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1725, 09, vol. 2
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MERCURE
DE FRANCE,
DÉDIE AU ROY.
SEPTEMBRE i7zS.
Il FOLVME,
Contenant
A PARIS,
MChci IIdMDCC. XXV jfpprobatïon&Privilège du RoU
AVIS.
LADRESSE genera!e pour toutes
choses est à M.
1
--..- M0 REAus - - :.1Ar">., Cm,misauMercure,vis-w» ri ; ¡,a ,-,VI"
Françoisê,a Paris. Ceux qui pourleur
commoditévoudrontremettre leurs Paquets
cachetez. aux Libraires qu, vendent le
Mercure a Paris, peuvent se firvir de
cette
vo'yepourlesfaire tenir.
On prie très-instamment,quand on
adresse
des Lettres ou Paquets parla Poste
Savoirsiin dtenaff-anchir le Port
tomme cela s'esttoH)=m-sprmque,4«
d'épargner,à fouste
de-les
rtbJue,
& * a:tX r\ les envoyent,
celui, non-feuleMiM de r«iepasvoir pirohre leurs Ouvrages, mais même de
les perdre, s'ils n'en ont pas garde de
CL°eTs, Libraires tles Provinces & des Pays
Etrangers, ou lespartiel,ers qui souhaiterontavoirleMercwedeFrancedt
la
premiere promptement
n'auront qu'à donner leurs adresses a M.
Moreau,quiaurafoin leurs pa
Muetssanspertedetemps,6~de^
porterfiF theure k la poste, ou aXX
Met
geries qu'on lut indiquera.
Le prix est de JD fclSi
MERCURE
- DE FRANCE,
DE1DIE1 AVROY.
SEPTEMBRE 1.715.
II. VOLVME.
PIECES FVGITIVES.
en Vers t7 en Prose.
1 *
: 6TANCES CHRETIENNES,,
presentées à la Reine, le onze
Septembre 1725. par l'Auteur.,
AndisgquaeussutrelMes paasîtdreen,ôtre au-
Le Courtisan contemple, af"f-iegan;
sonPalais, --..
loiAfirepquiadanrs ceos lieîuxt,Sreiegne:ur, vient da
Je viens à tes Autels admirer tes bienfaits.
Ta grace seule ici peut nous faire connoître;
L'inestimable prix du don que tu nousfais.
Sur un Trône brillant d'une gloire immortelle,
Tu places aujourd'hui la fille d'un grand Roi:
Et toutes les vertus y montent avec elle.
D'un Monarquepieux elle y reçoit la foi;
Et couronnant ainsi leur flâme mutuelle
>
Toi seul, Seigneur, toi seul y vas donner la
loi.
De son sublime Epoux secondant la sagesse,
î<îôtre Reine bien-tôt va faire avec éclat,
Triompher ta loi pure au sein de la jeunesse:,
Ea vain contre la foil'impiété combat.
Donnant l'exemple à tous, cette illustrePrincesse
, -
Prosternée à tes pieds y verra rout l'Etat,
Avant que tes bontez la fissent Souveraine,
Elle [ût établir ton Regne dans son coeur,
Et brifer de l'orgueill'idolealtiere,& vaine,
ses yeux sans s'ébloüir soutiennent 14 fpleir- deur» hW, i
Qui sur son Trône assise environne une Reine
Et son humilité commande à sa grandeur.
Sa faveur court chercher la pieté sincere,
A rafpeéè de son Trône, à ses regardsChrétiens,
Du merite indigent s'éclipse la misere,
Par elle visitez & partageant ses biens;
Les Pauvres dans la Reine ont acquis une
mere,
Membres de Jesus-Christ,ils deviennent les
siens.
Monstre à qui l'imposture a donné la naissance
:
Que suivant à la Cour un sentierdérobé,
De la Religion voles la ressemblance:
Ton artifice impie enfin asuccombé ;
Un oeil perce au travers de ta fausse innocence
,
Nôtre Reine t'a vû,fui, ton masque est tombé.
Quoiquesonnoble Sang l'appelle au rang suprême
,
Ce n'est que sa vertu qui dans ces heureux
jours ,
2. vol. A iij Sut
Sur son front radieux pose le Diadême;
Sur elle & sur le Roi,Grand Dieu, veille
toujours,
Et pour mettre le comble à leur bonheur extrême
,
Fais qu'un siecle ne puisse en terminer le
cours.
Guidé par ta sagesse un Prince magnanime, -Formant de cet H(ym-en le lien souhaité -
,
Signale envers sonRoi le zele qui l'anime, -
Et garant immortel de sa fidélité;
Son choix,- de cet Empire & l'amour & ter. time, --
-
Assure pour jamaisnôtrefelicité. Tanevot.
t
LETrRE écrite aux Auteurs du Mersart pt la VHSextra,Ordinaired'unefemms
Portugaise. vOici, Messieurs, de quoi regaler
& dequoi occuper l'espritdes Slvans,
¡e me suis crû obligé de leurfaire
part dece que je viens d'apprendre Com-
I. vol. me
me je ne fuis nullement Physicien, Je
vais vous rapporter simplement le fait,
sans m'amuser à faire d'inutiles réflexions.
Il y a une jeune femme à Lisbonne qui -
a de vrais yeux de L ynx: ce n'est pas
une exageration; elle a la vûë si perçante,
qu'elle découvre l'eau dans la terre à
quelque- profondeur que ce soit; elle en
a fait, & en fait encore tous les jours
des experiences utiles à ses amis, & à
beaucoup d'autres particuliers. Cela lui
attire une infinité de presens: mais ce
qui lui fait le plus d'honneur, & ce qui
enmême temps autorise le fait, c'est que
le Roide Portugal ayant besoin d'eau
pour un nouvel édifice, & en ayant fait
chercher inutilement, cette femme en a
découvert plusieurs sources en sa pres:
fence, sans autre secours que celui de ses
yeux. Sa Majesté Portugaise lui adonné
une pension
, & l'a honorée de la Robe
& de la Croix du Christ pour celui qu'elle
épousera
, avec le titre de Dona. L'eau
est la seule chose qu'elle peut voir à travers
la terre; mais, àussi on ne sçauroit
douter qu'elle ne la voye en effet. En
voici les preuves : 1° elle dità peu près,
&autant qu'on peut mesureràl'oeil,à
quelle profondeur est l'eau qu'elle découvre.
1* Elle dit les differentes cou-
2. vol. A iiij leurs
leurs de la terre depuis la surface
,
ju£
qu'à l'eau qu'elle a trouvée. 3° En marquant
sur laterrelesdifferens endroits
où l'on doit creuser: ici, dit-elle
, vous
trouverez une veine d'eau à telle profondeur,
d'une telle grosseur; là,vous en
trouverez une autre plus petite: au près
de celle-là il y en a une plus grosse; auprès
de celle ci il y en a encore une plusgrosse
que les autres; enfin, tout ce qu'elle dit
se trouve vrai. Ellene sesert point de ba-
.guette pour chercher l'eau ; encore une
fois, c'est en la voyant qu'elle la découvre
; mais il faut qu'elle soit à jeun pour
cela. Cette propriété qui lui est particulière
, & qui tient du prodige, lui est
'aud naturelle; ce n'est ni par la science,
ni par l'étude qu'elle l'a acquise. C'est
dommage qu'elle ne sçache pas la Medecine
; car, voici ce qu'il y a de plus
surprenant ; car, dis-je, elle voit aussi
dans le corps humain: il est vrai que ce
n'est qu'en de certains temps, & selon
que les pores sont moins resserrez ; elle
voit le sang circuler,la digestion se faire,
le chyle se former, & enfin toutes les
differentes parties quicomposent, & qui
entretiennent la machine & leurs diverses
operations. Elle découvre bien des
maladies qui échappent au sçavoir, & à
l'experience des plus habiles Medecins,
2. vol. qu'à
qu'à bon droit on peut nommer aveugles
auprèsd'elle: on la consulte aussi plutôt
qu'eux. Je le repete: c'est dommage
qu'elle ne puisse guerir les maux qu'elle
découvre. Bien des maris lui font vilicer
leurs femmes, & bien des femmes qui
craignent les effets funestes du libertinage
de leurs époux, usent de la même
précaution. Je suis persuadé que bien des
personnes prendront ceci pour uneFabIe,
du moins je ne l'ai pas inventée:
tout ce que je puis dire là-dessus, c'est
que je tiens la chose d'un François arrivé
nouvellement de Portugal; il m'en
a fait un récit très circonstancié que j'ai
rapporté aussi fidelement qu'il m'a été
possible. Il m'a asTure qu'il avoit vû cette
miraculeuse femme, qu'il lui avoit parlé
plusieurs fois, & que même il lui avoit
vû faire quelques experiences, étant ami
intime du mari. A beau mentir qui vient
de loin, dit le proverbe, cela est vrai;
mais quel interest auroit eu cet homme
d'en imposer sur une semblable matiere ?
& puis comment se seroit-il avisé d'inventer
une pareille Fle ? D'ailleurs il
m'a montre des Lettre s qu'il a reculs
de Lisbonne depuis son arrivée en cette
Ville
,
dans lesquelles on lui parle de
cette femme.Quoiqu'il en soit, j'ai crû
devoir instruire le public d'une chose
2.vol. A v dont
dont je ne crois pas qu'il y ait dexemple
dans l'antiquité: Fable ou non, je la
donne commeje l'aireçûë. J'avouë ingenüment
que j'ai crû mon Auteur de
bonne-foi ; j'ai pris ce qu'il m'en a dit
au pied de la Lettre. Ordinairementparmi
les hommes,ce qu'il y a de plus prodigieux,
n'est pasce qu'ilscroyent le
moins; il suffit qu'une chose merite nôtre
admiration pour que nous la trouvions
digne de nôtre créance. J'espere
qu'on me pardonnera ces réflexions que
je ne fais en partant que pour excuser
peut-êtremon trop de crédulité dans
cette conjoncture. Je dis donc que l'esprit
de l'homme, ami du beau, s'attache
à ce qu'il y a de plus surprenant; on
diroit qu'il y va de son interest que le
merveilleux soit veritable; j'ose même
dire que c'est un effet de l'amour propre,
d'ajoûter foi à tout ce dont on est frappé;
l'orgueil de l'homme ne sçauroit souffrir
que le faux lui eut causé de l'étonnement.
Cependant il est vrai que dans le cas present
je n'ai pas biffé de douter un peu
de la sincerité de,.mon nouveau débarqué.
Comme je ne fuis pAS allez habile peur
démêler le mensonged'avec la vérité sur
un pareil sujet
,
& que sêîon moi la
chosepeut être vraye , comme il.sepeut
aussi qu'elle soitfausse ; je m'en rapporte
2. VQU- aux
aux Sçavans pour achever de me déterminer;
& je leur demande s'il est possible
qu'il y ait une pareille femme dans
le monder S'ils conviennent que cela se
peut, pourquoi cela ne feroit-il pas ? s'ils
nient que cela se puisse, qu'ilsprouvent
par de bonnes raisons quecela n'dl: pas
possible. Au bout du compteil ne seroit
pas si mal-aisédes'éclaircir du fait; je
puis protester du moins que je le tiens
d'un homme qui a trop d'honneur & de
probité pour être de mauvaise foi. Que
ceux qui se piquentdeconnoître la nature,
nous rendent raison de ce nouveau
Phenoméne,en leur en fai fant part, ils me
permettront de leur direqu'ilest de leur
devoir de le développer au Public. Je
fuis, &c. <
A Paris, ce 17. Aoust 1725.
SUR LE MARIAGE DU ROT.
NOn, nonp, jamais FC.t: plus fortunée
2
Ne merita nos transports :
Non,non, jamais l'Amour & l'Hymenée,
N'unirenttantde Trésors. m
2.vol.
a
Avj Que
Que, de ma joyeattendrie,
L'Europe chante avec moi
Le nom charmant de Marie,
Joint à celui de mon Roi.
Les Destins de tous leurs charmes.
Ont comblé ce couple heureux;
Venus &le Pieu des Armes,
Formeroient de moins beaux noeuds.
Du Dieu maître du Tonnerre,
Dans sa naissantebeauté,
L'époux aux yeux dela terre,
Offre l'aimable fiertés x
Digne du siecle de Rhée,
.-
L'épouse par ses attraits,
De l'auguste & jeune Astrée,
Nous rappelle tous les traits.
m
De quel bonheur pour la France.
Cet Hymen est le garand a
2.. vol. L% v LA
La plus sublime Prudence,
En connoît-elle un plus grand?
u- -
Au front delavertumême
Louis enflâmé d'amour,
Attache son Diadême,
Et la Couronne en ce jour.- C'en est fait fous un Empire,
Si charmant, si vertueux;
Tout va briller, tout va rire
Au gré de nos plus doux voeux.
Mon Roi tel qu'un autre Alcide,
Terrible à tous les Pervers,
Par son courage intrépide
[ Rassureral'Univers.
Telle qu'une Aurore pure,
[ Ma Reine dans tous les coeurs »
De la nuit la plus obscure
*
Dissipera les horreurs.
13
2.vol. Mes
Mes yeux enchantez l'ont vûë,
Et j'ai crû voir tous les Dieux
D'unelumiere inconnuë,
Embellir l'éclat des Cieux.
m
Il me paroissoit que Flore
Ramenoitlebeauprintemps ;
Les Moissons sembloient éclore
Dans les plus steriles Champs. , De son air doux & celeste
»
Je voyois l'Espoir charmé,
Chasser la çerreur funeste ,
Du coeur le plus allarmé,
Tout goutoit dans nos Prairies
*
Une tranquille douceur,
Les plus foibles Bergeries ,
Bravoient le Loup ravisseur.
HT
- Les Ris, les Jeux, la Tendresse,
Le Pouvoir, la Liberté,
Ne respiroient que sagesse ,
Esprit, candeur & bonté.
- %•vol. Les
A
Les Graces cent fois plus belles
Que l'on ne les vit jamais
,
De mille graces nouvelles,
Paroient la gloire &la paix.
La Majesté par sa bouche,
S'exprimoit modestement;
L'orgüeil stupide & farouche,
Se cachoit d'étonnement. -
m
Tout Monstre prenoit la fuite,
Les plaisirs délicieux,
Toûjours marchant à sa suite,
Toûjours honoroient les Dieux.
Puisse une Tige si belle,
S'étendre au-delà des temps ,
Par des Rameaux dignes d'elle
>
D'âge en âge renaissans.
I. vol. #EXTBAlr
EXTRAIT 1
de la Genealogie de laAdaifon de LefXczÀnsky tiréede/'Or-j
bis Polonus, de SimonOk.!!lsi, tm" 4
primé à Cracovie en 1645. & des
Souverains du monde, imprimé a
Paris en 1 1718.ï LA Maison de Leszczinsky, dont le
-Roi St*an.is!la/s-e»st«au.jorurrd*'hui lefiClh.e.f, estsi ancienne, qu'ilest difficiled'en
bien fixer l'origine, qui remonte }tl[.
qu'aux temps les plus reculez, Les meilleurs
Ecrivains la tirent de Moravie, où
elle porta d'abord le nom.deWienawa,
& de Perszten, & conviennent tous,
qu'il y a plus de <300. ans qu'elle est établie
en Pologne, où elle a toujours
été considerée comme l'une des plusillustres
& des plus puissantes de ce
Royaume.
-
Il faudroit un volume éntierpour contenir
tout ce qu'on porroit écrire sur la
Genealogie, lesAlliances & les illustrations
de cette Maison; nous nous contenterons
de quelques traits qui n'excederont
pas les bornes que nous devons
nous prescrire.
Philippe de Perszten , ou Perstyn, fit
2. vol. une
une grande figure à la Cour de Boleslas
I. Roi de Boheme, vers le milieu du dixiéme
siecle; il protegea surtout la Religion
, & fut la cause de ses progrès
dans un pays où les tenebres du Paganisme
ont long-temps duré-
Ce-Seigneur fit en l'année965. laceremonie
d'époufer la Princesse Dambrowka,
fille du Roi de Boheme, PQur
Miecislas Duc souverain de Pologne,
&il la lui mena à Gnesne ou Miecislas
futbaptisé, & comme Perstyn avoitaussi
beaucoup contribué à introduire la Religion
Chrétienne en Pologne, la nouvelle
Duchesse le retint à la Cour.
Son filsBosuta fut Archevêque de
Gnesne en 1957.Rudger de Perstyn le
fut de d'Uladislavie en 1161.auquel
succeda Vernier son frère. Il y a eu depuis
un troisiéme Evêque de la même
Ville, de cette Maison
, un de Posnanie
en 1231.& dans des temps posterieurs
elle a fourni d'autres Prelats, qui ont
remplidivers Sièges avec,
distinction.
Peu de temps après, & en 1234. le
Comte & Palatin Bronifius de Perstyn
rempli, comme ses Ancêtres, de zele
pour la Religion, fonda une Abbaie de
l'Ordre de Cîteaux dans sa petite Ville
de Goscikow, Diocèse de Posnanie,auquel
on donna le nom de Paradis, nom
2. voLm que
que cette Abbaïe porte encore aujour-
On pourroit faire ici une longue énud'hui.
iciunelon
gt,ue en timeration
des Seigneurs de cetteMaison,
qui se sont rendus celebres par leur vertu,
& quiont été revêtus des premieres
Dignitez, & des plus grandsEmplois du
Royaume,en y joignant ceux qui brillé ont en Allemagne, en Silesie, en Moravie,&
c.
Raphaël de Perstyn, fils de Raphael
Comte de Goluchow
,
General de la
Grande Pologne, merite une distinction
particulière. Il rendit de grands & de
longs services à l'Empereur, en combattant
à la tête de ses Armées; il en
rendit aussi d'importansaux Rois de Pologne
& de Hongrie, par la sagesse&
par le succès de ses Négociations, qui
rétablirent enfin la paix entreces trois
Puissances. L'Empereur lui donna l'Ordre
de la Toisond'Or, & voulutque
l'Ecu de ses Armes fût surmonté par un
Lion tenant une épée nuë , comme le
symbole de sa valeur.
En 1470. ce Seigneur fut fait Comte de
Lesnzo,& quand il fut tout-à-fait retiré
dans sa Patrie, il fut fait Castellan de
Gnesne, & Marêchal de la Cour, depuis
Castellande Posnanie, Capitaine General
de Cujavie, de Lencicie
,
&c. C'est
,
2. vol. le
le premier de sa Maison qui a pris le
nom de Lefzczinsky. Devenu celebre
dans tout le Nord,il mourut enfin dans
un âge très-avancé le 28.Juin 150Ï,
on vok son Mausolée dans l'Eglise des
Dominicains de Cujavie. Le Roi Stanislas
de scend en ligne directe de ce grand
homme.
J Nous distinguerons encore dans ce
Memoire Vratislas de Perstyn
, autre
grand Capitaine, qui s'attacha aussi aux
interests de l'Empereur, qui posseda les
premieres Charges de sa Cour, & qui
fut enfin tué dansun combat donné le
1 8. Juillet 1631; entre l'Armée Impériale,
& celle de Gustave-Adolphe Roi
deSuede.. ',' Enfin, nous ajouteronsBogilsas Leszczinsky
,
Comte de Leszno, General
de la Grande Pologne, l'un des plus accomplis
Seigneurs du Royaume, & des
plus distinguez parmi ceux qui ont le
mieux servi l'Etat. C'estl'Ayeul duRoi
Scanislas, qui avoitépousé Jeanne-Catherine
,fille d'Alexandre-Louis, Prince
de Madzivil.
Le Roy Stanislas, Nicolas Leszczinsky,
estné le 18. Avril 1677. de Raphaël
Leszczinky.Comte de Lelzno, General
de la Grande Pologne, Grand
Tresorier
, & Palatin de Lenczin, mort
: 2.vol. ;
le
le 13. janvier 1703.&d'Anne, fille de
Stanislas-JeanJablonowsky
,
Grand Ma*
rêchal de la Couronne; il épousa en
1698. Catherine Opalinsky, née le9.
Novembre 1680. fille de Henri Opalinski,
Castellan de Posante, &-de Catherine
Czarrkowski
, Mariage qui a
donné naissance à quatre Enfans dont il
ne reste plus que Marie-Charlotte-Sophie
Felicité
,
Reine de France & de
Navarre, née le 23. Juin1703.
Anne Jabjonowski, mere du Roi Stanislas
,
est soeur de Jean Jablonowski,
Palatin de Rufïi*. Ce Chef de deMaison, cette gran- a épousé Jeanne-Marie de
Bethune,fille de François Gaston Marquis
de Bethune, Chevalier des Ordres
du Roi,&c.& de Marie-Louise de» la
Grange-d'Arquien, soeur de Marie-Ca- .ùmieJ Reine de Pologne,épouse de
Jean Sobieski III. du nom.
Les Armes de la Maison de Leszezinski
ou de Perstyn, sont d'or à la tête de
Duffle, ou de Taureausauvage de fable,
ayant les cornes élevées
en Croissant,&
un anneau ou petit cercle passé dans les
narines,cette tête posée en abîme. L'Eeu
est surmontéd'unCasque de front,
& le Casque d'une Couronne Roïale.
Pour Cimier, un Lion couronné & armé
d'une epe.
2.vol.,Voici
Voici, selon les Historiens, l'origine
de ces Armes. Lastek, braveGuerrier,
& homme intrepide, Fondateur de Maison cette
,
étoit attaché au Roi, ou
Prince Souverain de Moravie. Il dompta
un jour un Bufflefurieux,luipassa
un anneau d'ozier dans les narines,
& lui coupa la tête, qu'il porta au Roi. x
Ce Prince étonné d'une action si hardie
,donna de grands éloges à Lasstek,
il lui donna aussi un fort grand domaine,
& voulue que ce Seigneur portât sur son
Bouclierla mêmetête de Buffle,, qui l'avoit
si fort distingué. Primitus erant arma
haecinclypeo militariconcesta, tum
ob praestantia merita aufia & ornata ga- lcà & coronâ regalisuerunt, dit un de
Cis Historiens. Il ajoute quece Guerrier
fit bâtir un Château dans son nouveau Domaine, auquel il donna le nom de
PER.STYNa qui en Langue Morave signifie
un cercle, un anneau, en mémoire
de son avanture du Buffle dompté,&c.
Les Orateurs & les Poëtes du Pays ont fort celebré cette tête de Taureau; il y
a là-dessus diverses pieces dans l'Orbis
Polonus. L'Auteur distingué enrr'autres
les Vers Latins que le College des Je.
suites de' Thorn presenta
,
lorsque N.
Lefzczinsky prit possession de soji £vc-
Z*vol. çJjJ
ché de Caminiek, ces Vers finissoient
einci
,
& nous finirons aussipar là cet
Extrai.
TauroLessezynii Palmae ceffere cruentae,
Dum pulcher valido Marcisagone nitet.
Hic Othomanigenae vires, hiccornua Lunae
Fregit; ZodiacodignusOlympe tuo.
LE Mariage du Roi Avec la PrinceJf,
Marie,filledu Roi Stanislas.
ODJî presentée à la Reine.
OUy; France, le saint Hymenée
S'offre à toi, conduitparl'Amour.
Ta glorieuseDestinée
Se declare en cet heureux jour.
Ton Roi, dès sa plus tendre Enfance,
Cher objet de ton esperance,
Précieux reste de tes Rois,
LOUIS va combler ton attente,
Et sa Posterité puissante
7V.(Tûrer l'Empire François.
voip
Que son auguste Mariage
Donnera de Heros divers!
Héros,qui sçauront d'âge en âge
Soumettre ou charmer l'Univers!
Les uns, Délices de la Terre,
Lesautres, armez du Tonnerre -
Je les vois, ils frappent mes yeux.
BOURBONS ,ils auront tous la gloire
De faire un jour dire à l'Histoire
Qu'ilsont égalé leurs Ayeux.
Il
Cede à l'Amour, chaste Diane ,
Ton Carquois, ton Arc&ses T:a'M.
Et puisquece Dieu t'y condamne,
Quitte pour un temps les forêts;
Toutl'Olimpe,danscetteFête,
Qu'un Royal Hymen nous apprête
»
Prend ses plus superbes atours.
Quoi ! fous l'habit de Chasseresse,
Voudrois-tu, terrible Déesse
,
Effrayer les tendres Amours?
Ce2nt & c.ent.fovisbia/aojiï larlage. Des
Des plus farouches sangliers.
De LOUIS le jeune courage
Rompit leurs efforts meurtriers.
N'a-t-il donc pas fous tes auspices.
Par les plus nobles exercices
Assez essayé sa Valeurs?
Echo dans tes Bois en résonne.
Mais la louange qu'elle donne
Ne peut fuffirc à songrand Coeur
Il
Ainsi dans les champs de la Grece,
L'arc en main
,
le jeune Apollon
Faisoit triompher son adresse,
Fier vainqueur du serpent Pithon.
Cependant la Natureentiere,
De son immortellelumiere
Attendoit les momens certains:
Bien-tôt il perce le nuage,
Et découvre unriantvisage
Aux voeuxempressez des humains.
De tout un Peuple qui t'adore,
Ainsi tu fixes les dçfîrs , 2. vol. Grand
Grand Roi, que ta naissante Aurore
Nous annpnce de doux plaisirs !
Jette sur le vaste hemisphere,,
Que déja tapresence éclaire,
Jette un oeiltendre&bienfaisants
Et fous ton aspect favorable
Cet Empire à jamais durable
Sera tranquille & florissant. m
C'en est fait. L'aimable sagesse
Préside à tesconseils secrets.
Ton coeur, qui pour nous s'interesse,
Inspire & conduit tes projets.
Déformais ton Hymen illustre
Va décorer d'un pouveau lustre
Un brillant & superbe Etat.
Tu couronnesla Vertu même
Et ton augusteDiadème
Xn reçoit un nouvel clat.
Mais verstoi la REINE s'avance.
Ah'! Quelle est ta félicité!
Dans ses regards
,
quelle alliance
Et de grâce & de Majesté !
Génie heureux,DoucSur charmante,
Pieté solide & confiante;
Que de dons & d'attraits vainqueurs !
Oiii, Prince, cette auguste REINE,
Qu'un Destin favorable amene t
Regne, avec Toi, sur tous les coeur?.
m
Les Jeux, l'Innocence &la Joye
Suivent la trace de ses pas ;
Les soupirs, que l'Amour envoye,
Rendent hommage à res appas.
Pompe fastueuse du Thrône
Au vif éclat de sa Personne
Qu'ajouterez-vous en ce jour
Vous feules, Graces ingenuës,
Avec les Vertus confonduës,
5uffifez pour former sa Cour.
m
Que tout à ses charmes réponde,
Qu'à son abord chaque Element,
L'Air & le Feu,la Terre & l'Onde,
=
Marque un-subitéonneuientg -
mZ.vol. Beau;
Beaux Arts, déployez vôtre zeleî
Q.!!'un Pinceau, qu'un Burin fidèle
Expriment ses traits précieux,
Est-ce Pallas, ou Cytherée?
Non, C'est vous, ô divine ASTRE'E,
,<¡'ui pour nous descendezdesCieux.
A LA REINE.
Tracer ainjt ton caraftere >
Grande R E INE3 tft-ce être indifcrttf
Ta délicatesse severe
S'y prêteroit-elle à regretî
Ah ! Qu'il est beau, qu'une IMMORTELLE.
D'un timide
, mais ttndre çele,
Approuve l'innocente ardeur!
Ma foible Mufe , dans cesRimes
e'a touché tesvertusfuilimesy
Que pour peindre notre bonheur.
PEPINTEVILLE VAUGENCY, Chanoint
del'EgUfe Cathedralede Châtions*
2.vol. Bij EXEXTRAITduPanegyriquedeS.
Loüis,
prononcé par le Reverend Pere Dom
Jérôme ,heiïillânt,en presence de
Messieurs de l'Académie Françoise, le
2 5. Aoust 1725.
Afultiplicabitur ejus imperium, friper
r.,gnum sèdebis ut
confirma
illud ,,&
corroboret in judicio & jufliuÂ. Dans
Isaiej ch. 9.
MESMEUKS.
Si ceux qui ont l'honneur d'entrer
dans cette celebre Compagnie n'ont plus
rien à acquerir si les hommes les plus
illustres croyent être parvenus au comble
de la gloire, dès que leurs noms fout
inferits dans les Annales de l'Académie
Françoise. Ceux qui par une profession
telle que la mienne ne peuvent s'élever
àce fouverain dégré dhonneur; sentiment
heureux lorsque l'on daigne jetrer
les yeux sur eux pourparler devant les
Maîtres de l'Eloquence. C'est à cet honneur
que je me vois aujourd'hui élevé
par l'éloge que vous exigez ici de
-
moi,
- 2. vil.• ,:':ef-:
Messieurs du plus saint de tousnos Rois
dons l'heureule memoire fera dans une
éternelle benediétion
,
& à qui cette glorièuieAcadémieconlàcrée
à l'immortalité,
rend avec tant de pompe letribut
annuel de ses hommages.
Introduit dans cet auguste Sanctuaire
que tant de bouches éloquentes ont fait
11 souvent, retentir des louanges de Loiiis
IX. pourrois- je me flater
,
Meilleurs,
d'inventer quelque chose sur son sujet,
& n'aurois-je point besoin de cette délicatesse
qui brille dans vos ouvrages ,
pour donner un air de nouveauté à ce
que l'on a déja dit tant de fois, & que
l'on ne sçauroit trop repeter d'un si grantl
Roi, & d'un si grand Saint?
Quelle matiere fut jamais plus disposée
-à recevoir tous les ornemens del'éloquence
que la vie de S. Loüis ? Mais-estil
aisé de loüer dans un même sujet la
valeur & la Sainteté, les victoires & les
vertus, l'équité d'un Héros & la pieté
d'un Saint ? separer l'un de l'autre, ce
feroit ne le faire connaître qu'à demi,
les réünir dans sa personne ,c'est representer
ce qu'il a été, c'est dire ce qu'il
a fait, &c.
Il falloit être Roi pour faire éclater
tant de vertus, tant de vertus meritoient
autant de Couronnes. Heureux sujets fut
2. vol. B iij lef
lesquels S. Loüis a régné, vous avez
donc pu dire que les Couronnes ont été
multipliées, multiplicabitur ejus imperium.
Il a regné sur vos têtes par sa pui£
sance ; il a regné sur vos esprits par sa
sainteté ; il a regné sur vos coeurs par ses
bienfaits. Sa valeur a soutenu sa premiere
Couronne; sa sainteté a honoré la
feconde; son amour pour ses peuples lui
a merité la troisiéme.
Hâtons-nous, Meilleurs,d'admirer
ces prodiges, & donnons de.juqes bornes
à la vaste étenduë d'un si grand sujetj
voici tout le partage de cet éloge. Saint

Loiiis sur le Trône'n'est devenu un Hexos
que parce qu'il a été équitable. Saint
Loiiis sur le Trône n'est devenu un Saint
que parce qu'il a été juste ; en un mot,
S. Loiiis a honoré la Royauté par l'éclac
de ses aâions héroïques, multiplicabitur
ej us imperiurn. Saint Loiiis a fiméhfié la
Royauté par le mérite de ses vertus Chrétiennes.
Sedtbitltiperregnum ut confirmct
illui& corroboretin jndicio&jufliùa.
Membre d'un corps si inviolablement
attaché à nos Rois, suivant, quoique de
loin
,
les glorieuses traces que m'ont
frayées les Dom Cosme, Evêque de Lombez
,
sans parler des autres que vos illustres
prédecesseurs.ont si souvent applaudi,
juges de l'éloquence, daignez m'ho-
2. vol. narec
norer d'une favorable attention, &c.
Tremtcre Partie.
En parlant des vertus de Blanche de
Castille, mere de S. Loüis, l'Orateur
Chrétien dit, benissons ici la memoire de
cette sage Reine, dont les vertus nous
font esperer l'exemple de l'auguste Princeiïè
que le Ciel vient d'accorderaux
desirs de nôtre illustre Monarque,dont
vous allez celebrer
,
Messieurs, l'heureuse
alliance. plaise à Dieu que par sa
fécondité elle nous donne dans la fuite un
autre S. Loiiis,
Dans l'explication qu'il fit des vertus
heroïques de S. Loüis, il s'arrêta particulièrement
sur sa valeur, sur sa clemence,
& sur sa juflice , en falloit-il tant,
dit-il, pour être Héros ?
Après avoirparlé et sa valeur, il dit
ici,Messieurs, je fuis contraint d'avoüer
que ce trait est au dessus de mes lumieres
& de mes forces; je reconnois que pour
rendre aux actions militaires
de
nôtre
S. Roi tout l'honneur qu'elles méritent,
il faudroit qu'un homme de guerre prit
la parole pour moi, & qu'il fut aussi capable
de les raconter, que ce grand Monarque
l'a été lui - même de les faire.
