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NOUVEAU
MERCURE
GALANT.
A PARIS,
M. DCCXVI.
AveçPrivilège du Rty,
MERCURE
GALANT.
Par le Sieur Le Fevre.
Mois
d'Avril
1716.
Leprixest 30. sols relié en veau, 8c
2*5. sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,
au bout du Pont Sainr Michel,
du côté du Marché-Neuf,
au Livre Royal.
.A.vlr.Afrlttwn>&Privilègedufoi
MERCURE
NOUVEAU
A SON ALTESSE ROYALE
-
Monseigneur
LE DUC DE CHARTRES.
ADEMOIIELLE,
je fuis trop sensible au
plaisir que m'a fait la
Lettre que vous avez pris la
peine de m'écrire, pour ne la
pas rendre publique. La question
que vous me proposez
roule sur la plus agreable incertitude
du monde;mais
avant d'y répondre, ne trouvez
pas mauvais que jedonne
icy la copie de vostre Lettre.
Je vous lis
,
Mercure
,
depuis
que vous estes en possession d'entretenirtout
legenrehumain des
avantures du monde, vosjÃiUÍts.
vos caprices, vostrebadinage &
même le desordre de vos pensées,
me plaisent plus que l'art &la
conduite de toutes les autres productionsd'espritdont
le titreseul
souvent m'ennuyé. Enfin 'Vous
avez trouvé le secret de me
plaire,jusqu'à m'obliger à vous
écrite
>
ce n'estpeut-estre pas
làle moindre de vos suffrages;
maiscess*fft%, vous loüer. Passons
maintenant aumotifqui me
détermine à vous envoyer cette
Lettre. J'aitrouvé jusqu'àpresent
dans les volumes que vous
nous donnez tous lesmois,un
grandnombre de Questions ; mais
pourquoy ne vous estes vous pas
encore avisé de proposer celleci.
Que peur penser une fille
aussi capable de donner de l'amour
que d'en prendre, de sa
passion d'un Amant timide &
trop respectueux,ou des cm.
portemens d'un homme vif,
hardy
,
tendre & jaloux
: &
lequel des deux est le plus digne
de preference. Vostre ¡¡ttention
àsatisfaire tous ceux qui
vons écrivent, me fait esperer
que 'Vous ne negligerez pas de
répondreama Qucjiion :J'attends
de vous cette complaisance, ç£*
suis, &c.
Vous avez raison, Mademoiselle,
de ne pas douter que
je réponde à vostre Lettre, &
voicy mon sentiment sur la
question que vous me proposez.
Vostre choix, si vous estes
aimée de ces deuxespeces d'Amans
,
fera l'ouvrage de vôtre
temperament. Voila ce qu'à
vostre égard je pense là dessus.
Et voicy mon opinion en general.
L'homme qui n'ose exprimer
ny écrire ce qu'il fent pour
un objec qui luy plaist
,
donne
lieu de penser qu'il n'a pasl'esprit
de le faire. Otez l'esprit à
un homme qui aime, à moins
d'un caprice auquel il n'y a rien
à répondre, on n'a plus qu'un
pas àfaire pour le mepriser.
Un temeraire se broüille
quelquefois avec ce qu'il aime
par l'audace desesentreprises;
mais cette audace n'ôte rien de
la bonne opinion que l'on a de
sa temerité : souvent avec peu
d'amour il per suade qu'il en a
beaucoup, & presque toûjours
il arrache à force d'importunitez,
ce qu'on n'accorde presque
jamais aux refpccb En
un mot ,
si j'avois l'honneur
d'estre de vostre sexe, j'aimerois
mieux que ma vertu succom
âr sous la violence de la
passion d'un Amant hardy
,
que la voir mal ataquée par les
foins glacez d'un Amant timide.
Il ne me reste plus aprés
vous avoir declaré de bonne
foy mon sentiment sur cette
question, qu'à vous prier de
me permettre d'entrer en lice
avec vous, & vous verrez de
quelle maniere s'y prend pour
prouver qu'il aime,
Mademoise lle,
Vostre tres-humble &
tres obéissant serviteur,
MERCURE.
APOSTILLE.
En revanche du moins de
mon ex ctrude à répondre à
vostrequestion
,
de laquelle
j'ay fait à vostre consideration
le début de mon Livre. Je
vous prie d'en lire tous les Articlesqui
vous plairont à commencer
par cet Extrait de la
Tragedie de Belisaire; Tragedie
qui a esté representée par
les Ecoliers du College de
Louis le Grand. Si la It'CclJre
decet Articlevous plaist;lisezle:
sinon cherchez en d'autres
qui soient plus devostre goût,
& ne soyez pas assezsimple
pour vous ennuyer parcomplaisance.
EXTRAIT
De la Tragedie de Belisaire representée
par les Ecoliers du
CollegedeLoüis le Grand
)
le
19. du mois passé,
SUJET.
Belisaire accusé faussement
auprés de l Empereur Juitinien
,
d'avoir formé des projets
ambitieux pour le ThiôntIl
se vietoutd'un coup dépoüillé
de ses dignitez&de ses.
biens. Peu de temps aprés 1^
disgrace de Belisaire, l'Empereur,
qui s'estoit privé de son
plus fermeappuy,en perdant
ce grand Capitaine
,
fut en
danger de perdre l'Empire & laviemême. Hypatiusfavorisé
de presque toute la No..
blesse,sefit couronner Empereur
dans Constantinople.Justinien
s'estoit enfermé dans
son Palais sansoser paroistre.
On couroit même pour l'y
massacrer,sila valeur de Belisaire
ne l'eut sauvé de la fureur
de ces rebelles Tursel. dans
son Histoire universelle..
La Scene està Constantinople
dansle Palais de l'Empereur.
PROLOGUE.
La France celebre le fortuné
séjour du Roy au Louvre,
& invite les Dieux Champêtresqui
environnent ce
Palais à venir le celebrer
avec elle.
LA FRANCE.
jdgreabUsruifletux qui coulezdans
cesplaines,
jujqHes dansl'Océan vous portâtes
mes pleurs:
Vous annonciez par tout lesujet
de mes peines :
Annoncezaujourd'huy la fin de
mes malheurs.
Je pleurois un Héros, * dont
l'éclatantegloire
Ebloüitsilong tems lesjeux de
l'Univers,
Un Princegrand dans la 'Viaoire
Plus grandencore dans les revers.
Sous l'Empire du nouveau
Abattre * *
ç. Louis XIV.
t:, Louis XV.
Son regne brillantva renai'trei
De ce Prince fameux nous verrons
les beauxjours
Sous un Heros naissant recommencer
leur cours.
Déja toutenchante
Dans cet heureux séjour. *
Demeure brillante ;
L'objet de mon amour **
Vous rendplus charmante.
Déja tout enchante.
Dans cet heureux séjour.
jih! cess un plaisir extrême
De possederce que l'onaime!
* Le Palaisdu Louvre.
**,LouisXV.
Vous possedez un bien dont nous
sommes jaloux,
Palais trop fortunez ,quevôtre
sortest douxî
Zephirs
, en vôtrelangage,
Repetezdansce bocage:
Vous pojpde%
, &c.
Ruisseaux
, que vôtre onde pure
Rediseparson murmure :
Vous possedez, &c..
Que les Bergerssurleurs mfl
settes
Le répetenttour atour:
Que les oiseaux d'alentour
Redisent dans leurs chansonnettes:
Palais trop fortunez
, que vôtre
sortestdoux!
Ah! c'est un plaifirextrême
De posseder ce que l'on aime!
Vouspossedez un bien dont nous
sommes jaloux
3 Palaistropfortunez,quevôtre
sortest doux!
Dieux des eaux ,
Dieux des
-
bois
,
& vous aimable Flore,
Qui regnez dans ces lieux charmans
, Paroissezrevêtus des plus beaux
ornemens,
PourplaireauHérosquej'adore.
Jeux fugitifs
,
rassemblezvous
:
Venez,plaisirs
, -occoure:Z tous:
Volez:la France vous appelle.
Que le doux son des chalumeaux
S'unisse au murmure des eaux.
Pourrcwdte lafêlpiNS belle.
Que lesfleursdans unsibeaujour
Devancent le retour
De la saisonnouvelle.
Jeuxfugitifsi Venez
,
plaisirs, accoure^ tous;
Volez, la France vous appelle.
Fin du Prologue.
I. INTERMEDE.
Le Dieu de la Scine, & deux
Nayadcs élevent à l'envi le
bonheur qu'ils ont de baigner
de leurs caux le Palais
que le Roy honore de sa
presence.
LE DIEU DE LA SEINE.
Mes eaux nesuivant qu'avec
peine
Le douxpenchant qui les entraine,
S'éloignent à regret de ce Palais
charmant!.
Penetrons le sujetdeceretarde-
1 ment.
Mais De secrets liens me
retiennentmoy- même!
Que vois-je?..Est.ce un enchantement
Non
, non. j'apperçois ce que j'aime. *
Coulez mes eauxplus lentement;
Je ne condâne plus vostre lenteur
extrême.
Travaillons à le rendre heureux.
Il n'est rien qu'onnesçache faire
Dans l'ardeur que [ton a deplaire
* Louis XV.
A l'unique objet deses voeux.
Nymphes,sortez de vosgrot
tesprofondes,
Vene7,, sans craindre les l-ly'VersJ
Offrir le tribut devos ondes
Au plus beausang del'Univers.
DEUX NAYADES.
Sortons,sortons denosgrottes
profondes;
Allons , sans craindre les Hyvers,&
c.
UNE NAYADE.
Que nostre onde jtemrreffi
- sans ceps
Aservirses desirs.
Fuyezdeces rivages,
Orages :
Regnezy doux Zephirs.
Pou¡sZ dans cet azilt
tranquile
Les plus tendres soupirs.
Que vostrebadinage
partage
Ltrtnps desespUifirs.
UNE autreNayade.
Malgréles loixde lanature,
Malgrélarigueur dessaisons,
D'uneimmortelle verdure,
Je couvriray ses gafont-,
Et ces rives si chéries
Paraistront toûjours fleuries.
TOUS ENSEMBLE.
Travaillons à le rlndrr heureux,&
c.
LEDIEU DELASEINE.
Ne vanit-7,plus les thresors de
vostreonde
, - PaMe , qui iffllrz un sable
précieux;
J'attire les regards d'un Roy cheri
des Dieux,
Etqui doitfaireunjour lesdélices
du Monde ;
Il est plus beau de coulersous ses
yeux.
Que de rouler unsable precieux:
Ne vanter, plus les thresors de
'Votre onde.
Ruisseaux, vous qui baignez les
plus charmans côteaux,
jihl vousserez jaloux du bonheur
de mes eaux,
Quand d'un regard plus salutaire
Ramenant les beaux jours dans
ces heureux climats,
Le Dieu brillant qui nous
éclaire.
En aura pour jamais écarte les
jrimats,
Le doux murmure de mon
onde
Invitant à goûter un tranquille
repos
Au bordde ma rive fécondé
Dans
Dans les brasdusommeillivrera
ce Héros
Dont dépend le repos du Monde.
Ruisseaux, vous qui baignez les
plus charmans côteaux,
db! vous serez jaloux du bonheurde
mes eaux!
Du Héros que je fers la valeur
triomphante
Doit me soumettre un jour les
fleuves les plusfiers,
Et, malgré les fureurs de leur
onde écumante,
1. Ilsse verrontcontraints degémir
danssesfers.
Aufondde leursgouffres horribles
On entendra ces Dieux terribles,
Force% par sa valeur à couler
sousses loix
Vanter, en fremissant, ses glorieux
exploits.
UNE NAYADE.
Tandis que les tempêtes
Gronderontsur leurs têtes,
On n'entendra sur nos paisibles
bords
Que le doux bruit des plus charmans
accords.
L'AUTRENAYADE.
Dans lessuperbesfêtes
Quisuivrontses conquêtes
Nous redirons en chantant fis
exploits :
Ab qu'il est doux de couler sous sesloix!
IIe.INTERMEDE.
Flore & les Zephirs tâchent
d'avancer par leurs voeux le
retour du Printemps dans
les Jardins des Tuilleries.
FLORE ET DEUX ZEPHIRS.
Que tout se renouvlle!
Ruminons dans ces lieux charmans
Lasaison la plus belle,
Malgréla lenteur du Printems.
FLORE.
Rendons à ces bois leurverdure;
Faisonsnattre partoutlesplus
aimablesfleurs.
BrilleZ d'une clartéplus pure,
Aurore, baignez-les de vosfertiles
pleurs:
Et toy, Pere de la nature.
Soleil, embellis- les desplusvives
couleurs.
Hâtez-les,d'éclore,
VolagesZephirs;
Aux pleurs de l'Aurore
Mêlez vos soupirs.
UN ZEPHIR.
Quand je soûpire,
Toutsemble rire,
Et renaître ici. bas :
Quandje m'envole,
L'hiver désole
Les plus heureux climats.
On voit éclore
Les dons de Flore
Où je porte mes pas:
Lesfleurs nouvelles
Paroissent-elles
Où je ne parois pas
UN AUTRE.
Sansnos doucesbaleines,
Beanx lieux, njous perdez, vos
attraits:
Vos ornemens font imparfaits :
Tout languit dans ces plaines.
Je repare,par mes bienfaits
Les maux que l'Hyver mous a
faits.
Ses rigueurs inhumaines
Vous dépouillementpour jamais
De 10s ombrages les plusfrais,
Sans nos douces baleines.
TOUS DEUX.
Fuyez, fuyez de ces Vallons,
Laissezrespirer la nature;
CcJez notre doux murmure;
FuyeJ fuyez fiers Aquilons.
Flore.
Tout doit ressentir la presence
Du Heros qui règne en cei lieux:
Il n'est pas permis soussesyeux
De rrper dans l'indifférence.
TOUS ENSEMBLE.
Chantons,redisonstous:
Quejes charmes sont doux!
UN ZEPHIR.
Les roses les plus belles,
Par leurs appas
N'effacent pas
Ses graces immortelles.
Tous ENSEMBLE.
Chantons, &c
FLORE.
Que notre unique affaire,
Zephirs, soit de ltry plaire.
Vous êtes trop heureux
Si vous comblek ses voeux;
Que votre uniqueaffaire,
Zephirs,soit de luy plaire.
Voulez-vousflatterson amour
CArlfez les lys nuit &jour.
Entre mille fleurs nouvelles
Il tienestpoint dans ce sejour,
Qui luy paroissentsi belles.
LES ZEPHIRS.
Caressons les lys nuit çy jour.
FLORE.
Il est du fang des Dieux;arwe
de son Tonnerre,
Soninvincible brasfera trembler
la Terre.
Il fera respecterses loix à l'Univers.
La Paix d'accord avec Bel.
lone,
Aprés mille travaux guerriers,
Pourluy formerune couronne,
Joindra l'Olive & les Lauriers,
TOUS ENSEMBLE.
Hâtons-nous:prevenons,&
la Paix & Bellone,
Profitonsdeses jeunes ans;
Desplus brillantesfleursformons
une couronne;
Offrons-luy nos plus beaux presens;
Profitonsdeses jeunes anse
IIIe. INTERMEDE.
Les Bergers rassûrez par le
Dieu Pan de leurs timides
frayeurs, forment mille
voeux pour le bonheur du
Roy.
PAN.
Bergers, la Paix charmante
Est un present digne des Dieux;
Mais leur mainbienfaisante
Vous enfait un plus precieux.
Un Roy, dans un âge encor
tendre,
Vient vous combler de ses bienfaits;
Dans vos Bois il daigne àefêtndre:
Rendes hommage à ses attraits,
Il ramene avec luy dans cet heureux
.ilt
Et Flore& les Zephirs;
Il veutfaire à jamais de ce sejour
tranquile
Lesejour des plaisirs.
UN BERGER.
Un Roy dans un âge encor
tendre!
ïLes Tuillerice.
Grands Dieux!que venons*notK>
d'entendre?
Contre nos cruels ennemis,
Helas ! quipourra nous deffendre?
Ils nous verront bientostsoûmis.
PAN.
Rien ne pourra troubler vostre
bonheur extrême.
Ce Roy presqu'au berceau, par
ses attraits vainqueurs
A trouvé lesecret de regner sur
les coeurs
Avant que d'y regner par son
ouvoirsuprême.
Ses grâces.ssa beauté
Meritent bien qu'onl'aime.
On le prendroit pour l'Amour
même,
S'il avoit moins de majesté.
UN BERGER.
L'enfance estun heureux âge:
Ellesçait plaire aisément;
Ses pleurs &son badinage ,
Tout nous charme éalemtn&
UN AUTRE BERGEL
Les fleurs naissantes
Sont les plus charmantes ;
Lesfruits nouveaux
Sont les plus beaux.
Uenfa&cey &c.
UN AUTRE BERGER.
Leflambeaudu monde
Paroîtplus brillant,
Quand ilfort de l'onde,
ens'y replongeant.
L'enfance, &c.
UN BERGER.
Sescoups font-ils redoutables,
Sises attraits peuvent charmer?
Ils font doux
,
ils sontAimables;
Mais pourront-ils desarmer
Des ennemisimplacables,
Obstinez ànous allarmer?
PAN.
Ne craignez rien, Bergers;
la discorde inhumaine,
Çemïjfmt fous le poidi d'un accablante
chaîne9
Par les soinsd'unHéros * dont
le Ciel a fait choix,
SPHIUPÎIS, Duc d'Orléans.,
Apprend à respecter le Trône de
vos Rois.
CeTrône
,
soutenuparson bras
indomptable,
Aux coups des Etrangers devient
inébranlable;
Ils craindront désormais d'irriter
son courroux: Autrefois ce Heros les afait
trembler tous.
LES BERGERS.
Chantons, dansons, tout nous
y convie;
Goûtons,goûtons les douceurs de
la Paix
Qu'un Roy charmant aflire à
nosForêts.
Quenotre sort estdigne d'envie!
PAN.
Qt^ilvive9 & qu'un regnefameux
Le rende pour jamais immortel
dans l'hifloire;
Aidé d'unPrince genereux , Qu'il fasse de LOUIS revivre
la memoire.
Pour mettre le comble à nos
lvoeux1
QtSil égalesesjours,ses vertus,
&sagloire.
LES BERGERS.
Gravons son nom sur ces ormeaux
Gravonssonnomsurnos houletes.
Chantons
Chantonssur nos Musettes:
Chantonssur nos Pipeaux;
Les arriffiaux de ce Bouge *
N'aurontpas toujours leursfeüil-
Ugts;
Nous aimeronstoujours
Un Roy digne de nos amours.
Le Bosquet des Tuilleries.
Fin des Intermèdes.
Maintenant
,
Mademoiselle,
si ce n'est parconfiance,
du moins par habitude,lisez
les Nouvelles suivantcs.
De Rome le zi Fevrier.
Voicy la principale raison
pour laquelle il n'y a point eu
cette année de Carnaval à
Rome:l'an passé les Ambassadeurs
avoient la même prétention
qu'ils ont aujourd'huy de
ne laisserpasserles Sbirres devant
leur Palais ; mais Sa Sainteté
ayant alors envoyé un de
ses neveux à l'Ambassadeur
de l'Empereur,pour luy marquer
le bon gré qu'elle luy
sçauroit
, s'il vouloit bien
tolerer ce passage
, en cette
occasion
,
le Carnaval se sir
,
& ce seroit fait encore cette
année si 1on eûteûlamême
complaisance. Le Cardinal
Orsiniauroit bien voulu rendre
visiteàl'Ambassadeur de
l'Empereur ,ill'avoit même
fait pressentirlàdessus
; mais
ce Ministre luy a fait ravoir
qu'estant sur le point de partir
il ne pouvoitl'admetre
; un
fcmblable prerexte est à ce
que l'on croit l'effet de quelque
réflexion politique sur ce que
le Duc Gravina,neveu de ce
Cardinal, lequel avoit envie
devenir àRome pour obtenir
la preéminenceduSoglio,aeû
ordre de l'Empereur de ne
point partir de Naples. La
Cour de Vienne ne veut pas
que ce Prince son sujet établisfc
à Rome son domicile.
LeCardinalOrsinis'est retiré
pour plusieurs jours dans
unpetit Convent de Domini_
cains à Montemario, il y a
tenu leconcours pour la Cure
de son Eglise de Porto,ila
fait aussi la Mission & quel
->
ques charitez aux Habitants
& à ceux des environs de ce
lieu.
Dernierement les glaces
d'un descarrosses du Cardinal
Acquaviva furent cafrées par
un deceux del'Ambassadeur
de l'Empereur qui heurta fortement
le premier; le Cardinal
qui étoit alors a la Confultc
fut d'abord un peu fâché de
cet accident;mais TAmbafla*
deur donna aussi-tost congé à
son cocher&fit prier le Cardinal
Ottoboni de vouloir
bien faire des excuses de sa
part auCardinalAcquavivasun
ce qui estoit arrivé,ne pouvant
le faire luy-même
, cette
démarche a fort satisfait le
CardinalAcquaviva, quià son
tour a envoyé remercier Son
Excellence, la priant même
de reprendre son cocher,commeeneffetilaesté
repris aprés
quelques difficultez de Ceremonie.
L'Ambassadeur de Venise
n'a point voulu soutenir son
Ecuyer dansune affaire qui luy
est arrivée avec les Sbirres.
Aprés luy avoir fait present
de 70. pistoles illuy a donné
son conc,é» ce Gentilhomme
-J
pour éviter de nouveaux chagrins,
s'est retiré à Naples.
Mardy matin l'Ambassadeur
de l'Empereur sur à l'Audianceextraordinaire
du Pape
dans laquelle il prie congé de
Sa Sainteté ,H vaà Vienne &
l'on croit qu'ilpartira dans la
premiere semaine deCaresme..,
le principalmotifde ce voyaaZOeeDft.
dit-on, demettreordre àses liflJires;,Sa Sainteté luy a
fait present de diverses. choses
de devotion.
Dimanche prochain le CardinalOliviery
doit prendre les
Ordres sacrez,oninfere de-là
qu'il fera Vicaire
,
cependant
le CardinarlAstari aspire avec
ardeur à cette Charge. Il a
même fait voir par deux Bulles
- qu'ellene doitestreconferée
qu'à un Cardinal Romain.
M. Spada Evêquede Pesaroaura
la Chargede Vicegerent.
De Vrnift le IL. Fevrier,
Le Courrier quiavoit cftéexpedié
à Vienne par le Senat ily
a trois semaines,n'yapas porté
les éclaircissemensquel'Ambassadeur
de la Republique demandoit;
particulierement sur
le
le 3e article de la Ligue à conclure
contre les Turcs; il portoit
bien à la veritédesordres
à cet Ambassadeur sur les autres
difficultez; mais onneluy
parl oit point de celle-cy qui efi:
la plus considerable ,ainsi il a
envoyé cette semaine un nouveauCourrier
pour estre informé
des intentions de ses Maîtres
sur ce sujet. Les divertissements
du Carnaval ont empêché
que l'on n'en parlât dans le
Progadi de Mardy dernier.
Cette matiere doit estremise
de nouveau en déliberation
dans celuy qui se tient actuellement
;mais onne peut encore
prevoir quel en sera leresultat.
Du reste il paroist toûjours
plusieurs avis de Vienne qu'il
y a encore lieu de douter que
l'Empereur déclare la guerre
aux Turcs, à moins qu'il ne
foit attaque le premier par la
Porte,& bien des gens soupçonnent
que ce Prince pense
plusàaugmenter sa Puissance
& son autorité en Italie, qu'à
faire une diversion en Hongrie
; le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche
insensiblement U l'on pourra
dans peu de temps découvrir
ses veritables intentions.
Le Prince Electoral de Baviere
ayant receu un compliment
de la part du Prince
Electoral de Saxe qui luy donna
part de son arrivée en cette
Ville,aestéluy faire unevisite
Dimanche
, ôcce dernier Prince
la luy a renduë Lundy.
On prepare unconvoy pour
envoyer à Corfou & dans 1*
Dalmatie. On pretend qu'il
fera chargé de 4000. hommes,
il n'y en a cependant
encore que S. ou900. qui sont
arrivez ici,&il y amêmelieu
de craindre qu'une partie de
ces Troupes ne deserte quand
elles feront arrivées sur les
lieux.
L'on a receu des Lettres de
Messieurs Delphin & Pilani,
ilsmandent l'un& l'autreque
la famine estoit dans cette Isle
&que les vivres y estoient si
chers qu'une livre de ris y
coutoit J5-fois, quelamortalité
y étoit aussi augmentée
parmi les Troupes & les équipagesdesVaisseaux
Le premier
ajoûte qu'en vertu des ordres
du Senatiil s'embarquoit pour
retourner à Venise & quittoit
le Commandement des Troupes
de la Republique. M.
Pisani marque de son côtéqu'il
étoit fort obligé à ses Maîtres
de l'honneur qu'ils luy
avoientfait de l'élever à la dignité
de Capitaine general;
mais qu'il demandoit par plusieursraisons
de ne point accepter
cetemploy
,
qu'il étoit
au-dessus de ses forces, & qu'il
n'avoit aucune connoissance
de la Marine. Ainsi la Republique
se trouve encore sans
Commandant.
On a appris que les Dulcignotes
armoient 2. 4. Galeres
& une grosse Tartane pour
faire la cour tè, qu'il y cû.
avoïc même quelques unes en
Mer, & que les Turcs avoient
demandé Raguse à la Republique
de ce nom, pour en
faire une Place d'arme,contre
les Venitiens; mais qu'elle s'en
éroit excusée. M. Quiriniqui
est Magistrat de Bergame a
esté fait Procurateur de S.
Mire, moyennant la somme
de 15000. ducats..
De Rome le 29. Février.
i Vendredy matin le Pape
fut à l'Eglise de S. Laurent in
Damalo
,
où il y avoit exposition
du S. Sacrement: après
y avoir fait sa prière
,
Sa Sainteté
voulut monter au grand
appartement du Cardinal Ortoboni
dans le Palais de la
Chancellerie:ce fut pour y
voir le nouvel escalier que le
Cardinal y a fait faire depuis
peu. Il fit present au Pape en
cette occasion d'une fleur magnifique.
L'Ambassadeur de Ferrare
a eu avis par un Exptès que la
Ville de Bologne avoit fait
rompre une des plus grandes
Diguesquisoûtiennent les
eaux du Bolonois pour les faire
écouler dans un des Canaux
>
du Ferrarois. Elle avoit envoyé
cinq cens hommes armez.
Cet Ambassadeur en a
porté des griefs & plaintesau
Pape, qui aussi tost a député
'une Congrégation de plusieurs
Cardinaux pour connoistre
de cette affaire, elle se
tint Lundy dernier
,
& il y a
esté resolu que la Ville de Bologne
feroit remettre incesfamment
à ses dépens cette
Digue dans le mêmeétat qu'
elle estoitcy-devant.
; La confiscation faite par le
Fiscal des biens du ComteVidaschi,
Ecuyer de l'Amb.A{f.¡-
deur de Venise a estésuivie de
son bannissement fous peine
de la vie. Deux Valets d'écurie
qui luy servirent de Braves
dans l'affairequ'il eut avec les
Sbittes
,
subissent la même
peine.
Le Duc de Bracciano pour
satisfaire en partie aux dettes
de la succession que le feu Prince
Don Livio a laisse, a traité
avec le riche Marquis Surla
Génois,de laventedu Duché
de Ceri, pour la somme de
4-j0000. écus:etjustement
ce que ce Prince deffuntl'avoit
payé.
L'Empereura déclaré pour
son Agent en cette Cour, un
certain Don Thomas Costa
Espignol, à la , place de l'Alvarez
Celui cy est prefentement
à Naples President de la
Chambre Imperiale.
L'Ambassadeur de l'Empereur
avoit résolu de donner
Bal Lundy dans son Palais, il
avoir pour cela fait invirer
toute la noblesse ; mais comme
il souhaitoit que chacun y
vint marqué
,
la noblesses'ex-
CUfil sur la crainte d'encourir
par-là l'indignation du PJpc
qui a deffendu lesmalcarades,
ainsi les préparatifs que cet
Ambassadeur avoit fait faire
dans cette veuëont cité inutiles.
Il doit partir incessemment
pour Vienne, d'oùil dit qu'il
cfpcrc estre de retour icydans
le mois de Juin proc hain, plusieursCardinaux&
Pr incesont
esté luy dire adieu;mais d'une
manière privée.
M. Imperialiestallé à Naples,
on dit que le motif de
son voyage estde procurer la
liberté du Prince de Fracualle
son coufin
,
qui par ordre de
l'Empereur est détenu prisonnierdans
leChasteau deNaples.
A Vcnifi le x$. Février.
Le Senat renvoya Samedy
dans la nuit le Courrier qui luy
avoir esté expedié par son
Ambassadeurà Vienne pour
demander deséclaircissements
sur le troisiéme article du
traité de Ligue à conclure avec
l'Em pereur contre les Turcs;
on dit fous main que les neponfes
que l'on luy a envoyées
font suffisantespour le mettre
en état de signer cetteLigue,
&ilestcertain que le pere de
cet Ambassadeur est content,
& a dit qu'il se promettoit
que sonsis consommeroitenfincette
affaire
; mais comme
on se flattetoujours ici ,
il
faut atrendre de sçavoit si la
Cour de Vienne fera elle mê.
me contente de ces réponses,
& si en cas qu'elle n'y puisse
rien opposerelle ne fera point
n îerc quelqu'autre difficulté.
Elle devroit les faire cesser ellemême
si l'on doit ajouter fQY
à quelques avis venus de Constantinople
qui portent que le
peuple s'étoir assemblé dansla
maisonduResident del' Empereur
auprès du GrandSeigneur
dans l'intention de luy faire
uneinsulte
,.
& que le Grand
Visir feignant de n'en sçavoit
point la raison
,
ni qui avoit
excité le peuple às"a
lfem bler,
avoit envoyé des Jamssaires
quigardoientceResident fous
pretexte d'empêcher que l'on
ne luy fitquelque nouvelle
insulte. Le mémoire presenté
dela part de M. Pisani pour
estre cxcusé d'accepter cet
cmploy de Capitaine General
aestémisen délibérationdans
le Collège,oùil a tÛle:succés
favorable;mais cette affaire
cil tombée de So. voix dans
le Pregadi où elle fut portée
avant hier ainsi il faut ou
qu'il accepte cet employ
, ou
qu'il subisse la peine ordinaire
de l'amende & du banissement.
Il y a quelques gens qui
croyent qu'il prendrace dernier
parti, par laraisonqu'il
ne veut pas courir ritque de
perdre la Campagne prochaine
le peu de réputation
qu'ils'étoit acquifc. Il y en
a d'autres au contraire qui se
fondent sur cc que la Ligue que
l'on doit conclure avec l'Empereur
procurera une grande
dlvef sion
,
estimant que se
voyant alors plus en état de
s'opposer aux progrès des
Turcs,il acceptera le Commandement
dts Troupes de
la République qu 'il a refusé
jusqu'à present de recevoir des
mains de M. Delphin,lequel
par ccrre raison a différé son
départ pour revenir ici.
On prépare un convoy
pour le Levant & pourla DJl.
marie, il y a ici 8. ou poo.
hommes que l'on y embarquera;
on en attend, dit-on, 700.
encore
encore du nombre de ceux
que le Comte Schulembourg
s'estchargé de fournir 4. Galeres
& un Vaisseau de guerre
ont esté brulez à Corfou par
accident, on n'en sçait, point
encore le détail.
De Romele7Mars.
Le Comte de Gallas Ambassadeur
de l'Empereur en
cette Cour,en partit il y a
aujourd'huy huit jours en
poste. M. Don Charles Alberin
qui fut ce jourlà chez
luy pour le falucr n'ayant pû
le voir, fut l'attendre à la por- tedupeuple où il luy dit à
adieu. Les Cardinaux Bai barin.
& de Scrottemback de
même que plusieurs autres personnes
de la premiere qualité
s'y trouverent aussi
, entre
autres la Duchesse Cesarini.
Ce Ministre témoigna à cette
Dame qu'il estoit confus de
l'honneur qu'elleluy faisoit
& la remercia en des termes
très gracieux.
Le Cardinal Scrortemback,
reste chargé des affaires pendant
l'absence decet Ambassadeur,
ila pour ceteffet remis
àson Eminence tous les papiers
concernant son ministere,
il a laisse dans son Palais le
sieur Primoly Secretaire de
l'Ambassadeavec une procuration
pour payer son domestique.
Avant son départ il a témoigné
beaucoup d'aigreur
contre Don Alexandre Albani
& le vieux Marquis de
Bufalo. Cela vient de ce que
ceux-ci empêchèrent les Dames
d'aller à son Bal où Don
Alexandre luymême avoit
esté invité.
Dernièrement les Sbirres
arresterent uncocher de l'Envoyéde
Portugal qui marchoic
avec l'épée nuë à la main, &
auquel ils trouvèrent un pistolet
chargé; mais comme ils
le menoient en prison
,
plusieurs
domestiques armez du
mêmeEnvoyé survinrent, qui
le délivrerent de leurs mains:
Celas'est fait sans que le Gouverneur
en ait temoigné le
moindre ressentiment.
Ilest survenu un différend
entreM Ansaldi&M. Molines
sur la nomination de deux
sujets dont un doit estre choisi
par le Grand Duc
, pour fuccéder
au poste dAuditeur de
Rote
, vacant par la mort de
M. Mancery :or suivant l'urage
receu ,
c'estle Doyen du
Tribunal de la Roce qui a
droit de les nommer, & ce
Doyen est aujourd'huy M.
Molines mais comme il ne
va plus à la Rote depuis déja
du temps, M. Anfaldi qui
vient immédiatement après
luy,dispute ce droit en forte
que pour obvier àcet incon.
venient Sa Sainteté s'estréservée
cette nomination: on
croit qu'elle se sera en faveur
de M; Jerolami recommandé.
par laCour de Toscane.
Le Cardinal Carracioli d'Averra
cil arrivé à. Castel. Il
doit demain faire son Entrée
publique par la porte de S.
Jean. Les Domestiques de la
malson Cenci donnèrent des
coups de bâtons ces jours
passez,au cocher d'un carrosse
de louage qui conduisoit un
Allemand. L'Ambassadeurde
l'Empereur prit l'affaireàcoeur
& fit dire au Cardinal Patrizzi
oncle de Madame Cenci, qu,'il
vouloit en avoir fatisfadion.
Aussi-rost M. Grimani Cenci,
mari de ladite Dame,fut faire
desexcusesà l'Ambassadeur,
qui l'envoya chez le Gentil.
homme Allemand pour luy.,
en faire aussi ,& dans le même
tempsil donna ordre à un Page
d'aller chez la Dame pour
la remercier de sa parc de la
démarche que son mary venoit
de faire, disant qu'il engageroit
le Gentilhomme Allemand
d'aller l'assurer de ses
civilitez.
Le Bref accordé à l'Empereur
pour la levée des Decimes
sur les biens Ecclesiastiques de
tous ses Etats,a, dit-on, esté
renvoyé au Pape à cause de la
condition qui s'y trouve à l'égard
du payement ,qui suivant
,
ce Bref, devoit se faire entre
les mains de M. le Nonce à
Vienne;mais 1 Empereur veut
au contraire que le sdites Décimés
soient payées aux Mmif?
très qu'il destinera à cet effet.
