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NOUVEAU
MERCURE
APARIS,
M. DCCXVI.
AvecPrivilègeduRoy.
MERGUHE
GALANT. 1--
Par le Sieur Le Fevrt.
Mois
de lui,,
1716.
-1
te prix est 5ô.fols relié en veau,&
2 5. sols
,
broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,
au bout du Pont Saint Michel.
ducôté du Marché-Neuf ,
au Livre Royal.
A.\>teApr9batUnt&Frw'ïU
MERCURE
NOUVEAU
DEDIE'
A SON ALTESSE ROYALE
MO NSBIGNEUR
LE DUC DE CHARTRES.
ONSEIGNEUR,
Approuvez que Mercure
(qui elt entierement consacré
àvoctre Altesse Royale, &
qui le sera, de même, tant
qu'à l'ombre de vôtre Auguste
Nom
,
il joüira des Privilèges
du sien) vous propose un
moment d'entretien sur le
sujet qui faitaujourd'huy la
matiere desmeilleures conversations
de cette grande Ville.
Ils'agit (& vous vouyscu doutezbien
, Monseigneur) de
vous presenterun leger Paralelle
des Comédiens Italiens &
des ComédiensFrançois.
Des spectacles de tous les
genres ont fait de tout temps
l'amusement de touteslesNations
du monde. Plusieurs
Peuples les ont même regardé
anciennement comme desarticles
essentiel deleurs Religions.
Ils ont longtems servi
d'Epoques dans la Grece, &..
c'ctfde la solidité de leur établissement
que les Historiens
les plus exacts ont tiré les dates
les plus certaines de la
Chronologie. Enfin après
une infinité de changemens
dans les coûtumes, & de revolutions
dans les Monarchies
,presque tous leshabi-
*LesJeuxJjîmiqHes)UsOlmpi^dtj»
&c.
tans de l'Europe devenus plus
civilisez & plus humains,ont
banni de leurs spéctales l'usage
barbare d'ensanglanter
leurs Fêtes.D'ingenieusesrepresantations
des aâtorts des
Dieux, & des Héros, & do
sages critiques des moeurs s'établirent
à leur place, fous
le nom de Tragédies & de
Comedies, au grand cortentement
des Peuples,LesLatins
imiterent les Grecs dans l'art
de composer ces fortes d'ouvrages.
Les Italiens & C-à.Ef.
pagnols en heriterenr des
Grecs & des Latins. Enfin les
Françoisquoyquelesderniers
venus sur laScene, puiserent
siadroitementdans ces secondes
sources,ajoutèrent tant
d'industrie à ces heureux larcins,
& donnèrent un leur
si noble à leursexpressions,
qu'ils en meriterent peut être
les honneurs du Triomphe.
Telleétoit (si jenemetrompe)
l'opinion que nous avionsdes
pieces denostreTheâtre François,
avant l'arrivée des Comediens
Italiens de Monseigneur
le Duc d'Orleans.
Mais après les avoir veus ,
le
Plublic,dont laReligionavoir
etelongtempssurprise sur ce
article
,
s'est cnfitL desabusér
LQ)plusr grand nombredes
Specateurs traitoit d'originaux
nos plus célèbres Copistes
,& ignoroit que Molicre
luy même, à l'exception de ses
excellentes Comédies du Myfantrope,
du Tartuffe, & des
FemmesSçavantes, étoit redevable
aux Espagnols&aux
Italiens,del'invention détoutés
ses autres Comedies. Je ne
par le point de celles qu'ilatijtées
dePlaute & deTetence,
elles ne font icy rien à mon
"wjtt
: mais son Medecin malgré
luy, son Mariage forcer
son Etourdy
,
sa Dame invi- -fibl, son Avare, &c. dontil
atrouvéla matiere dans Arioste,
Cechi, Lasca ,d'Ambra,
Parabofchi
,
& Machiavel
,
& qu'on reproche icy aux Italiens
de nous donner après
luy,comme ses propres dépouilles
,
seroient peutêtre
encore à naître sans eux. Au
reste ce * Rare &sublimeesprime
perd rien de sa gloire, à
n'être pas l'unique pere des
admirables enfants qu'il nous
* Ccfl a'nfi que Boiltatt commenté
son Epîtrt à Moltcre. '* ) ¡,\t:
alaissez, & il est aujourd'hui
.permis, sans donner la moindre
atteinte à sa répuration,de
regarder avec les mêmes dit,
positions qu'on a apportéesà
la represenationdefes Corne*
dites, de quelle manicre
, &
avec quel art&quel génie, les
Italiens ont contribué avant
luy à la production de ces mêmes
enfants
,
qui ne leur doivent
peut-être pas encore leur
premier être ; mais il est toû.
jours constantque leur origine
certaine pouvant ne pas êtreparfaitement connuë ,
nous n'avons l'obliguioatU
-.
leur naissance ,qu'à ceux qui
semblent les avoir les premiers
formezqui s'étant successivementconservezletitre
d'excellcntsoriginaux,nousr
donnent enfin aujourd'hui
dans laCapitale du Royaume
deFrance,de parfaites repretentations
de choses
, dont
nous n'avions encore vû que
des copies. Passons, s'il vous
plaît, aux autres objections
qu'on fait au sujet de ces nouveaux
venus. La peine de les
entendreetfdit on ,une difficulté
insurmontable Cela est
vray ,
si l'oncompte pour rien
l'avantage charmant d'apprendre
une des plus gracicusesLangues
en sedivertissant
&sil'on suppose que
lesSpecrateurs
sages & toûjours avides
des bellesnouveautez,bornent
leur curiosité au seul plaisir
de voir des representations
d'actions,où ils ne voudront
pas prendre la peine de rien
comprendre.Pour les Dames
sur tout, je maintiensqu'il n'y
en a pas une feule qui ne souhaitte
ardemment de sçavoir
l'Italien. Pouren venir à bout
manquent.elles de jugement,
dememoire ou d'esprit?non;
certes; & el tè:.. n'ont qu'à souhaitter
d'apprendre une cjiofç
pourla sçavoir. Dés qu'elles se
sentiront un peu avancée
dans cette nouvelle science,
elles feront les premieres à demander
que l'usage du François
soit absolument proscrit
de ces spctacles. En mon particulier,
assistant scrupuleusement
& inviolablement à toutes
ces Comedies, je leur promets
en qualité de Mercure ( sansvanité & sans intérêt,
vicesindignes de son nom)
de parcourir chaque jour
( bien escorté de gens qui ausont
le même talent ) les premieres
Loges de ce Theâtre
d ) A1 d1e m arrêter comme eux,
celles où nous trouverons de
Dames qui n'y entendront
rien, & sans que leurs yeux
perdent de vûëles À&eurs, de
leur expliquer la Comedie
aussi clairement& pl^s facilement
pourelles,que si elles la
lisoient dans un Livre.
,;.
Autre obiectiontouteprocieuseCesgens-
là,dit-on, se
donnentde grandes libertez
dans leurs Dialogues
, & di*.
sent souvent des choses bien
hardies. Enveritécelaestad-
mirable,& nous avons au
moins lieu d'sstreaussi reservezque
nous lesommesàleur
égard, pendant qu'un grand
nombre de nos Comedies
Françoises fourmillent de ces
bons mots,dont on leur reproche
la liberté.
Dom Japhet d'Armenie est
par exemple, de droit acquis
& impunément en possession
dedire en plein Theâtre à la
soubrette quiluy jette un pot
de chambre sur la teste, le vers
le plus sale qu'on puisse imaginer.
Le Baron d'Albicrak se recricfdrt
modestement sur l'inajuirtceequ'on
luy a fait, torfau'it
Vers,
:
De ta fattr d'un Baronfaire
une denosfoeûrs! 1
* LesJodelets, &DomBertrand
dé Cigaralqu'on a remis
depuis peu au Théâtre,
fdrit-rce des Piecesoù l'Auteur
&les Auteurs ne s'émancipent
pas à outrance?
-,-' Enfin les Festés du Cours,
Comedie moderne deM Dancourt
,font-eiles exemptes de
ces -liberttz, ? Et ne doit-on
pas admirer la grâceavec la
quelle on y chance qu'un Avocat
cat sy'fdit cocu luy-même. Tou.
tes ces choses qui font si joliment
envelopées, ne laissentelles
pas des idées bien honnêtes
de l'imagination de ceux
qui les ont composées.
Je produirois sur nostre
Theatre un millier de ces
exemples dont on ne s'est pas
scandalisé, quoyqu'on les ait
entendues, & qu'on les entende
par faitement tous les jours.
Cependant bien des gens aujourd'huy
se soulevent à cet
égard contre les Italiens qu'ils
n'entendent presque pas encore.
Voila assûrément un scrucSyplrèôibciDent
fonde ! Ces gens la
obtenir une Dcc!arapon
du Roy
, par laquelle
ij. fust défendu à toutes per
sonnes de quelque qualité &
condition quelles soient
,
de
Jjrejamais Scaron,Marot &
Rabelais Ils seroientbienautrement
étonnez s'ils avoient
vû representer des Comedies
JiCpagnoles^omme par exemple,
celles qu'ils appellent Autos
Sacramentales
,
le*Aéfee* Sa-
- cramentaux; s'ils avouent vû
les trois Vertus Théologales, la Foy, l'Esperance &I..Chc1-
rité passer en revûe sur un
fTbcîfrcJ s'ilsavoientvûjouer
les. sept pechez mortels, & si
dans les Intermedes, & même
au milieu des Dialogues qui
setiennent dans ces Comedies
,
ils voyoient un Gracioso
(en François un Bouffon) faire
toutes les incartades, & dire
toutes les plaisanteries imaginables,
pour divertirles Speçtateurs.
Chaque peuple a ses ftj jfc
Coûtumes ; & c'est donner
unepreuvepresque évidente
de foiblesse & d'ignorance,
que de s'amuser à pointiller
surdes maximesreçues chez
drsNations entieres , & que
nous avons si volontiersadop- técsnous-mêmes. -.{h'1tB
~b D'ailleurs il est encoreà
propos de dire que leursPieces,
pour n'être pas dans les
:mêUlc:s' regles que celles de
ïioftre TheatreFrançois;n'en
sont pas moins regulieres &
pas moins suivrespour cela:
& qu'il n'y a que les gens qui
n'y entendentrien,qui puissent
dire qu'elles font lardées
de Scenes détachées,quin'ont
aii unrapport au principal sujer.
A l'exception detour ce
quiest de l'efficedes Pantomitnes-
y comme envies de chantera
de rire,de dormir,de
danser
, & autres admirables,
plaisantes & muettes expressions
de colcre
,
de pitié, de
joye
,
de crainte, de caprices,
de gourmandise, d'Ignorance
& d'amour, qui font dansces
Comediens le plus agreable
effetdu monde,toute l'intrigue
marche à merveille, &
sMrhne Acte par Acte ,&
Scene par Scene jusqu'à son
dénouëment.
.,r:. Avant que definir ce Volume
,j'essayeray, sije puis avoir
uncaunevas de toutes leurs
Pieces,de vousconter la Ra*
blc des principales Comedies
qu'ils auront jouépendant le
cours dece mois. #t-k:.Ú' qo;b
Pour cequiregarde lesActeurs
& Actrices,je n'enparleray
pas davantage ; chacun
est d'accord sur cet ardclc).&
il n'y a personne quineconvienne
de leur merite. Arlequin
est le plus joly,le plus
fin & le plus gracieux Arlc-
, quin qu'on puisse voir: & le
Signor Lelio est, de l'aveu mêmede
ses Emules,un des plus
sçavans & desplus grands
Comediens de l'Europe.
Ilne me reste plus maintenant
, pour encourager tous
les Curieux dans le deflertv
d'apprendre la Langue Italienne
, ou du mOlnpour leur
faciliter les moyens de l'entendre
,
qu'à leur proposer
tous les mots la lecture d'une
HlGotÎetteérite avec toute
l'élegance& toute la délicatessede
cette Langue, Ceuxou
celles qui voudront prendre
la peine de la traduite en Fran
çois
,
m'obligeront de m'en
envoïerles Traductions qu'ils
enauront faites. Je lesconfronteray,
& lesexamineray
avec au moins autant d'équité
que MeJJi unles Academiciens
examinentles Ouvragesquiconcourent
pour les Prix de l'Academie.
Eten rendant publique
celle de ces Traductions qui
me paroistra la plus exacte &
la mieux écrite , je rendray
autantqu'il me fera possible,
toute la justicedûë au merite
du Tradt£kcur.
Voicy un échantilloninteressant
& bien conté des Historiettes
que jevouspromets.
RsuGVJGLIO
R:,a :I. A,. G^v A G L 7,0
"- '., y d'unt- Aventura i,Amottroft
-:., difcorjo * Academico. Del fc
Siznor D.A' Pritcttlli.t
1
Non potendo io nella passata
notte tollerateil caldo
ché tràle piume s'offivo; mi
lçvai a punto ché Filomena
con triste voci e querele, si
dolca con l'Aurora ché si per
tempo apparisse per rinovat
suoilamenti; equanto piu
raddoppiava i giusti da lei creduti
rimproveri, altre tanco
la Dea s'infocava di Sdegno,
ché per vendicarfi d'el honta,
"affrcrtava il sole à saettarco
psuosrraoggiqfueallansciliangu.ara
Perascoltardunque il pianto
diquel animaletto canoro,
mi ftcfî al piede d'un platano
frondoso, intorno a cui alcuni
Zephiretti bambini trastullandoss
tràdiloro, cagionavapo
col placido moto delorotrasparenti
e lucidi vanni, si ameno
rezzo, frà quelle sulfurants
verdure, ché l'alma mia affannata,
trahea d'al canto e
d'al fresco doppio e non pensato
ristoro.
Al motmotat d'elle srondi
destossi un impennato stuolo
di dipenti vccelletti, ché empirono
co loro musici accenti,
quel campo di si soave armonia,
ché benedicco l'Autorc
di quel si grato Piacere.
Mentre cosi scioperato né
ftauo : ecco! non so Ce per mio
contento, ô Martire, donna
àme incognita e sola, ché di
passo in passo venia cogliendo
fiori per quel ameno giardino ;
& ovunque girava il sole d'el
suo lucidosguardo fioriva il
giglio,e apriva il casto seno
la Rosa.
All'apparir di quel nume,
ché cosichiamar laconviene,
poiché haueano le suefatezze,
un non so ché d'immorrate;
radoppio il canto la turba di
quegli alati cantori,c quei Zefitetti
lafcivi corsero â gara
pcrJ\ bacciar quel bel volto •, ementres'affrettavano, radoppiavano
il.carÍo" ilcrine
ché lependea inanellatosul
bianco collo smosso d'alloro
anhclar vehemente,in fila d'oro
moftroflï alluminoso Pia-
«cneu.;.- { -, srh Scintillà l'amoroso }. Dio
;qu/el-laviist,a l'eg.iadr.a ;:c se non -i
chér reggea il freno de gli infocati
Eto, e Piroo;non véha
dubbio ché per mirar da vicinospetaccolo
alla sua vistysi
caro non fosse disceso su quell'
amena Pianura.
La dove movea il bel piede,
s'inchinava per Bacciar quelle
nevi ognifioretto amoroso,
ché non già calpestato impassiva,
per ché, ô forzad'amore!
forgea piû lieto in cima al
suo tenero fiela, e scotendosi
per l'indicibil contento, pareachéin
ruo muto linguagio,
rendessegratieal destino, ché
tal belca riverite,
e di Bacciar
concedea. 1 Ciij
Rizzofli quella cara belles
za, mentre cro afforto e rapito,
per mirar le fuechiofrle
avolte tràccrri nodi, e legami>
trà quali comein labirin
to dubbiofo, a poco a poco,
s'era intricato il miocuore, e
vidicio ché ne a penna, nea
voce esprimere, nonché de
li*near si concede. Spirava d'al suo bel volto
la Maeftade, e il decoro,
c il iglio corne in unvago
cielo sereno innareava grato
fegno di pace, sotto cui due
siésTebenignc vibravano raggi
* RitràttQ. t
-
di si luminosa chlarezza, che
a pena il guardopoteafissarfi
in que begl'occhi amorosi.
Le guanccie pareano latte,
con quel bel sangue ftemprato;
& avivava la porpora, cd
il rubicondo corallo quel labro,
sopra qui il mioaffetto
penso volar per bacciar lo;
nla un amor riverentess'oppose,
perché ful' arco di quella
bocca foave tese uno stral di
ritegno.
In somma era quel viso il
ritractod'ella bclla madre d'amore,
ô almeno. fariastato
efficace a dare perfettaidea per
formareuna Venere amante.
Il feno chétraspariva [ottqr
un bianchissimo velo.,- togliea
il preggio al candore, di que..
sotillavorio; e forgcvano d'ar.
vivo petto due poma acerbette,
assaipiu belle di quelle,
per mezzo diché perseAttalanta
il caro vanto di preminenza
nel cor fo.
Non pote il cupido fguardo
vagheggiar piu oltre, quel
bel composto animato, merce
d'un invido manto,ché bizarramentetra
mezzo sciolto,il
succinto, copria di naturail
piu preggiato e piu raro.
Insiammosiil cuorc alvanneggiar
della mente, e fatto
fprone al defio,correa per
goder di quel bene, di
-
cui
non per anche là forte se- gli
mostrava cortefe.
In mczzo a tanti deliri,
déterminai di dar sine a quel
affanno secreto
,
ché forze
haveria tardato il mio gioir
veritiero:ondecomposto e riverenteN'e
gl'i atti, m'avanzai
doue vita
,
ô doue morte
il mesto core attendea.
Etogià sivicino à. quelogeno
béante,ché havercbbc
potuto vn amator Villanofar
prova di sua mal nata possanza;
quando si volse indierro
e con vn languido grido dié
noti segni di cerna d'el mio
venire improviso.
Le press la bianca mano, a
la mia voce fioca, e cremance
cercô dargli pegno ficuroché
nonveinuoin quel luogo per
disturbar le fuegioie;màchè
la forte e le stelle m'haucano
amesso à quella vissa felicé,
e non credeuo hauer peccatca
in quelpunro ché secundas il
loro influsso
, e volere:
Cercava intanto fuggir
d'almio laccio quella Nimfa
ritrosa; c florcendo d'almio
volto quel fuo fembiance ce- l leste, mostrrua con quel atto
spressante, ,haver à Schiso il
mio pregare, e le lachriolC",
ché quasi d'à due fond Sgor-
- gaua per glocchi il cor amic.
to e dolente.
M'a quanto più si fforzava
d'ufcir d'impaccio, e fuggire;
altretanto per recinerla egodcre
,
adopravo dolcemente
la forza.con le carezze &
Prieghi;stringendoglihora là
bianca mano, horaimprimendogli
un foave bacio
,
sopra
quelcandido feno. ::..
Nons'arrendcua pertanto
quella mia dolce Nemica ; ma
con paroleinccrrotte, e con
minaccie frequenti cercauain?
dtbolirle mie forze, ô disat
maré il mio Core, per poter
con tal inezzo liberarsi,e
fuggir d'à quel nodo ché par
- ca le sofle tanto discaro. Îl o,
A cosi dolceTenzone, il
caso, corne cred'io
,
dié fine
per. affretar quel contento per
cui il mio Cor Venia Meno;
perché menrre Cercô coprirsi
col ralo ceruleomanto, il nodo
a cui pendea si sciolse
, e
ignuda,esolarestômia preda
ecattlua.
Je vous rends mille graces,n
de la peine que vous avez prise
de lire cette Histojre;elle
est écrite en prose élégante;
mais poétique, & vous aura
par consequent un peu embarrassé;
Mais à present que
vous l'entendez, je fuis sûr
que vous nemesçavez pas
mauvais gré de la peine que
vous avez eueàl'expliquersi
cependant il vous en reste encore
quelque fatigue dans l'efprit
, dédommagez-vous, si
cela se peut par la lecture de
celle cy..
HISTOIRE.
Deuxsi rs Algouazils rc'"
vécus de routes les marques
de leur dignité,allerentily a
quelques jours relancer Mercure
jusquesdans le fanctuaaire
de sa cabane. Ne vous
trompez pas à ce nom: Je
n'offre point icy à vos yeux
Mercure tout brillant de gloire
,
cheri de tout l'Olympe,
& tel qu'il étoit lorsqu'il faisoit
si galamment les Ambaf.
fades amoureules de Jupiter
son pere. Ce n'est point tout
cela, c'est en un mot", Mercure
tel qu'ilparoît en moy tous les jours à la face des humains,
fous -le malque donc
il a plu à la Fortune de couvrir
son virage.
Ces deux Barons d'Algoua-
:
zils allèrent, dis je, trouver
Mercure, ( ce fut autant qu'il
peut m'en souvenir le quinze
de ce mois. ) Là avec force
termes de leur art insigne
,
ils
luy presenterent humblement
double triple assignation de
Capitation,desquelles susdites
assignations ils exigèrent
de luy ( mais toûjours civile-
,
ment )le payement subit. A
faute de quoy ,
saisie & maint>
a(Te sur toutes ses pauvres
nippes, garnison
,
execution
militaire, condamnation aux
dépens,dommages & intcrests,&
autres menaçantes&
criantes vexations. Le tout
item, dans un appartement,
meublésuivant l'Ordonnance
, & qui n'a tout au plus que
huit pieds en quarré. A toutes
ces semonces réïtérées, Mercure
oncques n'ouvrit la bouche.
Ainsau contraire il se
promenoit lentement dans le
coin leplus vuide de sa chambre,
bre, pendant que les Chiquanous
l'exploitoient de leur
mieux. A lafin, & leur besogne
faire,il leur dit:que ne
fuis- je (hommes de bien)*
Afatftre François Villon Seigneur
de Basché, j'aurois un
bien grand plaisir de vous voir
étriller, & traîneraàécorchecul,
comme le brave Tappecouëvôtre
ancien: Croyant fermement
que j'aimerois mieux enduter en
guerre cent coups de masse sur le
beaume
à au servicedenostre
tant bon Roy, qu'être une fois
citéparces mâtins de Chiquanous,
* Rabelais chap. 13. tom. 4.
Cependant eux insistants,
& Mercure refu sant, force
leur fut de déguerpir.
Alors en son petit partica.
lier, il fit les rcflexions suivantes,
& dit mot pour mot,
les belles & bonneschoses que
vous allez lire.
Jupiter o
Jupiter!Souverain
des hommes É7- des Dieux, votre
colère doit-elle encart duret longtems.?.
Si vous êtes sourd à
mes cris, si vous êtes infinfible
ames peines; en un motsivous
êtes inflexible, du moins ditesmoi)
quelusage voule:{
- vous
que je feefie de l'indiftrirjar
vous nj"avez donnée pour maideràfubjtjler
pendant ma peregrinà
«ion en ces,bas lieuxsi tout
mon art efl impuijjant contre les
ajjauts de ces vilains Chicanoui..
Est-il écrit daqs les dessinées que
tout la terre Joit infeéîée de cette
maudite engeance? Leurytrannie
m'a cbalf-é du pays des Volsques
jdes Samnites>de tEtfurie,
d'Elbe la Noble, & de la Superbe
Rome, d'où je me fawvay
dans la Germanie; mais les traîtres
my suivirent de si prés,
qu'ils ne me donnèrent pas seulement
le loisîrd'habiter pendant
l'espace d'un an révoluces fertiles
contrees. De- la croyanta lafin
m'affranchir de leur fureur, j'efcaladayles
Pyrenéesjetraverfay
toute l'iberie,je fus jufitu»..u#c
Colonnes d*Akides, qquueejeregar- 1 re ar-
JOlscommeunai/esacré contre
l'immortelle guerre qu'ils mavoientjurée;
mais partoutChi*
quanous, r:!/ Cbiquanous par
tout. Je fus encore obligé de me
sauver de ces climats brûlans.Je
regagnayà travers mille ptriLs
ces effroyables Montagnes
, que
sjavois eu trois ans auparavant, a'VolSeutrolS Ans 4llp4ra'Vanl ,
tant de peineàtraverser au milieu
d'un épouvantable hyver.
Parvenu enfin ansommet du
plushaut de ces Monts
, je
commençay à retirer un air
de fraîcheur
,
de plaisir
,
£&*
mour& de liberté, en envisageant
les riches. plaines, &
les riants coteaux de l'opulente
Gaule. Je pris auffuotmon
effort, 4n7
fcmblable à un torrent
qui se précipite dans une vallée
profonde ,je fautay de rochers en
rochers
> & avec la même rapiditéje
me rendis enfin dans cette
Capitale du monde.
J'achevois alors icy bas mon
Çtxiéme luflre : ily en avoit déla
plus de deux
, que de Royatt»
mesenRoyaumes yma principale
affaire rouloitsur les moyens
de me dérober aux perfecutiom
des Chicanous..
AH Soleillevant,pournepts
saluer une Eminence à moy trésinconnuë,
une troupe de Sbirres
mattaque, mr, bat &me ravit
au moins mon chapeau. Au mê.
me lieu quatre meurtriers, pour
une amourette ! là plenvent les
menaces) les mépris &lescoupsy
si vous ne consènte a 'Vous enyvrer
tous lesjours (grâcesàvos
honte%yJupiter, ce nétoit pas ce
que fapj>rehendois le plus. ) au
Soleïlcoucbant, comme a Pensse,
curïofiié punie de mort. Enfin Id,
& lày Iffàfins, Bandits, PoU
trons&A.!ÀouaKils vous volent
cm vous aJJÕmment pour une bagatelle,
-c souvent pour rien.
Tout compté
, tour rabattu,le
fus à peine arrive danscettetant
Sonne Ville, quejeregardois comme
le PortJalut, queKyfus condamné
ifansfçdvoit pour-quey
> auJuppltce des IYarJdïdes.
Voicyenfinquelfut,pyquelefl
encore mon dernier fort. Semblable
au temeraire Ixion, qui porte
& reporte sanscefe un rocherau
sommetd'une montagne, de même
le dessin m'ordonna de presentes
à chaque nouvelle Lune
aux habitans du monde, un livre
de pieces & de morceaux
ra]femblc%parmesfoins,&qui
fervit a les entretenir beaucoup
plus de leurs avdntures ) que des
miennes. J'ayvingthuitfoisdéjà
renouvelle ce penible exercice
,; &je le,,oenouvege encore,
Voila
, o
Jupiter! à quoyje
moccupois,lorjque les. infâmes
Chiquanous de qui je me croyois
parfaitement oublié, font venus
m'afaillir de toutesparts, &me
commanderJeparungrand/?oj9
de leur payer double & triple
assignation de Capitation. Seroit-
"ilpossible qu'un Roy eut lecourage
rage de prendre de mon argent,
Apres rien avoir jusqu'à present
donné à aucun Souverain du
mondetJe ne sçay si cet ordre
m'est venu véritablement d'une
si bonne part; mais je [çay bien,
quoy auil en puiJSe être, ( humble
gr diferet esclave que jefuis)
qu'il faut que je paye J
puifquon
me le commande Mais avec
quoypayer> n'ayant rien pour le
faire?..- Il en faut chercher.
Hébien cherchons en donc?
Il dit, & sur le champ
,
il
fc mità courir les ruës pour
en trouver, & se débarrasser
plutôt par cetexpedient, des
importunitez cruelles de ces
enragez Chiquanous.
Il fut chez un sien ami, qui
devoir luy donner le même
jour huit ou neuf cens sesterces
,
qui font environ deux
cens livres tournois, monnoye
de France. Il heurta modestement
& en créancier qui craint
d'être éconduit.
Alors une jeune fille de 1 5
à 16 ans, & jolie comme
rAmour, vint d'un air fore
trisse luy ouvrir la porte.
Qu'avez-vdus, luy dit Mercure
, qui avoit depuis plul'Íicurs
mois l'honneur d'être
connu d'elle. Vous me paroiffez
bien affligée,aimable fille.
Helas, ManGeur)luy répondit-
elle, prenez la peine d'entrer
chez nous;& je vais vous
conter la plus étonnante avanturc
du monde, qui vient d'arriver
à mon oncle. Ecoutezmoy
,
s'il vous plaist.
.,Il y a environ six semaines
que mon oncle Damis, a je ne
sçai comment, fait connoissance
avec une certaine Dorine
qui demeure à deux cens
• pas d'ici.Dorine est
une
grande brune, bien faire &
fort jolie:elleabeaucoupd'esprit,
a ce qu'on dit, &elle
meurt d'envie d'estre femme.
Elle ne voit pas un homme
qu'elle ne lui suppose des qualitez
dignes de le rendre son
époux ,
& elle s'impatiente si
fore d'estre fille, qu'on diroit à
son geste&à ses regards qu'elle
en veut à tous les passans. Le
premier qui s'arreste à la considérer,
devient le premier objet
de sacuriosité. Lorsqu'elle
n'a point d'affaire de coeur elle
est lamoitié de savie à la fenê.
tre,ou sur sa porte, & deux ou
trois allées & venûës devant
sa Maison, font avec elle tout
le prelude d'un rendez
- vous.
Elle s'habille tous les matins
en sortant de son lit.)
& pour les besoinsles plus
imprévus
,
elle médite sans
cesse, & trouve toûjours
auprès de sa famille, des pretextes
pour sortir. Sonintention
dirige ses pas, tantôc vers
une Eglise, & tantôt vers
l'autre. Là en grande devotion,
elle invoque
,
je ne sçai
quel Sainr. Son oraison faite
elles'assit. Alors l'audaceou
la timidité déterminent le curieux
qui l'a suivie à se taire ou
à lui parler. S'il lui fait son
compliment, elle l'écoûte, &
la conversation se lie, s'il n'oie
lui rien dire, elle le fuit,
Ce fut ainsi que Damis, de
qui je tiens ce que je viens de
vous dire, fit connoissance
avec elle. Il parla, & il fut
écoûté, &ilobtint d'ellepour
le lendemain, un-rendez vous
au. Jardin duRoy, çù ils firentpour
la premiere fois,
collation ensemble. Deux
jours après ils furent ailleurs
aux environs de Paris:&ainsi
de deux jours en deux jours
ils continuerent leurs promenades
de tous les costez de
cette Ville. Le jour d'întervale
qu'ils passoient sans se voir,
étoit consacré. à un autre
amant qui faisoit à peu prés le
même manège que Damis
qui ne s'apperçûtqu'avant
hier des tours que la belle lui
joüoit. Il voulut lui en faire
des reproches sur le ton d'un
amant outragé; mais elle lui
dit des choses si touchantes
& lui fit de si belles offres,
que son éloquence &quelques
larmes décruifircnt
moindres de ses fou pçons.
Enfin, Damis, a joutatelle
dans cet éclaircissement, je
veux vous donner après de
main, la plus forte preuve de
tendresse que personne ait jamais
reçue de moy. Vousn'avez
pas encore entré dans
, nostre Maison, parce qu'avanr
que de vous permettre,
d'y venir, j'ay voulu vous
connoistre. Je ne doute plus
à present des sentimens de
vostre coeur, & je fuis si perfuadée
que vous m'aimez, que
je consens à y recevoir desormais
vosvisites Je disposeray
mon pere & ma mere à vous
faire l'accuëil que vous meritez,
&j'y joüiray doresnavant
en pleine liberté du plaisir de
-
vostre conversation. Ne manquez
pas de vous y rendre
aprèsdemain à Tissue devostre
dîner. ;
C'est aujourd'huy le fatal
jour qu'ils choisirent pour leur
premiere entrevûë dans cette
odieusemaison:& il n'y a pas
encore deux heures qu'il vient
d'y arriver au malheureux Damis
la plus fâcheufc avanturc
du monde.
Il s'est à peine donné le loisir
de manger un morceau à la
hâte, pour se rendre ponctuellement
au rendez-vous.
9 La servante de Dorine,
seule confidente de sa Maîtresse,
l'a introduit secrette.
ment dans sa chambre; mais
gagnée par l'amant alternatif,
elle n'a apparemment pû souffrir
que Dorine fit une pareille
infidélité à un homme qui la
payoit bien, en faveur d'un
autre dont elle n'avoit encore
rien reçû, & de qui elle ne
Connoissoit pas les moyens.
Ainsi pendant que ces deux
amans s'entretiennent à leur
aise de leurs amours, la perfide
servante avertit le rival
jaloux de la cruelle trahison,
dont son ingrate Mailtresse
recompense l'ardeur de ses
feux. Et aussi tost elle fait avertir
le pere de Dorine(qui n'étoit,
non plus que sa mere, encore
prevenu sur rien) qu'il y
a des voleurs cachez dans sa
maison. Al'instant les voisins
s'assemblent, grande perquisition
par tout Je logis, le vacarme
qu'excite cette recherche
, tire les amans de leur
yvresse. Dorine qui ne sçait
encore dequoy il s'agit,abandonne
en même temps Damis
à sa servante. Cette fille par
un petit cfcalier qu'on n'avoit
pas encore vIbréj le conduit
jusqu'à une porte de cave, où
pour ainsi-dire, ellele précipite.
De-là il entend avec
frayeur toute l'allarme qui est
répandue dans la maison. A
la fin après avoir amplement
visité, greniers, chambres,
antichambres
,
garderobes
salles, cuisînes, écuries , & remises,
on arrive aux caves à
tous les gens accourus sur l'avis,
au secours du N/taiftre du
fogi, y entrent |e(k messe
avec ses domestiques. Alors
on cherche encore mieux
qu'on a fait. En même temps
celui qui saisit Damis, s'écrie,
Bon,: Messieurs, en voiladéja
un, cherchons maintenant Ces
camarades. Damis qui s'entend
donner les noms d'infame
& de voleur, a beau jurer
qu'il n'est point tel qu'on le
croit, & protester de son innocence
, on n'a joute pas plus
de foy pour cela à ses paroles.
Le desordre augmente à
un si violent excès, que peu
s'en faut qu'il ne soit bien-tôt
la victime de la populace;mais
sur ces entrefaites un Commissaire
arrive.
Si la Justicen'étoit pas fouvent
de l'acabydesChirurgiens
qui ne demandent que
playe & bosses, le calme, en
bonne Police, devroit par
touc où elle se fourre, succeder
à l'orage; mais ici, point
du tout. On lie, on garotte
Damis, on le jette comme un
criminel déja condamné, dans
une salle, où M. leCommisfaire
farouche faisant legros
dos, lui demande d'un air de
Juge competent, son Pays,
son nom, son surnom, son
état; par où, & pourquoy il
s'est introduit dans cette Maison.
A toutes ses demandes
brusques, Damis repond qu'-
il n'est point un voleur
si vous ne changez pas de
notte, mon ami, répond le
Commissaire, la question ordinaire
&extraordinaire vous
fera bien-tôt desserer les dents.
Enfin puisque vous ne voulez
pas parler, quoyquc vous
soyez pris in flagranti delicto,
j'ordonne qu'on vous méne
en prison. A cette belle Sentence
chacun jette un grand
cri de joye; il n'y a pas jusqu'à
Dorine qui prononce comme
le Comm (faire,contre ce voleur
dont la vue l'importune.
Il ne s'entend pas plustost
qualifier de la bouche de sa
Maistr,cflcy du même titre
dopt tous les spectateurs
l'honorent, qu'en la regardant
d'un oeil de mépris, il
dit au Commissaire qu'il voudroit
lui par ler un moment
en
*
particulier. Le Commisfaire
refuse de l'entendre. Alors
il dit tout haut àraÍfem.
blée: hé bien,Messieurs, voulez
vous sçavoir pourquoy
vous m'avez trouve dans
cette maison, demandez le à
Mademoiselle, elle le fic
mieux que personne,& j'étois
- avec
avec elle, lorsque tout le vacarme
que vous venez de
faire, a obligé cette fille à me
cacher dans la cave où vous
m'avez trouvé. Voila tour le
mystere. A ces mots Dorine
le traite de menteur, d'impudent
& de voleur. Son rival
messé dans la foule, lui dit
qu'il n'est point de châtiment
trop cruel pour une telle insolence;
Cependant la Justice
dont il est la proye l'emmene
à bon compte, & le traîne
dans la prison, où il en maintenant.
Je viens de l'y voir
tout-à-l'heure, Monsieur, &
j'Y retourne dansun momcac
Ne doutez pas au reste que
cette affaire n'ait dé grandes
fuites. En verité, dit Mercurte,
à cetteaimable fille, après l'avoir
bien remercié c£un si o-en.
til récit, je m'interesse infiniment
à la fortune de Damis,
& si je peux le servir en quelque
chose, je fuis prest à
m'employerpour lui de routes
les façons
; nuis quoy qu'il [oi.
à present horriblement mal
dans les mains de ces cruels
Chiquanous, cette affaire ne
peut malgré eux & malgré
-
leurs dentscanines, tourner
qu'a son honneur. Ce que jy
trouve de plus étonnant,c'est
le. procedé de Dorine,qui
renie avec tant de cruauté
,
un amant que son indiscretion
exposè en un moment
à tous les affronts du monde.
Il y a bien des belles choses
à dire là-dessus à la gloire
du beau sexe: mais vous
en elles un ornement si aimable
,que je ne vous prendray
jamais pour la confidente de
cesreflexions. A ce petit compliment
,
qui n'est pas mal
troussé
)
il en ajoûta deuxou
trois autres, puis il fut heurter
*a d'autres portes ; mais il trouva
par tout de nouveaux inconvénients.
Le Maître d'un
logis9à la Campagne, la Maîtrefle
d'un autre, au lit malade.
Ailleurs un Procès perdue là'
une maison achetée ; icy une
Sentence des Consuls accable
de gouttesun pere de famille.
Ainsidu reste. Enfin ne fçachant
plus de quel bois faire :flèche, il retourna chez luy
comme il en étoit forti. Je te
loue, dit il
, en y rentrant, ô
grand Jupiter, de l'indulgence
qu'a pourmoy la fortune ma
trèsdure e rre-s aimée soeur.
Elle pouvoit mefaire encoreplus
de mal quelle ne m'en a faitaujourdtbuy
: & voila de quoy je
te rends g,races,; maissi ces maudits
cbiquanous reviennent demain
,que leur diray-je?que leur
donneray-je? carJupiter, a mon
pere ! 0 mon ancien ! je fuis tenu,
( Cm IdLoy Ut si quis, &c.jy efi
formelle) d'ajfouvtr an moins en
partie leur avarice. Ce que je
leur donneray.jeleurdonneray
1997.pieces de proseou de
versy que je nay pas encore eu
le tems debrûler &qu'ils pourrontvendre
à la livre. Mais.si
sette monnoye ne leur duit pas, ils
mappréhenderont au corps; &'
vous tture lapatience Jefôuffii
que leurs profanes mains (Aiftffent
vojire Inîerptete ? Pourquoy
nonfje vous entends; la peine
Sautruy rieflquefonge:&nous
êtes vont-même de la trempe dès-
Grands qui ne s*entraidene les uns
les autres, qu*autantque lesbons
officesqu'ilsse rendent, s'accordent
avec leurs interêts. Vous neglige7,
aujourd'hui ma deenfe»
parce que vous mavez mis si bai
que vous crl!Ye:{que je ne me releveraijamais
de ma chûte; mais
foy de Mercure, vous verre£un
jourde quoyjefuiscapable. Ce
mfcours ejiavosyeux une image
de l'apologue ducombat duRat&
du Lyon. Ala bonne heure; mais
gardt% Donstoujours des CAreffis
ie.tJfne.
Ces bons propos ac-hevez,
il s'endormit. Le lendemain
wtin, Damis qu'on avoit emprisonné
la veille
,
fut le voir
à son levé. Bon jour
, mon
cher Mercure, luy dit-il, en
l'embrassant.Ma nicce ne vous
a concé hier qu'une partie de
monavanture ,
jeviens moymême
vousenconter le reste.
Un moment après que ma
niecem'aeuquitté dansla prison
ou l'on m'avoit conduit,
Dorine y est entrée. Aussitôt
qu'elle m'a veu,elles'estjettée
à mes pieds,elle m'a pris les
mains qu'elle a toutes mouillées
de ses tarmes,& sans avoir
la force de larelever,ni deluy
c parler, nôtre douleur en un
moment est devenue si vive,
que nous n'avons pû' pendant
prés d'un quart d'heure,que
soupirer & pleurer encemble.
Enfin elle sest affile à côté de
moy ,
elle s'est avoüée la plus
coupable & la plus malheureuse
fille du monde
,
elle m'a
ditqu'elle s'était jettéeaux genoux
noux.de son pere ,
quelle luy.
avoitconfessé tout ce que
vous
sçavez déjà d'elle & de moy :
[ qu'elle avoit obtenu de luy la
permission de venir me voir
I me con soler, me délivrer elle-
¡ même; qu'elle avoit chaisé déjà
j son infidele Servante
,
proscrit
à jamais le lâche qui m'avoit
insulté dans sa maifbn;
; que son perealloit arriver dans
un moment pour mcmmener
avec luy; & qu'aprés ma
delivrance, si je me sentois core cn quelque. reste de conside-
, »',J ration pour elle,toute la grâce
qu'elle me demandoit étoit
• seulement de luypardonner
son crime & sonmalheur.*
l - 1' Quctie étoit belle
,
dans
cet état mon cher Mercure,
quelle étoit belle! je luy ay
accordéplus mille fois qu\hc
n'exigeoit de moy. Son pere
cftarrivé enfin, & apréstoutes
les exeuses que meritoient
au moins les mauvais traiternens
que j'avois reçû*, nous
sommes sortis du Chastele
Dorine, son Pere
, ma Niece
qui y étoit revenue ,*tiion Valet
,
& moy.Tant que cette
nuit a duré , mon avanture &
l'image de Dorine ont été sans
cesse presentes à mon idée. Je
me luis éveille & levé ce matin
avec encore plus d'amour
pour elle que je n'en ay jamais
senti. Après l'éclat qu'a faitce
trair demon histoire, son pere
ne demande pas mieux que de
voir incessamment ces bruits
étouffez par nôtre hymen. Dorine
le souhaite ardemment,
si je ne me trompe,& je vous
avouë qu'il ne fera jamais assez
• tôt conclu pour moy. Dans
cette conjoncture il me faut
au moins trois ou quatre cens
pistoles que je vais chercher à
emprunter par toutpu ie
pourray trouver de l'argent. Il
cil extrêmement rare ; mais
j'en ay un besoin extrêmesquelque
intérêt qu'on exige
de moy, je ne peux pasme
dispenser de mettre tout en
usage,pour trouver cette fomine.
Adieu, mon cher Mercu.
re ,
apres mon mariage nous
nous verrons plus à notre aise.
Cette confidence de Damis
à Mercure le rend immobile
& confus. L'urgence du cas où il est ne souffre point de
delay; cependant faisantun
- genereux effort : Qu'il en arri-
J'ive) dit il, tout ce qu'ilrd
3l'impojjible nul riefl tenu,
D'ailleursquesçait-on, il si
trouvera peut-être quelque /xm.
pige & puissant personnage dont
l'autositém'affranchira de ce tribut
, ou du moins en fera modeter
la valeur énorme. Sinon, je
feray cejJion. Tant de gens de bien
tous les jours sefawvent par là :
qu'ity auroit en moy de la puf&
Uanimité* ,
à noferles imiter.
Courage, Mercure, mon parrain,
mon frere,monamy.Inmagnis
periclitafle fat est. Il est beau
éiéme d'en tomber.
Sur ce, belle & brave resolution
prised'attendre de
piedferme sommation nou-:
Vellè,d'éconduire les Chicav
nous à leur retour ,
sans mattle
débourfer: & de les renvoyer
feulement à la propo
sition cy-dessusdéduite,c'est
à dire, afin que ne vous y.
trompiez ( bons &prudents
Lecteurs) de contraindre les,
Faquini susdits à charger Ifcura
breteles des 1997. ordes paperasses
contenant Prore,&
Vers, ainsi que ja mention en
, 1 C» a étéfaite.), A &v.\
neOres luysurvinttoutà
coup sur ces entrefaites autre'
accident aussi imprévu'que le
:"1,
premier. Gentil Exploit nouvelluy
fut déposé és mains,
par M. Loyal. Voilà bien le
plus beau de cette élegante
HistoireSentence des Consuls,
& condamnation par
corps contre Mercure,pour
avoir recueilly un Billet plein
de nonvaleur d'un fien ami
qu'il vouloir obliger.Un Demandeur
s'érige en titre, il
poGulc,il sollicite un Arrest,
l'affaire ca de consequence.