Pour moi je dois me renfermer dans les
2. vol. B iiij bornes
bornes de mon état,convaincu qu'un
Ministre du Seigneur employé à offrir
sur nos Autels une victime non sanglante
, destiné à annoncer la paix aux hommes
de bonne volonté, doit se taire sur
un art qui tend à leur destruction ; & si
je me trouve dans l'obligation de toucher
des évenemens, dont vous avez, Meslieurs,
une idée plus juste que je ne fçaurois
vous la donner, ce ne fera que pour
les relever par les vertus qui en ont fait
le vrai merite. Laissons donc aux gens de
guerre à louer la valeur de S. Louis, il
conviendra mieux à un Religieux de parler
de sa clemence,&c.
Aprèsavoir parlé de la justice de Saint
Louis, il dit: mais si lezele de ce pieux
Monarque à punir les crimes fut si grand,
£1 generosité à récompenser la vertu ne
fut pas moins éclatante. Du temps-de
S. Louis comme dans le nôtre, ta vertu
& le merite avoient Je même [ort, languissantes
dans l'oubli, dans la négligence,
dans le mépris, nôtreéquitable
Roi s'appliqua à leur rendre justice;
alors comme aujourd'hui la pi'eté n'osoit
presque se montrer, S.Loiiis l'éleva &
la mit en honneur, les sciences étoienc
sans dignité, sans diftindion
,
S. Loüis,
comme un nouveau Mecenej disons plus,
2. vol. comme
comme un autre Charlemagne les combla
de bienfaits.
Vouséprouvez,Messîeurs, combien
ses dignes successèurs l'ont imité en ce
Point. Nous avons la consolation de voir
les Sciences & les Dignitez Ecclesiastiqtws
& seculieres se réunir dans vôtre
illustre Compagnie, qui acquiert tous
les jours un nouvel éclat, & qui assure
à Loiiis XIV. vôtre Fondateur, & à
Loiiis XV. vôtre protecteur une gloire
immortelle.
Quelle estime S. Louis ne faisoit-il
pas des personnes de mérite ? Il avançoit
aux Charges les pieux & les sçavans.
C'étoit un titre sûr pour avoir part à ses
bonnes graces , que celui d'être dosse <5c
homme de bien. Combien de fois honora-
t'il de ses faveurs, de ses careHès, de
ses liberalitez, je n'en dis pas assez combien
de fois admit-il à sa table S. Thomas
d'Aquin, S. Bonaventure, & l'illustre
Fo.dateur de la Sorbonne ? Sorbonnequi
ne fut pas plutôt fondée qu'elle se
vit favor fée des Papes
,
cherie des Rois,
estimée des peuples, admirée de tout le
monde; Sorbonne
, en un mot, que les
Souverains Pontifes onr appelté l'unique
Acidénie duChrittianiCne le fléau de
toutes les heresies, le flambeau de toutes
les ver2itez,.vle Poalalis.dBe lavSagesse Divi- ne
ne, & le Lycée de l'Eglise.
Seconde Partie.
Il • fit voir que trois fortes d'obstacles
empêchent ordinairement les Rois de se
iànétifier; les maximes dumonde
,
IfllS
propres passions
3
& les occasions dangereuses
qui les environnent. C'est par vôtre
secours, grace puissante de mon Dieu,
que S. Loüis a triomphé de tous ces obstacles.
Il a surmonté les premiers en faisant
triompher les maximes de Jesus-
Christ sur celles du monde. Il a surmonté
les féconds en mortifiant sa chair, de
peur que son corps ne devint l'esclave
du péché. Il a surmonté les troisiémes en
s'efforçant de sauver tous ses peuples.
Quelle pieté, quel zele envers Dieu &
la Religion! quelle dureté pour lui-même,
quelle penitence dans sa personne!
quel amour, quelle charité pour ses sujets!
voyons, dit-il, comme en courant
cette foule de prodiges, suivant ce Héros
Chrétien qui court à pas précipitez
dans la carriere de la sainteté, & ne vous
lassez pas, Messieurs, je vous prie de
m'entendre, puisqu'il ne s'etf pas lassé
de faire de si grandes merveilles.
; Après avoir parfaitement prouvé ces
trois circonstances par les bellesactions
2. vol. de
de Saint Louise il finit ainsi.
Quelobjet, Messieurs, viens-je d'exposerà
vos yeux?je vous ai proposé le
modèle
,
où trouverons-nous des imitateurs
? un Roi humble, un Roi équitable,
un Roi penitent, c'est ce qu'a été
S, Loüis sur le Trône. Des Chrétiens
orgüeilleux
, injustes, relâchez, c'est ce
que nous sommes, nous qui n'avons à
regner que sur nous-mêmes. Si nôtre
modele nous condamne,nôtre pratique
ne doit-elle pas nous confondre? &c.
Grand Saint dont j'interromrs ici l'éloge
plutôt que je ne le finis, si vos
exemples n'ont pas assez de pouvoir sur
nous, joignez-y le secours de vos prieres
puissantes auprès de Dieu ; pourriezvous
lesrefuser à des peuples qui vivent
dans un Royaume que vous avez gouverné
avec tant de sainteté ?
Obtenez-nous du Roi des Rois la précieuse
conservation du digne héritier de
vôtre Couronne qui regne sur nous avec
tant de sagesse, & qui suivant vos traces
s'applique à nous rendre heureux. Que
ce puissant Monarque soit comme vous la
terreur des ennemis de Dieu & de l'état
aussi long-temps que nous le souhaitons -
qu'il foit la gloire & l'ornement de f09
siecle ,l'amour & les délices de ses sujets.
Sur le point qu'il estde contracter
z, voU B vj \U\e
une heureusealliance, obtenez à l'auguste
Princesse qu'il a préferée àtant d'autres,
toutes les benedictions que le Ciel versa
autrefois sur les épouses des Saints Rois
- d'Israël. Favorisée de vôtre protection ,
nous admirerons en elle la pieté d'Anne,
la charité de Sara,la secondité de Rachel.
Nous laissons
,
Messieurs, à vos plumes
éloquentes le soin de celebrer une
si heureuse union. Nous attendons de
vous ces nobles descriptions du jour heureux
,où le coeur de nôtre Monarque,.
felon l'expression de l'Ecriture Sainte,
fera comblé de joye, & où vous nous le
representerez comme un nouveau Salomon,
orné du Diadême donc l'Eglise st
mere l'a couronné le jour de ses nôces.
(a) Egredimini & videte Regem Salomo-
.iJem in Diademate quo coronavit illum
mtttPr fia in die desponsationis illius & in
die lotitia cordis ejits. La gloire de ces
époux couronnez fera l'objet de vos veilles
& de vos travaux; les triomphes de
nôtre Roi feront triompher vôtreéloquence,
& vous employerez tous les ornemens
du discours pour publier les vertus
de nôtre Reine, qui possedant plusieurslangues
étrangères, ne sçauroit
manquer de donner une Couronne de préserence
à !a Langue Françoise dont vous
(a) Cant.c.3.y.ir.
2.vol. êtes,
êtes, Messieurs,avec tant de justice, les
illustres ornemens & les glorieux protecteurs.
ODE A LA REINE
sur son Mariage.
Frefentè It cette Princtjfe à Strilsbou
le25. Juillet1725.
pOur chanter un grand Hymenée.
Apollon
,
prête-moi ta voix;
Le Ciel comble la destinée
Du plus puissant de tous les Rois,
J'entends mille cris d'allegresse.
Sçavantes Nymphes du Permesse
>
Venez-y joindre vosconcerts,
Vantez l'amour & sa puissance
»
Et que le bonheur de la Fran e ,
Par vous remplisse l'Univers.
Tout est paisible sur la terre,
Mars n'appesantit plus son bras
»
Au desordre affreux de la guerre,
Succede un repos plein d'appas,
2. voU Le
le François content & fidele,
Signale l'ardeur de son zele Par les festins §C par les feux,
Et loin du tumulte des armes,
Il se dédommage des larmes,
Dans les plaisirs & dans les jeux-
Bien-tôt de la divine. Astrée,
Nous verrons triompher les droits
>
Nous verrons en chaque contrée
Fleurir l'abondance & les loix.
Ainsi le juste Ciel l'ordonne,
Par l'Heroïne qu'il couronne,
Nous éprouverons ses bienfaits
>
Elle a desarmé sa vengeance,
Sa pieté qu'il récompense ,
Est plus grande que nos forfaits.
Quet avenir se développe ?
Loüis de ton charmant lien
y
Naîtront des MaitresàIEurope,,
1 A la gloire du nom Chrétien.
Des Heros fameux de ta race >
- Ils n'auront qu'à suivre la ttaçe, .,¡
2 voU Dans
•7*
Dans les évenemens divers;
Ils apprendront par leur hiftoire*
L'humanitédans la victoireJ
La fermeté dans les revers.
Ainsi l'exemple de ta vie,
Et tes leçons, grand STANISLAS,
Formerent l'auguste MARIE
Et guiderort toûjours ses pas.
Pour el'e la grandeur suprême,
Le vif éclat du Diadème,
N'ont jnt de charmes dangereux.
Loin d'êtredu faste enyvrée,
Elle ne fera plus livrée,
Qu'au plaisir de nous rendre heureux
Déja l'envie au tein livide,
Pouffe des soupirs & gemit
La flaterie au front perside,
De honte & de ragefremit.
Déjà le détestable vice
>
Assuré d'un justesupplice,
Languit de remords abattu,
D'un air debonté, de noblesse,
2.V9h Dans
Dans nôtre nouvelle Princesse
On voit triompher la vertu.
Dure à jamais l'aimable chaine
,
Qui des François remplit les voeux:
Que ton bonheur
,
ô grande Reine,
Fassecelui de nos neveux»
Le Ciel te place sur le Trône,
Et dans le Sceptre qu'il te donne, -
Il fait adorer son pouvoir:
A te cherir il nous engage,
Et la regle de nôtre hommage,
Est plus l'amour que le devoir.
Par M. d,,Somme-veflr;
VOYAGE DE LA REINE
De Strafboitrg à Fontainebleau, APrès avoir rendu compte dans les
deux dernrs Mercure; de cequi
se'i passé a Strasbourg, au sujet du Mariage
dela PrincesseMarie avec le 'Roi
Loüis XV. il s'agit de parler ici de son
2. vol. Voya
Voyage,avant que de décrire les augustes
Cérémonies 3& les pompeuses Fêtes
quiont attiré à la Cour de France une.
si grande quantité de Princes & de Seigneurs
Etrangers.
Cette Princesse partit de Strasbourg
avec toute sa Cour le 17. Aoust. S. M.
fie ses tendres adieux au Roi Stanislas, à
la Reine sa mere & à la Princesse,
son ayeule. Vers les onze heures du matin
elle monta en Carosse j Mademoiselle
de Clermont prit sa place à son côté,
deux de ses Dames étoient sur le devant,
& deux aux portieres. La Reine sortit de
la Ville au bruit du canon elle trouva
sur son passage les troupes de la Garnison
fous les armes, & les Carabiniers en
bataille hors des portes. S. M.qui étoit
dans le Carosse du Roi,étoit suivie d'un
détachement des Gardes du Corps; les
Cent Suisses marchoient devant le Carosse,
qui étoit précédé des autres équipages
envoyez au-devant de la Reine.
Le Duc d'Antin, chargé par le Roi
d'accompagner S. M. pendant son Voyage
, partit le même jour de Strasbourg,
aprèsavoir envoyé à«la Cour le Duc
d'Epernon, son petitfils, pour apprendre
au Roi que la Reine étoit en chemin.
Sa Majesté alla coucher à Saverne, à
sieus lieuës de Strasbourg, chez le Car-
2. vol.dinal
dinal de Rohan, qui la reçûtavec une
très-grande magnificence. La Reine y
trouva, comme dans tous les endroits où
elle a passé,desdétachemens de Cavalerie
rangezenbataille sur son chemin, ÔC
des troupes d'Infanterie qu'on avoit fait
marcher pour se trouver fous les armes,
& pour monter la garde dans les differens
endroits où S. M. devoit loger.
Saverne,en Allemand Zabern
, & en
Latin Taberna est une petite Ville de la
Basse Alsace. Elle étoit autrefois la réii.
dence de l'Evêque de Strasbourg
, qui y aune très-magnifique Maison,& qui en
est Seigneur. Cette Ville est située au
pied des montagnes, proche les frontietes
de la Lorraine,sur la riviere de Soor- Il y a des vignobles sur les coteaux où
croissent de fort bons vins. On voit audessus
de trois rochers,trois vieux Châteaux
,
assez forts par leur situation.
Le Roi Stanislas se rendit à Saverne le
soir, & y soupaavec la Reine, sa fille.
Ce Prince en partit le lendemain pour
retourner à Strasbourg, en disant qu'il
alloit donner quelques ordres, mais ilne
parut plus. S. M. se douta d'abord que
le Roi Stanislas avoit voulu lui épargner
la sensibilité des adieux, & ne pût retenir
quelquesmarques de sa tendresse.
Elle reçût peu de temps après une Lettre
2. vol
*
du
duRoi, son pere, à laquelle S. M. fit,
réponse sur le champ.
La Reine partit de Sa,verne le 1 8. ÔC
alla coucher le même jour à Sar sbourg,
petite Ville qui a quelques fortifications.
distante d'environ sept lieuës de Saverne,
& où le Roi met ordinairement une garnsson
en temps de guerre » le lendemain
à Meziere, Ville de Champagne sur la
Meuse, située dans une presqu'isle que
fait la riviere, partie sur une eminence,
& partie dans une espece de valon. La
Citadelle qui commande la Ville, est
doublement fortifiée. Il y a une Eglise
Collegiale.
Le 20. la Reine arriva à Vie, & le
21. à Metz,Ville Episcopale,surleConfluent
de la Seille & de la Mozelle, Capitale
du Pays Messin
,
& autrefois du'
Royaume d'Austrasie. Il ya Parlement
& Bailliage. On voit dans l'Eglise Cathedrale
de S. Etienne, qui est renommée
par iôn ancienneté & par ses privileges,
une très-belle cuve de porphire
d'une feule piece. de 10. pieds de long,
qui fert aux Fonts Baptismaux. Les Juifs
y sont soufferts par une distinction particuliere
en France.
S. M. reçut à Metz une Lettre du Roi
qui lui fut presentée par le Marquis de
Maillebois, Maître dela Garderobbedu
2. vol. Roj.
Roi,envoyépar S. M. pour la com plimenter.
Les Troupes & la Bourgeoise
l'ont reçue par tout sous les armes; on
a fait des illuminations & des feux de
joye, & on a donné dans tous les
lieux de son passage de grandes marques
de réjoüissance & de respects, làns ler par- des Harangues, des presens de Ville,
8cc. Pendant les deux jours que la Reine
séjourna à Metz, elle y reçût tous les
honneurs qui luiétoient dus. Le Marquis
de Dreux,Grand-Maître des Céret-
noni.es, lui présenta le Clergé, le
Parlement, & les differens Corps de la
Ville, comme il a fait dans toutes celles où S. M: a passé.
-
Le Syndic des Juifs de Metz fut admis
à l'audience de la Reine. Il la complimenta
en cestermes:
Madamë,
Nôtre Nation eut autrefois moins de
joye à l'arrivée de la Reine de Saba,
que nous n'en ressentons aujourd'hui, prosternez au pied du Trône de Vôtre
Majesté. Cette Princesse venoitadmirer
les vertus d'un grand Roi, & vous, MADAME, vous venez faire éclater
A vol. celles
celles qui teront la felicité du Salomon
ienos jours:mais quelle satisfaction pour
nous de pouvoir aussi admirer dans Vôtre
Majesté les vertus d'Esther & la mar
gnanimité de Judith nel, ! Faire le Dieu ElcI
que vôtre augusteMariagesoitcomble
d'une benediction semblable en posse
rité àcelle qui a été répanduë sur les Familles
de nos premiers peres.
Ce font les voeux que nous portons
au pied du Trônede Vôtre Majesté, en
venant vous rendre les premiers&trèsrespectueux
hommages de nôtre {csûmiA
sion& de nôtre fidélité.
Ces mêmes Juifs presenterent à la Reine
trois coupes d'or, sur l'une desquelles
étoit representée en gravure la Reinede
Saba devant Salomon, & quelques autres
sujets de l'ancien Testament. La Reine
envoya ce present à la Cathedrale de
Metz. '- Les Juifs au nombre de plusde150.
firentensuite une belle Cavalcade dans la
cour du Gouvernement, au-dessous du
balcon de la Reine, & ils regalerent cette
Princesse d'un Motet, dont les paroles
avoient rapport au Mariage de S. M. &
étoient écrites en lettres d'or sur un Etendart.
Il fut executépar des Chantres &
des Symphonistes, placez dans un Cha- Ji. La Musique dç l'execution firent
;1-. vol, beatJ.
beaucoup deplaisir,surtour la Symphonie
Allemandesatisfit parfaitement.
Les Magistrats dela Ville de Metz vou
lant signaler leur zele, & donner des
démonstrations publiques de leur joye,
.b.rdtt tirer un beau feu d'artifice le 2.
Il étoit placé sur l'Esplanade,envûë de
la Maison du Roioù la Reine étoit logée.
Il representoit le Temple de la Renommée
qui doit publier toutes les vertus
de S. M. L'Edifice qui formoit un
quarré parfait, de 10» pieds de façade
sur 40. d'élévation, étoit ouvert à chaque
face par trois portiques,où l'Ordre
Doriqueétoitexactement observé. Il
étoit ornéd'Emblêmes
,
de Devises,
d'Inscriptions convenables à la dignité
du sujet. & terminé parla Renommée
quiparoissoit sur une pyramide avec les
attributs en bouchant satrompette, sur
la banderolle de laquelle il yavoitd'un
côté, Hilaritas publica ,
& de l'autre
1
Vota publicA
Sur laprincipale face de la pyramide,
un Amour tenoit d'une main les Armes
de France,& de l'autre celles de la Reine
,
& au-dessous celles de là Ville de
Metz unies aux deux premieres avec ce
Vers
Stemmata qui jungit, pectora jungit Ainos.
Z.vol, m
Sur le premier portique onlisoit cettp
n scription :
Ludovico Regi Galliæ
Mariæ PrincipiPoloniæ. de
Foelicissimo Hymæneo,
Optime præsagiens
Gratulatur
Senatus Populusque Metensis.
D'un côté de la même façade étoit
representé dans un Cartouche un Oraner
chargé de fleurs
, avec ces mots; Fructuplacebitmagis. Pc l'autre côté
dans un pareil Cartouche, un Grenadier
seurs, & multiplicispes certa coronæ.
Sur,la féconde face on yoyoit dans Cartouche, un une Cassolette fumante divinos
spargit odores ; dans l'autre Cartouche
y une Etoile brillante dans les
Cieux, ClÙ hæret, terris lucet.
Sur la troisiéme face, aussi dans un
Cartouche, une Grenade entrouverte
fous sa Couronne, Præstantinterna Coronæ.
Dans l'autre Cartouche, un rayon
demiel , quiddulcius?
A la quatrième face, unCadran au
Soleil étoit dans le premier Cartouche
,gvecces mots ,nil nisi c!efti radio. Dans
2 vgi., J'aille
l'autre une pierre d'aimantattirant le ter, vlrtutetrabit.
Le Clocher de la Cathedrale fut illuminé
dans toute son élevation
,
pendant
les trois nuits que la Reine sejourna à
Metz. *
Sa Majesté en partitle 24.Aoust, &
alla coucher à Malatour.
---Le ij. à Verdun, Ville Episcopale
sur la Meuse ,qui y forme diverses îsles,1
lesquelles contribuënt à la rendre trèsagreable.
L'Eglise Cathedrale a un trèsbeau
Chapitre. Cette Villeest une des
plus grandes, des plus fortes, & des
mieux situées de la Lorraine Françoise. >'
Le 26. à Clermont en Argonne,
Ville dans le Duché de Bar,versla frontiere
de Champagne, avec titre de Comté
,
située sur une Coline , au bas de laquelle
coule lapetiteriviere d'Air, à six
lieuës de Verdun. (
!
Le 27. à Sainte Menehoud,,petite Ville
qui a titre de Comté;elle tire son nom j
d'une des filles du Comte Sigmar, surnommé
le Bon, quivivoit en 450. Ili
y a à Sainte Menehoud plusieursJurisdictions
Royales, qui ont étéencore
augmentées depuis que la Ville,
aprés plusieurs engagement, a été réünie
au Domaine duRoi par Arrest du
£onfêil du 19.Fevrier1667. Ellea
'fJot':. fouttçït
souffert des incendies, plusieurs sieges;
[es deux derniers furent faits en 1652.
par Loüisde Bourbon II. du nom,Prince
de Condé, & en 1653.par leRoi
Loüis XIV. après un mois desiege.Nous
n'oublierons pas que la Ville & le Domaine
de Sainte Menehoud ont été donnez
en doüaire à quelques Reines de
France; sçavoir, à Marie de Provence,
veuve de Charles VII. en 1449. à Marie
Stuart, Reine d'Ecosse
, veuve de
François II. en 1570. &à Anne d'Autriche,
veuve de Loüis XIII. en 1644.
Le 28. à Châlons sur Marne, Ville
Episcopale en Champagne, avec titre de
Comté& Pairie. Elleestsituée dansune
Plaine fertile,les avenuës en sontagréables
, & il y a autour de très-belles promenades,
entre lesquelles celle du Jart
est la plus renommée. Il y a Siege de
Justice & Généralité.
I Le Duc de Mortemart, premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi, qui
s'y étoit rendu de Fontainebleau, complimenta
la Reine au nom de Sa Majessé,
& il lui présenta le Portrait du
Roi enrichi de diamans.
La Reine fut reçûë à Châlons avec
beaucoup de magnificence. Elle passa
fous un Arc de Triomphe qu'on avoit
élevé à l'entrée de la
Ville,au frontif- 91.vol. C pice
ppiccee duqueell on 1-110it cette IInnsfccrriippttiioonn,.
)
Egale à son Destin, l'honneur du Diadême,
Une REINE, laVertumême,
Marchant vers son auguste Epoux,
Daigne, heureuxCITOYENS ,habiter partrçi
vous.
* Sur le Bronze autrefois l'Histoire
Grava votre fidélité.
Qu'aujourd'hui l'Amour & la Gloire
Y gravent à jamais votre felicité.
D. V.
La Reine séjourna à Châlons Je2pf
Les PP. Recolets de cette Ville eurent
l'honneur de lacomplimenter, & la prierent
de leur faire la grace de venir le jour
suivant ehtendre la Messe dans leur Eglise,
le R. P. Dubois, Gardien, portantla
parole;ce que S. M. eut la bonté de leur
accorder. La Reine fut reçûë à la porte
du Convent par le même Superieur
accompagné de sa Communauté; il eut
l'honneur de presenterl'Eau-benîte à
* Le Roi Henry IV. voulant immortaliser
la fidelité de la yille de Châlons, fit frapper
une
Médaille en 1591. avec cette légende:
CATALAUNENSIS FIDEI MONUMENTUM.
-
£ vql,,M"
M. & de lui adresser ce petit Dif-
Durs.
MADAME,
L'Impératrice Sainte Helene
,
dont
nous celebrons aujourd'hui la Fête, me
journiroit une ample matiere de relever
es perfections de V. M. Sa pieté & sa
Religion, son zele & son courage ont
paru avec éclat jusqu'au dernier moment
le Ta vie. Elevéeaufaîte de la gloire,
elle a toujours confervé cette douceur,
:ette humilité & cette affabilité, qui
l'ont renduë si recommandable à ses Sujets
, si respectable à tous les siecles fuivans.
Cè que nous lisons de cette Heroïne
Chrétienne, nous le voyons, MADAME,
en V. M. Plaise au Seigneur,
que nous jouissions long-temps du trésor
qu'il nous envoyé; nous allons le
lui demander dans ce saint Sacrifice.
'_a'Vol. C ij FERS
VERSpotti" accompagner une Corbeille
de Fruits& de F.u-s, prcfcntic à la
REINE par Jllade\rolfelleDm,fille
de M. Du
,
Threfmer de Freinee"
- chez, qui la REINE avait pris [on
logement.
DAns ces heureux Jardins, que ta présence
honore,
GRANDE REINE, Pomone&Flore
Sous tes auspices, fous tes yeux
Ont fait meurir, ont faitéclore
-
Ces fruits exquis , ces jasmins précieux.
Ce qui les embellit encore,
( Soit dit pour te marquer le plus tendre respett)
C'est l'aimable & brillant aspect,
Non duSoleil,oudel'Aurore,
Mais bien de la DIVINITE' ,
Dont ici tout un Peuple adore
La charmante douceur, l'auguste Majesté.
D. V.
;.qjo!, JiVS.,
/iVSCRIPTfOlv pour le F/omijpice de
l'Arc de Triomphe, fous lequel la
REINEpassa le jour de fion départ
de la Ville de Châlons4 0Quoi ! déja quitter ce séjour !
REINE, ta gloire ainsi l'ordonne,
Vole sur les pas de l'Amour ,
Vers un Epoux qui te couronne.
Attachez à ton Char, Esclaves trop heureux
,
Nos COEURS irontporter jusques auxpiedsdu
Tîv.one
Et nos hommages & nos voeux.
D.V.
La Reire coucha le 30. à Vertus, & le
31. à Sezanne, où le Prince de Conti
étoit allé la complimenter de la part du
Roi.
Le premier Septembre la Reine coucha
à Villenoce, où le Comte de Clermont
, Prince du Sang, la complimenta
de la part du Roi.
Le 2. à Provins sur le Movans & sur
la Vousie en Brie,dont elle a été la Capitale.
Elleestrenommée à cause de ses
Tôles*te Comte de Charolois s'y trouva
2. vol, C iijcomde
la part du Roi, pour complimenter
S. M.
Le 3. à Montereau-Faut-Yonne, ou
le Duc de Bourbon, chargé de la même
commission, eut l'honneur de saluer la
Reine. La Ville de Montereau est située
dans l'endroit où la Riviere d'Yonne le
joint à la Seine. C'étoit autrefois une
Maison Royale. Jean fut tué sur le
Pont de Montereau en 1419.
Le 4. le Roi ayant été informé que
la Reine étoitarrivée à Montereau, &
qu'elle devoit se rendre ce jour-là à Moret
, * il monta en Carosse avec la Duchesse
d'Orleans, la Duchesse Doüairière
de Bourbon,la Princesse de Conti,
Mademoiselle de Charolois & Mademoifelde
la Roche-fur-Yon, pour aller audevant
dela Reine, à une lieuë au-delà
de Moret. Le Roi étoit accompagné des
principaux Officiers de sa Maison ; &
les Gendarmes & Chevaux-Légers de la
Garde marchoientavecS. M. dans leurs
postes ordinaires. La plupart des Princes
& Seigneurs de la Cour, étoient à che-
* Murittum , Bourg du Gâtinois
,
sur le
Loing. avec titre de Comté. Antoine de
Bourbon, fils naturel du RoiHenriIV. qu'il
avoit eu de Jacqueline de Bueil, & qui fut
tué au Combat de Castelnaudary en 16320.
porta le titre de Comte de Moret.
2. vol. seconde
val, fuperbemenc montez, &avec des
harnois &des habits très-magnifiques.
Le Roi ayant traversé la Ville de Moret,
où il trouva un détachement de là
feconde-Compagnie des Mousquetaires,
il s'avança dans la plaine de Montarlau;
& lorsqu'il fut arrivé sur la petite montagne
de Trépanton, il s'y arrêta pour
attendre la Reine, dont les équipages-parurent
peu de temps après.
Aussi-tôt qu'on eut apperçû le CarossedelaReine
, le Roi descendit du
sien pour allerau-devant d'elle, & dans
Je mêmeinstant la Reinemit pied à terre.
Le Roi ôc la Reine s'avancerent
3
&
lorsqu'ils furent près l'un de l'autre, la
Reine s'inclina; le Roi la releva, &
a prèsl'avoir embrassée, il lui présenta
les Princesses du Sang qui étaient venuës
avec lui au- devant de S. M.
Le Roi & la Reine montèrent ensuite
dans le Carosse de la Reine,où la Duèhclfe
d'Orleans, la Duchesse Doiiairiere
deBourbon
,
la Princesse de - Conti, &
Mademoiselle de Charolois montèrent
avec L. M. Le Roi revint avec la Reine
au Château de Moret
, & il entra
avec elle dans l'appartement préparé pour
la Reine, à qui S. M. présenta ses principaux
Officiers,& les Seigneurs de la
C-u.rquilJavo:entIuIvi-LeRoiresta
2. vol, C iiij ne.
quelque temps à Moret, d'où il revint
le foir à Fontainebleau, étant accompagné
des Princesses du Sang, avec lesquelles
il étoit allé au-devant de la Reine.
Le détachement de la féconde Compagnie
desMousquetaires se trouva sur le
passage de L. M. & monta la garde
chez la Reine ,
quiavoittrouvé à Montereau
un pareil détachement de la premiere
Compagnie des Mousquetaires.
VATRAIN.
LA Pologne aujourd'hui regle notre destin.
Pour un Roi, * donc jadis lui fit present la
France ,
Elle fait par reconnoissance
Nous donner une Reine, & promettre ua
Dauphin.
B. D. L. M.
* Henri III.
i, vol. QUESQUESTION
singuliere jugée par Arrest
du Parlement de Provence.
S'il riy a que ceux qui font employez au
sérvice des peftiferez.
, ou à d'autres
jonctions publiques qui ayent le droit
de tefler militairement.
FAIT.
LE Maître d'Hôtel d'un Hôpital de
Provence, au tempsde la contagion
, le trouvant atteint de ce mal., fit
un testament militaire, qui dans la fuite
a donné lieu à lacontestation, & au jugementqu'on
va rapporter.
On soutint d'une part que le défunt
n'avoit pas eu le privilege de tester militairement
, parce que cePrivilegen'est
accordé qu'à ceux qui exercent des fonctions
publiques dans une Ville pestiferée,
concernant la Police, ou le service des ;pOesntiferez. opposa d'un autre côté, que la
fonction de Maître d'Hôtel dans un Hôpital
où étoit la peste
,
acqueroit ce droit
au Testateur, suivant les circonstances
querequièrent la plûpartdes Auteurs ,
,., 2. vol. Cv
qui décident du cas ou l'on doit joüir du
privilege en question. Oncitalà-dessus
Dolive, l. 5. ch. 2. S. Jean, Décision
XIX. Faber Dessin. V. de Testamentis.
Ripa, de Peste, Part. 2. II. n. 1 o. Boërius,
Decis. 228. n. 8. Barri, de Successionibus
,1. I. tit. 2.. n. 8. -*>
Mais ces autorirez furent détruites par
cette réflexion, que l'Hôpital où étoit
ce Maître d'Hôtel, n'ayant pas été defstiné
pour être une Infirmerie, où les
pestiserez dûssent être portez,ceux qui
habitoient cette maison, ne devoientpas
joüir d'un privilege different de ceux, dans la maison desquels la pelle s'étoit
trouvée. A quoi on ajoûtoit l'exemple
deshabitans d'une Ville, qui, quoique
souvent exposez à payer de leurs personnes
,
lorsque leur quartier est attaqué
, n'ont pas cependant le privilege de
tester militairement, privilege qui n'est
accordé qu'aux Officiers & Soldatsdela
Garnison.
Par Arrest du Parlement d'Aix, rendu
le 15. Mars 1724. le testament militaire
fait dans les circonstances dont on
vientde parler, fut cassé & annulé.
z.vth RONRR00NNDDEE.
AA..VV..
BE
1
auté sans art & faite pour charmer;
Même chose est vous voir &vous aimer.
Est-il un coeur,fut-il plus froid que glace9
Qui devant vous ne perdit son audace?
Vos yeux pourroient le plus fier desarmer;
Le bronze même ils pourroient animer:
Ces yeux divins,leur douceur & leur grace ,
Font convenir qu'il n'est rien quin'efface.
Beauté sans art.
Contr'euxen vain je prétendis m'armer;
Il me fallut rendre bien-tôt la place.
Mais des appas qui n'ont que Iafurface3
Jamais n'auront le droit de me charmerj
Car il n'est rien chez moi que ne surpasse.
Beauté sans art.
2.vol. CV c&-
CEREMÔNIE funèbre faitedans tE.
glisè de la Maifan Profrffe dès RR. PP.
JefnitJs de Paris le 3. Septembre 1715. LA Ceremonie
,
qui se fait tous les
ans dans cette Eglise, est un Monument
durable de lareconnoissance de Jean
Perraut, President de la Chambre des
Comptes, pour les bienfaits dont l'avoit
comblé le fage Henri II. Prince de Confié.
