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if1lo1t,o1s f1
Chez
GUILLAUME CAVELIER, rue
S. Jacques, au Lys d'Or.
LA VEUVE PISSOT, Quay de Conty,
à la descente du Pont-Neuf, au coin
de la ruë de Nevers, à la Croix d'Or.
JEAN DE NULLY.auPalais,
à l'Ecu de France & à la Palme.
M. DCC. XXIX.
tfvee approbation & Privilège du ROIQ
AVIS.
b Jg-JchAoDseRs ESSE generaJe pour toutel est À M. MoREAU,
Commis au Mlretire,vis-k-vis la Co;.;edie
Frllnfoifè, à Paris. Ceux qui pour leur
commodité voudront remettre Leurs Paquets
tachetez, auxLibraires qui vendent le
Adsrcure le Paris, pHvent se servir de
cette voye pourles faire tenir.
On prietrès - i/ijlarnment, quand on
étdrejfe des Lettre ou Paquets par la Posse,
£a'voir foin elenaffanchir le Port,
Comme cela s'est toujours pratiqué, afin
J'épargner , à nous le aéplaijir de les
rebuter, & k cenx qui ics envoyent,
celui, non - feulement de ne pas voir
paraître leurs Ouvrages
J
mais même de
les perdre , s'ils nen ont pas gardé de
copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers, ou les particuliers qui souhaiteront
avoir leMerclve de France de
la premiers mai", & plus promptement ,
n'auront qu'a donner leurs adrsjfes à M.
M,rtAH, quiaura ftin defairs leurs paquets
sans perte de temps, & de les faire
porterfw theure À la Poste, ou aux Afefageries
qu'on lui indiquera.
PAIX XXX.gols.
PIECES FUGITIVES,
en Vers &enProse.
L'IMPENITENCE FINALE.
ODE.
Uel bruit! quels feux épouventables,
Semblent menacer les Humains!
Seigneur, quels crimes détestables,
Mettent la foudre entre tes mains!
Autrefois à nos voeux propice,
De nos coeurs l'humble Sacrifice
Appaisoitton juftecourouxj
A ij Fat
Faut-ilqu'aujourd'hui plussevere,
Ton bras comble notre misere
, Par ses plus redoutables coups t
Ainsi parloit, plein de tristesse,
Un Mortel, dont l'intégrité
> Arrêtoit la main vengeresse
, D'un Dieu justement irrité.
Loth, qui seul par des voeux sinceres,
Adoroit le Dieu de ses Peres,
Sans cesse à ses pieds abbatu
}
Loth, qui malgré l'exemple horrible
D'un Peuple au seul crime sensible,
Gonservoit toute sa vertu.
Sodome en proye à Ces caprices,
fit livrée à l'aveuglement
Comptant ses momens par ses vices,
Semble pecher impunément:
Mais le juste vengeur des crimes,
Tôt ou tard frappe ses Victimes.
C'en est fait: le coup va tomber;
Le bras du Tout-Puissant s'apprête,
A briser la coupable tête,
Qui refuie de se courber.
Le moment décisif avance,
Peuple
Peuple infame. tu dois périr,
Puisqu'àsa divine clémence,
Tu ne daignes pas recourir.
Quoy ? dans l'instant même où la foudre ,
Est prête à te réduire en poudre,
Rien ne peutamollir ton coeur!
Situveuxfléchir sacolere,
Pousse au moins un soupir sincere.
Qui marque ta vive douleur.
Sa bonté toujours prévenante,
Peut encor suspendre ses coups :
Il t'offre une main bienfaisante,
Si tu tombes à ses genoux.
Menage l'instant qu'il te donne,
Crainsenfin qu'il ne t'abandonne,
Hâte-toi de fléchir ion coeur;
Où bien-tôt cessant d'être Pere,
D'une vengeance necessaire,
Il va déployer la rigueur.
Mais qu'apperçoi-je? quelle rage!
Le mal au comble est parvenu:
La Nature éprouve un outrage,
Jusqu'à ce moment inconnu.
Soleil. refuse ta lumiere,
Au crime qui dans sa carriere
Prend un si détestable essor.
QQ'Ofcs.
Qu'oses tu tenter, Peuple infame?
D une si criminelle flamme,
Les horreurs te manquoient encor
Frappe,Seigneur, réduis en cendre,
Ces Victimes d'iniquité;
Tu voudrois en vain les attendre,
Ils fatigueroient ta bonté.
Mais j'entends la foudre qui gronde
* Un torrent dg feu les inonde
VÈtsrnel vient de les punir,
Déja l'execrable Sedôme
De sa splendeur n'est qu'un fantôme
Perdons-en jusqu'ausouvenir.
B. D. V.
LETTRE de Mtdemoifelle de* ***.,
écrite de Dreux,a M* Compfon au sujet
d'un Livre intit'ilt'. i'Arc d'orner l'cf""
prit en l'araufant.
Ous vos amis, Monsieur, vous attendent
avec beaucoup d'impatience;
pour vous en donner des marques, chacun
d'eux veut fournir soncontingent,afin
de vous bien recevoir. Les uns projettent
une partie de Chasse pour le jour ou le
lenlendemain
de votre arrivée; les autres
prennent des mesures pour faire une pêche
copieuse & digne de vous. Pour moi
qui connois un peu mieux votre inclination
,
je me dispose à vous recevoir en
vous mettant entre les mains un nouvel
Ouvrage de M. Gayot de Pitaval
, que j'ai
reçu depuis peu, &qui a pour titre
,
lyArt
d'orne l'Espriten Pawuftnt3 ouNouveau
choix de t uits vifs, saillans & l gers y
fOie en Vers, soit en Prose, deux volumes
in 2.contenant ensemblecinq à six cens
pages, imprimez à Paris, chez Briassonr
1728. avec Approbation & Privilege.
Avant que vous puissiez voir cet Ouvrage
, je vais vous en donner une idée.
C'est une compilation que l'Auteur a faite
àsa manicre, & un Recueil tiré des Livres.
des Bons Mots, des Livres en Ana, & du
Mercure de France, Lettres galantes,
Lettres dintrigue, Lettres même spirituelles;
Critiques de certains Ouvrages,
sur tout des Pieces de Theatre, Sonnets,
Epigrammes,Eloges.toutcela entre
dans ce Recueil. J'ai pris plaisir en le lisant
à me rappeller la mémoire de ce que
j'avois déjà lû dans d'autres Ouvrages en
ce genre.
L'Auteur avertit que c'est le reste des
matériaux qu'il a étalez dans ritici-urs
volumes; la dépense,dit-il,enétoit faire,
encore
encore ne falloit-il pas la perdre. C'est
peut-être pour cela, Monsieur, qu'on
doitl'excuser sur certains traits fort connus
& fort communs qu'il n'a pas craint
d'admettre dans ce Recueil. Au reste,
Monsieur, on ne laisse pas d'y rencontrer
d'assez bonnes choses, & les personnes qui
se trouveront dans desProvinces,éloignées
des Livres, ou qui ne se soucieront pas
d'employer bien sérieusement leur temps,
seront ravies d'avoir cet Ouvrage.
M. Gayot a promis d'orner l'esprit en
l'amusant, il ne faut donc pas attendre
des préceptes, mais des exemples. Il a
voulu orner l'esprit de ces traits qui font
les délices des conversations; un petit
conte, un bon mot, une circonstance
curieuse de l'Histoire du temps, des fragmens
de l'Histoire ancienne,des Anecdotes
, des Vers délicats
,
certains jeux de
mots privilégiez qui frappent.Voilà ce que
M. de Pitaval a voulu donner à l'esprit.
Ce volume ne doit pas avoir une étoille
plus malheureuse que ceux qui l'ont précedé,
& qui font dans le même gout: le
Public ne leur a pas fait un mauvais acr
cueil :ce cadet ne deshonore point la'famille
; s'il ne tient pas tout-à-fait ce qu'il
promet, il faut, Monsieur, le regarder
comme un Cadetde Gascogne, qui joüit
du privilege de sa Nation, à quion permet
met de n'executer pas entièrement toutes
ses promesses.
Comme vous vous interessez à ce qui
regarde les Femmes sçavantes, vous trouverez
dans cet Ouvrage l'Eloge de Madame
de Ville-Dieu,ou plutôt, pour ne
vous pointfaireattendre trop longtemps,
je me fais un plaisir de vousl'envoyer.
Le voici.
Plus je relis ce que vous faites,
Plus je connois ce que vous êtes.
Il ne faut que vous mettre en train.
Tout le monde, Iris, vous admire;
Si les Dieux se mêloient décrire,
Ils emprunteroient votre main.
Vous faites des choses si belles,
Si justes & si naturelles,
Que votre stile est sans égal:
Sans cesse je vous étudie ;
Qui peut-être votre copie,
Parte pour un Original.
r
Vous ne devez pas être indifferent sur
ce qui regarde notre M. de Senecé
,
&
par consequent vous ferez bienaise d'apprendre
qu'il y a dans Vjirt d'orner l'esprit
une production de sa veine Poëtique. Les
Fils de France, passant par lAâcon,
il survint une pluye qui fut très-salutaire
pour les biens de la terre;c'est ce qui
- A v proproduisit
les Vers que voici, quiprouvent
que cet illustre Vieillard (çait traiter des
sujets de divers caractères.
Quand nos Princes viennent nous voir.
Le Ciel pour troubler nos Spe&acles»
Oppose à nos plaisirs de nebuleux obstacles,
Et e cesse point de pleuvoir.
Mâron, n'en soyez point surprise,
LeRoi des Princes & des Dieux ,
Descendit autrefois par un temps pluvieux,
Dans le sein fortuné de la fille d'Acrise.
Ces eaux quicoulent par torrens,
* Nouscachent (L'importansmysteres,
Leurs ~augures nous font garants,
Dela protection de LOS Dieux tutelaires..
A tort contre un present si doux,
Votre injuste~faison s'excite à la révolte;
Vous vous appercevrezau temps dela récolte.
Que c'est de l'orqui pleut chez vous.,
Ma Muse à mon Roi consacrée,
Enmeréveillantcematin,
Sur C. t e mervei leuse Entrée,
Du beau Sang de Louis m'explique le destin.
Apprens
,
m'a-t-elle dit, que l'un & l'autre
P:incey -
Feront pleuvoirsans cesse. & le fort l'a promis,
Les grâces ser notre Province,
les soudres sur nos ennemis.
les.
Les Médecins dans ce Recueil, font
divers personnages, & les Rôles qu'ils
jouent sont à leur avantage, ou à leur
desavantage, selon qu'il a plû à M. de
Picaval. Voici entre autres une répartievive
de Guenaut, si célébré dans les Lettres
de Guy Patin.
On parla un jour au dîner du Roy,
d'un Seigneur,mort entre les mains de
ceMedecin, qui étoit present. Le Maréchal
de Grammont lui demanda combien
d'hommes il avoir tuédepuis qu'il
exerçoit laMedecine
,
plus que vous n'en
tuâtes, Mosieur le Maréc hal
,
à la journée
des Eperons, répondit Guénaut: c'n:
une bataille où toute la Cavalerie prit la
fuite, en donnant des deux, &c.
Vous qui ètes grand Partisan des reparties
vives & spirituelles ; en voici une de
cette espece. Lorsque la Reine d'Angleterre
se retira en France, LouisXIV.
alla au devant d'elle iticqti'à Chatou, il
lui dit en l'abordant: je suis fâché
,
Madame
,de vous rendre de si trissesoffices;
mais j'espere de vous en rendre un jour
de plus agréables, la Reine luipresenta le
Prince de Galles encore enfant, en lui
disant
,
je l'eftimois heureux de ne pas
connoître ses malheurs; mais à present,
je Peftime malheureux de ne pas connoître
vos bontez.,
A vj On
On voit dans ce volume l'origine de
certains termes fort usitez dans la conversation
, mais les articles font longs pour
pouvoir être rapportez : voici feulement
quels font ces termes.Sobriquet:laissez.
le monde comme il est: Martin-bâton. On
trouve aussi l'étimologie de Cadavre, mais
c'est ce que vous devez voir par vousmême,
ne voulant point d'ailleurs trop
allonger ma Lettre.
La différence que l'AbbéDesalleurs
mettoit entre le Sacrement de ~Pinitence
&le Sacrement de Mariage, m'a réjoüi,
ou plutôt je puis dire que je l'ai admirée.
La différence, disoit cet Abbé, qui est
entre le Sacrement de Penitence & le Sacrement
de Mariage, c'est qu'à celui de
Penitence, on se repent d'abord, mais on a
de la joye ensuite;à celui du Mariage on a
de la joye d'abord &on se repent ensuite.
Le Mariage de Poussin est le moins bon
des sept Sacremens de ce fameux Peintre;
tant il est vrai,disoitlemême Abbé Defalleurs,
qu'il est difficile de faire un bon
Mariage, même en Peinture.
On trouve ici la Fable, le Soleil &c
..Zfquil;'on. La Fontaine a traité le même
sujet fous le tirre de Phebus & Borée.
M.Gayot attribue la premiere à Sanlec,
sur la vie duquel vous m'avez demandé
des Mémoires. Si cette Fable est veritableelement
de lui,c'est une veritable Aneclote,
car elle ne se trouve pas dans le
Recueil des Ouvrages de ce Poète, imorimé
àUtreck en 1714.Quoiqu'il en
DÎrJ cette Fable ne le cede point à celle
le la Fontaine) ni pour la pensée, ni pour
expression.
Le Marquis de Spinola montrant à noÏC
Ambassadeur des Bottes de François I.
lue l'on conferve comme un monument
le la gloire de Charles-Quint: vous se-
~iez bien embarassé, lui dit-il en se mocjuant,
de nous en faire voir autant en
France de quelqu'un de nos Rois. Le
moyen ,
répondit l'Ambassadeur, il fau-
Iroit pour cela les pouvoir prendre à la
guerre, & vous sçavez que l'on ne prend
~oas les gens où ils ne vont pas. On appelle
cela bien payer une raillerie. Je croi
~jue M. Desforges-Maillart ne rougiroit
point d'admetrre de pareilles réponses
Bans la conversation.
M. de Pitaval rapporte une idée exraordinaire,
qu'on a trouvée dans les papiers
d'une Dame qu'il nommeClelie : on
a doit, dit-il, regarder comme une hyscc
hefe de Philosophie. Je vais en mettre
ci le fonds & le précis, vous la verrez en
~on lieu dans toutes ses circonstances.
» Clelie est surprise qu'on n'ait pasen-
;a core soutenu que nous avons deux arnes
» au
».au lieu d'une. Elle est appuyée sur uni
PaÍflge deS, Paul,qui dit, qu'il y a une
»Loi de la chair qui résisteà laLoide
»l'esprit; cette Loi de l'esprit,c'est cettes
M premiere amecette Loy de lach air,
n c'esta secondé ame. Cet Apôtre dit ail-
» leurs, je ne fais pas le bien que je veux ,,}
»je fais le mal que je ne veux pas; voilà
»)Jeux volontez contraires. Commence
» peuvent-elles exister qu'il n'y ait deue.
» aines différentes, qui les produisent?.
» Ces deux aines font bien reprefenieess
» dans les Poetes. Qui ne voit clairement
»»dans Berenice que Titus avoir deux amestt-
» qui ~pensoient & avoient des pallions di.
» verses ? Le Cid nous montreaussi dans
»Chimene un combat de la premiere amea
» & de la seconde. *
n,> La Bruyere iia-t il pas pensé que nous
»avions deux âmes, dans sonarticle sur
» SanteuilN'a t ilpasexpliquéles fonc-
»tions des deux âmes de la Fontaine 8cà
-»de Corneille? Au reste
,
Monneur, Cle- -
» lie revient à soi ; après tout ,
dit-elle ,.c
» dès que la Foi s'opposera à mon systême,
(
» il ne fera qn'une i lée d'un genie qui s'é-
» gare, ou ,
(j l'on veut, une fiction telle î
,,-que les °oë"es- la fonr.
,
f
La raison 'lu M. Pitaval donne des ï
Sameiis-gras entre Noël&la Chandeleur,*,
est phisante
, vous devez la voir dans le :
Livre même. La*i
La définition que l'Auteur donne de la>
Fortune ne vous déplaira pas.
La Fortune n'a rien quipuisse me tenter,
Ases faussesgrandeurs je ne veux point prd-r
tendre ; -
Il faut mille degrez pour qui veut y monter;
Il n'en faut qu'un pouren descendre.
M. de Pitaval rapporte bien despensées
& des traitsde l'esprit de Sixte V. mais
outreque la quantité en est un peu grande,
c'est que tout cequ'on voir iciest prtfque
connu de tout le monde Voici cependant
un trait de la vie qui est nouveau pour
moi. Le. Cardinal de Medicis VCllDt;
Sixte V.. debout & arppuyé tout droit
contre le dos de.,fun Fauteüil, lui dit:
VotreSainteté a bien une autre mine que
lorsquevous étiez Cardinal: à quoi Sixte
V. répondit, je cherchois alors les Clefs
dul'aradis,& pour les mieux ¡rOl,ver,je me
courbois& je baissois la têce;mais depuis
qu'ellessont entre mes mains, je ne regardeque
le Ciel, je n'ai plus besoin des
choses de la Terre.
Toutceci, Monsieur,est tiré du premier
volume de l'Artd'ornerl'espriten
Varutfcim. Je vous parierai incessamment
dusecond ; maisen attendant voici quelques
especes de Bons-Mots que ma me..-
jaaoire me fournit
, qui pourront peutéu:-
être vous amuser. Patin définissoit aihlÎ
l'Apoticaire ; animal Bencfacienspartes, d- lucrans rnirabiliter.
Le Pape Jules II. demandant un jour à
Jérôme Donat,Ambassadeur de la République
de Venise,où étoient les titres des
Venitiens sur le Golfe de Venise
,
l'Ambassadeur
lui répondit que s'il plaisoit à
S. S. de produire l'original de la Donation
de Constantin au Pape S. Sylvestre,
elle y trouveroit au dos la concession de
la Mer Adriatique à la République de
Venise.
Aristote parlant contre la Communauté
des Femmes & des biens, que Platon vouloir
établir,disoitqu'on bannissoit par-là
l'usage de deux belles Vertus ; la Continence
& la Libéralité.
L'avarice dont Auguste donna souvent
des marques, lui fut adroitement reprochée
par un Poëtequi faisoit tous les jours
quelque Epigramme à sa loüange
,
sans
en avoir jamais reçû de récompense. Auguste
'a\fi(a de faire des Vers pour lui,
& les lui donna. Le Poëte tira avec précipitation
quelques deniers de sa poche
pour les lui payer, en disant: si j'étois plus
riche, je les payeroismieux.
Le même Empereur ,
qui avoit de si
grandes qualitez, avoit un talent particulier
pour les réponses courtes & précises.
On
On admire la facilité avec laquelle il se
roocqua de ces Députez de Tarracone, qui
étoient venus le complimenter sur ce qu'un
Palmier avoit cru sur un Autel qui lui
étoitconsacré. Il faut donc, leut dit-il,
que vous y bruliez fort peu de Victimes.
Deux hommes,dont l'un avoit ¿"nnc:
un soufflet à l'autre,furent raccommodez
& devinrent meilleurs amis qu'auparavant.
S'ils peuvent se donner des coups de
bâton
,
dit M. D. ** * ils s'aimcront jure
qu'à la rage.
Un Suisse fut cité pour avoir tué un
chien avec sa hallebarde. Je l'ai fait en
me deffendant, ditil, mais il ne falloit
pas vous deffendre avec la pointe, dit le'
Juge. J'aurois tourné ma hallebarde,répliqua
l'Accusé
,
si le chien eut voulu me
mordre avec la queuë.
Une grande parleuse entendant lire son
-
Contrat de Mariage, interrompit le Notaire,&
refusa de le signer, sur ce qu'après
quelques clauses elle entenditle mot &
cætera. Merci-de-ma-vie, dit-elle, je ne
me tairai point, & je veux au contraire,
qu'il foit inseré dans le Contrat, qu'il me
fera permis de parler tant que je voudrai.
M. de F. faisant le Portrait de M.D.C.
dit qu'il n'ouvroit jamais la bouche qu'aux
dépens d'autrui, parce qu'il mangeoit toûjours
chez les autres & médifoit de tout le
monde. Un
Un Avanturier demandoit vingtpistolesà
emprunter à S. f rançois de Sales;
en voila dix que je vous donne, dir le
S. Evêque vous y gagnez & moiaussi.
Je fuis, Monsieur,
1
&c.
ELEGIE.
Toi, donc si long-tems j'ai bravé la
l'uilbnce,
Amour. cruel Amour, assouvis ta vengeance.
C'est peu d'avoir enfin au rang detes Sujets
Compté mon coeur rebelle aux plus tendres
Objets,
Tu l'as, en l'enflâmant pour d'insensibles
charmes,
Livré sans esperance aux plus vives alarmes.
Depuis le jour fatal qu'à ma pressante ardeur
Camille répondit avec tant de froideur,
Le Soleil une fois s'est-il caché dans l'Onde,
Sans avoir vu l'excès de ma douleur profonde?
Toujours triste, toûjours rempli de mes
malheurs,
Mes yeux ne s'ouvrent plus que pour verfer
des pleurs,
Et pour comble de maux, l'inhumaine Camille
Croit que fous d'autres loix je respire tranquille.
Helas J si ,près dllne: un favorable accès
A.
Afemblé m'annoncer un plus heureux succès ,
Ne vous figurez point, cher Objet que j'adore,
Qu'elle ait pû dans ses fers me retenir encore ;
Mon coeur ne fut jamais percé que de vos
cou ps,
Et seroittout à moi, s'il n'était tout à vous.
Il est vrai que le jour que votre indifférence
Défendit à mes feux un reste dÍperaric.
Je voulus t & je crus r pourquoi vous le
Cicherp ]
De votreChar cruel pouvoirmedetacher,
Mi fierté quelque tems osa braver la vôtre;
Je fis plus, je tentai de brûlerpour uneautre.
Vaine précaution d'unAmantirrité!
L'Amour n'est point l'effet de notre volonté
Il faut le sentir naître en foi,malgré foi même:
Eh! qui peut mieux que moi juger comme
l'on aime a
Si- tôt que je vous vis
» ce Dieu fut mon
vainqueur,
Tous les traits de vos yeux passerent dans
mon coeur,
Je ne me connus plus; ma voix embarassée
Ne put vous expliquer maconfufe pensée,
Et d'un tendre soupir j'empruntai le secours,
Pour vous dire une fois que j'aimerois toujours.
Tel fut mon coeur pour vous ,
tel il veut
être encore,
Je
Je me plais à nourrir le feu qui me dévore.
Dans l'état déplorable où vous m'avez réduit,
Jusqu'au pied des Autels votre image me suit,
Et là, comme en tous lieux, en proye à
ma folie.
Vous êtes la Déesse à qui je sacrifie.
Cependant quand par tout , pour vous
prouver ma foi,
Je ne cherche que vous, vous ne fuyez
quç, moi.
De mille Soûpirans l'importune presence
De vos naissans appas vous marquant la
puissance,
M'éloignede vos yeux, & peut-être qu'enfin
Damon de votre coeur me ferme le chemin.
Mais que dis-je
, peut- être? il est aimé sans
douteiAvec trop de plaisir on le voit, on l'écoute.
L'autre jour qu'avec lui vantant tous vos
attraits,
Je lifoismon malheur dans ses yeux satisfaits
»
Vous venez, il vous voit, il m'abandonne.
il vole,
- Pour joüir près de vous de ma rage frivole.
JusteCiel! quel devin-je à ces terribles coups!
Ilne me restoitplus que d'être Amant jaloux.
Ah ! c'en est trop. Il faut déformais moins
timide,
Obéir en aveugle au Destin qui me guide,
Oui.
Oui, Cruelle; je vais tenter tous les moyens
Pour troubler la douceur de vos chers entretiens;
Vous m'en haïrez plus, n'importe;vôtre haine
Pourra m'aider plutôt à sortir de ma chaîne.
Qu'ai- je dit ! où laissé-je égarermes
esprits? -
Dieux! voudrois- je acheter mon repos à
ce prix ?
Moi, me fairehair de l'Objet que j'adore!
Insensé ! sans horreur puis-je y penser encore l
Helas! G j'ai conçu ce sentiment outré,
Dequoi n'est point capable un coeur desesperé ?
Non, non , loin d'écouter ce transport temeraire
»
Que ne ferai - je point pour ne vous pas
déplaire?
A vous tout immoler mon 1Ie se resout.
Vous feule déformais me tiendrez lieu detout.
Sur tout, pour reparer mon étrange caprice,
D'Ismene je prétens vous faire un sacrifice ;
Quelque juste dépit qui me dût animer,
C'est un crime envers vous d'avoir feint de
l'ainer.
Souffrezqu'à vos genoux expiant cette audace.
Mes soupirs & mes pleurs vous demandent
ma grace,
Du plus vif repentir vos yeux feront témoins
gt si vous ne m'aimez, je vous verrai du moins;
£4
En est - ce assèz
,
ô Dieux? en est
- ce assez»
Cruelle?
Eprouverai
-
je encore une injure nouvelle ?
Je ne demande plus que d'un tendre retour
L'ingrate paye enfin le plus ardent amour,
Je fuis trop malheureux pour oser y prétendre:
Je ne veux que l'aimer
, que la voir, l'entendre que ,
Je neveux Mais que dis-je? & quel
nouveau transport!
Helas! dans mon malheur je ne veux que
la mort.
Par M. Cocquard, Avocat au Parle*
ment de Dijon.
LETTRE de M.surles
Titres & les Noms employez, sur les
MédaillésRomaines.
J E ne sçai, Monsieur , comment répondre
à la Lettre, que vous m'avez
fait l'honneur de m'écrire. Vous vouiez
absolument que je vous dise ce que je
pense de la Dissertation sur les Titres &
les Noms employez sur les Médailles,
aussi bien que de la Critique qu'on en a
faite. C'est ,en vérité
, un peu abuser de
l'empire que vous avez sur moi, & mettre
ma
macompiaiiance à de trop rudesepreuves.
Il ne me convient pas de décider du
mérite de ces Ouvrages. De gaïeté de
coeur vous m'exposez à m'attirer l'un des
deux Auteurs ,
qui ne manquera pas d'apeller
de mon jugement à celui du Public,
& de se plaindre hautement de ma témérité
; de ce que n'ayant ni assez de capacité
,
ni assez de connoissance de cette sorte
de science
,
j'oserois, pour ainsi dire,
m'ériger en Juge, & citer à mon Tribunal
deux sçavans Antiquaires, que je dois
respecter & écouter comme mes Maîtres.
Souffrez donc que je n'entre point dans
une pareille querelle. Tout ce que je puis
faire, pour marquer ma soumission à vos
ordres, c'est de vous dire en general ,
que M. * * * tâche, autant qu'il peur,
d'appuyer ses raisonnemens & ses conjectures
sur des faits rapportez par les
Historiens, qui conduisent naturellement
à son systême.
La Critique au contraire , roule d'un
bout à l'autre sur deux principes, sçavoir
sur le peu de fond que l'on doit faire sur ce
qu'il y a d'anciens Auteurs, & sur une
fuite de Généalogies tirées des Inscriptions
qui font sur les Médailles; par conséquens
prouvées par desMonumens,qui à , ce que prétend l'Auteur de la Critique,
font les seuls, auquels on doits'en raporter;
ter; étant, selon lui, les seuls authentiques
, sûrs, & incontestables.
Pour vous rendre l'un & l'autre plus
sensible,jem'arrête uniquement au point
essentiel & capital dela Dissertation.
Queprétend M. * * *? Il est aisé de
connoitre qu'il n'a point d'autre dessein
, •
que de communiquer au Public les réflexions
qu'il a faites sur le P I A & sur le
PIA FELIX,qui ne se trouvent que sur
les Médailles de quelques Impératrices
dont il fait , une liste. Voilà encore une fois
tout le systême de M. * ** Le resteest
accidentel à la question, & ne fait rien
au point dont il s'agit.
Il est évident que, selon les Historiens,
Antonin Pie n'est point Plus par sa naissance
; qu'il n'a point reçû ce nom de ses
ancêtres, ou par des alliances; que c'est
uniquement un surnom
, que lui donna le
Sénat.
Capitolin parlant de l'origine de cet
Empereur ,
dit qu'il étoit fils d'Aurelius
Fulvius, & petit-filsdeTitusAurelius
Fulvius ; que sa mere avoit nom Arria
Fudilla, fille d'Avius Arrius Antoninus,
qui avoit été deux fois Consul; & que sa
Grand-Mere s'appelloit Bovinia Procilla,
Nul Auteur ne fait mention d'un Plus,
ni du côté paternel, ni du côté maternel.
Ce n'est pas tout. Capitolin ajoute dans
}*
, la suite que le Plus est un surnom
,
dont
il sur honoré par le Sénat, à cause d'un
certain fond de bonté, qui faisoit son caractere,
& dont il ne s'est jamais démenti.
£h:od verè naturâ clementissimus
,
& nibil
temporibus suis asperum fecit.
Lampride, dans la vie d'Elagabale,
rapporte qu'Adrien, dans un accès de fureur
, avoit donné ordre de faire mourir
plusieurs Sénateurs, & qu'Antonia leur
sauva la vie. Quibus servatis, ( ce sont ses
termes) Antonius Piinomen meruit; quòd
eos post ad Senatumadduxit, quos omnes
jujfn Principis ( Hadriani) interfectos credebant.
Xiphilin regrette fort, de ce que de son
temps on avoit perdu une grande partie de
la vie d'Antonin,écrite par Dion. Cependant
, continuë-t-il
,
le peu qui nous reste
de cette Histoire
, nous apprend deux
choses remarquables, dont l'une est d'où
le surnom de Pius étoit venu à cet Empereur.
Twn etiam eum Augustum, Piumque
appellatum à Senatu proptereàquòd initio
PtincipaiHî flet" multis reis factis
>
poflu-
Luifjuz nonnullisadsupplicium
„
n''r/!Ínem
punivit.
En un mot, il n'est pas un Hif~n'~
qui ait dit le contraire : aussi jusqu'à notre
siecle
,
ni aucun Ecrivain, ni aucun Antiquaire
, ne s'est avisé de révoquer en
B dou
doute ce point d'Hiltoire. L'on peut dire
qu'il y avoit sur cela une espece de tradition
si constante, & si peu interrompuë,
que le P Hardoüin, dans ses Médailles du
ficelé de Constantin,de l'Edition de 1697.
n'hésite pas d'embrasser ce sentiment. Pius
vdcniqeuescog.nomen est à pietate erga ci- Merum enirn in Autonino
elogium illudfuit.
Eloge si flateur & si honorable pour
un Prince, que Commode,selon Xiphilin.,
s'exposa à lariséedu Public,lorsque
par une vanité extravagante,il intitula les
Lettres qu'il écrivoit au Sénat : Imperator
Casar Lucius Ælius Aurelius Commodus
Augustus, PiusfelixSarmaticus, Gsrmanicus
, Maximus, Britannicus, Pacator
fi/ùis terrarum invictus
,
Romanus Hercules,
Pontifex Max. Tribunicia Potestatis
XVIII.ImperatorVIII. Consul
VI I. Pater Patrie,Consulibus,Pretoribus,
Tribunis Plebis
,
Senatûsque Cornmo.
diano felici,SALVTEM. Dans le
temps même que par ses cruautés il méritoit
d'être regardé plutôt comme un Tyran
, que comme un Empereur.
Mais le Sénat avoit tout à craindre d'un.
Prince, qui ne se repaiffoit que de fang
& de carnage. Il n'avoit point d'autre
parti à prendre que celui de la Rarerie ôc
de la dissimulation. Il lui donna donc par
acclamation
acclamation & le Pius & le Felix : ce
- qui fut interprété
,
dit Lampride
,
de It,
maniéré du monde la plus satyrique ; sçavoir,
que Commode étoit, à juste titre,
Tins, puisqu'il avoit tant de vénération
pour la mémoire de sa mere Faustine,qu'il
avoit désigné pour Consul, celui qui en
avoit été l'Amant le plus déclaré; & qu'il
étoit véritablement Felix, puisque le Peuple
Romain avoir assassiné Perennis
,
le
principal Ministre de ses passions.
Le Sénat fit après la mort de Commode
, ce qu'il avoit fait après la mort de
Jules Cesar. Aussi-tôt que Jules se vie
Maître absolu de la République,non content
d'avoir accepté tous lestitres, qui
marquoient quelque autorité dans Rome
& dans l'Empire,ilsouffrit qu'on y ajoûtat
ceux d'Imperator & de Pt!tcr Patriæ.
Insuper pranomen Imperatoris
,
dit Suetone
, cognomen Patris Patriæ decerni sibi
pajjus ce.
A peine Auguste lui eût-il succedé, que
le Sénat, par politique ou autrement, ne
voulut mettre aucune différence entre le
fils 6c le pere ,
& donna les mêmes titres
à l'un &à l'autre. Paait Patrie copnom?n.»
dit Suetone,unversirepentino maxir,roque
consensudetuleruntei.
Comme cette raison dans la fuite se
trouva la mêmeàl'égard de Tibère ,e
B ij Caligiila,
Caligula
, & desautres Empereurs; cette
qualitédePater Patrie se trouva comme
atrachée à celle d'Empereur. C'est pour
quoi les Historiens marquent quels font
les Empereurs qui ont refusé ce beau
titre
, ou qui ont differé à le recevoir & à
le porter. Tibere
, au rapport de Suetone,
refusa de le prendre, de crainte que ne
pouvant le soutenir
,
il ne tournat à
sa honte. Ideòque ut lmperium iniret, &
Patris Patria appellationem, & nè in afta
CHAjuraretur, obstinacissimèrecusasse, nè
?r;ox majore dedecore impartantis honoribus inveniretur
Vespasien&Hadrrieiennfufurreennttqquueellqquuee
temps sans se qualifierdelaforte: Vef*
pasien, ditSuetone, parce que la guerre
civile l'avoitempêché de faire les Cérémonies
qu'il falloit observer pour cela.
jic nè Tribaniciam quidemPotestatem,
CT Patris Patria appellationem, nisi serò
recepit. Nam consuetudinem salutantes
serutandi
, manente adhùc Bello C,vi/;,,
omiserunt. Et Hadrien,dit Spartien ,voulant
en cela imiter Auguste, différa de le
prendre.Patris Patria nomem delatumsibi
statim, & iterùm posteà deftulit; qlÛJd
hi c nomen Augustuslrò meruisset.
Le Sénat encore une fois, après la mort
de Commode ,donna aux Empereurs les
titres de Pins & de Felix comme il avoir
donné
donnéceux d'Imperator & de PaterPatrie,
après la mort de Jules. Et les Historiens
ont également marqué ceux qui ne s'étoient
point conformé à un usage aussi généralement
reçû que celui-là. Témoin
Macrin, qui, selon Capitolin, se borna
au titre de Félix. Et quumillum Senatus
Pium & Felicem nuncupasset, Felicis no.
men recepit, Pii haberenoluit.
Je viens aux Impératrices, qui ont sur
leurs Médailles ces surnoms de Pia ou de
Pia Feti-; puisque ces surnoms, selon les
anciens Auteurs
, ne font point des noms
de famille
, mais des surnoms qui ont été
donnés aux Empereurs en de certaines occasions,
ou par des acclamations du Sénat,
lorsqu'ils étoient proclamés Empereurs.
Il paroît qu'il est naturel de dire des Imperatrices
, ce que l'on a dit des Empereurs;
sur tout si les raisons qu'on a à l'égard des
Empereurs,setrouvent les mêmes à l'égard
des Impératrices. Or c'est ce que l'on ne
peut pas ignorer, si l'on veut s'en raporter
au témoignage des Historiens.
Theodose le jeune,dit Suidas, se laissoit
gouverner par ses Eunuques, & par Chryfaphius,
& s'appliquait à toute autre chose
qu'au Gouvernement de l'Empire. Ce
Prince n'eut pas les yeux fermés, que Pulcherie
chassa ces indignes Ministres, &
gouverna avec une autoritéabsoluë. Euni.
B iij chi
chi aMem) & Ckryfaphius jhmma rerim
potiebamur, quarn, Mo mortuo, Pulcherit
fororad si tranfinitt*
Galla. Placidia s'empara de l'Empire
d'Occident
, comme d'un bien dont elle
devoit heriter, quoiqu'on lui representât
que l'Empireétoit une succession dont les
filles étoient excluës. Virorum enim non
mulierum selonla remarque tirée de Prifçtis
) ImperiumRomanum esse.
Grata Honoria imita sa mere. Il ne
s'agit point d'examiner, si Placidius Valentinianus
son frereconsentit au partage,
& la laissa en possession de la qualité qu'-
elleavoit prise,ni si l'Occident la reconnut
pour Impératrice, ou non. Le point
décisifest qu'HonoriafororFaUntiniani
Hestipsa(selon Suidas) fr/iperiamterntiut
Il est confiant que ces deux Princesses
ont receu ou usurpé la qualitéd'Auguste (cela est égal à la question dont il s'agit )
qu'elles font montées sur le trêne,qu'elles
ont été reconnuës pour Impératrices, du
moins par une panie des Peuples. Par
conséquent leur promotion à l'Empire fut
accompagnée des acclamations qui étoient
en usage; c'est- à-dire
,
qu'en leur donna,
comme on avoit donnéaux Empereurs les
titresde Pia& de Felix, & qu'on les mit
sur les monnoies qui devaient avoir cours
dans leurs Etats.
Ces
Ces acclamations etoient si fort en usage,
que presque tous ceux qui prirent fous
Gallien & fous ses successeurs, la qualité
d'Empereurs, & que l'on connoit fous le
nom de Tyrans, porterent les titres de
Tins Felix, comme des titres attachez à
l'Empire.
Victorina en est une preuve. Après la
mort des Victorins
,
selon Trebellius Pollio,
les Troupes qui étoient dans les Gaules
, mirent cette Princesse à leur tête, &C
se soumirent à ses ordres. Elle en étoir aimée,
& toutes la regardoient comme leur
mere. Mais trouvant qu'à son âge elle seroit
chargéed'un fardeautrop pesant, elle
s'en démit d'abord en faveur de Marius , & ensuite en faveur de Tetricus
,
& engagea
les Troupes à les reconnoître pour
leurs Maîtres; c'est-à-dire, à les proclamer,
l'un après l'autre, Empereurs,comme
elle avoit été proclamée Auguste. Fautil
donc s'étonner si l'on voit sur ses Médailles
, & sur celles de Marius,& de Te..
tricus. P. F. AVRELIA VICTORINA
PIA FELIX AUG. IMP. C. M. AVR.
MARIUS P. F. AUG. IMP. C. TE- TRICUS P. F. AUG. Voici les
paroles de Pollion: Interemptus autem est
à Victorino VtElorin aut Victoria filio.
J~~ posteà mater Castrorum appellata est C Ûwlo Angufit ('ffiaa. Quurn ipsa , per
B iiij se
1;04. MERCUREDEFRANCE.
r'. hA1'f'#£I1Il".-..-..-
- 1
si fugiens tanti pond--e-rÍJ-- 4JL%1%IN* mo/cm, priT»Hm iti
Marium,dcindèÎnTetricum)
fJtleim contalijfet Imperia. atque elim entre
t
pointdans tail. je un plus long dé- ne veux bien même que les Historiens nous apprennent point préciférnent
pourquoi Faustine la jeune est
PUMiâ
Domna SEVERINA, jEclvia
LiciniaEuroxia,ÆliaMarcianEau,Edouxsiea-,
miasontPIAFEL1X.Ilcftroujours
rvireaniqduei ldeisrefasse 3paSUn'cul
& descendre de Commode,
qui ait marqué la moindre chose,donc
on put curer<ïuep,A'*V*
PI AF EL1XÚoient
surnomsdefamdi"nlolmes&. d«
Au lieu que l'on voit que les Historiens s'accordent, quand ils parlentde l'ori- ginedecestitreslà,& aeu des rajT°ns^u'on
de les accorder aux Empereurs & à quelques Imperatrices. Grand préjugé queç'a été la même chose pour les
Em-
,
pereurs&
pour lesImpératrices, dont ils n'ont point parlé; surtout par
raportà
destitres, quelaplacequ'ilsoccuptoient
entraînoit après soi.
Quesicestitresleur pourdesraisons ont "<=' donnez parriculieres les Hillo. riens les marquent,oudumoinsils raportentdesfaits
quielifontleprincipe & le fonderneat.
- Lorsque
Lorsque Marc-Aurele marcha contre
Cassius, qui s'étoit révolté en Orient, il
mena avec lui Faustine, afin qu'elle fervie
de mere aux Troupes : Quamsecum
& inastivis habuerat , dit Capitolin,
sut rnatrem Castrorumappellaret. C'est
un fait, qui, sans donner dans des conjectures
arbitraires, peut être regardé
comme le fondement de cette qualité de
P I A, que l'on trouve sur ses Médailles.
Car que Faustine, conformément aux
vûës de Marc Aurele, ait procuré aux Soldats
tous les foulagemens qui pouvoient
dépendre d'elle; l'Armée, en la perdant,
n'avoit-elle pas sujets de la pleurer, & de
dire qu'ils perdoient en elle une bonne
mere , ou, si vous voulez, de l'appeller
P I A après sa mort ?
Je dis après sa mort, n'ayant pas eu le
remps de l'honorer de ce Titre pendant sa
vie. La Campagne ne fut pas longue.
Cassius sur aÍLné, & on apporta sa tête
à l'Empereur: il revint sur ses pas. Faustine
tombe malade à HaIaUaux pieds dlli
mont Taurus
,
& meurt. Faut - ildonc
s'étonner 11 elle n'est P I A, que sur les
Médailles qui ont été frappées après sa
mort.
Je dis la même chose de Julia, femme
de Septime-Severe. Au rapport des Histotiens,
cetEmpereur passa en Angleterre-
By 1
à la tête d'une Armée formidable: il vu-
,
loit punir cesInsulairesde leurrévolte, &
les réduire dans un état où ils ne pussent
plus se soulever. Comme il prévit que
cette expédition seroit de longue durée,
- il mena avec lui Julie, Caracalle, ôc
Geta.
Ce Prince ayant pacifié une partie du
Pays, il s'avança au-delà de ces fameux
retranchemens, que les Romains avoient
faits pour arrêterlescourses des Caledodiens
& des Moeotes. Caracalla accompagna
Severe. Geta & Julie demeurerent
avec des Troupes dans cette partie de
l'Isle, qui s'étoit soumise, & qui étoit
paisible. Geta étoit trop jeune pour gouverner
par lui seul, & pour empêcher que
ces peuples-là ne reprissertlesArmes,
C'est pourquoi Severe lui laissa un Confeit
composé de gens sages, braves, & sur la
fidélité desquels il comptoir. Geta fut
assez heureux pour réussir: il maintint
l'ordre & la paix.
Quelle occasion n'eut pas alors Julie,
de faire du bien aux Soldats, & de veiller
a leurs besoins ! Elle avoit tout crédit sur
l'esprit de Geta, qu'elle aimoit tendrement
&: dont elle étoit aimée. Or, puisque
les Historiens nous marquent que
Julie s'esttrouvée dans ces circonstances r
qu'elleae&ula connsolaftionadenvoit s&es deux
enfans reconnus & proclamez Empereurs;
qu'elle n'a jamais quitté Geta, tant qu'il
eut une Armée fous ses ordres, & une
grande partie de l'Angleterre à gouverner.
N'est-ce pas là nous dire que Julie a meritéd'être
appellée Mater Castromm,PIA
& FELIX ? Du moins un Auteur, qui
de nos jours dans une Dissertation appuie
ses preuves sur un pareil fondement, me
paroît parler sensément, en ce qu'il ne écarte point des Historiens. -
Dispensez - moi de descendre dans un
plus long détail. Il est des autres Impératrices,
qui ont sur leurs Médailles PI A
FELIX, comme de celles dont je viens
de vous parler: & jetrouverois sans peine
dans les anciensAuteurs les mêmes raisons
pour les unes que pour les autres. Mon
unique but étoit de vous rendre compte
des raisons que j'ai euës de juger que la
Dissertation de M.** * étoit d'autant
plus à estmer, qu'elle étoit dans le point
essentiel conforme aux Historiens: & je
crois que ce que j'ai l'honneur de vous
mander,suffit pour cela.
Je viens à la critique qu'on a fait de cette
Dissertation, & je vous le répété ; tout
y est opposé directement à ce qu'il y a
d'Historiens, & roule sur un principe trèsfaux
, qui seul est insuffisant, & dont il
seroit peut-être dangereux de s'entêter.
B vj Quej
Que cette critique soit contraire aux
Historiens
,
l'Auteur en fait gloire; il
n'en cite, &il n'en peut citer aucun qui
soit de son sentiment ; il méprise & rejette
toute autorité prise de quelque Auteur
ancien, tel qu'il puisse être.Cette premiere
réflexion sur la critique n'est donc que
trop véritable, & n'a pas besoin d'autre
preuve.
La féconde réflexion est
,
qu'en suivant
le Critique pas à pas,on voit que son sistêmeest
de se borner aux seules Médailles,.
& de douter de tout ce qu'elles ne nous
apprennent point, parce que ce font les
seuls monumens,selon cet Auteur, sûrs
& incontestables que nous avons de
l'Antiquité. S'il ne s'agissoit que des Médailles
dans ce sistême
,
je conviendrois
que cela est vrai. Les premiers Magistrats
de Rome étoient préposés pour veiller à
la fabrique des Médailles; ilsétoientinstruits
des faits, & rien ne se frappoit que
par leur ordre. Ce qui fait que l'on peut
dire que les Médailles ont comme le sceau
de l'autorité publique
, avantage que nul
Historien n'a eu.
Mais ce principe est faux, dans le sens
que le prendl'Auteur de la critique ; félon
lui, non feulement chaque Historien
en particulier n'a point cette autenticité
qu'ont les Médailles; mais qu'on regarde
j~
les Historiens séparément ou réunis, &
faisant un tout, ils n'en font pas pour cela
plus préférables aux Médailles; parce que
l'on est toujours en droit de douter que
leurs Ouvrages soient effectivement aussî
anciens qu'on le suppose ; l'on n'en a aucune
certitude. Ils peuvent être des Ouvrages
alterés, falsifiés
,
composés dans
des siécles postérieurs par des Auteurs qui
pour leur donner cours, les ont fait paroître
fous des noms empruntés. Et comment
n'en douteroit-on point? en voïant
dans ces ouvrages une contradiction continuelle
avec les Médailles,défautdans
lequel ne seroient point tombés des Auteurs
qui auroientvécu du tems des Empereurs
dont ils auroient écrit l'histoire.
Quoi de plus faux que cette preuve sur
laquelle est appuié ce principe & ce raisonnement.
Les Historiens font si bien
d'accord avec les Médaillés, qu'on a donc
le plus sçavant de nos Antiquaires de ci*
ter un seul fait marqué bien distinctement
sur les Médailles qui soit contredit par
tous les Historiens. Il est encore à accepter
le défi qu'on lui a fait.
Plusieurs faits font sur les Médailles
autrement qu'ils ne font dans quelques
Historiens ; on en convient; mais l'on
nie qu'il n'yen ait aucun qui dise la mê.
une chose que ce qui eu sur les Médailles. Adjoutez
Adjoûtez qu'un grand nombre d'Histo
riens n'est pas venu jusqu'à nous.
En vain l'Auteur de la critique se retranche
sur les Legendes qui sont du côté
de la têtedes Empereurs ou des Impératrices,
sur leurs Médailles, & qu'il foutient
démentir tous les Historiens par raport
au point essentiel de l'Histoire ; (çavoir
à leur origine Se à leur famille.
Je n'ambitionne point d'avoir la qualité
d'Auteur, & je me pique encore
moins d'avoir une connoissance parfaite
des Médailles; mais je m'engagerai, quand
vous le voudrez, à montrer que les Histonriens
font en cela très-conformes aux
Médailles, & que bien loin de nous réduire
à chercher par quelle alliance &
par quel endroit ils font entrés dans les
Familles dont ils portent le nom ; c'est-àdire,
de faire un Arbre généalogique de
chaque Empereur & de chaque Imperatrie
e, qui n'aura point d'autre fondement
& d'autre preuve que les noms & que les
surnoms des plus anciennes & des plus
illustresFamilles de Rome. Ils nous ont ,
dis- je , ces Historiens donné sur cela
tous les éclaircissemens qu'on peut desirer
pour l'intelligence des Médailles, par raport
à l'Histoire.
Ce n'est pas tout. Vouloir qu'il n'y air
de sur dans l'Histoire que ce que les Médailles
dailles nous en apprennent,n'est-ce pas
êtablir pour principe que nous ne sçavons:
qu'une partie de l'Histoire, & que nous
n'avons des faits les plus considerables
qu'une connoissance legere
,
imparfaite,
superficielle
,
& seulement en général.
Les Médailks n'ont étéfrappées qu'à la
gloire des Princes. Des Sujets n'auroient
pas été assez téméraires pour éterniser par
là les vices, les cruautez, les disgraces,
les défaites de ceux qui les gouvernoient,
aussi n'y voit-on rien qui approche de la
satire
,
rien qui puisse ternir leur réputation
j donc si on consulte uniquement les
Médailles, sous les Empereurs ont été des
hommes accomplis, justes
,
débonnaires,,
victorieux
,
& on est exposé à avoir la même
idée des Commodes,des Caracalles y
des Galliens qu'on a des Augustes, des
Trajans & des Antonins ; leurs triomphes
nous paroîtront égaux, & sans aucune
difference; leurs Victoires ne serontdans
les uns & dans les autres connues que par
le nom des Peu ples qui y est exprimé;
nul détail des lieux où les Batailles ont été
données, de ce qui les a précedé, des
suites qu'elles ont euës. Macrin aura domté
& subjugué les Parthes
,
& Crassusn'en
aura point été battu. Valerien aura
été le Restaurateur de l'Orient RES T ITUTOK.
UP,1ENT1S; & oru
ignor
ignorera, OJ du moins on n'aura nulle
certitude de sa défaite par le Roi Sapor &
de sa captivicé,puisque ce n'est que par
les Historiens que l'on sçait la fin malheureuse
de ce Prince.
Un plus grand nombre d'exemples ne
feroit que vous ennuïer ; & je fuis sur
qu'ils se presentent d'eux-mêmes à votre
esprit. Souffrez feulement que je vous
mette tous cesinconveniens fous un point
de vûë. Un sçavant Antiquaire entreprend
la Vie & l'Histoire de Dedius Julianusselon
ce sistè'tne
,
c'est à-dire, selon
les Médailles:c'est un homme d'esprit
qui écrit bien, qui est naturellement e'ior
quent.
Que dira-t'il de cet Empereur ? (ansdoute
il commencera par faire voir que
Didius Julianus monta sur le Trône des
Césars ; les Médailles en font foi. I M P.
CAES. M. SEU JULIANUS
AUG.) (P. M. T R. P. COS.
Ces titres ne conviennent qu'aux Empereurs
Romains. Ensuite il s'étendra sur
l'union & la bonne intelligence qui régnoit
entre lui & ses troupes, & il rapportera
cette Médaille I M P. CAES.
M. DID. JULIANUS AUG.
(CONCORDIA MILITUM.)
Selon toutes les apparences il ne manquera
pas de trouver <^ue son Regne aété
gaifibic
paisible , heureux & sans trouble;car
Didius Julianus est representé dans le revers
d'une de ses Médailles,de bout, en
habit Consulaire
,
& portant sur la
main un Globe, simbole de l'Empire Romain
; avec cette légendeRECTOR
ORBIS.
Son Ouvrage par conséquent finira là;
car vous sçavez
,
Mon sieur
, que ces trois
revers font les seuls qui se trouvent dans
les Cabinets de Médailles,sélon M. Vail.
lant, & si M. le Comte de Mezabarbeen
rapporte un plus grand nombre,on croit
avoir des preuves que ce font des Médailles
fausses, dont M. de Mezabarbe ne répond
point
3
& qu'il cite sur le témoignage
de Strada
,
d'Angelloni & autres.
Mais quand toutes ces Médailles seroient
vraïes & indubitables, pourroiton
se flatter qu'on auroit pour cela une
histoire complette du Regne de cet Empe.
reur ,
& que rien n'y manqueroit des
choses essentielles. Je vous avoüë que j'ai
de la peine à le croire.
En
effet,
je ne vois point comment par
les Médailles on m'instruiroit en quel
tems Didius Julianusa été Empereur; eftce
avant Septime Severe, ou après? Par
quel titre, & comment est-il parvenu à
l'Empire ? Par quel genre de mort a-t'il
fini ses jours ? & plusieurs autres circonstances
tances de cette nature ,
qui font cependant
tout l'agrément & tout le solide
d'une histoire.
En vain voudroit-on me persuader que
par la legende qui est du côté de la tête, &c
par la fabrique,on peut s'éclaircir de tout
cela. Non, il n'y a pas assez de différence
de fabrique entre lesMédaillesdePertinax,
de Septime Severe, de Caracalle, de Macrin
& celles de Didius Julianus, pour décider
lequel de ces Empereurs a le premier
regné.
Le nom de Severusn'estpoint une
preuve que Didius Julianus cfl: avant
Septime Severe; il faut necessairement
recourir à l'histoire,àplus forte raison
pour découvrir si cet Empereur est mort
d'une mort naturelle, ou s'il a été assaAîné
, empoisonné
, ou s'il est mort à la
tête de ses Troupes dans un combat. Je
ne sçacheque la mort de Jules César qui
soit marquée de la sorte sur les Médailles.
De tout cela, & du reste, je conclus
que le principe établi par l'Auteur de la
critique; sçavoir, qu'il ne faut ajouter foi,
& ne regarder comme sur, que ce qui est
prouvé par les Médailles,est très insuffisant
à quiconque veut sçavoir l'histoire à
fond.
> Je m'en riens à la route que l'on a (ttiyie
de tout tems. Ne rejettons aucune de
ses
ces deux sources ; je veux dire, ni les
Médailles, ni les Historiens.
Les Historiens ont passé fous silence
plusieurs faits que nous ignorerions, Li
nous n'avions pas eu recours aux Médailles.
C'est par elles que nous avons appris
que Barbia Orbiana & qu'Herennia
Etruscilla étoient femmes, l'une de Severe
Alexandre,& l'autre de Trajan Dece.
D'un autre côté, tout ce qui n'est point
à la gloire des Empereurs, & certains
faits
,
tels que font ceux dont je vous ai
parlé, à l'occasion de Didius Julianus
9
ne pouvoient pas être mis sur les Médailles;
ainsi je consulte également les Médailles
& les Historiens.
Si tous les Historiens font d'accord ;
leur autorité est pour moi infaillible; &:
quand il n'y auroit point de Médailles
d'Auguste
,
je n'aurois pas la premiere
pensée de douter qu'Auguste devint le
Maîtredel'Empire Romain, & qu'il en
fut le premier Empereur.
Si les Historiens font partagés, & que
je trouve une Médaille qui confirme le
sentimentd'unHistorien
,
fut-il seul, je
préfererois son sentiment à celui de plusieurs
Historiensqui diroient le contraire.
Je suis, par exemple.. convaincu que Macrin
avoit remporté une victoire sur les-
Parthes , quelques jours avant le combat
QÙ
où il fut défait, & obligé de faire une
Paix honteuse avec eux, quoiqu'il n'y
ait qu'un Auteur ou deux qui en fassent
mention
,
& que le reste des Historiens
dise que ce fut faussement que Macrin
s'attribua cette gloire là; oui, j'en suis
convaincu, puisque l'on a des Médailles
en bronze frappées par l'ordre du Senat,
avec cette legende VICT. PART H.
S. C. Victoria Parthica
Que si les Historiens font partagés
,
&
qu'il n'y ait nulle Médaille sur ce fait;
c'est un point d'Histoire indécis, sur lequel
le plus sur est de fufprendre son jugement.
Othon a-t'il été reconnu Empereur
par le Sénat ? Quelques Historiens
disent qu'osüi ; les autres affurentque non.
La chose sera toujours douteuse, jufqli',à
ce que l'on découvre un Othon de bronze
latin, avec la marque du Senat S. C.
non dans une Couronne,comme elle Ce
trouve dans les Médailles d'Antioche;
mais dans l'Exergue, ou dans le Champ,
aux deux côtés de ce qui est representé
dans le revers de la Médaille.
Enfin un principequi nous conduit à
douter que nous aïons aucun Historien
du tems des Césars
,
& qui soit des premiers
siecles de l'Empire Romain, me
paroît très-dangereux, & peut avoir des
fuites très.funestes) car n'est-il pas à
-- craincraindre
que dans notre siecle qui semble
ne courrir qu'après la nouveauté, il ne
s'éleve de jeunes Ecrivains qui feront hardiment
le même raisonnement par raport
aux Peres de l'Eglise & aux Historiens
Ecclesiastiques,que l'on fait par rapport
aux Historiensprofanes.
Le bon sens veut que l'on soit convaincu
que dans les beaux siêcles de PEmpire
Romain,il y air eu une infinité de gens
d'esprit qui ont écrit. Et si celaest, par
quel coup fatal est-ilarrivé que tous leurs
Ouvrages ont péri, sans qu'aucun soit
venu jusqu'a nous, lors même queles
Ouvrage des Peres de l'Eglise & des Historiens
Ecclesiastiques
,
aussi anciens que
les Historiens Romains
, ont étéconfervés
, & ont évité un naufrage si universel.
Les Historiens Ecclesiastiques ne font
pas plus d'accord sur plusieurs faits ; que
le font les Historiens de l'EmpireRomain.
-
Les Critiques ne prétendent-ils pas
trouver dans les Ouvrages donnéssous
le nom des Peres, des choses qu'ils soumettent
à leur censure ç Ne rejettent-ils
pas une partie de ces Ouvrages ? Ne ju-r
gent-ils pas qu'il y a des endroits qui ont
été falsisiés, ajoutés ou retranchés ?
94 faut-il davantagepourautoriser
ceux
ceux qui voudront se servir d'un pareil
principe? Cette crainte n'est que trop
bien fondée, & l'on a déja plus d'un
exemple d'Auteurs qui semblent mettre en
parallele
, pour ne pas dire préferer les
opinions de quelques Sçavans modernes
au sentiment unanime des Peres.
Voilà encore une fois le jugement que
j'ai porté des Dissertations dont vous me faitesl'honneur de me parler dans votre
Lettre. Je fuis Monsieur &c.
PARAPHRASE du Pfetumc 11L.
Beatus vir
, &c.
STANCES.
HEureux qui du Seigneur craignant les Jugemens,
Aucxespsiee.ds de ses Autels tremble & frémit sans
Heureux qui dans l'excès de l'ardeur qui le
presse,
Joint un solide amour à ses saints tremblemens.
Son ame doucement ravie,
Fera le bonheur de la vie,
Je loüe le Seigneur, ik de suivre ses Loix.
Toûjours fourni, ensa presence.
Toûjours attentif à sa voix,
Il ne mettra qu'en lui sa plus ferme esperance.
Heureux
Heureux en peu de temps en sa posterité,
la verras'accroître & devenir puissante :
Car Dieu benic lejuste,& sanscesse ilaugmente,
Dans ses enfans
,
l'excès de sa félicité.
l, Les biens,la gloire, l'abondance ,
Il Surpasseront son esperance,
Il se verra comblé dans ses heureux souhaits
L Danslajustice&lasagesse,
Il reglera tous ses projets,
JEt la feule équité le conduira sans celse.
Comme rAfire brillant qui nous donne le
I jour,
Dissipe de la nuit les tenebres qu'il chasse.
Dieu répand sur le Juste un rayon de sa grâce,
Qui l'éclaire, l'instruit & l'embrase d'amour.
Telle est de ce Dieu la clémence,
Il dissipe notre ignorance, m Prépare nos esprits, il éclaire nos coeurs.
Sans cesse sa bonté propice
,
Sçait s'attendrir à nos malheurs:
Et toûjours sa clémence égale sa justice.
L'homme Juste est celui qui soulage avec foia;
Du pauvre malheureux le destin déplorable.
Qtuiatoûbjolures .bienfaisant, d'une main chari-
Comble
Comble tous ses desirs & prévient ses besoins.
Qui ,
circonspecten ses paroles,
Ne fait point d'entretiens frivoles:
Mais qui sur l'équité regle tous ses discours.
Son coeur fera toujoursfidele,
Son ame goûtera toûjours,
D'unbonheur sans égal, la douceur éternelle.
Son nom demeurera jusqu'à la fin des temps:
Les Peuples à vénir béniront sa mémoire;
C'est en vain que l'envie oseattaquer sa gloire,
Il sçaura triompher des efforts des méchans.
Son coeur toûjours en assurance.
Met en Dieu seul son esperance ,
Rien ne peut l'ébranler, parcequ'il est soumis.
Il attend avec patience,
Que Dieu dompte ses ennemis,
Et faflfc aux yeux briller son innocence.
a
Puisqu'il a de ses biens fait part aux malheureux,
Secouru l'indigent, foulagé sa misere:
Le Souverain,en qui seul il espere,
Brisant ses ennemis. comblera tous ses voeux
Toûjours bienfaisant, charitable ,
Toûjours juste, droit, équitable,
Un éternel bonheurcouronne ra ses jours,
AuJî toûjours, à l'innocence,
Dieu
Dieu daigne accorder son secours :
St sçait à laVertu donner sa récompense.
L'Impie à sonaspect sechera de dépit,
Et la gloire qu'il voit augmentera sa rage
Sa voix s'exhalera nuit & jour en outrage:
Il voudroit voir tomber le Juste qu'il maudit.
Son coeur en proye à l'injustice ,
Suivant un aveugle caprice,
.'ans cesse formera d'audacieux projets;
Maisun jour cessera l'envie,
Et le Dieu, vengeur des forfaits,
Confondra pour toujours les desirs de l'Impie.
E. M. L D. L.
So!itaire des bords de la Marne.
LETTRE de M.sur le FI*Tome
des Mémoires pour fèyyir à ÏHtftoin
des Homm~esIilnfires dans la République
des Lettrest &c.vol. in 8. de 4 I6.
pages. A Paris, C!NZ Briasson
t
rui
S. Jacques
,
h la Science.
1E fuis, Monsieur, un peu en arriere
dans le commerce Littéraire que nous
avons lié ensemble. Je n'étois point à
Paris lorsque le VIe volume des Memoires
,
compilez par le P. Niceron, a été
- C publié
publié; mais vous ne perdrez rien par ce
petit retardement. Le nombre des sçavans
dont il est parlé dans cette fuite, est de
trente, parmi lesquels il y en a beaucoup
de François. Suivant la résolution que
l'Editeur a prise, de placer quelques Anciens
parmi les Modernes, on voit ici
Corneille-Tacite. Cet article est de la
composition de M. B. D. L. qui dans le
volume précèdent a donné l'éloge de Tite-
Live.
Le P. N. suit sa méthode ordinaire
ainsi je , ne vous repeterai point ce que je
vous ai dit à l'égard des autres volumes.
Les Sçavans dont les Viesremplirent le
Livre dont il s'agit dans cette Lettre, sont:
N. PERROT D'ABIANCOURT.
PIERRE ALCYONIUS.
ALEX,ab ALEXANDRO
GASPAR BARTHOLIN.
THOMAS BARTHOIIN.
PIERRE BAYLE.
JEAN BIGAT.
NICOLAS BERGIFft.
GILBERT BURNET.
RENE'LE BOSSU.
PHIL. CALLIMACO ESPERINTE.
FRED. COMMANDINO.
GERARD CROESE.
PIERRECUNEUS.
GISEERT ÇYPBRT,
ANTOINE GALLAND.
ISAAC JACQUELOT.
JEAN LIGHTFOOT.
ALEXAND.MARCHETTI
CLAUDE BACHET DE
MEZIRIAC.
JACQ. OZANAM.
OLIVIER PATRU.
FRANÇOIS PHILEPHE.
BERN. RAMAZZINI.
P. SavAUJ REGGIS.
J. FR. SARASIN.
CORN. TACITE.
HONORE' D'URFE'.
J. WowFR, de Hambourg.
J. WDWSRJ d'envers.
Pour
Pour suivre la coutume que j'aiprise,
vous trouverez ici ce que l'Editeur de ces
Mémoires rapport, page 217.au sujet
d'un Sçavant illustre, à la mémoire duquel
je sçai que vous vous interessez.
HONORE' D'U RFB*
Honore d'Vrsé nâquit à Marseille le iiè
Fevrier 1567. de Jacques d'Urfé, d'une
Famille illustre du Forêt, originaire de
Suabe, & de Renée de Savoye
,
Marquise
de Baugé, fille de Claude de Savoye , Comte de Tende & de Sommerive
,
Gouverneur
& Grand-Sénéchal de Provence. Il fut le 5. de six fils, & frere de six
¡ soeurs. Jacques son frere le 3. des six
fut
Grand -Ecuyer de Savoye, & vécut 1 1 6.
ans. Il se remaria à l'âge de 100. ans,
&
eut un fils de ce mariage.
Hanoré d'Ursé après avoir fait ses Etudes
à Marseille, alla demeurer dans le Forez où
étoit sa Famille. Jacques son pere, voyant
dans son voisinage une jeune fille de qualité
,
d'une grande beauté & feule heri
tiere de sa Maison
,
nommée Diane de
Chateau-Morand, la destina à Anne son
Fils ainé. M. Patru dans ses éclaircissemens
sur l'histoired, qu'il écrivit
à la sollicitation de M. Huet, Evêque
d'Avranches, dit que les deux Maisons
tfUiié & de Chateau. Morandétoient en-
C ij nemies
nemies, & que la Noblesse du Pays,qui
s'interessoit à leur réconciliation
, menagea
ce mariage qui en fut le sceau. Cela
paroît être confirmé par le Roman même
d'Astrée
,
où Alcipe pere de Céladon,
est representé comme ennemi irréconciliable
d'Alcé
, pere d'Astrée. Honoré
d'Urfé n'en demeuroit cependant pas d'acord
,
& assuroit que les seulesvuësd'interêt
produisent ce mariage
, & qu'il
n'yavoit jamais eu aucune broüillerie
considerable entre les deux Familles.
Pendant que ce mariage se négocioit Honoré , voyant souvent Diane, en devint
éperdument amoureux. Il plaisoit fort à
Diane ,
& si on lui eut donné la liberté
du choix, elle n'eut pas balancé à le préférer
à son frere
, qu'on lui destinoit.
Mais comme l'intérêt des Maisons ne s'y
rencontroit pas, le Pere d'Honoré,pour
le dépayser, l'envoya à Malthe, dont il
l'avait fait recevoir Chevalier, mais sans
lui faire faire de voeux , & fit en son
absence ce mariage avec son Fils aîné.
Ce mariage ne fut mariage que de
nom ,
& ils Ii separerent volontairement
après avoir vécudix ans ensemble. Sous
cette vaine apparence de mariage,M.d'Urfé
leur neveu, disoit qu'ils avoient été
ensemble n.ans, qu'ils se séparerent
-Tous une promessereciproquequ'ils [ç 6r
renj
rent, de s'engager dansl'Etat Ecclesiastique
après leur réparation
,
& que le Mari
tint aussitôt sa parole, se fit Prêtre
y devint Chanoine de Lyon, & eut le
Doyené de S. Jean de Montbrison & le
Prieuré de Montverdun; mais que Diane
se voyant libre
,
résolut de se donner
à HoJtore.
Celui-ci de son côté, en changeant
de lieu n'avoit point changé de sentiment
pour Diane, & avoit pendant toutes
ses courses perseveré dans son amour
pour elle. Ainsi il profita du divorce de
îon frere
,
& epousa celle qu'il avoit tant
aimée.
M. Parrurepresente Honoré encore
fort passionné pour Diane, lorsqu'ill'épousa
,& c'est l'opinion commune; mais
il en parloit lui-même aurrement, puisqu'il
disoit qu'il n'épousa Diane que par
..inrerêr, & pour ne pas laisser sortir de sa
Maison les grands biens qu'elle y avoit
apportés.
Il est vrai que Diane n'étoit plus alors
dans la premiere fleur de sa beauté, aïane
plus de30. ans,ou même plus de 40.
si elle fut 22.ans avec l'aîné. Il est vrai
auflfi qu'ils ne vêcurent pas dans une
parfaite intelligence. On en rapporte des
causes fort différentes. M. Patru dit
qu'Honoré s'abandonnant à son humeur
C iij galante,
galante, avoir toujours quelques nog;
velles amourettes en tête. Diane ne
trouvant plus en lui cette adoration
qui l'avoit autrefois si agréablement flatée
, ne pouvoirmoderer ni sa jalousie ni
ses reproches ;ce qui le fatigua tellement
àla fin, qu'il se retira en Piemont, dans
uneCassine,sur le bordduPô,prèsde
Turin.
M. d'Urfé, son neveu,alleguoit d'autres
raisons de cette séparation;entr'autres
la malpropreté de Diane, toujours
environnée de grands chiens
,
qui causoientdans
sa chambre, & même dans
son lie une saleté insupportable à son mari.
D'ailleurs il avoir espere qu'elle lui
donneroit des Enfans qui pussent confer-
Ver dans sa Maison les biens qu'il avoit
eu d'elle; mais au lieu d'enfans
,
elle actouchoittous
les ans de Môles, qui le
dégouterent enfin d'elle.
Tout cela ne paroît pas s'accorder avec
ce qu'a écrit Honoré lui même dans la
Préface du 3. Tome à?A(b*-èe, lorsqu'aprés
avoir protesté à la Riviere de Lignon,
que le feu dont il brula, & qui donna
naissance à son ouvrage, fut si pur ,
qu'il
ne laissa jamais de noirceur en pas une de
ses actions ni de ses desirs, il ajoute qu'il
était encore très vif alors, que la longueurdesannées
n'en avoir point diminué
l'aïl'ardeur,&
qu'il ne s'éteindrait que fous la
terre Je son tombeau. On ne peut concilier
ces sentimens avec l'eloigneraent dans
lequel il vivaitseparé~d'Aise,qu'en di----
fant qu'il était toujours amoureux de l'idée
qu'il confervoic de l'Astrée du temps
passée, si différente de l'Astrée d'alors.
Il se retira donc en Piémonr, préférant
cet endroit à tout autre, non feulement à
cause de la distinction & du rang que lui
donnoit dans cette Cour l'honneur qu'il
avait d'être sorri d'une fille de la Maison;
mais encore pour les marques de bienveillance
que lui donnoit le Duc de Savoye
,bien différentes du traitement qu'il
recevoir à la Cour de France, du Roi
Henri IV. Il
Ce Prince n'avoir jamais régardé de bon
oeil ceux qui avoient eu quelque part aux
bonnes grâces de la Reine Marguerite,
& Honoré d'Urfé étoit de ce nombre. Il
s'y trouva engagé par une aventure fort
imprévuë. La France était alors partagée
par les guerres civiles en diverses factions.
Cette Princesse était dans le Château
d'Union en Auvergne, & fcs partis battoient
la campagne. Honoré tombaentre
leurs mains, & fut conduit à la Reine. Il
avoit toutes les qualités qui pouvoient le
rendre agréable à une Princesse infiniment
spirituelle&galante
,
& d'un dif-
C iiij -certernement
exquis. Ainsi elle ne tarda
gueres à se laisser prendre par son Prisonier.
Cet evenement est envelopé dans
YAjirèe fous le nom de Galatée. Au reste
sa prison ne dura pas longtems, & il
revint bientôt auprès de Diane, à qui il
avoit reservé route la fidélité de son coeur.
Etant tombé malade à Nice, il se fit
porter à Villefranche,où il mourut pul
conique en 1625. agé de 58. ans.
CATALOGUE DE SES OUVRAGES.
I. Le Sireine, Paris itf-11. in-8°. It.
avec d'autresPoësies du même Auteur.
Paris 1618. inS3. Ce Poëme est son
premier Ouvrage. Il y décrit son départ
du Forez
,
son absence & son retour, mais
en déguisant un peu les choses. Il se represente
presque encore enfant; il part
Amant de Diane, & aimé d'elle: pendant
son absence, Delia, riche Berger, mais
malfait & peu digne d'elle, la recherche
en mariage, & l'obtient de ses Parens -
dont l'autorité prévaut en cela sur sa passion.
Sireine à cette nouvelle se précipite
dans la mer, d'où il est promtement retiré
par les soins officieux de ceux qui le
voyent dans ce danger.
II. Epitres Morales,Paris,I 603. in-12.
It. Lyon 16LO. in-12. Honoré dUrSé
écrivit ccs Epitres en prison, comme des
rcremedes
contre les coups de la fortune
qu'il avoit éprouvés. On ne sçait à quel
sujet il fut arreté. Se trouvant dangereusement
malade, il confia son Ouvrage à
Antoine Fa'Ur! Premier President de
Chamberi, son ami intime, qui le publia.
Il a été réimprimé plusieurs fois, Se
il fut augmenté d'un troisiéme Livre dans
l'Edition de Lyon faite en 1 620. Il n'y a
rien que de fort commun, & il n'est plus
gueres connu. III.L'Astrée, Paris, in- 80. Honoré
d'Urfé publia le premier Volume de forv
Astrée en 161 o. 5c le dédia au Roi Henri
IV. à qui ce present fut fort agréable , quoique l'Auteur ne le lui fut gueres. Le
second vint dix ans après
,
& le troisiéme
quatre ou cinq ans ensuite. La quatrièmepartie
étoit achevée lorsquel'Auteur mourut.
BaltazarBaro,quiavoit été son confident
& son Secretaire, & qui étoit inftruit
du dessein de son Ouvrage
,
nonfeulement
fit imprimer la quatrième partiedeux
ans après la mort d'Honoré, mais*
/compa(a encore la cinquième partie sur
les Mémoires de son Maître. D'un autrecôté
le Duc de Savoye
,
qui étoit dépositaire
de la quatrièmepartied'Astrée,&
des mains de qui elle passa à Mlle d'Urfé
;¡- niéce de l'Auteur, chargea Baro de la faire
imprimer ; l'ayant confiée à quelques
C y \?et
personnes, ceux-ci en tirerent des lam
beaux, dont ils firent ensuite une cinquiéme
& sixiéme partie. -
M. d'Urfé eii le premier qui a tiré les
Romans de la Barbarie, & les a assujettis
à des règles. Son Astréefutreçue avec
un applaudissement infini
,
principalement
par ceux qui se piquoient d'esprit 8C
de politesse. Toutes les histoires qu'elle
renferme ont un fondement veritable, ÔC
l'Auteur a eu dessein d'y raconter sous
des noms de Bergers & de Bergeres l'hiftoire
de ses amours avecDiane de Château-
Môrand & celles de plusieurs autres personnes
; mais pour rendre ces Histoires
plus agréables, il les a toutes romancées , c'est-à dire qu'il les a mêlées de fictions"
qui quelquefois sont des fiétions toutes
pures, & d'autres fois sont des fictions,
qui fervent de voile à des vérités. Ce Livre
qui faisoit autrefois les délices des
personne, les plus spirituelles
,
& même
des Sçavans,n'est plus lû maintenant.
Le goût de ces Romans de longuehaleine
ôcoùles avantures sont entassées les unes
sur les autres, sans qu'on en voye jamais
la fin
, a subsisté quelque tem 3.
mais
il est entieren'ont passé. On n'est plus
d'humeur à se prêter si long-tems à des
idées si frivoles, & ceux qui ont con(frvG
le goût du Roman ne yeulenr plusque d*
ces.
«s Histoires , qui durent assez pour les
amuser ; mais non point assez pour leur
causer de l'ennui. M. Patru a donné des
éclaircissemens sur 1*Aftrée
,
où il découvre
plusieurs personnes, dont Honoré
d'Urfé a eu intention de parler fous des
noms empruntés; mais c'est une chose
quiinteresse maintenant peu de personnes.
Cet Article est tiré de la douzième Dissertation
de M Huer dans le Recueil de l'Ab'
de Tilladet, C'est ainsi que le P. Nicerons'exprime,
ce qui, avec sa permission,n'est
pas assez clair, tout le monde n'étant
pas à portée de scavoir ce que c'est que
ce Recueil de l'Abbé de Tilladet, s'il
est manuferit ou imprimé, le lieu & le
tems de l'impression&c. On trouve dans
ce Livre plusieurs autres pareilles négligences.
On n'y devoir pas omettre, furtout
à l'occasion du fameux Roman d'Honoré
d'Urfé, LA NOUVELLE AsTR.EE',
dàédiée à S. A. R. Madame qui a paru Amsterdam chez P.Humbert,vol. in'i'i.,,
en 1713. C'est une sage & agreable imitation
de l'Original dont on vient de parler
, dégagée de toutes les choses qu'on
peut regarder comme inutiles, &capables
de causer de l'ennui. Une Dame spirituelle
, & qui fait paroître beaucoup
cfcenjoumsnt, de vivacité &c de facilité
', C vj de
de s'exprimer, est l'Autheur de cet Oa,;
vrage. Les Moeurs, au reste,y sont si loüables
, & si scrupuleusement respéctées
,,
que» si les Amans de nos jours ressem.
» bloient à celui qu'on nous dépeintdans
» ce Livre, notre siecle feroit un siecle
» d'or pour l'amour ; les Peres & les Me-
» res exhorteroient leurs filles à recevoir
» les Amans; on les regarderoit comme
» des Precepreurs ,
d'autant plus utiles
» qu'ils feroient agréables. Voyez le Journal
littéraire de la Haye 171 3. T.1. p.