Ainsi l'onpretend que Sa Sainteté
a fait un nouveau Breftel
qu'on l'a demandé
,
lequel a
esté remis à l'Ambassadeur.
avant son départ. j
Vendredy matin avant le
Sermon l'on tint une Congrégation
particulière de Cardinaux
,
sur les moyens de
deffendre.
deffendre les Codes de cetEtat
desinvasions desPirates.
La Compagnie des Cuirasfiers
duPape,est sur le point
de partir pour aller garder les
costesdela Province de la
Marche. Elle fera commandée
par le Chevalier Mosca.,
& l'on a choisi quelques Ingénieurs
que l'on enverra
principalementà Lorerte pour
mettre cette Ville en état de
deffense.
Le Prince de Scavolino
Carpegna après s'estre muni
des meilleurs effets de sa maison
, de ceux qui consistent en
bijoux & en argenterie, a disparu
tout à coup, Ton cfjoic
qu'ilvade nouveau en France.
Le bruit s'estrépandu que le
PrinceOdescalchiparle moïen
des Cardinaux Casoni& Rufo
a enfin obtenu le consentement
de la Cour de Vienne
par épouserla fille du Prince
de Rosane.
Le Cardinal Paracciani &
M. Stampa ont esté chargez de
l'accommodement des differens
survenus entre les Bolonois
& Ferrarois à l'occasion
de la Digue qui a esté rompuë,
ils doivent pour cet effet
te transporter sur leslieux,
Le Cardinal Pioli est toûjoursmal,&
encre l'esperance
& la crainte: les Medecins
font de fréquentes consultes
sur sa maladie. Mardy matin
un Courrier de Venise passa
par cette Ville allant àOtcrante.
De Venise le y. Mars.
On a sçû plus particulièrement
le détail du malheur arrivéà
Corfou
,
le Vaisseau nomme
la Reine de la Mer, con£:
truie l'Esté dernieraesté seul
consommépar les flâmes. Les
Galeres ont esté tres peu endommagées
; maislaColombe
autre Vaisseau de guerre l'a
esté beaucoup. Le premier a
fauté en l'air avec27perronnés,
le feu ayant pris aux poudres.
On a trouvé
,
dit-on
,
une méche attachée au second
ce qui sait soubonner qu'il
peut y avoir eu quelque trahison
dans cet accident.
M de Schulembourg est arrivé
à Corfou. Il n'y a pas
trouvé les choses dans l'état
que l'onluy avoir dit. Ila
envoyé unétat de tout ce qui
y manque, & demande que
la garnisonen soit augmentée
au moins de 4000. hommes
de troupes reglées. On fera
partir ces jours-ci un petit
convoyavec5.ou 600.hom
mes pour cettePlace, & toutes
fortes de munitions de guerre;
un bataillon de troupes que le
Comte deSchulembourg s'est
engagé de fournir cft déja ap.
rivé à Verone; on le fera
passer à Venise pour s'embarquer
& l'envoyer incessam
ment au Levant.
Le Sénat a refusé d'admet
tre les excuses de M. Pisani,
qui ne veutpoint accepter la
Charge de Capitaine General.
Il est question de sçavoir s'il
persîstera dans son sentiment.
On devoit lancer icy à l'eau,
un Vaisseau de guerre en presence
du Prince Electoral de
Bavière ; mais faute d'eau suffisamment,
on n'a pu le faire;
ce Prince a nomme ce Vaisseau,
le Lyon Triomphant.
On attend avec impatience
les réponses de l'Ambassadeur
de la République à Vienne,
ausujet de laLigue à conclure
contre les Turcs;le courrier
qui y fut dépêché il y a quinze
jours, n'est point encore de
retour.
Le Duc de Parme a écrit
au Senat qu'il avoit appris de
la Reine d'Espagne sa 61le;
que le Roy Catholique estoit
dans des dispositions favorables
d'envoyer contre « les
Turcs quatre vocaux de rELcadre
de M. Mari, quiferoient
fous les ordres du General de
Malte, & dix mille hommes
de Ces troupes au secours du
Pape, pour de ffendre l'Etat
Ecclesiastique : on ne croîtras
que l'on doive trop compter
sur un pareil secours; & si
cesMessieursici n'en ont point
d'autre, ils courent grand
[que.
Le Prince Electoral de Bavicre
a envoyé M. Santini à,
Florence, pour faire des com-.
pliments à la grande Princesse
Doüairiere sa tante.
Ce fera demain feulement
que M. Quirini fera fait Pro-,
curateur de S. Marc.
De Rome, le 14. Mars.
Le Pape qui est en parfaite
fanté n'assista point à la Chapelle
du second Dimanche de
Carême; mais l'aprés diné il
reçue & admit à l'audience le
CardinalCarracioly d'Aversa,
qui ce jour fit son Entrée pu.
blique.
Sa Sainteté le retint longtemps
:la Cour de ce Cardinal
est assez belle
,
& sa livrée
fort modeste. Il est logé chez
le Cardinal Imperialy, & il
se sert des carrosses de. la maison.
La Compagnie des Cuirassiers
de la garde du Pape
est partie pour Ancone ; le
Marquis de Cavalieri qui en
etoit le Capitaine,s'estdemis
de cette Charge pour ne pas
estre subordiné au Chevalier
Mosca, à qui le Commandement
en a esté donné., Sa
Sainteté a accepté cette demission
, & a choisi pour
Officier subalterne,le Chevalier
Aldobrandi.
Outre le Bref accordé à
l'Empereur pour la levée des
Décimes, lePape en a envoyé
un en conformité au Cardinal
Odefcalchi Archevêque de
Milan; parce Brefchaque Ecclesiastique
est obligé de payer
durant l'espace de six années
le trentième pour cent du revenu
de ses Benefices. De plus,
suivant la convention faite Sa
Sainteté a fait remettreà Mr.
le Nonce à Vienne deux cens
mille Florins qui seront confignez
àl'Empereuren cas qu'il
soit contraint de faire la guerre
au Turc.
L"Ambaffideurdc Vienne
fut dernierement à une Audiance
extraordinaire du Pape,
si'a esté vrai -
semblablement
pour lui faire inflance sur les
besoinstres-pressans de saRepublique
, mais Sa Sainteté
n'estgueres en état d'y pourvoir,
la Chambre Apostolique
citant fort obérée.
On tint ces jours passez une
Congrégation militaire pour
délibérer sur les, moyens de
trouver des fonds pour survenir
aux necessez presentes.
Comme elles sont extrêmes,
plusieurs proposerent de tirer
quelque somme d'argent du
tresor du Château S. Ange,
d'autant plus qu'on estaujourd'huy
dans le cas dont il est
fait mention dans la Bulle de
Sixre V. & qu'avec l'argent
qu'on pourroit retirer de la
vente des Charges de Clerc
de Chambre, il seroit aisé dc
remettre dans ce tresorce
qu'on en ôteroit à cette heure,&
ce qui en fut levé dans
ledit armement.
On pretend que Mr.Imperialiqui
est maintenant àNaples
a obtenu permissiondu
Vice-Roy de faire sortir de ce
Royaume vingt - cinq mille
mesures de grains pour la provision
de laMarche& la Ville
d'Ascoli,c'est de tout l'EtatEc.
clesiastique celui où la disette
est plus grande. Mr. de Fuffombroni
s'estenfin déterminé
à quitter la Prélature pour
épaulerune Dame Sienoise
de la Maison de Friceti.
Le Pape a nommé trois Cardinaux
pour connoitre & décider
du différend survenu entre
Mr. Molines& Mr. Anfaldy
, au Cujet de la place d'Auditeurde
Rotte, vacante par
la mort de Mr. Mancery.
De Venist le 14. Mars.
La Ligue entre l'Empereur
&. la Republique contre les
Turcs n'est point encore conclue,&
l'Ambassadeur de Venise
à Viennea mêmeenvoyé
i.Cctte fcmaine à ses Maîtres
uneStasette pour leur demanderdeséclaircissemens
plus
précis qu'ils n'ont faits sur les
difficultez quLancccMdepuis
si .longtcmps' la. signature de
ceTraité, Ondélibèresur cette
maciere dansle Prégady qui
se tient actuellement,& l'on
renvoyera cette nuit la Stafectcà
l'embassadeuràVienne.
Comme la quantité des affaires
qui surviennent à cause
de la guerre en retardent la
prompte expédition, il a esté
resolu que l'on tiendroit trois
Pregadis la semaine au lieu de
deux que l'on avoit coûtume
de tenir.
On a reçu de Corfou ces
jours passez des lettres qui portent
que le Sieur de Schulembourgfaisoit
démolirles Ouvrages
faits sur deuxhauteurs
qui avoient cUé, renfermées
dans les fortificationsdecette
Place,&qu'ilfaisoitaussiréü
nir & applanir quelques ouvragescomme
inutiles. LeComte
demande toûjours que l'on en
augmente encore la Garnison
de 4000. hommes de Troupes
reglées.
- M. Delphinaaussi écrit que
l'on, avoit besoin de 3. ou
400O4 Matelots sur la Flotte,
, ils
ils ont envoyé l'un & l'autre
un état de tout ce quimanque
pour la Campagne prochaine,
oncroirque l'on aura bien de
la peine à leur en donner la
moitié1.
M." le Prince Electoralde
Baviere est parti Mercredy de
cette Ville, pour se rendre à
Rome par Bologne, oùla
grande Princesse Doüairiere
doitse trouver pour le voir Se
s'aboucher avec luy. Dimanche
M. Qtiiiini, frere de celuy
qui a déja esté fait Procurateur
de S. Marc,fut élcu à la même
dignité moïenant 2.Joqo.
ducatcs.
n'êtrepoint surpris;cependant
il paroissoitauxdémarches
des Turcs que leur
jddîcin cit, d'entreprendre la
guerre non- seulement, contre
la Pologne & la Moscovie ;
mais aussi contre l'Empereur
& lacontinuer en mêmetemps
contre la Republique
de VcniCe- r.f![
;
On mande de Toulondu
17. du paflçque qui font armez danscç Port
étoient toujours dans la rade,
qu'on croydic qu'ils paflTc-*
roient à Cadix pour s'y joindre
à six Vaisseaux de guerre
Portugais qu'on arme à Lie.
bonne & aller conjointement
mettre lesSaltinsàla raj[on,
&onasseureque des Vaisseaux
Anglois s'y joindront aussi:
qu'un Bâtiment venu de Genes
avoir ra pporté que les
Allemandsqui étoient à Novi
demandoient de gros subsides
à cette Republique,à faute
de quoy -
ils la menaçoient
d'execution militaire.
Des Lettres de Rose du ij.
portentqu'on y avoit cCTuïé
une rude tempête de vents,
de pluïes,de grosses greflvS ôc
de tonnerre, que la foudre
étoit tombée en troisendroits
dans laVille &avoit fait beaucoup
de desordres & que cette
tempêteavoitcausé de grands
naufrages surla Mer.
On mandede Genes du J du passé qu'on y étoit revenu
de la crainte oùon étoit d'être
insulté par les Allemandsqui
ont abandonné le territoire ic
Novi,toutcequ'ilsoccupoient
des Etats de cette Republique,
& s'estoient retirez dans leMilanois,
le different que cette
Republique avoit avec l'Empereurestant
accommodé; mais
on ne disoit pas encore à
quelles conditions,& on luy
envoye un Envoyé Extraordinaire
pour faire les soumissions
de la Republique;on armoit
en ce Porc les deuxVaisseaux
de guerre que les Venitiens y
ont fretté, ils sont de 50. pieces
de canon chacun & aussitost
qu'ils feront prestsils mettront
à la voile pour aller
joindre la Flotte Venitienne.
On mande de la Trape du
16. du passé que le 24. le feu
avoir prisà la forge qui porta
deséteincelles de feu au pressoir
de l'Abbaye qui estoit
rempli de fourages & se communiqua
à une grange qui est
contiguë, qui en étoit aussi
pleine
,
& aux efcurics & à
toutes les chambres del'Hospice
aussi bien que de l'autre
costéàla rangée des étables à
vaches, & le feu consuma
tous ces bastiments en moins
de quatre heures par la violence
d'un vent qu'il faisoit
alors,malgré tous les prompts
secours qu'on y apporta , tous
les Religieux s'y estant employez
avec la derniere soumission,
particulierementl'Abbé
qui travailloit plus qu'aucun
autre, & encourageoit les
Religieux à suivre son exepw
ple : cet accident cause une
perte tres considera ble.
Les dernieres lettres qu'on
a reçû de Cadix portent qu'on
yavoit appris par un Bâtiment
arrivé dans ce Port venant
de Ceuta , que les Mores
avoient fait joüer quelques
fougades du costé du Bastion
de Sainte Claire; mais que les
mines ayant fait leurs effets
tout contraires,d'autant que
les débris de ces mines s'estoientrenversez
sur leurs gens
qui estoientdisposez pour
monter
monter à l'assaut, la pluspart
de ces troupes ont esté écrasées
& ensevelies fous les
ruines, &qu'en même temps la
garnison s'estant apperçûë du
desordre que ces minesavoient
fait dans le Camp des Infidelles,
avoit fait une sortie
fort à propos, dans laquelle
plus de
1 500. de ces Barbares
avoient esté mis hors de
combat, & que deux transfuges
qui estoient venus le
lendemain se rendre dans la
Place, avoient rapporté qu'il
y avoit encore en differents
endroits
-
plus de trente fourncaux
prests à joüer.
On mande de Perpignan du
4. de ce mois qu'on y avoit
appris de Rose qu'il y avoit eu
un furieux ouragan de ce
costé là
,
le long de la Coftc
de Catalogne, mêlé de pluye
& de tonnerre,& il y en avoit
fait de si terribles éclats, que
plusieurs per sonnesenestoient
tombées mortes de frayeur,
sur tout du costé dePalamos,
où on avoitressenti quelques
secousses de tremblement de
terre qui yoient causé beaucoup
de dommages;qu'on y
avoit eu avis dcColliouvreque
dans la pêche du Thon qu'on
yavoit faite, on y avoit pris
trois poissons d'une longueur
& d'une grosseur prodigieuse,
ce qui surprit fort, d'autant
qu'on n'en avoit jamais vu de
semblables dans ces Mers;que
cette pêche avoit esté si grande
que les Pêcheurs avoient
esté obligez d'en laisser une
grande partie dans la Plage
dont les Paysansont profité.
Les dernieres Lettres de
Toulon portent qu'on joignoit
encore auxVaisseaux qui
y font armez, quatreGaliotes
à bombes,mais qu'on ne disoit
pas encore à quoyondestinoit
cet armement
Des Lettres de Turin du
26. du passé portent qu'on
avoir commencé àrétablir les
fortifications de Veruë
, &
qu'aussitost qu'elles feront
achevées on finira celles des autres
Places; que les recruës
pourles Troupes estoientfort
avancées, & la Cavalerieétoit
toute remontée;qu'on avoir
renforcé les Garnisons de toutes
les Places du Montferrat&
qu'on parloit même de join.
dre auxEtats dePiémont Savone
& Final qui en avoient
esté demembrées.
On a receu des Lettres de
Marseilledu 16Marsquiportent
qu'il y estoit arrive dans
ce Port un Bâtiment Génois
venant de Sicile, par lequel
on avoit appris qu'à trois
lieuës de-là il y avoit eu de
grands tremblemens deterre,
& qu'elle s'estoit ouverte en
plusieurs endroits le long de la
coste dont on ne sçavoit pas
encore les particularitez: il
ajoûte qu'on luy avoit aflurc
qu'à Spattivento, il y avoir eu
un ouragan terrible de vent,
depluye, de tonnerre &de
gresle, que la foudre estoit
tombée en differents endroits
dans cette Place, & avoit causé
beaucoup de desordre, &
au dernier éclat de tonnerre,
un homme traversant la
grande ruë avec quatre boeufs
qu'il menoit, s'arrêta tout
courrauffi.bicnque les boeufs;
& comme il y avoit déja du
temps
,
qu'il estoit dans cette
poRure, de même que les
quatre animaux sans remuer,
quelques personnes furent curieusesd'aller
voir pourquoy
ils ne bougeoient pas de cette
place, voyantque l'orage étoit
passée,estant arrivéesprés de
cet homme, elles virent qu'il
avoit les yeux & la bouche
extraordinairement ouverts de , même que les animaux qui
estoient restez ainsimorts debout
; on les toucha & ils
tomberent.
Les Lettres de Londres dir
itf. dupassé, portent que le
Lord WHHon, prisonnier detrnu
dans la Tour pour la rebellion
,
avoit presenté une
Requeste àla Chambre des
Pairs, demandant un plus long
délay pour se préparer à se deffendre:
qu'on y avoit reçu des
lettres d'Edimbourg du 19.
par lesquelles on mandoit que
le General Cadogan avoit envoyé
ordre de desarmer toutes
les troupes du Marquis de
Huntlcy & du Comte de
Seaford
,
aussi,bien que tous
les Clans des rebelles qui sont
fous le Commandement d'Invernesse
, & de se saisir de leurs
Chefs; les mêmes ordres furent
envoyez à Penh de desarmer
ceux des Généraux Bradalbin,
de Drummond & du Duc d'Athol,
& de se saisir aussi des
Chefs; & on devoie envoyer
un detachement considerable
au Fort Guillaume, pour desarmer
les Clans, les principaux
desquels sont les sieurs
Lo<.hills,Glan2ari& autres,ces
lettres a joûtent que le Marquis
de Huntlcy & le Lord Rolle
estoient actuellement en prison
à Invernesse, où s'estaussi
rendu le Chevalier Thomas,
pour se soumettre à la clemence
du Roy, mais que leurs camarades
estoient encore avec
le Comte de Scaford dans les
Montagnes avec le reste des
rebelles qui sont dispersezen
plusieurs corps, & y font encore
en grand nombre avec
plusieurs Gentilshommes de la
plaine: ils ont abondance de
viande & de poisson, mais peu
de pain & de vin. -1
Commeilyaun Pair Escosfois
qui doit rendre témoignage
dans le procès du Comte de onaproposé dans la
Chambre des Pairs qu'il seroit
à propos de regler de quelle
maniere on interrogeroit ce
Seigneur; on resolut qu'il seroit
aLli sur une chaise prés de
la Table, & que lor rqu'II parleroit
il fcroit debout, & que
le Lord Cowper, grand Chancelier
a esténommé Stward
pourprononcer la Sentence
dans cette affaire: on resolut
ensuite que la Chambre Ce
rendroit le 17 dans la Salle de
Westminster,de la même maniere
qu'elle y alla lor squ'on
prononça le jugement contre
les six Seigneurs condamnez,
& on a commencé à faÜcfon
procés, ce Seigneur ayant esté
amené dans la Salle pour y
estre accusé, & entendre les
témoins contre luy :onavoit
fait occuper toutes les avenuës
de Westminsterpar les Malices,
afin d'empêcher qu'il n'ar
riva du desordre.
.les Lettres deLondres du 30,
Mars portent qu'on y cft furpris
devoirvaquer si longtems
les Charges de President du
Conseil,deGrandEcuyer & du
premier Gentilhomme de la
Chambre,ce qu'on attribuëà
la crainte qu'on a d'augmenter
le nombre des mécontents à
cause de la quantité de personnes
qui y prctendent :ces
jours passez on délivra de la
Garded'unMessager,les ficurs
Bail
,
Gibson ,Smith & Sjn
gleton de la prison de Ncwgatte
où ils avoient esté mis
comme suspects. On asseure
que neuf Capitaines de Vaisseaux
ontcité cassez comme
favorables au parti du PretendantLe
16. Marsles Seigneurs
firent sçavoiraux Communes
que le lendemain ils jugeroient
le Comte Georges de Winton
l'un des Seigneurs prisà Prcfton.
Le 17. les Communes
s'étant rendues à la Chambre
Haute, où leurs temoins déposerent
contre l'accusé, le
Lord Cowper Chancelier &
déclaréStward oa Sénéchal
pour ce jugement, luy demanda
ce qu'il avait à dire contre
ces accusations
,
il répondit
qu'il attendoit ses témoins d'E..
coffe qui étaient en chemin;
mais cela luy fut refusé & comme
il étoit Lord, l'affaire fut
remise au lendemain 28. ce
jour-làil fut jugé, condamné
à la même peine que les six
autres Seigneurs dePreston&
renvoyé à la Tour jusqu'au
temps de l'execution. Le 14.
ce Comte avoit tâché de se
sauver en sciant les barreaux
des fenêtres;mais il fut découvert
, ainsi que d'autres qui
avoient voulu s'échaper en
perçant la muraille de la prison
de Newgatte. Le 25. trois
prisonniers de lamême prison
accusez de haute trahison,
furentenvoyez au Pays de
Cornoüaille d'où ils sont,
pour yestrejugez Les Lettres d'Edimbourg du 21. portent
que les mécontents estoient
venus se remettre à la clemence
du Roy,à Invernesse
, au General Whigtman
,
qui y
commande:que2500. hommes
des environs d'Aberdeen
y estoient venus prêter les ferments
de fidélité:que leMarquis
de Huntleyestoit parti
avec une garde pour se rendre
à Londres. Le bruit couroit
que le Comto de Tinmouth
, fils du Duc de Berwick avoit
estépris; mais on a sçû par un
Vaisseaunommé la Sophie de
Leith,qui a esté pris revenant
de Dunkerque qu'ily avoit
débarqué le Comre Marechal,
le General Gordon, le General
~Ekhn,& un jeune Seigneur
appellé leComte deTinmouth
& 70. autres personnes de
consideration. Le Comte de
Seaford & plusieurs autres
estoient au Nord d'Ecosse
avec
avec les Mécontents.
Les Lettres de Londres du
2. de ce mois portent qu'on y
avoit eu avis que le Comte
de Southerland estoit à Edimbourg,
incommodé de la goute
,
mais qu'il se preparoit
pour venir à Londres; & par
les Lettres d'Edimbourg du
26. on mande que le General
Cadogan en devoit partir
pour y venir aussi. Ces Lettres
ajoûtentqu'un nombre
consîderable des mécontents
duComté de Perth s'estoient
soûmis à la clemence du Roy,
& d'autres avoient esté pris.
Depuis quelques jours les deux
partis font en mouvement au
sujet des élections pour un
nouveau Parlement. On assure
que les Wigts craignant que
les nouvelles élections ne leurs
soient point favorables,sollicitent
de tous costez pour faire
confenrir aux Membres des
Communesde suspendre pour
un temps
l'ActedesParlemens
Triennauxafin de se maintenir
avec plus d'autoritédans
leurs Emplois. Les Torris travaillent
aussi de leur côtéavec
beaucoup d'attention à gagner
les Membres pour rejetter
ce projet,& on croit qu'ils
remporteront sur les Wigts:
OB verra par la suite lequel des
deux partis l'emportera; le
Roy a accordé un répit aux
trois Seigneurs condamnez il
y a quelque temps, & qui
dévoient estre executez 1c premier
Avril, ils ont esté remis
jusqu'au15. on continuë de
dire que le Comte de Carnwath
aura sa grace,parce qu'il
a découvert le secret de la rebellion
, & qui sont les principaux
complices,mais cela n'est
pascertain.
Le General Cadogan avoir
ordre de sommer les Rebelles
de se soûmettre à la clémence
du Roy, & faute d'y obéïr,
de brûler leur pays, & les paffer
tous au fil de l'épée. La
Chambre examina l'état de
l'Ecosse, & aprés avoir examiné
plusieurs per sonnes à la
Barre qui déposerent avoir vû leComte Marshal, le Comte
de Seafort, le Comte de Sowthesque,
& le Comte dePanmure
en armes parmy les
Rebelles, & plusieurs autres,
la Chambre ordonna un Bill
pour atteindre ces quatre Scigneurs
& autres de haute trahison,
s'ils ne se remettent pas
à la Justice dans le temps fixé.
Onembarque sur un Vaisseau
Marchand plusieurs prisonniers
de Preston pour les tranfporter
aux Barbadcs & autres
Colonies.
DeLondresle9. de ce mois.
Les Lettres d'Edimbourg
du 2. de ce mois portent que
le General Cadogan en estoit
parti le 30. Mars pour aller à
Sterling & de-là à Dunkeld,
où estoit le rendez vous de ses
Troupes au nombre de trois
mille fantassins & de six cens
Dragons, avec lesquels il devoit
marcher contre les Montagnards
qu'il esperoit de difsiper
en peu de jours ou les
obliger à se soûmettre
,
me
d'autres disent qu'ils ne seront
pas si faciles à réduire
, parce
qu'ils ont six. mille fantassins
& sixcens chevaux, & qu'ils
ont reçusdepuis peu un secours
d'armes, de munitions
& d'argent. Cinq Bataillons
Hollandois&deux Regimens
de Dragons estoient en marche
pour revenir en Angleterre,
& ils devoient arriver
prés de Londres à la fin d'Avril.
Les Lettres de Londres du
9. portent que le Gouvernement
present continuë dans
le dessein de faire presenter
deux projets d'Aéte) l'un pour
faire fufpcndre durant quatre
ans l'Adte des Parlemens
Triennaux; l'autre pour perpetuer
dans la Chambre haute
les seize Pairs d'Ecosse qui y
ont presentementséance; ces
deux projets font déja bien
murmurer les peuplesd'Angleterre
& d'Ecosse qui seroient
privez des profits que
leur procurentleséléctionspar
les grandes dépcnfes que font
les Candidats pour gagner des
suffrages On assure que le Jugement
des Comtes d'Oxford
& de Straffort feront remis à
une autreséance du Parlement,
qu'apréslesFestes on
en jugera, dont quelques-uns
des pluscoupables seront executez,
& qu'ensuite on donnera
une Ammstie generale.
Le sieur Jacques Littleton
, Commissaire général de la
Marine à Chatam,a esté fait
Vice-Amiral à la place du Chevalier
Hardy quia esté privé
de
de cette Charge: on a anssi
cassé sept Capitaines de Vaie.
sceaux,qui sont lessieursCook,
Hauway Jackson, Cannon,
Gordon, Hughes, &Garland, ti on croit que deux ou trois
autres feront encore cassez.
Le 7. les Communes lûrenr:
pour la troisiéme fois,passerent
& envoyerent aux Seigneurs
le projet d'Acte pour
permettreauxComtes de Sunderland
& de Rochester, de
presteren Angleterreles fermens
pour les Charges de
Vice-Tresorier des Receveurs
& de Payeurs Generaux des
Revenus du Roy en Ir lande,
qu'ils exerceront en commun; ensuite il fut ordonné que
dans quinze jours tous les Deputez
se trouveroient à la
Chambre, surquoy il futpropoCé.
d'ordonner à l'Orateur
d'écrire des Lettres circulaires
aux Sherifs des Provinces^ de
sommer tous les Deputez de
se trouver ce jour-là à la
Chambre. PlusieursWigtss'y
opposerent,disant que cesLettres
circulaires feroient trop
de bruit à la Compagnie. On
leur repliqua que si ce qu'on
disoit, estoitvray, qu'onvoupit
suspendre l'Acte des Paremens
Triennaux, cela feroit
~ien encore plus de bruit, &
qu'ainsi il estoit necessaire de
aire venir les Membres pour
estre presens à ce qui se passeoic
& en dire leur avis, puisque
ce feroit peut estre la derniere
foisqu'ilsenauroient la
liberté ; ainsi on ordonna à
'Orateur d'écrire des Lettres
circulaires.Le Comte de Peer
boroug arriva le 7. de Fran-
:c à Londres.
Les lettres de Londres du
13. de ce moisportent que
les amis du Comte d'Oxford
publient que si oa avoit remis
le jugement de ce Seigneur à
une autre séance, ce n'estoit
que parce qu,'on ne trouvoit
pas de preuves suffisantes,pour
prouver les articles d'accusation,
que la Chambre des
Communes a exhibées contre
luy,afin de luy faire dépenser
son bien, & pour le faire fburL
frir en prison; mais que ces
M" de la Chambre seroient
bien trompez, s'il estvray
,
à ce qu'on dit, qu'on avoit
écrit de France que le Vicomte
de BullingbrooKs'estoit remis
sous la protection du Comte
de Stairs,auquelilavoit promis
de declarer tout ce qui s'estoit
passé dans le dernier ministere,
tant au su jet de la Paix, que
par rapport au Prétendant,par
ce qu'on estoit persuadé qu'il
sçavoit tout ce que le Comte
d'Oxford avoit fait & negocié,
pendant qu'il estoit Ministre;
qu'on parloit differemment de
la destinée des Seigneurs condamnez
pour la rebellion; il
y en avoir qui disoient que le
Comte de Carnwath seroit
brous, à condition qu'il donneroit
de bonnes & suffisantes
cautions de se mieuxcomporter
à l'avenir,&d'estrefidele
au Roy, & que les Lords
Widdrington & Nairn- seroienttransportez
dans les
Isles de l'Amerique, avec un
grand nombre d'autres des
rebelles qui avoient esté faits
prisonniers à Preston & en
Ecosse; & d'autres veulent que
le Comte de Carnwarh fera
outre cela remis dans ses biens
& honneurs, & que le Lord
Widdrington fera envoyé
dans la Forteresse de la Caroline
, & Nairn dans le Châ
teau de l'Isle de Man, pour y
passer le reste de leur vie; &
qu'à l'égard du- Lord Winton
on dit qu'ayant esté reconnu
extravagant par quantité d'actions
qu'il a faites pendant sa
vie, & étant hors de bon sens,
qu'il fera mis dans une prison
perpetuelle; ce qui est de certain,
c'est que le Roy leur a accordé
encore un répit juC.
qu'au 29. de ce mois.
On assûre que le Roy doit
aller faire un voyage cette an
née à Hannover, & qu'il partira
vers la fin du mois prochain,
pour yaller prendre les
eaux qui font trés-utiles pour
sa fanté, & pour mettre ordre
à quelques affaires de consequence
qui regardent ses Etats.
en Allemagne. On djc que ce
voyage fera de deux mois, &;
qu'ensuiteil reviendra en Angleterre
pour toûjours ; mais
que le Prince de Galles fera un
voyagetousles ans dans ce
Pays-là,&qu'il y passera deux
ou trois mois de la belle saison.
On ne croit pas que le
Comte de Peterboroug qui
avoir palIé de Londres en
France sans l'ordre du Roy,
ose se pre senter à la Cour pour
saluer S. M. étant revenu de
France à Londres.
Une grande partiede la Noblesse
étoit allée à Ncwn-iatket
pour y prendre le divertissement
de la course des chevaux,&
le 16.on devoit courir
la piece d'argenterie que le
Roy donne à celuy qui remporte
le Prix.
Le sieur Doiley,un des principaux
prisonniers fait sur les
Mécontens, étoit mort d'une
nevre maligne dans la prison
de Newgate, & plusieurs autres
sont auflj malades de la
même fievre.
Onavoitarrêté un nomme
Simon qui appartient à rEn
voyé de France,& on luy a
saisi tous Ces papiers: & le
Marquisde Bussi qui étoit arrivé
de France à Londres depuis
trois semaines, a eu ordre
de forcir incessamment de
ce Royaume, & il a été conduit
par un Messager qui l'a
menéjusqu'*à Douvre, oùil
l'a vû embarquer.
DeLisbonne le 20. Mars 1716.
Quoyque leBresil futdécouvert
depuisplusde 200,
ans,il y estoit encore resté dans
l'intérieur du Païs une Nation
dIndiens qui incommodoient
fort les Habitans
,
& enlevoient
les bestiaux,& qui n'a- -
voient jamais pû estre domptez
à cause de leur situation
avantageuse sur des rochers
escarpez où il falloit monter
en grimpant. Onlesappelloit
Oris Procàs. Ils viennent de se
soumettreau Roy de Portugal
& d'embrassernôtre Religion
par une avanture fort singuliere.
Le fils aîné de leur Prince
étant allé à la chasse, lui
dix huitième,futpris par ceux
de la Nation des Caïmbés civitirée,
avec qui ils estoienten
guerre Tout accoutumez
que les CAimbis estoient à nos
manieres,ils ne pûrent s'empêcher
de faire engraisser les prifonniers
pour les manger,
pour avoir leur revanche,
disoient-ils, d'un pareil trai tement
que quelquesunsde leur
Nation avoient reçû des Oiis
Procàrs il n'y avoit pas longtemps.
La Providence amena
fort à propos chez ce peuple
leCurédelaParoissequiest de
200.lieües d'étenduë
,
qui fit
tous Ces efforts pour leur arracher
des mainscesmalheureuses
Victimes, & àla fin il les.
racheta cent pistoles qu'il leur
paya comptant. Ayant amené
avecluy les prisonniers,illeur
apprit le Portugais, & il apprit
luy même leur langue,aprés
quoy il résolut d'aller chercher
les Oris Procàs dans leurs Montagnes
avec une bonne escorte
&les18. prisonniers. L'entrepriseétoit
hardie
,
cependant
aprés une marche de42. jours
ils y arriverent
, & s'estant
retranchez d'abord avec des
palissades ils commencerent à
sonner des Trompettes & des
Tambours au bruit dcfquels
les barbares estant accourus il
fallut ~cflfuïcr dabord les coups
de leurs fleches, jusqu'à ce
qu'un des prisonniers estant
monté sur un Theâtre,il leur
ditqu'ilestoitde leurs Camarades,&
qu'ils venoientavec
leurLiberateur pour leur rendre
leur Prince, & lier une
bonneamitié avec eux. Les
Oris Procàs qui les croyoient
mangez depuis plus d'un an,
en furent bien étonnez
,
sur
tout leur Prince qui ne pouvoit
se lasser d'embrasser son
fils,& de faire des remerciemen
infinis au Curé,qui après
les avoir instruits cinq mois
durant,en baptisa 4000. avec
le Prince
,
& son fils, &les fit
jurer fidélitéau Roy dePortugal.
DeParis le25. de ce
mois.
On mande de Nancy que
le Chevalier de S. Georges en
étoit party enchaise de poste,
suivide quatre autres chaises,
que les uns disoient qu'il s'en
alloit à Vienne pour servir
l'Empereur en Hongrie, &
d'autres qu'il alloitàLyon d'où
il se rendroit à Avignon.
Le Marquis d'Entremont
vient ici en qualitéd'Ambassadeur
du Roy de ~Sicile.
Les Ambassadeurs de Venife
doivent arriver ici incessamment,
& leur Agent qui
est en cette Ville a ordre de
faire faire leurs équipages.
Dans le prima mensis de Sorbonne
on a parlé du Mandement
de l'Evêque de Toulon,
qui deffend à ses Diocesains
d'étudier dans les Universitez
qui n'ont point reçûs la Constitution,
ou qui aprésl'avoir
rcceuë se font rétractez.
L'Evêque de Marseille a
fait aussi un Mandement avec
lequel
lequel il condamne les Livres
intitulez l'Hexaple
, & le Témoignage
de la Verité dans
l'Eglise.
Le grand Vicaire de M.l'Evêque
de Meaux,Cardinal de
Bissy, doit aller à Rome pour
proposer des voyes d'accommodement
sur les maticres
preferites de la Constitution
Le quatre de ce mois le Parlement
a donné un Arrêt portant
suppression d'un libelle
intitulé:Memoire pourleCorps
des Pasteurs qui ont receus la
Constitution Unigenitus.
