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D Eux de mes amis qui se dvouaient
,
l'un à la Chaire,
l'autre an Barreau
,
m'engagérenril
y a quelques années, a écrire cecy; Jeprétendois bien moins leur donner
des avis, que m'tnflrturc moi-mime
dans une Profession: jQupique
ces Réflexions ayent étéécrites comme
elles se font préfentles a mon
imagination, & qu'elles soientfort
préctfes & fort abbrtgéts, elles ni
laijfentpas derenfermertOHtVA^t
deia Déclamation. Ce petit Traité
que jen'avaisfait,qua la fo'hcitatton
de mes amis été par
eux rendu public, ùt le bonheur de
ne par déplaireaquelques Personnes
Uluflres dans la République des
Lettres;& même on me fit thonneur
(Uns m'en rien c(¡,mlmi.
yver)del'inférer dans l'Htfroire
des Ouvrages des Sçavans, au mois
deJuin170^
-
Je loffre ici fort augtnenté>
corrigé& en meilleur état
cjHil nu paru en Hollande: J'ai
(H;vi pour cela les conseils de plu-
Jiturs perfonves qui conllo"¡[ent la
Dfdttmlltio;¡, cr j'aiprfitl, autant
qu'il m'a été pojftble, des lumières
des ailleurs de la Troupe du Roy
,
cjHi ont bien vDulu M'honorer de
leurs ai";s.
REFLEXIONS
suR.
L'ARTDEPARLER ENPUBLIC.
E ne parle point ici de
la composition d'unDiscours,
c'est un Art qui
me paile. Je ne parle
que de ce que les Rhéteurs
nomment Prononciation, a
c'est-à-dire,des Qualitezextérieures
de l'O rateur , comme la
a Pronunciatio dividitur in vocis
figurum ,J' corporismotum. Cicer.
ad 11er. io.ÀLij
Voix, le Visage, le Geste, &c.
ce que nous autres Comédiens
nommons; Art de reciter, ou simplementRecit,&
ce que l'on apelle
ordinairement au College
, & ailleurs
, Déclamation. Ce mot, Declamateur,
n'est pas pris, je crois,
en bonne part: Il signifie en Rhetorique,
unOrateur qui employe de
grands mots empoulez, qui n'ont
nulle solidité,& qui ne disent rien;
maisnous, nous nommons Déclamateur,
un Acteur qui récite toujours
sur un ton emphatique, ce
que nous appelions, Chanter.
Les belles Voix font quelques
fois sujettes à cette forte de récit,
& donnent un peu dans le chant.
Cette maniere n'étant point trop
assembée,nelaissè pas quelquesfois
de plaire, & d'avoir ses partisans
elle est frapante quand elle est bien
ménagée, & elle n'est pas toujours
vicieuse. Les Tragedies de
M. de Racineont été récitées en
partie dans cegoût, c'étoir un peu
l'a maniere de cetIllustre Auteur,
& MlledeChampmeslé,aqui charmoit
la Cour, & Paris dans HCImionne
,
dans Berenice & dans
Phedre,chantoit un peu, sij'ose le
dire;mais,comme elle s'étoit ren- duRécit naturel, &que d'ailleurs
elle récitoit les Rôles des
Tragedies du Celebre M. de Correille
excellemment, & dans toute .-
une autremamere
,
elle a pâlie
avec justice pour une Comédienne
achevée.
aQui ne connaîtlinimitable Ac-
-
trice,
Kefrefentant ou Thtdrt otBerenice,
Chimene en pleurs, ou Camille en. Preur.
-.
M. de la Fontaine.
JÂmaisIphigenieenAulidx immo-
N'A coûtétant defleurs a la Grèce
assemblée ;
Quedansl'heureuxfpeftacle 4nos yeuxétale; * Eh a fait fous fin nom verfer la
- Ckamfmejlé. M. Dc:{pIaux',
Le seroit ici une occasion bien
favorable, pour parler des Actrices
qui l'ont remplacée; mais je ne
parlerai dans tout ceci d'aucun
Acteur de Paris: Je suis de la professionil
me siéroit mal de vouloir
faite des Dissertations sur le
mérite de personnes, que nous regardons
comme les Maîtres der
l'Art. L'estimequela Cour & Paris
ont eûë pour quelques Acteurs, &
quelques Actrices que l'on a û lemalheur
de perdre, ou qui ne font
plus dans la Troupe du Roi; 8(
les justes applaudissemens que reçoivent
encore tous les jours ceux
& celles qui leur ont succedes; tout
cela, dis-je; prouve ânes que la
Déclamation, ou l'Art de réciter,
dans la Tiagedie & dans la Comedie,
aétéporté sur le Théâtre de
Parisà sa perfetion: Les Lumières
naturelles&lesTalens acquis des
Atteins , la fréquentation des personnes
polies & spirituelles, les
avis des Auteurs, le goût juste&
délicat des Audicems
, tOUC enfin
contribue à rendre les Auteurs de
Paris, parfaits dans leur Art.Après
cette digression, je passe à mes Réflexions.
Of
LaDéclamationestd'unefigrande
importance à l'Orateur, que
Ciceron dit qu'il ne sçait, a lequel
des deux il prendroit, s'il étoit forcé
au choix, ou TAr" de composer
excellemment un Discours
a ou
la belle maniéré dele débirer. Ces
deux qualitez forment le parfait
Orateur.
L'Art de réciter, ou la Déclamation,
demande un heureux naturel
, dit Ciceron; ba
N'en facile dixerimusanpronunciAlio
magisvalcat3 nAm commoda
tnventiones&cominna verbowm f<
loCKtiancs,(jrartifkioftdlfpofitiones,
& diligens omnium memoria ,
fine
pronunctAtione
2 non plus quantfine
bif rtbfts pranunciatio sola valerct.
bCic. adHeren.lib. I. n. 19. Sicfentio naturam primnm ad
dicendum vim afferre maximam.
Cic. de Orat. lib. 4.
Et Quincilienprétend que sansles
difponcions naturelles, l'Art& les
préceptes font inutiles'. a
Je conviens de celaavec ces
Grands Hommes, mais cette réglé
feroit-elle si gencralle, qu'elle hut
ses exceptions? Avec un peu d'étude
& de recherche, ne pourroit
on point trouver l'Art de toûcher
les coeurs dans la Déclamation ?
Les déffauts naturels ne pourroient-
ils pas être corrigez par l'exercice
& l'application
Ciceron n'étoit pasdans les com-
KiencemenSj fortgracieux,ilavoit;
i a Nihtl proecepta atque artesvalere
yftijtadjuvante yiatwa. Quindi.
Ciceron & ,Oulntilîen parlent en
generatde tout ce qui concernel'Orateur;
mais, comme la prononciation
est une qualitéejfentielle a l'Orateur,
je raporte uniquement ces
passages a mon idée, & purément à
laDéclamation:Dicendumfavori.i
se ma pet/fée, bien quece ne foit pas
la véritablesignification de ce mot.
dit-il; luimême
, a la voix foible
& quelques autres ddfuts, mais
l'exercice & l'application surmonterent
tous ces obstacles; & il sera
toujours confideré comme le plus
grand de tous les Orateurs.
Demosthenes, b malgré une
comlexiontrès délicate, une difficulté
de parler; les detfauts du
corps, & le peu de soin qu'on avoit
pris de cultiver (on Esprit, par
l'éducation; Demosthenes, dis-je,
par un travail assidu, triompha de
toutes ces difficutrez
, & parvint à
un si haut point d'éloquence, que
a Erattunemaximagracilitas &
infirmitas corporis procerum di tenue
col/um, labor & laterum contenti,
fed omnia victt labor. Cic.
deClaris. Orat.
b In Demosthenetantumstudium
fnijfe,tanttifquelabor dicitur, ut
primum impedimenta p,.atur,indurtria
diligentiaque Juperarit
, cumbalbus
effet, &c. Ocer.
Ciceron le propose pour modèle à
tous les Orateurs. a -
Dans l'Art de reciter, je comprens
la Chaire, l'Ecole, Le Barreau
,les Harangues, le Ministere
politique, laLecture,laConversation
même.
Le Théâtre renferme-toutes ces
choses, comme je le dirai dans la
suite:Et à propos de Lecture & de
Conversation, je fuis surpris d'entendre
quelquesfois parler & lite
si mal, des gens qui ont du mérite
& de l'esprit b
,
cela vient de ce
que n'ayans aucune disposition, ils
négligent l'Art & les Préceptes qui
a Nemo efl0rator3iqni se Demofiheniftmilem
esse nolit. Id.
b Surit quidam ant ita Itngtta hesitantes,
aut itavoce.abfini, aut
ita vultu,motuque corporis.vajfi atque
agrestes) ut etiam JiingeniisIlt-
-
<jue arte vaieant, tamen in Oratorum
numerum venire non eojîtnt.-
Cic. de Orat. - pourroient
pourroient corriger un peu leurs
deffauts naturels.
Rien ne peut plaire, étant mal
débité. Soit qu'on lise, soit quoa
parle, foit qu'on raconteune Avanture,
foit qu'on fasse un Compliment
ou un Conte plaisant, il doit
yavoir un certain Art dans l'Action
& dans la Voix,qui doivent
toutes deuxêtreconduites, &ménagées,
selon letems, 1. lieu, les
personnes, &c.
Il est confiant que toutes cesf-ortes
de Déclamations se trouvent
au Théâtre,&j'ose dire, que les
OrateursProfanes & Sacrez mêmes,
peuvent profiter beaucoup
pour la Déclamation, quand nos
belles Pieces sont representées par
de bons Acteurs.
Tous les hommes paroinent sur
la Scene,Heros, Ministres d'Etat,
Gouverneurs & Confidens de Princes
; tous les Caractères y sont representez
, toutes
-
les Passionsa y font exprimées, la Tendresse, la
Haine, la Joye, la Douleur, la
Fureur, la Crainte, le Desespoir,
b &.c.
Enfin,quandunComedien se trouve
doüédesQualitez de l'Esprit,&
des graces naturellesdu Corps,&
qu'ila avec celal'amesusceptible
des Passions (Talent rare, mais
absolument necessaire à l'Orateur)
quand (e trouve, dis-je, un tel Acteur,
c'est un modèle que toutes
les personnes qui parlent en pa-
*tusçais bien, RAcm, al'aide
d'un jiEteur>
Emouvoir, étonner,ravirun Spec-
-
tateur. M. Dcfprcaux.
b De tous nos mouvemens, es - ttt
1 donc laAfflttreffe?
Tiens-tu nôtre coenr dans tes mains?
-
Tu feins le Defefpoirja Haine, I4
Tendresse,
Etjesens tout ce que tu feins. M.
de la Motte, Ode à Mlle Duclos.
blic, doivent imiter:Ce font deux
Comediens qui ont fait les deux
plusGrands Orateurs du Monde, a
Satyrusforma Demosthenes,& Ciceron
étudia la Declamation sous
Roscius,
Je ne donnerai point à cecytout
l'ordre, & l'arrangement, qu'on
pourroit donner; je jetterai sur
le papier mes Reflexions, comme
elles me viendront dans l'fcfprit
; je ne prétends pas ttaiter à
fonds la Declamation, ce n'est,
à dire vrai, qu'une ébauche, &.
tout ce que je dirai, ne fera bien
connu que de ceux qui parlent en
public.
Je dirai d'abord,que tout homme
qui parle en public, ressent au
commencement, une émotion qu'il
cft difficile de ne pas avoir; mais
qu'il faut pourtant tâcher de vaincre
: C'est une especede timidité
que les plus grands Orateurs, &
,
a VoyeuPIutarque dans la Vii
deJJiTKllh
les plus excellens Auteurs ont peine
à surmonter quelques fois, fur-
- tout quand il y a long-tems qu'ils
n'ont paru, ou
qu'ils retirent un
Ouvrage nouveau. Quand on est
connu, aimé &reçu favorablement
de l'Auditoire, comme certaine
Orateurs, certains Acteurs, certe
altération ne se fait sentir que legerement;
maiscette émotion efl
toujoursviolente dans un homme
qui n'dl pas connu, ou qui n'dl
pas fort accrédité dans l'cfpric du
public. L'experience&l'habitude
-nment pas toujours cette émotion.
Pour remedier à ce mal presqu'inévirable,
il faut avant que de parler
, contempler modestement ses
Audieurs,setranquiliser, rcpren.
dre, pour ainsi dire, haleine 8ç se
donner par là le tems & les moyens
de se
rassûrer.
Surtout ne nous frapons
point trop de la pensée f. que
nous sommes l'objet de tout un
Auditoire,& que nous allons parler
devantun Peuple qui n'est afsemblé
que pour nous écoûter. a
Ces reflexions intimident,&la trop
grande timidité est nuisible; d'un
autrêcôte une trop grande assurance
est dangereuse. L'Auditeur
qui veut être reCpeété
,
la croyant
un effet de la presomption de l'Orateur,
se révolté. Il faut éviter ces
deux extremitez,&garderunjuste
milieu, pour gagner la bienveillance
de l'Auditoire, & le prévenirfavorablement.
MEMOIRE.
-
Pour parler en public, il faut
avoir la Mémoire belle, si elle est
incertaine & chantelante, on ne
peut jamais bien reciter .[on Sermon
,sa Harangue, son Plaidoyer,,
son Rôle: La trop grande contention
d'esprit, causée par la
4 Magnum guident onuJ est profiteriseesse
otnnibHS filentibus Mnum
maximis dç rébus AHdiendHm. Cic.
deOrat.
crainte de manquer, altére le Vi.;.
fage,dérange-l'Action
,
affoiblit
la Voix, & fait fuer l'Orareur, &
l'Auditeur; mais,quand la Mémoire
est ferme ôc assûrée,on manie
son discours
, on est maitre. de ses
Tons,& de sesGestes, &cette
confiance qu'on a en sa Mémoire,
donne de la liberté dans la Voix
& dans l'Action; c'est une verité
connue de tous ceux qui parlent en
lpaublic:Au reste, quoiqu'on dise de
Mémoire artificielle, je ne crois
pas qu'il y ait desregles bien fûres.
Chacun a sa maniere d'apprendre
par coeur, &sefait une espece de
Mémoireartificielle; mais le plus
grand secret pourfortifier, ou pour
acquerirde la Mémoire,c'est de la
cultiver danssa jeunesse,de l'exercer
souvent, & surtour l'assujettir
d'abord à apprendrefort correctement
men;t; cchlioosre- absolument necessaire,
& qui étant négligée dans les
commencemens,donne bien de la
peine dansJa fuite.
PRONONCIATION
ET ARTICULATION.
La Prononciation doit être reguliere,
c'est-à-dire
,
selon les regles
de la Langue & le bel Usages;
il faut qu'elle n'ait rien d'ignoble.
L'Articulation doit être coulante
,
nette & insinüante: Dans les endroits
passionnez
)
il faut presser
son Discours; mais il ne faut pas
trop s'abandonner à son feu, &on
doit prendre garde de ne pas bredouiller,
comme dans lesRaisonnemens
:Il faut éviter le trop grand
flegme; car la lenteur de parole
est capable de glacer tout un Auditoire.
Je dirai en passant,queceux qui
ont l'Articulation, ou trop lente,ou
trop précipitée,& même ceux qui
parlent gras, peuvent répeter
leursDiscours avec de petits cailloux
dans la bouche, a en s'éffor-
4Onlesmttfous la Langue.
çantdebien prononcer. Sion a la
Mâchoire trop pefanre,eUe se
rend par là légere , &si on l'atrop
précipitée, ces petits cailloux modérent
l'impetuositéde la Langue,
&&tteCrmoppeérrCc8aCc lavivacitéduRecit. 1RecIt..
Demosthénes, qui étoit bégue
,
(e
servoitdecailloux,&j'ai vu quelques
Aékurs, qui avoient quelques
uns de ces deffauts, qsi
ont acquis par, ce moyen, une Articulation
, & une Prononciation
sfTés julfce.
CONTENANCE,
OUMOUVEMENS IUCOHIS.
Ceux qui parlentenpublic, doivent
avoir un Air, & une Contenance
modeste,aisée, gracieuse &
naturelle,foit assis, soit de bout;
aQuin ttiam lit mamvri& praAi-
Hlm est CONFETTIS Í#OJ COICHLIS , FMN~
ma. yvtrffts- mtdtos ttxo fytrttH
prccfwciareconfuefichât. Ciccr.de
Orar.
tous les mouvemens du Corps doivent
êtrefaits avecgrace , &à propos.
Dans un Compliment
, par
exemple, un Orateur auroit mauvaise
grace de s'agiter, & de marcher.
L'Avocat est moins reservé
là-dessus. A l'égard du Predicateur
, il ne peut rendre son Caractére
trop respectable;ainsi, tous ses
mouvemensne peuvent être trop
nobles; d'ailleurs [comme il est
renfermé dans un espace de peu
d'étenduë] on n'en voit que le
butte: Les Prédicateurs font quelques
fois assis & quand ils parlent
d'un ton familier, comme s'ils railonnæcnt
tête-a-tête avec quelqu'un
, cette tranquilité a de la
grace,& a un air plus persuasif;
leur Action pourlors esttrés-simqpule'i;
lsellene passe pas le coude
appuyent sur le bord de la
Chaire, ils n'ont de mouvement,
que dans lesdoigts & les poignets;
mais,quand ils veulent exciter dans
le coeur des Auditeurs, certaines
grandes Passions, foit Terreur,
soit Pitié; alors, ils sont debout,
& donnant l'effort à leur Voix & à
leur Action, tout est violent, tout
est rapide, tout est vehement en
eux.
LES TONS
cuaFLEXIONS DE VOIX.
La Voix de l'Orateur doit erre
naturellement nette, sonore, sans
être trop perçante,semblable à une
belle Taille de Musique, que les
A Plufteurs personnes disent &
écrivent
,
inflexions de voix. &
je ne prétendspas les blâmer ; car on
dit en Latin, vox ad inflexîonem
facilis., vox flexilis ; mais,corprrJe in
pourvoit avotr en François un Jens
oppof/àmon Idée & être pris dans
le mêmefeus^'inflexibilité,;'** cru
devoirmeservir de flexionsde voix,
d'autant plus que cejt parmi nous
autres Comediens,le Terme Nous
disons d'un Atlcur, qui rectte d'une
certainefaçon, qu'il n'a point de
flexions.
Latins appellent Ténor, pour se
prêter à toutes les flexions imaginables
; c'est-à-dire
, pour la rendre
mâle,tendre, sorte
,
baffe, fé-
Ion le Discours, mais toujours intelligible.
Le Harangueur & le
Ministre d'Etat n'ont p-is toujours
besoin d'une si grande Voix, Ilmais
dans la Chaire, au Barreau , & au
Théâtre, il faut quelques fois faire
du bruit, pour reveiller l'Artentionde
l'Auditeur: Pour cela, il
faut prendre sur ses Poulmons
,
il
ne faut pas cependant crier, s'enroüer,
& comme nous disons s'engouer
, & c'est à quoi nous sommes
quelques fois sujets au Théâtre
; le feu nous emporte& [pour
me servir de nos termes ] nous
épousons trop la Passion; & nôtre
Période n'dl pas finie, que nous
sommestoutessouflez. Pour prévenir
cet accident,il faut se donner
A Subfellia grandiorerrf & plen;
orm voetm defidtrant. Cicer.in
Brut.
*
des tems , c'est-à-dire , faire de
petites pauses, présqu'insensibles,
en reprenant legerement la respira.
tion, & en soûtenant toujours
les Yeux & l'Action, pour tenir
l'Auditeur en haleine, & attentif
jusqu'à la fin de la Periode, sans
la laisser tomber,comme font plurieurs
personnes qui parlent en public.
Ces aspirations étant légers.
ont toujours grace dans le Récit,
elles en font l'Ame, & c'est le plus
grand Art de la Declamation i-c'est
par làqu'une Période dite rapidement,
presque d'un même port de
voix ,&finie sur un ton un peu emphatique,
fait un bel effet au Théâ-
[[e,& que s'attirantun applaudissement
général,l'Auteur fait faire
ce que nous appelions le Brouha-
ha. a
a Un Marquis dans le Misantrop:
e .deEMr detMoliére dit: fairedu fracas
ui tous les beaux endroits qui méritent
des bas.
D'autres
D'autres Périodes le disent encore
par gradation, c'est-à-dire ,
en élevant de plus en plus la Voix,
pour faire sentir la force de son Discours
à l'Auditeur; cette dernière
remarque est presque la même que la précédente, & la pratique seule
en fait connoître la differenc.
On ne peut jamais bien exprimer
ce qu'on ne erelient pas vivement;
mais cependant, il faut se posseder,
il ne faut pas trop se penétrer
soi-même, ni s'abandonner (comme
je crois déjà l'avoir dit) à son
feu &àsa Passion ; car on s'étouffe,
la Voix se pert, & la Mémoire même
se trouble quelques fois: Ces
tems, & ces petites pauses
,
dont
j'ai déja parlécy-denus,ménagées
avec art, seront d'un grand secours.
Au commencement du Discours,
il faut parler modestement,un peu
bas, a mais intelligiblement : Au
a Exordinm VlhtmenJ, & pugnax
essenondebet.Citer, de Orat.
Lib.i. C
milieu, ilfautmoins seménager.
& sur la fin
, on peut prendre 1 effort.
Rien ne fatigue plus que d'entendre
un Orateur, toujours sur le
rnme tion, ce qui s'appelle Monotonie.
a
On doit changer de ton; mais
sans observer une certaine méthode,
& un certain ordre didactique,
comme quelques uns, qui se font
une maniere de Récit qui, dans
chaque Période, est toujours le meme
;on diroit que c'elt une espèce
de Chanson, & un refrein qu'ils
reprennent de tems-en-tems &de
phrase en phrase : Rien n'est plus
propre à endormir un Auditeur.
Les Expositions doiventêtre dites
, sans grandes flexions de voix.
Les Raisonnemens doivent être
naturellement variez de appuyez.
a yid awes nefirns & Scrmonls
.suavitatt.,. quid eli viciffitudine &
<commHtAtio»c aptins ? Çicer. Jo de
Qrat. 1
Les Narrationsdoivent être cour
Ces.
Les Portraits ne doivent point être
tropchargez: Il n'y faut point trop
faire le Comédien;je parle surtout
pour laChaire Quelques fois nous
sommes obligez de charger un peu
nos portraits sur la Scene, mais
autre part, c'est un deffaut. Onvoyait,
par exemple, autrefois
des Prédicateurs, qui faisans le
Portrait d'une femme mondaine,
prenoient des Tons esseminez.
Rien n'est plus ridicule.
Ondoitéviter cette Déclamation
Scolastique, qui, avec des Tons &
desGestes trop étudiez,& si j'oie
dire, Pedantesques,prétend exprimer
jusqu'au moindre mot. a
Les Tons trop bas, c'est-à-dire,
qui ont, je ne sçai quoi de trivial
doivent être bannisd'un Discou, rs
grave & serieux.
a Mon verBa exprimens, fed utriverfam
rem &[enlentilfm. Cicer.
dc.Orat.lib..
Les Tons doux, tendres,& affectueux
gagnent le coeur.
Les vehemens le frappent de
terreur.
Les familiers s'insinüent & gagnentl'esprit.
Ilfaut étudiertouteslesflexions
de Voix convenables aux Passions,
mais tous les Tons doivent être no- bles& naturels.
- Enfin, la Voix étant un don de
la Nature,on doit appeller heure
x l'Orateur qui la belle; mais <Jle qu'elle fait, basseou haute
mâle ougrêle, belle ou non bellej
il faut la conduire naturellement,
pour se faire toujours entendre
,
par une prononciation& une articulationnette:
C'est par làque plusieurs
Orateurs, & quelques Acteurs
,sans beaucoup de voixa font
écoutez favorablement, 3c trouvent
l'Art de plaire.
LEVISAGEl ETLESYEUX.
Le Visage doit n'avoir rien de
choquant; il faut se leiendre parlant
; mais sans grimaces -Les Pas-
-- sions s'y peignent d'elles mêmes quand l'Ame est touchée, , a Les
Yeux doivent être ouverts, &les
Sourcils élevez dans certains
grands mouvemens ,
mais sans paroître.
égaré. Il est inutile de dire ,
que leSuperbe éleve sa vue, que
l'Humblela baisse, que leMéprisant
& le Colère tourne les yeux
de côté, car, la Nature d'elle-même
dans la Passion
,
fait toutes ces
choses & on n'a pas besoin d'avis
la-dessus.Ilfufifradedire,quela
Vûëfixe,ferme de assûrée, est une -
chose à laquelle doit s'attacher
l'Orateur. C'est dans l'oeil qu'elle
rétion & la force de la Déclamation.
Un oeil vacillant, & dont
les regards ne sont ni fermes, ni
arrêtez, 8c qui n'a nulleexpresa
VultHSACfrons mirai est JSNTIA -
qH* Jîgmfictit voluntatem ab-xham
retYHf41l1. DePtfl. Confulc. rw-
34» -
iibn, n'excite aucune Paillon
, &-
ne remue point le coeur de l' Auditeur.
Lesmomuovuevemmeennss du VViisfaaugce
sans l'oeil, sont inutiles, & ne sont
aucune impreission. L'oeil doir parler
dans l'Orateur, puisque les.
yeux font des miroirs qui réprefen-
- tent ce qui [e palTe dans notre
Ame: Celaestsivrai, qu'au récit
d'une Avanrure , D'Je: yeux marquent
& découvrentl'interet que - nôtre coeur y prend: A propos
de cela, je ne puis m'empêcherde
blâmer-certains Acteurs, quisur
la Scene,ont unoeil distrait, &qui
n'écoutent qu'àdemi& froidement,
celui qui leur parle de cho
ses importantes & - inrcrdfahres..-
Un bon Acteur attentif à tout ce
quisepasse fous sa vue, fait connoître
par ses seuls mouvemens extérieurs
, & surtout par ses yeux,
que son Ame est touchée de ce qu'il
voie, ou de ce qu'il entend, &
sans ratier il couche l'Auditeur.
L'ACTION OU LE GESTE.
Le Geste doit toujours précédée
d'un instant le discours, & finir
avec lui. Cela se fait naturellement
: L'Avion doit être noble,
naturelle, gracieuse, importante,
animée, vive& legere tout cela
à propos:Elle ne doit point êtretrop
étudiée, ni trop recherchée:, point
outrée. Porter les mains plus haut
que la tête, fraper des poings,
ou les mains l'une dans l'autre,
mettre les poings sur les cotez,
montrer des doigts, les écarter,
étendre les bras en croix, avoir
trop de Gestes, ce qJi s'appelle
gesticuler
,
observer une certaine
action reguliere d'une main à l'autre
,
n'agir que de la main gauche
seule b, font tous gestes vicieux qui
a Geftfts aberttàfccnico nec vulttè
nec manu nec excHrJtonibus ntmtHï,
Fab.lib. i.cap. i.
b Shiftra mannsnunquamfoldrcC*
tegefinmfaçit. Gran. lib.6.cap.&
neferont pas suportables sur. la
Scene tragique , & qui ne peuvent
convenir qu'aun COiruqUC:, &qui
par consequent,ne peuvent tre reçûs
dans un Orateur grave. Jedirai
pourtant que ces gestes-là étant
menagez,seroientsoufferts dans des
fureurs & d'autres passions vehemenres;
surtout dans un homme
gracieux. Nous en avons plusieurs
exemples au Théatre & ailleurs ;
mais ces exemples ne sont pas à
suivre. Un grand Orateur & un
grand Acteur peuvent hazarder
quelque chose, on peut les imiter
, maison ne doit les imiter que
dans ce qu'ils ont de beau, de bon
& de naturel. Il faut étudier toutes
ces choses
,
mais se les rendre si
farnilieres,que l'art en soit entièrement
caché a pour se rendre plus
vrai, plus naturel, & plus persuafif.
a UbicwnqHeArsoJientcHtatur,
V: tas abesse vidctnr, Quinulib.
IO.cap .4. j
Le trop d'art dans la Voix &
dans l'Action, ainÍt que dans là
compolîtion d'un discours, rend un
Orateur (cc, guindé, &pédant.
Enfin, on se souviendra qu'onne
peut,& qu'on ne doit pas mêmevouloir
faire tout sentir dans un
longDiscours & dans unlong Rôle.
Les endroits négligez
, ou pour
mieux dire, moins marquez sont,
comme les Ombres aux tombeaux.
a
Ce font icy des Règles generales,
qui en détail, demanderaient un
volume, &ilsetoit necettaire que
quelque Illustre Orateur, ou quelque
habile Acteur traitât cette
matière plus amplement. Jenel'ai
qu'ébauchée, &.je ne me sens pas
capable de faired'avantage.
J'ose dire pourtant, que je crois
avoir exposédans cesreflexions,les
Points les plus eflenriets delaDéclamation,
quoique sort succintement.
a J^uoedam rtiam negUgenttA tft;
dthgcntift, Cic. deOrat..
Avis GINERAL,
Toutes les Regîesde Ciceron , deQuintilien,& des Illustres Modernesqui
ont pu écrire sur la Declamation,
sontinutiles à l'Orateur,
s'il ne fuit la premiere
,
qui est, de
bien comprendre ce qu'il dit& de
le sentir fortement soi-même, pour
le rendre sensîble à rauditeur.
Quand on est touche deson dif-r
cours,leVifageJaVoix&le Geste Ce
prêtent,& se conforment aux mouircmens
intérieurs si, & pour peu
-
qu'on air quelques grâces naturelles;
avec cela seul,sans beaucoup de
recherches,on peut plaire&persuader,
qui est le (eul but de l'Eloquence.
a Omnts motus tnitnisuum qttem*
dam à rtattira babetvtfltttm&fo-t
num &geflHm. Cic. in Orat..
DERNIERE REFLEXION,
ETCOKCLU-SIOS.
QuoiqueA'on nous raconte de
Demosthenes
,
quoique. Ciceron
dise de lui même;je ne puis croite
qu'il soit pussible
,
sans les dispoúrions
naturelles, de parvenir
au souverain degré de la Déclamation.
L'Arc peut bien, en corrigeant
un peu les déffauts de la
Nature,rendre un Orateur, &
un Acteur plus que passable &
au dessus du mediocre;mais les
graces naturelles de l'Esprit & du
Corps,fortifiées par l'Etude&l'Application,
peuvent seules donner
l'Excellence. L'Application peut
donner la Mémoire, l'Etude peut
donner l'Intelligence; mais la sensibilité
de l'Ame, que nous appelions
Entrailles ( partie Enentielle
du Recit exterieure; si éc)lata&ntesc,es grâces &si frapantts1
quenous admironsdans
certains Orateurs, dans certain
Acteurs, & dans certaines Alhi
ces; tout cela, dis-je
, ne pouvar
être acquis par aucun Art, n'ci
qu'un pur bienfaitde la Nature
Ainsi, je finirai comme j'ai com
mencc,en disant avec Ciceron&
Quintilien.
Sic fentto Naturam,primum ad
diccndttm vim ajftrremaximum,( & mhilPrdcepta, atque Artcs va- ItreyntjiadjuvanteNatura.
J'ai obligation à M.le Grand des 3
premières Pieces deVers luivantes.
C'eilun jeuneEleveduPamasse,qui
biendifteientde Mrs ses Confrères,
est aussi modeste, queceux-cy sont
pour la pluspart présomptueux. Il
a fallu lui faire en quelque sorte
violence,pour le déterminer à les
abandonner au Public, Juge severe&
inexorable.Que ne doit-on pas
esperer de cette Muse Printaniere,
avec
avec de si rares Talens, & dont
cependant il se défie: A-t-il, raison
ou non -? J'en appelle à mon Lecteur.
A M. LE DUC DE NOAILLES,
PAR M. LE GRAND. AU JHent sacré des -,Pierides Dettes el vain efp.ir conduit tant de
Rimeurs ?
Ont-ils j-â veu dans ces sentiers
arides
Récfmfenferleurs penibles labeurs?
F*rsU'Laurier, qu'ont-ils eu des
neuf Soeoirs?
-P'int je ne *veis Enfans de Polymnie
,Du bon Siléne avoixtrogne btnie: Ains sur leurs frontsdeguirlandes
ornez,,
Je VOiSSORcis& Chagrinsfuranne&j
En vain Phébus vi mes veinés
allume
Noble désir de franchir le Lethé,
Jlrteme chaut,pourrevivrePoRkume,
Juillet 1717- D
Defabriquer maint Libelle vante•
Sissa,. trainer,esclave de maplumet
Des joursmartyrs de l'Immortalttét
Plutôtle temstout entier me consume:
Je veux vivant parfois être fiatl,
AvoirFortune, &Joyeàmoncôté*
Roses d'Amour}Coeur de Gente pucelle,
Dons de Ceres er dufilsde Semele.
e Mais oÙ chercher, en cefiéclefêlé,
Tel reconfort ? Sur le Cheval ailé?
Non, du Defttnfour braver l'influence,
De Plutus seul, du Dieu de lu Finance
, Voler il fautfous le Drapeau doré,
Detousplaijîrsc'ejilepere adoré:
Chez-ses Servans on voit toute l'année
Gibierd'Amour& Tendrons d'H;..
menée}
Le Dieu du Pampre & maintsgentils
Harpeurs
Avec Cornusy faire les honneurs;
Rares n'yfont,même pour la Vtnée,
Enfans du Pinde, & PDlis D*fterreurs
;
Ce ness le tout
,
les Parnaffiaes
Soeurs
J*fom,courtisansles Menins d'Opu- lence,
On peut m'en croire» en ai l'Experience)
JafousPlutusfrtis à peineenrôlé,
Le sacré Mont mesembledévoilé'-,
Sire Apollon &ses Nymphessifieres
A moi jadis, en manteau Laceré
Viennent m'offrir leurs sçavantes
lumieres,
Ores que fuis en pourpu'int cha.
marré,
Bref n'ai besoin de Semondre la rime
: Mais toutes fois,quandje vaisfaire eferime,Jlai pourdevise écrit 'aà lV'EEccvttffofonn,
Rtmeurjoyeuxj chacunàsa fason.
L'unde Venusaime a chanter l'Em.,
pire,
L'arc & les traits de l'aveugle
Garçon ;
L'autre plus craint, sans quartier ni
pardo",
Contre le vice épuise la Satyre ;
Pour les Vertus
,
Moudart montesa
Lyre,
l'imeur ejîlibre
, çrmoisa'ctieux.I
J'.wn:' a conter en (id.: gracieux ¥
Gfatiyls propos, Nouvellesd'aile- Puisafemeren mes vers tous joyeux
Doux grains d'Encens,triez, avet
fhiejfe,
Pour ne sentir le Flateurennuyeux,
D" ma Nature Enfant peufonccux
JeJuis nommé, petite eji ma chçr,/,
l;.Ce , n.,:! "r fais cas d'êtrebonména£er:
H*,nulle humeur sans beaucoup d'orpulcnce
,
F.: r ma liesse an monde passage:-:
Suffit mon fort, trop je crains de
changer ; -*
Jecrains-, quedi:~je?Oseroit la
Fo'tan:
Aft fit'rcnrhc c-T ¡'tfLlqUPi' amoi?
Non, non,duSort point n,, Grains la
rancune ;
Par toi, ATOAILLE, étayédans
+ l'e.p!3! J?fersPhébas,i,lmeréponddetoi.
SUR L'AMOUR,
PAR LE MEME.
N'a guere, Amour, tenté par ma
jeunesse ,
S'en vintme voir, biensçavoit mon
adresse:
Moi tout naif,ignorantsafaçon,
Ne me doutois quefut ce faux Garçon;
D'unfotbleenfant il avoit l'air-timide
,
Ses doux regards céloient son coeur
perfide,
Son ris
,
sa voix, son parler ingénu
Faisoientaimer le petit Inconnu;
Sa douce haleineavottodeurdeRofe,
Voireensajoueell fembloitéJofe
Sur son dos nu, vermeil &colo.re„
Flotott éparsmaint long cheveu do*
ré
Rien rie portoitsurson fpauleaîlee,
Hors maintelfeche en sa trousse mê.
lIe,
DefAp^aïn dextre il tendit unfailot,
Del'autrejt» arc avec un javelot ;
chamr-o:isnaiig' neduji d'Alc- ,
Le
regardant, quelle Mere inhumaine
, Dis-je! 0 mon fils, te permet de
tour r
jiivfipf.rvoje ? Ah! tu te vasfirir
yirsectonarccet:.? 1ourde lancej
AtitreJouiohconvient.1 tonenfance,
Commeoses-t;: dans le tems des Frimats
RsÇqner e,i, vent, tes membres delicats?
l'oi ,
bel Enfant, comment de la Scyrhie>
Accourticylemaridri'tOritie:
Tot,pre,..,; ma robe<5"po>ntnefortiras
,
Viens dansmonfeinchaufertes pei.
tits bi'.l' :
Amourmécoute-, Úrpf0&ècachan,t sa J3';Y/ (¡rint D'abordaunt mDn air defrancJ)j- a mon defranchi-
Fuif tout il coup de depit rougijJllnt,
El) o2* 1 dlt-'f
, en a-Teado.'ij nt,
Efl-on encore tgnorant de mJr, Etre?
A tes dépens tu l'apprendras peutêtre:
Or, connois-moi, simple & jeune
garçon,
Comme4 la Mort, l'homme me doit
rançon;
Amour je fuis, furies rivages sombres,
Jâtrop connu du noirTiran des Om..
bus,
DeJup:ttï,r!n vainqueur dePython,
Vo:.,. en la AΣr, le frCYe de Pluton
Deme;feux brûle au fein des Nereides:
Les Conquerans, les PoItrons ,
les
Alcides,
Jeunes (y vieux
,
faffcrvts a mes
loix ;
Doux par caprice aux Bergers plus
quaussRoix,
Tout l'Univers cede à mon haut courag,
Toiydésàdoncfais en l'apprentissage:
A:ifparla,puiîdefonarcvainqueur,
Jltireundard droitaufond demon
coeur;
XéA flamme y prlnd, l'Enfant si
met a rtrc.
T'ai-jt faitmal? Parle, tu n'as qu'a
dire,
Remedefat, foi d'enfant de Ciprir.
Tu guériras parun regard d'Iris:
Légerje pars,je la vois &je l'aime,.
Pourun basser l'eut aimée Amour
même,
AfaisyO combien leTraitrema defú!
Certes,d'Iris à souhaitsj'aireçn
Douceurs sans nombre, & plus que
de coutume
, jimour encor me brûle & me confume.
EPIGRAMME,
A M. D. F.
Mordant mes doigts au metier de laRime,
VintAppollon pour mesolacier,
En me difam si tu veux faire eJcrinie,
jitiïtrefilsilfautt'associer;
Lors,dis-je en mot, pourme fortifier,
Quel est cefils?N'errepoint FONTENELLEî
Tôtje leprens pour guide & pour
modelle ;
Puis, a Phébus vais montrer mes
écrits,
Oh FOh ! dit-ily en lisant mon Libelle;
•
As tu déja pris leçon de mon fils?
LE PANTHEON BACHIQUE
Sur l'Air.
Ton humeur est Catherene
Plus aigre qu'un citron vard
, &c.
De tous les Dieux que la Fable
Consacre en son Panthon,
Il n'en est qu'un véritable
, Seul digne d'un si grand nom;
C'efi Bachugque je veux dire3
Cardes autres Immortels,
Je crois qu'un Btlie!4r peut rire,
Jusqu'auxpieds de hurs Autels.
Jnptn toujours redoutable,
TI}ne incessamentsurnous,
Btch.i,s toujours favorable, Aîet a pro,fri;tsro;n courroux;
ear, tc.rc/sque surla Terre
Ce Fanfarongronde en vain, Bachus auxfeux du tonnere , Fait meurir notreraifin.
<
Neptuneapourson partage
IStfpace immense des E.:ux
t Bachusapourappanâge
Les ViJesJe nos Coteaux :
Si le Trident formidable
Fait taire les Vents mutins,
Mieux encorleThyrseaimabl
CAlmelespiNs noirs chagrins.
Pluton avec Profefpine
RegnefuriessombresBords>
Je crois qu'ilsfont trisse mine,
L'Ennui dévore les Morts.
Dans cette Cour mfernaJ/e
Cher Bachus,fois monOûtie, n
,
Sauve-moi d'êtreTantale,
Du resseje
necrcms
rien.
Mars créant partout viSloire,
Décide dans les Combats;
Les V'lli'mes de lagloire
Suivent enfouieses pas,
Dans le Temple de Mémotre
:
JLe Guerriercroit être bien,
Le nom du Pere G egotre,
Durerafins que le sten.
Les Rimeurs avec emphAft.
Vantent le Dieu d'Helicon,
Ilsparoissent en extase,
AndsaLyreforme un/On-:
Pensent-ih par leurs[omettes
, M'enralerfous Apollon
Lee Vinfaitplus de Poètes l'Eau dusacré Valon.
4.
DanscetteVieille Jjhi/rell* :
De l'Amour avec Bachus,
J'appelle duparallele,
Voicy mes moyens d'abus:
L'Amourparun doux Peut-être
Abuseun coeur qu'ilsoûmet,
Bachus n'eflfourbe ni traître
Il , tient tout ce qu'ilpromet.
.Afinerve quisefitprude,
Apresl'Arrêt de Paris,
Parla Science & l'Etude,
Cherche à regler nos Esprits :
Tous cesgrands Donsdefagejft
$ont undangereuxpoison ;
Un jour pllJTédans l'Jvrej[e
Paut unftcele de raison.
Eh quoi! Vulcain se prefentc
Avec labelle Venus, Ilfaudra donc queje chante
Le Grand Patron desC.
Ce Cyclopeàface noire,
Sans marquer tant de regrets,
Auroit bien mieuxfait de sotre
, edefabriquer des Rets.
Plutus dans un Antrefombre,
Dévoréde rn/liefoins,
Tarmi des tresorssans nombre
SCe t.rouve encor des besoins :. P' ,,'1 rOIS-ttl, F'utus, qu'en ejclave
J^atllelanguir , fous ta loi,
Bachus arempli nia cave, Jefuis plusriche que toi.
Momus to(¡joursp.ét à rire,
-
Afomus touj ours prêt a rire ,
Veut etre m. s en son lieu,
S'.! aimoit moins la Satire,
C: jcroit ur IC!; Dieu Jet,svcuv : placer a Table
Bachus letrouvera bon. ,
Pour rendre un repas aimable,
a
Lfaut aumoins un Boujjcn.
Latffonsles Dieux
,
les D!ejJn,
Nos dijloursfont fupfrfus,
Parpitié, pour llur; fotbleffes
,
Chers Amis, nenparlonsplus:
De Bachus (srdefaGloire
Faisons retentirces IJlHX;
C'CFT Bachus qui do?:;-e A boire,
C'tfl donc lepins gï¡,:ld des Deux.
AUTRE, SUR L'AIR,
Belle & charmante Brune,
Pour qui je meurs, &Ce
Lespeines demonams,
Vous les Jeavez,,
Soulagez-les
,
Madame, yans le pouvez.>
Ah ! je fuis trop heureux, vous y
rC-vtx-.
MADRIGAL
Sur un Noeud d'Epée donné
par une Dame.
mourvoyant les beaux Teux qui
m'ontpris,
Futsi charmé,qu'il courut < Cithére,
Prit la Ceinture de sa Mere,
Et vint l'offriramon Iris.
En deux parti elle l'a coupée.
Avecl'une elle a façonné
Ce beau Noeud qu'elle m'a donnl,
Pourl'attacher à mon Epée:
Iris donnez-moi l'autre bout,
ui ma Canne tl (si necejfatre ; guel Vsage en pouvez, - vous faire
Il nevous manque rien pourplaire
;
Tour plaire, j'ai besoin de tout.
BOUQUET.
Damon ,
c'elf aujourd'hui qu'on rI.
lébré taFite.
Ma MflJe, taise'{;'V.ouJ; vous n'eus
qu'une bête.
N"rfl-et pas un grand abus, 'une Fête en Vers prônee ?
Cejîdire auxGens^chaqueannêt,
Qu'ils en ont une de plus.
Calcul toujourstrisseàfaire y
Il nous condamne a soustraire"
En nousfaisant aj-oûter.
D-amon, je ne te convie
finaux douxplaisirsdelavie:
C'efl ce qu'onprend sanscompter.
JOURNAL DE HONGRIE,
0V, RELATION
De l'ouverturede la Campagnefaitr
par L'Armét de itEmpereuy,
fous le commandementduPrincc
Eugene de Savoie.
Du Camp deVisniza en Servie le M Juin 1717. s A MajestéImpériale, aprèsles
succez de la Campagne passe,
ayant mis toute sonattention à
poursuivre ses avantages contre
l'Ennemi commun du Nom Chrétien
; a entretenu des garnisons
dans des postes avancez pendant
l'hiver& a ordonné toutes les dispofïûous
possibles
, tant pour recruter
-6c augmenter son armée,
que pour la pourvoir d'Artillerie,
d'Artilails de guerre, dePonts,
de Vaisseaux de transport, & de
Mag uns de Vivres; afin d'être
en eut de faire cet Eté des entreprises
plus éclatantes contre les
l!.h''e'es.'Les Régimens Imperiaux
- qui CCoient en quartier en deçà du
Tibisque ,en Transilvanie & dans
- -
le Bannat de Temeswar
, eurent
ordre de s'.JfeiT.bkr au commèncementde
Mai, sous le commandement
du Comte de Merci General
de la Cavalerie; tandis que
tè reste de l'Armée devoit se rendreledouze,
au Camp de Furack
) afin d'y avoir les troupes néceiL
saires, prêtes selon l'exigence des
opérations.
Cesdispositions faites, le Prince
Eugene partit par eau de Vienne
le treize Mai, & arriva le J.I. au
Camp de Futack ; mais,comme la
plupart des Regimens n'y croient
pas encore, non plus que l'Artillerie
,
S. A. jugea qu'il étoit convenable
au Service de Sa Majeftc
Impériale, de s'aboucheràPantzova
avec le Comte de Merci,
pour concerter avec lui, & reconnoître
de ce côté-là le Danube &
les environs. A son retour au
Camp,les Regimens qui manquoient
,
arrivèrent successivemert,
avec lesquels le Prince résolut
de commencer les opérations
, à dessein de profiter du
tems, & de la situation des Ennemis,
par le passage de la Save,
ou par celui du Danube: Aprés
avoir mûrement examiné les Circonfiances,
il fut arrêté, que l'on
tenteroit le passage du Danube.
On commença pour cette
@
expédition
de faire tous les préparatifs
nécessaires sur ce Fleuve;les barques
furcat envoyées plus bas dans
le Donawitz : Le Commandeur
Schvvendiman reçût-aussi
ordre des'avancer avec les vaisseaux
de guerre piès de Salanckemen,
pour exécuter ce que le Comte
de Merci ordonneroit. On distribua
les Troupes en divers Campemens
dans le Bannar,demaniere
qu'elles pouvoient s'assembler,
sans donner de l'ombrage aux
Turcs.
Le 9. Juin, l'Armée se mir en
marche près de Peter-Varadin,
&campa la nuit à Kobila.On nepue
avoir aucun avis certain de la
situation des Ennemis; mais [ui.
v.ant,ceux qu'on reçût de la fron- tiere, leur Brrme, e ne pouvoit être
jointe de quelque tems, puisque:
le Grand Visir étoit encore occupé
àla former prèsd'Andrinople.
Le 10. on s'avança au pont de
communication., construit à Villova
sur le grand Marais:LcCorn,
te de Merci y vint sur le midi,
pour informer S. A. le Prince Eugène
des dispositions qu'il avoir
faites,& recevoir les ordres. Les
Lettres que ceGeneral avoit reçues
de Vipalanca marquoient, que
divers Batimens ennemis montoient
le Danube à force de rames,
d'Orsova vers Belgrade, & que
quoiqu'on ne leur laissât pas le
partage libre par le feu, & les
canonades du Fort de Vipalanca
il n'étoit , pas cependant possible
à cause de la largeur de la riviere,
de leur empêcherle passage, particulièrement
de nuit.
LeII. on passa sur les ponts de
Villova
,
du Tibisque &. de la
Begue avec allez de fatigue, à
cause des défilez & de la grande
chaleur qu'il faisoit; onse campa
à Czige.
Le 12.le General de bataille Baron
de Diesbach fut détaché avec
trois bataillons & 100. chevaux
vers l'embouchure du Donavvitz,
pour soûtenir par terre les deux
vaisseaux de guerre qui y étoient
à l'ancre, & pour couvrir la communication
; on fit élever pour cet
effet une Redoute sur le Danube :-
qlcs autres trois vaisseauxde guerre
étoient déjà entrez dans le Donavvitz
avec quelques Saiques,
ôc avec les aprêtsqu'onavoir faits
à Peter-Varadin.
Le 13.on passa le Ternes, &
on marcha à Oppova
,
où le General
Comte de Merci avoit embarqué
son Infanterie destinée
pour le passage; qu'il fit avancer
avec les vaisseaux de guerre & les
Saiques, ainsi queles pontons &
les barques de transport du Donavvitz
dans le Ternes:Afin que ces
batimensne fussent empêchez par,
lepont de Pantzova, on en défit
une partie, & on arracha les pieux
du fond de l'eau.
Le 14. comme l'Armée de terre
se campa à une lieuë au dessus de
Panrzova, on y fit avancer le tout
par eau, afin de tenter le tendes
main le passage à une lieuë & demie
de ce poste. On distribua pour
cer effet, le pain pour quelques
jours , avec les muriciposnécct--
faires, aux 27. Bataillons, aux
24. compagnies de Grenadiers,
sous le commandement du Comte
de Merci, aux troupes du Lieutenant
General Comte Broune de
Camus, & à celles des Generaux
de bataille Vobeser, Vvallis,
& Odvier.
Le 1 5. à la pointe du jour
nonobstant quelesEnnemiss'éoÍentfait:
voir partout pendant
la nuit, sur les éminences où ils
avoient allumé beaucoup defeux,
pour faire voir qu'ils étoient aler--
- tes,lemouvement des Nôtres se fit
en la maniere suivante. Les trois
vaisseaux de guerre, avec lesOranizzes
& les Saiques prirent le
devant; un des vaisseaux se posta
au-dessus des trois Isles devant
l'embouchure du Ternes, où tout
devoit déboucher pour le couvrir
, & les deuxautres vaisseaux
avec lesOianizzes&les Saiques
descendirent plus bas au-deirQl,.l!)
vis-à-vis du village de Vyuntch àladroite,& àla gauche de l'en-,
droit oùondevoit jetter le pont,
pour le garantir contre les entre- prises des Ennemis,tant du côtétic
Belgrade, que de celui d'Orsova
,
de même que l'Infanterie
en flanc. Sur cela, un Sergent
Major, & sept compagnies de
Grenadiers suivirent, avec un General
de bataille, un Lieutenant
Colonel, un Sergent Major, &
dix'compagnies de Grenadiers;
eufuiccj six petites piéces de campagne
, pour s'en servirà la t;::,e)
&:: où il feroit nécessaire
,
aprés
avoir réconnu le terrain: Lereste
de l'Infanterie, les Pontons, ôc
après eux quelques Saiques qui
les couvraient,&qui fè posterent
au-dessus du Pont qu'on devoit
construire, succéderent. Les quatre
Régimens deDragons de Savoye,
Vvirtemberg,Vhelen,& Schonborn
furent placez sur le territoire
de Pantzova jusqu'au Danube, sur
le bord de laquelle riviere on planta
quelques piéces de canon, & on
y tint bon nombre de fassines prêtes.