Il ne pouvoit mieux justifier la liberalité
de son illustre Protecteur que par
l'usage qu'il a fait de ses grandes richesses.
Il en a consacré une partie considerable
à éterniser, autant qu'il a pu ,
la
memoire de son bienfaicteur
, & à placerdignement
le coeur, dont sa capacité
& sa fidélité lui avoient ouvert l'entrée.
L'Autel superbe de la Chapelle delH.
née à conserver les Coeurs des Princes
de Condé, ouvrage du fameux Jean Sarrasin
, est regardé par lesConnoisseurs,
comme un Chef- d'oeuvre de Sculpture.
Les Statuës des quatre vertus, celles
des Genies qui les accompagnent, frappent
la vue par leur legereté, & par le
naturel de leurs attitudes, elles vivent:
2. vol. les
les basreliefs font dessinez
, exprimez
& finis avec un grand art. Le Crucifix
& le S. Ignace, aussi grands que nature,
ont quelque chose de plus lourd, & de
moins recherché: on y reconnoît trop
tôt la statuë. Les deux Angesassis sur
lefronton, & soutenant leNomde JESUS,
approchent plus de la beauté des Vertus
& des Genies.
En l'année1710. on ajouta de nouveaux
ornemens à cette magnifique Chapelle.
Vancleve, Sculpteur estime ,
executa cet ouvrage, inventé par M. de
Côte, Intendant des Bâtimens du Roi.
On lira sans doute avec plaisir les Inscriptions
qui accompagnent ces Monumens.
Elles ont le goût simple & noble
de l'antiquité.
HENRICOBORBONIO
COND ÆO,
PRIMO REGIISANGUINIS
PRINCIPI,
CUJUS COR HIC CONDITUM,
JOANNESPERRAUT
1N SUPREMA
RECIARUM RATIONUM CURIA
PRÆSES,
PRINCIPI
OLIMASECRETIS, Ç^JJE-KENS DE PUBLICA PRIVATAQUE
2. vol. JAC
JACTURA PARCIUS DOLERE POSUIT.
ANNOM. DC. LXIII.
ÆTERNÆ MEMORIÆ
PRINCITUM CONDÆORUM
LUDOVICI ET HENRICI JULII
PRIMORUM E REGIA STIRPE
PRINCIPUM
LUDOVIDI DUCIS BOKBONII,
QUORUM CORDA HIC SITA SUNT,
LUDOVICUS HINRICUS, DUCIS BOEIBONIIFILIUS,
PATRI, Avo, PROAVO
JUXTA COR. HENRICI ATAVI
MONUMENTUM HOC POSUiT,
SI£IQJJ£ ACPOSTERIS
PARAVIT,
'AVITÆ IN PP.SOCIETATIS JESU
BENEVOLENTIÆ
HÆI\ES.
ANNO DOMINIM.DCC. X.
VIVANT CORDA EORUM
IN sicuiuM SÆCULI.
M. Perraut a fondé un Service annuel
avec une Oraison funebre, le 3.
jour du mois de Septembre. Le R: P.
Bourdalouë fit la premiere l'an 1685.
& fie briller dans ce nouveau genre
2.vol. d'Elol'Eloquence,
qu'iln'avoit point encore
enté, cette force de raisons, ce genie
ominant, cette Eloquence majestueuse,
Solide & prenante
,
qui l'ont élevé aulessus
de tous les Prédicateurs de sa na-
:ion & de son siecle. Henri II. Prince de
Condé a eu depuis pour Panegyristes les
plus celebres Prédicateurs de France; l'Ocasson
Funebre estde M.l'Abbé Mongin,
aujourd'hui Evêque de Bazas
>
est imprimée
: elle fut écoutée, & est lûë avec plaisir
; son coeur y parle, mais il y parle de
concert avec son.,esprit. M. l'AbbéCharraut
a prononcé cette annéel'éloge du
Prince
,
devant une illustre & nombreuse
assemblee, & a été applaudi.
EPITHALAME de Loüis XI.
Roi de France & de Navarre, &
de la PrincesseAtarie,fille du Roi
Stanislas.
L'Amour jaloux de voir la Déesse des bois
Posseder tous les voeux du plus charmant
des Rois,
Résolut d'enlever par force ou par adresse
A cette fiere enchanteresse
Le c2oeur d.e cvet aimoable &lc.heSr Endoimioun;s
Sous l'habit de Chasseur,ayant en main les
fléches,
Dont il fait de profondes brèches
Dans les coeurs qu'il veut mettre à sadevotion.
Il entre dans un bois, où ce jeune Monarque..
Contre les Cerfs, les Sangliers,
Faisoit voir ce qu'un jour en dépit de la J Parque,
Il executeroit dans les travaux guerriers.
Ille voit, il l'admire, & plus il l'examine.
( Car l'amour voit clair quelquefois,
Plus il s'assure sur sa mine
Qu'il pourra le soumettre à ses aimables loix.
Plein d'une si belle esperance.
Il se mêle au gros des Chasseurs
Tantôt il fuit le Roi, tantôt il le devance,
Et cherche le moment de vaincre ses froideurs.
Ce Dieu tenoit en main une riche Boëte,
Qui d'une autre Minerve enfèrmoit les appas.
Ici. si l'Helicon m'eut fait naître Poëte
,
Quedirois-je,ouplutôt que ne dirois-je pas?
Mais ne pouvant dignement la décrire,
N'est-ce pas tout dire, que dire,
2. vêL Qu'elle
Qu'elle est du Sang de STANISLAS?
L'amour considerant cette rare peinture,
S'arrêtoit à chaque moment.
OUIS ,
qui près de lui passa par avanture t'
Jetta les yeux sur cet objet charmant.
Son-coeur en fut frappé. Quelle est donc cette
belle!
Dit-il au beau Chasseur, d'un air embarrassé?
C'est sans doute quelque immortelle,
Dont le celeste éclat paroît ici tracé.
Tandis que le Monarque à son aise contemple
L'objet qu'avec raison il croit digne d'un
temple;
Le Dieu d'Amour, d'un trait Tainqueur,
Blesse profondément son coeur.
Alors ainsi qu'un Cerf que mainte fléche entame,
Cherche pour se guerir le secours du diftamcî
LOUIS laissant en paix Chevreuils & Sangliers
,
Cherche les plus obscurs sentiers
Esperant que la solitude
Calmera son inquiétude.
Mais tel qu'un Faon blessé par quelque coup
fortuit,
2. vol. TourTourne
à l'entour du trait qu'il cherche W
quilefuit,
LOUIS, le coeur atteint d'uneflèche soudaine,
A chaque pas qu'il fait sent augmenter fd
peine,
Et voit autour de lui gallopper ses chagrinsx
Enfin dans un Vallon, plein de trouble il s'en..]
fonce,
Là, d'un antre profond, dont l'épine & las
ronce,
Interdifencl'entrée aux dangereux oilinsJ
Il voit sortir l'Hymenàface rubiconde,
Dieu content, s'il en fut, dans l'Empire amoureux.
Un feutre grisdelin couvroir sa tresse blonde.
Haut de taille, il marchoit d'un pas majestueux.
Après l'humble début de quelques reverencesn
Mon cher Prince, dit-il, les plus grandes
Puissances ,
Envieront le bonheur qui vous cherche aujourd'hui
,
Le feu dont vous brûlez, cft un feu plein ¿C
charmes;
-
S'il vous coûte quelques allarmes ,
Vous n'en ferez un jour que plus content des.
lui.
2. vol.» L'amoun.
L'amour qui pour vous s'interesse,
"est chargé d'amener la beautéqui vous blesse,
Et dès que ses appas brilleront en ces lieux,
Je veux vous faire un fort égal au fort des
Dieux.
Qu'il naîtra de Heros d'un si bel assemblages
Tous les peuples charmez de leurs fameux
exploits
Se disputeront l'avantage
De vivre fous leurs douces loix.
A ce discours LOUIS satisfait des promesse,
Du Dieu qui flattoit son espoir ,
Et sûr de possederl'élite des Princesses.
Lui rend grace & s'apprête à la bien recevoir
Lebeau fils deVenus fit tant de diligence,
Que l'on vit peu de jours
Briller dans le sein de lajFÎÏMb
L'objet de ses tendres souhaits ,Enfin le Dieu d'Hymen pour soulager la peint
De ces coeus amoureux,
Vient de les attacher par la plus douce chaîne.
Qui d'un couple charmant pût faire un couple
heureux;
ît le Ciel qui benit une chaîne si belle
» z-vol. ProPromet
de les combler de tes plus grand
bienfaits.
Si comme leurs enfans ils traitent des sujets
Qui pour leurs Rois ont tant de zele. ':
J. DU HAMEL,Professeur Emeritt
d'Elo juence dans l'Univernté
de Paris.
1'"
Cette Piece a 1 Cett, Piere éte-pa;, l'Ali tetff
du Roi & a la Reine le jour de la Celcbration;
elle a été bien reçue, & fort
Applaudie à la Cour. -j
SUITE de la Relation du Mariage
du Roi; sa Gelebration à Fontainebleau,
les Ceremonies Fêtes, Ilîu-'
minations, Feux, Harangues, Poësies"
vcfcription de la grandeChapelle I du Château, de Fontainebleau.
1 cEtte Eglise,desservie par les PP.
de la Trinité,est très-belle&trèsregulierement
bâtie. Les Marbre, ornemens en Dorure,Sculpture& Peinture,
n'yfont nullément nez. Elle toises de a- 2-e. long, 4. de large & 8. de hau-
2. , vol.teur.
ur. Il y a huit Chapellesvoûtées dans
cun des bas cotez. Une grande cornihe
avancée regne tout autour, & soulent
une petite Gallerie, où commence
ccintre de la voûte,qui est enrichie
l'une très grande quantité de Peintures à
resque, aussibien que le lambris qui en
f1: tout couvert dans des bordures dorées.
Vingt pilastres,d'Ordre Corinthien,
soutiennent la corniche, sur laquelle on voit28. Anges de relief, quitiennent
un Sceptre d'une main,&deschiffres
ic l'autre. Entre les trumeaux au-dessus
les Anges on a ménagé 14. ovales ou
sont peints diverssujets emblématiques
au bas de la nef; au- dessus de la principale
porte on voit le grand balcon Tribune du Roi, soutenuë ou par dix co- lomnes corinthiennes de 15. pieds de
haut.
Le milieu du lambris de la voûte est
occupé dans toute sa longueur par cinq
grands Tableaux de Martin Freminer,
assez bon Peintre dans la maniéré fiere de
Michelânge
,
qui mourut âgé de 52. ans
en 1619. II y a representél'Arche de
Noé, la chûte des mauvais Anges, Je
Pere Eternel au milieu de la Cour Celeste,
l'AngeGabriel recevant sa Mislion,.&
les SS. PP. dans les Limbes.
On voitun fixierne Tableau du rnê- z-vol. me
me Auteur, derriere & au-dessus du
Maître-Autel
,
où il a representé une
Annonciation.
Dans le même plafond, en quatre
grands ovales , les quatre Elemens. Dix
autres ovales moindres en sont autant de
vertus,dix Patriarches & des Prophètes
, & huit Rois d'israel de chaque côté.
Les mursdel'Eglise au-dessous de la
corniche sont ornez de 14. grandsTableaux
du même Peintre; sçavoir, la
Sybile Cumée, qui montre à l'Empereur
Augusteune Vierge dans le Ciel
avec son fils, &c. l'apparition de l'Ange
à Joseph, la présentation de l'EnfantJefus
au Temple, J. C. parmi les Docteurs,
le Baptême de N. S. les noces de Cana,
J. C. tenté dans le defert, la Samaritaine
, la Femme adultere, la Transfiguration
,
la guerison du Paralitique, les Vendeurs
chassez du Temple, le Tribut payé
à Cesar, le festin chez Simon.
Le Grand Autel est orné de quatre
belles colomnes corinthiennes de marbre
rare, avec leurs bases & chapiteaux
de bronze doré, comme tout le reste des
ornemens de cet Autel,dont le Tableau
represente la Sainte Trinité. Aux deux
côtez on voie les Statuës en marbre blanc
de S. Charlemagne & de S. Loüis. Quatre
Anges en bronze, de grandeur natuz*
vol. relle
lie sont placez sur l'Architrave, à l'aomb
des colomnes dç marbre dont on
ent de parler, & dans l'amortissement
1
voit quatre grands vases de bronze
oùsortentdesflâmes.
Le pavé de marbre à companimens,
: différentes couleurs,doit être mis au
ng des principales beautez de cette e. Le 5.Septembre, de grand matin, les
iJ-des du Corps du Roi prirent leurs
ostes dans la Chapelle dont on vient de
onner la description qui avoit été disosée
& parée pour la Ceremoniedu
Mariage en cette maniere.
Sur le même alignement de la corniie
on avoit construit en faillie des balons
de fer, une Gallerie jusqu'àla Tri.
une du Roi, & dans l'intérieur des
mbrazures des croisées, des échafauts
ui contenoient quantité de places dont
's appuis, ainsî que ceux de la Galleie
, étoient couverts de tapis de velours
leu aux armes & chiffres du Roi avec
les trophées & autres ornemens ,
brodez
:n or & en argent, chaque tapis enfermé
lans une riche bordure de festons de
leurs, de fruits, &c
On avoit pratiqué dans chacune des
voûtes des Chapelles des bas côtez, des
Trib?une»s pvourocoln?tenir deux rangs de rJace
places à la hauteur de sept pieds du rezde-
chaussée. Au-dessous de l'appui de ces
petites Tribunes, on avoit encore pratiqué
un double rang de places, & au bas,
un double rang de formes ou sieges, regnoit
de chaque côté, depuis le bas de
l'Eglisè jusqu'au Sanétuaire. Les plus
élevées de ces Tribunes étoientparées
sur le devant de tapis violets.) semez de
fleurs-de-lys d'or, & enrichis par le bas
de crépines .dor.
La grande Tribune du Roi étoit occupée
par la Musique sur des gradins élevez
en Amphitheatre, dont toute la longueur
de l'appui sur le devant étoit ornéede
tapis de velours bleu brodé d'or,
pareils à ceux qui regnoient sur la même
ligne de la corniche, dans tout le pourtour
de l'Eglise jusqu'au Maître-Autel.
Il y avoit sur cet Autel 20. grands
chandeliers d'argent, portant chacun un
cierge de douze pieds de hauteur. Toute
la corniche & l'attique au-dessus des co- lomnes, & entre les Angles & les vases
de bronze dont nous avons parlé, on
avoit placé avec symetrie un grand nombre
de girandoles & de chandeliers de
cristal à sixbranches, garnis de grandes
bougies. Au lieu de la lampe ordinaire on
voyoit un magnifique lustre de cristal de
oche à douze branches,
2KVoI, Au
Au milieudel'Eglise, à quatre toises
2 l'Autel, on avoit drelléune Estrade
,j haut Dais,élevé de deux marches,
kmt la premiere avoit trois pieds de gison,
de 17. pieds de longueur sur 14.
le largeur. Cette Estrade étoit couverte
l'un riche tapis de Perse; elle étoit terminéeducôté
de l'Autel par un grand -
Prie-Dieu, long de 8. pieds, & large de
18. pouces. Un tapis de pied de velours
violet, semé de fleurs-de-lys d'or
, couvroit
le Prie-Dieu & la partie de l'Estrade,
que L. M. & les Princes & Princesses
du Sang devoient occuper. Les deux fauteuils
& les carreaux placez à une certaine
distance du Prie-Dieu, & destinez
pour le Roi & la Reine, étoient aussi
couverts de velours violet à fleurs-delys
d'or.
Au-dessus de l'Estrade s'élevoit un
magnifique Dais de velours violet, femé
de fleurs-de-lys d'or, & chargé des Armes
de France & de Navarre. Les pentes
étoientornées de riches crépines d'or en
festons, & il étoit surmonté auxquatre
coins de pommes de velours de la même
couleur,aussi brodées en or ,
& terminée
par de gros bouquets de plumes blanches,
du milieu desquelles sortoit une
aigrette de plumes violettes.
Tout le parterre , tant dû Sanctuaire
I Dcjuq
que de la Chapelle, j, usqu'à 8. pied-s--au'-l edelà de l'Estrade du Roi & de. la Rei- étoitcouvertede tapisde Perse.
Sur le marche-pied quiregnoit aux deuxcôtez des marchesde l'Autel, on avoitplacé du côté de l'Epître trois fauteüils
pour le Cardinal de Rohan, Grand-
Aumônier de France, qui fit la Ceremonie
& pour les Evêquesnommez pour
lui servir de Diacre & de Soudiacre.
- Derriere ces fauteüils étoient les sieges
pour les Ecclesiastiques qui devoient serviràl'Autel.
On avoit placé au bas des
marches, à la droite de l'Autel, les trois
bancs destinez pour le Clergé, qui avoit
été invité à laCeremonie de la part du
Roi, par M. Desgranges, Maître des
Ceremonies, & au-dessous, sur la même
ligne, il y avoit trois autres bancs pour leConseil. l
Le' siege à bras du Garde des Sceaux
de France, étoit au bout du premier
banc interieur, vers le Prie-Dieu. Le
banc des Secretaires d'Etat étoit à la
gauche de l'Autel, vis à-vis ceux du
Conseil. Lés bancs ou formes dessinezaux
Chevaliers de l'Ordre du S. Esprit, qui
avoient aussi été invitez de la part du
Roi à se trouver à la ceremonie de son
Mariage,avoient été placez le long des
murs aux côtez de l'Estrade.
t
j
1.,vqUfiii?
I Sur lesAmphitheatres & les Tribunes
au-dessus, pratiquées dans les arcades
des Chapelles, on avoit placé un trèsgrand
nombre d'Etrangers & de Dames
de distinction,ainsi que sur les gradins
-
élevez aux deux côtez de la grande porte.
Mais les spectateurs qui contribuoient
le plus à la brillante décoration de cet auguste
lieu, étoient ceux qui se trouvoient
placez au bas de l'amphitheatre des Musiciens
dans la Tribune du Roi, & sur la
même ligne, à droite & à gauche
,
dans
les balcons ou galleries dont on a parlé,
qui regnoient jusqu'à l'Autel. On y
voyoit quantité de Dames en robbe, avec
les habits les plus superbes, & toutes
brillantes de pierreries, ainsi que les Seigneurs
de la Cour qui n'ont jamais fait
éclater une telle magnificence, dans le
goût, la richesse & la varieté des habits.,
Quelques Dames, & quelques Seigneurs
distinguez furent aussi placez sur
des bancs qui étoient dans la Chapelle,
vis-à-vis ceux du Clergé. Tous les bancs
de la Chapelle étoient couverts de tapis
de velours violet, fermez de fleurs-de-lys
d'or. La richesse deces tapis, & encore
plus la magnisicence de ceux qui étoient
comme tendus aux appuisdes Galleries,
se confondoient avec la richesse des habits,
& avec l'éclatd'une prodigieuse quantité
2. vol. D ij de
de pierreries, & formoient le plusauguste
ik le plus brillantspectacle qu'onait
peut-êtrejamaisvû.
Vers les onze heures, les Archevêques,
les Evêques & les Abbez qui
avoient été nommez parl'Assemblée nerale gé- du Clergépourassister à la Ceremonie,
arriverent a la Chapelle, précedez
de l'Abbé de Premeaux & ce l'Abbé
de Valleras,Agens Generaux du Clergé,
& ils furent conduits à leurs: places
par le Marquis de Dreux,GrandMaître
des Ceremonies qui étoit allé les recevoir
avec les ceremonies ordinaires.
Le Garde des Sceaux de France, vêtu
de sa robbe de veloursviolet, doublé de
satin cramoisy, arri va ensuite
,
précedé
de deux Huissiers de la Chancellerie portant
leurs Masses, de deux Huissiers du
Conseil, de ses deux Secretaires, & du
Lieutenant du Grand-Prevôtqui fert auprès
de lui. Il étoit accompagné de Mrs
Dargouges, le Pelletier des Forts,
Roüillé, Fagon&d'Angervilliers,Conseillers
d'Etat, de Mrs de Morangis, Bernard,
Angrand, Lallemant, de Caumartinde
Fontcarré, & le Pelletierde
Beaupré, Maîtres des Requêtes, & de
Ms Noblet
,
Poisson, Lenoir de Cindré
& Carpot,Secrétaires du Roi. Le
GardeZdes,Scveauxoprilt s,ajpéjaceé dgansçfol} z. 1 JjçgQ
siege à bras & sans dos: les Conseillers
d'Etat, & les Maîtres des Requêtes en
robbe<3c en bonnet carré, se mirent sur
les bancs qui leur étoient destinez
,
ainsi
que les Secrctaires du Roi qui étoient en
robbe de satin. Les deux Huissiers de la
Chancellerie-, portant les Martes,reste
rent debout à la gauchedu Garde des
Sceaux, dz ils ne tinrent leurs Masses
hautes que jurqu'à l'arrivée du Roi.
Le Comte de Morville, Ministre 8e
Secretaire d'Etat, & le Comte de Saint
Florentin
,
Secretaire d Etat, se placerent
sur le banc qui leur étoit dessiné, où
le Comte deMaurepas 6c le Marquis de
Breteüil, Secrétaires d'Etat, ne vinrent
prendre leurs places qu'après l'arrivée
du Roi, parcequ'ils faisoient auprès de
S. M. les fonctions des Charges qu'ils
ont dans l'ordre du S. Esprit.
Madame la Duchesse
,
doüairiere d'Orleans,
se plaça, incognito, dans la Chapelle
la plus proche de l'Autel, du côté de
1 Epître.L'Electeur de Cologne,le Prince
Electoral de Baviere, le Duc Ferdinand
& l'Evêque de Ratisbonne
,
arrivez
la veille à Fontainebleau, où ils sont,
incognito, fous les noms de l'Abbé de
Stromberg, de Comte de Haag, de Comte
de Cling
, & de l'AbbédeVassembourg
,
furent placez avec lespersonnes
2. 'Vcl.. D iij de
de leur fuite dans lebalcon qui étoit à la
droite de la Tribune.
La Reinearriva à Fontainebleau avant
dix heures, accompagnée des Gendarmes
& Chevaux-Legers de la Garde.
Elle avoit été complimentée, avant son
départ de Moret de la part du Roi par le
Duc d'Orleans. S. M. fut conduite dans
son appartement ,
elle entra dans son
Cabinet
, d'où elle sortit quelque temps
après pour se mettre à sa toilette
, pendant
laquelle on lui servit à déjeûner.
Les Princes, les Frincesses, les Dames
Titrées, &les Grands Seigneurs, eurent
l'honneur de lui faire la reverence, Se
d'assister à sa toilette,chacun selon son
rang. Le Duc de Bourbon y vint suivi
de M. de Turmenlede Nointel, Girde
du Trésor Royal, lequel mit sur la toilette
de la Reine deux bourses pleines
d'or. Le Duc de Mortemart, premier
Gentilhomme de la Chambre du Roi en
année arriva peu de temps après, suivi
d'Ms le Febvre & de Saint Dizant , Intendans& Contrôleursde l'Argenterie
& desmenus plaisirs de li Chambre du
Roi. Il presenta à la Reine,de la part du
Roi, la riche Couronne de diamans brilhns
que S. M. devoit porter. Quand la
Reine fut habillée,elle se rendit d.in;
le grandCabinet du Roi, d'o ùon se
2. vol. mit
nit en marche pour se rendre à la Chapelledans
l'ordre fui vant.
Les Herauts d'Armes, en habits de
ceremonie, qui marchoient à la tête,
précedoient le Marquis de Dreux, Grand-
*
Maître des Ceremonies, & M. De{:"
granges,Maître des Ceremonies. Les
Chevaliers de l'Ordre du S. Esprit, qui
n'avoient point de fonction au près du
Roi ou dans la Ceremonie, marchoient
ensuite deux à deux,précedez de l'Abbé
de Pompone, du Marquis de Breteüil ,
de M. Dodun, & du Comte de Maurepas,
Grands Officiers de l'Ordre, devant
lesquels étoient le Heraut & iHui£
fier de l'Ordre. Le Comte de Charolois,
le Comte de Clermont & le Prince de
Conti ,qui marchoient seuls, étoient,
ainsi que les Chevaliers, en habits ordinaires
, mais de la plus grande magnificence.
LeRoi venoit ensuite
, ayant devant
lui les deux Huissiers de laChambre portant
leurs Masses. Il étoit précedé du
Marquis de Courtenvaux
,
Capitaine des
Cent-Suisses de la Garde, & suivi du
Ducde Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corps en quartier, qui avoit à sa
droite le Duc de Mortemart, Premier
Gentilhomme de la Chambre, & à.(a
gauche, le Duc de la Rochefoucault
i-vot. DiiijGrand,-
Grand-Maître de la Garderobe du Roi.
Le Prince Charles de Lorraine, Grand
Ecuyer de France, & le Commandeur
de Beringhen, Premier Ecuyer du Roi
etoient aux deux côtez de S. M. pour lui
donner la main. Les Officiers des Gardes
du Corps en quartier,marchoient sur
lesailles, aux deux côtez du Roi, ainsi
que les six Gardes Ecossois qui avoient
leurs cottes d'armes en broderiepar dessus
leurs habits & la pertuisane à la main.
Le Roi étoit en habit de brocard enrichid'une magnifique broderie d'or,
& guni de boutons de diamans; son manteau
étoit de points d'Espagne d'or, avec
un bouquet de plumes blanches à son
Chapau" qui étoit relevé d'un côté par
un superbe diamant: ce diamant est trèsremarquable,
non - seulement par son
luut prix & par sa grosseur, mais encore
par son brillant, par son feu & par
ses autres perfections. Il a 14. lignes 6c
demi de face avec les angles émousez,
sa hauteur est de 9. lignes. Il est taillé en
brillant & pese 547. grains, c'est-à-dire,
7. gros 43. grains, ou une once moins
2p. grains.
La Reine marchoit après le Roi,
étant menée par le Duc d'Or leans & le
Duc de Bourbon: le Marquis de Nangis,
son Chevalier d'Honneur, & le
2. vol. Comte
Comte de Tessé, son Premier Ecuyer,
marchoient auprès de S. M. derriere laquelle
étoit le Duc de Noailles, Capitaine
de la premiere Compagnie des Gardesdu
Corps. La Reine avoit un manteau
Royal de velours violet, semé de
fleurs delys d'or, enrichie de pierreries,
bordé & double d'hermines: Cl.
jupe étoit de même
, de velours violet
3 bordée d'hermines, & femée de fleurs-delys
d'or, & le devant de cette jupe étoit
couvert de pierreries,ainsi que son corps
dont les manches étoient garnies d'agrafses
de diamans. S. M. étoit coëffée en
cheveux, & elle avoit sur le haut de la
tête une Couronne de diamans, fermée
& terminée par une double fleur-de lys;
la queue de
son
manteau Royal, qui avoit
9 aulnes de long, étoit portée par la Ducheat
douairiere de Bourbon, par la Princesse
de Conti, & par Mademoiselle de
Charolois. Deux de ces Princesses la
soutenoient par les côtez, & la troisiéme
portoit le bout.
LeMarquis de Nesle donnoit la main
à la Duchesse doüairiere de Bourbon,
dont la mante étoit portee par le Comte
de Morges. Le Marquis de Montmorency
donnoit la main à la Princesse de Conti,
sa mante étoit portée par le Marquis
du Belley. Mademoiselle de Charolois
2.vol. D v étoit
étoit menée par le Marquis de Gontault,
& la queuë de sa mante étoit portée par
le Comte de Biron.
La Duchesse d'Orléanssuivoit la Reine
; le Marquis de Clermont, Premier
Ecuyer du Duc d'Orleans, donnoit la
main à cette Princesse, dont la queue de
la mante étoit portée par le Chevalier de
Lauzieres. Mademoiselle de Clermont
venoit ensuite, conduite par le Comte
de Marton, & la queuë de sa mante étoit
portée par le Comte de Rions. Mademoiselle
de la Roche-sur-Yon étoit menée
par le Comte de Matignon, & le Chevalier
deSabran portoit la queuë de sa
mante. Marchoient ensuite la Maréchale
de Bouflers, Dame-d'Honneurde laReine
,
la Marquise de Mailly, sa Dame
d'Atours, la Duchesse de Tallard, la
Maréchale de Villars, la Duchesse de
Bethune, la Comtesse d'Egmont, laPrincesse
de Chalais, laDuchessed'Eperron,
la MarquisedePrye, la Marquise
ce Rupelmonde, la Marquise de Gontault,
la Marquise de Nesle, la Mnrquifè
et Merode
,
& la Marquise de Matigno
n, Dames du Palais de la Reine
,
&
les Dames d'Honneur des Princesses du
Sang. Cettepompeusemarche sortit en cet
ordre vers le midi, de l'appartemen du
2. voL, Roi,
Roi, au bruit des Trompettes des Fifres
& des Tambours de la Chambre,
qui commencerent à marcher devant
leurs Majestez, à l'entrée de la Gallerie
de François I.où les Gardes du Corps
étoient en haye, ainsi que sur le grand
escalier qui est à droite au bout de cette
Gallerie. Les Cent-Suisses, en habit de
ceremonie, la Hallebarde à la main , marcherent aussi devant le Roi, depuis
le bout de la Gallerie jusqu'à la Chapelle.
Lorsqu'on y fut arrivé
i
les Cent-
Suisses, les Tambours, les Fifres & les
Trompettes resterent sous la Tribune:
(
les Herauts d'Armes s'avancerent au bas
; des marchs de l'Autel où ils resterent
debout, & lesChevaliers de l'Ordre du
S. Esprit prirent place sur les bancs qui
leur avoient été preparez.
Le Roi étant entré dans la Chapelle,
monta sur le haut Dais, & la Reine y
étant aussimontée, L. M. se mirent à
genoux. Les Princes & Princesses du
Sang se placerent sur l'estrade
,
depuis
lesfauteüils da Roi ,& de la Reine, jui:
qu'au Prie-DieuLeDuc d'Orleans, la
Duchesse doüairiere de Bourbon, le
Comte deChatolois, le Prince de Conti
,
Mademoiselle deCharolois,& Mademoiselle
de la Roche-sur-Yon étant à
f la droite : la Duchesse d'Orléans, le Duc
t. 2. vol. D vj de
de Bourbon, le Comte de Clermont, la
Princesse de Conti, &Mademoiselle de
Clermont à lagauche, ils avoient tous
des sieges plians & des carreaux.
Le Ducde Villeroy Ce plaça derriere
le fauteuil du Roi, entreleDucdeMortemart
& Je Duc de la Rochefoucault.
Le PrinceCharles de Lorraine, & les
principauxOfficiers de S. M. prirent
leursplaces au bout de l'estrade, aux deux
cotez de laquellelesOfficiers des Gardes
du Corps, & les sixGardes Ecossois
resterent debout. Le Duc de Noailles fo
plaça derriere le fauteuil de la Reine;
le Marquis de Nangis & le Comte de
Tesse se mirent auprès de lui; la Maréchale
de Bouflers, & la Marquise de
Mailly prirent leurs places auprès de la
Reine
>
& les Dames du Palais furent
pacçes sur les bancs quileuravoient été
réservez au bas des marches de l'estrede
du même côté. Les Damesd'Honneur des
Princesses du Sang eurent aufir desplaces
autour de l'estrade, & ceux qui
avoientdonné la main aux Princesses, ou quiavoient porté la queue de leurs mantes
, occuperent desbancs qui étoient près
de ceux des Chevaliers de l'Ordre du
S.Esprit.
L'Evêque de Metz, Duc de Coaslin.,
Prélat;Czom.m1and/eCur dte.l'EOrdfrpe druiScain,t
Esprit, & Premier Aumônier de S. M.
en Rochet & en Camail, l'Abbé de Pezé,
l'Abbé de Sesmaison,l'AbbéMilon,
nommé à l'Evêché de Valence
t
l'Abbé
Caulet, l'Abbé de Saumery & l'Abbé de
Suze, Aumôniers du Roi, en Rochet,
le manteau noir pardessus, étoient à la
droite, sur une mêmeligneentre l'Autel
& le Prie-Dieu. L'ancien Evêquede
Frejus Grand Aumônier de la Reine,
l'Evêque, Comte de Châlons, son premier
Aumôer) enRochet & en Camail,
l'Abbé de Chevriers, l'Abbé de
Fontenay,l'Abbé de Pontac, & l'Abbé
de S.Aulaire, Aumôniers de laReine,
aussi en Rochet, & lemanteau noir pardessus,
étoient - placez du côté de la Reine
, vis-à-vis l'Evêque de Metz, & les
Aumôniers du Roi.
