Jernit're
173 5. à Madrid, à l'âge de 56. ans. l en a laissé
line fille, mariée au Lomte de Fuenc ara, Grand
d'Espagne, et actuellement Ambassadeur de s.
M. C. à Venise, et un fils, qui est D. Luc
Patigno
,
Marquis de Castelar
,
Commmandeur
de Beas dans l'Ordre de S. Jacques, qui a servi
dans la derniere Guerre en Italie, et qui étant
arrivé à Madrid le IN. Juin 1734 avec la nouvelle
de la céfaite entiere des Impériaux à Bitonte,
fut déclaré Lieutenant Général des Armées
de S. M. C. c'est à lui que passe la Grandesse
d'Espagne, accordée à feu son oncle, mort
sans postérité.
Don Scbastien de la Quadra
,
premier Commis
des Affaires Etrangères, succédé à D. Joceph
Patigno,dans la Place de Secretaire d'E- .:
tat , ayant le Département des Affaireshtian-;
geres. L'tmploy de Secretaire d'Etit rour les*
Vol. finances
finances,a étédonné au Marquis delli Tor-
\-.Nu'va, Tiésoriir Général,et ona joint par
interem à son Département
,
celui de la Manne
et celui des Indes.
Le premier de ce mois, M. Simon de SUnge,,!
landt
,
Penstonnaire des Provincçs de Hollande
et de Westfrise, mourut à la Haye,dans la 7 ic,
année de son âge. La réputation qu'il s'étoit
acquise dans l'emploi de Secretaire d'Etat deq
Provinces unies, qu'il a exercé pendant 30. ans,
et dans celui de Trésorier general des mêmes
Provinces, dont il fut p, urvù le 27. Octobre
1725 avoient engagé les Provinces de Hollande
et de Westfrise à le nommer leur Pensionnaire.
Il remplissoit cette derniere place de.
ppauris le 17. juillet 1727. et il s'y est distingué
son aplication continuelle aux affaires, et
par son zele pour le bien public
Le 11. le sieur Tholpfls Dunn Brevvil, mourut
à Londres, âgé de cent ans moins deux
jours.
FRANCE.
Nouvelles de U Cour, de Paris,&c. LE 30 du mois dernier, jour destiné pour la
présentation dela Rose d'or,que le Pape
envoyée à la Reine, S. M. accompagnée de
Mademoiselle de Clermont, Princesse du Sang
et des Dames de sa Cour , ,se rendit à midy
dans la Chapelle du Château. L'Abbé Lercari
Referendaire de l'une et l'autre Signature
, et i*-nommé
nommé par Sa Sainteté son Commissaire Apostolique
pour aporter à la Reine la Rose d'or J
fut conduit dans !a Chapelle par le Chevalierde
Saintot, Introducteur des Ambassadeurs
, et ill
fut placé près de la Reine, à la gauche du Priedieu.
La Messe fut dite par le Cardinâl ,e'nel
ry, Grand Aumônierde la Reine, lequel, apr
la Communion,descenditdel'Autelpeur pren
dre sa Chape et sa Mitre. Lorsqu'il RtremonJ
à l'Autel
,
l'Abbé Lercari présenta à ia Rem
le Bref du Pape, et Sa Majesté le remit au sieua
de Balagny, Secrétaire de sesCommandemens
quien fit la lecture à haute voix"en-Pabsein3
du Marquis de Breteuil, Chancelier de Sa Mafl
jesté, qui ne pût se trouver à cette cerémonie
La Reine monta ensuite à l'Autel
,
où s'étanl
mise à genoux,le Cardinal de Fleury debout J
recita l'Oraison accipe Rosam, à la fin de laquelle
l'Abbé Lercari donna au Cardinal de Fleu y,
la Rose d'or
,
qui pendant la Messe avoit été
posée sur l'Autel du côté de l'Evangile.La Kernel
reçut la Rose d'or des mainsdu Cardinal de
Fleury
,
la baisa,et la remit à l'Abbé de Chevriers
, son Aumônier en quartier
,
qui la port
devant Sa Majesté, depuis la Chapelle jusque
dans l'Oratoire de la Reine
,
où elle fut mise.
Le Cardinal de Fleury et l'Abbé Le: cari accompagnèrent
la Reine au retour de la Chapelle.
Le Roi, Monseigneur le Dauphin e Mesdames
de France entendirent la même Mess
dans la Tribune,etvirent la Cerémonie. |
i
Le 2. de ce mois, Premier Dimanche de l'Ai
vent ,
le Roi et la Reine assisterent dans-
Chapelle du Château de Versailles
,
à la Mes
chantée par la Musique, et l'après midi,
le
I. Vol%-Majestés
Majestés, accompagnées du Duc d'Orléans, dlt.
Prince de Dombes, et du Comte d'Eu entendirent
leSemon du P. Hericourt,Théatin,
Le 8. Fete de la Conception de la Ste Vierge
, le Roi et la R,'ir.e éntendirent dans la Chapelle
du Château de Versailles
,
la Messe chantée par
la Musique.
L'après midi, le Roi accompagné du Comte
d'Eu, entendit le Sermon du P. Herico rt Théatin, , et ensuite les Vêpres, auxquelles la
Reine assista dans la Tribune.
•
Le même jour, la Reine communia par les
mains du Cardinal de Fleury, son Grand Aumônier.
Le il le Duc d'Antin prêta serment de fidelité
entre les mains du Roi ,pour le Gouvernement
de l'Orleanois
, que S M. lui avoit
accordé il y a Héja quelque temps, en survivance
du feu Duc d'Antin
, son Pere.