S. A. le Prince Eugene voulant
se trouver avec les Generaux au
passage du trajet, laissa ordre dans
le Camp à toute l'Infanterie de
s'avancer, pour être à portée de
suivie le premier transport commandé
en Chef par le Comte de
Merci, qui réiïflu sans la moindre
opposition; quoique l'Ennemi voltigeât
partout surles éminences.
Les barques furent d'abord renvoyées
de l'autrecôte, sur lesquelles
s'embarquerent les compagnies
de Grenadiers
, & les Bataillons
de l'Infanterie qui étoient
à portée, avec le Feldt-maréchal
Comte de Heister
,
le Prince Alexandre
de Vvirtemberg,& le General
de l'artillerie Comte de Regal.
On continua detransporter I"I"
fanterie jusqu'à ce qu'on la jugeât
suffisante pour s'opposer aux entreprisesdes
Ennemis;ce qui parut
d'autant plus facile que le terrain
étoit avantageux, & qu'il y
avoit un Marais en front.On transporta
aussi quelque Cavalerie &
Huffars, pour s'en servir selon les
occurrences. On fit avancer après
cela les Barques du Pont que l'on
joignit, & le Pont étant formé de
8+ barques, on y fit passerle reste
de rinranrenc.
Le 16 avant le jour, les Régimens
de Dragons qui étoient
entre Pantzova & le Danube,
& le reste du Corps du Comte de
Merci suivirent avec l'Aartillelie
& la Cavalerie du Corps
posté au dessus de Pantzova qui
arriva adesrard. Le Camp fut formé
sur la hauteur de Visnitza à
une lieuë & demie audessous de
Belgrade, & le General de bataille
Comte d'Odvier fut laissé avec
ÍÎx bataillons& quelque Cavaleiie
de celle qui avoirpassé prés du
Pont duDanube, pour lecouvrir.
Le 17. le bagage commença à
passer le pont: Comme il a fallu
pénétrer par des défilés, le reste
•
n'arriva en ce Camp que ce jourlà.
L'Ennemi s'est fait voir par
terre &par eauassez prés de Visnitza
Tuiza; mais il s'est retiré précipitemment,
voyant que nous avions
placé quatre piéces de canon sur
une hauteur.
Le 18. au matin, le PrinceEugene,
accompagné du Prince Alexandre
de Vvirtemberg, des Com-
- tes Palsy
,
Heister & de quelques
autres Officiers Generaux, alla
réconnoître le Terrain situé entre
la Save & le Danube, pour y faire
camper l'Armée le plus avantageusement
qu'il seroit possible :
Commece Prince se retiroit avec
sa Troupe, composée de six Regimens
de Cavalerie, ôc de toutes
les Compagnies de Grenadiers Se
Carabiniers à Cheval, deux mille
Chevaux sortis de Belgrade, étant
tombez sur son Arriere-Garde, en
furent reçûs si vivement, qu'ils
prirent le parti de se retirer avec
quelque perte. Après cette expedition
, la marche de toute l'Armée
fut ordonnée pour le lendemain.
Le 19. les mêmes Regimens &
Compagnies de la veille, avec les
Marêchaux des Logis, & les Fourriers
ûrent l'Avant-Garde.L'Armée
les suivoit sur quatre Colonnes.
L'Ennemi ayant observé ce
mouvement,fit descendre cinquante
, tant Saïques, que demi Galéres
armées, vers Visnitza; elles
firent d'abord un feu terrible de
Canon pendant quelque tems sur
nôtre Cavalerie& nos Bagages,
mais avec peu d'e; parce qu'on
avoit û la précaution de dresser sur
les Bords da Danube quelques Batteries
,
qui les forcérent de se retirer
promptement fous le Canon
de Vvasserlrad,autrement la filled'Eau.
Durant cette marche, le
Comte de Nadasti, General de la
Cavalerie, &M. Ahumada,
Lieutenant General & Marêchal
des Logis, avoient étélaissez, le
premieravec six Regimens de Cavalerie
, & le second avec quatre
Bataillons, pour couvrir nôtre Pont
sur le Danube. Entre 9. & 10.
heures du matin, on déboucha
dans la Plaine, quoique l'Ennemi
fut sorti avec un gros Corps de
Cavalerie&d'infanteriejusqu'àla
Palanque. Nôtre Aîle ganche s'avança
sur la Save, où elle fut poele exaux
Canonades desSaïques
&FregrattesdesInfideles,pendant
qu'on plaçoit quelques pieces
de Canon, pour les faire retirer;
onenusade même avec succez à
la Droite qui s'étendoit au Danube.
Après que tout le Camp fut
formé, & laVilleinvestie, depuis
la premiere Riviere,jusqu'à l'autre,
tout le reste du Bagagearriva
le soir. On donna ordre de rompre
le Pont de Pamzova , pour le
faire remonter plus haut, ÔC
de faire avancer les deux
Vaisseaux de Guerre, qui étoient
au Confluant de la Temes, pour
couvrir la communication.
Le 21. on commença à travailler
aux Lignes de Circonvallation
& de Contrevallation : L'Ennemi
a faitun feu continuel
,
depuis 9.
heures du matin, jusqu'au soir.
Pendant cette manoeuvre, le Comte
le Hauben Lieutenant General,
Marêchal deCamp,avoit û ordre de.
se transporter avec ses Troupes ÔC
ses Poncs de Batteaux sur La Save ,
- pour y jetter aussiun Ponr de communication,
& bloquer de ce côtélà
Belgrade, ce qu'il a executé
heureusément.
P. S. Les avis de Petri-Varadin
portent, que les Turcs ayant apris
quenôtre Arméeavoit passé le Danube
, ont abandonnés le Fort de
Kupinova sur la Save,aprèsl'avoir
brûlé:Nous avons passé le Danube,
sans perdre un seul homme:Toute
l'Artillerie de Campagne, des- tinée pour l'Armée,Ottomane &
pour l'Armement de leurs Vaisféaux
» [e trouve renfermée dans
Belgrade. Nousnous sommesemparez
sans resistance d'une Mosquée
du Faux-Bourg exterieur,&
lesTurcs ont du depuis abandonnés
le Faux-Bourg qui éroit fms retranchement
; le Glacis&les Ouvrages
exterieurssontminez &
çontre-minez partout: Leur Axmcc
doit arriver le 4. à la Hauteur
de celle des Imperiaux.
ETATDESTROUPES
Quicomposent FArmée de S. M.L
CUIRASSIERS.
Noms des Regimens.
Cayafca Newbourg looo. 90.
Hanovev 1000.
D'Armflatt 1000.
Gondrecourt 900.
Jean Palsy 1000.
Prince de Portugal xooo.
Falkemtein 9S0
Montecuculi 9jo.
Mercy îooo.
Croix 980.
Viard 980.
Hohenkolcein Iooo.
Gronsfeld 900. Lobkovvitz 1000.
Emanuël de Sayoy'ïî 900.
Martigny ioqq.
Hauton 500.
Sre.Livillc ego.
Sulrzb,:ch Cord 1000. va Ç J 9oo.
Moras -
-
Espagnols
1
Vargues IOOOÕ. (. --9s0- Total des Cuirassiers quifont
R egimens,& hommes %:J.1.6o.
DRAGONS.
- Noms des Regimens.
Eugène 1000..
Baitée Moo..
Vvirtemberg. 1000.
Althaten 980.
Jeoger
, 95°.
Galbes" 950*
Vveren 1000..
Hauben. IOOQ.
Riliutin. 1000.
Barccth 1000.
Saint Amonr 900.
Schonborn 1000.
Total des Dragons qui font12.
Regimens, &hommes 11789.
HUSSARS.
Erbegini 600.
Nadafti 700.
Spleni
-
Baboifai670600.. Efterhati4 630.
Regimens de HulTarfr cinq,
de Hommes 32.19.
infanterie.
Noms des Regimens.
Hcifter 1400.
Guido de StarembergZ300.
Nicolas Palsy 155°»
Gcfchivind 136o.
Vieux Vvirtemberg 1150.
Nevvbourg îjoo.
LRégoalffelholtz23S13000,.
Daun le jeune 1300.
Beveren liSO.
Bonneval lyoo,
Aremberg 1180.
Vieux Loirainç ijoo.
Nouveau Lorraine
-
2300.
Baden Dourlach 1300.
Nouveau Vvirtemberg 3o.
Vallisle Jeune 2300.
Lîvvngftein 135°'
Vraulfom 1300.
Daun le Vieux *5$°-
Ottocar Staremberg 2400.
Max.Starembeig 2380.
Harrach 1;5°.
Vvirremberg 2300.
Firmond 1;50.
Droane 2300, HefTen-Cassel.2300.
AMufpaechzcl23.00230.0.
Bagni 2500.
Hersberftein 2 500.
Holstein 2400.
Suking • 1380.
Vvilfeck : FMabaerraliV *f~ r1 500. 5°°.
Ahumada
i
Napolitains
Ci500.
Alcandel C 31500
Total des Regimens d'Infanterie
rjS_o, & Hommes 85370»
TOTAL GENERAL.
1,.Regimens de Cuirassiers1116"0. ii.Rcgimens de Dragons 11780. 5.Regimens deHoulfars 3110.
38. Regimens d'Infanterie 85570.
Sur les 10. Galères il y en a 1000.
Total du Tout, 114630.
SUITE DU JOURNAL
De ce qui s'estpassé a Rome ,
depuis le premierJum, jusqu'aH
premier Juillet, touchantl'arrivée
du Chevalier de Saint
LGeorges. Es Cardinaux qui font dans
cette Capitale
, ont presque
tous rendus visite au Chevalier
de Saint Georges, qualifié ici de
Roy d'Angleterre. Attendu l'incognito
, ils sont introduits par ltE[-
calier secret, & viennent tous en hbir court, de même que les
Prélars. On ne s'entretient ici que
des Présents magnifiques faits à S.
M. Le Cardinal Barberin ,qui est
de la Famille du Pape Urbain VIII.
s'esttout à fait distingué, en régalant
ce Prince d'un Service d'or
de ce défunt Pontif. Il consiste en
douze grands Plats
,
deux douzaines
d'Affiertes, autant de Cuilleres
& de Fourchettes, avec 4.
Salieres de la mêmematière. Le -
CardinalDada Parainde S. M. &
quiétoit Nonceà Londres, dans
le remsdelafuiteduRoyJacques;
lui a faitaccepterdeux Originaux
des fameux Ludovico & yîtrttibal
Caracci. La Princesse Piombino l'a
aussigracieusé d'une belle Tabatiere
d'or garnie de Diamans, que la
feic Reine d'Espagne lui avoit
donnée. Ce Prince s'est excusé de
recevoir les 7. Chevaux de carosse
magnifiquementparés;&de la pie*
belle race du Pais, que le jeune
ConêtableColone lui destinoit. Le
Cardinal Gualtierio défraye S. M.
mais côme elle a peu de suite,cette
dépensenesera pas siconsidérable.
LeRoy continuë à sortir, matin
& foir,& s'occupe à visiter les Eglises
ôc autres Curiosités de Rome;
il est toujours accompagné du Cardinal
Gualtierio, & souvent des
Neveux du S. Pere. Il ya aujourd'hui
huit jours qu'il vit le Vatican,
où le Pape avoitfait préparer une
Collation assez bien ordonnée:ilne
toucha à rien ; sa suite n'en fit pas
de même. Le Mercredy ,
il alla à
la Chancellerie voirla Procession
de Saint Laurent in Damaso, dont
le Cardinal Ottoboni fait les honneurs.
Cette Eminence,qu'on peut
dire s'entendreàmerveillesàdonner
des fêtes,assemblachez lui lesPrincesses
Piombino Mere & filles, &. fitpréparerune Collation superbe.
A propos de ce Cardinal, l'on assure
qu'il touchera ses revenus sequestrésparlesVénitiens
,& voici
comment. L'Ambassadeur de cette
République aïant sollicité le S.Pere
de donner une somme pour la guerre,
il en a obtenu quarante mille
écus; & on a permis à ces messieurs
-
de prendre en payement les biens
séquestrés du Cardinal, dont ils ne
pouvoientfaireusage; lapluspart
étans des revenus Ecclesiastiques;
&le Pape de soncôté rembourcera
le Cardinal. Je reviens à la
Procession,elle n'a jamais été ni
plusnombreuse ni mieux ordonnée.
Il y avoit 11 Cardinaux&presque
toute la Prelature. Entre la Sortie
& la Rentrée de la Procduon qui
faitun allés grand tour, les Dames
proposérent au Roy une reprise
d'Hombre, le Prince ne fut pas
édifié de la proposition; on le fut
au contraire beaucoup du refus
qu'il enfit.
Vendredy quatrième au foir, Don
Alessandro Albani partit en poste
pour Urbain, à dessein d'y prendre
les dégrés, voulant sans doute
être docteur de son païs; & pour
Compagnon de Voyage le Pape lui
a donné son premier Medecin Mr
Lwcifx
La Dona Therese épouse deDon
Carlo Albani est très contente
de la visite que lui a rendu le Roi
d'Angleterre
d'Angleterre;il joüa chez elle une
repricf d'Hombre, le Cardinal
Arbani s'y trouva, elle n'etf pas
la seule qui ait eû cet honneur:
Le Prince l'a fair pareIHemerc à la
Princesse Piombino; cette Dame
âvoit fait préparer quantité de rafraichissemens
, & une Musique
pour laquelle l'on avoir fait choix
des plus belles voix&des meilleurs
Instruments de Rome: Les Cardinaux
Ottoboni& Aquaviva éàierH:
de la feste,& en faisoient les honneurs.
La Connétable Colone s'attend
bien
, que le Roy lui fera la même
grace. Cette Princesse est
nereuse &magnifique,& surpassèra
les autres dans les divertisseme
qu'elle prépaiera à Sa Majesté; il
paroîtqu'elle prend goût à Rome;
l'on ne croit pas en effer- qu'elle
retourne à. PéfJro; le séjour
en -
étant nésennuyeux.
Samedy cinquième, le Roy Ur
une seconde Audiance du Pape;
ils font si contents l'un de l'autre
qu'ils ne le peuvent séparer; la
conversation dura plus de deux
heures. Le Roy demanda à être
introduit sans Cérémonie;ilpassa
donc comme la premiere fois par
le Jardin & par l'escalier sécret
mais la Prélarure n'alla pas audevant
de lui, il y avoit feulenent
deux ou trois Prélats de la
Chambre pour fraïer le chemin.
Le S. Pere,à ce qu'onassure
rendravisite , au Roy; c'est une distinction
qu'on n'observe qu'a. l'égard
des Têtes Couronnées. Malgré
l'incognito, il y a bien du Roïal
dans la manièredont on le traite;
on ne lui parle que par Sire ctrMajessé
: Il soutient son rang dans les
visites que lui rendent les Cardinaux,
les Prélats & autres Seigneurs
de cette Cour. Quelques
Prélats & Seigneurs des plusqualifiés
ont l'honneur de mangeravecle
ROy',quAndils se trouvent aux heuresdesrepas.
Samedy,Mrl'Abbéde
Gamaches Auditeur de Rotte pour
la France, eût l'honneur de dîner
avec S. M. & de l'accompagner
toute la matinée dans ion Carosse
avec le Cardinal Gualtierio & le
jeune Connétable. Ce Prince ne
parle que François, & cette
Langue est si fort à la mode en
ce
païs,qu'elleest presque enrenduë
detout lemonde.
Apresle dîné du Roy,dont leCardinal
Barberini étoit Convive;cette
Eminence a conduit Sa Majesté
pour voir son Palais C'est sans contredit
le plus beau de Rome; l'on y voit quantité de Figures &
de Tableau des premiers Maîtres
dela premiere & seconde Antiquité.
La vieille Princesse Barherini
mere du Cardinal, descendoit l'escalierà
l'arrivéeduRoy,qui lui a
donné la main pour remonter; &
aprèsunecourte visite à la Princesse
,ila parcouru tout le Palais
& sur les loüanges particulières
qu'ildonna à un de sesTableaux on
le détacha sur le champ & il fut
porté pour le Roy chez leCardinal
Gualtierio.
Le Secrétaire du feu Cardinal
Grimani, Ministre ici pour l'Empreür,
& depuis, son Viceroy à
Naples où il est mort, aété car.
telédans cette dernière Ville. Voici
l'histoire; il y a environ un an
que le Comte de Galas Ainbaffàdeur
deSa Majesté Impériale, fit
enlever& conduire en poste ce Sécreraire
jusqu'àNaplesavec uneescorte-
ciejo ou 12 Cavaliers; alors
onne sçavoitque penser decet enlevement
;presentementlamèche
est évertée
, lÀ l'on prétend qu'il
n'a étécondamné à unsupplice lî
cruel, que pour avoir éîé atteint
&convaincu d'avoir empoisonné le
Cardinal Grimani sonMaître : Il
est vrai que sa mort fut prompte
(5c inopinée; reste à sçvoir par
qquellsimotifs cela se fit alors & par voye on la découvrit ; ce
qu'il ya de sur, c'est qu'il étoit le
Confident de ce Ministre & qu'il
avoir tour perdu, en le pendant,
- avant depuisvêcutrès mal à son
aise.
-' MrMolines Grand Inquisiteur
dJEfpagne-.¡ en passant par Milan, yaétéarrêté les Impériaux
qui l'ont dépouillé de cinq ou six
-
mille pistolles qu'il avoir amassées
pour son viatique;&cela sous pré--
texte qu'iln'avoit point de Passeports.
Sur le minuit, ils se transportérentoù
illogeoit & l'ayant
enlevé ils le conduisirent au Château.
le Pape en ayant eu avis,
dépêcha surle champ un Courier
à Vienne se plaignant fort qu'on
eût ainsi violé le droit des gens
,
&le sien propre; car le S. Pere
prétend que la qualité de Grand
Inquisiteur le faisantréleverimmédiatement
du Saint Siége, il
n'avoit pas besoin de Passeports.
Commeil esttrèsvieux ô£trèsinfirme
,
il estàcraindre qu'il ne fifliÍfc
ces jours dans cette prison.
Aureste l'on défaprouve fort cette
entreprise contre - un Sujet du
Roy d'Espagne, dans unteinssurtout
où ce Prince,àla sollicitation
1 du Pape, a accorde une r. -;1-
si-,~-~ d .î" ;-:";;':$ 6 1,-.- p1 L ,' '1-"--
1
dontqu'ilsoutientla guerre contre
ic infidéles.
La Fête donnée Mercredy 911\
au Roy d'Angleterre, par Madame
la Connêtable Colone,a de beaucoup
surpassé toutes les autres.
A^icsui e courte visite faite dans
la Salle d'Audiance,on passa dans
laGalleriedu Palais quinecéde
enrien à celle de ersailles, à la
longueur prés. A l'un des bouts,
étoit une foule de Musiciens &
d'Instrumens choisis. Tant que
cette Simphonie dura , on ne cessà
de présenter des rafraichissemens
d'un goûtexquis, de toute espèce
&( avec une profusionRoyale.
Ceux qui étoient destinez pour le
Roy, lui furent presentés par le
jeuneConnêt ble &son frere-- Le
Roy ayant refusé de les recevoir
de la main de l'Aîné, le adet
par ordre de sa mere ,
les pvëknta
un genoüil en terre.
-
Ce cér mo
nial Anglois plût fort à toute la
Compagnie, 6crut reçu du Roy
de la manière du nlJle la plus
Wie. Madame la Connêtable,
fbasprétexte de faire voir quelque
CurionceGnguliere au Prince qui
vouloit reconduire la Connêtable
dans son Appartement, le fit paffer
par une espéce de Galerie de
plein pied à la cour, au bout de
laquelle l'on fit trouver le Carosse
du Roy; & par ce moyen, elle
conduisit le Roy jusques dans son
Carosse. Le jeune Connétable lesuivitjusqu'auPalaisGualtierio,
& (e trouva à la descente du Carosse
pour faire sa Cour au Roy.
Le lendemain matin Jeudi io.
Fête de Sainte Marguerite Reine
d'Ecosse, le Pape di une Messe
bâtie dans l'Eglise des Ecossois,
où le Roy se rendit, Il entendit la
Mené dans une Tribune. Don
Carlo Albani lui présenta une Tabletre
de la part du Pape, qui contient,
à ce qu'on assûre, une Cedule
de vingt mille écus Le Pape
ne voulutêtrecortégé que des trois
Cardinaux,Albani, Sacripanti 84
Guaitierio. Aprés la Mclïe»Je S.
Père se promena- assés long-tems
dans le Monastereavec ir-Roy
aptes quoi., chacun se retira chez
soi.
Le Vendredi 11. le Roy visita
différentes Eglises, & le foir
,
il
alla à la Villa Pamphile. C'est une
Maison de Plaisancequi appartientau
Prince de ce Nom. Elle
est horsdes Portes de Rome, &
sans contredit la plus belle &
la mieux entretenue de ce Païs.
Sâmedy 12. aprèsdîné, le Roy
alla chez le Pape pour la troisième
fois, ils resterent àcausertêteà
tête, pendant prés dedeux heures;
& la conversation finie
,
le Roy
descendit dans les Jardins de
Monte-Cavalo,oùil se promena
jusqu'au soir
, avec les Seigneurs
de sa suite.
Dimanche 1$, leRoysortità son
ordinaire, soir & matin , pour
voir ls. Eglises &autres Curiofités
de cette Ville
I flrdî 14. le Pape tint Cor-
-
(J:-::"e.'L:' F.,;.. sur çr.iic-<;'ele
voir ; de pour cela,on lui prépara
une place commode dans la Bousfoleqixi
est à droite du Pape. Il ne
s'est rien patte de particulier dans
ce Consistoire.
- Le Mardi sur les cinq ou six
heures après roUi, le Roy montera
en carosse pour aller coucher à
Cartel - Gandolphe. Le Cardinal
Albani s'y trouverapour le recevoir
, & pour faire les honneurs de
la Fête que le S. Pere y donnera
au Roi. -
Soixante & trois,tant Instrumens
queMusiciens,onordre de sendre-
On prépare un Feu d'Artifice
sur le Lac de Castel; il se.-nbi-c
qu'on n'oublie rien pour divertir
S- M. Britannique Elle ira chas-
-
fer dans le Parque du Prince Chigi,
quiest voisin de Castel. Chemin
faisant, le Roy verra A!bae-.
Frefcati&Marine. "Ct: dernier
Canton appartient au Connêtable,
, où l'on assurequ'ilregalera le
Prince splendidement.
Le Château de Péfaro est démeuble,
le Roy ne devant pas y
retourner. L'on croit qu'il auroic
assez depenchant pour rdler à
Rome. Il est toûjours sur qu'aptes
la Saint Pierre, S. M. ira passer
l'Eté à Urbain.
Le même jour quinze, le
C rdinal Neveu&ion stere Don
CarloAlbani, vinrent prendre le
Roy après le Diné;il monta dans
leCarofle de cette Eminence, gardant
toujours la Droite. Le premier
Carosse étoit suivi de deux
autres à six Chevaux, pour les
Seigneurs de la suite du Roy. Plusieurs
Seigneurs particuliers iuivoient
dans leurs Equipages; ce
- qui composoit un Cortège des plus
nombreux.
Le Roy arri va a CaCelà demie
heure de nuit, au bruit de toute
l'Artillerie du Château: il écoit illuminé
,& pareillement toutesles
Maisons des Particuliers, sans en
excepter celles des Religieux &,
Religieufesi ce qui faisoit un effet
trés-agréable
, & d'autant plus
- beau, que la Nuit étoit assésobs-
-cure.
L'on avoit préparé sur le Lac de
- Castel,une Girandolleenface du
Palais; & le circuit du Lac qui est
de quatre mille, étoit entièrement
illuminé,depuislasuperficie
- de l'eau, jusqu'à la hauteur du
Bassin,cequi formoit unAmphitéatre
de lumiere,&une nouveauté de
Spectacle trés-curieux à voir.
Comme la Girandolle faisoit son
effet de bas en haut, on ne l'a
pas trouvée aussi belle, que celle
qu'on tira sur le Château Saint-
Ange,à la Saint Pierre
, &C le jour
- de l'Incoronacion du Pape. Voilà
le prrmierRégal,& pour ainsi dire,
le salut qu'on fit au Roy à son arrivée:
Celafut suivi d'un Repas
très-bien ordonné
, & magnifiquement
servi. Le Roy avoit une Table
seule pour lui & les Seigneurs
de
sa
Cour; outre cela, dix ou douze dans differensAppartemens
du Château,pour les Prélats,
les Dames& les Seigneurs qui
s'éroientrendusàlaFête.
Le lendemain 16. le Roy Ce pra-
- mena à Gensane, a jûtbanc & i
Larice, Canrons delicieux, &
dans la plus belle& la plus heureuse
ucuadon du Monde.Au retour
de la Promenade, il y ût une Simphonie
piodigieuse par la quantité
de Voix & d'Instrumens. On y exécuta
une Cantate compose exprès,
Se allegoiique a l'Etat présent du
Prince: L'Invention &la Compofijor.
en sont éga lement estimées;
& quoi qu'il y ût près de quarrevingt
Muhciens, tant Voix, qu'Instrumens,
il n'y ût aucune confusion.
Le Jeudi 17. le Roi monta en
Carosse à sept heures dumatin, &
serenditFricati, avectous Ici
Seigneurs de sa Suite. Il alla voir
Aîoriiro^an Maison de Plaisance
du Prince Borgresse & Belleder
autre Maison de Plaisance appartenant
au Prince Pamphle. Aucun
de ces Princes ne s'y trouva, pour
en faire les honneurs: Mais ce qui
distingua
distingua le Prince Borgheee par-
<leflus' l'autre, ce fut l'attention
qu'ilût de faire faire ses excuses au
- Roy,& de faire préparer pour lui
& pour sa Suite une Rinfresque fuperbementservie.
Le Roy partie ,
de Frefcati sur les 11. heures
, pour
aller à Marino,dont le Connétable
Colone est Seigneur; il avoir
fait préparer dans son Palais un
magnifique dîné pour le Roy: Attention
particulière
, & qui fait
honneur à Madame la Connérable;
il n'y avoit qu'un seul couvert pour
S. M. *, mais le Prince demanda
qu'on en mit quatorze, ce qui fut
fait. Madame la Connétable, sa
Belle-Soeur, la Princesse Saint
Martin, les Neveux du Pape, le
Cardinal & Don Carlo
, Mr le
Connétable, & les Premiers Seigneurs
de la Cour du Roy occupoient
les Places, & remplissoient
le nombre des Couverts. La Mu-
(Ique ût ordre defe rendre à Marine
, & divertit agréablement
les Convives. Après le diné, le
Connétable donna au Roy le divertissementde
la Course des Barbes
, que Sa Majesté vit du haut
d'un Balcon, préparé à cet effet
& trés-galamentorné. Sur le foir,
le Roy invita la Connétable
,
son
Fils &la Princesse Saint Martin, à
souper à Castel
,
où il retourna
ayant mis lesDames dans fiJn Carosse.
Le Roy fitencore inviter au
soupéla Dona Bernardina, Belle-
Soeur du Pape, laquelleétoit à
Castel ; c'est une Dame d'Esprit,
.& qui parle bien François: Le Roy
qui ne parle point ici d'autre Langue
, prit plaisir à s'entretenir avec
elle. Avant le soupé, il y ût .un
Feu d'artifice au milieu de la Place
de Castel &en face du Château ;
c'est le plus beau que
@
l'on ait vû
depuis plusieurs années; la composition
en étoit trés-ingenieuse ,
route allegoriqne,&ilfutexecuté
au grand contentement de tous les
Spectateurs qui y étoient en grand
nombrej il dura long-tems, car
1 .si
1
l'artificen'y avoit pas etc1 é1pargné1:
L'on peut dire aussi, à l'honneur du
Pape & de ses Neveux, que jamais
Fête n'a été mieux ordonnée, ni
plus magnifique en tout point; on
en faitmonter les frais à plus de
deux mille pistoles.
Le-Vendredi
-'
le Roy revint à
Rome; Le Cardinal Gualtierio n'a
point accompagné le Roy dans
cetteVillegiature,s'étant trouvé un
peu indisposé: CetteEminence mé.
rite les Loiianges du public, par
l'attentionqu'elle a de faire rendre
au Roy, malgré l'incognito, les
honneurs dûs à sa Naissance. Il
estle premier à en donner l'exemple;
& jamais il ne monte dans le
Carosse du Roy,ni aucunautre,soit
Cardinal,Prince ou Seigneur, sans
que le Roy ne les apelle ou ne leur
fasse figne de monter. Il a la bonté
de fsirexette graceàceux qu'ilveut
distinguer, & plus d'une foisil l'a
faite à Mr l'Abbé de Gamaches
Auditeur,qui a aussiûl'honneurde
manger plusieursfois jesté. avec Sa MaDimancheaprès
le dîné, le Roy
fit l'honneur à la Duchesse Fiaro
de lui rendre Visite: Plusieurs
Princes& Princesses decetteCour
s'y rendirent pour la faire au Roy.
Il y avoir manque, Table de Jeu
& Abondance de rafraichissemens:
Mr le Cardinal OttoboniBeau-
Frere de cette Duchesse,fitles honneurs
de cette Fête avec les Princes
Ottoboni ses Oncles.
Mr Falconieri Auditeur deRotte,
est enfindéclaré Gouverneur.
Le Cardinal Scotti exercera la
Préfecture dela Signaturevacante
par la mort du Cardinal Spada, par
intérim & sans aucunsémolumens;
ilssont destinez pour la subsistance
des Moines Siciliens : On en compteIci
plus de deux mille : Tout recémmentestvenue
de Sicile une
Colonie de cinquante Jesuites.
Le Comte deGalasAmbassadeur
de l'Empereur
, arriva hier au soit
cn cette Ville.
Depuis que le Roy d'Angleterre
est de retour de sa villegiature
deCaftello,ila visité les Princesses
Piombino, Fiano
,
Justiniani, &
Carboniani,MadamelaConnétable,
&c. Il y a long-tems que la MuÍÏque
Romaine ne sest autant exercée
, car toutes ces Fêtes ne vont
point. sans une Symphonie fort
nombreuse; & en ce fait les Ita.,
liens font passez Maîtres. Outreles
Liqueursglacées qu'on présente
àla Compagnie, l'Uft,,c estd'avoir
des Tables dressées & bien
serviespour la Livrée, & c'est là
que les Valers Italiens font merveille.
Le 24.lePape tint Chapelleà
Sàint Jean, le Roy y assista dans
une Tribune préparée exprès.
Le 19, Fête de SaintPierre&
Saint Paul, le Saint Pere a officié-
Pontificalement à Saint Pierre, où
l'on avoitpareillement prépa ré une 7 Tribune pour le Roy. Le Pape a composé&prononcé une Homélier: la trouvé moyenen parlant far la;
Fête du jour, d'y fairequelque
application heureuse surle Roy;
dl: u e suite des attentions &des
égards qu'il a û pour lui, depuis
son séjour à Rome.
Hier au soir, le Roy alla au Vatican
pour voir tirer la Girandole ; le Cardinal Albani en faisoit les
honneurs; ordinairement c'est à
l'ordre du Pape & au bruit du Canon
que s'allume l'Artifice; mais
cette annéela chose s'est passée autremenr,
le Saint Pere ayantordonné
que tout se fit fous le bon
plaisir de S. M : Il en a été de même
aujourd'hui.
LaNuitdu 27. au 28. le Cardinal
del Giudice arriva ici, on ne
dit encore rien de ses Negociations
à la Cour du Roy de Sicile.
Don Alessandro Albani est aussi
deretour d'Urbain, le voilà donc
Docteur dans son Païs.
JOURNAL DE PARIS.
L E 16 Juin,Madamede Vantadour
accompagnée de Madame
la MaréchaledeBezons,présenta
le matin au Roy Mde la Marquise
deTrefnel
,
cy-devantMlle le
Blanc.
Le 17. M. le Duc de Noailles, -
ayant dirigé un nouveau Systême
des Finances, demanda à Mgr le
DucRegent des Commissaires pour
examiner son Projet dont on espere
de trés grands avantages. Cc:
Prince a nommé M. le Chancelier,
M. le Maréchal de Villeroy, M.
le Duc de S. Simon, M. le Duc dela
Force, M. le Maréchal de Bczons,
M. l'Archevêque de Bordeaux.
M. leMarquisd'Effiat,&
M. Pelletier de Souzy. L'Assemblée
se tiendra chez M. le Chancelier.
Le Procès entre la Grande Chapelle
du Roy & les Feuillants pour
chanter Vespres, lesDimanches &
Fêtes dans la Chapelle de S. M.
fut terminé la veille. Mgr le Regent
ayant trouvé à -propos de Cuivre
l'usage observé pendant lesMinorités
de Louis XIII. &de Louis
XIV. en a exclu les Religieux,
&achargé la Grande Chapellede
ce Service. -
1 Le 2.8. S. A. R. choisit-un Concilier
dechaque Conseil de Regence,
excepté de celui de Marine,
pour former le Conseil qui doit juger
le Differentdes Princes sur leraport
deM. de.S. Contest.
Le même jour ;surl'avis que Mgr
leRégent reçue de lamort de M.
le Comte de Peyre
,
premier Lieutenant
Général de Languedoc;S.
A. R. confera ce poste important
de ziooo liv. de rentes à M. le
Marquis de Canillac Conseillerde
la Regence dans lesaffaires du Dedan
s duroyaume,maislelendemain
30,onfutinforméque M. le Comv
tede Peyre n'etou pas mort &
qu'ilsavohmême, esperancequ'il
pouroit revenir de sa rrialadie.
Le 30. Les Assemblées de Sorbonne
qui se tiennent tous les premiers
jours du mois,ce qu'on apelle
Primamenifs,Sequi avoient été
interrompues depuis le jour que les
4. Evèques apportèrent leur Appel
en Sorbonne, ont récommencé
le premier de ce mois. M. Quinot-
Ancien Syndic y présida ;
on confirmai la pluralité de 117
voix contre fepr, tout ce qui a été
fait pendant le Syndicat de feu M.
Ravecher. La Lettre que ce dernier
avoir écrire à la Facllhé, & la prosession
deFoiqu'il y avoir a joutée en
mourant, ont été er.rc^iftrées dans
lesRegiftres tJe laFacuité.Quelqres
uns des 7. Opposans ayant voulu
protester conrrelade'iberaiiondelà
Sorbonne, les protestations ont été
déclarées nulles. Les vingt-deux
Docteurs quiavoient été exclus des
assemblées de lafaculté&qui efpeoient
d'y rentrerdans cette conjonture'n'ont
pu cependant l'obtcnir
ftulgré les prenantes sollicitations
des Prélats Acceptans.
Le même jour, le Parlement fc
rendit à dix heures & demie da.
matin au Louvre, pour recevoir
les Ordres de S. M. touchant là
proteftationdes Princes Legitimezi
LaDépuration étoit compoféc de
M. le Premier President, de. tour
les Preiidens i Mortier,exceptéM.-
de:Dailleul, de sept Conseillers de
la Grand-Chambre, d'un Con,
seiller de chaque Chambre des Enquêtes
& Requêtes, & des Gens
du Roy. Le Parlement fut conduit
chez le Roy par M. le Marquis de
la Vrilliere Secretaire d'Etat, par
M. de Dreux Grand Maître des
Cérémonies & par M. Desgranges
Maîrre des C érémonies. Le
Roy étoit assis dansun Fautciiilauprès,
de la cheminée dcfonCabincr,
ayant à sa droite MBr le Duc d'Orle-
ans, avec les Princes du Sang; &
à sa gauche M. le Chancelier. Le
Cabinet étoit rempli de toute la
Cour.M.lePremierPréfiJentrendit
compre au Royde ce qui s'écoit paf-
4C au ParieLnnt, le jour que les
Princes Légitimez apportèrent leur
Proreftation
,
de ce qui y avoir
été délibéré & Je la réfohition qui
fut prise de demander uneAudiance
auRoipour leçevoirfes ordres:Aprés
-qu'il ut fini (on difeours qui sur fort
approuvé, il pre[m4 la protesta.
tion à" S. M. quiassura le Parlement
de son afFe&ionj&Crépondit
ensuite par la bouche de M. le
Chancelier, qu'il recevoit avec plaiûr les marques de (ouniffion du
Parlement, qu'il étoit fore conrent
de la sagesse avec laquelle il s'é-
-toit conduit dans cette affaire &
- qu'il feroic sçavoir sa volonté à
cette Compagnie au premier jourj
- les Députez sortirent du Louvre
dans le même ordre qu'ils y étoient
'• entres.
Atrois heures & demie après mi.
di,le Conseil de Regence s'affembla
extraordinairement, les Prin-
,"s du Sang,les PrincesLégitimez
& les Ducs n'y ayant point été admis
: Il étoit compoié de MgE le
Duc Regenc, de Mr le Chancelier,
de Mr le Maréchal d'Huxelles, de
M1 le Maréchal de Bezons, de
l'Ancien Evêque de Troye ,
de Mr
de Beringhen, de l'Archevêque
,de Bordeaux Président du Conseil
de Conscience, de Mr Pelletierde
Souzy, de Mr le Marquis de Torcy,
de M1le Marquis de Biron,de
Mr le Marquis d'Effiat, de Mr le
Marquis de laVrilliere,deM.Amelot,
de Mr de Nointel
,
de Mr
d'Argenson, de Mr de la Bourdonnaye
, & de M1 de Saint Conreft
Raporteur,qui ouvrit le premier
son Opinion. Ce Conseil dura jusqu'à
(îx heures & demie, on en indiqua
enfuice un- pour le lendemain
à neufheures.
Le i. de-ce mois, à neufheures
du matin, il s'etf tenu un Conseil
de Regence, fçrmé des dix-sept
Personnes ,
dont,on vient de faire
mention: Après deux heures de
Conseil, on y a déterminé la Queftion
-tion, & l'Affaire y aété décidée.
>M6r le Duc d'Orléans, sur la Requisition
de Mr le Chancelier , promit à la Tête du Conseil, de
garder le Secret:, prit le Serment
des seize Opinans) qu'ils ne s'en
ouvriroient à qui que ce foie, jufqu'à
ce que le Roy s'en fût explique.
Le 3. le Conseil de Regence,s'est
fendu au Palais Royal; on ya réglé
plus particulièrement la forme
du Jugement de l'affairedesPrinces,
qui fera un Secret, jusqu'à ce
'<-]ue l'Edit foit portéIélU Parlement',
pour y être enregistré. Mr le Chanllier,
après avoir formé cet Edit, el.. fait leétureàtvleffieurs du Conseil,
qui yont tous feconnus leur
Opinion, il a été figné à dix heures.
LcSleParlement s'afT'embla,pour
recevoir par les Gens du Roi,l'Ordre
d'envoïerauLouvrè desDepuque
lejo. du mois dernier:Après le
Compliment de Mrle ir Presidenc
qui futtrés-court;MrIc Chancelier
répondit pour S. M. qu'elle
avoit examiné avec beaucoup de
foin les Requêtes des Princes du
Sang & des Princes Legitimez
qu'elles'éroitraireinrcruirede toutes
les raisons qui avoient été expliquées
dans les Mémoires présentez
de partSe d'atiti-ciqu'elle avoit
cru devoir décider cette affaire; &
que son Jugement étoit expliqué
dansl'Edit qu'elle remettroitentrer
les mains du Procureur Général, dans lequelellefaisoitconnoître sa
- volonté, par raport aux prorcltations
que les Princes Légitimez,
avoient présentées au Parlement.
Mr le Chancelier loua beaucoup la
Sagesse, avec laquelle Mr le premier
Prélidenrls'étoiriconduit dans
cette affaire, & l'assura, comme la
premiere fois, que le Roi s'en fouviendroic
dans toutes lesoccasions.
Le lendemain 6. jour de la Députion
, le Parlement étant assemblé,
Mr le premier Prehdent rendit
compteà laCompagnie de la réponse
du Roi, & de la manière
avec laquelle les Deputezavoient
été reçusjenfuiteMrde Lamoignon
premierAvocatGeneral apporta l'Edit,&"
après avoir parlé sur l'Enregiftiement
de cet Edit,avec autant
de Sagesse que d'Eloquence,il donna
ses Conclu ionsqui ontétéfuivies.
Dés qu'il fut récité, Mr le
pieinier Président demanda l'avis
à chacun de Meilleurs du Parlement:
Mr le Nain qui en eH: Doyen
opina le premier, & fut d'avis
d'enregistrerl'Edit; il fut suivi par
tous les Conseillers de la Grand-
Chambre, à l'exception de M®
Brayer, qui,après avoir long-tems
opiné,conclut a nommer des Comîrfiflaires
pour examiner l'Edit,
avant de l'eniegitfrer;cet avis fut
appuyé par plusieurs Présidens &
Conseillers des Enquêtes,au nombre
de soixante& quinzeVoiximaiï
ce!ui de Mr le Nain l'ayant emporté
de prés de quarante Voix, l'Edit
passa &fut enregistré : On remit
au Jeudiàle publier à la Grande
Audiance; parceque l'heure
à laquelleelle setient, étoit passee.
Il fut doncpublié Jeudi S.J.'Au-ç
diance tenant.
jEDIT DU R O Y. révoqué & annuitélyEdit dll;
mois deJuillet r/14, & la De-,
datationi du 25
-
Ma] 1715. L OUIS par la grâce de Dieu
Roy de France & deNavarre::
A tous presens&à venir,SALUT.Le
feu Roy notre rrés-honoré Seigneur
&Bisaïeul a ordonné parsonEdit de
Juillet1714. quesi dans la fuite des
temSjtousIes Princes Légitimés de
l'Auguste Maison de Bonbon venoient
à manquer, ensorte qu'il
n'en restât pas un seul pour estre
héritier denôtreCouronne,elle
feroit en ce casdévolue & déférée
de plein droit a Louïs- Augustede
Bourbon Duc du Maine, & à
Louis-Alexandre deBourbonComte
de Toulouse les entans légitimez&
à leurs enfans & descendans
mâles à perpétuité, nez &à
naître en légitimé mariage, gardant
eutre eux l'ordre de succession ,
& préférant toûjours la branche
aînée à la cadette,les déclarant, audit
cas feulement de manquement
de tous les Princes Légitimés de
nôtre Sang, capables de succeder à
à la Couronne de France,exclusivement
à tous autres:Voulant aussi
que fefdits fils Légitimez le Duc
du Maine,& ses Enfans&Descendans
mâles. & pareillement le
Comte deToulouse
, & Enfans &
Descendans mâles à perpetuité,nez
en légitimé Mariage, ûssent-entrée
& séance en nôtre Cour de Parlement
, au mêmeâge que les Princes
de nôtre Sang, encore qu'ils
n'ûssent point de Pairie, sans être
obligez d'y prêter Serment, &
qu'ils y jouissent des mêmes honneurs-
qui font rendus,aux Princes
de nôtre Sang; qu'ils fussent en
tous lieux & en toutes occasions
regardez & traitez comme lcq,
Princes denotre Sang,après néant
moins tous lesdits Princes, & avant.
tous les autres Princes des Maisons.
Souvecaines, & tous autres Seigneurs
de quelque Dignité qu'ils..
puissent être. Voulant enfin que.
cette prérogative d'entrée & séance
au Parlement, ÔCde jouir pareux
& par leurs descendans, tant
dans les Cérémonies qui se faisoient
& se feroient en [a présence
& des Rois les fucceueurs, qu'en
tous autres lieux, des mêmes
rangs, honneurs Se préséances dues
à tous les Princes de son Sang Royal,
après néanmoins tous lesdits
Princes futattachée àleursPerson- ,
nes &à celles de leurs descendans.,
à perpétuité
,
à cause de l'honneur
& avantage qu'ils ont d'êtreitrtis
de lui, dérogeant à ses Editdes
mois de Mai 1694. & Mai 1711. en
ce qu'ilspouvoient être Contraintes
audit Edit dumois de Juillet1 714, Depuis cet Edit registré en nôtre
Cour deParlementàParisle2Aout.
de l'année 1714. quelques unes des
Chambres de nôtredite Courayant
faitdiflficultéderecevoir lesRequëtesde
nosditsOncles avec la qualité
de Princes du Sang, & de la leur
donner dans les Jugemensoù ils.
croient Parties; le feu Roi notre
trés-honoté Seigneur&Bisayeul,
ordonna par sa Déclaration du 23.
Mai 171 5. que dansnôtre Cour de
Parlement &c partout ailleurs, il ne
feroit fait aucune différence entre
les Princes du Sang Royal, & fefdits
Fils Légitimez & leurs descendans
en Légitimé Mariage; & en
consequence qu'ils prendroient la
qualité dePrinces du Sang,&qu'elle
leur feroit donnée en tous Actes ju,
diciaires&tous autres quelconques,
& que,soit pour le Rang ,laséance,
& generalement pour toutes
fortes de prérogati ves, les Princes
de nôtre Sang, & sesdis Fils &
leurs desceendans feroient traitez
également, a près néan moins la
dernier des Princes denôrre Sang,
conformément a.rEdic du mois de
juillet.1714, qui feroit exécutés-
Ion sa forme& teneur.MaislaMort
Nous ayant enlevé le feu Roinôtre
trés-honnoré Seigneur & Bisayeul
trois-mois après cette Déclaration,.
nos trés-chers & trèsamez Cousins
le Duc de Bourbon r le Comte de
Charollois, & lePrince de Conty
, Princes de nôtre Sang, Nousont
trés-humblement fuppliéde révoquer
l'Edit du mois deJuillet.
1714-àc la Déclaration du. 2.3. Mai.
1715.à l'esset dequoi, ils Nous-ont
prelenté une Requête & differens
Mémoires
,
& nos très chers &
trés-amez Oncles Le Duc du Maine
& le Comte de Toulouse ayant
aussiexposé leurraisons par plu-
Heurs Mémoires,ils Nous ont préfenté
une Requête, par laquelle
ils Nousont supplié, ou de renvoyer
la Requête des Princes de nôtre
Sang, à nôtre Majorité, ou si
Nousjugionsàpropos deladécider
pendant nôtreMinorité, de ne rien
prcronoeLfuï la question de la suoseffioa
à la Couronne, avant que
les Etats du Royaume,juridiquement
assemblez, ayent délibéré sur
l'intérêt que la Nation peut avoir
aux dispositions de l'Edit du mois
de Juillet 1714- & s'il lui estutile
ou avantageux d'en demander la
revocation. Cette Requête a été
suivied'uneProtestation passee pardevant
Notaire,qui tend aux mêmes
fins, & dont nos trés-chers&-
très- amez Oncles le Duc du Maine
&le Comte de Toulouseont demandé
que le Dépôt fût fait au
Greffe de nôtre Cour de Parlement
a Paris, auquelils ont présenté une
Reeqquuêetreeàa cet eefllfeett.. MaaiiSs nmô>tcrree.-.
dire Cour toûjoursattentiveàconserver
les règles & l'ordre public,
&.à Nous donner des marques de
son respect & de son zélé pour nôtre
Authorité, a jugé avec sa Prudence
ordinaire, qu'elle ne pouvoit
prendre d'autre parti sur cette
Requête,que de Nous en rendre
compte, pour recevoir les ordres
qu'il Nous plairoit de lui donner: ainsi,Nous voyons avec déplaisir,
que la disposition que le Roi nôtre
-
trés-honoré Seigneur & Bisayeul
avoir faite, comme il le declare
lui-même par son Edit du mois de
Juillet 1714. pour prévenir les malheurs
& les troubles qui pourroient
arriver ur. jour dansce Royaume , si tous les Princes de son Sang Royal
venoient à manquer, est devenuë
, contre ses intentions, le sujet
d'une diviuonpreieuce entre les
Princes de nôtreSang,& lesPrinces
Legitimez, dont les fuites
commencent à se fairesentir, ÔC
que le bien de l'Etat exige qu'on
arriêre dans (a naissance, Nousesperons
, que Dieu, quiconserve la
Maison de France depuis tant da
siecles, & qui lui a donné danstous
les tems desmarques si éclatantes
de sa protection, ne lui fera pas
moins favorable à l'avenir,& que
la faisant durer autant que la Monarchie
,il détournera par sa bonté
lemalheur qui avoir été l'objet de
la prévoyance du feu Roi: Mais,si
l.a Nation Françoise éprouvoit jamais
ce malheur
, ce seroit à la
Nationmême qu'il appartiendroit
de le réparer par lasagesse de son
choix; e puisque les Loix fondamentales
de notre Royaume Nous
mettent dans une heureuse impuissance
d'aliener le Domaine de nôtre
Couronne, Nous faisons gloire
de réconnoître qu'ilNousestencore
moins libre de disposer de nôtre
Couronne même: Nous sçavons
qu'elle n'est à Nous, que pour le
bien& pour le salut de l'Etat, &
que par consequent l'Etat seul auroit
droit d'en disposer dans un triste
évenement,que nos Peuples ne
prévoyent qu'avec peine, & dont
Nous sentons que la feule idée les
afflige. Nous croyons donc devoir
à une Nation si fidélement & si inviolablément
attachée à la Maison
de ses Rois, la justice de ne pas prévenir
le choix qu'elle auroit à faire,
si ce malheur arrivoit, & c'est
par cette raison qu'il Nous à paru
inutile de la consulter en cette occasson,
où Nous n'agissons que
pour elle, en révocant une disposition
sur laquelle elle n'a pas été
consultée, nôtre intention étant de
la conserver dans tous ses droits,
en prévénant meme ses voeux ,
comme Nous nous ferions toûjours
crus obligez de le faire pour
le maintien de l'ordre public, indépendamment
des représentations
que Nous avons reçûes de la part
des Princes de nôtre Sang. Mais,
a prés a voir mis ainsil'intérêt & la
Loidel'Etat en sûreté
} & aprés
avoir déclaré que Nous ne reconnoissons
point d'autresPrinces de
nôtre fang
, que ceux qui étant
issus des Rois par une filiation légitime
, peuvent eux-mêmes devenir
Rois, Nous croyops aussi
pouvoir donner une attention flvorable
à la possession dans laquelle
nos três-c hers & très-amez
Oncles le Duc du Maine &: le
Comte de Toulouse sont de recevoir
, dans nôtre Cour de Par lement,
lesnouveaux honneurs dont
ils y ont joiiy depuis l'Edit du mois
de
de Juillet 1 71 4. & dont il Nous a
paru qu'on devoir leur envier d'au-1
tant moins la continuation pendant
leur vie
que la grace que nous
leur accordons, est fondée sur un
motif qui leur est si propre & Ci
singulier, que dans la fuite des
tems il ne pourra pas être tiré à
conséquence: C'estpar cette considération
, que nous suivons avec
»
plaisir les mouvemens de nôtre affectionpourdePrinces
qui en sont
si dignes par leurs Qualités personnelles,
&par leur attachement
pour Nous. A CES CAttsES &
autres bonnes & grandes considérations
, à ce Nous mouvants de l'avis de , notre trés cher & trés
améOncle le Duc d'Orléans Regent
, & de plusieurs Grands &
Notables Personnages de nôtre
1 Royaume , & de nôtre certaine
science, pleine Puissance & autorité
Royale,Nous avons révoqué
& annullé
, & par le présent
Edit perpétuel & irrévocable, révocons
& annullons ledit Edit du
mois de Juillet 1714. &: ladite Déclaration
du 13 Mai 1715. Ordonnons
neantmoins que nos trèschers
'C tiès amez Oncles le Duc du
Maine &le Comte de Toulouze
continuent de recevoir les honneurs
dont ils ont joüy en nôtre
Cour du Parlement depuis l'Edit
du mois de Juillet,1714.& ce en
considération de leur possession
, & sans tirer à conséquence
, comme
aussi sans qu'ils puissent se dire
& qualifier Princes de nôtre Sang,
ni que ladite qualité puisse leur
être donnée en quelques Jugemens
& Actes que ce puisse être
,
Nous
refervans d'expliquer nos intentions
sur l'entrée & séance en nôtre
Cour de Parlement, de nos trés
chers & très amez Cousins le
Prince de Dombes & le Comte
d'Eu,&surles honneurs dont ils
y pourront jouir : Voulons au furplus
que toutes protestationscontraires
auxprésentes
,
soient &
demeurent nulles & comme non
avenuës ,
ainsi que Nous les Sr"
nullons par le présent Edit. SI
DONNONS EN MANDEMENT anosamez & feaux Conseillers,
les Genstenansnôtre Cour de Parlement
,
Chambre des Comptes
& Cour des Aydes à Paris, que«
-nôtre présent Edit, ils aïent à
faire lire, publier & enregistrer
» &lecontenuenicelui, garder Se
observer selon saforme & tcheur
CAR tel est nôtre plaisir. Et
afin que ce foit choseferme & stableà
toûjours, Nous y avons fait
mettre nôtre Scel. DoNt;E' à Paris
au mois de Juillet, l'an de
grace mil septcens dix-sept, &
de nôtre Regne le deuxiéme.