Le Roi avoit auprès de lui le P. de
Lignieres, son Confesseur:l'Evêque de
Rennes, Maître de la Chapelle de Mu-
-
squé du Roi, étoit en Rochet & en Camail
à la gauche du haut dais, & l'Abbé
de Vaureal, Maitre de l'Oratoire,en
Rochet, le manteau noir pardessus,à la
droite, auprès du P. deLignieres. M.de
Maupeou d'Ableges, & M. Mydorge,
Maîtres des Requêtes en quartier,occuperent
dans cette Ceremonie les places
qu'ils2on.t ovrdoinailre,ment à la Messe du Roij
Roi, & les deux Huissiers de la Chambre,
tenmt leurs Macres, resterent debout
aux deux côtez de l'estrade.
Lorsque le Roi fut arrivé à son Prie-
Dieu, leCardinal de Rohan, Grand Aumônier
de France, vêtu pontificalement,
& accompagné d? l'Evêque de Soissons
& de l'Evêquede Viviers, qui lui servoien
de Diacre & de Sous-Diacre
d'Honneur, sortit de la Sacriste, il salua
l'Autel
:
puis le Roi & la Reine, Se
étant monté à l'Autel, il 4k tourna du
côté de L. M. Le Roi d'Armes & enfuite
le Marquis de Dreux,Grand Miître
des Geremonies,firent un salut au
Roi & à la Reine pour les avertir de
s'approcher de l'Autel. L. M. & les Prin:
ces & Princesses du Sang descendirent
a lors du haut Dais pour aller à l'Autel,
li Reine étant conduite par le Duc d'Orléans
& par le Duc de Bourbon
,
la queue
de son manteau Royal écoic portée comme
dans la marche pour arriver à la
Chapelle. Lc Roi & la Reine s'approcherent
des marches de eAutel; Je Cardinal
de Rohan leurparlaen ces termes.
Sire,
C'est à une longue suite de Rois, c'est
,
2;vol. à
àun Sang sécond en Héros, que, vousdevez
la grandeur arnajeé du Trône
sur lequelvous êtesassis. Quellustre
:& quel nouveau degré de puissance n'at'il
pas acquis sous 4e regne de votreBisayeul
! Ce grand Prince vous a laisse ,
SIRE, l'heritage de son Empire & de
toute sa gloire, il vous a transmis en même
temps cet esprit de justice & de Religion
, ce caractère de bonté
, ce port
majestueux, & ses grâces qui l'ont fait
autant aimer, par ses ÚIJets) que re (peéter
par ses ennemis. Plus heureux même
que ce Monarque, dont le regne comme
celui de David a été agité par de continuelles
guerres, vousregnez comme Salomon
dans une profonde paix. Il ne
manquoit à vôtre bonheur,SIRE, qu'une
Epouse digne de vous, & il n'appartenoit
qu'à Dieu de vous la donner; les
honneurs & les richesses, selon l'expression
de l'Ecriture, viennent par succession
,
mais une femme prudente & sage
est un don special du Seigneur. Vous la
lui avez demandée. SIRE, dans des fcntimens
de foi & de pieté , vos voeux ont
été exaucez ; Dieu vcus donne une Princesse
qu'il a formée selon son coeur, &
qu'il a TCmplie de sa crainte & de son
amour; en vous la donnant, il va répandre
sur vous les benedictions qui sont
, 2. vol. attaattachées
aux mariages veritablement
Chrétiens. La pieté de cette Princesse
animera la vôtre, ses exemples édifieront
vôtre Cour
,
elle augmentera vôtre
bonheur par leplaisîrque vous aurez de
le partager avec elle. Dans vos peines;
( les Rois ont les leurs,SIRE, & Dieu
se plait quelquefoisà les éprouver; ) dans
vos peines dis- je, elle sera vôtre consolation.
Répondez SIRE,aux desseins
de Dieu sur vous; qu'un amour également
Chrétien & solide vous tienne tendrement
& inviolablement attaché à
l'Epousequidoit réunir& fixer vos inclinations
: & vous, MADAME, plus
sénsible au choix du Monarque qu'à.
l'éclat de la Couronne, regardez vôtre
Auguste Epoux; contemplez les graces
qui l'accompagnent & la gloire qui l'environne,
& reconnoissez par vous-même
que ce que l'on vous avoit pû dire,
ell fortaudessous de ce que vous voyez;
en vous engageant son coeur & safoiilvous
donne toutcequ'ilest; que ne doit- j
il pas attendre de vôtre tendresse
,
de,
vôtre rerpcd:, & de vôtre reconnoissance?
Puissiez-vous goûterensemble lesI
douceursd'une union qui comble de joye
vos jf!};e's. Puisse le CH la cimenter par
une suite constante de prosperité; puifsions-
nous pour le bonheur de la France,.
2. vol. & j -
Se pour le repos, & la tranquillité du
monde entier, voir naître bien-tôt des
Princes,qui, héritiers de vos vertus,les
transinettent à une glorieuse posterité.
Après les Ceremonies de la Benediction
Nuptiale, celles de la bague & des
13. pièces d'or pour les épousailles, leurs
[ Majestez retournerentà leur Prie Dieu,
j
où le Cardinal de Rohan,assisté desEvêques
qui lui servoient de Diacre & de
l sous-Diacre, vint donnerl'Eau beniteau
Roi &à la Reine Il commença ensuite
,
la Messe qu'il célébra pontificalement
:
l'Evêque de Viviers chanta l'Epître, &C
après que l'EvêquedeSoissons eut chanté
l'Evangile
, & qu'il eut donné le Livre
à baiser au Cardinal de Rohan, il le
porta conjointement avec l'Evêque de
Metz qui marchoit à sa droite, peur le
donner à baiser au Roi & à la Reine.
Apresl'Offertoire & pendant les Encensemens
ordinaires., le Roi d'Armes
ayant salué l'Autel, salua aussi le Roi,
la Reine & le Duc d'Orléans, qui devoit
porter les honneurs pour le Roi, &
il alla ensuite se mettre à genoux auprès
de l'Autel avec un cierge à poignée de
satin blanc, avec des fleurs de-lys brodées
en or, lequel étoit chargé de 20.
Louis d'or. LeMarquis de Dreux,
Grand-Maître des Ceremonies ayant repeté
les mêmes saluts
,
le Ducd'Orleans
s'approcha de l'Autel. Le Roi descendit
alorsde son Prie Dieu, & s'étant mis à
genoux sur un carreau devant leCardinal
de Rohan, quiétoit dans unfauteuil,
ayant à ses côtez les Evêquesassistans,
aussi dans des fauteuils, il baisa la bague
du Cardinal
, & lui presenta le cierge
qu'il avoit reçû du Duc d'Orléans ,à
qui le Marquis de Dreux l'avoit donné
après l'avoir pris des mains du Roi
d'Armes.
M Le Roi ètjLtit retourne à son Prie-
Dieu, undes Herauts d'Armes, & ensuite
M.Desgranges, Maître des Ceremonies,
repeterent les mêmes saluts au
Roi, à la Reine & à laDuchesse d'Orleans
, qui devoir porter les honneurs
pour laReine. La Duchessè d'Orléans
s'avança vers l'Autel, où la Reine alla à
l'Offrande, le cierge chargé de vingt
Louis d'or, avec la poignée de satin
,
&c.
Elle le presenta au Cardinal, lui ayant'
été remis par la Duchesse d'Orleans à
qui M. Desgranges,Maître des Ceremonies,
l'avoitdonné, après l'avoir reçu
desmains du Herautd'Armes. ?
A la fin du Pater, le Roi d'Armes salua
l'Autel, puis le Roi & la Reine; &z
après que le Grand-Maître des Cérémonies
eut fait les mêmes saluts, L.Il.'
2.vol.qui
qui depuis l'offrande étoient restées à leur
rie-Dieu,descendirent de l'Estrade
, &
LUerenc Te mettre à genoux devant le
Cardinal de Rohan,surun tapis depied
le velours violet, semé de fleurs-de-lys
d'or, ainsique les carreaux. Alors fEvêquede
Metz à la droite, & l'ancien
Evêque de Frejus à la gauche
,
étendirent
au-dessus de la tête du Roi & de
celle de la Reine, un poisle de brocard
d'argent
,
qu'ils n'ôterent qu'aprèsque
lqe Ccarodinabl eu'ut amchevéélees sOr.aisons ac-
,
Le Roi& la Reine étant demeurez à
genoux sur les marches de l'Autel, l'Evêque
de Metz, Premier Aumônier du
Roi, & l'Evêque de Viviers, donnetrentensemble
la Paix à baiser à L. M.
Le Cardinal acheva la Messe ; & ayant
dit les Oraifcns ordinaires, il donna de
l'Eau-benîte au Roi & à la Reine, &
)Ile.ur-présenta le Corporal à bai ser,après
pqu'il eut donné la Benediction. Après
la Mesle, l'Evêque de Metz présenta
fencore l'Eau-benite à L. M. Le Roi & la Reine retournerent ensuitesur
l'Estrade
,
dont le Curé de Fontainebleau
s'étoit approché,avec le Registre
des Mariages, que le Cardinal de
Rohanprésenta au Roi & à la Reine, à
qui il.donna la plume pour signer: les
1. 2. vol. ) PrinîTiiices
du Sang signerentaussi,la plume
leur ayant été présentée dePezé par l'Abbé
,
Aumônier du Roi. Pendantla signature, les Herauts d'Armes distribuerent
des Médailles, qui ont été frappées
à l'occasion du Pvlariâge du Puoi.
Nous donnons ici en tailledouce la
plus considerable de ces Medailles. On
y voitd'un côtéles Bustes du Roi & de la Reine, en regard
, avec cette Inscription.
LUD. XV. D. G.FR.ETNAV.
lvl,ARIA STANISLAI REGIS FIL.
&au revers Leurs Majestez recevant la
dBeenediction nuptialeavec cette Legen- SEDANDÆ POPULORUMAN,
XIETATI. Pourcalmer la tendre inquiétude
des peuples, & dans l'Exergue,
i.I^i4piiaRegi& Fomibellaquei M.
DCC. XXV. Cette Médailleestdel'Académie
Royale des Inscriptions&Belles-
Lettres. Le Poinçon de la'face a été
gravé par lesieur du Vivier, & le revers
par Le Cardinal de Rohan étant ensuite
remonté à l'Aurel
,
il entonna le Te
Dtirn, qui fut chanté par les Musiciens
de la Chapelle de Musique. Lorsqu'il fut
fini
,
le Cardinal dit l'Oraison.
Le Roi & la Reine descendirent
alors de leurs places, & s'en retournerent
dans leurs appartemens avec les
1. loi. mêmes
mêmes ceremonies, &dans l'ordre o-b,- servé
,
lorsqueL. M. étoient déscenduës
a la Chapelle.
J La Reine fut reconduite par le Roi dans son appartement vers les trois heures
le ;Maenllteeaquuitta son habit de ceremonie, Royil-jSe- la Couronne, [e
trouvant un peu fatiguée du poidsde ses superbeshabits.
Le Roi revint un momentaprès chez
la Reine, où il dîna avecelle. La Du- chesse d'Orléans, la Duchesse Doüairiere
de Bourbon
,
la Princesse de Conti, Mademoiselle
de Charolois,Mademoiselle
de Clermont, & Mademoiselledela Ro- che-fur- Yon
, eurent l'honneur de dîner
avec Leurs Majestez.
•d*eAu retour de la Chapelle, le Duc Mortemart, suivi de Mtl le Fe-
'vre & Saintdisant, présenta à la Reine
un petit coffre de velours cramoisi, en- richi de broderie d'or, qui étoit rempli
-1un grand nombre de bijoux d'or
,
d'un
:;oût admirable, & aussïprécieuxpar le
travail & les ornemens que par la ma- niere. S. M. en fit aussi tôt des presens.
:::ette Pruias/fea si on ofc 1? dire ici en passant
, ad'abord frappé d'admiration
ceux qui ont eu l'honneur de l'approcher.
Labontéde son coeur, la solidité de fort
"fp'ic, & l'assemblage ce tant de grandes
! 35 quaqualitez,
sont si fortaudessus de toutes
expression
,
qu'ils nous imposent un si.,
lence respectueux. -4
Le soitde ce grand jour, le Roi & la
Reine se rendirent ensembledans la Sal-.
le de la Comedie,qui a été reparée Se
ornée depuis peu avec beaucoup de ma-l
gnificence. Leurs Majestez Te placerent au
milieu du Cercle, accompagnées des Princesses
du Sang, & de quantité des premieres
Dames de la Cour. Le reste des;,
principales places étoient occupées par
des Princes du Sang, par des Princes
Etrangers, des Seigneurs & des Dames
de grande qualité. Tout ce superbe
spectacle étoit d'une magnificence extraordinaire,
par la richesse des habits,
& par l'éclat des pierreries ; mais
le Cercle du Roi & de la Reine brilloient
encore d'une maniere si vive & si éclatante
, que les yeux en étoient éblouis. On
representa deux Pieces de Moliere,
l'Amphitrion & IèMedeân malgré lui,
dont Leurs Majestez 8e toute la Cour
parurent fort satisfaits.
Après laComedie le Roy accompagna
la Reine àson appartement. L. M. y
souperent à leur grand Couvert,avec les
mêmes Princesses du Sang, qui avoient
eu l'honneur de dîner avec Elles.i Après le souper le Roi & la
Reine
z. vol, accom
accompagnez des Princes,des Princesses
du Sang, &de toute leur Cour, passerent
dans la Salle des Cent- Suisses. On avoit
fait élever un Dais à la premiere etoisée,
qui donne sur le parterre du Tibre,
sous lequel LeursMajestez se placerent
pour voir l'illumination de ce Parterre,
dans lequel on avoitdistribué avec art prodigieuse une quantitéde pots à feux ,&c.
mais le mauvais temps ne permit pas ce jour-là qu'on put jouit entierement de
ce magnifiquespectacle
, qui parut dans
tout son éclat le 8. Fête de la Vierge
comme on le dira bientôt. -
1 Petid-Artfice,
Il fut annoncéd'abord que le Roi & h
Reine parurent, par le bruit de 200, boëtes. On tira ensuite quantité de fusées
d'honneur, après quoi tout le Ciel
parut enflammépendant près d'une demi-
4 heure par un nombre infini d'artifices de
toute espece. par un Soleil fixe de plus de 50. pieds de diametre, par quantité de caisses de fusées, de pots à feu, de
gerbes, de feux brillans
,
de lances, Sic. Ce qui fut terminé par une très-magni1fique
Girandole, composée de plus de .OO. fusées qui partirent tout à la fois.
1 ïr vDI, Caval9
Cavalcade.
Le grand Canal de Fontainebleau a
160.toises de longueur. Il en parallele
à l'allée royale qui a la même étenduë.
Il est revêtu depierres de taille, bordé
de gazon, & renferme quantité de trèsbelles
carpes & autrespoissons. Plusieurs j
grandes & belles allées en palissades
,
qui
y viennent aboutir, rendent la promenade
au tour de ce Canal tres-agreable;
ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on y a vu !
toute la Cour prendre ce
divertissement
à pied, àcheval & en carosse; mais lacavalcade
qui y fut faite le 6. de ce mois j
après midi, doitpasser pour une des plus
belles, des plus magnifiques
,
& des plus
brillantes qu'on y ait encore vûes. La'
beauté du jour relevoit encore l'éclat de
cette pompeuse marche. Le Roi étoit à
cheval, accompagné des Princes du Sang,
de ses principaux Officiers, &de quantité
d'autres.Seigneurs de la Cour Se
Etrangers. La beauté & la fierté deschevaux
, ix richesse des harnois & des
habits, tous differens de ceux qu'onavoit
vû paroîtrela veille & la surveille, faisoientuneffet
admirable. La Reine étoit
dans une. superbe calèche découverte
-avec1les .Pri-ncevsses dou Salng.&mleseDsa-
- i
mes de sa Cour, qui suivoiént dans six
autres caleches découvertes très-magnifiques.
Elles briiloient toutes de la plus
éclatante parure. Leurs Majestez firent
deux fois le tour du Canal, au son d'un
concert de toutes sortes d'Instrumens,qui
étoient dans les deux grandes Gondoles
à rames, sur le Canal. Le Roi se tint
toujours auprès de la portiere du Calorie
de la Reine, ayant ion chapeau fous
le bras, depuis le moment qu'il eut joint
cette Princesse.
Après la promenade Leurs Majestez
prirent le divertissement de la Pêche des
Cormorans,dont une partie du plaisir
consiste à voir jetter en l'air les poissons
que prennent ces oiseaux
,
qu'ils reçoivent
dans le bec, par la tête, pour les
avaler plus commodément. On leur met
un anneau de fer au bas du cou, par
moyen duquel on leur fait rendre le pois
son qui est demeuré dans le gozier.
Vers les sept heures, au retour de la
Cavalcade & de la Pêche, il y eut Cercle
chez la Reine, où l'on entendit un
magnifique Concert de Voix & d'Inr.
trumens.
y,vol. E LE
LE MARIAGE DU ROY
avec la PrincesseMarie, Fille
du Roy Stanislas.
TOÈME pêfnté à la Rdnetl tiwps
definpassageà Châlons
y par M. Paru
Curé de COOLHS,Dioclx de Chalory.
F Avorable à l'ardeur, qu'un beau dessein
m'inspire,
Dieu des vers, soutiens mes effort,
Pour chanter les grands noms fais qu'aujourd'hui
ma Lyre
Enfante les plus doux accords
Il m'entend. Je le voi, sa presence s'enflâme;
Son soufle a penetré mon ame;
Mortels, respectez mes transports,
Qu'est devenu ce temps sicher à notre Empire.
Quand le plus heureux de nos Roi;
Dans sa Famille tant de fois
Se vit renaitre& reproduire?
Grand dans tous ses projets, il ne l'étoit pas
moins
Lorsqvu'oimlit.ant des Dieux la sagesse suprême, En
En chacun de ses fils, il formoit par ses
soinsà
Un Heros, un autre lui-même,
Qu'il destinoit à nos besoins.
De cent peuples envain rassemblant les Cohortes
,
L'envie osoit alors fremir de toutes pans,
Contre ses fureurs les plus fortes,
Nos Princes étoientnos remparts.
Ils ont vécu. L'arrest de nos destins contraires
Fait disparoître ensemble à nos tendres gards re- ,
Les Fils, les Petits-Fils, les Ayeux & les
Peres
Mais devois-je rouvrir la source de tes pleurs?
France, tes beaux jours vont renaître,
Le Ciel favorable à ton Maître
Semble épuiser pour lui ses plus rares faveurs.
Voi revivre en lui seul les Herosde sa Race,
Oüi, sa feule presenceà tes yeux les retrace :
Oh, si ma voixpouvoit,secondant mes souhaits,
Exprimer dignement ma pensse &- mon zele,
Tu m'entendrois bientôt, des Rois les plus
parfaits
2. 7JDI E ij PeinPeindre
en lui lenaissant modele :
Aux accens, dont ma Lyre auroit frappé les
airs,
Son portrait attirant les yeux de l'Univers:
Qui n'admireroit pas cette grâce ineffable
Qui brille sur son front, qui fait que son aspect
Imprime dans les coeurs ce sentiment aima
blé
Mêlé d'étonnement,dejoye & de respect?
Mais que j'aimerois davantage
A te parler des biens rares & prétieux
Qu'en naissant ton Monarque eut des Dieux
en partage!
Objet de leur amour, il en reçût pour gage
Avec un naturel doux, tendre,officieux,
La rapide valeur, dont les plus grands obstades
Ne peuvent qu'irriter le cours impetueux»
La politique fage &fertile en miracles,
Et cette grandeur d'ame , en des succès divers
,
De soi-même, du fort, noble & fiereMaîtresse:
Qui voit d'un oeil égal, sans orgueil, sans
foiblesse
£ vol, Le,
Les triomphes& les revers.
Des dons les plus exquis assemblage admirable!
Je ne fais qu'entrevoirvotre éclat adorable;
Un jour, pow vous, un jour au midi de ses ans,
LOUIS éfacera les Princes plus grands.
Ainsi l'astre fécond que l'Indien adore
Succedant à ceux de la nuit,
Ne nous ébloüit pas encore
Au premier instant qu'il nous luit:
Un éclat vif&doux entrouvre
La nuë,oùnotreoeil le découvre;
Mais bien-tôt après son retour
Tout s'eclipse , & du haut de sa vaste carriere
Par de longs torrents de lumiere
Il verse la flame & le jour.
Que vois-je! tandis que je chante
Les Trésors qu'en LOUIS le Ciel nous a donnez,
Un autre objet divin à mes yeux se presente,
Et partage avec lui mes regards étonnez.
C'est l'Auguste MARIE; A peine elle s'avance
,
2. vol. E iij L'air
L'air retentit au loin de chants melodieux,
Des jours purs & serains annoncent sa présence,
Tout s'embellit, tout brille, & pour plaire à sesyeux,
Nos climats semblent prendre une face velle. nou-
Ah ! lorsque de son coeur l'amour tendre& fi* dele, - Mieiyc que l'Hymen encor, va t'engager sa Foi,
Grand Prince, à nos desirs que ton ardeur réponde,
Viens ,hâtes-toi d'unir le plus beau Sang du
monde
Au Sang le plus digne dj toi.
Plus fecond, plus heureux, que celui de
Pelée,
Ce lien nous promet des Achiles nouveaux;
J'envois la France repeuplée;
Ilstesuivront, dis-nous, par quels nobles
* travaux
Tu voudras les conduire au temple de Memoire;
-1
Soit que de ton Ayeul impatient Rival.
Ton courage prétende, en courant à la gloire,
Surpasser tous les Rois pour être son égal;
2. vol. L'EULEmopes'en
émeut, & déjà lavictoire
Offre à ton bras armé ses Lauriers pour signal
Soit, que formé plutôt sur le pieux modele
Du Roi jadis terrible à l'impie Afriquain ,
Ta grande ame, du Ciel épousant la querele
Porte au delà des mers ta fortune & ton zele.
LeTonnere vengeur s'allume dans ta main.
Quel Peuple audacieux
, avançant sa ruine,
Oseroit un moment braver tes Etendards?
DigneSangdesBOURBONS, cede au feu
qui domine
Leurs coeurs accoûtumez àla faveur de Mars.
Qu'à t'arrêter le Maure ou l'Ottoman s'obstine,
Il me semble les voir contre toi s'assemblant
Combattre & disparoître, & bien-tôtleurs
-
Rois mêmes ,
Attachez à ton Char, adorer entremblant
»
Ton front victorieux ceint de leurs Diadêmes.
O! que tes Fils alors triomphans sur tU
pas,
Anne: ont à cüeillir des palmes toutes prêtes!
2.vol. E iiij Mais
MaCis queofaism-je? bpouraquoti t',appeller aux
Quand tu peux leur apprendre au sein de tes ttàts,
A faire sans peril de si belles conquêtes?
Sensible au prix flateur des plus rares vertus > Instruis-les chaque jour par d'immortels
Exemples.
A regnersurles coeurs, à meriter lesTempIes.
Que l'on dressa jadis aux bontez de Titus.
Quels seront nos transports, quand la France
ravie,
Verra de tels effets son attente suivie !
Ses Enfans, de leur Prince enchantez, satisfaits,
S'écriront, en comptant les momens de sa
vie,
Par le nombre de ses bienfaits.
Quel autre mieux que lui nous marquasa ton.
drejJel
Quels voevx avons-nous faits qu'il n'ait pas
exauceç?
Nouvel AUGUSTE> au gré de ses foins emprejJez,
Renaissent les plaijîrs,les jeux & l'allegresses
2. vol. Depuis
III
Depuisqu'il lesccmoit, tous nos maux foi*
paJlèz ;
A nos moindres besoins sa bonté s'interesse,
Et l'impuissance enfin de le loiier assez ,
Est le seul malheur qu'il nous laisse.
Mille Horaces alors naîtront pour le chanter,
Si pourtant mieux que moi quelqu'un peut raconter
Alaposterité jalouse;
Le bonheur que LOUIS, que sa divine
Epouse,
Dans la fuite des temps nous auront fait
gouter,
On pourra quelque jour m'accorder cette
gloire,
Qu'en exprimant ici les voeux
Que mon coeur a formé pour eux,
J'aurai lçu dans mes vers prédire leur hiftoire.
Que ce Monarque issu du fang des demiDieux,
Puisse en leur ressemblant, meriter qu'on 1adore,
»
PuHfe naître de lui, pour meurir fous ses
yeux,
Une posterité plus admirable encore
2.vol. Ev Que
Que nele furent ses Ayeux.
Toi qui formas le coeur de notre auguste
REINE, ,-\
Ciel, dontla faveur souveraine,
Fait monter avec elle au Trône des François,
La Sagesse & l'Amour des Loix
»
L'Equité, la Candeur, la Pieté sincere
3
Doux heritage que son Pere
Lui transmit tel que ses Ayeux,
L'ont eux-mêmes reçû des Dieux.
Juste Ciel, fais aussi que près d'elle empressée,
*' L'innocence recompensée
>
Et le merite accredité ,
Celebrent à jamais sa confiante bonté;
Et qu'enfin l'univers juge de son courage,
Par les siflemens & la rage
Des vices, dont un jour ses exemples vainqueurs,
Auront afranchi tousles Coeurs.
2. vol. COMHarangues
3
Corfplimens, &c.
LE 10. Septembre, les Députez du
Parlement
, au nombre de plus de
50. partirent de Paris
,
& allerent coucher
a Metun, où ilsfurentlogez à la
Craye. Le lendemain ilsrevendirent à
Fontainebleau3 ou ils eurent l'honneur
de complimenter Leurs Majestez avec
les Ceremonies accoutumées. M. For"
Lui
,
Premier President, à la tête de
là Compagnie, prononça un très beau
Discours. Ces Magistrats revinrent le
12. & passerent par Maugiron
,
où M. le
Premier President leur donna un magnifique
dîner.
Le même jour les Députezde la Chambredes
Comptes, M. de Nicolaï, Premier
president,àlatête & les Députez
de la Cour des Aydes, M.le Camus,
Premier Président, à la tête
,
s'acquitterent
du même devoir. Les Chefs de ces
Compagnies porterent la parole. Ih furent
prelentez par le Comte de Maurepas,
Secretaire d'Etat, & conduits par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
2. vol. E vj CereCeremonies,
& par M. Desgranges Î
Maître des Ceremonies.
L'après-midilesmêmesDéputez du
Parlement, de la Chambre des Comptes
& de la Cour des Aydes, rendirent
leurs respects à la Reine, & les Chefs
des trois Compagnies, eurent l'honneur
de la complimenter. ? Le -, 10. de ce mois au matin, les Députez
del'Assemblée generale du Clergé
de France, eurent l'honneur de complimenter
le Roi sur son Mariage. Ils furent
reçûs avec les ceremonies accoutumées,
étant presentez à S. M. par le Comte de
Maurepas, Secretaire d'Etat, & conduits
par le Marquis de Dreux, Grand-
Maître des Ceremonies, & par M. Defgranges,
Maître des Ceremonies. L'Evêque
de Luçon, Adichel Celse Roger de
BUssyJ porta la parole en ces termes: SIRE,
Ce que nous avions tant defirè3 ce qui
seul étoit capable de calmer nos inquiétudes
& d'affûter la tranquillité de l'Euro-
• pe, Dieu vient de nous l'accorder dans
/'heureuxMariage.de VOTRE Majeste'.
Tous vos jours font marquez., SIRE»
par les témoignages que vous recevez,sans
2. vl. çeflt
cesse de lav.our de vos peuplesj vousy
ctes toujours sensible
s vpus le jerez sans
doute encoreplus à L'ardeuravec laquelle
l'Eglise de France presente a Dieu les
voeux 0 ses sacrifices.", pour la prosperité
d'une union qui feraégalement vôtrefélicité
& cdle de vos sujets.
Que poiivoit-il nous arriver, SIRE;
de plus bnireux q:te de voir associer à
votre Empire une Princesse que Dieurécoh
pense aujourd'hui pour l'honneur de la
Vertlt) à qui le Ciel a do"né la Foi la plus
vive pour lesventez. Evangeliqucs
,
& la
fidJité la plus exscie pour renplir tous
les devoirs de laReligion. Vne Princesse
„ qui éprouvée par lis différentes vicissitudes
de la fortunes toujours occupée a les
mettre à profit,apporte sur ieTrône un
coeur dégagé des vanitt^jde la TerreJ &
que l'expertenceaurapréparé à la bonté
& a la comp.cii i vertus si rares dans
ceux qui onttoujours étéh:ureux!
jP. teutiS les Provinces de cevafie Empire
.2-ps de cet
j que tous Id C.'-ps J!'UftyfS 1 p Etat fignahnt donr a rti'L'i les ranfports
de leurjoye deleurs c/p".,..mce;.
Pour nous, par un >cvnoignage d'un
bien plusgrand prix que les Trophées&
,, ~i que les Arcs de triomphe llons
, n>us allons
joind-e ls augufles noirs de LOUIS &
de MARIE dans Us faims Sacrificesque
2.vol. nous
nous offrirons toits les jours au RndNKol!.
Nous lui demanderonspourvousy SIRE,
pour rEtat, pour l'Egfife, lab.ncdiciion
qitAbraham regardait Clmme le comble de
saflicité,&sanslaquelle il éteit infenfi"
ble à tous fcs autres biens, une pojteritz
nombreup.
A4-ils ce que lniormuss lui demanderons enco'e,
SIRE, avec bien plus d'injîance &
d'ardenty ctftqui'l vous iA.¡;.Ù le Pere
de vos. Peuples.
Phifteurs de vos Prêdecesseurs ont porté
les glorieux tires de Conquérant} de G'.rnd3 , de f^iBorieux ; un fini, dont la m:r<i<v.rc
jedans une étemelle bénédiction
, a porte
alm de Pci'iPeuple. Il mérita de etre
en foulagéantses Sujets par une comMiftrai:
on 'V;"il}'f!("nt paternelle, & maigre
les longues&difficiles Guerres qu'il ellt
à foutenir.
jQue ne dr'o-r-yn'is pas esperer de VOTRE
MAJBSTE'dais d:sconjonBures plus
favorables,cfrquand nous voyons à la
* tête de vos Conjtils la venté> la justice &
la bonne foii qttan i nous voyons vôt"e
autorité,déjà si r-fp-fiable, recevoir encore
un nouveau lustreda augustesmains
à qui vous l'avez,confiée ?
Peu de Rois, SIRE3ont contrarié avec
Dieu d'ausî grandes obligations que vo-
1. Vol, TRE
TRE MAJESTe. fous en avez, reçu des
grâcesinfinies.
Je ne parle point de cet agrément de la
nature s
qui, quoique dangereux fied
pourtant si bien a la Majefié du Trône;
& que Dieu mêmeferrbla rechercher dans
les premiers Rois qu'il donna à [onpeuple.
Je ne parlepoint encore de l'avantage
de commander dans un âge si jeune an
plus beau Royaume de l'Vnivers.
MriÙ,SIRE,n'toublieZ jamaiscette
efpeee de miracle que Dieu a fait en vôtre
faveurilorfquil a garenti vos Etats de
toutes guerres inteftmes 0:1 étrangères dans
l'agefaible que l'ambition3 la jalousiey
les prétentions attendent pour en profiter.
N'oubliez, jamais que C'tfi dans ces
temps les plus critiques que Dieu a fait
refptclcr davantage vôtre autorité Royale,
sans autres forces que celles des Loix.
Tant de faveurs, SIRE, n'ont pas
épuift les bornez, de Dieu fur VOTRE MAJFSTE'
i il vous réftrvoit dans les trésors de
sa Providence une Princeffc formée félon
fin coeur, & dont les vertus mettront le
comble à vôtrefélicité.
Que la pofierité publie donc à jamais
vôtre amour pour l'Eglise
y
vôtreproiellion.
pour faire observer les loix que le Saint
Espritdifieparfit bouche. Faites-lajouirt
cette Eglise , de la paix & de la tranquille
vol. liti
liti qui regnent dans vos Etatss & dont'
vous êtes redevable afis Prieres.
Cest à vous de laprotegsr3 tandis qu'elle
demande à Dieu les grâces les plus abondantes
pourVOTRE MAJESTE'.
Qu'il vous rende le plus religieux, le
plus jufle
s
le plus pacifique; ou si l'on
vous y force, le plus viïlorieux Prince
quiaitjamaisngné.
Qjte, cheri du Ciel, & honoré sur la
TerreJ vous voyez., comme un autreSaint
Lmis
3
croître fous vos yeux un^no?nbreusi
pajlertté
,
soUde appui de voire Empire.
Et qu'enjïn vous joù'iffiez.trè.s-long-temps
de toutes les projperitez. accordées aux Princes
qui ontprotégélaReligion.
L'après midi les mêmes Députez complimenterent
la Reine, à l'audience de
laquelle ils furent conduits avec les mêmes
ceremonies observéeschez le Roi.