4?5*
SONNET
DAns les pleurs, danslescris recevoir I&
naissance,
Pour être des besoins l'esclave malheureux,
Sous les bifarres loix de Maîtres rigoureux
Traîner dans la contrainte une imbecille en"
sance,
Avides de sçavoir, languir dans l'ignorance,
Desplaisirs,des grandeurs follement amoureux
N'en recueillir jamais qu'un ennui douloureux
Payerd'un loflg regret une courte esperance â
Voir avec la vieillesse arriver à grands pas
Let
les maux avant-coureurs d'un funestetrépas
Long-tems avant la mort en soutenir l'image.
Enfin en gémissant mourir commeon est né e'.
N'est
- ce que pour subir ce fort infortuné
Que le Ciel auroit fait son plus parfait our
vrage ?
EXTRAIT d'un Mémoire envoyé
par M. le B. Chanoine & souchantre
d'Anxerre, à Voccafion ds- ce qui ejÎ
dit de la Mp Grecque de Saint Denis
& d'un Rit dt Saint ViEior de Marseille
dans le fécond Volume du Altr
enre de Decembre demier..
1 L n'effc pas surprenant que Dom
Felibien n'ait point fait dans son HistoirederAbbayedesaintDenis,
de Differtation
sur l'usage où est ce celebre Monastere
de chanter une Messe Grecque le
jour de l'Octave du Saint Patron qui.
arrive le 16 Octobre. Ce n'est pas le
propre des Historiens d'approfondir les
Rits,ni l'origine de differens points de discipline
des Eglises, dont ils sont l'Histoire
Ils s'attachent principalemens aux faits
à leur époque *
»
& à leurs circonstances
!an¡
sans en penetrer la raison ni l'origine.
Ainfr non - feulement je fuis disposé à excuser
Dom Felibien de n'avoir point dit
ce qu'il pensoit de l'origine de l'usage en
question) mais encore le Pere Guefnay
Jesuite
,
de ce qu'il n'explique pas dou
vient la coûtume des Religieux de saint
Victor de Marseilledecommunier le
Vendredi Saint. Je fuis persuadé que les
personnes qui ont paru mécontentesdu
silence de ces deux Historiens, ou qui ont
essayé de justifier la reticence de l'un par
celle de l'autre, seront assez équitablespour
ne leurpoint imputer une plus grande
faute qu'il n'yen a réellement dans leur
omission. Mais elles souhaitent de scavoir
ce qu'un peut penser de l'origine de ces
deux u sages; voici ce que je me souviens,
d'avoir lu par rapport à la Messe Grecque,
ou plutôt par rapport à tout ce qui se lit
ou se chante enGrec à saint Denis.
Je ne puismedispenser de dire d'abord
en generalque c'est un resstd'antiquité
& qu'ainsi il est bon de leconserver. Pour
le prouver, je me contenterai de produire
plusieurs exemples de pratiques assezfemblables
qui ont existé ou qui existent encore.
Sans remonter bien loin; à l'ouverture
du dernier Volume des Rits Ecclesiastiques
publié par Dom Martenne , je trouve l'Ordinaire Romain de Pairs
Crassus.,;
Crassus
,
qui vivoit du temps de Leon X.
On y lit à la page 601. en parlant du jour
de Noël. lnchoatur solemniter Tenta, per
Papam ,
& in A-IijJU dua Epi(inia & dua
Evangelia in Latino & in Græco
SiPapa non celebrataut non su præsens.
nec dteæ Epistolæ ,nec duo Evangelia leguntur.
L'Ordinaire de Pierre Amelius
s'étoit expliqué plus au long, sans cependant
dire clairement s'il s'agit de la seconde
Messe de Noël, quoiqu'il paroisse par
le détail qu'il fait, qu'il s'agit de la troisième
Messe comme étant plus solemnelle-
Finitisillislandibus (C'étoient les louanges
du Pontife semblables à celles qu'on
chante encore en presence des Evêques,
lorsqu'ils officient en certaines Cathedrales
de France) cantaturEpistola Latina,
poftr'noditm Græca. (a) SubdiaconusLann.
iscxpeZtut Subdiaconum Gracum , Sic etia-n legitur Evangelium G:".tcum d-
Latinum. Diaconus V:0 Cardinalis diEl,
Evtnçrliê revertitur ad Altare , nec expectatDiaconum
Græcum
,
licetiverint simul
,sed Grævus ¡(cF'cm illum. Ad E vange'iitm
Latinum portantur septem candelabra
J- immédiate dicitur Evangelium
Gracum curn duobus candilabris accensis,
& alia quinque portantur in Altari. Cet
(a) Mus. Ital. T., z* pag. 45-3.
Ordinaire
Ordinaire sur composé après le milieu dit
XIV.siecle. L'Ordinaire du Cardinal
Jacques Gaïetan, qui est plus ancien de
trente ou quarante années, ne marque
point cette Cérémonie à Noël, mais à la
premiere Messe celebrée par le Pape le
jour de son Election
, legiturEpistola
Latinoe & Gr&ca, subsequementer super pulpito
: sic etiam Evangelium Latinum &
Gracum. L'Ordinaire de Benoist, Chanoine
de S. Pierre de Rome
,
écrit sous
le Pape Innocent II. marque une Epitre
& un Evangile grecs les jours de Noël Be
de Pâques à la Grand-Messe.
Voila, selon moi,dequoi indiquer l'origine
du Rit de l'Abbaye de saint Denis,
Les Eglises de France ont pris plusieurs
usages de celle de Rome, surtout depuis
le neuvième siecle où le gros des Rirs
Romains fut admis. Il est à croire qu'originairementc'étoit
aux Messes des grandes
Fêtes de Mystere, qu'à l'exemple de
Rome, dont c'était l'ancien usage, on observoit
de lire l'Epitre & l'Evangile en
Grec; ensuite on a étendu cet usage aux
Fêtes principales des Saints, & voila
pourquoi je le crois établi d'abordà la
fête de saint Denis, & delà porté au jour
de l'Octave. Quant au chant de l'Introit
& autres parties de la Messe du jour qui
fipit la grande solemnité de saint Denis,
c'est
•*eft aussi un reste de l'usage où l'on étoit
dans l'Occident, d'employer quelquefois
dans le chant du langage Grec. Le Kyrie
eleison de tous les jours, l'Agios ô Theos
du Vendredy Saint, sont des vesstigesde
cetusage, conservez presque généralement
en Occident. A Rome primitivement
, c'est-à-dire
,
depuis que le Chant
eut été reglé de certaine maniere par saint
Gregoire & par quelques-uns de ses successeurs,
les Versets. qu'on chantoit aux
Répons Alleluiatiques des Vêpres du jour
de Pâques & de la semaine etoient en
Grec. C'étoient de véritables pieces de
Chant semblables à ce que nousappellons
un Graduel. Ils sont -raportés dans le
premier Ordre Romain de l'Edition de
Dom Mabillon. Sous Innocent II. au
douzième siecle
,
le Grec n'étoit point
usîté à Vêpres; mais en mémoire de ce
Grec, autrefois chanté dans ces Vêpres
Pascales, on en chantoit pendant la col-
Lation qui se prenoit à l'issuë de cet Office.
C'étoit une Prose Grecque dont l'inrerpretation
l atine commence ainsi:Pascha
jacrnvî nobishodit ostensum est.
Vous observerez que c'étoit toujours
aux grandes Fêtes que l'on chantoit du
Grec en Occident. A Tours, tant dans
l'Eglise de saint Gatien
, que dans celle
de saint Martin , c'étoit à Noël qu'on
chantoit
chantoit le G oria in excelsis en Grec à la
premiere Messe, & sans doute de ce beau
Chant Phrygien, qui est répandu dans tous
les livres Latins
, 6c qui de tout temps a
été le seul connu dans la Chapelle du
Pape. Dom Martenne rapporte la preuve
de cet usage de Tours, page 89. de antiejuaEcriesialifiiplina,
Non -
seulement
le Gloria in excelsis ell: noté en Chant sur
le Texte Grec dans le magnifique Sacramentaire
de huit cens ans, conservé à
saint Denis, mais encore le Credo y est
noté & écrit de même en langage Grec,
quoiqu'en caraéteres Latins. Est-il donc
étonnant qu'en cette Abbaye, qui a toujours
été si celebre & si nombreuse, on
ait constamment retenu l'usage de c hanter
quelquefois du Grec, & surtout ces
deux pièces
, aux jours de grandes Fêtes?
Je ne dirai pas que ce pourroit être dès le
temps de l'Abbé Hilduin qu'on auroit
commencéà prononcer en Grec la première
leçon de la Messe du jour de saint
Denis. Je laisse cette pensée à discuter
dans un autre temps. Comme on est naturellement
porté à ajouter foy à ce qui
paroît plus honorable à une Eglise, qui
peur dire que ce ne fut pas dès-lors qu'on
commença à y lire en Grec l'endroit des
Actes des Apotres où est raportée la conversion
de saint Denis l'Arcopagite? A11
moins
moins c'est le choix de cette lecture qui a
conduit à la Prose
,
Gaude proieGracias , qu'on ne tarda gueres à composer.
Je croirois donc qu'il a pû se faire
qu'on n'ait chanté primitivement en Grec
à la Fête de saint Denis que les lectures
de la Messe
, & qu'ensuite peu à peu la
Coutume s'est formée d'y chanter le Gloria
in excellis & le Credo. Cette Fête ayant
été continuée par une solemnité de huit
jours, de même que les Fêtes des principauxmysteres
, on établit la coutume
de diversifier la Messe pendant les jours
de cette Octave, selon qu'en fait foy le
Sacramentaire même de saint Denis; ÔC
au lieu de ne dire que la moitié des parties
de la Messe en Grec, on convint
apparemment de la dire entièrement en
cette Langue, mais feulement le jour Octavaire
, comme étant le plus solemnel
après le premier jour de la Fête; en
sorte, qu'il n'y a que les Prieres qui regardentlePrêtre
,qui sont dites en Latin
à l'ordinaire. Il n'est pas aisé de fixer le
siecle dans lequel s'est fait cet établissement
d'une Messe Grecque presque pleniere
: Il est feulement vrai de dire qu'on
y reconnoît le chant des pièces latines du
Commun de plusieurs Martyrs adapté sur
le Texte Grec qui exprime les mêmes
pensées.Il n'y a qu'une chose qu'il semble
qu'os»
qu'on n'auroit pas dû admettre en cerre
JVdrcfTe; c'est le chant du Symbole de la
composition de M. Dumont qu'on a placé
sur le Symbole Grec, au lieu de l'ancien
chant de toute l'Eglise Latine, qui vaut
infiniment mieux pour son admirable iÏmplicicé)
& qui vrai-semblablement est une
maniere de chant venue des Grecs.
Au reste,la coutume de chanter du Grec
en France dans les Prieres publiques &
même danscelles qui s'adressentauxSaints,
n'est aucunement nouvelle; j'ai vû un manuscrit
du X. siecle
,
dans lequel parmi les
Antiennes de l'Office de S. Nicolas, il y
en a une notée sur des mots grecs, écrits
avec les caracteres Latins
,
mêlez d'une
espece de caracteres Saxons. Ce n'e st
point cette fameuse Amienne, O Pastor
aterne, laquelle valut au Prieur d'un Monastere
,
dépendant de la Charité sur Loire,
tant de coups de verges pendant l'espace
d'une belle nuit ,
selon que * Durand
Evêquede Mende & Pierre Nadal, ou de
Natalibus le raportent. Celle dont je veux
parler commence ainsi Mirospatir Kitza
sostitos mi"'oJ caritos. Je l'écris de même
qu'elle est dans le livre où je l'ai vue.
C'est ainsi que le Cardinal Thomasia fait
imprimer dans l'Appendix du Responso-
* Dur. Ration div. Of}l,7. e. J9.'
lie]
rielRomain, qu'il publia en 1 686. les
Versets des Répons alleluiatiques de Plques.
O Kyrios c Basileosen
, parce qu'il
les avoit trouvé écrits de la même maniere
dans un manuscrit très-ancien du Vatican.
Je trouve suffi dans le voyageLiturgique
du Sieur de Moleon,où il y a bien des
choses curieuses,qu'à Roüen le mardi des
Rogations la Cathedrale chante à la Procession
,
des Litanies en maniere de distiques
,
dont le dernier estpurementGrecs
apparemment comme ce vers de notre ancienne
Hymne de Complies dela Pentescôte
, Athanatos Kyrios Theos Pantocraton
ysios. Quoique je n'aye osé faire remonter
le Chant Grec dans nos parties occidentales
& septentrionales des Gaules
plus haut que le neuvième siécle, je sçai
cependant que dans la sçavante Province
où lont situées les Villes d'Arles & de
Marseille
, on chantoit indifferemment
Grec & Latin, même parmi le vulgaire
au I.siecle. Cyprien, Auteur de lavie
de saint CeÚize, Archevêque d'Arles,
dit de ce saint Prélat, que pour empêcher
les causeries dans l'Eglise, il obligea les
Seculiers à préparer & à chanter dans
l'Office, de même que les.Clercs ; soit des
Antiennes
3
soit des Hymnes ,tant Grecques
que Latines, alii gracè
, aliihtinè.
Mais si le Latin eut bien delapeineà se
maintenir
maintenir dans le centre des Gaules, le
Grec, à plus forte raison, n'y fit jamais
de grands progrès. C'est pourquoi j'en
reviens à dire que ce ne fut gueres que
depuis Charle Magne,qu'en même temps
qu'on puisa de Rome beaucoup de pratiques
, on en tira aussî l'usage de chanter
quelquefois du Grec dans les Offices div
ins.
Quant à la pratique du celebre Monasjtcïc
de S. Victor de Marseille
, par laquelle
tous les Religieux y communient
le Vendredy-Saint, Cet usage sur de toute
ancienneté chez les Moines, & il ell
trèsautentique,puisqu'il s'observoit même
dans les Cathédrales & dans les Egli..
les séculieres. Il est si ancien qu'on le
lit dans les Sacramentaires Gélasien &
Grégorien,& dans laRegle du Maître,
écrite en France au VII.siecle.
A l'égard de son authenticité, on n'en
peut douter, puisqu'il est marqué dans
les Ordres Romains les plus anciens qu'on
ait, & qui ont été les plus répandus. Pour
n'être pas rrop long, je me contenterai
de rapporter en abbrgé ce que Haëffen
& le Pere Martenne ont indiqué sur cette
Communion du Vendredy-Saint, & d'y
ajoûter ce que j'en ai découvert par mes
recherches particulieres. On voit dans les
Ecrits de l'un & de l'autre, la plûpart des
principales
principales Abbayesobservercet usage.
1 eu marque dans l'Ordinaire redigé au
III.siecle pour l'Abbaye de Norbac. Il
trouve dans les Ordinaires de Corbie
du Mont-Cassin qui sont très-anciens,
sans la Concorde des Rits de S. Dunstan,
'otH' l'Angleterre
,
dans les Decrets dé
Lanfranc, dans les Coûtumes de Cluijny
de S. Udalric
,
dans celles de S. Be-
~taigne de Dijon, de S Evre de Toul,
flans le Ceremoniel de la Congregation
»3e Bursfeld en Allemagne,dans les Coûrurmes
de S.Germain des Prez, ausquelles on
doit ajoûtercelles de l'Abbaye de S.Benoît
sur Loire& de Moutier-Saint-Jeanles Us
le Cîteaux & tous les Misselsde l'Ordre de
Clugni, quigénenlement marquent d'une
maniereexpressela Communion (olc¡mnel.
le du Vendredy-Saint.AussiHaësten qui
ïtoit bien informé
,
n'a-t-il pas hesité de
dire que cet usage est encore en vigueur en
un grand nombre d'endroits,in pluribus
~Nocis etiamnuncviget;& siles Provençaux
le voyentobservéàMarseille, je fuis informé
que les Flamans le voyent aussi pratiquer
chez les Benedictinsde Liessiès en
Hainaut, qui ne font pas de l'Ordre de
Clugny, non-plus que ceux de S. Victor.
Je ne cite point les Livres des Chanoines
Réguliers
,
ni ceux des Monasteres de
filles, comme Frontevaud, &c. Je pourrois
rois aussi en produire un bon nombre
tels que ceux de l'Ordre dePrémontre,
de la Congrégation de S. Ruf, & même
parmi les Ordres moinsconnus & à présent
éteints
, comme l'Ordinaire & le
Missel des Guillemites.
Pour en revenir à l'Ordre de S. -Oenoît,.
je ne déguiserai point que ce n'etf que depuis
très-peu de temps que cette ancienne
& venerable pratique a été negligée en
quelques unes des Congrégations qui le
composent, puisque Dom Benoît Bracher,
qui avoir été de l'ancienne observance à
S. Benoît surLoire
,
& qui est décédé dans
la Congrégation de S. Maur, avoir vû
communier toute la Communauté leVendredy-
Saint, ainsï qu'on le lui a oüi dire.
Je joindrai à tous ces exemples l'autorité
du Docteur Isambert, qui a soutenu fermement
cette pratique de nos Eglises.
Suarez (a) & Vasquez, (b) celebres Jesuites,
ontaussi fait l'Apologie de cette
pieuse Coûtume, ne la regardant nullement
comme éteinte ou abolie par le nonusage.
Mais je trouve qu'ils eussent encore
mieux répondu aux objections qu'ils se
font, si outre l'Ordre Romain dans lequel
il y a formellement au Vendredy-Saint,
Etcommunicant omnes cum silentio
,
ils
cuITent fait voir l'étenduë de cette prati-
(a) Ton. J. p. i. D. 8o. Se&.i. (b)P.3.d.232.n.21. IlUc,
que,non-seulement par Théodulf, Evêque
d'Orléans,par Remy d' Auxerre, mal
pris pour Alcuin, mais encore par ce grand
nombre de Livres Ecclesiastiques qui la
preicrivent, tels que les Sacramenraires
de S.Guillelm du Defert, autrement dit
Gellone, de Reims, de Noyon,de Poitiers
,le Pontifical de S. Prudence,Evêque
de Troyes; & outre ces Monumens Liturgiques
qui sont de huit & neuf cens
ans, laVie de S. Udalric, Evêque d'Aufbourg
,à laquelle Dom Mabillon n'a pû
refuser cette petite note: Fidèles olim hoc
stero triduo, communicarc mos erat. Le
Livre dejean d'Avranches,Archevêque de
Rouen,au XI. siecle
,
Jean Beleth
,
Durand
, tous les Missels de Roüen & ceux
delamême Province, comme Avranches,
&c. les anciens Livres des Eglises de Besançon,
d'Alby, d'Amiens
,
de Soissony,
du Mans, de Nantes
,
de Strasbourg
,
les
Rituels ou Manuels d'Orléans,&l'usage
actuel des principales Eglises d' Auvergne,
je veux dire, Clermont, S.Flour, Brioudc.
Peur-être même que quelques-uns de ces
Livresleur eussentfaitdécouvrirl'origine
du SoinsPontifex, qui est dans l's Livres
de quelques autres Pays, & en quel sens ce
Solus* adjectif exclusif, avoit été d'abord
un Solusfouvent ne tombe pas ftlnt/ur le sons
4e la choIe, que fM la maniéré> le lieu & le
temps précis de Uftiret D cin.
employé dans les Livres dont dansla fuite
on a fait des Extraits peuexads,& qui
ont servi à tromper la posterité.
Il paroît par le Traité de M. Marchetti,
sur les Usages des Marseillois, que les
Religieux de S. Victor ne faisoient point
même autrefois de difficulté de satisfaire
là ddrus la dévotion des personnes du
siecle, puisque j'y lis à la page 347. que
Madame de Castellane, que le Roi Henry
III. avoit aimée communtoit tous let
ans le Vendredy-Saint a S. Victor de
Marseille. Le même Ecrivain cite encore
pour cette pieuse & ancienne pratique
l'exemple du Pere Jean Lorin
,
qu'il dit
être l'un des plus fameux Théologiens que
la Provence ait donnez à la Compagnie
de Jesus, & qu'ilassure avoir toujours
communié ce jour-là. C'est ainsi que la
Tradition de certains Usages se perpétué
plus confiamrncne en certains Pays qu'en
d'autres. La pratique de l'Abbaye de faine
Victor de Marseille,n'est donc autre chose
qu'un reste d'une coutume générale de la
vénérable antiquité, qu'il faut que les Religieux
de cet ancien Monastere se donnent
bien de garde de laisser jamais tomber,&
dont ils doivent stipulerlaconservation,
en cas qu'ils fussent obligez de
retoucher quelque chose à leurs anciens
Livres d'Office, même en cas de Réforme
ou de sécularisation,ATHEATHENAYS,
A L'EMPEREUR THEODOSE
I-IER0rDE. TOut le monde sçait qu'Athenaïs ayant
été exilée de la Cour deThéodofe par
les intrigues de l'Affranchi Chrifaphius , elle fut rappellée deux ans après son exil.
C'est du fond de sa solitude qu'elle écrie
à l'Empereur Theodose la Lettre que l'on
va lire.
JE rends grâces , Seigneur, à vos tendres
bontez
,
Souffrez que je demeure en ces lieux ecartet.
J'y goure
,
loin du monde
,
obscure& retirée»
Le plaisir peu connu de me voir ignorée;
Ce Phantôme enchanteur qu'on adore à la
Cour,
Disparoît à mes yeux dans mon humble séjour;
Ce que j'aimois en vous, Seigneur, c'était
vous-même;
J'ai pleuré Théodore & non le Diadème;
J'ai crainc, je l'avouerai, que le Maître des
Rois,
Vengeant avec éclat le mépris de ses Loix,
Ne frappât d'un seul coup le Prince & le Mi*
nistre ;
D ij Mati
Mais il a détourné ce présage sinistre;
Long-temps un vil esclaye a causé mes douleurs;
Jeredoutois pourvous sesconseilsimposteurs,
J'âpprenois que vos maux paroissoient sans
rcnbufce,
Pe mes pleurs chaque jour tout grossissoit la
sourcej Par un leger sommeil, s'ils écoient suspendus,
Paulin * sanglant, s'offroit à mes yeux éperdus,
Paulin, dont Dieu connoît la vertu,l'innod
cence,
Et dont le fang versé lui demande vengeance ;
Chritaphius puni fera taire ses cris,
Son Supplice a rendu le ca lme à mes esprits,
EPulcherie * enfin près de vous rappeLce»
Soulage les ennuis dont j'étois accablée ;
L'Eternel a daigné vous dessiller les yeux;
Vous voyez vos forfaits, ils vous loue odieux,
Je n'ay jamais goûté de plus douce allegrese :
Tout jadis en ces lieux partageoic ma tristesses
Tout partage ma joye & ces valles Forêts,
Témoins,& si souvent échos de mes regrets,
Semblent en avoir pris une face nouvelle i
Ma chere solitude en est pour moi plus belle:
fie m'en arrachez pas, nos Bergers tous les ans
Viendront d'Athénaïs vous offrir les presens;
* Paulin, StnAtlUr:lÓ,ç. Voyez la Vie de
Tbéodofc.
£ fëlektrie ifenrde rhiodore.
Qucl"
Quelques fruits
,
quelques fleurs simples, mais
purs hommages,
Et symboles naïfs des moeurs des premiers âges
Où l'Univers naissant adoroit les vertus:
Temps fortunez.. hélas! ne reviendrez-vous
plus?
Je crains la Cour; je crains cet éclat qui nOUs
trom pe,
Je fuis deses plaitirs l'embarras & la pompes
Là j'ai toujours senti des ennuis devorans.
Ici, fous un berceau de Jasmins odorants,
Je me livre au sommeil, ce sommeil eii
tranquille,
Et jamaisles chagrins ne troublentmon azile;
Il ne manque à mes voeux,pour être satisfaits,
Que de pouvoir un jour dans ces lieux pleine
d'attraits,
Moi-meme vous dressant un Trône au pied
d'un hètre
,
Embrasser les genoux demonaugusteMaître,
Libre pour quelquetempsde mille roins divers;
Après avoir donne la paix à l' Univers
,
Vous pourriezdans nos bois la donner à vousrf
même,
Si vous me refusez cette faveur suprême,
Permettez-moi du moins de préferer toûjouts,
Le repos des forêts au tumulte des Cours;
Laiuezmoi dans l'étatoù le Ciel m'a fait
naître:
Cet état est obscur, j'aime à le reconnoître ;
D iij Mai
Mais quand vous l'oubliez, je dois m'enfouvenir
;
Ma perte, croyez-moi, ne vaut pas un soupir
Et par mille beautez à vous plaire empressees.
Celles d'Athénaïs doivent être effacées;
Au beau fang des Cesars
,
le mien est un affront;
Non, le bandeau Royal n'est point fait pour
mon front.
Attachez.le. Seigneur, sur de plus nobles têtes
D'un plus illustre hymen recommencez les
fêtes,
Le nôtre a peu duré. nul gage n'est sorti,
D'un hymen dont le noeudsut trop mal assortis
Au choix que vous ferez,Bifances'i-ntereffe
Elevez à l'Empire une jeune Princesse ,
L'Univers de vous deux attend un Souverain ;
Gardez,moi votre coeur en donnant voue
main,
la tendre Athénaïs en est bien plus jalouse,
Que du titre d'Auguste * & que du rang d'i.
pouse.
l!AX ctrdis, ntn vero DillJemllJ Beatum efficitç.
J. B. Poney, J.
* onappelloit Jtuguftes, les jtnptrairiciii
aEn
LETTRE sur un Espaceinifniyparcouru
en deux heures. vOici, Monsieur, une Enigme philosophique.
Je croi qu'elle pourra trouver sa
place dans le Mercure,puisque la Geometrie
a bien eu la hardiesse de s'y introduire. Il n'y
en a point ici, tout sedéduit par le seul raisonnement.
Je suppose un corps qui se meut sur une
ligne droite infinie ou indéfinie, comme il vous
plaira. Dans la premiere heure le corps parcourt
une toise. Dans la demie heure suivante
il parcourt une toise encore ; dans le quartd'heure
suivant, une toise encore; dans le demi-
quartd'heure d'après, une toise, &ainsi
de fuite à l'infini. Chose étonnante, il se trouvequ'au
bout de deux heures il a- parcouru une
infinité de toises. C'est-à-dire qu'au bout de
deux heures il a fait uu chemin infini
Il n'y a rien de si aisé que de le démontrer
mathématiquement, une heure, plus une demie
heure, plus un quart d'heure, plus un
huitiéme, plus un seiziéme d'heure, &c. à l'infini
, tout cela ne fait que deux heures. Dès
qu'on a une heure, plus une demi heure,plus
un quart d'heure, on a une heure trois quarts,
& il ne reste plus qu'un quart d'heure, dont
on prend la moitié, ce qui fait un huitiéme
d'heure, il ne reste plus qu'un demi quart
d'heure ou un huitiéme d'heure, dont on ne
prend que la moitié. c'est a-dire,un seiziéme
d'heure, & on continue toûjours de fuite à
prendre les moitiez des moitiez, de telle façon
D iiij qu'on
qu'onn'arrive juste aux deux heures que quand
on a pris tous les termes dela suite. !,!-i, J
&c. or à chaque terme de cette fuite répond
une toise parcourue par le corps, & ce qui
arrive seulement à chaque toise, c'est que le
corps parcourt la 2.e toise avec une vitessedouble
de celle avec laquelle il a parcouru la 1re
desorte qu'à la te toise la vitesse est double, àla 3éelleest quadruple,à la 4e elleest octuple
& toujours ainn de fuite en doublant,la ir toits
est parcourue dans la 1 heure avec uneviresse
double; la 3e toise dans le 1/4 d'heure avec
une vitesse quadruple, de telle façon que le
dénominateur de la fraction exprime perpétuellement
la vitesse correspondante à chaque
fraction de l'heure à |, Or qui doutera
que cette loi d'acceleration ne puisse se continuer
dans tous les termes de la fuite, 2'5'8 &c. c'est-àdire pendant les deux heures entietes,
& parconséquent il est incontestable qu'au
bout de deux heures le corps aura parcouru
autant de toises qu'il y a de termes dans la fuite,
c'est-à dire que le corps aura parcouru un ef..
pace infini ou un nombre infini-de toises à la
fin des deux heures.
Mais que fera devenu ce corps ; il ne fera pas
anéanti1,il' fera quelque part,c'estàdire,à
que quepoint de la ligne. Ainsi voilà une ligne
iUlfli qui a deux bouts ou deux extrémitez.
le premier Doint, NI le corps a commencé à semouvoir; le dernier où il est arrivé à la fin
des dix heures ou au commencement delà
troisiéme heure. -
Onavoir crûjusqu'à present qu'une ligne
irt! le n'avoit pas de fin, mais peut-être s'est
m trompé en cela comme en bien d'autres
choIIl),
choses, & cela ne seroit pas une preuve médiocre
de la superiorité des modernes sur les
anciens,que d'avoir découvert récemment des
veritez aussi surprenantes.
Vous me direz peut-être qu'il n'y avoit qu'à
supposer tout d'un coup une vitesse infinie, &
que la même difficulté s'y trouvoit. J'en conviendrai
; mais il y a quelque avantage à faire
voir la possibilité, &,pour ainsi- dire, la génération
de cette vitesse infinie dans un temps fini.
On voit qu'au lieu de deux heures, on
pourroit prendre deux minutes ou deux secondes,
ou même deux parties infiniment petites
d'une heure, s'il y en a.
Il est à remarquer ici que la vitae acquise
à la fin des deux heures, est non -
seulement
infinie, mais encore la plus grande de
toutes les vitesses ; car elle est exprimée par le'
dénominateur du dernier terme de la fuite
comme nous avons vu & ceci rigoureusement
parlant. Donc voilà une vitessedonnée, qui
est la plus grande de toutes les vitesses, &en
même temps voilà une fraction donnée, qui
est rigoureusement le dernier terme d'une fuite
qui n'a point de dernier terme; par-là voilà le
dernier infiniment grand & ledernier infiniment
lpetit donnez,&déterminezcout ensemble.
Cela est beau assurément, & peut-être
d'autant plus beau, qu'on n'y comprend rien
du tout. Je fuis,&c. * * V
CA.-
CAPRICE.
Tour une Demoiselle, en lui envoyant une
Roseengagée dansfis Epines, au travers
desquelles un Papillon d'EmailfîmbUit
thercher à se faire jour.
PApillon,
quel est ta fureur 1
En vain ta tendresse ,
Cherche avec adresse,
Une route à son ardeur.
La jeune fleurette,
Est sourde & muette y
A qui brigue sa faveur.
Ses pointes févere,.
Des feux témeraires,
Garantissent sa pudeur.
Et son coeur austere,
Du plus doux mistere
,
Ignore encor la douceur.
Quitte la cruelle,
Va porter loin d'elle,
les traits d'un amour vainqueur.
Jamais l'Inhumaine,
D'une tendre peine,
Ne sçut couronner l'ardeur.
Le Papillon deux fois ne se le fitpas dir,.
Son
Son départ finit son martyre;
rIc bien-tôt mille fleurs sensibles à ses voeux»
Couronnerent ses tendres feux.
flAKî que ne puis- je
,
Iris, d'une aîle aussi legere.
Mais non! trop ingrate Bergere !
Puisse plutôt mes tristes jours,
Toucher la Parque cruelle!
Puisse ma flamme fidelle
»
En précipiter le cours.
De Bourdas.
QUESTION REMARQUABLE
jugée par Arrêt du Parlement
de Dijon,
1
Si une Afere qui a abandonné (a Fillt;
peutinier]ettrrappelcommed'abus de la * celcbr.ît:onAH>nanage de cette fille minenre
, qui a épousé un Comédien,sans
les folemnitÚ requises; C7* s'il est permis
À1agiter la Qiitftian de Vètat d'une ltrOll
forme cinqannées après sa mort. APrès le décès du S. Philibert Gabriël
Berthod ,Ecuyer, Chevau-Leger de
la Gardedu Roi, on nomma pour Tuteur
deCatherine, Joseph-Nicolas & Fran-
Pvj çoiû
çoise Berthod les enfans, le S. Jean Bachet
leur Oncle, en l'absence de leur Mel
re qui étoit à Paris. A son retour elle
demanda & obtint le 12 Juin 1711. la
Turelle,conformément à la disposition tes
tamentaire de son Mari; elle fut attaquéo
par une multitude de Créanciers, il fallut
entrer en composition avec eux ; & pour
empêcher les subhastations
,
elle jugea à
propos de leur ceder pour un tems une
partie des revenus de ses biens. On ne
sçait pas précisement quel genre de vie
elle a mené avec sa Famille depuis 1711.
jusqu'en1718. mais il est certain qu'elle
se separa cette derniereannée de FrançoiseBerthod
sa fille, à Bordeaux'; que
cette Fille se mêla parmi des Comédiens
qui étoient en cette Ville; que Catherine
Berthod sa soeur monta aussi sur leThéatre,
& que la Dame Bachet leur Mere étoit en
1719. àMarboz, l'une delesMaisonsde
campagne, en Bresse, sa Patrie.
Il seforma une inclination entre Fnn.
çoise Berthod, âgée de 1 7.ans,à qui la nature
avoit accordé les graces du corps &
de l'espris, & François Hus, Comédien,
qui joiioit les premiers Rôles. Marie-
Anne Hus,de l'état de laquelle il s'agit ;"
doit sanaissance à leurs feux mutuels.
Françoise Berthod e, Fiançois Husseregarderentt
des-loxs comme Epoux, ils.
prirent
prirent la resolution de rendre leurs
noeuds indissolubles ; mais ils firent de
vainsefforts pour avoir le consentement
de la Dame Bachet
,
à qui Françoise Berthod
écrivit de Nismes le 26. Avril 1720.
une Lettre dont on verra suffisament le
contenu par les reflexions qui seront faites
ci-après. Sur le refus de la Dame Bachet
, Françoise Berthod se rendit à Tou-
Ion avec François Hus, ils firent entendre
le 1 o. Juillet delamême année, pardevant
le Lieutenant du Senechal, quatre
Comédiens, dont le premier déposa que
la Mere de Françoise Berthod l'abandonna
à Bordeaux pour courir le monde avec
un Garde de M. le Maréchal de Berwick, & la confia aux Comédiens
,
qui la reçurent
par charité. Le second ne s'accorde
pas tout- à- fait avec le premier; il dit bieoque
la Dame Bachet se sauva avec un.
Garde du Maréchal de Berwick; mais
pour se marier, & non pas pour courir le
monde; & bien loin d'avancer que cefut
la Dame Bac het qui remit sa Fille entre
les mains des Comédiens, il déclare positivement
que ce sur Françoise Berthod
elle-même qui les vint prier de la recevoir
dans leur Troupe; ce qu'ils firent
par charité.
Le troisiéme témoin n'estque l'échodu
second. Le quatrièmenedépose que p^tr
oui
oui dire, & tous relevent la sagesse de la
jeune Comédienne.
A la vue de ces dépositions
,
le Lieutenant
du Sénéchal de Toulon nomma pour
Curateur de Françoise Berthod
,
le sieur
Pierre Boyer
,
Docteur en Medecine , afin qu'ill'assistat & l'autorizât en son
Contrat de mariage, & en tous autres
Actes. Françoise Berthod & François Hus
allerent à Marseille, dans l'efpcrance de
s'y marier sans obstacles; mais M.l'Eveque
de Marseille ne permit au Curé de la
Paroisse de S. Martin de leur donner la
Benediction nuptiale
,
qu'après trois publications
de Bans, & le consentement
exprès de leurs Peres & Meres. On publia,
a la vérité, trois Bans; mais la dernière
conditionimposée par M. l'Evêque,
c'est-à-dire, la necessité du consentement
des Peres & Meres, n'étant pas à leur gré,
ils retournerent à Toulon, où ils surprirent
de la Religion de M. l'Evêque de
cette Ville,un ordre au Gardien des Recolets
de les marier; ce qui sur executé
sans publication de Bans, sans Recedo du
Curéd'aucune des parties, sans le con sensement
de la Dame Bachet.Une lettre que
Françoise Berthod écrivit d'Arles à sa
Soeur le 22. Septembre de la même année
,
découvre manifestement que ce
mariagefutcelebrésans le consentementde
la
la DameBachet
3
qu'on nnroitvainement
attendu.
Françoise Berthod survêcut peu de
tems à son mariage, & mourut de la
contagion à Arles le 22. Mai 1721après
avoir reçû ses Sacremens , & sans laisser
d'autre Enfant que Marie- Anne Hus.
François Hus, pendant le séjour que sa
Troupe fit à Dijon en 1726. forma en
qualité de Pere & administrateur de sa
Fille,intervention au Procès entre la Dame
Bac het & Nicolas Berthod son Fils,
au sujet des droits paternels de celui-ci , & demanda une portion héréditaire dans
les biens du feu S. Berthod. Cette intervention
donna lieu à la Dame Bachet de
demander communication des Aétes qui
établissoient la validité du mariage de
Françoise Berthod avec François Hus, ÔC
peu de jours après elle se determina à en
interjetter Apel comme d'abus.
M. COCQUARD, Avocat de la Dame
Bachet,fonda son Apellation sur trois
moyens. Le premier resultant du défaut
de publication de Bans. Le second consistant
en ce que le mariage n'avoit point
été célébrépar le propre Curé de l'une ni
de l'autre des Parties
,
dont l'une se disoit
originaire de Marseille, & l'autre étoit
de Bresse. Le troisiéme fondé sur le défaut
de consentement de la part de l'Apellante
?
lante
,
Mere & Tutrice de FrançoiseBerthod.
Ces trois moyens furent solidement
établis, soit par les principes du Droit,
soit par les particularités du fait.
On objectera
,
poursuivit M. Cocquard
, que l'Apellante est non-recevable
, pour avoir indignement abandonné
sa Fille à Bordeaux. Mais quelle
preuve a t'on de ce fait? Est-ce l'Enquête
qui a été faire à Toulon? quelle Enquête
! comme si l'on pouvoit ajoûter foi
à des Comédiens de Province, à des vagabonds
,
à des Gens que les Loix & les
Conciles appellent Personoe inhonestoe
irifawi , ex Edicto, à des gens que l'Egli.
se a rejettés de son sein
,
à des gens ende..
rement dévouez à Françoise Berthod
,
de
à François Hus, à des Comédiens, en un
mot, qui se contredisent d'ailleurs dans
leurs dépositions. Où ont-ils appris que la
Dame Bachet s'étoit éclipsée, pour suivre
un Garde de M. le Maréchal deBerwick?
l'onr-ils vû ?Qui le leur a dit ? Si la Dame
Bachet avoit été capable d'abandonner
lâchement sesfilles, le sieur Berthod
son Mari eut-il dans son Testament supplié
le Lieutenant au Baill,age de lui conserversans
formalité la Tutelle de ses Ensans
, attendu, dit il, l'entiereconfiance
qu'ilavoit en elle? Ses Parens eussent-ils
souffertqu'à son retour de Paris, laTutelle
lelle lui fut remise ? Ces Parens d'une
J!iaiiïancc distinguée eussent-ils voulu que
£jar un honteux silence elle eut fait rejaillir
sur eux une opprobre éternel, en
abandonnant
,
& en prostituant, pour
ainsidire, ses Filles ? il ne faut donc pas
roire que lorsqu'elle les quitta à Bordeaux
, ce fut dans le dessein de les abandonner.
Après le Traité qui fut fait avec (e.
Créanciers
,
elle fut obligée de se retirer
quelques tems avec Joseph & Françoise
18enhod,à LaRochelle,chez Catherine
Berthod sa Fille aînée, Femme du S. du
Becy. Le S. du Becy, d'ancien Capitaine-
Lieutenant au Regiment de Provence.
étant devenu Lieutenant de Vaisseau,
faisoit depuis peu son séjour à La Rochelle,
où la facilité du Commerce par
imcr lui promettoit une fortune considerable
; mais la mort qui le ravitbientôt,
ayant ruiné toutes les esperances de la
Dame Bachet, il fallut qu'elle reprit avec
tïes Filles le c hemin de la Bresse. Pour éviter
la trop grande dépense
,
elles arrive-
Tent par un Bras de mer à Bordeaux
,
où
les inquiétudes ,les chagrins domestiaques
, la fatigue, les incommodités de la
mer, causerent à la Dame Bachet une dan-
>gereufe maladie, qui l'y retint plus de
quatre mois. Apres son rétablissement, se
voyant
voyant en cette Ville sans argent ,
fan!;
ressource
,
sans connoissances, dans l'impuissance
de s'y acquitter, engagée à des
dépensesexcessives,si elle continuoit sa
route avec toute sa Famille; le seul parti
qu'elle pouvoir prendre, & qu'elle prit
en effet, fut de partirseulement avec son
Fils pour la Bresse, & de laisser ses Filles
à Bordeaux de leur consentement
,
jusqu'àcequ'elle
eut engagésescréanciers
de Bresse, de se prêter à ses besoins
,
da
qu'elle eut amassé les sommes necessaires
pour l'acquittement des dettes contractrées
à Bordeaux,& pour que ses Filles achevassent
leur voyage.
Est - ce la abandonner indignement
Françoise Berthod ? Entre les mains de
qui la laisse t'elle? entre les mains de sa
propre Soeur,d'une Soeur qui approchoit
de sa 30année, d'une Soeur mariée depuis
longtems
,
d'une Soeur qui étoiten
état de veiller sur sa conduite,& de lui tenir
lieu de Mere? Etoit-il à présumer
que Françoise Berthod seroit capable de
flétrir tout-à-coup l'honneur de sa naissance,
en écoutant les proportions hanteuses
d'un Comédien de Province. Cependant
Hus qui se picquoitd'être homme
à bonne fortune, va loger auprès de
la Maison qu'habiroient Catherine Be
Françoise Berthod 5 il lme en usage ces,
airs.
e-s insinuans& doucereux qu'il a si longms
érudiés, & qui lui sont devenus
mme naturels. Pour mieux réussir
,
il
ire Françoise Berthod à la Comédie ersuadé , que dans un âge si tendre, les
équentes representations de l'Amour
» viteraient vivement un coeur qu'il avait
iêja (çu toucher; enfin il fit succomber
vertu séduite. Françoise Berthod ne pûc
ong-tems dissimuler sa faute à sa soeur.
ette Soeur attendried'uncôté par les
rieres, par les pleurs, par le desespoir
Françoise Berthod, &de l'autre par
2S promesses de Hus; craignant tour du
aste ressentiment de sa Mere
,
s'enfuit de
Bordeaux
, avec le Ravisseur & sa proïe.
Ajoutera-t'on plus de foi à la dépofiion
mandiée de quelques Comédiens,
JIU'à Françoise Berthot elle-même? Par
line de ses lettres produites au Procès,
Hle n'attribué la faute qu'elle a commise
¡'U'" la faiblesse de son âge, qu'aux assi-
'JuÍtez.. de Hus, & bien loin d'accuser sa
mère de l'avoir lâchement abondonnée,
vile s'avouë indigne de ses bontés. Enfin
aFrançoise Berthod étoit si persuadée que Mere ne l'avoit pas quittée pour mener
une vie errante, elle sçavoit si certainement
où étoit sa Mere
,
qu'elle lui
aécrit à Marboz, l'une de ses Maisons
de campagne où elle étoit en effet. Par
cetWL
cette lettre il paroît que la Dame Bac
était sur le point de l'aller chercher; m
qu'elle en sur détournée par Us artifice,
par les dissimulations de cette Fille, q
voulaitgagner du tems , pour tacher d'o
twii" son consentement, par le crédit
quelques personnes distinguées ? Et par ur
autre ,
il est prouvé que les passages de
Provence furent fermés bientôt après,
Cause de la contagion.
En vain opposerait-on pour fécondé fii
de non-recevoir les titres du Digeste St
du Code , Ne de flam desunctorum po
quinquenniumquartur.
1° L'abus ne peut être couvert, !
lpear l'autorité des choses jugées, ni p
consentement des Parties
, ni par ld
longueur du ClUS. V. Chopin en sa Po
lice Eccles. liv. ». rit. 1 n. 5. C'est POL14
cela que l'art.3. de l'Edit de 1639. JécLJ
re indignes & incapbles kj mziJ de tourtes
luccedî-ns, même droit de Ilgirime
,
les Enfans nés d'un mari 19r comrao:
té contre la teneur des Ordonnances.
2° Les Loix renfermées tous les rirreR
cités ne parlent uniquement que de la liberté.
V. Cujas surle tit. 20 & 11.I.7**
duCod.elles ne peuvent s'entendre du1
mariage. Ces Loix ont sagement presumés
qu'une personne qui avoit toujours vêçu
comme libre,& dont, après son dé*
k&j
c,
l'état n'avoit point été contesté pen-
5. ans, avoitété reconnuë
,
du
vins tacitement pour libre, si l'on
'ûte à cela que la servitude étant conre
au droit naturel, il était permis
franchir un Esclave, & que la liberté
ritoit la protection publique. Au lieu
s'en l'espece dont il s'agit, autant la listéest
digne de la faveur publique, au-
7it le Public est interessé à se révolter
mtre un mariage celcbré au mépris de
utes les Loix, & la légitimation d'un
hfant ne dépendant ni du silence, ni de
'*volonce
,
ni du consentement d'un
articulier
, on ne peut donner atteinte
i Droit commun, en reconnoissant exsessement
ou tacitement pour légitimes
jeux qui ne le fontpas. V. la Loi 14. C.
? probat.
3°. En supposant que les Loix corn.
sises sous les titres, Nedestatudefunctoumpost
quinquenium quaratur, pussent
ussi s'étendreàl'état du mariage
,
il yauabit
une exception à la règle. Car ces
coix h'avoient conctament lieu que dans
se cas où celui dont onrecherchoit l'ésat,
avoir vécu comme libre, non pas
secretement, non pas clandestinement
,
mon pas loin des Parties interessées
> mais
oouvertement ,
mais publiquement,mais
R la vûe de ceux qui avaient interêt. V.
Cujas
Cujas en son Commentaire sur le ijj
tir. 1. 7..du Cod. & en ses Paratitles rd
le titre 21.dumême Livre, & Perezi
codem n. 1. Or dans l'elpecepresentes
Françoise Berthod a vécu depuis son ma
riage clandestin
, non pas chez (a Mère
non pas à Bourg ni à Marboz
, non pa
dans son Diocele
?
mais loin de sa Mer
& Tutrice; mais à Toulon, mais dan
une Province étrangere & éloignée. 1
4°. il y a une grande différence à faira
entre l'action & l'exception.4tempoi
raria suns ad agendum
,
funt perpetuAAd
excipiendum.C'est pour cela qu'en la Loyl
licet C. de except. il est décidé que licet\
interdictumundè vi intra annum locumxI
haecat, tamen exceptione perpétuâ [ueeurri
ei qui per vim expulfus est. Le Jurisconsuste
en rend la raison en la Loi 5.1
$. 6.ff. de doli malt except. Cùmactor qui-j
dem in fuà potestate habeat
qttandouta-M
tur fno jure, is autem cum quo agitur non
habeatpotestatem quando conveniatur. Or
le mariage de François Hus ayant été célebré
clandestinement, sans les folemnités
requises, sans le consentement de la
Dame Bachet
,
dans un Pays étranger , qui sembloit être separé du reste des vivans
à cause de la contagion, & la mort
ayant enlevé peu de tems après Françoifc
Perthod,laDame Bachet,tant qu'on ne
lui
i a donné aucune connaissance de ce
ni s'était passé, aété contrainte de se
iire.
) C'est Hus qui auroit pu agir immediatement
après le décès de Françoise Berod
, comme il a fait aujourd'hui; il
avise cinq années ensuite
,
& au mois de
anvier 1727. de faire signifier à la Dame
Ir.acht l'Aé1:e de célébration de son masage,
l'Extrait mortuaire de Françoise Ber
nod
,
la Requête contenant les prétenions
de Marie-Anne Hus; ce n'est donc
u'au mois de Janvier qu'elle a pû exciser
contre lui par une appellation comme
l'abus
,
& c'est le cas d'appliquer la ma- ime vulgaire : j~<< temporaria sunt ad
gendum
,
suntperpetua ad excipiendum.
Elle doit d'autant plus étre reçûe en
ette cause
,
qu'il y a une inégalitéextrême
dans les conditions. Quand Hus rassemblerait
en lui les talens des plus excelens
Comédiens,quand ses moeurs se
roient des plus regulieres, on serait toujours
en droit de lui répondre ce que l'O.
rateur Romain disoit un jour de Roscius:
111 estsicélébrédanssaprofession, qu'il mé-
",rite seul de paraîtresurleThéâtre ; mais
si d'un autre côté
,
il c'est un sihonnête homme, ne mérite pas d'y monter. Il est vrai
) que la Comédie est aujourd'hui l'amour
> de presque tous les beaux esprits, le souhait
hait des Provinces, les délices des PeiH
ple, le plaisir des Grands, le divertissement
même des Rois; mais selon la penfée
d'un Moderne, quoiqu'on vive avec:
les Comédiens, comme faisoient les Grecs,
on ne laisse pas de penser d'eux comme
les Romains. Françoise Berthod au contraire
étoit d'une Famille très distinguée :
ainsi qu'on le peut voir dans l'Histoire de
Bresse & de Bugey,pag. 2 50. Ne feroitce
donc pas, comme dit un Ancien
mettre en comparaison le fang du Soleil
avec celui de Sisyphe,que de permettre
que Marie-Anne Hus partagât avec
les Enfans du Sr Berthod sa succession
,
en confirmant un mariage celebré contre
la disposition des Loix Civiles & Canoniques
? M. Cocquard finit en adressant
à Marie-Anne Hus ce passage d'un Auteur
: Quidquid tentes, in vanum tentas
numquam eris in familia.
M. VARENNE, Defenseur de Marie-
Anne Hus, après avoir répondu aux trois
moyens d'abus, opposa les deux sins de
non-recevoir prévûës par son Adversaire.
La Dame Bachet
,
dit M. Varenne, se
persuade-t-elle que pour jouir des privileges
que les Loix donnent aux Meres fut
leurs Enfans, i! suffise de les avoir mis au
imonde ? Elles ne parlent que de celles pourvoient avec une égale attention
aux
..tlx--be[oins de leur corps & de leur esprit.
.Mais la Dame Bachet n'a que le nomde
Mere
,
elle n'a jamais ressenti de véritable
amirié que pour elle-même. Ce n'est
pas à Bourg
, ce n'est pas dans le sein de
sa Patrie au milieu de Ces Parens qu'elle s'estséparéedeFrançoiseBerthod,;
( iln'en faudroit pas néanmoinsdavantage
pour brifer tous les liens de la puissance
maternelle) den: dans unecontrée
inconnue
, ou cette jeune fille n'avoit
aucun apui
,
c'est à 150. lieuës du Pays
de sa naissance. Outre que lapreuve dece
fait resulte du propre aveu de la Dame
Bachet, il est encore justifié par l'Enquête
faite à Toulon. L'on a vainemententrepris
de rendre ces dépositions fufpe£i;ess
sous prétexte que l'on n'a entendu que des
Comédiensjqui donc vouloit-on que l'on
entendît? Y avoit-il à Toulon une feule
personne autre que les Comédiens qui pic
êtreinstruite de ce que la Dame, Bachet
avoit fait long tems auparavant à Bordeaux
? N'était-ce pas des témoins ne'
cessaires ? La Loy derniere C.. de spectat-
-
& Scenicis décide que les Peres qui jettent
leurs filles dans la necessité de pecher
sont punis par la perte de leur autorité&
de leur puissance; l'Apellante qui avoit
oUe.lnême fait la profession de Comé-
E dienne
diennedans plusieursVilles avec sesFilles,
n'est-elle pas précisement dans ce cas là ?
Elle abandonne sa Fille dans une Ville in..
connue sans lui fournir aucune ressource
t'l'était-ce , pas l'exposer à une perte inévitable?
N'étoit-ce pas la jetter dans l'affreuse
necessité de se livrer à la prostitution,
pour ne pas périr par la faim? La feule
consideration que les Parens du nommé
Barbier l'avoient abandonnéàlui-même,
détermina le Parlement de Paris à confirmer
son mariage par Arrêt du 1Mars
l6"9i. rapporté au journal des Audiences
11m. 5. liv. 7. ch.11 Doit-on trouver
étrange que dansces circonstances
,
François
Hus sensible aux malheurs (k aux bonnes
qualités de Françoise Berthod qu'il fit
recevoir dans sa Troupe, ait fait imprefson
sur son coeu,& se soit marié sans le
consentement d'une Mere si dénaturée.
Mais ce qui doit fermer la bouche à l'Apellante,
c'est que les Loix Romaines ne
permettent pas que l'on agire la question
des défunts cinq ans a près leur mon. v.
les titres du ff. & du C. Ne de paru desanct.
post qr:in'J.qHttr-.L'étar des personnes
ne doit pas rester dans une incertitude
* Ce fait fut formellement defavotié, iln"
en avoit aucune preuve, mais on offrit de *
faire, si la Courle jugeoit à propos, ce qui ne fut pas ordonné.
perperpétuelle;
c'est même une espece de
crime de troubler le repos de leurs cendres
, par la recherche inquiete de leur
condition. Le §. 2. dela Loi 1. du titre du
A. est précis sur ce sujet. il défend d'attaquer
la condition d'une personne vivante,
si l'état d'une personne decedéeil ya j.ans
s'y trouve interessé.Or l'on ne peut contester
l'état de Marie-Anne Hus, que l'on
ne conteste en même tems celui de Françoise
Berthod sa Mere. Pourse convaincre
qu'il est d'usage d'étendre aux cas qui
méritent semblable faveur que la liberté,
&sïngulierement à la naissance & aux
mariages , ce que les Empereurs & les Ju.
risconsultes ont décidé pour la liberté
,
il
n'y a qu'à recourir aux conclusions de
M. l'Avocat General Talon raportéespar
Henrys,tom. 2. liv. "r.qu. 2 8.
Au reste
, on ne doit pas tant se récrier
sur l'inégalité des conditions; l'Extraction
de François Hus est honnête, & sa limation
devroit être plus heureuse. Son Bisayeul
a été Maire de la Ville de Francfort.
Des affaires de Religion l'obligerent
de quitter cette Ville, & de se tendre
à Paris, son fils ayeul de l'Intim, fut
Intendant de Madame la Princesse d. Rohan
Guimené ; se voyant sans bien, il Le
obligé d'embrasser la Profession de Corné-,
dien. François Hus
,
quoique Comédien,
E ij croit
croit devoir dire qu'il a toute la probité
& tout l'honneur que l'onpourroit exiger
dans une condition infiniment plus
relevée. Après tout la Dame Bachet futelle
issuë de la plus illustre Maison du
Royaume; quand François Hus a épousé
Françoise Berthod, c'etf un Comédien
qui s'est marié avec une Comédienne.
L'idée que l'Apellante s'est faite des Comédiens
depuis qu'elle n'est plus de la
Profession
,
est absolument contraire à la
vérité. Si parmi les Romains, les Gens
qui se donnoient en fpecfhde au Public
étoient réputés infames, il n'en est pas de
même parmi nous; les choses ont bien
changé, & comme il ne seroit pasjuste
deconfondre les Pieces qui se jouent sur
-nos Théâtres
,
dont la morale est si épurée
, avec les anciennes Comédies qui
n'étoient propres qu'à falir l'imagination
Je à corrompre les moeurs; de mêmeaussi
il y a de l'injustice de se servir, pour
décrier les Comédiens François, des Loix
qui n'ont été faites que contre les Histrions
destinés au divertissement du Peuple
de Rome. On ne pense point aujourd'huy
sur leur compte,comme on pensoit
autrefois; ils contribuent aux plaisirs
des plus grandsPrinces, qui
se
les
attachent par des graces , par des Pensions
, par desrécompenses Cette apologiff
logie ne devroit point déplaire à l'Apellante,
puisqu'elle sert d'excuse à sa conduite
passée;mais elle entend si peu ses
véritables intérêts
,
qu'elle aime mieux
que sa Fille foit déclarée la Concubine
d'un Comédien
, que sa Femme légitime.
Monsieurl'Avocat General Genreau fit
voir qu'il y avoir abus dans la célébration
du mariage. Que si la Dame Bachet avoit
ooblit. son devoir
,
il n'avoit pas été pour
cela permis à sa Filled'oublier le sien, en
semariant sur tout, sans le consentement
e-une, Mere & Tutrice , qu'elle sçavoit
-
être en Bresse ; néanmoins tant par raport
a l'indignité de cette Mere quiavoit abandonné
sa Fille, que par raport au laps
de 5 ans qui s'étoient écoulés depuis la
mort de Françoise Berthod , il se dérermina
dans ses conclusions en faveur de Hus.
Et par Arrêt du 7. Juillet 17 17. la Cour
déclara l'Appellante non-recevable en son
appellation comme d'abus,la condamna en
l'amende ordinaire, & ordonna que Marie-
Anne Hus resteroit au Convent où
elle étoit à DijorvJ jusqu'au jugement da
Procès, pendant aux Enquêtes,dépens
compenqsés.
Ñ0TE. Les premiers &les plus grands
Poëtes ont presque tousétéaveugles. La
-
Eiij Rime
Rime a toujours été très - agréable aux
oreilles des Peuples. Les Kantaïres &
trouvaïres
, par la gentillesse de leurs rimes,
porterent les Espagnols & les Italiens
à les imiter. La rime n'est autre chose
qu'un même son entre les syllabes qui
terminent lesVers,quand même elles seroient
écrites différemment. Il suffit de
rimer aux oreilles des aveugles qui n'ont
jamais sçu lite. Exemple en Bouts-Rimez,
Maître*
Caëtn*
¡¡êtrl.
2,40».
Jaroifirel
Laon-
Ifire.
Taon*
Saône,
',Aulne.,
Thani
Saoule,
Tahont-
Moule,
£X-
EXPLICATIONdu Logogrypht
du premier volume de Juin. Ton
Enigme, Philis, me met à la torture
J'ai beau me retourner & ab he & ab hoc,
J'y perds tout mon latin, & si ce n'etfMaroc,
-
Je n'y veux plus rêver & quitte la gageure.
On a dû expliquer l'Enigme par les Bas,
Le Logogryphe & l'Enigme du second
volume
, ont dû être expliquez sur Orgueil,
& Pont.
LOGOGRYPHE.
EPîsix lettres, LeéteurJ mon vrai nom est
compris
,
Alors mort ou vivant, je vaux toûjours mon
prix.
Des six, ôte-m'en une ou deux ou trois ou
quatre,
Transpose & mets surtout les bonnes dans
leurs lieux,
Et soudain je deviens un Prothée à tes yeux,
Ou bien si de ces six tu ne veux rien rabatre y
Transpose-les aussi, combine pour le mieux ,
Pour en juger toi-même
,
écoute & fois habile.
Tantôt je fuis ma Mere & tantôt je fuis Ville.
Sous un nom je parois devoir être cruel ,
E iiij Sous
Sous un autre en Chimie on me tient pour
utile.
Soumis aux Loix de l'Eternel,
Je me prête à la terre, immobile ou mobile.
Je puis devenir vent, fleuve, crime, tumeur,
Instrument & ton de Musique
,
Et même un Instrument Bacchique.
Je garantis du froid, du vent, de la chaleur,
Si d'un incestueux celebre dans l'Histoire,
Mon nom retrace la memoire;
Je deviens, meuble, argent, bijou, nippe, ou
- joyau,
Et tel me vise alors en s'en faisant accroire
Qui tire sapoudre au Moineau.
Je prens le nom d'un Saint qu'à Paris on revére,
En latin, je t'apprens que j'ai le temps pour
pere,
Et que divine est mon extraction.
Je couronne les voeux d'un Joüeurtémeraire,
Mais aussi mon refus fait sa confusion.
En adverbe changé, je ne puis que déplaire
A celui qui se livre à son ambition.
J'ai place entre les mets où l'on fait bonne
chere.
Enfin je fuis pronom, de plus, conjonf ction.
Je me tais: développe à present le mystere.
ParFlorimons de Saint-Jimour,
ENIG
ENIGME.
JE fuis très-necessaire,& surtout aux gourmans.
Ils ne se plaisent pas à me voir immobile.
J'ai besoin pourleur être utile,
Du plus fier des quatre Elemens ;
Trop de lenteur
, trop de vîtesse,
Ne font jamais ce qu'il me faut.
Un juste mouvement qui se fait en lieu chaud,
Sur mon cours doit regner sans celse;
On ne peut trop bien le regler ; le fruit qu'on en reçoit, c'est qu'on se raIL-rtid.»
Plus de trois pieds me sontaller ;
Etquand je ne vais plus, c'est l'heure deSosie.
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS,&c. LEs OEUVRES de S. Ami?roiJe fut
UVirçrinité, traduites en François,
avec des Notes & une Dissertation préliminaire
sur les Vierges. Par le R. P. de
Bonrecueil-yP-rctre de l'Oratoire, volume
in 8. d'environ-500. pages. A Paris-,
chez Jacques Etienne, & BanhelernyAlix,
rnï-S, Jacques. 1729,
Ey Ce
Ce Livre dl très propre à dédommages
la République des Lettres, & en particulier
les personnes vertueuses, de cette
quantité de Livres frivoles
,
qui se répandent
depuis un certain temps dans le Public,
surtout de ceux qui fous le non
ti'Avantures, &c. ne contiennent qu'un
enchaînement d'evenemens fabuleux
, &
qui après avoir fait perdre bien du temps
à des Lecteurs peu délicats, font encore
ca pables d'alterer la pureté des moeurs.
Cette parrie des Oeuvres de S. Ambroise,
élegamment traduiteen notre Langue, &
accompagnée du travail particulier du
Traducteur
, peut servir de Préservatif.
contre le déreglement dont on vient de
parler..
On nous écrit de Lyon, que le Lieur'
Rigollet, Libraire de cette Ville, va mectre
fous la Presse le second volume de
l'Histoire Littéraire de la Fille de Lyon
par le R. P. de Colonia ,
Jesuite, sur le
même plan du premier volume, duquel
nous avons rendu compte dans nos Journaux
de Janvier & de Fevrier dernier.
LA NOUVELLE PRATIQUE Civile,
Criminelle & Beneficiale ; ou le Nouveau
Praticien François, réformé fuivanr lu,
nQUYelles.Oidonnancej.Par feu M. Lange,
, anciens
ancien Avocat au Parlement. Avec un Traité du Droit d'Indult, & de la Jurisdidion
Ecclesiastique, trouvez dans les
Manuscrits de l'Auteur. Et un nouveau
Style des Lettres de Chancellerie, suivant
l'usage qui se pratique à present ; par
M. Pimont, Conseilier-Raporteur Résérendaire
en la même Chancellerie. Dédiée
à M. TAlon. Treiziéme Edition,corrigée
& augmentée des formules de prononciation
en matiere Civile, Criminelle&Beneficiale
,
dans routes les Cours & jurisdictions
du Royaume, & de Modeles,
d'Ecrituresd'Avocats.AParis, au PaUis9
chez Gosselin & le Gras,& rue S.JacytteSp
$hez. Robustel, 172,?. 1, vol,ins- 4.
MEMOIRES concernant la nature &'
la qualité des Statuts. L'Observation du'
Velleien, dans le Duché de Normandie.
Les Decrets d'Immeubles, scituez en cette
Province. Le Comté-Pairie d'Eu, & ses
usages prétendus Locaux. Une infinité de
Questions mixtes de Droit & de Coûtumes
qui dépendent de ces matieres,& la
plupartdesArrêts qui les ont décidées.
Par M. Frol.:ln.d, ancienAvocat au Parlement.
A Paris, an Palais, &ruéfaim
Jacques, chez.. le Mercier, Paulus Dumesnil,
M". Brunet, & J. de Nully, 17Z9
s.. vol. in- 4. dont les deux premiers (e
E vj vendeur
vendent ensemble & les autres sépart;
ment.
MÉMORIAL Alphabétique des Mâtieresdes
Eaux & Forests, contenuës efc
l'Ordonnance du mois d'Août 1669. Par
M. Michel Noël, ancien Conseiller du.
Roy, Greffier en Chef des Eaux & Forêts,
&c. A Paris, ruëS. Jacques
, ,h(,
Henry, 1729.
LESVIES DES GRANDS CAPITAI
MES,Grecs & Romains, de Cornélius;
Nepos.Avec lesPortraits des Grands Hom.
mes,& des caracteres des siecles dans
lesquelsils.ont vécu, tinez deVelleïus,
Paterculus, traduites par M. le Gras, de
l'Oratoire.AParis,rHiS. Jacques ,
chez
Simart, 1729. in 12. de 3.91. pages, l'aiis,
l'Epitre à M. le Premier President, la
Préface & la Table. 4
P. DAN. HUET11 ET FR. FRAGUÉ-
JtIl CARMINA: Poësies deMfSHuetl3o.
Fraguier.AParis,Quay des Augustins,
cheZ Fr. Didot, 1729. in 12. de 341)
pages, sans la Table.
L'HOMME de RenéDescartes,&la
formation du Foetus, avec les Remarques:
de. Lims de la Forge.Nouvelle Edition,. revue..
!rcvûë & corrigée & remise en meilleur
ordre. AParis, par la Compagnie des Libraires.pagnl c de,-
Il paroît une nouvelle Cantate fous Ir
titre d'Orphée, qui fait beaucoup de bruir:
Les paroles & la Musique fontde M. de
Grandval, Auteur du Poëme de Cartouche.
C'est une Parodie ingenieuse de la fameuse-
Cantate d'Orphée de M. de Clerambaud.
On n'a point prétendu en faire la critique,
moins encore la tourner en dérison. Mais
on a voulu faire voir que les plus beau
Ouvrages & les plus sérieux, font susceptibles
d'être, tournez comiquement. Ce
qu'on pourroit extraire decette nouvelle
Cantateperdroit beauceup se trouvant
déplacé,ilsuffira d'en mettre ici la Préface..
Moi, qui chantaijadis le célébré Cartouche,
Ce grand tueur d'Exempts
, cefier tapeurde
Mouche,
Je chantemaintenant le Phoenix des Epoux.
Ses amis les plus chers avoient beau crier tous,
N'allez point aux Enfers; laissez.là votre
femme,
Elle est deffunte: eh bien ,Dieu veüille avoir
son ame.
Pourquoi courrir chercher une épouse siloin.»
Y pensez-vous ? Dieux, quelle extravagance l-
Ah! qu'il est. de Maris en France, QsyQui
ne prendroient pas tant de soin!
Profitezde votre veuvage; Songez à quel péril ce Projet vous engage.
En vain pour revenir vous feriez mille effort.
On ne voit point deux fois le Rivage des
Morts.
- Retirez-vous, dit-il, Troupe lâche & jalouse.
Je pourrois oublier une si chere Epouse !
De ses vertus mon coeur fera toujours épris-
Une femme Fidelle est un trésor sans prix.
Ainsi malgré tout ce qu'on put lui dire,
Il partit, ramena l'objet de son Marure.
Hélas! est- il encor de ces Maris constans?
Ces miracles d'amour!ce n'en est plus le rems.
Mais entrons en matiere, & sans craindre h
fronde,
Va, fruit de mes travaux, pousse-toi dans le
monde;
Puisses-tu.ma Cantate, avoir un heureux fort,
Et de maints bons écus remplir mon coffre forr.
LECURIEUX ANTIQUAIRE, OU
Recueil Géographique & Historique des
chosés les plus remarquables qu'on trouve
dans les quatre Parties de l'Univers
irées des , Voyages de divers Hommes cele..-
bres
, avec deux Tables des noms Geographiques
& des Matieres. Par M. Bar-
J{'?n<izeyer
, avec de très- bellesfigures. A
Mambourg,in-8°3,voL
A SR^-
kABH.!G£ delavieille oc nouvelle Ilhl
ophie ,
continuée jusqu'au tems ow
ous sommes,& augmentée d'une Insuction
profitable à ceux qui commennt
-, comme aussi d'une ample Préfacé
: Discours sur les meilleures Cartes. Par:
sieur Jean Hubner, traduit de l'Alle.-
and. Hambourg, 2. vol. in- 8°. avec
Sgures.
lAVElier Librairetrue S. Jacques^*
Lys d'or, prés la FontaineS. Severin
a,
[ Paris, a reçû les Livres suivans des
IlYs Etrangers.
! Pastor Fido
,
del Cavaliere Guarini
in-4°. in Londra, 1718. N. B. magnifiquement
imprimé.
bibliotheque Germanique
, ou Hjftoire:
Liiteraire d'Allemagne & du Nord..
Année 1728 ôi 1729.faisant les Tomes
IS. & 16. in-Õo'. Awfterdatn2%-
vol.
bibliothecaVilenbroukiana,seu CatalogusLibrorum
quos collegitVilenbrock
cujas auctio fier Amstelodami j», 5. oao--
brisi1729.apud Westein & Smith. 3.
vol. in-8°.Amst. 1729.
Mémoires du Regne de PÍtr" Le G.,.and;,
Empereur de Rufrit. Par Juan Nestervrande.
Nouvelle Edition augmentée
4. vol. in iz. fig Amfl. 1715?. Histoire
fiijloire veriuble & sècrette des Vies. &.:
des RègnesdesRois & Reines de la
Grande Bretagne,traduite de l'An
glois 3. voisin-il Amst. 1729,
Tribonianus, sive errores Tribonianide
Poena Parricidii. Auctore F. Ramos.à"
-
cum fig. Lug. Bat. 1728. 'î
Glandorpii (Mat.) Qpera omnia
, i.-Spe
culum Chirurgorum
,
in quo quid iar
vulnere faciendum perrractaur. 2. Me*.
thodus medendæParonichiæ. 3. dePolyponarium.
4. Gazophilacium Po..
dlypluisiunm Fion1tieulo7rurn1.4°9. fig..LonI!
Gorfer,de secretione humorum è
failgLIIN
ne ex solidorum fabrica & humorum
indoledemonstrata.in-4°. Lug.Bat
1727. 1
Hester(Laur. ) Compendium
Anatomicum
3. Editio longè auctiorin-8. cum;
figuris.Altorfii1727. J
Sihal.(Georg.) scripta serie Chronologicas
recensuitGozetius.4.Novemberga1724
To'{,'{.i ( Luc ) Opera omnia, rùtn ex.
Phisiologicis
,
tùm ex Pathologicis de"
prompta. Editio noviaima auction M.
emendatior,5. vol. 4. Fenetiis 1728
rrl«nïi*i ( herm ) Introductio in uni..
versamArtemMedicam ,cura Schell
ham meri, cum Præfarione Frid. HofEÎ manni.4,Hala.1725.
Hofif/tannv
iii
HoJfrfttnni ( frid. ) Medicina Rationalis
Systematica, quo Philosophia corporis
humani vivi & fani ex solidis Phisico
Mechanicis & Anatomicis demonftrativa
traditur 3. vol.4.Hala Magd.
1719.
Capricci medicinali del Leonardo Fioraventi.
Bolognese in - 8°. in Venetia
1680.
Traité des Liqueurs, Esprits ou Essences i
& la maniere de s'en servir utilemenr.
in- 8. Louvain.1728.
MEMOIRES LITTERAIRES de la
Grande Bretagne, &c. Tome cinquième
1721.
RELATION d'un voyage fait en Suede
en 1707. par Jean Frédéric Leopold,
Docteur en Médecine, adresséà M. Wood..
ward, Docteur &e. à Londres 1720. inm. I8°. de 1 1 1. pages.
Il y a dans la Province de Haland
,
dit
l'Auteur, à environ deux milles de Jonkoping
, une montagne de fer nommée
Tahaberg. Pierre Tarinus, Ecrivain Suedois
, dit que cette montagne est si haute
'j&c si grande, qu'à peine en trouve-t-on
une qui l'égale dans toute la Suede. Si
1mille hommes, ajoute cet Auteur, tiroient
tous les ans de cette montagne un. grand nombre de charetées de fer, elle.
Ut,.
en fournirait assés jusqu'à la fin du moa«
de; on ne la creuse point pour en tirer
ce métal, comme cela se pratique ailleurs
; on ne met en oeuvre que les grosses
masses qui tombent tous les ans du
haut de la montagne, particulièrement en
Automne, lorsque le froid commence à
se faire sentir. Pour prouver qu'il n'y a
point de meilleur fer que celui ci, le même
Auteur a crû devoir observer que let
Armuriers de Paris disent à ceux qui veulent
acheter des Pistolets
,
c'est du fer de
Tahaberg.
La Ville de Norcoping est baignée par
le Fleuve Motala, qui sort du Lac Wetter.
Le Motala est fameux en Suede, parceque
son coursa été souvent interrompu.
André Wennervall dans son Livre de fiatione
stuminum pag. 5. dit que ce Fleuve
rapide s'arrêta soudainement en 1 291. en
1566. 1 661. 1691. & 1685. de forte
qu'on le traversa à pied sec , & qu'on prit
des Poissons qui n'avoient pas pû suivre
le courant. Les anciens Suédois croyoient
que cet événement étoit un vrai miracle.
& qu'il préfageoit la famine,la guerre ,
ou quelqu'autre calamité publique;mais
les modernes ont observé que cela n'arrivoit
jamais qu'en Hyver
, vers la Fête
de Noël, ou le premier jour de l'an, à la
sortie du Lac, ou dans la Paroisse de
Kimstad ,
Kimstad, au Village nommé Fiskebi. La
[Riviere n'a pas plus de trois aunes de
frofondeur dans cet endroit, & elle s'y
trouve embarassée par une grande quantité
d'herbes aquatiques qui croissent parrrni
des morceaux de pierres. On infere
de ces obfervations
, que la glace est poussée
par les vents du fond du Fleuve, &
qu'étant entraînée par la rapidité des eaux
dans la partie la plus étroite de leur lit !lle , s'y amoncele
,
& s'embarasse avec les
merbes
, ce qui arrête le cours de la Rivière.
M. Block, Médecin, fit imprimer
en Suédois à Stockolm, en 1708.
an Livre touchant le Fleuve Motala ; il
lit que les vents impetueux contribuent
aussi à en arrêter les eaux.
Sahlberg , Ville de la Westmanie
,
est
ameuse par une mine d'argent,laquelle
lu rapport de Laurent Benzelius, dans
oen LivreDereMetallica Sueco-Gothorum,
sage 41. donna en une feule année plus
se 7000. livres de métal pur. Cette mi-
3C a160. aunes de profondeur, & un
demi mille de largeur. M. Leopold y
rant descendu, admira la vaste étenduë
e cet antre, qui ressembloit plutôt à ua
Temple spatieux qu'à une mine.
INTRODUCTION à l'histoire des prin":,
cipales Bibliotheques de Paris, enrichiede
de Remarques,& d'une methode dans
laquelle on fait voir le vrai usage desBibliotheques
,
& quelle est la bonne maniere
d'étudier. On y parle aussi des Bibliothèques
,
& de plusieurs Sçavans de
Paris avec éloge, & l'on ouvre un chemin
aux voyageurs pour entreprendre le
voyage littéraire de Paris heureusement,
& avec succès. Ouvrage divisé en deux
parties. Par Daniel Maichel. A Cambridge
1721. in-8°. de 271.pages sans la.
Préface. ?
Charles V. 3c Charles VI. font les premiers
Rois de France qui ont pensé à former
une Bibliothèque. Elle fut augmentée
par Louis XI. Charles VIII. & Louis
XII. François 1.. surpassa ses prédecesseurs
par le foin qu'il eut de rendre sa Bi.
bliotheque plus nombreuse. On sçait que
ce Prince aimoit les Sciences, & qu'il
favorisoit les Sçavans. Les Rois suivans
ne négligerent point cette Bibliotheque ;i
mais après François I. on n'a vû aucun
Roi de Françe qui ait fait fleurir les Arts
& les Sciences d'une maniere si glorieuse
que Louis-XIV. Outre les Académies ce-,
lebres & les Collegesqu'il a fondés, il
n'a rien épargné pour enrichir la Bibliotheque
Royale. Le Roi Louis XV. témoigne
beaucoupd'amour pour les Lettres *,
&. marche sur les traces de ce grand Prince.
La
- e
La Bibliothèque du Roi de France
contient plus de 20000. Manuscrits ôc
~80000. Volumes imprimés sur toutes
les Sciences. On trouve particulièrement
dans cette Bibliotheque les vrayes sources
de l'histoire ancienne & moderne de
France, les Actes autentiques, les Diplomes
,les Edits des Rois &c. L'Auteur
fait à l'occasion de cette Bibliotheque un
bel éloge de M. l'Abbé Bignon. Il finit
cet article en disant qu'il souhaiteroit pafilonemenc
qu'on publiat une histoire détaillée
de la Bibliotheque du Roi de France
; mais sur tout qu'on imprimât le Catalogue
des Manuscrits & des Livres
qu'elle contient.
Après la Bibliothèque du Roi, il n'y en
a aucune à Paris qui égale la Bibliotheque
Colbert, particulierement à l'égard des
Manuscrits Grecs. Elle doit son origine à
M. Colbert qui aimoit les Lettres, & qui
protegeoit les Sçavans. Cette Bibliotheque
contient9000. Manuscrits & environ
18000. Volumes imprimés.
Divers Sçavans ont contribué à rendre
la Bibliothèque des Benedictins de la Congrégation
de S. Maur
,
à S. Germain des
Prez
,
aussi considerable qu'elle est, particulierement
M.l'Abbé d'Estrées, Archevêque
de Cambray
, mort en 1719.qui
a legué par foa Testament 12000. Volujïicç
4nes à ces Religieux. Leur Bibliotheque
contient aujourd'hui environ 42000.
Volumes, parmi lesquels on compte 1200.
Manuscrits, dont plusieurs font fortestimables.
Les Benedictins de S. Germain font aufû
dépositaires des beaux Manuscrits de
la Bibliotheque du Duc de Coassin,
Evêque de Mets, dont le celebre P. de
Montfaucon nous a donné le Catalogue.