Le 16. 3e. Dimanche de l'Avent, le Roi et la
Reine assisterent dans la Chape le du Château
de Versailles, à la Messe chantée par la Musique.
L'après midi, le Roi accompagné du Prince
de Dombes et du Comte d'Eu
,
entendit le
Sermon du P. Hericourt
,
Théatin.
Le 26 le Marquis Fontanelly, Envoyé du
Duc
de Modene
, eut audience publique de congé
du Roi, étant conduit par le Chevalier de
Saintot, Introducteur des Ambassadeurs, qui étoit
allé le prendre dansles Carosses du Roi et de
la Ren \.fPt ensuite conduit à l'audience de
la Reine, a celle de Monseigneur Je Dauphin,
et à celle de Mesdames de France ; et après avoir
I. Vol. 1 été
été traité par les Officiers du Roi, il fut recon.
duit à Paris dans les Carosses de leurs Majestés.
Le Roi a donné le Gouvernement de la Ci.
tadelle de Valenciennes à M. de la Motte la
Peirouze. Maréchal des Camps et Armées do
S. M. et Commandeur de l'Ordre Royal et
Militaire de S. Louis.
Le 2.+. de ce mois, veille de la Fête de la Nativité
de N. S. le Roi revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit; se rendit à la Chapelle
du Château de Versailles, où S. M. commuma
par les mains du Cardinal de Rohan
,
Grand
Auinô.ûerdi France :ensuite le Roi toucha un
grand nombre de malades. r,' 'i
L'aprèsmidi, Leurs Majestés entendirent tei
premières Vêpres, auxquelles l'Archevêque de'
Sensofficia. ,
Le 25 jour de la Fête,le Roi, qui, après
avoir assisté à Matines, avoir entendu trois Messesassista
à la grande Messe celebrée par l'Archévêque
de Sens. La Reine entendit troisi
M sses à minuit,et elle assista le hurin alai
grande Messe ainsi que Monseigneur le Dau-i
phin et Mesdames ,je france.
L'aprèsmidi
,
le Roi accompagné du Comte;
de Clermont,du Prince de Conty et dû Prince:
de Dombes, entendit le Sermon duPere Hericourt
,
Théatin
, et ensuitelesVêpres chanteéetsMpeasrdatémMesudseiqFure
a,nacuexaq&ueïlslfeès&leimrfêamuexVPcr-é*
lat
oiffcia.LaReineàtoqsejgneurle
Dauphin
et JsVol.le près.
:r l,;-r
Le 18 Novembre, on donna au Concert de
la Reine, le Caprice d'Erato ; il fut exécuté par
les Dlles Lenner
,
Hermans
,
Mathieu, Deschamps
, et par 1 sieur Chassé,
Le 3. D c m re, on exécuta le Prologue et
le p'.eivi-r.Ver e Thzse'e,où la DlleDeschamps
fit le Rôle d'Eg'ée.
Le f. le ie e- e 3e Aet"
, avec la Cantaté
de Circé de M. de Blâment, qui fut chantée
par la DUe Lenner, et accompagnée par les Sr,
Blavet et Guinon.
Le 10 on donna le 4e et je Acte; le Concert
fut terminé par la Cantate de l'Amour con-
¿uit par laFolie
,
dont la musique est de M. de
Blamont
,
elle fut chantée par la Dlle Mathieu.
Le 12. et le 17. M. de Blamont donna au
Concert de la Reine, un ouvrage nouveau de
sa composition. intitulé les Caractères de l'Amour,
Ballet héroïque
; ces Caractères forment
trois Actes, sçavoir
,
l'Amour constant, l'Amour
jaloux
, et l'Amour volage.
Le Prologue est une évocation que Mercure
fait des ombres des Poëtes galants du siecle -de
Louis XIV. pour former le Ballet.
L'idée de ce Prologue, qui d'abord ne paroît
pas fort liée au sujet, y est pourtant tout
à fait relative. Le Poëme est en effet une espece
de Centon, c'est-à-dire,qu'il est composé
pour la plus grande partie ,d'un choix de
Vers qu'on a pris dans les meilleurs AlHeur
du dernier siécle, et qui n'avoient jamais été
mis en musique: C'est une idéequivint il y
a plusieurs années, à quelques personnes de condition
et d'un goût exquis; on en conviendroit
aisément, si on les pommoit ;
ils se firent un
amusement de la composition
, ou plutôt de l'é-
1. Vol.Iij bauche
bauche de ce Poëme ; M. de Blamont, dans lesif
mains de qui il assa presque aussi tôt, y ayant
reconnu un fonds assés propre au Ballet, et pl'.-in,
de considération d'ailleurs pour ceux qui l'avoient
inventé, a cru devoir suivre ce projet
Il a chargé quelques uns de ses amis d'y mettre
la derniere main, et ensuite en a tait Ia.;
musique. L'execurion de ce Billet fur extrémement
goûtée. Les princip aux Rôses furent
chantés par les Dlles Erremans, Lennet,Math eut
Duhamel et Deschamps
; et par les Srs Ciassé-
Dangerville, Petillot
,
le Clerç
, et le Begue, qui
furent fort aplaudis.
Le 19. on donna la Fête, ou l'Impromptu dll
Labyrinthe, Divertissement de la composition du
même Auteur; et les principaux Rôles furent
chantés par les Acteurs cy-dessus.
Le jour de Noël
,
M. deBlamont fit jouer
au souper de leurs Majestés, une suite de Noëls
et de Symphonie de sa composition; ce Concert
fut très bien exécuté, et plut beaucoup.