Le même jour M. d'Artagnan
à la tête des Mousquetaires
gris alla au Louvre,où
M. le Duc Regent le ~receut,
& le fit ensuite recevoir Capitaine
Commandant de cette
Compagnie, à la place de M.
de Maupertuis qui s'en en démis
à cause de son grand âge.
Il y a quelques jours qu'on
arrêta pluiieurs per sonnes en
cette Ville pour avoir été entendre
le Pêche chez le RcGdent
d'Hollande, entre autres
plusieurs Marchands de vins.
La Chambre de Justice a
fuifb ses séances depuis le Jeudy
Saint, jusqu'au Mercredy
d'après les Fêtes de Pâques, auquel
jour elle lesa repris pour
dcon'tianuefr àfcxaamii-nrerelessgen.s,
Le 18. du passé Mle Marquis
de Simianne
,
Premier
Gentilhomme de la Chambre
de MonsieurleDuc d'Orleans..,
prêta ferment entre les mains
du Roy pour la Charge de
Lieutenant General de Provence
, vacante par la mort du-
Comte de Grignan.
Le 30. du même mois M.'
le Comte de Ribeïra
,
Lieutenant
General, Grand Maître
de l'Artillerie, & Ambassadeur
Extraordinaire de Portugal,
eût sa premiere Audience
publique de Madame,
& de M. le Duc d'Or leans.
On va reprendre les travaux
duCanal de Mardick que les.
gelées & les eaux ont beaucoup
endommagez.
M. Regnault
,
cy-devant
1 Lieutenant General de la Marine
en Espagne, a esté fait
Lieutenant General
J
& ConseillerauConseil
de la Marine.
en France.
Le17. de ce mois Messieurs
,delaVille s'assemblerent aux C!çnins ,&furentau Palais
accompagner le Parlement à
laMesse solemnellequi se celebretous
les ans dans l'Eglise
de Nôtre-Dame, en memoire
de la délivrance dela Ville de
Paris, ensuite Messieurs de
Ville retournerontauxCelestins
où le Prieur leur donna
un magnifique dîné.
Le Czaradépêchéencette
Ville, le sieur le Fort Génois,
pour prier M. k DucRegent,
devouloir bien luy accorder
pour cinq
ansle
sieur le Blond,
Architecte tres-celebre pour
aller à Peter bouroug
,
luy bâtir
un Château sur le modele
de celuy deVersailles,&faire
en cette Ville un Fort, & des
Forteresses comme à Dunkerque.
Ce que S. A. R. luy a
accordé. Il emmene avec luy
toutes fortes d'habiles Ouvriers
, dont chaque Corps a
un Chef de son Art. Le sieur
Lionne de la Haye doit conduire
toutes les dorures, tant
sur les métaux que sur les bois,
avec six millelivres de pension,
& le sieur le Blond en a une
de vingt mille livres, avec le
titre de Sur
-
Intendant des
Brasitimeensnde SanMajeesté .CzaOn
a reçu depuis peu de
jours par ~Cudix, la nouvelle
qu'on avoit repêché generalement
tous les effets de la Flotte
qui avoit fait naufrage prés la.
Havane, qu'on comptoit qu'il
n'y avoit presque rien de perdu,
&, que pluficurs Vaisseaux
estoient partis du Port de Cadix
pour aller prendre leurs
charges.
La Chambre de Justice a
envoyé des ordres à toutes les
Communautez & Corps de
Métiers, de luy apporter
toutes les quittances de l'argent
qu'ils ont donné au sieur
le Normand.
Madame la Fontaine, sameuse
~Agioteuse, a estécondamnée
ces jours passez par le
Lieutenant Criminel à estre
piloriée pendant trois jours,
consecutifs, ensuite estre mise
dans les Prisons du Chastelet,
pour y resterjusqu'à ce qu'elle
aie payé ses dettes, & aprés
condamnée à estre le reste de
ses jours à l'Hospital: cette
femme aappellé de cette Sentence
au Parlement
,
après
avoir declaré qu'elle n'avoit
rien fait que de concert, &2;
par ordre de M. ~Dcfmaretzi
ce Ministre ayant sçû cette
fausseté
fausseté, s'est justifié pleinement.
Le 5. Dimanche des Rameaux
leRoy entendit ta MeÍfo
dans saChapelle. M. leCardinalde
Rohan,grand Aumônier
de France, luy presenta
UFiÇ Pêltnc qu'il avoit benite.
M. le Duc d Orleans
,
M. le
Duc deChartres, M.le Duc,
M. le Comte de Charolois
, M. le Prince deConti, M. le
Duc du Maine, M. le Prince
deDombes, M.le Comte d'Eu,
M.le grand Prieur de France,
M. le Cardinal de Polignac,
M. l'Abbéd'Argentré,&M.
l'Abbéde Rochebonne ses
Aumôniers enrochet, étant à
leurs places ordinaires. L'aprés
midy Sa Majesté entendit la
Prédication du Pere de la Ruë
Jesuite
,
& Vêpres chantées
par la musique M. le Duc
d'Orleans étoit p!aceju<deffous
du Roy: les Princes sur
les costez: M. le Cardinal de
Rohan sur la droite du Prié-
Dieu :M. l'Abbé d'Argentré
& M.l'Abbé de Rochebonne
au- dessus:surlagauche M,le
Cardinal de Polignac,&audessous
M. le grand Prieur dej
France. Madame la Duchesse j
de Berry se rendit le même
jour à l'Eglise de S. Sulpice sa
Paroisse pour y entendre la
grand'Messe:24. de sesGardes
étoient rangez en haye aumilieu
du Choeur, les Suisses avec
le tambour &le fifre à laporte:
son Prié Dieu étoit au milieu
du Choeur, ayant à sa
droite M. l'Abbé de Castres,
M. l'Abbe deRouget
,
M.
l'Abbéde PartenaisesAumôniers,
en rochet: derriere M.
le Marquis dela Rochcfoucault
son Capitaine des Gardes
, entre M. le Marquis de
Coëtenfao son Chevalier
d'Honneur, & M. le Chevalier
d'Hautefort son premier
Ecuyer: sur la droite Madame
la Duchesse de SSimon sa
Dame d'Honneur,& Madame
la Marquise dePons sa Dame
d'Atour,: Madame laComtesse
de Clermont, Madame la
Marquise de Beauvau, Madame
la Marquise d'Armenticres,
Madame la Comtessed'Aidies
ses Dames du Palais y
étoient atiffi, & tous ses Officiers
des Gardes. Cette Princessealla
à l'Offrande & donna
dix loüis d'or, &fit beaucoup
de liberalisezàtoutes les Quêteu
ses.
•Le 8. Sa Majesté entendit
l'Officedes Tenebreschantées
par lamusique
: le9. Jeudy
Saint le Roy entendit le Sermon
de laCenedeM.l'Abbé
de Bollioud, aprèsquoy M. le
Cardinal de Rohan grand Aumônier
de France, fit l'abcou,
re, & Sa Majesté lava les pieds
àdouze pauvres:les plats furent
portez par M. le Duc
d'Orleans, M. le Comte de
Charolois
J
M. le Prince de
Conti, M. le Prince de Dom.
bes, M. le Comte dEu, M. le
Comte de Toulouse, M. le
grand Prieur de France
,
& par
les Maistres dJHoUeI du Roy,
M leDucgrandMaistre de la
Maison du Roy étant à la tête:
ensuite Sa Majesté alla à l'Elifc
des KiïillansoùclicaCsifla.
à l'Office: le 10. Vendredi
SaintS. M. retourna aussi à la
même Eglise oùelle entendit
l'Office & fit l'adoration dela
Croixcomme tous lesPrinces.
Le II.Samedy Saint elle entendu
Complies& on chanta
l'Hymne Ofilii &JiiiæC'n tnu.
sique. Le Dimanche jOJr, de
Pâques le Roy entendit la
çrandM-(Te chantée par la
musique,& fit rendre le PainBeni
à l'Eglise de S. Germain
sa Paroisse par M. l'Abbé,
d'Argentiéun de ses Aumônicrs
en rochet, précédé des
tambours
, trompettes : les-)
PainsBénits etoient portez
par les Cent Suisses ornez de1
plusieurs banderoles aux Ar-t
mes de France & de Navarre : l'aprésmidyS.M.entendit !c~
Sermon du Pere dela Ruë,&
Vêpres chantées par lamusiqofc:
cePrédicateur fit un compliment
qui fut tres-applaudi,;
dans lequel il fit entrer l'éloge;
du feu Roy, &loüaS.M par
les grandes esperances qu'elle
prometroit de sa pieté & de
son zele: en effet rien n'en.
plus surprenant que de voir un
Prince de cet âge avoir assisté
à tous les Offices de laSemaine
Sainte, & fait toutes les ceremonies
avec la même attention
& toute la decence du feu
Roy.
Le même Dimanche jour
de PâquesMadame la Duchesse
deBerry fit rendre le Pain Beni
à lEglise de S. Sulpicesa Paroisse,
par M. rAbbedcRou.
get un de ses Aumôniers en
rochet: cet Abbé étoit précedé
des tymbales, tambours,
trompettes ,
haut
-
bois en
grand nom bre
,
les Pains Bénits
au
nombrede huitétoient
portez par seize Suisses de la
Garde, ornez de plusieurs banderollesaux
Armes de Berry
& d Orléans : cet Abbé presensa
un Cierge à l'Offrande,
sur lequel on avoit fiché dix
louis d'or : il donna aussi à Madame
la Marquise de la Rochefoucault
qui quêtoit pour
Madame laDuchesse de Bt-iry-,
à Madame de Pomponne
,
à
l'Oeuvre, au luminaire du S.
Sacrement~ à toutes les autres
qUteuCes.; & en sortant
de l'Eglise il donna à tous les
pauvres qui s'y trouverent un
écu de cent sols a chacun. Madame
la Princesse, M.le Duc,
Mademoiselle de. Clermont
entendirent la grand' Mefie
dans cette Eglise; Madame a
assisté à l'Office des Tenebres
dans des Maisons Religieuses,
& communia le Jeudy Saint
par les mains de M,labbé de
Magnas son premier Aumônier
dans l'Eglisedes Eustachc
sa Paroisse : elle fit aussi rendre
le Pain-Beni le jour de Pâques
dans la même Eglise par M.
l'Abbé Berthet un de ses Aumôniers,
precedé des tymbales
, tambours & trompettes,
les Pains Benits étant- portez
par les Suisses ornez, de plufleurs
banderolles aux Armes
d'Orleans & de Baviere. M. le
Duc d'Orleans qui a assisté à
tous les Offices de la Semaine
Sainteavec le Roy, communia
le Samedy Saint dans l' Eglisede
S.Eustache sa Paroisse
r> par les mains de M. rAbbde
Tressan sOrs premier Aumônier,&
le Dimanc he jour de
Pâques il entenditavec Madame
la grand'messe & les Vêpres
dans la même Eglise.
Le 7 de ce mois M.leComte
deNassau, Envoyé Extraordinaire
de l'Electeur Patarin,
eût audiance de congé du Roy
conduit par M. le Marquis de
Magny Introducteur des Ambassadeurs
qui étoit allé le
prendre en son Hôel dans les
carrossrs deSaMajesté. Le n1&
me jour M. le Marêchal de
Villeroy qui avoir presenté le
Contrat de son petit si's à signer
au Roy avec MJdemoil.8
felle de Luxembourg
,
le presentaaussi
à Madame la Dtîchesse
de Berry au Luxembourg
,&cette Princesse donna
ensuite la premiere audiance
publique ausieur Martine,
Envoyé Extraordinaire du
Landgrave de HesseCassel,
conduit par Mle Marquis de
MagniIntroducteur, qui étoit
alléle prendre en son Hostel
dans lescarrosses de Madame
laDuchesse deBerr«y. Suiie drt Nouveucl.depdril
M.l'Abbé de. Gufmap
tYieoI de nous faire voir- une
espece decuisinenouvelle,qui
-léoninevéritable cuisine de
.,92binei; Le feuyesttout allumé
dans un momentil n'y
sçauroit fumer. La baterie de
cuisine ne s'y ternit pas,&ce
qui s'y prépare est d'un goût
fort exquisqui surpasse de
beaucoup celuy de la cuifinc
ordinaire,sur tout le rôti qui
cS incomparable. Le Soleil
dont les rayons ramassez n'avoit
fcrvi jusqu'icy qu'à bruler
& à détruire tout, est obligé
de rendre encore ce fervicc à
l'homme. On en ramasse les
rayons avec un mé,nagement
tel, qu'on peut appliquer la
mainaufoyer sansen être incommodé
j & ce qu'il y a de
plus avantageux pour le Public
c'ett que la dépense de la ma-
'chloe est fort médiocre. Les
Dimesy pourrontfaire le
Thé& leCaffé avec bien plus
de délicatesse & de propreté.
Ceux qui aiment la bonne
chere y auront dequoy la pousfer
plus loin, sans que leur
fantéen(oufl(e;& les Medecins
& les Chymistes y trouveront
un feu bien plusl'ur. quon-peut aug-
Jmentcr :& diminuer par des
dégrezinsensibles tant qu'on
voudra.
L'Abbéde Gusman inventeur
de cette machine a esté
Bibliothequaire du Roy de
Portugal,&son Lecteur dela
chambre ,&fort estimé deSa
Majesté,à cause deson genie.
Il eti a ssez connu d'ailleurs par
soncau Brésilienne dontilse
sert pour Ikire plaisir àsesamis
qui a produit ici des effetssi
surprenants sur toute sorte de
maladies
, que bi n des gens
disentde cette eau qu'ellevaut
seule presquetoute la Medecine,
dont les secretsn'ont pû
servir de rien pour prolonger
les jours des personnes déconsidération
donc je vais vous
apprendre
apprendre lesnoms &les qualitcz.
MORTS,
Messire Gratien de Menardeau,
Seigneur de Champré,
Jarnieu, Labrosse, Charboniers
& autres lieux, mourut
icy dans son Hôtel le premier
de ce mois âgé de soixante
dix ans. Ce Seigneur estoit
tres estimé ayant resté presque
toute sa vie à la Cour ; ayant
esté employé dans des négociations
importantes par le
feu Roy qui l'avait envoyé en
Flandres au feu Roy Guillaume
lorsqu'il y commandoic
l'armée, & ensuite en Angleterre.
Il estoit tresinstruit des
interests des Princes, & donna
plusieurs Mémoires au Roy
qui furent suivis avant la Paix
de Riswick: il avoit épousé
N.de Lagarde,Veuve de M.
le Févre,.Intendant des Bâtimens
qui mourut il ya 7. à 8.
ans, dont il n'a point eu d'eiu
,, sans.
LaFamille des Menardeau
est une des plus anciennes No.
blesses du Comté Nantois en
Bretagne: Elle tire son nom
de la Terre de Menardeau,
quiest un Château au prés de
la Mer. Noël de Menardeau,
Chevalier, Seigneur de Beaumont,
alla s'établir enGuienne
& épousa Anne de Mulet,ce
fut celuy là qui acheta la Terre
de Beaumont: il eut pour
fils Claude de Menardeau,
Maîtredes Requêtesen1598.
Conseiller d'Etat en 1610. ÔC
du Conseil de la Direction des
Finances. Il épousaGeneviève
Dufault à Bordeaux; c'est le
premier de cette Famille qui
entra dans la Robe:il eut de
son mariageCharles de Menardeau
Maîtredes Requêtes,
qui de son mariage avec Geneviève
de Foulé eut François
de Mcnardeau Maître des
Requestes aussi, lequel d'Hc:
lene
-
Benoise sa femme eut
pourenfans Leonard de Menardeau,
N.Religieux deSte-
Geneviève; Prieur de Ste Catherine,
de la Couture à Paris,
& VisiteurGeneral,N. Chanoine
aussi Regulier de Ste
Geneviève & Prieur de Fontenay
en Brie. Voilà la premiere
branche.
Claudede Menardeau avoit,
euaussi de sa femme Geneviévc
Dusault Gratien de Mcnjrdeau,
ConseillerenlaGrand'-
Chimbre
,
Seigneur de Ste
CIOIX,/qui de Catherine Le.
bret son Epouse eut pour ensans
Françoise de Menardeau
manée à M. de Choiseuil,
Comte d'Hôtel
,
ils eurent
pour enfans M. le Marquis
de Praslin tué à, la bataille
deLuzarra où il se distingua
de même qu'à Crémone, qui
de son mariage avec N. de
Choiseüil n'a qu'une fille mariée
à M. le Marquis de Renepont.
M. le Marquis de
Piaslin a laissé une rur mariée
à M.le M arquis de Vins. Françoise
de Menardeau se remariaavec
leMarquis de Vindé,
Gratien de Menardeau eut encore
pour enfans Elizabeth,
mariée à Denis de Sallo Conseiller
à la grand'Chambre, o tres-connu dans la Republique
des Lettres,ce fut lui qui
fit le premier le Journal des
Sçavans : de ce mariage sont
sortis N. de Sallo établyà
Rome:trois filles Religieuses,
deux,aux petites Cordelieres
dontl'une est Abbesse, à la
quelle sa grande pieté, sa vertu)
son zele ont auiré des af.,
faires qui sont ordinaires aux
faintes personnes, & qu'elle a
soutenu avec une force & une
resignation digne des premiers
Chrétiens. Cette Elizabeth de
Menardeau se remaria avecM.
de Luine-Va llier
,
Conseiller
du Parlement, dont elle eut
Madame la Comtesse de Bussy.
Voilà la deuxiéme branche.
Claude de Menardeau eut
aussi de Geneviéve Dusault,
Claude de Menardeau
,
Seigneur
de Champré, Doyen
de la GrandChambre, Confciller
d'Etat ordinaire, Directeur
& Controlleur General
des Finances, qui soutint avec
vigueur les interessa du Roy
pendant les guertesCiviles. De
son mariageavec Catherine
Henry, il eut pour enfans Gratien
de Menardeau qui vient
de mourir sans enfans; trois
filles Religieuses, deux aux petites
Cordelieres & une à Pontoise,
Marie- Renée de Menardeau
unique heritiere de son
frere, Veuve de Messire Loüis-
François de Lostanges, Chevalier
Seigneur Marquis de
Beduer, Colonel d'un Regiment
d'Infanterie.Le Mercure
a souvent parlé de cette
Dame
Dame à l'occasion de Messieurs
ses Enfans
: Elle en avoit
cinq Capitaines de Cavalerie
& un d'Infanterie, dont trois
ont esté tuez dans cette derniere
guerre, & les trois autres
blessez à la tête des Escadrons
qu'ils commandoient
aux deux batailles d'Hochter,
à celles de Fredelinghen
,
de
l'Estingue, Malplaquct& de
Flerus, dans toutes lesquelles
Mesieurs ses Enfans ont répandu
leursang; Elleenaencore
deux dans le Service, sont qui M. le Marquis de Lostanges,
Capitaine dansLenoncoureCavalerie,&
M.leChcT
valier de Beduer Capitaine âansLouvigni.;
La Maison de Menardeau
cfl: alliéeà cellesde Choifeiiil,
PPrraalsIiltiln,d,d'A'Auummonntt,Jd(et(L:soofstiaan,nges,
saint Alyaîre> NerrÍ1ond.
leCoq,& deSalloleBret: ce
futCatherine le B!F quifit
drcfTerune Epitaphe qu'on
voieà saint Eustache prés le
Choeur,,builç^V dit de ÊraT
tien de ,e.nrdéau:, jprer&ri?
tannosilluflrijjjma Gens orm,
Dom François Mariede
Paule Telles, Giron , Duc
d'Ossone, Comte d'Uruenna,
Marquis de Pennafiel
,
Canw
rero Mayordu Roy d'Espagne,
Notaire Mayor de Castille,
Clavero Mayor de Calarraye,
General desArmées de Sa Majesté
Catholique, Gentilhomme
dt saCham bre,Capitaine
dela premiereCompagniedes
Gardes du Corps,& son premier
Plenipotentiaire à l'Af.
semblée d'Utrecht, mourut la
nuir du
2. au 3. de ce mois
âA gé1 dde .. 3 8. ans. , '¿j
., Marie Eouquet, épouse dArmand Duc de Bethune,
Pair deFrance,
-
Gouverneur
des ,VJlle.. ÔC) Citadelle de
Calais, Fort de Nieulay
,
Pays
conquis & reconquis, Lieutenant
General pour Sa Majesté
dans les Provinces de Picardie,
Haynaut & Boulonois, Commandeur
des Ordres deSa Majesté
, cy devant Capitaine
d'une des quatre Compagnies
des Gardes du Corps du Roy,
mourut en cette Villele 14.
de ce mois âgée de 75; ans,
après59. ans demariagerevolus,
a yant esté mariée le12. de
Fevrier 1657. Elle étoit fille de
Nicolas Fouquet Ministre d'Etat
,
Surintendant des Finances
.& Procureur General au Parlement
de Paris
, mort à Pignerol
en i68cr& de Loüise
Fouché, Dame deQueillac, sa
premiere femme
,
dccedée en
1641.il est forti de son mariage
plusieurs enfans, dont il
restedeux en vie, Armand Jean
de Bethune Duc de Charost
,
Pair de France Capitaine des
Gardes du Corps deSaMajesté,
LieutenantGeneral de ses
Armées, Gouverneur des
Ville & Citadelle de Calais,
Lieutenant General pour Sa
Majesté en Picardie; & Basile
Louis de Bethune
,
Chevalier
de Charost, Ca pitaine
de Vaisseau. P iij
Dame Elisabeth Carré, veuve
en premieres nôces de Mes- -de Cherigny,Conseiller au
Parlement,& en secondes de
Ivicffirc Jean Hay,Marquis
du Chastelet, mourut le ,.:
Mars: elle étoit soeur de Messire
Guy Carré, Seigneur deI
Montgeron, Maistre des Requêtes,&
cy devant Intendant
à Bourges, & de Dame Marie
çarr)fcnlnle de Messire Loüis
de I\,IJchaut, Seigneur de \â
Boursiere & de Bellenave
Conseillerau Parlement, &
cJIc: étoit iîlle de Guy. Carré,
SMeoingtneeguerrodne Oénôuilli& de ,Secretyairedu
Rôy&1Greffe <fû'ConfeiP,
Danguechin. 3b 35' UODnkI 'Vcrt ¡Pfôlg¿fd2.t
de BôifctïibntV Lieutenant
Colonel du gientcBcrrl'yO,
rdCraevMa(cilriitéa&ireChevalier de
de S ,JLoüis)J
moiitutle30. Mars. >}
l;: Damé Mar19fdúValr
Veuye.deMeflljé René LandoùiHet
do LogiVfere, MargUIsedé
Maule,Cbrnftiiflàirtc
général del'Artillerie delà
Marine, Capitaine des Vaisseaux
du Roy, & Chevalier
de l'Ordre de S. Loüis, mourut:
le 31. Mars, laissant entr'-
autresenfans DameCharlotte
Landoüllet de Logiviere, mariée
depuis, l'an 1709. avec
Michel-Gabriel-Raphaël de
Beauv-ais, Seigneur de Gentilly.,
Baron de Beauvais, cydevant
Capitaine des Chasses
de la Garenne du Louvre.
DameMarguerite Mandat,
veuve de Mcssire Ferry Mallet
de Graville
,
Marquis de Valfemé
, mourut le premier
Avril:elle étoit cousine de
Mrs Mandat, Maistre des
Comptes, & Conseillerau
Parlement, & fille de Nicolas
Mandat, Maistre des Comptes
à Paris,& de Françoise Petit,
& petite filllede Galiot Mandat,
reçû Secrétaire du Roy
dés l'an 1572. sorti d'une
famille originaire de la Ville
deLimoges.Feu M. deValsemé
son mari étoit sorti des
Seigneurs de Gr.a11'-Mbranche
de laMaison ucMai!e&
Graville, l'une des plusanciennes
& des plus illustres de
la Province de Normandie.
!
MessireeLouis Fayet,Comte
de Serris, Seigneur de Piscop,
Conseillerhonoraire au Parlement
deParis,oùilavoitesté
reçûdésle14. Février i6/£
mourut sans alliance le6
Avril: il étoit filsde Messire
NicolasFayety Seigneurde
Groflay&dePifcop,.Con^.
iTc~iller auParlement,morten &de Dame MarieLo
fin décharny, petit fils de
JvfeYlSfcNicolas Fayet, Présixent
des Comptesa Parisen
1615. & de DianeSublet
c)Hcudicourc & arrièrepetit
fils d'Antoine Fayet, Tresorier
gGpéennéerruaali dee tl''EErxxctrrraaeoorrddsiinnaa.iirreeddeess
: Messire Charles Witasse
Docteur de la Maison & SocietédeSorbonne,
& Professeur
Royal enThéologie,
mourut le 10. Avril, generalementre
gretté des honnestes
gens. --
Messire Joachim de Lionne,
Comte, de Lionne
,
premier
Ecuyer de la grandeEcurie dt4
Roy mourutle 31. Mars
il étoit-fils de Messire Artus de
Lionne, mort Doyende la
Chambre des Comptes de
Grenoble & petit filsdeSebastien
de Lionne:
,
Seigneur de'
Flandennes &deLeissens,Tresorier
général de laPr ovince de
Dauphiné. Ilcroitcousinger-
Jnjin de feu Messire Hugues
de Lionne, Marquis de Fresnes,
Seigneur deBerny, Mmiftre&
Secrctaire d'Etat, Commandeur
& Maître des Ceremonies
des Ordres du Roy,
ayeul de M. le Marquis de
Lionne d'à present.
Il commença par exercer une
Charge de Conseiller au Parlement
de Grenoble; mais la
tranquillité de cette prosession
ne s'accordant pas avec son
inclination guerriere, il la quitta
pour suivre celle des armes,
il se distingua fort en Afrique,
où ilse vit plusieurs fois (esposé
au dangerde se voir mjngc
par les Mores ; mais en
étant miraculeusement rechape,
il vint en Flandres, où il
servit avec la même valeur
contre les Espagnols ; il traita
depuis de la Charge de premierEcuyer
de la grande Ecurie,
mais il n'en faisoitplus les
fondions il y avoit déjàlongtemps,
lors qu'il est mort
les plus grands politiques & les
plus vieuxnouvellistes du Jardin
Royal des Tuilleriesle
reconnoissoient tous pour leur
Chef souverain,& ils le cc..
gardoient comme un prodige;
agflï veulent-ils que le terrible
Phenomenequi parut il y a
quelque temps en Angleterre
ait annoncé sa more, comme ilarrive assez ordinairementà
la mort desgrandshommes.
-- Le Jeudy deuxième Avril,
le Corps de Marie Casimirede
la Grange d'Arquian
,
Reine
Doüairiere de Pologne
, par mordre deMadame la Comtesse
d'Arquian saDame d'Honneur,
fut transportéde son
Appartement du Château de
Bloisoùiletoitdepuissa mort
sur unlitdeparade,àFEglifc
deS.
"Sauvcur',Paroilfc.QuCpâ!
teau,& mis en déppfl: en at
tendant les ordresdesPrinces
ses Enfans
,
dansla mêmeChapelleou
ontesteexposez les
Corps de la Reine Catherine
de Mcdicis,de Gastonde France
, d'Anne de Bretagne, & de
plusieurs autresPrinces '& Princesses.
Le lendemain troisiéme du
mois fut faitun Service solemnel
où officia M. TEvcqué
de BIOI'S'accompagné de Çon
Clergé ;ttÓutc la Courde la
seue Reine assista à la ceremo
nie, à la telle de laquelleestoit
Madame la Comtesse d'Arquian
sa Dame d'Honneur.
L'Oraison funebre fut prononcée
par le Pere de Couvrigni,
Je suite.
Passons aux Mariages.
MARIAGES.
Messire Loüis-François-
Anne de Neufville ,Marquis
deVilleroy,fils de M. le Duc
de Villeroy
,
&petit filsdeM.
leMaréchal Duc de Villeroy
,
a épousé le14decemoisMademoiselle
de Luxembourg,
fille
fille de Messire Charles François
Frederic de Montmorency
Luxembourg
,
Duc de Luxembourg
,
Lieutenant General
des Arméesdu Roy, &
GDuvSjlcur dela Province de
Normandie, &de seuë Dame
Marie GillonneGillier de Clerembault
sa seconde femme.
Je vous ay déja tant de fois
entretenu de la Maison de
Neufville Villeroy
,
qu'il me
doit suffire tle vous dire ici que
M. le Marquis. de Villeroy ne
pouvoit faire une plus grande
alliance,puisque la Maison de
Montmorency est sans conttrrèéddiittllaapplluussillustre
du Roiau-i t me. 4* - ," ..; M.leMarquis de la Vicuviîlc-
,
qui a éslé Chevalier
d'Honneur de la Reine Marie
Thcrefc*,de la Maiqonduquel
j%y parlé dans les Journaux
j5rtcedçnt$,aépouTé en croi
fîêinéS riôte*le j:de ce mois1
Ji YeúVc deM.deBreteüil Bal
ron a"Ecot{chl, Conseiller de1
Ja grand'Gbimbrç^duParlc^
ment deParis,5"cetteâimabjle
Veuve'hcçfen166o.duniâ- (,., riagedet Charles Côrrite dél
Froullay,grand Mar?cKaI"dçs'j
Logis,Chevalierdel'Ordre du
S.Esprit,& d'Ap'gpV'RÁ#
BaudeaudeParaberc,soeur de
la Maréchalc,t)^hç^dcNâjvailles,
Damed'Honneur,de
laReine, cûdeipçiricMW9
queM.leMaréchaldeTeflcl
GrandcrncChevalier
ndeerla'Oldredsre auS.Étpnc,&Gc-
Galères..
- iAcrix,erezvous-.ppmoment Mademoiselle,& trouvezbopqueveusinvitei
lire une ÔJCquè M. Gabriel
Capitaine de Dragons, a faite
à la louange de Monsieur le
Duc d Orleans, & qu'il a eu
l'honneur de luy presenter. Ce
Prince l'a reccue le plus obligeamment
du monde. M. Ga..
briël distingué par ses services
comme par le goût qu'il a
pour les Lettres, réüssiroit en
Maistre del'Art dansceluy de
faire des Vers, si sa qualité
d'homme de guerre,& la vivacité
de son genie ne loy
avoient pas donné unstyle hardy
qu'il ne veut pas prendre la
peine d'assu jettir à la severité
des regles. Voicy son Ode.
ODE
A Monfeigncur le Duc (TOfleans,
Regent du Royaume.
, Prince éclairé,dont le courAgr,
Respectéde nos ennemis
3 Par unepolitiquesage
Lesforce d'être nos amis.
Pendant que l'Europe en allarmes
Du Croissant redoute les armes, Ta vertu noussert de remparts;
Etnousflatte de rtfperAnce
De voir triompher les beauxArts
Et la Paix regner dans la France,
Hérosquandsurtoutela Terre
RQiue'nilns'iéegdadleesveofsatirreevlaalgeuuer,rre
A Etlutquesuoy porur .Vain- CeCesar,cegrandAlexanddrree..
Pourn'avoirpud'ehxfedéfmite
Ont éprouvez degrandsrevers.
EnvainornéduDiadème,
,
Onfait tremblerjoutï'%Jnbyef^
Si l'onestmaîtrede foy-memf.-,
De Pallas aveclecourage,
Nboust'avaonsvûtdanssles C,onu Prince,t'exposeraucarnage
Altesse de nosSoldats '', Etgouvernantparlafagfjfe
De cette prudenteDéesse -'.
Tuvasfixer noferedejlm.
Sous ton équitableRegence,
Ainfichue l'Aurore au matin
,- AL) Se montre à nosyru-lopl(n"ct'g
Comme Jupiterpar lefoudre
ErrllA les affreuxTitans, , A
TaJusticeréduit en poydre,; Ces monstres qu'onnommeTrai- Tuftuaisnl'amsbi.tio-n deJule,/?,
Poursuivre l'exemple4Htrcule
Cesar tout,grandfutodieux,
Herculequidoitsanaissance
Au plus puissantde^tous^ les
D" ',' '-1 J. Dieux
,
Des coups de ton bras redoutable
Jiesvoiis tomber ce monstre affreux, rendoitsiformidable,
Nourri dusang des malheureux :
Qui nous devorantfaisoit croire
Quil contribuoit à la gloire
D'un Monarque qui fut si
grand: Mais deson flanc épouvantable
C'estl'or qui coule au lieu de
fang,
Lasourceenestinépuisable.
Peuplfpourifnir tamisere
En
En njxin par les plus grands
travaux
Tu cherches au sein de ta mere
Le contre-poison de tes maux.
Plus tu parois infatiguable
Et plus ce
monstreinsatiable
Engloutit tes richestresors;
Mais Philippes ), tes voeux pro-
;,
pice
Va t'aider par de grandsefforts
yi vaincre un monstred'avarice.
venez malheureuses victimes
Du luxe & de l'ambition,
Venez en confessantvos crimes
Meritersacompassion;
Sa severité vous étonne, à
Dans le temps yne Jupiter tonne
Il avertit le criminel:
Et qui méritesavengeance
Bien souvent au pied de l'Autel
Ressentl'effet de sa clémence.
Conformez-vous dans l'abondance
, Sur l'exemple de ce Vainqueur,
Maistre absolu de l'opulence
Encore plus maistre de son coeur.
Vl}Yrz sa vertu,sa naissance
Mépriser la magnificence
Des honneurs qu'on doit à son
rang;
Mais moins il exige d'hommage
Etplus à nosyeux il e^grand
Modérezvostrefier courage,
Et vous '(p°fe à l'ombrage
De ses palmes, de ses lauriers;
Pour vous le Heros toûjours
veille,
Il cherit en paix les guerriers
Et le courage qui sommeille.
Avec un :{ele charitable
Vpus fait part des bienfaits du
Ciel.
Et le Prince qui les dispense
Par une celeste prudence
Unit le guerrier avec eux.
Serviteurs du Dieu de laguerre,
Ensemble au Ciel faites des
voeux
Qu'il le conférue sur la terre.
PLAC E T.
Jadisj'étoisenpied, à present
reformé,
On vous a tant de fois
entendu faire l'Eloge de la
Poësic, que cela me donne
lieu de croire que vous ne
vous rebutez pas de lire des
Vers, lisez donc encore ceuxcy
,
Mademoiselle, je vous réponds
qu'ils n'ont rien d'ennuyeux
, au contrairevous
trouverez dans le Papillon vola
ge, dont vous allez voir
l'Eloge, des traits de legetté
, qui vous sembleront faits
exprès, pour vous montrer
un Portrait qui ne ressemble
pas mal au vôtre.
LE PAPILLON,
Cantate ou Ode a llegorique.
Recitatif.
Vtrs des bords émaille, où
chaquefleurnaissante
Exhaloit danslesairs milledoucesodeurs,
Lajeune Iris goûtoit la douceur
innocente
De cueillir les plus bellesfleurs.
Quand du sein d'un beau lys,
cette jeune mmette,
Apperçut voltiger un Papillon.
badin:
Arreste, volage,dit-elle,
Peux-tutoujours voler en vain.
Air.
Ce Papillon volage
Effraiedu Ungdge
De la jeune beauté
,
Volevers un bocage,
Et confie au feuillage
Sa chere liberté.