Ces Manuscrits qui ont été recueillis par
le Chancelier Seguier,Ayeul de M. de
Mets, font au nombrede 4000. parmi
lesquels il yen a 400. Grecs, & presque
tous fort anciens, dont prés de la moitié
aété tiréedesMonasteres du Mont Athos.
La Bibliotheque Mazarine a été fondée
par le Cardinal Mazarin & par les soins
de Gabriël Naudé. On y voyoit autrefois
plus de 40000. Volumes; mais ce Cardinal
étant sorti de Paris dans un tems de
trouble, sa Bibliothèque fut venduë par
ordre du Parlement, & l'on transporta
les Manuscrits dans celle du Roi. Le Cardinal
après son retour à Paris, rétablit sa
Bibliothèque avec beaucoup de foin. Elle
contient aujourd'hui environ 37000.
Volumes. Il n'y a point de Manuscrits.
On commença à former la Bibliotheque
de Sorbonne en 12 8 9. Elle a été augmentée
en divers temps i enfin elle devint
-'¡nt considerable par la Bibliotheque du
Cardinal de Richelieu,& par celle de son
:Õecrn:lire
,
donc ils firent ptefent à la
Maison de Sorbonne.
On trouve dans cette Bibliotheque
grand nombre de Livres de Theologie,
aies premieres Editions de Paris, plusieurs
beaux manuscrits, divers Exemplaires de
&ta Bible Hebraïque, un bel Alcoran
,
pluÍÛeurs
Livres Turcs, l'Histoire de Tite-
Live en deux volumes in-folio,traduire
en vieux Gaulois, & embelliede diwerfes
Miniatures à la tête des Chapitres.
Diverses personnes ont contribué à ren-
Ittre la Bibliotheque de sainte Genevieve
très-considerable
,
particulierement M. le
Tellier, Archevêque de Reims, qui leggua
sa Bibliotheque aux Chanoines Re..
gguliers de sainte Genevieve. On ne voit
bplaiostbheeaquucoeup de Manuscrits dans leur Bi-
,
& ceux qu'on y conferve ne sont pas fort anciens. Les Manuscrits les
plus estimables qui appartenoient à M. le
tTaeullier ont été mis dans la Bibliotheque
Roi. L'excellence de la Bibliotheque
de sainte Genevieve consiste principalement
dans les Livres imprimés. Il paroît
par ie Catalogue de la Bibliotheque de
M.leTellier, que celle de sainte Genevieve
elfc fortconsiderable, sur tout par
t rapport aux Livres Theologiques. Elle
ne
ne fournit pas d'assés grands secours pour
l'étude des Humanités & de la Philosophie.
On y voit un Cabinet d'Antiquités,
dont on a une Description imprimée,
par le P. du Mouliner.
La Bibliotheque des Jesuites du Colle-
> ge de Louis le Grand aétéformée par la
libéralité de plusieurs personnes
,
& particulièrement
de M. de Harlay. Elle contient
47000.Volumes, parmilesquels
on voir plusieurs anciennes Editions, &
des Manuscrits Latins, Grecs,Hebreux,
Chinois. &c.
LaBibliothèque de la Maison Professe
es Jesuites, doit principalement son
origine au Cardinal de Bourbon. Elle renferme
environ 20000. Volumes. Les Ma4
nuscrits qu'on y trouve ne font point
anciens. On y voit des Livres sur diverses
Sciences; ceux qui regardent la belle Littérature
y font en plus grand nombre.
Cette Bibliotheque a été augmentée de
celle de M. Huct, ancien Evêque d'A.
vranches. Le R. P. Tournemine, si connu
dans le Monde sçavant, en a aujourd'hui
ladirection.
La Bibliotheque des Chanoines Réguliers
de S. Victor est aussi ancienne que
leur Maison ,qui fut fondée en 1 1 13.
lUe étoit fortestimée du tems même de
FrançoisIàcause des belles Editions dc4 des
des Manuscrits que l'on y voyoit. Elle fut
dans la fuite augmentée par la libéralité
de diverses Personnes, & particulierement
du PresidentCousin en 1703. Cette
Bibliotheque est fort nombreuse & trèsconsiderable
par rapport aux LivresTheologiques
& Ecclesiastiques ; mais on n'y
voit pas beaucoup de Livres de belle Littérature
& de Philosophie; on y trouve
un assez grand nombre d'anciennes Edit
tions. Elle contient aussï plu sieurs Manuscrits
fort estimables, sur tout par rapport
à l'Histoire Ecclesiastique,de sorte
qu'à ce dernier égard, elle paroît préferable
à plusieurs autres Bibliotheques.
On commença à former la Bibliotheque
des Peres de l'Oratoire de la ruë saint
Honoré peu de tems après la fondation
de cette Maison en 1611. Elle fut augmentée
en 1620. d'un grand nombre de
Livres imprimés & de Manuscrits par la
generosité d'Achile de Harlay. Plusieurs
de ces Manuscrits avoient été recueillis
dans le Levant.
Cette Bibliotheque est distinguée par
les Manuscrits Hebreux, Siriaques Arabes
& Persans. Le P. le Cointe y ajouta
plusieurs excellens Livres, sur tout par
rapport à l'Histoire.
Les Livres imprimés & t:s Manuscrits
font au nombre de zzooo. On trouve
F dans
dans cette Bibliotheque moins d'anciennes
Editions que dans les autres ; il y en
a peu qui précedent l'an 1500. Parmi les
Manuscrits Orientaux, recueillis en partie
par le P. Morin, on voit le Pentateuque
Samaritain, qui a été imprimé dans
la Poliglotte de Paris.
La Bibliotheque des Dominicains de la
ruë S. Honoré est aussi ancienne que leur
Convent
,
qui fut fondé en 1613. Elle a
été augmentée par les soins du P. Goar.
Cette Bibliotheque contient 25000.Volumes
,parmi lesquels il ya plusieurs Manuscrits
dont quelquesuns font Arabes,
Siriaques,Ethiopiens &c.
Les Augustins Dechaussés
,
dits Petits-
Peres
,
qui s'établirent à Paris dans le
dernier Siecle
, commencerent à faire une
Bibliotheque en 16*So. Elle futaugmentée
d'environ 12.000.Volumes en 1682.
Cette Bibliotheque est considerable, quoiqu'on
n'y trouve rien qu'on ne puisse
trouver dans les autres Bibliotheques de
Paris.
La Bibliotheque des P P. Minimes de la
Place Royale a été fondée en partie aux
dépens de ces Religieux, & augmentée
par la libéralité de diverses Personnes particulierement du fameux M. de Lau-,
noy ,
Docteur de Sorbonne, qui legua
auxMinimes la moitié de sa Bibliotheque.
Ils
Ilsont un assez grand nombre de Livres,
sur tout de Livres Ecclesiastiques, & on
voit dans leur Bibliotheque plusieurs Ma
nuscrits Liturgiques.
Parmi les Manuscrits de cette Bibliotheque
,
il y en a plusieurs qui contiennent
les negociations des Ministres de
France dans les Pays Etrangers. On y voit
aussil'histoire des Cardinaux, avec leurs
Armoiries, en divers Tomes,& plusieurs
Livres de Botanique
,
écrits de la propre
main du P. Plumier, Minime,qui excelloit
en ce genre; ils sont ornésdetrèsbelles
nsures.
La Bibliotheque des Celestins est nombreuse
; elle contient plusieurs anciennes
Editions, entr'autres
,
le ~Spntlnm
humanæ, imprimé par Pierre Cesar & Jean
Stol, & une Bible imprimée à Paris en
1476. Le Livre intituléSpeculum huma-
11£ salutis
, qu'on voir dans la même Biblotheque,
est fort rare. Il a été imprin'lé
sur des Planches gravées, sans datte,
sans nom d'Auteur, ni même de lieu
de l'impression.
LES AVENTURES d,,,, Vinforuiné Flo.
rewin
, ou VHiflolre d. Mrrco Ad.iio
Brabulini ,avec figure) 2. vol.irt\ A
Paris, chez. BrÙss!fJn, 17-9-
F ij Nous
NOUVELLE DÉFENSE delàConfit*
tution
,
où l'on montre qu'elle est regle
de foi, parce qu'elle est conforme à l'Ecriture
& à la Tradition, & parce qu'elleest
un jugement de l'Eglise universelle. I.vol.
de 555. pages,in12. SACONFORMITE'
avec l'Ecriture & la Tradition, &c.
2. vol. de 4 r 2. pages. Par Claude le Pelletier
, Prêtre Dotteur en Théologie, Chanoine
de l'Eglise de Reims. 6. Edition,
corrigée & augmentée, A Rouen,chez.
Cibin3 rllë du Bec
J
& à Paris
,
chez
Lafeux , ]72..
L'ASNE.Paris
,
chez. François Taéarie,
Quai de Conti
, 17 29. in-11. pages
40.
LAuteur de cette brochure a entrepris
de faire l'éloge de l'Asne
, & pour cela il
rapporte, autant qu'il lui est possible,ce
qu'on peut dire à la loüange de cet Animal.
Il n'a pas ignoré qu'il y a dans les Livres
Sainrs plusieurs endroits favorables
au sujet qu'il traite; mais il s'est fait un
scrupule, dit-il, & avec raison, d'employer
dans un Ouvrage qui paroît peu
serieux des témoignages sacrés & respectables.
Corn. Agrippa, Hcirwiiis, Palfèar,
&c.avoient déjà préconisé l'Asne.c'est apparemment
pour mettre le sceau à ce que
cesSçavans en ont rapporté,que notre
Auteur!
Uuteur moderne se met aujourd'hui sur
~cles rangs. Après avoir remarqué qt--e la
prévention exerce un furieux empire sur
l'esprit de l'homme, il ajouteque c'est
elle qui presque toujours détermine ses
sentimens
,
régle ses actions, fixe ses
sgoûrs &c. c'est elle, dit-il, qui fait que
tant de gens aiment ou haïssentsansrefléxion
,
estiment ou méprisent sans discerllemnt
&c. Elle nous fournit les termes
les plus forts & les plus pompeux poui*
loüer, par exemple
, un Guerrier dont le
mérite est de porter par tout la désolation
2k la mort, & elle ne nous inspire que du
mépris ou de l'indiference pour un Laboureur&
un Vigneron, dont l'industrie bien
faisante force la nature à nous donner &
dequoi vivre,& dequoi nous réjouir. De
là notre Auteur fait remarquer qu'on s'opiniâtre
à loüer presque tousles Animaux,
& qu'il n'y a quel'Asne pour lequel on n'a
que des regards de mépris.C'est cependant
en lui, dit-il, que se réunissent toutes les
qualités qu'on remarque dansles autres; il
rfi: propre à traîner la charette, à l'abourer
la terre,à porter des fardeaux les plus pesans,
à courir la poste
,
& c'est danstous
les Pays la monture la plus douce.
Nous croyons en avoir dit assez pour
faire connoître le mérite de cette brochure
; il ne nous reste plus qu'à en ex-
F iij traite
traire un articlequi nous a paru la quintessence
de l'Ouvrage; on y apprendra
l'origine du Proverbe pour un point Martin
perdit sonAsne.» Un nommé Martin
» étoit Abbé d'une Abbaye en Iralie.,noin.
» mée Asello ; il avoir fait écrire sur le
Portail de sa Maison
Portll fatens efit. Nulli claudaris honeste.
»Mais l'Ouvrier par mégarde
, ou par
>5 ignorance, avoit mis le point après le
1) mot Nulli.
Porta fatens esso nulli. Claudaris ho»efto.
» Ce qui donnoit au vers un sens tout
cc contraire. Le Pape passant par là fut in.
il digné de cette incivilité de l'Abbé, &
M le priva de son Abbaye. Son successeur
» fit reformer la mauvaise ponctuation de
ce Vers, auquel on ajoûta le suivant.
JJno pro punéfo caruit Martinus afello.
» Mais à cause qu'Afello en Italien si-
» gnifie un Asne, on a ainsitourné le Pro-
» verbe,pour un point Martin perdit son
A[h& t au lieu de dire son Abbaye d'A.
sello.
TnAÎTE' THEOLOGIQUE sur la forme
de la Consecration de l'Eucharistrie
oivifé , en deux parties ,où l'on démontre
par l'unanimité des Ecoles, par la TradiÜon
on de l'Eglise Latine & Grecque, par la
finition de plusieurs Conciles,& par la
catique de l'Eglise universelle, la nouveauté
du sentiment des Grecs modernes
& du R. P. le Brun, Prêtre de l'Oratoire
,
& où l'on éclaircit par de nouvelles
recherches la décision du Concile de
Florence
,
& le vrai sens des Liturgies
Orientales. Par le V.Bougeant) de la Corn,
pagniedeJesus,imprimé a Lyon, ~se
vend a Parischez.
bert,2.dv'Hoourli3.&icnhe-z.1Ch2au.-
C'est: la suites
,
& sélon les apparences
ce fera la fin d'une controverse qui a déja
été agitée entre le P. Bougeant, Jesuite ÔC
le P. le Brun, de l'Oratoire. Ce dernier
ayant avancé dans son Recueil de Liturgies
que la Consecration de l' - ucharistie
n'étoit pas operée par les feules paroles
de J. C. Rit est Corpus mpum : Hic cft
Calix Sanguinis mei
,
& qu'il étoit essentiellement
necessaire que le Prêtre joignit
aux paroles de J. C. une priere expresse
pour demander à Dieu laconsecrationdes
dons, telle qu'il y en a urreen effet,dans
la Liturgie Romaine & dans les Liturgies
Orientales. Le P. Bougeant a vivement
attaqué ce sentiment par une Dissertation
qu'il publia il y a deux ans. Le P. le Brun
a répondu à son agresseur
,
& il est mort
au milieu de la contestation; mais com-
F iiij me
me l'Ouvrage d'un Auteur ne meurt pas:
toujours avec lui, le P. Bougeant ne voulant
pai laisser la querelle indécise
,
publie
aujourd'hui un nouvel Ouvrage sur cette
matiere importante
,
& il la traite de façon
qu'on croit que le sentiment du P. le
Brun trouvera déformais peu de partisans.
PRÆLECTIONES THEOLOGICÆ de
Sacramentis Poenitentie,&c. Traité des Sacremens
de Penitence &d'Extrême-Onction.
Par M. l'Abbé Tournely. A Paris,
rueS. Jacques, chez laveuveMaziere, &
J. B. Garnier 1728. 2.vol. in 8.
MuSJCUM SELECTUM,fîveCatalogus,~
c. Cabinet choisi ou Catalogue
des Livres de M. MichelBrochard, avec
une Table alphabétique des Auteurs. A
Paris, ruë S.
-
lacs/nés, chez GV'.1b. Martin,
1719.in 8. de 325. pages, sans la Table.
LA SCIENCE DES INGÉNIEURS dans
la conduite des Travaux de Fortification
& d'Architecture civile, dédiée au Roi.
Par M. Belidor, Commissaire ordinaire
dqeuel'sA,crthiellzeCriel.ôJcocm. AbePrta,1r7is2,9.riure4S..aJvaecc- RfiguEres-.
REFUTATION desfaux principes ré.
pandus dans la Grammaire Italienne à
l'usage des Dames. Par l'Abbé Antonini Napolitain. L'ordre Grammatical confon-,
du par cet Auteur, remis dans ion état
naturel
, & tel qu'il doit être enseigné sé-
Ion la véritable methodede la Grammaire.
Par M. de la Lande
, Interprete du Roi , Professeur des Langues Françoise
3
& Italienne
, de Geographie & d'Histoire. A
Paris ,
Quai de Conti, & ruë S. Jacques 9.
chez la veuve Pissot & Ch. Huart ij29.-
brochure in-12. de 140. pages.
On vient de traduire en François un
Livre écrit en Latin & en Allemand,ÔC
imprimé à Aufbourg
,
qui a pour titre ,,
Element de PHiftoiret ou Methode courte
& facile pour apprendrel'Hstoire aux
Enfans. On le va mettre incessament ion?
la presse. Voici l'Avertissement qui fera à
la tête de cetteTraduction;il pourra donner
une idée
, & de l'Original & de la
Copie.
On ne donne point ici une Traduction
Littérale, elle eut peut-être été trop seche
, & n'eut pas été assezinteressante.
L'experience que le Traducteur a faire
dans lesautresTraductions qu'il a données
au Public, lui a faitconnoitre qu'ilest
quelquefois non seulement permis de s'éy
caitçc
carter de cette scrupuleuse exactitude qui
sattache trop à la lettre de l'Original
qu'on traduit; mais utile même,& couvent
necessaire
, soit pour jetter quelqueagrément
dans la copie, soit pour ajoutér
à l'Original quelque nouvelle circonstance
dans les faits qui y font rapportés, & oik
elle manquoir; soit enfin pour s'accommoder
au goût des Lecteurs, qui n'est
pas le même dans toutes les Contrées, Se
chez les diverses nations de l'Europe; celui
des François étant assez différentde celui
des Peuples du Nord.
On a été bien aise de prévenirla deffus
ceux qui prendront la peine de lire cet
Ouvrage, & l'on a crû devoir leur rendre
compte des motifs qu'on a eu de nepas
s'assujettir trop servilement au Texted'un
Auteur qu'on fait parler une autre-
Langue que la sienne.Après tout on a râ:
ché de suivre fidelement le dessein & Iat.
méthode du sçavant & ingenieux Jesuite y.
qui sans se vouloir faire connoitre, mais.
animé d'un zele digne d'une immortelleloüange,
entreprend par un long &ennuyeux
travail de renfermer dans un petit:
; volume l'Histoire de tous les siecles, em,
faveur & pour l'instruction d'une innocente
& docile jeunesse, cette precieuse
portion du troupeau de Jesus-Christ pour
laquelle ce divin Sauveur a marquéune (t i
grande:
:
grande tendresse. C'est pour rendre cet
excellent Ouvrage utile à plus d'une Nation
, qu'on en a entrepris la Traduction
à l'usage de la Jeunesse Françoise. Les
Ecrivains des autres Nations font invitez
à s'associer dans cette bonne oeuvre au
Traducteur François, & à en partager
avec lui le mérite.
Le 17. Mai, le Sieur Dominique François
,
natif de Château- Blanc, en Franche
-
Comté,présenta au Roy, à Compiegne
, une Machine qu'il a inventée,
& qui, à ce qu'il prétend, a le mouvement
perpetuel. Cette Machine a été envoyée
à l'Académie Royale des Sciences
pour l'examiner. Le même Auteur assure
avoir fait la découverte des Longitudesx
qu'il communiquera au Public.
Le 9.Juillet, le Sieur Anisson,Directeur
de l'Imprimerie Royale, présenta
au Roy à Marjy
,
le 2e volume du Recueil
des Ordonnances des Rois de France de la
3e Race, par feu M.deLauriere
,
Avocat
alu'aParnlemnent.éCee V1olu3me2va5jus.qu.'en
e31- Il vient de paroitre quatre Elhmpcs;
nouvellemenrgravérs d'après les Tableauxoriginauxdu
Célébré Watreau
, Bvjlesquels
lesquels ont pour titre
,
le Départ des C^
médiens Italiens en 1697. gravé par
L. Jacob: Alte
,
gravée par J. Moyrean; la Finette,par B. siadran-,l'indiffèrent,
par G. Scotin. Ces Estampes avec toutes
celles gravées précédemment par les soins
de M. de Julienne des Gobelains
se vendent
à Paris, chez la veuve Chereau
,
rüc
S. Jacques
, aux deux Pilliers d'or ; (
chez Sumgne , rüe des Noyers,
vis àvis
S. Yves.
On vend aussi chez les mêmes, les deux
volumes d'études, désignés d'après Nature
, par Warteau
,
grand in-fol. contenant
350.planches.
Nous venons de recevoir d'Angleterre
une Feuille volante,imprimée à Londres,
& accompagnée d'une Vignete convenable
au su jet, dont nous croyons devoir
rendre compte au Public. Voici ce qu'elle
conrienr. Projet DE SOUSCRIPTION pour
faire graver, & imprimer vingt grandes
Tailles-douces sur du papier Impérial, ou
ferontrepresentéeslaProcession ET
LES CE'RE'MONIEquis'observerent
le Jeudi 17.jourdeJuin1725.àl'installation
des Chevaliers de l'illustreOrdre
Militaire du BAI N , avec les Armes, les
Noms;Titres, &c. des Chevaliers 6c
de leurs Ecuyers, tels qu'ils font place
dans la Chapelle d'Henry VII. dans l'Abbaye
de Westminster. Par Jean FhIe.
»tnicLrees Planches feront rangées de la ma- suivante. Planche l, les Habirs ,
les Armes, les Baniercs, Colliers, Eonnets,
&c. 2. Plan Geometral-de la
Chapelle, où fera marqué le Siege qui y
est assigné à chaque Chevalier. 3. Perspective
de la même Chapelle, où fera
representélePRINCEGUILLAUME,
offrant son Epée au Doyen
,
chacun des
Chevaliers (e tenant debour fous sa Bannière.
4. Les Tambours delaMaison du
Roy, le Tambour Major, le Timballier,,
les Trompettes du Roy & le Tromperie
Major
,
faisant chacun son Office. 5,
Douze pauvres Pensionnaires de l'Abbaye
de 'Veitminftcr. 6. 7. 8. 9. 1 c. 1 I. Le
Mesager de l'Ordre & les Ecuyers des
Chevaliers, avec leurs Armes, leurs
Noms, leurs Titres, &c. 12. Les-Chanoines
de l'Abbaye de Westminster. 13.
Les Pourfuivans d'Armes, les Hérauts
,
avec les Rois d'Armes. 14. 1 5. 16. Les
Chevaliers avec leursArmes, leurs Noms,
leurs Titres, &c. 17. Edmond Sawyer,
Ecuyer, Gentil-homme Huissier. Edouard
Montague, Ecuyer Secrétaires de l'Ordre,
Edouard Young Ecuyer, Greffier
de l'Ordre. Grey Longueville, Ecuyer
Roy
Roy d'Armes du Titre de Bath. Jean
Anstis le fils, Genealogiste de l'Ordre.
Jean Anftis
,. pere ,
Ecuyer, premier Roy
d'Armes, du Titre de Garter. M. le Reverendissime
EvêquedeRochefler,Doyen
de westminster de l'Ordre.LEGRANDMA
I S T RE. Le Chevalier André Fontaine
representantlePRINCEGUILLAUME.
18. Les Chevaliers assis à dîner, & servis
par leurs Ecuyers. 19. PlandelaTable
avec une description entière du festin.
20. Description du souper, dressé par
M.Heydegger.
Le tout fera precedé d'une Relation en
Anglois & en François, de la Procession
& des Cérémonies. Par Grey Longueville,
Ecuyer, Roy d'A rmes du Titre de Bath.
Les Portraits du Grand Maître
,
des
Chevaliers & des principaux OssiÎ(;fS
feront gravés sur ceux qui ont été peints
d'après Nature. Les Tailles douces feront
tiréesdemaniéré qu'elles pourront se relier
avec la Relation,ou être mises en cadre.
La Relation fera imprimée avec de
grosses Lettres, embellies de Vignettes
de culs de Lampes & Lettres grises.
Les Souscrivans payeront chacun quatre
guinées, dont la moitié se payera en souscrivant
& l'autre moitié en recevant
l'Exemplaire complet en blanc, qui fera
prêt pour Noël prochain au plus tard
plut,
plus des trois quarts de l'ouvrage étant
achevé.Onsouscritchez les Sieurs JllnJs
près de l'Eglise de S. Paul, Prevost di
Compagnie, Vtll!dtnhoecÆ.,. & Richmond
dans le Srrond, Lyons & W' (Jolrmen, au
Commun Jardin.
Le Sieur Guillaume Danet, Gendre de
Nicolas de Fer, a mis au jour une nouvelle
Carte de la Terre,ou Mappemondes
trèsinstructive
,
& principalement pour
ceux qui désirent apprendre la Géographie
,
alllTi bien que pour ceux qui étudienc
en Philosophie : on a representé
toute la surface de laTerre en deuxHemifpheres
très exactement, sélon les plus
Bouvellcs observations des Routiers de
Mer, & conforme aux observations astronomiques.
Plus une Sphere artificielle
élevée à la latitude de Paris,avec la Sphere
droite & parallele. Plus un discours sur
l'usage de cette Mappemonde
3 avec une
Tablequi donne à connoître le raport des
differentes mesures itinéraires , au raporr
de latoise de Paris, où font marqués la,
circouterence,le diamètre, la Superficie &
la solidité de la Terre
,
Selon les trois dirferenres
lieües de France. Aux deux extré*
mitez de la ligne Equinoxialle, font qua.
tre cornes d'abondance qui reprélentent
les quatie Parties du monde: au dtffua nt
font les figures des sept Planettes sélon-
M. Cassini & le P. Kirker. Plus les
quatre princi paux sistêmes & la figure des
Eclipses du Soleil & de la Lune accompagnez
d'un Cartouche d'un très-bon
goûr. Cette Carte se vend à Paris, cheZ
le SieurDznet, Vont Notre - Dame, a la
Sphère Royale, ou se trouvent les ceuvrey
du Sieur Defer.
On aprend de Londres que la Traduction
Angloisedes Tragedies de Sophocle,
avec des Notes historiques
,
morales &-
critiquer, pour éclaircir le Texte Grec,&
pour corriger plusieurs erreurs des Editeurs
& des anciens Scnoliastes, paroît
en 2. vol. in-8°. chez. C. David.Cette
Traduction cft précédée d'une Prérace,
où M. George Adam) Auteur de tout
l'Ouvrage
3
prend la défenie de la Poësie
Tragique,&fait voir par occasion en
quoi quelques Modernes se font écartez,
des regles de cette Poësie, que les Anciens
ont observées. Il y ajoute une Differtâtion
historique sur son origine & fesprogrès,&
il y fait la comparaison des Anciens
Poëtes. Tragiques entr'eux.
Oh délivre depuis peu auxSouscripteurs
les 17, Vol. in-folio des Actes de Ry,/)eY''
M. Andrini, l'un des principaux Membre.
bres de l'Académie de Florence, y mourut
vers le milieu du mois dernier, beaucoup
regretté. Illaisse au Grand Duc par
Ison Testament le beau Busted'Agripine,
mere de Neron , que ce Prince a fait
mettre dans la fameuse Gallerie de son
Palais.
L'académie des Jeux Floraux distribuera le
troisiéme jour du mois de May de l'année les 7750. quatre Prix ou Fleurs qu'elle doit donner
chaque année.
Le premier Prix est une Amaranthe d'or, de
la valeur de 400. liv.. qui est destiné à une od.
Le second est une Violette d'argent, de la
valeur de ifo- livres, quiest destiné à un Poëme
de 60. Vers au moins, ou de cent Vers au
plus, tous Alexandrins ou à rimes plates. Le
sujet de ce genre dePoëse doit être héroïque,
Le troisiéme Prix est une Eglantine d'argent
de la valeur de 250. livres, qui est destiné à une
Piece de Prose d'un quart d'heure ou d'une
petite demie heure de lecture, dont le Sujet
fera pour l'année 1730.
LE VICE MESME EST FORCE' DE RENDRE
HOMMAGE A LA VERTU.
Le quatrième Prix est un souci d'argent, de
lavaleur deJOO livres, qui est destiné à une
Elegie, à une Eglogue, ou à une Idyle. Outre
les quatre Prix qui appartiennent à l'année
1730 l'Académie distribueralePrix de l'Ode.
celui du Poëme & celui du Discours, qui
ont été reservez l'année 1729. & deux Prix de
Discours
,
qui avoient déja été réservez les années
précédentes. Ce grand nombre de Prir
doit
doit redoubler l'émulation des Auteurs. Le
Sujet de tous les Ouvrages de Poësie est à leur
choix; mais leurs Ouvrages doivent être en
Vers réguliers. Ils ne doivent avoir rien de
burlesque, de satirique ni d'indécent; & les
Auteurs qui traiteront des matieres Théologiques,
doivent accompagner leurs Ouvrages de
l'Approbation de deux Docteurs; il feroit même
de leur prudencede s'abstenir de traiter de
pareils Sujets.
On doit remettre dans tout le mois de Janvierde
l'année 1730. à M. le Chevalier deCatelan
, Secretaire perpetuel desjeux Floraux, logé près de la Place du Salin à Toulouse,trois
Copies bien lisibles de chaque Ouvrage. Le
mois de janvier expiré il n'en recevra plus.
L'Académienesuppléerapointaux~omons,
& ne recevra point non plus de corrections
des Ouvrages aprs qu'ils auront e:é remis,
ainsi les Auteurs doivent revoir avec foin les
CoIplies qu'ils en prefenterom.
est à propos de se servirde la voye de quelqueHabitant
de Toulouse, pour faire remettre
les Ouvrages à M.le Secrétaire, & de ne point
les envoyer par la Palle, pour éviter l'embar.
ras où l'on se crouveroit,si une Piece qui lui
feroit adressée par le Courier à droiture, venoit
à être jugée digne du Prix; l'Académie ne peut
en accorder qu'à des Ouvrages nouveaux:ainsi
ceux qu'on reconnoîtra avoir été donnez au
Public. en tout eu en partie, ou dont il aura
paru des Copies,en feront exclus,aussi bien
que les Ouvrages composez sur des Sujets donnez
par d'autres Académies, &ceux qu'on découvrira
n'avoir pasété faits par ceux qui s'en
diront les auteurs; un des Statuts de l'Académie
leur défend aussi de se faire connoîtreavant
l'adjudication des Prix. Ils
Ils ne mettront point leurs noms à leurs Ouvrages,
mais feulement une Sentence. Ils font
avertis que les Ouvrages pour lesquels on follicite
font exclus du Prix.M. le Secretaire chargera
son Registre de la réception qu'il fera des
Ouvrages & du nom de celui qui les lui aura
1 feinis, à qui il en délivrera le Récepissé.
Ceux qui auront remporté des Prix, feront
obligez de venir les recevoir eux mêmes,s'ilsfont
à Toulouse
,
l'après midi du rroifiéme
jour du mois de Mai,dans le grand Consistoire
de l'Hôtel de Ville. où on en fait la distribution
,
& s'ils font hors de portée de venir les
recevoir, ils doivent envoyer uneProcuration
en bonne forme, à une personne domiciliée
dans Toulouse) qui en la remettant le trois de
May à M. le Secreraire
, avec le Recepisse de
l'Ouvrage,recevra le Prix. Après que les Auteurs
se seront fait connaître, on leur donnera
des Attestitions
, portant qu'un tel
, une
telle année,pour un tel Ouvrage par lui com- poséremporté un tel Prix ;& l'Ouvrage
en Original y fera attaché fous le Contre-Scel
des Jeux.
Les Auteurs ne peuvent remporter que trois
foisen leur vie les Prix destinez à chaque genre
d'Ouvrage; après quoi ils ne doivent plus entrer
en lice.
Celui qui aura remporté trois Prix, l'un derquels
fera l'Amaranthe, pourra obtenir des
Lettres de Maître des Jeux Floraux,& il fera
toute sa vie du Corps des Jeux, avec droit
d'assister&d'opiner comme Juge avec le
Chancelier, les Mainteneurs & les autres Maîtres;
aux Assemblées publiques &r particulieles
qui regarderont le Jugement des Ouvrages,.
& l'adjudication des Prix.
on avertit que Iti Reçutils de Pietes d"Etr;-
1 qmne* -
fvence & de POésie qui ont été presentes à.
l'Académie des Jeux Floraux pourla distribution
des Prix de chaque année, depuis 1710.fit
trouveront à Toulouse chez le fleur Lecamus
Imprimeur du Roy & de VAcadémie des Jeux
Floraux, rue de la Porterie,chez, Huart l'aîné,
Marchand Librat'rok Paris,rue S, Jacques j
proche la Fontaine S. Severin, A la Jufiiu, &
ehe{le sieurNicolas Lecourt l'aîné, Imprimeur
du Roi à Bordeaux
,
ruë S.James.
RONDEAU redoublé à remplir
ON
ne peut pas tout ce qu'on veut.
On finit moins qu'on ne commence.
On ne veut pas tout ce qu'on peur.
On ne dit pas tout ce qu'on pense.
On ne peut pas.
CHANSON EN RONDEAU.
D'Un coeur tendre & fidèle,
1Vous fixez tous les voeux;
Vous êtes jeune & belle;
Tout cede à vos beaux yeux;
Mais pour passer des jours heureux ,
Souvenez-vous qu'il faut répondre aux feux
s
D'un coeur tendre & fidèle.
AUTRE
AUTRE CHANSON.
Lucas,
ayons le coeur joyeux;
Moigué, je buvons duvin vieux;
pourquoi te chagriner des rigueurs de Clau-
,
dene ?
f. Vuidons ce Broc pour te venger.
Si l'Amour a sçû t'engager,
Bacchus t'offreunsecours pour braver l'Inhumaine.
Choquons,tu résistes encor!
C'est avec ce jus que j'endors,
Ce Dieu qui te fait tant de peine.
SPECTACLES4.
LE Mardi, 19. Juillet, l'Académie
Royale de Musique donnala premiere
Representation desNouveaux Fragments;
le Public leur a fait un assez bon accueil;
le Balet,surtour,a fait beaucoup de plaisir.
Ces fragmens font pris de divers Ouvrages
de Mrs Danchet & Campra. Le Prologue
fut fort applaudi autrefois dans les
Amours de Venus. La premiere Entrée est
intiulée la Fête Marine ; elle est tirée des
Fèies Venitiennes. La seconde a pour titre
U PallQrAle¡ elle estextraite duBaleedes
Muses;
Muses ; la troisiéme est appellée, les Seres*
nades & les Joue irs, elle est des Fêtes Ves
nitiennes, de même que la premiere.
Les Fêtes Veniciennes furent données
pour la premiere fois le 17. Juin 17 10. II
n'y avoit d'abord que trois Entrées; Sçafi
voir, la Fête des Barquerolles, les Sere..s
nades <3° les Joueurs, & l'AmourSaltin-x
hanque. Les Auteurs y ajouterent diverses
autres Entrées
,
telles que la PèteMl"
rine, substituées à celles des Barqueroles;
le Bal, qui remplaça le Prologue qu'ont
supprima; les Devins furent mis à la place î
de la Serenade pareillement supprimée ; ;
l'Opera fut encore une nouvelle Entrée, à ]
laquelle la Fête Marine fit place; ce qui
fait entout sept Entrées. On les aenfinréduites
au Prologue qui a étéremis, aux
Devins, à l'Amour Saltinbanque, à l'Opera
& au Bal; on y a depuis ajoûté la
Comédie.
Prologue des NouveauxFragments.
îierfheatrc repr"(ente le Palais dH,bé.
Celte Dè(seyp.r-'ott sur un Tronc de };¡trl
environnéede si Cour.
Le Choeur chante la gloire d'Hebé; il
l'invite à regner& à faire regner l'Amour
avec elle. Une suivante d'Hebéchante les
Vers suivants :
-
Venez, riante jeuneficj
LivresLivrez-
vous à vos désirs:
Laissez la sombre vieillesse
Murmurer de vos plaisirs.
Non; ce n'est pas par sagesse
Qu'elle blâme les Amours ;
C'est par la feule tristesse
De n'avoir plus de beaux jours,
Venez, riante jeunesse, &c.
HP La Victoire descend des Cieux; elle
annonce la paix qui doit faire revenir les
Amours que le bruit des Armes avoir écaretéus.
rsHebé invite les Bergers à reprendre
Musettes par ces Vers:
Bergers, reprenez vos Musettes;
Chantez les plaisirs amoureux:
Bannissezvos craintes secrettes;
La paix va combler tous vos voeux, &c
r Dans la Fête Marine, le Théâtrerepresente
la Mer couverte de Vaisseaux.
ACT EVR S.
Adolphe, Venitien,
Chephife, Vénitienne.
Dorante
, Amant de Cephift.
Doris, Suivante de Ccphift.
Dans la premiere Scene
,
Astolphe dit
à Cephise, qu'il est contraint de la laisser
pour
pour un moment ;il sort, après avoir
néordre à un Matelot de veiller sur
& de n'oublier pas les soins dont i
chargé.
Cephise dit à Doris dans la Scene
vante qu'elle se défie des nouveaux fq
qu'Astolphe semble prendre de lui plait
en lui donnant une apparence de iiben
elle s'exprime ainsi:
Que prétend le cruel ? il veut sur ce rivages
Me faire voir de nouveaux jeux; 1
Cette feinte bonté me donne de l'ombrage
Ce que fait un jaloux est toujours dangereux
Doris lui conseille de se sauver au hazann
sur un des Vaisseaux qu'elle voit paroîtroi
Cephise lui répond qu'elle n'y sçauroo
consentir,à moins que son cher ~Doran
ne lui servit de guide. Il paroîtdans
moment déguisé en Matelot; il apprenns
à sa chere Cephise,qu'il a trompé lesyeux
d'Astolphe & qu'ii s'est même acquis à
confidence fous ce nouvel habit; il lui L"
entendre que la Fête qu'il lui donne n'db
qu'un prétextepourl'éloigner 8c cac her
ses appas dans un climat barbare;il aj Û;OJJ
qu'il a pris de justes mesures pour LiïO'1
retomber l'artifice sur le cruel qui en eill:
l'Auteur.
Astolphe revient à la quatriéme Scenes
D"r.lnt=J
Dorante se retire, en lui disant qu'il va
presser la Fête
,
malgré les nouveaux soins
prétendus d'Astolphe; Cephise ne laisse
pas de lui déclarerqu'elle ne sçauroit les
trouver agréables: Astolphe s'offense
d'uneréponse si picquante. Doris justifie
lesdégoutsdesaMaîtresse parcettemakxime*
L'Amour est un enfant quine cherche qu'à
rire:
IÎ Il n'aime point un ton grondeur;
Un Amant enjoué l'attire;
w
Un Amant jaloux lui fait peur.
•
"Astolphe reproche à Cephise l'amour
qu'elle a pour un inconnu; Cephise lui
répond que si cet inconnu a trouvé le secret
de lui plaire
s ce n'est pas du moins
par sa jalousie. Astolphe s'emporte ; mais
il se fait enfin violence pour couvrir son
ddTein.
: La Fête commence à la cinquième Scene.
Elle est composée de Matelots ; le Balet
en est très-beau & très-vif. Après la Fête
Dorante fait entrer Cephise dans un Vaisseau
qu'Astolphe lui a fait préparer pour
la promenade ; mais quand ce jaloux y
veut entrer, on l'en empêche. Dorante se
fait connoître àlui pour son Rival, & part
avec Cephise. La Piece finit par vainsregrets les
d'Astolphe.
G - Dans
Dans la Pastorale, le Théatre repre
sente un Hameau dans le fond, & £urlp
devantun Bocage avec un Autel.
ACTEURS.
Palemon, Berger, aimé de Sylvie;
Arcas, Prince d*Arcadie3 Amoureux.
de Sylvie
Sylvie, Bergere, Amante de Palemon.
Une Bergere
3 Troupe de Bergers & de Bergeres.
Palemon se plaint de l'Amour, tout
favorisé qu'il en e-st; il craint de perdre ce
qu'il aime, par un Rival redoutable qu'il,
croit avoiràsurmonter;il s'explique ainsi;i
Il n'est point d'amoureuses chaînes
Qui ne cotentmille douleurs;
Le Printemps n'est jamais sans lfeursa
Et l'Amour n'estjamais sans peines.
Palemon veut se retirer pourallerdon«f
ner ordre à une Fête consacrée au Dieui;
des bois; Arcas l'arrête,& luiapprendbr
qu'il aime Sylvie; c'est d'elle-mêmequçij
Palemon est Amant. 1:,
Dans latroisiéme Scene, Sylvie paroîtlî
suivie des Bergers & des Bergeres
, qlWl
viennent ce lebrer la Fête dont on v ienn:
de parler. Le Balet fait beaucoup de plaih
sir;i PPaailccmmoçppchCanhtecaetrHmymnae ànVepnURalJ
Charmante Mere des Amours,
C'elt vous qui faites nos beaux jours.
Rendez nos flammes éternelles;
Nous tenonçons à la grandeur;
eIl suffit pour notre bonheur nos Bergeres soient fideles.
Une Bergere continue l'Hymne par
jçes (îx autres Vers adressez à l'Amour.
Rends toujours nos Bergers constants,
Amour, nos voeux feront contents;
Nous n'aurons plus rien à prétendre:
L'Empire qui peut nous charmer,
Est de regner sur un coeur tendre,
Qui sçait constamment nous aimer.
Après la Fête, Arcas arrêteSylvie, qui
veut se retirer avec la Troupe des Bergers
& des Bergeres ; il lui déclare son amour.
Sylvie refuse d'y répondre, fondée sur
l'inégalité que le destin a mis entr'eux ;
mais le Prince perseverant dans son amour;
elle lui déclare enfin que son coeur est engagé
avec un Berger des Hameaux d'alentout
; Arcas jure d'immoler cet heureux
Rival à sa fureur; Palemon vient le livrer
à sa vengeance ; il lui dit:
La mort la plus cruelle»
Naliarme point un tendre coeur;
Gij U
La gloire de mourir fidelle
En dissipe toute l'horreur.
Des sentimens si nobles dans le coeur :
d'un simple Berger, obligent le Prince à à
luiceder sa Bergere.
Dans les Serenades&les Joueurs, les
Théatre représente dans le fond le Ridotte,
lieu où les Joueurs s'assemblent la nuitu
Venise, & sur les côtes des Palais ornés
de balcons. La Scene se passe sur la fin
du jour. ACTEURS.
Leandre
,
jeune François, Amantd'Irene
Isabelle & Lucile, Venitiennes,Amante
de Lumdre.:>'
Irene
,
Venitienne,aimée de Leandr(.¡,'J'
La Fortune.
Une Suivante de la Fortune.
Isabelle expose le dessein qui l'amene
elle veut sçavoir Ci Leandre est infideles
Lucile vient dans le mêmedessein,& s'ex'.;:
plique par un second Monologue. Les
deux Amantes jalouses s'unissent pouLJe
découvrir si Leandre en aime une autre
elless'expliquent par ces Vers :
Isablie.
Unissons
- nous en ce moment; ow.s eprouvonsmêmeinfortune.
L\*ciU\.
LiiçUe,
Par une vengeance commune,
Punissons un volage Amant,
ILibere.
Vengez- vous par l'indifference,
D'un coeur que vos liens ne peuvent retenir
C'est trop honorer l'inconstance,
Que de chercher à la punir.
Lucile.
Ne cherchez point d'autre vengeance,
Que celle de vous dégager;
On aime plus que l'on ne pense,
Quand on prend foin de se venger.
La nuit survient; Leandre arrive avec
une Troupe de Joueurs d'infhumens, Isabelle & Lucile se retirent dans le fond
du Theine, pour observer Leandre, &
pour découvrir leur Rivale. Après la Serende
,
Irene paroît sur un balcon, Be
chance des Vers Italiens, dont voici la
Traduction :
Plus leger &r plus infidelle
Qu'un Papillon qui vole autour des tendres
Heurs1
Amant, de Belle en Belle
Tu contes tes douceurs;
Jeveux une amour éternelle;
Ei.
Et je connois trop tes ardeurs.
Plusleger,&c.
Irene étant disparue malgrélessoins de1
Leandre; Isabelle s'approche la premiere
Leandre la prenant pour Irene, lui déclare
qu'il n'aime qu'elle,& qu'il n'a ja—.
maisbrulé ni pour Isabelle
, ni pour LU--J
cile; les deux Amantes outragées se sont
connoître
, & se vengent par le mépris : Lucile voyant paroîrre la Fortune & fa**
suite, dit à son infidèle :
La Fortune paroît, offre lui ton hommage,
Elle peut rendre un jour ton destin plutôt
Charmant.
Isabelle ajoûte ces deux Vers:
Pour le Joueur &pourl'Amant,
Elle est également volage.
Leandre se détermine à suivre leur conz.
seil. La Fête commence. On y a joint
l'air des Pelerines de M. Coperrin.
Ces fragments font executés aussï bien
qu'ils le puissent être. Le Balet entre autrès
en est vif & brillant; les Sieurs .u
Moulin
,
Laval, & Malterre s'y diftinguent,
aussi bien que les D'!fs Camargo, Salé & Mariette. L'air Italien chanté par
la DIIe Petirpas, est très-aplaudi.
Le Jeudi 2 8. on reprit l'Opéra de Roland
9
land, en attendant un Opera nouveau,
fous le titre des Amours des Déesses, qu'on
doit donner au commencement du mois
prochain.
On apprend de Londres que le Sr Handel
, fameux Compositeur de Musique
pour les Opera Italiens, y est revenu d'Italie
,oùil a engagé sept Chanteurs, trois
hommes & quatre femmes, pour chanter
sur leTheatre du Marché au foin pendant
l'hiver prochain.
Le 14. les Comédiens Italiens donne
rent la premiere Représentation d'une Piéce
nouvelle, en deux Actes ,avec des Divertissemens
,
intitulée, Les Paysans de
qualité & les Debats. Le tout précedé
d'un Prologue. Cette nouveauté a c:c reçÙë
très-favorablement du Public. Les
fI Dominique & Romagnesi en sont les
Auteurs. Commençons par donner une
idée du Prologue.
Le M?rquis & le Chevalier se rencontrent
dans les foyers de la Comédie ira--
lienne; le Marquis ne voyant encore personne,
juge que la nouvelle Pièce que l'on
va representer ne vaudra rien ;a quoi le
Chevalier répond que c'est juger avec
trop de précipitation
,
& que l'on ne doit
décider d'un Ouvrage qu'après avoir refléchi
murement sur toutes les Parties qui
G iiij le
le composent.Après quelques traitsde
critique contre ceux qui précipitent trop (
leur jugement sur les nouveautés, le Che- -
valier demande au Marouis le nom de :
l'Auteur: je ne le connais point,répond
1 le Marquis ; mais vn/ci un bel esprit qui
pf}!!y"l'd n us en instruire. M. Platinet
Poëte, qui (urvien'r,dl: questionné par le
Marquis 6c le Chevalier. L'Auteur est
anonyme, dit M. Platinet : AiJUll)'"e,
ajoute le Marquis : Ob! parbleu
, q elque
anonyme qu'il soit, je le traiterai de ma
nièrequ'on le reconnoitra à sa Phisionomie.
M. Platinet prend le parti de l'Au
teur , en disant qu'il se nommera si sa Pié:,
ce réullîc : Fort bien
,
répond le Marquis,
il n'avouëra sa png^nuu^e qu'en cas
qu'elle lui faff-, honneur. Quel (si le sujet
de cette Pièce * continuë. t il: l'aienien.
du dire, répond M. Platinet, que la premiere
avoit une intrigue,& l'autre n'étoit
composée C¡'te de Scenes Episo diques. Le
Marquis sur cette simple exposition condamne
l'Ouvrage,& soûtient que le tout
doit être detestable ; ce qui echaufe tellement
Platinet qu'en voulant deffendre
l'Auteur, il se décele lui-même, en disant
qu'il aura bien du malheur s'il tombe.
Ah ! h Piece est donc de vous, décrié le
Marquis? Le fang a parlé M. Platinet,
ajoûte le Chevalier : Ah!.MeJfienrsy)eme
suis
/Ùil trahi, die Platinet; de grace, tTppla,
lijfez
,
le moment fat.71 aproche
,
les
Comédiens vont entrerfarlaSccne j je vais
me cacher dans lefond d'une loge; je fonhaitey
dit le Marquis, que vous n'y fafifez,
pas L plongeon.
Extrait des Paysans de qualité.
ACTEVRSo.
M. Oronte lefieurPaghetts.
Colette
,
fille d'Oronte & Amante de
Mathurin laLlleSylvia.
Mathurin, Amant de Colette, 1; fleur
frere
Dqmirziq:!e..
Eraste, deMathurin
,
& Amant de
Lucinde, le sieurRomagnesi.
Lucinde, cruë fille d'Oronte, la Dlh
Tko-^affia,
LeTabellion le ÇtcurThevcmau.
Arlequin ,
Valetd'Erafte*
D'aber, petite Paysanne
Troupe de Bergers & de Bergeres,
La Scene est dans la Maisondecampagne
de M. Oronte
Colette dit à Mathurindans la premiere
Scene, qu'elle est aussî impatiente que lui
maisqu'il faut aller tout doucement;que
quand sa mère ne fera plus malade
, ou
quand elle feu tout-à-fait morte, ils s'é-
Gy pouse
pouseront;à quoi Mathurin répond:Ohl.
palsangué,Colette, que ta mere guerisse
donc vite , ou qu'elle se depêche de mourir,.
Colette témoigne le chagrin que lui cause
ce contretemps; que iVi,lc Lucindeétoit
venuë exprès dans le Village pour honorer
sa nôce de la sienne
,
qu'elles de.
voient toutesdeux se marier de compagnie
,&c.
Dans la Scene suivante, Eraste& Lui
cinde apprennent de Colette & de Mathurin
la maladie de la Jardiniere qui retarde
leur union. Lucinde paroîtsensible aiii
chagrin de Colette, en lui disant cependant
qu'elle devroit moins le faire éclater,
& que les bienséances l'engagent du moins
à cacher son empressement.Bon,bon,,
répond Colette, est-ce que j'avonsétudié
&{/mm'il la Ville à cacher les mouvement de
nlttre- coeur; quand il nous parle,je Vison--
tons,jesommes bien heureuses,nous autres
Villageoises ,de ce qu'il ne nous donne ja-.
mais quedebons conseils. Aprés cetteScene,
Eraste &, Lucinde se retirent.Colette va
voir sa Mere avec Mathurin; & dans lai.
Scene d'après, leTabellion découvreà
Oronte que sa Jardiniere vientde déclarerpar?
un:Â&e aurentique
, que pourassurer
une fortunebrillante à sa Fille, elle }'a<:
fûhltiruéeà lat place de Colette& que,---
-(um".al,hcu¡cu{evn'a pas voulu ensevelir d.D.:
dans le tombeau un secret de cette importance.
Oronte ne peut revenir de sa surprise
: mais, quoi! dit-il, la nature n'at'elle
pas été la premiereà m'en instruire p
cela rfcfi pas étonnant, répond le Tabellion
,
la nature dans, les Peres n'ose s'exbpleilqliuoenr
avec certitu-i1. Oronre prie le Tade
lui envoyer Colette, &de lui
deffendre de sa part de parler davantage
à Mathurin, ce qui oblige le Tabellion
de dire queMathurin est un très-bongarçon
; & que s'il étoit riche, il pourroit
bien convenir à Colette. LeTabelnon
fort pour aller parler à Colette
après un Monologue d'Oronte.
Dans la quatrième Scene, Colette aborde
Oronte avec joye, croyant qu'il veut
lui parler de son mariage avec Mathurin;
mais Oronte qui veut absolument l'en décacher
, lui fair connoître qu'u e pareille
alliance est indigned'elle,puisqu'il vient
d'être instruit par le Tabellion de sa naissance
,
& qu'elle est sa veritable fille. Colette
paroîtextrêmementsurprise de cette
nouvelle; Oronte après ravoir embrassée
lui ordonne de renoncer à Mathurin:
IIllne ffaudra d,., , ,dit-il, qu'un moment pour
détrutre les fentirnesquun:vileéducation
avait produit dans t,m ame fit ne feras
PAS un grand t.ff",t sur toi-rwns ; : oÚi, tll, me»fam* CI" déia tu n'aimesplusMa* G,, vo ithtmb;trn-;n.~-
-
thurin. Ah ! Monsieur,répondColette,1
il faut que jenef¡s pas votrefille, car je
l'aime touj ours. Oronte lui dit qu'elle ne
doit pas balancer entre son Amant & fou
Pere, 6cc. Colette lui répond, il y a bien
de la différence d'un Père à un Amant;
un 1 ere gronde tou jours, un Amant n'ouvre
la bouche que pour vous dire des douceurs
; il est vrai que le Pere marie; mais,
c'est l'Amant qui épouse.
Oronte renouvelle ses ddfen(es,&Iui.
ordonne absolument de ne plus voir Mar
thurin ; Colette en est fort affligée, S':,
dit, que, quoiqu'elle foit de qualité, c~c-'
ne pourra jamais le resoudre à abandont
ner Ion cher Mathurin, lequel vient touEjoyeux
annoncer à Colette que sa Mere
en reviendra,parceque les M edecins l'on?
abandonnée ; & voyant Colette triste il"
lui demande la cause de (a tristesse; elle
lui apprend qu'elle nes'appelle plus Colette
, & qu'elle est la fille de M. Oronte.
que lui mêmevient de l'en instruire Mathurin
dit que malgré ce changement, il
veut bien encorel'épouser ; mais Colette
lui declare que M. Orontene veut plus
qu'ils se voyent ; cerre nouvelle attriste
forr Mathurin qui lui demande dansquels
fe-rineos elle est ; Colette pouréprruver
son Ama r seintd'être fenfîMe aux avantages
que lui promet Í" fortu1ne.llivhnthtt,- :
rjn se desespere ; mais Colette le rassure ,
en lui disant que rin ne pourra la déta
cher de l'amour qu'elle a pour lui.
Dans la Scene huitième, Lucinde in-.
formée du changement de safortune
,
témoigne
à Colette le chagrin qu'elle refsent
d'avoir si mal occupé sa place,que son
amitié pour elle n'a pas été assez tendre
» ni ses déferences assez marquées:ne me
plainsnullement de vous, ajoute Colette.
vous m'ayezaimée fansjçxvoi»• quevous y
étiez. ,b!igee
,
& moi je dois maintenant
vous aimer par obligation,
Eraste survient,Lucinde lui demande
s'il est instruit du revers dont elle est accablée
: Oui,répondtraste ,
je viens de
l'apprendre; muis quepeutsurnoi lechangement
de votre fortune ? je ne pourroisetre
sensiblequ'à celui devotre coeur. Colette
dit à Eraste
, que quoique son Pere
fasse, elle ne l'aimera jamais, qu'elle est
trop attachée àMathurin pour lui être infidele
Après cette Scene elle se retire
pour aller se jetter sijx genoux d'Oronte,
& faire tous ses efforts pour le toucher.
Eraste rette ,& regrette fort son Valet
Arlequin qu'il a laisséàParis, en disant
que son secours lui seroit à present d'une
grande Utilité; ill'apperçoit en bottes,arrivant
de Paris; Eraste est surpris de le
TçirjArlequin prieson Maitre de le dé-
- bQttet
botter d'une maniere comique; Eraste lui
fait tirer ses bottes par un Paisan ; & aprés..
quelque lazzis de la part d'Arlequin, il
remet à son Maître la lettre que son Pere
de retour des Indes, lui a remis pour
Eraste. Cette lettre instruit Eraste de l'arrivée
de son Pere comblé des présens de
la fortune, il lui mande qu'il est charmé
de l'alliance qu'il va former avec la fille
d'Oronte, son ancien ami, & le charge
des'informer d'un Enfant qu'il a laisséau,
Tabellion,lequel est le fruit d'un mariage
qu'ilavoit contracté avant que d'epoufer
sa Mere; cette nouvelle jette Eraste
dans un grand embarras: Plus Oronte me
fç-aura de bien, conrinuë-t'il
,
plus il me
pl'.ffJr"A cPépoufer fit iflle: vous ne voulez,
donc plus l'épouser, dit Arlequin, laissez
moi faire, jeromprai cemariage.Eraste
recommande à Arlequin de ne point parler
à Oronte de cette lettre
,
&c.
Oronte,que Colette & Lucinde ontété
trouver pour l'attendrir, persiste toujours
dans son dessein, & veut quesa fiile
épouse Eraste ; Arlequin qui entend ces
derniers motss'avance vers Oronte, 5£-
lui dit sierement que son Maître n'épousera
pas sa Fille, que son Pere est de retour
des Indes, dont il rapporte des richesses
immenses $cc.
Mathurin, Colette, Lucinde,Oronte,,
Adeqyin-t
Arlequin & le Tabellion, prient encore
Oronte qui est toujours inflexible.Eraste
remet au Tabellion la lettre qu'il a reçue
de son Pere. Oronte veut forcer Colette à
signer le contrat. Le Tabellion présente.
Mathurin à Eraste
, en lui disant qu'il est
l'Enfant que son Pece lui a confié; Mathurin
estfort surpris de cette aventure;
Eraste embrasse son frere ; enfin Oronte
se rend aux prieres d'Eraste
, & accorde
Colette à Mathurin. Lucinde témoigne
son inquiétude,en disant, je serai donc
la feule infortunée ; Eraste la rassure
, en
lui disant que son bonheur dépend de sa
possession ; il l'épouse
,
& la Pièce finit
par un Divertissement.Un Berger chante
les paroles suivantes.
De Mathurin & de Colette,.
Chantons les fidelles ardeurs,
Et que le son de la Musette,
Les inspire à nos tendres coeurs..
C'estdansces retraites aimables,
Qu'avec les noeuds les plus durables,- L'Amour unit les plaisirs les plus doux5
De tous les biens que l'on nous vante,
Nous ne pouvons être jaloux;
Contens du fort qui nous enchante,
Nous croions les posseder tous,
De.Mathurin,&
VAUX.
VAUDEVILLE.
Veut-on dans l'art dedupper,
Devenir habile?
Veut-on apprendre à tromper,
Qu'onailleàlaVille?
Cherche-t'on la sincerité ,
Dont ondoit faire usage,
La naïve simplicité ? 'on aille au Village,
Veut-on trouver des Iiis
D'un accès facile?
Et devolagesMaris?
Qu'on aille à la Ville.
Cherche-t on dans une Beauté,
Un air modeste &sage
»
Dans l'Hymen la fiddié
Qu'on aille au Village.
Jusqu'ici, cher Mathurin,
Notre ametranquille,
Gouroit un heureux dessin
Mais gare la Ville;
Là, le sexe est trop dégourdi,
Tu deviendrois volage;
J'y trouverois quelque étourdi;
Restons au Village.
JbrUquw
Arlequin au Parterre.
Nous ne manquons point d'Auteurs
Leur veine est fertile;
Nai.; il est des connoisseurs ?
Qui frondent leur stile ;
Aux Ecrits qu'Apollon dément,
Où livre-t'on la guerre?
Où décide-t'on sainement t
C'e11 dans le Parterre
LES DEBUTS.
ACTEURS,
Pantalon.
Le Doaeur.
Scaramouc he.
Arlequin.
Trivelin, le sieurDomirtiquel
Lucinde
, la D"' Laldnde.
Violette.
Ifahelle, la DIM Fabia.
Un jeune homme, le sieurStictti*
Un Suiffe
,
le sieur Romtfgneji.
MezeCÍn, la DIl, Belmont*
Une jeuneActrice,laDu'ThomajfinJ*fille•
Baiocco-, le sieur7hevene4Ua
Serpilla, la Dlu SyLvi".
La Scette est sur le Théâtre de l'Hôtel de
Bourgogne,
Dans
Dans la premiere Scene,Trivelin dit
à ses Camarades, que c'dl en ce jour
qu'ils doivent faire l'essai de leurs Acteurs
& de leurs Actrices nouvelles, que plusieurs
personnes de bon gout qui ont été
invirées à cette épreuve, en diront leurs
sentimens ; que si cette méthode étoit en
usage,tant pour les Pieces nouvelles,que
pour les Débuts,onépargneroit souvent
au Public des momens bien fâcheux:
après cette exposition on vient annoncer
un jeune homme, qui se presénte pour
débuter.
Ce nouvel Aéèur saluë laCompagnie,
en disant,que puisque le champ est ouvert
pour les Débutans, il espere qu'illui sera
permis d'entrer en lice; on lui demande
s'il sçait bien des Rôles dans les Pieces
du Théatre Italien, à quoi il répond,
qu'il n'a jamais étudié que des Rôles rragiques,
que les Comedies de leur Théatre
ne valent pas la peine qu'un Acteur sr,,
attache; on le prie de réciter quelques
Vers,afin qu'on puisse juger de ses talens.
Il récitelePot-pourri fuivanr.
La Grece en ma faveur est trop inquierée.
De soins plus importans je l'ai cruë agitée.
Seigneur, montez au Trône
,
& comma
dez ici.
oonoiiTez. vousCesar ? de luiparler ainsi,
Le :
Le dessein en estpris, je pars,cher Theramene
Et quitte le séjour de l'aimable Trezene.
Ma colere revient & je me reconnois;
Immolons-en partant trois ingrats à la fois.
Mais que vois-je à mes yeux Hermione l'embrasse
!
la fortune,Romains, vient de changer de
face,
Et la Terre &le Fleuve,& leur Flotte & le
Port,
Sont des Champs de carnage,où triomphe la
mort.
Prens un siege, Cinna, prens, & sur toute
chose,
Observe exactement la Loi que je t'impose
»-
Je le veux, je l'ordonne, & que la fin du jour,
NeCleoruetrro.uve pas dans Rome & dans ma
Obeissez, c'est trop vous le faire redire;
Je voudrois, disiez-vous, ne sçavoir pas écrire;
Mais malgré tout l'amour dont mon coeur est
éFis)
Je sens qu'il n'est point fait. Allons, saute
Marquis.
Arlequin, qui ne comprend rien à cette
déclamation, prie le jeune homme de lui
expliquer ce que tout celasignifie;je viens,
répond l'Att:cur) de vous développer en
vingt Vers, tous les talens d'un grand
A¿Uur François. Ensuite il demande conicil
iêil sur li Piece qu'il doit choilir pOlit'
son DbLlr, on lui dit d'étudier le Rôle
de l'Amoureux dans la Strpijè de l'.Â.-
monr.
Un Suisse arri ve, & dit qu'il débutera
par cette Piece; tous les Comediens sont
surpris qu'un Suisse veuille jouer laCo medie;
il s'aIdrefTl; i A.leqiki 6c letraite
d'insolent de ne s'être pas trouvé chez lui,
lorsqu'il s'y est rendu pjnr lui faire une
viiîre, 5c il lui donne une Lettre pour l'avertir
de s'y trouver quand il reviendrale
voir; on lui demandes'il veut une K.epe.
tition
,
à quoi il répond qu'il n'en a pas
besoin, Sc après beaucoup de menaces il
se retire.
Un Mezetin se presente pour debuter.
On lui dit que le gout est entièrement
changé; & que l'on ne joüe plus presentement
la Comedie comme on faisoit de
son temps; tant pis,répond Mezetin, je
vous soutiens que le goût ancien étoit excellent
, puifqu'on me trouvoit bon ; que
ne faites-vous, ajoute-t-il, comme nous
faisions autrefois; joüez des Pieces sans
suite, afin que le Public n'ait pas la peine
de suivre l'intrigue; donnez des Scenes
muettes ,on ne vous reprochera point de
platitude ; enfin, critiquez tout le genre
humain ; si cela ne le corrige pas, du
moins cela le divertir. Il chante.
Que
-
Que la Satire,
A des appas puissans!
Elle fait rire,
Malgré ses traits picquans;
Irtêmé en raillant les Fous »
On les amuse tous,
De leur propre délire.
Jvla foi, rien n'est si doux.
Que la Satire.
On lui demandepar où il veut débuter.
par la Chanson du Rossignol
,
répond il,
elle vaut elle seule une C omedie entière.
Il chante la Chanson du KtDll gnol où
il contrefait le ramage de cet Oiseau.
Cela est beau, ajoûte Arlequin, mais cela
ne vaut pas mille écus Ce sera le l'blic
qui les payera, repondMezetin. Le premier
jour tout sera plein, & le lendemain.
répondArlequin,vous aurez le fort d'une
Piece nouvelle
,
à quoi Mezetin repond
qu'il y a des Pieces qui ont du bonheur i
écoutez ce que j'ai vu réussir. -
Tragédie en un À&e enchainée,
Oh! oh ! Tourelouribo ;
Et dans la même journée,
Oh! oh! Tourelouribo;
Pastorale detonnée;
Oh! oh!Tourelouribo.
Une
Une jeune Actrice se presente & fait
une énumeration de tous ses talens; elle
joüe une Scène Italienne à l'impromptu
avec Arlequin, & danse un Tambourin ;
cette Scène est très-vive, & la Dlle ThomalIin)
jeune personne, qui a autant de
graces que detalens, s'en acquitte à merveille.
Vaudeville des Débuts"
Pour triompher ctyine Gruelle,
Riche Amant qui faites porter,
De l'or & des presens chez elle,
C'est fort bien débuter.
Mais pour bien gouter le plaisir,
Près d'un objet qu'on veut surprendre,
Si vous n'offrez que des soupirs,
C'est mal s'y prendre.
Je puis fort bien entrer en lice,
LesGalans viennent m'en conter.
Déja pour une jeune Aétrice>
C'est fort bien débuter.
J'en voudrois un riche & bien fait,
Liberal. amusant &tendre;
Mais ils n'ont tous que du caquet
C'estmals'y prendre.
Un Laquais vient annoncer encore deux
nouveaux sujets.
C'est
C'est la DUe Sylvia & le sieurTheveneau.
l'un dans le Rôle de Serpilla
,
& l'autre
dans celui de Baiocco;ils parodient les trois
Intermedes du Joueur,qui ont été repremseannteiezresur
le Théâtre de l'Opera, d'une
si comique & avec tant de précision,
que l'on n'est nullement surpris
des applaudissemens que le Public leur
donne, & qu'ilsméritent avec tant de
justice. Ces Scenes, sur tout, attirent de
très-nombreuses Assemblées à l'Hôtel de
Bourgogne. L'art admirable avec lequel
elles sont executées ,fait un plaisir qu'il
est impossiblededécrire; quelque effort
qu'on tentât
, on n'en sçauroit donner
qu'une idée très-imparfaite. Pour l'intelligence
du Sujet nous renvoyons à l'article
des Spectacles du premier volume du
Mercure de Juin, où l'on trouvera l'Extrait
des trois Intermedes parodiez,sous
le titre du Mary Joüeur & la Femme Bigotte,
que les sieurs Dominique & Romagnesi
ont trèsingénieusement imitez *
par des Couplets moitié Italiens, moitié
François, ausquels l'accompagnement
prête de nouveaux agrémens. Toute la
Musique,qu'ontrouvetrèsconvenablet
est de la composition du sieur Mouret.Une
Chaconne comique ce fait le principal
morceau. L'Air Italien avec un accompagnement
de Trompette, que chance la
Dlle Fabio,est fort applaudi. Les
Les mêmes Comediens travaillent àla
Parodie d'un autre intermede intitulé Do]ti
MICCO, & Lesbine, aussi representé sur ie:
Théarredel'Operale 14. dumois dernier.
Le Samedi 9.Juillet, les Comédiens
François donnerent la premiereReprés nration
d'une Piece intitulée lestrois Spectacles.
M. du Mas d'Ayguebere,qui en est
,r Auteur
, eut le plaisir de voir son premier
Ouvrage réunir tous les suffrages en
sa faveur. Cette Piece est compolée d'une
Tragedi.
,
d'une Corné lie & d'une P,/flo.
rale, chacune en un ciâe. Ces troisdifferentes
Pieces sontprécédées d'un Prologue
ingenieux qui n'est fait que pour justier la hardiesseduprojet, suitout la
singularité d'une Tragedie en un Acte.
La Scene du Prologue est dans une maison
de Campagne où l'on se faitunplaifit
de Jouer des Tragedies & des Comédies
; la Piece en question est mise sur le
tapis*, les uns sont pour la Tragédie qui
a pourtitre, fofjxcne, les autres se déclarent
en faveur de la Comédie dont le
sujet est l'Avare amoureux. La Pastorale
intitulée, Pan & Dorés, a aussi ses Partisans.
Un des Auteursdu Prologue, pour
mettre tour le monde d'accord
,
propose
dejoüer ces trois Pices ensemble ; le parti
cA accepte, & l'on convient de donner le
premier
prelier rang à la Tragédie, le second à
la Comédie,&'le troisiéme à la Pastorale.
Nous avons crû que le Public en verroit
l'Extrait avec plaisir.
POLIXENE. Tragédie.
Polixene ouvre la Scene avec U£gint;
sa confidente ; elle accuse les Dieux d'une
fatal e ardeur qu'ils ont jettée dans (on.
ame; elle n'avoüe qu'avec confusion que
c'est Pyrrhus qu'elle aime; Ægine lui rc
proche cet amour comme un crime; elle
lui répond:
Non, ÆginJ jamais dans un coeur on n'a vit
Regner tant de tendresse avec tant de vertu.
Ce ne font plus les maux de ma Patrie en cendre
Qui m'arrachent les pleurs que tu me rois
répandre i
Je pleure les horreurs d'un amour malheureux
Qui malgré mes efforts tirannife mes voeux
Et vainqueur quelquefois d'une vertu que j'aime, Des combats qu'elle rend se venge sur moi
même.
Après cette exposition bien détaillée,
quoique succinte
,
Pirrhus vient; ce
Prince déclare son amour à Polixene;
elle lui marque son indignation par ce:
Vers:
H Ciell
Ciel! qu'entends-je? Pyrrhus ! ce vainqueur
sacrilege ?
Pyrrhus! qui des Autels bravantle privilege.
De mon Pere à mes yeux a pû trancher les
jours,
Vient m'outrager encor par d'indignes amours!
&c.
Car enfin cet aveu d'une odieuseflamme
Met le comble aux douleurs qui déchirent
mon ame;
Et si l'Amour jamais avoit fçû vous toucher ,
Cet Amour vous eut dit qu'il falloit lecacher.
Pyrrhus frappé de ce reproche
,
témoignesondesespoir
par ces Veis :
Ce coeur est bien plus faitàmepriser la mott
Madame
,
qu'à combattre un amoureux
transports
C'est assez prolonger ma vie & mon supplice *
Ordonnez que j'espere
, ou bien que je perisse.
Thessande, Confident de Pyrrhus vient, , tout effrayé, lui annoncer que
l'ombre de son Pere vient de sortir de
son tombeau, & qu'elle a demandé Polixene
pour victime ; voici comme il fait
parler Achille:
Il s'avance, & portant dans les coeurs l'cpouvante
:
Peuple ingrat, leur dit-il, d'une voix m-
Muante,
: Oses-tu
es-tu présumer que mes manes sacrés
»
Par le fang le plus vil
,
puissent être honorés?
Pour payer mes travaux d'une digne hecatombe
,
Il faut que Polixene expire sur ma tombe.
Thessandre ajoute que le Peuple à ces
mots a condamné Polixene d'une conh
mune voix. Polixene s'applaudit d'un
Arrêt qui va terminer ses maux avec sa
vie; mais Pyrrhus jure de perir plutôt
que de souffrir l'execution d'un Arrêt si
injuste & si barbare.. Il prend l'apparition
de son Pere, pour un effet de l'effroy
qu'inspire encor la cendre de son Pere;
voici comment il s'explique:
Qui ne sçait que le Peuple,ami du merveilleux.
Se plaît à consacrer mille bruits fabuleux;
Que souvent il croit voir renverser la nature»
lorsqu'on n'offre à ses yeux qu'une vaine
imposture,
Et qu'en sesvisiouspleines d'obscurité
Rien ne doit étonner que sa crédulité?
Pyrrhus ordonne £ Thessandre d'aller
faire prendre les Armes à ses Thessaliens.
Après la sortie de Thessandre
,
Pyrrhus
rassure Polixene contre tous les Grecs,
par ces mots:
Venezauxyeux desGrecs reünis contremoi,
Ite jurer dans le Temple une éternelle foy,
fclij Et
Et je cours au mépris de leur fureur jalouse t,
Contre un Pere irrité proteger une Epouse )
Deffendre contre lui les droits des Immortels.,
Et forcer les tombeaux de ceder aux Autels.
Polixene témoigne à Pyrrhus l'horreur
ue lui inspire le coupable hymen qu'il
ose lui proposer; Pyrrhus se livre à tout
son desespoir; il va défier tous les Grecs,
il court à la mort; Polixene ne peut plus
soûtenir sa noble fierté ; elle arrête son
Amant desesperé
,
& laisse échapper l'aveu
de son amour par ces mots:
Ah! si tu veuxm'offrir cette cruelle image
,
Barbare
s pour la voir prête-moi ton courage
Car enfin du trépas où tu voles pour moi,
Je sens que je frémis mille fois plus que toi:
Mais que dis
- je? où m'entraîne une ardeur
- insensée ? 0Dieux ! en ce moment m'auriez- vous
délaissée? &c.
Cette Scene a paru très-interessants
Pirrhus quitte Polixene & va combattre
pour elle.
Après le départ de Pyrrhus,Polixene,
pour se punir de l'aveu que le peril de
son Amant vient de lui arracher, & pOll
conserver sa gloire, forme la noble ré.
solution d'aller s'immoler de sa propre
tnain sur le copibcau d'Achille i Ægisnl:
s'yoppose en vain; elle lui deffendde la
Suivie:
Ægine,malgré cette deffense
, veirt
courir après sa Princesse. Pyrrhus revient
il fait connoître qu'il a confondu l'insolence
des Grecs armés contre Polixene.
Il est surpris de ne plus trouver cette chere
Amante; Ægine lui déclare le dessein qui
vient de la faire sortir ; Pyrrhus au desespoir
court l'arracher au trépas; Polixne
rentre en se plaignant des Soldats
qui l'empêchent d'aller expier le crime
de son amour sur le tombeau d'Achille;
Pyrrhus lui fait entendre qu'il a triomphé
des Grecs: Le Ciel, lui, dit-il, vous jHP
tisie ; & moi, répond Polixene
, je me
tondamne. A ces mots elle se perce le sein.
du même poignard dont elle s'étoit armée
pour s'immoler aux yeux d.s Grecs ;
Pyrrhus veut se tuer, on lui retient ltf
bras. La Piece finit par des imprécations
que ce Prince desesperé fait contre la
Greee; en voici les deux derniers Vers:
Et puissent les Troyens détruisant nos travaux..
Rebâtir Ilion sur les débris d'Argos.
;
Cette Tragédie a été applaudie; ony
a trouvé beaucoup d'intérêt,malgré les
bornes étroites que l'Auteur a données
aux évenemens qu'il a été contraint de
précipiter. Le Sieur du ftefne
, & la
H iij Dlle
Dlle du Freine
,
son Epouse, y jouent IJ
deux principaux Rôles, d'une manière à
s'attirer les suffrages de tous les Spectateurs.
VAFARE .AMOVREVX:t,.
Comédie.
Argarte ,
aussi avare qu'amoureux
commence laPieccavec Nerine, Suivantede
Julie : cette premiere Scene est employée
à ex poser le su jet de la Piece & à
donner une idée des caracteres qui doivent
yrégner. Argante aime Julie, Fille
de Geronte ce Geronte n'est pas moins
avare que lui; mais comme Argante est
amoureux ,
l'avarice en lui est balancée
par l'amour
, ce qui lui donne un caractère
bien différent de celui de Geronte,
qui n'est qu'avare: voilà ce qui regarde
les deux caraéteres dominants; les autres
sont ordinaires; tel est celui de Nerine ;
elle joue ici le Rôle de la plupart des
Sonbretei\ mais elle porte l'art de tromper
au plus haut point.
Argante dit à Nerine qu'il va à l'Apartement
de Geronte, pour sçavoir de
lui ce qu'il veut donner en mariage à sa
Fille. Nerine n'a rien oublié pour le détourner
de ce mariage qu'elle n'approuve
pas.
Julie, qui a vû Argante entrer dans
l'Appar
l'Appartement de son Pere, témoigne
son desespoir à Nerine, qui la rassure
autant qu'illui est possible.
Donmm:, Tante de Julie, vient avec
Valere
}
Amant de sa Nièce; Julie prie
sa Tante d'appuyer ses intérêts auprès de
Geronte,&de l'empêcher qu'on ne l'arrache
à l'objet de son amour, pour la
donner à l'objet de son aversion. Dorimene
lui répond qu'il n'est pas encore
remps ; qu'elle connoît Geronte son Frere;
qu'il est trop opiniâtre
,
& qu'il faut le
brouiller avec Argante, avant que de lui
faire aucune propolition. Dorimenedità
sa Nièce de rentrer dans son Appartement.
Nerine reste feule.
Argante fort en colere de chez Geronte;
il dit à Nerine qu'il ne veut rien donner à
sa Fille. Nerine lui conseille de ne plus
penser à un mariage si desavantageux;
Argante jure de se venger de Geronte ell
epousant sa Coeur Dorimene qui jouit de
trente mille livres de rente. Nerine le
presse d'executer une résolution si noble;
Argante revient à son amour malgré son
avarice; il croit même pouvoir concilier
ces deux passions: Ne précipitons rien,
dit-il, à Nerine, Si je pouvois réduire ta
Jiddtmjfe à vivre en femme qui n'a rien
apporte' en mariage;enfin,comme unefemme
raisonnable Elle! répond Nerine
,
ja-
H iiij mais)
mais. Ilsuffit qu'une chose foit raisonnable
pour qu'elle foit en droit de lui déplaire ; &
vous sçavez que la dépense est sa folie.
Elle dit à Argante qu'il ne sçauroit rien
faire de mieux que d'épouser Dorimene.
Argante semble tout déterminé à prendre
ce dernier parti: Eh bien! dit-il, jene
balance plus, aussi bien l'une ne m'apporteroit
qu'un grand appetit, pour manger
tout mon bien, & l'autre me donnera de
quoi l'épargner. Malgré cette belle résolution
,
il veut voir Julie, pour s'excuser
auprès d'elle; Nerine s'y oppose; mais
forcée enfin d'y consentir, il va la chercher,&
fait connoître par un court àparti
que c'est pour lui faire sa leçon.