Le 8. Décembre, Fête de la Conception de
la Vierge
, on chanta au Concert spirituel des
Thuilleries
,
le Miserere, Motet à grand Choeur,
de feu M. Bernier, qui fut suivi d'une excel- lente suite de Symphonie nouvelle, et d'un ait.
tre grand Motet du sieur Dornel. La Dlle Fel
chanta ensuite le petit Motet Cantemu-tDomino
,
de M. Mouret, avec bien des aplaudissemens
, et le sieur Cormans, un Air Italien
de la composition du fameux M Hendel
; le
Concert fut terminé par un Motet de M, de la
Lande, precedé de deux Concerto, .cL¡tés par
les sieurs Guignon et Blavet.
Le25. Fête de Noël,on chanta au même
1. (Sol Concert
Concert un très-beau Motet de feu M. Gilles
qui fut suivi u'une suite des plus beaux Noèls
exécutés , par toute la Symphonie : on chanta après
un Motet à grand Choeur de M. Gervais
,
Maître
de Musique de la Chapede du ROI, qui
fut très aplaudi. Le Concert fut terminé par
un Motet de teu M. de la Lane ,
precedé
d'un Air Italien chanté par la Dlle Fel.
L'EPE'E ET LA BALANCE,
Fab^eA<É(TORICJNE sur la P,tl,\:. A son
E,mnence M. le Cardinal de FLUJRY.
L
Aisse-moi rem pl ir ma vengeance
Contre des ennemis jaloux
,
Disoit l'Ebée à la Balance,
Je vais fraper les derniers coups;
Par toi ma valeur animée,
A la Victoire accoûtumée
,
Rejetteunindigne repos,
Eh ne m'aurois-tu reclamée
Que pour suspendre mes travaux?
Arrête, lui dit la Balance
,
Je dois mettre un terme aux Exploits;
Le Glaive n'est que la défense
Non le renversement des Loix ;
Le Rhin et le Pô
, tout est libre,
Les droits injustes sont détruits,
Tu m'as rendu mon équilibre
I. rBlt I , iij Laissa
Laisse les Nations en recueillir les fruits: -
C'est aux mains de F iLr. UR Y maintenant qui
noussommes, ;
Il n'est plus de Tbémis pour nous ;
F LEU R Y le plus sage des hommes,
Veut faire à l'Univers le destin le plus doux;
Nous ne sortirons plus de ses mains équitables
Source du bonheur des Mortels,
Et là
,
plus que jamais justes et redoutables,
Nous mériterons mieux leurs voeux et leurs
Autels. 't
RECEPTIONde M.le Marquis
de FLivacourt en La Charge de Giand.
Bailly et Lieutenant d: Roy ds Gisors.
Extrait d'une Lettre du 1 z. NQvern
bre 1736.
Hler dès cinq heures du matin on entendit
battre la Generale, à sept heures on battit
l'Assemblée
,
à neuf le Drapeau et à dix la Marche.
Une Compagnie de 100. Hommes très-bien
montés, et vêtus à la Dragonne, se détacha
pour aller prendre le Marquis de Flavacourt à
Courcelles
,
chés le Président de la Garde
,
où il
étoit depuisplusiturs jours. Ilmonta àcheval, accompagné de deux de ses Amis,sur trois de
ses plus beaux chevaux
,
superbement harnachés..
Il trouva sur toutesa route beaucoup d'Intall'"
terie en haye, les ruës et les fenêtres remplies
de monde, et il entendit beaucoup d'acclamations
du Peuple.
Toute la Noblesse s'étant jointe, elle le con-
L foU duisit
duisit en cortege au Palais, où le Lieutenant
General du Ba~age le reçût en Robe au haut
de Phscaiïcr
, et le plaça à côté du Procureur du
Roy, on fit aussi-tôt la lecture de ses Provisions,
après laquelle le sieur Frémont, Avocat, parla
sur ce sujet avec beaucoup d'éloquence et de dignité.
On alla ensuite aux opinions pour l'enregistrement
des Lettres; et immédiatement après
le Lieutenant General alla prendre le Marquis de
Flavacourt et le con luisît jusqu'au premier Siege
qu'il devoit occuper. Il lui adressa un Discours
qui futgénéralement aplaudi
,
auquel M. de Flavacourtrépondir
avec le même succès. Il y eut
encore d'autres Discours prononcés sur le même
I]jtt ; et e reste de là Séance fut rempli par la
Plaidoirie d'une Cause qui fut jugée à l'Audience
, et dont la Sentence fut prononcée par M.le
G. Bailly.
La Ville
,
représentée par ses principaux Officiers
, vint ensuiteluioffrir son présent, composé
de plusieurs bouteilles de Vins de Liqueurs.
de Vins de Champagne et de\pluqtlllS boëtes de
Confitures. Le Lieutenant General reprit la parole
etfit un Compriment des plus gracieux aù
Marquis de Flavacourt.
Toute la Cérémonie finie, on servit le dîner
sur deux Tables de cinquante couverts. Ce fut
avec tout le goût, la delicaresse et la magnificence
la plus recherchée. Il y eut cinq Services
de 47. plats chacun. Après le repas on commença
le Bal, pour lequel on avoit fait venir
toute la Symphonie deBeauvais. Mllede la Garde
en fit l'ouverture jelle prit M. d'Orillac pour
danser, M. de Flavacourt l'ayant chargé de faire
les honneurs de la Cérémonie:Il s'en acquitta
avec toute la politesse et l'attention possibles; on
,", I. 1/01. 1iiij, servit
servit beaucoup de rafraîchissemens pendant le
Bal a près lequel les Dames trouverent encore unmagnifiquerepasenambigu.