Riiij
Les coeurs legers
,
sans cejje3
D'unlienqui les prejje
Cherchent à sécarter:
Laplusvive tendrejje
Leursemble unefoiblesse
Quilsontfoin d'éviter.
Recicatif.
Envain d'un pas leger Iris
croit le surprendre,
Il s'échapetoujours à ses efforts
PllfJans.
L'aimable Iris, dont les charmes
naissans
Forçoient mille coeurs àserendre;
Fit connoistre en ces mots, qu'on
ne doitpass'attendre
Qt£un coeur leger se livre à des
noeuds innocens.
Air
Un volage estinvincible
Il se dérobe à chaque instant :
On triomphe d'un insenstible
Jamais,jamais d'un inconstant.
Beauté, qui eoffide'Z les armes
Qui nous ostentla liberté
,
Vous n'avezpoint aJJrz decharmes
Pourfixer la legereté.
Un volage, &c.
Recitatif.
LePapillon content d'avoir
fuy l'esclavage
Donne un nouveleffort à sa legeretc.
UnejeuneAmarante al son premier
hommage ;
Il s'en lasse, il s'envole ; &jamais
arrêté
On le voitvoltigerdefleurette en fleurette,
Le choix seul des plaisirs rendsa
flame inquiette.
L'épine de la rose,£?* des lys les
froideurs ;
Le rendent inconstant pour une
violette.
Bientost la joiïifîance étousantses
ardeurs,
Il courtles ranimer sur des oeilletsflateurs.
Volage!mais heureux; dansJa
tendre amourette Il , goûte à chaque instant, de nouvelles
douceurs.
Air.
Les Papillons les plus volages
Satisfont toujours leurs desirs,
Plusils offrentd'hommages
Plus ils reçoivent ep/difirs.
Volez,volezsans preference
Atous lesobjets de vos feux;
N'ayez de la perseverance
Quautantqu'il faut pour être
heureux.
moiselle de V. imprimez dans
lemois dernier.
MADRIGAL,
du même.
Un Papillonlassédevolersur
lesfleurs
S'arrêta sur le sein de l'aimable
Sylvie;
Mais le plaisir qu'ileût de ces
raressaveurs
Bientost luy déroba la vie.
Ah! quelfort,pour un inconstant,
De mourir en baisant cette jeune
mortelle:
Ace prix, moy quisuisfidelle
Helas!je mourrois trop content.
En voici encore d'une autre
espece; mais quoy que la
maticre en soit plus serieuse
,
je ne vous prie pas moins de les
lire. Ils pourront peutêtreun
jour vous servir à l'éducation
de Meilleurs vos enfants, ils
font encore dans les espaces
imaginaires, mais vous êtes
JD grâce au Ciel, d'une bonne
complexion,&ilya lieu d'esperer
que rien ne vous dispensera
de subir à la fin la rigueur
des Loix.
Un Avocat au Parlement a
fait une Epistre en Vers François,
où il s'est proposé d'instruire
un jeune homme de la
mêmeProsession ; & de luy
marquer la conduite qu'il doit
tenir dans ses Etudes. Plusieurs
personnes, qui ont vû cette
Piece, ont crû qu'on en pourroit
exttairequelques morceaux,
qui ne déplairoient pas
auxgens dumétier.
L Auteur commence par
unavistres connu,& trèsimportant,
qui est d'étudier avec
assiduité lesOrdonnances,le
Droit, & lesCoutumes.
Les Ordonnancesfont, autant
qu'il plait aux Rois,
Pour chacun des Sujets d'inviolables
Loix.
L'intelligenceenest d'autantplus
necessaire,
Quesanselle onne peut conduire
aucune affaire.
Jeune encore, tu décrois leslire
nuit&jour.
En leur vaste recueil, comme en
un.beau séjour
Lajusticeparoists'estreenfinretirée,
;; j -r
Pourêtre de nonveau des mortels
adorée.
Quoyquel'étudedes Textes
ne puisseêtre trop recommandée
,
il est vray cependant,
pour ce qui regarde les Loix
Civiles, qu'il n'y a point de
guide plussûr que le celebre
feu M. Domat
,
Avocat du
Roy au Présidial deClermont,
qui
qui les a rangées dans un trcsbel
ordre.
Il démontre des loix la constante
équité;
Sur leur nuage épais il répand la
clarté :
Celles qu'un sensmal prisfait
paroistrecontraires
,
Ou qu'onnentend pas bien mil,
gré les Commentaires,
Il les met dans leurjoursi naturellement
f Que les Lecteurs en sontfrappez
d' etonnement.
On ne dira rien ici des CoûtunlCS,
ni des autres connoissances
essentielles
,
qui sont
amplement détaillées dans l'E.
pistre. Tous ceux de la Profession
en sont suffisamment informez
par les differens Traitez
rendus publics sur cette
matiere. On se contentera de
parler d'études moins serieuses,&
plus recréatives.
Lorsquetusentiras ton ardeur
ralentie,
Etparundur travailla tête affel
santie;
Quittel'étude, ou bien
,
lis quelque
plaidoyer
Qui pHtF en mêmetempst'instruire
& tegayer.
.patru
)
le Maître, Erard, tous
trois mis en lumiere ,
Se [oru,fortsignalez dans cette
ample carriere.
Le fiile du premier est coulant,
clair, aiJe.
Le second à bon droit peut être
proposé
A ceux qui recherchant le grand
&lesublime
,
Demandentquetoûjours noblement
on s'exprime.
Erard bien plus moderne, non
moins éloquent,
De persuasion impetueux torrent,
N'alléguéensesDiscoursaucune
raisonvaine,
Et par force àsonsens tous In
Lecteurs entraîne.
Les Factums font aussipropres à
délasser.
De differensendroits il en faut
amasser.
Souvent un Avocatpar ce genre
d'écrire
Dans le monde plaideur tâche de
s'introduire:
Même les plus fameux appliquent
leur esprit
Apolir&limer cetteforte etécrit.
Combien n'y voit-on point de
ebofes remarquables,
De portraits nonftattez,d'images
agreables?
L'étude des Plaidoyers &
desFactums conduità celle des
belles Lettres
,
qui necontribuënt
pas peu à la pzrfection
de l'éloquence du Barreau.
Apprensàte connoistre en bonne
Poësie :
Lis-en de temps en temps quelque
Piece cboïjle.
Les livres de Grammaire
,
amasfez
avecsoin,
Te pourront mêmeencoreamuser
au besoin.
Nefois pas insensible aux traits
d'une Harangue
Où l'on voit éclater les charmes
de la langue.
Contemplequelquefois l'homme
capricieux,
Inconstant fier, injuste, avare , ambitieux:
D'excellens Ecrivains ont peint
cescaraéhres,
Et dévoilédu coeur les plussecrets
mysteres.
Va puiser dans l'Histoire un
grand nombre defaits
Curieuxsurprenans , & digne
d'être extraits.
Sçache ce qui sipassi en la Litte-
rature,
Aidépar lesJournaux de diverse
nature,
Imprimera laHJàTrévoux,
àParis.
Joins-yBayle & Basnage; ils
ont encore leurprix.
Pourvu que tout cela ne soit que
l'accessoire,
Tu rempliras ton rang avec honneur&
gloire.
Remets cette lecture aux momens
de loijtt:
Cherchel'instruction jusques dans
leplaisir.
L'agreable
en un mot doit ceder à
l'utile.
* Cequi plaist sans instruire est
ingrat&stérile.
Vous voicy enfin arrivée,
Mademoiselle, à l'article du
Livre qui vous plaira davantage.
C'est une histoire amoureuse
& peu, prou, ou point
interessante, qu'importe?cest
toûjours une histoire ; estil
rien de plus amusant pour
une jeune personne ?
HISTOIRE.
Une jeune & belleVeuve,
(dont pour raison je tairay le
nom
nom & la Province)amoureuse
depuis trois ans d'un jeune
Marquis, s'ennuya enfin d'aimer
toute feule. La maison
de son Amant n'étoitqu'à
une petite distance de la
sienne,&
ce qui la desesperoit,
étoit que malgré la proximité
du voisinage
,
le Marquis
n'eûtpastémoigné seulement
la moindre envie de
lavoir,& que son indiffèrent
voisin ne la connût tout au
plus que sur ce que la renommée
pouvoit avoir publié de
ses charmes; la liberté donc
sans cesse il vantoit les avanrages
J dans des termes qui retournerent
souvent à la belle
Veuve,avoit fait naistre dans
son coeur le dessein de foumettre
à quelque prix que ce
fut cet insensible, à l'Empire
de l'Amour. Un an se passa cependant
sans que la moindre
apparence d'un succés favorable
pût flatter son attente;
mais le dépit & la colerc s'unissant
à l'amour, lui donnerent
à la fin de nouveaux
conseils. Elle sçavoit de
reste(&c'étoitla plus vive
raison de sa douleur) que son
Amantn'avoit d'ardeur qu'à
poursuivre des bêtes dans les
Forêts, & quelachassefaisoit
toute l'occupation & tous les
plaisirs de savie. Si jen'avois,
disoitelle encore en ellememe
3
qu'une Rivale à combattre,
si elle pouvoit me disputer"
quJel'que temps ma con- quére,l'amour , ,
éclairé rangeroit
bientôt monAmant
fous mes loix, je sçaurois du
moins qu'il sçait aimer; mais
l'insensible est livré tour en- tier à une passion feroce, & chaque jour son ame s'entretient
des plaisirs les plus op- posez à l'amour;il faut pourtant
le voir & luy parler, que
risque avec un mortel de cette
trempe une Amante éperduë,
leplus grand de mes malheurs
fera de ne le pas persuader;
mais il n'importe, courrons en
tous les perils. Ces reflexions
faites, & cette rcfolution prise,
elle sortit de son Château
vers les six heures du soir,un
beau jour du mois de May dernier;&
se promenant négligemment
un livre à la main,
elle s'enfonça dans up bois qui
touchoit aux murailles de son
Jardin, elle traversa des défilez
& suivit des routes où jamais
sans l'amour elle n'eût
ôsé aller seule; elle arriva enfinàunefontaine
où on luy
avoit asseuré que son Amant
alloit tous les soirs se desalterer
& se délasser de la fatigue
du jour.
La nuit commençoit à répandre
sessombres voiles sur la terre,
de funestes oiseaux à faire
entendre leurs trisses ramages,
& la crainte à se glisser dans
les veines, lorsqu'elle entendit
enfin le bruit des Cors & des
Chiens qui luy annoncerent
l'arrivée de son Amant, qui
vint en effet à la fontaine, où
elle l'attendait agitée de mille
foins. Ah! Monsieur,luy dieelle
en tremblant dés qu'elle
le vit, vôtre presence me tire
ici d'une inquiétude mortelle;
la fraîcheur de cette Forêt m'a
invitée à la promenade, la lc.
cture de ce Livre m'a entretenuë
si agréablement que je
n'ay feulement pas songé à
suivre une route, certaine, &
je me trouve enfin seule au
milieu de ce bois sans sçavoir
où je suis, quoique mamaifon
ne foie pas fort éloignée d'ici.
Madame, lui dit le Marquis,
qui de sa vie n'avoit veu une
si belle personne,l'Univers
entier est un asyle pour vos
charmes, & les Hôtes les plus
feroces de ces lieux en respectcronc
toûjours l'éclat & la
majesté ; mais si le hazard
vous a un peu trop exposée
à leur discretion) la fortune
me rend aujourd'huy le meilleur
officeque j'aye encore
reçu d'elle, en m'honorant
du foin de vous reconduire
chez vous; je n'ose pas vous
demander si vous n'êtes pas
Madame la Comtesse de **
parce que mon crime feroic
impardonnable de vous avoir
pour voisine, & de ne vous
avoir pas rendu l'hommage
que je dois à vos beautez.
Vous sçavez mon nom,Monsieur,
luy dit la belle Vcuve.:
sans être à mon égard coupable
de la moindre impolitesse,
& c'et à moi-même que je
dois sçavoir mauvais gré de
n'avoir pas encore reçu la visite
d'un voisin tel que vous.
Ils prirent cependant le chemin
du Château de la Dame,
où ils arrivèrent à bon porr. Je ne vous diray rien des
pensées tumultueuses dont
leur esprit fut agité
,
aprés
qu'ils se furent séparez. Le
calme est dans le coeur des
Amants tant qu'ils joüssent du
bonheur d'estre ensemble, si
l'esperance de se revoir bientost
adoucit en eux la peine
de se quitter, elle ne les affranchit
pas de toutes les rigueurs
de l'absence : mais malgré ces
inquiétudes les expédients qu'-
enfantent les reflexions, les
flattent toûjours du succés de
leurs desseins.
L'indifferent Marquisaprés
avoir rencontré au fond d'une
Forefi.) la plus belle personne
du monde! quels soins, dit-il,
peuvent avoir conduits ses pas
dans un lieu si reculé? ses regards
errants, son embarras,
un certain air de melancolie
que l'amour seul répand sur
toutes nos actions ont été ses
guides. N'ay- je pas entendu.
quelques soupirs échapez de
son sein? toute la jeune Noblesse
de ces cantons joüit
vray-semblablement du privilège
glorieux d'aller offrir sur
son Autel ses voeux & son encens!
ah sans doureelleaime!
& il n'est pas possible qu'elle
foit exposée à recevoir tant
d'hommages d'amour,&qu'-
elle soit belle comme elle l'est,
sans aimer. Mais quelles conjectures
peuvent m'étonner?
mon courage doit-il s'effrayer
du danger de disputer à toute
la terre une si belle conquête?
non, il faut que je triomphe
de mes rivaux, & que j'obtienne
de sa main, de l'aveu
de son coeur, le prix de mon
amour: voila à peu. prés, fîje
ne me trompe, le grand projet
que forma le Marquis pendant
toute la nuit qui suivit
sa premiere entrevûe avec la
belle Veuve.
Le lendemain contre sa
coûtume, l'Amante deCephale
le trouva encore dans son lit.
Il commença avant de se lever
par congedier, chiens, cors,
chasseurs,&tous autres ullan.
ciles de chasse. Il ordonna à
son valet- deChambre de luy
préparer le plus galant de ses
habits, & ilfitsi bien, & s'occupa
si long temps du foin de
s'ajuster,que rien ne fut épargné
dans sa parure. En cette
occasion comme vous voyez,
Mademoiselle, le proverbe cil:
bien veritable: altri tempi, altre
cure. D'autres temps d'autres foins. Enfin l'heure,
d'aller se presenter à la toilette
de sa Reine arrivée, il se dispose
à luy faire sa galante
visite, en valeureux champion;
mais comme dit fort bien l'Al..
manachuniversel de Milan
de la presente année bissextile,
en date du 22. de ce mois,
à s- heures 16. minutes du
matin, les jouës s'applatissent
lorsque l'on bâille. Et M. le
Marquis fut obligé de rengainer
son compliment par un
miserable contretemps qui
vint mal à propos déconcerter
toute l'oeconomie de
fcs projets. Sa mere desesperée
d'une fâcheuse nouvelle
qu'elle venoit de recevoir, se
traîna jusqu'à son appartement,
& luy dit, fondant en
larmes, monfils, la jeunesse
de vostre frere l'a engagé dans
une tres -
mauvaiseaffaire;
voila une lettre qui m'apprend
qu'il est sur le point
d'estre condamné à perdre la
teste, allez vous jetter aux
pieds du Roy, implorez sa
clemence, & Sa Majesté accordera
peut- estreaux services
de nostre maison, une grace
à laquelle le repos de mes
jours est attaché! ne perdez
pas un moment, mon fils, &
mettez tout en usage pour
donner à vostre mere la consolation
d'avoir tout entrepris
pour sauver vostre frerc. Son
salut dépend de vostre diligence.
Je viens d'envoyer
chercher des chevaux de
poste, ils arrivent, montez à
cheval, & rendez vous inccffamment
à la Cour.
Le Marquis accabléde cette
affreuse nouvelle,& en même
tems épouvanté du danger évident
que couroit son frere, ne
balança pas entre l'amour &
le devoir, il prit le party que
ce dernier luy di£boit>& malgré
ladouleur qu'il eût des'éloigner
de sa belle Comtesse,
sans luy avoir du moins fait
connoistre une partie de ce
qu'il sentoit pour elle, il se
servità l'instant des chevaux
quil'attendoient,il se rendità
Paris,&en peu de jours ilfut
assèz heureux pourobtenir la
grâce de son frere. Il se disposoit
déja à faire pour son retour
la mêmediligence qu'il
avoit faite pour son voyage, lorsque de nouveaux ordres,
ou plûtôt de nouvelles instances
de sa mere le condamnerent
rent à prolonger son séjour à
Paris. Elle le prioit dans ses
Lettres de donner tous ses
foins à la poursuite d'unProcés
qui interessoit considerablement
toute la famille, & qui
pendoit depuis longtems au
Parlement decetteVille.Ilne
pouvoir pas avec honneur se
refuser à veiller de prés àune
affaire de cette consequence
aussi , ne négligea t-il rien pour
faire valoir le bon droit & la
justice de sa caufc avec tant
d'exactitude&de précautions,
qu'il gagna son Procés.Toutes
ces choses ( comme vous
pouvezjuger)ne se fonr pas
en un jour;aussi y en employa
t-il tant,que peu s'en
fallut que la Ville ne luy sir oublier
la Province. Je ne croy
pas pour cela que l'image de
sa belle Comtesse fut tour-àfait
effacée de son idée; mais
ce que jesçay bien,c'est qu'elle
n'y tenoit plus guere , & en
voicy la preuve. Au lieu de retourner
dans son Village, il
s'amusa ici à monter à cheval,
à faire des armes, à joüer
,
à
chercher la Compagnie des
Dames,& às'enyvrer souvent
avec des petits maistres. Cependant
Madame la Comtesse
qui n'avoit pûarracher de son
coeur les traits dont l'amour
l'avoit percé, voyant que son
cher Marquis ne revenoit
point dans son Pays, prit une
resolution qui,quoyqu'extrême,
me paroist sufissamment
justifiée par l'excés de sa tendresse.
Elle Ce rendit à Paris incognito,
& s'y deguisa si bien en
homme, qu'elle y passa tant
qu'illuy plût pour le plus aimableCavalier
de France. Elle
:prit le nom du Chevalier de
S **. elle loüa une maison
propre &, commode, elle se fit
un équipage des plus lestes. elle
courut lesspectacles, les promenades,&
chercha enfin toutes
les Compagnies où elle
crût pouvoir apprendre des
nouvelles de son Amant. Le
hazard, dans cette vue, la fcrvit
mieux que tous ses foins.
Un jour étantauxTuilleries
avec son Valet de chambre,
premier confident de ses dcffeins,
elle apperût leMarquis,
elle le suivit, & le ferra de si
prés qu'elle apprit sa demeure
de sa propre bouche
, parce
que dans le même instant il
enseignoit sa Maison àun Cavalicr
qui se promenoit avec
luy. Contente pour ce jour de
cette découverte, elle se retira,
& le lendemain elle fut prendre
un Appartement garni
dans l'Hosteloù il demeuroit.
Le mêmejourils dînerent enfcmble
,
ils se regarderent à
outrance, & le Marquis sur
tour,rassemblant dans les traits
du Chevalier tous ceux de son
aimable Veuve, ne pouvoit se
lasser d'admirer dans un tel
caprice dela nature, un pareil
chef-d'oeuvre: de ressemblance.
Le Chevalier de son côtén'étoit
pas sans embarras, il
trembloit à chaque instant que
cet cxcés d'attentions du
Marquis ne l'aidât à découvrir
le secret de son déguisement.
Mais son habit, ses
discours& ses manieres la rassurane
contre les mauvais
tours que luy pouvoit jouer
sa pudeur, elle s'arma d'une
fermeté capable de déconcerter
toutes les reflexions de son
Amant. Il ne s'imagina en un
mot jamais que cet aimable
inconnu fut sa Maistresse,
fous la forme d'un Cavalier;
mais en consideration de l'extrême
ressemblance,ils lierent
ensemble une amitié trésétroite,
le Marquis ne pouvoit
estre sans le Chevalier, ny le
Chevalier sans luy:tous ses
feux dont l'absence avoit
commencé à rallentir l'ardeur
se rallumerent par cette vûë,
illuy avoüa enfin qu'il étoit la
veritable image d'une belle
per sonnedontilétoitéperduë.
ment amoureux. Illuy conta
l'origine de sa passion, &
le succés malheureux qu'elle
avoit euë dans sa naissance.
& il finit par une protestation
de n'aimer de sa vie que le bel
objet dont il étoit une copie
si parfaite, que son coeur en
seroit desormais partagé pour
toûjours, entre l'amour &
l'amitié. Le Chevalier répondit
à ce compliment les choses
du monde les plus graticufes,
& il étoit trop poli pour y
manquer. Bien plus, on m'a
assûré que les sermentsde son
Amant avoient augmenté au
moins d'un tiers l'éclat de ses
charmes, & que le Marquis le
voyant si beau, luy avoit par
bricole de reflexions juré encore
mille fois de l'aimer juc.
qu'au tombeau. En cet endroit
nos Amants s'attecndrirent
drirent de plus belle, & fc
dirent des choses si douces,
qu'elles auroient amoli le
coeur d'un tigre. On ajoûcc
que dans les efforts qu'ils firent
pour se consoler mutuellement
,ils se conseillerent de
s'écrire des lettres toutes
pleines d'amour, de même
que s'ilseussentété, l'un en
Province, l'autre à Paris. Le
Marquis discret & qui n'avoic
encore vûë sa Maistresse qu'-
une fois, n'osoit tenter temerairement
une si perilleuse
avanture J'en courrois tous
les risques, moy ,
luy dit le
Chevalier, & si l'on ne me
répondoit pas favorablement,
j'irois sur les lieux même, demander
à cette cruelle, raison
de son impolitesse. Vous allez
bien vîte, mon cher, répondit
le Marquis, & vous parlez
en Amant bien moins à plaindreque
moy. Je n'en connois
pas, reprit brusquement
le Chevalier, deplus heureux
que vous:courage, luy dit son
ami accablé de douleur, ajoûtez
des tailleries piquantes aux
malheurs qui me persecutent.
Ils alloient ainsi, en dits &
contredits, se pointiller de façonque
les injures eussent
peutestre entré pour quelque
chose dans leurconversation
si la porte de la chambre où
ils
;
s'entretenoient n'eût pas
été imprudemment ouverte
par la fille de l'hôtesse de
leur maison. Cette fille cu..
rieuse & gentille, étoit du
premier coup devenue folle
d'amour pour le Chevalier,
& depuis le jour qu'il avoic
pris un appartement chezelle,
elle avoit mis tout en usage,
pour se procurer le plaisir de
voir autant qu'elle le pourroit
ce doux & charmant ob
jet de ses voeux. Sa mere en
étoit fole aussi:mais son cher
& bien aimé Marquis luy faisoit
méprisertoutes ces bonnes
fortunes. Cette fillen'avoir
pu sans un mouvement de
jalousie entendre repêter tant
de fois, & même avec chaleur,
le mot d'amour& d'amitié:
& la crainte que les personnes
qui se tenoient ce beau langage,
ne se portassent à quelque
violence préjudiciable à
son Chevalier, l'avoit déterminé
à venir rompre leur entretien.
Un moment après
cette sortie de la Donzelle, on
vint annoncer au Marquis,
qu'un laquaisdemandoit de
luy parler, sans vouloir dire
de quelle part. On le fit en..
trer, illuy donna une lettre,
& feignant de se retirer dans
l'antichambrepour lui donner
leloisir de la lire, il descendit
dans la cour, & delà dans
la ruë, sans réponse.Voicy le
contenu de cette lettre.
S'iletoit possiblede mettre d'accord
l'amour & la raison, la
mienne triompheroit depuis longtemps
des foiblesses de mon coeur;
mais la puissance qui m'emporte
ne peut maintenant estre retenue
par aucun frein. Je vous aime !
quel aveu pour vous & pour
moy ?cependant, quoyqu'ilmen
coûte, je ne rougirayqu'à demy
4e ce sacrifice de mapudeur,si
vous consentez à mous trouver
ce soir à dix heures à la Porte de
l'Hôtelde. vous vous laijjere^
conduire par la perjonne qui
vous demandera votre Nom, Cr
je meflatte que dans notre entretien,
vous me rendre% la justice
que maintenant mon amour derobe
à ma vertu.
Le Marquis étonné de la
lecture de ce Billet, & peutêtre
encore novice, quoyqu'il
fut depuisquelque temps dans
une Ville où tout fourmille
d,'avanturcs & d'avanturicrcst
le leut encore une fois avec
grandeattention. Vôtre dessein,
lui dit le Chevalier , est
sans doute d'apprendre cette
Lettre par coeur. Loin.de
cela,luyrépondit le Marquis,
je ne l'ayrelcuë que pour
essayer de deviner de quelle
part elle peut venir, Cette
Lettre qui flatteroit peut être
la vanité d'un autre, ne picque
point la mienne ; je fuis
insensible aux plaisirs que l'amour
me promet, & je ne
sçai si je ne regarde pas comme
une mauvaise avanture
cette bonne fortune que le
hazard m'envoye. Non, en un
mot, quelques douceurs que
mepréparé ce tendre rendez.
vous, je la sacrifie à l'aimable
personne, qui feule est capable
de me faire goûter de vcritables
plaisïrs ; cependant il
y va icy de mon honneur, &
c'cfi une forte chose dans le
ficclc où nous sommes, de
vouloir faire le cruel avec les
Dames. Mais tenez, lisez ce
Billet, Chevalier, & dites moy
le parry que vous prendriez si
vous étiez en ma place. Parbleu,
répondit le faux brave,
je nebalancerois pasun moment
à metrouver au rendezvous.
Hé bien,reprit le Mar.
quis, je vous conjure au nom
de toute l'amitié qui nous unit
d'allcr joücr mon iôle auprès
de cette Dame; quand elle
m'aimeroit à la rage, toute
son ardeur pour moy s'éteindra
en vous voyant. Vous avez
une éloquence& des traits
qui persuaderoient la plus incredule
ene ferez vous pas
auprès d'une femme échauffée
déja du feu de ses desirs. En
un mot, ce troc ne l'étonnera
peutêtre qu'un moment. Le
Chevalier eût beau chercher
des détours pour se deffendre
de lacommissionil fut enfin
contraint de s'en charger, ce
qu'il fit sans peine, étant l'auteur
de cette belle expédition.
L'heure du rendez-vous arrivée
,il monta dans sonCarrosse
&fut tranquillementse
coucher dans la maison qu'il
avoit louée, en arrivant à Paris,&
qu'il occupoit toujours,
quoyqu'il n'y logeât pas. Le
lendemain le Marquis luy demanda
des nouvelles de l'avanturc.
Une demie douzaine
de mensonges ingénieux le ti.,
rèrent d'affaire, en voicy un
encre autres. Non, lui die-il,
mon cher Marquis, il n'y a
pas dans Paris une femme plus
aimable que celle dont vous
avez hier méprisé la conquê.
te. Elle a des yeux ! un nez!
une bouche! un esprit! ah
j'en fuis éperduemcnc amoureux,
& je ne trouve point
de termes pour vous marquer
le gré infini que je vous [çai.
de m'avoit procuré une si
belle connoissanca ; mais en
revanche, il faudra que vous
alliez cette nuit joüer auprès
dune personne à qui je deviens
infidèle par cetre avanture,
le même per sonnage
que vous m'avez fait jouer,
hier, ce que j'exige mainte
nant devouseft sans répliqué.
Le Marquis y consentit, fût
d'en estre quitte pour excuser
son ami. Il prit avec l'heure
du rendez vous une adresse
de la mai son où on devoir le
recevoir à pareille heure que
le Chevalier y avoir estéreçu
laveille;c'étoit justement la
même maison, qui par une
commodité qui vient à merveille
à mon récit, avoit deux
portes sur deux ruës differenttes.
Tout bien concerté cn- euxils se separerent. Le
Marqué s'amusa en attendant
lanuit, à lire un tome de Clelie
,& le Chevalier alla chez
luy se disposer à mettre heureulement
àfin la fingulierc
avanture qui doit terminer en
tout bien & tout honneur
cette memorable Histoire.
*
La noire nuit venuë le Marquis
se rendit à l'Hôtel de **
dont une fille vint myfterieusement
luy ouvrir la porte,
elle leconduisit au milieu des
tenebres ,&' par différentes
routes, jusquaune antichambre
où clic le laiila un moment
sans lumierc. Elle vinc
enfuitele reprendre & le mener
dans un appartement magnifique&
bienéclairé. Il n'y
sur pas plutôt entré qu'clio
s'en alla. Quelles rcSexions
quelle contenance pour un
homme amoureux à cent
lieues de l'endroit où il efl!
Enfin on ouvrit avec grand
bruit la porte d'un Cabinet
doùsortit une Dame si brillance
par l'éclat de fcs habits.
si ravissànte par la beauté de
son visage,si majestueuse par
la noblesse de son porc, & si
touchante par la douceur de
Ces yeux, que.que. que la
merc des Amours s'en fcroit
à sa yeuë précipitée de dépit
dans l'onde.
Que vois je, dit-elle, à Tinfiant
feignant d'estre surprise,
& même indignée de la présence
d'un autre homme que
le Chevalier ; Qui estes vous
téméraire? & quel perfide
conseil a guidé vos pas jusqu'icy
? Pendant ce discours
le Marquis la rcconnoiffant,
trembla, pâlie, fc laissa aller
tout de son long par terre,
& dit en tombant: Ah cruel
Chevalier! bal barc ami! &
comme s'il fût tout-a-coup
descendu dans lanuit du tombeau
, il perdit l'usage des
sens; toutes les drogues imaginables
furentemployées
pour leur retour, outre les
aromates, les invocations
& les larmes ne furent point
épargnées. Enfin, comme
dit fort éloquemment & frcquemmentunjeuneAuteur
de
Romans de mes bons amis,
ses grands yeux bleus & mouransse
rouvrirent, & bien leur
en
en prit, car s'ils eurent restez
fermez, les chores. auroienc
pris une face qui auroic
bientôt mis, tout le monde
en deüil.Quandilles eût.doac
rouverts, illes attachaJanguiÇ
samment. sur sa Dame, en
pouffant de beaux & longs
soupirs,& lui dit douloureu.-
sement ces rendres mots:
a Ceffcz) Madame, de prendre
quelque part au malheur
d'unmiserableàquilavie ne
peult:cêetrreeqquua'càchaarrggee , après J apres
ce qu'ilvient d'éprouver.Ouy
je mourrai content puisquej-ai
vue encore une fois la divine
personne qui seule a cû lepouvoir
de me rendre sensible. Helasjebornoisloinde
vouscous
mes plaisirs à contempler dans
l'heureux Chevalier, des traits
qui fortifioicnt mon amour :
ôc je necroyois pas trouver eir
luy un rival, & un rival aimé
pour qui je sens bien que je
n'ay plus maintenant que de la
haine.
Pardon
,
Madame, l'état
déplorable où je fuis ezeufe la
témérité de mes plaintes. Oüy
perfideamy tu rcccvcras des
marques de mon indignation
& demafureur,puisquetu trahis
ma crcdulité" mon coeur &
ma MaÎtrctfc. A ces paroles
il en ajoûta bien d'autres que
j'ay oubliées. Cependant ce
fut à peu prés en cet endroit,
autant qu'il m'en peut fouvenir,
que la Dame l'interrompit
pour luy tenir les propos fuivants.
Faisons la paix, mon cher
Marquis, je fuis maintenant
pleinement persuadée de l'amour
dont vous brûlez pour
moy. C'est moymême qui
fuis le Chevalier qui vousallarme.
Je vous ay mis je vous
,
l'avoueà deux épreuvescruelles
; mais il n'en falloir pasmoins
pour me rasseurer.En
un mot c'*el{ll à mon tour à,
vous demander pardon de la
liberté de mon déguifemenr.
Avec moins damour, j'aurois
moins risqué ; mais voftrcme-,
rite
, & les conseils de ma tendresse
ont seduit ma raison.
Vangcz-vous maintenant ?
accablez moi de mépris, si
vous trouvez à voftrcégard
quelque chose d'odieux dans
mon amour. ',,.n'1t\
Je vous laisse à penser, si
après ce que vous venez de lire
*
la paix fut faite. Oüy elle le fut.
& si bienqu'en
:
moins de
quinze jourselle fut cimentée
par un bon contrat en formes,
& jurée solemnellement aux
pieds des Autels,avec des ferments
réciproques d'une éter--
nelle fidélité.
J'aurais traite cette Hijîoire plus
feiieufement si je navois appre-;
bendéque ma gravite&certains
incidents que j'aysagement fup- *
primez
9
neujjenttrop Jéfigne
les noms C. Ils quilitek de mts.,
¿rfursII. ;..
Voicy un article d'émula-
- tion pour vous, Mademoi--
felle; c'cft une Chanson, dont
l'air & les paroles font de lac
composition d'une jeune De--
moiselle qui a beaucoup des
merite, d'cfprit, & un goûeaj
singulicr pour lamusique.
PRINTEMS.
RtgntcharmAlttPrinttms
ranimez la nature
Ramener les pltilirs,lesamourti,
& les jeux,
Faites briller les fleurs & IA\
verdure,
Printems
Redoublez les, concertsdes
oyséauxAmoureux;
Et nous jeune Zephir, fidèle
jémant de Flore,
Vene^ du tendreamoursuivre lesdoucesLoix,
.:..
Hatez-vous d'embellir nos Jardins
& nos Bois :.
Mais n'y revenez point sans
l'objet quej'adore.
rez aussi bon marché de celle..
cy. Le mot de celles du mois
passsé étoit la Girouette ôc la
Vigne. Les noms de ceux qui
lesont deviné, font les noms
de tous ceux qui les,ont lûës ;
mais plus particulièrement la
tendre Daphné,le malheureux
Lycas, le jeune Durocher de
la ruë du Four, le Bas Bourgeois,
& les deux aimables
Soeurs de laruedu petitLyon.
ENIGMES.
ENIGME.
Qui qu'âgede plus de mille
ans,
J'ay tous les sans, unsquarante en-
Onseprépare à leurs naissances
Par de grandes réjoussances;
Mais ils ne sont pas plustost nz
Que les humains sont consterne
Car ils font mal a tout le monde
A la notre comme à la blonde
:
Aussisont-ilssimal reçus
QuauJJiofl qu'ilssont , apptrçûrJ
Le premier (si réduit en cendre J
Deux alafois onenpeutprendre
Et le dernier estsiretif à manier
Que de ceux qui vont les furprendre,
Il en abbat. grande quantité,
Même pour le forcer à se rendre
Il luy faut un ressuscité.
CetteEnigmeestdela
: Cette" Enigme (si: de la
composition de la charmante
Madcmoiselle de Lissalde de
la ruë de Harlay.
AUTRE.
De la composition duParisien
Parisien, qui n'a pas jugé
à propos de m'enenvoyer
le mot, & que je n'ay pas jugé
à propos dedeviner:celles
que je recevray dorefnavanc
de cette façon, n'auront point
de place dans le Mercure. 1 ENIGME.
Desfruits dont la nature orne
toute la Terre
Je fuis le plus commun; mais
aussi le plus beau.
Jesuis de tous Pays,Perse,France
,
Agleterre
Continent Ijlc ou Roc, je viens
même sur l'eau.
