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MERCURE
DEFRANCE,
1 1 DÉDIÉ AV ROY.
Chez
GUILLAUME CAVELIER, rue
S. Jacques,au Lys d'Or.
LA VEUVE PISSOT,QuaydeConty,
à la descente du Pont-Neuf, au coin
de la rue de Nevers,à la Croix d'Or.
JEANDE NULLY, au Palais,
à l'Ecu de France & à la Palme.
M. DCC. XXIX.
ftvec ufpprobathn & Frivilege du Roy*
AVIS. LtADRESSE gênera:e pour toutes
ebofès ejl a M, M OR.EAU.,
Commis austa Comédie
Françoije
,
a Paris. Ceux qui poar leur
commodité voudront remettre leurs Paquet;
cachetez* aux Libraires qui vendent le
Mercure à Paris, puvent se servirde
cette vetye pour les fairetenir.
On prie très - injl<vftv:an
,
quand on
adre/Jc des Lettres ou Paquets par la Pude, leP~;rt., d'avoirfoind'enaffranchirlePort,
çommecelas'ejïtoujours pïdÚq/-té afin
d'épargner, à nous le dcplaifir de les
rebuter, & à ceux qui les envoyent..
celui
A
, non - feulement de ne pas voir
pAraître leurs Ouvrages, mais même de
les prrdre , s'ilsnen ont pas gardé de
copie.
Les LibrairesdesProvinces& dcs Pays
Etrangers, on les particuliers- qui souhaiteront
avoir le Mercure de France de
la prollier: >-.ain, cr plus prompternent 3 n'auront qua donner leurs adrijjcs à .'d.
jMareait3qui aura foindefaire leurs payuets
sans perte de temps, & deles faire
portcrsur l'heure à la Poj/e) ou aux AUfz
fgeries qu'on lui indiquera.
-
f,.Jx XXX,$0L|«
1
FEVRIER. 1729.
PlBCES FVGITlfES,
en Vers6en Prose,
L'AMBITION.
ALLEGORIE. 1
Ans ces jours fortunez de fanfance
du monde,
Temps qui des vrais plaisirs fut 1.
source féconde,
s humains affranchis de la cupidité,
ivoient soumis aux loix de la simplicité.
Aij Nul
Nul interêt encor dans leur ame épurée,
De leur sainte union ne bornoit la durée.
Alors un Arpenteur, sa Perche dans la main,
N'alloit point à chacun assigner son terrain.
Laterre, des Mortels le commun heritage,
A leurs sobres desirs se livroit sans partage:
Et d'un même limon tous les hommes paîtris,
D'un aliment égal étoient encor nourris.
La médiocrité bannissoit la licence.
:,
Avec elle regnoit la modeste innocence.
Lucifer en frémit, & son couroux fatal, j
Veut d'abord consulter le Sénat infernal. j
Il s'assemble au Palais du tenebreux Empire j
Sur un Trône de fer le Monarque soupire.
On voit à ses cotez le dépit, la fureur,
La mort,le desespoir, la haine, la terreur;
Et lorsque des Démons les Ministres antiques
Onct prishsuivanit lequrs ranugs leuer placseHie,rar
Leur Prince concerné leur adressè ces mots. 1
Du Royaume des Morts redoutables suppôt,
Vous qui voyez ici mes feux prêts à s'étein
dre, 4
si regner sur vous seulsfaut-il donc me re:
fia'in.cjre.'J
Corn
Commenttous les Mortels dévolus aux Enfers,
Ont-ils pu toutefois se soustraire à mes fers?
Parlez. La More sur eux n'a-telle plus d'EI1I.
pire ? 1
Perd-elle aussî ses droits sur tout ce qui respire?
Ou si contre eux encore elle lance ses traits,
Jaloux- de monpouvoir, quels ennemis secrets.
Sanctifiant le cours de l'humaine carriere,
Entre l'Enfer& l'hamme,ontmis une barriere
Il dit; de sa douleur qui s'augmentetoûjours,
L'ambitions'empresse à terminer le cours.
Ta puissance danspeu doit être raffermie
7
Dit-elle, je connois ta fatale ennemie.
-
La-médiocrité (son nom trouble messens )
î>ans ton Domaine obscur cause ces maux
namancy.
ElleasçûdesHumainsasservirlegénie.
L'innocence complice arme sa tyrannie.
Maispour leur arracher cet empiredes mains,
Je neveux que m'offrir aux regards des hu..
mains.
Tu verras mon pouvoir enfantant tous les cri-
•• mes,
Timmoler chaque jour de nombreuses Victimes..
- A iij Ces
Ces mots de Lucifer, appaifent le courouz
Oüi. ma fille, dit-il, vange-toi, vange-nous.
Des humains révoltez cours réprimer l'audace.
Qu'à ton brillant afpeél: chacun suive ta trace.
Soumets uneRivale, & sur tout souviens-toi,
Que l'Enfer & mes droits font commis à ta foi.
Des lieux sombres, à ceux où nous prenant
naissance ,
Déjà l'ambition franchi: l'espace immense.
De ses complots affreux les Ministeres divers,
Avec elle en ce jour sortirent des Enfers :
La discorde, l'envie au teintpâle & livide,
L'orgueil, la trahison 8c l'intérêt avide.
Leur Maîcresse paroît dans un Char radieux.
L'audaceest sur sonfront. La fierté dans ses
yeux,
Ils semblent annoncer ses volontez suprêmes.
Elle tient dans ses mains Sceptres & Diadêmes.
L'or forme le tissu de ses riches habits,
L'Emeraude s'y mêle à l'éclat des Rubis,
Et dans cet appartil qui fonde son Empire,
Elle tient ce discours aux Peuples qu'elle attire.
•
Mortels, que faites-vous? Quels honteux
préjugez?
A vivre sans desirs vous ont donc engagez?
Ce chef-d'oeuvre des Cieux, ce Roi de la Nature,
L'homme doitil vieillir dans unevieobscure?
Ne fûtes-vouscréez Maître des animaux.
Que pour les imiter & vivre leurs égaux?
Ouvrezenfin les yeux; c'est trop vous méconnaître
Pourun plus beau destin ces lieux vous ont vû
naître;
Faites pour en joüir des efforts généreux,
L'hommesans passions nesçauroit êtreheureux;
Et toutefois,helas ! dans vos aines craintives,
La médiocrité tient les vôtres captives,
Vous dérobe
aux honneurs, aux rangs, aux
dignitez,
Dont, prodigue envers vous, le Ciel vous
dottez.
tAiïez & trop long-temps elle a fû vous séduire.
Au tribut des faisons cessezdevousréduire.
La terre produit bien quelques fruits au dehors,
Mais elle a dans son sein de plus rares trérort;
Si de les enlever vous avez le courage,
Aiiij Tous
Tous les biens avec eux feront votre apanage.
Elledie, & soudain sa bouche dans les coeurs
Souffle avec son esprit le poison des grandeurs
Fuyez. vertus, candeur,sagesse, temperance,
Plaisirsconstans & pursenfans de l'innocence,
Fuyez. Du monde entier maîtresse desormais,
La fiere ambitionvous exile à jamais.
Les Humains sur ses pas vont au sein dela
terre,
Ravir avecardeur les trésors qu'elle enre-rre.
Ce Métal ennemi, dont la fécondité,
Fit parmi les Mortels naître la pauvreté
>
Et qui de notre culte Idole favorite,
S'arrogea le sçavoir
,
l'Honneur &le mérite.
Dtabord à l'homme avide il donna des liens, tyran de la terre, en séquestra les biens i
-
Puis-de tout l'Univers changeant l'oe.conomÏe'i
v
On n'eut plus que par lui les besoins de la vie.
Il fallut acheter maisons & vêtemens;
Chacun au poids de l'or paya les alimens :
Et des seuls animaux l'espece toûjours-sage.
.£Ut des riches moissons le franc&libre usage.
La liberté chez eux s'en va trouver un Port.
L'hom-y
l'hommelaperd; le foible oppriméparle fort
Vasubir fous lejoug d'une injustePuissance,
Une Loi que soudain dicte la violence.
Les Humains franchissant un long cercle de
jours,
Par un trépas tranquille en achevoient le cours,
Depuis, en butte aux traits d'une main meurtriere,
Ils ont vû dans le fang terminer leur carriere.
Le fer qui fut donné pour former des silions
1
Hérisse dans les Camps de nombreux Bataillons.
L'ambition triomphe, & contemple en sa rage
Des Mortels divisez, le meurtre & le carnage,
Les premiers asservis veulent à l'Univers,
Ainsi que leurs Tyrans,communiquer leurs
fers ;
Tout s'arme
,
& dans- ce trouble on diroit que
la guerre,
De tous ses habitans va dépeupler la terre.
Toutefois les vainqueurs suspendent leurs
exploits;
On bâtit des Citez; on établit des Loix ;
La raison
, ou plutôt la force les fait suivre;
Mais que sert qu'ici bas l'ordre semble revivre
> Av Si
Si de l'ambition les attraits séducteurs,
Plus fortement encore enchantent tous les
coeurs.
Les Loix de la Nature, helas! presque effacées
,
Par Licurgue & Solon, * ne font pointremplacées
j
Et toujours le Torrent dela cupidité,
Rompt la Digue,&franchit l'humaine-autorité.
-
C'en est fait, de son coeur l'homme a fondé le
vuide;
Plus il a de tresors, plus il en est avide.
Tel, dans l'ardente soisdont il cft dévoré,
L'hydropique en buvant n'est que plus alteré.
Il faut que la fortune aveugle en ses largesses ,
Au gré des passions répande ses richesses.
Loind'ici la vertu, si ses principes vains,
Des Mortels désormais traversent les desseins
Son marque leur suffit. Une fille infernale
S'en saisit à propos, & devient sa Rivale.
Ou ses yeux vers le Ciel semblentêtre fixez,
Ou toujours Cur la terre elle les tient baissez.
Davns son houmilitéqc'est l'ourgueil qeu'elle .in- * Législateurs de Laceientone & d'ÂlhhJe,. * Fil
Etl'autoritépeint son visage équivoque.
Sous ce déguisement elle voile ànos yeux
De son avide coeur les complots factieux.
C'est de l'ambition la compagne fidele ;
Sa foeur la Politique, aussi perfidequ'elle;
Suitle même sentier & marche sur ses pas,
r Ellea pxis dans son lot le destin des Etats,
Et sçaitl'art de changer dans ses sombres m..
ximes,
Les crimes en vertus & les vertusen crimes.
Cependant aux honneurs, qui viennent les
flatter,
Les Mortels envieux s'efforcent de monter.
La Brigue dérobant sa marche clandestine :
Du merite illustré médite la ruine,
Le supplante, & déja remplit de ses Vassaux,
Les Camps & les Autels,la Cour, les Tribunaux.
L'ignorance saisit cette faveur subite ;
Dans l'espritdes Humains le vice s'accrédite.
Les talens méprisezs'éxilent deces lieux;
La vertu qui les suit retourne dans les Cieux;
Et pour unique frein laisse à l'homme parjure,
Des remords inquiets l'impatient murmure.
Avj Sacré
Sacré flambeau d'Hymen qui jadis de deux
coeurs,
Eclairois à jamais les fideles ardeurs;
Et qui ne t'allumant que par la sympatie,
Sentois en feu d'amour ta chaleur convertie.
Tu ne joüiras plus d'un fort si plein d'appas.
L'Hymen est à present couronné de frimars.
Sans le concert des coeurs,il suffit pour sa fête,
Que d'une riche dot il fasselaconquête;
De tendres sentimens, il paroît peu jaloux; *
Souvent sans s'être vûs s'unissent deuxEpoux.
Les parens font d'accord; faut-il d'autres suffrages
?L'Amour fera, s'il peut,le fruit du mariage.
Fille de la candeur, digne present des Cieux,
Sainte & pure amitié que servoient nos Ayeux,
Ici bas désormais tu n'auras plus d'azile,
Non, le coeur des Humainsn'est plus ton domicile
3
Latrahison,l'envie &ledéguisement,
Ont banni de ces lieux ton commerce charmant;
Et par l'Ambition l'ame toûjours guidée.
En conservant ton nom a perdu ton idée.
-
Chacun vole àsonbut des intérêts divers,
Jet.'
Jettent nos liaisons dans d'étranges revers:
Et dès que la fortune excite quelqu'orage,
La confiance s'éclipse, & le coeur fait nauffrage.
Quelle horrible Eumenide a nourri dans son
sein,
Ce Monstre qui paroît fous un aspect humain?
La foisdu bien d'autrui jour & nuit le devore.
Le hazardestle Dieu qu'il craint & qu'il implore
:
Et lorsqu'auprèsde luises voeux font impu.i
sants,
La subtile Laverne * à part à son Encens;
Sa contenance est sombre & ion legard ti\
rouche;
Le blasphême odieux distille de sa bouche.
Des cartes & des dez combinez par le forc;
Il attend un Arrêt ou de vie ou de mort:
Et dans le trouble affreux oùson esprit s'égare,
Il souffre des tourmens inconnus auTenare.
Fatale ambition! Tels font les maux divers 2
Que ta funeste main sema dans l'Univers.
Tu parois, & d'abord l'ami cesse de l'être.
Le fils trahit son pere, & l'Esclave son Maître:
DIeJfe dti Ltrrws,
iOL)-
Ton usurpation n'a plus rien de sacré.
Le Cloîtren'est pas même un azile assuré.
Où ne s'étend donc pas ton audace infernale *
Les Autels font briguez & Themis est venale.
Ne crois pas toutefois par tes pompeux discours,
Alterer un moment le repos de mes jours.
Les Mufes m'ont appris à braver ta puissance.
A leur fertile Ecole instruit dès mon enfance,
J'ai puisé des Trésors dont l'heureuse moisson
,
jDe plus solides biensenrichit ma raison.
Fui donc, à ton aspect ma bîle se rallume;
Et de tes attentats j'ai tropsouillé ma plume-
M. Tanevot;
LET:
LETTRE de M. Capperon, ancien
DJyen de S. Maxent, àM.
sur les Sels contcpus dans Pair, & st
nouvelle Méthode pour voir ces memes
Sels, &juger de leurs effets parrapport
à la jànté. MONSIEUR,
Depuis la Lettre que j'ai eu l'honneut
de vous écrire, où je vous parle de mes
Découvertes touchant les Sels, j'ai appris
que vous êtes dans l'impatience de
sçavoir de quelle maniere je puis connoître
quels font particulierementles Sels qui
peuvept se trouver dans l'air; parce que
non- seulement la chose ne vous paroît
pas devoir être si facile s mais que vous
croyez encore que si cela est possible ,
comme je le fais esperer
, on en peut tirer
de grands avantages pour la santé.
Oüi, Monsieur, j'en pense de même.
Et puisque vous le souhaitez, très volontiers
je veux bien vous satisfaire :
mais pour (ui vre quelque méthode sur
cette matiere, vous me permettrez, s'il
vous plaît, d'aller comme par degrez
grez, c'est-a-dire, que je commencerai
aujourd'hui par vous faire connoître que
les Sels répandus dans l'air font certainement
de grandes impressions sur nos
corps, qu'ils pénetrentjusqu'à la masse
du qang ; je vous marquerai quelles
font les voyes par lesquelles ils s'y introdussent
*, ensuite je vous dirai quels font
les Sels que j'ai observés dans l'air, comment
on peut les connoître par leur figure
-, quelles maladies ils doivent narurellement
produire ,&ce qu'il convient
de faire pour s'en préserver. Enfin, je
vous découvriraiquelle est ma méthode
pour voir ces Sels tels qu'ils font dans
l'air, afin que vous puissiez les observer
vousmême, Se en tirer tout le plaisir
, & toute l'utilité que vous desirez.
Voussçavez
,
Monhcu-r, que l'air fait
de grandes impressions sur nos corps:
car combien voit-on tous les jours de
personnes qui par les douleurs qu'elles
ressentent dans leurs incommoditez,qui se
renouvellent ou qui augmentent, prévoient
les changemens du tems ou des
Saisons ? Combien y en a-t'il qui se sentent
plus dispots
,
l'esprit plus clair, &
plus ouverts dans certaines constitutions
de tems, & qui dans d'autres se sentent
plus pesans, l'esprit plus obtus & plus
bouche.
Combica
Combien d'effets singuliers arrivent
tous lesjours qui n'ont pas d'autre cause
qu'une certaine impression de l'air, lequel
se trouve alors affecté d'une maniere
particuliere ? Ce qu'il est aisé de
justifier par quelques observations que
j'ai faites, & que je vais vous rapporter.
Je vous dirai, Monsieur
, que je connois
une personne qui ne peut aller à
cheval en campagne au serain, le Ciel
étant découvert, pendant l'espace d'une
heure ou deux, sans tomber dans une
défaillancetrès-sensible parl'abbatement
de toutes ses forces, & la pâleur de son
visage; c'est ce que j'ai vû moi-même
plusieurs fois. j'ai vû encore que cette
même personne se promenant le soir dans
l'Eté le long des Prairies, ayant ses
mains exposées à l'air, elles lui enstoient
lui causant des demangeaisons très-vio-t
lentes, ce qui ne lui arrivoit pas lorsqu'elle
se promenoit dans des lieux plus
secs. Et dans un tems où régnoient des
maladies contagieuses ; la même personne
observa plusieurs fois, qu'elle sentoit
une sorte de frémissement inquiétant dans
certaines nuits, pendant lesquelles souvent
des quarante & cinquante personnes
se trouvoientpisses de ce fâcheux mal
dans les lieux voilins.
On
On a connu iciune Dame de la premiere
qualité, laquelle tomboit en pamoison
toutes les fois qu'elle recevoit
sur elle la lumiere de la Lune dans un
tems ferain. Un Curé de mes amis marchant
dans un épais brouillard,rencontra
un homme de sa connoissance, qui lui
témoigna sa surprise de ce qu'il sortoit
pendant un si vilain tems:tous deux tomberent
malades le soirde ce même jour,
& reçûrent tous deux les Sacremens huit
jours après. Dans une Paroisse où un- de
mes proches parens étoit Curé, deux Vaches
aiant été conduites de grand matin
dans un Herbage, elles y tomberent mortes
quelques heures après j & dans le mê.
me tems, des maladies contagieuses se répandirent
dans le Village, qui enleverent
plusieurs habicans, dont le Curé pensa
mourir lui même, & où je le visitai plusieurs
fois.
Sur ces Observations dont je ne puis
dourer,&par une infinité d'autres que
tout le monde peut sçavoir ; il n'est donc
que trop certain que l'air agit puissamment
sur nos corps, & qu'il y fait souvent
des impressions très-nuisibles. La
maniere dont cela se fait n'est pas fort
difficile à comprendre, parce qu'étant
comme nous sommes totalement enveloppez
de l'air
,
& cet Element étant
presque
presque toujours rempli de diverses fortes
de sels qui s'y élevent de la terre par
les exhalaisons & les vapeurs,il sert comme
de véhicule à ces Sels, pour les introduire
jusques dans les parties les plus interieures
de nos corps.
Voici
,
Monlieur quelles font les routes
par lesquelles l'air nous communique
ces Sels. La premiere, que tout le
monde connoît
,
est la respiration, la
quelle attirant l'air dans les poumons, y fait entrer en même tems les Sels qu'elle
porte avec lui.
Ilest vrai que quelques Medecins modernes
font du sentiment
, que l'air qui
entre dans les poumons ne pénerre pas
jusques dans le fang qui y circule; mais
quoiqu'il puHfe arriver que l'air ne puisse
pénetrer au travers de la substance des
poumons, & des tuniquesdesvaisseaux
pour s'y mêler avec le fang, parce que
les parties ne font pas entièrement proportionnées
pour passer au travers des
pores des vessicules des poumons,& des
tuniques des vaisseaux qu'ils renferment,
rien n'empêche que les Sels que l'air y
porte n'y puissent passer à la faveur des
trouiez,qui s'y trouvent toujours, & qui
en exudent. D'ailleurs, puisque ces Sels
passent bien au travers de la peau exterieure
du corps, & qu'ilspénetrent parla
là jusqu'à la maJe du fang comme je la
montrerai ci après, pourquoi ne péne..¡
treront-ils pas au travers des vessicules &!
des vaisseaux des poumons, dont la contexture
est plus lâche que celle de la peau,
& dont lespores font plus dilatez & plus
Ouverts par la chaleur intérieure -,
le fang
même y trouvant assez de facilité pour
pouffer au travers les impuretez dont il sa
décharge.
Les sels de l'air entrent encore jusques
dans la masse du sang par une autre voye sçavoir ,
, par la salive qui les y conduit )
Car tout l'air qu'on respire passant par la
bouche pour entrer dans latrachée-artere,
Se la bouche étant continuellement humectée
de la salive, les sels qui passent
avec l'air se mêlent avec elle,& s'y déposent
: & comme de la bouche cette salive
fluë perpétuellementdans l'estomac
elle , y porte ces sels, lesquels conjointetnent
avec le chile, font ensuite transportez
dans la masse du fang. C'est, Monsieur
, en conséquence decette route que
tiennent les sels mélangez dans l'air pour
entrer dans lecorps,que les premiers effets
des maladies contagieuses se font ordinairement
sentir dans l'estomac par des
nausées & des vomissemens.
Enfin, ces Sels, comme j'ai eu l'honsneu-
rNde vous le mander, s'insinuent en dernier
dernier lieu dans la masse du fang aij
travers l'épiderme; ce qu'il est fort aisé
de justifier par un grand nombre d'experiences
: car qui est-ce qui ignore que plusieurs
maladies se communiquent par le
seul attouchement? Le tel âcre des Cantharides
ne pénetre t'il pas au travers de
la peau, & ne se communiquet'il pas
jusqu'à la masse du sang? La fille dont
parle Paré dans sa Chirurgie, laquelle
bpéoluirr en avoir mis sur son visage pour emson
teint, fut attaquéed'uneurine
de fang,en est une preuve bien convainquante
;des particuliers proche de S."1a..
ent, s'étantavisez de froter deux Vâ?
ches avec de l'eauoù ils avoient fait dif—
soudre du sublimé, pour les purger, di-.
soient ils, de certaine vermine,leur causerent
aucontraire à l'instant un tremblement
de tout le corps, qui les fit mourir
quelques heures après.
Pourquoi les Sels contenus dans l'air
ne pénetreroient-ils pas au travers de la
peau, pour ensuite passer jusques dans
la masse du sang
,
puisque les parties alimentaires
peuvent même y entrer par
cette route? PlusieursModernes ne sontils
pas aujourd'hui du sentiment
, que
les enfans dans le sein de leur mere se
nourrissent en partie par tout l'exterieur
ds leur corps j à peu prçs ççun'me plu-
.1 -,
* peur,
sieurs Plantes Marines se nourrissent dans
la Mer par le dehors de leurs superficies ?
Et si l'on en croit M. Perrault dans ses
Essais de Physique
,
les Cuisiniers & les
bouchers ne font ordinairement fort gros..
qu'à cause de la substance la plus subtile
des choies nourrissantes qu'ils manient,
& qu'ils apprêtent,laquelles'appliquant
au dehors de leurs corps, les pénétré
,
se
mêle avec leur sang
,
& les engrasse. On
sçait ce que fit cet ancien,lequel, quoique
prêt de mourir
,
souhaittant néanmoins
ardemment de prolonger sa vie
jusqu'aux jeuxOlympiques, qui devoient
commencer quelques jours après, y réussit,
en le faisant mettre du pain chaud près
de la bouche, pour en aspirer l'odeur,
& la fumée.Paracelle va encore plus loin,
puisqu'il affure avoir vû un Particulier
qui vécut six mois entiers sans prendre
aucune nourriture, & sans sentir de
faim; se contentant de poser sur son
estomac un gazon de terre, qu'il prenoit
foin de renouveller en en mettant un autre,
lorsque le premier étoit sec. Lib. de
jMyfter.Aficrocojmi.
C'est donc une chose certaine, Monsieur,
que les sels qui font dans l'air pénètrent
nos corps, & qu'ils y font de
fortes impressions. Ce qu'il convient après
cela de sçavoir, c'est de connoître quels
r font
font ces Sels, &quels effets ils peuvent ila.
turellement produire sur nous. C'est aulîî
sur quoi je tâcherai de vous satisfaire dans
la premiere Lettre que j'aurai l'honneur
de vous écrire, ce que je compte de faire
au plutôt. Je fuis, &c.
Le reste pour le prochain Mercure.
LEÇON DE POESIE
A MADAME BARAGUEY.
vOus voulez, charmante Urarie ,
Apprendre à composer des Vets,
Et joindre à vos talens divers
Le talent de la Poësie.
Vous avez de Junon le port majestucux;
Minerve de sagesse en vous voit dde, un mo-
Venus n'a point d'attraits que n'effacent vos
yeux,
Quand vous sçaurez parler ls langage des
Dieux,
- Vous n'aurez rien d'une Mortelle,
Mais pour faire des Vers dont nous soyons
chaîniez,
- 'cft:il
Qu'est ilbesoin qu'on vous explique
Les préceptes connus des Auteurs renommez,?
Voici dans un seul mot tout votre Art Poë..
te,
Aimez, BelleUranie, aimez.
e E TTR Esur uneExpreffionanciennea
ujirée en France.
L'Empressement que vous avez de coni
noître l'origine de plusieurs manieres
de parler,usitées parmi les François,
vous a porté, Monsieur,àvousaddresser
à moy , pour me demander ce que je pen-
* se de celle-cy:Se marier en face d'Eglises
être marié en face d'Eglise. J'aurai
l'honneur de vous dire d'abord que je ne
les crois pas singulieres. Un Anglois qui
écrivoitenLatin
,
il y a six cens ans ou
environ, s'en est servi en rapportant un
trait de l'Histoire de Henry II.Roy d'Angleterre.
C'est Guillaume de Neubrige,
dans son troisiéme Livre,chap. 26, qui
parlant d'Alienor ou Léonord'Aquitaine,
femme de ce Prince, s'exprime ainsi :
Solutamque a lege prioris viri
,
in facie i
Ecclesiæ,
,
licentiâ,ilqlueamdaomxsuuotacitcaepditiccaomnjugililoic.Iitlâ X
y a toute apparence que la choie s*ur laquelle
ce langage est fondé,ne nous étoit
pas non plus particulière. J'ai examiné
avec attention, d'où pouvoir avoir pris
naissance cette expression
,
En face d'Eglise,
& j'ai reconnu évidemment qu'elle
vient de l'ancienne coutume de nos Peres,
qui étoit: de commencer la solemnité du
Mariage devant la Porte des Eglises.
Le Livre que Dom Edmond Marcene,
Bénédictin, a publié sur les anciensRits
Ecclesiastiques,dansl'administrationdes
Sacremens
,
est un excellent Répertoire
pour ceux qui veulent prendre la peine
de le consulter.Ce sçavant Religieux qui a
tant vil de manuscrits,&quiétoit rempli
de sa matiere , lorsqu'ila réduit à certains
chefs ce qui concerne le Mariage, débute
ainsi sur le fond de la Ceremonie Nuptiale.
Constitutoadcelebrandas Nuptias
,
die
adveniente, sponsus &sponsa benedicendiy
à parentions autparanympho,.. fistebahturad
portasEcclesia. Deinde darjl
sibi mittuo dextris exigebant ab utrisque
confènfum. Et comme il n'avance là-dessus
que ce qu'il a lû dans les anciens Livres
Ecclesiastiques
,
il ne manque pas de
produire ceux qui lui étoient tombez
entre les mains, au moins ceux qui en-
P tient
trent dans un détail plus circonstancié
& plus interessant..
Il produit un Missel de Rennes en
Bretagne, écrit ily a700 ans,où la Ccremonie
commence ainsi; ln primis ventât
Sacerdos ante ostium Ecclesia indutus
albaatque fiola cum benedictalâ aquâ, quoe
nfpersa,interrogeteossapienterutrum legalitercopulari
velint. Postlremòbenedicyû/
oon~eMm ibi faciat qua in libris continetur.
Qua finita intrando EcclejiamJMijfoem incipiat.
Il ajoute àcet ancien Manuscrie
conservé à Tours dans la Bibliothèque de
S. Gatien, le Texte d'un Pontifical qui
se voit dans l'Abbaye de Lyre auDiocèse
d'Evreux
,
& qui a six cens ans d'Antiquité.
Ante omnia veniantadjanuas Ecdéfiasub
testimonioplurimorum, quithoro
maritali conjungendifunt; & requira
sur consensus utriusque à Sacerdote. Et
après la Benediction Nuptiale, Pofthæ.
introducantur in Ecclesiam. Quelques
feuillets après il produit un Pontifical
d'Auxerre,écrit au commencement du
XIV. siécle, dont voici la teneur: Incipitu
officium in benedittionesponsi & fponfdt\
ante portas Ecclesia. Cum venerint ttn:
valvas Ecclesiasponsus & sponsa , ibii
ftent donec veniens Sacerdos Alba, ftol4¡
& manipulo ornatus annulum benedican
argenteun, & après la Cérémoniedu Ma-
; , fiaSeM
riage , 7une introducat eos in Eeclejiam:
deinde celebretar Afiffa, Le Pontifical de
Lyon de 3 oo. ans, qu'il produit ensuite ,
commence la Céremonie à peu près de
même. Cum venerintante valvas Ecclesia
sponsus & sponsa, veniens Sacerdos , albà e stolâ & manipulo ornatus, annulum
argenteumsuperSaitumpositum benedicat:
& à la fin de la Céremonie : Deinde Sacerdos
tenenssponfitmpermanum dexteram
& sponsam introducat eos in Ecclesiam.
Les autres Manuscrits que le Pere Martene
joint à ceux que je viens de rapporter
, ont tousà peu près le même langage.
LePontifical d'Amiens met ante ofûum
templi. Un MisselManuscrit de Paris
qui a 500. ans, &qui sevoir dans
la Bibliothèque du Roi, porte ante valvas
Ecclesia. Un ancien Manuel de Linoges
t ad portam Ecclesia, ce qui se
:rouve de même dans un autre Manuel
ancien de l'Eglise de Reims. Mais ce qui
t le plus de rapport à mon sujet,est ce
lui finir la Céremonie dans ceManuel de
Keims. On y lit cette Rubrique: Deinte
Presbyter dicat, desponso vos in facte
Ecclesia : & illi aquâ benedictâ conspersi
vitrant Ecclesiam. On voit là clairement
ce qu'il faut entendre par l'expression en
face d'Eilife.M. du Cange témoigne dans
on Glossaire que ce mot de fac¡'j Eccle-
| B ij li4
fiæ,employé par Guillaume de Neubrige,
ne signifie autre chose que of/iurtj limen.
Et en effet, si l'on n'a pas conserve
dans l'usage commun la coutume d'appel-
1er du nom de face le Portail d'une Eglise,
il en est toujours resté un vestige dans
le nom de façade3 que l'on donne communément
au Portail anterieur des Eglises
conifderables. -
Comme le Pere Martennene s'autorise
principalement dans les principes qu'il
avance, que sur les Manuscrits qui font
rares, & que chacun n'ell pas à portée
de voir; il ne faut pas être surpris qu'il
cesse de produire ses garans presque avec
le siécle où l'Imprimerie fut inventée.
Depuis ce tems-là on rendit les Manuels
ou Livres Sacerdotaux des Curez bien
plus communs,& chaque Prêtre y trou
va imprimé ce que la Tradition avoit
perpetué jusqu'alors. Quoique je sois
dans une Ville qui n'etf pas des mieuJ/î
fournies de ces fortes de curiositez, jo
fuis cependant en état de citer non-seulement
des Rituels de Paris, qui peuvent
être les moins rares, mais encore de Sens
de Troyes, deLangres, d'Auxerre, dl.
Clermont, tous imprimez entre les an-,
nées 156. & 1555. excepté celui d,J
Clermont qui a été imprimé fous Louii
Kljt & deux Missels d'Auxerre, l'un,
ïsm
R'environ l'an 1500. l'autre de l'an
l1a518. Ils marquent tous constamment Céremonie du Mariage, ad valvas Ec-
Méfia. Le petit Manuel de Clermont qui
renferme des choses très-curieuses, met
nd portam Ecclcjiæ
,
& j'ai oui dire que jd est encore l'usage dans le Diocèse de
Reims, & en plusieurs endroitsd'un des
Diocèses nommez ci-dessus
, parce que
te Diocèse n'ayant point eu depuis près
keie deux cens ans d'Edition du Manuel Prêtres,c'dl: ce qui fait qu'on y a
conservé heureusement beaucoup d'usagneuseldse
la venerable Antiquité. Les Mad'Orleans
assignent aulîi la porte de
l'Eglise pour lieu de la Célébration du
Mariage celui de Chartres del'an Ii11 u.
n'est point douteux dans sa Rubrique,
page 114499..R~ec~torr PPa~r~occhhi»ialiiss .EEcccc/hlefsiïaé<
feu VicatiuJ sacris indutus veftibus prater
cafklam excipict pro templi foribni
famros conjuges
,
& dicet,&c. Celui de
Senlis de l'an t$_8~ Cumad fores Ecclesia
vensrint vir & muilier qui simul
sponsalia contraEturi funt, Parochus vel
alius. suppellicio&fliota ornatus quabr-
it,&c. Ce dernier Manuel m'a fait
souvenir de jetterla vue sur les Extraits
que j'ai faits autrefois d'un Pontificalde
la même Eglise de Senlis,écrit au XIII.
siécle. J'ai trouvé qu'il débute ainsi: Ad
-
--
Biij fpwsponsambenedicendam
ante januas Ecslcfidt*
Manda Deus virtutems&c. Le
Manuel d'Orléans de l'an 1 5-8.1.alîïgn«i
également la porte de l'Eglise pour le
lieu de la Céremonie du Sacrement deMariage,
ce qui avoir été marqué auparavant
dans celui de l'an 1510. Jhi di
que je ne m'étendrais pas à vous rappor
ter les Livres d'Eglise de Paris, parc
qu'il vous est facile d'en trouver sous
vos mains, étant dans l'enceinte de cettaî
Ville, où il est peu degrande Bibliotheque
qui n'en soit fournie, ceux qui si
font trouvez fous les miennes, fontd
années 1 505. 1557. & 1627. Le plus
nouveau- des trois est le Riruel de M. d
Gondi, dont les Rubriques pour l'administration
du Mariage commencent en
ces termes:Cum jejuni & confessi ad Ec*
clesioe januas venerint &c. Ce Rituel n'a
que cent deux ans d'Antiquité.
Dans le grand nombre de personnesqui
lisent les Lettres que l'on vous adresse
ManGeur, & que vous rendez publique
lorsqu'elles contiennent quelque choses
de remarquable , il peut se faire qu'il |
en ait qui ne font aucun cas des ancien
Livresd'Eglise, soit manuscrits
,
soit
imprimez: J'en connois de ce caractere a
mais je suis bien aise qu'à l'occasiondeJ
cette réponse ,ils puiirt apprendre les
sujetj
sujets de plaintes que des gens véritablement
lettrez faisoient il y a quelques années
de ces fortes de Sçavans dont toute
la Critique ne remonte point plus haut
que les Cahiers qu'ils ont vûs ou fait voir
ans une Communauté de Clercs.
Un de mes amis dont la Bibliothèque
est assez bien fournie de ces anciens Livres
J
les ayant fait voir dernièrement à
un de ces Critiqués, m'a diç que pour
tout éloge ce personnage lui répondit:
Eh quoi! vous amusez-vous donc à acheter
ces vieilles brocantailles ? A quoi csla
est-il bon ? Renvoyez, tout c:la à ccs fiécles
de Barbarie. Je ne sçai si des Critii
ques de cette espece n'auroient pas la même
idée des Sçavans, qui ramassent les
Médailles avec tant de foin.A quoi bon,
diroient-ils, tantdevieillemitraille.Vous
sçavez mieux que moi que c'est souvent
une Médaille qui apprend les qualitez
d'un Empereur ou d'une Impératrice,un
usage de leur tems, un Combat, une
Victoire. Voilà à quoi les Médailles fervent.
Il en cft de même des anciens Livres
d'Eglise dans leur genre. Ils fervent
à prouver la Tradition des usages de siécle
en siécle, & l'origine de quelques-uns;
les changemens qui s'y font fait peu à peu;
c'est en quoi on s'est accordé dans tous
les pays & dans tous les tems, & ce en
B iiij quoi
quoi on a été partagé de sentimens en fait
d'usage & de discipline. Je diraimême
qu'ils peuvent servir à découvrir jusqu'aux
origines de notre Langue. Il ne faut pas
toujours s'imaginer, qu'à cause que l'écriture
en est gothique, & que le François
n'est pas le même que celui d'aujourd'hui.
Il ne faut pas, dis-je, croire que
dans ces siécles là on étoit barbare, invpoli
, grossier, rustique.
Il est vrai que quelquefois il s'y étoit
glinc quelque cbofe digne de réforme:
mais il ne faut pas qu'à cause qu'une
Perle est, pour ainsi-dire, dans la boüe ,
on dise qu'elle n'est plus Perle, & qu'il
ne faut pas se donner la peine de l'en tirer.
Qu'y a-t-il de plus naturel & de plus
convenable, qu'un Contrat aussi solemnel
qu'est celui du mariage, se fasse en
pleine évidence& non pas, Januis clausis?
Quoiqu'il soitun des Sacremensde l'Eglise
, & un de ceux que les Scolastiques
appellent Sacremens des vivans. Il ne
s'enfuit pas qu'il doive être conferé dans lemême lieu & dans le même endroit où
l'on administre un Sacrement encore plus
auguste. Il y a parmi les Chrétiens une
bpelanceedipdotuiornchaque chose. La grace & la
accompagnent les Prieres de
l'Eglise par toutoù elles se font par le
Ministre legitime, & jusques dans tes
maisons
maisons ou les infirmes sont arrêtez par
la maladie. La Confirmation ne se donnoit-
elle pas dans laSacristie à Rome 8c
dans l'Italie , ou dans un endroit détaché
deI'Eglise appellé Consignatoriumen
quelques endroits ? qu'on voye le premierVolume
de Dom Marrenne, p.240.
Donner à entendre qu'il a régné une barbarie
de dix ou douze siécles, laquelle n'a
été détruite que dans le dix-septiéme, bc
que le lieu évident del'administration du
Sacrement de Mariage est un des articles
qui se ressentent de cette barbarie, c'est
une pensée qui peut bien être hazardée
, mais qui ne peut être valablement soutenue.
J'ai toujours oüi dire que c'étoit sur les
titres que les hommes doivent réformer
leurs préjugez, & non pas que ce font
les préjugez des hommes qui doivent servir
à réformer les titres. Je mets dans le
même rang les anciennes peintures. L'érudition
apprend à distinguer ce qui provient
du défaut du Scribe ou du Peintre,
ou bien du siécle dont est le Monument,
d'avec ce qui est d'une Tradition immémoriale
& continuée de siécle en siécle.
J'attends qu'un Critique précipité de nos
anciens Livres, vienne m'alleguer en
exemple de cette rusticitéle Manda Deus
yinmm woem du Pontifical de Senlis.Un
, B v homo;
-
homme qui s'érigera en Liturgiste sans
avoir lû les Livres originaux, mais qui
sçaura bien dire son Breviaire,s'écriera
tout aussi-tôt : Ah ! barbarie énorme
,
il
faut virtuti tuæ. Mais je veux laisser ce
nouveau reviseur de Livres dans sa prévention
: un sçavant * Cardinal de nos
jours lui répondra. Plût à Dieu que la ré-
-
vision. de tels Ouvrages ne sur confiée:
qu'à des Liturgistes tels que le Père Morin,
le Pere Mabillon
,
le Cardinal Ëona,
&c. Paris renferme encore denos jour&<
plusieurs Sçavans qui font en état de rectifier
la fausse érudition de ceux qui ont
voulu reformer des Livres d'Usage Ecclesiastique
,
sans avoir en aucune ma.-
niere examinéles anciens Monumens.
Mais, Monsieur, pour finir ma Lettre
paroù jel'ai commencée , après rn'êrr
étendu sur ce qui a donné occasion de dire
que les Mariages se font en face d'Eglise,
jene dois pas vous cacher le rems
à peu près auquel jecroi que l'on a cessé
en quelques lieux de marier à la porte de*
Eglises. Les Saisons n'étant point égales,
« il ya eu des jours où la Céremonie n'étoit
point faisableà la porte. Or dans les petites
Eglises
, pour peu qu'on y entre on
le trouve dans le Choeur, ou bien prêt
du Choeur. Voilà ce qui a fait naître ily i
*--Li CA-rdiÍUil Thomafi.
a environ deux cen ans dans quelques
Diocèses une diversité d'usages. Tels
étoient ceux de Clermont & de Limoges,
dont les Livres mirent l'alternative
,
ad
portam Ecclesia vclltntc- Altare
, juxta
Ecriefut ritum ubi contrabitur matrimonium.
Le Rituel de Milan du dernier siécle
* met de la même maniere l'alternative
,
in limine Ecclesiæ aut ante Altare >
mais la disposition des termes donne roujours
à connoître que l'usage à préferer
est celui qui est marquéle premier, d'où,
comme laisse à penser M. du Cange, est
venue la coutume de dire en France,
se marier en face de sainte Eglise. Je
suis, &c.
* 16+f.
EPITRE.
A M. leAI. de V. PRomettre eff un 3
8c tenir est un autre
L'Adage dl: vrai,trop oublieux Seigneur.
Je vous ai crû ferme comme un Apôtre
»
Quand me teniez, un langage flatteur.
Mais las depuis deux ou trois mois d'aB~
efnce,
Bvj Je
Je n'ai reçu pour mon allégement
De votre part aucune souvenance,
Pas un billet, pas un seul compliment.
N'est-ce donc rien qu'avoir votre parole
Pour se former une obligation!
Regardiez-vous comme pure hyperbole
Serment
,
promette
,
& protestation 1
Ce procedé n'ell: nullement honnête
,
Je vous le dis en termes bien précis,
Traiteriez-vous notre amitié de debte?
Useriez-vous de vos droits de Marquis?
Attendez-vous que dans un humble style
Auprès de vous je prenne les devans?
Vous, Campagnard, moi Citoyen de Ville.
Tant de fierté ne sied pas bien aux Champs.
Reparez donc d'une ame plus modeste.
Par un retour les torts que vous avez.
Ecrivez-moi Seigneur , que vous m'aimez;
Et je vous fais qteittus de tout le reste.
It<d.,'tj
j
I(..£:;
*
RFPÙNSE deM.leM.deV.aM„l
le premier Janvier.
ATout peché Dieu fait rémission:
- Ami Monivert, suivons cette maxime.
Humble & contrit je confessemoncrime,
Accordez-moi votre absolution.
Las, je devois par des traits pleins de zele:
Peindre à vos yeux le souvenir charmant
•
Des sentimens qu'une ardeur mutuelle
Dans nos deux coeurs fit naître en un nro^
ment;
Mais si ma main à s'expliquer trop lente
A mal servi mes voeux impatiens
3
Pensez-vous donc que pour vous négligente
Mon ame soit complice de mes sens?
Au bout des doigtsse fixe ma paresse
»
Point jusqu'au coeur elle n'étend ses droits;
Fidele ami, lorsque j'aime une fois,
Rienne sçauroit alterer ma tendresse.
Malgré letems,malgrél'éloignement.
Mon amitié jure d'être immortelle;
Et c'est ici que pénetré de zele,
Entre vos mains j'en prête le ferment.
Pm&
Puisse le cours de cette heureuse année,
La resserrer par les noeuds les plus doux,
Que vieillissant sans être surannée,
Sa vive ardeur ne passe qu'avec nous!
Et t'oi)defi:in dont le regard propi1ce,
Sans choix souvent fait des Mortels heureux ;
Regle aujourd'hui le fort par la justice,
Et pourMontvert,viens emprunter mes yeux
EXTRAIT* d'une Lettre écrite de Montpellier
le ie. janvier 1729. contenant
ce quiless pjjfe à la derniere Assemblés
publique de la SociétéRoyale des Sciences
de cette fille.
LA Societé Royale des Sciences tint
son Assemblée publique le 2.du mois
de Décembre dernier. M. Bon, Premier
President de la Chambre des Comptes &
de la Cour des Aydes de Montpellier,
& Prefidenr cette année de la Société
Royale, en fit l'ouverture par un Discours
Préliminaire, dans lequel
,
après avoir fait
sentir la perte quel'Academie & la Ville
de Montpellier avoient faite par la mort de
M.le Marquis de Castries, il exhortoir Us
Aça;
Académiciens à redoubler leur attention
pour répondre à l'honneur que le Roileur
avoit fait enles unissantà l'AcadémieRoyale
des Sciences: honneur, ajoûta M. Bon,
que le Roy n'a fait qu'à notre feule Académie
,& qu'il a invité par là à imiter la
Compagnie sçavante qui travaille depuis
long-temps,&si utilement, à perfection
ner les Arts & les Sciences.
Le Secretaire lût ensuite l'Eloge de
M. de Castres, mort le 24. du mois de
Juin dernier, & dont la place d'Académicien
Honoraire a été remplie pas
M. l'Archevêque d'Alby
,
son frere.
M. Lamorier lut ensuite un Mémoire de-
Chirurgie, qui contenoit un fait très-interessant.
Un homme denviron 60. ans,
qui paroissoit se bien porter, & qui étoit
néanmoins sujet à des douleurs de Coliques
fort vives, sur tout quand il avoit
bû un peu trop de vin, ce qui lui arrivoit
assez fbuvenCjrecut un coup d'un morceau
de tuille, qui lui fut jetté par une fille,
& qui porta sur les bourses:ce coup, qui
nefit qu'une legere contusion en-dehors,
fut pourtant suivi d'une violente Colique,
accompagnéed'un frisson general qu'aucun
remede ne put appaiser, & le Malade
mourut 20. heures après avoir reçû le
coup, au grand étonnement de ceuxqui
Vouloient le secourir.
- Le
Le Cadavre fut ouvert par autorité de
Justice; & M. Lamorier, qui avoit été
frappé de la mort brusque de cet homme,
ne perdit pas l'occ_a(îori d'ê tre present à
l'ouverture qui en fut faite: M. de Montferrier
fils, Académicien, qui se plaît aux
Dissections Anatomiques & qui connoît
parfaitement les Parties du Corps humain
& l'économie animale, voulut aussi y être
present.
On trouva dans le bas-ventre une quantité
considerable de matiere blanchâtre
qui paroissoit purulente ; mais on ne
voyoit pas d'abord ce qui avoit pû la produire:
On chercha vainement quelque abscès
dans le Foye, dans la Rare, dans le
Mésantére, &c. on n'en sur pas mieux
éclairci; enfin, en examinant exactement
les Intestins, on trouva un trou sistuleux
dans l'intestin Ileon,dont les bords étoient
calleux; 6c. en pressantl'Intestin, on
voyoit sortir par ce trou une matiere semblable
à celle qu'on avoir trouvé dans la
cavité du bas ventre: il ne fut plus
question alors que de trouver le couvercle
de ce trou, car il falloit qu'il en eût
un, sans quoi le Chile se seroit toujours
épanché dans le bas-ventre, & l'homme
n'auroit pas pu vivre long temps.
Ce couvercle fut le Péritoine, contre
lequell'Iléon s'étoit colé, & l'on vit esfeéti-
--.
fectivement contre cette Membrane, la
figure du bord calleux du trou de l'Intestin
, ce qui mit la chose hors de tout doute
Or, voici comme M Lamorier raisonna.
Le Peritoine accompagne lesVaisseaux
Spermatiques, & s'étend par consequent
jusques dans les Bourses: le coup de tuille
a ébranlé cette production du Peritoine,
& cet ébranlement a détaché le Boyau qui
étoit colé contre cette Membrane; d'abord
la matiere chileufe s'est répandue
dans le bas-ventre, s'y est aigrie & a causé
la violente Colique qui a suivi le détachement
du Boyau: Mais comment, dirat'on,
le Boyau a-t-il pu se coler contre
le Peritoine ? il est aisé de répondre que
quand les Parties font enflammées, elles
se colent facilement les unes aux autres;
on en voit tous les jours des exemples dans
les inflammations du Poumon
,
du Foye
& de la Matrice: une inflammation du
Boyau, suivie d'une suppuration
, a donc
pû faire & le trou du Boyau & son adhé
rence au Peritoine.
De-là, M. Lamorier prit occasion de
parler des ressources de la nature dans tes
Playes des Intestins
,
& cita plusieurs
exemples de réunions extraordinaires, que
nous renvoyons à son Mémoire.
M. le
-
President,enrécapitulant l'Observation
de M. Lamorier, en releva touto
tes les circonstances, & exhorta Mles
Chirurgiens à être très-exactes à examiner
lesCadavres dont ils font les ouvertures par
autoritéde Justice.Telparoît avoir été tués
ditM.lePresident,quiest mort par quelque
mal qui n'a aucun rapport avec le coup
qu'il a reçû: Sans l'exactitude de M. Lamorier,
un morceau de tuille jetté à cet
homme par unefille,auroit fait croire
qu'il en auroit été tué la fille auroit été
déclarée criminelle, & peut-être auroitelle
founisrc la peine d'un homicide qu'elle
n'avoit pas commis.
M. Riviere, qui s'dl: charge de faire
l'Analise de toutes les Eaux Minerales de
la Province, lut dans cette Assemblée celle
qu'il a faire des Eaux de la Joncasse.
C'est une Fontaine Minerale, située air
côtéde la Mer, à une lieuë & demie de
Montpellier:on l'appelle la Joncasse,
parce qu'elle est dans un endroit où il ne
croît que du Jonc. Elle contient un Principe
salin
,
qui a du rapport, suivant
toutes les épreuves que M. Riviere en a
faites, avec le Sel fixe de Nitre :elle
contient aussi un Esprit acide., volatil,
Comme la plupart des Eaux qu'on appelle
Acidules,& quife manifestent par le changement
en couleur de vin pailler qu'elles 1
font sur toutes les Teintures bleues,
M. Riviere a poussé jusqu'au scruplu'leA
l'Anatomie qu'il a faite de ces Eaux; mais
l'Extrait qu'on en pourroit faire, feroit
tort au Memoire, puisqu'il ne contient
rien que d'essentiel,comme on le pourra
voir quand M. Riviere rendra son Mémoire
public.
Ce Memoire est accompagné d'un grand
nombre d'Observations qu'il a faites de
ces Eaux Minerales, pour la guérison de
plusieurs Maladies,qui avoient résisté aux
Remedes les plus effectifs :cesObservations,
qui ne font pas les feules qui ont
été faites, devroient faire donner à ces
Eaux la préference sur bien d'autres Eaux
Minerales que l'on va querir bien loin ÔC
à grands frais, mais leur proximité fait
qu'on les néglige; le prix & la rareté
donnent ordinairement la valeur aux choses
: c'est un défaut de l'humanité ,de n'être
jamais content de ce que l'on a.
J\,1.Je President, qui parle le Langage
de tous les Académiciens, & qui est initié
dans tous leurs mysteres récapitula
le Memoire de M. Riviere, & le mit
à la portéedel'Assemblée, avec cette
précision & cette netteté d'esprit qui lui
est si naturelle, & qu'on ne peut assez admirer.
L'Assemblée finit par une Observation
que lut M.Rideux, d'une femme qui ayant
con<j& à l'âge de54. ans, accoucha d'une
I Mole
Mole 17. ans après la conception accoucha
avec toutes les circonstances des
accouchemens ordinaires.
Elle avoir porté cetteMole sans aucune
incommodité
,
& ce fut à l'occasion de
plusieurs remedes que M. Rideux donna
a cette femme, pour la guérir d'une fievre
putride, que la Mole fut ébranlée, SC
qu'elle sortit avec les douleurs des acouchemens
ordinaires.
Cette Mole étoit fort racornie, & te
nourrissoit par de petits Vaisseaux qui la
tenoient attachée de tous côtez à la Matrice
, & ces petites attaches empêchoient
en même-temps que la femme qui la portoit
n'en sentit le poids:cette Mole pesoit
vingt onces; & M. Rideux croit avec raison,
que c'étoit l'ArriereFaix d'un Fétus
qui s'étoit obliteré faute de nourriture
lequel Arriere-Faix, , par la pression continuelle
qu'ilsouffroit dans la Matrice,
s'étoit endurci & avoir confervé la figure
de la cavité dans laquelle il s'étoit moulé.
M. Rideux prouva par des raisonnemens
Physiques & par les Observations des Ensans
pétrifiez qui se sonttrouvez ou dans
la Matrice ou dans la Cavité du bas-ventre
, & qui n'étoient point pourris, que
la Mole dont il rapportoit l'Observation
- avoit eu le même fort; mais qu'elle se
feroit enfin perrifiée, si elle avoit resté
plus
plus long-temps dans la Matrice.
De là il conclut qu'il y a des femmes
qui peuvent concevoir dans un âge fort
avancé, & qu'il ne faut pas toujours doutder
idens faaitsirquei nsou.s paroissent extraor-
M. le Président,enrécapitulant ce Memoire
, ajoûta de son chef quelques autres
Observations qui avoient du rapport
à celle de M. Rideux; & après avoir
loüé l'ordre, l'exactitude & le stile du
Memoire qui venoit d'être lûJ il finit en
disant à l'Assemblée, qu'on devoit juger
par ce que l'on venoit d'entendre, de
quelle necessitépouvoient être les Compagnies
Sçavantes.
LASOLITUDE,
Pa,le R. P. Aubert, ]efuite.
QUe
j'aime de ces Bois la vaste solitude
Qu'elle a pour moi d'attraits!
Que j'aime à promener ma douce inquiétude,
Dans ces sombres Forêts! mLà s'offrent à mes yeux, à mon ame charmée
Mille objets innocens i
-
M*
Maraison voit alors sans en être allarmce,
Les plaisirs de mes sens.
~m
Sur l'Arene un Ruisseau roule son Onde pure
Entre deux verds gazons:
C'est ainsi que s'enfuit,mais s'enfuit
-
sans tniicmure,
Le temps que nous passons.
m
Ces vieux troncs qui n'ont plus que des branches
pouries
Par l'injure des temps:
Rien nous marque-t'ilmieux les familles perler
Avec l'orgueil des Grands?
Ces Arbres dans qui brille une verte jeunesse,
Périront à leur tour,
Lien ici bas ne dure, & vers nous la yieilldfe.
fait un pas chaque jour.
Deces Châteaux tombez, les ruines antiques
Que couvrent les Buissons ,
Tiennent ensevelis des Titres magnifiques.
Et de superbes noms.
Que
Que ne m'est-il permis sur ces Plaines chéries,
De demeurer toûjours !
D'entretenir ainsi de sages rêveries,
Sans en rompre le cours!
m
Heureux qui sçait gouter loin du bruit,du tl
multe,
Un solide plaisir !
Qui profite en suivant la raison qu'il consulte
D'un utile loisir !
L'esprit libre joüit dans ce profond silence.
De sa rapidité:
Dans ce séjour paisible il s'éleve, il s'élance
Jusqu'à la vérité.
m
Z-à> je m'occuperais de ces clartez errantes,
Qui roulent dans les Cieux:
Là, de leurs mouvemens les routes différentes.
S'ouvriroient à mes yeux. n
Je chercherois pourquoi fous desLoix immof*
telles,
Vuaiycrs au Printemps
f ü¡
En tirant de son seinmillebeautez nouvelles,
Rajeunit tous les ans.
m
pourquoi la Mer s'enflant,fait craindre ses
Ravages
Aux Mortels étonnez;
Et pourquoi tousles flots désertent les Rivages
Sur leurs pas retournez.
m
Des feux qui font trembler les voutes de II
terre,
Je verrois les raisons:
Je verrois ce qui fait & gronder le Tonnerre
Et rouler les Saisons.
~m
Que si pour méditer des Projets si sublimes,
Mon esprit n'est pas né,
Les Campagnes, les fleurs, offriroient à mfif
Rimes,
Un objet plus borné.
~m
Je dirois dans mes Vers & l'Email des Prairies
Et le Chant des Oiseaux:
Je ferois au milieu de deux rives fleuries,
- S'échaper des Ruraux.
Les
Les Fontaines, les Bois,les Fleurs & les Bocages
,
j| Ni leurs ombrages verds,
tN'offrent point à nos yeux de plus belles ima- gtS,
Qu'en donneroient mes Vers.
~m
tes Nymphes des Forêts
t & celles des Fon-
,
taines,
Au son des Chalumeaux,
- Avec les Dieux Sylvains, danseroient dans le*
Plaines,
Ou sur le bord des Eaux.
~m
On verroit les Grands Dieux, des appas de cesBelles,
1 Epris comme autrefois,
Abandonner du Ciel les beautez immortelles,
Pour habiter les Bois.
l
~m
Les folâtres Zéphirs à la Déesse Flore,
S'adressant tour à tour,
Offriroient en bouquets les fleurs qu'ils font
éclore,
Pour lui faire leur cour.
1 m
C Ai.1i CAi&fi
Ainsi mes Vers feroient dans ces fotnbrci
aziles,
Regner le siecle d'or :
Cet heureux temps qui fuit & les Cours & les
Villes,
Se reverroit encor.
Quelquefois retiré dans ces Grotesque j'aime,
Où fous un Chêne assîs ,
Je gouterois combien, se connoître foi même,
Est un plaisir exquis.
W
Et quelquefois au gré de mes douces pensées
â
M'égarant dans les Bois,
Je verrois fous mes pieds les grandeurs insensées
Qu'on chercheauprès des Rois.
0
Il est vrai qu'en ces lieux, ignoré, loin des
Villes,
Mes jours feroient obscurs:
Maisils feroient aussi mille fois plus tran
quilles,
Et mes plaisirs plus purs, il 1q
Je ne dormirois point dans un Palais superbe,
Sur un lit précieux,
Mais le sommeil est-il fous un arbre & sur
l'herbe,
Moins doux, moins gracieux,
Là je ne verrois point dans de pompeux Spec
tacles,
Soupirer des Amans:
Mais pour qui la Nature étale ses miracles,
Quels plaisirs plus charmans?
m
En vain à mon esprit, de l'estime publique,
S'offriroient les appas.
Heureux, je gouterois un destin pacifique,
Loin d'un brillant fracas.
Ainsi passant mes jours, content de la sagesse,
Sans former de souhaits,
Je verrois pas à pas s'approcher la vieillesse.
Sans en craindre le fais. a Enfin, quand il faudroit borner ma destinée,
Dans ce séjour heureuxl
C ij La
La mort n'est que le foir d'une belle journée
Pour l'homme vertueux.
£FPLIQVE du P. Cassel Jesuste
aux fécondes Obsessions de M. lç
Chevalier de Louville1 de l'Académie
Royale des Siences.
MOnfieur, après vous avoir remercié de
l'honneur que vous avezfait à mon Paradoxe
geometrique de l'attaquer, & de celui
que vous faites à ma Réponse d'y répliquer,
& de le faire avec toute la politesse & la candeur
qui convient à une personne de votre
capacité & de votre mérite, je prens le stile
géométrique comme le plus expeditifsur toutes
sortesde matieres, le plus seant à des Géometres
& le plus propre à éclaircir une question
que la multitude des discussions ne seroit
qu'embrouiller deformais.
Proposition 1re. Vous dites vers la fin de
votreRéplique, que ce Paradoxe ne valoit
pas la peine d'être proposé aux Géomètres.
Permettez-moi de démontrer le contraire,
Démonstation 11-9. Vous même vous l'avez
crû digne de Réponse & de Réplique, &é
quand vous n'auriez fait que prendresimplement
la peine de me dire en public qu'il ne
valoit pas la peine d'être proposé, cela seul
irçVÛc persuadé qu'il n'en étoitpas si indigne,
ce qu'il falloit démontrer.
discutéenmoinsdetempspard'habilesGco..
metres.LeParadoxe fut proposé au moisdeJuin.
Des le 11. de Juillet, le celebre M.de Fonte-
.elle l'ornement de votre sçavante Academl.
l'adopta : en même-temps deux ou trois Anonimes
le critiquerent. Dès le mois d'Août vO.
tre Critiqueparut, & depuiscetemps le il
n'y a point eu de mois ou on n'en ait vû des
Critiques ou des Apologies; car M le Marqdueis
de Bx-**-,l'iadopte dans une Piece pleine
la plus transcendante Géometrie.M. l'Abbé
leFranc, qui est fort versé dans la Géométrie
de l'infini, l'aaussi adopté. Ce qu'ilfalloit dé- montrer
Proposition 2e. Vous dites qu'il est singulier
'qe je veuille combattre masqué avec des gens
démasquez.
Demr 1°. Je ne veux point combattre. Je
jue dessends de mon mieux, mais je n'ai attajqeuné'ypersonne
dans mon Paradoxe.Ainsi quand
aurois pas mis mon nom, personne n'auroit
droit de s'en formaliser; mais dès que
Vous m'attaquez, j'ai droit de vous demandér
iqui vous êtes. Ce qu'il falloitdémontrer.
- is. Mais j'avois mis mon nom,& à vous
parler franchement, je doute que vouseussiez
attaqué mon Paradoxe, si vous n'eussiez fl,l
qu'il venoit de moi. c. q. f. d.
Proportion 3e Votre attaque n'est pas tant
contre moi & contre le Paradoxe que contre toutelaGéometrie &lesGéometresInfinitaires.
Dem. Sans doute que vous avez crû avoir
meilleur marché de moique de tout autre;
mais il est vrai qu'outre M. de Fontenelle que
vous designezallez par ces mots, quelqu'autre
lnfinitaire. outre deux ou trois autres quiont
adopté mon Paradoxe, vousattaquez tous les
principes & tous les raisonnemens les plus légitimes
de la Géometrie de l'Infini, comme
C iij ta
la fuite le fera voir distinctementc. q. f. de
Proportion 4e. Vous fappez non-seulement
la Géométrie de l'Infini, mais toute bonne
Géometrie.
Dem. Je ne dis rien du Principe des Indivisibles,
adopté depuisCavallieri,partous lesvrais
Géometres. Mais vous posez un Principe qui
va à ruiner toute la Géometrie, en lui ôtant
son exactitude & sa précision, en substituant
les approximations aux exhaustions, & les
à peu près vagues de la pratique, à la rigueur
scrupuleuse de la Théorie. Car en propres termes
vous dites qu'il ell vrai,& qu'il faut s'en
tenir à prendre indifferemment l'une pour l'autre
deux quantitez, qu'on ne peut, sans abuser
des termes, traicer non-seulement de rigoureusementégales,
mais même de Hmplemenc
égales. Je ne sçai pas si les Géometres ordinaires
adopteront votre Principe, mais les
Géometresinfinitaires font plus exaéls, & j'ose
bien répondre qu'aucun ne l'adoptera. c. q.fd.
Proposition 5e. Votre Réplique n'est pas
complette. *
Dem. Il falloit ou soutenir votre premiere
attaque contre ma Réponse
, ou convenir que
j'avois raison. Vous ne faites ni l'un ni l'autre,
& en donnant aux choses un tour que
je n'ai gueres compris,vous trouvez le secret
de conclure que j'ai encore torr. Vous ne dites
mot en particulier de la ferie de M. Leibnis,
que vous m'aviez opposée. Ce que j'en ai du
estil vrai, eil: il faux? Vous vous jettez sur
une de mes Démonstrations & vous laissez
toutes les autres, en infinuintque les autres
ne la valent pas. Je veux croire que celle-là
est la meilleure & la plus à la portée de tout
le mo nde, étant toute im nediatememt fondée
Xm Euclide: mais je prends aéte que les autres
fone:
font bonnes, puisque vous ne les attaquez
pas. c. q. f, d.
Proposition6e. Vous ne combattez pas la
Démonstration que vous attaquez.
Dem. Vous avez crûque j'y pofois en Principe
l'égalité exacte de deux grandeurs infiniment
peu différentes. Ce n'est point un Principe
,c'est une conclusion
,
je ne suppose point
cette égalité, je la démontre, r. q. f,d.
Proportion 7e. Ma Démonstration subsiste
dans toute sa force.
Dem. Je faisois voir qu'un Triangle formé
de toutes les ordonnées impaires d'un autre
Triangle, en est la moitié précise, puifqu'il
a précisement sa demie base, & précisement la
mêmehauteur-De-làjeconcluois sans réplique
& d'après Euclide,que l'autre Triangle partiel
formé des ordonnées paires, est aulîï précisement
l'autre moitié du grand & précisement
égal à celui des ordonnées impaires,
malgré l'excès infiniment petit de la hauteur
de celui-ci sur celui-là D'oùenfin je concluois
qu'une difference infinimentpetite,n'empêchoit
pas la plus rigoureuse égalité. C'étoit-
là c.q.f. d.
Proportion 8e Votre Démonstration est ingenieuse
& subtile
, mais voilà tout.
Dem. Elle revient au raisonnement ingenieux
,
mais peu sérieux
, je pense, de Themistocle
,
qui disoit à ses amis: Mon fils
gouverne sa mere ,
sa mere me gouverne,
je gouverne la Grece, la Grece gouverne l'Ale, l'Asie gouverne le Monde entier. Ainsi
mon fils gouverne le Monde entier. La premiere
ordonnée triangulaire, dites-vous ,est
égale à la seconde, la féconde à la troisi éme 4
la. &c. Donc la premiere,concluez-vous, est
égale à la derniere, c'est-à-dire, la base efe
C iiij égale
égale à la pointe. Mais vous transportez au h.
sans raison, une égalité que je n'ai assignée
que dans l'infini. Selon moi, cette égalité ne
subsiste qu'entre deux ordonnées contiguës,ou
même entre un nombre d'ordonnées qui ne
composent qu'une largeur infiniment petite.
Dès que vous portez lacomparaison d'une largeur
infiniment petite à une largeur finie
,
je
vous demande compte des différences que je
vous permettois de négliger, tandis que la
Comme en étoit finie, mais que tout Infinitaire
évaluë dès que le nombre en elt infini. c.q.f. d.
Proportion 9e. Votre Démonstration, non
plus que toutes celles que d'autres ont opposées
au Paradoxe, n'en attaquent que la moitié
,
& par consequent ne l'attaquent point
du tout.
Dem. Je n'ai point admis d'égalité, quoiqu'exacte,
qui exclutlesdifférences, non plus
que des differences qui fussent imcompatibles
avec la plus exacte égalité. Faites marcher ces
deux choses ensemble & vous trouverez dans
l'une des réponses aux difficultez que vous Seriez
tenté d'opposer à l'autre. Eternellement
vous me parlez des differences qui regnent ici,
comme si dès la premiereProposition du Paradox
e je ne les avois pas admises &qu'elles ne sussent
pas de l'effen,e même du Paradoxe.c.q f.d.
proposition I 0e. Votre Démonstration se tourne
contre vous.
Dem. On peut, selon vous,prendre indifferemment
la seconde ordonnée pour la premiere,
la troisiéme pour la seconde, la quatriéme
pour la troisiéme, &c. on peut donc
prendre la derniere pour la premiere& lepoint
pour la ligne. c. q.f. d.
Propofrtton 11e. Votre seconde Dé,monstration
ell directement contraire à toute la Géosnetue
ynetne de l'infini & contre vous - même..
Dem. Les Infinitaires prennent constamment
pour égales les deux ordonnées, foufnormales
de La Tangente; & le Quadrilatere- qu'elles
forment avec cette Tangente & avec l'Axe is
leprennent constamment pour un rectangle on
un parallelogramme, & jesuis bien sur qu'il
n'yen a pas un qui n'adopte en propres termes
tout ce que vous m'opposez. Vous-même
pVreounsdrel'ianddoipffteezremenmaednotptant le Principe de
l'une pour l'autre ces
deux ordonnées, c. q.f d.
Proposition12e, Le procedé constantdeslnfinitaires
les met à couvert de votre objection.
Dem. Ouvrez leurs Livres, si vous jugez que
la chose en vaille la peine; vous leur verrez
supposer tantôt l'égalité de ces deux lignes,
& tantôt leurs différences. Dans lès quadratures
ils supposent l'égalité en supposant ydx
ou même avec M.Nevvton, y pour leur Elemem;
mais dans les rectifications& dans les
tangentes, vous verrez revivre les dy &les
dx. c.q-fd.
Proposition 13 e.
Votre féconde Démonstration
ert contre les premiers Principes de la
Géometrie la plus simple.
Dem. De tout temps on a distingué deux
choses dans une ligne droite, sa grandeur&
sa position. Dans les Quadratures il s'agit de
la grandeur absoluë des choses; on n'y a donc
aucun égard aux differences ni aux points extremes
des ordonnées contiguës. Dans l'affaire
des tangentes & dans toutes celles qui regardent
uniquement la position des lignes, ona
égard à l'obliquité des extremitez deces ordonnées
,
& loin de supposer dy nul & du égal à
dx, on suppose du égal à la racine des quarrez
des coordonnées.Admirer jjee vous prie, la jus- Cve, latesse
tesse & la circonspection de ce double procedé
des Infinitaires, & en mêmetemps
-
sentez la nécessité du double point de-vue que
presente le Paradoxe, & convenez que j'ay
démontré c. q f d.
Scholie. J'ai bien senti des le commencement
que la difficulté que vous & deuxou trois autres
Anti-Infinitaires, vous viez à souscrire
au Paradoxe, venoit de la rigueur géométrique
où j'y prenois leschoses. Mais que faire à cela! e He sauroisdans laGéométrie êtreGéometre
a demi. Dès que je consentis à prendre indifferemment
deux quantitez l'une pour l'autre,je
me sentis forcé de les regarder comme égales;
or dès que je les admis comme égales, je n8
le fis qu'a condition que je les regarderons commetrèségales,
tout-à-fait égales,en un mot:
géométriquementégales.Je fai bien, & vous,
m'y faites faire reflexion? qu'ily a des Géo
metres qui se croyent même Infinitaires, qui
distinguent ces trois operations sans que je sça :che- trop comment, si ce n'est peut, être qu'il
logent l'une dans l'esprit,l'aurre dans la mémoi-
-
-re,& latroisiémedansl'imaginarion. Lorsqu
- la routine du calcul les entraîne,ils prennent
indifferemment l'unepour l'autre deux ordonnées
contiguës. sans trop examiner si elles
font égales,& sans y regarder de si près. D'au
tres en y regardant de plus près, & voyant fui
tout que cette supposition ne laisse pas d'abou
tir au vrai,imaginent une forte d'égalité ap* prochée qu'un peu d'Algebre jettée delflts
pallie & peut être même corrige D'autres ensi
qui sans doute y regardent de plus près & dt
très-près, conçoivent qu'en bonne Géometrie
Ji ces ordonnées Lm égales au point de pouvoir
être substituées l'une à l'autre, il faut:
biçn <J.'eUesfQien_t parfaitement égales. Je suis
fort sensible, au reste, à ce que vous me dites
que je fuis le seul qui ait pris jusqu'ici les
choses dans cette rigueur geometrique. C'est
tout ce que le meilleur de mes amis auroit pii
me dire de plus obligeant. Permettez-moi,
Monsieur, d'adpirer à ce titre; je ne fuis pas
de ceux qu'une Critique offense beaucoup.
Polie même ou impolie, peu importe. L'impolitesse
ne des honore que celui qui la fair.
Et pour le moins,dès que j'ai répondu, ma
paix est faite avec l'Auteur, &je le remercie
très-sincerement de l'honneur qu'il m'at
fait,& surtoutde l'occafionqu'il m'a fait naître
de penser & de dire bien des choses donc
souvent je n'aurois pas eu la premiere idée
sans cela. Jugez donc combien je dois être
sensible à une Critique honnête qui vient de
la part d'un des plus celebres Académiciens
de France & de
la
sinceritéavec laquelle je
fuis respectueusement, votre très, &c.
Si natura n:gs.t,facitindignatio vcrfUm; uN Docteur en Medecine,d'une des
plus celebres Facultez du Royaume,
qui n'est point Poëte de Profession, le
dev ient aujourd'hui par effort, & par necessité,
picqué au vif, & indigné des
reproches éternels qu'on lui fait & à tous
ceux de sa Profession
,
de n'avoir ni foi
ni loi, ni religion,&de ne point croire
en Dieu. Pour desabuser le Public préyenu
& pour se justifier d'une calomnie
c
C vj a
si affreuse, que celle de l'athéïsme
,
il à
composé les Vers suivants, dans lesquels il
développe ses vrais sentimens à cet égard,
qui ne lui font pas si propres,qu'on ne
puisse & qu'on ne doive même les étendre
à tous les descendans d'Esculape, si
on veut leur rendre justice.