L'Evêque d'Angers, Michel Poncet dela
Riviere
3
complimenta S. M. en cette
maniere.
MADAME,
Quellejoye pour le Clergé de France
de pntirq¡.,e reniée fishommages a VOT&É
MAJESTE'
,
cest les rendre à la vertu. i.zoL Le
LeT<on (si touj ours imposant par lutmême;
la Juprêrheautorité dont il cfl le
centye, l'éclat qu'il répand de toutes parts,
les glaces quifins cijfs en decofilent comme
de leurfoitrce, frappent3 ivloüiffint
3 captivent,
pour ainsi dires ceyx giti ont l'hon- ceux qui l'honneur
d'tri approcher. Mais, MADAME,
lorJqueles Souverainssçaventjoindre aux
en,inentesprérogatives de leur rang lesfintimens
de pieté qui fanElifient la grandeur,
des liens plus doux &plus forts
que ceux de la crainte ou de lesperance
)
leur ajfitrcnt la fdehtc des puples >& le
coeur d'accord avtc le devoir, porte a
leurs pi»it's ds voe*uxle Pa*rtant 'nrîwgoilnnss ffuuff- ptfis, que la Religion les .nfpire> &
qu'un amour refpcttueux engage à les
former.
Infïruit depuislong-temps,MADAME
,
par lu renom*: ée des abondantes bencdiétionr
que le CielaversésurVOTRE
M AiFs-rE', le p'cnirr Corps de ce Royau- * v.e attendoit avec inspaticnce le moment
qui devoit le rendre iè-r-oin des rares permettions
qui vous ont placéesur le premier
Trône dit Monde. Ilest venu ce jour heureux.
Nous voyons, & nous admirons:
Dieu en vous donnant, MADAME,x
cet Empire, fait éclater en même temps A
nos yeux sa jussiee & fà bonté; pi juflice
couronne vos vertusJ & sa bonté prépare
notre bonheur. Oui
>
Oui, MADAME, la France ne trouvera
pas moins dde re,jrfr-oarccs dlansvot,1refri.-
gefe , que la Pologne en a trouvé mille
fois dans la valeur & dans les conseils de
tant àHommes lllujires que vous compte
parmi vos jiyeux. Quand notre attente ne feroitfondée que sur ceque VOTRE MAJESTE'
a pris foinde recùnllirdes exemples
touchans & dessolidesinflruttions. du
R;; votre augnflePerenous aurions lieu
de nous flatter d'une félicitéparfaite. Ce
Grand Prince afçfiserendredignederc*
gner3 il a regné avec gloire, (y ilvous voit,MADAMEJ Souveraine d'un Peupietoujours
confiantdanssafiJ.litc.
C'est cettefiddité invioltbh,MADAME,
qui ftmble faire le caraEljreparticulierdela
florissanteNajion que vous voyez,
fournise a vqtre puiffancc. Si nos Souverains
nesifont par moins diflinguez.par iflingi~cz par
leurs qualités héroïques que parleursexploits,
leurs Peuples ne lé fontpas mJins
acquis de réputation par leur amour pour
leur Prince que par leurcoulage. Ilfitbfiflera
toûjours, MADAME, cetdmour silégitime&si éprouvé. LeRoivatre auguste
& aimable Epouxconnott déjà par lui-même jusqu'a quel point notre zele
pour le bien de L'Etat a pouffé ses cjfrrtu
La Providencevousappelle, MADAME,
pour en être le tém:in3& no'is er;
2.Voltj. ii.iï'
Ça;tir par les effets de votre prctettion3 que
vsus en êtes auJJi la recompense.
Ccmtn.mnel*efpererions-nouspas,MADAME,
quand nous voyonsdansVOTRE
MAJESTE' cet esprit Sautant plus elevè|
qn'dsçaitfaireappercevoirsasuperiorise
fuis larfirecraindre* Cette pénétration À
qui run n'échappe, ces connoif[ance. qui
ne TOUS lailftnt ignorer que ce qu'on ne
d~o/<itjamaisjf~a~vo0ir~> cCe~tt~e ~g~raMnde~urr d~'WamCe
sans fierti, cette affabilitéjagement menacée3cette
égalité inébranlable quisoumet
L'humeuraux loix de la politesse
,
& aux
Ag;ln;,ns de la flcieté, cecoeur gencreux
qui
n^ fut j*mais fupt: par.lesdouceurs
de Cabondance
,
ni abattu parléloignement
de la prosperité : que de motifs pour
vousy MADAM E, de, publier que vous
eus dione dit Monarque que Dieu vous a
donnépour partages&dontle bonheur
feraccltid'fisSujets.
Mais le Clergé de ce Royaume est bien
moins touché de toutes ces perfettions,quelqueprétieufes
quellesfoutît, que de lheum
reux assemblage de tant de vertus chrétienries
qui brillent dans VOTRE MAJESTÉ»
& qui procurerontsans doutealaReligion
autant de consolation que de gloire.rous
adorez, finccrement l: Dieu de vérité,
MADAME,&vousl'aimez ; la Foi
cmbra7e votre coeur,& vous lui obéissez.>
2. vol. vous
voils ch1Âvertu ,
& vous la résom- ;
penfez,; vous vous attachz aux pieds des
Autels & vous VJHSyà l'afpeEt
deVOTREMAJESTE, les nuages quauroit
pu former /? Prince des Tenebres
, se dif
fîperontsans retour, & fEglifl de France j
jouira d'une fer.'nitéqu'elle fera charmée;
de devoir avotre pieté & a vos exemples, :
Dans cette confiance
>
MADAME)"
nos souhaits se multiplieront chaque jour
en votre faveury & les Temples du Sei-
1 gneur retentiront de nos aétions de grâces & de j nos prieres. Nous conjurerons sans
cefe le premier distributeur
1
des Sceptres
& des Crwronnes, de bénirà jamais une j
union, qui après avoir étédéterminée
dans la profondeur de ses Conftifl, vient
d'être accomplie pourlafélicité de cet ErJ- 1
pire; & s'il nous étoitpermis, MADA- 1
ME, de former des voeux dont le faccès j
parott irnpijftble3 nous demanderions à
DDiùeuu avec ardeur, d'accorde,. à VOTRE 1 MAJESTE' un Regneaujji durable, que le
fera la fidélité du Clergé de France PIJI",;
fis Souverains. !
Le même jour le Garde des Sceaux
de France, à la tête du Conseil, s'acquitta
du même devoir.
Le 1 3. les Députez du Grand Conseil
, M. deVertamont, Premier Presi-
, z. vol. dent,
dent, à la tête
3
portant la parole, eurent
l'honneur de complimenter le Roi sur
son mariage.
Les Députez de la Cour des Monnoyes
s'acquitterent du même devoir. M. Hofdier
,
Premier President porta la parole.
M. Dagnumer, Recteur, à la tête de
l'Université,complimenta le Roi sur le
même sujet; de même que l'Académie
Françoise
3 au nom de laquelle l'Evêque
de Blois, Directeur de cette Académie,
porta la parole.
Ils furent tous presentez par le Comte
de Maurepas, Secretnire d'Etat, & conduits
en la maniéré ordinaire, par le
Marquis de Dreux, Grand Maître des
Ceremonies, & par M. Desgranges,
Maître des Ceremonies.
Jean François le Fevre de Caumartin,
Evêquede Blois
3
s'exprima ainsi :
SIRE,
De tous les êvertemens quijupjuîci ont
attiré l'.Académie aux pieds de votre Trône,
voici sansdouteleplus heureux.Nous
ne venons point les yeux.baigllle'{,de larmes
, Ô" penetrez. de la perte du plus g rànd
des Rois, chercher dans un tendre & préticuxEnfant,
dequoi faire rtvivre nos
Z* volt tfpd
ésperances. Ce n'est point après leffroi cau-
Jépar une 7naladie fitbite3 pou?nousranimer
à la vite des rayons de vie que Dieu
fait reltire furie vifitgede VOTRE MAJESTÉ'.
Nous ne venons plii--à
des idées, a la vérité
,
lfateufis & ara- 1 dies à verite
bles, mais dont lesfruits ne nous étaient
montrez, que dans un trop grand éUignement;
nous venonsjouir de la vue d'an
Monarque, en qui tout promet & garantit
ce que nois avons le plus desiré: nous venons
a tfnÍrnons aitnire}Ír"U1.f1i{gterjffrereddee 'Ôn choÍ:t: : nous
f<Mchoix: venons adirerles reJJbrts secrets de la Providenc:,
qui par des ;ouïes si peu connues
Aux hoT?i't-i£S ,
laiamens comme par la main
une Eptufe si digne[de lui: nous venons
affurer VOTRE MAJESTÉ'del'impatience
oh fontnos À4nfes de Cilebrer les f;,s de
Votre heureux M.tri.l'J.e, & fw-'iont dit
"%eleaveclequel nos Orateurs Chrétiens se
proposent diannoncera/Uni vers la pictJ
de notre Aug-tfbe Reine.
A L AREINE.
MADAME.
L'amour de nôtre Nation pour fies Rois
est connu aux extrémités de la Terre; &
quandfut-iljamaisplusheurtufement
z. vol* placé ?
v!(tcé?VOTRE MAJESTE'calmeles allaruns
dont il n'a étéque tropfiuventagité.
Vous maintiendrez, ce Royaume dans la
poJSLjJiun a'êt--e gouverné par des Heros
Chrétiens; & ceux que notts attendons, auront
encore un nouveau modèledansvotre
SÎdyUjïc Perce Vos difeours & vos exemples
retraceront sans cesse au Roivotre
Epoux l.spieusesleçons qu'il a reçues
clun de nos Académiciensj& la vue/euh
de VOTRE MAJESTE' fera une preuvefubsissante
dans cette Cour, que le faisse des
grandeurs humaines, qui rend si difficile
la pratique de la R-Ligion (3- dd venusa
ne leur eji pas ina!L"lbl-
VAcademie infiruite de l'étcndtÚ des
connoifonces de VOTRE MAJESTE', cherche ne point à se définir. Si elle vousprefinte
ici ce que ¿',Ecl¡ft
s
l'Etat, les Ar*
mes & la politiqueontdeplusgrandJelle
Jciit a.¡'f'-:J que fin objet 3son travail
,
[on
utilité il'ont pit échapper a une édic.mon
conme la votre. Dans nos prf'7nj resan- ?ieesnousattirâmeslutt.ntioncl*une gran- d: Reine
_,
si célébré par son amour pour
les Lettres,- dans la fuiteLOUISLE
GRAND a bien voulu fê declarer notre
proteReser, & cet honneur nous ej} continuépar
fin Auguste Petit-Fils. Entrez, en
party MADAME,d'une preteElion qui
nous efl si ghrieufi; vol,nrousin'oeltblinerods
rien pour nous en rendre dignes.
L'après-midi les Députez des mêmes
compagnies,l'Université&l'Académie
Françoise rendirent leurs respects à la
Reine, & les mêmes personnes qui
avoientcomplimenté le Roi, porterent
la parole; ayant été presentez & conduits
à l'audience de S. M. avec les mêmes
ceremonies observées le matin chez
le Roi.
Le 14. les Députez des Etats de Languedoc
, eurent audience de la Reine,
étant presentez par le Duc du Maine ,
Gouverneur de la Province, & par le
Comte de S. Florentin, Secretaire d'Etat
J
& conduits par le Marquis de
Dreux, Grand-Maître des Ceremonies,
& par M. Desgranges, Maître des Ceremonies.
L'Archevêque d'Albi, Ar~
mand-Pierre de la Croix de Castries, Député
pour le Clergé, porta la parole.
Le 16. le Corps de Ville, le Duc de
Gesvres, Gouverneur de Paris, étant à
la tête, eut audience du Roi; le Prefident
Lambert
,
Prevost des Marchandi.
porta la parole. L'après-midi il rendit
[es respects à la Reine, qui fut complimentée
par le President Lambert. L?
Corps de Ville sur presenté à ces deux
audiences par le Comte de Maurepas,
2.vol. Secre-
1
Secretaire d'Etat, & conduit par le Marquis
de Dreux, Grand-Maître des Ceremonies,
& par M. Desgranges, M..
tre des Ceremonies.
Rèjoûijfanccs a Paris.
Cet article ne fera pas bien long
,
non pas que cette grande Ville n'ait
donné beaucoup de marques éclatantes
de si joye, à l'occasion du mariage du
Roi s mais on ne redira point ici sur ce
sujet ce qui a déja été inseré dans les
deux derniers Mercures, ausquels nous
renvoyons le Lecteur.
Lettre du Roi au Cardinal de NfJailús , çfre. MOn Cousin, l'empressement que
mes Sujets ont toûjourstémoigné
de me voir assurer, par un prompt mariage
,
la tranquillité de l'Etatétoit trop
juste, pour differer de répondre à leurs
voeux, par un choix propre à les remplir.
J'aicrû que nos communes esperances
ne pouvoient être mieuxfondées
que sur les vertus & la pieuse éducation
de la Princesse Marie. Le Traité de nôtre
Mariage conclu avec le Roi son pere , a
été accompli dans ma Ville de Strasbourg,
2. vol. F et
Ci mon Oncle le Duc d'Orleans l'épous
en mon nom le quinze du mois p:llIë"; &
la Ceremonieen ayant été celebrée ce- jourd'hui
,
il ne me reste qu'à demander
à Dieu de me continuer sa protection > & je vous fais cette Lettre pour vous direque mon intention est que vous fassiez
à cet effet chanter le Te Deum dans
l'Eglise Métropolitaine de ma bonne Vil.
le de Paris, le jour que le Grand Maître
ou le MaîtredesCeremonies vous
dira de ma part. Surce, je prie Dieu qu'il
vous ait, mon Cousin
, en sa sainte &
digne garde. Ecrit à Fontainebleau le
cinq Septembre mil sept cent vingt-cinq.
Signé, LOUIS, & plus bas, PHELYPEAUX.
T'enmrdela Lette de Cachet. du Roit
au Parlement de Paris.
DE PAR LE ROY.
NOs amez & seaux, l'empressement
que nos Sujetsont toûjourstémoigné,
de nous voir assurer par un prompt
Mariage la tranquillité de l'Etat, étoit
trop juste, pour differer de répondre à
leursvoeux,par un choix propre à les
remplir; nous avons crû ne pouvoir
mieux fonder nos communes esperances
lr vol, îtig
que sur les vertus& la pieuse éducation
de la Princesse Marie ; le Traité de nôtre
Mariage conclu avec le Roi son Pere,
a été accompli dans nôtre Ville de
Strasbourg,oùnoire Oncle le Duc d'Or.
leans l'épousa le quinze du mois paflféj
nous avons bien voulu vous donner avis
que la Ceremonie a été celebrée cejourd'hui
; & ayant à cette occasion ordonné
des Prieres publiques, pour demander à
Dieu de nous continuer sa protection ;
Nous vous mandons & ordonnons d'assister
en Corps de Cour
-
& en Robbes
rouges au Te Deitm qui fera chanté dans
l'Eglise Métropolitaine de nôtre bonne
Ville de Paris, le huit de ce mois, à
l'heure que le Grand-Maître
, ou le Maître
des Ceremonies vous dira de nôtre
part, si n'y faites faute. CAR tel est nôtre
plaisir. DONNE' à Fontainebleau le
cinq Septembre mil sept cent vingt-cinq.
Signé, LOUIS, &plus bas, PHELYPEAUX.
jiRREST DE LA COVR
de Parlement, &c. cE jour les Gens du Roi sont entrez
, & MaîtrePierreGilbert de
Voisins, l'un des Avocatsdudit Seigneur,
portan;t, la parole, ont dit à la Cour, que vql. Fij le
le Grand-Maître des Ceremonies étoit à
la porte, qui apportoitune Lettre de
Cachet du Roi
, pour faire part à la Compagnie
de son Mariage, & pour en-rendreà
Dieules grâces accoutumées; furquoi
toutes les Chambres ayant été affeinbiles,
l'on a fait entrer le Grand-Maître
des Ceremonies, lequel ayant pris place
entre Maître Loüis de Vienne, 6c Philippes-
Charles Gaultier Dubois,Conseillers,
a presenté la Lettrede: Cachet
dudit Seigneur Roi, adressante à la
Cour,dont la teneur est cy-inferée ; ôc
après la lecture faite d'icelle
, en presence
des Gens du Roi, par Maître Loüis
de Vienne,Conseiller, Monsieurle Premier
Presidenta dit au Grand-Maître des
Ceremonies: que la Courobéïroit avec
joye aux ordres du Roi, & lui a demandé
à quelle heure se chanteroit le Te
Dcmn, à quoi il a répondu que ce ûxoit
à quatre heures; lui retiré,les Gens du
Roi, Maître Pierre Gilbert de Voisins
portant la parole, ont dit, que c'est plutôt
par des acclamations que par des discours,
qu'on peutdignement applaudit
à l'heureuse solemnité du Mariage du
Roi, dont il a la bonté de faire part à la
Compagnie par sa Lettre: qu'ils ne pourroient
rien dire en ce moment qui ne fut
audessous des pensées de la Cour & del
z> vq!. leurs
leurs propres, dans la joye d'un évenement
(1 necessaire pour la France, si- interessant
pour le Roi, si capable de combler
ses voeux- & ceux de ses peuples par
les augustes qualitez Ôc les éminentes
vertus de la Princesse que le Ciel a'
bien voulu nous accorder pour Reine ;
que si tous les Ordres du Royaume doivent
à l'enviprendre part à la fortune
publique dans cette éclatante occasion
,
il
est juste que cette Compagnie sur tout [
signale; elle qui plus particulièrement
attachée qu'aucune autre au bien de l'Etat,
& à lapersonne de ses Souverains,
doit être pli's.fenrible auH]à tout ce qui
les in:C'J.'eiJè : qu'à l'exemple de ce que
la Cour a coutumede faire dans ces gran- - des occasions
, ils requièrent qu'il foit
arrêté & ordonné, que pour rendre grâces
à Dieu de l'heureux Mariage du Roi,
la Courassistera au Te Demh qui sera
chanté demain en l'Eglise de Nôtre-Dame
; qu'à cet effet elle s'assemblera au
Palais en Robbes & Chaperonsd'ecarlatte
, à l'heure indiquée, pourdelà se
transporter en l'Eglisè de Nôtre-Dame
en la maniéré accoutumée;que les Officiers
du Châtelet & les-PI{;voil: des Marchands
& Echevins decette Ville feront
avertis de faire faire le même jour des
Faux de joye le plus solemnellement que
2. vol F iij faire
faire le pourra; qu'outre la Fête de demain
& le Dimanche quifuit immédiatement
après, Meilleurs qui doivent
composer la Chambre des Vacations
, vaqueront
Lundi prochain
, pour donner
des marques dela part que la Cour prend
à lajoye publique,lequel jour fera ferié
par toute la Ville, & les Boutiques fermées;
enjoint à l'Horlogeur du Palais da
carillonner sur l'heure à l'Horloge, &
ne cesser toute la journéesqu'il serafait
incéssamment au Roi une Députation expresse
& solemnelle, pour lui témoigner
la joyeque la Compagnie ressent de l'accompliflenrent
de son heureux Mariage,
& que Messieurs qui feront députez iront
pour le même sujet vers la Reine, Epou-
[e du Roi: sur quoi Monsieur le Premier
President leur a dit: que la Cour en ailo:
t déliberer. La matiere mise en déliberation.
A arrêté&: ordonné, que pour
rendre grâces à Dieu de l'heureux Mariage
du Roi, elle assistera au Te Deum
qui se chantera demain huit du present
mois en l'Eglise de Nôtre-Dame; & qu'à
cet effet elle s'assemblera au Palais en
Robbes & Chaperonsd'écarlatte sur les
trois heures de relevée, pour delà se
transporter en ladite Eglise en la forme
ordinaire
,
& qu'elle vaquera Lundi prochain
dix du present mois, pour donner
2. vol, des
les marques de la part qu'elle prendà
la joye publique, lequel jour fera ferié
partoute la Ville, & les Boutiques fermées
ensignederéjoiussance; queles
Officiers du Châtelet& lesPrevost des
Marchands & Echevins de cette Ville
seront avertis de faire faire des Feux de
joye le plus solemnellement que faire se
pourra;
enjoint à l'Horlogeur duPalais
de carillonner sur l'heure à l'Horloge
du Palais, & de ne cesser toute la journée
s &en outre qu'il fera faitune Députation
expressede solemnelle, pour témoigner
au Roi la joye que la Compagnie àdesonheureux Mariage, & le remercier
d'avoir bien voulu en faire part à la
Compagnie, &que Messieurs qui feront
députez iront pour le même sujet vers
la Reine, Epouse du Roi. FAIT en Parlement
le sept Septembre mil sept cent
vingt-cinq. Signé, YSABEAU..
Les Theatins ont signalé leur zele par
un grand feu devant leur maison, qui
parutentierement illuminéed'une maniere
tres-ingenieuses sa situation avantageuse
sur le Quai, vis-à-vis le Louvre,
rendit cette Fête tres-agréabie.
Tous les Chapitres, les Collèges, les
Communautez Seculieres & Régulieres
, fcToncaussiciiftinguez.
2.Vil. Fiiij L'OL'Opéra,
la Comedie Françoise Sc
Italienne ont aussi donné de grandes marques
de joye par des feux & des illuminations.
Les Comediens Francois donnerentle
7. decemois, grati.ç,la Comedie
du Joueur,àlaquelle le peuple prendre parut beaucoup de plaisir. On ne descendra
pas dans le détail de tous les particu
iers qui ont donné des Fêtes, des
illuminations
,
des feux, &c..
Le 8. Septembre le Te Deum, ordonné
par le Roi
, pour rendre à Dieu de fÕlemnelles
actions de graces pour son Mariage
fut chanté dans l'Eglise Metropolitaine
de Paris, avec leCeremonies accoutumées
, & au bruit du canon 5c des
Cloches. Le Cardinal de Noailles, Archevêque
de Paris y officiapontificalement.
Le Garde des Sceaux y assista,accompagné
de plusieurs Conseillers d'Etat
& Maîtres des Requêtes. Le Clergé,
le Parlement, la Chambre des Comptes
, la Cour des Aydes, & le Corps de
Ville, qui avoient été invitez de la part
du Roi. assisterent au Te Deum en Robbes
de ceremonie, & à leurs places ordinaires.
Le foir on tira le feu d'artifice, dont
on va parler, devant l'Hôtel de Ville
dont , toute la façade étoit illuminée,& il
y eut2dans t.outve la Voille, lcett.e nuit, &le
les deux Suivantes, des feux,des illuminations,
& d'autres marques de réjoüissance
publique.
Description dela décoration du feu d'artifice
que la Ville de Paris a fait tirer
le 8. Septembre 17*5. à l'occajion du
MMaarir«iaauitt du Roi. duRoi.
UN Sacrifice d'actions de graces étoit
l'idée generale de cette décoration,
& le Temple de l'Hymenéefaisoit le
corps principal d'un grand édifice de
charpente, dont leplan quarré avec des
avant-corps sur chacun des angles, contenoit
environ cent pieds de pourtour
sur 50. d'élévation. L'ordre comporte y
regnoit partout.
La principale face étoit toute de marbre
imité des plus précieux : les chapiteaux
& les bases des pilastres
,
des confoles,
mascarons
,
&c. étoient rehaussez
d'or. Les trois autres faces étoient imitées
des pierreries ordinairesavec des refends,
niches, & autres ornemens d'Architecture
convenables à cette décoration.
Du milieu de l'entablement s'élevoit
un grand p'edestal de figurequarrée. La
partie du milieu de chaque face circulait
ti une ligne convexe sur le Plan : le pie-
2.vol. F v déliai
destal étoitorné sur les angles & sur les
profils de chûtés & de consoles, qui
servoient à porter les lampes allumées
pour éclairer le sacrifice.
Ce piedestal portoit un Autel antique,
sur lequel le Sacrificateur couronné de
myrthe & peint de coloris,effroit le
Sacrifice au nom du peuple en saisant les
libations. Il sortoit du Sacrifice une fumée
en figure de nuée qui terminoit le
tout pyramidalement. Au pied de l'Autel
étoit cette Inscription.
Gallorum VOTA soluta.
Les voeux des François accomplis
par le Mariale du Roi.
Dans le paneau circulaire convexe du
piedestal on voyoit un Tableau
,
peint en
camayeu de lapis, representant le Dieu
de I'Hymenée, qui preside au Mariage
du Roi & de la Reine, L. M. figurées de
la même maniere, & se donnant la main.
On lisoit au-dessous ces mots.
CONNUBIO JUNGIT STABILI.
Illes unit par un Mariage stable
& durable.
Les Hymnes du Sacrifice étoient exprimez
par deux groupes de Musiciens
2. vol. peints
peints decoloris,separezen deux choeurs
l'un vocal, & l'autre instrumental, placez
dans les deuxTribunes de cette principale
face, chaqueTribune étoit ornee
d'un bas relief fin d'Agathe, l'un representant
la fécondité
,
l'autre la felicité.
* Dans une des parties de l'entablement
& au-dessous de la balustradequi regnoit
tout autour,on avoit écrit ces mots.
AuGUSTA-SOBOLIsSPES MA6NA
RESURGIT.
On voit renaîtrel'esperance d'une augufle
pofieritc.
Les deux pilastres des deux extrêmitez
du corps de l'édifice, & qui montoientdu
rez-de-chauffée jusques fous
les Tribunes, étoient ornez chacun de
deux Médaillés de lapis qui pendoicnt
d'un mascaron rehaussé d'or, attaché au
milieu du plafond de chaque Tribune.
Chaque Medaillé étoit accom pagnée d'une
Inscription ou Devise en Lettres d'or.
Dans la premiere il y avoit une abeille
,
qui repose entre les feüilles d'un lys
épanoüi
,
& pour Devise :
DULCI SPIRANS CCt}i.PLi.CTITURUMBltA.
Le Lys qui exhale une douce odeur3 reçoi
& favoriJe l'Abeille A lombre de[esfeuilles*
2. voL *vj -
;V
La seconde, un miroir ardencqmfeçoit
les rayons du Soleil.
ASPLCTU CONCIPIT IGNES.
Semblableaumiroir ardent, la Rzine
reçoit la lumiere
,
& les impreffuns de
A(Irebrillant que le Roi represente.
N
La troisiémeune perle enchassée dans
de l'or.
IPSA sun PRET1UMe
Elle tire fin prix d'elle-même.
La quatrième, une Ro/ê entre plusieurs
autres fleurs, au-dessus de laquelle
ii y a une Couronne.
ELECTA EX OMNIBUS UNA.
L.t Princ(se Marie comparée à la Rosi , quia é:é choifig entre les lfeurs.
Deux Amours soutenus par leursaîles,
& peints de coloris,attachoient les festons
de fleurs qui ornoient le Sacrifice.
Du centre du plafond de l'édifice aux
retours despilastres, & au-dessous des
festons aussi peints en coloris, sortoit-la
Renommée
, peinte de même maniere
ayant les aîles déployees&sonnantde,
la Tzromp.ettev. Elole polrtoi.t d.e la main droite
droite une. Médaille d'or,dans laquelle
étoient les chiffres du Roi & de la Reine
entrelassez.
La Seine & la Marne paroissoient au
milieu du bas de l'édifice, & sembloient
sortir de dessous le rez.de-chaussée
, pour
venir prendre part à la joye publique.
Elles étoient designéees fous la figure de
deux Nayades
,
appuyées chacune sur son
Urne d'où sortoient leurs eaux ,
lesquelles
aprèsavoir circulé parmi des rochers,
& autour de quantité de roseaux & de
fleurs aquatiques, semêloient ensemble
pour suivre & terminer leur cours, ce
qui formoit un grand tableau qui étoit
orné de cette Inscri ption.
UNDAS ET CAUDIA MISCENT.
r
En mêlant leurs ondeS, elles mêlent (wffi
, leurjoye pourprendre part à lafélicité 1 publique.
i' Ces Devises & ces Inscriptions font
de M. Moreau de Mautour, dont tout le
monde connoît le talent & la capacité
2
& qui n'a eu que 24. heures pour satisfaire
à la priere qui lui a été faite de les
composer, par Mrs les Prevost des Marchands
& Echevins deParis, L'ordonnance
de l'Architecture & de la Peinture
de cette belle décoration
,
font de M. Du-
[' 2. vol. mesnil
mesnil, Peintre de la Ville, qui a heureusement
executé l'un & l'autre au
grédes
connoisseurs
, & à la satisfactiondu
Public.
PREMIERE EN1GlllE.
0 m. N voit en l'air une maison,
Ou, pour mieux dire, un labirinthe,
Ou gens qui cheminent sans crainte,
Sonr arrêtez en trahison.
C'estunefatalleprison,
Un lieu de gêne & de contrainte
)
Ou leur vieenfinest éteinte
Par un monstre plein de poison.
Sa malice est ingenieuse ,
Et deVulcain la main fameuse,
Dresse des pieges moins subtils.
Son art de bâtir est extrême ,
Car sa matiere & ses outils
Se rencontrent tous en lui-mcme.
-
DEVXIÊME ENIGfilE.
* J E fuis d'une forme bizarre,
Petite, & quoique sans appas, 2.vol. Je
se donne ce que je n'ai pas,
A quiconque de moi se pare.
TROISIEME ENIGME.
S
Ans sçavoir les loix de l'Amour,
Je n'avois pas un jour quand j'épousai mon
pere ,
Que l'on peut asseurer n'avoir point eu de
mere :
Lecteur,sans user de détour,
Je te dirai que j'eus un enfant dans l'année,
Que je mourus sans êtrenée.
NOUVELLES LITTERAIRES
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DES BEAUX ARTS,&c. TRAITE' des Eaux minérales, nouvellement
découvertes au Village
de Passi, près Paris, dans lequel sont
expliquées leur nature minerale. la disférence
des sources, leurs qualitez
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vertus, & leurs effets sur le corps humain.
Par M. Moulin deMarqueri,
Medecin de la Faculté de Paris. A Paris,
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sur toutes les parties qui composent
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de l'Ordre Militaire de S. Louis,
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Thil reformé. A Pansy ruë
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in 4. de près de 1400. pages. 4
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vol. in 12.à Toulouse, chez Jean Guillemette,
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Vincent, ruë S.Sevértin,à l'Ange,
LE CATALOGUE dela Bibliotheque de
M BQiilier, ancien Maître des Comptes;
& premier Commis de feu M. le
Marquisde la Vrilliere,Minstre & Secrétaire
d'Etat, dressé par Gabriel Martin
, Libraire à Paris, & imprimé en
3. vol. in 11. se distribuëau Public. Cette
Bibliochequeest considerable pour le
nombre des Volumes qui passe vingt
mille, & pour la singularité des Traitez
eritou,-c-iir,»S"Il se trouve des Particuliers
, ou des Cominunautez qui de-
2. vol. ûrécit
firent l'acquérir en entier, le Propriétaire
leur fera des conditions rai sonnables.
C'est l'avis qu'on nous prie de publier.
- 1« J Ghaubert, Quay des Auguttins , à la
Renommée., vient d'imprimer une Lettre
critique, écrite par un Professeur de
l'Universitéde Paris, à un de ses amis
sur le Pline du Pere Hardouin Jesuite;
cette Lettre pourra être suivie de quelques
autres sur le même sujet: si ces
,. premieres Lettres font reçuës favorablement,
comme il y a lieu de l'esperer,
l'Auteur, qui sçait mieux que personne
estimer l'Ouvrage de ce sçavant Jesuite,
tout ce qu'il vaut, en donneraune Critique
complette. On a imprimé celle-ci
in 4. & in 11. de la même forme que le
Journal des Sçavansafin de lui faire éviter
le sort ordinaire de presque toutes les
pieces de cette nature qui se perdent, parce
qu'on ne sçaitsouvent à quoi les joindre.
D'Houry, fils, Libraire, demeurant à
Paris, ruë de la Harpe,au Saint-Esprit,
a mis en vente une Conduite spirituelle,
dans les actionsprincipales dee la vviiee,,
contenant plusieurs Instructions
3
Reflexions
& Prieres Chrétiennes, vol. in 18.
2vol, I.
I. liv. io s. Cet Ouvrage est utile à touH
tes personnesde quelques états
qu'elleil
soient, & surtout aux Missionnaires; qui
par leurs fnltruéHons obligent les Fideles
de se munir de livres pieux * , capables
de les conduire dans la voye du fn-^
lut. Aux riches charitables,quidistribuent
des Livres de pieté aux pauvres
& aux Ecoliers des Catechismes,pour
récompense de leurs assiduitez àprofiter
desinstructions que les Maîtres leur en- seigneur.On trouve à la fin de cet Ou-,
vrage,un petit Traité sur la Retraite,
ptouir lea sannctificnatonedessAm.esIChré-1
Le R. P. Castel travaille actuellement à
répondre à quelquesobjections qui ont été
j faites surson Systême de la Pesanteur des
corps, & en particulier à celles qui ont été
annoncées dans le Mercure de Juillet
dernier, p. Jb 19. sous le nom de Lettres
écrites d'Angleterre. Dans cette réponse
qui paroîtra bien tôt, l'Auteur le
proposed'y
mettre dans un degréd'évidence ?