Mais un prodigesurprenant,
CJejl que n éiarit plante de 14
main d'aucun homme,
L'on me feme à Patis,(7l'on
me cueille à Rome.
Eji il rien deplus étonnant?
Souvent je viens toutsent,sou
vent ilfaut m'aider;
Mais sipour m'arracher de l'arbre
qui me porte
Par un ferascasin tu l'oses hagarder,
Tu ne tiens rien alors, & ma
racine eji morte.
Ilen maintenant à propos
de vous dire un mot des spectacles,
ilsont esté rouverts le
lendemain de la Quasimodo,
avec différentssuccés. La Co.
medie Françoise voit peu de
monde à l'ordinaire,elle est
depuis quelque temps en possessiondefaire
deserter les
spctateurs. Le 21 de ce mois
la Comedie du Bourgeois Gentilhomme
fut representée devant
le Roy. Le Thcâcre de
l'Opéras'entretient toûjours
honorablement avec le public
On y representa pour la
premiere fois le 10. de ce mois.
la Tragédie d'Ajax
,
où l'Auteur
des paroles,& M. Bertin
qui en estleMusicien semblent
avoir également réussi chacun
dans leur Art. J: parlerois
plus précisemeent de cette
Tragedie,&j'en circonstancicrois
davantage les défauts &
les beautez
,
si je l'avois veuc
plus d'une fois. D'ailleurs il
faut pour ces fortes:d'extraits
plus deloisirque je n'en ay&.
le temps m£ presse.
Lanouvelle la plus interesfanre
que je croye pouvoir
à present vous apprendre, c'est
qu'on nous promet pour le
io. du mois prochain ,l'ouverture
de laComedieItalienne.
On travailla continucucment
à,la réparationduThéâtre
del'Hôtel de Bourgogne,
oùM.Octave qui clt charge
dela part du Ministre
,
de tous
les détails concernants cette
Troupe, ne négligera aucune
deschoses qui peuvent contribuer
à rtmbclhflemem de ce
spectacle, ôc à la tàlisfàa-ot-i
du public. J'ay à cesujetdeux
mots à répondre à une objection
que tout le monde me fuie.
Quelplaisir,dit on,pourront
prendre à laComedie Ita lienne
ceux qui n'entendent pasla
langue. Je réponds à cfcla premièrement
qu'elleest très sacile
pour touc le monde, qu'elle
a en second lieu beaucoup de
rapport avec la langue Latine,
ce qui est d'un grand secours
pour ceux qui la sçavent
,
de
plus j'a joute quelle a beaucoup
de conformité avec la
Françoise
, ce qui en facilitera
l'intelligence aux Dames. Enfin
ce fera pour tous ceux qui
ignorent l'Italien qui est la plus
galante&la plus délicate langue
du monde, une ecol e ou
ils l'apprendront en tres peu de
temps,6<: un plaisir regle &
toujours nouveau pour ceux
qui la savent.
APOSTILLE.
Réponse à M. D. L***
Je vous remercie
,
Monsieur
,
du present que vous
m'ossi ez devotre amitié, dans
la Lettre que vous m'avez fait
l'honneur de m'écrire
,
&dela
peine que vous prenez de recueillir
tous les suffrages qui
neme sont pas favorables pour
me montrer le nombre des
gens avec qui j'ay à me rccan*
cilier. Je vois dans tout vôtre
procedé à mon égard un fond
admirable d'indulgence
,
&:
dans les endroits même où
vous poussez le zele un peu
trop loin:,, j'y démesse un ef-;
prit decharité ,qui m'encourage
à me corriger de mes
dessauts, & qui me détermine
à vous répond re.
De plus dedeuxcensLettres
que jereçois par mois, & que
je lis avec attention, il n'yen a
souvent pas six dont je puisse
employer letiers. Si tous ceux
qui me font l honneur de m'écrire,
écrivoient comme vous,
je pourrais sans temerité répondre
au Public dumerite
de mon Livre: mais cela n'étant
pas, enseignez moy de
grace à qui je dois avoir recours
pour me tirer d'affaire.
Les Mémoires Littéraires font
d'une raretéétonnante, les
bonnes pieces de Poësie sont
encore plus difficiles à trouver,
je n'ay depuis 25. mois que je
faits le Mercure, reçu de personne
une Historiette écrite,
& je ne m'avise pas, comme
vous le ravez fort bien, de
composer les Annales de la
Cour & de la Ville: je vous
fers cependant regulierement
chaque mois, tantôt mal
, tantost
mieux. Mais pourquoy,
Monsieur, mes Genealogies
vous paroissent
-
elles trop
courtes ; d'autres personnes
trés sensées, disent qu'elles les
cnnuycnt. Mes Nouvelles
vous semblent vieilles,elles
sont pourrant neuves quand
je les reçois & quand on les
imprime.Est-ce ma faute
si je ne pars qu'après les
Gazettes.Vous avez plus
d'indulgence pour ce que
je conte que pour le reste
du Mercure, je vous en fuis
obligé: mais je ne croy pas
qu'il y ait d'homme au monde
qui ose entreprendre de donner
tous les mois un Livre de
sa façon. Du reste, & voicy
voitre grief, vous me reprochez,
comme un crime, les
frequents assauts que je
donne à la ComedieFrançoise.
Loin d'avoir aucune aversion
pour ceux & celles qui la
composent, je ne souhaite
rien tant que de voir leur
Theâtre en honneur; mais
c'est ce qui n'arrivera point
tant qu'ils traiteront les Auteurs
qui auront affaireà eux,
comme ils les ont traité jusqu'à
present: & je trouve une
très- grande difference entre
ceux qui composent les pieces
de Theâtre, & ceux qui les
representent.Cette réponse
vous épargnera la peine de
prendre mon silence pour un
appel. Quand il vous plaira
nous en dirons davantage.
Je fuis, en attendant de vos
nouvelles, Monsieur, vostre
trés humble,
MERCURE.
AVIS.
Lesceur Guillermié, MachinisteduRoy,
a inventé &
fait un nouveauInstrument de
musique. Ilest sans tuyaux&
sans souflets, & a les fons tenus
comme l'Orgue. On peut
enfler & desenfler les sons, &
faire la plainte sur quel ton que
l'onsouhaitera. Ilsejouëà 2.
3. 4. & 5. parties sur un Clavier,
que ceux qui le voudront
toucher, trouveront suffi
doux que eduy du Clavessin.
Cet Instrument se voit
chez le sieur Guillermié, rue
Bourtibour, présleCimetiere
S. Jean, chez un Menuisier,
au troisieme appartement.
On prendra pour chaque
Per sonne le quait d'écu
couranr.
Autre Avis.
Le Public est averti que le
sîeus Jacques Dubié de Lyon,
qui a esté reçû à Paris, à S.
Cosme en qualité d'Operateur
manuel experr pour les dents,
travailleartistement& méthodiquement
dans les operations
tions pour ce qui concerne
generalement les dents. Il
les nettoye avec une si grande
legetté de main qu'à peine le
trene-on, & les rends de la
derniere blancheur; s'il s'en
trouve de cariées il les remplit
de plomb, pour éviter les
mauvaises odeurs, en met d'artificielles
qui imitent les naturelles,
lime & sépare toutes
les autres,& redresse celles qui
font de travers, de maniere
que les alimens ne peuvent s'y
attacher, illes tire avec beaucoup
d'adresse en les touchant
jusqu'à la moindre racine,
pour difficiles qu'elles puissent
estre, & enrernce denaturelles
qui dure autant que la vie
chose extraordinaire,il prouve
par experience tout ce qu'il
avance.On ne trouve quechez
luyleveritableopiat duLevant
pour conserver & rafermir les
jensives, dbnc il a des pots à
tout prix; ilse Cerc aussid'une,
poudre qu'il vend, qui rend
les dents blanches comme
l'albastreenseles frottant seulement
avec le doigt & en se
rinlfdnt la bouche avec de
l'eau tiede; il est le seul quiait
une essence qui appaise sur le
cfeamp les douleurs les plus
vives en en mettant une seule
goute dans le U.QUdelà,dent
&., guéritgeftÊrakmenr^ tpjis
,ltss maux quiviennent à U,
bouche: les D.Hn,e.s luy a.u.
ront bon gré de ladécouverte
Qij'll afaitdu plus ba.uJ[,,(ret
du çnonde pour 1er teint qui le
rend beau, uni& Ycrmeilr,
donnant un air de santé, effaçant
beaucoup de deffauts du
virage; c'est une poudre blanche
dont on se~sermomme l'on
fait du rouge, on peut même
lamêleravec la pommade.
Plusieurs grands Seigneurs
& Dames de la Cour luy font
l'honneur de se servir actuellement
de luy.
Il vaen Ville tous les matins,
on cft sûr de le trouver les
aprés. dinez; il travaille tous
les Jeudis pour les pauvres. - Sa demeure, ruë dela Comedie
, son Enseigne est Ici
Copie d'une Lettre d'une Dcmoia.
selle, à l'Auteur, 4
Réponsedel'Auteur, 6
Extrait de la TfaedÍt de Bclifaire,
iteprefenteé par les EcoliersduCollege
de Louis le
Grand. 11
Nouvelles de Rome, 42.
DeVenise, 48
DeConstantinople90
De Toulon, 91
De Genes,93
De la Trape, 5>4
DeCadix, V&
De~c~~8
DeTurin, 100
Ji)e Londres, 103.
De Lisbonne,Nouvelle fwggliere,
130
DeParis3 13y
Suite des Nouvelles de Parisx
Martoiclretcus/i1**x6^1157
fyhdriages, 184
Ode présentéepar Ai* Gabriel
Capitaine de Dragons
,
à
Monsient le Duc d'Odeans,y
Regent> 187
Le Papillon, Cantate ou Ode
allegorique de M. D. S. 197
Madrigal du même,204
Extrait d'une Epitre en Vers,
d'un Avocat au Parlement,
à un jeune homme de la même profejjion,106
Histoire, 116
Chanson, 162,
AChappitroe dsestEinlilgem,e2s,27633
Avis, 279
.Áutre Avis:l 280
MERCURE
GALANT.
A PARIS,
M. DCCXVI.
AveçPrivilège du Rty,
MERCURE
GALANT.
Par le Sieur Le Fevre.
Mois
d'Avril
1716.
Leprixest 30. sols relié en veau, 8c
2*5. sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,
au bout du Pont Sainr Michel,
du côté du Marché-Neuf,
au Livre Royal.
.A.vlr.Afrlttwn>&Privilègedufoi
MERCURE
NOUVEAU
A SON ALTESSE ROYALE
-
Monseigneur
LE DUC DE CHARTRES.
ADEMOIIELLE,
je fuis trop sensible au
plaisir que m'a fait la
Lettre que vous avez pris la
peine de m'écrire, pour ne la
pas rendre publique. La question
que vous me proposez
roule sur la plus agreable incertitude
du monde;mais
avant d'y répondre, ne trouvez
pas mauvais que jedonne
icy la copie de vostre Lettre.
Je vous lis
,
Mercure
,
depuis
que vous estes en possession d'entretenirtout
legenrehumain des
avantures du monde, vosjÃiUÍts.
vos caprices, vostrebadinage &
même le desordre de vos pensées,
me plaisent plus que l'art &la
conduite de toutes les autres productionsd'espritdont
le titreseul
souvent m'ennuyé. Enfin 'Vous
avez trouvé le secret de me
plaire,jusqu'à m'obliger à vous
écrite
>
ce n'estpeut-estre pas
làle moindre de vos suffrages;
maiscess*fft%, vous loüer. Passons
maintenant aumotifqui me
détermine à vous envoyer cette
Lettre. J'aitrouvé jusqu'àpresent
dans les volumes que vous
nous donnez tous lesmois,un
grandnombre de Questions ; mais
pourquoy ne vous estes vous pas
encore avisé de proposer celleci.
Que peur penser une fille
aussi capable de donner de l'amour
que d'en prendre, de sa
passion d'un Amant timide &
trop respectueux,ou des cm.
portemens d'un homme vif,
hardy
,
tendre & jaloux
: &
lequel des deux est le plus digne
de preference. Vostre ¡¡ttention
àsatisfaire tous ceux qui
vons écrivent, me fait esperer
que 'Vous ne negligerez pas de
répondreama Qucjiion :J'attends
de vous cette complaisance, ç£*
suis, &c.
Vous avez raison, Mademoiselle,
de ne pas douter que
je réponde à vostre Lettre, &
voicy mon sentiment sur la
question que vous me proposez.
Vostre choix, si vous estes
aimée de ces deuxespeces d'Amans
,
fera l'ouvrage de vôtre
temperament. Voila ce qu'à
vostre égard je pense là dessus.
Et voicy mon opinion en general.
L'homme qui n'ose exprimer
ny écrire ce qu'il fent pour
un objec qui luy plaist
,
donne
lieu de penser qu'il n'a pasl'esprit
de le faire. Otez l'esprit à
un homme qui aime, à moins
d'un caprice auquel il n'y a rien
à répondre, on n'a plus qu'un
pas àfaire pour le mepriser.
Un temeraire se broüille
quelquefois avec ce qu'il aime
par l'audace desesentreprises;
mais cette audace n'ôte rien de
la bonne opinion que l'on a de
sa temerité : souvent avec peu
d'amour il per suade qu'il en a
beaucoup, & presque toûjours
il arrache à force d'importunitez,
ce qu'on n'accorde presque
jamais aux refpccb En
un mot ,
si j'avois l'honneur
d'estre de vostre sexe, j'aimerois
mieux que ma vertu succom
âr sous la violence de la
passion d'un Amant hardy
,
que la voir mal ataquée par les
foins glacez d'un Amant timide.
Il ne me reste plus aprés
vous avoir declaré de bonne
foy mon sentiment sur cette
question, qu'à vous prier de
me permettre d'entrer en lice
avec vous, & vous verrez de
quelle maniere s'y prend pour
prouver qu'il aime,
Mademoise lle,
Vostre tres-humble &
tres obéissant serviteur,
MERCURE.
APOSTILLE.
En revanche du moins de
mon ex ctrude à répondre à
vostrequestion
,
de laquelle
j'ay fait à vostre consideration
le début de mon Livre. Je
vous prie d'en lire tous les Articlesqui
vous plairont à commencer
par cet Extrait de la
Tragedie de Belisaire; Tragedie
qui a esté representée par
les Ecoliers du College de
Louis le Grand. Si la It'CclJre
decet Articlevous plaist;lisezle:
sinon cherchez en d'autres
qui soient plus devostre goût,
& ne soyez pas assezsimple
pour vous ennuyer parcomplaisance.
EXTRAIT
De la Tragedie de Belisaire representée
par les Ecoliers du
CollegedeLoüis le Grand
)
le
19. du mois passé,
SUJET.
Belisaire accusé faussement
auprés de l Empereur Juitinien
,
d'avoir formé des projets
ambitieux pour le ThiôntIl
se vietoutd'un coup dépoüillé
de ses dignitez&de ses.
biens. Peu de temps aprés 1^
disgrace de Belisaire, l'Empereur,
qui s'estoit privé de son
plus fermeappuy,en perdant
ce grand Capitaine
,
fut en
danger de perdre l'Empire & laviemême. Hypatiusfavorisé
de presque toute la No..
blesse,sefit couronner Empereur
dans Constantinople.Justinien
s'estoit enfermé dans
son Palais sansoser paroistre.
On couroit même pour l'y
massacrer,sila valeur de Belisaire
ne l'eut sauvé de la fureur
de ces rebelles Tursel. dans
son Histoire universelle..
La Scene està Constantinople
dansle Palais de l'Empereur.
PROLOGUE.
La France celebre le fortuné
séjour du Roy au Louvre,
& invite les Dieux Champêtresqui
environnent ce
Palais à venir le celebrer
avec elle.
LA FRANCE.
jdgreabUsruifletux qui coulezdans
cesplaines,
jujqHes dansl'Océan vous portâtes
mes pleurs:
Vous annonciez par tout lesujet
de mes peines :
Annoncezaujourd'huy la fin de
mes malheurs.
Je pleurois un Héros, * dont
l'éclatantegloire
Ebloüitsilong tems lesjeux de
l'Univers,
Un Princegrand dans la 'Viaoire
Plus grandencore dans les revers.
Sous l'Empire du nouveau
Abattre * *
ç. Louis XIV.
t:, Louis XV.
Son regne brillantva renai'trei
De ce Prince fameux nous verrons
les beauxjours
Sous un Heros naissant recommencer
leur cours.
Déja toutenchante
Dans cet heureux séjour. *
Demeure brillante ;
L'objet de mon amour **
Vous rendplus charmante.
Déja tout enchante.
Dans cet heureux séjour.
jih! cess un plaisir extrême
De possederce que l'onaime!
* Le Palaisdu Louvre.
**,LouisXV.
Vous possedez un bien dont nous
sommes jaloux,
Palais trop fortunez ,quevôtre
sortest douxî
Zephirs
, en vôtrelangage,
Repetezdansce bocage:
Vous pojpde%
, &c.
Ruisseaux
, que vôtre onde pure
Rediseparson murmure :
Vous possedez, &c..
Que les Bergerssurleurs mfl
settes
Le répetenttour atour:
Que les oiseaux d'alentour
Redisent dans leurs chansonnettes:
Palais trop fortunez
, que vôtre
sortestdoux!
Ah! c'est un plaifirextrême
De posseder ce que l'on aime!
Vouspossedez un bien dont nous
sommes jaloux
3 Palaistropfortunez,quevôtre
sortest doux!
Dieux des eaux ,
Dieux des
-
bois
,
& vous aimable Flore,
Qui regnez dans ces lieux charmans
, Paroissezrevêtus des plus beaux
ornemens,
PourplaireauHérosquej'adore.
Jeux fugitifs
,
rassemblezvous
:
Venez,plaisirs
, -occoure:Z tous:
Volez:la France vous appelle.
Que le doux son des chalumeaux
S'unisse au murmure des eaux.
Pourrcwdte lafêlpiNS belle.
Que lesfleursdans unsibeaujour
Devancent le retour
De la saisonnouvelle.
Jeuxfugitifsi Venez
,
plaisirs, accoure^ tous;
Volez, la France vous appelle.
Fin du Prologue.
I. INTERMEDE.
Le Dieu de la Scine, & deux
Nayadcs élevent à l'envi le
bonheur qu'ils ont de baigner
de leurs caux le Palais
que le Roy honore de sa
presence.
LE DIEU DE LA SEINE.
Mes eaux nesuivant qu'avec
peine
Le douxpenchant qui les entraine,
S'éloignent à regret de ce Palais
charmant!.
Penetrons le sujetdeceretarde-
1 ment.
Mais De secrets liens me
retiennentmoy- même!
Que vois-je?..Est.ce un enchantement
Non
, non. j'apperçois ce que j'aime. *
Coulez mes eauxplus lentement;
Je ne condâne plus vostre lenteur
extrême.
Travaillons à le rendre heureux.
Il n'est rien qu'onnesçache faire
Dans l'ardeur que [ton a deplaire
* Louis XV.
A l'unique objet deses voeux.
Nymphes,sortez de vosgrot
tesprofondes,
Vene7,, sans craindre les l-ly'VersJ
Offrir le tribut devos ondes
Au plus beausang del'Univers.
DEUX NAYADES.
Sortons,sortons denosgrottes
profondes;
Allons , sans craindre les Hyvers,&
c.
UNE NAYADE.
Que nostre onde jtemrreffi
- sans ceps
Aservirses desirs.
Fuyezdeces rivages,
Orages :
Regnezy doux Zephirs.
Pou¡sZ dans cet azilt
tranquile
Les plus tendres soupirs.
Que vostrebadinage
partage
Ltrtnps desespUifirs.
UNE autreNayade.
Malgréles loixde lanature,
Malgrélarigueur dessaisons,
D'uneimmortelle verdure,
Je couvriray ses gafont-,
Et ces rives si chéries
Paraistront toûjours fleuries.
TOUS ENSEMBLE.
Travaillons à le rlndrr heureux,&
c.
LEDIEU DELASEINE.
Ne vanit-7,plus les thresors de
vostreonde
, - PaMe , qui iffllrz un sable
précieux;
J'attire les regards d'un Roy cheri
des Dieux,
Etqui doitfaireunjour lesdélices
du Monde ;
Il est plus beau de coulersous ses
yeux.
Que de rouler unsable precieux:
Ne vanter, plus les thresors de
'Votre onde.
Ruisseaux, vous qui baignez les
plus charmans côteaux,
jihl vousserez jaloux du bonheur
de mes eaux,
Quand d'un regard plus salutaire
Ramenant les beaux jours dans
ces heureux climats,
Le Dieu brillant qui nous
éclaire.
En aura pour jamais écarte les
jrimats,
Le doux murmure de mon
onde
Invitant à goûter un tranquille
repos
Au bordde ma rive fécondé
Dans
Dans les brasdusommeillivrera
ce Héros
Dont dépend le repos du Monde.
Ruisseaux, vous qui baignez les
plus charmans côteaux,
db! vous serez jaloux du bonheurde
mes eaux!
Du Héros que je fers la valeur
triomphante
Doit me soumettre un jour les
fleuves les plusfiers,
Et, malgré les fureurs de leur
onde écumante,
1. Ilsse verrontcontraints degémir
danssesfers.
Aufondde leursgouffres horribles
On entendra ces Dieux terribles,
Force% par sa valeur à couler
sousses loix
Vanter, en fremissant, ses glorieux
exploits.
UNE NAYADE.
Tandis que les tempêtes
Gronderontsur leurs têtes,
On n'entendra sur nos paisibles
bords
Que le doux bruit des plus charmans
accords.
L'AUTRENAYADE.
Dans lessuperbesfêtes
Quisuivrontses conquêtes
Nous redirons en chantant fis
exploits :
Ab qu'il est doux de couler sous sesloix!
IIe.INTERMEDE.
Flore & les Zephirs tâchent
d'avancer par leurs voeux le
retour du Printemps dans
les Jardins des Tuilleries.
FLORE ET DEUX ZEPHIRS.
Que tout se renouvlle!
Ruminons dans ces lieux charmans
Lasaison la plus belle,
Malgréla lenteur du Printems.
FLORE.
Rendons à ces bois leurverdure;
Faisonsnattre partoutlesplus
aimablesfleurs.
BrilleZ d'une clartéplus pure,
Aurore, baignez-les de vosfertiles
pleurs:
Et toy, Pere de la nature.
Soleil, embellis- les desplusvives
couleurs.
Hâtez-les,d'éclore,
VolagesZephirs;
Aux pleurs de l'Aurore
Mêlez vos soupirs.
UN ZEPHIR.
Quand je soûpire,
Toutsemble rire,
Et renaître ici. bas :
Quandje m'envole,
L'hiver désole
Les plus heureux climats.
On voit éclore
Les dons de Flore
Où je porte mes pas:
Lesfleurs nouvelles
Paroissent-elles
Où je ne parois pas
UN AUTRE.
Sansnos doucesbaleines,
Beanx lieux, njous perdez, vos
attraits:
Vos ornemens font imparfaits :
Tout languit dans ces plaines.
Je repare,par mes bienfaits
Les maux que l'Hyver mous a
faits.
Ses rigueurs inhumaines
Vous dépouillementpour jamais
De 10s ombrages les plusfrais,
Sans nos douces baleines.
TOUS DEUX.
Fuyez, fuyez de ces Vallons,
Laissezrespirer la nature;
CcJez notre doux murmure;
FuyeJ fuyez fiers Aquilons.
Flore.
Tout doit ressentir la presence
Du Heros qui règne en cei lieux:
Il n'est pas permis soussesyeux
De rrper dans l'indifférence.
TOUS ENSEMBLE.
Chantons,redisonstous:
Quejes charmes sont doux!
UN ZEPHIR.
Les roses les plus belles,
Par leurs appas
N'effacent pas
Ses graces immortelles.
Tous ENSEMBLE.
Chantons, &c
FLORE.
Que notre unique affaire,
Zephirs, soit de ltry plaire.
Vous êtes trop heureux
Si vous comblek ses voeux;
Que votre uniqueaffaire,
Zephirs,soit de luy plaire.
Voulez-vousflatterson amour
CArlfez les lys nuit &jour.
Entre mille fleurs nouvelles
Il tienestpoint dans ce sejour,
Qui luy paroissentsi belles.
LES ZEPHIRS.
Caressons les lys nuit çy jour.
FLORE.
Il est du fang des Dieux;arwe
de son Tonnerre,
Soninvincible brasfera trembler
la Terre.
Il fera respecterses loix à l'Univers.
La Paix d'accord avec Bel.
lone,
Aprés mille travaux guerriers,
Pourluy formerune couronne,
Joindra l'Olive & les Lauriers,
TOUS ENSEMBLE.
Hâtons-nous:prevenons,&
la Paix & Bellone,
Profitonsdeses jeunes ans;
Desplus brillantesfleursformons
une couronne;
Offrons-luy nos plus beaux presens;
Profitonsdeses jeunes anse
IIIe. INTERMEDE.
Les Bergers rassûrez par le
Dieu Pan de leurs timides
frayeurs, forment mille
voeux pour le bonheur du
Roy.
PAN.
Bergers, la Paix charmante
Est un present digne des Dieux;
Mais leur mainbienfaisante
Vous enfait un plus precieux.
Un Roy, dans un âge encor
tendre,
Vient vous combler de ses bienfaits;
Dans vos Bois il daigne àefêtndre:
Rendes hommage à ses attraits,
Il ramene avec luy dans cet heureux
.ilt
Et Flore& les Zephirs;
Il veutfaire à jamais de ce sejour
tranquile
Lesejour des plaisirs.
UN BERGER.
Un Roy dans un âge encor
tendre!
ïLes Tuillerice.
Grands Dieux!que venons*notK>
d'entendre?
Contre nos cruels ennemis,
Helas ! quipourra nous deffendre?
Ils nous verront bientostsoûmis.
PAN.
Rien ne pourra troubler vostre
bonheur extrême.
Ce Roy presqu'au berceau, par
ses attraits vainqueurs
A trouvé lesecret de regner sur
les coeurs
Avant que d'y regner par son
ouvoirsuprême.
Ses grâces.ssa beauté
Meritent bien qu'onl'aime.
On le prendroit pour l'Amour
même,
S'il avoit moins de majesté.
UN BERGER.
L'enfance estun heureux âge:
Ellesçait plaire aisément;
Ses pleurs &son badinage ,
Tout nous charme éalemtn&
UN AUTRE BERGEL
Les fleurs naissantes
Sont les plus charmantes ;
Lesfruits nouveaux
Sont les plus beaux.
Uenfa&cey &c.
UN AUTRE BERGER.
Leflambeaudu monde
Paroîtplus brillant,
Quand ilfort de l'onde,
ens'y replongeant.
L'enfance, &c.
UN BERGER.
Sescoups font-ils redoutables,
Sises attraits peuvent charmer?
Ils font doux
,
ils sontAimables;
Mais pourront-ils desarmer
Des ennemisimplacables,
Obstinez ànous allarmer?
PAN.
Ne craignez rien, Bergers;
la discorde inhumaine,
Çemïjfmt fous le poidi d'un accablante
chaîne9
Par les soinsd'unHéros * dont
le Ciel a fait choix,
SPHIUPÎIS, Duc d'Orléans.,
Apprend à respecter le Trône de
vos Rois.
CeTrône
,
soutenuparson bras
indomptable,
Aux coups des Etrangers devient
inébranlable;
Ils craindront désormais d'irriter
son courroux: Autrefois ce Heros les afait
trembler tous.
LES BERGERS.
Chantons, dansons, tout nous
y convie;
Goûtons,goûtons les douceurs de
la Paix
Qu'un Roy charmant aflire à
nosForêts.
Quenotre sort estdigne d'envie!
PAN.
Qt^ilvive9 & qu'un regnefameux
Le rende pour jamais immortel
dans l'hifloire;
Aidé d'unPrince genereux , Qu'il fasse de LOUIS revivre
la memoire.
Pour mettre le comble à nos
lvoeux1
QtSil égalesesjours,ses vertus,
&sagloire.
LES BERGERS.
Gravons son nom sur ces ormeaux
Gravonssonnomsurnos houletes.
Chantons
Chantonssur nos Musettes:
Chantonssur nos Pipeaux;
Les arriffiaux de ce Bouge *
N'aurontpas toujours leursfeüil-
Ugts;
Nous aimeronstoujours
Un Roy digne de nos amours.
Le Bosquet des Tuilleries.
Fin des Intermèdes.
Maintenant
,
Mademoiselle,
si ce n'est parconfiance,
du moins par habitude,lisez
les Nouvelles suivantcs.
De Rome le zi Fevrier.
Voicy la principale raison
pour laquelle il n'y a point eu
cette année de Carnaval à
Rome:l'an passé les Ambassadeurs
avoient la même prétention
qu'ils ont aujourd'huy de
ne laisserpasserles Sbirres devant
leur Palais ; mais Sa Sainteté
ayant alors envoyé un de
ses neveux à l'Ambassadeur
de l'Empereur,pour luy marquer
le bon gré qu'elle luy
sçauroit
, s'il vouloit bien
tolerer ce passage
, en cette
occasion
,
le Carnaval se sir
,
& ce seroit fait encore cette
année si 1on eûteûlamême
complaisance. Le Cardinal
Orsiniauroit bien voulu rendre
visiteàl'Ambassadeur de
l'Empereur ,ill'avoit même
fait pressentirlàdessus
; mais
ce Ministre luy a fait ravoir
qu'estant sur le point de partir
il ne pouvoitl'admetre
; un
fcmblable prerexte est à ce
que l'on croit l'effet de quelque
réflexion politique sur ce que
le Duc Gravina,neveu de ce
Cardinal, lequel avoit envie
devenir àRome pour obtenir
la preéminenceduSoglio,aeû
ordre de l'Empereur de ne
point partir de Naples. La
Cour de Vienne ne veut pas
que ce Prince son sujet établisfc
à Rome son domicile.
LeCardinalOrsinis'est retiré
pour plusieurs jours dans
unpetit Convent de Domini_
cains à Montemario, il y a
tenu leconcours pour la Cure
de son Eglise de Porto,ila
fait aussi la Mission & quel
->
ques charitez aux Habitants
& à ceux des environs de ce
lieu.
Dernierement les glaces
d'un descarrosses du Cardinal
Acquaviva furent cafrées par
un deceux del'Ambassadeur
de l'Empereur qui heurta fortement
le premier; le Cardinal
qui étoit alors a la Confultc
fut d'abord un peu fâché de
cet accident;mais TAmbafla*
deur donna aussi-tost congé à
son cocher&fit prier le Cardinal
Ottoboni de vouloir
bien faire des excuses de sa
part auCardinalAcquavivasun
ce qui estoit arrivé,ne pouvant
le faire luy-même
, cette
démarche a fort satisfait le
CardinalAcquaviva, quià son
tour a envoyé remercier Son
Excellence, la priant même
de reprendre son cocher,commeeneffetilaesté
repris aprés
quelques difficultez de Ceremonie.
L'Ambassadeur de Venise
n'a point voulu soutenir son
Ecuyer dansune affaire qui luy
est arrivée avec les Sbirres.
Aprés luy avoir fait present
de 70. pistoles illuy a donné
son conc,é» ce Gentilhomme
-J
pour éviter de nouveaux chagrins,
s'est retiré à Naples.
Mardy matin l'Ambassadeur
de l'Empereur sur à l'Audianceextraordinaire
du Pape
dans laquelle il prie congé de
Sa Sainteté ,H vaà Vienne &
l'on croit qu'ilpartira dans la
premiere semaine deCaresme..,
le principalmotifde ce voyaaZOeeDft.
dit-on, demettreordre àses liflJires;,Sa Sainteté luy a
fait present de diverses. choses
de devotion.
Dimanche prochain le CardinalOliviery
doit prendre les
Ordres sacrez,oninfere de-là
qu'il fera Vicaire
,
cependant
le CardinarlAstari aspire avec
ardeur à cette Charge. Il a
même fait voir par deux Bulles
- qu'ellene doitestreconferée
qu'à un Cardinal Romain.
M. Spada Evêquede Pesaroaura
la Chargede Vicegerent.
De Vrnift le IL. Fevrier,
Le Courrier quiavoit cftéexpedié
à Vienne par le Senat ily
a trois semaines,n'yapas porté
les éclaircissemensquel'Ambassadeur
de la Republique demandoit;
particulierement sur
le
le 3e article de la Ligue à conclure
contre les Turcs; il portoit
bien à la veritédesordres
à cet Ambassadeur sur les autres
difficultez; mais onneluy
parl oit point de celle-cy qui efi:
la plus considerable ,ainsi il a
envoyé cette semaine un nouveauCourrier
pour estre informé
des intentions de ses Maîtres
sur ce sujet. Les divertissements
du Carnaval ont empêché
que l'on n'en parlât dans le
Progadi de Mardy dernier.
Cette matiere doit estremise
de nouveau en déliberation
dans celuy qui se tient actuellement
;mais onne peut encore
prevoir quel en sera leresultat.
Du reste il paroist toûjours
plusieurs avis de Vienne qu'il
y a encore lieu de douter que
l'Empereur déclare la guerre
aux Turcs, à moins qu'il ne
foit attaque le premier par la
Porte,& bien des gens soupçonnent
que ce Prince pense
plusàaugmenter sa Puissance
& son autorité en Italie, qu'à
faire une diversion en Hongrie
; le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche
insensiblement U l'on pourra
dans peu de temps découvrir
ses veritables intentions.
Le Prince Electoral de Baviere
ayant receu un compliment
de la part du Prince
Electoral de Saxe qui luy donna
part de son arrivée en cette
Ville,aestéluy faire unevisite
Dimanche
, ôcce dernier Prince
la luy a renduë Lundy.
On prepare unconvoy pour
envoyer à Corfou & dans 1*
Dalmatie. On pretend qu'il
fera chargé de 4000. hommes,
il n'y en a cependant
encore que S. ou900. qui sont
arrivez ici,&il y amêmelieu
de craindre qu'une partie de
ces Troupes ne deserte quand
elles feront arrivées sur les
lieux.
L'on a receu des Lettres de
Messieurs Delphin & Pilani,
ilsmandent l'un& l'autreque
la famine estoit dans cette Isle
&que les vivres y estoient si
chers qu'une livre de ris y
coutoit J5-fois, quelamortalité
y étoit aussi augmentée
parmi les Troupes & les équipagesdesVaisseaux
Le premier
ajoûte qu'en vertu des ordres
du Senatiil s'embarquoit pour
retourner à Venise & quittoit
le Commandement des Troupes
de la Republique. M.
Pisani marque de son côtéqu'il
étoit fort obligé à ses Maîtres
de l'honneur qu'ils luy
avoientfait de l'élever à la dignité
de Capitaine general;
mais qu'il demandoit par plusieursraisons
de ne point accepter
cetemploy
,
qu'il étoit
au-dessus de ses forces, & qu'il
n'avoit aucune connoissance
de la Marine. Ainsi la Republique
se trouve encore sans
Commandant.