L'EXISTENCE DE DIEU,
Démontrée par les merveilles de laNature
ODE.
Contre les Athées. Mon
Dieu! c'est vous seul que j'adore
Tout penetré de vos grandeurs;
Malheur à ces blasphemateurs
s
Dont la bouche vous deshonore!
Peut-on vous méconnoître? où font donc ces
Mortels,
Partisans du dessin, ennemis des Autels,
Dressez à votre Providence?
Qu'ils tremblent? l'Univers de leurs traits
odieux,
Dément tous les jours l'insolence
,
"-vec tout cet éclat dont il brille à leurs yeux.
Esclave d'un penchant funeste
a Dont
Dont tu te laisses dominer,
Toûjours prompte à te mutiner,
FiereTaifbn, jetedéteste;
Sur les Ailes d'Icare, & biens moins sûre
encor,
Comme lui temeraire, osant prendre l'essor,
Tu t'abandonnes à toi-même;
Dans les Flots de la Mer honteux il se perdit,
Et tu te perds dans le Systême
,
Au gré des passions, dont le bruit t'étourdir.
m
Tels font les malheureux Athées;
Leuresprit séduit par le coeur,
Suit aveuglément son vainqueur,
Qui triomphe de ses idées; -
Dans ses déreglemens, ce coeur plus qu'endurci
»
Ne veut-il point de Dieu? l'esprit le nie aussi
7
De ses sentimens Tributaire:
Ainsil'impiétéde son horrible sein,
Par une fuite necessaire
J
Enfante le blasphême & lui prête la main.
Il faut que toute Créature,
,,'. CornCombattant
pour le Créateur,
Vange ses droits& son honneur,
Contre la plus noire imposture.
0 vous Cieux azurez de son régne jaloux,
Pour lui dans ce Combat,brillez,signalez-vous,
Déconcertez ces fiers coupables;
Suspendus sur leur tête offrez-leur tour-à-tour
Ces feux éclatans
,
innombrables.
Dont la viveSplendeur leur parle nuit &jour.
Mais toi sur tout, ame du Monde,
Brillant Flambeau de l'Univers,
Qui dans tant de climats divers,
Regnes sur la Terre & sur l'Onde,
Quand du sein de Thetis, sur ton Char lumineux,
De tes Rayons dorez, faisant luire les feux,
Du jour tu rouvres la barriere;
Confonds ces insensez, poursuis-lesen tout
lieu
Etle, s forces dansta carriere, 1
Témoins de tant de gloire, à reconnoître un
Dieu. j
m ;
sUse
i arrête» où tendent tes vûës, j
Cornu
i
Contre ces esprits orgueilleux ,
Pourquoi d'un vol impetueux
Les porter au-delà des nuës 1
Dieu n'est-il pas partout 1 attentifs ici bas t
Quand ils voudront le voir, ne le verront-ils
pas?
Sa puissance est-elle incertaine?
Jusqu'au plus vil insecte, au brin d'herbe, atf
fetu,
Tout parle, tout crie à voix pleine ,
Tout annonce son nom, vainement com=>
battu.
Grands Rois, qui devant Dieu n'êtes qu'un
vain fantôme;
Vous qu'on traite de demi Dieux,
Et qu'on adore en ces bas lieux,
Créez une mouche, un atome:
Quoi donc embarassez
, pour de si petits
corps
Imfpusosans Srouvterasins,,redoublant vos ef- Ne sçauriez-vous leur donner l'être?
Non,non, ce n'etf qu'à Dieu que ce droit
appartient» -
En qualité d'unique maître, iva
Lui seulpeut les créer,.&luiseullessoustient.
- Qu'entendsje!les cris des impies
S'élevent ici contre moi.
- Je tremble, &je palis d'effroi
Auxnoiraccès de leurs manies :
Point de Dieu-,disent-ils hautement, à quoi'
bon! -
Un je ne fai quel fort, aveugle & sans raison
,
Préside,seulà-touteschores
Dans ce vaite Univers, de l'un à l'autre
bout,
Arbitre des Méthamorphofes,
Il fah, défait, refait, change, rechange
tout*
SI
Jusqu'à quand, fameux téméraires
y
Sacrileges profanateurs,
Livrez aux desirs de vos coeurs
cVeous repaîtrez-vous de chimères 1- donc, sélon vous, que ce fort incertain,
Ce prétendu hazard
, ce bisarre destin,
Dont vous adorez les caprices?
-
ReRemontez
à la source, examinez de près;
Vous verrez que c'est à vos vices,
Qu'il doit son origine, & qu'il doit son pro*
grès.
Ouvrez les yeux, maudite engeance,
Philosophes vains, entêtez;
Du Globe que vous habitez
Admirez la magnificence.
Quel est son poids immense, & comment dans
lessairs
Il se soutient lui-même ; ah ! contemplez cet
Mers,
Et tout ce pompeux étalage,
De plantes, d'animaux, sur sa surface épars,
Je n'en dirai pas davantage,
Pour fixer vos esprits
) en fixant vos regards.
v
Chantons la puissance divine,
Homme
,
féconde mes transports y
Quel nombre effrayant de ressorts
1
Dans cet admirable machine!
Que l'ordre en est charmant! le jeubien ménagé
l - 1 1J30'é'-
Tout
tout saisit,tout surprends dansce monde
abrégé :
Ineffable dans sa lhuéture :
D'un Etre intelligent, monument éternel,
Vrai chef-d'oeuvre de la nature,
Fait exprès pour lui rendre un culte solemnel.
Eclattez, verité captive
Sous lejoug de l'iniquité
Jouissez de la liberté,
Dont un maudit penchant vous prive;
libertins dans le coeurj malgie vous dansl'ef- zi prit,
D'un Dieu toujours présent, le grand nom est
écrit,
D'un caractere inéfaçable
»
Vos folles passions ont beau le rejetter ;
Perfecuttur inexorable,
Vous le trouvez par tout, sans pouvoir l'éviter.
Tugnabit orbisterrarum, contra injrenjratos.
EX.
EXTRAITd'une Lettre écrite d'E
Dreux , contenant l'explication du moi
Bigre, dont il ejÎ parlé dans le Mer
cure du mois de Septembre dernier. cE mot qui est injurieux parmi là
Populace, n'est rien moins que cela
chez les gens éclairez. C'est un terme
François dont l'étimologie vient d'un
très-bon mot Latin, lequel mot Latin,
aboli ou oublié dans les tems d'ignorance,
a donné lieu de latiniser le François, ÔC
du mot Bigre on a fait le mot Biger on
Bigrus, comme du mot Quille on a fait
Quitta,du mot Coin on a fait Qucugnum, du mot Voûte on a fait Volta, & du mot
Bigre on a fait Bigrus.
Ce terme François vient originairement
du terme Latin Apiger, c'està-dire qui
gouverne les Mouches à miel: Qui gerit,
qui régit apes;ou d'Apicurusy qui curai
apety qui a foin des Abeilles. De l'un & de
l'autre de ces deux motsLatins on a retranché
l'A. reste donc Piger donc on a changé
le P. en 13 ou Picurus dont on a fait Pi.
crus, en changeant le P. en B. dans le Second
comme dans le premier. Biger:JB¡
gras*jipicnrus qui curât apes, comme rhViocurus
, qui curat vias , Varron.
Cette étimologie ainsi derivée
,
il est
justed'en donner les preuves,les voici,
tirées de Chartes, &de Titres, Latins
& François, ignorez par Ducange
,
qui
J'l'a point donné la vrai explication de ce
mot, non plus que Dom llellln dans (es
Conciles de Normandie, à la fin desquels
il donne une explication des termes barbares
qui se trouvent dans les Chartes
Normandes, citées dans l'Ouvrage,
quoique certeexplication interesse & la
Province de Normandiet& tout le
Royaume. 18 Une ChartedcRoger deTony.,
Comte de Conches, dans le Chartrier de
l'Abbaye de l'Etrée, Ordre de Citeaux Diocèse d'Evreux, suffit feule , pour prouver
évidemment l'explication en quellion.
Noverint univerîf ,
Quod ego Rogerius d,
Thoenio
, Cïc.Dominai de CoHchis
,
&c.
Aedi & concessi Religiosis viris,Abbati &
MonachisAbbatia de strataordinis CiftercienfisDioe.
Ebroic. unum Bigrum, id
est, acquisitionesapumin forestamea de
Cbonchis in * ministerio de Champignoles.
2. Aveu du Prieuré de Lierru
,
Ordre
cle S. Augustin
,
dans le mêmeDiocèse,
*Ministerium)feu Sylva miniftranslignuv*
tune temprïsadttftts jnoslibetaptum,
- rendu
»
rendu au Comte de Conches parles Re
lîgieux de la Maison. Item, avons droit
d'avoir & tenir en ladite Forêt (de Conches
) ung Bigre, lequel peut prendre
Àloiifches
,
miely& cirepourle luminaire
de notre dite Eglise t
mercher ( marquer)
couper & abatre les arbres, où ellesjlronè
sans aucun dangierne reprinfl, &c. cet
a-veu est de 146 2.
, fô). Aveu de la Seigneurie de Bémé
court, rendu au Comte de Breteuil. Item di droit de trois , ans en trois ans, quand on
met les mouches en ladite Foret ( de Breteuil
) d'envoyer mon-Bigre avec les Bigrcs
du Roi, lequel doit être juré devant
le Chastelain de Breteuil,Ae bien & fidclement
querre ( qjjasrere) les Abeilles (3*
le miel pourenfairemon besoing. Cet aveu estde1479.
4°. Aveu de la Seigneurie de Neauphle,
au même Comté de Breteuil, & du
dit Fief eCAuvergnydepend ung HofleL
appelle la Bigrerie
, on l'HostelauxMou*
ches. Aveu de 14^5.
50. C hartes de la Fondation de l'Abbaye
S. Sauveur d'Evreux , par Richard
Comte d'Evreux ,
,
dedi decimam mellisi
ip/iI,! forefie mee: àla vérité le mot Bigre
ne s'y trouve pas, maison doit le supposer
4e droit à cette Abbaye, puifcjue
étroit aux Bigres à dîmer le miel.
«1
6°. Charte de la Fondation de l'Abbaye
de Bonport, Ordre de Citeaux,Diocèse
d'Evreux
,
Richard li. Roi d'Angleterre
, Fondateur de cette Abbaye, y
donne in foresta de Bord, ( la Forêt du
Pont de l'Arche) unum Bigrumad luminare
Ecclejïa,
L'AMOURPROFANE,
ODE. O Toi, qu'on adore àCythere,
Implacable ennemi des plaisirs innocens,
Toi, dont Pimpetueufe mere ,
Naquit dans les flots mugissans;
Je veux de tes forfaits retracer la Peinture.
Faire rougir la terre ,
effrayer la Nature,
Çe n'cil: point Appollonque j'implore aujourd'hui
»
C'eil: vous,fage Pallas, c'est vous, chaste
Diane ,
Soyez contre l'Amour profane ,
MonAppollon & mon appui.
Quel montre, aflerablagebizarre,
fit
De vices l'un par l'autre
J
à l'envi combattus;
Fier & fournis
,
humain, barbare,
C'est peu, que de fausses vertus;
Naïf. aimable enfant, lesJeux, les Ris, les
Grâces,
Volent autour de lui, sément de fleurs ses
tracesi
Ses dedains affectez irritent nos desirs i
Bien-tôt tout disparoît, & les fleurs se fié.
crissent;
Avec elles s'évanouissent
Et notre espoir & nos plaisirs.
Avec adresse il s'insinuë
,
Tantôt fous les dehors d'une noblepitié7
Tantôt il échappe à la vue
Sous les voiles de l'amitié;
Mais amitié perfide & pitié sacrilegea
La raison contre lui n'a point de privilège ;
es pieds audacieux foulent les plus saints
droits,
Thémis & ses Arrêts, la Patrie & ses lar*
mes:
En vain s'opposent à ses armes,
t'horrcui consacre ses exploits, t
i Que vois
-
je? c'est son Temple, il s'ou-»
vre. "i
Quel Temple, quels Autels, quels Prêtres
odieux,
Quels objets mon oeil y découvre
,
La molette regne en ces lieux;
Les remords dévorons, fruirs du plaisir per- fidei1 Les aveugles soupçons,. dont l'erreur est le
guide ,
Le désespoir, la rage & les pâles soucis:
Tels de ce Temple impur font les affreux Ministres
) j
Et c'est sur des débris sinistres j QueleDieuduTempleefl:s.I
.•i
Ces murs, immortelles archives,
De la Rive athlantique aux bords oùnaît le
jour,
M'offrent des Peintures naïves
»
Des vains triomphes de l'Amour,
Il attache à son Char les Dieux, les Rois, les
Sages,
Portraits humilians ; les plus fermes courages,
j
Languissent dans les bras d'un indigne repos, J
Tout v
Tout tremble au nom d'Alcide, il tremble
:' aux pieds d'Omphale;
i * Amour. ta puissance fatale,
1
!J Change en esclaves les Heros.
Dans ce superbe Mausolée
Cléopatre renferme un Amant malheureux;
Une passion déréglée
Lesperd, les réunit tous deux,
Quel état, quel revers, est-celà ce grand
homme?
Qui jadis dans ses mains tenoit le fort de
Rome,
Vaincu, percé de coups, & fuyant ses Vainqueurs
,
Romain. honteux de l'être, esclave d'un
Reine,
Il meurt accablé fous sa chaîne;
Et trop indigne de nos pleurs.
Je vois des Tableaux plus tragiques,
Meurtres, poisons, fureurs, horribles attentats,
Maux publics, crimes domestiques ,,'
Ruine des puiffar-S Etats > lion tu n'es plus, un vaste amas le cendre.
12 CouCouvre
les murs pompeux que baignoit U
Scamandre,
L'amour s'en applaudit, triomphe dans les
airs,
Et marquant Ces transports, par un battement
d'ailes,
Il pouffe au loin les étincelles
i D'un feu qu'ont vomi les Enfers.
Ces étincelles dispersées
Allument en cent lieux de longs embrafcmens
;
Combien de Vi lles renversées
En font de tristes Monumens !
Ici deses Captifs l'Amour peint les supplices;
Il trouve dans leurs maux de barbares délices,
Une honteuse mort termine leurs regrets;
Mirrha, Phedre, Biblis , deviennent les victimes
De leurs flammes illegitimes ; p
Quel fort cruel! mais quels forfaits!
Sortons de ce séjour funeste,
Du monstre quil'habite, évitons lestrans.
pons,
Fuy-onfa-l j
; Fuyons. la colere céleste
Assemble sur lui ses trésors
,
elle ouvre fous ses pas des abysmes d{::flarn
mes;
Mortels,que la Vertu regne feule en vos
ames :
Ah! craignez d'en ternir jamais la pureté;
Gardez-vous d'avilir par d'indignes honn-r
mages,
Les plus respectables images
De l'Auguste Divinité.
J.B.P. J.
SVITE de la Lettre de M. A. M. sur i'Histoire Litteraire de la Ville de
Lyonypar leR.P, de Colonia. Seconde
Partie, contenant une Bibliothèque d1
AuteursLyonnois, &c.
1 L est tems, Monsieur, de reprendre
notre Histoire de Lyon; c'est aussi la
econde partie de cer Ouvrage qui va faire
a matiere de cette Lettre. Vous vous fou-
? iendrez sans doute, qu'elle comprend
une Bibliothèque des Auteurs Lyonnois , Sacrez & Profanes, distribuez, par sié-
D ij du.,
cles. L'Auteur, comme vous avez va
en lisant ce qui regarde la premiere partie
, entreprend d'y faire connoître la personne
,
les Ecrits, les talens & les attions
des plus célebres Lyonnois
»
qui depuis
dix-huit siécles ont tenu avec honneur
leur place dans la République des Lettres.
Le P. de Colonia assûre que ce n'est
point ici une simple Bibliothèque
,
ni un
simple Catalogue raisonné;encore moins
une Lifte séche des Auteurs Lyonnois.
Dans l'HistoireLittéraire du premier
tiécle de Lyon,il comprend non seulement
les cent années, qui s'écoulerent
précisément depuis sa fondation juf'qu"a.
l'on embrasement fous l'Empire de Neronsmais
il y comprend aussi les quarantedeux
années qui restent depuis cet incendie
jusqu'à la fin du premier necle de Jesus-
Christ, & il en use ainsi pour faire
quadrer les differens siécles de cette Ville
avec les dix-huit siécles de l'Ere Chrétienne.
Après une idée generale que l'Auteur
donne de ce siécle
}
il entre dans le
détail, & il remarque que ce premier siécle
Littéraire de Lyon est un des plus steriles
en Auteurs & en Ouvrages connus.
Les Auteurs qui paroissent d'abord à la
tête de cette Bibliotheque font un Consul
Romain, un Empereur & un Cesar, c'est-
-
à2¡/
à-dire
,
Munatius Plancus, Claude, ôc
son frere Germanicus.
On parle dans le second siécle de la
Lettre Dogmatique des Martyrs de Lyon
aux Fideles crAfie sur les erreurs de Montan
; de l'Epître des Fideles de Lyon &
de Vienne sur les Combats des premiers
Martyrs de Lyon. Deux fautes du Cardinal
Baronius, & l'opinion singuliere de
Dodwel sur l'époque de ces Martyrs, font ici remarquées, & l'Auteur n'oublie
rien pour apporter tout l'éclaircissement
qu'on peut souhaitter sur cette Epître. Il
releve l'erreur où font tombez plusieurs
Auteurs qui ont pris Zacharie, pere de
S. Jean-Baptiste, pour un des Martyrs
de Lyon, qui lui est feulement comparée
Ces Auteurs, entr'autres
,
font Ruffin
Gregoire de Tours , , la Mure, de Rubys,
&c. L'Histoire abregée de sainte
Blandine est ensuite exposée d'une maniere
qui fera plaisir sans doute, aux
personnes de son sexe qui cherchent des
,,
exemples de courage & de vertu.
Le troisiémesiécle emprunte son lustre
Littéraire presque uniquement des Ouvrages
de S. Irenée ; car quoique ce saint
Docteur ait composé pre sque tous ses
Livres dans le second siécle, notre sçavant
Jesuite
, croit néanmoins devoir ne
1le placer que dans le troisiéme, qui est
< D iij celui
celui auquel il est mort, & c'est, dit-il,
la régle fixe qu'il suivra dans le reste de
son Histoire. On est assez instruit sur les
Ouvrages de S. Irenée ; mais il en est autrement
de son Martyre,c'est même un
article, dit le P. de C. sur lequel on est
dans une parfaite illusion ; tout ce que
les Auteurs Modernes ont débité sur ce
point, va ou à combattre la vérité, ou à
l'affoiblir, ou à la laisser ensevelie dans
les ténebres. Il a paru à notre Auteur,
que l'importance de la matiere, & la
nature de son Ouvrage exigeoient de lui,
qu'il fit sur ce sujet quelques remarques
particulières pour combattre les premiers
Auteurs , pour redresser les féconds, &
pour suppléer au silence des derniers.
C'est aussi ce qu'il fait d'une maniere auill
claire
,
qu'elle est concise,après cependant
avoir donné une idée de la personne
& des Ouvrages de ce S. Docteur. Il fait
voir que les doutes sur le Martyre de saint
Jrenée
,
& de ses Compagnons, ne font
fondez que sur des erreurs qu'il dévoile,
& il prouve par une Lettre de S. Grégoire
Papeque S. Irenée & son Peuple
furent massacrez par voye de fait, & sans
aucune forme de jugement
, en haine de
la Religion, & pour n'avoir pas voulu
sacrifieraux fauxDieux. Notre Historien
rapporte l'Histoire de ce massacre à
l'ocl'occasion
des Décennales de Severe, &
des Quinquennales de son fils Caracalla,
célebrées a Lyon.
} Le quatriéme siecle n'est pas abondant
en fait de Recherches Litteraires. Peutêtre,
dit l'Auteur, à cause de l'inondation
des Barbares qui absorbapresque
toute l'attention de ces tems orageux.
Les recherches qu'on peut faire sur ce
quatrième siécle par rapport à l'érudition
Sacrée & Profane, ne peuvent guéres
rouler que sur deux objets: sur les écoles
Municipales
, qui furent établies dans
Lyon, &dottées par les Empereurs; sur
le commerce d'érudition Ecclesiastique ,
que S. Just
,
treizième Evêque de Lyon,
entretenoit par Lettres avec S. Ambioise
Jt & sur l'anathême que ce même S. Just
prononça dans le Concile d'Aquilée
contre les Sectateurs d'Arius, La matiere
qui n'est pas bien étendue pour ce
siécle, deviendroit plus abondante
3
si
l'amour exact de la vérité permettait au
>,
P. de C. d'adopter le sentiment de Lazius,
& de quelques Auteurs qui prétendent
que S. Ambroise étoit né à Lyon; mais il
fait voir combien foible est le fondement
(
sur lequel cette opinion est appuyée.
Si on ne juge que par le premier coup
d'oeil des divers caraéteres des tems, on
aura d'abord lieu de croire que le cinquié-
D iiij me
me siécle n'a pû fournir que fort peu, oti
rien du tout à la Littérature. Ce fut dans
ce siécle orageux que la Ville de Lyon se
vîtlivrée en proye àtoutes ces différentes
Nations barbares dont S.Jerôme rapporte
Jusqu'à trente noms differens. Cette
Ville éprouva dans le cours de peu d'années
toutes les horreurs de la Guerre ;
elle changea plusieurs fois de Maîtres,
Lyon fut pris, saccagé, & brûlé par Attila
; il fut la proye de divers Tyrans qui
s'éleverent dansles Gaules. Enfin après
bien des révolutions, les Bourguignons
Wandales s'en emparerent ,
moitié de
gré, moitié de force, & en firent le centre
de leur nouveau Royaume. Ilsemble
que les Belles-Lettres,& les Beaux Arts
ne pouvoient guéres fleurir au milieu de
- tant de désordres, & que Sidonius Apollinaris
, qui fut un des plus beaux ornemens
de ce siécle, avoir raison de se plaindre
qu'il sentoit sa veine glacée, Se son
esprit rouillé depuis que les Barbares
croient les maîtres de ce Pays. Il est cependant
certain que les Bourguignons
n'étoient pas aussi barbares que Sidonius
les dépeint dans plusieurs endroits de ses
Ouvrages. Jamais peut-être l'amour des
Lettres
,
dit le P. de C. ne régna plus
dans cette Ville que dans le tems qu'ils
en furent les maîtres, c'est-à-dire,du-
- Iap
vant 80. ans, ou environ, un trait singulier
empruntéd'Eric ou d'Heric d'Au.
xerre ,
Auteur du neuviéme siécle, doit
persuader
,
selon le P. de C. de l'exacte
vérité de cette remarque: on lit dans la
vie de S. Germain d'Auxerre, que cet
Auteur a écrite, que du tems du Prêtre
Constance
& de S. Patien
,
Evèque de
Lyon, c'est-à-dire
,
dans le cinquième
siécle, on appelloit communément cette
Ville l'Ecole,
ou l'Academie publique
des Sciences en deçà des Mers, que les
Lettres & les beaux Arts y florissoient
plus que dans aucune autre Ville, &c. &C
qu'enfin pour pouvoir professer dans les
autres Villes, il falloir avoir étudié dans
celle de Lyon. t Il faut avoir lû avec attention les Lettres
de Sidonius Apollinaris, & celles
d'Avitus, son contemporain,& son ami,
pour être bien au fait de la Littérature de
ce cinquième siécle. On y trouve les
nomsde quantité de personnes distinguées
par leur naissance, qui malgré les malheurs
de la Guerre, & les fréquentes
révolutions de ce siécle, cherchoient leur
consolation dans la lecture des meilleurs,
Ouvrages qu'a produits l'Antiquité. C'étoient
pour la plupart des Senateurs ,des
Patrices,,
des Evêques, ou des person-
.cs. qui étoient du Sang Impérial. Tels-
D v étoient
étoient les Constances, les Apollinaires,
les Philimates, les Ecdicius, les Rustiques
,
les Siagrius, les Ommatius, les
Euchers, &c. N'oublions pas sur tout
dit le sçavant Jesuite, ces deux freres si
illustres dans l'Eglise ,& qui. ont fait
tant d'honneur à celle de Lyon, quoiqu'on
ne puisse pas prouver qu'ilssoient
Lyonnois de naissance. Il s'agit ici de
S. Mamert Arch. deVienne, &deson
frere Claudien Mamert, qu'il ne faut pas-,
confondre,& n'en faire qu'une feule personne
, comme ont fait tant de celébres
Ecrivains. Sidonius nous en apprend dans
ses Lettres deux personnalitez interessan- ]
tes; la premiere estque S. Mamert n'est
pas seulement le restaurateur des Rogations,
comme bien des gens l'ont crû sur 1
la foi des Auteurs de Gallia Christiana ;
mais qu'il en est le veritable & le premier
Instituteur; il est vrai, continuë le P. de
C. que l'usage des Processions & des Litanies
est beaucoup plus ancien que S. Mamert
, & qu'on en trouve l'origine dans
le troisiéme siécle
,
& peut-être dans des
rems encore plus éloignez: on peut consulter
là-dessus le Litaneuticus de Serarius,
c'est-à-dire,Recherches, ou Traité
surles Litanies; mais cela ne prouve rien,
dit notre Auteur, après le P. Sirmond , dans une de ses Notes sur Sidonius; car
- - il
-
il n'est pas question de sçavoirqui a établile
premier les Litanies & les Procefliolls
en general
,
il ne s'agit précisément
que de celles qui précedent la fête de l'Ascension
du Sauveur. Or il est certain que
c'est S.Mamert, Archevêque de Vienne , qui en est le premier Auteur, & que
cette dévotionayant paffé de l'Eglise Je
Vienne dans la Basse-Auvergne , & de-là
dans toutes lesEglises des Gaules, fut enfuite
adoptée par l'Eglise Universelle.
Claudien Mamert
,
frere du précedent
est ici regardé comme le vrai Auteur de
l'Hymne Pange ,
lingua , gloriofipyttliu
certaminis , &c. on le prouve par le stile
& par d'autres témoignages.
Le fameux Sidoine Apollinaire, mort
Evêque d'Auvergne, fut un des plus beaux
esprits
, un des plus vertueux, & un des
plushonnêtes hommes de son tems. Ce
fut l'an 432. qu'il nâquit à Lyon; tout
ce que notre Auteur en rapporte se fait
lire avec plasir. Il entre dans un détail
des plus grands, & des plus curieux sur
tout ce qui le regarde. Il fait connoître
son talent pour la PoëGe, comment un
.de ses Ouvrages lui fit ériger une Statuë
à Rome; un autre procura de trèsgrands
avantages à la Villede Lyon. Un
troisiéme enfin lui valut le Gouvernement
de Rome. Je paffe ici bien des particula-
D vj ritez
ritez dans lesquelles il est impossible d'eus
trcr.
Le Prêtre Confiance, Historien Sacré
& Poëte
,
fait la matiere d'un Chapitre
entier. S. Eucher 21e.Archevêque de
Lyon vient ensuite ; on parle des erreurs
^&rcndees,variations qu'il y a eu sur sa per- & sur ses Ecrits: l'Eglise de Lyon
n'a reconnu qu'un seul Eucher jusqu'à la
fin du dixseptiéme siécle. Ce fait historique
est ici mis dans tout son jour parles
anciens Missels & par les Breviaires de
cette Eglise
, par les antiques Litanies, 8c
par les Catalogues de ses Evêques. On
voit enfin en quel tems , comment &
pourquoi on a introduit & autorité le
nouveau Systême des deuxEuchers
, &c.
Tout cela est détaillé d'une maniere trèsclaire.
Le P. de C. fair voir que M. Antelmi,
Chanoine de Fréjus, est le pre.
mier qui ait attaqué la nouvelle opinion
des deux Euc hers. Il démontre,dit-il ,
que l'Eucher quisigna ausecond Concile
d'Orange n'etf point le grand Eucher de
Lyon, & en même-tems que l'Eucher
qui accompagna Saint Cezaire dans sonJ
Voyage ,
n'a jamais été Evêque de cette 1
Ville. Le P. de C. termine cet article par
des Remarques Critiques sur les Accès de
S. Cesaire. Il parle dans un autre des Actes
desainte Cansorcie, dela viede S. Eu- I
cher 1
cher avant son Episcopat, & de la vie
Apostolique de ce Saint; il parle aussi de
ses Ouvrages,& en particulier des Ecrits
pour ses deux fils. L'Histoire du martyre
de la Légion Thébéenne, termine celle
du V. Siècle Litteraire de Lyon.
Le sixiéme siécle n'offre point aux recherches
du P. de C. des Auteurs Illustres
tels que S. Eucher,Sidonius,Apollinaris,
& le Prêtre Constance
> mais il
présence des objets plus variez, plus agréables
,
&c. La celébre Conférence que les
Evêques Catholiques eurent dans Lyon
avec les Evêques Ariens en présence du
Roi Gondebaut
,
la victoire qu'ils remporterent
sur eux, le défi mémorable
qu'ils leur firent de prendre pour arbitre
de leur differend S. Just tout mort qu'il
étoit depuis plus d'un siécle, les loix Bourguignonnes,
qui furent publiées à Lyon ,
tout cela appartient à la Littérature du
sixiéme siécle. Des Législateurs
,
des Jurisconsultes
, des Conseillers, ou des Secretaires
d'Etat, des Juges & des Magistrats
s'assemblerent à Lyon par ordre
du Souverain: Ils vinrent de toutes les
Provinces du nouveau Royaume de Bourgogne
,
du Dauphiné, de la Savoye Be
d'une partie de la Provence. Ces Législateurs
dresserent en commun un nouveau
Code sous les yeux du Prince, qui l'adopta
,
dopta
,
le fit souscrire par les trente-deux
Comtes qu'il avoit dansses Etats, &1
fit publier fous son nom. Ce fut au commencement
mêmedusixiéme siécle qua
le Roi Gondebaut publia ces nouvelle
Loix; elles font dattées du Consulat d'Avienus
, qui tombe dans l'année 501. fe- j
Ion les Fastes Consulaires. Ces Ordonnances
néanmoins, & ces Loix qui font j
partagées en 122. titres, ne furent pas
toutes publiées, ni dans le même rems tïi dans le même lieu , , ni même par le
même Prince.
Le titre general de ce nouveau Code
1
porte qu'il a été publié à Lyon le qu-atriéme
jour des Calendesd'Avril. On y
voit à la tête ces paroles, dont l'Original
est en Latin.Livredes Ordonnances
au sujet des Loix passées & présentesque
nous voulons être observées à perpetuité , publié à Lyon le ij.jour de Mars. La
quarante-deuxiéme Loi qui décide des
heritages des personnes mortes sans laisser
de posterité a une datte differente.
Le corps entier de ces Loix porte le
nom de Loy Gombette, parce que le Roi
Gombaut, ou Gondebaut en avoit fait
ou du moins adopté & fait publier fous
son nom la meilleure partie. La Loi Gombetre
étoit à l'égard des Bourguignons, des Gaulois &desRomains, habitants
« dans
dans ces Provinces, ce que la Loi Salique
étoit à l'égard des François, ou
Francs,ce que les Loix Gothiques étoient
à l'égard des Goths, &c. Le témoignage
que Grégoire de Tours rend de cette
Loy, est fort avantageux, & fait voie
qu'elle renfermoit beaucoup d'humanité.
Toutes les différentes parties de la Jurisprudence
Civile font renfermées dans ce
Code, tout y est décidé sagement & avec
précision
,
depuis les questions les plus
importantes, tels font l'homicide, le
larcin, &c. jusqu'aux questions les plus
minces & les plus triviales v par exemple
, un Chien tué sans dessein, une haye
rompue, &c.
Mais si on envisage ces mêmes Loix
par leur endroit foible, on reconnoîtra
sans peine qu'Agobard fit sagement d'en
demander l'entiere abolition
, trois siecles
après qu'elles eurent été publiées.Ce pieux
& sçavant Archevêque remontra à l'Empereur
Louis le Debonnaire que la Loi
Gombette contenoit plusieurs choses diametralement
opposées à l'Evangile, &
qu'on ne devoit pas tolerer parmi les
Chrétiens. La plus insupportable étoit les
preuves par le duel qui étoient autorisées
par les Loix. Les points de Droit & les
Procès se terminoient par les armes,quand
on manquoit de preuves ou de témoins,
1
Etoit
Etoit-on accusé de larcin ? d'homicide ?
ou d'adultere ? pour peu que le droit fut
douteux de part ou d'autre
, on pouvoit
choisir deux Champions pour soutenir le
pour ou le contre. C'étoit le Juge luimême
ou le Comte du lieu, qui fixoic
le jour & la manière du combat. C'étoienc
eux qui faisoient préparer le champ de
bataille,& qui faisoient armer lesCornbattans
par leurs Parains
,
après avoir saic
benir leurs armes par un Prêtre. Le combat
commençoir par un démenti en forme
que se donnoient les Champions i
après quoi ils en venoient aux mains au
son des Trompettes. Le vainqueur était
déclaré innocent, ou dans celui qu'il representoit
ou dans sa propre personne. Le
vaincu étoit traîné hors du Champ de ba.
taille & executé sur le champ, si le crime
dont il étoit question
,
étoit un crime
capital.
Dans un Chapitre qui regarde la Fondation
du grand Hôtel-Dieu,on donne
le caractere du Roi Childebert& on parle
de son goût pour les pieuses Fondations,
à l'occasion de celles qu'il fit à Lyon &
d) son affection pour S. Sacerdos. Childebert
fit ratifier sa Fondation par le Concile
d'Orleans,& on prouve que ce Concile
fut National, & que S. Sacerdos y
rfida) Onvoit ensuite en quel temps 34
pourquoi;
pourquoi Lyon changea,en quelque façon
,
de situation } quand & comment
l'Asie commune fut introduite dans l'Eglise
de Lyon & dans les autres principales
Eglises du Royaume, la différence
enfin des Abbez Canoniques & des Abbez
Monastiques.
Deux raisons ont obligé le P. de C. à*
s'étendre assez aulong sur les Ecrits qui
ont paru durant tout le cours des six premiers
siecles de J.C.qu'on doit appeller les
sept premiers siecles de Lyon, puisque la
Fondation de cette Ville, devance, dit-il ,
notre EreChrétienne de près d'un demi siecle.
La premiere raison est le petit nombre
de ces Ecrits,& la seconde c'estl'importance
& le mérité de ces mêmes Ouvrages
& de leurs Auteurs. Je n'en userai
pas de même dans la suite; si ce n'est,.
continue le P. de Colonia, quand je trou.
verai sur ma route un Florus, un S. Agobard,
un Laydrade,&c. Le nombre des
Ecrivains de Lyon groffirasi fort, dit-il,,
dans le seiziéme siecle & dans le dixseptiéme,
qu'on y trouveroit sans peine
de quoi remplir un volume entier. Les
premiers qui se presentent, c'est le Cardinal
Seraphin Olivier, M. Spon ,
le P.
Menetrier, &c. Le seul Colliege des Médecins,
quoi qu'établi à Lyondepuis deux
siecles feulement, fournira à notre Auteur
teur plus de cinquante Ecrivains qui Ó
publié des Livres sur toutes fortes d
matieres. Le College de la Sainte Trinite
n'a pas été moinsfertile en Auteurs, connus
dans la République des Lettres. Enfin
le siecle present a déjàdonné à cette Villa
plusieurs hommes rares, qui remplissent
leur place avec honneur dans les trois
plus celebres Académies de la Capitale
du Royaume,& qui par leur travail
& par leur génie ont sçû penetrer ce qu'il 1
y a de plus utile dans la Physique, dans
1 la Botanique, dans la Medecine dans
l'Astronomie, dans la Littérature la plus
exquise & la plus profonde. Tout cela,
promet que le P. de Colonia ne se bornera
pas au seul volume qu'il vient de
publier, & fait esperer qu'il voudra bien
continuer une entreprise qui ne peut être,
quetrès utile & très-agréableau Public.
Je fuis, Monsîeur
, &c.
Le 20. Decembre 1728. 1
SONNET, 1
Sur la.Convalescence du Roy. 1
ARêtimpitoyable
Mort,
Respecte de LOVISla précieuse vie: ,w
Quoi, déja voudrois-tu qu'elle lui fût ravie?
Arête encore un coup,n'avance pas son fort, 1
1
Tu vois la Reine en pleurs, toute l'Europe en
larmes.
Ce spectacle touchant doit fléchir ta rigueur;
Mais non , ta barbare fureur,
Dans nos douleurs trouve des charmes.
k
Grands Dieux, c'est donc à vous qu'il faut
g avoir recours;
Daignez nous accorder votre divin secours;
Vous êtes le soutien des vertueux Monarques.
!
Conservez-nous le nôtre, objet de tant de
I voeux;
Enchaînez le pouvoir des témeraires Parques,
Tant qu'il ne verra pas ses arrieres neveux.
I Par un Gentilhomme de Valogne.
.((VEsrION sur les Logogryphet
> en lrers.
FAut-il plus d'art & plus d'esprit pour trouver
une famille Logogrifique, par la feule
combinaison des Lettresd'un mot, en abusant
-*
& se prévalant d'une Ortografe inconstante ; te defectueuse, qu'il n'en faut pour trouver
unefamillemoins nombreuse, mais plus constante
& mieux choisie, en combinant seulement
les fons ou les véritables caracteres qui
composent le chef & la famille que l'on en
cherche?
L'Onograse a beau changer, un Logogrife fr la combinaison des fons est bon pour touî
les tems; un hommeaveugle & qui ignore les
les Lettres, peutle deviner par le secours de
l'oreille& des yeux del'esprit, infiniment audessus
des yeux du corps: un Logogriseasservi
à l'Ortograse, devient nul & indéchifrable,
quand on parte d'une Ortografe à l'autre..
Un exemple rendra ceciplus clair. Si la j Table des Sons de la Langue Françoise, donnée
dans le mois de Septembre, est juste, le (j
mot Archet du second Logogrise en Vers, du
mois de Décembre est composé de cinq sons
A-re- ch-è - t,répondant aux cinq nombtesîor, 20161025-6 , dans ce mot Archet, on voit bien, & on le fenr,
que le son du q. ou du k, & celui du ç cédille ou
de rs, où les fons des nombres 12..& 4. nes'y
trouvent point; cependant l'Auteur du Logogrise
veut qu'on y trouve le mot Ark, ou Arc,&
celui de Thraçe ou de Trasse, en vertu de quoi?
Apparemment en vertu desLettres équivoques,
susceptibles de divers fons
,
cela ell vrai; mais1
il reste à examiner, & c'est-là la question, si
ce principe arbitraire, erronné & variable ,j
tll: bon & préférable à celui qui consulte l'o-j
reille plutôt que
l
les yeux. j
Si le son François che avoit un seulcaractère 1
qui lui fût propre, pourroit-on Jamatg trou- i
ver dans le mot Archet, les mots Arc, Carte :
'1'jrlfll trllll,?ni même Mlut du mot Thé, n
Jiegtigc par l'Auteur de ceLogogrise?ilest
donc visible que c'est abuser de l'usage vicieux
de notre Orrografe, que d'en vouloir faire les
regles d'un Jeu Logogrifique-Encore un exemple
rendra ceci plus sensible,si j'écris le mot
sapiens en François çaje,au lieu de sage, je
pourrai trouver aussi les mots cage,gase, &c.
or aujourd'hui que l'Ortografe nouvelle ne fait pas difficulté d'employer indifferemment
tous les caracteres usitez, pourvû qu'ils
n'induisent point en erreur, il semblequela
Table des fons doit être preferée à celle des
simples lettres dans les jeux Logogrifiques.
Les Auteurs des Logogrifes
font
ordinairement
charmez de trouver tant de mots differens
dans un seul, par les combinaisons des
tiilabes ou des lettres;mais ils en feroient moins
surpris ,
s'ils vouloient faire attention à la
force,à la vertu,ou à la fécondité de la combinaison,
puisque l'on trouve plus dequatre-vingt
mots d usage dans le seul mot de CARTOUCHE;
puisque l'on trouve tant de milliers de combinaisons
dans ce Vers,
Tot tibi funt dotes, vîrgo , quot [ydera ccelo.
& que la combinaison des 14. Lettres de l'a b v
se peut faire en plusieurs nonilions, exprimes
avec trente-quatrechiffres; &: que la combinaison
des fons & des notes de Musique jusqu'àsoixante-
quatre, contient des vint-Octilions
exprimés en quatre vint-dix chiffres.
On peut donc, ce semble,assurer que la
deffaut, la disette de caractere & la bizarerie
d'une Ortografe vicieuse, ont été jusqu'ici
le fondement de ce jeu Logogrifique, digne
de ceux qui s'en amusent, s'ils veulent le
icftifierj& le perfectionner par les raisons déjà
JI;"!
alleguées sur cette matiere dans les précedens
Mercures. j
Mais s'il a fallu un siecle, (j'ose le dire à la
honte des Savans, des Imprimeurs & de la
République des Lettres)pour faire adopter l'usage
différent de l'j & de J'v consonnes, & de
l'i & de Vu voyelles, en faudra-t-il moins pour
faire voir clair, pour convaincre& pour perfuader
sur l'artde combiner les Lettres & les[
fons en fait d'Anagrammes ou de Logogrifes ?
Concluons du moins que si la prévention asservit
bien souvent les hommes dans de petites
choses, malgré l'évidence,il n'estpas extraordinaire
de voir les hommes si entêtez de
leurs sentimens & de leurs opinions, surtout
dans des chosesimportantes, lorsqu'ils ne les i
voyentqu'à travers des brouillards ou des nua- j
ges & avec des yeux affectez de quelque pas- 1g
sion condamnable. - Nota. M. de Seneté, dans son Logogrife Vire-1
lai
}
du fecond volume du Mercure de Dlcem- j
ireta droit de rendre graces à Dame Pédanterie, I
de la Logogriferie même en Algebrerie;mais ne g
doit-on pas aussi lui rendregraces de laJingerie si
qui fait la jargonnerie de 14 Maroteric l A BC
DE CANDIAC;
SUITE des LogogrrfesArithmctiqueJ. i
En cherchant les mots des 67. & 68. Logo- 1
grises arithmétiques, on a pû trouver ceux de 1
VoileSed'Archet.
G9.Logogrife arithmetique de troisfins on
de trois nombres félon la Table donnée
dans le MercJlredtt mois de Septembre.
Le 1er est égal au i* moins 4. u
A
Ledouble du zd est égal au3e moins 3. - *-
Le 3e moins un est égal à 3 fois le ier^-
7». Logtgrife arithmetique de quatre
nombres ou de quatre fons.
Le double du 1er égale le id.
Quatre fois le zd égale cinq fois le je,
Le 3e moins deux égale le 4e.
Le 4e moins quatre égale le 1er.
S. M. D.
Nota. On demande à l'Auteur des Logogrises,
les deux nombres, dont le premier dit
au second, si vous me donniez la moitié de
votre somme,je passerois d'un quarré à l'autre
|fc il vous resteroit encore la somme de deux
quarrez
,
& le second lui répond,si vous me
dtonniez une feule unité, je deviendrois Cube, il vous resteroit encore la somme de deux
Cubes.
Le Logogryphe dudernier Mercurea
dû-êtreexpliqué par le mot Charme ,qui
d'abord est le nom d'un Arbre,& exprime
aussi le charme de la beauté. On trouve
encore dans ce mot, suivant les differens
changemens,retranchemens & les divisions
& combinaisons des Lettres, les
mots suivans, Char, Arme, Carme, Cam
fils de Noé, Marche
f
Arche, Arc, Marc
d'eau, Marc, poids, Marc, nom de
Baptême,Race, Mér, Rame de Galere,
Mâche, herbe, Cher, adjectif, Ame 8c
,4mçr¡
Amer; ce que les Vers du Logogryphe
expriment fort naturellement. |
Les deux Enigmes doivent s'expliquer
par le Mercure & le Chemin.
PREMIERE ENIGME.
J
~SAns que je fois estropié, J
Je fuis sans bras, je n'ai qu'un pié,
1
•s Mon surtout de toile est modeste ;
,
Trop de pluye est pour moi funeste. J
Immobile dans mon emploi,
,
1
Je donne quelquefois legîte aux HirondeIlM<i
Aussi-bien qu'elles j'ai des aîles,
Mon Maître n'en a point & vole mieux que'
moi.
DEUXIE'ME ENIGME.
pRoduit par la Justice& la magnificence,
J'ai droit de me flatter d'une illustre
naif..
sance;
Aussipour m'obteniron fait tout ce qu'on peut;
Je me montre aux Humains fous la forme
qu'onveut, *
Cette forme pourtant est toûjours très-honncrcj
Quoique
Quoiqu'on certains pays, je ne fois qu'une
bête,
Dans d'autres je fuis Rose, & n'ai pas le malheur,
Que presque en sa naissance éprouve cette
fleur.
Entre les mains d'Oedipe, autrefois je fus
Reine,
Quand son esprit sauva la Nation Thébaine ;
Je ne fui squ'un bâton dans celled'un Guerrier;
Je fuis Livre au College, ou Rameau de Laurier;
o'
Je fuis fleur sur les bords que la Garonne arrose
,
Sur la Seine,enMédaille on me métamorphoses
Mercure qui m'expose aujourd'hui comme un
jeu,
Par moi mit autrefois toute l'Afie en feu.
Combien est-il malin,ce brouillondeMercure!
Pour gner les esprits, il change ma figure;
Sousd'autres attributs ailleurs il m'a donné,
Tel qui me cherche encor,m'a déja deviné.
LOG0GRYPHE4
Mon
nom dans rHiâciie est fameux,
PiSnefc-cnhmilieu, se forme un cri de joye ;
E Ds
De mes extrémitez, si de l'une des deux
On se sert à suivre sa proye,
On renonceroit au métier,
Si sans relâche & sans quartier,
L'autre fixoit le tems de ce rude exercice;
, Je veux me découvrir, Lecteur
, je fuis Romain,
Et ma tête sans artifice,
A Rome n'étoit pas deiïuî le corpshumain;
Mais elle souffre encor tant de métamorphoses,
Qu'on en fera bien autres choses,
Comme àla Foire fait l'homme aux Tableaux
changeans;
Si vous la renversez,une pierre est moins dure,
Coupez-en les deux tiers, ô ! grand Dieu, que
de gens
Vont courir dessus, je vous jure!
Au milieu mettez-en le bout,
Et vous verrez que tout d'un coup >
Peu s'en faut qu'elle vous accroche,
Enfin ( car je ne prétens pas
Vous chercher maint autre anicroche,
ii Et de me dissequer je me trouverois las)
Dans mon nom vous avez une Ville de France.
Qui prend çhig moi Rn existence. ] , N0~'J
#
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS,&c. pORTRAITSOUElogesHistoriques
des Premiers Presidens du Parlement
de Provence.Par Pierre-Joseph de Haitze.
A Avignon, chez. D.Chastel
,
1727.
vol. in 12. de 148. pages.
En l'année1724. Jacques Cundier,
habile Graveur de la Ville d'Aix, fils
de Claude Cundier,Peintre, donna an
Public les Portraits des Premiers Presifidens
du Parlement de Provence,comme
nous l'avons dit dans l'un de nos Journaux.
). La publication de cette Portrai-
»ture, dit M. de Haitze, dans une courte
» Préface,me parut seche sans aucun élo-
»gehistorique,qui animât ces Portraits
»en faisant connoître le genie de ceux
» qu'ils representoient. Dès-lors (conti-
» nuë l'Auteur) je conçûs le dessein d'a-
» joûter à cette compilation ce qui y man-
» quoit, & je crus que la chose me regar-
» doit, après avoir fait sçavoir au Public,
»comme j'ai fait il y a long-temps,que J'a.
» vois composé l'histoire de la Ville dAix
*>lejour,où les Eloges Histori-
J, ij » que
»ques des premiersMagistrats de IJuJ.l-icF.
»superieure de cette Province,doiventne-
»cessairement entrer. Je me portai d'au-
»tant plus volontiers à completer cette
» Portraiture, ( c'esttoujours M. de Hait-
» ze qui parle) qu'elle avoit très-bien
» réussi, & qu'elle yenoit d'aprèsun ex-
»cellent ramas de Peinture sur ce sujet.
» Portraits que le grand Henry de Four-
»bin d'Opede
,
dernier Premier President
w de cette Maison, avoit recueillis après
» beaucoup de foin, qui faisoit le lustre
»singulier de la Maison où ils se rencon-
» troient, qui avoit logé quatre des Pre-
»> miers Presidensqu'ils representoient,&
n qui ne devoient avoir d'autre fort pour
» leur placement que la durée de l'Edi-
»sice où ils étoient étalez. Ces Eloges qui
commencent par celui de Michel Riccio
Napolitain
5
& finissent par celui de N.
Cardin Lebret ,Chevalier, Comte de
Selles, &c. Intendant de Justice & du
Commerce en Provence,qui remplit aujourd'hui
si dignement la premiere Magistrature
de cette Province, font au
nombre de vingt. Nous nous contenterons
de presenter à nos Lecteurs un deces
Portraits, pris à l'ouverture du Livre,
IX. JEAN-AUGUSTIN DE FORESTA,
nJ.Al:lguftin de Foresta, Baron de
L 4 Jrw,
»Tretz,quoique Personnage d'une grande
Ȏtude, & de belles Lettres, ne sur pas
» heureux de venir à la Premicre Prési-
» dence,après un aussi grand homme que
x Jean de Maynier. Ce n'est que long-
»temps après que le Soleil a disparu
;
8c
»dans le coeur de la nuit, que les étoilles,
»toutes brillantes qu'elles soient, peu-
»vent paroître avec éclat.Le Premier Pre-
» fidént de Forefta, eut pourtant cela de
» commun avec son Prédecesseur, qu'il
« parvint à cet honneur, après avoir paffé
»par les mêmes degrez de la Robbe, de
» Conseiller & de President. Le crédit de
» François de Foresta son frere aîne
,
qui
;)avait été Maître-d'Hôtel d'un des En-
» sans de France, lui procura cette dignité,
» dont les provisions lui furent expediées-
., letreiziéme jour après la mort de son
» devancier,c'est-à-dire
,
le cinquième
»du mois de Juillet 1557. avec ordre ail
» Parlement de le recevoir,même pendant
5> le temps des vacations.
» Cette élévation surprit par trois en-
3> droits ; par la nonchalance de celui qui
» y fut porté; par la célerité de l'expe-
» dition des Provisions, & par l'ordre de
» le recevoir hors de saison. Cela donna
» (ujt de dire que jamais homme aussi
)) lent que celui-là avoit fait autantde
»chemin en si peu de temps. Jean-Auf
E iijgustin
» gustin de Foresta étoit originaire de 13
» Riviere de Gennes. Ilavoit passé enFran-
»ce avec son pere Christophe de Forefta,
»Medecin ordinaire de François I. par
» lequel il avoir été naturalisé en 15,z..
D) L'intérêt de se maintenir dans la Pre-
»miere Presidence, le rendit grand Li-
» gueur , non pas pour tenir le haut bout
»dans ce parti en Provence, car il n'é-
»toit pas homme d'action, mais pour,
»en suivant les mouvemens du fameux
»Seigneur de Vins, qui en ce pays, en
Metoic l'ame, être fortifiéde son appui.
» Il mourut en 1588. après avoir vécu 45.
» ans dans le Palais dont les vingt-neuf
» derniers furent avec la dignité de Pre-
» mier President, digne certainement de
»revivre dans la mémoire des hommes
» par son irréprochable intégrité, jointe
"à une profonde Littérature. C'étoitaussi
» un des plus capablesMagistrats duRoyau.
» me ,
qui avoit honorablement & sans
»aucun reproche
,
exercé trois diver-
35 ses Magistratures de Conseiller, de
» Tiers-President,& enfin de Premier.
»D'où vient qu'il fut choisi pour être
»un des Commissaires en la cause de
» la Rebellion de Bourdeaux
,
fameuse
» par les terribles exécutions qu'ils ordon-
»nerent contre les perturbateurs du re-
» pos public, Cependant comme les plus
» grands
» grands hommes ne font pas exempts de
»decrauts, on a remarquéqu'il étoit naturellement
timide,& que cette timidité
f » ne lui avoir pas permis de comprendre
»quelle étoit la dignité de sa Charge,
[ » ni de se servir des grands biens qu'il
: » possedoit. Il étoit d'une petite fiatufe,
j »dont les parties étoient pourtant bien
I »proportionnées;il avoir le visage plein
»& coloré, ayant les yeux gros & ronds,
|
» de couleur d'eau, un peu plus éminents
f » que de fleur de tête, avec les sourcils
I »courbez en arc; son regard étoit tendre
l » avec cette foiblesse qui est ordinaire à
» ceux qui ont la prunelle trop en dehors.
Î)
Il porroit ordinairement tort peu de
« barbe, qu'il avoit blanche comme du
08 coton,& qu'il se faisoit ajuster en pointe.
On pourra juger par cet échantillon
du stile & du génie de notre Panegyriste.
Son Héros favori paroît être Jean de
Maynier, Baron d'Opede qui mourut le
22.Juin 1557. ou 1658. selon Mainbourg;
sa mort fut contée, dit l'Auteur,
parmi les malheurs publics. C'étoit en
effet un grand homme, mais qui eut be..
foin de se justifier, comme l'en sçait,
après la terrible execution des Religion.
naires de Cabriere& de Merindol, à laquelle
il avoir eu beaucoup de part. M.de
Haitze passe là-dessus fort legerement &
E iiij (ern
semble même dans le peu qu'il dit de
cette affaire, confondre les choses ; confusion
qui a passé jusques dans sa Diction:
voici comment il s'exprime sur ce sujet.
»Les Heretiques Rebelles de Merindoi
» voulurent lui faire un crime de cette fer-
» meté ; mais après avoiressuyé de leur
» part; de leurs Fauteurs & de leurs puif-
» sans Adherans,la plus violente de tou-
»tes les attaques,il n'en resta que plus
» glorieux par un Jugement solemnel du
» Prince, qui, suivant le Texte Sacré, que
» l'Accusé avoir pris dans le Discours qu'il
» fit pour sa deffense : Discerna sa cause
» d'avec la Nation qui n'étoit pas,sainte,
aie délivra de l'homme injuste & trom- )peur. qui étoitl'Avocat General Guerin,
»Ôc rendit son nom celebre par toute
» l'Europe.
Il est certain par les Historiens les
plus approuvez, que ce ne fut ni le Roy
ni son Conseil, qui rendit un Jugement
sur cette grande affaire. Le Roy Henry IL
ordonna par des Lettres Patentes du 17.
Mars 1551. qu'elle fut jugée par le Parlement
de Paris. 1
La Cause y fut plaidée pendant 50. Audiences
consecutives. Le Plaidoyer du
Lieutenant Civil, Aubery, commis à la
Charged'Avocat General, tint sept Au.
dienceSj & ce Magistrat conclud très peu
- saYOR
i
favorablement pour le P. President 5c
pour le Parlement de Provence;son Plaidoyer
a été imprime.
Cependant-le P. President d'Opede
iît lui-même un Plaidoyer par écrit, qu'il
commença par ces paroles du Prophète
Royal:Judica me,Deus, & discerne caufart)
meam dugente non sanctâ,&c. & il
se justifiasibien par cet Ecrit, qu'aprèsque
la Causeeût été appointée
,
& que l'on
eut encore plus exactement examiné rAffaire,
il fut renvoyé pleinement absous.
L'Avocat General Guerin eut le malheur
de succomber,& futcondamné à avoir la
tête, tranchée, ce qui fut exécuté.
- Le P. President Henry de Fourbin, Baron
d'Opede, arriere-petit-fils du côté
maternel de celui dont on vient de parler,
tient un rang considerable dans ce Livre.
L'Auteur lui donne de grands Eloges,&
après avoir fixé sa mort au 13. Novembre
167 1. il ajoûte son Portrait qu'il finit
fÙnli. » Tout cela que l'aspect peur ejepri-
»mer, se remarque& s'admire dans ses
»Portraits que nous avons d'après le fa-
»mueux Mignard de Rome
> par conse-
» quent précieux par les deux endroits
» qui rendent semblables representations
»curieuses& recherchées.
M. de Haitze permettra qu'on rende ici
It: fameux Pierre Mignard à sa Patrie,
E v" qui
qui est la Ville de Troyes en Champagne,
& non pas Rome. Mignard étoit Eleve
de SimonVoüet, Parisien, qui se distinîgua
fous le Regne de Loüis XIII. -
Les personnes qui peuvent prendre
quelque interêt à la mémoire d'Arnoul
Marin, Seigneur de la Chategneraye, qui
succeda à M. d'Opede, trouveront peutêtre
mauvaisque l'Auteur oublie son caractere
de Panegyristepour prendre,comme
il faità l'égard de ce Magistrat,le ton
de Censeur.» Il avouë cependant qu'il
»étoit d'un accès facile & aisé à toutle »monde, d'un entretien doux & agréa-
.,»ble, qui donna lieu de dire, que quoique
»Marin,iln'étoit pasdur, &c.
m LETTRE de .JIÂ. sur le IV. Tome
des Mémoires pour (ervic à l'Histoire
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres, &c. A Paris 3 chez
Èriaffon, ruëS.Jacquer) à la Science-
1718. in-11. de. 416.pAgesfins, less
-
Tables , &c.- NOus voici parvenus,Monsieur;
au quatrième
-
Tome des Mémoires
dont j'ai entrepris de vous rendre compte
Je m'étois apperçû dès le troisièmeVolume
de quelque changement en bien,
celui dont ils'agit ici me confirme dans
l'o- ]
1
r l'opinion que l'Ouvrage pourra enfin arriver
à cette perfection que vous lui souhaittez.
Les citations y sont en trèsgrand
nombre, ce qui fera, je crois,
au goût de plusieurs Lecteurs qui aiment
les autoritez
, & qu'on leur indique les
sources.
Notre Auteur débute par Abelard ce
fameux Antagoniste du saint Abbé de
Clairvaux, & donne un détail circonstancié
& curieux de ce qui regarde cet
illustre Breton. Il n'a pas oublié son Epitaphe
de la composition de Pierre le Venerable
, Abbé de Cluny, & je crois
que vous ne serez pas fâché de la trouver
ici telle qu'on la lit encore dans l'Eglise
du Prieuré de S. Marcel près de
Châlons
,
où mourut Abelard le xi.
Avril 1 142.âgé de63. ans.
Callorttm Socraces , Plato» maximus Hefperiarum
,
Jtfofter Aristoteles, Logicis ( quicumque fuerttnt
)
r.AHt pary aut melior fludiorum eognitus orbi
y
Trinceps» ingenio varius ,fubttlis & acer
Omni", vi fuperans rationis & arte loquendi y
Abaelardus ernt. Sed mIne mugis omnta vinfit,
E vj CnTfir
Gum Cluniacenfem Monackum tttohtnquePÊ~fa Mus. Jîd Chrifli veram tranfivit Philofophiam j
ln qua longA-vs, bene complensultima vit&9
£hidloufopmhis qttandoque bonis se commémorant a
SpefIJ déditt undenas Maïo revocante Calendas.
Voilà
,
Monsieur une de ces Epitaphes
dont on devrait, comme je crois ,
vous l'avoir déja die, faire mention dans
l'Histoiredes Sçavans.
La pieuse&constante Heloïse,selon
FA uteur de ces Mémoires, n'épa
rien pour rendre les derniersdevoirsà
soncher Abelard. Elle employa tout pour
en assurer le salut: elleeutmême recours
à PAbbe de Cluny,& lui demanda une
absolution authentique
,
dont la formule
est produite en ces termes dans les mêmes
Mémoires.
» Ego Petrus. Cluniacenfrs Abbas qui
33 FerrumAbaelardumin Monachum CluÎ)
niacensem recepi, & corpus ejus* sur
» tim delatum Heloissæ, & Monialibus
» Paracleti concessi authoritate omnipo-
T'ierre levenerablefit enleverlecorps d'Állclard
furtivement, &-le conduisit lui-même ait
Hmaclett&e dit l'Auteurdes Mémoires.
rcntis:
tentisDei, &omniumSanéfcorumab-
»solvi cum pro officio ab omnibus pec-
Cnectatties suis. :- absolution,continue notreAuteur
, étoit une dévotion de ce tems-là..
L'Ecrit étoitsigné,& scellé,onl'attachoit
au Tombeau du deffunt
,
& on regardoit
cela comme un suffrage de con séquencepour
ce monde ici & pour l'autre.
Il n'oublie point à cette occasion la
passe-port pour l'autre monde, que le
Conseisseur accorde à son Penitenten
Muioscovie, selon le rapport d'Olearius , en a donné la Formule que voici danssonVoyage,
p. 154. Edit. 1656.JesoussignéEvEque
& Prêtre.certifie par
ces Prrlntes queM porteur desdites Let
trl-f, s'efi confessé & a reçu abjointion y,
&c.en témoin de quoi nous lui avons expedié
Certificat, afin que S. Pierre en levoyant
lui- ouvre la Porte à la vie éternelle.
Je reviens à Abelàrd pour vous aunret
que tout l'article qui le concerne dans ce
Livre est fort curieux
,
& que le Gatalogue
des Ouvrages qu'il a composés, ouqu'onluiattribue.,
est fortlong
3
& accompagné
de plusieurs bonnes Remarques.,
M. Gervaise quia beaucoup parled'Abelard,
à l'occahon de ses Lettres
qu'ilaappuubblliitéeenLatin&en François; avecavec
des Notes Critiques, &c. est foirvent
contredit par notre Auteur, qui ne
s'accorde pas avec lui sur plusieurs points
de la vie &de la dothine d'Abelard. Ilme reste,Monsieur, de vous marquer
, selon ma coutume, les noms des
Sçavans dont il est parlé dans ce même
Volume.
PIERRE ABEIARD. BARTHIIEMY D'HERSCIPION
ÂMMIRATO. BELOT.
JACQUES AMYOT. THOMAS HOBBE'S.
JEAN AUBREY. JOACHIM KUHNIUS.
JACQUES BASNAGE. NICOLAS LEMERY.
J-AURENT BEGER. THOMAS LINACER.
MARCBOXHORNIHS. ANTOINE MAGLIABARTH.
CARRANZA. BECCHI.
JBAN-JUSTIN ClAM- MARCEL MALPIGHI.
PINI. PIERRE POIRET,
JEAN CLAUDE. GASPAR SAGITTAANTOINE
CODRUS. RIUS.
CHARLES LE COINTE. JOSEPH SAUVEUR.
JEANB.COTELIER. JEAN DE SERRES.
RAPHAEL FABRETTI. SAMUEL SORBIERIS*
GERMAIN DE LA J. B. THIERS.
FAILLE. J. PITTON DE TOURGABRIEL
FAtLOPE. NEFORT.1 HEDELIN D'AUBX- PHILIPPE VEPHEYEtt.
CNAC. JEAN WILkINS.
J'ajoute, en finissant
, que les articles j
qui m'ont donné le plus de satisfation ]
dans cette Lifte sont ceux d'Amyot, de 1
Beger, de Ciampini
,
de Cotelier, de
dn'Herbeelot,deMsaglioabecchii,& dte To.uc-j1
iiefort. L'Auteur en remarquant que
M. d'Herbelot n'a pas eu la satisfaction
de voir imprimé son grand Ouvrage de
la Bibliothèque Orientale, &c. auroit
1 dû ajouter que M. Galland a eu la conduite
de l'Edition que nous en avons, ce
qui ne poirvoit tomber en de meilleures
mains, & qu'il est Auteur de la Préface
qui est àla tête de cette Edition, dans
laquelle on trouve plusieurs choses cu.
rieuses sur M. d'Herbelot, qui sont omises
dans l'article des Mémoires qui le
concerne, ôc qui ne se trouvent point
ailleurs. Je suis, Monsieur
, &c.
BIBLIOTHÈQUE GEICMANI<LUE,&c.,
année 1727. Tome treizième. A Amflerdam
,chez.P.Humbert, 1717.
DISSERTATION sur laStatuë de Pà*
Ileade) &c.
l
DISCOURS prononcez dans lapremiere
Assemblée solemnelle de l'Académie
Imperiale des Sciences le 17. Décembre
1725. à Petersbourg, page 120.in-4.
tout l'Ouvrage est en Latin.
| Ces Discours au nombre de deux sont
dédiez à la Czarine; ils furent prononcez
,
l'un par M. George-Bernard Bulf-
"finger, Professeur en Physique Experit
meniaie*
mentale, & l'autre par M. Jacques Hetman
,
Professeur en Mathématiques.
L'Assemblée futnombreuse & celébre. Le
Duc Charles-FredericdeHolstein y étoit
présent. On y vit des grands Seigneurs
de toute la Russie, des Senateurs, des
Ecclesiastiques, des Courtisans & des
Magistrats en grand nombre. Les Ambassadeurs
des Puissances Etrangères y assisterent.
Le premier Discours a, deuxparties »
dans la premiere on fait une Histoire
abregée du progrès des Sciences en Europe
depuis leur premier commencement
jusqu'àl'établissement des Académies dont
on donne une idée gcnerale. Dans la Seconde
on examine si la science Magnetique
a été pousséeassez avant pour servir
àgLda'éAcutotuievuorrirpnlaerst.algnoengl'iHtuidsetosirdea,nosulacoNmamv,ei- il s'exprime
,
les destinées des Sciences,
en six Périodes, ou Epoques. Dans la
premiere ,
il range les sept fameux Sages
de la Grece, à qui il donne environ 1200.
ans d'Antiquité
,
mais qui, selon lui,
bien loin de meriter le titre superbe de
Sages, pafferoient à peine aujourd'hui
pour des Philosophes, ou des amateurs
de la Sagesse.
Il commence sa troisiéme Epoque à ces
temps.
temps heureux, où les Souverains pri-
> rent les Sciences fous leur protection y
ce qui arriva, dit-il, du temps de Platonv
& de ses Successeurs. Alors on commen- ça à former par autorité publique des
Societez Littéraires fous le nom d'Académies
, ainsi appellées d'un Citoyen
d'Athènes,nommé Ecademus, ou Academus
, - qui pour cet effet donna (a maisonsîtuée
dans un Faubourg d'Athènes,
où enseignerent Platon & s Successeurs
, fous le nom d'Académiciens.-
L'Auteur passe de-là au 7e siécle
,
où fut
établie en 630. l'Académie, où l'Université
de Cambridge par Sigebert, en
avouant cependant que d'autres mettent
cette fondation dans le XIII. siécle. Le
VIII. siécle vit naître celle de Paris par
Charlemagne en 791. le 9ecelle d'Oxford
par Alfred en 872. ou 895. celle
de Toulouse & celle de Pavie,aussi par
Charlemagne.
On passe de là à la 4eEpoque,qui:
comprend le 16e 6c le 17.siécles, dans
lesquels on vit paroître des Génies qui
s'éleverent au-dessus des préjugez de l'a
coutume & de l'autorité
,
& franchirent.
dit l'Auteur,les barrieres de l'Antiquité.
L'Italie produisit Galilée
3
qui donna une
nouvelle forme à la Physique
,
&c. l'Allcmagne,
Kepler, appelle ici le Réformateur
mateur de l'Astronomie
,
& le Pere de la
Philosophie. L'Angleterre Newton,& la
France Descartes, Génie universel qui auroit
fait tout nouveau s'il eut vécuplus
longtems. C'est lui qui a banni des Ecoles
des termes qui n'avoient nul sens, & qu'on
débitoit comme des raisons
,
à quoi il ai
substitué une meilleure méthode de raisonnement
bien plus certaine & plus fé..
conde en Découvertes. 1
Notre Auteur entre ensuite dans la
cin-j
quiéme Période des Sciences, destinée ]
aux établissemens Académiques, dont il
fait l'histoire en abrégé.Nous ne le suivrons
point dans ce détail historique
, j
tant à cause de sa longueur, que parce j
que nous avons déjadonné une bonne
partie de ce détail dans l'un * de nos,
Journaux, & que nous en donnerons la
suite ; nous n'omettrons pas cependant:
la définition qu'il donne des Académies
des Sciences. C'est, dit-il, un College j
ou un Corps, une Société d'horr.1'nes distin- j
guez. par leurfpavoir & par leur génie,
dont chacun a sa tâche particuliere, mais
quipourtantagirent de concert & avec
une délibérationcommune, pour travailler
sérieusement & en même-lems, sans interruption,
à l'avancement des ScÙnctS,
*Mercure dt D"tsembrt 1714. volumen«r r leur
propagation, & à les appliquer tonà
leurs usages
>
& quisesuccedent les
auxautres,ouquiseremplacent
quand
vient à en manquer quelqu'un. L'Aueur
, en expliquant chaque Membre de
ettedéfinition) se sert d'une heureuse
sensée de M. de Fontenelle,qui vient
parfaitement à son Sujet, & à cette ocpasion
il fait en deux mots l'éloge de ce
çavant Académicien, qui a rassemblé
9 lit-il, dans son grand génie tous les
lifferens caracteres des Sciences. Il eti
philosophe, Mathématicien, Astronone
,
Historien, Poëte, & tout cela dans
in degréexquis.
0 Après cette explication,l'Auteur du
Discours passe aux Sciences qui font l'objet
des Académies. Il en exclut les Ma.
~ieres de Theologie & de Religion,parce
,
dit-il, qu'elles ne sont pas du ressort
de l'esprit humain, & qu'il faut les puiser
dans d'autres sources. Nous ne fini
rions point si nous entrions dans les discutions
qu'il fait à l'égard des autres
Sciences. On y trouve des Réflexions &
des Maximes qui paroissent solides. Dans
la Physique, dit-il, il faut interroger la
Nature, & écouter ses réponses
,
sans.
aucune présomption de foi-même
, comme
font quelques Physiciens impatiens qui , au lieu d'examiner la Nature pied à
pied
>
pied, nous construisent un monde à le
fantaisie
, en cela semblables à ceux q
aimeroient mieux expliquer une Leu
en chiffres par leurs conjectures
, qt
se servir de la clef & du secours de l'Ar
parce que cela donneroit plus de peine
Il fait consister en deux choses le ianga
ge de la Nature. Ou elleparle , dit-il |
ou il fautl'interroger, ce que l'Auteuj
explique fort au long. Cette premier
partie de son Discours finit par l'éloge du
Czar & de la Czarine.
La seconde partie roule, comme nous
J'avons dit au commencement ,
sur la
Science Magnetique, par rapport surtout
à la
connoissance
des Longitudes dans 1
,
Navigation, &c. On en trouvera un
précis dans laBibliotheque Germanique,
mais nous n'en rapporterons rien ici
s tant pour ne point trop allonger notre
Extrait que parce que cette curieuse matiere
(e trouve déjatraitée dans plusieurs
Livres, singulierement dans l'Histoire d*-
l'AcadémieRoyale des Sciences qu'on val
réimprimer,& dans les Transactions Philosophiquesde
la SocietéRoyale de Lon-
Elres, dont on nous promet inceifam..
ment une TraductionFrançoise. 9
BIBLIOTHEQUE GrecquedeM.Fabricius,
TomeXIII. in4. à Hambourg,
chez
ez Felginer 1726. de 860. pages.
"eLl: la fin d'un grand & sçavant Ouage,
qui fera cependant suivi d'un
atorziéme Volume, lequel ne conviendra
que les Tables necessaires, des
supplemens & une Differration sur les
ouvrages supposez
, ou dont les Auteurs
douteux.
On acheve dans ce treiziéme Tome ce
li concerne les Medecins Grecs, Anens
& Modernes, & ce n'est pas ce
l'on y trouve de moins curieux. On
frIe aussï par occasion de, quelques Ara-
:5 illustres,presque tous Medecins
3
tiz
du petit Livre de Jean Leon Jlffricain,
quel M. Fabricius a joint de courtes
Iores. L'Ouvrage de Sextus Placitus sur
s Remedes que les Animaux fournssent
la Medecine
,
de Medecina ex Ani-
~[liibus,sn'eset pasioulbli.é da-ns ce'Re Le dernier Chapitre du Volume dont
~DUS parlons,indique les Recüeils d'Auurs
Grecs, publiez en divers tems. L'un
~s ~us plus remarquables & des moins con-
,
quoique Moderne,est une Encyopedie
Philologique, publiée en Grec à
enise en 4. vol.in-8. 1710. Jean Pa- sa, Athénien, en est l'Auteur; c'est
a choix de diverses Piéces de Poësie Se
'Ll°'lucnçc-dc meilleursAuteursde !'.An¡j
l'Antiquité, Sacrée & Profane. M. Fa
bricius donne aussi des Lietes des Au
teurs Grecs, publiez parAlde-Manuce
par les Etiennes, par Meursius, &c. Il
enfin placé dans ce Volume un Trait
de Rhetorique de Theophile Corydale
surnommé Théodose depuis qu'il eut em
brassé l'Etat Ecclesiastique. Ce Trait
avoir parû en Grec à Londres en 1625
mais on n'en avoir point de Version La
tine. Enfin M. Fabricius promet une Edi
,
tion de DionCassius.