Avant que de prononcer on
va comme d'us & de raison
aux opinions. La multiplicité
d'avis suspend le Jugement;
cependant ilfaut juger, &de
par Belzebud,jugeril faut.
Tunc, & c'est icy qu'on a recours
aux Aleajudiciorum.
La chance des dez est favorable
à sa partie, & à l'exemple
du sageBridoye, le Juge prononce.
Remarquez, Àûtem,
Messieurs, la nullité de cette
procedure : Il, par Mcshain
sans doute contre Mercure,
oublie de concilier les Parties,
& de les faire boire ensemble.
Nullité évidente,nullité authentique,
& Mercure prote-
Jtc icy à la face de tout le gen- rehumain, contre le Juge &
le Jugement. Item plaise à vos
magnifiques Lunettes, considerer
de prés, de loin, devant,
derriere,à droite, à gauche,
perpendiculairement, &enligne
paralelle
, que vont devenir
Etoquence,Poësie,Philosophie
,
Mathematiques,
Méchaniques,& autres Sciences
,si vous soumettez le Protecteur
& la Trompette des
- beaux Arts au poids& à l'aune.
Y a t-il quelque étrange
boulversement dans cet Empire?
La nature s'cnnuye t- elle
de l'ordre où elle a toûioufà
maintenu les Elemens ? Les
Cerfs vont ils désormais par,
tre dans les airs,& les humains
dans l'abîme deI; mers > A
moins d'être prêt de voir ces
effroyables dérangemens dans
l'univers, (si il permis qu'une
petite.Jurisdiction sorte de [e,
limites à l'exemple des plus
ambitieux Potentats du monde,
& que son déreglement
étende son empire iut*qu'oùil
luy plaira porter ses regards
orgueilleux. Si Mercure plein
de vices &de vertus dévelope
icy aux yeux des mortels, les
coupables ralens dont il a plû
aux Poëtes decharger son tableau,
qu'on examine ses déportemens
à ces Tribunaux,
donclesChefs& les Membresaugustes,
sages&éclairez,
font une imagevivante deces
hommes rcfpcâ,iblcs dont il
est dit dans le Livre des Juges,
Vos estis Du, vous e stes des
Dieux sur la terre. Vos lumiere,
vôtre sagesse & vôtre experience
répondent de vôtre
équité. Mais que la présomptueuse
ignorance ne. se mêle
jamais des .ires des Dieux.
C'en est fait: Passons à un
autrechapitre, ou plutôt reprenons
pour un moment l'article
des Comediens Italiens.
Tout ce qu'on vous a dit de
veritable à leur loüarigene me
paroît nullement incompatible
avec le Dialogue fuivanr.
M. Gabriel Capitaine de Dra-.
gons, dont je vous ay parlé
dans plusieurs de mes Journaux
,vient de me l'envoyer
& je vous en fais present.
DD'~ll ~-AA10 \G)V E
-
1
MEntre Arlequin C? Cotharnus
Trazi Comedien.
o
Cothurnus.
YîbEnfin vous l'emportez,&
la faveur du Roy !"'°r
Vous a mis dans un rang qui
n'étoit dû qu'à moy.
Arlequin,
Con licenza Signore Lasciamo
il Cothurno,ô Lafciaro
il mio sembiante nocturno.
Parliammo ensieme d'el publico
e d'ella manera di guadagnar
suos quatrini. Ché
Piaga ,
ché rida l'auditor
ch'importa , ? vengano solamenti
quatrini, r'Aétor sempre
ride.
Cothurnus.
Non
,
Seigneur, je n'ay
point des sentimentssi bas.
Arlequin.
E' bn locredo. Ma qual
à
djff..Ienz diti,ami.
i COÎhumus. Dans de si bas détails je ne
fçaurois descendre.
Alfequin.
Sentite ? se fate ben rim.
peratorcperato'rc,p:u naturalmente
) p, naruralmcnte
ancora fate il villano. Il sembiante
responde a laverita. O
Datura quanro sete bella !
Cotburnus.
Je consens à quitter le cothurne
&à chausser le brodequin,
pour me conformer à la
jlÉbkiéloqugpce de vôtreNation;
mais si vousvoulez répondre
au sublime de la i\ptre,
renoncez pour uninstant
àces ridicules cxpit-iffons,qui
dans nôtre Langue p,¡aencpour
des impertinences, &.
répondez moy serieusement.
Arlequin.
10 serioso ! Signore, Ici
m'escusa, fono comediante.
Cothurntu.
A la bonne heure; mais le
merire d'un Comedien consisteàsçavoir
prendre tous les
caracteres convenables aux
Personnages qu'il represente.
jirleauin.
Peressere Imperatore nella
Luna, villano nella citta, forfante
in guerra, pazzo in corte
, non sonomenoComediante.
Dunque non meno ridiculo.
,.' Cothurnus.
Voila en bonne foy, une
plaisante définition; mais vous
avez beau dire
, vous vous y
prenez mal pour plaire, &
le François d'un esprit plus
solide que vôtre Nation,n'a
point de goût pour vosbagatelles.
Il veut des spectacles
qui surprennent, qui remuent
les
les passions, qui touchent les
coeurs, & qui charment les
eyeuxs. Epn aveez-cvoues d?e cette jétleauin.
Si;poichéquandopiango,
ride, quando rido, sempre ride.
Sono al suocomendo mercante
di gentilezze. Sonocomediante.
Cotburnus.
Mais malgré ce.refrain ridicule
dont vous usurpez le titre
,
sçavez vous ce que c'cft
qu'un Comedien ?
Arlequin.
., Un Comediante éun animald'ognisorte.
Cothumas.;
Mais ne pouvez vous pour
un moment ,
quitter cedan..
gage insensé, & vous défaire
de ce visagede singe qui fait
horreur à tous ceux qui aiment
la figure humaine.
Arlequin.
E'il mio sembiante, Signorc
,
sono, dico
,
Comediante,
dunque simio,é il mio.
sembiante'mi va bene.
Coiburnus,
Je commence à desesperer
de pouvoir vous mettre à la
raison ; mais je fuis encore
biensimple de m'abaisser jus- J qu'à m'entretenir avec vous.
Sçachez, mon amy , que nous
sommes gens qu'on confidere
dans le monde,les débauchez
ont besoin de nous à leurs tables
,
&les co quettes dans les
ruelles cherchent avec nous la
réalité des fiaions que nous
representons sur le Theatre.
Je voulois enConfrere charitable,
malgré la distance que
,
lemerite met entre nous,vous
donner de bons avis; mais je
vois que tous vos talents consistent
dans vôtre baragoüin
, & dans les graces de vôtre visage
de fiÓge.--¿i.;-
Adèquin.
-
Per cortezia, Sign..ore-,un
parola, se non fete simio,non
fccc comediante. Mâ é vero
ché fete fimio cativo e piu cativo
comediante.
Cotburnits.
Allez pauvres gens, le Pu.
blic qui ne vous entend pas
fera bientôt aussi las que tnoyr^
de vôtreinsipidelangage.
Adieu.
jdrlcauin.
Fate mi una gratia, Signor,
voi altri parlate franceze. 0
chebellacosa! mâfateuna si
cativa electione di andqui , é
contalindustradiffigurategli
moderni , ché il franceze no
riconoscepiùil genio della sua
Natione. E' per quella raggione
ché sequono adesso gti
heroici sentimenti e l'essempio
d'elGubernatore.Sapono tutti
ch'il mio sembianteépiù burlesco
ch'il vostro, dunquc
guardo e guardaro sempre il
mio sembtante. Adio amico,
vi ringratio della vostra cortezia.
- Un petit air de Nouvelles,
ne eâccrafrjd ne me trompe,
rien icy.Essayez en, si vous le
jugez à propos, sinon, preiv
nez la peine de faire ce que je
fais de tout ce qui m'ennuye.
MEMOIRE
touch"nt' l'AJemble'edu Clet-
; gê du Comtéd'jéttxonne
tenuë au mois de May
dernier.
1. Ona parlé dansla Gazette
de France du 30. du mois
passé (mois de May) de l'Assemblée
du Clergé du Comté
d'Auxonne ,dont l'ouvertures'étoit
faite le 6. du même
mois, à loccafion du joyeux
Ayenement de Loüis X V.
à la Couronne;ainsi que de
la Messe solemnelle que ce
Clergé avoit fait celebrer,
en Actions de Graces de cet
heureux Avenement, à laquelle.
Messe le Commandant
de la Place & les Magistrats
avoient assistez en Cor ps: Le
Public ne fera peut-être pas
fâché de sçavoir un peu plus
en détail ce que c'estque cette
Assemblée:voicy ce que l'on
en a pû apprendre.
Tout le monde sçait que
la Ville d'Auxonne est située
sur la Saone; qu'elle estdu
Diocese de Besançon pourle
spirituel, & du ressort du
Parlement de Bourgogne, &
du Gouvernement de cette
Province pour le temporel;
maison est peut-estre pas également
instruit quecette Ville
est la Capitaled'un Comté,
dit le Comté d'Auxonne, lequel
peut avoir environ vingtcinq
lieuësd'étenduë, &
dont les trois Ordres joüissent
de très beaux Privileges, &
en particulier le Clergé, &
les fonds Ecclesiastiques qui
lui appartiennent.
Quoy
Quoyqu'en generalleClergé
du Diocese de Be sançon
soit sujet à de certaines Décimes
& autres Impositions, cependant
le Clergé particulier
du Comté d'Auxonne n'y est
point sujet,& il est exempt
de toutes Charges & Impositions,
moyennant feulement
un Don gratuit qu'il fait à
chaque Roy, à son joyeux
Avenementà la Couronne.
LeClergé s'assemble à cet
effeten la Ville d'Auxonne
pour en deliberer, & en faire
larepartitionenvertu des Lettres
Patentes du nouveau Roy.
Pour cc qui est de l'origine
des PrivilegesduComtéd'Auxonne,
cela vient de ce que lePaysestoit autrefois Pays
Souverain & indépendant, lequel
à cause de cela avoit aussi
toujours eu ses Etats particuliers,
quiontcontinuezjusques
en l'année1639.en laquelle
ils ontété réünis aux Etats
du Duché de Bourgogne, en
y donnant en même temps
entrée aux trois Ordres dudit
Comté d'Auxonne, & nommémentauxEcclesiastiques.
Or le Comté d'Auxonne
se trouve situé entre le Duché
& Comté de Bourgogne,&
les guerres estant survenuës
entre les Souverains de ces
deux derniers Erats; comme
le Pays du Comté d'Auxonnc
se declara en faveur des Souverains
du Duché de Bourgogne,
auquelmême il sur ensuiteréüni
à de certaines conditions;
les Souverains-dudit Duché se
font crûsobligez par reconnoissance
de conserver &
d'augmenter les Privileges des
trois Ordres du Comté d'Auxonne,
entre lesquels Privileges
se trouve specialement celui
qui declarele Clergé
exempt de toutes Charges &
Impositions, moyennant un
Don gratuitqu'il feroit à chaquemutationde
Souverain;&
lePrivilege, depuis la réunion
du Duché de Bourgogne à la
Couronne, a toûjours esté
confirmé à chaque mutation
de règne, & en dernier lieu
par le feu Roy Louis XIV.
'11' Les derniers Ducs de Bourgogne
avoient pris la Ville
d'Auxonne, en telle affection
qu'ils y faisoient un assez long
séjour
,
& y ont bâtis une
magnifique Eglise, & fonde
le Monastere deSainte Claire.
/J Cette Ville est eneffet très.
agréablement située. Elle a
presentement un Bailliage
Royal: elle est bien fortifée,
& a un Château avec un Etat
Major,&un Arsenal trèsbien
fourni: M. le Marquis de Bissya
neveu de M.le Cardinal de
Bissy, en est Gouverneur en
survivance de M. le Marquis
de Bissy son pere, Lieutenant,
General des Armées du Roy:
enfin l'Official que M. l'Archevesque
de Besançon doit
avoir dans le ressort du Parlement
de Bourgogne, fait sa
residence en cette Ville. Ceux
qUl¡¡voadront icavoir toutcela
plus à fond, pourront lire
Jurain, qui a fait l'Histoire de
la Ville & du Comté d'Au
xonne; & pour en revenir à
l'Assemblée qui a donnélieu à
cet article,ç'a été M. l'Abbé
Bouhier,Docteur deSor P004
ne, Archidiacre de Dijon, &
Grand Vicaire du Diocese de
Langres, frere de M. Bouhier
de Savigny,Président à Mortier
au Parlement de Bourgogne
,quiapresidéayantété
nommé pour cela parS. A. Mle Duc, en qualité de
Gouverneur de Bourgogne,
& par M. l'Archevesque de
Besançon. L'Assemblée l'a
député pour venir rendre
compte en Cour de ce qui s'est
passé dans cette Aflfcmblée,ôc
pour demander à sa Majesté,
suivant l'usage, la confirmation
des PrivilègesduClergé.
DeRome,leiî.May 1716--"
Dimanche dernier on donna
au Prince Electoral de Baviere
le divertissement de la
Course des Chevaux; elle se
fie hors de Rome, vers la Porte
Pie. Le Pape a voulu faire la
dépense du Prixdela Course,
le Pr ix consisteen 12.aunes ou
environ de velours cramoisis
Il y eut un si grand concours
deNoblesse & de peuple;
que pour pouvoir faire la
Course on fut oblige de fermer
la porte de la Ville, en
sorte qu'il resta beaucoup de
carrons au- dedans, même
quelques Princesses. Le Prince
Electoral voulut voir de prés
le Cheval Victorieux, qui
fut celui du Marquis Gabrieli,
& Son Altesse donnaquelques
pistoles à celui quille condui
soit;elle vit cette Course, du
CassindelamaisonBologneti:
le foir du mêmejourelle fut
chez,lePrince Ratpoli,ily
avoit grande compagnies lé
lendemain ce Seigneur luy envoya
un present de comestibles.
Il yavoirunetrentainede
domestiques chargez de toutes
sortes de bonnes choses; &
de vins exquis,entr'autres un
gros esturgeon qui fut envoyé
ensuite à la SignoraDona
TheresaAlbani, qui à son
tour, suivant l'avis de M. son
époux, l'envoya au Cardinal
Scrocemback.
Le même jour ce Cardinal
receut un exprès de Vienne
avec la nouvelle de la naissance
del'Archiduc. Il envoyaaussitost
au Palais demander une
Audiance qui lui fut accordée
pour le lendemain. Son Eminence
y fut avec un train &
une livréedes plus magnifiques*,
le cortege estoit aussi
des plus nombreux. Il y avoir
prés de deux cens carrosses.
Le Sacré College, la Prelature
& la Noblesse yayant contribué
unanimement. Le premier
en y envoyant des Gentils
hommes,&les autres par
leur presence. Les feux & les
illuminationsont duré trois
jours. Le Cardinal Aquaviva
& les autres Ministres Espagnols
n'en ont point fait, non
plus que le Prince de Borghesse,
ni les mat sons de Boncompagne,
cellesde Palestina & de
Cella Maré, àqui le Cardinal
Scrotembackn'a point donné
pait de etne nouvelle. Pendant
cestrois soiréesjusquesà
quatre heures de nuit,son Eminence
alloit incognito par la
Ville, pour observer ellemême
ceux qui faisoient ou ne
faisoient point de réjeüssances.
Le Cardinal Bai berini <L
esté lui faire compliment
sur cette naissance. mais elle
la receut en Cmarre, ce qui a
esté desaprouvé. Elle a fait
distribuer à vingt-cinq pauvres
filles des dottes de nj.
écus chacune, & quantité
d'autresaumônes. LePapefait
actuellement travailler aux
langes pour les envoyer au
plustost à Vienne.
M. Levi, Clerc de Chambre,
mourut ces jours passez
à Frefcati aprés une longue
maladie. La Chambre gagne
par sa mort douze mil écus
des lieux dé Mont,de ceux
qu'on appelle Racables. Sa
Charge de Clerc de Chambre
a esté donnée à M. Delvi.
M. D. Alexandre Abini,
& M. DelGiudice,Majordômes,
font allez prendre l'air
pour rétablir tous à fait leur
santé: de là ils doivent aller à
Cartel pour y faire mettre le
Palais en état,afin quetout
soit prestlors [que: le Pape voudrayaller.
SaSainteté paroissant
estre dans le dessein de
s'y rendre vers le 20. de cc
mois,& d'y prendre des remedes
pour tae. her de guerir
d'une espece de gale qu'on appciicIJjere
: cette nouvclle1infirmité
l'incommode extrêmement,
& rempêche de vacquer
adx affaires & de donner
les Audiances.
Mardy dernierle Prince de
Biviere fuiprendre congé de
Sa Sainteté. Il fut ensuite à
Monte Citano voir les Tribunaux
,& entendre quelques
Plaidoyers. Le lendemain il
partir pour Naples. Chemin
faisant, il futàunebellechasle
qui lui avoir esté préparée par
les foins du Duc de Caferta.
Vendredy matin le Marquis
de Gullo de Monte-Rotondo
perdit ton procès contre
là, MJrqur la femme
,
à
laquelle il ne vouloit donner
que deux mil écus de p nsson,
de cinq qui luiavoient cftç a-
"jugez. Cette perte l'a iclleinent
outté) qu'il ne peut
s'empe her d'en marquer son
reflentimenc, ce qu'il a fait
par son départ de Rome le
lendemain de son jugement
de la cause, & par les ordres
qu'il a Laissez, de vendre icy
tout ce qu'il a,& de congédier
tous les domestiques.Il
va à Venifc.*
De Venise, le 11. May 171Ci
)':' - -
,: Toutes les lettres que l'on
reçoit de Vienne & de plusieurs
autres endroits
, portent
que l'Empereur a offert
sa médiation à la Porte dour
terminer la guerre entre la République
& lesTurcs, & qu'au
cas qu'ils refusent de l'accepter
ilagira offensivement contre
eux: ces lerrres ajoutent
pourtant quel'on ne croit pas
quela Cour de Viennecom
mencetespremières hoftiJitézj
&:qu.e comme lecourrier qu'- elle
elle a expédié à Confiantino,
ple ne pourra estre de retour
qu'à la fin de ce mois, ou au
commencement de l'autre,
tout au pluflofl; on ne pourra
rien sçavoir de positif sur
la guerre ou sur la Paix,que
ce courrier ne foit de retour
avec les réponses de la Porte.
M. Charles Pisani a obtenu
la difpcnf, pour ne plus,
exercer la Charge de Confeiller
du Doge, & il doit partir
incessamment pour aller fervir
sousM. le Capitaine Ge.
neral son frère.
- Danslarticlc 6. du Traité
conclu à Vienne entre cette
Cour & les Veniciens, cesMefc
(leurs s'engagent de fournir h
l'Empereur un Corps de60eu
hommes& huit Vaisseaux de?
guerre, en cas qu'il foit attaqué
en halle pendant la durée
de la guerre de Hongrie.
Les Dulcignoces onr retî-î
contré deux Bâtimensarmez
des Vénitiens,& les ont fort
maltraitez, il y a même quelques
avis qui portent qu'ils
s'en font emparez.
On a eu avis de Dalmatie
que la plus grande partie des
Tioupes-quelesTurcSavoitnc,
aucmblécs surcette frontierc,
avoient eu ordre de marcher
vers Belgradejl'on ajoute sur
un rapport de Mer que les
Dulcignotes avoient eu ordre
de desarmer
, ce qui n'etf pas
vray- fcmblable. Il doit partir
d'icy aujourd'huy
,
si le tems
le permet, un convoyefeorte
par plusieurs Vaisseaux de
guerrequi font hors du Pore
depuis peu de jours.
DeRome ce 1,. May'lj16.
Quoyque le Pape foit toujours
incommodé de fonébulition
de sang,il n'a pas laissé
de donner audiance à l'Ambassadeur
dePortugal. On dit
qu'onaccorde au Roy son
Maistre les Décimés sur les Ecclefnftiquesdc
son Royaume,
afin que Sa Majefié puisse envoyer
desvatdcauxaia Republique
deVenise.
Dimanche après midy le
Barigel eutordre du Cardinal
Gouvemeus de Rome
de
paffer,
accompagné de sesSbirres,
devant le Palais d'Efpagne;
il se mit auflîtôc en devoir
de l'execurer ; mais les
Gardesde ce Palais ne l'curent ;
prt piûtôc apperçû avec Les
gens, qu'ils allèrentaudevant
de luy bien armez, & l'oblitgtceot
de retourner sur fC$
pas avec sa troupe. Il dit pourtant
qu'il avoit ordre du Saine
Pere de paffer par la Place
d'Espagne; mais les Gardes n'y
curent aucun égard, & il fallut
rebrousser chemin:le CardinalGouverneur
étoit proche
de là dans un carosse fermé
,d'où ayant vu ce mauvais
succés, il fut à l'instant en rendre
compte au Cardinal Albanie
ccluy cyau Pape. Peu
de temps après SaSainteté
envoya ce metvie Cardinal Al,
bani chezl'Ambassadeur des
Portugal; & ne l'ayant pas
trouvé,Son Eminence attendit
qu'ilfutde retour. On ne
sçait pas si ç'a été pour conferer
sur cette affaire
, ou pour
autre chose;on croit communément
que ce qui a donné
lieu à l'or dre que le Bafigel a
receu, (si une rencontre survenue
entre quelques uns des
Gardes du Palais dEfpagne,
&un Tambour, qui dans une
des foiré;s des dernieres illuminations
, se trouvant devant
lePalais de M. Audun
,
Auditeur deRote,vAilumn,
fit & dit sur la Place dEfp,igne-,
quelque chose de choquant )
ce qui luy attira de la pSItde
Gardes quelques coups de ca.
nés.Il etl à remarquer que ce-
Tambour avoit Lt livrée du'
CardinalScrotcmbak,ou quel-.
que marque de sa dépendan.
ce:ainsi Son Eminenceoffenfée
du mauvais traitement qu'-
il avoit receu, en porta ses
plaintes au Pape, & voilà, fé-
Ion toute apparence le motif
de l'ordre donné au Barbet.
LeSieurMonrigny Depoficaircde
la Chambre mourut
dernièrement âgé de 8 1
àns
ilalaisse sept mille écus à un
frerede.M. Collicolà,& àceley-
cy troismille écus de rente.
On dit que par son Testa-
-mentil ordonne àson heri- tier ne pas - continuer la
Banque;néanmoins le Pape (c.
voyanc importuné par lesinftancèsde
plusieurs prétendansv
àlàChargede Depositairc,
veut"queledit héritier t'exerce,
par intérim
,
& luy ena fait
délivrer le Bref.
LeCardinal Coradini nayant
pû obtenir la Surintendance
del'EvêchédeViterbe,& sé
,' trouvant
trouvant avec un revenu des
plus mediocres, est allé de
meures à Bonacuré. Il ne s'est
reservé qu'un Prestre & unVar
let dechambre. Tous ses autres
domestiques ont été con- geduznl a auffifait rompre le,
BailduPalaisqu'il occupoità
Rome.avant qued'en pttir,.
11a marié une de ses nicccs au
Comte.Lisiani de Ravençe ¡
ladot de cette Dame est de
8000 écus.
Le Grand Prieur Ferreti depuis , peu de retour de Ge:
nés, a eu audiance du P,Jpe!:.
On attend actuellementàCivira
Vcchia les badimens qu'il
a nolisez, & on fera partir d'ici
inceflammencpour ce Portent
core quelquecenraine d'horrfmes
qui doiventservir sur ces
bastimens.-
LeDuc Lanti beau frere de
M. leCardinal de la Tremoille
moutuc Dimanche dernier
en cetteVille,son cnterremrtit
s'est fait avec beaucoupde
pompe& de magnificence à
S. Nicolas de Tolentin. - *
; M. Capiluga de Poligriano
estaussi decedé: il étoit depuis
quatre ans enfermé dans le
Convent des PP. de S. Cosme
& S. Damien. Sa conduite
scandaleuse avoit obligé la
Congrégation des Evêqùes &
Reguliers de le condamner à
cette peine. Quoyqu'il ait fait
son Testament, la Chambre
néanmoins s'est emparée de<
son bien, & de plusïeursmite
lviers d'éécus q.u'on luy a trou- Le Prince Borghese au nom
duPrince son fils, fait preparerune
très-bellechasleàVilla
Pincerne pour lePrince de
Bavière
,
qui doit erre icy de
retour de Naples dans la semaineprochaine.
Ily aura aussi
une Courle
,
& on travaille
actuellement à de très hes
harnois pour le i heval de Son
Altesse On dit qu'avant le dépare
de ce Prince ,Sa Sainteté
fera la Bcatificdtion du vénérable
Pierre de Régis J. suite :
la Congrégation des J. suites
fait icy de grands préparatifs
pour solemniser cette Feste
vers la fin de ce mois.
Dans les Chapitres généraux
qui se sont tenus en cette
Villecesjours-cy les Carmes
Déchaussezont élûpour leur
taperai le Pere Episanede
Sainte Thetese,François de
Nation. Les Cruciferaires, le
Pere Ange Espagnol;& ls
Theatins le Pere Lifola Napolitain;
mais le Cardinal Scrotrembak
a protestéhautement
contre l'élection de ce dernier,
comme étant suspectà l'Em.
pereur; ce qui a jette ce Religieux
dans une grande consternation.
ÙcVenifc le ï~ly!~.
;
Lpdn est icy dans joye de.
1
,L'onest la de'. puisavant <h'ier, sur la nouvellequ'on
a reçue que le Capitainedu
Golfe avait couleà
fond une galiotte Dulcignote.
Voicylefait:Le premier de
cémois les Vénitiens quiy avoient
une galère & une galiotc,
rencontrèrent prés de
Surda la galiote desDuicignotcs,
qui s'etoit separée peuauparavant
d'une de ses conserves,
ils l'attaqerent, &
vinrent trois fois à l'abordage
, & furent repoussés
avec pertc à chaque fois. Enfin
après un combat de 5.
ou 6. heures, ils la coulèrent à
fondLes Dulcignores yont
perdu 114. hommes; &:'3o
faits prisonniers,outre4où
', /;
5. Italiens que ceux cy avoiçn
faitesclaves. Commeon n'est
pas accoûcumé aux avantages,
celuy-cyafort réjoui.
Pour faire de 1arggftt pour
les besoins de la guerre, leSénataresoludeconfticuer
pour-,
six millions de ducats de rentes
àquatre pour cent , avec
promessède convertir au même
denier celles réduites à
deux pour cent
,
à condition
que les propriétaires fOllrQi
ront une pareille fomtpeàçel-i
lequ'ils ont déjà donnée. On
croit que l'on ne s'empressera
pas de placer là son argent. :
Lundy on proposa divers,
sujets pour remplirl'employ
d'Espagne que -
M. Rufini a
réfuséd'accepter, mais aucun
n'a eu un nombre de suffrages
suffisants,& l'on croit que
cette ballotation cft un vray jeu. L'on a reçu des Lettres de
la Dalmatie, qui portent que
les maladies y augmentent
considerablement, tant parmyles
habitans
, que parmy
les soldats& Officiers.
¡'
Onaaussi reçûcette semaine
desnouvelles de M. le Capitaine
général Pisani : il mance
que les maladiesqui courroient
à Cor fou étoientun
peu diminuées,que M.le Gon*-
tede Sculembourg continuoit
à faire reparer les fortThca;
tton) dela Place, qui* esperoit
qu'elles feroient buatâc&ttes»
&que M. Loredan qui conduisoit
le grandconvoyqui a
été envoyé avecdel'argent
pour payer les Troupes. uJÍ.
toit pasencore arrivé.
L'Ambassadeur de l'Empereur
fit chanter hier leTe
Deum au sujet delanaissance
de l'Archiduc:le soir il yeut
un grandconcoursde roaÇ*
ques dans sa mai son, qui étoit
bien illuminée,mais mal
meublée. Il vouloit que dans
les feuilletsdenouvelle,on lui
donnâtle titre d'AmbJlfldeur.
de l'Empereur&du Royd Espagne;
mais les Gazettes ont.
répondu qu'ils ne pouvoient
y insererceJerîûerturc,
Le Senat' aétabli la taxe ÍIi
Dixième sur les loyers des
maisons audessus de 50. ducats,
payable moitié par les
Locataires, & moitié par les
Propritaires.Sielleétoitpaïée
regulierement,elle produiroic
aumoins cinqcens mille ducats
par an ; mais la Noblesse
s'en exemte en partie
,
& les
pauvres ne sont pas en état de
la supporter.
L'Ambassadeurd'Angleterreà
Constantinople a dépêché
un CourieràVienne,pour y
porterla nouvelleque leGrand
Visir l'avoit fait appeller,pour
luydire que le Royd'Angleterre
s'étant chargé danscette
mediation
,
de maintenir la
Paix de Carlowitz,il jugeoit
à propos de luy dire que le
Grand Seigneur comprenoit
que l'Empereur la vouloit
rompre, qu'ildevoit voir leconduite
que le Grand Sergneur
& l' Empereur avoient
tenue, & en faire ladifférence;
que ce dernier Prince n'avoit
fait aucune plainte contre
la Porte
,
& n'en avoit aucun
juste motif>-ôc que sila
guerre s'allumoir
, cc seroit à
ce même Prince à rendre compte
à Dieu&aux hommes des
malheurs qui en pourroient
arriver
y
puisque la Porte n'y
avoir donnéaucun pretexte,
& qu'elle étoit resolue de
maintenir la Paix
,
si elle n'étoit
pas attaquée.
Des lettres dt Malte du 12,4
du passe portent qu'un Vaf-,
Içaux la Religionavoit attaque
le 8. l'Amiral d'Alger qui
étoit monté de 60 pieces de
canon & de 166 hommes d'équip-
grcs l'ayant abordé
a)fcs un rude combat où la
pluspartdesOfficiers avoient
été tuez ou buliez, il en etoit
resté le Maistre, mais le feu y
ayant pris,il avoit étéobligé de
deborderpours'enéloigner,
1. & un quart d'heure après ce
Corsaire sauta,&de tout son
équipage il ne s'enest fauvé"
que dix hommes: ces lettres
ajoutentqu'on avoit surpris
un Brigantin,où il y avoit
dix hommes qui jettoienr la
fonde aux environs du Port
où ils avoient été amenez, &
quoy qu'ils se disoient Genois,
ils estoient néanmoins
Turcs.
On ajoûte aux lettres de
Naples du 12. du passé, que
le 17. on devoit faire une Procession
générale, où le Chef
de S. Janvier, Patron de la
Ville, devoit estre porté en
grande ceremonie, pour demander
à Dieu une heureusè
rCtolce:) & toutes les grâces
donton avoit beloin; que le
10. au soir il y eut un grand
tremblement deterre, & le ri.
au matinil recommença violemment
,
& quoyque les secousses
ayent été rudes, elles
n'ont causé aucun dommage:
depuis quatre jours le Vcfuvc
avoit vomi une prodigieuse
quantité de flames, avec des
bruits si épouventables qu'elles
avoient données de la terreur:
qu'on avoir eu avis de
Reggio que pendant 3. jours
on avoit vu le long de la ttète
plusieurs Monstres Marins,
entr'autres un qui reffembloic
à unSatir.
Onaït^uOcslntrts de la
Corogre du premier de ce
::'ÍnOB, par lesquelles on apprend
qu'il y avoit eu de furieiiX
ouragans le long de la
coste de Galice,qui avoient fait
Pirlir quantité de bâtimens,
entr'autres deux François venant
du detroit qui avoient
esté jertez sur la côte prés de
Vigo, cù ilsuvoicrucité mis
en picccsi^njis qu'une patrie
del'equipage s'ecoit t-àtlvée à
terre; & que 3. Vaisseaux
Hollandois cHoIent «entrez
dans le Port de Baynna pour
se radouber, ayant esté fort
mahrauez
maltraitez par une rude tempête.
Ces lettres ajoutent que
le Patron d'un autre bâtiment
avoit rapporté qu'il avoit vû
périr deux VaisseauxAnglois
- avec tous leurs équipages,
qu'un coup de vent les avoit
jettez contre des Rochers vers
Bilbao;que les Saletinscontinuoienttoûjours
leurs courses
le long des côtes où ils faisoienyt
continuellement des prises.
Des lettres de Naples du
24. du passé, confirment la
disette des vivres qui augmente
de plus en plus dans ce
Royaume; & toutes les mefures
qu'on prend pour en
procurer l'abondance n'onc
servi de rien jusqu'a present,
& on doutemêmed'uneabondante
recette cette année,
d'autant plus que la longueur
de l'byver contre la coûtume
du Pays ,a décruit la plus grande
partie des semences;ces
lettres ajoûtent que leViceroy
a receu ordre de la Cour
de Vienne de faire préparer
avec toute la diligence possible
8000quintauxdepoudres
fines&trente mille quintaux-,
de balles & de boulets, mais
sansassigner aucunfond pour
- - y
cette dépense. Le même ordre
a esté donné à la SeCle
tatrerie dela guerre donc lesi
Ossi.:,s se sont adressezà laé
Chambre Royale; & on croit
que toutes ces commission,
serontenvoyéesenDalma-
; : , ; tic. .Jl<, *. , J.- Deslettres deMarseille du
déce mois, portent qu'un
bâtiment estoitarrivé dans
ce Port venantdes Echfiller
e
du Levant, par lequel.i:oa
avoit appris qu'il y avoit e#
au grand Caire un grandincendie
quiavoit consume une
grande partie de laville,&
que la contagion y faisoit
toujours de grands ravages.'i
ce qui avoir obligé les Ministres
étrangersquiy estoient à
se retirer à la campagne.
Suivant les Lettres de Milan
du 4. decemois,des
Troupes Piemontoisesétoient
entrées dansdes Bourgs &Villages
dépendants de cet Estat,
& s'étoient fait donner de force
des rafraîchissemens : cette
démarche pourroit bienavoir
des suitesfâcheuses.
fUJ' OnmandedeStrasbourg
du24du passe qu'on faisoit
encetteVille& dans toute la
1
Province des preparatifs rJ.c;¿
| guerre ; qu'ony fortsioit â£
munisoit les Places; qgo%jfu
continuoit aussiles levéespour, :l'Eteétcur de Baviere
, qui fçj
faisoient avec beaucoup
-
de
faccés. Le 20. il passa par cetteVille400
hommes la plû^
part Suisses, pour servir derct
crues dans les vieux Regimeps.
Bavarois, & on n'apprenoit
point encore que S. A. E. ce-
• doit de ses Troupes à l'Empereur.
On ajoûte qu'on veilloit
toûjours exsélément sur
le transport de l'argent de
France dans l'Empire;quetoutes
les Troupes Imperiales qui
étoient dans Britac &dans Fribourg
en étoientsorties pour
se rendreen Hongrie. Ces Lettres
a joûtent quelles, maladies
étoient sifrequentes
,
qu'il y
mouroit tous les joursbeaucoup
de. personnesdetoutâge
&de toutsexe.
On mande de Lille que les
GommiHnres Impetiauxycôtoient
revenue de BruxcUes,
ppur mettre la derniere main
au Reglement des limites.
,-
On mande de Bareclonne
du12. de ce mois, qu'onytravailloitavectoute
la diligence
possible aux forti,ficitionscx-it-i
teneures de cette Place/putu'
culierement à celles de la plate
ne,oùbeaucoup demonde
étoit employé & qu'on esperoit
qu'avant la fin d Août elles
feroient dans leurs perfectiotis)
aprésquoy on con..
menceroit àtravaillerauxou- *àla Ville qu'au Fort du Mont
Jouy, & qu'on avoir commencé
à ouvrir laterredu côt
té de la marine pour la construction
de laCitadelle
,
àla
quelle on travaillera immédiat
temeni aprés que les foi-lâc
cations de la Place seront si
nies, OÙquantité de Massons & autres Ouvriers venus de
France font employez. 'i-i'!.,
On apprend aussi par des
Lettres de Rares,.qu'on y travailloit
pareillement aux fortifications
, tant à la Ville,
qu'au Fort de la Trinité.
On écrie de Gironne du 25.
du passé que quelques Miquelets
commerçoient à paroître;
une quarantaine s'est fait voir
du feôté de Balcara,quelquesuns
avoient aussi paru du cÔr.
té de Vick
,
qu'on avoit fait
pour aller à leurs trousses un détachement
détachement qui en rencontra
une trentaine du costé de
Ripols, les attaqua, entua&
en prit onze qu'on a amenez,
& qui devoient estre pendus
le lendemain; & parmy ce
nombre est leur Chef qui cil:
blessé.
-
Des Lettres de Chambery
dui*>.May portentqu'on y
faifoir de gros magasins de
vivres & defourrages,& qu'on
avoir marque un camp prés de
cette Ville pour les Troupes
Piemontoifes
,
qui devoient
venir y camper: qu'onpréparoit
aussi des logemens pour
leurs Majestez qui y sontattenduës
vers le ij. de Juin ;cç
qui n'inquicte pas peu les Ge
nevois, qui apprehendent d'être
attaquez, & en ce cas ils
sollicitent du secours des Can-"
tons Suisses leurs voisins &
Alliez.
On écrit de Villefranche,
que quatre Bataillons de Troupcs
Piemontoises s'y estoient
embarquées pour passer en Sicile.
On écrit de S. Malo qu'on
avoir eu avis d'Edimbourg,
que les Comtes de Marshall,
Seafort
,
Souchesk , avec le
Marquis de Tullibardine, &
autres personnes de consideration
au nombre de 30. s'étoient
embarquez depuis peu
sur un vaisseau François, dans
lesIsles duWest, pour se retirer
en France.
Le Gcar Thomas Ingenieur
a trouvé une nouvelle invcn,
tion de fabriquer des canons
d'un métal d'une nouvelle
composition, qui sont legers
& faciles à porter, n'ayantque
18. lignes d'épaisseur
,
& un
mulet en peut porter un de
36. livres de balle : l'épreuve
en a esté faite le14. dé ce mois
dans la plaine de laVilletteau
Bourget; & cet Ingenieur en
aeu tout le succés qu'il en pouvoit
souhaiter. M.le Duc Regent
& les Princes se sont
trouvez à cette épreuve,&ce
jour-là,de même que le lendemain
13. &le Lundy15.
qu'on a encore fait la même
épreuve.
-
Interrompons, s'ilvous
plaist,en cet endroit la fuite
des nouvelles generales;& en
attendant que le temsrameine
ce chapitre sur le tapis,lisezsi
vous le jugez à propos, l'article
des Morts.
MORTS.
Antonio Lanty de la
Roüere, Prince de Belmont
en Sicile, Duc de Bonmars,
Marquis de la Roche-
Semibalde, Chevalier de l'OrdreduS.
EspritparlefeuRoy
en 1696. dontil n'a porté que
les marques exterieures,
n'ayant jamais ellereçû,quoique
cependant ses preuves
ayent esté admises,d'une Maison
originaire de Ferrare, &
faisant sa refidencc ordinaire
à Rome, y est mort le 5.
May J716, Il avoïc épousé
Loiiife Angelique de la Trcïnoille,
fille de Louis de la
Tcemoil].e..,. Duc de Npirammeict
&de Renée Julifc
.Auhcr.y'' & ioeurJ de la Prinxcfle.
dfj Ursins &,du.cafdiMl
dela Tremoille,dontil laisse:
Louis Lanty dela .Roüc[,,
Princede Belmont.2. Alegnt)
dr,c, Prince de la Roche-
-IDib¡¡I<k. 3. Frederic Chevalier,
& Marie Anne Cefarine
Lanty. Marie Antoine Lanty,
aycut de celui dont nousannonçonslamort,
avoit épouséle31.
Aoust 1609. Lucrece
de la Roüere, à cause de laquellealliance,
leur posterité a pris
le nom de la Roüere:de ce
[narlacreTont venus Loüis
Lanty, mort sans enfans rua*
les
,
& Hyppolite Lanty de la
R()üre, Duc de Bonmars,qui
fut marié l'an i&çû. avec Ma
rie Christine d'Altemps
,
fille
de PierreDucd'Altemps,&
dJAngeh-que de Medicis. De
cette alliance étoit issu celuiqui
donne lieu à cet article,lequel
étoit cousin du grand Duc de
Florence, à present régnant,
du deux au troisiémedegré
par la maison de la Roiicre.*
Dame Marguerite Fouquet
duChaslain, quiavoit épousé
ènitfj?. Bernardin deGigault,
Marquis deBellefons,
Maréchal de France, Chevalier
des Ordres du Roy,&c.
mourut le 10. May1716.
elle étoit fille deChristophle
Fouquet Comte de Chaslain,
President à mortier au Parlement
de Bretagne, & d'Elizabeth
Marin: elle avoit eu entre
autres enfans Louis Christophe
Gigault, Marquis de
Bellefons,mort des blessures
qu'il reçut au combat de Stinkerque
,
laissant de MarieOlimpe-
Emanuel de la Porte
Mazarini Mancini,Charles-
Louis Bernardin Gigault mort le 20. Aoust 1710. laissant un
fils unique de son mariage avecAnne-
Magdelaine-Hennequin
d'Ecquevilly,&Marie-
Magdelaine HortenseGigault
de Bellefons femme d'Anne-
Jacques de Bullton Marquis de Fervacques.
Dame ElizabethleLièvre,
veuve de MessireNicolas Dorieux
Maistre des Requestes,
mourut le 24. May 1716. elle
estoit fille de Thomas leLiévre
Marquis de Grange Fourille,
Maistre des Requestes,
& President au Grand Conseil,
& d'Anne Favre de Berlise
; elle avoir pour freres,
Pierre François leLiévre Marquis
de Fourille, Guidon des
Gendarmes Ecossois,tué à la
Bataille de Montcassel au rnofè
d'Avril 1674 & Armand Joseph
te Liévre Marquis de la
GrangeAvocat au Parlement;
&
1
pour soeurs, Anne Juliele
Liévre
,
femme de Claude dé
Bretagne, Barond'Avaugour,
Comte de Vertus, &c. & Ma»,
rie Marguerite le Lièvre,semme
d'Henry d'Escoublon ,
Comte de Montluc.
Dame Marguerite Boss-uer,
qui avoit épousé 1°. Messire
-Nicolas Meliand Maistredes
.,Rcqufi, 2.
°. Messire Cypuen
Perrot,Seigneur deFer-
Cburtb aussi Maistre des Requestes,
mourutle21. May
tElle estoit fille de François
Bossuet Seigneur de Vil-
-
lers , Secretaire du Conseil
Si de Marguerite Beuvron;&
elle a laiflfc pour filleMargueriteMeliand
femme de Claude
Cherier Maistre des Comp-
, tes.
-
Dame Marie-Magdelaine
1
Boisseret, époule de Messire
Jacques -
Charles Bochart,
Chevalier Seigneur de Champigny,
Poincy, &c. mourut
le 26. May, laissant plusieurs
enfans encore fort jeunes: la
famille de Bochart est une des
plus anciennes, des plus illustres,
& des mieux alliées de la
Robe.
(
Dame Marguerite-Loüise
Sophie de Neufville Villeroy,
fille de M le Duc de Villeroy,
a épousé Messire François
Marquis de Harcourt, Capitaine
des Gardes du Corps du
Roy, & Lieutenant General
pour Sa Majesté en la Province de Franche.Comté, mourut
le 4. Juin 1716. en. sa dixj
huitième année:Je ne vous dis
rien delaMaison de Harcourt
* ni deVilleroy
, vous en ayanr
parlé plusieurs fois dans mes
derniers Journaux. -
LaPrincesse Hedwige Eleonord
de Holstein Gottorp
, Reine Doüariere de Suede,
Ayeule de Charles XII. régnant
aujourd'huy, mourut
le mois passé.