Il y eut des Illuminations par [OGtt la Ville;
celle de la façade de l'Hôtel de Ville éroit supetbe,
coii-iposée principalement d'une prodigieuse
quantité de Lampions qui formoient le nom
et les Armes de Flavacourt. Enfin pendant
toute la Cérémonie il coula des Fontaines de
vin artistement placées entre des colomnes et
des Pilastres rustiques, ornées de festons de
lierre de fleurs
, &c. et on mit à la broche des
Mouonsentiers vis-à-vis ces Fontaines, pour
régaler le Peuple.
Les noms et qualités de M. deFlavacourt;
sont,François-Marie de Fouilleuse, Marquis
de Flavacourt, Mestre de Camp de Cavalerie,
Grand-Bailly de Gravelines,Bourbourg, Gisors,
les Andelis et Vernon. Il est fils de feu Michel
de Foüilleuse de Flavacourt, Capitaine aux Gardes
Françaises, et de D. Marie-Marguerite
Rouxel dt Granceyde Médavid.
Cette Maison est en possession du Grand Bailliage
de Gisors depuis plus de 200. ans, ainsi que
du Gouvernement, dont elle ne s'est démise que
lorsque Gisors a cessé d'être un Apanage de lat
Maison Royale. Elle a fourni plusieurs Commandeurs
et Chevaliers de Malte, des Lieutenans
Généraux, Commandeurs des Ordres du
Roy, Gouverneurs de Places Frontieres
, et
plusieurs Officiers qui se sont distingués tant
sur Terre que sur Mer. C'est une des plus anciennes
de la Province, et qui a les plus grandes
Alliances.
-
1. V4* -.
-
A
A M. ASSELIN.
Proviseur du College d'Harcourt
BOUQUET.
Obs:quii rnonumentiim et pignits amoris.
Que
pourois-je t'offrir pour celebrer ta Fête,
Illustre Favori des neuf sçavantes Soeurs ?
Leurs festons immortelsont couronné ta tête.
As-tu besoin du vain éclat des Fleurs,
Qui ne peuvent braver les coups de la tempête ;
Et dont un jour voit naître etmourir les couleurs?
Daigne agréer nos voeux, tendre hommage dCtl
coeurs,
Dont tes vertus t'assurent la conquête.
1.voil 1 v. LETRB
L ETTRE de M. le Commandeur Tom-
Vtazj,Lieutenant GénéraldesVaisseaux
de Aialte
,
à M. Csîbbé de Saint
Pierre,envoyée par M. le ConmandeHf
de TarlïbonneattJ Trésorier de l'Ordre ,
au Tew.ple le 26. Novembre 1736.
L A vénération que conservent, Monsieur ;,
tous les Officiers des Vaisseaux de Malte
pour M le ChevalierdeSaint Pierre, leur
premier Commandant, les a porté à lui érigerunTombeau.
L'Inscription qu'on y a gravée
nous propose un )todé'? quenousrous
efforceronsd'imiter eux et m. i
,
qui suis dansune
p'ace qu'il a r mplie si dIgnement. C'est
au nom de tout le Corps que je vous envoyé
cette Epitaphe. Je le fai« avec autant de plaisir
que l'en trouve à vous temoigner combien j'ai
l'honneur d'être, Monsieur, Votretrès-humfcle
et très obéissant serviteur.Signé,Chevalier
Commandeur Tomrr.aù.
A MalteU 16. Septembre 173tf.-
D. O. MFr.
Francisco de Castel S. Pierre
Equiti Ven. Ling. Franciæ
Census Magistralis de Pieton Commenda
tario
Qui ob suam in re Militari virtutem , ac pru- deotiara-Gia~
Clarissimo in Gallicis oris nomine sibi
comparato
- Ubi primum instituta fuit bellicarum naviui®
classis
In supremum hujus moderatorem
Totiusque navalis militiæ locum.tenentem Gen,
Delectus est anno M. DCCII.
Postque fere triennium possessionem inivit
Anno M. DCCVI. cepit prætoriam navim tunetanam
Annoque sequenti Orano auxiliaris adfuir
Postea valetudinem facinorum suorum curriculo
Adversantem sentiens
Sese à suscepta Plovincia abdicavit
Optimam regiminis normam successoribus rc-i
linquens
ObiitVersaliis XIV. Cal.Jun. an. M. DCCIX.
Equites bellicis navibus præfecti
Primo earum moderatori optime merito
Monumentum hoc
Proprio astc posuerunt anno M. DCC. xxxru-
Réflexion.,
Ce Monument fait à la vérité beaucoup d'honneur
aux grandes qualités du feu Commandeur
de S.Pierre; maisje ne sçais s'il ne faitpasautant
d'khonnVeurqàLceIux.qu\i l£'ont é rigé ,et s'il n'est
n'est pas une preuve permanente dWPur gtanJ
amour pour ces grandes qualités, qui sentes
font les Grands Hommes.
MORTS., NAISSANCESI
L E 12. Novembre 1736. Jean Denis letif
Souche Sshn ur de Chauviere,(Tentirboin..
me d'une ancienne Noblesse de Bourbonnois,
mourut dans la ville de Montluçon, âgé d'environ
42. ans, et sans laisser de posterité. Il étoit
,
fils unique de feu Claude de la Souche, Seigneur
de Chanviere,et d'Eleonore de Courtay.