Nous avons étéobligez d'abbreger tou
cet article qui orne fort le XIII.Tom
de la Bibliotheque Germanique, mai
qui ne sçauroit jamais dédommager le
Lecteurs sensez de tout ce qu'on trouve
d'outré & de faux dans le VI. Article ~di
même Journal. Il y a lieu d'être furpri
que les Auteurs ayent adopté une pareille
Pièce
,
après avoir promis dans leur pre
miere Préface, qu'ils feroient circons~i
pects, & ne montreroient aucun esprit
de Parti en matiere deReligion. '1
On écrit de Pologne que M. le Prince
Zaluski, Chancelier du Prince Royal Sv
Electoralde Saxe, Archidiacre de~l'loe{
ko
,
& Chanoine de l'Eglise Cathedrale r• de Warfovie
, a fait imprimer fous le titre
An"kéla Historica
, un Recüeil de divers
tversexemples
de Cbape.iu.v & dEpccs
1henis
3
& envoyez par les Papes aux Princes
Catholiques. Il y a joint les Lettres
écrites & les cerémonies observées à l'occasion
du présent de cette espece, le que Pape a fait en dernier lieu à S. A. R.
: Cramer & Perachou
,
Libraires à Gcnéve
, impriment laBibliothèque de Me.
decine de Manget, en 2. vol. in-fol.
-,
On marque de Zurich que M. Zimmer-
_man travaille à l'Histoire & à l'Apologie
desSçavans qui ont été injustement soupçonnez
d'Atheisme. Il commence par les
Juifseuxmêmes, & parcourt ainsitous
les siécles & toutes les Sectes jusqu'à notre
tems. Il mettra à la tête de cet Ouvrage
des Prolegomenes touchant l'Atheisme
,
son origine & la meilleure méthode
pour disputer contre les Athées,
& dans le corps de l'Ouvrage on trouvera
d'agréables disgressions sur l'Histoire
de la Theologie ôc de la Philosophie
naturelle.
M. David Holzhalb a deffendu Descartes
contre l'accusation calomnieuse d'A* theisme.
M. Jacques Hottinger
,
Professeur en Théologie,apubliédeux Dilatations
Jur le secours de Dieu, quieut été neeef.
faire à nos premiers Parens pourpsrfeverer
dans leur innocence.
-11
» On imprime à Nuremberg une Traduction
Allemande du Livre Grec du Prince
Jean Nicolas Maurocordato sur les Ucvoirs.
On apprend d'Altorf que l'Ouvrage
de M. Koc ler sur lavraieoriginedel'imprimerie,
paroîtra bien-tôt.C'est le même
qui publia en 1725.UnOuvrageGénéalogique
,in-4. sur la famille de Charlemagne.
M. Weichmannapublié à Brunswick,
un Programme dans lequel il soutient
que l'Empereur Julienn'ôta point toutes
les Ecoles aux Chrétiens,mais feulement
quelques-unes qui ne leur appartenoient
pas , & qu'il ne leur deffendit point l'usage
de toutes les Sciences,mais siplement
celui de la Poësie, de la Rhetorique
& de la Philosophie. Nota, cette
deffense
,
à admettre même la restriction
de M. Weichmann
,
tendoit visiblement
à anéantir le sçavoir parmi les Chrétiens.
s
Í
M. Jacques LéopoldConseiller
Com- j
1
i Commissaire des Mines du Roi de Pologne
,
Membre de la Societé Royale de
Berlin, & de diverses autres Societez ,
mourut à Berlin le 12. Janvier 1727. On
le regrette comme un des plus habiles
Artistes qu'il yeut en Europe pour les
Instrumens de Mathématique. Il s'étoit
sur tout rendu celébre par son grand Ouvrage
, intitulé Theatrum Machinarum
9 dont le 8e Volume est actuellement fous
presse.
On débite à Leipsic le Parfait Soldat
Allemand, par M. de Flemming, Auteur
du Parfait Chasseur; c'est un gros in-fol.
.où l'on trouve rassemblé tout ce qui se
peut dire de plus utile sur ce sujet.
On apprend aussi de Leipfic que M. le
Professeur Clodius, a dessein de donner un
grand Ouvrage sur la Theologie Mahometane
, & sur l'Histoire de la Langue
jirabe.
Confpsftus Théologie Mohtlmmedit.
1. De Scriptoribus Theologiæ Mohammeditæ,
Orientalibus & Europæis, horum
nævis ac defectibus.
2. De Religione Mohammedica ingenere
ejusque variis nominibus.
x. De Auctore illius Mohammede &
ArabumReligioneante illum.
F .+,8
4. De Mohammedifmi propagatoribus,
5. De Alcorano & Sunna utriusque hifetoria
& Capitum recensio.
6. De ejus Interpretibus & Theologia
Exegetica. -
7. De Theologia Cabbalistica &ufu Cc^.
rani Magico &: divinatorio ex PerlicQI
Falnameh.
S. De TheologiaMohammedicaThetic
five Dogmatibus veris ac salso ipsis
tributis.
9. De Theologia Polemica&variisinter
Mohammedanos Sectis.
10. De Theologia Morali ac Mystica.
\2I. De Theologia Liturgica , ubi deSa&J
çerdotibus,Templis, Ritibus
,
&cc.j
12. De harmonia Theologliæ Judaica 1
Mohammedicæ.
,
-j
IJj. De hodierno statuReligionisMo-:
hammedicaeindiversis Orienris Regionibus.
14.De optima methodo convertendi Mohammedanos.
1 5. DeEvangeiio Mohammedico contra
Tolandotn. j
Confpettus Hifiorïdt LingHA Arabica.
1. De Lingua: Arabicanominibusac va
riis Diàleâis, Litceris antiquis, receniioribus,
voçalibus, &c. k
AI2.
De ortu &. progressu usque ad tempora
Mohammedis..
3. De ejus statu post Mohammedem.
4. De Lingux Arabicæ studio in Europa.
5. De Grammaticis Arabicis.
6. De Lexicographis Arabicis.
7. De Grammaticorum & Lexicorum defectibus.
JS. De ufu hujus Linguæ, ac indole.
9. De optimis hac Lingua confcriptis Libris.
10. De versionibus nonnullorum editis,
eorumque noevis.
On écrit de Zereftque M. Van-Bashuyfn
donnera bientôt un Traité des
Ablutions des Hebreux : De omnibus lavacris
& letlonibusHebraorum, eorumque
misterio. On s'attend à trouver dans cet
Ouvrage une vaste érudition, à en juger
par celle qui est répandue dans les autres
Ecrits de l'Auteur.
Bibliothèque Germanique, &c. année
1727. Tome XIV.
Lettrb de M. des Vignoles, sur la
Chronologie Chinoise. iMEMOIRE sur la Vie & les Ouvrages
de M. Jean-André Schmidt, Abbé de
Fij MaMarienthal
J
& PremierProsesseur en
Theologie à Helmftadt.
On apprend de Genève, que le nouveau
Journal, qui aura pour titre BibliothequeItalique,
paroitra bientôt.
Mrs Ruchat, de Bochat, du Lignon &
Bourguet qui y travaillent, donneront
l'Extrait de plusieurs Livres qui ont déja
paru en Italie, &qui meritent d'être connus
endeçà des Monts.
Il paroîtàLeipsicune quatrième Edition
de la Charlatanerie des Sçavans, par
M. Mencke, avec les Remarques du
Traducteur François & de quelques autres.
On a imprimé dans la même Ville une
Brochure Latine de 32. pagesin-4,sur
la Ville de Tomes, lieu de l'exil d'Ovide.
Cette Pièce a été envoyée manuscrire
de Varsovie; elle est dédiée au Comte
de Rabutin
, mort depuis peu à Petersbourg
, au grand regret des gens de Lettres.
On soupçonne que l'Auteur est un.
Medecin Grec, nommé Michel Schendo,
ou Schendus, qui s'est retiréil y a quelque-
rems à Petersbourg, après avoir été
à la Cour du Vaivode de Valaquie. Quel..
que soit l'Auteur de cette Pièce, elle est
pleine d'érudition. On y releve bien des
- fautes
fautes des Modernes, & on y soutient
que l'ancienne Tomes est le lieu qu'on
appelle aujourd'hui Kilia Nova
,
située
en Bessarabie, vers l'embouchure la plus
Septentrionale du Danube.
Le Docteur Bruckmann a publié à
Brunswick une Histoire naturelle de l'Afbeste,
ou papier incombustible, & ce
qu'il y a de remarquable,il a fait imprimer
quatre Exemplaires de son Ouvrage
,
sur
du papier de cetteespece, qu'il a rapporté
d'Hongrie. Ges quatre Exemplaires
sont dans la Bibliothèque de Wolfembuel.
Cet Auteur a dessein de faire imprimer
une Description de son Cabinet,
qui contient beaucoup de curiositez naurelles,
& une Relation de Ces Voyages
în Allemagne & en Hongrie.
On débite dans la même Ville chez
Schroeder, une Brochure sur les Solemlitez.
de la nouvelle année chez les Ro- --
nains. L'Auteur est un jeune homme de
Helmstadt, qui s'appelle M. Jean Gerrard
Wagner.
LES AMUSEMENS de l'Amitié, renlus
utiles & interessans. Recueil de Letres
écrites de la Cour vers la fin du Regne
le Louis XIV. A Paris, chez Langlois,
uë S. Etienne d'Egrès, Ganàoïtin
,J le Conty
t
& Henry, rue S. Jacques, vol.
in
12. de 416. pages. Prix trente
fols
broché , & 40. fols relié. j
Quelque foin qu'ait eu l'Auteur de
cet Ouvrage de cacher son nom, sa maniere
d'écrire, son style, ses maximes,
ont trahi sa modestie: c'est-à-dire
,
qu'il
n'a pas pu faire qu'on n'ait reconnu
M. l'Abbé de Varenne, Auteur d'un Livre
intitulé
,
les Hommes, dont le débit:
a été si grand, qu'en peu de temps il y
, en a eu trois Editions, & la troisiéme a
suivi de si près la seconde
,
qu'il n'y a e
que trois mois d'intervalle entre l'une &J
l'autre. On a lieu d'esperer que le succès
de celle cy ne fera pas moindre, & cette
esperance est d'autant mieux fondée, que
iqluoiqu'il ait un Titre différent dupremier,
en est la suite ; & les Lecteurs en peuvent
tirer les mêmes avantages. Il con.
tient des Régles fLîrcs pour Ce conduire
dans tous les états de la vie. L'agréable
& l'utile s'y trouvent également. La faine
Politique y brille, la Religion y conferve
tous ses droits, les devoirs de l'amitié
y sont representez avec une vivacité
qu'on ne peut plus les perdre de vûë
après avoir lû ; en un mot, si le génie de
notre Langue pouvoir s'accorder avec le
génie de la Langue Castillane, au lieu
d'intituler ce Livre Amulemens, on pourroit
l'intituler comme un Livre Espagnol
qui
a
qui a pour Titre: Para todos, puisque
tout le monde y trouve à s'instruire.Ainsi
M. l'Abbé Couture, qui en est l'Approbateur,
a eu raison de dire que l'Auteur
tient plus qu'il n'a ptomis. Iln'a annoncé
que des Amusemens, & je trouve dans
ses Lettres plusieurs belles leçons & plu-
-
sieurs grands exemples de vertu & de Religion
, le tout assasonné d'une politessefine
,
d'un langage pur & d'une liberté
honnête.
t HISTOTREGENEALOGIGUE dela
Maison de France, &c Par le P. Anselme,
Augustin Déchaussé, continuée par
M. du Fourni, Troisiéme Edition
,
revûë,
corrigée & augmentée par les soins du
feu Pere Ange & du Pere Simplicien,
AugustinsDéchaussez. Tome 111. & IV.
A Paris, 17 ?9 in fol.
t
TRAITE DE LA CHARITÉ envers
le Prochain & de ses vrais caracteres ;
tiré des Livres saints, dans lesquels on
expose par les propres paroles de l'Ecriture
Sainte, nos devoirs généraux & particuliers
à l'égard du Prochain. Dédié à
la Reine; par M. Claude le Pelletier,
Prêtre, Chanoine de l'Eglise de Reims.
.,A Paris, rue Saint Jacques, '"Jis-à-vil
S. Yves. Le prix efi. de 50. fols.
1 Fiiij THEOTHEOLOGIE
ASTRONOMIQUE,
Démonstration de l'existence & des attributs
de Dieu, par l'examen & la Description
des Cieux, enrichi de Figures.
Par GuillaumeDerham
,
Chanoine de
Windsor, &c. Traduite de l'Anglois sur
la cinquième Edition. A Paris ,
chez
Chanbert,Quay des Augustins, 1729.
in8. Ce Traitéest une suite de la Théologie-
Physique du même Auteur, dont
la Traduction parut en 1726.
AEGElde l'Histoire ancienne de
la Ville d'Orange. Par Jean-Frederic
Guib
,
Docteur ès Droits. Seconde Edition
,
corrigée & augmentée. A Orange,
chez Fortunat Labaye,1728. in 12.
de 45. pages.
Lorsque ce petit Ouvrage parut en
172 3. nous en rendîmes compte dans
notre Journal du mois de Janvier 1724.
Ainsi nous nous contentons de rapporter
le titre de cette nouvelle Edition.
LETTREd'unMembre du Parlement,
contenant un détail des dettes de la Grande
Bretagne, & un Essai sur les moyens
de les acquitter: Traduite de l'Anglois.
ji la Haye, chezMerville, & à Paris,
chezChaubert,1727. 8. de 136 pag.
DisDISSERTATION
de M. Fontanini,
sur le Corps de S. Augustin,découvert
î à Pavie dans l'Eglise de S. Pierre au Ciel
d'Or, in 4. de 120. pages & une Planche
, imprimée à Rome, chez, Bernardo.
Tout l'Ouvrage est en Latin.
Opere Varie Critiche, de Louis de Castelvetro,
Gentilhomme de Modêne, imprimé
pour la premiere fois, avec la Vie
de l'Auteur, par M. Muratori, sçavant
Bibliothécaire du Duc de Modêne,&c.
Ce Livre se trouve ruë S. Jacques
)
chez
Giffart.
La Relation de la Découverte du Corps
de S. Augustin,trouvé à Pavie, &c. Brochure
in 4. est imprimée & se vend à
) Paris, chez. 1-i veuve Mergè>rue S.Jac-
14eS, au Coq. C'est une lecture également
curieuse & édifiante, de la composition
t duR. P. Leger, Religieux Augustin du
[ grand Convent, & Docteur de Sorbonne.
Le Solitaire Anglois, en un seul volame
in 12.. se debice avec succès ch ez
Gameau, rue S. Jacques
3 aux Armes de
Dombes.
Briasson
,
ruë S. Jacques, à la Science.
vient d'imprimer La Fausse Suivante
,
F v ou
ou le Fourbe puni, Comedie en trois
Actes, &c. Brochurein 11. de ) 42. pag.
I
MOTETS de feu M. de la Lande, Chevalier
de l'Ordre de S. Michel, Sur-Intendant
de la Musique du Roy,&c. avec
un Discouts sur la Vie & les Oeuvres de
l'Auteur. A Paris, chez.Boivin,Marchand
,ruë S. Honoré à la Regle d'Or. On
donnera ces Motets deux à deux successivement.
Les deux premiers qui paroissent 3
se vendent 6. livres. ]| On est persuadéavecraison que le Public
fera un accueil très- favorable aux
Motets de M. de la Lande. Cet habile
Auteur a fçâ donner à la Musique Latine
cette dignité & ces graces qu'un autre
grand Maître avoit fait admirer dans la
Musique Françoise ; mais ce n'est point
assez dire, & M.de la Lande favorisé par le
sublime des paroles qu'il employoit, a
mis dans sa composition un caractere d'en- 1
tousiasme qui lui est particulier, & dont
la divine Poësie des Pseaumes étoit feule
susceptible.
On a mi-s à la tête des Motets qu'on
donne au Public
3 un Discours en forme
de Preface, où l'on a inseré un abregé de
la Vie de l'Auteur. Cet abregé fournit
plusieurs traits deLousXIV. bien glorieux
à M. de la Lande;la fortune l'a favorisé
•Torife à ce point, que son Eloge se puise
dans les paroles mêmes de ce grand Roy.
Ce Discours est bien écrit, & l'AateLir à le rendre interessant ; il y a lieu, de
croire qu'on en recherchera la lecture
dansle Livre même.Ilest de M.Tanevot,
-lÙJn.t.on a vu dans nosjournaux differettes
Pieces d£ Poësieque le Public a
trèsbien
reûës.
Ontrouve àla fin une Lettre de M. de
l
uBlâmont, Sur-Intendant de la Musique Roy. Il nous y peint les vrais talens.
de M. de la Lande , &il parle de son Arc
-en Mâïtre; elle est écriredemaniéréàlui
faire un double honneur au Parnasse.
Michel-Richard de la Lande nâquit le
15Decembre 1657.Son pere & samere
dont il était le quinzième enfant, le placerent
Enfant de Choeur à S Germain l'Auxerrois
,
leur Paroisse. Il avoir la voix
très-belle, &en venoit l'entendre avec
empressement. Il aimoit dès-lors excessi-
• vemenr l'étude, & y passoit les nuirs , employant ses petiris profits à avoir de -quoi s'éclairer. Il apprit la Musique & a joüer de toute sorte d'Instrumens, dontil
sailfloic tout d'un coup l'intelligence.Il
perdit sa voix à l'âge de puberté, comme
cela arrive souvent. M. Chapern, fern
-
Maître,sur fort fâché de le per dre. Ltln(..
> trument auquel il s'attacha le plus futle
- r-
F vj VioViolon
; il s'y adonnoit tout entier ; nuis s'étant présenté à M. de Lully pour
joüer à l'Opera, & cette démarche n'ayant
pas réüssiJ il en fut si picqué, que de retour
chez lui, il brifa l'Instrument & renonça
pour toûjours au Violon.
Il s'attacha avec beaucoup de succès à
l'Orgue & au Clavecin & il y fit tant de
progrès en peu de temps, qu'il fut desité
dans plusieurs Paroisses, & qu'il se vit
Organiste tout à la fois, des Eglises de
S. Gervais, de S. Jean,des Jesuites & du
Petit S. Antoine. Nous renvoyons au
Discours même pour les autres détails
qui regardent la Vie de ce celebre Musicien,
mort le 18. Juin 1726. âgé de
67.ans& demi.
Le grand mérite de M. de la Lande, dit
M. de Blamont dans la Lettre dont on a
déja parlé, consistoit dans un merveilleux
tour de Chant, un précieux choix
d'harmonie, une noble expression, fai.:
fant toujours valoir les paroles qu'il avoir
àtraiter,en rendant le sens veritable, le
majestueux& le saint EntousiasmeduProphete.
Plus amateur du sublime & des
grandes idées, que d'un travail servile &
pénible, qui fatigue plus souvent l'esprit
de l'Auditeur, qu'il ne le satisfait, & qui
lui biffe presque tout desirer. Ici sçavant
& profond, là simple & naturel, il sa.i
soit
foit toute son étude & mettoit toute Ton
application à toucher l'ame par la richesse
de l'expression & des vives peintures, &
à délasserl'esprit par les agrémens de la
variété, non- seulement dans le merveilleux
contraste de ses morceaux, mais
dans le morceau même qu'il traitoit; ce
qu'il est aisé de voir par les disparates ingenieuses
dont il ornoit ses Ouvrages &
par les traits de chants gracieux, aimables
, qui servoient, pour ainsi dire
,
d'Epifodes
à ses Choeurs les plus travaillez.
THESE de Théologie, dédiée à la Reim',
Le 22. Janvier dernier, CômePierre
Savary de Breves,Soudiacre du Diocèse de
Paris &Bachelier de la Maison de Navarre,
soutint une These de Théologie,nommée
Mineure ordinaire, dédiée à la Reine. Cet
Acte se fit dans la grande Salle du College,
extraordinairement ornée, surtout par une
belle Tenture des Gobelins qui representoit
desSujets de l'Ecriture. On avoit élevé
un Trône au lieu le plus apparent, accompagné
d'une Estrade & couvert d'un
Dais magnifique, fous lequel étoit placé
un grand Portrait de Sa Majesté.Cemême
Portrait étoit gravé en taille-douce
par une habile main au haut de la These,
dont les Caracteres étoient aussi gravez.
M. N. de Saulx de Tavanes, Evêque
&
ëc Comte de Châlons
,
Pair de France
*
j
Premier Aumônier dela Reine, Docteue
de Sorbonne ,-préficîa à l'Acte: faChair^
étoit couverte de riches Tapis & d>u
Dais. Il s'y trouva plusieurs Prélats- <3c
quantité de personnes de distinction dfe
la Cour & de la Ville.
- L'Abbéde Brèves, Soutenant, y fit paroître
beaucoup d'esprit & de capacitif
sur routes les matieres qui furent agitées
dans la dispute. Il descend en droire ligne
de François Savary, Comtede Bréves,
Chevalier desOrdres duRoy,Ambassadeur
de France à la Porte, puisà Rome,ibus
les Rois Henry le Grand 8c Louis XIII..
qui le fit Gouverneur de la personne de
Gaston de France, Duc d'Orleans, son
frere
,
puis premier Gentilhomme de 13
Chambre, & Maître de la Garde- Robbe
dece Prince. il fut aussi premier Eciiy-ec
dela Reine Marie deMedicis & Conseiller
d'Etat d'épée. Il avoir succedé dans rAmbauade de
Constantinople à J acques Savary, Mar- 1
quis de Loncofme son oncle. La sienne j
dura vingt-deux ans entiers, & fut distinguée
par les grande, affaires qu'il négo- >
cia fort heureusement. Il conclud en 1604.
unTraité avantageux à la Nation
, entre
le Roy son Maître ôc le Sultan Achmet
I. Empereur des Turcs,lequel sur
imprimé
imprimé à Paris en François
, & en Turc
en l'année 1615.
On a aussiimprimé à Paris en un volume
in 4. les Voyages du Comte de Brèves
dans le Levant. C'est un Ouvrage
dans lequel on trouve à s'instruire avec
exactitude
,
de plusieurs choses curieuses
ignoréesounégligées par d'autres Vuya
geurs.
NOUVEAU TltAITE" D'ARCHITECTURE
,contenant les cinq Ordres , suivant les quatre Auteurs les plus approuvez
: Vignole) Palladio, Philibert
de Lorme,& Scamozzi
,
sur les principes
desquels sont composez differens SUJers,
sur chacun de leurs Ordres. Enrichi de-
120.Planches. Par le sieur P. Nativelle..
A Paris, ruéS, Jacques
j
chez Grégoire
Dupuis, 1729. 2. vol. grand in folio.
Ce Livre paroîtdepuis la fin de l'année
derniere. & son débit prouve le casque
le Public en fait. Il n'a pas été trompé
dans son attente ; papier, impression,
gravure , tout répond à la beauté & ail
mérite de l'Ouvrage, le plus grand, le
plus utile, le plus riche, & le plus méthodique
qui ait encore paru sur cette
matiere.
ALMANACH des Dames sçavantes
Françoises»
Françoises, pour l'année1729. contenant
un ordre alphabétique des Dames qui se
sont renduës recommandables par leur
sçavoir, depuis le commencement de la
Monarchie jusqu'à present, avec un abregé
de leurs Vies & le Catalogue de leurs
• Ouvrages. AParis, Quay des Auglsftinr.
chezVatel.
ALMANACH TERRESTRE,
contenant
des PrédictionsCriti-Comiques, Satiriques
& réjoüissantes, qui s'accompliront
pendant l'année 172. 9. A Paris,
,0itiy deGesures
,
chez P. Prault.
LA CHANCE DU SEPT & les Oracles
du Quinze, Etrennes amusantes pour
l'année 1729. Chez.. le même.
CONNOISSANCE DES TEMPS pour
l'année 1729. au Meridien de Paris,publié
par ordre de l'Académie Royale des
Sciences
, & calculé par M. Lieutaud
,
de
la même Académie, in12. De l'Imprimerie
Royale.
NOUVEAU CALENDRIERHISTORIQUE
pour l'année1729. contenant
une Chronologie des Anciens, un état
de la Terre &des sept Planettes,l'oririgine
de Paris, des Evenemens remarquables
quables arrivez chaque jour, un Traité
de la Sphere, les Poids & Mesures ; les
Archevêchez, les Naissances, les Créations
des Parlemens & autres Juridictions
; les Bibliothèques
,
les Académies ,
l'institution des Chevaliers, les Vacations
du Parlement & de la Cour des Aides ,
&c. enrichi de Figures.A Paris
>
rué
S.Severin, chez Alex. Mesnier.
LETTREDE M. ***
L E fragment de cette Lettre que je vous
'envoyé,m*étanttombé entre les mains,
il m'a parû extrêmement propre a faire
sentir tout le merite de la Brochure que
M. REMOND DE S.MARDJ vient de
publierfous le titred'ExAMEN PHILOSOPHIQUE
DE LA POESIE EN GENERAL.
La maniere de s'exprimer aisés
& naturelle qui fait le caraaer.de l'Auteur,
pourroit faireillusîon à la plupart
des LeEleurs, &les empêcher d'apercevoir
toute l'étendue & toute la sublimitèdeses
idées &deses vnés. C'est leurrendre fervice
que de leur fdireconnaître le prix du
pr¡ftnt qu'on leur a fait.
» Cette Brochure a deux parties égale-
» ment interessantes par la nouveauté des
»idées & l'agréable simplicite du stile ,
» lapremiere à laquelle l'A uteur se con-
»tente de donner le titre modeste d'A-
» yettiffèr
»vertissement,contient d'aberd les racfl
"'tifS qui l'ont déterminé à précipiterl'im-
J> pression de ce petit Ouvrage, qui n'étoit
pas fait pour voir le jour dans l'é-
1) tat où il est & ne l'auroit peut-être ja
» mais vü ,
si l'Auteur n'eût pas été
moins
» touché de ses propres interêts que d~
»ceux: de la Poëlle.: Plein pour elle d'un
» tendresse la plus desinteressée qui fût ja-
-
» mais, M. Remond n'a pû, sans frémir,
»envisager les affronts qu'elle alloir ef-
» suyer de la part de ses propres enfans
1) ses entrailles Métaphisiques se
foacj
«émues, & en attendant qu'il pût par foah
si grand Ouvrage, la faire triompher plei- :
» nement des ingrats qu'elle alloir faire, j
,)}il a bien voulu lui prêter dans ces
» échantillon de quoi soutenir le combat.
» Une cause si juste embrassée par dts
»vû(is si pures auroit fait prendre à tout
» autre qu'à M. Remond le ton de Legislantsury
& il ne tenoit qu'à lui d'étonner,
)) d'entraîner, de subjuguer ses Lcéfeurri
assujettis par la force deses raisons;
» cependant il rient une conduite bien op-
3) posée,pour ne pas même les effaroucher;
» il s'engage à ne raisonner jamais & tient 1
»e':(aél:ement sa parole;il demande la per- ,
» mission de donnersesidées
,
c'e (l- à dire,
d'avancerdesfaits, mais des faits d'une
»>natu>re siimsinguliaereg, deisnfaitsesizbie,n
)')jmaginez
, que la vanité la plus déter-
« minée à ne les pas admettre, doit se
»trouver infinimentflattée,qu'on la force
» d'en convenir;car enfin ces faits ne sont
»autre chose que les impressîons reçuës,
» necessairement chez ceux à qui la Nature
» n'a pas refuséparune exception malheu-
« reuse le talent de sentir ; or le moyen
« que lavanité niede pareils faits. De là
»on paffe à la solution d'une difficulté qui
« se presente naturellement à l'esprit de
«ceux qui n'ont pas ce sentiment exquis
» qui fait le caractere diftinétifde l'Au-.
»teur,& c'est assurément le grand nombre.
» La Brochure en question n'a que 69.
« pages, l'Approbation même (quin'est
« pas courte) comprise, cependant de-
« quoi ne parle-t'on pas dans cette Brochu-
»re ? on y examine la nature de la Poësie
, on y étale la pompe des figures,l'é-
« clat des images y brille de toutes parts ,.
»on y fait valoir les avantages de la Fable
» & le talent qu'elle a d'aprêta à l'ima-
»gination les mets les plus délicieux par
» l'air de gayeté, d'enjouement & de vie
» qu'elle sçait donner aux objets les plus
« tristes ; on y révele le mystere inconnu
»» jusqu'ici,du doubleraport qu'ont les ima-
» ges avec le coeur & l'esprit qu'elles atltfl-
»qufnt to141àUfais;on nous y découvre l'o-
»figinedel'harmonie & la source de nos,
plai»
plaisirs;on détermine en généralla conte-
»nanceqne doiventtenir les differens gen-
'> res de sty le,tant en Prose qu'en Poësie,&
» en consequence de l'analogie sourde des
rapports secretsdes convenances délicates,
» qui se trouvent entre la Poêsie & le style
» Epistolaire ; on y peint, trait pour trait,
»l'attitude qui lui convient; de-là par une
» fuite naturelle on va aux Oraisons Fu-
"nebres
,
des Oraisons Funebres à la
»Métaphisique,de la Métaphisique on
"revient à laTragedie, de la Tragedieà
» la Comedie, du PereMalebrancheau
grand Corneille; on donne Séparément
* le Portrait de ces Grands Hommes, puis
» tout à coup la Rime qui les distinguoit
d'abord, neles déguiseplus,on les con-
» son d,on les substitue l'un à l'autre. Cor-
»neille devient Méraphisicien, le Pere
J1 Malebranche chauffe le Cothurne, Se
J)tous les deux vont enfin se confondre
»Lk se perdre dans la qualité de grand
» génie qui leur est commune, pendant que
« laPoësie, la Prose & laPhilosophie vont
» de leur côté s'abîmer, & s'engloutir
» dans le bel accord, dans l'heureux me-
* lange des qualitez qui donnent à l'une
»& à l'autre cette sagesse & ce beau feu
n qui nous enchante.Encore une fois cornn
ment cela peut-il tenir dans le court es-
»pace de69.pages d'un très-gros carac-
» tere
»tere ? Ecoutons l'Auteur qui nous l'ap-
» prend.
» Qu'il y a de deux fortes d'idées, les
» unes sont communes & aisées à saisir
9
» les autres sont délicates & difficiles à
» appercevoir ; quand on met ce qu'on a
n à dire en idées communes,alors iln'est
» pas deffendti d'étaler, quand on a le ta-
» lent de le bienfaire, c'estmême quel-
» quefois une ajJeZ bonne chosè, & le
» risque qu'on court de n'être pas enten-
5) du, donne une espece de droit à l'état)
lage & à la diffusion
*, mais quand un
j) Auteur a pris son parti, qu'il s'est dé-
»terminé à ne donner que du fin
,
du dé-
3; licat ; en un mot, de ces idées qui ne
J) sontpas faites pour être apperçûcs avec
» facilité,il doitse mettre bien dans la tête
» qu'il ne peut être trop concis, trop
» court, trop abstrait même,qu'il (erre"
» qu'il rapproche, qu'il fasse tout ren-
» trer l'un dans l'autre, & qu'il sçache
m
qu'il n'a que ce seul moyen d'éclairer,
M d'instruire & de plaire; sur ce princi-
» pe qui est incontestable,parcequ'il
« est prisdans la nature, & qu'on le
n trouvera là, si on l'y cherche bien.
» M. Remond pouvoir-il se laisser aller à
d faire, je ne dis pas un volume d'une
M grosseur raisonnable
,
mais à ajouter une
>}
feule ligl) un seulmot aux 69 pagç4f
- - » qu'i
»qu'il vient de donner au Public, &
3) dont je crois que ce que je viens de di-
» re suffit pour donner une idée com-
» pierre.
» Au reste, je ne sçai furquoi ie Public
» peut compter par rapport au grand Ou-
» vrage dontl'examen philosophiquen'est
» que l'échantillon. Le procède de l'Auj'
teur à l'égard de l'harmonie dont pour
» le bien de la paix il réduit tous les char-
M mes à un plaisir de pure fantaisîe
,
après
» avoir annoncé les preuves du contraire ,
» me faitcraindre qu'il ne sacrifie aux
» douceurs d'une réconciliation parfaite
î> la petite honte de revenir pleinement
3) aux sentimens de ceux qu'il s'étoit enw
gagé de combattre.
Jean-Baptiste Albrizzi,& Sebastien Coleti,
Imprimeurs & Libraires à Venise, ont
entrepris par souscription,il ya plus de six
mois, une nouvelle Edition par SOtlfcrip.
tion desConciles duP.Labbe,dans laquelle
on doit inferer plusieurs Pieces qui n'ont
point encore parû. On y ajoutera nonseulement
le Tome que M. Baluze a publié
pour servir de Supplément à ce Recueil,
mais encore tout ce qui se trouvera
de plus dans l'Edition des Conciles
du Pere Hardouin., du Pere Mabillon,du
Cardinal ¡.,gtarre, de Daluzc) de Dom
<-
7 Luc
Luc d'Acheri
,
du Pere Martenne, de
Lambecius,des PP. Pez & Bessin & autres
Ecrivains Modernes. On augmentera
les Indices à proportion des additions &
outre les In dices du P. Labbe, on ajoutera
l'Indice Géografique des Evêchez
du P. Hardouin. Il y a tout lieu de croire
que ce vasteRecueil des Conciles fera le
plus entier & le plus ample qui aie encore
paru.
On espere que cette Collection n'ira
pas audelàde 20.vol. in-fol. dont les
deux premiers, suivant la promesse des
Editeurs, doivent être sortis de dessous
presse au mois de Dccembre dernier.
Après ceux-ci on doit donner deux Tomes
de quatre mois en quatre mois, deforte
que dans trois ans & demie tout
l'Ouvrage fera achevé. Chaque Tome
fera d'environ 200. feuilles
, & on n'en
doit tirer que 500. Exemplaires, dont
moitié fera en grand papier & l'autre moitié
en petit papier. Tout l'Ouvrage en
grand papier coûtera 150. ducats de Venife,
& en petit papier il ne coutera que
125. ducats.
Extrait de diverses Lettres.
DeZurich. Le sçavant M. Scheuchzer
, outre sa Physique Sacrée, ou de
la Bible, dont l'impression avance fort,
a
a.oublie un nouvel Ouvrage;c'est ma
Dissertation Latine sur l'Air, les Eaux
& les lieux les plus remarquables de4a
5uisse.On a imprimé dans le Mercu
de France du mois de Novembre 17284
un.Extrait de Lettre écrite de ce Païs-ci
dans laquelle il t est parlé d'une Traductioa
Françoise de la plus belle des Inscriprions
Grecques d'Oxford.L'Auteur de laL
tre dit là-dessus je ne la donnerai ps
sans lacunes, comme a fait M. Bianchi
ni, &c. Les Imprimeurs du Mercun
ont mis par inadvertance,p. 2453. jem
la donnerai pas sansd'autre. Ce qu'il
bon de faire connoîtte pour rétablir ij
veritable sens.* D'Amsterdam. On imprime leClaudien
de M. Burmaan avec les Autores anti
Venatici du même. Il vient de paroître
un Eutrope & quelques autres petits Historiens
Latins. La nouvelle Edition d
Thucidide avance fort, & on vac
mencer le Dion Cassius de M. Fabrice. Li
dessein de remettre sous la presse les0
vres du grand Cujas estéchoué; il Ëm
dra se contenter de l'Edition qu'on en a
fait depuis peu à Naples. On va joindr
un quatrième Volume aux trois Tonm
de la Collection des petits Traitez fépad
rez des jurifçonfulccîclu'Qg atrodh neSt
r De Rome. On a tait depuisplusieurs
années deux Editions des Vies des Papes,
qu'on attribue au Bibliotecaire Anastase.
Le troisïéme Volume in-fol. de M. Bianchini
commence à paroître. Il doit y en
avoir quatre. M. Vignolly n'a encore donné
que le premier de deux /»-4.
Après la mort de M. l'Abbé Crefcembeni,
Custode de l'Académiedes Arcadi,
il y a eu quelques contestations au sujet
de la nomination de M.l'Abbé Lorenzini
,
qui a été choisi pour son Successeur r
on vient de terminer ce differend) & sa
nomination a subsisté.M. l'Abbé Fontanini,
Archevêque d'Ancyre, a publié
ici deux Ouvrages, l'un intitulé: deCor.
poreSancti Augustins Ticini reperto in
Consessione adis S. Petri in Coelo Aureo Disquisitio. Roma. 1728. exTypog. Ro-,
chi Bernttbo in, 4. L'autre est un Ouvrage
moins étendu. C'est une Dissertation
sur une gravure intitulée: AchatesIsiacus
,gllnularÍs Commentariolo explicatus prodit
ex Mufito Illustriss. Marchionis .Alexan,.
dri ~GngoriiCapponiiRomd. TypisRoch.
Bernabo in Vico ad muratas 1727..in-4.
M. Bianchini donnera incessamment
le plan, l'élévation & les ornemens du
Palais des Cesars : ce sont les vestiges
qui en leûçat sur.(g Monc Palatin, avec
-. G les
les grandes Salles qui ont été découverte
dans les Jardins Farnese
, avec les figu.
tes de deux ColossesBasalte, * plus grands
que l'Hercule Farnese, & transportez à
Parme, & de quantité de belles Peintures
& Bas-reliefs
, qui y ont aussi été deV
couverts.
* BI/IIIlte est le nom d'une pierre de la cou
leur du fer) & qui en a presque la duretiA
Pline en fait mention. L. zé. C.7. 1
-
i
DeFlorence. On a publié en cette Ville
ln 3. vol. in-4. Le Vite de Prosessori
delDissegno
,
&c. Les Vies des plus celé.
bres Dessinateurs. depuis l'an 1400
jusqu'à l'an 1550. depuis 1550.jusqu'en
I 650. & depuis 16 50. jusqu'à la mort
de l'Auteur M. Baldinuci.
On a aussi publiéaumême endroit un
troisiéme Tome,grand in-folio , de l'Architedure
de Ferdinand Ruggieri pour
les Portes & les Fenêtres, avecles Desseins
des plus habiles dans l'Art. Studio d'.Ar.
chitettura Civile di porte è sinestre.
Et en troisiéme lieu, une Traduction
Italienne du Grec d'Oppian, sur la Chasse
& la Pêche,par M. Antoine-Marie Salvini.
Oppiano délla Caccia e della Peh
fha} &ç.
On imprime à Amsterdam en 2. vok
t iffs
in-12. les Mémoires du Comte de Forbin
,
Chef d'Escadre, connu dans les
dernieres Guerres fous le nom de Chevalier
de Forbin, &c. on affure que l'Ouvrage
estinstructif& curieux.
On a appris que le Marquis de Villeneuve,
Ambassadeur de France à la Porte
, étoit arrivé à Constantinople le 5.
Décembre dernier avec le sieur Sevin , Pensionnaire de l'Académie Royale des
Belles-Lettres
,
& le sieur Fourmont
Associé de la mêmeAcadémie,qui y ont
-été envoyez par le Roi
t pour faire des
Recherches Litteraires.
DISCOURSduChevalier Haans-
Sloane au Prince de Galles, far/qu'il
le complimenta au nom de la Société
Royale,
A Societé Royale de Londres; instituée
pour les
-
Recherches de la Physique, &
pour perfectionnet" les Arts utiles a la Société
Civile, prend la liberté de venir marquer à
V. A. R. la joye & la satisfaction qu'elle ressent
de son heureuse arrivée en Angleterre
V. A. R. n'ignore pas le progrès qu'on a saie
dans la connoissance de la Nature, par le
moyen des Expériences. C'est par-là que l'Astronomie,
la Géographie & la Navigation ont
reçu de nouvelles lumire, & que l'on voie
fleurir l'Agriculture, le Jardinage, leCom-
G ij merce
merce & les Manufactures. La sagesse innnie
& la Toute-Puissance de Dieu, Auteur de la
Nature, dans la création & conservationde
l'Univers, ont surtout été expliquées & démontrées
par les foins & l'application de plusieurs
Membres qui ont été autrefois l'ornement
de cette Société,sousles auspices des
Rois
, vos Ancêtres. La réputation, le sçavoir
& les talens d'un grand nombre de Membres
qui la composent à présent, nous donnent
lieu d'esperer avec confiance, que fous la protection
du Roi &de la Reine, & fous lesheureuses
influences d'un Prince doüé de tant de
belles qualitez,elle poufferaencore plus loin ces
Recherches & cesDécouvertes
,
& parviendra
aux fins de son Institution. Dans cette vue
nous supplions très humblement V. A. R. de
nous faire l'honneur d'inscrire votre nom au
Registre de nos Chartes & de nos Statuts ,
comme une marque de la bienveillance de
V. A. R & de l'interêt qu'elle, prend à la
réussite de nos Recherches.
On mande de Londres que Coffam-
Hojab,Envoyé Extraordinaire de la Régence
de Tripoli auprès du Roi d'Angleterre
, alla sur la fin du mois dernier à
la Société Royale, où le Docteur Desaguliers
fit en sa présence plusieurs Expériences
nouvelles & curieuses de Chymie
,
dont ce Ministre parut extrêmement
content ,
il fut ensuite reçu Membre
de cette Société.
On mande aussi de Londres qu'unEcdeclesiastique
donne au Public la continuation
de l'Histoire des Juifs de M. Prideaux
, en remontant de l'Epoque oÙ celui-
ci l'a commencée,jusqu'à la création
du premier homme. Cet Ouvrage fera
en 3. vol.in-8. dont le premier paroît
déjà.
On apprend de Ratisbonne, qu'on y
voit un Decret de l'Electeur Palatin,qui
deffend à l'Université de Heidelberg, d'y soutenir aucune These en matiere de
Religion, qui n'ait été examinée & prouvée. ap-
Comme l'Histoire du Théatre Italien
de M. Riccoboni,n'a été distribuée qu'aux
Souscripteurs de Londres & de Paris, &
qu'à un petit nombre d'amis, l'Auteur
en prépare une sécondé Edition qui se
vendra publiquement. Elle fera augmentée
d'une explication des Habits & du
Caractere des Anciens Aél-eurs marqué.
du Théatre Italien, des Extraits & des
Examens d'une demi douzaine de Tragédies
Italiennes & d'autant de Comédies.
Le P. N. le Brun de l'Oratoire mourut à Paris le 6. Janvier âgé d'environ 65»
ans. Il étoit sort versé dans les matieres £cdeûaftique$ ; il a donné au Public en
G iij 4*
4. vol. in - 8. l'explication Litterale &
Historique de ce qui regarde le Sacrifice
de la Messe
, & de ses cérémonies
,
tirée
des Monumens les plus authentiques de
l'Eglise d'Orient & d'Occident.
M.le Quien de la Neuville, de l'Académie
Royale desInscriptions & Belles-Lettres de
Paris, mourut à Lisbonnele gé 20. May 1718 , de 82.. ans. Il étoit originaire du Boulonois,
& d'une ancienne & noble Famille de
cette Province) connue dans les titres fous le
nom de le Chien, ou le Quien
,
sélon la prononciation
vulgaire du Pais.Il fut Cadet dansle
Régiment des Gardes Françoises à l'âge de
iy. ans. Differentes raisons obligerent ses Parens
à lui faire changer de Professîon,- il ne
fit donc qu'une Campagne , & on le deilina$
la Robe.Sur lf pointd'être pourvu de la Charge
d'Avocat General à la Cour des Monnoyes,
on fit une banqueroute à son pere ce qui
obligea M le Quien de la Neuville à ne plus
suivre le Bureau» & à s'appliquer aux Travaux
du Cabinet. Feu M. Scarron,de qui il
doit parent, lui fit prendre du goût pour 1a
Vérification ; mais il négligea ce genre de
travail, & M. de Pelisson le porta déterminement
à s'appliquer à l'Histoire. Il seproposa
dès-lors d'écrire celle de Portugal, dont il
donna deux volumes in-4. en 1720. Cet Ouvrage
fit tant d'honneur à M. le Quien de la
Neuvillequ'ilfut reçuà l'AcadémieRoyale
des Inscriptions &Belles-Lettres. Il s'appliqua
ensuite à l'Histoire de l'Etablissement des
Postes chez les Ancicns & les Modernes, qui
est: un Ouvrage très curieux, & qu'il dédia
à
S M. le Marquis de Torcy, Ministre & Secrétaire
d'Etat. M. l'Abbé de Mornay, nomme
par le Roi en 1713- à l'Ambassade de Portugal
,
sollicita vivement M. le Quien de la
Neuville de passer avec lui en cette Cour.
L'affaire fut presqu"aussi-tôt conclue que proposée.
Ils partirent donc ensemble.& M. l'Ambassadeur
eut la satisfaction de voir en arrivant
à Liilionne. que la réputation de M. le Qyieti
de la Neuville l'y avoit prévenu d'une façon
à l'exempter de présenter au Roi de Portugal
l'Historien de son Royaume, & l'homme du
monde pour lequel on avoit conçu en Portugal
le plus de confiderarion & d'estime. Le
Roi de Portugal donna à M. le Quien de la
Neuville l'Ordre de Christ, quiest celui que
le Roi porte; il y attacha une pension considerable.
M. le Quien de la Neufville travailloit
encore peu de tems ayant sa mort à l'entiere
perfection du troisiéme volume de l'Histoire
generale de Portugal,lequel a été renvoyé
de Lisbonne à ses fils, dont l'aîné est
Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis, &
Major du Regiment Dauphin Etranger Cavalerie.
C'est un Officier de distinction & d'une
valeur éprouvée. Le cadet est Directeut General
des Portes à Bordeaux,& tres-eitimé.
Le 6. de ce mois, le P. Porée Jesuite, Professèur
de Rhétorique au Collège de Louis le
Grand, prononça un Discours Latin très- éloquent,
dans lequel il prouva que la Robepeut
Avoirses Héros, comme l'Epée a les siens.L'Assemblée
étoit composée d'un grand nombre
de Prélats & de personnes de distinction. Nous
employerons nos foins pour nous mettre en état de donner un Extrait de ce Discours.
G iiij CHAN-'
CHANSON.
VOle, Amour,Dieu vainqueurâfais
triompher tes armes,
D'une ingrate Beauté qui méprise mes larmes t
Vole, Amour, Dieu vainqueur;
Tu ne dois te venger qu'en soumettant son
coeur:
Mais si cette Beauté rebelle
Devoit pour un Rival cesser d'être cruelle;
Suspens tes coups, Amour, arrête-toi;
J'aime mieux que Phylis foit toujours inflexible
,
Que de la voir sensible
Pour un autre que moi.
A V T R E.
BAcchus,
dont j'aime la Liqueur,
Dispute avec l'Amour l'empire démon coeur,
Je sens balancer la victoire ;
Vous pouvez, belle Iris, les accorder tous
deux,
Je ferai toujours amoureux
Si vous voulez me laisser boire.
e..
STEC*
SPECTACLES.
LAcadémie Royale de Musique continuë
les representationsd'Alceste, le
Jeudi, le Vendredy & le Dimanche, ÔC
le Mardy le Ballet de la Princesse d'Elide.
Le Jeudi 17. de ce mois, à la fin de
l'Opéra,la Dlle Salle& le sieur de Laval,
tous deux en habit deVille&sans masque
danserent ensemble les Caractères de la.
Danse, qui firent un extrêmeplaisir à une
trés-nombreuse assemblée.
Le Dimanche 6. de ce mois, les Come
diens François remirent au Théatre la.
Comedie de la Mere Coquette ou les
Amans Broüillez, de Quinault
, une des
meilleures Pieces qui soient au Théatre,
sans contredit; elle est extrêmement suivie,
aussiest-elleparfaitement representée
par les Dlles Dangeville, le Couvreur
& Quinault
,
qui jouent les Rôles de
la Mere, de la Fille & de la Suivante.
Les sieurs Duchemin, Quinault & la
Thorilliere,remplissent les Rôles du Pere
du Fils & du Valet,& le sieur Poisson y
joüe le Rôle du Marquis.
Le sieur Baron, qui a été quelque temps
G v in
incommodé,& qui, comme qn sçait, e
dans un âge fort avancé, reparut le 20.
de ce mois dans le Rôle de Burrhus,dans
la Tragedie de Britannicus,qu'il joüa dans
la plus grande perfection.
Le 3. Fevrier, l'Opera Comique fie
l'ouverture de son Théâtre, au Jeu de
Paulme de l'Etoile, au voisinage de la
Foire S. Germain,& representa la Tante
Rivale, Piece nouvelle en Vaudevilles,
avec des agrémens, laquelle n'ayant pas
été goûtée du public, on joüa le 9. Achmet
& Almansine, qu'on avoit representé à la
derniere Foire de S. Laurent avec beaucoup
de fucccs. Le 1 6. on joiia une autre
Piece qui a pour titre
,
les Pelerins de
la Mecque,laquelle avoit été represenfée
à la Foire de S. Laurent en 172 6.
par la Troupe de Francisque; la Duchesse
de Bourbon 8c Mademoiselle de Sens ho
norerent cette Piece de leurs presences.
Le 31. Janvier, les Comediens Italiens
donnerent la premiere representation d'une
Comedie nouvelle en Prose en trois
Aêtes, intitulée la Mere Rivale, laquelle
n'a été joiiée que cette feule fois.
Le 5.de ce mois, le sieurAngeloConstantini,
natif de Veronne, connu cy-devant
fous le nom de Mezetin, Comedien
de
cle l'ancienne Troupe de l'Hôtel de Bourgogne
,joüa sur le même Théatre & débuta
par les Rôles qu'il avoit joüe autrefois
dans la Comedie intitulée, la Foire
S.Germain, de l'ancien Théâtre Italien,
representée dans sa nouveauté en 1695.
Cette Piece fut precedée d'un Prologue
du sieur Lelio le fils, dont voici le sujet.
Momus & Arlequin paroissent d'abord.
Momus se plaint de voir si long -temps
ses Jeux desertez. Il en demande la cause
à Arlequin, qui l'impure à l'amour extrêmeque
les François ont pour la nouveauté.
Momus lui promet de remedier à
cet inconvénient par une nouveauté qui
doit l'emporter sur toutes les autres.A son
ordre un Vieillard venerable s'avance, il
fait entendre que c'est leMezetin de l'ancien
Théâtre Italien; à un nouvel ordre
du Dieu qui l'introduit,& qui le prend
fous sa protection
,
il dépouille sa robbe
de vieillard, & paroît fous l'habit de Mezetin.
Momus récite une Fable au sujet
de sa vieillesse. Ille compare à un arbre
qui dans son Printemps, attiroit les Bergers
& les Bergeres fous son verdoyant
feüillage
,
qui deffendoit les passants contre
l'ardeur du Soleil dans l'été,& qui
dans son Automne conservoit encore des
agrémens qui le faisoientaimer; mais
agrémens qu'ilperdoit absolument dans
G vj son
son hyver, ce qui obligeoit rous ceux qui
l'avoient autrefois chéri, à l'abandonner.
Cette Fable ne paroit pas d'abord favocable
à un Acteur âgé de soixante- quinze,
ans; mais Momus le console par un coup
de marotte qui répand sur ion cher Eleve
une agréable folie qui doit tenir lieu de
jeunesse; après cette operation Momus
se retire; Arlequin badine agréablement
avec Mezetin
, & va. préparer la Piece à
laquelle il invite Mezetin. Ce dernier (aconte
un songe qu'il a fait, dans lequel
il s'est crû transporté d'Italie en France,
& même au Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne
,dont le souvenir lui a toujours été
précieux. Il ajoûte qu'il a vu sortir une
Guitharre d'un trou, qu'il l'a prise & en -,
a joué pour capter la bienveillance d'un
Parterre qu'il a toûjours regardé comme
son pere nourricier; que pour comble de
bonheur ce Parterre, loin d'avoir oublié
le plaisir qu'il lui a fait autrefois, l'a excité
par ses applaudissemens à meriter de.
lui plaire encore. Tout ce qu'il a vu dans
son songe s'execute réellement, on )ui
presente une Guitharre sur laquelle il
chante } le Public applaudit; Mezetin lui
fait une profonde reverence se retire
pour aller commencer la Piece.Voici le
Couplet qu'il chante sur l'Air: Po-UJ.-
qui vous, mocytfç&i&Ç». en s'adressant au
Parterre - Mezetin,
Mezetin par d'heureux talens
1.
Voudroitvous faussaire,
Quoiqu'il foit depuis très-long-temps
D.
Plus que sexagenaire;
Il rajeunira de trente ans ,
S'il peut encor vous plaire.
Il y eut un concours si extraordinaire
que nonobstant le prix de toutes les places
au double ce jour-là, la Salle ne put
pas contenir à beaucoup près toutes les
personnes qui se presenterent. Cet Acteur
fut reçu favorablement du Public »
ainsi que dans les autres Pieces où il ar
joüé depuis.
Le 7. on donna une. secondé repr.eCen";.
tation de la même Piece & du Prologue f.
rAMernblee fut aussi très-nombreuse& honorée
de la presence delaDuchesse deBourbon,
accompagnée de plusieurs Seigneurs
& Dames de sa Cour.
Le 8. les mêmes Comediens joüerent
une Piece Italienne, intitulée,Cernant
Etourdi
s
reprefenrée dans sa nouveauté
en Septembre1717.Mezetin y joua le
Rôled'Intrigant en François.LaDuchesse
du Maine honora cette Piece. de sa
presence, pour voir le nouvel Adeur, a
.9..u cetie fÇtf. eut }a(pçnté de dire-
'l.UCque
son jeu lui avoit fait plaisir. Le sujet
de cette Piece est le même dont Molière
s'est servi pour faire sa Comediedel'Etourdi.
Le 12.ilsrepresenterent Arlequin Dévaliseur
de maisons ou les Fâcheux
,
Piecff
Italienne
,
jouée en May 1716. dans
laquelle Mezetin joüa aussi un Rôle d'Intrigant.
Le ij. ils donnèrent Arlequin Empereur
dans la Lune
y
Piece de l'ancien
Théatre, joüée dans sa nouveauté en 1684,
à l'Hôtel de Bourgogne, le même Adeury
joiia un Rôle de Fourbe & une Scene
nocturne avec Arlequin, qui fut fort applaudie
par une très-nombreuse Assemblée
-Le sieur Constantini, ditMezetin,avoit
étéreçu à la Troupe des Comediens Italiens
de l'Hôtel de Bourgogne en l'année
1680. Il joüa d'abord le Rôled'Arlequin
du temps de l'ancien Dominique, mort
rrès-regretté en 1688. Il joiia ensuite
celui de AIczetin, caractere de son invention
, qu'il a toûjours joüéà visage découvert
jusqu'au Inois de May 1697. que la
Troupe fut Supprimée.
Tous ces Comediens se disperserent
alors. Mezetin alla à Brunswik où il joii-æ
sonmême Rôle dansune Troupe Italiennequ'il
y Houva Le Roi de Pologne., qui
avoit
avoit entendu parler de ses talens
,
l'en
retira pour l'attacher à son service
,
& lui
fit expedier en 1699. un Brevet, par lequel
ce Prince lui donna le titre de Noble,
avec la Charge de Camerierintime,TresorierdesMenus
plaisirsdeS.M.& Garde des
Bijoux de sa Chambre, que le sieur Constantini
a exercée pendant près de 30. ansr-
Outre les differenstalens de cet Acceuc
pour sa Profession, on lui a toujours trouvé
la taille, les manieres & la tête admirable
pour le Théâtre, c'est ce qui engageà
M. deTroy, dont tout le monde
connoît l'habileté pour les Portraits, de
faire en 1 689. celui de Mezetin, en habit
de Théâtre
, que les Curieux vont encore
admirer chez lui. Ce Portrait fut
gravé en 1694. par le sieur Vermeulen,
Graveur de réputation. M. de la Fontaine,
de l'Académie Françoise, qui honoroit
Mezetinde son estime & de son amitié,
composa ces six Vers, qui furent gravez
au bas de l'Estampe.
ci deMezetin rare & nouveau Protée,
La figure est representée,
La Nature l'ayant pourvû
Des dons de la Métamorphose,
Qui ne le voit pas, n'a rien vû,.
Qui le voit à vu toute chose.
NOUNOUVELLESDUTEMPS.
TURQUIE.
ON a appris deConstantinople que leGrand- i
Seigneur avoitmisde nouveaux Impôts J
sur le Coton & les Huiles qui sortent de fcs
Etats, & de nouveaux droitsd'Entrée sur tous
les Draps de France, d'Angleterre, de Venise 1
& d'Hollande; qu'à cette occasion les Ministres
Etrangers avoient fait de fortes representations
au Grand-Vizir,& qu'on esperoit que les nou- i
veaux Droits d'Entrée feroient supprimez comme
contraires au dernier Traité de Commerce.
Les Lettres de Constantinople du mois de
Janvier, portent que la maladiecontagieuse
y étoit entierement cessée, & qu'on avoit rétabli
la communication avec les Fauxbourgs
de Pera & de GalRata. USSIEj
LE Duc de Meckelbourgaécritau Czar pour
l'engager à employer ses bons offices auprès
rie l'Empereur, pour moaerer larigueur
du Decret du Conseil Aulique qui lui ôte l'adminiflration
de ses Etats. Ce Prince a aussî
écrit à quelques Prince de l'Empire, pour les
déterminer a prendre sa déffense, ayant fçû
dqeue quelques-uns d'entre eux avoient résolu
s'opposer à l'execution de ce Decret, parce
dqeun'itls prétendent que les affaires qui regarles
Etats de
l'Empire
ne doivent être décidées
que de l'avis du consentement unanime
me des Princes qui ont, voix à la Diete de cet
Empire. -'
•
Le Prince Alexandre Nariskin
, qui a l'honneur
d'être proche parent du Czarfut arrêté
à Moscou le mois dernier, sans qu'on sçache
le fuiet de sa disgrace.
Le Comte de Sawa Wladislawitz Ragosinski
est revenu de Peckim ,
où il étoit allé en AmbaH".
ad.; ilen rapporte un Traité de Commerce
qu'il a conclu avec l'Empereurde la Chine.
On fera partir avec la Caravane qu'on envoye
dans le même Pays, deux Académiciens de
l'Académie de Petersbourg
, pour faire une
Dmeasrqcruiapbtiloende ce qu'ils trouveront de plus resur
la route,& pour dresser un Itinerairenouveau,
plus exact que les precédens.
Pologne.
1 LE Major drArgdlest qui s'est enfui avec
l'argent de son Régiment, a été ugé par le
Conseilde Guerre, & il a ete déclaré infame.
On mande de Mittau, que la Noblesse du
Duché deCurlande avoit eu de nouvelles afliirances
que le Czar lui fourniroit les secours
necessaires après la mort du Duc Ferdinand,
pour faire valoir l'Election qu'elle feroit d'un
successeur à ce Prince, & pour empêcher que
la Province ne fût incorporéeà la République
de Pologne & divisée en Palatinats.
I S v E D E. L paroit par l'état de guerre presenté aux
Senateurs, que le Roi peut mettre en Mer
au Printemps prochain 36.Vaisseaux de Guerre
& 17.Frégates, & que S. M. a actuellement sur
pied 27000. hommes d'Infanterie, 2.300. de
Cavalerie,&8000.deMilice.
-- -ex
- On apprend de Stokolm
,
quele Ministre du
Roy d'Angleterre a eu une Audience parti
culiere du Roy dans laquelle il lui a fait part
que S.M. Britannique avoitpris larésolution
d'envoyer au Printemps prochain une Escadre
de 1f à 16.Vaisseaux de Guerre dans la Mer
Baltique.
Le Roi a envoyé fOooo. écus à Copenhague,
pour contribuer au rétablissement de 1»
grande Eglise Lutherienne.
1 DANNEMARC.
LA Flote que le Roi est en état presentement
de mettre en Mer,cil de;7.Valffeatirde
Guerre, depuis 46. jusqu'à 96.Pieces de
Canon, de 19. Fregates,de 46. Galeres & de
6. grosses Prames ou Bâtimens plats, sans
compter les autres Barques armées.
On apprend deNorvege,que le froid excessif
y avoit causé des maladies extraordinaires, &
qu'il y mouroit beaucoup de monde comme
enragé.
ALLEMAGNE.
LE 15. du mois dernier on tira à Vienne la
Lotterie des Vases de Porcelaine de la nouvelleManufacture
de cetteCapitale,qui en fournità
present d'aussi beaux que celle de Dresde.
On écrit de Temeswar, que les Capucins de
Vipalanka , avoient reçû depuis un an l'abjuration
de 282. personnes, tant Calvinistes que
Lutheriens.
On assure que le Comte de Wratislaw,Ambassadeur
Extraordinaire de l'Empereur à Iii'
Cour du Czar,a conclu à Moscou un Traité
de Commerce entre les Sujets de S. M. Imp.
& lesMoscovites , que ce Traité est fort avantageux
ageux aux deux Nations, & que les Sujets
le l'Empereur auront la liberté de faire enrer
en Moscovie,sans payer aucun droit.
e vifargent dont on a besoin pour le travail
les Mines nouvellement découvertes en Sibeerie
& dans les Provinces conquises par le
tu Czar, vers les Frontieres de Perse.
L'Empereur prétend que les Commissaires
lui iront de sa part en Hongrie pour regler les
ffaires de la Milice, soient deffrayez pendant
e séjour qu'ils y feront; & comme S. M. Imp. n informée que la dureté avec laquelle les
Seigneurs & les Prélats Hongrois traitent leurs
Vassaux
,
est la principale cause de la pauvreté
les Peuples de ce Royaume, elle a donné or-
Ire à ses Commissaires de déclarer aux Nobles
qu'ilseussent à constater par des titres autheniques,
le droit qu'ils prétendent avoir de traier
leurs Vassaux en Esclaves, & de les faire
ravailier au labour de leurs terres, sans leur
donner aucun salaire.
Le ii. du mois dernier, on celebra dans le
Mnastere Royal des Religieuses de sainte Clai-
'e à Vienne, un Service solemnel pour l'Anniversaire
de la Reine de France, Epouse de
Charles IX. qui étoit fille de l'Empereur Manimilien
II. & Fondatrice de ce Monastere.
Pendant que la terre a été couverte deneige,
les Loups ont fait des desordres très-considerables
dans toute la Hongrie& dans plusieure
endroits d'Allemagne. Ils ont dévoré plusieurs
enfans & une quantité prodigieuse de bestiaux.
Le Duc Charles-Leopold de Meckelbourg w
envoyé ordre à son Ministre à la Diete de Ratisbonne,
de protester contre les Decrets du-
Conseil Aulique,quidonnent l'administration e ses Etats au Duc ChrétienLouis son frere.
On a rcîû àVienne avis deRomequelePape
- aVQis.
avoit promis aux Cardinauxd'Althan &Cie
fuegos,de faire le 19 du mois prochain, H
ceremonie de la Canonisation de S. Jean NÉ
pomucene, Chanoine de Prague, dans l'Eglise
de S. Jean de Latran.
On apprend de Vienne, que les glaces <
Danube s'étant détachées subitement le 31.
mois dernier, briferent un grand nombre <
Bateaux,& elles entraine 0 le grand
Po
qui étoitsur cettIeTRiviAere aLuprèIsEdu T.aIbor.
0N apprend de Naples, que lesRivieres
étant débordées
, tant parlafonte dei
neiges, que par les pluyes continuelles
,
le Car
dinal, Archevêque de cette Capitale, a ordon
né des Prieres publiques, & l'on a découver
le Crucifix miraculeux des grands Cumes, a
bruit de toute l'Artillerie des Forts Se des G
leres.
On apprend aussi que le Mont Etna ayan
jetté une grandequantité de flammes sur la si
du mois de Décembre, & le Mont Vesuve commençant
à pousser destourbillonsde fumée
on est dans la crainte d'un prochain tremble
ment de terre, ce qui oblige tous les babitan
des environs de se retirer avec leurs effets.
Le Comte de Harrach
,
Viceroy de Naples
areçû ordre de retirer par force des Monas
teres, les Deserteurs qui s'y font réfugiez 3
de faire executer contre les Religieux qui rel
fuseront de les rendre,les dernieres ordon4
nances que l'Empereur a fait publier à ce
sujet dans ses Pays hereditaires.
On mande de Rome, que tous les Portugais
quiy étoient, en font partis pour Lisbonne,
afinde ne pas encourir la disgrace du Roi. Le
Cardinal
firdinal Pereiraa écrit au Sacré College qu'il:
Joit été très bien reçu de S M. Port. & qu'il
t desesperoit pas de la porter à un accommo-
Ement avec le S. Siege.
PORTUGAL.
LEdeRoi, la Reine & les Princes & Princenes.
la Famille Royale
>
partirent de Lisbonne
8. du mois dernier pour rechange des Prinesses,
qui doit se faire sur la Frontière. L. M.
tnc accompagnées du Marquis de Capicclatro,
Lmbaflfadeur du Roi d'Espagne
,
des Cardiaux
d'Acunha & Pereira,&de la principale
Joblefle. 1
Le Roi tiendra plusieurs tables ouvertes pen-
[ant le voyage. Tous les Officiers de Bouhede
la Maison du Roi Se de celle de la Rei- --
,e> ont pris les devants pour faire trouver des
vres sur la route où L. M. nourrissent &dérayent
près de dix mille personnes. rte Sénat de Lisbonne a fait dire par ordre
u Roi, à tous les Consuls des Nations étran-,
teres ,
es queS. M. souhaitoit qu'ils sissent dresser.
Arcs de Triomphe pour l'Entrée folemlelle
de la Princesse du Bresil.
Le Cardinal de Motta & Silva a été chargé
taI leRoi, du foin des affaires pendant rab
ence de la Cour. -
[ Le io- Janvier, le Patriarche de Lisbonne,
luîdoit donner la Benediction Nuptiale au
Prince
duBrefil& à laPrincessesafutureEpou-
[e, partit aussi accompagné de douze Chanoinesde
l'EglisePatuarchale. - Le jour que laCour partit de Lisbonne, elle.
tlla coucher à Aldea Galega, d'où elle partit
ie
9. Janvier à cinq heures du matin. L.M.
interdirent laMcftedansl'Eglifc de N.D. d'A<
-
alai»
slaia & elles arrivèrent le foir aunouveau P.
Jais de Vendafnovas.
Le 10. elles se rendirent à huit heures di
matin à Monte-Mayori&après y avoir enten du la Metre & visité la Maison ou nâquit le
Bienheureux Jean de Dieu, le Roi continu,
sa marche, malgré le mauvais temps, jusqu'.
Evora où la Noblesse de cette Ville & deenvirons,
vint le recevoir à un quart de lieu
de la Ville, Se l'accompagna jusqu'à l'Eglise
Cathédrale.
Le u. S. M.donna audience au Chapitre
& au Sénat de cette Ville.
Le ii.ellevisïtaplusieursEglisesSe Convenu
& fit donner 5-000 Cruzades aux Chartreux
pour faire dorer le principal Autel de Ieun
Eglise.
Le même jour la Reine arriva à Evora,odi
elle n'avoit pû se rendre la veille à cause dm
froid excetifqui l'avoit empêchée de se mettre
en chemin.
Le 14. à 4. heures du matin,le Roi, ac-
Compagne du Prince du Bresil & des Infans * partit pour aller coucher à Villaviciofa
,
où III
Reine & la Princesse du Bresil n'arriverents
que le iS.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Lijbonne*,
le 28. Décembre 1718. au sujet drib
Comte de Harrach
,
Bailly & Ambaf-..
pideurde Malthe à la Cour de Portugal,. IE 14. de ce mois, M. le Bailly, Comte de
,Harrach ,
Capitaine General des Elcadresa
de la Religion de Maune , & Ambanadeur
Extraordinairre en cette Cour, s'embarqua,
sur les deuxVaisseaux qui l'attendoient pour
le;
le repasser dans la Mediterranne, & conÜI.t
sa navigation.
On a
fort
regretté ici ce jeune Seigneur qui
s'est distingué par son bel esprit & P-at fès
bonnes manières : il a brillé sur tout pat sa
magnificence& par le bon goût des Fêtes quA
a données depuis le 4. d'Octobre, jour de fou
débarquement.
- Le Roi, pour marque de satisfaction , nonseulement
lui a fait present de son Portrait enrichi
de trèsbeaux brillants & estimé vinge
mille Crufades ,mais S. M. en a fait aussi de
considerables à l'Ordre.
»
Le Comte deVillaflore, Grand Echanson,
petit-fils du fameux Comte de Villaflore
, pere
du Grand-Maître, chez qui l'Ambassadeur
étoit logé, a fait des depenses extraordinaires
en cette occasion.
: Le 11. Octobre, jour de la naissance du Roi,
fut choisi par le Comte de Harrach, pour faire
son Entrée à Lisbonne. Le Comte d'Atalaye
Palla prendre à son Bord & le conduisit à l'Audience
de S. M. Cette ceremonie fut d'autant
plus belle qu'elle se passa en partie sur la Mer.
ce qu'on ne se souvient pas d'avoir jamais vil.
Le Conege étoit grand & superbe,plus de
quatre-vingt Chevaliers de Malthe de toutes
les NationsCatholiques accompagnèrentl'Am
[dassaEdeurs, tapntaà l'gAudnienece q.u'a son retour,
LE Roi, la Reine & la Famille Royale
partirent le 7. du mois dernier de Madrid
1'°ur Hadajos, ou L M. doivent se rendre sans
faire d'autre séjour que ceux dont elles ne
pourront absolument le dispenser. Le Marquis
14eBrancas, Ambassadeur Extraordinaire du
Roi
JRO-T. Ch. L Comte de Konigsegg, Amba
sdeur Extraordinaire de l'Empereur & h
Comtesse: son Epouse
> ont pris les devans
ainsi que les autres Ambassadeurs & Ministre
Etrangers.Après l'échange de Princesses
,
1
Cour ira palier quelques jours à Sévilles, l'on prépare et des Fêtes pour L. M. qui retour,
neront ensuite à Madridile Roi ayant chang
derésolution par rapporta la visite qu'il de
toit faire de ses principales Places Maririme
L. M. continuerent leur voyage.Quoique le
chemins sussent couverts de neige,elles arri
verent le 7. avec le Prince des Asturies, la
Princesse du Bresil & les Infans qui font du
voyage, à Cafarrubios.
Le 8. à Torrijos. 1 le 9. à Talavera,où le Corps de Ville & la
Noblesse firent tirer un feud'artifice & don
nerentdiverses autres Fètes.
Le 10. à Oropefa. 1
Le 11. à Naval-Moral.; Le 11. à Zaraizejo. a
Le 13. à Villa-Mesia.1
Le 14. àMedellin. 1
Le iy.la Cour alla coucher à Arroyo de
S. Servant.
Le 16. elle dîna à Lobon & vers les y. heures
du foir elle arriva à Badajoz
,
où L. M. furent
reçues par les Magiihats" les Commandans
& les Officiers des Troupes de la Garnison
qui étoit fousles armes. <
Le 17. le Roy ayant rèçû avis que le Roi &
la Reinede Portugal, laPrincese des Asturies.
le Prince du Bresil & les Infans Dom Pierre,
: Dom François & Dom Antoine,, étoient arrivez
dès la veille à Elvas, y envoya le Duc de
;
Solferino,pour les complimenter de sa part,
& le Comte de Montijo, pourportcr lesPre-
-
àlaPiinccfièdesÂfturies» Le
IL-etriêm-cjouile Roi de Portugal envoya a
Badajozle Marquis d'Alegrette, pour complimenter
L. M.le Prince des Asturies ,la Princesse
duBresil &lesInfans
,
& le Marquis de
Cafcaes, pour porter les préiens à la Princesse
duBrésil
Le reste du même jour. & tout le lendemain
18. Janvier, furent employez à réglée leCérémonial&àfaire les préparatifs necessaires
pour l'échange des Princesse. Le Marquis
de Capicelaro ,Ambassadeur du Roi, &
-
Je Marquis d'Abrantes ,
Ambassadeur du Roi
de Portugal, furent chargez de ce foin..