Pendant que Nerine va chercherJulie i
Argante réfléchit far le bien que Julie
doit avoir après la mort de Geronte, k
fait entendre que rien ne l'empêche de se
déterminer à l'épouser
,
même sans dot,
n'étoit, ajoute t'il, ce rtJlIditgoÛt qu'élle Ilpoula dépense,
- Nerine revient avec Julie. Argante debute
par ce compliment: Non; je ne
conçois pointqu'on pui(fc être le Pere d'un
aussi jolie Enfant
,
& ne lui pis donner
tout son bien en la mariant! & moi, lui
répond Julie, je ne conçois point comment
ilse trouve des Peres assezbons ,pour donner
quelque chose en mariantleurs FilLs;#
& si, faite comme je flis
,
il en coûtoit
une obolean mien
,
je me crûrois déshonorée.
Argante est d'abord étonné d'une pareille
réponse ; mais voyant que Julie
nenveLH pas démordre: Eh bien, lui
dit-il,lnp charmante Julie.,à part,
voi*ci un moment qui me va con1\ ter tout
mon bien, à Julie, on vous époisera tout
tomme vous voudrez.Julie ne sçait plus
comment parer ce dernier coup. Nerine
la fait souvenir de la leçon qu'elle lui a
faite; Julie se remet, & répend à Argan.
te: Non, Monsieur
J
je vous tromperoir..
Je vous entends;vous voudriez. que jevêcusse
en femme qui n'a rien Apporté en ma.
riage; n'.si-ce pas? Et moi, je pritends
vivre en femme qui doit un jour être riche,
Û- qui, en attendant, se sentles plus hellreusesdispostions
du mon e, pour se faire
honneur du biende son mari. Argante plus
surpris que jamais d'un aveu si ifncere, lui
reproche son ingratitude : Ce n'est point
assez., lui dit-il, que vous me contiez, déjà
plus devingt mille êctts par let brmnes
assaires, ajoûte t'il
, que j'ai m*n~
quéet en venant roder ici vingtfois le jour.
Julie le quitte en le traitant d'extravagant.
Arganre picqué jusqu'au vif se détermine
à ne plussoger qu'au mariage de Do-
Mmtnc~elle vient tout à propos; elleseint
H v de
de consentir à se donner à lui; elle lui dit
d'aller faire dresser le Contrat, & de ne
pas oublier qu'elle lui donne tout son
bien.
Nerine vient; Dorimene lui rend
compte de ce qu'elle a fait; elle fort pour
aller dire à Valere de venir. Nerine croit
déja triompher;mais elle aura bientôt besoin
d'exercer son talent plus que jamais.
Argante tout transporté de joye
,
vient:
lui dire qu'il va épouser Julie; qu'il a rencontré
le Notaire pendant qu'il alloit chez
lui, qu'il lui a dit en peu de mots COlU-oment
il falloirdresser son contrat de mariage
avec Dorimene; qu'il a d'abord
couru chez Geronte pour lui annoncer fa*
vengeance; mais qu'ayant trouvéJulie
auprés de son Pere
,
charmé de la voir , son trouble & la peur de la perdre pour
toujours lui a tout fait oublier; qu'enfin
s'étant plaint au Pere du procédé de sa
Fille, qui ne vouloir pas de lui
,
quoiqu'il
consentit à l'épouser sans dot; Go-.
ronte en avoit fait une severe reprimande
à Julie, qui touchée de repentir, n'avoit
fait que pleurer. Il quitte Nerinepour al--.
ler donner ordre à ce dernier mariage.
Nerine ne sçait comment détourner une.
coup si fatal; Valere & Julie qui arrivent
la prient de ne les point abandonner.
Aptes4YoirUyé un moment, elle: leur
d4u-i
dit de compter fut elle, & les congédie,
voyant approcher Geronte.
-
Geronte demande à Nerine s'il n'a pas
fait une bonne affaire en mariant sa fille
sans dot : Je trDUve) lui répond -elle, que
votre Fille fait un excellentmariage; mais
vous, Aionjîeur
, vousen faites un trèsmauvais,
Comme cette Scene a paru orisgeinale,
le Lecteur fera sans doute bien aid'en
trouver ici un fragment.
Nerine.
Vous mariez" votre Fille
J
cr il ne vous ell!
revient rien !
Geronte.
Que veux-tu Ji":,, ? cft-ce que tu voulois;
que je dtmllndaffe du retour? je la marie
avec un homme riche, & cela fam dJ--
kourferun fêl.
Nerine.
C'efl quelque chose.
Geronte.
N'est-ct pas ce que je pouvois faire di
mieux?
Nerine.
Non-, &jeprétends qu'il devoit VêUf
faire un bon préfem.
Geronte.
Tu te mocq ncs ,
Nerine, & jamais 0""
LIA vû qu'iln Gendre fit un present à si"
Htau-Pere.
lievi NcrintiNerine.
Bonî ne voyez-vous pas tous les fours
fin frere faire sa fortune en mariant fil
fbsur.
Gerontc.
Cela estvrai.
Nerine.
N'etu-'f)O; pas plus proche parent de f~
tre Fille, qae»Jivous étieZfin Frers ?
Geronte.
Tu as rAisin.
Nerine.
Il est donc tout naturel que Julie vous
Vaille quelque chtfe.
Geronte.
Ma foi
y
plus naturel que je nI pensois.
&c.
Nerine ajoûte que l'inrerêt de sa Fille
s'y feroit trouvé
>
puisque l'argent qu'on
lui auroit donnéeut profité entre ses mains
& seroit un jour revenu à Julie. Geronte
plus que persuadé demande à Nerine ce
qu'elle lui conseille de demander à Argante
: cinquante mille écus, lui répondelle.
Geronte se retire dans la résolution de
demander cette somme à son Gendre futur.
Nerine apprête une nouvelle baterie
contre Argante qu'elle voit venir;elle
lui fait entendre que Geronte voit quelquefois
une certaine Araminte connuë
pour une de ces femmes qui ont un talent
pJ
pA/t'culierpour gagner les coeurs des vieilles
gens. Le nom seul d'Araminte saic
trembler Argante:jene fuisplus furpris7
s'écrie- t'il, si Geronte n'a rien voulu fijfnrer
à sa Pt/le; il épousera ArarnÎnt:, &
elle lui fera desenfans. Oh ! Monsieur , lui dit Nerine ,elle tji trop honnête femmt
four cela; mais tout ce que vans ponvtz,
faire
, pour vous mettre l'esprit en repos )
c'est d'exiger de M. Oronte qu'il vous donne
cinquante mille écus
,
lejcjutlsferont au
moinsk couvert de tout fâcheux liCe:"ent..
Argante promet à Nerine de demandes
cette forame ; elle le prie de ne point
parler d'Araminte.
Cette demande reciproque de 50. mille
écus produit encore une Scene toute neuve
; elle broüille les deux avares. Argante
dit à Geronte, que pour se vanger de fas
dureté, il va épouser Dorimene sa soeur.
Dorimene vient; Geronte lui reproche
ce prétendu mariage; Dorimene le rassure
, en lui apprenant que c'est un piege
qu'elle a tendu à Argance pour differer fora
mariage avec Julie; Se profitant de la
broüillerie des deux avares ,
elle offre à
son Frere, pour Julie, les cinquante mille
écus qu'Argante refuse de donner,pourvû
qu'elle dispose de lamain de sa niéce
à sa volonté. Gerontey consent; Valere
arrive; Dorimene le piefcnte pourGeji- -. dre
dreà Geronte ; il approuve cette alliance
; on va dresser le Contratde mariage, &Argante finit la Pièce par ce court Monologue
:Le plus ancien de mts amis veut
m'igfJrger; ma Mattrejfe me sacrifie; la
Femme du monde que f'eflimoÍJ ls p'us me
joué un tour abominable ;jufiu"a une co--
quine de fèrvllntt, tout m'infulre , tout me
trahits& je voi mieux que jamaisqu'il'
n'y a rien defolide que l'argent.
On peut juger par les morçeaux que
nous avons citez de cette Piéce, du stile
qui y regne :au reste
,
les Scenes abondent
plus en actions qu'en paroles, Se
l'on peut dire qu'on agit plus qu'on ne
parle dans toute la Comédie. Il feroit à
souhaiter que le succès d'un si bon genre
de Piéce animât les Auteurs à s'en tenir là,
au lieu de donner un finu de conventions
liées les unes aux autres pour toute
action théatrale : ce déffaut ne regne que
trop -
& tout le monde s'en plaint.
Cette Piéce, au reste, est très-bien joüée,
surtout par les Srs Dangevilles & du Chemin
& par la Dlle Quinaut, qui remplisfient
les Rôles de Geronte ,d'Argante dû:
de Nerine.
PAN ET DORIS,Pastorale.
Jan. ouvre la Scene par un Monologue;m
ilapprend aux Spectateurs qu'il a pris 1a
ressemblancede Palemon, Berger aimé de
Doris, pour sur prendre le coeur de sa
Bergere, qui panchoit vers cet heureux
Rival:voici lesVers qui font l'exposition.
Amour, le Dieu des Bois implore ta puissance.
Sauve-moi la douleur de revoir en ces lieux,
Un Berger trop fatal au bonheur de mes feux.
Profitant dudépit qui cause son absence,
C'est toi qui, pour fléchir l'objet de tous mes
voeux,
M'as fait de Palemon, prendre la ressemblance.
Amour, &c.
Doris vient;elle a déja accepté le tendre
hommage de Pan, fous la figure de.
Palemon ; mais comme ce Dieu des Bois
craint que le retour de son Rival ne détruifc
son artifice, il engage Doris par ce
ferment équivoque:
Je jure par le Dieu qu'en ces lieux onrevére,
Que le Berger qui m'a sçû plaire,
Sera toujours l'objet de mes tendres amours.
Après ce ferment, Dorisvoyant approcher
Arcas, se retire.
Arcas,Confident de Pan, lui annonce
ie retour de Palemon. Cette nouvelle allarme
leDieu des Bois: voici le sujet de
sa crainte;c'est de son Rival qu'il parle
Ètoiir
Doris à son départ ne fut que trop sensibles
On vit éclater son amour,
Que sa rigueur invincible,
Avoit caché jusqu'à ce jour.
Arcas le rassure par ces Vers:
Celui qui plaît davantage,
N'est pas toûjours le mieux traité;
Heureux l'Amant dont l'hommage, Flatte l'orgueil d'une Beauté !
Heureuxl'Amant dont l'hommage,
Fait triompher sa vanité.
Pan, voyant approcher Palemon
, ordonne
à Arcas de s'instruire du foin qui
le ramene en ces lieux.
Palemon fait entendre à Arcas qu'il
n'aime plus Doris, & qu'il ne craint plus
de voir cet objet dont le mépris l'avoit
obligé à quitter les lux de sa naissance.
voici comment il s'explique.
Heureux méprisquime dégage
Des soins dont j'étois agité!
Plus j'aisouffert dans l'esclavage,
Plus je chéris ma liberté.
Arcas, qui applaudit au desseinqu'ila
formé de ne plus aimer, chante avec lui.
Des plaisirs de l'indifference,
tio-UtOns Uchcumamc douceur;
Ceux
Ceux que l'Amour promet pour récompense,
N'ont qu'un charme trompeur.
r Doris vient, Arcas invite Palemon à le
fuir, mais ce Berger lui répond qu'il ne
risque plus rien à la voir.
1 Doris demande à Palemon quel étoit son
entretien avec Arcas, Palemon lui répond :
cJ'entreetenouis Arrcas,des biens pleins de dou- Qu'uncoeur
indifferent trouve dans cet azile.
L'indirrerence de Palemon, surprend
d'aiitant plus Doris, qu'il vient de lui jurer
une éternelle ardeur; l'équivoque est
ménagée adroitement par l'Auteur. Palemon
répond à Doris:
Je dis que sous son Empire,
Doris n'aura plus le plaisir,
De me voir vainement soupirer & gémir,
Mais qu'a donc cet aveu qui doive vous furprendre
?
Avez-vous dû prétendre
,
Que mon coeur dans vos fers fût toujours
arrêté?
Doris.
Non, non,j'ai dû prévoir que ta legereté
Jo Seroit le prix de ma foiblesse
,
Et que je perdrois ta tendresse
,
Si-tôt que mon amour auroit trop éclaté.
PaltraoQ
Palemon peut appliquer ces mots à
l'amour qu'elle fait éclater presentement,
ou quelle auroit pû lui faire connoître
dans la suite, s'il eût perséveré ; il lui reproche
ses rigueurs passées par cesVers
ironiques :
Si les rigueurs des Belles,
De leur amour font des preuves fidelles,
Jamais Amant ne fut plus fortuné que moi.
Doris lui demande le nom de sa non*
velleMaîtresse;illuirépond
L'objet qui m'enchante,
Regneratoujours dans mon coeur:
Liberté charmante,
Tu feras toujours mon bonheur.
Pan vient faire le dénouement; il fait
entendre à Doris, surprise de voir deux
Palemons, qu'il estle Dieu des Bois. Doris
se détermine en sa faveur, mais elle
fait connoître que ce n'est pas par un mo..
tif d'ambition. Elle s'expliq ue ainsi:
Votre pouvoir suprême,
Ne sçauroit augmenter ma tendresse pour vous
Vous m'aimez, il suffit, & votre ardeur ex.
trême,
Elt le seul bien dont mon coeursoitjaloux.
Palemon se retire,non sans regret de
[ £a
pe voir ravir le coeur de Doris. Pan appelle
les Satires & les Driades fournis à son
empire & leur ordonne de rendre hommage
,à la Beauté qu'il aime: les Bergers
& les Bergeres du Hameau se joignent à
cette Fête. Une Driadechante ces Vers
sur un Air de Musette.
Fuyez loin de nous,
Coeurs insensibles ;
Nos réduits paisibles,
Sont-ils faits pour vous?
Votre indifférence,
Nous offense;
Nos ardeurs,
Condamnent vos froideurs:
Si l'Amour nous fait verser des larme¡-)
Nos allarmes,
Ont des charmes,
Pour nos coeurs;
D'un long esclavage,
Tôt ou tard il dédommage,
On trouve en ses faveurs,
Mille douceurs.
Cette Pastorale a paru aussi-bienexecutée
que l'on pouvoit l'esperer ; les sieurs
Quinault&du Fresne,s'y sont fait applaudir
,& la Dlle leCouvreur a fait voir
que les talens ne se bornent pas à la feule
4~
déclamation.LeBallet a été trouvétrèsvif
& très riant,la Dllc la Batte y a dansé avec
toutes les graces qu'elle avoit cy-devant
fait admirer sur le Théatre de l'Académie
Royale de Musique
,
& Mrs Marcel &
Mouret, Auteurs du Ballet &c de la Musique,
ont soutenu la réputation qu'ils se
sont faite dès long- temps, chacun dans
son genre.
L'Opera Comique continuë encore sa
Piece- de la Princesse de la Chine, qui
fait toûjours plaisir par la manière dont
elle est écrite & conduite; elle se dénouë
d'une manière aussi ingénieuse que galanlante
1& on sent la bonne main par tout.
Le Spectacle, les habits, le Balet, sont
très-bien caractérisez.
Un
Divertissements
de Chinois, sur tout, est une chose très--
originale qu'on voit avec beaucoup de
plaisir.La Dlle de Ylfle & le sieur Hamoche,
sont toujours extrêmement goûtez dans
les premiers Rôles qu'ils jouent. Les DUA
de Bercy&Joly ornent aussi beaucoup
ce Théâtre-là par leurs figures gracieuses
& par leurs voix.
Le 7. de ce mois, on donna à la place
du Divertissement du3e Acte de la Piece
dont on vient de parler, un Balet singulier,
extrêmement pic quant & vrai par
sa composition , par le naïf des caractètes,
"5 qui y sont excellemment rendus, SC |at la finesse& lalegereté de l'execution;
cinq hommes ik deux femmes, danfanc
Sfur des Airs d'un Musicien Ecossois, re-
,-.Cicntent avec une intelligenceàlaquelle
on ne sçauroit rien desirer
, par leurs
pas, leurs attitudes & leurs gestes
, ce
qui se passe dans lesMusicaux d'Hollande,
qui sont des especes de Cabarets à Biere
a peu près comme nos Guinguettes,où
les Matelots & autres Particuliers de différentes
Nations,éprouvent diverses avanrures
de galanterie. Ce qu'on exprime ici
par des Tableaux animez, très ingenieux
& très-agréables,c'est l'Amour& la JaluuÍÎc.
Ces passions y font renduës trèssensibles
par les inimitables Danseurs qui
composent ce Balet. Le sieur Nivelon &
la DUeRdboriy jeune personne, très-bonne
Dan seuse
, y paroissent en Hollandois,
comme l'Amant ôc la Maîtresse. Le sieur
Roger, qui a composé les pas du Balet,
& dont la feule figure est capable de faire
éclater de rire le plus grand Stoïcien, y
figure le Valet du Hollandois. Le sieur
Sallé,en Ecossois, & le sieur Rinton;
en Ecossoise, sa Maîtresse. Le sieur
Boudet, Valet de l'Ecossois. Ces deux
Nations sont très-bien caracterisées par
ces excellens Pantomimes. On n'enttfia
pas dans un plus grand détail pour
donner
donner une idée de ce Balet figuré, dans
lequel, sans le secours de la parole, on
s'exprime avec l'intelligence la moins
équivoque & la plus claire. :
Oh repete pour le même Théâtre une
Piece nouvelle,fous le titre de Pierrot
^Céladon ou la nouvelle Astrée ,en trois
.Att:eso
NOUVELLES DU TEMPS,
AFRIQUE.
LE Maître d'un Vaisseau Anglois, arrivé sur
la fin du mois dernier deTetuan à Genes,
a rapporté que depuis que MuleyAbdalah
étoit sur le Trône de Maroc, la tranquillité
& le commerce commençoient à se rétablir
dans le pays: que ce Prince ayant fait assurer
les Villes de Fez & de Maroc qu'il les maintiendroit
dans la jouissance de leurs anciens Privilèges
,
les Habitans l'avoient proclamé Roi
& lui avoient envoyé des presens considerables
; que cependant quelques Mécontenss'étant
encore assemblez dans la Plaine
, aux environs
de Miquenez,le Prince avoitengagé
son armée à marcher contre cesRebelles
, qui
ayant fui vers les Montagnes , y avoient été
JIIafIacrezpar les Noirs qui lui sont demeurez
fideles > que les Maures faisoient de grands
préparatifs pour recommencer les Sieges de
Ceuta & de Melilla, & que le Roi de Maroc
dgyouyenvoyer un Détachementdeses md":
leures
eures Troupes avec des Officiers experimentez.
Russie. 1E bruit court que le Czar a fait offrir des
secours considerables au Prince Thamas,
pour le mettre en état de faire une diversion
oen Perseen cas que le Sultan Acheraf refuse
d'accepcer les dernieres propositions d'accom-
[tnodemne qui lui ont été faites de la part de
|6. M. Cz.
* Une partie de la Caravanne qui va cette anvfiée
à laChine,est déjà partie pour Tobolskoy.
où le restedoits'assembler. Elle est composée
,..cie 3©o hommes de pied &de160. Chevaux, sans compter l'escorte qui l'attend sur la Frontière
de Moscovie.
POLOGNE. 0N écrit de Varsovie,que vers la fin de l'au
tre mois, le Nonce du Pape eut sa premiete
-
Audiencepubliquedu Roi;l'Evêque deCaminieski,
qui avoit été nommé pour allerle
prendre dans son Hôtel, s'y rendit à dix heures
du matin dans un Carosse du Roi,qui étoit
suivi de 40. autres Carosses des Ministres 8c
des Sénateurs, & la marche se fit dans l'ordre
suivant :
UnCarosse du Maréchal de la Couronne,
avec la livrée du Roi,deuxCarosses du Nonce,
avec ses Officiers& Domestiques habillez magnifiquement
> les 40. autres Carosses dont OIJ
vient de parler, entourez d'un grand nombre
de Gentilshommes à cheval. Le Nonce fut
salué en entrant dans la Cour du Château.
par des Fanfares;& ayant paffé au milieu d'un
Bataillon des Gardes de la Couronne, qui étoit
.rané
rangé en bataille, il fut reçû à la porte di
Château par plusieursGentilshommes, sur
l'Escalier par les Officiers de la Couronne i
au milieu de l'Anti-Chambre, parlesMaréchaux
de la Couronne & dela Cour, & enfuite
par le premier Chambellan du Roi, qui
Je conduisit à l'Audience, après laquelle il
fut reconduit à son Hôtel où il donna un grand
repas aux Ministres du Roi & à un grand nombred'Officiers
Allemans.
LeRoi a fait dire au DucCharles Leopoldde
Meckelbourg,qu'il pouvoit envoyer un Ministre
Plénipotentiaire à la prochaine Diette de
Grodno, pour y prêter le ferment accoûtumé,
& recevoir l'investiture des Fiefs de son Duché
qui relevent de la Couronne de Pologne.
Le Marquis de Monty, Ambassadeur du Roi
de France en cette Cour, arriva à Warsovie
le 1 5. de ce mois
Voici la Publication du Roi de Suede
,
qui a
été faite à Stokolm, à l'occasion de la parfaite
harmonie rétablie avec le Roi de Pologne,
comme Electeur de Saxe.
Nous FltEDElUC, par la Grâce de Diru,
Roi de Suede, des Goths, des Vandales,(fc.
ffavoirfaisons que l'intention sincere Ó. chrétienne
que ROtlSavons eu depuis nore avenement
à la Couronne
,
& que nous avom encore,
de rétablir & de confervcr une paix Ittre &
bonne amitié avec toutes les Puissances
,
&
farticullerement celles avec leflJue,lcs nous &
laCouronne de Suede avons étéen guerre ayant
ou une heureuse réiijfitet il a plu au Toit-Piaffant
de benir de telle maniere nos bonnes intentions
,que les différends & les troubles furvenusily
4 quelques annlcsJ & sur tout 1t!4
$9mmencement de la démitrt & sanglante
guerre
juerre entre le feu ROI Cvaries XII. notre ècast
frere ,
de glorieusememoire
,
& le Roi ..Auguste
dePologne,comme Uletitur deSaxe & qui
far rapportaux hofliliteç, avoient d-'jac>Jfé
font à presententitrement termine£ , ,
abolis
& changez en une parfaite pcix union, y«<
rué & tranquillité. Ce que nous avons "voulu
rendre public à lagloire du 5.Nom du'Seigneur,
¡our la fatisfAÏÏion & jcye de nos fidtlts
Sujets. Faità Stokolmle jo.juin 1729-
DAN NEMARC.
LEsassurances données par le Ministre du
Czar, au sujet de l'armement de la Flotte
de SM Cz.& les dernieres nouvellesdePetersbourg,
par lesquelles
< n a appris que cette
Flore étoit rentréedanslePortde~Cronad,
font croire que celle du Roi, dont on a deja
suspendu l'armement, fera bien tôt desarmée.
ALLEMAGNE. -
LE Château de Meilbourgdans la BaHë- Auche,
la plupart des Batimens de laCcmmanderie
du Comte deFrauston,Grand Croix
de l'Ordre de S.J ean de Jerusalem
, & la belle
Eglisequi en étoitvoisine, furent brulez le21.
de Juin en moins de deux heures, sans qu'on
-pû arrêter le progrès de l'Incendie, le venc
étant tiès violent ce jour-là.
On apprend d'Hanover, que le r5- de ce
mois, le Roi d'Angleterre commença la Revue
generale de ii. Bataillons & de II, Escadrons
assemblez dans I.JJlCamp près de cette Capitale.
1 iTâtl*
IHLIk
LE 20 du mois dernieron amena à Rome
de Civitavechia 9. hommes23. femmes &
deux Capucins qui ont été rachetés de l'esclavage,
avec Içs aumônes del'Archiconfrairie
duGonfalon.
Le Cardinal Bentivoglio
,
chargé des affaires
du Roi d'Espagne
, a communiqué au Cardinal
Dataire un Decret du Conseil Royal
d'Espagne,par lequel S.M.C. défend à tous les
Magistrats de son Royaume,de mettre en possession
d'aucun Beneficecertains Ecclesiastiques
,qui pendant le tems de son avenement à
la Couronne, & pendant les dernieres guerres
lui ont manqué de respect, tant par leurs discours,
que dans leurs Ecrits.
Le 21.les Esclaves qui ont été rachetés depuis
peu à Alger, furent conduits à l'Eglise d'jira
Cæli
, pour rendre graces à Dieu de leur
liberté. Le lendemain ils allerent en Procession
recevoir la Benediction du Pape, qui leur fit
donner quelques aumônes; après quoi ils
partirent pour fainte Felicité, leur Patrie.
Le Chevalier de S. Georges a fait present a
S. S. d'une Colomne d'or, à laquelle sont attachées
les Reliques&les Medailles que saint
Edouart, Roi d'Angleterre, avoit sur lui
lorsqu'il fut assassiné. 9
On mande deVenise que le xé. du même
mois, le Doge accompagné de la Seigneurie
& du Nonce du Pape,allaentendre le Service
dans l'Eglise de S. Jean&Paul, où le Te Deum
fut chanté suivant l'usage, en mémoire de la
Victoire remportée sur lesTurcs en 1656. près
des Chateaux des Dardanelles.
I On
t On écrit de Milan que le Chapitre general de
tout l'Ordre de S Françoiss'étant tenu le 4. de Juin dernier
,
le P. Gilbert de Pontchateau,
Docteur de Sorbonne& Provincial de la gran- de Province deTouraine, fut élû Procureur
General de l'Ordre
,
parles suffrages de tous
les Vocaux; mais il allegua son peu de santé
& renonça à son Election
,
malgré les sollicitations
du R. P. General &des Vocaux,qui
accepterent enfin sa renonciation, & à qui cependant
le P.General conferva le titre de Procureur
General de l'Odre,& ensuite le R.Pere
Montarde
,
Provincial d'Aragon, fut élû à sa
place, & accepta cette troisiéme charge de
l'Ordre, que le P. Bourget & le P. Gilbert
Pontchateau ont refusée
>
quoiqu'ils soient les
deux seuls François qui ayent été élusà cet
emploi.
Le 3. de ce mois, le Pape donna dans la
Chapelle Sixte le Sacrement de Confirmation
au fils duChevalier de S. Georges, qui assista
à cette Cerémonie, accompagné d'un grand
nombre de Prélats.
Le 6. S S. tint un Consistoire secret, dans
lequel
,
selon les Lettres de Rome du 7 de ce
mois ,
le Pape fit Cardinaux l'Abbé Borghe se,
son Majordome, Archevêque de Trajanopolis,
& le Pere Feretti,de l'Ordre de S. Dominique,
Evêque d'Alexandrie de la Paille.
S. S.disposa le même jour de la Charge de Majordome.
en faveur del'Abbé d'Acquaviva
qui étoit son Maitre de Chambre.
La nuit tlu iz. au zj. Juin
, on ressenti à
Florence, une secousse de tremblement de
terre si violente
, que la plûpart des habitans
sortirent de leurs maisons & se retirerént en
foule sur les plus grandes Placesde cetteVille.
Peu de terni«prés, quelques maisons écroule-
I ij rent
rent, & les murs de l'Eglisedes Caiwes se
fendirent. M. ~Riaolfi, Prevôt de YEgWt: Métropolitaine,
se rendit alors sur la Place de
sainte Croix
,
oùil fit un discours trèspathétique
au Peuple pour l'exhorteràla penitence
-& à implorer la misericorde de Dieu.
Ce tremblement de terre qui a été plusviolent
qu'aucun dont on puisse se souvenir depuis
un très grand nombre d'années, a causé
beaucoup de dommage à six ou sept lieuës à
la ronde; deux Religieuses du Convent de
Prato ont été écrasées par la chute de lçur
Dortoir.
Le 26. onfit une Procession generale pour
appaiser la colere du Ciel; tout le Clergé seculier
& regulier y afli/ta,&on alla de lEglUè
Métropolitaine à celle de saint Philippes od
Neri, ensuite à sainte Magdelaine dePazzi,
à l'Annonciade & à saint Marc. Le lendemain,
& les deux jours suivans
,
le S. Sacrement fut
exposé dans toutes les Eglises. Le Grand Duc
2 déffendu les Spectacles & autres Divertissemens
publics pendant quinze jours. Les Prieres
publiques ont été terminées au commencement
de ce mois par la Bénédiction du S. Sacrement
&des Exhortations dans toutes les*
Elilès, où le concours du Peuple a été prodigieux.
Le jour suivant le tonnere tomba vers les
4. heures apr ès midi sur l'Eglise des Dominicains
de sainte Marie la Neuve, & endommagea
la Sacristie & la Chapelle de S. Dominique.
E SPA C N E.
ON apprenddu Port sainte Marie, que
M. Verboom , Ingenieur General, en
partit le 14- jwn pour aUe* tracer unC-iiii)
- a.n
dans la plaine de Piedad, à une demie ILuc
de cette Ville, où l'ondoit assembler nooo.
hommes pour le divertissementdu Prince d:;¡"
Asturies & des Infans.
On apprend aussi qu'on y avoit reçu avis
de la Vera-Crux
, que le Frederic, Vaisseau
de la Compagnie dfc la Mer du Sud d'Angleterre,
étoit encore dans ce Port.
On a appris en même cems de Lisbonne que
le13. Juin, la Reinede Portugal, accompagnée
du Prince & de 1a Princesse du Biezil
,
honora d^: (a orefence la nouvelle Tragicomédie
>
representée par les Pensionnaires
du College des Jesuites, qui a étécomposée
à l'occassion du double Mariage du Prince
des Asturies avec l'Infante dePortugal, &
du Prince du Brézil, avec l'Infanté d'Espagne.
On écrit du Port sainte Marie
, que u
Cour a été ion: allarmée, en apprenant la
première nouvelle de la maladie di la Princesse
du Brezil, qui commença le ij du mois
dernier avec tous les accidens qui accompagnent
la petite verole; mais L. M. or*
été rassuréesen apprenant que la petite verole
étoit sortie fort heureusement, que la fiev e
étoit considerablement diminuée
,
& qu'il y
avoir lieu de croîre que cette maladien'auroit
aucune fuite fâcheuse.
Les dernieres Lettres de Cadix portent,
que Don Joseph Patinho, Ministre du Département
des affaires de la Marine & dà
Commerce, pour tranquiser les Interessez
au retour des Galions, aveic fait assurer les
principaux Négocians
, q^e les. effets de ces
Galionsseroient distribuez incessamment, &
que depuis cette nouvelle quelques uns d'entr'eux
se preparoientà faire charger leurs marc'iandifessurlesV^
iiTi-aux destinez pour la
copYglls Espagne. Iiij Les
Les mêmes Lettres ajoûtent que Don Jo.
feph de Vargas, frere de la Marquise de la
Paloma. avoit été trouvé mort dans sa chambre
, ayant les veines des bras & celles dcg
pieds ouvertes.
GRANDE BRETAGNE. IA Reine a signé une Commission par laquelle
elle donne pouvoir au Lord Muscari
, qui commande le Vaisseau de guerre-
XAvanturt
,
de faire le procès à tous les
Pirates & Forbans qu'il pourra prendre susi
les côtes d'Afrique.
On a appris par les Lettres des Isles Canaries
du 25. du mois dernier, qu'on y avoit
publié une Ordonnance du Roy d'Espagne,
portant ordre à tous les Protestans de sortir
de ces Isles dans l'espace de deux mois, à
peine de prison & de confiscation de leurs
effets.
Par les dernieres Lettres de Cadix, on a
appris que malgré la resolution prise entre
plusieurs Négocians, de necharger les Vaisseauxqui
doivent partir cette année pour la
nouvelle. Espagne
,
qu'après la distribution
des effets du dernier retour des Galions,
quelques MarchandAnglois avoientdéjàfait
embarquer leurs marchandises.
MORTS, NAISSANCE
des PaysEtrangers.
LE Prince Joseph Folch de Cardone, Prince
de l'Empire,Président du Conseil Supeidcur
dels Pa'ys-IBams, Majordpome -sMajo-rde
l'Imperatrice
, mourut le 1y. du mois dernier,
dans la 78. année de son âge
,
& le 17. sois
corps fut portédans l'Eglile des Religieux
Trinicaires du Faubourg d'Alter-Gassen.
Le S. Juillet, le Prince Charles, frere du
Roy le Danemarck
, mourut à 8. heures du
matin àWemmeltoff, dans la49me année de
son âge, étant né le 15. Octobre 1680. Il
étoit fils de Chrétien V. Roi de Danemarck,
mort à Copenhague le 4 Septembre1699 U
de Charlotte AmeliedeHesse Cauel. morte
le 27. 1714.
Le 19. Juin, la Princesse Borghese accoucha
à Rome d'une Princesse quifutbaptisée
le même jour, & nOlDmée Marie - Victoire-
Gertrude.
FRANCE,
Nouvelles de la Cou*, ie Pxris
,
&c.
LE 14. le Corps deVilles'étantassemblé,
le Président Tureot de Sumont Brucourt,
Président de la secondé Chambre des RequêtesduPalais,
fut élu Prevost des Mar..
chands. il fut reçu le 12. à l'Hôtel de Ville.
où il soupa. On fit enfuice une décharge des
Canons de la Ville.
Le 17. le Comte de Lignerac
,
à qui leRoi
avoit accordé il y déjà quelque tems la Charge
de Lieutenant General de la haute Auvergne,
en survivance du Marquis de Lignerac son
pere ,
préta serment de fidélité entre les mains
deS.M,
1 iiij Le
Le 8. la Lotterie pour le remboursement
des Rentes de l'Hôtel de Ville fut tirée en presence
des Echevins,en la maniere accoutumée,
le fonds de ce mois s'est trouvé monter à la
fOOEme de 1082690. liv. 6. f. 8. dep. laquelle
aété distribuée aux Rentiers pour les lots
qui leur font échus, conformément à la liste
generale qui a été rendue publique. Le lot le
plusconsiderable de ce mois qui
est
de 2C000L
eZst échcu auiNi°. tjgé.fis. fous ladevisePour Le 17. le CorpsdeVVililllee eut aauuddiieennccee ddiuL
Roi, étant presenté par le Cornee de Maurepas,
Secretaire d'Etat, & conduit par le Marquis
de Dreux, Grand Maîtredes Cérémonies Se
par M. des Granges ,
Maître des Cérémonies.
Le Président Turgot, Président de la seconde
Chambre des Requêtes du Palais
,
qui avoir
été élu Prévôtdes Marchands, à la place du
feu Président Lambert, prêta entre les mains
«b S M. le ferment de fidelité, dont le Comte
de Maurepas, Secretaire d'Etat, fit la ledïure»
le Scrutin ayant été presenté par M. de
S. Contest. Avocat du Roi au Châtelet,qui
parla avec beaucoup d'éloquence. Ensuitele
Corps de Ville alla rendre ses respects à la
Reine & à Mesdames de France. Le 19. le
Président Turgot, Prévôt des Marchands,
à la tête du Corps de Ville, alla au Palais
Roval rendre ses respects à S. A.R. Madame
la Duchesse d'Orleans. i
Le2. Juillet, iL y eut Concert lMarlyJ
chez la Reine', M. de Blamont, sur-Intendant
de la Musique du Roy,de semestre, fit chanter
le Prologue & le premier Aélede Belleophon.
Les principaux rôles du Prologue, quifont
uipolUn,Bacchtts
,
& PiW, furent chantés
par
fcir les SieursBastaron , Dumenil & Dangerville
,&la Dlle lç Peintre chanta celui
de la premiere Muse. La DHc Antier chanta
dans la Piece le rôle de Stenobée, la Dlle le
Maure celui de Philonoé, le Sieur DangervBilleecetlu/
iedurRooyp,&bleoSrnDu.m-esnil-celui de
Le 4. on chanta le second & le troisiéme
A&; du même Opera par les mêmes Acteurs.
Le S7 Boutteloup chanta le rôle de Bellerophon,
à la place du S, Dumesnil, & le S. Dangerville
celui d'jirnifo.iar; ceux du Sacrificateur,
de la Pithie & d'Apollon,par les Srs Bastaron
& Dumesnil. -
Le é. on finit Bellerophon par le quatrième
& le cinquiéme Acte;laDlle Barbier chanta
le rôle de Philonoé qu'avoit chanté la Dlle le
Maure; celui de Tallas par la Dlle Roblin, &
celui du Roy parle Sr Godonefche.
Le 9. on chanta le Prologue & le premier
Acte de Thesée : les rôles du Piologue de Venus
,de Cerés, de Bacchus & de MMS) furent
chantés par les Dl:e, Pithron & Roblin, & par
les Srs Bouttelloup & Chassé. La DUe Lenner
chanta dans la Piece le rôle d'Eglé. Ceux du
Roy Egée & d'Arcas furent chantés par les
5S Chassé & Bastaron , &laDlle Drouinfit
le rôle delaPretresse. La Dlle le Maure hanta
à la fin du premier A&e la Cantate d'Orphée
de M.deClerambaud avec beaucoup d'applaudissement.
Le II. on chanta à Marly le second & le
troisiéme Acte du même Opéra. La Dlle Antier
chanta le rôle deMedée, & le SBoutteloup
celui de Thesée.
Le 13. on ach.vale4.& f-ns AGte du même
Opera. par les mêmes A.51' rs.
Le 18. on exécuta à Verf;.i.!-es le Prologue
I v Opejcat
& le premier Acte d'Atys. Les rôles du Pralogue
de Flore,d'Iris & de Melpomene
, furent
chantés par les Dks Lenner, le Peintre
& Roblin. 6c le rôle du Temps par le Sieur
Chassé. Ceux de sangaride & de Cybelle furent
chantés par les DllesPithron & Hermance
la cadete, 6c 1^ rôled'Atys, par le Sr Boutteloup.
Le 10 on continua le second &letroisiéme
Acte. L--S, d'Angerville chanta le rôle du
Roy,&leSrChalleceluidePhobetor
Le 23. on acheva le même Opera ;la Dlle
Hermance l'aînée chanta le rôle de Cybelle & leSrGodenelchecelui du FleuveSangar. La
même Dlle Hermance chanta ensuite un morceau
détaché de M. de Blamont, qui a pour titre, le Départ de la Renommée, lequel fut.
precedé & suivi d'une très belle fimphonie du.
même Auteur. Ce qui a été aussi executé au.
Concert des Tuilleries avec beaucoup de
succès.
Le 4. il y eut Concert François au Château
des Tuilleries; la D!le Erremens chanta la
Cantate de la Mort de Didon,miseenMusique
par M. Mouret, & la Dllc Bastholet celle
de la Paix, par M. du Tartre , avec deux Airs.
Italiens qui furent très-aplaudis: on finitpar
le Motet super
1
Flumina, de M. Gomay,qui
est toujours très-gouté.
Le II. on chanta la Cantatille du Retourdu
printemps, dont on a déja parlé, & la Cantate
du Bal; la D le Bastholet chanta deux
Arietes Italiennes, & après plusieurs pieces.
de simphonies. le Concert fut terminé par un
Motet mis en Musique par M. Dornel. Les
gCraonndcesecrhtasleurs ont empêché la continuation
qu'on donnoit tous les Lundi^oa-.
Ie&
les reprendra le mois prochain parle Canee;t
spirituel qu'on donnera le15. Août, Fêtede
l'Assomption.
Le 17. les Religieux de la Nierci,Redernptlcn
des Captifs, conduisirent à Versailles les 4^.
Esclaves qu'ils ont rachetez dans le Royaume
de
-
Maroc & d'Alger; ils firent leur Procession
dans la CourduChâteau devant le Roi.
Le Lundi 18. & les deux jours suivans, ils
firent la même Procession à Parh.& allerent le
premier jour, de l'Eglis e de l'Abbaye Royale
de S. Antoine des Champs à Notre-Dame, le
second jour, à l'Eglise de S. Sulpice, & le
troisiéme à celle de S. Eustache.
Les Religieux de la Merci, accompagnez
des Confrères, Chevaliers, Voyageurs,Palmiers
de Jerusalem, & de N. D. de bonne
Délivrance,sottirentde leur Eglise du Marais,
à une heure après midi le Lundi, & se rendirent
à l'Abbaye S. Antoine, où les Captifs
s'étoient rendus, & après un compliment fait
par un Enfant en Ange, à Madame de Bourbon
, Abbesse marcherent ensuite processionnellement
jusqu'à l'Eglise Metropolitaine, &c.
L'Archiconfrairie Royale des Chevaliers de
Jérusalem marchoit à la tête, précedée dela
Banniere de Notre Dame de la Merci, donc
deux Enfans en Anges tenoient les cordons; venoient ensuite quelques Officiers de Ville
& Segens, les Trompettes, Timbales &
Hautbois; la Croix, les Officiers, les Administrateurs
de Jeruralem , & six prisonniers
pour dettes, délivrez des deniers de cette
Confrairie, &c. & les Confrere s portant leurs
Palmes.
La Confrairie& les Confreres de N. D. de-
Bonne Deuvrxnce, en Aubes &- Ceintures J:
I.vj pOttat:
portant des Couronnes & des branches de
Laurier. Les Reliques apartenantes à ces Confrairies
étoient portées au milieu des deux
sies de
-
ces Confreres ; aprèsquoi marchoient
d'autres Officiers de Ville & les
Trompettes,Timbales & Hautbois.
Après la Banniere de la Redemption, on
voyoit les Captifs, portant les chines de
leurcaptivité
, accompagnez chacun de
deux Enfans en Anges, & après le Guidon
rie la Redemption
, un Gentilhomme & un
Religieux de la Merci, aussi Captifs,marchoient
entourez d'Anges; vendent ensuite
les quatre Redempteurs
, tenant chacun' une
Palme à la main; cette pieuse& brilkme
Processionétoitterminée parles Religieux de
la Merci, chantant le Pseaume In convertendà
Dominus,&leCantique In exitu lfreëide
Ægypto. Ce SpréhcIe édifiant & très-utile, par
les aumones qu'il procure pour la Redemption
des Captifs, a attÎIC: un très-grand concours
de Peuple dans lesrues&auxfenêtres, d'où
les aumônes tomboient en abondance.
Dans l'Eglise Notre-Dame onchanta une
Antienne à la sainte Vierge, & de retour à
l'Eglise de la Merci, on chanta un Te Deum
en musique suivi de la Benediction du S.Sacrement,
qui fut exposépendant les trois jours
pour leSalut. Dans l'Eglise de S. Sulpice , après l'Antienne
du Saint, on chanta la Messe en musi.
que ,
& le Pere Dom Jerome, Feuillant,
prêcha avant l'Offertoire, de même qu'à
saint Eustache. -
-Lt" 25. après midi, le Roi fit dans la Cour
du Chateau de Versailles la revûe des deux
Compagnies des Mousquetaires de sa Garde
Ilst'aiffwblcrebtà pied, & après que le Roi
eut paffé dans les-rangs. ils sirent l'exercice
avec la plus grande précision, au son du Tambourg
& à la muette, & défilement ensuite
devant S. M. Après quoi les Mousquetaires
prirent leurs bottes, montèrent à Cheval, se
formerent en Escadron & défilement une féconde
foisdevantleRoi. LaReyne, accompagnée
de Mesdames dt France , vit cette revue
du balcon de l'Apartement des Princesses
d'Orléans
LETTHE de M. le Chevalier de Neufvilte de.
[ ùimtador,écrite de Mets le 1JuiUet 1719.
J E vous ai promis, Monsieur, devous entretenir
de la réunionds trois Compagnies
des Gentils-hommes qui lent ici, si tôt que
ces Compagnies auroienc pris une certaine
forme. Pour acquitter ma promesse, je vous
dirai que celles de Caën & celle de Cambrai,
où j'étois ,
font arrivéesdepuis plus d'un
mois; que nous avons trouvé des Officiers
aussi aimables pour nous dans la Société,
sqeur'exacts dans le service. Je ne puis me dispende
les nommer pour leur rendre quelque
chose de la reconnoissance que ie dois à leurs
bontés, tant pour la compagnie
, que pour
moi en particulier. M. Du Boschet est notre
Commandant; & sans lui donner de longs
Eloges, il sussi: de dire que la Cour lui a confié.
par distinction le Commandement de trois
cent Gentils-hommes. Nous avons pour Lieutenant
M.De Birague, qui est un Officier de mérite,
également sage & expérimenté MM. De
Melun, DeThiery ,DejeizeUe & Bouchay
fort leurs quatreSous-Lieurtnans. auflï- en-»
tendus dans l'Art militaire que dans la Police •d*ua
éan corps comme le nôtre. Nous avons outre
ces six Officiers superieurs, douze Maréchaux
des Logis36. Brigadiers&36.Sons-Brigadiers. 1
Nousfaisons l'exercice presque tous les ]
jours, & par les foins que se donnent MM. les !
Officiers nous le faisons allez regulierement.
Delà nous passons auxSallesdeD6nfes,d'slrmes
ou d'Allemand. Nous allons en deux Classes à
celles de Dessein, & de Mathématique le foir.
Nous montons la garde tous les 5 ou 6. jours,
à la Porte du secours de notre Citadelle; elle
est composée de 23. hommes; sçavoir, l'Officier,
un Maréchaldes Logis. 2. Brigadiers. x. Sous Brigadiers & 18. Factionnaires.
On travaille à nous habiller de neuf; vous
connoissez notre ancien uniforme que vous
m'avez vû à Paris; le nouveau fera bleu encore;
mais les manches feront d'écarlates, en,
botte, à deux rangs de boutons d'argent, jufqu'à
la poche; nos Chapeaux bordesd'argent
Plumets blancs, Boucles d'argent.
Nous avons dans la Ville l'Opéra qui vient
de Roüen, & que conduitMe. Desjardin ; il a
executé d'abord l'Europe Galante , avec autant
de succés qu'il el! possible en Province.
Les DIe, Destardin & de S. Germain le font
distingués dans la Mulîque & la Dlle
pour la Danse; elle a figuré avec le fils du
Maître à danser de M" les Cadets de Strafbourg,
&ils ont eu tous deux un applaudissement
universel. Ils se préparent à représenter
Jeudi prochain Omphale ,
& s'il
m'est permis d'en juger par les répetirions ,
ils
soutiendront la bonne opinion que nous a donné
la premiere Pièce. Il ya aussi au Camp une.
troupe de ComédiensItaliens qui jouëles Pièces
du Théâtre de Gherardi ; ils ont donnéaYCC
tâei de succès lA Foire Galante,Parpdite
rodie, & l'EuropeGalante,que l'Opera representoir;
mais ce qu'on a le plus gouté, ce
font les sauts du S.Mignard, qui effectivement
font aussi surprenans qu'il s'en puisse imaginer.
Les Nouvelles publiques ont déja parle du
nombre de bataillons campés ici; mais j'ignore
si elles ont ditqu'il n'y a gueres de plus
beau coup d'oeil que celui de ce camp; il est
assis sur les Words de la Morelle, à la sortie
de laVille, surle Chemin de Paris, toutes les
Tantes font en bois & bordées de deux rangs
d'Arbres
,
qui forment une Allée couverte
audi large que la grande Allée des Thuilleries.
Tout le long de la Riviere
, en face du Camp
regne un Parapet de plus d'un quart de lieuë,
de longueur, que l'on continue actuellement,
&onaainsi le plaisir d'entendre le murmure
des ondes de la Moselle, au milieu de laquelle
on a pratiqué une espece d'ecluse, qui forme
une Nappe d'Eau magnifique. Il y a sans cesse
une quantité extraordinaire de Caraffes & de
Chaises à Porteurs,&une affluence de monde
que je ne puis vous exprimer.
On écrit de Dijon que sur la fin du mois de
Mai dernier
,
la Dame de Volaivre, atteinte
& convaincué d'avoir attenté plusieursfois
par le poison à la vie du S Boivot, Secrétaire
du Roi, son Mari, & de l'avoir fait assassiner
par un de ses Amanssugitifs
, eut latête tranchée
, conformément àul'Arrêt du Parlement
de Djon.
Et que vers la fin du mois deJuin dernier
dans une émotion du Peuple, le Bourreau de
cette Ville, plein de vin, fut tué à coups de
pierres, au pied de l'Echafaut, pour avoir
mal executé un criminel, condamné à être
rompu JpOUI ftYviï commis un meurtre.
Oel
On voyoitily a environ30 ans à Paris,
dans une maison auprès de la ruë Taranne,
chez le SI Benoîe
,
Peintre, Le CercleRoyal,
en figures grandes comme le naturel, modelées
par lui en cire colorée, dont chaque Portrait
étoit si ressemblant,qu'il n'étoit pas potIi.
ble de n'y êrre pastrompé. Louis XIV.Monseigneur
le Dauphin, Messeigneurs les Ducs
de Bourgogne< d'Anjou, & de Berri tous
les Princes & Princestes de la Maison Royale,
&quelquueessGGrarnadt)sdOs fOf~iIcf iers de la Couronne,
étoient représentés au naturel, avec de riches
habits.
On voit aujourd'hui à Paris, ruë S. Thomas
du Louvre, dans une Salle ou vestibule
de l'Hôtel de Longueville, un autreCercle
Royal, composé du Roi d'Angleterre George
II.arégnant ,
de la Reine son
Epouse &de la Famille Royale, confilhnt
au Prince de Galles, qui en effc i'ainé, âgé de
ii. ans & quelques mois
,
le Duc de Cumberland
&cinq Princesses, dont la plus jeune n'a
que 5. ans, avec des habits riches & convenables,
à laFrançoise; on y voit encore un Page
qui porte la queue de la ILm, & deux
Suites de la Garde, tenant leurs hallebardes,
ce qui fait dO'jz figures,toutes en pied & dont
la ressemblanceest dit-on,trèsparfaite.
Les têtes, les épaules, la gorge, les bras
& les mains de ces figures, font d'une conposition
que le Sr Gosset, Gentilhomme Anglois
a inventée bien d^fterente de la cire,
qui durcit en vieillissant, & qui imire si bien
l'épiderme & la carnation naturelle, que les
figures pa-oissent anmée?.LeS.Gosset qui a
travaillé seul à cet Ouvrage ,
pendant 3. ans, Pa fait apporrer ici de Londres d'où il a été
transporté à Mil;li dans un Salon du Chateau
»
&:
& a été vû du Roi & de toute la Cour, avec
une extrême fat sfaction.
Le même Artiste a aussi apporté quelques
autresOuvrages de la même composition ,figures
& bas reliefs, qui imitent l'yvoire. &
qui font très dignes de l'attention des Curieux.
Le Sr Lescure,Chirurgien des Gardes du
Corps de la Reine,2e Douairiere d'Espagne
, continue de donner des preuves de l'éfficacité
de son remède, par les guerisons qu'il
produit continuellement pourl'épilepsie ou
mal caduc, vapeurs, & maladies convulsives
, & même pour la paralisie
, & generalement
dans toutes les u aladiesde la tête, en
qui attaquentle genre nerveux; les experiences
en ont été faites fous les yeux de plusieurs
celebres Medecins qui en ont rendu un bon témoignage.
Ce remcde est facile à prendre; les
effets en font très-doux,&il peut se transporter
par tout. Il donne la manière de s'en servir,
Le Sr Lescur,demeure ruë du Jour à I'Iraa»
ge S. Louis,proche le grand Portail S. Eustache.
A Paris.
MORTS, NAISSANCES,
| & Mariages,
sUlpice Colbert, Chevalier, Seigneur ds
Boisgarnier, &c. mourut le 30 Juin, âgé
de 77 ans.
Lepremier Juillet, lePeteduTrevoux,
Jesuite
, mourur à Paris, âgé de 84 ans.
Anne- François-Guillaume du Cambout.
Evèquede Tarbes,AbbédeMemie,est more
djt~
dans son Diocèse. âgé d'environ 4j. ans.
Dame Elisabeth Bachelier,veuve de M. François
de Francine, Comte de Villepreux,decedée
le 4. Juillet âgée de 74. ans.
Dame Marie Colot, Dame du Lit de la seuë
Reine Marie- Therese, veuve de M. Elie Du.
fresnoy,Chevalier, Seigneur de Fleury,moulue
le 8.âgée de 82. ans environ.
Camille d'Albon, Marquis de S. Forgeux
Baron d'Avauges, Prince d'Ivetoten Norman»-
die, mourutle10Juilleten son Château d'Avauges
,près Lyon,âgé d'environ 76. ans;il
étoit fils de Gaspard d'Albon
,
Marquis dd
S. Forgcux ,& de Françoise de Damas Thianges
,
ses frères étoient Claude Josephd'Albon,
Prieur de Montrotier,mortArchidiacre 8c\
Comte de l'Eglise de Lyon,Antoine Bertrand,
Comte d'Albon,Capitaine des Carabiniers, tué en Italieen 1702. Ses foeurs, Jeanne d'AI.
bon, mariée à Jacques d'Amanzé
,
Comte det
Choffailles;Hilaire, au Marquis deBrossia, des
Franche-Comté Marthe,à Gaspard Joachim
de la Baume, Comte de Suze, Marquis dea)
Bressieu, & Antoinette d'Albon Epouse erui
premières nôces de Léon de Valbelle
»
Comtea
de Ribiers, à present mariée avec Charle-.I
François,Marquis de Calviere. Il ne laisse des
son Mariage avec Julie Françoise de Crevaoc'ei
Princesse d'Ivetot, que Françoised'Albon
mariée à d'AlbonS.Marcel, dont elle
a des enfans.
Sans parler de l'illustre & ancienne origine
de la Maison d'Albon, qui est assez connuë
,
8flî
de plusieursGrands hommes qu'elle a donnés à
l'Eglise & à l'Etat, il suffira de citer Antoivimp
d'Albon, AbbédeSavigny &del'Isle-Barbe,
Gouverneur & Commandant pour le Roi danse
lés Provinces de Lyonnois, Bourbonnois
Hiu.e,»,
Haute & Basse Marche, successivement Archevêque
d'Arles,puis de Lyon,mort le 24. Septembre
1574. Jeand'Albon - ,Seigneur de S. André d'Oulches
&de Serezat, Chevalier de l'Ordre du
Roi, Gentilhomme de saChambre,Chevalier
d'Honneur de la Reine Catherine de Medicis,
Gouverneur du Lyonnois, Bourbonnois, Haute.
& Basse Marche,& Jac quesd'Albon, Marsqauis
de Fronsac, Seigneur de S. Andié, que
naissance
,
ses emplois, & la faveur d'Henry
Il.ont rendu célébré Il fut Premier Gentilhomme
de la Chambre, Chevalier de l'Ordre
du Roi & de celui de la Jarretiere, Maréchal
de France,pourvû des mêmes Gouvernemens.
qu'avoit Jean d'Albon son pere:il fit au Sacre
du Roi Henry II, & à celui de Charles IX les
fonctions de GrandMaïtre, & tous les Historiens
conv iennent que c'étoit un Seigneur brave,
bienfait de sa personne, magnifique, &
l'un des plus grands Capitaines de. son lieele.
Nicolas Lambert, Chevalier, PresidentHonoraire
enla seconde Chambre des Requêtes
du Palais,Prévôt des Marchands,mourut le
10 Juillet,âgé deans.
Dame Marie Anne Crozat, Epouse de Louis
de la Tour d'Auvergne,Comted'Evreux,
Lieutenant General des Amées du Roi, Colonel
General de la Cavalerie Françoise & Etrangere,
Gouverneur de l'Isle de France & des
Villes& Châteaux deSoissons, Laon&Noyon,
mourut le 11. Juillet, âgée de J40ans.
Frere Jacques-CharlesAndrault deLangeron
, Bailly, Grand-Croix de l'Ordre de Saint
Jean de Jerusalem,Commandeur de la Vaufranche
en Berry, Abbé de Bellebonne, Lieutenant
General des Armées du Roi, Chef
d'Ifd'Escadre
des Galeres,& Commandant de si
Ville de Marseille, mouru à Paris le f3. da~
un âge fort avancé.
L-ETTREès'rite cFsHençon leii. Juillet 1719. NOus avons perdu le 10. de cemoisM.Pierre
Belard, DocteurdeSorbonne&Curé
éiAlençon:-, il étoit âgé de 67. ans, & avoit
passéune partie de sa jeunesse à S. Sulpice de -
Paris, d'où Madame deGuise le retira pour
lui donner la Cure de cette Ville, où il n'y &
qu'une feule Paroisse. Il l'a desservie pendant
3î". ans avec toute la vigilance&tout lezele
d'un vrai Pasteurs aimanttous sesParoissiens
comme ses enfans, 3c les ayantautantédifiez
par sa vie pure & exemplaire, que par ses
doctes & sçavantes Instructions. Toujours attentif
à l'avancement de la gloire deDieu 8£
an bien de son Troupeau, il a établi dans Alurfçon
une MaisondeFilles de laProvidence pour
l'éducation des enfans, & un Hôpital pour les
Pauvres & pour les malades ; il or fait en mourant
cetHôpital son Légataire universel. Son
-
grand zele pour la sanctification des. ames.
& en particulier pour l>infltl..ttbn des Nouveaux
Couvertis, dont il a beaucoup augmenté
le nombre, lui avoit mérité une pension du
Roi, dont les Pauvres seuls prositoient.On
peut dire que la Grâce & laNature avoient
léiini en lui toutes les vertus & les differens
catacteres répandus ailleurs dans les personnes
d'un mérite distingués aussi toute la Ville cil
penetrée d'une vive douleur, & ne cesse de
s'affliger de la perte d'un Pasteur si saint & si
respectable.
ï>.Marie-FrancoiseduRsrçft de.Vete.ri£-.-
Epouse
Epouse de Charles. Elizabeth Marquis de Coetlogon,
accoucha le 30. Juin d'une fille,qui
ssir nomméeAgathe-Françoise, par Claude
Pignon, & Marie-Catherine Herbet.
Le 5. Juillet,M. Jean-Baptiste Dartaguiette-
Diron, -Chç:valier)Ba¡ron Daguere Marquis
de la Moths sainteHeraye, fils de deffunc Jean--
Çaptiftc Dartaguiette-Diron,Ecuyer,Conseiller.
Secretaire du Roi, Maison,Couronne de
France & de ses Finances, Baron Daguere,
Marquis de la Mothe sainte Heraye & Syndic
général des Etats de Navarre, & de Dame
Marie Diron, épousa D :e Marie - Victoire
Guillard de la Vacherie, flUe. de M. Jean-
Baptiste Guillard, Chevalier, Seigneur de la
Vacherie, &c.Chambellan de feu Monseigneuz
le Duc de Berry & Gouverneur de la Citadelle
d'Arras, & de Dame Marie-Christine
Herault» son Epouse.
LETTRE écrite de Bretagne, le 6.
Juin J7Z9. au sujet du Afa-iagc
dç M. le Chevalier de Rohan.
E Mercure du mois de Fevrier dernier,
annonce le Mariage de M. leChe-,
valier de Rohan avec Mademoiselle de ~Retz..
La qualité de riche heritiere de Bretagne, qui -
lui est donnée, jointe à la manière dont Ton
nom estimprimé,Retztelqu'on l'a apparamment
donné, m'a fait long-temps réfléchir;j'ai
enfin sçû avec certitude que c'étoitdeMademoiselle
de Rays, dont on a voulu parler. Il
est vrai que c'est une de nos plus riches Heritieres
1
,
mais son nom n'est point de Retz)ellé
se.nomme du Breil,& de Rays n'dl que le
nom d'une Terre,
Vmis
Vous ne ferez peut-être pas fâchez, Me/Ïïeurs,
de donner dans votre Journal, une idée de la
Maison de cette riche Heritiere, qui en prenant
alliance avec la Maison deRohan
,
n'a fait que
renouveller celle que ces Ayeux avoientdéjà
avec cette illustre Maison.Ses Peres font sortis
d'un Cadet de la Maison de du Breil, Seigneur
du Chalonge, qui en dl la Branche aînée.
La Maison de du Breil est très ancienne dans la Province. On voit unTitre de 1177. dans
l'Abbaye de la Neuville, près de Dol, où il est
parlé d'un Mathieu du Breil, qui estqualifié de
Miles.
Du Pas, dans ses Génealogiesde Bretagne,
fait mention de cette Maison comme d'une dcî
plus anciennes de la Province & des plus attachées
à ses Souverains. Robineau, autre
Historiende Bretagne, en parle de la même
façon ,enfin tous ceux qui ont écrit sur certe
Province, n'ont pas négligéd'en parler, &
ceux de cetteMaison font en état de prouver
leur Généalogie par bons titres depuis la fin du
douzième siecle. Elle a formé dans la Province
plusieurs Branches, maisil n'en subsiste actuellement
que trois.
Celle du Chalonge
, comme on l'a dit, est
l'aînée; celles de Pontbriand & de Rays, font
sorties de Rolland du Breil, qui en étoit puîné.
Ce Rolland du Breil, après avoir passé par plusieurs.
Charges honorables, sur employé comme
ses Ancêtres à plusieurs négociations importantes.
Et à la création du Parlement de
Bretagne, il en fut un des deux Présidens ; il
épousa cinq femmes, mais il n'eut d'enfans
eue de Jeanne de Serigar.
Rolland du Breil, qui étoit son troisièmefils,,
eut pour fils Olivier du Breil ,
qui épousa
Jtfagdeleine le Begassoux. Olivier du Breil
, mourut
~nourutenallant en Canada, Commandant la
Flote que le Roi François I. y envoyoit.
M.le Marquis deRays,Pere de Mme la Com-
Sfcele de Chabot., eA descend directement & efl
laîné de cette Branche, dans laquelle on ne
kûit quede belles Alliances, n'en ayant jamais
pris qu'avec lesMaisons de Thomas, Seigneur
de la Connelais, de Dacigné de Boëscon &
de la Boexiere de Branconet.
k Charles du Breil, autre fils de Rolland & de
Jeanne Serigat, fut marié en 1496. àGuyonne
du Pontbriand; il fut Chevalier d'honneur de"
fia Reine Anne de Bretagne., & laissa un fils qui
mourut sans enfans ; sa succession du côté paternel
-patb. Julien du Breil, Chevalier
des
Ordres du Roi, Capitaine de Rhedon, lequel
Acheta d'Antoinette du Pentbriand, qui héritoit
du coté maternel, la Terre de ce nom
depuisérigée en Comté, par Lettres Patentes
¡,.le l'année 16^0.
Julien du BreilépausaDame Marie Ferré,
'& eut pour fils Jean du Breil. qui épousa
Claude de Blusson.
: Le Comte de Pontbriant d'aujourd'hui en
efl: descendudirectement, & ses Peres, commeles
Seigneurs de Rays, n'ont pris ctatIian:"
ces qu'avec des Maisons distinguées.Il aépousé
,'en 1721.la fille aînéedu Comte d'Epinay;
-Colonel du Regiment de Charolois,&deAnne
de Hautefort, soeur de Mrs deHautefort, Lieutenans
Généraux des Armées duRoi.
-
ARRESTS NOTABLES.
ARRESTdelaCourduParlement,du 11Mars
1729. qui drdonne que les LettresPatentes
!»nânmcdedit dpxj•Avrilîéé^. portant que |, - lesles
Notaires qui font dans les Bourgs,Fermes
ou grandes Paroisses, feront réduits à deuV
sansen pouvoir établirun plus grand nombre.. seraexecutéselonsa forme& teneur.
ARREST du Confcil d'Etat du Roi, du iz
Avril, qui maintient la Demoiselle Pottier dea
Gesvres, eh qualité de Dame de la Baronnie
deMontjay,dansles Droits de Péagequ'elles
perçoit dessus & dessous le Pont iicué sur Iar
Riviere de Marne dans la Ville deLagny, Scc.3
Et fixe la quotité desdits Droits..
i SENTENCE de M. le Lieutenant Criminelle
du Châteletde Paris, du 5.Juillet,1719. qui
condamne Me Marc-Antoine le Coq, PIOCu-t
rueur au Châtelet, à êtreadmonelléen20.liv.
d'Aumône, en 500. liv.de réparationcivile,:
dommage & illtrêts. & d'interdiction pendantun
an des fonctions de saCharge, pour
avoir, étant en cravatte & canne,insulté un dof
ses Confreres,qui étoit en Robe, dans -une des
Salles du Chatelet, un jour d'Audience, & em:
outre luifait deffense, & à tous autres Procureurs
de se trouver au Châtelet les jours Plaidoyables
autrement qu'en Robe,conformément
aux Ordonnances. Arrêts, Reglemens, &c.'J lu ARREST de la Cour du Parlement du Juillet 20.0 1729. Portant suppression d'une Feüille
imprimée
, commençant par ces mois: le if
"Mayy irètt de GregoireVII. lupe & Confl-
ff,ur.
• Ce lour les Gens du Roy font entrez ,
3û5
Maître Pierre Gilbert de Voisin
,
Avocat du
duSeigneurRoi, portant la parole, ont dit :i
Messieurs, unefeuille imprimée pour ~servi
de SupplémentBreviaire Romain, se repan&f depuis
A*
depuispeu dans le Royaume: oc dans cette
feüille où se trouve un Office consacré à la
memoire du Pape Gregoire Leptiéme, Nous
voyons avec le dernier donnemeOf ce qu'il y a
de plus capable d'inspirer l'excès des préccntions
Ultramontaines.
Nous n'ayons pas besoin de nous étendre
surtout ce qui compose cetOffice. Vous en
jugerez par vous mêmes à l'inspection de
l'Imprimé que nous laisserons fous vos yeux.
Et que pourrions nous ajoûter à l'impression
de ces paroles toutes feules, qu'on voit dans
l'une des Leçons? C*ntr& Henriei Imperatoris
impiesctriants fortis per omnia athleta impavidus
permansit,seque pro muro domui Jfratl
fonere non timuit : ac eundem Henricum in
prosundum malorum prolapsum
,
fidelium cornmunione
regnoque privavit, atque sulditos
populos fide ei data libe ravit.
r- On sçavoit assez que Gregoire VII. si celebre
par ses différends avec l'Empereur Henry, est celui qu'on a vû porter plus loin ces prétentions
ambitieuses inosûies dans les premiers
siecles de l'Eglise, qui causerent de si grands
troubles & allumerent des guerres ti cruelles
¡de son temps.
Mais, qu'il foit permis de le dire, on n'avoit
pas lieu de s'attendre devoir entrer dans
itonéloge', & celébrer dans un Office Ecclésiastique,
l'excès où le conduisirent enfin des
principes si dangereux. Eit ce donc le chefd'oeuvre
de son zele,d'avoir entrepris de pri- ver un Roi de sa Couronne t & de délier ses
ÇSujets du serment de fidélité ? Et pouvons-nous voir sans douleur qu'on appuye sur un fait 6
digne d'être enseveli dans l'oubli les titres
lC:ju'on lui donne de Défenseur de l'Eglise, de
Restaurateur de sa liberté, de rempart de la
maisond'Israël K PourPourquoi
faut il que les vestiges d'une ert*
treprife dont le tems sembloit affoiblir lamémoire,
reparoissent aujourd'hui jusques fous
nos yeux, qu'ils viennent encore exciter notre
devoir oc notre zele? Souffririons-nous
qu'à la faveur de ce prétendu Supplément du
Breviaire Romain
, on mit dans les mains des'
Fideles, dans la bouche des Minières de la Re
Jigion ,
jusqu'au milieu de nos faims.Temples.
& de la solemnité du culte divin, ce qui tendj
à ébranlerles principes inviolables & sacrés
de l'attachement des Sujets à leur Souverain**
<& ce qui blesse les maximes que l'on a toujours
maintenues dans ce Royaume très Chrétien
avec la confiance la plus invin ible?
Engagez par le devoir de nos Charges, nous 4
nous addressons à la Cour, dont l'autorité s'eli îj
toujours si heureusement employée pour laà
conservation de ce dépôt précieux. Parles con-1
clusions que nous avons prises par écrit, nousa
avons l'honneur de lui proposer ce qui nous
paroît le plus convenable dans l'occasion
quiîi
nous excite aujourd'hui, & nous attendons
avec une juste confiance ce qu'il lui plaira des]
staEtueruà cexsujert. etirez:!si va une feüille imprimée en deux pages De chaque page en deux colomnes
, commençant!
parces mots: Le tu May,fèsle desaint Gre,
goire VII. Pape&Confesseur
,
&finissant pan
ceux ci: On dit la Messe STATUIT. ensemble
les conclusions par écrit;la matieroi
sur ce mise en déliberation. is
-
LADITECOUR a arrêté & ordonner
que ladite feüille fera & demeûrera fupprlmée.
enjoint à tous ceux qui en ont ou pourronu
avoir des exemplaires, de les apporter au Greffoï
de ladite Cour pour y être
pareillementfup-d
primezu
pritxiexj fait inhibition & défenses à tous Imprimeurs
, Libraires, Colporteurs & autres, de
quelque qualité & condition qu'ils soient,de
imprimervendre, débiter, ou autrement distribuer
; ensemble de l'inferer dans aucuns
Bréviaires
,
Miscels
,
Rituels ou autres Livres:
comme aussi à toutes personnes Ecclesiastiques,
Seculieres & Regulieres, ou autres, de quelque
état& condition qu'elles soient, de r~re
aucun usage ducontenu en ladite feüille,en
quelque forte 8: maniere que ce puisse être j
enjoint à tous Supérieurs de Corps & Communautez
Seculieres & l'egulieres, de se conformer
au present Arrêt, & d'y tenir la main,
gàrapnedineepedienesaisie du temporel & autre plus
s'il y échet : Fait inhibition Zc
defenses à tous Imprimeurs & Libraires , d'imprimer, vendre
,
débiter, ni insereren aucuns
Bréviaires, MifTcls
,
Rituels ou autres
Livres dont ils auroient le Privilege, aucune
feüille ou écrit particulier, s'ils n'en ontobtenu
un privilege special, ou la permission des
Lieutenans Généraux de Police, ès cas où ils
auront donné les pCItifIjons d'imprimer, le
tout suivant les Ordonnances, Edits & Declarations
du Roi enregistrées en la Cour:ordonne
en outre que le present Arrêt fera lû,
publié, & affiché par tout où besoin fera ; &
copies collationnées envoyées aux Bailliages
& Senéchaussées du Ressort, pour y être lûés
publiées & registrées;enjoitauxSubstiruts
du Procureur General du Roi d'y tenir la
main, & d'en certifier la Cour dans un mois.
Fait en Parlement le vingt Juillet mil-sept cent vingt-neuf.Signé,YSABEAU.
LETTRES PATENTES ,qui ordonnent une
CiiUPC de cnt Arpens. de Bois par an dans tr
K ij Parc
Parc de Chambord. Données à Compiegnele
18. May 1719. Registrees en Parlement le jy. dudit mois.
DECLARATION DU ROY, concernant
les Pensions. Donnée à Compiegne le 21. May
1719. Regirtrées en la Chambre des Comptes
le 15 Juin suivant
,
portant Reglement de
ce qui doit être observé par les Officiers de
la
Chambre
des Comptes
, au jugement du
Compte du Garde du Tresor Royal pour
l'année 1715. & de ceux des années suivantes,
jusques & compris celui de la presente année
J72.
A R R EST de la Cour des Monnoyes, du
i; Juin portant Reglement pour les Maîtres
Orfévres & Marchands Merciers, Joailliers &
autres, au sujet desfabrications,ventes&
achatsdes Ouvrages d'Orfevrerie.
LETTRES PATENTES, qui ordonnent
une cour>e de Bois dans le Parc deVersailles
& dans la Forêt de Marly, pour l'ordinaire
de l'année 1730. Données à Versailles If 4.
Juin 1729. Rzgilirées en Parlement le 18, dudit
mois.
ARREST du 14. Juin, qui ordonne qu'à
l'avenir, & à compter du jour de la date du
present Arrêt, le Charbon de Terre provenant
des Mines de l'Isle Royale, ne payera à
l'entrée du Royaume que 6.livres par tonneau
dupoids de cinq mille deux cens cinquante liv.
ARREST de la Cour des Monnoyes, du"
ii juin
,
qui fait deffense aux Maîtres Boutonniers
de travailler du Métier de Maître Orfévre,
vre, & de fondre des Matieres d'or & d'argent
;& aux Maîtres Orfèvres de prêter leur
Poinçon
, d'en marquer d'autres Ouvrages
que
les
leurs propres, & proteger aucuns
Companons;& condamne lescontrevenans
en différentes peines & amendes.
ARREST de la Cour du Parlement du 30.
Juin, qui fait deffenses à toutes personnes de
faite imprimer aucun Arrêt, & à tous Imprimeurs
d'en imprimer sans permission. Par
lequella Cour fait deffense à toutes fortes de
pertonnes de faire imprimer aucun Arrêt, &
à tous Imprimeurs d'en imprimer sans permission
de la Cour, à peine contre les contrevenans
de 200 livres d'amende pour la première
fois, & à l'égard des Imprimeurs en cas
de récidive, d'être suspendus de leurs fonctions
pendant trois mois, à l'exception néanmoins
des Arrêts de Reglemens, & de tous ceux qui
concernent l'ordre& la discipline publique,qui
doivent être imprimez par les soins du
Procureur
General du Roy, & par lui envoyez dans
les Bailliages, Sénechaussées & autres Sieges
du
Ressort,
en execution des Arrêts qui l'ont
ainsi ordonné; & encore des Arrêts d'ordre &
d'homologation dts Contrats pour être signifiez
aux Parties: fait en outre inhibitions &
deffenses fous les mêmes peines à toutes sortes
de personnes lors de l'impressîon des Arrêts
,
dont la permission auroit été accordée
par l'Arrêt même ou posterieurement à l'Arrêtd'y
inferer aucun autretitre que le nom des
Parties & la date,ni d'y ajouteraucun autre imprimé
,soit Memoire, Factum
,
abregé, précis
du fait ou autrrment, en quelque sorts & manière
que ce puisse être,fause cas quela Partie
juge necessaire d'y faire ajoûter quelqu'autre
tre titre ou mémoire, de se pourvoir en - Cour ,
ainsi qu'il appartiendra; fait patllila..
ment inhibitions& défensesà tous Imprimeurs
établis hors decette villedeParis d'imprimer
aucuns Arrêts dont la Cour auroit ordonnél'impression
sans en avoir obtenula
permssion du Lieutenant General de Police
du lieu, sur les conclusions du Substitut du
Procureur Général du Roi, en ladite Jurisdiction
de la Police, le tout sans aucuns frais.
Ordonne que lepresent Arrêt fera lû& publié
en la Communauté des Avocats & PsoA
cureurs de la Cour, signifie au Syndic de la
Comnunauté des Libraires & Imprimeurs de
cetteVille de Paris, Se copies collationnées
envoyées auBailliages, Senechaussées& aunes
Sièges du Ressort, pour y être lû
, publié
& enregistré; enjoint aux Substituts dû
Procureur General du Roi d'y tenir la main, £ d'en certifier la Cour dansun mois.
APPROBATION*
J'Ay lu par ordre de Monseigneur le Gar,
des Sceaux le Mercure de France du mois.
deJuillet,& j'ai crû qu'on pouvoir enpermettre
l'impression. A Paris, le 5 Août 172.9
HARDION.
1 TABLE.
pieces Fugitives,en Vers & enProse. L'Im-
LEettrepeslunriteel'nAcertfgidn'aolren.eiOr dle'eespri,t, &c. i14477£8-" 1490
Lelttree susr lMes Tiitr-est&ialels lnolmêssem,p1lo4ye9z f4ut
Paraphrase du Pseaume, Beatus vi,., Ó,r. t,11
LettresurlesMémoirespourserviràl'Histoire
des HommesIllultrtsal)2f Sonnet, i <rr
Mémoire sur laMesse Grecque de S.Denis,
&c. Ifjj
Ath nays à l'Emp. Théodose. Heroïde, i r, Lettre sur un Espace infini, parcouru en deux
heures, 1551
Caprice, Irr+
Questionremarquable, jugée à Dijon, j~<;-
NouveauxBoutsRimezà remplir, 1^74
Legogryphe, Enigme1575
Nouvelles Licteraes, des Beaux Arts, &c.
Les Oeuvres de S. AmbroÍÍ-e
, iîT?
Cantate nouvelle, Parodie singuliere, 1f.8t
Mémoires de la Grande- Bretagne,vol. 5e 1585
LT'Arasniteé,vol,in 12. 1596 ThéologiqueElemensdel'H,is&toirre.lys* ,&c.1601
Nouvelles Estampes
, i^oj
Ceremonie de l'Ordre des Chevaliers du Bain.
1I04
Mapemonde,nouvelle Carte, 1607
Prix de l'Academiedes Jeux Floraux, ua,
Chansonsnotées, 1612.
SpectaclesNouveaux Fragmens, Balet,1613
Lets Parysanas de qiualitté ,PicIce néouvzelle,Ejx- Les Débuts, autre Cone-ile nouvelle, Jéji
Les trois Spectacles, autres Pieces nouvelles,
Telixtnc, &c J'f-
L'Avare Amoureux
,
Comedie
, 1646 Pan&Doris,Pastorale,1654
Nouveau Balet, àl'Opera Comique,1660
Nouvelle du Tems, d'Afrique, de Russie, dePologne, - J6"J.
Dannemarc, Allemagne, Italie, Espagne tk:
Angleterre, 1"f
-
Morts5r NaifTanees des Pays Etrangers, léym
France,nouvellesdelaCour,deParis,&c U71
Concepts chez la Reine,&c Procdlion m7x folemndkdes Captifs, 16-If
Mores, Naissances &M*iiages, idsi
Arrêts Notablcà, &e. jfgj
Errât* dn Mectre dJuin
J r. val.
T)Age rrci.ligne <. r7*i- liftt 1719» 1 P. iitf. 1. if. v/.Btmetf.I. IV,Bcncd.
P. njl. I. zo. (milkrt,AGUÍbeIC.
jErrata J. tolume de Juin*
PAga6Jligne AP.ik.71- Iril. PaHtMMte, PalînodL
1. 7. htbere,liftlbdtlnri.
P. 117? 1 ro Probade, 1 Procade.
P. 41z. L 1 fraise, l. frise.
P.1+4*.ï.tj-refuses, t. résure.