Le 1 5.Jean CesarRousseau de la Parisiere,
du Diocèse de Poitiers, Evêque de Nismes en
Languedoc
, et Abbé Commandataire del'Abbaye
de S. Gilles ,O S. TS. dans son -
Diocèse
, mourut à Nismes. Il avaitétéDépuré de
la Province de "onJ deaux àl'Assemblée Generale
du Clergé de 17 ç Il fut nommé à l'£.
vêchédeNismes,Suiffragant de Narbonnele11
Juillet 17 10, & facré le 8 Février 171 T par le
feu Cardinal de Noailles, Ce fut lui qui prononça
le 2 Juin 1714, en l'Eglise de N. D. de
Paris, l'Oraison Funebre de feuë Marie-LoüiseÇabridle
de Savoye
,
Reine d'Espagne. Il harangua
le Roi à la tèr, des Deputés des Etats de
Langueduc, le 30 Septembre 715 ,
étant Député
du Cergé de cette Province. Il fut au/fi
Député de la ProvincedeNarbonne, et l'un
des Présidens à l'Assemblée GeneraleduClergé,
tenuë en 1730 ; et ce [nt 1vi
,
qui à l'ouverture
de cette Assemblée fitla Prédicationle 5 Juin, et
qui
qui après sa clôture harangua le Roi à la tête des
Dépatês le 17 Septembre suivant. Il eut au mois
de Janvier ,7ji l'Abbaye de S. Jacques de Provins
, O. S. A. l). de Sens, qu'il n'a possedé
que jusques au mois de juin 1732, ayant obtenu
alors celle de S. Gilles, Il étoit Protecteur
de l'Académie établieàNismes.
Le 19. Charles-Ferdinand FrançoisdelaBaume-
Montrevel, Marquis de S.Martin, Mestrede
camp de Cavalerie, et ci-devantColonel du
Regiment de Roüergue Infanterie
, par commission
du premier Fevrier 1719 ) mourut dans le
Comté le Bourgogne, où sont situées ses Terres
,
dans la 42e année de son âge, étant né au
mois de Mars 169 5 Ilétoit filsaîné de Charles-
Antoine de la Baume-Montrevel
,
Marquis
de S. Martin, et de Françoise de Poitiers-Vadans.
Son Frere puîné, apellé le Comte de la
Baume-Montrevel, mourut en Allemagne le j-
Avrildel'année derniere 1735, étant Brigadier'
desArmées du Roi, et Colonel du Regiment de
Roüergue, qu'il avoir eu par la démission de
son Frere. Le Marquisde la Baume-Montrevel
qui vient de mourir y , avoirépousé le 19 Juillet
1723Elisabeth-Charlote de Beauvau, née kîtf
Novembre 1705 ,
Fille aînée de Marc de Beaa.
vau, Comte de Craon, Prince du S. Empire,
Grand d'Espagne de la premiere classe
,
Conseiller
d'Etat, et Grand Ecuïer du feu Duc de
Lorr ine
, et d'Anne-Marguerite de Ligneville, Dame d'honneurde la Duchesse Douairiere de
Lorraine.
Le I Décembre Louis Genevieve de La Mothe
Houdancourt,Fils unique de Louis-Charlesde
La Mothe-Houdancoult, Marquis de La Mothe
1
Seigneur du Fayel, Grand d'Espagne,
i.iewe-5
Lieutenant General des Armées du Roi, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de MaJeresJ et
de Dame Eustelle Thérese de Courbon de la Roche
, son épouse, mourut de la petite verole à
Paris, âgé de 12 ans, étant né le 4. Decembre
1724.
Le 2. Claude-Jean-Baptiste-Hiacinthe-Joachim
Rouault, Marquis de Gamaches. Seigneur &
Gouverneur de Saint Vallery sur Somme,Comte
du Pays & Roc de Cayeu, &c. Lieutenant
Géneral des Armées du Roy, mourut à Paris
dans la 8 fe année de son âge, étant né le U;
Août 16Í1.. Il avoit été successivement Mestre
de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 16jj.
Brigadier le 10. Mars 1690. Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis le 6. Fevrier 1694.
nomme au moisde Mais 1695. pour être auprès
de la personne du Duc de Chartres, et faire
les fonctions de premier Gentilhomme de sa
Chambre, fait Maréchal de Camp le 3. Janvier
1696. choisi aumois ce Mars 1702. pour être
toûjours auprès de la personne du Duc de Bourgogne
,
nommé Généralissime de l'Armée du
Roi en Flandres, et enfin déclaré Lieutenant
Géneral le 23Décembre17 02. Il servit encore
l'année suivante au Siége de Brisac. Il devint
en 1704. l'aîné de sa Maison, et en recueillitles
biens par la mort de Jean - Joseph Rouault r Marquis de Saint Vallery
, et de Gamaches, soaneveu
,
qui fut tué à la Bataille d'Hochstet. IL
prit en meme tems le titre de Marquis de Gamaches,
au lieu de celui de Comte de Cayeu il
qu'il avoit porté jusqu'alors. Il avoit érousé au
mois de Décembre 1680. Louise-Madeleine de
Lomenie, sa cousine germaine, fille de feu:
Louis-Henry de Lomenie,Comte de Brienne,
, et de
et de Montberon
,
ci-devant Sectetaire d)EtarjI'
et de Henriete Bouthillier de Chavigny. Il n'en
laisse qu'un fils, qui eu Jean-Joachim Rouault,
Comte de Cayeu, Maréchal des Camps et Armées
du Roy, marié
, et ayant des enfans.
Le7. Loüis Gabriel ~Tardu'u Chevatier,Seigneur
d'Esclavelles, Brigadier des Armées du
Roy du premier Février 1719. Commandeur de
l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis du 19.