( toûjours par bons faits) & d'y déve- 1
lopper à fond tout ce qui regarde la nature,&
la pesanteur du feu. t
L'on nous prie d'avertir
, que le sieur
2. vol. Marais,, t
Marais, Ordinaire de la Musique de la
Chambre du Roi, donnera son cinquiéquiéme
Livre de pieces de Viole, gravé
vec la Baffe continuë dans le courant du
nois de Novembre prochain. Il espere
que les Curieux feront Satisfaits des atentions
qu'il a euës, tant pour des piecestrès-
faciles que difficiles, &de ca->
£tercs.
EXPOSITION -DE TABLEAUX.
NOus avons tous les ans fait mention
dans ce journal, des Tableaux
qu'on voyoit exposez à la Place Dauphile
,
le jour de la Fête. Dieu. Nous avons
parlé du plaisir quecela faisoit au public,
&de l'utilité de ces expofitioiis,qiai outre
le goût & l'amour des beaux Arts
qu'ellesfont naître, excitent encore une
mulationtrès-utile parmi les Artistes.
t Nous n'avons garde de manquer à ce
que nous devons à nos Lecteurs, c'essà-
dire, de leur rendre compte de l'exposition
des Tableaux, & autres morceaux
de Sculpture & de Gravure, des
habiles Su jets qui composent l'Académie
Royale de Peinture & de Sculpture
Elle a été faite cette année le jour
de S. Loüis, dans le grand Salon du vieux
Louvre
, & a duré dix jours. On en a t z. vol. l'oblil'obligation
à M. de Boullongne,Ecuye
Chevalier de l'Ordre de S. Michel
premier Peintre duRoi, Chef&D.
recteur de cette Académie, lequel an
mé&soutenu par M. le Duc d'Antin
Pair de France Surintendant des Bâti
mens du Roi, & Protecteur del'Ac
démie, toûjoursporté à faire fleurir le
Arts dans le Royaume, a reçû ses ou
dres, & les a fait executer avec un ap
plaudissementgeneral.
On va tâcher de donner une idée d
cette magnifique décoration, pour enCCi1 server la mémoire, servir de note pou
les morceaux qui auront été exposez pu
bliquement,& pour donner au moins
ce plaisir aux Curieux & aux gens d
l'Art, qui n'ontpas été à portée de voi
ce spectacle,aussi agréable & varié que
sçavant ôc précieux.
On -1 ne fera pointd'observations [u;
les beautez ou les défauts,qui ont fait
louer ou censurer tel ou tel Tableau
On n'est point assez sur des sentimens du
Public pour entrer dans ce détail ; nous
nous craindrions de donner atteinre à l'exacte
impartialité dont nous nous piquons
; mais on n'omettra point ce qu'or
pourra sçavoir d'historique & d'intérêt
sant
,
[oir sur lesOuvrages ,soitsur lenrf.
Auteurs, pour fêrvirun jour de Memi.
2. Vol. VCî
à l'Histoire des beaux Arts, & à
ire la vie des Illultres qui composent
ourd'hui l'Ecole de France.
Dans les Ouvrages dont on va parler,
n'a prétendu,dans l'arrangement des
icles, donner aucun rang ni préferenentre
les Auteurs qui ont exposeleurs
bleaux à l'admiration & à la critique
blique. On a vû en effet pendant cette
signifique exposition
, un concours inde
S pectateurs de toutes conditions,
tout sexe & de tout âge, admirer &
itiquer ,
loüer & blâmer; mais il faut
ndre justice à la verité
,
la critique n'a
ullement prévalu, le nombre des bel-
:choses l'a de beaucoup emporté st r
s
mediocres, letriomphe de l'Acadétic
a été complet, & de l'aveu même
='5 Etrangers, témoins oculaires du haut
.-gré de perfection, où elle a porté les
Arcs qu'elle exerce, il n'y ena point
au monde aujourd'hui qu'on puisse lui
comparer. Nous avançons cela d'autant
lus hardiment, que
nous
ne craignons
oint d'être contredits.
Si quelque chose a manqué à la satislïGtion
du Public dans cette exposition,
aétéde n'y pas voir des Ouvrages de
Meilleurs de Boullongne, de Troye, de
Largilliere, & Rigault,qui n'ayant plus
,çieii à ajoûterà leur reputation
,
se sont 2.vol. acquis
acq uis une nouvelle gloire, en croyant
ne devoir paroître à cette fête
, que
pour rendre justice aux Ouvrages d!
jeunes Académiciens, dont la plûpart
sont leurs Eleves. 1
On voyoit de M. de Troye le fils, 7*»»
Tableaux, sçavoir, un de 6. pieds de
large sur 4. représentant Renaud endormi
sur un lit de gazon dans un paysage
&Armide laissant tomber le poignard
&c. Nous avons donné la description de
ce Tableau dans le 2. volume du Mercure
du mois de Juin dernier, page
14°2. f
Un de huitpieds de haut sur 6. Deux
Cavaliers de deux Dames en habit de
masrque,sornt à'1dé»jeûner autour dd'unetable.
Une des femmes assise sur le devant
du Tableau, choque le verre avec un
des Cavaliers; elle est vêtuë d'un robbe
jaune d'un grand brillant: fond d'Architecture
,
foleéclairié 1par u,n 'ra,yo1n de Leda couchée & groupée avec Jupiter
en Cigne, 5. pieds sur 4. Un autre de
même grandeur: Diane & Eudimion.
dans un fond de Paysage. 1
Le Sacrifice d'Iphigenie, où l'on voit
le grand Prêtre,des Soldats 4 ; Agamemnondans
la plus grande affiiébon, de:;."
2. vol. femmes
- f
emmes en pleurs, &c. 30. poucesde
arge sur 14.
1.
Il y avoit encore du mme Auteur
rois petits Tableaux très-galands, d'environ
z 4. pouces de haut sur 1 8. Auprenierune
declaration d'amour. Une jeune
personne habillée de blanc, paroît
iflTiie sur un Sopha
3
appuyée sur un
:arreau de toile peinte; elle se tourne
pour regarder un Cavalier en habit de
velours qui lui parle. Il y a un petit
chiensur le devant. Le fond estfort bien decoré.
2. Une Demoiselle un peu courbée,
yant une jambe découverte, tenant
l'une main sa jarretiere, & de l'autre
repouiTanc un jeune homme qui s'em-
Hesse à vouloir la lui renouer.
Le 3. Tableau, est un groupe de trois
figures; deux Dames & un Cavalier qui
ouënt au pied -de- boeuf. La Dame qui
paroît la plus gracieuse, retient la main
du Cavalier. Fondd'Architecture & de
Paysage.
De M. Belle,deux Portraits ju rques
aux genoux; du Duc& dela Duchesse
d'Orleans.
!t
DeM. Vivien, cinq Portraits d'environ
30. pouces de haut sur 24. deux
F ;, vol, peins
peints à huile & trois au pastel.
On voyoit de M. François Desportes,
Peintre-Conseiller de l'Académie., 1. Un
grand Tableau de 1 1. pieds,presque
quarré, representant un Loup assailli par
dix Chiens, dans un Piyfage.
2. Tableau de 4. pieds en quarré,où
eu un Chien couchant accroupi, qui
garde du gibiermort ;auprès des cardes
d'artichaux contre un vieux mur ,
ou il paroît un appui de fenêtre, soûtenu
par deux consoles, entre lesquelles
est un bas-relief de jeux d'enfans d'un marbre fait , par le temps. On voit
sur cet appui un panier de pêches & un levreau qu'un chat essàye de tirer avec
sa patte. Aux deux cotez s'élevent deux
seps de vignes, chargez de raisins& de
feüilles.
3. Tableau de 5. pieds sur 4. PIttsieurs
plantes de Pavots & un rosier
fleuri. Il y au bas un lievre mort; des
perdrix rouges & grises auprès d'un fuzil
& d'un chien, dans un fond de paysage
& d'Architecture.
4. Tableau de 3. pieds de haut sur 2.
& demi, où l'on voit toutes fortes de
fleurs printanieres dans un bocal de verre
,
posé sur une petite table ronde en
cul-de lampe, au-dessous d'une niche,
2. vol. sur'
sur laquelleest aussi une porcelaine plei-
1 ne de frai ses, & quelques Cailles & Lapereaux.
- 5. Deux Tableaux de 4. pieds & demi
sur 3. de haut, remplis d'oiseaux extraordinaires
des Indes, faits d'après nature
, dans des paysages ornez d'arbres
fruits,fleurs , & plantes du même pays.
o6.nUn petit Tableau peint sur toile : 24. pouces de large sur 18.
representant des jeux d'enfant dans un
bas-relief feint de bronze. Nous ne sçaurions
dissimuler, que ce Tableau a fait
l'admiration & la furprifede tout le monde.
On a vu quantité de gens le toucher
à plusieurs reprises, pour se convaincre
qu'iln'yavoit d'autre artifice que celui
que les grands Maîtres sçavent employer
pour tromper les yeux dans l'imitation
flaïve de la nature.
Le fils de M.Déportes, qui marche
sur les traces de son illustre pere, avoit
exposé quatre Tableaux de Chevalet, à
peu près dans le même genre. t-seuNous dirons à cette occasion, que le
Roi ,qui connoissoit le merite ce
M. Desportes, le fit revenir de WarCovie,
où Jean Sobieski, Roi de Pologne,
& la Reineson Epouses, dont il avoit
l'honneur d'être le pemtre, l'avoient at.-
tiré. Il fit leurs Portraits plusieurs fois
ifvol* G car
car le talent de ce Peintre n'etf pas borné
aux fruits,aux fleurs & aux animaux;
il fit aussi les Portraits de la Famille
Royale & du Cardinal d'Arquian, pele
de la Reine; de presque tous les
Princes & detous les Grands de la Cour
de Pologne, outre plusieurs Tableaux du
genre auquel il sell: appliqué. Cene fut
qu'après la mort du Roi de Pologne qu'il
obtint son congé de la Reine & du Cardinal
Primat Ragiconski.
A son retour en France, le Roi lui
accorda une pension & un logement aux
Galleries du Louvre. Il travailla alors
aux grands Tableaux de chasse & retour
de chasse
, qu'on voit de lui à Meudon,
à la Ménagerie
,
& à la Muette.
Marli est aussiorné des Tableaux de
ce Maître; entre six ou sept qu'on y
voit de lui, il y en a un qui merite une
attention particulière : ce font douze
chiens en arrestssur des faisans & det
perdrix rouges & grises, dessinez d'après
nature, & dans les différentes attitudes
des chiens 8c du gibier, en suivant le Roi
à la chasle, où il avoit ordre de se rendre.
1
Lors de l'Ambassade du Duc
d'Au..
mont en Angleterre,le Roi lui permit
de faire ce voyage, 8cà son retour S. M.1
se fit rendre compte des Ouvrages qu'il
J. vol, .voi,
avoit faits à Londres, ôc le Duc d'Aumont
l'assura que M. Desportes y avoit
acquis beaucoup de réputation.
Il a fait depuis peu deux grands Tableauxpour
l'appartement du Roi à
J Chantilly. Dans l'un
,
c'est une chaslede
Cerf: dans l'autre, unechasse de Saniglier.
L
De M. Raymond Tonrmire ;deux Ta-"
) bleaux de chevalet, d'un fini extraordinaire
j dans le goût deGirardaw, ôc
peints avec une patience & une propreté
admirable, Dans le premier on voit
Assueerus sur son Trône
, & Esther évanoüie
qui se présente à lui. Dans le second
,
le Roi Candaule
, qui fait voir
<
son épouse sortantdu bain, à son favori
1 Gyges.
La Famille de M. Lallemant,Cheva-
} lier, Seigneur de Levignan, Tableau de
; Chevalet, d'une grande composition.
j Le Portrait de Madame Duquesnoy ôc
1 de Mademoisèlle sa fille, la mere tenant
« unegrenade à la main, symbole de l'union.
LePortrait de M. de Pontchartrain,
Chancelier de France. Buste grand cÓm. me le naturel.
De l'Abbé de Lorraine, Evêquede
j ayeux.
2. vol, G ij Du
-Du Comte de Morville, Ministre M
Secrétaire d'Etat, Chevalier de la Toison
d'Or.
De M. Couvay, Chevalier de l'Orcire
de Christ,
On voyoit de M. Jean~Baptiste Oudry,
un grand Tableau de U. pieds de
large sur 8. représentant de face ,un Sanglier
se défendant au milieu de quantité
dechiens, dont deux le tiennent coëffé
On en voit plusieurs blessez
,
d'autres
qui arrivent, &c. Un rocher sert de
fond à ce groupe, qui est éclairé par un
rayon de Soleil : d'uncôté, on voit un
enfoncement du bois, & de l'autre un
lointain.
Un grand Buffet ceintré de 8.pieds
été haut sur 6. d'un arrangement r.uffi
pittoresque que singulier. Sur une table
de marbre on voit une corbeillepleine
de fruits, dont une partie est renversés
par un Singe qui tire des grapes de raifin.
Sur le même plan, à droite, se trouve
un jambon,des laituës
y un seau où
il y a une bouteille de vin au frais; de
l'autre côté une jatte remplie de figues.
Une décoration d*Architecture sert d.
fond au-dessus de la table,avec des consoles
ornées de marques; un surtout imité
de vermeil est au milieu, fr derrier.
*,voi, uoi.
trois grands plats d'argent chantournez,
un vase de porcelaine, deux vases de
porphire canelez
,
remplis de fleurs. Ld
haut eH: terminé par un Buste de bronze,
d'où sortent deuxguirlandes de raisins
de toute espece, qui entourent les côtez
presque jusques au bas.
Vûëdu Bois de Boulogne, Biche seule,
5. pieds en quarré.
Un Chevreüil mort attaché par uti
pied à un tronc d'arbre , un Heron , qui
paroit n'avoir été que démonte.Unefontaine
au bas du Tableau, deux oiseauxde
proye coëffez
, une gibeciere & un fuzil.
Composition allez bizarre de 5*
pieds de haut sur 4. Deux Tableaux de 6. pi-e"ds dfe muesur
4. Dans l'un, des poissons surune
pierre fort claire, qui sert d'opposition
à un gros oiseau marin. Sur le devant
estun Houmar, & dans le haut deux gros
Perroquets sur une perche, d'où pendentde
petits poissons, fait d'après nature
à Dieppe.
Dans l'autre, une Houtarde morte
attachéepar les pieds, dont toutes les
plumes sontrenversées & en l'air. Ce
Tableau est enrichi d'un vase de porphite
canelé, d'un morceau d'Architecture
; dans le fond & au bas, entre plui
sieurs plantes, un Chien blanc a demi
2.vol. ojU
ombré, ôc un Canard mort sur le de
vant.
Deux de 5. pieds de large sur 4. Le
premier repretente un chien en arrestferme
, sur une perdrix rouge ,
blottie
derriere une plante: fond de paysage
éclairé par un Soleil couchant. Le second
, c'est une autre forte d'arrest. On
voit un chien, la patte en l'air, paroissant
suivre un faisan
, qui marche le ventre
à terre derriere une plante.
Deux autres Tableaux, mêmes proportions
,peints à Dieppe d'après nature.
Une belle Truite groupée avec d'autres
poissons. Sur le devant un Houmar,
dont les couleurs font fort singulieres.
Derriere un chien de mer éventré, Se
attaché contre une vieille architecture,
sur laquelle on voit un gros Perroquet
ou Haras bleu. Le pendant de ce premier
Tableau represente une partie des
plus beaux poissons de la mer de Dieppe
1
& des plus rares, groupez avec un
Crable. On voit derriereun baquet plein
d'autres poissons& araignées de mer. A
un des côtez il y a une perche sur laquelle
est un filet étendu comme pour
secher au travers duquel on voit l'horison
, & sur la perche est un beau Haras
, couleur de feu.
Encore deux Tableaux pendans
A
du
2. valr même
même Auteur, de 4. pieds de large sur
3. Au premier, un Butor renversé dans
l'eau parmi des roseaux, par un chien
barber qui lui tient la cuissè.L'oiseau a
les deux ailes ouvertes ,
qui reçoivent
toute la lumiere. Au second, un Fuzil
groupé avec un Lievre & un Faisan.
Derriere est un
-
chien blanc, qui passe
pardessusunvase de marbre blanc renversé
sur un fond clair. r M. Oudry vient de peindre d'après
nature , par ordre du Roi, les portraits
de quelques Levriers Anglois, dont
15. M. a été fort contente.
e
[j De M. Jean R:st(Jut1 un Tableau de
i 4. pieds de large sur 12. destiné pour
être placé dans l'Eglise du Prieuré Royal
• de S. Martin des Champs, à côté de
la Resurrection du Lazare, de l'illustre
Jean Jouvenet, onclè de l'Auteur,[on
Maître & qui revit en lui. Ce Tableau
est une grande ordonnance, de plus
de 25. figures, grandes comme le natuleI)
representant le Paralytique ,de38.
ans, sur le bord dela Piscine, gueri par
Nôtre Seigneur.C S. Jerôme dans la Grotte, Tableau
de Chevalet.
Moïsesauvé des eaux par la fille de
Pharaon, Tableau de chevalet.
2. v,l. G iiij La
La Nymphe Callisto, trompée parJ piter
, qui la vient voir fous la figure d,
Diane, idem.
i De M. Nicolas Lancr?ti un Tableatl
cintré de 6. pieds & demi de haut sur & demi y. , représentant un Bal dans un paysageorné d'Architecture
, &c.
Retour de Chaire) de 4. pieds de large
sur 5. où l'on voit diversCavalier,
&des Dames en Amazones qui font collation.
Bain de Femmes. Vûë de la Ports
S. Bernard, même grandeur.
Danse dans un paytage : petit Ta.
bléau.
Portrait de M. B. joüant de la Guit.
tarre, dans un paysage: Tableau dechcn
valet en large.
De Afr Raoux} le Portrait de l'illu£>
treMlie Prevost, peinte en Bacchante, dansant, & tenant une grappe de rai/mj
avec un fond de paysage historié : grand
Tableau en hauteur.
De M. Charles Coypel, filsd'Antoine
Coypel, Premier Peintre du Roi, qui
pour la première fois expose ses Ouvrages
aux yeux du public; une Nativité;
Tableau cintré de 8. pieds de haut sur 5* 2. voltJoseph
Joseph reconnu par les freres, de y.
pieds de large sur 4. L'Auteur peint actuellement
ce Tableau en grand pour les
Tapisseries du Roi.
Une Esquisse en hauteur, pour un Salon
que feu Monsieur leDuc d'Orléans
faisoit bâtir à S. Cloud, lequel dévoit
être ennerement peint; le plafond & le
bas ne devant faire qu'un seul morceau.
Le sujetdestiné pour le plafond, étoit
le séjour de l'immortalité, & le bas, les
differens chemins qui y conduisent. L'Er..
quisse, qui donne lieu à cet article
, ne
represente que la moitié du Salon. Le
Peintre a exprimé dans le haut au-dessus
de la porte, l'Apotheose d'Hercule,
comme le premier Héros qui a mérité
l'immortalité, & dans le bas, la Guerre
& la Religion. La Guerre caractérisée
par Mars, qui ordonne à Vulcain de forger
des Armes, & la Religion par Numa
Pompilius,quifait porter le feu sacré
au Temple de Vesta. L'autre moitié
de ce magnifique Salon devoit representer
l'origine des Sciences & des Arts.
Dom Quichotte de la Manche, sèrvi
par les Demoiselles de la Duchesse. Tableau
de 6. pieds de large sur 5.
L'amour, fous la figure d'un Ramoneur
qui fort d'une cheminée; de 5.
pieds de haut sur 4.
X-vaL G v Re:":
Renaud qui abandonne Armide; <J*
3. pieds &: demi de haut sur 2.& demi.
Le Portrait de feu M. RiviereDufrefni,
Auteur Comique, avec des mains,
tenant une plume, &c.
Deux petits Garçns, dont un fait un
Château de cartes. Ce font les portraits
des enfans de M. H.
Portrait du Duc d'Orléans,en Paftel.
On voyoit encore du même Auteur,
quelques autres portraits moins grands,
aussi en pastel qui ne doivent pas être
oubliez, tels font ceux de l'AbbédeM.
de Mr&Me S.deMeO.
Il y avoit dans le même Salon, de
M. de la Joué
,
trois Tableaux de chevalet,
d'une forme & d'une composition
agréable, par l'Architecture, le paysage
& les figures.
M. Meushier avoit exposé quelques
Tableaux peintsdans le même goût,avec
des vûës & des lointains très- bien ménagez.
De M. François le Moine Tableau
de 9. pieds de large sur y Bataille où
Tancrede reconnoît Clorinde
,
quialaissé
tomber son casque. Les figures qui
2.vol. sont
opnt surole devranttonti15.opoucesnde pro.- Les Chevaliers Danois, qui vont
chercher Renaud dans l'Isleenchantée,
où ils rencontrent les charmes voluptueux
qu'Armide avoir placez aux avenues
pour les empêcher d'arriver jusqu'à
son Palais. Les figures ont 22. pouces
de proportion. Tableau de 6.pieds
de large sur 4.
Jeune femme, prête d'entrer dans le
bain, accompagnée de sa Suivante. Elle
met le pied dans l'eau poursentirsielle
n'est point trop froide; de 4. pieds 8.
pouces de haut sur trois pieds & demi.
Les ifgures ont 4. pieds & demi de
proportion.
Hercule & Omphale. Le Héros reçoit
sa quenoüiie de la main de cette
beauté; 5. pieds 8. pouces de haut sur
4. pieds. Les figuresont 5. pieds de proportion.
Andromede sur le rocher, Persée en
l'air qui vient la délivrer, & ruer le
dragon qui devoit la dévorer. Vûë de
mer, &c. CeTableau qui fait pendant
au précèdent a les mêmes proportions.
Europe qui se met sur le Taureau,
accompagnée de ses Suivantes, qui cueillent
des fleurs & lui en presentent des
guirlandes. Les figures de 11. à 13. po*-~
2, Vol. G ccs
ces de proportion. Tableau de 27. pouce~
de haut sur 2.2..
Apollon & Daphné, de 34. pouces de
largesur24.
Vue de Paysage faite d'après nature
dans les montagnesde l'Apennin
,
sur le
chemin de Lorette à Rome, 30. pouces
de large sur 24.
De lll. G.lloch:
3
la Rcfufrégion du
Lazare-
Un Bain de Diane & deux Portraits.
On voyoit en Sculpture de M.le
Moine, l'ainé, Sculpteur, Professeurde
l'Académie
of
un grand Bustede feu Monsieur
le Duc d'Orleans, &deux autres.
portraits.
DeM. le Lorrain, Professeur, deux
petits groupes reprelèntant des Jeux, en
terre cuite.
DeM. Dumont, Adjoint-Professeur,
quatre petites figures,en terre cuite,qui
sont les modeles de S. Pierre, de S. Paul,
de S. Jean & de S. Joseph, dont les
deux premieres
,
de dix pieds de proportion,
font déja posées à un portail
de la nouvelle Eglise de S. Sulpice.
Un Bas-relief de y. figures, aussi en
z.va!. teri:
terre cuite, de5. pieds de longueur *
reprélèntant le Triomphe de Galathée,
qu'on voit dans son Char,accompagnée
de Tritons & de Néréides. C'est le modele
d'un Fronton, executé au Château
de Petersbourg, où la principale figure
a 7. pieds de proportion.
Promethée. attaché sur le Mont Caucase,
& déchiré par un Vautour. Ce morceau,
en ronde bosse, a 2. pieds & demi
de hauteur.
De M. Masson, Adjoint-Professeur
un Bas-relief de bronze, représèntant
des Jeux d'enfans , & un petit groupe
de bronze.
On voyoit de Mdu Vivier, Graveur
en creux, quelques faces & revers de
Médailles, dont il a fait les poinçons.
Entr'autres,une tête du Roi, une tête
& un revers du Duc de Bourbon,un revers
où l'on voit des Genies qui travaillent
aux Médailles.
De M. le Blanc, plusieursfaces&
revers de Médailles.
Enfin on voyoit quelques Portraits Se
1&' autres Ouvrages;en taille-douce,gravez
par Mrs Sitnonçau l'aîné, & Chereau
2. vl. Comme
Comme il le peut faire que nous avons
omis de nommer quelques Peintres ou
Sculpteurs, qui ontexposé de leurs Ouvrages
, & que nous avons oublié de
parler de quelques Tableaux exposez
dans le Salon, nous déclarons quec'est
faute d'avoir eu des mémoires, ou de ne
les avoir eus que peu exacts.
PROGRAME del'AcadémieRoyale des
Belles Lettres, Sciences & Arts
de Bordeaux.
L'Académie ayant été informée,que
Lplusîeurs Dissertations envovées pour le Prix qu'Elle propose chaquJe aninée,
ont été interceptées
a
particulierent sur
le Bain & sur le Tonnerre: Elle a cru
qu'on ne pouvoit attribuer qu'à cet enlevement,
la necessité où elle a été de reserver
dans ces deux occasions la distribution
de ce Prix, fondé par M. le Duc
de la Force.
Cette Compagnie,attentive à rendre
aux Auteurs la justice qui leur estdûë,
propose de nouveau les mêmes sujets.
Le premier,sur l'action desBains, & de
leur utilité. Le second
)
sur la cause &
la nature duTonn rre & des Eclairs ,
avec l'explication des divers phenomenes
qui en dépendent. Ces deux Prix
2*val. seront
serontdistribuezle 2. 5. Aoust 1716. Les
Auteurs qui ont déja envoyé des Ouvragessur
ces deux matieres, sont invitez
à les envoyer encore; ils feront admis
au concours.
Il fera libre d'envoyer les Dissertations
en François ou en Latin. Elles ne
feront reçues que jusqu'au premier de
Mai inclusivement. Celles qui arriveront
plutard n'entreront pas en concours.
Au bas des Dissertations, il y aura une
Sentence, & l'Auteur mettra dans un
Billetseparé & cacheté, la même Sentence
avec son nom & son adresse.
On donne avis aux Auteurs, que pour
la seureté de leurs paquets, ils doivent
lesadresser nommément à MonsieurSarrau
,
Secretaire de l'Académie Royale de
Bordeaux
,
rue de Gourgues, ou auSieur
Brun, Imprimeur de cette Compagnie,
rue S. Jâmes. On aura foin de les faire
affranchir de port, sans quoi ils ne feront
pas retirez du Courrier. A Bor-r
deaux le 2. Septembre 1725.
Le 8. de ce mois, Fête de la Vierge;
il n'y eut point de Concert de Musique
spirituelle au Château desThuilleries,
quoi qu'on l'eutannoncé, lesmeilleurs
sujets qui y chantoient ordinairement »
ayant été mandez à la Cour, ou occupez
au Te Deum quifut chanté le MCme
jour à Nôtre-Dame. Le sieurPhilidor ne
jugea pas à propos de faire chanter les
deux Motets qu'il avoit promis, craignant
avec raison que l'execution de ces
beaux morceaux de Musique ne fut pas telle que le Public l'auroit souhaité, par
la raison qu'on vient de dire; il les donnera
le jour de la Fête de la Toussaint: il prépare même un De profundis de M.
Destouches, Surintendant de la MuGque
du Roi, & un nouveau Te Deum avec
Timballes & Trompettes.
SPECTACLES.
LEs Comediens Italiens, avant leur
départ pour Fontainebleau, donnerent
sur leur Theatre une nouveauté des
plus singulieres. Deux Sauvages venus
depuis peu de la Loüisiane, grands ÔC
bienfaits,âgez d'environ 2 ans, danserent
trois sortes de danses, ensemble
& separément & d'une maniere à ne
pas laisser douter qu'ils n'ayent appris
les pas & les sauts qu'ils font,très-loin
de Paris. Ce qu'ils prétendent figurer est
sans doute fort aisé à entendre dans leur
pays, mais ici rien n'est plus difficile à
2» vol. penepenetrer
: voici ce que nous en avons bu apprend re.
[ Le premier Danseur representoit un
hefde sa Nation, vêtu un peu plus modestement
qu'on ne l'est à la Loüisiane y maisen sorte que lenud du corps paroissoitassez.
Il avoit sur la tête une espece
de couronne, pas riche, mais fort
ample,ornée de plumes de differentes
couleurs. L'autre n'avoit rien qui le distinguât
d'un simple Guerrier.Le premier
~fit entendre à celui-ci par sa façon de
danser, & par ses attitudes cadancées,
qu'il venoit proposer la paix, & presensa
le Calumet ou étendart à son ennemi.
Ensuite ils danserent eniemble la
,
danse de la Paix. La seconde danse appellée
de la guerre, exprime une assemblée
de Sauvages
,
où l'on prend le parti
de faire la guerre à tel ou tel peuple, Be
on en fait voir toutes les horreurs. Ceux
qui font de ce sentimentopinent en venant
se mêler à la danse. Dans la troisiéme
le Guerrier va d'abord à la découverte
de l'ennemi, armé d'un arc ÔC
d'un carquois garni de fléches, pendant
que l'autre assis par terre bat du tambour
ou espece de timballe pas plus gros
que la forme d'un chapeau. Après avoir
découvert l'ennemi, le Sauvage revient
~en donner avis à son Chef. Il imite en-
2
o.
vol. suite
fuite le combat dans lequel
@
il suppose
avoir défait l'ennemi. Après quoi ils
dansent ensemble la danse de la Victoire.
Extraitde la Comedie de l'Indjfcr(t
acteurs.
Euphemie, mere de Damis. La Dlle
des Hayes.
Trasimont, Commandeur. Le sieur
/Juchtmin.
Damis, jeune Seigneur, fils d'Euphemie.
Le fieltr Quinault.
Hortense. La Dilt Labbatte.
Clitandre. Lesieur de Fontenay.
Pasquin
,
Valet de Clitandre. Lesieur
de la Thorillier, Pere.
Nerine, Suivante d'Hortense. La D'le
du Bocage.
La Scene est à Versailles daus un jardin , où l'on doit donner le Bal.
SCENE I.
Euphemie&Damis
Euphemie mere de Damis donne d'excellentes
leçons à son fils,qui les reçoit par
maniere d'acquit; elle appuye principalement
sur l'indiscretion, vice auquel elle
val, croit
croit que son fils n'est que trop sujet.
Damis lui dit qu'il est d'accord avec elle
sur toute la morale qu'elle vient de lui
débiter
>
& sur tout au su jet de l'indiscretion
*, vice auquel, grace au Ciel, il
n'est point sujet, la preuve qu'il en
donne, c'est qu'il aime Hortense depuis
deux jours, & que cependant il ne lui
en a encore rien dit; sa mere lui répond
qu'elle a été absente pendant ces deux
jours; elle approuve pourtant son choix
.& lui promet de l'y servir de tout son
pouvoir, elle le prie de tenir la chose
secrette ;il lui promet de ne confier cette
bonnefortune qu'à une douzaine de lès
amis, & d'en faire mystere au reste de
la Cour.
: SCENE II.
Damis, Trafimont.
Trasimont, ami de Damis, vient
dans le dessein de lui faire des remon- N
trances sur ses indiscretions ordinaires.
Damis reçoit sesconseilsen plaisantant,
& en se lâchant de plus en plus contre
les Seigneurs & les Dames de la Cour;
comme le secret qu'il vient de confier à
sa mere lui pese
,
il veut en faire part à
Trafimont
,
qui ne veur point l'ap-
: prendre, à moins que cela ne foit de
1, vol. queli
quelque utilité pour l'un ou pour l'utt
SCENE III.
namis,Traftmont, Clitandre t
Pajquin.
Dans le temps que Damis & Trafic
mont disputent
,
l'un à vouloir dire
son secret, l'autre à ne vouloir pas l'entendre.