Le 19.après-midi,le Roi & la Reine partirent
de Badajozdans un magnifiquecarosse,
avec le Prince des Asturies, la Princesse du
Erefil 8c les Infans, Dom Carlos & Dom
Philippe. Le Carosse deL. M. sursuivi de ceux
des Chefs des Maisons Royales, des Gentilshommes
de la Chambre,des Camerçras majores.
des Dames de la Chambre,des Dames
d'honneur, desMajorsdomes
,
des Camerifies.
des Dames de Retraite& de tous les autres
Officiers des Maisons du Roy& de la Reine,qui
accompagnent ordinairement L. M.lorsqu'elks
sortent en cérémonie.
Vers les deux heures L. M.arrivèrent au Bâtiment
de charpente & de ménuiseriequ'on
avoit construir sur la petite rivière de Caïa qui
separe les Provinces d'Estramadoure& d'Alentejo,
à une lieue de Badajoz. Ce Bâtiment:
étoit quarié , extrêmement orné & peiit en
dedans & en dehors, avec les Ecussons des
Armesd'Espagne& de celles de Portugal aux
deux Façades opposées.
Les Troupesde laMaison du Roy & celles
de l'Estramadoureétoient rangées en haye
CP-desà de la Riviere. formant , un corps de
H 'çco 9
«o9o- hommes, précédées desEscadrons de$
Gardes du Corps &des Bataillons des Gardes
Espagnoles & Walonnes.
Pendant que la Cour approchoit de la Maison
dont on vient de parler, on vit paroître
* de l'autrecôté de la Riviere , sur les bords de
laquelle les Troupes de Portugal étoient aussi
en Bataille, un Carosse magnifique dans lequel
étoientL. M. Port. la Princessedes Asturies
, le Prince du Bresil & les Infans; de forte
que la Cour d'Espagne & celle de Portugal
entrerent en mê ne tems dans le Salon destiné
pour l'échange des Princesses.
Après les Complimens réciproques
, on fit
la lecture des Contrats demariage,& on les
iïgna. Le Roy &le Roy de Portugal demeurerent
près d'une heure en conférence ; Sf
ayant ensuite pris congé l'un de l'autre, Je
Roy & la Reine de Portugal retournerent à
Elvas
, avec le Prince, la Princesse du Bresil
&les Infans
,
& L. M. Catholiques revinrent
à Badajoz, accompagnées duPrince, de lai
Princesse des Asturies & des autres Princes de
la Famille Royale. Elles se rendirent à l'Eglise i
Cathédrale,oùleTe Deum, entonné par le Cardinalde
Borgia, futchantépar la Musique de j la Chapelledu Roy. Le foir, le Contrat de j
mariage du Prince & de la Princesse des Astu-
'j
ries fut ratifié, &le lendemain 20. le Cardinal
de Borgialeur donna la bénédiction nupriale
,
& ify eut le soit, comme la nuitprécedente&
les deux suivantes, des Feux d'Arti- 1
sice,desilluminations,desmascaradesà cheval
& d'autres marques deréjoüissance.
Le~.après-midi,taCourd'Etpagne8~ce!!e
fle Portugal se rendirent une secondefois à la
Salle de l'échange
,
où il y eut un magnifique 1
Concert de voix& d'Instrumens, executé par
, les J
les Musiciens de la Chapelle du Roy & de celle
du Roy de Portugal.
Le 24. le Roy déclara qu'il iroit de Badajoz 1
Seville avec les Princes &Princessesdela Famille
Royale& leurs Officiers,& que la Princesse
des Asturies seroit accompagnée de sa Camarera-
Mayor, d'une de ses Dames, d'une
Dame d'honneur, de quatre Cameristes & du
P. Laubrussel, Jésuite,Confesseur de cette
Princesse.
Le25.laCourd'Espagne&celle dePortugal
retournerent encore au Salon de l'échange,
où le Roi & le Roi de Portugal eurent une
troisiéme& derniere conférence.
Le 27.après-midi, la Cour partit de Badajoz
& prit la route d'Andalousie pour se rendre
en huit jours à Séville, éloignée de B; dajoz
de 32. lieuës. Elle coucha le même jour à
Lobon ,& le 28 à Fuente del Maestre.
Le 29. les Seigneurs & Dames de h Cour
qui ne font pas du voyage de Séville, partirent
de BaJajoz, pour retourner à Madrid;
maisles Ambassadeurs& Ministres Etrangers
suivent la Cour, ainsi que quelques Seigneurs
qui ont obtenu la permission d'aller à Seville , à condition qu'ils prendront une autre roUte"
à cause de la difficulté qu'il ya de garnir suffisammentles
chemins de provisions& de chevaux
de relais.
; Le 3°' L. M. coucherent àMonasterio
,
où le
lendemain elles prirent le divertissement dela
Chasseaux environs de Sierra-Morena.
Le I. de ce mois ,elles coucherent à Sainte
Olalla
,
& le 2, à Castel Blanco
,
à cinq lieüCf
de Seville, où L. M. arriverent le 3.au foir.
Comme on croyoit que la Cour passeroit
par Fuente del Cantos
, Dom Alphonse del
Coro , Ricco Umbn, des environs de cette
.J Hij Ville.
s'etoic préparé à donner une Fête au Roi &de.-;
voit lui faire présent d'un Bassin d'or de 4000.
Doublons,de deux beaux chevaux d'Andalousie
& de beaucoup de gibier
,
de vins exquis&
de fruits confits; maisL. M. s'étant
detournez pour éviter cette ville parce qu'il
y avoit beaucoup de malades de la petite verole
, Dom Alphonse del Coro se rendit le
30.àMonasterio )Otl il eut l'honneur de saluer
L.M. & de faire un présent considerable à la
Reine: après quoi il alla trouver Dom Joseph
Patinho, pour lui dire qu'il avoit 500. mille
Reaux à offrir au Royen cas que S. M. en eut
btfoin pour les frais extraordinaires de son
voyage. < Pendant le voyage de la Cour, l'Infant Dom
Loüis & l'Infante Dona Marie-Therese font
demeurezauPalais de Madrid, parce qu'ils
font trop jeunes pour endurer les fatigues de
ce voyage. J
GRANDE BRETAGNE.
L E20.dumois dernier,onscella du Grand
sceau les Lettres Patentes qui créent le Prince
Frederic, Prince de Galles & Ducde Chefter
, mais elles ne furent publiées avec les Cé- I
rémonies accoutumées que le 50. jour auquel j
on célebroit l'Anniversaire de sa naissance.
Les prisons de Londres n'ont jamais été si
3|
rempliesde prisonniers pour dettes, & comme j
les Créanciers qui les détiennent ne font point ]
obligez de fournir à leur subsistance, on doit q
proposer un Reglement pour remedier aux in- 4
conveniens qui en arrivent; mais en attendant
onlut le ij. dumois dernier dans toutes ij
ies Eglises de Londres, une Lettre du Roy ij
écrite à l'Evêque de cette Capitale, par la- |
quelle il luiordonne de faire faire une qilêtc
dansi
dans toutes les Paroisses, pour le soulagement
de ces malheureux dont plusieurs font morts
de froid & de misere.
Les Evêques de ce Royaume ont reçû ordre
de faire nommer le Prince de Galles dans les
Prieres Publiques qu'on fait dans toutes les
Eglises pour la Famille Royale.
On apprend par les Lettres de la nouvelle
Angleterre du 16. Décembre dernier, que les
Armateurs Espagnols avoient pris 6. Navires
Anglois & une Chalouppe
»
fous prétexte de
contrebande.
Le Vaisseau qui périt le de ce mois
,
prCs"
de Dungarvon en Irlande, a été pillé par le-
Peuple de la Côte, qui a eu la cruauté de
massacrer 8. Passagers & 5.Matelots, parce
qu'ils vouloient sauver quelques Effets de ce
Navire, & le reste a eubeaucoup de peine à
échapper à cette populace, contre laquelle le
Roi a ordonné de faire des poursuites.
Le premier de ce mois jour indiqué pour
l'ouverture du Parlement, le Roi se rendit à la
Chambre des Pairs avec les ceremonies ordinaires
; & le Prince de Galles y ayant été introduit
par les Ducs d'Ancaster& de Dorfet, y
prêta le serment accoûtumé
, & prit sa place à
la droitede S. M. Ensuite les Communes ayant
été mandées, le Grand Chancelier parlant au
nom du Roi, fit le Discours suivant ;
MILORDS
ET MESSIEURS,
Jtfuispersuadé que vousêtes assemblez. d4nf'
l'attente d'être informez de la iftuation presente
des affairespubliques fatisfaflion que
les dépenfu déjàfaites & lu crainte de les con.
timter encore qnelque temps) vous font dejire.
v - H ii] TRi.-
l"
raisonnablement £r avec justice.L'cxecutio*
desArticlesFré.iminaires & L'ouverture d
Congrès à Soissons,t>arcijjoientdevoirvous don
7ftr lieu d'efpcrer devoirbien-tôt les heureux
.:r. t r1 effets d'uneVxcificaticngénérale;mais les vuci
différentes & étenduesau/quelles ena été obligé
defaire attention pour concilierles differens in
'te,ifS &- prétentions de tant de P:ijjances, ont
paru être un Ouvrage d'un trop long temps
sujet à trop de difficultés , de forte qu'on le
déterminé à faire un projet deTraité provifionneellyquiayantété
concerté& négocie entre le , q~,ii a eg
Ministresdesprincipales PuissancesCiliées pat
Je Traité d'Hanovcr & par celui de Vienne, A été approuvépar moi & par mes Alliez. , dan*
refperance qu'il le fera ausi par les Cours di
Vienne Ó, de Madrid;mais comme je n'ai en
core réçÚ aucuneréponfcdéifnitived'aucun»
de ces deux Cours,n'ont approuvéni rejett
ce Projet,ladefinée de l'Europe demeure £1.,:
f'ufpensau milieudes difpcultcz qui accompagnentiné-
vitabhmixt un tel état douteux é;
inllÙcrminé. Ce nefc q:t'av?cbccuronp de pein4M
que je fuis encore obligé de parler à mon Varie-M
ment dans cet ét,'t ddiuccrtitud» :je conneis lesi
fardeaux dont mes Sujets font charge-^, & jt '1
iFaï que dans la situationpresente des ajfaiies+\
-quelques-uns d'entre eux peuvent ïirs portez a'.
croire qu'une guerre aftuelle ftroit préférableÀ i
tine Paix douteuse ou imparfaite; mais comme
ce parti cft facile à prendre en tout tempsyjt
fuis assuré qu'on ne croira pas que je néglige
de me faire rendre jl/flice & à la Nation, lorsque
des circonjiances convenables l'exigeront de
moi. Jeme flatequevousêtesperfuade^que je
n'ai agi quedansdes vues Avantageafes au bien
é- à Pintérêt de mon Peuple, & que par ce seul
tII0tifj'ai négligé de faire attention à quelques
- In'aifitonvenicnspajjagers
>l'atteiue doùtezir
chaque jour une Paixsûre G honorable , plutôt que £allumer trop précipitaniment la
guerre at Europe, & ii'ex} ojermon Vc:,pl: a des
dcpcnlcs incore plus confieroeules u' ''onton ns
pourvoit déterminerla durée. Q:.fci5iit dijtigrefiâtes
que puijjent être ces dei,'is, il nj aurait
rien de plus injufie que dé les if/]p.,:r à ttJ/t
conduite ou à aile de tn,s Il efi vrai
yu'onafait divers ci]arts pour rompre r beureitf*
union ,[:tiefi établie entre nous;mais i» lexjvê
expiri-ncè & les preuves réitérées a'ne fidélité
mutuelle, ont tellement afjermi cimenté
cate alliance fondee sur un irteret ccmmwIJ,
que toutes les entreprises powï'a'::b iron f.-.iren.titre Í otsr de la dejance &de Li jalousie,
cm c.J vaines cy inutihs; C° tont ce qu'on »
piidire pour infmuer le contraire s'efc trouvâ
fan::ZT mal fondé. Ilfaudra cc[tn.'ant que
nous tâchionsd'amener cette impor:¡;¡nte affr.irt
a uns dtcifionprompte C cataine, afin que si
o7; peut la faire d'une maniéré qui s'accorde
nvec 1,1, fureté zyla conservation des.'Dreits,
Privilèges & poss.jfions de la Grande-Pretagne
C"de mes AlIirZ' le bonheur de la P*ixpuise» létendredans toute l'Europe, & que mes Royaumespuissent
jouir des heureux effets d'une tranquillité
durable, ou questcela ne pet s'obttttir,
les Alliez puissent en s'unijjant avec vigueur
& rrfolutien , faire des efforts capables
de procurer la justice & le fatisfaclion qui lm.
été si long-temps diJferées. Si ,nus tombons inévitablementdans
ce cas,je compte sur le zele
& l'afjeflion de ce Yarlonent, & jefpcre qu'il
m'aidera efficacement & avec joye à soutenir
une guerre jufle & necessaire.
Après que le Roisefut retiré,les Seigneurs
icfolurcntHunan'iimeimeintjdAe rdrerfedntYcr eunoe
Adresse àS. M. pour lui rendre graces de fit
Harangue,& pour la remercier de leur aVQi
communiqué la situation presente des affàires
publiques & des mesuresqu'elle prèndpou
procurer le bonheur de ses Sujets, '8fp l'assurer que la Chambre fera toujours prêt
à lui donner les secours necessaires pour si
faire rendre la justice & la f-atisfaétion quilui
font dues.
Les Communes par leur Adresse ontprormâ
à S. M. de lui fournir les subsides neceîfeû'es
pour la dépense de l'année courante, & mê*
ma d'autres plus considerables,en casqu'elle
doit obligée de soutenir une guerre tulle Sfr
nneecceessssaaiirree. conjointement avec ses Alliez. ,conjointemtritavecsesAlliez.
MORTS,NAISSANCE*!
Des Pays Etrangers 1
NOusn'avons pas été instruitsassez à
temp*
de la Mort de M: le Chevalier LaurentM
Baronet de Trent, pour la mettre dans 4a
dernier Mercure. Il mourutà Londres au mois
de Décembre dernier. Son Pere, le Chevalier
Patrice, Baronet de Trent, avoit rendu des fevices
très importans à sa Maison de Stuart du
temps deCharlesII.Roide la Grande-Bretagne
-
Lorsque Jacques II. se retira en France,ille
suivit, quittant, pour lui être fidelle, 20000 livres
sterling de rente en fond de terre,ce qui
fait, plus de 550000. livres de rente, argent de
France. Ces grands biens furent confisquez. H
resta plusieurs années à S. Germain en LCllfe.
Delà il passa pour sa fanté à Aix-là-Chapelles
Se
ot se voyant une nombreuse famille sur les
bras,il prit le parti de repasser en Angleterre
pour tâcher de rentrer dans son bien; mais
comme il étoit proscrit dans ce Royaume par
plusieurs Actes du Parlemenr, ilfut arrêté sur
Mer par ordre du Roi Guillaume III. & conduit
à la Tour de Londres, où il mourut quelque
temps après subitement. Il avoit été premier
Commissaire de la Grande Tresorerie
d'Angleterre. Il avoit eu neuf enfans
,
cinq
fils & quatre filles. L'aînée des filles a épousé
Milord slane ,
aîné de l'illustre Maison des
Flemming ,qui avoit des biens considerables
& qui t'tt mort depuis deux ans, portant le
nom de Milord Langford. La seconde qui n'est
point mariée, demeure actuellement à Londres.
La troisiéme est morte à Paris dans le Convent
des Religieuses de la Raquette. La quatriéme a
épousé M. lePrince d'Auvergne.
Des quatre fils, l'aîné mourut en Irlande,
au service du feu Roi Jacques,étant Colonel
du Regiment connu en France sousle nom
des Dragons de la Reine. Le second changea
de Religion & fcs biens lui furent rendus par
unActedu Parlement d'Angleterre; mais il n'en
jouit pas long-temps, ayant été tU, enduel
peu de temps après. Le troisiémeCharles de
Trent, ne voulut point de ses biens au prix
qu'ils avoient coûté à son frere, & ilaima
mieux s'en voir privé pour toûjours,que d'être
infidele à saReligion. Le quatriéme fut
tué à la Bataille àeCujjano,Capitaine dans le
Régiment de Dillon.Lecinquiéme, Laurent, Chevalier Baronet de Trent, dont la mort donne lieu à cet article, a été rendant quelques
années Page du Roi-de France. Après la mort
de sesfreres il passaen Angleterre pour esseyer
de*rentrer en possession d'une partie desbiens; H V de
de sa Maison
,
possedez par le Marquis deRuvigny,
connu fous le nom de MilordGallowai.
Mais icserfbrts ont été inutiles: il a trouvé un
obstacle invincible dans son attachement à la
ReligionCarholique. Il a eu le bonheur d'y
mourir, & ce n'a pas été une petite consolation
pour lui dans ses derniers momens, de l'avoir
constamment preferée à des biens que la
mort lui devoit fîcôt enlever.
M. Leowutitz-Buchortow, Major General
d'Artillerie du Czar, mourut sur la fin du mois
de Décembre dernier à Petersbourg, dans la 69.
année de son âge. Il avoit commencé en 1674.
à servir en qualité de Soldat fous le Czar Alexis
Michaetowics. Bisayeul de S.M.Cz.Le feu Czar
ayant forméen 169f. sa nouvelle Garde de
Préobazinski, qui est la premiere Milice reglée
qu'on ait vûë en Moscovie, il fut enrôlé
dans la Compagnie des Bombardiers de ce
Corps, & ce Prince étant très-content de ses
services, le fit passer par tous les degrez jusqu'à
celui de Major General, qui n'auroit pas
été le dernier si ce Prince avoit vlî. puisque
quelques années avant sa mort il avoit
fait
élever dans une des principales Places de Moscou
,la Statuë en Bronze de cet Officier.
Le Czar a fait faire à Moscou des Obseques
magnifiques au Comte Apraxin
,
grand Amiràlde
Moscovie.LeConvoi commença par un
Fourier, un Trompette & un Tiiràullicr, en
habits noirs; ils éroient suivis de l'Adjudant
du défunt&de quatre autres Adjudans, qui
marchoient deux a deux. Les Regimensquiles
suivoient,avoient à leur tête leurs Officiers,
ayant des Crespes à leur Chapeau & à leur
Epée; les Tambours étoient couverts de Drap
noir & les Haut-bois de Crespes. Après ces
Regimens marchoient trois détachemens de
g rl'Artillerie,
compofez chacun d'unOfficier 8c
de dix Canoniers, qui étoient précédez& fuivis
de cinq piéces de Canon. A quelque distance,
leSecretaire du Grand Amiral étoit à
la tête de ses autres Officiers & Domestiques;
tous en longs Manteaux de deüil. Les Chant-
res & leClergé,précédez de deux Maréchaux
de ceremonie
,
venoient ensuite; puis deux
Ecuyers à Cheval; un Cheval de parade qui
étoit monté par un Champion, armé de pied
en cap, tenant une Epée nuë à sa main. Ce
Cheval armé & bardé, étoit tenu par deux Palefreniers.
Les Drapeaux qui suivoient,étoient
portez par des Officiers de Marine, accompagnez
de Gardes Marine. Le Cheval de Selle du
Grand Amiral marchoit entre les Drapeaux
tenu en main par deux Officiers à pied. L'Etendart
rouge du Vaisseau Amiral étoit porté
ensuite par un Officier dela Flote,ayant à ses
côtezdeux Gardes-Marine;Il étoit fnivi d'un
Cheval, couvert d'un Caparaçon de Velours
noir, aux armes du Comte Apraxin, & d'un
autre Etendait, aux armes de ce Comte ,que
portoit un Officier de l'Etat Major,aumilieu
de deux Gardes Marine: L'Ecu aux armes du;
défunt, étoit porté par un autre Officier, accompagné
aussi de deux Gardes Marine. Après
un autre Cheval caparaçonné comme le précedent,
marchoientun Cuirassier en cuirasse
noire, derOfficiers de l'Etatmajor de la M a- rine, tenant divers Etendarts
,
& un Officieç
du même Corpsportant le portrait du défunt;
Un Officier portant des Eperons, d'or sur utv
Carreau develourscramoisi six autres paratant
les Gantelets, le Casque&l'Epée di dé.
funt, le Collier de l'Ordre de S. Alexandre
celui de l'Ordre de » S André, & le Bâton de
Commandant, tous marchant * pied au mi-
H vj lie.
lieu d'une file de Gardes Marine;l'Etendait
de l'Amirauté & celui de l'Etat étoient portez
immédiatement devant le Corps qui étoit dans
un Char, tiré par six Chevaux caparaçonnez, conduts par autant d'Ecuyers ,en longs Manteaux
de deüil, & suivi de douze Capitaines
de Vaisseaux ; six Majors portoient un Dais d.
Velours noir, à crépines d'argent, au dessus,
du Char où le Cercueil étoit élevé & à découvert.
Les coins du Poële étoient tenus par quatre
Colonels,& les Cordons du Dais parsix
Lieutenans Colonels. Ce Char étoit ftuvi des
parens du défunt que conduisoient le Grand
Maréchal de sa Maison&deux autres Maréchaux
; & tout le Convoy étoit éclairé de près
de 400 Flambeaux.
Le Duc Jean-Guillaume deSaxeEysenach,
mourut à Eyfenach le 4 du mois dernier, dansla6j"
année desonâge,étantnéle 17 Octobre
1666. Il avoit épousé le 28 Nov. 1690,
Amelie de Nassau Dietz
,
laquelle étant morte
le 16Février 1695
,
il se remaria le 27Février
1697 , avec Christine Julienne deBade Dourlac
, qui mourut le 10 Juillet 1707. Le 28 JlliI
let de l'année suivante, il épousa en troisiémes
nôces
,
Madelaïne-Sibile de Saxe Weissenfels.
Il a eu de sa premiere femme, Guillaume-
Henry qui lui succede, & une Princesse qui
et1 morte; de la seconde, trois Princes qui
font morts, & trois Princesses
,
dont l'ainéea
été mariée au Duc Jean-Adolphe de Saxe
Weiffenfels ; & de la troisiéme un Prince 8c
deux P. incesses
,
dont l'ainée en- morte.
Le Comte Philippe-Charles Cesar de Hohenloë,
Conseiller au Conseil Aulique de
l'Empereur, & Juge Superieur de la Chambre
Imperiale de Werzlar,mourut à Francfort le
15 du mois dernier,âgé de 61 ans. Il avoit
cpoU. ,
épouséen premieresnôces sa cousine germaine,
qui mourut en couche en 1698. Et en fecondes,
Sophie Léopoldine,fille de Charles Landgrave
de Hesse-Reinfels.
Lorhaire-François de Schomborn,Archevêque,
Electeur deMayence, y mourut le
dans la 74" annéede rOrll
âge, étant né le 14 Septembre 16n- Ce Prince
qui étoit fils de Philippe Erwin de Schomborn
,Comte de Reigelsberg, mort le 4 Novembre
1668. & de Marie Ursule,Comtesse
1 de Gressenclau, morte en 1682.fut éluEvêquede
Bamberg en 1691.8c. Coadjuteur de Mayen-
: ce,le 3 Septembre 1694.Il prit possession de
l'Electorat, le 30 Mats de l'année fuivamc,.
après lamort de rEldÍeur François,Baron.
d'Ingelheim. Il a pour successeur le Prince
Palatin François-Louis de Neubourg, Electeurde
Trêves,Evêque de Breslau & deWormes 5» & Prévôtd'Elwangen
)
qui fut élu son Coadjuteur
le5 Novembre 1710.
Le Cardinal Laurent Cozza
,
à qui le Papeavoit
envoyé le matin sa benediction, in articulomoriis,
iiiouriitàItoine le 18 Janv. après
midi,dansla75edeson âge,étant néàS.Laulent.
dans le Diocèse de Montefialcone
,
le 3r-!
Mars 1654. IlavoitétéGeneral des Religieux.
Mineurs de l'Etroite Observance
,
de la Reglè
de S. Franois,connus en France sous le nom
de Cordeliers 3s Gardiende la Terre-Sainte.
Le Pape le fit Cardinal dans le Consistoire du 9Décembre 1726. Le 16 du même mois, S S.
lui donna le titre de S. Laurent, in Pane EtpernA,
dont il sedémit le 20 Janvier 1717, pour
prendre celui de Sainte Marie d'Aracoeli.
Le 29 Janvier, au matin, le Cardinal Jean-
Baptiste Salerno,qui étoit malade depuis quelque
temps, reut àRome le Viatique & I>Extrême*
tfrê'me-On&ion,& vers les deux heures après
midy, il mourut dans la f9c année de son âge,
étant né dans le Royaume deNaples, le 24 Juin 1670. Il étoit de la Compagnie de JESUS,
lorsque le feu Pape Clément XI-le fit Cardinal
dans leConsistoiredu z? Décembre 1719. Le
31, ion Corps fut exposé sans aucuns ornemens
funeraires, dans l'Eglise de S.Ignace des
Jesuites, où l'on fit le même jour ses Obseques
ausquelles le Pape affilia avec le Sacré CoJlege,
& ensuite il fut porté dans l'Eglise de S. Etienne
le Rond, dont il étoit Titulaire, & où il a
été inhumé-Après la ceremonie le Pape accorda
aux Jesuites le Rescrit qu'ils demandoient,
pour se mettre en possession de la succession de
ce Cardinal, qui est mort Rh intestat; & dans
laquelle est comprise une Maison de Campagne
, qu'il avoit fait bâtir à Tivoli.
Le 13 de ce moi,vers les six heures du foir,
on encerra dans l'Eglise de S Gilles à Londres,
un homme âgé de 104 ans.Le Poële étoit porté
par six hommes,âgez de 100 ans chacun,qui
étoient précédez par deux autres; de même
âge.
On a appris de Gènes, que la Princesse hereditaire
deModéne, y étoit accouchée d'une
Princesse, le 7 de ce mois.
FRANCE
FRANCE,
Nouvelles de la Cour, de Paris,&e.
LE premier de ce mois, M. Benct;
Recteur de l'Université, accompagné
des Doyens des Facultez & des Procureurs
des Nations, eut l'honneur de
présenter un Cierge au Roi & à la Reine , selon l'ancien usage. Le Pere Vicaire General
des Religieux de la Merci, accompagné
de trois Religieux du Couvent du
Marais
, eut aussi l'honneur de présenter
un Cierge à la Reine, pour, sarisfaire a-,
une des conditions de leur établissement fait à Paris , en 1615. par la Reine Marie
de Medicis.
Le 2. Fevrier, fête de la Puri fication
de la sainte Vierge, le Roiaccompagna
du Duc d'Orléans,du Duc de Bourbon,
du Comte de Charolois, du Comte de
Clermont, du Duc du Maine, du Prince
de Dombes, du Comte d'Eu, du
Comte de Toulouze& des Chevaliers,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
S. Esprit, qui s'étoient assemblez dans
son Cabinet, se rendit à la Chapelle du
Château,oùS,M.assista à laBenediction.
tion des Cierges, à la Processîon & à la
Grande Meflfe qui sur célébrée par l'Abbé
Tesnieres, Chapelain ordinaire de la
Chapelle de Musique, & chantée par la
Musique. La Reine accompagnée des Dames
de sa Cour, entendit la Grande
Messe dans sa Tribune. L'après-midi, L. M. assîsterent à la Prédication du
P. Boyer, Religieux Théatin
, & ensuite
aux Vêpres. V
Le lendemain le Roi & la Reine partirent
de Versailles pour aller coucher au
Cthâteeau demMarly& ydpemeurersquelq.ue M. d' Angervilliers,Secretaire d'Etat
de la Guerre, a pris des arrangemens; certains avec M. le Controlleur General
des Finances, pour faire payer de mois
eh mois, chez les Tresoriers Généraux
de l'Extraordinaire des Guerres, toutce
qui restoit des anciens billets, en commençant
par ceux des Troupes, des Marchands
pour habillemens
,
& des Entrepreneurs
d'autres fournitures & par les
années les plus reculées
, ce quia eu son
execution dès le mois de Janvier dernier
sur les Etats arrêtez par M. d'Angers
villiers.
-Le;. dece mois le Lieutenantde Police
fit l'ouverture de la Foire S. Germain,
pourêtre tenue aux-lieux& Pla-
.&.-. ces
j
Ces accoutumez. CeMagistrat avoit rendu
une ordonnance le 22. Janvier, portant
règlement sur ce qui doit être observé
pendant la tenuë de la Foire.
Le 6. le Prince de Dombes & le Comte
d'Eu, fils du Duc du Maine, courants
,1e Cerf avec leurs équipages, longeant
i-la Rivierede Marne surle grand Chemin,
oÙ ils avoient ci - devant passé plusieurs
fois; un homme de leurs équipages passa
le premier sans nul accident ,mais soit
que son Cheval eut ébranlé laterre, on
que les inondations en eussent creusé les
bords, ces deux Princes passant par le
même endroit où leur Piquçuravoit passé r leurs Chevaux glisserentdefaçon, que
malgré les sages précautions de ces Princes
, ils tomberent dans la riviere avec
leurs Chevaux, & furent à fond par trois
& quatre fois différentes, nageant tant
sur le ventre que sur le dos l'espace d'un
quart d'heure, étant assez proches l'un
de l'autre sans oser s'accrocher,ce qui
donna lieu au Meunier de Chelles de venir
à leur secours ; il y arriva si à propos
avec deux de les garçons,qu'il retira ces
deux Princes , & leur donna tous les secours
qu'ilpût leur donner. Le Prince
de Dombes n'ayant nulle connoissance il le , crut mort, & le Comte d'Eu n'étoit
guèremieux. Le Duc du Maine a
fâitv
fait une pension au Meunier de 4© o. liv.
sa vie durant, & lui a fait donner cent
pistoles d'argent comptant.
Madame de Francel'aînée, qui a été
fort indisposée d'unefièvre causée par les
dents, se porte mieux. On lui a changé
de Nourrice.
Le 2y du mois dernier, l'Ambassadeur
de DannemarcK présenta au Roi & au
Cardinal de Fleury, le Prince de Hesse- si'Armfhd, beau-frere du Prince Royal
fie Dannltmarckqui voyage en France
incognito.
Le 6. de ce mois, le Roi quitta le deuil
qu'il avoit pris pour la Reine de Sardaigne.
S. M. le reprit leS. pour la mort
de la PrincesseNatalie, soeur du Czar ,
&£»ie quitta le 1 6.
Le Roi a accordé àM. N. Barbery
,
Marquis de Vastan ,
Maître des Requêtes
, Intendant de la Généralité de Caën ,
une Pension de six mille livres.
Le Marquis de Monti, Brigadier des
Armées du Roi, a été nommé par S. M.
son Ambassadeur en Pologne.
Le Roi a accordé au Marquis de Paulmi
,
Enseigne de la seconde Compagnie
des Mousquetaires de la Garde de S. M.
le Gouvernement dela Ville de S. Brieu
»
vacant par la mort du Comte de la Riviere
son pere.
Le
Le 6. Janvier, laVilledeCarpentras
Capitale du Comtat Venaissin
,
fit faire
des réjouissances publiques pour le rétablissement
de la fanté du Roi; les Consuls
, les Magistrats
,
la Noblesse & un
grand concours du peuple assisterent à la
Grande Messe, pendant laquelle il y eut
une falve de toute l'Artillerie;elle fut
celebrée pontificalement par M. d'Abbaty
, Evêque de Carpentras, qui donna
ensuite un magnifique repas. Les Vêpres
furent aussicelébrées pontificalement. Le
Te Deum y fut chanté par la Musique ,
& suivi d'une falve del'Artillerie comme
le matin; des feux de joye & des
illuminations dans toute la Ville.
Le 8. laLotterie pour leremboursement
des Rentes de l'Hôtel de Ville fut
tirée en présence du Prévôt des Marchands
& des Echevins en la manier.
accoutumée. Le fonds pour le mois de Février
s'est trouvé monter à la somme de
64.1611. liv. o. 9.laquelle a été distribuée
aux Rentiers pour les Lots qui leur
font écheus,conformément 4 la Lifte generale
qui a été renduë publique. Le Lot
le plus considerable de ce mois qui est d. •IJOOO.liv. estéchûauN°. 27030 sous
la devise
, S.Jacques.
Les deux places d'associez qui vaquoient
dans.l'Académie Royale des Inscriptions
ôc
& Belles-Lettres, par la promotionde
Mrs Hardion & Banier , devenus Pen-
-
sionnaires
, ont été remplies par M" de
la Nauze & PAbé de Paris. Le zo. de ce mois, le Duc d'Orléans
Premier Prince du Sang,demanda au
Roi son agrément poursonMariage avec -
la Princesse Elisabeth de Lorraine, fà
CoulÎne, fille aînée du Duc & de la
Duchesse de Lorraine.
Le 12. le Duc de la Rochefoucault ,*
Pair de France, fut reçu au Parlement-,
& y prit séanceen cette qualité, avec les
cérémonies accoutumées.
Le Geur le Maire a donnésoncinquième
Recueil d'Airs serieux, comiques;
&c. ilsevend chez Boivin, à la Règle
d'or, rue S. Honoré. Le Te Deum qui
fut chanté le 26. Décembre dernier à : l'Abbaye Royale de S. Antoine des
Champslez Paris, dont Madame do
Bourbon Condé est Abbesse, & dont on
a parlé dans le Mercure du mois dernier
page 18 8. est de la conipoci-tion du mê*
me Auteur
,
aussi bien que le Divertissement
qui fut chanté le même jour dans
le Parloir de cette Abbaye.
Le 2.. de. ce mois
,
Fête de la Purification,
il y eut Concert Spirituel au Château
des Thuilleries; on y chanta deux
MotetsàgrandsChoeurs de M. de-la Lande,
Cantate Domino & Dominus régna-
't'Ït..dont l'execution sur parfaite. Les Dlies
Antier, le Maure,& Bourbonnois, chantèrent
chacune un petit Motet à une feule
voix, qui furent fort applaudis par une
magnifique & nombreuse Assemblée.Les
Srs Guignon & Blavet qui jouèrent séparement
desConcerto surle Violon & la
Flute, ne firent pas moins de plaisir.
Le 7. il y eut le Concert ordinaire. On
chanta le Divertissement de l'Union de la
Musique Françoiseàl'Italiennede M. Battiftin.
La DIle le Maure chanta la Cantate
de L'Eté, avec beaucoup de précisîonÔC
d'agrémens.
Le 9. on chanta le Divertissement de
L'Amour guériparl'Amour, de M. du
Bousset
, & la Cantate de la Musette chantée , par la Dlle le Maure.
Le 14. on executa un Divertissement
nouveau, intitulé: l'Union de l'Amour &
del'Hymen,de lacomposition de M. d'.A.
tjuiny qui fut très-goûté. Les paroles
font de M. Carolet, qui a fait aussi colle
des Divertissemens du Triomphe de Da..
phné, de la fausse indifférence, & de
l'Amour guéri par l'Amour
,
dont il a été
parlé dans les précédents Mercures. On
trouvera les paroles de tous cesDivertissejaiens
chez Thomclin
,
Libraire, Place
de
de Sorbonne; on les vendra séparement
ou en Recueil. La DUe le Maure chanta
la Cantate de Léandre & Hero, de M. Clerambaut,
& la Dlle Bourbonnois celle des
liains deTomery
,
de M. Battistin.
Le 16. on redonna le même Divertissement.
La DlleBombonnois,Se le sicur
Dun,chanterent la Cantate de Democrite
& d'Heraclite,à deux voix, de M.Battistin.
La D11e le Maure chanta feule une
Cantatille nouvelle de M. Mouret, qui'
fut très applaudie. On finit par un Motec
de M. de la Lande.
Le 21 oh chanta deux des plus beaux
Motets du même Auteur, Dominus regnavit
& Confitzbor
,
dans lesquels la
Dlle Hermance chanta pour la premiere
fois des morceaux qui firent beaucoup de
plaisir. Le sieur Guignon joua le Coticerto
du Printemps de Viraldy, qui est
Une excellente Pièce de simphonie. On
chanta ensuite une Cantate Françoise Se
une Cantate Italienne,chantées parlamême
DUe Hermance,qui fut très-applaudie.
Le 7. il y eut Concert à Marly chez la
Reine. M. Destouches, Sur,intendant
de la Musique du Roi, fit chanter le troisiéme,
quatriéme, & cinquième Acte
de l'Opera d'Hypermnestre, dont S. M.
avoit entendu le Prologue & les deux
pre
premiers ActesàVersailles le26. de l'autre
mois. La Dlle Antier, les Srs Chassé
& Bouteloup continuèrent de chanter les 4 Rôles d'Hypermnestre, de Danaus & de
Lincée avec beaucoup de succès.
Le 9. on chantale Prologue
s
& le premier
Acte de l'Opera d'Armide.
Le 14. on continua le second & le troisième
Acte, après lesquels la Dlle Picroa
de la Musique du Roi, chanta Regnez.
belle Thétis, Air de M. Campra. f
On chanta le quatrième & cinquiéme
Ath: du même Opéra. La Dile Antier bril
la à son ordinaire dans le Rôle d'Armide ,
comme dans tout cequ'elle chante, ce
fut fort applaudie de toute la Cour. La.
Reine eut la bonté detémoigner à M. Dc!
touches sa satisfaction sur l'exécution de
ces Concerts.
Le 21. & le 23. la Reine entendit le
Prologue, le premier, le second, & la
troisiéme Ade de Roland. La Dlle le Maute
,
ôr le sieurChassé chanterent les Râ..
les d'Angélique & de Roland, avec des
applaudissemensqu'ilsont bien méritez.
Le 2. 8. on finit le même Opera, par le
quatrième&,par le cinquième Acte. On
doit donner à la Reine le premier Mars
pour dernier Concert de Marly une sim-
.V,lonicchoicie, composée de Violons, J-iautbois
, & Ballons. JV
ivGEMENrrendu en la Sénéchaur
fée de Lyon, contre M. Mathlllon, en faveur des Pauvres dugrand Hôpital-
& Houl-Dieu de Notre-Dame de Pitié
duPont du Rhône de Lyon. Extrait
d'une Lettre écrite de LJfln le 2 4. Jan*
,f/Ùrdernier.-
LE compte, Messieurs, que vous
i avez rendu au Public dans votre
Mercure du mois d'Octobre1727. de ce
qu'a produit l'ActedeM. Mathulon
,
qui
renferme ses engagemens au (ujrt de la
quadrature du Cercle, & qui est inseré
dans le Mercure du mois de Juillet de la
même année
, demande que vous soyez
instruits de la fuite de cette affaire.
M. Nicole de l'Académie Royale des
Sciences,ayant cedé par Aéte passé pardevant
Notaires, aux Pauvres de notre
Hôpital , ses droits sur la somme de
5000. liv. deposée par le sieurMathulon
, en saveur decelui qui démontreroit
la fausseté de sa Solution de la Quadrature
du Cercle; Mrs les Directeurs de
notre Hôpital ont fait assigner le sieur
Mathulon
,
lequel ayant refusé de consentir
à la délivrance de la sommedépose
j ôc la compilation ayant écc portée à
la Senéchaussée de Lyon, ce Tribunal vient
JDOJTLZ en S^ctijrhecuc sur la jSfcb^?ien-,).ij<xg.
- 17Q,9
vient de mettre en état les Pauvres de notre
Hôpital de profiter de la liberalité de
M. Nicole par le Jugement qu'il vient
de rendre, lequel porte qu'ayant égard
à l'intervention des Directeurs,ordonne
que la somme de 3000.liv. deposée par
le sieur Mathulon, entre les mains de
Me Vernon
,
Notaire, sera délivrée aux
Directeurs dudit Hôpital; quoi faisant il , en demeurera bien & valablement déchargé,
condamne en outre le sieurMathulon
aux dépens.
M. Auras, Avocat General de la Cour
des Monnoyes
, a parlé dans cette affaire
d'une maniere trèsdigne; il a distingué
les promesses dont l'execution dépendoit
du hazard, d'avec celles dont l'execution
dépendoit de l'adresse, ou du travail des
Particuliers; & après avoir condamné
les premieres, il a montré que les dernieres
devoient avoir leurs executions.Je
fuis, &c.
COURSE DE TRAISNEAUX.
Le 11. du mois dernier, le Roi fit à Verfailles
sur la neige une coursedeTraineaux
des plus magnifiquesavec un grand nombre
de Princes, de Princesses, de Seigneurs
& de Dames de la Cour. Le Marquis
de Beringhen
,
Premier Ecuyer du
Roi, marchoit à la tête sur un grand
1 TraiTraineau
tiré par quatre Chevaux poat
frayer le chemin. Tous les autres Traineaux
étoient à un seul Cheval. S. M.
suivoit immédiatement sur un magnifique
Traineau
,
dont le Cheval avoitun
riche caparaçon bordé de grelots d'argent.
Le Roi avec toute sa suite en Traineaux
,
après avoir fait le tour du grand
Canal, alla faire collation à la Menagerie
, & enfuire souper. à Trianon. S. M..
qui a prisce Divertissementplusieursfois
avoit pris soin de faire distribuer aux
Princes & Seigneurs de sa suite, des bourses
de frétas blanc, avec des noeuds de
rubans couleur de rose ; ils étoient presque
tous en bonnets fourrez &de grandes
moustaches postiches, avec des Redingotes
ou d'autres habits fourrez; les
Princesses & les Dames étoient en Bagnolettes
, en Mantilles
,
& quelquesunes
par dessus leurs habits, avoient des i
manieres de Cazaquins fourrez, à la Polonoife.
Ce spectacle brillant, allai nouveau en
France qu'il est commun en Allemagne
& dans le Nort , * a extrêmement ex-
* On compte que le Bivertijferrunt d'une
eourfe de Traîneaux ,
suivi d'ungrand souper
que lé Comte Joseph de Kinski donna à Vienne
lè mois dernierà 180. personnes> lui Il couté
plus de soooo.Florinset • cité
i
cité la curiosité de la Courte de la Ville, 5c
a fait un très-grand plaisir.
On n'avoitpoint vu depuis nombre d'années
un tems si propre à aller enTraineaux,
àcause de la forte gelée & de la quantitéde
neige: plusieurs courses de Traineaux se
font faites dans les allées du Cours-la-Reine,
avec un très-grand concours de gens
de tous états,en carrosse & à pied,que ce
spectacle agréable & singulier attiroit ; la
beauté des chevaux qui vont le grand galop
, la richesse des harnois & des caparaçons,
le bruit des grelots,lesétendarts de
diverses couleurs,flotant dans les airs,& la
magnificence des Traineaux peints & dorez
avec beaucoup de goût
,
de formes
agréables & toutes différentes
,
les habits
riches &galans,quoique de la saison Se
en fourures, des Dames & des Seigneurs,
leurs coeffures & leurs bonnets de differentes
figures,enfin tous leurs ajustemens
variez & singuliers
, tout cela joint au son
des fanfares, faisoit un effet très-singulier.
Quantité de Princes & de Seigneurs ont
fait faire des Traineaux ausquels rien n'a étéépargné pour la richesse & le goût.
La course qui se fit au Cours-la-Reine
le 18. du mois dernier, fut la plus belle,
la plus nombreuseenTraineaux & par le
plus beau jour qu'on sçauroit voir. Un
grandTraineau au Prince de Carignan,
| 1ij êttelc
attelé de quatre chevaux, sur lequel
étoient les trompettes & les timbales
marchoità la tête ; suivoient le Traineau
dela Duchesse de Bourbon Doüairiere,
mené par le Duc de Retz. Le second sur
lequel étoit la Duchesse de Bourbon étoit
mené par le Prince de Carignan.Mademoiselle
de Sens qui étoit dans le troisiéme,
étoit menée par le Comte de.Saxe.
Les Dames placées sur les autres Traineaux
quicomposoient une longue file, étoient
conduites par divers Seigneurs,qui quoiqu'aais
sur une palette en faillie derriere
le Traineau, paroissent presque debout.
Voici la répresentation d'unde ces Traineaux,
qui pourra donner une idée plus
juste du spectacle qui donne lieu à cet
article. Il aéré dessiné d'après un de ceux
du Prince de Carignan.
FESTE SOLEMNELLEceléb>èt
dans PEglife des Angtiftins dêchauffez.
y au sajet de la Découverte du Corps
de S.Augustin,
LE 16. Fevrier, les Religieux Augustins
déchaussez du Convent dela Place
des Victoires, célebrerent avec beaucoup
de solemnitéladécouverte du Corps
de S. Augustin. Cette Fête fut annoncée
Ja veille parleson de toutes les cloches,
L 4 .Irois
Trois cens hommes du Guet, ordonnez
par M. le Comte de Maurepas,& commandez
par les sieurs Duval, pere& fils,
mirent un grand ordre à cette cérémonie.
Ils se rendirent dès six heures du matin à
la gran deporte dela cour duMonastere ,
& OLtds [e rangerent en haye jusqu'à la
Place desVictoires
,
à l'exception de 50.
hommes qu'on réserva pour écarter la
foule.
Sur les huit heures du matin les Religieux
escortez d'un détachement duGuet,
allerenten procession prendre le Chapitre
de Notre Dame qui fut reçu à l'Eglise des
-l'UIUflins au bruit des boëtes & de plusieurs
pieces decanon &au son des tymbales,
des trompettes & des hautbois;
rEgHfeetoic ornée &éclairéeavec autant
d'ordre que de magnificence. Le Choeur
de cinquante pieds de long sur trente cinq
de large étoit fort orné; on y avoit dressé
un Are de triomphe,fous lequel on avoit
mis une statuë en cire de S. Augustin revêtu
d'habits Pontificaux, une Crosse àla
main. Messieurs de Notre-Dame officierent
; la Messe fut celébrée par M. Vivant,
Grand-Chantre, & chantée par la
Musique du Chapitre. M. le Cardinal de
Noailles qui ne put pas se rendre avec son
Chapitre, à cause de son grand âge, arriva
pendant la Messe , & S. EI. fiutirjeçàue
à la porte parles Religieux qui le conduisirent
dans un Appartement préparé. La
Messe étant finie, S. E.revêtuë de ses habits
Pontificaux,& accompagnée d'un
grand nombre d'Officiers alla à l'Eglise.
Le R. P. Provincial,à la tête de sa Communauté
,
le reçut à la grande Porte, lui
présenta l'eau benite
,
l'encensa
,
& lui fit
un compliment qui fut fort aplaudi.
Son Eminence conduite au Trône
qu'on lui avoitpréparé, entonna le Te
Deum,qui fut chanté par la Musique de
Notre-Dame,au bruit du canon & des
boëtes. Le Chapitre s'en retourna ensuite
processionnellement, précedé des Gardes
qui l'avoient accompagné le matin.
Le soit les Vêpres furent chantées par les
Religieux de la Maison. M. l'Evêque de
Toul y officiapontificalement. Il y eut
un Discours qui fut prononcé par le
Pere René, lequel prit son Texte du
49e. Chapitre de l'Ecclésiastique : Qjfa
ipsius vifitaiafunt^ & postmortem prophetaverunt.
Le Sermon étant fini, on célebra
un Salut du S. Sacrement, suivi d'une
Procession: M. PArchevêque de
Roüen, y officia & plusieurs des Prélats
qui avoient assisté à la solemnitédu matin
setrouverent au Service de l'après-midi.
Enfin la Fête fut terminée par des salves
d'Artillerie.
d'Artillerie, & le foir il y eut de grandes
illuminations.
BENEFIeES DONNEZ.
L'Abbaye Commandatairede Breüil-
Benoît, Ordre de Cîteaux
,
Diocèse
d'Evreux, vacante par le décès de M*
Poncet de la Riviere
,
Evêque d'Usez
, a
été donnée à M. Pierre Guillaume Gaillon,
Prêtre du Diocèse d'Evreux.
L'abbaye Commandataite de S. Remy
de Reims, Ordre de S. Benoît, vacante
par le decès du Cardinal Gualrerio
, en faveur
du Cardinalde Gesvre.
-
L'abbaye Commandataire d'Obazine t.
Ordre de Cîteaux, Diocèse de Limoges.
vacante par ledecès de M.de Lescure, en
faveurde M. de la Rocheaimon,EvêqjAÇ
deSarepte.
: L'Abbaye Commandataire de Bofchaud,
Ordre de Cîteaux, Diocèse de
Perigueux, vacante par le decès de M.
Medidier, en faveur de M. Jeande Pons,
Clerc tonsuré du Diocèse de Clermont.
L'Abbaye Commandataire de S. Maur
sur Loire ,Ordre de S. BenoÎt, Diocèse
d'Angers, vacante par le decès de M.
Martineau,enfaveurde M. de Lozandieres,
Chanoine de l'Eglise primarialede
N^ncy
Liiij L'Abbaye
- L'Abbaye Commandataire de S. Eloy-
Fontaine, Ordre de S. Augustin, Diocèse
de Noyon, vacante par le decès de
M. Poncet de la Riviere
y
Evêque d'Ufez
, en faveur de M. de Chevricrs, Aum
monier de la Reine& Comte de Lyon.
L'Abbaye Commanditaire de Mortemer,
Ordre de Cîteau,Diocèse de Roüen,
vacante par le decès de M. de Ratabon,
ancien Evêqùe de Viviers, en faveur de
M. Charles Beaupoil de S. Aulaire,Aumônier
delaReine.
Le Ptieuré Commandataireconventuel
& électifde Mortagne, Ordre de S. Augustin
,Diocèse de Saintes,vacant par le
decès de M. de France, en faveur de M.
Leon de Beaumont,Evêque de Saintes.
Le Prieuré Commandataire, conventuel-&
électif de Reugny, Ordre de saint
Augustin
,
Diocèsede Clermont,vacant
par le decès de M. Dardan, en faveur de
M. Cesar de Cuers, de Cagolin , Prêtre
du Diocèse de Toulon.
L'Abbaye 4e Notre-Dame de Mercoire,
Ordre de Cîteaux
,
Diocèse de Mende,
vacante par le decès de Mad. de Celez,
en faveur deMad. de S. Herem de Montmorin
,
Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye de S. PauldeSoissons, Ordre
de S. Augustin
s vacante par le decès
de Mad. d'Epinay de Lignery , en faveur
1:.
- de
3e Mad. de Fourcy,Religieuse de l'Abbaye
du Pont-aux-Dames,
L'Archevêché de Bourges,vacant par
la démission de M. le Cardinal de Gesvres,
dernier titulaire, en faveur de M,
l'Abbé de Roye delaRochefoucault Prêtre
u Diocèse de & Vicaire
general de l'ArchevêchédeRoüen.
L'Abbaye Commandataire de S-. Barthelemy
,
dans la ville deNoyon, Ordre
-
de S. Augustin
, vacante par le decès de
M.de Ratabon,ancienEvêque de Viviers,
en faveur de M. Bauyn, PrêtreduDio
cèse de Paris, & Chancelier de l'£-
glise Metropolitaine de Paris.
L'Abbaye Commandataire de S. Arnoult,
dans laVille de Metz, Ordre de
S. Benoît, vacante par le decès du Sieur
Chazot
,
dernier titulaire, en faveur de
M. François Sanguin de Livry, Clercou
Diocèse de Paris.
L'Abbaye Commandataire de Chateliers,
Ordre de Cîteaux, Diocèse de Poitiers
,vacante par ledécèsde M. de Lortaine
d'Armagnac
3
évêquedeBayeux
en faveur de M. François Joseph Poufsard
du Vigean, Prêtre du Diocèsede
Poitiers, Docteur de Sorbone.
L'Evéché de Bayeux,vacant par le de-zcèsde.
M.Lorraine d'Armagnac ,-en.
1-V:' faireur
faveur de M. Paul d'Albert de Luynes, Grand-Vicaire de Meaux.
L'Abbaye Commandataire de S. Savin
de Lavedan,Diocèse de Tarbes, Ordre
de S. Benoîtvacante par le decès de M.
Baillif,enfaveurdeM. l'Abbé de Langle
,
Chanoine de Rennes.
L'Abbaye Commandataire de Breüil Ordre de Cîteaux , , Diocèse de Limoges
, vacante par le decès de M. Poisson ,
en faveur de M. Martial Sardine,Prêtre
du Diocèse de Limoges.
Le Prieuré de S. Loup de Nau, Diocèse
de Sens, Ordre de S. Benoît, dé..
pendant de l'Abbaye de S. Pierre- le-Vif,
auquel le Roy a droit de nommer, à cause
de l'union de cette Abbaye à la Cure
de Versailles, vacant par le decès de M..
Laurenceau,en faveur de M. Claude Auguste
Tissartde Rouvre, Prêtre Docteur
de Sorbonne.
L'Abbaye de Gercy
,
Ordre de S. Benoît
,Diocèse de Paris, vacante par le
decès de la DameFoucaut
, en faveur de
Mad CharlotteCarteldeS. Pierre, Religieuse
de l'Abbaye de Bellefond.
L'Abbaye secularisée de S. Sernin de
Toulouse, Ordre de S. Augustin
, vacante
parle decès de l'Abbé Sanguin de Livry
, en faveur de M. Henryde Rousset
de
rte Ceilhes de Rocozel, Prêtre du Diocèse
de Lodéve.
La Coadjutorie de l'Evêché de Quebec
en Canada, en faveur de M. Dosquet,
Evêque de Samos, du consentement
de M. Loüis François de Mornay , titulaire de cetEvêché.
MORTS, BAPTEMES
& Mariages. MArtin de la Cassagne
,
Evêque de
Lescar, mourut dans son Diocèse
le 13 du mois dernier, âgé de près de
90.ans.
Le 17 du même mois, Dame Catherine
Varin, veuve de Jean Coste de Champeron
, Ecuyer, Conseiller, Secretaire du
Roymourut âgée de 8 5 ans 6 mois.
Le Janvier, M. N.Silvain, cydevant
premier Valet de Chambre de feu
MONSIEUR,mourut âgé de 92 ans. Il
joüissoit de 3 0000 liv.derentes sur la
Tontine, étant le dernier de sa Classe.
Dame Elizabeth le Cocq ,veuve 4e
Jacques de Souillac, Marquis de Chatillon
, Lieutenant General des Armées du
Roy & dans la Province du Roussillon,
mourut icy le 21 Janvier, dans le 78e
année de son âge. Ivj MaxiMaximilien
H,'nry de Béthune, Duc de
Sully, Pair de France, Prince Souverain
d'Henrichemont & de Boisbelle, Marquis
de Conry, Comte de Gyen
,
Vicomte de
Meaux-Breteüil ,&c. Lieutenant General
du Païs de Vexin-le-François, Gouverneur
des Villes & Châteaux de Mante &
de Gyen
,
Chevalier des Ordres du Roy,
mourut le 2 Février, dans la soixante &
uniéme année de son âge,sanslaisser
d'Enfant de son mariage, avec Dame
Marie-Jeanne Guyon, veuve de Loüis-
Nicolas Fouquet, Comte de Vaux, &c.
Le 5 ,
après avoir été exposé sur un Lie
de Parade, dans son Hôtel, il fut porté
en grand Convoy, auquel assisterent un
tres grand nombre de Seigneurs & de Personnes
de distinctions, en l'Eglise ParoisbaIe
de S. Paul, lieu de sasépulture.
Il croit fils puisné de Maximilien-Pierre-
François deBethune, DucdeSully,
Pair de France
,
Chevalier des Ordres du
Roy, &c. & de Dame Antoinette er..
vien. Il porta le nom de Chevalier de
Sully durant la vie du Duc de Sully son
frereaîné. Il entra fort jeune dans le Ser-
'\7ice,,'<\. (c fiiïml.t particulierementaux
Siéges de Philisbourg, de Manheim
,
de
Franckemberg, de Dixmude &d'Ath,ÔC
d'J.llS les Combats de Luzara, deCassano,
&.. où il commandoit la Cavalerie sa
qiuiiceL
qualité de Brigadier des Armées du Roy.
Il devint Duc de Sully par la mort de Ma.-
ximilien-Pierre-François-NicolasdeBethune
son frere
,
arrivéele24. Décembre
1712,nelaissant point d'Enfans de ion.
mariage avec. Dame Armande du Cam
bout de Coaslin
, morte en 1721.
Le nouveau Duc de Suily prêta ferment
de Duc & Pair de France
, & prit séance
au Parlement le 14 Février 1713. Il fut
fait Chevalier desOrdres du Roy, le 3
«
Juin 1724. Ilétoit leVeDucdeSully
depuis l'érection de l'ancienne Baronie
de ce nom en Duché & Pairie, faite au
mois de Février 1606, en faveur de Maximilien
de Bethune,premierdu nom,&c,,',
dont la posterité,par Anne de Courrenai,
sa premiere Epouse
,
finit en la personne
du Duc de Sully, qui vient de mourir. Il
est fort regretté par ses belles qual irez surtour , pour sen goût pour les Lettres ÔC
par la bienveillance particuliere dont il
honoroit les Personnes qui s'y distinguoient.
La Duché & Pairie de Sully ne fort
point de la branche aînée de sa maison,
& passe à la personne de Louis-Pierre-
Maximilien de Bethune
,
Marquis de
Courville& de Villebon
, Comte de Ne-*
gent, &c. Chevalier de l'Ordre de la
Taisond'or, &c.de la maniere qui suit t. 11ax
Max. de Bethune, I. du nom, Duc de
Sully, Marquis de Rosny, &c. Pair Be
Maréchal de France, Grand-Maître de
l'Artillerie Sur-Intendant desFinances,
& premier Ministre fous Henry IV.épousa
en secondes nôces
,
étant veuf d'Anne
de Courtenay
a
Rachel de Cochefilet,
dont il eut:
François de Bethune
,
Comte & puis
Duc * d'Orval, &c. Sur-Intendant des
Bâtimens & Grand-Voyer de France,
Lieutenant General des Armées du Roy , & au Gouvernement du Païs Chartrain;
Chevalier des Ordres du Roy, & premier
Ecuyer de la ReineAnne d'Autriche,
morte en 1678. lequel par (on premier
mariage avec Jacqueline de Caumont de
la Force, donna naissance àMaximillien-
Alpin de Bethune, Comte d'Orval, &c.
Le Comte d'Orval, mort en 1692J
laissa de son mariage avec Catherine de
la Porte, Maximilien-François de Bethune,
Marquis de Courville,&c. Enseigne
des Gendarmes de la Garde du Roy,
qui mourut le 8 Avril 1685,âgé seulement
de 28 ans, laissant de Dame Marie-
*Par Lettres du mois deJuin1(51, d'érertion
en fil- faveur, des Seigneuries de Nogent It
Rotrott, de Montigni &c. en Duché & Pairie
i lesquelles Lettres n'eurent point de lieu,
faute d'enregistrementavantsa mort.
Jeanne.
Jeanne d'Orleans de Rothelin son Epouse
,
Louis-Pierre-Maximilien de Bethune,
né posthume
,
dont il est parlé cy-dessus,
& qui devient Duc deSully, Prince Souverain
d'Henrichemont, &c. parles
[ droits de sa naissance.
Il a servi dans les dernieresguerres en
qualitéde Mestre de Camp du Regiment
de la Reine, à la tête duquel il fut blessé
à la Bataille de Malplaqué. Il a été premier
Gentilhomme de la Chambre de feu
Monseigneur, Fils de France, Duc de
BERRY
, & Lieutenant General au Gouvernement
du Païs Chartrain. Après la
mort de ce Prince, il reporta au Roy
d'Espagne son Collier de l'Ordre de la
Toison d'or, duquel Sa Majesté Catholique
le revêtit, avec l'agrément du Roy. Ilaépouséle 10 Janvier 1709. Dame
Loüise Desmarets
,
fille de N. Desmarets,
Marquis de Maillebois, &c. Ministre
d'Etat, Controlleur General des Finances
, Grand - Trésorier & Commandeur
des Ordres du Roy, & de Dame Magdelaine
Bechameil de Nointel, dont il a
deux filles,Nicole- Maximilienne &
Magdelaine-Henriette-Maximilienne de
Bethune.
Le Duc d'Orval prit une seconde alliance
avec Dame Anne de Harville,fille
d'Antoine, Marquis de Palaiseau,&c.
morte
morte le 1 8 Novembre 1716. dont il y
a eu plusieurs enfans. Il ne reste aujourd'hui
de ce second mariage qu'Armand de
Béthune, Abbé des Abbayes de Senan.
ques, de Pontieres & de Blanche-Couronne
,
& de Nicole de Berhune, Abbesse
de Giff, Ordre de S. Benoît
,
Diocèse
de Paris.
Le 4. Philippe Varnier, Ecuyer, Con.-
seiller Secretaire du Roy, Greffier en Chef
des Requêtes de l'Hotel, mourut âgé
d'environ 84. ans.
Le 10. Dame Marie Françoise de la
Grange,veuve deM. Jean-Jacques Charon,
Chevalier,Marquis de Menars,
Presidentà Mortier, mourut à Paris,
âgée d'environ78. ans.
Le 5. François Sanguin de Livri, Abbé
des Abbayes de S. Arnould de Metz,de
Livri, de Fontenay & de Beaulieu, mourutdans
la 52eannée de son âge. Ilétoit
Ambassadeur du Roi en Portugal, lorsqu'il
fut nommé Ministre de S. M. eaj
Espagne, & il avoit été Ambassadeur en
Pologne.
Anne Bernard SauvestredeClisson,
Capitaine d'une des Compagnies de Grenadiers
du Regiment des Gardes-Françoises,
Brigadier des Armées du Roy,
Chevalier de l'OrdreMilitaire de Saint
Louïs, mourut le 21 Fév. âgé de 74. ans.
Sjmoa,
Simon Bolduc, Apoticaire de la Reine
d'Espagne,&cy-devant de S. A R. feuë
JVÎaimme, l'un des anciens Académiciens,
Pensionnaire de l'Académie des
Sciences, ancien Juge Consul, Se ancien
Marguillier de S.Sulpice
a mourut Je 24
Février
,
âgéd'environ 82 ans,dans la ré..
putation d'une capacité conforamee,5t
d'un grande probité.
Le 18 Decembre dernier, Dame Mar';'
guerite du Bosc ,
épouse de Bernand
Cesar, Marquis du Guesclin, &c. Mestre
de Camp de CavalerieGentilhommede
la Chambre de M. le Duc d'Orleans, accoucha
d'un fils, qui fut endoyélemême
jour, & auquel les ceremonies du Baptême
furent suppléées le 27janvier. Il eut
pour Parain M.le Duc d'Orleans,& pour
MaraineMademoiselle Elisabeth- Philippe
d'Orleans,premiere Princessedu Sang.
Le Chevalier de Rohan,qui a pris lé
nom de Comte de Chabot,épousa le30
-Janvier, Mademoiselle de Retz,riche
heririere de Bretagne.
La nuit du 24 au 25 du même mois,
M. le Pelletier de Beaupré, épousa dans
l'Eglise S.Thomas du Louvre,Mademoiselle
de Cotte, fille de M. de Cotte ,'.
Direéletlr General de la Monnoye des
Médailles.
Michel-Philippe Levêque de Gravelle,
ConConseiller
au Perlement de Paris, filsde
Nicolas Levêque,Maître des Comptes,
& de Dame N. Guillois
,
épousa le 15 Février,
Marie-BarthelemiToynard, fille
de M. Toynard, Fermier General.
Joseph - Pierre Dufort, Maître des
Comptes,fils de N. Dufort, Maître des
Comptes, a épousé N. Soulet, fille de Nicolas
Soulet, Conseiller au Parlement,
Doyen de la cinquiéme Chambre des
Enquêtes.
M. JacquesBernard Chauvelin,Maître
des Requêtes,fils de M.Bernard Chauvelin,
Conseiller d'Etat, Intendant de Picardie&
d'Artois,& de Dame Catherine-
Martin, épousa le 16 Février DlIe Marie
Oursin, fille de Jean Oursin,Conseiller-
Secretaire duRoy, &c.& de Dame
Catherine Allem.
Le sieur Collin avertit le public, qu'il a apporté
d'Espagneun secret tres-particulier,qui
vient de l'Amerique, pour faire plusieurs fortes
d'Encres à écrire, d'un beau noir de Jais
velouté; il n'y aura jamais de blanc ni de moisi
, ni aucune acrymonie dessus
, & ne se corrompra
jamais, quelque gardée qu'tlle foit ;
elle est nette comme du vin & bien coulante.
Il possedeaussi le secret de faire de l'Encre dé
la Chine en bâtons.
Il demeure rue de la Vieille Draperie,chez
M.d'Ambrun,Maître Cordonnier, au fécond
,"¡¿"rtement. A Pâquesil demeurera rue de
A.
laSavaterie,chez M. François, à l'Image Nôtre-
Dame,au premier étage,à côté de l'Hôtel
de Pepin.
Les Planches & les Estampes deCallot, de
la Belle& de Silvestre,que le sieur Fagnani,ruë
de la Monnoye , devoit mettre en vente le 7
Mars, selon l'annonce qui en adéja été faite»
est remise au 20 du même mois de Mars, Qil
toutes personnes feront bien reçuës pour voir
& examiner toutes les curiositez de plusieurs
especes, lesquelles feront délivrées au plus
offrant & dernier encherisseur.
Ona imprimé par méprise
, dans le Mercuredu
mois dernier, page44. laRépliquédel'Jibbé
le Franc, au sujet du Paradoxe du P.Cafiel9
avant la Lettre de Monsieur B. H D. R. qu'om
trouvera dans le Mercure prochain.
EDIT, ARREST,
SENTENCES DE POLICE, &c.
EDIT DU ROY,portant création de trois
Maîtrises d'Eaux& Forêtsen la Province dAuvergne. DonnéàVersailles au mois de
Décembre 1728.
ARREST du 7. Décembre, concernant les
Certificats des mentions faites par les Notaires
sur les Minutes & Grosses des Contrats de
Rente sur l'Hôtel de Ville, en éxecution de
l'Arrêt duConseil du 24. Juin 1722, qui n'ont
pas encore été remis aux Payeurs
LETTRES PATENTES sur Arrêt du 14;
Decembre.
4
Décembre 1728.concernant les Vifis, la tr"'-
niere &la forme danslefyu"ilcslesCommis
d,:sFermzs du Roy 1rs pourront faire
dansles
Abbayes & autres CvnvC:l¡s de Fi'iies. ')
ARREST du mèmcf jour, qui deffendaux
Cotninunauiez-i'Hcibvans d'acquérirdes Domaines
par la voye de.R/jytf.t'. s ,
sans y être
autorisez par Mr le: Intendans des Provinces
,
DECLARATION DU ROY au sujet d«
l?enùarqU£n-.erK& d.i déHarqjment desJWa-i
telots ons les Ports d': Royaume, Terres Sà
Pais de 1''rflanCe de S. M. èx dans les PayS
étrangers; & iaili
,
Il Cujt des à ~co •..t^Sq
peuvent être donnez sur Lslai,ires
defdrtsi
Matelots. Donnée à Versailles le 18 L»e_eixrbîd
1728. Registréeen Parlement le 14rvuer17^^
AUTRE du même jour, au sujet de làd
Pêche des Moules dans lesProvinces de FlanJ
dres, ays conquis & reconquis,Boulonnois,
Picardie &Normandie.
ARREST du 19. Décembre, concernant
les Officiers des Chancelleries établies près les
Cours ix Conseilssuperieurs&Provinciaux
AUTRE du même jour, qui proroge pendans
un an lafaculté accordée auxNégocians
Françoisqui fontlecommerce des Isles & Co-1
lonies Françoisesdel'Amerique, d'envoyer
leurs Vaisseaux directement en Irlande, pour y
acheter des Boeufs salez, les transporter enfuite
sur les mêmes Vaisseaux aufdites Isles Stj
Colonies. A
AUTREdu +» Janvier, portant moderation deat
les Droits de Marc d'Or, Sceau,Enregistre-
C:!1s.'chez les Gardes des Rôles
,
frais de Receptions
& Instalation des Offices vacans ,
oi*
de nouvelle créationqui feront levez aux Revenus
Casuels pendant le courant de l'annee 172.
AUTRE du même jour; concernant les
Mongueurs & largeurs des différenteseipeceS
d'Etoffes des Manufactures de Beauvais.
AUTRE du 18. Janvier, qui regle les Droits
desortie qui doivent être perçus sur les Etofses
de fil, poil oulaine, mêlée de boye.
AUTRE du mêmejour, en interprétation
-de celui du 19. Octobre 1718. concernant les
Droits de sortiesur les Chapeaux
ORDONNANCE DE POLICEdu ZI,
Janvier, portant deffensesà toutespersonnes
msiquées, de porter ou faire porter épées,
bâtons ou autres armes.
ARREST de la Cour de Parlement, du 14,:
- J. nvier, qui permet d'exposer & vendre des
-0-eufs pendant le Carême prochain dans les
Marchez& Placespubliques de cette Ville.
AUTRE du 29. Janvier, qui permet aux
Rentiers ausquelsilest échu &pourra écheoic
à l'avenir plusieurs Lots à prendre sur differens
Contrars, de réünir lesdits Lots sur,celui
desdits Contrats qu'ils voudront cnoifir. -
AUTRE du premier Fevrier, lesRentes concernant viagères constituées par la CompaiOle;
des Içdes,
4?i
APPROBATION.
]Ay lû par ordre de Monseigneur le Garde
des Sceaux, le Mercure de France du mois
deFévrier,& j'ai crû qu'on pouvoit en permettre
l'impression. A Paris, le 5. Mars
-271?* HARDION.
TABLE
F)roces fugitives.L'Ambition, Poèmeallégorique,
lettre 10f de M Caperon, sur les Sels contenus
dansl'Air,&c. 117 LeçondePoësieàMadameB 21f Lettre sur une Expression ancienne, &c. 226
Epitre &Réponse, 237. & 13* De qui s'est passé à l'Assemblée publique à la
derniere Assemblée de l'Academie des Sciences
de Montpellier, 140
La Solitude, Poëme, 247
Replique du P. Castel au Chevalier de Lou- ville,154 Ode contre les Athées,&(;. 262.
Explication du mot Bigre, 169
L'Amour profane, ode, 171
Suite de l'Histoire Littéraire de la Ville de
Lyon, &c. 177
Sonnet sur la Convalescencedn Roy, 192.
Question surles Logogryphes enVers,&c.293
Enigmes &Logogryphes en Vers<1~8
Nouvelles Littéraires des beaux Aies, &c,
PoiPortraits
& Eloges des Premiers Présidens
- du Parlement d'Aix
, 301
Quatrième Tome des Hommes Illustres dans
la République des Lettres, 308
Bibliotheque Germanique & Discours prononcez
a l'Académie de Petersbourg
,
313
Bibliothèque Grecque, &c. 318
Les Amusemens de l'Amitié, 317
Motets de feu M. de la Lande, &c. 332.
These de Théologie,&c. ;3)
Nouveau Traité d'Archnecture , 337
Examen Philosophique de la Poësie en général,
33?
Nouvelle Edition des Conciles du P. Labbe,
&c. 344.
Discours de la Société Royale de Londres au
Prince de Galles, 149
Chansons notées, 354
Spectacles, 3 55 Début de Mezetin à la Comedie Italienne)J5(;
Nouvelles du Temps; de Turquie, Russie,
Pologne,Suede, &c. 361
Dannemarck
,
Allemagne, Italie, PortugaL,
Espagne,&c. 364
Echange des Princesses d'Espagne & de Portugal
pour le double Mariage du Prince des
Asturies & du Prince du Bresil, 370
Nouvelles dela Grande-Bretagne,&Discours
du Roi aux Chambres, 374
Morts, Naissances des Pays Etrangers, 378
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 38s
Concert des Thuilleries, 390
Concerts chez la Reine, 392.
Jugement rendu à Lyon contre le sieur Matulon
,
sur la solution de la Quadrature du
Cercle, 594
Bénéfices donnez, 401
Morts, Baptêmes, Mariages» 40J
-redans l'Eglise dis Augustins Dé-i
chaulirz,' $9t
Ijcncficff donnez, 401
Morts;Baoteires,Marisgrs, Edits 4oj ,AnêcsjSentences,Src.. 413
Errata du 1. volume de Décembre. PAge r.
2837. ligne19. 1670.lisez 1680.
Errata de Janvier.
PAge
83.ligne,12. il dit, lisez dit,
- Pag. 84.l.16. mieux, ôtez. ce mot.
Pag.120.l.34. Londres, ajoutez, chez Rib-
,.
botau
3 en 1709. *
Padge 1931,l.4. dudit Hôtel, lisez, à la place,
l'Hôtel de Ville de Paris.
Tantes à corriger dans ce Livre. Page
291. l'Asie, lisez. lavie.
VJtrnotédoit regarder lapage 3?4
La ïlanthe des Traîneaux, la page ^9,
DEFRANCE,
1 1 DÉDIÉ AV ROY.