On a appris que les Dulcignotes
armoient 2. 4. Galeres
& une grosse Tartane pour
faire la cour tè, qu'il y cû.
avoïc même quelques unes en
Mer, & que les Turcs avoient
demandé Raguse à la Republique
de ce nom, pour en
faire une Place d'arme,contre
les Venitiens; mais qu'elle s'en
éroit excusée. M. Quiriniqui
est Magistrat de Bergame a
esté fait Procurateur de S.
Mire, moyennant la somme
de 15000. ducats..
De Rome le 29. Février.
i Vendredy matin le Pape
fut à l'Eglise de S. Laurent in
Damalo
,
où il y avoit exposition
du S. Sacrement: après
y avoir fait sa prière
,
Sa Sainteté
voulut monter au grand
appartement du Cardinal Ortoboni
dans le Palais de la
Chancellerie:ce fut pour y
voir le nouvel escalier que le
Cardinal y a fait faire depuis
peu. Il fit present au Pape en
cette occasion d'une fleur magnifique.
L'Ambassadeur de Ferrare
a eu avis par un Exptès que la
Ville de Bologne avoit fait
rompre une des plus grandes
Diguesquisoûtiennent les
eaux du Bolonois pour les faire
écouler dans un des Canaux
>
du Ferrarois. Elle avoit envoyé
cinq cens hommes armez.
Cet Ambassadeur en a
porté des griefs & plaintesau
Pape, qui aussi tost a député
'une Congrégation de plusieurs
Cardinaux pour connoistre
de cette affaire, elle se
tint Lundy dernier
,
& il y a
esté resolu que la Ville de Bologne
feroit remettre incesfamment
à ses dépens cette
Digue dans le mêmeétat qu'
elle estoitcy-devant.
; La confiscation faite par le
Fiscal des biens du ComteVidaschi,
Ecuyer de l'Amb.A{f.¡-
deur de Venise a estésuivie de
son bannissement fous peine
de la vie. Deux Valets d'écurie
qui luy servirent de Braves
dans l'affairequ'il eut avec les
Sbittes
,
subissent la même
peine.
Le Duc de Bracciano pour
satisfaire en partie aux dettes
de la succession que le feu Prince
Don Livio a laisse, a traité
avec le riche Marquis Surla
Génois,de laventedu Duché
de Ceri, pour la somme de
4-j0000. écus:etjustement
ce que ce Prince deffuntl'avoit
payé.
L'Empereura déclaré pour
son Agent en cette Cour, un
certain Don Thomas Costa
Espignol, à la , place de l'Alvarez
Celui cy est prefentement
à Naples President de la
Chambre Imperiale.
L'Ambassadeur de l'Empereur
avoit résolu de donner
Bal Lundy dans son Palais, il
avoir pour cela fait invirer
toute la noblesse ; mais comme
il souhaitoit que chacun y
vint marqué
,
la noblesses'ex-
CUfil sur la crainte d'encourir
par-là l'indignation du PJpc
qui a deffendu lesmalcarades,
ainsi les préparatifs que cet
Ambassadeur avoit fait faire
dans cette veuëont cité inutiles.
Il doit partir incessemment
pour Vienne, d'oùil dit qu'il
cfpcrc estre de retour icydans
le mois de Juin proc hain, plusieursCardinaux&
Pr incesont
esté luy dire adieu;mais d'une
manière privée.
M. Imperialiestallé à Naples,
on dit que le motif de
son voyage estde procurer la
liberté du Prince de Fracualle
son coufin
,
qui par ordre de
l'Empereur est détenu prisonnierdans
leChasteau deNaples.
A Vcnifi le x$. Février.
Le Senat renvoya Samedy
dans la nuit le Courrier qui luy
avoir esté expedié par son
Ambassadeurà Vienne pour
demander deséclaircissements
sur le troisiéme article du
traité de Ligue à conclure avec
l'Em pereur contre les Turcs;
on dit fous main que les neponfes
que l'on luy a envoyées
font suffisantespour le mettre
en état de signer cetteLigue,
&ilestcertain que le pere de
cet Ambassadeur est content,
& a dit qu'il se promettoit
que sonsis consommeroitenfincette
affaire
; mais comme
on se flattetoujours ici ,
il
faut atrendre de sçavoit si la
Cour de Vienne fera elle mê.
me contente de ces réponses,
& si en cas qu'elle n'y puisse
rien opposerelle ne fera point
n îerc quelqu'autre difficulté.
Elle devroit les faire cesser ellemême
si l'on doit ajouter fQY
à quelques avis venus de Constantinople
qui portent que le
peuple s'étoir assemblé dansla
maisonduResident del' Empereur
auprès du GrandSeigneur
dans l'intention de luy faire
uneinsulte
,.
& que le Grand
Visir feignant de n'en sçavoit
point la raison
,
ni qui avoit
excité le peuple às"a
lfem bler,
avoit envoyé des Jamssaires
quigardoientceResident fous
pretexte d'empêcher que l'on
ne luy fitquelque nouvelle
insulte. Le mémoire presenté
dela part de M. Pisani pour
estre cxcusé d'accepter cet
cmploy de Capitaine General
aestémisen délibérationdans
le Collège,oùil a tÛle:succés
favorable;mais cette affaire
cil tombée de So. voix dans
le Pregadi où elle fut portée
avant hier ainsi il faut ou
qu'il accepte cet employ
, ou
qu'il subisse la peine ordinaire
de l'amende & du banissement.
Il y a quelques gens qui
croyent qu'il prendrace dernier
parti, par laraisonqu'il
ne veut pas courir ritque de
perdre la Campagne prochaine
le peu de réputation
qu'ils'étoit acquifc. Il y en
a d'autres au contraire qui se
fondent sur cc que la Ligue que
l'on doit conclure avec l'Empereur
procurera une grande
dlvef sion
,
estimant que se
voyant alors plus en état de
s'opposer aux progrès des
Turcs,il acceptera le Commandement
dts Troupes de
la République qu 'il a refusé
jusqu'à present de recevoir des
mains de M. Delphin,lequel
par ccrre raison a différé son
départ pour revenir ici.
On prépare un convoy
pour le Levant & pourla DJl.
marie, il y a ici 8. ou poo.
hommes que l'on y embarquera;
on en attend, dit-on, 700.
encore
encore du nombre de ceux
que le Comte Schulembourg
s'estchargé de fournir 4. Galeres
& un Vaisseau de guerre
ont esté brulez à Corfou par
accident, on n'en sçait, point
encore le détail.
De Romele7Mars.
Le Comte de Gallas Ambassadeur
de l'Empereur en
cette Cour,en partit il y a
aujourd'huy huit jours en
poste. M. Don Charles Alberin
qui fut ce jourlà chez
luy pour le falucr n'ayant pû
le voir, fut l'attendre à la por- tedupeuple où il luy dit à
adieu. Les Cardinaux Bai barin.
& de Scrottemback de
même que plusieurs autres personnes
de la premiere qualité
s'y trouverent aussi
, entre
autres la Duchesse Cesarini.
Ce Ministre témoigna à cette
Dame qu'il estoit confus de
l'honneur qu'elleluy faisoit
& la remercia en des termes
très gracieux.
Le Cardinal Scrortemback,
reste chargé des affaires pendant
l'absence decet Ambassadeur,
ila pour ceteffet remis
àson Eminence tous les papiers
concernant son ministere,
il a laisse dans son Palais le
sieur Primoly Secretaire de
l'Ambassadeavec une procuration
pour payer son domestique.
Avant son départ il a témoigné
beaucoup d'aigreur
contre Don Alexandre Albani
& le vieux Marquis de
Bufalo. Cela vient de ce que
ceux-ci empêchèrent les Dames
d'aller à son Bal où Don
Alexandre luymême avoit
esté invité.
Dernièrement les Sbirres
arresterent uncocher de l'Envoyéde
Portugal qui marchoic
avec l'épée nuë à la main, &
auquel ils trouvèrent un pistolet
chargé; mais comme ils
le menoient en prison
,
plusieurs
domestiques armez du
mêmeEnvoyé survinrent, qui
le délivrerent de leurs mains:
Celas'est fait sans que le Gouverneur
en ait temoigné le
moindre ressentiment.
Ilest survenu un différend
entreM Ansaldi&M. Molines
sur la nomination de deux
sujets dont un doit estre choisi
par le Grand Duc
, pour fuccéder
au poste dAuditeur de
Rote
, vacant par la mort de
M. Mancery :or suivant l'urage
receu ,
c'estle Doyen du
Tribunal de la Roce qui a
droit de les nommer, & ce
Doyen est aujourd'huy M.
Molines mais comme il ne
va plus à la Rote depuis déja
du temps, M. Anfaldi qui
vient immédiatement après
luy,dispute ce droit en forte
que pour obvier àcet incon.
venient Sa Sainteté s'estréservée
cette nomination: on
croit qu'elle se sera en faveur
de M; Jerolami recommandé.
par laCour de Toscane.
Le Cardinal Carracioli d'Averra
cil arrivé à. Castel. Il
doit demain faire son Entrée
publique par la porte de S.
Jean. Les Domestiques de la
malson Cenci donnèrent des
coups de bâtons ces jours
passez,au cocher d'un carrosse
de louage qui conduisoit un
Allemand. L'Ambassadeurde
l'Empereur prit l'affaireàcoeur
& fit dire au Cardinal Patrizzi
oncle de Madame Cenci, qu,'il
vouloit en avoir fatisfadion.
Aussi-rost M. Grimani Cenci,
mari de ladite Dame,fut faire
desexcusesà l'Ambassadeur,
qui l'envoya chez le Gentil.
homme Allemand pour luy.,
en faire aussi ,& dans le même
tempsil donna ordre à un Page
d'aller chez la Dame pour
la remercier de sa parc de la
démarche que son mary venoit
de faire, disant qu'il engageroit
le Gentilhomme Allemand
d'aller l'assurer de ses
civilitez.
Le Bref accordé à l'Empereur
pour la levée des Decimes
sur les biens Ecclesiastiques de
tous ses Etats,a, dit-on, esté
renvoyé au Pape à cause de la
condition qui s'y trouve à l'égard
du payement ,qui suivant
,
ce Bref, devoit se faire entre
les mains de M. le Nonce à
Vienne;mais 1 Empereur veut
au contraire que le sdites Décimés
soient payées aux Mmif?
très qu'il destinera à cet effet.
Ainsi l'onpretend que Sa Sainteté
a fait un nouveau Breftel
qu'on l'a demandé
,
lequel a
esté remis à l'Ambassadeur.
avant son départ. j
Vendredy matin avant le
Sermon l'on tint une Congrégation
particulière de Cardinaux
,
sur les moyens de
deffendre.
deffendre les Codes de cetEtat
desinvasions desPirates.
La Compagnie des Cuirasfiers
duPape,est sur le point
de partir pour aller garder les
costesdela Province de la
Marche. Elle fera commandée
par le Chevalier Mosca.,
& l'on a choisi quelques Ingénieurs
que l'on enverra
principalementà Lorerte pour
mettre cette Ville en état de
deffense.
Le Prince de Scavolino
Carpegna après s'estre muni
des meilleurs effets de sa maison
, de ceux qui consistent en
bijoux & en argenterie, a disparu
tout à coup, Ton cfjoic
qu'ilvade nouveau en France.
Le bruit s'estrépandu que le
PrinceOdescalchiparle moïen
des Cardinaux Casoni& Rufo
a enfin obtenu le consentement
de la Cour de Vienne
par épouserla fille du Prince
de Rosane.
Le Cardinal Paracciani &
M. Stampa ont esté chargez de
l'accommodement des differens
survenus entre les Bolonois
& Ferrarois à l'occasion
de la Digue qui a esté rompuë,
ils doivent pour cet effet
te transporter sur leslieux,
Le Cardinal Pioli est toûjoursmal,&
encre l'esperance
& la crainte: les Medecins
font de fréquentes consultes
sur sa maladie. Mardy matin
un Courrier de Venise passa
par cette Ville allant àOtcrante.
De Venise le y. Mars.
On a sçû plus particulièrement
le détail du malheur arrivéà
Corfou
,
le Vaisseau nomme
la Reine de la Mer, con£:
truie l'Esté dernieraesté seul
consommépar les flâmes. Les
Galeres ont esté tres peu endommagées
; maislaColombe
autre Vaisseau de guerre l'a
esté beaucoup. Le premier a
fauté en l'air avec27perronnés,
le feu ayant pris aux poudres.
On a trouvé
,
dit-on
,
une méche attachée au second
ce qui sait soubonner qu'il
peut y avoir eu quelque trahison
dans cet accident.
M de Schulembourg est arrivé
à Corfou. Il n'y a pas
trouvé les choses dans l'état
que l'onluy avoir dit. Ila
envoyé unétat de tout ce qui
y manque, & demande que
la garnisonen soit augmentée
au moins de 4000. hommes
de troupes reglées. On fera
partir ces jours-ci un petit
convoyavec5.ou 600.hom
mes pour cettePlace, & toutes
fortes de munitions de guerre;
un bataillon de troupes que le
Comte deSchulembourg s'est
engagé de fournir cft déja ap.
rivé à Verone; on le fera
passer à Venise pour s'embarquer
& l'envoyer incessam
ment au Levant.
Le Sénat a refusé d'admet
tre les excuses de M. Pisani,
qui ne veutpoint accepter la
Charge de Capitaine General.
Il est question de sçavoir s'il
persîstera dans son sentiment.
On devoit lancer icy à l'eau,
un Vaisseau de guerre en presence
du Prince Electoral de
Bavière ; mais faute d'eau suffisamment,
on n'a pu le faire;
ce Prince a nomme ce Vaisseau,
le Lyon Triomphant.
On attend avec impatience
les réponses de l'Ambassadeur
de la République à Vienne,
ausujet de laLigue à conclure
contre les Turcs;le courrier
qui y fut dépêché il y a quinze
jours, n'est point encore de
retour.
Le Duc de Parme a écrit
au Senat qu'il avoit appris de
la Reine d'Espagne sa 61le;
que le Roy Catholique estoit
dans des dispositions favorables
d'envoyer contre « les
Turcs quatre vocaux de rELcadre
de M. Mari, quiferoient
fous les ordres du General de
Malte, & dix mille hommes
de Ces troupes au secours du
Pape, pour de ffendre l'Etat
Ecclesiastique : on ne croîtras
que l'on doive trop compter
sur un pareil secours; & si
cesMessieursici n'en ont point
d'autre, ils courent grand
[que.
Le Prince Electoral de Bavicre
a envoyé M. Santini à,
Florence, pour faire des com-.
pliments à la grande Princesse
Doüairiere sa tante.
Ce fera demain feulement
que M. Quirini fera fait Pro-,
curateur de S. Marc.
De Rome, le 14. Mars.
Le Pape qui est en parfaite
fanté n'assista point à la Chapelle
du second Dimanche de
Carême; mais l'aprés diné il
reçue & admit à l'audience le
CardinalCarracioly d'Aversa,
qui ce jour fit son Entrée pu.
blique.
Sa Sainteté le retint longtemps
:la Cour de ce Cardinal
est assez belle
,
& sa livrée
fort modeste. Il est logé chez
le Cardinal Imperialy, & il
se sert des carrosses de. la maison.
La Compagnie des Cuirassiers
de la garde du Pape
est partie pour Ancone ; le
Marquis de Cavalieri qui en
etoit le Capitaine,s'estdemis
de cette Charge pour ne pas
estre subordiné au Chevalier
Mosca, à qui le Commandement
en a esté donné., Sa
Sainteté a accepté cette demission
, & a choisi pour
Officier subalterne,le Chevalier
Aldobrandi.
Outre le Bref accordé à
l'Empereur pour la levée des
Décimes, lePape en a envoyé
un en conformité au Cardinal
Odefcalchi Archevêque de
Milan; parce Brefchaque Ecclesiastique
est obligé de payer
durant l'espace de six années
le trentième pour cent du revenu
de ses Benefices. De plus,
suivant la convention faite Sa
Sainteté a fait remettreà Mr.
le Nonce à Vienne deux cens
mille Florins qui seront confignez
àl'Empereuren cas qu'il
soit contraint de faire la guerre
au Turc.
L"Ambaffideurdc Vienne
fut dernierement à une Audiance
extraordinaire du Pape,
si'a esté vrai -
semblablement
pour lui faire inflance sur les
besoinstres-pressans de saRepublique
, mais Sa Sainteté
n'estgueres en état d'y pourvoir,
la Chambre Apostolique
citant fort obérée.
On tint ces jours passez une
Congrégation militaire pour
délibérer sur les, moyens de
trouver des fonds pour survenir
aux necessez presentes.
Comme elles sont extrêmes,
plusieurs proposerent de tirer
quelque somme d'argent du
tresor du Château S. Ange,
d'autant plus qu'on estaujourd'huy
dans le cas dont il est
fait mention dans la Bulle de
Sixre V. & qu'avec l'argent
qu'on pourroit retirer de la
vente des Charges de Clerc
de Chambre, il seroit aisé dc
remettre dans ce tresorce
qu'on en ôteroit à cette heure,&
ce qui en fut levé dans
ledit armement.
On pretend que Mr.Imperialiqui
est maintenant àNaples
a obtenu permissiondu
Vice-Roy de faire sortir de ce
Royaume vingt - cinq mille
mesures de grains pour la provision
de laMarche& la Ville
d'Ascoli,c'est de tout l'EtatEc.
clesiastique celui où la disette
est plus grande. Mr. de Fuffombroni
s'estenfin déterminé
à quitter la Prélature pour
épaulerune Dame Sienoise
de la Maison de Friceti.
Le Pape a nommé trois Cardinaux
pour connoitre & décider
du différend survenu entre
Mr. Molines& Mr. Anfaldy
, au Cujet de la place d'Auditeurde
Rotte, vacante par
la mort de Mr. Mancery.
De Venist le 14. Mars.
La Ligue entre l'Empereur
&. la Republique contre les
Turcs n'est point encore conclue,&
l'Ambassadeur de Venise
à Viennea mêmeenvoyé
i.Cctte fcmaine à ses Maîtres
uneStasette pour leur demanderdeséclaircissemens
plus
précis qu'ils n'ont faits sur les
difficultez quLancccMdepuis
si .longtcmps' la. signature de
ceTraité, Ondélibèresur cette
maciere dansle Prégady qui
se tient actuellement,& l'on
renvoyera cette nuit la Stafectcà
l'embassadeuràVienne.
Comme la quantité des affaires
qui surviennent à cause
de la guerre en retardent la
prompte expédition, il a esté
resolu que l'on tiendroit trois
Pregadis la semaine au lieu de
deux que l'on avoit coûtume
de tenir.
On a reçu de Corfou ces
jours passez des lettres qui portent
que le Sieur de Schulembourgfaisoit
démolirles Ouvrages
faits sur deuxhauteurs
qui avoient cUé, renfermées
dans les fortificationsdecette
Place,&qu'ilfaisoitaussiréü
nir & applanir quelques ouvragescomme
inutiles. LeComte
demande toûjours que l'on en
augmente encore la Garnison
de 4000. hommes de Troupes
reglées.
- M. Delphinaaussi écrit que
l'on, avoit besoin de 3. ou
400O4 Matelots sur la Flotte,
, ils
ils ont envoyé l'un & l'autre
un état de tout ce quimanque
pour la Campagne prochaine,
oncroirque l'on aura bien de
la peine à leur en donner la
moitié1.
M." le Prince Electoralde
Baviere est parti Mercredy de
cette Ville, pour se rendre à
Rome par Bologne, oùla
grande Princesse Doüairiere
doitse trouver pour le voir Se
s'aboucher avec luy. Dimanche
M. Qtiiiini, frere de celuy
qui a déja esté fait Procurateur
de S. Marc,fut élcu à la même
dignité moïenant 2.Joqo.
ducatcs.
n'êtrepoint surpris;cependant
il paroissoitauxdémarches
des Turcs que leur
jddîcin cit, d'entreprendre la
guerre non- seulement, contre
la Pologne & la Moscovie ;
mais aussi contre l'Empereur
& lacontinuer en mêmetemps
contre la Republique
de VcniCe- r.f![
;
On mande de Toulondu
17. du paflçque qui font armez danscç Port
étoient toujours dans la rade,
qu'on croydic qu'ils paflTc-*
roient à Cadix pour s'y joindre
à six Vaisseaux de guerre
Portugais qu'on arme à Lie.
bonne & aller conjointement
mettre lesSaltinsàla raj[on,
&onasseureque des Vaisseaux
Anglois s'y joindront aussi:
qu'un Bâtiment venu de Genes
avoir ra pporté que les
Allemandsqui étoient à Novi
demandoient de gros subsides
à cette Republique,à faute
de quoy -
ils la menaçoient
d'execution militaire.
Des Lettres de Rose du ij.
portentqu'on y avoit cCTuïé
une rude tempête de vents,
de pluïes,de grosses greflvS ôc
de tonnerre, que la foudre
étoit tombée en troisendroits
dans laVille &avoit fait beaucoup
de desordres & que cette
tempêteavoitcausé de grands
naufrages surla Mer.
On mandede Genes du J du passé qu'on y étoit revenu
de la crainte oùon étoit d'être
insulté par les Allemandsqui
ont abandonné le territoire ic
Novi,toutcequ'ilsoccupoient
des Etats de cette Republique,
& s'estoient retirez dans leMilanois,
le different que cette
Republique avoit avec l'Empereurestant
accommodé; mais
on ne disoit pas encore à
quelles conditions,& on luy
envoye un Envoyé Extraordinaire
pour faire les soumissions
de la Republique;on armoit
en ce Porc les deuxVaisseaux
de guerre que les Venitiens y
ont fretté, ils sont de 50. pieces
de canon chacun & aussitost
qu'ils feront prestsils mettront
à la voile pour aller
joindre la Flotte Venitienne.
On mande de la Trape du
16. du passé que le 24. le feu
avoir prisà la forge qui porta
deséteincelles de feu au pressoir
de l'Abbaye qui estoit
rempli de fourages & se communiqua
à une grange qui est
contiguë, qui en étoit aussi
pleine
,
& aux efcurics & à
toutes les chambres del'Hospice
aussi bien que de l'autre
costéàla rangée des étables à
vaches, & le feu consuma
tous ces bastiments en moins
de quatre heures par la violence
d'un vent qu'il faisoit
alors,malgré tous les prompts
secours qu'on y apporta , tous
les Religieux s'y estant employez
avec la derniere soumission,
particulierementl'Abbé
qui travailloit plus qu'aucun
autre, & encourageoit les
Religieux à suivre son exepw
ple : cet accident cause une
perte tres considera ble.
Les dernieres lettres qu'on
a reçû de Cadix portent qu'on
yavoit appris par un Bâtiment
arrivé dans ce Port venant
de Ceuta , que les Mores
avoient fait joüer quelques
fougades du costé du Bastion
de Sainte Claire; mais que les
mines ayant fait leurs effets
tout contraires,d'autant que
les débris de ces mines s'estoientrenversez
sur leurs gens
qui estoientdisposez pour
monter
monter à l'assaut, la pluspart
de ces troupes ont esté écrasées
& ensevelies fous les
ruines, &qu'en même temps la
garnison s'estant apperçûë du
desordre que ces minesavoient
fait dans le Camp des Infidelles,
avoit fait une sortie
fort à propos, dans laquelle
plus de
1 500. de ces Barbares
avoient esté mis hors de
combat, & que deux transfuges
qui estoient venus le
lendemain se rendre dans la
Place, avoient rapporté qu'il
y avoit encore en differents
endroits
-
plus de trente fourncaux
prests à joüer.
On mande de Perpignan du
4. de ce mois qu'on y avoit
appris de Rose qu'il y avoit eu
un furieux ouragan de ce
costé là
,
le long de la Coftc
de Catalogne, mêlé de pluye
& de tonnerre,& il y en avoit
fait de si terribles éclats, que
plusieurs per sonnesenestoient
tombées mortes de frayeur,
sur tout du costé dePalamos,
où on avoitressenti quelques
secousses de tremblement de
terre qui yoient causé beaucoup
de dommages;qu'on y
avoit eu avis dcColliouvreque
dans la pêche du Thon qu'on
yavoit faite, on y avoit pris
trois poissons d'une longueur
& d'une grosseur prodigieuse,
ce qui surprit fort, d'autant
qu'on n'en avoit jamais vu de
semblables dans ces Mers;que
cette pêche avoit esté si grande
que les Pêcheurs avoient
esté obligez d'en laisser une
grande partie dans la Plage
dont les Paysansont profité.
Les dernieres Lettres de
Toulon portent qu'on joignoit
encore auxVaisseaux qui
y font armez, quatreGaliotes
à bombes,mais qu'on ne disoit
pas encore à quoyondestinoit
cet armement
Des Lettres de Turin du
26. du passé portent qu'on
avoir commencé àrétablir les
fortifications de Veruë
, &
qu'aussitost qu'elles feront
achevées on finira celles des autres
Places; que les recruës
pourles Troupes estoientfort
avancées, & la Cavalerieétoit
toute remontée;qu'on avoir
renforcé les Garnisons de toutes
les Places du Montferrat&
qu'on parloit même de join.
dre auxEtats dePiémont Savone
& Final qui en avoient
esté demembrées.
On a receu des Lettres de
Marseilledu 16Marsquiportent
qu'il y estoit arrive dans
ce Port un Bâtiment Génois
venant de Sicile, par lequel
on avoit appris qu'à trois
lieuës de-là il y avoit eu de
grands tremblemens deterre,
& qu'elle s'estoit ouverte en
plusieurs endroits le long de la
coste dont on ne sçavoit pas
encore les particularitez: il
ajoûte qu'on luy avoit aflurc
qu'à Spattivento, il y avoir eu
un ouragan terrible de vent,
depluye, de tonnerre &de
gresle, que la foudre estoit
tombée en differents endroits
dans cette Place, & avoit causé
beaucoup de desordre, &
au dernier éclat de tonnerre,
un homme traversant la
grande ruë avec quatre boeufs
qu'il menoit, s'arrêta tout
courrauffi.bicnque les boeufs;
& comme il y avoit déja du
temps
,
qu'il estoit dans cette
poRure, de même que les
quatre animaux sans remuer,
quelques personnes furent curieusesd'aller
voir pourquoy
ils ne bougeoient pas de cette
place, voyantque l'orage étoit
passée,estant arrivéesprés de
cet homme, elles virent qu'il
avoit les yeux & la bouche
extraordinairement ouverts de , même que les animaux qui
estoient restez ainsimorts debout
; on les toucha & ils
tomberent.
Les Lettres de Londres dir
itf. dupassé, portent que le
Lord WHHon, prisonnier detrnu
dans la Tour pour la rebellion
,
avoit presenté une
Requeste àla Chambre des
Pairs, demandant un plus long
délay pour se préparer à se deffendre:
qu'on y avoit reçu des
lettres d'Edimbourg du 19.
par lesquelles on mandoit que
le General Cadogan avoit envoyé
ordre de desarmer toutes
les troupes du Marquis de
Huntlcy & du Comte de
Seaford
,
aussi,bien que tous
les Clans des rebelles qui sont
fous le Commandement d'Invernesse
, & de se saisir de leurs
Chefs; les mêmes ordres furent
envoyez à Penh de desarmer
ceux des Généraux Bradalbin,
de Drummond & du Duc d'Athol,
& de se saisir aussi des
Chefs; & on devoie envoyer
un detachement considerable
au Fort Guillaume, pour desarmer
les Clans, les principaux
desquels sont les sieurs
Lo<.hills,Glan2ari& autres,ces
lettres a joûtent que le Marquis
de Huntlcy & le Lord Rolle
estoient actuellement en prison
à Invernesse, où s'estaussi
rendu le Chevalier Thomas,
pour se soumettre à la clemence
du Roy, mais que leurs camarades
estoient encore avec
le Comte de Scaford dans les
Montagnes avec le reste des
rebelles qui sont dispersezen
plusieurs corps, & y font encore
en grand nombre avec
plusieurs Gentilshommes de la
plaine: ils ont abondance de
viande & de poisson, mais peu
de pain & de vin. -1
Commeilyaun Pair Escosfois
qui doit rendre témoignage
dans le procès du Comte de onaproposé dans la
Chambre des Pairs qu'il seroit
à propos de regler de quelle
maniere on interrogeroit ce
Seigneur; on resolut qu'il seroit
aLli sur une chaise prés de
la Table, & que lor rqu'II parleroit
il fcroit debout, & que
le Lord Cowper, grand Chancelier
a esténommé Stward
pourprononcer la Sentence
dans cette affaire: on resolut
ensuite que la Chambre Ce
rendroit le 17 dans la Salle de
Westminster,de la même maniere
qu'elle y alla lor squ'on
prononça le jugement contre
les six Seigneurs condamnez,
& on a commencé à faÜcfon
procés, ce Seigneur ayant esté
amené dans la Salle pour y
estre accusé, & entendre les
témoins contre luy :onavoit
fait occuper toutes les avenuës
de Westminsterpar les Malices,
afin d'empêcher qu'il n'ar
riva du desordre.
.les Lettres deLondres du 30,
Mars portent qu'on y cft furpris
devoirvaquer si longtems
les Charges de President du
Conseil,deGrandEcuyer & du
premier Gentilhomme de la
Chambre,ce qu'on attribuëà
la crainte qu'on a d'augmenter
le nombre des mécontents à
cause de la quantité de personnes
qui y prctendent :ces
jours passez on délivra de la
Garded'unMessager,les ficurs
Bail
,
Gibson ,Smith & Sjn
gleton de la prison de Ncwgatte
où ils avoient esté mis
comme suspects. On asseure
que neuf Capitaines de Vaisseaux
ontcité cassez comme
favorables au parti du PretendantLe
16. Marsles Seigneurs
firent sçavoiraux Communes
que le lendemain ils jugeroient
le Comte Georges de Winton
l'un des Seigneurs prisà Prcfton.
Le 17. les Communes
s'étant rendues à la Chambre
Haute, où leurs temoins déposerent
contre l'accusé, le
Lord Cowper Chancelier &
déclaréStward oa Sénéchal
pour ce jugement, luy demanda
ce qu'il avait à dire contre
ces accusations
,
il répondit
qu'il attendoit ses témoins d'E..
coffe qui étaient en chemin;
mais cela luy fut refusé & comme
il étoit Lord, l'affaire fut
remise au lendemain 28. ce
jour-làil fut jugé, condamné
à la même peine que les six
autres Seigneurs dePreston&
renvoyé à la Tour jusqu'au
temps de l'execution. Le 14.
ce Comte avoit tâché de se
sauver en sciant les barreaux
des fenêtres;mais il fut découvert
, ainsi que d'autres qui
avoient voulu s'échaper en
perçant la muraille de la prison
de Newgatte. Le 25. trois
prisonniers de lamême prison
accusez de haute trahison,
furentenvoyez au Pays de
Cornoüaille d'où ils sont,
pour yestrejugez Les Lettres d'Edimbourg du 21. portent
que les mécontents estoient
venus se remettre à la clemence
du Roy,à Invernesse
, au General Whigtman
,
qui y
commande:que2500. hommes
des environs d'Aberdeen
y estoient venus prêter les ferments
de fidélité:que leMarquis
de Huntleyestoit parti
avec une garde pour se rendre
à Londres. Le bruit couroit
que le Comto de Tinmouth
, fils du Duc de Berwick avoit
estépris; mais on a sçû par un
Vaisseaunommé la Sophie de
Leith,qui a esté pris revenant
de Dunkerque qu'ily avoit
débarqué le Comre Marechal,
le General Gordon, le General
~Ekhn,& un jeune Seigneur
appellé leComte deTinmouth
& 70. autres personnes de
consideration. Le Comte de
Seaford & plusieurs autres
estoient au Nord d'Ecosse
avec
avec les Mécontents.
Les Lettres de Londres du
2. de ce mois portent qu'on y
avoit eu avis que le Comte
de Southerland estoit à Edimbourg,
incommodé de la goute
,
mais qu'il se preparoit
pour venir à Londres; & par
les Lettres d'Edimbourg du
26. on mande que le General
Cadogan en devoit partir
pour y venir aussi. Ces Lettres
ajoûtentqu'un nombre
consîderable des mécontents
duComté de Perth s'estoient
soûmis à la clemence du Roy,
& d'autres avoient esté pris.
Depuis quelques jours les deux
partis font en mouvement au
sujet des élections pour un
nouveau Parlement. On assure
que les Wigts craignant que
les nouvelles élections ne leurs
soient point favorables,sollicitent
de tous costez pour faire
confenrir aux Membres des
Communesde suspendre pour
un temps
l'ActedesParlemens
Triennauxafin de se maintenir
avec plus d'autoritédans
leurs Emplois. Les Torris travaillent
aussi de leur côtéavec
beaucoup d'attention à gagner
les Membres pour rejetter
ce projet,& on croit qu'ils
remporteront sur les Wigts:
OB verra par la suite lequel des
deux partis l'emportera; le
Roy a accordé un répit aux
trois Seigneurs condamnez il
y a quelque temps, & qui
dévoient estre executez 1c premier
Avril, ils ont esté remis
jusqu'au15. on continuë de
dire que le Comte de Carnwath
aura sa grace,parce qu'il
a découvert le secret de la rebellion
, & qui sont les principaux
complices,mais cela n'est
pascertain.
Le General Cadogan avoir
ordre de sommer les Rebelles
de se soûmettre à la clémence
du Roy, & faute d'y obéïr,
de brûler leur pays, & les paffer
tous au fil de l'épée. La
Chambre examina l'état de
l'Ecosse, & aprés avoir examiné
plusieurs per sonnes à la
Barre qui déposerent avoir vû leComte Marshal, le Comte
de Seafort, le Comte de Sowthesque,
& le Comte dePanmure
en armes parmy les
Rebelles, & plusieurs autres,
la Chambre ordonna un Bill
pour atteindre ces quatre Scigneurs
& autres de haute trahison,
s'ils ne se remettent pas
à la Justice dans le temps fixé.
Onembarque sur un Vaisseau
Marchand plusieurs prisonniers
de Preston pour les tranfporter
aux Barbadcs & autres
Colonies.
DeLondresle9. de ce mois.
Les Lettres d'Edimbourg
du 2. de ce mois portent que
le General Cadogan en estoit
parti le 30. Mars pour aller à
Sterling & de-là à Dunkeld,
où estoit le rendez vous de ses
Troupes au nombre de trois
mille fantassins & de six cens
Dragons, avec lesquels il devoit
marcher contre les Montagnards
qu'il esperoit de difsiper
en peu de jours ou les
obliger à se soûmettre
,
me
d'autres disent qu'ils ne seront
pas si faciles à réduire
, parce
qu'ils ont six. mille fantassins
& sixcens chevaux, & qu'ils
ont reçusdepuis peu un secours
d'armes, de munitions
& d'argent. Cinq Bataillons
Hollandois&deux Regimens
de Dragons estoient en marche
pour revenir en Angleterre,
& ils devoient arriver
prés de Londres à la fin d'Avril.
Les Lettres de Londres du
9. portent que le Gouvernement
present continuë dans
le dessein de faire presenter
deux projets d'Aéte) l'un pour
faire fufpcndre durant quatre
ans l'Adte des Parlemens
Triennaux; l'autre pour perpetuer
dans la Chambre haute
les seize Pairs d'Ecosse qui y
ont presentementséance; ces
deux projets font déja bien
murmurer les peuplesd'Angleterre
& d'Ecosse qui seroient
privez des profits que
leur procurentleséléctionspar
les grandes dépcnfes que font
les Candidats pour gagner des
suffrages On assure que le Jugement
des Comtes d'Oxford
& de Straffort feront remis à
une autreséance du Parlement,
qu'apréslesFestes on
en jugera, dont quelques-uns
des pluscoupables seront executez,
& qu'ensuite on donnera
une Ammstie generale.