Signé LOUlS; &plus bas
par le Roi, LE Duc D'ORLEANS
Regent présent. PHELYPE AUX.
Visa DAGUESSEAU. Et scellé
du grand Sceau- de cire verte, en
lacs de soïerouge & verte.
Le même jour 6, MABAMI
revint de Saint Cloud à Paris, pour
assister à la Répresentation de
Geta; elle ût la consolation de
trouver Mgt le Duc de Chartres
en meilleur [amé; ce Princeatant
û la ifèvre} causée par une indige- -ssion.
Le 10. le Commissaire Cilly,
& les sieurs Champy, le Couvreur
& le Roux accusés de malversations
,furent arrêtés par ordre du
Parlement.
Les Grands Officiers de la
Couronne, M.le Grand-Ch:!rnbellan
,& Messieurs les premiers
Gentils-hommes de la Chambre,
ayant voulus empêcher Mgr le
Comte d'Eu de donner la Chemise
& la Serviette au Roi; Mgr le
Duc duMaine représenta à S. AJt.
un Brevet du feu Roi de1711. par leel ces honneurs lui'étoient
accordés,comme aux Princes sès
enfàns, Qzàsi postérité, Sur cet
cxpoie) Msr le Duc Regent n'a
rien voulu innover, & a conservé
à M le Duc du Maine & aux siens
1er mêmes honneurs dont ils joüissoient
auparavant.
-Le:"R.oi qui est en parfaite
santé, passe une partie des
après midi sur la Terrauc qui
regne le long de son Appartement, où on-a misune espéce de petite
Ménagerie, à laquelle il s'amuse
avec quelques jeunes Seigneurs de
la Cour,que M.le Maréchal deVilleroy
envoye chercher. Le Prince
de Boüillon& les deux fils de
Mr le Duc de Luxembourg voyent
le Roitrès assidûment. S. M.aprés
avoirsoupé chez Madame la
Duchesse deVantadour,s'est divertie
jusqu'à 9 heuresà faire tirer un
grand nombre de fusées, de petards
, & d'autres petits artifices.
M. le Duc de Duras va commander
en Guiene, en qualité
de Maréchal de Camp, avec M.
de Bonaz Brigadier fous lui. M. de
Quelus part aussi pour le Languedoc
& les Cevenes.
Le Courier qui alloit à Rome,
a été dévalizé & fort maltraité
par quatre Cavaliers masqués,
prés du Pont Peauvoisin. Ils ont
enlevez tous les PapiersGLU-
étoient danssa Male.
Le 14. M. le Cardinal de Rohaapartit
pour Strasbourg, avec la permissionde
Mgr le Regent.
Le ii.-M de Gontault Doïen de
Nôtre-Dame,nouvellement élu
à la place de feu M.de Prescigni
S-. aïant remis sa Place de Chantre à
M- le Cardinal de Noailles, ce
Prélat l'a conféréeà M.d'Orsanne,
Officiai, & Secretaire du Conseil
de Conscience ; & comme laFonction
d'Archidiacre est incompatible
avec la Chantrerie, cet Archidiaconné
à été donné à M.
Goulard, Grand-Vicaire & Pénitencier
: M. Ouifcl a été
pourvû de laPénitencerie,&M.de
Lusancy Chanoine de Meaux aété
nommé au Canonicat vacant.
-
M.de. Menars Présidentà
Mortier, en mariant Mlle safille
avec M.DuguéBagnols,consentit
dans le Contrat de Mariage,
que M. (on Gendre prendroit dans
succession la Charge dePrésidentà
Mo.rter,ppâl: lafommc,de
JOÔOOO livres, a laquelle elle étoit
pour lors fixée, renonçant au pouvoir
d'en disposer en faveur
d'aucun
autre que de M. DuguéBagnols
: Depuis ce tems-là
,
la- fixation
aïant été levée, M.le Président
de Menars persuadé que la
clause du Contrat ne pouvoit plus
avoir lieu
) a disposé de sa Charge
en faveur deM. de Maupeou
sur le pied de 771000livres orfrant
néanmoins la préference pour
le même prix à M. du Gué Bagnols.
-
Ce dernier aïant formé opposition
au Sceau , Mgrle Régenta
nommé desCommissaires pour
l'examen- de cette Contrestation:
Ce Princea décidé sur le raport,
que M. Dugué seroit oblige de
donner main-levée de son opposition
moïennant 80000 livres
que M. de Menars lui remet ra
&quiappartienderont aux Enfans
qu'il a de son mariage avsc Mllode
Menars. Il sera permis à Mr le
President de Menars de disposer
dureste du prix: de la Charge;
& de s'endéfaire en faveur de
M. de Maupeou.
LETTRES CURIEUSES
A Angers, le premierJuillet 1717. LE foin avec lequel le nouveau
Mercure se fait depuis peu, & le choix des matièresqui y entrent
,
semblent exiger des honnêtes
gens qu'ils fassent part à.
l'Auteur, des Evenemenssinguliersquiviennentàleur
connoissance.
Vous me ferez donc plaisir
de lui communiquer le Fait suivant
dont j'ai été témoin, &
que j'ai examiné avec attention.
Pnjfant par DAo n> Bourg fitue
entre Chateau-Gontier & Cré,
Jur le chemind'Angers;j'y ai vû
une petite fille âgée a de 10. ans , quila Crise d'une fièvre a fait
sortir au bout de chaquedoigtdes
n,ains & despieds,desExcroissances
dt /f/!Natuu, des Os & des Cornés
: Elles o/¡t dixa douze fonces
de longueur; celles des mains font d'oitt, mais celles des pieds font
tant'on peu tortues. De forte que
ses pieds ne re./femhf:'nt pas mal 4
ceuxdeDapblé & des foeurs de
P!J,Úton, tels que les Peintres les repr-
fftntent dani1 moment qu'il deviennent
RacinedyArbre:Le dedans
des mains de cet pauvre enfant,
tft pare d'une matière pierreuse &
écatllér. Sur le coté, elleaune autre
evcroflânce pierreuse '.;. écaillée
de même nature que cellede set
pieds & de ses mal,:s & grojJ,
comme le pangt.
Il vous flw'.Jlentfam doute,M.
que le Journal des Sçavans de M.
Denis Ju premier Aoufl 1671.
, raporte
l. Excroissance ou la Corne
qui etoit venuefous la Jointure de
laJambe d'un Homme,pour y avoir
n<f,Ugl une playe pendant y ans,
& qu'a cette occajton
,
il raporte
après S"ben!^tHS,qn-t Palerme une
fille pouffa des Cornes semblables
4 celles d'un Veau. L'Affaire dont
"Mrrayle Républic.dcsLet, Juillet1s
il est ici queft/on, est de la même
nature mais elle va bten plus loin ;
en voici rififfoire.
Une fille pie de paremsasse'.* pauvres
'i Vvaterford en Irlande
pouffa des , Cornes peu aprè.. sa naif-
Janet, semblables à celles des Belier!,
lion pas à la tête,maisauxjointures
de. bras, despieds,desmains
&• des doigts, & dans les parties
les plus charnHës, comme les fesses ,
& ce qui est de plus conifderable ;
On les vit flrtir engrandequantité
de [es tetons,lorsqu'elle eut neuf
ans, qui eg le tems où nôtre faciete
l'avue. Le Ccrps de cet en. fart efï aride & ion umé
, trop
sec
,
Or trop chaud; couleur des
Cornes est cendréeymelée de jaune,
la fubjlance ferme
,
sans planteur :
on les a voulu ronger on arracher
au
commencementjmais elles
,
((Ft
revenue ar(fât,Iraiwoup fins
^roffescua.pa-'avant. Cette II:ftoirp
n'a point de raportavecce!:e
du Gent-lhomme Italien
,
do-rt le
même Jtur>:al fat r*çnt:on ; qui
fut iniooimode dune excroissance
a'ongld aux mainsa^xpieds,
comme des Gr.jfes ; car, ce font
de veritables Cornes de B:U.:er,
par tous les endroits qu'on marque
dans la figure.
On eji fort en peine de sçavoir (A
nature de la Matière qui prodi< &
qui entretientces Cornes Ó. ces Excroissances
: Les uns veulent que et
fouitfuc nerveuxi les autres, la
fé¡-oftté du fang: Mais, malgré
l'expérience que lej ournal des Sfavans
raporte pour la dernierc
, Je
prendrai la libertéde vousfaire voir
d'autres penséesit-dessus, lesquelles
, pour mieux établir, jt
prendrailachosed'un peu loin.
Je m'imagine donc,qu'à la Conception
de cette fille,il s'est trouvé
dans la Matiéredonefon corps a été
formé,plus de cesPartiesvisqueuses
,
& beau oup moins d'aqueusès
pour les dilayer, qu'il n'en faloit.
Or
,
la Ramification, tant tfwrla
Conformation des vatjfeaux
, que
pour lasécrétion des humeurs,s'étantfaiteproporttonnement
a ceLt,
le Chyle qui s'est faitenfu;te,a été
plus vifqueuxy a caufc de la corfritutiondesvaisseaux
,
glandules &
pores faits pardes partiesd'uneIemblablefigure.
Mais, comme il y a
ltujJi dans ce même Chyle, beaucoup
de partiesvolatiles C7 fpiritvcujes, iln'yapoint de doute qu'elles nese
foietitconglebées arec les autres;
car, ces deuxfortes de partie( ayant
efes Rameaux flexibles, CT les fpfritueufes
pouvant pénétrer d'abord
les Pores des vi quaifes, ri faut
qu'ensefermentant ajèmble, elles
s'unijfe/.téxallcmcrt.LesMoléculesquelle>
ont formées,ont pu s'avancer
dhbord vers les doigts des
pieds & des mltÍns; pareeque la
Matière qui devo'tfaire les ongles,
leur avo-tdéafrayé le p^Jfage,c~
s'étant joshtes avec e lles
,
elles ent
formé des Cornes
, au heu d'ongles,
tantacai'f: de leur quant té,qu'a
caufc de leur fîr:ure 0- mouvement,
qui i-nt dilaté1rs Pore.r, jlt!Q.f'/! la
proportion convenable. Aprff cda ,
partout
partoutartellcsont trouve despore*
approchans
,
elleSJ ont fait une même
production
, ç-r cespores Í/'on pu
leur manquer, parce qu'y ayant û
dés le commencement,félon maJ/IPpofltton
,
beaucoup de parties vtfqueufes
,les chemins propres ont
ététracez, ,crlesTubesconvenablesappoprteL,
Vo:l.!, Alonficnr,
d peu prés mon opinion, touc ¡';!jJt
cette ajjaire-ct : Sije n'ai pas frâpé
au but, au moins dor.r.era'-Je uc-
LJirm à ceux qui voyait plus clair
îa-ddé/d'ans que moi d 1 1/ ,de nous la dévtloper
plus diflir.Cleoeent.Jefuis
erc. e
A L. le 10. Juillet1717.
Ilfaut que je vous communique3M.
une Nouvellequi, je crois, m(.:rtt'
d'avoir part dansvore /lfcïCl!'V't',
MejJlmï) les Chanoines de S :<;it
'; ont faitréparer d,.nsl/fe.u~rrE-~clJe ~c;;c Chvl eile, dediée aux délienues
dans ltsFlamsdu Purgatoirey
le Sculpteur qui en a fait la représensation
en bas relief, a placé difrectement
au milieu de ses Figures EffigieduPerePrieuïdu Couvent
des tellement rcffemblant,
qu'il riy a ûperforme qui s" foit mépris:
Le Pere s'y étant reconnu lutmême,
ena étéporter sesplaintes a
Jlleffieurs les Chanoines
, qui ont
fait venir le Sculpteur,pour l'obliger4délivrer
le Pere
,
ger o* des Flames d i
du Purgatoire *, mais s'en étant excusé,
fous prétexte qu'il ne pouvoitpas
toucher à son Ouvrage, sans
le gâter, le R. P. peu content de
cettedéfaite, crut qu'ily assoit de
son honneur de s'enplaindre a 41.
VArchevêque. Le Sculpteur interrogéparMonseigneur,
si cettc Ressemblance
étoit un effet du ha'{,ard
,
oudesa Volonté, répond que le hasard
n) avoit aucune part. Sur celéi
le R.P. demande jufnce a Sa GandeHr,
CTprétend en avoirune Réparationdigne
de VOjfenfe: Ai. L'Aïchevêquenevoulantpoin
condamner
L'Acculé, sans entendre ses
raiforts, lui ordonne dese défendre,
ce qu'rl fit en ces termes.
Monjèigneur, le Carême passé, le
Pere ,, prêchant a. Saint.,
dit, que ceux qui retiendroient le
Bien d'autrui,feroientdétenusdans
les Flancs du Purgatoire
,
jUfqH'à
ce qu'ris ûjfentpayéleursdettes: Il
y a, Afopfeigneur, plus de deux
ans, qu'il me doit300. livres, dont
je ne puis rien tirer, c*efi ce qui
m'a détermine à l'y mettre &
a l'y laisser; à moins que Vôtre
Grandeurn'en ordonne autrement: L'Archevêque trouvant la réponse
du Sculpteur fondée sur l'équité,
condamna le itÆoine, honteux &
cunfus, d refier en Purgatoirejufqua
ce qu'il fit nequité entièrementson
Créancier. Je fuis,
Monsieur,
Vôtreafféctionné Serviteur,
Le Chevalier de Lorme.
A Paris le ,
1717.
Madame de Châteautiers disoit
avant hier au Regent chezMADAME,
combien Madame la Duchesse
de Vantadour se loüoit de lui:
Jefais, luit dit le Régent, tousles
plaisirs queiepuis,&le nelaissepas
de faire beaucoup deMécontens; M.
l'Abbé de Saint Pierre, qui étoit
prenne, dit, que Titus étoit dans
le même cas: Je sçaiHistoirede
Titus,aussibien que vous, dit le
Regent, & je n'ai vu nulle part
qn: personnesesoitjamais plaint de
cet Empereur. Madame la Du-
CHESSEarriva, & l'affairede Titus
en demeura là; Mais le lendemain
M. l'Abbé de Saint Pierre
écrivit à Madame de Châteautiers
le Billet suivant.
Titus aimédes Bonsut hai des /#-
jufles.
Ne conviendrez-vous pas, Madame
,que la pluspart des hommes
ignorent le nombre & la grandeur
de leurs déffauts , le nombre
&la grandeur des bonnes qualitez
desautres; qu'ils ignorent une partie
de ce qu'ils doivent, & qu'ils
demandent plus qu'il ne leur est
- dû.
Or
,
il est impossible que cette
ignorance si commune, ne fasse
dans le Monde une quantité prodigieuse
de personnes injustes, c'est
la Nature de l'homme:Et comme
la Nature est la même dans tous
les Païs & dans tous lesTems
• pourriez-vous douter, Madame, qu'il n'yût autant deGensinjustes
à Rome du tems deTitus, qu'il y
en a présentement à Paris.
Ne conviendrez-vous pas encore
, Madame, qu'il est impossible
de contenter tous les jours beaucoup
d'injustes, sans faire tous les
jours beaucoup d'Injustices;& qu'il
est de même impossiblede faire '*
justice, en leur faisant rendre c&s
quic: refusent,ouen leurrefufârit
ce qu'ils dcmandent,sans les rendre
meconrens.
Je ibûtiens donc toujours , Madame,
que si Titus aéreaussibon
&..uffi jufie qu'on le dit, il est
impolïîbicqu'iln'ait été hai de tous
lesIpjuftes qui avoient à faire à
lui. Or, je vous supplie, Madame,
ai je besoin du témoignagedes Historienspour
prouver une chofc
qui ne peur pas avoir été autrement
? Ai-je besoin du témoignage
de Suetone, pour persuader que
Titus étoit quelques- fois. trompé
pr ses Miniftrcs? Je dirai plus:Titlis
feroitfort ma l loiié, si l'on
pouvoit dire de lui, qu'il fût aimé
des Injustes, cette louange n'apaitniecn;
tnqruq'àuaNNrlo'no:nL:eemméccoonntteenn£tee--
menc des1njuftes faitla gloire
d'un bon Prirce : Ainsi, je fevois
fort affligé, si le Regent ne faifoic
pas un
asïes grand nombre de mecqntens
i & j'efperc bien que la
Posterité dira un jour de lui, ce que
je4vous disois hier deTitus.
Philippe aimedes Bons, fut hai des
Injures.
- 27. Fevrier 1717.
-4
FABLE
Sur la Grossesse de S. A. S.
MADAME
LA PRINCESSE DE CONTY,
PAR M. FUSELIER.
H1er Mercure annonçadam les
CICHX,
GhCanc Princesse aujjî fage que
be!e,
Qui compte autant de Heros que dAyeux-,
Alloit encor à la Tige immortelle
DesaMaison
,
donntr Branchc
nottvelle;
Dans ce Récit, ses Traitsvictorieux
, Soûris, Regards, Grâces enchanteresses
Iln'oublia: Dupouvoir deses Yeux
Dansce moment ,
s'entrctinrenries
Dieux,
Et ce momentennuja les DéejJcs,
Marsfenlpenff, dans son Casqueenfoncé,
Du Rejetton par Altrcureannoncé,
Ja dansuncomméditoitla culture,
Minerve aHJli: Ceglorieux emploi,
SS',é"cria M'JIIars.n''efJji, refrerzéqu'a mOI;
CONTIS chez, Mars 01.'t tous pris
Nourriture.
Qtfonn'aitfouet de quel Sexe viendra
Le Noble Enfant: A tout on pourvoira.
Si Fille vient,faitefera pour plaire,
Je luipromets touteforted'Appas,
Graal, je croi , ne lui manquerontpas:
J'aidu crédit a la Cour de Cithére..
LtJAdott¡¡ vousSupplantentparfois
Interrompit la Pztrtinc d'Athenes,
-
En foÚrumt; mats revenons aux
e Droits pretendez,i ce fontChimerfs
vaines.
N'avancez, plus que CONTI S
fous vof Loix
Se son: formeu un coeur de gloire
avd:? ;
Les vrais H/ros ne suivent que ma
Voix,
Mars les entraîneMiner-veles
guide.
Ace difeoursquibhjfoitfafiertf,
Le Dieu de Thra7c Ut, peut-être,
éclatté;
MaisJupiter, par sa feulepr/fence,
Df son couroux réprima la lirence ;
Près deson Roy l'Olimpe s'afembla;
Ilfit ungesse,& l'Univers trembla.
Les Conteftans lui dirent leur af-
* r fairey
Man montramoins de droit que de
colère.
SllgcMinerve, &> vous Dieu des
Combats,
DitJupiter,cessez, de vainsDébats;
Je feai le point qui fait vôtre dispute:
Ur, apreneL qu'entre vous se dif.
cute
Cas important'ou. n'avez, intérêt i lde CONTI natjfe Garçon ou
Fille
Pour les form, er, le Modéle efl tout
pret,
PAS ne faudra sortir de la Famille--
Je me flate que M. le Chevalier
de Saint Jory ne trouvera pas mauvais
que je revéle ici
,
qu'il est
l'Auteur de la piece suivante : Samodestieen pourra souffrir,mais
je suis persuadé quequand il s'agit
de piquer le goût du Lecteur, un
Ecrivainpériodique doit prendre un
peu sur son compte certaines hardicues
j sans lesquelles un Livre
comme le mien,ne.pourroir fubfîfter
long-tems. Il feroitàfouhairer
lquuje'otns mefournit souvent de pareils
d'exeufe, je me chargerois
volontiers des réproches, pourvu
qu'il en revint de bonnes pièces au
au Public.
A MADEMOISELLE
DE LU,
Sur une Eglogue qu'elle a faite.
FABLE ALLEGORIQUE.
Un jour à la Table des Dieux,
Onlût des Pers d'une Mufe nouvelle.
Ils parurent ji beaux à la Troupe
Immortelle,
Q*onjugea qu'au Parnasse on ne rimoit
pas mieux.
Trop heureux, difoit-on
, & trop
digne d'envie,
Le Berger qu'en ces Vers daigne
chanter Si/vie?
Afais d'un Ouvragefiparfait,
D'ou vient que l'Auteur&
l'Objet,
Sous des nomr empruntez' se
cachent?
Je veux bien,dit l'Amour, qu'ils
ffacbent,
•S?*''Amour l'ittfizné,si l'Amour
l'avoit fait:
Pour les punir, perçonsceMifine
agréable.
Alors les coudes sur la Table,
Chacun à réfléchir deson mieux,travailla.
Cess celui-cy
,
c'est celle-là :
Onprend parti de la Voix çrdu
Gejle,
Ladffpute s'allume, ons'obstine, on
tontefle
Telqu , i vouioit dire oui,maligne-*
merDecentomdbitrenfoun t,Apollon.
Enfin, de Lu, l'Amourtout en
colere,
Demande À parierque les Versfont
de Vous.
Apollonfouttent lecontraire;
Tout Kimeur cff un peu jaloux,
Je n'en connois point de jincerr, laJjhterelle s'ctlu-.vffc, on élevé la
onlirxo) on met au jeu la Lyre or
le CarquolJ,
L'Amourgagna, Cho zens lesaïoit
• vu faire. On
Onfcditque le /).,!. C^'Ijre
J\t\lp.iii'ii.-jls lr.:r,:q-:c:tr
Ail.z,,d:t-îl ,aan ton I¡:JCj.
t,W*
5 Allez*,bel Apollon.riprendrecieX
Airet:
La pazet-cre G:"" i.iIon'-:te,
TTr¡::.r T.
1ni: juniesrri'U J:o:) le (.,,::'
'{//¡,'.,
J' r ",' 1 J')faisC€a:.-c} -io:s,r/'-o;:dt:Ar-
ih.,
(I::¡' r". T.v• tjrp.vr;:e-:
J'Ir,: rn' nrr.:-;i>e:: L u {, er.: ,-,'.l
!.:,i',::.
y;f.:.. fÏAw.rpr-r.hr: ,.' C.r Cjj cj's-,'JJ. J
Env.::tr.l'eii'A;:it:re,;/
r.. :.iI,
de/oÏlI'}.I';
/:/'v;;v,.' /• Ij* U'i i -'!J'-'p:' î
Aï. ,'cvVsa;<:x, JeJ>\dc L r reccu'^ ,
, r.v z" F.Ileadesv\v5'-o-/ 't f;.,;. f, ,, -; ..,/ ¡. SI
- La Fable suivante cil d'un
Auteur incertain.Onsoupçonne
cependant, qu'elle est de la composition
du Pere Benoît Jesuîte,
à qui on attribue égallement la
la petite Piéce en Vers, qui est
inférée à la p. 174.du Mercure de
Juin, sur les dermeres Fables que
Jlî. de la Motterécitaa/'Académie
François:.
Ces 2. seuls Morceaux font fuffisans
, pour faire juger,què si ce
Pere tournoit son génie du côté de
la Poesie, il feroit en état de ne
point envier les Talents de nos
meilleurs Poètes.
L E
MERITE ET LA FORTUNE
EABLE.
LE fil/riteJ Cadet defort bon- -~ neMaison,
-Et l'Infante Fortune, opulente heritiere,
far les liens d.Hymen furent unis,
dit-on,
4p
jiu bon vieux Tempsc'étoit-lala
manière
Entreux point de débat, point de
d:jfanjion;
Il n'étoit bru,t partout que de leur
union.
Jamais on ne voyoit Fortune sans
JMfrite i
Mérite sans Fortune étoit cas furprenant
: C'eioitmême, chose illicite.
Lu mode h:Lis ! n'en e(i plus
iIJo'Zi?o"!,:.'d;'t)
rr- , v t,..s (' 'f" , /., r T , Taxtf.sj t'ti - ,<:p -.J ;',::, 1il; étoitfotAt>ie,
L'Epoux étoit bien-fait, tnfinudnt,
aimable ;
L'Epouse avoit de grands attraits
Et du comptant : efaut - il
davantage ?
COMPTANTlui seul, tientlieu
des plus beaux traits,
Au demeurant l'humeur un peu
volage.
C'était leseul défaut dont on pût /«f
taxer;
Mais Méritefinpersonnage
lu;:¡.:}:<-o':.,,:i:it.!:I:I::!,t;-.-m,,'û:?:t.v,1feu:,
I. ::,' ¡¡: C-.f «,;? tell(e Al'
: c
L:: {¡[ j "jSc::!£•'?-)¡rt{e :';1.;.\ (/ 1"! J ;
.V Jt t-siit r:(/: i,i JJou? sil.ilncmtiu.ipas. z, roi nt ,: tD:et ;.'e::r' drey,s detoute Con'{dition:
L Int.rît joint h Inclination
Le:-tiroitaleurdemeure
'lJ'J:! lon , ne fonoitpoint [!ilS
acnnïr.uion. Mfy.::utfei:-rench.wtoittout
, , r: .;:- 1J 1J
t' 1; f r. ¡ lerno..d;;
'r "1,, ; 't F,.t 0 (l 10al'i cjiion hr.eit,Fortune
j¡!v.t rien.
Cep.ndnnfietn:tde (on bien,
J^£:lf-f,>t!.:',';::,: Itironde ;
L''-ri:-, '!*it * '/t0/rlp ie
, IdSji 1. l,
si 'c' ..,..)0' 0 il devoit le !ad:,y.rdejevoirt.in"Itt
vante. J)venusurd:>cru-pre;\renee,
;nir I yr;:i ?'cl,^ne dJe jVrJ
dfl",
Tour elle,plus d'égard, defoin1 de
déférence,
C'étoitmépris,c'étoit hauteurt-
Jtfêmenertgardoitsouvent la paue
vre Infante, comme il auroit fait sa tris
humble servante.
Jj^u'oujuge, Jî ce trait dàt bienflrt
lu piquer.
Elle étoit femme,elle étoit meprtfée
, Pour moins l'on pourroitse choquery
Elle en fut sifcsndalifée,
Jjfjtsfur /? champ, sans dlre-,Í
dieu,
Elledélogeadu dit lieu:
Vousjugez, bien qu'elle trouva retraite,
Gens d'affaires tous des pre. -
miers
La recueillirent volontiers;
J'oubkois q-4en partant,ellefit maison
nette, LaissantauMérite pour bie,,)
, Ou peu de chose,ou mime rien.
Ce Coup ne le toucha que de la bonne
fortes Mtij-,
.,;-' ¡.lJ,vt ¡<1.?,u.n ,njzfe.z,,OfoliUbl.e.
ir[y> ';,;s eitc :l, c ij¡'":':Oi. biffi de retenir
chez, lui
des Ccnr.njlms Lt[lateufe Cchcrte: r Jt NO,r, ,. jursquelques vrais
ai/,!s 7 ufquau,x gensdebien,dejl-rtaleL
;
Du cote de Fortune des sots &
des jiWes,
0>Ji'/1 tourner t ousles l:cmma(>cs.
C //;/? pa cru, il se voit Il fon tour
Réduit .i lui jlitre sa Cour:
Cette Vace a pourelle des
C\*>1ïr',lCS,
()'1 r. 7 t .,7'.:. '1"" P Onfc.ut>-"]esnuepalr'la/i ¡.('t 'e't :,de;:t
Po:*rtoutl':rui:i\it!f ejtunmoreeau
jrutj: .1
_M:r:t:ded:o t en verse maintes
I..r,,;it'J
Ji.tt../es t'prrsfont /uperjht•:
Ala vnc ori le Lujfcr,,icr-
.,i>.i.te ;
.F.:rr .alcver ne de le (O;(ú¡;-
» y j: ; : r 1..,..:1 yV. "c;.-:!
Vousnoterez,, parparenthese ,
echoyésfontencore en cet état,
Fortune fait toujours la fifre qr la e Mérité cependant en cft mal a [on
aise,
Entre eux ne pourroit-on faire un
bon concordat?
Belle reunion à faire
Afats las! Apartiént.iL à desîmples
Mortels,
De la tenter ? Qui concluroit
VAffaire
Je lui drejferois, des Autels.
ARTICLE DES SPECTACLES,
OuREFLXIONiSUR SEMIRAMIS. O N joüa lemois d'Avril dernier,
sur le Théâtre de la
Comedie Françoise, la Mort de
Semiramis, Tragedie de M. de
Crebillon : Le Public lui sir un
accueil asses favorable;cependant
l'Auteur jugeaàpropos de la faire
cfifpaïcître
,
après sept rer¿[en:!..
tiens. On répandit dans le Monde
qu'il avoit obtenu des Comediens
, qu'elle fût coxfervee pour
l'Hyver prochain. Comme je me
fus interdit le droit de porter Jugement
des pieces de Théâtre, tant
que les Auteurs ont part aux Emoluraens
des répresentations,jere.-
fiitai pour lors à la tentation d'en
donner un petir examen critique.
M. de Crebillon vient de faire
imprimer cette Tragedie; lavoilà
donc dévoluë au Public; Ainsi,je
ne puis me difpcnfer d'en parler
dans le Mercure; je n'ai pas asses
de tems, pour l'examiner à tous
égards; elle me tombe dans les
mains à la findu muis, & lcufque je
fuis prêt à finir mon Livre.Ilfaudra
m'en tenir à donner un Extrait
qui rétraceridée de la .Piece,à ceux
qui l'ont vûë. au Thé irre ,
&qui
en faite desirer la Lcaure: à ceux
qui ne la connoissent.pas encore.
Je p endrai, .peut-êrre:
, - chemin
faifa.t,la liberté de hazarder
quelques.Remarques critiques ;
- mais cela se fera avec tous les
égards us à un Auteur du mérite
de M. de Crebillon.
ACTEI.
Ninus Roi des Assiriens fit une
Loi, par laquelle il défera le Trône
après sa mort à Semirafnis son
Epouse, quoiqu'il ût d'elle un fils
nommé Ninias.
Semiramis impatiente de regnçrï
ne aflfaffinw son MariJ
Ip \#
- Tu ffais quel pxjxffpifarie don
du Diadème
Minus fut égorgéJfànssecours
, sans amis, x
Au pied du même Trône
, oit
Ninusfut assis, *
1 Belus frere de Semiraniis^cônçût
le dessein de venger la mort de
Ninus, &de faire recrue!:, le
- Trône au jeune Ninias.
Je veux venger Ninus & ÇOHronnerfonfils
>
Voila ce qui ma fait foalevertant
d'amis,
Etd'une Soeurenfin,quifoiit-lle
icymagloire,
Je ne veux finslaisser qUlIne
trijiemémoire.
Semiramis craignant que Ninias
ne vengeat un jour la mort de son
Pere, médita sa perte : Belus
sauva ce jeune Prince, en l'écartant
delaCour;il l'envoya dans
le funis de l'Asie, {O:'IS laconduire
d'un nomméMermecide, homme
de courage. -
Je m'Stois aperçu quesa cruelté'
Mere
Craignoit deufiir en lui croître
un vengeur [evtre;
- J'engageai Afermecide a fanver
de la Cour
Cegagemalheureux d'untrop
funeste amOHr.
-
Belus calma les inquiétudes de
Semiramis par la fausse nouvelle
de la mort de Ninias.
C pendant, pourtromper une
Mere cruelle
,
De la mort de fonfils je femay
la nouvelle.
On lacrut
Belus avor une fille nommée
TeHttfts, du mêmeâge que Ninias,
ils avoient l'un & l'autre à peine
5. ans, Belus fit conduire si fille
dans un défert où Mermecide élevoit
Nifliu
, oc maria en fectec
ces deux enfa .s.
L'un d- Vautre tourhoient à
peine an premier lustre ;
uivec tant de myjlere
, on les
unit tous deux
Que , tout juîqu";t leur nom,
fut un secret pour eux.
Belus hâtacemariage,afinqu'il
devint pour lui une nouvelle raison
de punir Semiramis.
Pour rendre encor mon coeur
par un lienJt doux,
Plus avidedufang qu'lxigeoit
mon couroux.
Quand ce mariage ût été célébré,
on ramena Tenefis à Babilone,
où elle fut chérie de Semiramis ; Mermecide continua d'élever le
jeune Ninias dans son défert fous
le nom de Mérodare & comme
son proprefils, en attendant qu'il
-
fut en état de soûtenir le nom de
Ninias & d'en défendre les droits.
A peine le jeune Mérodate uc
atteint 15. ans, que trompant la
vigilance de son pere, il s'echapa
& courut le monde, le pauvre
Mermecide le chercha en vain
pendant 10.années.
Depuis dix ans en vain Mermecide
a couru
Après cefilsJi chertout àcoup
disparu.
Une si longue disparition fait
craindre à Belus que Ninias ne foit
mort.
Deputs dix ans entiers qu'une:
fane
fuite imprudente
Ls dé,obe mes voeux &
trompe man attente Je , commence en effet à douter
Na mon tour
S'ilvit drjije dois compter
sur son retâur.
Il ya 10 ans que Bélus a marié sa
fille à Ténefts avec Ntmilj ; les
Epoux n'avoient alors que 5.ans.
Il y a dix ans que Ninias a échapé
à Mermecide
,
si le Prince n'est
pas mort comme on le soupçonne,
il doit avoir 25 ans.
Là,dam un Boisaux Dieux corrsacré
déslong tems, J'unis pardesaints Noeuds, ces
uiuguftes Enfans ;
D-epuis vingt-ans mes yeux
n'ont poir>trevu le Prince'j
Depuis dix ans en vain Mermecide
a couru &c.
Ilest bon de remarquer qrre Bélus
n'a point troublé les 20. premièresarmées
du Regne de Semitamis
:Il n'a commence à exciter
-
les Peuples à la révolte,que depuis
la disparition de Ninias.
TH [fais, pour occuper une
odieusefoeur,
i Tout ce que j'ai tenté dans ma
ma juflefureur:
Par -combien de détours armé
contresa vie,
J'ai defois en dix ans soûlevé
l'AJfyria.
Semiramis a triomphé, de tous
les Périls, par le secours d'un jeune
héros, nommé Agenor, à qui
elle a donné le Commandement
île ses Armées.
Semtramis triomphe
,
Agenor
estvainqueur-,
Rien n'a pu foutemr sa fllnlll
valeur.
Il y a dix ans , comme nous
avons remarqué
, que Bélus excite
differentes Révoltes contre la
Reine sa soeur; il a trouvé néantmoins
le secret de ne lui être point
suspect ; elle croit au contraire,
lui ctre comptable de ses succés,
elle lui a confié les Murs de Babilone
,
elle a partageavec luil'Autorité
Souveraine c'estainsi qu'elle
lui parle, Acte 1er. Scene 4e.
Vous,de quila vertu joûtenant le
devoir,
Co.itre mes Ennemis fut toujours
mon ejpoir,
A qui j'ai confié les Murs de
Babilone
Ou plutôt partag,é le poids de ma
Couronne.
Mon frere
,
Il est vrai que dans la même
scene, Semiramis commence à lui
marquer quelque défiance, & se
plaint de ce qu'on instruit les Rebels
de tous ses desseins ; à quoi
Bélusrépond.
Suis-je de vos fecretsle seul Dépositaire?
Etsurquoifondez-vousunsoupçon
téméraire
Sur quelleConjecture ou sur
quelle uiftion ?
Vous sçavez., que mon coeur eq
sans ambition.
Semiramis n'insiste plus; le seul
desaveudeBélus la justifie dans
son efprir.
J'ai peine à comprendre - ,comrotnrM.
de Crebillon nous désigne
Bélus-pour
un personnage vertueux
; il ne perd pas une occasion
de porter jugement en sa faveur
dansla Piéce. Difficilement puisje
me persuader qu'il entre dans
l'ordre des devoirs de Bélus, de
faire assassiner sa soeur;elle est coupable
du meurtre de Ninus,mais
cc n'dl pas à lui de punir le crime
d'une soeur à qui les Dieux semblentavoir
fait grace.
Idole d'une Coursans honneur&
sansfoi, - Voïù ce que le, Ciel protège
contremoi;
Loin de me féconder dans mon
jufietYtlnfport
Avec , Semiramis;tout femblc
ici d'accord.
Quoi donc ! le seul Bélus refusera
de faire grace à Semiramis ;
elle partage avec lui la fouYÇraînc
Puissance, & ce perfide ne veut
user de son autorité que pour faire
assassiner la Reine sa soeur.
M. de Crebillon ne veut pas
qu'on impute les desseinsde Bélus
aux conseils de l'ambition: Il n'a
d'autre vûë que celle de restituer
à NiniasleTrône de son pere;
mais,il y a dixans qu'on n'a aucunes
nouvelles de Ninias Belus
même
, comme nous avonsvû,
commence à croire qu'il est mort.
C'estalors qu'il se hâte de vouloir
répandre lesang de la Reine : Il ya ici, ou de l'ambition , ou du
fanatisme. Continuons. -
Semiramis détrompée des soupçons
qu'elleavoit conçûs contre
Bélus,seménage un entretien secret
avec Ténesis; elle lui révele,
l'extrêmepassion qu'elle a conçûë
pour Agenor:Elle avoüe la
honte attachée au choix d'un Epoux
qui n'a point de Rois pour
Aveux: Elle a orné son front d'un
Diadéme pour le tendre moins
L indigne d'ère.
,
Dts- ap 0:1. cl-"'t,û je
d/Lia(t Roy , Niii
Mais jelélève encor pour l'approcher
de mOJ.
Semiramis craint que le jeune-
Héros ne réponde point à sa paf.
sion.
Pour toucher ce Hers, mes bien
faitssuperflus
Echaufr'nt ta valeur, & ne font
rien de plus;
De tant d'Amour, helas, foible
ré onnoijfance !
Ses exploits font encor toute ma
récompense.
Après avoir fait ces confidences
àTénesis, la Reine exige d'elle
deux choses; L'une qu'elle serve
sonAmour auprès d'Agenor;l'autre ,
qu'elle fafle agréer à Bélus le parti
qu'elle a pris d'épouser ce Heros.
Pens-lm fbienlefeuquidévore
mon coeur, foitour ce Héros-rècon-"
no jf! un fm nqutrur ; Etfson oeur p ur moin'avait
ne.-:l,i.J. rs ,
Tenu du moins son coeur far
l'tjfred'un Empire:
Il faut faire approuver mon
Amourà mon Frere.
Ténesis aime en secret agenor,
mais fidèleàlafoiqu'elle a jurée à
un Inconnu, à l'âgede cinq ans , elle prend le parti de servir la passion
de la Reine.
Tenefis, pour te faire un généreux
effort,
Songe que tu nes plus mattrejfè
de ton fort.
ACTE 11.
La Princesse s'acquitte de la commission
de la Reine auprés d' Age*-
nor. Agenor réfuse de répondre à
la passion de Semiramis, &fait une
déclaration d'Amour à Ténesismême.
La fidelle Epouseréjette avecmépris
les voeux d'Agenor
,
l'Amanc
méprisé la quitte, en disant
ces paroles.
J^emends'jc?quel mépris? ah
* - ce'ntrop,I ra.-e,
Vous nabufeYeplus d'unAm'MT
qui vous pate.
Agenor est dans la mêmesituation
que Tenesis ; il a été marié
-
dans son enfance; il se reproche
l'oubli de ses Sermens.
J'aitransporté mes Dieux dans
lefatal ftjollT>
Pour n'ysacrifier quaufeulD-ieu
'derAmot.r;
Mais quefenfus p-uni?que l'H;—
men.cher Mirame.,
Se venoe avec rigueur d'une orod"U«ne
coupableflanre !
----,
Dieuxcruels?faloit-ilprendretant
de vengeance,
De L'oubli d'un Serment juré
dans mon enfance.
Bélus instruitparTénesis du
dessein que Semiramisaformé d'épouser
Agenor, prend le parti
d empêcher ce Mariage : Il vient
trou cr Agenor; pour lui déclarer,
qu'il s'oppo eauxProjets insensez de Reine.
Je r* connais que trop sesProjets
uJenfez,.
Agenor répond que si ses voeux
le portoient du côté de Semiramis,
il s'embarrasseroit peu du confenment
de Bélus, mais, qu'il adore
Ténesis.
EtJi jamais l'Amour rrientrainoit
vers la Reine,
Je confulterois peu ni Belus nisa
haines
Dansdes lens plus doux mon
coeur est r?,tenu Vôtrefille,Seigneur,e, st celle qUI
J'adore,
Etque, sansses mépris,fadorerots
encore.
Agenorrépond.
A¿c::nor répond.
On vantepeu lefang dontj'ai refü
la vie,
filais e n'en connois point a qui
je porte envie ;
jyau:un foin sur ce point, mon
coeur rieji combatu
LeDsftinm'afait , naître aufein
- de la Vertu ;
C'est elle qui prit foin d'elpvtr
mon enfance,
Et magloire a depuis pajJé mon
esperance :
Quiconque peut avoir un coeur
tel queL,mien,
Ne connott point de Sang plus
noble que le fien ; Et quand j'airecherche vôtre
augufle Alitât ce,
J'ai comyte vos vertus, & non
votreNasffanc
Agenor finit l'entretienpar ces
mots:
Seigneur;à Tenefs je refervoii
ma foy,
Parce que mon Amour l'a cru
dtgne de m oy
J'aivoulu vous l'offrtr, dans la
crainte pert être,
Dtme voir obligede vousdonner
fin Mt'litre;
La Reine m'offre icy l'Empire
avecsa main
Pltifque vous m'yforcez,, cefera
des demain.
Semiramis vient d'apprendre
que Bélus est le Chef [cetee de la
derniere Conspiration ; l'un des
Confederez nomméMegabize, a
tout revelé.
On me trhit, Seigneur, & le
Traîtreetfmonfrère,
IIenveut à vous même, à mon TTr)ôInetà, mesjours,
Si de tant deComplots vous n'arrêtas
le cours.
Agenor employe genereusement
ici ses bons offices en faveur de
Bélus, il rassûre Semiramis 3~ suspend
sa vengeance
,
après quoi il
veut lui parler- de son entretien
avecTénesis.
LaPrincesse a daigné dans un
long entretien,
Semiramis l'interrompt par ces paroles.
-
Hequoii vousl'.ave vvüâë cf¡ ne
e çfr m'en ditesrieni,
Onffdit tout, cependant on gar.
de le jîlence,
Onsetrouble, onfoâpire, (y m;.
me en ma presence ;
-Quelsregards?quelaccueuil? cr
qucft-cequeje vti ?
Sans doute on vous àqw freve*
- nu contrémti.
4h Seigneurl fardênmz, ces
fleurs a mes ailarmes,
Et n'accuse que vous de mes
fremicres Larmes.
-
Dans le tems quaAgenor commence
à parler à Semiramis de ce
qui l'interessedisort,elle l'inter- -
romptpour lui reprocher qu'il ne
lui en ditrien. Semiramis ne fait
pas attention que l'ayantoccupé elle-
même du recit de la Conspiration
trélIDée: par Béîus
,
il n'éroit
pas possible qu'Agenor lui - parlât
plûlôt de son Amour; je ne sçai
pourquoi la Reine impute à mépris
&afroideur,lesSoupirs& le trouble
d'Agenor
; il ïêioit plus naturel
qu'elle attribüât ces signes à
l'Amourtimide &respectueux.Que
veut-elle dire par cesmots.
Sans doute on vous4urapr/venue
contre moy.
Agenor
Agenor peut-il ignorer son crime
? Mais enfin, n'est-elle pas
icy extrémement avilie *,je m'en
raporteàM.deCrebillon:Semiramis
assûrémentdevroit parler avec
plus de dignité. •
Agenor dit-fipe les inquietudes
de la Reine par ces parolesgalantes.
Quandvn est, commevous,Jlressemblante
aux Dieux,
Dans le camr des Mortels on de-
*vroit lire mieux:
Que n'en doit point attendre une
e Reinesi belle*
Jj)Hclcanr a [es desirs pourroit
être rebcle ?
Nos deux Amans, ap è; avoir
un peu conversé sur ce ton, (e féparent,
& l'Acte finit par les Vers
suivans, queSemiramis adresseà
Agenor.
Venez, parMHymensicher À mes
souhaitsy
DDN,v perfide Belus confondre les B.
Projets,
Parcesnoeuds dent le cours hAtteerrll"'
AAu!"fte Fête, t#
Venez, de l'Univrs m'annoncer
la Ctnquctc.
Helas! Je l'ai privé du plus
grand deses Rois,
Maisje lui rends en vous plus
queje ne lui dois.
ACTE III.
Mermecide, après avoir en vain
cherché Ninias en differensClimats,
estvenu à Babilone rendre
compte àBélusdescourses inutilles
qu'il a faites depuis dix ans. Eé..
lus l'informe de l'Etat present de
la Cour; il lui apprendqu'un jeune
Guerrier, nommé Agenor, a
fait échouer plusieurs Conspirationstramées
contre la Reine, &
qu'elle vient d'êtreinformée, que
son Frère est le Chefsecret de ces
Conspirations.
§ Mermecide a étéannoncédans
le premier Acte, comme vertueux
& courageux.
TH dois avoir connu ce fameux
Mermecide,
Safarouche Vertu, son courage
intrépide.
Quel Conseil cet homme debien
donnera-t-il à Belus?Ecoutons.
Je sens par vos périls réchauffer
mon audace,
Prononcez, son Arrêt
,
condamnez,
vôtre foeur ;
J'immoleavant la nuit,elle &
son Deffenseur; Ilsemble qu'avec nous le Sort
d'intelligence,
Livre a tous vosdefeinsleGuerriersans
deffence.
1
Bélus adopte la moitié du
généreuxconseil de Mermecide;
il consentqu'on afl.(line sa soeur;
mais, il demande grace pour Agenor.
Perdons mafoeur
, pour lui ,conjpènas
ragl'né erj Loin de le perdre, il faut tacher
de le gagner:
Jefçais un Jur miyen de 1armer
pour mtt-neme, lte dirai-jeenfini c'cilTénefis
qu'il Aime
MennecUe sembleregretter la
Victimequ'on lui enlevé, il exposeàBélus
que éndis appartient
àNinias,& qu'il ne peur plus
en disposer en faveur d'Agenor.
Mais, pour en disposer, Seigneur
efi-elle à vins ?
Ninias engagé dans des liens si
diux,
En a gardépeut-être,unetendremémoire.
Voilà un peut-être qui n'est pas.
ici sans raison; Mermecide n'a
pas grand tort de douter un peu , si des Epoux de 5 ans,qui ne se font
vûs qu'un moment , auronr conservé
l'un pour l'autre, un souvenir
bien tendre.
Je ne sçaipourquoi Bélus n'a
pas recours à quelque nullité ou
moyen d'abus contrece vieux Mariage
que lui propose Mermecide,
cela lesortoit tout d'uncoup d'affaire.
Le btm homme avoüe que
safille-appartient a Ninias, mais,
ques'agissant pour ce même Ninias
d'un Trône
-
qu'il ne peut acquerit
que.par la perte d'une Epouse;
on ne doit pas balancer à
faire pour lui ce sacrifice.
jison premier Hymen arrachons
Tsnefts
, Si je veux d'un fecond priver
Semiramis
Ninias nauro!t plus qllHnc efx
pêrancevaine,
STjdmais Agenors'unissoit à la
Reins.
Enfin,puisque le Sort m'y contraint
aujourd'hui. Ilfaujt,usanfscmujrmuurerdefeendrt
En de honteux liens engagerma
Famille
Aux Yoeux d'un Inconnufacrifier
ma fille.
Le parti que prend ici Bélus,
- le fauve de tous soupçons d'ambition
ôi d'interêt ; il veur enlever
à sa- soeur une Couronne, dont il
partage l'éclat avec elle; d'une,
Couronne dont il est héritier en
excluantNinias :il veut donc faire
monter au Trône dassIrie le meh
me Ninias,en se dé oüillant de
l'honneur de Ton Alliance; il en
doit couter la vie à la Reine sa
soe .r ,
-Tenesissafille,va ètte sacrifiée
à un Inconnu; mais, on
ne sçauroit acheter trop cher
l'honneur d'une si grande Révolution.
Au reste , Bélus quicraint
avec tant de fondement que Ninias
ne soitmort; Belus dis-je,
ne voit-il pas que fiNiniasest mort
en effet
,
il aura avancé bien des
frais dont on ne lui tiendra pas
grand compte, & qui ne lui
fcront
pas beaucoup d'honneur.
Voilà donc Bélus résolu de ramenerà
lui, s'il estpossible, le vaillentAgenor
par l'Hymenéede sa
fille:Il revient trouver ce Guerrier
,
lui fait confidence du der..
fein qu'il a conçu, lc faire assassiner
Semiramis; & p our lui faire agréer
cet {Tàfiinat , illui offre Ténesis
en Mariage.
De mon indigne foeur la mort
estajfur/e,
Afalgré les Dieux & vous,
mon*cou-oux l'a jur/e *,
OÚ), Segneur, c?" ce jour
terminera, lac flou,
Deviendra le p.'us grand
, ou le
dernier des miens.
Les Conjurez, font prêts, leur
Trcupeaudacieuse
, Po.toit ;Hfqusur vou:. une main
furieuse,
Sijen'ûssearrête leurs complots
inhumains,
Aprèsavoir bonnement révélé a
Agenor tous sesdess rs, Bélus lui
propose de renoncer à l'Hymen de
la Reine en faveur de Tenesis.
Abandonnez, la soeur,je vous
réponddufrete
Dites-moi , ? Ténefis vous efielle
encor chsrt 2
Agenor répond.
Cruellen'achevez, pas ,j'entre*
vois vos de/f ins,
OffreZé à d'autres voeux vet Fré~
fents inhumains, Laijfczj-mot ma Vertu, la vôtre
tropfliTouche,
A mon coeur cffitaé,n'ostr'eri'en
qui letouche.
Il me paroîtqueBélus est bien
imprudent de ne pas sassûrer de
la foy d'Agenor
, avant de lui
confier des sécrets si importants ;
comment peut-il (e flater de faire
réussir ses projets,puis qu'Agenor
qui en estinstruit peut les faire
échouer-
Je fai bon gré à Agenor de ne
point prendre conseil de sa passion
pour Ténefis, & de demeurer fidèle
à la Reine. Mais je ne lui
pardonne pas le jugement qu'il
prononce en faveur de Belus ; il
ne doit point qualifier d'homme
vertueux,un frere perfide qui médire
d'assassiner sa soeur, assassïnat
pour lequel ildevroit avoird'autant
~plusd'honneur, que ne sçachant
rien des desseins qu'on
a en faveur
de Ninias, il ne doir supposer à
l'assassin d'autres vues que celles.
de s'emparer lui-même du Trône
Agenor prend des mesures pour
garantir la Reine contre les entreprises
de Bélus, il redouble la
Garde du Palais, Ténesis allarmée
du peril qui menace son pere,lui
propose d'agréer qu'elle tente de
fléchir Agenoren sa faveur.