Chez
GUILLAUME CAVELIER, rue
S. Jacques,au Lys d'Or.
LA VEUVE PISSOT,QuaydeConty,
à la descente du Pont-Neuf, au coin
de la rue de Nevers,à la Croix d'Or.
JEANDE NULLY, au Palais,
à l'Ecu de France & à la Palme.
M. DCC. XXIX.
ftvec ufpprobathn & Frivilege du Roy*
AVIS. LtADRESSE gênera:e pour toutes
ebofès ejl a M, M OR.EAU.,
Commis austa Comédie
Françoije
,
a Paris. Ceux qui poar leur
commodité voudront remettre leurs Paquet;
cachetez* aux Libraires qui vendent le
Mercure à Paris, puvent se servirde
cette vetye pour les fairetenir.
On prie très - injl<vftv:an
,
quand on
adre/Jc des Lettres ou Paquets par la Pude, leP~;rt., d'avoirfoind'enaffranchirlePort,
çommecelas'ejïtoujours pïdÚq/-té afin
d'épargner, à nous le dcplaifir de les
rebuter, & à ceux qui les envoyent..
celui
A
, non - feulement de ne pas voir
pAraître leurs Ouvrages, mais même de
les prrdre , s'ilsnen ont pas gardé de
copie.
Les LibrairesdesProvinces& dcs Pays
Etrangers, on les particuliers- qui souhaiteront
avoir le Mercure de France de
la prollier: >-.ain, cr plus prompternent 3 n'auront qua donner leurs adrijjcs à .'d.
jMareait3qui aura foindefaire leurs payuets
sans perte de temps, & deles faire
portcrsur l'heure à la Poj/e) ou aux AUfz
fgeries qu'on lui indiquera.
-
f,.Jx XXX,$0L|«
1
FEVRIER. 1729.
PlBCES FVGITlfES,
en Vers6en Prose,
L'AMBITION.
ALLEGORIE. 1
Ans ces jours fortunez de fanfance
du monde,
Temps qui des vrais plaisirs fut 1.
source féconde,
s humains affranchis de la cupidité,
ivoient soumis aux loix de la simplicité.
Aij Nul
Nul interêt encor dans leur ame épurée,
De leur sainte union ne bornoit la durée.
Alors un Arpenteur, sa Perche dans la main,
N'alloit point à chacun assigner son terrain.
Laterre, des Mortels le commun heritage,
A leurs sobres desirs se livroit sans partage:
Et d'un même limon tous les hommes paîtris,
D'un aliment égal étoient encor nourris.
La médiocrité bannissoit la licence.
:,
Avec elle regnoit la modeste innocence.
Lucifer en frémit, & son couroux fatal, j
Veut d'abord consulter le Sénat infernal. j
Il s'assemble au Palais du tenebreux Empire j
Sur un Trône de fer le Monarque soupire.
On voit à ses cotez le dépit, la fureur,
La mort,le desespoir, la haine, la terreur;
Et lorsque des Démons les Ministres antiques
Onct prishsuivanit lequrs ranugs leuer placseHie,rar
Leur Prince concerné leur adressè ces mots. 1
Du Royaume des Morts redoutables suppôt,
Vous qui voyez ici mes feux prêts à s'étein
dre, 4
si regner sur vous seulsfaut-il donc me re:
fia'in.cjre.'J
Corn
Commenttous les Mortels dévolus aux Enfers,
Ont-ils pu toutefois se soustraire à mes fers?
Parlez. La More sur eux n'a-telle plus d'EI1I.
pire ? 1
Perd-elle aussî ses droits sur tout ce qui respire?
Ou si contre eux encore elle lance ses traits,
Jaloux- de monpouvoir, quels ennemis secrets.
Sanctifiant le cours de l'humaine carriere,
Entre l'Enfer& l'hamme,ontmis une barriere
Il dit; de sa douleur qui s'augmentetoûjours,
L'ambitions'empresse à terminer le cours.
Ta puissance danspeu doit être raffermie
7
Dit-elle, je connois ta fatale ennemie.
-
La-médiocrité (son nom trouble messens )
î>ans ton Domaine obscur cause ces maux
namancy.
ElleasçûdesHumainsasservirlegénie.
L'innocence complice arme sa tyrannie.
Maispour leur arracher cet empiredes mains,
Je neveux que m'offrir aux regards des hu..
mains.
Tu verras mon pouvoir enfantant tous les cri-
•• mes,
Timmoler chaque jour de nombreuses Victimes..
- A iij Ces
Ces mots de Lucifer, appaifent le courouz
Oüi. ma fille, dit-il, vange-toi, vange-nous.
Des humains révoltez cours réprimer l'audace.
Qu'à ton brillant afpeél: chacun suive ta trace.
Soumets uneRivale, & sur tout souviens-toi,
Que l'Enfer & mes droits font commis à ta foi.
Des lieux sombres, à ceux où nous prenant
naissance ,
Déjà l'ambition franchi: l'espace immense.
De ses complots affreux les Ministeres divers,
Avec elle en ce jour sortirent des Enfers :
La discorde, l'envie au teintpâle & livide,
L'orgueil, la trahison 8c l'intérêt avide.
Leur Maîcresse paroît dans un Char radieux.
L'audaceest sur sonfront. La fierté dans ses
yeux,
Ils semblent annoncer ses volontez suprêmes.
Elle tient dans ses mains Sceptres & Diadêmes.
L'or forme le tissu de ses riches habits,
L'Emeraude s'y mêle à l'éclat des Rubis,
Et dans cet appartil qui fonde son Empire,
Elle tient ce discours aux Peuples qu'elle attire.
•
Mortels, que faites-vous? Quels honteux
préjugez?
A vivre sans desirs vous ont donc engagez?
Ce chef-d'oeuvre des Cieux, ce Roi de la Nature,
L'homme doitil vieillir dans unevieobscure?
Ne fûtes-vouscréez Maître des animaux.
Que pour les imiter & vivre leurs égaux?
Ouvrezenfin les yeux; c'est trop vous méconnaître
Pourun plus beau destin ces lieux vous ont vû
naître;
Faites pour en joüir des efforts généreux,
L'hommesans passions nesçauroit êtreheureux;
Et toutefois,helas ! dans vos aines craintives,
La médiocrité tient les vôtres captives,
Vous dérobe
aux honneurs, aux rangs, aux
dignitez,
Dont, prodigue envers vous, le Ciel vous
dottez.
tAiïez & trop long-temps elle a fû vous séduire.
Au tribut des faisons cessezdevousréduire.
La terre produit bien quelques fruits au dehors,
Mais elle a dans son sein de plus rares trérort;
Si de les enlever vous avez le courage,
Aiiij Tous
Tous les biens avec eux feront votre apanage.
Elledie, & soudain sa bouche dans les coeurs
Souffle avec son esprit le poison des grandeurs
Fuyez. vertus, candeur,sagesse, temperance,
Plaisirsconstans & pursenfans de l'innocence,
Fuyez. Du monde entier maîtresse desormais,
La fiere ambitionvous exile à jamais.
Les Humains sur ses pas vont au sein dela
terre,
Ravir avecardeur les trésors qu'elle enre-rre.
Ce Métal ennemi, dont la fécondité,
Fit parmi les Mortels naître la pauvreté
>
Et qui de notre culte Idole favorite,
S'arrogea le sçavoir
,
l'Honneur &le mérite.
Dtabord à l'homme avide il donna des liens, tyran de la terre, en séquestra les biens i
-
Puis-de tout l'Univers changeant l'oe.conomÏe'i
v
On n'eut plus que par lui les besoins de la vie.
Il fallut acheter maisons & vêtemens;
Chacun au poids de l'or paya les alimens :
Et des seuls animaux l'espece toûjours-sage.
.£Ut des riches moissons le franc&libre usage.
La liberté chez eux s'en va trouver un Port.
L'hom-y
l'hommelaperd; le foible oppriméparle fort
Vasubir fous lejoug d'une injustePuissance,
Une Loi que soudain dicte la violence.
Les Humains franchissant un long cercle de
jours,
Par un trépas tranquille en achevoient le cours,
Depuis, en butte aux traits d'une main meurtriere,
Ils ont vû dans le fang terminer leur carriere.
Le fer qui fut donné pour former des silions
1
Hérisse dans les Camps de nombreux Bataillons.
L'ambition triomphe, & contemple en sa rage
Des Mortels divisez, le meurtre & le carnage,
Les premiers asservis veulent à l'Univers,
Ainsi que leurs Tyrans,communiquer leurs
fers ;
Tout s'arme
,
& dans- ce trouble on diroit que
la guerre,
De tous ses habitans va dépeupler la terre.
Toutefois les vainqueurs suspendent leurs
exploits;
On bâtit des Citez; on établit des Loix ;
La raison
, ou plutôt la force les fait suivre;
Mais que sert qu'ici bas l'ordre semble revivre
> Av Si
Si de l'ambition les attraits séducteurs,
Plus fortement encore enchantent tous les
coeurs.
Les Loix de la Nature, helas! presque effacées
,
Par Licurgue & Solon, * ne font pointremplacées
j
Et toujours le Torrent dela cupidité,
Rompt la Digue,&franchit l'humaine-autorité.
-
C'en est fait, de son coeur l'homme a fondé le
vuide;
Plus il a de tresors, plus il en est avide.
Tel, dans l'ardente soisdont il cft dévoré,
L'hydropique en buvant n'est que plus alteré.
Il faut que la fortune aveugle en ses largesses ,
Au gré des passions répande ses richesses.
Loind'ici la vertu, si ses principes vains,
Des Mortels désormais traversent les desseins
Son marque leur suffit. Une fille infernale
S'en saisit à propos, & devient sa Rivale.
Ou ses yeux vers le Ciel semblentêtre fixez,
Ou toujours Cur la terre elle les tient baissez.
Davns son houmilitéqc'est l'ourgueil qeu'elle .in- * Législateurs de Laceientone & d'ÂlhhJe,. * Fil
Etl'autoritépeint son visage équivoque.
Sous ce déguisement elle voile ànos yeux
De son avide coeur les complots factieux.
C'est de l'ambition la compagne fidele ;
Sa foeur la Politique, aussi perfidequ'elle;
Suitle même sentier & marche sur ses pas,
r Ellea pxis dans son lot le destin des Etats,
Et sçaitl'art de changer dans ses sombres m..
ximes,
Les crimes en vertus & les vertusen crimes.
Cependant aux honneurs, qui viennent les
flatter,
Les Mortels envieux s'efforcent de monter.
La Brigue dérobant sa marche clandestine :
Du merite illustré médite la ruine,
Le supplante, & déja remplit de ses Vassaux,
Les Camps & les Autels,la Cour, les Tribunaux.
L'ignorance saisit cette faveur subite ;
Dans l'espritdes Humains le vice s'accrédite.
Les talens méprisezs'éxilent deces lieux;
La vertu qui les suit retourne dans les Cieux;
Et pour unique frein laisse à l'homme parjure,
Des remords inquiets l'impatient murmure.
Avj Sacré
Sacré flambeau d'Hymen qui jadis de deux
coeurs,
Eclairois à jamais les fideles ardeurs;
Et qui ne t'allumant que par la sympatie,
Sentois en feu d'amour ta chaleur convertie.
Tu ne joüiras plus d'un fort si plein d'appas.
L'Hymen est à present couronné de frimars.
Sans le concert des coeurs,il suffit pour sa fête,
Que d'une riche dot il fasselaconquête;
De tendres sentimens, il paroît peu jaloux; *
Souvent sans s'être vûs s'unissent deuxEpoux.
Les parens font d'accord; faut-il d'autres suffrages
?L'Amour fera, s'il peut,le fruit du mariage.
Fille de la candeur, digne present des Cieux,
Sainte & pure amitié que servoient nos Ayeux,
Ici bas désormais tu n'auras plus d'azile,
Non, le coeur des Humainsn'est plus ton domicile
3
Latrahison,l'envie &ledéguisement,
Ont banni de ces lieux ton commerce charmant;
Et par l'Ambition l'ame toûjours guidée.
En conservant ton nom a perdu ton idée.
-
Chacun vole àsonbut des intérêts divers,
Jet.'
Jettent nos liaisons dans d'étranges revers:
Et dès que la fortune excite quelqu'orage,
La confiance s'éclipse, & le coeur fait nauffrage.
Quelle horrible Eumenide a nourri dans son
sein,
Ce Monstre qui paroît fous un aspect humain?
La foisdu bien d'autrui jour & nuit le devore.
Le hazardestle Dieu qu'il craint & qu'il implore
:
Et lorsqu'auprèsde luises voeux font impu.i
sants,
La subtile Laverne * à part à son Encens;
Sa contenance est sombre & ion legard ti\
rouche;
Le blasphême odieux distille de sa bouche.
Des cartes & des dez combinez par le forc;
Il attend un Arrêt ou de vie ou de mort:
Et dans le trouble affreux oùson esprit s'égare,
Il souffre des tourmens inconnus auTenare.
Fatale ambition! Tels font les maux divers 2
Que ta funeste main sema dans l'Univers.
Tu parois, & d'abord l'ami cesse de l'être.
Le fils trahit son pere, & l'Esclave son Maître:
DIeJfe dti Ltrrws,
iOL)-
Ton usurpation n'a plus rien de sacré.
Le Cloîtren'est pas même un azile assuré.
Où ne s'étend donc pas ton audace infernale *
Les Autels font briguez & Themis est venale.
Ne crois pas toutefois par tes pompeux discours,
Alterer un moment le repos de mes jours.
Les Mufes m'ont appris à braver ta puissance.
A leur fertile Ecole instruit dès mon enfance,
J'ai puisé des Trésors dont l'heureuse moisson
,
jDe plus solides biensenrichit ma raison.
Fui donc, à ton aspect ma bîle se rallume;
Et de tes attentats j'ai tropsouillé ma plume-
M. Tanevot;
LET:
LETTRE de M. Capperon, ancien
DJyen de S. Maxent, àM.
sur les Sels contcpus dans Pair, & st
nouvelle Méthode pour voir ces memes
Sels, &juger de leurs effets parrapport
à la jànté. MONSIEUR,
Depuis la Lettre que j'ai eu l'honneut
de vous écrire, où je vous parle de mes
Découvertes touchant les Sels, j'ai appris
que vous êtes dans l'impatience de
sçavoir de quelle maniere je puis connoître
quels font particulierementles Sels qui
peuvept se trouver dans l'air; parce que
non- seulement la chose ne vous paroît
pas devoir être si facile s mais que vous
croyez encore que si cela est possible ,
comme je le fais esperer
, on en peut tirer
de grands avantages pour la santé.
Oüi, Monsieur, j'en pense de même.
Et puisque vous le souhaitez, très volontiers
je veux bien vous satisfaire :
mais pour (ui vre quelque méthode sur
cette matiere, vous me permettrez, s'il
vous plaît, d'aller comme par degrez
grez, c'est-a-dire, que je commencerai
aujourd'hui par vous faire connoître que
les Sels répandus dans l'air font certainement
de grandes impressions sur nos
corps, qu'ils pénetrentjusqu'à la masse
du qang ; je vous marquerai quelles
font les voyes par lesquelles ils s'y introdussent
*, ensuite je vous dirai quels font
les Sels que j'ai observés dans l'air, comment
on peut les connoître par leur figure
-, quelles maladies ils doivent narurellement
produire ,&ce qu'il convient
de faire pour s'en préserver. Enfin, je
vous découvriraiquelle est ma méthode
pour voir ces Sels tels qu'ils font dans
l'air, afin que vous puissiez les observer
vousmême, Se en tirer tout le plaisir
, & toute l'utilité que vous desirez.
Voussçavez
,
Monhcu-r, que l'air fait
de grandes impressions sur nos corps:
car combien voit-on tous les jours de
personnes qui par les douleurs qu'elles
ressentent dans leurs incommoditez,qui se
renouvellent ou qui augmentent, prévoient
les changemens du tems ou des
Saisons ? Combien y en a-t'il qui se sentent
plus dispots
,
l'esprit plus clair, &
plus ouverts dans certaines constitutions
de tems, & qui dans d'autres se sentent
plus pesans, l'esprit plus obtus & plus
bouche.
Combica
Combien d'effets singuliers arrivent
tous lesjours qui n'ont pas d'autre cause
qu'une certaine impression de l'air, lequel
se trouve alors affecté d'une maniere
particuliere ? Ce qu'il est aisé de
justifier par quelques observations que
j'ai faites, & que je vais vous rapporter.
Je vous dirai, Monsieur
, que je connois
une personne qui ne peut aller à
cheval en campagne au serain, le Ciel
étant découvert, pendant l'espace d'une
heure ou deux, sans tomber dans une
défaillancetrès-sensible parl'abbatement
de toutes ses forces, & la pâleur de son
visage; c'est ce que j'ai vû moi-même
plusieurs fois. j'ai vû encore que cette
même personne se promenant le soir dans
l'Eté le long des Prairies, ayant ses
mains exposées à l'air, elles lui enstoient
lui causant des demangeaisons très-vio-t
lentes, ce qui ne lui arrivoit pas lorsqu'elle
se promenoit dans des lieux plus
secs. Et dans un tems où régnoient des
maladies contagieuses ; la même personne
observa plusieurs fois, qu'elle sentoit
une sorte de frémissement inquiétant dans
certaines nuits, pendant lesquelles souvent
des quarante & cinquante personnes
se trouvoientpisses de ce fâcheux mal
dans les lieux voilins.
On
On a connu iciune Dame de la premiere
qualité, laquelle tomboit en pamoison
toutes les fois qu'elle recevoit
sur elle la lumiere de la Lune dans un
tems ferain. Un Curé de mes amis marchant
dans un épais brouillard,rencontra
un homme de sa connoissance, qui lui
témoigna sa surprise de ce qu'il sortoit
pendant un si vilain tems:tous deux tomberent
malades le soirde ce même jour,
& reçûrent tous deux les Sacremens huit
jours après. Dans une Paroisse où un- de
mes proches parens étoit Curé, deux Vaches
aiant été conduites de grand matin
dans un Herbage, elles y tomberent mortes
quelques heures après j & dans le mê.
me tems, des maladies contagieuses se répandirent
dans le Village, qui enleverent
plusieurs habicans, dont le Curé pensa
mourir lui même, & où je le visitai plusieurs
fois.
Sur ces Observations dont je ne puis
dourer,&par une infinité d'autres que
tout le monde peut sçavoir ; il n'est donc
que trop certain que l'air agit puissamment
sur nos corps, & qu'il y fait souvent
des impressions très-nuisibles. La
maniere dont cela se fait n'est pas fort
difficile à comprendre, parce qu'étant
comme nous sommes totalement enveloppez
de l'air
,
& cet Element étant
presque
presque toujours rempli de diverses fortes
de sels qui s'y élevent de la terre par
les exhalaisons & les vapeurs,il sert comme
de véhicule à ces Sels, pour les introduire
jusques dans les parties les plus interieures
de nos corps.
Voici
,
Monlieur quelles font les routes
par lesquelles l'air nous communique
ces Sels. La premiere, que tout le
monde connoît
,
est la respiration, la
quelle attirant l'air dans les poumons, y fait entrer en même tems les Sels qu'elle
porte avec lui.
Ilest vrai que quelques Medecins modernes
font du sentiment
, que l'air qui
entre dans les poumons ne pénerre pas
jusques dans le fang qui y circule; mais
quoiqu'il puHfe arriver que l'air ne puisse
pénetrer au travers de la substance des
poumons, & des tuniquesdesvaisseaux
pour s'y mêler avec le fang, parce que
les parties ne font pas entièrement proportionnées
pour passer au travers des
pores des vessicules des poumons,& des
tuniques des vaisseaux qu'ils renferment,
rien n'empêche que les Sels que l'air y
porte n'y puissent passer à la faveur des
trouiez,qui s'y trouvent toujours, & qui
en exudent. D'ailleurs, puisque ces Sels
passent bien au travers de la peau exterieure
du corps, & qu'ilspénetrent parla
là jusqu'à la maJe du fang comme je la
montrerai ci après, pourquoi ne péne..¡
treront-ils pas au travers des vessicules &!
des vaisseaux des poumons, dont la contexture
est plus lâche que celle de la peau,
& dont lespores font plus dilatez & plus
Ouverts par la chaleur intérieure -,
le fang
même y trouvant assez de facilité pour
pouffer au travers les impuretez dont il sa
décharge.
Les sels de l'air entrent encore jusques
dans la masse du sang par une autre voye sçavoir ,
, par la salive qui les y conduit )
Car tout l'air qu'on respire passant par la
bouche pour entrer dans latrachée-artere,
Se la bouche étant continuellement humectée
de la salive, les sels qui passent
avec l'air se mêlent avec elle,& s'y déposent
: & comme de la bouche cette salive
fluë perpétuellementdans l'estomac
elle , y porte ces sels, lesquels conjointetnent
avec le chile, font ensuite transportez
dans la masse du fang. C'est, Monsieur
, en conséquence decette route que
tiennent les sels mélangez dans l'air pour
entrer dans lecorps,que les premiers effets
des maladies contagieuses se font ordinairement
sentir dans l'estomac par des
nausées & des vomissemens.
Enfin, ces Sels, comme j'ai eu l'honsneu-
rNde vous le mander, s'insinuent en dernier
dernier lieu dans la masse du fang aij
travers l'épiderme; ce qu'il est fort aisé
de justifier par un grand nombre d'experiences
: car qui est-ce qui ignore que plusieurs
maladies se communiquent par le
seul attouchement? Le tel âcre des Cantharides
ne pénetre t'il pas au travers de
la peau, & ne se communiquet'il pas
jusqu'à la masse du sang? La fille dont
parle Paré dans sa Chirurgie, laquelle
bpéoluirr en avoir mis sur son visage pour emson
teint, fut attaquéed'uneurine
de fang,en est une preuve bien convainquante
;des particuliers proche de S."1a..
ent, s'étantavisez de froter deux Vâ?
ches avec de l'eauoù ils avoient fait dif—
soudre du sublimé, pour les purger, di-.
soient ils, de certaine vermine,leur causerent
aucontraire à l'instant un tremblement
de tout le corps, qui les fit mourir
quelques heures après.
Pourquoi les Sels contenus dans l'air
ne pénetreroient-ils pas au travers de la
peau, pour ensuite passer jusques dans
la masse du sang
,
puisque les parties alimentaires
peuvent même y entrer par
cette route? PlusieursModernes ne sontils
pas aujourd'hui du sentiment
, que
les enfans dans le sein de leur mere se
nourrissent en partie par tout l'exterieur
ds leur corps j à peu prçs ççun'me plu-
.1 -,
* peur,
sieurs Plantes Marines se nourrissent dans
la Mer par le dehors de leurs superficies ?
Et si l'on en croit M. Perrault dans ses
Essais de Physique
,
les Cuisiniers & les
bouchers ne font ordinairement fort gros..
qu'à cause de la substance la plus subtile
des choies nourrissantes qu'ils manient,
& qu'ils apprêtent,laquelles'appliquant
au dehors de leurs corps, les pénétré
,
se
mêle avec leur sang
,
& les engrasse. On
sçait ce que fit cet ancien,lequel, quoique
prêt de mourir
,
souhaittant néanmoins
ardemment de prolonger sa vie
jusqu'aux jeuxOlympiques, qui devoient
commencer quelques jours après, y réussit,
en le faisant mettre du pain chaud près
de la bouche, pour en aspirer l'odeur,
& la fumée.Paracelle va encore plus loin,
puisqu'il affure avoir vû un Particulier
qui vécut six mois entiers sans prendre
aucune nourriture, & sans sentir de
faim; se contentant de poser sur son
estomac un gazon de terre, qu'il prenoit
foin de renouveller en en mettant un autre,
lorsque le premier étoit sec. Lib. de
jMyfter.Aficrocojmi.
C'est donc une chose certaine, Monsieur,
que les sels qui font dans l'air pénètrent
nos corps, & qu'ils y font de
fortes impressions. Ce qu'il convient après
cela de sçavoir, c'est de connoître quels
r font
font ces Sels, &quels effets ils peuvent ila.
turellement produire sur nous. C'est aulîî
sur quoi je tâcherai de vous satisfaire dans
la premiere Lettre que j'aurai l'honneur
de vous écrire, ce que je compte de faire
au plutôt. Je fuis, &c.
Le reste pour le prochain Mercure.
LEÇON DE POESIE
A MADAME BARAGUEY.
vOus voulez, charmante Urarie ,
Apprendre à composer des Vets,
Et joindre à vos talens divers
Le talent de la Poësie.
Vous avez de Junon le port majestucux;
Minerve de sagesse en vous voit dde, un mo-
Venus n'a point d'attraits que n'effacent vos
yeux,
Quand vous sçaurez parler ls langage des
Dieux,
- Vous n'aurez rien d'une Mortelle,
Mais pour faire des Vers dont nous soyons
chaîniez,
- 'cft:il
Qu'est ilbesoin qu'on vous explique
Les préceptes connus des Auteurs renommez,?
Voici dans un seul mot tout votre Art Poë..
te,
Aimez, BelleUranie, aimez.
e E TTR Esur uneExpreffionanciennea
ujirée en France.
L'Empressement que vous avez de coni
noître l'origine de plusieurs manieres
de parler,usitées parmi les François,
vous a porté, Monsieur,àvousaddresser
à moy , pour me demander ce que je pen-
* se de celle-cy:Se marier en face d'Eglises
être marié en face d'Eglise. J'aurai
l'honneur de vous dire d'abord que je ne
les crois pas singulieres. Un Anglois qui
écrivoitenLatin
,
il y a six cens ans ou
environ, s'en est servi en rapportant un
trait de l'Histoire de Henry II.Roy d'Angleterre.
C'est Guillaume de Neubrige,
dans son troisiéme Livre,chap. 26, qui
parlant d'Alienor ou Léonord'Aquitaine,
femme de ce Prince, s'exprime ainsi :
Solutamque a lege prioris viri
,
in facie i
Ecclesiæ,
,
licentiâ,ilqlueamdaomxsuuotacitcaepditiccaomnjugililoic.Iitlâ X
y a toute apparence que la choie s*ur laquelle
ce langage est fondé,ne nous étoit
pas non plus particulière. J'ai examiné
avec attention, d'où pouvoir avoir pris
naissance cette expression
,
En face d'Eglise,
& j'ai reconnu évidemment qu'elle
vient de l'ancienne coutume de nos Peres,
qui étoit: de commencer la solemnité du
Mariage devant la Porte des Eglises.
Le Livre que Dom Edmond Marcene,
Bénédictin, a publié sur les anciensRits
Ecclesiastiques,dansl'administrationdes
Sacremens
,
est un excellent Répertoire
pour ceux qui veulent prendre la peine
de le consulter.Ce sçavant Religieux qui a
tant vil de manuscrits,&quiétoit rempli
de sa matiere , lorsqu'ila réduit à certains
chefs ce qui concerne le Mariage, débute
ainsi sur le fond de la Ceremonie Nuptiale.
Constitutoadcelebrandas Nuptias
,
die
adveniente, sponsus &sponsa benedicendiy
à parentions autparanympho,.. fistebahturad
portasEcclesia. Deinde darjl
sibi mittuo dextris exigebant ab utrisque
confènfum. Et comme il n'avance là-dessus
que ce qu'il a lû dans les anciens Livres
Ecclesiastiques
,
il ne manque pas de
produire ceux qui lui étoient tombez
entre les mains, au moins ceux qui en-
P tient
trent dans un détail plus circonstancié
& plus interessant..
Il produit un Missel de Rennes en
Bretagne, écrit ily a700 ans,où la Ccremonie
commence ainsi; ln primis ventât
Sacerdos ante ostium Ecclesia indutus
albaatque fiola cum benedictalâ aquâ, quoe
nfpersa,interrogeteossapienterutrum legalitercopulari
velint. Postlremòbenedicyû/
oon~eMm ibi faciat qua in libris continetur.
Qua finita intrando EcclejiamJMijfoem incipiat.
Il ajoute àcet ancien Manuscrie
conservé à Tours dans la Bibliothèque de
S. Gatien, le Texte d'un Pontifical qui
se voit dans l'Abbaye de Lyre auDiocèse
d'Evreux
,
& qui a six cens ans d'Antiquité.
Ante omnia veniantadjanuas Ecdéfiasub
testimonioplurimorum, quithoro
maritali conjungendifunt; & requira
sur consensus utriusque à Sacerdote. Et
après la Benediction Nuptiale, Pofthæ.
introducantur in Ecclesiam. Quelques
feuillets après il produit un Pontifical
d'Auxerre,écrit au commencement du
XIV. siécle, dont voici la teneur: Incipitu
officium in benedittionesponsi & fponfdt\
ante portas Ecclesia. Cum venerint ttn:
valvas Ecclesiasponsus & sponsa , ibii
ftent donec veniens Sacerdos Alba, ftol4¡
& manipulo ornatus annulum benedican
argenteun, & après la Cérémoniedu Ma-
; , fiaSeM
riage , 7une introducat eos in Eeclejiam:
deinde celebretar Afiffa, Le Pontifical de
Lyon de 3 oo. ans, qu'il produit ensuite ,
commence la Céremonie à peu près de
même. Cum venerintante valvas Ecclesia
sponsus & sponsa, veniens Sacerdos , albà e stolâ & manipulo ornatus, annulum
argenteumsuperSaitumpositum benedicat:
& à la fin de la Céremonie : Deinde Sacerdos
tenenssponfitmpermanum dexteram
& sponsam introducat eos in Ecclesiam.
Les autres Manuscrits que le Pere Martene
joint à ceux que je viens de rapporter
, ont tousà peu près le même langage.
LePontifical d'Amiens met ante ofûum
templi. Un MisselManuscrit de Paris
qui a 500. ans, &qui sevoir dans
la Bibliothèque du Roi, porte ante valvas
Ecclesia. Un ancien Manuel de Linoges
t ad portam Ecclesia, ce qui se
:rouve de même dans un autre Manuel
ancien de l'Eglise de Reims. Mais ce qui
t le plus de rapport à mon sujet,est ce
lui finir la Céremonie dans ceManuel de
Keims. On y lit cette Rubrique: Deinte
Presbyter dicat, desponso vos in facte
Ecclesia : & illi aquâ benedictâ conspersi
vitrant Ecclesiam. On voit là clairement
ce qu'il faut entendre par l'expression en
face d'Eilife.M. du Cange témoigne dans
on Glossaire que ce mot de fac¡'j Eccle-
| B ij li4
fiæ,employé par Guillaume de Neubrige,
ne signifie autre chose que of/iurtj limen.
Et en effet, si l'on n'a pas conserve
dans l'usage commun la coutume d'appel-
1er du nom de face le Portail d'une Eglise,
il en est toujours resté un vestige dans
le nom de façade3 que l'on donne communément
au Portail anterieur des Eglises
conifderables. -
Comme le Pere Martennene s'autorise
principalement dans les principes qu'il
avance, que sur les Manuscrits qui font
rares, & que chacun n'ell pas à portée
de voir; il ne faut pas être surpris qu'il
cesse de produire ses garans presque avec
le siécle où l'Imprimerie fut inventée.
Depuis ce tems-là on rendit les Manuels
ou Livres Sacerdotaux des Curez bien
plus communs,& chaque Prêtre y trou
va imprimé ce que la Tradition avoit
perpetué jusqu'alors. Quoique je sois
dans une Ville qui n'etf pas des mieuJ/î
fournies de ces fortes de curiositez, jo
fuis cependant en état de citer non-seulement
des Rituels de Paris, qui peuvent
être les moins rares, mais encore de Sens
de Troyes, deLangres, d'Auxerre, dl.
Clermont, tous imprimez entre les an-,
nées 156. & 1555. excepté celui d,J
Clermont qui a été imprimé fous Louii
Kljt & deux Missels d'Auxerre, l'un,
ïsm
R'environ l'an 1500. l'autre de l'an
l1a518. Ils marquent tous constamment Céremonie du Mariage, ad valvas Ec-
Méfia. Le petit Manuel de Clermont qui
renferme des choses très-curieuses, met
nd portam Ecclcjiæ
,
& j'ai oui dire que jd est encore l'usage dans le Diocèse de
Reims, & en plusieurs endroitsd'un des
Diocèses nommez ci-dessus
, parce que
te Diocèse n'ayant point eu depuis près
keie deux cens ans d'Edition du Manuel Prêtres,c'dl: ce qui fait qu'on y a
conservé heureusement beaucoup d'usagneuseldse
la venerable Antiquité. Les Mad'Orleans
assignent aulîi la porte de
l'Eglise pour lieu de la Célébration du
Mariage celui de Chartres del'an Ii11 u.
n'est point douteux dans sa Rubrique,
page 114499..R~ec~torr PPa~r~occhhi»ialiiss .EEcccc/hlefsiïaé<
feu VicatiuJ sacris indutus veftibus prater
cafklam excipict pro templi foribni
famros conjuges
,
& dicet,&c. Celui de
Senlis de l'an t$_8~ Cumad fores Ecclesia
vensrint vir & muilier qui simul
sponsalia contraEturi funt, Parochus vel
alius. suppellicio&fliota ornatus quabr-
it,&c. Ce dernier Manuel m'a fait
souvenir de jetterla vue sur les Extraits
que j'ai faits autrefois d'un Pontificalde
la même Eglise de Senlis,écrit au XIII.
siécle. J'ai trouvé qu'il débute ainsi: Ad
-
--
Biij fpwsponsambenedicendam
ante januas Ecslcfidt*
Manda Deus virtutems&c. Le
Manuel d'Orléans de l'an 1 5-8.1.alîïgn«i
également la porte de l'Eglise pour le
lieu de la Céremonie du Sacrement deMariage,
ce qui avoir été marqué auparavant
dans celui de l'an 1510. Jhi di
que je ne m'étendrais pas à vous rappor
ter les Livres d'Eglise de Paris, parc
qu'il vous est facile d'en trouver sous
vos mains, étant dans l'enceinte de cettaî
Ville, où il est peu degrande Bibliotheque
qui n'en soit fournie, ceux qui si
font trouvez fous les miennes, fontd
années 1 505. 1557. & 1627. Le plus
nouveau- des trois est le Riruel de M. d
Gondi, dont les Rubriques pour l'administration
du Mariage commencent en
ces termes:Cum jejuni & confessi ad Ec*
clesioe januas venerint &c. Ce Rituel n'a
que cent deux ans d'Antiquité.
Dans le grand nombre de personnesqui
lisent les Lettres que l'on vous adresse
ManGeur, & que vous rendez publique
lorsqu'elles contiennent quelque choses
de remarquable , il peut se faire qu'il |
en ait qui ne font aucun cas des ancien
Livresd'Eglise, soit manuscrits
,
soit
imprimez: J'en connois de ce caractere a
mais je suis bien aise qu'à l'occasiondeJ
cette réponse ,ils puiirt apprendre les
sujetj
sujets de plaintes que des gens véritablement
lettrez faisoient il y a quelques années
de ces fortes de Sçavans dont toute
la Critique ne remonte point plus haut
que les Cahiers qu'ils ont vûs ou fait voir
ans une Communauté de Clercs.
Un de mes amis dont la Bibliothèque
est assez bien fournie de ces anciens Livres
J
les ayant fait voir dernièrement à
un de ces Critiqués, m'a diç que pour
tout éloge ce personnage lui répondit:
Eh quoi! vous amusez-vous donc à acheter
ces vieilles brocantailles ? A quoi csla
est-il bon ? Renvoyez, tout c:la à ccs fiécles
de Barbarie. Je ne sçai si des Critii
ques de cette espece n'auroient pas la même
idée des Sçavans, qui ramassent les
Médailles avec tant de foin.A quoi bon,
diroient-ils, tantdevieillemitraille.Vous
sçavez mieux que moi que c'est souvent
une Médaille qui apprend les qualitez
d'un Empereur ou d'une Impératrice,un
usage de leur tems, un Combat, une
Victoire. Voilà à quoi les Médailles fervent.
Il en cft de même des anciens Livres
d'Eglise dans leur genre. Ils fervent
à prouver la Tradition des usages de siécle
en siécle, & l'origine de quelques-uns;
les changemens qui s'y font fait peu à peu;
c'est en quoi on s'est accordé dans tous
les pays & dans tous les tems, & ce en
B iiij quoi
quoi on a été partagé de sentimens en fait
d'usage & de discipline. Je diraimême
qu'ils peuvent servir à découvrir jusqu'aux
origines de notre Langue. Il ne faut pas
toujours s'imaginer, qu'à cause que l'écriture
en est gothique, & que le François
n'est pas le même que celui d'aujourd'hui.
Il ne faut pas, dis-je, croire que
dans ces siécles là on étoit barbare, invpoli
, grossier, rustique.
Il est vrai que quelquefois il s'y étoit
glinc quelque cbofe digne de réforme:
mais il ne faut pas qu'à cause qu'une
Perle est, pour ainsi-dire, dans la boüe ,
on dise qu'elle n'est plus Perle, & qu'il
ne faut pas se donner la peine de l'en tirer.
Qu'y a-t-il de plus naturel & de plus
convenable, qu'un Contrat aussi solemnel
qu'est celui du mariage, se fasse en
pleine évidence& non pas, Januis clausis?
Quoiqu'il soitun des Sacremensde l'Eglise
, & un de ceux que les Scolastiques
appellent Sacremens des vivans. Il ne
s'enfuit pas qu'il doive être conferé dans lemême lieu & dans le même endroit où
l'on administre un Sacrement encore plus
auguste. Il y a parmi les Chrétiens une
bpelanceedipdotuiornchaque chose. La grace & la
accompagnent les Prieres de
l'Eglise par toutoù elles se font par le
Ministre legitime, & jusques dans tes
maisons
maisons ou les infirmes sont arrêtez par
la maladie. La Confirmation ne se donnoit-
elle pas dans laSacristie à Rome 8c
dans l'Italie , ou dans un endroit détaché
deI'Eglise appellé Consignatoriumen
quelques endroits ? qu'on voye le premierVolume
de Dom Marrenne, p.240.
Donner à entendre qu'il a régné une barbarie
de dix ou douze siécles, laquelle n'a
été détruite que dans le dix-septiéme, bc
que le lieu évident del'administration du
Sacrement de Mariage est un des articles
qui se ressentent de cette barbarie, c'est
une pensée qui peut bien être hazardée
, mais qui ne peut être valablement soutenue.
J'ai toujours oüi dire que c'étoit sur les
titres que les hommes doivent réformer
leurs préjugez, & non pas que ce font
les préjugez des hommes qui doivent servir
à réformer les titres. Je mets dans le
même rang les anciennes peintures. L'érudition
apprend à distinguer ce qui provient
du défaut du Scribe ou du Peintre,
ou bien du siécle dont est le Monument,
d'avec ce qui est d'une Tradition immémoriale
& continuée de siécle en siécle.
J'attends qu'un Critique précipité de nos
anciens Livres, vienne m'alleguer en
exemple de cette rusticitéle Manda Deus
yinmm woem du Pontifical de Senlis.Un
, B v homo;
-
homme qui s'érigera en Liturgiste sans
avoir lû les Livres originaux, mais qui
sçaura bien dire son Breviaire,s'écriera
tout aussi-tôt : Ah ! barbarie énorme
,
il
faut virtuti tuæ. Mais je veux laisser ce
nouveau reviseur de Livres dans sa prévention
: un sçavant * Cardinal de nos
jours lui répondra. Plût à Dieu que la ré-
-
vision. de tels Ouvrages ne sur confiée:
qu'à des Liturgistes tels que le Père Morin,
le Pere Mabillon
,
le Cardinal Ëona,
&c. Paris renferme encore denos jour&<
plusieurs Sçavans qui font en état de rectifier
la fausse érudition de ceux qui ont
voulu reformer des Livres d'Usage Ecclesiastique
,
sans avoir en aucune ma.-
niere examinéles anciens Monumens.
Mais, Monsieur, pour finir ma Lettre
paroù jel'ai commencée , après rn'êrr
étendu sur ce qui a donné occasion de dire
que les Mariages se font en face d'Eglise,
jene dois pas vous cacher le rems
à peu près auquel jecroi que l'on a cessé
en quelques lieux de marier à la porte de*
Eglises. Les Saisons n'étant point égales,
« il ya eu des jours où la Céremonie n'étoit
point faisableà la porte. Or dans les petites
Eglises
, pour peu qu'on y entre on
le trouve dans le Choeur, ou bien prêt
du Choeur. Voilà ce qui a fait naître ily i
*--Li CA-rdiÍUil Thomafi.
a environ deux cen ans dans quelques
Diocèses une diversité d'usages. Tels
étoient ceux de Clermont & de Limoges,
dont les Livres mirent l'alternative
,
ad
portam Ecclesia vclltntc- Altare
, juxta
Ecriefut ritum ubi contrabitur matrimonium.
Le Rituel de Milan du dernier siécle
* met de la même maniere l'alternative
,
in limine Ecclesiæ aut ante Altare >
mais la disposition des termes donne roujours
à connoître que l'usage à préferer
est celui qui est marquéle premier, d'où,
comme laisse à penser M. du Cange, est
venue la coutume de dire en France,
se marier en face de sainte Eglise. Je
suis, &c.
* 16+f.
EPITRE.
A M. leAI. de V. PRomettre eff un 3
8c tenir est un autre
L'Adage dl: vrai,trop oublieux Seigneur.
Je vous ai crû ferme comme un Apôtre
»
Quand me teniez, un langage flatteur.
Mais las depuis deux ou trois mois d'aB~
efnce,
Bvj Je
Je n'ai reçu pour mon allégement
De votre part aucune souvenance,
Pas un billet, pas un seul compliment.
N'est-ce donc rien qu'avoir votre parole
Pour se former une obligation!
Regardiez-vous comme pure hyperbole
Serment
,
promette
,
& protestation 1
Ce procedé n'ell: nullement honnête
,
Je vous le dis en termes bien précis,
Traiteriez-vous notre amitié de debte?
Useriez-vous de vos droits de Marquis?
Attendez-vous que dans un humble style
Auprès de vous je prenne les devans?
Vous, Campagnard, moi Citoyen de Ville.
Tant de fierté ne sied pas bien aux Champs.
Reparez donc d'une ame plus modeste.
Par un retour les torts que vous avez.
Ecrivez-moi Seigneur , que vous m'aimez;
Et je vous fais qteittus de tout le reste.
It<d.,'tj
j
I(..£:;
*
RFPÙNSE deM.leM.deV.aM„l
le premier Janvier.
ATout peché Dieu fait rémission:
- Ami Monivert, suivons cette maxime.
Humble & contrit je confessemoncrime,
Accordez-moi votre absolution.
Las, je devois par des traits pleins de zele:
Peindre à vos yeux le souvenir charmant
•
Des sentimens qu'une ardeur mutuelle
Dans nos deux coeurs fit naître en un nro^
ment;
Mais si ma main à s'expliquer trop lente
A mal servi mes voeux impatiens
3
Pensez-vous donc que pour vous négligente
Mon ame soit complice de mes sens?
Au bout des doigtsse fixe ma paresse
»
Point jusqu'au coeur elle n'étend ses droits;
Fidele ami, lorsque j'aime une fois,
Rienne sçauroit alterer ma tendresse.
Malgré letems,malgrél'éloignement.
Mon amitié jure d'être immortelle;
Et c'est ici que pénetré de zele,
Entre vos mains j'en prête le ferment.
Pm&
Puisse le cours de cette heureuse année,
La resserrer par les noeuds les plus doux,
Que vieillissant sans être surannée,
Sa vive ardeur ne passe qu'avec nous!
Et t'oi)defi:in dont le regard propi1ce,
Sans choix souvent fait des Mortels heureux ;
Regle aujourd'hui le fort par la justice,
Et pourMontvert,viens emprunter mes yeux
EXTRAIT* d'une Lettre écrite de Montpellier
le ie. janvier 1729. contenant
ce quiless pjjfe à la derniere Assemblés
publique de la SociétéRoyale des Sciences
de cette fille.
LA Societé Royale des Sciences tint
son Assemblée publique le 2.du mois
de Décembre dernier. M. Bon, Premier
President de la Chambre des Comptes &
de la Cour des Aydes de Montpellier,
& Prefidenr cette année de la Société
Royale, en fit l'ouverture par un Discours
Préliminaire, dans lequel
,
après avoir fait
sentir la perte quel'Academie & la Ville
de Montpellier avoient faite par la mort de
M.le Marquis de Castries, il exhortoir Us
Aça;
Académiciens à redoubler leur attention
pour répondre à l'honneur que le Roileur
avoit fait enles unissantà l'AcadémieRoyale
des Sciences: honneur, ajoûta M. Bon,
que le Roy n'a fait qu'à notre feule Académie
,& qu'il a invité par là à imiter la
Compagnie sçavante qui travaille depuis
long-temps,&si utilement, à perfection
ner les Arts & les Sciences.
Le Secretaire lût ensuite l'Eloge de
M. de Castres, mort le 24. du mois de
Juin dernier, & dont la place d'Académicien
Honoraire a été remplie pas
M. l'Archevêque d'Alby
,
son frere.
M. Lamorier lut ensuite un Mémoire de-
Chirurgie, qui contenoit un fait très-interessant.
Un homme denviron 60. ans,
qui paroissoit se bien porter, & qui étoit
néanmoins sujet à des douleurs de Coliques
fort vives, sur tout quand il avoit
bû un peu trop de vin, ce qui lui arrivoit
assez fbuvenCjrecut un coup d'un morceau
de tuille, qui lui fut jetté par une fille,
& qui porta sur les bourses:ce coup, qui
nefit qu'une legere contusion en-dehors,
fut pourtant suivi d'une violente Colique,
accompagnéed'un frisson general qu'aucun
remede ne put appaiser, & le Malade
mourut 20. heures après avoir reçû le
coup, au grand étonnement de ceuxqui
Vouloient le secourir.
- Le
Le Cadavre fut ouvert par autorité de
Justice; & M. Lamorier, qui avoit été
frappé de la mort brusque de cet homme,
ne perdit pas l'occ_a(îori d'ê tre present à
l'ouverture qui en fut faite: M. de Montferrier
fils, Académicien, qui se plaît aux
Dissections Anatomiques & qui connoît
parfaitement les Parties du Corps humain
& l'économie animale, voulut aussi y être
present.
On trouva dans le bas-ventre une quantité
considerable de matiere blanchâtre
qui paroissoit purulente ; mais on ne
voyoit pas d'abord ce qui avoit pû la produire:
On chercha vainement quelque abscès
dans le Foye, dans la Rare, dans le
Mésantére, &c. on n'en sur pas mieux
éclairci; enfin, en examinant exactement
les Intestins, on trouva un trou sistuleux
dans l'intestin Ileon,dont les bords étoient
calleux; 6c. en pressantl'Intestin, on
voyoit sortir par ce trou une matiere semblable
à celle qu'on avoir trouvé dans la
cavité du bas ventre: il ne fut plus
question alors que de trouver le couvercle
de ce trou, car il falloit qu'il en eût
un, sans quoi le Chile se seroit toujours
épanché dans le bas-ventre, & l'homme
n'auroit pas pu vivre long temps.
Ce couvercle fut le Péritoine, contre
lequell'Iléon s'étoit colé, & l'on vit esfeéti-
--.
fectivement contre cette Membrane, la
figure du bord calleux du trou de l'Intestin
, ce qui mit la chose hors de tout doute
Or, voici comme M Lamorier raisonna.
Le Peritoine accompagne lesVaisseaux
Spermatiques, & s'étend par consequent
jusques dans les Bourses: le coup de tuille
a ébranlé cette production du Peritoine,
& cet ébranlement a détaché le Boyau qui
étoit colé contre cette Membrane; d'abord
la matiere chileufe s'est répandue
dans le bas-ventre, s'y est aigrie & a causé
la violente Colique qui a suivi le détachement
du Boyau: Mais comment, dirat'on,
le Boyau a-t-il pu se coler contre
le Peritoine ? il est aisé de répondre que
quand les Parties font enflammées, elles
se colent facilement les unes aux autres;
on en voit tous les jours des exemples dans
les inflammations du Poumon
,
du Foye
& de la Matrice: une inflammation du
Boyau, suivie d'une suppuration
, a donc
pû faire & le trou du Boyau & son adhé
rence au Peritoine.
De-là, M. Lamorier prit occasion de
parler des ressources de la nature dans tes
Playes des Intestins
,
& cita plusieurs
exemples de réunions extraordinaires, que
nous renvoyons à son Mémoire.
M. le
-
President,enrécapitulant l'Observation
de M. Lamorier, en releva touto
tes les circonstances, & exhorta Mles
Chirurgiens à être très-exactes à examiner
lesCadavres dont ils font les ouvertures par
autoritéde Justice.Telparoît avoir été tués
ditM.lePresident,quiest mort par quelque
mal qui n'a aucun rapport avec le coup
qu'il a reçû: Sans l'exactitude de M. Lamorier,
un morceau de tuille jetté à cet
homme par unefille,auroit fait croire
qu'il en auroit été tué la fille auroit été
déclarée criminelle, & peut-être auroitelle
founisrc la peine d'un homicide qu'elle
n'avoit pas commis.
M. Riviere, qui s'dl: charge de faire
l'Analise de toutes les Eaux Minerales de
la Province, lut dans cette Assemblée celle
qu'il a faire des Eaux de la Joncasse.
C'est une Fontaine Minerale, située air
côtéde la Mer, à une lieuë & demie de
Montpellier:on l'appelle la Joncasse,
parce qu'elle est dans un endroit où il ne
croît que du Jonc. Elle contient un Principe
salin
,
qui a du rapport, suivant
toutes les épreuves que M. Riviere en a
faites, avec le Sel fixe de Nitre :elle
contient aussi un Esprit acide., volatil,
Comme la plupart des Eaux qu'on appelle
Acidules,& quife manifestent par le changement
en couleur de vin pailler qu'elles 1
font sur toutes les Teintures bleues,
M. Riviere a poussé jusqu'au scruplu'leA
l'Anatomie qu'il a faite de ces Eaux; mais
l'Extrait qu'on en pourroit faire, feroit
tort au Memoire, puisqu'il ne contient
rien que d'essentiel,comme on le pourra
voir quand M. Riviere rendra son Mémoire
public.
Ce Memoire est accompagné d'un grand
nombre d'Observations qu'il a faites de
ces Eaux Minerales, pour la guérison de
plusieurs Maladies,qui avoient résisté aux
Remedes les plus effectifs :cesObservations,
qui ne font pas les feules qui ont
été faites, devroient faire donner à ces
Eaux la préference sur bien d'autres Eaux
Minerales que l'on va querir bien loin ÔC
à grands frais, mais leur proximité fait
qu'on les néglige; le prix & la rareté
donnent ordinairement la valeur aux choses
: c'est un défaut de l'humanité ,de n'être
jamais content de ce que l'on a.
J\,1.Je President, qui parle le Langage
de tous les Académiciens, & qui est initié
dans tous leurs mysteres récapitula
le Memoire de M. Riviere, & le mit
à la portéedel'Assemblée, avec cette
précision & cette netteté d'esprit qui lui
est si naturelle, & qu'on ne peut assez admirer.
L'Assemblée finit par une Observation
que lut M.Rideux, d'une femme qui ayant
con<j& à l'âge de54. ans, accoucha d'une
I Mole
Mole 17. ans après la conception accoucha
avec toutes les circonstances des
accouchemens ordinaires.
Elle avoir porté cetteMole sans aucune
incommodité
,
& ce fut à l'occasion de
plusieurs remedes que M. Rideux donna
a cette femme, pour la guérir d'une fievre
putride, que la Mole fut ébranlée, SC
qu'elle sortit avec les douleurs des acouchemens
ordinaires.
Cette Mole étoit fort racornie, & te
nourrissoit par de petits Vaisseaux qui la
tenoient attachée de tous côtez à la Matrice
, & ces petites attaches empêchoient
en même-temps que la femme qui la portoit
n'en sentit le poids:cette Mole pesoit
vingt onces; & M. Rideux croit avec raison,
que c'étoit l'ArriereFaix d'un Fétus
qui s'étoit obliteré faute de nourriture
lequel Arriere-Faix, , par la pression continuelle
qu'ilsouffroit dans la Matrice,
s'étoit endurci & avoir confervé la figure
de la cavité dans laquelle il s'étoit moulé.
M. Rideux prouva par des raisonnemens
Physiques & par les Observations des Ensans
pétrifiez qui se sonttrouvez ou dans
la Matrice ou dans la Cavité du bas-ventre
, & qui n'étoient point pourris, que
la Mole dont il rapportoit l'Observation
- avoit eu le même fort; mais qu'elle se
feroit enfin perrifiée, si elle avoit resté
plus
plus long-temps dans la Matrice.
De là il conclut qu'il y a des femmes
qui peuvent concevoir dans un âge fort
avancé, & qu'il ne faut pas toujours doutder
idens faaitsirquei nsou.s paroissent extraor-
M. le Président,enrécapitulant ce Memoire
, ajoûta de son chef quelques autres
Observations qui avoient du rapport
à celle de M. Rideux; & après avoir
loüé l'ordre, l'exactitude & le stile du
Memoire qui venoit d'être lûJ il finit en
disant à l'Assemblée, qu'on devoit juger
par ce que l'on venoit d'entendre, de
quelle necessitépouvoient être les Compagnies
Sçavantes.
LASOLITUDE,
Pa,le R. P. Aubert, ]efuite.
QUe
j'aime de ces Bois la vaste solitude
Qu'elle a pour moi d'attraits!
Que j'aime à promener ma douce inquiétude,
Dans ces sombres Forêts! mLà s'offrent à mes yeux, à mon ame charmée
Mille objets innocens i
-
M*
Maraison voit alors sans en être allarmce,
Les plaisirs de mes sens.
~m
Sur l'Arene un Ruisseau roule son Onde pure
Entre deux verds gazons:
C'est ainsi que s'enfuit,mais s'enfuit
-
sans tniicmure,
Le temps que nous passons.
m
Ces vieux troncs qui n'ont plus que des branches
pouries
Par l'injure des temps:
Rien nous marque-t'ilmieux les familles perler
Avec l'orgueil des Grands?
Ces Arbres dans qui brille une verte jeunesse,
Périront à leur tour,
Lien ici bas ne dure, & vers nous la yieilldfe.
fait un pas chaque jour.
Deces Châteaux tombez, les ruines antiques
Que couvrent les Buissons ,
Tiennent ensevelis des Titres magnifiques.
Et de superbes noms.
Que
Que ne m'est-il permis sur ces Plaines chéries,
De demeurer toûjours !
D'entretenir ainsi de sages rêveries,
Sans en rompre le cours!
m
Heureux qui sçait gouter loin du bruit,du tl
multe,
Un solide plaisir !
Qui profite en suivant la raison qu'il consulte
D'un utile loisir !
L'esprit libre joüit dans ce profond silence.
De sa rapidité:
Dans ce séjour paisible il s'éleve, il s'élance
Jusqu'à la vérité.
m
Z-à> je m'occuperais de ces clartez errantes,
Qui roulent dans les Cieux:
Là, de leurs mouvemens les routes différentes.
S'ouvriroient à mes yeux. n
Je chercherois pourquoi fous desLoix immof*
telles,
Vuaiycrs au Printemps
f ü¡
En tirant de son seinmillebeautez nouvelles,
Rajeunit tous les ans.
m
pourquoi la Mer s'enflant,fait craindre ses
Ravages
Aux Mortels étonnez;
Et pourquoi tousles flots désertent les Rivages
Sur leurs pas retournez.
m
Des feux qui font trembler les voutes de II
terre,
Je verrois les raisons:
Je verrois ce qui fait & gronder le Tonnerre
Et rouler les Saisons.
~m
Que si pour méditer des Projets si sublimes,
Mon esprit n'est pas né,
Les Campagnes, les fleurs, offriroient à mfif
Rimes,
Un objet plus borné.
~m
Je dirois dans mes Vers & l'Email des Prairies
Et le Chant des Oiseaux:
Je ferois au milieu de deux rives fleuries,
- S'échaper des Ruraux.
Les
Les Fontaines, les Bois,les Fleurs & les Bocages
,
j| Ni leurs ombrages verds,
tN'offrent point à nos yeux de plus belles ima- gtS,
Qu'en donneroient mes Vers.
~m
tes Nymphes des Forêts
t & celles des Fon-
,
taines,
Au son des Chalumeaux,
- Avec les Dieux Sylvains, danseroient dans le*
Plaines,
Ou sur le bord des Eaux.
~m
On verroit les Grands Dieux, des appas de cesBelles,
1 Epris comme autrefois,
Abandonner du Ciel les beautez immortelles,
Pour habiter les Bois.
l
~m
Les folâtres Zéphirs à la Déesse Flore,
S'adressant tour à tour,
Offriroient en bouquets les fleurs qu'ils font
éclore,
Pour lui faire leur cour.
1 m
C Ai.1i CAi&fi
Ainsi mes Vers feroient dans ces fotnbrci
aziles,
Regner le siecle d'or :
Cet heureux temps qui fuit & les Cours & les
Villes,
Se reverroit encor.
Quelquefois retiré dans ces Grotesque j'aime,
Où fous un Chêne assîs ,
Je gouterois combien, se connoître foi même,
Est un plaisir exquis.
W
Et quelquefois au gré de mes douces pensées
â
M'égarant dans les Bois,
Je verrois fous mes pieds les grandeurs insensées
Qu'on chercheauprès des Rois.
0
Il est vrai qu'en ces lieux, ignoré, loin des
Villes,
Mes jours feroient obscurs:
Maisils feroient aussi mille fois plus tran
quilles,
Et mes plaisirs plus purs, il 1q
Je ne dormirois point dans un Palais superbe,
Sur un lit précieux,
Mais le sommeil est-il fous un arbre & sur
l'herbe,
Moins doux, moins gracieux,
Là je ne verrois point dans de pompeux Spec
tacles,
Soupirer des Amans:
Mais pour qui la Nature étale ses miracles,
Quels plaisirs plus charmans?
m
En vain à mon esprit, de l'estime publique,
S'offriroient les appas.
Heureux, je gouterois un destin pacifique,
Loin d'un brillant fracas.
Ainsi passant mes jours, content de la sagesse,
Sans former de souhaits,
Je verrois pas à pas s'approcher la vieillesse.
Sans en craindre le fais. a Enfin, quand il faudroit borner ma destinée,
Dans ce séjour heureuxl
C ij La
La mort n'est que le foir d'une belle journée
Pour l'homme vertueux.
£FPLIQVE du P. Cassel Jesuste
aux fécondes Obsessions de M. lç
Chevalier de Louville1 de l'Académie
Royale des Siences.
MOnfieur, après vous avoir remercié de
l'honneur que vous avezfait à mon Paradoxe
geometrique de l'attaquer, & de celui
que vous faites à ma Réponse d'y répliquer,
& de le faire avec toute la politesse & la candeur
qui convient à une personne de votre
capacité & de votre mérite, je prens le stile
géométrique comme le plus expeditifsur toutes
sortesde matieres, le plus seant à des Géometres
& le plus propre à éclaircir une question
que la multitude des discussions ne seroit
qu'embrouiller deformais.
Proposition 1re. Vous dites vers la fin de
votreRéplique, que ce Paradoxe ne valoit
pas la peine d'être proposé aux Géomètres.
Permettez-moi de démontrer le contraire,
Démonstation 11-9. Vous même vous l'avez
crû digne de Réponse & de Réplique, &é
quand vous n'auriez fait que prendresimplement
la peine de me dire en public qu'il ne
valoit pas la peine d'être proposé, cela seul
irçVÛc persuadé qu'il n'en étoitpas si indigne,
ce qu'il falloit démontrer.
discutéenmoinsdetempspard'habilesGco..
metres.LeParadoxe fut proposé au moisdeJuin.
Des le 11. de Juillet, le celebre M.de Fonte-
.elle l'ornement de votre sçavante Academl.
l'adopta : en même-temps deux ou trois Anonimes
le critiquerent. Dès le mois d'Août vO.
tre Critiqueparut, & depuiscetemps le il
n'y a point eu de mois ou on n'en ait vû des
Critiques ou des Apologies; car M le Marqdueis
de Bx-**-,l'iadopte dans une Piece pleine
la plus transcendante Géometrie.M. l'Abbé
leFranc, qui est fort versé dans la Géométrie
de l'infini, l'aaussi adopté. Ce qu'ilfalloit dé- montrer
Proposition 2e. Vous dites qu'il est singulier
'qe je veuille combattre masqué avec des gens
démasquez.
Demr 1°. Je ne veux point combattre. Je
jue dessends de mon mieux, mais je n'ai attajqeuné'ypersonne
dans mon Paradoxe.Ainsi quand
aurois pas mis mon nom, personne n'auroit
droit de s'en formaliser; mais dès que
Vous m'attaquez, j'ai droit de vous demandér
iqui vous êtes. Ce qu'il falloitdémontrer.
- is. Mais j'avois mis mon nom,& à vous
parler franchement, je doute que vouseussiez
attaqué mon Paradoxe, si vous n'eussiez fl,l
qu'il venoit de moi. c. q. f. d.
Proportion 3e Votre attaque n'est pas tant
contre moi & contre le Paradoxe que contre toutelaGéometrie &lesGéometresInfinitaires.
Dem. Sans doute que vous avez crû avoir
meilleur marché de moique de tout autre;
mais il est vrai qu'outre M. de Fontenelle que
vous designezallez par ces mots, quelqu'autre
lnfinitaire. outre deux ou trois autres quiont
adopté mon Paradoxe, vousattaquez tous les
principes & tous les raisonnemens les plus légitimes
de la Géometrie de l'Infini, comme
C iij ta
la fuite le fera voir distinctementc. q. f. de
Proportion 4e. Vous fappez non-seulement
la Géométrie de l'Infini, mais toute bonne
Géometrie.
Dem. Je ne dis rien du Principe des Indivisibles,
adopté depuisCavallieri,partous lesvrais
Géometres. Mais vous posez un Principe qui
va à ruiner toute la Géometrie, en lui ôtant
son exactitude & sa précision, en substituant
les approximations aux exhaustions, & les
à peu près vagues de la pratique, à la rigueur
scrupuleuse de la Théorie. Car en propres termes
vous dites qu'il ell vrai,& qu'il faut s'en
tenir à prendre indifferemment l'une pour l'autre
deux quantitez, qu'on ne peut, sans abuser
des termes, traicer non-seulement de rigoureusementégales,
mais même de Hmplemenc
égales. Je ne sçai pas si les Géometres ordinaires
adopteront votre Principe, mais les
Géometresinfinitaires font plus exaéls, & j'ose
bien répondre qu'aucun ne l'adoptera. c. q.fd.
Proposition 5e. Votre Réplique n'est pas
complette. *
Dem. Il falloit ou soutenir votre premiere
attaque contre ma Réponse
, ou convenir que
j'avois raison. Vous ne faites ni l'un ni l'autre,
& en donnant aux choses un tour que
je n'ai gueres compris,vous trouvez le secret
de conclure que j'ai encore torr. Vous ne dites
mot en particulier de la ferie de M. Leibnis,
que vous m'aviez opposée. Ce que j'en ai du
estil vrai, eil: il faux? Vous vous jettez sur
une de mes Démonstrations & vous laissez
toutes les autres, en infinuintque les autres
ne la valent pas. Je veux croire que celle-là
est la meilleure & la plus à la portée de tout
le mo nde, étant toute im nediatememt fondée
Xm Euclide: mais je prends aéte que les autres
fone:
font bonnes, puisque vous ne les attaquez
pas. c. q. f, d.
Proposition6e. Vous ne combattez pas la
Démonstration que vous attaquez.
Dem. Vous avez crûque j'y pofois en Principe
l'égalité exacte de deux grandeurs infiniment
peu différentes. Ce n'est point un Principe
,c'est une conclusion
,
je ne suppose point
cette égalité, je la démontre, r. q. f,d.
Proportion 7e. Ma Démonstration subsiste
dans toute sa force.
Dem. Je faisois voir qu'un Triangle formé
de toutes les ordonnées impaires d'un autre
Triangle, en est la moitié précise, puifqu'il
a précisement sa demie base, & précisement la
mêmehauteur-De-làjeconcluois sans réplique
& d'après Euclide,que l'autre Triangle partiel
formé des ordonnées paires, est aulîï précisement
l'autre moitié du grand & précisement
égal à celui des ordonnées impaires,
malgré l'excès infiniment petit de la hauteur
de celui-ci sur celui-là D'oùenfin je concluois
qu'une difference infinimentpetite,n'empêchoit
pas la plus rigoureuse égalité. C'étoit-
là c.q.f. d.
Proportion 8e Votre Démonstration est ingenieuse
& subtile
, mais voilà tout.
Dem. Elle revient au raisonnement ingenieux
,
mais peu sérieux
, je pense, de Themistocle
,
qui disoit à ses amis: Mon fils
gouverne sa mere ,
sa mere me gouverne,
je gouverne la Grece, la Grece gouverne l'Ale, l'Asie gouverne le Monde entier. Ainsi
mon fils gouverne le Monde entier. La premiere
ordonnée triangulaire, dites-vous ,est
égale à la seconde, la féconde à la troisi éme 4
la. &c. Donc la premiere,concluez-vous, est
égale à la derniere, c'est-à-dire, la base efe
C iiij égale
égale à la pointe. Mais vous transportez au h.
sans raison, une égalité que je n'ai assignée
que dans l'infini. Selon moi, cette égalité ne
subsiste qu'entre deux ordonnées contiguës,ou
même entre un nombre d'ordonnées qui ne
composent qu'une largeur infiniment petite.
Dès que vous portez lacomparaison d'une largeur
infiniment petite à une largeur finie
,
je
vous demande compte des différences que je
vous permettois de négliger, tandis que la
Comme en étoit finie, mais que tout Infinitaire
évaluë dès que le nombre en elt infini. c.q.f. d.
Proportion 9e. Votre Démonstration, non
plus que toutes celles que d'autres ont opposées
au Paradoxe, n'en attaquent que la moitié
,
& par consequent ne l'attaquent point
du tout.
Dem. Je n'ai point admis d'égalité, quoiqu'exacte,
qui exclutlesdifférences, non plus
que des differences qui fussent imcompatibles
avec la plus exacte égalité. Faites marcher ces
deux choses ensemble & vous trouverez dans
l'une des réponses aux difficultez que vous Seriez
tenté d'opposer à l'autre. Eternellement
vous me parlez des differences qui regnent ici,
comme si dès la premiereProposition du Paradox
e je ne les avois pas admises &qu'elles ne sussent
pas de l'effen,e même du Paradoxe.c.q f.d.
proposition I 0e. Votre Démonstration se tourne
contre vous.
Dem. On peut, selon vous,prendre indifferemment
la seconde ordonnée pour la premiere,
la troisiéme pour la seconde, la quatriéme
pour la troisiéme, &c. on peut donc
prendre la derniere pour la premiere& lepoint
pour la ligne. c. q.f. d.
Propofrtton 11e. Votre seconde Dé,monstration
ell directement contraire à toute la Géosnetue
ynetne de l'infini & contre vous - même..
Dem. Les Infinitaires prennent constamment
pour égales les deux ordonnées, foufnormales
de La Tangente; & le Quadrilatere- qu'elles
forment avec cette Tangente & avec l'Axe is
leprennent constamment pour un rectangle on
un parallelogramme, & jesuis bien sur qu'il
n'yen a pas un qui n'adopte en propres termes
tout ce que vous m'opposez. Vous-même
pVreounsdrel'ianddoipffteezremenmaednotptant le Principe de
l'une pour l'autre ces
deux ordonnées, c. q.f d.
Proposition12e, Le procedé constantdeslnfinitaires
les met à couvert de votre objection.
Dem. Ouvrez leurs Livres, si vous jugez que
la chose en vaille la peine; vous leur verrez
supposer tantôt l'égalité de ces deux lignes,
& tantôt leurs différences. Dans lès quadratures
ils supposent l'égalité en supposant ydx
ou même avec M.Nevvton, y pour leur Elemem;
mais dans les rectifications& dans les
tangentes, vous verrez revivre les dy &les
dx. c.q-fd.
Proposition 13 e.
Votre féconde Démonstration
ert contre les premiers Principes de la
Géometrie la plus simple.
Dem. De tout temps on a distingué deux
choses dans une ligne droite, sa grandeur&
sa position. Dans les Quadratures il s'agit de
la grandeur absoluë des choses; on n'y a donc
aucun égard aux differences ni aux points extremes
des ordonnées contiguës. Dans l'affaire
des tangentes & dans toutes celles qui regardent
uniquement la position des lignes, ona
égard à l'obliquité des extremitez deces ordonnées
,
& loin de supposer dy nul & du égal à
dx, on suppose du égal à la racine des quarrez
des coordonnées.Admirer jjee vous prie, la jus- Cve, latesse
tesse & la circonspection de ce double procedé
des Infinitaires, & en mêmetemps
-
sentez la nécessité du double point de-vue que
presente le Paradoxe, & convenez que j'ay
démontré c. q f d.
Scholie. J'ai bien senti des le commencement
que la difficulté que vous & deuxou trois autres
Anti-Infinitaires, vous viez à souscrire
au Paradoxe, venoit de la rigueur géométrique
où j'y prenois leschoses. Mais que faire à cela! e He sauroisdans laGéométrie êtreGéometre
a demi. Dès que je consentis à prendre indifferemment
deux quantitez l'une pour l'autre,je
me sentis forcé de les regarder comme égales;
or dès que je les admis comme égales, je n8
le fis qu'a condition que je les regarderons commetrèségales,
tout-à-fait égales,en un mot:
géométriquementégales.Je fai bien, & vous,
m'y faites faire reflexion? qu'ily a des Géo
metres qui se croyent même Infinitaires, qui
distinguent ces trois operations sans que je sça :che- trop comment, si ce n'est peut, être qu'il
logent l'une dans l'esprit,l'aurre dans la mémoi-
-
-re,& latroisiémedansl'imaginarion. Lorsqu
- la routine du calcul les entraîne,ils prennent
indifferemment l'unepour l'autre deux ordonnées
contiguës. sans trop examiner si elles
font égales,& sans y regarder de si près. D'au
tres en y regardant de plus près, & voyant fui
tout que cette supposition ne laisse pas d'abou
tir au vrai,imaginent une forte d'égalité ap* prochée qu'un peu d'Algebre jettée delflts
pallie & peut être même corrige D'autres ensi
qui sans doute y regardent de plus près & dt
très-près, conçoivent qu'en bonne Géometrie
Ji ces ordonnées Lm égales au point de pouvoir
être substituées l'une à l'autre, il faut:
biçn <J.'eUesfQien_t parfaitement égales. Je suis
fort sensible, au reste, à ce que vous me dites
que je fuis le seul qui ait pris jusqu'ici les
choses dans cette rigueur geometrique. C'est
tout ce que le meilleur de mes amis auroit pii
me dire de plus obligeant. Permettez-moi,
Monsieur, d'adpirer à ce titre; je ne fuis pas
de ceux qu'une Critique offense beaucoup.
Polie même ou impolie, peu importe. L'impolitesse
ne des honore que celui qui la fair.
Et pour le moins,dès que j'ai répondu, ma
paix est faite avec l'Auteur, &je le remercie
très-sincerement de l'honneur qu'il m'at
fait,& surtoutde l'occafionqu'il m'a fait naître
de penser & de dire bien des choses donc
souvent je n'aurois pas eu la premiere idée
sans cela. Jugez donc combien je dois être
sensible à une Critique honnête qui vient de
la part d'un des plus celebres Académiciens
de France & de
la
sinceritéavec laquelle je
fuis respectueusement, votre très, &c.
Si natura n:gs.t,facitindignatio vcrfUm; uN Docteur en Medecine,d'une des
plus celebres Facultez du Royaume,
qui n'est point Poëte de Profession, le
dev ient aujourd'hui par effort, & par necessité,
picqué au vif, & indigné des
reproches éternels qu'on lui fait & à tous
ceux de sa Profession
,
de n'avoir ni foi
ni loi, ni religion,&de ne point croire
en Dieu. Pour desabuser le Public préyenu
& pour se justifier d'une calomnie
c
C vj a
si affreuse, que celle de l'athéïsme
,
il à
composé les Vers suivants, dans lesquels il
développe ses vrais sentimens à cet égard,
qui ne lui font pas si propres,qu'on ne
puisse & qu'on ne doive même les étendre
à tous les descendans d'Esculape, si
on veut leur rendre justice.
L'EXISTENCE DE DIEU,
Démontrée par les merveilles de laNature
ODE.
