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Texte
LE
:
NOUVEAU MERCURE
A PARIS
ÏPIERRE.RIROtt. Quayde
AugufHn:)à rimage S. Louis. ET SR.HGOIRFiîfcnHÏIS,
rueS.
Jacques3 a laFonraine d'or.
M.DCC XVI! Jïvee ApprQbatiqn &PrivilègeduRcj.
J AVIS E viens d'apprendre que l'Avis an
LeileurJ & Us Réflexionssur l'Art
de parler en Public, qui sont à la tcce
du Mercure de Juillet, ont pour Auteur
M. POISSON, Comedien de S. M.
le Roy de Pologne &Electeur deSaxe-
On peut juger par ce Morceau Littéraire
,qu'il doit être un Acteur distingué
sur la Scene. Ne diroi-t - on pas
que les Talens sonthéréditaires dans
de certaines familles,comme les Biens;
car il y a long-tems que Mrs Poissons
opnlatuadciqruis la possession de se faire ap- sur le Theatre François. Pourquoi
cela? c'est qu'ilsjouentnaturel- lementnaturel -
Ala page 3$. lig.12. decesRéflexions
&c. comme 1-s ombres aux Tombcas,
corrigés aux Tableaux.
On vend chez PIERRE RIBOU,Quay
desAugustins,àl'Image S. Loüis,&
chez GREGOIRE Dupms,à la Fontaine
d'or
, rue S. Jacques, l'Abbregé du
Czar PETER ALEXIEVVITZ, avec une
Relation de l'Etatprésent deMoscovie,
& de ce qui s'est paiïé de plus considérabledepuis
son arrivée en France,
jusqu'àcejour;dédié à SA MAJESTE'
ÇzAKlïXHE,
AVANT-PROPOS.
L*Accueilfavorableque l'on afait
aux Extraits des Mémoires du
Cardinal de Retz,, qttirriavoientété CiZvoyés
de Lorraineçrinférésdans les
Mercures d'Avril, Alay c;' Juin
,
a été, amon égard,untncfjtrop
pressant
, four ne tas tacher de ¡'e..
couvrer l'Ouvrage entier.Après bicii
des récherches,j'ai eu l'avantage aen
découvrir une Copie; je l'ai lue avec
emprefement-Entre les Pièces qui
peuventsedétacher,&être en même terni
du goût du Public,j.'aifait choix de edu Conclave dans lequel
fut élu Alexandre lr/J'avois dabord
dessein de la. partager en deux
Ptzlties, or deremettrelafécondé
AU mois stotit bien
apprécié ]',ai c;-
, j'ai crûqu'il en reviendroit
encore plus de plaisîr à mon
AVANT-PROPOS.
LeCteur, de la donner de soste, fJllt
d'en INTERROMPRE le fil.On enVA
L ENOUVEAU
MERCURE,
E Pape Innocent (X) qui
etoit un grand Homme, avoit û une application
particulière au choix qu'il
avoit fait des Sujets, pour les Promotions
des Cardinaux -,&il estconstant
qu'il ne s'y étoit que fort peu trompé.
La Signora Olympia le força enquelque
façon, par l'ascendant qu'elle
avoitsur-sonesprit, à honorer de cette:
Dignité Maldachin son neveu , qui
n'étoit encore qu'un enfant: Mais on
peut dire, qu'à la réserve de celui-là,
tous les autres choix furent ou bons , ou soûtenus par des considérations quk
les justifiérent ; Il est même vraiqu'en
la plupart, le Mérite& la Naissance
concoururent à les rendre illtiftreei
Ceux de ce nombre, qui ne le trou--
vérent pas attachez aux Couronnes par
la nomination,ou la Faction, se trouvérent
tout-à-faitlibres à la mort du
Pape;parcequeleCardinalPamphileson
neveu ayant remis son Chapeau,pour
épouserMde la PrincessedeRossane;
il n'y avoit personne qui pût se mettre
à la tête de cette Faction dans le Conclave
: Ceux qui se rencontrèrent en
cet état,que l'on peut appeller de
Liberté, étoient Nit&-les Cardinaux
Chigi, Lomelin, Ottoboni, Imperiali,
Aquaviva,Pio, Borromec, Albizzi, Gualtieri:Azolini,Omodei, Cibo
, Odescalchi
,
Aldobrandin. Dix de
ceux-là
,
qui furent Lomelin, Ottobon,
Imperiale, Borromée, Aquaviva, Pio,
Gualtieri, Albizzi,Omodei,Azolini,
le mirent dans l'esprit de se servir de
leur liberté, pour affranchir le SACRE'
COLLEGE de cette courLme qui asiujetit
à la reconnoissance, des Voix
qui ne devroientreconnoître que les
mouvemensduS. ESPRtT. Ilsrésolurent
de ne s'attacher qu'à leur devoir,
& de faire une prorenion publique, en
entrant dans le Conclave
, de route
sorte d'Indépendance, de Faction& de
Côuronne : Comme celle d'Espagne
étoitencetemslàlaplusforteàRome,
& par le nombre des Cardinaux &
par la jonaion des Sujets qui étoient
assujettis à la Maison de Medicis, ce
fut celle aussi qui éclata le plus contre
cette indépendance de l'Escadron
Volant; c'etf le nom que l'on donna
à ces dix Cardinaux que je viens de
vous nommer;& je pris le moment
de l'éclat que le Cardinal Jean-Charles
de Medicis fit au nom del'Espagne contre
cette union,pour entrer moi-même
dans leur Corps, à quoi je mis toutefois
,le préalable qui étoit nécessaireà
l'égardde la France; car, je priai M801
Scotti qui avoit été Nonce Extraordinaire
, &qui étoitagréable à la Cour, d'aller chez tous les Cardinauxdela
Faction
,
leur dire que je les fuppliois
de me marquer ce que j'avois à faire
pour le serviceduRoi:Que jenedemandois
pas le secret, & qu'il me suffisoit
que l'on me dit jour à jour mon devoir.
Mr le C. Grimaldi fit une réponse
fort civile, & mêmefort obligeante
à Mgnor Scotti;mais Mrs les C.
d'Est, Bichi&Ursinmetraitérent de
haut en bas, & mêmeavecmépris. Je
déclarai publiquement des lendemain,
qua cõme on ne me vouloit donner
aucun moyen de servir laFrance ) je
croyois que je ne pouvois rienfaire de
mieux que de me mettre au moins,dans
la faction la plus indépendante de celle
d'Espagne: J'y fus reçû avec toutes
les honnêtetezimaginables,& l'événement
fit voir que j'avois eu raison.
Je n'en eu pas tant dans la conduire
que j'eû au même moment avec M.
de Lionne:Il s'étoit raccommodé avec
M. le C. Mazarin
, qui l'envoya à
Rome pour agir contre moi, & qui,
pour l'y tenir avec plus de dignité, lui
donna la qualité d'Ambassadeur Extraordinaire
vers les Princes d'italie:
Comme il étoit assez ami de Montréfor,
il le vit devant qu'il partir, &
il le pria de m'écrire qu'il n'oublieroit
rien pour adoucir les choses
,
& que je
connoîtrois par les effets, qu'il parloit
- sincérement. Son intention pour moi
étoit bonne;je n' y répondis pas comme
je devois, & cette faute n'en: pas la
moindre de celles que j'ai commises
durant ma vie. Je reviens au Conclave.
Le premier pas que fit l'Escadron volant,
dans l'intervale des neuf jours
qui font employez aux Obséques du
Pape; fut de s'unir avec le C. Barberin,
qui avoir dans l'esprit de porter
au Pontificat le C, Sachetti, Homme
d'une réprésentation semblable à celle
du feu Président Bailleul, de qui
Ménagedisoit
,
qu'il riétait bon qu'À
peindre. Le C. Sachetti n'avoir effectivement
qu'un médiocre talent, mais,
comme il écoitCréature du Pape Urbain.
& qu'il avoir été fidellement attaché
à sa Maison, Barberin l'avoir en
tête, avec d'autant plus de fermeté,
que son exaltation paroissoit impossible.
M. le Card. Barberin
,
dont la
vie est Angelique
, a un travers dans
l'humeur qui le rend, comme ils disent
en Italie, Inamorato del' impossibile.
Il ne s'en falloitguéres que l'éxaltation
de Sachetti ne fut de ce genre: L'amitié étroite entre lui & le C. Mazarin
qui avoit été autrefois commensal
de mon frere, n'étoit pas
une bonne récommandation pour lui
vers l'Espagne ; mais,ce qui l'éloignoit
encore plus de laChaire de
S. PIERRE
,
étoit la déclaration publique
que la Maison deMedicis, qui
étoit d'ailleurs à la tête de la faction
d'Espagne, avoit faite contre lui dole
précédent Conclave. Ceuxdel'Ef*
cadron qui avoient en vûë de faire Pa-
Fele Card. Chigi ,crïlrent que l'uniquemoyen
pour engager M. le C.
Barberin à le servir,feroit de l'y en,
gager par réconnoissance,& de faire
sincérement & de bonne foy tous,
leurs efforts,pour porter au Pontificat
Sachetti, voyans qu'ils feroient pourtant
inutiles par l'événement, Qui du
moins qu'ils ne feroient utiles qu'à les
lier si étroitement, & si intimément
avec le Card. Barberin., qu'il ne pourroit
s'empêcher lui-même de concourir
dans la suite à ce qu'ilsdésiraient.-
Voilà l'unique sécret du Conclave sur lequel , tous ceux à qui il a plu d'en
cerneront dit mille&milleimpertinences,
je soûtiens quele raisonnement de
l'Escadron étoit fort juste : Le voici.
Nous tommes periuadez queChigiest
le Sujet du plus grand mérite qui soit
dans le Collège, & nous ne le sommes
pas moins qu'on ne le peutfairePape,
qu'en fais. n tous nos efforts pour réüssir
à Sachetti. Le pis du pis cil que
nous véûffissions à Sachetti qui n'est pas
trop bon, mais qui est toujours un desmoins
mauvais. Selon toutes les apparences
du monde nous n'yréussirons
pas,auquel cas nous ferons romerllar"
berin à Chigi, par réconnoissance &C
par l'interest de nous conserver
: Nous
y ferons venir l'Espagne & Medicis,
par l'appréhension que nous n'emportions
à la fin, le plus de voix pour Sachetti
} &. la France , par l'impossibilité
où elle se trouvera de l'empêcher.
Ce raisonnementbeau & profond,auquel
il fautavoüer que M. le Cardinal
Azolini eût plus de part que personne,
fut aprouvé tout d'une voix dans la
Transpontine, où l'Escadron volant
s'assembla dans les premiers jours des
Obseques, après même que l'on yût
examiné mûrement les difficultez de
ce Plan,qui eussent paruës infurmontables
à des esprits médiocres. Les grands
Noms sont toujours de grandesRaisons
aux petits Génies.FRANCE,
ESPAGNE , EMPIRE, TOSCANE, étoient des mots tout
propres à épouvanter les gens. il
n'y avoit aucune apparence que leCar-
.ditialNiazariii pût agréer Chigi,
-quiavoit étéNonce à Munster, dans
Je terns de la Négociation de la Paix,
& qui s'etoit déclare ouvertementen
plus d'uneoccasion,contre Servien qui
-
y étoit Plénipotentiaire de France. Il
n'y avoir pas de vrai- semblance que
l'Espagne lui dûtêtre favorable. Le C.
Trivulce le plus capable- Sujet de sa
faction, & peut-être de tout le Sacié
Collège
,
déclamoit publiquement
-contre lui, comme contre un Bigot, il appréhendoit dans le fond, extrêmement
son exaltation, par la crain- -
te qu'il avoit de sa sévérité peu propre
à souftrir.la licence de ses débauches
, qui à la vérité
,
étoient sçandaleuses
: Il n'étoit pas croyable que le
C. Jean- CharlesdeMedicis pût être
bien intentionné pour lui, & par la
mêmeraison &: par-celle de la naissance
; car il étoit Siennois, & connu
pour aimer paffienément sa Patrie,
-qui est pareillement connue pour n'ai-,
mer pas la domination de Florence.
Toutes ces Considérations furent ex;!
nlinées"I'Dl1 pefal'sîpparent,UDouteux
& le Possible, & l'on se fixa à la résolution
queje viens de vous marquer,
avec une sagesse qui est d'autant plus
profonde,qu'elle paroissoit hazardeuse.
Il faut avoüer qu'il n'y a peut-être
- jamais
jamais eu de concert, où l'harmonie
aitcté si juste qu'en cclut-ci
, & il
sembloit que tous ceux-ci qui y entrèrent
, ne fussent nés que pour agir
les uns avec les autres. L'activité
d'Imperiàli y étoit tempérée par le
flegme Lomelfft;l<l profondeur éFOitobon
se servôit utilement de Lrhanteui*
£jhjHaviva-,4a candeur d'Omodel,&
la froideur de Gualtieri y couvraient,
quand il étoit nécessaire,i'impétuosité
de Pio, & la duplicité d'AlIliz:>z..i.
Azolin qui est un des plus beaux & des
plasfaciles esprits du monde, veilloit-
avec une application continuelle
,
au mouvement de ces différensRenforts
; & l'inclination que Mrs les C.
de Medicis & Barberin Chefs des deux
Factions les plus opposées,prirent
pour moi d'abord ,suppléa dans les
rencontres en ma personne,au défaut
des qualitez qui m'étoient nécessaires
pour y tenir mon coin. Tous les Acteurs
firent bien, le Theatre fut toûjoursrempli,
les Scènes ne furent pas
beaucoup divernnees, mais la Pièce
fut belle,& d'autant plus, qu'elle fut
simple. Quoi qu'ayent écrit les Compilateurs
de ce conclave, il n'y eut
de mystere que celui que je vous ai
expliquécirdevant. Il est vrai que les.
Episodes en furent curieuses : Jem'explique.
Ce Conclave sur,li je ne me trompe,
de 80. jours. Nous donnions tous les
matins & toutes les après-dinés, 32 ou
33 voix à Sachetti; & les voix étoient
celles de la Faction de France, des
Créatures du Pape Urbain, Oncle de
Mr le C. Barberin & de l'Escadron
volant;-CellesdesEspagnols, des
Allemands, & des Medicis, se répandoient
sur différents Sujets dans tous
les Scrutins ; & ils affectoient d'en
user ainsi, pour donner à leur
conduite, un air plus Ecclesiastique,
& plus épuré d'Intrigue & de Cabale,
quelenôtre n'avoir. Ils ne réüssirent
pas dans leur Projet, parce que les
Moeurs très déréglées de M. le Card.
Jean-Charles de Medicis & de M. le
C. Trivulce, qui éroient proprement
les ames de leur Faction
,
donnoient
plus de lustre à la piéré exemplaire
de M. le C. Barberin
,
qu'ils ne lui en
pouvoient ôter par leur artifice. Et le
C. Cefy Pensionnaire d'Espagne,Se
l'Homme le plus jinge, en tout Cens,
que j'aye"jamais connu, me dilotf un
jour à ce propos, fort plaisamment.
rous nous atterez., à ia fin
, car, nous
nous décréditons, en ce que nous voulons
nous fairepasser pour Gens de bien..
Cela paroît ridicule, & cela est pourtant
vrai. Le faux trompe quelquesois
;mais il netrompe pas long-tems,
quand il est relevé par d'habiles gens:
Leur Faction perdit en peu de-jours
le Concetto,qu'ils appellent en ce Païs
là,de vouloir-le bien.Nousgagnâmes
de bonne-heure cette réputation
,
8i
parce que dans la verité Sachetti,
qui étoit aimé a cause de Ú douceur5
passoit pour Homme de bonne &
droite intention; & parce que le ménagement
que la Maison de Medicis
étoit obligé d'avoir pour le C.Capponi
, quoi qu'elle ne l'ut pas voulu
en effet pour Pape, nous donna lieu
de faire croire dans le monde, quelle
vouloir inftaler dans la Chaire de S.
Pierre, la Volpé ; c'est ainsi que l'on
appelloit le C. Capponi, parce qu'il
passoit pour un sourbe: Ces dispositions
joinres à plusieurs autres,qui seroient
trop longuesàdéduire,firent
que la FaétioJ1 d'Espagne s'apperçût
qu'elle perdoit du terrain; & quoique
cette perre n'allât pas ju{qu'à lui
faire croire,que nous pensions faire
le Pape sans elle, elle ne laissa pas
d'appréhender que son parti ayant
beaucoup de Vieillards, & le nôtre,
beaucoupdeJeunes gens;le tems nepût
être facilement pour nous. Nous surprîmes
une Lettre de l'Ambassadeur
d'Espagneau C. Sforze
,
qui saisoit
voir cette crainte en termes exprès *,
Se nous comprîmes même par l'air
de cette Lettre, encore plus que par
les parole, que cet Ambassadeur n'étoit
pas trop content de la manière
d'agir des Medicis. Je fuis trompe,on
ce fut Mï1101 Febei qui surprit cette
Lettre. Cette Semence sur cultivée
avec beaucoup de foin, dés qu'elle eut
paru -; & l'Escadron qui par le canal
de BorroméeMilanois, & d'Aquaviva
Napolitain,gardoit toujours beaucoup
de rtiefures & d'honnêtetez avec
l'Ambassadeur d'Espagne, n'oublia
pas de lui foire pénétrer qu'il étoit
du service du Roy son maître, 5c de
soninterrêt particulier de lui Ambassadeur,
de ne se pas si fort abandonner
aux Florentins, qu'il assujectit à
leurs- Maximes & a leurs Caprices,
la conduite d'une grande Couronne,
Pour laquelle tout- le monde avoic
durefpe6fc.Cettepoudre s'échauffa
peu à peu, &,elle prit feu dans son
tems. Je vousai déja dit que la Faction
de France donnoit de toute sa
force à Sachetti avec nous;la.difsérenceest,
qu'elle y,donnoit à l'aveugle,
croyant qu'elle y pourroit réüssir
, & que nous y donnions avec une
lumiere presque certaine, que nous
ne le pourrions pas emporter ; ce qui
saisoit,qu'elle ne prenoit point de. me..
fures pathétiques, si l'on peut parler
ainsi ; c'est-à-dire, qu'elle ne songeoit
pas à Ce résoudre
,
quel parti elle
prendroit, en cas qu'elle ne put réiiCJir
a Sachetti : Comme le nôtre étoit
pris sélon cette disposition que nous
tenions presque pour constante, nous -
nous appliquions par avance à affoiblir
celle de France, pour le rems dans
lequel nous jugions qu'elle nous seroit
opposée. Je donnai, par un hazard , l'ouverture à Jean-Charles, de débau- -
cherle C. Ursin, qu'il eut à bon marché
:Ainsi
,
'dans le moment que la
faction d'Espagne ne songeoit qu'àse
rendre de Sachetti, & que celle
de France ne pensoit qu'à le porter;
nous travaillions pour une fin
,
sur laquelle
ni l'un ni l'autre ne faisoit aucune
réflexion, à diviser Celle - là, &
assoiblir Celle-ci. L'avantage de se"
trouver en cet état est grand, mais
il-eu: rare; il salloit pour cela une
rencontre pareille à celle danslaquelle
nous étions, qui ne se verra peutêtre
pas en dix mille ans. Nous voulions
Chigi, & nous ne le pouvions
avoir, qu'en faisant tout ce qui étoit
en nôtre pouvoir,pour l'éxaltation de
Sachetti qui nepouvoir réüssir : De
* sorteque la bonne conduite nous porroità
ce à quoi nous étions obligés par
la bonnefoi. Cette utilitén'étoit pas la
seule;nôtre Manoeuvre couvroit nôtre
marche
, & nos Ennemis tiroient à
faux, parcequ'ils visoient toûjours, où
nous n'étions pas. Vous verrez le succes
de cette conduite, aprèsque je
vous aurai expliqué celle de Chigi, Se
la raison pour laquelle nous avions
jettéslesyeux sur lui.
Il étoit CréatureduPape Innocent,
& le troisiéme de la Promotion, de
laquelle savois été le premier. Ilavoit
été Inquisiteur a Malte, 5C Nonce a
Munster ; & il avoit acquis en tous ces
lieu,la réputation d'une Intégrité sans
tache. Ses moeurs avoient été sans reproche
dés son enfance. Il sçavoit
assés d'Humanités pour faireparaître
au moins une teinture suffisante des
autres Sciences. Sa Sévérité paromoir
douce, ses Maximes paroissoient droites;
il se communiquoit peu,mais ce
peu qu'il se communiquoit ,étoit mesuré
& rage. Tous les dehors d'une
piété solide & véritable rélevoient
merveilleusement toutes ces qualités,
ou plûtôt toutes ces apparences: Ce
qui leur donnoit un corps am-noins fantastique,
c'était ce qui s'étoit palféà
Manfter,entreN. & Lui. Celui-là
qui étoit connu & reconnu pour le
Démon exterminateur de la Paix, s'y
étoit cruellement brouillé avec le
Contarin Ambassadeur de Venise,
Homme sage & de probité. Chigise
signala pour le Contarin, sçachant
qu'il saisoit fort bien sa Cour à
Innocent. L'opposition de N
qui étoit dans l'exécration des peuples
lui concilia l'amour public, & lui
donna de l'éclat. La conduite qu'il
m
garda avec le Card.Mazarin, lorsqu'il
se trouva à Aix .la Chapelle, où-d;
Bruxelles, en revenant de Munster,
plût à sa Sainteté: Elle le rapella à
Rome, cele fit Secrétaire d'Etat &
Card On ne le connoissoit que par
les endroits que je vous viens.de mar-
, quer. Comme Innocent étoit un génie
fort & perçant) il découvrit -bientôt
quelefondde celuide Chigi n'ètoit
ni bon,ni si profond qu'il fè l'étoit imaginé;
mais, cette pénétration du Pape
ne nuisit pas à la fortune de Chigi,
qui,par la même raison
, ne craignoit le
Pape que médiocrement, Il se fit un
honneur de se faire passer dans le monde
pour un Homme d'une Vertu inébranlable,
6c d'une Rigidité infléxible.
Il ne saisoit point sa Cour à la Signora
Olimpta
<
qui étoit abhorrée dans Romeyil
blâmoit assez ouvertement tout
ce que le Public n'approuvoit pas de
cette Cour-là; & tour le monde qui
est & qui sera éternellement duppe,
en ce qui slatte son aversion
,
admiroit
sa fermeté & sa vertu , sur un Sujet sur
lequel on ne devoir tout au plus,louer
que son bon Tens
,
qui lui saisoit voir
qu'il semoit de la gloire & de la graine
-
pour le Pontificat futur, dans un
champ où il n'avoir plus rienàcueillirpour
le présent. Le Card. Azolin qui
avoit été Secrétaire desBrefs,dans le
même tems que l'autre avoit été Sécrétaire
d'Etat, avoit remarqué dans
ses manieres de certaines fïnoteries
qui n'avoient pas de raport à la Candeur
de laquelle il saisoit profession..
Ilme le dit avant que d'entrer dans
le Conclave
-, mais il ajouta, en me le
disant
s que sur le Tout, il n'en voyoit
pointde meilleur, & que de plus, sa
réputation étoit si bien établie,même
dans l'esprit de nos amis de l'Escadron,
que ce qu'il leur en pouvoit dire, ne
passeroit auprès d'eux,que comme un
reste de quelques petits démeflez qu'ils
avoient eus ensemble, par la compétance
de leurs Charges. Je fis d'autant
moins de réflexion à ce qu'Azolin me
disoit,quej'étoismoi-même tout-à-fait
préoccupé enfaveur de Chigi. il avoit
ménagé avec foin l'AbbéCharier dans
le.tems de ma prison : Il lui avoit
fait croire qu'il faisoit des efforts in..
croyables pour moi auprès du Pape.
Il étoit contre lui avec l'Abbé Charier,
le avec plus d'emportement même
que l'Abbé Charier; de ce qu'il ne
poussoit pas. avec asses de vigueurle
C. Mazarin sur mon sujet. L'Abbé
avoir chez lui toutes les entrées, comme
s'il avoit été son domestique, & il
étoit persuadé qu'il étoit mieux intentionné
& plus échauffé pour moi, que
moi -
même. Je n'ûpas sujet d'en
douter dans tout le cours du Conclave.
J'étois assis au Scrutin,immédiatement
audessus de lui, & tant qu'il duroit
3 j'avois lieu de l'entretenir. Ce fut,
je crois
, par cette raison, qu'il afsecta
de ne vouloir écouter que moi,
sur ce qui régardoit son Pontificat. Il
répondit à quelques-uns de ceux de
l'Escadron qui s'ouvrirent à lui de
leur dessein, d'une maniere si def-interessée,
qu'il les édifia. Ilne se trouvoit
ni aux Fenêtresoù on va prendre
l'air
5
ni dans les Corridors où on
se proméne ensemble. Il estoit toujours
enfermé dans sa Celule, où
il ne recevoirmême aucune visite
} il
recevoir de moi quelquesavrs que je
lui donnoisau Scrutin ; mais il les recevoir
toujoursd'une maniere si éloignée
du désir de la Thiare,qu'il artiroit
mon admiration, ou tout aumoins
avec des circonstances si remplies de
l'esprit Ecclesiastique
5 que la malignité
la plus noire n'eut pas pu s'imaginer
d'autres désirs, que celui dont
parle Saint Paul, quand il dit que : iEpiscopatumdesiderat,bonom opus
defiderat. Tous les discours qu'il me
faissoit,n'étoient pleins que de zele pour
l'Eglise, & de regret, de ce qu'à Rome
onn'étudioit pasassés l'Ecriture
,
les
Conciles,&la Tradition. Il ne pouvoit
se lasser de m'entendre parler des
Maximes de la Sorbonne. Comme
l'on ne se peut jamais si bien contraindre,
qu'iln'échape quelque chose
du naturel
,
il ne put si bien se couvrir
, que je ne m'apperçûsse qu'il
étoit homme de minuties, ce qui est
toûjours figne, non pas seulement d'un
petit génie, mais encore d'une ame
basse. Il me parloir un jour des Etudes
de sa jeunesse,& il me disoit qu'il avoit
été deux ans, à écrired'unemême plume.
Cela n'elt qu'une bagatelle; mais,
comme j'ai remarqué plus d'une
fois, que les plus petites choses sont
souvent de meilleures marques que
les plusgrandes, cela ne me
plût pas. Je le dis à l'Abbé Charier
qui étoit un de mes Conclavistes -, Je
me souviens qu'il m'en gronda, en me
disant que j'étais un Maudit qui ne.
sçavoit pas estimer la simplicité Chrêtienne.
Pour abréger, Chigi fit si bien
par sadissimulation profonde,, que
nonobstant L petiresse qu'il ne pouvoit
cacher,àl'égard de beaucoup de petites
choses, sa phifionomie qui étoit baue
& sa mine qui cenoit beaucoup - du
Medecin, quoi qu'il sur de bonne
Naissance,il fit si bien,dis-je-que nous
crûmes que nous renouvellerions en sa
perfmme, si nous le pouvions porter
au Pontificat, la gloire
, & la vertu
des Sts Gregoires & des Srs Lêons.