RI4f« 1. 9.cy , lu%. et .'1.
Fautesscorriger dans ce Ltvu.
PPA.grJ-f.!+ ligrx- 5.lorgs, li¡;% trop!©»;$. rff*1-6. P. issy.L7 pinfie,/. fient.
C&m/wirntttt*imvevtregarder'Mf. sfsi
Chez
GUILLAUME CAVELIER, rue
S. Jacques, au Lys d'Or.
LA VEUVE PISSOT, Quay de Conty,
à la descente du Pont-Neuf, au coin
de la ruë de Nevers, à la Croix d'Or.
JEAN DE NULLY.auPalais,
à l'Ecu de France & à la Palme.
M. DCC. XXIX.
tfvee approbation & Privilège du ROIQ
AVIS.
b Jg-JchAoDseRs ESSE generaJe pour toutel est À M. MoREAU,
Commis au Mlretire,vis-k-vis la Co;.;edie
Frllnfoifè, à Paris. Ceux qui pour leur
commodité voudront remettre Leurs Paquets
tachetez, auxLibraires qui vendent le
Adsrcure le Paris, pHvent se servir de
cette voye pourles faire tenir.
On prietrès - i/ijlarnment, quand on
étdrejfe des Lettre ou Paquets par la Posse,
£a'voir foin elenaffanchir le Port,
Comme cela s'est toujours pratiqué, afin
J'épargner , à nous le aéplaijir de les
rebuter, & k cenx qui ics envoyent,
celui, non - feulement de ne pas voir
paraître leurs Ouvrages
J
mais même de
les perdre , s'ils nen ont pas gardé de
copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers, ou les particuliers qui souhaiteront
avoir leMerclve de France de
la premiers mai", & plus promptement ,
n'auront qu'a donner leurs adrsjfes à M.
M,rtAH, quiaura ftin defairs leurs paquets
sans perte de temps, & de les faire
porterfw theure À la Poste, ou aux Afefageries
qu'on lui indiquera.
PAIX XXX.gols.
PIECES FUGITIVES,
en Vers &enProse.
L'IMPENITENCE FINALE.
ODE.
Uel bruit! quels feux épouventables,
Semblent menacer les Humains!
Seigneur, quels crimes détestables,
Mettent la foudre entre tes mains!
Autrefois à nos voeux propice,
De nos coeurs l'humble Sacrifice
Appaisoitton juftecourouxj
A ij Fat
Faut-ilqu'aujourd'hui plussevere,
Ton bras comble notre misere
, Par ses plus redoutables coups t
Ainsi parloit, plein de tristesse,
Un Mortel, dont l'intégrité
> Arrêtoit la main vengeresse
, D'un Dieu justement irrité.
Loth, qui seul par des voeux sinceres,
Adoroit le Dieu de ses Peres,
Sans cesse à ses pieds abbatu
}
Loth, qui malgré l'exemple horrible
D'un Peuple au seul crime sensible,
Gonservoit toute sa vertu.
Sodome en proye à Ces caprices,
fit livrée à l'aveuglement
Comptant ses momens par ses vices,
Semble pecher impunément:
Mais le juste vengeur des crimes,
Tôt ou tard frappe ses Victimes.
C'en est fait: le coup va tomber;
Le bras du Tout-Puissant s'apprête,
A briser la coupable tête,
Qui refuie de se courber.
Le moment décisif avance,
Peuple
Peuple infame. tu dois périr,
Puisqu'àsa divine clémence,
Tu ne daignes pas recourir.
Quoy ? dans l'instant même où la foudre ,
Est prête à te réduire en poudre,
Rien ne peutamollir ton coeur!
Situveuxfléchir sacolere,
Pousse au moins un soupir sincere.
Qui marque ta vive douleur.
Sa bonté toujours prévenante,
Peut encor suspendre ses coups :
Il t'offre une main bienfaisante,
Si tu tombes à ses genoux.
Menage l'instant qu'il te donne,
Crainsenfin qu'il ne t'abandonne,
Hâte-toi de fléchir ion coeur;
Où bien-tôt cessant d'être Pere,
D'une vengeance necessaire,
Il va déployer la rigueur.
Mais qu'apperçoi-je? quelle rage!
Le mal au comble est parvenu:
La Nature éprouve un outrage,
Jusqu'à ce moment inconnu.
Soleil. refuse ta lumiere,
Au crime qui dans sa carriere
Prend un si détestable essor.
QQ'Ofcs.
Qu'oses tu tenter, Peuple infame?
D une si criminelle flamme,
Les horreurs te manquoient encor
Frappe,Seigneur, réduis en cendre,
Ces Victimes d'iniquité;
Tu voudrois en vain les attendre,
Ils fatigueroient ta bonté.
Mais j'entends la foudre qui gronde
* Un torrent dg feu les inonde
VÈtsrnel vient de les punir,
Déja l'execrable Sedôme
De sa splendeur n'est qu'un fantôme
Perdons-en jusqu'ausouvenir.
B. D. V.
LETTRE de Mtdemoifelle de* ***.,
écrite de Dreux,a M* Compfon au sujet
d'un Livre intit'ilt'. i'Arc d'orner l'cf""
prit en l'araufant.
Ous vos amis, Monsieur, vous attendent
avec beaucoup d'impatience;
pour vous en donner des marques, chacun
d'eux veut fournir soncontingent,afin
de vous bien recevoir. Les uns projettent
une partie de Chasse pour le jour ou le
lenlendemain
de votre arrivée; les autres
prennent des mesures pour faire une pêche
copieuse & digne de vous. Pour moi
qui connois un peu mieux votre inclination
,
je me dispose à vous recevoir en
vous mettant entre les mains un nouvel
Ouvrage de M. Gayot de Pitaval
, que j'ai
reçu depuis peu, &qui a pour titre
,
lyArt
d'orne l'Espriten Pawuftnt3 ouNouveau
choix de t uits vifs, saillans & l gers y
fOie en Vers, soit en Prose, deux volumes
in 2.contenant ensemblecinq à six cens
pages, imprimez à Paris, chez Briassonr
1728. avec Approbation & Privilege.
Avant que vous puissiez voir cet Ouvrage
, je vais vous en donner une idée.
C'est une compilation que l'Auteur a faite
àsa manicre, & un Recueil tiré des Livres.
des Bons Mots, des Livres en Ana, & du
Mercure de France, Lettres galantes,
Lettres dintrigue, Lettres même spirituelles;
Critiques de certains Ouvrages,
sur tout des Pieces de Theatre, Sonnets,
Epigrammes,Eloges.toutcela entre
dans ce Recueil. J'ai pris plaisir en le lisant
à me rappeller la mémoire de ce que
j'avois déjà lû dans d'autres Ouvrages en
ce genre.
L'Auteur avertit que c'est le reste des
matériaux qu'il a étalez dans ritici-urs
volumes; la dépense,dit-il,enétoit faire,
encore
encore ne falloit-il pas la perdre. C'est
peut-être pour cela, Monsieur, qu'on
doitl'excuser sur certains traits fort connus
& fort communs qu'il n'a pas craint
d'admettre dans ce Recueil. Au reste,
Monsieur, on ne laisse pas d'y rencontrer
d'assez bonnes choses, & les personnes qui
se trouveront dans desProvinces,éloignées
des Livres, ou qui ne se soucieront pas
d'employer bien sérieusement leur temps,
seront ravies d'avoir cet Ouvrage.
M. Gayot a promis d'orner l'esprit en
l'amusant, il ne faut donc pas attendre
des préceptes, mais des exemples. Il a
voulu orner l'esprit de ces traits qui font
les délices des conversations; un petit
conte, un bon mot, une circonstance
curieuse de l'Histoire du temps, des fragmens
de l'Histoire ancienne,des Anecdotes
, des Vers délicats
,
certains jeux de
mots privilégiez qui frappent.Voilà ce que
M. de Pitaval a voulu donner à l'esprit.
Ce volume ne doit pas avoir une étoille
plus malheureuse que ceux qui l'ont précedé,
& qui font dans le même gout: le
Public ne leur a pas fait un mauvais acr
cueil :ce cadet ne deshonore point la'famille
; s'il ne tient pas tout-à-fait ce qu'il
promet, il faut, Monsieur, le regarder
comme un Cadetde Gascogne, qui joüit
du privilege de sa Nation, à quion permet
met de n'executer pas entièrement toutes
ses promesses.
Comme vous vous interessez à ce qui
regarde les Femmes sçavantes, vous trouverez
dans cet Ouvrage l'Eloge de Madame
de Ville-Dieu,ou plutôt, pour ne
vous pointfaireattendre trop longtemps,
je me fais un plaisir de vousl'envoyer.
Le voici.
Plus je relis ce que vous faites,
Plus je connois ce que vous êtes.
Il ne faut que vous mettre en train.
Tout le monde, Iris, vous admire;
Si les Dieux se mêloient décrire,
Ils emprunteroient votre main.
Vous faites des choses si belles,
Si justes & si naturelles,
Que votre stile est sans égal:
Sans cesse je vous étudie ;
Qui peut-être votre copie,
Parte pour un Original.
r
Vous ne devez pas être indifferent sur
ce qui regarde notre M. de Senecé
,
&
par consequent vous ferez bienaise d'apprendre
qu'il y a dans Vjirt d'orner l'esprit
une production de sa veine Poëtique. Les
Fils de France, passant par lAâcon,
il survint une pluye qui fut très-salutaire
pour les biens de la terre;c'est ce qui
- A v proproduisit
les Vers que voici, quiprouvent
que cet illustre Vieillard (çait traiter des
sujets de divers caractères.
Quand nos Princes viennent nous voir.
Le Ciel pour troubler nos Spe&acles»
Oppose à nos plaisirs de nebuleux obstacles,
Et e cesse point de pleuvoir.
Mâron, n'en soyez point surprise,
LeRoi des Princes & des Dieux ,
Descendit autrefois par un temps pluvieux,
Dans le sein fortuné de la fille d'Acrise.
Ces eaux quicoulent par torrens,
* Nouscachent (L'importansmysteres,
Leurs ~augures nous font garants,
Dela protection de LOS Dieux tutelaires..
A tort contre un present si doux,
Votre injuste~faison s'excite à la révolte;
Vous vous appercevrezau temps dela récolte.
Que c'est de l'orqui pleut chez vous.,
Ma Muse à mon Roi consacrée,
Enmeréveillantcematin,
Sur C. t e mervei leuse Entrée,
Du beau Sang de Louis m'explique le destin.
Apprens
,
m'a-t-elle dit, que l'un & l'autre
P:incey -
Feront pleuvoirsans cesse. & le fort l'a promis,
Les grâces ser notre Province,
les soudres sur nos ennemis.
les.
Les Médecins dans ce Recueil, font
divers personnages, & les Rôles qu'ils
jouent sont à leur avantage, ou à leur
desavantage, selon qu'il a plû à M. de
Picaval. Voici entre autres une répartievive
de Guenaut, si célébré dans les Lettres
de Guy Patin.
On parla un jour au dîner du Roy,
d'un Seigneur,mort entre les mains de
ceMedecin, qui étoit present. Le Maréchal
de Grammont lui demanda combien
d'hommes il avoir tuédepuis qu'il
exerçoit laMedecine
,
plus que vous n'en
tuâtes, Mosieur le Maréc hal
,
à la journée
des Eperons, répondit Guénaut: c'n:
une bataille où toute la Cavalerie prit la
fuite, en donnant des deux, &c.
Vous qui ètes grand Partisan des reparties
vives & spirituelles ; en voici une de
cette espece. Lorsque la Reine d'Angleterre
se retira en France, LouisXIV.
alla au devant d'elle iticqti'à Chatou, il
lui dit en l'abordant: je suis fâché
,
Madame
,de vous rendre de si trissesoffices;
mais j'espere de vous en rendre un jour
de plus agréables, la Reine luipresenta le
Prince de Galles encore enfant, en lui
disant
,
je l'eftimois heureux de ne pas
connoître ses malheurs; mais à present,
je Peftime malheureux de ne pas connoître
vos bontez.,
A vj On
On voit dans ce volume l'origine de
certains termes fort usitez dans la conversation
, mais les articles font longs pour
pouvoir être rapportez : voici feulement
quels font ces termes.Sobriquet:laissez.
le monde comme il est: Martin-bâton. On
trouve aussi l'étimologie de Cadavre, mais
c'est ce que vous devez voir par vousmême,
ne voulant point d'ailleurs trop
allonger ma Lettre.
La différence que l'AbbéDesalleurs
mettoit entre le Sacrement de ~Pinitence
&le Sacrement de Mariage, m'a réjoüi,
ou plutôt je puis dire que je l'ai admirée.
La différence, disoit cet Abbé, qui est
entre le Sacrement de Penitence & le Sacrement
de Mariage, c'est qu'à celui de
Penitence, on se repent d'abord, mais on a
de la joye ensuite;à celui du Mariage on a
de la joye d'abord &on se repent ensuite.
Le Mariage de Poussin est le moins bon
des sept Sacremens de ce fameux Peintre;
tant il est vrai,disoitlemême Abbé Defalleurs,
qu'il est difficile de faire un bon
Mariage, même en Peinture.
On trouve ici la Fable, le Soleil &c
..Zfquil;'on. La Fontaine a traité le même
sujet fous le tirre de Phebus & Borée.
M.Gayot attribue la premiere à Sanlec,
sur la vie duquel vous m'avez demandé
des Mémoires. Si cette Fable est veritableelement
de lui,c'est une veritable Aneclote,
car elle ne se trouve pas dans le
Recueil des Ouvrages de ce Poète, imorimé
àUtreck en 1714.Quoiqu'il en
DÎrJ cette Fable ne le cede point à celle
le la Fontaine) ni pour la pensée, ni pour
expression.
Le Marquis de Spinola montrant à noÏC
Ambassadeur des Bottes de François I.
lue l'on conferve comme un monument
le la gloire de Charles-Quint: vous se-
~iez bien embarassé, lui dit-il en se mocjuant,
de nous en faire voir autant en
France de quelqu'un de nos Rois. Le
moyen ,
répondit l'Ambassadeur, il fau-
Iroit pour cela les pouvoir prendre à la
guerre, & vous sçavez que l'on ne prend
~oas les gens où ils ne vont pas. On appelle
cela bien payer une raillerie. Je croi
~jue M. Desforges-Maillart ne rougiroit
point d'admetrre de pareilles réponses
Bans la conversation.
M. de Pitaval rapporte une idée exraordinaire,
qu'on a trouvée dans les papiers
d'une Dame qu'il nommeClelie : on
a doit, dit-il, regarder comme une hyscc
hefe de Philosophie. Je vais en mettre
ci le fonds & le précis, vous la verrez en
~on lieu dans toutes ses circonstances.
» Clelie est surprise qu'on n'ait pasen-
;a core soutenu que nous avons deux arnes
» au
».au lieu d'une. Elle est appuyée sur uni
PaÍflge deS, Paul,qui dit, qu'il y a une
»Loi de la chair qui résisteà laLoide
»l'esprit; cette Loi de l'esprit,c'est cettes
M premiere amecette Loy de lach air,
n c'esta secondé ame. Cet Apôtre dit ail-
» leurs, je ne fais pas le bien que je veux ,,}
»je fais le mal que je ne veux pas; voilà
»)Jeux volontez contraires. Commence
» peuvent-elles exister qu'il n'y ait deue.
» aines différentes, qui les produisent?.
» Ces deux aines font bien reprefenieess
» dans les Poetes. Qui ne voit clairement
»»dans Berenice que Titus avoir deux amestt-
» qui ~pensoient & avoient des pallions di.
» verses ? Le Cid nous montreaussi dans
»Chimene un combat de la premiere amea
» & de la seconde. *
n,> La Bruyere iia-t il pas pensé que nous
»avions deux âmes, dans sonarticle sur
» SanteuilN'a t ilpasexpliquéles fonc-
»tions des deux âmes de la Fontaine 8cà
-»de Corneille? Au reste
,
Monneur, Cle- -
» lie revient à soi ; après tout ,
dit-elle ,.c
» dès que la Foi s'opposera à mon systême,
(
» il ne fera qn'une i lée d'un genie qui s'é-
» gare, ou ,
(j l'on veut, une fiction telle î
,,-que les °oë"es- la fonr.
,
f
La raison 'lu M. Pitaval donne des ï
Sameiis-gras entre Noël&la Chandeleur,*,
est phisante
, vous devez la voir dans le :
Livre même. La*i
La définition que l'Auteur donne de la>
Fortune ne vous déplaira pas.
La Fortune n'a rien quipuisse me tenter,
Ases faussesgrandeurs je ne veux point prd-r
tendre ; -
Il faut mille degrez pour qui veut y monter;
Il n'en faut qu'un pouren descendre.
M. de Pitaval rapporte bien despensées
& des traitsde l'esprit de Sixte V. mais
outreque la quantité en est un peu grande,
c'est que tout cequ'on voir iciest prtfque
connu de tout le monde Voici cependant
un trait de la vie qui est nouveau pour
moi. Le. Cardinal de Medicis VCllDt;
Sixte V.. debout & arppuyé tout droit
contre le dos de.,fun Fauteüil, lui dit:
VotreSainteté a bien une autre mine que
lorsquevous étiez Cardinal: à quoi Sixte
V. répondit, je cherchois alors les Clefs
dul'aradis,& pour les mieux ¡rOl,ver,je me
courbois& je baissois la têce;mais depuis
qu'ellessont entre mes mains, je ne regardeque
le Ciel, je n'ai plus besoin des
choses de la Terre.
Toutceci, Monsieur,est tiré du premier
volume de l'Artd'ornerl'espriten
Varutfcim. Je vous parierai incessamment
dusecond ; maisen attendant voici quelques
especes de Bons-Mots que ma me..-
jaaoire me fournit
, qui pourront peutéu:-
être vous amuser. Patin définissoit aihlÎ
l'Apoticaire ; animal Bencfacienspartes, d- lucrans rnirabiliter.
Le Pape Jules II. demandant un jour à
Jérôme Donat,Ambassadeur de la République
de Venise,où étoient les titres des
Venitiens sur le Golfe de Venise
,
l'Ambassadeur
lui répondit que s'il plaisoit à
S. S. de produire l'original de la Donation
de Constantin au Pape S. Sylvestre,
elle y trouveroit au dos la concession de
la Mer Adriatique à la République de
Venise.
Aristote parlant contre la Communauté
des Femmes & des biens, que Platon vouloir
établir,disoitqu'on bannissoit par-là
l'usage de deux belles Vertus ; la Continence
& la Libéralité.
L'avarice dont Auguste donna souvent
des marques, lui fut adroitement reprochée
par un Poëtequi faisoit tous les jours
quelque Epigramme à sa loüange
,
sans
en avoir jamais reçû de récompense. Auguste
'a\fi(a de faire des Vers pour lui,
& les lui donna. Le Poëte tira avec précipitation
quelques deniers de sa poche
pour les lui payer, en disant: si j'étois plus
riche, je les payeroismieux.
Le même Empereur ,
qui avoit de si
grandes qualitez, avoit un talent particulier
pour les réponses courtes & précises.
On
On admire la facilité avec laquelle il se
roocqua de ces Députez de Tarracone, qui
étoient venus le complimenter sur ce qu'un
Palmier avoit cru sur un Autel qui lui
étoitconsacré. Il faut donc, leut dit-il,
que vous y bruliez fort peu de Victimes.
Deux hommes,dont l'un avoit ¿"nnc:
un soufflet à l'autre,furent raccommodez
& devinrent meilleurs amis qu'auparavant.
S'ils peuvent se donner des coups de
bâton
,
dit M. D. ** * ils s'aimcront jure
qu'à la rage.
Un Suisse fut cité pour avoir tué un
chien avec sa hallebarde. Je l'ai fait en
me deffendant, ditil, mais il ne falloit
pas vous deffendre avec la pointe, dit le'
Juge. J'aurois tourné ma hallebarde,répliqua
l'Accusé
,
si le chien eut voulu me
mordre avec la queuë.
Une grande parleuse entendant lire son
-
Contrat de Mariage, interrompit le Notaire,&
refusa de le signer, sur ce qu'après
quelques clauses elle entenditle mot &
cætera. Merci-de-ma-vie, dit-elle, je ne
me tairai point, & je veux au contraire,
qu'il foit inseré dans le Contrat, qu'il me
fera permis de parler tant que je voudrai.
M. de F. faisant le Portrait de M.D.C.
dit qu'il n'ouvroit jamais la bouche qu'aux
dépens d'autrui, parce qu'il mangeoit toûjours
chez les autres & médifoit de tout le
monde. Un
Un Avanturier demandoit vingtpistolesà
emprunter à S. f rançois de Sales;
en voila dix que je vous donne, dir le
S. Evêque vous y gagnez & moiaussi.
Je fuis, Monsieur,
1
&c.
ELEGIE.
Toi, donc si long-tems j'ai bravé la
l'uilbnce,
Amour. cruel Amour, assouvis ta vengeance.
C'est peu d'avoir enfin au rang detes Sujets
Compté mon coeur rebelle aux plus tendres
Objets,
Tu l'as, en l'enflâmant pour d'insensibles
charmes,
Livré sans esperance aux plus vives alarmes.
Depuis le jour fatal qu'à ma pressante ardeur
Camille répondit avec tant de froideur,
Le Soleil une fois s'est-il caché dans l'Onde,
Sans avoir vu l'excès de ma douleur profonde?
Toujours triste, toûjours rempli de mes
malheurs,
Mes yeux ne s'ouvrent plus que pour verfer
des pleurs,
Et pour comble de maux, l'inhumaine Camille
Croit que fous d'autres loix je respire tranquille.
Helas J si ,près dllne: un favorable accès
A.
Afemblé m'annoncer un plus heureux succès ,
Ne vous figurez point, cher Objet que j'adore,
Qu'elle ait pû dans ses fers me retenir encore ;
Mon coeur ne fut jamais percé que de vos
cou ps,
Et seroittout à moi, s'il n'était tout à vous.
Il est vrai que le jour que votre indifférence
Défendit à mes feux un reste dÍperaric.
Je voulus t & je crus r pourquoi vous le
Cicherp ]
De votreChar cruel pouvoirmedetacher,
Mi fierté quelque tems osa braver la vôtre;
Je fis plus, je tentai de brûlerpour uneautre.
Vaine précaution d'unAmantirrité!
L'Amour n'est point l'effet de notre volonté
Il faut le sentir naître en foi,malgré foi même:
Eh! qui peut mieux que moi juger comme
l'on aime a
Si- tôt que je vous vis
» ce Dieu fut mon
vainqueur,
Tous les traits de vos yeux passerent dans
mon coeur,
Je ne me connus plus; ma voix embarassée
Ne put vous expliquer maconfufe pensée,
Et d'un tendre soupir j'empruntai le secours,
Pour vous dire une fois que j'aimerois toujours.
Tel fut mon coeur pour vous ,
tel il veut
être encore,
Je
Je me plais à nourrir le feu qui me dévore.
Dans l'état déplorable où vous m'avez réduit,
Jusqu'au pied des Autels votre image me suit,
Et là, comme en tous lieux, en proye à
ma folie.
Vous êtes la Déesse à qui je sacrifie.
Cependant quand par tout , pour vous
prouver ma foi,
Je ne cherche que vous, vous ne fuyez
quç, moi.
De mille Soûpirans l'importune presence
De vos naissans appas vous marquant la
puissance,
M'éloignede vos yeux, & peut-être qu'enfin
Damon de votre coeur me ferme le chemin.
Mais que dis-je
, peut- être? il est aimé sans
douteiAvec trop de plaisir on le voit, on l'écoute.
L'autre jour qu'avec lui vantant tous vos
attraits,
Je lifoismon malheur dans ses yeux satisfaits
»
Vous venez, il vous voit, il m'abandonne.
il vole,
- Pour joüir près de vous de ma rage frivole.
JusteCiel! quel devin-je à ces terribles coups!
Ilne me restoitplus que d'être Amant jaloux.
Ah ! c'en est trop. Il faut déformais moins
timide,
Obéir en aveugle au Destin qui me guide,
Oui.
Oui, Cruelle; je vais tenter tous les moyens
Pour troubler la douceur de vos chers entretiens;
Vous m'en haïrez plus, n'importe;vôtre haine
Pourra m'aider plutôt à sortir de ma chaîne.
Qu'ai- je dit ! où laissé-je égarermes
esprits? -
Dieux! voudrois- je acheter mon repos à
ce prix ?
Moi, me fairehair de l'Objet que j'adore!
Insensé ! sans horreur puis-je y penser encore l
Helas! G j'ai conçu ce sentiment outré,
Dequoi n'est point capable un coeur desesperé ?
Non, non , loin d'écouter ce transport temeraire
»
Que ne ferai - je point pour ne vous pas
déplaire?
A vous tout immoler mon 1Ie se resout.
Vous feule déformais me tiendrez lieu detout.
Sur tout, pour reparer mon étrange caprice,
D'Ismene je prétens vous faire un sacrifice ;
Quelque juste dépit qui me dût animer,
C'est un crime envers vous d'avoir feint de
l'ainer.
Souffrezqu'à vos genoux expiant cette audace.
Mes soupirs & mes pleurs vous demandent
ma grace,
Du plus vif repentir vos yeux feront témoins
gt si vous ne m'aimez, je vous verrai du moins;
£4
En est - ce assèz
,
ô Dieux? en est
- ce assez»
Cruelle?
Eprouverai
-
je encore une injure nouvelle ?
Je ne demande plus que d'un tendre retour
L'ingrate paye enfin le plus ardent amour,
Je fuis trop malheureux pour oser y prétendre:
Je ne veux que l'aimer
, que la voir, l'entendre que ,
Je neveux Mais que dis-je? & quel
nouveau transport!
Helas! dans mon malheur je ne veux que
la mort.
Par M. Cocquard, Avocat au Parle*
ment de Dijon.
LETTRE de M.surles
Titres & les Noms employez, sur les
MédaillésRomaines.
J E ne sçai, Monsieur , comment répondre
à la Lettre, que vous m'avez
fait l'honneur de m'écrire. Vous vouiez
absolument que je vous dise ce que je
pense de la Dissertation sur les Titres &
les Noms employez sur les Médailles,
aussi bien que de la Critique qu'on en a
faite. C'est ,en vérité
, un peu abuser de
l'empire que vous avez sur moi, & mettre
ma
macompiaiiance à de trop rudesepreuves.
Il ne me convient pas de décider du
mérite de ces Ouvrages. De gaïeté de
coeur vous m'exposez à m'attirer l'un des
deux Auteurs ,
qui ne manquera pas d'apeller
de mon jugement à celui du Public,
& de se plaindre hautement de ma témérité
; de ce que n'ayant ni assez de capacité
,
ni assez de connoissance de cette sorte
de science
,
j'oserois, pour ainsi dire,
m'ériger en Juge, & citer à mon Tribunal
deux sçavans Antiquaires, que je dois
respecter & écouter comme mes Maîtres.
Souffrez donc que je n'entre point dans
une pareille querelle. Tout ce que je puis
faire, pour marquer ma soumission à vos
ordres, c'est de vous dire en general ,
que M. * * * tâche, autant qu'il peur,
d'appuyer ses raisonnemens & ses conjectures
sur des faits rapportez par les
Historiens, qui conduisent naturellement
à son systême.
La Critique au contraire , roule d'un
bout à l'autre sur deux principes, sçavoir
sur le peu de fond que l'on doit faire sur ce
qu'il y a d'anciens Auteurs, & sur une
fuite de Généalogies tirées des Inscriptions
qui font sur les Médailles; par conséquens
prouvées par desMonumens,qui à , ce que prétend l'Auteur de la Critique,
font les seuls, auquels on doits'en raporter;
ter; étant, selon lui, les seuls authentiques
, sûrs, & incontestables.
Pour vous rendre l'un & l'autre plus
sensible,jem'arrête uniquement au point
essentiel & capital dela Dissertation.
Queprétend M. * * *? Il est aisé de
connoitre qu'il n'a point d'autre dessein
, •
que de communiquer au Public les réflexions
qu'il a faites sur le P I A & sur le
PIA FELIX,qui ne se trouvent que sur
les Médailles de quelques Impératrices
dont il fait , une liste. Voilà encore une fois
tout le systême de M. * ** Le resteest
accidentel à la question, & ne fait rien
au point dont il s'agit.
Il est évident que, selon les Historiens,
Antonin Pie n'est point Plus par sa naissance
; qu'il n'a point reçû ce nom de ses
ancêtres, ou par des alliances; que c'est
uniquement un surnom
, que lui donna le
Sénat.
Capitolin parlant de l'origine de cet
Empereur ,
dit qu'il étoit fils d'Aurelius
Fulvius, & petit-filsdeTitusAurelius
Fulvius ; que sa mere avoit nom Arria
Fudilla, fille d'Avius Arrius Antoninus,
qui avoit été deux fois Consul; & que sa
Grand-Mere s'appelloit Bovinia Procilla,
Nul Auteur ne fait mention d'un Plus,
ni du côté paternel, ni du côté maternel.
Ce n'est pas tout. Capitolin ajoute dans
}*
, la suite que le Plus est un surnom
,
dont
il sur honoré par le Sénat, à cause d'un
certain fond de bonté, qui faisoit son caractere,
& dont il ne s'est jamais démenti.
£h:od verè naturâ clementissimus
,
& nibil
temporibus suis asperum fecit.
Lampride, dans la vie d'Elagabale,
rapporte qu'Adrien, dans un accès de fureur
, avoit donné ordre de faire mourir
plusieurs Sénateurs, & qu'Antonia leur
sauva la vie. Quibus servatis, ( ce sont ses
termes) Antonius Piinomen meruit; quòd
eos post ad Senatumadduxit, quos omnes
jujfn Principis ( Hadriani) interfectos credebant.
Xiphilin regrette fort, de ce que de son
temps on avoit perdu une grande partie de
la vie d'Antonin,écrite par Dion. Cependant
, continuë-t-il
,
le peu qui nous reste
de cette Histoire
, nous apprend deux
choses remarquables, dont l'une est d'où
le surnom de Pius étoit venu à cet Empereur.
Twn etiam eum Augustum, Piumque
appellatum à Senatu proptereàquòd initio
PtincipaiHî flet" multis reis factis
>
poflu-
Luifjuz nonnullisadsupplicium
„
n''r/!Ínem
punivit.
En un mot, il n'est pas un Hif~n'~
qui ait dit le contraire : aussi jusqu'à notre
siecle
,
ni aucun Ecrivain, ni aucun Antiquaire
, ne s'est avisé de révoquer en
B dou
doute ce point d'Hiltoire. L'on peut dire
qu'il y avoit sur cela une espece de tradition
si constante, & si peu interrompuë,
que le P Hardoüin, dans ses Médailles du
ficelé de Constantin,de l'Edition de 1697.
n'hésite pas d'embrasser ce sentiment. Pius
vdcniqeuescog.nomen est à pietate erga ci- Merum enirn in Autonino
elogium illudfuit.
Eloge si flateur & si honorable pour
un Prince, que Commode,selon Xiphilin.,
s'exposa à lariséedu Public,lorsque
par une vanité extravagante,il intitula les
Lettres qu'il écrivoit au Sénat : Imperator
Casar Lucius Ælius Aurelius Commodus
Augustus, PiusfelixSarmaticus, Gsrmanicus
, Maximus, Britannicus, Pacator
fi/ùis terrarum invictus
,
Romanus Hercules,
Pontifex Max. Tribunicia Potestatis
XVIII.ImperatorVIII. Consul
VI I. Pater Patrie,Consulibus,Pretoribus,
Tribunis Plebis
,
Senatûsque Cornmo.
diano felici,SALVTEM. Dans le
temps même que par ses cruautés il méritoit
d'être regardé plutôt comme un Tyran
, que comme un Empereur.
Mais le Sénat avoit tout à craindre d'un.
Prince, qui ne se repaiffoit que de fang
& de carnage. Il n'avoit point d'autre
parti à prendre que celui de la Rarerie ôc
de la dissimulation. Il lui donna donc par
acclamation
acclamation & le Pius & le Felix : ce
- qui fut interprété
,
dit Lampride
,
de It,
maniéré du monde la plus satyrique ; sçavoir,
que Commode étoit, à juste titre,
Tins, puisqu'il avoit tant de vénération
pour la mémoire de sa mere Faustine,qu'il
avoit désigné pour Consul, celui qui en
avoit été l'Amant le plus déclaré; & qu'il
étoit véritablement Felix, puisque le Peuple
Romain avoir assassiné Perennis
,
le
principal Ministre de ses passions.
Le Sénat fit après la mort de Commode
, ce qu'il avoit fait après la mort de
Jules Cesar. Aussi-tôt que Jules se vie
Maître absolu de la République,non content
d'avoir accepté tous lestitres, qui
marquoient quelque autorité dans Rome
& dans l'Empire,ilsouffrit qu'on y ajoûtat
ceux d'Imperator & de Pt!tcr Patriæ.
Insuper pranomen Imperatoris
,
dit Suetone
, cognomen Patris Patriæ decerni sibi
pajjus ce.
A peine Auguste lui eût-il succedé, que
le Sénat, par politique ou autrement, ne
voulut mettre aucune différence entre le
fils 6c le pere ,
& donna les mêmes titres
à l'un &à l'autre. Paait Patrie copnom?n.»
dit Suetone,unversirepentino maxir,roque
consensudetuleruntei.
Comme cette raison dans la fuite se
trouva la mêmeàl'égard de Tibère ,e
B ij Caligiila,
Caligula
, & desautres Empereurs; cette
qualitédePater Patrie se trouva comme
atrachée à celle d'Empereur. C'est pour
quoi les Historiens marquent quels font
les Empereurs qui ont refusé ce beau
titre
, ou qui ont differé à le recevoir & à
le porter. Tibere
, au rapport de Suetone,
refusa de le prendre, de crainte que ne
pouvant le soutenir
,
il ne tournat à
sa honte. Ideòque ut lmperium iniret, &
Patris Patria appellationem, & nè in afta
CHAjuraretur, obstinacissimèrecusasse, nè
?r;ox majore dedecore impartantis honoribus inveniretur
Vespasien&Hadrrieiennfufurreennttqquueellqquuee
temps sans se qualifierdelaforte: Vef*
pasien, ditSuetone, parce que la guerre
civile l'avoitempêché de faire les Cérémonies
qu'il falloit observer pour cela.
jic nè Tribaniciam quidemPotestatem,
CT Patris Patria appellationem, nisi serò
recepit. Nam consuetudinem salutantes
serutandi
, manente adhùc Bello C,vi/;,,
omiserunt. Et Hadrien,dit Spartien ,voulant
en cela imiter Auguste, différa de le
prendre.Patris Patria nomem delatumsibi
statim, & iterùm posteà deftulit; qlÛJd
hi c nomen Augustuslrò meruisset.
Le Sénat encore une fois, après la mort
de Commode ,donna aux Empereurs les
titres de Pins & de Felix comme il avoir
donné
donnéceux d'Imperator & de PaterPatrie,
après la mort de Jules. Et les Historiens
ont également marqué ceux qui ne s'étoient
point conformé à un usage aussi généralement
reçû que celui-là. Témoin
Macrin, qui, selon Capitolin, se borna
au titre de Félix. Et quumillum Senatus
Pium & Felicem nuncupasset, Felicis no.
men recepit, Pii haberenoluit.
Je viens aux Impératrices, qui ont sur
leurs Médailles ces surnoms de Pia ou de
Pia Feti-; puisque ces surnoms, selon les
anciens Auteurs
, ne font point des noms
de famille
, mais des surnoms qui ont été
donnés aux Empereurs en de certaines occasions,
ou par des acclamations du Sénat,
lorsqu'ils étoient proclamés Empereurs.
Il paroît qu'il est naturel de dire des Imperatrices
, ce que l'on a dit des Empereurs;
sur tout si les raisons qu'on a à l'égard des
Empereurs,setrouvent les mêmes à l'égard
des Impératrices. Or c'est ce que l'on ne
peut pas ignorer, si l'on veut s'en raporter
au témoignage des Historiens.
Theodose le jeune,dit Suidas, se laissoit
gouverner par ses Eunuques, & par Chryfaphius,
& s'appliquait à toute autre chose
qu'au Gouvernement de l'Empire. Ce
Prince n'eut pas les yeux fermés, que Pulcherie
chassa ces indignes Ministres, &
gouverna avec une autoritéabsoluë. Euni.
B iij chi
chi aMem) & Ckryfaphius jhmma rerim
potiebamur, quarn, Mo mortuo, Pulcherit
fororad si tranfinitt*
Galla. Placidia s'empara de l'Empire
d'Occident
, comme d'un bien dont elle
devoit heriter, quoiqu'on lui representât
que l'Empireétoit une succession dont les
filles étoient excluës. Virorum enim non
mulierum selonla remarque tirée de Prifçtis
) ImperiumRomanum esse.
Grata Honoria imita sa mere. Il ne
s'agit point d'examiner, si Placidius Valentinianus
son frereconsentit au partage,
& la laissa en possession de la qualité qu'-
elleavoit prise,ni si l'Occident la reconnut
pour Impératrice, ou non. Le point
décisifest qu'HonoriafororFaUntiniani
Hestipsa(selon Suidas) fr/iperiamterntiut
Il est confiant que ces deux Princesses
ont receu ou usurpé la qualitéd'Auguste (cela est égal à la question dont il s'agit )
qu'elles font montées sur le trêne,qu'elles
ont été reconnuës pour Impératrices, du
moins par une panie des Peuples. Par
conséquent leur promotion à l'Empire fut
accompagnée des acclamations qui étoient
en usage; c'est- à-dire
,
qu'en leur donna,
comme on avoit donnéaux Empereurs les
titresde Pia& de Felix, & qu'on les mit
sur les monnoies qui devaient avoir cours
dans leurs Etats.
Ces
Ces acclamations etoient si fort en usage,
que presque tous ceux qui prirent fous
Gallien & fous ses successeurs, la qualité
d'Empereurs, & que l'on connoit fous le
nom de Tyrans, porterent les titres de
Tins Felix, comme des titres attachez à
l'Empire.
Victorina en est une preuve. Après la
mort des Victorins
,
selon Trebellius Pollio,
les Troupes qui étoient dans les Gaules
, mirent cette Princesse à leur tête, &C
se soumirent à ses ordres. Elle en étoir aimée,
& toutes la regardoient comme leur
mere. Mais trouvant qu'à son âge elle seroit
chargéed'un fardeautrop pesant, elle
s'en démit d'abord en faveur de Marius , & ensuite en faveur de Tetricus
,
& engagea
les Troupes à les reconnoître pour
leurs Maîtres; c'est-à-dire, à les proclamer,
l'un après l'autre, Empereurs,comme
elle avoit été proclamée Auguste. Fautil
donc s'étonner si l'on voit sur ses Médailles
, & sur celles de Marius,& de Te..
tricus. P. F. AVRELIA VICTORINA
PIA FELIX AUG. IMP. C. M. AVR.
MARIUS P. F. AUG. IMP. C. TE- TRICUS P. F. AUG. Voici les
paroles de Pollion: Interemptus autem est
à Victorino VtElorin aut Victoria filio.
J~~ posteà mater Castrorum appellata est C Ûwlo Angufit ('ffiaa. Quurn ipsa , per
B iiij se
1;04. MERCUREDEFRANCE.
r'. hA1'f'#£I1Il".-..-..-
- 1
si fugiens tanti pond--e-rÍJ-- 4JL%1%IN* mo/cm, priT»Hm iti
Marium,dcindèÎnTetricum)
fJtleim contalijfet Imperia. atque elim entre
t
pointdans tail. je un plus long dé- ne veux bien même que les Historiens nous apprennent point préciférnent
pourquoi Faustine la jeune est
PUMiâ
Domna SEVERINA, jEclvia
LiciniaEuroxia,ÆliaMarcianEau,Edouxsiea-,
miasontPIAFEL1X.Ilcftroujours
rvireaniqduei ldeisrefasse 3paSUn'cul
& descendre de Commode,
qui ait marqué la moindre chose,donc
on put curer<ïuep,A'*V*
PI AF EL1XÚoient
surnomsdefamdi"nlolmes&. d«
Au lieu que l'on voit que les Historiens s'accordent, quand ils parlentde l'ori- ginedecestitreslà,& aeu des rajT°ns^u'on
de les accorder aux Empereurs & à quelques Imperatrices. Grand préjugé queç'a été la même chose pour les
Em-
,
pereurs&
pour lesImpératrices, dont ils n'ont point parlé; surtout par
raportà
destitres, quelaplacequ'ilsoccuptoient
entraînoit après soi.
Quesicestitresleur pourdesraisons ont "<=' donnez parriculieres les Hillo. riens les marquent,oudumoinsils raportentdesfaits
quielifontleprincipe & le fonderneat.
- Lorsque
Lorsque Marc-Aurele marcha contre
Cassius, qui s'étoit révolté en Orient, il
mena avec lui Faustine, afin qu'elle fervie
de mere aux Troupes : Quamsecum
& inastivis habuerat , dit Capitolin,
sut rnatrem Castrorumappellaret. C'est
un fait, qui, sans donner dans des conjectures
arbitraires, peut être regardé
comme le fondement de cette qualité de
P I A, que l'on trouve sur ses Médailles.
Car que Faustine, conformément aux
vûës de Marc Aurele, ait procuré aux Soldats
tous les foulagemens qui pouvoient
dépendre d'elle; l'Armée, en la perdant,
n'avoit-elle pas sujets de la pleurer, & de
dire qu'ils perdoient en elle une bonne
mere , ou, si vous voulez, de l'appeller
P I A après sa mort ?
Je dis après sa mort, n'ayant pas eu le
remps de l'honorer de ce Titre pendant sa
vie. La Campagne ne fut pas longue.
Cassius sur aÍLné, & on apporta sa tête
à l'Empereur: il revint sur ses pas. Faustine
tombe malade à HaIaUaux pieds dlli
mont Taurus
,
& meurt. Faut - ildonc
s'étonner 11 elle n'est P I A, que sur les
Médailles qui ont été frappées après sa
mort.
Je dis la même chose de Julia, femme
de Septime-Severe. Au rapport des Histotiens,
cetEmpereur passa en Angleterre-
By 1
à la tête d'une Armée formidable: il vu-
,
loit punir cesInsulairesde leurrévolte, &
les réduire dans un état où ils ne pussent
plus se soulever. Comme il prévit que
cette expédition seroit de longue durée,
- il mena avec lui Julie, Caracalle, ôc
Geta.
Ce Prince ayant pacifié une partie du
Pays, il s'avança au-delà de ces fameux
retranchemens, que les Romains avoient
faits pour arrêterlescourses des Caledodiens
& des Moeotes. Caracalla accompagna
Severe. Geta & Julie demeurerent
avec des Troupes dans cette partie de
l'Isle, qui s'étoit soumise, & qui étoit
paisible. Geta étoit trop jeune pour gouverner
par lui seul, & pour empêcher que
ces peuples-là ne reprissertlesArmes,
C'est pourquoi Severe lui laissa un Confeit
composé de gens sages, braves, & sur la
fidélité desquels il comptoir. Geta fut
assez heureux pour réussir: il maintint
l'ordre & la paix.
Quelle occasion n'eut pas alors Julie,
de faire du bien aux Soldats, & de veiller
a leurs besoins ! Elle avoit tout crédit sur
l'esprit de Geta, qu'elle aimoit tendrement
&: dont elle étoit aimée. Or, puisque
les Historiens nous marquent que
Julie s'esttrouvée dans ces circonstances r
qu'elleae&ula connsolaftionadenvoit s&es deux
enfans reconnus & proclamez Empereurs;
qu'elle n'a jamais quitté Geta, tant qu'il
eut une Armée fous ses ordres, & une
grande partie de l'Angleterre à gouverner.
N'est-ce pas là nous dire que Julie a meritéd'être
appellée Mater Castromm,PIA
& FELIX ? Du moins un Auteur, qui
de nos jours dans une Dissertation appuie
ses preuves sur un pareil fondement, me
paroît parler sensément, en ce qu'il ne écarte point des Historiens. -
Dispensez - moi de descendre dans un
plus long détail. Il est des autres Impératrices,
qui ont sur leurs Médailles PI A
FELIX, comme de celles dont je viens
de vous parler: & jetrouverois sans peine
dans les anciensAuteurs les mêmes raisons
pour les unes que pour les autres. Mon
unique but étoit de vous rendre compte
des raisons que j'ai euës de juger que la
Dissertation de M.** * étoit d'autant
plus à estmer, qu'elle étoit dans le point
essentiel conforme aux Historiens: & je
crois que ce que j'ai l'honneur de vous
mander,suffit pour cela.
Je viens à la critique qu'on a fait de cette
Dissertation, & je vous le répété ; tout
y est opposé directement à ce qu'il y a
d'Historiens, & roule sur un principe trèsfaux
, qui seul est insuffisant, & dont il
seroit peut-être dangereux de s'entêter.
B vj Quej
Que cette critique soit contraire aux
Historiens
,
l'Auteur en fait gloire; il
n'en cite, &il n'en peut citer aucun qui
soit de son sentiment ; il méprise & rejette
toute autorité prise de quelque Auteur
ancien, tel qu'il puisse être.Cette premiere
réflexion sur la critique n'est donc que
trop véritable, & n'a pas besoin d'autre
preuve.
La féconde réflexion est
,
qu'en suivant
le Critique pas à pas,on voit que son sistêmeest
de se borner aux seules Médailles,.
& de douter de tout ce qu'elles ne nous
apprennent point, parce que ce font les
seuls monumens,selon cet Auteur, sûrs
& incontestables que nous avons de
l'Antiquité. S'il ne s'agissoit que des Médailles
dans ce sistême
,
je conviendrois
que cela est vrai. Les premiers Magistrats
de Rome étoient préposés pour veiller à
la fabrique des Médailles; ilsétoientinstruits
des faits, & rien ne se frappoit que
par leur ordre. Ce qui fait que l'on peut
dire que les Médailles ont comme le sceau
de l'autorité publique
, avantage que nul
Historien n'a eu.
Mais ce principe est faux, dans le sens
que le prendl'Auteur de la critique ; félon
lui, non feulement chaque Historien
en particulier n'a point cette autenticité
qu'ont les Médailles; mais qu'on regarde
j~
les Historiens séparément ou réunis, &
faisant un tout, ils n'en font pas pour cela
plus préférables aux Médailles; parce que
l'on est toujours en droit de douter que
leurs Ouvrages soient effectivement aussî
anciens qu'on le suppose ; l'on n'en a aucune
certitude. Ils peuvent être des Ouvrages
alterés, falsifiés
,
composés dans
des siécles postérieurs par des Auteurs qui
pour leur donner cours, les ont fait paroître
fous des noms empruntés. Et comment
n'en douteroit-on point? en voïant
dans ces ouvrages une contradiction continuelle
avec les Médailles,défautdans
lequel ne seroient point tombés des Auteurs
qui auroientvécu du tems des Empereurs
dont ils auroient écrit l'histoire.
Quoi de plus faux que cette preuve sur
laquelle est appuié ce principe & ce raisonnement.
Les Historiens font si bien
d'accord avec les Médaillés, qu'on a donc
le plus sçavant de nos Antiquaires de ci*
ter un seul fait marqué bien distinctement
sur les Médailles qui soit contredit par
tous les Historiens. Il est encore à accepter
le défi qu'on lui a fait.
Plusieurs faits font sur les Médailles
autrement qu'ils ne font dans quelques
Historiens ; on en convient; mais l'on
nie qu'il n'yen ait aucun qui dise la mê.
une chose que ce qui eu sur les Médailles. Adjoutez
Adjoûtez qu'un grand nombre d'Histo
riens n'est pas venu jusqu'à nous.
En vain l'Auteur de la critique se retranche
sur les Legendes qui sont du côté
de la têtedes Empereurs ou des Impératrices,
sur leurs Médailles, & qu'il foutient
démentir tous les Historiens par raport
au point essentiel de l'Histoire ; (çavoir
à leur origine Se à leur famille.
Je n'ambitionne point d'avoir la qualité
d'Auteur, & je me pique encore
moins d'avoir une connoissance parfaite
des Médailles; mais je m'engagerai, quand
vous le voudrez, à montrer que les Histonriens
font en cela très-conformes aux
Médailles, & que bien loin de nous réduire
à chercher par quelle alliance &
par quel endroit ils font entrés dans les
Familles dont ils portent le nom ; c'est-àdire,
de faire un Arbre généalogique de
chaque Empereur & de chaque Imperatrie
e, qui n'aura point d'autre fondement
& d'autre preuve que les noms & que les
surnoms des plus anciennes & des plus
illustresFamilles de Rome. Ils nous ont ,
dis- je , ces Historiens donné sur cela
tous les éclaircissemens qu'on peut desirer
pour l'intelligence des Médailles, par raport
à l'Histoire.
Ce n'est pas tout. Vouloir qu'il n'y air
de sur dans l'Histoire que ce que les Médailles
dailles nous en apprennent,n'est-ce pas
êtablir pour principe que nous ne sçavons:
qu'une partie de l'Histoire, & que nous
n'avons des faits les plus considerables
qu'une connoissance legere
,
imparfaite,
superficielle
,
& seulement en général.
Les Médailks n'ont étéfrappées qu'à la
gloire des Princes. Des Sujets n'auroient
pas été assez téméraires pour éterniser par
là les vices, les cruautez, les disgraces,
les défaites de ceux qui les gouvernoient,
aussi n'y voit-on rien qui approche de la
satire
,
rien qui puisse ternir leur réputation
j donc si on consulte uniquement les
Médailles, sous les Empereurs ont été des
hommes accomplis, justes
,
débonnaires,,
victorieux
,
& on est exposé à avoir la même
idée des Commodes,des Caracalles y
des Galliens qu'on a des Augustes, des
Trajans & des Antonins ; leurs triomphes
nous paroîtront égaux, & sans aucune
difference; leurs Victoires ne serontdans
les uns & dans les autres connues que par
le nom des Peu ples qui y est exprimé;
nul détail des lieux où les Batailles ont été
données, de ce qui les a précedé, des
suites qu'elles ont euës. Macrin aura domté
& subjugué les Parthes
,
& Crassusn'en
aura point été battu. Valerien aura
été le Restaurateur de l'Orient RES T ITUTOK.
UP,1ENT1S; & oru
ignor
ignorera, OJ du moins on n'aura nulle
certitude de sa défaite par le Roi Sapor &
de sa captivicé,puisque ce n'est que par
les Historiens que l'on sçait la fin malheureuse
de ce Prince.
Un plus grand nombre d'exemples ne
feroit que vous ennuïer ; & je fuis sur
qu'ils se presentent d'eux-mêmes à votre
esprit. Souffrez feulement que je vous
mette tous cesinconveniens fous un point
de vûë. Un sçavant Antiquaire entreprend
la Vie & l'Histoire de Dedius Julianusselon
ce sistè'tne
,
c'est à-dire, selon
les Médailles:c'est un homme d'esprit
qui écrit bien, qui est naturellement e'ior
quent.
Que dira-t'il de cet Empereur ? (ansdoute
il commencera par faire voir que
Didius Julianus monta sur le Trône des
Césars ; les Médailles en font foi. I M P.
CAES. M. SEU JULIANUS
AUG.) (P. M. T R. P. COS.
Ces titres ne conviennent qu'aux Empereurs
Romains. Ensuite il s'étendra sur
l'union & la bonne intelligence qui régnoit
entre lui & ses troupes, & il rapportera
cette Médaille I M P. CAES.
M. DID. JULIANUS AUG.
(CONCORDIA MILITUM.)
Selon toutes les apparences il ne manquera
pas de trouver <^ue son Regne aété
gaifibic
paisible , heureux & sans trouble;car
Didius Julianus est representé dans le revers
d'une de ses Médailles,de bout, en
habit Consulaire
,
& portant sur la
main un Globe, simbole de l'Empire Romain
; avec cette légendeRECTOR
ORBIS.
Son Ouvrage par conséquent finira là;
car vous sçavez
,
Mon sieur
, que ces trois
revers font les seuls qui se trouvent dans
les Cabinets de Médailles,sélon M. Vail.
lant, & si M. le Comte de Mezabarbeen
rapporte un plus grand nombre,on croit
avoir des preuves que ce font des Médailles
fausses, dont M. de Mezabarbe ne répond
point
3
& qu'il cite sur le témoignage
de Strada
,
d'Angelloni & autres.
Mais quand toutes ces Médailles seroient
vraïes & indubitables, pourroiton
se flatter qu'on auroit pour cela une
histoire complette du Regne de cet Empe.
reur ,
& que rien n'y manqueroit des
choses essentielles. Je vous avoüë que j'ai
de la peine à le croire.
En
effet,
je ne vois point comment par
les Médailles on m'instruiroit en quel
tems Didius Julianusa été Empereur; eftce
avant Septime Severe, ou après? Par
quel titre, & comment est-il parvenu à
l'Empire ? Par quel genre de mort a-t'il
fini ses jours ? & plusieurs autres circonstances
tances de cette nature ,
qui font cependant
tout l'agrément & tout le solide
d'une histoire.
En vain voudroit-on me persuader que
par la legende qui est du côté de la tête, &c
par la fabrique,on peut s'éclaircir de tout
cela. Non, il n'y a pas assez de différence
de fabrique entre lesMédaillesdePertinax,
de Septime Severe, de Caracalle, de Macrin
& celles de Didius Julianus, pour décider
lequel de ces Empereurs a le premier
regné.
Le nom de Severusn'estpoint une
preuve que Didius Julianus cfl: avant
Septime Severe; il faut necessairement
recourir à l'histoire,àplus forte raison
pour découvrir si cet Empereur est mort
d'une mort naturelle, ou s'il a été assaAîné
, empoisonné
, ou s'il est mort à la
tête de ses Troupes dans un combat. Je
ne sçacheque la mort de Jules César qui
soit marquée de la sorte sur les Médailles.
De tout cela, & du reste, je conclus
que le principe établi par l'Auteur de la
critique; sçavoir, qu'il ne faut ajouter foi,
& ne regarder comme sur, que ce qui est
prouvé par les Médailles,est très insuffisant
à quiconque veut sçavoir l'histoire à
fond.
> Je m'en riens à la route que l'on a (ttiyie
de tout tems. Ne rejettons aucune de
ses
ces deux sources ; je veux dire, ni les
Médailles, ni les Historiens.
Les Historiens ont passé fous silence
plusieurs faits que nous ignorerions, Li
nous n'avions pas eu recours aux Médailles.
C'est par elles que nous avons appris
que Barbia Orbiana & qu'Herennia
Etruscilla étoient femmes, l'une de Severe
Alexandre,& l'autre de Trajan Dece.
D'un autre côté, tout ce qui n'est point
à la gloire des Empereurs, & certains
faits
,
tels que font ceux dont je vous ai
parlé, à l'occasion de Didius Julianus
9
ne pouvoient pas être mis sur les Médailles;
ainsi je consulte également les Médailles
& les Historiens.
Si tous les Historiens font d'accord ;
leur autorité est pour moi infaillible; &:
quand il n'y auroit point de Médailles
d'Auguste
,
je n'aurois pas la premiere
pensée de douter qu'Auguste devint le
Maîtredel'Empire Romain, & qu'il en
fut le premier Empereur.
Si les Historiens font partagés, & que
je trouve une Médaille qui confirme le
sentimentd'unHistorien
,
fut-il seul, je
préfererois son sentiment à celui de plusieurs
Historiensqui diroient le contraire.
Je suis, par exemple.. convaincu que Macrin
avoit remporté une victoire sur les-
Parthes , quelques jours avant le combat
QÙ
où il fut défait, & obligé de faire une
Paix honteuse avec eux, quoiqu'il n'y
ait qu'un Auteur ou deux qui en fassent
mention
,
& que le reste des Historiens
dise que ce fut faussement que Macrin
s'attribua cette gloire là; oui, j'en suis
convaincu, puisque l'on a des Médailles
en bronze frappées par l'ordre du Senat,
avec cette legende VICT. PART H.
S. C. Victoria Parthica
Que si les Historiens font partagés
,
&
qu'il n'y ait nulle Médaille sur ce fait;
c'est un point d'Histoire indécis, sur lequel
le plus sur est de fufprendre son jugement.
Othon a-t'il été reconnu Empereur
par le Sénat ? Quelques Historiens
disent qu'osüi ; les autres affurentque non.
La chose sera toujours douteuse, jufqli',à
ce que l'on découvre un Othon de bronze
latin, avec la marque du Senat S. C.
non dans une Couronne,comme elle Ce
trouve dans les Médailles d'Antioche;
mais dans l'Exergue, ou dans le Champ,
aux deux côtés de ce qui est representé
dans le revers de la Médaille.
Enfin un principequi nous conduit à
douter que nous aïons aucun Historien
du tems des Césars
,
& qui soit des premiers
siecles de l'Empire Romain, me
paroît très-dangereux, & peut avoir des
fuites très.funestes) car n'est-il pas à
-- craincraindre
que dans notre siecle qui semble
ne courrir qu'après la nouveauté, il ne
s'éleve de jeunes Ecrivains qui feront hardiment
le même raisonnement par raport
aux Peres de l'Eglise & aux Historiens
Ecclesiastiques,que l'on fait par rapport
aux Historiensprofanes.
Le bon sens veut que l'on soit convaincu
que dans les beaux siêcles de PEmpire
Romain,il y air eu une infinité de gens
d'esprit qui ont écrit. Et si celaest, par
quel coup fatal est-ilarrivé que tous leurs
Ouvrages ont péri, sans qu'aucun soit
venu jusqu'a nous, lors même queles
Ouvrage des Peres de l'Eglise & des Historiens
Ecclesiastiques
,
aussi anciens que
les Historiens Romains
, ont étéconfervés
, & ont évité un naufrage si universel.
Les Historiens Ecclesiastiques ne font
pas plus d'accord sur plusieurs faits ; que
le font les Historiens de l'EmpireRomain.
-
Les Critiques ne prétendent-ils pas
trouver dans les Ouvrages donnéssous
le nom des Peres, des choses qu'ils soumettent
à leur censure ç Ne rejettent-ils
pas une partie de ces Ouvrages ? Ne ju-r
gent-ils pas qu'il y a des endroits qui ont
été falsisiés, ajoutés ou retranchés ?
94 faut-il davantagepourautoriser
ceux
ceux qui voudront se servir d'un pareil
principe? Cette crainte n'est que trop
bien fondée, & l'on a déja plus d'un
exemple d'Auteurs qui semblent mettre en
parallele
, pour ne pas dire préferer les
opinions de quelques Sçavans modernes
au sentiment unanime des Peres.
Voilà encore une fois le jugement que
j'ai porté des Dissertations dont vous me faitesl'honneur de me parler dans votre
Lettre. Je fuis Monsieur &c.
PARAPHRASE du Pfetumc 11L.
Beatus vir
, &c.
STANCES.
HEureux qui du Seigneur craignant les Jugemens,
Aucxespsiee.ds de ses Autels tremble & frémit sans
Heureux qui dans l'excès de l'ardeur qui le
presse,
Joint un solide amour à ses saints tremblemens.
Son ame doucement ravie,
Fera le bonheur de la vie,
Je loüe le Seigneur, ik de suivre ses Loix.
Toûjours fourni, ensa presence.
Toûjours attentif à sa voix,
Il ne mettra qu'en lui sa plus ferme esperance.
Heureux
Heureux en peu de temps en sa posterité,
la verras'accroître & devenir puissante :
Car Dieu benic lejuste,& sanscesse ilaugmente,
Dans ses enfans
,
l'excès de sa félicité.
l, Les biens,la gloire, l'abondance ,
Il Surpasseront son esperance,
Il se verra comblé dans ses heureux souhaits
L Danslajustice&lasagesse,
Il reglera tous ses projets,
JEt la feule équité le conduira sans celse.
Comme rAfire brillant qui nous donne le
I jour,
Dissipe de la nuit les tenebres qu'il chasse.
Dieu répand sur le Juste un rayon de sa grâce,
Qui l'éclaire, l'instruit & l'embrase d'amour.
Telle est de ce Dieu la clémence,
Il dissipe notre ignorance, m Prépare nos esprits, il éclaire nos coeurs.
Sans cesse sa bonté propice
,
Sçait s'attendrir à nos malheurs:
Et toûjours sa clémence égale sa justice.
L'homme Juste est celui qui soulage avec foia;
Du pauvre malheureux le destin déplorable.
Qtuiatoûbjolures .bienfaisant, d'une main chari-
Comble
Comble tous ses desirs & prévient ses besoins.
Qui ,
circonspecten ses paroles,
Ne fait point d'entretiens frivoles:
Mais qui sur l'équité regle tous ses discours.
Son coeur fera toujoursfidele,
Son ame goûtera toûjours,
D'unbonheur sans égal, la douceur éternelle.
Son nom demeurera jusqu'à la fin des temps:
Les Peuples à vénir béniront sa mémoire;
C'est en vain que l'envie oseattaquer sa gloire,
Il sçaura triompher des efforts des méchans.
Son coeur toûjours en assurance.
Met en Dieu seul son esperance ,
Rien ne peut l'ébranler, parcequ'il est soumis.
Il attend avec patience,
Que Dieu dompte ses ennemis,
Et faflfc aux yeux briller son innocence.
a
Puisqu'il a de ses biens fait part aux malheureux,
Secouru l'indigent, foulagé sa misere:
Le Souverain,en qui seul il espere,
Brisant ses ennemis. comblera tous ses voeux
Toûjours bienfaisant, charitable ,
Toûjours juste, droit, équitable,
Un éternel bonheurcouronne ra ses jours,
AuJî toûjours, à l'innocence,
Dieu
Dieu daigne accorder son secours :
St sçait à laVertu donner sa récompense.
L'Impie à sonaspect sechera de dépit,
Et la gloire qu'il voit augmentera sa rage
Sa voix s'exhalera nuit & jour en outrage:
Il voudroit voir tomber le Juste qu'il maudit.
Son coeur en proye à l'injustice ,
Suivant un aveugle caprice,
.'ans cesse formera d'audacieux projets;
Maisun jour cessera l'envie,
Et le Dieu, vengeur des forfaits,
Confondra pour toujours les desirs de l'Impie.
E. M. L D. L.
So!itaire des bords de la Marne.
LETTRE de M.sur le FI*Tome
des Mémoires pour fèyyir à ÏHtftoin
des Homm~esIilnfires dans la République
des Lettrest &c.vol. in 8. de 4 I6.
pages. A Paris, C!NZ Briasson
t
rui
S. Jacques
,
h la Science.
1E fuis, Monsieur, un peu en arriere
dans le commerce Littéraire que nous
avons lié ensemble. Je n'étois point à
Paris lorsque le VIe volume des Memoires
,
compilez par le P. Niceron, a été
- C publié
publié; mais vous ne perdrez rien par ce
petit retardement. Le nombre des sçavans
dont il est parlé dans cette fuite, est de
trente, parmi lesquels il y en a beaucoup
de François. Suivant la résolution que
l'Editeur a prise, de placer quelques Anciens
parmi les Modernes, on voit ici
Corneille-Tacite. Cet article est de la
composition de M. B. D. L. qui dans le
volume précèdent a donné l'éloge de Tite-
Live.
Le P. N. suit sa méthode ordinaire
ainsi je , ne vous repeterai point ce que je
vous ai dit à l'égard des autres volumes.
Les Sçavans dont les Viesremplirent le
Livre dont il s'agit dans cette Lettre, sont:
N. PERROT D'ABIANCOURT.
PIERRE ALCYONIUS.
ALEX,ab ALEXANDRO
GASPAR BARTHOLIN.
THOMAS BARTHOIIN.
PIERRE BAYLE.
JEAN BIGAT.
NICOLAS BERGIFft.
GILBERT BURNET.
RENE'LE BOSSU.
PHIL. CALLIMACO ESPERINTE.
FRED. COMMANDINO.
GERARD CROESE.
PIERRECUNEUS.
GISEERT ÇYPBRT,
ANTOINE GALLAND.
ISAAC JACQUELOT.
JEAN LIGHTFOOT.
ALEXAND.MARCHETTI
CLAUDE BACHET DE
MEZIRIAC.
JACQ. OZANAM.
OLIVIER PATRU.
FRANÇOIS PHILEPHE.
BERN. RAMAZZINI.
P. SavAUJ REGGIS.
J. FR. SARASIN.
CORN. TACITE.
HONORE' D'URFE'.
J. WowFR, de Hambourg.
J. WDWSRJ d'envers.
Pour
Pour suivre la coutume que j'aiprise,
vous trouverez ici ce que l'Editeur de ces
Mémoires rapport, page 217.au sujet
d'un Sçavant illustre, à la mémoire duquel
je sçai que vous vous interessez.
HONORE' D'U RFB*
Honore d'Vrsé nâquit à Marseille le iiè
Fevrier 1567. de Jacques d'Urfé, d'une
Famille illustre du Forêt, originaire de
Suabe, & de Renée de Savoye
,
Marquise
de Baugé, fille de Claude de Savoye , Comte de Tende & de Sommerive
,
Gouverneur
& Grand-Sénéchal de Provence. Il fut le 5. de six fils, & frere de six
¡ soeurs. Jacques son frere le 3. des six
fut
Grand -Ecuyer de Savoye, & vécut 1 1 6.
ans. Il se remaria à l'âge de 100. ans,
&
eut un fils de ce mariage.
Hanoré d'Ursé après avoir fait ses Etudes
à Marseille, alla demeurer dans le Forez où
étoit sa Famille. Jacques son pere, voyant
dans son voisinage une jeune fille de qualité
,
d'une grande beauté & feule heri
tiere de sa Maison
,
nommée Diane de
Chateau-Morand, la destina à Anne son
Fils ainé. M. Patru dans ses éclaircissemens
sur l'histoired, qu'il écrivit
à la sollicitation de M. Huet, Evêque
d'Avranches, dit que les deux Maisons
tfUiié & de Chateau. Morandétoient en-
C ij nemies
nemies, & que la Noblesse du Pays,qui
s'interessoit à leur réconciliation
, menagea
ce mariage qui en fut le sceau. Cela
paroît être confirmé par le Roman même
d'Astrée
,
où Alcipe pere de Céladon,
est representé comme ennemi irréconciliable
d'Alcé
, pere d'Astrée. Honoré
d'Urfé n'en demeuroit cependant pas d'acord
,
& assuroit que les seulesvuësd'interêt
produisent ce mariage
, & qu'il
n'yavoit jamais eu aucune broüillerie
considerable entre les deux Familles.
Pendant que ce mariage se négocioit Honoré , voyant souvent Diane, en devint
éperdument amoureux. Il plaisoit fort à
Diane ,
& si on lui eut donné la liberté
du choix, elle n'eut pas balancé à le préférer
à son frere
, qu'on lui destinoit.
Mais comme l'intérêt des Maisons ne s'y
rencontroit pas, le Pere d'Honoré,pour
le dépayser, l'envoya à Malthe, dont il
l'avait fait recevoir Chevalier, mais sans
lui faire faire de voeux , & fit en son
absence ce mariage avec son Fils aîné.
Ce mariage ne fut mariage que de
nom ,
& ils Ii separerent volontairement
après avoir vécudix ans ensemble. Sous
cette vaine apparence de mariage,M.d'Urfé
leur neveu, disoit qu'ils avoient été
ensemble n.ans, qu'ils se séparerent
-Tous une promessereciproquequ'ils [ç 6r
renj
rent, de s'engager dansl'Etat Ecclesiastique
après leur réparation
,
& que le Mari
tint aussitôt sa parole, se fit Prêtre
y devint Chanoine de Lyon, & eut le
Doyené de S. Jean de Montbrison & le
Prieuré de Montverdun; mais que Diane
se voyant libre
,
résolut de se donner
à HoJtore.
Celui-ci de son côté, en changeant
de lieu n'avoit point changé de sentiment
pour Diane, & avoit pendant toutes
ses courses perseveré dans son amour
pour elle. Ainsi il profita du divorce de
îon frere
,
& epousa celle qu'il avoit tant
aimée.
M. Parrurepresente Honoré encore
fort passionné pour Diane, lorsqu'ill'épousa
,& c'est l'opinion commune; mais
il en parloit lui-même aurrement, puisqu'il
disoit qu'il n'épousa Diane que par
..inrerêr, & pour ne pas laisser sortir de sa
Maison les grands biens qu'elle y avoit
apportés.
Il est vrai que Diane n'étoit plus alors
dans la premiere fleur de sa beauté, aïane
plus de30. ans,ou même plus de 40.
si elle fut 22.ans avec l'aîné. Il est vrai
auflfi qu'ils ne vêcurent pas dans une
parfaite intelligence. On en rapporte des
causes fort différentes. M. Patru dit
qu'Honoré s'abandonnant à son humeur
C iij galante,
galante, avoir toujours quelques nog;
velles amourettes en tête. Diane ne
trouvant plus en lui cette adoration
qui l'avoit autrefois si agréablement flatée
, ne pouvoirmoderer ni sa jalousie ni
ses reproches ;ce qui le fatigua tellement
àla fin, qu'il se retira en Piemont, dans
uneCassine,sur le bordduPô,prèsde
Turin.
M. d'Urfé, son neveu,alleguoit d'autres
raisons de cette séparation;entr'autres
la malpropreté de Diane, toujours
environnée de grands chiens
,
qui causoientdans
sa chambre, & même dans
son lie une saleté insupportable à son mari.
D'ailleurs il avoir espere qu'elle lui
donneroit des Enfans qui pussent confer-
Ver dans sa Maison les biens qu'il avoit
eu d'elle; mais au lieu d'enfans
,
elle actouchoittous
les ans de Môles, qui le
dégouterent enfin d'elle.
Tout cela ne paroît pas s'accorder avec
ce qu'a écrit Honoré lui même dans la
Préface du 3. Tome à?A(b*-èe, lorsqu'aprés
avoir protesté à la Riviere de Lignon,
que le feu dont il brula, & qui donna
naissance à son ouvrage, fut si pur ,
qu'il
ne laissa jamais de noirceur en pas une de
ses actions ni de ses desirs, il ajoute qu'il
était encore très vif alors, que la longueurdesannées
n'en avoir point diminué
l'aïl'ardeur,&
qu'il ne s'éteindrait que fous la
terre Je son tombeau. On ne peut concilier
ces sentimens avec l'eloigneraent dans
lequel il vivaitseparé~d'Aise,qu'en di----
fant qu'il était toujours amoureux de l'idée
qu'il confervoic de l'Astrée du temps
passée, si différente de l'Astrée d'alors.
Il se retira donc en Piémonr, préférant
cet endroit à tout autre, non feulement à
cause de la distinction & du rang que lui
donnoit dans cette Cour l'honneur qu'il
avait d'être sorri d'une fille de la Maison;
mais encore pour les marques de bienveillance
que lui donnoit le Duc de Savoye
,bien différentes du traitement qu'il
recevoir à la Cour de France, du Roi
Henri IV. Il
Ce Prince n'avoir jamais régardé de bon
oeil ceux qui avoient eu quelque part aux
bonnes grâces de la Reine Marguerite,
& Honoré d'Urfé étoit de ce nombre. Il
s'y trouva engagé par une aventure fort
imprévuë. La France était alors partagée
par les guerres civiles en diverses factions.
Cette Princesse était dans le Château
d'Union en Auvergne, & fcs partis battoient
la campagne. Honoré tombaentre
leurs mains, & fut conduit à la Reine. Il
avoit toutes les qualités qui pouvoient le
rendre agréable à une Princesse infiniment
spirituelle&galante
,
& d'un dif-
C iiij -certernement
exquis. Ainsi elle ne tarda
gueres à se laisser prendre par son Prisonier.
Cet evenement est envelopé dans
YAjirèe fous le nom de Galatée. Au reste
sa prison ne dura pas longtems, & il
revint bientôt auprès de Diane, à qui il
avoit reservé route la fidélité de son coeur.
Etant tombé malade à Nice, il se fit
porter à Villefranche,où il mourut pul
conique en 1625. agé de 58. ans.
CATALOGUE DE SES OUVRAGES.
I. Le Sireine, Paris itf-11. in-8°. It.
avec d'autresPoësies du même Auteur.
Paris 1618. inS3. Ce Poëme est son
premier Ouvrage. Il y décrit son départ
du Forez
,
son absence & son retour, mais
en déguisant un peu les choses. Il se represente
presque encore enfant; il part
Amant de Diane, & aimé d'elle: pendant
son absence, Delia, riche Berger, mais
malfait & peu digne d'elle, la recherche
en mariage, & l'obtient de ses Parens -
dont l'autorité prévaut en cela sur sa passion.
Sireine à cette nouvelle se précipite
dans la mer, d'où il est promtement retiré
par les soins officieux de ceux qui le
voyent dans ce danger.
II. Epitres Morales,Paris,I 603. in-12.
It. Lyon 16LO. in-12. Honoré dUrSé
écrivit ccs Epitres en prison, comme des
rcremedes
contre les coups de la fortune
qu'il avoit éprouvés. On ne sçait à quel
sujet il fut arreté. Se trouvant dangereusement
malade, il confia son Ouvrage à
Antoine Fa'Ur! Premier President de
Chamberi, son ami intime, qui le publia.
Il a été réimprimé plusieurs fois, Se
il fut augmenté d'un troisiéme Livre dans
l'Edition de Lyon faite en 1 620. Il n'y a
rien que de fort commun, & il n'est plus
gueres connu. III.L'Astrée, Paris, in- 80. Honoré
d'Urfé publia le premier Volume de forv
Astrée en 161 o. 5c le dédia au Roi Henri
IV. à qui ce present fut fort agréable , quoique l'Auteur ne le lui fut gueres. Le
second vint dix ans après
,
& le troisiéme
quatre ou cinq ans ensuite. La quatrièmepartie
étoit achevée lorsquel'Auteur mourut.
BaltazarBaro,quiavoit été son confident
& son Secretaire, & qui étoit inftruit
du dessein de son Ouvrage
,
nonfeulement
fit imprimer la quatrième partiedeux
ans après la mort d'Honoré, mais*
/compa(a encore la cinquième partie sur
les Mémoires de son Maître. D'un autrecôté
le Duc de Savoye
,
qui étoit dépositaire
de la quatrièmepartied'Astrée,&
des mains de qui elle passa à Mlle d'Urfé
;¡- niéce de l'Auteur, chargea Baro de la faire
imprimer ; l'ayant confiée à quelques
C y \?et
personnes, ceux-ci en tirerent des lam
beaux, dont ils firent ensuite une cinquiéme
& sixiéme partie. -
M. d'Urfé eii le premier qui a tiré les
Romans de la Barbarie, & les a assujettis
à des règles. Son Astréefutreçue avec
un applaudissement infini
,
principalement
par ceux qui se piquoient d'esprit 8C
de politesse. Toutes les histoires qu'elle
renferme ont un fondement veritable, ÔC
l'Auteur a eu dessein d'y raconter sous
des noms de Bergers & de Bergeres l'hiftoire
de ses amours avecDiane de Château-
Môrand & celles de plusieurs autres personnes
; mais pour rendre ces Histoires
plus agréables, il les a toutes romancées , c'est-à dire qu'il les a mêlées de fictions"
qui quelquefois sont des fiétions toutes
pures, & d'autres fois sont des fictions,
qui fervent de voile à des vérités. Ce Livre
qui faisoit autrefois les délices des
personne, les plus spirituelles
,
& même
des Sçavans,n'est plus lû maintenant.
Le goût de ces Romans de longuehaleine
ôcoùles avantures sont entassées les unes
sur les autres, sans qu'on en voye jamais
la fin
, a subsisté quelque tem 3.
mais
il est entieren'ont passé. On n'est plus
d'humeur à se prêter si long-tems à des
idées si frivoles, & ceux qui ont con(frvG
le goût du Roman ne yeulenr plusque d*
ces.
«s Histoires , qui durent assez pour les
amuser ; mais non point assez pour leur
causer de l'ennui. M. Patru a donné des
éclaircissemens sur 1*Aftrée
,
où il découvre
plusieurs personnes, dont Honoré
d'Urfé a eu intention de parler fous des
noms empruntés; mais c'est une chose
quiinteresse maintenant peu de personnes.
Cet Article est tiré de la douzième Dissertation
de M Huer dans le Recueil de l'Ab'
de Tilladet, C'est ainsi que le P. Nicerons'exprime,
ce qui, avec sa permission,n'est
pas assez clair, tout le monde n'étant
pas à portée de scavoir ce que c'est que
ce Recueil de l'Abbé de Tilladet, s'il
est manuferit ou imprimé, le lieu & le
tems de l'impression&c. On trouve dans
ce Livre plusieurs autres pareilles négligences.
On n'y devoir pas omettre, furtout
à l'occasion du fameux Roman d'Honoré
d'Urfé, LA NOUVELLE AsTR.EE',
dàédiée à S. A. R. Madame qui a paru Amsterdam chez P.Humbert,vol. in'i'i.,,
en 1713. C'est une sage & agreable imitation
de l'Original dont on vient de parler
, dégagée de toutes les choses qu'on
peut regarder comme inutiles, &capables
de causer de l'ennui. Une Dame spirituelle
, & qui fait paroître beaucoup
cfcenjoumsnt, de vivacité &c de facilité
', C vj de
de s'exprimer, est l'Autheur de cet Oa,;
vrage. Les Moeurs, au reste,y sont si loüables
, & si scrupuleusement respéctées
,,
que» si les Amans de nos jours ressem.
» bloient à celui qu'on nous dépeintdans
» ce Livre, notre siecle feroit un siecle
» d'or pour l'amour ; les Peres & les Me-
» res exhorteroient leurs filles à recevoir
» les Amans; on les regarderoit comme
» des Precepreurs ,
d'autant plus utiles
» qu'ils feroient agréables. Voyez le Journal
littéraire de la Haye 171 3. T.1. p.