Contre les Athées. Mon
Dieu! c'est vous seul que j'adore
Tout penetré de vos grandeurs;
Malheur à ces blasphemateurs
s
Dont la bouche vous deshonore!
Peut-on vous méconnoître? où font donc ces
Mortels,
Partisans du dessin, ennemis des Autels,
Dressez à votre Providence?
Qu'ils tremblent? l'Univers de leurs traits
odieux,
Dément tous les jours l'insolence
,
"-vec tout cet éclat dont il brille à leurs yeux.
Esclave d'un penchant funeste
a Dont
Dont tu te laisses dominer,
Toûjours prompte à te mutiner,
FiereTaifbn, jetedéteste;
Sur les Ailes d'Icare, & biens moins sûre
encor,
Comme lui temeraire, osant prendre l'essor,
Tu t'abandonnes à toi-même;
Dans les Flots de la Mer honteux il se perdit,
Et tu te perds dans le Systême
,
Au gré des passions, dont le bruit t'étourdir.
m
Tels font les malheureux Athées;
Leuresprit séduit par le coeur,
Suit aveuglément son vainqueur,
Qui triomphe de ses idées; -
Dans ses déreglemens, ce coeur plus qu'endurci
»
Ne veut-il point de Dieu? l'esprit le nie aussi
7
De ses sentimens Tributaire:
Ainsil'impiétéde son horrible sein,
Par une fuite necessaire
J
Enfante le blasphême & lui prête la main.
Il faut que toute Créature,
,,'. CornCombattant
pour le Créateur,
Vange ses droits& son honneur,
Contre la plus noire imposture.
0 vous Cieux azurez de son régne jaloux,
Pour lui dans ce Combat,brillez,signalez-vous,
Déconcertez ces fiers coupables;
Suspendus sur leur tête offrez-leur tour-à-tour
Ces feux éclatans
,
innombrables.
Dont la viveSplendeur leur parle nuit &jour.
Mais toi sur tout, ame du Monde,
Brillant Flambeau de l'Univers,
Qui dans tant de climats divers,
Regnes sur la Terre & sur l'Onde,
Quand du sein de Thetis, sur ton Char lumineux,
De tes Rayons dorez, faisant luire les feux,
Du jour tu rouvres la barriere;
Confonds ces insensez, poursuis-lesen tout
lieu
Etle, s forces dansta carriere, 1
Témoins de tant de gloire, à reconnoître un
Dieu. j
m ;
sUse
i arrête» où tendent tes vûës, j
Cornu
i
Contre ces esprits orgueilleux ,
Pourquoi d'un vol impetueux
Les porter au-delà des nuës 1
Dieu n'est-il pas partout 1 attentifs ici bas t
Quand ils voudront le voir, ne le verront-ils
pas?
Sa puissance est-elle incertaine?
Jusqu'au plus vil insecte, au brin d'herbe, atf
fetu,
Tout parle, tout crie à voix pleine ,
Tout annonce son nom, vainement com=>
battu.
Grands Rois, qui devant Dieu n'êtes qu'un
vain fantôme;
Vous qu'on traite de demi Dieux,
Et qu'on adore en ces bas lieux,
Créez une mouche, un atome:
Quoi donc embarassez
, pour de si petits
corps
Imfpusosans Srouvterasins,,redoublant vos ef- Ne sçauriez-vous leur donner l'être?
Non,non, ce n'etf qu'à Dieu que ce droit
appartient» -
En qualité d'unique maître, iva
Lui seulpeut les créer,.&luiseullessoustient.
- Qu'entendsje!les cris des impies
S'élevent ici contre moi.
- Je tremble, &je palis d'effroi
Auxnoiraccès de leurs manies :
Point de Dieu-,disent-ils hautement, à quoi'
bon! -
Un je ne fai quel fort, aveugle & sans raison
,
Préside,seulà-touteschores
Dans ce vaite Univers, de l'un à l'autre
bout,
Arbitre des Méthamorphofes,
Il fah, défait, refait, change, rechange
tout*
SI
Jusqu'à quand, fameux téméraires
y
Sacrileges profanateurs,
Livrez aux desirs de vos coeurs
cVeous repaîtrez-vous de chimères 1- donc, sélon vous, que ce fort incertain,
Ce prétendu hazard
, ce bisarre destin,
Dont vous adorez les caprices?
-
ReRemontez
à la source, examinez de près;
Vous verrez que c'est à vos vices,
Qu'il doit son origine, & qu'il doit son pro*
grès.
Ouvrez les yeux, maudite engeance,
Philosophes vains, entêtez;
Du Globe que vous habitez
Admirez la magnificence.
Quel est son poids immense, & comment dans
lessairs
Il se soutient lui-même ; ah ! contemplez cet
Mers,
Et tout ce pompeux étalage,
De plantes, d'animaux, sur sa surface épars,
Je n'en dirai pas davantage,
Pour fixer vos esprits
) en fixant vos regards.
v
Chantons la puissance divine,
Homme
,
féconde mes transports y
Quel nombre effrayant de ressorts
1
Dans cet admirable machine!
Que l'ordre en est charmant! le jeubien ménagé
l - 1 1J30'é'-
Tout
tout saisit,tout surprends dansce monde
abrégé :
Ineffable dans sa lhuéture :
D'un Etre intelligent, monument éternel,
Vrai chef-d'oeuvre de la nature,
Fait exprès pour lui rendre un culte solemnel.
Eclattez, verité captive
Sous lejoug de l'iniquité
Jouissez de la liberté,
Dont un maudit penchant vous prive;
libertins dans le coeurj malgie vous dansl'ef- zi prit,
D'un Dieu toujours présent, le grand nom est
écrit,
D'un caractere inéfaçable
»
Vos folles passions ont beau le rejetter ;
Perfecuttur inexorable,
Vous le trouvez par tout, sans pouvoir l'éviter.
Tugnabit orbisterrarum, contra injrenjratos.
EX.
EXTRAITd'une Lettre écrite d'E
Dreux , contenant l'explication du moi
Bigre, dont il ejÎ parlé dans le Mer
cure du mois de Septembre dernier. cE mot qui est injurieux parmi là
Populace, n'est rien moins que cela
chez les gens éclairez. C'est un terme
François dont l'étimologie vient d'un
très-bon mot Latin, lequel mot Latin,
aboli ou oublié dans les tems d'ignorance,
a donné lieu de latiniser le François, ÔC
du mot Bigre on a fait le mot Biger on
Bigrus, comme du mot Quille on a fait
Quitta,du mot Coin on a fait Qucugnum, du mot Voûte on a fait Volta, & du mot
Bigre on a fait Bigrus.
Ce terme François vient originairement
du terme Latin Apiger, c'està-dire qui
gouverne les Mouches à miel: Qui gerit,
qui régit apes;ou d'Apicurusy qui curai
apety qui a foin des Abeilles. De l'un & de
l'autre de ces deux motsLatins on a retranché
l'A. reste donc Piger donc on a changé
le P. en 13 ou Picurus dont on a fait Pi.
crus, en changeant le P. en B. dans le Second
comme dans le premier. Biger:JB¡
gras*jipicnrus qui curât apes, comme rhViocurus
, qui curat vias , Varron.
Cette étimologie ainsi derivée
,
il est
justed'en donner les preuves,les voici,
tirées de Chartes, &de Titres, Latins
& François, ignorez par Ducange
,
qui
J'l'a point donné la vrai explication de ce
mot, non plus que Dom llellln dans (es
Conciles de Normandie, à la fin desquels
il donne une explication des termes barbares
qui se trouvent dans les Chartes
Normandes, citées dans l'Ouvrage,
quoique certeexplication interesse & la
Province de Normandiet& tout le
Royaume. 18 Une ChartedcRoger deTony.,
Comte de Conches, dans le Chartrier de
l'Abbaye de l'Etrée, Ordre de Citeaux Diocèse d'Evreux, suffit feule , pour prouver
évidemment l'explication en quellion.
Noverint univerîf ,
Quod ego Rogerius d,
Thoenio
, Cïc.Dominai de CoHchis
,
&c.
Aedi & concessi Religiosis viris,Abbati &
MonachisAbbatia de strataordinis CiftercienfisDioe.
Ebroic. unum Bigrum, id
est, acquisitionesapumin forestamea de
Cbonchis in * ministerio de Champignoles.
2. Aveu du Prieuré de Lierru
,
Ordre
cle S. Augustin
,
dans le mêmeDiocèse,
*Ministerium)feu Sylva miniftranslignuv*
tune temprïsadttftts jnoslibetaptum,
- rendu
»
rendu au Comte de Conches parles Re
lîgieux de la Maison. Item, avons droit
d'avoir & tenir en ladite Forêt (de Conches
) ung Bigre, lequel peut prendre
Àloiifches
,
miely& cirepourle luminaire
de notre dite Eglise t
mercher ( marquer)
couper & abatre les arbres, où ellesjlronè
sans aucun dangierne reprinfl, &c. cet
a-veu est de 146 2.
, fô). Aveu de la Seigneurie de Bémé
court, rendu au Comte de Breteuil. Item di droit de trois , ans en trois ans, quand on
met les mouches en ladite Foret ( de Breteuil
) d'envoyer mon-Bigre avec les Bigrcs
du Roi, lequel doit être juré devant
le Chastelain de Breteuil,Ae bien & fidclement
querre ( qjjasrere) les Abeilles (3*
le miel pourenfairemon besoing. Cet aveu estde1479.
4°. Aveu de la Seigneurie de Neauphle,
au même Comté de Breteuil, & du
dit Fief eCAuvergnydepend ung HofleL
appelle la Bigrerie
, on l'HostelauxMou*
ches. Aveu de 14^5.
50. C hartes de la Fondation de l'Abbaye
S. Sauveur d'Evreux , par Richard
Comte d'Evreux ,
,
dedi decimam mellisi
ip/iI,! forefie mee: àla vérité le mot Bigre
ne s'y trouve pas, maison doit le supposer
4e droit à cette Abbaye, puifcjue
étroit aux Bigres à dîmer le miel.
«1
6°. Charte de la Fondation de l'Abbaye
de Bonport, Ordre de Citeaux,Diocèse
d'Evreux
,
Richard li. Roi d'Angleterre
, Fondateur de cette Abbaye, y
donne in foresta de Bord, ( la Forêt du
Pont de l'Arche) unum Bigrumad luminare
Ecclejïa,
L'AMOURPROFANE,
ODE. O Toi, qu'on adore àCythere,
Implacable ennemi des plaisirs innocens,
Toi, dont Pimpetueufe mere ,
Naquit dans les flots mugissans;
Je veux de tes forfaits retracer la Peinture.
Faire rougir la terre ,
effrayer la Nature,
Çe n'cil: point Appollonque j'implore aujourd'hui
»
C'eil: vous,fage Pallas, c'est vous, chaste
Diane ,
Soyez contre l'Amour profane ,
MonAppollon & mon appui.
Quel montre, aflerablagebizarre,
fit
De vices l'un par l'autre
J
à l'envi combattus;
Fier & fournis
,
humain, barbare,
C'est peu, que de fausses vertus;
Naïf. aimable enfant, lesJeux, les Ris, les
Grâces,
Volent autour de lui, sément de fleurs ses
tracesi
Ses dedains affectez irritent nos desirs i
Bien-tôt tout disparoît, & les fleurs se fié.
crissent;
Avec elles s'évanouissent
Et notre espoir & nos plaisirs.
Avec adresse il s'insinuë
,
Tantôt fous les dehors d'une noblepitié7
Tantôt il échappe à la vue
Sous les voiles de l'amitié;
Mais amitié perfide & pitié sacrilegea
La raison contre lui n'a point de privilège ;
es pieds audacieux foulent les plus saints
droits,
Thémis & ses Arrêts, la Patrie & ses lar*
mes:
En vain s'opposent à ses armes,
t'horrcui consacre ses exploits, t
i Que vois
-
je? c'est son Temple, il s'ou-»
vre. "i
Quel Temple, quels Autels, quels Prêtres
odieux,
Quels objets mon oeil y découvre
,
La molette regne en ces lieux;
Les remords dévorons, fruirs du plaisir per- fidei1 Les aveugles soupçons,. dont l'erreur est le
guide ,
Le désespoir, la rage & les pâles soucis:
Tels de ce Temple impur font les affreux Ministres
) j
Et c'est sur des débris sinistres j QueleDieuduTempleefl:s.I
.•i
Ces murs, immortelles archives,
De la Rive athlantique aux bords oùnaît le
jour,
M'offrent des Peintures naïves
»
Des vains triomphes de l'Amour,
Il attache à son Char les Dieux, les Rois, les
Sages,
Portraits humilians ; les plus fermes courages,
j
Languissent dans les bras d'un indigne repos, J
Tout v
Tout tremble au nom d'Alcide, il tremble
:' aux pieds d'Omphale;
i * Amour. ta puissance fatale,
1
!J Change en esclaves les Heros.
Dans ce superbe Mausolée
Cléopatre renferme un Amant malheureux;
Une passion déréglée
Lesperd, les réunit tous deux,
Quel état, quel revers, est-celà ce grand
homme?
Qui jadis dans ses mains tenoit le fort de
Rome,
Vaincu, percé de coups, & fuyant ses Vainqueurs
,
Romain. honteux de l'être, esclave d'un
Reine,
Il meurt accablé fous sa chaîne;
Et trop indigne de nos pleurs.
Je vois des Tableaux plus tragiques,
Meurtres, poisons, fureurs, horribles attentats,
Maux publics, crimes domestiques ,,'
Ruine des puiffar-S Etats > lion tu n'es plus, un vaste amas le cendre.
12 CouCouvre
les murs pompeux que baignoit U
Scamandre,
L'amour s'en applaudit, triomphe dans les
airs,
Et marquant Ces transports, par un battement
d'ailes,
Il pouffe au loin les étincelles
i D'un feu qu'ont vomi les Enfers.
Ces étincelles dispersées
Allument en cent lieux de longs embrafcmens
;
Combien de Vi lles renversées
En font de tristes Monumens !
Ici deses Captifs l'Amour peint les supplices;
Il trouve dans leurs maux de barbares délices,
Une honteuse mort termine leurs regrets;
Mirrha, Phedre, Biblis , deviennent les victimes
De leurs flammes illegitimes ; p
Quel fort cruel! mais quels forfaits!
Sortons de ce séjour funeste,
Du monstre quil'habite, évitons lestrans.
pons,
Fuy-onfa-l j
; Fuyons. la colere céleste
Assemble sur lui ses trésors
,
elle ouvre fous ses pas des abysmes d{::flarn
mes;
Mortels,que la Vertu regne feule en vos
ames :
Ah! craignez d'en ternir jamais la pureté;
Gardez-vous d'avilir par d'indignes honn-r
mages,
Les plus respectables images
De l'Auguste Divinité.
J.B.P. J.
SVITE de la Lettre de M. A. M. sur i'Histoire Litteraire de la Ville de
Lyonypar leR.P, de Colonia. Seconde
Partie, contenant une Bibliothèque d1
AuteursLyonnois, &c.
1 L est tems, Monsieur, de reprendre
notre Histoire de Lyon; c'est aussi la
econde partie de cer Ouvrage qui va faire
a matiere de cette Lettre. Vous vous fou-
? iendrez sans doute, qu'elle comprend
une Bibliothèque des Auteurs Lyonnois , Sacrez & Profanes, distribuez, par sié-
D ij du.,
cles. L'Auteur, comme vous avez va
en lisant ce qui regarde la premiere partie
, entreprend d'y faire connoître la personne
,
les Ecrits, les talens & les attions
des plus célebres Lyonnois
»
qui depuis
dix-huit siécles ont tenu avec honneur
leur place dans la République des Lettres.
Le P. de Colonia assûre que ce n'est
point ici une simple Bibliothèque
,
ni un
simple Catalogue raisonné;encore moins
une Lifte séche des Auteurs Lyonnois.
Dans l'HistoireLittéraire du premier
tiécle de Lyon,il comprend non seulement
les cent années, qui s'écoulerent
précisément depuis sa fondation juf'qu"a.
l'on embrasement fous l'Empire de Neronsmais
il y comprend aussi les quarantedeux
années qui restent depuis cet incendie
jusqu'à la fin du premier necle de Jesus-
Christ, & il en use ainsi pour faire
quadrer les differens siécles de cette Ville
avec les dix-huit siécles de l'Ere Chrétienne.
Après une idée generale que l'Auteur
donne de ce siécle
}
il entre dans le
détail, & il remarque que ce premier siécle
Littéraire de Lyon est un des plus steriles
en Auteurs & en Ouvrages connus.
Les Auteurs qui paroissent d'abord à la
tête de cette Bibliotheque font un Consul
Romain, un Empereur & un Cesar, c'est-
-
à2¡/
à-dire
,
Munatius Plancus, Claude, ôc
son frere Germanicus.
On parle dans le second siécle de la
Lettre Dogmatique des Martyrs de Lyon
aux Fideles crAfie sur les erreurs de Montan
; de l'Epître des Fideles de Lyon &
de Vienne sur les Combats des premiers
Martyrs de Lyon. Deux fautes du Cardinal
Baronius, & l'opinion singuliere de
Dodwel sur l'époque de ces Martyrs, font ici remarquées, & l'Auteur n'oublie
rien pour apporter tout l'éclaircissement
qu'on peut souhaitter sur cette Epître. Il
releve l'erreur où font tombez plusieurs
Auteurs qui ont pris Zacharie, pere de
S. Jean-Baptiste, pour un des Martyrs
de Lyon, qui lui est feulement comparée
Ces Auteurs, entr'autres
,
font Ruffin
Gregoire de Tours , , la Mure, de Rubys,
&c. L'Histoire abregée de sainte
Blandine est ensuite exposée d'une maniere
qui fera plaisir sans doute, aux
personnes de son sexe qui cherchent des
,,
exemples de courage & de vertu.
Le troisiémesiécle emprunte son lustre
Littéraire presque uniquement des Ouvrages
de S. Irenée ; car quoique ce saint
Docteur ait composé pre sque tous ses
Livres dans le second siécle, notre sçavant
Jesuite
, croit néanmoins devoir ne
1le placer que dans le troisiéme, qui est
< D iij celui
celui auquel il est mort, & c'est, dit-il,
la régle fixe qu'il suivra dans le reste de
son Histoire. On est assez instruit sur les
Ouvrages de S. Irenée ; mais il en est autrement
de son Martyre,c'est même un
article, dit le P. de C. sur lequel on est
dans une parfaite illusion ; tout ce que
les Auteurs Modernes ont débité sur ce
point, va ou à combattre la vérité, ou à
l'affoiblir, ou à la laisser ensevelie dans
les ténebres. Il a paru à notre Auteur,
que l'importance de la matiere, & la
nature de son Ouvrage exigeoient de lui,
qu'il fit sur ce sujet quelques remarques
particulières pour combattre les premiers
Auteurs , pour redresser les féconds, &
pour suppléer au silence des derniers.
C'est aussi ce qu'il fait d'une maniere auill
claire
,
qu'elle est concise,après cependant
avoir donné une idée de la personne
& des Ouvrages de ce S. Docteur. Il fait
voir que les doutes sur le Martyre de saint
Jrenée
,
& de ses Compagnons, ne font
fondez que sur des erreurs qu'il dévoile,
& il prouve par une Lettre de S. Grégoire
Papeque S. Irenée & son Peuple
furent massacrez par voye de fait, & sans
aucune forme de jugement
, en haine de
la Religion, & pour n'avoir pas voulu
sacrifieraux fauxDieux. Notre Historien
rapporte l'Histoire de ce massacre à
l'ocl'occasion
des Décennales de Severe, &
des Quinquennales de son fils Caracalla,
célebrées a Lyon.
} Le quatriéme siecle n'est pas abondant
en fait de Recherches Litteraires. Peutêtre,
dit l'Auteur, à cause de l'inondation
des Barbares qui absorbapresque
toute l'attention de ces tems orageux.
Les recherches qu'on peut faire sur ce
quatrième siécle par rapport à l'érudition
Sacrée & Profane, ne peuvent guéres
rouler que sur deux objets: sur les écoles
Municipales
, qui furent établies dans
Lyon, &dottées par les Empereurs; sur
le commerce d'érudition Ecclesiastique ,
que S. Just
,
treizième Evêque de Lyon,
entretenoit par Lettres avec S. Ambioise
Jt & sur l'anathême que ce même S. Just
prononça dans le Concile d'Aquilée
contre les Sectateurs d'Arius, La matiere
qui n'est pas bien étendue pour ce
siécle, deviendroit plus abondante
3
si
l'amour exact de la vérité permettait au
>,
P. de C. d'adopter le sentiment de Lazius,
& de quelques Auteurs qui prétendent
que S. Ambroise étoit né à Lyon; mais il
fait voir combien foible est le fondement
(
sur lequel cette opinion est appuyée.
Si on ne juge que par le premier coup
d'oeil des divers caraéteres des tems, on
aura d'abord lieu de croire que le cinquié-
D iiij me
me siécle n'a pû fournir que fort peu, oti
rien du tout à la Littérature. Ce fut dans
ce siécle orageux que la Ville de Lyon se
vîtlivrée en proye àtoutes ces différentes
Nations barbares dont S.Jerôme rapporte
Jusqu'à trente noms differens. Cette
Ville éprouva dans le cours de peu d'années
toutes les horreurs de la Guerre ;
elle changea plusieurs fois de Maîtres,
Lyon fut pris, saccagé, & brûlé par Attila
; il fut la proye de divers Tyrans qui
s'éleverent dansles Gaules. Enfin après
bien des révolutions, les Bourguignons
Wandales s'en emparerent ,
moitié de
gré, moitié de force, & en firent le centre
de leur nouveau Royaume. Ilsemble
que les Belles-Lettres,& les Beaux Arts
ne pouvoient guéres fleurir au milieu de
- tant de désordres, & que Sidonius Apollinaris
, qui fut un des plus beaux ornemens
de ce siécle, avoir raison de se plaindre
qu'il sentoit sa veine glacée, Se son
esprit rouillé depuis que les Barbares
croient les maîtres de ce Pays. Il est cependant
certain que les Bourguignons
n'étoient pas aussi barbares que Sidonius
les dépeint dans plusieurs endroits de ses
Ouvrages. Jamais peut-être l'amour des
Lettres
,
dit le P. de C. ne régna plus
dans cette Ville que dans le tems qu'ils
en furent les maîtres, c'est-à-dire,du-
- Iap
vant 80. ans, ou environ, un trait singulier
empruntéd'Eric ou d'Heric d'Au.
xerre ,
Auteur du neuviéme siécle, doit
persuader
,
selon le P. de C. de l'exacte
vérité de cette remarque: on lit dans la
vie de S. Germain d'Auxerre, que cet
Auteur a écrite, que du tems du Prêtre
Constance
& de S. Patien
,
Evèque de
Lyon, c'est-à-dire
,
dans le cinquième
siécle, on appelloit communément cette
Ville l'Ecole,
ou l'Academie publique
des Sciences en deçà des Mers, que les
Lettres & les beaux Arts y florissoient
plus que dans aucune autre Ville, &c. &C
qu'enfin pour pouvoir professer dans les
autres Villes, il falloir avoir étudié dans
celle de Lyon. t Il faut avoir lû avec attention les Lettres
de Sidonius Apollinaris, & celles
d'Avitus, son contemporain,& son ami,
pour être bien au fait de la Littérature de
ce cinquième siécle. On y trouve les
nomsde quantité de personnes distinguées
par leur naissance, qui malgré les malheurs
de la Guerre, & les fréquentes
révolutions de ce siécle, cherchoient leur
consolation dans la lecture des meilleurs,
Ouvrages qu'a produits l'Antiquité. C'étoient
pour la plupart des Senateurs ,des
Patrices,,
des Evêques, ou des person-
.cs. qui étoient du Sang Impérial. Tels-
D v étoient
étoient les Constances, les Apollinaires,
les Philimates, les Ecdicius, les Rustiques
,
les Siagrius, les Ommatius, les
Euchers, &c. N'oublions pas sur tout
dit le sçavant Jesuite, ces deux freres si
illustres dans l'Eglise ,& qui. ont fait
tant d'honneur à celle de Lyon, quoiqu'on
ne puisse pas prouver qu'ilssoient
Lyonnois de naissance. Il s'agit ici de
S. Mamert Arch. deVienne, &deson
frere Claudien Mamert, qu'il ne faut pas-,
confondre,& n'en faire qu'une feule personne
, comme ont fait tant de celébres
Ecrivains. Sidonius nous en apprend dans
ses Lettres deux personnalitez interessan- ]
tes; la premiere estque S. Mamert n'est
pas seulement le restaurateur des Rogations,
comme bien des gens l'ont crû sur 1
la foi des Auteurs de Gallia Christiana ;
mais qu'il en est le veritable & le premier
Instituteur; il est vrai, continuë le P. de
C. que l'usage des Processions & des Litanies
est beaucoup plus ancien que S. Mamert
, & qu'on en trouve l'origine dans
le troisiéme siécle
,
& peut-être dans des
rems encore plus éloignez: on peut consulter
là-dessus le Litaneuticus de Serarius,
c'est-à-dire,Recherches, ou Traité
surles Litanies; mais cela ne prouve rien,
dit notre Auteur, après le P. Sirmond , dans une de ses Notes sur Sidonius; car
- - il
-
il n'est pas question de sçavoirqui a établile
premier les Litanies & les Procefliolls
en general
,
il ne s'agit précisément
que de celles qui précedent la fête de l'Ascension
du Sauveur. Or il est certain que
c'est S.Mamert, Archevêque de Vienne , qui en est le premier Auteur, & que
cette dévotionayant paffé de l'Eglise Je
Vienne dans la Basse-Auvergne , & de-là
dans toutes lesEglises des Gaules, fut enfuite
adoptée par l'Eglise Universelle.
Claudien Mamert
,
frere du précedent
est ici regardé comme le vrai Auteur de
l'Hymne Pange ,
lingua , gloriofipyttliu
certaminis , &c. on le prouve par le stile
& par d'autres témoignages.
Le fameux Sidoine Apollinaire, mort
Evêque d'Auvergne, fut un des plus beaux
esprits
, un des plus vertueux, & un des
plushonnêtes hommes de son tems. Ce
fut l'an 432. qu'il nâquit à Lyon; tout
ce que notre Auteur en rapporte se fait
lire avec plasir. Il entre dans un détail
des plus grands, & des plus curieux sur
tout ce qui le regarde. Il fait connoître
son talent pour la PoëGe, comment un
.de ses Ouvrages lui fit ériger une Statuë
à Rome; un autre procura de trèsgrands
avantages à la Villede Lyon. Un
troisiéme enfin lui valut le Gouvernement
de Rome. Je paffe ici bien des particula-
D vj ritez
ritez dans lesquelles il est impossible d'eus
trcr.
Le Prêtre Confiance, Historien Sacré
& Poëte
,
fait la matiere d'un Chapitre
entier. S. Eucher 21e.Archevêque de
Lyon vient ensuite ; on parle des erreurs
^&rcndees,variations qu'il y a eu sur sa per- & sur ses Ecrits: l'Eglise de Lyon
n'a reconnu qu'un seul Eucher jusqu'à la
fin du dixseptiéme siécle. Ce fait historique
est ici mis dans tout son jour parles
anciens Missels & par les Breviaires de
cette Eglise
, par les antiques Litanies, 8c
par les Catalogues de ses Evêques. On
voit enfin en quel tems , comment &
pourquoi on a introduit & autorité le
nouveau Systême des deuxEuchers
, &c.
Tout cela est détaillé d'une maniere trèsclaire.
Le P. de C. fair voir que M. Antelmi,
Chanoine de Fréjus, est le pre.
mier qui ait attaqué la nouvelle opinion
des deux Euc hers. Il démontre,dit-il ,
que l'Eucher quisigna ausecond Concile
d'Orange n'etf point le grand Eucher de
Lyon, & en même-tems que l'Eucher
qui accompagna Saint Cezaire dans sonJ
Voyage ,
n'a jamais été Evêque de cette 1
Ville. Le P. de C. termine cet article par
des Remarques Critiques sur les Accès de
S. Cesaire. Il parle dans un autre des Actes
desainte Cansorcie, dela viede S. Eu- I
cher 1
cher avant son Episcopat, & de la vie
Apostolique de ce Saint; il parle aussi de
ses Ouvrages,& en particulier des Ecrits
pour ses deux fils. L'Histoire du martyre
de la Légion Thébéenne, termine celle
du V. Siècle Litteraire de Lyon.
Le sixiéme siécle n'offre point aux recherches
du P. de C. des Auteurs Illustres
tels que S. Eucher,Sidonius,Apollinaris,
& le Prêtre Constance
> mais il
présence des objets plus variez, plus agréables
,
&c. La celébre Conférence que les
Evêques Catholiques eurent dans Lyon
avec les Evêques Ariens en présence du
Roi Gondebaut
,
la victoire qu'ils remporterent
sur eux, le défi mémorable
qu'ils leur firent de prendre pour arbitre
de leur differend S. Just tout mort qu'il
étoit depuis plus d'un siécle, les loix Bourguignonnes,
qui furent publiées à Lyon ,
tout cela appartient à la Littérature du
sixiéme siécle. Des Législateurs
,
des Jurisconsultes
, des Conseillers, ou des Secretaires
d'Etat, des Juges & des Magistrats
s'assemblerent à Lyon par ordre
du Souverain: Ils vinrent de toutes les
Provinces du nouveau Royaume de Bourgogne
,
du Dauphiné, de la Savoye Be
d'une partie de la Provence. Ces Législateurs
dresserent en commun un nouveau
Code sous les yeux du Prince, qui l'adopta
,
dopta
,
le fit souscrire par les trente-deux
Comtes qu'il avoit dansses Etats, &1
fit publier fous son nom. Ce fut au commencement
mêmedusixiéme siécle qua
le Roi Gondebaut publia ces nouvelle
Loix; elles font dattées du Consulat d'Avienus
, qui tombe dans l'année 501. fe- j
Ion les Fastes Consulaires. Ces Ordonnances
néanmoins, & ces Loix qui font j
partagées en 122. titres, ne furent pas
toutes publiées, ni dans le même rems tïi dans le même lieu , , ni même par le
même Prince.
Le titre general de ce nouveau Code
1
porte qu'il a été publié à Lyon le qu-atriéme
jour des Calendesd'Avril. On y
voit à la tête ces paroles, dont l'Original
est en Latin.Livredes Ordonnances
au sujet des Loix passées & présentesque
nous voulons être observées à perpetuité , publié à Lyon le ij.jour de Mars. La
quarante-deuxiéme Loi qui décide des
heritages des personnes mortes sans laisser
de posterité a une datte differente.
Le corps entier de ces Loix porte le
nom de Loy Gombette, parce que le Roi
Gombaut, ou Gondebaut en avoit fait
ou du moins adopté & fait publier fous
son nom la meilleure partie. La Loi Gombetre
étoit à l'égard des Bourguignons, des Gaulois &desRomains, habitants
« dans
dans ces Provinces, ce que la Loi Salique
étoit à l'égard des François, ou
Francs,ce que les Loix Gothiques étoient
à l'égard des Goths, &c. Le témoignage
que Grégoire de Tours rend de cette
Loy, est fort avantageux, & fait voie
qu'elle renfermoit beaucoup d'humanité.
Toutes les différentes parties de la Jurisprudence
Civile font renfermées dans ce
Code, tout y est décidé sagement & avec
précision
,
depuis les questions les plus
importantes, tels font l'homicide, le
larcin, &c. jusqu'aux questions les plus
minces & les plus triviales v par exemple
, un Chien tué sans dessein, une haye
rompue, &c.
Mais si on envisage ces mêmes Loix
par leur endroit foible, on reconnoîtra
sans peine qu'Agobard fit sagement d'en
demander l'entiere abolition
, trois siecles
après qu'elles eurent été publiées.Ce pieux
& sçavant Archevêque remontra à l'Empereur
Louis le Debonnaire que la Loi
Gombette contenoit plusieurs choses diametralement
opposées à l'Evangile, &
qu'on ne devoit pas tolerer parmi les
Chrétiens. La plus insupportable étoit les
preuves par le duel qui étoient autorisées
par les Loix. Les points de Droit & les
Procès se terminoient par les armes,quand
on manquoit de preuves ou de témoins,
1
Etoit
Etoit-on accusé de larcin ? d'homicide ?
ou d'adultere ? pour peu que le droit fut
douteux de part ou d'autre
, on pouvoit
choisir deux Champions pour soutenir le
pour ou le contre. C'étoit le Juge luimême
ou le Comte du lieu, qui fixoic
le jour & la manière du combat. C'étoienc
eux qui faisoient préparer le champ de
bataille,& qui faisoient armer lesCornbattans
par leurs Parains
,
après avoir saic
benir leurs armes par un Prêtre. Le combat
commençoir par un démenti en forme
que se donnoient les Champions i
après quoi ils en venoient aux mains au
son des Trompettes. Le vainqueur était
déclaré innocent, ou dans celui qu'il representoit
ou dans sa propre personne. Le
vaincu étoit traîné hors du Champ de ba.
taille & executé sur le champ, si le crime
dont il étoit question
,
étoit un crime
capital.
Dans un Chapitre qui regarde la Fondation
du grand Hôtel-Dieu,on donne
le caractere du Roi Childebert& on parle
de son goût pour les pieuses Fondations,
à l'occasion de celles qu'il fit à Lyon &
d) son affection pour S. Sacerdos. Childebert
fit ratifier sa Fondation par le Concile
d'Orleans,& on prouve que ce Concile
fut National, & que S. Sacerdos y
rfida) Onvoit ensuite en quel temps 34
pourquoi;
pourquoi Lyon changea,en quelque façon
,
de situation } quand & comment
l'Asie commune fut introduite dans l'Eglise
de Lyon & dans les autres principales
Eglises du Royaume, la différence
enfin des Abbez Canoniques & des Abbez
Monastiques.
Deux raisons ont obligé le P. de C. à*
s'étendre assez aulong sur les Ecrits qui
ont paru durant tout le cours des six premiers
siecles de J.C.qu'on doit appeller les
sept premiers siecles de Lyon, puisque la
Fondation de cette Ville, devance, dit-il ,
notre EreChrétienne de près d'un demi siecle.
La premiere raison est le petit nombre
de ces Ecrits,& la seconde c'estl'importance
& le mérité de ces mêmes Ouvrages
& de leurs Auteurs. Je n'en userai
pas de même dans la suite; si ce n'est,.
continue le P. de Colonia, quand je trou.
verai sur ma route un Florus, un S. Agobard,
un Laydrade,&c. Le nombre des
Ecrivains de Lyon groffirasi fort, dit-il,,
dans le seiziéme siecle & dans le dixseptiéme,
qu'on y trouveroit sans peine
de quoi remplir un volume entier. Les
premiers qui se presentent, c'est le Cardinal
Seraphin Olivier, M. Spon ,
le P.
Menetrier, &c. Le seul Colliege des Médecins,
quoi qu'établi à Lyondepuis deux
siecles feulement, fournira à notre Auteur
teur plus de cinquante Ecrivains qui Ó
publié des Livres sur toutes fortes d
matieres. Le College de la Sainte Trinite
n'a pas été moinsfertile en Auteurs, connus
dans la République des Lettres. Enfin
le siecle present a déjàdonné à cette Villa
plusieurs hommes rares, qui remplissent
leur place avec honneur dans les trois
plus celebres Académies de la Capitale
du Royaume,& qui par leur travail
& par leur génie ont sçû penetrer ce qu'il 1
y a de plus utile dans la Physique, dans
1 la Botanique, dans la Medecine dans
l'Astronomie, dans la Littérature la plus
exquise & la plus profonde. Tout cela,
promet que le P. de Colonia ne se bornera
pas au seul volume qu'il vient de
publier, & fait esperer qu'il voudra bien
continuer une entreprise qui ne peut être,
quetrès utile & très-agréableau Public.
Je fuis, Monsîeur
, &c.
Le 20. Decembre 1728. 1
SONNET, 1
Sur la.Convalescence du Roy. 1
ARêtimpitoyable
Mort,
Respecte de LOVISla précieuse vie: ,w
Quoi, déja voudrois-tu qu'elle lui fût ravie?
Arête encore un coup,n'avance pas son fort, 1
1
Tu vois la Reine en pleurs, toute l'Europe en
larmes.
Ce spectacle touchant doit fléchir ta rigueur;
Mais non , ta barbare fureur,
Dans nos douleurs trouve des charmes.
k
Grands Dieux, c'est donc à vous qu'il faut
g avoir recours;
Daignez nous accorder votre divin secours;
Vous êtes le soutien des vertueux Monarques.
!
Conservez-nous le nôtre, objet de tant de
I voeux;
Enchaînez le pouvoir des témeraires Parques,
Tant qu'il ne verra pas ses arrieres neveux.
I Par un Gentilhomme de Valogne.
.((VEsrION sur les Logogryphet
> en lrers.
FAut-il plus d'art & plus d'esprit pour trouver
une famille Logogrifique, par la feule
combinaison des Lettresd'un mot, en abusant
-*
& se prévalant d'une Ortografe inconstante ; te defectueuse, qu'il n'en faut pour trouver
unefamillemoins nombreuse, mais plus constante
& mieux choisie, en combinant seulement
les fons ou les véritables caracteres qui
composent le chef & la famille que l'on en
cherche?
L'Onograse a beau changer, un Logogrife fr la combinaison des fons est bon pour touî
les tems; un hommeaveugle & qui ignore les
les Lettres, peutle deviner par le secours de
l'oreille& des yeux del'esprit, infiniment audessus
des yeux du corps: un Logogriseasservi
à l'Ortograse, devient nul & indéchifrable,
quand on parte d'une Ortografe à l'autre..
Un exemple rendra ceciplus clair. Si la j Table des Sons de la Langue Françoise, donnée
dans le mois de Septembre, est juste, le (j
mot Archet du second Logogrise en Vers, du
mois de Décembre est composé de cinq sons
A-re- ch-è - t,répondant aux cinq nombtesîor, 20161025-6 , dans ce mot Archet, on voit bien, & on le fenr,
que le son du q. ou du k, & celui du ç cédille ou
de rs, où les fons des nombres 12..& 4. nes'y
trouvent point; cependant l'Auteur du Logogrise
veut qu'on y trouve le mot Ark, ou Arc,&
celui de Thraçe ou de Trasse, en vertu de quoi?
Apparemment en vertu desLettres équivoques,
susceptibles de divers fons
,
cela ell vrai; mais1
il reste à examiner, & c'est-là la question, si
ce principe arbitraire, erronné & variable ,j
tll: bon & préférable à celui qui consulte l'o-j
reille plutôt que
l
les yeux. j
Si le son François che avoit un seulcaractère 1
qui lui fût propre, pourroit-on Jamatg trou- i
ver dans le mot Archet, les mots Arc, Carte :
'1'jrlfll trllll,?ni même Mlut du mot Thé, n
Jiegtigc par l'Auteur de ceLogogrise?ilest
donc visible que c'est abuser de l'usage vicieux
de notre Orrografe, que d'en vouloir faire les
regles d'un Jeu Logogrifique-Encore un exemple
rendra ceci plus sensible,si j'écris le mot
sapiens en François çaje,au lieu de sage, je
pourrai trouver aussi les mots cage,gase, &c.
or aujourd'hui que l'Ortografe nouvelle ne fait pas difficulté d'employer indifferemment
tous les caracteres usitez, pourvû qu'ils
n'induisent point en erreur, il semblequela
Table des fons doit être preferée à celle des
simples lettres dans les jeux Logogrifiques.
Les Auteurs des Logogrifes
font
ordinairement
charmez de trouver tant de mots differens
dans un seul, par les combinaisons des
tiilabes ou des lettres;mais ils en feroient moins
surpris ,
s'ils vouloient faire attention à la
force,à la vertu,ou à la fécondité de la combinaison,
puisque l'on trouve plus dequatre-vingt
mots d usage dans le seul mot de CARTOUCHE;
puisque l'on trouve tant de milliers de combinaisons
dans ce Vers,
Tot tibi funt dotes, vîrgo , quot [ydera ccelo.
& que la combinaison des 14. Lettres de l'a b v
se peut faire en plusieurs nonilions, exprimes
avec trente-quatrechiffres; &: que la combinaison
des fons & des notes de Musique jusqu'àsoixante-
quatre, contient des vint-Octilions
exprimés en quatre vint-dix chiffres.
On peut donc, ce semble,assurer que la
deffaut, la disette de caractere & la bizarerie
d'une Ortografe vicieuse, ont été jusqu'ici
le fondement de ce jeu Logogrifique, digne
de ceux qui s'en amusent, s'ils veulent le
icftifierj& le perfectionner par les raisons déjà
JI;"!
alleguées sur cette matiere dans les précedens
Mercures. j
Mais s'il a fallu un siecle, (j'ose le dire à la
honte des Savans, des Imprimeurs & de la
République des Lettres)pour faire adopter l'usage
différent de l'j & de J'v consonnes, & de
l'i & de Vu voyelles, en faudra-t-il moins pour
faire voir clair, pour convaincre& pour perfuader
sur l'artde combiner les Lettres & les[
fons en fait d'Anagrammes ou de Logogrifes ?
Concluons du moins que si la prévention asservit
bien souvent les hommes dans de petites
choses, malgré l'évidence,il n'estpas extraordinaire
de voir les hommes si entêtez de
leurs sentimens & de leurs opinions, surtout
dans des chosesimportantes, lorsqu'ils ne les i
voyentqu'à travers des brouillards ou des nua- j
ges & avec des yeux affectez de quelque pas- 1g
sion condamnable. - Nota. M. de Seneté, dans son Logogrife Vire-1
lai
}
du fecond volume du Mercure de Dlcem- j
ireta droit de rendre graces à Dame Pédanterie, I
de la Logogriferie même en Algebrerie;mais ne g
doit-on pas aussi lui rendregraces de laJingerie si
qui fait la jargonnerie de 14 Maroteric l A BC
DE CANDIAC;
SUITE des LogogrrfesArithmctiqueJ. i
En cherchant les mots des 67. & 68. Logo- 1
grises arithmétiques, on a pû trouver ceux de 1
VoileSed'Archet.
G9.Logogrife arithmetique de troisfins on
de trois nombres félon la Table donnée
dans le MercJlredtt mois de Septembre.
Le 1er est égal au i* moins 4. u
A
Ledouble du zd est égal au3e moins 3. - *-
Le 3e moins un est égal à 3 fois le ier^-
7». Logtgrife arithmetique de quatre
nombres ou de quatre fons.
Le double du 1er égale le id.
Quatre fois le zd égale cinq fois le je,
Le 3e moins deux égale le 4e.
Le 4e moins quatre égale le 1er.
S. M. D.
Nota. On demande à l'Auteur des Logogrises,
les deux nombres, dont le premier dit
au second, si vous me donniez la moitié de
votre somme,je passerois d'un quarré à l'autre
|fc il vous resteroit encore la somme de deux
quarrez
,
& le second lui répond,si vous me
dtonniez une feule unité, je deviendrois Cube, il vous resteroit encore la somme de deux
Cubes.
Le Logogryphe dudernier Mercurea
dû-êtreexpliqué par le mot Charme ,qui
d'abord est le nom d'un Arbre,& exprime
aussi le charme de la beauté. On trouve
encore dans ce mot, suivant les differens
changemens,retranchemens & les divisions
& combinaisons des Lettres, les
mots suivans, Char, Arme, Carme, Cam
fils de Noé, Marche
f
Arche, Arc, Marc
d'eau, Marc, poids, Marc, nom de
Baptême,Race, Mér, Rame de Galere,
Mâche, herbe, Cher, adjectif, Ame 8c
,4mçr¡
Amer; ce que les Vers du Logogryphe
expriment fort naturellement. |
Les deux Enigmes doivent s'expliquer
par le Mercure & le Chemin.
PREMIERE ENIGME.
J
~SAns que je fois estropié, J
Je fuis sans bras, je n'ai qu'un pié,
1
•s Mon surtout de toile est modeste ;
,
Trop de pluye est pour moi funeste. J
Immobile dans mon emploi,
,
1
Je donne quelquefois legîte aux HirondeIlM<i
Aussi-bien qu'elles j'ai des aîles,
Mon Maître n'en a point & vole mieux que'
moi.
DEUXIE'ME ENIGME.
pRoduit par la Justice& la magnificence,
J'ai droit de me flatter d'une illustre
naif..
sance;
Aussipour m'obteniron fait tout ce qu'on peut;
Je me montre aux Humains fous la forme
qu'onveut, *
Cette forme pourtant est toûjours très-honncrcj
Quoique
Quoiqu'on certains pays, je ne fois qu'une
bête,
Dans d'autres je fuis Rose, & n'ai pas le malheur,
Que presque en sa naissance éprouve cette
fleur.
Entre les mains d'Oedipe, autrefois je fus
Reine,
Quand son esprit sauva la Nation Thébaine ;
Je ne fui squ'un bâton dans celled'un Guerrier;
Je fuis Livre au College, ou Rameau de Laurier;
o'
Je fuis fleur sur les bords que la Garonne arrose
,
Sur la Seine,enMédaille on me métamorphoses
Mercure qui m'expose aujourd'hui comme un
jeu,
Par moi mit autrefois toute l'Afie en feu.
Combien est-il malin,ce brouillondeMercure!
Pour gner les esprits, il change ma figure;
Sousd'autres attributs ailleurs il m'a donné,
Tel qui me cherche encor,m'a déja deviné.
LOG0GRYPHE4
Mon
nom dans rHiâciie est fameux,
PiSnefc-cnhmilieu, se forme un cri de joye ;
E Ds
De mes extrémitez, si de l'une des deux
On se sert à suivre sa proye,
On renonceroit au métier,
Si sans relâche & sans quartier,
L'autre fixoit le tems de ce rude exercice;
, Je veux me découvrir, Lecteur
, je fuis Romain,
Et ma tête sans artifice,
A Rome n'étoit pas deiïuî le corpshumain;
Mais elle souffre encor tant de métamorphoses,
Qu'on en fera bien autres choses,
Comme àla Foire fait l'homme aux Tableaux
changeans;
Si vous la renversez,une pierre est moins dure,
Coupez-en les deux tiers, ô ! grand Dieu, que
de gens
Vont courir dessus, je vous jure!
Au milieu mettez-en le bout,
Et vous verrez que tout d'un coup >
Peu s'en faut qu'elle vous accroche,
Enfin ( car je ne prétens pas
Vous chercher maint autre anicroche,
ii Et de me dissequer je me trouverois las)
Dans mon nom vous avez une Ville de France.
Qui prend çhig moi Rn existence. ] , N0~'J
#
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS,&c. pORTRAITSOUElogesHistoriques
des Premiers Presidens du Parlement
de Provence.Par Pierre-Joseph de Haitze.
A Avignon, chez. D.Chastel
,
1727.
vol. in 12. de 148. pages.
En l'année1724. Jacques Cundier,
habile Graveur de la Ville d'Aix, fils
de Claude Cundier,Peintre, donna an
Public les Portraits des Premiers Presifidens
du Parlement de Provence,comme
nous l'avons dit dans l'un de nos Journaux.
). La publication de cette Portrai-
»ture, dit M. de Haitze, dans une courte
» Préface,me parut seche sans aucun élo-
»gehistorique,qui animât ces Portraits
»en faisant connoître le genie de ceux
» qu'ils representoient. Dès-lors (conti-
» nuë l'Auteur) je conçûs le dessein d'a-
» joûter à cette compilation ce qui y man-
» quoit, & je crus que la chose me regar-
» doit, après avoir fait sçavoir au Public,
»comme j'ai fait il y a long-temps,que J'a.
» vois composé l'histoire de la Ville dAix
*>lejour,où les Eloges Histori-
J, ij » que
»ques des premiersMagistrats de IJuJ.l-icF.
»superieure de cette Province,doiventne-
»cessairement entrer. Je me portai d'au-
»tant plus volontiers à completer cette
» Portraiture, ( c'esttoujours M. de Hait-
» ze qui parle) qu'elle avoit très-bien
» réussi, & qu'elle yenoit d'aprèsun ex-
»cellent ramas de Peinture sur ce sujet.
» Portraits que le grand Henry de Four-
»bin d'Opede
,
dernier Premier President
w de cette Maison, avoit recueillis après
» beaucoup de foin, qui faisoit le lustre
»singulier de la Maison où ils se rencon-
» troient, qui avoit logé quatre des Pre-
»> miers Presidensqu'ils representoient,&
n qui ne devoient avoir d'autre fort pour
» leur placement que la durée de l'Edi-
»sice où ils étoient étalez. Ces Eloges qui
commencent par celui de Michel Riccio
Napolitain
5
& finissent par celui de N.
Cardin Lebret ,Chevalier, Comte de
Selles, &c. Intendant de Justice & du
Commerce en Provence,qui remplit aujourd'hui
si dignement la premiere Magistrature
de cette Province, font au
nombre de vingt. Nous nous contenterons
de presenter à nos Lecteurs un deces
Portraits, pris à l'ouverture du Livre,
IX. JEAN-AUGUSTIN DE FORESTA,
nJ.Al:lguftin de Foresta, Baron de
L 4 Jrw,
»Tretz,quoique Personnage d'une grande
Ȏtude, & de belles Lettres, ne sur pas
» heureux de venir à la Premicre Prési-
» dence,après un aussi grand homme que
x Jean de Maynier. Ce n'est que long-
»temps après que le Soleil a disparu
;
8c
»dans le coeur de la nuit, que les étoilles,
»toutes brillantes qu'elles soient, peu-
»vent paroître avec éclat.Le Premier Pre-
» fidént de Forefta, eut pourtant cela de
» commun avec son Prédecesseur, qu'il
« parvint à cet honneur, après avoir paffé
»par les mêmes degrez de la Robbe, de
» Conseiller & de President. Le crédit de
» François de Foresta son frere aîne
,
qui
;)avait été Maître-d'Hôtel d'un des En-
» sans de France, lui procura cette dignité,
» dont les provisions lui furent expediées-
., letreiziéme jour après la mort de son
» devancier,c'est-à-dire
,
le cinquième
»du mois de Juillet 1557. avec ordre ail
» Parlement de le recevoir,même pendant
5> le temps des vacations.
» Cette élévation surprit par trois en-
3> droits ; par la nonchalance de celui qui
» y fut porté; par la célerité de l'expe-
» dition des Provisions, & par l'ordre de
» le recevoir hors de saison. Cela donna
» (ujt de dire que jamais homme aussi
)) lent que celui-là avoit fait autantde
»chemin en si peu de temps. Jean-Auf
E iijgustin
» gustin de Foresta étoit originaire de 13
» Riviere de Gennes. Ilavoit passé enFran-
»ce avec son pere Christophe de Forefta,
»Medecin ordinaire de François I. par
» lequel il avoir été naturalisé en 15,z..
D) L'intérêt de se maintenir dans la Pre-
»miere Presidence, le rendit grand Li-
» gueur , non pas pour tenir le haut bout
»dans ce parti en Provence, car il n'é-
»toit pas homme d'action, mais pour,
»en suivant les mouvemens du fameux
»Seigneur de Vins, qui en ce pays, en
Metoic l'ame, être fortifiéde son appui.
» Il mourut en 1588. après avoir vécu 45.
» ans dans le Palais dont les vingt-neuf
» derniers furent avec la dignité de Pre-
» mier President, digne certainement de
»revivre dans la mémoire des hommes
» par son irréprochable intégrité, jointe
"à une profonde Littérature. C'étoitaussi
» un des plus capablesMagistrats duRoyau.
» me ,
qui avoit honorablement & sans
»aucun reproche
,
exercé trois diver-
35 ses Magistratures de Conseiller, de
» Tiers-President,& enfin de Premier.
»D'où vient qu'il fut choisi pour être
»un des Commissaires en la cause de
» la Rebellion de Bourdeaux
,
fameuse
» par les terribles exécutions qu'ils ordon-
»nerent contre les perturbateurs du re-
» pos public, Cependant comme les plus
» grands
» grands hommes ne font pas exempts de
»decrauts, on a remarquéqu'il étoit naturellement
timide,& que cette timidité
f » ne lui avoir pas permis de comprendre
»quelle étoit la dignité de sa Charge,
[ » ni de se servir des grands biens qu'il
: » possedoit. Il étoit d'une petite fiatufe,
j »dont les parties étoient pourtant bien
I »proportionnées;il avoir le visage plein
»& coloré, ayant les yeux gros & ronds,
|
» de couleur d'eau, un peu plus éminents
f » que de fleur de tête, avec les sourcils
I »courbez en arc; son regard étoit tendre
l » avec cette foiblesse qui est ordinaire à
» ceux qui ont la prunelle trop en dehors.
Î)
Il porroit ordinairement tort peu de
« barbe, qu'il avoit blanche comme du
08 coton,& qu'il se faisoit ajuster en pointe.
On pourra juger par cet échantillon
du stile & du génie de notre Panegyriste.
Son Héros favori paroît être Jean de
Maynier, Baron d'Opede qui mourut le
22.Juin 1557. ou 1658. selon Mainbourg;
sa mort fut contée, dit l'Auteur,
parmi les malheurs publics. C'étoit en
effet un grand homme, mais qui eut be..
foin de se justifier, comme l'en sçait,
après la terrible execution des Religion.
naires de Cabriere& de Merindol, à laquelle
il avoir eu beaucoup de part. M.de
Haitze passe là-dessus fort legerement &
E iiij (ern
semble même dans le peu qu'il dit de
cette affaire, confondre les choses ; confusion
qui a passé jusques dans sa Diction:
voici comment il s'exprime sur ce sujet.
»Les Heretiques Rebelles de Merindoi
» voulurent lui faire un crime de cette fer-
» meté ; mais après avoiressuyé de leur
» part; de leurs Fauteurs & de leurs puif-
» sans Adherans,la plus violente de tou-
»tes les attaques,il n'en resta que plus
» glorieux par un Jugement solemnel du
» Prince, qui, suivant le Texte Sacré, que
» l'Accusé avoir pris dans le Discours qu'il
» fit pour sa deffense : Discerna sa cause
» d'avec la Nation qui n'étoit pas,sainte,
aie délivra de l'homme injuste & trom- )peur. qui étoitl'Avocat General Guerin,
»Ôc rendit son nom celebre par toute
» l'Europe.
Il est certain par les Historiens les
plus approuvez, que ce ne fut ni le Roy
ni son Conseil, qui rendit un Jugement
sur cette grande affaire. Le Roy Henry IL
ordonna par des Lettres Patentes du 17.
Mars 1551. qu'elle fut jugée par le Parlement
de Paris. 1
La Cause y fut plaidée pendant 50. Audiences
consecutives. Le Plaidoyer du
Lieutenant Civil, Aubery, commis à la
Charged'Avocat General, tint sept Au.
dienceSj & ce Magistrat conclud très peu
- saYOR
i
favorablement pour le P. President 5c
pour le Parlement de Provence;son Plaidoyer
a été imprime.
Cependant-le P. President d'Opede
iît lui-même un Plaidoyer par écrit, qu'il
commença par ces paroles du Prophète
Royal:Judica me,Deus, & discerne caufart)
meam dugente non sanctâ,&c. & il
se justifiasibien par cet Ecrit, qu'aprèsque
la Causeeût été appointée
,
& que l'on
eut encore plus exactement examiné rAffaire,
il fut renvoyé pleinement absous.
L'Avocat General Guerin eut le malheur
de succomber,& futcondamné à avoir la
tête, tranchée, ce qui fut exécuté.
- Le P. President Henry de Fourbin, Baron
d'Opede, arriere-petit-fils du côté
maternel de celui dont on vient de parler,
tient un rang considerable dans ce Livre.
L'Auteur lui donne de grands Eloges,&
après avoir fixé sa mort au 13. Novembre
167 1. il ajoûte son Portrait qu'il finit
fÙnli. » Tout cela que l'aspect peur ejepri-
»mer, se remarque& s'admire dans ses
»Portraits que nous avons d'après le fa-
»mueux Mignard de Rome
> par conse-
» quent précieux par les deux endroits
» qui rendent semblables representations
»curieuses& recherchées.
M. de Haitze permettra qu'on rende ici
It: fameux Pierre Mignard à sa Patrie,
E v" qui
qui est la Ville de Troyes en Champagne,
& non pas Rome. Mignard étoit Eleve
de SimonVoüet, Parisien, qui se distinîgua
fous le Regne de Loüis XIII. -
Les personnes qui peuvent prendre
quelque interêt à la mémoire d'Arnoul
Marin, Seigneur de la Chategneraye, qui
succeda à M. d'Opede, trouveront peutêtre
mauvaisque l'Auteur oublie son caractere
de Panegyristepour prendre,comme
il faità l'égard de ce Magistrat,le ton
de Censeur.» Il avouë cependant qu'il
»étoit d'un accès facile & aisé à toutle »monde, d'un entretien doux & agréa-
.,»ble, qui donna lieu de dire, que quoique
»Marin,iln'étoit pasdur, &c.
m LETTRE de .JIÂ. sur le IV. Tome
des Mémoires pour (ervic à l'Histoire
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres, &c. A Paris 3 chez
Èriaffon, ruëS.Jacquer) à la Science-
1718. in-11. de. 416.pAgesfins, less
-
Tables , &c.- NOus voici parvenus,Monsieur;
au quatrième
-
Tome des Mémoires
dont j'ai entrepris de vous rendre compte
Je m'étois apperçû dès le troisièmeVolume
de quelque changement en bien,
celui dont ils'agit ici me confirme dans
l'o- ]
1
r l'opinion que l'Ouvrage pourra enfin arriver
à cette perfection que vous lui souhaittez.
Les citations y sont en trèsgrand
nombre, ce qui fera, je crois,
au goût de plusieurs Lecteurs qui aiment
les autoritez
, & qu'on leur indique les
sources.
Notre Auteur débute par Abelard ce
fameux Antagoniste du saint Abbé de
Clairvaux, & donne un détail circonstancié
& curieux de ce qui regarde cet
illustre Breton. Il n'a pas oublié son Epitaphe
de la composition de Pierre le Venerable
, Abbé de Cluny, & je crois
que vous ne serez pas fâché de la trouver
ici telle qu'on la lit encore dans l'Eglise
du Prieuré de S. Marcel près de
Châlons
,
où mourut Abelard le xi.
Avril 1 142.âgé de63. ans.
Callorttm Socraces , Plato» maximus Hefperiarum
,
Jtfofter Aristoteles, Logicis ( quicumque fuerttnt
)
r.AHt pary aut melior fludiorum eognitus orbi
y
Trinceps» ingenio varius ,fubttlis & acer
Omni", vi fuperans rationis & arte loquendi y
Abaelardus ernt. Sed mIne mugis omnta vinfit,
E vj CnTfir
Gum Cluniacenfem Monackum tttohtnquePÊ~fa Mus. Jîd Chrifli veram tranfivit Philofophiam j
ln qua longA-vs, bene complensultima vit&9
£hidloufopmhis qttandoque bonis se commémorant a
SpefIJ déditt undenas Maïo revocante Calendas.
Voilà
,
Monsieur une de ces Epitaphes
dont on devrait, comme je crois ,
vous l'avoir déja die, faire mention dans
l'Histoiredes Sçavans.
La pieuse&constante Heloïse,selon
FA uteur de ces Mémoires, n'épa
rien pour rendre les derniersdevoirsà
soncher Abelard. Elle employa tout pour
en assurer le salut: elleeutmême recours
à PAbbe de Cluny,& lui demanda une
absolution authentique
,
dont la formule
est produite en ces termes dans les mêmes
Mémoires.
» Ego Petrus. Cluniacenfrs Abbas qui
33 FerrumAbaelardumin Monachum CluÎ)
niacensem recepi, & corpus ejus* sur
» tim delatum Heloissæ, & Monialibus
» Paracleti concessi authoritate omnipo-
T'ierre levenerablefit enleverlecorps d'Állclard
furtivement, &-le conduisit lui-même ait
Hmaclett&e dit l'Auteurdes Mémoires.
rcntis:
tentisDei, &omniumSanéfcorumab-
»solvi cum pro officio ab omnibus pec-
Cnectatties suis. :- absolution,continue notreAuteur
, étoit une dévotion de ce tems-là..
L'Ecrit étoitsigné,& scellé,onl'attachoit
au Tombeau du deffunt
,
& on regardoit
cela comme un suffrage de con séquencepour
ce monde ici & pour l'autre.
Il n'oublie point à cette occasion la
passe-port pour l'autre monde, que le
Conseisseur accorde à son Penitenten
Muioscovie, selon le rapport d'Olearius , en a donné la Formule que voici danssonVoyage,
p. 154. Edit. 1656.JesoussignéEvEque
& Prêtre.certifie par
ces Prrlntes queM porteur desdites Let
trl-f, s'efi confessé & a reçu abjointion y,
&c.en témoin de quoi nous lui avons expedié
Certificat, afin que S. Pierre en levoyant
lui- ouvre la Porte à la vie éternelle.
Je reviens à Abelàrd pour vous aunret
que tout l'article qui le concerne dans ce
Livre est fort curieux
,
& que le Gatalogue
des Ouvrages qu'il a composés, ouqu'onluiattribue.,
est fortlong
3
& accompagné
de plusieurs bonnes Remarques.,
M. Gervaise quia beaucoup parled'Abelard,
à l'occahon de ses Lettres
qu'ilaappuubblliitéeenLatin&en François; avecavec
des Notes Critiques, &c. est foirvent
contredit par notre Auteur, qui ne
s'accorde pas avec lui sur plusieurs points
de la vie &de la dothine d'Abelard. Ilme reste,Monsieur, de vous marquer
, selon ma coutume, les noms des
Sçavans dont il est parlé dans ce même
Volume.
PIERRE ABEIARD. BARTHIIEMY D'HERSCIPION
ÂMMIRATO. BELOT.
JACQUES AMYOT. THOMAS HOBBE'S.
JEAN AUBREY. JOACHIM KUHNIUS.
JACQUES BASNAGE. NICOLAS LEMERY.
J-AURENT BEGER. THOMAS LINACER.
MARCBOXHORNIHS. ANTOINE MAGLIABARTH.
CARRANZA. BECCHI.
JBAN-JUSTIN ClAM- MARCEL MALPIGHI.
PINI. PIERRE POIRET,
JEAN CLAUDE. GASPAR SAGITTAANTOINE
CODRUS. RIUS.
CHARLES LE COINTE. JOSEPH SAUVEUR.
JEANB.COTELIER. JEAN DE SERRES.
RAPHAEL FABRETTI. SAMUEL SORBIERIS*
GERMAIN DE LA J. B. THIERS.
FAILLE. J. PITTON DE TOURGABRIEL
FAtLOPE. NEFORT.1 HEDELIN D'AUBX- PHILIPPE VEPHEYEtt.
CNAC. JEAN WILkINS.
J'ajoute, en finissant
, que les articles j
qui m'ont donné le plus de satisfation ]
dans cette Lifte sont ceux d'Amyot, de 1
Beger, de Ciampini
,
de Cotelier, de
dn'Herbeelot,deMsaglioabecchii,& dte To.uc-j1
iiefort. L'Auteur en remarquant que
M. d'Herbelot n'a pas eu la satisfaction
de voir imprimé son grand Ouvrage de
la Bibliothèque Orientale, &c. auroit
1 dû ajouter que M. Galland a eu la conduite
de l'Edition que nous en avons, ce
qui ne poirvoit tomber en de meilleures
mains, & qu'il est Auteur de la Préface
qui est àla tête de cette Edition, dans
laquelle on trouve plusieurs choses cu.
rieuses sur M. d'Herbelot, qui sont omises
dans l'article des Mémoires qui le
concerne, ôc qui ne se trouvent point
ailleurs. Je suis, Monsieur
, &c.
BIBLIOTHÈQUE GEICMANI<LUE,&c.,
année 1727. Tome treizième. A Amflerdam
,chez.P.Humbert, 1717.
DISSERTATION sur laStatuë de Pà*
Ileade) &c.
l
DISCOURS prononcez dans lapremiere
Assemblée solemnelle de l'Académie
Imperiale des Sciences le 17. Décembre
1725. à Petersbourg, page 120.in-4.
tout l'Ouvrage est en Latin.
| Ces Discours au nombre de deux sont
dédiez à la Czarine; ils furent prononcez
,
l'un par M. George-Bernard Bulf-
"finger, Professeur en Physique Experit
meniaie*
mentale, & l'autre par M. Jacques Hetman
,
Professeur en Mathématiques.
L'Assemblée futnombreuse & celébre. Le
Duc Charles-FredericdeHolstein y étoit
présent. On y vit des grands Seigneurs
de toute la Russie, des Senateurs, des
Ecclesiastiques, des Courtisans & des
Magistrats en grand nombre. Les Ambassadeurs
des Puissances Etrangères y assisterent.
Le premier Discours a, deuxparties »
dans la premiere on fait une Histoire
abregée du progrès des Sciences en Europe
depuis leur premier commencement
jusqu'àl'établissement des Académies dont
on donne une idée gcnerale. Dans la Seconde
on examine si la science Magnetique
a été pousséeassez avant pour servir
àgLda'éAcutotuievuorrirpnlaerst.algnoengl'iHtuidsetosirdea,nosulacoNmamv,ei- il s'exprime
,
les destinées des Sciences,
en six Périodes, ou Epoques. Dans la
premiere ,
il range les sept fameux Sages
de la Grece, à qui il donne environ 1200.
ans d'Antiquité
,
mais qui, selon lui,
bien loin de meriter le titre superbe de
Sages, pafferoient à peine aujourd'hui
pour des Philosophes, ou des amateurs
de la Sagesse.
Il commence sa troisiéme Epoque à ces
temps.
temps heureux, où les Souverains pri-
> rent les Sciences fous leur protection y
ce qui arriva, dit-il, du temps de Platonv
& de ses Successeurs. Alors on commen- ça à former par autorité publique des
Societez Littéraires fous le nom d'Académies
, ainsi appellées d'un Citoyen
d'Athènes,nommé Ecademus, ou Academus
, - qui pour cet effet donna (a maisonsîtuée
dans un Faubourg d'Athènes,
où enseignerent Platon & s Successeurs
, fous le nom d'Académiciens.-
L'Auteur passe de-là au 7e siécle
,
où fut
établie en 630. l'Académie, où l'Université
de Cambridge par Sigebert, en
avouant cependant que d'autres mettent
cette fondation dans le XIII. siécle. Le
VIII. siécle vit naître celle de Paris par
Charlemagne en 791. le 9ecelle d'Oxford
par Alfred en 872. ou 895. celle
de Toulouse & celle de Pavie,aussi par
Charlemagne.
On passe de là à la 4eEpoque,qui:
comprend le 16e 6c le 17.siécles, dans
lesquels on vit paroître des Génies qui
s'éleverent au-dessus des préjugez de l'a
coutume & de l'autorité
,
& franchirent.
dit l'Auteur,les barrieres de l'Antiquité.
L'Italie produisit Galilée
3
qui donna une
nouvelle forme à la Physique
,
&c. l'Allcmagne,
Kepler, appelle ici le Réformateur
mateur de l'Astronomie
,
& le Pere de la
Philosophie. L'Angleterre Newton,& la
France Descartes, Génie universel qui auroit
fait tout nouveau s'il eut vécuplus
longtems. C'est lui qui a banni des Ecoles
des termes qui n'avoient nul sens, & qu'on
débitoit comme des raisons
,
à quoi il ai
substitué une meilleure méthode de raisonnement
bien plus certaine & plus fé..
conde en Découvertes. 1
Notre Auteur entre ensuite dans la
cin-j
quiéme Période des Sciences, destinée ]
aux établissemens Académiques, dont il
fait l'histoire en abrégé.Nous ne le suivrons
point dans ce détail historique
, j
tant à cause de sa longueur, que parce j
que nous avons déjadonné une bonne
partie de ce détail dans l'un * de nos,
Journaux, & que nous en donnerons la
suite ; nous n'omettrons pas cependant:
la définition qu'il donne des Académies
des Sciences. C'est, dit-il, un College j
ou un Corps, une Société d'horr.1'nes distin- j
guez. par leurfpavoir & par leur génie,
dont chacun a sa tâche particuliere, mais
quipourtantagirent de concert & avec
une délibérationcommune, pour travailler
sérieusement & en même-lems, sans interruption,
à l'avancement des ScÙnctS,
*Mercure dt D"tsembrt 1714. volumen«r r leur
propagation, & à les appliquer tonà
leurs usages
>
& quisesuccedent les
auxautres,ouquiseremplacent
quand
vient à en manquer quelqu'un. L'Aueur
, en expliquant chaque Membre de
ettedéfinition) se sert d'une heureuse
sensée de M. de Fontenelle,qui vient
parfaitement à son Sujet, & à cette ocpasion
il fait en deux mots l'éloge de ce
çavant Académicien, qui a rassemblé
9 lit-il, dans son grand génie tous les
lifferens caracteres des Sciences. Il eti
philosophe, Mathématicien, Astronone
,
Historien, Poëte, & tout cela dans
in degréexquis.
0 Après cette explication,l'Auteur du
Discours passe aux Sciences qui font l'objet
des Académies. Il en exclut les Ma.
~ieres de Theologie & de Religion,parce
,
dit-il, qu'elles ne sont pas du ressort
de l'esprit humain, & qu'il faut les puiser
dans d'autres sources. Nous ne fini
rions point si nous entrions dans les discutions
qu'il fait à l'égard des autres
Sciences. On y trouve des Réflexions &
des Maximes qui paroissent solides. Dans
la Physique, dit-il, il faut interroger la
Nature, & écouter ses réponses
,
sans.
aucune présomption de foi-même
, comme
font quelques Physiciens impatiens qui , au lieu d'examiner la Nature pied à
pied
>
pied, nous construisent un monde à le
fantaisie
, en cela semblables à ceux q
aimeroient mieux expliquer une Leu
en chiffres par leurs conjectures
, qt
se servir de la clef & du secours de l'Ar
parce que cela donneroit plus de peine
Il fait consister en deux choses le ianga
ge de la Nature. Ou elleparle , dit-il |
ou il fautl'interroger, ce que l'Auteuj
explique fort au long. Cette premier
partie de son Discours finit par l'éloge du
Czar & de la Czarine.
La seconde partie roule, comme nous
J'avons dit au commencement ,
sur la
Science Magnetique, par rapport surtout
à la
connoissance
des Longitudes dans 1
,
Navigation, &c. On en trouvera un
précis dans laBibliotheque Germanique,
mais nous n'en rapporterons rien ici
s tant pour ne point trop allonger notre
Extrait que parce que cette curieuse matiere
(e trouve déjatraitée dans plusieurs
Livres, singulierement dans l'Histoire d*-
l'AcadémieRoyale des Sciences qu'on val
réimprimer,& dans les Transactions Philosophiquesde
la SocietéRoyale de Lon-
Elres, dont on nous promet inceifam..
ment une TraductionFrançoise. 9
BIBLIOTHEQUE GrecquedeM.Fabricius,
TomeXIII. in4. à Hambourg,
chez
ez Felginer 1726. de 860. pages.
"eLl: la fin d'un grand & sçavant Ouage,
qui fera cependant suivi d'un
atorziéme Volume, lequel ne conviendra
que les Tables necessaires, des
supplemens & une Differration sur les
ouvrages supposez
, ou dont les Auteurs
douteux.
On acheve dans ce treiziéme Tome ce
li concerne les Medecins Grecs, Anens
& Modernes, & ce n'est pas ce
l'on y trouve de moins curieux. On
frIe aussï par occasion de, quelques Ara-
:5 illustres,presque tous Medecins
3
tiz
du petit Livre de Jean Leon Jlffricain,
quel M. Fabricius a joint de courtes
Iores. L'Ouvrage de Sextus Placitus sur
s Remedes que les Animaux fournssent
la Medecine
,
de Medecina ex Ani-
~[liibus,sn'eset pasioulbli.é da-ns ce'Re Le dernier Chapitre du Volume dont
~DUS parlons,indique les Recüeils d'Auurs
Grecs, publiez en divers tems. L'un
~s ~us plus remarquables & des moins con-
,
quoique Moderne,est une Encyopedie
Philologique, publiée en Grec à
enise en 4. vol.in-8. 1710. Jean Pa- sa, Athénien, en est l'Auteur; c'est
a choix de diverses Piéces de Poësie Se
'Ll°'lucnçc-dc meilleursAuteursde !'.An¡j
l'Antiquité, Sacrée & Profane. M. Fa
bricius donne aussi des Lietes des Au
teurs Grecs, publiez parAlde-Manuce
par les Etiennes, par Meursius, &c. Il
enfin placé dans ce Volume un Trait
de Rhetorique de Theophile Corydale
surnommé Théodose depuis qu'il eut em
brassé l'Etat Ecclesiastique. Ce Trait
avoir parû en Grec à Londres en 1625
mais on n'en avoir point de Version La
tine. Enfin M. Fabricius promet une Edi
,
tion de DionCassius.