Nous nous trompâmes dans cette espérance
: Nousréüssimesà l'égard de
son Exaltation,parce queles Efp^groLs
appréhendérent par les raisons que je
vous ai marquées ci-dessus
, que l'opinîatreté
des Jeunes ne l'emportâtà
lafin [LIr celle des Vieux,& que Barberinnedésespérât
à la finde pouvoir réiifsir
pour Sachetti veu l'engagement
& la déclaration publique desEspagnols&
des Medicis. Nous nousrésolûmes
de prendre, quand il seroit rems,
ce défaut pour insinuer aux deux Partis, - l'avantage
l'avantage que ce leur seroit à l'un
& à l'autre, de penser à Chigi. Nous
fîmes état que Borromée feroit voir
aux Espagnols
qu'ils ne pouvoient
mieux faire;véu l'aversion que la France
avoir pour lui; & que je ferois voir à
M. le C. Barberin,
que n'ayant personne
dans ses Créatures qu'illui fut
possible de porter au Pontificat
a
il
acquéreroit un mérite infini envers
toute l'Eglise
,
de le faire tomber
sans aucune apparence d'interest, ail
meilleur Sujet. Nous crûmes que nous
trouvérions du secours pour nôtre
dessein, dans les dispositions des Particuliers
des Factions;& voici furquoi
nous nous fondions. Le C. Montalte
qui étoit de celle d'Espagne,Homme
d'un petit talent, mais bon,de grande
dépense,&quiavoit un air de fort grand
Seigneur, avoit une grande frayeur
t'Iue le C. Fiorenzola Jacobin &C esprit
vigoureux, ne fut proposé par M. le
C. Grimaldi, qui étoit son ami intime
& dont les travers avoient ans de
rapport à ceux de Fiorerzola. N)US
résolûrnes de nous servir de l'opposition
de Montalte pour lui donner prefqu'insensiblement
de l'inclination pour
Chigi; & le vieux C. de Medicis
qui étoit l'esprit du monde le plus,
doux, étoit la moitié du jour fatigué
, & de la longueur du Conclave,
&de l'impétuositéduC. Jean-Charles
son Neveu,qui ne l'épargnoit pas quelquefoislui-
meme. J'étais très- bien
avec lui, & au point de donner même
de la jalousie à M. le C. Jean-Charles:
Cequi m'avoit particulierement procuré
l'honneur de son amitié, étoit
sa Candeur naturelle qui avoir fait,
qu'il avoir pris plaisir à ma maniére
d'agir avec lui. Je faisois profession
publique de l'honorer, & je lui rendois
meme avec soin mes devoirs i
niais je n'avois pas laisse de m'expliquer
clairement avec lui, sur mes engagemens
avec M. le C. Barberin &
avec l'Escadron: Ma Sincérité lui avoit
plu, & il se trouva par l'événement,
qu'elle me fut plus utile que ne m'eust
été l'Artifice. Je ménageai avec application
son eprit, & je jugeai que je
me trouvérois bien en état de le disposer
peu à peu ,
à se radoucir pour
M. le C. Barberinqui étoit brouillé
avec toute sa Maison, & à ne pas regarder
M. le C. Chigi, comme un
Homme aussi dangereux que l'on lui
avoir voulu faire croire.L'on ne s'endormit
pas, comme vous voyez, à
l'égard de l'Espagne & de la Toscane,
- quoiqu'on y parut à elles-mêmessans
action -, parce qu'il n'étoit pas entore
tems de se découvrir. L'on n'ût
pas moins d'attention vers la France,
-
dont l'opposition à Chigi étoit encore
plus publique & plus déclarée que celledes
autres. M. de Lionne Neveu de
M. Servien en parloit, à qui le vouloit
entendre, comme d'un Pédant, & il
ne présumoit pas que l'on le plU seulement
mettre sur les rangs. M. le C.
Grimaldi, qui dans le tems de leur
Prélature, avoit û, je ne sçai quel
mal-entenduavec lui, disoit publiquement
qu'il n'avoirqu'unmérite
d'imagination : Il ne se pouvoir que
M. le C. d'Eit n'appréhenda, comme
frere du Duc de Modéne
,
l'Exaltation
d'un Sujet dés-interessé& ferme,
qui font les deux qualitez que les
Princes d'Italiecraignent uniquement
dans un Pape.
Vous avez vû ci-devant, qu'il y
avoit eu même du personnel entre lui
& M, leCard. Mazarin,en Allemagne;
& nous jugeâmes, qu'il étoit à propos
ptr toutes ces considérations, d'adoucir
les choses,autant que nous le pourlions
de ce côté-là,qui, quoique foibles
, nous pourroient peut-être
,
faire
obstacle : Je dis quoiquefaibles &peutêtre;
parce que dans la vérité,la Faction
de France ne faisoit pas une figure si
considérable dans ce Conclave,que
nous ne pussions prétendre, & que nous
ne prétendissions en effet, de pouvoir
faire un Pape malgré elle. Ce n'est pas
qu'elle manquât de Sujets, & même
capables. Est qui étoit Protecteur,suppleoit
par sa qualité
, par sa dépendance
& par son courage,à ce que l'obscuritéde
son esprit& l'ambiguité de ses
expressions diminuoient de sa considération.
Grimaldijoignoit à la réputanondiengreur
qu'il a toujours euë
,
unair desupériorité aux manières ferviles
des autres Cardinaux de-sa FatEon;
e il élevoit par là au-dessus
d'eux sa réputation. Bichi habile &
rompu dans les affaires, y devoir tenir
naturellement un grand poste. M. leCard.Antoine brilloitpar sa libemlité
, & M. le Card. Ursin par son nom.
Voilà bien des Circonstances qui devoient
faire qu'une Faction ne fut pas
méprisable. Il s'en falloir fort peu que
celle de France ne le fut avec toutes
ces circonstances
, parce qu'elles se
trouvérent compliquées avec d'autres
qui les empoisonnérent. Grimaldi qui
haïssoit Mazarinautant qu'il en étoit
haï,n'agissoit presqu'en rien
,
d'autant
moins qu'il croyoit, &: avec raison,
que Lionne qui avoit au dehors
le recrée de la Cour, ne le lui confioit
pas. Est, qui trembloit avec tout
son courage, parce que le Marquis de
Caracéne entra justement en ce tems-
U dansleModénois,avec toute l'Armée
des Milanois, faisoit qu'iln'osoit s'étendre
de toute sa force contre l'Espagne.
- JQ vous ai déjàdij^ttLlesMedicis n'étfoint brec Ursin.
Antoine n'étoit ni
,
ni actif;
&de plus l'on
n'igns
que dans
le fond du coeur, & à coup près, le
C. Barberin, qui étoit très mal à la
Cour de France,ne l'emportât : Lionne
ne pouvoit pas y prendre une entiere
confiance, parce qu'il ne se pouvoit
pas assurer que le C. Barberin
v qui
vouloitaujourd'huy Sachettiquiétoit
-
agréable à la France, n'en voulût pas
demain un autre qui lui fut dés-agréable
: Cette même considération diminuoit
encore beaucoup la confiance
que Lionne eut pû prendre au Card.
d'EA ; parce que l'on sçavoit qu'il
gardoit toujours beaucoup d'égards
avec le C. Barberin,& par l'amitié qui
avoitété depuislong-tems entr'eux,
& par
*
la raison de la Duchesse de
Modéne qui étoit sa Niéce. Bichi
n'étoit pas selon le coeur de Mazarin,
qui le croyoit trop fin & trés mal disposé
pour lui, comme il étoit vray.
Voilà, comme vous voyez, un détail
qui vous peut empêcher de vous étonner,
de ce que la Faétion d'une Couronne
puissante & heureuse, n'étoir
pas auOEliée qu'elle le devoit
être dans^Bjon&ure*pareille.
Vous en'emoins surpris,
quand il v-Ma de aireîéfléxion,
sur le premier mobile qui donnoit le
mouvement à des ressorts aussi mal
assortis, ou plutôtaussidérangez que
ceuNx que.jne 'véietnosidte vous montrer. connu à Rome
que pour un petit Sécrétaire de M. le
C. Mazarin; on l'y avoit vû dans le
tems du Ministére de M. le C. de
Richelieu
,
Particulier d'un assés bas
étage & deplus
,
Brélandier& Con-
- cubinaire public. il eut depuis,
quelque espéce d'emploi en Italie,
touchant les affaires de Parme;
mais cetEmploi n'avoitpas été asîés
grand,pour le devoir porter d'unsaut,à
celui de Rome; ni son Expérience assez
consommée,pour lui confier la direction
d'un Conclave,qui est incontestablement
de routes les affaires, la
plus aiguë. Les fautes de ce genre, font assez communes dans les Etats
qui sont dans la prospérité, parce que
l'incapacitéde ceux qu'ils employent, - -
s'y trouve souvent supplée par le respect
que l'on a pour les Maîtres.
Jamais Royaume ne s'est plus confié
en ce respect que la France, dans le
tems du Ministére de M. le C.Mazarin
; ce n'est pas jeu seur ; il l'éprouva
dans l'occasion dont il s'agir.
M. de N. n'y eut ni assés de dignité
, ni asses de capacité, pour te- nirl'équilibre entre tous ces ressorts.
Nous le reconnûmes en peu de jours,
& nous nous en servîmes trés utilement
pour nôtre fin. Je vous ai déja
ait, ce me semble, qu'ayant été averti,
que. avoit mécontenté M.
le Card. des Ursins, sur un reste de --
pension qui n'étoitque de mille écus,
j'en informai M. le C. de Medicis - assez à tems, pour lui donner lieu de
le gagner à une condition si petite,que
pour l'honneur de la Pourpre je
crois que je ferai mieux de ne
la point dire. Vous verrez dans la fuitio
que nous nous servîmes encore avec
plus de fruit,de l'indisposition que M.
le C. Bichy avoit pour lui, pour diviser&
pour déconcerter encore
la Faction de Frappe, plus qu'elle
Ke 1 étoit. Mais, comme ce n'étoit
pas celle que nous appréhendions le
plus, quoique ce fut celle qui nous
fut la plus opposée nous n'avancions
nôtre travail du côté qui laregardoit,
quesubordinement aux progrés que
nous faisions des deux autres, d'où
nous craignions & avec raison, de
trouver plus de difficultés. Vous avez
déja vûles Raisons pour lesquelles
nous ne pouvions pas ignorer, que
l'Espagne 6c les Meicis donnéroient
mal-aisément leurs voixà Chigi; &
vous avez aussivû la Manoeuvre que
nous faisions pour lever peu à peu, &même imperceptiblément,cette difficulté.
Ce fut là nôtre plus grand embaras
j car, si Barberin se fut seulement,
apperçûle moins du monde, que nous
eussions û la moindre vûë pour
Chigi, il nous auroit échappé infailliblement
; parce qu'avec toute la
vertu imaginable, il a tout le caprice
possible
-, & qu'on ne l'eût jamais
empêché de s'imaginer, que nous le
trompions sur le sujet de Sachetti.
Ce fut proprement en cet endroit où
j'admirai la bonne-foi, la prévoyance
,
la pénétration
, & l'activitéde
l'Escadron, & particulierement d'Azolin
,
qui fut cel ui qui se donna le
plus de mouvement, il ne se fit pas
un pas à l'égard de Barberin
, qui
n'eût pû être avoüé par l'homme de
la Morale du monde la plus sévére.
Comme l'on voyoit clairement que
tout ce quel'on faisoit pour lui, feroit
inutile par l'événement, on n'oublia
aucunes démarches,de celles que
l'on jugea être utiles à lever les indispositions,
que l'on prévoyoit se devoir
trouver de la part de France
d'Espagne a , de Florence, & même
deBarberin,à l'éxaltation de Chigi,
lorsqu'elle seroit en état d'être proposée.
Comme l'on ne pouvoit douter
, que pour peu que Barberin s'appcrçtu:
de nôtre dessein, il n'entrât en
défiance de nous mêmes, nous couvrîmes
avec une application si grande & si
hûreuse, nôtre marche, qu'il ne la
connut lui - même, que par nous, &c
quand nous crûmes qu'il étoit nécessaire
qu'il la connût ; ce qui étoit de
plus embarrassant pour nous a
étoit que
comme nous avions plus besoin,
encore de lui que des autres,parce
qu'enfin nous en tirions nôtre principale
force; ilfalloit que préalablement
même à tout le reste, nous travaillassions
à lever des obstacles que
nous prévoyons mêmetrès grandsà
nôtredessein, dans la Faction. Nous
sçavions que l'unique & journaliere
application des vieux Cardinaux qui
en étoient, & qui voyoient, comme
nous, l'impossibilité de réilflîr à l'é04
xaltation de Sachetti, étoit de faire
comprendre à Barberin
, qu'il lui
seroit d'une extrême honte que Ton
prît un Pape qui ne fut pas de ses
Créatures. Chacun prétendoit de ie
l'appliquer en son particulier. Ginette
ne doutoit pas que l'attachement qu'il
a voit II de tout tems à sa Maifoii3ne lui
eût dû donner la préférence. Licchini
étoit persuadé qu'elle étoit dûë à fou
mérite. Rapacioli, qui n'avoir pourtant
que 46. ans,ou un peu plus,je ne m'en
ressouviens pas precitemenc, s'imaginoitquesa
piété, sa capacité & (on peu
de santé l'y pouvoient porter,même
avec facilité. Fiorenzola se laissoit
chatoüiller par les imaginations de
Grimaldi, dont le naturel est de croire
aisément tout ce qu'il désire. Ceux qui
n'ont pas vû les Conclaves, ne se
peuvent figurer les illusions des Hommes
, en ce qui regarde la Papauté.
Cette illusion toutefois,étoit
toutepropre
à nous faire manquer nôtre coup;
parce que la clameur de toute laFaction
-
du Pape Urbain, étoit route propre
à faire appréhender à Barberin, de perdre
en un moment toutes ses Créatures,
s'ilchoisissoit un Pape hors d'elle Cet
inconvénient
, comme vous voyez, étoit fort grand;mais nous trouvâmes
le remede dans lemême lieu d'oùnous
appréhendions le mal ; car, la jalousie
jgui étoit entr'eux, les obligea par
avance,àfaire tant de pas les uns contre
les autres ,
qu'ils fachérent Barberin *,
parce qu'ils n'ûrent pas la même circonspection
que nous, à cacher leur
sentiment, sur l'impossibilité de l'Exaltation
de Sachetti. Il crut qu'il feignoit
cette impossibilité pour leur propre interêt
: Il les considera au commencement,
comme des Ingrats & comme
d;::s Ambitieux; & cette indisposition
fit que, quand il vint lui-même à connoîtrequ'il
ne pouvoit en effet réüssir
à Sachetti
}
il se résolut plus facilement
à sortir de sa Faction & à se perfuader
qu'il hazarderoit moins de per--
dre ses Créatures, en leur faisant voir
qu'il étoit emporté dans une autre par
les Alliez ,que de l'aigrir toute entiere
par la préférence de l'une à l'autre; car,
il faut remarquer qu'elles cédoient
toutes à Sachetti
,
à cause de son âge
& de ses maniéres
,
qui dans la vérité,
étoient aimables. Ce n'estpasqu'à
mon opinion,il n'eut été de lui., comme
de C7albf, digne de l'Empire, s'il
n'eut point été Empereur. Mais enfin,
l'on n'en étoit pas là ; les autres Créatures
de Barberin s'étoient réglées sur
ce point; mais, commeils necroyoient
pas
pas son Exaltation possible, cette dé..
sérence ne faisoit qu'augmenter la jalousie
enragée qu'ils avoient par avance
, les uns contre les autres. Le vieux
Spadarompu & corrompu dans les
affaires,se déclaracontreRapacioli
jusqu'à faire , un Libelle contre lui,
par lequel ill'accusoit d'avoir cru, que
le Diable pouvoit être reçu, à pénitence.
Montalte dit publiquement, qu'il avoit
de quoi s'opposer en forme à l'Exaltation
de Fiorenzola. Cési fit une Description
allez plaisante de la beauté
du Carnaval
, que la SignoraBasti
belle & galante, Nièce de Serafinp,
donneroit au Public,sison Oncle étoit
Pape. Toutes ces aigreurs, toutes ces
niaiseries
, peu dignes à la vérité
d'un Conclave, déplûrent au dernier
point à Barberin
,
esprit pieux
&serieux; & ne nuisirent pas à nôtre
dessein dans la suite, comme vous l'allez
voir.
Il me semble que je vous ai déja dit
que ce Conclave dura 30 jours, un peu
plus, ou un peu moins. Il y en eut plus
des deux tiers employez, comme je
vous l'ai déja dit ci-devant.; parce que
M. le Card. Barberin ne se pouvoir
ôter de l'esprit, que nous emporterions
enfin Sachetti parnôtre opiniatreté.
Nous pouvions moins que personne le
desabuser par la raison que vous avez
déjz vûë; & je ne sçai,sila chose n'ût
pas esté encore bien plus loin, si Sachetti
même, qui se lassoit de se voir
balotté réglément quatre fois par jour,
sans aucune apparence de réüssir
, ne
lui eut lui-même ouvert les yeux:Ce
ne fut pas toutefois sans beaucoup
de peine. Il y réüssitenfin, & après
que nous cûmes observé toutes les
Bréves & les Longues, pour ne lui laisfer
aucun lieu de soupçonner que nous
cûssions part à cette démarche de
Sachetti, à la quelle dans le vrai,
nous n'en avions aucune,Nous discutâmes
avec lui la possibilité des
Sujets de sa Faction. Nous nous
apperçûmes d'abord qu'il s'y trouvoit
lui-même-fort embarrassé, & même
avec beaucoup de raison. Nous n'en
-
fûmes pas fâchez, parce que cet en » baras nous donnantlieu de tomber,
sur les Sujets des autres Factions
nous porta insensiblement jusqu'à
Chig: M. le C. Barberin qui a dés
son enfance
,
aimé jusqu'à la passion
la Piété, & qui estimoit beacoup,
celle qu'il croyoit en Chigi, se rendit
avec assez de facilite, &: il n'y eût
à vrai dire, qu'un scrupule qui fut,
que Chigi, qui étoit fort ami des Jefuites,
pourroit petit-erre donner atteinte
à la Doctrine de S. Augustin,
pour laquelle Barberin a plus de respect
c^ie de connoissance. Je fus chargé
de m'en éclaircir avec lui ,& je
m'acquittai de ma
commission d'une
maniére qui ne blessa nimon devoir,
ni la prétenduë tendresse deConscience
de Chigi. Comme dans les grandes
Conversationsque j'avois euës avec
lui dans les Scrutins, il m'avoit pénétré
, ce qui lui étoit fort aisé
, parce
que je ne me couvrois pas auprès de
lui, il avoir connu que je n'approuvois
pas qu'on s'entêtat pour les personnes,
& qu'il fussisoit d'éclaircir
la vérité; il me témoigna entrer luimême
dans ces sentimens & j'û
sujet de croire qu'il étoittout propre
par ces Maximes, à rendre la Paix
à l'Eglise. Il s'enexpliqualui-même
assez publiquement & raisonnablement
; car. Albizzi Pensionnaire des
Jesuites,s'étant emporté même avec
brutalité, contre l'extrémité, (ce disoit-
il, ) de l'Espritde S. Augustin,
Chigi prit la parole avec vigueur,
& il parla, comme le respect que l'on
doit au Docteur de la Grâce, le quierr. re.. Cette rencontre assûra absolument
Barberin & beaucoup plus encore,
que tout ce que je lui en avois
dit. Dès qu'il eut pris son parti, nous
commençâmes à mettre en oeuvre les
Matériaux
, que nous n'avions fait jusques-
là que disposer. Nous agîmes
chacun de nôtre côté, selon que nous
l'avions projettes. Nous nous explf
quâmes de ce que nous avions le plus
souvent caché avec soin, ou que nous
n'avions tout au plusqu'insinué. BorrolTIeC
& Aquaviva se développèrent
plus pleinement vers l'Ambassadeur
d'Espagne ; Azolin brilla dans les diverses
Factions avec plus- deliberté.
Je m'étendis de toute ma force auprès
du Cardinal Doyen; il prit confiance
en moi, sur le désir qu'il avoit
d'adoucir le grand Duc pour les Barberins.
Le C. Barberin l'y eut toute
entiere par la joye qu'il en avoit.
Azolin ou Lomelin, je ne me fouviens
pas précisément lequel ce fut,
découvrit que Bichi
, qui étoit Allie
de Chigi, étoit très bien Hltentonll
pour lui dans le fond. Il entra dans
ce Commerce habilement & adroitement
,
& si bien, que Bichi, qui ne
crût pas que le Mazarin eut assez de
confiance en lui,pour concourir sur sa
parole
,
à l'exaltation de Chigi, employa
pour le persuader Sachetti
qui Lassé
, comme il me semble que
je vous l'ai déjà dit, de se voir balotté
inutillement tous les soirs ôccous
Ismatins, lui dépêcha un Courier,
pour l'avertir, que Chigi seroit Pape
en dépit de la France,si elle faisoit tant
que de lui donner l'exclusion, comme
l'on disoit : car, aussitôt qu'on le vit
sur lesRangs, tous les Subalternes,selop
le stile de la Nation, publièrent
que le Roy ne le souffriroit jamais.
Mazarin ne fut pas de leur sentiment,
& il renvoya par le même Courier,
ordre à Lionne de ne le point exclure.
Il ut rai son, car je fuis persuadé
que il l'exclusion fut arrivée , , ût Chigi
été Pape, trois purs plutôt qu'il ne
le fût. Les Couronnes ne doivent jamais
hazarder facilement les Excluions
: il y a des Conclaves
,
où elles
peuvent rtiiffir
) il y en a d'autres où
lesuccès en seroitimpossible:Celuilà
étoit du nombre. Le SacréCol--
lège étoit fort, -& de plus, il sentoit.
saforce, Les chosesétantenl'étatque
je viens de poser,Mrs les Cardinaux
deMedicis & Barberin qui avoient
pris & reçu par moi, leur parole,me
chargèrent sur lesneuf heures du.fair.
d'en aller porter la nouvelle à Mr le
C. Chigi. Je le trouvai au lit, je lui
baisai la main, il m'encendir, & il
il me dit en m'embrassant
, ecco l'efsesto
della buona üianànza.---
Je vous ai déja dit que j'étois au
Scrutin auprès de lui. Tout leCollège
yaccourut ensuite; il m'envoya chercher
sur les onze heures, après que
tout lemonde fut forti de sa Celu4 ;
& je ne vous puis exprimer lesbonrez
avec lesquelles ilme traita. Nous l'allumes-
tous prendre., le lendemain au
matin dans si Cellule, & nous l'accompagnâmes
à la Chapelle du Scrutin
,
où il eut, ce me semble,toutes
les Voix,a la reserved'une ou tout au
plus deux. Le soupçon tomba sur le
vieux Spada
,
Grimaldi & Rossètti
sesquels àla vérité,furent les seuls, qui,
improuvérent au niomspubliquement
sonExaltation. Gnmaldime dit a moimême
,que j'avois fait un choix dont
je me repentirois en mon particulier
»
& il se trouva par l'evenement, qu'il
eut raison. J'attribuai son discoursàson
Travers,l'aversion de Spada,à l'Envie
qui lui étoit naturelle,& celle deRossetti,
àlappréhension qu'il avoit de la
sévérité de Chigi. Je crois encore que
jene me trompoi s pas dans ce jugement
; quoique j'avoue qu'ils ne se
trompoient pas eux-mêmes pour le
fond. Ce qui est constant, est que jamais
Election de Pape n'a été plus universellement
applaudie. Il ne se défaillit
pas à lui-mêmedansles premiers
moments,qui, par une imperfection
assés bizarre de la Nature humaine
, surprennent d'avantage les
Gens qui les attendent.avec le plus
d'impatience. La suite a fait voir quV
il n'étoit pas assés homme de bien,
pour n'en avoirpas eu beaucoup en
ce rencontre, il fut si éloigné d'en donner
aucune marque, que nous uA rnes
Sujet de croire qu'il en avoit même,de
la douleur. Il plaura amèrement, au
moment que l'on rélisoit le Scrutin
ouile faisoitPape:Et comme il vir queje
le remarquois,il m'embraila d'un
bras, & prie de l'autre Lomelin, qui
étoit au-dessus de lui. Il nous dit à
l'un &à l'autre : Pardonnez cette foiblesseàunhomme
quia toujours aimé
ses Proches avec tendresie ,
& qui s'en
voit séparé pour jamais. Nous descendîmes
apres les Cérémonies accoutumées
,à Saint Pierres Il strecta de ne
s'asseoir que sur le Coin de l'Autel,
quoique les Maiflres des Cérémonies
lsui dissent, que la Coutume étoit que Papes se mifient jullement sur le
milieu. Il y reçeut l'Adoration du Sacré
Collége,avec beaucoup plus de modeftie
que de grandeur,avecbeaucoup plus
d'abaissement que de joye i &loiiquc
jem'aprochai à mon roun pour lui bai.
fer les Pieds, il me dit en m'embrafsant,
si haut que les Ambassadeurs
d'Espagne, & de Venise, & le Connétable
Colonne l'entendirent, Signor
Cardinal de Retz,: Mec opus manuum
inarnm. Vous pouvez jugerdel'effet
quefit cette parole les Ambassadeurs
la dirent à ouix qui étoient auprès
d'eux: Elle [ répondit en moins de
rien dans toute l'Eglise. Morangis
fiere de Barilloli, qu'on appelloit en
ce tems-là , Chatillon, me la redit une
heure après, en me renconcranc,
comme je fortoisi & je retournai chez
moi,accompagné de plusde six vingt
Carosses qui étoient pleins de gens
très persuadez que j'allois gouverner
le Pontificat.
CetExtrait ne fera pas sansdoute ,
moins souhaiter l'Edition complette de
ces Mémoires) que les précédens..
LETTRE DE Mr GRAVELOT,
A Mrs. M. & T.
EnreuxAmis,qui
a dans lesFêtI. Venvi des Chaulieux, on vous voit
célébrer,
Goutés tous les Plasfirs honnêtes
£lunnFainéant peut désirer:
Vouspowvés comprendre sans peine.
La vive impréssionqna fait sur mon
esprit,
Vôtre Synodique Récit;
Tout auJli-tôt ma Mufe a dit,
Sons Dietix? de quelle hâreufe
veine
Coulent ces Vers qllc rien gêne.
Ainsi rimoient jadis3 en chantant
Àîtrdondaine,
Les Convives -joyeux de la Croix de
Lorraine :
Chez, nous, C'tft auRebiurs, trop sensible
au chagrin,
- De n'être plus de la Douzaine,
Je fais des Vers sans être en tmin.
m
Rien ne réveille tant la Mufe,
£lueà!avoir Pilufirs à souhait :
Chacun vous aime,&c'est bienfait ;
Mainte Climene vous amuft
,
-
Par son efpnt; peut-être aussi
L'AmoNr efi-il de la Partie;
Car cess unpoint, qui Dieumercyj Est de votre Phdofophie :
Outre que vous etes reçus, Privilégiez,auParnasse,
Amis, quevoulés-vous de plus,
Cesi posséder les Biens que défroit
JIorace.
Pour moi
,
je ne trouverien ici que
de fort propre à m'ennuyer:On m'y
-
avoit d'abord procuré quelques Connoissances
5 mais j'ai eu foin de m'en
défaire promptement;elles ne servoient
qu'a me faire regrétrer nos bons Amis
Je tâche quelquefois de me consoler
de leur absenceavec mes Livres.
Pour ressource
,
Jur un vieux aïs,
J'ai Montagne
,
J'ai Rabela is
La Fontaine avec S. Glais;
EttoutgentilKimeurhab;tantduMarais:
Cest chés ces bonnes gens que jepuise
A longs traits,

Le Vï'ai , rAgréable&VJJtile.
Voiture est fins galantPavillon plus
facile
Rouffeatfflus cadencé, la Mothe plus
fertile :
Mais vous savés ces choses mieux
que nous; Sijepowvoisparlerlà J dcffus comme vous, edfierois le plus habile.
Soir & matin je fuis tout seul }
Bije quitte par fois mon sombre domicile,
Ce nef que pour aller en quelque Endroit
tranqtÚle
,
Voir soupirer ZEPHIR fous l'Orme &
le Tilleul.
Envoyant ces Vallons, ces FOÍJo
,
ces MontaOgnes,
Où les Beautés fontsansu4rj£7*sans
Choix,
Ma Muss se déL'ffca chanter quelque-
JL!S ,'heuretix
HIlS 1 dijoi:-;ek:ïjour
, am Vv?sctes
_f '¡ ", ') ,.. ,)
.t
\or !.f ,. t 'vrn.ans !
Images recules,sich/ris desAmAns.
Si fous 1)9sfeuillages naijJans,
Amour voulait un jour,conduire mA
Sylvie;
De par Venus je lui promets
De ne regretter de ma vie
Ce que m'ont faitfoJtjfrirfesTraits.
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w
A Paris, le 16. Juillet 1717.
REPONSE A LA LETTRE
PRECEDENTE.