Agenor a pour moy témoigné
quelque ardeur
, en'aura pointpeut-ctre Itouf'
ma rigueur;
Ainsi que son pouvoir, sa valeur
eji èxtrêmc:) ne ne fera -t - il point pour
pla.ire a ce qu'ilaime?
Bélus répond.
Agenor ah ma fille! ]il n)
- faut plus penser,
L"Insolent! a quelpoint il vient
de m'offenser:
Tenefis
>
si c'efllà votre Unique
esperance,
Vous me verres bien-totim.noK
sans defense.,
m
1
Je ne vois pas bien pourquoy
Bélus appelle Agenor Il/ofent> il
ne lui est rien échapé dans le dernier
entretien qui le rende digne
de cette Epithete. -
En vain Ténefis insiste
, & veut
faire espérer à son pere qu'elle
fléchiraAgenor. Bélus ne l'écoute
plus, Ôc lui ordonne de fuir du Palais.
Mafille, il n'elf plus tems ,sa
perte est resoluè. ;
Plus que les miens ici9 fesjours
=: font en danger,
Drseslâches Refusyfonfang va
me venger: .ddieu,de ce Palais ou bientôt le
carnage
va n'offrir à vosJeux qu'une ef-
- froyableimage;
Futcx*, dérobez-vous de ce fHnefie
lieu,
OÙjeoJ/s di.r,peut-être, un e-
-
ternel adieu.
Je fuis étonné d'entendre dire
ici à Relus que les jours d'Agenor
sont en plus grand dangerque les
siens propres. Il n'y a qu'un moment
que j'ai entendu dire au même
BéllS, que bientôt on le vertoit
immolé sans défense.
Vousmeverrez* bientôt immoli
sansdéffense.
ACTE IV.
Malgré le Conseil de Bélus,
Téncfis s'estdéterminée à voir
Agenor.
Non
3
non, malgréBélus il faut
- - queje le voye3
De leur Hymen du moinsje veux
truubler lajoye
,
Moffrir à leurs yeux, l'oeil ardent
de couroux,
1 Le-s immoler tous deux à mes
transports jaloux.
Un repentir peut-être
jimespteds,malgrêlui9 ramènera
le Traitre :
pour mon pere du moins, imploronssonsecours,
Lutseulpeutm'affwerdesiprécieuxjours.
Ténesis vient donc trouver Ageinorau411.
Aéle. Voyons sielle lui
parle du ton qui convient aux
sentimens qu'elle vient de montrer.
-
Nefuyez,point, Seigneur: Un
coettrsigenereux , Ne doit pas éviter l'abord des
malheureux f
Helas! Je ne viens point pour
troubler par mes larmes
, Un Hymen qui pour vous, doit
aVOlrtant de charmes:
VOHSne me "verre'{,point contratre
à vos dtfirs
A des transports si d, oux mêler
mes deplafirs.
Je viens, Seigneur,Je viens
tremblantepour un Pere,
Confier à vos foins une Tite si
chere
Embrasser , vos genoux, ej' d'unsi
ferme appui,
Implorer le secours
,
moins pour
moi quepourlui.
LaPrincesse fait ensuitel'aveu de
sa p".ton pour Agenor, & lui dit
les
tes rations qui l'ont forcée à la combattre.
JeneVONSnierai pas>Seigneur»
queje vous Aime,
Je trouve à vous le dire une doutCeurextreme
;
Et l'Amour n'a pas cru des-honorer
mon caur,
Enyfaifantpour vous naître une
vive ardeur:
Mais helas 1 cet aveusi deux en
apparence,
N'en doit pas plus, Seign!ur,flater
vôtreesperance :
Je ne ffai point former de parpires
liens, oiqu'un âge bien tendre a:t
vu ferrer les miens;
Il n'en est pas moins vrai quun
funeste hymenee,
AUX Loix d'lm antre Epoux
soûmet'Mideflinïe.
QAugedeannosr éprouve le même fort.
sa plus tendre enfance,sa
foy sur engagée à une personne dont
il ne sçait pasmême le nom; que
ce Mariage fut célebré dans uh
bois prés deSynope
Près de SYipe, 0 Ciel, quave^
vousprojere ?
Ne fut-cepoint,Seigneur, près
d'un Antre lerrMe,
Des Décrets du Deftirt Interprette
? AGE NOR repond;
C'cJÏ' lol pourlupremière çfr loe
dtrmerefois,
0He je vis la beautcqu'onfournit >a mes Loix.
Du Pirope éclatantsa Têteétoit ,orn:e,
Sans pompe cependant elle fat
amenee.
Un Mortel venerable & dont
"aHgufte afpeiï
Inspiroitalafois la crainte & le
rrfpea,
Conduisoit dl'tel cette jeune
Merveille ;
fige peu différent, futte toute
pareille;
VnPrêtre, deux Vtellards,nul
Esclaveaprès eux,
De la Pourpre des Rots on n*m
orna tons deux,
T ENESIS.
Mais, Seigneur,FlA'Auutteell ne vit- viten
point vos meres.
A G E NOK.
L'un CT l'.:rtn't avec nous,riavions
aut nospcrcs.
9
T E N E SIS.
Acher. ./J..I, C - ":.
A G E N 0 R.
J'ai tout dit.
T E N P. 5 1S.
Hellls, c'êtott donc vous ?
AGE NOR. oi j
Madame?
T E nes 1 S.
Ah,Seigneur,vous ltesmonEpoux.
A G E N 0 R.
Moi vôtre Epoux, qui, moi, lefils
deMermecideî Pij
T E NES I S.
Ah Sï'gmu*, ce nom [eH! de nôtre
Hymen décide,
Il'!:'u men a parle cent fois avec
trs.;' port;
D'ansihCjHl c. perdu
,
tlaignant
toujourslefor:
De ce!l:i des Humains> ce fils doit
êtreArb.tf"e.
A G E N o R.
JMoncctur (lrnohn touché'd'unfî
Jnperbe T.tr"
, e iCun bien
T E N E 5 1 S.
T^nn-rons des tvarfportsfuperfl'is,
Adieu, Seigneur,aatcn,je cours
clcri her B-'r<
»
Les mornens von-forr(hers, ilfaut
eusje ''Ot¡" ta-jfe.
Agenor demeure seul sur la Scene.
On vient l'averti^ qu'un Inconnu
demande à lui parler.
$£:gneur,un E:Í',mger qHi se CA*
tbeavecjoin,
Demande à vous parlr-Hn moment sanstémoin.
Le prétendu Etranger abordant,
Agenor lui présente une Lettre
de la part deBélus:Pendant qu'Agenor
la lit: l'Etranger tire un poignard
, & comme il en va frapper
Agenor, Agenor pare le coup, SC
réconnoît Mermecide; Mermecide
réconnoîtNinias.
Agenor.
214aïs,cfu'ejtce queje vois? Grandi
Diexxyc'eflMermecide?
Mermecide
, Ctelfritz vois-je a mon tour! Merodate
mon fils.
TandisqueNinias & Mermecide
éclatenten déùionttrarions'e ten- drdlè, Semiramis arrivesur la
Scene
y
après avoir dit quelques
mots à Agenor; elle jette Ite; yeux
sur le vieillard qui est à côté.d'Agenor&
reconnoit Mermecide
.Maiscjus voit-jt avecvous?
Mon EnnemiiSe'igneur^'leptHj
grand de tous!
jih Traitre ! enfin le Ctel te Si..,
vre A, ma vengeance.
Agenor demande quel est le crime
de cet Etranger.
De quels crimes sest donc noirci
cet Etranger l
Cet Etrangerm'efl cher, j'ose
même aujourd'hui
,
Ici,coWJmt de moi,vous repondre
délai.
La Reine veut sçavoir quel interrêt
attache Agénor au fort de
Mermcide.:
Quelsigrandinterrêt prene%.J--
vous a• fies, jours.
Agénor répond
VoHiCZrVoHS ejHét vos coups ra";'-
band'nn mfln perei
Mermecide. prendla parole
RFûn.,je.nelefuis pasmaisvoii$
mirevo.tsre'émcerrei.eAgen«r.
Semiramis.
Lui mon fils} GrandsDieux,
qu'ai-je entendu?
La Reine s'abandonne à toutes
les fureurs desa passion incestueule
,
elle veut d'abord méconnoître
un fils dans Agenor.
Non,to n'a point mon fils,en
vaincet Impofleur
Prétend demon amour démentir
lafurtar ; Si tnl'ejtots, déjà la voix de Id
Nature, Eût détruit de l'amour la première
imposture.
Ensuite ,elle lui parle comme
à son fils.
Va te joindred Bélus, coeur ingrat
& perfide
,
F
Rend-toi digne de moipar lin noir
parrtctde
Vient toi-meme ,chercher ..Jàn,
mon r/talhureufflanc,
1 L'es traces de Ninlli ô- le fcea0-
à ;
de jon far:'].
M 1 t 7' c. : Î r ;. j;!' /":" Afaisfo;tji's,Jo;ti.màrt ., ,>\:.'-
trr-id demoi,B^yIwe,
Que lesrhCbei h-rreurs ç:(c ton
cotH,r/,fp?p.:re :
Conme fils,n'«tw-;dy:enaan
coeurat/. biticux
"', HII, L'. ,'1.\ Commea.a.r¡,;'J,;;]! d'un
ar.i'u.r]:;> rx. JJe penra• f', ,
; Fyoki qïy.Sdu Jji~-
dtme,
Et j'il fau; i: cedtr
, tu permis
te;- C. , G..rje-fol {cpcr:d,:n d'une A"
nc-.rt:chîTi <:e, G>:rde-toiÍi:"e werc .: ta perte
erç,-rs-,
Ad,ei4 fv sr>/s tif'dtr de ces
'lti, si Veux,
jLefpeClt.-Y'>'rho.r><>Afere, A.
tr:>*e , ou les Dieux.
Ninias prend lepartide l'obéïsfp
ce;il se lèrermÎl,e à ftiii de
Bblolle.
Oj ?
je Ta:strous prouver par
mon vUijjdnce,
Combien le nom de Men" sur
met depuissance :
- eoip à vôtre grand- coeur , et
- nom qui mestsi doux,
N'inspirer que des foinsquisoient
dignes de -jous.
Il me paroîtque M.deCrebillon
vient de faire commettre une gran
de faute à Mermecide ; ce Vieillard
ne devoir - il pas laisser croire
à la Reinequ'Agenor étoit son fils;
cette erreur le tiroit de peril
, au
lieu qu'en apprenant à Semiramis
quelle est mere de ce mêmeAgenor
,
il s'expose à se perdre avec
lui. Je ne sçai pourquoi Semiramis
ne prévient pas les desseinsqu'elle
doit supposer à son fils,soûtenu
de l'appuy de Bélus & des conseils
de Mermecide. Arnbitieu[eôc
désesperée comme je la vois ici,
comment ne fait-elle pas arrêter
ces trois Confederés ; elle laiiïe
néantmoins sortir Ninias & Mermecide
La voilà seule avec Phenice
sa Confidente qui l'exhorte à
prendre de justes mesures contre le
péril qui la menace.
Àfadante, N.mas n'apoint cesse
devivre,
Etquelfunefie espoir petit vous flat'rencore,
FwftW'enfin Tenefis efc celle qu'il
a-dey }
Vous seule l'tovorcz,
,
lOi/que
texte la C ur
RetCKt.-td"s lort-terxs du bruit
d.. son ,!)/f"" :
Lo.::ci>'• :• >.y ir- tj,
e>u:jt'&M- t';. oirc, 'j "'; lA ,:,1", 1. 1o.,J. e Dans ce péril prejjant
,
fanges a
vrus ,
Madame,
La Reine se livre aux fureurs de
la Jalousie.
Non,Jrne verrai pointtriompher
TeneCis
Desmalheursou le fort réduit
Semi)\un<<:
Sur l'Ob't, eufsans doute,un
Ingrat me préféré
Ilfaut , (jue je mevenge & d'un
si!.¡ Q7' d'un frere
Elle ef , entre mes mains, CI U
jidele Arbas,
Au grede mon couroux 4jhrf
fort trépas,
Rentrons, c'eff dans le Sang d'ont
indtgne Rivale
JzhSilfant que ma fureur désormais
fé;signale.
Je ne suis pas étonne que Semitamis
médite la perte de sa Rivale,
cette vengeance est dans le caractere
de sa Passion;mais je fuis étonnéqu'elle
air ordonné sa mort,&l'ait
livrée auMinistre de ù vengeance,
avant qu'elle la connût pour sa Rivale.
ACTE V.
Semiramis ouvre le cinquiéme
A.éJce par un Monologue, où elle se
retrace toutes les horreurs de sa
Paillon.
Où t'iras-tu cacher? .Æ!!,elgouffre
assés affreux
Est digne dens rmer ton Amour
malheureux? -
Elle se juge indigne du jour.
TtrTI, ouvre-moi tonjein, &m
donne AUX Enfers
Ce Monstre dont il-t onteffraye
l'Univers,
Ensuite, elle essaye de rejetter
son crime sur les Dieux mêmes,
Dogme un peu scandaleux!
Dieux qui m'/lhAndonntL a ces
honteuxtransports,
N'en attendez,, Cruels3 ni doubleHr.
ni remors ; -
Je ne tiens mon Amour que de -.
votre colere
> filais, pour vous en PHnir, mop
caur Veut s'y complaire.
Ce Monologue est interrompu
par Phenice, Confidente de laReine,
& par Arbas son fidéle Mifiiftre.
P HEN I C E.
Wuyex,, Reine
,
fHJej filS Soldats
vous trahtjfent ,
Du- nom de Mieias, tous tes
lieux retenttffent>
A ferrie a-t-ilparû, qu'àson terrible
aspect,
VosGardes n'ont fait voir qN:
crainte C. que rtfpicl : Eaf.otédans lesyeux
,
& bouillant
de colére,
J'ai vû lui-même encor uorre
perside frere
,
DlesaSoldats mutinez, échaussant fureur
, Ordonner grandscris letrêpas
desa faeur.
OùseravôtreaZil{J en cemoment
funeste.
SEMIRAMIS répond.
Va,ne crains rÚl1pOlJnrp); tain
qu'unfcùprr me ,;./:e , Au gréde son couroux )
le Ciel
peut m'accabler;
Mais ce sera toûjours,fairetrembler. f'jis me
Arbas, je sçai pourmoJjuyr(o).
va votre Zéle
, Et vous êtes leseul qui me restiez
fidéle;
En remettant icj la Princesse en
vos mains,
Jevous atdéclaré quels étaient
mes dessnns : Allcz." <$• vous rende^par votre
oobbtetaince,
i Digne de mes bienfaits & de mu confiance:
SO¡¡geZ,dans qHdspérils, vous
vous precipitez."
Si cesordres bien-tôt nefont exé-
£Hte&.
Ces ordres avoient été donnés àArbasdans le quatrième acTe ;
je ne sçaipourquoi ils n 'ont pas
été exécutes.Mais, jecomprens
que ce même Arbas devroit s'appercevoir
ici, qu'il court moins de
péril, en refusant son ministére à la
Reinedésespérée
, qu'il ne feroit
en exécutant le meurtre qu'elle
exige de lui: Ninias & Bélus sont
triomphans: laReine est trahie par
la propre Garde. Arbas est le seul
de tous ses Sujetsqui lui foit relié
fidèle. Que fera-t-il cet Arbas i
quand il verserois le fmg de Ténefis
, cet horrible assassinat ne fe-
.;r.oit qu'irriter contre la Reine &
contre lui, les fureur vengeresses
deBélus.
Arbas donc, quitte la Scene
pourimmoler Ténesisà la jalouse
rage de Sémiramis:Ninias informé,
je ne sçai comment, du
péril de la Princesse
,
vientimplorer
pour elle la clémencede la
Reine.
T^jznâczj-moi Tenesis,rendez.'
moi, mon Epofffe,
Ejl'Cedmoi1vôtre ft:-
rear jaloufc.
Semiramis insulteà la CIOUICLIE
deNinias.
Je vais fans- différer, contenter
votre enVte..
Vousrendre Ténefis
, mais et
-
ferasans vie.
Durant cet entretien, Bélus
arrive sur la Scene, émû du péril
desa fille..
l
Cen est faittfourjamais vous
-.. perdez Tenejis. -
2M1afaïtssa- igxggeensvVfotorliss--jlee avec vous, sSeelt--, ,
Stoeiramis>
, Eh quoi ! cettf Inhumain? t!i en
votrefuijfance -
Et ma fille & Ntnus font encorsansvengeance.
Pendant que Semiramis (eom--
plaît dans les douleurs de Bélus.
tic de Ninias, Ténefïs Te prçfente
à Ces yeux,suivie de Mermecide3
qui l'a délivrée desmains-d'Arbas.
L.1 Reine désesperée sedonne la
mut.
; Lemot de la premiere Enigme
du mois pajfTéfonne comme là Lettcre
P.o& lanmodedest ceelui d.e lafé- ENIG-ME. -
Par M. le Comte de S.Gllïn
Lorsque la Nature sommeille,
Jefais paroîrrcmes beautés :
Aux Champs que le joui:a quittés,.
Je suis la petite Merveille*.
Mon éclat n'est point emprunté ;
Sur la Terre je fuis un Astre,
Qui ne prédit aucun désastre.
De me prendre l'on est tenté;
Ma lumiérecroît,diminuë
Mais,souventon veut m'appo-
-
cher,
Que 1c me dérobe a la vuer
Et l'on ne [çaie où me chercher.
, AUTRE
Quoiqu'enfermédansune Tour
Je suis en même temps à. Roüen&
dans Rome;
J'ay le second rang à la Cotir,
Et je sers au Fripon, comme au
plus honnêtehomme.
,-.çt Jesuis, quoiqu'en plein jour,. dans
un profond sommeil,
Je présideàchaque Ordonnance,
Chez le Roy même j'ay seance , Etplace danschaque Conseil.
P*»
Sans me trouver jamais en guerre;
Je suis le second au Combat;
JLt mon secours est necessaire,
Au Colonel co)mme au Soldat. - Enun mot sans sortir d'une étroite
prison
Je parois toûjoursdans lemondUGo-
h-v*U;i, ma figure est ronde,
Et j'h bite dans ta maison. ,$
CHANSON
Aprés m'avoir formélesplusaim.-
cs chaînes,
L'Amourlivremon coeur à d'éternels
soupirs.
Ah ! Si les doux plaisirssontoublier
ses peines ,"
Ses Tormens ne fontpas oublier
ses plaisirs.
SUITE DU JOURNAL
d:Hongae•
LE 21. on continuoit àtravailleraux
gnes de Circonvaliation
&c de Contrevallation. On
a ex'tic de nouveaux Ordres à
Bude,& à Petri-Varadin sur le D..-
rure ,à Effet sur la Drave ,
& à
SC-ediil[ur laTeisse, pour faire
descendreavec toute la diligence
poiTible,,l'Artillerie & les munition;
neceMaires,destinéespource
rFuzUel J7J7 -
Siège.Lefeude laVilleaétémoins
vifaujourd'huy qu'hier. LesDéserteurs
rapportent que la Garnison dl:
occupée à taire de nouveaux Retranchemens
à une portée de fusil
de leurs ouvrages avancés,àélargir
& à prolonger en même tems les
Rameauxde leursMines,vers nous:
Cependant,tous les préparatissont
disposés pour jetter un Pont sur
le Danube, le plus près qu'il sera
possible de Bellegrade. Nos Saïcques
ont pris & conduits à bord 3.
Moulins à Vaisseaux des Ennemis, qu'ilsavoient apparemment détaches
pour interrompre la Jontlion
de notre Pont qu'ils croyoient déja
construit.
Le 23. les travaux avançoient
considerablement : On a élevé une
Redo re à la tête du Pont qu'on
doitplacer sur la Save, à l'extrémité
de nôtreaîle droite, aussitôt
que le Corps commandé par
le General Haubnt fera arrivé.
Le 24. le Pont du Danube étoit
prresqu'achevé
: O:; 1'6'" dra jusques
aux Marais, pour entretenir
pdluus facilement la communication
Bannat.Pour cela,on a détaché
quelquesBataillons&quatre Com-
pagnies de Grenadiers,avec quel-- que Cavalerie, tant pourl'avancement
du travail,que pour la fûreté
de nôtre Pont.
On aû avis que 13. demies Ga-,
lères des Ennemis étoient arrivées
à Sémendrie sur le Confluant de Ia-
Morava dans leDanube j-dau
tres suivront incessamment.
Extrait dytïne Lettre de la Save ; dffi^Jain 1717.
Nos gens qui sont
- employés
à faire une Redoute à la
tête du Pont du Danube, fonr.
inquietés sans relache par 16 Fregates
des Turcs: Ils sont exposés
au feu duCanonde la Ville & du
Château de Bellegrade;Nous y répondons
de nôtre mieux. Ainsi.
nous avons à combattre l'Ennemi
par Terre &par Eau. Nôtre Canonaaujourd'huy
couléafond une
de leur s frégattes,avec un Moulin
iVaiHeau
) sans que nous ayons
laeçu aucun dommage;parceque les
Turcs manquent de bons officiers
d'Artillerie:LeursFregattes ont été
obligées de remonter 400 pas vers
la Ville d'Eau; nous les avons
- suivies; cependantle Grand Pont
duDanube vientd'être mis àsa persection;
présentement, il nous est
trèsfacile de tirer des Fourages en
abondance du Comté deThemesvvar
: Car, pour ce côté-ci ils
sont entierement consumés à sept
lieuës àla ronde;par là l'Armée..
Ottomane fera obligée d'en tirer
fortau loin sur ses derrieres. DepaisJa
confirmation quel'onaûë
que 13 Frégates des Ennemis
ètoient arrivées à Semendiie ; 2.
de nos Vaiflèanx de guerre ont
çai ordrede descendreplusbas,
pour les empêcher de monter plus
haut.
LeComte dePalsy aura le COÎTH
mandement dela Cavalerie ôcle
Comte de Heister
,
celui de l'Infanterie
, fous les ordres du Prince
Eugene.
-
Le Prince Alexandre
de Vvirtemberg commandera les.
Troupes de la Tranchée.
Le 25 ,nôtre Pont sur le Darube
a été mis en état de servir; il dl:
traversé par 127 Barques.
Le 16. le General Hauben étant
arrivé sur la Save, à la droite de
nôtre Armée, avec sonInfanterie,
le Regiment d'Anspack
, & ceux
de Mercy & de Caraffa Cuirassiers;
outre les Milices de Gran ou
des Frontieres ,
se disposoit à jerrer
un Pont sur cette Riviere; ce qu'il
ne pourra cependant exécuter
qu'avecdifficulté, la Saves'étant
enssée depuis quelques jours considérablement.
Un denosPartisen
a battuun autre des Ennemis, qui
nous avoitenlevé 72.pieces de Bétail
, qu'il a reprises &ramenés au
Camp, avec un Sptlr.& cinq
Coruzzes Hongrois, faits Prisonniers.
Le même jour, on travailla à la
construction d'uile nouvelle Redoute
,
à l'Angle de l'Ille, où la
Save se joint au Danube, pour
mieux assûrer nôtre Pont sur ce
Fleuve,& empêcher lesentreprises
des Saïcques Ennemies: Pour cet
effeton y a placé dix pieces de Ca..
non : Les Turcs ont fait un feu terrible,
de leurs Batimens,& du Fort
quiest à l'oppose, pour incommoder
nosTravailleurs, ceux qui
coavroientletravaillentrépondu,
de maniere qu'il n'est arrivé au-
- cun desordre; il nous en a coûté
feulement quelques hommes &
quelques Chevaux.
Le 27. aprèsavoir travaillé sans
relâche
, aux Lignes de Circonvallation
& de Contrevallation
on les a enfin mises à leur perfection,
malgré les obstacles qui s'y
trouvaient,par la disette du bois
propre à ces travaux.
,
On attendoit avec impatience
les 77. Bateaux, partis de Petri-
Varadin ; ils sont chargez de Canons,
Mortiers, Bombes, Boulets, -
& autres Munitions de Guerre.
Le 23. on travailloit avec ardeur
à placer nôtre Pont. sur la Save,
&à élever un Fort à la Tête de
ce Pont, pour le couvrir contre les
tlnfidélcs& leurs Batimens. -
- Le 29. à la pointedujour, les
Ennemis tentèrent par deux forties»
d'enlever quelques Postes avancez
vers la Ligne de nôtreAîle gauche;
mais,ayant toûjours trouvélesNôtres
prêts à les bien recevoir,ils ont
pris le parti dese retirer
-
Les Assiegez
lâchèrent pendant la nuit un
Moulin de Barques contre nôtre
Pont du Danube,qui en fut endommagé.
Heureusement le mal fut
bientôt-réparé. -
Le 30. on acheva de perfectionnerle
Pont sur la Save: Par là
nôtre Armée a la communication
libre avec le Corps qui est entre ce
Fleuve & le Danube ,commandé
par leGeneral Hauben. LesAssiegez
viennent escarmoucher tous
les jours devant la Ligne de Contrevallation
, &tirent de temsen
tems dans nôtre Camp, sans beaucoup
d'effet.
Le 1. de Juillet, les Assiegez
firent descendre à onze heures
du soir, un Brulot plein d'Artifice,
pour mettre le feuà nôtre Pont sur
le Danube:Comme le vent étoit
violent,
violent, ilpoussa ce Bâtiment au
Bordde ceFleuve; lefeuy ayant
pris, il sauta & se dissipa en l'air,
sans nous causer aucun désordre.
Un Transfuge de la Placea raporté
au Ptir.ce Eugéne ,qu'il y avoit
encore six de ces Machines infernales
tcwtes prêt es.
Dg Ca.-np devant Beilegrade, h
1. Juillet1717
Le 2. M. le Duc d'Aremberg
-s'dl mis en marche avec un gros
Détachement,LagrandeArméedes
Turcs n'dlqu'i,7, ou huit lieuës
de marche ,éloignée de Nous;
mais,quand ils verront nos Lignes,
ils perdront l'envie de nous attaqtier;
car,nous ayons des Fossez
larges <i% 16 pieds de Roy, profonds
de 3. La Créte du Parapet
efe de 12. Fascines intérieurement
l.{:; extérieurement,& forte comme
un Rempart de Ville,partout
bien flanquée:Elleseragarnieau
premier jour quantitédePiéces
de Canon. On remarque évi*
demment une grande conternation
dans la Garnison;cequien
f,tit juger, c'est qu'elle nousa lais-
{e prendre tousnosPostes & jetter
le Pont sur la Save, sans nous
inquiéter beaucoup, lorsqu'elle
pouvoir faire une belleresistance
& retarder nos Ouvrages.
Cette Garnison consiste
,
à ce qu'-
on dit,en 15000. hommes, d'autres
disent lOOO.
Le 3. le Comte deHauben ût
ordre d'aller occuper Semlim abanrtonw:
par les Turcs, & d'y
camperavec son Corps de Troupes.
Les deux Vaisseaux qui
, avoient
été jusqu'ici à l'embouchure
du Donavitz,ontûsordred'aller
jetter l'Ancre au Confluant de
laSave , pour couvrir ce General
danscePoste,
Le 5. à la petitepointe du jour,
les Assiégezfirent un grand feu
d'Artillerie sur nôtre L.1n'p.
L'après midi, 60. tant Frégates,
Galeres
, que Saïcques Turques,
vinrent attaquer tout à coup ,
&
avec furie, nos deux Vaisseaux à
Semlim;cependant,aprês un Combatde
deux heures fort opiniatre,
les Infideles furent contraints de
se retirer. Tans que dura l'Action
le feu fut , si grand de parc& d'autre
, que l'on re pouvoit distinguer
àcause de la sumée,nosVaisseaux,
non plus
-
que la petite Flote des
Turcs.
SVITE DVJOVRNAL
-
deTc.rïs
Le 16. S. A. Royale a donné
leChâteau deChasville, auprès
du Parc de Meudon, à M. le
Prince deTalmont
,
qui en aura
feulement la jouissance pendant
savie, sansêtretenud'entretenir
=- la Maison
,
ni les Jardins.
Le17.M.l'Abbé duCambouAumônier
du Roy,
@
ci-devant Agent
du Clergé
, a éténommé à l'Evêché
de Tarbes, vaquantdepuis
- le mois de Décembre. 1-/15. Il vaut.
18 à ZOOOQlivres de rentes.
Le 18. les six Gentils- homme.
qui avoient été artères par ordre,
de la Cour, & conduits à la Bastillç
& à Vincennes,en sont sortis ce
matin. Ils ont été accompagnés
par M. le Premier, chez M&* le
Duc deChartres. M. de Uiiverriy
les fit entrer dansl'Appartement
de ce Prince qui les reçut fort gracieusement,
&. les conduisit dans
le Cabinet de MgrleRegent.
Lorsqu'ils ment fait leur réverence
,
Mgr le Duc de Chartres pria,
S. A. R. d'oublier leurs fames.
Mgr leDucd'Orleans lui ayant
accordé cette grâce, il se tourna
ducôté des six Geiizils-hoi-nirels.,
leur dit qu'il étoit persuadé
qu'ils n'avoient pas ûs de mauvaises
intentions
,
& leur avant
recommandé d'êtreplus prudens
à l'avenir: Il rentra dansson petit
Cabinet. Les Gentils-hommes sornrencaunjcôcavec
Mgr le Duc de
Chartres.
Onaûnouvel le,que M. leMaiv
quisd'Alincour,quiétoit resté dangereusement
malade à Vienne est.
toutàfaitrétabli. Cç. jeune. Seigneur
a déjà montê à Cheval, &;
se prépart àpartir le 20. de ce mois
pour l'Armée de Hongrie. -
Le 19. M. le Marêchal de Montffquiotiv
est revenu de Bretagne,
on tout est dans une grande
tranquillité.
LesBalots de M. de la Feuillade
ont été portez à la Doüane 5c plombez;
ceDucsedispose àse mettre en'
Route les premiers jours d'Août,
psxur son Ambassade de Rome.
, - Le io.Nlg"le Duc d'Orléans alla
au Conseil des Finances, où il
installaM. de Fourqueux le Fils:
M. de Fourqueux le Pere rentra
hier-dans les fonctions de sa Charge
de Procureur General de la
Chambre des Comptes,à laquelle
ilprêta un nouveau Serment.
- - Le ii. on representa sur le'
Théâtre de l'Opéra, la Tragédie
de Semiramis qui fut honorée de
la presence de M A D A ME. La
Piece fut fort applaudie;
Le 1.3.Mrg le Regent nomma
M. leDucdeSaintSimon, pour fc
joindre aux Commissaires qui travaillent
sur les Projets de M. le*
DucdeNoailles, afin de donner
aux Finances une nouvelle Forme a qui ailleau bien des Peuples.
M. le Chevalier de Gagnieres
:t, qui avoit ramassé avec beaucoup
de soin & de dépense, une fuite
très curieuse d'Estampes & de
Portraits de tous les Rois, Princes
Se autres Personnes l lustres dans
toute forte de Genre, a laisse en
mourant son Cabinet au Roy:En-,
tre les Pieces les plus remarquables
, on y voit le Portrait du Roy
JEAN, faitdeson vivant: C'estle
plus ancien Tableau qui nous foit;
resté en France,
Le Pape a témoigné à M. l'Abbé
d'Auvergne,la satisfaction qu'il
avoit de ce quis'est parte au Chapitre
General de Cluny,où il présidoit,
en lui envoyant un magnisiquePrésent
; sçavoir une Croix
Pectoraled'Or,une Bague montée
d'une fort belle Emeraude, une
Crorre
, un Bougeoir deVermeil&c
deux Mitres en brodni.: d'Or U
d'Argent, enrichies de Pierrenics,
uneChapesuperbe,desBrodequins,
£< enrin cous les autres Ornemens
pourofficier Pontificalement.
Le 14. M. de Cely Intendant de
Metz &: M. de Saillant Gouverneur
de la même Ville, se sont réconciliez
; ilss'embrasserent en
présence de Mgr le Regenr; & s'en
recouinent reprendre les fonctions
de leurs Chirges,
La Place de Conseiller d'Etat
Ordinaire que possedoit feu M. de
Harlay, a été donnée à M. Fleuriau
d'Armenonville, Conseiller
d'Etat de Semdhe) & celle de M.
d'Armenonville aété ccordée à
M. de Guerchois, Mc dvs Requêtes,
Intendant de la FrancheComté
,
qui a épousé la Soeur de M. le
Chancelier.
Le 2.5. M. de Guerchoisfut présenté
au Roy, le matin,par Msr le
Regent & par M. le Chancelier.
Le 17. Madame laDuchesse de
Perry vint de la Meute
J
pourvoir
l'Opéra de Tancrede
<
qui est cajou
s suivi avec cmprelTcme r.
M. le Maréchal de Villes,par
ordre de S. M. a fait mettre en
Pesion au College de Beauvais, le
Petit Tourville connu à la Cour,
sous le nom du Petit Officier du
Roy. C'est une recompense que
méritoitledes-inrereflèmern: deM.
de TourvillePeredece jeuneEnsant
,
parle refus qu'il a fait des
avantages considerables que le-
Czar lui offroir pour emmener son
Filsdans sesEtats.
Il y a û dans Je Comtéde Namur
un Otage si furieux, qu'il yest
rombé,les grains de Grêle, pésans
cinqàsix livres. Un Regiment de
Dragons pr.fïant pour lors, en révisé
dans la Campagne, en aété
fortmaltraité,puisque l'on compte
plusieursSoldats&Chevaux trez
ou biefsèz,otirre beaucoup d'Hommes&
de Estiaux répandus aux
Environs, qui ont us lemême ion.
ARTICLE DES MORTS.
M'erTpncois-Armand de Rohan
Prive de Vontbazon ,
Colonel
du RrdmerH de Picardie,& Brigadierùci
Armées du Roy, mou~
rtft de la p.::ite verolle le 26. Juin
1717. âgé de 35 ans. Il écoit fils
Aîné de Châties de Rohan, Prince
de Cactilenéde Monbazon
,Pair
deFrade
Charlotte
- Elizabeth Cochefilet de
Vauvineux. Ilnelaissepoint d'ensans
de son Mariage avec Louife-
Julie de la Tour dAuver-ne-,
qu'il avoitépousée au mois de
Juin 1698 Elle étoit fille- de Godefroy-
Maurice de la Tour, Duc
de Bouillon, Pair & Grand Chambelanr
de Françe, &de feuë Marie-
Anne Mancini, Niece du Cardinai
Mazarin. La Maisonde Rohan
vous doit être si connuequ'il
suffira de vous dire icy, qu'elle
est une des plus anciennes, des puis - puissantes &desplus illüstres du
Royaume. LeRégimentde Picardie
qu'il avoir, a été donné à M. le
Duc de Rohan: Ce Seigneur l'a
cédé à M.le Prince-de Montauban-
Guidon des Gensdarmes de la Gar- - , qui de son côté a remis sa
Charge de Guidon, entre les mains-
<kM. le Duc de Rohan, pouren
disposercomme ille jugera à propos.
Mrc JeanBaptiste-Charles des
Friches deBde Pressigny 3
Docteur en ~ie, Chanoine-
& poyer dèIfe de Paris, depuis
le 12. Décembre 1702. &
Prieur de Constans,Sainte Honorine
& de Mello, mourut le iS Juin
1717.âgé de 55,ansaples une maladie
très Soulourcuie caafiae par
une fortgrosse Pierre, qu'on lui a
trouvée dans les Reins. Il sortoit
d'une Famille Noble) originaire
de la Ville de Melun, de laquelle
il y a eu plusieurs Chevaliersde,
l'Ordrede Malte, dont le premier
reçu,mourut l'an 1565. Là Bifayeule
de feu M. laAbbf de Pressignyétoit
delaMaisonde la FayetcCr
iVy avoit près ce cent ans,que le
Doyenéd-eNôtre-Damen'éteitfordela
Famille de Pressigny.
M. le CardinaldeNoailles a
donné le Canonicat vacant par
cette Mort,à M. de Gomer de Lusancy
Chonoine de Meatiit, d'une
NQblcLfe ancienne & distinguée dtla
Province de Picardie. Et le 5.
Juillet, le Chapitre a élû pour
Doyen Mre Jacques Alain de Gontaut,
Chanoine & Chanre de la
mêmeEglise : Il est de niluftrc
Maison de Gontaut, & de la Branche
des Seigneurs de Cabrérés de
laquelle étoit Jeanne de Gontaut
Tris-ayeule de M. le Cardinal de
Noailles.
Dame Marie Magdeleine de la
Fayette Epouse de Me Charles
Bretagne Duc de la Tremoille &
deThoüars, Baron de Vitré, Comte
de Laval, Marquis d'Espinay,
Prince de Tarente,Pair de France,
bprreemierGentilhomme de laChamdu
Roy & Brigadier de ses Armees,
qu'elle avoit epousé le 15.
Avril1706,mourut le t; Juillet âgée
de 15 ans & huit mois,laissantun
fils unique: Elle étoit fille unique
d'Armand Renaud,Comte dela
Fayette,ColonelduRegiment de la
Fere, & Brigadier Général des Armées
du Roy , mort le Il Aoust
1694, & deDame Jeanne Marie
Magdeleine de Marillac, fille de
M. de Marillacaujourd'hui Doyeh
des Conseillers d'Etat; la Maison
de la Fayette est originaire & une
des plus anciennes & des pliss IIdustres
de la Province d'Auvergne:
AntoineSeigneur de le Fayetre cinquièmeAyeulde , Mde la Dûchesse
de la Tremoilles étoit Maître
de l'Artilleriefous Louïs XII.
& Gilbert Mottier Seigneur de la
Fayette [on. VII. Ayeul, fut fait
Maréchal de France dés l'an142-1.
Ses Alliances font avec les Maifuns
de Joyeuse, de Montboissîer,
de Poligna,deJaucours de Silly,
d'Escars,de Vienne,Haillondu
Lude, dela Tour d'Auvergne,
de Rivoire, de Montraorin
,
d'Alégre;
d'Apcher de Bourbon-
Charlus,Bourbon Busser, Dieux
Morinville, de Chaumonr, de Passeuquieres
,
de Broiiilly, &c. &
Elle fnbiftfeencore dans la Branche
des Seigneurs de Chainpeftures
en Auvergne
, connus tie tout
temps fous le nom de Mortiers auquelils
ont joint celui de la Fayette
depuis l'extinction de la Branche
che des Comtes de la Fayette
Mre Louis Marquis de Montefquiou
,fils unique de Mr le Maréchal
de Montesquiou,&c Colonel
du Régimentd'ifenghien, mourur
de la petiteverole le 5 Juillet âgé.
de dix-sept à dix-huit ans, c'éroit
un jeune Seigneur de grande esperance
,je vous instruisisfuffitament
de sa Maison
,
quiest une des plus
anciennes & des plus lllufties du
Royaume, lorsqu'il elu l'agrément
de ce Régiment. Le Régiment a été
accordé à M. son pere, pour en disposer
à sa volonté.
L'on a eu avis que Mre Roger de
la Roche-Foucaulr,Prince de Marfillac,
Abbé du Bec & de Font-
Froide étoic mort de la petite
verole à Bude le 13 May dernier
âgé de30 , ans, il étoit fils aîné de
MreFrançoisde la Roche-Foucault
VIII du nom, Duc de la Roche-
Foucaultj&deDameMigce léne
Charlotte le Tellier de Lonvoy.
Il biffe pour plus de60000 liv. de
rentes de Beneficesvacants. Le
Prieuré de Conflans Sainte Honorine
, qui àWt à £t nomination5 fc
clont était pourvu M. de Pressigny,
a étédonné à M.l'AWbc Tambonneau
Chanoineîle Nêrre-Dame, SePaient desonEpinence.
Dame Macteléne Emilie de
Mafcuanni Epoufc de Mre Français
Joachim Bernard Potlr, Marquis
de GefVrcs, Premier Gentil-bemmede
la Chambre du Roy, Mestre
de Camp d'unRegiment de Cavalerie
,
mourut sans posterité le 9
Juilletâgée de 25 ans & neufmois.
Elleétoit fille unique defeu MW
Barthelemy de Mafcranny ,
Maître
1 ,,' des Requêtes
,
&de Dameee
Baptiste le Fevre de Caumarnn.
La Famille de Mafcranny est une
des plus anciennes du Ifcïs des
-
Grisons, elle fut attirée en France
, tant par la sollicitation demctsieurs
de Gondy, dont ils étoient
Parens, qu'à cause des Guerres qui
déloloient tout le Païs. Les Terres
&: les grands biens qu'elle yposfcoi;,
joins à
-
plufiens Églifçs
que les Ancêtres y ont fondées,
paroissenr autant de monumens de
Ïçuï ancienneré.
Louis XIII. I honnora d'une
Fleur de Lys dans Ces Armoiries.
Il ya près de 100 ans qu'elle a
entrée dans l'Ordre de Malrhe.
Les Auteurs qui ont écrit de la
Ville de Chavannes,font mention
de cette Maison
, comme de
l'une des plus distinguées dans le
Païs des Grisons :Voyez legrand
Atlas de Bleu d'Avity &c.
M. de Buzanval ci-devant
Lieutenant des Gendarmes mourut
le deJuillet, âgéde plus
de 80. ans.
Mre Achille de Harlay Comte
de Beaumont ,
Canfeilier d'Etat
Ordinaire,fils duseuPremierPïéfidentde
ce nom,décéda le zj.npics
une très longue maladie, en Ta
49. année. Il ne 1aille qu'une fille
mariée depuis quelques années,
avec M. le Prince de Tingry,
fils puisné de M. le Maréchal de
Luxembourg.
Nlir NicolasDongois Greffier
leen Chef du Parlement, mourur 23.Juillet,âçi;é>de 83 ans.
Si Chargeest. possédéeprésente-v
ment par M. Gilbert de V-oifm,
quienavqic la furvivanec. Il est:
second fils de Mr Gilbert, Président
de la Chambre des Enquêtes
qui avoitépousé la fille uniq'.ie
de M. Dongois.
MARIAGE.
Le 16. du mois dernier M. PoncherAvocat
General desRequêtes
ce l'Hôtel, fils unique de M.
Poncher ancien Me des Requêtes,
épousa Mlle Arnaud) fille unique
de feu M Arnaud) cy - devant
T éforier de l'Extraordinaire des.
C uerres &depaisï:erarierGei.eral.
Si l'Eptthalame que M. Marais
de la Tour a fat sur ce mariage
nem'avaitpas étéenvoyéet'rcptard^.
je me ferais fait un plaisir d'en, -
orner leMcrCNr.-
SUPP.-LE'MEN'T.
Extrait d'une Lettre écrits du
Camp devant Bsllegrr.de le 24^
Juin 1717 , par un Générai
Allemand a
-
M. le Comte de
Gsrgy
,
Envoyé de France à-
Ratisbonne.
iS
On A, S. Mgr le Comte d& -\",haIQlois n'a foine encored'E,-
quipages ; il se fert des Tentes
&des Chevaux du Prince Eugene,
Gui lui rend tous les. honneurs
quifont dûs àun Prince duSamjr
de France -; il joüir d'une fanté
parfaire, & se fait autant admirer
par '-figure que par la vivacité
de (on esprit
, &: la
grandeur de son courage, il sembie
qu'il n'ait faitautre chose
toute sa vie que le métier de la
Guerre ; il est à cheval des journées
entieres par une chaleur extréme
,
& patte les nuits- froides
qui y succédent, dans les Jvlarais
du Danube, couché entre deux
-
sascines;Tellrest la vie qu'il a menée
dans nos dernières Piirchesj-,
ce. qu'il y a de- bon, c'est qu'il y
dort commeàChantilly, &qu'il
n'a que meilleur appétit à sonreveil
; it est poly 8c honnête pour
tout le monde.Il-a dîné aujourd'huychez.
M, le Duc d'Aremremberg
, où jétoistémoin detout
ce que j'ail'honneur devous.
mander».
Extrait;d'uneLettrede la Rochelle:
- duS.Juillet I¡I:¡..,
La petite. Révolution qui vient
d'arriverà laMartinique, est une.-
Nouvelle quimérite bien que je
vous en communique les particula--
ritez: Pour mieux vous mettre au
fllit
,
il est à propos de ravoir que:- Dans E,..b-;.i£1emenr du ConÍèil
de Marine, les Negotions de
Nantes,de la Rochelle ôc de Bourdeaux,
avoient représenté que M.
Duquêne, Gouvr General,&M. dec
VaucressonIntendantayant accordé
;^ux Anglais. d'apporterdes Farinnes
à la Martinique en échangede
Su,cu:_; leCoumerce deFrance enavoi
beauupsouffert, parceque les BatimetsFrançois étant obligez
de donner leurs Marchandises à basprix, & étant contraints det
,reÇ..evair en troque duSucre, que
-
les-Anglois avoien: faitréhausser;
ilsenrecevoientu préjudiceconsiderable.
Surcette representation
Qnra:elh M.,Driqn.c'iit-& M.de-
IfeucxefTom te^Conftiï:fubJHtua^
aupicrulcr M. de la Varenne, 8c
au second M. de Ricouart: ces:
Mrs firent à leur arrivée dans ride
des recherches exactes de ceux qui
avoient commercé avec lesEtrangers,&
imposérent ~wnnouvcauDroic:
de;o.f.parquintal deSucre.Ce nouvel'Etablissement,
dans un Païs où
le Peuple.secroir presque indépendant
, ayant aigri~les Esprits
,
les,
-
Sieurs Dubuth Lieutenant Colonel
de Milice, & Hauterive, Procureur
General du Conseil Superieur,
formérentledessein de tirer
l'islede la Servitu e,où ilsprétendoient
qu'elleétoit tombée; Ils
envoyérent des Billets à tous les
Habitans de la Colonie, avec ordrede
se trouver un certain jour à
plusieurs Rendez-vous,& d'y venir
armfz ,
sous peine de la vte , &
devoir leursHabkatidftsbimées»
Quoique M. de la Varenne fut:
averti., qu'il se trânait quelquechose,
il Pég'igea cetavis, persuadé
que ces mL'aircv ne prendroient
pas la 'folllthnds'a{femblet
>.ii p.JU'kit même deux jouisj
aprés, accompagné de M. l'ln::
tendant & de tous les Conseillers .quCon[eilciÓur aller faire
laVisite duQuartier duDiamant,
où s'étoit fait le principal Commerce
avecles Anglois,&faire condamner
lesCoupables. Aprésplusieurs
Recherches & Informations,
-
il revint dîner à l'Habitation de-
Me Papin sur laRiviereduLamentin;
lesMécontens avec leurs Chefs
en étant informez, entourérent la
Maison,où. le General étoit à Table
avec l'Intendant; & quelqu~-
uns étant entrezdans la Cour , ilscassérent
les Vitres de la Salle, où
cesMessieurs étoient aflètrblcz.Le
General (e- leva, & ménaça de
faire pendre les Insolens qui perdoient
le respect dû. à son Caractere.
Là-dessus,le Sr Dubuth s'avança
, & le saisissant, lui dir, de ne
plus parler sur ce ton, parce que
lavie dépendoit présentement dela
volonté estHabitans,illentmonter
avec,l'intendant dans une Cham-
,
bre h:mre& mit un Corps de Garùis_
ÀlaPortej lelendemain lesMé»*
contens les conduisirent au Bourg
du Fort Saint Pierre, & les ayant
renfermez dans la Maison d'un
Particulier, ils proposérent 4. par
tis ditferens
, au sujet de leurs Prisonniers.
Ils se déterminérent enfin,
à lesrenvoyer.LesSrsDubuth &
Hauterive, ayant faitvenir le Capitaine
d'un petit Bâtiment de la
Rochelle,appelle le Gedeon qui
alloit partir, le firent jurer de remettre
les deux Prisonniers en
France, de porter à la Poste de la
Rochelleles Paquets qu'ils adressoientau
Roy, pour justifier leur
conduite; ils tirérent le General Se
l'lmendant de la Prison où ils
étoient, les firent conduire à Bord
du Gedeon
,
& leur défendirent
deleur Autorité privée, deremettre
les pieds dansl'Isle. Pour mieux
s'assurer de la Route du Vaisseau,
ils les firent accompagner pardeux
Pirogues bienarmées, jusqu'à 12.
lieuës au large. Le General & l'Intendant
arrivérent, enfinicy le 3.
de cemoisau soit,trésfatiguez de la
traverse, ayant été fort de tourmentez la Mer,à cause de la petitesse
de leurs Bâtimens.LeCapirainea
même été obligé de leur prêter du
Linge,pour changer,ilsn'avoient
Plus que pour deux jours de vivres,
quand ils ontabordé à la Rochelle.
Nous apprenons cependant
que tout est calme dans l'isle, &
queleshabitans se soûmettront toujours
auxordres de la Cour.
Il n'est que trop ordinaire sau
Gazetier d'Amsterdam,d'avancer
dans l'Article de Paris , quantité
de Faits faux, sur la foy des
Mémoires qu'on lui envoye; tel
est le fui vant, dans leSupplément
des Nouvelles d'Amsterdam du
16. Juillet t717.on y lit ces paroles.
Les Pgies Tenier
,
l'Alleman&
Tournemine ont été voir M. l'Archevêque
de Reims à S. Thinï),
prés de Reims
,
où il demeure. Il est
certain que le Pcre Tournemine
n'a point été absent du College;
sion avoit besoindeTémoins pour
attester cette védcé, on produiroit
plus de 700. personnes qui demeurent
dans cette Maison, de
qui pour la plupart, l'ontvû tous
les jours, sans compter beaucoup
d'autres. De plus il me parole
qu'on lui donne des Compagnons
de Voyage,auxquels ses amis scavent
qu'il ne seroit pas aisédele
joindre. Je pourrois rapporter plusieurs
autres Erreurs semblables,
qu'il seroit cependant utile de relever
, pour rendre témoignage à la
Vérité.
GTJ
Le Sieur Bailleul Géographe,
demeurant sur le Petit Pont *attenant
le Grand Monarque, agravé
un très- beau Plan de Bollegrade
,
avec tous les nouveaux Ouvrages
que lesTurcs y ont faits.Il y a joint
la Carte des Environs de cette Place
, iree exactement levée sur les
lieux.
On vend chez Coutelier, Quai
des Augultins
,
les Comedies de
Terence, traduites par Madame
Dacier. Nouvelle Edition.
JAPPROBATION. Ai lû par Ordre de Monseigneur,
le Chancelier le M&chedeJuillet
1717. où je n'ay ilcm
trouve, qui en puisseempêcher
l'impreilion. Fait à Paris ce 29.
Juillet 1717. —.
TABLE.
RAE\ firxtoiv surl'Art deparleç en Pubtic, j
T-plut en Vers i M-le Bue de Nasilla J par
M.. le Grand.$7 SurrAmour
pat le rrêise.41
le Panthéon Bachque.41 Madtigal Car un Noeud ¿'Ipée..
Bouquet. s.