Clitandre paroît au fond du Theatre
avec une lettre à la main; cette lettre
est un congé que lui donne cette même
Hortense, dont Damis vient de se
declarer Amant aimé dans la premiere
Scene.Clitandre ordonne à son Valet
Pasquin de ne rien negliger, pour découvrir
quel peut être l'heureux Rival qui
lui attire une lettre aussî cruelle
, que
celle qu'il vient de recevoir de sa volage
Maîtresse; Damis qui ignore l'amour de
Clitandre pour Hortense court à lui les
bras ouverts, &le prie instamment de
vouloir bien entrer dans une confidence
qu'il étoit prêtà faire à Trasimont ;
Clitandre ne s'y prête pas avec beaucoup
d'ardeur, mais avec moins de repugnance
que Trasimont. Damis leur lie
une lettre d'Hortense, toute des plus
tendres, Hortensen'y estpasnommée,
mais Damis n'est pas indiscret à demi-
Ce2feroi.t evncoore pleu.pnouor luni dce eprornoncer
le nom de sa Maîtresse, il en
montre le portrait pour faire voir à quel
point il est aimé, puisqu'il obtient de
si grandes faveurs; Trasimont, cousin
d'Hortense, ne voit ce portrait qu'avec
colere
,
maisClitandre le voit avec
desespoir; Hortense est cette même ingrate
dont il vient de se plaindre; il dissimule
son ressentiment pour en apprendre
davantage. Trasimont se retire en declarant
à Damis, qu'il n'oubliera rien
pour avoirraison de l'outrage qu'il fait
à sacousine.
SCENE IV,
Darnis, Clitandre.
Damis voyant que Clitandre regarde
attentivement le portrait d'Hortense,
attribuë sa curiosité à quelques brillants
qui s'en font détachez, &
,
dans cette
croyance, il le prie de vouloirbien s'en
charger, pour le faire raccommoder. Ille
quitte après lui avoir appris pour Úlr.
croit de chagrin
,
qu'Hortense lui a donné
un rendez-vous sur la brune dans lQ
même jardin où ils font actuellement.
's.. voU Scstit
SCENE V.
Clitandre.
Clitandreseplaine de l'injuaiced'Hrsense
, il imagine comment il pourra détourner
ce facal rendezvous
,
dont Da
mis vient de lui faire confidence.
SCENE VI.
Cli:andre,Pasquin.
Pasquin vient dire à Clitandre que
quelques soins qu'il se soie donné, il n'a
pu encore découvrir qui peut être fou
Rival.Clitandre luidit qu'il ne lui est
que trop connu, ce trop heureuxRivait
& que c'dr Damis. Il lui apprend avec
quelle indiscrétion il s'est découvert luimême
; il le prie d'employer toute (on
adressepourdétourner le rendez-vous en
question. Pasquin, après avoir rêvé quelque
temps,lui promet de le servir utiles
nient, il lui demande le portrait d'Horsense
& la lettre de congé qu'elle lui a
écrite, & qui pourra servir au stratagême
qu'il vient d'inventer. Clitandre lui
remet l'un 6c l'autre. Ils sortent tous
,deux, voyant venir Hortense avec sa Sui-,
vante.
J.. viU. esÇEPO
S CENE VII.
Hortense & Nerine.
Hortense se plaint à Nerine sa Suivante
lu peu d'empreilement de Damis à se
rouver au rendez-vous'où ilauroit
lala prévenir.Nerine fait tout ce qu'elle
peut pour la guerir de son amour pour
un Cavalier qui se fait aussipeuestimer
que celui qu'elle a choisi pour son vainqueur:
elle lui fait sentir la difference
qu'il y a entre Damis & Clitandre ; Horsense
lui répond qu'elle sent toutes ses
raisons; mais qu'elle n'est plus maîtresse
de son coeur, & qu'elle est forcée d'aimer
Damis malgré tous les défauts qu'elle
lui connoît
,
quoiqu'elle ait une ve.
ritableestime pour Clitandre.
SCENI VIII.
Hortense,Nerine & Pafqui*.
Pasquin qu'on supposè n'être conntt
ni de Damis, ni d'Hortense, vient comme
de la part de Damis rapporter à Horsense
le portrait dont elle a fait present
à son Maître prétendu elle en paroît
très-surprise, & lui en demande la cause
Pasquin ne lui répond autre chose,
ÍÏnon que son Maître a fait une autre
Maîtresse qui s'appelle Julie
1-,1,101, J5fcczïlîîjil
SCENE. IX.
Damis & les Afteurs dela Scem
prlcedente.
Pasquin voyant arriver Damis, cours
tiers lui d'un air empressé
, & lui donne,
comme de la part d'Hortense,la lettre de
congé qu'elle a écrite à Clitandre. Il lui
fait croire qu'elle s'adresse à lui. Damis
& Hortense se traitent avec un égalmépris
; celui-là déchire la lettre qu'Horsense
prend pour celle qu'ellelui a écrite
pour lui declarer son amour: celle-ci
jette parterre le portrait que Pasquin lui
tt rendu. Damis croit que c'etf son propre
portrait qu'on suppose qu'on lui a donne
en échange du sien; Pasquin les croyant suffisamment broüillez ou du moins
assez, pour rompre le rendez-vous qui
cft le principal objet de sa fourberie, Ce retire en leur disant que le Ciel les
Sienneenjoye.
SCENE X.
Damis3 Horttnfc e£*Nerinei
Après quelques reproches de part Si
d'autre, les Amans broüillez commencent
à entrer en éclercisement
; Damis
ne comprend pas comment le portrait
b. vel, dHor
d'Hortense apû palier entre les mains de
cette Amante irritée, il la fuit pourachever
de s'eclaircir; pendant qu'illa suit,
Clitandre arrive.
,
S C E N E XI.
ClitandreyPasquin
Clitandredemande àPasquin,qu'est
devenu la broüillerie dont il vient de
l'assurer? Pasquin lui répond, qu'il avoit
quitté ces deux Amans trés-broiïillez; '-
mais qu'il ne faut qu'un moment pour Ce
raccommoder avec ce qu'on aime.
Scens X II.
Damis, Clitandre) Pasquin.
Damis qu'on supposè tout-a- fait éclairci
avecHortense, met l'épée à la main
pour faire parler Pasquin.'Clitandre le
prie très-serieusement de ne le pointmaltraiter
en sa presence. Damis remet son
épée dans le foureau & prensse Palquin
avec moins d'emportement de lui apprendre
par quel motif il a fait cette double
fourberie. Pasquin ne sçachant que lui
répondre,lui dit qu'illui apprendra tout
au bal, ou il est temps de se rendre.
2.vol. H Scenj
- SCENE XIII.
Hortense <$* Trafirnont.
Hortense masquée à Trasimont
qui lui parle en faveur de Clitandre
& contre Damis
,
qu'elle veut épronver
Damis fous le masque, & le prie de
faire venir Clitandre dans quelquetemps
Sc E NEXIV.
Hortense mAfJuh.
Hortense jalouse de Julie, Ce détermine
à tromper Damis fous le nom de cette
Rivale,
SCENE XV.
Damis
3
Hortense.
Damis crôyant parler à Julie fait l'A
triant passionné. Hortense après quelque
résistance feint de capituler avec lui; les
conditions du traité font qu'il lui sera un
sacrifice de toutes ses amours passées.
Damis lui répond avec transport qu'il
n'est rien qu'il ne foit prêt à lui facrisier.
Illui nomme cinq ou six Maîtresses
qui paroissent trop peu considerables
àla prétendueJulie, pour être dignes
d'orner son char de triomphe. Elle dit à vïL Damis
Damis qu'elle refuse tous les jours des
offres pluséclatantes, & qu'il faut abandonner
pour elle quelque chose de meilleur
que tout ce qu'il vient de lui nommer.
Damis lui nomme enfin Hortense
La huitfe Julie paroît satisfaite decedernier
sicrifice ; elle lui demande H ell: auprèsd'Hortense comment ; Damislui répond
qu'on n'en sçauroit être plusaime
qu'il l'est & comme elle ne veut-pis l'en croire, il lui montre la lettrequ'elle
lui a ecrice
,
& la remet entre ses mains A peine Horcenfe a-t'elleretiré cette lettre
qii l'embarrassoit le plus,qu'elle se
demasque emasque ; Q. après avoir reproché à Damis son;cin"daipfcrreestioanV,OIr reproc e a elle donne sa
main à Clirandre que le Commandeur
lui amene. Voilà, à peu de choseprès,
le plan de la Piece ; elle a parù très-bien
écrite, & les portraits dont elle est ornée
ontété trouveztrès-vifs) & tels qu'ils
ont accoutumé de partir d'une main si
habile &c li legere.
Voici quelques-uns des traits qu'on a le plus remarquez.
Dans la premiere Scene Euphemie,
raere de Damis, lui fait ce portrait de la
Cour.
Depuis deux mois au plus vous êtes à la Couri
Vous ne connoissèz pas cc dangereux féjgur.
,t. vol. H ii Dans
Sur un nouveau venu,le Courtisan perfide..
Avec malignité jette un regard avide,
Penetre ses défauts, & dès le premier jour,
Sans pitié le condamne
, & même sans retours
Pour prouverlesansretour dont elle
vient de parler
3
elle lui dit un peu après ;
Enyain, croissant en âge,
On change de conduite,on prend un airplus
sage
On souffre encor long-temps de ce vieux préjugé>
Gn estsuspect encor, lorsqu'on est corrigé.
Dans la séconde Scene Damis fait son
propre portrait en ces termes:
Je ne fuis pas trop vain; mais entre nous je
croi
Avoir tout-à-fait l'air d'un favori du Roi.
Je fuis jeune, assez beau, vif, galant, fait 1
peindre,
Je fais plaire au beau sexe, &&ssuurrtotouutt je fsççaai|
feindre;
Colonel à treize ans, je penseavec raison,
Que l'on peut à trente ans m'honorer d'un
bâton.
Damis dans la troisiéme Scene, par
JUnt à Trasimont; lâche;) coup sur coup,
2. vol, Que
cinq ou six traits qui font connoître son
caractère d'indiscret, les voici:
Horace éft un vieux fou, plutôt qu'un vieux
Seigneur,
Tout chamarré d'orgüeil
,
pétri d'un faux - honneur,
Assez bas à la Cour,important àlaVille,
Et non moins ignorant qu'il veut paroître
habile.
Pour Madame Erminie, on fait assez com-
-
ment,
Je l'ai prise & quittée un peu trop brusquement.
Qu'elle est aigre Erminie! & qu'elle est tracassiere!
Pour son petit Amant, mon cher amiValere,
Tu le connois un peu, parle, as-tu jamais Vit
Un esprit plus guindé? plus gauche? plus
to-itu?
Apropos, on m'a dit hier en confidence
Que son grand frere aîné, cet homme d'importance,
1
Est reçu chez Clariceavec quelque faveur ,.
Que la grosse Comtesse en créve de douleur.
Trasimont se refusant à la confidence
que Damis lui veut faire avec son indiscretion
ordinaire, lui parle ainsi:
2. vol. H ii) TxaCi~
C'est cette amitié même
Qui me fait éviter avec un foin extrême,
Le fardeau d'un secret au hazard confié,
Qu'on me dit par foiblesse; & non par amitié,
Dont tout autre que moi seroit dépositaire,
Qui de mille soupçons est la source ordinaire
Et qui peut nous combler de honte & de dépit
Moi, d'en avoir trop fûJ vous d'en avoir tropdit.
Damis
,
toujours indiscret, lit à Trasimont
& à Clitandre,qui est son Rival,
sans qu'il le sçache, ce billet qu'Horsense
lui a écrit.
Enfin je cede aux feux dont mon coeur eji
épris;
Je vouhis le cacher; maisj'aime à vous U
dire,
Eh! pourquoi ne vous point écrire,
'Ce que cent fois mes yeux vous ont sans dout.
appris?
DiU, mon cher Damis , je vousaime3
Jfautantplus que mon coeur) peu propre h
s'enfantert
ioraignantvotre jeuneJfe
même., & se craignant lui-
Afait ce qu'ila pil pour ne vous point aimerç
F-uijfai-jeaprèsl'aveu d'une telle fojlJleJfeJ vol.
Ne me l'ajamais reprocher!
Plus je vous montre ma tcndrefJe;
plus à tous lesyeux vous devez la cachet*
Cette indiscretion est double, parce
que non- seulement elle est faite en presence
d'un Rival; mais encore en presence
d'un Cousin d'Hortense: c'est Trafi-
•jnont.
Dimisrépondainsi au reproche
qu'illui fait de l'outrager si vivement en
la personne de sa Ccufine.
Vous nousla donnez bonne,
J'ai six Cousines, moi, que je vous abandonne
Et je vous les verrois l'orgner, tromper.
quitter,
imprimer leurs billets, sans m'en inquieter.
£1 nous feroit beau voir dans nos humeurs
chagrines,
Prendre avec soinsurnous l'honneur denos
Cousines.
Nous aurions trop à faire à la Cour, & ma
- foi,
C'est assez que chacun réponde ici pour foi.
Nous nous contentons de faire part de
ces traits à nos lecteurs ; comme la Piece
va paroîtreimprimée, il ne tiendra
sqiuté'à, eux de mieux satisfaire leur curioque
nous venons d'exciter.
1-vol. Hiiij qu'à
Les Comediens François qui sont restez
à Paris pendant le voyage de Fontainebleau
, ont remis au Theatre la Comedie
du Roi de Cocagne,en vers & en
trois Actes,avec des Intermedes, du
sieur le Grand: le Public a revu cette
Fiece avec plaisir.
Ils ont redonné aussi la Comedie des
trois Cousines, du sieur Dancour
,
qui a
encore paru très-amusante. On y a ajoûté
l'Acte des Vieillards du Triomphe du
temps, du sieur le Grand, dont le Ballet
fait toûjours un plaisir infini.
Le Mercredi 5. Septembre les Comediens
François representerent à Fontainebleau
, devant le Roi, la Reine &
toute la Cour, dans la salle qui a été
ornée depuis peu avec une magnificence
extraordinaire, Amphitrion & le Medecin
malgré lui.Pieccs de Moliere.
Le Vendredi 7. les Comediens Italiens
representerent devant leurs Majestez
!' la Femme Jalouse
, en trois Actes ,
Comedie Italienne, & la Veuve Coquette,
Piece Françoise en un Acte.
Le 10 Iphigenie, Tragedie de Racine
, suivie des trois F,.tits Rivaux, petite
Piece. Par les François.
Le 12. la Maison a deux portes difficiles
À garder, Comedie Italienne en 5. 2. vol. Le
Actes, suivie d'Arlequin poli par l)A--
mour. Piece Françoise d'un Aéèe. Par les
-
Italiens. -
Le 14. Tartusse, Comedie de Moliere,
& l'Eté des Coquettes. Par les François.
Le 18. laSurprise de l'Amour, Comedie
Françoise en 3. Actes
,
& 1*Impatient,
Comedie Italienne d'un Acte. Par
les Italiens. 4
Le 20. Edipe, Tragedie du M de C
Voltaire,suivie du Cocber Par
les François.
<,
.,
Le 23. le Joüeur, Comedie Italienne
en trois Actes
,
suivie de l'Edipe ¡,.
vesti, Parodie Françoise en un
Aéte.Pàf
les Italiens. i)<ff-.'
Le Jeudi 27.la Tragedie d'Herode&
Mariamne, de M. deVoltaire,suiviedel'Indiscret,
Comedie en un A<5le> die
même Auteur.
1 Hv N;ocr 2. -,10t.
NOUVELLES DUTEMPS.
TURQUIE. le
LE Patriarche de la Georgie, accompagné
de trois Archevêques, s'est
rendu à Constantinople pour solliciter le
Grand Signeur, d'accorder aux Georgienslaliberté
de se choisir un Chefparmileur
Nation, Ôc de les soustraire de laRegence des Turcs; offrant de faire
hommage à sa Hautesse, & de lui untributannuel payer , à l'exemple des Prin-
"CÎr>.iutez de Walachie & de Moldavie.
On dit que ce Patriarche est frere du
Prince de Georgie qui s'est retiré en
Ruffie.
On écrit de Tripoli, de Barbarie, que
M. de Vatan, Chevalier de Malthe,
commandant deux Vaisseaux de Guerre
François, y a terminé sur la fin du mois
de Juillet dernier lesdifferens entre la
France & la Regence de Tripoli. On est
convenu de ne parler d'aucune nouvelle
prétention de part ni d'autre, &de renouveller
le Traité de paix de 1720. On
ajoûte que le 19. Juillet le Roi fit étranglerle
Chef d'une conspiration tramée
2.. voL contre
Contre fæo personne, & qu'onaarrêté
quelques complices, qui avoient résolu
d'élever ce Chef à là dignité de Bey , s'ils
eussent reussi dans leur entreprise.
Le bruit court que l'Usurpateur Miry-
Mamouth a été empoifonné par son neveu
j
après la défaite des Turcs devant
Tauris, & que quelques jours avantsa
mort, ce Chef des Rebelles avoit fait
perir miserablement l'ancien Roi de Peifè3
& neuf de ses enfans.
Plusieurs autres Lettres de Perseportent
que le jeune Roi Tachma-Siba ayant
marché il y a quelques mois vers Ispahan
à la tête de 1 5000. hommes pour reprendre
cette Place sur Miry-Mamouth,
cet Usurpareur pour lors malade, lui
avoit opposé un corps de troupes de 7000.
hommes qui avoient été battus près la
petite Ville de Comcaisan, située dans
Jes montagnes à six journées d'Ispahan 1
que la maladie de Miry-Mamouth ayant
considerablement augmenté, son premier
Ministre avoit formé le dessein de
le trahir, & d'élever en sa place Chereophana,
filsde la femme de I"L'furpateur,
& dont il avoit fdt mourir le mari
pour l'époufer ; que Chcreophana ayant
été proclamé par les principaux de l'armée
rebelle, avoit fait tuer Miry-Mamouth
,tant pour s'affermir dans Sa nou-
2,UQL H Y; velle
velle Dignité, que pour Ce venger de tiï
inort de son pere: qu'ensuite il avoit
envoyéun détachementde 7. à 8000.
hommes au devant du jeune Roi de Persè
pour l'empêcher d'approcher de cette
Capitale; que ces troupes ayant été encore
battues
,
il s'était mis à la tête de
son armée pour attendre son ennemi dans
la plaine, & lui livrer bataille; & que
sur l'avis de sa marche, le Roi de Perse
s'étoit arrêté dans un porte avantageux
pour y attendre un renfort de troupes.
On mande en dernier lieu de Constantinople
que le Grand Seigneur avoit
érigé la Georgie en Principauté Souveraine,
en faveur du Patriarche de Tiflis,
àélca cuhasrg.e d'un tribut annuel de 100000.
Les mêmes Lettres portent qu'on avoit
étranglé depuis deux mois, par ordre du
Grand Seigneur, les deux Comrmndans
des Tartares de Budziac, & deKrimée, qu'on avoit attirezausècours de l'armée
de Perre, pour se saisir plus aisément de
leurs personnes, & qu'il ctoitarrivé depuis
peu à ConstantinopledenxAmbassadeurs
du jeune Roi de Perle, pour négocier
un Traité d'alliance avec sa Hautesse.
On a appris par la voye de Pologne
qu'il y avoit eu à Constantinople un-in-
2. 10L 1*
cendie qui avoitdure huit jours, pert
dant lesquels il avoit consumé les deus
tiers des maisôns de la Ville.
RussIL,.,
LEs dernieres nouvelles de Perse ci'W
13,. ,Ju,in.p,ort,en.t que le Visir Re- 1 belle après sa defaite dans la pl1a-in--e.-d"e-
Lofchoinodan
, -avoit rallié les débrisde
ses troupes, pour joindre son corps de
léferve qui étoit dans le voisinage de
Teumin; mais qu'y ayant été attaque
pendant la nuit par un détachement d'environ
mille chevaux, dont le Lieutenant
General Matonfchkin avoit donne le
commandement au Colonel Tfchertzows
il fut de nouveau mis en fuite après
un combat de 3. heures., dans lequelles
Rebelles perdirent beaucoup de monde.. f1 POLOGNE.
LEs articles proposêz au Roi par le
Prince Dolhorouki, Ambassàdeur
de la Czarine 1 I A
,
contiennent en lubltance,
que les Polonois soient tenus d'indemnifer
la Cour de Moscovie des dépensès
qu'elle a faites dans la derniere guerre
contre la Suede *, que le Roi &- la Réipublioue
de Pologne s'engagent de ref
2. voi conno
connoître solemnellement S. M. Cz. en
qualité d'Impératrice de toute la Russie,
de rendre aux Chrétiens Grecs les Eglises
qui leur ont été enlevées dans le
Royaume, & dans le Grand Duché de
Lithuanien de donner uneentiere fatis-
Faction aux autres non-conforirsiites p.:r
rapport au libre exercice de la lleiig'on ,
& de les remettre en possèssîon de leurs
libertez & de leurs privilèges, conrormément
au Traité d'Oliva.
Le Roi qui persiste à refuser de don.
lier l'audience queM. Finch, Ministre:
d'Angleterre demande, a écrit à S. M..
Br. pour la prier d'envoyer à Varsovie:
Un autre Ministre.
On attend dans ce pays un train dsar-

tillerie que le Roi a acheté du Prince
Confiantin moyennant cent 70. mille:
epcus.
ALLEMAGNELE
21. de ce mois le Duc de Ripperda,
Ambassadeurd'Espagne, fit:
son Êntrée publique a Vienne en cet ordre,
Un Fourier de l'Empereur acheval
, précedé de deux Fouriers pour faire
faire place
,
& suivi de deux autresx
pour empêcher que la marche ne fut:
troublée. Les Carosses des Ministres lm"-
periaux & des Consèillers d'Etat, au
2. voL nom.
nombrede 62.. Le premier Carottede"
la Cour, dans lequel étoit le Secrétaire
de l'Ambassade.LesEstafiers du Comte
deBrandeis, qui en qualité deMaréchal
de la Cour, étoit allé prendre
l'Ambassadeur à Rennvegg
s avec deux
Caroffes de l' empereur, marchantdeux
à deux. Deux Valets de pied de l'Ambalfadeur
en camisole de velours cramoisi,
galonnez d'un double galon d'argent
j avec une bande étroite de velours
bleu au milieu, & bordées de galons
& de franges semblables
, ayant à la
main des cannes à pommes d'argent, &
sur la tête des toques du même velours,,
DU etoient les Armes de l'Ambassadeur
en broderie d'or & d'argent. Le refle de
la Livrée de l'Ambassadeur
, au nom- bre de z8. personnes, en habits de la
plus belle écarlate, garnis comme cidessus,
avec des plumes rouges, blanches
& bleuës sur le chapeau
, une épée dargent, des bas de foye gris de perle.
Entre les deux du dernier rang étoit Portier de l'Ambassadeur, un vêtu de même
& la canne à la main., Le fecond Carosle
de la Cour
,
où l'A mbassadeur oc- :upoitla premiere place, & vis-à-vis
toit le Comte de Brandeis. Douze Heyluques
etoient autour du Carotte en pa- reillelivree, le làble & le poignardd'ar-
3~"TV/oQlI. gent,
gent, avec des plumes sur leurs bonnets,
pareilles à celles des Estafiers. Les Fouriers
de la Cour à cheval
qui étoient
chargez du foin de reg ler toute la marche.
HuitPages de l'Ambauadeur sur des
chevaux richement harnachez,
en habitr
de velours cramoili, tout chamarrez d'argent
, avec la verte de drap d'argent,
bordée de semblable frange, précèdes
d'un Ecuyer de l'Ambauadeur sur un
cheval de parade. QuatrePaifreniers à
cheval avec pareille livrée. Six autres
Palfreniets, conduisant chacun un cheval
de main de l'Ambassadeur
,
richcment
harnachez, avec des houles de velours
cramoisi sur lesquelles étoient les
chiffres de l'Ambassadeur enbroderie d'or.
Le premier Carossedel'AmbalIade vuide,
doublé de drap d'or fort grand &
magnifique
,
à fix-chevaux
,
d'une beauté
extraordinaire, enrichi d'une telle
quantité de franges & de broderies, qu'il
ne paroilïoit qu'or sur or. Les Caroaès à
Lix chevaux du Nonce du Pape, & du
Comte de Collonitz, Archevêque de
Vienne. Le second Carosse de l'Ambassade
à six chevaux, cap de more, avec les
harnois, boucles & garnituresd'argent,
dont la magnificenceéhoit proportionnée
à celle du premier, & l'on ne voyait
qu'argen;: sur argent. Une Berline d'ull
1. Vol,- goût:
goût nouveau. Enhn deux autres Larotses,
l'un coupé & l'autre de voyage, à
deux places, chacun à six chevaux,d'une
jrichelfe proportionnée aux autres.
L'Amballadeur partit de Rennvcgg.,
jMaifondePlaifancedeM.deHillebrarçd,
& se rendit avec ce cortege à son Hôtel:
il y avoit sur sa route un nombre infini
de peuple de mêmequ'auxfenetresdes
mai fons
,
pourvoir une Entrée qui n'avoit
point eu de pareille en magnificence
depuis long-tenps.
t Le jour suivant, l'Ambassadeur se ren.,
dit avec le même train
,
à la ieferve des
CarossesdesMinilhes Impériaux & des
Conseillers d'Etat, au Palaisde la Favorite,
où il eut sa premiere Audience publique
de l'Empereur, avec les ceremonies
ordinaires, après quoi il fut reconduit
dans le carolle de S. M, Imp. par
le Comte de Cifuentes, Chevalier de la
Toison d'Or, à son Hôtel, cù il donna
un superbe festin à un grand nombre de
Noblenes.
Le 2 Aouti, Fête de S. Louis, dont
le Roi de France porte le nom ,
le Duc
de Richelieu, Ambassadeur de S. M.Tr.
Chr. donna à cette occasion un magnifique
festin dans le jardin de Paar, à la
plupart des Ministres Etrangers. Il fut
suivi d'une trèsbelle serenadeen con-
| 2. vol. CC£
1
cert, des plus belles voix, & des meisleurs
instrumens.
.; Le 28. jour de la naissance de l'Imperatrice,
le Duc de Ripparda,Ambassadeur
d'Espagne
,
presenta à S. M. I. au
nom du Roi son Maître, un -Baffin*, une
Aiguiere d'or du poids de cent marcs.
On apprend d'Hanover que le 4. de
ce mois le Comte de Broglio, Ambassadeur
de France, donna un Bal, & un
magnifique fefHn, à l'occasion du Mariagedu
Rai son Maître: lesdeux Princes
de Heste-Cassel & les deux Princes
de Valdeck yassîsterent. Il y avoit
trois tables servies avec la plus grande
magnificence. Son Hôtel étoit illuminé
en dedans 3c en dehors.
Le 3 1 Aoust le Comte de Blanckenheim,
EvêquedeNeustadt,Conseiller
d'Etat du Prince Clement-Auguste de Baviere,
Electeurde Cologne,& Evêque
de Paderborn, Munster & Hildesheim,
& M. de Henrisch
,
Résident de S. A.
Elec!:(,raJe à Vienne,recûrentde l'Empereur
, au nom de ce Prince
,
l'invclli_,
ture de l'Electorat de Cologne, de de
l'Evêché de Hildesheim.
L'Archiduchesse Marie - Elisabeth
9 iceur de l'Empereur, partit de Vienne
pour son Gouvernement des Pays-Bas le
4. de ce mois, au bruit d'une fal ve de
2. vol.. lar
Artillerie de laVille. Elle arrivera en
Flandres par Mastricht & le. pays de
Liege.
Le9. de ce mois on celebra à Vienne,
avec les ceremonies accoutumées, l'anniversaire
de la levéedusiege de cettCJ.
Ville, assiegée par les Turcs en 1683.
le Te Deum fut chanté dans l'Eglise Meropolitaine
, au bruit de plusieurs salves
!e l'artillerie, l'Archevêque de Vienne
officia pontificalement.
Le bruit court que l'Archiduchesse
Marie - Magdelaine, feconde soeur de
l'Empereur, partira au Printemps prochain
pour le Tirol, dont elle a accepté
le Gouvernement.
Italie. ON a(Tare à Rome que l'accommodement
entre le Roi de Sardaigne
est enfin conclu, à condition que le Cardinal
Pipia sera les fonctions de Ministre
de ce Prince, pour être sur le pied des
autres Têtes Couronnées.
Le ,Cardinal de Schrottenbach a été
nommé par l'Empereur protecteur d'Allemagne
,à la place du Cardinal de Saxe-
Zeitz. Le Cardinal del Giudice a refusé
la même qualité que le Roi d'Espagne
lui offroit avec une bonne pension
.) voulant
être neutre.
z-val, M.
M. Presciat, Expéditionnaire de la
Cour de France à Rome
, a été nommé
Consul de la Nation Françoise à Civita-
Vecchia,& dans les autres ports de l'Etat
Ecclesiastiquey à la placede feu M. de
laChauffe. On apprend de Venise que le 25 ;
Aôull: le Comte deGergy donna un
grand festin
,
précedé d'un très-beau concert
de voix& d'instrument, & suivi
d'un magnifique Bal, à l'occacion de h
Fêtede S. Louis, dont le Roi de France
sonMaître portée le nom.
Les Lettres de Naples portent que les
pluyes qui font tombées enabondancesur
la fin du mois dernier, ayant hmvé la
secolte,& faitcesser plusieurs maladies
dangereuses que là trop grande secheresse
avoit causées, on doit en rendre à Dieu
de solemnelles allions de grâces par uni*
Te Deum, &c. ¡
Le Cardinal,Viceroi de Naples, ayant
ïeçu avis que le Duc de Montemileto,
neveu du Pape, & Capitaine desdeux
Compagnies des Chevaux Legers de sa
Garde, se disposoit à partir pour Rome ,
il lui a fait défense de se mettre en route 1
sans le congé de l'Empereur. 1
Le 28. Aoust le Comte Leopold Mariede
Dietrichstein, qui Ce prépare à
partir de Rome pour retourner à Vienne,
z.vol. l'alla
~lia prendre congé du Pape qui lui fit
present d'une Caisse de Reliques; d'une
ourone de pierres précieuses, & d'une
Medaillé d'or pourla ComtesseOrsini
le Roslemberg Dietrichstein, mere de
ce jeune Seigneur
, & parente de S. S.
J On écrit de Florence qu'il y eut le
premier de ce mois un grand desordre
lans l'Eglise de l'Hôpital de S. Gilles.
Un Anglois convalesçent s'étant caché
derriere l'Autel dans ledesseinde voler
pendant la nuit les vases sacrez, fut apperçu
par quelques domestiques de
l'Hôpital
qui voulurent l'arrêter. Il se saisit
dela Croix qui étoit sur l'Autel, & en
blelîa plusieurs; mais d'autres domestiques
étant accourus au secours de leurs
camarades, se jetterent sur cet Etranger,
& le tuerent sur la place.
ESPAGNE.
LE Roi ayant reçûavis de Barcelone
qu'il y regnoit depuis deux mois une
maladie épidemique & contagieuse qui
emportoit un gand nombre d'habitans de
cette Ville, &, que les Médecins avoient
reconnu par l'ouverture de plusieurs cadavres
, que le mal prévenoit d'une trop
grande quantité de figues qui n'avoienc
pû être digerées, Sa Majesté a rendu une
;
10.vol. 1 G*dof)-5
Ordonnance par laquelle il est défendu,
fous des peines très-rigoureuses, de manager
pendant- tout lereste de cette année,
de ce fruit qui a causé autrefois de semblables
mortalitez dans la Province de
Catalogne.
Dom Loüis d'Acunha, Ministre du
Roi de Portugal, qui étoit venu à Madrid
pour negocier le double Mariage du
Prince des Asturies avec l'Infante de
Portugal, & du Prince du Bresil avec
l'Infante d'Espagne, estparti pour retourner
à Lisbonne
, après avoir eu une audience
particulière du Roi
,
qui lui a fait
present de son portrait enrichi de diamans.
Il y a des ordres expediées pour augmenterde
dix hommes chaque Compagnied'Infanterie.
La Principauté de Catalogne n'étant
pas en état de fournirdesvivres à toutes
les troupes qui avoient ordre de s'y aLfem.
bler, il a été résolu d'en faire marcher
un certain nombre vers les Provinces
voisines.
GRAN DE-BR ETAGNI. ON mande de Londres un faittrèsextraordinaire
,
arrivé depuis peu
chez Milady Killigrew veuve de l'Ami.
2.vol» 1 ll
al de ce nom, à deux millesde S.Albans.
Un A sne.,qui servoit depuis
1 4,. ans 9
journer une rouë pour tirer de l'eau
retant devenu très-malin en vieillissant,
ne vouloit plus travailler
t & ayant été
IneLpar force à cette rouë par l'homme.
lui avoit accoutumé de l'y mettre, il fit
an effort, & rompit ses traits; il mordit
'homme au gras de la jambe ivec tant
le furie, & lui suça tellement le sang
iu'il , en mourut le 6. de ce mois. Ceux
qui vinrent au secours tuerent l'Ained'un
:cup de fusil.
Le 1 1. de ce mois le Lord Waldgrave
partit de Londres pour aller complimenter
le Roi de France de la part du Roi
d'Angleterre sur son Mariage.