NO u s avons par devers nous , Monsieur, tantde marques redoublées
de vôtre souvenir, que nous
commençons Mr T. Semoi, à devenir
tout-à-fait honteux, de n'y avoir point
encore repondu. Par rapport à ce qui
me regarde, je vous avoüerai naturellement,
quedans l'envie de vousenvoyerquelque—
chose qui ne fût pas - absolument indigne, de tout ce que
vous nousavez écrit de charmant
j'attendoisde jour à autre,quelque moment
d'inspiration ; carje tiens queles
VCfS- doivent être inspirez ; mai
comme
comme ce moment ne vient point ,
& que ma dette court toujours ,
j'aime
encore mieux l'acquitter mal, que - de ne le point faire du tout; ainsi Mrs.
eTenés-vous pourditfaravance, jen'espére nullementa
8:
Atteindre a cette aimable aifanct-
*£hiï de vos Versfait l'agrémentz
Sans prétendre avec vous la moindre
Concurrence,
Je rime par reconnoissance
Et pourm'acquitterfeulement.
Vous vous faites, Mr
, une idée trop
avantageuse de nos plaisirs : Ils ne
font pas à beaucoup près, ni si vifs,
ni si fréquens que vous les imaginés;
mais vous avés fongé ànousfaire honneur
; il est: justede vous tenir compte
de vos Intentions.
Vous faites notreLotpartropfriand,
Beau Si.r,'
Les Climénes en font tlUffi:
-Ce Point tout seul mente un grandmercy
: u Mais cfuoy! Venons au fait: Hsîas1
s'il faut le dire
9
Les NÔtïes font a jufie prix,
Et ne font piis de ces Climénes
Scrvans tout a la fois crAdmcrvc 0
Cypns , Tellesau'on les trouvaitau temsdes /,.*
Fontaines
Aimansfws inurêt, Afeffieurs les
Beaux esprits ;
Et qui Je contentaient du produit des
aDuomaines l', 1 Parnasse ilsavoient acquis, 1 is.
On ne voit plusde ces Chtnénes
La Race en ejl perdue: cp
, me dirfsvous
, Il cfl pourtant une Uranie
D'acord:ilefçait mieux que ntw.?
Dans l'Empired'Amour*sa gloire tjl
établie,
Comme dans celui d'Apollon ;
AfaiSyfi l'un deces Dieuxcftreçu ez
IdBt/le,
qf , ,- Jîhiivousdit 1re peur l'antre
,
il y
sisTe aujJi bon ?
£ntre nous l'Amourseplaint
d'Elle;
dit quelle lui prend ses Charmes,
set Attraits,
Et toujours à crédit}sans le pa\cr;,rruais.
j'ose,comme vous voyes,Louer votre
Uranie, sans penser que vous devés
avr acquis un privilège exclusif
de la loüer,par la manière dont vous
l'avessaicjusqu'ici : C'est là un sujet.
tel qu'il vous le faut,au lieu de vous
amuser a nous donner place dans vos
Vers.
J>)uandejide notre cher Voiftn :
Depuis peul'Ame de Chapelle
EnguijedeDémon,acoulédanssonfeÍn:--
Bâvus & Citherée y logent avec elle,
Et dés que sa Kerve efl en train ,
De Rimes uneKirielle,
Éansse faire chercher, se trouve fons
sa Jm-ain. JelaisseàM-.. le soinde vousentretenir
des Nouveautés de ce Païs-ci.
Ma Lettre se fait pluslongue que de
raison ; ilfautymettre ordre. Un autre
jour je me hazarderai, si vous le
coules
,
à vous mander aussides Nou- -
velles, & de toutes les fortes.
Nous parlerons 'd;' des Dimx &des
Rois,
wSans dérogerauxJages Loix, sur ces grands Sujets nous imposent
Jilsnce ;
Vrfrjî dans nos difcojtrs nous les me*
Ions par fois,
- - Nous le feronsavec tantde pru*
dence, - enom noffenferons
, ni les Dieux
ni les Rois.
oN a surpris à M. Boudier de-
Mantes, Poëteplus qu'emerite
, les Epigrammessuivantes; il
feroit àsouhaiter
,
qu'il voulut bien
abandonner Ton Porte-feüille à l'Auteur
.chi Mercure. Le Public lui en auroit
obligation : On lui connoît furrout
des Satyresqui vont de pair avec
se que nous avons ck meilleur dans ce
genre. Le Portrait qu'il vafaire de lui.,
est tout à fait conforme à l'Original.
PORTRAITDE L'AUTEUR.
Snsavoirjamais û d'Envie
D)Eis,.d'Honnc1JTs, ni de Trêsorsj
-
Jetouche à la fin de ma vie,
Tranquile d'Esprit,fain de Corps*
Dans mon humeur indifférente r
?eumap;.ru toujours asset;
Jai quatre vingt trots anspassez,
, Ma Mufe n'en paroît pas trente;
Quoiqu'ellen'ait en bonne foy
, equinze oufeie animoins que moi10
EPIGRAMMES.
NOtreesprit nagitqu'atâtons
,
CV/î le baz,,ord qui le dispose ;
Fnit-il,foit en Vers,foit en Prose3 -
Toujours" comme nous fouhaittons?
Tantôt rampant; tantôtfubhme*
Tout ce quil pense c!J' qu'il exprime, Lîtï vient d'un hasard inconnu: 1
Bon, ou mauvais, tel qu'il se donne;
Si quelque Bon m'etoit venu CetteEpigtammeferait bonne,.
AUTR E
DE Traits,ni, d'Air, ni de MA*
nière.
Lesfilsde Madame du Bout
Neseressemblent point du tout «
Chacun d'eux rrjfemble à fin Pire..
SUR LA MORT DE SA FEMME. *Vand la Mort nous déparia
, Ma femme dans le Manoir [ombre,
Rencontrant rorcze, Arrta,
Et leur Troupe en très petit nombre,
Leur dit : je viens me joindre à vous y
Moitiés dignes de vos Epoux,
Honneur du Sexe >femmes fortes:
Seuls ils fatfotent tout votre bten,
C'est pour Eux que vous êtes mortes:
Jf: n'ai vécu que pour le Mien.
PLAINTE A L'A MOUR"
PAR J. L. P.
AMottr
, tu m'a trompé*,je cru de
bonne foy,
Jjïuandde lajebneLrisje me mtsfous
la Loy ;
mQueJi jamaismesfoins triomphoientde
ses ChArmes,
Je ne connoîtrois plus les Soucis, ni les
Larmes.
7-o me dis, il efr vr.iy , quesonrebelle
Coeur
Parottroit intraitable auJeul Nom de
Vainqueur*, - Jj£utl n'étoit point de ceux qu'on prend
à l'improviste :
Des amoureux tourmens tu me donnas
la Lifte. J) Lûs; Esprit rêveur,Crainte, Allarmes
,Soupirs,
&f*simpatiens,foible Aveu
»
longs
Dlfirs :
Eh bien!foit,dis-je alorsi*la Belle * ejl
inhumaine,
Le Plaisir, quelquejour,fRrpAfflril la
peine.
En. effet, des l'instant, en Amant resolu
J'ai Jouffert les Mépris & tout te qu'il
t'a plû : Or, ce tems4anestplus, tu sçAis oÎ
nous en sommes,
Tonpouvoirm'arendu le plushûreur
desHommes;
Mais danstaLifte yhelas ! tu n'avois
pascompris
Les maux que je ressens de l'abnct
d'Iris.
BOUTSRIMES
PAR M. DE C. JE ffAi ton mal: Plus d'un Jtmpto/ne
Le déclaré en bon Idiome;
Mais le tem* presse
,
Ami Guillaume,
Deviens - en meilleur Oeconome.
En vain tu crois au Jeu de Pat,.,me
3 Ou dans un Bain de Cynamôme
Cha/fer de ton Corps maint Atome i
Plus craint que le feu de Sodôme,
Eusses-tu plus d'esprit qu'un Gnâme
Sujfes-tu le Deutéronome
La Genese & maint , autre rIme;
De mes Vers voici VEpitôme :
Tu ne peux guerir sans le Baume
J%j*e Mercure vend à Saint Cosme.
DAns le Mercurepr/c/dent,j'aidonné
une Relation de l'Ouverture de
la CampAgneenHongrie, que j'ai CO¡¡A
duite jusqu'au 5 deJuillet. Le Lecteurattend
de moi, que je continu" de
mois en moisceJournal, jufe/uJ lu fin de
la Campagne;c'est un engagement auquel
je dois satisfaire avec tout le foin dont
je fuis capable. Comme je crois être
très exactement informepar des Lettres
particulières:,des Nouvelles deHongrie
,
j'espére qu'on remarquera quantité
deCtrconflances curieufesque l'on netrouvéra
point dans les Galettes Françoifesy
je ne difconvten drat pas cependant qu*
leur exempler je ne me serveutilement
de deux imprimez, hebdomadaires
queje reçois de Ftenne ; l'unfous le Titre
de Eftrato d'ellenuovità più, eflentiali
dalle lettere più Çizfczjest-à-dire,
Extrait des Nouvelles les plus considerables
ô- les plus fraicbei; & Vautre en
Allemandfouscelui de Diarium
, ou
Journal de l'Empire.
JOURNAL DE HONGRIE.
DAns l'Autiondu 5. près de Semlim,
à deux heures après midy,
les deux Vaisseaux de Guerre ,
S. Francois&
S. Estienne Imperiaux, commandéspar
le Capitaine Stores , &
par le Capitaine - Lieutenant Pomeresch,
sirent un seu si terrible de leurs
Canons chargés de Carcasses, de Bonlets
a Cartouches &de Chaînes;qu\
après un Combat de deux heures &
demie, les 50, tant Frégates, que
demie Galères Se Saïques Turques
se virent forcées de se retirer fous la
Fortersse, avec perte de plus de 400
Hommes tués ou blesses. Le Vice
Amiral des Turcs,qui étoit Maure &
fort âgé, mais Officier sort expérimenté
, fut tué dans ce Combat: Quatre de leurs Frégatte, une demie
Galère & quelques Saïques
ont été coulées à fond, 5c plusieurs
autres ont été fort endomagées.Nôtre
perte est d'environ 90 hommes,
avec quelques Chevaux tués d'un
Corps de Cavalerie,que le General
Hauben avoit placé sur la hauteur de
Semlim.
Le 6,l'Ordre fut donné,que le
Vaisseau de Guerre S. Eugene ,
qui
étoit à Petrivaradin , vint joindre
promptement les deuxautresVaisseaux;
afin de tenir en respect les Bâtimens
Ennemis. Pour plus grande fûreté, on
plaça quelques pièces de Canon sur
une Redoute que l'on a élevée sur
le bordduDanube, en deça de la
Mosquée,prés de Semlimi.
Le7,il arriva de Segédin par le
Donavvitz & le Temes, 50ou 60 Barbues
chargées de Canons, Mortiers,
Boulets, Bombes ,&Poudres. On fut
occupé le même jour
-,
à débarquer
toutes es Munitions destinées pour
le Siège. Les Princes & les Généraux
de l'Armée, ont fournis leurs Chevaux
& Chariots de Bagage,pour transporter
plus promptement au Camp,
des Fascines, Palissades & Gabions, $
quoil'on travaille continuellement
dans la Forêt,aune lieuë du Camp, fous l'escorte d'un Corps de Cavalerie
& d'Infanterie.
Le 8, "pn a reçu avis que laTête
des Troupes de l'Armée Ottomane?
étoit arrivée à Nissa avec le Grand
Vizir. & qu'il paroissoit que les Turcs
avoient dessein de faire une irruption
enTransisvanie par la Vvalachie, avec
•Un gros Corps de Tartares & quelques
autres Renforts. Le Général
Steinville Commandant General de la
Principauté, informé de ces mouvemens,
est allé les attendre jusques sur
la Frontière, avec les Troupes de son
Commandement renforcées des deux
Regimens de Dragons, de Hauben &
de S. Amour, qui feront suivisde plulieurs
autres Corps que-l'on tire de la
Basse Hongrie.
Trois Déserteursde la Place nous
rapportèrent avant-hier, que l'Artillerie
retiréedansBellegrade,étoit si nombreufe
, que routes ks Ruës & les
Places en étoient embarrassées.Les Rebeles
de Capagie -
demandent aux
Turcs un secours de 'SQoe hommes.,
pourfe mettre en Campagne
, conjointement
avec eux ; de manière
que l'on ne sçait pas encore si ce fera
a cette Diversion
, ou à une Bataille
- que l'Ennemise résoudra. Le 23 da
paffé, nous mes un Fourage général
, & les Infideles nous enlevèrent
beaucoup de Chevaux & de Chariots,
tuèrent & firent Prisonniers un nombre
considerable de nos gens. Nous
occupons les Avenues de la Place de
si prés,queles Turcs tirert sur nous
a coups defusil; Ilstravaillentjour
& nuit à un gnnd retrachement :
L'on parle toujours différemment de
la force de la Garrison; les Uns la
direntde 20000 hommes, d'Autres
de30000;cependant-il paroît beaucoup
- de
de consternation dans les Ennemis, qui nous ont laissés prendre tous les
Postes d'alentour de la Ville, & coustruire
des Ponts, sans aucune opposition.
Le 9. le Prince Maximiliende Hesse-
Cassel Général de Bataille
,
joignit
avec son Regiment d'Infanterie
de trois mille hommes
,
le General
Hauben près de Semlim, ou. l'on commença
de travailler à une ligne de Circonvallation
& à des Retranchemens,
de mêmequ'àformer la communication
, par le moyen desPonts que l'on a
construits sur plusieurs Marais.
Le -10. on joignit les travaux de la
Ville, par une nouvelle ligne de la file
posterieure de nôtre Aîle droite
jusqu'à
la Redoute élevée près de la Sa-,
ve de ce côté-cy. Le même jour,
le
Prince Eugene ayant formé le dessin
de faire attaquer le Fort des Ennemis,
dans l'Isle de Donavvitz, chargea de
cette exécution le Comte de Mercy ;
lui ayant donné à cet effet, quatre Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers,
deux mille-quatre cent Chevaux
& quelques pieces de Canon. CeGeneral
avoitdéjà passéla Riviere avec
lesTroupes oc étoitsurle pointde
faire donner l'Assaut, lorsqu'ilfût
frapéd'uncoup de Sang: Il tomba de
cheval, privédel'Otiie&dela Vûë.
Cet accident fut causeque l'on remit
cette Expedition à un autre tems : On
se contenta feulement de prendre poste
le long du Marais; afin de ressérrer
plus étroitement Les Infideles.
Un Parti de nos Hussars en ayant
rencontréUn des Ennemis ,
l'a battu &
fait quelques Prisonniers ,parmi lesquelsse
trouvent deux Agas: Comme
ilsont étéenlevez auprés de Sémendria,
on les a interrogé sur le nombre&
la marche de leur grande Armée.
Ils ont confirméqu'elle étoitcomposée
de 250000.hommes en Corps &qu'elle
devoitdécamper incessammentdeNissa
pour nous venirattaquer; sans compter
plus de cinquante milletTartares qui
menacent laTransilvanie; outre vingt
à vingt-cinqmille hommes de Troupes
ramassées
, tant Allemands, Cosaques,
que Turcs & Hongrois,commandez
par les ChefsdesRebelles,Esthérazi
& Bérézini : Il y a encore differens
Corps separez à Sémendria,Orso-
\a & le long du Danube; de sorte
que felon Ii supputation que l'on en a
faire, le Total monteroit à près de trois
cent mille hommes d'Infanterie, & environ
cent mille Chevaux.
Le 11. le PrinceEugene sur informé
par un Exprès,que le Vaïvode de Valachie
étoit allé au devant du Seraskier
quiest a laTête des Tartares. tDnelt
incertain s'il tentera do. pénétrer en
Transilvanie, ou s'il viendra secourir
Belgrade; il n'y a que l'Invasion des
Tartares que nous appréhendions en
Tranfilvanie, à cau se de leur grand
nombre & des intelligences que les
Comtes d'Eftérhazi & Bérénizi peuvent
avoir dans cette Principauté. Les
mêmesavis portent que le Prince de
Moldavie faisoit couper Bras & Jambes
à tous ses Sujets qui s'étoient dé..
clarés pour l'Empereur & abandonnoit
leurs biens au pillage. Le
Prince Eugene ayant envoyé unExprès
au Major Herlevalle qui commande
en Tranfilvanie
, pour faire
prendre les Armes à tous ceux qui
étoient en état de les porter ; ce Major
luia fait réponse,quetous lesprincipaux
Passages étoient si bien fortifiés, qu'il
étoit impossible aux Ennemis de les
forcer, sans de la grosse Artillerie.
Le il ,
le Prince Eugene & d'autres
Officiers de Distinction,rendirent visite
an (omte de Mercy qui se porte
beaucoup mieux, ayant commencé à
recouvrer la Vûë & l'Oüie : On appréhende
que cet accident ne le mette
horsd'étatde servis cette Campagne.
On a élévé plulieurs Redoutes & autres
Ouvrages, dans les Isles&surle
bord du Danube, pour resserrer la
Cavalerie qui est dans Belgrade,
l'empêcher de venir sourager aux
Environs & en même tems tenir en
lefpedl leurs Saïques.
On a appris que le Baron de Pétrasch
Ceneral de Bataille, s'étoit mis en
marcheavec ses Milices, pour tâcher
de s'emparer de Saback, Poste important
à cause de sa situation
Le 13, sur les six heures du (oir,.
il s'éléva aux Environs de Belgrade,
un Orage si violent, accompagné
d'Eclairs, de Tonnerre & de Gréle
,
avec un Ouragant si impétueux
, que
nos deux Ponts de Bateaux sur le Danube
& sur la Save, furent fort endom-

magés; la moitié du Pont du Danube
ayant été séparée, & une partie de
de celui de la Save submergée;de lorte
- qu'en moins d'une hernie heure, il y ût ludesuxde 90 Bâtimens emportés, outre
Barques chargées de Poudre 8C
de 10 Mortiers qui- coulérent à fond: -
- Il y en ût aussi plusieurs autres chargées
de Vivres
,
de Munitions &
d'Instrumens à remuer la Terre, qui
ûrent le même fort. Il enleva quantité
de Provisions qui étoient au bord du
Danube, 6cy renversa douze Chariots
de Provisions appartenans à des Vivandiers.
Une demie Galére Turque des Ennemis,
percée pour huit Canons,s'étant
détachée de son Ancre, vint donner
dans les Vaisseaux de l'Empereur. La
-
magnificencedesTurbans &des Hav
bits à la Turque
,
fait juger qu'elle
étoit montée par quelques Personnes.
de-Diftinâion dont on ne sçaitpas le
fort On ya trouvé queuësdeCheval,
avec une Lifte éxacte de tout ce qu'il
y a dans les Magasins de Belgrade..
La Garnison Ottomane ayant voulu.
profiter de tout ce désordre,fit transpor-
, ter sur des Bateaux 1000 Chevaux.
avec autant de Fantassins
, vers Semlim
: L'infanterie se rabatit sur laRedoute
qui est la Tête de nôtre Pont &- la Save,& l'attaqua d'abord avec furie.
PlusieursTurcs étoient déja montés
sur le Parapet & yavoient arboré un
Drapeau;mais un Capitaine de Hesse-
Cassel qui y commandoit avec 64-Hef..
siens,se detfendit avec tant de valeur la , Bayonette au bout du Fusil
,
sans ti-
1er un seul coup, qu'il donna le rems
au General de BatailleOdvier, d'arriver
à son Recours avec les deuxCompagnies
de GrénadiersdeHeitler&de
Palsi, qui le dégagea&força l'Ennemi
dese retirer avec perte.D'un autre côté,
leur Cavalerie s'étant jettée sur nos
Fourageurs qui n'avoienrpurepasser
la Save, a cause de l'accident du Pont,
les mena d'abord assez rudement &
en tua une cinquantaine;maisleGeneral
Elzétant tombé à propos avec sonDétachement
sur l'Ennemi
,
le repoussa,
A près lui avoir mis hors ke Combat 60
hommes. Nous avons perdu dans ces
deux Actions 20 Fantassins & environ
40 Cavaliers. Les Turcs en se re- - tirant dans la Place, yont conduit plu-'
sieurs Chevaux pris, sur nos Fourageurs.
Le 14.le Pont de la Save étoit prefqu'entiérement
réparé; mais celui du
Danube ne l'étoit pas encore le 16.
Les Fourages sont toujours trés
rares; on est contraint de les alla:
chercher fort loin, au-delà de la Save
& du Danube;& il y a bien à craindre
que l'approche desTurcs n'en augmente
la rareté. La Garnison de Belgrade
continuë ses Retranchemens extériéurs.
L'Ingénieur Allemand qui s'est
jetté dans la Place,donne de bons avis
aux Assiégez.
Le Prince Eugene est résolu de ne
point s'engager à faire l'ouverture de
la Tranchée, qu'il n'ait tout le nécessaire
en abondance dans son Camp,
& qu'il n'ait reconnu le dessein de
la grande Armée des Ennemis.
Le 15. le Prince Eugene a écrit à
l'Empereur, pour justifier M. Defalleurs
sur les Faux bruitsqui ont courus,
qu'ildonnoit des-avissécrets aux
Mécontens. Ce Prince a fait en même
tems l'Eloge de tous les François qui
fervent à l'Armée:On différe toujours
le Siege, pour ne point s'embarquer
mal à propos; on veut être auparavant
certain des desseins du G. Vizir. On
a appris par des Prisonniers qu'il étoit
avec son Armée sur la Morava.
Un Boulet de Canon tiré d'une
Batterie des Ennemis, a coupé un Cordon
de la Tente de Mgrle Comte de
tharolois, où ce Prince etoit.
- Le 16 ,
l'InfanterieBavaroise, avec
la Garde à Cheval, arriva au Camp de
Semlim.
L Le Prince Eugene ayant dessein de
construire une Rédoute de l'autre côté
delaSave,au confluant de cetteRiviere,
& dy élever une batterie, afin defoudroyer
la basse Ville,chargea de certe
expedition M. le Comte de Marcilli
Général Major, lui donnant sous ses
ordres trois Bataillons, six Compagnies
des Grenadiers & 300. Chevaux,
qui devoient soûtenirles Pioniersemployés
à cet ouvrage. On commença
ce travail à l'entrée de la nuit & laGarmfon
de Belgrade ne s'en
@
étant appercuë
qu'à deuxheures aprés minuit,
fitalors un feu trés vif, tant du Canon
des Saïques & de la Place, que de
la Mousqueterie ; & tira beaucoup de
Bouletsrougespour découvrirnosTravaux
; mais tout ce fracas ne dérangea
rien.
Le 17, à sept heures du matin, 20OQ
Janissaires étant lorus,a lafaveur d'un
feû continuel du Canon de-la Forteteresse
6c de leurs Vaissaux,débarquérent
au bord du Danube derriere
nos Travaux; le Comte de Marcilli
s'avança pour les charger,n'étant suivi
que du Bataillon de Palsi & de600
Grenadiers. Les Impériaux,aprésavoit
fait leur décharge,jetterent leurs armes
& abandonnérent M. de Marcillyqui
fut tué avec le peu de braves Gens qui
étoient restésavec lui; une partie dii
Bataillonde Passi y péritentierement:
Le Colonel Heister qui avoir refusé
d'opposer aux Ennemis des chevaux
de frise, lorsqu'ils étoient à portée, fut
emporté d'un coup de Canon; & les
deux mille Hommes qu'il avoit avec
lui, coururent risque, de même que les
Travailleurs,d'avoirlemême fort;sile
Prince Eugene n'ût fait avancer à propos
le BarondeMiglio avec250. Cuirassiers,
qui chargea avectant de valeur
les Ennemis, qlfii les repoussa & les
.o:,lizea à s'embarquer avec tant de précipitation
,
qu'il y en ût un grand nombre
de tués & denoyés.Aprés une Action
aussi chaude,nôtreInfanterie réprit
son poste & recommença à travailler, -
étant couvertepar denouvelles troupes
qu'ondétacha. On compte 1000. hommas
de perte du côté des Imperiaux,
avec 30. Officiers, dont il y à 6. Capitaines
, un Lieutenant Colonel, & un
Sergent Major: Les Turcs n'ont pas été
moins maltraittés ; Ibrahim Bacha
de Romelie qui les commandoit, y
ayant perdu la vie.Un fous-Lieutenant
du Regiment de Virmond avec9.Grenadiers,
a tué 20. Jannissaires, & leur
apris un Drapeau,lequel,aprés avoir
été presenté au Prince Eugene, fut
planté devant sa Tente.
L't 18 , on fut informé que leTurcs
avoient jetté quatre Pons sur la Morava,
& que leur Armée grossissoit tous
les jours considérablement.
Le 19, on acheva de réparer le Pont
sur le Danube: 10 Galeres & 40, tant
Saïques que Bâtimens Ennemis, s'avancérent
près de l'Avant-garde de
nos Vaisseaux de Guerre, à l'embouchure
du Témes
,
où elles jettérent
l'Ancre. -
Le îo, cette petite Flotte se retira
& décendit plus bas sur le Danube jusqu'à
Semendria.
Le 21 ? on apprit que tous les Habitans
de la Bosnie,en état dé porter
les armes,avoient û ordre de se rendre
à la grande Armée OctomanCtibus
peine du Harach. *
, On perfectionna le second Pont de
Barques sur la Save,commencé depuis
quelques jours;oi-ipouflit avec fm:-.
ces le travail de l'autre côté de cette
, Riviere;afin denous mieux couvrir &
d'acheverles Rédoutes, les Batteries
& les Lignes de communication.
Le iz,on éleva sur les Batteries 26
Canons de24 liv. de bales & 20 Mortiers
, pour canoner & bombarder la
basse-Ville. On recut avis certain que
l'Ennemi avoir passé la Moravasur
quatre Ponts & qu'il s'étoit avancé
« vers Hassan-Bassa-Palanka.
Le 23, à deux heures avant lejour;
on commença à canoner&à bombarder
en même tems la Forteresse, &.là
Ville d'Eau; ce qui a continué pendant
* tout le jour avec tant de succés, que
nos Batteries en ont renversé deux
des Turcs,rasé tout le cordon du
Mur & démonté leurs Canons qui
* T-ribut par tite que les Chrétiensen
Turcjtae, doivent payer annuellement?
fvtis f;cir:f de t,-i,(Jfl.
sont dans le flanc - L'Ennemia été o~
bligédeles rétirer des Ouvrages. L'on
ne discontinuëra pas le feu, que l'on
n'ait ruiné entierement toutes les deffences
qui sont en vue du côté de la
Save, & que l'on n'ait resserré son
armement naval.
Les Assiegésn'avoient jamais pu
se persuader qu'on pût les attaquer par
la Rivière;s'étant attendu qu'on l'auroit
fait du côté de la Montagne ,

ils ont pratiqué beaucoup de Mines.
Nos Bombes ont fait un siterrible esset
, qu'elles ont reduit la plus grande
partie de la Ville en cendre.
Comme l'Isle fortifiée du Danube, derriere laquelle les Barques armées
des Turcs sont à couvert,nousincomfl10de.
6- beaucoup; on dispose une
double Batterie particuliere pour la
canoner & la bombarder. On fera
ensuite les dispositions pour l'ouver- -
ture de la Tranchée de ce côté-ci.
Sur l'avis quel'Armée Ottomane
arriva le 21 à Hassan-Bassa - Palankaà
Ex lieües ci-ici, sur le chemin deSemendria
, on a placé 160 piéces de Canon
sur nos Retranchemens
,
qui ressemblent
l des Fortifications. Nous
avons
avons un grand amasde tourages dans
nôtreCamp.
On vient d'apprendre que l'Armée
des Infidèles étoit enfin arrivée à Kolov
prés Sémendria ,resoluë d'en vemr.
à une Action décisive.Leur projet
est, àceque l'on prétend,d'attaquer
en même tems le front des Retranchemens
& une tête de Pont, tandis que U
Garnison attaquera l'autre. M. le Prince
Eugene a envoyé àl'Empereur uneListe
qu'on a trouvée dans la poche d'un Aga
Turc qui aété fait Prisonnier
, par laquelle
on voit le détail des Troupes Ennemies
qui monte à 3^7000 hommes.
M. le Prince Eugene vientd'être
nouvellement informé, que le Conte
de Steinvilleabien dela peine à contenir
les Transis vains dans l'obéïssance»
& surtout les Montagnards qui sont
fort inclinez à la rébellion, y étant
sollicitez fortement par les Comtes
Esthérazi,Bérézini, Fottgatick ôc
Czaki, qui sont actuellement dans
i'ArmèeOttomane & qui leurs promettent
dans peu de les venir joindre
-avec50000 hommes.
RELATION.