Septembre 1711.. et Gouverneur de la Citadelle
de Valenciennes, mourut à Paris, âgé de 71.
ans. Il étoit en 1722. Lieutenant-Colonel du
Régiment du Roi Infanterie
, et ce fut lui qui
futchargé au mois de Septembre de la même
année, de la défense du Fort de Montreuil, qui
avoit été élevé pour donner au Roy la premiere
idée de la defense d'une Place.
Le 13. Georges Mareschal
, Ecuyer, Seigneur de
Bievre,et de Velizy
,
Conseiller a prmier Chirurgien.
du Roy, et Chevalier lie l'Ordre de
S Michel, mourut en son Château de Biévre
près deVersailles,âgéde78 ans Il étoit Chirurgien-
Juré de S. Côme à Paris, et avoit été longtemps
Chirurgien ordinaire de l'Hopital de
la charité des Hommes. Il s'étoit aquis une
grande réputation dans sa profession par son habileté dans les opérations les plus difficiles;
c'est ce qui le fit apel er dans les Consultations
que lefeuRoy fit raire en 16916. pour un abscès
considérable, dont S. M. fut attaquée à la
nuque du col. Après la mort deCharles-François
Felix, il fut déclaré au mois de May 1703.
premier Chirurgien du Roy;il fut fait aussi Maîr
lire, d'Hôtel de S. M. au mois de Juiu 1->06. én-r
nobli par Lettres données à Versailles au mois
eie Décembre 1707. et honoré du Collier de
&
S. Michel en 1723. Il laisse un fils Georges-
Loüis Mareschal, ci-devant Gentilhomme ordinaire
de la Maison du Roi, et son Maîtred'Hôtel
, et aujourd'hui l'un desFermiersGénéraux
de S. M. depuis1732.
Le ao. Novembre, naquit Louis-Gabriel,
fils de Jean-Victor de Rochechouart, Comte
de Mortemart
,
Colonel du Régiment de Dauphiné
; et de D. Eleonore-Loüise-Gabrielle-
Françoise de Crux son épouse.
ARRESTS NOTABLES.
A RREST du 19 Moy, qui ordonne que conformement
à la Déclaration du11. Janvier
1736. le premier Président de l'Election de Paris
, fera seulles fonctions de Lieutenant Criminel
, à l'exclusion des autres Officiers de ladite
Election.
ORDONNANCE DU ROY, du 17 Août
par laquelle il est dit que S M. ayant vû l'Ordonnance
renduë le n Juin 1736. par l'ArchiduchesseGouvernante
des Pays- bas, & publiée
le JO. dudit mois au Consisoire du Conseil de
Flandres, porTant que les Meurtriers, Voleurs,
In;.nciaires, Détrousseurs de chemins, et autres
criminels dE pareile nature, qui, après
avoir commis lesdits crimessur Terres de ia domination
de S. M. se retireront sur celles de la
dominationde l'Empereur auxdits Pays bas, y
seront arrêtés, et remis au pouvoir des Officiers
, oa
ou Juges qui les réclameront
; S. M s'est déterminée
d'autant plus volontiers à établir sur cela
une reglé réciproque dans ses Provinces de Flandres
,
Artois, Haynault, et des Evêchés, qu'Elle
est persuadée que le moyen le plus sûr de prévenir
ces sortes de crimes, est d'ôter à ceux qui
les commettent, tome esperance d'asyle et d'impunité
: et en conséquence, Elle a ordonné et
ordonne que tous criminels prévenus de meurtres
,
assassinats
,
incendies,vols de g ands chemins,
et autres crimes semblables, qui,après
les avoir commis sur Terres de la domination
de l'Empereur aux Pays-bas, se retireront sur
celles de la domination de S. M en Flandres,
Artois,Hynault, et dans les Evechés
, seront
arrêtés, et remis àu pouvoir des Offi îerg et Juges
du lieu du délit, sur leur simple réclamation
: Voulant S. M. que dans le cas où il se
trouveroit quelque difficulté à décider, si les
chefs d'accusation sont de l'espece des crimes
ci- dessus enoncés, les Magistrats et Officiers
qui en auront pris connoissance, soient tenus
de communiquer aux Officiers de S. M. les
charges résultantes de leur information, pour
en être par eux rendu compte à S. M. et être
par Elle ordonné ce qu'il conviendra; le tout
tant et si longuement qu'il en sera u;.é réciproquement
dans les Pays-bas de la domination de
l'Empereur.
AUTRE du 15 Août, qui ordonne la supression
d'un Livre qui a pour titre : Réfutationdes
Anecdotes, &c. par lequel S. M. ordonne
que ledit Ouvrage imprimé sous le titre
de
: Réfutation des Anecdotes. adressée à l'Auteur
par Messire Pierre-François Laffiteau Evejue de
Sisteron t
SiJltron
,
ci-devant chargédesAffaires du Roiauprès
du Saint Siége
,
Tome second. A Avignon chésFortunat Labaye, Imprimeur & Libraire,à,
la Place de S. Didier, sera et demeurera supprimé.
Enjoint Sa Majesté à tous ceux qui en ont
des exemplaires, de les remettre incessamment
au Greffe du Conseil, pour y être supprimés.
Fait deffenses à tous Imprimeurs, Libraires,
Colporteurs et autres, de quelque état, qualité
etconditionqu'ils soient, d'en imprimer, vendre
,
débuter ,ou autrement distribuer, à peine
de punition exemplaire
, &c.
AR RES T du Parlement, au sujet d'un
Libelle, &c.