Jomnal de Hongre.51 irat du Tioupw de rArmée Impcriafe, 6
Suite du Journal de Roæe. 69
Journal de P~ri'.-?' lettres C1fies. TIT
fable (ut offrire de S. A" S. Madame la
PritxafTe de Con'y par M. Fufcl.er. 117
,
l'un à la Chaire,
l'autre an Barreau
,
m'engagérenril
y a quelques années, a écrire cecy; Jeprétendois bien moins leur donner
des avis, que m'tnflrturc moi-mime
dans une Profession: jQupique
ces Réflexions ayent étéécrites comme
elles se font préfentles a mon
imagination, & qu'elles soientfort
préctfes & fort abbrtgéts, elles ni
laijfentpas derenfermertOHtVA^t
deia Déclamation. Ce petit Traité
que jen'avaisfait,qua la fo'hcitatton
de mes amis été par
eux rendu public, ùt le bonheur de
ne par déplaireaquelques Personnes
Uluflres dans la République des
Lettres;& même on me fit thonneur
(Uns m'en rien c(¡,mlmi.
yver)del'inférer dans l'Htfroire
des Ouvrages des Sçavans, au mois
deJuin170^
-
Je loffre ici fort augtnenté>
corrigé& en meilleur état
cjHil nu paru en Hollande: J'ai
(H;vi pour cela les conseils de plu-
Jiturs perfonves qui conllo"¡[ent la
Dfdttmlltio;¡, cr j'aiprfitl, autant
qu'il m'a été pojftble, des lumières
des ailleurs de la Troupe du Roy
,
cjHi ont bien vDulu M'honorer de
leurs ai";s.
REFLEXIONS
suR.
L'ARTDEPARLER ENPUBLIC.
E ne parle point ici de
la composition d'unDiscours,
c'est un Art qui
me paile. Je ne parle
que de ce que les Rhéteurs
nomment Prononciation, a
c'est-à-dire,des Qualitezextérieures
de l'O rateur , comme la
a Pronunciatio dividitur in vocis
figurum ,J' corporismotum. Cicer.
ad 11er. io.ÀLij
Voix, le Visage, le Geste, &c.
ce que nous autres Comédiens
nommons; Art de reciter, ou simplementRecit,&
ce que l'on apelle
ordinairement au College
, & ailleurs
, Déclamation. Ce mot, Declamateur,
n'est pas pris, je crois,
en bonne part: Il signifie en Rhetorique,
unOrateur qui employe de
grands mots empoulez, qui n'ont
nulle solidité,& qui ne disent rien;
maisnous, nous nommons Déclamateur,
un Acteur qui récite toujours
sur un ton emphatique, ce
que nous appelions, Chanter.
Les belles Voix font quelques
fois sujettes à cette forte de récit,
& donnent un peu dans le chant.
Cette maniere n'étant point trop
assembée,nelaissè pas quelquesfois
de plaire, & d'avoir ses partisans
elle est frapante quand elle est bien
ménagée, & elle n'est pas toujours
vicieuse. Les Tragedies de
M. de Racineont été récitées en
partie dans cegoût, c'étoir un peu
l'a maniere de cetIllustre Auteur,
& MlledeChampmeslé,aqui charmoit
la Cour, & Paris dans HCImionne
,
dans Berenice & dans
Phedre,chantoit un peu, sij'ose le
dire;mais,comme elle s'étoit ren- duRécit naturel, &que d'ailleurs
elle récitoit les Rôles des
Tragedies du Celebre M. de Correille
excellemment, & dans toute .-
une autremamere
,
elle a pâlie
avec justice pour une Comédienne
achevée.
aQui ne connaîtlinimitable Ac-
-
trice,
Kefrefentant ou Thtdrt otBerenice,
Chimene en pleurs, ou Camille en. Preur.
-.
M. de la Fontaine.
JÂmaisIphigenieenAulidx immo-
N'A coûtétant defleurs a la Grèce
assemblée ;
Quedansl'heureuxfpeftacle 4nos yeuxétale; * Eh a fait fous fin nom verfer la
- Ckamfmejlé. M. Dc:{pIaux',
Le seroit ici une occasion bien
favorable, pour parler des Actrices
qui l'ont remplacée; mais je ne
parlerai dans tout ceci d'aucun
Acteur de Paris: Je suis de la professionil
me siéroit mal de vouloir
faite des Dissertations sur le
mérite de personnes, que nous regardons
comme les Maîtres der
l'Art. L'estimequela Cour & Paris
ont eûë pour quelques Acteurs, &
quelques Actrices que l'on a û lemalheur
de perdre, ou qui ne font
plus dans la Troupe du Roi; 8(
les justes applaudissemens que reçoivent
encore tous les jours ceux
& celles qui leur ont succedes; tout
cela, dis-je; prouve ânes que la
Déclamation, ou l'Art de réciter,
dans la Tiagedie & dans la Comedie,
aétéporté sur le Théâtre de
Parisà sa perfetion: Les Lumières
naturelles&lesTalens acquis des
Atteins , la fréquentation des personnes
polies & spirituelles, les
avis des Auteurs, le goût juste&
délicat des Audicems
, tOUC enfin
contribue à rendre les Auteurs de
Paris, parfaits dans leur Art.Après
cette digression, je passe à mes Réflexions.
Of
LaDéclamationestd'unefigrande
importance à l'Orateur, que
Ciceron dit qu'il ne sçait, a lequel
des deux il prendroit, s'il étoit forcé
au choix, ou TAr" de composer
excellemment un Discours
a ou
la belle maniéré dele débirer. Ces
deux qualitez forment le parfait
Orateur.
L'Art de réciter, ou la Déclamation,
demande un heureux naturel
, dit Ciceron; ba
N'en facile dixerimusanpronunciAlio
magisvalcat3 nAm commoda
tnventiones&cominna verbowm f<
loCKtiancs,(jrartifkioftdlfpofitiones,
& diligens omnium memoria ,
fine
pronunctAtione
2 non plus quantfine
bif rtbfts pranunciatio sola valerct.
bCic. adHeren.lib. I. n. 19. Sicfentio naturam primnm ad
dicendum vim afferre maximam.
Cic. de Orat. lib. 4.
Et Quincilienprétend que sansles
difponcions naturelles, l'Art& les
préceptes font inutiles'. a
Je conviens de celaavec ces
Grands Hommes, mais cette réglé
feroit-elle si gencralle, qu'elle hut
ses exceptions? Avec un peu d'étude
& de recherche, ne pourroit
on point trouver l'Art de toûcher
les coeurs dans la Déclamation ?
Les déffauts naturels ne pourroient-
ils pas être corrigez par l'exercice
& l'application
Ciceron n'étoit pasdans les com-
KiencemenSj fortgracieux,ilavoit;
i a Nihtl proecepta atque artesvalere
yftijtadjuvante yiatwa. Quindi.
Ciceron & ,Oulntilîen parlent en
generatde tout ce qui concernel'Orateur;
mais, comme la prononciation
est une qualitéejfentielle a l'Orateur,
je raporte uniquement ces
passages a mon idée, & purément à
laDéclamation:Dicendumfavori.i
se ma pet/fée, bien quece ne foit pas
la véritablesignification de ce mot.
dit-il; luimême
, a la voix foible
& quelques autres ddfuts, mais
l'exercice & l'application surmonterent
tous ces obstacles; & il sera
toujours confideré comme le plus
grand de tous les Orateurs.
Demosthenes, b malgré une
comlexiontrès délicate, une difficulté
de parler; les detfauts du
corps, & le peu de soin qu'on avoit
pris de cultiver (on Esprit, par
l'éducation; Demosthenes, dis-je,
par un travail assidu, triompha de
toutes ces difficutrez
, & parvint à
un si haut point d'éloquence, que
a Erattunemaximagracilitas &
infirmitas corporis procerum di tenue
col/um, labor & laterum contenti,
fed omnia victt labor. Cic.
deClaris. Orat.
b In Demosthenetantumstudium
fnijfe,tanttifquelabor dicitur, ut
primum impedimenta p,.atur,indurtria
diligentiaque Juperarit
, cumbalbus
effet, &c. Ocer.
Ciceron le propose pour modèle à
tous les Orateurs. a -
Dans l'Art de reciter, je comprens
la Chaire, l'Ecole, Le Barreau
,les Harangues, le Ministere
politique, laLecture,laConversation
même.
Le Théâtre renferme-toutes ces
choses, comme je le dirai dans la
suite:Et à propos de Lecture & de
Conversation, je fuis surpris d'entendre
quelquesfois parler & lite
si mal, des gens qui ont du mérite
& de l'esprit b
,
cela vient de ce
que n'ayans aucune disposition, ils
négligent l'Art & les Préceptes qui
a Nemo efl0rator3iqni se Demofiheniftmilem
esse nolit. Id.
b Surit quidam ant ita Itngtta hesitantes,
aut itavoce.abfini, aut
ita vultu,motuque corporis.vajfi atque
agrestes) ut etiam JiingeniisIlt-
-
<jue arte vaieant, tamen in Oratorum
numerum venire non eojîtnt.-
Cic. de Orat. - pourroient
pourroient corriger un peu leurs
deffauts naturels.
Rien ne peut plaire, étant mal
débité. Soit qu'on lise, soit quoa
parle, foit qu'on raconteune Avanture,
foit qu'on fasse un Compliment
ou un Conte plaisant, il doit
yavoir un certain Art dans l'Action
& dans la Voix,qui doivent
toutes deuxêtreconduites, &ménagées,
selon letems, 1. lieu, les
personnes, &c.
Il est confiant que toutes cesf-ortes
de Déclamations se trouvent
au Théâtre,&j'ose dire, que les
OrateursProfanes & Sacrez mêmes,
peuvent profiter beaucoup
pour la Déclamation, quand nos
belles Pieces sont representées par
de bons Acteurs.
Tous les hommes paroinent sur
la Scene,Heros, Ministres d'Etat,
Gouverneurs & Confidens de Princes
; tous les Caractères y sont representez
, toutes
-
les Passionsa y font exprimées, la Tendresse, la
Haine, la Joye, la Douleur, la
Fureur, la Crainte, le Desespoir,
b &.c.
Enfin,quandunComedien se trouve
doüédesQualitez de l'Esprit,&
des graces naturellesdu Corps,&
qu'ila avec celal'amesusceptible
des Passions (Talent rare, mais
absolument necessaire à l'Orateur)
quand (e trouve, dis-je, un tel Acteur,
c'est un modèle que toutes
les personnes qui parlent en pa-
*tusçais bien, RAcm, al'aide
d'un jiEteur>
Emouvoir, étonner,ravirun Spec-
-
tateur. M. Dcfprcaux.
b De tous nos mouvemens, es - ttt
1 donc laAfflttreffe?
Tiens-tu nôtre coenr dans tes mains?
-
Tu feins le Defefpoirja Haine, I4
Tendresse,
Etjesens tout ce que tu feins. M.
de la Motte, Ode à Mlle Duclos.
blic, doivent imiter:Ce font deux
Comediens qui ont fait les deux
plusGrands Orateurs du Monde, a
Satyrusforma Demosthenes,& Ciceron
étudia la Declamation sous
Roscius,
Je ne donnerai point à cecytout
l'ordre, & l'arrangement, qu'on
pourroit donner; je jetterai sur
le papier mes Reflexions, comme
elles me viendront dans l'fcfprit
; je ne prétends pas ttaiter à
fonds la Declamation, ce n'est,
à dire vrai, qu'une ébauche, &.
tout ce que je dirai, ne fera bien
connu que de ceux qui parlent en
public.
Je dirai d'abord,que tout homme
qui parle en public, ressent au
commencement, une émotion qu'il
cft difficile de ne pas avoir; mais
qu'il faut pourtant tâcher de vaincre
: C'est une especede timidité
que les plus grands Orateurs, &
,
a VoyeuPIutarque dans la Vii
deJJiTKllh
les plus excellens Auteurs ont peine
à surmonter quelques fois, fur-
- tout quand il y a long-tems qu'ils
n'ont paru, ou
qu'ils retirent un
Ouvrage nouveau. Quand on est
connu, aimé &reçu favorablement
de l'Auditoire, comme certaine
Orateurs, certains Acteurs, certe
altération ne se fait sentir que legerement;
maiscette émotion efl
toujoursviolente dans un homme
qui n'dl pas connu, ou qui n'dl
pas fort accrédité dans l'cfpric du
public. L'experience&l'habitude
-nment pas toujours cette émotion.
Pour remedier à ce mal presqu'inévirable,
il faut avant que de parler
, contempler modestement ses
Audieurs,setranquiliser, rcpren.
dre, pour ainsi dire, haleine 8ç se
donner par là le tems & les moyens
de se
rassûrer.
Surtout ne nous frapons
point trop de la pensée f. que
nous sommes l'objet de tout un
Auditoire,& que nous allons parler
devantun Peuple qui n'est afsemblé
que pour nous écoûter. a
Ces reflexions intimident,&la trop
grande timidité est nuisible; d'un
autrêcôte une trop grande assurance
est dangereuse. L'Auditeur
qui veut être reCpeété
,
la croyant
un effet de la presomption de l'Orateur,
se révolté. Il faut éviter ces
deux extremitez,&garderunjuste
milieu, pour gagner la bienveillance
de l'Auditoire, & le prévenirfavorablement.
MEMOIRE.
-
Pour parler en public, il faut
avoir la Mémoire belle, si elle est
incertaine & chantelante, on ne
peut jamais bien reciter .[on Sermon
,sa Harangue, son Plaidoyer,,
son Rôle: La trop grande contention
d'esprit, causée par la
4 Magnum guident onuJ est profiteriseesse
otnnibHS filentibus Mnum
maximis dç rébus AHdiendHm. Cic.
deOrat.
crainte de manquer, altére le Vi.;.
fage,dérange-l'Action
,
affoiblit
la Voix, & fait fuer l'Orareur, &
l'Auditeur; mais,quand la Mémoire
est ferme ôc assûrée,on manie
son discours
, on est maitre. de ses
Tons,& de sesGestes, &cette
confiance qu'on a en sa Mémoire,
donne de la liberté dans la Voix
& dans l'Action; c'est une verité
connue de tous ceux qui parlent en
lpaublic:Au reste, quoiqu'on dise de
Mémoire artificielle, je ne crois
pas qu'il y ait desregles bien fûres.
Chacun a sa maniere d'apprendre
par coeur, &sefait une espece de
Mémoireartificielle; mais le plus
grand secret pourfortifier, ou pour
acquerirde la Mémoire,c'est de la
cultiver danssa jeunesse,de l'exercer
souvent, & surtour l'assujettir
d'abord à apprendrefort correctement
men;t; cchlioosre- absolument necessaire,
& qui étant négligée dans les
commencemens,donne bien de la
peine dansJa fuite.
PRONONCIATION
ET ARTICULATION.
La Prononciation doit être reguliere,
c'est-à-dire
,
selon les regles
de la Langue & le bel Usages;
il faut qu'elle n'ait rien d'ignoble.
L'Articulation doit être coulante
,
nette & insinüante: Dans les endroits
passionnez
)
il faut presser
son Discours; mais il ne faut pas
trop s'abandonner à son feu, &on
doit prendre garde de ne pas bredouiller,
comme dans lesRaisonnemens
:Il faut éviter le trop grand
flegme; car la lenteur de parole
est capable de glacer tout un Auditoire.
Je dirai en passant,queceux qui
ont l'Articulation, ou trop lente,ou
trop précipitée,& même ceux qui
parlent gras, peuvent répeter
leursDiscours avec de petits cailloux
dans la bouche, a en s'éffor-
4Onlesmttfous la Langue.
çantdebien prononcer. Sion a la
Mâchoire trop pefanre,eUe se
rend par là légere , &si on l'atrop
précipitée, ces petits cailloux modérent
l'impetuositéde la Langue,
&&tteCrmoppeérrCc8aCc lavivacitéduRecit. 1RecIt..
Demosthénes, qui étoit bégue
,
(e
servoitdecailloux,&j'ai vu quelques
Aékurs, qui avoient quelques
uns de ces deffauts, qsi
ont acquis par, ce moyen, une Articulation
, & une Prononciation
sfTés julfce.
CONTENANCE,
OUMOUVEMENS IUCOHIS.
Ceux qui parlentenpublic, doivent
avoir un Air, & une Contenance
modeste,aisée, gracieuse &
naturelle,foit assis, soit de bout;
aQuin ttiam lit mamvri& praAi-
Hlm est CONFETTIS Í#OJ COICHLIS , FMN~
ma. yvtrffts- mtdtos ttxo fytrttH
prccfwciareconfuefichât. Ciccr.de
Orar.
tous les mouvemens du Corps doivent
êtrefaits avecgrace , &à propos.
Dans un Compliment
, par
exemple, un Orateur auroit mauvaise
grace de s'agiter, & de marcher.
L'Avocat est moins reservé
là-dessus. A l'égard du Predicateur
, il ne peut rendre son Caractére
trop respectable;ainsi, tous ses
mouvemensne peuvent être trop
nobles; d'ailleurs [comme il est
renfermé dans un espace de peu
d'étenduë] on n'en voit que le
butte: Les Prédicateurs font quelques
fois assis & quand ils parlent
d'un ton familier, comme s'ils railonnæcnt
tête-a-tête avec quelqu'un
, cette tranquilité a de la
grace,& a un air plus persuasif;
leur Action pourlors esttrés-simqpule'i;
lsellene passe pas le coude
appuyent sur le bord de la
Chaire, ils n'ont de mouvement,
que dans lesdoigts & les poignets;
mais,quand ils veulent exciter dans
le coeur des Auditeurs, certaines
grandes Passions, foit Terreur,
soit Pitié; alors, ils sont debout,
& donnant l'effort à leur Voix & à
leur Action, tout est violent, tout
est rapide, tout est vehement en
eux.
LES TONS
cuaFLEXIONS DE VOIX.
La Voix de l'Orateur doit erre
naturellement nette, sonore, sans
être trop perçante,semblable à une
belle Taille de Musique, que les
A Plufteurs personnes disent &
écrivent
,
inflexions de voix. &
je ne prétendspas les blâmer ; car on
dit en Latin, vox ad inflexîonem
facilis., vox flexilis ; mais,corprrJe in
pourvoit avotr en François un Jens
oppof/àmon Idée & être pris dans
le mêmefeus^'inflexibilité,;'** cru
devoirmeservir de flexionsde voix,
d'autant plus que cejt parmi nous
autres Comediens,le Terme Nous
disons d'un Atlcur, qui rectte d'une
certainefaçon, qu'il n'a point de
flexions.
Latins appellent Ténor, pour se
prêter à toutes les flexions imaginables
; c'est-à-dire
, pour la rendre
mâle,tendre, sorte
,
baffe, fé-
Ion le Discours, mais toujours intelligible.
Le Harangueur & le
Ministre d'Etat n'ont p-is toujours
besoin d'une si grande Voix, Ilmais
dans la Chaire, au Barreau , & au
Théâtre, il faut quelques fois faire
du bruit, pour reveiller l'Artentionde
l'Auditeur: Pour cela, il
faut prendre sur ses Poulmons
,
il
ne faut pas cependant crier, s'enroüer,
& comme nous disons s'engouer
, & c'est à quoi nous sommes
quelques fois sujets au Théâtre
; le feu nous emporte& [pour
me servir de nos termes ] nous
épousons trop la Passion; & nôtre
Période n'dl pas finie, que nous
sommestoutessouflez. Pour prévenir
cet accident,il faut se donner
A Subfellia grandiorerrf & plen;
orm voetm defidtrant. Cicer.in
Brut.
*
des tems , c'est-à-dire , faire de
petites pauses, présqu'insensibles,
en reprenant legerement la respira.
tion, & en soûtenant toujours
les Yeux & l'Action, pour tenir
l'Auditeur en haleine, & attentif
jusqu'à la fin de la Periode, sans
la laisser tomber,comme font plurieurs
personnes qui parlent en public.
Ces aspirations étant légers.
ont toujours grace dans le Récit,
elles en font l'Ame, & c'est le plus
grand Art de la Declamation i-c'est
par làqu'une Période dite rapidement,
presque d'un même port de
voix ,&finie sur un ton un peu emphatique,
fait un bel effet au Théâ-
[[e,& que s'attirantun applaudissement
général,l'Auteur fait faire
ce que nous appelions le Brouha-
ha. a
a Un Marquis dans le Misantrop:
e .deEMr detMoliére dit: fairedu fracas
ui tous les beaux endroits qui méritent
des bas.
D'autres
D'autres Périodes le disent encore
par gradation, c'est-à-dire ,
en élevant de plus en plus la Voix,
pour faire sentir la force de son Discours
à l'Auditeur; cette dernière
remarque est presque la même que la précédente, & la pratique seule
en fait connoître la differenc.
On ne peut jamais bien exprimer
ce qu'on ne erelient pas vivement;
mais cependant, il faut se posseder,
il ne faut pas trop se penétrer
soi-même, ni s'abandonner (comme
je crois déjà l'avoir dit) à son
feu &àsa Passion ; car on s'étouffe,
la Voix se pert, & la Mémoire même
se trouble quelques fois: Ces
tems, & ces petites pauses
,
dont
j'ai déja parlécy-denus,ménagées
avec art, seront d'un grand secours.
Au commencement du Discours,
il faut parler modestement,un peu
bas, a mais intelligiblement : Au
a Exordinm VlhtmenJ, & pugnax
essenondebet.Citer, de Orat.
Lib.i. C
milieu, ilfautmoins seménager.
& sur la fin
, on peut prendre 1 effort.
Rien ne fatigue plus que d'entendre
un Orateur, toujours sur le
rnme tion, ce qui s'appelle Monotonie.
a
On doit changer de ton; mais
sans observer une certaine méthode,
& un certain ordre didactique,
comme quelques uns, qui se font
une maniere de Récit qui, dans
chaque Période, est toujours le meme
;on diroit que c'elt une espèce
de Chanson, & un refrein qu'ils
reprennent de tems-en-tems &de
phrase en phrase : Rien n'est plus
propre à endormir un Auditeur.
Les Expositions doiventêtre dites
, sans grandes flexions de voix.
Les Raisonnemens doivent être
naturellement variez de appuyez.
a yid awes nefirns & Scrmonls
.suavitatt.,. quid eli viciffitudine &
<commHtAtio»c aptins ? Çicer. Jo de
Qrat. 1
Les Narrationsdoivent être cour
Ces.
Les Portraits ne doivent point être
tropchargez: Il n'y faut point trop
faire le Comédien;je parle surtout
pour laChaire Quelques fois nous
sommes obligez de charger un peu
nos portraits sur la Scene, mais
autre part, c'est un deffaut. Onvoyait,
par exemple, autrefois
des Prédicateurs, qui faisans le
Portrait d'une femme mondaine,
prenoient des Tons esseminez.
Rien n'est plus ridicule.
Ondoitéviter cette Déclamation
Scolastique, qui, avec des Tons &
desGestes trop étudiez,& si j'oie
dire, Pedantesques,prétend exprimer
jusqu'au moindre mot. a
Les Tons trop bas, c'est-à-dire,
qui ont, je ne sçai quoi de trivial
doivent être bannisd'un Discou, rs
grave & serieux.
a Mon verBa exprimens, fed utriverfam
rem &[enlentilfm. Cicer.
dc.Orat.lib..
Les Tons doux, tendres,& affectueux
gagnent le coeur.
Les vehemens le frappent de
terreur.
Les familiers s'insinüent & gagnentl'esprit.
Ilfaut étudiertouteslesflexions
de Voix convenables aux Passions,
mais tous les Tons doivent être no- bles& naturels.
- Enfin, la Voix étant un don de
la Nature,on doit appeller heure
x l'Orateur qui la belle; mais <Jle qu'elle fait, basseou haute
mâle ougrêle, belle ou non bellej
il faut la conduire naturellement,
pour se faire toujours entendre
,
par une prononciation& une articulationnette:
C'est par làque plusieurs
Orateurs, & quelques Acteurs
,sans beaucoup de voixa font
écoutez favorablement, 3c trouvent
l'Art de plaire.
LEVISAGEl ETLESYEUX.
Le Visage doit n'avoir rien de
choquant; il faut se leiendre parlant
; mais sans grimaces -Les Pas-
-- sions s'y peignent d'elles mêmes quand l'Ame est touchée, , a Les
Yeux doivent être ouverts, &les
Sourcils élevez dans certains
grands mouvemens ,
mais sans paroître.
égaré. Il est inutile de dire ,
que leSuperbe éleve sa vue, que
l'Humblela baisse, que leMéprisant
& le Colère tourne les yeux
de côté, car, la Nature d'elle-même
dans la Passion
,
fait toutes ces
choses & on n'a pas besoin d'avis
la-dessus.Ilfufifradedire,quela
Vûëfixe,ferme de assûrée, est une -
chose à laquelle doit s'attacher
l'Orateur. C'est dans l'oeil qu'elle
rétion & la force de la Déclamation.
Un oeil vacillant, & dont
les regards ne sont ni fermes, ni
arrêtez, 8c qui n'a nulleexpresa
VultHSACfrons mirai est JSNTIA -
qH* Jîgmfictit voluntatem ab-xham
retYHf41l1. DePtfl. Confulc. rw-
34» -
iibn, n'excite aucune Paillon
, &-
ne remue point le coeur de l' Auditeur.
Lesmomuovuevemmeennss du VViisfaaugce
sans l'oeil, sont inutiles, & ne sont
aucune impreission. L'oeil doir parler
dans l'Orateur, puisque les.
yeux font des miroirs qui réprefen-
- tent ce qui [e palTe dans notre
Ame: Celaestsivrai, qu'au récit
d'une Avanrure , D'Je: yeux marquent
& découvrentl'interet que - nôtre coeur y prend: A propos
de cela, je ne puis m'empêcherde
blâmer-certains Acteurs, quisur
la Scene,ont unoeil distrait, &qui
n'écoutent qu'àdemi& froidement,
celui qui leur parle de cho
ses importantes & - inrcrdfahres..-
Un bon Acteur attentif à tout ce
quisepasse fous sa vue, fait connoître
par ses seuls mouvemens extérieurs
, & surtout par ses yeux,
que son Ame est touchée de ce qu'il
voie, ou de ce qu'il entend, &
sans ratier il couche l'Auditeur.
L'ACTION OU LE GESTE.
Le Geste doit toujours précédée
d'un instant le discours, & finir
avec lui. Cela se fait naturellement
: L'Avion doit être noble,
naturelle, gracieuse, importante,
animée, vive& legere tout cela
à propos:Elle ne doit point êtretrop
étudiée, ni trop recherchée:, point
outrée. Porter les mains plus haut
que la tête, fraper des poings,
ou les mains l'une dans l'autre,
mettre les poings sur les cotez,
montrer des doigts, les écarter,
étendre les bras en croix, avoir
trop de Gestes, ce qJi s'appelle
gesticuler
,
observer une certaine
action reguliere d'une main à l'autre
,
n'agir que de la main gauche
seule b, font tous gestes vicieux qui
a Geftfts aberttàfccnico nec vulttè
nec manu nec excHrJtonibus ntmtHï,
Fab.lib. i.cap. i.
b Shiftra mannsnunquamfoldrcC*
tegefinmfaçit. Gran. lib.6.cap.&
neferont pas suportables sur. la
Scene tragique , & qui ne peuvent
convenir qu'aun COiruqUC:, &qui
par consequent,ne peuvent tre reçûs
dans un Orateur grave. Jedirai
pourtant que ces gestes-là étant
menagez,seroientsoufferts dans des
fureurs & d'autres passions vehemenres;
surtout dans un homme
gracieux. Nous en avons plusieurs
exemples au Théatre & ailleurs ;
mais ces exemples ne sont pas à
suivre. Un grand Orateur & un
grand Acteur peuvent hazarder
quelque chose, on peut les imiter
, maison ne doit les imiter que
dans ce qu'ils ont de beau, de bon
& de naturel. Il faut étudier toutes
ces choses
,
mais se les rendre si
farnilieres,que l'art en soit entièrement
caché a pour se rendre plus
vrai, plus naturel, & plus persuafif.
a UbicwnqHeArsoJientcHtatur,
V: tas abesse vidctnr, Quinulib.
IO.cap .4. j
Le trop d'art dans la Voix &
dans l'Action, ainÍt que dans là
compolîtion d'un discours, rend un
Orateur (cc, guindé, &pédant.
Enfin, on se souviendra qu'onne
peut,& qu'on ne doit pas mêmevouloir
faire tout sentir dans un
longDiscours & dans unlong Rôle.
Les endroits négligez
, ou pour
mieux dire, moins marquez sont,
comme les Ombres aux tombeaux.
a
Ce font icy des Règles generales,
qui en détail, demanderaient un
volume, &ilsetoit necettaire que
quelque Illustre Orateur, ou quelque
habile Acteur traitât cette
matière plus amplement. Jenel'ai
qu'ébauchée, &.je ne me sens pas
capable de faired'avantage.
J'ose dire pourtant, que je crois
avoir exposédans cesreflexions,les
Points les plus eflenriets delaDéclamation,
quoique sort succintement.
a J^uoedam rtiam negUgenttA tft;
dthgcntift, Cic. deOrat..
Avis GINERAL,
Toutes les Regîesde Ciceron , deQuintilien,& des Illustres Modernesqui
ont pu écrire sur la Declamation,
sontinutiles à l'Orateur,
s'il ne fuit la premiere
,
qui est, de
bien comprendre ce qu'il dit& de
le sentir fortement soi-même, pour
le rendre sensîble à rauditeur.
Quand on est touche deson dif-r
cours,leVifageJaVoix&le Geste Ce
prêtent,& se conforment aux mouircmens
intérieurs si, & pour peu
-
qu'on air quelques grâces naturelles;
avec cela seul,sans beaucoup de
recherches,on peut plaire&persuader,
qui est le (eul but de l'Eloquence.
a Omnts motus tnitnisuum qttem*
dam à rtattira babetvtfltttm&fo-t
num &geflHm. Cic. in Orat..
DERNIERE REFLEXION,
ETCOKCLU-SIOS.
QuoiqueA'on nous raconte de
Demosthenes
,
quoique. Ciceron
dise de lui même;je ne puis croite
qu'il soit pussible
,
sans les dispoúrions
naturelles, de parvenir
au souverain degré de la Déclamation.
L'Arc peut bien, en corrigeant
un peu les déffauts de la
Nature,rendre un Orateur, &
un Acteur plus que passable &
au dessus du mediocre;mais les
graces naturelles de l'Esprit & du
Corps,fortifiées par l'Etude&l'Application,
peuvent seules donner
l'Excellence. L'Application peut
donner la Mémoire, l'Etude peut
donner l'Intelligence; mais la sensibilité
de l'Ame, que nous appelions
Entrailles ( partie Enentielle
du Recit exterieure; si éc)lata&ntesc,es grâces &si frapantts1
quenous admironsdans
certains Orateurs, dans certain
Acteurs, & dans certaines Alhi
ces; tout cela, dis-je
, ne pouvar
être acquis par aucun Art, n'ci
qu'un pur bienfaitde la Nature
Ainsi, je finirai comme j'ai com
mencc,en disant avec Ciceron&
Quintilien.
Sic fentto Naturam,primum ad
diccndttm vim ajftrremaximum,( & mhilPrdcepta, atque Artcs va- ItreyntjiadjuvanteNatura.
J'ai obligation à M.le Grand des 3
premières Pieces deVers luivantes.
C'eilun jeuneEleveduPamasse,qui
biendifteientde Mrs ses Confrères,
est aussi modeste, queceux-cy sont
pour la pluspart présomptueux. Il
a fallu lui faire en quelque sorte
violence,pour le déterminer à les
abandonner au Public, Juge severe&
inexorable.Que ne doit-on pas
esperer de cette Muse Printaniere,
avec
avec de si rares Talens, & dont
cependant il se défie: A-t-il, raison
ou non -? J'en appelle à mon Lecteur.
A M. LE DUC DE NOAILLES,
PAR M. LE GRAND. AU JHent sacré des -,Pierides Dettes el vain efp.ir conduit tant de
Rimeurs ?
Ont-ils j-â veu dans ces sentiers
arides
Récfmfenferleurs penibles labeurs?
F*rsU'Laurier, qu'ont-ils eu des
neuf Soeoirs?
-P'int je ne *veis Enfans de Polymnie
,Du bon Siléne avoixtrogne btnie: Ains sur leurs frontsdeguirlandes
ornez,,
Je VOiSSORcis& Chagrinsfuranne&j
En vain Phébus vi mes veinés
allume
Noble désir de franchir le Lethé,
Jlrteme chaut,pourrevivrePoRkume,
Juillet 1717- D
Defabriquer maint Libelle vante•
Sissa,. trainer,esclave de maplumet
Des joursmartyrs de l'Immortalttét
Plutôtle temstout entier me consume:
Je veux vivant parfois être fiatl,
AvoirFortune, &Joyeàmoncôté*
Roses d'Amour}Coeur de Gente pucelle,
Dons de Ceres er dufilsde Semele.
e Mais oÙ chercher, en cefiéclefêlé,
Tel reconfort ? Sur le Cheval ailé?
Non, du Defttnfour braver l'influence,
De Plutus seul, du Dieu de lu Finance
, Voler il fautfous le Drapeau doré,
Detousplaijîrsc'ejilepere adoré:
Chez-ses Servans on voit toute l'année
Gibierd'Amour& Tendrons d'H;..
menée}
Le Dieu du Pampre & maintsgentils
Harpeurs
Avec Cornusy faire les honneurs;
Rares n'yfont,même pour la Vtnée,
Enfans du Pinde, & PDlis D*fterreurs
;
Ce ness le tout
,
les Parnaffiaes
Soeurs
J*fom,courtisansles Menins d'Opu- lence,
On peut m'en croire» en ai l'Experience)
JafousPlutusfrtis à peineenrôlé,
Le sacré Mont mesembledévoilé'-,
Sire Apollon &ses Nymphessifieres
A moi jadis, en manteau Laceré
Viennent m'offrir leurs sçavantes
lumieres,
Ores que fuis en pourpu'int cha.
marré,
Bref n'ai besoin de Semondre la rime
: Mais toutes fois,quandje vaisfaire eferime,Jlai pourdevise écrit 'aà lV'EEccvttffofonn,
Rtmeurjoyeuxj chacunàsa fason.
L'unde Venusaime a chanter l'Em.,
pire,
L'arc & les traits de l'aveugle
Garçon ;
L'autre plus craint, sans quartier ni
pardo",
Contre le vice épuise la Satyre ;
Pour les Vertus
,
Moudart montesa
Lyre,
l'imeur ejîlibre
, çrmoisa'ctieux.I
J'.wn:' a conter en (id.: gracieux ¥
Gfatiyls propos, Nouvellesd'aile- Puisafemeren mes vers tous joyeux
Doux grains d'Encens,triez, avet
fhiejfe,
Pour ne sentir le Flateurennuyeux,
D" ma Nature Enfant peufonccux
JeJuis nommé, petite eji ma chçr,/,
l;.Ce , n.,:! "r fais cas d'êtrebonména£er:
H*,nulle humeur sans beaucoup d'orpulcnce
,
F.: r ma liesse an monde passage:-:
Suffit mon fort, trop je crains de
changer ; -*
Jecrains-, quedi:~je?Oseroit la
Fo'tan:
Aft fit'rcnrhc c-T ¡'tfLlqUPi' amoi?
Non, non,duSort point n,, Grains la
rancune ;
Par toi, ATOAILLE, étayédans
+ l'e.p!3! J?fersPhébas,i,lmeréponddetoi.
SUR L'AMOUR,
PAR LE MEME.
N'a guere, Amour, tenté par ma
jeunesse ,
S'en vintme voir, biensçavoit mon
adresse:
Moi tout naif,ignorantsafaçon,
Ne me doutois quefut ce faux Garçon;
D'unfotbleenfant il avoit l'air-timide
,
Ses doux regards céloient son coeur
perfide,
Son ris
,
sa voix, son parler ingénu
Faisoientaimer le petit Inconnu;
Sa douce haleineavottodeurdeRofe,
Voireensajoueell fembloitéJofe
Sur son dos nu, vermeil &colo.re„
Flotott éparsmaint long cheveu do*
ré
Rien rie portoitsurson fpauleaîlee,
Hors maintelfeche en sa trousse mê.
lIe,
DefAp^aïn dextre il tendit unfailot,
Del'autrejt» arc avec un javelot ;
chamr-o:isnaiig' neduji d'Alc- ,
Le
regardant, quelle Mere inhumaine
, Dis-je! 0 mon fils, te permet de
tour r
jiivfipf.rvoje ? Ah! tu te vasfirir
yirsectonarccet:.? 1ourde lancej
AtitreJouiohconvient.1 tonenfance,
Commeoses-t;: dans le tems des Frimats
RsÇqner e,i, vent, tes membres delicats?
l'oi ,
bel Enfant, comment de la Scyrhie>
Accourticylemaridri'tOritie:
Tot,pre,..,; ma robe<5"po>ntnefortiras
,
Viens dansmonfeinchaufertes pei.
tits bi'.l' :
Amourmécoute-, Úrpf0&ècachan,t sa J3';Y/ (¡rint D'abordaunt mDn air defrancJ)j- a mon defranchi-
Fuif tout il coup de depit rougijJllnt,
El) o2* 1 dlt-'f
, en a-Teado.'ij nt,
Efl-on encore tgnorant de mJr, Etre?
A tes dépens tu l'apprendras peutêtre:
Or, connois-moi, simple & jeune
garçon,
Comme4 la Mort, l'homme me doit
rançon;
Amour je fuis, furies rivages sombres,
Jâtrop connu du noirTiran des Om..
bus,
DeJup:ttï,r!n vainqueur dePython,
Vo:.,. en la AΣr, le frCYe de Pluton
Deme;feux brûle au fein des Nereides:
Les Conquerans, les PoItrons ,
les
Alcides,
Jeunes (y vieux
,
faffcrvts a mes
loix ;
Doux par caprice aux Bergers plus
quaussRoix,
Tout l'Univers cede à mon haut courag,
Toiydésàdoncfais en l'apprentissage:
A:ifparla,puiîdefonarcvainqueur,
Jltireundard droitaufond demon
coeur;
XéA flamme y prlnd, l'Enfant si
met a rtrc.
T'ai-jt faitmal? Parle, tu n'as qu'a
dire,
Remedefat, foi d'enfant de Ciprir.
Tu guériras parun regard d'Iris:
Légerje pars,je la vois &je l'aime,.
Pourun basser l'eut aimée Amour
même,
AfaisyO combien leTraitrema defú!
Certes,d'Iris à souhaitsj'aireçn
Douceurs sans nombre, & plus que
de coutume
, jimour encor me brûle & me confume.
EPIGRAMME,
A M. D. F.
Mordant mes doigts au metier de laRime,
VintAppollon pour mesolacier,
En me difam si tu veux faire eJcrinie,
jitiïtrefilsilfautt'associer;
Lors,dis-je en mot, pourme fortifier,
Quel est cefils?N'errepoint FONTENELLEî
Tôtje leprens pour guide & pour
modelle ;
Puis, a Phébus vais montrer mes
écrits,
Oh FOh ! dit-ily en lisant mon Libelle;
•
As tu déja pris leçon de mon fils?
LE PANTHEON BACHIQUE
Sur l'Air.
Ton humeur est Catherene
Plus aigre qu'un citron vard
, &c.
De tous les Dieux que la Fable
Consacre en son Panthon,
Il n'en est qu'un véritable
, Seul digne d'un si grand nom;
C'efi Bachugque je veux dire3
Cardes autres Immortels,
Je crois qu'un Btlie!4r peut rire,
Jusqu'auxpieds de hurs Autels.
Jnptn toujours redoutable,
TI}ne incessamentsurnous,
Btch.i,s toujours favorable, Aîet a pro,fri;tsro;n courroux;
ear, tc.rc/sque surla Terre
Ce Fanfarongronde en vain, Bachus auxfeux du tonnere , Fait meurir notreraifin.
<
Neptuneapourson partage
IStfpace immense des E.:ux
t Bachusapourappanâge
Les ViJesJe nos Coteaux :
Si le Trident formidable
Fait taire les Vents mutins,
Mieux encorleThyrseaimabl
CAlmelespiNs noirs chagrins.
Pluton avec Profefpine
RegnefuriessombresBords>
Je crois qu'ilsfont trisse mine,
L'Ennui dévore les Morts.
Dans cette Cour mfernaJ/e
Cher Bachus,fois monOûtie, n
,
Sauve-moi d'êtreTantale,
Du resseje
necrcms
rien.
Mars créant partout viSloire,
Décide dans les Combats;
Les V'lli'mes de lagloire
Suivent enfouieses pas,
Dans le Temple de Mémotre
:
JLe Guerriercroit être bien,
Le nom du Pere G egotre,
Durerafins que le sten.
Les Rimeurs avec emphAft.
Vantent le Dieu d'Helicon,
Ilsparoissent en extase,
AndsaLyreforme un/On-:
Pensent-ih par leurs[omettes
, M'enralerfous Apollon
Lee Vinfaitplus de Poètes l'Eau dusacré Valon.
4.
DanscetteVieille Jjhi/rell* :
De l'Amour avec Bachus,
J'appelle duparallele,
Voicy mes moyens d'abus:
L'Amourparun doux Peut-être
Abuseun coeur qu'ilsoûmet,
Bachus n'eflfourbe ni traître
Il , tient tout ce qu'ilpromet.
.Afinerve quisefitprude,
Apresl'Arrêt de Paris,
Parla Science & l'Etude,
Cherche à regler nos Esprits :
Tous cesgrands Donsdefagejft
$ont undangereuxpoison ;
Un jour pllJTédans l'Jvrej[e
Paut unftcele de raison.
Eh quoi! Vulcain se prefentc
Avec labelle Venus, Ilfaudra donc queje chante
Le Grand Patron desC.
Ce Cyclopeàface noire,
Sans marquer tant de regrets,
Auroit bien mieuxfait de sotre
, edefabriquer des Rets.
Plutus dans un Antrefombre,
Dévoréde rn/liefoins,
Tarmi des tresorssans nombre
SCe t.rouve encor des besoins :. P' ,,'1 rOIS-ttl, F'utus, qu'en ejclave
J^atllelanguir , fous ta loi,
Bachus arempli nia cave, Jefuis plusriche que toi.
Momus to(¡joursp.ét à rire,
-
Afomus touj ours prêt a rire ,
Veut etre m. s en son lieu,
S'.! aimoit moins la Satire,
C: jcroit ur IC!; Dieu Jet,svcuv : placer a Table
Bachus letrouvera bon. ,
Pour rendre un repas aimable,
a
Lfaut aumoins un Boujjcn.
Latffonsles Dieux
,
les D!ejJn,
Nos dijloursfont fupfrfus,
Parpitié, pour llur; fotbleffes
,
Chers Amis, nenparlonsplus:
De Bachus (srdefaGloire
Faisons retentirces IJlHX;
C'CFT Bachus qui do?:;-e A boire,
C'tfl donc lepins gï¡,:ld des Deux.
AUTRE, SUR L'AIR,
Belle & charmante Brune,
Pour qui je meurs, &Ce
Lespeines demonams,
Vous les Jeavez,,
Soulagez-les
,
Madame, yans le pouvez.>
Ah ! je fuis trop heureux, vous y
rC-vtx-.
MADRIGAL
Sur un Noeud d'Epée donné
par une Dame.
mourvoyant les beaux Teux qui
m'ontpris,
Futsi charmé,qu'il courut < Cithére,
Prit la Ceinture de sa Mere,
Et vint l'offriramon Iris.
En deux parti elle l'a coupée.
Avecl'une elle a façonné
Ce beau Noeud qu'elle m'a donnl,
Pourl'attacher à mon Epée:
Iris donnez-moi l'autre bout,
ui ma Canne tl (si necejfatre ; guel Vsage en pouvez, - vous faire
Il nevous manque rien pourplaire
;
Tour plaire, j'ai besoin de tout.
BOUQUET.
Damon ,
c'elf aujourd'hui qu'on rI.
lébré taFite.
Ma MflJe, taise'{;'V.ouJ; vous n'eus
qu'une bête.
N"rfl-et pas un grand abus, 'une Fête en Vers prônee ?
Cejîdire auxGens^chaqueannêt,
Qu'ils en ont une de plus.
Calcul toujourstrisseàfaire y
Il nous condamne a soustraire"
En nousfaisant aj-oûter.
D-amon, je ne te convie
finaux douxplaisirsdelavie:
C'efl ce qu'onprend sanscompter.
JOURNAL DE HONGRIE,
0V, RELATION
De l'ouverturede la Campagnefaitr
par L'Armét de itEmpereuy,
fous le commandementduPrincc
Eugene de Savoie.
Du Camp deVisniza en Servie le M Juin 1717. s A MajestéImpériale, aprèsles
succez de la Campagne passe,
ayant mis toute sonattention à
poursuivre ses avantages contre
l'Ennemi commun du Nom Chrétien
; a entretenu des garnisons
dans des postes avancez pendant
l'hiver& a ordonné toutes les dispofïûous
possibles
, tant pour recruter
-6c augmenter son armée,
que pour la pourvoir d'Artillerie,
d'Artilails de guerre, dePonts,
de Vaisseaux de transport, & de
Mag uns de Vivres; afin d'être
en eut de faire cet Eté des entreprises
plus éclatantes contre les
l!.h''e'es.'Les Régimens Imperiaux
- qui CCoient en quartier en deçà du
Tibisque ,en Transilvanie & dans
- -
le Bannat de Temeswar
, eurent
ordre de s'.JfeiT.bkr au commèncementde
Mai, sous le commandement
du Comte de Merci General
de la Cavalerie; tandis que
tè reste de l'Armée devoit se rendreledouze,
au Camp de Furack
) afin d'y avoir les troupes néceiL
saires, prêtes selon l'exigence des
opérations.
Cesdispositions faites, le Prince
Eugene partit par eau de Vienne
le treize Mai, & arriva le J.I. au
Camp de Futack ; mais,comme la
plupart des Regimens n'y croient
pas encore, non plus que l'Artillerie
,
S. A. jugea qu'il étoit convenable
au Service de Sa Majeftc
Impériale, de s'aboucheràPantzova
avec le Comte de Merci,
pour concerter avec lui, & reconnoître
de ce côté-là le Danube &
les environs. A son retour au
Camp,les Regimens qui manquoient
,
arrivèrent successivemert,
avec lesquels le Prince résolut
de commencer les opérations
, à dessein de profiter du
tems, & de la situation des Ennemis,
par le passage de la Save,
ou par celui du Danube: Aprés
avoir mûrement examiné les Circonfiances,
il fut arrêté, que l'on
tenteroit le passage du Danube.
On commença pour cette
@
expédition
de faire tous les préparatifs
nécessaires sur ce Fleuve;les barques
furcat envoyées plus bas dans
le Donawitz : Le Commandeur
Schvvendiman reçût-aussi
ordre des'avancer avec les vaisseaux
de guerre piès de Salanckemen,
pour exécuter ce que le Comte
de Merci ordonneroit. On distribua
les Troupes en divers Campemens
dans le Bannar,demaniere
qu'elles pouvoient s'assembler,
sans donner de l'ombrage aux
Turcs.
Le 9. Juin, l'Armée se mir en
marche près de Peter-Varadin,
&campa la nuit à Kobila.On nepue
avoir aucun avis certain de la
situation des Ennemis; mais [ui.
v.ant,ceux qu'on reçût de la fron- tiere, leur Brrme, e ne pouvoit être
jointe de quelque tems, puisque:
le Grand Visir étoit encore occupé
àla former prèsd'Andrinople.
Le 10. on s'avança au pont de
communication., construit à Villova
sur le grand Marais:LcCorn,
te de Merci y vint sur le midi,
pour informer S. A. le Prince Eugène
des dispositions qu'il avoir
faites,& recevoir les ordres. Les
Lettres que ceGeneral avoit reçues
de Vipalanca marquoient, que
divers Batimens ennemis montoient
le Danube à force de rames,
d'Orsova vers Belgrade, & que
quoiqu'on ne leur laissât pas le
partage libre par le feu, & les
canonades du Fort de Vipalanca
il n'étoit , pas cependant possible
à cause de la largeur de la riviere,
de leur empêcherle passage, particulièrement
de nuit.
LeII. on passa sur les ponts de
Villova
,
du Tibisque &. de la
Begue avec allez de fatigue, à
cause des défilez & de la grande
chaleur qu'il faisoit; onse campa
à Czige.
Le 12.le General de bataille Baron
de Diesbach fut détaché avec
trois bataillons & 100. chevaux
vers l'embouchure du Donavvitz,
pour soûtenir par terre les deux
vaisseaux de guerre qui y étoient
à l'ancre, & pour couvrir la communication
; on fit élever pour cet
effet une Redoute sur le Danube :-
qlcs autres trois vaisseauxde guerre
étoient déjà entrez dans le Donavvitz
avec quelques Saiques,
ôc avec les aprêtsqu'onavoir faits
à Peter-Varadin.
Le 13.on passa le Ternes, &
on marcha à Oppova
,
où le General
Comte de Merci avoit embarqué
son Infanterie destinée
pour le passage; qu'il fit avancer
avec les vaisseaux de guerre & les
Saiques, ainsi queles pontons &
les barques de transport du Donavvitz
dans le Ternes:Afin que ces
batimensne fussent empêchez par,
lepont de Pantzova, on en défit
une partie, & on arracha les pieux
du fond de l'eau.
Le 14. comme l'Armée de terre
se campa à une lieuë au dessus de
Panrzova, on y fit avancer le tout
par eau, afin de tenter le tendes
main le passage à une lieuë & demie
de ce poste. On distribua pour
cer effet, le pain pour quelques
jours , avec les muriciposnécct--
faires, aux 27. Bataillons, aux
24. compagnies de Grenadiers,
sous le commandement du Comte
de Merci, aux troupes du Lieutenant
General Comte Broune de
Camus, & à celles des Generaux
de bataille Vobeser, Vvallis,
& Odvier.
Le 1 5. à la pointe du jour
nonobstant quelesEnnemiss'éoÍentfait:
voir partout pendant
la nuit, sur les éminences où ils
avoient allumé beaucoup defeux,
pour faire voir qu'ils étoient aler--
- tes,lemouvement des Nôtres se fit
en la maniere suivante. Les trois
vaisseaux de guerre, avec lesOranizzes
& les Saiques prirent le
devant; un des vaisseaux se posta
au-dessus des trois Isles devant
l'embouchure du Ternes, où tout
devoit déboucher pour le couvrir
, & les deuxautres vaisseaux
avec lesOianizzes&les Saiques
descendirent plus bas au-deirQl,.l!)
vis-à-vis du village de Vyuntch àladroite,& àla gauche de l'en-,
droit oùondevoit jetter le pont,
pour le garantir contre les entre- prises des Ennemis,tant du côtétic
Belgrade, que de celui d'Orsova
,
de même que l'Infanterie
en flanc. Sur cela, un Sergent
Major, & sept compagnies de
Grenadiers suivirent, avec un General
de bataille, un Lieutenant
Colonel, un Sergent Major, &
dix'compagnies de Grenadiers;
eufuiccj six petites piéces de campagne
, pour s'en servirà la t;::,e)
&:: où il feroit nécessaire
,
aprés
avoir réconnu le terrain: Lereste
de l'Infanterie, les Pontons, ôc
après eux quelques Saiques qui
les couvraient,&qui fè posterent
au-dessus du Pont qu'on devoit
construire, succéderent. Les quatre
Régimens deDragons de Savoye,
Vvirtemberg,Vhelen,& Schonborn
furent placez sur le territoire
de Pantzova jusqu'au Danube, sur
le bord de laquelle riviere on planta
quelques piéces de canon, & on
y tint bon nombre de fassines prêtes.