La Princesse Doüairiere
d'EgmonT, mourut le 3£^lu
paffé à Bruxelles.
Dame Anne MmeMagdelaine
de SNoctaire, femme
de Messire Pierre Gilbert Colbert,
MarquisdeVillacerf
premier Mnftre d'Hostel- de
seuë Madame la DaoLlno-i
mourut le Juin,laissant
entr'autresenfans Marguerite
Colbert de Villacer f, mariée
en1714., avec Frf ançois EmanûeF
de Crussol, Comte de
Lestranges,&.Colbert de
Villacerf, mariée depuis peu
au Comte de Villemontdu
nom ceVeni d'Arbouze:
elleétoit fille de Jean Charles
de S. Nectaire Comte de
Brimonc, Lieutenant. General
desArmées du Roy, & de
Marguerite de ,,
Beaufonte
nant. La Maisonde S. Nectaire
clt originaire d'Auvergne,
& elleest une des
plus anciennes & des plus illustres
du Royaume.
Mssire Augustin Mesnard,
Chevalier Marquis de Toucheprez,&
Baron de Châreaumur
en Poitou,estant venu
icy pour quelques affaires, y
est mort le 5. de ce mois. Il
nelaissedeDme Julienne-
MarieRose de Brechand son
époufc} qu'un fils unique, qui
par la mort devient l'ainé de
cette famille qui a plusieurs
branches. Mrs Mesnard de
Toucheprez & de TlffJngc,
portent pour Armes d'argent
àtrois porcs épics de sable.
Il y a quelque apparence
que l'article des Mariages veut
succeder immédiatement à celui-
cy
,
puisque depuis le temps
que je cherche dans mes papiers,
pour varier davantage
mes matieres, je ne trouve
que luy fous ma main. Hé
bien sa volonté soit faite.-
MARIAGES.
MAKIAGES.
Messire Andrautt, Marquis
de Montlevrier, Maréchal des
Camps & Armées du Roy,
épousa le de Juin le
Camus, soeur de Mesfire
Nicolas le Camus, premier
Présidentde la Cour des
Aydes,Commandeur,Prevôt
& Maistre des Ceremonies des
Ordres du Roy, & fille de
Messire Nicolas le Camus,
Premier Président de la même
Cour des Aydes, & de Dame
Marie-Elisabeth Langlois: la
famille de le-Camus est une des
p\us'ïlltiHt-cS delaRobe;pour
celle d' andrault,ellen'estpas
lapins distinguéeparson anciennece
que par ses alliances.
S*
1
Mcflire Anne de Balaine,
ChevaJie, Seigneur. de Ponimeray
,i'; &c. Chevalier de
Nostre-DarnevduMont-Cit-
,.met&deS. Lazare de Jerusa-
= km, Ecuyerordinaire deS.
A. R Madame, époufals.*>.
'du mois, passé,Damoiselle
«d'Aquin Châteauregnard, fille
de MessireAntoine d'Aquin,
*Seigneur de Châteauregnard,
Président au GrandConseil,
& Secretaire du Cabinet, & de
Dame Elisabeth Thomas de
l'Ifls," & petite fille de Messire
Antoined'Aquinpremier
Medecin du Roy: le nom de
Balaine en Champagne est
d'uneNoblesse ancienne &
distinguée. 'Á.'h,.,.,'A01 --iCSffcùt* X<JO..¡
Reprenons maintenant à
nôtre aise l'article: desNouvelles
de Paris, il est plus amufanc
tt. plus interessant lui seul
que toutes les autres matieres
de ce Volume. t. 4oHij!\ .Q
Le premier de ce mois,
l'AssembléeduPrima-Mensis
se tint en Sorbonne à l'ordinaire
avec les contestations &
les examens accoûtumez.
1
Le 2. M. le Marquis de
Bonnac, de qui j'ay eu souvent
l'honneur de vous parler,
estenfin, & à mon grand regret,
parti pour son Ambassade
de Constantinople.
Le 3.le 4. le 5. le 6. rien
que je puisse dire.
Le 7. l histoire que voicy.
*
%---ELÀT KMLAT ION
deisestet.magnifique*qui
itéceltbrées eu l'honneurde
14 naissance detinfant Dopi
Carlos le 7*le &, &le%, de
cemoiscbc% M. leCçmtfrde
Rj&eirayAmbassadeur Extraordinaire
Je Portugal5vn
'-
France..
-
- , ; Dans les plus communes,
comme dans les plussingulieres
actions des Grands., la
loüange au regard effronté"
escortée de la flaterie sa fidele
conmpagne, ne manque jamais.
de venir répandre à pleines
mains son encenssur l'autel
de leur vanité. En un mon
on loue tout. C'est un usage
établi dés la creation du
monde. Orateurs, Poètes &
Parasites subsistent de cet
Arc. Le besoin qu'ilsont de
plaireest si urgent, que chez
eux le vice est: décoré & environné
de toutes lesbassesses
del'adulation,& une vertu
mediocre élevée au dessus dû
firmament. Artis magister,
~wnter&c.Itemil faut vivre.
&comment seroit sans cettfc
''lit') * Pcr/i.Prelogtit..
noble Profession, un certain
ignare & plus qu'insipide
Abbé, AuteurCompilateur
d'un Livre qui traite des cqriositez
de Paris? Ne mourroitil
pas bien toc de la makfaim%
s'il n'étoit l'espion,lamou-
[ che & le mendiant déclaré de,
tous les étrangers titrez qui
arrivent en cette Ville. Il fait
justement icy ce que j'ay vû
pratiquer mainte &maintefois
»t en Italie. Il a toûjours un feiïil-
'- let gribouillé,chargé d'exceÍ..
sives & miserables louanges
pour le derniervenu.Voicy
a. peu- prés le titre de ces beaux
ouvrages.
ph 'Très-excellent#tres-illustre
lira-magnifiqueSeigneur,
, '4 ê1Avant vomarrivée en cet'tl
af1f7i'lIile, l1ds renommee a centvoix
avoit drjafait retentirces lieux
idp bruit de vos vertus. Vôtre
magnifxmce &- fôtregenerofiii
font incomparables, &c.v.
4;Cela luy vauttoujoursqueli
ques aubaines,& îlsubsiste.
r<ÂinsichacunaTon petit ra-
':
ient,voilàle sien. .:,".
- ,.1 Pour moy grace au Ciel
?
faute de l'impudence neccffait
re, pour soûtenir décemment
l'honneur & la gravité de ce
ministere, j'aycrû jusqu'à present
fent qu'iln'y avoit point de
Métier plus bas que celui de
louer à tort & à travers, comme
fait ce doucereux Abbé,
aussi bien que plusieurs de
Messieurs sesConfreres.Telle
cft encore , & telle fera toujours
la maxime la plus solide
de mes écrituresAinsilorsque
j'entreprends de rendre publiques
les fêtes super bes qui
viennent d'être celebrées chez
Monsieurl'Ambassadeur de
Portugal jenem'enpropose
-
qu'un récit simple, & je n'ay
garde de m'imaginer qu'un
: amas de termes pompeux puifseaucunement
fcrvir à rchaus
ser la generosité, la magnisiccnce
& les autres belles qua..
litez de cet Ambassadeur.
Monl¡'ur le Comte de Ribeira
aprèsavoir fait en cen,.
Villele 18. du mois d'Aoust
dernier la plus riche & la pluf
brillanteEntrée qu'onait peue*
être encore veue, aétalédepuis
dans toutes les occnsqui
s'en font presentées
, tout-c.
lanoblesse & tfeure-U fplen~
deur imaginables. T1bitJs.1,a(';'
semblées,jeux, concert, bal^
chez luy rien n'a esté epargnç.
Enfin la presence de rlofanc
Dom Emanuel, frere de ion
Maître,& la naissancedu
PrinceDom Carlos, l'ont par":1
té à donner le 7. de ce Mois
lesbrillantesfêtesquetout
,
Paris a veues pendant tiots t
jours confrcucifs.,(0^b
Le premier de cestroisjoqrs, 4
sur les jwuf himrcs- du tair',¡+.,
son Hôtel qui est à la pointe
dena. dans leplus belâf|>e€b
dumonde ,
fut illumine dey
tous les côtez.Son jardinfut
f'écdairé, „ par cinq pyramides j
hautes
de trente piedsehacu- *
ne ,
:& toutes couvertes dAj
Lampions. Aux quatrecoim
de ce jardin étaient' quatre
orquestres remplis de joueurs
d'instrumens pour la commodite,
la liberté&leplaisîr des
Musques. Cependant on-danà
foit également dans la grande
galerie de cet Hôtel ;d'autre
se promenoient, ou jouoienc
dans, les. appartêmens. '::':,
.J, Audtflbuidejbgslcrieicft
l'orangerie où l'on 3voie
flrefle un V|fte&fomptuey*j
:.phitC'â[r,.èPuY.ert defruits,
* çlççonfitures-seches &ç de toute
fQttc de viandes.Aux trois
grandes croisées de cetteoran-
: gerie étoient trois buffets spâr
i;ifr
cieux
, pour fournir plusaisement
à tout le monde les rafraîchissemens
dont on avoit
besoinilcs buffets& lèstables
furent continuellementi(re- nouvellez par un grand nombre
d'Officiers chargez de la
distribution de toutes les choses
qu'on pouvoit souhaiter:
&¡pour le peuple deux sontaines
de vin coulerent tant
quela nuit dura.
MadameDuchesse de
Berry ,y arriva un peu après
minuit.
Sil'Art des Peintres a1le
droit de consacrer à la poftçïitépoiir
un certain nombre cscr,awsaugustes des
Muurçjsda monde, pourquoi
lieme serait-ilpas permis de
devenir Peintre à mon tour
Mes Tableaux ne seront peut
être ny si, beaux ny.sireflem*
blns; mais j'ose répondreai*
moins qu'ils durerontplus
long temps: Et sitoutes le&
Bibliothèques publiquesoui
l'onm'enchasse comqucl"
que chose de précieux
neîbnc
pas misesencefofen*
core un prodigieux nombre
d'années à; vivre. Quoyquil
11(oitj mon forteild'écrire,
& maintenant mon dessin est
de peindre.
Au milieu de cette brillante
nuir,on vit paroître Ma*
dame de Berry dans la grande
galerie de l'Hôtel dePortugal
Cette Princessevêtue à Timbcation
des ha billements que
portoit la Reine Marie de Me
dicis/& donc on voit dans les
Tableaux de Rubens de si
magnifiques peintures, fut en
un momentannoncée par tout
le monde.. Les masques qui
dansoienr-interrompirent
leurs danses
,
les amants cefserent
de s'entretenir de leursamours
à lesrivaux sappaiserent
,
& ceux & celles que le
sommeil accabloit,s'éveille-.
rent pour aller en foule joiii^r
àl'envi du bonheur dela voir.
La richesse de son habille
mçnç tout couvert de pierreries
fut à peine remarquée. Les
yeux avides &insatiablestrouvoient
en elle-même & dans
ses regards, des graces qui let)
détachoient souverainement
du soindes'appercevoir dçlarj
splendeur des ornementsqui
accompagnoient la majelie
lxclat & la beauté de ses [(airs.
Cette Princesse J<:n tout lieu
&toüjours l'objet de l'admiration
de tout le monde ,futfï
complimentée enarrivant,par
Monsieur l'Ambassadeur,&,
un moment aprés par le f[erci
du Roy dePortugal. £-1
Ce jeune Prince s'acquitta
avec des gracesinfimes detouts
ce qu'il entreprend. Il n'effe
point de Cavalier en France
qui fafle mieux ses exercice
que luy. Une libertécharmante',
unaU- noble&naturelsont
esneldueyaudseosuqvuearlaiitnedzqegur'éil. Iploefsf-e
parfaitement bien fait
,
& les
traits de sonvisage blanc,delicac
& beau, composent le
chef d'oeuvre de son portrait
Il danse enfin avec toute 1&
propreté imaginable- ,
chose
dont il fut permis à tout le
monde d'être témoin & juge
pendant cette premierc nuit
qu'il passa presque entiere à
danser avec les jeunes Princesses
du Sang, & avec Madame
l'Ambassadrice. Je- prie
ceux quiont lû ce que j'ay dit
&crû devoir dire d'elle avec
simplicité&vérité, dansleretic.
quej'ay faitd'un B.tt que
M. le Comte de Ribeira a
donné,l'hyver dernier, deme
Bilpcnlçr>dutoin de cnercrçer
dcnoovcllesexprefTiohs, pour
leurrepeur que cette Ambassadrice
est une des plus polies,
des plus gracieuses,&des plus
bellesDamesqu'on puisse voir.,.
Voila à peu prés un leger
détail de ce qui se p.,ffa pendant
lanuit du7.Voicy maintenantl'histoiredu
8 <:lL
Entre lesneuf& dix heures,
du soit ,l'Hostel de Portugal
fut entièrementilluminé jusquçs
surléstoits Les cinq py-,
ramides du Jardin;allumées
com, me la veill-e on entendi,t^
un bruit de hautbois,cymballes
& trompettes, qui servit
designal à des gens dertmez à
donner un nouveau fp*.â:aclc
au Public. fi
A une distance raifonnablc
de l'Hostelde Portugal, on
avoit dresse au milieu dé la
riviere un magnifiqueFctf
d'artifice dans un grand bateau.
Au signaldèstrorilpertes
ce Feu fut allumé;&pendant
prés d'une demie heure les Artificiers
nediscontinuerent pas
de servir de nouvelles inven-»i
tions de leur Art.• Lesdeux
costez de la riviere furentcc
racine foir remplis d'uneinfi1Ji(
é, de tp~A~
Princes ..n
PapccA^s.,, gcancl^
ScigO/Cursi4M Royaume&
amrcs. furent se promeneraudessusde
la Porte S. i^tqard^
& du côté de l'Arsenal.
*
On
avoitdresse partout des éch 1£3
sautspour lacommoditéduPU;
bite. L^orlcjjMn'yeut plusrien
avoir sur ¡"("al!,dcu fontaines
de vin recommencerent à COLl
1er pour le peuple:cependant
on servoit dans l'Hôtel de
Port.ug^lU.n (plçn^lid^soupé
àun grand nombre de person
,¡d:Jpremier qQlui
yavoientesté i£l¥jt!I%.
la nuit; comme la veille,les
illumunations durerent.
--Leneufily eutles mmel,
'illuml0o['Jons quelesdeutf
jours precedens grand ,bali
grandjeu,& commeksept,
uneprofusion' étonnantede
vranles& derafralchifTcmensj!
I9>ure1lie cequ'Oy.eutà-mon» plu?*£ogtiW penarircette
naît,ce fut rAvaR
turcquevousj*lle$lire:
AVAîFT<VRJë.ï
»
: .,..,r,' r 1et r 4*
Dans lune destrois ruses S.LoiitsiaParis,-Doiancc 4
une fort belle nuiloncànl de*t
meure. Avec lui habitent,non
sans douleur, sa femme & ses
deux'1f'i¡l¡le;-s-. Do.r-'antees,- t riche,g
dur ,CprlCleUX, savare ,
sa
femme n'etf rien moins que
cel .,' t & ses files qui sont jolies
comme l'amour, sçavent
de science certaine, .qu'ayant i
l'une: seize,ôc l'autre dix sept
ans, elles sont nubiles à merveille.
Leur mailan où elles,
'{Ont' presque toujoursenfermées,
graceà lavigilance&
à la méfiance de leur trèsho»
noré Papa, a des avenues si
b$ngatdçes, 4 dont l'accée
~estsid qu'il yauroit de
/tJP'Y dégoûter les plus obiti-
JKZ amoureux du monde du
soin de leur fairelacour,si elles
estoientun peu moins aimables
qu'elles ne font; mais l'a-
,
mour & l'industrie dressentordinairement
de furieuses barteries
contre les précautions
des Argus:& ils ontrarement
assezd'yeux pour se garentit
><
de tous les piegesqu'on leur
tend. Enfinquoique vous fassiez,
Monsieur Dorante, Elise
&Clelieontplusde ressources
& d'esprit que vousn'avez
^'inquiétudes, il ya long-
,
tcmps
, temps qu'ellesgemissent dans
tfclavage où vôtre dureté les
cnçliaînc,&qu'elles mettent
touten usage pour se procurer
quelque élargissement. Pre-
-
nez garde à vous? le miracle
de leur liberté va être malgré
.tous vos soins,le chef d'oeuvre
d'un bal.
En effet le 9. de ce mois ces
deux jeunes personnes
,
aprés
avoir à force de prieres & de
r
presens mis dans leurs intérêtsle
premier & le plus fidele dojmeftique
de Dorante, elles lui
declarerent l'envie extrême
qu'elles avoient d'aller au bal
de rAfàbaflackurde Portugal,
ellesluidirentQu'ellesavoient
déjapour cette panic toc consentement
de leur mere, qui
enseroit elle-même,simalgré
la Mle litdeson
épouxn'étoit pas toujours le
sien,&qu'ilnemanquoitplus
que son aveu pour faire réüssit
leur entreprise.Ileut beau
representer toutes les difficultezdonc
ceprojet étoit environné,
ses remontrances ne
les persuaderent point, au
contraire elles lui répondirent
dtscbofts- sitouchantes, & lui
Rimt tant de caresses,quàla
(„
fit\ ce pauvre garçon attendri,
consentit, la larme à l'oeil^à
faire ce qu'elles exigeoient de
lui. Illeur promit de leurouvrir
à minuit la porte dont il
avoit toujours la clef, de sor
tir avec elles, de les mener
jusqu'à un carrosse qui devoit
les attendre à vingt pas audessous
de la maison, & de
les accompagner jusqu'à la
porte du bal, oùilleur fit jurer
de ne rester que trois heures
au plus. Ces deux pauvres enf-
àns, ravis d'avoir obtenu un
-
si doux consentement, lui sirent-
les plus jolis petits fcr..
mens du monde
,
de se retrouver
juste au rendez vous,
à l'heure qu'il leur marquoit,
Mais l'homme propose, &
Dieu dispose: & ces aimables
filles qui n'avoient pas man,.
qué de trouver leurs bienheureux
amans dans le bal, selon
l'ordre qu'elles leur enavoient
donné,ne s'attendoient point
à un nouveau caprice de la,
fortune. Pouvoient-elles prevoir
helas, que leur confident
seroit trahi par son camarade.
Nonenverité.Voicy pourtant
comme la chose arriva.
bourguignon enragé contre
Champagne, parce que
leur Maistre commun honoroit
ce dernier de toute sa cÓn{
fiance, aprésavoirépié depuis
long tems toutes lesoccassons
de luy nuire, trouva
enfin celle cy. Il découvritla
! manoeuvre de cette Avanture,:':'
il vit ouvrirla porte, sortit
les Demoiselles
, & Champagneavec
elle. Aussiroft envalet
officieux '&' zelé, il monte àl'appartement de fonMdîcre,.J'
qu'à force de faire du bruir,
il éveille en sursaut; & aprèsun
long ver biage(qualité at-2
tachée à cette maligneengeance
) illuy dit qu'il a vû deux
enMois hommes armez-enlever
ses deux fillcs,.,.)'&.. que
Champagne qui a ouvert la
porteàces Ravisseurs,est fan..
douce du complot. Bon, dire
la femme de Dorante, il n'Y"
a point d'enlevement à cela,
&.: vous verrez asseurement
qu'elles feront allées au bal de
l'Ambassadeur. Voila de vos
indulgences, Madame,reprise
Doranre, Vos fillesau bal,&
au bal sur leur bonne foy, ce"'r
la est en verité fort sage. Bourguignon
,
fais mettre tout à
l'heure leschevauxaucarofTe^
& vous, Madame,habillezvous
comme il vous plaira
pour aller les chercher avec
moy. Vous avezicy une robcf
de taffetas qui suffira pour VÔJ,
tre guifennt, & 01°14 je
vais metrre mon habit de cam
pagne. Aussitost chacun travaille
à qui aura plustost fair.
Lecarosse est prest,on y monteJI
&l'on soüette à l'Hostel
dePortugal.
Dorante a mis à peine les
pieds dans le jardin, que ses
filles l'apperçoivent, elles détachent
au ssitostleurs Amans
aprésluy, & avec le secours
de quelques autres Mrqucsde.
leur connoissànce, elles sont
environner leur mere, qu'elles,
attirent dans unlieuéloigne
pour s'y, découvrir à.cllc.-Cette
bonne maman ravie de se
voir au bal, leur conte tout cc;
qui vient d'arriver. Alors un.
Masqueluy perfuadcdechan*
ger de robe avec luy pour pouvoir
mieux éviter la rencontre
de son mary. Elle le fait, &
chacunen pleine liberté joüit
des plaisîrs delafeste. Cc:pen
dant Dorante passe assez mal.
son tems Est il possible, luy.
ditundes jeunes gens que ses
filles
fillesont mis àSes trousses,
qu'un homme sage comme
vous, s'avise devenir au bal?
Comment avez vous pu vous
resoudre à quitter vostre femme,
vosfilles que vous faites
enrager, & vostre coffre fort
que vous aimez plus qu'elles
& que vous-même. Seriezvous
par une metamorphose
inconcevable devenu tout à
coupmoins farouche & moins
avare? Si cela est,quelle obligation
n'avez-vous pas a ceux
qui vous ont donnéla premier
re leçondepolitesse & d'hu
l!1,ar.!ité?c signifiedonctout
cecy ,
disoit à chaqueinstant
Dorante, & à l'exemple du
Marchand de Fagots du Médecin
malgré lui; le refrain de
sa chanson estoit, A qui
en veulent ces gens-là. ? Mais
ceuxcyavoient resolu fermement
dene le pas quittersitôt.
Enfin luidit und'eux:Nous
ne vous laisserons pas faire
un pasen liberté,que vous ne
nous ayiez declaré de bonne
foyla raison quivousa fait
venir icy. Hé bien,Meisseurs
les Masquesquim'assassinez à
force de m'importuner, vous
sçaurez donc que je n'y suis
venu que pour y trouver mes
, deux carognes de filles qui se
j font cette nuit àmon infçui
échapées de ma maison pendant
mon premier somme,&
qu'averti par, un de mes gens
de cette incartade
,
je me fuis
habillé à la hâte pour venir avec
ma femme lesarracher
d'icy. Sivous sçavez ou elles
sont, comme je pense n'avoir
pas lieu d'endouter, montrez
les moy;& je vous jure foy
d'homme d'honneur qu'il ne
leur en arrivera aucun chagrin.
Pourquoy
,
luy répondit un
de ces Meisseurs, reprochezvous
à vos filles d'estre venuës
icy
,
puisqu'elles y sont avec
leursmaris? Avec leurs maris,
mes filles! reprit Dorante:
Et vous vous trompez, Messieurs
, vous ne les connoissez
pas, mes filles ne font point
mariées.-Voyons donc si nous
nous trompons, dit l'un des
Masques. N'estes-vous?pas
Dorante? ne demeurez-vous
pas dans la ruë S. Louis, n'y
passez vous pas pour le plus fâcheux
-de tous les hommes;
n'avez vous pas une femme
fort raisonnable, & deux filles
fort sages que vous faites éter.
*
*
nellement enrager? Danstout
ce quevous medites,il ya^ic1
ptJfldic Dorante, quelque chose
devray:hébienreprit l'autre,
voila pourquoi vos filles
sontmariées, si bien que vous
ne sçauriez empêcherque cela
foitria contrainte effroyable
où vous les avez retenu jusqu'à
-prcrnt)"l1e leyrâ cependant
pas ostéla liberté de faire un
choix,que vous ne pourriez
de approuverque parcontradiction.
Vôtreépouseest instruite
decour,&:ctK de sonconsentement
que leur hymena
este conclu.Vos gendres font
tels & tels, ces noms vous corw*
tentent ils?on ne vous a pas
chicanné leur doc.; qu'avezvous
à répondre à cela?Ma soy
je vois bien,leur dit Dorante,
qu'il n'y a ni porte niverroux
qui syffisent pour la garde des
filles: &si ce que je viens d'entendre
cft vrai, que la chose
soit faite ou à faire,j'en suis
d'accord. Il ne me teste plus
maintenant qu'àconnoître les
époux qu'elles ont choisi sans
moi,s'lls sontde vos amis montrez
les moiJ& jevous jure qu'à
l'instantje serai des leurs:sur sa
paroleces Meilleurs quitterent
leurs marques, & l'embrasserent
; ils rejoignirent aussitost
leur compagnie qui fut trescontente
de cet accommodement.
Ih, virent ensemble la
fin de cette brillante feste ; &
les amans en attendant que
les ceremonies nuptiales ferrassent
les noeuds de leur selicité,
ioüirent tranquillement
&enpleine liberté du plaisir
de sevoir, jusqu'au22. de ce
mois que leur hymen aesté celebréà
la grande satisfaction
des Parties.Que le Ciel prolonge
leur bonheur, & leur
donne des enfans qui leur ressemblent.
Ainsisoit il.
,
AutreAvantureduditjour.
JVANTVRE+
Une jeune & trés-aimable
veuve déguisée à merveille, se
trouva par hazard àce dernier
bal auprésd'un homme de sa
connoiifanrc, si mal masqué
qu'elle le reconnut sans peine.
Cet homme avoit eu peu de
temps avant cette rencontre,
unaccezassez libre chez elle,
mais n'ayant ny le merite ny
l'cfprit de se conserver une si
bonne connplffâpcc la Dame
rebutée des travers de son genie,&
de ses importunitez,n'avoir
pû se dispenser de le congedier,
même honteusement
de sa maison. Cette nuit se
-, trouvant en belle humeur,
elle voulut encore une fois se
divertir aux dépens de ce personnage.
Assise à côté de luy
sur le banc du jardin, bon
jour,Masque,luydit-elle
êtes vous toujours bienaimable
à vôtre ordinaire ? Vous
êtes de * *, dit
- on fils d'un
Tresorier de France de cette
,: Ville,vous croyez avoir un
grand genie, mais vous en
avez peu ou point. Vous n'avez
pas beaucoup d'habitudes
àParis;les personnes chez qui;
vous demeuriez vous avoient
procuré la connoissance de
plusieursDames de vôrrc voifinage
, avec lesquelles vous
vousestés broüillé par bétise-
& par étourderie.Vous allicll
encore souvent, si jene me
trompe, chez une veuve qui
demeurevis- à vis de chez
vous, mais vous lavez si [U_I
bitement & tant de, fois convaincue
que vous n'étiez qu'un
for, qu'elle vous a fait fermer
la porte au né:Par toutail-^
leurs oùelle vous a rencon
tréelle-s"c--il publiquement &r
à vôtre barbe mocquée de
vous. Comment doit on s'y
prendre pour vous corriger?
Acette fidele peinture,mon
cher Monsieur,vousrecon,
noissez-vous?qu'en dites-vous
beau Vtafquc? A ces belles
que stons le Masque interdit
ne répandit que des bétises
à son or dinaire. çepen.,
dant se remettant un peu dù,
desordre où l'avoit jette un
compliment si brusque, vôtre.
Compagneestelleicy,obligéante
personne, dit il à cq
Masque qui venoit de luy dé:
filer,unsijoli pelotondcve.
ritez Si elle est icy
,
je n'au
ray pas de peine à vous remercier
(sans craindre de me
tromperJdes-chofcs gracieu
ses que vous venez de me dire.
La veuve qui a
chezelle
une Demoiselle de ses amies,
qui estoit justement au bal
avec elle,crût alors être reconnue;
cependant sansledécon
certer,elle luy répondit qu'il
setrompoit, & quelle ne fqaS
voit ce qu'il vouloir luy dire
avec la Compagne dont il lui
parloit. Néanmoins, la craints
d'être découverte, lui conseil
la de ne plus songer qu'aux
moyens de s'échaper des
mains de ce Marque qu'elle
venoit, à son gré, de traiter
comme il mentoit de l'être;
& enfin elle s'esquiva. Mais
l'obstiné Masque ne croyant
pas apparemment en avoir
aflfez pour son compte, s'acharna
autanc à la poursuivre,
qu'elle à l'éviter. Il eut pourtant
beau faire & beau courir,
la Dame s'enfuit avec tant
d'adresse & de legereté, qu'il
;
la perdit de veffc. Ainsi après
plusieurs allées & venuëselle
rejoignit sa Compagnie.Alors
un des amis dela veuve qui
connoissoit le Masque en quession,
fut à luy ,& avec beaucoup
de politesse,ille pria de
luy dire s'il connoissoit la Dame
avec laquelle il luy avoit
paru avoir une conversation
fort vive. VraymencMon*
sieur, reprit-il, sije la connois,
en doutez-vous? Je ne fuis
poinc de ces gens qui attaquent
indifféremment au bal copte
sorte de Masque; & je QC me
lic,autant que je le peux,
qu'avec des personnes dema
connoissance. Le Masque, par
exempte,avec qui vous venez
de me voir, est une fille folâtre
, badine & toujours de la
meilleure humeur du monde.
Je suis parfaitement bien avec
elle, elle a eu mainefois de
mon argent, elle demeure à
la Porte S. Michel
,
& elle a
pour Compagne une.jeune
fille, qu'on appelle la petite
Javotte;c'esten verité la plus,
jolie petite creature du monde.
Vous m'avez,l'air d'un
honnête homme, & dés demain,
si vous voulez, je vous
meneray chez elle,de tout
mon coeur, répondit l'autre,
aussitôt rendez vous pris, &
parole donnée pour le lendemain.
Alors lemasque qui venoit
d'être si pleinement convaincu
de l'erreur & de la betise
de ce donneur d'adresses,
retourna vers la Veuve,àqui il
apprit tout ce qui se passoit
dans l'idée de ce butor, & l'o.
pinionqu'il avoitd'elle. Aussitost
elle revint sur Ces pas,
pour leretrouver & s'en divertir
encore. Des qu'elle sesuc
mise auprés de lui sur un banc,
ilfut s'asseoir auprès d'elle.
Ahlah! lui dit-il en même
temps; je vous connois bien,
moy
ifloy; &ce n'est pas( souvenez
vous en) d'aujourdhuy
que je sçay que vous demeurez
à la Porte S. Michel. Je
ne vous ay pas remis d'abord;
mais un moment après vous
avoir perdu de vûë, j'ay bien
jugé à vos discoursqu'il ne
pouvoit y avoir que vous au
mortde qui me connut si bien.
La Dame se deffendit. assez
mal des circonstances de cette
mervéilleuse reconnoissance,
& sans lui rien dire de positif
sur cet article,elle luy laissa
toute la liberté de croire qu'il
ne se trompoit pas. Il la pria
alors abellesîbatjc mains ,
de
se demasquer pour l'amour de
luy;mais elle luy répondit qu'-
elle avoir de très fortes raisons
qui lui de ffendoient d'en
rien faite: elel s'exeusamême
si poliment de ce qu'elle ne
pouvoir pas avoir carte com*.
plaisancepour luy
'j
qu'on dit
qu'il en pleura de }Óye. Q«an4
elle le vie aussi parfaitement attendri,
qu'elle souhairoitqu'il
le fut, elle le pria avec une
gracecharmess de luy prêter
un Louis d'or, & luy promit
en même temps de luy en rendre
le lendemain la valeur à
l'heure qu'illuy plairoit,aussitost
bour sedéliée, & Louis
donnézA ce present il a joûta
le petit discours qui suit. Je
viens, lui dit-il, derencontrer
iciun de mes amis, à qui j'ay
':
promis de le mener demain à
deux heures aprèsmidy, chez
voulsIl c'estun galant homme
que j'aime, je vous prie de le
-
recevoir comme moymême,
& sur tout que la petite Javotte
soit des nôtres. Voila encore
deux écus que je vous donne,
pour les frais de nôtre dîner.
Vousallez bien-tostvous
coucher, & demain au sortir
devôtre lit, nous nous mettrons
à table. A la bonne
heure,reprit la Veuve,tout,
celava lemieux du monder demain apurement nous nous
réjouirons à merveille. Ce propos
fini, main gantée, bien
baisée,promesseréitérée, &
tendres adieuxdes deux côtez.
L'Aut£ur de la prejente flif
toire a honte d'achever ici Jon
fecit dela manière auflere que luy
ptefent la vérité, il auroitfou*
baité y ajouter quelque grand
vacarme arriv- éle lendjemai-ncbe^-
la petiteJavotte de la Porte S.
Michel; mais4 latrop prudente
nfewve craignant tes jugement temerairts
& les gloses malignes,
nesifUIpAS pluftofl levee de fut
le bancoù elle eflott assise ypour
faire a cegAlant Mafcjuefa, derniere
reverence ,
qu'en se démasquant
d'une main , elle luy jetta
de l'autre au né
1
[on louis d'or
(Ji ses deux t-cus. en achetant fié
harangue dans des termes femblaUei
à ceux qui fervent de
début à l'intelligence de cette
Hifloire,quicommence (comme
sans doute il vous il vous en
fouuient encore)par unmerveil*
JtJJX panegerique.
* Quaeque. ipse miserima
vidi
Et , quorum pars nulla fui. -
Cela veut dire que te content
de ce narré a vu toutes ces bettet
choses C* qu'il ny apris q/a'
tant de part, quesa curiojué lui
prejcrivoit d'enprendreypour U
rendre"digne, Aptey Idoine &
capable de vous les conter; aa
refle ileftvrayment &épouvantabhmentmortifiede
Idrtflitution
du loüÍt d'or cm des deux écus)
qui l'a malencontreusementprivéy
de la dehàeufe ejperance de vous
en dire encore de btlles.
* Virg.Æneid. L. 2.
Le10 point de nouvelles.
Le 11. de ce mois jour dela
Feste Dieu, la Procession de S.
Germain l'Auxerrois alla au
Palais desTuilleries, dont les
avenuës & toute la cour étoienttendues
des plus belles
&richesTapisseriesdes Gobelins.
S.M.estoit à genoux à
une senestre,ayant à sa droiteM.
l'Abbéd'Argentré&M.
l'Abbé de Rochebonne ses
Aumosniers en rochet:A sa
gauche M. leCardinal de Polignac,
M. le Duc du Maine,
M. le Maréchalde Villeroy
Me.laDuchessedeVantadour,,
& le reste de la Cour y dtoir
aussi. Après qu'on eut poséle
$. Sacrement sur le Reposoir
la Musique du Roy chantaun
très
-
beau motet. Lemême
jour S. A. R. M le Duc d'Orleans
Regent du Royaumealla
àl'EgliseSEustache saParoisse,
où il entendit la grand'Messe,
ensuite il accompagna le
S. Sacrement pendant toute la
Procession, précedé de ses
Cent Suisses, de ses Gardes du
Corps, Pages, Valets de pied
ayant à sa droite M. l'Abbé
de Tressant nommé à l'Evêché
de Vannes son premier
Aumosnier,
Aumosnier, M. l'Abbé Du-
, prat, M. FAbbe de Rabines
ses Aumosniers
, & le reste de
sa Chapelle, suivi de M. le
Comte d'Etampes son Capitaine
des Gardes, de M. le
Marquis d'Armentieres son
premier Gentilhomme de la
Chambre
, & du reste de sa
Maison, & de plusieursSeigneurs
de la Cour & Officiers
generaux. Pendant l'Octave le
Roya assisté plusieurs fois au
salut aux Feuillans & aux Capucins,
toûjours accompagne
de M. le Duc du Maine, de
M. le Cardinal de Polignac,
de M. l'Abbéd'Argentré,de
M.l'Abbé dcRochcbonnc fcî
Aumosniers, de M le MarechaldeVilleroy,
de Madame
laDuchesse deVantadour,&de
tous les Seigneurs de la Cour,
précédé de ses Cent Suisses &
Gardes duCorps.
Le 18*jourdel'0£fcave du
S. Sacrement, laProcession de
S. Sulpice composée de 300.
Prestres en Chapes ou Dalmatiques,
allaauPalais duLuxembourg,
dont toute la cour
avaitesté ornée des plus belles
& plus riches Tapisseries des
Gobelins, de même que la
cour de mar bre, dont tout le
pavé estoit aussi tapissé, & au
bout de laquelle à l'entréedu
Jardin on avoit dressé un Reposoit
des plusriches,avecun
dais très-magnifique. Sur la
gaucheon avoit dressé un
theâtre pour la Musique qui
étoit composée de toutes les
plus belles voix de l'Opera J&
de plusieurs Joueurs de toutes
fortes d'instrumens.Onvoïoit
de riches tapis à toutes les senestres
du Palais & des deux
Galeries. Sirost que la Bannière
de la Procession parut, MadameDuchessede
Berry allahors
la porte du Palais accompa-
, gné deM. l'Abbé de Casties
son premier Aumosnier
,
de
M:1rAbbé de Rouget de
Ml'Abbé d'Avejan, de M.
l'Abbé du Tremblay, de M.
l'Abbé Danglade ses Aumosniers,
tous en rochet, recevoir
la Procession ,& adorer le S,
Sacrement, qu'elle accompagna
jusqu'au reposoir, pendant
tout lequel temps les
trompettes,tymbales, hautbois
& bassons, qui estoient
surile balcon, qui estau dessus
de la grande porte, se sitent
entendre. Ensuite la Musique
chanta un motet de la composition
de M. desTouches, qui
fut très- bien executé. On n'a
jamais vu une plus belle & plus
auguste ceremonie. Toutes les
Confréries commencerez
pour lors à défiler, chacun des
Confreres portantun flambeau
à la main, enfuire les Valets
de pied, les Cent Suisses,
les Tambours battant toujours
la Marche, de même cjqe
le Fifre, les Gardes du Corps,
les Pages
, portant tous des
flambeaux de cire blanche;
enfuitc tout le Clergé.
Le S. Sacrement sut porté
par M.leCuré de S. Sulpice,
sous un dais des plus riches &
des plusmagnifiques. Madame
Duchesse de Berry suivoit,
ayant à sa droite M. l'Abbé
de Casties son premier Aumosnier,
M.l'AbbédeRouger,
M. l'Abbédu Tremblay,
M.l'Abbéd'AngladesesAumosniers
tous en rochet,&le
reste de sa Chapelle. M. le
Marquis de Coetenfao son
Chevalier dhonneur, &M le
Chevalier d'Hautefort,son
premier Ecuyer,lui donnoient
la main. Cette Princesse étoit
precedéedu Lieutenant, Enfeigne,
Exempt de ses Gardes,
Maistres-d'hostel, Ecuyers &
autres Officiers, suivis du Marquis
de la Rochefoucault son
Capitaine des Gardes, de Madame
la Duchesse de S. Simon
sa Damed'honneur,de Madame
la Marquise de Pons sa
Dame d'atour de Mesdames
les Marquises de Trannau,
Clermont, Armctit-icres;&de
Madame la Comtessed'Aidies
les Dames du Palais& de plusieurs
autres Officiers portant
tous des ciergesàlamain. CettePrincessesuivit
toûjoursà
piedla Procession,qui traverse
la ruë de Vaugirard, toute
laruë Cassette,& s'arresta à
l'Eglise des Filles du S. Sacrement
,où l'on chanta un autre
motet en musique : de-là on
traversala ruë du Colombier,
& on arriva à S. Sulpice, d'où
Madame Duchesse de Berry
, aprés avoir reçû la benediction
du S. Sacrement se retira.
Ilestoit deux heures & demie
quand tout fut fini. On ne peut
pasdonner plus de marques de
zele & de devotion que cette
Princesseen donna,elle fitde
grandes aumosnes aux pau.,
vres, & de grandes liberalitez
à tous les Joueurs d'instrumens,
après les avoir bien fait
regaler. La Ceremonie estoit
si belle, que presque tout Paris
y a estépour la voir : on
estoit enchanté de la decoration
de ce Palais qui estoit tapissé
en dehors & en dedans.
On admira fort l'Histoire de
Constantin, l'Ecole d'Athenes,
le Mont Parnasse
,
l'Incendre
duFauxbourgdeRome
& les Frufins Belli, qui sont
des Tapisseries de la derniere
beauté. Pendant cette Ceremonie
il arriva une avanture
assezsinguliere.
) La jalousie, Oeeilc maligne
qui seme la Discorde sur toute
forte d'états, ne pût voir une
festesi sainte sans en troubler
le calme; elle persuada aux
Archers de Ville qui y aflîf*
toient,aussi bien que les Archers
dela Monnoye, pour y
maintenir l'ordre, que ces dei*
niers venus n'estoient encomparaison
d'eux qu'une troupe
de miserables,qui avoient l'im
pudence de se mettre en parallele
avec eux. A ceux cy elle
representa l'arrogance des Ac!.
chers de Ville,qui se croyoient
deshonorezde voir leurscasaquesainsi
confonduës avec
celles des Archers de la Monnoye,
elle leur remontra en
même tems combien il estoit
à craindre pour les uns & les
autres, que dans cette conçue
rence un des partis n'usurpât
sur l'autre desdroits qu'ils devoient
partager ensemble.
Ce n'est pas d'aujourd'huy,
comme tout le monde le fçaits
quecesprééminences ont souvent
allarmé l'Europe entiere,
&ont fait quelquefoisverser
autant de fang que les injures
les plus atroces. Il est même
denotoriété publique, que
les assemblées les plus saintes
ont souvent causé de grands
fcandalcs par la vanité des Titres
de ceux qui y ont assisté:
& si aprés bien des peines,
on n'étoit enfin parvenu à
mettre d'accord deuxDéputez
des plus grands Potentats du
monde,on n'aurait peut-être
jamais vû le commencement
ni la fin par consequent, du
Concile de Trente. Je ne vous
cirerai point ici les motifs d'inimitié
entre lesColones&les
U. sins, entre les Guelphes
& lesGibbelins, entre les Ligueurs
& les Gens du Roy
Henry III. entre les Ormistes
& les Frondeurs, tous causez
par les ambitieux projets qu'-
un de ces partis formoit de
donner la loyà l'autre: Ces
exemples nous jetteroientdans
de prodigieux détails: je me
contenterai feulement de vous
apprendre en peu demotsjusqu'à
quelleviolence ce dernier
conflit de Juridiction entre
lesArchers de la Monnoye, &
ceux de cette tant bonne Ville
de Paris,porta les combattans
del'une & l'autre part. U
Aussitost, vous dis je
4
que
la cruelle & tremblante Difcorde
eutencouragé,ainsi que
vous venez de le lire, ces valeureux
champions, ils dégainerent.
Lesépées, halebardes
& mousquetons, menacerent
en même tems tous les assist ans
d'une mort prochaine. Plusieurs
coups de glaives tranchans
furent bravement assenez
:& malheur àqui lesreçût.
On entendoit déja de toutes
parts les cris desblessez,& les
lamentations de la timide populace
exposée inhumainement
àla rage des combattans,
lorsqu'un renfort de Gardes
*
de Madame DuchessedeBerry
se me slantparmy les mutins,
les fit si subitement trembler
de peur ,qu'à l'infianc la tempestecessa.
Pendantcetaffreux
tumulte, excité fous les yeux
& à quatre pas decette Princesse,
elle s'occupoit tranquillement
du soin de faire donner
de l'Eau de la Reined'Hongrie
, de l'Eau de Mlisse &
des Sels subtils à ses Dames ui s'évanoüissoient de frayeur
à tout moment. Elleseule heroïne
indifferente au milieu
d'un danger qui ne pouvoit
gueres estre plus grand, étant
si prés d'elle
,
regardait son
propre Peril comme un acci
dent ou elle n'avoit nul interest
à prendre. Cependantplufleurs
de Ces Officiers avoient
déjà eula sage précaution de
chercher un azile-:& un de ses
Aumosniers dela gauche, plus
prudent que les autres, s'étoit
déjà sauvé en rochet sur les
tuiles.Ecclesia abhorret à sanguine.
L'Eglise a horreur du
sans;;&cette horreur est sainte
: Dieu soit loüe, & M.l'Abbé.
Amen-,
jintrc
Autre gentille &* recreative
Nouvelle.