4?5*
SONNET
DAns les pleurs, danslescris recevoir I&
naissance,
Pour être des besoins l'esclave malheureux,
Sous les bifarres loix de Maîtres rigoureux
Traîner dans la contrainte une imbecille en"
sance,
Avides de sçavoir, languir dans l'ignorance,
Desplaisirs,des grandeurs follement amoureux
N'en recueillir jamais qu'un ennui douloureux
Payerd'un loflg regret une courte esperance â
Voir avec la vieillesse arriver à grands pas
Let
les maux avant-coureurs d'un funestetrépas
Long-tems avant la mort en soutenir l'image.
Enfin en gémissant mourir commeon est né e'.
N'est
- ce que pour subir ce fort infortuné
Que le Ciel auroit fait son plus parfait our
vrage ?
EXTRAIT d'un Mémoire envoyé
par M. le B. Chanoine & souchantre
d'Anxerre, à Voccafion ds- ce qui ejÎ
dit de la Mp Grecque de Saint Denis
& d'un Rit dt Saint ViEior de Marseille
dans le fécond Volume du Altr
enre de Decembre demier..
1 L n'effc pas surprenant que Dom
Felibien n'ait point fait dans son HistoirederAbbayedesaintDenis,
de Differtation
sur l'usage où est ce celebre Monastere
de chanter une Messe Grecque le
jour de l'Octave du Saint Patron qui.
arrive le 16 Octobre. Ce n'est pas le
propre des Historiens d'approfondir les
Rits,ni l'origine de differens points de discipline
des Eglises, dont ils sont l'Histoire
Ils s'attachent principalemens aux faits
à leur époque *
»
& à leurs circonstances
!an¡
sans en penetrer la raison ni l'origine.
Ainfr non - feulement je fuis disposé à excuser
Dom Felibien de n'avoir point dit
ce qu'il pensoit de l'origine de l'usage en
question) mais encore le Pere Guefnay
Jesuite
,
de ce qu'il n'explique pas dou
vient la coûtume des Religieux de saint
Victor de Marseilledecommunier le
Vendredi Saint. Je fuis persuadé que les
personnes qui ont paru mécontentesdu
silence de ces deux Historiens, ou qui ont
essayé de justifier la reticence de l'un par
celle de l'autre, seront assez équitablespour
ne leurpoint imputer une plus grande
faute qu'il n'yen a réellement dans leur
omission. Mais elles souhaitent de scavoir
ce qu'un peut penser de l'origine de ces
deux u sages; voici ce que je me souviens,
d'avoir lu par rapport à la Messe Grecque,
ou plutôt par rapport à tout ce qui se lit
ou se chante enGrec à saint Denis.
Je ne puismedispenser de dire d'abord
en generalque c'est un resstd'antiquité
& qu'ainsi il est bon de leconserver. Pour
le prouver, je me contenterai de produire
plusieurs exemples de pratiques assezfemblables
qui ont existé ou qui existent encore.
Sans remonter bien loin; à l'ouverture
du dernier Volume des Rits Ecclesiastiques
publié par Dom Martenne , je trouve l'Ordinaire Romain de Pairs
Crassus.,;
Crassus
,
qui vivoit du temps de Leon X.
On y lit à la page 601. en parlant du jour
de Noël. lnchoatur solemniter Tenta, per
Papam ,
& in A-IijJU dua Epi(inia & dua
Evangelia in Latino & in Græco
SiPapa non celebrataut non su præsens.
nec dteæ Epistolæ ,nec duo Evangelia leguntur.
L'Ordinaire de Pierre Amelius
s'étoit expliqué plus au long, sans cependant
dire clairement s'il s'agit de la seconde
Messe de Noël, quoiqu'il paroisse par
le détail qu'il fait, qu'il s'agit de la troisième
Messe comme étant plus solemnelle-
Finitisillislandibus (C'étoient les louanges
du Pontife semblables à celles qu'on
chante encore en presence des Evêques,
lorsqu'ils officient en certaines Cathedrales
de France) cantaturEpistola Latina,
poftr'noditm Græca. (a) SubdiaconusLann.
iscxpeZtut Subdiaconum Gracum , Sic etia-n legitur Evangelium G:".tcum d-
Latinum. Diaconus V:0 Cardinalis diEl,
Evtnçrliê revertitur ad Altare , nec expectatDiaconum
Græcum
,
licetiverint simul
,sed Grævus ¡(cF'cm illum. Ad E vange'iitm
Latinum portantur septem candelabra
J- immédiate dicitur Evangelium
Gracum curn duobus candilabris accensis,
& alia quinque portantur in Altari. Cet
(a) Mus. Ital. T., z* pag. 45-3.
Ordinaire
Ordinaire sur composé après le milieu dit
XIV.siecle. L'Ordinaire du Cardinal
Jacques Gaïetan, qui est plus ancien de
trente ou quarante années, ne marque
point cette Cérémonie à Noël, mais à la
premiere Messe celebrée par le Pape le
jour de son Election
, legiturEpistola
Latinoe & Gr&ca, subsequementer super pulpito
: sic etiam Evangelium Latinum &
Gracum. L'Ordinaire de Benoist, Chanoine
de S. Pierre de Rome
,
écrit sous
le Pape Innocent II. marque une Epitre
& un Evangile grecs les jours de Noël Be
de Pâques à la Grand-Messe.
Voila, selon moi,dequoi indiquer l'origine
du Rit de l'Abbaye de saint Denis,
Les Eglises de France ont pris plusieurs
usages de celle de Rome, surtout depuis
le neuvième siecle où le gros des Rirs
Romains fut admis. Il est à croire qu'originairementc'étoit
aux Messes des grandes
Fêtes de Mystere, qu'à l'exemple de
Rome, dont c'était l'ancien usage, on observoit
de lire l'Epitre & l'Evangile en
Grec; ensuite on a étendu cet usage aux
Fêtes principales des Saints, & voila
pourquoi je le crois établi d'abordà la
fête de saint Denis, & delà porté au jour
de l'Octave. Quant au chant de l'Introit
& autres parties de la Messe du jour qui
fipit la grande solemnité de saint Denis,
c'est
•*eft aussi un reste de l'usage où l'on étoit
dans l'Occident, d'employer quelquefois
dans le chant du langage Grec. Le Kyrie
eleison de tous les jours, l'Agios ô Theos
du Vendredy Saint, sont des vesstigesde
cetusage, conservez presque généralement
en Occident. A Rome primitivement
, c'est-à-dire
,
depuis que le Chant
eut été reglé de certaine maniere par saint
Gregoire & par quelques-uns de ses successeurs,
les Versets. qu'on chantoit aux
Répons Alleluiatiques des Vêpres du jour
de Pâques & de la semaine etoient en
Grec. C'étoient de véritables pieces de
Chant semblables à ce que nousappellons
un Graduel. Ils sont -raportés dans le
premier Ordre Romain de l'Edition de
Dom Mabillon. Sous Innocent II. au
douzième siecle
,
le Grec n'étoit point
usîté à Vêpres; mais en mémoire de ce
Grec, autrefois chanté dans ces Vêpres
Pascales, on en chantoit pendant la col-
Lation qui se prenoit à l'issuë de cet Office.
C'étoit une Prose Grecque dont l'inrerpretation
l atine commence ainsi:Pascha
jacrnvî nobishodit ostensum est.
Vous observerez que c'étoit toujours
aux grandes Fêtes que l'on chantoit du
Grec en Occident. A Tours, tant dans
l'Eglise de saint Gatien
, que dans celle
de saint Martin , c'étoit à Noël qu'on
chantoit
chantoit le G oria in excelsis en Grec à la
premiere Messe, & sans doute de ce beau
Chant Phrygien, qui est répandu dans tous
les livres Latins
, 6c qui de tout temps a
été le seul connu dans la Chapelle du
Pape. Dom Martenne rapporte la preuve
de cet usage de Tours, page 89. de antiejuaEcriesialifiiplina,
Non -
seulement
le Gloria in excelsis ell: noté en Chant sur
le Texte Grec dans le magnifique Sacramentaire
de huit cens ans, conservé à
saint Denis, mais encore le Credo y est
noté & écrit de même en langage Grec,
quoiqu'en caraéteres Latins. Est-il donc
étonnant qu'en cette Abbaye, qui a toujours
été si celebre & si nombreuse, on
ait constamment retenu l'usage de c hanter
quelquefois du Grec, & surtout ces
deux pièces
, aux jours de grandes Fêtes?
Je ne dirai pas que ce pourroit être dès le
temps de l'Abbé Hilduin qu'on auroit
commencéà prononcer en Grec la première
leçon de la Messe du jour de saint
Denis. Je laisse cette pensée à discuter
dans un autre temps. Comme on est naturellement
porté à ajouter foy à ce qui
paroît plus honorable à une Eglise, qui
peur dire que ce ne fut pas dès-lors qu'on
commença à y lire en Grec l'endroit des
Actes des Apotres où est raportée la conversion
de saint Denis l'Arcopagite? A11
moins
moins c'est le choix de cette lecture qui a
conduit à la Prose
,
Gaude proieGracias , qu'on ne tarda gueres à composer.
Je croirois donc qu'il a pû se faire
qu'on n'ait chanté primitivement en Grec
à la Fête de saint Denis que les lectures
de la Messe
, & qu'ensuite peu à peu la
Coutume s'est formée d'y chanter le Gloria
in excellis & le Credo. Cette Fête ayant
été continuée par une solemnité de huit
jours, de même que les Fêtes des principauxmysteres
, on établit la coutume
de diversifier la Messe pendant les jours
de cette Octave, selon qu'en fait foy le
Sacramentaire même de saint Denis; ÔC
au lieu de ne dire que la moitié des parties
de la Messe en Grec, on convint
apparemment de la dire entièrement en
cette Langue, mais feulement le jour Octavaire
, comme étant le plus solemnel
après le premier jour de la Fête; en
sorte, qu'il n'y a que les Prieres qui regardentlePrêtre
,qui sont dites en Latin
à l'ordinaire. Il n'est pas aisé de fixer le
siecle dans lequel s'est fait cet établissement
d'une Messe Grecque presque pleniere
: Il est feulement vrai de dire qu'on
y reconnoît le chant des pièces latines du
Commun de plusieurs Martyrs adapté sur
le Texte Grec qui exprime les mêmes
pensées.Il n'y a qu'une chose qu'il semble
qu'os»
qu'on n'auroit pas dû admettre en cerre
JVdrcfTe; c'est le chant du Symbole de la
composition de M. Dumont qu'on a placé
sur le Symbole Grec, au lieu de l'ancien
chant de toute l'Eglise Latine, qui vaut
infiniment mieux pour son admirable iÏmplicicé)
& qui vrai-semblablement est une
maniere de chant venue des Grecs.
Au reste,la coutume de chanter du Grec
en France dans les Prieres publiques &
même danscelles qui s'adressentauxSaints,
n'est aucunement nouvelle; j'ai vû un manuscrit
du X. siecle
,
dans lequel parmi les
Antiennes de l'Office de S. Nicolas, il y
en a une notée sur des mots grecs, écrits
avec les caracteres Latins
,
mêlez d'une
espece de caracteres Saxons. Ce n'e st
point cette fameuse Amienne, O Pastor
aterne, laquelle valut au Prieur d'un Monastere
,
dépendant de la Charité sur Loire,
tant de coups de verges pendant l'espace
d'une belle nuit ,
selon que * Durand
Evêquede Mende & Pierre Nadal, ou de
Natalibus le raportent. Celle dont je veux
parler commence ainsi Mirospatir Kitza
sostitos mi"'oJ caritos. Je l'écris de même
qu'elle est dans le livre où je l'ai vue.
C'est ainsi que le Cardinal Thomasia fait
imprimer dans l'Appendix du Responso-
* Dur. Ration div. Of}l,7. e. J9.'
lie]
rielRomain, qu'il publia en 1 686. les
Versets des Répons alleluiatiques de Plques.
O Kyrios c Basileosen
, parce qu'il
les avoit trouvé écrits de la même maniere
dans un manuscrit très-ancien du Vatican.
Je trouve suffi dans le voyageLiturgique
du Sieur de Moleon,où il y a bien des
choses curieuses,qu'à Roüen le mardi des
Rogations la Cathedrale chante à la Procession
,
des Litanies en maniere de distiques
,
dont le dernier estpurementGrecs
apparemment comme ce vers de notre ancienne
Hymne de Complies dela Pentescôte
, Athanatos Kyrios Theos Pantocraton
ysios. Quoique je n'aye osé faire remonter
le Chant Grec dans nos parties occidentales
& septentrionales des Gaules
plus haut que le neuvième siécle, je sçai
cependant que dans la sçavante Province
où lont situées les Villes d'Arles & de
Marseille
, on chantoit indifferemment
Grec & Latin, même parmi le vulgaire
au I.siecle. Cyprien, Auteur de lavie
de saint CeÚize, Archevêque d'Arles,
dit de ce saint Prélat, que pour empêcher
les causeries dans l'Eglise, il obligea les
Seculiers à préparer & à chanter dans
l'Office, de même que les.Clercs ; soit des
Antiennes
3
soit des Hymnes ,tant Grecques
que Latines, alii gracè
, aliihtinè.
Mais si le Latin eut bien delapeineà se
maintenir
maintenir dans le centre des Gaules, le
Grec, à plus forte raison, n'y fit jamais
de grands progrès. C'est pourquoi j'en
reviens à dire que ce ne fut gueres que
depuis Charle Magne,qu'en même temps
qu'on puisa de Rome beaucoup de pratiques
, on en tira aussî l'usage de chanter
quelquefois du Grec dans les Offices div
ins.
Quant à la pratique du celebre Monasjtcïc
de S. Victor de Marseille
, par laquelle
tous les Religieux y communient
le Vendredy-Saint, Cet usage sur de toute
ancienneté chez les Moines, & il ell
trèsautentique,puisqu'il s'observoit même
dans les Cathédrales & dans les Egli..
les séculieres. Il est si ancien qu'on le
lit dans les Sacramentaires Gélasien &
Grégorien,& dans laRegle du Maître,
écrite en France au VII.siecle.
A l'égard de son authenticité, on n'en
peut douter, puisqu'il est marqué dans
les Ordres Romains les plus anciens qu'on
ait, & qui ont été les plus répandus. Pour
n'être pas rrop long, je me contenterai
de rapporter en abbrgé ce que Haëffen
& le Pere Martenne ont indiqué sur cette
Communion du Vendredy-Saint, & d'y
ajoûter ce que j'en ai découvert par mes
recherches particulieres. On voit dans les
Ecrits de l'un & de l'autre, la plûpart des
principales
principales Abbayesobservercet usage.
1 eu marque dans l'Ordinaire redigé au
III.siecle pour l'Abbaye de Norbac. Il
trouve dans les Ordinaires de Corbie
du Mont-Cassin qui sont très-anciens,
sans la Concorde des Rits de S. Dunstan,
'otH' l'Angleterre
,
dans les Decrets dé
Lanfranc, dans les Coûtumes de Cluijny
de S. Udalric
,
dans celles de S. Be-
~taigne de Dijon, de S Evre de Toul,
flans le Ceremoniel de la Congregation
»3e Bursfeld en Allemagne,dans les Coûrurmes
de S.Germain des Prez, ausquelles on
doit ajoûtercelles de l'Abbaye de S.Benoît
sur Loire& de Moutier-Saint-Jeanles Us
le Cîteaux & tous les Misselsde l'Ordre de
Clugni, quigénenlement marquent d'une
maniereexpressela Communion (olc¡mnel.
le du Vendredy-Saint.AussiHaësten qui
ïtoit bien informé
,
n'a-t-il pas hesité de
dire que cet usage est encore en vigueur en
un grand nombre d'endroits,in pluribus
~Nocis etiamnuncviget;& siles Provençaux
le voyentobservéàMarseille, je fuis informé
que les Flamans le voyent aussi pratiquer
chez les Benedictinsde Liessiès en
Hainaut, qui ne font pas de l'Ordre de
Clugny, non-plus que ceux de S. Victor.
Je ne cite point les Livres des Chanoines
Réguliers
,
ni ceux des Monasteres de
filles, comme Frontevaud, &c. Je pourrois
rois aussi en produire un bon nombre
tels que ceux de l'Ordre dePrémontre,
de la Congrégation de S. Ruf, & même
parmi les Ordres moinsconnus & à présent
éteints
, comme l'Ordinaire & le
Missel des Guillemites.
Pour en revenir à l'Ordre de S. -Oenoît,.
je ne déguiserai point que ce n'etf que depuis
très-peu de temps que cette ancienne
& venerable pratique a été negligée en
quelques unes des Congrégations qui le
composent, puisque Dom Benoît Bracher,
qui avoir été de l'ancienne observance à
S. Benoît surLoire
,
& qui est décédé dans
la Congrégation de S. Maur, avoir vû
communier toute la Communauté leVendredy-
Saint, ainsï qu'on le lui a oüi dire.
Je joindrai à tous ces exemples l'autorité
du Docteur Isambert, qui a soutenu fermement
cette pratique de nos Eglises.
Suarez (a) & Vasquez, (b) celebres Jesuites,
ontaussi fait l'Apologie de cette
pieuse Coûtume, ne la regardant nullement
comme éteinte ou abolie par le nonusage.
Mais je trouve qu'ils eussent encore
mieux répondu aux objections qu'ils se
font, si outre l'Ordre Romain dans lequel
il y a formellement au Vendredy-Saint,
Etcommunicant omnes cum silentio
,
ils
cuITent fait voir l'étenduë de cette prati-
(a) Ton. J. p. i. D. 8o. Se&.i. (b)P.3.d.232.n.21. IlUc,
que,non-seulement par Théodulf, Evêque
d'Orléans,par Remy d' Auxerre, mal
pris pour Alcuin, mais encore par ce grand
nombre de Livres Ecclesiastiques qui la
preicrivent, tels que les Sacramenraires
de S.Guillelm du Defert, autrement dit
Gellone, de Reims, de Noyon,de Poitiers
,le Pontifical de S. Prudence,Evêque
de Troyes; & outre ces Monumens Liturgiques
qui sont de huit & neuf cens
ans, laVie de S. Udalric, Evêque d'Aufbourg
,à laquelle Dom Mabillon n'a pû
refuser cette petite note: Fidèles olim hoc
stero triduo, communicarc mos erat. Le
Livre dejean d'Avranches,Archevêque de
Rouen,au XI. siecle
,
Jean Beleth
,
Durand
, tous les Missels de Roüen & ceux
delamême Province, comme Avranches,
&c. les anciens Livres des Eglises de Besançon,
d'Alby, d'Amiens
,
de Soissony,
du Mans, de Nantes
,
de Strasbourg
,
les
Rituels ou Manuels d'Orléans,&l'usage
actuel des principales Eglises d' Auvergne,
je veux dire, Clermont, S.Flour, Brioudc.
Peur-être même que quelques-uns de ces
Livresleur eussentfaitdécouvrirl'origine
du SoinsPontifex, qui est dans l's Livres
de quelques autres Pays, & en quel sens ce
Solus* adjectif exclusif, avoit été d'abord
un Solusfouvent ne tombe pas ftlnt/ur le sons
4e la choIe, que fM la maniéré> le lieu & le
temps précis de Uftiret D cin.
employé dans les Livres dont dansla fuite
on a fait des Extraits peuexads,& qui
ont servi à tromper la posterité.
Il paroît par le Traité de M. Marchetti,
sur les Usages des Marseillois, que les
Religieux de S. Victor ne faisoient point
même autrefois de difficulté de satisfaire
là ddrus la dévotion des personnes du
siecle, puisque j'y lis à la page 347. que
Madame de Castellane, que le Roi Henry
III. avoit aimée communtoit tous let
ans le Vendredy-Saint a S. Victor de
Marseille. Le même Ecrivain cite encore
pour cette pieuse & ancienne pratique
l'exemple du Pere Jean Lorin
,
qu'il dit
être l'un des plus fameux Théologiens que
la Provence ait donnez à la Compagnie
de Jesus, & qu'ilassure avoir toujours
communié ce jour-là. C'est ainsi que la
Tradition de certains Usages se perpétué
plus confiamrncne en certains Pays qu'en
d'autres. La pratique de l'Abbaye de faine
Victor de Marseille,n'est donc autre chose
qu'un reste d'une coutume générale de la
vénérable antiquité, qu'il faut que les Religieux
de cet ancien Monastere se donnent
bien de garde de laisser jamais tomber,&
dont ils doivent stipulerlaconservation,
en cas qu'ils fussent obligez de
retoucher quelque chose à leurs anciens
Livres d'Office, même en cas de Réforme
ou de sécularisation,ATHEATHENAYS,
A L'EMPEREUR THEODOSE
I-IER0rDE. TOut le monde sçait qu'Athenaïs ayant
été exilée de la Cour deThéodofe par
les intrigues de l'Affranchi Chrifaphius , elle fut rappellée deux ans après son exil.
C'est du fond de sa solitude qu'elle écrie
à l'Empereur Theodose la Lettre que l'on
va lire.
JE rends grâces , Seigneur, à vos tendres
bontez
,
Souffrez que je demeure en ces lieux ecartet.
J'y goure
,
loin du monde
,
obscure& retirée»
Le plaisir peu connu de me voir ignorée;
Ce Phantôme enchanteur qu'on adore à la
Cour,
Disparoît à mes yeux dans mon humble séjour;
Ce que j'aimois en vous, Seigneur, c'était
vous-même;
J'ai pleuré Théodore & non le Diadème;
J'ai crainc, je l'avouerai, que le Maître des
Rois,
Vengeant avec éclat le mépris de ses Loix,
Ne frappât d'un seul coup le Prince & le Mi*
nistre ;
D ij Mati
Mais il a détourné ce présage sinistre;
Long-temps un vil esclaye a causé mes douleurs;
Jeredoutois pourvous sesconseilsimposteurs,
J'âpprenois que vos maux paroissoient sans
rcnbufce,
Pe mes pleurs chaque jour tout grossissoit la
sourcej Par un leger sommeil, s'ils écoient suspendus,
Paulin * sanglant, s'offroit à mes yeux éperdus,
Paulin, dont Dieu connoît la vertu,l'innod
cence,
Et dont le fang versé lui demande vengeance ;
Chritaphius puni fera taire ses cris,
Son Supplice a rendu le ca lme à mes esprits,
EPulcherie * enfin près de vous rappeLce»
Soulage les ennuis dont j'étois accablée ;
L'Eternel a daigné vous dessiller les yeux;
Vous voyez vos forfaits, ils vous loue odieux,
Je n'ay jamais goûté de plus douce allegrese :
Tout jadis en ces lieux partageoic ma tristesses
Tout partage ma joye & ces valles Forêts,
Témoins,& si souvent échos de mes regrets,
Semblent en avoir pris une face nouvelle i
Ma chere solitude en est pour moi plus belle:
fie m'en arrachez pas, nos Bergers tous les ans
Viendront d'Athénaïs vous offrir les presens;
* Paulin, StnAtlUr:lÓ,ç. Voyez la Vie de
Tbéodofc.
£ fëlektrie ifenrde rhiodore.
Qucl"
Quelques fruits
,
quelques fleurs simples, mais
purs hommages,
Et symboles naïfs des moeurs des premiers âges
Où l'Univers naissant adoroit les vertus:
Temps fortunez.. hélas! ne reviendrez-vous
plus?
Je crains la Cour; je crains cet éclat qui nOUs
trom pe,
Je fuis deses plaitirs l'embarras & la pompes
Là j'ai toujours senti des ennuis devorans.
Ici, fous un berceau de Jasmins odorants,
Je me livre au sommeil, ce sommeil eii
tranquille,
Et jamaisles chagrins ne troublentmon azile;
Il ne manque à mes voeux,pour être satisfaits,
Que de pouvoir un jour dans ces lieux pleine
d'attraits,
Moi-meme vous dressant un Trône au pied
d'un hètre
,
Embrasser les genoux demonaugusteMaître,
Libre pour quelquetempsde mille roins divers;
Après avoir donne la paix à l' Univers
,
Vous pourriezdans nos bois la donner à vousrf
même,
Si vous me refusez cette faveur suprême,
Permettez-moi du moins de préferer toûjouts,
Le repos des forêts au tumulte des Cours;
Laiuezmoi dans l'étatoù le Ciel m'a fait
naître:
Cet état est obscur, j'aime à le reconnoître ;
D iij Mai
Mais quand vous l'oubliez, je dois m'enfouvenir
;
Ma perte, croyez-moi, ne vaut pas un soupir
Et par mille beautez à vous plaire empressees.
Celles d'Athénaïs doivent être effacées;
Au beau fang des Cesars
,
le mien est un affront;
Non, le bandeau Royal n'est point fait pour
mon front.
Attachez.le. Seigneur, sur de plus nobles têtes
D'un plus illustre hymen recommencez les
fêtes,
Le nôtre a peu duré. nul gage n'est sorti,
D'un hymen dont le noeudsut trop mal assortis
Au choix que vous ferez,Bifances'i-ntereffe
Elevez à l'Empire une jeune Princesse ,
L'Univers de vous deux attend un Souverain ;
Gardez,moi votre coeur en donnant voue
main,
la tendre Athénaïs en est bien plus jalouse,
Que du titre d'Auguste * & que du rang d'i.
pouse.
l!AX ctrdis, ntn vero DillJemllJ Beatum efficitç.
J. B. Poney, J.
* onappelloit Jtuguftes, les jtnptrairiciii
aEn
LETTRE sur un Espaceinifniyparcouru
en deux heures. vOici, Monsieur, une Enigme philosophique.
Je croi qu'elle pourra trouver sa
place dans le Mercure,puisque la Geometrie
a bien eu la hardiesse de s'y introduire. Il n'y
en a point ici, tout sedéduit par le seul raisonnement.
Je suppose un corps qui se meut sur une
ligne droite infinie ou indéfinie, comme il vous
plaira. Dans la premiere heure le corps parcourt
une toise. Dans la demie heure suivante
il parcourt une toise encore ; dans le quartd'heure
suivant, une toise encore; dans le demi-
quartd'heure d'après, une toise, &ainsi
de fuite à l'infini. Chose étonnante, il se trouvequ'au
bout de deux heures il a- parcouru une
infinité de toises. C'est-à-dire qu'au bout de
deux heures il a fait uu chemin infini
Il n'y a rien de si aisé que de le démontrer
mathématiquement, une heure, plus une demie
heure, plus un quart d'heure, plus un
huitiéme, plus un seiziéme d'heure, &c. à l'infini
, tout cela ne fait que deux heures. Dès
qu'on a une heure, plus une demi heure,plus
un quart d'heure, on a une heure trois quarts,
& il ne reste plus qu'un quart d'heure, dont
on prend la moitié, ce qui fait un huitiéme
d'heure, il ne reste plus qu'un demi quart
d'heure ou un huitiéme d'heure, dont on ne
prend que la moitié. c'est a-dire,un seiziéme
d'heure, & on continue toûjours de fuite à
prendre les moitiez des moitiez, de telle façon
D iiij qu'on
qu'onn'arrive juste aux deux heures que quand
on a pris tous les termes dela suite. !,!-i, J
&c. or à chaque terme de cette fuite répond
une toise parcourue par le corps, & ce qui
arrive seulement à chaque toise, c'est que le
corps parcourt la 2.e toise avec une vitessedouble
de celle avec laquelle il a parcouru la 1re
desorte qu'à la te toise la vitesse est double, àla 3éelleest quadruple,à la 4e elleest octuple
& toujours ainn de fuite en doublant,la ir toits
est parcourue dans la 1 heure avec uneviresse
double; la 3e toise dans le 1/4 d'heure avec
une vitesse quadruple, de telle façon que le
dénominateur de la fraction exprime perpétuellement
la vitesse correspondante à chaque
fraction de l'heure à |, Or qui doutera
que cette loi d'acceleration ne puisse se continuer
dans tous les termes de la fuite, 2'5'8 &c. c'est-àdire pendant les deux heures entietes,
& parconséquent il est incontestable qu'au
bout de deux heures le corps aura parcouru
autant de toises qu'il y a de termes dans la fuite,
c'est-à dire que le corps aura parcouru un ef..
pace infini ou un nombre infini-de toises à la
fin des deux heures.
Mais que fera devenu ce corps ; il ne fera pas
anéanti1,il' fera quelque part,c'estàdire,à
que quepoint de la ligne. Ainsi voilà une ligne
iUlfli qui a deux bouts ou deux extrémitez.
le premier Doint, NI le corps a commencé à semouvoir; le dernier où il est arrivé à la fin
des dix heures ou au commencement delà
troisiéme heure. -
Onavoir crûjusqu'à present qu'une ligne
irt! le n'avoit pas de fin, mais peut-être s'est
m trompé en cela comme en bien d'autres
choIIl),
choses, & cela ne seroit pas une preuve médiocre
de la superiorité des modernes sur les
anciens,que d'avoir découvert récemment des
veritez aussi surprenantes.
Vous me direz peut-être qu'il n'y avoit qu'à
supposer tout d'un coup une vitesse infinie, &
que la même difficulté s'y trouvoit. J'en conviendrai
; mais il y a quelque avantage à faire
voir la possibilité, &,pour ainsi- dire, la génération
de cette vitesse infinie dans un temps fini.
On voit qu'au lieu de deux heures, on
pourroit prendre deux minutes ou deux secondes,
ou même deux parties infiniment petites
d'une heure, s'il y en a.
Il est à remarquer ici que la vitae acquise
à la fin des deux heures, est non -
seulement
infinie, mais encore la plus grande de
toutes les vitesses ; car elle est exprimée par le'
dénominateur du dernier terme de la fuite
comme nous avons vu & ceci rigoureusement
parlant. Donc voilà une vitessedonnée, qui
est la plus grande de toutes les vitesses, &en
même temps voilà une fraction donnée, qui
est rigoureusement le dernier terme d'une fuite
qui n'a point de dernier terme; par-là voilà le
dernier infiniment grand & ledernier infiniment
lpetit donnez,&déterminezcout ensemble.
Cela est beau assurément, & peut-être
d'autant plus beau, qu'on n'y comprend rien
du tout. Je fuis,&c. * * V
CA.-
CAPRICE.
Tour une Demoiselle, en lui envoyant une
Roseengagée dansfis Epines, au travers
desquelles un Papillon d'EmailfîmbUit
thercher à se faire jour.
PApillon,
quel est ta fureur 1
En vain ta tendresse ,
Cherche avec adresse,
Une route à son ardeur.
La jeune fleurette,
Est sourde & muette y
A qui brigue sa faveur.
Ses pointes févere,.
Des feux témeraires,
Garantissent sa pudeur.
Et son coeur austere,
Du plus doux mistere
,
Ignore encor la douceur.
Quitte la cruelle,
Va porter loin d'elle,
les traits d'un amour vainqueur.
Jamais l'Inhumaine,
D'une tendre peine,
Ne sçut couronner l'ardeur.
Le Papillon deux fois ne se le fitpas dir,.
Son
Son départ finit son martyre;
rIc bien-tôt mille fleurs sensibles à ses voeux»
Couronnerent ses tendres feux.
flAKî que ne puis- je
,
Iris, d'une aîle aussi legere.
Mais non! trop ingrate Bergere !
Puisse plutôt mes tristes jours,
Toucher la Parque cruelle!
Puisse ma flamme fidelle
»
En précipiter le cours.
De Bourdas.
QUESTION REMARQUABLE
jugée par Arrêt du Parlement
de Dijon,
1
Si une Afere qui a abandonné (a Fillt;
peutinier]ettrrappelcommed'abus de la * celcbr.ît:onAH>nanage de cette fille minenre
, qui a épousé un Comédien,sans
les folemnitÚ requises; C7* s'il est permis
À1agiter la Qiitftian de Vètat d'une ltrOll
forme cinqannées après sa mort. APrès le décès du S. Philibert Gabriël
Berthod ,Ecuyer, Chevau-Leger de
la Gardedu Roi, on nomma pour Tuteur
deCatherine, Joseph-Nicolas & Fran-
Pvj çoiû
çoise Berthod les enfans, le S. Jean Bachet
leur Oncle, en l'absence de leur Mel
re qui étoit à Paris. A son retour elle
demanda & obtint le 12 Juin 1711. la
Turelle,conformément à la disposition tes
tamentaire de son Mari; elle fut attaquéo
par une multitude de Créanciers, il fallut
entrer en composition avec eux ; & pour
empêcher les subhastations
,
elle jugea à
propos de leur ceder pour un tems une
partie des revenus de ses biens. On ne
sçait pas précisement quel genre de vie
elle a mené avec sa Famille depuis 1711.
jusqu'en1718. mais il est certain qu'elle
se separa cette derniereannée de FrançoiseBerthod
sa fille, à Bordeaux'; que
cette Fille se mêla parmi des Comédiens
qui étoient en cette Ville; que Catherine
Berthod sa soeur monta aussi sur leThéatre,
& que la Dame Bachet leur Mere étoit en
1719. àMarboz, l'une delesMaisonsde
campagne, en Bresse, sa Patrie.
Il seforma une inclination entre Fnn.
çoise Berthod, âgée de 1 7.ans,à qui la nature
avoit accordé les graces du corps &
de l'espris, & François Hus, Comédien,
qui joiioit les premiers Rôles. Marie-
Anne Hus,de l'état de laquelle il s'agit ;"
doit sanaissance à leurs feux mutuels.
Françoise Berthod e, Fiançois Husseregarderentt
des-loxs comme Epoux, ils.
prirent
prirent la resolution de rendre leurs
noeuds indissolubles ; mais ils firent de
vainsefforts pour avoir le consentement
de la Dame Bachet
,
à qui Françoise Berthod
écrivit de Nismes le 26. Avril 1720.
une Lettre dont on verra suffisament le
contenu par les reflexions qui seront faites
ci-après. Sur le refus de la Dame Bachet
, Françoise Berthod se rendit à Tou-
Ion avec François Hus, ils firent entendre
le 1 o. Juillet delamême année, pardevant
le Lieutenant du Senechal, quatre
Comédiens, dont le premier déposa que
la Mere de Françoise Berthod l'abandonna
à Bordeaux pour courir le monde avec
un Garde de M. le Maréchal de Berwick, & la confia aux Comédiens
,
qui la reçurent
par charité. Le second ne s'accorde
pas tout- à- fait avec le premier; il dit bieoque
la Dame Bachet se sauva avec un.
Garde du Maréchal de Berwick; mais
pour se marier, & non pas pour courir le
monde; & bien loin d'avancer que cefut
la Dame Bac het qui remit sa Fille entre
les mains des Comédiens, il déclare positivement
que ce sur Françoise Berthod
elle-même qui les vint prier de la recevoir
dans leur Troupe; ce qu'ils firent
par charité.
Le troisiéme témoin n'estque l'échodu
second. Le quatrièmenedépose que p^tr
oui
oui dire, & tous relevent la sagesse de la
jeune Comédienne.
A la vue de ces dépositions
,
le Lieutenant
du Sénéchal de Toulon nomma pour
Curateur de Françoise Berthod
,
le sieur
Pierre Boyer
,
Docteur en Medecine , afin qu'ill'assistat & l'autorizât en son
Contrat de mariage, & en tous autres
Actes. Françoise Berthod & François Hus
allerent à Marseille, dans l'efpcrance de
s'y marier sans obstacles; mais M.l'Eveque
de Marseille ne permit au Curé de la
Paroisse de S. Martin de leur donner la
Benediction nuptiale
,
qu'après trois publications
de Bans, & le consentement
exprès de leurs Peres & Meres. On publia,
a la vérité, trois Bans; mais la dernière
conditionimposée par M. l'Evêque,
c'est-à-dire, la necessité du consentement
des Peres & Meres, n'étant pas à leur gré,
ils retournerent à Toulon, où ils surprirent
de la Religion de M. l'Evêque de
cette Ville,un ordre au Gardien des Recolets
de les marier; ce qui sur executé
sans publication de Bans, sans Recedo du
Curéd'aucune des parties, sans le con sensement
de la Dame Bachet.Une lettre que
Françoise Berthod écrivit d'Arles à sa
Soeur le 22. Septembre de la même année
,
découvre manifestement que ce
mariagefutcelebrésans le consentementde
la
la DameBachet
3
qu'on nnroitvainement
attendu.
Françoise Berthod survêcut peu de
tems à son mariage, & mourut de la
contagion à Arles le 22. Mai 1721après
avoir reçû ses Sacremens , & sans laisser
d'autre Enfant que Marie- Anne Hus.
François Hus, pendant le séjour que sa
Troupe fit à Dijon en 1726. forma en
qualité de Pere & administrateur de sa
Fille,intervention au Procès entre la Dame
Bac het & Nicolas Berthod son Fils,
au sujet des droits paternels de celui-ci , & demanda une portion héréditaire dans
les biens du feu S. Berthod. Cette intervention
donna lieu à la Dame Bachet de
demander communication des Aétes qui
établissoient la validité du mariage de
Françoise Berthod avec François Hus, ÔC
peu de jours après elle se determina à en
interjetter Apel comme d'abus.
M. COCQUARD, Avocat de la Dame
Bachet,fonda son Apellation sur trois
moyens. Le premier resultant du défaut
de publication de Bans. Le second consistant
en ce que le mariage n'avoit point
été célébrépar le propre Curé de l'une ni
de l'autre des Parties
,
dont l'une se disoit
originaire de Marseille, & l'autre étoit
de Bresse. Le troisiéme fondé sur le défaut
de consentement de la part de l'Apellante
?
lante
,
Mere & Tutrice de FrançoiseBerthod.
Ces trois moyens furent solidement
établis, soit par les principes du Droit,
soit par les particularités du fait.
On objectera
,
poursuivit M. Cocquard
, que l'Apellante est non-recevable
, pour avoir indignement abandonné
sa Fille à Bordeaux. Mais quelle
preuve a t'on de ce fait? Est-ce l'Enquête
qui a été faire à Toulon? quelle Enquête
! comme si l'on pouvoit ajoûter foi
à des Comédiens de Province, à des vagabonds
,
à des Gens que les Loix & les
Conciles appellent Personoe inhonestoe
irifawi , ex Edicto, à des gens que l'Egli.
se a rejettés de son sein
,
à des gens ende..
rement dévouez à Françoise Berthod
,
de
à François Hus, à des Comédiens, en un
mot, qui se contredisent d'ailleurs dans
leurs dépositions. Où ont-ils appris que la
Dame Bachet s'étoit éclipsée, pour suivre
un Garde de M. le Maréchal deBerwick?
l'onr-ils vû ?Qui le leur a dit ? Si la Dame
Bachet avoit été capable d'abandonner
lâchement sesfilles, le sieur Berthod
son Mari eut-il dans son Testament supplié
le Lieutenant au Baill,age de lui conserversans
formalité la Tutelle de ses Ensans
, attendu, dit il, l'entiereconfiance
qu'ilavoit en elle? Ses Parens eussent-ils
souffertqu'à son retour de Paris, laTutelle
lelle lui fut remise ? Ces Parens d'une
J!iaiiïancc distinguée eussent-ils voulu que
£jar un honteux silence elle eut fait rejaillir
sur eux une opprobre éternel, en
abandonnant
,
& en prostituant, pour
ainsidire, ses Filles ? il ne faut donc pas
roire que lorsqu'elle les quitta à Bordeaux
, ce fut dans le dessein de les abandonner.
Après le Traité qui fut fait avec (e.
Créanciers
,
elle fut obligée de se retirer
quelques tems avec Joseph & Françoise
18enhod,à LaRochelle,chez Catherine
Berthod sa Fille aînée, Femme du S. du
Becy. Le S. du Becy, d'ancien Capitaine-
Lieutenant au Regiment de Provence.
étant devenu Lieutenant de Vaisseau,
faisoit depuis peu son séjour à La Rochelle,
où la facilité du Commerce par
imcr lui promettoit une fortune considerable
; mais la mort qui le ravitbientôt,
ayant ruiné toutes les esperances de la
Dame Bachet, il fallut qu'elle reprit avec
tïes Filles le c hemin de la Bresse. Pour éviter
la trop grande dépense
,
elles arrive-
Tent par un Bras de mer à Bordeaux
,
où
les inquiétudes ,les chagrins domestiaques
, la fatigue, les incommodités de la
mer, causerent à la Dame Bachet une dan-
>gereufe maladie, qui l'y retint plus de
quatre mois. Apres son rétablissement, se
voyant
voyant en cette Ville sans argent ,
fan!;
ressource
,
sans connoissances, dans l'impuissance
de s'y acquitter, engagée à des
dépensesexcessives,si elle continuoit sa
route avec toute sa Famille; le seul parti
qu'elle pouvoir prendre, & qu'elle prit
en effet, fut de partirseulement avec son
Fils pour la Bresse, & de laisser ses Filles
à Bordeaux de leur consentement
,
jusqu'àcequ'elle
eut engagésescréanciers
de Bresse, de se prêter à ses besoins
,
da
qu'elle eut amassé les sommes necessaires
pour l'acquittement des dettes contractrées
à Bordeaux,& pour que ses Filles achevassent
leur voyage.
Est - ce la abandonner indignement
Françoise Berthod ? Entre les mains de
qui la laisse t'elle? entre les mains de sa
propre Soeur,d'une Soeur qui approchoit
de sa 30année, d'une Soeur mariée depuis
longtems
,
d'une Soeur qui étoiten
état de veiller sur sa conduite,& de lui tenir
lieu de Mere? Etoit-il à présumer
que Françoise Berthod seroit capable de
flétrir tout-à-coup l'honneur de sa naissance,
en écoutant les proportions hanteuses
d'un Comédien de Province. Cependant
Hus qui se picquoitd'être homme
à bonne fortune, va loger auprès de
la Maison qu'habiroient Catherine Be
Françoise Berthod 5 il lme en usage ces,
airs.
e-s insinuans& doucereux qu'il a si longms
érudiés, & qui lui sont devenus
mme naturels. Pour mieux réussir
,
il
ire Françoise Berthod à la Comédie ersuadé , que dans un âge si tendre, les
équentes representations de l'Amour
» viteraient vivement un coeur qu'il avait
iêja (çu toucher; enfin il fit succomber
vertu séduite. Françoise Berthod ne pûc
ong-tems dissimuler sa faute à sa soeur.
ette Soeur attendried'uncôté par les
rieres, par les pleurs, par le desespoir
Françoise Berthod, &de l'autre par
2S promesses de Hus; craignant tour du
aste ressentiment de sa Mere
,
s'enfuit de
Bordeaux
, avec le Ravisseur & sa proïe.
Ajoutera-t'on plus de foi à la dépofiion
mandiée de quelques Comédiens,
JIU'à Françoise Berthot elle-même? Par
line de ses lettres produites au Procès,
Hle n'attribué la faute qu'elle a commise
¡'U'" la faiblesse de son âge, qu'aux assi-
'JuÍtez.. de Hus, & bien loin d'accuser sa
mère de l'avoir lâchement abondonnée,
vile s'avouë indigne de ses bontés. Enfin
aFrançoise Berthod étoit si persuadée que Mere ne l'avoit pas quittée pour mener
une vie errante, elle sçavoit si certainement
où étoit sa Mere
,
qu'elle lui
aécrit à Marboz, l'une de ses Maisons
de campagne où elle étoit en effet. Par
cetWL
cette lettre il paroît que la Dame Bac
était sur le point de l'aller chercher; m
qu'elle en sur détournée par Us artifice,
par les dissimulations de cette Fille, q
voulaitgagner du tems , pour tacher d'o
twii" son consentement, par le crédit
quelques personnes distinguées ? Et par ur
autre ,
il est prouvé que les passages de
Provence furent fermés bientôt après,
Cause de la contagion.
En vain opposerait-on pour fécondé fii
de non-recevoir les titres du Digeste St
du Code , Ne de flam desunctorum po
quinquenniumquartur.
1° L'abus ne peut être couvert, !
lpear l'autorité des choses jugées, ni p
consentement des Parties
, ni par ld
longueur du ClUS. V. Chopin en sa Po
lice Eccles. liv. ». rit. 1 n. 5. C'est POL14
cela que l'art.3. de l'Edit de 1639. JécLJ
re indignes & incapbles kj mziJ de tourtes
luccedî-ns, même droit de Ilgirime
,
les Enfans nés d'un mari 19r comrao:
té contre la teneur des Ordonnances.
2° Les Loix renfermées tous les rirreR
cités ne parlent uniquement que de la liberté.
V. Cujas surle tit. 20 & 11.I.7**
duCod.elles ne peuvent s'entendre du1
mariage. Ces Loix ont sagement presumés
qu'une personne qui avoit toujours vêçu
comme libre,& dont, après son dé*
k&j
c,
l'état n'avoit point été contesté pen-
5. ans, avoitété reconnuë
,
du
vins tacitement pour libre, si l'on
'ûte à cela que la servitude étant conre
au droit naturel, il était permis
franchir un Esclave, & que la liberté
ritoit la protection publique. Au lieu
s'en l'espece dont il s'agit, autant la listéest
digne de la faveur publique, au-
7it le Public est interessé à se révolter
mtre un mariage celcbré au mépris de
utes les Loix, & la légitimation d'un
hfant ne dépendant ni du silence, ni de
'*volonce
,
ni du consentement d'un
articulier
, on ne peut donner atteinte
i Droit commun, en reconnoissant exsessement
ou tacitement pour légitimes
jeux qui ne le fontpas. V. la Loi 14. C.
? probat.
3°. En supposant que les Loix corn.
sises sous les titres, Nedestatudefunctoumpost
quinquenium quaratur, pussent
ussi s'étendreàl'état du mariage
,
il yauabit
une exception à la règle. Car ces
coix h'avoient conctament lieu que dans
se cas où celui dont onrecherchoit l'ésat,
avoir vécu comme libre, non pas
secretement, non pas clandestinement
,
mon pas loin des Parties interessées
> mais
oouvertement ,
mais publiquement,mais
R la vûe de ceux qui avaient interêt. V.
Cujas
Cujas en son Commentaire sur le ijj
tir. 1. 7..du Cod. & en ses Paratitles rd
le titre 21.dumême Livre, & Perezi
codem n. 1. Or dans l'elpecepresentes
Françoise Berthod a vécu depuis son ma
riage clandestin
, non pas chez (a Mère
non pas à Bourg ni à Marboz
, non pa
dans son Diocele
?
mais loin de sa Mer
& Tutrice; mais à Toulon, mais dan
une Province étrangere & éloignée. 1
4°. il y a une grande différence à faira
entre l'action & l'exception.4tempoi
raria suns ad agendum
,
funt perpetuAAd
excipiendum.C'est pour cela qu'en la Loyl
licet C. de except. il est décidé que licet\
interdictumundè vi intra annum locumxI
haecat, tamen exceptione perpétuâ [ueeurri
ei qui per vim expulfus est. Le Jurisconsuste
en rend la raison en la Loi 5.1
$. 6.ff. de doli malt except. Cùmactor qui-j
dem in fuà potestate habeat
qttandouta-M
tur fno jure, is autem cum quo agitur non
habeatpotestatem quando conveniatur. Or
le mariage de François Hus ayant été célebré
clandestinement, sans les folemnités
requises, sans le consentement de la
Dame Bachet
,
dans un Pays étranger , qui sembloit être separé du reste des vivans
à cause de la contagion, & la mort
ayant enlevé peu de tems après Françoifc
Perthod,laDame Bachet,tant qu'on ne
lui
i a donné aucune connaissance de ce
ni s'était passé, aété contrainte de se
iire.
) C'est Hus qui auroit pu agir immediatement
après le décès de Françoise Berod
, comme il a fait aujourd'hui; il
avise cinq années ensuite
,
& au mois de
anvier 1727. de faire signifier à la Dame
Ir.acht l'Aé1:e de célébration de son masage,
l'Extrait mortuaire de Françoise Ber
nod
,
la Requête contenant les prétenions
de Marie-Anne Hus; ce n'est donc
u'au mois de Janvier qu'elle a pû exciser
contre lui par une appellation comme
l'abus
,
& c'est le cas d'appliquer la ma- ime vulgaire : j~<< temporaria sunt ad
gendum
,
suntperpetua ad excipiendum.
Elle doit d'autant plus étre reçûe en
ette cause
,
qu'il y a une inégalitéextrême
dans les conditions. Quand Hus rassemblerait
en lui les talens des plus excelens
Comédiens,quand ses moeurs se
roient des plus regulieres, on serait toujours
en droit de lui répondre ce que l'O.
rateur Romain disoit un jour de Roscius:
111 estsicélébrédanssaprofession, qu'il mé-
",rite seul de paraîtresurleThéâtre ; mais
si d'un autre côté
,
il c'est un sihonnête homme, ne mérite pas d'y monter. Il est vrai
) que la Comédie est aujourd'hui l'amour
> de presque tous les beaux esprits, le souhait
hait des Provinces, les délices des PeiH
ple, le plaisir des Grands, le divertissement
même des Rois; mais selon la penfée
d'un Moderne, quoiqu'on vive avec:
les Comédiens, comme faisoient les Grecs,
on ne laisse pas de penser d'eux comme
les Romains. Françoise Berthod au contraire
étoit d'une Famille très distinguée :
ainsi qu'on le peut voir dans l'Histoire de
Bresse & de Bugey,pag. 2 50. Ne feroitce
donc pas, comme dit un Ancien
mettre en comparaison le fang du Soleil
avec celui de Sisyphe,que de permettre
que Marie-Anne Hus partagât avec
les Enfans du Sr Berthod sa succession
,
en confirmant un mariage celebré contre
la disposition des Loix Civiles & Canoniques
? M. Cocquard finit en adressant
à Marie-Anne Hus ce passage d'un Auteur
: Quidquid tentes, in vanum tentas
numquam eris in familia.
M. VARENNE, Defenseur de Marie-
Anne Hus, après avoir répondu aux trois
moyens d'abus, opposa les deux sins de
non-recevoir prévûës par son Adversaire.
La Dame Bachet
,
dit M. Varenne, se
persuade-t-elle que pour jouir des privileges
que les Loix donnent aux Meres fut
leurs Enfans, i! suffise de les avoir mis au
imonde ? Elles ne parlent que de celles pourvoient avec une égale attention
aux
..tlx--be[oins de leur corps & de leur esprit.
.Mais la Dame Bachet n'a que le nomde
Mere
,
elle n'a jamais ressenti de véritable
amirié que pour elle-même. Ce n'est
pas à Bourg
, ce n'est pas dans le sein de
sa Patrie au milieu de Ces Parens qu'elle s'estséparéedeFrançoiseBerthod,;
( iln'en faudroit pas néanmoinsdavantage
pour brifer tous les liens de la puissance
maternelle) den: dans unecontrée
inconnue
, ou cette jeune fille n'avoit
aucun apui
,
c'est à 150. lieuës du Pays
de sa naissance. Outre que lapreuve dece
fait resulte du propre aveu de la Dame
Bachet, il est encore justifié par l'Enquête
faite à Toulon. L'on a vainemententrepris
de rendre ces dépositions fufpe£i;ess
sous prétexte que l'on n'a entendu que des
Comédiensjqui donc vouloit-on que l'on
entendît? Y avoit-il à Toulon une feule
personne autre que les Comédiens qui pic
êtreinstruite de ce que la Dame, Bachet
avoit fait long tems auparavant à Bordeaux
? N'était-ce pas des témoins ne'
cessaires ? La Loy derniere C.. de spectat-
-
& Scenicis décide que les Peres qui jettent
leurs filles dans la necessité de pecher
sont punis par la perte de leur autorité&
de leur puissance; l'Apellante qui avoit
oUe.lnême fait la profession de Comé-
E dienne
diennedans plusieursVilles avec sesFilles,
n'est-elle pas précisement dans ce cas là ?
Elle abandonne sa Fille dans une Ville in..
connue sans lui fournir aucune ressource
t'l'était-ce , pas l'exposer à une perte inévitable?
N'étoit-ce pas la jetter dans l'affreuse
necessité de se livrer à la prostitution,
pour ne pas périr par la faim? La feule
consideration que les Parens du nommé
Barbier l'avoient abandonnéàlui-même,
détermina le Parlement de Paris à confirmer
son mariage par Arrêt du 1Mars
l6"9i. rapporté au journal des Audiences
11m. 5. liv. 7. ch.11 Doit-on trouver
étrange que dansces circonstances
,
François
Hus sensible aux malheurs (k aux bonnes
qualités de Françoise Berthod qu'il fit
recevoir dans sa Troupe, ait fait imprefson
sur son coeu,& se soit marié sans le
consentement d'une Mere si dénaturée.
Mais ce qui doit fermer la bouche à l'Apellante,
c'est que les Loix Romaines ne
permettent pas que l'on agire la question
des défunts cinq ans a près leur mon. v.
les titres du ff. & du C. Ne de paru desanct.
post qr:in'J.qHttr-.L'étar des personnes
ne doit pas rester dans une incertitude
* Ce fait fut formellement defavotié, iln"
en avoit aucune preuve, mais on offrit de *
faire, si la Courle jugeoit à propos, ce qui ne fut pas ordonné.
perperpétuelle;
c'est même une espece de
crime de troubler le repos de leurs cendres
, par la recherche inquiete de leur
condition. Le §. 2. dela Loi 1. du titre du
A. est précis sur ce sujet. il défend d'attaquer
la condition d'une personne vivante,
si l'état d'une personne decedéeil ya j.ans
s'y trouve interessé.Or l'on ne peut contester
l'état de Marie-Anne Hus, que l'on
ne conteste en même tems celui de Françoise
Berthod sa Mere. Pourse convaincre
qu'il est d'usage d'étendre aux cas qui
méritent semblable faveur que la liberté,
&sïngulierement à la naissance & aux
mariages , ce que les Empereurs & les Ju.
risconsultes ont décidé pour la liberté
,
il
n'y a qu'à recourir aux conclusions de
M. l'Avocat General Talon raportéespar
Henrys,tom. 2. liv. "r.qu. 2 8.
Au reste
, on ne doit pas tant se récrier
sur l'inégalité des conditions; l'Extraction
de François Hus est honnête, & sa limation
devroit être plus heureuse. Son Bisayeul
a été Maire de la Ville de Francfort.
Des affaires de Religion l'obligerent
de quitter cette Ville, & de se tendre
à Paris, son fils ayeul de l'Intim, fut
Intendant de Madame la Princesse d. Rohan
Guimené ; se voyant sans bien, il Le
obligé d'embrasser la Profession de Corné-,
dien. François Hus
,
quoique Comédien,
E ij croit
croit devoir dire qu'il a toute la probité
& tout l'honneur que l'onpourroit exiger
dans une condition infiniment plus
relevée. Après tout la Dame Bachet futelle
issuë de la plus illustre Maison du
Royaume; quand François Hus a épousé
Françoise Berthod, c'etf un Comédien
qui s'est marié avec une Comédienne.
L'idée que l'Apellante s'est faite des Comédiens
depuis qu'elle n'est plus de la
Profession
,
est absolument contraire à la
vérité. Si parmi les Romains, les Gens
qui se donnoient en fpecfhde au Public
étoient réputés infames, il n'en est pas de
même parmi nous; les choses ont bien
changé, & comme il ne seroit pasjuste
deconfondre les Pieces qui se jouent sur
-nos Théâtres
,
dont la morale est si épurée
, avec les anciennes Comédies qui
n'étoient propres qu'à falir l'imagination
Je à corrompre les moeurs; de mêmeaussi
il y a de l'injustice de se servir, pour
décrier les Comédiens François, des Loix
qui n'ont été faites que contre les Histrions
destinés au divertissement du Peuple
de Rome. On ne pense point aujourd'huy
sur leur compte,comme on pensoit
autrefois; ils contribuent aux plaisirs
des plus grandsPrinces, qui
se
les
attachent par des graces , par des Pensions
, par desrécompenses Cette apologiff
logie ne devroit point déplaire à l'Apellante,
puisqu'elle sert d'excuse à sa conduite
passée;mais elle entend si peu ses
véritables intérêts
,
qu'elle aime mieux
que sa Fille foit déclarée la Concubine
d'un Comédien
, que sa Femme légitime.
Monsieurl'Avocat General Genreau fit
voir qu'il y avoir abus dans la célébration
du mariage. Que si la Dame Bachet avoit
ooblit. son devoir
,
il n'avoit pas été pour
cela permis à sa Filled'oublier le sien, en
semariant sur tout, sans le consentement
e-une, Mere & Tutrice , qu'elle sçavoit
-
être en Bresse ; néanmoins tant par raport
a l'indignité de cette Mere quiavoit abandonné
sa Fille, que par raport au laps
de 5 ans qui s'étoient écoulés depuis la
mort de Françoise Berthod , il se dérermina
dans ses conclusions en faveur de Hus.
Et par Arrêt du 7. Juillet 17 17. la Cour
déclara l'Appellante non-recevable en son
appellation comme d'abus,la condamna en
l'amende ordinaire, & ordonna que Marie-
Anne Hus resteroit au Convent où
elle étoit à DijorvJ jusqu'au jugement da
Procès, pendant aux Enquêtes,dépens
compenqsés.
Ñ0TE. Les premiers &les plus grands
Poëtes ont presque tousétéaveugles. La
-
Eiij Rime
Rime a toujours été très - agréable aux
oreilles des Peuples. Les Kantaïres &
trouvaïres
, par la gentillesse de leurs rimes,
porterent les Espagnols & les Italiens
à les imiter. La rime n'est autre chose
qu'un même son entre les syllabes qui
terminent lesVers,quand même elles seroient
écrites différemment. Il suffit de
rimer aux oreilles des aveugles qui n'ont
jamais sçu lite. Exemple en Bouts-Rimez,
Maître*
Caëtn*
¡¡êtrl.
2,40».
Jaroifirel
Laon-
Ifire.
Taon*
Saône,
',Aulne.,
Thani
Saoule,
Tahont-
Moule,
£X-
EXPLICATIONdu Logogrypht
du premier volume de Juin. Ton
Enigme, Philis, me met à la torture
J'ai beau me retourner & ab he & ab hoc,
J'y perds tout mon latin, & si ce n'etfMaroc,
-
Je n'y veux plus rêver & quitte la gageure.
On a dû expliquer l'Enigme par les Bas,
Le Logogryphe & l'Enigme du second
volume
, ont dû être expliquez sur Orgueil,
& Pont.
LOGOGRYPHE.
EPîsix lettres, LeéteurJ mon vrai nom est
compris
,
Alors mort ou vivant, je vaux toûjours mon
prix.
Des six, ôte-m'en une ou deux ou trois ou
quatre,
Transpose & mets surtout les bonnes dans
leurs lieux,
Et soudain je deviens un Prothée à tes yeux,
Ou bien si de ces six tu ne veux rien rabatre y
Transpose-les aussi, combine pour le mieux ,
Pour en juger toi-même
,
écoute & fois habile.
Tantôt je fuis ma Mere & tantôt je fuis Ville.
Sous un nom je parois devoir être cruel ,
E iiij Sous
Sous un autre en Chimie on me tient pour
utile.
Soumis aux Loix de l'Eternel,
Je me prête à la terre, immobile ou mobile.
Je puis devenir vent, fleuve, crime, tumeur,
Instrument & ton de Musique
,
Et même un Instrument Bacchique.
Je garantis du froid, du vent, de la chaleur,
Si d'un incestueux celebre dans l'Histoire,
Mon nom retrace la memoire;
Je deviens, meuble, argent, bijou, nippe, ou
- joyau,
Et tel me vise alors en s'en faisant accroire
Qui tire sapoudre au Moineau.
Je prens le nom d'un Saint qu'à Paris on revére,
En latin, je t'apprens que j'ai le temps pour
pere,
Et que divine est mon extraction.
Je couronne les voeux d'un Joüeurtémeraire,
Mais aussi mon refus fait sa confusion.
En adverbe changé, je ne puis que déplaire
A celui qui se livre à son ambition.
J'ai place entre les mets où l'on fait bonne
chere.
Enfin je fuis pronom, de plus, conjonf ction.
Je me tais: développe à present le mystere.
ParFlorimons de Saint-Jimour,
ENIG
ENIGME.
JE fuis très-necessaire,& surtout aux gourmans.
Ils ne se plaisent pas à me voir immobile.
J'ai besoin pourleur être utile,
Du plus fier des quatre Elemens ;
Trop de lenteur
, trop de vîtesse,
Ne font jamais ce qu'il me faut.
Un juste mouvement qui se fait en lieu chaud,
Sur mon cours doit regner sans celse;
On ne peut trop bien le regler ; le fruit qu'on en reçoit, c'est qu'on se raIL-rtid.»
Plus de trois pieds me sontaller ;
Etquand je ne vais plus, c'est l'heure deSosie.
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS,&c. LEs OEUVRES de S. Ami?roiJe fut
UVirçrinité, traduites en François,
avec des Notes & une Dissertation préliminaire
sur les Vierges. Par le R. P. de
Bonrecueil-yP-rctre de l'Oratoire, volume
in 8. d'environ-500. pages. A Paris-,
chez Jacques Etienne, & BanhelernyAlix,
rnï-S, Jacques. 1729,
Ey Ce
Ce Livre dl très propre à dédommages
la République des Lettres, & en particulier
les personnes vertueuses, de cette
quantité de Livres frivoles
,
qui se répandent
depuis un certain temps dans le Public,
surtout de ceux qui fous le non
ti'Avantures, &c. ne contiennent qu'un
enchaînement d'evenemens fabuleux
, &
qui après avoir fait perdre bien du temps
à des Lecteurs peu délicats, font encore
ca pables d'alterer la pureté des moeurs.
Cette parrie des Oeuvres de S. Ambroise,
élegamment traduiteen notre Langue, &
accompagnée du travail particulier du
Traducteur
, peut servir de Préservatif.
contre le déreglement dont on vient de
parler..
On nous écrit de Lyon, que le Lieur'
Rigollet, Libraire de cette Ville, va mectre
fous la Presse le second volume de
l'Histoire Littéraire de la Fille de Lyon
par le R. P. de Colonia ,
Jesuite, sur le
même plan du premier volume, duquel
nous avons rendu compte dans nos Journaux
de Janvier & de Fevrier dernier.
LA NOUVELLE PRATIQUE Civile,
Criminelle & Beneficiale ; ou le Nouveau
Praticien François, réformé fuivanr lu,
nQUYelles.Oidonnancej.Par feu M. Lange,
, anciens
ancien Avocat au Parlement. Avec un Traité du Droit d'Indult, & de la Jurisdidion
Ecclesiastique, trouvez dans les
Manuscrits de l'Auteur. Et un nouveau
Style des Lettres de Chancellerie, suivant
l'usage qui se pratique à present ; par
M. Pimont, Conseilier-Raporteur Résérendaire
en la même Chancellerie. Dédiée
à M. TAlon. Treiziéme Edition,corrigée
& augmentée des formules de prononciation
en matiere Civile, Criminelle&Beneficiale
,
dans routes les Cours & jurisdictions
du Royaume, & de Modeles,
d'Ecrituresd'Avocats.AParis, au PaUis9
chez Gosselin & le Gras,& rue S.JacytteSp
$hez. Robustel, 172,?. 1, vol,ins- 4.
MEMOIRES concernant la nature &'
la qualité des Statuts. L'Observation du'
Velleien, dans le Duché de Normandie.
Les Decrets d'Immeubles, scituez en cette
Province. Le Comté-Pairie d'Eu, & ses
usages prétendus Locaux. Une infinité de
Questions mixtes de Droit & de Coûtumes
qui dépendent de ces matieres,& la
plupartdesArrêts qui les ont décidées.
Par M. Frol.:ln.d, ancienAvocat au Parlement.
A Paris, an Palais, &ruéfaim
Jacques, chez.. le Mercier, Paulus Dumesnil,
M". Brunet, & J. de Nully, 17Z9
s.. vol. in- 4. dont les deux premiers (e
E vj vendeur
vendent ensemble & les autres sépart;
ment.
MÉMORIAL Alphabétique des Mâtieresdes
Eaux & Forests, contenuës efc
l'Ordonnance du mois d'Août 1669. Par
M. Michel Noël, ancien Conseiller du.
Roy, Greffier en Chef des Eaux & Forêts,
&c. A Paris, ruëS. Jacques
, ,h(,
Henry, 1729.
LESVIES DES GRANDS CAPITAI
MES,Grecs & Romains, de Cornélius;
Nepos.Avec lesPortraits des Grands Hom.
mes,& des caracteres des siecles dans
lesquelsils.ont vécu, tinez deVelleïus,
Paterculus, traduites par M. le Gras, de
l'Oratoire.AParis,rHiS. Jacques ,
chez
Simart, 1729. in 12. de 3.91. pages, l'aiis,
l'Epitre à M. le Premier President, la
Préface & la Table. 4
P. DAN. HUET11 ET FR. FRAGUÉ-
JtIl CARMINA: Poësies deMfSHuetl3o.
Fraguier.AParis,Quay des Augustins,
cheZ Fr. Didot, 1729. in 12. de 341)
pages, sans la Table.
L'HOMME de RenéDescartes,&la
formation du Foetus, avec les Remarques:
de. Lims de la Forge.Nouvelle Edition,. revue..
!rcvûë & corrigée & remise en meilleur
ordre. AParis, par la Compagnie des Libraires.pagnl c de,-
Il paroît une nouvelle Cantate fous Ir
titre d'Orphée, qui fait beaucoup de bruir:
Les paroles & la Musique fontde M. de
Grandval, Auteur du Poëme de Cartouche.
C'est une Parodie ingenieuse de la fameuse-
Cantate d'Orphée de M. de Clerambaud.
On n'a point prétendu en faire la critique,
moins encore la tourner en dérison. Mais
on a voulu faire voir que les plus beau
Ouvrages & les plus sérieux, font susceptibles
d'être, tournez comiquement. Ce
qu'on pourroit extraire decette nouvelle
Cantateperdroit beauceup se trouvant
déplacé,ilsuffira d'en mettre ici la Préface..
Moi, qui chantaijadis le célébré Cartouche,
Ce grand tueur d'Exempts
, cefier tapeurde
Mouche,
Je chantemaintenant le Phoenix des Epoux.
Ses amis les plus chers avoient beau crier tous,
N'allez point aux Enfers; laissez.là votre
femme,
Elle est deffunte: eh bien ,Dieu veüille avoir
son ame.
Pourquoi courrir chercher une épouse siloin.»
Y pensez-vous ? Dieux, quelle extravagance l-
Ah! qu'il est. de Maris en France, QsyQui
ne prendroient pas tant de soin!
Profitezde votre veuvage; Songez à quel péril ce Projet vous engage.
En vain pour revenir vous feriez mille effort.
On ne voit point deux fois le Rivage des
Morts.
- Retirez-vous, dit-il, Troupe lâche & jalouse.
Je pourrois oublier une si chere Epouse !
De ses vertus mon coeur fera toujours épris-
Une femme Fidelle est un trésor sans prix.
Ainsi malgré tout ce qu'on put lui dire,
Il partit, ramena l'objet de son Marure.
Hélas! est- il encor de ces Maris constans?
Ces miracles d'amour!ce n'en est plus le rems.
Mais entrons en matiere, & sans craindre h
fronde,
Va, fruit de mes travaux, pousse-toi dans le
monde;
Puisses-tu.ma Cantate, avoir un heureux fort,
Et de maints bons écus remplir mon coffre forr.
LECURIEUX ANTIQUAIRE, OU
Recueil Géographique & Historique des
chosés les plus remarquables qu'on trouve
dans les quatre Parties de l'Univers
irées des , Voyages de divers Hommes cele..-
bres
, avec deux Tables des noms Geographiques
& des Matieres. Par M. Bar-
J{'?n<izeyer
, avec de très- bellesfigures. A
Mambourg,in-8°3,voL
A SR^-
kABH.!G£ delavieille oc nouvelle Ilhl
ophie ,
continuée jusqu'au tems ow
ous sommes,& augmentée d'une Insuction
profitable à ceux qui commennt
-, comme aussi d'une ample Préfacé
: Discours sur les meilleures Cartes. Par:
sieur Jean Hubner, traduit de l'Alle.-
and. Hambourg, 2. vol. in- 8°. avec
Sgures.
lAVElier Librairetrue S. Jacques^*
Lys d'or, prés la FontaineS. Severin
a,
[ Paris, a reçû les Livres suivans des
IlYs Etrangers.
! Pastor Fido
,
del Cavaliere Guarini
in-4°. in Londra, 1718. N. B. magnifiquement
imprimé.
bibliotheque Germanique
, ou Hjftoire:
Liiteraire d'Allemagne & du Nord..
Année 1728 ôi 1729.faisant les Tomes
IS. & 16. in-Õo'. Awfterdatn2%-
vol.
bibliothecaVilenbroukiana,seu CatalogusLibrorum
quos collegitVilenbrock
cujas auctio fier Amstelodami j», 5. oao--
brisi1729.apud Westein & Smith. 3.
vol. in-8°.Amst. 1729.
Mémoires du Regne de PÍtr" Le G.,.and;,
Empereur de Rufrit. Par Juan Nestervrande.
Nouvelle Edition augmentée
4. vol. in iz. fig Amfl. 1715?. Histoire
fiijloire veriuble & sècrette des Vies. &.:
des RègnesdesRois & Reines de la
Grande Bretagne,traduite de l'An
glois 3. voisin-il Amst. 1729,
Tribonianus, sive errores Tribonianide
Poena Parricidii. Auctore F. Ramos.à"
-
cum fig. Lug. Bat. 1728. 'î
Glandorpii (Mat.) Qpera omnia
, i.-Spe
culum Chirurgorum
,
in quo quid iar
vulnere faciendum perrractaur. 2. Me*.
thodus medendæParonichiæ. 3. dePolyponarium.
4. Gazophilacium Po..
dlypluisiunm Fion1tieulo7rurn1.4°9. fig..LonI!
Gorfer,de secretione humorum è
failgLIIN
ne ex solidorum fabrica & humorum
indoledemonstrata.in-4°. Lug.Bat
1727. 1
Hester(Laur. ) Compendium
Anatomicum
3. Editio longè auctiorin-8. cum;
figuris.Altorfii1727. J
Sihal.(Georg.) scripta serie Chronologicas
recensuitGozetius.4.Novemberga1724
To'{,'{.i ( Luc ) Opera omnia, rùtn ex.
Phisiologicis
,
tùm ex Pathologicis de"
prompta. Editio noviaima auction M.
emendatior,5. vol. 4. Fenetiis 1728
rrl«nïi*i ( herm ) Introductio in uni..
versamArtemMedicam ,cura Schell
ham meri, cum Præfarione Frid. HofEÎ manni.4,Hala.1725.
Hofif/tannv
iii
HoJfrfttnni ( frid. ) Medicina Rationalis
Systematica, quo Philosophia corporis
humani vivi & fani ex solidis Phisico
Mechanicis & Anatomicis demonftrativa
traditur 3. vol.4.Hala Magd.
1719.
Capricci medicinali del Leonardo Fioraventi.
Bolognese in - 8°. in Venetia
1680.
Traité des Liqueurs, Esprits ou Essences i
& la maniere de s'en servir utilemenr.
in- 8. Louvain.1728.
MEMOIRES LITTERAIRES de la
Grande Bretagne, &c. Tome cinquième
1721.
RELATION d'un voyage fait en Suede
en 1707. par Jean Frédéric Leopold,
Docteur en Médecine, adresséà M. Wood..
ward, Docteur &e. à Londres 1720. inm. I8°. de 1 1 1. pages.
Il y a dans la Province de Haland
,
dit
l'Auteur, à environ deux milles de Jonkoping
, une montagne de fer nommée
Tahaberg. Pierre Tarinus, Ecrivain Suedois
, dit que cette montagne est si haute
'j&c si grande, qu'à peine en trouve-t-on
une qui l'égale dans toute la Suede. Si
1mille hommes, ajoute cet Auteur, tiroient
tous les ans de cette montagne un. grand nombre de charetées de fer, elle.
Ut,.
en fournirait assés jusqu'à la fin du moa«
de; on ne la creuse point pour en tirer
ce métal, comme cela se pratique ailleurs
; on ne met en oeuvre que les grosses
masses qui tombent tous les ans du
haut de la montagne, particulièrement en
Automne, lorsque le froid commence à
se faire sentir. Pour prouver qu'il n'y a
point de meilleur fer que celui ci, le même
Auteur a crû devoir observer que let
Armuriers de Paris disent à ceux qui veulent
acheter des Pistolets
,
c'est du fer de
Tahaberg.
La Ville de Norcoping est baignée par
le Fleuve Motala, qui sort du Lac Wetter.
Le Motala est fameux en Suede, parceque
son coursa été souvent interrompu.
André Wennervall dans son Livre de fiatione
stuminum pag. 5. dit que ce Fleuve
rapide s'arrêta soudainement en 1 291. en
1566. 1 661. 1691. & 1685. de forte
qu'on le traversa à pied sec , & qu'on prit
des Poissons qui n'avoient pas pû suivre
le courant. Les anciens Suédois croyoient
que cet événement étoit un vrai miracle.
& qu'il préfageoit la famine,la guerre ,
ou quelqu'autre calamité publique;mais
les modernes ont observé que cela n'arrivoit
jamais qu'en Hyver
, vers la Fête
de Noël, ou le premier jour de l'an, à la
sortie du Lac, ou dans la Paroisse de
Kimstad ,
Kimstad, au Village nommé Fiskebi. La
[Riviere n'a pas plus de trois aunes de
frofondeur dans cet endroit, & elle s'y
trouve embarassée par une grande quantité
d'herbes aquatiques qui croissent parrrni
des morceaux de pierres. On infere
de ces obfervations
, que la glace est poussée
par les vents du fond du Fleuve, &
qu'étant entraînée par la rapidité des eaux
dans la partie la plus étroite de leur lit !lle , s'y amoncele
,
& s'embarasse avec les
merbes
, ce qui arrête le cours de la Rivière.
M. Block, Médecin, fit imprimer
en Suédois à Stockolm, en 1708.
an Livre touchant le Fleuve Motala ; il
lit que les vents impetueux contribuent
aussi à en arrêter les eaux.
Sahlberg , Ville de la Westmanie
,
est
ameuse par une mine d'argent,laquelle
lu rapport de Laurent Benzelius, dans
oen LivreDereMetallica Sueco-Gothorum,
sage 41. donna en une feule année plus
se 7000. livres de métal pur. Cette mi-
3C a160. aunes de profondeur, & un
demi mille de largeur. M. Leopold y
rant descendu, admira la vaste étenduë
e cet antre, qui ressembloit plutôt à ua
Temple spatieux qu'à une mine.
INTRODUCTION à l'histoire des prin":,
cipales Bibliotheques de Paris, enrichiede
de Remarques,& d'une methode dans
laquelle on fait voir le vrai usage desBibliotheques
,
& quelle est la bonne maniere
d'étudier. On y parle aussi des Bibliothèques
,
& de plusieurs Sçavans de
Paris avec éloge, & l'on ouvre un chemin
aux voyageurs pour entreprendre le
voyage littéraire de Paris heureusement,
& avec succès. Ouvrage divisé en deux
parties. Par Daniel Maichel. A Cambridge
1721. in-8°. de 271.pages sans la.
Préface. ?
Charles V. 3c Charles VI. font les premiers
Rois de France qui ont pensé à former
une Bibliothèque. Elle fut augmentée
par Louis XI. Charles VIII. & Louis
XII. François 1.. surpassa ses prédecesseurs
par le foin qu'il eut de rendre sa Bi.
bliotheque plus nombreuse. On sçait que
ce Prince aimoit les Sciences, & qu'il
favorisoit les Sçavans. Les Rois suivans
ne négligerent point cette Bibliotheque ;i
mais après François I. on n'a vû aucun
Roi de Françe qui ait fait fleurir les Arts
& les Sciences d'une maniere si glorieuse
que Louis-XIV. Outre les Académies ce-,
lebres & les Collegesqu'il a fondés, il
n'a rien épargné pour enrichir la Bibliotheque
Royale. Le Roi Louis XV. témoigne
beaucoupd'amour pour les Lettres *,
&. marche sur les traces de ce grand Prince.
La
- e
La Bibliothèque du Roi de France
contient plus de 20000. Manuscrits ôc
~80000. Volumes imprimés sur toutes
les Sciences. On trouve particulièrement
dans cette Bibliotheque les vrayes sources
de l'histoire ancienne & moderne de
France, les Actes autentiques, les Diplomes
,les Edits des Rois &c. L'Auteur
fait à l'occasion de cette Bibliotheque un
bel éloge de M. l'Abbé Bignon. Il finit
cet article en disant qu'il souhaiteroit pafilonemenc
qu'on publiat une histoire détaillée
de la Bibliotheque du Roi de France
; mais sur tout qu'on imprimât le Catalogue
des Manuscrits & des Livres
qu'elle contient.
Après la Bibliothèque du Roi, il n'y en
a aucune à Paris qui égale la Bibliotheque
Colbert, particulierement à l'égard des
Manuscrits Grecs. Elle doit son origine à
M. Colbert qui aimoit les Lettres, & qui
protegeoit les Sçavans. Cette Bibliotheque
contient9000. Manuscrits & environ
18000. Volumes imprimés.
Divers Sçavans ont contribué à rendre
la Bibliothèque des Benedictins de la Congrégation
de S. Maur
,
à S. Germain des
Prez
,
aussi considerable qu'elle est, particulierement
M.l'Abbé d'Estrées, Archevêque
de Cambray
, mort en 1719.qui
a legué par foa Testament 12000. Volujïicç
4nes à ces Religieux. Leur Bibliotheque
contient aujourd'hui environ 42000.
Volumes, parmi lesquels on compte 1200.
Manuscrits, dont plusieurs font fortestimables.