De ce qui s'eftpajfédans l'Archipel,
entre les deux Armées Navales de
la République de Ventfe & des
Turcs, au mots de Juin 1717. L E Seigneur André Pisani,Capitaine
Général de la République de
Venise
, & les autres Chefs de Mer
persuadés que l'unique avantage qu'on
pouvoirespérescontre les Turcs, étoit
de s'opposer à la descente de leur Flotte
dans les baffes Eaux, prirent larésolution
dela prévenir en l'allant chercher
dans l'Archipel &jusqu'aux Bouches
du détroit de Constantinople
d'où ellen'étoit , pas encor sortie.
L'Armée Navale dela République
ayant donc éré mise en état avec (outè
la diligence possible, elle partit de
Zante au nombre des Vaisseaux de
Guerre & de transport
,
tel qu'il est
spécifié dans saListe que l'on verra ciaprés.
La navigation sur des plus heureuses,
d'autant qu'en moins de dix
jours,nous arrivames à l'Embouchure v d'Imbro, qui n'est qu'à seize mille des
Dardanelles, où l'on jetta l'Ancre le
8. de Juin,pour faire provision d'Eau,
& afin de découvrir la disposition des
Ennemis.
Le 9. on acheva de se pourvoir d'Eau
& d'autres choses nécessaires enmême
tems,ayant appris que la Flotte Ottomane
étoit entre les premiers& les seconds
Châteaux du côté de l'Afie.
Le 10. vers les 14.. heures on vit
sortir des'Embouchures quarante Vaisseaux
Quarrez & huitGalliotescottoyantl'Europe
à la faveur d'un Vent
Grec. Nôtre Armée mit auairÔt à la
voile,dans la résolution d'aller à leur
rencontre pour les combattre; mais un vent de Tramontane suivi d'une
furieuse bourasque s'étantélevé.
nous fûmes deux jours à disputer contre
les Flots. Pendant ce tems toute
l'Arméefût tou jours en mouvement dans l'esperance de rétrouver le matin,
suivant, la Flotte Ennemie & de gagner
le dessus duvent d'Imbro
, mais
inutilement ; ainÍi) pour en apprendre
quelque nouvelle, le Capitaine Extraordinaire
des Vaisseaux résolutd'y
passer sous le vent. G ij
Le il. Nous appercümes l'Armée
desInfidelesqui étoit à l'Ancre le long
des Plages de l'Europe:La Tramontane
& le Vent Grêc Tramontane continuant
de souffler toujours avec violence,
nous crûmes devoir prendre
fend almbro, vers le Midy:A peine eucaes
nous jette l'Ancre,quenous vîmes
les Ennemis venant à nôtre rencontre; d'autant plus que le vent nous empêchoit
de nous approcher d'eux pour les
investir. Nous mîmes aussitôt à la voile
environ les 20.heures,&surles22,
les Ennemisn'étant plus qu'à la portée
duCanon, ils détacherent six Sultannes
surnôtrequeüe&attaquerent le
Seigneur Diedo Capitaine ordinaire
des Vaisseaux,qui étant sous le vent,
se défendit très vigoureusement avecles
7.Vaisseaux de saDivision.D'un atitre
côre
,
le Vaisseau du Capitaine Bas-
£-i soûtenu de 7. Sultannes& d'un Bru-
Jor,vintse présentervers les7 heures
du soir, devant le sieur Flangini Capitaine
extraordinaire de la Flotte, qui
l'obligea par son feude s'éloigner ; un
moment après
,
le Capitaine Bassavins
fondre sur la tète de la ligne Vénitienne
; il y ut une Canonade trèsvive qui
-rlur{l jusques à trois heures de nuit,à la
faveur de la Lune, après quoi la Flotte
Ottomane parut se retirer : Le sieur
Flangini.fit immédiatementaprès,al- lumerles
Fanaux de ses Vaisseaux &
revint le 13 à l'Aube, à la pointe de Limno.
On crut remarquer qu'il manquoit
trois Sultannes à l'Ennemi : Le jour Ce
passa encanonades.de part & d'autre,
les Ottomans ayant le dessus du
vent & la ligne étendue. Sur les 14
heures & demie, ils revinrent atta.
quer le Seigneur Diedo Capitaine
Ordinaire desVaisseaux, avec lame-
1 me fureur qu'ils l'avoient fait le soir
précédent; mais levent ayant un peu „
tourné du côcé de Mestral & ensuite
du côté du Ponant, le Seigneur Dcl-,
phino qui montoit la Patrône, tira sa
bordée sur eux, en gagnant le dessus
duvent avec les autres vaisseaux
sur quoi les Ennemis ayant ngé à
propos de ne point engager d'Action
ils prirent le parti de s'éloigner , ; Se
la. nuit étant survenue
, nous noua
vîmes hors d'état de les poursuivre.
Le 14 & le 15, ces deux Armées
resterent à s' observer l'une l'autre
la nôtre étant néanmoins toujours
tous le vent; la Tramontane &le
vent Grec continuant de souffler avec.
opiniâtreté.
Le 16, à la pointe du jour, lesdeux
Aimées se trouvèrent au dessous d.
Monte-santo
, à trois ou quatremille
feulement éloignées l'une de
l'autre, & s'étant auisitôt étendues
sur une ligne,elles se disposerent à en
venir à un nouveau Combat &me. -.
mequoiquelesEnnemis eussent encore
le même avantage du dessus du vent.
les èïôtres eurent aussi le même courage
de lesbien recevoir: Ainsi, les;
Turcs s'avancèrent en droite. ligar..
jusqu'à la demie portée du Mousquet
,
sans tirer de part ni- d'autre..
La Canonade commença ensuite furles
14 heures, & fut très vive & très
sanglante ; elle dura pendant cin<^
heuressansrelâche*, les Vaisseaux
se tenant fermes avec k$ voiles en
Panne.Nôtre. Patronne attaqua la
Patronne des Ennemis, & l'obligea
bien-tôt d'abandonner la ligne,en désordre
, aprèsavoir û la Cage du
Pertoquettouterazée. Elle fut remarquée
par les Galliotes qui, au nom,
bredetrois,s'étoient jointes le soit
précédent aux Sultannes, pour plus
grande fureté. La Capitane Extraordinaire
ayant été environnée par le reste
des Vaisseaux Ennemis,soûtint le
plus grand effort du Combat* ayant û
à faire successivement à 3 Vaisseaux
Turcs. Cependant,nôtre Patrone suivie
duVaisseau la Confiance, commandé
par le sieur Diedo
,
faisant feu sans
cesse & tirant sa bordée sur les Ennemi.,
gagna enfin le dessus du
vent sur six Sultannes. Le Lyonfaisoit
la même manoeuvre ,
lorsque les Ennemiç
perdant l'espérance de nous
battre, se retirèrent les premiers à
l'Orza,ducôté de Limno.
Le 17,à la pointe dujour, nous les
découvrimes près de Limno. La nuit
suivante sur les six heures, on entendit
tirer le canon de leur Armée, comme
le signal de leur retraite entière y
ainsi qu'il arriva..
Le 18. sur les 11. heures
,
le vent
de Levant étant venuensuiteà soussier
avec violence, auquel la Tramontane
ayant bientôtsuccedé avec impetuosité,
nous fumes obligez de tourner du
côté de Termis
,
fous le commandement
du S~ Diedo Capitaine ordinaire,
qui montoit leVaisseau du sgr Flangini
Capitaine extraordinaire, lequel
avoit reçû pendant le dernier combat
un coupde mousquet dans la Gorge,
dont il mourut le 22.. Le S Marc
Neveu du dernier a été blessé pré
de l'oeil &à la main; le resse de la
Noblesse Venitienne n'ayant point été
blessé.-
On compte parmi les Mortsle
Major Auveduti que toute l'Armée
estimoit beaucoup pour ses bonnes
Qualitez;les Capitaines Bolani, Fonderbech,
un autre Allemand & quelques
Officiers Subalternes,avec environ
400. Soldats ou Matelots tuez 2 & environ 800. blessez..
La perte ducôté des Ennemis est indubitablement
beaucoup plus grande,
cequi se prouve suffisamment,nonseulement
parce qu'ils ont -chaque fois
abandonné le Charnp de Bataille;
quoiqu'ilseussenteu le dessus du vent
dans le plusfort du Combat&de jour
particulièrement Mais auiïi, parce
que dans lesecond Combat, leur feu
n'avoit pæs été auni vif, qu'au premier
i ayant manqué de gens pourcette
Manoeuvre,notre Artillerie ayant
-
démonté une grande partie de la leur,
&en ayant ruiné les Plates-Formes Le
Vaisseau la Colombe ayant été percé
sous l'Eau, par un coup de canon chargé
d'une pierre de cinq cent livres pefaqt,
courut risque de couler a«iond,
de forte que le lendemain matin il Ce
trouva avoir huit pieds d'eaudansle
fonddeCale*, mais le-calme du Vent
&: de la Mer qui survint, donna le
tems d'y remedier.
La Flote des Turcs étoit composée
de quarante Vaisseaux Quatre& de
huitGaliorte,tousVaisseauxdeLigne,
exceptécinq ou six. Leiire canons sont
d'un plusgros calibre que les nôtres.,
aveclesquels ils jettent en même-te~
des balles de pierre d'une-grosseur extraordinaire,,
des Bombes touteschargées
& des. Boulets qui étant compasé
de Bitume du plus puant, mettent
le seu par tout ; cependant ils.
n'ont pas ûl'effetqu'ils en efperoient,
quoique quelques Boulets de cette
forte ayenr porté dans quelques-uns,de.
denos.Vaisseaux..
LiftcdesVaisseaux de Guerre & autres
Batimensdetranîport,qui corn-,
posentlagrojfe Armée Navale de la
République de Venise, envoyée dans
VArchipelpar TExcellentijifme Seigneur
Capitaine General, pourcherchercelle
des Ottomans.
NOMS DES VAISSEAUX
Dpremier Rang,depuis 71.jusqu'A 76
pièces de Canon degros Calibre.
1. Le Lion.
2. Le Triomphe.
----
3. Le Salut.
4. Le Grand Alexandre.
-5. La Couronne.
6. La Confiance.
7. Nôtre-Dame de l'Arsenal.
8. La Colombe.
9.L'Aigle.
10. Saint Gaëtan. II.SaintPie.
11. La Gloire de Venise.
13. La Terreur.
14. Saint Laurent.
Vaisseauxdufécond Rang de ;o. 6z. CT
- - 66. pièces de Canon.
1s. Le Phoenix,
16. La Rose.
17. Le Neptune.
18. Saint André.
19. La petite Aigle.
io. La Sainte Ligue.
21. Saint François.
22. Venise.
15.LaFoy.
Vaisseaux du troiftémt Rang de 51. a
pilees de Canon,
24. L'Hercule.
25. Saint Pierre.
216. La Valeur couronnée.
27. Notre-Dame du Saint Rosaire.
BRULOTS.
28. Judirh.
29. La Reine des Anges.
30. Notre-Dame duRosaire.
31. Saint François.
Vaileaxix de .T'ranfport Arm%J th
Guerre.
31. Le Trés-Saint Crucifix,- -
33. Sainte Marguerite.
34. Sainte Anne.
35. Nôtre-Dame du Rosaire.
36. mue-Dame deLorette.
37.Nôtre-Dame del'Annonciade.
CApres eu Cêrvetes fl- «\-dire, Bi- ; c'eaBJtimens
de nouvelle intention a lamaniére
de Hollande, qui ont des Rames&
desyoilesi&vingtpieeesde
Canonchacun*
-
38. Saint François.
39. Saint Pierre.
40. Saint Antoine.
Kaijfeanx servant d'Hôpital pour les
JhfAlaeet XÎr les Blesses,.
41, 4-1, & 45, an nombre de trois.
Noms des Nobles Venitiens quifervent
dans l'Armée de la République &
qui commandent ces VAijJtAHX.
Le Seigneur Louis Flangini, Capitaine
taine Extraordinaire desVaisseaux.
leSeigneur Marc-Antoin Diedo
Capitaine Ordinaire. ,
Le Seigneur François Correr Amiral.
Le Seigneur André Delsino,Com
mandant de la Patronne.
Le Seigneur Diedo
,
Capitaine Extraordinaire.
-
Le Seigneur Pierre Vendramino
Capitaine Extraordinaire, ,
Le Seigneur Marc-Antoine Morosini,
Capitaine Extraordinaire.
Le Seigneur Antoine Bembo,Capitaine
Extraordinaire.
Le Seigneur Balbi,Capitaine Ex..
traordinaire.
LeSeigneur Pierre Pasqualigo, Capitaine
Ordinaire.
Le Seigneur Jérôme Fini, CapitaineOrdinaire.
Le Seigneur François Pésaro, Capitaine
Ordinaire.
, Le Seigneur Jérôme Savorgnano.,
Capitaine Ordinaire.
Le Seigneur Etienne Valmerana,
Capitaine Ordinaire.
Le 17. l'Armée Vénitienne vint àSan-
Zorzi de Schiro
, â Andro, & de 11 l
la Plage de Thermis., pouryrépar
les dommagessoufferts.Ces Nouvelles
ayant été apportéespar un Exprès dépêché
par le General Pisani, le Do".
ger accompagné du Senat & dp M..AldobrandiniNonceApostolique,
se
rendit en Public à l'Eglite Ducale
de S. Marc, où le 21 on chanta solemnellement
le Te Deum, en action de
grâces de ce que l'Armée Navalede
la République n'a pas été battuë par
celle des Infideles. On a fait trois.,
jours de suite des Illuminations & des
Feux de Joye par toute la Ville, au son
de toutes les Cloches,
Les Turcs n'ont-pas manqué defaire,
auiîî de leur côté de grandes réjoüissances
àTénédos. Ne seroit-ce pas
un préjugé
, pour croire que les avisreçus
fous main, que ces derniers ont
pris deux Vaisseaux de la Flotte Venitienne
& en ont coulé, deux autres à
fond, auroientquelque fondement ?
Ce que l'on sçait certainement, c'est
qu'il en coûtera bien un million de ducats
pour rétablir la Flote.;victorieuse,
& l'argent est fort rareici. M- Diedo
a été nommeCaoiraineExtmor~in~ire
àla place de M.Flangini. Onenvoye
cesTroupes& des Matelots, pour remplacerceux
qui ont été tuez dans ces
trois Actions,& l'on fait partir tout ce
que l'onjuge nécessaire pour réparer
promptemenr plusieurs Vaisseaux, qui
ont été fort maltrairez & fort délabrez.
Le Capitaine Général Pisani est allé
joindre la Flotte Vénitienne, avec deux
Vaisseauxdupremier rang &quelques
autres de transport qui lui étoient venus
depuis peu de Venise, outre les Escadresauxiliaires
du Pape, de Portugal
,deMalte& de
Totcanoe.
AVANT-PROPOS.
PUTE'OPHRASTE MODERNE. L1Atraqirueantité des. Matières que j-e
ici leur variété le mélano*
alternatifdu Serieux & du Ga-y- da-n-s.r..lce:s.
réflexions ,pourrontfaire plaisîr .1 ceux
qui liront cet Ouvrage.Je n'aipointprétendu
établirdordre dans la difiribution
des Sujets-,cela m'a paru fort ind.;.ffè,
rent.J'adrefecette Relation a une Dame
qui me l'avoitdemandée, &j'ai tâchéde
ne rien oublier de tout tnfiruire ce quipeut ou divertir un Esprit juste &
délicat , tel qu'cftle fien. Je commence
par luiparler des chosesquiJepafoient
quandjefis cette Rf/Iltion. Jecontinuéau
hasard (:):. je finir quandilmeplaifi.
Cet Ouvrage
, en un mtt, est la produïïiond?
un esprit Jrbertin, qui ne serefuse
rien de ce qui peut Vansufer en cheminsafar.
t. J'espere que le LeBcur ny
perdra rien.
- Je vous tiens parole
,
Madame, on
plutôt je vous obcïsjcarce qu'unAmant
prommet à ce qu'il aime, vaut un devoir
d'obéïssance envers son Maure.
Vous avezraison de vouloirêtre instruite
des Moeurs & du Caractere des
Habitans de Paris, &de toutce quise
pratique dans cet Abregé du Monde.
PARISest lecentre desVertus& des
Vices; c'estle lieu où les Méchans
développent leur iniquité; l'endroit où
se manifeste toute leur capacité demalfaire.
La raison de cela, Madame, est
qu'ils ont abondance d'occasions &
quel'exercice met en oeuvre & perfectionne
leurs mauvaises dispositions.
Les Vertus n'y régnent pas moins que
les Vices; mais elles y regnent sans
bruit & secretement.Les Justes y composent
un Party ignoré de la foule des
hommes. On y voit encore un troisiéme
Ordre de personnes ; ce sont d'honnêtes
gens d'une probitémorale qui n'a
pour principe, ou qu'un hûreux Caractère
qui les porte à vivre avec honneur
, ou qu'un goût de sagesse philosophique,
qui les maintient dans un esprit
de justice & d'union avec les hommes.
Ce font de ces gens, qui bornez
à satisfaire leurs petits. plaisirs,tâchent
,..autant qu'ils peuvent, de ne
troublet ceux de personne ; de ces gens
en un mot, qui adoptent le frein des
Loix, moins,si vouvoulez,par refpet!.
pour elles, que par ménagement pour le préjugé public.
Cette Secte Madame, ne laiue pas
que d'être un peu pyrrhoniernne,car elle
n'a de Vertus que par convention ;
mais vivre bien avec les hommes 8c
penserautrement qu'eux,est une chose
quiparoît si belle & si distingée,
que dans bien,des endroirs à Paris,vous
ne passez pour homme d'esprit, qu'autant
qu'on vous croit confirmé dans
cette impieté philosophique.
Je m'étendrais la-dessus d'avantage, si jene prevoyois que dans la fuite de
cette Relation,l'occasion se présentera
:¿'en parler encore;Venons à d'autres
matières.
CHAPITRE I.
il estdifficile dedéfinirla Populace
de Paris, jevais pourtant tâcher de
vous en donner quelque idée.
Imaginez-vcnisuneespéce de Monstre
remüé par uninstinct& composè de
toutes les bonnes &mauvaises qualitez
ensemble, prenez la Fureur & l'Emportement,
la Folie, l'Ingratitude, l'Infolence,
la Trahison &laLâcheté; ajustez
tout cela, si vous le pouvez, avec laCompassion tendre,la.Fidélité, la
Bonté,l'Empressement obligeant
,
la
Reconnoissance& la Bonne foi, la Prudencemême
, en un mot, formés vôtre
Monstre déboutés ces contrarietez-,
voilà le Peuple, voilà ion génie.
Pour en achever le Portrait, il faut
lui supposer encore une nécessïtémachirale,
depasser en un instant du - bon
mouvement au mauvais :Détaillons à
présent ce Caractere.
LePeupleest une portion d'hommes.,
qu'uneégalité deoaifcJlc dans la condition
réunit: Ils se querellent, ils se
battent,se tendent la main, se rendent
service & se desservent : Un mo
ment voit renaître & mourir leur
amitié , ils se raccommodent & se
brouillent, sanss'entendre. Le Peuple
a des fougues desoûmission & de respett
pour le grand Seigneur;& des
faillies de mépris& d'insolence contre
lui: Un denier donné par-dessus son salaire,
vous en attiré un dévouement
sans reserve; ce denier retranché
vous en attire mille outrages : Quand ilestbon, vous en auriez sonsang j
quand il dl: mauvais, il vous ôteroit
tout le votre: Sa malice lui fournit des
moyens de nuire
, que l'hommed'espritn'imagineroir
jamais. Tel est le pathétique
de ses discours
,
qu'il laisse
parmi les plus honnêtes gens, une persuasion
de bien ou de mal qui vous
nuit ou qui vous sert.
Le Peuple à Paris,a tous les vices
qu'il (e reproche dans ses querelles.
Une chose m'a toujours surpris :Deux
femmes s'accusent de mauvaise vie,
citent les lieux & les circonstances:Les
Assistanscroyenttout; la querelle finit
& ne leur a fait aucun tort.
Les femmes entr'elles, ne rougissent
pas de l'opprobre dont elles se chargent
s leur motif de honte est d'avoir
été vaincues en coups ou en injures.
Plus unefemmeala voix vigoureuse
,
& plus celle avec qui elle se
querelle
, a detorr.
r, Plus une querelle a de témoins, plus
elle s'échauffe:Ce n'est plus tant alors
une vraye colere qui anime les Corn'-
battantes, qu'une émulation d'Invectives.
Personne ne carctérise plus éloquemnient
que le Peuple.
On lui infpite aisément de la confiance
; mais quand il la perd,il deshonore.
Toute belle que vous êtes, Madame;
si le hazard vous avoir attiré le
courroux d'une femme du Peuple;
elle vous feroit rougir de vos propres
charmes. L'union des gens mariez parmi
le Peuple
,
est la chose du monde
la plus. divertissante ; vous diriez à les
entendre se parler & se repondre, qu'.
ils ne peuvent se supporter & qu'ils
souffrent de se voir.
Voici la réflexion que je fais là-dessus,
Madame: Un mot plus haut quel'autre
broüille des Epoux honnêtes gens;
pourquoi cela? C'est que leur commerce
cit ordinairement honnête : Cette
oIC
honnêtetécesse-t-elleunmoment.?L'union
s'altère. Les gens maries d'entre « lePeuple, se parlent toujours comme
s'ils s'alloient battre; cela les accoûtume
àunerudesse demanièrequtnefait
pas grand effet, quand elleçff,férir-lite
&qu'il y entre de la colere: Une femme
ne s'allarme pas de s'entendre dire
un bon gros mot,elle y est faite en
tems de paix comme en tems de guerre;
le mari de son coté n'est point surpris
d'une répliquebrutale; les oreilles
n'y trouvent rien d'etrange; le coup
de poing seulement avertit que la Querelleestsérieuse
; &.leur façon de Ce
parler en est toujours si voisine,que ce
coup de poing ne fait pas un grand dérangement.
Sçavez-vous bien, Madame, qu'à
tout prendre, il ya plus de gain dans
cette façon de se traitter,que dans celle
des honnêtesçens.» Je compare l'union de ces derniers à
une Mer calme: Les deux Epoux y voguent
en paix; vien-t-ilun seulcoupde
vent? Il porte l'allarme dans la Barque
&nos Epoux accoûtumez à pne longue
boniq;, ne se remettent cluv
long-tems
aprés
,
de leur frayeur.
- La même comparaiion me servira
pour figurer l'union des gens du Peu- ple. Cette Mer pour enx,etf toûjours agitée
; les Vents & les Eclairs y regnent
sans interruption ; la Barque va Ton
train,sans s'en appercevoir:La Tempête
lui tÍl familiere, la Foudre tombe
quelquefois; mais die est une suite
si naturelle de l'orage, que la Barque
râche de se réparer sans en avoir frémi.
Maniedepolitesse à part, la Mer agitée
me paroît calme.
Je n'aurois jamais fait, si je ne voulois
rien obmettre dans le Portrait du
Il «1 gvTUS du t~saptcH;t~u:tf!u~ patrutim»-»-
vertueux ou vicieux par accident; c'est
un vrai Cameléon qui reçoit toutes les
impressions des objets qui l'environnent.
Là-dessus vous vous imaginez que
le Peupleest méchant; vous avez raifbn,
mais il n'a point une méchanceté
de réflexion ; c'est,pour ainsidire,une
méchanceté d'imitation sur ce que le
Publicpense de ceux qui font donnez
en fpeacIe.
Il exprimerapar exemple des cris de
malédiction contre les gens d'affaires j
non pas qu'il ait conclu qu'ils le métirent,
mais la Voix publique les annonce
haiïlables: Voilà le Peuple irrité
contr'eux.
On alloit un jour faire mourir deux
voleurs de grands chemins; je vis une
foule de Peuple qui les suivoit; je lui
remarquai deux mouvemens qui n'appartiennent
»
je pense, qu'à la populace
de Paris.
Ce Peuple courroit à ce triste Spectacle
avec une avidité curieuse, qui se
joignoit àun 1emimene decompassion
pour ces Malheureux; je vis même une
femme,qui la larme à l'oeil, courroit
tout autant qu'elle pouvoir,pour ne rien
perdred'une exécution dontla pensée
lui moüilloit les yeux de pleurs.
Que pensez-vous de ces deux mouvemens?
Pour moi, je ne les appellerai
ni Dureté ni Pitié.Jeregarde en
cette occasion l'Ame du Peuple, comme
une espece de Machine incapable
desentir. & de penser parelle-même,
& comme esclave de tous les objets
qii la fra pent.
Par ce Systeme , je voi - s clair comme
le jour, la rufon de ces deux mouvemens
contraires : On va faire mourir
eux hommes; l'appareil de leurmort
est fort triste : Voilà la Machine frappée
d'un mouvement assortissant;voilà
le Peuple qui pleure ou qui se contriste
L'exécution de-ces hommes a quelque
chose de singulier : Voilà la Machine
devenue curieuse.
;e gagerois que le Peuple pourroit
en même-temsplaindre un homme
destiné à la mort, avoir du plaisir en le
voyant mourir& lui donner mille
malédi&ions..
Que dirons-nous encore de lui? Il
est de certainsendroits à Paris, Madame
,
où le Peuple est en possession
d'une liberté despotique dansTeD-agage
& souvent dans les Actions : Ily
regne souverainement;il y parle de
tout & n'y craint ferfoniie : Achetez-
vous quelque chose aux Marchez
publics, par exemple; vôtre honneur,
vôtre taille,vôtrevisage y fontà la discretion
,:esM:.ucLmdes:ll faut opter ou
d'êtredupé ou d'êtremaltraitté,dans les
* endroits qu'on pourroit appeller l'Empire
des Amazones: Vousavez autant
xie Juges & deParties, qu'il y a de
femmes> si la colered'uned'entre el.
les veus déclare coupable, c'en est fait;
toutes
toutes les autres vous condamnent sans
consultation & vous exécuttent à la
même heure: Toute la liberté qu'on
vous laisse
,
c'est de vous sauver 6c
vous ressemblez en ce cas à ces Soldats
qui passent par les baguettes en courant.
Je connois un- de mes amis, homme
d'esprit & de bon sens, qui
me disoit un jour, en parlant du genie
du Peuple:Le moyen le plus seur de
connoître ses deffauts & son ridicule,
seroit de familiariser quelque rems
avec lui & de lui chercher Quérelle
après. On a trouvé l'inventionde
se voir le visage par les Miroirs:
Une querelle avec le Peuple seroit la
meilleure invention du mondes,pour se
voir l'Esprit &le Corps ensemble. Une
aimable Fille entendant parler ainsi
mon Ami,nous dit, en badinant : Tous
mes Amans me disent Belle;ma glace
& mon amour propre m'endisent autant;
mais, pour en avoir le coeur net ,
infiniment dans laforme: La vrayepiété
est au dessus de la portée de leur
coeur & de leuresprit.
Une grosse Voix dans un Prédicateur
leur tient lieu d'intelligence j ils ne
comprennent rien à ce qu'il dit, mais il
crie beaucoup & les voilà pénétrez.
Ainsi,jeneconfeillerois à personne,
de compter beaucoup sur la Religion
du plus devot personnage d'entre lç
Peuple: De là vient aussi qu'il est aîlé
d'en corrompre le plus honnête
homme; car,pour l'engager au crime,
il ne s'agit pas de gagner son esprit,
ona bon marché de cette piéce ; il faut
(eulerncnr effacer une impression par
une autre:Celle du céremonial de la
Religion quiles a rendu pieux,s'efface
par l'impression d'une offre qui les chatouille.
Vous m'avoüerezqu'on peut faire
tout ce qu'on veut d'un homme qu'il
ne s'agit que de toucher sensiblement;
l'impression la plus fraîche est toujours
la victorieuse.
Ne vous attendez pas, Madame,
quej'épuise la Matiérelâ-dessus; je
n'en dirai plus qu'un mot.
LÇ Peuple dans les Provinces, reçonnoît
autant de Maîtres, qu'il est de
gens au-dessus de lui.
L'interrêtseulici,faitla vraye dé-pendance
du peuple. Le Cordonnier y va
de pair avec le Duc & le Marquis: Si
l'on ne veut pas qu'if manque de respedt
pources grands Noms, ilfaut acheter
son hommage. L'argent est le
seul Titre de grandeur qu'ilrévère : Lç
Peuple est comme un gros Mâtin; le
Mâtinaboye aprés tout ce qui passe j
jettez-lui un morceau de pain, il vous
carresse.