On joue à l'Opera un Baleri
nouveauy qui a pour titre,
les Festes de l'Esté. Les paroles
font de Mademoiselle Barbier.
qui nous a déja donné plusieurs
Tragédies quionteudu
succés. Ce dernier ouvrage a
esté si bienreçudu Publicqu'-
elle peut se flatter de n'avoir
rien perdu de sa gloire,Voicy
* le Plan de la Piece.
Argument du Prologue
Une troupe d'Amans., &
d'Amantes, dont le Printemps
clï la Saison la plus chere, se
plaignent de son départ. Le
Printemps leur témoigne- le
regret qu'il a de les quitter,
& leur represente une Loy du
Destin, à laquelle il ne peut se
soustraire. L'arrivéedel'Esté
oblige le Printempsà s'envo-
- ler;les Amans & les Amantes
ne1 seconsolene desaperte;
que par la promesse que leur
faitl'Esté,defaire regner l'Amour."
Il appelle Venus qui
defccnd des Cieuxpour établir
l'Empire de son filspendant
la Saisonde l'Esté,ou plutôt
pour montrer qu'ilrègne
dans toutes les Saisons. Delà
naissent les trois Entrées dont
le Balet est composé. MademoiselleBarbier
a divisé les
jours d'Essé en trois parties;
sçavoir, le plein jour, le soir
& la nuit, & fait voir qu'il n'y
en a aucune où l'Amour ne
signale sa gloire; ce quelle
a exprimé assez heureusement
par ces quatre Vers.
Que l'Aflre qui donne le jour :
*S'cleve dans les Cieux) ou défi
lHi -cende dansSlondef; iûmQiailploingte
lx/mvers dans une profonde :
, Tout estfawrable à l'Amour,
On dira peut-estre qu'il
étoit plus naturel de faire descendre
l'Àmourluimême que
-
Venus; mais le Public y auroit
perdu le plaisir d'entendre
dans ce
,
rôle l'excellente Ac-
:'
trice qui le remplieavec tant
'de grace; c'est Mademoiselle
Antier qu'on ne se lasse point
d'applatidir dans tous les morceaux
qu'elle chante.
Argumentdelapremiere Entrée.
Cette Entrée a pour titre,
lesjoursd'EstéOnachoisiune
Moisson pour le temps de
raétion. Elle se passe entre un
Berger & deux Bergeres l'une
de ces Bergeres qui s'appelle
Climene, est d'un caractère
singulier,naturellement indifférente
& malicieuseelle
se fait un plaisir de brouiller
tous les AmansEllepersuade
à Silvie qu'elle luy a enlevé
Dapbnis ; Silvie trop crédule
donne dans le piège que Climene
lui tend, & irritée contre
Daphnis,elle consent à épouser
Idas, Berger plus opulent,
que son pere lui propose.
Cecontentementioù la colere
a plus de part que la vo
lonté, ne laisse point douter à,
Daphnisque sa Bergère ne soit
infidèle. Un éclairciflemenc
réunit leurscoeurs;mais il leur
reste à rompre un hymen qui
doit les fcparer pour jamais.
Ils ont recours à Cerés qui les
a choisis pour ordonner lesjeux
qu'on lui prépare en reconnoissance
de l'abondante
-
Moisson dont elle a couvert
les Champs. Ccrés ordonne
que Daphnis & Silvie soient
unis ensemble: cette Entrée
n'a pas fait le mêmeplaisir que
les deux fuivantcs, quoy qu'it
yait beaucoup desentimens
& de pensées. Voicy, entre
autres beautez qu'on y a senties
une maxime qui a para trèsneuve Elle cft fondée
sur ce Vers qui la precede..
C'estSilvie qui parle de Daphnis
doncelle secroittrahie.
Nont je lui jure une éternelle* haine.:•f-
Climene lui répond sur le
ton badin, qu'e lle a pris dés
le commencement. de.i.' la
Scene : -> ?!'n ,': .; .h.
Contre un objet trop charmant
La vengeance rieji pas fûrt:,
En secret le coeurdément
,
Tout ce que la bouche jure.
Le dépit faitleferment;
Vn regardfait leparjure.
.', Ce qui a déplû dans cette
Entrée,c'est une espece de difsonnancequ'elle
a avec les
deux autres, où il n'y a point
de divinité. Le specateur auroit
voulu que les troisEntrées
sussentdumême ron, & se
passassent dans un même lieu.
Mademoiseelle Barbier, attentive
à profiter des remarques
du
du P.upîjç, luy a promis de
se regler sur son goût, & travaille
àreformer cette seconde
Entrée pour la mertre au
ton des deux dernières. J'esperequ'il
n'y aura plus rien à
dtfircr aprés ce changement.
que tout le monde a paru
souhaiter. Passons à la seconde
Entrée.
<
Argument de ladeuxième
Entrét.
Le temps de cetteEntrée
est dcfigné par un Soleil couchant*
La Scene fc pasle à Paris
vers la Porté S. Bernard
En,voicy l'action: I-.l UnvieuxTuteur nommer
Argante,devenuamoureux
de f. Pupille, qui s'appelle
Hortense,craignant que Lisis,
quiest son rival, ne la luy enleve,
forme 1uy-merbe le defsein
de la ravir; & sous prétexté
d'un Cadeau qu'illuy
donne sur le rivage de la Seine
,il fait préparer secrettement
une barque qui doit servir
à la porter vers un ChârtcaUjOÙ
il prerend l'enfermer
pour l'obliger àl'épouser.Il
fait conifdence de son deflem
àson valet Zerbin, autrement
dit
, mon bon amiMancienne;
Doris,confidented'Hortense,
se doutant que ce Cadeau,
trés nouveau pour le vieillTureur,
cacheque lque mystere,
se tient en garde contre les
mauvaisès intentions qu'Argante
pourroit avoir.Elle est
aiméede Zerbin tendre(TeJEdfcé,e,e&llepl'aorbluignee
non seulement à reveler le -Cc..
cret de son Maître, maisencoe
à servir Lsis aimé d'Hor.
tense ; do forte que la même
barque qu'Argante a fait préparer
pour prolonger l'esclaVage1
d Hortense, lCI" à la
mettre en liberté. Le cara&e-»
re d'Hortenseestsingulier,
c'est une demie Agnés, à qui
son Tuteur a fait une peintureaffreuse
de l'amour, &qui
cependant trouve ce Dieu tout
charmant dans les discours &
dans les yeux de Lifi-9. Il y a
une Scene entre Zerbin &
Doris qui est sur un ton co.
mique & leger, dont le pubiic
a paru très satisfait.Toute
l'Entréeest joliment écrite;
les pensées &les sentimens n'y
manquent point. J'ay remarqué
entr'autres beautez une
",'
Allégorie fine qui s'applique
au Roy. Voicy sur quoy
-
elle
tIl, fondée. La Luneparoîc
aprés le coucher du Soleil,
Doris chante une Hymne à
l'honneur de ce nouvel Astre
qui favorise les jeux des Habitans
des rives de la Seine, i,avoie*.••'«t.cfL.
DéscjUèJousl'humideJejour
-Le Soleil cache Ja lumière,yjj
Vous commencezvotrecarriere,
Nous"vous - r -. ^voyons a Votre tourj
Triompher de /4 nuit obscure, ,
rors. dédommage^ la naturei1
pt labfence duDieudujour..
•r? Comme touc le mondç
sçaitque le Soleil croitFera*"
bême du feu Roy,je ne crois
pàs.ue le restede rAJlcgôfifc
aitbesoin d'explication.
\,
jtrgumcnt Je la troifémt
EntrEée.<\
, Les Bals du Cours qu'on
donnail y a deux ans,& qu'on
donne encore aujourd' huy
, ont fourni à Madémoiselle
Barbier le sujet decette troifiçtne
Entrée quia pour titre
lesNuits d'Eté. Voicidequoi
il s'agit. Deux amis & dcaàc
amies sont partie pouclcfial
du Cours; lesdeux amis s'appellent,
l'un Valere & l'autre
OîavcjValereeit morcuf
de Lucinde, l'unedes deux
amies, &Ô£hve aime l'autre
qui s'appelle Belise;Valere est
jaloux,Lucindeest une espece
de coquette,qui quoi qu'-
elle aime Valere, ne laisse pas e.vouloir plaireàtout lemondeOctaveaimeun
peu moins
Bchle qu'il n'en estaimé,&
souhaitteroit qu'elle fût un
un peumoins tendre. Valerc
reproche àLucinde qu'clle ne
songe tous les jours qu'à faire
-Ides nouvelles conquêtes, & li
veut quitter pourne pasêtre
témoin des hommagesqu'elle
cherche:Octave peu tendrtfî
pour Belise ne veut pas laisser
son ami dans le trouble où si"
est,il prie Belise de luy permettre
de le suivre, la trop
tendreBelise s'en offense & le
menace de se vanger desont
indifference.. Cette menace
donne lieu à Valere de proposer
àQéèave un déguisement,
afin que sous le masque ils
puissent éprouver leurs Maîtresses.
Otèdve accepre la proposition,
plus par complaisance
pour son ami, que par
défiance pour sa Maîtresse.
Valcrc est le premier qui fait
latentative, qui luyreüssit
plus heureusement qu'il n'auroitosé
l'esperer. Mais satisfait
de son sort, il craint que
son ami ne soit pas si heureux*
queluy;& commeil l'aem-*
barqué dans cette dangereuse
épreuve, il ne trouve point
de meilleurexpédient que d'avertir
Ikhfe- du dessein de {on"'}
Amant Ellenelaissepasdese
vouloir vanger du trop indifferent
'CD,seignant
d'être prête à luy manquerde q
foy, &.: elle fait si bien qu'elle
parvient à le mettre en cofcréj
de forte que l'Amant jaloux
cessant de 1 (re, l'indigent
devient jaloux. Tout se dénouë
heureusement, les quatre
Amans se déterminent à
s'aimer désormais sans contrainte.
CetteEntrée au jugement
des Connoisseurs estla
plus parfaite des trois,la versification
enesttréslegere,
le jorgon de masque y est imité
fidélement & ménagé adroitement
; les Scènes font semées
de inix-nies & de sentimens;
des Entréesdemasques
de toute espece forment le divertissement
qui répond au
leac de la Piece. Voicyles
deuxmaximes qui ont fait le
plus de plaisir. La premiere
est dans la bouche de la vraye
coquette.
Quqandjeupuise<Huun rregard vain-
Fairenaître cjuVquautre ardeur
Sans rtjjtntird'amoury je me ? réjouis de ma gloire ¡
-Le triomphe flatte mort coeur, -
Mais il néglige la njîfloire.*
La sécondeest chantée par
la frintccoquctte.-
'"),f J!'1 j¡ * 11 S En amourjene veux connoilfre
Qu'uncoeurquiJe U'jjeenflanef:
Latendres que jejaisnaîtte
Ejl four moy la raiJÕn d'aimer.
de Illanme ureisstequpleus. qquu'aà ppaarr1leerr
, M. de Montéclair qui en
cft l'Auteur, a.réütti par faitement
au gré des Connoisseurs,
dans la compositionde ce
BàUCC. ,,,,,,.qvl'
,.(' | Vt
Pr n'en pas faire à deux
fois,permettez moy de \*ou.
presenter tout de suitequelques
nouvelles Pieces de Poë
sie qui m'ont hnlblé dignes
de paroistre au jour. Le mois
paffirje vous donnay la declaration
des biens de M D. S.
elle fut ass z bien reçûë du Pu-à blic.Vouy maintenantune
imitation de cet ouvraged'un
genre, & peur être tpême
d'un nvntc différent. Cette
Piece est de M Thierry,cydevantCommis
de M. de Montargts. "-'iw4
Non, l'Edit nesipasj,ai£pour
svj!»moy Je , # tel*ai dit cent foist. Musl
-hv:envain m'excite .q Afarterduafbleméritei *-*-*>
D'avoirJçurégir un emptoy.
Mije eu part en quelque entre-
-? Moname- d'un gain vileprise
Conçut-elle jamais de coupables1 projet*'} Elle n'a, tu Ufiais, de plm cbers
< intérêtsi
Que ceux où l'honneur nous en- -?se:
La
gloireàpourrwymille
appas,
Lavertu seulsa droit texiger *jponhommage,
Làfoisde l'or ne me possede pas
-PDur obtenirdeshisns duneavenglefortune,
., Je naipointfçupouJJerHneplaiirtC'impo*
tune*
Zinc plusnoble ambition
Aftint hors de l'enfance,exclu
monçourage,
La guerre fut ma pajjton.
De mourir pour mon Roy je briguai
l'avantage;.>
DcptUi cinq ans par choixJ?fùz
fqis ce rnétifr
LorfqutLts malheurs Je monpete
Aitf'ent devenirapprentifAdai- totier.
Que nm-je (te plutôt écrasé di
tmnerre. !
Danscet indigne état j'ai rampe
terreà terre.
Sfais-tufturqm,Djmon -. ;c'est
que la probité
-- Ch. lesFinanciers Je traitede
chimère ! QjSaux c¡ua/itrz du coeur À Pef- pritonpréjère Uinfattableavidités•
LafourbinegrUbuÇfic
u4,tx feniim ns â'bpnneur3 an
gouss
t
à U j14flle
Etquepour parvenirenfin. -
JUvomis prisilne m.auvaischim Fais-moi donc, cher ami,raifort
de ton caprice, *
Il interejjèmonrepos.
Quoi tu veux que mal apropos
J'aillealaChambredejujlice
Lui
Lui rendre compte,ai-jegagnédu
hienf
Desix ans de travail il ne me re-
* fierien.
Dis-moidoncJe quoi m maccufes?
Il est vrai , j*ai chéri les*Ma
-
fit*
J'ai lu Virgile)Ovide, Horace,
-Martial,
Perfi
j
Catule,Riante9Homère,
-
Juvenal: Dans leurs sçavans Ecrits fat
tachédem'infiruire3
Sansavoirenvers eux commis de
peculat: - Combien d'honnêtes zens nen
,.; pourroienipastantdire, * Qique maigre leurs vols
)
leur
.;- - flile sottfortplat. :*
Peut-être blâmes-tul'audace 1
Quim*àfait eelelref notre Atf- gusleRegents
~>
Re
Pouvois-jirenuserautrement
",'Un tel crime d'ailleursforte avec .:. *tuisa grâce. ,'\
Du %ele ér du devoir ma Mufe
aprislaioy.
Non,l'Edit ritft pill fait four
.,1moi.
:. E- - Voici un autre Ouvragede
; Poëfic, quej'annonedrois d'uaine
maniere bien brillante&
enmême tems bien modeste,
s'if avoit plûfau. Dieux me
rendre plus éloquent &plus
serieux queje ne fuis; un petit
traité des sentimens de respect,
de raie 6cde veneration
que j'ai pourlagrandePriacesseàqui
ila esté presenté,
feroit les honneurs de ma transition,&
je me garderois bien
devous dire brusquement que
les Stances que vous allez lire
font dela composition de M.
Crouzelier Conseiller au Parlement
de Metz, & qu'il a eu
l'honneur de les presenterà
S. A; R. Madame Duchessede
Berry. Yij -
A&SO,N.AL,T,ES.SE'.-ROYALE.
MADAME, ',
Duchcffc de Berry. 1 Ó-'.- : -
S TAN C ES.
:Quelfpeihtclc !quelle lttr. 'u •; 0rt - ;' >
Que d'éclat dejeux,^7*Ar/;/
Lspiaijirs renaissentsans cesse
Et rtfoiv,tnt.un nouveau Prixi
Tout nous charme&nous intc~
refit -
•
,Mais
-
peuten en estresurpris!
Onrend hommage a la Princesse
Quifaitl'ornement de PMu".
;
Sa beaute na>ien qui nen»
chante. ,'.
On niantesavivacité.
Sa grâce en tout cft rayijjante;
Et sonregard efi refpcéle.
Sa jeunesserji toute brillante:*-
Son port efl plein de majessé;
Et si tost quelleJepresente
.-,' Tont cede à sa wbkfierté. *Heureuxquisçait comme ellt
pense,
Quiparson rangxou son crédit
En faitsouventl'experience !
Ce que la voixpublique en dit,
Trouve d'ilutantplus d'ajptronce,
Que l'air charmant dont elle rit*
Nous paroiss une confequénct
Pour le brillantdeson esprit.
',Stt: :--;
Poursongrand coeur que rien
?égale V Dans la pompe
y
ou dans Iç Uet*
,; 1..fûts,
La fente en eftfi liberale,
-
Que sans entresdans son Palais
Oùsa bontévraymentRoyale
Se aeclare par tantde traitsx On Doit ajje% que tout fignlfl.
Le plus grand coeur qui fin
jamais.
Tout nous surprend; &* tout
retrace -
Sa magnificence gjr son choix.
Si je lafois-dans une chafe^
Quelle ardeur! QiSeft ce que je
vois!
Toute sa course a tant de grâce>
Que les divinité des Bois,
r
Heureusesd'ensuivre la tracey
SemUentseranger fous ses Lois*
Si dans la séanceinquiète
D'unjeuvif9piquant incertain>
On la voit quelquefoissajete
Aux revers communs du Jeftin.
Danssa tranquillitéparfaite
Inaccessible atoutchagrin,
Son ame égale Co fatiiflitt.
Ne rtffillt ni perte ni gain* 8&
MaisquellejoieineoncevMble3
Et quel Jurcroîtetttonnement,
Quandunfpeêiaclefavorable
Exciteson empressêment
L'effeteflifremarquable , Que le plus simple amufemenfi*
Par un attrait inexprimable,
Devientm doux enchantementu
Cependant,fij'ose le Jirt
Danscesinjians siprecieux,
Lefpeêiacle envain nous attiré
Par des plaisîrs ingenieux.
C'est la Princejji qu'onadmire;
Etfisappasvictorieux
Font toujourssentir leur empire
Auxfpeélateurs trop curieux-
- Que
,:' Que vous nous estes necejjaire
Princtjje! l'on verra toujours
Regnerici-comme à Cyrhere.
Les rischarmarts& les Amours: -
'On vousen nommeroit la mert,
Mais l'éclatnaijjant de vos
joursy
Parmavantaggee ccoontnratirrae,ire,
Ravitce titre à nos difèours.
PourunePrincesse sibelle,
A quiles caurs s'immolent tous,
Et dont chaque Soleil rappelle 'x
Quelque triomphe parmis nous,
-.lWarque ,signalez vostre ''{el
Noblesplaisirs; que d'entre vous
Vne troupetoujours nouvelle
Rende encorefin fort plus doux.
~S
Il n'est pas encore temps de
vousreposer.Jay une Chanson
nouvelle & de nouvelles
Enigmes à vous presenter.
Commençonspar la Chanson.
CHANSON.
paroiffi douce Violette,
Prenc'{ la place des glafons
Bergen reprenez vosmusettes,,
RempliJftz l'airde vosCban/ôns.
Ouvre^ vos coeurs à l'esperance,
Des biens, des pliftrsJdes kaux
jours,
Le Princecjui régit la France
MOUSlesrameine pour tOûJours.
'1 ~a
, Pour lesEnigmes vousprendrez,
s'il vous plaist, la peine
de vous souvenir que le mot
dela piemiere du mois passé
estoit Le Livre, celui de la seconde,
Le JeH de I"Oye
, renouvelle
desGrecs; & celuide
la dernière
,
Le mot de i'Enigme
même:& vous me permertrez
de vous dire que les noms
de ceux qui les ont deviné,sont
la charmante Veuve de la ruë
Geofroy rAfOltrJ & sa fidele
amie, laMaistresse & Je Maistre
à Follet, & toute la famille
des FollesUrgande ladéconnue,
Persephore
,
-Romulus
le gros, sa Procureuse & sa
Chirurgienne, le gros Anonyme
, & le gros Rot Suisse de
S. A. R.Monseigneur leDuc
d'Orléans.
ENIGME
Du Solitaire malgré lui de Mile
Saint Louis.
Mere des ris &des dijputes,
Rien nepeutrejîfler à mon vaste *
pouvoiry
Quelquefoisjefaisnaîtreaux
malheureux Ijfpoir
Dese relever de leurs c
hutes.
J'inspire auxplusgrojftersfouventde
l'éloquence,
Sans ufir de contrainte avec le
plus difcrct, '- Je lui fais arracher doucement "jonftcret,
Et donne auplus timide unepleine
aJSurance.
En Un mot j'ai JepgraYldJ
charmes, ,
Que lepetit couvre le grand,
L'ignorant-comme le ffavant,
Me, rendentprejque tous les au
mes. Ziij
Afais ce nejiqueiUns magroffèffi
Que ion fait de moi tant de cas:
Car dès que monfruit ejlàbas
Telquirnavoitaimeme meprirse
&melaijki
AUTR E
De l'Abbé Insulaire.
Je n'eus jamais blftin d'une
v merepoufnaître
y Le pere 1i ma misau mondeejl
Ivc,maitre ;
VoHs,mconnoifc^ tousfansjça-
DOIT mon féjout.
M^n'développons ce myftefe,
«
Il n'ep pointde lieu far la terre,
Ni mêmefarles mersiont on nait
faitle tour,
Pour découvrir quel (si mond
mciU
, Mais la rechercherfi inutilt.
J'habiteaitmilieud'un jardin
înaccessiblea tout humain.
'Une Dameautrefois devintfort
amoureuse
Du vif éclat dema beauté,
Quoiqu'elle eut un époux qui la
rendoit beureufe
Etluilaissoitsaliberté.
Maisflaaffi dne sotnaforit,jililuei p*rit
Devoir de moiquelquefaveur»
L*epoftx en eut le reste, o* polur%
notre malheur
A tous les deux j'enfisperdre U
nie*
DEFFY. KU4 SÇAVANS.
- PROGRAMME
De-ilacademie Royale des Belles
Lettres, SciencesArts.
1
M.le Duc de la Force Pair
de France, & Protecteur de
l'Academie Royale. des Belles
Lettres,Sciences & Arts de
Bordeaux,proposeàtousSçu
vans de l'Europeun Prix qu'il
renouvelle tous les ans. C'est
une Médailled'or de la Valeur
de 300.livres autnoinsou.
sont gravées d'un costésesar.
mes, & de l'autre la Devise de
l'Academie. Il sera distribué.
le premier jour dumoisde
May1*717.
Cette Compagnie à qui M.
leProtecteur laisse le foin de
choisirlesujet sur lequel on
doit travailler, & le droit dedécider
du mérite des Ouvrages
qui serontenvoyez )aver"!
tit le Public qu'elle destine le,
Prix à celui qui donnera le sistêmeleplus
probable surla
cause de la lumière des Phos-
•
phores& des Noctiluques,&
qui expliquera de la maniere
la plusvraissemblable leurs di?s
vers phenomenes, ?
L'Academie fouhiire de
trouver du nouveau dans les
Differrations quelle recevra
Iln'est pourtant pasindispensableque
cette nouveauté soit
dans le Sistême peut-estre lewai
a-t-il- déja esté presenté
&n'a-til esté méconnu que
faute d'avoir esté rendu évi.
dent.Maissi un Autour adopte
une hypothese déja connue/!
ilfaut du moins qu'ilenaugmente
lavrai-semblance par
des preuves fondées sur des
raisonnemens solides, sur des
expériences, sur des observa- tions.
Dansla Confcrence publiquedupremier
jourdu mois
de May, on fait la le éturede1
la Piece quia remporté le Prix.
Quand elle esttrop longue,
on n'a le tems qued'enlire
des lambeaux : cela est peu satisfaisant
pour le Public&
pour l'Auteur. Dansla veuë
d'y remedier,on prie ceux qui
se trouveront obligezpar l'abondancc
de la matière de
donnerunegrande étenduëà
leur Dissertation , d'y ajoûter
séparementuneespece d'abregé
ou d'extrait de leur Ouvrage,
donc la lecture qui ne
doit durer que demie heure,
«
au plus, puisse donner uneidée
suffisante du Sistême & des
preuves. La Dissertation n'en
sera pas moinsimprimée tout
aulong.
Il fera libre d'envoyer les
Dissertations en François Oui
en Latin: elles ne seront reçues
que jusqu'au premier jour
de Janvier prochain inclusivement,
GelJes qui apriveront
plus tard n'entreront pas en
concours. Aubas desDi(Tertations
ily aura une Sentence
&l' Auteurmettra dans un billet
separé&cacheté la même
Sentence,avec sonnom& son
adrcCtc.
Ceux qui envoyeront leurs
Ouvrages, les adresseront à
Mrs. de l'AcademieRoyalede
Bordeaux, ou au sieur Brun,
Imprimeur de cette Compagnie
ruë S. James. On aura
foin defaire affranchir deport
les pacquecs, sans quoi ils ne
feront pas retirez duCourrier.
L'Auteur de la Dissertation
qui aremporté le Prixde
1716. est un Gentilhomme de
Besiers,nommé M. d'Orthonsj
deMeitan.
Livres nouveaux.
Le Voyage de l'Arabie
Heureusepar l'OcéanOriental,&
le Détroit delà Mer-
Rouge, &c. dont je n'ay donnéque
le titre au mois d'Avril
dernier, est un Livreque je
ne cQnnoitfolpojnt encore,
.& quimerite bien quej'en dise
quelque chose de particulier:
je suis sûr que les véritables
Curieux
,
& la plusgrande
partie de mes Lecteirs, me
sçauront bon gré decette attention.
, :..
LesNegocians de S. Malo
font les premiers Européens
qui sesont avisez d'aller dans
l'Arabie Heureuse par FG..
cean & par le Détroît de Babelmandel,
ou de la Mer
Rouge, pour fane en droiture
& sans l'entremise des autres
Nations, le commerce de
Ossé. Lespremiers Vaisseaux
destinez à ce.Voyagepartirent
de Brest au commencement du
mois de Janvier 1708. &ne
furent de retour à S. Malo
"lulau mois de May 1710.
Le succés de cette première
tntreprise en fit bientost former
une seconde:- d'autres
Vaisseaux sortirentdeS. Malo
pour aller dans lemême Pays,
au commencement du mois
deMay 1711 &ilsretournerentheureusement
au mêmePort
dans lesmois de Juin
1& de Juillet 1713.
Les Journaux & tous les
;
Memoiresqui concernent les
;.
deux Voyages, ont esté dref-
1 sez avec toute l'exactitude&
-'l'. la fidélité possible,&ils ont
estémis en oeuvre, & donnez
",
au Public par Monsieur de la
Roque,
Roque, qui ayant beaucoup
voyagé dans le Levant, &
sçachant les Langues; l'Histoire
& les Moeurs des Orientaux,
étoit plus capable qu'un
autre d'un pareil travail.
:
Onpeutassûrer que sa Relation
a toutela grâce de la
nouveauté; carnul Européen
n'avoit encore écrit sur l'Arabie
Heureuse
, &on ne connoissoit
presque, que le nom
d'un des plus beaux& des plus
grands Pays de l'Asie Meridionale
; & outre la nouveau- té,onapprend dans cetteRelation
des chosestrés-fingulieres,
& plusieurs curiositez
utiles à l'Histoire,àlaGéographie&
à laPhysique.
.ro' On trouve
-
à la fia,d
Voyage un ample Mémoire
de tout ce qui concerne
l'Arbre & le fruit. du Caffé;
& pour achever de contenter
les Curieux, pour desabuser
même quantité de gens, qui
jusqu'icy ont mal connu l'un
& l'autre l'Auteurdonne
non feulement la figure d'un
Arbre de Caffé, qui a esté
dessiné en Arabie sur le naturel,
maisencore des feuilles
séparées du même Arbre, defsinées
dans leur grandeur naturelle
sur l'original;& enfin
un rameau entiçr de cet Arbre
,
chargé de fleurs & de
fruits, aussi d'après le naturel;
letout par une habile main,
& parfaitement bien grave.
L'ouvrage est terminé par
un traité historique, rempli
de recherches curieuses & interessantes
sur l'origine &le
progrésduCaffé, non-seulement
dans l'Asie,mais encore
dans l'Europe, sur son introduction
en France, & surl'-
tablisement de sonusage à
Paris.
Je n'entre dans aucun dé
tail sur tpuc cet ouvrage
parce qu'il faudroit copier le w
Livre entier pour ne rien ob
-*
mettre de. ce qu'il renferme
d'agréable, d'utile & de veri- Atablement curieux:nous ajouterons
seulement que la forme
qu'on lui a donné, la netteté.
& la politesse du stile contribuënt
- encore à attacher
agréablement le Lacteur,
Il y a à la teste du Livre
une Carte,duRoyaume d'Yemen,
Pays ou croît le Caffé,
& la plus belle partie de l'Arabie,
Heureuse, qui a eftç
dressée par M.de Lisle de l'Academie.
des Sciences; Carta
quicomprend aussî la Mer
Rouge, &c,où plusieurs erreurs
se trouvent corrigées,
Ik. qui par son exactitude &fanouveauté,
fera sans doute
plaisir aux Connoisseurs.
Ce Livre se vend chez André
Cailleau,sur le Quay des,
Augustins,préslaruëPavée,
àS. André.Ilsevend50. sols..
Autre Livre.
-
Harmonie ou. Concorde,
Evangelique,concernant la
Vie de Nostre-Seigneur Jesus-i
Christ, sélon les quatre Evan
gelistes, suivantla Méthode ;
& avec les Notes de feu Mf
Toinard. Detoutes les Concordes
ilen a pointcuqui
ait esté mieux reçûë du Public
que celle defeu M. Tpiriard#
imprimée en 1707. en Grec;
mais comme peu de gens fça.,
vent le Grec, ses peines & ses I
foins auroient elle inutiles à un
trtèréss ggrraannddnnoommbrr~eddeepperrfsoonn.-!i
nes, s'ilnese fût trouvé. uni
Autheur qui se fût donné
la
peine de la traduire.& dela rç-j
diger, à la vérité dansune ath *
~tredisposition, mais toûjours
en suivant exactement ses tra-
Ces.C'estcetteconcordeFraniçoife
que l'on donne au Public
;
&voici l'ordre qu'on y a
gardé.
- -
1°. Onamarquéàchaque
page l'année de J.C &le rems
auquehàCR passé cequiestcontenu
daos la même page.
2.o. On a mis. au commencement
de chaquc année de J.
•C.cequipouvoir fixerdavantage
la Chronologie; sçavoir,
l'année de la Periode ~Julienne,
l'année de la creation du monde,
Taonée Julienne,l'année
de la Nativité de&l'année
de l'Erevulgaire.: *v
,
3° AprèscetteChronologie
, dans une autre ligneen,
fermée par un réglér sont
marquez les lieux où les évenemens
dont on parle dansla
page se sont P^2*
4°. On a fait quatre colonnes
à chaque page àcosté,
,-
du Texte ,qui ont chacune
en teste le nom de l'Evangeliste
,
le Chapitre courant, &
les Versets qui y sont employez,
qui répondent aux reglets
marquez dans le Texte; -
en forte que d'un coup d'oeil
il est facile de connoistrel'Evangeliste
, le Chapitre & le
Verset,oùils font un ou deux,
ou trois ou quatre qui rapportent
la même chose, ou en
quoi ils sont différens.
-
1
L'on y remarque la dilference
qu'il ya entre nos heures
& celles des Juifs. Par exemple,
lorique les Evangelistes
disent que Nostre-Seigneur sur
crucifié à la sixiéme heure
,
c'étoit
à nostre manière à douze
heures ou midy : qundilsdi
sent qu'il mourut à la neuviéme
heure,c'étoit sélon nous à
trois heures après midy. ,.
lionàmferédatisccttcHarmonie
le3 sçavantes Notes de
M.Toinard,sur quelques en,
droits, particulièrement celles
qu'il a faites sur la dcrnicrc Pâ
que deJ. C.
Ce travail estoit difficile, &
demandoit beaucoup d'exaâitude:
on n'aépargnéni terpfc
ni soins, pour le rendre digne
du suffragedes Lecteurs habi1
les. Laversion enest fidèle,la
tfcfpofitiondesplusingenieuses,
&éFéditbn estcorrecte,
j presqueau de là de ce qui est ;
permis d'espererdansunOuvragcdcegemej
Il y a une très-belle Table
alphabétiquedes évenemens,
Sentences&paroles les plus remarquables
,& une autre Ta*
bleGeographique qui explique
les Contrées,Villes & lieux de
la Judée & autres Pays dont il
est fait mentiondans cet Oij.-
vrage.Ce Livre est dédié à M.
l'AbbéBossuet,nommé àlEr
.vêché.>de Troyes; & se veud
chez J. B. Lameste,à l'cntrét
de la ruë du Tain9 du costé de
la ruëS. Jacques, à la Mine»-
igÊt > * *
--
Article concernantencore un
nouveau LivrA- }
L'on mande de Lisbonne,que
le Roy de Portugal ayant égard
au travail du Sieur le
Quien de Laneufville Autheur
de l'Histoire généralede Portugal,
& l'un de 40. de l'Ac..
demieRoyale des Inscriptions,
l'a honorédel'Ordre deChrist.
Cet Académicien, qui est presentement
à la Cour de Lisbone,
où ilapassé avecM.
l'Abbéde Mornay, Ambatra.
deur de France a esté aussi gratitié
par Sa Majesté Portugais
d'unepensionde1500. livres.
Il se dispose à donner inccfsamment
au Public le troifié-
*juic& dernier Volume defo-n
Histoire. Il suiffitd'avoir lules
deuxautres qui ontparu, pour
caaugurer un succés trés
-
vora1ble.fa- 1ÇueriJfons surprenantes de T7' A -.. LFûï.
;.
Il ya une espece d'uveuglé-
) - c .: ment qu'onnomme aUJourd'huy
en françois Goutte Se*
reine, que nos Ancestres appel.
Int Goutte Maurequint du
tdrhe grêCT1 Amaurosisqui si- -
gnifid'potpfément cette maladit."
Õ' C'eff une privation du
tiers de la vûe par l'obstruction
ou paralijle & detraquement totstldtsparités
visifiques & internt-
dc Yoeil sans que l'on appcN
çoive" rien extérieurement
Cette fâcheuse maladie a toûjours
papour incurable lorsqu'ettc
estcompliquée avec l'é--
largijpment & pressi ou io..
bilitédû la prunelle, qui est
cctrèmcuché noire (oup pertois
aumifei* delavisiere) tNiarnéd'un
petit musele rayonf:
10 }:"
né& riolépioléde diverses couleurs
qu'on qualifiedu nom
d'/rû (ou de lacouronne de lW)
qui a un mouvement alternatif
& peut s'épanouir& se resserrer
(par des irions merveilleux)
selonles divers jours &position
des objets (iueI'oeilreoardc.
M. de Woolbouse (Gentilhomme
& Oçulijk Anglois) vient de
guerir de ce malaffreux ( au
mois de May passé) le Pere
Irenée d'Aumal
,
chez les RR.
PP. Carmes. de la Place Maubert
en huit jours de temps,
par une metode douce (de son
invention) qu'il approprie à
râgc. & au temperament du l,,'.; \,,..
Ce Pere Irenée éroit frappé
d'aveuglemententier, du jour
au lendemain, en ayant pourtant
esté menacé depuis envi-,
ront un an. Cette maladie est
fort souvent l'avant coureur de
l'apoplexie: commeil arrivail
y a environ une année, au
R. P. Severin,âgé deand
(plus ou moins) du même
Convent de la Place Maubert,.
qui négligeant savue ( àcause
desontâge avancé) perdit la
vûe&lavie d'un jouràl'autre.
Cequi nousdoit (elvirJ.&,
tissement de ne pasnegliger
cette indisposition perilleusede
laimè\ un seul moment, piiit
qu'elle tient fort de l'apoplexie
l'origine des nerfs y effant
teinte&affectée. • '** Jy.'aj
LemêmeSieur dzWcolbàu*
se entreprit & guerit (au même
mois de May passé) du puron
ou absés d'eI'oetl (qu'on nomme
hypopyon) accompagné de luf:
cere de lavïsiere (qu'on nomme
encauma ou encaveure ).
MademoiselleHibert,:logée
chezMonsieur rAbb. Coquet (Prestre,& Chantre deS. Ejiien*
ne du Mont) tuë des Prcfl:reS:..:
joignant S. EJttenne du Mont
Ce Gentilhomme est le seul en
France qui fait l'operation hardie
& merveilleuse de l'hypopyon ou
puron du globe de1W, en sauvant
la beautéparfaitede cet
organe, & en ritabiiffa.nL entierement
la-uûé*, pourvû qu'on
ait recoursà luy avant que
les. humeurs naturelles de l'oeil
soient gâtées,corrompues & entflmrJlêes,
parla fnvhyjt ou absesdeconfusion.
Il a renvoyé
bien instruit au Grand Duc
de Florence, l'Eleve Florentin
Signor Francesco, que ce
Souverain luy fit l'honneur, de
luy confier pour apprendre ses
Opérations,& il vient d'avoir
en sa place le Sieur Balbis, Piemontois,
fils du Chirurgien du
Prince Carignan de Savoye, &
M. Deutch, fils d'un Bourgeois
de Hambourg
,
qui apprennent
chacun six Opérations Chirurgiques
parmi lesquarante que
leditSieur de Woolhouseenfigne.
& pratique sur les yeux. Il demeure
au College de YAve-
Maria, visà vis le petit Portail
de S. Estienne du Mont, attenant
l'Abbaye de Sainte Geneviève
du Mont, dans l'Université.
Il est chez luy toute la
matinéejusqu'à midy.
AVIS
De toutes les Découvertes
qui se font, il y en a peu qui
foit plus utile & plus capable
d'interesser le Public;quecel
les quiregardent la famé*
,\ Il a estéinventé à Paris depuis
quelques années une PoudrcTranquile
pour touteforte
de coliques, de quelquenaturc
qu'elles soient, douleurs
& tranchées:onla prend en
JaVement, elle se prend aussi
par la bouche.Elleestencore
admirable pour toutes les obcruchons
;elle adoucit le sang
& le purisie, réglé le sexe, gucrit
la jaunisse ou les pâles couleurs
.& fait reposer. Cette
Poudre se distribue chez M.
Gillot Apoticairc de Paris à la
Pointe de S. Eustache
,
qui a
déjagueri par le moyen de
cette Poudre un grand nombre
de personnes incommodées
desditesmaladies.
Voici la manière de faire
l'Eau:mettez dans un pot de
terreverniséunechopine d'eau
de riviere oudefontaine, mesure
deParis, la chopinecontient
une livre faites bouillir
l'eau, mettez-y peu a peu un
pacquet de Poudre Tranquile;
faites encore bouillirletout
dix à douze boüllons-: retirez
le pot hors du' feu, broüillez
le tout,&lemettez dans la seringue,
& le prendre comme
un lavement ordinaire, & le
garder autant qu'on pourra.
Il faut observer de mettre dans
le pot quandl'eau bout la Pou.
dre peu à peu,a cause dune
grande fermentation qui arrive
, qui feroir sortir hors du
Epontluanveepmaretinetde ieau
cette Eau fait
uriner) appaise les douleurs,
débarrasse les urctaircs & la
vessis du gravier,des glaires
quiy font, & dissipelesvents;
& fait reposer,
Cette Eau se fait dela mê.
me manière & la même dose
de la Poudre par la bouche;
toute la différenceest qu'on
met une pinte d'eau,au lieu
qu'on n'en met qu'une chopine
pour les lavemens : la pinte
de Paris contient deux livres,;
on laisse reposer l'eau quand
elle eO: faite
,
& on la verre par
inclination, quand on en veut
boirelaPoudre relie au , fond
du pot. -- :',
4
Voila bien desremedes tres
utilesannoncez;mais aprèsavoir
rendu justiceaux Auteurs
de ces excellentes Découvertes
, permettez-moi de vous
parler encore de l'Eau merveilleuse
de M. de Villars, &
de vous repeter jusqu'à ce que
jecesse d'avoir bec & ongle,
qu'il n'est pas dans la nature
un plus beau secret que le fien.
Je renvoyelesLeâeursquise
portent, bien ,de même que
ceux qui défirent la santé, au
Journal que j'ai donné de la
mort du RoyLouis XIV. Ils
y verront sur cette Eau admilablc
rable un détail bienconsolant
pour les malades, & bien fia.
teur pour ceux qui ne le sont
pas. Ce Journal sevend ainsi
que le Mercure, chez mes amez
& seaux Jurez Imprimeurs
libraires Daniel Jolles,
& Jean Lamefte, au Livre-
Royal, auboutdu Pont Saint
Michel, du cossé du Marchéneuf
Et M. de Villars qui est
encore meilleur à voir & à connoistre
qu'eux, demeure rue
Poissonniere prés la Villeneuvé
àPans.
(. Item.-p
Reprise cnrienfc-dupremicfjdrtJ.:,
1' tiçlcd*prcfcnt Livre.*
: t -
Pour finircomme jaicorà*
mencé au sujet des Comediens
Italiens, permettez moi dtà.
joûter à ce que j'ai die d'eux
que leurs Spectacles ont cité
establis en France, prés de cent
ans avant les nôtres, &devous
transcrire les propres termes
;
qu'a employé à leur endroir L
l'Auteur du Journaldu Regne
duRoy Henry IM.' Cet
Historienn'est soupçonné
demensonge, ni dadulation.
Voicy ce qu'il efl dit p. 22.
Le DimAncbe dix nenvkmÇ
de Maydel'an 1577.les Cornecliens
Italienssurnommez.LiGelofî
jcommencèrent Àjouer leurs
Comédies dans la Salle de l'Hôtel
de Bourbon à Paris,ils prenoient
defalairt quatrefols pour tesie de
tous les François qui les vouloient
allervoirjouer, où ily avoit tel
concours &afftuencede peuple
m
que lesquatre meilleurs Prédicateurs
de Paris n'en avoient pas
ensemble autant quand ils pre»
fboient. Cette citation historique
peut servir de preuvede?
applaùdissemens donc ils ,onc.:
toujoursétéhonorez en fran.til
ce: honneur quonncleureutf
sans doute jamais fait,s'ils ne
l'avoienc bien meriré; &les
François (comme toutes les
Nations en conviennent)onc
trop d'cfprit pour estre la dupe
de leurs suffrages. Voila ce
que j'ay crû, en conscience,
devojrajouter à la louange de
nos Comediens Italiens. En
attendant que la fuite de leurs
representations me fournirent
dejnpuvetics occafionsde leur
rendrejuflice, permettez moy*
dçvousafliirer du parfait deVôuëmem
& dutrès profond
refpedïaveclcfcjuels j'ay la
gteirecTcftrc, 'c' ".;
Monreigneur
De Vostre Âltesse Royale
Leplushumble,leplusobéïC
-
fanr, & le plus fournis
serviteur, MERCURE. ,',
A F I S.
Lesieur Garnesson demeurant
presentement rue dil 'ON.:;'
toir àl'Hostelde'Flandres,où^
est son Entcignc,est presque
le fcul quisçache mieux déraciner
les corpsdes pieds, &,
guerir entièrement ceux qui
en ont depuis un longtemps
sans faire iaigner ni souffrirla
moindre douleur. Les Certificats
& les cures qu'il fait aujourd'huy
seront des preuves
suffisancesàceux qui cherchent
leur guerison , pour
connoître l'excellence du bauTABLEJPMéludeimpayable,
! jftcit , d'une Avanture ameurttt/i.J>\ftouf9
^cadmitjue du Signer p. A. pritJli, écrit
tnItalien four la fatitf^ûwtde ouxquifston
»furieuxde l'apprendre
, -
JFJifioirepitoyable,lamentable -"Is-int1t%.le
-.",g;.nt., ;
3*
Dialogue entra. Arlequin *- Cothunus, Trop-
Cemedien, 44>
MimmI touchant l'Ajfemb^'e du cUrgf dti
CMti d'Auxonne, tenue au,mets de May
!
dernier, 94
Nouvelle*ds Rom*, lOi
JHYenife, l' JJ,1
DtAfalte, ijî
Pt laCore*nt) 13t
I9X#ivaMploi,arjiille,ljj1i)7 DeStrasbourgt 140
1?# Bareelone,14f DMI So. Mrtast.,, 1+6.