Ce jour les Gens du Roy sont entrés:et M11-
tre Pierre Gilbert de Voisins, Avocat dudir
Seigneur Roy, portant la parole, ont dit: Qu'il
vient de leur tomber entre les mains un Imprimé
sans aveu, qui se répand sous le titre, de
Remontrance
, ou seconde Lettre à Monseigneur
l'Archevêque de Paris. Que ce Libelle étant une
suite de la Lettre sur le nouveau Breviaire de
Paris, qui fut condamnée par l'Arrêt de la Cour
du 8. Juin dernier. et portant un caractère également
repréhensible, ils croyent n'avoir qu'à
employer cet Arrêt à son égard : et requierent
qu'il plaise à la Cour ordonner que ce nouveau
Libelle dont ils ont l'honneur de lui remettre
un Exemplaire
, sera laceré et brûlé dans la Cour du Palais, au pied du grand Escalier, par l'Elécuteur
de la Haute Justice: Qu'il soit fait
très-expresses inhibitions et défenses à tous Libraires
, Imprimeurs, Colporteurs, et à tous
autres, de l'imprimer, vendre, débiter ou autrement
dstribuer: Enjoint à tous ceux qui en
auroient
auroient des Exemplaires, de les remettre incessamment
au Greffe civil de la Cour, pour y être
suprimés : Qu'il soit permis à eux Gens du
Roy de faire informer contre ceux qui ont compose,
imprime, vendu, débité ou distribué ce
Libelle, pardevant un Conseiller de la Cour,
pour les témoins qui seroient à Paris
, et pardevant
les Lieutenans Criminels ces Bailliages et
Sénéchaussées,et autres Juges des cas Royaux, à la poursuite de leurs Substituts, pour les témoins
qui se trouveroient sur les lieux; pour
les informations faites, raportées, et à eux
communiquées,être par eux pris telles conclusions
, et par la Cour ordonné ce qu'i apartiendroit
: ordonné que copies collationnées de
l'Arrêt, seroient envoyées aux Bailliages et Sénéchaussée.
s..«n' Ressort, pour y être lû, publié
et registré : Enjoint à leurs Substituts d'y tenir
la main, et d'en certifier la Cour dans le mois.
Eux retirés:
Vû ledit Libelle intitulé: Remontrance, ou fe.
conde Lettre à Monseigneur l'Archevêque de P&m
ris. La matiere sur ce mise en délibération.
LACOUR, faisant droit sur les Condu
sions des Gens du Roy, à arrêté et ordonné
que ledit Libelle sera lac ré et brûlé dans la Cour
du Palais
, au pied du grand Escalier d'icelui ,
par l'Exécuteur de la Haute- Juftice. Fait trèsexpresses
inhibitions et défenses à tous Libraires
, Imprimeurs,Colporteurs et à tous autres
de l'im primer, vendre, débiter, ou autrement
distribuer:Enjoint à tous ceux qui en auroient
des Exemplaires de les remettre incessamment
au Greffe civil de la Cour, pour y être suprimés
; permet au Procureur Général du Roy, de
faireinformer contre ceux qui ont composé,
imprimé
)
imprimé, vendu ,débité ou distribueleditLibelle,
pardevant Maître Aymé-Jean-Jacques
Seveit,Conseiller,pour lestémoins quiseroient
en cette ville de Parts. et pardevant lc3 Lieute-,
nans Criminels des BailliagesetSénéchaussées,
et autres Juges des cab Royaux, à la poursuite
des Substituts du Procureur General du Roy esdits
Siéges pour les témoins qui.se trouveroient
esdits lieux, pour les informations faites,rapportées
et communiquées au Procureur General
du Roy, être par lui pris telles Conclusions, et
par la Cour ordonné ce qu'il apartiendra. Ordonne
en outre que copies collationnées du présent
Arrêt, seront envoyées aux Bailliages et
Sénéchaussées du Ressort, pour y être lû, publié
et rrgimt. Enjoint an* Substituts du Procureur
General du Roy, d'y tenir la main, et
d'en certifier la Cour dans le mois. Fait en Parlement
le 20. Août 1736. Signé
,
DUFRANC.
Et leditiourvingt Août mil fept cens irentefix
à la levée de la Cour, en exécution du susdit
Arrêt, le Libelle y mentionnéa été lacéré et jetté
au feu par l'Exécuteur de la Haute-Justice au bas
du rand Escalier du Palais, en présence de Nous
Marie Dagobert Ysabeau, l'un des trois premiers
et principaux Commis pour la Grand'Chambre >
assisté de deux Huissiers de ladite Cour. Signé,YSABEAU.
t
ORDONNANCE DU ROY, du io. Août,
portant
que le Regiment de Cavalerie, vacant
par le décès de M. le Duc du Mayne, sera mis
dorénavant sous le nom et commandementdu
sieur Marquis de Saint Simon ,Mestre-de-camp,
et prendra rang après celui de Toulouse.
ARREST
ARREST duParlement, du 30 Août J736,
qui condamne Thomas Cheron, d'être attaché
au C rcan , ayant Ecriteaux devant et derriere ,
portant ces mots : Rebe.'i(m'la re armé d'un couteau.,
et ensuite fustigé et lf érri d'un fer chaud
en forme de fleur de lys, pour avoir fait rébellion
, et blessé un Garde de l'Hôpital de Biscê-
Ire avec uncouteau.(
AUTRE du Conseil
,
du 4.Septembre, qui
ordonne qu'il sera procedé par Messieuis les lntendans
d**s Provinces et Généralités du Royau..
me ,
à l'adjudication de la fourniture de l'étape
aux Troupesde Sa Majesté,pour l'année 1757.
AUTRE du 11. servantdeRèglement pour les
Veuves, Enfans
, et les plus proches Parens des
Officiers décedés en perte d'Offices.