Ainsi
,
Madame, si vous venez ja.,
mais à Paris; en cas que vous yez
affaire ail Peuple,prenez avec luy des
mesures qui mettent vos charmesàl'abry
de lacorrection.
JOURNAL DE PARIS.': MArdi
15 Juillet, le sieurGautier
Docteur en Medecine de l'Universitéde
Nantes, sur présentéà SON"
ALTESSE ROYALE, par Mr le Conu
deTouloufe & parMrle Maréchal d'Estrées
: Il rendit compte à S.A. R. des
Expériences qu'il a faites durant trois
mois, au Port de l'Orient, pardon ordre
& par celui du Conseil de Marine
, de l'Eau de Mer renduë, potable
& dégagée de tout Sel volatile.S.A.R.
en fut très satisfaite & fit voir sa pénétration,
en dessinant sur le champ
Ja Machine, sur le seulrécit du (îeuï
Gautier qu'il chargea de lui en faire
un Modèle de carton. La Machine
est très simple & a une parfaite imitation
de la Nature;elle n'est point embaçassante
,
donne à peu de frais quan-
- tité d'eau, aussi bonne & aussi salutaire
que celle de Fontaine & même plus
fraîche, comme il paroît par les Procès
verbaux des Gens qui en ont bû
durant deux mois. Comme c'est une
des plus utiles, & des plus bellesDécouvertes
quiait été mise au jour
depuis plusieurssiécles
, je commen-
-
cerai le Journal de Paris par les Procés
verbaux des Expériences qui en
ont été faites sur les Lieux. Je continuërai
par la suite à informer le Public
de tout ce qui viendra à ma connoissance
,
touchant cette nouvelle
Découverte.
EXTRAIT DU REGISTRE
Des Procez Verbaux,tenu au Contrôle
de la Marine, au Port de l'Orient.
Nous, Medecin du Roy, Chirurgien
Major dr, uépoticaire de la. Marine de
ce Port,Certifions que le premier de ce
mois , nous noussommes transportez, par
ordre de Messieurs deBeauregard Commandant
la Marine en ce Port, & de
Clairerabault CommissaireGeneral,
Ordonnateur de la Marine en ce Fort.
à Bord du Vaisseau du Roy le Triton,
poury examiner l'Eau dusieur Gautier
MedtCtn; & que sur le lieu,nous avons
fait mettre devant nous de Eau de Mer
dans la Cucurbitte desa Machine, pour
ê/1 tre é"chhau,fnfé:/e & é"llevée en vapeurs ,
par le moyendun Tambour placéau def*
fus de l'Eau, qui dans son fein, contenoit
un feu de bois c!J' de charbon*, f!;.
que par le Robinet de la Citerne de la
Machineynous en avonsvu couler ont
Eau claire dont nous avons emporté
environsix pots; furîaquelle nous avons
* fait des Epreuves avec la Noix de
Galley le Sucre de Saturne
,
rO^alle?
le Sel de Tartre, le SublimeCorrosîf,
VEfprit de Coclearia &le Vinaigre distillé:
Jjïtfenmême-tems nous avons fait
pareilles Epreuvessur la meilleure Eau
de Fontaine du Pais, (y que dans la confrontation
que nous avons faite de l'une
& de l'Autre Eau, nous nj avons trouvénulle
differeme, exceptéque celle du
fleur Gautier tire plus fortement la
Teinture: Que nous avons pefépareille
quantité de ces deux Eaux & les
Avons trouvées de mêmepoids:Que nous
avons dcffcchépareille quantité de ces
deux Eaux, & qu'aufond du faiffean
il est resté un peu de Sel Nitreux de
pareil goût, a l'exception pourtant que
l'Eau de Fontaine en alaijféplu:grosse
quantité, & quele Selde l'Eau dufettr
Gautier étolt plusgris que celui de tEa"
de Fontaine. Nous avons goûté (fr bu
plujîeurs fois de cette Eauque nous trouvons
absolument dépeu; lée de Sel Marin
& qu'elle est en tout, semblable
* llEau de FontAine; a l'exception que
dans celle dusieur Gautier, nousy avons
remarquéunpetitgoût Etranger,que/»
sieur Gautier nous a dit provtnir de lé
Rijine qu'il a été obligé d'employer
, jour fonder lePlomb desa Machine,
ce qui peut-ctre veritable; puisque 11011S
avons remarqué dans [on Eau quelques
petits Corpujcules Argentins qmfurnageoient
sur fin Eau, qu'il dit auJliprovenir
de lu Réjine: ^tCétant a bord
du Vaisseau le Triton, nous en avons
vu boire aux Gardiens de ce VAisseau
& auxJournaliers qui tournent le Tambour
de la Machine
, qui nous ont asTuré
que dépuis que CEau couloit
,
ils nen
buvoient point d'autre & navoient
réjfenty aucunes altérations, ni incommodttez,.
Fait à l'Orient le septiéme
Juin 1717- figné de Villartay, Jarnouen
3
Dufay & Cordier.
PROCEZ VERBAL DE L'EAU DE MER renduë potable. ,
MouSyOjficiersdeMarine C- du pDrt,
foujfignez,, Certifions qu'en confequencf
des Lettres écrittes de Paris par le Conseil
de Marine,a M1, de Bauregard
Capitaine de Vatjftanx du Roy, Commandant
la Marine au Département du
Port-LÓüis & l'Orient & a Mr Clatrembault
Commissaire Général, Ordonnateur
de la Mariné du 30. Décembre
1716-qui permettent anfieurGaatier
Medecin de Nantes, de (!Ír en
ce port l'epreuve qu'il a propojïeaS.
A.R. Mgr. le Duc d'Orléans, Regent
du Royaume or au (fonfd de
Aferme,du fcret qu'il a trouvé pour
rendre l'Eaude la Mer potable; le fleur
Gautier auroit établisa Machine .l bord
du Faijfeau de S. M. nommé le Triton
, où nous étant transportés pour être
frefients à l'épreuve & voir agir cette
-Machine, afin d'en faire un Jidele raport
; nous aurions observé ce quifuit,
S ç A VOI R.
Cette Machine occupe l'espaced'environ
8. TonneAux, dont il yen a i.
A diminuer pour le suide laiJTéparle
bas, pour ne pas toucher au Cesi.
Le 10. Mayxfvj. Le sieur Gautier
A allumé lefeu dans le Réchaud de cette
Afaf.hine\Hefl provenu pendant 14. heures,
depuis tnidy ;ufqu'.l pareille heure
iljwlendemain, 9Pieds Cubes d'Eau drne.-
ce,faisans àraisondej6 pintes que contient
la mesure du pied cube, la quart - tité de;14.pmtes, ou une Bar-ique
& 41, Pots: Ila étéconsommé en
tette Opération ttn pied Cube de charbcn
de Terre & -i. pied Cube de charbon
de Bois mêlez, ensemble ; G" nous avons
remarqué que la Machine prévoitvent
par plufsurs endroits, sans quoi la dlfiliationeût
héplusfortej (ce qui narriverait
pas à l'avenir )j le feur Gautier
nous ayant fatconnoitrequil éta- tles Machines sans fonder le
Plomb: Ce fera une épargne cr les
Jlfachwcs ne J'auraient prendre vent.
Le 22.. duditmois, le feuétantralumé
dans la Machine, il cil provenu
fendant 12. heures; dépuis7.heures du
matininfqu'apareille heure du foir
,
4. pieds Cubes d Eau douce
,
fvfins
144. piites ou une demieBarrique cj-
11. Pots. Ila étéconfamine"encetteOpération
un seix:éme de Corde de gros-
Bots.
Le ly le feuaétérallumé pour faire
de nouvelle Eau,dont on s'est servi
pour cuire des Viandes
,
Boe!J, Mouton
& Lard, dis Fèves C- poids qui
ont aussi été très bien cuits, en moins
de deux heures
, avec un feu médiocre.
Le 16. on apeséde cette Eauavec
un Pee.liqueurs; elles'efî trouvée
d'égal poids que celle de la meilleure
Fontaine de ce port.
Le 18. on a Boullangtun pain pétri
de cette Eau Cr un autre pair. de celle
dont on se fert ici ordinairement ;
les deux d'une même Farine, avec égal
levain & les Eaux CIJ.zufffes à pareil
degré: Lepain de lEau artificielle s"cft
trouvé aujJi bon or mnme un peu plus
frais c-léger que l'autre.
Cette Eau naaucungout de fcl elle
eji parfaitement bonne
,
étantreposee
du matin au foir ; elle ejime:l1:::','e
(y plusfraîcheque celle des Fontaines,
Nousavons remarquéqu'elledevient
mei lIlleure dde jo.ur,.1autre 1 , rj- que fias
la Af:?cI}:¡:>e travaille
,
fins elle perd
le pett1de rérne quelle centra
tc:idela ::-.'(';'¡ê au Plomb de manière
quil ne lui, ,(re à present
, amant
que rois m pouvons juger, que le seul
o.fûtd'Eau de plltre : Les Gardiens des
troeijfsai;xcries Gens qui travaillent
a sa di(rtl¡.itlú;:
, nous ont assuré n'avoir
pris d'aurre;boissons que cette
Eau,pendantplusd'unmois, mêmefort
souvent à jeun*sansavoir resenty .1/1-
cune incommodité ; qu'aucontra.rreils
1 la trouvotent Ícnne, ffra"îchecffarmé :
Ce qui a engagé plusieurs personnes de
confédération à en faire emplirçr emporter
detcruches dans leurs maisons,
pour en boire & s'en servir à différent
usages.
EVALUATION
DUCHARBONET DU BOIS,
Qui ont été consommés pour les deux
épreuves ci-dessus, par laquelle on
connoit à peu près ce que peut couter
la Barrique d'Eau distillée par
le Charbon, & celle distillée par
le Bois.
Il entre 10 pieds Cubes de Charbon
de Terre ou de Bois, dans la Barrique.
La Barrique de Charbon de Terre
coûte à prtfent ici au Roy 10 livres; ainji,
le pied Cube qu'on en a confommépour la
-
aUfiltlltion)les 24 heures fuf.
dites,"CVlent a 10fols
, cy. 1
1. 0 f. 0 d
La Barrique de Charbon de bois coûte
jo fols*, ainjile JZ- pied cubeconJômmi
: pour mêler avec le Charbon de Terre ci9-dessus,revient a*un fol(îx deniers.. 0 if. 6,à.
- Suivant cette Depense : Ladite
Epreuve ayantproduit324 "pintes d'eau
douce,la Barriqued'eau pourroit coûter
ICi a préfent/tantditfille'ey~deCharbboonnddeeTTrerrcrce&
S.!-.jddeeCChhaarrbboonn de Bo;is
environ quinzefolson^e deniers.
eJ 15s.11d.
La Cordede bois a brûlerde 8 pieds
delong,4piedsde haut,& les bûches
lui la Campofe«nt ayant 2.-
.1 chacune 1.
pieds,fde longueur, coûte ici àprefent
au Roy
5 livres dixfols. Il en a eftzconsommépour
la diflillarion pendantles 12.
heuressusdites
, unfsixtéme de Corde.
fui revient a jix fols six deniers.
cy 6s.6d.
Ces deux différentes épreuves nous
fontconnoître que l'Eau distillée par
-
le Bois, coureroit moinsque celle distilléeparleCharbon
;mais le Bois envolumeroit,&
embarasseroit d'avantage
un Navire que le Charbon. Nous
remarquons que le feu de Bois ne produit
pas autant d'Eau que celui de
Charbon, ilest à présumer que si la
soudure
soudure du Plomb de la Machine ut
été uai faite, elle n'ût pas pris vent
& elle eut donné beaucoup, plus d'Eau
douce;ce qui en auroit diminué le prix.
Le sieur Gautier nous a même affirmé
que par la Réfaction d'une autre pareille
Machine pas plus grande ny plus -
embarassante, il fourniroit la quantité
d'Eaunécessaire par jour, à un Equipage
de plus de 400 hommes. En foy
de quoy nous avons figné la présente
à l'Orient, leonzième Juin 1717. signé,
de Beauregard
,
Clairembault.
CollationnéChunland de Boisdison,pour
A4- le Controlleur.
- Le 23 Juillet, on fit en Sorbonne
l'Ouverture des Théses appellées
Sorboniques. M. l'Abbé Parquet
Prieur de la Maison, prononça sur
la nécessité & sur l'utilité de lire les
Peres de l'Eglise
, un Discours éloquent
, &récita une Ode à la loüange
de Mgr le Régent.
Le Pere Macé Cordelier, répondit
& démontra par un autre Discours qui
fut applaudi, l'importance de lire l'Ecriture
Sainte, comme la Source pure
& originale,où les Peres de l'Eglise
avoient puisé : Il finit par une Piécede
Vers de très bon gour.I/Aflcm» -- blée futnombreuse: M. le Cardinal de
- Noailles & plusieurs Prélats s'y trou-
1 vérent
- Le 24, M. le Marquis dePracontal
Capitaine au Régiment Royal des
Cuiramers, fils du Marquis de Pracontal
Lieutenant Général des Armées
du Roy, préta Serment entre
les mains du Roy, pour la Charge de
Lieutenant de S. M.en laProvince
dç, Nivernois
, vIcante par la mort
du Comte deBusseauxson Oncle.
Le 2ç de Juillet, le Roy accompagné
de Mgr le Duc du Maine, de M.
1g Maréchal de Villeroy, de Mr l'Eveque
de Frejus, de M. le Prince
Charles & de sa Cour ordinaire , partit du Palais des Tuilleries sur les
4beuzes & demie du soir, pour aller
fc promener a Bercy qui est a une pe-
- tite lieuë de Paris, Il alla descendre
dans la Maison de M. Pajotd'Onzeen-
Bray, laquelle, quoique médiocrement
grande, dl: cependanttrés
bienentenduëelle est surtoutdécorée
d'un Cabinet, où le Maître de la
Maison a rassembléavec beaucoup de
dépense & de curiosité tous les nlgdéles
de Machines,qui sont comme
autant de Chefs-d'oeuvre de la Méchanique.
Ces Raretés sont placées en
différentes Armoires, dont la disposittiioonn
iinn-t,éérriieeluirree sseecchhanangegedd'u'unnmmooiimieernltt
a l'autre,pardes reforts sécrets qu'a inventélefameux
PereSebastien Carme
dela Place Maubert, qui a travaillé
depuis plus de 20 ans à perfectionner
ce Cabinet destiné après la mort du
Possesseur, à l'Académie des Sciences.
S. M. se promena d'aborddans le Jardin,
où on fit joüer les Eaux qui sont
trés belles. Elle vit ensuite la Ménagerie
composée d'animaux rares;
aprés riuoy elle moura aux Appartemens
: Pendantice tems là on fit rafraîchir
ses Gardes, ses Pages 5c les.
Suissesdesa Garde. M. Pa jot montra
àS. M. un excellent Miroir ardent,
estimé 25000 IiVles;qui difïbut toutes
fortesdeMétaux. Le Roy ût le
plaisir de voir fondre un Louis d'or
& plusieurs Morceaux d'acier: Il
voulut voir le Laboratoire, suivi de
toutesaCour. S M. fit attention à ce
qu'il y avoirde plus curieux. Le Roy
descendit de là dans le Jardin & se
promena sur la Terrasse : Pendant qu'-
il faisoit Collation, on tira un OF&\!
d'Artifice qui avoit été préparé fui:
l'Eau. A huit heures, le Roy retourna
au Louvre, fort content de sa Promenade.
Le mêmejour, on chanta le Te
J!Jeum
, pour le rétablissement de la
santé de MADAME, dans l'Eglise
des Quinze-Vingts. Elle continue de
venir de Saint Cloud à Paris, une fois
la semaine. Cette Princesse dîna hier
au Palais Royal, comptant d"assistes:
à la representation de la Tragédie
d'Heraclius
, que les Comédiens
François devoient jouer sur le Théâtre
de l'Opera. Madame étoitdéjà danS"
sa Loge, lorsque le sieur Guerin qui
éroit habillé & prêta paroîtresur la
Scène, tomba enApoplexie dans les
Coulisses : Il fut emporté aussitôt chez
.lui, Il est le pl1 ancien Comédien de
la Troupe. Il avoit été Camarade de
Moliére dont ilavoit épousé la Veuve.
Il excelloit dans les Rôles de vieillard,
surtout pour le Comique;&. on
l'écoutoir avec satisfaction (Lns le
Tragique, où il faisoit le Rôle de
Confident. Il lui sera plus facile qu'à
un autre;d'êtrefidéleàla parole qu'il
te donnée,de ne plus monter sur leThéarte;
car, il a 82 ans & deplus son
Apopléxie s'est tournéeenParalisie
sur la langue. CetAccident imprévu
étonna si fort les Acteurs, qu'ilsaimérent
mieux rendrel'argent, que de relu
presenter cette Piéce.
Le 25 aprèsmidi, il se tint une longue
Conférence chez M. le Chancelier,
entre les neuf Commissaires nommés
pour l'arrangement des Finances.
Oh continuë d'examiner avec beaucoup
d'attention tous les Mémoires
qtii ont été présentésà ce dessein. La
principale application de ces Messieurs
,
est de pouvoir accorder les
interrêtsdu Roy avec ceux du Public.
Les Promenades du Cours pendant
la nuit, sont plus fréquentes que
jamais, àcause des chaleurs excessiveSoonr
on est incommodé pen dant
la journée:On y reste jusqu'au jour.
CesAuembicesnoècnrnes donnent
lieu à beaucoup de petites Historiettes
quisedébitent le lendemain & que
chacun charge,à sa f-intaifie,dequelque'
Circonstance maligne.• Il ya dans le menu Pcdp'e de Paris,
une fréce- de Badaux q'ii ne" man.
quent aucune des Executions qui le.
sont ici. Ilsont û plein contentement
cette semaine; car,ily en a û beaucoup
: Je n'en parlerois point dans ce
Journal
,
sans la particularité d'un
Maure,qui s'étant amusé à voler un Conseiller du grand Conseil, le 22
du passé sur les9 heures du foir
,
fut
reconnu le lendemain avec le Chapeau
de celui qu'il avoit attaqué. A cette
marque, il fut arrêté & conduit en
Prison. Comme il n'étoitd'aucune
Religion, on lecatéchisa la veille de
son Jugement ; il fut batifé le Samedymatin
vingr-quarre & rompu visà
sept heures du soir, à cause de l'énormité
de ses Crimes. Il a déclaré
22 de ses Complices Voleurs de nuit,
dont p lusieursont été arrêtés.
M. de Harlai de Beaumont Conseiller
d'Etat Ordinaire, dont nous.,
avons annoncé la more dans le Mercure
de Juillet,a fait unTestament,
par lequel il laiflfc les Mémoires 84
les Papiers qu'il avoit assemblés touchant
la Charge d'Avocat General
,
à
M. Chauvelin de Grifenois qui occupe
cette Place; & au cas que ce derniervint
à décéder (anserians
>
il légue
tous ses Manuscrits à la Biblioteque
des Peres de Sainte Geneviève
,
qui a été fort augmentée par celle de
feuM.l'Archevêque deReims.
M. d'Armenonvillea û le.Bureau
de M. de Harlai ,eli montant à l'ordinaire
: Il devient par là le 4e Conseiller
d'Etat par son ancienneté d'Intendant
des Finances.
Le29 ,
MgrleDuc d'Orléans voulant
éviter les importunités des sollicitations
qu'on lui fait,aussi-tôt qu'une
Place est vaquante dans le Conseil
d'Etat;ajugé à propos de donner une
Expectative à celui des Maîtres des
Réquêtes Intendants, selon le rang de
sa Réception : Comme M. de Bernage
s'est trouvé plus ancien que M. Ferrand,
il a obtenu par cette Loy l'Expvectataive,
poqur laupremeière Prlaceaqui. Le 30,on fut informé à laCour que le
Pape tint Consistoire le Il Juillet.Le
Saint Pere s'étendit fort sur les grandes
Qualités de M. l'Abbé Alberoni; -
il fit valoir surtout,les services qu'il
a rendu au Saint Siège; après quoi,
il le déclara Cardinal, & en réserva un
autre in Petto. Par cette Promotion
on juge que toutes les Affaires «£jpagne
font ajustées avec la cour de Rome.
- On écrit d'Espagne
, que ce .l¡':
- veau Cardinal n'a en vue que le bien
IIC l'Etat. Toutes les Affaires roulent
présentement sur lui & lui sontpresquetoutesrenvoyées
: C'est par tes'
soins que la Flotte d'Espagne composeé
de seize Vaisseaux de Guerre, de si.
Galéres & 36 Vaisseaux de transport,
a été équipée. Il y avoit longtems
que cette Couronne n'avoit été
enSituation d'assembler nca.Fltte.Ù.
nombreuse.Malgréla dépensequ'il -
a fallu faire pour un pareil Armement,
ce Ministre a déclaré qu'il avoit
JbOOOG Pistoles enréserve
,
destinées,
pour l'Expédition qu'il se proposoit
Il a fait nommer' M. Ledes Général
del'Armement de Mer. Les Troupes
feront commandées par3 Lieutenans
Généraux
, 6 Maréchaux de camp &
autant deBrigadiers.M. le Marquis dé
Patignes qui est bien fourni d'argent,
a été choisi pour Intendant des Troupesde
cetArmement.Il y a sur cetteEscadredouze
Bataillons(dont deux sont *
de GardesVvalones) 50 Compagnies Grenadiers50o Dragons, qui
font 10 à 11 mille hommes de débarquement;
un Train d'Artillerie de40
piéces de Canon & toutes fortes de
Munitions de Guerre & de bouche
pour une longue Expédition, Cette
Flotte a été vue à la hauteur deMarseille
& de Toulon, faisant voile vers
l'Italie,sans qu'onsçache encore sa
destination.
-
LISTEDESVAISSEAVX
jirmez, a Cadix.
L - E Prince des Asturies, autrefois
le Cumberland de. 70 Canons.
Le Sain•t P.hilip6pe &0le Saint Charte - Canons.
-La Sainte Elisabeth..•..60. *
Le Saint Louis60.
.Le Saint Feudinand .6o.
Le Saint Pierre
'-
60.
Le Saint Rosaire.60.
,Le Royal 60..
La Perle48. LeVolant46.
La Smprife44.
La Junon. 36.
A Brulots, le Saint Philippe &Castille.
Le Saint Salvador & l'Hercule, dont
le premiersertde Magazin & l'autre
-
d'Hôpital
M. le Matéchal deTallard, à qm
Mgr le Duc d'Orleans avoit donné
une Place dans leConseil de Régence,
y vint prendre Séance le 31.
Le 1 Août, Mr le Prince de Conty
n'a point paru au Conseil de Régence
ayant perdu la nuit du 31 Juillet son fils , unique leComte de la Marché,
âge de 1 ans &4 mois, étant né lea.
8-Mars1715.
Le même jour on folemnifa à
la Mercy,la
-
Fête de Nôtre-Dame
de ce Nom. M. le Comte de
Ribeira Ambassadeur de Portugal,
rendit le Pain Benî qui sur pré(c:ni'é
par son Aumônier en Rochet&en
Manteau. Les Timbales; les Tronlpettes
& Haut-bois précédoient plusieurs
Pains-Benîts portés par des gensde
sa livrée. Cette Cérémonie fut
magnifique.
L'aprés midi, ensuite du Sermen du
Pere Candide Chalippe Récoler, la
Procession se mit en marche. Plusieurs
Esclavesretirez depuis peu d'Alger Si.
de Maroc,avec quantité de jeunes ensans
en habits d'Anges
, tenans à là
main des Banderoles aux armes de
M. rAmbaftadcur, attirèrentl'attefrtion
du Publique & surtout celle de
Madame la Duchesse de Ventadour,
qui étoit avec Madame la Princesse deRohanû autres Péronés
de Distinttion,
sur
les Balcons de PHô^
telde Soubize.
Le même jour, on trouva assassine
unnomméGermain,Officier reçu en
survivance dans la petite Ecurie:
Quelque recherche qu'onaitfaite, on
n'a pu en découvrir les Assassins.
Le 2, quoiqu'ilûtété établi quel'on
-
ne--poneroÍt point le Deüil des Princes
du Sang, que lorsqu'ils moureroient
au-dessus de 7 ans; la Cour n'a point u-uegaf a. cette rege, l'ayant pris
pour la mort du Comte de la Marche.
Le 3 ,
Madame d'Aligre Religieuse
BenedictinedelaVille-l'Evèque,a éténommée
Coadjutrice de Madame Ci
: Grande Tante qui est Abbesse de la
petite Abbaye de Saint Ciro
- : Le 4 ,on fçut que M.le Marquis
d'AlincourVilleroy, étant tout aurait
rétabli de son indisposition
;
partit le
za de Juillet de Vienne, pour Ce ren-
- dre au Camp des Impériaux fous Bel-
«
grade.
Le 5 j-on representa sur Le Théâtre
du Palais Royal la Tragédie d'Heraclius
que les Comédiens n'avoient
pointjouée le Jeudi précédent, à cause
de l'accident arrivé ausieur Guerirt
qui seporte beaucoup mieux. MAdame
all la bonté d'envoyer tous
les jours savoir de ses nouvelles.
Le 7. le Roy a donné à M. le Duc
d'Albret Pair & Grand Chambelan de
France ,
la Charge de Gouverneur
& Lieutenant Generald'Auvergne, par la démilîîon de M. le Duc de Bouil-
Ion son Pere, du 7. Aoust 1717.
Iaem -
,
le Gouvernement particulier
de la Ville de Cusser dans ladite
Province, par lamêmedémission du
7. Aoust 1717.
Idem -
, un Brevet de retenue sur
la Charge deGouverneur d'Auvergne*
de la somme de 30000 livres,
eu-saveur de M. le Duc d'Albret.
Un Brevet d'assûrancedesdires
Charges, en faveur deM.le Duc de
Boüillon, en cas de prédéccds de M.
LeDuc d'Albret.
Unecommission à M. le Duc de
Boiiillon, pour commander sa vie durant
& faire les fonctionsdesdites
Charges, -Dollobfiam sa démission.
,
Le
Lé-e-cy a ete un peu IncOtnlY. lé ;
maisil se porte mieux: Il a fO_lp
aujourd'huy chez Madame la Duchesse
de Ventadour.
'Le-f.- S. A. R. Mgr le Regent, alla
présider pour la premicre fois au Conseil
du Dédans du Royaume: Il entendit
pendant 4 heures ~enfes,avec une 1 martention toujours égalle -% le raport
d'une Affaire importante qui lui fut
fait parM.TAbbéMaingay.Ce Prince
y donna despreuves de sa pénétration
ordinaire & de la facilité qu'il a
pour le maniement des plus grandes.
Affaires. Il en forcit aussi satisfait de
l'application que l'on donne dans ce
Conseil, à rendre la Justice aux Sujets
duRoy,que de l'habileté duRaportéur.
w Le peu de Logement qu'il y
avoit dans l'enceinte dit- Palais des
Tuilleries
,
avoit fait jusqu'à présent
demeurer les Pages & le Manège à
Versailles : Comme on a bâti depuis
peu des Logemons& des Ecuries ,on
>
a fait venir iti tousles Equipagesqui
étoient resté à la Grande & à la Petite
Ecurie. On a allHi rétabli & approprié
l'ancien Caroufel.
Le9, M. de RocheplatteMajor
des Gardes de Mer le Duc d'Orfeans,
ut l'honneurde monter dans leCarosse
deS. A. R. qui lui permit d'user du
droit qu'il en avoit. -
-
Le 10, M.le Comte de Srairs, après
plusieurscontestarions, a enfin,cematin,
présenté sa Lettre de créance au
Roy & a pn? Qualité.
On fut fort allarmé à la Cour, d<;' lachutteque le Royfit de son Litle
soir, enjouant avec M. le Prince de
Bouillon; mais hûteusementsil tomba
légèrement sur les mains & ne
sentit de mal qu'au petit doigt, dont
la douleur passa promptement. Mr Maréchal
Chirurgien de S. M. le vifira
depuis les pieds jusqu'àlatête3 sansappercevoir
aucun autre mal.