Mariages, 149 ttm
MERCURE
APARIS,
M. DCCXVI.
AvecPrivilègeduRoy.
MERGUHE
GALANT. 1--
Par le Sieur Le Fevrt.
Mois
de lui,,
1716.
-1
te prix est 5ô.fols relié en veau,&
2 5. sols
,
broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,
au bout du Pont Saint Michel.
ducôté du Marché-Neuf ,
au Livre Royal.
A.\>teApr9batUnt&Frw'ïU
MERCURE
NOUVEAU
DEDIE'
A SON ALTESSE ROYALE
MO NSBIGNEUR
LE DUC DE CHARTRES.
ONSEIGNEUR,
Approuvez que Mercure
(qui elt entierement consacré
àvoctre Altesse Royale, &
qui le sera, de même, tant
qu'à l'ombre de vôtre Auguste
Nom
,
il joüira des Privilèges
du sien) vous propose un
moment d'entretien sur le
sujet qui faitaujourd'huy la
matiere desmeilleures conversations
de cette grande Ville.
Ils'agit (& vous vouyscu doutezbien
, Monseigneur) de
vous presenterun leger Paralelle
des Comédiens Italiens &
des ComédiensFrançois.
Des spectacles de tous les
genres ont fait de tout temps
l'amusement de touteslesNations
du monde. Plusieurs
Peuples les ont même regardé
anciennement comme desarticles
essentiel deleurs Religions.
Ils ont longtems servi
d'Epoques dans la Grece, &..
c'ctfde la solidité de leur établissement
que les Historiens
les plus exacts ont tiré les dates
les plus certaines de la
Chronologie. Enfin après
une infinité de changemens
dans les coûtumes, & de revolutions
dans les Monarchies
,presque tous leshabi-
*LesJeuxJjîmiqHes)UsOlmpi^dtj»
&c.
tans de l'Europe devenus plus
civilisez & plus humains,ont
banni de leurs spéctales l'usage
barbare d'ensanglanter
leurs Fêtes.D'ingenieusesrepresantations
des aâtorts des
Dieux, & des Héros, & do
sages critiques des moeurs s'établirent
à leur place, fous
le nom de Tragédies & de
Comedies, au grand cortentement
des Peuples,LesLatins
imiterent les Grecs dans l'art
de composer ces fortes d'ouvrages.
Les Italiens & C-à.Ef.
pagnols en heriterenr des
Grecs & des Latins. Enfin les
Françoisquoyquelesderniers
venus sur laScene, puiserent
siadroitementdans ces secondes
sources,ajoutèrent tant
d'industrie à ces heureux larcins,
& donnèrent un leur
si noble à leursexpressions,
qu'ils en meriterent peut être
les honneurs du Triomphe.
Telleétoit (si jenemetrompe)
l'opinion que nous avionsdes
pieces denostreTheâtre François,
avant l'arrivée des Comediens
Italiens de Monseigneur
le Duc d'Orleans.
Mais après les avoir veus ,
le
Plublic,dont laReligionavoir
etelongtempssurprise sur ce
article
,
s'est cnfitL desabusér
LQ)plusr grand nombredes
Specateurs traitoit d'originaux
nos plus célèbres Copistes
,& ignoroit que Molicre
luy même, à l'exception de ses
excellentes Comédies du Myfantrope,
du Tartuffe, & des
FemmesSçavantes, étoit redevable
aux Espagnols&aux
Italiens,del'invention détoutés
ses autres Comedies. Je ne
par le point de celles qu'ilatijtées
dePlaute & deTetence,
elles ne font icy rien à mon
"wjtt
: mais son Medecin malgré
luy, son Mariage forcer
son Etourdy
,
sa Dame invi- -fibl, son Avare, &c. dontil
atrouvéla matiere dans Arioste,
Cechi, Lasca ,d'Ambra,
Parabofchi
,
& Machiavel
,
& qu'on reproche icy aux Italiens
de nous donner après
luy,comme ses propres dépouilles
,
seroient peutêtre
encore à naître sans eux. Au
reste ce * Rare &sublimeesprime
perd rien de sa gloire, à
n'être pas l'unique pere des
admirables enfants qu'il nous
* Ccfl a'nfi que Boiltatt commenté
son Epîtrt à Moltcre. '* ) ¡,\t:
alaissez, & il est aujourd'hui
.permis, sans donner la moindre
atteinte à sa répuration,de
regarder avec les mêmes dit,
positions qu'on a apportéesà
la represenationdefes Corne*
dites, de quelle manicre
, &
avec quel art&quel génie, les
Italiens ont contribué avant
luy à la production de ces mêmes
enfants
,
qui ne leur doivent
peut-être pas encore leur
premier être ; mais il est toû.
jours constantque leur origine
certaine pouvant ne pas êtreparfaitement connuë ,
nous n'avons l'obliguioatU
-.
leur naissance ,qu'à ceux qui
semblent les avoir les premiers
formezqui s'étant successivementconservezletitre
d'excellcntsoriginaux,nousr
donnent enfin aujourd'hui
dans laCapitale du Royaume
deFrance,de parfaites repretentations
de choses
, dont
nous n'avions encore vû que
des copies. Passons, s'il vous
plaît, aux autres objections
qu'on fait au sujet de ces nouveaux
venus. La peine de les
entendreetfdit on ,une difficulté
insurmontable Cela est
vray ,
si l'oncompte pour rien
l'avantage charmant d'apprendre
une des plus gracicusesLangues
en sedivertissant
&sil'on suppose que
lesSpecrateurs
sages & toûjours avides
des bellesnouveautez,bornent
leur curiosité au seul plaisir
de voir des representations
d'actions,où ils ne voudront
pas prendre la peine de rien
comprendre.Pour les Dames
sur tout, je maintiensqu'il n'y
en a pas une feule qui ne souhaitte
ardemment de sçavoir
l'Italien. Pouren venir à bout
manquent.elles de jugement,
dememoire ou d'esprit?non;
certes; & el tè:.. n'ont qu'à souhaitter
d'apprendre une cjiofç
pourla sçavoir. Dés qu'elles se
sentiront un peu avancée
dans cette nouvelle science,
elles feront les premieres à demander
que l'usage du François
soit absolument proscrit
de ces spctacles. En mon particulier,
assistant scrupuleusement
& inviolablement à toutes
ces Comedies, je leur promets
en qualité de Mercure ( sansvanité & sans intérêt,
vicesindignes de son nom)
de parcourir chaque jour
( bien escorté de gens qui ausont
le même talent ) les premieres
Loges de ce Theâtre
d ) A1 d1e m arrêter comme eux,
celles où nous trouverons de
Dames qui n'y entendront
rien, & sans que leurs yeux
perdent de vûëles À&eurs, de
leur expliquer la Comedie
aussi clairement& pl^s facilement
pourelles,que si elles la
lisoient dans un Livre.
,;.
Autre obiectiontouteprocieuseCesgens-
là,dit-on, se
donnentde grandes libertez
dans leurs Dialogues
, & di*.
sent souvent des choses bien
hardies. Enveritécelaestad-
mirable,& nous avons au
moins lieu d'sstreaussi reservezque
nous lesommesàleur
égard, pendant qu'un grand
nombre de nos Comedies
Françoises fourmillent de ces
bons mots,dont on leur reproche
la liberté.
Dom Japhet d'Armenie est
par exemple, de droit acquis
& impunément en possession
dedire en plein Theâtre à la
soubrette quiluy jette un pot
de chambre sur la teste, le vers
le plus sale qu'on puisse imaginer.
Le Baron d'Albicrak se recricfdrt
modestement sur l'inajuirtceequ'on
luy a fait, torfau'it
Vers,
:
De ta fattr d'un Baronfaire
une denosfoeûrs! 1
* LesJodelets, &DomBertrand
dé Cigaralqu'on a remis
depuis peu au Théâtre,
fdrit-rce des Piecesoù l'Auteur
&les Auteurs ne s'émancipent
pas à outrance?
-,-' Enfin les Festés du Cours,
Comedie moderne deM Dancourt
,font-eiles exemptes de
ces -liberttz, ? Et ne doit-on
pas admirer la grâceavec la
quelle on y chance qu'un Avocat
cat sy'fdit cocu luy-même. Tou.
tes ces choses qui font si joliment
envelopées, ne laissentelles
pas des idées bien honnêtes
de l'imagination de ceux
qui les ont composées.
Je produirois sur nostre
Theatre un millier de ces
exemples dont on ne s'est pas
scandalisé, quoyqu'on les ait
entendues, & qu'on les entende
par faitement tous les jours.
Cependant bien des gens aujourd'huy
se soulevent à cet
égard contre les Italiens qu'ils
n'entendent presque pas encore.
Voila assûrément un scrucSyplrèôibciDent
fonde ! Ces gens la
obtenir une Dcc!arapon
du Roy
, par laquelle
ij. fust défendu à toutes per
sonnes de quelque qualité &
condition quelles soient
,
de
Jjrejamais Scaron,Marot &
Rabelais Ils seroientbienautrement
étonnez s'ils avoient
vû representer des Comedies
JiCpagnoles^omme par exemple,
celles qu'ils appellent Autos
Sacramentales
,
le*Aéfee* Sa-
- cramentaux; s'ils avouent vû
les trois Vertus Théologales, la Foy, l'Esperance &I..Chc1-
rité passer en revûe sur un
fTbcîfrcJ s'ilsavoientvûjouer
les. sept pechez mortels, & si
dans les Intermedes, & même
au milieu des Dialogues qui
setiennent dans ces Comedies
,
ils voyoient un Gracioso
(en François un Bouffon) faire
toutes les incartades, & dire
toutes les plaisanteries imaginables,
pour divertirles Speçtateurs.
Chaque peuple a ses ftj jfc
Coûtumes ; & c'est donner
unepreuvepresque évidente
de foiblesse & d'ignorance,
que de s'amuser à pointiller
surdes maximesreçues chez
drsNations entieres , & que
nous avons si volontiersadop- técsnous-mêmes. -.{h'1tB
~b D'ailleurs il est encoreà
propos de dire que leursPieces,
pour n'être pas dans les
:mêUlc:s' regles que celles de
ïioftre TheatreFrançois;n'en
sont pas moins regulieres &
pas moins suivrespour cela:
& qu'il n'y a que les gens qui
n'y entendentrien,qui puissent
dire qu'elles font lardées
de Scenes détachées,quin'ont
aii unrapport au principal sujer.
A l'exception detour ce
quiest de l'efficedes Pantomitnes-
y comme envies de chantera
de rire,de dormir,de
danser
, & autres admirables,
plaisantes & muettes expressions
de colcre
,
de pitié, de
joye
,
de crainte, de caprices,
de gourmandise, d'Ignorance
& d'amour, qui font dansces
Comediens le plus agreable
effetdu monde,toute l'intrigue
marche à merveille, &
sMrhne Acte par Acte ,&
Scene par Scene jusqu'à son
dénouëment.
.,r:. Avant que definir ce Volume
,j'essayeray, sije puis avoir
uncaunevas de toutes leurs
Pieces,de vousconter la Ra*
blc des principales Comedies
qu'ils auront jouépendant le
cours dece mois. #t-k:.Ú' qo;b
Pour cequiregarde lesActeurs
& Actrices,je n'enparleray
pas davantage ; chacun
est d'accord sur cet ardclc).&
il n'y a personne quineconvienne
de leur merite. Arlequin
est le plus joly,le plus
fin & le plus gracieux Arlc-
, quin qu'on puisse voir: & le
Signor Lelio est, de l'aveu mêmede
ses Emules,un des plus
sçavans & desplus grands
Comediens de l'Europe.
Ilne me reste plus maintenant
, pour encourager tous
les Curieux dans le deflertv
d'apprendre la Langue Italienne
, ou du mOlnpour leur
faciliter les moyens de l'entendre
,
qu'à leur proposer
tous les mots la lecture d'une
HlGotÎetteérite avec toute
l'élegance& toute la délicatessede
cette Langue, Ceuxou
celles qui voudront prendre
la peine de la traduite en Fran
çois
,
m'obligeront de m'en
envoïerles Traductions qu'ils
enauront faites. Je lesconfronteray,
& lesexamineray
avec au moins autant d'équité
que MeJJi unles Academiciens
examinentles Ouvragesquiconcourent
pour les Prix de l'Academie.
Eten rendant publique
celle de ces Traductions qui
me paroistra la plus exacte &
la mieux écrite , je rendray
autantqu'il me fera possible,
toute la justicedûë au merite
du Tradt£kcur.
Voicy un échantilloninteressant
& bien conté des Historiettes
que jevouspromets.
RsuGVJGLIO
R:,a :I. A,. G^v A G L 7,0
"- '., y d'unt- Aventura i,Amottroft
-:., difcorjo * Academico. Del fc
Siznor D.A' Pritcttlli.t
1
Non potendo io nella passata
notte tollerateil caldo
ché tràle piume s'offivo; mi
lçvai a punto ché Filomena
con triste voci e querele, si
dolca con l'Aurora ché si per
tempo apparisse per rinovat
suoilamenti; equanto piu
raddoppiava i giusti da lei creduti
rimproveri, altre tanco
la Dea s'infocava di Sdegno,
ché per vendicarfi d'el honta,
"affrcrtava il sole à saettarco
psuosrraoggiqfueallansciliangu.ara
Perascoltardunque il pianto
diquel animaletto canoro,
mi ftcfî al piede d'un platano
frondoso, intorno a cui alcuni
Zephiretti bambini trastullandoss
tràdiloro, cagionavapo
col placido moto delorotrasparenti
e lucidi vanni, si ameno
rezzo, frà quelle sulfurants
verdure, ché l'alma mia affannata,
trahea d'al canto e
d'al fresco doppio e non pensato
ristoro.
Al motmotat d'elle srondi
destossi un impennato stuolo
di dipenti vccelletti, ché empirono
co loro musici accenti,
quel campo di si soave armonia,
ché benedicco l'Autorc
di quel si grato Piacere.
Mentre cosi scioperato né
ftauo : ecco! non so Ce per mio
contento, ô Martire, donna
àme incognita e sola, ché di
passo in passo venia cogliendo
fiori per quel ameno giardino ;
& ovunque girava il sole d'el
suo lucidosguardo fioriva il
giglio,e apriva il casto seno
la Rosa.
All'apparir di quel nume,
ché cosichiamar laconviene,
poiché haueano le suefatezze,
un non so ché d'immorrate;
radoppio il canto la turba di
quegli alati cantori,c quei Zefitetti
lafcivi corsero â gara
pcrJ\ bacciar quel bel volto •, ementres'affrettavano, radoppiavano
il.carÍo" ilcrine
ché lependea inanellatosul
bianco collo smosso d'alloro
anhclar vehemente,in fila d'oro
moftroflï alluminoso Pia-
«cneu.;.- { -, srh Scintillà l'amoroso }. Dio
;qu/el-laviist,a l'eg.iadr.a ;:c se non -i
chér reggea il freno de gli infocati
Eto, e Piroo;non véha
dubbio ché per mirar da vicinospetaccolo
alla sua vistysi
caro non fosse disceso su quell'
amena Pianura.
La dove movea il bel piede,
s'inchinava per Bacciar quelle
nevi ognifioretto amoroso,
ché non già calpestato impassiva,
per ché, ô forzad'amore!
forgea piû lieto in cima al
suo tenero fiela, e scotendosi
per l'indicibil contento, pareachéin
ruo muto linguagio,
rendessegratieal destino, ché
tal belca riverite,
e di Bacciar
concedea. 1 Ciij
Rizzofli quella cara belles
za, mentre cro afforto e rapito,
per mirar le fuechiofrle
avolte tràccrri nodi, e legami>
trà quali comein labirin
to dubbiofo, a poco a poco,
s'era intricato il miocuore, e
vidicio ché ne a penna, nea
voce esprimere, nonché de
li*near si concede. Spirava d'al suo bel volto
la Maeftade, e il decoro,
c il iglio corne in unvago
cielo sereno innareava grato
fegno di pace, sotto cui due
siésTebenignc vibravano raggi
* RitràttQ. t
-
di si luminosa chlarezza, che
a pena il guardopoteafissarfi
in que begl'occhi amorosi.
Le guanccie pareano latte,
con quel bel sangue ftemprato;
& avivava la porpora, cd
il rubicondo corallo quel labro,
sopra qui il mioaffetto
penso volar per bacciar lo;
nla un amor riverentess'oppose,
perché ful' arco di quella
bocca foave tese uno stral di
ritegno.
In somma era quel viso il
ritractod'ella bclla madre d'amore,
ô almeno. fariastato
efficace a dare perfettaidea per
formareuna Venere amante.
Il feno chétraspariva [ottqr
un bianchissimo velo.,- togliea
il preggio al candore, di que..
sotillavorio; e forgcvano d'ar.
vivo petto due poma acerbette,
assaipiu belle di quelle,
per mezzo diché perseAttalanta
il caro vanto di preminenza
nel cor fo.
Non pote il cupido fguardo
vagheggiar piu oltre, quel
bel composto animato, merce
d'un invido manto,ché bizarramentetra
mezzo sciolto,il
succinto, copria di naturail
piu preggiato e piu raro.
Insiammosiil cuorc alvanneggiar
della mente, e fatto
fprone al defio,correa per
goder di quel bene, di
-
cui
non per anche là forte se- gli
mostrava cortefe.
In mczzo a tanti deliri,
déterminai di dar sine a quel
affanno secreto
,
ché forze
haveria tardato il mio gioir
veritiero:ondecomposto e riverenteN'e
gl'i atti, m'avanzai
doue vita
,
ô doue morte
il mesto core attendea.
Etogià sivicino à. quelogeno
béante,ché havercbbc
potuto vn amator Villanofar
prova di sua mal nata possanza;
quando si volse indierro
e con vn languido grido dié
noti segni di cerna d'el mio
venire improviso.
Le press la bianca mano, a
la mia voce fioca, e cremance
cercô dargli pegno ficuroché
nonveinuoin quel luogo per
disturbar le fuegioie;màchè
la forte e le stelle m'haucano
amesso à quella vissa felicé,
e non credeuo hauer peccatca
in quelpunro ché secundas il
loro influsso
, e volere:
Cercava intanto fuggir
d'almio laccio quella Nimfa
ritrosa; c florcendo d'almio
volto quel fuo fembiance ce- l leste, mostrrua con quel atto
spressante, ,haver à Schiso il
mio pregare, e le lachriolC",
ché quasi d'à due fond Sgor-
- gaua per glocchi il cor amic.
to e dolente.
M'a quanto più si fforzava
d'ufcir d'impaccio, e fuggire;
altretanto per recinerla egodcre
,
adopravo dolcemente
la forza.con le carezze &
Prieghi;stringendoglihora là
bianca mano, horaimprimendogli
un foave bacio
,
sopra
quelcandido feno. ::..
Nons'arrendcua pertanto
quella mia dolce Nemica ; ma
con paroleinccrrotte, e con
minaccie frequenti cercauain?
dtbolirle mie forze, ô disat
maré il mio Core, per poter
con tal inezzo liberarsi,e
fuggir d'à quel nodo ché par
- ca le sofle tanto discaro. Îl o,
A cosi dolceTenzone, il
caso, corne cred'io
,
dié fine
per. affretar quel contento per
cui il mio Cor Venia Meno;
perché menrre Cercô coprirsi
col ralo ceruleomanto, il nodo
a cui pendea si sciolse
, e
ignuda,esolarestômia preda
ecattlua.
Je vous rends mille graces,n
de la peine que vous avez prise
de lire cette Histojre;elle
est écrite en prose élégante;
mais poétique, & vous aura
par consequent un peu embarrassé;
Mais à present que
vous l'entendez, je fuis sûr
que vous nemesçavez pas
mauvais gré de la peine que
vous avez eueàl'expliquersi
cependant il vous en reste encore
quelque fatigue dans l'efprit
, dédommagez-vous, si
cela se peut par la lecture de
celle cy..
HISTOIRE.
Deuxsi rs Algouazils rc'"
vécus de routes les marques
de leur dignité,allerentily a
quelques jours relancer Mercure
jusquesdans le fanctuaaire
de sa cabane. Ne vous
trompez pas à ce nom: Je
n'offre point icy à vos yeux
Mercure tout brillant de gloire
,
cheri de tout l'Olympe,
& tel qu'il étoit lorsqu'il faisoit
si galamment les Ambaf.
fades amoureules de Jupiter
son pere. Ce n'est point tout
cela, c'est en un mot", Mercure
tel qu'ilparoît en moy tous les jours à la face des humains,
fous -le malque donc
il a plu à la Fortune de couvrir
son virage.
Ces deux Barons d'Algoua-
:
zils allèrent, dis je, trouver
Mercure, ( ce fut autant qu'il
peut m'en souvenir le quinze
de ce mois. ) Là avec force
termes de leur art insigne
,
ils
luy presenterent humblement
double triple assignation de
Capitation,desquelles susdites
assignations ils exigèrent
de luy ( mais toûjours civile-
,
ment )le payement subit. A
faute de quoy ,
saisie & maint>
a(Te sur toutes ses pauvres
nippes, garnison
,
execution
militaire, condamnation aux
dépens,dommages & intcrests,&
autres menaçantes&
criantes vexations. Le tout
item, dans un appartement,
meublésuivant l'Ordonnance
, & qui n'a tout au plus que
huit pieds en quarré. A toutes
ces semonces réïtérées, Mercure
oncques n'ouvrit la bouche.
Ainsau contraire il se
promenoit lentement dans le
coin leplus vuide de sa chambre,
bre, pendant que les Chiquanous
l'exploitoient de leur
mieux. A lafin, & leur besogne
faire,il leur dit:que ne
fuis- je (hommes de bien)*
Afatftre François Villon Seigneur
de Basché, j'aurois un
bien grand plaisir de vous voir
étriller, & traîneraàécorchecul,
comme le brave Tappecouëvôtre
ancien: Croyant fermement
que j'aimerois mieux enduter en
guerre cent coups de masse sur le
beaume
à au servicedenostre
tant bon Roy, qu'être une fois
citéparces mâtins de Chiquanous,
* Rabelais chap. 13. tom. 4.
Cependant eux insistants,
& Mercure refu sant, force
leur fut de déguerpir.
Alors en son petit partica.
lier, il fit les rcflexions suivantes,
& dit mot pour mot,
les belles & bonneschoses que
vous allez lire.
Jupiter o
Jupiter!Souverain
des hommes É7- des Dieux, votre
colère doit-elle encart duret longtems.?.
Si vous êtes sourd à
mes cris, si vous êtes infinfible
ames peines; en un motsivous
êtes inflexible, du moins ditesmoi)
quelusage voule:{
- vous
que je feefie de l'indiftrirjar
vous nj"avez donnée pour maideràfubjtjler
pendant ma peregrinà
«ion en ces,bas lieuxsi tout
mon art efl impuijjant contre les
ajjauts de ces vilains Chicanoui..
Est-il écrit daqs les dessinées que
tout la terre Joit infeéîée de cette
maudite engeance? Leurytrannie
m'a cbalf-é du pays des Volsques
jdes Samnites>de tEtfurie,
d'Elbe la Noble, & de la Superbe
Rome, d'où je me fawvay
dans la Germanie; mais les traîtres
my suivirent de si prés,
qu'ils ne me donnèrent pas seulement
le loisîrd'habiter pendant
l'espace d'un an révoluces fertiles
contrees. De- la croyanta lafin
m'affranchir de leur fureur, j'efcaladayles
Pyrenéesjetraverfay
toute l'iberie,je fus jufitu»..u#c
Colonnes d*Akides, qquueejeregar- 1 re ar-
JOlscommeunai/esacré contre
l'immortelle guerre qu'ils mavoientjurée;
mais partoutChi*
quanous, r:!/ Cbiquanous par
tout. Je fus encore obligé de me
sauver de ces climats brûlans.Je
regagnayà travers mille ptriLs
ces effroyables Montagnes
, que
sjavois eu trois ans auparavant, a'VolSeutrolS Ans 4llp4ra'Vanl ,
tant de peineàtraverser au milieu
d'un épouvantable hyver.
Parvenu enfin ansommet du
plushaut de ces Monts
, je
commençay à retirer un air
de fraîcheur
,
de plaisir
,
£&*
mour& de liberté, en envisageant
les riches. plaines, &
les riants coteaux de l'opulente
Gaule. Je pris auffuotmon
effort, 4n7
fcmblable à un torrent
qui se précipite dans une vallée
profonde ,je fautay de rochers en
rochers
> & avec la même rapiditéje
me rendis enfin dans cette
Capitale du monde.
J'achevois alors icy bas mon
Çtxiéme luflre : ily en avoit déla
plus de deux
, que de Royatt»
mesenRoyaumes yma principale
affaire rouloitsur les moyens
de me dérober aux perfecutiom
des Chicanous..
AH Soleillevant,pournepts
saluer une Eminence à moy trésinconnuë,
une troupe de Sbirres
mattaque, mr, bat &me ravit
au moins mon chapeau. Au mê.
me lieu quatre meurtriers, pour
une amourette ! là plenvent les
menaces) les mépris &lescoupsy
si vous ne consènte a 'Vous enyvrer
tous lesjours (grâcesàvos
honte%yJupiter, ce nétoit pas ce
que fapj>rehendois le plus. ) au
Soleïlcoucbant, comme a Pensse,
curïofiié punie de mort. Enfin Id,
& lày Iffàfins, Bandits, PoU
trons&A.!ÀouaKils vous volent
cm vous aJJÕmment pour une bagatelle,
-c souvent pour rien.
Tout compté
, tour rabattu,le
fus à peine arrive danscettetant
Sonne Ville, quejeregardois comme
le PortJalut, queKyfus condamné
ifansfçdvoit pour-quey
> auJuppltce des IYarJdïdes.
Voicyenfinquelfut,pyquelefl
encore mon dernier fort. Semblable
au temeraire Ixion, qui porte
& reporte sanscefe un rocherau
sommetd'une montagne, de même
le dessin m'ordonna de presentes
à chaque nouvelle Lune
aux habitans du monde, un livre
de pieces & de morceaux
ra]femblc%parmesfoins,&qui
fervit a les entretenir beaucoup
plus de leurs avdntures ) que des
miennes. J'ayvingthuitfoisdéjà
renouvelle ce penible exercice
,; &je le,,oenouvege encore,
Voila
, o
Jupiter! à quoyje
moccupois,lorjque les. infâmes
Chiquanous de qui je me croyois
parfaitement oublié, font venus
m'afaillir de toutesparts, &me
commanderJeparungrand/?oj9
de leur payer double & triple
assignation de Capitation. Seroit-
"ilpossible qu'un Roy eut lecourage
rage de prendre de mon argent,
Apres rien avoir jusqu'à present
donné à aucun Souverain du
mondetJe ne sçay si cet ordre
m'est venu véritablement d'une
si bonne part; mais je [çay bien,
quoy auil en puiJSe être, ( humble
gr diferet esclave que jefuis)
qu'il faut que je paye J
puifquon
me le commande Mais avec
quoypayer> n'ayant rien pour le
faire?..- Il en faut chercher.
Hébien cherchons en donc?
Il dit, & sur le champ
,
il
fc mità courir les ruës pour
en trouver, & se débarrasser
plutôt par cetexpedient, des
importunitez cruelles de ces
enragez Chiquanous.
Il fut chez un sien ami, qui
devoir luy donner le même
jour huit ou neuf cens sesterces
,
qui font environ deux
cens livres tournois, monnoye
de France. Il heurta modestement
& en créancier qui craint
d'être éconduit.
Alors une jeune fille de 1 5
à 16 ans, & jolie comme
rAmour, vint d'un air fore
trisse luy ouvrir la porte.
Qu'avez-vdus, luy dit Mercure
, qui avoit depuis plul'Íicurs
mois l'honneur d'être
connu d'elle. Vous me paroiffez
bien affligée,aimable fille.
Helas, ManGeur)luy répondit-
elle, prenez la peine d'entrer
chez nous;& je vais vous
conter la plus étonnante avanturc
du monde, qui vient d'arriver
à mon oncle. Ecoutezmoy
,
s'il vous plaist.
.,Il y a environ six semaines
que mon oncle Damis, a je ne
sçai comment, fait connoissance
avec une certaine Dorine
qui demeure à deux cens
• pas d'ici.Dorine est
une
grande brune, bien faire &
fort jolie:elleabeaucoupd'esprit,
a ce qu'on dit, &elle
meurt d'envie d'estre femme.
Elle ne voit pas un homme
qu'elle ne lui suppose des qualitez
dignes de le rendre son
époux ,
& elle s'impatiente si
fore d'estre fille, qu'on diroit à
son geste&à ses regards qu'elle
en veut à tous les passans. Le
premier qui s'arreste à la considérer,
devient le premier objet
de sacuriosité. Lorsqu'elle
n'a point d'affaire de coeur elle
est lamoitié de savie à la fenê.
tre,ou sur sa porte, & deux ou
trois allées & venûës devant
sa Maison, font avec elle tout
le prelude d'un rendez
- vous.
Elle s'habille tous les matins
en sortant de son lit.)
& pour les besoinsles plus
imprévus
,
elle médite sans
cesse, & trouve toûjours
auprès de sa famille, des pretextes
pour sortir. Sonintention
dirige ses pas, tantôc vers
une Eglise, & tantôt vers
l'autre. Là en grande devotion,
elle invoque
,
je ne sçai
quel Sainr. Son oraison faite
elles'assit. Alors l'audaceou
la timidité déterminent le curieux
qui l'a suivie à se taire ou
à lui parler. S'il lui fait son
compliment, elle l'écoûte, &
la conversation se lie, s'il n'oie
lui rien dire, elle le fuit,
Ce fut ainsi que Damis, de
qui je tiens ce que je viens de
vous dire, fit connoissance
avec elle. Il parla, & il fut
écoûté, &ilobtint d'ellepour
le lendemain, un-rendez vous
au. Jardin duRoy, çù ils firentpour
la premiere fois,
collation ensemble. Deux
jours après ils furent ailleurs
aux environs de Paris:&ainsi
de deux jours en deux jours
ils continuerent leurs promenades
de tous les costez de
cette Ville. Le jour d'întervale
qu'ils passoient sans se voir,
étoit consacré. à un autre
amant qui faisoit à peu prés le
même manège que Damis
qui ne s'apperçûtqu'avant
hier des tours que la belle lui
joüoit. Il voulut lui en faire
des reproches sur le ton d'un
amant outragé; mais elle lui
dit des choses si touchantes
& lui fit de si belles offres,
que son éloquence &quelques
larmes décruifircnt
moindres de ses fou pçons.
Enfin, Damis, a joutatelle
dans cet éclaircissement, je
veux vous donner après de
main, la plus forte preuve de
tendresse que personne ait jamais
reçue de moy. Vousn'avez
pas encore entré dans
, nostre Maison, parce qu'avanr
que de vous permettre,
d'y venir, j'ay voulu vous
connoistre. Je ne doute plus
à present des sentimens de
vostre coeur, & je fuis si perfuadée
que vous m'aimez, que
je consens à y recevoir desormais
vosvisites Je disposeray
mon pere & ma mere à vous
faire l'accuëil que vous meritez,
&j'y joüiray doresnavant
en pleine liberté du plaisir de
-
vostre conversation. Ne manquez
pas de vous y rendre
aprèsdemain à Tissue devostre
dîner. ;
C'est aujourd'huy le fatal
jour qu'ils choisirent pour leur
premiere entrevûë dans cette
odieusemaison:& il n'y a pas
encore deux heures qu'il vient
d'y arriver au malheureux Damis
la plus fâcheufc avanturc
du monde.
Il s'est à peine donné le loisir
de manger un morceau à la
hâte, pour se rendre ponctuellement
au rendez-vous.
9 La servante de Dorine,
seule confidente de sa Maîtresse,
l'a introduit secrette.
ment dans sa chambre; mais
gagnée par l'amant alternatif,
elle n'a apparemment pû souffrir
que Dorine fit une pareille
infidélité à un homme qui la
payoit bien, en faveur d'un
autre dont elle n'avoit encore
rien reçû, & de qui elle ne
Connoissoit pas les moyens.
Ainsi pendant que ces deux
amans s'entretiennent à leur
aise de leurs amours, la perfide
servante avertit le rival
jaloux de la cruelle trahison,
dont son ingrate Mailtresse
recompense l'ardeur de ses
feux. Et aussi tost elle fait avertir
le pere de Dorine(qui n'étoit,
non plus que sa mere, encore
prevenu sur rien) qu'il y
a des voleurs cachez dans sa
maison. Al'instant les voisins
s'assemblent, grande perquisition
par tout Je logis, le vacarme
qu'excite cette recherche
, tire les amans de leur
yvresse. Dorine qui ne sçait
encore dequoy il s'agit,abandonne
en même temps Damis
à sa servante. Cette fille par
un petit cfcalier qu'on n'avoit
pas encore vIbréj le conduit
jusqu'à une porte de cave, où
pour ainsi-dire, ellele précipite.
De-là il entend avec
frayeur toute l'allarme qui est
répandue dans la maison. A
la fin après avoir amplement
visité, greniers, chambres,
antichambres
,
garderobes
salles, cuisînes, écuries , & remises,
on arrive aux caves à
tous les gens accourus sur l'avis,
au secours du N/taiftre du
fogi, y entrent |e(k messe
avec ses domestiques. Alors
on cherche encore mieux
qu'on a fait. En même temps
celui qui saisit Damis, s'écrie,
Bon,: Messieurs, en voiladéja
un, cherchons maintenant Ces
camarades. Damis qui s'entend
donner les noms d'infame
& de voleur, a beau jurer
qu'il n'est point tel qu'on le
croit, & protester de son innocence
, on n'a joute pas plus
de foy pour cela à ses paroles.
Le desordre augmente à
un si violent excès, que peu
s'en faut qu'il ne soit bien-tôt
la victime de la populace;mais
sur ces entrefaites un Commissaire
arrive.
Si la Justicen'étoit pas fouvent
de l'acabydesChirurgiens
qui ne demandent que
playe & bosses, le calme, en
bonne Police, devroit par
touc où elle se fourre, succeder
à l'orage; mais ici, point
du tout. On lie, on garotte
Damis, on le jette comme un
criminel déja condamné, dans
une salle, où M. leCommisfaire
farouche faisant legros
dos, lui demande d'un air de
Juge competent, son Pays,
son nom, son surnom, son
état; par où, & pourquoy il
s'est introduit dans cette Maison.
A toutes ses demandes
brusques, Damis repond qu'-
il n'est point un voleur
si vous ne changez pas de
notte, mon ami, répond le
Commissaire, la question ordinaire
&extraordinaire vous
fera bien-tôt desserer les dents.
Enfin puisque vous ne voulez
pas parler, quoyquc vous
soyez pris in flagranti delicto,
j'ordonne qu'on vous méne
en prison. A cette belle Sentence
chacun jette un grand
cri de joye; il n'y a pas jusqu'à
Dorine qui prononce comme
le Comm (faire,contre ce voleur
dont la vue l'importune.
Il ne s'entend pas plustost
qualifier de la bouche de sa
Maistr,cflcy du même titre
dopt tous les spectateurs
l'honorent, qu'en la regardant
d'un oeil de mépris, il
dit au Commissaire qu'il voudroit
lui par ler un moment
en
*
particulier. Le Commisfaire
refuse de l'entendre. Alors
il dit tout haut àraÍfem.
blée: hé bien,Messieurs, voulez
vous sçavoir pourquoy
vous m'avez trouve dans
cette maison, demandez le à
Mademoiselle, elle le fic
mieux que personne,& j'étois
- avec
avec elle, lorsque tout le vacarme
que vous venez de
faire, a obligé cette fille à me
cacher dans la cave où vous
m'avez trouvé. Voila tour le
mystere. A ces mots Dorine
le traite de menteur, d'impudent
& de voleur. Son rival
messé dans la foule, lui dit
qu'il n'est point de châtiment
trop cruel pour une telle insolence;
Cependant la Justice
dont il est la proye l'emmene
à bon compte, & le traîne
dans la prison, où il en maintenant.
Je viens de l'y voir
tout-à-l'heure, Monsieur, &
j'Y retourne dansun momcac
Ne doutez pas au reste que
cette affaire n'ait dé grandes
fuites. En verité, dit Mercurte,
à cetteaimable fille, après l'avoir
bien remercié c£un si o-en.
til récit, je m'interesse infiniment
à la fortune de Damis,
& si je peux le servir en quelque
chose, je fuis prest à
m'employerpour lui de routes
les façons
; nuis quoy qu'il [oi.
à present horriblement mal
dans les mains de ces cruels
Chiquanous, cette affaire ne
peut malgré eux & malgré
-
leurs dentscanines, tourner
qu'a son honneur. Ce que jy
trouve de plus étonnant,c'est
le. procedé de Dorine,qui
renie avec tant de cruauté
,
un amant que son indiscretion
exposè en un moment
à tous les affronts du monde.
Il y a bien des belles choses
à dire là-dessus à la gloire
du beau sexe: mais vous
en elles un ornement si aimable
,que je ne vous prendray
jamais pour la confidente de
cesreflexions. A ce petit compliment
,
qui n'est pas mal
troussé
)
il en ajoûta deuxou
trois autres, puis il fut heurter
*a d'autres portes ; mais il trouva
par tout de nouveaux inconvénients.
Le Maître d'un
logis9à la Campagne, la Maîtrefle
d'un autre, au lit malade.
Ailleurs un Procès perdue là'
une maison achetée ; icy une
Sentence des Consuls accable
de gouttesun pere de famille.
Ainsidu reste. Enfin ne fçachant
plus de quel bois faire :flèche, il retourna chez luy
comme il en étoit forti. Je te
loue, dit il
, en y rentrant, ô
grand Jupiter, de l'indulgence
qu'a pourmoy la fortune ma
trèsdure e rre-s aimée soeur.
Elle pouvoit mefaire encoreplus
de mal quelle ne m'en a faitaujourdtbuy
: & voila de quoy je
te rends g,races,; maissi ces maudits
cbiquanous reviennent demain
,que leur diray-je?que leur
donneray-je? carJupiter, a mon
pere ! 0 mon ancien ! je fuis tenu,
( Cm IdLoy Ut si quis, &c.jy efi
formelle) d'ajfouvtr an moins en
partie leur avarice. Ce que je
leur donneray.jeleurdonneray
1997.pieces de proseou de
versy que je nay pas encore eu
le tems debrûler &qu'ils pourrontvendre
à la livre. Mais.si
sette monnoye ne leur duit pas, ils
mappréhenderont au corps; &'
vous tture lapatience Jefôuffii
que leurs profanes mains (Aiftffent
vojire Inîerptete ? Pourquoy
nonfje vous entends; la peine
Sautruy rieflquefonge:&nous
êtes vont-même de la trempe dès-
Grands qui ne s*entraidene les uns
les autres, qu*autantque lesbons
officesqu'ilsse rendent, s'accordent
avec leurs interêts. Vous neglige7,
aujourd'hui ma deenfe»
parce que vous mavez mis si bai
que vous crl!Ye:{que je ne me releveraijamais
de ma chûte; mais
foy de Mercure, vous verre£un
jourde quoyjefuiscapable. Ce
mfcours ejiavosyeux une image
de l'apologue ducombat duRat&
du Lyon. Ala bonne heure; mais
gardt% Donstoujours des CAreffis
ie.tJfne.
Ces bons propos ac-hevez,
il s'endormit. Le lendemain
wtin, Damis qu'on avoit emprisonné
la veille
,
fut le voir
à son levé. Bon jour
, mon
cher Mercure, luy dit-il, en
l'embrassant.Ma nicce ne vous
a concé hier qu'une partie de
monavanture ,
jeviens moymême
vousenconter le reste.
Un moment après que ma
niecem'aeuquitté dansla prison
ou l'on m'avoit conduit,
Dorine y est entrée. Aussitôt
qu'elle m'a veu,elles'estjettée
à mes pieds,elle m'a pris les
mains qu'elle a toutes mouillées
de ses tarmes,& sans avoir
la force de larelever,ni deluy
c parler, nôtre douleur en un
moment est devenue si vive,
que nous n'avons pû' pendant
prés d'un quart d'heure,que
soupirer & pleurer encemble.
Enfin elle sest affile à côté de
moy ,
elle s'est avoüée la plus
coupable & la plus malheureuse
fille du monde
,
elle m'a
ditqu'elle s'était jettéeaux genoux
noux.de son pere ,
quelle luy.
avoitconfessé tout ce que
vous
sçavez déjà d'elle & de moy :
[ qu'elle avoit obtenu de luy la
permission de venir me voir
I me con soler, me délivrer elle-
¡ même; qu'elle avoit chaisé déjà
j son infidele Servante
,
proscrit
à jamais le lâche qui m'avoit
insulté dans sa maifbn;
; que son perealloit arriver dans
un moment pour mcmmener
avec luy; & qu'aprés ma
delivrance, si je me sentois core cn quelque. reste de conside-
, »',J ration pour elle,toute la grâce
qu'elle me demandoit étoit
• seulement de luypardonner
son crime & sonmalheur.*
l - 1' Quctie étoit belle
,
dans
cet état mon cher Mercure,
quelle étoit belle! je luy ay
accordéplus mille fois qu\hc
n'exigeoit de moy. Son pere
cftarrivé enfin, & apréstoutes
les exeuses que meritoient
au moins les mauvais traiternens
que j'avois reçû*, nous
sommes sortis du Chastele
Dorine, son Pere
, ma Niece
qui y étoit revenue ,*tiion Valet
,
& moy.Tant que cette
nuit a duré , mon avanture &
l'image de Dorine ont été sans
cesse presentes à mon idée. Je
me luis éveille & levé ce matin
avec encore plus d'amour
pour elle que je n'en ay jamais
senti. Après l'éclat qu'a faitce
trair demon histoire, son pere
ne demande pas mieux que de
voir incessamment ces bruits
étouffez par nôtre hymen. Dorine
le souhaite ardemment,
si je ne me trompe,& je vous
avouë qu'il ne fera jamais assez
• tôt conclu pour moy. Dans
cette conjoncture il me faut
au moins trois ou quatre cens
pistoles que je vais chercher à
emprunter par toutpu ie
pourray trouver de l'argent. Il
cil extrêmement rare ; mais
j'en ay un besoin extrêmesquelque
intérêt qu'on exige
de moy, je ne peux pasme
dispenser de mettre tout en
usage,pour trouver cette fomine.
Adieu, mon cher Mercu.
re ,
apres mon mariage nous
nous verrons plus à notre aise.
Cette confidence de Damis
à Mercure le rend immobile
& confus. L'urgence du cas où il est ne souffre point de
delay; cependant faisantun
- genereux effort : Qu'il en arri-
J'ive) dit il, tout ce qu'ilrd
3l'impojjible nul riefl tenu,
D'ailleursquesçait-on, il si
trouvera peut-être quelque /xm.
pige & puissant personnage dont
l'autositém'affranchira de ce tribut
, ou du moins en fera modeter
la valeur énorme. Sinon, je
feray cejJion. Tant de gens de bien
tous les jours sefawvent par là :
qu'ity auroit en moy de la puf&
Uanimité* ,
à noferles imiter.
Courage, Mercure, mon parrain,
mon frere,monamy.Inmagnis
periclitafle fat est. Il est beau
éiéme d'en tomber.
Sur ce, belle & brave resolution
prised'attendre de
piedferme sommation nou-:
Vellè,d'éconduire les Chicav
nous à leur retour ,
sans mattle
débourfer: & de les renvoyer
feulement à la propo
sition cy-dessusdéduite,c'est
à dire, afin que ne vous y.
trompiez ( bons &prudents
Lecteurs) de contraindre les,
Faquini susdits à charger Ifcura
breteles des 1997. ordes paperasses
contenant Prore,&
Vers, ainsi que ja mention en
, 1 C» a étéfaite.), A &v.\
neOres luysurvinttoutà
coup sur ces entrefaites autre'
accident aussi imprévu'que le
:"1,
premier. Gentil Exploit nouvelluy
fut déposé és mains,
par M. Loyal. Voilà bien le
plus beau de cette élegante
HistoireSentence des Consuls,
& condamnation par
corps contre Mercure,pour
avoir recueilly un Billet plein
de nonvaleur d'un fien ami
qu'il vouloir obliger.Un Demandeur
s'érige en titre, il
poGulc,il sollicite un Arrest,
l'affaire ca de consequence.