Le 19. vers les onze heures du foj,
le feu prit à l'un des bouts du Pont de
Londres, &: en moins de deux heures
il
y eut 18. maisons brûlées: le vent
ayant porté des étincelles dans le Fauxbourg
de Southwark, 60. maisons de la
zuë de Tooley
,
furent consuméesmalgré
tont le secours qu'on y apporta.
*•voh FRANFRANCE,
y Nouvelles de laCour3 de Paris, &C.
LA Reine qui a été incommodée pendant
deux jours, au commencement
de ce mois, des fatigues de son voyage,
efl: parfaitement rétablie »
le Roi a mangéauprès
du lit-de cette Princesse. Les
Officiers du Roi & de la Reine portaient
tout le service à la porte de la chambre;
les Femmes de Chambre dela Reine recevoient
les plats pour les remettre à
Madame Mercier, premiere Femme de
Chambre qui les portoit à la Comtesse
de Mailly, Dame d'Atour, laquelle les
servoit sur la table.
Le 14. de ce mois la Cour prit le deüil
pour trois semains pour la mort du Duc
d'Aoste,petit-fils du Roi de Sardaigne.
- La Reine a donnédes Montres, des
Tabatieres d'or
,
&d'autres bijoux précieux
à toutes les Dames qui font auprès
de S. M. de même qu'aux Officiers des
Gardes du Corps, & à quantité d'autres
personnes qui ont fait le voyage de Strasbourg.
La Duchesse de Tallard & la Marquise
, p.wL ie
ce Prye, ont les grandes Entrées chez
la Reine.
l'
S. M. a accordé à la Marquise de la
'llriUiere une augmentation de 10000. 1.
de pension, outre celle de 0000. livres
qui lui avoit déja été accordée.
On assure que les prisonniers pour
certains crimes,& pour dettes au ddrus
de 300. liv. obtiendront leur libertéà
l'occasion du Mariage du Roi. M. de
Beaussan, Maître des Requêtes a été
nommé pourêtre à la tête du Bureau qui est chargé d'examiner les informa-,
tions des criminels, & l'état des dettes
des prisonniers civils.
Le 1 8. de ce mois la Reinealla à la
Chasse avec le Roi, elle parut y prendre
beaucoup de plaisir. Cette Princesse joüa
ensuite une reprise de Quadrille avec la
Duchesse d'Orleans, Mademoiselle de
Clermont, & la Maréchale de Roquelaure.
Le 6. de ce mois le Roi & la Reine
se rendirent ensemble à la Chapelle, où
leurs Majestezentendirent la Mesle,
chantée par la Musique.
Le 1 3. la Reine communia dans la
Chapelle du Château de Fontainebleau,
par
lesmains
de l'ancien Evêquede Frejus,
son Grand Aumônier.
jLe 24. de- ce mois la Duchesse, Doüai-
1. vol, 1 riere
riere d'Orléans, & la Duchesse d'O
leans sa bru, arriverent de Fontaineble
au Palais Royal.
On a reçû avis que les PP. de la Fe
& Darcisas, Commissaires Députez.
l'Ordre de la Sainte Trinité & Rederr
tion des Captifs, dits Mathurins, étoie
arrivez dans le Port de Marseille av
43. Esclaves Franois qu'ils ont rachet
au
Royaumed'Alger
, non compris i
autres Esclaves, retirez de Miquenez
de Tetoiian au Royaume de Maroc,
< que le P. le Roi, Commissaire dépu
dumême Ordre, a été chargé de cor duire au Havre de Grace, où ils ont de
barque le 9. Juin dernier après 37. jour
de navigation.
Les Princes de Baviere qui font à Pa
ris dînerent le 25. de ce mois chez
Duchesse de Brunswick
, au Palais di
Luxembourg
, deux tables, l'une de 22
couverts, & l'autre de 11. furent seivre
avec la plus grande magnificence. Ce
.1
Princes ont visité avec beaucoup d'atrention
toutes les Maisons & les Manufactures
Royales, la Bibliotheque du Roi,
l'HôteldelaMonnoye, les Invalides,
les Gobelins, le Jardin Royal des Plantes
,&c.. h
Le même jour ces Princes,accompagnez
du Comte de Charoiois,allerent
Z*vols -vpi{
voir la Monnoye des Médailles. M. de
Launay qui en est Directeur
,
fit frapper
\» leur presence une grande Médaille,
qui a d'un côté la tête de Monseigneur
le Dauphin
,
fils de Loüis XIV. & de
l'autre celle de Madame la Dauphine
Marie-Anne de Baviere. Ces Princesvirent
ensuite les machines qui fervent à
la fabrication des Médailles & des jettons.
Ils monterent après dans la gallerie où l'on garde les poinçons, 8c les quarrez.
Après quoi ilspasserent dans un cabinet
<le Tableaux des meilleurs Maîtres, &
aprèsavoir satisfait leur curiosité
, M. de
Launay, dont les manieres font toûjours
nobles & polies, leur presenta cinq Medailles
pareillesà celle qui avoit été frappée
en leur presence. Au sortir de la
Monnoye des Medailles, ces Princes
allerent voir les Plans qui font dans la
grande gallerie.
On a vu dans nos précedens Journaux
ce qui s'est passé à l'occasion du miracle
operé dans la Paroisse Sainte Marguerite
le 31. Mai dernier, en faveur d'Anne
Charlier, femme du sieur de la Fosse.
Nous avons rendu compte en particulier
du Mandement que M. le Cardinal de
Noailles donna sur ce sujet le 10. du
mois d'Aoustsuivant, par lequel S. E.
prdonnoit que le Jeudi 23. du même
A' v"l.. I ij mois
mois,il seroitfait dans l'Eglise Sainte
Marguerite un Office solemnel du Saint
Sacrement, &que le foir le Te D¡.f.
feroit chanté en action de graces d'un II
grand bienfait. Quoiqu'il ne soit pas
marqué dans ce Mandement que M. le
Cardinal dût aller à Sainte Marguerite,
nous avons cependant appris que S. E.
avoit fait pontificalement tout l'Office du
jour dans cette Eglise, & que le Diman-j
che 26.dumême moisd'Aoust, suivant
le même Mandement, le Clergé de l'Eglise
Sainte Marguerite, qui se trouva
fort nombreux ce jour-là, vint en Procession
à Nôtre-Dame; & qu'aprèsavoir
chanté une Antienne devant la Chapelle
de la Vierge, il chanta aussi le Te Deum.
La Dame de la Fosse assista à tout l'Office
du Jeudi, & à la Procession qui se fit
le Dimanche,où il se trouva une très
grande affluence de peuple. 1
Discours de M. Hérault, lors dt fin:
inflallatian au Chktdet.
MONSIEUR,
Je rentre dans ce Tribunal avec autant
deJatisfattion que j'ai eu de regret 4 le
quitter. Heureux d'y revenirfeus les lZufpie
&. vol. çM
tel d'un Magijlrat, (a) que les vertus &
les suffrages publics accompagnent! Meurtux
encore de relrouverd la tête de cette
iihiflre Compagnie un Chef (b) si digné
de l'être, 0" qui pendant ma plus ttndr,
jeuneff* a été fobjet de mon admiration
3
comme il est aujourd'hui un des plus parfaits
moieLesquejepuisse suivre.
Je fins , Messieurs, & je redoute là
poids des fondions qui me font confiées.
Vous aurez, fiouvent à suppléer à mes lumieres
par les vôtres; mais vous n'auret
jamais a suppléer par votre indulgence 4
rl];S je.,,ii?i.-ens, & à mon refpeft pour -vous.
(a) M. de Ruaux Pallu, Conseiller au PaN
lement.
(l;) M. leLieutenant Civil.
BENEFICES DONNEZ.
LE Roi a donné l'Abbaye de S. Crespin-
le-Grand, Ordre de S. Benoît,
Diocèse de Soissons, à l'Abbé de Belingan,
Chanoine de S. Germain del'Auxerroîs.
Celle de Ligues, Ordre de Premontré,
Diocèsè de Boulogne
,
à l'Abbé de
Moiu-zlli,.vDooctleu.r1ciie iSojrboDnneo,yeÔnC
Doyen honoraire del'Eglise Cathedrale
de Beauvais.
Celle de Seri-aux-Prez, Ordre de
Prémontré,Diocèsed'Amiens, vacante
par le decès de l'Abbé d'Hautefort, à
l'Abbé d'Estourmel.
Celle de Saint Leonard ; de Chaumes,
Ordre de Cîteaux, Diocèse de la Rochelle,
à l'Abbé Rouault.
Celle de Montpeiroux, mêmeOrdre,
Diocèsede Clermont, à l'Abbé de
Conros.
Celle de Miremont, Ordre de Saint
Benoît,DiocèsedeChâlons, à l'Abbé
Rioult d'Etoüys.
Celle de S. Paul de Beaurepaire, même
Ordre Diocèse de Vienne, à la
Dame de Clermont de Gessan, Religieufe
de l'Abbaye de Chelles.
Celle de Puis-d'Orbe, même Ordre,
Diocèse de Langres, à la Dame Jeanne
de Migieu.
Le Prieuré Regulier & Conventuel
de Vitré, même Ordre, Diocèse de
Rennes, vacant en Regale par le decès
de Dom Julien Garnier, à Dom Martin
Laillier, Prêtre, Religieux du même
Ordre.
L'Abbaye Commandataire de Flaran
Ordre de Cîteaux ,
J
Diocèsed'Auch vacante
par le décès de M. de Mouchan
, a 2.vol,été
;té donnée à M. Alain de S. Gery, Pietre
du Diocèse de Lectoure.
L'Abbaye du Mont deSion, dans la
Ville de Marseille, Ordre de Cîteaux,
vacante par ledecèsde laDameDarcussia,
en faveur de la Dame de Village-la-Salle,
Religieuse de ladite Abbaye.
L'AbbayeCommandataire de Nôtre-
Dame de Moreau, Ordre de S. Benoît,
Diocèse de Poitiers, vacante par la dé.
mission de M. Turpin Crissé de Sanfay ,
Evêquede Nantes, en faveur de l'Abbé
Carman de Maillé, Clerc tonsuré.
L'Evêché de Valence, vacant par le
deces de M. de Catelan, a été donne à
l'AbbéMillon,Aumônier du Roi.
L'Abbaye Reguliere de Corneux,
Ordre de Prémontré,Diocèse de Besançon,
vacante par le decès du sieur du Sausay,
en faveur du sieur Henry de la..
Bruyere, Prêtre ,
Religieux du même
Ordre, & Prieur de l'Abbayede Joyenva].
2.Vol. Iiiij J\40RTS>
MORrs, NAISSANCES, dJ't.
L E 4. SeptembreDameGeneviéve
Didiot, épouse d'Etienne de Saintot,
Chevalier, Seigneur de Vemars, &c"
mourut âgée de 57.ans.
Le 8. Dune Marguerite de Rousseaux,
épouse dePierre Antoine de Caftagnere,
Marquis de Châteauneuf, Conseiller
d'Etat, ancien Prevost des Marchands,
auparavant veuve en premieres nôces de
N. Prevost, Conseiller au Parlement de
Metz, Se en secondes de N.de Marlet,
Maître des Requêtes,mourutâgée de
8 4. ans.
- Dame Bonne-Loüise-Faideau de Marville,
veuve deLoüis-Alexandre Croiset,
Marquis d'Estiau,Conseiller au Parlement,
mourut le 14. Septembre, âgée
de 3 2. ans. Elle laisse un fils unique.
Antoine, Duc de Grammont, Pair &
Maréchal de France, Souverain de Bidache
, Sire de Lesparre Gouverneur
& Lieutenant General pour Sa Majesté
en ses Royaumes de Navarre & Province
de Bearn
,
Gouverneur particulier des
Ville, Châteaux 8c Citadelle de Bayonne,
8c Pays adjacents, & de la Citadelle
2. vol. de
Je Saint Jean Pied- de-Port, Colonel
du Régimène des Gardes Françoises
, cydevant
Conseiller au Conseil de Regence,
mourut à Paris le 16. Septembre,
âge de )';. ans & quelques mois.Voici
les honneurs qu'on lui a rendus.
Au moment de sa mort les Gardes de
la Connétablie
,
leurs Officiers à la tête,
s'emparerent du corps, qui fut ensuite
exposé sur un lit de parade, autour duquella
même Connétablie resta en fonction
& fous les armes. Tout l'Hôtel étoit
tendu de noif.
Le lendemain il fut porté sur les huit
heures du foir, enl'Eglise Paroissiale de
S. Roch, & delà en celle des Capucines
pour y être inhumé dans la sepulture dt
la Mailon de Grammont. Le Convoi se
fit en cet ordre.
Cinquantepauvres habillez de, neuf,
& portant chacun un flambeau commen
çoient la marche. Ils étoient (uivis d'un
détachement de 600. hommes du Regiment
des Gardes, avec deux Enseignes
portant leurs Drapeaux. Les Enfans des
differens Hôpitaux marchoient ensuite
avec des flambeaux, & précedoient le
Clergé de S. Roch qui étoit fort nombreux.
A la fuite du Clergé marchoientceux
qui portoient les différentes piecesd'hon-
2. vol. 1 Y neur;
reur, sçavoir., la Couronne Ducale por
tée par FEcuyerdu Maréchal de Grammont,
l'Epéea les Bâtons de Maréchal,
le Haulsecol, par trois Officiers de la
Connétablie, & le Bâton de Commandement
par le Sergent MajorduRegiment
des Gardes.
Le corpsfuivoit immédiatement, porté
par 24. Sergens. Les coins du Poisle
étoient portez par le Lieutenant- Colonel,
& par les trois plus anciens Capitaines
, les Gardes de la Connétablie bordant
les cotez du corps, qui étoit suivi
immédiatement par un grand nombre
d'Officiers en manteau.
Ensuite venoit la famille & toute la
Maison du défunt, qui étoit suivie de
tous les Officiers du Regiment en habit
d'ordonnance.
< Le long de la marche, les ailes étoient <
bordées de soldats du Regiment avec
leurs Tambours, ayant à leur tête les
Offiûrs. :
Quand le Convoi fut entré dans l'E.
glise des Capucines, & pendant qu'on
faisoit l'inhumation, le détachement des
Gardes fit trois décharges dans laPlace,
où il s'étoit rangé au-devant de cette
Eglise. 1
Le pur suivant on fit dans la même
]
Eglisè un Service solemnel
, & on cele- j
2. VIt. bra
bra plusieursMesses ausquelles assisterent
un grand nombre de personnes de diftinction.
Les Maréchaux de France furent reçus
à la porte par les Officiers & Gardes
de la Connétablie fous les armes.
J Les Armes de la Maison de Grammont
dont tout le Frontispice & le dedans de
l'Eglise étoient ornez,font.,Ecarttlez. au
:1 d'or, au Lion d'azur, armé & lampassé
de gueule. Au 2. & 3. de gueulesk
3,fléchés d'or, ferrées & empennées d'argettt)
mises en pal,qui est Af/cr. Au 4.
d'Aure, qui porte d'or au Levrierrampant
degueule, accolée defable; à la bordure
de même chargéede 8. Besànt d'argent.
Sur le tout degueules à 4jltmeilcs dargent
qui est de S. Cheron.
Le 14. Août Dame Jeanne-Henriette
Gilbert,épousê d'Antoine-Joseph de la
Voue,Marquis de Tourouvre ,accoucha
d'un fils qui fut nommé Antoine Armand
parJean Armand de la Voue de Tourouvre,
Evéque & Comte deRhodez,
k par Dame HenriettedeMarpont,
épouse de Louis-Charles Gilbert,Prefident
en la Chambre des Comptes.
Le 2.8.Août Dame Marie-Anne-An-,
j geliqueCharpentier, épousedeFrançois-
Victor le Tonnelier de Breteiiil,Secrétaire
d'Etat, ayant le département de là
Guerre, accoucha d'une fille qui fut nom-
2. 'V.l. 1 vj mée
inée Gabrielle-Rofale par M. Louis-Augufte
le Tonnelier de Breteiiil,Evêque
de Rennes, au nom de Gabriel de Caloune
de Courtebonnes Cheyalier de
S. Jean de JeruCalem, Commandeur de
Mondidier, & par Dame Gabrielle Anne
de Froulay
,
épouse de Louis-Nicolas*
Baron de Breteiiil, Introducteur honoraire
des AmbalTadeurs.
Le 11. Août,Claude-François de Ferret,
Brigadier des Armées duRoi, Chevalier
de S. Louis, épousaLoiiife-GeneviévedeFleury,
siÜe de Charles-Melchior
de Fleury, Capitaine Enseigne des
Gards da Corps ce feu S. A. R. MonlRieurJ
&adezDainae Mcarie-.Anne Ruzé de Le 23. du même mois, Josephccis
de TVr.ule"es Rolans de Reauville,
Mariuis deCab.u;es. Seigneur de Lauriol,
Ch unont &c. Prefiient en la Chambre
2es Comptesde Provence, épousa Marie-'\
hgdeleine Gras, fille deJean-Bapt:
fie Gras, Seigneur de la Tour de Mollogé
,8cdeJeanne-Rose Giraud.
Illuminations & Feu d?Artifice
à Fontainebleau. LE 8. de ce mois, jour de laNativité
de la Vierge. & Fête de la Reine.
le Parterre du Tibre fut illuminé avec
.1. vêl. autant
autant de magnificence que de. goût;
le plus beau ceins du monde favoiifa ce
superbe ipedacle.
Le Jardin du Château de Fontainebleau
a environ 2.00. toises de long, sur plus
de 15o. de large; on y voit une grande
Fontaine, qu'on nomme vulgairement aujourd'huy
le Pot Bouillant.C'est un Rocher
deCongellation qu'on appelle ainit
à cause des bouillons d'eau vive & Limpides
qui en sortent d-, qui forment plusieurs
Napes & Jets d'eau. Il est situé au
milieu d'une Piece d'eau de 3 o. toises sur
35. en quatre.
Le Parterre divise en quatre compartimens
qui emourre le Baffin quarré &
laFontanequ'on vient-de décrire,.porte.
le nom de Parterre dul ibre. AZ5. toises
au-delà de ce Parterre est situé le Baffin
rond de 30. toises de diamètre qu'on appelle
du Tibre, à cause qu'on voit au
milieu 1A Statuede ce Fleuve en bronze,
d'aprè l'anique, plus grande que le
naturel, tenant une corne d'abondance , accompagnéede Remus & de Romulus,
alaittez par la Louve aussi en bronze-
Voilà le lieu de la Scene de la brillante
illumination dont on va parler.
Après le soupé, le Roi & la Reine,
accompagnez des Princes & Princesses
du Sang & de toute la Cour" se rendiz.
vol. rçitf
rent dans la Salle des Cent-Suisses., d'où
leurs Majestez virent l'illumination & le
Feu d'Artifice, dont elles parurent trèscontentes.
A 190. toises du Château, au-delà du
Parterre de la Fontaine & du Bassin rond
du Tibre dont on vient de parler, on
avoit élevé un Arc de Triomphe de 56.
toises de face sur 60. pieds d'élévation.
La grande Arcade du milieu était d'une
architecture composée avec des pilastres
sur pieds d'estaux
, portantun entablement
composé de sa frise, corniche & archi
trave, couronnée parun fronton circulaire
, furmoncé à l'aplomb des pilastres,
de grandes Girandoles. 1
Cette principale Arcadeétoit accompagnée
de quatre autres moind res de chaque
côté, dans lemême ordre d'architeâure
sur une ligne circulaire pareille à celle du
Baffin rond du Tibre, & qui occupoit un
tiers de (on cercle. Elle étoit terminée
par deux retours d'équerre, formant des
corps d'Architecture,dans chacun desquels
étoit une grande Médaille ovale
, repre"
sentant à droite les Chiffres du Roy & 'à
gauche les Chiffres de la Reine. Du centre
de ces ovales sortoient des rayons de lumières
très-brillans
,
formez par des Lampions
,les seuls qui fussent employez dans
toute l'illumination, toutle reste des lu,
2. vol. mieres
nieres étant en grosses terrines.
Ces corps en ligne droite étoient terminez
par de grandes Confoles, formant
des arriérés-corps portez sur des pieds
d'estaux, à l'aplomb desquels s'elevoit du
milieu de la Volute une Girandole de
lumieres de' 1 5. pieds de haut.
La grande Arcade du milieu enfermoit
un Soleil de lumieres d'un éclat très-vif,
dont les rayons avoient 2.6. pieds de diametre.
Dans le vuide des huit autres Arcades
il y avoit de grands Lustres qui pendoient
aux clefs des Archivoltes.
L'entablement à l'aplomb des pijaftres
étoit couronné par des Girandoles de lumieres
proportionnées à leur élévation.
Tout le brillant édificequ'on vient de
décrire étoit dessiné & profilédans toutes
ses parties, par la feule lumiere d'un
nombre infini-de terrines.
Le grand Parterre du Tibre étoit entièrement
illuminéssavoir ,
les quatre
pieces de broderies, renfermant la piece
d'eau du Pot bouillant, dont le milieu
qui s'éleve en Rocher, comme on vient
de le dire, & forme plusieurs Cascades ,
Jets & Napes d'eaufiguroit une montagne
d'un feu très-éclatant, dont le brillant
se repetoit dans le Baffin & faisoit unr
fpeéb2cle au.ssvi admoirablle.qOue suurpretnranet.
Outre les bords de cette Piece d'eau
chargez d'un double rang de lumiere en
platte-bande, ils'élevoit aux quatre coins
desIfs ou Piramides de lumieres de 20.
pieds de haut qui faisoient un effet merveilleux.
Toutes les broderies des quatres Parterres
étoient profilées de lumieres, ainsi
que les platte-bandes qui l'étoient à trois
rangs. Le rang exterieur étoit interrompu
par des Ifs de lumiere de 12.- pieds de
haut, à la distance de 18. pieds de l'un
à l'autre.
Les Terrassesd'environ 3. pieds de
hauteur qui entourent ce magnifique
Parterre étoientprofilées de deux rangs
d'Ifs pareils à ceux dont on vientde parler
& à la même distance, sur une platebande
formée par deux rangs de terrines.
Les quatre grands Perrons de lix marches
chacun, & de 20. toises de largeur,
par lesquels on descend desTerrasses dans
le Parterre, étoient aussi profilez de lumieres.
Toutes ces illuminations éclatantes du
pourtour du Parterre se joignoient à la
principale qui étoit celle de l'Arc de
Triomphe, pH les retours de la Terrasse
& par une continuité de platte-bandes de
lumiere.
Il nous reste à parler d'une autre espe-
2. vaL ce
£Ce d'illumination qui fut trouvée d'un
(éclat,d'une couleur & d'un brillant traordinaire ex- ,& qui termina cette pompeusèFête.
f Dans l'intervale qui est entre leParterre
& le Bassîn du l ibre,on avoitformé
sur un terrain d'environ 50. toiles de face.
une especed'Architecturemilitaire, à
creneaux, avec un avant-corps & des
chaînes de pierre; le tout profilé avec
fimétrie par des Lances à feu, Saucissons,
Gerbes ôc autres Feux d'Artifices, dont
l'éclat & la vivacité surprirent extraordinairement.
Une grande Girande, qui
frappa tout le monde d'admiration,termina
ce magnifiquespectacle.
M. le Févre , Intendant & Controlleur
général de l'argenterie & des menus
Plaisirs & affaires de la Chambre du Roy,
dont on connoît l'intelligence Se l'aâivité,
avoit pris foin de toutes ces Fêtes,
sous les ordres du Duc de Mortemar
9 Chevalier des Ordres du Roy, Premier
Gentilhomme de sa Chambre en année,
& sur les desseins du Sieur Berin , Dessinateur
du Cabinet du Roy.
jiddition à la Relation du Mariage
du Roy.
La Reine arriva à Mets le ai. Août à
2.vol. 5.
5. heures du soir au bruit du Canon cte
toute l'Artillerie; elle alla descendre k,
la Cathedrale; l'Evêque à la tête de son
lCahapitre la reçût à la porte de l'Eglise & complimenta. Après le TeDeum,S.M. fut conduite au Gouvernement où elle
soupa en public.
Les Vases d'or que cette Princ- esse re- çût des Juifs étoient proprement enfermez
dans un petit coffre de velours bleu,
la Reine les envoya à l'Evêque de Metz
pour le prix être dillllbué aux pauvres. La veille du départ de la Reine, S. M.
alla se promener à Frescati, Maison de
plaisance de l'Evêque de Mets,pagnée accom- de toute sa Cour & Suivie de plus
de cinquante Carrosses de gens de consideration
de la Ville. L'Evêquede Metz
fit les honneurs de sa mai son avec beaucoup
de magnificence, de profusion& de
délicatesse.
Le 16. Septembre le Marquis de Rony,
Ministre de France à Bruxelles,y donna
à l'occasion du Mariage du Roy, une Fêtetrès-somptueuse & très-bien entenduë.
Elle se passa avec beaucoup de satisfaction
de la part de la Noblesse qui
avoit étéinvitée &c de la Bourgeoisequi
y prit part.
Le frontispice de l'Hôtel d'Egmont que
le Marquis de Roffy s'étoit fait prêt
2. vol.
-
pour
pour donner cette Fête, étoit orné depuis
le bas jusqu'aux toits d'une maniere aussi
ingenieuse que galante & convenable au
IIIjct.
Un tableau transparent qui étoit audelfl\s
de la principaleporte,representoit à travers
des lumieres le Roy & la Reine,
assis sur un Trône élevé, 8cse donnant la
main au milieudesacclamations publiques.
UnCartouche au dessous, peint en azur,
contenoit cette inscription.
LUDOVICUS ET MARIA
GALLORUM VOTIS ASSUESCENTES ,
FELICI CONNUBIO,
TRANQUILLITATEM POPULI ASSERUNT.
Les deux pilastres à côté de ce Tableau
étaientchargez de quatre Médailles representant,
i". la Paix tenant d'une main
une branche d'Olivier & de l'autre le
flambeau de l'Hymenée,avec cette Legende
autour.
PAX PRONUBA.
2°. Une Foy couronnée & autour;
FITLICLBUS AUSPICIIS.
3°. La Deesse Junon qui preside aux
Mariages representée sur son Char attelé
de deux Paons, faisoit le corps dela troisiéme
Médaille, avec ces mots.
REGI ET RESNO.
4°. La France appuyée sur un Cippe
ou demie Colomne, avec cette
Legende,
2.vol. SESECURITATIPUBLICÆ.
,:." Le haut de la décoration étoit en dôme
au bas de laquelle on voyoit les Armes
de France & celle de la Reine, entourées
du Cordon de l'Ordre du Saint Esprit
& surmontées de l'Hymen tenant son
flambeau d'une main, & montrant de
l'autre le Trône de L. M.
Toutes les Croisées de cet Hôtel étoient
illuminées à double rang par des flambeaux
de cire blanche portez par des bras
peints en azur, semés de fleurde lys d'or.
La Cour de cet Hôtel, l'Escalier & tous
les Appartemens étoient extraordinairement
illuminez par une quantité prodidgioeluesse
de Lampions, de Bras, de Giran-
& par des Lustres de cristal de roche.
Vers les quatre heures, le Marquis &
la Marquise de Rossy se rendirent à cet
Horel dans un magnifiqueéquipage pour
y recevoir le Comte Be la Comtessede
Daun, de même que beaucoup de Seigneurs
& de Dames qui avoientété priez.
On avoitdressé une table en fer à cheval
de 90. couverts, le souper y fut servi
avec toute la magnificence & la délicatesse
possible.Ledessert étoit des mieux
entendus. Les figures du Roi & de la
Reine y étoient ingenieusement travaillées
en sucrerie, &divers autres ouvrages
de pareille matiere y representoient
2. vol, des
des attributs & des emblèmes convenables
au sujet de la Fête.
r On tira quelques artifices, avant le
sou per.
: Quand on fut à table on entendit une
excellente symphonie, qui ne cessa que
lorsqu'on commença à boire à la santé du
Roi & de la Reine de France,aux heureuses
fuites de cet auguste Mariage, &
autres santez de cette nature, à chacune
desquelles les Trompettes & les Timballes,
qui avoient déja sonné & battu
pendant que l'artifice avoit duré, recommencerent
, se mêlant au bruit de trois
salves de pieces de canon qui étoient
dans le jardin du même Hôtel..
Ce fut à la premiere de ces augustes
santez qu'on laissa couler des fontaines
de vin pour le peuple. Les tonneaux
peints en azur à fleurs-de-lysd'or,étoient
élevez dans la place vis-à vis de l'Hôtel
sur , une espece d'échafaut illuminé, &
galamment orné. Cette brillante fête fut
terminée par un bal qui dura jusqu'à cinq
heures du matin, dans lequel on distribua
avec une très-grande profuson toutes
fortes de rafraîchissemens.
Le temps & la place nom manquent i
m trouvera la faite de cesFêtes dan. lç
proçhttin Mercure.
APPROBATION.
J 'Ay lû par ordre de Monseigneur le Garde
des Sceaux le Mercure de France du mois
de Septembre, i. volume,& j'ay crû qu'on
pouvoit en permettre l'impression. AParis, le
18. Octobre 171y• HARDION.
TABLE
Du 2. volume de Septembre.
N
PIECES FUGITIVES. Stances à laReine.
«17*
LePttreosurrlatvuûëgextraaoridsinaeire.d2'un1e f2em0me
Vers sur le Mariage du Roi. 2. 12. s
Genealogie de la Maison de Lefzctinski. 1150
Le Mariage du Roi, Ode. 1136
Extrait du Panegirique de S. Louis. 1142.
Ode à la Reine sur son Mariage.2151
Voyage de la Reine, de Strasbourg à Fontainebleau.
HfV
Harangue à la Reine faite à Metz. 2.158
Feu d'artifice dans la même Ville, &c. 2.160
ComplimentàlaReine. 2.16f
Vers adressez à la Reine. 2l 6 G
inscription en vers, Arc de Triomphe,&c.
2.167
QEntrevûuë duaRoi t& dre laaReiine.n *1 1*7*.
Questionsinguliere,&c. *.171
Rondeau. Ceremonie funebre, 2.173 &c. 2174
Epithalame, &c. 1177
suite de la Relation du Mariage du Roi, des-
• cription de la grande Chapelle de Fontainebleau
, &c. 2.181
Celebration du Mariage& marche, &c.ii9i.
Discours du Cardinal de Rohan à leurs M.
2200
Medaille du Roi & de la Reine. 2206
Divemnement, feu d'artifice, &c. zi©8
Cavalcade & Promenade, &c. zzim
Pêche des Cormorans,&c. zxii
Le Mariage du Roi,Poëme presente à la Reine
,
&c. 2.1.n.
Discours, Harangues, Complimens. zzzi
RéjoüissancesàParis. zzjf
Lettre du Roi au Cardinal de Noailles. IbiiU
Lettre de Cachet du Roi au Parlement. 113*
Arrest de la Cour, &c. zz37
Te Deum à Nôtre.Dame, &c. 214Z
Description du feu d'artifice. zztf
Enigmes. 2248
Nouvelles Litteraires &des beaux Arts 1*49
Exposition de Tableaux le jour de S. Loüis.
1.2.f+
Programme de l'Académie de Bordeaux.2272
Spectacles, Danse de deux Sauvages. 2274
Comedie de l'Indiscret, Extrait,&c. 2276
Nouvelles du Temps, de Turquie, de Russie,
de Pologne,d'Allemagne, d'Italie, d'Er.
• pagne & d'Angleterre. 2291
De France, nouvelles de la Cour, de Paris,
Sfç, Z306
Benefices donnez.
FMuonertrsa,ïllMesariages & Naissances. 22.:r1
du Duc de Grammont. Illumination & feu d'artifice à Fontainebl2e3a1u
Addition à la Relation du Mariage du IR3oi
Fête donnée à Bruxelles. 113312: 4—
Errata du i. vol. de SepteMbre.
pAge1907.au 13. vers, monumens, life
monument.
Page 2028. au 9. vers, transmettent 1 ,
lifeà
transmette. I
Page203 1. ligne iz. Maunier, lisez Monnier.
Page 2032. ligne 3. Unault,lisez. Hunaulc.
Page2111. ligne iz. Nanchelles, lisez Neuchelles.
Ligne 13.le Crinier,lisez.le Cirier.
FArltes A corriger dans ce Livre.
pAge 2.142. ligne 6. du bas, sentiment, li.
sez. s'estiment.
Page 2184.ligne6. en, lisez. ou.
Page ni!..ligne 13. s'enflâme, lisez. m'enflâme.
Page 2215.ligne 6. plus
,
lisez., les plus.
Page 214f- ligne y. fin, Hfex- feint.
Page zzf4* ligne 7. du bas, nous, ôtez ce mot-
Page ZZ71.U6. Petersbourg, lisez Petitbourg.
La Médaillé gravée du Mariage du Roi doiti
perdit ~0~
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le