Le 1, M.le Comtede Ribeira Arnv
bassadeur Extraordinaire de Portugal,
ût Audiance particulière du Roy, dans
laquelle il fit part àS.M.de laNaissance
d'un 3-infint dont laReine de Portugal
accoucha le i du moi?paue. Il donna
une grande Fête pour célébrer la Naifsance
de ce Prince. Sa Maison connue
fous se nom de l'Hôtel de Breronvilliers,
à la Pointe de l'Isle Saint
Louis ,.¿roit tonte illuminée de Cir
blanche.
-
Ontiraunfeu d'Artificeavantre Bal,
pendant lequel on distribua avec profusion
aux Masques, toutes fortes de
rafraichissemen. On dansait dans une
Gallerie qui donne sur la Rivière &
ddetl.>laaissî.tuationest la plus,charmante
Cette Fête aussi galante que
fomptue-ufc«--a répondu parfaitement
àla haute opinion que cet Ambassadeur
a donnée de sa Magnificence en
plusieurs occasions. v Le H. S. M. soupa dans le Pavillonque
l'on a élevé au milieu des Tuilleries,
à la place du Bosquét que l'on
appellent le Théâtre. Le Roy a quitté
le Deüil qu'il avait pris pour M. le
Comte de la Marche. Mgr le Duc
d'Orléanscontinue à leporter de l'E-,
leéhiceDoüairiere de Saxe.
MA dAme vintà Paris&assista
pouraeuxiéme sois à la Représenration
d'Heraclius. Elle ût la satisfaction
en arrivant, de faire ses complimens
i Mgr le Duc de Chirtra qui
étôitentré le4 de ce mois, dans sa lSC
année. Ce Princeétoic allé le matin
prend re Séance au Parlement., ians ,
aiicuin-Cortége.Lessix Gentils-Hom-t
aw.î fortis' depuis peu de Vincennes &
de la Battille, voumns réparer la faute
qu'ils avoient commise
, en ne reaondi-
lisant pas Mr le Duc de Chartres
, le joui qu'il obtint leur grace, se
trouvèrent à la defeente de son carosse,
le conduisent à la Grand'Charrive,
&ne le quittèrentquelorfqu'ilfuyleretour
au Palais Royal & qlfutrentré
dans son Cabinet.Je reviens aux honneurs
que leParlercét rendit à cePrince.
14s Huissiers de la Grand'Chambre
vinrent au devant de lui, juiqu'à
la Porte, de la Grande Salle.
LorfqiMl ût traversé le Parquet & pris
sa Place, M. le Premier Présïdent lui
adressa un Comrlirnemfortéloquent,
dans lequeLen faisant l'éloge de Mgr
le Duc d'Orléans, il y joignit aussi
celui de Mgr le Duc de Chartres. IL
fit surtout sentir qu'on avoittout lieu
d'espérer que ce jeune Prince se conformeroit
aux exemples que lui- donnoir
S. A R. :Mgr le Duc de Chartres
pondit à ce Compliment avec autant
de modestie & de justesse dansses termes
, que de dignité & d)assûrancè
dans la manière de les prononcer. Il
donna ensuite Ton avis dans l'affaire
^ui fut jugée à la petite Audianee, i'/t..
vocat qui plaida a la GrandChambrc,
fie un élogetrès convenable de Mr le
le Duc de Chartres, qui en sortant,
fut reconduir par les Huissiers jtifqu'à
la Porte de. la Sainte Chapelle. Il revint
ensuite au Palais Royal recevoir
des complimens qu'ilavoit si bien mérité.
Il étoit à cette Cérémonie vécu
de Deuil, avec beaucoup de Pierreries
sur son Habit. On étoir si peu inforfné
dans Paris du jour que ce Prince prenr
droit Séancé au Parlement. qu'il ne
s'y trouva que trois Ducs)quiéwient
M. l'Evêque de Beauvais, M. le Duc
d'Antirt &1.le Duc deVillars Brancas.
Les Commissàires nommés pour examiner
les Projets jwop,[ée) pour t
nouvel arrangement des Finances, y
travaillent avec beaucoup d'ailiduiré
& de diligence. Msi le Duc d'Orléans
a si fort à coeur que ce nouveau
Sistéme ait son effet,qu'il trouva bon
qu'il n'y ut point Samedy dernier, de
Gonfeil de Rtgence; mais
, on erf
tint un extraordinaire, Mardy
': our
examiner le travail deces Méssieurs,
qui en ont rendu compre, encore
plus particulièrement dans les Afeiiiblées
tenues au Palais Royal, le;
ii auloir, ce marin, & l'apres-micir.
On n'a presque'* plus d'attention qu'à
cere affaire qui suspend toutes les
aut.es.
Le 13,M5 le Prince de Conty est
venu ce matin, annoncer au Roy,que
Madamc'aPrincesse de Conty étoit
accouchée hui'eusement d'un Prince.
On a porté aujourd'huy à la Grand'
Chambre, laLettre de Cachet ordinaire
, pour ordonner au Parlement
de (e rendre en l'Eglise de Notie-
Dame; afin d'assîsterà la Procession
qui se fait le jour de l'Assomption
,
pour Tacccmpliflement du Voeu de
Louis XIII. Le Roy ajoute dans
cette Lettre,qu'il veut que le Duc
d'Orleans. y recoive les memes
Honneurs que l'on rendroit à S.
M.
Mgr \P. Duc Régenttravaille très fou-*
vent avec M. le Duc de la Force &
:M.Pelletier des Forts,à la révision des
Taxes, afind'accélérer cetre affaire.
l'Qtlr y parvenir,onaétéforcé de mettre
Garnison chez plusieurs des Taxés.
S. A. R. a cependant û la bonré d'envovei
à M. le Premier Piéfident, le
Rondes Conseillers au Parlement qui
l'oat été , afin de les engager à
satisfaire promptementi leur Impofidon;
faute de quoi, onfesoitobligé
de les y contraindre. Il a auemble chez
lui les Doyens.& feas-Doyens de
chaque Chambre
, pour prendre des
mefures«qui puissent contenterMgr le"
DucRégent, s On aparléen mèmtftetns de la Contestation
qui s'est élévée nrrelaGranci'
^Chambre & les Enquêtes, au (iijét
des CornmifTûres Que l'on nomme
pourexaminerles Edits qui font èrvvoyés
au Parlement. Les Conseillers
des Chambres des Enquêtes prétendans
qu'une partie des Commissaires
sommes, doit cire choisie parmi
eux. ..- Le 15 ,
jour de l'Aflomprion de la
Vierge,leRoyseconfessaàM.TAbbe
Fleury (on Confesseur
,
avec tout le
recueillement imaginable & donna
des marques d'une Piété exemplaire,
pendant toute la Cérémonie.
La Procefionel'Eglifc de NAtte.
Dame qui Ce fait tous les ans à pareil -
jour, au tour de la Cité, en exécution
du Voeude Louis XIII,sefit avec
beaueoupdePompe& de Solenmk4.
M5llc Duc Regent s'éranc rendu rat-!dq
4 heureux l'Eglise Métropolitaine
J
II
y trouva tes Gardes du Roy cjuioccu^
paient le Choeur,rangez en haye, le
Mousqueton sur l'épaule, Les Cent-
Suisses du Roy étoient dans la Nef.&: ferairent
en marche avec la Proceffian.
-
S. A. R. marchoit immédiatemène
après M.le Cardiriâl ,
précédé d'un
Officier des Cent - Suisses du Roy &
suivi de l:ossî.Cier des Gardesdu Corps:
Ce Prince avoir à sa droire M. )'E.vêqtie
de Vannes ion premier Aumônier,
M.l'AbbéMalet, M.l'AbbéduRo-
-der (es Aumôniersen Rocher; M.l'Abté
Pajot Maîtrede laChapelle de la
Musique à sa gauche. Enfuire; ,etoir
le Parlement en Robes Rouges-, la-
Chambre des Coirpres-, là Cour des
Aydes &&lalaVViillllee..I*ly ûr un concours y ~ût concoursde
Peuple infini,attiré par la présence
de MgrleDac d'Orléans.
Le 16
y
Madame la DnchefTe der
Berry
,
qui étoir venue de la Mente,
entendre les Office? aux Carmelitesj
lejour de la Fête ; tint Tonlecre-au
au Palaisjdu Luxembourg, où se troument
Mesdames les Duchesses de
Saine Simon, de Villars, ses Darnes.
du Palais, plusieurs Ducs,Grands Seigneurs
, Marquis & presque tous les
Ambassadeurs & Envoyez. Le 17, elle
alla à la premiere Répresentation de
l'OpéradeVenus&d'Adonis ,qui est
goû"tLé,;&ddelà11,e1lle1re.tournaal1aMeuteg.
Le même jour, on tint à l'Hôtel
de Ville l'Assemblée ordinaire, pour
l'Electionde deux nouveaux Echevins.
.M Trudaine Prévôt des Marcharids
ouvrit la Séance par un Discours,
dans lequel il fit l'Eloge du Roy ,
de
Mgr le Régent & de M. Bignon CQn
Prédécesseur.Ensuite, les deux anciens
Echevins sortans) firent chacun
unDiscours de remercîmens àMrsde la
Ville; après quoi, M, le Procureur du
Roy fit un discours sur les avantages
.de l'honneur de la Charge de Prévôt
desMarchands&d'Eschevin. Il passa.
ensuite
,
à l'Eloge du Roy, de Msr le
Duc d'Orléans &deM. Bignon; après
quoi, on procéda à l'Election en la
maniéréaccoutumée, par le Scrutin:
Celui qui le portait, était M Nicolaï
le fils, Conseiller au Parlement & re- -
cu en survivance de la Chargede Premier
Préfixent de la Chambre des
ComptesjParmilesperforons
qui votèrent pourl'Election
,
se trou- vérentM.Daguesseau de Valjoint frere
de M. le Chancelier, M. de LlUpeou
Conseiller au Parlement. Les
Echevins élûs sont M. C:Jtachicr Notaire
& Conseiller de Ville, &C M.
Masson Greffierdu Parlement.
A. S A. S. MADAME
LA PRINCESSEDE CONTI.
Par M. Fuselier.
BOUQUET.
p Rince?se ,
ril~-,ESSE >7 si::t démonemfref-
.;. jl,,,. 1 Dans cc b,,?,j joy.r^rcK'dretinCompte fi*
tlïlc:
J" r,l E h tmaintEmpirecharmait,
C':erch.:nttar tout un Bouquetquemon
z~~,I.-
PiitvoHSoffrir J'ai cherche vainement.
D'.zbo.,d,l.JfleHrJ j'ai vu laSourtraitie,
Etjen'airien trouvédans son Domaine
Digne de vous. Pont VIUS dsit-on
cueillir
Rrfes qu'unJourvoitbriller&>
Beaux Lu, honneur des Rives de la
Seine,
JolisO'éiUet^ennaissantmouchetés ?
Tendres Jafwms
,
gelantes veloutés,
Chers Pha bus. arrojez, deses larmes
, Centf.'ursenf.n,pour les autres Bea;ltr..
Sûrs ornemens,'f"coi, par vos Charmes.
si donc,j'ailaqwttédans ce moment,
Lajeune Flore c/ songentapanage ;
Pw.s.dePavhos abordant le rivage,.
Svt!S .lWinl;es v::ïds
,
Sutis JVfirthesverdsf,usruprrpÍsriisnitnloncoecme-mment
.Air.or.r,qlti fculrêveur dans un Bocage,
¡rô;re P>ortrait regardonte;?dr:mer-.t;
En me voyant, avec malin fourire
S'est écrie'!Jtfçaice que désire
Tonz.,le ardent; hélas i dans ce Bofqnet
Ne trouveras de quoi faireun Bouquet,
Tous les matins) par ordre de ma mere,
Graces &Jeux, attentifsr ia:plaire,
Pi!lentlesFinirs qui naissentchaque
jour; Etc'e(i CoHTYquicauseceravage*.:
Dopaisqued'eVcc-:~arleenceséjour?
J: voisV'~enr:sP"parerd'avantage
;
Htcurs'aj"f'ier,ellenépargnerien3
1) ,7 LI ",
J 1. u
Asa TOll/fue il técjl auy.tre atretieft
Í!.!.tC de Rubans placés avec a. r:-¡Jè ; Stparhasard cjre.'cjuc Cylcrcfi
Peu court:]an , l'ac.ier laPl Et ses Cheveux esu''t.'vcc grâce tilt;tresse Seidansion maintien
Sedéconcerte,«•y* nous red.tsa;:s cr éée
'- JI..<, 1/ , ,,.!. (.-,; )") , ''JJ;"" gttEu"ffhl.r;Io.;f;,ité. * ne la co 'j]é p'ushu-n. ,. tH 1 JJ ¡1.¡. A ce D:-.ç de l EnfantdeCirhen'y
Je fy.sforiidesJardins desaA-f.re e -.. S J U si t {! s et. d S t - .:.1 : '-,- 7.
Del. VvL.iïtan SéjouraAp'.Hon,
L'airencontrédans ie faaéValon:
Les Dettes socursre^cntoitssus l'cm-
IrapC ;
G)ut 'chérihe-tu ? Viens
, parcours
VHtliC'n
, M'adit le lé:\uyioisli'mmortel Bocage;
CONDE'S IONTIS l'/Di¡;nc!:O!(n(
tour-a-tour :
Vmsx-tu porter Lauriers dans cette
Cour?
Par trop commun y femburon l'hom
mage.
L'une des trois Cuccs..
1 ?
A.S.
A. S. A. S. MONSEIGNEUR
LEPRINCE.DECONT I.
Sur la Naissance deMgr le COlntc: de
la Marche son fils.
ParMonsieur ds Caux.
LE GENIE DE LA FRANCE PARLE.
pRince, que la Droiture crl'Affabilité
Des plusrébelles Coeurs, chaque jour
rendent maître:
J'aivu l'ù!Í'suble Enfantque le Ciel t'I!.
'1fait naître , r Et doKt il payeenfin cr qu''i1l t'a.vo'itoItél'.
Oùy Je l'ai vu ! Morphée attentif a lui
p'arcy
Dsses pavotssur lui,versoitVappasnouveau
Des Grâces & des Ris la Cohorte Ifgere,
Semblait pour un moment avoir quitté
la Aiere ,
J-',!41- CiVefferlefils au tour de son Bercea-
t.
e au plus
,
c- t:t ptux cou.pisrjwrma
promejje,
Ce Prince,lecio Cio.N)T I S Contiendra J'ailàiLirs Ï.xïcxtrson DcftliJ tout (11.
tier :
j]M1,1dd, Cjoq-i , en ait pré,.d7i, t l!''él¡égant
Fujciter3
Cesi moi oui prendrai fin d'elever fit
lU!'':('f!>
, EeC'l'}ta-e tes siytitxquej'r.ppnsmon
AlCtit.'ï,
fr I- (-;':;
REPROCHES A MlL'r.
Par M. le Chevalier deSaint Jory.
A ISAmitiéCorme donne
Ce ahel'e refusea ïu4n?our.
Courtepermet chaov.ejour
Jî£ve furfes Itvres , :e/r;c>:f]~r,:,-ie
D'innoCf'j'tt'i laveurs qui ji./toit mes
djin, Et toutesJfan 'INCJ Aïwix étalent n'ies
PLffirs.
O vous,qwjoupire^pour^!!e
,. , -) t 1 ( Í' ), , 1.. Rivauxinfortunes3 n'injoy.;^point
jaloux !
Je fuisplus a plainire que vous: SsjFaveursfont les fruits d'une amitié
faciley
l Etjefats Amoureuxsans efpotr de retour
: Qvjinàaxxplusvifs transports3won
Ame s'abandonne
, A VAmitié C^'rine donne
Ce onelle refuse&ïAmour*
AU SOLEIL. --
~OODE ANACREONTIQUE,
Par le même. REtire^yous,Astre du jour,
Allez, lourir l'autre Hémtfphere
:
y'eôtn-e Flambeau trouble unAfifterc, secretveuttraiter l'Amour.
-eSi lvous éclajrc'{;e heusombre, bantre7le Plafr:
r.&'aN"ttfaitnaîtreleD-fry ÎJLnPudeur fommedle dan:sombre.
Adais ejuoi Vosrayons (nfiamt'{
Cherchent la bouche de Sdvie !
.Ah -lfuierdela ouste
Peur Chment , que vous aimez* t
EnvaÍn, bel Astre,tu te flalts
De charmerl'Objetde mes Voeux:
La iiclence de tesfeux
Nefaiticyquedes Ingrates.
Vaporter tes vives ardeurs
S;.r nos Coteaux or dans nos PIAinn.
Va caresser les Affriquaines
Sijalouses de tesfaveurs.
Tu fuis. Et mon impatience
jyftermncun bonheur douteux.
Flambeau du Ciel,l'Amour heureux
Te rend grâces de ton absence.
r- Le Ver luisantétoit le mot de .la,)
premiere Enigme du mois de Juillets
,'Rz la Lettre 0 celui de la secondé.
ENIGME.
JUton nom drd.'jf.rcoet de celui de
mon Pere,
Dontje n? tiens U'!,:r.(' demi-f>çr;n :
SSe"rven- ttm,u"m*r-.s0 a,/,.,f/fÎ'i.,.n'ecji1 q:d.">l mon;;te-'
ma.mère.
Je dois autreforme
, aut) e no,n
si crllecjtitnierégénéré:
Vo-l• deux noms.Sans celui dem.1 mère,
..Q.; se pus avoir ,
c'eflflon:
1E:,*vo.atrois',:-A1ytre l qifjtfIJJere,
E;-; '7!1 ù quatre G" le cmqu;:n:e
,
belas!
./lI vient cjttMid jenele fins pa;
Et q-iand le luis pourtant meilleur que
Pere c:" Mae.
AUTRE,
SON NET.
Le Feuy le Vent & l'E.m fervent ama
.JV.z;JJ.wce
: La Terre aussi ti.t!'Vvl:Ue à me donner
lejeptr.
Le plusfameux des Dieux emprunte
monlecqun;
Des Mortelscependant Je tire ma
fUijfance.
De ma race,je vais toâiours leplus petit;
Mais l'on n'en doitpas ""ins redoutermaprésence
:
uéivf rtue mes paretls,jerepousse une
Opfjfi,
Et j'arrêteaifemenrUphtjfUr E¡¡-
'nmi,
Je me plais dies la nuit je crains la
lumière -, JPuoiquellemattdonnéce quim'efl
nécessaire,
Peurjefter la terreur & me faire
valoir.
Teut banni que jefuis, à la Cour, à la
Mie,
On éprouve souvent ma compacte
utile;
Ma vuefeule étonne : .Admire-\,mon
pouvoir.
CHANSON.
JPhilis, danscerepas charmant,
Vous servez, mal Bachus, quand vous,
chant, sa gloire:
On vous écoutefeulement, it l'on ne sense plus a boire.


SUITE DU JOURNAL
de Hongrie.
Le 13. le 24. & le 15' de Juillet
ayant été employez à battre la Ville
d'Eau & la forteresse
, avec 16 pièces
de Canon de14 livres de balle,& à la
bombarder avec 15.Mortiers, le feu
de cette Artillerie fut tel que les Murailles
en furent renversées
, une porte
de la Ville & la maison du Bacha en
furent abbatuës, & 3 Batteries du flanc
droit de la Ville entièrement démontées;
toute la Basle-Ville a esté prefqueréduite
en cendres par nos bombes.
Les Assiegez de leur côré ont fait pleuvoir
sur nos Batteries, une prodigieuse
quantité de pierres qu'ilslançoient de
leurs Mortiers,mais sansbeaucoup d'ét
set : M.le Duc d'Aremberg Lieutenant
Général commandoit pour lors à la
Tranchée. On commença ausside canoner
& de bombarder le Fort del'isle
ennemie, avec 4 Coulevrines & quelques
Mortiers placez sur une Redoute
elevée fut le bord du Danube.
Le 16, on dressa à l'attaque,de l'autre
coté de la Save, deux nouvelles

Batteries; l'une de 4 piéces de Ofrjâon
& l'autre de deux ; ta premiere,
pour démontercinq Canons que les
Infidèles ont placé dans les embrazuses
de la patrie supérieure duDonjon;
-& la deuxième,pour battre la groile
Tour d'Eau située sur 1e bord du - Da-
-nube : On acheva lemêmejour la ligne
de communication, qui prend depuis
Semlimjusqu'à nôtre Pontde la Save.
On fait état qu'il y a encore pour
quinze jotwsl de fourage dans nocre
Camp, & de farine pour 30. On a
jette un second Pont sur la Save, afin
de faciliter davantage nôtrecommunication
avec leDuché deSirmium.
- Le zj. sur les avis uniformes que
l'AsméeOttomaneétoit arrivée le 26
i- SenieieËta & qu'elle s'avançait dans
le dessein de secourir Belgrade; on redoubla
le travail, afin de mettreen épat
lesPlattes-Formes poury placer l'Artillerie.
ToutleCampestsur le qui vive.
Ondoute cependant que l' Armee-Ennemie
,quelquenombreuse qu'ellesoit
-
& quelque ordre qu'elle ait du grand
Seigneur, de nous forcer derriere nos
RetMBcheinens, ose le metcrccnexccution.
1
Les Turcs ayant forme un Camp sur
la hauteur deSaback,qui pourroit donner
la main à la gauche de leur Armée
le Baron de Petrasch a fait les disposions
nécessaires pour occuper un
poste,vis-à-vis;afin d'assûrer notre communication
& de les empêcherdetraverser
la Save,
LesAssiegez se battent endesesperez:
Dans toutes les sorties qu'ilsfont, ils
-
viennent fondre sur nos Troupes, comme
des Bêtes féroces, & ne donnent -
- presque aucun quartier.
Les Troupes ramassees ttes' Turcs de
Coczim,desHongrois Rebelles, des
Moldaves& des Valaques ont pris pour
plucieursjours,du pain,avecordred'aller
joindre l'Armée du Grand Vizir.
Le G. Vizir a laHfé les gros bagages àSemendria.
Un gros Corps de Cavalerie des Ennemis,
a pdle le Danube prés d'Orsova,
pour entrer dans le Bannat :On présu-
-
me que c'est pour attaquer Meadia.,
dont la prise placeroit les Turcs à ta
tête du Temesvar.
Le z8,on continua à dresser des Cannons
sur les Batteries;le matinées
Musulmans vinrent avec4,à 500chevaux,
reconnoistrenôtrecamp; mai
nôtre Canon les si bientôt recirer;Nos
Hussarsayant rapporté que Je-J.lDi[=-
saires commençoient a payoistre à Hisfargik.
ou Krotzca-, à une derme-lieüe
de nosretranchemens ;on distribuales
Munitions puur touiel'Armée & l'on
fit toutes les dispositionsnécessaires
, pour s'opposer à tout evenement, am
forces de l'Ennemi.
Le 191 le Grand ViCir détacha 400
Chevauxpour nous venirreconnoistre;
mais ils,furent bien tôtpoussés par nos
Hussars&Volontaires qui les oblige-
-
rent de se retirer:Deux heures aprés,
deuxmilleChevauxTurcs s'apprache-
"rent du front de nôtreaîle gauche j nos
~Hussarr &Rasciensmêlésde Volontaires,
allecèiiz voltigercontr'eux & fairele
coup de pistolet. Pendant cette escarm-
Ouche'PlilcieursOfficicrs Turcs firent
le tour de nôtre premiere ligne de circonvallation
pour la reconnoître; à
chaque volée de Canon qu'on leur tiroit,-
ils avôientlaprécaution de se retirer
en arriere : Les AOEegez ayant fait
en même tems une sortie à Cheval du
côté de la Save, le feu de nôtre Artillerie
& leRégiment de Bareith les
O
obligea de regagner promptement la
Ville avec une perte considerable.
L'Armée des Ennemis est depuis ce
marin enmouvement, &onvoitde la
.c&re de nos Retranchemens, leurs Ingénieurs
tracer un Camp. Nos Hussars
&nosVolontairessont continuellement
aux mains avec les Tartares & les Spahis,
toutes les fois qu'ils veulent s'approcher
de trop prés denosretranche-
Jncns. Les Ennemis ne sont presentement
qu'à la distance d'un quart de
lieue de nous. NôtreCavaleriearmée
de Faux, occupe les Parapets & notre
Infanterie estmunie de Chevaux'de
frise en cas de besoin : Les Assiegez ont
Jtemoigne une grande joye de l'approche
du grand Vizir, - - Le Prince Eugene a esté un peu in- -
commodé ; mais, malgré son indisposidon
il s'etf trouvépar tout &il a
--.esséaussi actif qu'auparavant. Il y a
dans notre Camp desdissenteries& des
Ifiévres causées enpartie,par la mauvai- se qualitédeseauxdu Danube. * Un Capitaine des Hongrois mécontens
,quis'est venu rendre à nos gensa
ïnppoiTe. que les Ennemis avaient 8Q
piéces de gros Canon, &90autres dg
Campagne, avec 60 Mortiers qu'ils ont
tiré d'Afie-, qu'ils sont plus de 300
mille hommes;mais, qu'à l'exception
des Janissaires & des Spahis, il y a
beaucoup de Troupes mal disciplinées
parmi eux, sur-tout dans la Cavalerie,
où il y a quantité de jeunes gens de 15. -
à 16. ans. Toutes les forces Impériales
consistent à present en 83 bataillons,
en 66 Compagnies de Grenadiers, 122
Escadrons de Cuiraissiers, 137 de Dragons
& w/x Compagnies de Volontaires
, sans comprendre ce qui estsur les
Batteaux ,
ni ce qui est avec le Baron
Lie-Perra[ch. Le Prince Eugènen'est p'îs
cependant fatisfai t de l'Infanterie
qui n'a pas esté recrutée, comme il faut.
Nos lignessont en bon état de deffense
&on n'a rien à craindre.
Le détachement de l'Armée Ortomane,
quiavoitpasse le Danube à Orsova,
composé deplus de 20000 hommes,
s'est rendu Maître du Fort construit
par les Nôtres,l'hyver dernier, à ,.
Meadia: Ils y ont donné quatre assauts:
Dans les trois premiers,ils ont été repouiIe;
mais au quatrième,laGarnison
aefté forcée de le rendre par capi- --
tuladon,enexécutiondelaquelle elle
étéescortée à Temesvar avec 69
Chariots , 400 hommes en santé i 300
blcdez & environ 250 tuez. On saic
monter la perte des Turcs à prés de
^ooô hommes.
Le30 sur les 6. heures du matin, nous
avons distingué l'avant-garde Ennemie,
Be deux heures aprés, nous avons vûen
marche toute l'Armée du GrandVizir:
Elle a commencé par occuper toutes les
hauteurs & vallons,depuis Visnitza jusqu'à
la haute Save, embrassant par là
nos retranchemens Dans la crainte que
les Turcs ne tentassent le passage de
h Save à Saback ,oune voulurentin-
4.1lt.er la tête denôtre Pont, le Prince
Eugene a ordonné au Comte de MartigniGénéral
de la Cavaleriede marcher
avec cinq Régiments de Cavalerie
&huit Bataillons du Corps campés à
Semlim,& dese poster auprés du Pont
de la Save , afin de le mettre hors d'inculte:
Pour plus desûreté,onadressé
une nouvelle Batterie au-delà de cette
Rivière qui en deffendra l'approche.
Le 3 1,un gros Corps de Cavalerie s'é-
; tant avancé à la portée du pistolet de
nos retranchemens, fut vivementlepoussé
par nosVolontaires& nos Chasseurs,
qui, aprés en avoir renversé un
,guziid DOlilore, les dépoüillérentà la
faveurduCanonde nos retranchemens,
& ramenérentplusieurs chevauxdeprix
au Camp. La Garnison fit descendre
la mêmenuit 7 ou 3. Brulots remplisde
Grenades & de Pots à feu; mais
par l'intrépidité & l'adrçfle de ncsGens
qui étoient posté sur les Ponts de nos
deux Vaisseaux de Guerre, ils furent,
coulé à fond;à la réserve de trois
qui se firent passage dessous notre Pont,
sans y causer aucun dommage.