Avant que de prononcer on
va comme d'us & de raison
aux opinions. La multiplicité
d'avis suspend le Jugement;
cependant ilfaut juger, &de
par Belzebud,jugeril faut.
Tunc, & c'est icy qu'on a recours
aux Aleajudiciorum.
La chance des dez est favorable
à sa partie, & à l'exemple
du sageBridoye, le Juge prononce.
Remarquez, Àûtem,
Messieurs, la nullité de cette
procedure : Il, par Mcshain
sans doute contre Mercure,
oublie de concilier les Parties,
& de les faire boire ensemble.
Nullité évidente,nullité authentique,
& Mercure prote-
Jtc icy à la face de tout le gen- rehumain, contre le Juge &
le Jugement. Item plaise à vos
magnifiques Lunettes, considerer
de prés, de loin, devant,
derriere,à droite, à gauche,
perpendiculairement, &enligne
paralelle
, que vont devenir
Etoquence,Poësie,Philosophie
,
Mathematiques,
Méchaniques,& autres Sciences
,si vous soumettez le Protecteur
& la Trompette des
- beaux Arts au poids& à l'aune.
Y a t-il quelque étrange
boulversement dans cet Empire?
La nature s'cnnuye t- elle
de l'ordre où elle a toûioufà
maintenu les Elemens ? Les
Cerfs vont ils désormais par,
tre dans les airs,& les humains
dans l'abîme deI; mers > A
moins d'être prêt de voir ces
effroyables dérangemens dans
l'univers, (si il permis qu'une
petite.Jurisdiction sorte de [e,
limites à l'exemple des plus
ambitieux Potentats du monde,
& que son déreglement
étende son empire iut*qu'oùil
luy plaira porter ses regards
orgueilleux. Si Mercure plein
de vices &de vertus dévelope
icy aux yeux des mortels, les
coupables ralens dont il a plû
aux Poëtes decharger son tableau,
qu'on examine ses déportemens
à ces Tribunaux,
donclesChefs& les Membresaugustes,
sages&éclairez,
font une imagevivante deces
hommes rcfpcâ,iblcs dont il
est dit dans le Livre des Juges,
Vos estis Du, vous e stes des
Dieux sur la terre. Vos lumiere,
vôtre sagesse & vôtre experience
répondent de vôtre
équité. Mais que la présomptueuse
ignorance ne. se mêle
jamais des .ires des Dieux.
C'en est fait: Passons à un
autrechapitre, ou plutôt reprenons
pour un moment l'article
des Comediens Italiens.
Tout ce qu'on vous a dit de
veritable à leur loüarigene me
paroît nullement incompatible
avec le Dialogue fuivanr.
M. Gabriel Capitaine de Dra-.
gons, dont je vous ay parlé
dans plusieurs de mes Journaux
,vient de me l'envoyer
& je vous en fais present.
DD'~ll ~-AA10 \G)V E
-
1
MEntre Arlequin C? Cotharnus
Trazi Comedien.
o
Cothurnus.
YîbEnfin vous l'emportez,&
la faveur du Roy !"'°r
Vous a mis dans un rang qui
n'étoit dû qu'à moy.
Arlequin,
Con licenza Signore Lasciamo
il Cothurno,ô Lafciaro
il mio sembiante nocturno.
Parliammo ensieme d'el publico
e d'ella manera di guadagnar
suos quatrini. Ché
Piaga ,
ché rida l'auditor
ch'importa , ? vengano solamenti
quatrini, r'Aétor sempre
ride.
Cothurnus.
Non
,
Seigneur, je n'ay
point des sentimentssi bas.
Arlequin.
E' bn locredo. Ma qual
à
djff..Ienz diti,ami.
i COÎhumus. Dans de si bas détails je ne
fçaurois descendre.
Alfequin.
Sentite ? se fate ben rim.
peratorcperato'rc,p:u naturalmente
) p, naruralmcnte
ancora fate il villano. Il sembiante
responde a laverita. O
Datura quanro sete bella !
Cotburnus.
Je consens à quitter le cothurne
&à chausser le brodequin,
pour me conformer à la
jlÉbkiéloqugpce de vôtreNation;
mais si vousvoulez répondre
au sublime de la i\ptre,
renoncez pour uninstant
àces ridicules cxpit-iffons,qui
dans nôtre Langue p,¡aencpour
des impertinences, &.
répondez moy serieusement.
Arlequin.
10 serioso ! Signore, Ici
m'escusa, fono comediante.
Cothurntu.
A la bonne heure; mais le
merire d'un Comedien consisteàsçavoir
prendre tous les
caracteres convenables aux
Personnages qu'il represente.
jirleauin.
Peressere Imperatore nella
Luna, villano nella citta, forfante
in guerra, pazzo in corte
, non sonomenoComediante.
Dunque non meno ridiculo.
,.' Cothurnus.
Voila en bonne foy, une
plaisante définition; mais vous
avez beau dire
, vous vous y
prenez mal pour plaire, &
le François d'un esprit plus
solide que vôtre Nation,n'a
point de goût pour vosbagatelles.
Il veut des spectacles
qui surprennent, qui remuent
les
les passions, qui touchent les
coeurs, & qui charment les
eyeuxs. Epn aveez-cvoues d?e cette jétleauin.
Si;poichéquandopiango,
ride, quando rido, sempre ride.
Sono al suocomendo mercante
di gentilezze. Sonocomediante.
Cotburnus.
Mais malgré ce.refrain ridicule
dont vous usurpez le titre
,
sçavez vous ce que c'cft
qu'un Comedien ?
Arlequin.
., Un Comediante éun animald'ognisorte.
Cothumas.;
Mais ne pouvez vous pour
un moment ,
quitter cedan..
gage insensé, & vous défaire
de ce visagede singe qui fait
horreur à tous ceux qui aiment
la figure humaine.
Arlequin.
E'il mio sembiante, Signorc
,
sono, dico
,
Comediante,
dunque simio,é il mio.
sembiante'mi va bene.
Coiburnus,
Je commence à desesperer
de pouvoir vous mettre à la
raison ; mais je fuis encore
biensimple de m'abaisser jus- J qu'à m'entretenir avec vous.
Sçachez, mon amy , que nous
sommes gens qu'on confidere
dans le monde,les débauchez
ont besoin de nous à leurs tables
,
&les co quettes dans les
ruelles cherchent avec nous la
réalité des fiaions que nous
representons sur le Theatre.
Je voulois enConfrere charitable,
malgré la distance que
,
lemerite met entre nous,vous
donner de bons avis; mais je
vois que tous vos talents consistent
dans vôtre baragoüin
, & dans les graces de vôtre visage
de fiÓge.--¿i.;-
Adèquin.
-
Per cortezia, Sign..ore-,un
parola, se non fete simio,non
fccc comediante. Mâ é vero
ché fete fimio cativo e piu cativo
comediante.
Cotburnits.
Allez pauvres gens, le Pu.
blic qui ne vous entend pas
fera bientôt aussi las que tnoyr^
de vôtreinsipidelangage.
Adieu.
jdrlcauin.
Fate mi una gratia, Signor,
voi altri parlate franceze. 0
chebellacosa! mâfateuna si
cativa electione di andqui , é
contalindustradiffigurategli
moderni , ché il franceze no
riconoscepiùil genio della sua
Natione. E' per quella raggione
ché sequono adesso gti
heroici sentimenti e l'essempio
d'elGubernatore.Sapono tutti
ch'il mio sembianteépiù burlesco
ch'il vostro, dunquc
guardo e guardaro sempre il
mio sembtante. Adio amico,
vi ringratio della vostra cortezia.
- Un petit air de Nouvelles,
ne eâccrafrjd ne me trompe,
rien icy.Essayez en, si vous le
jugez à propos, sinon, preiv
nez la peine de faire ce que je
fais de tout ce qui m'ennuye.
MEMOIRE
touch"nt' l'AJemble'edu Clet-
; gê du Comtéd'jéttxonne
tenuë au mois de May
dernier.
1. Ona parlé dansla Gazette
de France du 30. du mois
passé (mois de May) de l'Assemblée
du Clergé du Comté
d'Auxonne ,dont l'ouvertures'étoit
faite le 6. du même
mois, à loccafion du joyeux
Ayenement de Loüis X V.
à la Couronne;ainsi que de
la Messe solemnelle que ce
Clergé avoit fait celebrer,
en Actions de Graces de cet
heureux Avenement, à laquelle.
Messe le Commandant
de la Place & les Magistrats
avoient assistez en Cor ps: Le
Public ne fera peut-être pas
fâché de sçavoir un peu plus
en détail ce que c'estque cette
Assemblée:voicy ce que l'on
en a pû apprendre.
Tout le monde sçait que
la Ville d'Auxonne est située
sur la Saone; qu'elle estdu
Diocese de Besançon pourle
spirituel, & du ressort du
Parlement de Bourgogne, &
du Gouvernement de cette
Province pour le temporel;
maison est peut-estre pas également
instruit quecette Ville
est la Capitaled'un Comté,
dit le Comté d'Auxonne, lequel
peut avoir environ vingtcinq
lieuësd'étenduë, &
dont les trois Ordres joüissent
de très beaux Privileges, &
en particulier le Clergé, &
les fonds Ecclesiastiques qui
lui appartiennent.
Quoy
Quoyqu'en generalleClergé
du Diocese de Be sançon
soit sujet à de certaines Décimes
& autres Impositions, cependant
le Clergé particulier
du Comté d'Auxonne n'y est
point sujet,& il est exempt
de toutes Charges & Impositions,
moyennant feulement
un Don gratuit qu'il fait à
chaque Roy, à son joyeux
Avenementà la Couronne.
LeClergé s'assemble à cet
effeten la Ville d'Auxonne
pour en deliberer, & en faire
larepartitionenvertu des Lettres
Patentes du nouveau Roy.
Pour cc qui est de l'origine
des PrivilegesduComtéd'Auxonne,
cela vient de ce que lePaysestoit autrefois Pays
Souverain & indépendant, lequel
à cause de cela avoit aussi
toujours eu ses Etats particuliers,
quiontcontinuezjusques
en l'année1639.en laquelle
ils ontété réünis aux Etats
du Duché de Bourgogne, en
y donnant en même temps
entrée aux trois Ordres dudit
Comté d'Auxonne, & nommémentauxEcclesiastiques.
Or le Comté d'Auxonne
se trouve situé entre le Duché
& Comté de Bourgogne,&
les guerres estant survenuës
entre les Souverains de ces
deux derniers Erats; comme
le Pays du Comté d'Auxonnc
se declara en faveur des Souverains
du Duché de Bourgogne,
auquelmême il sur ensuiteréüni
à de certaines conditions;
les Souverains-dudit Duché se
font crûsobligez par reconnoissance
de conserver &
d'augmenter les Privileges des
trois Ordres du Comté d'Auxonne,
entre lesquels Privileges
se trouve specialement celui
qui declarele Clergé
exempt de toutes Charges &
Impositions, moyennant un
Don gratuitqu'il feroit à chaquemutationde
Souverain;&
lePrivilege, depuis la réunion
du Duché de Bourgogne à la
Couronne, a toûjours esté
confirmé à chaque mutation
de règne, & en dernier lieu
par le feu Roy Louis XIV.
'11' Les derniers Ducs de Bourgogne
avoient pris la Ville
d'Auxonne, en telle affection
qu'ils y faisoient un assez long
séjour
,
& y ont bâtis une
magnifique Eglise, & fonde
le Monastere deSainte Claire.
/J Cette Ville est eneffet très.
agréablement située. Elle a
presentement un Bailliage
Royal: elle est bien fortifée,
& a un Château avec un Etat
Major,&un Arsenal trèsbien
fourni: M. le Marquis de Bissya
neveu de M.le Cardinal de
Bissy, en est Gouverneur en
survivance de M. le Marquis
de Bissy son pere, Lieutenant,
General des Armées du Roy:
enfin l'Official que M. l'Archevesque
de Besançon doit
avoir dans le ressort du Parlement
de Bourgogne, fait sa
residence en cette Ville. Ceux
qUl¡¡voadront icavoir toutcela
plus à fond, pourront lire
Jurain, qui a fait l'Histoire de
la Ville & du Comté d'Au
xonne; & pour en revenir à
l'Assemblée qui a donnélieu à
cet article,ç'a été M. l'Abbé
Bouhier,Docteur deSor P004
ne, Archidiacre de Dijon, &
Grand Vicaire du Diocese de
Langres, frere de M. Bouhier
de Savigny,Président à Mortier
au Parlement de Bourgogne
,quiapresidéayantété
nommé pour cela parS. A. Mle Duc, en qualité de
Gouverneur de Bourgogne,
& par M. l'Archevesque de
Besançon. L'Assemblée l'a
député pour venir rendre
compte en Cour de ce qui s'est
passé dans cette Aflfcmblée,ôc
pour demander à sa Majesté,
suivant l'usage, la confirmation
des PrivilègesduClergé.
DeRome,leiî.May 1716--"
Dimanche dernier on donna
au Prince Electoral de Baviere
le divertissement de la
Course des Chevaux; elle se
fie hors de Rome, vers la Porte
Pie. Le Pape a voulu faire la
dépense du Prixdela Course,
le Pr ix consisteen 12.aunes ou
environ de velours cramoisis
Il y eut un si grand concours
deNoblesse & de peuple;
que pour pouvoir faire la
Course on fut oblige de fermer
la porte de la Ville, en
sorte qu'il resta beaucoup de
carrons au- dedans, même
quelques Princesses. Le Prince
Electoral voulut voir de prés
le Cheval Victorieux, qui
fut celui du Marquis Gabrieli,
& Son Altesse donnaquelques
pistoles à celui quille condui
soit;elle vit cette Course, du
CassindelamaisonBologneti:
le foir du mêmejourelle fut
chez,lePrince Ratpoli,ily
avoit grande compagnies lé
lendemain ce Seigneur luy envoya
un present de comestibles.
Il yavoirunetrentainede
domestiques chargez de toutes
sortes de bonnes choses; &
de vins exquis,entr'autres un
gros esturgeon qui fut envoyé
ensuite à la SignoraDona
TheresaAlbani, qui à son
tour, suivant l'avis de M. son
époux, l'envoya au Cardinal
Scrocemback.
Le même jour ce Cardinal
receut un exprès de Vienne
avec la nouvelle de la naissance
del'Archiduc. Il envoyaaussitost
au Palais demander une
Audiance qui lui fut accordée
pour le lendemain. Son Eminence
y fut avec un train &
une livréedes plus magnifiques*,
le cortege estoit aussi
des plus nombreux. Il y avoir
prés de deux cens carrosses.
Le Sacré College, la Prelature
& la Noblesse yayant contribué
unanimement. Le premier
en y envoyant des Gentils
hommes,&les autres par
leur presence. Les feux & les
illuminationsont duré trois
jours. Le Cardinal Aquaviva
& les autres Ministres Espagnols
n'en ont point fait, non
plus que le Prince de Borghesse,
ni les mat sons de Boncompagne,
cellesde Palestina & de
Cella Maré, àqui le Cardinal
Scrotembackn'a point donné
pait de etne nouvelle. Pendant
cestrois soiréesjusquesà
quatre heures de nuit,son Eminence
alloit incognito par la
Ville, pour observer ellemême
ceux qui faisoient ou ne
faisoient point de réjeüssances.
Le Cardinal Bai berini <L
esté lui faire compliment
sur cette naissance. mais elle
la receut en Cmarre, ce qui a
esté desaprouvé. Elle a fait
distribuer à vingt-cinq pauvres
filles des dottes de nj.
écus chacune, & quantité
d'autresaumônes. LePapefait
actuellement travailler aux
langes pour les envoyer au
plustost à Vienne.
M. Levi, Clerc de Chambre,
mourut ces jours passez
à Frefcati aprés une longue
maladie. La Chambre gagne
par sa mort douze mil écus
des lieux dé Mont,de ceux
qu'on appelle Racables. Sa
Charge de Clerc de Chambre
a esté donnée à M. Delvi.
M. D. Alexandre Abini,
& M. DelGiudice,Majordômes,
font allez prendre l'air
pour rétablir tous à fait leur
santé: de là ils doivent aller à
Cartel pour y faire mettre le
Palais en état,afin quetout
soit prestlors [que: le Pape voudrayaller.
SaSainteté paroissant
estre dans le dessein de
s'y rendre vers le 20. de cc
mois,& d'y prendre des remedes
pour tae. her de guerir
d'une espece de gale qu'on appciicIJjere
: cette nouvclle1infirmité
l'incommode extrêmement,
& rempêche de vacquer
adx affaires & de donner
les Audiances.
Mardy dernierle Prince de
Biviere fuiprendre congé de
Sa Sainteté. Il fut ensuite à
Monte Citano voir les Tribunaux
,& entendre quelques
Plaidoyers. Le lendemain il
partir pour Naples. Chemin
faisant, il futàunebellechasle
qui lui avoir esté préparée par
les foins du Duc de Caferta.
Vendredy matin le Marquis
de Gullo de Monte-Rotondo
perdit ton procès contre
là, MJrqur la femme
,
à
laquelle il ne vouloit donner
que deux mil écus de p nsson,
de cinq qui luiavoient cftç a-
"jugez. Cette perte l'a iclleinent
outté) qu'il ne peut
s'empe her d'en marquer son
reflentimenc, ce qu'il a fait
par son départ de Rome le
lendemain de son jugement
de la cause, & par les ordres
qu'il a Laissez, de vendre icy
tout ce qu'il a,& de congédier
tous les domestiques.Il
va à Venifc.*
De Venise, le 11. May 171Ci
)':' - -
,: Toutes les lettres que l'on
reçoit de Vienne & de plusieurs
autres endroits
, portent
que l'Empereur a offert
sa médiation à la Porte dour
terminer la guerre entre la République
& lesTurcs, & qu'au
cas qu'ils refusent de l'accepter
ilagira offensivement contre
eux: ces lerrres ajoutent
pourtant quel'on ne croit pas
quela Cour de Viennecom
mencetespremières hoftiJitézj
&:qu.e comme lecourrier qu'- elle
elle a expédié à Confiantino,
ple ne pourra estre de retour
qu'à la fin de ce mois, ou au
commencement de l'autre,
tout au pluflofl; on ne pourra
rien sçavoir de positif sur
la guerre ou sur la Paix,que
ce courrier ne foit de retour
avec les réponses de la Porte.
M. Charles Pisani a obtenu
la difpcnf, pour ne plus,
exercer la Charge de Confeiller
du Doge, & il doit partir
incessamment pour aller fervir
sousM. le Capitaine Ge.
neral son frère.
- Danslarticlc 6. du Traité
conclu à Vienne entre cette
Cour & les Veniciens, cesMefc
(leurs s'engagent de fournir h
l'Empereur un Corps de60eu
hommes& huit Vaisseaux de?
guerre, en cas qu'il foit attaqué
en halle pendant la durée
de la guerre de Hongrie.
Les Dulcignoces onr retî-î
contré deux Bâtimensarmez
des Vénitiens,& les ont fort
maltraitez, il y a même quelques
avis qui portent qu'ils
s'en font emparez.
On a eu avis de Dalmatie
que la plus grande partie des
Tioupes-quelesTurcSavoitnc,
aucmblécs surcette frontierc,
avoient eu ordre de marcher
vers Belgradejl'on ajoute sur
un rapport de Mer que les
Dulcignotes avoient eu ordre
de desarmer
, ce qui n'etf pas
vray- fcmblable. Il doit partir
d'icy aujourd'huy
,
si le tems
le permet, un convoyefeorte
par plusieurs Vaisseaux de
guerrequi font hors du Pore
depuis peu de jours.
DeRome ce 1,. May'lj16.
Quoyque le Pape foit toujours
incommodé de fonébulition
de sang,il n'a pas laissé
de donner audiance à l'Ambassadeur
dePortugal. On dit
qu'onaccorde au Roy son
Maistre les Décimés sur les Ecclefnftiquesdc
son Royaume,
afin que Sa Majefié puisse envoyer
desvatdcauxaia Republique
deVenise.
Dimanche après midy le
Barigel eutordre du Cardinal
Gouvemeus de Rome
de
paffer,
accompagné de sesSbirres,
devant le Palais d'Efpagne;
il se mit auflîtôc en devoir
de l'execurer ; mais les
Gardesde ce Palais ne l'curent ;
prt piûtôc apperçû avec Les
gens, qu'ils allèrentaudevant
de luy bien armez, & l'oblitgtceot
de retourner sur fC$
pas avec sa troupe. Il dit pourtant
qu'il avoit ordre du Saine
Pere de paffer par la Place
d'Espagne; mais les Gardes n'y
curent aucun égard, & il fallut
rebrousser chemin:le CardinalGouverneur
étoit proche
de là dans un carosse fermé
,d'où ayant vu ce mauvais
succés, il fut à l'instant en rendre
compte au Cardinal Albanie
ccluy cyau Pape. Peu
de temps après SaSainteté
envoya ce metvie Cardinal Al,
bani chezl'Ambassadeur des
Portugal; & ne l'ayant pas
trouvé,Son Eminence attendit
qu'ilfutde retour. On ne
sçait pas si ç'a été pour conferer
sur cette affaire
, ou pour
autre chose;on croit communément
que ce qui a donné
lieu à l'or dre que le Bafigel a
receu, (si une rencontre survenue
entre quelques uns des
Gardes du Palais dEfpagne,
&un Tambour, qui dans une
des foiré;s des dernieres illuminations
, se trouvant devant
lePalais de M. Audun
,
Auditeur deRote,vAilumn,
fit & dit sur la Place dEfp,igne-,
quelque chose de choquant )
ce qui luy attira de la pSItde
Gardes quelques coups de ca.
nés.Il etl à remarquer que ce-
Tambour avoit Lt livrée du'
CardinalScrotcmbak,ou quel-.
que marque de sa dépendan.
ce:ainsi Son Eminenceoffenfée
du mauvais traitement qu'-
il avoit receu, en porta ses
plaintes au Pape, & voilà, fé-
Ion toute apparence le motif
de l'ordre donné au Barbet.
LeSieurMonrigny Depoficaircde
la Chambre mourut
dernièrement âgé de 8 1
àns
ilalaisse sept mille écus à un
frerede.M. Collicolà,& àceley-
cy troismille écus de rente.
On dit que par son Testa-
-mentil ordonne àson heri- tier ne pas - continuer la
Banque;néanmoins le Pape (c.
voyanc importuné par lesinftancèsde
plusieurs prétendansv
àlàChargede Depositairc,
veut"queledit héritier t'exerce,
par intérim
,
& luy ena fait
délivrer le Bref.
LeCardinal Coradini nayant
pû obtenir la Surintendance
del'EvêchédeViterbe,& sé
,' trouvant
trouvant avec un revenu des
plus mediocres, est allé de
meures à Bonacuré. Il ne s'est
reservé qu'un Prestre & unVar
let dechambre. Tous ses autres
domestiques ont été con- geduznl a auffifait rompre le,
BailduPalaisqu'il occupoità
Rome.avant qued'en pttir,.
11a marié une de ses nicccs au
Comte.Lisiani de Ravençe ¡
ladot de cette Dame est de
8000 écus.
Le Grand Prieur Ferreti depuis , peu de retour de Ge:
nés, a eu audiance du P,Jpe!:.
On attend actuellementàCivira
Vcchia les badimens qu'il
a nolisez, & on fera partir d'ici
inceflammencpour ce Portent
core quelquecenraine d'horrfmes
qui doiventservir sur ces
bastimens.-
LeDuc Lanti beau frere de
M. leCardinal de la Tremoille
moutuc Dimanche dernier
en cetteVille,son cnterremrtit
s'est fait avec beaucoupde
pompe& de magnificence à
S. Nicolas de Tolentin. - *
; M. Capiluga de Poligriano
estaussi decedé: il étoit depuis
quatre ans enfermé dans le
Convent des PP. de S. Cosme
& S. Damien. Sa conduite
scandaleuse avoit obligé la
Congrégation des Evêqùes &
Reguliers de le condamner à
cette peine. Quoyqu'il ait fait
son Testament, la Chambre
néanmoins s'est emparée de<
son bien, & de plusïeursmite
lviers d'éécus q.u'on luy a trou- Le Prince Borghese au nom
duPrince son fils, fait preparerune
très-bellechasleàVilla
Pincerne pour lePrince de
Bavière
,
qui doit erre icy de
retour de Naples dans la semaineprochaine.
Ily aura aussi
une Courle
,
& on travaille
actuellement à de très hes
harnois pour le i heval de Son
Altesse On dit qu'avant le dépare
de ce Prince ,Sa Sainteté
fera la Bcatificdtion du vénérable
Pierre de Régis J. suite :
la Congrégation des J. suites
fait icy de grands préparatifs
pour solemniser cette Feste
vers la fin de ce mois.
Dans les Chapitres généraux
qui se sont tenus en cette
Villecesjours-cy les Carmes
Déchaussezont élûpour leur
taperai le Pere Episanede
Sainte Thetese,François de
Nation. Les Cruciferaires, le
Pere Ange Espagnol;& ls
Theatins le Pere Lifola Napolitain;
mais le Cardinal Scrotrembak
a protestéhautement
contre l'élection de ce dernier,
comme étant suspectà l'Em.
pereur; ce qui a jette ce Religieux
dans une grande consternation.
ÙcVenifc le ï~ly!~.
;
Lpdn est icy dans joye de.
1
,L'onest la de'. puisavant <h'ier, sur la nouvellequ'on
a reçue que le Capitainedu
Golfe avait couleà
fond une galiotte Dulcignote.
Voicylefait:Le premier de
cémois les Vénitiens quiy avoient
une galère & une galiotc,
rencontrèrent prés de
Surda la galiote desDuicignotcs,
qui s'etoit separée peuauparavant
d'une de ses conserves,
ils l'attaqerent, &
vinrent trois fois à l'abordage
, & furent repoussés
avec pertc à chaque fois. Enfin
après un combat de 5.
ou 6. heures, ils la coulèrent à
fondLes Dulcignores yont
perdu 114. hommes; &:'3o
faits prisonniers,outre4où
', /;
5. Italiens que ceux cy avoiçn
faitesclaves. Commeon n'est
pas accoûcumé aux avantages,
celuy-cyafort réjoui.
Pour faire de 1arggftt pour
les besoins de la guerre, leSénataresoludeconfticuer
pour-,
six millions de ducats de rentes
àquatre pour cent , avec
promessède convertir au même
denier celles réduites à
deux pour cent
,
à condition
que les propriétaires fOllrQi
ront une pareille fomtpeàçel-i
lequ'ils ont déjà donnée. On
croit que l'on ne s'empressera
pas de placer là son argent. :
Lundy on proposa divers,
sujets pour remplirl'employ
d'Espagne que -
M. Rufini a
réfuséd'accepter, mais aucun
n'a eu un nombre de suffrages
suffisants,& l'on croit que
cette ballotation cft un vray jeu. L'on a reçu des Lettres de
la Dalmatie, qui portent que
les maladies y augmentent
considerablement, tant parmyles
habitans
, que parmy
les soldats& Officiers.
¡'
Onaaussi reçûcette semaine
desnouvelles de M. le Capitaine
général Pisani : il mance
que les maladiesqui courroient
à Cor fou étoientun
peu diminuées,que M.le Gon*-
tede Sculembourg continuoit
à faire reparer les fortThca;
tton) dela Place, qui* esperoit
qu'elles feroient buatâc&ttes»
&que M. Loredan qui conduisoit
le grandconvoyqui a
été envoyé avecdel'argent
pour payer les Troupes. uJÍ.
toit pasencore arrivé.
L'Ambassadeur de l'Empereur
fit chanter hier leTe
Deum au sujet delanaissance
de l'Archiduc:le soir il yeut
un grandconcoursde roaÇ*
ques dans sa mai son, qui étoit
bien illuminée,mais mal
meublée. Il vouloit que dans
les feuilletsdenouvelle,on lui
donnâtle titre d'AmbJlfldeur.
de l'Empereur&du Royd Espagne;
mais les Gazettes ont.
répondu qu'ils ne pouvoient
y insererceJerîûerturc,
Le Senat' aétabli la taxe ÍIi
Dixième sur les loyers des
maisons audessus de 50. ducats,
payable moitié par les
Locataires, & moitié par les
Propritaires.Sielleétoitpaïée
regulierement,elle produiroic
aumoins cinqcens mille ducats
par an ; mais la Noblesse
s'en exemte en partie
,
& les
pauvres ne sont pas en état de
la supporter.
L'Ambassadeurd'Angleterreà
Constantinople a dépêché
un CourieràVienne,pour y
porterla nouvelleque leGrand
Visir l'avoit fait appeller,pour
luydire que le Royd'Angleterre
s'étant chargé danscette
mediation
,
de maintenir la
Paix de Carlowitz,il jugeoit
à propos de luy dire que le
Grand Seigneur comprenoit
que l'Empereur la vouloit
rompre, qu'ildevoit voir leconduite
que le Grand Sergneur
& l' Empereur avoient
tenue, & en faire ladifférence;
que ce dernier Prince n'avoit
fait aucune plainte contre
la Porte
,
& n'en avoit aucun
juste motif>-ôc que sila
guerre s'allumoir
, cc seroit à
ce même Prince à rendre compte
à Dieu&aux hommes des
malheurs qui en pourroient
arriver
y
puisque la Porte n'y
avoir donnéaucun pretexte,
& qu'elle étoit resolue de
maintenir la Paix
,
si elle n'étoit
pas attaquée.
Des lettres dt Malte du 12,4
du passe portent qu'un Vaf-,
Içaux la Religionavoit attaque
le 8. l'Amiral d'Alger qui
étoit monté de 60 pieces de
canon & de 166 hommes d'équip-
grcs l'ayant abordé
a)fcs un rude combat où la
pluspartdesOfficiers avoient
été tuez ou buliez, il en etoit
resté le Maistre, mais le feu y
ayant pris,il avoit étéobligé de
deborderpours'enéloigner,
1. & un quart d'heure après ce
Corsaire sauta,&de tout son
équipage il ne s'enest fauvé"
que dix hommes: ces lettres
ajoutentqu'on avoit surpris
un Brigantin,où il y avoit
dix hommes qui jettoienr la
fonde aux environs du Port
où ils avoient été amenez, &
quoy qu'ils se disoient Genois,
ils estoient néanmoins
Turcs.
On ajoûte aux lettres de
Naples du 12. du passé, que
le 17. on devoit faire une Procession
générale, où le Chef
de S. Janvier, Patron de la
Ville, devoit estre porté en
grande ceremonie, pour demander
à Dieu une heureusè
rCtolce:) & toutes les grâces
donton avoit beloin; que le
10. au soir il y eut un grand
tremblement deterre, & le ri.
au matinil recommença violemment
,
& quoyque les secousses
ayent été rudes, elles
n'ont causé aucun dommage:
depuis quatre jours le Vcfuvc
avoit vomi une prodigieuse
quantité de flames, avec des
bruits si épouventables qu'elles
avoient données de la terreur:
qu'on avoir eu avis de
Reggio que pendant 3. jours
on avoit vu le long de la ttète
plusieurs Monstres Marins,
entr'autres un qui reffembloic
à unSatir.
Onaït^uOcslntrts de la
Corogre du premier de ce
::'ÍnOB, par lesquelles on apprend
qu'il y avoit eu de furieiiX
ouragans le long de la
coste de Galice,qui avoient fait
Pirlir quantité de bâtimens,
entr'autres deux François venant
du detroit qui avoient
esté jertez sur la côte prés de
Vigo, cù ilsuvoicrucité mis
en picccsi^njis qu'une patrie
del'equipage s'ecoit t-àtlvée à
terre; & que 3. Vaisseaux
Hollandois cHoIent «entrez
dans le Port de Baynna pour
se radouber, ayant esté fort
mahrauez
maltraitez par une rude tempête.
Ces lettres ajoutent que
le Patron d'un autre bâtiment
avoit rapporté qu'il avoit vû
périr deux VaisseauxAnglois
- avec tous leurs équipages,
qu'un coup de vent les avoit
jettez contre des Rochers vers
Bilbao;que les Saletinscontinuoienttoûjours
leurs courses
le long des côtes où ils faisoienyt
continuellement des prises.
Des lettres de Naples du
24. du passé, confirment la
disette des vivres qui augmente
de plus en plus dans ce
Royaume; & toutes les mefures
qu'on prend pour en
procurer l'abondance n'onc
servi de rien jusqu'a present,
& on doutemêmed'uneabondante
recette cette année,
d'autant plus que la longueur
de l'byver contre la coûtume
du Pays ,a décruit la plus grande
partie des semences;ces
lettres ajoûtent que leViceroy
a receu ordre de la Cour
de Vienne de faire préparer
avec toute la diligence possible
8000quintauxdepoudres
fines&trente mille quintaux-,
de balles & de boulets, mais
sansassigner aucunfond pour
- - y
cette dépense. Le même ordre
a esté donné à la SeCle
tatrerie dela guerre donc lesi
Ossi.:,s se sont adressezà laé
Chambre Royale; & on croit
que toutes ces commission,
serontenvoyéesenDalma-
; : , ; tic. .Jl<, *. , J.- Deslettres deMarseille du
déce mois, portent qu'un
bâtiment estoitarrivé dans
ce Port venantdes Echfiller
e
du Levant, par lequel.i:oa
avoit appris qu'il y avoit e#
au grand Caire un grandincendie
quiavoit consume une
grande partie de laville,&
que la contagion y faisoit
toujours de grands ravages.'i
ce qui avoir obligé les Ministres
étrangersquiy estoient à
se retirer à la campagne.
Suivant les Lettres de Milan
du 4. decemois,des
Troupes Piemontoisesétoient
entrées dansdes Bourgs &Villages
dépendants de cet Estat,
& s'étoient fait donner de force
des rafraîchissemens : cette
démarche pourroit bienavoir
des suitesfâcheuses.
fUJ' OnmandedeStrasbourg
du24du passe qu'on faisoit
encetteVille& dans toute la
1
Province des preparatifs rJ.c;¿
| guerre ; qu'ony fortsioit â£
munisoit les Places; qgo%jfu
continuoit aussiles levéespour, :l'Eteétcur de Baviere
, qui fçj
faisoient avec beaucoup
-
de
faccés. Le 20. il passa par cetteVille400
hommes la plû^
part Suisses, pour servir derct
crues dans les vieux Regimeps.
Bavarois, & on n'apprenoit
point encore que S. A. E. ce-
• doit de ses Troupes à l'Empereur.
On ajoûte qu'on veilloit
toûjours exsélément sur
le transport de l'argent de
France dans l'Empire;quetoutes
les Troupes Imperiales qui
étoient dans Britac &dans Fribourg
en étoientsorties pour
se rendreen Hongrie. Ces Lettres
a joûtent quelles, maladies
étoient sifrequentes
,
qu'il y
mouroit tous les joursbeaucoup
de. personnesdetoutâge
&de toutsexe.
On mande de Lille que les
GommiHnres Impetiauxycôtoient
revenue de BruxcUes,
ppur mettre la derniere main
au Reglement des limites.
,-
On mande de Bareclonne
du12. de ce mois, qu'onytravailloitavectoute
la diligence
possible aux forti,ficitionscx-it-i
teneures de cette Place/putu'
culierement à celles de la plate
ne,oùbeaucoup demonde
étoit employé & qu'on esperoit
qu'avant la fin d Août elles
feroient dans leurs perfectiotis)
aprésquoy on con..
menceroit àtravaillerauxou- *àla Ville qu'au Fort du Mont
Jouy, & qu'on avoir commencé
à ouvrir laterredu côt
té de la marine pour la construction
de laCitadelle
,
àla
quelle on travaillera immédiat
temeni aprés que les foi-lâc
cations de la Place seront si
nies, OÙquantité de Massons & autres Ouvriers venus de
France font employez. 'i-i'!.,
On apprend aussi par des
Lettres de Rares,.qu'on y travailloit
pareillement aux fortifications
, tant à la Ville,
qu'au Fort de la Trinité.
On écrie de Gironne du 25.
du passé que quelques Miquelets
commerçoient à paroître;
une quarantaine s'est fait voir
du feôté de Balcara,quelquesuns
avoient aussi paru du cÔr.
té de Vick
,
qu'on avoit fait
pour aller à leurs trousses un détachement
détachement qui en rencontra
une trentaine du costé de
Ripols, les attaqua, entua&
en prit onze qu'on a amenez,
& qui devoient estre pendus
le lendemain; & parmy ce
nombre est leur Chef qui cil:
blessé.
-
Des Lettres de Chambery
dui*>.May portentqu'on y
faifoir de gros magasins de
vivres & defourrages,& qu'on
avoir marque un camp prés de
cette Ville pour les Troupes
Piemontoifes
,
qui devoient
venir y camper: qu'onpréparoit
aussi des logemens pour
leurs Majestez qui y sontattenduës
vers le ij. de Juin ;cç
qui n'inquicte pas peu les Ge
nevois, qui apprehendent d'être
attaquez, & en ce cas ils
sollicitent du secours des Can-"
tons Suisses leurs voisins &
Alliez.
On écrit de Villefranche,
que quatre Bataillons de Troupcs
Piemontoises s'y estoient
embarquées pour passer en Sicile.
On écrit de S. Malo qu'on
avoir eu avis d'Edimbourg,
que les Comtes de Marshall,
Seafort
,
Souchesk , avec le
Marquis de Tullibardine, &
autres personnes de consideration
au nombre de 30. s'étoient
embarquez depuis peu
sur un vaisseau François, dans
lesIsles duWest, pour se retirer
en France.
Le Gcar Thomas Ingenieur
a trouvé une nouvelle invcn,
tion de fabriquer des canons
d'un métal d'une nouvelle
composition, qui sont legers
& faciles à porter, n'ayantque
18. lignes d'épaisseur
,
& un
mulet en peut porter un de
36. livres de balle : l'épreuve
en a esté faite le14. dé ce mois
dans la plaine de laVilletteau
Bourget; & cet Ingenieur en
aeu tout le succés qu'il en pouvoit
souhaiter. M.le Duc Regent
& les Princes se sont
trouvez à cette épreuve,&ce
jour-là,de même que le lendemain
13. &le Lundy15.
qu'on a encore fait la même
épreuve.
-
Interrompons, s'ilvous
plaist,en cet endroit la fuite
des nouvelles generales;& en
attendant que le temsrameine
ce chapitre sur le tapis,lisezsi
vous le jugez à propos, l'article
des Morts.
MORTS.
Antonio Lanty de la
Roüere, Prince de Belmont
en Sicile, Duc de Bonmars,
Marquis de la Roche-
Semibalde, Chevalier de l'OrdreduS.
EspritparlefeuRoy
en 1696. dontil n'a porté que
les marques exterieures,
n'ayant jamais ellereçû,quoique
cependant ses preuves
ayent esté admises,d'une Maison
originaire de Ferrare, &
faisant sa refidencc ordinaire
à Rome, y est mort le 5.
May J716, Il avoïc épousé
Loiiife Angelique de la Trcïnoille,
fille de Louis de la
Tcemoil].e..,. Duc de Npirammeict
&de Renée Julifc
.Auhcr.y'' & ioeurJ de la Prinxcfle.
dfj Ursins &,du.cafdiMl
dela Tremoille,dontil laisse:
Louis Lanty dela .Roüc[,,
Princede Belmont.2. Alegnt)
dr,c, Prince de la Roche-
-IDib¡¡I<k. 3. Frederic Chevalier,
& Marie Anne Cefarine
Lanty. Marie Antoine Lanty,
aycut de celui dont nousannonçonslamort,
avoit épouséle31.
Aoust 1609. Lucrece
de la Roüere, à cause de laquellealliance,
leur posterité a pris
le nom de la Roüere:de ce
[narlacreTont venus Loüis
Lanty, mort sans enfans rua*
les
,
& Hyppolite Lanty de la
R()üre, Duc de Bonmars,qui
fut marié l'an i&çû. avec Ma
rie Christine d'Altemps
,
fille
de PierreDucd'Altemps,&
dJAngeh-que de Medicis. De
cette alliance étoit issu celuiqui
donne lieu à cet article,lequel
étoit cousin du grand Duc de
Florence, à present régnant,
du deux au troisiémedegré
par la maison de la Roiicre.*
Dame Marguerite Fouquet
duChaslain, quiavoit épousé
ènitfj?. Bernardin deGigault,
Marquis deBellefons,
Maréchal de France, Chevalier
des Ordres du Roy,&c.
mourut le 10. May1716.
elle étoit fille deChristophle
Fouquet Comte de Chaslain,
President à mortier au Parlement
de Bretagne, & d'Elizabeth
Marin: elle avoit eu entre
autres enfans Louis Christophe
Gigault, Marquis de
Bellefons,mort des blessures
qu'il reçut au combat de Stinkerque
,
laissant de MarieOlimpe-
Emanuel de la Porte
Mazarini Mancini,Charles-
Louis Bernardin Gigault mort le 20. Aoust 1710. laissant un
fils unique de son mariage avecAnne-
Magdelaine-Hennequin
d'Ecquevilly,&Marie-
Magdelaine HortenseGigault
de Bellefons femme d'Anne-
Jacques de Bullton Marquis de Fervacques.
Dame ElizabethleLièvre,
veuve de MessireNicolas Dorieux
Maistre des Requestes,
mourut le 24. May 1716. elle
estoit fille de Thomas leLiévre
Marquis de Grange Fourille,
Maistre des Requestes,
& President au Grand Conseil,
& d'Anne Favre de Berlise
; elle avoir pour freres,
Pierre François leLiévre Marquis
de Fourille, Guidon des
Gendarmes Ecossois,tué à la
Bataille de Montcassel au rnofè
d'Avril 1674 & Armand Joseph
te Liévre Marquis de la
GrangeAvocat au Parlement;
&
1
pour soeurs, Anne Juliele
Liévre
,
femme de Claude dé
Bretagne, Barond'Avaugour,
Comte de Vertus, &c. & Ma»,
rie Marguerite le Lièvre,semme
d'Henry d'Escoublon ,
Comte de Montluc.
Dame Marguerite Boss-uer,
qui avoit épousé 1°. Messire
-Nicolas Meliand Maistredes
.,Rcqufi, 2.
°. Messire Cypuen
Perrot,Seigneur deFer-
Cburtb aussi Maistre des Requestes,
mourutle21. May
tElle estoit fille de François
Bossuet Seigneur de Vil-
-
lers , Secretaire du Conseil
Si de Marguerite Beuvron;&
elle a laiflfc pour filleMargueriteMeliand
femme de Claude
Cherier Maistre des Comp-
, tes.
-
Dame Marie-Magdelaine
1
Boisseret, époule de Messire
Jacques -
Charles Bochart,
Chevalier Seigneur de Champigny,
Poincy, &c. mourut
le 26. May, laissant plusieurs
enfans encore fort jeunes: la
famille de Bochart est une des
plus anciennes, des plus illustres,
& des mieux alliées de la
Robe.
(
Dame Marguerite-Loüise
Sophie de Neufville Villeroy,
fille de M le Duc de Villeroy,
a épousé Messire François
Marquis de Harcourt, Capitaine
des Gardes du Corps du
Roy, & Lieutenant General
pour Sa Majesté en la Province de Franche.Comté, mourut
le 4. Juin 1716. en. sa dixj
huitième année:Je ne vous dis
rien delaMaison de Harcourt
* ni deVilleroy
, vous en ayanr
parlé plusieurs fois dans mes
derniers Journaux. -
LaPrincesse Hedwige Eleonord
de Holstein Gottorp
, Reine Doüariere de Suede,
Ayeule de Charles XII. régnant
aujourd'huy, mourut
le mois passé.