Nous avons étéobligez d'abbreger tou
cet article qui orne fort le XIII.Tom
de la Bibliotheque Germanique, mai
qui ne sçauroit jamais dédommager le
Lecteurs sensez de tout ce qu'on trouve
d'outré & de faux dans le VI. Article ~di
même Journal. Il y a lieu d'être furpri
que les Auteurs ayent adopté une pareille
Pièce
,
après avoir promis dans leur pre
miere Préface, qu'ils feroient circons~i
pects, & ne montreroient aucun esprit
de Parti en matiere deReligion. '1
On écrit de Pologne que M. le Prince
Zaluski, Chancelier du Prince Royal Sv
Electoralde Saxe, Archidiacre de~l'loe{
ko
,
& Chanoine de l'Eglise Cathedrale r• de Warfovie
, a fait imprimer fous le titre
An"kéla Historica
, un Recüeil de divers
tversexemples
de Cbape.iu.v & dEpccs
1henis
3
& envoyez par les Papes aux Princes
Catholiques. Il y a joint les Lettres
écrites & les cerémonies observées à l'occasion
du présent de cette espece, le que Pape a fait en dernier lieu à S. A. R.
: Cramer & Perachou
,
Libraires à Gcnéve
, impriment laBibliothèque de Me.
decine de Manget, en 2. vol. in-fol.
-,
On marque de Zurich que M. Zimmer-
_man travaille à l'Histoire & à l'Apologie
desSçavans qui ont été injustement soupçonnez
d'Atheisme. Il commence par les
Juifseuxmêmes, & parcourt ainsitous
les siécles & toutes les Sectes jusqu'à notre
tems. Il mettra à la tête de cet Ouvrage
des Prolegomenes touchant l'Atheisme
,
son origine & la meilleure méthode
pour disputer contre les Athées,
& dans le corps de l'Ouvrage on trouvera
d'agréables disgressions sur l'Histoire
de la Theologie ôc de la Philosophie
naturelle.
M. David Holzhalb a deffendu Descartes
contre l'accusation calomnieuse d'A* theisme.
M. Jacques Hottinger
,
Professeur en Théologie,apubliédeux Dilatations
Jur le secours de Dieu, quieut été neeef.
faire à nos premiers Parens pourpsrfeverer
dans leur innocence.
-11
» On imprime à Nuremberg une Traduction
Allemande du Livre Grec du Prince
Jean Nicolas Maurocordato sur les Ucvoirs.
On apprend d'Altorf que l'Ouvrage
de M. Koc ler sur lavraieoriginedel'imprimerie,
paroîtra bien-tôt.C'est le même
qui publia en 1725.UnOuvrageGénéalogique
,in-4. sur la famille de Charlemagne.
M. Weichmannapublié à Brunswick,
un Programme dans lequel il soutient
que l'Empereur Julienn'ôta point toutes
les Ecoles aux Chrétiens,mais feulement
quelques-unes qui ne leur appartenoient
pas , & qu'il ne leur deffendit point l'usage
de toutes les Sciences,mais siplement
celui de la Poësie, de la Rhetorique
& de la Philosophie. Nota, cette
deffense
,
à admettre même la restriction
de M. Weichmann
,
tendoit visiblement
à anéantir le sçavoir parmi les Chrétiens.
s
Í
M. Jacques LéopoldConseiller
Com- j
1
i Commissaire des Mines du Roi de Pologne
,
Membre de la Societé Royale de
Berlin, & de diverses autres Societez ,
mourut à Berlin le 12. Janvier 1727. On
le regrette comme un des plus habiles
Artistes qu'il yeut en Europe pour les
Instrumens de Mathématique. Il s'étoit
sur tout rendu celébre par son grand Ouvrage
, intitulé Theatrum Machinarum
9 dont le 8e Volume est actuellement fous
presse.
On débite à Leipsic le Parfait Soldat
Allemand, par M. de Flemming, Auteur
du Parfait Chasseur; c'est un gros in-fol.
.où l'on trouve rassemblé tout ce qui se
peut dire de plus utile sur ce sujet.
On apprend aussi de Leipfic que M. le
Professeur Clodius, a dessein de donner un
grand Ouvrage sur la Theologie Mahometane
, & sur l'Histoire de la Langue
jirabe.
Confpsftus Théologie Mohtlmmedit.
1. De Scriptoribus Theologiæ Mohammeditæ,
Orientalibus & Europæis, horum
nævis ac defectibus.
2. De Religione Mohammedica ingenere
ejusque variis nominibus.
x. De Auctore illius Mohammede &
ArabumReligioneante illum.
F .+,8
4. De Mohammedifmi propagatoribus,
5. De Alcorano & Sunna utriusque hifetoria
& Capitum recensio.
6. De ejus Interpretibus & Theologia
Exegetica. -
7. De Theologia Cabbalistica &ufu Cc^.
rani Magico &: divinatorio ex PerlicQI
Falnameh.
S. De TheologiaMohammedicaThetic
five Dogmatibus veris ac salso ipsis
tributis.
9. De Theologia Polemica&variisinter
Mohammedanos Sectis.
10. De Theologia Morali ac Mystica.
\2I. De Theologia Liturgica , ubi deSa&J
çerdotibus,Templis, Ritibus
,
&cc.j
12. De harmonia Theologliæ Judaica 1
Mohammedicæ.
,
-j
IJj. De hodierno statuReligionisMo-:
hammedicaeindiversis Orienris Regionibus.
14.De optima methodo convertendi Mohammedanos.
1 5. DeEvangeiio Mohammedico contra
Tolandotn. j
Confpettus Hifiorïdt LingHA Arabica.
1. De Lingua: Arabicanominibusac va
riis Diàleâis, Litceris antiquis, receniioribus,
voçalibus, &c. k
AI2.
De ortu &. progressu usque ad tempora
Mohammedis..
3. De ejus statu post Mohammedem.
4. De Lingux Arabicæ studio in Europa.
5. De Grammaticis Arabicis.
6. De Lexicographis Arabicis.
7. De Grammaticorum & Lexicorum defectibus.
JS. De ufu hujus Linguæ, ac indole.
9. De optimis hac Lingua confcriptis Libris.
10. De versionibus nonnullorum editis,
eorumque noevis.
On écrit de Zereftque M. Van-Bashuyfn
donnera bientôt un Traité des
Ablutions des Hebreux : De omnibus lavacris
& letlonibusHebraorum, eorumque
misterio. On s'attend à trouver dans cet
Ouvrage une vaste érudition, à en juger
par celle qui est répandue dans les autres
Ecrits de l'Auteur.
Bibliothèque Germanique, &c. année
1727. Tome XIV.
Lettrb de M. des Vignoles, sur la
Chronologie Chinoise. iMEMOIRE sur la Vie & les Ouvrages
de M. Jean-André Schmidt, Abbé de
Fij MaMarienthal
J
& PremierProsesseur en
Theologie à Helmftadt.
On apprend de Genève, que le nouveau
Journal, qui aura pour titre BibliothequeItalique,
paroitra bientôt.
Mrs Ruchat, de Bochat, du Lignon &
Bourguet qui y travaillent, donneront
l'Extrait de plusieurs Livres qui ont déja
paru en Italie, &qui meritent d'être connus
endeçà des Monts.
Il paroîtàLeipsicune quatrième Edition
de la Charlatanerie des Sçavans, par
M. Mencke, avec les Remarques du
Traducteur François & de quelques autres.
On a imprimé dans la même Ville une
Brochure Latine de 32. pagesin-4,sur
la Ville de Tomes, lieu de l'exil d'Ovide.
Cette Pièce a été envoyée manuscrire
de Varsovie; elle est dédiée au Comte
de Rabutin
, mort depuis peu à Petersbourg
, au grand regret des gens de Lettres.
On soupçonne que l'Auteur est un.
Medecin Grec, nommé Michel Schendo,
ou Schendus, qui s'est retiréil y a quelque-
rems à Petersbourg, après avoir été
à la Cour du Vaivode de Valaquie. Quel..
que soit l'Auteur de cette Pièce, elle est
pleine d'érudition. On y releve bien des
- fautes
fautes des Modernes, & on y soutient
que l'ancienne Tomes est le lieu qu'on
appelle aujourd'hui Kilia Nova
,
située
en Bessarabie, vers l'embouchure la plus
Septentrionale du Danube.
Le Docteur Bruckmann a publié à
Brunswick une Histoire naturelle de l'Afbeste,
ou papier incombustible, & ce
qu'il y a de remarquable,il a fait imprimer
quatre Exemplaires de son Ouvrage
,
sur
du papier de cetteespece, qu'il a rapporté
d'Hongrie. Ges quatre Exemplaires
sont dans la Bibliothèque de Wolfembuel.
Cet Auteur a dessein de faire imprimer
une Description de son Cabinet,
qui contient beaucoup de curiositez naurelles,
& une Relation de Ces Voyages
în Allemagne & en Hongrie.
On débite dans la même Ville chez
Schroeder, une Brochure sur les Solemlitez.
de la nouvelle année chez les Ro- --
nains. L'Auteur est un jeune homme de
Helmstadt, qui s'appelle M. Jean Gerrard
Wagner.
LES AMUSEMENS de l'Amitié, renlus
utiles & interessans. Recueil de Letres
écrites de la Cour vers la fin du Regne
le Louis XIV. A Paris, chez Langlois,
uë S. Etienne d'Egrès, Ganàoïtin
,J le Conty
t
& Henry, rue S. Jacques, vol.
in
12. de 416. pages. Prix trente
fols
broché , & 40. fols relié. j
Quelque foin qu'ait eu l'Auteur de
cet Ouvrage de cacher son nom, sa maniere
d'écrire, son style, ses maximes,
ont trahi sa modestie: c'est-à-dire
,
qu'il
n'a pas pu faire qu'on n'ait reconnu
M. l'Abbé de Varenne, Auteur d'un Livre
intitulé
,
les Hommes, dont le débit:
a été si grand, qu'en peu de temps il y
, en a eu trois Editions, & la troisiéme a
suivi de si près la seconde
,
qu'il n'y a e
que trois mois d'intervalle entre l'une &J
l'autre. On a lieu d'esperer que le succès
de celle cy ne fera pas moindre, & cette
esperance est d'autant mieux fondée, que
iqluoiqu'il ait un Titre différent dupremier,
en est la suite ; & les Lecteurs en peuvent
tirer les mêmes avantages. Il con.
tient des Régles fLîrcs pour Ce conduire
dans tous les états de la vie. L'agréable
& l'utile s'y trouvent également. La faine
Politique y brille, la Religion y conferve
tous ses droits, les devoirs de l'amitié
y sont representez avec une vivacité
qu'on ne peut plus les perdre de vûë
après avoir lû ; en un mot, si le génie de
notre Langue pouvoir s'accorder avec le
génie de la Langue Castillane, au lieu
d'intituler ce Livre Amulemens, on pourroit
l'intituler comme un Livre Espagnol
qui
a
qui a pour Titre: Para todos, puisque
tout le monde y trouve à s'instruire.Ainsi
M. l'Abbé Couture, qui en est l'Approbateur,
a eu raison de dire que l'Auteur
tient plus qu'il n'a ptomis. Iln'a annoncé
que des Amusemens, & je trouve dans
ses Lettres plusieurs belles leçons & plu-
-
sieurs grands exemples de vertu & de Religion
, le tout assasonné d'une politessefine
,
d'un langage pur & d'une liberté
honnête.
t HISTOTREGENEALOGIGUE dela
Maison de France, &c Par le P. Anselme,
Augustin Déchaussé, continuée par
M. du Fourni, Troisiéme Edition
,
revûë,
corrigée & augmentée par les soins du
feu Pere Ange & du Pere Simplicien,
AugustinsDéchaussez. Tome 111. & IV.
A Paris, 17 ?9 in fol.
t
TRAITE DE LA CHARITÉ envers
le Prochain & de ses vrais caracteres ;
tiré des Livres saints, dans lesquels on
expose par les propres paroles de l'Ecriture
Sainte, nos devoirs généraux & particuliers
à l'égard du Prochain. Dédié à
la Reine; par M. Claude le Pelletier,
Prêtre, Chanoine de l'Eglise de Reims.
.,A Paris, rue Saint Jacques, '"Jis-à-vil
S. Yves. Le prix efi. de 50. fols.
1 Fiiij THEOTHEOLOGIE
ASTRONOMIQUE,
Démonstration de l'existence & des attributs
de Dieu, par l'examen & la Description
des Cieux, enrichi de Figures.
Par GuillaumeDerham
,
Chanoine de
Windsor, &c. Traduite de l'Anglois sur
la cinquième Edition. A Paris ,
chez
Chanbert,Quay des Augustins, 1729.
in8. Ce Traitéest une suite de la Théologie-
Physique du même Auteur, dont
la Traduction parut en 1726.
AEGElde l'Histoire ancienne de
la Ville d'Orange. Par Jean-Frederic
Guib
,
Docteur ès Droits. Seconde Edition
,
corrigée & augmentée. A Orange,
chez Fortunat Labaye,1728. in 12.
de 45. pages.
Lorsque ce petit Ouvrage parut en
172 3. nous en rendîmes compte dans
notre Journal du mois de Janvier 1724.
Ainsi nous nous contentons de rapporter
le titre de cette nouvelle Edition.
LETTREd'unMembre du Parlement,
contenant un détail des dettes de la Grande
Bretagne, & un Essai sur les moyens
de les acquitter: Traduite de l'Anglois.
ji la Haye, chezMerville, & à Paris,
chezChaubert,1727. 8. de 136 pag.
DisDISSERTATION
de M. Fontanini,
sur le Corps de S. Augustin,découvert
î à Pavie dans l'Eglise de S. Pierre au Ciel
d'Or, in 4. de 120. pages & une Planche
, imprimée à Rome, chez, Bernardo.
Tout l'Ouvrage est en Latin.
Opere Varie Critiche, de Louis de Castelvetro,
Gentilhomme de Modêne, imprimé
pour la premiere fois, avec la Vie
de l'Auteur, par M. Muratori, sçavant
Bibliothécaire du Duc de Modêne,&c.
Ce Livre se trouve ruë S. Jacques
)
chez
Giffart.
La Relation de la Découverte du Corps
de S. Augustin,trouvé à Pavie, &c. Brochure
in 4. est imprimée & se vend à
) Paris, chez. 1-i veuve Mergè>rue S.Jac-
14eS, au Coq. C'est une lecture également
curieuse & édifiante, de la composition
t duR. P. Leger, Religieux Augustin du
[ grand Convent, & Docteur de Sorbonne.
Le Solitaire Anglois, en un seul volame
in 12.. se debice avec succès ch ez
Gameau, rue S. Jacques
3 aux Armes de
Dombes.
Briasson
,
ruë S. Jacques, à la Science.
vient d'imprimer La Fausse Suivante
,
F v ou
ou le Fourbe puni, Comedie en trois
Actes, &c. Brochurein 11. de ) 42. pag.
I
MOTETS de feu M. de la Lande, Chevalier
de l'Ordre de S. Michel, Sur-Intendant
de la Musique du Roy,&c. avec
un Discouts sur la Vie & les Oeuvres de
l'Auteur. A Paris, chez.Boivin,Marchand
,ruë S. Honoré à la Regle d'Or. On
donnera ces Motets deux à deux successivement.
Les deux premiers qui paroissent 3
se vendent 6. livres. ]| On est persuadéavecraison que le Public
fera un accueil très- favorable aux
Motets de M. de la Lande. Cet habile
Auteur a fçâ donner à la Musique Latine
cette dignité & ces graces qu'un autre
grand Maître avoit fait admirer dans la
Musique Françoise ; mais ce n'est point
assez dire, & M.de la Lande favorisé par le
sublime des paroles qu'il employoit, a
mis dans sa composition un caractere d'en- 1
tousiasme qui lui est particulier, & dont
la divine Poësie des Pseaumes étoit feule
susceptible.
On a mi-s à la tête des Motets qu'on
donne au Public
3 un Discours en forme
de Preface, où l'on a inseré un abregé de
la Vie de l'Auteur. Cet abregé fournit
plusieurs traits deLousXIV. bien glorieux
à M. de la Lande;la fortune l'a favorisé
•Torife à ce point, que son Eloge se puise
dans les paroles mêmes de ce grand Roy.
Ce Discours est bien écrit, & l'AateLir à le rendre interessant ; il y a lieu, de
croire qu'on en recherchera la lecture
dansle Livre même.Ilest de M.Tanevot,
-lÙJn.t.on a vu dans nosjournaux differettes
Pieces d£ Poësieque le Public a
trèsbien
reûës.
Ontrouve àla fin une Lettre de M. de
l
uBlâmont, Sur-Intendant de la Musique Roy. Il nous y peint les vrais talens.
de M. de la Lande , &il parle de son Arc
-en Mâïtre; elle est écriredemaniéréàlui
faire un double honneur au Parnasse.
Michel-Richard de la Lande nâquit le
15Decembre 1657.Son pere & samere
dont il était le quinzième enfant, le placerent
Enfant de Choeur à S Germain l'Auxerrois
,
leur Paroisse. Il avoir la voix
très-belle, &en venoit l'entendre avec
empressement. Il aimoit dès-lors excessi-
• vemenr l'étude, & y passoit les nuirs , employant ses petiris profits à avoir de -quoi s'éclairer. Il apprit la Musique & a joüer de toute sorte d'Instrumens, dontil
sailfloic tout d'un coup l'intelligence.Il
perdit sa voix à l'âge de puberté, comme
cela arrive souvent. M. Chapern, fern
-
Maître,sur fort fâché de le per dre. Ltln(..
> trument auquel il s'attacha le plus futle
- r-
F vj VioViolon
; il s'y adonnoit tout entier ; nuis s'étant présenté à M. de Lully pour
joüer à l'Opera, & cette démarche n'ayant
pas réüssiJ il en fut si picqué, que de retour
chez lui, il brifa l'Instrument & renonça
pour toûjours au Violon.
Il s'attacha avec beaucoup de succès à
l'Orgue & au Clavecin & il y fit tant de
progrès en peu de temps, qu'il fut desité
dans plusieurs Paroisses, & qu'il se vit
Organiste tout à la fois, des Eglises de
S. Gervais, de S. Jean,des Jesuites & du
Petit S. Antoine. Nous renvoyons au
Discours même pour les autres détails
qui regardent la Vie de ce celebre Musicien,
mort le 18. Juin 1726. âgé de
67.ans& demi.
Le grand mérite de M. de la Lande, dit
M. de Blamont dans la Lettre dont on a
déja parlé, consistoit dans un merveilleux
tour de Chant, un précieux choix
d'harmonie, une noble expression, fai.:
fant toujours valoir les paroles qu'il avoir
àtraiter,en rendant le sens veritable, le
majestueux& le saint EntousiasmeduProphete.
Plus amateur du sublime & des
grandes idées, que d'un travail servile &
pénible, qui fatigue plus souvent l'esprit
de l'Auditeur, qu'il ne le satisfait, & qui
lui biffe presque tout desirer. Ici sçavant
& profond, là simple & naturel, il sa.i
soit
foit toute son étude & mettoit toute Ton
application à toucher l'ame par la richesse
de l'expression & des vives peintures, &
à délasserl'esprit par les agrémens de la
variété, non- seulement dans le merveilleux
contraste de ses morceaux, mais
dans le morceau même qu'il traitoit; ce
qu'il est aisé de voir par les disparates ingenieuses
dont il ornoit ses Ouvrages &
par les traits de chants gracieux, aimables
, qui servoient, pour ainsi dire
,
d'Epifodes
à ses Choeurs les plus travaillez.
THESE de Théologie, dédiée à la Reim',
Le 22. Janvier dernier, CômePierre
Savary de Breves,Soudiacre du Diocèse de
Paris &Bachelier de la Maison de Navarre,
soutint une These de Théologie,nommée
Mineure ordinaire, dédiée à la Reine. Cet
Acte se fit dans la grande Salle du College,
extraordinairement ornée, surtout par une
belle Tenture des Gobelins qui representoit
desSujets de l'Ecriture. On avoit élevé
un Trône au lieu le plus apparent, accompagné
d'une Estrade & couvert d'un
Dais magnifique, fous lequel étoit placé
un grand Portrait de Sa Majesté.Cemême
Portrait étoit gravé en taille-douce
par une habile main au haut de la These,
dont les Caracteres étoient aussi gravez.
M. N. de Saulx de Tavanes, Evêque
&
ëc Comte de Châlons
,
Pair de France
*
j
Premier Aumônier dela Reine, Docteue
de Sorbonne ,-préficîa à l'Acte: faChair^
étoit couverte de riches Tapis & d>u
Dais. Il s'y trouva plusieurs Prélats- <3c
quantité de personnes de distinction dfe
la Cour & de la Ville.
- L'Abbéde Brèves, Soutenant, y fit paroître
beaucoup d'esprit & de capacitif
sur routes les matieres qui furent agitées
dans la dispute. Il descend en droire ligne
de François Savary, Comtede Bréves,
Chevalier desOrdres duRoy,Ambassadeur
de France à la Porte, puisà Rome,ibus
les Rois Henry le Grand 8c Louis XIII..
qui le fit Gouverneur de la personne de
Gaston de France, Duc d'Orleans, son
frere
,
puis premier Gentilhomme de 13
Chambre, & Maître de la Garde- Robbe
dece Prince. il fut aussi premier Eciiy-ec
dela Reine Marie deMedicis & Conseiller
d'Etat d'épée. Il avoir succedé dans rAmbauade de
Constantinople à J acques Savary, Mar- 1
quis de Loncofme son oncle. La sienne j
dura vingt-deux ans entiers, & fut distinguée
par les grande, affaires qu'il négo- >
cia fort heureusement. Il conclud en 1604.
unTraité avantageux à la Nation
, entre
le Roy son Maître ôc le Sultan Achmet
I. Empereur des Turcs,lequel sur
imprimé
imprimé à Paris en François
, & en Turc
en l'année 1615.
On a aussiimprimé à Paris en un volume
in 4. les Voyages du Comte de Brèves
dans le Levant. C'est un Ouvrage
dans lequel on trouve à s'instruire avec
exactitude
,
de plusieurs choses curieuses
ignoréesounégligées par d'autres Vuya
geurs.
NOUVEAU TltAITE" D'ARCHITECTURE
,contenant les cinq Ordres , suivant les quatre Auteurs les plus approuvez
: Vignole) Palladio, Philibert
de Lorme,& Scamozzi
,
sur les principes
desquels sont composez differens SUJers,
sur chacun de leurs Ordres. Enrichi de-
120.Planches. Par le sieur P. Nativelle..
A Paris, ruéS, Jacques
j
chez Grégoire
Dupuis, 1729. 2. vol. grand in folio.
Ce Livre paroîtdepuis la fin de l'année
derniere. & son débit prouve le casque
le Public en fait. Il n'a pas été trompé
dans son attente ; papier, impression,
gravure , tout répond à la beauté & ail
mérite de l'Ouvrage, le plus grand, le
plus utile, le plus riche, & le plus méthodique
qui ait encore paru sur cette
matiere.
ALMANACH des Dames sçavantes
Françoises»
Françoises, pour l'année1729. contenant
un ordre alphabétique des Dames qui se
sont renduës recommandables par leur
sçavoir, depuis le commencement de la
Monarchie jusqu'à present, avec un abregé
de leurs Vies & le Catalogue de leurs
• Ouvrages. AParis, Quay des Auglsftinr.
chezVatel.
ALMANACH TERRESTRE,
contenant
des PrédictionsCriti-Comiques, Satiriques
& réjoüissantes, qui s'accompliront
pendant l'année 172. 9. A Paris,
,0itiy deGesures
,
chez P. Prault.
LA CHANCE DU SEPT & les Oracles
du Quinze, Etrennes amusantes pour
l'année 1729. Chez.. le même.
CONNOISSANCE DES TEMPS pour
l'année 1729. au Meridien de Paris,publié
par ordre de l'Académie Royale des
Sciences
, & calculé par M. Lieutaud
,
de
la même Académie, in12. De l'Imprimerie
Royale.
NOUVEAU CALENDRIERHISTORIQUE
pour l'année1729. contenant
une Chronologie des Anciens, un état
de la Terre &des sept Planettes,l'oririgine
de Paris, des Evenemens remarquables
quables arrivez chaque jour, un Traité
de la Sphere, les Poids & Mesures ; les
Archevêchez, les Naissances, les Créations
des Parlemens & autres Juridictions
; les Bibliothèques
,
les Académies ,
l'institution des Chevaliers, les Vacations
du Parlement & de la Cour des Aides ,
&c. enrichi de Figures.A Paris
>
rué
S.Severin, chez Alex. Mesnier.
LETTREDE M. ***
L E fragment de cette Lettre que je vous
'envoyé,m*étanttombé entre les mains,
il m'a parû extrêmement propre a faire
sentir tout le merite de la Brochure que
M. REMOND DE S.MARDJ vient de
publierfous le titred'ExAMEN PHILOSOPHIQUE
DE LA POESIE EN GENERAL.
La maniere de s'exprimer aisés
& naturelle qui fait le caraaer.de l'Auteur,
pourroit faireillusîon à la plupart
des LeEleurs, &les empêcher d'apercevoir
toute l'étendue & toute la sublimitèdeses
idées &deses vnés. C'est leurrendre fervice
que de leur fdireconnaître le prix du
pr¡ftnt qu'on leur a fait.
» Cette Brochure a deux parties égale-
» ment interessantes par la nouveauté des
»idées & l'agréable simplicite du stile ,
» lapremiere à laquelle l'A uteur se con-
»tente de donner le titre modeste d'A-
» yettiffèr
»vertissement,contient d'aberd les racfl
"'tifS qui l'ont déterminé à précipiterl'im-
J> pression de ce petit Ouvrage, qui n'étoit
pas fait pour voir le jour dans l'é-
1) tat où il est & ne l'auroit peut-être ja
» mais vü ,
si l'Auteur n'eût pas été
moins
» touché de ses propres interêts que d~
»ceux: de la Poëlle.: Plein pour elle d'un
» tendresse la plus desinteressée qui fût ja-
-
» mais, M. Remond n'a pû, sans frémir,
»envisager les affronts qu'elle alloir ef-
» suyer de la part de ses propres enfans
1) ses entrailles Métaphisiques se
foacj
«émues, & en attendant qu'il pût par foah
si grand Ouvrage, la faire triompher plei- :
» nement des ingrats qu'elle alloir faire, j
,)}il a bien voulu lui prêter dans ces
» échantillon de quoi soutenir le combat.
» Une cause si juste embrassée par dts
»vû(is si pures auroit fait prendre à tout
» autre qu'à M. Remond le ton de Legislantsury
& il ne tenoit qu'à lui d'étonner,
)) d'entraîner, de subjuguer ses Lcéfeurri
assujettis par la force deses raisons;
» cependant il rient une conduite bien op-
3) posée,pour ne pas même les effaroucher;
» il s'engage à ne raisonner jamais & tient 1
»e':(aél:ement sa parole;il demande la per- ,
» mission de donnersesidées
,
c'e (l- à dire,
d'avancerdesfaits, mais des faits d'une
»>natu>re siimsinguliaereg, deisnfaitsesizbie,n
)')jmaginez
, que la vanité la plus déter-
« minée à ne les pas admettre, doit se
»trouver infinimentflattée,qu'on la force
» d'en convenir;car enfin ces faits ne sont
»autre chose que les impressîons reçuës,
» necessairement chez ceux à qui la Nature
» n'a pas refuséparune exception malheu-
« reuse le talent de sentir ; or le moyen
« que lavanité niede pareils faits. De là
»on paffe à la solution d'une difficulté qui
« se presente naturellement à l'esprit de
«ceux qui n'ont pas ce sentiment exquis
» qui fait le caractere diftinétifde l'Au-.
»teur,& c'est assurément le grand nombre.
» La Brochure en question n'a que 69.
« pages, l'Approbation même (quin'est
« pas courte) comprise, cependant de-
« quoi ne parle-t'on pas dans cette Brochu-
»re ? on y examine la nature de la Poësie
, on y étale la pompe des figures,l'é-
« clat des images y brille de toutes parts ,.
»on y fait valoir les avantages de la Fable
» & le talent qu'elle a d'aprêta à l'ima-
»gination les mets les plus délicieux par
» l'air de gayeté, d'enjouement & de vie
» qu'elle sçait donner aux objets les plus
« tristes ; on y révele le mystere inconnu
»» jusqu'ici,du doubleraport qu'ont les ima-
» ges avec le coeur & l'esprit qu'elles atltfl-
»qufnt to141àUfais;on nous y découvre l'o-
»figinedel'harmonie & la source de nos,
plai»
plaisirs;on détermine en généralla conte-
»nanceqne doiventtenir les differens gen-
'> res de sty le,tant en Prose qu'en Poësie,&
» en consequence de l'analogie sourde des
rapports secretsdes convenances délicates,
» qui se trouvent entre la Poêsie & le style
» Epistolaire ; on y peint, trait pour trait,
»l'attitude qui lui convient; de-là par une
» fuite naturelle on va aux Oraisons Fu-
"nebres
,
des Oraisons Funebres à la
»Métaphisique,de la Métaphisique on
"revient à laTragedie, de la Tragedieà
» la Comedie, du PereMalebrancheau
grand Corneille; on donne Séparément
* le Portrait de ces Grands Hommes, puis
» tout à coup la Rime qui les distinguoit
d'abord, neles déguiseplus,on les con-
» son d,on les substitue l'un à l'autre. Cor-
»neille devient Méraphisicien, le Pere
J1 Malebranche chauffe le Cothurne, Se
J)tous les deux vont enfin se confondre
»Lk se perdre dans la qualité de grand
» génie qui leur est commune, pendant que
« laPoësie, la Prose & laPhilosophie vont
» de leur côté s'abîmer, & s'engloutir
» dans le bel accord, dans l'heureux me-
* lange des qualitez qui donnent à l'une
»& à l'autre cette sagesse & ce beau feu
n qui nous enchante.Encore une fois cornn
ment cela peut-il tenir dans le court es-
»pace de69.pages d'un très-gros carac-
» tere
»tere ? Ecoutons l'Auteur qui nous l'ap-
» prend.
» Qu'il y a de deux fortes d'idées, les
» unes sont communes & aisées à saisir
9
» les autres sont délicates & difficiles à
» appercevoir ; quand on met ce qu'on a
n à dire en idées communes,alors iln'est
» pas deffendti d'étaler, quand on a le ta-
» lent de le bienfaire, c'estmême quel-
» quefois une ajJeZ bonne chosè, & le
» risque qu'on court de n'être pas enten-
5) du, donne une espece de droit à l'état)
lage & à la diffusion
*, mais quand un
j) Auteur a pris son parti, qu'il s'est dé-
»terminé à ne donner que du fin
,
du dé-
3; licat ; en un mot, de ces idées qui ne
J) sontpas faites pour être apperçûcs avec
» facilité,il doitse mettre bien dans la tête
» qu'il ne peut être trop concis, trop
» court, trop abstrait même,qu'il (erre"
» qu'il rapproche, qu'il fasse tout ren-
» trer l'un dans l'autre, & qu'il sçache
m
qu'il n'a que ce seul moyen d'éclairer,
M d'instruire & de plaire; sur ce princi-
» pe qui est incontestable,parcequ'il
« est prisdans la nature, & qu'on le
n trouvera là, si on l'y cherche bien.
» M. Remond pouvoir-il se laisser aller à
d faire, je ne dis pas un volume d'une
M grosseur raisonnable
,
mais à ajouter une
>}
feule ligl) un seulmot aux 69 pagç4f
- - » qu'i
»qu'il vient de donner au Public, &
3) dont je crois que ce que je viens de di-
» re suffit pour donner une idée com-
» pierre.
» Au reste, je ne sçai furquoi ie Public
» peut compter par rapport au grand Ou-
» vrage dontl'examen philosophiquen'est
» que l'échantillon. Le procède de l'Auj'
teur à l'égard de l'harmonie dont pour
» le bien de la paix il réduit tous les char-
M mes à un plaisir de pure fantaisîe
,
après
» avoir annoncé les preuves du contraire ,
» me faitcraindre qu'il ne sacrifie aux
» douceurs d'une réconciliation parfaite
î> la petite honte de revenir pleinement
3) aux sentimens de ceux qu'il s'étoit enw
gagé de combattre.
Jean-Baptiste Albrizzi,& Sebastien Coleti,
Imprimeurs & Libraires à Venise, ont
entrepris par souscription,il ya plus de six
mois, une nouvelle Edition par SOtlfcrip.
tion desConciles duP.Labbe,dans laquelle
on doit inferer plusieurs Pieces qui n'ont
point encore parû. On y ajoutera nonseulement
le Tome que M. Baluze a publié
pour servir de Supplément à ce Recueil,
mais encore tout ce qui se trouvera
de plus dans l'Edition des Conciles
du Pere Hardouin., du Pere Mabillon,du
Cardinal ¡.,gtarre, de Daluzc) de Dom
<-
7 Luc
Luc d'Acheri
,
du Pere Martenne, de
Lambecius,des PP. Pez & Bessin & autres
Ecrivains Modernes. On augmentera
les Indices à proportion des additions &
outre les In dices du P. Labbe, on ajoutera
l'Indice Géografique des Evêchez
du P. Hardouin. Il y a tout lieu de croire
que ce vasteRecueil des Conciles fera le
plus entier & le plus ample qui aie encore
paru.
On espere que cette Collection n'ira
pas audelàde 20.vol. in-fol. dont les
deux premiers, suivant la promesse des
Editeurs, doivent être sortis de dessous
presse au mois de Dccembre dernier.
Après ceux-ci on doit donner deux Tomes
de quatre mois en quatre mois, deforte
que dans trois ans & demie tout
l'Ouvrage fera achevé. Chaque Tome
fera d'environ 200. feuilles
, & on n'en
doit tirer que 500. Exemplaires, dont
moitié fera en grand papier & l'autre moitié
en petit papier. Tout l'Ouvrage en
grand papier coûtera 150. ducats de Venife,
& en petit papier il ne coutera que
125. ducats.
Extrait de diverses Lettres.
DeZurich. Le sçavant M. Scheuchzer
, outre sa Physique Sacrée, ou de
la Bible, dont l'impression avance fort,
a
a.oublie un nouvel Ouvrage;c'est ma
Dissertation Latine sur l'Air, les Eaux
& les lieux les plus remarquables de4a
5uisse.On a imprimé dans le Mercu
de France du mois de Novembre 17284
un.Extrait de Lettre écrite de ce Païs-ci
dans laquelle il t est parlé d'une Traductioa
Françoise de la plus belle des Inscriprions
Grecques d'Oxford.L'Auteur de laL
tre dit là-dessus je ne la donnerai ps
sans lacunes, comme a fait M. Bianchi
ni, &c. Les Imprimeurs du Mercun
ont mis par inadvertance,p. 2453. jem
la donnerai pas sansd'autre. Ce qu'il
bon de faire connoîtte pour rétablir ij
veritable sens.* D'Amsterdam. On imprime leClaudien
de M. Burmaan avec les Autores anti
Venatici du même. Il vient de paroître
un Eutrope & quelques autres petits Historiens
Latins. La nouvelle Edition d
Thucidide avance fort, & on vac
mencer le Dion Cassius de M. Fabrice. Li
dessein de remettre sous la presse les0
vres du grand Cujas estéchoué; il Ëm
dra se contenter de l'Edition qu'on en a
fait depuis peu à Naples. On va joindr
un quatrième Volume aux trois Tonm
de la Collection des petits Traitez fépad
rez des jurifçonfulccîclu'Qg atrodh neSt
r De Rome. On a tait depuisplusieurs
années deux Editions des Vies des Papes,
qu'on attribue au Bibliotecaire Anastase.
Le troisïéme Volume in-fol. de M. Bianchini
commence à paroître. Il doit y en
avoir quatre. M. Vignolly n'a encore donné
que le premier de deux /»-4.
Après la mort de M. l'Abbé Crefcembeni,
Custode de l'Académiedes Arcadi,
il y a eu quelques contestations au sujet
de la nomination de M.l'Abbé Lorenzini
,
qui a été choisi pour son Successeur r
on vient de terminer ce differend) & sa
nomination a subsisté.M. l'Abbé Fontanini,
Archevêque d'Ancyre, a publié
ici deux Ouvrages, l'un intitulé: deCor.
poreSancti Augustins Ticini reperto in
Consessione adis S. Petri in Coelo Aureo Disquisitio. Roma. 1728. exTypog. Ro-,
chi Bernttbo in, 4. L'autre est un Ouvrage
moins étendu. C'est une Dissertation
sur une gravure intitulée: AchatesIsiacus
,gllnularÍs Commentariolo explicatus prodit
ex Mufito Illustriss. Marchionis .Alexan,.
dri ~GngoriiCapponiiRomd. TypisRoch.
Bernabo in Vico ad muratas 1727..in-4.
M. Bianchini donnera incessamment
le plan, l'élévation & les ornemens du
Palais des Cesars : ce sont les vestiges
qui en leûçat sur.(g Monc Palatin, avec
-. G les
les grandes Salles qui ont été découverte
dans les Jardins Farnese
, avec les figu.
tes de deux ColossesBasalte, * plus grands
que l'Hercule Farnese, & transportez à
Parme, & de quantité de belles Peintures
& Bas-reliefs
, qui y ont aussi été deV
couverts.
* BI/IIIlte est le nom d'une pierre de la cou
leur du fer) & qui en a presque la duretiA
Pline en fait mention. L. zé. C.7. 1
-
i
DeFlorence. On a publié en cette Ville
ln 3. vol. in-4. Le Vite de Prosessori
delDissegno
,
&c. Les Vies des plus celé.
bres Dessinateurs. depuis l'an 1400
jusqu'à l'an 1550. depuis 1550.jusqu'en
I 650. & depuis 16 50. jusqu'à la mort
de l'Auteur M. Baldinuci.
On a aussi publiéaumême endroit un
troisiéme Tome,grand in-folio , de l'Architedure
de Ferdinand Ruggieri pour
les Portes & les Fenêtres, avecles Desseins
des plus habiles dans l'Art. Studio d'.Ar.
chitettura Civile di porte è sinestre.
Et en troisiéme lieu, une Traduction
Italienne du Grec d'Oppian, sur la Chasse
& la Pêche,par M. Antoine-Marie Salvini.
Oppiano délla Caccia e della Peh
fha} &ç.
On imprime à Amsterdam en 2. vok
t iffs
in-12. les Mémoires du Comte de Forbin
,
Chef d'Escadre, connu dans les
dernieres Guerres fous le nom de Chevalier
de Forbin, &c. on affure que l'Ouvrage
estinstructif& curieux.
On a appris que le Marquis de Villeneuve,
Ambassadeur de France à la Porte
, étoit arrivé à Constantinople le 5.
Décembre dernier avec le sieur Sevin , Pensionnaire de l'Académie Royale des
Belles-Lettres
,
& le sieur Fourmont
Associé de la mêmeAcadémie,qui y ont
-été envoyez par le Roi
t pour faire des
Recherches Litteraires.
DISCOURSduChevalier Haans-
Sloane au Prince de Galles, far/qu'il
le complimenta au nom de la Société
Royale,
A Societé Royale de Londres; instituée
pour les
-
Recherches de la Physique, &
pour perfectionnet" les Arts utiles a la Société
Civile, prend la liberté de venir marquer à
V. A. R. la joye & la satisfaction qu'elle ressent
de son heureuse arrivée en Angleterre
V. A. R. n'ignore pas le progrès qu'on a saie
dans la connoissance de la Nature, par le
moyen des Expériences. C'est par-là que l'Astronomie,
la Géographie & la Navigation ont
reçu de nouvelles lumire, & que l'on voie
fleurir l'Agriculture, le Jardinage, leCom-
G ij merce
merce & les Manufactures. La sagesse innnie
& la Toute-Puissance de Dieu, Auteur de la
Nature, dans la création & conservationde
l'Univers, ont surtout été expliquées & démontrées
par les foins & l'application de plusieurs
Membres qui ont été autrefois l'ornement
de cette Société,sousles auspices des
Rois
, vos Ancêtres. La réputation, le sçavoir
& les talens d'un grand nombre de Membres
qui la composent à présent, nous donnent
lieu d'esperer avec confiance, que fous la protection
du Roi &de la Reine, & fous lesheureuses
influences d'un Prince doüé de tant de
belles qualitez,elle poufferaencore plus loin ces
Recherches & cesDécouvertes
,
& parviendra
aux fins de son Institution. Dans cette vue
nous supplions très humblement V. A. R. de
nous faire l'honneur d'inscrire votre nom au
Registre de nos Chartes & de nos Statuts ,
comme une marque de la bienveillance de
V. A. R & de l'interêt qu'elle, prend à la
réussite de nos Recherches.
On mande de Londres que Coffam-
Hojab,Envoyé Extraordinaire de la Régence
de Tripoli auprès du Roi d'Angleterre
, alla sur la fin du mois dernier à
la Société Royale, où le Docteur Desaguliers
fit en sa présence plusieurs Expériences
nouvelles & curieuses de Chymie
,
dont ce Ministre parut extrêmement
content ,
il fut ensuite reçu Membre
de cette Société.
On mande aussi de Londres qu'unEcdeclesiastique
donne au Public la continuation
de l'Histoire des Juifs de M. Prideaux
, en remontant de l'Epoque oÙ celui-
ci l'a commencée,jusqu'à la création
du premier homme. Cet Ouvrage fera
en 3. vol.in-8. dont le premier paroît
déjà.
On apprend de Ratisbonne, qu'on y
voit un Decret de l'Electeur Palatin,qui
deffend à l'Université de Heidelberg, d'y soutenir aucune These en matiere de
Religion, qui n'ait été examinée & prouvée. ap-
Comme l'Histoire du Théatre Italien
de M. Riccoboni,n'a été distribuée qu'aux
Souscripteurs de Londres & de Paris, &
qu'à un petit nombre d'amis, l'Auteur
en prépare une sécondé Edition qui se
vendra publiquement. Elle fera augmentée
d'une explication des Habits & du
Caractere des Anciens Aél-eurs marqué.
du Théatre Italien, des Extraits & des
Examens d'une demi douzaine de Tragédies
Italiennes & d'autant de Comédies.
Le P. N. le Brun de l'Oratoire mourut à Paris le 6. Janvier âgé d'environ 65»
ans. Il étoit sort versé dans les matieres £cdeûaftique$ ; il a donné au Public en
G iij 4*
4. vol. in - 8. l'explication Litterale &
Historique de ce qui regarde le Sacrifice
de la Messe
, & de ses cérémonies
,
tirée
des Monumens les plus authentiques de
l'Eglise d'Orient & d'Occident.
M.le Quien de la Neuville, de l'Académie
Royale desInscriptions & Belles-Lettres de
Paris, mourut à Lisbonnele gé 20. May 1718 , de 82.. ans. Il étoit originaire du Boulonois,
& d'une ancienne & noble Famille de
cette Province) connue dans les titres fous le
nom de le Chien, ou le Quien
,
sélon la prononciation
vulgaire du Pais.Il fut Cadet dansle
Régiment des Gardes Françoises à l'âge de
iy. ans. Differentes raisons obligerent ses Parens
à lui faire changer de Professîon,- il ne
fit donc qu'une Campagne , & on le deilina$
la Robe.Sur lf pointd'être pourvu de la Charge
d'Avocat General à la Cour des Monnoyes,
on fit une banqueroute à son pere ce qui
obligea M le Quien de la Neuville à ne plus
suivre le Bureau» & à s'appliquer aux Travaux
du Cabinet. Feu M. Scarron,de qui il
doit parent, lui fit prendre du goût pour 1a
Vérification ; mais il négligea ce genre de
travail, & M. de Pelisson le porta déterminement
à s'appliquer à l'Histoire. Il seproposa
dès-lors d'écrire celle de Portugal, dont il
donna deux volumes in-4. en 1720. Cet Ouvrage
fit tant d'honneur à M. le Quien de la
Neuvillequ'ilfut reçuà l'AcadémieRoyale
des Inscriptions &Belles-Lettres. Il s'appliqua
ensuite à l'Histoire de l'Etablissement des
Postes chez les Ancicns & les Modernes, qui
est: un Ouvrage très curieux, & qu'il dédia
à
S M. le Marquis de Torcy, Ministre & Secrétaire
d'Etat. M. l'Abbé de Mornay, nomme
par le Roi en 1713- à l'Ambassade de Portugal
,
sollicita vivement M. le Quien de la
Neuville de passer avec lui en cette Cour.
L'affaire fut presqu"aussi-tôt conclue que proposée.
Ils partirent donc ensemble.& M. l'Ambassadeur
eut la satisfaction de voir en arrivant
à Liilionne. que la réputation de M. le Qyieti
de la Neuville l'y avoit prévenu d'une façon
à l'exempter de présenter au Roi de Portugal
l'Historien de son Royaume, & l'homme du
monde pour lequel on avoit conçu en Portugal
le plus de confiderarion & d'estime. Le
Roi de Portugal donna à M. le Quien de la
Neuville l'Ordre de Christ, quiest celui que
le Roi porte; il y attacha une pension considerable.
M. le Quien de la Neufville travailloit
encore peu de tems ayant sa mort à l'entiere
perfection du troisiéme volume de l'Histoire
generale de Portugal,lequel a été renvoyé
de Lisbonne à ses fils, dont l'aîné est
Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis, &
Major du Regiment Dauphin Etranger Cavalerie.
C'est un Officier de distinction & d'une
valeur éprouvée. Le cadet est Directeut General
des Portes à Bordeaux,& tres-eitimé.
Le 6. de ce mois, le P. Porée Jesuite, Professèur
de Rhétorique au Collège de Louis le
Grand, prononça un Discours Latin très- éloquent,
dans lequel il prouva que la Robepeut
Avoirses Héros, comme l'Epée a les siens.L'Assemblée
étoit composée d'un grand nombre
de Prélats & de personnes de distinction. Nous
employerons nos foins pour nous mettre en état de donner un Extrait de ce Discours.
G iiij CHAN-'
CHANSON.
VOle, Amour,Dieu vainqueurâfais
triompher tes armes,
D'une ingrate Beauté qui méprise mes larmes t
Vole, Amour, Dieu vainqueur;
Tu ne dois te venger qu'en soumettant son
coeur:
Mais si cette Beauté rebelle
Devoit pour un Rival cesser d'être cruelle;
Suspens tes coups, Amour, arrête-toi;
J'aime mieux que Phylis foit toujours inflexible
,
Que de la voir sensible
Pour un autre que moi.
A V T R E.
BAcchus,
dont j'aime la Liqueur,
Dispute avec l'Amour l'empire démon coeur,
Je sens balancer la victoire ;
Vous pouvez, belle Iris, les accorder tous
deux,
Je ferai toujours amoureux
Si vous voulez me laisser boire.
e..
STEC*
SPECTACLES.
LAcadémie Royale de Musique continuë
les representationsd'Alceste, le
Jeudi, le Vendredy & le Dimanche, ÔC
le Mardy le Ballet de la Princesse d'Elide.
Le Jeudi 17. de ce mois, à la fin de
l'Opéra,la Dlle Salle& le sieur de Laval,
tous deux en habit deVille&sans masque
danserent ensemble les Caractères de la.
Danse, qui firent un extrêmeplaisir à une
trés-nombreuse assemblée.
Le Dimanche 6. de ce mois, les Come
diens François remirent au Théatre la.
Comedie de la Mere Coquette ou les
Amans Broüillez, de Quinault
, une des
meilleures Pieces qui soient au Théatre,
sans contredit; elle est extrêmement suivie,
aussiest-elleparfaitement representée
par les Dlles Dangeville, le Couvreur
& Quinault
,
qui jouent les Rôles de
la Mere, de la Fille & de la Suivante.
Les sieurs Duchemin, Quinault & la
Thorilliere,remplissent les Rôles du Pere
du Fils & du Valet,& le sieur Poisson y
joüe le Rôle du Marquis.
Le sieur Baron, qui a été quelque temps
G v in
incommodé,& qui, comme qn sçait, e
dans un âge fort avancé, reparut le 20.
de ce mois dans le Rôle de Burrhus,dans
la Tragedie de Britannicus,qu'il joüa dans
la plus grande perfection.
Le 3. Fevrier, l'Opera Comique fie
l'ouverture de son Théâtre, au Jeu de
Paulme de l'Etoile, au voisinage de la
Foire S. Germain,& representa la Tante
Rivale, Piece nouvelle en Vaudevilles,
avec des agrémens, laquelle n'ayant pas
été goûtée du public, on joüa le 9. Achmet
& Almansine, qu'on avoit representé à la
derniere Foire de S. Laurent avec beaucoup
de fucccs. Le 1 6. on joiia une autre
Piece qui a pour titre
,
les Pelerins de
la Mecque,laquelle avoit été represenfée
à la Foire de S. Laurent en 172 6.
par la Troupe de Francisque; la Duchesse
de Bourbon 8c Mademoiselle de Sens ho
norerent cette Piece de leurs presences.
Le 31. Janvier, les Comediens Italiens
donnerent la premiere representation d'une
Comedie nouvelle en Prose en trois
Aêtes, intitulée la Mere Rivale, laquelle
n'a été joiiée que cette feule fois.
Le 5.de ce mois, le sieurAngeloConstantini,
natif de Veronne, connu cy-devant
fous le nom de Mezetin, Comedien
de
cle l'ancienne Troupe de l'Hôtel de Bourgogne
,joüa sur le même Théatre & débuta
par les Rôles qu'il avoit joüe autrefois
dans la Comedie intitulée, la Foire
S.Germain, de l'ancien Théâtre Italien,
representée dans sa nouveauté en 1695.
Cette Piece fut precedée d'un Prologue
du sieur Lelio le fils, dont voici le sujet.
Momus & Arlequin paroissent d'abord.
Momus se plaint de voir si long -temps
ses Jeux desertez. Il en demande la cause
à Arlequin, qui l'impure à l'amour extrêmeque
les François ont pour la nouveauté.
Momus lui promet de remedier à
cet inconvénient par une nouveauté qui
doit l'emporter sur toutes les autres.A son
ordre un Vieillard venerable s'avance, il
fait entendre que c'est leMezetin de l'ancien
Théâtre Italien; à un nouvel ordre
du Dieu qui l'introduit,& qui le prend
fous sa protection
,
il dépouille sa robbe
de vieillard, & paroît fous l'habit de Mezetin.
Momus récite une Fable au sujet
de sa vieillesse. Ille compare à un arbre
qui dans son Printemps, attiroit les Bergers
& les Bergeres fous son verdoyant
feüillage
,
qui deffendoit les passants contre
l'ardeur du Soleil dans l'été,& qui
dans son Automne conservoit encore des
agrémens qui le faisoientaimer; mais
agrémens qu'ilperdoit absolument dans
G vj son
son hyver, ce qui obligeoit rous ceux qui
l'avoient autrefois chéri, à l'abandonner.
Cette Fable ne paroit pas d'abord favocable
à un Acteur âgé de soixante- quinze,
ans; mais Momus le console par un coup
de marotte qui répand sur ion cher Eleve
une agréable folie qui doit tenir lieu de
jeunesse; après cette operation Momus
se retire; Arlequin badine agréablement
avec Mezetin
, & va. préparer la Piece à
laquelle il invite Mezetin. Ce dernier (aconte
un songe qu'il a fait, dans lequel
il s'est crû transporté d'Italie en France,
& même au Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne
,dont le souvenir lui a toujours été
précieux. Il ajoûte qu'il a vu sortir une
Guitharre d'un trou, qu'il l'a prise & en -,
a joué pour capter la bienveillance d'un
Parterre qu'il a toûjours regardé comme
son pere nourricier; que pour comble de
bonheur ce Parterre, loin d'avoir oublié
le plaisir qu'il lui a fait autrefois, l'a excité
par ses applaudissemens à meriter de.
lui plaire encore. Tout ce qu'il a vu dans
son songe s'execute réellement, on )ui
presente une Guitharre sur laquelle il
chante } le Public applaudit; Mezetin lui
fait une profonde reverence se retire
pour aller commencer la Piece.Voici le
Couplet qu'il chante sur l'Air: Po-UJ.-
qui vous, mocytfç&i&Ç». en s'adressant au
Parterre - Mezetin,
Mezetin par d'heureux talens
1.
Voudroitvous faussaire,
Quoiqu'il foit depuis très-long-temps
D.
Plus que sexagenaire;
Il rajeunira de trente ans ,
S'il peut encor vous plaire.
Il y eut un concours si extraordinaire
que nonobstant le prix de toutes les places
au double ce jour-là, la Salle ne put
pas contenir à beaucoup près toutes les
personnes qui se presenterent. Cet Acteur
fut reçu favorablement du Public »
ainsi que dans les autres Pieces où il ar
joüé depuis.
Le 7. on donna une. secondé repr.eCen";.
tation de la même Piece & du Prologue f.
rAMernblee fut aussi très-nombreuse& honorée
de la presence delaDuchesse deBourbon,
accompagnée de plusieurs Seigneurs
& Dames de sa Cour.
Le 8. les mêmes Comediens joüerent
une Piece Italienne, intitulée,Cernant
Etourdi
s
reprefenrée dans sa nouveauté
en Septembre1717.Mezetin y joua le
Rôled'Intrigant en François.LaDuchesse
du Maine honora cette Piece. de sa
presence, pour voir le nouvel Adeur, a
.9..u cetie fÇtf. eut }a(pçnté de dire-
'l.UCque
son jeu lui avoit fait plaisir. Le sujet
de cette Piece est le même dont Molière
s'est servi pour faire sa Comediedel'Etourdi.
Le 12.ilsrepresenterent Arlequin Dévaliseur
de maisons ou les Fâcheux
,
Piecff
Italienne
,
jouée en May 1716. dans
laquelle Mezetin joüa aussi un Rôle d'Intrigant.
Le ij. ils donnèrent Arlequin Empereur
dans la Lune
y
Piece de l'ancien
Théatre, joüée dans sa nouveauté en 1684,
à l'Hôtel de Bourgogne, le même Adeury
joiia un Rôle de Fourbe & une Scene
nocturne avec Arlequin, qui fut fort applaudie
par une très-nombreuse Assemblée
-Le sieur Constantini, ditMezetin,avoit
étéreçu à la Troupe des Comediens Italiens
de l'Hôtel de Bourgogne en l'année
1680. Il joüa d'abord le Rôled'Arlequin
du temps de l'ancien Dominique, mort
rrès-regretté en 1688. Il joiia ensuite
celui de AIczetin, caractere de son invention
, qu'il a toûjours joüéà visage découvert
jusqu'au Inois de May 1697. que la
Troupe fut Supprimée.
Tous ces Comediens se disperserent
alors. Mezetin alla à Brunswik où il joii-æ
sonmême Rôle dansune Troupe Italiennequ'il
y Houva Le Roi de Pologne., qui
avoit
avoit entendu parler de ses talens
,
l'en
retira pour l'attacher à son service
,
& lui
fit expedier en 1699. un Brevet, par lequel
ce Prince lui donna le titre de Noble,
avec la Charge de Camerierintime,TresorierdesMenus
plaisirsdeS.M.& Garde des
Bijoux de sa Chambre, que le sieur Constantini
a exercée pendant près de 30. ansr-
Outre les differenstalens de cet Acceuc
pour sa Profession, on lui a toujours trouvé
la taille, les manieres & la tête admirable
pour le Théâtre, c'est ce qui engageà
M. deTroy, dont tout le monde
connoît l'habileté pour les Portraits, de
faire en 1 689. celui de Mezetin, en habit
de Théâtre
, que les Curieux vont encore
admirer chez lui. Ce Portrait fut
gravé en 1694. par le sieur Vermeulen,
Graveur de réputation. M. de la Fontaine,
de l'Académie Françoise, qui honoroit
Mezetinde son estime & de son amitié,
composa ces six Vers, qui furent gravez
au bas de l'Estampe.
ci deMezetin rare & nouveau Protée,
La figure est representée,
La Nature l'ayant pourvû
Des dons de la Métamorphose,
Qui ne le voit pas, n'a rien vû,.
Qui le voit à vu toute chose.
NOUNOUVELLESDUTEMPS.
TURQUIE.
ON a appris deConstantinople que leGrand- i
Seigneur avoitmisde nouveaux Impôts J
sur le Coton & les Huiles qui sortent de fcs
Etats, & de nouveaux droitsd'Entrée sur tous
les Draps de France, d'Angleterre, de Venise 1
& d'Hollande; qu'à cette occasion les Ministres
Etrangers avoient fait de fortes representations
au Grand-Vizir,& qu'on esperoit que les nou- i
veaux Droits d'Entrée feroient supprimez comme
contraires au dernier Traité de Commerce.
Les Lettres de Constantinople du mois de
Janvier, portent que la maladiecontagieuse
y étoit entierement cessée, & qu'on avoit rétabli
la communication avec les Fauxbourgs
de Pera & de GalRata. USSIEj
LE Duc de Meckelbourgaécritau Czar pour
l'engager à employer ses bons offices auprès
rie l'Empereur, pour moaerer larigueur
du Decret du Conseil Aulique qui lui ôte l'adminiflration
de ses Etats. Ce Prince a aussî
écrit à quelques Prince de l'Empire, pour les
déterminer a prendre sa déffense, ayant fçû
dqeue quelques-uns d'entre eux avoient résolu
s'opposer à l'execution de ce Decret, parce
dqeun'itls prétendent que les affaires qui regarles
Etats de
l'Empire
ne doivent être décidées
que de l'avis du consentement unanime
me des Princes qui ont, voix à la Diete de cet
Empire. -'
•
Le Prince Alexandre Nariskin
, qui a l'honneur
d'être proche parent du Czarfut arrêté
à Moscou le mois dernier, sans qu'on sçache
le fuiet de sa disgrace.
Le Comte de Sawa Wladislawitz Ragosinski
est revenu de Peckim ,
où il étoit allé en AmbaH".
ad.; ilen rapporte un Traité de Commerce
qu'il a conclu avec l'Empereurde la Chine.
On fera partir avec la Caravane qu'on envoye
dans le même Pays, deux Académiciens de
l'Académie de Petersbourg
, pour faire une
Dmeasrqcruiapbtiloende ce qu'ils trouveront de plus resur
la route,& pour dresser un Itinerairenouveau,
plus exact que les precédens.
Pologne.
1 LE Major drArgdlest qui s'est enfui avec
l'argent de son Régiment, a été ugé par le
Conseilde Guerre, & il a ete déclaré infame.
On mande de Mittau, que la Noblesse du
Duché deCurlande avoit eu de nouvelles afliirances
que le Czar lui fourniroit les secours
necessaires après la mort du Duc Ferdinand,
pour faire valoir l'Election qu'elle feroit d'un
successeur à ce Prince, & pour empêcher que
la Province ne fût incorporéeà la République
de Pologne & divisée en Palatinats.
I S v E D E. L paroit par l'état de guerre presenté aux
Senateurs, que le Roi peut mettre en Mer
au Printemps prochain 36.Vaisseaux de Guerre
& 17.Frégates, & que S. M. a actuellement sur
pied 27000. hommes d'Infanterie, 2.300. de
Cavalerie,&8000.deMilice.
-- -ex
- On apprend de Stokolm
,
quele Ministre du
Roy d'Angleterre a eu une Audience parti
culiere du Roy dans laquelle il lui a fait part
que S.M. Britannique avoitpris larésolution
d'envoyer au Printemps prochain une Escadre
de 1f à 16.Vaisseaux de Guerre dans la Mer
Baltique.
Le Roi a envoyé fOooo. écus à Copenhague,
pour contribuer au rétablissement de 1»
grande Eglise Lutherienne.
1 DANNEMARC.
LA Flote que le Roi est en état presentement
de mettre en Mer,cil de;7.Valffeatirde
Guerre, depuis 46. jusqu'à 96.Pieces de
Canon, de 19. Fregates,de 46. Galeres & de
6. grosses Prames ou Bâtimens plats, sans
compter les autres Barques armées.
On apprend deNorvege,que le froid excessif
y avoit causé des maladies extraordinaires, &
qu'il y mouroit beaucoup de monde comme
enragé.
ALLEMAGNE.
LE 15. du mois dernier on tira à Vienne la
Lotterie des Vases de Porcelaine de la nouvelleManufacture
de cetteCapitale,qui en fournità
present d'aussi beaux que celle de Dresde.
On écrit de Temeswar, que les Capucins de
Vipalanka , avoient reçû depuis un an l'abjuration
de 282. personnes, tant Calvinistes que
Lutheriens.
On assure que le Comte de Wratislaw,Ambassadeur
Extraordinaire de l'Empereur à Iii'
Cour du Czar,a conclu à Moscou un Traité
de Commerce entre les Sujets de S. M. Imp.
& lesMoscovites , que ce Traité est fort avantageux
ageux aux deux Nations, & que les Sujets
le l'Empereur auront la liberté de faire enrer
en Moscovie,sans payer aucun droit.
e vifargent dont on a besoin pour le travail
les Mines nouvellement découvertes en Sibeerie
& dans les Provinces conquises par le
tu Czar, vers les Frontieres de Perse.
L'Empereur prétend que les Commissaires
lui iront de sa part en Hongrie pour regler les
ffaires de la Milice, soient deffrayez pendant
e séjour qu'ils y feront; & comme S. M. Imp. n informée que la dureté avec laquelle les
Seigneurs & les Prélats Hongrois traitent leurs
Vassaux
,
est la principale cause de la pauvreté
les Peuples de ce Royaume, elle a donné or-
Ire à ses Commissaires de déclarer aux Nobles
qu'ilseussent à constater par des titres autheniques,
le droit qu'ils prétendent avoir de traier
leurs Vassaux en Esclaves, & de les faire
ravailier au labour de leurs terres, sans leur
donner aucun salaire.
Le ii. du mois dernier, on celebra dans le
Mnastere Royal des Religieuses de sainte Clai-
'e à Vienne, un Service solemnel pour l'Anniversaire
de la Reine de France, Epouse de
Charles IX. qui étoit fille de l'Empereur Manimilien
II. & Fondatrice de ce Monastere.
Pendant que la terre a été couverte deneige,
les Loups ont fait des desordres très-considerables
dans toute la Hongrie& dans plusieure
endroits d'Allemagne. Ils ont dévoré plusieurs
enfans & une quantité prodigieuse de bestiaux.
Le Duc Charles-Leopold de Meckelbourg w
envoyé ordre à son Ministre à la Diete de Ratisbonne,
de protester contre les Decrets du-
Conseil Aulique,quidonnent l'administration e ses Etats au Duc ChrétienLouis son frere.
On a rcîû àVienne avis deRomequelePape
- aVQis.
avoit promis aux Cardinauxd'Althan &Cie
fuegos,de faire le 19 du mois prochain, H
ceremonie de la Canonisation de S. Jean NÉ
pomucene, Chanoine de Prague, dans l'Eglise
de S. Jean de Latran.
On apprend de Vienne, que les glaces <
Danube s'étant détachées subitement le 31.
mois dernier, briferent un grand nombre <
Bateaux,& elles entraine 0 le grand
Po
qui étoitsur cettIeTRiviAere aLuprèIsEdu T.aIbor.
0N apprend de Naples, que lesRivieres
étant débordées
, tant parlafonte dei
neiges, que par les pluyes continuelles
,
le Car
dinal, Archevêque de cette Capitale, a ordon
né des Prieres publiques, & l'on a découver
le Crucifix miraculeux des grands Cumes, a
bruit de toute l'Artillerie des Forts Se des G
leres.
On apprend aussi que le Mont Etna ayan
jetté une grandequantité de flammes sur la si
du mois de Décembre, & le Mont Vesuve commençant
à pousser destourbillonsde fumée
on est dans la crainte d'un prochain tremble
ment de terre, ce qui oblige tous les babitan
des environs de se retirer avec leurs effets.
Le Comte de Harrach
,
Viceroy de Naples
areçû ordre de retirer par force des Monas
teres, les Deserteurs qui s'y font réfugiez 3
de faire executer contre les Religieux qui rel
fuseront de les rendre,les dernieres ordon4
nances que l'Empereur a fait publier à ce
sujet dans ses Pays hereditaires.
On mande de Rome, que tous les Portugais
quiy étoient, en font partis pour Lisbonne,
afinde ne pas encourir la disgrace du Roi. Le
Cardinal
firdinal Pereiraa écrit au Sacré College qu'il:
Joit été très bien reçu de S M. Port. & qu'il
t desesperoit pas de la porter à un accommo-
Ement avec le S. Siege.
PORTUGAL.
LEdeRoi, la Reine & les Princes & Princenes.
la Famille Royale
>
partirent de Lisbonne
8. du mois dernier pour rechange des Prinesses,
qui doit se faire sur la Frontière. L. M.
tnc accompagnées du Marquis de Capicclatro,
Lmbaflfadeur du Roi d'Espagne
,
des Cardiaux
d'Acunha & Pereira,&de la principale
Joblefle. 1
Le Roi tiendra plusieurs tables ouvertes pen-
[ant le voyage. Tous les Officiers de Bouhede
la Maison du Roi Se de celle de la Rei- --
,e> ont pris les devants pour faire trouver des
vres sur la route où L. M. nourrissent &dérayent
près de dix mille personnes. rte Sénat de Lisbonne a fait dire par ordre
u Roi, à tous les Consuls des Nations étran-,
teres ,
es queS. M. souhaitoit qu'ils sissent dresser.
Arcs de Triomphe pour l'Entrée folemlelle
de la Princesse du Bresil.
Le Cardinal de Motta & Silva a été chargé
taI leRoi, du foin des affaires pendant rab
ence de la Cour. -
[ Le io- Janvier, le Patriarche de Lisbonne,
luîdoit donner la Benediction Nuptiale au
Prince
duBrefil& à laPrincessesafutureEpou-
[e, partit aussi accompagné de douze Chanoinesde
l'EglisePatuarchale. - Le jour que laCour partit de Lisbonne, elle.
tlla coucher à Aldea Galega, d'où elle partit
ie
9. Janvier à cinq heures du matin. L.M.
interdirent laMcftedansl'Eglifc de N.D. d'A<
-
alai»
slaia & elles arrivèrent le foir aunouveau P.
Jais de Vendafnovas.
Le 10. elles se rendirent à huit heures di
matin à Monte-Mayori&après y avoir enten du la Metre & visité la Maison ou nâquit le
Bienheureux Jean de Dieu, le Roi continu,
sa marche, malgré le mauvais temps, jusqu'.
Evora où la Noblesse de cette Ville & deenvirons,
vint le recevoir à un quart de lieu
de la Ville, Se l'accompagna jusqu'à l'Eglise
Cathédrale.
Le u. S. M.donna audience au Chapitre
& au Sénat de cette Ville.
Le ii.ellevisïtaplusieursEglisesSe Convenu
& fit donner 5-000 Cruzades aux Chartreux
pour faire dorer le principal Autel de Ieun
Eglise.
Le même jour la Reine arriva à Evora,odi
elle n'avoit pû se rendre la veille à cause dm
froid excetifqui l'avoit empêchée de se mettre
en chemin.
Le 14. à 4. heures du matin,le Roi, ac-
Compagne du Prince du Bresil & des Infans * partit pour aller coucher à Villaviciofa
,
où III
Reine & la Princesse du Bresil n'arriverents
que le iS.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Lijbonne*,
le 28. Décembre 1718. au sujet drib
Comte de Harrach
,
Bailly & Ambaf-..
pideurde Malthe à la Cour de Portugal,. IE 14. de ce mois, M. le Bailly, Comte de
,Harrach ,
Capitaine General des Elcadresa
de la Religion de Maune , & Ambanadeur
Extraordinairre en cette Cour, s'embarqua,
sur les deuxVaisseaux qui l'attendoient pour
le;
le repasser dans la Mediterranne, & conÜI.t
sa navigation.
On a
fort
regretté ici ce jeune Seigneur qui
s'est distingué par son bel esprit & P-at fès
bonnes manières : il a brillé sur tout pat sa
magnificence& par le bon goût des Fêtes quA
a données depuis le 4. d'Octobre, jour de fou
débarquement.
- Le Roi, pour marque de satisfaction , nonseulement
lui a fait present de son Portrait enrichi
de trèsbeaux brillants & estimé vinge
mille Crufades ,mais S. M. en a fait aussi de
considerables à l'Ordre.
»
Le Comte deVillaflore, Grand Echanson,
petit-fils du fameux Comte de Villaflore
, pere
du Grand-Maître, chez qui l'Ambassadeur
étoit logé, a fait des depenses extraordinaires
en cette occasion.
: Le 11. Octobre, jour de la naissance du Roi,
fut choisi par le Comte de Harrach, pour faire
son Entrée à Lisbonne. Le Comte d'Atalaye
Palla prendre à son Bord & le conduisit à l'Audience
de S. M. Cette ceremonie fut d'autant
plus belle qu'elle se passa en partie sur la Mer.
ce qu'on ne se souvient pas d'avoir jamais vil.
Le Conege étoit grand & superbe,plus de
quatre-vingt Chevaliers de Malthe de toutes
les NationsCatholiques accompagnèrentl'Am
[dassaEdeurs, tapntaà l'gAudnienece q.u'a son retour,
LE Roi, la Reine & la Famille Royale
partirent le 7. du mois dernier de Madrid
1'°ur Hadajos, ou L M. doivent se rendre sans
faire d'autre séjour que ceux dont elles ne
pourront absolument le dispenser. Le Marquis
14eBrancas, Ambassadeur Extraordinaire du
Roi
JRO-T. Ch. L Comte de Konigsegg, Amba
sdeur Extraordinaire de l'Empereur & h
Comtesse: son Epouse
> ont pris les devans
ainsi que les autres Ambassadeurs & Ministre
Etrangers.Après l'échange de Princesses
,
1
Cour ira palier quelques jours à Sévilles, l'on prépare et des Fêtes pour L. M. qui retour,
neront ensuite à Madridile Roi ayant chang
derésolution par rapporta la visite qu'il de
toit faire de ses principales Places Maririme
L. M. continuerent leur voyage.Quoique le
chemins sussent couverts de neige,elles arri
verent le 7. avec le Prince des Asturies, la
Princesse du Bresil & les Infans qui font du
voyage, à Cafarrubios.
Le 8. à Torrijos. 1 le 9. à Talavera,où le Corps de Ville & la
Noblesse firent tirer un feud'artifice & don
nerentdiverses autres Fètes.
Le 10. à Oropefa. 1
Le 11. à Naval-Moral.; Le 11. à Zaraizejo. a
Le 13. à Villa-Mesia.1
Le 14. àMedellin. 1
Le iy.la Cour alla coucher à Arroyo de
S. Servant.
Le 16. elle dîna à Lobon & vers les y. heures
du foir elle arriva à Badajoz
,
où L. M. furent
reçues par les Magiihats" les Commandans
& les Officiers des Troupes de la Garnison
qui étoit fousles armes. <
Le 17. le Roy ayant rèçû avis que le Roi &
la Reinede Portugal, laPrincese des Asturies.
le Prince du Bresil & les Infans Dom Pierre,
: Dom François & Dom Antoine,, étoient arrivez
dès la veille à Elvas, y envoya le Duc de
;
Solferino,pour les complimenter de sa part,
& le Comte de Montijo, pourportcr lesPre-
-
àlaPiinccfièdesÂfturies» Le
IL-etriêm-cjouile Roi de Portugal envoya a
Badajozle Marquis d'Alegrette, pour complimenter
L. M.le Prince des Asturies ,la Princesse
duBresil &lesInfans
,
& le Marquis de
Cafcaes, pour porter les préiens à la Princesse
duBrésil
Le reste du même jour. & tout le lendemain
18. Janvier, furent employez à réglée leCérémonial&àfaire les préparatifs necessaires
pour l'échange des Princesse. Le Marquis
de Capicelaro ,Ambassadeur du Roi, &
-
Je Marquis d'Abrantes ,
Ambassadeur du Roi
de Portugal, furent chargez de ce foin..