Le 11 Août, à 6heures du matin, les
Ennemis au nombre deplus de 10000
Chevaux, se présentérent devant nos
retranchemens,à la portée du FuGl)
comme pour les envelopper ; Les décharges
-
à Cartouche que l'on fit sur
eux, les contraignirent bien vîte de
s'éloigner & de gagner en confusion,
un Vallon pour se couvrir. Comme
les Turcs se font unegloire&un profit
en même rems ,
d'emporter à la pointe
du Sabre
,
les Têtes de nos gens qu'ils
tuent, desquellesilsreçoivent un Du-
"cat pour chacune qu'ils exposent
sur des pieux, à la vuë de r:ôrr_e CaJnp;
rtfs Soldats ont encore enchéri lur
cette barbare Coûtume;car, non contens
d'enlever par imitation
, autant
de Têtes des Infidéles qu'ils peuvent,
ils écorchent encore les Troncs; ce
qui présente un spectacle doublement
affreux, tant par les Têtes dont la
Créte de nos Retranchemens est garnie
, que par les Cadavres sans peau
qui font étendus devant nos Retranchemens.
Des Transfuges de l'Armée
Ennemie nous ont confirmé que la*
plupart de leurs nouvelles Levées ap- préhendoient si fortd'en venir aux
mains avec les Nôtres
,
qu'elles fc
sauvoient toutes les nuits par bander,
de leur Camp,pour s'en retourner chez
eux.
Les Infidéles se sont emparé d'une
Eminence, sur laquelle avec 15 Picces
de Canon, ils ont intrigué le Prince
Eugene & l'ont oblige de changer
de Quartier.
Les Assiégez encouragez par la
présence du Grand Visir, font de continuelles
sorties quinouscoutent toiN
jours quelque monde. On ne peut les
empêcher de communiquer avec
l'Armée du Sultan,par le moyen de
leurs Barques. Nij
Le 2, a 3 heures après midi, onut
le plaisirdevoir le Camp Ennemi, qui
s'étend depuis le Danube lufqu" - - la
la portée du Canon de la Save
, tout
rendu de Tentes neuves, rouges &
vertes: Comme ce Camp est presque
en formed'Amphitéatre
,
il ne sepeut
rienoffrir à la vue de plus beaM. de
plus superbedesSoldats se mentransles
uns aux autres. Les Turcs,malgréleur
grand nombre
, ont commencé à se
retrancher & à faire feu de leur Canon
sur nos Ouvrages. Ils se sont empalé
de quelques- hauteurs qui commandent
une partie de nôtre Camp ; ce
qui nous incommode beaucoup & nous
luë quelque monde. Le Comte de
Régal Général de l'Artillerie & CQlllmandant
de Dude, a ûle malheur d'avoir
la jambe gauche emportée d'un
boulet deCanon,dont il est mort deux
heures après. On ne discontinuë pas.
de l'autre côté de la Save, de canoner
&: de bombarder la Ville d'Eau & le
Château. Mous-avons été assez hûreur
pour qu'une de nos Bombesait fait
fauter un Magazin de Grénades &
ait détruit un autre Magazin de Fa-
U*nr,le même jour les Tures fr,.",,,,,
de nouveau, une tentative contre nôtre
l'ont du Danube; mais, ils furent repousséavec
perte. NôtreCamp n'est pas biert fourni
de Vivres ni de Fourages; la Cavalerie
qui vaut bien mieux que celle des
Turcs, dépérit par la disette & 1In-*
santeries'assoiblit par les maladies.
On convient que les Ortomans ont
130 Piéces de Canon qui foiietent nos
retranchemens, sans nous endommager
beaucoup ; parce que la crére étant
formée de Fascines entre-laueesje Canon
n'y peut faire que son trou. Cette
nombreuse Artillerie ne nous a tué
jusqu'àprésent
, que cent hommes
& environ 50Officiers tuezoublessez;
parmi lesquels se trouvent M. le Com- ted'Eftcade Lieutenant Général de
France, qui a û une jambe emportée
d'un coup de Canon. Le Prince Eugene
ne répond presque rien à toutes
les questions qu'on lui fait, pourquoi
il demeure dans son Camp:Ilditsimplement
que c'est pour battte les Turcs
& ensuite prendre la Ville,oubien
prendre d'abord laVille& battre enfuite
les Turcs.On continue de se canoner
de part & d'autre: Nos Partis ont
é é assez nuieux jusqu'a présent,pour
battre ceux des Ennemis dans toutes
leurs courses ;en une desquelles IbrahimBacha
plus considéré par les Janissaires,
que le Grand Visir même, acte tué avec plulieurs officiers de
distinction.
Le 3, on a appris que le Comte de
Drascovitzétoit entré avec 5000Impériaux
dans la Croatie Turque,qu'il a
passé au fil de l'épée tout ce qu'il y a
trouvéd'Infidéles, a ravagé tous les
Bleds, brûlé tous les Fourages & aemmené une très grande quantité de
Bêtes à cornes.
Le 4. on prit une Palanque du côté
de la Save, où le Prince Eugene fit
établir huit Bataillons,& huit compagnies
de Grenadiers, sans perte d'un
seul homme. Il y fait construire une
Redoute & y élever ui Cavalier, sur
lequel on a monté trente Mortiers &
vingt - quatre pieces de gros Canon,
pour battre la Haute-Ville, toute la
Basse: étant entierement rasée,
Depuis quesesMagasins ontété détruits,
elle manque detantde choses,
que les Janissaires qui sonten grand
nombre, outre leurs temmes Si leurs
enfans:, ont déclaré au Seraskierqu'il
salloit se rendre, mais un Etranger
homme de Condition des plus accreditez
& des plus braves qu'ily ait
dans les Troupes du Sultan, trouva lemoyende lesappaiser ; les assûrnt
que dans quelques jours,Belgrade
seroit délivré.
Le 5.& le 6. lesAssezeont tiï.-
des Fusées
,
qui sont le signal pour
presser le secours. Onad'autant plus
sujet de le croire, qu'un Deserteur a
confirmé que les vivies devenoient
fort rares & qu'ils n'usoient point d'au.
tre viande, que de celle de Chameau
& de Cheval; que la premiere s'y
vendoit 1 livre & la derniere iz. f. Un
Transfuge de la grande Armée a
aussi raporté que le fourage commen- - çoit à manquer aux Turcs & que le
Grand Vizir avoit ordonné une nouvelle
Batterie de 60. pièces de Canon
&de o. Mortiers, pour tirer encore
sur nôtre Camp: Ainsi l'on peut dire
qu'il y a 2. Siéges à lafois. Les
Impériaux Assiégeants les Turcs .&
ceux-cy les Impériaux.
Ce fut le S. qu'Ibrahim Bacha, qui
tient le second rang dans l'Armée
après le Grand Vizir, aété tué en ve..,
nant réconnoitre nos rétranchemens
àla Tète de2000Chevaux;cequ'ils
firent avec route l'audace imaginable,
malgré le feu de nôtre Artillerie qui
les a fort éclairci.
On a intercepté une lettre du Grand
Vizir au Gouverneur de Belgrade, pat
laquelle il lui marque qu'il alloirattaquer
le Prince Eugcie* par 4 endroitsdifférents
, & qu'il ût à f.,ire
une sortie avec route sa Garnison
,
afirr
de mettre l'Armée des Chrétiens entre
deux feux.
Mfir le Comte de Charolois aété attaqué
d'une espécededissenterie;mais
il s'en est delivré par tlptcAcuanha.
ARTICLEDES MORTS.
D AmeLucrece de Jouselin de
Marigny ,
Comtessed'Arquian,
Dame d'honneur de la feuë Reine
Douairieie de Pologne, Marie Casimire
de la Grange d'Arquian, mourut
après une longue maladie le vingtlx
de Juillet , .aéc de 42. ans,
i
à Saint Aubin prés d'Estampes. Elle
étoit issuë d'une très ancienne Noblesse
de Poitou. Elle fut mariée en 1706.
à Messire Paul-François de la Grange,
Comte d'Arquian, Chevalier de l'Ordrede
Saint Louis, Capitaine des VaisfeJux
du Roy, Gouverneur pour S.
M.desIsles deSainte Croix & Commandant
au Cap François, Côte de S.
DomingueEllen'a laisse qu'un fils
âge de 10 à it ans & trois freres,
D tous Officiers servans avec distinction
le Roy dans la Marine. On n'a
qu'à consulter la derniere Edition de
Motery,pour se mettre aufait de ce
qui regarde cette Illu'tre. Maison.
Me, Pierre Grout dela Motte, Seigneur
de Magnanville
,
de Flacourt
éc de Beaurepaire. Maître ordinaire en
la Chambre des Comptes de Paris
, depuis le 17Juillet 1694, mourut le
29 Juillet âgé de 58ans,laissant plusieur
enfans deDame Anne-Louise
Robert sa femme, fille de Claude Robert
ancien Procureur du Rov au
Châtelet, & de Dame FrançoiseHeliot.
Dlle. Henriette Pot de Rhodes, mourut
sans alliance le 1
Août;Elleétoit
tille de MU: Henry Pot jointe as
Rhodes,Grand- Maître des Cérémonies
de, France deDame Gabriëlle
de Rouville. La Maison de Pot estoriginaire
du Berry, &elle est une des
plus illustres de cette Province. Pour
eellè de Rouville,elle est originaire de
Normandie& ellen'estpasmoins distinguée
par sonAncienneté que par ses-
Alliances.
Mre Louis- Charles
- Achilles de
Harlay Comte de Compans,mourut
de la petite Vérole le 14 Aoust
, en sa
17e Année
,
n'ayant été malade que
3 jours. Il est d'autant plus regreté,
qu'il joignoit déjaà beaucotip-d'elprit
unsçavoir étonnant. Il sortoit de son
Cours de Philosophie qu'il avoit fait
au Collegede Beauvais, sousM.l'Abbé
Bénet
célébreProfesseur, qui mer
rant à profit les hûreux Talents de forr
Eléve
,
les avoir fortifié par l'Etudede
laGéométrie,pour laquelle ce jeune
homme avoir beaucoup de goût.Il
étoit filsunique deMreLouis-Achilles-
Auguste de Harlay Comte de Cely , Maître des Requêtes Ordinaire de
rHô'd du Roy, & de Dame Marie-
C&aLlot:e.dsla Vie, petit fils de Nvcolas
- Auguste de Harlay Comte de
Cely,Sgrde BonnoeilConseillerd'Etat
Ordinre & avant, Plénipotentiaireaux
Conférences de Francfort pour la Paix
deItiÍvvickmoIT le deux Avril 1704;
& de Dame Anne -
Françoise-Marie-
LO,Ùi[(: Boucherat
,
fillede Mre Louis
Boucherat
, Comte de Compans,
Chancelier de France
.J
Commandeur
& Chancelier des Ordres du Roy;&
arriére petit-fils de Christophe-
-
ste de Harlay Seigneur de Cely & de
Bonnoeil
,
frère puisné d'Achilles de
Harlay, Comte deBeaumont, Preer
-Général du Parlement de Paris, pere
de feu Mrc Achilles deHarlay Comte
de Beaumont
,
PremierPrésident du
inème Parlement &Ayeul de feu Mrc
Achilles de Harlay
,
Comte de Beaumont
,
Conseillerd'Etat Ordinaire,
..& avant, Avocat Général au Parlemenr,
mort depuis peu s laissant pour
fille unique
,
Madame la Princesse dé
Tingry. Voyez pour la Généalogie des
Harlay,'l'c-iiît-oire de Blanchart &
celledes GrandsOfficiers dela Coiu
ronne,par le sieurduFourny.
MrePierre Faüre, Ecuier Seigneur
de Monmarlet, de Montrent& autres
Lieux, Valet-de-Chambre Ordinaire
du Roy,monrut le 1er Aoust. Il étoit
ils de Louis Faure Baron de Dampmart,
Sous-Doyen de la Grand'Chambre
du Parlement de Paris& frere de
- Jean Faüreaussi Baron de Dampmart
mort depuis deux ans .,
Doyen
de la Seconde Chambre des Enquêtes
du Parlement de Paris, la Famille de
Faüre qui est originaire de Dauphiné
a donné plusieurs Conseillers au Parle-
11lemdèGrénob',e:ElJe estalliée à celle
xie Nesmond,de Belons,deDoujat,de
le Noir. de Gobelin & de tout ce qu'il
y a deplusillustre dans la Robe.
MARIAGE.
Mre François Ferrand d'Averne
Commandant de la Compagnie des
Canoniers desCôtes,fils de François
-FeiTandd'Ecotay Seigneur d'Averne,
LieutenantGènèralde l'Artillerie,Brigadier
des Aiméesdu Roy &Chevalier
de l'Ordre Militaire de Saint
Louis, épousale 11 AoustDlle Madeleinede
Flécelles, fille de Mre Jean-
Baptiste de Flécelles Comte de
Bregy 3 & de Dame Madeleine de
Thuunsr^
Thuméry de Boissize;petite fille de
N colas de Flé celles, Comre de Bregy
,
Vicomte de Corbeil
,
Seigneur de
Tigery, Conseiller au Parlement de
Paris , puis Capitaine au Regiment
des Gardes Françoises, Capitaine des
Gardes de la Reyne Christine de
Suéde
,
Ambassadeur extraordinaire
en Pologne
,
puis en Suéde
,
& Lieutenant
général des Armées du Roy,
mort en 1689; & de Charlotte de Saumaire
de Chasan l'une des Dames
d'honneur de la Reyne mere du Roy,
& arriere petite fille de Jacques de
Fléce ileS) Seigneur du Plessisaubois
Vicomte de Corbeil & de Tigery
Président , en la Chambre des Compes
de Paris, & de Dame Caille
d'Elbene.
SVITEDVJOVRNAL
de Parts, LE 16. Mrs les Aumoniers du Roy
ont fait leurplainte,pour n'avoir
pas été invité par M. DesgrangesMe
1 desCeremonies, à la Procession de
Nôtre-Dame. M. le Grand Pievôta
fait de son côté une Protestationdans
les formes, pour le même sujet, &
l'a envoyée signifier au Me des Cérémonies.
Nous avons déjà dit que M.
le Duc Regent y répresenta la Personne
du Roy; ce ness: pas le pre- 1 mier exempleoù un Prince du Sang
aété traité en Rn oy,en pareille occasion.
il yen a un entr'autres fous Charles
IX. tout semblable,en1570.Ce
Monarque tant à Monceaux &-ne
pouvant revenir pourse trouver àcette
mbne Procession, y envoya le Duc
de Montpensier, pour y tenir sa place
& y recevoir tous les honneursdûs
à laM. R.
• Lf&7. M. de Fontanieux quial'Intendance
des Meubles dela Couronne
, a obtenu pourson fils la survivance
de cette Charge..
Le 18.M.l'Abbé de Simiane d'Arouere
est venu remercier S. A. R. poat
l'Evéché de Saint Paul 3-Châteaux
auquel il a été nommé par le Roy.
-
-- Le 19. M. le Marquis de Mailly
achette le Regimentd'Isenghien valant
par la mort de M le Marquis
àç, Montesquiou:Ilen a obtenu l'até
.ft1t:.nt
Le 20. Msc le Duc donne une Fêse
superbe à Chantilly, dont les di-
Vertiffeaiensdoivent se succeder pendant
15.jours : Il s'y est renduun grand.
nombre de Seigneurs & de Dames
de la première distinction.
Le Roy se fit tirer le 21. deux
Dents,&il souffrit constamment cette
opération.
M. de S. Autaire vient de prendre
possèssion du Bailliage de Lyon,
par un accommodement fait avec M.
de Junnillac ; ce qui détruit tous les
bruits ausquels une Lettre anonime
inserée dans le Mercure d'Octobre
17;6, avoit donné lieu.
Madame l'Ambanadrice de Portugal
accoucha le 12 de ce mois dans
son Hôtel, d'un fils qui se porte
bien, de même que Madame sa
mere.
Le même jour, les Nouveaux Echevins
vinrent apporter le Scrutin au
Roy & lui préterent le ferment de
fidelité.
Le 22. ily m un mouvement dans
les Intendances. M. de Basville Intendant
de Languedoc, ne pouvant
pluss'appliquer aux affaires à causede
- ion grand age, a demande à se reposer.
- Ou envoyé en sa place M. Bouyn d'Angervrlliers
Intendant de Strasbourg: EtM.d Harlay de Cely Intendant
i deMetz,doitêtre substituéà ce dernier
qui fera remplacé par M. de Bernages
Intendant d'Amiens: On ne fait
- pas encore qui occupera ce dernier
Poste.
-
MADAME vint te même jour à Paris;
elle alla l'aprés midi aux Carmelites;
elle vit la representation de l'Opera
de Venus & d'Adonis,qu'on a remis au Théâtre depuis huit jours. Les Coméw
diens François qui avoient annoncé
tine nouvelle Piece, ne joüerent point;
- parce que le feuayant pris surles qua-
.tre heures & demie à une maison qui
joint leur Hôtel, les épouventa sisoit,
qu'ils ne songerent. qu'àse-fauverautri
promtementque ceux qui estoient déjà
placez, dont l'empressement pour
sortir fut si grand ,qu'il y eut plusieurs,
personnes qui coururent risque d'estre
écrasées: Le feunedura pas longtems,
.parce que le secours des pompes arriva
sort à propos. L'Hôtel des
Comédiens n'a point cfté. endommagé
La Nôce de M. Bernard fils de M.
Samuel Bernard, se fit le zi., avec une
magnificence surprenante:Il aéspousé
Mlle de S. Chamant fille du Lieutenant
Général de ce nom , & Niéce de
M.de la Brisse.
Le 23.les Dépurez des Etats de Languedoc
qui sontM.l'Evêquede Commenges
pour le Clergé, M. le M'acquis
de S. Suplie pour la Nob!e.(Ie,
lx. M. Rével pour leTiers- Etat, ûrent
&. une heure, Audiance du Roy-a-qui
ris présenterent le Cahier. Mgr le Duc
du Maine Gouverneur dela Province,
& KJ. le Marquis de la Vrilliere Secrétaire
de la même Province,les presenterent
au Roy. M. l'Evêque de
Commenges porta la parole & son
-diicouts fut trèsapplaudi.
Le 2S, la Fête de S. Loüis, a esté
célébrée dans la Chapelle, par une
KletTe basse & une grande Messe ensuite.
Les Peres Carmes, suivant la
coû"mme,vin::-enc enProcession avec plufteufS
Pains bnis : Elle estoit précédée
par 50 ae!Jent-Su1Íres avec un
Fourier & 30 Garder du Corps avec
unExempt. La Cour fut très nombreuse
ce jour là •- Les Ambassadeurs , Cardiraux
t',z Grands Seigneurs ûrent l'honneur
de se presenter devant le Roy.
Il y tir grande simphonie le matin &
à dîner: Sur le soir
,
le Concert annuel
que donne l'Opera pour la Fête du
Roy, fut exécuté dans le jardin des.
Tuilleries, avec une grande illumination.
Sur les huit heures & demie du
soir,on tira à l'entrée de la grande
Allée ,un très beau Feu d'Artifice qui
dura prés de trois quarts d'heures;
le Royen voyoit l'effet de la Terrasse,
fous un Dais.
Le matin
,
M. l'Abbé Prevost Aumônier
de M. le Cardinal de Noailles
, prêcha au Louvre dans la Chaelle
de l'Académie Françoise: il
satisfit pleinement son Auditoire;arrés
quoy l'Academie des Sciences & celle
des Belles- Lettres célébrèrent la même
Fête, dans l'Eglise del'Oratoire de
Sr-. HHonoréc, J' l'A d' : L'aprèsmidi,l'Académie
-
Françoisefitladistribution des Prix
ordinaires: Celui de Prose fut donné
à M. l'Abbé Colin celui de Poësie
à M. Gacon qui aHprepare un remerciement
enVers; mais M. l'Abbé
de Choisi le pria de la part de la Compagnie
,de s'en dispenser, parce que
ces sortes de remerciemens sontd'un
usage nouveau que l'on ne veut pas
continuer: On lut enfuire un Difours
sur l'utilité des Sciences, composé
par M. de CharéDirecteur de l'Académie
de Soissons,laquelle est obligée par
ses Statuts, d'envoyer aux 40 un tribut
annuel de quelque piece d'éloquence.
L'Inépuisable M. dela Motte (sélon
l'expression de M. l'Abbé de Choisi)
régala l'Assemblée du recit de trois fables
nouvelles, qui furent suivies des
applaudissemens qu'il s'attire, toutes
les fois qu'il y parle.
Le même jour M. l'Abbé le Vasseur
prononça en Latin dans l'Eglise des
Quinze - Vingts
,
le Panégenque de S.
Loüis:Il .ut plusieurs Evêques pour
Auditeurs.
Le28
,
l'Ouverture du Prix de l'Arquebuze
se fit à Meaux-Capitale de
la Brie; la Ville de Laon lui ayant
présenté le Bouquet, il y a cent
ans, jour pour jour. Monsieur de la
Nouë de Rutel Gentil - homme Se
Maire de la Ville, est Capitaine de
la Compagnie de Meaux, autrement
la Colonelle:Elle e11 composée d'environ
uo Chevaliers, avec les ossi,
ciers. Ils sont tous enHabits uniformes,
d'un gris blanc borde d'argent & lef
boutonniéres de même; leurs cha^
peaux relevez de Plumets blancs &
de Caucardes de la même couleur
si y a aussi 20 autres Compagnies de
Chevaliers des Villes circonvoisines,
en Habit d'Ordonnance, chacune _é.:r.
tant distinguée par une couleur différente.
Messieurs de Meaux ont envoyé
des Députez au devant de chaque
Compagnie, pour les complimen-
- ter&leur marquer les Logemens qui
leur sont destinez. La Compagnie Colonelle
leur a présentétoutes forces derafraichissemens
ôc le Vin n'y a pa3-
été épargne. Le 19 , toutes les Compagnier
setrouvérentsusles Armes,
pour aller en Cérémonie entendre Iâ'
Melfe1 où M.leCardinal& Bissi officiera
Solémnellement. M. le Prince de
Soubize fera à leur Tête
,
le fils de M.
Bignon Intendant de Paris commandera
là Colonelle & M. le Chevalierde
Baviére celle de Compiegne:
En sortant de la Métropole, ils feront
un tour de Ville & se rendront au
Jeu d'Arquebuze, où M. le Princede
Soubizetirera le premier coup. Comme
les Prix consistent en' plusieurs
belles Piéces d'argenterie & que le
nombre des Chevaliers estconsidérable,
on compte qu'il s'écoulera au
moins quinze jours, avant que d'avoir
emporté le dernier: Il s'y rend de
toutes parts une infinité de Curieux 5c
surtout de Paris. Cette affluence a engagé
beaucoup de Marchanda étrangers
à loüer des Maisons, pour y étaller
leur Quincaillerie. Il y aura Comédie
, Bal
,
Simphonie &c., M. de
la Nouë & son Lieutenant - Major
tiendront Tables ouvertes,tant que
durera cette~Fâsc L'Auteur
du Mercure prie quelqu'un de Messieurs
les Chevaliers,devoir la bonté
de lui envoyer un Journal de ce qui
s'yfera passé, avec lenomdesCom-
:
pagniesqui auront gagné le Prix
,
6c il sefera un plaisir de l'insérer dans le
mois prochain.
CAROSSES
DeNouvelle Invention.
: M. de Camus Gentil-homme Lorrain
,de l'Académie Royale des Sciencesvient
de faire exécuterun Carrosse
qui est beaucoup plus roulant que les
autres & quinepeut verser. En voici laDescription.CeCarosse estsoûtenu
parles Brancars qui sont au rase du
Pavillon auxquels sont attachez 4
petits Cris qui soûtiennent une longue
soupante,d'un bout à l'autre du
Carosse,4 autres soupantes qui sont
prises à coté du Carosse & soûtenuës
par la grande soûpante, avec deux
Menotes l'une prisele longdupied
Cormier & l'autre dans la longue
soupante,avec 4.aus Croix de traverTeSjd
ont l'une est attachée au Brancar
& l'autre, au pied du Carosse. Il a
4 Arcs-boutans devant & autant derriére
mis- en croix, qui suportent les
longs Brancars. Les deux Rouës de
devantsont aussi hautes que celle du
derriere: Le siége du1 Cocher quiest
entre les deux moutons, a de quoi
mettre deux Pagesassis à ses côtez.
On a fait plusieurs Expériences qui
ont toutes réussi. On a mené ceCarosse
chargé de 18 personnes, tant en dedans
quesur lesBrancars,par la Plaine de
Vaugirard
) avec des Chevaux de
eloriagé',qui, quoique petits & foibles,
passérent assez vite à traversles fables,
franchirent des Tas de pierres,des Elévations
de terredes Bornes, & le tirérent
sans peine des orniéres lesplus
profondes. On chercha tous les moïens
de le faireverser, mais inutillement:
Tous cesefforts ayant cependant fait
rompre unesoupante
,
le Carosse resta
enplace &avança même un long espace
'de chemin, sans qu'on s'en appercui.
Deux jours après
, on fit une
seconde Epreuve dans la Cour du - Vieux Louvre ,
les Chevaux allant au
galop ; Il passa égallement avec la
charge de 11 personnes sur des Colonnes
renversées&c.sans qu'il ait versé
& qu'il y aitû rien de cassé. Tous ces
avantages viennent de la conftrujftion
de ce Carosse, dont les roües
- de devant étant aussi hautes que celle de derriére,lui donnent toute cette facilité;
joint àce que laforce des chevaux
est égallement appliquée
, par
l'élévationdes Panoniers & du Timon
qui se trouvent à la hauteur du poitrail
des Chevaux & les retiennent, loifqu'ils
sont prêts à s'abattre: Ce qui
répond aux Démonstrations que l'Au..
teur fit àl'Ouverture de l'Academie
des Sciences,après Pâques. On verra
dans peu l'usage des Charettes à 4
grandes Rouës, dont il parla dans li
mêmeAssemblée.
SVPPL£ MEN7V
L 'Armée Navalle que le Roï d'Ef..
pagne a
-
fait assembler à Barcelonne,
eU diviséeen deux Escadres; la
plus forte desquelles est commandée
pat M le Marquis de Mary noble
Génois;l'autre moins considerable 5c
qui sert comme d'arriere-garde, est
commandée par le Chef d'Escadre
Dom Balthazar de Guevara,quiest
encore d'une 11aiflance très distinguée.
La premiere deces deux Escadres
mit à la voile à Barcelonne, le 24 de
T«iîlet ; mais,lecalme & lesvents cpntraires
de Levant, qui ontregné longrems
dans la Méditeranée,l'ayant obligée
d'entrer par deux fois dans la - rade
d'AlcudiaauRoyaume de Mayorque
; elle y estoit encore le huit..
de ce mois en attendant à tout moment,
- le premier
le premier soufle de vent favorable,
pour ;emettre à la voile & continuer
la navigation qu'on présumeestre destinée
au recouvrement de l'islede Sardai
gne.
On allure que M.le Prince deChellamare
Ambassadeur d'Espagne, a parlé
fortement à Mgr le Regent & au
Conseil de Régence
, pour les informer
de la justice des Armes du Roy foa
Ivlaîrre, &de la necellné abfoluc dans
laquelle Sa MajestéCatholiques'est
trouvée, de réparer par quelques entre- prites, les infractions faites par la
Cour de Vienne au Traité solemnel
de la neutralitéÔC de l'évacuationde
la Catalogne & de Mayorque. On tient
encore pour certain qu'il a presenté
deux Mémoires instructifs touchant
cet événement, qu'on croit devoir eftrc
publiés incessamment.
Les Nouvelles de Suéde, du Aoust:) ) marquent que le Roy est en
parfaitte fanté; qu'il ne craint aucune
descente dans ses Etats; qu'il a
une Armée de 50000. hommes régulièrement
payés & habillés de neuf.
Il n'a rien entrepris, sur les esperances
qu'on lui a données d'une Paix Générale
& de la sortie des Moscovites
de la Basle Allemagne. On regar
de hlargiHèmnt des Envoyés de1:ucde
retenus en Angleterre & à h
Haye, comme des Préliminaires d'un
Traitéqu'onménage dans le Nord:
On se flatte que l'arrivéede M. le
Comte de la Marc en Suede, avancerafort
les affaires.
Les mêmes avis, portent que la
Flotte Angloise
,
qui est au tour de ces
Cotes, fera bien-rôt obligée de se rétii;
ei:Après quoi,celle deDannemarc ne
pouvant plus renir la Mer ,
le Roy
de Suéde restera Maître de la Mei-
Baltique.