S. A. le Prince Eugene voulant
se trouver avec les Generaux au
passage du trajet, laissa ordre dans
le Camp à toute l'Infanterie de
s'avancer, pour être à portée de
suivie le premier transport commandé
en Chef par le Comte de
Merci, qui réiïflu sans la moindre
opposition; quoique l'Ennemi voltigeât
partout surles éminences.
Les barques furent d'abord renvoyées
de l'autrecôte, sur lesquelles
s'embarquerent les compagnies
de Grenadiers
, & les Bataillons
de l'Infanterie qui étoient
à portée, avec le Feldt-maréchal
Comte de Heister
,
le Prince Alexandre
de Vvirtemberg,& le General
de l'artillerie Comte de Regal.
On continua detransporter I"I"
fanterie jusqu'à ce qu'on la jugeât
suffisante pour s'opposer aux entreprisesdes
Ennemis;ce qui parut
d'autant plus facile que le terrain
étoit avantageux, & qu'il y
avoit un Marais en front.On transporta
aussi quelque Cavalerie &
Huffars, pour s'en servir selon les
occurrences. On fit avancer après
cela les Barques du Pont que l'on
joignit, & le Pont étant formé de
8+ barques, on y fit passerle reste
de rinranrenc.
Le 16 avant le jour, les Régimens
de Dragons qui étoient
entre Pantzova & le Danube,
& le reste du Corps du Comte de
Merci suivirent avec l'Aartillelie
& la Cavalerie du Corps
posté au dessus de Pantzova qui
arriva adesrard. Le Camp fut formé
sur la hauteur de Visnitza à
une lieuë & demie audessous de
Belgrade, & le General de bataille
Comte d'Odvier fut laissé avec
ÍÎx bataillons& quelque Cavaleiie
de celle qui avoirpassé prés du
Pont duDanube, pour lecouvrir.
Le 17. le bagage commença à
passer le pont: Comme il a fallu
pénétrer par des défilés, le reste
•
n'arriva en ce Camp que ce jourlà.
L'Ennemi s'est fait voir par
terre &par eauassez prés de Visnitza
Tuiza; mais il s'est retiré précipitemment,
voyant que nous avions
placé quatre piéces de canon sur
une hauteur.
Le 18. au matin, le PrinceEugene,
accompagné du Prince Alexandre
de Vvirtemberg, des Com-
- tes Palsy
,
Heister & de quelques
autres Officiers Generaux, alla
réconnoître le Terrain situé entre
la Save & le Danube, pour y faire
camper l'Armée le plus avantageusement
qu'il seroit possible :
Commece Prince se retiroit avec
sa Troupe, composée de six Regimens
de Cavalerie, ôc de toutes
les Compagnies de Grenadiers Se
Carabiniers à Cheval, deux mille
Chevaux sortis de Belgrade, étant
tombez sur son Arriere-Garde, en
furent reçûs si vivement, qu'ils
prirent le parti de se retirer avec
quelque perte. Après cette expedition
, la marche de toute l'Armée
fut ordonnée pour le lendemain.
Le 19. les mêmes Regimens &
Compagnies de la veille, avec les
Marêchaux des Logis, & les Fourriers
ûrent l'Avant-Garde.L'Armée
les suivoit sur quatre Colonnes.
L'Ennemi ayant observé ce
mouvement,fit descendre cinquante
, tant Saïques, que demi Galéres
armées, vers Visnitza; elles
firent d'abord un feu terrible de
Canon pendant quelque tems sur
nôtre Cavalerie& nos Bagages,
mais avec peu d'e; parce qu'on
avoit û la précaution de dresser sur
les Bords da Danube quelques Batteries
,
qui les forcérent de se retirer
promptement fous le Canon
de Vvasserlrad,autrement la filled'Eau.
Durant cette marche, le
Comte de Nadasti, General de la
Cavalerie, &M. Ahumada,
Lieutenant General & Marêchal
des Logis, avoient étélaissez, le
premieravec six Regimens de Cavalerie
, & le second avec quatre
Bataillons, pour couvrir nôtre Pont
sur le Danube. Entre 9. & 10.
heures du matin, on déboucha
dans la Plaine, quoique l'Ennemi
fut sorti avec un gros Corps de
Cavalerie&d'infanteriejusqu'àla
Palanque. Nôtre Aîle ganche s'avança
sur la Save, où elle fut poele exaux
Canonades desSaïques
&FregrattesdesInfideles,pendant
qu'on plaçoit quelques pieces
de Canon, pour les faire retirer;
onenusade même avec succez à
la Droite qui s'étendoit au Danube.
Après que tout le Camp fut
formé, & laVilleinvestie, depuis
la premiere Riviere,jusqu'à l'autre,
tout le reste du Bagagearriva
le soir. On donna ordre de rompre
le Pont de Pamzova , pour le
faire remonter plus haut, ÔC
de faire avancer les deux
Vaisseaux de Guerre, qui étoient
au Confluant de la Temes, pour
couvrir la communication.
Le 21. on commença à travailler
aux Lignes de Circonvallation
& de Contrevallation : L'Ennemi
a faitun feu continuel
,
depuis 9.
heures du matin, jusqu'au soir.
Pendant cette manoeuvre, le Comte
le Hauben Lieutenant General,
Marêchal deCamp,avoit û ordre de.
se transporter avec ses Troupes ÔC
ses Poncs de Batteaux sur La Save ,
- pour y jetter aussiun Ponr de communication,
& bloquer de ce côtélà
Belgrade, ce qu'il a executé
heureusément.
P. S. Les avis de Petri-Varadin
portent, que les Turcs ayant apris
quenôtre Arméeavoit passé le Danube
, ont abandonnés le Fort de
Kupinova sur la Save,aprèsl'avoir
brûlé:Nous avons passé le Danube,
sans perdre un seul homme:Toute
l'Artillerie de Campagne, des- tinée pour l'Armée,Ottomane &
pour l'Armement de leurs Vaisféaux
» [e trouve renfermée dans
Belgrade. Nousnous sommesemparez
sans resistance d'une Mosquée
du Faux-Bourg exterieur,&
lesTurcs ont du depuis abandonnés
le Faux-Bourg qui éroit fms retranchement
; le Glacis&les Ouvrages
exterieurssontminez &
çontre-minez partout: Leur Axmcc
doit arriver le 4. à la Hauteur
de celle des Imperiaux.
ETATDESTROUPES
Quicomposent FArmée de S. M.L
CUIRASSIERS.
Noms des Regimens.
Cayafca Newbourg looo. 90.
Hanovev 1000.
D'Armflatt 1000.
Gondrecourt 900.
Jean Palsy 1000.
Prince de Portugal xooo.
Falkemtein 9S0
Montecuculi 9jo.
Mercy îooo.
Croix 980.
Viard 980.
Hohenkolcein Iooo.
Gronsfeld 900. Lobkovvitz 1000.
Emanuël de Sayoy'ïî 900.
Martigny ioqq.
Hauton 500.
Sre.Livillc ego.
Sulrzb,:ch Cord 1000. va Ç J 9oo.
Moras -
-
Espagnols
1
Vargues IOOOÕ. (. --9s0- Total des Cuirassiers quifont
R egimens,& hommes %:J.1.6o.
DRAGONS.
- Noms des Regimens.
Eugène 1000..
Baitée Moo..
Vvirtemberg. 1000.
Althaten 980.
Jeoger
, 95°.
Galbes" 950*
Vveren 1000..
Hauben. IOOQ.
Riliutin. 1000.
Barccth 1000.
Saint Amonr 900.
Schonborn 1000.
Total des Dragons qui font12.
Regimens, &hommes 11789.
HUSSARS.
Erbegini 600.
Nadafti 700.
Spleni
-
Baboifai670600.. Efterhati4 630.
Regimens de HulTarfr cinq,
de Hommes 32.19.
infanterie.
Noms des Regimens.
Hcifter 1400.
Guido de StarembergZ300.
Nicolas Palsy 155°»
Gcfchivind 136o.
Vieux Vvirtemberg 1150.
Nevvbourg îjoo.
LRégoalffelholtz23S13000,.
Daun le jeune 1300.
Beveren liSO.
Bonneval lyoo,
Aremberg 1180.
Vieux Loirainç ijoo.
Nouveau Lorraine
-
2300.
Baden Dourlach 1300.
Nouveau Vvirtemberg 3o.
Vallisle Jeune 2300.
Lîvvngftein 135°'
Vraulfom 1300.
Daun le Vieux *5$°-
Ottocar Staremberg 2400.
Max.Starembeig 2380.
Harrach 1;5°.
Vvirremberg 2300.
Firmond 1;50.
Droane 2300, HefTen-Cassel.2300.
AMufpaechzcl23.00230.0.
Bagni 2500.
Hersberftein 2 500.
Holstein 2400.
Suking • 1380.
Vvilfeck : FMabaerraliV *f~ r1 500. 5°°.
Ahumada
i
Napolitains
Ci500.
Alcandel C 31500
Total des Regimens d'Infanterie
rjS_o, & Hommes 85370»
TOTAL GENERAL.
1,.Regimens de Cuirassiers1116"0. ii.Rcgimens de Dragons 11780. 5.Regimens deHoulfars 3110.
38. Regimens d'Infanterie 85570.
Sur les 10. Galères il y en a 1000.
Total du Tout, 114630.
SUITE DU JOURNAL
De ce qui s'estpassé a Rome ,
depuis le premierJum, jusqu'aH
premier Juillet, touchantl'arrivée
du Chevalier de Saint
LGeorges. Es Cardinaux qui font dans
cette Capitale
, ont presque
tous rendus visite au Chevalier
de Saint Georges, qualifié ici de
Roy d'Angleterre. Attendu l'incognito
, ils sont introduits par ltE[-
calier secret, & viennent tous en hbir court, de même que les
Prélars. On ne s'entretient ici que
des Présents magnifiques faits à S.
M. Le Cardinal Barberin ,qui est
de la Famille du Pape Urbain VIII.
s'esttout à fait distingué, en régalant
ce Prince d'un Service d'or
de ce défunt Pontif. Il consiste en
douze grands Plats
,
deux douzaines
d'Affiertes, autant de Cuilleres
& de Fourchettes, avec 4.
Salieres de la mêmematière. Le -
CardinalDada Parainde S. M. &
quiétoit Nonceà Londres, dans
le remsdelafuiteduRoyJacques;
lui a faitaccepterdeux Originaux
des fameux Ludovico & yîtrttibal
Caracci. La Princesse Piombino l'a
aussigracieusé d'une belle Tabatiere
d'or garnie de Diamans, que la
feic Reine d'Espagne lui avoit
donnée. Ce Prince s'est excusé de
recevoir les 7. Chevaux de carosse
magnifiquementparés;&de la pie*
belle race du Pais, que le jeune
ConêtableColone lui destinoit. Le
Cardinal Gualtierio défraye S. M.
mais côme elle a peu de suite,cette
dépensenesera pas siconsidérable.
LeRoy continuë à sortir, matin
& foir,& s'occupe à visiter les Eglises
ôc autres Curiosités de Rome;
il est toujours accompagné du Cardinal
Gualtierio, & souvent des
Neveux du S. Pere. Il ya aujourd'hui
huit jours qu'il vit le Vatican,
où le Pape avoitfait préparer une
Collation assez bien ordonnée:ilne
toucha à rien ; sa suite n'en fit pas
de même. Le Mercredy ,
il alla à
la Chancellerie voirla Procession
de Saint Laurent in Damaso, dont
le Cardinal Ottoboni fait les honneurs.
Cette Eminence,qu'on peut
dire s'entendreàmerveillesàdonner
des fêtes,assemblachez lui lesPrincesses
Piombino Mere & filles, &. fitpréparerune Collation superbe.
A propos de ce Cardinal, l'on assure
qu'il touchera ses revenus sequestrésparlesVénitiens
,& voici
comment. L'Ambassadeur de cette
République aïant sollicité le S.Pere
de donner une somme pour la guerre,
il en a obtenu quarante mille
écus; & on a permis à ces messieurs
-
de prendre en payement les biens
séquestrés du Cardinal, dont ils ne
pouvoientfaireusage; lapluspart
étans des revenus Ecclesiastiques;
&le Pape de soncôté rembourcera
le Cardinal. Je reviens à la
Procession,elle n'a jamais été ni
plusnombreuse ni mieux ordonnée.
Il y avoit 11 Cardinaux&presque
toute la Prelature. Entre la Sortie
& la Rentrée de la Procduon qui
faitun allés grand tour, les Dames
proposérent au Roy une reprise
d'Hombre, le Prince ne fut pas
édifié de la proposition; on le fut
au contraire beaucoup du refus
qu'il enfit.
Vendredy quatrième au foir, Don
Alessandro Albani partit en poste
pour Urbain, à dessein d'y prendre
les dégrés, voulant sans doute
être docteur de son païs; & pour
Compagnon de Voyage le Pape lui
a donné son premier Medecin Mr
Lwcifx
La Dona Therese épouse deDon
Carlo Albani est très contente
de la visite que lui a rendu le Roi
d'Angleterre
d'Angleterre;il joüa chez elle une
repricf d'Hombre, le Cardinal
Arbani s'y trouva, elle n'etf pas
la seule qui ait eû cet honneur:
Le Prince l'a fair pareIHemerc à la
Princesse Piombino; cette Dame
âvoit fait préparer quantité de rafraichissemens
, & une Musique
pour laquelle l'on avoir fait choix
des plus belles voix&des meilleurs
Instruments de Rome: Les Cardinaux
Ottoboni& Aquaviva éàierH:
de la feste,& en faisoient les honneurs.
La Connétable Colone s'attend
bien
, que le Roy lui fera la même
grace. Cette Princesse est
nereuse &magnifique,& surpassèra
les autres dans les divertisseme
qu'elle prépaiera à Sa Majesté; il
paroîtqu'elle prend goût à Rome;
l'on ne croit pas en effer- qu'elle
retourne à. PéfJro; le séjour
en -
étant nésennuyeux.
Samedy cinquième, le Roy Ur
une seconde Audiance du Pape;
ils font si contents l'un de l'autre
qu'ils ne le peuvent séparer; la
conversation dura plus de deux
heures. Le Roy demanda à être
introduit sans Cérémonie;ilpassa
donc comme la premiere fois par
le Jardin & par l'escalier sécret
mais la Prélarure n'alla pas audevant
de lui, il y avoit feulenent
deux ou trois Prélats de la
Chambre pour fraïer le chemin.
Le S. Pere,à ce qu'onassure
rendravisite , au Roy; c'est une distinction
qu'on n'observe qu'a. l'égard
des Têtes Couronnées. Malgré
l'incognito, il y a bien du Roïal
dans la manièredont on le traite;
on ne lui parle que par Sire ctrMajessé
: Il soutient son rang dans les
visites que lui rendent les Cardinaux,
les Prélats & autres Seigneurs
de cette Cour. Quelques
Prélats & Seigneurs des plusqualifiés
ont l'honneur de mangeravecle
ROy',quAndils se trouvent aux heuresdesrepas.
Samedy,Mrl'Abbéde
Gamaches Auditeur de Rotte pour
la France, eût l'honneur de dîner
avec S. M. & de l'accompagner
toute la matinée dans ion Carosse
avec le Cardinal Gualtierio & le
jeune Connétable. Ce Prince ne
parle que François, & cette
Langue est si fort à la mode en
ce
païs,qu'elleest presque enrenduë
detout lemonde.
Apresle dîné du Roy,dont leCardinal
Barberini étoit Convive;cette
Eminence a conduit Sa Majesté
pour voir son Palais C'est sans contredit
le plus beau de Rome; l'on y voit quantité de Figures &
de Tableau des premiers Maîtres
dela premiere & seconde Antiquité.
La vieille Princesse Barherini
mere du Cardinal, descendoit l'escalierà
l'arrivéeduRoy,qui lui a
donné la main pour remonter; &
aprèsunecourte visite à la Princesse
,ila parcouru tout le Palais
& sur les loüanges particulières
qu'ildonna à un de sesTableaux on
le détacha sur le champ & il fut
porté pour le Roy chez leCardinal
Gualtierio.
Le Secrétaire du feu Cardinal
Grimani, Ministre ici pour l'Empreür,
& depuis, son Viceroy à
Naples où il est mort, aété car.
telédans cette dernière Ville. Voici
l'histoire; il y a environ un an
que le Comte de Galas Ainbaffàdeur
deSa Majesté Impériale, fit
enlever& conduire en poste ce Sécreraire
jusqu'àNaplesavec uneescorte-
ciejo ou 12 Cavaliers; alors
onne sçavoitque penser decet enlevement
;presentementlamèche
est évertée
, lÀ l'on prétend qu'il
n'a étécondamné à unsupplice lî
cruel, que pour avoir éîé atteint
&convaincu d'avoir empoisonné le
Cardinal Grimani sonMaître : Il
est vrai que sa mort fut prompte
(5c inopinée; reste à sçvoir par
qquellsimotifs cela se fit alors & par voye on la découvrit ; ce
qu'il ya de sur, c'est qu'il étoit le
Confident de ce Ministre & qu'il
avoir tour perdu, en le pendant,
- avant depuisvêcutrès mal à son
aise.
-' MrMolines Grand Inquisiteur
dJEfpagne-.¡ en passant par Milan, yaétéarrêté les Impériaux
qui l'ont dépouillé de cinq ou six
-
mille pistolles qu'il avoir amassées
pour son viatique;&cela sous pré--
texte qu'iln'avoit point de Passeports.
Sur le minuit, ils se transportérentoù
illogeoit & l'ayant
enlevé ils le conduisirent au Château.
le Pape en ayant eu avis,
dépêcha surle champ un Courier
à Vienne se plaignant fort qu'on
eût ainsi violé le droit des gens
,
&le sien propre; car le S. Pere
prétend que la qualité de Grand
Inquisiteur le faisantréleverimmédiatement
du Saint Siége, il
n'avoit pas besoin de Passeports.
Commeil esttrèsvieux ô£trèsinfirme
,
il estàcraindre qu'il ne fifliÍfc
ces jours dans cette prison.
Aureste l'on défaprouve fort cette
entreprise contre - un Sujet du
Roy d'Espagne, dans unteinssurtout
où ce Prince,àla sollicitation
1 du Pape, a accorde une r. -;1-
si-,~-~ d .î" ;-:";;':$ 6 1,-.- p1 L ,' '1-"--
1
dontqu'ilsoutientla guerre contre
ic infidéles.
La Fête donnée Mercredy 911\
au Roy d'Angleterre, par Madame
la Connêtable Colone,a de beaucoup
surpassé toutes les autres.
A^icsui e courte visite faite dans
la Salle d'Audiance,on passa dans
laGalleriedu Palais quinecéde
enrien à celle de ersailles, à la
longueur prés. A l'un des bouts,
étoit une foule de Musiciens &
d'Instrumens choisis. Tant que
cette Simphonie dura , on ne cessà
de présenter des rafraichissemens
d'un goûtexquis, de toute espèce
&( avec une profusionRoyale.
Ceux qui étoient destinez pour le
Roy, lui furent presentés par le
jeuneConnêt ble &son frere-- Le
Roy ayant refusé de les recevoir
de la main de l'Aîné, le adet
par ordre de sa mere ,
les pvëknta
un genoüil en terre.
-
Ce cér mo
nial Anglois plût fort à toute la
Compagnie, 6crut reçu du Roy
de la manière du nlJle la plus
Wie. Madame la Connêtable,
fbasprétexte de faire voir quelque
CurionceGnguliere au Prince qui
vouloit reconduire la Connêtable
dans son Appartement, le fit paffer
par une espéce de Galerie de
plein pied à la cour, au bout de
laquelle l'on fit trouver le Carosse
du Roy; & par ce moyen, elle
conduisit le Roy jusques dans son
Carosse. Le jeune Connétable lesuivitjusqu'auPalaisGualtierio,
& (e trouva à la descente du Carosse
pour faire sa Cour au Roy.
Le lendemain matin Jeudi io.
Fête de Sainte Marguerite Reine
d'Ecosse, le Pape di une Messe
bâtie dans l'Eglise des Ecossois,
où le Roy se rendit, Il entendit la
Mené dans une Tribune. Don
Carlo Albani lui présenta une Tabletre
de la part du Pape, qui contient,
à ce qu'on assûre, une Cedule
de vingt mille écus Le Pape
ne voulutêtrecortégé que des trois
Cardinaux,Albani, Sacripanti 84
Guaitierio. Aprés la Mclïe»Je S.
Père se promena- assés long-tems
dans le Monastereavec ir-Roy
aptes quoi., chacun se retira chez
soi.
Le Vendredi 11. le Roy visita
différentes Eglises, & le foir
,
il
alla à la Villa Pamphile. C'est une
Maison de Plaisancequi appartientau
Prince de ce Nom. Elle
est horsdes Portes de Rome, &
sans contredit la plus belle &
la mieux entretenue de ce Païs.
Sâmedy 12. aprèsdîné, le Roy
alla chez le Pape pour la troisième
fois, ils resterent àcausertêteà
tête, pendant prés dedeux heures;
& la conversation finie
,
le Roy
descendit dans les Jardins de
Monte-Cavalo,oùil se promena
jusqu'au soir
, avec les Seigneurs
de sa suite.
Dimanche 1$, leRoysortità son
ordinaire, soir & matin , pour
voir ls. Eglises &autres Curiofités
de cette Ville
I flrdî 14. le Pape tint Cor-
-
(J:-::"e.'L:' F.,;.. sur çr.iic-<;'ele
voir ; de pour cela,on lui prépara
une place commode dans la Bousfoleqixi
est à droite du Pape. Il ne
s'est rien patte de particulier dans
ce Consistoire.
- Le Mardi sur les cinq ou six
heures après roUi, le Roy montera
en carosse pour aller coucher à
Cartel - Gandolphe. Le Cardinal
Albani s'y trouverapour le recevoir
, & pour faire les honneurs de
la Fête que le S. Pere y donnera
au Roi. -
Soixante & trois,tant Instrumens
queMusiciens,onordre de sendre-
On prépare un Feu d'Artifice
sur le Lac de Castel; il se.-nbi-c
qu'on n'oublie rien pour divertir
S- M. Britannique Elle ira chas-
-
fer dans le Parque du Prince Chigi,
quiest voisin de Castel. Chemin
faisant, le Roy verra A!bae-.
Frefcati&Marine. "Ct: dernier
Canton appartient au Connêtable,
, où l'on assurequ'ilregalera le
Prince splendidement.
Le Château de Péfaro est démeuble,
le Roy ne devant pas y
retourner. L'on croit qu'il auroic
assez depenchant pour rdler à
Rome. Il est toûjours sur qu'aptes
la Saint Pierre, S. M. ira passer
l'Eté à Urbain.
Le même jour quinze, le
C rdinal Neveu&ion stere Don
CarloAlbani, vinrent prendre le
Roy après le Diné;il monta dans
leCarofle de cette Eminence, gardant
toujours la Droite. Le premier
Carosse étoit suivi de deux
autres à six Chevaux, pour les
Seigneurs de la suite du Roy. Plusieurs
Seigneurs particuliers iuivoient
dans leurs Equipages; ce
- qui composoit un Cortège des plus
nombreux.
Le Roy arri va a CaCelà demie
heure de nuit, au bruit de toute
l'Artillerie du Château: il écoit illuminé
,& pareillement toutesles
Maisons des Particuliers, sans en
excepter celles des Religieux &,
Religieufesi ce qui faisoit un effet
trés-agréable
, & d'autant plus
- beau, que la Nuit étoit assésobs-
-cure.
L'on avoit préparé sur le Lac de
- Castel,une Girandolleenface du
Palais; & le circuit du Lac qui est
de quatre mille, étoit entièrement
illuminé,depuislasuperficie
- de l'eau, jusqu'à la hauteur du
Bassin,cequi formoit unAmphitéatre
de lumiere,&une nouveauté de
Spectacle trés-curieux à voir.
Comme la Girandolle faisoit son
effet de bas en haut, on ne l'a
pas trouvée aussi belle, que celle
qu'on tira sur le Château Saint-
Ange,à la Saint Pierre
, &C le jour
- de l'Incoronacion du Pape. Voilà
le prrmierRégal,& pour ainsi dire,
le salut qu'on fit au Roy à son arrivée:
Celafut suivi d'un Repas
très-bien ordonné
, & magnifiquement
servi. Le Roy avoit une Table
seule pour lui & les Seigneurs
de
sa
Cour; outre cela, dix ou douze dans differensAppartemens
du Château,pour les Prélats,
les Dames& les Seigneurs qui
s'éroientrendusàlaFête.
Le lendemain 16. le Roy Ce pra-
- mena à Gensane, a jûtbanc & i
Larice, Canrons delicieux, &
dans la plus belle& la plus heureuse
ucuadon du Monde.Au retour
de la Promenade, il y ût une Simphonie
piodigieuse par la quantité
de Voix & d'Instrumens. On y exécuta
une Cantate compose exprès,
Se allegoiique a l'Etat présent du
Prince: L'Invention &la Compofijor.
en sont éga lement estimées;
& quoi qu'il y ût près de quarrevingt
Muhciens, tant Voix, qu'Instrumens,
il n'y ût aucune confusion.
Le Jeudi 17. le Roi monta en
Carosse à sept heures dumatin, &
serenditFricati, avectous Ici
Seigneurs de sa Suite. Il alla voir
Aîoriiro^an Maison de Plaisance
du Prince Borgresse & Belleder
autre Maison de Plaisance appartenant
au Prince Pamphle. Aucun
de ces Princes ne s'y trouva, pour
en faire les honneurs: Mais ce qui
distingua
distingua le Prince Borgheee par-
<leflus' l'autre, ce fut l'attention
qu'ilût de faire faire ses excuses au
- Roy,& de faire préparer pour lui
& pour sa Suite une Rinfresque fuperbementservie.
Le Roy partie ,
de Frefcati sur les 11. heures
, pour
aller à Marino,dont le Connétable
Colone est Seigneur; il avoir
fait préparer dans son Palais un
magnifique dîné pour le Roy: Attention
particulière
, & qui fait
honneur à Madame la Connérable;
il n'y avoit qu'un seul couvert pour
S. M. *, mais le Prince demanda
qu'on en mit quatorze, ce qui fut
fait. Madame la Connétable, sa
Belle-Soeur, la Princesse Saint
Martin, les Neveux du Pape, le
Cardinal & Don Carlo
, Mr le
Connétable, & les Premiers Seigneurs
de la Cour du Roy occupoient
les Places, & remplissoient
le nombre des Couverts. La Mu-
(Ique ût ordre defe rendre à Marine
, & divertit agréablement
les Convives. Après le diné, le
Connétable donna au Roy le divertissementde
la Course des Barbes
, que Sa Majesté vit du haut
d'un Balcon, préparé à cet effet
& trés-galamentorné. Sur le foir,
le Roy invita la Connétable
,
son
Fils &la Princesse Saint Martin, à
souper à Castel
,
où il retourna
ayant mis lesDames dans fiJn Carosse.
Le Roy fitencore inviter au
soupéla Dona Bernardina, Belle-
Soeur du Pape, laquelleétoit à
Castel ; c'est une Dame d'Esprit,
.& qui parle bien François: Le Roy
qui ne parle point ici d'autre Langue
, prit plaisir à s'entretenir avec
elle. Avant le soupé, il y ût .un
Feu d'artifice au milieu de la Place
de Castel &en face du Château ;
c'est le plus beau que
@
l'on ait vû
depuis plusieurs années; la composition
en étoit trés-ingenieuse ,
route allegoriqne,&ilfutexecuté
au grand contentement de tous les
Spectateurs qui y étoient en grand
nombrej il dura long-tems, car
1 .si
1
l'artificen'y avoit pas etc1 é1pargné1:
L'on peut dire aussi, à l'honneur du
Pape & de ses Neveux, que jamais
Fête n'a été mieux ordonnée, ni
plus magnifique en tout point; on
en faitmonter les frais à plus de
deux mille pistoles.
Le-Vendredi
-'
le Roy revint à
Rome; Le Cardinal Gualtierio n'a
point accompagné le Roy dans
cetteVillegiature,s'étant trouvé un
peu indisposé: CetteEminence mé.
rite les Loiianges du public, par
l'attentionqu'elle a de faire rendre
au Roy, malgré l'incognito, les
honneurs dûs à sa Naissance. Il
estle premier à en donner l'exemple;
& jamais il ne monte dans le
Carosse du Roy,ni aucunautre,soit
Cardinal,Prince ou Seigneur, sans
que le Roy ne les apelle ou ne leur
fasse figne de monter. Il a la bonté
de fsirexette graceàceux qu'ilveut
distinguer, & plus d'une foisil l'a
faite à Mr l'Abbé de Gamaches
Auditeur,qui a aussiûl'honneurde
manger plusieursfois jesté. avec Sa MaDimancheaprès
le dîné, le Roy
fit l'honneur à la Duchesse Fiaro
de lui rendre Visite: Plusieurs
Princes& Princesses decetteCour
s'y rendirent pour la faire au Roy.
Il y avoir manque, Table de Jeu
& Abondance de rafraichissemens:
Mr le Cardinal OttoboniBeau-
Frere de cette Duchesse,fitles honneurs
de cette Fête avec les Princes
Ottoboni ses Oncles.
Mr Falconieri Auditeur deRotte,
est enfindéclaré Gouverneur.
Le Cardinal Scotti exercera la
Préfecture dela Signaturevacante
par la mort du Cardinal Spada, par
intérim & sans aucunsémolumens;
ilssont destinez pour la subsistance
des Moines Siciliens : On en compteIci
plus de deux mille : Tout recémmentestvenue
de Sicile une
Colonie de cinquante Jesuites.
Le Comte deGalasAmbassadeur
de l'Empereur
, arriva hier au soit
cn cette Ville.
Depuis que le Roy d'Angleterre
est de retour de sa villegiature
deCaftello,ila visité les Princesses
Piombino, Fiano
,
Justiniani, &
Carboniani,MadamelaConnétable,
&c. Il y a long-tems que la MuÍÏque
Romaine ne sest autant exercée
, car toutes ces Fêtes ne vont
point. sans une Symphonie fort
nombreuse; & en ce fait les Ita.,
liens font passez Maîtres. Outreles
Liqueursglacées qu'on présente
àla Compagnie, l'Uft,,c estd'avoir
des Tables dressées & bien
serviespour la Livrée, & c'est là
que les Valers Italiens font merveille.
Le 24.lePape tint Chapelleà
Sàint Jean, le Roy y assista dans
une Tribune préparée exprès.
Le 19, Fête de SaintPierre&
Saint Paul, le Saint Pere a officié-
Pontificalement à Saint Pierre, où
l'on avoitpareillement prépa ré une 7 Tribune pour le Roy. Le Pape a composé&prononcé une Homélier: la trouvé moyenen parlant far la;
Fête du jour, d'y fairequelque
application heureuse surle Roy;
dl: u e suite des attentions &des
égards qu'il a û pour lui, depuis
son séjour à Rome.
Hier au soir, le Roy alla au Vatican
pour voir tirer la Girandole ; le Cardinal Albani en faisoit les
honneurs; ordinairement c'est à
l'ordre du Pape & au bruit du Canon
que s'allume l'Artifice; mais
cette annéela chose s'est passée autremenr,
le Saint Pere ayantordonné
que tout se fit fous le bon
plaisir de S. M : Il en a été de même
aujourd'hui.
LaNuitdu 27. au 28. le Cardinal
del Giudice arriva ici, on ne
dit encore rien de ses Negociations
à la Cour du Roy de Sicile.
Don Alessandro Albani est aussi
deretour d'Urbain, le voilà donc
Docteur dans son Païs.
JOURNAL DE PARIS.
L E 16 Juin,Madamede Vantadour
accompagnée de Madame
la MaréchaledeBezons,présenta
le matin au Roy Mde la Marquise
deTrefnel
,
cy-devantMlle le
Blanc.
Le 17. M. le Duc de Noailles, -
ayant dirigé un nouveau Systême
des Finances, demanda à Mgr le
DucRegent des Commissaires pour
examiner son Projet dont on espere
de trés grands avantages. Cc:
Prince a nommé M. le Chancelier,
M. le Maréchal de Villeroy, M.
le Duc de S. Simon, M. le Duc dela
Force, M. le Maréchal de Bczons,
M. l'Archevêque de Bordeaux.
M. leMarquisd'Effiat,&
M. Pelletier de Souzy. L'Assemblée
se tiendra chez M. le Chancelier.
Le Procès entre la Grande Chapelle
du Roy & les Feuillants pour
chanter Vespres, lesDimanches &
Fêtes dans la Chapelle de S. M.
fut terminé la veille. Mgr le Regent
ayant trouvé à -propos de Cuivre
l'usage observé pendant lesMinorités
de Louis XIII. &de Louis
XIV. en a exclu les Religieux,
&achargé la Grande Chapellede
ce Service. -
1 Le 2.8. S. A. R. choisit-un Concilier
dechaque Conseil de Regence,
excepté de celui de Marine,
pour former le Conseil qui doit juger
le Differentdes Princes sur leraport
deM. de.S. Contest.
Le même jour ;surl'avis que Mgr
leRégent reçue de lamort de M.
le Comte de Peyre
,
premier Lieutenant
Général de Languedoc;S.
A. R. confera ce poste important
de ziooo liv. de rentes à M. le
Marquis de Canillac Conseillerde
la Regence dans lesaffaires du Dedan
s duroyaume,maislelendemain
30,onfutinforméque M. le Comv
tede Peyre n'etou pas mort &
qu'ilsavohmême, esperancequ'il
pouroit revenir de sa rrialadie.
Le 30. Les Assemblées de Sorbonne
qui se tiennent tous les premiers
jours du mois,ce qu'on apelle
Primamenifs,Sequi avoient été
interrompues depuis le jour que les
4. Evèques apportèrent leur Appel
en Sorbonne, ont récommencé
le premier de ce mois. M. Quinot-
Ancien Syndic y présida ;
on confirmai la pluralité de 117
voix contre fepr, tout ce qui a été
fait pendant le Syndicat de feu M.
Ravecher. La Lettre que ce dernier
avoir écrire à la Facllhé, & la prosession
deFoiqu'il y avoir a joutée en
mourant, ont été er.rc^iftrées dans
lesRegiftres tJe laFacuité.Quelqres
uns des 7. Opposans ayant voulu
protester conrrelade'iberaiiondelà
Sorbonne, les protestations ont été
déclarées nulles. Les vingt-deux
Docteurs quiavoient été exclus des
assemblées de lafaculté&qui efpeoient
d'y rentrerdans cette conjonture'n'ont
pu cependant l'obtcnir
ftulgré les prenantes sollicitations
des Prélats Acceptans.
Le même jour, le Parlement fc
rendit à dix heures & demie da.
matin au Louvre, pour recevoir
les Ordres de S. M. touchant là
proteftationdes Princes Legitimezi
LaDépuration étoit compoféc de
M. le Premier President, de. tour
les Preiidens i Mortier,exceptéM.-
de:Dailleul, de sept Conseillers de
la Grand-Chambre, d'un Con,
seiller de chaque Chambre des Enquêtes
& Requêtes, & des Gens
du Roy. Le Parlement fut conduit
chez le Roy par M. le Marquis de
la Vrilliere Secretaire d'Etat, par
M. de Dreux Grand Maître des
Cérémonies & par M. Desgranges
Maîrre des C érémonies. Le
Roy étoit assis dansun Fautciiilauprès,
de la cheminée dcfonCabincr,
ayant à sa droite MBr le Duc d'Orle-
ans, avec les Princes du Sang; &
à sa gauche M. le Chancelier. Le
Cabinet étoit rempli de toute la
Cour.M.lePremierPréfiJentrendit
compre au Royde ce qui s'écoit paf-
4C au ParieLnnt, le jour que les
Princes Légitimez apportèrent leur
Proreftation
,
de ce qui y avoir
été délibéré & Je la réfohition qui
fut prise de demander uneAudiance
auRoipour leçevoirfes ordres:Aprés
-qu'il ut fini (on difeours qui sur fort
approuvé, il pre[m4 la protesta.
tion à" S. M. quiassura le Parlement
de son afFe&ionj&Crépondit
ensuite par la bouche de M. le
Chancelier, qu'il recevoit avec plaiûr les marques de (ouniffion du
Parlement, qu'il étoit fore conrent
de la sagesse avec laquelle il s'é-
-toit conduit dans cette affaire &
- qu'il feroic sçavoir sa volonté à
cette Compagnie au premier jourj
- les Députez sortirent du Louvre
dans le même ordre qu'ils y étoient
'• entres.
Atrois heures & demie après mi.
di,le Conseil de Regence s'affembla
extraordinairement, les Prin-
,"s du Sang,les PrincesLégitimez
& les Ducs n'y ayant point été admis
: Il étoit compoié de MgE le
Duc Regenc, de Mr le Chancelier,
de Mr le Maréchal d'Huxelles, de
M1 le Maréchal de Bezons, de
l'Ancien Evêque de Troye ,
de Mr
de Beringhen, de l'Archevêque
,de Bordeaux Président du Conseil
de Conscience, de Mr Pelletierde
Souzy, de Mr le Marquis de Torcy,
de M1le Marquis de Biron,de
Mr le Marquis d'Effiat, de Mr le
Marquis de laVrilliere,deM.Amelot,
de Mr de Nointel
,
de Mr
d'Argenson, de Mr de la Bourdonnaye
, & de M1 de Saint Conreft
Raporteur,qui ouvrit le premier
son Opinion. Ce Conseil dura jusqu'à
(îx heures & demie, on en indiqua
enfuice un- pour le lendemain
à neufheures.
Le i. de-ce mois, à neufheures
du matin, il s'etf tenu un Conseil
de Regence, fçrmé des dix-sept
Personnes ,
dont,on vient de faire
mention: Après deux heures de
Conseil, on y a déterminé la Queftion
-tion, & l'Affaire y aété décidée.
>M6r le Duc d'Orléans, sur la Requisition
de Mr le Chancelier , promit à la Tête du Conseil, de
garder le Secret:, prit le Serment
des seize Opinans) qu'ils ne s'en
ouvriroient à qui que ce foie, jufqu'à
ce que le Roy s'en fût explique.
Le 3. le Conseil de Regence,s'est
fendu au Palais Royal; on ya réglé
plus particulièrement la forme
du Jugement de l'affairedesPrinces,
qui fera un Secret, jusqu'à ce
'<-]ue l'Edit foit portéIélU Parlement',
pour y être enregistré. Mr le Chanllier,
après avoir formé cet Edit, el.. fait leétureàtvleffieurs du Conseil,
qui yont tous feconnus leur
Opinion, il a été figné à dix heures.
LcSleParlement s'afT'embla,pour
recevoir par les Gens du Roi,l'Ordre
d'envoïerauLouvrè desDepuque
lejo. du mois dernier:Après le
Compliment de Mrle ir Presidenc
qui futtrés-court;MrIc Chancelier
répondit pour S. M. qu'elle
avoit examiné avec beaucoup de
foin les Requêtes des Princes du
Sang & des Princes Legitimez
qu'elles'éroitraireinrcruirede toutes
les raisons qui avoient été expliquées
dans les Mémoires présentez
de partSe d'atiti-ciqu'elle avoit
cru devoir décider cette affaire; &
que son Jugement étoit expliqué
dansl'Edit qu'elle remettroitentrer
les mains du Procureur Général, dans lequelellefaisoitconnoître sa
- volonté, par raport aux prorcltations
que les Princes Légitimez,
avoient présentées au Parlement.
Mr le Chancelier loua beaucoup la
Sagesse, avec laquelle Mr le premier
Prélidenrls'étoiriconduit dans
cette affaire, & l'assura, comme la
premiere fois, que le Roi s'en fouviendroic
dans toutes lesoccasions.
Le lendemain 6. jour de la Députion
, le Parlement étant assemblé,
Mr le premier Prehdent rendit
compteà laCompagnie de la réponse
du Roi, & de la manière
avec laquelle les Deputezavoient
été reçusjenfuiteMrde Lamoignon
premierAvocatGeneral apporta l'Edit,&"
après avoir parlé sur l'Enregiftiement
de cet Edit,avec autant
de Sagesse que d'Eloquence,il donna
ses Conclu ionsqui ontétéfuivies.
Dés qu'il fut récité, Mr le
pieinier Président demanda l'avis
à chacun de Meilleurs du Parlement:
Mr le Nain qui en eH: Doyen
opina le premier, & fut d'avis
d'enregistrerl'Edit; il fut suivi par
tous les Conseillers de la Grand-
Chambre, à l'exception de M®
Brayer, qui,après avoir long-tems
opiné,conclut a nommer des Comîrfiflaires
pour examiner l'Edit,
avant de l'eniegitfrer;cet avis fut
appuyé par plusieurs Présidens &
Conseillers des Enquêtes,au nombre
de soixante& quinzeVoiximaiï
ce!ui de Mr le Nain l'ayant emporté
de prés de quarante Voix, l'Edit
passa &fut enregistré : On remit
au Jeudiàle publier à la Grande
Audiance; parceque l'heure
à laquelleelle setient, étoit passee.
Il fut doncpublié Jeudi S.J.'Au-ç
diance tenant.
jEDIT DU R O Y. révoqué & annuitélyEdit dll;
mois deJuillet r/14, & la De-,
datationi du 25
-
Ma] 1715. L OUIS par la grâce de Dieu
Roy de France & deNavarre::
A tous presens&à venir,SALUT.Le
feu Roy notre rrés-honoré Seigneur
&Bisaïeul a ordonné parsonEdit de
Juillet1714. quesi dans la fuite des
temSjtousIes Princes Légitimés de
l'Auguste Maison de Bonbon venoient
à manquer, ensorte qu'il
n'en restât pas un seul pour estre
héritier denôtreCouronne,elle
feroit en ce casdévolue & déférée
de plein droit a Louïs- Augustede
Bourbon Duc du Maine, & à
Louis-Alexandre deBourbonComte
de Toulouse les entans légitimez&
à leurs enfans & descendans
mâles à perpétuité, nez &à
naître en légitimé mariage, gardant
eutre eux l'ordre de succession ,
& préférant toûjours la branche
aînée à la cadette,les déclarant, audit
cas feulement de manquement
de tous les Princes Légitimés de
nôtre Sang, capables de succeder à
à la Couronne de France,exclusivement
à tous autres:Voulant aussi
que fefdits fils Légitimez le Duc
du Maine,& ses Enfans&Descendans
mâles. & pareillement le
Comte deToulouse
, & Enfans &
Descendans mâles à perpetuité,nez
en légitimé Mariage, ûssent-entrée
& séance en nôtre Cour de Parlement
, au mêmeâge que les Princes
de nôtre Sang, encore qu'ils
n'ûssent point de Pairie, sans être
obligez d'y prêter Serment, &
qu'ils y jouissent des mêmes honneurs-
qui font rendus,aux Princes
de nôtre Sang; qu'ils fussent en
tous lieux & en toutes occasions
regardez & traitez comme lcq,
Princes denotre Sang,après néant
moins tous lesdits Princes, & avant.
tous les autres Princes des Maisons.
Souvecaines, & tous autres Seigneurs
de quelque Dignité qu'ils..
puissent être. Voulant enfin que.
cette prérogative d'entrée & séance
au Parlement, ÔCde jouir pareux
& par leurs descendans, tant
dans les Cérémonies qui se faisoient
& se feroient en [a présence
& des Rois les fucceueurs, qu'en
tous autres lieux, des mêmes
rangs, honneurs Se préséances dues
à tous les Princes de son Sang Royal,
après néanmoins tous lesdits
Princes futattachée àleursPerson- ,
nes &à celles de leurs descendans.,
à perpétuité
,
à cause de l'honneur
& avantage qu'ils ont d'êtreitrtis
de lui, dérogeant à ses Editdes
mois de Mai 1694. & Mai 1711. en
ce qu'ilspouvoient être Contraintes
audit Edit dumois de Juillet1 714, Depuis cet Edit registré en nôtre
Cour deParlementàParisle2Aout.
de l'année 1714. quelques unes des
Chambres de nôtredite Courayant
faitdiflficultéderecevoir lesRequëtesde
nosditsOncles avec la qualité
de Princes du Sang, & de la leur
donner dans les Jugemensoù ils.
croient Parties; le feu Roi notre
trés-honoté Seigneur&Bisayeul,
ordonna par sa Déclaration du 23.
Mai 171 5. que dansnôtre Cour de
Parlement &c partout ailleurs, il ne
feroit fait aucune différence entre
les Princes du Sang Royal, & fefdits
Fils Légitimez & leurs descendans
en Légitimé Mariage; & en
consequence qu'ils prendroient la
qualité dePrinces du Sang,&qu'elle
leur feroit donnée en tous Actes ju,
diciaires&tous autres quelconques,
& que,soit pour le Rang ,laséance,
& generalement pour toutes
fortes de prérogati ves, les Princes
de nôtre Sang, & sesdis Fils &
leurs desceendans feroient traitez
également, a près néan moins la
dernier des Princes denôrre Sang,
conformément a.rEdic du mois de
juillet.1714, qui feroit exécutés-
Ion sa forme& teneur.MaislaMort
Nous ayant enlevé le feu Roinôtre
trés-honnoré Seigneur & Bisayeul
trois-mois après cette Déclaration,.
nos trés-chers & trèsamez Cousins
le Duc de Bourbon r le Comte de
Charollois, & lePrince de Conty
, Princes de nôtre Sang, Nousont
trés-humblement fuppliéde révoquer
l'Edit du mois deJuillet.
1714-àc la Déclaration du. 2.3. Mai.
1715.à l'esset dequoi, ils Nous-ont
prelenté une Requête & differens
Mémoires
,
& nos très chers &
trés-amez Oncles Le Duc du Maine
& le Comte de Toulouse ayant
aussiexposé leurraisons par plu-
Heurs Mémoires,ils Nous ont préfenté
une Requête, par laquelle
ils Nousont supplié, ou de renvoyer
la Requête des Princes de nôtre
Sang, à nôtre Majorité, ou si
Nousjugionsàpropos deladécider
pendant nôtreMinorité, de ne rien
prcronoeLfuï la question de la suoseffioa
à la Couronne, avant que
les Etats du Royaume,juridiquement
assemblez, ayent délibéré sur
l'intérêt que la Nation peut avoir
aux dispositions de l'Edit du mois
de Juillet 1714- & s'il lui estutile
ou avantageux d'en demander la
revocation. Cette Requête a été
suivied'uneProtestation passee pardevant
Notaire,qui tend aux mêmes
fins, & dont nos trés-chers&-
très- amez Oncles le Duc du Maine
&le Comte de Toulouseont demandé
que le Dépôt fût fait au
Greffe de nôtre Cour de Parlement
a Paris, auquelils ont présenté une
Reeqquuêetreeàa cet eefllfeett.. MaaiiSs nmô>tcrree.-.
dire Cour toûjoursattentiveàconserver
les règles & l'ordre public,
&.à Nous donner des marques de
son respect & de son zélé pour nôtre
Authorité, a jugé avec sa Prudence
ordinaire, qu'elle ne pouvoit
prendre d'autre parti sur cette
Requête,que de Nous en rendre
compte, pour recevoir les ordres
qu'il Nous plairoit de lui donner: ainsi,Nous voyons avec déplaisir,
que la disposition que le Roi nôtre
-
trés-honoré Seigneur & Bisayeul
avoir faite, comme il le declare
lui-même par son Edit du mois de
Juillet 1714. pour prévenir les malheurs
& les troubles qui pourroient
arriver ur. jour dansce Royaume , si tous les Princes de son Sang Royal
venoient à manquer, est devenuë
, contre ses intentions, le sujet
d'une diviuonpreieuce entre les
Princes de nôtreSang,& lesPrinces
Legitimez, dont les fuites
commencent à se fairesentir, ÔC
que le bien de l'Etat exige qu'on
arriêre dans (a naissance, Nousesperons
, que Dieu, quiconserve la
Maison de France depuis tant da
siecles, & qui lui a donné danstous
les tems desmarques si éclatantes
de sa protection, ne lui fera pas
moins favorable à l'avenir,& que
la faisant durer autant que la Monarchie
,il détournera par sa bonté
lemalheur qui avoir été l'objet de
la prévoyance du feu Roi: Mais,si
l.a Nation Françoise éprouvoit jamais
ce malheur
, ce seroit à la
Nationmême qu'il appartiendroit
de le réparer par lasagesse de son
choix; e puisque les Loix fondamentales
de notre Royaume Nous
mettent dans une heureuse impuissance
d'aliener le Domaine de nôtre
Couronne, Nous faisons gloire
de réconnoître qu'ilNousestencore
moins libre de disposer de nôtre
Couronne même: Nous sçavons
qu'elle n'est à Nous, que pour le
bien& pour le salut de l'Etat, &
que par consequent l'Etat seul auroit
droit d'en disposer dans un triste
évenement,que nos Peuples ne
prévoyent qu'avec peine, & dont
Nous sentons que la feule idée les
afflige. Nous croyons donc devoir
à une Nation si fidélement & si inviolablément
attachée à la Maison
de ses Rois, la justice de ne pas prévenir
le choix qu'elle auroit à faire,
si ce malheur arrivoit, & c'est
par cette raison qu'il Nous à paru
inutile de la consulter en cette occasson,
où Nous n'agissons que
pour elle, en révocant une disposition
sur laquelle elle n'a pas été
consultée, nôtre intention étant de
la conserver dans tous ses droits,
en prévénant meme ses voeux ,
comme Nous nous ferions toûjours
crus obligez de le faire pour
le maintien de l'ordre public, indépendamment
des représentations
que Nous avons reçûes de la part
des Princes de nôtre Sang. Mais,
a prés a voir mis ainsil'intérêt & la
Loidel'Etat en sûreté
} & aprés
avoir déclaré que Nous ne reconnoissons
point d'autresPrinces de
nôtre fang
, que ceux qui étant
issus des Rois par une filiation légitime
, peuvent eux-mêmes devenir
Rois, Nous croyops aussi
pouvoir donner une attention flvorable
à la possession dans laquelle
nos três-c hers & très-amez
Oncles le Duc du Maine &: le
Comte de Toulouse sont de recevoir
, dans nôtre Cour de Par lement,
lesnouveaux honneurs dont
ils y ont joiiy depuis l'Edit du mois
de
de Juillet 1 71 4. & dont il Nous a
paru qu'on devoir leur envier d'au-1
tant moins la continuation pendant
leur vie
que la grace que nous
leur accordons, est fondée sur un
motif qui leur est si propre & Ci
singulier, que dans la fuite des
tems il ne pourra pas être tiré à
conséquence: C'estpar cette considération
, que nous suivons avec
»
plaisir les mouvemens de nôtre affectionpourdePrinces
qui en sont
si dignes par leurs Qualités personnelles,
&par leur attachement
pour Nous. A CES CAttsES &
autres bonnes & grandes considérations
, à ce Nous mouvants de l'avis de , notre trés cher & trés
améOncle le Duc d'Orléans Regent
, & de plusieurs Grands &
Notables Personnages de nôtre
1 Royaume , & de nôtre certaine
science, pleine Puissance & autorité
Royale,Nous avons révoqué
& annullé
, & par le présent
Edit perpétuel & irrévocable, révocons
& annullons ledit Edit du
mois de Juillet 1714. &: ladite Déclaration
du 13 Mai 1715. Ordonnons
neantmoins que nos trèschers
'C tiès amez Oncles le Duc du
Maine &le Comte de Toulouze
continuent de recevoir les honneurs
dont ils ont joüy en nôtre
Cour du Parlement depuis l'Edit
du mois de Juillet,1714.& ce en
considération de leur possession
, & sans tirer à conséquence
, comme
aussi sans qu'ils puissent se dire
& qualifier Princes de nôtre Sang,
ni que ladite qualité puisse leur
être donnée en quelques Jugemens
& Actes que ce puisse être
,
Nous
refervans d'expliquer nos intentions
sur l'entrée & séance en nôtre
Cour de Parlement, de nos trés
chers & très amez Cousins le
Prince de Dombes & le Comte
d'Eu,&surles honneurs dont ils
y pourront jouir : Voulons au furplus
que toutes protestationscontraires
auxprésentes
,
soient &
demeurent nulles & comme non
avenuës ,
ainsi que Nous les Sr"
nullons par le présent Edit. SI
DONNONS EN MANDEMENT anosamez & feaux Conseillers,
les Genstenansnôtre Cour de Parlement
,
Chambre des Comptes
& Cour des Aydes à Paris, que«
-nôtre présent Edit, ils aïent à
faire lire, publier & enregistrer
» &lecontenuenicelui, garder Se
observer selon saforme & tcheur
CAR tel est nôtre plaisir. Et
afin que ce foit choseferme & stableà
toûjours, Nous y avons fait
mettre nôtre Scel. DoNt;E' à Paris
au mois de Juillet, l'an de
grace mil septcens dix-sept, &
de nôtre Regne le deuxiéme.