Le 19.après-midi,le Roi & la Reine partirent
de Badajozdans un magnifiquecarosse,
avec le Prince des Asturies, la Princesse du
Erefil 8c les Infans, Dom Carlos & Dom
Philippe. Le Carosse deL. M. sursuivi de ceux
des Chefs des Maisons Royales, des Gentilshommes
de la Chambre,des Camerçras majores.
des Dames de la Chambre,des Dames
d'honneur, desMajorsdomes
,
des Camerifies.
des Dames de Retraite& de tous les autres
Officiers des Maisons du Roy& de la Reine,qui
accompagnent ordinairement L. M.lorsqu'elks
sortent en cérémonie.
Vers les deux heures L. M.arrivèrent au Bâtiment
de charpente & de ménuiseriequ'on
avoit construir sur la petite rivière de Caïa qui
separe les Provinces d'Estramadoure& d'Alentejo,
à une lieue de Badajoz. Ce Bâtiment:
étoit quarié , extrêmement orné & peiit en
dedans & en dehors, avec les Ecussons des
Armesd'Espagne& de celles de Portugal aux
deux Façades opposées.
Les Troupesde laMaison du Roy & celles
de l'Estramadoureétoient rangées en haye
CP-desà de la Riviere. formant , un corps de
H 'çco 9
«o9o- hommes, précédées desEscadrons de$
Gardes du Corps &des Bataillons des Gardes
Espagnoles & Walonnes.
Pendant que la Cour approchoit de la Maison
dont on vient de parler, on vit paroître
* de l'autrecôté de la Riviere , sur les bords de
laquelle les Troupes de Portugal étoient aussi
en Bataille, un Carosse magnifique dans lequel
étoientL. M. Port. la Princessedes Asturies
, le Prince du Bresil & les Infans; de forte
que la Cour d'Espagne & celle de Portugal
entrerent en mê ne tems dans le Salon destiné
pour l'échange des Princesses.
Après les Complimens réciproques
, on fit
la lecture des Contrats demariage,& on les
iïgna. Le Roy &le Roy de Portugal demeurerent
près d'une heure en conférence ; Sf
ayant ensuite pris congé l'un de l'autre, Je
Roy & la Reine de Portugal retournerent à
Elvas
, avec le Prince, la Princesse du Bresil
&les Infans
,
& L. M. Catholiques revinrent
à Badajoz, accompagnées duPrince, de lai
Princesse des Asturies & des autres Princes de
la Famille Royale. Elles se rendirent à l'Eglise i
Cathédrale,oùleTe Deum, entonné par le Cardinalde
Borgia, futchantépar la Musique de j la Chapelledu Roy. Le foir, le Contrat de j
mariage du Prince & de la Princesse des Astu-
'j
ries fut ratifié, &le lendemain 20. le Cardinal
de Borgialeur donna la bénédiction nupriale
,
& ify eut le soit, comme la nuitprécedente&
les deux suivantes, des Feux d'Arti- 1
sice,desilluminations,desmascaradesà cheval
& d'autres marques deréjoüissance.
Le~.après-midi,taCourd'Etpagne8~ce!!e
fle Portugal se rendirent une secondefois à la
Salle de l'échange
,
où il y eut un magnifique 1
Concert de voix& d'Instrumens, executé par
, les J
les Musiciens de la Chapelle du Roy & de celle
du Roy de Portugal.
Le 24. le Roy déclara qu'il iroit de Badajoz 1
Seville avec les Princes &Princessesdela Famille
Royale& leurs Officiers,& que la Princesse
des Asturies seroit accompagnée de sa Camarera-
Mayor, d'une de ses Dames, d'une
Dame d'honneur, de quatre Cameristes & du
P. Laubrussel, Jésuite,Confesseur de cette
Princesse.
Le25.laCourd'Espagne&celle dePortugal
retournerent encore au Salon de l'échange,
où le Roi & le Roi de Portugal eurent une
troisiéme& derniere conférence.
Le 27.après-midi, la Cour partit de Badajoz
& prit la route d'Andalousie pour se rendre
en huit jours à Séville, éloignée de B; dajoz
de 32. lieuës. Elle coucha le même jour à
Lobon ,& le 28 à Fuente del Maestre.
Le 29. les Seigneurs & Dames de h Cour
qui ne font pas du voyage de Séville, partirent
de BaJajoz, pour retourner à Madrid;
maisles Ambassadeurs& Ministres Etrangers
suivent la Cour, ainsi que quelques Seigneurs
qui ont obtenu la permission d'aller à Seville , à condition qu'ils prendront une autre roUte"
à cause de la difficulté qu'il ya de garnir suffisammentles
chemins de provisions& de chevaux
de relais.
; Le 3°' L. M. coucherent àMonasterio
,
où le
lendemain elles prirent le divertissement dela
Chasseaux environs de Sierra-Morena.
Le I. de ce mois ,elles coucherent à Sainte
Olalla
,
& le 2, à Castel Blanco
,
à cinq lieüCf
de Seville, où L. M. arriverent le 3.au foir.
Comme on croyoit que la Cour passeroit
par Fuente del Cantos
, Dom Alphonse del
Coro , Ricco Umbn, des environs de cette
.J Hij Ville.
s'etoic préparé à donner une Fête au Roi &de.-;
voit lui faire présent d'un Bassin d'or de 4000.
Doublons,de deux beaux chevaux d'Andalousie
& de beaucoup de gibier
,
de vins exquis&
de fruits confits; maisL. M. s'étant
detournez pour éviter cette ville parce qu'il
y avoit beaucoup de malades de la petite verole
, Dom Alphonse del Coro se rendit le
30.àMonasterio )Otl il eut l'honneur de saluer
L.M. & de faire un présent considerable à la
Reine: après quoi il alla trouver Dom Joseph
Patinho, pour lui dire qu'il avoit 500. mille
Reaux à offrir au Royen cas que S. M. en eut
btfoin pour les frais extraordinaires de son
voyage. < Pendant le voyage de la Cour, l'Infant Dom
Loüis & l'Infante Dona Marie-Therese font
demeurezauPalais de Madrid, parce qu'ils
font trop jeunes pour endurer les fatigues de
ce voyage. J
GRANDE BRETAGNE.
L E20.dumois dernier,onscella du Grand
sceau les Lettres Patentes qui créent le Prince
Frederic, Prince de Galles & Ducde Chefter
, mais elles ne furent publiées avec les Cé- I
rémonies accoutumées que le 50. jour auquel j
on célebroit l'Anniversaire de sa naissance.
Les prisons de Londres n'ont jamais été si
3|
rempliesde prisonniers pour dettes, & comme j
les Créanciers qui les détiennent ne font point ]
obligez de fournir à leur subsistance, on doit q
proposer un Reglement pour remedier aux in- 4
conveniens qui en arrivent; mais en attendant
onlut le ij. dumois dernier dans toutes ij
ies Eglises de Londres, une Lettre du Roy ij
écrite à l'Evêque de cette Capitale, par la- |
quelle il luiordonne de faire faire une qilêtc
dansi
dans toutes les Paroisses, pour le soulagement
de ces malheureux dont plusieurs font morts
de froid & de misere.
Les Evêques de ce Royaume ont reçû ordre
de faire nommer le Prince de Galles dans les
Prieres Publiques qu'on fait dans toutes les
Eglises pour la Famille Royale.
On apprend par les Lettres de la nouvelle
Angleterre du 16. Décembre dernier, que les
Armateurs Espagnols avoient pris 6. Navires
Anglois & une Chalouppe
»
fous prétexte de
contrebande.
Le Vaisseau qui périt le de ce mois
,
prCs"
de Dungarvon en Irlande, a été pillé par le-
Peuple de la Côte, qui a eu la cruauté de
massacrer 8. Passagers & 5.Matelots, parce
qu'ils vouloient sauver quelques Effets de ce
Navire, & le reste a eubeaucoup de peine à
échapper à cette populace, contre laquelle le
Roi a ordonné de faire des poursuites.
Le premier de ce mois jour indiqué pour
l'ouverture du Parlement, le Roi se rendit à la
Chambre des Pairs avec les ceremonies ordinaires
; & le Prince de Galles y ayant été introduit
par les Ducs d'Ancaster& de Dorfet, y
prêta le serment accoûtumé
, & prit sa place à
la droitede S. M. Ensuite les Communes ayant
été mandées, le Grand Chancelier parlant au
nom du Roi, fit le Discours suivant ;
MILORDS
ET MESSIEURS,
Jtfuispersuadé que vousêtes assemblez. d4nf'
l'attente d'être informez de la iftuation presente
des affairespubliques fatisfaflion que
les dépenfu déjàfaites & lu crainte de les con.
timter encore qnelque temps) vous font dejire.
v - H ii] TRi.-
l"
raisonnablement £r avec justice.L'cxecutio*
desArticlesFré.iminaires & L'ouverture d
Congrès à Soissons,t>arcijjoientdevoirvous don
7ftr lieu d'efpcrer devoirbien-tôt les heureux
.:r. t r1 effets d'uneVxcificaticngénérale;mais les vuci
différentes & étenduesau/quelles ena été obligé
defaire attention pour concilierles differens in
'te,ifS &- prétentions de tant de P:ijjances, ont
paru être un Ouvrage d'un trop long temps
sujet à trop de difficultés , de forte qu'on le
déterminé à faire un projet deTraité provifionneellyquiayantété
concerté& négocie entre le , q~,ii a eg
Ministresdesprincipales PuissancesCiliées pat
Je Traité d'Hanovcr & par celui de Vienne, A été approuvépar moi & par mes Alliez. , dan*
refperance qu'il le fera ausi par les Cours di
Vienne Ó, de Madrid;mais comme je n'ai en
core réçÚ aucuneréponfcdéifnitived'aucun»
de ces deux Cours,n'ont approuvéni rejett
ce Projet,ladefinée de l'Europe demeure £1.,:
f'ufpensau milieudes difpcultcz qui accompagnentiné-
vitabhmixt un tel état douteux é;
inllÙcrminé. Ce nefc q:t'av?cbccuronp de pein4M
que je fuis encore obligé de parler à mon Varie-M
ment dans cet ét,'t ddiuccrtitud» :je conneis lesi
fardeaux dont mes Sujets font charge-^, & jt '1
iFaï que dans la situationpresente des ajfaiies+\
-quelques-uns d'entre eux peuvent ïirs portez a'.
croire qu'une guerre aftuelle ftroit préférableÀ i
tine Paix douteuse ou imparfaite; mais comme
ce parti cft facile à prendre en tout tempsyjt
fuis assuré qu'on ne croira pas que je néglige
de me faire rendre jl/flice & à la Nation, lorsque
des circonjiances convenables l'exigeront de
moi. Jeme flatequevousêtesperfuade^que je
n'ai agi quedansdes vues Avantageafes au bien
é- à Pintérêt de mon Peuple, & que par ce seul
tII0tifj'ai négligé de faire attention à quelques
- In'aifitonvenicnspajjagers
>l'atteiue doùtezir
chaque jour une Paixsûre G honorable , plutôt que £allumer trop précipitaniment la
guerre at Europe, & ii'ex} ojermon Vc:,pl: a des
dcpcnlcs incore plus confieroeules u' ''onton ns
pourvoit déterminerla durée. Q:.fci5iit dijtigrefiâtes
que puijjent être ces dei,'is, il nj aurait
rien de plus injufie que dé les if/]p.,:r à ttJ/t
conduite ou à aile de tn,s Il efi vrai
yu'onafait divers ci]arts pour rompre r beureitf*
union ,[:tiefi établie entre nous;mais i» lexjvê
expiri-ncè & les preuves réitérées a'ne fidélité
mutuelle, ont tellement afjermi cimenté
cate alliance fondee sur un irteret ccmmwIJ,
que toutes les entreprises powï'a'::b iron f.-.iren.titre Í otsr de la dejance &de Li jalousie,
cm c.J vaines cy inutihs; C° tont ce qu'on »
piidire pour infmuer le contraire s'efc trouvâ
fan::ZT mal fondé. Ilfaudra cc[tn.'ant que
nous tâchionsd'amener cette impor:¡;¡nte affr.irt
a uns dtcifionprompte C cataine, afin que si
o7; peut la faire d'une maniéré qui s'accorde
nvec 1,1, fureté zyla conservation des.'Dreits,
Privilèges & poss.jfions de la Grande-Pretagne
C"de mes AlIirZ' le bonheur de la P*ixpuise» létendredans toute l'Europe, & que mes Royaumespuissent
jouir des heureux effets d'une tranquillité
durable, ou questcela ne pet s'obttttir,
les Alliez puissent en s'unijjant avec vigueur
& rrfolutien , faire des efforts capables
de procurer la justice & le fatisfaclion qui lm.
été si long-temps diJferées. Si ,nus tombons inévitablementdans
ce cas,je compte sur le zele
& l'afjeflion de ce Yarlonent, & jefpcre qu'il
m'aidera efficacement & avec joye à soutenir
une guerre jufle & necessaire.
Après que le Roisefut retiré,les Seigneurs
icfolurcntHunan'iimeimeintjdAe rdrerfedntYcr eunoe
Adresse àS. M. pour lui rendre graces de fit
Harangue,& pour la remercier de leur aVQi
communiqué la situation presente des affàires
publiques & des mesuresqu'elle prèndpou
procurer le bonheur de ses Sujets, '8fp l'assurer que la Chambre fera toujours prêt
à lui donner les secours necessaires pour si
faire rendre la justice & la f-atisfaétion quilui
font dues.
Les Communes par leur Adresse ontprormâ
à S. M. de lui fournir les subsides neceîfeû'es
pour la dépense de l'année courante, & mê*
ma d'autres plus considerables,en casqu'elle
doit obligée de soutenir une guerre tulle Sfr
nneecceessssaaiirree. conjointement avec ses Alliez. ,conjointemtritavecsesAlliez.
MORTS,NAISSANCE*!
Des Pays Etrangers 1
NOusn'avons pas été instruitsassez à
temp*
de la Mort de M: le Chevalier LaurentM
Baronet de Trent, pour la mettre dans 4a
dernier Mercure. Il mourutà Londres au mois
de Décembre dernier. Son Pere, le Chevalier
Patrice, Baronet de Trent, avoit rendu des fevices
très importans à sa Maison de Stuart du
temps deCharlesII.Roide la Grande-Bretagne
-
Lorsque Jacques II. se retira en France,ille
suivit, quittant, pour lui être fidelle, 20000 livres
sterling de rente en fond de terre,ce qui
fait, plus de 550000. livres de rente, argent de
France. Ces grands biens furent confisquez. H
resta plusieurs années à S. Germain en LCllfe.
Delà il passa pour sa fanté à Aix-là-Chapelles
Se
ot se voyant une nombreuse famille sur les
bras,il prit le parti de repasser en Angleterre
pour tâcher de rentrer dans son bien; mais
comme il étoit proscrit dans ce Royaume par
plusieurs Actes du Parlemenr, ilfut arrêté sur
Mer par ordre du Roi Guillaume III. & conduit
à la Tour de Londres, où il mourut quelque
temps après subitement. Il avoit été premier
Commissaire de la Grande Tresorerie
d'Angleterre. Il avoit eu neuf enfans
,
cinq
fils & quatre filles. L'aînée des filles a épousé
Milord slane ,
aîné de l'illustre Maison des
Flemming ,qui avoit des biens considerables
& qui t'tt mort depuis deux ans, portant le
nom de Milord Langford. La seconde qui n'est
point mariée, demeure actuellement à Londres.
La troisiéme est morte à Paris dans le Convent
des Religieuses de la Raquette. La quatriéme a
épousé M. lePrince d'Auvergne.
Des quatre fils, l'aîné mourut en Irlande,
au service du feu Roi Jacques,étant Colonel
du Regiment connu en France sousle nom
des Dragons de la Reine. Le second changea
de Religion & fcs biens lui furent rendus par
unActedu Parlement d'Angleterre; mais il n'en
jouit pas long-temps, ayant été tU, enduel
peu de temps après. Le troisiémeCharles de
Trent, ne voulut point de ses biens au prix
qu'ils avoient coûté à son frere, & ilaima
mieux s'en voir privé pour toûjours,que d'être
infidele à saReligion. Le quatriéme fut
tué à la Bataille àeCujjano,Capitaine dans le
Régiment de Dillon.Lecinquiéme, Laurent, Chevalier Baronet de Trent, dont la mort donne lieu à cet article, a été rendant quelques
années Page du Roi-de France. Après la mort
de sesfreres il passaen Angleterre pour esseyer
de*rentrer en possession d'une partie desbiens; H V de
de sa Maison
,
possedez par le Marquis deRuvigny,
connu fous le nom de MilordGallowai.
Mais icserfbrts ont été inutiles: il a trouvé un
obstacle invincible dans son attachement à la
ReligionCarholique. Il a eu le bonheur d'y
mourir, & ce n'a pas été une petite consolation
pour lui dans ses derniers momens, de l'avoir
constamment preferée à des biens que la
mort lui devoit fîcôt enlever.
M. Leowutitz-Buchortow, Major General
d'Artillerie du Czar, mourut sur la fin du mois
de Décembre dernier à Petersbourg, dans la 69.
année de son âge. Il avoit commencé en 1674.
à servir en qualité de Soldat fous le Czar Alexis
Michaetowics. Bisayeul de S.M.Cz.Le feu Czar
ayant forméen 169f. sa nouvelle Garde de
Préobazinski, qui est la premiere Milice reglée
qu'on ait vûë en Moscovie, il fut enrôlé
dans la Compagnie des Bombardiers de ce
Corps, & ce Prince étant très-content de ses
services, le fit passer par tous les degrez jusqu'à
celui de Major General, qui n'auroit pas
été le dernier si ce Prince avoit vlî. puisque
quelques années avant sa mort il avoit
fait
élever dans une des principales Places de Moscou
,la Statuë en Bronze de cet Officier.
Le Czar a fait faire à Moscou des Obseques
magnifiques au Comte Apraxin
,
grand Amiràlde
Moscovie.LeConvoi commença par un
Fourier, un Trompette & un Tiiràullicr, en
habits noirs; ils éroient suivis de l'Adjudant
du défunt&de quatre autres Adjudans, qui
marchoient deux a deux. Les Regimensquiles
suivoient,avoient à leur tête leurs Officiers,
ayant des Crespes à leur Chapeau & à leur
Epée; les Tambours étoient couverts de Drap
noir & les Haut-bois de Crespes. Après ces
Regimens marchoient trois détachemens de
g rl'Artillerie,
compofez chacun d'unOfficier 8c
de dix Canoniers, qui étoient précédez& fuivis
de cinq piéces de Canon. A quelque distance,
leSecretaire du Grand Amiral étoit à
la tête de ses autres Officiers & Domestiques;
tous en longs Manteaux de deüil. Les Chant-
res & leClergé,précédez de deux Maréchaux
de ceremonie
,
venoient ensuite; puis deux
Ecuyers à Cheval; un Cheval de parade qui
étoit monté par un Champion, armé de pied
en cap, tenant une Epée nuë à sa main. Ce
Cheval armé & bardé, étoit tenu par deux Palefreniers.
Les Drapeaux qui suivoient,étoient
portez par des Officiers de Marine, accompagnez
de Gardes Marine. Le Cheval de Selle du
Grand Amiral marchoit entre les Drapeaux
tenu en main par deux Officiers à pied. L'Etendart
rouge du Vaisseau Amiral étoit porté
ensuite par un Officier dela Flote,ayant à ses
côtezdeux Gardes-Marine;Il étoit fnivi d'un
Cheval, couvert d'un Caparaçon de Velours
noir, aux armes du Comte Apraxin, & d'un
autre Etendait, aux armes de ce Comte ,que
portoit un Officier de l'Etat Major,aumilieu
de deux Gardes Marine: L'Ecu aux armes du;
défunt, étoit porté par un autre Officier, accompagné
aussi de deux Gardes Marine. Après
un autre Cheval caparaçonné comme le précedent,
marchoientun Cuirassier en cuirasse
noire, derOfficiers de l'Etatmajor de la M a- rine, tenant divers Etendarts
,
& un Officieç
du même Corpsportant le portrait du défunt;
Un Officier portant des Eperons, d'or sur utv
Carreau develourscramoisi six autres paratant
les Gantelets, le Casque&l'Epée di dé.
funt, le Collier de l'Ordre de S. Alexandre
celui de l'Ordre de » S André, & le Bâton de
Commandant, tous marchant * pied au mi-
H vj lie.
lieu d'une file de Gardes Marine;l'Etendait
de l'Amirauté & celui de l'Etat étoient portez
immédiatement devant le Corps qui étoit dans
un Char, tiré par six Chevaux caparaçonnez, conduts par autant d'Ecuyers ,en longs Manteaux
de deüil, & suivi de douze Capitaines
de Vaisseaux ; six Majors portoient un Dais d.
Velours noir, à crépines d'argent, au dessus,
du Char où le Cercueil étoit élevé & à découvert.
Les coins du Poële étoient tenus par quatre
Colonels,& les Cordons du Dais parsix
Lieutenans Colonels. Ce Char étoit ftuvi des
parens du défunt que conduisoient le Grand
Maréchal de sa Maison&deux autres Maréchaux
; & tout le Convoy étoit éclairé de près
de 400 Flambeaux.
Le Duc Jean-Guillaume deSaxeEysenach,
mourut à Eyfenach le 4 du mois dernier, dansla6j"
année desonâge,étantnéle 17 Octobre
1666. Il avoit épousé le 28 Nov. 1690,
Amelie de Nassau Dietz
,
laquelle étant morte
le 16Février 1695
,
il se remaria le 27Février
1697 , avec Christine Julienne deBade Dourlac
, qui mourut le 10 Juillet 1707. Le 28 JlliI
let de l'année suivante, il épousa en troisiémes
nôces
,
Madelaïne-Sibile de Saxe Weissenfels.
Il a eu de sa premiere femme, Guillaume-
Henry qui lui succede, & une Princesse qui
et1 morte; de la seconde, trois Princes qui
font morts, & trois Princesses
,
dont l'ainéea
été mariée au Duc Jean-Adolphe de Saxe
Weiffenfels ; & de la troisiéme un Prince 8c
deux P. incesses
,
dont l'ainée en- morte.
Le Comte Philippe-Charles Cesar de Hohenloë,
Conseiller au Conseil Aulique de
l'Empereur, & Juge Superieur de la Chambre
Imperiale de Werzlar,mourut à Francfort le
15 du mois dernier,âgé de 61 ans. Il avoit
cpoU. ,
épouséen premieresnôces sa cousine germaine,
qui mourut en couche en 1698. Et en fecondes,
Sophie Léopoldine,fille de Charles Landgrave
de Hesse-Reinfels.
Lorhaire-François de Schomborn,Archevêque,
Electeur deMayence, y mourut le
dans la 74" annéede rOrll
âge, étant né le 14 Septembre 16n- Ce Prince
qui étoit fils de Philippe Erwin de Schomborn
,Comte de Reigelsberg, mort le 4 Novembre
1668. & de Marie Ursule,Comtesse
1 de Gressenclau, morte en 1682.fut éluEvêquede
Bamberg en 1691.8c. Coadjuteur de Mayen-
: ce,le 3 Septembre 1694.Il prit possession de
l'Electorat, le 30 Mats de l'année fuivamc,.
après lamort de rEldÍeur François,Baron.
d'Ingelheim. Il a pour successeur le Prince
Palatin François-Louis de Neubourg, Electeurde
Trêves,Evêque de Breslau & deWormes 5» & Prévôtd'Elwangen
)
qui fut élu son Coadjuteur
le5 Novembre 1710.
Le Cardinal Laurent Cozza
,
à qui le Papeavoit
envoyé le matin sa benediction, in articulomoriis,
iiiouriitàItoine le 18 Janv. après
midi,dansla75edeson âge,étant néàS.Laulent.
dans le Diocèse de Montefialcone
,
le 3r-!
Mars 1654. IlavoitétéGeneral des Religieux.
Mineurs de l'Etroite Observance
,
de la Reglè
de S. Franois,connus en France sous le nom
de Cordeliers 3s Gardiende la Terre-Sainte.
Le Pape le fit Cardinal dans le Consistoire du 9Décembre 1726. Le 16 du même mois, S S.
lui donna le titre de S. Laurent, in Pane EtpernA,
dont il sedémit le 20 Janvier 1717, pour
prendre celui de Sainte Marie d'Aracoeli.
Le 29 Janvier, au matin, le Cardinal Jean-
Baptiste Salerno,qui étoit malade depuis quelque
temps, reut àRome le Viatique & I>Extrême*
tfrê'me-On&ion,& vers les deux heures après
midy, il mourut dans la f9c année de son âge,
étant né dans le Royaume deNaples, le 24 Juin 1670. Il étoit de la Compagnie de JESUS,
lorsque le feu Pape Clément XI-le fit Cardinal
dans leConsistoiredu z? Décembre 1719. Le
31, ion Corps fut exposé sans aucuns ornemens
funeraires, dans l'Eglise de S.Ignace des
Jesuites, où l'on fit le même jour ses Obseques
ausquelles le Pape affilia avec le Sacré CoJlege,
& ensuite il fut porté dans l'Eglise de S. Etienne
le Rond, dont il étoit Titulaire, & où il a
été inhumé-Après la ceremonie le Pape accorda
aux Jesuites le Rescrit qu'ils demandoient,
pour se mettre en possession de la succession de
ce Cardinal, qui est mort Rh intestat; & dans
laquelle est comprise une Maison de Campagne
, qu'il avoit fait bâtir à Tivoli.
Le 13 de ce moi,vers les six heures du foir,
on encerra dans l'Eglise de S Gilles à Londres,
un homme âgé de 104 ans.Le Poële étoit porté
par six hommes,âgez de 100 ans chacun,qui
étoient précédez par deux autres; de même
âge.
On a appris de Gènes, que la Princesse hereditaire
deModéne, y étoit accouchée d'une
Princesse, le 7 de ce mois.
FRANCE
FRANCE,
Nouvelles de la Cour, de Paris,&e.
LE premier de ce mois, M. Benct;
Recteur de l'Université, accompagné
des Doyens des Facultez & des Procureurs
des Nations, eut l'honneur de
présenter un Cierge au Roi & à la Reine , selon l'ancien usage. Le Pere Vicaire General
des Religieux de la Merci, accompagné
de trois Religieux du Couvent du
Marais
, eut aussi l'honneur de présenter
un Cierge à la Reine, pour, sarisfaire a-,
une des conditions de leur établissement fait à Paris , en 1615. par la Reine Marie
de Medicis.
Le 2. Fevrier, fête de la Puri fication
de la sainte Vierge, le Roiaccompagna
du Duc d'Orléans,du Duc de Bourbon,
du Comte de Charolois, du Comte de
Clermont, du Duc du Maine, du Prince
de Dombes, du Comte d'Eu, du
Comte de Toulouze& des Chevaliers,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre du
S. Esprit, qui s'étoient assemblez dans
son Cabinet, se rendit à la Chapelle du
Château,oùS,M.assista à laBenediction.
tion des Cierges, à la Processîon & à la
Grande Meflfe qui sur célébrée par l'Abbé
Tesnieres, Chapelain ordinaire de la
Chapelle de Musique, & chantée par la
Musique. La Reine accompagnée des Dames
de sa Cour, entendit la Grande
Messe dans sa Tribune. L'après-midi, L. M. assîsterent à la Prédication du
P. Boyer, Religieux Théatin
, & ensuite
aux Vêpres. V
Le lendemain le Roi & la Reine partirent
de Versailles pour aller coucher au
Cthâteeau demMarly& ydpemeurersquelq.ue M. d' Angervilliers,Secretaire d'Etat
de la Guerre, a pris des arrangemens; certains avec M. le Controlleur General
des Finances, pour faire payer de mois
eh mois, chez les Tresoriers Généraux
de l'Extraordinaire des Guerres, toutce
qui restoit des anciens billets, en commençant
par ceux des Troupes, des Marchands
pour habillemens
,
& des Entrepreneurs
d'autres fournitures & par les
années les plus reculées
, ce quia eu son
execution dès le mois de Janvier dernier
sur les Etats arrêtez par M. d'Angers
villiers.
-Le;. dece mois le Lieutenantde Police
fit l'ouverture de la Foire S. Germain,
pourêtre tenue aux-lieux& Pla-
.&.-. ces
j
Ces accoutumez. CeMagistrat avoit rendu
une ordonnance le 22. Janvier, portant
règlement sur ce qui doit être observé
pendant la tenuë de la Foire.
Le 6. le Prince de Dombes & le Comte
d'Eu, fils du Duc du Maine, courants
,1e Cerf avec leurs équipages, longeant
i-la Rivierede Marne surle grand Chemin,
oÙ ils avoient ci - devant passé plusieurs
fois; un homme de leurs équipages passa
le premier sans nul accident ,mais soit
que son Cheval eut ébranlé laterre, on
que les inondations en eussent creusé les
bords, ces deux Princes passant par le
même endroit où leur Piquçuravoit passé r leurs Chevaux glisserentdefaçon, que
malgré les sages précautions de ces Princes
, ils tomberent dans la riviere avec
leurs Chevaux, & furent à fond par trois
& quatre fois différentes, nageant tant
sur le ventre que sur le dos l'espace d'un
quart d'heure, étant assez proches l'un
de l'autre sans oser s'accrocher,ce qui
donna lieu au Meunier de Chelles de venir
à leur secours ; il y arriva si à propos
avec deux de les garçons,qu'il retira ces
deux Princes , & leur donna tous les secours
qu'ilpût leur donner. Le Prince
de Dombes n'ayant nulle connoissance il le , crut mort, & le Comte d'Eu n'étoit
guèremieux. Le Duc du Maine a
fâitv
fait une pension au Meunier de 4© o. liv.
sa vie durant, & lui a fait donner cent
pistoles d'argent comptant.
Madame de Francel'aînée, qui a été
fort indisposée d'unefièvre causée par les
dents, se porte mieux. On lui a changé
de Nourrice.
Le 2y du mois dernier, l'Ambassadeur
de DannemarcK présenta au Roi & au
Cardinal de Fleury, le Prince de Hesse- si'Armfhd, beau-frere du Prince Royal
fie Dannltmarckqui voyage en France
incognito.
Le 6. de ce mois, le Roi quitta le deuil
qu'il avoit pris pour la Reine de Sardaigne.
S. M. le reprit leS. pour la mort
de la PrincesseNatalie, soeur du Czar ,
&£»ie quitta le 1 6.
Le Roi a accordé àM. N. Barbery
,
Marquis de Vastan ,
Maître des Requêtes
, Intendant de la Généralité de Caën ,
une Pension de six mille livres.
Le Marquis de Monti, Brigadier des
Armées du Roi, a été nommé par S. M.
son Ambassadeur en Pologne.
Le Roi a accordé au Marquis de Paulmi
,
Enseigne de la seconde Compagnie
des Mousquetaires de la Garde de S. M.
le Gouvernement dela Ville de S. Brieu
»
vacant par la mort du Comte de la Riviere
son pere.
Le
Le 6. Janvier, laVilledeCarpentras
Capitale du Comtat Venaissin
,
fit faire
des réjouissances publiques pour le rétablissement
de la fanté du Roi; les Consuls
, les Magistrats
,
la Noblesse & un
grand concours du peuple assisterent à la
Grande Messe, pendant laquelle il y eut
une falve de toute l'Artillerie;elle fut
celebrée pontificalement par M. d'Abbaty
, Evêque de Carpentras, qui donna
ensuite un magnifique repas. Les Vêpres
furent aussicelébrées pontificalement. Le
Te Deum y fut chanté par la Musique ,
& suivi d'une falve del'Artillerie comme
le matin; des feux de joye & des
illuminations dans toute la Ville.
Le 8. laLotterie pour leremboursement
des Rentes de l'Hôtel de Ville fut
tirée en présence du Prévôt des Marchands
& des Echevins en la manier.
accoutumée. Le fonds pour le mois de Février
s'est trouvé monter à la somme de
64.1611. liv. o. 9.laquelle a été distribuée
aux Rentiers pour les Lots qui leur
font écheus,conformément 4 la Lifte generale
qui a été renduë publique. Le Lot
le plus considerable de ce mois qui est d. •IJOOO.liv. estéchûauN°. 27030 sous
la devise
, S.Jacques.
Les deux places d'associez qui vaquoient
dans.l'Académie Royale des Inscriptions
ôc
& Belles-Lettres, par la promotionde
Mrs Hardion & Banier , devenus Pen-
-
sionnaires
, ont été remplies par M" de
la Nauze & PAbé de Paris. Le zo. de ce mois, le Duc d'Orléans
Premier Prince du Sang,demanda au
Roi son agrément poursonMariage avec -
la Princesse Elisabeth de Lorraine, fà
CoulÎne, fille aînée du Duc & de la
Duchesse de Lorraine.
Le 12. le Duc de la Rochefoucault ,*
Pair de France, fut reçu au Parlement-,
& y prit séanceen cette qualité, avec les
cérémonies accoutumées.
Le Geur le Maire a donnésoncinquième
Recueil d'Airs serieux, comiques;
&c. ilsevend chez Boivin, à la Règle
d'or, rue S. Honoré. Le Te Deum qui
fut chanté le 26. Décembre dernier à : l'Abbaye Royale de S. Antoine des
Champslez Paris, dont Madame do
Bourbon Condé est Abbesse, & dont on
a parlé dans le Mercure du mois dernier
page 18 8. est de la conipoci-tion du mê*
me Auteur
,
aussi bien que le Divertissement
qui fut chanté le même jour dans
le Parloir de cette Abbaye.
Le 2.. de. ce mois
,
Fête de la Purification,
il y eut Concert Spirituel au Château
des Thuilleries; on y chanta deux
MotetsàgrandsChoeurs de M. de-la Lande,
Cantate Domino & Dominus régna-
't'Ït..dont l'execution sur parfaite. Les Dlies
Antier, le Maure,& Bourbonnois, chantèrent
chacune un petit Motet à une feule
voix, qui furent fort applaudis par une
magnifique & nombreuse Assemblée.Les
Srs Guignon & Blavet qui jouèrent séparement
desConcerto surle Violon & la
Flute, ne firent pas moins de plaisir.
Le 7. il y eut le Concert ordinaire. On
chanta le Divertissement de l'Union de la
Musique Françoiseàl'Italiennede M. Battiftin.
La DIle le Maure chanta la Cantate
de L'Eté, avec beaucoup de précisîonÔC
d'agrémens.
Le 9. on chanta le Divertissement de
L'Amour guériparl'Amour, de M. du
Bousset
, & la Cantate de la Musette chantée , par la Dlle le Maure.
Le 14. on executa un Divertissement
nouveau, intitulé: l'Union de l'Amour &
del'Hymen,de lacomposition de M. d'.A.
tjuiny qui fut très-goûté. Les paroles
font de M. Carolet, qui a fait aussi colle
des Divertissemens du Triomphe de Da..
phné, de la fausse indifférence, & de
l'Amour guéri par l'Amour
,
dont il a été
parlé dans les précédents Mercures. On
trouvera les paroles de tous cesDivertissejaiens
chez Thomclin
,
Libraire, Place
de
de Sorbonne; on les vendra séparement
ou en Recueil. La DUe le Maure chanta
la Cantate de Léandre & Hero, de M. Clerambaut,
& la Dlle Bourbonnois celle des
liains deTomery
,
de M. Battistin.
Le 16. on redonna le même Divertissement.
La DlleBombonnois,Se le sicur
Dun,chanterent la Cantate de Democrite
& d'Heraclite,à deux voix, de M.Battistin.
La D11e le Maure chanta feule une
Cantatille nouvelle de M. Mouret, qui'
fut très applaudie. On finit par un Motec
de M. de la Lande.
Le 21 oh chanta deux des plus beaux
Motets du même Auteur, Dominus regnavit
& Confitzbor
,
dans lesquels la
Dlle Hermance chanta pour la premiere
fois des morceaux qui firent beaucoup de
plaisir. Le sieur Guignon joua le Coticerto
du Printemps de Viraldy, qui est
Une excellente Pièce de simphonie. On
chanta ensuite une Cantate Françoise Se
une Cantate Italienne,chantées parlamême
DUe Hermance,qui fut très-applaudie.
Le 7. il y eut Concert à Marly chez la
Reine. M. Destouches, Sur,intendant
de la Musique du Roi, fit chanter le troisiéme,
quatriéme, & cinquième Acte
de l'Opera d'Hypermnestre, dont S. M.
avoit entendu le Prologue & les deux
pre
premiers ActesàVersailles le26. de l'autre
mois. La Dlle Antier, les Srs Chassé
& Bouteloup continuèrent de chanter les 4 Rôles d'Hypermnestre, de Danaus & de
Lincée avec beaucoup de succès.
Le 9. on chantale Prologue
s
& le premier
Acte de l'Opera d'Armide.
Le 14. on continua le second & le troisième
Acte, après lesquels la Dlle Picroa
de la Musique du Roi, chanta Regnez.
belle Thétis, Air de M. Campra. f
On chanta le quatrième & cinquiéme
Ath: du même Opéra. La Dile Antier bril
la à son ordinaire dans le Rôle d'Armide ,
comme dans tout cequ'elle chante, ce
fut fort applaudie de toute la Cour. La.
Reine eut la bonté detémoigner à M. Dc!
touches sa satisfaction sur l'exécution de
ces Concerts.
Le 21. & le 23. la Reine entendit le
Prologue, le premier, le second, & la
troisiéme Ade de Roland. La Dlle le Maute
,
ôr le sieurChassé chanterent les Râ..
les d'Angélique & de Roland, avec des
applaudissemensqu'ilsont bien méritez.
Le 2. 8. on finit le même Opera, par le
quatrième&,par le cinquième Acte. On
doit donner à la Reine le premier Mars
pour dernier Concert de Marly une sim-
.V,lonicchoicie, composée de Violons, J-iautbois
, & Ballons. JV
ivGEMENrrendu en la Sénéchaur
fée de Lyon, contre M. Mathlllon, en faveur des Pauvres dugrand Hôpital-
& Houl-Dieu de Notre-Dame de Pitié
duPont du Rhône de Lyon. Extrait
d'une Lettre écrite de LJfln le 2 4. Jan*
,f/Ùrdernier.-
LE compte, Messieurs, que vous
i avez rendu au Public dans votre
Mercure du mois d'Octobre1727. de ce
qu'a produit l'ActedeM. Mathulon
,
qui
renferme ses engagemens au (ujrt de la
quadrature du Cercle, & qui est inseré
dans le Mercure du mois de Juillet de la
même année
, demande que vous soyez
instruits de la fuite de cette affaire.
M. Nicole de l'Académie Royale des
Sciences,ayant cedé par Aéte passé pardevant
Notaires, aux Pauvres de notre
Hôpital , ses droits sur la somme de
5000. liv. deposée par le sieurMathulon
, en saveur decelui qui démontreroit
la fausseté de sa Solution de la Quadrature
du Cercle; Mrs les Directeurs de
notre Hôpital ont fait assigner le sieur
Mathulon
,
lequel ayant refusé de consentir
à la délivrance de la sommedépose
j ôc la compilation ayant écc portée à
la Senéchaussée de Lyon, ce Tribunal vient
JDOJTLZ en S^ctijrhecuc sur la jSfcb^?ien-,).ij<xg.
- 17Q,9
vient de mettre en état les Pauvres de notre
Hôpital de profiter de la liberalité de
M. Nicole par le Jugement qu'il vient
de rendre, lequel porte qu'ayant égard
à l'intervention des Directeurs,ordonne
que la somme de 3000.liv. deposée par
le sieur Mathulon, entre les mains de
Me Vernon
,
Notaire, sera délivrée aux
Directeurs dudit Hôpital; quoi faisant il , en demeurera bien & valablement déchargé,
condamne en outre le sieurMathulon
aux dépens.
M. Auras, Avocat General de la Cour
des Monnoyes
, a parlé dans cette affaire
d'une maniere trèsdigne; il a distingué
les promesses dont l'execution dépendoit
du hazard, d'avec celles dont l'execution
dépendoit de l'adresse, ou du travail des
Particuliers; & après avoir condamné
les premieres, il a montré que les dernieres
devoient avoir leurs executions.Je
fuis, &c.
COURSE DE TRAISNEAUX.
Le 11. du mois dernier, le Roi fit à Verfailles
sur la neige une coursedeTraineaux
des plus magnifiquesavec un grand nombre
de Princes, de Princesses, de Seigneurs
& de Dames de la Cour. Le Marquis
de Beringhen
,
Premier Ecuyer du
Roi, marchoit à la tête sur un grand
1 TraiTraineau
tiré par quatre Chevaux poat
frayer le chemin. Tous les autres Traineaux
étoient à un seul Cheval. S. M.
suivoit immédiatement sur un magnifique
Traineau
,
dont le Cheval avoitun
riche caparaçon bordé de grelots d'argent.
Le Roi avec toute sa suite en Traineaux
,
après avoir fait le tour du grand
Canal, alla faire collation à la Menagerie
, & enfuire souper. à Trianon. S. M..
qui a prisce Divertissementplusieursfois
avoit pris soin de faire distribuer aux
Princes & Seigneurs de sa suite, des bourses
de frétas blanc, avec des noeuds de
rubans couleur de rose ; ils étoient presque
tous en bonnets fourrez &de grandes
moustaches postiches, avec des Redingotes
ou d'autres habits fourrez; les
Princesses & les Dames étoient en Bagnolettes
, en Mantilles
,
& quelquesunes
par dessus leurs habits, avoient des i
manieres de Cazaquins fourrez, à la Polonoife.
Ce spectacle brillant, allai nouveau en
France qu'il est commun en Allemagne
& dans le Nort , * a extrêmement ex-
* On compte que le Bivertijferrunt d'une
eourfe de Traîneaux ,
suivi d'ungrand souper
que lé Comte Joseph de Kinski donna à Vienne
lè mois dernierà 180. personnes> lui Il couté
plus de soooo.Florinset • cité
i
cité la curiosité de la Courte de la Ville, 5c
a fait un très-grand plaisir.
On n'avoitpoint vu depuis nombre d'années
un tems si propre à aller enTraineaux,
àcause de la forte gelée & de la quantitéde
neige: plusieurs courses de Traineaux se
font faites dans les allées du Cours-la-Reine,
avec un très-grand concours de gens
de tous états,en carrosse & à pied,que ce
spectacle agréable & singulier attiroit ; la
beauté des chevaux qui vont le grand galop
, la richesse des harnois & des caparaçons,
le bruit des grelots,lesétendarts de
diverses couleurs,flotant dans les airs,& la
magnificence des Traineaux peints & dorez
avec beaucoup de goût
,
de formes
agréables & toutes différentes
,
les habits
riches &galans,quoique de la saison Se
en fourures, des Dames & des Seigneurs,
leurs coeffures & leurs bonnets de differentes
figures,enfin tous leurs ajustemens
variez & singuliers
, tout cela joint au son
des fanfares, faisoit un effet très-singulier.
Quantité de Princes & de Seigneurs ont
fait faire des Traineaux ausquels rien n'a étéépargné pour la richesse & le goût.
La course qui se fit au Cours-la-Reine
le 18. du mois dernier, fut la plus belle,
la plus nombreuseenTraineaux & par le
plus beau jour qu'on sçauroit voir. Un
grandTraineau au Prince de Carignan,
| 1ij êttelc
attelé de quatre chevaux, sur lequel
étoient les trompettes & les timbales
marchoità la tête ; suivoient le Traineau
dela Duchesse de Bourbon Doüairiere,
mené par le Duc de Retz. Le second sur
lequel étoit la Duchesse de Bourbon étoit
mené par le Prince de Carignan.Mademoiselle
de Sens qui étoit dans le troisiéme,
étoit menée par le Comte de.Saxe.
Les Dames placées sur les autres Traineaux
quicomposoient une longue file, étoient
conduites par divers Seigneurs,qui quoiqu'aais
sur une palette en faillie derriere
le Traineau, paroissent presque debout.
Voici la répresentation d'unde ces Traineaux,
qui pourra donner une idée plus
juste du spectacle qui donne lieu à cet
article. Il aéré dessiné d'après un de ceux
du Prince de Carignan.
FESTE SOLEMNELLEceléb>èt
dans PEglife des Angtiftins dêchauffez.
y au sajet de la Découverte du Corps
de S.Augustin,
LE 16. Fevrier, les Religieux Augustins
déchaussez du Convent dela Place
des Victoires, célebrerent avec beaucoup
de solemnitéladécouverte du Corps
de S. Augustin. Cette Fête fut annoncée
Ja veille parleson de toutes les cloches,
L 4 .Irois
Trois cens hommes du Guet, ordonnez
par M. le Comte de Maurepas,& commandez
par les sieurs Duval, pere& fils,
mirent un grand ordre à cette cérémonie.
Ils se rendirent dès six heures du matin à
la gran deporte dela cour duMonastere ,
& OLtds [e rangerent en haye jusqu'à la
Place desVictoires
,
à l'exception de 50.
hommes qu'on réserva pour écarter la
foule.
Sur les huit heures du matin les Religieux
escortez d'un détachement duGuet,
allerenten procession prendre le Chapitre
de Notre Dame qui fut reçu à l'Eglise des
-l'UIUflins au bruit des boëtes & de plusieurs
pieces decanon &au son des tymbales,
des trompettes & des hautbois;
rEgHfeetoic ornée &éclairéeavec autant
d'ordre que de magnificence. Le Choeur
de cinquante pieds de long sur trente cinq
de large étoit fort orné; on y avoit dressé
un Are de triomphe,fous lequel on avoit
mis une statuë en cire de S. Augustin revêtu
d'habits Pontificaux, une Crosse àla
main. Messieurs de Notre-Dame officierent
; la Messe fut celébrée par M. Vivant,
Grand-Chantre, & chantée par la
Musique du Chapitre. M. le Cardinal de
Noailles qui ne put pas se rendre avec son
Chapitre, à cause de son grand âge, arriva
pendant la Messe , & S. EI. fiutirjeçàue
à la porte parles Religieux qui le conduisirent
dans un Appartement préparé. La
Messe étant finie, S. E.revêtuë de ses habits
Pontificaux,& accompagnée d'un
grand nombre d'Officiers alla à l'Eglise.
Le R. P. Provincial,à la tête de sa Communauté
,
le reçut à la grande Porte, lui
présenta l'eau benite
,
l'encensa
,
& lui fit
un compliment qui fut fort aplaudi.
Son Eminence conduite au Trône
qu'on lui avoitpréparé, entonna le Te
Deum,qui fut chanté par la Musique de
Notre-Dame,au bruit du canon & des
boëtes. Le Chapitre s'en retourna ensuite
processionnellement, précedé des Gardes
qui l'avoient accompagné le matin.
Le soit les Vêpres furent chantées par les
Religieux de la Maison. M. l'Evêque de
Toul y officiapontificalement. Il y eut
un Discours qui fut prononcé par le
Pere René, lequel prit son Texte du
49e. Chapitre de l'Ecclésiastique : Qjfa
ipsius vifitaiafunt^ & postmortem prophetaverunt.
Le Sermon étant fini, on célebra
un Salut du S. Sacrement, suivi d'une
Procession: M. PArchevêque de
Roüen, y officia & plusieurs des Prélats
qui avoient assisté à la solemnitédu matin
setrouverent au Service de l'après-midi.
Enfin la Fête fut terminée par des salves
d'Artillerie.
d'Artillerie, & le foir il y eut de grandes
illuminations.
BENEFIeES DONNEZ.
L'Abbaye Commandatairede Breüil-
Benoît, Ordre de Cîteaux
,
Diocèse
d'Evreux, vacante par le décès de M*
Poncet de la Riviere
,
Evêque d'Usez
, a
été donnée à M. Pierre Guillaume Gaillon,
Prêtre du Diocèse d'Evreux.
L'abbaye Commandataite de S. Remy
de Reims, Ordre de S. Benoît, vacante
par le decès du Cardinal Gualrerio
, en faveur
du Cardinalde Gesvre.
-
L'abbaye Commandataire d'Obazine t.
Ordre de Cîteaux, Diocèse de Limoges.
vacante par ledecès de M.de Lescure, en
faveurde M. de la Rocheaimon,EvêqjAÇ
deSarepte.
: L'Abbaye Commandataire de Bofchaud,
Ordre de Cîteaux, Diocèse de
Perigueux, vacante par le decès de M.
Medidier, en faveur de M. Jeande Pons,
Clerc tonsuré du Diocèse de Clermont.
L'Abbaye Commandataire de S. Maur
sur Loire ,Ordre de S. BenoÎt, Diocèse
d'Angers, vacante par le decès de M.
Martineau,enfaveurde M. de Lozandieres,
Chanoine de l'Eglise primarialede
N^ncy
Liiij L'Abbaye
- L'Abbaye Commandataire de S. Eloy-
Fontaine, Ordre de S. Augustin, Diocèse
de Noyon, vacante par le decès de
M. Poncet de la Riviere
y
Evêque d'Ufez
, en faveur de M. de Chevricrs, Aum
monier de la Reine& Comte de Lyon.
L'Abbaye Commanditaire de Mortemer,
Ordre de Cîteau,Diocèse de Roüen,
vacante par le decès de M. de Ratabon,
ancien Evêqùe de Viviers, en faveur de
M. Charles Beaupoil de S. Aulaire,Aumônier
delaReine.
Le Ptieuré Commandataireconventuel
& électifde Mortagne, Ordre de S. Augustin
,Diocèse de Saintes,vacant par le
decès de M. de France, en faveur de M.
Leon de Beaumont,Evêque de Saintes.
Le Prieuré Commandataire, conventuel-&
électif de Reugny, Ordre de saint
Augustin
,
Diocèsede Clermont,vacant
par le decès de M. Dardan, en faveur de
M. Cesar de Cuers, de Cagolin , Prêtre
du Diocèse de Toulon.
L'Abbaye 4e Notre-Dame de Mercoire,
Ordre de Cîteaux
,
Diocèse de Mende,
vacante par le decès de Mad. de Celez,
en faveur deMad. de S. Herem de Montmorin
,
Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye de S. PauldeSoissons, Ordre
de S. Augustin
s vacante par le decès
de Mad. d'Epinay de Lignery , en faveur
1:.
- de
3e Mad. de Fourcy,Religieuse de l'Abbaye
du Pont-aux-Dames,
L'Archevêché de Bourges,vacant par
la démission de M. le Cardinal de Gesvres,
dernier titulaire, en faveur de M,
l'Abbé de Roye delaRochefoucault Prêtre
u Diocèse de & Vicaire
general de l'ArchevêchédeRoüen.
L'Abbaye Commandataire de S-. Barthelemy
,
dans la ville deNoyon, Ordre
-
de S. Augustin
, vacante par le decès de
M.de Ratabon,ancienEvêque de Viviers,
en faveur de M. Bauyn, PrêtreduDio
cèse de Paris, & Chancelier de l'£-
glise Metropolitaine de Paris.
L'Abbaye Commandataire de S. Arnoult,
dans laVille de Metz, Ordre de
S. Benoît, vacante par le decès du Sieur
Chazot
,
dernier titulaire, en faveur de
M. François Sanguin de Livry, Clercou
Diocèse de Paris.
L'Abbaye Commandataire de Chateliers,
Ordre de Cîteaux, Diocèse de Poitiers
,vacante par ledécèsde M. de Lortaine
d'Armagnac
3
évêquedeBayeux
en faveur de M. François Joseph Poufsard
du Vigean, Prêtre du Diocèsede
Poitiers, Docteur de Sorbone.
L'Evéché de Bayeux,vacant par le de-zcèsde.
M.Lorraine d'Armagnac ,-en.
1-V:' faireur
faveur de M. Paul d'Albert de Luynes, Grand-Vicaire de Meaux.
L'Abbaye Commandataire de S. Savin
de Lavedan,Diocèse de Tarbes, Ordre
de S. Benoîtvacante par le decès de M.
Baillif,enfaveurdeM. l'Abbé de Langle
,
Chanoine de Rennes.
L'Abbaye Commandataire de Breüil Ordre de Cîteaux , , Diocèse de Limoges
, vacante par le decès de M. Poisson ,
en faveur de M. Martial Sardine,Prêtre
du Diocèse de Limoges.
Le Prieuré de S. Loup de Nau, Diocèse
de Sens, Ordre de S. Benoît, dé..
pendant de l'Abbaye de S. Pierre- le-Vif,
auquel le Roy a droit de nommer, à cause
de l'union de cette Abbaye à la Cure
de Versailles, vacant par le decès de M..
Laurenceau,en faveur de M. Claude Auguste
Tissartde Rouvre, Prêtre Docteur
de Sorbonne.
L'Abbaye de Gercy
,
Ordre de S. Benoît
,Diocèse de Paris, vacante par le
decès de la DameFoucaut
, en faveur de
Mad CharlotteCarteldeS. Pierre, Religieuse
de l'Abbaye de Bellefond.
L'Abbaye secularisée de S. Sernin de
Toulouse, Ordre de S. Augustin
, vacante
parle decès de l'Abbé Sanguin de Livry
, en faveur de M. Henryde Rousset
de
rte Ceilhes de Rocozel, Prêtre du Diocèse
de Lodéve.
La Coadjutorie de l'Evêché de Quebec
en Canada, en faveur de M. Dosquet,
Evêque de Samos, du consentement
de M. Loüis François de Mornay , titulaire de cetEvêché.
MORTS, BAPTEMES
& Mariages. MArtin de la Cassagne
,
Evêque de
Lescar, mourut dans son Diocèse
le 13 du mois dernier, âgé de près de
90.ans.
Le 17 du même mois, Dame Catherine
Varin, veuve de Jean Coste de Champeron
, Ecuyer, Conseiller, Secretaire du
Roymourut âgée de 8 5 ans 6 mois.
Le Janvier, M. N.Silvain, cydevant
premier Valet de Chambre de feu
MONSIEUR,mourut âgé de 92 ans. Il
joüissoit de 3 0000 liv.derentes sur la
Tontine, étant le dernier de sa Classe.
Dame Elizabeth le Cocq ,veuve 4e
Jacques de Souillac, Marquis de Chatillon
, Lieutenant General des Armées du
Roy & dans la Province du Roussillon,
mourut icy le 21 Janvier, dans le 78e
année de son âge. Ivj MaxiMaximilien
H,'nry de Béthune, Duc de
Sully, Pair de France, Prince Souverain
d'Henrichemont & de Boisbelle, Marquis
de Conry, Comte de Gyen
,
Vicomte de
Meaux-Breteüil ,&c. Lieutenant General
du Païs de Vexin-le-François, Gouverneur
des Villes & Châteaux de Mante &
de Gyen
,
Chevalier des Ordres du Roy,
mourut le 2 Février, dans la soixante &
uniéme année de son âge,sanslaisser
d'Enfant de son mariage, avec Dame
Marie-Jeanne Guyon, veuve de Loüis-
Nicolas Fouquet, Comte de Vaux, &c.
Le 5 ,
après avoir été exposé sur un Lie
de Parade, dans son Hôtel, il fut porté
en grand Convoy, auquel assisterent un
tres grand nombre de Seigneurs & de Personnes
de distinctions, en l'Eglise ParoisbaIe
de S. Paul, lieu de sasépulture.
Il croit fils puisné de Maximilien-Pierre-
François deBethune, DucdeSully,
Pair de France
,
Chevalier des Ordres du
Roy, &c. & de Dame Antoinette er..
vien. Il porta le nom de Chevalier de
Sully durant la vie du Duc de Sully son
frereaîné. Il entra fort jeune dans le Ser-
'\7ice,,'<\. (c fiiïml.t particulierementaux
Siéges de Philisbourg, de Manheim
,
de
Franckemberg, de Dixmude &d'Ath,ÔC
d'J.llS les Combats de Luzara, deCassano,
&.. où il commandoit la Cavalerie sa
qiuiiceL
qualité de Brigadier des Armées du Roy.
Il devint Duc de Sully par la mort de Ma.-
ximilien-Pierre-François-NicolasdeBethune
son frere
,
arrivéele24. Décembre
1712,nelaissant point d'Enfans de ion.
mariage avec. Dame Armande du Cam
bout de Coaslin
, morte en 1721.
Le nouveau Duc de Suily prêta ferment
de Duc & Pair de France
, & prit séance
au Parlement le 14 Février 1713. Il fut
fait Chevalier desOrdres du Roy, le 3
«
Juin 1724. Ilétoit leVeDucdeSully
depuis l'érection de l'ancienne Baronie
de ce nom en Duché & Pairie, faite au
mois de Février 1606, en faveur de Maximilien
de Bethune,premierdu nom,&c,,',
dont la posterité,par Anne de Courrenai,
sa premiere Epouse
,
finit en la personne
du Duc de Sully, qui vient de mourir. Il
est fort regretté par ses belles qual irez surtour , pour sen goût pour les Lettres ÔC
par la bienveillance particuliere dont il
honoroit les Personnes qui s'y distinguoient.
La Duché & Pairie de Sully ne fort
point de la branche aînée de sa maison,
& passe à la personne de Louis-Pierre-
Maximilien de Bethune
,
Marquis de
Courville& de Villebon
, Comte de Ne-*
gent, &c. Chevalier de l'Ordre de la
Taisond'or, &c.de la maniere qui suit t. 11ax
Max. de Bethune, I. du nom, Duc de
Sully, Marquis de Rosny, &c. Pair Be
Maréchal de France, Grand-Maître de
l'Artillerie Sur-Intendant desFinances,
& premier Ministre fous Henry IV.épousa
en secondes nôces
,
étant veuf d'Anne
de Courtenay
a
Rachel de Cochefilet,
dont il eut:
François de Bethune
,
Comte & puis
Duc * d'Orval, &c. Sur-Intendant des
Bâtimens & Grand-Voyer de France,
Lieutenant General des Armées du Roy , & au Gouvernement du Païs Chartrain;
Chevalier des Ordres du Roy, & premier
Ecuyer de la ReineAnne d'Autriche,
morte en 1678. lequel par (on premier
mariage avec Jacqueline de Caumont de
la Force, donna naissance àMaximillien-
Alpin de Bethune, Comte d'Orval, &c.
Le Comte d'Orval, mort en 1692J
laissa de son mariage avec Catherine de
la Porte, Maximilien-François de Bethune,
Marquis de Courville,&c. Enseigne
des Gendarmes de la Garde du Roy,
qui mourut le 8 Avril 1685,âgé seulement
de 28 ans, laissant de Dame Marie-
*Par Lettres du mois deJuin1(51, d'érertion
en fil- faveur, des Seigneuries de Nogent It
Rotrott, de Montigni &c. en Duché & Pairie
i lesquelles Lettres n'eurent point de lieu,
faute d'enregistrementavantsa mort.
Jeanne.
Jeanne d'Orleans de Rothelin son Epouse
,
Louis-Pierre-Maximilien de Bethune,
né posthume
,
dont il est parlé cy-dessus,
& qui devient Duc deSully, Prince Souverain
d'Henrichemont, &c. parles
[ droits de sa naissance.
Il a servi dans les dernieresguerres en
qualitéde Mestre de Camp du Regiment
de la Reine, à la tête duquel il fut blessé
à la Bataille de Malplaqué. Il a été premier
Gentilhomme de la Chambre de feu
Monseigneur, Fils de France, Duc de
BERRY
, & Lieutenant General au Gouvernement
du Païs Chartrain. Après la
mort de ce Prince, il reporta au Roy
d'Espagne son Collier de l'Ordre de la
Toison d'or, duquel Sa Majesté Catholique
le revêtit, avec l'agrément du Roy. Ilaépouséle 10 Janvier 1709. Dame
Loüise Desmarets
,
fille de N. Desmarets,
Marquis de Maillebois, &c. Ministre
d'Etat, Controlleur General des Finances
, Grand - Trésorier & Commandeur
des Ordres du Roy, & de Dame Magdelaine
Bechameil de Nointel, dont il a
deux filles,Nicole- Maximilienne &
Magdelaine-Henriette-Maximilienne de
Bethune.
Le Duc d'Orval prit une seconde alliance
avec Dame Anne de Harville,fille
d'Antoine, Marquis de Palaiseau,&c.
morte
morte le 1 8 Novembre 1716. dont il y
a eu plusieurs enfans. Il ne reste aujourd'hui
de ce second mariage qu'Armand de
Béthune, Abbé des Abbayes de Senan.
ques, de Pontieres & de Blanche-Couronne
,
& de Nicole de Berhune, Abbesse
de Giff, Ordre de S. Benoît
,
Diocèse
de Paris.
Le 4. Philippe Varnier, Ecuyer, Con.-
seiller Secretaire du Roy, Greffier en Chef
des Requêtes de l'Hotel, mourut âgé
d'environ 84. ans.
Le 10. Dame Marie Françoise de la
Grange,veuve deM. Jean-Jacques Charon,
Chevalier,Marquis de Menars,
Presidentà Mortier, mourut à Paris,
âgée d'environ78. ans.
Le 5. François Sanguin de Livri, Abbé
des Abbayes de S. Arnould de Metz,de
Livri, de Fontenay & de Beaulieu, mourutdans
la 52eannée de son âge. Ilétoit
Ambassadeur du Roi en Portugal, lorsqu'il
fut nommé Ministre de S. M. eaj
Espagne, & il avoit été Ambassadeur en
Pologne.
Anne Bernard SauvestredeClisson,
Capitaine d'une des Compagnies de Grenadiers
du Regiment des Gardes-Françoises,
Brigadier des Armées du Roy,
Chevalier de l'OrdreMilitaire de Saint
Louïs, mourut le 21 Fév. âgé de 74. ans.
Sjmoa,
Simon Bolduc, Apoticaire de la Reine
d'Espagne,&cy-devant de S. A R. feuë
JVÎaimme, l'un des anciens Académiciens,
Pensionnaire de l'Académie des
Sciences, ancien Juge Consul, Se ancien
Marguillier de S.Sulpice
a mourut Je 24
Février
,
âgéd'environ 82 ans,dans la ré..
putation d'une capacité conforamee,5t
d'un grande probité.
Le 18 Decembre dernier, Dame Mar';'
guerite du Bosc ,
épouse de Bernand
Cesar, Marquis du Guesclin, &c. Mestre
de Camp de CavalerieGentilhommede
la Chambre de M. le Duc d'Orleans, accoucha
d'un fils, qui fut endoyélemême
jour, & auquel les ceremonies du Baptême
furent suppléées le 27janvier. Il eut
pour Parain M.le Duc d'Orleans,& pour
MaraineMademoiselle Elisabeth- Philippe
d'Orleans,premiere Princessedu Sang.
Le Chevalier de Rohan,qui a pris lé
nom de Comte de Chabot,épousa le30
-Janvier, Mademoiselle de Retz,riche
heririere de Bretagne.
La nuit du 24 au 25 du même mois,
M. le Pelletier de Beaupré, épousa dans
l'Eglise S.Thomas du Louvre,Mademoiselle
de Cotte, fille de M. de Cotte ,'.
Direéletlr General de la Monnoye des
Médailles.
Michel-Philippe Levêque de Gravelle,
ConConseiller
au Perlement de Paris, filsde
Nicolas Levêque,Maître des Comptes,
& de Dame N. Guillois
,
épousa le 15 Février,
Marie-BarthelemiToynard, fille
de M. Toynard, Fermier General.
Joseph - Pierre Dufort, Maître des
Comptes,fils de N. Dufort, Maître des
Comptes, a épousé N. Soulet, fille de Nicolas
Soulet, Conseiller au Parlement,
Doyen de la cinquiéme Chambre des
Enquêtes.
M. JacquesBernard Chauvelin,Maître
des Requêtes,fils de M.Bernard Chauvelin,
Conseiller d'Etat, Intendant de Picardie&
d'Artois,& de Dame Catherine-
Martin, épousa le 16 Février DlIe Marie
Oursin, fille de Jean Oursin,Conseiller-
Secretaire duRoy, &c.& de Dame
Catherine Allem.
Le sieur Collin avertit le public, qu'il a apporté
d'Espagneun secret tres-particulier,qui
vient de l'Amerique, pour faire plusieurs fortes
d'Encres à écrire, d'un beau noir de Jais
velouté; il n'y aura jamais de blanc ni de moisi
, ni aucune acrymonie dessus
, & ne se corrompra
jamais, quelque gardée qu'tlle foit ;
elle est nette comme du vin & bien coulante.
Il possedeaussi le secret de faire de l'Encre dé
la Chine en bâtons.
Il demeure rue de la Vieille Draperie,chez
M.d'Ambrun,Maître Cordonnier, au fécond
,"¡¿"rtement. A Pâquesil demeurera rue de
A.
laSavaterie,chez M. François, à l'Image Nôtre-
Dame,au premier étage,à côté de l'Hôtel
de Pepin.
Les Planches & les Estampes deCallot, de
la Belle& de Silvestre,que le sieur Fagnani,ruë
de la Monnoye , devoit mettre en vente le 7
Mars, selon l'annonce qui en adéja été faite»
est remise au 20 du même mois de Mars, Qil
toutes personnes feront bien reçuës pour voir
& examiner toutes les curiositez de plusieurs
especes, lesquelles feront délivrées au plus
offrant & dernier encherisseur.
Ona imprimé par méprise
, dans le Mercuredu
mois dernier, page44. laRépliquédel'Jibbé
le Franc, au sujet du Paradoxe du P.Cafiel9
avant la Lettre de Monsieur B. H D. R. qu'om
trouvera dans le Mercure prochain.
EDIT, ARREST,
SENTENCES DE POLICE, &c.
EDIT DU ROY,portant création de trois
Maîtrises d'Eaux& Forêtsen la Province dAuvergne. DonnéàVersailles au mois de
Décembre 1728.
ARREST du 7. Décembre, concernant les
Certificats des mentions faites par les Notaires
sur les Minutes & Grosses des Contrats de
Rente sur l'Hôtel de Ville, en éxecution de
l'Arrêt duConseil du 24. Juin 1722, qui n'ont
pas encore été remis aux Payeurs
LETTRES PATENTES sur Arrêt du 14;
Decembre.
4
Décembre 1728.concernant les Vifis, la tr"'-
niere &la forme danslefyu"ilcslesCommis
d,:sFermzs du Roy 1rs pourront faire
dansles
Abbayes & autres CvnvC:l¡s de Fi'iies. ')
ARREST du mèmcf jour, qui deffendaux
Cotninunauiez-i'Hcibvans d'acquérirdes Domaines
par la voye de.R/jytf.t'. s ,
sans y être
autorisez par Mr le: Intendans des Provinces
,
DECLARATION DU ROY au sujet d«
l?enùarqU£n-.erK& d.i déHarqjment desJWa-i
telots ons les Ports d': Royaume, Terres Sà
Pais de 1''rflanCe de S. M. èx dans les PayS
étrangers; & iaili
,
Il Cujt des à ~co •..t^Sq
peuvent être donnez sur Lslai,ires
defdrtsi
Matelots. Donnée à Versailles le 18 L»e_eixrbîd
1728. Registréeen Parlement le 14rvuer17^^
AUTRE du même jour, au sujet de làd
Pêche des Moules dans lesProvinces de FlanJ
dres, ays conquis & reconquis,Boulonnois,
Picardie &Normandie.
ARREST du 19. Décembre, concernant
les Officiers des Chancelleries établies près les
Cours ix Conseilssuperieurs&Provinciaux
AUTRE du même jour, qui proroge pendans
un an lafaculté accordée auxNégocians
Françoisqui fontlecommerce des Isles & Co-1
lonies Françoisesdel'Amerique, d'envoyer
leurs Vaisseaux directement en Irlande, pour y
acheter des Boeufs salez, les transporter enfuite
sur les mêmes Vaisseaux aufdites Isles Stj
Colonies. A
AUTREdu +» Janvier, portant moderation deat
les Droits de Marc d'Or, Sceau,Enregistre-
C:!1s.'chez les Gardes des Rôles
,
frais de Receptions
& Instalation des Offices vacans ,
oi*
de nouvelle créationqui feront levez aux Revenus
Casuels pendant le courant de l'annee 172.
AUTRE du même jour; concernant les
Mongueurs & largeurs des différenteseipeceS
d'Etoffes des Manufactures de Beauvais.
AUTRE du 18. Janvier, qui regle les Droits
desortie qui doivent être perçus sur les Etofses
de fil, poil oulaine, mêlée de boye.
AUTRE du mêmejour, en interprétation
-de celui du 19. Octobre 1718. concernant les
Droits de sortiesur les Chapeaux
ORDONNANCE DE POLICEdu ZI,
Janvier, portant deffensesà toutespersonnes
msiquées, de porter ou faire porter épées,
bâtons ou autres armes.
ARREST de la Cour de Parlement, du 14,:
- J. nvier, qui permet d'exposer & vendre des
-0-eufs pendant le Carême prochain dans les
Marchez& Placespubliques de cette Ville.
AUTRE du 29. Janvier, qui permet aux
Rentiers ausquelsilest échu &pourra écheoic
à l'avenir plusieurs Lots à prendre sur differens
Contrars, de réünir lesdits Lots sur,celui
desdits Contrats qu'ils voudront cnoifir. -
AUTRE du premier Fevrier, lesRentes concernant viagères constituées par la CompaiOle;
des Içdes,
4?i
APPROBATION.
]Ay lû par ordre de Monseigneur le Garde
des Sceaux, le Mercure de France du mois
deFévrier,& j'ai crû qu'on pouvoit en permettre
l'impression. A Paris, le 5. Mars
-271?* HARDION.
TABLE
F)roces fugitives.L'Ambition, Poèmeallégorique,
lettre 10f de M Caperon, sur les Sels contenus
dansl'Air,&c. 117 LeçondePoësieàMadameB 21f Lettre sur une Expression ancienne, &c. 226
Epitre &Réponse, 237. & 13* De qui s'est passé à l'Assemblée publique à la
derniere Assemblée de l'Academie des Sciences
de Montpellier, 140
La Solitude, Poëme, 247
Replique du P. Castel au Chevalier de Lou- ville,154 Ode contre les Athées,&(;. 262.
Explication du mot Bigre, 169
L'Amour profane, ode, 171
Suite de l'Histoire Littéraire de la Ville de
Lyon, &c. 177
Sonnet sur la Convalescencedn Roy, 192.
Question surles Logogryphes enVers,&c.293
Enigmes &Logogryphes en Vers<1~8
Nouvelles Littéraires des beaux Aies, &c,
PoiPortraits
& Eloges des Premiers Présidens
- du Parlement d'Aix
, 301
Quatrième Tome des Hommes Illustres dans
la République des Lettres, 308
Bibliotheque Germanique & Discours prononcez
a l'Académie de Petersbourg
,
313
Bibliothèque Grecque, &c. 318
Les Amusemens de l'Amitié, 317
Motets de feu M. de la Lande, &c. 332.
These de Théologie,&c. ;3)
Nouveau Traité d'Archnecture , 337
Examen Philosophique de la Poësie en général,
33?
Nouvelle Edition des Conciles du P. Labbe,
&c. 344.
Discours de la Société Royale de Londres au
Prince de Galles, 149
Chansons notées, 354
Spectacles, 3 55 Début de Mezetin à la Comedie Italienne)J5(;
Nouvelles du Temps; de Turquie, Russie,
Pologne,Suede, &c. 361
Dannemarck
,
Allemagne, Italie, PortugaL,
Espagne,&c. 364
Echange des Princesses d'Espagne & de Portugal
pour le double Mariage du Prince des
Asturies & du Prince du Bresil, 370
Nouvelles dela Grande-Bretagne,&Discours
du Roi aux Chambres, 374
Morts, Naissances des Pays Etrangers, 378
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 38s
Concert des Thuilleries, 390
Concerts chez la Reine, 392.
Jugement rendu à Lyon contre le sieur Matulon
,
sur la solution de la Quadrature du
Cercle, 594
Bénéfices donnez, 401
Morts, Baptêmes, Mariages» 40J
-redans l'Eglise dis Augustins Dé-i
chaulirz,' $9t
Ijcncficff donnez, 401
Morts;Baoteires,Marisgrs, Edits 4oj ,AnêcsjSentences,Src.. 413
Errata du 1. volume de Décembre. PAge r.
2837. ligne19. 1670.lisez 1680.
Errata de Janvier.
PAge
83.ligne,12. il dit, lisez dit,
- Pag. 84.l.16. mieux, ôtez. ce mot.
Pag.120.l.34. Londres, ajoutez, chez Rib-
,.
botau
3 en 1709. *
Padge 1931,l.4. dudit Hôtel, lisez, à la place,
l'Hôtel de Ville de Paris.
Tantes à corriger dans ce Livre. Page
291. l'Asie, lisez. lavie.
VJtrnotédoit regarder lapage 3?4
La ïlanthe des Traîneaux, la page ^9,
Qualité de la reconnaissance optique de caractères