La Princesse Doüairiere
d'EgmonT, mourut le 3£^lu
paffé à Bruxelles.
Dame Anne MmeMagdelaine
de SNoctaire, femme
de Messire Pierre Gilbert Colbert,
MarquisdeVillacerf
premier Mnftre d'Hostel- de
seuë Madame la DaoLlno-i
mourut le Juin,laissant
entr'autresenfans Marguerite
Colbert de Villacer f, mariée
en1714., avec Frf ançois EmanûeF
de Crussol, Comte de
Lestranges,&.Colbert de
Villacerf, mariée depuis peu
au Comte de Villemontdu
nom ceVeni d'Arbouze:
elleétoit fille de Jean Charles
de S. Nectaire Comte de
Brimonc, Lieutenant. General
desArmées du Roy, & de
Marguerite de ,,
Beaufonte
nant. La Maisonde S. Nectaire
clt originaire d'Auvergne,
& elleest une des
plus anciennes & des plus illustres
du Royaume.
Mssire Augustin Mesnard,
Chevalier Marquis de Toucheprez,&
Baron de Châreaumur
en Poitou,estant venu
icy pour quelques affaires, y
est mort le 5. de ce mois. Il
nelaissedeDme Julienne-
MarieRose de Brechand son
époufc} qu'un fils unique, qui
par la mort devient l'ainé de
cette famille qui a plusieurs
branches. Mrs Mesnard de
Toucheprez & de TlffJngc,
portent pour Armes d'argent
àtrois porcs épics de sable.
Il y a quelque apparence
que l'article des Mariages veut
succeder immédiatement à celui-
cy
,
puisque depuis le temps
que je cherche dans mes papiers,
pour varier davantage
mes matieres, je ne trouve
que luy fous ma main. Hé
bien sa volonté soit faite.-
MARIAGES.
MAKIAGES.
Messire Andrautt, Marquis
de Montlevrier, Maréchal des
Camps & Armées du Roy,
épousa le de Juin le
Camus, soeur de Mesfire
Nicolas le Camus, premier
Présidentde la Cour des
Aydes,Commandeur,Prevôt
& Maistre des Ceremonies des
Ordres du Roy, & fille de
Messire Nicolas le Camus,
Premier Président de la même
Cour des Aydes, & de Dame
Marie-Elisabeth Langlois: la
famille de le-Camus est une des
p\us'ïlltiHt-cS delaRobe;pour
celle d' andrault,ellen'estpas
lapins distinguéeparson anciennece
que par ses alliances.
S*
1
Mcflire Anne de Balaine,
ChevaJie, Seigneur. de Ponimeray
,i'; &c. Chevalier de
Nostre-DarnevduMont-Cit-
,.met&deS. Lazare de Jerusa-
= km, Ecuyerordinaire deS.
A. R Madame, époufals.*>.
'du mois, passé,Damoiselle
«d'Aquin Châteauregnard, fille
de MessireAntoine d'Aquin,
*Seigneur de Châteauregnard,
Président au GrandConseil,
& Secretaire du Cabinet, & de
Dame Elisabeth Thomas de
l'Ifls," & petite fille de Messire
Antoined'Aquinpremier
Medecin du Roy: le nom de
Balaine en Champagne est
d'uneNoblesse ancienne &
distinguée. 'Á.'h,.,.,'A01 --iCSffcùt* X<JO..¡
Reprenons maintenant à
nôtre aise l'article: desNouvelles
de Paris, il est plus amufanc
tt. plus interessant lui seul
que toutes les autres matieres
de ce Volume. t. 4oHij!\ .Q
Le premier de ce mois,
l'AssembléeduPrima-Mensis
se tint en Sorbonne à l'ordinaire
avec les contestations &
les examens accoûtumez.
1
Le 2. M. le Marquis de
Bonnac, de qui j'ay eu souvent
l'honneur de vous parler,
estenfin, & à mon grand regret,
parti pour son Ambassade
de Constantinople.
Le 3.le 4. le 5. le 6. rien
que je puisse dire.
Le 7. l histoire que voicy.
*
%---ELÀT KMLAT ION
deisestet.magnifique*qui
itéceltbrées eu l'honneurde
14 naissance detinfant Dopi
Carlos le 7*le &, &le%, de
cemoiscbc% M. leCçmtfrde
Rj&eirayAmbassadeur Extraordinaire
Je Portugal5vn
'-
France..
-
- , ; Dans les plus communes,
comme dans les plussingulieres
actions des Grands., la
loüange au regard effronté"
escortée de la flaterie sa fidele
conmpagne, ne manque jamais.
de venir répandre à pleines
mains son encenssur l'autel
de leur vanité. En un mon
on loue tout. C'est un usage
établi dés la creation du
monde. Orateurs, Poètes &
Parasites subsistent de cet
Arc. Le besoin qu'ilsont de
plaireest si urgent, que chez
eux le vice est: décoré & environné
de toutes lesbassesses
del'adulation,& une vertu
mediocre élevée au dessus dû
firmament. Artis magister,
~wnter&c.Itemil faut vivre.
&comment seroit sans cettfc
''lit') * Pcr/i.Prelogtit..
noble Profession, un certain
ignare & plus qu'insipide
Abbé, AuteurCompilateur
d'un Livre qui traite des cqriositez
de Paris? Ne mourroitil
pas bien toc de la makfaim%
s'il n'étoit l'espion,lamou-
[ che & le mendiant déclaré de,
tous les étrangers titrez qui
arrivent en cette Ville. Il fait
justement icy ce que j'ay vû
pratiquer mainte &maintefois
»t en Italie. Il a toûjours un feiïil-
'- let gribouillé,chargé d'exceÍ..
sives & miserables louanges
pour le derniervenu.Voicy
a. peu- prés le titre de ces beaux
ouvrages.
ph 'Très-excellent#tres-illustre
lira-magnifiqueSeigneur,
, '4 ê1Avant vomarrivée en cet'tl
af1f7i'lIile, l1ds renommee a centvoix
avoit drjafait retentirces lieux
idp bruit de vos vertus. Vôtre
magnifxmce &- fôtregenerofiii
font incomparables, &c.v.
4;Cela luy vauttoujoursqueli
ques aubaines,& îlsubsiste.
r<ÂinsichacunaTon petit ra-
':
ient,voilàle sien. .:,".
- ,.1 Pour moy grace au Ciel
?
faute de l'impudence neccffait
re, pour soûtenir décemment
l'honneur & la gravité de ce
ministere, j'aycrû jusqu'à present
fent qu'iln'y avoit point de
Métier plus bas que celui de
louer à tort & à travers, comme
fait ce doucereux Abbé,
aussi bien que plusieurs de
Messieurs sesConfreres.Telle
cft encore , & telle fera toujours
la maxime la plus solide
de mes écrituresAinsilorsque
j'entreprends de rendre publiques
les fêtes super bes qui
viennent d'être celebrées chez
Monsieurl'Ambassadeur de
Portugal jenem'enpropose
-
qu'un récit simple, & je n'ay
garde de m'imaginer qu'un
: amas de termes pompeux puifseaucunement
fcrvir à rchaus
ser la generosité, la magnisiccnce
& les autres belles qua..
litez de cet Ambassadeur.
Monl¡'ur le Comte de Ribeira
aprèsavoir fait en cen,.
Villele 18. du mois d'Aoust
dernier la plus riche & la pluf
brillanteEntrée qu'onait peue*
être encore veue, aétalédepuis
dans toutes les occnsqui
s'en font presentées
, tout-c.
lanoblesse & tfeure-U fplen~
deur imaginables. T1bitJs.1,a(';'
semblées,jeux, concert, bal^
chez luy rien n'a esté epargnç.
Enfin la presence de rlofanc
Dom Emanuel, frere de ion
Maître,& la naissancedu
PrinceDom Carlos, l'ont par":1
té à donner le 7. de ce Mois
lesbrillantesfêtesquetout
,
Paris a veues pendant tiots t
jours confrcucifs.,(0^b
Le premier de cestroisjoqrs, 4
sur les jwuf himrcs- du tair',¡+.,
son Hôtel qui est à la pointe
dena. dans leplus belâf|>e€b
dumonde ,
fut illumine dey
tous les côtez.Son jardinfut
f'écdairé, „ par cinq pyramides j
hautes
de trente piedsehacu- *
ne ,
:& toutes couvertes dAj
Lampions. Aux quatrecoim
de ce jardin étaient' quatre
orquestres remplis de joueurs
d'instrumens pour la commodite,
la liberté&leplaisîr des
Musques. Cependant on-danà
foit également dans la grande
galerie de cet Hôtel ;d'autre
se promenoient, ou jouoienc
dans, les. appartêmens. '::':,
.J, Audtflbuidejbgslcrieicft
l'orangerie où l'on 3voie
flrefle un V|fte&fomptuey*j
:.phitC'â[r,.èPuY.ert defruits,
* çlççonfitures-seches &ç de toute
fQttc de viandes.Aux trois
grandes croisées de cetteoran-
: gerie étoient trois buffets spâr
i;ifr
cieux
, pour fournir plusaisement
à tout le monde les rafraîchissemens
dont on avoit
besoinilcs buffets& lèstables
furent continuellementi(re- nouvellez par un grand nombre
d'Officiers chargez de la
distribution de toutes les choses
qu'on pouvoit souhaiter:
&¡pour le peuple deux sontaines
de vin coulerent tant
quela nuit dura.
MadameDuchesse de
Berry ,y arriva un peu après
minuit.
Sil'Art des Peintres a1le
droit de consacrer à la poftçïitépoiir
un certain nombre cscr,awsaugustes des
Muurçjsda monde, pourquoi
lieme serait-ilpas permis de
devenir Peintre à mon tour
Mes Tableaux ne seront peut
être ny si, beaux ny.sireflem*
blns; mais j'ose répondreai*
moins qu'ils durerontplus
long temps: Et sitoutes le&
Bibliothèques publiquesoui
l'onm'enchasse comqucl"
que chose de précieux
neîbnc
pas misesencefofen*
core un prodigieux nombre
d'années à; vivre. Quoyquil
11(oitj mon forteild'écrire,
& maintenant mon dessin est
de peindre.
Au milieu de cette brillante
nuir,on vit paroître Ma*
dame de Berry dans la grande
galerie de l'Hôtel dePortugal
Cette Princessevêtue à Timbcation
des ha billements que
portoit la Reine Marie de Me
dicis/& donc on voit dans les
Tableaux de Rubens de si
magnifiques peintures, fut en
un momentannoncée par tout
le monde.. Les masques qui
dansoienr-interrompirent
leurs danses
,
les amants cefserent
de s'entretenir de leursamours
à lesrivaux sappaiserent
,
& ceux & celles que le
sommeil accabloit,s'éveille-.
rent pour aller en foule joiii^r
àl'envi du bonheur dela voir.
La richesse de son habille
mçnç tout couvert de pierreries
fut à peine remarquée. Les
yeux avides &insatiablestrouvoient
en elle-même & dans
ses regards, des graces qui let)
détachoient souverainement
du soindes'appercevoir dçlarj
splendeur des ornementsqui
accompagnoient la majelie
lxclat & la beauté de ses [(airs.
Cette Princesse J<:n tout lieu
&toüjours l'objet de l'admiration
de tout le monde ,futfï
complimentée enarrivant,par
Monsieur l'Ambassadeur,&,
un moment aprés par le f[erci
du Roy dePortugal. £-1
Ce jeune Prince s'acquitta
avec des gracesinfimes detouts
ce qu'il entreprend. Il n'effe
point de Cavalier en France
qui fafle mieux ses exercice
que luy. Une libertécharmante',
unaU- noble&naturelsont
esneldueyaudseosuqvuearlaiitnedzqegur'éil. Iploefsf-e
parfaitement bien fait
,
& les
traits de sonvisage blanc,delicac
& beau, composent le
chef d'oeuvre de son portrait
Il danse enfin avec toute 1&
propreté imaginable- ,
chose
dont il fut permis à tout le
monde d'être témoin & juge
pendant cette premierc nuit
qu'il passa presque entiere à
danser avec les jeunes Princesses
du Sang, & avec Madame
l'Ambassadrice. Je- prie
ceux quiont lû ce que j'ay dit
&crû devoir dire d'elle avec
simplicité&vérité, dansleretic.
quej'ay faitd'un B.tt que
M. le Comte de Ribeira a
donné,l'hyver dernier, deme
Bilpcnlçr>dutoin de cnercrçer
dcnoovcllesexprefTiohs, pour
leurrepeur que cette Ambassadrice
est une des plus polies,
des plus gracieuses,&des plus
bellesDamesqu'on puisse voir.,.
Voila à peu prés un leger
détail de ce qui se p.,ffa pendant
lanuit du7.Voicy maintenantl'histoiredu
8 <:lL
Entre lesneuf& dix heures,
du soit ,l'Hostel de Portugal
fut entièrementilluminé jusquçs
surléstoits Les cinq py-,
ramides du Jardin;allumées
com, me la veill-e on entendi,t^
un bruit de hautbois,cymballes
& trompettes, qui servit
designal à des gens dertmez à
donner un nouveau fp*.â:aclc
au Public. fi
A une distance raifonnablc
de l'Hostelde Portugal, on
avoit dresse au milieu dé la
riviere un magnifiqueFctf
d'artifice dans un grand bateau.
Au signaldèstrorilpertes
ce Feu fut allumé;&pendant
prés d'une demie heure les Artificiers
nediscontinuerent pas
de servir de nouvelles inven-»i
tions de leur Art.• Lesdeux
costez de la riviere furentcc
racine foir remplis d'uneinfi1Ji(
é, de tp~A~
Princes ..n
PapccA^s.,, gcancl^
ScigO/Cursi4M Royaume&
amrcs. furent se promeneraudessusde
la Porte S. i^tqard^
& du côté de l'Arsenal.
*
On
avoitdresse partout des éch 1£3
sautspour lacommoditéduPU;
bite. L^orlcjjMn'yeut plusrien
avoir sur ¡"("al!,dcu fontaines
de vin recommencerent à COLl
1er pour le peuple:cependant
on servoit dans l'Hôtel de
Port.ug^lU.n (plçn^lid^soupé
àun grand nombre de person
,¡d:Jpremier qQlui
yavoientesté i£l¥jt!I%.
la nuit; comme la veille,les
illumunations durerent.
--Leneufily eutles mmel,
'illuml0o['Jons quelesdeutf
jours precedens grand ,bali
grandjeu,& commeksept,
uneprofusion' étonnantede
vranles& derafralchifTcmensj!
I9>ure1lie cequ'Oy.eutà-mon» plu?*£ogtiW penarircette
naît,ce fut rAvaR
turcquevousj*lle$lire:
AVAîFT<VRJë.ï
»
: .,..,r,' r 1et r 4*
Dans lune destrois ruses S.LoiitsiaParis,-Doiancc 4
une fort belle nuiloncànl de*t
meure. Avec lui habitent,non
sans douleur, sa femme & ses
deux'1f'i¡l¡le;-s-. Do.r-'antees,- t riche,g
dur ,CprlCleUX, savare ,
sa
femme n'etf rien moins que
cel .,' t & ses files qui sont jolies
comme l'amour, sçavent
de science certaine, .qu'ayant i
l'une: seize,ôc l'autre dix sept
ans, elles sont nubiles à merveille.
Leur mailan où elles,
'{Ont' presque toujoursenfermées,
graceà lavigilance&
à la méfiance de leur trèsho»
noré Papa, a des avenues si
b$ngatdçes, 4 dont l'accée
~estsid qu'il yauroit de
/tJP'Y dégoûter les plus obiti-
JKZ amoureux du monde du
soin de leur fairelacour,si elles
estoientun peu moins aimables
qu'elles ne font; mais l'a-
,
mour & l'industrie dressentordinairement
de furieuses barteries
contre les précautions
des Argus:& ils ontrarement
assezd'yeux pour se garentit
><
de tous les piegesqu'on leur
tend. Enfinquoique vous fassiez,
Monsieur Dorante, Elise
&Clelieontplusde ressources
& d'esprit que vousn'avez
^'inquiétudes, il ya long-
,
tcmps
, temps qu'ellesgemissent dans
tfclavage où vôtre dureté les
cnçliaînc,&qu'elles mettent
touten usage pour se procurer
quelque élargissement. Pre-
-
nez garde à vous? le miracle
de leur liberté va être malgré
.tous vos soins,le chef d'oeuvre
d'un bal.
En effet le 9. de ce mois ces
deux jeunes personnes
,
aprés
avoir à force de prieres & de
r
presens mis dans leurs intérêtsle
premier & le plus fidele dojmeftique
de Dorante, elles lui
declarerent l'envie extrême
qu'elles avoient d'aller au bal
de rAfàbaflackurde Portugal,
ellesluidirentQu'ellesavoient
déjapour cette panic toc consentement
de leur mere, qui
enseroit elle-même,simalgré
la Mle litdeson
épouxn'étoit pas toujours le
sien,&qu'ilnemanquoitplus
que son aveu pour faire réüssit
leur entreprise.Ileut beau
representer toutes les difficultezdonc
ceprojet étoit environné,
ses remontrances ne
les persuaderent point, au
contraire elles lui répondirent
dtscbofts- sitouchantes, & lui
Rimt tant de caresses,quàla
(„
fit\ ce pauvre garçon attendri,
consentit, la larme à l'oeil^à
faire ce qu'elles exigeoient de
lui. Illeur promit de leurouvrir
à minuit la porte dont il
avoit toujours la clef, de sor
tir avec elles, de les mener
jusqu'à un carrosse qui devoit
les attendre à vingt pas audessous
de la maison, & de
les accompagner jusqu'à la
porte du bal, oùilleur fit jurer
de ne rester que trois heures
au plus. Ces deux pauvres enf-
àns, ravis d'avoir obtenu un
-
si doux consentement, lui sirent-
les plus jolis petits fcr..
mens du monde
,
de se retrouver
juste au rendez vous,
à l'heure qu'il leur marquoit,
Mais l'homme propose, &
Dieu dispose: & ces aimables
filles qui n'avoient pas man,.
qué de trouver leurs bienheureux
amans dans le bal, selon
l'ordre qu'elles leur enavoient
donné,ne s'attendoient point
à un nouveau caprice de la,
fortune. Pouvoient-elles prevoir
helas, que leur confident
seroit trahi par son camarade.
Nonenverité.Voicy pourtant
comme la chose arriva.
bourguignon enragé contre
Champagne, parce que
leur Maistre commun honoroit
ce dernier de toute sa cÓn{
fiance, aprésavoirépié depuis
long tems toutes lesoccassons
de luy nuire, trouva
enfin celle cy. Il découvritla
! manoeuvre de cette Avanture,:':'
il vit ouvrirla porte, sortit
les Demoiselles
, & Champagneavec
elle. Aussiroft envalet
officieux '&' zelé, il monte àl'appartement de fonMdîcre,.J'
qu'à force de faire du bruir,
il éveille en sursaut; & aprèsun
long ver biage(qualité at-2
tachée à cette maligneengeance
) illuy dit qu'il a vû deux
enMois hommes armez-enlever
ses deux fillcs,.,.)'&.. que
Champagne qui a ouvert la
porteàces Ravisseurs,est fan..
douce du complot. Bon, dire
la femme de Dorante, il n'Y"
a point d'enlevement à cela,
&.: vous verrez asseurement
qu'elles feront allées au bal de
l'Ambassadeur. Voila de vos
indulgences, Madame,reprise
Doranre, Vos fillesau bal,&
au bal sur leur bonne foy, ce"'r
la est en verité fort sage. Bourguignon
,
fais mettre tout à
l'heure leschevauxaucarofTe^
& vous, Madame,habillezvous
comme il vous plaira
pour aller les chercher avec
moy. Vous avezicy une robcf
de taffetas qui suffira pour VÔJ,
tre guifennt, & 01°14 je
vais metrre mon habit de cam
pagne. Aussitost chacun travaille
à qui aura plustost fair.
Lecarosse est prest,on y monteJI
&l'on soüette à l'Hostel
dePortugal.
Dorante a mis à peine les
pieds dans le jardin, que ses
filles l'apperçoivent, elles détachent
au ssitostleurs Amans
aprésluy, & avec le secours
de quelques autres Mrqucsde.
leur connoissànce, elles sont
environner leur mere, qu'elles,
attirent dans unlieuéloigne
pour s'y, découvrir à.cllc.-Cette
bonne maman ravie de se
voir au bal, leur conte tout cc;
qui vient d'arriver. Alors un.
Masqueluy perfuadcdechan*
ger de robe avec luy pour pouvoir
mieux éviter la rencontre
de son mary. Elle le fait, &
chacunen pleine liberté joüit
des plaisîrs delafeste. Cc:pen
dant Dorante passe assez mal.
son tems Est il possible, luy.
ditundes jeunes gens que ses
filles
fillesont mis àSes trousses,
qu'un homme sage comme
vous, s'avise devenir au bal?
Comment avez vous pu vous
resoudre à quitter vostre femme,
vosfilles que vous faites
enrager, & vostre coffre fort
que vous aimez plus qu'elles
& que vous-même. Seriezvous
par une metamorphose
inconcevable devenu tout à
coupmoins farouche & moins
avare? Si cela est,quelle obligation
n'avez-vous pas a ceux
qui vous ont donnéla premier
re leçondepolitesse & d'hu
l!1,ar.!ité?c signifiedonctout
cecy ,
disoit à chaqueinstant
Dorante, & à l'exemple du
Marchand de Fagots du Médecin
malgré lui; le refrain de
sa chanson estoit, A qui
en veulent ces gens-là. ? Mais
ceuxcyavoient resolu fermement
dene le pas quittersitôt.
Enfin luidit und'eux:Nous
ne vous laisserons pas faire
un pasen liberté,que vous ne
nous ayiez declaré de bonne
foyla raison quivousa fait
venir icy. Hé bien,Meisseurs
les Masquesquim'assassinez à
force de m'importuner, vous
sçaurez donc que je n'y suis
venu que pour y trouver mes
, deux carognes de filles qui se
j font cette nuit àmon infçui
échapées de ma maison pendant
mon premier somme,&
qu'averti par, un de mes gens
de cette incartade
,
je me fuis
habillé à la hâte pour venir avec
ma femme lesarracher
d'icy. Sivous sçavez ou elles
sont, comme je pense n'avoir
pas lieu d'endouter, montrez
les moy;& je vous jure foy
d'homme d'honneur qu'il ne
leur en arrivera aucun chagrin.
Pourquoy
,
luy répondit un
de ces Meisseurs, reprochezvous
à vos filles d'estre venuës
icy
,
puisqu'elles y sont avec
leursmaris? Avec leurs maris,
mes filles! reprit Dorante:
Et vous vous trompez, Messieurs
, vous ne les connoissez
pas, mes filles ne font point
mariées.-Voyons donc si nous
nous trompons, dit l'un des
Masques. N'estes-vous?pas
Dorante? ne demeurez-vous
pas dans la ruë S. Louis, n'y
passez vous pas pour le plus fâcheux
-de tous les hommes;
n'avez vous pas une femme
fort raisonnable, & deux filles
fort sages que vous faites éter.
*
*
nellement enrager? Danstout
ce quevous medites,il ya^ic1
ptJfldic Dorante, quelque chose
devray:hébienreprit l'autre,
voila pourquoi vos filles
sontmariées, si bien que vous
ne sçauriez empêcherque cela
foitria contrainte effroyable
où vous les avez retenu jusqu'à
-prcrnt)"l1e leyrâ cependant
pas ostéla liberté de faire un
choix,que vous ne pourriez
de approuverque parcontradiction.
Vôtreépouseest instruite
decour,&:ctK de sonconsentement
que leur hymena
este conclu.Vos gendres font
tels & tels, ces noms vous corw*
tentent ils?on ne vous a pas
chicanné leur doc.; qu'avezvous
à répondre à cela?Ma soy
je vois bien,leur dit Dorante,
qu'il n'y a ni porte niverroux
qui syffisent pour la garde des
filles: &si ce que je viens d'entendre
cft vrai, que la chose
soit faite ou à faire,j'en suis
d'accord. Il ne me teste plus
maintenant qu'àconnoître les
époux qu'elles ont choisi sans
moi,s'lls sontde vos amis montrez
les moiJ& jevous jure qu'à
l'instantje serai des leurs:sur sa
paroleces Meilleurs quitterent
leurs marques, & l'embrasserent
; ils rejoignirent aussitost
leur compagnie qui fut trescontente
de cet accommodement.
Ih, virent ensemble la
fin de cette brillante feste ; &
les amans en attendant que
les ceremonies nuptiales ferrassent
les noeuds de leur selicité,
ioüirent tranquillement
&enpleine liberté du plaisir
de sevoir, jusqu'au22. de ce
mois que leur hymen aesté celebréà
la grande satisfaction
des Parties.Que le Ciel prolonge
leur bonheur, & leur
donne des enfans qui leur ressemblent.
Ainsisoit il.
,
AutreAvantureduditjour.
JVANTVRE+
Une jeune & trés-aimable
veuve déguisée à merveille, se
trouva par hazard àce dernier
bal auprésd'un homme de sa
connoiifanrc, si mal masqué
qu'elle le reconnut sans peine.
Cet homme avoit eu peu de
temps avant cette rencontre,
unaccezassez libre chez elle,
mais n'ayant ny le merite ny
l'cfprit de se conserver une si
bonne connplffâpcc la Dame
rebutée des travers de son genie,&
de ses importunitez,n'avoir
pû se dispenser de le congedier,
même honteusement
de sa maison. Cette nuit se
-, trouvant en belle humeur,
elle voulut encore une fois se
divertir aux dépens de ce personnage.
Assise à côté de luy
sur le banc du jardin, bon
jour,Masque,luydit-elle
êtes vous toujours bienaimable
à vôtre ordinaire ? Vous
êtes de * *, dit
- on fils d'un
Tresorier de France de cette
,: Ville,vous croyez avoir un
grand genie, mais vous en
avez peu ou point. Vous n'avez
pas beaucoup d'habitudes
àParis;les personnes chez qui;
vous demeuriez vous avoient
procuré la connoissance de
plusieursDames de vôrrc voifinage
, avec lesquelles vous
vousestés broüillé par bétise-
& par étourderie.Vous allicll
encore souvent, si jene me
trompe, chez une veuve qui
demeurevis- à vis de chez
vous, mais vous lavez si [U_I
bitement & tant de, fois convaincue
que vous n'étiez qu'un
for, qu'elle vous a fait fermer
la porte au né:Par toutail-^
leurs oùelle vous a rencon
tréelle-s"c--il publiquement &r
à vôtre barbe mocquée de
vous. Comment doit on s'y
prendre pour vous corriger?
Acette fidele peinture,mon
cher Monsieur,vousrecon,
noissez-vous?qu'en dites-vous
beau Vtafquc? A ces belles
que stons le Masque interdit
ne répandit que des bétises
à son or dinaire. çepen.,
dant se remettant un peu dù,
desordre où l'avoit jette un
compliment si brusque, vôtre.
Compagneestelleicy,obligéante
personne, dit il à cq
Masque qui venoit de luy dé:
filer,unsijoli pelotondcve.
ritez Si elle est icy
,
je n'au
ray pas de peine à vous remercier
(sans craindre de me
tromperJdes-chofcs gracieu
ses que vous venez de me dire.
La veuve qui a
chezelle
une Demoiselle de ses amies,
qui estoit justement au bal
avec elle,crût alors être reconnue;
cependant sansledécon
certer,elle luy répondit qu'il
setrompoit, & quelle ne fqaS
voit ce qu'il vouloir luy dire
avec la Compagne dont il lui
parloit. Néanmoins, la craints
d'être découverte, lui conseil
la de ne plus songer qu'aux
moyens de s'échaper des
mains de ce Marque qu'elle
venoit, à son gré, de traiter
comme il mentoit de l'être;
& enfin elle s'esquiva. Mais
l'obstiné Masque ne croyant
pas apparemment en avoir
aflfez pour son compte, s'acharna
autanc à la poursuivre,
qu'elle à l'éviter. Il eut pourtant
beau faire & beau courir,
la Dame s'enfuit avec tant
d'adresse & de legereté, qu'il
;
la perdit de veffc. Ainsi après
plusieurs allées & venuëselle
rejoignit sa Compagnie.Alors
un des amis dela veuve qui
connoissoit le Masque en quession,
fut à luy ,& avec beaucoup
de politesse,ille pria de
luy dire s'il connoissoit la Dame
avec laquelle il luy avoit
paru avoir une conversation
fort vive. VraymencMon*
sieur, reprit-il, sije la connois,
en doutez-vous? Je ne fuis
poinc de ces gens qui attaquent
indifféremment au bal copte
sorte de Masque; & je QC me
lic,autant que je le peux,
qu'avec des personnes dema
connoissance. Le Masque, par
exempte,avec qui vous venez
de me voir, est une fille folâtre
, badine & toujours de la
meilleure humeur du monde.
Je suis parfaitement bien avec
elle, elle a eu mainefois de
mon argent, elle demeure à
la Porte S. Michel
,
& elle a
pour Compagne une.jeune
fille, qu'on appelle la petite
Javotte;c'esten verité la plus,
jolie petite creature du monde.
Vous m'avez,l'air d'un
honnête homme, & dés demain,
si vous voulez, je vous
meneray chez elle,de tout
mon coeur, répondit l'autre,
aussitôt rendez vous pris, &
parole donnée pour le lendemain.
Alors lemasque qui venoit
d'être si pleinement convaincu
de l'erreur & de la betise
de ce donneur d'adresses,
retourna vers la Veuve,àqui il
apprit tout ce qui se passoit
dans l'idée de ce butor, & l'o.
pinionqu'il avoitd'elle. Aussitost
elle revint sur Ces pas,
pour leretrouver & s'en divertir
encore. Des qu'elle sesuc
mise auprés de lui sur un banc,
ilfut s'asseoir auprès d'elle.
Ahlah! lui dit-il en même
temps; je vous connois bien,
moy
ifloy; &ce n'est pas( souvenez
vous en) d'aujourdhuy
que je sçay que vous demeurez
à la Porte S. Michel. Je
ne vous ay pas remis d'abord;
mais un moment après vous
avoir perdu de vûë, j'ay bien
jugé à vos discoursqu'il ne
pouvoit y avoir que vous au
mortde qui me connut si bien.
La Dame se deffendit. assez
mal des circonstances de cette
mervéilleuse reconnoissance,
& sans lui rien dire de positif
sur cet article,elle luy laissa
toute la liberté de croire qu'il
ne se trompoit pas. Il la pria
alors abellesîbatjc mains ,
de
se demasquer pour l'amour de
luy;mais elle luy répondit qu'-
elle avoir de très fortes raisons
qui lui de ffendoient d'en
rien faite: elel s'exeusamême
si poliment de ce qu'elle ne
pouvoir pas avoir carte com*.
plaisancepour luy
'j
qu'on dit
qu'il en pleura de }Óye. Q«an4
elle le vie aussi parfaitement attendri,
qu'elle souhairoitqu'il
le fut, elle le pria avec une
gracecharmess de luy prêter
un Louis d'or, & luy promit
en même temps de luy en rendre
le lendemain la valeur à
l'heure qu'illuy plairoit,aussitost
bour sedéliée, & Louis
donnézA ce present il a joûta
le petit discours qui suit. Je
viens, lui dit-il, derencontrer
iciun de mes amis, à qui j'ay
':
promis de le mener demain à
deux heures aprèsmidy, chez
voulsIl c'estun galant homme
que j'aime, je vous prie de le
-
recevoir comme moymême,
& sur tout que la petite Javotte
soit des nôtres. Voila encore
deux écus que je vous donne,
pour les frais de nôtre dîner.
Vousallez bien-tostvous
coucher, & demain au sortir
devôtre lit, nous nous mettrons
à table. A la bonne
heure,reprit la Veuve,tout,
celava lemieux du monder demain apurement nous nous
réjouirons à merveille. Ce propos
fini, main gantée, bien
baisée,promesseréitérée, &
tendres adieuxdes deux côtez.
L'Aut£ur de la prejente flif
toire a honte d'achever ici Jon
fecit dela manière auflere que luy
ptefent la vérité, il auroitfou*
baité y ajouter quelque grand
vacarme arriv- éle lendjemai-ncbe^-
la petiteJavotte de la Porte S.
Michel; mais4 latrop prudente
nfewve craignant tes jugement temerairts
& les gloses malignes,
nesifUIpAS pluftofl levee de fut
le bancoù elle eflott assise ypour
faire a cegAlant Mafcjuefa, derniere
reverence ,
qu'en se démasquant
d'une main , elle luy jetta
de l'autre au né
1
[on louis d'or
(Ji ses deux t-cus. en achetant fié
harangue dans des termes femblaUei
à ceux qui fervent de
début à l'intelligence de cette
Hifloire,quicommence (comme
sans doute il vous il vous en
fouuient encore)par unmerveil*
JtJJX panegerique.
* Quaeque. ipse miserima
vidi
Et , quorum pars nulla fui. -
Cela veut dire que te content
de ce narré a vu toutes ces bettet
choses C* qu'il ny apris q/a'
tant de part, quesa curiojué lui
prejcrivoit d'enprendreypour U
rendre"digne, Aptey Idoine &
capable de vous les conter; aa
refle ileftvrayment &épouvantabhmentmortifiede
Idrtflitution
du loüÍt d'or cm des deux écus)
qui l'a malencontreusementprivéy
de la dehàeufe ejperance de vous
en dire encore de btlles.
* Virg.Æneid. L. 2.
Le10 point de nouvelles.
Le 11. de ce mois jour dela
Feste Dieu, la Procession de S.
Germain l'Auxerrois alla au
Palais desTuilleries, dont les
avenuës & toute la cour étoienttendues
des plus belles
&richesTapisseriesdes Gobelins.
S.M.estoit à genoux à
une senestre,ayant à sa droiteM.
l'Abbéd'Argentré&M.
l'Abbé de Rochebonne ses
Aumosniers en rochet:A sa
gauche M. leCardinal de Polignac,
M. le Duc du Maine,
M. le Maréchalde Villeroy
Me.laDuchessedeVantadour,,
& le reste de la Cour y dtoir
aussi. Après qu'on eut poséle
$. Sacrement sur le Reposoir
la Musique du Roy chantaun
très
-
beau motet. Lemême
jour S. A. R. M le Duc d'Orleans
Regent du Royaumealla
àl'EgliseSEustache saParoisse,
où il entendit la grand'Messe,
ensuite il accompagna le
S. Sacrement pendant toute la
Procession, précedé de ses
Cent Suisses, de ses Gardes du
Corps, Pages, Valets de pied
ayant à sa droite M. l'Abbé
de Tressant nommé à l'Evêché
de Vannes son premier
Aumosnier,
Aumosnier, M. l'Abbé Du-
, prat, M. FAbbe de Rabines
ses Aumosniers
, & le reste de
sa Chapelle, suivi de M. le
Comte d'Etampes son Capitaine
des Gardes, de M. le
Marquis d'Armentieres son
premier Gentilhomme de la
Chambre
, & du reste de sa
Maison, & de plusieursSeigneurs
de la Cour & Officiers
generaux. Pendant l'Octave le
Roya assisté plusieurs fois au
salut aux Feuillans & aux Capucins,
toûjours accompagne
de M. le Duc du Maine, de
M. le Cardinal de Polignac,
de M. l'Abbéd'Argentré,de
M.l'Abbé dcRochcbonnc fcî
Aumosniers, de M le MarechaldeVilleroy,
de Madame
laDuchesse deVantadour,&de
tous les Seigneurs de la Cour,
précédé de ses Cent Suisses &
Gardes duCorps.
Le 18*jourdel'0£fcave du
S. Sacrement, laProcession de
S. Sulpice composée de 300.
Prestres en Chapes ou Dalmatiques,
allaauPalais duLuxembourg,
dont toute la cour
avaitesté ornée des plus belles
& plus riches Tapisseries des
Gobelins, de même que la
cour de mar bre, dont tout le
pavé estoit aussi tapissé, & au
bout de laquelle à l'entréedu
Jardin on avoit dressé un Reposoit
des plusriches,avecun
dais très-magnifique. Sur la
gaucheon avoit dressé un
theâtre pour la Musique qui
étoit composée de toutes les
plus belles voix de l'Opera J&
de plusieurs Joueurs de toutes
fortes d'instrumens.Onvoïoit
de riches tapis à toutes les senestres
du Palais & des deux
Galeries. Sirost que la Bannière
de la Procession parut, MadameDuchessede
Berry allahors
la porte du Palais accompa-
, gné deM. l'Abbé de Casties
son premier Aumosnier
,
de
M:1rAbbé de Rouget de
Ml'Abbé d'Avejan, de M.
l'Abbé du Tremblay, de M.
l'Abbé Danglade ses Aumosniers,
tous en rochet, recevoir
la Procession ,& adorer le S,
Sacrement, qu'elle accompagna
jusqu'au reposoir, pendant
tout lequel temps les
trompettes,tymbales, hautbois
& bassons, qui estoient
surile balcon, qui estau dessus
de la grande porte, se sitent
entendre. Ensuite la Musique
chanta un motet de la composition
de M. desTouches, qui
fut très- bien executé. On n'a
jamais vu une plus belle & plus
auguste ceremonie. Toutes les
Confréries commencerez
pour lors à défiler, chacun des
Confreres portantun flambeau
à la main, enfuire les Valets
de pied, les Cent Suisses,
les Tambours battant toujours
la Marche, de même cjqe
le Fifre, les Gardes du Corps,
les Pages
, portant tous des
flambeaux de cire blanche;
enfuitc tout le Clergé.
Le S. Sacrement sut porté
par M.leCuré de S. Sulpice,
sous un dais des plus riches &
des plusmagnifiques. Madame
Duchesse de Berry suivoit,
ayant à sa droite M. l'Abbé
de Casties son premier Aumosnier,
M.l'AbbédeRouger,
M. l'Abbédu Tremblay,
M.l'Abbéd'AngladesesAumosniers
tous en rochet,&le
reste de sa Chapelle. M. le
Marquis de Coetenfao son
Chevalier dhonneur, &M le
Chevalier d'Hautefort,son
premier Ecuyer,lui donnoient
la main. Cette Princesse étoit
precedéedu Lieutenant, Enfeigne,
Exempt de ses Gardes,
Maistres-d'hostel, Ecuyers &
autres Officiers, suivis du Marquis
de la Rochefoucault son
Capitaine des Gardes, de Madame
la Duchesse de S. Simon
sa Damed'honneur,de Madame
la Marquise de Pons sa
Dame d'atour de Mesdames
les Marquises de Trannau,
Clermont, Armctit-icres;&de
Madame la Comtessed'Aidies
les Dames du Palais& de plusieurs
autres Officiers portant
tous des ciergesàlamain. CettePrincessesuivit
toûjoursà
piedla Procession,qui traverse
la ruë de Vaugirard, toute
laruë Cassette,& s'arresta à
l'Eglise des Filles du S. Sacrement
,où l'on chanta un autre
motet en musique : de-là on
traversala ruë du Colombier,
& on arriva à S. Sulpice, d'où
Madame Duchesse de Berry
, aprés avoir reçû la benediction
du S. Sacrement se retira.
Ilestoit deux heures & demie
quand tout fut fini. On ne peut
pasdonner plus de marques de
zele & de devotion que cette
Princesseen donna,elle fitde
grandes aumosnes aux pau.,
vres, & de grandes liberalitez
à tous les Joueurs d'instrumens,
après les avoir bien fait
regaler. La Ceremonie estoit
si belle, que presque tout Paris
y a estépour la voir : on
estoit enchanté de la decoration
de ce Palais qui estoit tapissé
en dehors & en dedans.
On admira fort l'Histoire de
Constantin, l'Ecole d'Athenes,
le Mont Parnasse
,
l'Incendre
duFauxbourgdeRome
& les Frufins Belli, qui sont
des Tapisseries de la derniere
beauté. Pendant cette Ceremonie
il arriva une avanture
assezsinguliere.
) La jalousie, Oeeilc maligne
qui seme la Discorde sur toute
forte d'états, ne pût voir une
festesi sainte sans en troubler
le calme; elle persuada aux
Archers de Ville qui y aflîf*
toient,aussi bien que les Archers
dela Monnoye, pour y
maintenir l'ordre, que ces dei*
niers venus n'estoient encomparaison
d'eux qu'une troupe
de miserables,qui avoient l'im
pudence de se mettre en parallele
avec eux. A ceux cy elle
representa l'arrogance des Ac!.
chers de Ville,qui se croyoient
deshonorezde voir leurscasaquesainsi
confonduës avec
celles des Archers de la Monnoye,
elle leur remontra en
même tems combien il estoit
à craindre pour les uns & les
autres, que dans cette conçue
rence un des partis n'usurpât
sur l'autre desdroits qu'ils devoient
partager ensemble.
Ce n'est pas d'aujourd'huy,
comme tout le monde le fçaits
quecesprééminences ont souvent
allarmé l'Europe entiere,
&ont fait quelquefoisverser
autant de fang que les injures
les plus atroces. Il est même
denotoriété publique, que
les assemblées les plus saintes
ont souvent causé de grands
fcandalcs par la vanité des Titres
de ceux qui y ont assisté:
& si aprés bien des peines,
on n'étoit enfin parvenu à
mettre d'accord deuxDéputez
des plus grands Potentats du
monde,on n'aurait peut-être
jamais vû le commencement
ni la fin par consequent, du
Concile de Trente. Je ne vous
cirerai point ici les motifs d'inimitié
entre lesColones&les
U. sins, entre les Guelphes
& lesGibbelins, entre les Ligueurs
& les Gens du Roy
Henry III. entre les Ormistes
& les Frondeurs, tous causez
par les ambitieux projets qu'-
un de ces partis formoit de
donner la loyà l'autre: Ces
exemples nous jetteroientdans
de prodigieux détails: je me
contenterai feulement de vous
apprendre en peu demotsjusqu'à
quelleviolence ce dernier
conflit de Juridiction entre
lesArchers de la Monnoye, &
ceux de cette tant bonne Ville
de Paris,porta les combattans
del'une & l'autre part. U
Aussitost, vous dis je
4
que
la cruelle & tremblante Difcorde
eutencouragé,ainsi que
vous venez de le lire, ces valeureux
champions, ils dégainerent.
Lesépées, halebardes
& mousquetons, menacerent
en même tems tous les assist ans
d'une mort prochaine. Plusieurs
coups de glaives tranchans
furent bravement assenez
:& malheur àqui lesreçût.
On entendoit déja de toutes
parts les cris desblessez,& les
lamentations de la timide populace
exposée inhumainement
àla rage des combattans,
lorsqu'un renfort de Gardes
*
de Madame DuchessedeBerry
se me slantparmy les mutins,
les fit si subitement trembler
de peur ,qu'à l'infianc la tempestecessa.
Pendantcetaffreux
tumulte, excité fous les yeux
& à quatre pas decette Princesse,
elle s'occupoit tranquillement
du soin de faire donner
de l'Eau de la Reined'Hongrie
, de l'Eau de Mlisse &
des Sels subtils à ses Dames ui s'évanoüissoient de frayeur
à tout moment. Elleseule heroïne
indifferente au milieu
d'un danger qui ne pouvoit
gueres estre plus grand, étant
si prés d'elle
,
regardait son
propre Peril comme un acci
dent ou elle n'avoit nul interest
à prendre. Cependantplufleurs
de Ces Officiers avoient
déjà eula sage précaution de
chercher un azile-:& un de ses
Aumosniers dela gauche, plus
prudent que les autres, s'étoit
déjà sauvé en rochet sur les
tuiles.Ecclesia abhorret à sanguine.
L'Eglise a horreur du
sans;;&cette horreur est sainte
: Dieu soit loüe, & M.l'Abbé.
Amen-,
jintrc
Autre gentille &* recreative
Nouvelle.