Les Benedictins de S. Germain font aufû
dépositaires des beaux Manuscrits de
la Bibliotheque du Duc de Coassin,
Evêque de Mets, dont le celebre P. de
Montfaucon nous a donné le Catalogue.
Ces Manuscrits qui ont été recueillis par
le Chancelier Seguier,Ayeul de M. de
Mets, font au nombrede 4000. parmi
lesquels il yen a 400. Grecs, & presque
tous fort anciens, dont prés de la moitié
aété tiréedesMonasteres du Mont Athos.
La Bibliotheque Mazarine a été fondée
par le Cardinal Mazarin & par les soins
de Gabriël Naudé. On y voyoit autrefois
plus de 40000. Volumes; mais ce Cardinal
étant sorti de Paris dans un tems de
trouble, sa Bibliothèque fut venduë par
ordre du Parlement, & l'on transporta
les Manuscrits dans celle du Roi. Le Cardinal
après son retour à Paris, rétablit sa
Bibliothèque avec beaucoup de foin. Elle
contient aujourd'hui environ 37000.
Volumes. Il n'y a point de Manuscrits.
On commença à former la Bibliotheque
de Sorbonne en 12 8 9. Elle a été augmentée
en divers temps i enfin elle devint
-'¡nt considerable par la Bibliotheque du
Cardinal de Richelieu,& par celle de son
:Õecrn:lire
,
donc ils firent ptefent à la
Maison de Sorbonne.
On trouve dans cette Bibliotheque
grand nombre de Livres de Theologie,
aies premieres Editions de Paris, plusieurs
beaux manuscrits, divers Exemplaires de
&ta Bible Hebraïque, un bel Alcoran
,
pluÍÛeurs
Livres Turcs, l'Histoire de Tite-
Live en deux volumes in-folio,traduire
en vieux Gaulois, & embelliede diwerfes
Miniatures à la tête des Chapitres.
Diverses personnes ont contribué à ren-
Ittre la Bibliotheque de sainte Genevieve
très-considerable
,
particulierement M. le
Tellier, Archevêque de Reims, qui leggua
sa Bibliotheque aux Chanoines Re..
gguliers de sainte Genevieve. On ne voit
bplaiostbheeaquucoeup de Manuscrits dans leur Bi-
,
& ceux qu'on y conferve ne sont pas fort anciens. Les Manuscrits les
plus estimables qui appartenoient à M. le
tTaeullier ont été mis dans la Bibliotheque
Roi. L'excellence de la Bibliotheque
de sainte Genevieve consiste principalement
dans les Livres imprimés. Il paroît
par ie Catalogue de la Bibliotheque de
M.leTellier, que celle de sainte Genevieve
elfc fortconsiderable, sur tout par
t rapport aux Livres Theologiques. Elle
ne
ne fournit pas d'assés grands secours pour
l'étude des Humanités & de la Philosophie.
On y voit un Cabinet d'Antiquités,
dont on a une Description imprimée,
par le P. du Mouliner.
La Bibliotheque des Jesuites du Colle-
> ge de Louis le Grand aétéformée par la
libéralité de plusieurs personnes
,
& particulièrement
de M. de Harlay. Elle contient
47000.Volumes, parmilesquels
on voir plusieurs anciennes Editions, &
des Manuscrits Latins, Grecs,Hebreux,
Chinois. &c.
LaBibliothèque de la Maison Professe
es Jesuites, doit principalement son
origine au Cardinal de Bourbon. Elle renferme
environ 20000. Volumes. Les Ma4
nuscrits qu'on y trouve ne font point
anciens. On y voit des Livres sur diverses
Sciences; ceux qui regardent la belle Littérature
y font en plus grand nombre.
Cette Bibliotheque a été augmentée de
celle de M. Huct, ancien Evêque d'A.
vranches. Le R. P. Tournemine, si connu
dans le Monde sçavant, en a aujourd'hui
ladirection.
La Bibliotheque des Chanoines Réguliers
de S. Victor est aussi ancienne que
leur Maison ,qui fut fondée en 1 1 13.
lUe étoit fortestimée du tems même de
FrançoisIàcause des belles Editions dc4 des
des Manuscrits que l'on y voyoit. Elle fut
dans la fuite augmentée par la libéralité
de diverses Personnes, & particulierement
du PresidentCousin en 1703. Cette
Bibliotheque est fort nombreuse & trèsconsiderable
par rapport aux LivresTheologiques
& Ecclesiastiques ; mais on n'y
voit pas beaucoup de Livres de belle Littérature
& de Philosophie; on y trouve
un assez grand nombre d'anciennes Edit
tions. Elle contient aussï plu sieurs Manuscrits
fort estimables, sur tout par rapport
à l'Histoire Ecclesiastique,de sorte
qu'à ce dernier égard, elle paroît préferable
à plusieurs autres Bibliotheques.
On commença à former la Bibliotheque
des Peres de l'Oratoire de la ruë saint
Honoré peu de tems après la fondation
de cette Maison en 1611. Elle fut augmentée
en 1620. d'un grand nombre de
Livres imprimés & de Manuscrits par la
generosité d'Achile de Harlay. Plusieurs
de ces Manuscrits avoient été recueillis
dans le Levant.
Cette Bibliotheque est distinguée par
les Manuscrits Hebreux, Siriaques Arabes
& Persans. Le P. le Cointe y ajouta
plusieurs excellens Livres, sur tout par
rapport à l'Histoire.
Les Livres imprimés & t:s Manuscrits
font au nombre de zzooo. On trouve
F dans
dans cette Bibliotheque moins d'anciennes
Editions que dans les autres ; il y en
a peu qui précedent l'an 1500. Parmi les
Manuscrits Orientaux, recueillis en partie
par le P. Morin, on voit le Pentateuque
Samaritain, qui a été imprimé dans
la Poliglotte de Paris.
La Bibliotheque des Dominicains de la
ruë S. Honoré est aussi ancienne que leur
Convent
,
qui fut fondé en 1613. Elle a
été augmentée par les soins du P. Goar.
Cette Bibliotheque contient 25000.Volumes
,parmi lesquels il ya plusieurs Manuscrits
dont quelquesuns font Arabes,
Siriaques,Ethiopiens &c.
Les Augustins Dechaussés
,
dits Petits-
Peres
,
qui s'établirent à Paris dans le
dernier Siecle
, commencerent à faire une
Bibliotheque en 16*So. Elle futaugmentée
d'environ 12.000.Volumes en 1682.
Cette Bibliotheque est considerable, quoiqu'on
n'y trouve rien qu'on ne puisse
trouver dans les autres Bibliotheques de
Paris.
La Bibliotheque des P P. Minimes de la
Place Royale a été fondée en partie aux
dépens de ces Religieux, & augmentée
par la libéralité de diverses Personnes particulierement du fameux M. de Lau-,
noy ,
Docteur de Sorbonne, qui legua
auxMinimes la moitié de sa Bibliotheque.
Ils
Ilsont un assez grand nombre de Livres,
sur tout de Livres Ecclesiastiques, & on
voit dans leur Bibliotheque plusieurs Ma
nuscrits Liturgiques.
Parmi les Manuscrits de cette Bibliotheque
,
il y en a plusieurs qui contiennent
les negociations des Ministres de
France dans les Pays Etrangers. On y voit
aussil'histoire des Cardinaux, avec leurs
Armoiries, en divers Tomes,& plusieurs
Livres de Botanique
,
écrits de la propre
main du P. Plumier, Minime,qui excelloit
en ce genre; ils sont ornésdetrèsbelles
nsures.
La Bibliotheque des Celestins est nombreuse
; elle contient plusieurs anciennes
Editions, entr'autres
,
le ~Spntlnm
humanæ, imprimé par Pierre Cesar & Jean
Stol, & une Bible imprimée à Paris en
1476. Le Livre intituléSpeculum huma-
11£ salutis
, qu'on voir dans la même Biblotheque,
est fort rare. Il a été imprin'lé
sur des Planches gravées, sans datte,
sans nom d'Auteur, ni même de lieu
de l'impression.
LES AVENTURES d,,,, Vinforuiné Flo.
rewin
, ou VHiflolre d. Mrrco Ad.iio
Brabulini ,avec figure) 2. vol.irt\ A
Paris, chez. BrÙss!fJn, 17-9-
F ij Nous
NOUVELLE DÉFENSE delàConfit*
tution
,
où l'on montre qu'elle est regle
de foi, parce qu'elle est conforme à l'Ecriture
& à la Tradition, & parce qu'elleest
un jugement de l'Eglise universelle. I.vol.
de 555. pages,in12. SACONFORMITE'
avec l'Ecriture & la Tradition, &c.
2. vol. de 4 r 2. pages. Par Claude le Pelletier
, Prêtre Dotteur en Théologie, Chanoine
de l'Eglise de Reims. 6. Edition,
corrigée & augmentée, A Rouen,chez.
Cibin3 rllë du Bec
J
& à Paris
,
chez
Lafeux , ]72..
L'ASNE.Paris
,
chez. François Taéarie,
Quai de Conti
, 17 29. in-11. pages
40.
LAuteur de cette brochure a entrepris
de faire l'éloge de l'Asne
, & pour cela il
rapporte, autant qu'il lui est possible,ce
qu'on peut dire à la loüange de cet Animal.
Il n'a pas ignoré qu'il y a dans les Livres
Sainrs plusieurs endroits favorables
au sujet qu'il traite; mais il s'est fait un
scrupule, dit-il, & avec raison, d'employer
dans un Ouvrage qui paroît peu
serieux des témoignages sacrés & respectables.
Corn. Agrippa, Hcirwiiis, Palfèar,
&c.avoient déjà préconisé l'Asne.c'est apparemment
pour mettre le sceau à ce que
cesSçavans en ont rapporté,que notre
Auteur!
Uuteur moderne se met aujourd'hui sur
~cles rangs. Après avoir remarqué qt--e la
prévention exerce un furieux empire sur
l'esprit de l'homme, il ajouteque c'est
elle qui presque toujours détermine ses
sentimens
,
régle ses actions, fixe ses
sgoûrs &c. c'est elle, dit-il, qui fait que
tant de gens aiment ou haïssentsansrefléxion
,
estiment ou méprisent sans discerllemnt
&c. Elle nous fournit les termes
les plus forts & les plus pompeux poui*
loüer, par exemple
, un Guerrier dont le
mérite est de porter par tout la désolation
2k la mort, & elle ne nous inspire que du
mépris ou de l'indiference pour un Laboureur&
un Vigneron, dont l'industrie bien
faisante force la nature à nous donner &
dequoi vivre,& dequoi nous réjouir. De
là notre Auteur fait remarquer qu'on s'opiniâtre
à loüer presque tousles Animaux,
& qu'il n'y a quel'Asne pour lequel on n'a
que des regards de mépris.C'est cependant
en lui, dit-il, que se réunissent toutes les
qualités qu'on remarque dansles autres; il
rfi: propre à traîner la charette, à l'abourer
la terre,à porter des fardeaux les plus pesans,
à courir la poste
,
& c'est danstous
les Pays la monture la plus douce.
Nous croyons en avoir dit assez pour
faire connoître le mérite de cette brochure
; il ne nous reste plus qu'à en ex-
F iij traite
traire un articlequi nous a paru la quintessence
de l'Ouvrage; on y apprendra
l'origine du Proverbe pour un point Martin
perdit sonAsne.» Un nommé Martin
» étoit Abbé d'une Abbaye en Iralie.,noin.
» mée Asello ; il avoir fait écrire sur le
Portail de sa Maison
Portll fatens efit. Nulli claudaris honeste.
»Mais l'Ouvrier par mégarde
, ou par
>5 ignorance, avoit mis le point après le
1) mot Nulli.
Porta fatens esso nulli. Claudaris ho»efto.
» Ce qui donnoit au vers un sens tout
cc contraire. Le Pape passant par là fut in.
il digné de cette incivilité de l'Abbé, &
M le priva de son Abbaye. Son successeur
» fit reformer la mauvaise ponctuation de
ce Vers, auquel on ajoûta le suivant.
JJno pro punéfo caruit Martinus afello.
» Mais à cause qu'Afello en Italien si-
» gnifie un Asne, on a ainsitourné le Pro-
» verbe,pour un point Martin perdit son
A[h& t au lieu de dire son Abbaye d'A.
sello.
TnAÎTE' THEOLOGIQUE sur la forme
de la Consecration de l'Eucharistrie
oivifé , en deux parties ,où l'on démontre
par l'unanimité des Ecoles, par la TradiÜon
on de l'Eglise Latine & Grecque, par la
finition de plusieurs Conciles,& par la
catique de l'Eglise universelle, la nouveauté
du sentiment des Grecs modernes
& du R. P. le Brun, Prêtre de l'Oratoire
,
& où l'on éclaircit par de nouvelles
recherches la décision du Concile de
Florence
,
& le vrai sens des Liturgies
Orientales. Par le V.Bougeant) de la Corn,
pagniedeJesus,imprimé a Lyon, ~se
vend a Parischez.
bert,2.dv'Hoourli3.&icnhe-z.1Ch2au.-
C'est: la suites
,
& sélon les apparences
ce fera la fin d'une controverse qui a déja
été agitée entre le P. Bougeant, Jesuite ÔC
le P. le Brun, de l'Oratoire. Ce dernier
ayant avancé dans son Recueil de Liturgies
que la Consecration de l' - ucharistie
n'étoit pas operée par les feules paroles
de J. C. Rit est Corpus mpum : Hic cft
Calix Sanguinis mei
,
& qu'il étoit essentiellement
necessaire que le Prêtre joignit
aux paroles de J. C. une priere expresse
pour demander à Dieu laconsecrationdes
dons, telle qu'il y en a urreen effet,dans
la Liturgie Romaine & dans les Liturgies
Orientales. Le P. Bougeant a vivement
attaqué ce sentiment par une Dissertation
qu'il publia il y a deux ans. Le P. le Brun
a répondu à son agresseur
,
& il est mort
au milieu de la contestation; mais com-
F iiij me
me l'Ouvrage d'un Auteur ne meurt pas:
toujours avec lui, le P. Bougeant ne voulant
pai laisser la querelle indécise
,
publie
aujourd'hui un nouvel Ouvrage sur cette
matiere importante
,
& il la traite de façon
qu'on croit que le sentiment du P. le
Brun trouvera déformais peu de partisans.
PRÆLECTIONES THEOLOGICÆ de
Sacramentis Poenitentie,&c. Traité des Sacremens
de Penitence &d'Extrême-Onction.
Par M. l'Abbé Tournely. A Paris,
rueS. Jacques, chez laveuveMaziere, &
J. B. Garnier 1728. 2.vol. in 8.
MuSJCUM SELECTUM,fîveCatalogus,~
c. Cabinet choisi ou Catalogue
des Livres de M. MichelBrochard, avec
une Table alphabétique des Auteurs. A
Paris, ruë S.
-
lacs/nés, chez GV'.1b. Martin,
1719.in 8. de 325. pages, sans la Table.
LA SCIENCE DES INGÉNIEURS dans
la conduite des Travaux de Fortification
& d'Architecture civile, dédiée au Roi.
Par M. Belidor, Commissaire ordinaire
dqeuel'sA,crthiellzeCriel.ôJcocm. AbePrta,1r7is2,9.riure4S..aJvaecc- RfiguEres-.
REFUTATION desfaux principes ré.
pandus dans la Grammaire Italienne à
l'usage des Dames. Par l'Abbé Antonini Napolitain. L'ordre Grammatical confon-,
du par cet Auteur, remis dans ion état
naturel
, & tel qu'il doit être enseigné sé-
Ion la véritable methodede la Grammaire.
Par M. de la Lande
, Interprete du Roi , Professeur des Langues Françoise
3
& Italienne
, de Geographie & d'Histoire. A
Paris ,
Quai de Conti, & ruë S. Jacques 9.
chez la veuve Pissot & Ch. Huart ij29.-
brochure in-12. de 140. pages.
On vient de traduire en François un
Livre écrit en Latin & en Allemand,ÔC
imprimé à Aufbourg
,
qui a pour titre ,,
Element de PHiftoiret ou Methode courte
& facile pour apprendrel'Hstoire aux
Enfans. On le va mettre incessament ion?
la presse. Voici l'Avertissement qui fera à
la tête de cetteTraduction;il pourra donner
une idée
, & de l'Original & de la
Copie.
On ne donne point ici une Traduction
Littérale, elle eut peut-être été trop seche
, & n'eut pas été assezinteressante.
L'experience que le Traducteur a faire
dans lesautresTraductions qu'il a données
au Public, lui a faitconnoitre qu'ilest
quelquefois non seulement permis de s'éy
caitçc
carter de cette scrupuleuse exactitude qui
sattache trop à la lettre de l'Original
qu'on traduit; mais utile même,& couvent
necessaire
, soit pour jetter quelqueagrément
dans la copie, soit pour ajoutér
à l'Original quelque nouvelle circonstance
dans les faits qui y font rapportés, & oik
elle manquoir; soit enfin pour s'accommoder
au goût des Lecteurs, qui n'est
pas le même dans toutes les Contrées, Se
chez les diverses nations de l'Europe; celui
des François étant assez différentde celui
des Peuples du Nord.
On a été bien aise de prévenirla deffus
ceux qui prendront la peine de lire cet
Ouvrage, & l'on a crû devoir leur rendre
compte des motifs qu'on a eu de nepas
s'assujettir trop servilement au Texted'un
Auteur qu'on fait parler une autre-
Langue que la sienne.Après tout on a râ:
ché de suivre fidelement le dessein & Iat.
méthode du sçavant & ingenieux Jesuite y.
qui sans se vouloir faire connoitre, mais.
animé d'un zele digne d'une immortelleloüange,
entreprend par un long &ennuyeux
travail de renfermer dans un petit:
; volume l'Histoire de tous les siecles, em,
faveur & pour l'instruction d'une innocente
& docile jeunesse, cette precieuse
portion du troupeau de Jesus-Christ pour
laquelle ce divin Sauveur a marquéune (t i
grande:
:
grande tendresse. C'est pour rendre cet
excellent Ouvrage utile à plus d'une Nation
, qu'on en a entrepris la Traduction
à l'usage de la Jeunesse Françoise. Les
Ecrivains des autres Nations font invitez
à s'associer dans cette bonne oeuvre au
Traducteur François, & à en partager
avec lui le mérite.
Le 17. Mai, le Sieur Dominique François
,
natif de Château- Blanc, en Franche
-
Comté,présenta au Roy, à Compiegne
, une Machine qu'il a inventée,
& qui, à ce qu'il prétend, a le mouvement
perpetuel. Cette Machine a été envoyée
à l'Académie Royale des Sciences
pour l'examiner. Le même Auteur assure
avoir fait la découverte des Longitudesx
qu'il communiquera au Public.
Le 9.Juillet, le Sieur Anisson,Directeur
de l'Imprimerie Royale, présenta
au Roy à Marjy
,
le 2e volume du Recueil
des Ordonnances des Rois de France de la
3e Race, par feu M.deLauriere
,
Avocat
alu'aParnlemnent.éCee V1olu3me2va5jus.qu.'en
e31- Il vient de paroitre quatre Elhmpcs;
nouvellemenrgravérs d'après les Tableauxoriginauxdu
Célébré Watreau
, Bvjlesquels
lesquels ont pour titre
,
le Départ des C^
médiens Italiens en 1697. gravé par
L. Jacob: Alte
,
gravée par J. Moyrean; la Finette,par B. siadran-,l'indiffèrent,
par G. Scotin. Ces Estampes avec toutes
celles gravées précédemment par les soins
de M. de Julienne des Gobelains
se vendent
à Paris, chez la veuve Chereau
,
rüc
S. Jacques
, aux deux Pilliers d'or ; (
chez Sumgne , rüe des Noyers,
vis àvis
S. Yves.
On vend aussi chez les mêmes, les deux
volumes d'études, désignés d'après Nature
, par Warteau
,
grand in-fol. contenant
350.planches.
Nous venons de recevoir d'Angleterre
une Feuille volante,imprimée à Londres,
& accompagnée d'une Vignete convenable
au su jet, dont nous croyons devoir
rendre compte au Public. Voici ce qu'elle
conrienr. Projet DE SOUSCRIPTION pour
faire graver, & imprimer vingt grandes
Tailles-douces sur du papier Impérial, ou
ferontrepresentéeslaProcession ET
LES CE'RE'MONIEquis'observerent
le Jeudi 17.jourdeJuin1725.àl'installation
des Chevaliers de l'illustreOrdre
Militaire du BAI N , avec les Armes, les
Noms;Titres, &c. des Chevaliers 6c
de leurs Ecuyers, tels qu'ils font place
dans la Chapelle d'Henry VII. dans l'Abbaye
de Westminster. Par Jean FhIe.
»tnicLrees Planches feront rangées de la ma- suivante. Planche l, les Habirs ,
les Armes, les Baniercs, Colliers, Eonnets,
&c. 2. Plan Geometral-de la
Chapelle, où fera marqué le Siege qui y
est assigné à chaque Chevalier. 3. Perspective
de la même Chapelle, où fera
representélePRINCEGUILLAUME,
offrant son Epée au Doyen
,
chacun des
Chevaliers (e tenant debour fous sa Bannière.
4. Les Tambours delaMaison du
Roy, le Tambour Major, le Timballier,,
les Trompettes du Roy & le Tromperie
Major
,
faisant chacun son Office. 5,
Douze pauvres Pensionnaires de l'Abbaye
de 'Veitminftcr. 6. 7. 8. 9. 1 c. 1 I. Le
Mesager de l'Ordre & les Ecuyers des
Chevaliers, avec leurs Armes, leurs
Noms, leurs Titres, &c. 12. Les-Chanoines
de l'Abbaye de Westminster. 13.
Les Pourfuivans d'Armes, les Hérauts
,
avec les Rois d'Armes. 14. 1 5. 16. Les
Chevaliers avec leursArmes, leurs Noms,
leurs Titres, &c. 17. Edmond Sawyer,
Ecuyer, Gentil-homme Huissier. Edouard
Montague, Ecuyer Secrétaires de l'Ordre,
Edouard Young Ecuyer, Greffier
de l'Ordre. Grey Longueville, Ecuyer
Roy
Roy d'Armes du Titre de Bath. Jean
Anstis le fils, Genealogiste de l'Ordre.
Jean Anftis
,. pere ,
Ecuyer, premier Roy
d'Armes, du Titre de Garter. M. le Reverendissime
EvêquedeRochefler,Doyen
de westminster de l'Ordre.LEGRANDMA
I S T RE. Le Chevalier André Fontaine
representantlePRINCEGUILLAUME.
18. Les Chevaliers assis à dîner, & servis
par leurs Ecuyers. 19. PlandelaTable
avec une description entière du festin.
20. Description du souper, dressé par
M.Heydegger.
Le tout fera precedé d'une Relation en
Anglois & en François, de la Procession
& des Cérémonies. Par Grey Longueville,
Ecuyer, Roy d'A rmes du Titre de Bath.
Les Portraits du Grand Maître
,
des
Chevaliers & des principaux OssiÎ(;fS
feront gravés sur ceux qui ont été peints
d'après Nature. Les Tailles douces feront
tiréesdemaniéré qu'elles pourront se relier
avec la Relation,ou être mises en cadre.
La Relation fera imprimée avec de
grosses Lettres, embellies de Vignettes
de culs de Lampes & Lettres grises.
Les Souscrivans payeront chacun quatre
guinées, dont la moitié se payera en souscrivant
& l'autre moitié en recevant
l'Exemplaire complet en blanc, qui fera
prêt pour Noël prochain au plus tard
plut,
plus des trois quarts de l'ouvrage étant
achevé.Onsouscritchez les Sieurs JllnJs
près de l'Eglise de S. Paul, Prevost di
Compagnie, Vtll!dtnhoecÆ.,. & Richmond
dans le Srrond, Lyons & W' (Jolrmen, au
Commun Jardin.
Le Sieur Guillaume Danet, Gendre de
Nicolas de Fer, a mis au jour une nouvelle
Carte de la Terre,ou Mappemondes
trèsinstructive
,
& principalement pour
ceux qui désirent apprendre la Géographie
,
alllTi bien que pour ceux qui étudienc
en Philosophie : on a representé
toute la surface de laTerre en deuxHemifpheres
très exactement, sélon les plus
Bouvellcs observations des Routiers de
Mer, & conforme aux observations astronomiques.
Plus une Sphere artificielle
élevée à la latitude de Paris,avec la Sphere
droite & parallele. Plus un discours sur
l'usage de cette Mappemonde
3 avec une
Tablequi donne à connoître le raport des
differentes mesures itinéraires , au raporr
de latoise de Paris, où font marqués la,
circouterence,le diamètre, la Superficie &
la solidité de la Terre
,
Selon les trois dirferenres
lieües de France. Aux deux extré*
mitez de la ligne Equinoxialle, font qua.
tre cornes d'abondance qui reprélentent
les quatie Parties du monde: au dtffua nt
font les figures des sept Planettes sélon-
M. Cassini & le P. Kirker. Plus les
quatre princi paux sistêmes & la figure des
Eclipses du Soleil & de la Lune accompagnez
d'un Cartouche d'un très-bon
goûr. Cette Carte se vend à Paris, cheZ
le SieurDznet, Vont Notre - Dame, a la
Sphère Royale, ou se trouvent les ceuvrey
du Sieur Defer.
On aprend de Londres que la Traduction
Angloisedes Tragedies de Sophocle,
avec des Notes historiques
,
morales &-
critiquer, pour éclaircir le Texte Grec,&
pour corriger plusieurs erreurs des Editeurs
& des anciens Scnoliastes, paroît
en 2. vol. in-8°. chez. C. David.Cette
Traduction cft précédée d'une Prérace,
où M. George Adam) Auteur de tout
l'Ouvrage
3
prend la défenie de la Poësie
Tragique,&fait voir par occasion en
quoi quelques Modernes se font écartez,
des regles de cette Poësie, que les Anciens
ont observées. Il y ajoute une Differtâtion
historique sur son origine & fesprogrès,&
il y fait la comparaison des Anciens
Poëtes. Tragiques entr'eux.
Oh délivre depuis peu auxSouscripteurs
les 17, Vol. in-folio des Actes de Ry,/)eY''
M. Andrini, l'un des principaux Membre.
bres de l'Académie de Florence, y mourut
vers le milieu du mois dernier, beaucoup
regretté. Illaisse au Grand Duc par
Ison Testament le beau Busted'Agripine,
mere de Neron , que ce Prince a fait
mettre dans la fameuse Gallerie de son
Palais.
L'académie des Jeux Floraux distribuera le
troisiéme jour du mois de May de l'année les 7750. quatre Prix ou Fleurs qu'elle doit donner
chaque année.
Le premier Prix est une Amaranthe d'or, de
la valeur de 400. liv.. qui est destiné à une od.
Le second est une Violette d'argent, de la
valeur de ifo- livres, quiest destiné à un Poëme
de 60. Vers au moins, ou de cent Vers au
plus, tous Alexandrins ou à rimes plates. Le
sujet de ce genre dePoëse doit être héroïque,
Le troisiéme Prix est une Eglantine d'argent
de la valeur de 250. livres, qui est destiné à une
Piece de Prose d'un quart d'heure ou d'une
petite demie heure de lecture, dont le Sujet
fera pour l'année 1730.
LE VICE MESME EST FORCE' DE RENDRE
HOMMAGE A LA VERTU.
Le quatrième Prix est un souci d'argent, de
lavaleur deJOO livres, qui est destiné à une
Elegie, à une Eglogue, ou à une Idyle. Outre
les quatre Prix qui appartiennent à l'année
1730 l'Académie distribueralePrix de l'Ode.
celui du Poëme & celui du Discours, qui
ont été reservez l'année 1729. & deux Prix de
Discours
,
qui avoient déja été réservez les années
précédentes. Ce grand nombre de Prir
doit
doit redoubler l'émulation des Auteurs. Le
Sujet de tous les Ouvrages de Poësie est à leur
choix; mais leurs Ouvrages doivent être en
Vers réguliers. Ils ne doivent avoir rien de
burlesque, de satirique ni d'indécent; & les
Auteurs qui traiteront des matieres Théologiques,
doivent accompagner leurs Ouvrages de
l'Approbation de deux Docteurs; il feroit même
de leur prudencede s'abstenir de traiter de
pareils Sujets.
On doit remettre dans tout le mois de Janvierde
l'année 1730. à M. le Chevalier deCatelan
, Secretaire perpetuel desjeux Floraux, logé près de la Place du Salin à Toulouse,trois
Copies bien lisibles de chaque Ouvrage. Le
mois de janvier expiré il n'en recevra plus.
L'Académienesuppléerapointaux~omons,
& ne recevra point non plus de corrections
des Ouvrages aprs qu'ils auront e:é remis,
ainsi les Auteurs doivent revoir avec foin les
CoIplies qu'ils en prefenterom.
est à propos de se servirde la voye de quelqueHabitant
de Toulouse, pour faire remettre
les Ouvrages à M.le Secrétaire, & de ne point
les envoyer par la Palle, pour éviter l'embar.
ras où l'on se crouveroit,si une Piece qui lui
feroit adressée par le Courier à droiture, venoit
à être jugée digne du Prix; l'Académie ne peut
en accorder qu'à des Ouvrages nouveaux:ainsi
ceux qu'on reconnoîtra avoir été donnez au
Public. en tout eu en partie, ou dont il aura
paru des Copies,en feront exclus,aussi bien
que les Ouvrages composez sur des Sujets donnez
par d'autres Académies, &ceux qu'on découvrira
n'avoir pasété faits par ceux qui s'en
diront les auteurs; un des Statuts de l'Académie
leur défend aussi de se faire connoîtreavant
l'adjudication des Prix. Ils
Ils ne mettront point leurs noms à leurs Ouvrages,
mais feulement une Sentence. Ils font
avertis que les Ouvrages pour lesquels on follicite
font exclus du Prix.M. le Secretaire chargera
son Registre de la réception qu'il fera des
Ouvrages & du nom de celui qui les lui aura
1 feinis, à qui il en délivrera le Récepissé.
Ceux qui auront remporté des Prix, feront
obligez de venir les recevoir eux mêmes,s'ilsfont
à Toulouse
,
l'après midi du rroifiéme
jour du mois de Mai,dans le grand Consistoire
de l'Hôtel de Ville. où on en fait la distribution
,
& s'ils font hors de portée de venir les
recevoir, ils doivent envoyer uneProcuration
en bonne forme, à une personne domiciliée
dans Toulouse) qui en la remettant le trois de
May à M. le Secreraire
, avec le Recepisse de
l'Ouvrage,recevra le Prix. Après que les Auteurs
se seront fait connaître, on leur donnera
des Attestitions
, portant qu'un tel
, une
telle année,pour un tel Ouvrage par lui com- poséremporté un tel Prix ;& l'Ouvrage
en Original y fera attaché fous le Contre-Scel
des Jeux.
Les Auteurs ne peuvent remporter que trois
foisen leur vie les Prix destinez à chaque genre
d'Ouvrage; après quoi ils ne doivent plus entrer
en lice.
Celui qui aura remporté trois Prix, l'un derquels
fera l'Amaranthe, pourra obtenir des
Lettres de Maître des Jeux Floraux,& il fera
toute sa vie du Corps des Jeux, avec droit
d'assister&d'opiner comme Juge avec le
Chancelier, les Mainteneurs & les autres Maîtres;
aux Assemblées publiques &r particulieles
qui regarderont le Jugement des Ouvrages,.
& l'adjudication des Prix.
on avertit que Iti Reçutils de Pietes d"Etr;-
1 qmne* -
fvence & de POésie qui ont été presentes à.
l'Académie des Jeux Floraux pourla distribution
des Prix de chaque année, depuis 1710.fit
trouveront à Toulouse chez le fleur Lecamus
Imprimeur du Roy & de VAcadémie des Jeux
Floraux, rue de la Porterie,chez, Huart l'aîné,
Marchand Librat'rok Paris,rue S, Jacques j
proche la Fontaine S. Severin, A la Jufiiu, &
ehe{le sieurNicolas Lecourt l'aîné, Imprimeur
du Roi à Bordeaux
,
ruë S.James.
RONDEAU redoublé à remplir
ON
ne peut pas tout ce qu'on veut.
On finit moins qu'on ne commence.
On ne veut pas tout ce qu'on peur.
On ne dit pas tout ce qu'on pense.
On ne peut pas.
CHANSON EN RONDEAU.
D'Un coeur tendre & fidèle,
1Vous fixez tous les voeux;
Vous êtes jeune & belle;
Tout cede à vos beaux yeux;
Mais pour passer des jours heureux ,
Souvenez-vous qu'il faut répondre aux feux
s
D'un coeur tendre & fidèle.
AUTRE
AUTRE CHANSON.
Lucas,
ayons le coeur joyeux;
Moigué, je buvons duvin vieux;
pourquoi te chagriner des rigueurs de Clau-
,
dene ?
f. Vuidons ce Broc pour te venger.
Si l'Amour a sçû t'engager,
Bacchus t'offreunsecours pour braver l'Inhumaine.
Choquons,tu résistes encor!
C'est avec ce jus que j'endors,
Ce Dieu qui te fait tant de peine.
SPECTACLES4.
LE Mardi, 19. Juillet, l'Académie
Royale de Musique donnala premiere
Representation desNouveaux Fragments;
le Public leur a fait un assez bon accueil;
le Balet,surtour,a fait beaucoup de plaisir.
Ces fragmens font pris de divers Ouvrages
de Mrs Danchet & Campra. Le Prologue
fut fort applaudi autrefois dans les
Amours de Venus. La premiere Entrée est
intiulée la Fête Marine ; elle est tirée des
Fèies Venitiennes. La seconde a pour titre
U PallQrAle¡ elle estextraite duBaleedes
Muses;
Muses ; la troisiéme est appellée, les Seres*
nades & les Joue irs, elle est des Fêtes Ves
nitiennes, de même que la premiere.
Les Fêtes Veniciennes furent données
pour la premiere fois le 17. Juin 17 10. II
n'y avoit d'abord que trois Entrées; Sçafi
voir, la Fête des Barquerolles, les Sere..s
nades <3° les Joueurs, & l'AmourSaltin-x
hanque. Les Auteurs y ajouterent diverses
autres Entrées
,
telles que la PèteMl"
rine, substituées à celles des Barqueroles;
le Bal, qui remplaça le Prologue qu'ont
supprima; les Devins furent mis à la place î
de la Serenade pareillement supprimée ; ;
l'Opera fut encore une nouvelle Entrée, à ]
laquelle la Fête Marine fit place; ce qui
fait entout sept Entrées. On les aenfinréduites
au Prologue qui a étéremis, aux
Devins, à l'Amour Saltinbanque, à l'Opera
& au Bal; on y a depuis ajoûté la
Comédie.
Prologue des NouveauxFragments.
îierfheatrc repr"(ente le Palais dH,bé.
Celte Dè(seyp.r-'ott sur un Tronc de };¡trl
environnéede si Cour.
Le Choeur chante la gloire d'Hebé; il
l'invite à regner& à faire regner l'Amour
avec elle. Une suivante d'Hebéchante les
Vers suivants :
-
Venez, riante jeuneficj
LivresLivrez-
vous à vos désirs:
Laissez la sombre vieillesse
Murmurer de vos plaisirs.
Non; ce n'est pas par sagesse
Qu'elle blâme les Amours ;
C'est par la feule tristesse
De n'avoir plus de beaux jours,
Venez, riante jeunesse, &c.
HP La Victoire descend des Cieux; elle
annonce la paix qui doit faire revenir les
Amours que le bruit des Armes avoir écaretéus.
rsHebé invite les Bergers à reprendre
Musettes par ces Vers:
Bergers, reprenez vos Musettes;
Chantez les plaisirs amoureux:
Bannissezvos craintes secrettes;
La paix va combler tous vos voeux, &c
r Dans la Fête Marine, le Théâtrerepresente
la Mer couverte de Vaisseaux.
ACT EVR S.
Adolphe, Venitien,
Chephife, Vénitienne.
Dorante
, Amant de Cephift.
Doris, Suivante de Ccphift.
Dans la premiere Scene
,
Astolphe dit
à Cephise, qu'il est contraint de la laisser
pour
pour un moment ;il sort, après avoir
néordre à un Matelot de veiller sur
& de n'oublier pas les soins dont i
chargé.
Cephise dit à Doris dans la Scene
vante qu'elle se défie des nouveaux fq
qu'Astolphe semble prendre de lui plait
en lui donnant une apparence de iiben
elle s'exprime ainsi:
Que prétend le cruel ? il veut sur ce rivages
Me faire voir de nouveaux jeux; 1
Cette feinte bonté me donne de l'ombrage
Ce que fait un jaloux est toujours dangereux
Doris lui conseille de se sauver au hazann
sur un des Vaisseaux qu'elle voit paroîtroi
Cephise lui répond qu'elle n'y sçauroo
consentir,à moins que son cher ~Doran
ne lui servit de guide. Il paroîtdans
moment déguisé en Matelot; il apprenns
à sa chere Cephise,qu'il a trompé lesyeux
d'Astolphe & qu'ii s'est même acquis à
confidence fous ce nouvel habit; il lui L"
entendre que la Fête qu'il lui donne n'db
qu'un prétextepourl'éloigner 8c cac her
ses appas dans un climat barbare;il aj Û;OJJ
qu'il a pris de justes mesures pour LiïO'1
retomber l'artifice sur le cruel qui en eill:
l'Auteur.
Astolphe revient à la quatriéme Scenes
D"r.lnt=J
Dorante se retire, en lui disant qu'il va
presser la Fête
,
malgré les nouveaux soins
prétendus d'Astolphe; Cephise ne laisse
pas de lui déclarerqu'elle ne sçauroit les
trouver agréables: Astolphe s'offense
d'uneréponse si picquante. Doris justifie
lesdégoutsdesaMaîtresse parcettemakxime*
L'Amour est un enfant quine cherche qu'à
rire:
IÎ Il n'aime point un ton grondeur;
Un Amant enjoué l'attire;
w
Un Amant jaloux lui fait peur.
•
"Astolphe reproche à Cephise l'amour
qu'elle a pour un inconnu; Cephise lui
répond que si cet inconnu a trouvé le secret
de lui plaire
s ce n'est pas du moins
par sa jalousie. Astolphe s'emporte ; mais
il se fait enfin violence pour couvrir son
ddTein.
: La Fête commence à la cinquième Scene.
Elle est composée de Matelots ; le Balet
en est très-beau & très-vif. Après la Fête
Dorante fait entrer Cephise dans un Vaisseau
qu'Astolphe lui a fait préparer pour
la promenade ; mais quand ce jaloux y
veut entrer, on l'en empêche. Dorante se
fait connoître àlui pour son Rival, & part
avec Cephise. La Piece finit par vainsregrets les
d'Astolphe.
G - Dans
Dans la Pastorale, le Théatre repre
sente un Hameau dans le fond, & £urlp
devantun Bocage avec un Autel.
ACTEURS.
Palemon, Berger, aimé de Sylvie;
Arcas, Prince d*Arcadie3 Amoureux.
de Sylvie
Sylvie, Bergere, Amante de Palemon.
Une Bergere
3 Troupe de Bergers & de Bergeres.
Palemon se plaint de l'Amour, tout
favorisé qu'il en e-st; il craint de perdre ce
qu'il aime, par un Rival redoutable qu'il,
croit avoiràsurmonter;il s'explique ainsi;i
Il n'est point d'amoureuses chaînes
Qui ne cotentmille douleurs;
Le Printemps n'est jamais sans lfeursa
Et l'Amour n'estjamais sans peines.
Palemon veut se retirer pourallerdon«f
ner ordre à une Fête consacrée au Dieui;
des bois; Arcas l'arrête,& luiapprendbr
qu'il aime Sylvie; c'est d'elle-mêmequçij
Palemon est Amant. 1:,
Dans latroisiéme Scene, Sylvie paroîtlî
suivie des Bergers & des Bergeres
, qlWl
viennent ce lebrer la Fête dont on v ienn:
de parler. Le Balet fait beaucoup de plaih
sir;i PPaailccmmoçppchCanhtecaetrHmymnae ànVepnURalJ
Charmante Mere des Amours,
C'elt vous qui faites nos beaux jours.
Rendez nos flammes éternelles;
Nous tenonçons à la grandeur;
eIl suffit pour notre bonheur nos Bergeres soient fideles.
Une Bergere continue l'Hymne par
jçes (îx autres Vers adressez à l'Amour.
Rends toujours nos Bergers constants,
Amour, nos voeux feront contents;
Nous n'aurons plus rien à prétendre:
L'Empire qui peut nous charmer,
Est de regner sur un coeur tendre,
Qui sçait constamment nous aimer.
Après la Fête, Arcas arrêteSylvie, qui
veut se retirer avec la Troupe des Bergers
& des Bergeres ; il lui déclare son amour.
Sylvie refuse d'y répondre, fondée sur
l'inégalité que le destin a mis entr'eux ;
mais le Prince perseverant dans son amour;
elle lui déclare enfin que son coeur est engagé
avec un Berger des Hameaux d'alentout
; Arcas jure d'immoler cet heureux
Rival à sa fureur; Palemon vient le livrer
à sa vengeance ; il lui dit:
La mort la plus cruelle»
Naliarme point un tendre coeur;
Gij U
La gloire de mourir fidelle
En dissipe toute l'horreur.
Des sentimens si nobles dans le coeur :
d'un simple Berger, obligent le Prince à à
luiceder sa Bergere.
Dans les Serenades&les Joueurs, les
Théatre représente dans le fond le Ridotte,
lieu où les Joueurs s'assemblent la nuitu
Venise, & sur les côtes des Palais ornés
de balcons. La Scene se passe sur la fin
du jour. ACTEURS.
Leandre
,
jeune François, Amantd'Irene
Isabelle & Lucile, Venitiennes,Amante
de Lumdre.:>'
Irene
,
Venitienne,aimée de Leandr(.¡,'J'
La Fortune.
Une Suivante de la Fortune.
Isabelle expose le dessein qui l'amene
elle veut sçavoir Ci Leandre est infideles
Lucile vient dans le mêmedessein,& s'ex'.;:
plique par un second Monologue. Les
deux Amantes jalouses s'unissent pouLJe
découvrir si Leandre en aime une autre
elless'expliquent par ces Vers :
Isablie.
Unissons
- nous en ce moment; ow.s eprouvonsmêmeinfortune.
L\*ciU\.
LiiçUe,
Par une vengeance commune,
Punissons un volage Amant,
ILibere.
Vengez- vous par l'indifference,
D'un coeur que vos liens ne peuvent retenir
C'est trop honorer l'inconstance,
Que de chercher à la punir.
Lucile.
Ne cherchez point d'autre vengeance,
Que celle de vous dégager;
On aime plus que l'on ne pense,
Quand on prend foin de se venger.
La nuit survient; Leandre arrive avec
une Troupe de Joueurs d'infhumens, Isabelle & Lucile se retirent dans le fond
du Theine, pour observer Leandre, &
pour découvrir leur Rivale. Après la Serende
,
Irene paroît sur un balcon, Be
chance des Vers Italiens, dont voici la
Traduction :
Plus leger &r plus infidelle
Qu'un Papillon qui vole autour des tendres
Heurs1
Amant, de Belle en Belle
Tu contes tes douceurs;
Jeveux une amour éternelle;
Ei.
Et je connois trop tes ardeurs.
Plusleger,&c.
Irene étant disparue malgrélessoins de1
Leandre; Isabelle s'approche la premiere
Leandre la prenant pour Irene, lui déclare
qu'il n'aime qu'elle,& qu'il n'a ja—.
maisbrulé ni pour Isabelle
, ni pour LU--J
cile; les deux Amantes outragées se sont
connoître
, & se vengent par le mépris : Lucile voyant paroîrre la Fortune & fa**
suite, dit à son infidèle :
La Fortune paroît, offre lui ton hommage,
Elle peut rendre un jour ton destin plutôt
Charmant.
Isabelle ajoûte ces deux Vers:
Pour le Joueur &pourl'Amant,
Elle est également volage.
Leandre se détermine à suivre leur conz.
seil. La Fête commence. On y a joint
l'air des Pelerines de M. Coperrin.
Ces fragments font executés aussï bien
qu'ils le puissent être. Le Balet entre autrès
en est vif & brillant; les Sieurs .u
Moulin
,
Laval, & Malterre s'y diftinguent,
aussi bien que les D'!fs Camargo, Salé & Mariette. L'air Italien chanté par
la DIIe Petirpas, est très-aplaudi.
Le Jeudi 2 8. on reprit l'Opéra de Roland
9
land, en attendant un Opera nouveau,
fous le titre des Amours des Déesses, qu'on
doit donner au commencement du mois
prochain.
On apprend de Londres que le Sr Handel
, fameux Compositeur de Musique
pour les Opera Italiens, y est revenu d'Italie
,oùil a engagé sept Chanteurs, trois
hommes & quatre femmes, pour chanter
sur leTheatre du Marché au foin pendant
l'hiver prochain.
Le 14. les Comédiens Italiens donne
rent la premiere Représentation d'une Piéce
nouvelle, en deux Actes ,avec des Divertissemens
,
intitulée, Les Paysans de
qualité & les Debats. Le tout précedé
d'un Prologue. Cette nouveauté a c:c reçÙë
très-favorablement du Public. Les
fI Dominique & Romagnesi en sont les
Auteurs. Commençons par donner une
idée du Prologue.
Le M?rquis & le Chevalier se rencontrent
dans les foyers de la Comédie ira--
lienne; le Marquis ne voyant encore personne,
juge que la nouvelle Pièce que l'on
va representer ne vaudra rien ;a quoi le
Chevalier répond que c'est juger avec
trop de précipitation
,
& que l'on ne doit
décider d'un Ouvrage qu'après avoir refléchi
murement sur toutes les Parties qui
G iiij le
le composent.Après quelques traitsde
critique contre ceux qui précipitent trop (
leur jugement sur les nouveautés, le Che- -
valier demande au Marouis le nom de :
l'Auteur: je ne le connais point,répond
1 le Marquis ; mais vn/ci un bel esprit qui
pf}!!y"l'd n us en instruire. M. Platinet
Poëte, qui (urvien'r,dl: questionné par le
Marquis 6c le Chevalier. L'Auteur est
anonyme, dit M. Platinet : AiJUll)'"e,
ajoute le Marquis : Ob! parbleu
, q elque
anonyme qu'il soit, je le traiterai de ma
nièrequ'on le reconnoitra à sa Phisionomie.
M. Platinet prend le parti de l'Au
teur , en disant qu'il se nommera si sa Pié:,
ce réullîc : Fort bien
,
répond le Marquis,
il n'avouëra sa png^nuu^e qu'en cas
qu'elle lui faff-, honneur. Quel (si le sujet
de cette Pièce * continuë. t il: l'aienien.
du dire, répond M. Platinet, que la premiere
avoit une intrigue,& l'autre n'étoit
composée C¡'te de Scenes Episo diques. Le
Marquis sur cette simple exposition condamne
l'Ouvrage,& soûtient que le tout
doit être detestable ; ce qui echaufe tellement
Platinet qu'en voulant deffendre
l'Auteur, il se décele lui-même, en disant
qu'il aura bien du malheur s'il tombe.
Ah ! h Piece est donc de vous, décrié le
Marquis? Le fang a parlé M. Platinet,
ajoûte le Chevalier : Ah!.MeJfienrsy)eme
suis
/Ùil trahi, die Platinet; de grace, tTppla,
lijfez
,
le moment fat.71 aproche
,
les
Comédiens vont entrerfarlaSccne j je vais
me cacher dans lefond d'une loge; je fonhaitey
dit le Marquis, que vous n'y fafifez,
pas L plongeon.
Extrait des Paysans de qualité.
ACTEVRSo.
M. Oronte lefieurPaghetts.
Colette
,
fille d'Oronte & Amante de
Mathurin laLlleSylvia.
Mathurin, Amant de Colette, 1; fleur
frere
Dqmirziq:!e..
Eraste, deMathurin
,
& Amant de
Lucinde, le sieurRomagnesi.
Lucinde, cruë fille d'Oronte, la Dlh
Tko-^affia,
LeTabellion le ÇtcurThevcmau.
Arlequin ,
Valetd'Erafte*
D'aber, petite Paysanne
Troupe de Bergers & de Bergeres,
La Scene est dans la Maisondecampagne
de M. Oronte
Colette dit à Mathurindans la premiere
Scene, qu'elle est aussî impatiente que lui
maisqu'il faut aller tout doucement;que
quand sa mère ne fera plus malade
, ou
quand elle feu tout-à-fait morte, ils s'é-
Gy pouse
pouseront;à quoi Mathurin répond:Ohl.
palsangué,Colette, que ta mere guerisse
donc vite , ou qu'elle se depêche de mourir,.
Colette témoigne le chagrin que lui cause
ce contretemps; que iVi,lc Lucindeétoit
venuë exprès dans le Village pour honorer
sa nôce de la sienne
,
qu'elles de.
voient toutesdeux se marier de compagnie
,&c.
Dans la Scene suivante, Eraste& Lui
cinde apprennent de Colette & de Mathurin
la maladie de la Jardiniere qui retarde
leur union. Lucinde paroîtsensible aiii
chagrin de Colette, en lui disant cependant
qu'elle devroit moins le faire éclater,
& que les bienséances l'engagent du moins
à cacher son empressement.Bon,bon,,
répond Colette, est-ce que j'avonsétudié
&{/mm'il la Ville à cacher les mouvement de
nlttre- coeur; quand il nous parle,je Vison--
tons,jesommes bien heureuses,nous autres
Villageoises ,de ce qu'il ne nous donne ja-.
mais quedebons conseils. Aprés cetteScene,
Eraste &, Lucinde se retirent.Colette va
voir sa Mere avec Mathurin; & dans lai.
Scene d'après, leTabellion découvreà
Oronte que sa Jardiniere vientde déclarerpar?
un:Â&e aurentique
, que pourassurer
une fortunebrillante à sa Fille, elle }'a<:
fûhltiruéeà lat place de Colette& que,---
-(um".al,hcu¡cu{evn'a pas voulu ensevelir d.D.:
dans le tombeau un secret de cette importance.
Oronte ne peut revenir de sa surprise
: mais, quoi! dit-il, la nature n'at'elle
pas été la premiereà m'en instruire p
cela rfcfi pas étonnant, répond le Tabellion
,
la nature dans, les Peres n'ose s'exbpleilqliuoenr
avec certitu-i1. Oronre prie le Tade
lui envoyer Colette, &de lui
deffendre de sa part de parler davantage
à Mathurin, ce qui oblige le Tabellion
de dire queMathurin est un très-bongarçon
; & que s'il étoit riche, il pourroit
bien convenir à Colette. LeTabelnon
fort pour aller parler à Colette
après un Monologue d'Oronte.
Dans la quatrième Scene, Colette aborde
Oronte avec joye, croyant qu'il veut
lui parler de son mariage avec Mathurin;
mais Oronte qui veut absolument l'en décacher
, lui fair connoître qu'u e pareille
alliance est indigned'elle,puisqu'il vient
d'être instruit par le Tabellion de sa naissance
,
& qu'elle est sa veritable fille. Colette
paroîtextrêmementsurprise de cette
nouvelle; Oronte après ravoir embrassée
lui ordonne de renoncer à Mathurin:
IIllne ffaudra d,., , ,dit-il, qu'un moment pour
détrutre les fentirnesquun:vileéducation
avait produit dans t,m ame fit ne feras
PAS un grand t.ff",t sur toi-rwns ; : oÚi, tll, me»fam* CI" déia tu n'aimesplusMa* G,, vo ithtmb;trn-;n.~-
-
thurin. Ah ! Monsieur,répondColette,1
il faut que jenef¡s pas votrefille, car je
l'aime touj ours. Oronte lui dit qu'elle ne
doit pas balancer entre son Amant & fou
Pere, 6cc. Colette lui répond, il y a bien
de la différence d'un Père à un Amant;
un 1 ere gronde tou jours, un Amant n'ouvre
la bouche que pour vous dire des douceurs
; il est vrai que le Pere marie; mais,
c'est l'Amant qui épouse.
Oronte renouvelle ses ddfen(es,&Iui.
ordonne absolument de ne plus voir Mar
thurin ; Colette en est fort affligée, S':,
dit, que, quoiqu'elle foit de qualité, c~c-'
ne pourra jamais le resoudre à abandont
ner Ion cher Mathurin, lequel vient touEjoyeux
annoncer à Colette que sa Mere
en reviendra,parceque les M edecins l'on?
abandonnée ; & voyant Colette triste il"
lui demande la cause de (a tristesse; elle
lui apprend qu'elle nes'appelle plus Colette
, & qu'elle est la fille de M. Oronte.
que lui mêmevient de l'en instruire Mathurin
dit que malgré ce changement, il
veut bien encorel'épouser ; mais Colette
lui declare que M. Orontene veut plus
qu'ils se voyent ; cerre nouvelle attriste
forr Mathurin qui lui demande dansquels
fe-rineos elle est ; Colette pouréprruver
son Ama r seintd'être fenfîMe aux avantages
que lui promet Í" fortu1ne.llivhnthtt,- :
rjn se desespere ; mais Colette le rassure ,
en lui disant que rin ne pourra la déta
cher de l'amour qu'elle a pour lui.
Dans la Scene huitième, Lucinde in-.
formée du changement de safortune
,
témoigne
à Colette le chagrin qu'elle refsent
d'avoir si mal occupé sa place,que son
amitié pour elle n'a pas été assez tendre
» ni ses déferences assez marquées:ne me
plainsnullement de vous, ajoute Colette.
vous m'ayezaimée fansjçxvoi»• quevous y
étiez. ,b!igee
,
& moi je dois maintenant
vous aimer par obligation,
Eraste survient,Lucinde lui demande
s'il est instruit du revers dont elle est accablée
: Oui,répondtraste ,
je viens de
l'apprendre; muis quepeutsurnoi lechangement
de votre fortune ? je ne pourroisetre
sensiblequ'à celui devotre coeur. Colette
dit à Eraste
, que quoique son Pere
fasse, elle ne l'aimera jamais, qu'elle est
trop attachée àMathurin pour lui être infidele
Après cette Scene elle se retire
pour aller se jetter sijx genoux d'Oronte,
& faire tous ses efforts pour le toucher.
Eraste rette ,& regrette fort son Valet
Arlequin qu'il a laisséàParis, en disant
que son secours lui seroit à present d'une
grande Utilité; ill'apperçoit en bottes,arrivant
de Paris; Eraste est surpris de le
TçirjArlequin prieson Maitre de le dé-
- bQttet
botter d'une maniere comique; Eraste lui
fait tirer ses bottes par un Paisan ; & aprés..
quelque lazzis de la part d'Arlequin, il
remet à son Maître la lettre que son Pere
de retour des Indes, lui a remis pour
Eraste. Cette lettre instruit Eraste de l'arrivée
de son Pere comblé des présens de
la fortune, il lui mande qu'il est charmé
de l'alliance qu'il va former avec la fille
d'Oronte, son ancien ami, & le charge
des'informer d'un Enfant qu'il a laisséau,
Tabellion,lequel est le fruit d'un mariage
qu'ilavoit contracté avant que d'epoufer
sa Mere; cette nouvelle jette Eraste
dans un grand embarras: Plus Oronte me
fç-aura de bien, conrinuë-t'il
,
plus il me
pl'.ffJr"A cPépoufer fit iflle: vous ne voulez,
donc plus l'épouser, dit Arlequin, laissez
moi faire, jeromprai cemariage.Eraste
recommande à Arlequin de ne point parler
à Oronte de cette lettre
,
&c.
Oronte,que Colette & Lucinde ontété
trouver pour l'attendrir, persiste toujours
dans son dessein, & veut quesa fiile
épouse Eraste ; Arlequin qui entend ces
derniers motss'avance vers Oronte, 5£-
lui dit sierement que son Maître n'épousera
pas sa Fille, que son Pere est de retour
des Indes, dont il rapporte des richesses
immenses $cc.
Mathurin, Colette, Lucinde,Oronte,,
Adeqyin-t
Arlequin & le Tabellion, prient encore
Oronte qui est toujours inflexible.Eraste
remet au Tabellion la lettre qu'il a reçue
de son Pere. Oronte veut forcer Colette à
signer le contrat. Le Tabellion présente.
Mathurin à Eraste
, en lui disant qu'il est
l'Enfant que son Pece lui a confié; Mathurin
estfort surpris de cette aventure;
Eraste embrasse son frere ; enfin Oronte
se rend aux prieres d'Eraste
, & accorde
Colette à Mathurin. Lucinde témoigne
son inquiétude,en disant, je serai donc
la feule infortunée ; Eraste la rassure
, en
lui disant que son bonheur dépend de sa
possession ; il l'épouse
,
& la Pièce finit
par un Divertissement.Un Berger chante
les paroles suivantes.
De Mathurin & de Colette,.
Chantons les fidelles ardeurs,
Et que le son de la Musette,
Les inspire à nos tendres coeurs..
C'estdansces retraites aimables,
Qu'avec les noeuds les plus durables,- L'Amour unit les plaisirs les plus doux5
De tous les biens que l'on nous vante,
Nous ne pouvons être jaloux;
Contens du fort qui nous enchante,
Nous croions les posseder tous,
De.Mathurin,&
VAUX.
VAUDEVILLE.
Veut-on dans l'art dedupper,
Devenir habile?
Veut-on apprendre à tromper,
Qu'onailleàlaVille?
Cherche-t'on la sincerité ,
Dont ondoit faire usage,
La naïve simplicité ? 'on aille au Village,
Veut-on trouver des Iiis
D'un accès facile?
Et devolagesMaris?
Qu'on aille à la Ville.
Cherche-t on dans une Beauté,
Un air modeste &sage
»
Dans l'Hymen la fiddié
Qu'on aille au Village.
Jusqu'ici, cher Mathurin,
Notre ametranquille,
Gouroit un heureux dessin
Mais gare la Ville;
Là, le sexe est trop dégourdi,
Tu deviendrois volage;
J'y trouverois quelque étourdi;
Restons au Village.
JbrUquw
Arlequin au Parterre.
Nous ne manquons point d'Auteurs
Leur veine est fertile;
Nai.; il est des connoisseurs ?
Qui frondent leur stile ;
Aux Ecrits qu'Apollon dément,
Où livre-t'on la guerre?
Où décide-t'on sainement t
C'e11 dans le Parterre
LES DEBUTS.
ACTEURS,
Pantalon.
Le Doaeur.
Scaramouc he.
Arlequin.
Trivelin, le sieurDomirtiquel
Lucinde
, la D"' Laldnde.
Violette.
Ifahelle, la DIM Fabia.
Un jeune homme, le sieurStictti*
Un Suiffe
,
le sieur Romtfgneji.
MezeCÍn, la DIl, Belmont*
Une jeuneActrice,laDu'ThomajfinJ*fille•
Baiocco-, le sieur7hevene4Ua
Serpilla, la Dlu SyLvi".
La Scette est sur le Théâtre de l'Hôtel de
Bourgogne,
Dans
Dans la premiere Scene,Trivelin dit
à ses Camarades, que c'dl en ce jour
qu'ils doivent faire l'essai de leurs Acteurs
& de leurs Actrices nouvelles, que plusieurs
personnes de bon gout qui ont été
invirées à cette épreuve, en diront leurs
sentimens ; que si cette méthode étoit en
usage,tant pour les Pieces nouvelles,que
pour les Débuts,onépargneroit souvent
au Public des momens bien fâcheux:
après cette exposition on vient annoncer
un jeune homme, qui se presénte pour
débuter.
Ce nouvel Aéèur saluë laCompagnie,
en disant,que puisque le champ est ouvert
pour les Débutans, il espere qu'illui sera
permis d'entrer en lice; on lui demande
s'il sçait bien des Rôles dans les Pieces
du Théatre Italien, à quoi il répond,
qu'il n'a jamais étudié que des Rôles rragiques,
que les Comedies de leur Théatre
ne valent pas la peine qu'un Acteur sr,,
attache; on le prie de réciter quelques
Vers,afin qu'on puisse juger de ses talens.
Il récitelePot-pourri fuivanr.
La Grece en ma faveur est trop inquierée.
De soins plus importans je l'ai cruë agitée.
Seigneur, montez au Trône
,
& comma
dez ici.
oonoiiTez. vousCesar ? de luiparler ainsi,
Le :
Le dessein en estpris, je pars,cher Theramene
Et quitte le séjour de l'aimable Trezene.
Ma colere revient & je me reconnois;
Immolons-en partant trois ingrats à la fois.
Mais que vois-je à mes yeux Hermione l'embrasse
!
la fortune,Romains, vient de changer de
face,
Et la Terre &le Fleuve,& leur Flotte & le
Port,
Sont des Champs de carnage,où triomphe la
mort.
Prens un siege, Cinna, prens, & sur toute
chose,
Observe exactement la Loi que je t'impose
»-
Je le veux, je l'ordonne, & que la fin du jour,
NeCleoruetrro.uve pas dans Rome & dans ma
Obeissez, c'est trop vous le faire redire;
Je voudrois, disiez-vous, ne sçavoir pas écrire;
Mais malgré tout l'amour dont mon coeur est
éFis)
Je sens qu'il n'est point fait. Allons, saute
Marquis.
Arlequin, qui ne comprend rien à cette
déclamation, prie le jeune homme de lui
expliquer ce que tout celasignifie;je viens,
répond l'Att:cur) de vous développer en
vingt Vers, tous les talens d'un grand
A¿Uur François. Ensuite il demande conicil
iêil sur li Piece qu'il doit choilir pOlit'
son DbLlr, on lui dit d'étudier le Rôle
de l'Amoureux dans la Strpijè de l'.Â.-
monr.
Un Suisse arri ve, & dit qu'il débutera
par cette Piece; tous les Comediens sont
surpris qu'un Suisse veuille jouer laCo medie;
il s'aIdrefTl; i A.leqiki 6c letraite
d'insolent de ne s'être pas trouvé chez lui,
lorsqu'il s'y est rendu pjnr lui faire une
viiîre, 5c il lui donne une Lettre pour l'avertir
de s'y trouver quand il reviendrale
voir; on lui demandes'il veut une K.epe.
tition
,
à quoi il répond qu'il n'en a pas
besoin, Sc après beaucoup de menaces il
se retire.
Un Mezetin se presente pour debuter.
On lui dit que le gout est entièrement
changé; & que l'on ne joüe plus presentement
la Comedie comme on faisoit de
son temps; tant pis,répond Mezetin, je
vous soutiens que le goût ancien étoit excellent
, puifqu'on me trouvoit bon ; que
ne faites-vous, ajoute-t-il, comme nous
faisions autrefois; joüez des Pieces sans
suite, afin que le Public n'ait pas la peine
de suivre l'intrigue; donnez des Scenes
muettes ,on ne vous reprochera point de
platitude ; enfin, critiquez tout le genre
humain ; si cela ne le corrige pas, du
moins cela le divertir. Il chante.
Que
-
Que la Satire,
A des appas puissans!
Elle fait rire,
Malgré ses traits picquans;
Irtêmé en raillant les Fous »
On les amuse tous,
De leur propre délire.
Jvla foi, rien n'est si doux.
Que la Satire.
On lui demandepar où il veut débuter.
par la Chanson du Rossignol
,
répond il,
elle vaut elle seule une C omedie entière.
Il chante la Chanson du KtDll gnol où
il contrefait le ramage de cet Oiseau.
Cela est beau, ajoûte Arlequin, mais cela
ne vaut pas mille écus Ce sera le l'blic
qui les payera, repondMezetin. Le premier
jour tout sera plein, & le lendemain.
répondArlequin,vous aurez le fort d'une
Piece nouvelle
,
à quoi Mezetin repond
qu'il y a des Pieces qui ont du bonheur i
écoutez ce que j'ai vu réussir. -
Tragédie en un À&e enchainée,
Oh! oh ! Tourelouribo ;
Et dans la même journée,
Oh! oh! Tourelouribo;
Pastorale detonnée;
Oh! oh!Tourelouribo.
Une
Une jeune Actrice se presente & fait
une énumeration de tous ses talens; elle
joüe une Scène Italienne à l'impromptu
avec Arlequin, & danse un Tambourin ;
cette Scène est très-vive, & la Dlle ThomalIin)
jeune personne, qui a autant de
graces que detalens, s'en acquitte à merveille.
Vaudeville des Débuts"
Pour triompher ctyine Gruelle,
Riche Amant qui faites porter,
De l'or & des presens chez elle,
C'est fort bien débuter.
Mais pour bien gouter le plaisir,
Près d'un objet qu'on veut surprendre,
Si vous n'offrez que des soupirs,
C'est mal s'y prendre.
Je puis fort bien entrer en lice,
LesGalans viennent m'en conter.
Déja pour une jeune Aétrice>
C'est fort bien débuter.
J'en voudrois un riche & bien fait,
Liberal. amusant &tendre;
Mais ils n'ont tous que du caquet
C'estmals'y prendre.
Un Laquais vient annoncer encore deux
nouveaux sujets.
C'est
C'est la DUe Sylvia & le sieurTheveneau.
l'un dans le Rôle de Serpilla
,
& l'autre
dans celui de Baiocco;ils parodient les trois
Intermedes du Joueur,qui ont été repremseannteiezresur
le Théâtre de l'Opera, d'une
si comique & avec tant de précision,
que l'on n'est nullement surpris
des applaudissemens que le Public leur
donne, & qu'ilsméritent avec tant de
justice. Ces Scenes, sur tout, attirent de
très-nombreuses Assemblées à l'Hôtel de
Bourgogne. L'art admirable avec lequel
elles sont executées ,fait un plaisir qu'il
est impossiblededécrire; quelque effort
qu'on tentât
, on n'en sçauroit donner
qu'une idée très-imparfaite. Pour l'intelligence
du Sujet nous renvoyons à l'article
des Spectacles du premier volume du
Mercure de Juin, où l'on trouvera l'Extrait
des trois Intermedes parodiez,sous
le titre du Mary Joüeur & la Femme Bigotte,
que les sieurs Dominique & Romagnesi
ont trèsingénieusement imitez *
par des Couplets moitié Italiens, moitié
François, ausquels l'accompagnement
prête de nouveaux agrémens. Toute la
Musique,qu'ontrouvetrèsconvenablet
est de la composition du sieur Mouret.Une
Chaconne comique ce fait le principal
morceau. L'Air Italien avec un accompagnement
de Trompette, que chance la
Dlle Fabio,est fort applaudi. Les
Les mêmes Comediens travaillent àla
Parodie d'un autre intermede intitulé Do]ti
MICCO, & Lesbine, aussi representé sur ie:
Théarredel'Operale 14. dumois dernier.
Le Samedi 9.Juillet, les Comédiens
François donnerent la premiereReprés nration
d'une Piece intitulée lestrois Spectacles.
M. du Mas d'Ayguebere,qui en est
,r Auteur
, eut le plaisir de voir son premier
Ouvrage réunir tous les suffrages en
sa faveur. Cette Piece est compolée d'une
Tragedi.
,
d'une Corné lie & d'une P,/flo.
rale, chacune en un ciâe. Ces troisdifferentes
Pieces sontprécédées d'un Prologue
ingenieux qui n'est fait que pour justier la hardiesseduprojet, suitout la
singularité d'une Tragedie en un Acte.
La Scene du Prologue est dans une maison
de Campagne où l'on se faitunplaifit
de Jouer des Tragedies & des Comédies
; la Piece en question est mise sur le
tapis*, les uns sont pour la Tragédie qui
a pourtitre, fofjxcne, les autres se déclarent
en faveur de la Comédie dont le
sujet est l'Avare amoureux. La Pastorale
intitulée, Pan & Dorés, a aussi ses Partisans.
Un des Auteursdu Prologue, pour
mettre tour le monde d'accord
,
propose
dejoüer ces trois Pices ensemble ; le parti
cA accepte, & l'on convient de donner le
premier
prelier rang à la Tragédie, le second à
la Comédie,&'le troisiéme à la Pastorale.
Nous avons crû que le Public en verroit
l'Extrait avec plaisir.
POLIXENE. Tragédie.
Polixene ouvre la Scene avec U£gint;
sa confidente ; elle accuse les Dieux d'une
fatal e ardeur qu'ils ont jettée dans (on.
ame; elle n'avoüe qu'avec confusion que
c'est Pyrrhus qu'elle aime; Ægine lui rc
proche cet amour comme un crime; elle
lui répond:
Non, ÆginJ jamais dans un coeur on n'a vit
Regner tant de tendresse avec tant de vertu.
Ce ne font plus les maux de ma Patrie en cendre
Qui m'arrachent les pleurs que tu me rois
répandre i
Je pleure les horreurs d'un amour malheureux
Qui malgré mes efforts tirannife mes voeux
Et vainqueur quelquefois d'une vertu que j'aime, Des combats qu'elle rend se venge sur moi
même.
Après cette exposition bien détaillée,
quoique succinte
,
Pirrhus vient; ce
Prince déclare son amour à Polixene;
elle lui marque son indignation par ce:
Vers:
H Ciell
Ciel! qu'entends-je? Pyrrhus ! ce vainqueur
sacrilege ?
Pyrrhus! qui des Autels bravantle privilege.
De mon Pere à mes yeux a pû trancher les
jours,
Vient m'outrager encor par d'indignes amours!
&c.
Car enfin cet aveu d'une odieuseflamme
Met le comble aux douleurs qui déchirent
mon ame;
Et si l'Amour jamais avoit fçû vous toucher ,
Cet Amour vous eut dit qu'il falloit lecacher.
Pyrrhus frappé de ce reproche
,
témoignesondesespoir
par ces Veis :
Ce coeur est bien plus faitàmepriser la mott
Madame
,
qu'à combattre un amoureux
transports
C'est assez prolonger ma vie & mon supplice *
Ordonnez que j'espere
, ou bien que je perisse.
Thessande, Confident de Pyrrhus vient, , tout effrayé, lui annoncer que
l'ombre de son Pere vient de sortir de
son tombeau, & qu'elle a demandé Polixene
pour victime ; voici comme il fait
parler Achille:
Il s'avance, & portant dans les coeurs l'cpouvante
:
Peuple ingrat, leur dit-il, d'une voix m-
Muante,
: Oses-tu
es-tu présumer que mes manes sacrés
»
Par le fang le plus vil
,
puissent être honorés?
Pour payer mes travaux d'une digne hecatombe
,
Il faut que Polixene expire sur ma tombe.
Thessandre ajoute que le Peuple à ces
mots a condamné Polixene d'une conh
mune voix. Polixene s'applaudit d'un
Arrêt qui va terminer ses maux avec sa
vie; mais Pyrrhus jure de perir plutôt
que de souffrir l'execution d'un Arrêt si
injuste & si barbare.. Il prend l'apparition
de son Pere, pour un effet de l'effroy
qu'inspire encor la cendre de son Pere;
voici comment il s'explique:
Qui ne sçait que le Peuple,ami du merveilleux.
Se plaît à consacrer mille bruits fabuleux;
Que souvent il croit voir renverser la nature»
lorsqu'on n'offre à ses yeux qu'une vaine
imposture,
Et qu'en sesvisiouspleines d'obscurité
Rien ne doit étonner que sa crédulité?
Pyrrhus ordonne £ Thessandre d'aller
faire prendre les Armes à ses Thessaliens.
Après la sortie de Thessandre
,
Pyrrhus
rassure Polixene contre tous les Grecs,
par ces mots:
Venezauxyeux desGrecs reünis contremoi,
Ite jurer dans le Temple une éternelle foy,
fclij Et
Et je cours au mépris de leur fureur jalouse t,
Contre un Pere irrité proteger une Epouse )
Deffendre contre lui les droits des Immortels.,
Et forcer les tombeaux de ceder aux Autels.
Polixene témoigne à Pyrrhus l'horreur
ue lui inspire le coupable hymen qu'il
ose lui proposer; Pyrrhus se livre à tout
son desespoir; il va défier tous les Grecs,
il court à la mort; Polixene ne peut plus
soûtenir sa noble fierté ; elle arrête son
Amant desesperé
,
& laisse échapper l'aveu
de son amour par ces mots:
Ah! si tu veuxm'offrir cette cruelle image
,
Barbare
s pour la voir prête-moi ton courage
Car enfin du trépas où tu voles pour moi,
Je sens que je frémis mille fois plus que toi:
Mais que dis
- je? où m'entraîne une ardeur
- insensée ? 0Dieux ! en ce moment m'auriez- vous
délaissée? &c.
Cette Scene a paru très-interessants
Pirrhus quitte Polixene & va combattre
pour elle.
Après le départ de Pyrrhus,Polixene,
pour se punir de l'aveu que le peril de
son Amant vient de lui arracher, & pOll
conserver sa gloire, forme la noble ré.
solution d'aller s'immoler de sa propre
tnain sur le copibcau d'Achille i Ægisnl:
s'yoppose en vain; elle lui deffendde la
Suivie:
Ægine,malgré cette deffense
, veirt
courir après sa Princesse. Pyrrhus revient
il fait connoître qu'il a confondu l'insolence
des Grecs armés contre Polixene.
Il est surpris de ne plus trouver cette chere
Amante; Ægine lui déclare le dessein qui
vient de la faire sortir ; Pyrrhus au desespoir
court l'arracher au trépas; Polixne
rentre en se plaignant des Soldats
qui l'empêchent d'aller expier le crime
de son amour sur le tombeau d'Achille;
Pyrrhus lui fait entendre qu'il a triomphé
des Grecs: Le Ciel, lui, dit-il, vous jHP
tisie ; & moi, répond Polixene
, je me
tondamne. A ces mots elle se perce le sein.
du même poignard dont elle s'étoit armée
pour s'immoler aux yeux d.s Grecs ;
Pyrrhus veut se tuer, on lui retient ltf
bras. La Piece finit par des imprécations
que ce Prince desesperé fait contre la
Greee; en voici les deux derniers Vers:
Et puissent les Troyens détruisant nos travaux..
Rebâtir Ilion sur les débris d'Argos.
;
Cette Tragédie a été applaudie; ony
a trouvé beaucoup d'intérêt,malgré les
bornes étroites que l'Auteur a données
aux évenemens qu'il a été contraint de
précipiter. Le Sieur du ftefne
, & la
H iij Dlle
Dlle du Freine
,
son Epouse, y jouent IJ
deux principaux Rôles, d'une manière à
s'attirer les suffrages de tous les Spectateurs.
VAFARE .AMOVREVX:t,.
Comédie.
Argarte ,
aussi avare qu'amoureux
commence laPieccavec Nerine, Suivantede
Julie : cette premiere Scene est employée
à ex poser le su jet de la Piece & à
donner une idée des caracteres qui doivent
yrégner. Argante aime Julie, Fille
de Geronte ce Geronte n'est pas moins
avare que lui; mais comme Argante est
amoureux ,
l'avarice en lui est balancée
par l'amour
, ce qui lui donne un caractère
bien différent de celui de Geronte,
qui n'est qu'avare: voilà ce qui regarde
les deux caraéteres dominants; les autres
sont ordinaires; tel est celui de Nerine ;
elle joue ici le Rôle de la plupart des
Sonbretei\ mais elle porte l'art de tromper
au plus haut point.
Argante dit à Nerine qu'il va à l'Apartement
de Geronte, pour sçavoir de
lui ce qu'il veut donner en mariage à sa
Fille. Nerine n'a rien oublié pour le détourner
de ce mariage qu'elle n'approuve
pas.
Julie, qui a vû Argante entrer dans
l'Appar
l'Appartement de son Pere, témoigne
son desespoir à Nerine, qui la rassure
autant qu'illui est possible.
Donmm:, Tante de Julie, vient avec
Valere
}
Amant de sa Nièce; Julie prie
sa Tante d'appuyer ses intérêts auprès de
Geronte,&de l'empêcher qu'on ne l'arrache
à l'objet de son amour, pour la
donner à l'objet de son aversion. Dorimene
lui répond qu'il n'est pas encore
remps ; qu'elle connoît Geronte son Frere;
qu'il est trop opiniâtre
,
& qu'il faut le
brouiller avec Argante, avant que de lui
faire aucune propolition. Dorimenedità
sa Nièce de rentrer dans son Appartement.
Nerine reste feule.
Argante fort en colere de chez Geronte;
il dit à Nerine qu'il ne veut rien donner à
sa Fille. Nerine lui conseille de ne plus
penser à un mariage si desavantageux;
Argante jure de se venger de Geronte ell
epousant sa Coeur Dorimene qui jouit de
trente mille livres de rente. Nerine le
presse d'executer une résolution si noble;
Argante revient à son amour malgré son
avarice; il croit même pouvoir concilier
ces deux passions: Ne précipitons rien,
dit-il, à Nerine, Si je pouvois réduire ta
Jiddtmjfe à vivre en femme qui n'a rien
apporte' en mariage;enfin,comme unefemme
raisonnable Elle! répond Nerine
,
ja-
H iiij mais)
mais. Ilsuffit qu'une chose foit raisonnable
pour qu'elle foit en droit de lui déplaire ; &
vous sçavez que la dépense est sa folie.
Elle dit à Argante qu'il ne sçauroit rien
faire de mieux que d'épouser Dorimene.
Argante semble tout déterminé à prendre
ce dernier parti: Eh bien! dit-il, jene
balance plus, aussi bien l'une ne m'apporteroit
qu'un grand appetit, pour manger
tout mon bien, & l'autre me donnera de
quoi l'épargner. Malgré cette belle résolution
,
il veut voir Julie, pour s'excuser
auprès d'elle; Nerine s'y oppose; mais
forcée enfin d'y consentir, il va la chercher,&
fait connoître par un court àparti
que c'est pour lui faire sa leçon.