Le sieur Jacques Littleton
, Commissaire général de la
Marine à Chatam,a esté fait
Vice-Amiral à la place du Chevalier
Hardy quia esté privé
de
de cette Charge: on a anssi
cassé sept Capitaines de Vaie.
sceaux,qui sont lessieursCook,
Hauway Jackson, Cannon,
Gordon, Hughes, &Garland, ti on croit que deux ou trois
autres feront encore cassez.
Le 7. les Communes lûrenr:
pour la troisiéme fois,passerent
& envoyerent aux Seigneurs
le projet d'Acte pour
permettreauxComtes de Sunderland
& de Rochester, de
presteren Angleterreles fermens
pour les Charges de
Vice-Tresorier des Receveurs
& de Payeurs Generaux des
Revenus du Roy en Ir lande,
qu'ils exerceront en commun; ensuite il fut ordonné que
dans quinze jours tous les Deputez
se trouveroient à la
Chambre, surquoy il futpropoCé.
d'ordonner à l'Orateur
d'écrire des Lettres circulaires
aux Sherifs des Provinces^ de
sommer tous les Deputez de
se trouver ce jour-là à la
Chambre. PlusieursWigtss'y
opposerent,disant que cesLettres
circulaires feroient trop
de bruit à la Compagnie. On
leur repliqua que si ce qu'on
disoit, estoitvray, qu'onvoupit
suspendre l'Acte des Paremens
Triennaux, cela feroit
~ien encore plus de bruit, &
qu'ainsi il estoit necessaire de
aire venir les Membres pour
estre presens à ce qui se passeoic
& en dire leur avis, puisque
ce feroit peut estre la derniere
foisqu'ilsenauroient la
liberté ; ainsi on ordonna à
'Orateur d'écrire des Lettres
circulaires.Le Comte de Peer
boroug arriva le 7. de Fran-
:c à Londres.
Les lettres de Londres du
13. de ce moisportent que
les amis du Comte d'Oxford
publient que si oa avoit remis
le jugement de ce Seigneur à
une autre séance, ce n'estoit
que parce qu,'on ne trouvoit
pas de preuves suffisantes,pour
prouver les articles d'accusation,
que la Chambre des
Communes a exhibées contre
luy,afin de luy faire dépenser
son bien, & pour le faire fburL
frir en prison; mais que ces
M" de la Chambre seroient
bien trompez, s'il estvray
,
à ce qu'on dit, qu'on avoit
écrit de France que le Vicomte
de BullingbrooKs'estoit remis
sous la protection du Comte
de Stairs,auquelilavoit promis
de declarer tout ce qui s'estoit
passé dans le dernier ministere,
tant au su jet de la Paix, que
par rapport au Prétendant,par
ce qu'on estoit persuadé qu'il
sçavoit tout ce que le Comte
d'Oxford avoit fait & negocié,
pendant qu'il estoit Ministre;
qu'on parloit differemment de
la destinée des Seigneurs condamnez
pour la rebellion; il
y en avoir qui disoient que le
Comte de Carnwath seroit
brous, à condition qu'il donneroit
de bonnes & suffisantes
cautions de se mieuxcomporter
à l'avenir,&d'estrefidele
au Roy, & que les Lords
Widdrington & Nairn- seroienttransportez
dans les
Isles de l'Amerique, avec un
grand nombre d'autres des
rebelles qui avoient esté faits
prisonniers à Preston & en
Ecosse; & d'autres veulent que
le Comte de Carnwarh fera
outre cela remis dans ses biens
& honneurs, & que le Lord
Widdrington fera envoyé
dans la Forteresse de la Caroline
, & Nairn dans le Châ
teau de l'Isle de Man, pour y
passer le reste de leur vie; &
qu'à l'égard du- Lord Winton
on dit qu'ayant esté reconnu
extravagant par quantité d'actions
qu'il a faites pendant sa
vie, & étant hors de bon sens,
qu'il fera mis dans une prison
perpetuelle; ce qui est de certain,
c'est que le Roy leur a accordé
encore un répit juC.
qu'au 29. de ce mois.
On assûre que le Roy doit
aller faire un voyage cette an
née à Hannover, & qu'il partira
vers la fin du mois prochain,
pour yaller prendre les
eaux qui font trés-utiles pour
sa fanté, & pour mettre ordre
à quelques affaires de consequence
qui regardent ses Etats.
en Allemagne. On djc que ce
voyage fera de deux mois, &;
qu'ensuiteil reviendra en Angleterre
pour toûjours ; mais
que le Prince de Galles fera un
voyagetousles ans dans ce
Pays-là,&qu'il y passera deux
ou trois mois de la belle saison.
On ne croit pas que le
Comte de Peterboroug qui
avoir palIé de Londres en
France sans l'ordre du Roy,
ose se pre senter à la Cour pour
saluer S. M. étant revenu de
France à Londres.
Une grande partiede la Noblesse
étoit allée à Ncwn-iatket
pour y prendre le divertissement
de la course des chevaux,&
le 16.on devoit courir
la piece d'argenterie que le
Roy donne à celuy qui remporte
le Prix.
Le sieur Doiley,un des principaux
prisonniers fait sur les
Mécontens, étoit mort d'une
nevre maligne dans la prison
de Newgate, & plusieurs autres
sont auflj malades de la
même fievre.
Onavoitarrêté un nomme
Simon qui appartient à rEn
voyé de France,& on luy a
saisi tous Ces papiers: & le
Marquisde Bussi qui étoit arrivé
de France à Londres depuis
trois semaines, a eu ordre
de forcir incessamment de
ce Royaume, & il a été conduit
par un Messager qui l'a
menéjusqu'*à Douvre, oùil
l'a vû embarquer.
DeLisbonne le 20. Mars 1716.
Quoyque leBresil futdécouvert
depuisplusde 200,
ans,il y estoit encore resté dans
l'intérieur du Païs une Nation
dIndiens qui incommodoient
fort les Habitans
,
& enlevoient
les bestiaux,& qui n'a- -
voient jamais pû estre domptez
à cause de leur situation
avantageuse sur des rochers
escarpez où il falloit monter
en grimpant. Onlesappelloit
Oris Procàs. Ils viennent de se
soumettreau Roy de Portugal
& d'embrassernôtre Religion
par une avanture fort singuliere.
Le fils aîné de leur Prince
étant allé à la chasse, lui
dix huitième,futpris par ceux
de la Nation des Caïmbés civitirée,
avec qui ils estoienten
guerre Tout accoutumez
que les CAimbis estoient à nos
manieres,ils ne pûrent s'empêcher
de faire engraisser les prifonniers
pour les manger,
pour avoir leur revanche,
disoient-ils, d'un pareil trai tement
que quelquesunsde leur
Nation avoient reçû des Oiis
Procàrs il n'y avoit pas longtemps.
La Providence amena
fort à propos chez ce peuple
leCurédelaParoissequiest de
200.lieües d'étenduë
,
qui fit
tous Ces efforts pour leur arracher
des mainscesmalheureuses
Victimes, & àla fin il les.
racheta cent pistoles qu'il leur
paya comptant. Ayant amené
avecluy les prisonniers,illeur
apprit le Portugais, & il apprit
luy même leur langue,aprés
quoy il résolut d'aller chercher
les Oris Procàs dans leurs Montagnes
avec une bonne escorte
&les18. prisonniers. L'entrepriseétoit
hardie
,
cependant
aprés une marche de42. jours
ils y arriverent
, & s'estant
retranchez d'abord avec des
palissades ils commencerent à
sonner des Trompettes & des
Tambours au bruit dcfquels
les barbares estant accourus il
fallut ~cflfuïcr dabord les coups
de leurs fleches, jusqu'à ce
qu'un des prisonniers estant
monté sur un Theâtre,il leur
ditqu'ilestoitde leurs Camarades,&
qu'ils venoientavec
leurLiberateur pour leur rendre
leur Prince, & lier une
bonneamitié avec eux. Les
Oris Procàs qui les croyoient
mangez depuis plus d'un an,
en furent bien étonnez
,
sur
tout leur Prince qui ne pouvoit
se lasser d'embrasser son
fils,& de faire des remerciemen
infinis au Curé,qui après
les avoir instruits cinq mois
durant,en baptisa 4000. avec
le Prince
,
& son fils, &les fit
jurer fidélitéau Roy dePortugal.
DeParis le25. de ce
mois.
On mande de Nancy que
le Chevalier de S. Georges en
étoit party enchaise de poste,
suivide quatre autres chaises,
que les uns disoient qu'il s'en
alloit à Vienne pour servir
l'Empereur en Hongrie, &
d'autres qu'il alloitàLyon d'où
il se rendroit à Avignon.
Le Marquis d'Entremont
vient ici en qualitéd'Ambassadeur
du Roy de ~Sicile.
Les Ambassadeurs de Venife
doivent arriver ici incessamment,
& leur Agent qui
est en cette Ville a ordre de
faire faire leurs équipages.
Dans le prima mensis de Sorbonne
on a parlé du Mandement
de l'Evêque de Toulon,
qui deffend à ses Diocesains
d'étudier dans les Universitez
qui n'ont point reçûs la Constitution,
ou qui aprésl'avoir
rcceuë se font rétractez.
L'Evêque de Marseille a
fait aussi un Mandement avec
lequel
lequel il condamne les Livres
intitulez l'Hexaple
, & le Témoignage
de la Verité dans
l'Eglise.
Le grand Vicaire de M.l'Evêque
de Meaux,Cardinal de
Bissy, doit aller à Rome pour
proposer des voyes d'accommodement
sur les maticres
preferites de la Constitution
Le quatre de ce mois le Parlement
a donné un Arrêt portant
suppression d'un libelle
intitulé:Memoire pourleCorps
des Pasteurs qui ont receus la
Constitution Unigenitus.
Le même jour M. d'Artagnan
à la tête des Mousquetaires
gris alla au Louvre,où
M. le Duc Regent le ~receut,
& le fit ensuite recevoir Capitaine
Commandant de cette
Compagnie, à la place de M.
de Maupertuis qui s'en en démis
à cause de son grand âge.
Il y a quelques jours qu'on
arrêta pluiieurs per sonnes en
cette Ville pour avoir été entendre
le Pêche chez le RcGdent
d'Hollande, entre autres
plusieurs Marchands de vins.
La Chambre de Justice a
fuifb ses séances depuis le Jeudy
Saint, jusqu'au Mercredy
d'après les Fêtes de Pâques, auquel
jour elle lesa repris pour
dcon'tianuefr àfcxaamii-nrerelessgen.s,
Le 18. du passé Mle Marquis
de Simianne
,
Premier
Gentilhomme de la Chambre
de MonsieurleDuc d'Orleans..,
prêta ferment entre les mains
du Roy pour la Charge de
Lieutenant General de Provence
, vacante par la mort du-
Comte de Grignan.
Le 30. du même mois M.'
le Comte de Ribeïra
,
Lieutenant
General, Grand Maître
de l'Artillerie, & Ambassadeur
Extraordinaire de Portugal,
eût sa premiere Audience
publique de Madame,
& de M. le Duc d'Or leans.
On va reprendre les travaux
duCanal de Mardick que les.
gelées & les eaux ont beaucoup
endommagez.
M. Regnault
,
cy-devant
1 Lieutenant General de la Marine
en Espagne, a esté fait
Lieutenant General
J
& ConseillerauConseil
de la Marine.
en France.
Le17. de ce mois Messieurs
,delaVille s'assemblerent aux C!çnins ,&furentau Palais
accompagner le Parlement à
laMesse solemnellequi se celebretous
les ans dans l'Eglise
de Nôtre-Dame, en memoire
de la délivrance dela Ville de
Paris, ensuite Messieurs de
Ville retournerontauxCelestins
où le Prieur leur donna
un magnifique dîné.
Le Czaradépêchéencette
Ville, le sieur le Fort Génois,
pour prier M. k DucRegent,
devouloir bien luy accorder
pour cinq
ansle
sieur le Blond,
Architecte tres-celebre pour
aller à Peter bouroug
,
luy bâtir
un Château sur le modele
de celuy deVersailles,&faire
en cette Ville un Fort, & des
Forteresses comme à Dunkerque.
Ce que S. A. R. luy a
accordé. Il emmene avec luy
toutes fortes d'habiles Ouvriers
, dont chaque Corps a
un Chef de son Art. Le sieur
Lionne de la Haye doit conduire
toutes les dorures, tant
sur les métaux que sur les bois,
avec six millelivres de pension,
& le sieur le Blond en a une
de vingt mille livres, avec le
titre de Sur
-
Intendant des
Brasitimeensnde SanMajeesté .CzaOn
a reçu depuis peu de
jours par ~Cudix, la nouvelle
qu'on avoit repêché generalement
tous les effets de la Flotte
qui avoit fait naufrage prés la.
Havane, qu'on comptoit qu'il
n'y avoit presque rien de perdu,
&, que pluficurs Vaisseaux
estoient partis du Port de Cadix
pour aller prendre leurs
charges.
La Chambre de Justice a
envoyé des ordres à toutes les
Communautez & Corps de
Métiers, de luy apporter
toutes les quittances de l'argent
qu'ils ont donné au sieur
le Normand.
Madame la Fontaine, sameuse
~Agioteuse, a estécondamnée
ces jours passez par le
Lieutenant Criminel à estre
piloriée pendant trois jours,
consecutifs, ensuite estre mise
dans les Prisons du Chastelet,
pour y resterjusqu'à ce qu'elle
aie payé ses dettes, & aprés
condamnée à estre le reste de
ses jours à l'Hospital: cette
femme aappellé de cette Sentence
au Parlement
,
après
avoir declaré qu'elle n'avoit
rien fait que de concert, &2;
par ordre de M. ~Dcfmaretzi
ce Ministre ayant sçû cette
fausseté
fausseté, s'est justifié pleinement.
Le 5. Dimanche des Rameaux
leRoy entendit ta MeÍfo
dans saChapelle. M. leCardinalde
Rohan,grand Aumônier
de France, luy presenta
UFiÇ Pêltnc qu'il avoit benite.
M. le Duc d Orleans
,
M. le
Duc deChartres, M.le Duc,
M. le Comte de Charolois
, M. le Prince deConti, M. le
Duc du Maine, M. le Prince
deDombes, M.le Comte d'Eu,
M.le grand Prieur de France,
M. le Cardinal de Polignac,
M. l'Abbéd'Argentré,&M.
l'Abbéde Rochebonne ses
Aumôniers enrochet, étant à
leurs places ordinaires. L'aprés
midy Sa Majesté entendit la
Prédication du Pere de la Ruë
Jesuite
,
& Vêpres chantées
par la musique M. le Duc
d'Orleans étoit p!aceju<deffous
du Roy: les Princes sur
les costez: M. le Cardinal de
Rohan sur la droite du Prié-
Dieu :M. l'Abbé d'Argentré
& M.l'Abbé de Rochebonne
au- dessus:surlagauche M,le
Cardinal de Polignac,&audessous
M. le grand Prieur dej
France. Madame la Duchesse j
de Berry se rendit le même
jour à l'Eglise de S. Sulpice sa
Paroisse pour y entendre la
grand'Messe:24. de sesGardes
étoient rangez en haye aumilieu
du Choeur, les Suisses avec
le tambour &le fifre à laporte:
son Prié Dieu étoit au milieu
du Choeur, ayant à sa
droite M. l'Abbé de Castres,
M. l'Abbe deRouget
,
M.
l'Abbéde PartenaisesAumôniers,
en rochet: derriere M.
le Marquis dela Rochcfoucault
son Capitaine des Gardes
, entre M. le Marquis de
Coëtenfao son Chevalier
d'Honneur, & M. le Chevalier
d'Hautefort son premier
Ecuyer: sur la droite Madame
la Duchesse de SSimon sa
Dame d'Honneur,& Madame
la Marquise dePons sa Dame
d'Atour,: Madame laComtesse
de Clermont, Madame la
Marquise de Beauvau, Madame
la Marquise d'Armenticres,
Madame la Comtessed'Aidies
ses Dames du Palais y
étoient atiffi, & tous ses Officiers
des Gardes. Cette Princessealla
à l'Offrande & donna
dix loüis d'or, &fit beaucoup
de liberalisezàtoutes les Quêteu
ses.
•Le 8. Sa Majesté entendit
l'Officedes Tenebreschantées
par lamusique
: le9. Jeudy
Saint le Roy entendit le Sermon
de laCenedeM.l'Abbé
de Bollioud, aprèsquoy M. le
Cardinal de Rohan grand Aumônier
de France, fit l'abcou,
re, & Sa Majesté lava les pieds
àdouze pauvres:les plats furent
portez par M. le Duc
d'Orleans, M. le Comte de
Charolois
J
M. le Prince de
Conti, M. le Prince de Dom.
bes, M. le Comte dEu, M. le
Comte de Toulouse, M. le
grand Prieur de France
,
& par
les Maistres dJHoUeI du Roy,
M leDucgrandMaistre de la
Maison du Roy étant à la tête:
ensuite Sa Majesté alla à l'Elifc
des KiïillansoùclicaCsifla.
à l'Office: le 10. Vendredi
SaintS. M. retourna aussi à la
même Eglise oùelle entendit
l'Office & fit l'adoration dela
Croixcomme tous lesPrinces.
Le II.Samedy Saint elle entendu
Complies& on chanta
l'Hymne Ofilii &JiiiæC'n tnu.
sique. Le Dimanche jOJr, de
Pâques le Roy entendit la
çrandM-(Te chantée par la
musique,& fit rendre le PainBeni
à l'Eglise de S. Germain
sa Paroisse par M. l'Abbé,
d'Argentiéun de ses Aumônicrs
en rochet, précédé des
tambours
, trompettes : les-)
PainsBénits etoient portez
par les Cent Suisses ornez de1
plusieurs banderoles aux Ar-t
mes de France & de Navarre : l'aprésmidyS.M.entendit !c~
Sermon du Pere dela Ruë,&
Vêpres chantées par lamusiqofc:
cePrédicateur fit un compliment
qui fut tres-applaudi,;
dans lequel il fit entrer l'éloge;
du feu Roy, &loüaS.M par
les grandes esperances qu'elle
prometroit de sa pieté & de
son zele: en effet rien n'en.
plus surprenant que de voir un
Prince de cet âge avoir assisté
à tous les Offices de laSemaine
Sainte, & fait toutes les ceremonies
avec la même attention
& toute la decence du feu
Roy.
Le même Dimanche jour
de PâquesMadame la Duchesse
deBerry fit rendre le Pain Beni
à lEglise de S. Sulpicesa Paroisse,
par M. rAbbedcRou.
get un de ses Aumôniers en
rochet: cet Abbé étoit précedé
des tymbales, tambours,
trompettes ,
haut
-
bois en
grand nom bre
,
les Pains Bénits
au
nombrede huitétoient
portez par seize Suisses de la
Garde, ornez de plusieurs banderollesaux
Armes de Berry
& d Orléans : cet Abbé presensa
un Cierge à l'Offrande,
sur lequel on avoit fiché dix
louis d'or : il donna aussi à Madame
la Marquise de la Rochefoucault
qui quêtoit pour
Madame laDuchesse de Bt-iry-,
à Madame de Pomponne
,
à
l'Oeuvre, au luminaire du S.
Sacrement~ à toutes les autres
qUteuCes.; & en sortant
de l'Eglise il donna à tous les
pauvres qui s'y trouverent un
écu de cent sols a chacun. Madame
la Princesse, M.le Duc,
Mademoiselle de. Clermont
entendirent la grand' Mefie
dans cette Eglise; Madame a
assisté à l'Office des Tenebres
dans des Maisons Religieuses,
& communia le Jeudy Saint
par les mains de M,labbé de
Magnas son premier Aumônier
dans l'Eglisedes Eustachc
sa Paroisse : elle fit aussi rendre
le Pain-Beni le jour de Pâques
dans la même Eglise par M.
l'Abbé Berthet un de ses Aumôniers,
precedé des tymbales
, tambours & trompettes,
les Pains Benits étant- portez
par les Suisses ornez, de plufleurs
banderolles aux Armes
d'Orleans & de Baviere. M. le
Duc d'Orleans qui a assisté à
tous les Offices de la Semaine
Sainteavec le Roy, communia
le Samedy Saint dans l' Eglisede
S.Eustache sa Paroisse
r> par les mains de M. rAbbde
Tressan sOrs premier Aumônier,&
le Dimanc he jour de
Pâques il entenditavec Madame
la grand'messe & les Vêpres
dans la même Eglise.
Le 7 de ce mois M.leComte
deNassau, Envoyé Extraordinaire
de l'Electeur Patarin,
eût audiance de congé du Roy
conduit par M. le Marquis de
Magny Introducteur des Ambassadeurs
qui étoit allé le
prendre en son Hôel dans les
carrossrs deSaMajesté. Le n1&
me jour M. le Marêchal de
Villeroy qui avoir presenté le
Contrat de son petit si's à signer
au Roy avec MJdemoil.8
felle de Luxembourg
,
le presentaaussi
à Madame la Dtîchesse
de Berry au Luxembourg
,&cette Princesse donna
ensuite la premiere audiance
publique ausieur Martine,
Envoyé Extraordinaire du
Landgrave de HesseCassel,
conduit par Mle Marquis de
MagniIntroducteur, qui étoit
alléle prendre en son Hostel
dans lescarrosses de Madame
laDuchesse deBerr«y. Suiie drt Nouveucl.depdril
M.l'Abbé de. Gufmap
tYieoI de nous faire voir- une
espece decuisinenouvelle,qui
-léoninevéritable cuisine de
.,92binei; Le feuyesttout allumé
dans un momentil n'y
sçauroit fumer. La baterie de
cuisine ne s'y ternit pas,&ce
qui s'y prépare est d'un goût
fort exquisqui surpasse de
beaucoup celuy de la cuifinc
ordinaire,sur tout le rôti qui
cS incomparable. Le Soleil
dont les rayons ramassez n'avoit
fcrvi jusqu'icy qu'à bruler
& à détruire tout, est obligé
de rendre encore ce fervicc à
l'homme. On en ramasse les
rayons avec un mé,nagement
tel, qu'on peut appliquer la
mainaufoyer sansen être incommodé
j & ce qu'il y a de
plus avantageux pour le Public
c'ett que la dépense de la ma-
'chloe est fort médiocre. Les
Dimesy pourrontfaire le
Thé& leCaffé avec bien plus
de délicatesse & de propreté.
Ceux qui aiment la bonne
chere y auront dequoy la pousfer
plus loin, sans que leur
fantéen(oufl(e;& les Medecins
& les Chymistes y trouveront
un feu bien plusl'ur. quon-peut aug-
Jmentcr :& diminuer par des
dégrezinsensibles tant qu'on
voudra.
L'Abbéde Gusman inventeur
de cette machine a esté
Bibliothequaire du Roy de
Portugal,&son Lecteur dela
chambre ,&fort estimé deSa
Majesté,à cause deson genie.
Il eti a ssez connu d'ailleurs par
soncau Brésilienne dontilse
sert pour Ikire plaisir àsesamis
qui a produit ici des effetssi
surprenants sur toute sorte de
maladies
, que bi n des gens
disentde cette eau qu'ellevaut
seule presquetoute la Medecine,
dont les secretsn'ont pû
servir de rien pour prolonger
les jours des personnes déconsidération
donc je vais vous
apprendre
apprendre lesnoms &les qualitcz.
MORTS,
Messire Gratien de Menardeau,
Seigneur de Champré,
Jarnieu, Labrosse, Charboniers
& autres lieux, mourut
icy dans son Hôtel le premier
de ce mois âgé de soixante
dix ans. Ce Seigneur estoit
tres estimé ayant resté presque
toute sa vie à la Cour ; ayant
esté employé dans des négociations
importantes par le
feu Roy qui l'avait envoyé en
Flandres au feu Roy Guillaume
lorsqu'il y commandoic
l'armée, & ensuite en Angleterre.
Il estoit tresinstruit des
interests des Princes, & donna
plusieurs Mémoires au Roy
qui furent suivis avant la Paix
de Riswick: il avoit épousé
N.de Lagarde,Veuve de M.
le Févre,.Intendant des Bâtimens
qui mourut il ya 7. à 8.
ans, dont il n'a point eu d'eiu
,, sans.
LaFamille des Menardeau
est une des plus anciennes No.
blesses du Comté Nantois en
Bretagne: Elle tire son nom
de la Terre de Menardeau,
quiest un Château au prés de
la Mer. Noël de Menardeau,
Chevalier, Seigneur de Beaumont,
alla s'établir enGuienne
& épousa Anne de Mulet,ce
fut celuy là qui acheta la Terre
de Beaumont: il eut pour
fils Claude de Menardeau,
Maîtredes Requêtesen1598.
Conseiller d'Etat en 1610. ÔC
du Conseil de la Direction des
Finances. Il épousaGeneviève
Dufault à Bordeaux; c'est le
premier de cette Famille qui
entra dans la Robe:il eut de
son mariageCharles de Menardeau
Maîtredes Requêtes,
qui de son mariage avec Geneviève
de Foulé eut François
de Mcnardeau Maître des
Requestes aussi, lequel d'Hc:
lene
-
Benoise sa femme eut
pourenfans Leonard de Menardeau,
N.Religieux deSte-
Geneviève; Prieur de Ste Catherine,
de la Couture à Paris,
& VisiteurGeneral,N. Chanoine
aussi Regulier de Ste
Geneviève & Prieur de Fontenay
en Brie. Voilà la premiere
branche.
Claudede Menardeau avoit,
euaussi de sa femme Geneviévc
Dusault Gratien de Mcnjrdeau,
ConseillerenlaGrand'-
Chimbre
,
Seigneur de Ste
CIOIX,/qui de Catherine Le.
bret son Epouse eut pour ensans
Françoise de Menardeau
manée à M. de Choiseuil,
Comte d'Hôtel
,
ils eurent
pour enfans M. le Marquis
de Praslin tué à, la bataille
deLuzarra où il se distingua
de même qu'à Crémone, qui
de son mariage avec N. de
Choiseüil n'a qu'une fille mariée
à M. le Marquis de Renepont.
M. le Marquis de
Piaslin a laissé une rur mariée
à M.le M arquis de Vins. Françoise
de Menardeau se remariaavec
leMarquis de Vindé,
Gratien de Menardeau eut encore
pour enfans Elizabeth,
mariée à Denis de Sallo Conseiller
à la grand'Chambre, o tres-connu dans la Republique
des Lettres,ce fut lui qui
fit le premier le Journal des
Sçavans : de ce mariage sont
sortis N. de Sallo établyà
Rome:trois filles Religieuses,
deux,aux petites Cordelieres
dontl'une est Abbesse, à la
quelle sa grande pieté, sa vertu)
son zele ont auiré des af.,
faires qui sont ordinaires aux
faintes personnes, & qu'elle a
soutenu avec une force & une
resignation digne des premiers
Chrétiens. Cette Elizabeth de
Menardeau se remaria avecM.
de Luine-Va llier
,
Conseiller
du Parlement, dont elle eut
Madame la Comtesse de Bussy.
Voilà la deuxiéme branche.
Claude de Menardeau eut
aussi de Geneviéve Dusault,
Claude de Menardeau
,
Seigneur
de Champré, Doyen
de la GrandChambre, Confciller
d'Etat ordinaire, Directeur
& Controlleur General
des Finances, qui soutint avec
vigueur les interessa du Roy
pendant les guertesCiviles. De
son mariageavec Catherine
Henry, il eut pour enfans Gratien
de Menardeau qui vient
de mourir sans enfans; trois
filles Religieuses, deux aux petites
Cordelieres & une à Pontoise,
Marie- Renée de Menardeau
unique heritiere de son
frere, Veuve de Messire Loüis-
François de Lostanges, Chevalier
Seigneur Marquis de
Beduer, Colonel d'un Regiment
d'Infanterie.Le Mercure
a souvent parlé de cette
Dame
Dame à l'occasion de Messieurs
ses Enfans
: Elle en avoit
cinq Capitaines de Cavalerie
& un d'Infanterie, dont trois
ont esté tuez dans cette derniere
guerre, & les trois autres
blessez à la tête des Escadrons
qu'ils commandoient
aux deux batailles d'Hochter,
à celles de Fredelinghen
,
de
l'Estingue, Malplaquct& de
Flerus, dans toutes lesquelles
Mesieurs ses Enfans ont répandu
leursang; Elleenaencore
deux dans le Service, sont qui M. le Marquis de Lostanges,
Capitaine dansLenoncoureCavalerie,&
M.leChcT
valier de Beduer Capitaine âansLouvigni.;
La Maison de Menardeau
cfl: alliéeà cellesde Choifeiiil,
PPrraalsIiltiln,d,d'A'Auummonntt,Jd(et(L:soofstiaan,nges,
saint Alyaîre> NerrÍ1ond.
leCoq,& deSalloleBret: ce
futCatherine le B!F quifit
drcfTerune Epitaphe qu'on
voieà saint Eustache prés le
Choeur,,builç^V dit de ÊraT
tien de ,e.nrdéau:, jprer&ri?
tannosilluflrijjjma Gens orm,
Dom François Mariede
Paule Telles, Giron , Duc
d'Ossone, Comte d'Uruenna,
Marquis de Pennafiel
,
Canw
rero Mayordu Roy d'Espagne,
Notaire Mayor de Castille,
Clavero Mayor de Calarraye,
General desArmées de Sa Majesté
Catholique, Gentilhomme
dt saCham bre,Capitaine
dela premiereCompagniedes
Gardes du Corps,& son premier
Plenipotentiaire à l'Af.
semblée d'Utrecht, mourut la
nuir du
2. au 3. de ce mois
âA gé1 dde .. 3 8. ans. , '¿j
., Marie Eouquet, épouse dArmand Duc de Bethune,
Pair deFrance,
-
Gouverneur
des ,VJlle.. ÔC) Citadelle de
Calais, Fort de Nieulay
,
Pays
conquis & reconquis, Lieutenant
General pour Sa Majesté
dans les Provinces de Picardie,
Haynaut & Boulonois, Commandeur
des Ordres deSa Majesté
, cy devant Capitaine
d'une des quatre Compagnies
des Gardes du Corps du Roy,
mourut en cette Villele 14.
de ce mois âgée de 75; ans,
après59. ans demariagerevolus,
a yant esté mariée le12. de
Fevrier 1657. Elle étoit fille de
Nicolas Fouquet Ministre d'Etat
,
Surintendant des Finances
.& Procureur General au Parlement
de Paris
, mort à Pignerol
en i68cr& de Loüise
Fouché, Dame deQueillac, sa
premiere femme
,
dccedée en
1641.il est forti de son mariage
plusieurs enfans, dont il
restedeux en vie, Armand Jean
de Bethune Duc de Charost
,
Pair de France Capitaine des
Gardes du Corps deSaMajesté,
LieutenantGeneral de ses
Armées, Gouverneur des
Ville & Citadelle de Calais,
Lieutenant General pour Sa
Majesté en Picardie; & Basile
Louis de Bethune
,
Chevalier
de Charost, Ca pitaine
de Vaisseau. P iij
Dame Elisabeth Carré, veuve
en premieres nôces de Mes- -de Cherigny,Conseiller au
Parlement,& en secondes de
Ivicffirc Jean Hay,Marquis
du Chastelet, mourut le ,.:
Mars: elle étoit soeur de Messire
Guy Carré, Seigneur deI
Montgeron, Maistre des Requêtes,&
cy devant Intendant
à Bourges, & de Dame Marie
çarr)fcnlnle de Messire Loüis
de I\,IJchaut, Seigneur de \â
Boursiere & de Bellenave
Conseillerau Parlement, &
cJIc: étoit iîlle de Guy. Carré,
SMeoingtneeguerrodne Oénôuilli& de ,Secretyairedu
Rôy&1Greffe <fû'ConfeiP,
Danguechin. 3b 35' UODnkI 'Vcrt ¡Pfôlg¿fd2.t
de BôifctïibntV Lieutenant
Colonel du gientcBcrrl'yO,
rdCraevMa(cilriitéa&ireChevalier de
de S ,JLoüis)J
moiitutle30. Mars. >}
l;: Damé Mar19fdúValr
Veuye.deMeflljé René LandoùiHet
do LogiVfere, MargUIsedé
Maule,Cbrnftiiflàirtc
général del'Artillerie delà
Marine, Capitaine des Vaisseaux
du Roy, & Chevalier
de l'Ordre de S. Loüis, mourut:
le 31. Mars, laissant entr'-
autresenfans DameCharlotte
Landoüllet de Logiviere, mariée
depuis, l'an 1709. avec
Michel-Gabriel-Raphaël de
Beauv-ais, Seigneur de Gentilly.,
Baron de Beauvais, cydevant
Capitaine des Chasses
de la Garenne du Louvre.
DameMarguerite Mandat,
veuve de Mcssire Ferry Mallet
de Graville
,
Marquis de Valfemé
, mourut le premier
Avril:elle étoit cousine de
Mrs Mandat, Maistre des
Comptes, & Conseillerau
Parlement, & fille de Nicolas
Mandat, Maistre des Comptes
à Paris,& de Françoise Petit,
& petite filllede Galiot Mandat,
reçû Secrétaire du Roy
dés l'an 1572. sorti d'une
famille originaire de la Ville
deLimoges.Feu M. deValsemé
son mari étoit sorti des
Seigneurs de Gr.a11'-Mbranche
de laMaison ucMai!e&
Graville, l'une des plusanciennes
& des plus illustres de
la Province de Normandie.
!
MessireeLouis Fayet,Comte
de Serris, Seigneur de Piscop,
Conseillerhonoraire au Parlement
deParis,oùilavoitesté
reçûdésle14. Février i6/£
mourut sans alliance le6
Avril: il étoit filsde Messire
NicolasFayety Seigneurde
Groflay&dePifcop,.Con^.
iTc~iller auParlement,morten &de Dame MarieLo
fin décharny, petit fils de
JvfeYlSfcNicolas Fayet, Présixent
des Comptesa Parisen
1615. & de DianeSublet
c)Hcudicourc & arrièrepetit
fils d'Antoine Fayet, Tresorier
gGpéennéerruaali dee tl''EErxxctrrraaeoorrddsiinnaa.iirreeddeess
: Messire Charles Witasse
Docteur de la Maison & SocietédeSorbonne,
& Professeur
Royal enThéologie,
mourut le 10. Avril, generalementre
gretté des honnestes
gens. --
Messire Joachim de Lionne,
Comte, de Lionne
,
premier
Ecuyer de la grandeEcurie dt4
Roy mourutle 31. Mars
il étoit-fils de Messire Artus de
Lionne, mort Doyende la
Chambre des Comptes de
Grenoble & petit filsdeSebastien
de Lionne:
,
Seigneur de'
Flandennes &deLeissens,Tresorier
général de laPr ovince de
Dauphiné. Ilcroitcousinger-
Jnjin de feu Messire Hugues
de Lionne, Marquis de Fresnes,
Seigneur deBerny, Mmiftre&
Secrctaire d'Etat, Commandeur
& Maître des Ceremonies
des Ordres du Roy,
ayeul de M. le Marquis de
Lionne d'à present.