Signé LOUlS; &plus bas
par le Roi, LE Duc D'ORLEANS
Regent présent. PHELYPE AUX.
Visa DAGUESSEAU. Et scellé
du grand Sceau- de cire verte, en
lacs de soïerouge & verte.
Le même jour 6, MABAMI
revint de Saint Cloud à Paris, pour
assister à la Répresentation de
Geta; elle ût la consolation de
trouver Mgt le Duc de Chartres
en meilleur [amé; ce Princeatant
û la ifèvre} causée par une indige- -ssion.
Le 10. le Commissaire Cilly,
& les sieurs Champy, le Couvreur
& le Roux accusés de malversations
,furent arrêtés par ordre du
Parlement.
Les Grands Officiers de la
Couronne, M.le Grand-Ch:!rnbellan
,& Messieurs les premiers
Gentils-hommes de la Chambre,
ayant voulus empêcher Mgr le
Comte d'Eu de donner la Chemise
& la Serviette au Roi; Mgr le
Duc duMaine représenta à S. AJt.
un Brevet du feu Roi de1711. par leel ces honneurs lui'étoient
accordés,comme aux Princes sès
enfàns, Qzàsi postérité, Sur cet
cxpoie) Msr le Duc Regent n'a
rien voulu innover, & a conservé
à M le Duc du Maine & aux siens
1er mêmes honneurs dont ils joüissoient
auparavant.
-Le:"R.oi qui est en parfaite
santé, passe une partie des
après midi sur la Terrauc qui
regne le long de son Appartement, où on-a misune espéce de petite
Ménagerie, à laquelle il s'amuse
avec quelques jeunes Seigneurs de
la Cour,que M.le Maréchal deVilleroy
envoye chercher. Le Prince
de Boüillon& les deux fils de
Mr le Duc de Luxembourg voyent
le Roitrès assidûment. S. M.aprés
avoirsoupé chez Madame la
Duchesse deVantadour,s'est divertie
jusqu'à 9 heuresà faire tirer un
grand nombre de fusées, de petards
, & d'autres petits artifices.
M. le Duc de Duras va commander
en Guiene, en qualité
de Maréchal de Camp, avec M.
de Bonaz Brigadier fous lui. M. de
Quelus part aussi pour le Languedoc
& les Cevenes.
Le Courier qui alloit à Rome,
a été dévalizé & fort maltraité
par quatre Cavaliers masqués,
prés du Pont Peauvoisin. Ils ont
enlevez tous les PapiersGLU-
étoient danssa Male.
Le 14. M. le Cardinal de Rohaapartit
pour Strasbourg, avec la permissionde
Mgr le Regent.
Le ii.-M de Gontault Doïen de
Nôtre-Dame,nouvellement élu
à la place de feu M.de Prescigni
S-. aïant remis sa Place de Chantre à
M- le Cardinal de Noailles, ce
Prélat l'a conféréeà M.d'Orsanne,
Officiai, & Secretaire du Conseil
de Conscience ; & comme laFonction
d'Archidiacre est incompatible
avec la Chantrerie, cet Archidiaconné
à été donné à M.
Goulard, Grand-Vicaire & Pénitencier
: M. Ouifcl a été
pourvû de laPénitencerie,&M.de
Lusancy Chanoine de Meaux aété
nommé au Canonicat vacant.
-
M.de. Menars Présidentà
Mortier, en mariant Mlle safille
avec M.DuguéBagnols,consentit
dans le Contrat de Mariage,
que M. (on Gendre prendroit dans
succession la Charge dePrésidentà
Mo.rter,ppâl: lafommc,de
JOÔOOO livres, a laquelle elle étoit
pour lors fixée, renonçant au pouvoir
d'en disposer en faveur
d'aucun
autre que de M. DuguéBagnols
: Depuis ce tems-là
,
la- fixation
aïant été levée, M.le Président
de Menars persuadé que la
clause du Contrat ne pouvoit plus
avoir lieu
) a disposé de sa Charge
en faveur deM. de Maupeou
sur le pied de 771000livres orfrant
néanmoins la préference pour
le même prix à M. du Gué Bagnols.
-
Ce dernier aïant formé opposition
au Sceau , Mgrle Régenta
nommé desCommissaires pour
l'examen- de cette Contrestation:
Ce Princea décidé sur le raport,
que M. Dugué seroit oblige de
donner main-levée de son opposition
moïennant 80000 livres
que M. de Menars lui remet ra
&quiappartienderont aux Enfans
qu'il a de son mariage avsc Mllode
Menars. Il sera permis à Mr le
President de Menars de disposer
dureste du prix: de la Charge;
& de s'endéfaire en faveur de
M. de Maupeou.
LETTRES CURIEUSES
A Angers, le premierJuillet 1717. LE foin avec lequel le nouveau
Mercure se fait depuis peu, & le choix des matièresqui y entrent
,
semblent exiger des honnêtes
gens qu'ils fassent part à.
l'Auteur, des Evenemenssinguliersquiviennentàleur
connoissance.
Vous me ferez donc plaisir
de lui communiquer le Fait suivant
dont j'ai été témoin, &
que j'ai examiné avec attention.
Pnjfant par DAo n> Bourg fitue
entre Chateau-Gontier & Cré,
Jur le chemind'Angers;j'y ai vû
une petite fille âgée a de 10. ans , quila Crise d'une fièvre a fait
sortir au bout de chaquedoigtdes
n,ains & despieds,desExcroissances
dt /f/!Natuu, des Os & des Cornés
: Elles o/¡t dixa douze fonces
de longueur; celles des mains font d'oitt, mais celles des pieds font
tant'on peu tortues. De forte que
ses pieds ne re./femhf:'nt pas mal 4
ceuxdeDapblé & des foeurs de
P!J,Úton, tels que les Peintres les repr-
fftntent dani1 moment qu'il deviennent
RacinedyArbre:Le dedans
des mains de cet pauvre enfant,
tft pare d'une matière pierreuse &
écatllér. Sur le coté, elleaune autre
evcroflânce pierreuse '.;. écaillée
de même nature que cellede set
pieds & de ses mal,:s & grojJ,
comme le pangt.
Il vous flw'.Jlentfam doute,M.
que le Journal des Sçavans de M.
Denis Ju premier Aoufl 1671.
, raporte
l. Excroissance ou la Corne
qui etoit venuefous la Jointure de
laJambe d'un Homme,pour y avoir
n<f,Ugl une playe pendant y ans,
& qu'a cette occajton
,
il raporte
après S"ben!^tHS,qn-t Palerme une
fille pouffa des Cornes semblables
4 celles d'un Veau. L'Affaire dont
"Mrrayle Républic.dcsLet, Juillet1s
il est ici queft/on, est de la même
nature mais elle va bten plus loin ;
en voici rififfoire.
Une fille pie de paremsasse'.* pauvres
'i Vvaterford en Irlande
pouffa des , Cornes peu aprè.. sa naif-
Janet, semblables à celles des Belier!,
lion pas à la tête,maisauxjointures
de. bras, despieds,desmains
&• des doigts, & dans les parties
les plus charnHës, comme les fesses ,
& ce qui est de plus conifderable ;
On les vit flrtir engrandequantité
de [es tetons,lorsqu'elle eut neuf
ans, qui eg le tems où nôtre faciete
l'avue. Le Ccrps de cet en. fart efï aride & ion umé
, trop
sec
,
Or trop chaud; couleur des
Cornes est cendréeymelée de jaune,
la fubjlance ferme
,
sans planteur :
on les a voulu ronger on arracher
au
commencementjmais elles
,
((Ft
revenue ar(fât,Iraiwoup fins
^roffescua.pa-'avant. Cette II:ftoirp
n'a point de raportavecce!:e
du Gent-lhomme Italien
,
do-rt le
même Jtur>:al fat r*çnt:on ; qui
fut iniooimode dune excroissance
a'ongld aux mainsa^xpieds,
comme des Gr.jfes ; car, ce font
de veritables Cornes de B:U.:er,
par tous les endroits qu'on marque
dans la figure.
On eji fort en peine de sçavoir (A
nature de la Matière qui prodi< &
qui entretientces Cornes Ó. ces Excroissances
: Les uns veulent que et
fouitfuc nerveuxi les autres, la
fé¡-oftté du fang: Mais, malgré
l'expérience que lej ournal des Sfavans
raporte pour la dernierc
, Je
prendrai la libertéde vousfaire voir
d'autres penséesit-dessus, lesquelles
, pour mieux établir, jt
prendrailachosed'un peu loin.
Je m'imagine donc,qu'à la Conception
de cette fille,il s'est trouvé
dans la Matiéredonefon corps a été
formé,plus de cesPartiesvisqueuses
,
& beau oup moins d'aqueusès
pour les dilayer, qu'il n'en faloit.
Or
,
la Ramification, tant tfwrla
Conformation des vatjfeaux
, que
pour lasécrétion des humeurs,s'étantfaiteproporttonnement
a ceLt,
le Chyle qui s'est faitenfu;te,a été
plus vifqueuxy a caufc de la corfritutiondesvaisseaux
,
glandules &
pores faits pardes partiesd'uneIemblablefigure.
Mais, comme il y a
ltujJi dans ce même Chyle, beaucoup
de partiesvolatiles C7 fpiritvcujes, iln'yapoint de doute qu'elles nese
foietitconglebées arec les autres;
car, ces deuxfortes de partie( ayant
efes Rameaux flexibles, CT les fpfritueufes
pouvant pénétrer d'abord
les Pores des vi quaifes, ri faut
qu'ensefermentant ajèmble, elles
s'unijfe/.téxallcmcrt.LesMoléculesquelle>
ont formées,ont pu s'avancer
dhbord vers les doigts des
pieds & des mltÍns; pareeque la
Matière qui devo'tfaire les ongles,
leur avo-tdéafrayé le p^Jfage,c~
s'étant joshtes avec e lles
,
elles ent
formé des Cornes
, au heu d'ongles,
tantacai'f: de leur quant té,qu'a
caufc de leur fîr:ure 0- mouvement,
qui i-nt dilaté1rs Pore.r, jlt!Q.f'/! la
proportion convenable. Aprff cda ,
partout
partoutartellcsont trouve despore*
approchans
,
elleSJ ont fait une même
production
, ç-r cespores Í/'on pu
leur manquer, parce qu'y ayant û
dés le commencement,félon maJ/IPpofltton
,
beaucoup de parties vtfqueufes
,les chemins propres ont
ététracez, ,crlesTubesconvenablesappoprteL,
Vo:l.!, Alonficnr,
d peu prés mon opinion, touc ¡';!jJt
cette ajjaire-ct : Sije n'ai pas frâpé
au but, au moins dor.r.era'-Je uc-
LJirm à ceux qui voyait plus clair
îa-ddé/d'ans que moi d 1 1/ ,de nous la dévtloper
plus diflir.Cleoeent.Jefuis
erc. e
A L. le 10. Juillet1717.
Ilfaut que je vous communique3M.
une Nouvellequi, je crois, m(.:rtt'
d'avoir part dansvore /lfcïCl!'V't',
MejJlmï) les Chanoines de S :<;it
'; ont faitréparer d,.nsl/fe.u~rrE-~clJe ~c;;c Chvl eile, dediée aux délienues
dans ltsFlamsdu Purgatoirey
le Sculpteur qui en a fait la représensation
en bas relief, a placé difrectement
au milieu de ses Figures EffigieduPerePrieuïdu Couvent
des tellement rcffemblant,
qu'il riy a ûperforme qui s" foit mépris:
Le Pere s'y étant reconnu lutmême,
ena étéporter sesplaintes a
Jlleffieurs les Chanoines
, qui ont
fait venir le Sculpteur,pour l'obliger4délivrer
le Pere
,
ger o* des Flames d i
du Purgatoire *, mais s'en étant excusé,
fous prétexte qu'il ne pouvoitpas
toucher à son Ouvrage, sans
le gâter, le R. P. peu content de
cettedéfaite, crut qu'ily assoit de
son honneur de s'enplaindre a 41.
VArchevêque. Le Sculpteur interrogéparMonseigneur,
si cettc Ressemblance
étoit un effet du ha'{,ard
,
oudesa Volonté, répond que le hasard
n) avoit aucune part. Sur celéi
le R.P. demande jufnce a Sa GandeHr,
CTprétend en avoirune Réparationdigne
de VOjfenfe: Ai. L'Aïchevêquenevoulantpoin
condamner
L'Acculé, sans entendre ses
raiforts, lui ordonne dese défendre,
ce qu'rl fit en ces termes.
Monjèigneur, le Carême passé, le
Pere ,, prêchant a. Saint.,
dit, que ceux qui retiendroient le
Bien d'autrui,feroientdétenusdans
les Flancs du Purgatoire
,
jUfqH'à
ce qu'ris ûjfentpayéleursdettes: Il
y a, Afopfeigneur, plus de deux
ans, qu'il me doit300. livres, dont
je ne puis rien tirer, c*efi ce qui
m'a détermine à l'y mettre &
a l'y laisser; à moins que Vôtre
Grandeurn'en ordonne autrement: L'Archevêque trouvant la réponse
du Sculpteur fondée sur l'équité,
condamna le itÆoine, honteux &
cunfus, d refier en Purgatoirejufqua
ce qu'il fit nequité entièrementson
Créancier. Je fuis,
Monsieur,
Vôtreafféctionné Serviteur,
Le Chevalier de Lorme.
A Paris le ,
1717.
Madame de Châteautiers disoit
avant hier au Regent chezMADAME,
combien Madame la Duchesse
de Vantadour se loüoit de lui:
Jefais, luit dit le Régent, tousles
plaisirs queiepuis,&le nelaissepas
de faire beaucoup deMécontens; M.
l'Abbé de Saint Pierre, qui étoit
prenne, dit, que Titus étoit dans
le même cas: Je sçaiHistoirede
Titus,aussibien que vous, dit le
Regent, & je n'ai vu nulle part
qn: personnesesoitjamais plaint de
cet Empereur. Madame la Du-
CHESSEarriva, & l'affairede Titus
en demeura là; Mais le lendemain
M. l'Abbé de Saint Pierre
écrivit à Madame de Châteautiers
le Billet suivant.
Titus aimédes Bonsut hai des /#-
jufles.
Ne conviendrez-vous pas, Madame
,que la pluspart des hommes
ignorent le nombre & la grandeur
de leurs déffauts , le nombre
&la grandeur des bonnes qualitez
desautres; qu'ils ignorent une partie
de ce qu'ils doivent, & qu'ils
demandent plus qu'il ne leur est
- dû.
Or
,
il est impossible que cette
ignorance si commune, ne fasse
dans le Monde une quantité prodigieuse
de personnes injustes, c'est
la Nature de l'homme:Et comme
la Nature est la même dans tous
les Païs & dans tous lesTems
• pourriez-vous douter, Madame, qu'il n'yût autant deGensinjustes
à Rome du tems deTitus, qu'il y
en a présentement à Paris.
Ne conviendrez-vous pas encore
, Madame, qu'il est impossible
de contenter tous les jours beaucoup
d'injustes, sans faire tous les
jours beaucoup d'Injustices;& qu'il
est de même impossiblede faire '*
justice, en leur faisant rendre c&s
quic: refusent,ouen leurrefufârit
ce qu'ils dcmandent,sans les rendre
meconrens.
Je ibûtiens donc toujours , Madame,
que si Titus aéreaussibon
&..uffi jufie qu'on le dit, il est
impolïîbicqu'iln'ait été hai de tous
lesIpjuftes qui avoient à faire à
lui. Or, je vous supplie, Madame,
ai je besoin du témoignagedes Historienspour
prouver une chofc
qui ne peur pas avoir été autrement
? Ai-je besoin du témoignage
de Suetone, pour persuader que
Titus étoit quelques- fois. trompé
pr ses Miniftrcs? Je dirai plus:Titlis
feroitfort ma l loiié, si l'on
pouvoit dire de lui, qu'il fût aimé
des Injustes, cette louange n'apaitniecn;
tnqruq'àuaNNrlo'no:nL:eemméccoonntteenn£tee--
menc des1njuftes faitla gloire
d'un bon Prirce : Ainsi, je fevois
fort affligé, si le Regent ne faifoic
pas un
asïes grand nombre de mecqntens
i & j'efperc bien que la
Posterité dira un jour de lui, ce que
je4vous disois hier deTitus.
Philippe aimedes Bons, fut hai des
Injures.
- 27. Fevrier 1717.
-4
FABLE
Sur la Grossesse de S. A. S.
MADAME
LA PRINCESSE DE CONTY,
PAR M. FUSELIER.
H1er Mercure annonçadam les
CICHX,
GhCanc Princesse aujjî fage que
be!e,
Qui compte autant de Heros que dAyeux-,
Alloit encor à la Tige immortelle
DesaMaison
,
donntr Branchc
nottvelle;
Dans ce Récit, ses Traitsvictorieux
, Soûris, Regards, Grâces enchanteresses
Iln'oublia: Dupouvoir deses Yeux
Dansce moment ,
s'entrctinrenries
Dieux,
Et ce momentennuja les DéejJcs,
Marsfenlpenff, dans son Casqueenfoncé,
Du Rejetton par Altrcureannoncé,
Ja dansuncomméditoitla culture,
Minerve aHJli: Ceglorieux emploi,
SS',é"cria M'JIIars.n''efJji, refrerzéqu'a mOI;
CONTIS chez, Mars 01.'t tous pris
Nourriture.
Qtfonn'aitfouet de quel Sexe viendra
Le Noble Enfant: A tout on pourvoira.
Si Fille vient,faitefera pour plaire,
Je luipromets touteforted'Appas,
Graal, je croi , ne lui manquerontpas:
J'aidu crédit a la Cour de Cithére..
LtJAdott¡¡ vousSupplantentparfois
Interrompit la Pztrtinc d'Athenes,
-
En foÚrumt; mats revenons aux
e Droits pretendez,i ce fontChimerfs
vaines.
N'avancez, plus que CONTI S
fous vof Loix
Se son: formeu un coeur de gloire
avd:? ;
Les vrais H/ros ne suivent que ma
Voix,
Mars les entraîneMiner-veles
guide.
Ace difeoursquibhjfoitfafiertf,
Le Dieu de Thra7c Ut, peut-être,
éclatté;
MaisJupiter, par sa feulepr/fence,
Df son couroux réprima la lirence ;
Près deson Roy l'Olimpe s'afembla;
Ilfit ungesse,& l'Univers trembla.
Les Conteftans lui dirent leur af-
* r fairey
Man montramoins de droit que de
colère.
SllgcMinerve, &> vous Dieu des
Combats,
DitJupiter,cessez, de vainsDébats;
Je feai le point qui fait vôtre dispute:
Ur, apreneL qu'entre vous se dif.
cute
Cas important'ou. n'avez, intérêt i lde CONTI natjfe Garçon ou
Fille
Pour les form, er, le Modéle efl tout
pret,
PAS ne faudra sortir de la Famille--
Je me flate que M. le Chevalier
de Saint Jory ne trouvera pas mauvais
que je revéle ici
,
qu'il est
l'Auteur de la piece suivante : Samodestieen pourra souffrir,mais
je suis persuadé quequand il s'agit
de piquer le goût du Lecteur, un
Ecrivainpériodique doit prendre un
peu sur son compte certaines hardicues
j sans lesquelles un Livre
comme le mien,ne.pourroir fubfîfter
long-tems. Il feroitàfouhairer
lquuje'otns mefournit souvent de pareils
d'exeufe, je me chargerois
volontiers des réproches, pourvu
qu'il en revint de bonnes pièces au
au Public.
A MADEMOISELLE
DE LU,
Sur une Eglogue qu'elle a faite.
FABLE ALLEGORIQUE.
Un jour à la Table des Dieux,
Onlût des Pers d'une Mufe nouvelle.
Ils parurent ji beaux à la Troupe
Immortelle,
Q*onjugea qu'au Parnasse on ne rimoit
pas mieux.
Trop heureux, difoit-on
, & trop
digne d'envie,
Le Berger qu'en ces Vers daigne
chanter Si/vie?
Afais d'un Ouvragefiparfait,
D'ou vient que l'Auteur&
l'Objet,
Sous des nomr empruntez' se
cachent?
Je veux bien,dit l'Amour, qu'ils
ffacbent,
•S?*''Amour l'ittfizné,si l'Amour
l'avoit fait:
Pour les punir, perçonsceMifine
agréable.
Alors les coudes sur la Table,
Chacun à réfléchir deson mieux,travailla.
Cess celui-cy
,
c'est celle-là :
Onprend parti de la Voix çrdu
Gejle,
Ladffpute s'allume, ons'obstine, on
tontefle
Telqu , i vouioit dire oui,maligne-*
merDecentomdbitrenfoun t,Apollon.
Enfin, de Lu, l'Amourtout en
colere,
Demande À parierque les Versfont
de Vous.
Apollonfouttent lecontraire;
Tout Kimeur cff un peu jaloux,
Je n'en connois point de jincerr, laJjhterelle s'ctlu-.vffc, on élevé la
onlirxo) on met au jeu la Lyre or
le CarquolJ,
L'Amourgagna, Cho zens lesaïoit
• vu faire. On
Onfcditque le /).,!. C^'Ijre
J\t\lp.iii'ii.-jls lr.:r,:q-:c:tr
Ail.z,,d:t-îl ,aan ton I¡:JCj.
t,W*
5 Allez*,bel Apollon.riprendrecieX
Airet:
La pazet-cre G:"" i.iIon'-:te,
TTr¡::.r T.
1ni: juniesrri'U J:o:) le (.,,::'
'{//¡,'.,
J' r ",' 1 J')faisC€a:.-c} -io:s,r/'-o;:dt:Ar-
ih.,
(I::¡' r". T.v• tjrp.vr;:e-:
J'Ir,: rn' nrr.:-;i>e:: L u {, er.: ,-,'.l
!.:,i',::.
y;f.:.. fÏAw.rpr-r.hr: ,.' C.r Cjj cj's-,'JJ. J
Env.::tr.l'eii'A;:it:re,;/
r.. :.iI,
de/oÏlI'}.I';
/:/'v;;v,.' /• Ij* U'i i -'!J'-'p:' î
Aï. ,'cvVsa;<:x, JeJ>\dc L r reccu'^ ,
, r.v z" F.Ileadesv\v5'-o-/ 't f;.,;. f, ,, -; ..,/ ¡. SI
- La Fable suivante cil d'un
Auteur incertain.Onsoupçonne
cependant, qu'elle est de la composition
du Pere Benoît Jesuîte,
à qui on attribue égallement la
la petite Piéce en Vers, qui est
inférée à la p. 174.du Mercure de
Juin, sur les dermeres Fables que
Jlî. de la Motterécitaa/'Académie
François:.
Ces 2. seuls Morceaux font fuffisans
, pour faire juger,què si ce
Pere tournoit son génie du côté de
la Poesie, il feroit en état de ne
point envier les Talents de nos
meilleurs Poètes.
L E
MERITE ET LA FORTUNE
EABLE.
LE fil/riteJ Cadet defort bon- -~ neMaison,
-Et l'Infante Fortune, opulente heritiere,
far les liens d.Hymen furent unis,
dit-on,
4p
jiu bon vieux Tempsc'étoit-lala
manière
Entreux point de débat, point de
d:jfanjion;
Il n'étoit bru,t partout que de leur
union.
Jamais on ne voyoit Fortune sans
JMfrite i
Mérite sans Fortune étoit cas furprenant
: C'eioitmême, chose illicite.
Lu mode h:Lis ! n'en e(i plus
iIJo'Zi?o"!,:.'d;'t)
rr- , v t,..s (' 'f" , /., r T , Taxtf.sj t'ti - ,<:p -.J ;',::, 1il; étoitfotAt>ie,
L'Epoux étoit bien-fait, tnfinudnt,
aimable ;
L'Epouse avoit de grands attraits
Et du comptant : efaut - il
davantage ?
COMPTANTlui seul, tientlieu
des plus beaux traits,
Au demeurant l'humeur un peu
volage.
C'était leseul défaut dont on pût /«f
taxer;
Mais Méritefinpersonnage
lu;:¡.:}:<-o':.,,:i:it.!:I:I::!,t;-.-m,,'û:?:t.v,1feu:,
I. ::,' ¡¡: C-.f «,;? tell(e Al'
: c
L:: {¡[ j "jSc::!£•'?-)¡rt{e :';1.;.\ (/ 1"! J ;
.V Jt t-siit r:(/: i,i JJou? sil.ilncmtiu.ipas. z, roi nt ,: tD:et ;.'e::r' drey,s detoute Con'{dition:
L Int.rît joint h Inclination
Le:-tiroitaleurdemeure
'lJ'J:! lon , ne fonoitpoint [!ilS
acnnïr.uion. Mfy.::utfei:-rench.wtoittout
, , r: .;:- 1J 1J
t' 1; f r. ¡ lerno..d;;
'r "1,, ; 't F,.t 0 (l 10al'i cjiion hr.eit,Fortune
j¡!v.t rien.
Cep.ndnnfietn:tde (on bien,
J^£:lf-f,>t!.:',';::,: Itironde ;
L''-ri:-, '!*it * '/t0/rlp ie
, IdSji 1. l,
si 'c' ..,..)0' 0 il devoit le !ad:,y.rdejevoirt.in"Itt
vante. J)venusurd:>cru-pre;\renee,
;nir I yr;:i ?'cl,^ne dJe jVrJ
dfl",
Tour elle,plus d'égard, defoin1 de
déférence,
C'étoitmépris,c'étoit hauteurt-
Jtfêmenertgardoitsouvent la paue
vre Infante, comme il auroit fait sa tris
humble servante.
Jj^u'oujuge, Jî ce trait dàt bienflrt
lu piquer.
Elle étoit femme,elle étoit meprtfée
, Pour moins l'on pourroitse choquery
Elle en fut sifcsndalifée,
Jjfjtsfur /? champ, sans dlre-,Í
dieu,
Elledélogeadu dit lieu:
Vousjugez, bien qu'elle trouva retraite,
Gens d'affaires tous des pre. -
miers
La recueillirent volontiers;
J'oubkois q-4en partant,ellefit maison
nette, LaissantauMérite pour bie,,)
, Ou peu de chose,ou mime rien.
Ce Coup ne le toucha que de la bonne
fortes Mtij-,
.,;-' ¡.lJ,vt ¡<1.?,u.n ,njzfe.z,,OfoliUbl.e.
ir[y> ';,;s eitc :l, c ij¡'":':Oi. biffi de retenir
chez, lui
des Ccnr.njlms Lt[lateufe Cchcrte: r Jt NO,r, ,. jursquelques vrais
ai/,!s 7 ufquau,x gensdebien,dejl-rtaleL
;
Du cote de Fortune des sots &
des jiWes,
0>Ji'/1 tourner t ousles l:cmma(>cs.
C //;/? pa cru, il se voit Il fon tour
Réduit .i lui jlitre sa Cour:
Cette Vace a pourelle des
C\*>1ïr',lCS,
()'1 r. 7 t .,7'.:. '1"" P Onfc.ut>-"]esnuepalr'la/i ¡.('t 'e't :,de;:t
Po:*rtoutl':rui:i\it!f ejtunmoreeau
jrutj: .1
_M:r:t:ded:o t en verse maintes
I..r,,;it'J
Ji.tt../es t'prrsfont /uperjht•:
Ala vnc ori le Lujfcr,,icr-
.,i>.i.te ;
.F.:rr .alcver ne de le (O;(ú¡;-
» y j: ; : r 1..,..:1 yV. "c;.-:!
Vousnoterez,, parparenthese ,
echoyésfontencore en cet état,
Fortune fait toujours la fifre qr la e Mérité cependant en cft mal a [on
aise,
Entre eux ne pourroit-on faire un
bon concordat?
Belle reunion à faire
Afats las! Apartiént.iL à desîmples
Mortels,
De la tenter ? Qui concluroit
VAffaire
Je lui drejferois, des Autels.
ARTICLE DES SPECTACLES,
OuREFLXIONiSUR SEMIRAMIS. O N joüa lemois d'Avril dernier,
sur le Théâtre de la
Comedie Françoise, la Mort de
Semiramis, Tragedie de M. de
Crebillon : Le Public lui sir un
accueil asses favorable;cependant
l'Auteur jugeaàpropos de la faire
cfifpaïcître
,
après sept rer¿[en:!..
tiens. On répandit dans le Monde
qu'il avoit obtenu des Comediens
, qu'elle fût coxfervee pour
l'Hyver prochain. Comme je me
fus interdit le droit de porter Jugement
des pieces de Théâtre, tant
que les Auteurs ont part aux Emoluraens
des répresentations,jere.-
fiitai pour lors à la tentation d'en
donner un petir examen critique.
M. de Crebillon vient de faire
imprimer cette Tragedie; lavoilà
donc dévoluë au Public; Ainsi,je
ne puis me difpcnfer d'en parler
dans le Mercure; je n'ai pas asses
de tems, pour l'examiner à tous
égards; elle me tombe dans les
mains à la findu muis, & lcufque je
fuis prêt à finir mon Livre.Ilfaudra
m'en tenir à donner un Extrait
qui rétraceridée de la .Piece,à ceux
qui l'ont vûë. au Thé irre ,
&qui
en faite desirer la Lcaure: à ceux
qui ne la connoissent.pas encore.
Je p endrai, .peut-êrre:
, - chemin
faifa.t,la liberté de hazarder
quelques.Remarques critiques ;
- mais cela se fera avec tous les
égards us à un Auteur du mérite
de M. de Crebillon.
ACTEI.
Ninus Roi des Assiriens fit une
Loi, par laquelle il défera le Trône
après sa mort à Semirafnis son
Epouse, quoiqu'il ût d'elle un fils
nommé Ninias.
Semiramis impatiente de regnçrï
ne aflfaffinw son MariJ
Ip \#
- Tu ffais quel pxjxffpifarie don
du Diadème
Minus fut égorgéJfànssecours
, sans amis, x
Au pied du même Trône
, oit
Ninusfut assis, *
1 Belus frere de Semiraniis^cônçût
le dessein de venger la mort de
Ninus, &de faire recrue!:, le
- Trône au jeune Ninias.
Je veux venger Ninus & ÇOHronnerfonfils
>
Voila ce qui ma fait foalevertant
d'amis,
Etd'une Soeurenfin,quifoiit-lle
icymagloire,
Je ne veux finslaisser qUlIne
trijiemémoire.
Semiramis craignant que Ninias
ne vengeat un jour la mort de son
Pere, médita sa perte : Belus
sauva ce jeune Prince, en l'écartant
delaCour;il l'envoya dans
le funis de l'Asie, {O:'IS laconduire
d'un nomméMermecide, homme
de courage. -
Je m'Stois aperçu quesa cruelté'
Mere
Craignoit deufiir en lui croître
un vengeur [evtre;
- J'engageai Afermecide a fanver
de la Cour
Cegagemalheureux d'untrop
funeste amOHr.
-
Belus calma les inquiétudes de
Semiramis par la fausse nouvelle
de la mort de Ninias.
C pendant, pourtromper une
Mere cruelle
,
De la mort de fonfils je femay
la nouvelle.
On lacrut
Belus avor une fille nommée
TeHttfts, du mêmeâge que Ninias,
ils avoient l'un & l'autre à peine
5. ans, Belus fit conduire si fille
dans un défert où Mermecide élevoit
Nifliu
, oc maria en fectec
ces deux enfa .s.
L'un d- Vautre tourhoient à
peine an premier lustre ;
uivec tant de myjlere
, on les
unit tous deux
Que , tout juîqu";t leur nom,
fut un secret pour eux.
Belus hâtacemariage,afinqu'il
devint pour lui une nouvelle raison
de punir Semiramis.
Pour rendre encor mon coeur
par un lienJt doux,
Plus avidedufang qu'lxigeoit
mon couroux.
Quand ce mariage ût été célébré,
on ramena Tenefis à Babilone,
où elle fut chérie de Semiramis ; Mermecide continua d'élever le
jeune Ninias dans son défert fous
le nom de Mérodare & comme
son proprefils, en attendant qu'il
-
fut en état de soûtenir le nom de
Ninias & d'en défendre les droits.
A peine le jeune Mérodate uc
atteint 15. ans, que trompant la
vigilance de son pere, il s'echapa
& courut le monde, le pauvre
Mermecide le chercha en vain
pendant 10.années.
Depuis dix ans en vain Mermecide
a couru
Après cefilsJi chertout àcoup
disparu.
Une si longue disparition fait
craindre à Belus que Ninias ne foit
mort.
Deputs dix ans entiers qu'une:
fane
fuite imprudente
Ls dé,obe mes voeux &
trompe man attente Je , commence en effet à douter
Na mon tour
S'ilvit drjije dois compter
sur son retâur.
Il ya 10 ans que Bélus a marié sa
fille à Ténefts avec Ntmilj ; les
Epoux n'avoient alors que 5.ans.
Il y a dix ans que Ninias a échapé
à Mermecide
,
si le Prince n'est
pas mort comme on le soupçonne,
il doit avoir 25 ans.
Là,dam un Boisaux Dieux corrsacré
déslong tems, J'unis pardesaints Noeuds, ces
uiuguftes Enfans ;
D-epuis vingt-ans mes yeux
n'ont poir>trevu le Prince'j
Depuis dix ans en vain Mermecide
a couru &c.
Ilest bon de remarquer qrre Bélus
n'a point troublé les 20. premièresarmées
du Regne de Semitamis
:Il n'a commence à exciter
-
les Peuples à la révolte,que depuis
la disparition de Ninias.
TH [fais, pour occuper une
odieusefoeur,
i Tout ce que j'ai tenté dans ma
ma juflefureur:
Par -combien de détours armé
contresa vie,
J'ai defois en dix ans soûlevé
l'AJfyria.
Semiramis a triomphé, de tous
les Périls, par le secours d'un jeune
héros, nommé Agenor, à qui
elle a donné le Commandement
île ses Armées.
Semtramis triomphe
,
Agenor
estvainqueur-,
Rien n'a pu foutemr sa fllnlll
valeur.
Il y a dix ans , comme nous
avons remarqué
, que Bélus excite
differentes Révoltes contre la
Reine sa soeur; il a trouvé néantmoins
le secret de ne lui être point
suspect ; elle croit au contraire,
lui ctre comptable de ses succés,
elle lui a confié les Murs de Babilone
,
elle a partageavec luil'Autorité
Souveraine c'estainsi qu'elle
lui parle, Acte 1er. Scene 4e.
Vous,de quila vertu joûtenant le
devoir,
Co.itre mes Ennemis fut toujours
mon ejpoir,
A qui j'ai confié les Murs de
Babilone
Ou plutôt partag,é le poids de ma
Couronne.
Mon frere
,
Il est vrai que dans la même
scene, Semiramis commence à lui
marquer quelque défiance, & se
plaint de ce qu'on instruit les Rebels
de tous ses desseins ; à quoi
Bélusrépond.
Suis-je de vos fecretsle seul Dépositaire?
Etsurquoifondez-vousunsoupçon
téméraire
Sur quelleConjecture ou sur
quelle uiftion ?
Vous sçavez., que mon coeur eq
sans ambition.
Semiramis n'insiste plus; le seul
desaveudeBélus la justifie dans
son efprir.
J'ai peine à comprendre - ,comrotnrM.
de Crebillon nous désigne
Bélus-pour
un personnage vertueux
; il ne perd pas une occasion
de porter jugement en sa faveur
dansla Piéce. Difficilement puisje
me persuader qu'il entre dans
l'ordre des devoirs de Bélus, de
faire assassiner sa soeur;elle est coupable
du meurtre de Ninus,mais
cc n'dl pas à lui de punir le crime
d'une soeur à qui les Dieux semblentavoir
fait grace.
Idole d'une Coursans honneur&
sansfoi, - Voïù ce que le, Ciel protège
contremoi;
Loin de me féconder dans mon
jufietYtlnfport
Avec , Semiramis;tout femblc
ici d'accord.
Quoi donc ! le seul Bélus refusera
de faire grace à Semiramis ;
elle partage avec lui la fouYÇraînc
Puissance, & ce perfide ne veut
user de son autorité que pour faire
assassiner la Reine sa soeur.
M. de Crebillon ne veut pas
qu'on impute les desseinsde Bélus
aux conseils de l'ambition: Il n'a
d'autre vûë que celle de restituer
à NiniasleTrône de son pere;
mais,il y a dixans qu'on n'a aucunes
nouvelles de Ninias Belus
même
, comme nous avonsvû,
commence à croire qu'il est mort.
C'estalors qu'il se hâte de vouloir
répandre lesang de la Reine : Il ya ici, ou de l'ambition , ou du
fanatisme. Continuons. -
Semiramis détrompée des soupçons
qu'elleavoit conçûs contre
Bélus,seménage un entretien secret
avec Ténesis; elle lui révele,
l'extrêmepassion qu'elle a conçûë
pour Agenor:Elle avoüe la
honte attachée au choix d'un Epoux
qui n'a point de Rois pour
Aveux: Elle a orné son front d'un
Diadéme pour le tendre moins
L indigne d'ère.
,
Dts- ap 0:1. cl-"'t,û je
d/Lia(t Roy , Niii
Mais jelélève encor pour l'approcher
de mOJ.
Semiramis craint que le jeune-
Héros ne réponde point à sa paf.
sion.
Pour toucher ce Hers, mes bien
faitssuperflus
Echaufr'nt ta valeur, & ne font
rien de plus;
De tant d'Amour, helas, foible
ré onnoijfance !
Ses exploits font encor toute ma
récompense.
Après avoir fait ces confidences
àTénesis, la Reine exige d'elle
deux choses; L'une qu'elle serve
sonAmour auprès d'Agenor;l'autre ,
qu'elle fafle agréer à Bélus le parti
qu'elle a pris d'épouser ce Heros.
Pens-lm fbienlefeuquidévore
mon coeur, foitour ce Héros-rècon-"
no jf! un fm nqutrur ; Etfson oeur p ur moin'avait
ne.-:l,i.J. rs ,
Tenu du moins son coeur far
l'tjfred'un Empire:
Il faut faire approuver mon
Amourà mon Frere.
Ténesis aime en secret agenor,
mais fidèleàlafoiqu'elle a jurée à
un Inconnu, à l'âgede cinq ans , elle prend le parti de servir la passion
de la Reine.
Tenefis, pour te faire un généreux
effort,
Songe que tu nes plus mattrejfè
de ton fort.
ACTE 11.
La Princesse s'acquitte de la commission
de la Reine auprés d' Age*-
nor. Agenor réfuse de répondre à
la passion de Semiramis, &fait une
déclaration d'Amour à Ténesismême.
La fidelle Epouseréjette avecmépris
les voeux d'Agenor
,
l'Amanc
méprisé la quitte, en disant
ces paroles.
J^emends'jc?quel mépris? ah
* - ce'ntrop,I ra.-e,
Vous nabufeYeplus d'unAm'MT
qui vous pate.
Agenor est dans la mêmesituation
que Tenesis ; il a été marié
-
dans son enfance; il se reproche
l'oubli de ses Sermens.
J'aitransporté mes Dieux dans
lefatal ftjollT>
Pour n'ysacrifier quaufeulD-ieu
'derAmot.r;
Mais quefenfus p-uni?que l'H;—
men.cher Mirame.,
Se venoe avec rigueur d'une orod"U«ne
coupableflanre !
----,
Dieuxcruels?faloit-ilprendretant
de vengeance,
De L'oubli d'un Serment juré
dans mon enfance.
Bélus instruitparTénesis du
dessein que Semiramisaformé d'épouser
Agenor, prend le parti
d empêcher ce Mariage : Il vient
trou cr Agenor; pour lui déclarer,
qu'il s'oppo eauxProjets insensez de Reine.
Je r* connais que trop sesProjets
uJenfez,.
Agenor répond que si ses voeux
le portoient du côté de Semiramis,
il s'embarrasseroit peu du confenment
de Bélus, mais, qu'il adore
Ténesis.
EtJi jamais l'Amour rrientrainoit
vers la Reine,
Je confulterois peu ni Belus nisa
haines
Dansdes lens plus doux mon
coeur est r?,tenu Vôtrefille,Seigneur,e, st celle qUI
J'adore,
Etque, sansses mépris,fadorerots
encore.
Agenorrépond.
A¿c::nor répond.
On vantepeu lefang dontj'ai refü
la vie,
filais e n'en connois point a qui
je porte envie ;
jyau:un foin sur ce point, mon
coeur rieji combatu
LeDsftinm'afait , naître aufein
- de la Vertu ;
C'est elle qui prit foin d'elpvtr
mon enfance,
Et magloire a depuis pajJé mon
esperance :
Quiconque peut avoir un coeur
tel queL,mien,
Ne connott point de Sang plus
noble que le fien ; Et quand j'airecherche vôtre
augufle Alitât ce,
J'ai comyte vos vertus, & non
votreNasffanc
Agenor finit l'entretienpar ces
mots:
Seigneur;à Tenefs je refervoii
ma foy,
Parce que mon Amour l'a cru
dtgne de m oy
J'aivoulu vous l'offrtr, dans la
crainte pert être,
Dtme voir obligede vousdonner
fin Mt'litre;
La Reine m'offre icy l'Empire
avecsa main
Pltifque vous m'yforcez,, cefera
des demain.
Semiramis vient d'apprendre
que Bélus est le Chef [cetee de la
derniere Conspiration ; l'un des
Confederez nomméMegabize, a
tout revelé.
On me trhit, Seigneur, & le
Traîtreetfmonfrère,
IIenveut à vous même, à mon TTr)ôInetà, mesjours,
Si de tant deComplots vous n'arrêtas
le cours.
Agenor employe genereusement
ici ses bons offices en faveur de
Bélus, il rassûre Semiramis 3~ suspend
sa vengeance
,
après quoi il
veut lui parler- de son entretien
avecTénesis.
LaPrincesse a daigné dans un
long entretien,
Semiramis l'interrompt par ces paroles.
-
Hequoii vousl'.ave vvüâë cf¡ ne
e çfr m'en ditesrieni,
Onffdit tout, cependant on gar.
de le jîlence,
Onsetrouble, onfoâpire, (y m;.
me en ma presence ;
-Quelsregards?quelaccueuil? cr
qucft-cequeje vti ?
Sans doute on vous àqw freve*
- nu contrémti.
4h Seigneurl fardênmz, ces
fleurs a mes ailarmes,
Et n'accuse que vous de mes
fremicres Larmes.
-
Dans le tems quaAgenor commence
à parler à Semiramis de ce
qui l'interessedisort,elle l'inter- -
romptpour lui reprocher qu'il ne
lui en ditrien. Semiramis ne fait
pas attention que l'ayantoccupé elle-
même du recit de la Conspiration
trélIDée: par Béîus
,
il n'éroit
pas possible qu'Agenor lui - parlât
plûlôt de son Amour; je ne sçai
pourquoi la Reine impute à mépris
&afroideur,lesSoupirs& le trouble
d'Agenor
; il ïêioit plus naturel
qu'elle attribüât ces signes à
l'Amourtimide &respectueux.Que
veut-elle dire par cesmots.
Sans doute on vous4urapr/venue
contre moy.
Agenor
Agenor peut-il ignorer son crime
? Mais enfin, n'est-elle pas
icy extrémement avilie *,je m'en
raporteàM.deCrebillon:Semiramis
assûrémentdevroit parler avec
plus de dignité. •
Agenor dit-fipe les inquietudes
de la Reine par ces parolesgalantes.
Quandvn est, commevous,Jlressemblante
aux Dieux,
Dans le camr des Mortels on de-
*vroit lire mieux:
Que n'en doit point attendre une
e Reinesi belle*
Jj)Hclcanr a [es desirs pourroit
être rebcle ?
Nos deux Amans, ap è; avoir
un peu conversé sur ce ton, (e féparent,
& l'Acte finit par les Vers
suivans, queSemiramis adresseà
Agenor.
Venez, parMHymensicher À mes
souhaitsy
DDN,v perfide Belus confondre les B.
Projets,
Parcesnoeuds dent le cours hAtteerrll"'
AAu!"fte Fête, t#
Venez, de l'Univrs m'annoncer
la Ctnquctc.
Helas! Je l'ai privé du plus
grand deses Rois,
Maisje lui rends en vous plus
queje ne lui dois.
ACTE III.
Mermecide, après avoir en vain
cherché Ninias en differensClimats,
estvenu à Babilone rendre
compte àBélusdescourses inutilles
qu'il a faites depuis dix ans. Eé..
lus l'informe de l'Etat present de
la Cour; il lui apprendqu'un jeune
Guerrier, nommé Agenor, a
fait échouer plusieurs Conspirationstramées
contre la Reine, &
qu'elle vient d'êtreinformée, que
son Frère est le Chefsecret de ces
Conspirations.
§ Mermecide a étéannoncédans
le premier Acte, comme vertueux
& courageux.
TH dois avoir connu ce fameux
Mermecide,
Safarouche Vertu, son courage
intrépide.
Quel Conseil cet homme debien
donnera-t-il à Belus?Ecoutons.
Je sens par vos périls réchauffer
mon audace,
Prononcez, son Arrêt
,
condamnez,
vôtre foeur ;
J'immoleavant la nuit,elle &
son Deffenseur; Ilsemble qu'avec nous le Sort
d'intelligence,
Livre a tous vosdefeinsleGuerriersans
deffence.
1
Bélus adopte la moitié du
généreuxconseil de Mermecide;
il consentqu'on afl.(line sa soeur;
mais, il demande grace pour Agenor.
Perdons mafoeur
, pour lui ,conjpènas
ragl'né erj Loin de le perdre, il faut tacher
de le gagner:
Jefçais un Jur miyen de 1armer
pour mtt-neme, lte dirai-jeenfini c'cilTénefis
qu'il Aime
MennecUe sembleregretter la
Victimequ'on lui enlevé, il exposeàBélus
que éndis appartient
àNinias,& qu'il ne peur plus
en disposer en faveur d'Agenor.
Mais, pour en disposer, Seigneur
efi-elle à vins ?
Ninias engagé dans des liens si
diux,
En a gardépeut-être,unetendremémoire.
Voilà un peut-être qui n'est pas.
ici sans raison; Mermecide n'a
pas grand tort de douter un peu , si des Epoux de 5 ans,qui ne se font
vûs qu'un moment , auronr conservé
l'un pour l'autre, un souvenir
bien tendre.
Je ne sçaipourquoi Bélus n'a
pas recours à quelque nullité ou
moyen d'abus contrece vieux Mariage
que lui propose Mermecide,
cela lesortoit tout d'uncoup d'affaire.
Le btm homme avoüe que
safille-appartient a Ninias, mais,
ques'agissant pour ce même Ninias
d'un Trône
-
qu'il ne peut acquerit
que.par la perte d'une Epouse;
on ne doit pas balancer à
faire pour lui ce sacrifice.
jison premier Hymen arrachons
Tsnefts
, Si je veux d'un fecond priver
Semiramis
Ninias nauro!t plus qllHnc efx
pêrancevaine,
STjdmais Agenors'unissoit à la
Reins.
Enfin,puisque le Sort m'y contraint
aujourd'hui. Ilfaujt,usanfscmujrmuurerdefeendrt
En de honteux liens engagerma
Famille
Aux Yoeux d'un Inconnufacrifier
ma fille.
Le parti que prend ici Bélus,
- le fauve de tous soupçons d'ambition
ôi d'interêt ; il veur enlever
à sa- soeur une Couronne, dont il
partage l'éclat avec elle; d'une,
Couronne dont il est héritier en
excluantNinias :il veut donc faire
monter au Trône dassIrie le meh
me Ninias,en se dé oüillant de
l'honneur de Ton Alliance; il en
doit couter la vie à la Reine sa
soe .r ,
-Tenesissafille,va ètte sacrifiée
à un Inconnu; mais, on
ne sçauroit acheter trop cher
l'honneur d'une si grande Révolution.
Au reste , Bélus quicraint
avec tant de fondement que Ninias
ne soitmort; Belus dis-je,
ne voit-il pas que fiNiniasest mort
en effet
,
il aura avancé bien des
frais dont on ne lui tiendra pas
grand compte, & qui ne lui
fcront
pas beaucoup d'honneur.
Voilà donc Bélus résolu de ramenerà
lui, s'il estpossible, le vaillentAgenor
par l'Hymenéede sa
fille:Il revient trouver ce Guerrier
,
lui fait confidence du der..
fein qu'il a conçu, lc faire assassiner
Semiramis; & p our lui faire agréer
cet {Tàfiinat , illui offre Ténesis
en Mariage.
De mon indigne foeur la mort
estajfur/e,
Afalgré les Dieux & vous,
mon*cou-oux l'a jur/e *,
OÚ), Segneur, c?" ce jour
terminera, lac flou,
Deviendra le p.'us grand
, ou le
dernier des miens.
Les Conjurez, font prêts, leur
Trcupeaudacieuse
, Po.toit ;Hfqusur vou:. une main
furieuse,
Sijen'ûssearrête leurs complots
inhumains,
Aprèsavoir bonnement révélé a
Agenor tous sesdess rs, Bélus lui
propose de renoncer à l'Hymen de
la Reine en faveur de Tenesis.
Abandonnez, la soeur,je vous
réponddufrete
Dites-moi , ? Ténefis vous efielle
encor chsrt 2
Agenor répond.
Cruellen'achevez, pas ,j'entre*
vois vos de/f ins,
OffreZé à d'autres voeux vet Fré~
fents inhumains, Laijfczj-mot ma Vertu, la vôtre
tropfliTouche,
A mon coeur cffitaé,n'ostr'eri'en
qui letouche.
Il me paroîtqueBélus est bien
imprudent de ne pas sassûrer de
la foy d'Agenor
, avant de lui
confier des sécrets si importants ;
comment peut-il (e flater de faire
réussir ses projets,puis qu'Agenor
qui en estinstruit peut les faire
échouer-
Je fai bon gré à Agenor de ne
point prendre conseil de sa passion
pour Ténefis, & de demeurer fidèle
à la Reine. Mais je ne lui
pardonne pas le jugement qu'il
prononce en faveur de Belus ; il
ne doit point qualifier d'homme
vertueux,un frere perfide qui médire
d'assassiner sa soeur, assassïnat
pour lequel ildevroit avoird'autant
~plusd'honneur, que ne sçachant
rien des desseins qu'on
a en faveur
de Ninias, il ne doir supposer à
l'assassin d'autres vues que celles.
de s'emparer lui-même du Trône
Agenor prend des mesures pour
garantir la Reine contre les entreprises
de Bélus, il redouble la
Garde du Palais, Ténesis allarmée
du peril qui menace son pere,lui
propose d'agréer qu'elle tente de
fléchir Agenoren sa faveur.