Pendant que Nerine va chercherJulie i
Argante réfléchit far le bien que Julie
doit avoir après la mort de Geronte, k
fait entendre que rien ne l'empêche de se
déterminer à l'épouser
,
même sans dot,
n'étoit, ajoute t'il, ce rtJlIditgoÛt qu'élle Ilpoula dépense,
- Nerine revient avec Julie. Argante debute
par ce compliment: Non; je ne
conçois pointqu'on pui(fc être le Pere d'un
aussi jolie Enfant
,
& ne lui pis donner
tout son bien en la mariant! & moi, lui
répond Julie, je ne conçois point comment
ilse trouve des Peres assezbons ,pour donner
quelque chose en mariantleurs FilLs;#
& si, faite comme je flis
,
il en coûtoit
une obolean mien
,
je me crûrois déshonorée.
Argante est d'abord étonné d'une pareille
réponse ; mais voyant que Julie
nenveLH pas démordre: Eh bien, lui
dit-il,lnp charmante Julie.,à part,
voi*ci un moment qui me va con1\ ter tout
mon bien, à Julie, on vous époisera tout
tomme vous voudrez.Julie ne sçait plus
comment parer ce dernier coup. Nerine
la fait souvenir de la leçon qu'elle lui a
faite; Julie se remet, & répend à Argan.
te: Non, Monsieur
J
je vous tromperoir..
Je vous entends;vous voudriez. que jevêcusse
en femme qui n'a rien Apporté en ma.
riage; n'.si-ce pas? Et moi, je pritends
vivre en femme qui doit un jour être riche,
Û- qui, en attendant, se sentles plus hellreusesdispostions
du mon e, pour se faire
honneur du biende son mari. Argante plus
surpris que jamais d'un aveu si ifncere, lui
reproche son ingratitude : Ce n'est point
assez., lui dit-il, que vous me contiez, déjà
plus devingt mille êctts par let brmnes
assaires, ajoûte t'il
, que j'ai m*n~
quéet en venant roder ici vingtfois le jour.
Julie le quitte en le traitant d'extravagant.
Arganre picqué jusqu'au vif se détermine
à ne plussoger qu'au mariage de Do-
Mmtnc~elle vient tout à propos; elleseint
H v de
de consentir à se donner à lui; elle lui dit
d'aller faire dresser le Contrat, & de ne
pas oublier qu'elle lui donne tout son
bien.
Nerine vient; Dorimene lui rend
compte de ce qu'elle a fait; elle fort pour
aller dire à Valere de venir. Nerine croit
déja triompher;mais elle aura bientôt besoin
d'exercer son talent plus que jamais.
Argante tout transporté de joye
,
vient:
lui dire qu'il va épouser Julie; qu'il a rencontré
le Notaire pendant qu'il alloit chez
lui, qu'il lui a dit en peu de mots COlU-oment
il falloirdresser son contrat de mariage
avec Dorimene; qu'il a d'abord
couru chez Geronte pour lui annoncer fa*
vengeance; mais qu'ayant trouvéJulie
auprés de son Pere
,
charmé de la voir , son trouble & la peur de la perdre pour
toujours lui a tout fait oublier; qu'enfin
s'étant plaint au Pere du procédé de sa
Fille, qui ne vouloir pas de lui
,
quoiqu'il
consentit à l'épouser sans dot; Go-.
ronte en avoit fait une severe reprimande
à Julie, qui touchée de repentir, n'avoit
fait que pleurer. Il quitte Nerinepour al--.
ler donner ordre à ce dernier mariage.
Nerine ne sçait comment détourner une.
coup si fatal; Valere & Julie qui arrivent
la prient de ne les point abandonner.
Aptes4YoirUyé un moment, elle: leur
d4u-i
dit de compter fut elle, & les congédie,
voyant approcher Geronte.
-
Geronte demande à Nerine s'il n'a pas
fait une bonne affaire en mariant sa fille
sans dot : Je trDUve) lui répond -elle, que
votre Fille fait un excellentmariage; mais
vous, Aionjîeur
, vousen faites un trèsmauvais,
Comme cette Scene a paru orisgeinale,
le Lecteur fera sans doute bien aid'en
trouver ici un fragment.
Nerine.
Vous mariez" votre Fille
J
cr il ne vous ell!
revient rien !
Geronte.
Que veux-tu Ji":,, ? cft-ce que tu voulois;
que je dtmllndaffe du retour? je la marie
avec un homme riche, & cela fam dJ--
kourferun fêl.
Nerine.
C'efl quelque chose.
Geronte.
N'est-ct pas ce que je pouvois faire di
mieux?
Nerine.
Non-, &jeprétends qu'il devoit VêUf
faire un bon préfem.
Geronte.
Tu te mocq ncs ,
Nerine, & jamais 0""
LIA vû qu'iln Gendre fit un present à si"
Htau-Pere.
lievi NcrintiNerine.
Bonî ne voyez-vous pas tous les fours
fin frere faire sa fortune en mariant fil
fbsur.
Gerontc.
Cela estvrai.
Nerine.
N'etu-'f)O; pas plus proche parent de f~
tre Fille, qae»Jivous étieZfin Frers ?
Geronte.
Tu as rAisin.
Nerine.
Il est donc tout naturel que Julie vous
Vaille quelque chtfe.
Geronte.
Ma foi
y
plus naturel que je nI pensois.
&c.
Nerine ajoûte que l'inrerêt de sa Fille
s'y feroit trouvé
>
puisque l'argent qu'on
lui auroit donnéeut profité entre ses mains
& seroit un jour revenu à Julie. Geronte
plus que persuadé demande à Nerine ce
qu'elle lui conseille de demander à Argante
: cinquante mille écus, lui répondelle.
Geronte se retire dans la résolution de
demander cette somme à son Gendre futur.
Nerine apprête une nouvelle baterie
contre Argante qu'elle voit venir;elle
lui fait entendre que Geronte voit quelquefois
une certaine Araminte connuë
pour une de ces femmes qui ont un talent
pJ
pA/t'culierpour gagner les coeurs des vieilles
gens. Le nom seul d'Araminte saic
trembler Argante:jene fuisplus furpris7
s'écrie- t'il, si Geronte n'a rien voulu fijfnrer
à sa Pt/le; il épousera ArarnÎnt:, &
elle lui fera desenfans. Oh ! Monsieur , lui dit Nerine ,elle tji trop honnête femmt
four cela; mais tout ce que vans ponvtz,
faire
, pour vous mettre l'esprit en repos )
c'est d'exiger de M. Oronte qu'il vous donne
cinquante mille écus
,
lejcjutlsferont au
moinsk couvert de tout fâcheux liCe:"ent..
Argante promet à Nerine de demandes
cette forame ; elle le prie de ne point
parler d'Araminte.
Cette demande reciproque de 50. mille
écus produit encore une Scene toute neuve
; elle broüille les deux avares. Argante
dit à Geronte, que pour se vanger de fas
dureté, il va épouser Dorimene sa soeur.
Dorimene vient; Geronte lui reproche
ce prétendu mariage; Dorimene le rassure
, en lui apprenant que c'est un piege
qu'elle a tendu à Argance pour differer fora
mariage avec Julie; Se profitant de la
broüillerie des deux avares ,
elle offre à
son Frere, pour Julie, les cinquante mille
écus qu'Argante refuse de donner,pourvû
qu'elle dispose de lamain de sa niéce
à sa volonté. Gerontey consent; Valere
arrive; Dorimene le piefcnte pourGeji- -. dre
dreà Geronte ; il approuve cette alliance
; on va dresser le Contratde mariage, &Argante finit la Pièce par ce court Monologue
:Le plus ancien de mts amis veut
m'igfJrger; ma Mattrejfe me sacrifie; la
Femme du monde que f'eflimoÍJ ls p'us me
joué un tour abominable ;jufiu"a une co--
quine de fèrvllntt, tout m'infulre , tout me
trahits& je voi mieux que jamaisqu'il'
n'y a rien defolide que l'argent.
On peut juger par les morçeaux que
nous avons citez de cette Piéce, du stile
qui y regne :au reste
,
les Scenes abondent
plus en actions qu'en paroles, Se
l'on peut dire qu'on agit plus qu'on ne
parle dans toute la Comédie. Il feroit à
souhaiter que le succès d'un si bon genre
de Piéce animât les Auteurs à s'en tenir là,
au lieu de donner un finu de conventions
liées les unes aux autres pour toute
action théatrale : ce déffaut ne regne que
trop -
& tout le monde s'en plaint.
Cette Piéce, au reste, est très-bien joüée,
surtout par les Srs Dangevilles & du Chemin
& par la Dlle Quinaut, qui remplisfient
les Rôles de Geronte ,d'Argante dû:
de Nerine.
PAN ET DORIS,Pastorale.
Jan. ouvre la Scene par un Monologue;m
ilapprend aux Spectateurs qu'il a pris 1a
ressemblancede Palemon, Berger aimé de
Doris, pour sur prendre le coeur de sa
Bergere, qui panchoit vers cet heureux
Rival:voici lesVers qui font l'exposition.
Amour, le Dieu des Bois implore ta puissance.
Sauve-moi la douleur de revoir en ces lieux,
Un Berger trop fatal au bonheur de mes feux.
Profitant dudépit qui cause son absence,
C'est toi qui, pour fléchir l'objet de tous mes
voeux,
M'as fait de Palemon, prendre la ressemblance.
Amour, &c.
Doris vient;elle a déja accepté le tendre
hommage de Pan, fous la figure de.
Palemon ; mais comme ce Dieu des Bois
craint que le retour de son Rival ne détruifc
son artifice, il engage Doris par ce
ferment équivoque:
Je jure par le Dieu qu'en ces lieux onrevére,
Que le Berger qui m'a sçû plaire,
Sera toujours l'objet de mes tendres amours.
Après ce ferment, Dorisvoyant approcher
Arcas, se retire.
Arcas,Confident de Pan, lui annonce
ie retour de Palemon. Cette nouvelle allarme
leDieu des Bois: voici le sujet de
sa crainte;c'est de son Rival qu'il parle
Ètoiir
Doris à son départ ne fut que trop sensibles
On vit éclater son amour,
Que sa rigueur invincible,
Avoit caché jusqu'à ce jour.
Arcas le rassure par ces Vers:
Celui qui plaît davantage,
N'est pas toûjours le mieux traité;
Heureux l'Amant dont l'hommage, Flatte l'orgueil d'une Beauté !
Heureuxl'Amant dont l'hommage,
Fait triompher sa vanité.
Pan, voyant approcher Palemon
, ordonne
à Arcas de s'instruire du foin qui
le ramene en ces lieux.
Palemon fait entendre à Arcas qu'il
n'aime plus Doris, & qu'il ne craint plus
de voir cet objet dont le mépris l'avoit
obligé à quitter les lux de sa naissance.
voici comment il s'explique.
Heureux méprisquime dégage
Des soins dont j'étois agité!
Plus j'aisouffert dans l'esclavage,
Plus je chéris ma liberté.
Arcas, qui applaudit au desseinqu'ila
formé de ne plus aimer, chante avec lui.
Des plaisirs de l'indifference,
tio-UtOns Uchcumamc douceur;
Ceux
Ceux que l'Amour promet pour récompense,
N'ont qu'un charme trompeur.
r Doris vient, Arcas invite Palemon à le
fuir, mais ce Berger lui répond qu'il ne
risque plus rien à la voir.
1 Doris demande à Palemon quel étoit son
entretien avec Arcas, Palemon lui répond :
cJ'entreetenouis Arrcas,des biens pleins de dou- Qu'uncoeur
indifferent trouve dans cet azile.
L'indirrerence de Palemon, surprend
d'aiitant plus Doris, qu'il vient de lui jurer
une éternelle ardeur; l'équivoque est
ménagée adroitement par l'Auteur. Palemon
répond à Doris:
Je dis que sous son Empire,
Doris n'aura plus le plaisir,
De me voir vainement soupirer & gémir,
Mais qu'a donc cet aveu qui doive vous furprendre
?
Avez-vous dû prétendre
,
Que mon coeur dans vos fers fût toujours
arrêté?
Doris.
Non, non,j'ai dû prévoir que ta legereté
Jo Seroit le prix de ma foiblesse
,
Et que je perdrois ta tendresse
,
Si-tôt que mon amour auroit trop éclaté.
PaltraoQ
Palemon peut appliquer ces mots à
l'amour qu'elle fait éclater presentement,
ou quelle auroit pû lui faire connoître
dans la suite, s'il eût perséveré ; il lui reproche
ses rigueurs passées par cesVers
ironiques :
Si les rigueurs des Belles,
De leur amour font des preuves fidelles,
Jamais Amant ne fut plus fortuné que moi.
Doris lui demande le nom de sa non*
velleMaîtresse;illuirépond
L'objet qui m'enchante,
Regneratoujours dans mon coeur:
Liberté charmante,
Tu feras toujours mon bonheur.
Pan vient faire le dénouement; il fait
entendre à Doris, surprise de voir deux
Palemons, qu'il estle Dieu des Bois. Doris
se détermine en sa faveur, mais elle
fait connoître que ce n'est pas par un mo..
tif d'ambition. Elle s'expliq ue ainsi:
Votre pouvoir suprême,
Ne sçauroit augmenter ma tendresse pour vous
Vous m'aimez, il suffit, & votre ardeur ex.
trême,
Elt le seul bien dont mon coeursoitjaloux.
Palemon se retire,non sans regret de
[ £a
pe voir ravir le coeur de Doris. Pan appelle
les Satires & les Driades fournis à son
empire & leur ordonne de rendre hommage
,à la Beauté qu'il aime: les Bergers
& les Bergeres du Hameau se joignent à
cette Fête. Une Driadechante ces Vers
sur un Air de Musette.
Fuyez loin de nous,
Coeurs insensibles ;
Nos réduits paisibles,
Sont-ils faits pour vous?
Votre indifférence,
Nous offense;
Nos ardeurs,
Condamnent vos froideurs:
Si l'Amour nous fait verser des larme¡-)
Nos allarmes,
Ont des charmes,
Pour nos coeurs;
D'un long esclavage,
Tôt ou tard il dédommage,
On trouve en ses faveurs,
Mille douceurs.
Cette Pastorale a paru aussi-bienexecutée
que l'on pouvoit l'esperer ; les sieurs
Quinault&du Fresne,s'y sont fait applaudir
,& la Dlle leCouvreur a fait voir
que les talens ne se bornent pas à la feule
4~
déclamation.LeBallet a été trouvétrèsvif
& très riant,la Dllc la Batte y a dansé avec
toutes les graces qu'elle avoit cy-devant
fait admirer sur le Théatre de l'Académie
Royale de Musique
,
& Mrs Marcel &
Mouret, Auteurs du Ballet &c de la Musique,
ont soutenu la réputation qu'ils se
sont faite dès long- temps, chacun dans
son genre.
L'Opera Comique continuë encore sa
Piece- de la Princesse de la Chine, qui
fait toûjours plaisir par la manière dont
elle est écrite & conduite; elle se dénouë
d'une manière aussi ingénieuse que galanlante
1& on sent la bonne main par tout.
Le Spectacle, les habits, le Balet, sont
très-bien caractérisez.
Un
Divertissements
de Chinois, sur tout, est une chose très--
originale qu'on voit avec beaucoup de
plaisir.La Dlle de Ylfle & le sieur Hamoche,
sont toujours extrêmement goûtez dans
les premiers Rôles qu'ils jouent. Les DUA
de Bercy&Joly ornent aussi beaucoup
ce Théâtre-là par leurs figures gracieuses
& par leurs voix.
Le 7. de ce mois, on donna à la place
du Divertissement du3e Acte de la Piece
dont on vient de parler, un Balet singulier,
extrêmement pic quant & vrai par
sa composition , par le naïf des caractètes,
"5 qui y sont excellemment rendus, SC |at la finesse& lalegereté de l'execution;
cinq hommes ik deux femmes, danfanc
Sfur des Airs d'un Musicien Ecossois, re-
,-.Cicntent avec une intelligenceàlaquelle
on ne sçauroit rien desirer
, par leurs
pas, leurs attitudes & leurs gestes
, ce
qui se passe dans lesMusicaux d'Hollande,
qui sont des especes de Cabarets à Biere
a peu près comme nos Guinguettes,où
les Matelots & autres Particuliers de différentes
Nations,éprouvent diverses avanrures
de galanterie. Ce qu'on exprime ici
par des Tableaux animez, très ingenieux
& très-agréables,c'est l'Amour& la JaluuÍÎc.
Ces passions y font renduës trèssensibles
par les inimitables Danseurs qui
composent ce Balet. Le sieur Nivelon &
la DUeRdboriy jeune personne, très-bonne
Dan seuse
, y paroissent en Hollandois,
comme l'Amant ôc la Maîtresse. Le sieur
Roger, qui a composé les pas du Balet,
& dont la feule figure est capable de faire
éclater de rire le plus grand Stoïcien, y
figure le Valet du Hollandois. Le sieur
Sallé,en Ecossois, & le sieur Rinton;
en Ecossoise, sa Maîtresse. Le sieur
Boudet, Valet de l'Ecossois. Ces deux
Nations sont très-bien caracterisées par
ces excellens Pantomimes. On n'enttfia
pas dans un plus grand détail pour
donner
donner une idée de ce Balet figuré, dans
lequel, sans le secours de la parole, on
s'exprime avec l'intelligence la moins
équivoque & la plus claire. :
Oh repete pour le même Théâtre une
Piece nouvelle,fous le titre de Pierrot
^Céladon ou la nouvelle Astrée ,en trois
.Att:eso
NOUVELLES DU TEMPS,
AFRIQUE.
LE Maître d'un Vaisseau Anglois, arrivé sur
la fin du mois dernier deTetuan à Genes,
a rapporté que depuis que MuleyAbdalah
étoit sur le Trône de Maroc, la tranquillité
& le commerce commençoient à se rétablir
dans le pays: que ce Prince ayant fait assurer
les Villes de Fez & de Maroc qu'il les maintiendroit
dans la jouissance de leurs anciens Privilèges
,
les Habitans l'avoient proclamé Roi
& lui avoient envoyé des presens considerables
; que cependant quelques Mécontenss'étant
encore assemblez dans la Plaine
, aux environs
de Miquenez,le Prince avoitengagé
son armée à marcher contre cesRebelles
, qui
ayant fui vers les Montagnes , y avoient été
JIIafIacrezpar les Noirs qui lui sont demeurez
fideles > que les Maures faisoient de grands
préparatifs pour recommencer les Sieges de
Ceuta & de Melilla, & que le Roi de Maroc
dgyouyenvoyer un Détachementdeses md":
leures
eures Troupes avec des Officiers experimentez.
Russie. 1E bruit court que le Czar a fait offrir des
secours considerables au Prince Thamas,
pour le mettre en état de faire une diversion
oen Perseen cas que le Sultan Acheraf refuse
d'accepcer les dernieres propositions d'accom-
[tnodemne qui lui ont été faites de la part de
|6. M. Cz.
* Une partie de la Caravanne qui va cette anvfiée
à laChine,est déjà partie pour Tobolskoy.
où le restedoits'assembler. Elle est composée
,..cie 3©o hommes de pied &de160. Chevaux, sans compter l'escorte qui l'attend sur la Frontière
de Moscovie.
POLOGNE. 0N écrit de Varsovie,que vers la fin de l'au
tre mois, le Nonce du Pape eut sa premiete
-
Audiencepubliquedu Roi;l'Evêque deCaminieski,
qui avoit été nommé pour allerle
prendre dans son Hôtel, s'y rendit à dix heures
du matin dans un Carosse du Roi,qui étoit
suivi de 40. autres Carosses des Ministres 8c
des Sénateurs, & la marche se fit dans l'ordre
suivant :
UnCarosse du Maréchal de la Couronne,
avec la livrée du Roi,deuxCarosses du Nonce,
avec ses Officiers& Domestiques habillez magnifiquement
> les 40. autres Carosses dont OIJ
vient de parler, entourez d'un grand nombre
de Gentilshommes à cheval. Le Nonce fut
salué en entrant dans la Cour du Château.
par des Fanfares;& ayant paffé au milieu d'un
Bataillon des Gardes de la Couronne, qui étoit
.rané
rangé en bataille, il fut reçû à la porte di
Château par plusieursGentilshommes, sur
l'Escalier par les Officiers de la Couronne i
au milieu de l'Anti-Chambre, parlesMaréchaux
de la Couronne & dela Cour, & enfuite
par le premier Chambellan du Roi, qui
Je conduisit à l'Audience, après laquelle il
fut reconduit à son Hôtel où il donna un grand
repas aux Ministres du Roi & à un grand nombred'Officiers
Allemans.
LeRoi a fait dire au DucCharles Leopoldde
Meckelbourg,qu'il pouvoit envoyer un Ministre
Plénipotentiaire à la prochaine Diette de
Grodno, pour y prêter le ferment accoûtumé,
& recevoir l'investiture des Fiefs de son Duché
qui relevent de la Couronne de Pologne.
Le Marquis de Monty, Ambassadeur du Roi
de France en cette Cour, arriva à Warsovie
le 1 5. de ce mois
Voici la Publication du Roi de Suede
,
qui a
été faite à Stokolm, à l'occasion de la parfaite
harmonie rétablie avec le Roi de Pologne,
comme Electeur de Saxe.
Nous FltEDElUC, par la Grâce de Diru,
Roi de Suede, des Goths, des Vandales,(fc.
ffavoirfaisons que l'intention sincere Ó. chrétienne
que ROtlSavons eu depuis nore avenement
à la Couronne
,
& que nous avom encore,
de rétablir & de confervcr une paix Ittre &
bonne amitié avec toutes les Puissances
,
&
farticullerement celles avec leflJue,lcs nous &
laCouronne de Suede avons étéen guerre ayant
ou une heureuse réiijfitet il a plu au Toit-Piaffant
de benir de telle maniere nos bonnes intentions
,que les différends & les troubles furvenusily
4 quelques annlcsJ & sur tout 1t!4
$9mmencement de la démitrt & sanglante
guerre
juerre entre le feu ROI Cvaries XII. notre ècast
frere ,
de glorieusememoire
,
& le Roi ..Auguste
dePologne,comme Uletitur deSaxe & qui
far rapportaux hofliliteç, avoient d-'jac>Jfé
font à presententitrement termine£ , ,
abolis
& changez en une parfaite pcix union, y«<
rué & tranquillité. Ce que nous avons "voulu
rendre public à lagloire du 5.Nom du'Seigneur,
¡our la fatisfAÏÏion & jcye de nos fidtlts
Sujets. Faità Stokolmle jo.juin 1729-
DAN NEMARC.
LEsassurances données par le Ministre du
Czar, au sujet de l'armement de la Flotte
de SM Cz.& les dernieres nouvellesdePetersbourg,
par lesquelles
< n a appris que cette
Flore étoit rentréedanslePortde~Cronad,
font croire que celle du Roi, dont on a deja
suspendu l'armement, fera bien tôt desarmée.
ALLEMAGNE. -
LE Château de Meilbourgdans la BaHë- Auche,
la plupart des Batimens de laCcmmanderie
du Comte deFrauston,Grand Croix
de l'Ordre de S.J ean de Jerusalem
, & la belle
Eglisequi en étoitvoisine, furent brulez le21.
de Juin en moins de deux heures, sans qu'on
-pû arrêter le progrès de l'Incendie, le venc
étant tiès violent ce jour-là.
On apprend d'Hanover, que le r5- de ce
mois, le Roi d'Angleterre commença la Revue
generale de ii. Bataillons & de II, Escadrons
assemblez dans I.JJlCamp près de cette Capitale.
1 iTâtl*
IHLIk
LE 20 du mois dernieron amena à Rome
de Civitavechia 9. hommes23. femmes &
deux Capucins qui ont été rachetés de l'esclavage,
avec Içs aumônes del'Archiconfrairie
duGonfalon.
Le Cardinal Bentivoglio
,
chargé des affaires
du Roi d'Espagne
, a communiqué au Cardinal
Dataire un Decret du Conseil Royal
d'Espagne,par lequel S.M.C. défend à tous les
Magistrats de son Royaume,de mettre en possession
d'aucun Beneficecertains Ecclesiastiques
,qui pendant le tems de son avenement à
la Couronne, & pendant les dernieres guerres
lui ont manqué de respect, tant par leurs discours,
que dans leurs Ecrits.
Le 21.les Esclaves qui ont été rachetés depuis
peu à Alger, furent conduits à l'Eglise d'jira
Cæli
, pour rendre graces à Dieu de leur
liberté. Le lendemain ils allerent en Procession
recevoir la Benediction du Pape, qui leur fit
donner quelques aumônes; après quoi ils
partirent pour fainte Felicité, leur Patrie.
Le Chevalier de S. Georges a fait present a
S. S. d'une Colomne d'or, à laquelle sont attachées
les Reliques&les Medailles que saint
Edouart, Roi d'Angleterre, avoit sur lui
lorsqu'il fut assassiné. 9
On mande deVenise que le xé. du même
mois, le Doge accompagné de la Seigneurie
& du Nonce du Pape,allaentendre le Service
dans l'Eglise de S. Jean&Paul, où le Te Deum
fut chanté suivant l'usage, en mémoire de la
Victoire remportée sur lesTurcs en 1656. près
des Chateaux des Dardanelles.
I On
t On écrit de Milan que le Chapitre general de
tout l'Ordre de S Françoiss'étant tenu le 4. de Juin dernier
,
le P. Gilbert de Pontchateau,
Docteur de Sorbonne& Provincial de la gran- de Province deTouraine, fut élû Procureur
General de l'Ordre
,
parles suffrages de tous
les Vocaux; mais il allegua son peu de santé
& renonça à son Election
,
malgré les sollicitations
du R. P. General &des Vocaux,qui
accepterent enfin sa renonciation, & à qui cependant
le P.General conferva le titre de Procureur
General de l'Odre,& ensuite le R.Pere
Montarde
,
Provincial d'Aragon, fut élû à sa
place, & accepta cette troisiéme charge de
l'Ordre, que le P. Bourget & le P. Gilbert
Pontchateau ont refusée
>
quoiqu'ils soient les
deux seuls François qui ayent été élusà cet
emploi.
Le 3. de ce mois, le Pape donna dans la
Chapelle Sixte le Sacrement de Confirmation
au fils duChevalier de S. Georges, qui assista
à cette Cerémonie, accompagné d'un grand
nombre de Prélats.
Le 6. S S. tint un Consistoire secret, dans
lequel
,
selon les Lettres de Rome du 7 de ce
mois ,
le Pape fit Cardinaux l'Abbé Borghe se,
son Majordome, Archevêque de Trajanopolis,
& le Pere Feretti,de l'Ordre de S. Dominique,
Evêque d'Alexandrie de la Paille.
S. S.disposa le même jour de la Charge de Majordome.
en faveur del'Abbé d'Acquaviva
qui étoit son Maitre de Chambre.
La nuit tlu iz. au zj. Juin
, on ressenti à
Florence, une secousse de tremblement de
terre si violente
, que la plûpart des habitans
sortirent de leurs maisons & se retirerént en
foule sur les plus grandes Placesde cetteVille.
Peu de terni«prés, quelques maisons écroule-
I ij rent
rent, & les murs de l'Eglisedes Caiwes se
fendirent. M. ~Riaolfi, Prevôt de YEgWt: Métropolitaine,
se rendit alors sur la Place de
sainte Croix
,
oùil fit un discours trèspathétique
au Peuple pour l'exhorteràla penitence
-& à implorer la misericorde de Dieu.
Ce tremblement de terre qui a été plusviolent
qu'aucun dont on puisse se souvenir depuis
un très grand nombre d'années, a causé
beaucoup de dommage à six ou sept lieuës à
la ronde; deux Religieuses du Convent de
Prato ont été écrasées par la chute de lçur
Dortoir.
Le 26. onfit une Procession generale pour
appaiser la colere du Ciel; tout le Clergé seculier
& regulier y afli/ta,&on alla de lEglUè
Métropolitaine à celle de saint Philippes od
Neri, ensuite à sainte Magdelaine dePazzi,
à l'Annonciade & à saint Marc. Le lendemain,
& les deux jours suivans
,
le S. Sacrement fut
exposé dans toutes les Eglises. Le Grand Duc
2 déffendu les Spectacles & autres Divertissemens
publics pendant quinze jours. Les Prieres
publiques ont été terminées au commencement
de ce mois par la Bénédiction du S. Sacrement
&des Exhortations dans toutes les*
Elilès, où le concours du Peuple a été prodigieux.
Le jour suivant le tonnere tomba vers les
4. heures apr ès midi sur l'Eglise des Dominicains
de sainte Marie la Neuve, & endommagea
la Sacristie & la Chapelle de S. Dominique.
E SPA C N E.
ON apprenddu Port sainte Marie, que
M. Verboom , Ingenieur General, en
partit le 14- jwn pour aUe* tracer unC-iiii)
- a.n
dans la plaine de Piedad, à une demie ILuc
de cette Ville, où l'ondoit assembler nooo.
hommes pour le divertissementdu Prince d:;¡"
Asturies & des Infans.
On apprend aussi qu'on y avoit reçu avis
de la Vera-Crux
, que le Frederic, Vaisseau
de la Compagnie dfc la Mer du Sud d'Angleterre,
étoit encore dans ce Port.
On a appris en même cems de Lisbonne que
le13. Juin, la Reinede Portugal, accompagnée
du Prince & de 1a Princesse du Biezil
,
honora d^: (a orefence la nouvelle Tragicomédie
>
representée par les Pensionnaires
du College des Jesuites, qui a étécomposée
à l'occassion du double Mariage du Prince
des Asturies avec l'Infante dePortugal, &
du Prince du Brézil, avec l'Infanté d'Espagne.
On écrit du Port sainte Marie
, que u
Cour a été ion: allarmée, en apprenant la
première nouvelle de la maladie di la Princesse
du Brezil, qui commença le ij du mois
dernier avec tous les accidens qui accompagnent
la petite verole; mais L. M. or*
été rassuréesen apprenant que la petite verole
étoit sortie fort heureusement, que la fiev e
étoit considerablement diminuée
,
& qu'il y
avoir lieu de croîre que cette maladien'auroit
aucune fuite fâcheuse.
Les dernieres Lettres de Cadix portent,
que Don Joseph Patinho, Ministre du Département
des affaires de la Marine & dà
Commerce, pour tranquiser les Interessez
au retour des Galions, aveic fait assurer les
principaux Négocians
, q^e les. effets de ces
Galionsseroient distribuez incessamment, &
que depuis cette nouvelle quelques uns d'entr'eux
se preparoientà faire charger leurs marc'iandifessurlesV^
iiTi-aux destinez pour la
copYglls Espagne. Iiij Les
Les mêmes Lettres ajoûtent que Don Jo.
feph de Vargas, frere de la Marquise de la
Paloma. avoit été trouvé mort dans sa chambre
, ayant les veines des bras & celles dcg
pieds ouvertes.
GRANDE BRETAGNE. IA Reine a signé une Commission par laquelle
elle donne pouvoir au Lord Muscari
, qui commande le Vaisseau de guerre-
XAvanturt
,
de faire le procès à tous les
Pirates & Forbans qu'il pourra prendre susi
les côtes d'Afrique.
On a appris par les Lettres des Isles Canaries
du 25. du mois dernier, qu'on y avoit
publié une Ordonnance du Roy d'Espagne,
portant ordre à tous les Protestans de sortir
de ces Isles dans l'espace de deux mois, à
peine de prison & de confiscation de leurs
effets.
Par les dernieres Lettres de Cadix, on a
appris que malgré la resolution prise entre
plusieurs Négocians, de necharger les Vaisseauxqui
doivent partir cette année pour la
nouvelle. Espagne
,
qu'après la distribution
des effets du dernier retour des Galions,
quelques MarchandAnglois avoientdéjàfait
embarquer leurs marchandises.
MORTS, NAISSANCE
des PaysEtrangers.
LE Prince Joseph Folch de Cardone, Prince
de l'Empire,Président du Conseil Supeidcur
dels Pa'ys-IBams, Majordpome -sMajo-rde
l'Imperatrice
, mourut le 1y. du mois dernier,
dans la 78. année de son âge
,
& le 17. sois
corps fut portédans l'Eglile des Religieux
Trinicaires du Faubourg d'Alter-Gassen.
Le S. Juillet, le Prince Charles, frere du
Roy le Danemarck
, mourut à 8. heures du
matin àWemmeltoff, dans la49me année de
son âge, étant né le 15. Octobre 1680. Il
étoit fils de Chrétien V. Roi de Danemarck,
mort à Copenhague le 4 Septembre1699 U
de Charlotte AmeliedeHesse Cauel. morte
le 27. 1714.
Le 19. Juin, la Princesse Borghese accoucha
à Rome d'une Princesse quifutbaptisée
le même jour, & nOlDmée Marie - Victoire-
Gertrude.
FRANCE,
Nouvelles de la Cou*, ie Pxris
,
&c.
LE 14. le Corps deVilles'étantassemblé,
le Président Tureot de Sumont Brucourt,
Président de la secondé Chambre des RequêtesduPalais,
fut élu Prevost des Mar..
chands. il fut reçu le 12. à l'Hôtel de Ville.
où il soupa. On fit enfuice une décharge des
Canons de la Ville.
Le 17. le Comte de Lignerac
,
à qui leRoi
avoit accordé il y déjà quelque tems la Charge
de Lieutenant General de la haute Auvergne,
en survivance du Marquis de Lignerac son
pere ,
préta serment de fidélité entre les mains
deS.M,
1 iiij Le
Le 8. la Lotterie pour le remboursement
des Rentes de l'Hôtel de Ville fut tirée en presence
des Echevins,en la maniere accoutumée,
le fonds de ce mois s'est trouvé monter à la
fOOEme de 1082690. liv. 6. f. 8. dep. laquelle
aété distribuée aux Rentiers pour les lots
qui leur font échus, conformément à la liste
generale qui a été rendue publique. Le lot le
plusconsiderable de ce mois qui
est
de 2C000L
eZst échcu auiNi°. tjgé.fis. fous ladevisePour Le 17. le CorpsdeVVililllee eut aauuddiieennccee ddiuL
Roi, étant presenté par le Cornee de Maurepas,
Secretaire d'Etat, & conduit par le Marquis
de Dreux, Grand Maîtredes Cérémonies Se
par M. des Granges ,
Maître des Cérémonies.
Le Président Turgot, Président de la seconde
Chambre des Requêtes du Palais
,
qui avoir
été élu Prévôtdes Marchands, à la place du
feu Président Lambert, prêta entre les mains
«b S M. le ferment de fidelité, dont le Comte
de Maurepas, Secretaire d'Etat, fit la ledïure»
le Scrutin ayant été presenté par M. de
S. Contest. Avocat du Roi au Châtelet,qui
parla avec beaucoup d'éloquence. Ensuitele
Corps de Ville alla rendre ses respects à la
Reine & à Mesdames de France. Le 19. le
Président Turgot, Prévôt des Marchands,
à la tête du Corps de Ville, alla au Palais
Roval rendre ses respects à S. A.R. Madame
la Duchesse d'Orleans. i
Le2. Juillet, iL y eut Concert lMarlyJ
chez la Reine', M. de Blamont, sur-Intendant
de la Musique du Roy,de semestre, fit chanter
le Prologue & le premier Aélede Belleophon.
Les principaux rôles du Prologue, quifont
uipolUn,Bacchtts
,
& PiW, furent chantés
par
fcir les SieursBastaron , Dumenil & Dangerville
,&la Dlle lç Peintre chanta celui
de la premiere Muse. La DHc Antier chanta
dans la Piece le rôle de Stenobée, la Dlle le
Maure celui de Philonoé, le Sieur DangervBilleecetlu/
iedurRooyp,&bleoSrnDu.m-esnil-celui de
Le 4. on chanta le second & le troisiéme
A&; du même Opera par les mêmes Acteurs.
Le S7 Boutteloup chanta le rôle de Bellerophon,
à la place du S, Dumesnil, & le S. Dangerville
celui d'jirnifo.iar; ceux du Sacrificateur,
de la Pithie & d'Apollon,par les Srs Bastaron
& Dumesnil. -
Le é. on finit Bellerophon par le quatrième
& le cinquiéme Acte;laDlle Barbier chanta
le rôle de Philonoé qu'avoit chanté la Dlle le
Maure; celui de Tallas par la Dlle Roblin, &
celui du Roy parle Sr Godonefche.
Le 9. on chanta le Prologue & le premier
Acte de Thesée : les rôles du Piologue de Venus
,de Cerés, de Bacchus & de MMS) furent
chantés par les Dl:e, Pithron & Roblin, & par
les Srs Bouttelloup & Chassé. La DUe Lenner
chanta dans la Piece le rôle d'Eglé. Ceux du
Roy Egée & d'Arcas furent chantés par les
5S Chassé & Bastaron , &laDlle Drouinfit
le rôle delaPretresse. La Dlle le Maure hanta
à la fin du premier A&e la Cantate d'Orphée
de M.deClerambaud avec beaucoup d'applaudissement.
Le II. on chanta à Marly le second & le
troisiéme Acte du même Opéra. La Dlle Antier
chanta le rôle deMedée, & le SBoutteloup
celui de Thesée.
Le 13. on ach.vale4.& f-ns AGte du même
Opera. par les mêmes A.51' rs.
Le 18. on exécuta à Verf;.i.!-es le Prologue
I v Opejcat
& le premier Acte d'Atys. Les rôles du Pralogue
de Flore,d'Iris & de Melpomene
, furent
chantés par les Dks Lenner, le Peintre
& Roblin. 6c le rôle du Temps par le Sieur
Chassé. Ceux de sangaride & de Cybelle furent
chantés par les DllesPithron & Hermance
la cadete, 6c 1^ rôled'Atys, par le Sr Boutteloup.
Le 10 on continua le second &letroisiéme
Acte. L--S, d'Angerville chanta le rôle du
Roy,&leSrChalleceluidePhobetor
Le 23. on acheva le même Opera ;la Dlle
Hermance l'aînée chanta le rôle de Cybelle & leSrGodenelchecelui du FleuveSangar. La
même Dlle Hermance chanta ensuite un morceau
détaché de M. de Blamont, qui a pour titre, le Départ de la Renommée, lequel fut.
precedé & suivi d'une très belle fimphonie du.
même Auteur. Ce qui a été aussi executé au.
Concert des Tuilleries avec beaucoup de
succès.
Le 4. il y eut Concert François au Château
des Tuilleries; la D!le Erremens chanta la
Cantate de la Mort de Didon,miseenMusique
par M. Mouret, & la Dllc Bastholet celle
de la Paix, par M. du Tartre , avec deux Airs.
Italiens qui furent très-aplaudis: on finitpar
le Motet super
1
Flumina, de M. Gomay,qui
est toujours très-gouté.
Le II. on chanta la Cantatille du Retourdu
printemps, dont on a déja parlé, & la Cantate
du Bal; la D le Bastholet chanta deux
Arietes Italiennes, & après plusieurs pieces.
de simphonies. le Concert fut terminé par un
Motet mis en Musique par M. Dornel. Les
gCraonndcesecrhtasleurs ont empêché la continuation
qu'on donnoit tous les Lundi^oa-.
Ie&
les reprendra le mois prochain parle Canee;t
spirituel qu'on donnera le15. Août, Fêtede
l'Assomption.
Le 17. les Religieux de la Nierci,Redernptlcn
des Captifs, conduisirent à Versailles les 4^.
Esclaves qu'ils ont rachetez dans le Royaume
de
-
Maroc & d'Alger; ils firent leur Procession
dans la CourduChâteau devant le Roi.
Le Lundi 18. & les deux jours suivans, ils
firent la même Procession à Parh.& allerent le
premier jour, de l'Eglis e de l'Abbaye Royale
de S. Antoine des Champs à Notre-Dame, le
second jour, à l'Eglise de S. Sulpice, & le
troisiéme à celle de S. Eustache.
Les Religieux de la Merci, accompagnez
des Confrères, Chevaliers, Voyageurs,Palmiers
de Jerusalem, & de N. D. de bonne
Délivrance,sottirentde leur Eglise du Marais,
à une heure après midi le Lundi, & se rendirent
à l'Abbaye S. Antoine, où les Captifs
s'étoient rendus, & après un compliment fait
par un Enfant en Ange, à Madame de Bourbon
, Abbesse marcherent ensuite processionnellement
jusqu'à l'Eglise Metropolitaine, &c.
L'Archiconfrairie Royale des Chevaliers de
Jérusalem marchoit à la tête, précedée dela
Banniere de Notre Dame de la Merci, donc
deux Enfans en Anges tenoient les cordons; venoient ensuite quelques Officiers de Ville
& Segens, les Trompettes, Timbales &
Hautbois; la Croix, les Officiers, les Administrateurs
de Jeruralem , & six prisonniers
pour dettes, délivrez des deniers de cette
Confrairie, &c. & les Confrere s portant leurs
Palmes.
La Confrairie& les Confreres de N. D. de-
Bonne Deuvrxnce, en Aubes &- Ceintures J:
I.vj pOttat:
portant des Couronnes & des branches de
Laurier. Les Reliques apartenantes à ces Confrairies
étoient portées au milieu des deux
sies de
-
ces Confreres ; aprèsquoi marchoient
d'autres Officiers de Ville & les
Trompettes,Timbales & Hautbois.
Après la Banniere de la Redemption, on
voyoit les Captifs, portant les chines de
leurcaptivité
, accompagnez chacun de
deux Enfans en Anges, & après le Guidon
rie la Redemption
, un Gentilhomme & un
Religieux de la Merci, aussi Captifs,marchoient
entourez d'Anges; vendent ensuite
les quatre Redempteurs
, tenant chacun' une
Palme à la main; cette pieuse& brilkme
Processionétoitterminée parles Religieux de
la Merci, chantant le Pseaume In convertendà
Dominus,&leCantique In exitu lfreëide
Ægypto. Ce SpréhcIe édifiant & très-utile, par
les aumones qu'il procure pour la Redemption
des Captifs, a attÎIC: un très-grand concours
de Peuple dans lesrues&auxfenêtres, d'où
les aumônes tomboient en abondance.
Dans l'Eglise Notre-Dame onchanta une
Antienne à la sainte Vierge, & de retour à
l'Eglise de la Merci, on chanta un Te Deum
en musique suivi de la Benediction du S.Sacrement,
qui fut exposépendant les trois jours
pour leSalut. Dans l'Eglise de S. Sulpice , après l'Antienne
du Saint, on chanta la Messe en musi.
que ,
& le Pere Dom Jerome, Feuillant,
prêcha avant l'Offertoire, de même qu'à
saint Eustache. -
-Lt" 25. après midi, le Roi fit dans la Cour
du Chateau de Versailles la revûe des deux
Compagnies des Mousquetaires de sa Garde
Ilst'aiffwblcrebtà pied, & après que le Roi
eut paffé dans les-rangs. ils sirent l'exercice
avec la plus grande précision, au son du Tambourg
& à la muette, & défilement ensuite
devant S. M. Après quoi les Mousquetaires
prirent leurs bottes, montèrent à Cheval, se
formerent en Escadron & défilement une féconde
foisdevantleRoi. LaReyne, accompagnée
de Mesdames dt France , vit cette revue
du balcon de l'Apartement des Princesses
d'Orléans
LETTHE de M. le Chevalier de Neufvilte de.
[ ùimtador,écrite de Mets le 1JuiUet 1719.
J E vous ai promis, Monsieur, devous entretenir
de la réunionds trois Compagnies
des Gentils-hommes qui lent ici, si tôt que
ces Compagnies auroienc pris une certaine
forme. Pour acquitter ma promesse, je vous
dirai que celles de Caën & celle de Cambrai,
où j'étois ,
font arrivéesdepuis plus d'un
mois; que nous avons trouvé des Officiers
aussi aimables pour nous dans la Société,
sqeur'exacts dans le service. Je ne puis me dispende
les nommer pour leur rendre quelque
chose de la reconnoissance que ie dois à leurs
bontés, tant pour la compagnie
, que pour
moi en particulier. M. Du Boschet est notre
Commandant; & sans lui donner de longs
Eloges, il sussi: de dire que la Cour lui a confié.
par distinction le Commandement de trois
cent Gentils-hommes. Nous avons pour Lieutenant
M.De Birague, qui est un Officier de mérite,
également sage & expérimenté MM. De
Melun, DeThiery ,DejeizeUe & Bouchay
fort leurs quatreSous-Lieurtnans. auflï- en-»
tendus dans l'Art militaire que dans la Police •d*ua
éan corps comme le nôtre. Nous avons outre
ces six Officiers superieurs, douze Maréchaux
des Logis36. Brigadiers&36.Sons-Brigadiers. 1
Nousfaisons l'exercice presque tous les ]
jours, & par les foins que se donnent MM. les !
Officiers nous le faisons allez regulierement.
Delà nous passons auxSallesdeD6nfes,d'slrmes
ou d'Allemand. Nous allons en deux Classes à
celles de Dessein, & de Mathématique le foir.
Nous montons la garde tous les 5 ou 6. jours,
à la Porte du secours de notre Citadelle; elle
est composée de 23. hommes; sçavoir, l'Officier,
un Maréchaldes Logis. 2. Brigadiers. x. Sous Brigadiers & 18. Factionnaires.
On travaille à nous habiller de neuf; vous
connoissez notre ancien uniforme que vous
m'avez vû à Paris; le nouveau fera bleu encore;
mais les manches feront d'écarlates, en,
botte, à deux rangs de boutons d'argent, jufqu'à
la poche; nos Chapeaux bordesd'argent
Plumets blancs, Boucles d'argent.
Nous avons dans la Ville l'Opéra qui vient
de Roüen, & que conduitMe. Desjardin ; il a
executé d'abord l'Europe Galante , avec autant
de succés qu'il el! possible en Province.
Les DIe, Destardin & de S. Germain le font
distingués dans la Mulîque & la Dlle
pour la Danse; elle a figuré avec le fils du
Maître à danser de M" les Cadets de Strafbourg,
&ils ont eu tous deux un applaudissement
universel. Ils se préparent à représenter
Jeudi prochain Omphale ,
& s'il
m'est permis d'en juger par les répetirions ,
ils
soutiendront la bonne opinion que nous a donné
la premiere Pièce. Il ya aussi au Camp une.
troupe de ComédiensItaliens qui jouëles Pièces
du Théâtre de Gherardi ; ils ont donnéaYCC
tâei de succès lA Foire Galante,Parpdite
rodie, & l'EuropeGalante,que l'Opera representoir;
mais ce qu'on a le plus gouté, ce
font les sauts du S.Mignard, qui effectivement
font aussi surprenans qu'il s'en puisse imaginer.
Les Nouvelles publiques ont déja parle du
nombre de bataillons campés ici; mais j'ignore
si elles ont ditqu'il n'y a gueres de plus
beau coup d'oeil que celui de ce camp; il est
assis sur les Words de la Morelle, à la sortie
de laVille, surle Chemin de Paris, toutes les
Tantes font en bois & bordées de deux rangs
d'Arbres
,
qui forment une Allée couverte
audi large que la grande Allée des Thuilleries.
Tout le long de la Riviere
, en face du Camp
regne un Parapet de plus d'un quart de lieuë,
de longueur, que l'on continue actuellement,
&onaainsi le plaisir d'entendre le murmure
des ondes de la Moselle, au milieu de laquelle
on a pratiqué une espece d'ecluse, qui forme
une Nappe d'Eau magnifique. Il y a sans cesse
une quantité extraordinaire de Caraffes & de
Chaises à Porteurs,&une affluence de monde
que je ne puis vous exprimer.
On écrit de Dijon que sur la fin du mois de
Mai dernier
,
la Dame de Volaivre, atteinte
& convaincué d'avoir attenté plusieursfois
par le poison à la vie du S Boivot, Secrétaire
du Roi, son Mari, & de l'avoir fait assassiner
par un de ses Amanssugitifs
, eut latête tranchée
, conformément àul'Arrêt du Parlement
de Djon.
Et que vers la fin du mois deJuin dernier
dans une émotion du Peuple, le Bourreau de
cette Ville, plein de vin, fut tué à coups de
pierres, au pied de l'Echafaut, pour avoir
mal executé un criminel, condamné à être
rompu JpOUI ftYviï commis un meurtre.
Oel
On voyoitily a environ30 ans à Paris,
dans une maison auprès de la ruë Taranne,
chez le SI Benoîe
,
Peintre, Le CercleRoyal,
en figures grandes comme le naturel, modelées
par lui en cire colorée, dont chaque Portrait
étoit si ressemblant,qu'il n'étoit pas potIi.
ble de n'y êrre pastrompé. Louis XIV.Monseigneur
le Dauphin, Messeigneurs les Ducs
de Bourgogne< d'Anjou, & de Berri tous
les Princes & Princestes de la Maison Royale,
&quelquueessGGrarnadt)sdOs fOf~iIcf iers de la Couronne,
étoient représentés au naturel, avec de riches
habits.
On voit aujourd'hui à Paris, ruë S. Thomas
du Louvre, dans une Salle ou vestibule
de l'Hôtel de Longueville, un autreCercle
Royal, composé du Roi d'Angleterre George
II.arégnant ,
de la Reine son
Epouse &de la Famille Royale, confilhnt
au Prince de Galles, qui en effc i'ainé, âgé de
ii. ans & quelques mois
,
le Duc de Cumberland
&cinq Princesses, dont la plus jeune n'a
que 5. ans, avec des habits riches & convenables,
à laFrançoise; on y voit encore un Page
qui porte la queue de la ILm, & deux
Suites de la Garde, tenant leurs hallebardes,
ce qui fait dO'jz figures,toutes en pied & dont
la ressemblanceest dit-on,trèsparfaite.
Les têtes, les épaules, la gorge, les bras
& les mains de ces figures, font d'une conposition
que le Sr Gosset, Gentilhomme Anglois
a inventée bien d^fterente de la cire,
qui durcit en vieillissant, & qui imire si bien
l'épiderme & la carnation naturelle, que les
figures pa-oissent anmée?.LeS.Gosset qui a
travaillé seul à cet Ouvrage ,
pendant 3. ans, Pa fait apporrer ici de Londres d'où il a été
transporté à Mil;li dans un Salon du Chateau
»
&:
& a été vû du Roi & de toute la Cour, avec
une extrême fat sfaction.
Le même Artiste a aussi apporté quelques
autresOuvrages de la même composition ,figures
& bas reliefs, qui imitent l'yvoire. &
qui font très dignes de l'attention des Curieux.
Le Sr Lescure,Chirurgien des Gardes du
Corps de la Reine,2e Douairiere d'Espagne
, continue de donner des preuves de l'éfficacité
de son remède, par les guerisons qu'il
produit continuellement pourl'épilepsie ou
mal caduc, vapeurs, & maladies convulsives
, & même pour la paralisie
, & generalement
dans toutes les u aladiesde la tête, en
qui attaquentle genre nerveux; les experiences
en ont été faites fous les yeux de plusieurs
celebres Medecins qui en ont rendu un bon témoignage.
Ce remcde est facile à prendre; les
effets en font très-doux,&il peut se transporter
par tout. Il donne la manière de s'en servir,
Le Sr Lescur,demeure ruë du Jour à I'Iraa»
ge S. Louis,proche le grand Portail S. Eustache.
A Paris.
MORTS, NAISSANCES,
| & Mariages,
sUlpice Colbert, Chevalier, Seigneur ds
Boisgarnier, &c. mourut le 30 Juin, âgé
de 77 ans.
Lepremier Juillet, lePeteduTrevoux,
Jesuite
, mourur à Paris, âgé de 84 ans.
Anne- François-Guillaume du Cambout.
Evèquede Tarbes,AbbédeMemie,est more
djt~
dans son Diocèse. âgé d'environ 4j. ans.
Dame Elisabeth Bachelier,veuve de M. François
de Francine, Comte de Villepreux,decedée
le 4. Juillet âgée de 74. ans.
Dame Marie Colot, Dame du Lit de la seuë
Reine Marie- Therese, veuve de M. Elie Du.
fresnoy,Chevalier, Seigneur de Fleury,moulue
le 8.âgée de 82. ans environ.
Camille d'Albon, Marquis de S. Forgeux
Baron d'Avauges, Prince d'Ivetoten Norman»-
die, mourutle10Juilleten son Château d'Avauges
,près Lyon,âgé d'environ 76. ans;il
étoit fils de Gaspard d'Albon
,
Marquis dd
S. Forgcux ,& de Françoise de Damas Thianges
,
ses frères étoient Claude Josephd'Albon,
Prieur de Montrotier,mortArchidiacre 8c\
Comte de l'Eglise de Lyon,Antoine Bertrand,
Comte d'Albon,Capitaine des Carabiniers, tué en Italieen 1702. Ses foeurs, Jeanne d'AI.
bon, mariée à Jacques d'Amanzé
,
Comte det
Choffailles;Hilaire, au Marquis deBrossia, des
Franche-Comté Marthe,à Gaspard Joachim
de la Baume, Comte de Suze, Marquis dea)
Bressieu, & Antoinette d'Albon Epouse erui
premières nôces de Léon de Valbelle
»
Comtea
de Ribiers, à present mariée avec Charle-.I
François,Marquis de Calviere. Il ne laisse des
son Mariage avec Julie Françoise de Crevaoc'ei
Princesse d'Ivetot, que Françoised'Albon
mariée à d'AlbonS.Marcel, dont elle
a des enfans.
Sans parler de l'illustre & ancienne origine
de la Maison d'Albon, qui est assez connuë
,
8flî
de plusieursGrands hommes qu'elle a donnés à
l'Eglise & à l'Etat, il suffira de citer Antoivimp
d'Albon, AbbédeSavigny &del'Isle-Barbe,
Gouverneur & Commandant pour le Roi danse
lés Provinces de Lyonnois, Bourbonnois
Hiu.e,»,
Haute & Basse Marche, successivement Archevêque
d'Arles,puis de Lyon,mort le 24. Septembre
1574. Jeand'Albon - ,Seigneur de S. André d'Oulches
&de Serezat, Chevalier de l'Ordre du
Roi, Gentilhomme de saChambre,Chevalier
d'Honneur de la Reine Catherine de Medicis,
Gouverneur du Lyonnois, Bourbonnois, Haute.
& Basse Marche,& Jac quesd'Albon, Marsqauis
de Fronsac, Seigneur de S. Andié, que
naissance
,
ses emplois, & la faveur d'Henry
Il.ont rendu célébré Il fut Premier Gentilhomme
de la Chambre, Chevalier de l'Ordre
du Roi & de celui de la Jarretiere, Maréchal
de France,pourvû des mêmes Gouvernemens.
qu'avoit Jean d'Albon son pere:il fit au Sacre
du Roi Henry II, & à celui de Charles IX les
fonctions de GrandMaïtre, & tous les Historiens
conv iennent que c'étoit un Seigneur brave,
bienfait de sa personne, magnifique, &
l'un des plus grands Capitaines de. son lieele.
Nicolas Lambert, Chevalier, PresidentHonoraire
enla seconde Chambre des Requêtes
du Palais,Prévôt des Marchands,mourut le
10 Juillet,âgé deans.
Dame Marie Anne Crozat, Epouse de Louis
de la Tour d'Auvergne,Comted'Evreux,
Lieutenant General des Amées du Roi, Colonel
General de la Cavalerie Françoise & Etrangere,
Gouverneur de l'Isle de France & des
Villes& Châteaux deSoissons, Laon&Noyon,
mourut le 11. Juillet, âgée de J40ans.
Frere Jacques-CharlesAndrault deLangeron
, Bailly, Grand-Croix de l'Ordre de Saint
Jean de Jerusalem,Commandeur de la Vaufranche
en Berry, Abbé de Bellebonne, Lieutenant
General des Armées du Roi, Chef
d'Ifd'Escadre
des Galeres,& Commandant de si
Ville de Marseille, mouru à Paris le f3. da~
un âge fort avancé.
L-ETTREès'rite cFsHençon leii. Juillet 1719. NOus avons perdu le 10. de cemoisM.Pierre
Belard, DocteurdeSorbonne&Curé
éiAlençon:-, il étoit âgé de 67. ans, & avoit
passéune partie de sa jeunesse à S. Sulpice de -
Paris, d'où Madame deGuise le retira pour
lui donner la Cure de cette Ville, où il n'y &
qu'une feule Paroisse. Il l'a desservie pendant
3î". ans avec toute la vigilance&tout lezele
d'un vrai Pasteurs aimanttous sesParoissiens
comme ses enfans, 3c les ayantautantédifiez
par sa vie pure & exemplaire, que par ses
doctes & sçavantes Instructions. Toujours attentif
à l'avancement de la gloire deDieu 8£
an bien de son Troupeau, il a établi dans Alurfçon
une MaisondeFilles de laProvidence pour
l'éducation des enfans, & un Hôpital pour les
Pauvres & pour les malades ; il or fait en mourant
cetHôpital son Légataire universel. Son
-
grand zele pour la sanctification des. ames.
& en particulier pour l>infltl..ttbn des Nouveaux
Couvertis, dont il a beaucoup augmenté
le nombre, lui avoit mérité une pension du
Roi, dont les Pauvres seuls prositoient.On
peut dire que la Grâce & laNature avoient
léiini en lui toutes les vertus & les differens
catacteres répandus ailleurs dans les personnes
d'un mérite distingués aussi toute la Ville cil
penetrée d'une vive douleur, & ne cesse de
s'affliger de la perte d'un Pasteur si saint & si
respectable.
ï>.Marie-FrancoiseduRsrçft de.Vete.ri£-.-
Epouse
Epouse de Charles. Elizabeth Marquis de Coetlogon,
accoucha le 30. Juin d'une fille,qui
ssir nomméeAgathe-Françoise, par Claude
Pignon, & Marie-Catherine Herbet.
Le 5. Juillet,M. Jean-Baptiste Dartaguiette-
Diron, -Chç:valier)Ba¡ron Daguere Marquis
de la Moths sainteHeraye, fils de deffunc Jean--
Çaptiftc Dartaguiette-Diron,Ecuyer,Conseiller.
Secretaire du Roi, Maison,Couronne de
France & de ses Finances, Baron Daguere,
Marquis de la Mothe sainte Heraye & Syndic
général des Etats de Navarre, & de Dame
Marie Diron, épousa D :e Marie - Victoire
Guillard de la Vacherie, flUe. de M. Jean-
Baptiste Guillard, Chevalier, Seigneur de la
Vacherie, &c.Chambellan de feu Monseigneuz
le Duc de Berry & Gouverneur de la Citadelle
d'Arras, & de Dame Marie-Christine
Herault» son Epouse.
LETTRE écrite de Bretagne, le 6.
Juin J7Z9. au sujet du Afa-iagc
dç M. le Chevalier de Rohan.
E Mercure du mois de Fevrier dernier,
annonce le Mariage de M. leChe-,
valier de Rohan avec Mademoiselle de ~Retz..
La qualité de riche heritiere de Bretagne, qui -
lui est donnée, jointe à la manière dont Ton
nom estimprimé,Retztelqu'on l'a apparamment
donné, m'a fait long-temps réfléchir;j'ai
enfin sçû avec certitude que c'étoitdeMademoiselle
de Rays, dont on a voulu parler. Il
est vrai que c'est une de nos plus riches Heritieres
1
,
mais son nom n'est point de Retz)ellé
se.nomme du Breil,& de Rays n'dl que le
nom d'une Terre,
Vmis
Vous ne ferez peut-être pas fâchez, Me/Ïïeurs,
de donner dans votre Journal, une idée de la
Maison de cette riche Heritiere, qui en prenant
alliance avec la Maison deRohan
,
n'a fait que
renouveller celle que ces Ayeux avoientdéjà
avec cette illustre Maison.Ses Peres font sortis
d'un Cadet de la Maison de du Breil, Seigneur
du Chalonge, qui en dl la Branche aînée.
La Maison de du Breil est très ancienne dans la Province. On voit unTitre de 1177. dans
l'Abbaye de la Neuville, près de Dol, où il est
parlé d'un Mathieu du Breil, qui estqualifié de
Miles.
Du Pas, dans ses Génealogiesde Bretagne,
fait mention de cette Maison comme d'une dcî
plus anciennes de la Province & des plus attachées
à ses Souverains. Robineau, autre
Historiende Bretagne, en parle de la même
façon ,enfin tous ceux qui ont écrit sur certe
Province, n'ont pas négligéd'en parler, &
ceux de cetteMaison font en état de prouver
leur Généalogie par bons titres depuis la fin du
douzième siecle. Elle a formé dans la Province
plusieurs Branches, maisil n'en subsiste actuellement
que trois.
Celle du Chalonge
, comme on l'a dit, est
l'aînée; celles de Pontbriand & de Rays, font
sorties de Rolland du Breil, qui en étoit puîné.
Ce Rolland du Breil, après avoir passé par plusieurs.
Charges honorables, sur employé comme
ses Ancêtres à plusieurs négociations importantes.
Et à la création du Parlement de
Bretagne, il en fut un des deux Présidens ; il
épousa cinq femmes, mais il n'eut d'enfans
eue de Jeanne de Serigar.
Rolland du Breil, qui étoit son troisièmefils,,
eut pour fils Olivier du Breil ,
qui épousa
Jtfagdeleine le Begassoux. Olivier du Breil
, mourut
~nourutenallant en Canada, Commandant la
Flote que le Roi François I. y envoyoit.
M.le Marquis deRays,Pere de Mme la Com-
Sfcele de Chabot., eA descend directement & efl
laîné de cette Branche, dans laquelle on ne
kûit quede belles Alliances, n'en ayant jamais
pris qu'avec lesMaisons de Thomas, Seigneur
de la Connelais, de Dacigné de Boëscon &
de la Boexiere de Branconet.
k Charles du Breil, autre fils de Rolland & de
Jeanne Serigat, fut marié en 1496. àGuyonne
du Pontbriand; il fut Chevalier d'honneur de"
fia Reine Anne de Bretagne., & laissa un fils qui
mourut sans enfans ; sa succession du côté paternel
-patb. Julien du Breil, Chevalier
des
Ordres du Roi, Capitaine de Rhedon, lequel
Acheta d'Antoinette du Pentbriand, qui héritoit
du coté maternel, la Terre de ce nom
depuisérigée en Comté, par Lettres Patentes
¡,.le l'année 16^0.
Julien du BreilépausaDame Marie Ferré,
'& eut pour fils Jean du Breil. qui épousa
Claude de Blusson.
: Le Comte de Pontbriant d'aujourd'hui en
efl: descendudirectement, & ses Peres, commeles
Seigneurs de Rays, n'ont pris ctatIian:"
ces qu'avec des Maisons distinguées.Il aépousé
,'en 1721.la fille aînéedu Comte d'Epinay;
-Colonel du Regiment de Charolois,&deAnne
de Hautefort, soeur de Mrs deHautefort, Lieutenans
Généraux des Armées duRoi.
-
ARRESTS NOTABLES.
ARRESTdelaCourduParlement,du 11Mars
1729. qui drdonne que les LettresPatentes
!»nânmcdedit dpxj•Avrilîéé^. portant que |, - lesles
Notaires qui font dans les Bourgs,Fermes
ou grandes Paroisses, feront réduits à deuV
sansen pouvoir établirun plus grand nombre.. seraexecutéselonsa forme& teneur.
ARREST du Confcil d'Etat du Roi, du iz
Avril, qui maintient la Demoiselle Pottier dea
Gesvres, eh qualité de Dame de la Baronnie
deMontjay,dansles Droits de Péagequ'elles
perçoit dessus & dessous le Pont iicué sur Iar
Riviere de Marne dans la Ville deLagny, Scc.3
Et fixe la quotité desdits Droits..
i SENTENCE de M. le Lieutenant Criminelle
du Châteletde Paris, du 5.Juillet,1719. qui
condamne Me Marc-Antoine le Coq, PIOCu-t
rueur au Châtelet, à êtreadmonelléen20.liv.
d'Aumône, en 500. liv.de réparationcivile,:
dommage & illtrêts. & d'interdiction pendantun
an des fonctions de saCharge, pour
avoir, étant en cravatte & canne,insulté un dof
ses Confreres,qui étoit en Robe, dans -une des
Salles du Chatelet, un jour d'Audience, & em:
outre luifait deffense, & à tous autres Procureurs
de se trouver au Châtelet les jours Plaidoyables
autrement qu'en Robe,conformément
aux Ordonnances. Arrêts, Reglemens, &c.'J lu ARREST de la Cour du Parlement du Juillet 20.0 1729. Portant suppression d'une Feüille
imprimée
, commençant par ces mois: le if
"Mayy irètt de GregoireVII. lupe & Confl-
ff,ur.
• Ce lour les Gens du Roy font entrez ,
3û5
Maître Pierre Gilbert de Voisin
,
Avocat du
duSeigneurRoi, portant la parole, ont dit :i
Messieurs, unefeuille imprimée pour ~servi
de SupplémentBreviaire Romain, se repan&f depuis
A*
depuispeu dans le Royaume: oc dans cette
feüille où se trouve un Office consacré à la
memoire du Pape Gregoire Leptiéme, Nous
voyons avec le dernier donnemeOf ce qu'il y a
de plus capable d'inspirer l'excès des préccntions
Ultramontaines.
Nous n'ayons pas besoin de nous étendre
surtout ce qui compose cetOffice. Vous en
jugerez par vous mêmes à l'inspection de
l'Imprimé que nous laisserons fous vos yeux.
Et que pourrions nous ajoûter à l'impression
de ces paroles toutes feules, qu'on voit dans
l'une des Leçons? C*ntr& Henriei Imperatoris
impiesctriants fortis per omnia athleta impavidus
permansit,seque pro muro domui Jfratl
fonere non timuit : ac eundem Henricum in
prosundum malorum prolapsum
,
fidelium cornmunione
regnoque privavit, atque sulditos
populos fide ei data libe ravit.
r- On sçavoit assez que Gregoire VII. si celebre
par ses différends avec l'Empereur Henry, est celui qu'on a vû porter plus loin ces prétentions
ambitieuses inosûies dans les premiers
siecles de l'Eglise, qui causerent de si grands
troubles & allumerent des guerres ti cruelles
¡de son temps.
Mais, qu'il foit permis de le dire, on n'avoit
pas lieu de s'attendre devoir entrer dans
itonéloge', & celébrer dans un Office Ecclésiastique,
l'excès où le conduisirent enfin des
principes si dangereux. Eit ce donc le chefd'oeuvre
de son zele,d'avoir entrepris de pri- ver un Roi de sa Couronne t & de délier ses
ÇSujets du serment de fidélité ? Et pouvons-nous voir sans douleur qu'on appuye sur un fait 6
digne d'être enseveli dans l'oubli les titres
lC:ju'on lui donne de Défenseur de l'Eglise, de
Restaurateur de sa liberté, de rempart de la
maisond'Israël K PourPourquoi
faut il que les vestiges d'une ert*
treprife dont le tems sembloit affoiblir lamémoire,
reparoissent aujourd'hui jusques fous
nos yeux, qu'ils viennent encore exciter notre
devoir oc notre zele? Souffririons-nous
qu'à la faveur de ce prétendu Supplément du
Breviaire Romain
, on mit dans les mains des'
Fideles, dans la bouche des Minières de la Re
Jigion ,
jusqu'au milieu de nos faims.Temples.
& de la solemnité du culte divin, ce qui tendj
à ébranlerles principes inviolables & sacrés
de l'attachement des Sujets à leur Souverain**
<& ce qui blesse les maximes que l'on a toujours
maintenues dans ce Royaume très Chrétien
avec la confiance la plus invin ible?
Engagez par le devoir de nos Charges, nous 4
nous addressons à la Cour, dont l'autorité s'eli îj
toujours si heureusement employée pour laà
conservation de ce dépôt précieux. Parles con-1
clusions que nous avons prises par écrit, nousa
avons l'honneur de lui proposer ce qui nous
paroît le plus convenable dans l'occasion
quiîi
nous excite aujourd'hui, & nous attendons
avec une juste confiance ce qu'il lui plaira des]
staEtueruà cexsujert. etirez:!si va une feüille imprimée en deux pages De chaque page en deux colomnes
, commençant!
parces mots: Le tu May,fèsle desaint Gre,
goire VII. Pape&Confesseur
,
&finissant pan
ceux ci: On dit la Messe STATUIT. ensemble
les conclusions par écrit;la matieroi
sur ce mise en déliberation. is
-
LADITECOUR a arrêté & ordonner
que ladite feüille fera & demeûrera fupprlmée.
enjoint à tous ceux qui en ont ou pourronu
avoir des exemplaires, de les apporter au Greffoï
de ladite Cour pour y être
pareillementfup-d
primezu
pritxiexj fait inhibition & défenses à tous Imprimeurs
, Libraires, Colporteurs & autres, de
quelque qualité & condition qu'ils soient,de
imprimervendre, débiter, ou autrement distribuer
; ensemble de l'inferer dans aucuns
Bréviaires
,
Miscels
,
Rituels ou autres Livres:
comme aussi à toutes personnes Ecclesiastiques,
Seculieres & Regulieres, ou autres, de quelque
état& condition qu'elles soient, de r~re
aucun usage ducontenu en ladite feüille,en
quelque forte 8: maniere que ce puisse être j
enjoint à tous Supérieurs de Corps & Communautez
Seculieres & l'egulieres, de se conformer
au present Arrêt, & d'y tenir la main,
gàrapnedineepedienesaisie du temporel & autre plus
s'il y échet : Fait inhibition Zc
defenses à tous Imprimeurs & Libraires , d'imprimer, vendre
,
débiter, ni insereren aucuns
Bréviaires, MifTcls
,
Rituels ou autres
Livres dont ils auroient le Privilege, aucune
feüille ou écrit particulier, s'ils n'en ontobtenu
un privilege special, ou la permission des
Lieutenans Généraux de Police, ès cas où ils
auront donné les pCItifIjons d'imprimer, le
tout suivant les Ordonnances, Edits & Declarations
du Roi enregistrées en la Cour:ordonne
en outre que le present Arrêt fera lû,
publié, & affiché par tout où besoin fera ; &
copies collationnées envoyées aux Bailliages
& Senéchaussées du Ressort, pour y être lûés
publiées & registrées;enjoitauxSubstiruts
du Procureur General du Roi d'y tenir la
main, & d'en certifier la Cour dans un mois.
Fait en Parlement le vingt Juillet mil-sept cent vingt-neuf.Signé,YSABEAU.
LETTRES PATENTES ,qui ordonnent une
CiiUPC de cnt Arpens. de Bois par an dans tr
K ij Parc
Parc de Chambord. Données à Compiegnele
18. May 1719. Registrees en Parlement le jy. dudit mois.
DECLARATION DU ROY, concernant
les Pensions. Donnée à Compiegne le 21. May
1719. Regirtrées en la Chambre des Comptes
le 15 Juin suivant
,
portant Reglement de
ce qui doit être observé par les Officiers de
la
Chambre
des Comptes
, au jugement du
Compte du Garde du Tresor Royal pour
l'année 1715. & de ceux des années suivantes,
jusques & compris celui de la presente année
J72.
A R R EST de la Cour des Monnoyes, du
i; Juin portant Reglement pour les Maîtres
Orfévres & Marchands Merciers, Joailliers &
autres, au sujet desfabrications,ventes&
achatsdes Ouvrages d'Orfevrerie.
LETTRES PATENTES, qui ordonnent
une cour>e de Bois dans le Parc deVersailles
& dans la Forêt de Marly, pour l'ordinaire
de l'année 1730. Données à Versailles If 4.
Juin 1729. Rzgilirées en Parlement le 18, dudit
mois.
ARREST du 14. Juin, qui ordonne qu'à
l'avenir, & à compter du jour de la date du
present Arrêt, le Charbon de Terre provenant
des Mines de l'Isle Royale, ne payera à
l'entrée du Royaume que 6.livres par tonneau
dupoids de cinq mille deux cens cinquante liv.
ARREST de la Cour des Monnoyes, du"
ii juin
,
qui fait deffense aux Maîtres Boutonniers
de travailler du Métier de Maître Orfévre,
vre, & de fondre des Matieres d'or & d'argent
;& aux Maîtres Orfèvres de prêter leur
Poinçon
, d'en marquer d'autres Ouvrages
que
les
leurs propres, & proteger aucuns
Companons;& condamne lescontrevenans
en différentes peines & amendes.
ARREST de la Cour du Parlement du 30.
Juin, qui fait deffenses à toutes personnes de
faite imprimer aucun Arrêt, & à tous Imprimeurs
d'en imprimer sans permission. Par
lequella Cour fait deffense à toutes fortes de
pertonnes de faire imprimer aucun Arrêt, &
à tous Imprimeurs d'en imprimer sans permission
de la Cour, à peine contre les contrevenans
de 200 livres d'amende pour la première
fois, & à l'égard des Imprimeurs en cas
de récidive, d'être suspendus de leurs fonctions
pendant trois mois, à l'exception néanmoins
des Arrêts de Reglemens, & de tous ceux qui
concernent l'ordre& la discipline publique,qui
doivent être imprimez par les soins du
Procureur
General du Roy, & par lui envoyez dans
les Bailliages, Sénechaussées & autres Sieges
du
Ressort,
en execution des Arrêts qui l'ont
ainsi ordonné; & encore des Arrêts d'ordre &
d'homologation dts Contrats pour être signifiez
aux Parties: fait en outre inhibitions &
deffenses fous les mêmes peines à toutes sortes
de personnes lors de l'impressîon des Arrêts
,
dont la permission auroit été accordée
par l'Arrêt même ou posterieurement à l'Arrêtd'y
inferer aucun autretitre que le nom des
Parties & la date,ni d'y ajouteraucun autre imprimé
,soit Memoire, Factum
,
abregé, précis
du fait ou autrrment, en quelque sorts & manière
que ce puisse être,fause cas quela Partie
juge necessaire d'y faire ajoûter quelqu'autre
tre titre ou mémoire, de se pourvoir en - Cour ,
ainsi qu'il appartiendra; fait patllila..
ment inhibitions& défensesà tous Imprimeurs
établis hors decette villedeParis d'imprimer
aucuns Arrêts dont la Cour auroit ordonnél'impression
sans en avoir obtenula
permssion du Lieutenant General de Police
du lieu, sur les conclusions du Substitut du
Procureur Général du Roi, en ladite Jurisdiction
de la Police, le tout sans aucuns frais.
Ordonne que lepresent Arrêt fera lû& publié
en la Communauté des Avocats & PsoA
cureurs de la Cour, signifie au Syndic de la
Comnunauté des Libraires & Imprimeurs de
cetteVille de Paris, Se copies collationnées
envoyées auBailliages, Senechaussées& aunes
Sièges du Ressort, pour y être lû
, publié
& enregistré; enjoint aux Substituts dû
Procureur General du Roi d'y tenir la main, £ d'en certifier la Cour dansun mois.
APPROBATION*
J'Ay lu par ordre de Monseigneur le Gar,
des Sceaux le Mercure de France du mois.
deJuillet,& j'ai crû qu'on pouvoir enpermettre
l'impression. A Paris, le 5 Août 172.9
HARDION.
1 TABLE.
pieces Fugitives,en Vers & enProse. L'Im-
LEettrepeslunriteel'nAcertfgidn'aolren.eiOr dle'eespri,t, &c. i14477£8-" 1490
Lelttree susr lMes Tiitr-est&ialels lnolmêssem,p1lo4ye9z f4ut
Paraphrase du Pseaume, Beatus vi,., Ó,r. t,11
LettresurlesMémoirespourserviràl'Histoire
des HommesIllultrtsal)2f Sonnet, i <rr
Mémoire sur laMesse Grecque de S.Denis,
&c. Ifjj
Ath nays à l'Emp. Théodose. Heroïde, i r, Lettre sur un Espace infini, parcouru en deux
heures, 1551
Caprice, Irr+
Questionremarquable, jugée à Dijon, j~<;-
NouveauxBoutsRimezà remplir, 1^74
Legogryphe, Enigme1575
Nouvelles Licteraes, des Beaux Arts, &c.
Les Oeuvres de S. AmbroÍÍ-e
, iîT?
Cantate nouvelle, Parodie singuliere, 1f.8t
Mémoires de la Grande- Bretagne,vol. 5e 1585
LT'Arasniteé,vol,in 12. 1596 ThéologiqueElemensdel'H,is&toirre.lys* ,&c.1601
Nouvelles Estampes
, i^oj
Ceremonie de l'Ordre des Chevaliers du Bain.
1I04
Mapemonde,nouvelle Carte, 1607
Prix de l'Academiedes Jeux Floraux, ua,
Chansonsnotées, 1612.
SpectaclesNouveaux Fragmens, Balet,1613
Lets Parysanas de qiualitté ,PicIce néouvzelle,Ejx- Les Débuts, autre Cone-ile nouvelle, Jéji
Les trois Spectacles, autres Pieces nouvelles,
Telixtnc, &c J'f-
L'Avare Amoureux
,
Comedie
, 1646 Pan&Doris,Pastorale,1654
Nouveau Balet, àl'Opera Comique,1660
Nouvelle du Tems, d'Afrique, de Russie, dePologne, - J6"J.
Dannemarc, Allemagne, Italie, Espagne tk:
Angleterre, 1"f
-
Morts5r NaifTanees des Pays Etrangers, léym
France,nouvellesdelaCour,deParis,&c U71
Concepts chez la Reine,&c Procdlion m7x folemndkdes Captifs, 16-If
Mores, Naissances &M*iiages, idsi
Arrêts Notablcà, &e. jfgj
Errât* dn Mectre dJuin
J r. val.
T)Age rrci.ligne <. r7*i- liftt 1719» 1 P. iitf. 1. if. v/.Btmetf.I. IV,Bcncd.
P. njl. I. zo. (milkrt,AGUÍbeIC.
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P. 117? 1 ro Probade, 1 Procade.
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