On écrit de Ratisbone du 15- Aoust,
que l'Electeur de Bavietese voit à la
veille d'entrer en possessîon desEtats
duComté de Hainaut, qui relevent de
lui comme Suferain. Le Roy de Pologne
fondé sur une substitution qui
ne peur point préjudicier auxSuferains
demande cette Comté; mais S. A. E.lai
destine en partage à un des Princes
ses Enfans.
Il y a toujours de grandes broüilkries
àRatisbone
, entre les Miniu-ree
Electoraux; celui d'Hanoverne voulant
pas céder à celui du Comte Palatin.
Le Cardinal de Saxe a beaucoup
de peine à calmer les esprits. Ces
prétentions font cesser toutes lesaffaires
de la Diette.
LeCapneGénaldesVenitiensestparti de
Corfoupour aller chercher lesEnnemis.
On mande de la Haye du 18 , que
la République est en terme d'accomodement
avec l'Electeur de Cologne
; qu'on sécrit des lettres de civilité
de pârt & d'autre
)
& que tout Ce
termine par la démolition des Citadelles
de Liège, d'Huys & de quelques
fortifications deBonn,aprèsquoy
on fera Amis.
Le Duc de Memelbourg a retenu
avec la permissionduCzar3000Mofcovittes
à (on service, qui lui ont prêté
ferment de fidélité.
Le Baron de Vvedel qui commande
en Norvege,ayant informé le Rey
de Dannemarc qu'il alloit être accablé
par 2.0000. Suédois
,
sur cet avis S.
M. D. a fait passer tout ce qu'il a de
Vaisseaux avec 3. Regimens d'Inf iie ante- &1500Chevaux. Les Moscovites
ont fait une irruption dans l'Isle de
(iVthhrJe,appartenantau Roy de
5ucde : Ils l'ont entièrement ravagée.
A Venise
,
le 14 Aoust 1717- L E CaptïaixeGénéralPisani a
j/il,:,t ai:ce 7. Galeres & avec /v;'es l'a JTauxyîa-xdiaires la flotte
yé.-,;tievive
,
&laramènee aux JJles de çckl ,
ajfinde la radouber. ,f¿uoicîue
elle ait étéfort maltraittée,on se
Coxfole néanmoins de ce que celle des
Turcs Va tté encore d'avantage : Ce qui
en fait]ugtr lIinJi, c'eflquils se font
retiré au-delàde.s Di; danelles, pour re- farerle de[ordre qu'on y A causé. Le
Combat a été si vif, que dans la deuxième
C,¡-.-:n',;:/" du 14, il y a Ú ix. Capitaines
de Va'ijfeaux Vénitiens tués
eu bleffls,
Le Duc de Parme a fourni un ferond
BataillonalaRépublique, dr
le troisémequ'il a promis est presque
complet.
Il arriva ici le 10. ur Exprés par
Otrante , avec 1. lettres ; Fure du f.eur
Capllo Capitaine de GalcaJfes, dattées
de Zantc le 15.Juillet, ù l'alttre
tlit Chevalier Antoine Lor/dano
,
Provéditcur
Généraldes IsleJ,lcrites dt'Cor.
fou le i8. Selon ces avis la flotte Vénitienne
a remporté une Viftoirefignaléo
sur ce lle des Turcs.
Uun O" la-itre-nandcntquayantenvoyé
uneFélonRecouvert:,te Patn-n avoit
raportéq:t;lavoit entendu tirer foter;'
Jent,le 19 .: Li hauteurde Coton ; a'DI)
il jugeoitq:'.e les 2.. Floites rit0:cm venuesdunouveaua:
x r,z,!;¡¡S; que ce
brut avoit été entend.* de touteh.cote
de la Aîorée. Le14 un petit B'ti.-nen*
ÀFamoie * étant abordé AU Zlr![ ",YJO't
affuré que l'Armée Vénitiennese trouvant
entre Cala,nau\& Coronen /1.1{l
rée,avoitpris le 17 une Bci'que d'A.VIS
dépêchée a la Flotte Talque* l? Capitains
Général informé par VF.qu'pAiZe
de cette Barque,qu'elle etoit suivie
de 6 Barbara ques on Saiguës,foxs l'i/:"
cortededeuxVa:fjeaux de Guerre*
tivolt surpris le l. ce Cor.voy:£hie les
PojÓnicrs lui ¿i).mtconfirmé que laFlot"
te Ottomane composée de53Vciijfeahx>
* Bâtiment dont se ferventjes Hibinns
de la côte, entre le Cap Masapan
& le Cap Angelo.
étoit dans la Plagede Modon, ilavoit
fris la réfohition de l'aller attaquer avec
toute la Flotte G- avec les Auxiliairesfaifans$
6 Vaisseaux, outre les Galères*,
que le Combat s'étoit donnéle 19.
a la hauteur de Coron, cr avoitduré
1100 0ouit 1121. ht,etuure~s-e:ç : finles Venitienr
,Q~u'en
Ayant l'avantage du vent,avoientJîbien
manoru'/Jïl,qu'ds avaientfeparédu CordonEnncmi,
iS- Sultanes dent une partle
avoit étécoulée a fond ou brûlée,
&l'autre prise:Jîlue le Capitaine Généralpourjuiveit
les débris de la flotte
Ennemie dont il avoit étépourtant separé
par la nuit. Voila lefondement de
cette grap.de Nouvelle qui (si encorincertaine
: On en témoigna d'abord une
FRAUDEJOJC iylonformoit déju des projetsconsiderables.
Le Collège en fit avfstot
donner part au Nonce & A l'Ambassadeur
d: Empereur qui dépêcha
line Staffette:Depuisc* "nslà,onn'a î
ucon autre avis & l'on a suspendud'en
fairedesfeux dejeye. Le Pap?n'a point
répondu à la part que lel/émtlens luiont
donnée de l'avantage qu'ils prétendent
avoir Û dans la premiere Attion ,-parcequ'en
lefaisant,le S. Pere n'a pas
trouvé la Ltlre assez, réfpeUucufej
farlaquelleilsJemibnt lui imputer le
retardement de la jadîton des forces
Auxiliaires.
Le Sénat paroitfortintriguedu dessein
que l'Empereuraforme, de rétablirle
Port Ré
,
dans le Golphe Adriatique
, & de le rendre libre à toutes
les Nations, pour attirer le commerce
en Allemagne de ce côté la; mais les
Vénitiens y font tropinteressés pour ne
pas sJ opposer de toutes leurs forces: Ils
tiennentfrequemmtntdes Confeitspour
en empecherl'é'xécution ; étant aufftJalouxde
la domination de la Mer Adriatique
,que du commerce dtVénise qui. en
fluffriroitconjiderablement.
Le Prince Electoral de Saxe a
pris congédelaRépublique, il passera
a Padouë & * Verone, pour s'en retourner
en Allemagne.
A Toulon, ce Aoust 1717.
L'Ambaj[adeur de la Porte qui
faisoit quarantaine dans la Rade de
cette Ville, y entra le z.Juillet & fut
saluédeVArtillerie de Terre & de
Mer. Il s'efi établi dans un assez, beau
Jardin, où il demeurerajufqttes a ce que
MgrleDuc ReoeHtaitenvote des 0'/-
dre' ponrqu % v ille rendes. lu Cour.Lafuite
cU cet Ambajfadettrefl mieuxcompoffe
07* plus nombreuse
,
cj'iccelle Ae
lTAmbaJfadeurdePerfs,Nous allons
presque tous les lOHrJ fumer avec ha,
CT boire de son C.tffe. C'cil un Turc
très poli) qui entend le François C-e /?
parle unpeu il a aupres de lu; un Je:!;l
François né à S. Denis Il ep. sur [on
départpourJe rendra à la Courjefuisçr:,
A Rome, le II. Aoust 1717.
Le Compliment du Afarquis del Btfalo
au Comte de Galas, faitici gr.:;:.!
hrHit; c'estuneréparation quecet A/nhajfadeuraéxigee
de ce Seigneur
,
ho nme
de Naissance & de la meilleure
condition parmi lesCheVdliefs Romains,
cfT de plus Chambelan du Pape. On
l'accuse d'avoirempêche Id JVôbleJfede
se trouver a ttneFêtepreptrée par l'A ,-i- baffadent, en 17t6, On prétend q:/:
Drin Alexandre Mtveu du Pape Vavoit
chargl de cette Commifion; le S. Pe .'e
ne voulant pds perm!ttre ces fortes d'affembtées
efiù ont l'dir d'un Bal. Apr y
cet erdre., te Marquisdel Bjtfato, deffendit
a fdfemmed'yalla; lafemme
qui ne peut se taire ,
le dit à d'autres
femmes deses Amies, pendant le tems
de l'Optra: Cette imprudence fut cause
que Ai.rAmbajfadeurse trouva seul
chez, lui avec tous sespréparatifs. Ce
Procédédésobl:géant lepiqua Jifort,
qu'ilyéfolut d'en avoir raifox. Comme
il fut obligé pour Ion de s'en rétourner
à Vienne , il différadesefaire
donner 'a réparation qu'il s'en promettoit.
Depuis son retour, il a mis la
chose en train & le Marquiss*eft'enfin
trouvéforcé de fairele Compliment
suivant ; ce qu'il fit dans ces termes, en
presencedelAmbassadeur qui étoit ajftï
dans un Fauteuil.
ECCELLENZA.
c Hrunque OJ) df divertire la Ncbilt.
1
,
dal vemre alLiconverfatione
preparata dj V. E. per la medefirna
allaquale , era (lata invitata ncl/i u't.:-
migiorni di Cam.vale dell'anno1^16.
cm intentione di fare qualche diJ/piacere
a V* E. t di perdere il rifpetto
allafuareprefenta-^a
,
commijeunatttane
infame) e indegna d'un Huomr
ben nato , non ihediCavs<ztiero.
Jdjianto <Î m: pa'l, Ecce!/;:J-,'z..,a) ;;t;) h"av;tto ,;am.ll tal'tytentions
, c mc./v
to meno ave potutoimagwarmi cof;
a/cund, chpr-ttJfc i:: pu*perombra dtrogareal
YI!) ,."dovutto li nel dire chs
chiHncjuefoJJ tn.utrru^to in detta Con- hz deuil Con.
njerfatioïie, ai'?r:bbedijgnitataSua
Santit-i
, e detefterei me mcdcfirvo
,
se
il mio dettopotejfc mai avere avuto alt'o
fine: Di ta-no m! flimo in ob,'?!g_1 de
fareftna CintjrtjJina dichiarniu'ne ilr.
E. anzi lafnpplico a perdonarmi daverladijfertta
ftno al ritorno de K. E.
proteslando,m
,
(he mi son gloriato e
mi gloriero femnre di prrteflareuna
fomna ve'cr.ztirne â'l' E. V. edallafua
Cefartaraprefente^x^a.
RISPO S T A.
Del Sig. Ambasciatôre Cesareo. s fg. Alarchefc Ricero le dijeolpe
tIl,lella m; fà
, e le fue e{pff(j;OrIJ)
e fpero che m awcmre fii ptOrirtmji
in maniera che. il fuo contegno non po¡..
sa epre efpojlo ad una fimjlra interpretstione,
& ch'avéraftmpreVOcchio alla
tjfer fm ,
ali" Onore de Juoi Atitenatl
sd al profittevole fatroetnio ,
th'elle'
jneotefima hà goduta altret voltèdelp
,A""!/-fltb Casa. --Oe en^donne ici la TraduétitHI.
Quiconque osadétourner la Noblesse
dese rendre à l'assemblée que
VôtreExcellenceavoir convoquéedans
son Palais, les derniers jours de Cd:
-
neval de l'année 1716 ,
dans le dessein
de déplaire à V.E. celui-là sans doute,
commit une action indigne d'un Gatlainlt--
homme & plus encor d'un Gen- homme.
, Quant à moi M. je n'ai jamais û
une telle intention ; encox moins aurois-
jepûimaginer quelquechose qui
manquât même en apparence au réfpect
quiest du à vôtre Caraétere en
îlifant que toute Pesonne qui setrouveroir
à cette aucmbiee, ne feroit pas
regardée de bon oeil de S. S. Je me détess:
el:Qis moymême, si ce que j'ai dit,
ait jamais pu avoir d'autre fin. De
-forte que je me sens obligé d'en faire
une sincere déclaration à V.E,&dela
Supplier de me pardonnersi je la-y difsérée
jusqu'à ce jour , vous protestant
,'lUe je me fuis fait honneur & que
je m'en serai toujours, de donner des
marques de la parfaitevénération que
j'ai pour V .Ë. & pour vôtre Caratterc
d'Atnbaffadeur de Sa Majesté Césatienne.
- -
Réponse de M. l'AmbllffAdfNr..
Monfieurle Marquis, je reçois les
exeufes que vous me faites, ésperant
qu'à L'avenir vous vous comporterés de
telle maniere, que vôtre conduite ne
pourra être exposée dorénavant àaucune
mauvasse interprétation
, & que
Vousne perdrés jamais de vue la gloire
de vos Ancecres, ni la proredion
avantageuse de l'Auguste Maison
d'Autriche dont vous avésréssënti autrefois
les effets.
Le 17 , a là pointe du jour, un
Courier dépêché par S. A. E. Mr de
Bavière, à Madame la Duchesse
,
trft
arrivé à Paris,- avec l'importante
Nouvelle de la Victoire remportée
par le Prince Eugène de Savoyé,sur
l'Armée des Infidèles
,
devant Bél-
>
grade, le 16 Aoust 1717. Cet Electeur
mande à cette Princesse ,que le iï au
foir
,
il avoitreçu un ExprésduPrince
Electoral son filsqui lui marquoit
que le IS ,
le Prince Eugène profitant
d'un
.'un Broüillard fort épais, avoir £r
sortir de son Camp 58 Bataillons & 76
Ei-dirons ;les ayant fait accompagnerde
toutes lesTrompettes de l'Armée
,Timbales &Tambours:Que
M. de Mercy commandoit 3$Efcadrons
de la droite & M. de passi îs
autres de la gauche 5 que ce fut ce dernierqui
commença sur les 5
heures du
marin
,
pendantleBrouillard, à atta,
quer lesTurcs dans leur premiere Parallèle
ou Retranchement qui n'avoitpas
fétc long -tems disputé:Que
la seconde Paralelle fut mieux- deffenduë,
mais, que la troisième fut
franchie assez promtement ; que pour
la quatrième
,
le Combat avoit été
fort opiniatre; le Canon des Ennemis
ayant été pris & repris trois fois pendant
ce tems- là. Le Prince Eugène
voyant que l'Infanterie& la Cavalerie
de la droite disseroient d'attaquer,
en envoya demander la raison:Les GënefaUx
IttL repondirent qu'iln'étoit
presquepaspossible a cause de l'obs-
,Carité. Ils donnèrent néanmoins dans
ce moment avec furie. Sur les-8 heures
, le Soleil ayant percé ces ténèbres,
ce Prince ramassa tout ce qu'il avoûde
Troupes, sortitde les Retranchemens,
a près avoir initie M. Le Duc
d'Arembeig à la Garde des Lignes,
& fondit pourlors si vi vement sur les
Turcs,déjà effrayésde la vigeurde nos
Troupes, qu'ils ne songerent plus qu'à
fuir; ayant abandonné au pouvoir
des Vainqueurs 80 Piéces de Canons
ou environ & vingt Mortiers, avec
leur Camp,Yetics &c. La Cavalerie
se contenta de traverser leur Camp &
d'aller un peu au -
delà. On ne
voulut pas, ou plûtôt on ne pût
pas ,aller plus loin, parce que nos
Chevauxétànt fort harassés, à cause
de la disetteprécédente du Fourage , manquoient de force pour poursuivie
les Ennemis. On envoya visiter éxactementl'état
du Camp des Infidèlesj
après quoi,on s'en mit en possession &
on laissa butiner nos Troupes.A la premiere
vue, on croit qu'il y a environ
huit à dix mille hommes de tuez de
part & d'autre. S. A. E. a joute que
Mg:r le Comte de ^eharolois &les
PrincesdeBaviére sont en bonne santé.
Ils ont accompagné le- Prince Eugéne
pendant toute l'Action. On a
trouvé dans le Camp des Turcs assez.
de Munitions, de Vi vres,de Chameaux
, iSi dé Chevaux, pour pousser jusqu'à
Semendria &: à Nissa. On ne doute
pas que ce ne soit le dessein du Prince
Eugéne
,
aufîl-tôt: qu'il aura pris Belgrade;
ayant présentement la facilité
de faire rafraîchir sa Cavalerie & de
bien nourir rltn Infanterie. De tous les
Françoisde nom, il n'y a û que le
Marquis de Villette qui ait été blessé
d'un coup de fusil,àtravers le corps. Il
paroît que les Turcs se font retirez en
très bonordre;puisque nos Coureursont
- poussé en avantjusqu'a 4ou3lieuës
sans avoir presquetrouvé de Traineurs,
parce que ces Troupes étoient fraîches
& qu'elles n'avoient point fatigué.
Le 23 , un Page de M.lePrince de :
Dombesquia toujours été auprès de
cePrince pendant l'Action & quiy a
même reçu une contusion ) a confirmé
tout ce que l'on avoit appris par le
Courier de l'Electeur de Baviére.
'Ce Pageestfilsde M. Solar,Ecuyer de
Madame laDuchesse du Maine. Il fût
-
renversé dans laCanonade du 5, avec le
Pre sonMtre,d'un bouletde Canon qui
donna à leurspieds.Toute la Cour lui a
fait des présens,pourles bonnes nouvelles
qu'il a apportées.Qij
DEUXIEME RELATION
Ecritele 16ajheures du fotryfnr le
Champ de Bataille devant Belgradr. L A Bataille qui vient de se donner
a commencé a 5 heures du
-
matin, àlafaveur d'un grand brouillard ,&
a fini entre 8&9. Les Ennemis avoient
poussé des parallèles & des especes
de tranchées si prés de nous,qu'iln'y
avoir plus moyen de douter qu'ils
n'eussent enviede nous attaquer;ce
qui fit prendre hier àmidi,à M. le
Prince Eugene, le parti de les prévenir
: Il fit sa disposition avec les Officiers
Généraux de son Armée &parut
ensuite en public, avec autant de
tranquillitéques'il avoir esté bien sur
de l'événement de la plus grande affaire
qu'il ût jamais entreprise. La Cavalerie
commandée par les Généraux
J. - Merci, Palsy & Montécuculli est sortie
par fadroite le long de la Save,excepté
quelques Régimens que l'on avoit
jaisse pour couvrir le Danube. L'Infanterie
a débouché par le Centre,
fous les ordres du Maréchal Virtemberg
&s'cilciouvec en presence des
Ennemis, beaucoup plutost qu'on ne
croyoit; parce que dans letemps que'
nous nous disposions à les attaquer,ils
Ce préparoient deleurcôté, à enlever
une fléche qui est au centre de nos
Travaux. Comme le brouillard étoit
épouvantable
,
l'on s'est trouvemëléaussitôt
que reconnu, ce quia engagé
un combat trés particulier, que les
Turcs ont soutenu avec vigueur'-,
maisnôtre Cavalerie les prenant par
leurflanc qui n'étoit pas soûtenu,
il a fallu qu'ils rentraient dans la
tranchée qu'ils ont deffenduë jusqu'à
trois fois contre le Général Merci. A la
quatrième,ils ont été culbuté. La Cavalerie
y a fait des prodiges deyaleur
,
Se
l'Infanterie s'est trés-bien acquitée de
son devoir :mais l'obscurité empêchoit
les Corps de se soutenir l'un l'autre.
Enfin leSoleil a paru&nousa faitvoir
nôtre avantage. Pour, lors, M.le Prince
Eugene a marchélui-même à une batterie
qui nous incommodoit beaucoup 8c
qui par sa prise à achevé de déterminer
le gain de 1A Bataille. LesTurcs n'ont
-
plus songé qu'à se retirer; nous abandonnant
80 piéces de Canon & vingt
mortiers, leur Camp rout tendu
& le Champ de Bataille. Le pillage
du Camp fait actuellement grand plaisir
à nos Troupes. M. le Prince de
Dombes n'a pas quitté M. le Prince
Eugène d'un seul pas: il n'a perdu personne
de la suite. Le Marquis de Villette
aété blessé prés de lui; son coup
lui prend à l'Omoplatte & lui perce
pardevant.Les Chirurgiens en esperent
beaucoup. Le Prince Eugène a eu sa
manche. percée a l'attaque de la batterie.
Le Géneral Hauben, le Prince
Taxis, le fils du Maréchal Passi, lesP.P.
de Virtemberg
,
de Hesse & un Cadet
Lobicauvifz ont été dangeresement
bldIë. A vous dire le vrai, on ne
sçait point encore nôtre perte ni celle
des Ennnemis : Elle est assezconsidérable
, puisqu'il est rare de trouver de
la Cavallerie capab s ce forcer4Retranchemenssoûtenus
par de l'Infanterie.
M. M. les P. P. dePortugal,de
Bavière, de Charolois de Lorraine U
le Marquis d'Alincour, ont toujours
accompagné le P. Eugene.C'est dommage
que le Grand Visir ne nous ait
pas fait l'honneur de nous attendre:
On luiensçait mauvais gré. Il fuit à
tire d'aîle. Nous allons prendre BelgradeenPantoustes
, puis nous reprendions
le chemin de Paris. M. le Comte
d'Estrade n'etf pas trop bien; tous
ces mouvemens lui aïant causé la siévre,
l caufede sa blessurequi est grande.
On lui coupa la jambe,le6 de ce mois.
SVPPLEMENT
des Nouvelles deParis.
1 L n'est pas vrai, comme je l'ai
marqué à la case 112 du Mercure
de Juillet, que M. le Duc d'Albret
grand Chambellan, ni M. le Prince
deBouillon reçuen suivivance, ayent
û part à la contestation qui s'éleva
entre M. le Comte d'Eu & M. le
Duc de Mortemart, pour donner la
Chemise à S. M. ; puisque ces deux
Seigneurs ne se trouvèrentpointalors
chez le Roy.
Mre Charles-René de Maupeou Seigneur
de Bruyeres, Maître des Requêtes
, fut reçu Président au Parlement
de Paris, ensurvivance de M. de
Menais le 20. Aoust. Il est fils de
Mie René de Maupeou Seigneur de
Bruyeres,President de la premiere des
Enquêtes du Parlement de Paris, &"
de Dame Charlotte le Noir;petit fils
de René de MaupeouSeigneur de
Bruyeres ausiPresident en la premiere
desEnquêtes, mort Conseiller d'honneur
en 1694, & de MarieDoujat&
arriéré périt fils de René de Maupeou,
Seigneur de Bruyeres,& de Noisy sur
Oyse,President de la Cour des Aydes,
mort en 1648
,
& de Marguerire de Creil. La famille de Maupeou est une
des plusanciennes&des plusillustrées
de la Robe: Elle s'est alliée à celles
de Feydeau, Fouquer, Villemontée
Marescot
,
Phelypeaux
,
Jubeut de
Bouville &àcelledeLamoignon. M.
deMaupeou qui donne lieu àcet article
ayantépouséen 1711 Anne-Victoirede
Lamoignon,petite fille M. de Basville
Intendant de justice en Languedoc.
Plusieurs personnes m'aïant écrit
de Province
, que j'avais ômis dans le
Mercure de Mai,là demeure de M. de
Villars qui distribuë l'Eau Divine,
dont les effets étonnent la Médecine
même ;.je répare ici cetomission,en les
avertissant qu'il loge dans laruë- de la
PoilTonnerie qui donnedans la ruë.
Mont-Martre. -
On vient d'apprendre par la voye
de Bruxelles, que M.- le Marquis de
Prié avoir reçu un Exprés dela Cour
de Vienne,avec L'agréable nouvelle
de la reddition de Belgrade;cette
Place ayant arboré le lendemain 17
un Drapeau blanc:Que le 18 on eftolc
- convenu de la Capitulation sur celle
de Temefvvar ;que le 19 la Garnison
estoit sortie, nous abandonnant 350
Pieces de canon & tout leur armement
naval.
M. de Kinigsehg Ambassadeur de
l'Empereur en France, donna Samedi
dans (on Hôtel une magnifique Fête
pour la victoire remportée par l'Armée
Imperiale sur celle des Turcs. -
AVIS
AU PUBLICF
Eu Madamoisellb FARts, qui
étoit Vtiniatic pour préparer les
Peaix Divines-, ayant liJr) oeprez,sa
mort, [onsecret
, AH. sieur CcrJisr son
Gendrej il acrh tnterejfer la curiosité
du Public, en lui sa:jantpart des qu*-
htez, ejftntielles cr de l'tjfttmervilleux
que produiffent ces Peaux Dvines.
i. E-lesguenjfentles Para!yfe;rCÍ;-
uellementformées
,
les les Goûtes Sciâtiquess,
,
Hjdror;(ls
TJmpanique, les humeurs froides, les
Coliques,Opprfflîonl de PotriiJe,JI,f.;v\'
de The
,
Opptlattonsde Rate : Ces
Peaux font sortir pareillement les si'-
cez, çr Rhumattfmesquipourraient s'être
formé dans la Tête, en appliquant
sur la partiemalade, une Calotte faite
deces mêmes Peaux.
z. Ellesfontegallement propres pour
guérir les Afaux -ae Reins & toutes
les douleurs que l'on peut ressentir par
le Corps,comme LJlitudes
,
Courbatures
,
Afauxd'Ejlontaih, AIaux d'a.
varture, Panaris,Fluxionssur le vij.
rge, sur la Pt'.t,'ine ov ailleurs.
3. Les Perfmnes qui ont été attaquées
de la Pleur.fie & de la fausse
ple;rèfn\ de wtwque celles qui étoient
fillettesaP^Àpoplcxc c" -à la furdtté,
s'en fort parfaitement bien trouvées.
Enfinces Paux Divines ont 4.vertu
1. de réveiller la chaleur naturelle
oÙ eue paron eteinte& interdite 2..
dlouvnr les fores. ;. de fondre l'humeur.
4. de la faire tropfpirer: Elles
font outre cela, très mceffaires pour
sapetite Verolle
,
les Fièvres pourprettfèj,
Dartresvives & les Cors despieds.
L'excellence des cesPeaux eftjigrande,
qmbien des gtns" tant de Paris que de
la Province, feront bien aisesd'être
instruitesquelles peuventfervirjefpace
de zo. Années; & comme ilferoit inutile
de faire ici renumeratioh despersonnes
de tout sèxe, de tout age
, <&
de toute condition quj. en ont étégus-
'Tl£s,le fleur Cordier en donnera la Lifte
à tout ceux qui lui feront l'honneur
de VtdUrvoir.
Le GeurCORDIER demeu-
'le chez MonsieurMétas Marchand
Epicier, au haut de la ruë de la Coutellerie
&de la Vannerie, vis-à-vis
laruë Saint Jacques de la Boucherie,
au premier a ppartement. APPROBATION.
J A Y lu par ordre de Monseigneur
le Chancelier, le Mercure d'Aost
7717. J'ay crû que la levurede cet
Ouvrage continueroit d'estre agreable
au Public Fait à Paris ce 31 Aoust
1717. TERRASSON.
HIstoire du Conclave dans lequel fut
Elû Alexandre VII. c.
Lettre en Prose & en Vers,par Mr
Gravelot 4-S.
Rlponfe à la Lettre précédentepar Mr
Mtchd. 4S.
Epigrammes par M.Boudier. 51..
Plainte A l'Amour, par J.L.P 54.
Bouts Rimez,parMonjïcptrde C. Se.
JournaldeHongrie. 57.
Relation de la Bataille Navale entre
les Vénitiens&les Turcs. 74. tesMoelJrs du Peuple de Paris3 par
le Theophrafie modems, 87.
Journal de Paris , 99.
L'Eau de Mer-renduepotableparM.
- Gautier Dofteur en Medecint* 101.
Bouquet à S. A. S. Madame la Princeffe
de Conti, par M. Fufelier no.'
A. A. Mgr. le P.de Cor.ty, futlaNaissance de
M. ic Comtede laMaich; son Fils, par M. dcC. lJ.
Reproches- en Veiî à Mlle. V. pif M.leChetalier de
S. Jcty., - *J4.
*«foicil, 04c AnacréoQtique patk même.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le