Agenor a pour moy témoigné
quelque ardeur
, en'aura pointpeut-ctre Itouf'
ma rigueur;
Ainsi que son pouvoir, sa valeur
eji èxtrêmc:) ne ne fera -t - il point pour
pla.ire a ce qu'ilaime?
Bélus répond.
Agenor ah ma fille! ]il n)
- faut plus penser,
L"Insolent! a quelpoint il vient
de m'offenser:
Tenefis
>
si c'efllà votre Unique
esperance,
Vous me verres bien-totim.noK
sans defense.,
m
1
Je ne vois pas bien pourquoy
Bélus appelle Agenor Il/ofent> il
ne lui est rien échapé dans le dernier
entretien qui le rende digne
de cette Epithete. -
En vain Ténefis insiste
, & veut
faire espérer à son pere qu'elle
fléchiraAgenor. Bélus ne l'écoute
plus, Ôc lui ordonne de fuir du Palais.
Mafille, il n'elf plus tems ,sa
perte est resoluè. ;
Plus que les miens ici9 fesjours
=: font en danger,
Drseslâches Refusyfonfang va
me venger: .ddieu,de ce Palais ou bientôt le
carnage
va n'offrir à vosJeux qu'une ef-
- froyableimage;
Futcx*, dérobez-vous de ce fHnefie
lieu,
OÙjeoJ/s di.r,peut-être, un e-
-
ternel adieu.
Je fuis étonné d'entendre dire
ici à Relus que les jours d'Agenor
sont en plus grand dangerque les
siens propres. Il n'y a qu'un moment
que j'ai entendu dire au même
BéllS, que bientôt on le vertoit
immolé sans défense.
Vousmeverrez* bientôt immoli
sansdéffense.
ACTE IV.
Malgré le Conseil de Bélus,
Téncfis s'estdéterminée à voir
Agenor.
Non
3
non, malgréBélus il faut
- - queje le voye3
De leur Hymen du moinsje veux
truubler lajoye
,
Moffrir à leurs yeux, l'oeil ardent
de couroux,
1 Le-s immoler tous deux à mes
transports jaloux.
Un repentir peut-être
jimespteds,malgrêlui9 ramènera
le Traitre :
pour mon pere du moins, imploronssonsecours,
Lutseulpeutm'affwerdesiprécieuxjours.
Ténesis vient donc trouver Ageinorau411.
Aéle. Voyons sielle lui
parle du ton qui convient aux
sentimens qu'elle vient de montrer.
-
Nefuyez,point, Seigneur: Un
coettrsigenereux , Ne doit pas éviter l'abord des
malheureux f
Helas! Je ne viens point pour
troubler par mes larmes
, Un Hymen qui pour vous, doit
aVOlrtant de charmes:
VOHSne me "verre'{,point contratre
à vos dtfirs
A des transports si d, oux mêler
mes deplafirs.
Je viens, Seigneur,Je viens
tremblantepour un Pere,
Confier à vos foins une Tite si
chere
Embrasser , vos genoux, ej' d'unsi
ferme appui,
Implorer le secours
,
moins pour
moi quepourlui.
LaPrincesse fait ensuitel'aveu de
sa p".ton pour Agenor, & lui dit
les
tes rations qui l'ont forcée à la combattre.
JeneVONSnierai pas>Seigneur»
queje vous Aime,
Je trouve à vous le dire une doutCeurextreme
;
Et l'Amour n'a pas cru des-honorer
mon caur,
Enyfaifantpour vous naître une
vive ardeur:
Mais helas 1 cet aveusi deux en
apparence,
N'en doit pas plus, Seign!ur,flater
vôtreesperance :
Je ne ffai point former de parpires
liens, oiqu'un âge bien tendre a:t
vu ferrer les miens;
Il n'en est pas moins vrai quun
funeste hymenee,
AUX Loix d'lm antre Epoux
soûmet'Mideflinïe.
QAugedeannosr éprouve le même fort.
sa plus tendre enfance,sa
foy sur engagée à une personne dont
il ne sçait pasmême le nom; que
ce Mariage fut célebré dans uh
bois prés deSynope
Près de SYipe, 0 Ciel, quave^
vousprojere ?
Ne fut-cepoint,Seigneur, près
d'un Antre lerrMe,
Des Décrets du Deftirt Interprette
? AGE NOR repond;
C'cJÏ' lol pourlupremière çfr loe
dtrmerefois,
0He je vis la beautcqu'onfournit >a mes Loix.
Du Pirope éclatantsa Têteétoit ,orn:e,
Sans pompe cependant elle fat
amenee.
Un Mortel venerable & dont
"aHgufte afpeiï
Inspiroitalafois la crainte & le
rrfpea,
Conduisoit dl'tel cette jeune
Merveille ;
fige peu différent, futte toute
pareille;
VnPrêtre, deux Vtellards,nul
Esclaveaprès eux,
De la Pourpre des Rots on n*m
orna tons deux,
T ENESIS.
Mais, Seigneur,FlA'Auutteell ne vit- viten
point vos meres.
A G E NOK.
L'un CT l'.:rtn't avec nous,riavions
aut nospcrcs.
9
T E N E SIS.
Acher. ./J..I, C - ":.
A G E N 0 R.
J'ai tout dit.
T E N P. 5 1S.
Hellls, c'êtott donc vous ?
AGE NOR. oi j
Madame?
T E nes 1 S.
Ah,Seigneur,vous ltesmonEpoux.
A G E N 0 R.
Moi vôtre Epoux, qui, moi, lefils
deMermecideî Pij
T E NES I S.
Ah Sï'gmu*, ce nom [eH! de nôtre
Hymen décide,
Il'!:'u men a parle cent fois avec
trs.;' port;
D'ansihCjHl c. perdu
,
tlaignant
toujourslefor:
De ce!l:i des Humains> ce fils doit
êtreArb.tf"e.
A G E N o R.
JMoncctur (lrnohn touché'd'unfî
Jnperbe T.tr"
, e iCun bien
T E N E 5 1 S.
T^nn-rons des tvarfportsfuperfl'is,
Adieu, Seigneur,aatcn,je cours
clcri her B-'r<
»
Les mornens von-forr(hers, ilfaut
eusje ''Ot¡" ta-jfe.
Agenor demeure seul sur la Scene.
On vient l'averti^ qu'un Inconnu
demande à lui parler.
$£:gneur,un E:Í',mger qHi se CA*
tbeavecjoin,
Demande à vous parlr-Hn moment sanstémoin.
Le prétendu Etranger abordant,
Agenor lui présente une Lettre
de la part deBélus:Pendant qu'Agenor
la lit: l'Etranger tire un poignard
, & comme il en va frapper
Agenor, Agenor pare le coup, SC
réconnoît Mermecide; Mermecide
réconnoîtNinias.
Agenor.
214aïs,cfu'ejtce queje vois? Grandi
Diexxyc'eflMermecide?
Mermecide
, Ctelfritz vois-je a mon tour! Merodate
mon fils.
TandisqueNinias & Mermecide
éclatenten déùionttrarions'e ten- drdlè, Semiramis arrivesur la
Scene
y
après avoir dit quelques
mots à Agenor; elle jette Ite; yeux
sur le vieillard qui est à côté.d'Agenor&
reconnoit Mermecide
.Maiscjus voit-jt avecvous?
Mon EnnemiiSe'igneur^'leptHj
grand de tous!
jih Traitre ! enfin le Ctel te Si..,
vre A, ma vengeance.
Agenor demande quel est le crime
de cet Etranger.
De quels crimes sest donc noirci
cet Etranger l
Cet Etrangerm'efl cher, j'ose
même aujourd'hui
,
Ici,coWJmt de moi,vous repondre
délai.
La Reine veut sçavoir quel interrêt
attache Agénor au fort de
Mermcide.:
Quelsigrandinterrêt prene%.J--
vous a• fies, jours.
Agénor répond
VoHiCZrVoHS ejHét vos coups ra";'-
band'nn mfln perei
Mermecide. prendla parole
RFûn.,je.nelefuis pasmaisvoii$
mirevo.tsre'émcerrei.eAgen«r.
Semiramis.
Lui mon fils} GrandsDieux,
qu'ai-je entendu?
La Reine s'abandonne à toutes
les fureurs desa passion incestueule
,
elle veut d'abord méconnoître
un fils dans Agenor.
Non,to n'a point mon fils,en
vaincet Impofleur
Prétend demon amour démentir
lafurtar ; Si tnl'ejtots, déjà la voix de Id
Nature, Eût détruit de l'amour la première
imposture.
Ensuite ,elle lui parle comme
à son fils.
Va te joindred Bélus, coeur ingrat
& perfide
,
F
Rend-toi digne de moipar lin noir
parrtctde
Vient toi-meme ,chercher ..Jàn,
mon r/talhureufflanc,
1 L'es traces de Ninlli ô- le fcea0-
à ;
de jon far:'].
M 1 t 7' c. : Î r ;. j;!' /":" Afaisfo;tji's,Jo;ti.màrt ., ,>\:.'-
trr-id demoi,B^yIwe,
Que lesrhCbei h-rreurs ç:(c ton
cotH,r/,fp?p.:re :
Conme fils,n'«tw-;dy:enaan
coeurat/. biticux
"', HII, L'. ,'1.\ Commea.a.r¡,;'J,;;]! d'un
ar.i'u.r]:;> rx. JJe penra• f', ,
; Fyoki qïy.Sdu Jji~-
dtme,
Et j'il fau; i: cedtr
, tu permis
te;- C. , G..rje-fol {cpcr:d,:n d'une A"
nc-.rt:chîTi <:e, G>:rde-toiÍi:"e werc .: ta perte
erç,-rs-,
Ad,ei4 fv sr>/s tif'dtr de ces
'lti, si Veux,
jLefpeClt.-Y'>'rho.r><>Afere, A.
tr:>*e , ou les Dieux.
Ninias prend lepartide l'obéïsfp
ce;il se lèrermÎl,e à ftiii de
Bblolle.
Oj ?
je Ta:strous prouver par
mon vUijjdnce,
Combien le nom de Men" sur
met depuissance :
- eoip à vôtre grand- coeur , et
- nom qui mestsi doux,
N'inspirer que des foinsquisoient
dignes de -jous.
Il me paroîtque M.deCrebillon
vient de faire commettre une gran
de faute à Mermecide ; ce Vieillard
ne devoir - il pas laisser croire
à la Reinequ'Agenor étoit son fils;
cette erreur le tiroit de peril
, au
lieu qu'en apprenant à Semiramis
quelle est mere de ce mêmeAgenor
,
il s'expose à se perdre avec
lui. Je ne sçai pourquoi Semiramis
ne prévient pas les desseinsqu'elle
doit supposer à son fils,soûtenu
de l'appuy de Bélus & des conseils
de Mermecide. Arnbitieu[eôc
désesperée comme je la vois ici,
comment ne fait-elle pas arrêter
ces trois Confederés ; elle laiiïe
néantmoins sortir Ninias & Mermecide
La voilà seule avec Phenice
sa Confidente qui l'exhorte à
prendre de justes mesures contre le
péril qui la menace.
Àfadante, N.mas n'apoint cesse
devivre,
Etquelfunefie espoir petit vous flat'rencore,
FwftW'enfin Tenefis efc celle qu'il
a-dey }
Vous seule l'tovorcz,
,
lOi/que
texte la C ur
RetCKt.-td"s lort-terxs du bruit
d.. son ,!)/f"" :
Lo.::ci>'• :• >.y ir- tj,
e>u:jt'&M- t';. oirc, 'j "'; lA ,:,1", 1. 1o.,J. e Dans ce péril prejjant
,
fanges a
vrus ,
Madame,
La Reine se livre aux fureurs de
la Jalousie.
Non,Jrne verrai pointtriompher
TeneCis
Desmalheursou le fort réduit
Semi)\un<<:
Sur l'Ob't, eufsans doute,un
Ingrat me préféré
Ilfaut , (jue je mevenge & d'un
si!.¡ Q7' d'un frere
Elle ef , entre mes mains, CI U
jidele Arbas,
Au grede mon couroux 4jhrf
fort trépas,
Rentrons, c'eff dans le Sang d'ont
indtgne Rivale
JzhSilfant que ma fureur désormais
fé;signale.
Je ne suis pas étonne que Semitamis
médite la perte de sa Rivale,
cette vengeance est dans le caractere
de sa Passion;mais je fuis étonnéqu'elle
air ordonné sa mort,&l'ait
livrée auMinistre de ù vengeance,
avant qu'elle la connût pour sa Rivale.
ACTE V.
Semiramis ouvre le cinquiéme
A.éJce par un Monologue, où elle se
retrace toutes les horreurs de sa
Paillon.
Où t'iras-tu cacher? .Æ!!,elgouffre
assés affreux
Est digne dens rmer ton Amour
malheureux? -
Elle se juge indigne du jour.
TtrTI, ouvre-moi tonjein, &m
donne AUX Enfers
Ce Monstre dont il-t onteffraye
l'Univers,
Ensuite, elle essaye de rejetter
son crime sur les Dieux mêmes,
Dogme un peu scandaleux!
Dieux qui m'/lhAndonntL a ces
honteuxtransports,
N'en attendez,, Cruels3 ni doubleHr.
ni remors ; -
Je ne tiens mon Amour que de -.
votre colere
> filais, pour vous en PHnir, mop
caur Veut s'y complaire.
Ce Monologue est interrompu
par Phenice, Confidente de laReine,
& par Arbas son fidéle Mifiiftre.
P HEN I C E.
Wuyex,, Reine
,
fHJej filS Soldats
vous trahtjfent ,
Du- nom de Mieias, tous tes
lieux retenttffent>
A ferrie a-t-ilparû, qu'àson terrible
aspect,
VosGardes n'ont fait voir qN:
crainte C. que rtfpicl : Eaf.otédans lesyeux
,
& bouillant
de colére,
J'ai vû lui-même encor uorre
perside frere
,
DlesaSoldats mutinez, échaussant fureur
, Ordonner grandscris letrêpas
desa faeur.
OùseravôtreaZil{J en cemoment
funeste.
SEMIRAMIS répond.
Va,ne crains rÚl1pOlJnrp); tain
qu'unfcùprr me ,;./:e , Au gréde son couroux )
le Ciel
peut m'accabler;
Mais ce sera toûjours,fairetrembler. f'jis me
Arbas, je sçai pourmoJjuyr(o).
va votre Zéle
, Et vous êtes leseul qui me restiez
fidéle;
En remettant icj la Princesse en
vos mains,
Jevous atdéclaré quels étaient
mes dessnns : Allcz." <$• vous rende^par votre
oobbtetaince,
i Digne de mes bienfaits & de mu confiance:
SO¡¡geZ,dans qHdspérils, vous
vous precipitez."
Si cesordres bien-tôt nefont exé-
£Hte&.
Ces ordres avoient été donnés àArbasdans le quatrième acTe ;
je ne sçaipourquoi ils n 'ont pas
été exécutes.Mais, jecomprens
que ce même Arbas devroit s'appercevoir
ici, qu'il court moins de
péril, en refusant son ministére à la
Reinedésespérée
, qu'il ne feroit
en exécutant le meurtre qu'elle
exige de lui: Ninias & Bélus sont
triomphans: laReine est trahie par
la propre Garde. Arbas est le seul
de tous ses Sujetsqui lui foit relié
fidèle. Que fera-t-il cet Arbas i
quand il verserois le fmg de Ténefis
, cet horrible assassinat ne fe-
.;r.oit qu'irriter contre la Reine &
contre lui, les fureur vengeresses
deBélus.
Arbas donc, quitte la Scene
pourimmoler Ténesisà la jalouse
rage de Sémiramis:Ninias informé,
je ne sçai comment, du
péril de la Princesse
,
vientimplorer
pour elle la clémencede la
Reine.
T^jznâczj-moi Tenesis,rendez.'
moi, mon Epofffe,
Ejl'Cedmoi1vôtre ft:-
rear jaloufc.
Semiramis insulteà la CIOUICLIE
deNinias.
Je vais fans- différer, contenter
votre enVte..
Vousrendre Ténefis
, mais et
-
ferasans vie.
Durant cet entretien, Bélus
arrive sur la Scene, émû du péril
desa fille..
l
Cen est faittfourjamais vous
-.. perdez Tenejis. -
2M1afaïtssa- igxggeensvVfotorliss--jlee avec vous, sSeelt--, ,
Stoeiramis>
, Eh quoi ! cettf Inhumain? t!i en
votrefuijfance -
Et ma fille & Ntnus font encorsansvengeance.
Pendant que Semiramis (eom--
plaît dans les douleurs de Bélus.
tic de Ninias, Ténefïs Te prçfente
à Ces yeux,suivie de Mermecide3
qui l'a délivrée desmains-d'Arbas.
L.1 Reine désesperée sedonne la
mut.
; Lemot de la premiere Enigme
du mois pajfTéfonne comme là Lettcre
P.o& lanmodedest ceelui d.e lafé- ENIG-ME. -
Par M. le Comte de S.Gllïn
Lorsque la Nature sommeille,
Jefais paroîrrcmes beautés :
Aux Champs que le joui:a quittés,.
Je suis la petite Merveille*.
Mon éclat n'est point emprunté ;
Sur la Terre je fuis un Astre,
Qui ne prédit aucun désastre.
De me prendre l'on est tenté;
Ma lumiérecroît,diminuë
Mais,souventon veut m'appo-
-
cher,
Que 1c me dérobe a la vuer
Et l'on ne [çaie où me chercher.
, AUTRE
Quoiqu'enfermédansune Tour
Je suis en même temps à. Roüen&
dans Rome;
J'ay le second rang à la Cotir,
Et je sers au Fripon, comme au
plus honnêtehomme.
,-.çt Jesuis, quoiqu'en plein jour,. dans
un profond sommeil,
Je présideàchaque Ordonnance,
Chez le Roy même j'ay seance , Etplace danschaque Conseil.
P*»
Sans me trouver jamais en guerre;
Je suis le second au Combat;
JLt mon secours est necessaire,
Au Colonel co)mme au Soldat. - Enun mot sans sortir d'une étroite
prison
Je parois toûjoursdans lemondUGo-
h-v*U;i, ma figure est ronde,
Et j'h bite dans ta maison. ,$
CHANSON
Aprés m'avoir formélesplusaim.-
cs chaînes,
L'Amourlivremon coeur à d'éternels
soupirs.
Ah ! Si les doux plaisirssontoublier
ses peines ,"
Ses Tormens ne fontpas oublier
ses plaisirs.
SUITE DU JOURNAL
d:Hongae•
LE 21. on continuoit àtravailleraux
gnes de Circonvaliation
&c de Contrevallation. On
a ex'tic de nouveaux Ordres à
Bude,& à Petri-Varadin sur le D..-
rure ,à Effet sur la Drave ,
& à
SC-ediil[ur laTeisse, pour faire
descendreavec toute la diligence
poiTible,,l'Artillerie & les munition;
neceMaires,destinéespource
rFuzUel J7J7 -
Siège.Lefeude laVilleaétémoins
vifaujourd'huy qu'hier. LesDéserteurs
rapportent que la Garnison dl:
occupée à taire de nouveaux Retranchemens
à une portée de fusil
de leurs ouvrages avancés,àélargir
& à prolonger en même tems les
Rameauxde leursMines,vers nous:
Cependant,tous les préparatissont
disposés pour jetter un Pont sur
le Danube, le plus près qu'il sera
possible de Bellegrade. Nos Saïcques
ont pris & conduits à bord 3.
Moulins à Vaisseaux des Ennemis, qu'ilsavoient apparemment détaches
pour interrompre la Jontlion
de notre Pont qu'ils croyoient déja
construit.
Le 23. les travaux avançoient
considerablement : On a élevé une
Redo re à la tête du Pont qu'on
doitplacer sur la Save, à l'extrémité
de nôtreaîle droite, aussitôt
que le Corps commandé par
le General Haubnt fera arrivé.
Le 24. le Pont du Danube étoit
prresqu'achevé
: O:; 1'6'" dra jusques
aux Marais, pour entretenir
pdluus facilement la communication
Bannat.Pour cela,on a détaché
quelquesBataillons&quatre Com-
pagnies de Grenadiers,avec quel-- que Cavalerie, tant pourl'avancement
du travail,que pour la fûreté
de nôtre Pont.
On aû avis que 13. demies Ga-,
lères des Ennemis étoient arrivées
à Sémendrie sur le Confluant de Ia-
Morava dans leDanube j-dau
tres suivront incessamment.
Extrait dytïne Lettre de la Save ; dffi^Jain 1717.
Nos gens qui sont
- employés
à faire une Redoute à la
tête du Pont du Danube, fonr.
inquietés sans relache par 16 Fregates
des Turcs: Ils sont exposés
au feu duCanonde la Ville & du
Château de Bellegrade;Nous y répondons
de nôtre mieux. Ainsi.
nous avons à combattre l'Ennemi
par Terre &par Eau. Nôtre Canonaaujourd'huy
couléafond une
de leur s frégattes,avec un Moulin
iVaiHeau
) sans que nous ayons
laeçu aucun dommage;parceque les
Turcs manquent de bons officiers
d'Artillerie:LeursFregattes ont été
obligées de remonter 400 pas vers
la Ville d'Eau; nous les avons
- suivies; cependantle Grand Pont
duDanube vientd'être mis àsa persection;
présentement, il nous est
trèsfacile de tirer des Fourages en
abondance du Comté deThemesvvar
: Car, pour ce côté-ci ils
sont entierement consumés à sept
lieuës àla ronde;par là l'Armée..
Ottomane fera obligée d'en tirer
fortau loin sur ses derrieres. DepaisJa
confirmation quel'onaûë
que 13 Frégates des Ennemis
ètoient arrivées à Semendiie ; 2.
de nos Vaiflèanx de guerre ont
çai ordrede descendreplusbas,
pour les empêcher de monter plus
haut.
LeComte dePalsy aura le COÎTH
mandement dela Cavalerie ôcle
Comte de Heister
,
celui de l'Infanterie
, fous les ordres du Prince
Eugene.
-
Le Prince Alexandre
de Vvirtemberg commandera les.
Troupes de la Tranchée.
Le 25 ,nôtre Pont sur le Darube
a été mis en état de servir; il dl:
traversé par 127 Barques.
Le 16. le General Hauben étant
arrivé sur la Save, à la droite de
nôtre Armée, avec sonInfanterie,
le Regiment d'Anspack
, & ceux
de Mercy & de Caraffa Cuirassiers;
outre les Milices de Gran ou
des Frontieres ,
se disposoit à jerrer
un Pont sur cette Riviere; ce qu'il
ne pourra cependant exécuter
qu'avecdifficulté, la Saves'étant
enssée depuis quelques jours considérablement.
Un denosPartisen
a battuun autre des Ennemis, qui
nous avoitenlevé 72.pieces de Bétail
, qu'il a reprises &ramenés au
Camp, avec un Sptlr.& cinq
Coruzzes Hongrois, faits Prisonniers.
Le même jour, on travailla à la
construction d'uile nouvelle Redoute
,
à l'Angle de l'Ille, où la
Save se joint au Danube, pour
mieux assûrer nôtre Pont sur ce
Fleuve,& empêcher lesentreprises
des Saïcques Ennemies: Pour cet
effeton y a placé dix pieces de Ca..
non : Les Turcs ont fait un feu terrible,
de leurs Batimens,& du Fort
quiest à l'oppose, pour incommoder
nosTravailleurs, ceux qui
coavroientletravaillentrépondu,
de maniere qu'il n'est arrivé au-
- cun desordre; il nous en a coûté
feulement quelques hommes &
quelques Chevaux.
Le 27. aprèsavoir travaillé sans
relâche
, aux Lignes de Circonvallation
& de Contrevallation
on les a enfin mises à leur perfection,
malgré les obstacles qui s'y
trouvaient,par la disette du bois
propre à ces travaux.
,
On attendoit avec impatience
les 77. Bateaux, partis de Petri-
Varadin ; ils sont chargez de Canons,
Mortiers, Bombes, Boulets, -
& autres Munitions de Guerre.
Le 23. on travailloit avec ardeur
à placer nôtre Pont. sur la Save,
&à élever un Fort à la Tête de
ce Pont, pour le couvrir contre les
tlnfidélcs& leurs Batimens. -
- Le 29. à la pointedujour, les
Ennemis tentèrent par deux forties»
d'enlever quelques Postes avancez
vers la Ligne de nôtreAîle gauche;
mais,ayant toûjours trouvélesNôtres
prêts à les bien recevoir,ils ont
pris le parti dese retirer
-
Les Assiegez
lâchèrent pendant la nuit un
Moulin de Barques contre nôtre
Pont du Danube,qui en fut endommagé.
Heureusement le mal fut
bientôt-réparé. -
Le 30. on acheva de perfectionnerle
Pont sur la Save: Par là
nôtre Armée a la communication
libre avec le Corps qui est entre ce
Fleuve & le Danube ,commandé
par leGeneral Hauben. LesAssiegez
viennent escarmoucher tous
les jours devant la Ligne de Contrevallation
, &tirent de temsen
tems dans nôtre Camp, sans beaucoup
d'effet.
Le 1. de Juillet, les Assiegez
firent descendre à onze heures
du soir, un Brulot plein d'Artifice,
pour mettre le feuà nôtre Pont sur
le Danube:Comme le vent étoit
violent,
violent, ilpoussa ce Bâtiment au
Bordde ceFleuve; lefeuy ayant
pris, il sauta & se dissipa en l'air,
sans nous causer aucun désordre.
Un Transfuge de la Placea raporté
au Ptir.ce Eugéne ,qu'il y avoit
encore six de ces Machines infernales
tcwtes prêt es.
Dg Ca.-np devant Beilegrade, h
1. Juillet1717
Le 2. M. le Duc d'Aremberg
-s'dl mis en marche avec un gros
Détachement,LagrandeArméedes
Turcs n'dlqu'i,7, ou huit lieuës
de marche ,éloignée de Nous;
mais,quand ils verront nos Lignes,
ils perdront l'envie de nous attaqtier;
car,nous ayons des Fossez
larges <i% 16 pieds de Roy, profonds
de 3. La Créte du Parapet
efe de 12. Fascines intérieurement
l.{:; extérieurement,& forte comme
un Rempart de Ville,partout
bien flanquée:Elleseragarnieau
premier jour quantitédePiéces
de Canon. On remarque évi*
demment une grande conternation
dans la Garnison;cequien
f,tit juger, c'est qu'elle nousa lais-
{e prendre tousnosPostes & jetter
le Pont sur la Save, sans nous
inquiéter beaucoup, lorsqu'elle
pouvoir faire une belleresistance
& retarder nos Ouvrages.
Cette Garnison consiste
,
à ce qu'-
on dit,en 15000. hommes, d'autres
disent lOOO.
Le 3. le Comte deHauben ût
ordre d'aller occuper Semlim abanrtonw:
par les Turcs, & d'y
camperavec son Corps de Troupes.
Les deux Vaisseaux qui
, avoient
été jusqu'ici à l'embouchure
du Donavitz,ontûsordred'aller
jetter l'Ancre au Confluant de
laSave , pour couvrir ce General
danscePoste,
Le 5. à la petitepointe du jour,
les Assiégezfirent un grand feu
d'Artillerie sur nôtre L.1n'p.
L'après midi, 60. tant Frégates,
Galeres
, que Saïcques Turques,
vinrent attaquer tout à coup ,
&
avec furie, nos deux Vaisseaux à
Semlim;cependant,aprês un Combatde
deux heures fort opiniatre,
les Infideles furent contraints de
se retirer. Tans que dura l'Action
le feu fut , si grand de parc& d'autre
, que l'on re pouvoit distinguer
àcause de la sumée,nosVaisseaux,
non plus
-
que la petite Flote des
Turcs.
SVITE DVJOVRNAL
-
deTc.rïs
Le 16. S. A. Royale a donné
leChâteau deChasville, auprès
du Parc de Meudon, à M. le
Prince deTalmont
,
qui en aura
feulement la jouissance pendant
savie, sansêtretenud'entretenir
=- la Maison
,
ni les Jardins.
Le17.M.l'Abbé duCambouAumônier
du Roy,
@
ci-devant Agent
du Clergé
, a éténommé à l'Evêché
de Tarbes, vaquantdepuis
- le mois de Décembre. 1-/15. Il vaut.
18 à ZOOOQlivres de rentes.
Le 18. les six Gentils- homme.
qui avoient été artères par ordre,
de la Cour, & conduits à la Bastillç
& à Vincennes,en sont sortis ce
matin. Ils ont été accompagnés
par M. le Premier, chez M&* le
Duc deChartres. M. de Uiiverriy
les fit entrer dansl'Appartement
de ce Prince qui les reçut fort gracieusement,
&. les conduisit dans
le Cabinet de MgrleRegent.
Lorsqu'ils ment fait leur réverence
,
Mgr le Duc de Chartres pria,
S. A. R. d'oublier leurs fames.
Mgr leDucd'Orleans lui ayant
accordé cette grâce, il se tourna
ducôté des six Geiizils-hoi-nirels.,
leur dit qu'il étoit persuadé
qu'ils n'avoient pas ûs de mauvaises
intentions
,
& leur avant
recommandé d'êtreplus prudens
à l'avenir: Il rentra dansson petit
Cabinet. Les Gentils-hommes sornrencaunjcôcavec
Mgr le Duc de
Chartres.
Onaûnouvel le,que M. leMaiv
quisd'Alincour,quiétoit resté dangereusement
malade à Vienne est.
toutàfaitrétabli. Cç. jeune. Seigneur
a déjà montê à Cheval, &;
se prépart àpartir le 20. de ce mois
pour l'Armée de Hongrie. -
Le 19. M. le Marêchal de Montffquiotiv
est revenu de Bretagne,
on tout est dans une grande
tranquillité.
LesBalots de M. de la Feuillade
ont été portez à la Doüane 5c plombez;
ceDucsedispose àse mettre en'
Route les premiers jours d'Août,
psxur son Ambassade de Rome.
, - Le io.Nlg"le Duc d'Orléans alla
au Conseil des Finances, où il
installaM. de Fourqueux le Fils:
M. de Fourqueux le Pere rentra
hier-dans les fonctions de sa Charge
de Procureur General de la
Chambre des Comptes,à laquelle
ilprêta un nouveau Serment.
- - Le ii. on representa sur le'
Théâtre de l'Opéra, la Tragédie
de Semiramis qui fut honorée de
la presence de M A D A ME. La
Piece fut fort applaudie;
Le 1.3.Mrg le Regent nomma
M. leDucdeSaintSimon, pour fc
joindre aux Commissaires qui travaillent
sur les Projets de M. le*
DucdeNoailles, afin de donner
aux Finances une nouvelle Forme a qui ailleau bien des Peuples.
M. le Chevalier de Gagnieres
:t, qui avoit ramassé avec beaucoup
de soin & de dépense, une fuite
très curieuse d'Estampes & de
Portraits de tous les Rois, Princes
Se autres Personnes l lustres dans
toute forte de Genre, a laisse en
mourant son Cabinet au Roy:En-,
tre les Pieces les plus remarquables
, on y voit le Portrait du Roy
JEAN, faitdeson vivant: C'estle
plus ancien Tableau qui nous foit;
resté en France,
Le Pape a témoigné à M. l'Abbé
d'Auvergne,la satisfaction qu'il
avoit de ce quis'est parte au Chapitre
General de Cluny,où il présidoit,
en lui envoyant un magnisiquePrésent
; sçavoir une Croix
Pectoraled'Or,une Bague montée
d'une fort belle Emeraude, une
Crorre
, un Bougeoir deVermeil&c
deux Mitres en brodni.: d'Or U
d'Argent, enrichies de Pierrenics,
uneChapesuperbe,desBrodequins,
£< enrin cous les autres Ornemens
pourofficier Pontificalement.
Le 14. M. de Cely Intendant de
Metz &: M. de Saillant Gouverneur
de la même Ville, se sont réconciliez
; ilss'embrasserent en
présence de Mgr le Regenr; & s'en
recouinent reprendre les fonctions
de leurs Chirges,
La Place de Conseiller d'Etat
Ordinaire que possedoit feu M. de
Harlay, a été donnée à M. Fleuriau
d'Armenonville, Conseiller
d'Etat de Semdhe) & celle de M.
d'Armenonville aété ccordée à
M. de Guerchois, Mc dvs Requêtes,
Intendant de la FrancheComté
,
qui a épousé la Soeur de M. le
Chancelier.
Le 2.5. M. de Guerchoisfut présenté
au Roy, le matin,par Msr le
Regent & par M. le Chancelier.
Le 17. Madame laDuchesse de
Perry vint de la Meute
J
pourvoir
l'Opéra de Tancrede
<
qui est cajou
s suivi avec cmprelTcme r.
M. le Maréchal de Villes,par
ordre de S. M. a fait mettre en
Pesion au College de Beauvais, le
Petit Tourville connu à la Cour,
sous le nom du Petit Officier du
Roy. C'est une recompense que
méritoitledes-inrereflèmern: deM.
de TourvillePeredece jeuneEnsant
,
parle refus qu'il a fait des
avantages considerables que le-
Czar lui offroir pour emmener son
Filsdans sesEtats.
Il y a û dans Je Comtéde Namur
un Otage si furieux, qu'il yest
rombé,les grains de Grêle, pésans
cinqàsix livres. Un Regiment de
Dragons pr.fïant pour lors, en révisé
dans la Campagne, en aété
fortmaltraité,puisque l'on compte
plusieursSoldats&Chevaux trez
ou biefsèz,otirre beaucoup d'Hommes&
de Estiaux répandus aux
Environs, qui ont us lemême ion.
ARTICLE DES MORTS.
M'erTpncois-Armand de Rohan
Prive de Vontbazon ,
Colonel
du RrdmerH de Picardie,& Brigadierùci
Armées du Roy, mou~
rtft de la p.::ite verolle le 26. Juin
1717. âgé de 35 ans. Il écoit fils
Aîné de Châties de Rohan, Prince
de Cactilenéde Monbazon
,Pair
deFrade
Charlotte
- Elizabeth Cochefilet de
Vauvineux. Ilnelaissepoint d'ensans
de son Mariage avec Louife-
Julie de la Tour dAuver-ne-,
qu'il avoitépousée au mois de
Juin 1698 Elle étoit fille- de Godefroy-
Maurice de la Tour, Duc
de Bouillon, Pair & Grand Chambelanr
de Françe, &de feuë Marie-
Anne Mancini, Niece du Cardinai
Mazarin. La Maisonde Rohan
vous doit être si connuequ'il
suffira de vous dire icy, qu'elle
est une des plus anciennes, des puis - puissantes &desplus illüstres du
Royaume. LeRégimentde Picardie
qu'il avoir, a été donné à M. le
Duc de Rohan: Ce Seigneur l'a
cédé à M.le Prince-de Montauban-
Guidon des Gensdarmes de la Gar- - , qui de son côté a remis sa
Charge de Guidon, entre les mains-
<kM. le Duc de Rohan, pouren
disposercomme ille jugera à propos.
Mrc JeanBaptiste-Charles des
Friches deBde Pressigny 3
Docteur en ~ie, Chanoine-
& poyer dèIfe de Paris, depuis
le 12. Décembre 1702. &
Prieur de Constans,Sainte Honorine
& de Mello, mourut le iS Juin
1717.âgé de 55,ansaples une maladie
très Soulourcuie caafiae par
une fortgrosse Pierre, qu'on lui a
trouvée dans les Reins. Il sortoit
d'une Famille Noble) originaire
de la Ville de Melun, de laquelle
il y a eu plusieurs Chevaliersde,
l'Ordrede Malte, dont le premier
reçu,mourut l'an 1565. Là Bifayeule
de feu M. laAbbf de Pressignyétoit
delaMaisonde la FayetcCr
iVy avoit près ce cent ans,que le
Doyenéd-eNôtre-Damen'éteitfordela
Famille de Pressigny.
M. le CardinaldeNoailles a
donné le Canonicat vacant par
cette Mort,à M. de Gomer de Lusancy
Chonoine de Meatiit, d'une
NQblcLfe ancienne & distinguée dtla
Province de Picardie. Et le 5.
Juillet, le Chapitre a élû pour
Doyen Mre Jacques Alain de Gontaut,
Chanoine & Chanre de la
mêmeEglise : Il est de niluftrc
Maison de Gontaut, & de la Branche
des Seigneurs de Cabrérés de
laquelle étoit Jeanne de Gontaut
Tris-ayeule de M. le Cardinal de
Noailles.
Dame Marie Magdeleine de la
Fayette Epouse de Me Charles
Bretagne Duc de la Tremoille &
deThoüars, Baron de Vitré, Comte
de Laval, Marquis d'Espinay,
Prince de Tarente,Pair de France,
bprreemierGentilhomme de laChamdu
Roy & Brigadier de ses Armees,
qu'elle avoit epousé le 15.
Avril1706,mourut le t; Juillet âgée
de 15 ans & huit mois,laissantun
fils unique: Elle étoit fille unique
d'Armand Renaud,Comte dela
Fayette,ColonelduRegiment de la
Fere, & Brigadier Général des Armées
du Roy , mort le Il Aoust
1694, & deDame Jeanne Marie
Magdeleine de Marillac, fille de
M. de Marillacaujourd'hui Doyeh
des Conseillers d'Etat; la Maison
de la Fayette est originaire & une
des plus anciennes & des pliss IIdustres
de la Province d'Auvergne:
AntoineSeigneur de le Fayetre cinquièmeAyeulde , Mde la Dûchesse
de la Tremoilles étoit Maître
de l'Artilleriefous Louïs XII.
& Gilbert Mottier Seigneur de la
Fayette [on. VII. Ayeul, fut fait
Maréchal de France dés l'an142-1.
Ses Alliances font avec les Maifuns
de Joyeuse, de Montboissîer,
de Poligna,deJaucours de Silly,
d'Escars,de Vienne,Haillondu
Lude, dela Tour d'Auvergne,
de Rivoire, de Montraorin
,
d'Alégre;
d'Apcher de Bourbon-
Charlus,Bourbon Busser, Dieux
Morinville, de Chaumonr, de Passeuquieres
,
de Broiiilly, &c. &
Elle fnbiftfeencore dans la Branche
des Seigneurs de Chainpeftures
en Auvergne
, connus tie tout
temps fous le nom de Mortiers auquelils
ont joint celui de la Fayette
depuis l'extinction de la Branche
che des Comtes de la Fayette
Mre Louis Marquis de Montefquiou
,fils unique de Mr le Maréchal
de Montesquiou,&c Colonel
du Régimentd'ifenghien, mourur
de la petiteverole le 5 Juillet âgé.
de dix-sept à dix-huit ans, c'éroit
un jeune Seigneur de grande esperance
,je vous instruisisfuffitament
de sa Maison
,
quiest une des plus
anciennes & des plus lllufties du
Royaume, lorsqu'il elu l'agrément
de ce Régiment. Le Régiment a été
accordé à M. son pere, pour en disposer
à sa volonté.
L'on a eu avis que Mre Roger de
la Roche-Foucaulr,Prince de Marfillac,
Abbé du Bec & de Font-
Froide étoic mort de la petite
verole à Bude le 13 May dernier
âgé de30 , ans, il étoit fils aîné de
MreFrançoisde la Roche-Foucault
VIII du nom, Duc de la Roche-
Foucaultj&deDameMigce léne
Charlotte le Tellier de Lonvoy.
Il biffe pour plus de60000 liv. de
rentes de Beneficesvacants. Le
Prieuré de Conflans Sainte Honorine
, qui àWt à £t nomination5 fc
clont était pourvu M. de Pressigny,
a étédonné à M.l'AWbc Tambonneau
Chanoineîle Nêrre-Dame, SePaient desonEpinence.
Dame Macteléne Emilie de
Mafcuanni Epoufc de Mre Français
Joachim Bernard Potlr, Marquis
de GefVrcs, Premier Gentil-bemmede
la Chambre du Roy, Mestre
de Camp d'unRegiment de Cavalerie
,
mourut sans posterité le 9
Juilletâgée de 25 ans & neufmois.
Elleétoit fille unique defeu MW
Barthelemy de Mafcranny ,
Maître
1 ,,' des Requêtes
,
&de Dameee
Baptiste le Fevre de Caumarnn.
La Famille de Mafcranny est une
des plus anciennes du Ifcïs des
-
Grisons, elle fut attirée en France
, tant par la sollicitation demctsieurs
de Gondy, dont ils étoient
Parens, qu'à cause des Guerres qui
déloloient tout le Païs. Les Terres
&: les grands biens qu'elle yposfcoi;,
joins à
-
plufiens Églifçs
que les Ancêtres y ont fondées,
paroissenr autant de monumens de
Ïçuï ancienneré.
Louis XIII. I honnora d'une
Fleur de Lys dans Ces Armoiries.
Il ya près de 100 ans qu'elle a
entrée dans l'Ordre de Malrhe.
Les Auteurs qui ont écrit de la
Ville de Chavannes,font mention
de cette Maison
, comme de
l'une des plus distinguées dans le
Païs des Grisons :Voyez legrand
Atlas de Bleu d'Avity &c.
M. de Buzanval ci-devant
Lieutenant des Gendarmes mourut
le deJuillet, âgéde plus
de 80. ans.
Mre Achille de Harlay Comte
de Beaumont ,
Canfeilier d'Etat
Ordinaire,fils duseuPremierPïéfidentde
ce nom,décéda le zj.npics
une très longue maladie, en Ta
49. année. Il ne 1aille qu'une fille
mariée depuis quelques années,
avec M. le Prince de Tingry,
fils puisné de M. le Maréchal de
Luxembourg.
Nlir NicolasDongois Greffier
leen Chef du Parlement, mourur 23.Juillet,âçi;é>de 83 ans.
Si Chargeest. possédéeprésente-v
ment par M. Gilbert de V-oifm,
quienavqic la furvivanec. Il est:
second fils de Mr Gilbert, Président
de la Chambre des Enquêtes
qui avoitépousé la fille uniq'.ie
de M. Dongois.
MARIAGE.
Le 16. du mois dernier M. PoncherAvocat
General desRequêtes
ce l'Hôtel, fils unique de M.
Poncher ancien Me des Requêtes,
épousa Mlle Arnaud) fille unique
de feu M Arnaud) cy - devant
T éforier de l'Extraordinaire des.
C uerres &depaisï:erarierGei.eral.
Si l'Eptthalame que M. Marais
de la Tour a fat sur ce mariage
nem'avaitpas étéenvoyéet'rcptard^.
je me ferais fait un plaisir d'en, -
orner leMcrCNr.-
SUPP.-LE'MEN'T.
Extrait d'une Lettre écrits du
Camp devant Bsllegrr.de le 24^
Juin 1717 , par un Générai
Allemand a
-
M. le Comte de
Gsrgy
,
Envoyé de France à-
Ratisbonne.
iS
On A, S. Mgr le Comte d& -\",haIQlois n'a foine encored'E,-
quipages ; il se fert des Tentes
&des Chevaux du Prince Eugene,
Gui lui rend tous les. honneurs
quifont dûs àun Prince duSamjr
de France -; il joüir d'une fanté
parfaire, & se fait autant admirer
par '-figure que par la vivacité
de (on esprit
, &: la
grandeur de son courage, il sembie
qu'il n'ait faitautre chose
toute sa vie que le métier de la
Guerre ; il est à cheval des journées
entieres par une chaleur extréme
,
& patte les nuits- froides
qui y succédent, dans les Jvlarais
du Danube, couché entre deux
-
sascines;Tellrest la vie qu'il a menée
dans nos dernières Piirchesj-,
ce. qu'il y a de- bon, c'est qu'il y
dort commeàChantilly, &qu'il
n'a que meilleur appétit à sonreveil
; it est poly 8c honnête pour
tout le monde.Il-a dîné aujourd'huychez.
M, le Duc d'Aremremberg
, où jétoistémoin detout
ce que j'ail'honneur devous.
mander».
Extrait;d'uneLettrede la Rochelle:
- duS.Juillet I¡I:¡..,
La petite. Révolution qui vient
d'arriverà laMartinique, est une.-
Nouvelle quimérite bien que je
vous en communique les particula--
ritez: Pour mieux vous mettre au
fllit
,
il est à propos de ravoir que:- Dans E,..b-;.i£1emenr du ConÍèil
de Marine, les Negotions de
Nantes,de la Rochelle ôc de Bourdeaux,
avoient représenté que M.
Duquêne, Gouvr General,&M. dec
VaucressonIntendantayant accordé
;^ux Anglais. d'apporterdes Farinnes
à la Martinique en échangede
Su,cu:_; leCoumerce deFrance enavoi
beauupsouffert, parceque les BatimetsFrançois étant obligez
de donner leurs Marchandises à basprix, & étant contraints det
,reÇ..evair en troque duSucre, que
-
les-Anglois avoien: faitréhausser;
ilsenrecevoientu préjudiceconsiderable.
Surcette representation
Qnra:elh M.,Driqn.c'iit-& M.de-
IfeucxefTom te^Conftiï:fubJHtua^
aupicrulcr M. de la Varenne, 8c
au second M. de Ricouart: ces:
Mrs firent à leur arrivée dans ride
des recherches exactes de ceux qui
avoient commercé avec lesEtrangers,&
imposérent ~wnnouvcauDroic:
de;o.f.parquintal deSucre.Ce nouvel'Etablissement,
dans un Païs où
le Peuple.secroir presque indépendant
, ayant aigri~les Esprits
,
les,
-
Sieurs Dubuth Lieutenant Colonel
de Milice, & Hauterive, Procureur
General du Conseil Superieur,
formérentledessein de tirer
l'islede la Servitu e,où ilsprétendoient
qu'elleétoit tombée; Ils
envoyérent des Billets à tous les
Habitans de la Colonie, avec ordrede
se trouver un certain jour à
plusieurs Rendez-vous,& d'y venir
armfz ,
sous peine de la vte , &
devoir leursHabkatidftsbimées»
Quoique M. de la Varenne fut:
averti., qu'il se trânait quelquechose,
il Pég'igea cetavis, persuadé
que ces mL'aircv ne prendroient
pas la 'folllthnds'a{femblet
>.ii p.JU'kit même deux jouisj
aprés, accompagné de M. l'ln::
tendant & de tous les Conseillers .quCon[eilciÓur aller faire
laVisite duQuartier duDiamant,
où s'étoit fait le principal Commerce
avecles Anglois,&faire condamner
lesCoupables. Aprésplusieurs
Recherches & Informations,
-
il revint dîner à l'Habitation de-
Me Papin sur laRiviereduLamentin;
lesMécontens avec leurs Chefs
en étant informez, entourérent la
Maison,où. le General étoit à Table
avec l'Intendant; & quelqu~-
uns étant entrezdans la Cour , ilscassérent
les Vitres de la Salle, où
cesMessieurs étoient aflètrblcz.Le
General (e- leva, & ménaça de
faire pendre les Insolens qui perdoient
le respect dû. à son Caractere.
Là-dessus,le Sr Dubuth s'avança
, & le saisissant, lui dir, de ne
plus parler sur ce ton, parce que
lavie dépendoit présentement dela
volonté estHabitans,illentmonter
avec,l'intendant dans une Cham-
,
bre h:mre& mit un Corps de Garùis_
ÀlaPortej lelendemain lesMé»*
contens les conduisirent au Bourg
du Fort Saint Pierre, & les ayant
renfermez dans la Maison d'un
Particulier, ils proposérent 4. par
tis ditferens
, au sujet de leurs Prisonniers.
Ils se déterminérent enfin,
à lesrenvoyer.LesSrsDubuth &
Hauterive, ayant faitvenir le Capitaine
d'un petit Bâtiment de la
Rochelle,appelle le Gedeon qui
alloit partir, le firent jurer de remettre
les deux Prisonniers en
France, de porter à la Poste de la
Rochelleles Paquets qu'ils adressoientau
Roy, pour justifier leur
conduite; ils tirérent le General Se
l'lmendant de la Prison où ils
étoient, les firent conduire à Bord
du Gedeon
,
& leur défendirent
deleur Autorité privée, deremettre
les pieds dansl'Isle. Pour mieux
s'assurer de la Route du Vaisseau,
ils les firent accompagner pardeux
Pirogues bienarmées, jusqu'à 12.
lieuës au large. Le General & l'Intendant
arrivérent, enfinicy le 3.
de cemoisau soit,trésfatiguez de la
traverse, ayant été fort de tourmentez la Mer,à cause de la petitesse
de leurs Bâtimens.LeCapirainea
même été obligé de leur prêter du
Linge,pour changer,ilsn'avoient
Plus que pour deux jours de vivres,
quand ils ontabordé à la Rochelle.
Nous apprenons cependant
que tout est calme dans l'isle, &
queleshabitans se soûmettront toujours
auxordres de la Cour.
Il n'est que trop ordinaire sau
Gazetier d'Amsterdam,d'avancer
dans l'Article de Paris , quantité
de Faits faux, sur la foy des
Mémoires qu'on lui envoye; tel
est le fui vant, dans leSupplément
des Nouvelles d'Amsterdam du
16. Juillet t717.on y lit ces paroles.
Les Pgies Tenier
,
l'Alleman&
Tournemine ont été voir M. l'Archevêque
de Reims à S. Thinï),
prés de Reims
,
où il demeure. Il est
certain que le Pcre Tournemine
n'a point été absent du College;
sion avoit besoindeTémoins pour
attester cette védcé, on produiroit
plus de 700. personnes qui demeurent
dans cette Maison, de
qui pour la plupart, l'ontvû tous
les jours, sans compter beaucoup
d'autres. De plus il me parole
qu'on lui donne des Compagnons
de Voyage,auxquels ses amis scavent
qu'il ne seroit pas aisédele
joindre. Je pourrois rapporter plusieurs
autres Erreurs semblables,
qu'il seroit cependant utile de relever
, pour rendre témoignage à la
Vérité.
GTJ
Le Sieur Bailleul Géographe,
demeurant sur le Petit Pont *attenant
le Grand Monarque, agravé
un très- beau Plan de Bollegrade
,
avec tous les nouveaux Ouvrages
que lesTurcs y ont faits.Il y a joint
la Carte des Environs de cette Place
, iree exactement levée sur les
lieux.
On vend chez Coutelier, Quai
des Augultins
,
les Comedies de
Terence, traduites par Madame
Dacier. Nouvelle Edition.
JAPPROBATION. Ai lû par Ordre de Monseigneur,
le Chancelier le M&chedeJuillet
1717. où je n'ay ilcm
trouve, qui en puisseempêcher
l'impreilion. Fait à Paris ce 29.
Juillet 1717. —.
TABLE.
RAE\ firxtoiv surl'Art deparleç en Pubtic, j
T-plut en Vers i M-le Bue de Nasilla J par
M.. le Grand.$7 SurrAmour
pat le rrêise.41
le Panthéon Bachque.41 Madtigal Car un Noeud ¿'Ipée..
Bouquet. s.
Jomnal de Hongre.51 irat du Tioupw de rArmée Impcriafe, 6
Suite du Journal de Roæe. 69
Journal de P~ri'.-?' lettres C1fies. TIT
fable (ut offrire de S. A" S. Madame la
PritxafTe de Con'y par M. Fufcl.er. 117
Qualité de la reconnaissance optique de caractères