On joue à l'Opera un Baleri
nouveauy qui a pour titre,
les Festes de l'Esté. Les paroles
font de Mademoiselle Barbier.
qui nous a déja donné plusieurs
Tragédies quionteudu
succés. Ce dernier ouvrage a
esté si bienreçudu Publicqu'-
elle peut se flatter de n'avoir
rien perdu de sa gloire,Voicy
* le Plan de la Piece.
Argument du Prologue
Une troupe d'Amans., &
d'Amantes, dont le Printemps
clï la Saison la plus chere, se
plaignent de son départ. Le
Printemps leur témoigne- le
regret qu'il a de les quitter,
& leur represente une Loy du
Destin, à laquelle il ne peut se
soustraire. L'arrivéedel'Esté
oblige le Printempsà s'envo-
- ler;les Amans & les Amantes
ne1 seconsolene desaperte;
que par la promesse que leur
faitl'Esté,defaire regner l'Amour."
Il appelle Venus qui
defccnd des Cieuxpour établir
l'Empire de son filspendant
la Saisonde l'Esté,ou plutôt
pour montrer qu'ilrègne
dans toutes les Saisons. Delà
naissent les trois Entrées dont
le Balet est composé. MademoiselleBarbier
a divisé les
jours d'Essé en trois parties;
sçavoir, le plein jour, le soir
& la nuit, & fait voir qu'il n'y
en a aucune où l'Amour ne
signale sa gloire; ce quelle
a exprimé assez heureusement
par ces quatre Vers.
Que l'Aflre qui donne le jour :
*S'cleve dans les Cieux) ou défi
lHi -cende dansSlondef; iûmQiailploingte
lx/mvers dans une profonde :
, Tout estfawrable à l'Amour,
On dira peut-estre qu'il
étoit plus naturel de faire descendre
l'Àmourluimême que
-
Venus; mais le Public y auroit
perdu le plaisir d'entendre
dans ce
,
rôle l'excellente Ac-
:'
trice qui le remplieavec tant
'de grace; c'est Mademoiselle
Antier qu'on ne se lasse point
d'applatidir dans tous les morceaux
qu'elle chante.
Argumentdelapremiere Entrée.
Cette Entrée a pour titre,
lesjoursd'EstéOnachoisiune
Moisson pour le temps de
raétion. Elle se passe entre un
Berger & deux Bergeres l'une
de ces Bergeres qui s'appelle
Climene, est d'un caractère
singulier,naturellement indifférente
& malicieuseelle
se fait un plaisir de brouiller
tous les AmansEllepersuade
à Silvie qu'elle luy a enlevé
Dapbnis ; Silvie trop crédule
donne dans le piège que Climene
lui tend, & irritée contre
Daphnis,elle consent à épouser
Idas, Berger plus opulent,
que son pere lui propose.
Cecontentementioù la colere
a plus de part que la vo
lonté, ne laisse point douter à,
Daphnisque sa Bergère ne soit
infidèle. Un éclairciflemenc
réunit leurscoeurs;mais il leur
reste à rompre un hymen qui
doit les fcparer pour jamais.
Ils ont recours à Cerés qui les
a choisis pour ordonner lesjeux
qu'on lui prépare en reconnoissance
de l'abondante
-
Moisson dont elle a couvert
les Champs. Ccrés ordonne
que Daphnis & Silvie soient
unis ensemble: cette Entrée
n'a pas fait le mêmeplaisir que
les deux fuivantcs, quoy qu'it
yait beaucoup desentimens
& de pensées. Voicy, entre
autres beautez qu'on y a senties
une maxime qui a para trèsneuve Elle cft fondée
sur ce Vers qui la precede..
C'estSilvie qui parle de Daphnis
doncelle secroittrahie.
Nont je lui jure une éternelle* haine.:•f-
Climene lui répond sur le
ton badin, qu'e lle a pris dés
le commencement. de.i.' la
Scene : -> ?!'n ,': .; .h.
Contre un objet trop charmant
La vengeance rieji pas fûrt:,
En secret le coeurdément
,
Tout ce que la bouche jure.
Le dépit faitleferment;
Vn regardfait leparjure.
.', Ce qui a déplû dans cette
Entrée,c'est une espece de difsonnancequ'elle
a avec les
deux autres, où il n'y a point
de divinité. Le specateur auroit
voulu que les troisEntrées
sussentdumême ron, & se
passassent dans un même lieu.
Mademoiseelle Barbier, attentive
à profiter des remarques
du
du P.upîjç, luy a promis de
se regler sur son goût, & travaille
àreformer cette seconde
Entrée pour la mertre au
ton des deux dernières. J'esperequ'il
n'y aura plus rien à
dtfircr aprés ce changement.
que tout le monde a paru
souhaiter. Passons à la seconde
Entrée.
<
Argument de ladeuxième
Entrét.
Le temps de cetteEntrée
est dcfigné par un Soleil couchant*
La Scene fc pasle à Paris
vers la Porté S. Bernard
En,voicy l'action: I-.l UnvieuxTuteur nommer
Argante,devenuamoureux
de f. Pupille, qui s'appelle
Hortense,craignant que Lisis,
quiest son rival, ne la luy enleve,
forme 1uy-merbe le defsein
de la ravir; & sous prétexté
d'un Cadeau qu'illuy
donne sur le rivage de la Seine
,il fait préparer secrettement
une barque qui doit servir
à la porter vers un ChârtcaUjOÙ
il prerend l'enfermer
pour l'obliger àl'épouser.Il
fait conifdence de son deflem
àson valet Zerbin, autrement
dit
, mon bon amiMancienne;
Doris,confidented'Hortense,
se doutant que ce Cadeau,
trés nouveau pour le vieillTureur,
cacheque lque mystere,
se tient en garde contre les
mauvaisès intentions qu'Argante
pourroit avoir.Elle est
aiméede Zerbin tendre(TeJEdfcé,e,e&llepl'aorbluignee
non seulement à reveler le -Cc..
cret de son Maître, maisencoe
à servir Lsis aimé d'Hor.
tense ; do forte que la même
barque qu'Argante a fait préparer
pour prolonger l'esclaVage1
d Hortense, lCI" à la
mettre en liberté. Le cara&e-»
re d'Hortenseestsingulier,
c'est une demie Agnés, à qui
son Tuteur a fait une peintureaffreuse
de l'amour, &qui
cependant trouve ce Dieu tout
charmant dans les discours &
dans les yeux de Lifi-9. Il y a
une Scene entre Zerbin &
Doris qui est sur un ton co.
mique & leger, dont le pubiic
a paru très satisfait.Toute
l'Entréeest joliment écrite;
les pensées &les sentimens n'y
manquent point. J'ay remarqué
entr'autres beautez une
",'
Allégorie fine qui s'applique
au Roy. Voicy sur quoy
-
elle
tIl, fondée. La Luneparoîc
aprés le coucher du Soleil,
Doris chante une Hymne à
l'honneur de ce nouvel Astre
qui favorise les jeux des Habitans
des rives de la Seine, i,avoie*.••'«t.cfL.
DéscjUèJousl'humideJejour
-Le Soleil cache Ja lumière,yjj
Vous commencezvotrecarriere,
Nous"vous - r -. ^voyons a Votre tourj
Triompher de /4 nuit obscure, ,
rors. dédommage^ la naturei1
pt labfence duDieudujour..
•r? Comme touc le mondç
sçaitque le Soleil croitFera*"
bême du feu Roy,je ne crois
pàs.ue le restede rAJlcgôfifc
aitbesoin d'explication.
\,
jtrgumcnt Je la troifémt
EntrEée.<\
, Les Bals du Cours qu'on
donnail y a deux ans,& qu'on
donne encore aujourd' huy
, ont fourni à Madémoiselle
Barbier le sujet decette troifiçtne
Entrée quia pour titre
lesNuits d'Eté. Voicidequoi
il s'agit. Deux amis & dcaàc
amies sont partie pouclcfial
du Cours; lesdeux amis s'appellent,
l'un Valere & l'autre
OîavcjValereeit morcuf
de Lucinde, l'unedes deux
amies, &Ô£hve aime l'autre
qui s'appelle Belise;Valere est
jaloux,Lucindeest une espece
de coquette,qui quoi qu'-
elle aime Valere, ne laisse pas e.vouloir plaireàtout lemondeOctaveaimeun
peu moins
Bchle qu'il n'en estaimé,&
souhaitteroit qu'elle fût un
un peumoins tendre. Valerc
reproche àLucinde qu'clle ne
songe tous les jours qu'à faire
-Ides nouvelles conquêtes, & li
veut quitter pourne pasêtre
témoin des hommagesqu'elle
cherche:Octave peu tendrtfî
pour Belise ne veut pas laisser
son ami dans le trouble où si"
est,il prie Belise de luy permettre
de le suivre, la trop
tendreBelise s'en offense & le
menace de se vanger desont
indifference.. Cette menace
donne lieu à Valere de proposer
àQéèave un déguisement,
afin que sous le masque ils
puissent éprouver leurs Maîtresses.
Otèdve accepre la proposition,
plus par complaisance
pour son ami, que par
défiance pour sa Maîtresse.
Valcrc est le premier qui fait
latentative, qui luyreüssit
plus heureusement qu'il n'auroitosé
l'esperer. Mais satisfait
de son sort, il craint que
son ami ne soit pas si heureux*
queluy;& commeil l'aem-*
barqué dans cette dangereuse
épreuve, il ne trouve point
de meilleurexpédient que d'avertir
Ikhfe- du dessein de {on"'}
Amant Ellenelaissepasdese
vouloir vanger du trop indifferent
'CD,seignant
d'être prête à luy manquerde q
foy, &.: elle fait si bien qu'elle
parvient à le mettre en cofcréj
de forte que l'Amant jaloux
cessant de 1 (re, l'indigent
devient jaloux. Tout se dénouë
heureusement, les quatre
Amans se déterminent à
s'aimer désormais sans contrainte.
CetteEntrée au jugement
des Connoisseurs estla
plus parfaite des trois,la versification
enesttréslegere,
le jorgon de masque y est imité
fidélement & ménagé adroitement
; les Scènes font semées
de inix-nies & de sentimens;
des Entréesdemasques
de toute espece forment le divertissement
qui répond au
leac de la Piece. Voicyles
deuxmaximes qui ont fait le
plus de plaisir. La premiere
est dans la bouche de la vraye
coquette.
Quqandjeupuise<Huun rregard vain-
Fairenaître cjuVquautre ardeur
Sans rtjjtntird'amoury je me ? réjouis de ma gloire ¡
-Le triomphe flatte mort coeur, -
Mais il néglige la njîfloire.*
La sécondeest chantée par
la frintccoquctte.-
'"),f J!'1 j¡ * 11 S En amourjene veux connoilfre
Qu'uncoeurquiJe U'jjeenflanef:
Latendres que jejaisnaîtte
Ejl four moy la raiJÕn d'aimer.
de Illanme ureisstequpleus. qquu'aà ppaarr1leerr
, M. de Montéclair qui en
cft l'Auteur, a.réütti par faitement
au gré des Connoisseurs,
dans la compositionde ce
BàUCC. ,,,,,,.qvl'
,.(' | Vt
Pr n'en pas faire à deux
fois,permettez moy de \*ou.
presenter tout de suitequelques
nouvelles Pieces de Poë
sie qui m'ont hnlblé dignes
de paroistre au jour. Le mois
paffirje vous donnay la declaration
des biens de M D. S.
elle fut ass z bien reçûë du Pu-à blic.Vouy maintenantune
imitation de cet ouvraged'un
genre, & peur être tpême
d'un nvntc différent. Cette
Piece est de M Thierry,cydevantCommis
de M. de Montargts. "-'iw4
Non, l'Edit nesipasj,ai£pour
svj!»moy Je , # tel*ai dit cent foist. Musl
-hv:envain m'excite .q Afarterduafbleméritei *-*-*>
D'avoirJçurégir un emptoy.
Mije eu part en quelque entre-
-? Moname- d'un gain vileprise
Conçut-elle jamais de coupables1 projet*'} Elle n'a, tu Ufiais, de plm cbers
< intérêtsi
Que ceux où l'honneur nous en- -?se:
La
gloireàpourrwymille
appas,
Lavertu seulsa droit texiger *jponhommage,
Làfoisde l'or ne me possede pas
-PDur obtenirdeshisns duneavenglefortune,
., Je naipointfçupouJJerHneplaiirtC'impo*
tune*
Zinc plusnoble ambition
Aftint hors de l'enfance,exclu
monçourage,
La guerre fut ma pajjton.
De mourir pour mon Roy je briguai
l'avantage;.>
DcptUi cinq ans par choixJ?fùz
fqis ce rnétifr
LorfqutLts malheurs Je monpete
Aitf'ent devenirapprentifAdai- totier.
Que nm-je (te plutôt écrasé di
tmnerre. !
Danscet indigne état j'ai rampe
terreà terre.
Sfais-tufturqm,Djmon -. ;c'est
que la probité
-- Ch. lesFinanciers Je traitede
chimère ! QjSaux c¡ua/itrz du coeur À Pef- pritonpréjère Uinfattableavidités•
LafourbinegrUbuÇfic
u4,tx feniim ns â'bpnneur3 an
gouss
t
à U j14flle
Etquepour parvenirenfin. -
JUvomis prisilne m.auvaischim Fais-moi donc, cher ami,raifort
de ton caprice, *
Il interejjèmonrepos.
Quoi tu veux que mal apropos
J'aillealaChambredejujlice
Lui
Lui rendre compte,ai-jegagnédu
hienf
Desix ans de travail il ne me re-
* fierien.
Dis-moidoncJe quoi m maccufes?
Il est vrai , j*ai chéri les*Ma
-
fit*
J'ai lu Virgile)Ovide, Horace,
-Martial,
Perfi
j
Catule,Riante9Homère,
-
Juvenal: Dans leurs sçavans Ecrits fat
tachédem'infiruire3
Sansavoirenvers eux commis de
peculat: - Combien d'honnêtes zens nen
,.; pourroienipastantdire, * Qique maigre leurs vols
)
leur
.;- - flile sottfortplat. :*
Peut-être blâmes-tul'audace 1
Quim*àfait eelelref notre Atf- gusleRegents
~>
Re
Pouvois-jirenuserautrement
",'Un tel crime d'ailleursforte avec .:. *tuisa grâce. ,'\
Du %ele ér du devoir ma Mufe
aprislaioy.
Non,l'Edit ritft pill fait four
.,1moi.
:. E- - Voici un autre Ouvragede
; Poëfic, quej'annonedrois d'uaine
maniere bien brillante&
enmême tems bien modeste,
s'if avoit plûfau. Dieux me
rendre plus éloquent &plus
serieux queje ne fuis; un petit
traité des sentimens de respect,
de raie 6cde veneration
que j'ai pourlagrandePriacesseàqui
ila esté presenté,
feroit les honneurs de ma transition,&
je me garderois bien
devous dire brusquement que
les Stances que vous allez lire
font dela composition de M.
Crouzelier Conseiller au Parlement
de Metz, & qu'il a eu
l'honneur de les presenterà
S. A; R. Madame Duchessede
Berry. Yij -
A&SO,N.AL,T,ES.SE'.-ROYALE.
MADAME, ',
Duchcffc de Berry. 1 Ó-'.- : -
S TAN C ES.
:Quelfpeihtclc !quelle lttr. 'u •; 0rt - ;' >
Que d'éclat dejeux,^7*Ar/;/
Lspiaijirs renaissentsans cesse
Et rtfoiv,tnt.un nouveau Prixi
Tout nous charme&nous intc~
refit -
•
,Mais
-
peuten en estresurpris!
Onrend hommage a la Princesse
Quifaitl'ornement de PMu".
;
Sa beaute na>ien qui nen»
chante. ,'.
On niantesavivacité.
Sa grâce en tout cft rayijjante;
Et sonregard efi refpcéle.
Sa jeunesserji toute brillante:*-
Son port efl plein de majessé;
Et si tost quelleJepresente
.-,' Tont cede à sa wbkfierté. *Heureuxquisçait comme ellt
pense,
Quiparson rangxou son crédit
En faitsouventl'experience !
Ce que la voixpublique en dit,
Trouve d'ilutantplus d'ajptronce,
Que l'air charmant dont elle rit*
Nous paroiss une confequénct
Pour le brillantdeson esprit.
',Stt: :--;
Poursongrand coeur que rien
?égale V Dans la pompe
y
ou dans Iç Uet*
,; 1..fûts,
La fente en eftfi liberale,
-
Que sans entresdans son Palais
Oùsa bontévraymentRoyale
Se aeclare par tantde traitsx On Doit ajje% que tout fignlfl.
Le plus grand coeur qui fin
jamais.
Tout nous surprend; &* tout
retrace -
Sa magnificence gjr son choix.
Si je lafois-dans une chafe^
Quelle ardeur! QiSeft ce que je
vois!
Toute sa course a tant de grâce>
Que les divinité des Bois,
r
Heureusesd'ensuivre la tracey
SemUentseranger fous ses Lois*
Si dans la séanceinquiète
D'unjeuvif9piquant incertain>
On la voit quelquefoissajete
Aux revers communs du Jeftin.
Danssa tranquillitéparfaite
Inaccessible atoutchagrin,
Son ame égale Co fatiiflitt.
Ne rtffillt ni perte ni gain* 8&
MaisquellejoieineoncevMble3
Et quel Jurcroîtetttonnement,
Quandunfpeêiaclefavorable
Exciteson empressêment
L'effeteflifremarquable , Que le plus simple amufemenfi*
Par un attrait inexprimable,
Devientm doux enchantementu
Cependant,fij'ose le Jirt
Danscesinjians siprecieux,
Lefpeêiacle envain nous attiré
Par des plaisîrs ingenieux.
C'est la Princejji qu'onadmire;
Etfisappasvictorieux
Font toujourssentir leur empire
Auxfpeélateurs trop curieux-
- Que
,:' Que vous nous estes necejjaire
Princtjje! l'on verra toujours
Regnerici-comme à Cyrhere.
Les rischarmarts& les Amours: -
'On vousen nommeroit la mert,
Mais l'éclatnaijjant de vos
joursy
Parmavantaggee ccoontnratirrae,ire,
Ravitce titre à nos difèours.
PourunePrincesse sibelle,
A quiles caurs s'immolent tous,
Et dont chaque Soleil rappelle 'x
Quelque triomphe parmis nous,
-.lWarque ,signalez vostre ''{el
Noblesplaisirs; que d'entre vous
Vne troupetoujours nouvelle
Rende encorefin fort plus doux.
~S
Il n'est pas encore temps de
vousreposer.Jay une Chanson
nouvelle & de nouvelles
Enigmes à vous presenter.
Commençonspar la Chanson.
CHANSON.
paroiffi douce Violette,
Prenc'{ la place des glafons
Bergen reprenez vosmusettes,,
RempliJftz l'airde vosCban/ôns.
Ouvre^ vos coeurs à l'esperance,
Des biens, des pliftrsJdes kaux
jours,
Le Princecjui régit la France
MOUSlesrameine pour tOûJours.
'1 ~a
, Pour lesEnigmes vousprendrez,
s'il vous plaist, la peine
de vous souvenir que le mot
dela piemiere du mois passé
estoit Le Livre, celui de la seconde,
Le JeH de I"Oye
, renouvelle
desGrecs; & celuide
la dernière
,
Le mot de i'Enigme
même:& vous me permertrez
de vous dire que les noms
de ceux qui les ont deviné,sont
la charmante Veuve de la ruë
Geofroy rAfOltrJ & sa fidele
amie, laMaistresse & Je Maistre
à Follet, & toute la famille
des FollesUrgande ladéconnue,
Persephore
,
-Romulus
le gros, sa Procureuse & sa
Chirurgienne, le gros Anonyme
, & le gros Rot Suisse de
S. A. R.Monseigneur leDuc
d'Orléans.
ENIGME
Du Solitaire malgré lui de Mile
Saint Louis.
Mere des ris &des dijputes,
Rien nepeutrejîfler à mon vaste *
pouvoiry
Quelquefoisjefaisnaîtreaux
malheureux Ijfpoir
Dese relever de leurs c
hutes.
J'inspire auxplusgrojftersfouventde
l'éloquence,
Sans ufir de contrainte avec le
plus difcrct, '- Je lui fais arracher doucement "jonftcret,
Et donne auplus timide unepleine
aJSurance.
En Un mot j'ai JepgraYldJ
charmes, ,
Que lepetit couvre le grand,
L'ignorant-comme le ffavant,
Me, rendentprejque tous les au
mes. Ziij
Afais ce nejiqueiUns magroffèffi
Que ion fait de moi tant de cas:
Car dès que monfruit ejlàbas
Telquirnavoitaimeme meprirse
&melaijki
AUTR E
De l'Abbé Insulaire.
Je n'eus jamais blftin d'une
v merepoufnaître
y Le pere 1i ma misau mondeejl
Ivc,maitre ;
VoHs,mconnoifc^ tousfansjça-
DOIT mon féjout.
M^n'développons ce myftefe,
«
Il n'ep pointde lieu far la terre,
Ni mêmefarles mersiont on nait
faitle tour,
Pour découvrir quel (si mond
mciU
, Mais la rechercherfi inutilt.
J'habiteaitmilieud'un jardin
înaccessiblea tout humain.
'Une Dameautrefois devintfort
amoureuse
Du vif éclat dema beauté,
Quoiqu'elle eut un époux qui la
rendoit beureufe
Etluilaissoitsaliberté.
Maisflaaffi dne sotnaforit,jililuei p*rit
Devoir de moiquelquefaveur»
L*epoftx en eut le reste, o* polur%
notre malheur
A tous les deux j'enfisperdre U
nie*
DEFFY. KU4 SÇAVANS.
- PROGRAMME
De-ilacademie Royale des Belles
Lettres, SciencesArts.
1
M.le Duc de la Force Pair
de France, & Protecteur de
l'Academie Royale. des Belles
Lettres,Sciences & Arts de
Bordeaux,proposeàtousSçu
vans de l'Europeun Prix qu'il
renouvelle tous les ans. C'est
une Médailled'or de la Valeur
de 300.livres autnoinsou.
sont gravées d'un costésesar.
mes, & de l'autre la Devise de
l'Academie. Il sera distribué.
le premier jour dumoisde
May1*717.
Cette Compagnie à qui M.
leProtecteur laisse le foin de
choisirlesujet sur lequel on
doit travailler, & le droit dedécider
du mérite des Ouvrages
qui serontenvoyez )aver"!
tit le Public qu'elle destine le,
Prix à celui qui donnera le sistêmeleplus
probable surla
cause de la lumière des Phos-
•
phores& des Noctiluques,&
qui expliquera de la maniere
la plusvraissemblable leurs di?s
vers phenomenes, ?
L'Academie fouhiire de
trouver du nouveau dans les
Differrations quelle recevra
Iln'est pourtant pasindispensableque
cette nouveauté soit
dans le Sistême peut-estre lewai
a-t-il- déja esté presenté
&n'a-til esté méconnu que
faute d'avoir esté rendu évi.
dent.Maissi un Autour adopte
une hypothese déja connue/!
ilfaut du moins qu'ilenaugmente
lavrai-semblance par
des preuves fondées sur des
raisonnemens solides, sur des
expériences, sur des observa- tions.
Dansla Confcrence publiquedupremier
jourdu mois
de May, on fait la le éturede1
la Piece quia remporté le Prix.
Quand elle esttrop longue,
on n'a le tems qued'enlire
des lambeaux : cela est peu satisfaisant
pour le Public&
pour l'Auteur. Dansla veuë
d'y remedier,on prie ceux qui
se trouveront obligezpar l'abondancc
de la matière de
donnerunegrande étenduëà
leur Dissertation , d'y ajoûter
séparementuneespece d'abregé
ou d'extrait de leur Ouvrage,
donc la lecture qui ne
doit durer que demie heure,
«
au plus, puisse donner uneidée
suffisante du Sistême & des
preuves. La Dissertation n'en
sera pas moinsimprimée tout
aulong.
Il fera libre d'envoyer les
Dissertations en François Oui
en Latin: elles ne seront reçues
que jusqu'au premier jour
de Janvier prochain inclusivement,
GelJes qui apriveront
plus tard n'entreront pas en
concours. Aubas desDi(Tertations
ily aura une Sentence
&l' Auteurmettra dans un billet
separé&cacheté la même
Sentence,avec sonnom& son
adrcCtc.
Ceux qui envoyeront leurs
Ouvrages, les adresseront à
Mrs. de l'AcademieRoyalede
Bordeaux, ou au sieur Brun,
Imprimeur de cette Compagnie
ruë S. James. On aura
foin defaire affranchir deport
les pacquecs, sans quoi ils ne
feront pas retirez duCourrier.
L'Auteur de la Dissertation
qui aremporté le Prixde
1716. est un Gentilhomme de
Besiers,nommé M. d'Orthonsj
deMeitan.
Livres nouveaux.
Le Voyage de l'Arabie
Heureusepar l'OcéanOriental,&
le Détroit delà Mer-
Rouge, &c. dont je n'ay donnéque
le titre au mois d'Avril
dernier, est un Livreque je
ne cQnnoitfolpojnt encore,
.& quimerite bien quej'en dise
quelque chose de particulier:
je suis sûr que les véritables
Curieux
,
& la plusgrande
partie de mes Lecteirs, me
sçauront bon gré decette attention.
, :..
LesNegocians de S. Malo
font les premiers Européens
qui sesont avisez d'aller dans
l'Arabie Heureuse par FG..
cean & par le Détroît de Babelmandel,
ou de la Mer
Rouge, pour fane en droiture
& sans l'entremise des autres
Nations, le commerce de
Ossé. Lespremiers Vaisseaux
destinez à ce.Voyagepartirent
de Brest au commencement du
mois de Janvier 1708. &ne
furent de retour à S. Malo
"lulau mois de May 1710.
Le succés de cette première
tntreprise en fit bientost former
une seconde:- d'autres
Vaisseaux sortirentdeS. Malo
pour aller dans lemême Pays,
au commencement du mois
deMay 1711 &ilsretournerentheureusement
au mêmePort
dans lesmois de Juin
1& de Juillet 1713.
Les Journaux & tous les
;
Memoiresqui concernent les
;.
deux Voyages, ont esté dref-
1 sez avec toute l'exactitude&
-'l'. la fidélité possible,&ils ont
estémis en oeuvre, & donnez
",
au Public par Monsieur de la
Roque,
Roque, qui ayant beaucoup
voyagé dans le Levant, &
sçachant les Langues; l'Histoire
& les Moeurs des Orientaux,
étoit plus capable qu'un
autre d'un pareil travail.
:
Onpeutassûrer que sa Relation
a toutela grâce de la
nouveauté; carnul Européen
n'avoit encore écrit sur l'Arabie
Heureuse
, &on ne connoissoit
presque, que le nom
d'un des plus beaux& des plus
grands Pays de l'Asie Meridionale
; & outre la nouveau- té,onapprend dans cetteRelation
des chosestrés-fingulieres,
& plusieurs curiositez
utiles à l'Histoire,àlaGéographie&
à laPhysique.
.ro' On trouve
-
à la fia,d
Voyage un ample Mémoire
de tout ce qui concerne
l'Arbre & le fruit. du Caffé;
& pour achever de contenter
les Curieux, pour desabuser
même quantité de gens, qui
jusqu'icy ont mal connu l'un
& l'autre l'Auteurdonne
non feulement la figure d'un
Arbre de Caffé, qui a esté
dessiné en Arabie sur le naturel,
maisencore des feuilles
séparées du même Arbre, defsinées
dans leur grandeur naturelle
sur l'original;& enfin
un rameau entiçr de cet Arbre
,
chargé de fleurs & de
fruits, aussi d'après le naturel;
letout par une habile main,
& parfaitement bien grave.
L'ouvrage est terminé par
un traité historique, rempli
de recherches curieuses & interessantes
sur l'origine &le
progrésduCaffé, non-seulement
dans l'Asie,mais encore
dans l'Europe, sur son introduction
en France, & surl'-
tablisement de sonusage à
Paris.
Je n'entre dans aucun dé
tail sur tpuc cet ouvrage
parce qu'il faudroit copier le w
Livre entier pour ne rien ob
-*
mettre de. ce qu'il renferme
d'agréable, d'utile & de veri- Atablement curieux:nous ajouterons
seulement que la forme
qu'on lui a donné, la netteté.
& la politesse du stile contribuënt
- encore à attacher
agréablement le Lacteur,
Il y a à la teste du Livre
une Carte,duRoyaume d'Yemen,
Pays ou croît le Caffé,
& la plus belle partie de l'Arabie,
Heureuse, qui a eftç
dressée par M.de Lisle de l'Academie.
des Sciences; Carta
quicomprend aussî la Mer
Rouge, &c,où plusieurs erreurs
se trouvent corrigées,
Ik. qui par son exactitude &fanouveauté,
fera sans doute
plaisir aux Connoisseurs.
Ce Livre se vend chez André
Cailleau,sur le Quay des,
Augustins,préslaruëPavée,
àS. André.Ilsevend50. sols..
Autre Livre.
-
Harmonie ou. Concorde,
Evangelique,concernant la
Vie de Nostre-Seigneur Jesus-i
Christ, sélon les quatre Evan
gelistes, suivantla Méthode ;
& avec les Notes de feu Mf
Toinard. Detoutes les Concordes
ilen a pointcuqui
ait esté mieux reçûë du Public
que celle defeu M. Tpiriard#
imprimée en 1707. en Grec;
mais comme peu de gens fça.,
vent le Grec, ses peines & ses I
foins auroient elle inutiles à un
trtèréss ggrraannddnnoommbrr~eddeepperrfsoonn.-!i
nes, s'ilnese fût trouvé. uni
Autheur qui se fût donné
la
peine de la traduire.& dela rç-j
diger, à la vérité dansune ath *
~tredisposition, mais toûjours
en suivant exactement ses tra-
Ces.C'estcetteconcordeFraniçoife
que l'on donne au Public
;
&voici l'ordre qu'on y a
gardé.
- -
1°. Onamarquéàchaque
page l'année de J.C &le rems
auquehàCR passé cequiestcontenu
daos la même page.
2.o. On a mis. au commencement
de chaquc année de J.
•C.cequipouvoir fixerdavantage
la Chronologie; sçavoir,
l'année de la Periode ~Julienne,
l'année de la creation du monde,
Taonée Julienne,l'année
de la Nativité de&l'année
de l'Erevulgaire.: *v
,
3° AprèscetteChronologie
, dans une autre ligneen,
fermée par un réglér sont
marquez les lieux où les évenemens
dont on parle dansla
page se sont P^2*
4°. On a fait quatre colonnes
à chaque page àcosté,
,-
du Texte ,qui ont chacune
en teste le nom de l'Evangeliste
,
le Chapitre courant, &
les Versets qui y sont employez,
qui répondent aux reglets
marquez dans le Texte; -
en forte que d'un coup d'oeil
il est facile de connoistrel'Evangeliste
, le Chapitre & le
Verset,oùils font un ou deux,
ou trois ou quatre qui rapportent
la même chose, ou en
quoi ils sont différens.
-
1
L'on y remarque la dilference
qu'il ya entre nos heures
& celles des Juifs. Par exemple,
lorique les Evangelistes
disent que Nostre-Seigneur sur
crucifié à la sixiéme heure
,
c'étoit
à nostre manière à douze
heures ou midy : qundilsdi
sent qu'il mourut à la neuviéme
heure,c'étoit sélon nous à
trois heures après midy. ,.
lionàmferédatisccttcHarmonie
le3 sçavantes Notes de
M.Toinard,sur quelques en,
droits, particulièrement celles
qu'il a faites sur la dcrnicrc Pâ
que deJ. C.
Ce travail estoit difficile, &
demandoit beaucoup d'exaâitude:
on n'aépargnéni terpfc
ni soins, pour le rendre digne
du suffragedes Lecteurs habi1
les. Laversion enest fidèle,la
tfcfpofitiondesplusingenieuses,
&éFéditbn estcorrecte,
j presqueau de là de ce qui est ;
permis d'espererdansunOuvragcdcegemej
Il y a une très-belle Table
alphabétiquedes évenemens,
Sentences&paroles les plus remarquables
,& une autre Ta*
bleGeographique qui explique
les Contrées,Villes & lieux de
la Judée & autres Pays dont il
est fait mentiondans cet Oij.-
vrage.Ce Livre est dédié à M.
l'AbbéBossuet,nommé àlEr
.vêché.>de Troyes; & se veud
chez J. B. Lameste,à l'cntrét
de la ruë du Tain9 du costé de
la ruëS. Jacques, à la Mine»-
igÊt > * *
--
Article concernantencore un
nouveau LivrA- }
L'on mande de Lisbonne,que
le Roy de Portugal ayant égard
au travail du Sieur le
Quien de Laneufville Autheur
de l'Histoire généralede Portugal,
& l'un de 40. de l'Ac..
demieRoyale des Inscriptions,
l'a honorédel'Ordre deChrist.
Cet Académicien, qui est presentement
à la Cour de Lisbone,
où ilapassé avecM.
l'Abbéde Mornay, Ambatra.
deur de France a esté aussi gratitié
par Sa Majesté Portugais
d'unepensionde1500. livres.
Il se dispose à donner inccfsamment
au Public le troifié-
*juic& dernier Volume defo-n
Histoire. Il suiffitd'avoir lules
deuxautres qui ontparu, pour
caaugurer un succés trés
-
vora1ble.fa- 1ÇueriJfons surprenantes de T7' A -.. LFûï.
;.
Il ya une espece d'uveuglé-
) - c .: ment qu'onnomme aUJourd'huy
en françois Goutte Se*
reine, que nos Ancestres appel.
Int Goutte Maurequint du
tdrhe grêCT1 Amaurosisqui si- -
gnifid'potpfément cette maladit."
Õ' C'eff une privation du
tiers de la vûe par l'obstruction
ou paralijle & detraquement totstldtsparités
visifiques & internt-
dc Yoeil sans que l'on appcN
çoive" rien extérieurement
Cette fâcheuse maladie a toûjours
papour incurable lorsqu'ettc
estcompliquée avec l'é--
largijpment & pressi ou io..
bilitédû la prunelle, qui est
cctrèmcuché noire (oup pertois
aumifei* delavisiere) tNiarnéd'un
petit musele rayonf:
10 }:"
né& riolépioléde diverses couleurs
qu'on qualifiedu nom
d'/rû (ou de lacouronne de lW)
qui a un mouvement alternatif
& peut s'épanouir& se resserrer
(par des irions merveilleux)
selonles divers jours &position
des objets (iueI'oeilreoardc.
M. de Woolbouse (Gentilhomme
& Oçulijk Anglois) vient de
guerir de ce malaffreux ( au
mois de May passé) le Pere
Irenée d'Aumal
,
chez les RR.
PP. Carmes. de la Place Maubert
en huit jours de temps,
par une metode douce (de son
invention) qu'il approprie à
râgc. & au temperament du l,,'.; \,,..
Ce Pere Irenée éroit frappé
d'aveuglemententier, du jour
au lendemain, en ayant pourtant
esté menacé depuis envi-,
ront un an. Cette maladie est
fort souvent l'avant coureur de
l'apoplexie: commeil arrivail
y a environ une année, au
R. P. Severin,âgé deand
(plus ou moins) du même
Convent de la Place Maubert,.
qui négligeant savue ( àcause
desontâge avancé) perdit la
vûe&lavie d'un jouràl'autre.
Cequi nousdoit (elvirJ.&,
tissement de ne pasnegliger
cette indisposition perilleusede
laimè\ un seul moment, piiit
qu'elle tient fort de l'apoplexie
l'origine des nerfs y effant
teinte&affectée. • '** Jy.'aj
LemêmeSieur dzWcolbàu*
se entreprit & guerit (au même
mois de May passé) du puron
ou absés d'eI'oetl (qu'on nomme
hypopyon) accompagné de luf:
cere de lavïsiere (qu'on nomme
encauma ou encaveure ).
MademoiselleHibert,:logée
chezMonsieur rAbb. Coquet (Prestre,& Chantre deS. Ejiien*
ne du Mont) tuë des Prcfl:reS:..:
joignant S. EJttenne du Mont
Ce Gentilhomme est le seul en
France qui fait l'operation hardie
& merveilleuse de l'hypopyon ou
puron du globe de1W, en sauvant
la beautéparfaitede cet
organe, & en ritabiiffa.nL entierement
la-uûé*, pourvû qu'on
ait recoursà luy avant que
les. humeurs naturelles de l'oeil
soient gâtées,corrompues & entflmrJlêes,
parla fnvhyjt ou absesdeconfusion.
Il a renvoyé
bien instruit au Grand Duc
de Florence, l'Eleve Florentin
Signor Francesco, que ce
Souverain luy fit l'honneur, de
luy confier pour apprendre ses
Opérations,& il vient d'avoir
en sa place le Sieur Balbis, Piemontois,
fils du Chirurgien du
Prince Carignan de Savoye, &
M. Deutch, fils d'un Bourgeois
de Hambourg
,
qui apprennent
chacun six Opérations Chirurgiques
parmi lesquarante que
leditSieur de Woolhouseenfigne.
& pratique sur les yeux. Il demeure
au College de YAve-
Maria, visà vis le petit Portail
de S. Estienne du Mont, attenant
l'Abbaye de Sainte Geneviève
du Mont, dans l'Université.
Il est chez luy toute la
matinéejusqu'à midy.
AVIS
De toutes les Découvertes
qui se font, il y en a peu qui
foit plus utile & plus capable
d'interesser le Public;quecel
les quiregardent la famé*
,\ Il a estéinventé à Paris depuis
quelques années une PoudrcTranquile
pour touteforte
de coliques, de quelquenaturc
qu'elles soient, douleurs
& tranchées:onla prend en
JaVement, elle se prend aussi
par la bouche.Elleestencore
admirable pour toutes les obcruchons
;elle adoucit le sang
& le purisie, réglé le sexe, gucrit
la jaunisse ou les pâles couleurs
.& fait reposer. Cette
Poudre se distribue chez M.
Gillot Apoticairc de Paris à la
Pointe de S. Eustache
,
qui a
déjagueri par le moyen de
cette Poudre un grand nombre
de personnes incommodées
desditesmaladies.
Voici la manière de faire
l'Eau:mettez dans un pot de
terreverniséunechopine d'eau
de riviere oudefontaine, mesure
deParis, la chopinecontient
une livre faites bouillir
l'eau, mettez-y peu a peu un
pacquet de Poudre Tranquile;
faites encore bouillirletout
dix à douze boüllons-: retirez
le pot hors du' feu, broüillez
le tout,&lemettez dans la seringue,
& le prendre comme
un lavement ordinaire, & le
garder autant qu'on pourra.
Il faut observer de mettre dans
le pot quandl'eau bout la Pou.
dre peu à peu,a cause dune
grande fermentation qui arrive
, qui feroir sortir hors du
Epontluanveepmaretinetde ieau
cette Eau fait
uriner) appaise les douleurs,
débarrasse les urctaircs & la
vessis du gravier,des glaires
quiy font, & dissipelesvents;
& fait reposer,
Cette Eau se fait dela mê.
me manière & la même dose
de la Poudre par la bouche;
toute la différenceest qu'on
met une pinte d'eau,au lieu
qu'on n'en met qu'une chopine
pour les lavemens : la pinte
de Paris contient deux livres,;
on laisse reposer l'eau quand
elle eO: faite
,
& on la verre par
inclination, quand on en veut
boirelaPoudre relie au , fond
du pot. -- :',
4
Voila bien desremedes tres
utilesannoncez;mais aprèsavoir
rendu justiceaux Auteurs
de ces excellentes Découvertes
, permettez-moi de vous
parler encore de l'Eau merveilleuse
de M. de Villars, &
de vous repeter jusqu'à ce que
jecesse d'avoir bec & ongle,
qu'il n'est pas dans la nature
un plus beau secret que le fien.
Je renvoyelesLeâeursquise
portent, bien ,de même que
ceux qui défirent la santé, au
Journal que j'ai donné de la
mort du RoyLouis XIV. Ils
y verront sur cette Eau admilablc
rable un détail bienconsolant
pour les malades, & bien fia.
teur pour ceux qui ne le sont
pas. Ce Journal sevend ainsi
que le Mercure, chez mes amez
& seaux Jurez Imprimeurs
libraires Daniel Jolles,
& Jean Lamefte, au Livre-
Royal, auboutdu Pont Saint
Michel, du cossé du Marchéneuf
Et M. de Villars qui est
encore meilleur à voir & à connoistre
qu'eux, demeure rue
Poissonniere prés la Villeneuvé
àPans.
(. Item.-p
Reprise cnrienfc-dupremicfjdrtJ.:,
1' tiçlcd*prcfcnt Livre.*
: t -
Pour finircomme jaicorà*
mencé au sujet des Comediens
Italiens, permettez moi dtà.
joûter à ce que j'ai die d'eux
que leurs Spectacles ont cité
establis en France, prés de cent
ans avant les nôtres, &devous
transcrire les propres termes
;
qu'a employé à leur endroir L
l'Auteur du Journaldu Regne
duRoy Henry IM.' Cet
Historienn'est soupçonné
demensonge, ni dadulation.
Voicy ce qu'il efl dit p. 22.
Le DimAncbe dix nenvkmÇ
de Maydel'an 1577.les Cornecliens
Italienssurnommez.LiGelofî
jcommencèrent Àjouer leurs
Comédies dans la Salle de l'Hôtel
de Bourbon à Paris,ils prenoient
defalairt quatrefols pour tesie de
tous les François qui les vouloient
allervoirjouer, où ily avoit tel
concours &afftuencede peuple
m
que lesquatre meilleurs Prédicateurs
de Paris n'en avoient pas
ensemble autant quand ils pre»
fboient. Cette citation historique
peut servir de preuvede?
applaùdissemens donc ils ,onc.:
toujoursétéhonorez en fran.til
ce: honneur quonncleureutf
sans doute jamais fait,s'ils ne
l'avoienc bien meriré; &les
François (comme toutes les
Nations en conviennent)onc
trop d'cfprit pour estre la dupe
de leurs suffrages. Voila ce
que j'ay crû, en conscience,
devojrajouter à la louange de
nos Comediens Italiens. En
attendant que la fuite de leurs
representations me fournirent
dejnpuvetics occafionsde leur
rendrejuflice, permettez moy*
dçvousafliirer du parfait deVôuëmem
& dutrès profond
refpedïaveclcfcjuels j'ay la
gteirecTcftrc, 'c' ".;
Monreigneur
De Vostre Âltesse Royale
Leplushumble,leplusobéïC
-
fanr, & le plus fournis
serviteur, MERCURE. ,',
A F I S.
Lesieur Garnesson demeurant
presentement rue dil 'ON.:;'
toir àl'Hostelde'Flandres,où^
est son Entcignc,est presque
le fcul quisçache mieux déraciner
les corpsdes pieds, &,
guerir entièrement ceux qui
en ont depuis un longtemps
sans faire iaigner ni souffrirla
moindre douleur. Les Certificats
& les cures qu'il fait aujourd'huy
seront des preuves
suffisancesàceux qui cherchent
leur guerison , pour
connoître l'excellence du bauTABLEJPMéludeimpayable,
! jftcit , d'une Avanture ameurttt/i.J>\ftouf9
^cadmitjue du Signer p. A. pritJli, écrit
tnItalien four la fatitf^ûwtde ouxquifston
»furieuxde l'apprendre
, -
JFJifioirepitoyable,lamentable -"Is-int1t%.le
-.",g;.nt., ;
3*
Dialogue entra. Arlequin *- Cothunus, Trop-
Cemedien, 44>
MimmI touchant l'Ajfemb^'e du cUrgf dti
CMti d'Auxonne, tenue au,mets de May
!
dernier, 94
Nouvelle*ds Rom*, lOi
JHYenife, l' JJ,1
DtAfalte, ijî
Pt laCore*nt) 13t
I9X#ivaMploi,arjiille,ljj1i)7 DeStrasbourgt 140
1?# Bareelone,14f DMI So. Mrtast.,, 1+6.
Mariages, 149 ttm
Qualité de la reconnaissance optique de caractères