AUTRE du 18
, portant règlement pour differentes
sortes de Camelots et Etamines qui se
fabriquent à Amiens.
AUTRE du même jour, qui permet le transport
des grains des Provinces de Flandres, du
Hamault,et des Evêchés de Metz, Toul ep
Verdun
,
dans les Pays Etrangers.
AUTRE du 20. Septembre, qui confirme l'établissement
du Séminaire de Meaux, dans l'Hô..
pital de Jean Rose de la même Ville.
ORPONNANCE DU ROY du 25. pour
regler le nombre des Officiers de ses Troupes
d'Infanterie Françoise, qui auront congé par Se-
Baes.re.
AUTRE
AUTRE du même jour, pour regler le, nomtarc
des Officiers de ses Troupes de Cavalerieet
deDragons
,
qui auront congé par Semestre,
Le second volume du Mercure de Décembre est
Actuellement sous presse et paroitra incessamment.
- Table.
p TECES FUGITIVES. La Solitude Ode, 2591
Réponse au sujet de la Naissance de SalOl
Louis, 2595
La Rose et l'Immortelle .Fable
, 260C
Lettre au sujet du Poëme sur la Peinture, 160I
Madrigal z61o
Lettre au sujet d'une Coûtume de l'Eglise du
Puy, 16n
Bouquet à Mlle du B. 2616
Lettre de M. de la F. sur la Porte ou Cour, &c.
î617
Ode traduite d'Horace, 1,611
Réponse de Mad. Archambault à la prétenduë
réfutation de M. L. L. 1624
JI. M. l'Abbé de Neuville, Pers, 2647
Doute proposé aux Sçavans,au sujet des Auteurs
des Annales des Rois de France,dites de
S.Bertin, 1649
Le Triomphe de l'Amour,Ode, 1669
Deuxième Lettre touchant un Suplement à l'Histoire
de l'Eglise de Meaux, lééz
Réponse à la deuxième Lettre
J
2666
Elégie, 2.680
Question intéressante, jugée au Parlement de
Rouen,
,
68r
Enigme
~ugm*,Logagryphcs, fcc. i70tf
NOUVELLES LITTERAIRES, DES BEAUX-ARTS,
- &c. 17ô2
Nouveau Calendrier à Compas
, 1710
Principes de l'Histoire pour l'Education de la
jeunesse ,&c.2712 Eloge dt. laPaix, Ouvrage d'Eloquence, &c.
17r*
Histoire des deux Aspasies, Femmes 1Huîtres, "v.- T - 2717
Ode au Roy sur la Paix,2.72.I Hymnes du nouveau Bréviaire, traduites, et
paraphrasés,&c. 27"b
Le nouvel an, Dissertation Historique, Morale
,
&c. -' 2724
Essay Phi osophique sur l'ame des Bêtes. 2715*
Livres de Médecine nouvellement reçus à Paris
des PaysEtrangers,2726
Extrait de Lettre écrite de la Laponie sur les
Observations Astronomiques des Académiciens
1730 Extrait de Le ~re écrite de Florence, PlusieursNouvellesLittéraires contenant , ,2.73+
Figure en basrelief gravé, 2840
Catalogue -des differ tes suites de Médailles
1 antiques du Cabinet de M. Lebret, 2741
Mort de la Comtesse de Verruë
, 2743
Suite des Portraits des Personnes Illustres;2745
Air noté,274 Spectacles, 2747
Les Gallois,Parodie de la Tragédie de Pharamond
, 274&
Parodies d'un air de l'Opera de Médée,et d'un
autre des Indes Galanies2755
Nouvelles Etrangères, de Turquie et Perse, 27^8
LePttreede Cronsstaenti,nople sur le nouveau Roy de - 27j5
De Dannemarck, d'Allemagne et d'Italie, 1764
D'Espagneet 0'AlnljU' 2767
Combat Naval entre deux Escadres de Vaisseaux
de Malte et d'Alger, 2769
De Portugal, Morts des P.J)S Etrangers
, 2776
France. Nouvelles de la Cour, de Paris,&c.
Presentation de la Rose d'or
> 2779
Concetrede Iii Reine, 2.783
L'EPpéeaet laIBxalan,ce2, Fab.le7Allegogrique)surla Réception du Marquis de Flavacourt, &c.,,
Bouquet. 2789
Lettre du Command ur Tommazi,&c. 1790
Mor;s,Nai'sancts,&c. Z792
Arrêts Notâbles
, 2796
Fan'es a corriger dans ce Livre.
p)<Age1613. tgne 11. JVp* lifèz.etfpCt. P 2^19.
Mï.tfl.M*T*y»sl7fJt.iTà.Ifj.ii l 9,
«r«éy>0(lTtt.'Wfùot l.13.'Bit?' If fÍ l. 2.41filC1"!
(Skfonxil ««pj'rofratf. idem '7roi I 2620
l 9.h'&-s, iv&is. P.iftii. LII.AI6»'VT»»
À:jo'vt«» 1.Il., (V/CIl 1.l'o'Í.s,111.S-é9-II,Ô"
J.S'"fpoTII)ÕH, l il '¡;;(lX£Y l 'G1'Clpt'cxn.
P. 2660. 2. du bat:, Etimene l. Chlllcne.
P. 2^8. 1.26 1o5'1. 1506. &c.
P. 2706. 17à,ôtez- cette lmre.
P- 2739.1. 31. Spigazioni,l. Spiegazione. I.1743.1. 5 zon, con,
La Tlanchegravéedoit regarderla pag' 1840
LA Chansonnotée doit rtgarder La ta., 174^
Qualité de la reconnaissance optique de caractères