Il commença par exercer une
Charge de Conseiller au Parlement
de Grenoble; mais la
tranquillité de cette prosession
ne s'accordant pas avec son
inclination guerriere, il la quitta
pour suivre celle des armes,
il se distingua fort en Afrique,
où ilse vit plusieurs fois (esposé
au dangerde se voir mjngc
par les Mores ; mais en
étant miraculeusement rechape,
il vint en Flandres, où il
servit avec la même valeur
contre les Espagnols ; il traita
depuis de la Charge de premierEcuyer
de la grande Ecurie,
mais il n'en faisoitplus les
fondions il y avoit déjàlongtemps,
lors qu'il est mort
les plus grands politiques & les
plus vieuxnouvellistes du Jardin
Royal des Tuilleriesle
reconnoissoient tous pour leur
Chef souverain,& ils le cc..
gardoient comme un prodige;
agflï veulent-ils que le terrible
Phenomenequi parut il y a
quelque temps en Angleterre
ait annoncé sa more, comme ilarrive assez ordinairementà
la mort desgrandshommes.
-- Le Jeudy deuxième Avril,
le Corps de Marie Casimirede
la Grange d'Arquian
,
Reine
Doüairiere de Pologne
, par mordre deMadame la Comtesse
d'Arquian saDame d'Honneur,
fut transportéde son
Appartement du Château de
Bloisoùiletoitdepuissa mort
sur unlitdeparade,àFEglifc
deS.
"Sauvcur',Paroilfc.QuCpâ!
teau,& mis en déppfl: en at
tendant les ordresdesPrinces
ses Enfans
,
dansla mêmeChapelleou
ontesteexposez les
Corps de la Reine Catherine
de Mcdicis,de Gastonde France
, d'Anne de Bretagne, & de
plusieurs autresPrinces '& Princesses.
Le lendemain troisiéme du
mois fut faitun Service solemnel
où officia M. TEvcqué
de BIOI'S'accompagné de Çon
Clergé ;ttÓutc la Courde la
seue Reine assista à la ceremo
nie, à la telle de laquelleestoit
Madame la Comtesse d'Arquian
sa Dame d'Honneur.
L'Oraison funebre fut prononcée
par le Pere de Couvrigni,
Je suite.
Passons aux Mariages.
MARIAGES.
Messire Loüis-François-
Anne de Neufville ,Marquis
deVilleroy,fils de M. le Duc
de Villeroy
,
&petit filsdeM.
leMaréchal Duc de Villeroy
,
a épousé le14decemoisMademoiselle
de Luxembourg,
fille
fille de Messire Charles François
Frederic de Montmorency
Luxembourg
,
Duc de Luxembourg
,
Lieutenant General
des Arméesdu Roy, &
GDuvSjlcur dela Province de
Normandie, &de seuë Dame
Marie GillonneGillier de Clerembault
sa seconde femme.
Je vous ay déja tant de fois
entretenu de la Maison de
Neufville Villeroy
,
qu'il me
doit suffire tle vous dire ici que
M. le Marquis. de Villeroy ne
pouvoit faire une plus grande
alliance,puisque la Maison de
Montmorency est sans conttrrèéddiittllaapplluussillustre
du Roiau-i t me. 4* - ," ..; M.leMarquis de la Vicuviîlc-
,
qui a éslé Chevalier
d'Honneur de la Reine Marie
Thcrefc*,de la Maiqonduquel
j%y parlé dans les Journaux
j5rtcedçnt$,aépouTé en croi
fîêinéS riôte*le j:de ce mois1
Ji YeúVc deM.deBreteüil Bal
ron a"Ecot{chl, Conseiller de1
Ja grand'Gbimbrç^duParlc^
ment deParis,5"cetteâimabjle
Veuve'hcçfen166o.duniâ- (,., riagedet Charles Côrrite dél
Froullay,grand Mar?cKaI"dçs'j
Logis,Chevalierdel'Ordre du
S.Esprit,& d'Ap'gpV'RÁ#
BaudeaudeParaberc,soeur de
la Maréchalc,t)^hç^dcNâjvailles,
Damed'Honneur,de
laReine, cûdeipçiricMW9
queM.leMaréchaldeTeflcl
GrandcrncChevalier
ndeerla'Oldredsre auS.Étpnc,&Gc-
Galères..
- iAcrix,erezvous-.ppmoment Mademoiselle,& trouvezbopqueveusinvitei
lire une ÔJCquè M. Gabriel
Capitaine de Dragons, a faite
à la louange de Monsieur le
Duc d Orleans, & qu'il a eu
l'honneur de luy presenter. Ce
Prince l'a reccue le plus obligeamment
du monde. M. Ga..
briël distingué par ses services
comme par le goût qu'il a
pour les Lettres, réüssiroit en
Maistre del'Art dansceluy de
faire des Vers, si sa qualité
d'homme de guerre,& la vivacité
de son genie ne loy
avoient pas donné unstyle hardy
qu'il ne veut pas prendre la
peine d'assu jettir à la severité
des regles. Voicy son Ode.
ODE
A Monfeigncur le Duc (TOfleans,
Regent du Royaume.
, Prince éclairé,dont le courAgr,
Respectéde nos ennemis
3 Par unepolitiquesage
Lesforce d'être nos amis.
Pendant que l'Europe en allarmes
Du Croissant redoute les armes, Ta vertu noussert de remparts;
Etnousflatte de rtfperAnce
De voir triompher les beauxArts
Et la Paix regner dans la France,
Hérosquandsurtoutela Terre
RQiue'nilns'iéegdadleesveofsatirreevlaalgeuuer,rre
A Etlutquesuoy porur .Vain- CeCesar,cegrandAlexanddrree..
Pourn'avoirpud'ehxfedéfmite
Ont éprouvez degrandsrevers.
EnvainornéduDiadème,
,
Onfait tremblerjoutï'%Jnbyef^
Si l'onestmaîtrede foy-memf.-,
De Pallas aveclecourage,
Nboust'avaonsvûtdanssles C,onu Prince,t'exposeraucarnage
Altesse de nosSoldats '', Etgouvernantparlafagfjfe
De cette prudenteDéesse -'.
Tuvasfixer noferedejlm.
Sous ton équitableRegence,
Ainfichue l'Aurore au matin
,- AL) Se montre à nosyru-lopl(n"ct'g
Comme Jupiterpar lefoudre
ErrllA les affreuxTitans, , A
TaJusticeréduit en poydre,; Ces monstres qu'onnommeTrai- Tuftuaisnl'amsbi.tio-n deJule,/?,
Poursuivre l'exemple4Htrcule
Cesar tout,grandfutodieux,
Herculequidoitsanaissance
Au plus puissantde^tous^ les
D" ',' '-1 J. Dieux
,
Des coups de ton bras redoutable
Jiesvoiis tomber ce monstre affreux, rendoitsiformidable,
Nourri dusang des malheureux :
Qui nous devorantfaisoit croire
Quil contribuoit à la gloire
D'un Monarque qui fut si
grand: Mais deson flanc épouvantable
C'estl'or qui coule au lieu de
fang,
Lasourceenestinépuisable.
Peuplfpourifnir tamisere
En
En njxin par les plus grands
travaux
Tu cherches au sein de ta mere
Le contre-poison de tes maux.
Plus tu parois infatiguable
Et plus ce
monstreinsatiable
Engloutit tes richestresors;
Mais Philippes ), tes voeux pro-
;,
pice
Va t'aider par de grandsefforts
yi vaincre un monstred'avarice.
venez malheureuses victimes
Du luxe & de l'ambition,
Venez en confessantvos crimes
Meritersacompassion;
Sa severité vous étonne, à
Dans le temps yne Jupiter tonne
Il avertit le criminel:
Et qui méritesavengeance
Bien souvent au pied de l'Autel
Ressentl'effet de sa clémence.
Conformez-vous dans l'abondance
, Sur l'exemple de ce Vainqueur,
Maistre absolu de l'opulence
Encore plus maistre de son coeur.
Vl}Yrz sa vertu,sa naissance
Mépriser la magnificence
Des honneurs qu'on doit à son
rang;
Mais moins il exige d'hommage
Etplus à nosyeux il e^grand
Modérezvostrefier courage,
Et vous '(p°fe à l'ombrage
De ses palmes, de ses lauriers;
Pour vous le Heros toûjours
veille,
Il cherit en paix les guerriers
Et le courage qui sommeille.
Avec un :{ele charitable
Vpus fait part des bienfaits du
Ciel.
Et le Prince qui les dispense
Par une celeste prudence
Unit le guerrier avec eux.
Serviteurs du Dieu de laguerre,
Ensemble au Ciel faites des
voeux
Qu'il le conférue sur la terre.
PLAC E T.
Jadisj'étoisenpied, à present
reformé,
On vous a tant de fois
entendu faire l'Eloge de la
Poësic, que cela me donne
lieu de croire que vous ne
vous rebutez pas de lire des
Vers, lisez donc encore ceuxcy
,
Mademoiselle, je vous réponds
qu'ils n'ont rien d'ennuyeux
, au contrairevous
trouverez dans le Papillon vola
ge, dont vous allez voir
l'Eloge, des traits de legetté
, qui vous sembleront faits
exprès, pour vous montrer
un Portrait qui ne ressemble
pas mal au vôtre.
LE PAPILLON,
Cantate ou Ode a llegorique.
Recitatif.
Vtrs des bords émaille, où
chaquefleurnaissante
Exhaloit danslesairs milledoucesodeurs,
Lajeune Iris goûtoit la douceur
innocente
De cueillir les plus bellesfleurs.
Quand du sein d'un beau lys,
cette jeune mmette,
Apperçut voltiger un Papillon.
badin:
Arreste, volage,dit-elle,
Peux-tutoujours voler en vain.
Air.
Ce Papillon volage
Effraiedu Ungdge
De la jeune beauté
,
Volevers un bocage,
Et confie au feuillage
Sa chere liberté.
Riiij
Les coeurs legers
,
sans cejje3
D'unlienqui les prejje
Cherchent à sécarter:
Laplusvive tendrejje
Leursemble unefoiblesse
Quilsontfoin d'éviter.
Recicatif.
Envain d'un pas leger Iris
croit le surprendre,
Il s'échapetoujours à ses efforts
PllfJans.
L'aimable Iris, dont les charmes
naissans
Forçoient mille coeurs àserendre;
Fit connoistre en ces mots, qu'on
ne doitpass'attendre
Qt£un coeur leger se livre à des
noeuds innocens.
Air
Un volage estinvincible
Il se dérobe à chaque instant :
On triomphe d'un insenstible
Jamais,jamais d'un inconstant.
Beauté, qui eoffide'Z les armes
Qui nous ostentla liberté
,
Vous n'avezpoint aJJrz decharmes
Pourfixer la legereté.
Un volage, &c.
Recitatif.
LePapillon content d'avoir
fuy l'esclavage
Donne un nouveleffort à sa legeretc.
UnejeuneAmarante al son premier
hommage ;
Il s'en lasse, il s'envole ; &jamais
arrêté
On le voitvoltigerdefleurette en fleurette,
Le choix seul des plaisirs rendsa
flame inquiette.
L'épine de la rose,£?* des lys les
froideurs ;
Le rendent inconstant pour une
violette.
Bientost la joiïifîance étousantses
ardeurs,
Il courtles ranimer sur des oeilletsflateurs.
Volage!mais heureux; dansJa
tendre amourette Il , goûte à chaque instant, de nouvelles
douceurs.
Air.
Les Papillons les plus volages
Satisfont toujours leurs desirs,
Plusils offrentd'hommages
Plus ils reçoivent ep/difirs.
Volez,volezsans preference
Atous lesobjets de vos feux;
N'ayez de la perseverance
Quautantqu'il faut pour être
heureux.
moiselle de V. imprimez dans
lemois dernier.
MADRIGAL,
du même.
Un Papillonlassédevolersur
lesfleurs
S'arrêta sur le sein de l'aimable
Sylvie;
Mais le plaisir qu'ileût de ces
raressaveurs
Bientost luy déroba la vie.
Ah! quelfort,pour un inconstant,
De mourir en baisant cette jeune
mortelle:
Ace prix, moy quisuisfidelle
Helas!je mourrois trop content.
En voici encore d'une autre
espece; mais quoy que la
maticre en soit plus serieuse
,
je ne vous prie pas moins de les
lire. Ils pourront peutêtreun
jour vous servir à l'éducation
de Meilleurs vos enfants, ils
font encore dans les espaces
imaginaires, mais vous êtes
JD grâce au Ciel, d'une bonne
complexion,&ilya lieu d'esperer
que rien ne vous dispensera
de subir à la fin la rigueur
des Loix.
Un Avocat au Parlement a
fait une Epistre en Vers François,
où il s'est proposé d'instruire
un jeune homme de la
mêmeProsession ; & de luy
marquer la conduite qu'il doit
tenir dans ses Etudes. Plusieurs
personnes, qui ont vû cette
Piece, ont crû qu'on en pourroit
exttairequelques morceaux,
qui ne déplairoient pas
auxgens dumétier.
L Auteur commence par
unavistres connu,& trèsimportant,
qui est d'étudier avec
assiduité lesOrdonnances,le
Droit, & lesCoutumes.
Les Ordonnancesfont, autant
qu'il plait aux Rois,
Pour chacun des Sujets d'inviolables
Loix.
L'intelligenceenest d'autantplus
necessaire,
Quesanselle onne peut conduire
aucune affaire.
Jeune encore, tu décrois leslire
nuit&jour.
En leur vaste recueil, comme en
un.beau séjour
Lajusticeparoists'estreenfinretirée,
;; j -r
Pourêtre de nonveau des mortels
adorée.
Quoyquel'étudedes Textes
ne puisseêtre trop recommandée
,
il est vray cependant,
pour ce qui regarde les Loix
Civiles, qu'il n'y a point de
guide plussûr que le celebre
feu M. Domat
,
Avocat du
Roy au Présidial deClermont,
qui
qui les a rangées dans un trcsbel
ordre.
Il démontre des loix la constante
équité;
Sur leur nuage épais il répand la
clarté :
Celles qu'un sensmal prisfait
paroistrecontraires
,
Ou qu'onnentend pas bien mil,
gré les Commentaires,
Il les met dans leurjoursi naturellement
f Que les Lecteurs en sontfrappez
d' etonnement.
On ne dira rien ici des CoûtunlCS,
ni des autres connoissances
essentielles
,
qui sont
amplement détaillées dans l'E.
pistre. Tous ceux de la Profession
en sont suffisamment informez
par les differens Traitez
rendus publics sur cette
matiere. On se contentera de
parler d'études moins serieuses,&
plus recréatives.
Lorsquetusentiras ton ardeur
ralentie,
Etparundur travailla tête affel
santie;
Quittel'étude, ou bien
,
lis quelque
plaidoyer
Qui pHtF en mêmetempst'instruire
& tegayer.
.patru
)
le Maître, Erard, tous
trois mis en lumiere ,
Se [oru,fortsignalez dans cette
ample carriere.
Le fiile du premier est coulant,
clair, aiJe.
Le second à bon droit peut être
proposé
A ceux qui recherchant le grand
&lesublime
,
Demandentquetoûjours noblement
on s'exprime.
Erard bien plus moderne, non
moins éloquent,
De persuasion impetueux torrent,
N'alléguéensesDiscoursaucune
raisonvaine,
Et par force àsonsens tous In
Lecteurs entraîne.
Les Factums font aussipropres à
délasser.
De differensendroits il en faut
amasser.
Souvent un Avocatpar ce genre
d'écrire
Dans le monde plaideur tâche de
s'introduire:
Même les plus fameux appliquent
leur esprit
Apolir&limer cetteforte etécrit.
Combien n'y voit-on point de
ebofes remarquables,
De portraits nonftattez,d'images
agreables?
L'étude des Plaidoyers &
desFactums conduità celle des
belles Lettres
,
qui necontribuënt
pas peu à la pzrfection
de l'éloquence du Barreau.
Apprensàte connoistre en bonne
Poësie :
Lis-en de temps en temps quelque
Piece cboïjle.
Les livres de Grammaire
,
amasfez
avecsoin,
Te pourront mêmeencoreamuser
au besoin.
Nefois pas insensible aux traits
d'une Harangue
Où l'on voit éclater les charmes
de la langue.
Contemplequelquefois l'homme
capricieux,
Inconstant fier, injuste, avare , ambitieux:
D'excellens Ecrivains ont peint
cescaraéhres,
Et dévoilédu coeur les plussecrets
mysteres.
Va puiser dans l'Histoire un
grand nombre defaits
Curieuxsurprenans , & digne
d'être extraits.
Sçache ce qui sipassi en la Litte-
rature,
Aidépar lesJournaux de diverse
nature,
Imprimera laHJàTrévoux,
àParis.
Joins-yBayle & Basnage; ils
ont encore leurprix.
Pourvu que tout cela ne soit que
l'accessoire,
Tu rempliras ton rang avec honneur&
gloire.
Remets cette lecture aux momens
de loijtt:
Cherchel'instruction jusques dans
leplaisir.
L'agreable
en un mot doit ceder à
l'utile.
* Cequi plaist sans instruire est
ingrat&stérile.
Vous voicy enfin arrivée,
Mademoiselle, à l'article du
Livre qui vous plaira davantage.
C'est une histoire amoureuse
& peu, prou, ou point
interessante, qu'importe?cest
toûjours une histoire ; estil
rien de plus amusant pour
une jeune personne ?
HISTOIRE.
Une jeune & belleVeuve,
(dont pour raison je tairay le
nom
nom & la Province)amoureuse
depuis trois ans d'un jeune
Marquis, s'ennuya enfin d'aimer
toute feule. La maison
de son Amant n'étoitqu'à
une petite distance de la
sienne,&
ce qui la desesperoit,
étoit que malgré la proximité
du voisinage
,
le Marquis
n'eûtpastémoigné seulement
la moindre envie de
lavoir,& que son indiffèrent
voisin ne la connût tout au
plus que sur ce que la renommée
pouvoit avoir publié de
ses charmes; la liberté donc
sans cesse il vantoit les avanrages
J dans des termes qui retournerent
souvent à la belle
Veuve,avoit fait naistre dans
son coeur le dessein de foumettre
à quelque prix que ce
fut cet insensible, à l'Empire
de l'Amour. Un an se passa cependant
sans que la moindre
apparence d'un succés favorable
pût flatter son attente;
mais le dépit & la colerc s'unissant
à l'amour, lui donnerent
à la fin de nouveaux
conseils. Elle sçavoit de
reste(&c'étoitla plus vive
raison de sa douleur) que son
Amantn'avoit d'ardeur qu'à
poursuivre des bêtes dans les
Forêts, & quelachassefaisoit
toute l'occupation & tous les
plaisirs de savie. Si jen'avois,
disoitelle encore en ellememe
3
qu'une Rivale à combattre,
si elle pouvoit me disputer"
quJel'que temps ma con- quére,l'amour , ,
éclairé rangeroit
bientôt monAmant
fous mes loix, je sçaurois du
moins qu'il sçait aimer; mais
l'insensible est livré tour en- tier à une passion feroce, & chaque jour son ame s'entretient
des plaisirs les plus op- posez à l'amour;il faut pourtant
le voir & luy parler, que
risque avec un mortel de cette
trempe une Amante éperduë,
leplus grand de mes malheurs
fera de ne le pas persuader;
mais il n'importe, courrons en
tous les perils. Ces reflexions
faites, & cette rcfolution prise,
elle sortit de son Château
vers les six heures du soir,un
beau jour du mois de May dernier;&
se promenant négligemment
un livre à la main,
elle s'enfonça dans up bois qui
touchoit aux murailles de son
Jardin, elle traversa des défilez
& suivit des routes où jamais
sans l'amour elle n'eût
ôsé aller seule; elle arriva enfinàunefontaine
où on luy
avoit asseuré que son Amant
alloit tous les soirs se desalterer
& se délasser de la fatigue
du jour.
La nuit commençoit à répandre
sessombres voiles sur la terre,
de funestes oiseaux à faire
entendre leurs trisses ramages,
& la crainte à se glisser dans
les veines, lorsqu'elle entendit
enfin le bruit des Cors & des
Chiens qui luy annoncerent
l'arrivée de son Amant, qui
vint en effet à la fontaine, où
elle l'attendait agitée de mille
foins. Ah! Monsieur,luy dieelle
en tremblant dés qu'elle
le vit, vôtre presence me tire
ici d'une inquiétude mortelle;
la fraîcheur de cette Forêt m'a
invitée à la promenade, la lc.
cture de ce Livre m'a entretenuë
si agréablement que je
n'ay feulement pas songé à
suivre une route, certaine, &
je me trouve enfin seule au
milieu de ce bois sans sçavoir
où je suis, quoique mamaifon
ne foie pas fort éloignée d'ici.
Madame, lui dit le Marquis,
qui de sa vie n'avoit veu une
si belle personne,l'Univers
entier est un asyle pour vos
charmes, & les Hôtes les plus
feroces de ces lieux en respectcronc
toûjours l'éclat & la
majesté ; mais si le hazard
vous a un peu trop exposée
à leur discretion) la fortune
me rend aujourd'huy le meilleur
officeque j'aye encore
reçu d'elle, en m'honorant
du foin de vous reconduire
chez vous; je n'ose pas vous
demander si vous n'êtes pas
Madame la Comtesse de **
parce que mon crime feroic
impardonnable de vous avoir
pour voisine, & de ne vous
avoir pas rendu l'hommage
que je dois à vos beautez.
Vous sçavez mon nom,Monsieur,
luy dit la belle Vcuve.:
sans être à mon égard coupable
de la moindre impolitesse,
& c'et à moi-même que je
dois sçavoir mauvais gré de
n'avoir pas encore reçu la visite
d'un voisin tel que vous.
Ils prirent cependant le chemin
du Château de la Dame,
où ils arrivèrent à bon porr. Je ne vous diray rien des
pensées tumultueuses dont
leur esprit fut agité
,
aprés
qu'ils se furent séparez. Le
calme est dans le coeur des
Amants tant qu'ils joüssent du
bonheur d'estre ensemble, si
l'esperance de se revoir bientost
adoucit en eux la peine
de se quitter, elle ne les affranchit
pas de toutes les rigueurs
de l'absence : mais malgré ces
inquiétudes les expédients qu'-
enfantent les reflexions, les
flattent toûjours du succés de
leurs desseins.
L'indifferent Marquisaprés
avoir rencontré au fond d'une
Forefi.) la plus belle personne
du monde! quels soins, dit-il,
peuvent avoir conduits ses pas
dans un lieu si reculé? ses regards
errants, son embarras,
un certain air de melancolie
que l'amour seul répand sur
toutes nos actions ont été ses
guides. N'ay- je pas entendu.
quelques soupirs échapez de
son sein? toute la jeune Noblesse
de ces cantons joüit
vray-semblablement du privilège
glorieux d'aller offrir sur
son Autel ses voeux & son encens!
ah sans doureelleaime!
& il n'est pas possible qu'elle
foit exposée à recevoir tant
d'hommages d'amour,&qu'-
elle soit belle comme elle l'est,
sans aimer. Mais quelles conjectures
peuvent m'étonner?
mon courage doit-il s'effrayer
du danger de disputer à toute
la terre une si belle conquête?
non, il faut que je triomphe
de mes rivaux, & que j'obtienne
de sa main, de l'aveu
de son coeur, le prix de mon
amour: voila à peu. prés, fîje
ne me trompe, le grand projet
que forma le Marquis pendant
toute la nuit qui suivit
sa premiere entrevûe avec la
belle Veuve.
Le lendemain contre sa
coûtume, l'Amante deCephale
le trouva encore dans son lit.
Il commença avant de se lever
par congedier, chiens, cors,
chasseurs,&tous autres ullan.
ciles de chasse. Il ordonna à
son valet- deChambre de luy
préparer le plus galant de ses
habits, & ilfitsi bien, & s'occupa
si long temps du foin de
s'ajuster,que rien ne fut épargné
dans sa parure. En cette
occasion comme vous voyez,
Mademoiselle, le proverbe cil:
bien veritable: altri tempi, altre
cure. D'autres temps d'autres foins. Enfin l'heure,
d'aller se presenter à la toilette
de sa Reine arrivée, il se dispose
à luy faire sa galante
visite, en valeureux champion;
mais comme dit fort bien l'Al..
manachuniversel de Milan
de la presente année bissextile,
en date du 22. de ce mois,
à s- heures 16. minutes du
matin, les jouës s'applatissent
lorsque l'on bâille. Et M. le
Marquis fut obligé de rengainer
son compliment par un
miserable contretemps qui
vint mal à propos déconcerter
toute l'oeconomie de
fcs projets. Sa mere desesperée
d'une fâcheuse nouvelle
qu'elle venoit de recevoir, se
traîna jusqu'à son appartement,
& luy dit, fondant en
larmes, monfils, la jeunesse
de vostre frere l'a engagé dans
une tres -
mauvaiseaffaire;
voila une lettre qui m'apprend
qu'il est sur le point
d'estre condamné à perdre la
teste, allez vous jetter aux
pieds du Roy, implorez sa
clemence, & Sa Majesté accordera
peut- estreaux services
de nostre maison, une grace
à laquelle le repos de mes
jours est attaché! ne perdez
pas un moment, mon fils, &
mettez tout en usage pour
donner à vostre mere la consolation
d'avoir tout entrepris
pour sauver vostre frerc. Son
salut dépend de vostre diligence.
Je viens d'envoyer
chercher des chevaux de
poste, ils arrivent, montez à
cheval, & rendez vous inccffamment
à la Cour.
Le Marquis accabléde cette
affreuse nouvelle,& en même
tems épouvanté du danger évident
que couroit son frere, ne
balança pas entre l'amour &
le devoir, il prit le party que
ce dernier luy di£boit>& malgré
ladouleur qu'il eût des'éloigner
de sa belle Comtesse,
sans luy avoir du moins fait
connoistre une partie de ce
qu'il sentoit pour elle, il se
servità l'instant des chevaux
quil'attendoient,il se rendità
Paris,&en peu de jours ilfut
assèz heureux pourobtenir la
grâce de son frere. Il se disposoit
déja à faire pour son retour
la mêmediligence qu'il
avoit faite pour son voyage, lorsque de nouveaux ordres,
ou plûtôt de nouvelles instances
de sa mere le condamnerent
rent à prolonger son séjour à
Paris. Elle le prioit dans ses
Lettres de donner tous ses
foins à la poursuite d'unProcés
qui interessoit considerablement
toute la famille, & qui
pendoit depuis longtems au
Parlement decetteVille.Ilne
pouvoir pas avec honneur se
refuser à veiller de prés àune
affaire de cette consequence
aussi , ne négligea t-il rien pour
faire valoir le bon droit & la
justice de sa caufc avec tant
d'exactitude&de précautions,
qu'il gagna son Procés.Toutes
ces choses ( comme vous
pouvezjuger)ne se fonr pas
en un jour;aussi y en employa
t-il tant,que peu s'en
fallut que la Ville ne luy sir oublier
la Province. Je ne croy
pas pour cela que l'image de
sa belle Comtesse fut tour-àfait
effacée de son idée; mais
ce que jesçay bien,c'est qu'elle
n'y tenoit plus guere , & en
voicy la preuve. Au lieu de retourner
dans son Village, il
s'amusa ici à monter à cheval,
à faire des armes, à joüer
,
à
chercher la Compagnie des
Dames,& às'enyvrer souvent
avec des petits maistres. Cependant
Madame la Comtesse
qui n'avoit pûarracher de son
coeur les traits dont l'amour
l'avoit percé, voyant que son
cher Marquis ne revenoit
point dans son Pays, prit une
resolution qui,quoyqu'extrême,
me paroist sufissamment
justifiée par l'excés de sa tendresse.
Elle Ce rendit à Paris incognito,
& s'y deguisa si bien en
homme, qu'elle y passa tant
qu'illuy plût pour le plus aimableCavalier
de France. Elle
:prit le nom du Chevalier de
S **. elle loüa une maison
propre &, commode, elle se fit
un équipage des plus lestes. elle
courut lesspectacles, les promenades,&
chercha enfin toutes
les Compagnies où elle
crût pouvoir apprendre des
nouvelles de son Amant. Le
hazard, dans cette vue, la fcrvit
mieux que tous ses foins.
Un jour étantauxTuilleries
avec son Valet de chambre,
premier confident de ses dcffeins,
elle apperût leMarquis,
elle le suivit, & le ferra de si
prés qu'elle apprit sa demeure
de sa propre bouche
, parce
que dans le même instant il
enseignoit sa Maison àun Cavalicr
qui se promenoit avec
luy. Contente pour ce jour de
cette découverte, elle se retira,
& le lendemain elle fut prendre
un Appartement garni
dans l'Hosteloù il demeuroit.
Le mêmejourils dînerent enfcmble
,
ils se regarderent à
outrance, & le Marquis sur
tour,rassemblant dans les traits
du Chevalier tous ceux de son
aimable Veuve, ne pouvoit se
lasser d'admirer dans un tel
caprice dela nature, un pareil
chef-d'oeuvre: de ressemblance.
Le Chevalier de son côtén'étoit
pas sans embarras, il
trembloit à chaque instant que
cet cxcés d'attentions du
Marquis ne l'aidât à découvrir
le secret de son déguisement.
Mais son habit, ses
discours& ses manieres la rassurane
contre les mauvais
tours que luy pouvoit jouer
sa pudeur, elle s'arma d'une
fermeté capable de déconcerter
toutes les reflexions de son
Amant. Il ne s'imagina en un
mot jamais que cet aimable
inconnu fut sa Maistresse,
fous la forme d'un Cavalier;
mais en consideration de l'extrême
ressemblance,ils lierent
ensemble une amitié trésétroite,
le Marquis ne pouvoit
estre sans le Chevalier, ny le
Chevalier sans luy:tous ses
feux dont l'absence avoit
commencé à rallentir l'ardeur
se rallumerent par cette vûë,
illuy avoüa enfin qu'il étoit la
veritable image d'une belle
per sonnedontilétoitéperduë.
ment amoureux. Illuy conta
l'origine de sa passion, &
le succés malheureux qu'elle
avoit euë dans sa naissance.
& il finit par une protestation
de n'aimer de sa vie que le bel
objet dont il étoit une copie
si parfaite, que son coeur en
seroit desormais partagé pour
toûjours, entre l'amour &
l'amitié. Le Chevalier répondit
à ce compliment les choses
du monde les plus graticufes,
& il étoit trop poli pour y
manquer. Bien plus, on m'a
assûré que les sermentsde son
Amant avoient augmenté au
moins d'un tiers l'éclat de ses
charmes, & que le Marquis le
voyant si beau, luy avoit par
bricole de reflexions juré encore
mille fois de l'aimer juc.
qu'au tombeau. En cet endroit
nos Amants s'attecndrirent
drirent de plus belle, & fc
dirent des choses si douces,
qu'elles auroient amoli le
coeur d'un tigre. On ajoûcc
que dans les efforts qu'ils firent
pour se consoler mutuellement
,ils se conseillerent de
s'écrire des lettres toutes
pleines d'amour, de même
que s'ilseussentété, l'un en
Province, l'autre à Paris. Le
Marquis discret & qui n'avoic
encore vûë sa Maistresse qu'-
une fois, n'osoit tenter temerairement
une si perilleuse
avanture J'en courrois tous
les risques, moy ,
luy dit le
Chevalier, & si l'on ne me
répondoit pas favorablement,
j'irois sur les lieux même, demander
à cette cruelle, raison
de son impolitesse. Vous allez
bien vîte, mon cher, répondit
le Marquis, & vous parlez
en Amant bien moins à plaindreque
moy. Je n'en connois
pas, reprit brusquement
le Chevalier, deplus heureux
que vous:courage, luy dit son
ami accablé de douleur, ajoûtez
des tailleries piquantes aux
malheurs qui me persecutent.
Ils alloient ainsi, en dits &
contredits, se pointiller de façonque
les injures eussent
peutestre entré pour quelque
chose dans leurconversation
si la porte de la chambre où
ils
;
s'entretenoient n'eût pas
été imprudemment ouverte
par la fille de l'hôtesse de
leur maison. Cette fille cu..
rieuse & gentille, étoit du
premier coup devenue folle
d'amour pour le Chevalier,
& depuis le jour qu'il avoic
pris un appartement chezelle,
elle avoit mis tout en usage,
pour se procurer le plaisir de
voir autant qu'elle le pourroit
ce doux & charmant ob
jet de ses voeux. Sa mere en
étoit fole aussi:mais son cher
& bien aimé Marquis luy faisoit
méprisertoutes ces bonnes
fortunes. Cette fillen'avoir
pu sans un mouvement de
jalousie entendre repêter tant
de fois, & même avec chaleur,
le mot d'amour& d'amitié:
& la crainte que les personnes
qui se tenoient ce beau langage,
ne se portassent à quelque
violence préjudiciable à
son Chevalier, l'avoit déterminé
à venir rompre leur entretien.
Un moment après
cette sortie de la Donzelle, on
vint annoncer au Marquis,
qu'un laquaisdemandoit de
luy parler, sans vouloir dire
de quelle part. On le fit en..
trer, illuy donna une lettre,
& feignant de se retirer dans
l'antichambrepour lui donner
leloisir de la lire, il descendit
dans la cour, & delà dans
la ruë, sans réponse.Voicy le
contenu de cette lettre.
S'iletoit possiblede mettre d'accord
l'amour & la raison, la
mienne triompheroit depuis longtemps
des foiblesses de mon coeur;
mais la puissance qui m'emporte
ne peut maintenant estre retenue
par aucun frein. Je vous aime !
quel aveu pour vous & pour
moy ?cependant, quoyqu'ilmen
coûte, je ne rougirayqu'à demy
4e ce sacrifice de mapudeur,si
vous consentez à mous trouver
ce soir à dix heures à la Porte de
l'Hôtelde. vous vous laijjere^
conduire par la perjonne qui
vous demandera votre Nom, Cr
je meflatte que dans notre entretien,
vous me rendre% la justice
que maintenant mon amour derobe
à ma vertu.
Le Marquis étonné de la
lecture de ce Billet, & peutêtre
encore novice, quoyqu'il
fut depuisquelque temps dans
une Ville où tout fourmille
d,'avanturcs & d'avanturicrcst
le leut encore une fois avec
grandeattention. Vôtre dessein,
lui dit le Chevalier , est
sans doute d'apprendre cette
Lettre par coeur. Loin.de
cela,luyrépondit le Marquis,
je ne l'ayrelcuë que pour
essayer de deviner de quelle
part elle peut venir, Cette
Lettre qui flatteroit peut être
la vanité d'un autre, ne picque
point la mienne ; je fuis
insensible aux plaisirs que l'amour
me promet, & je ne
sçai si je ne regarde pas comme
une mauvaise avanture
cette bonne fortune que le
hazard m'envoye. Non, en un
mot, quelques douceurs que
mepréparé ce tendre rendez.
vous, je la sacrifie à l'aimable
personne, qui feule est capable
de me faire goûter de vcritables
plaisïrs ; cependant il
y va icy de mon honneur, &
c'cfi une forte chose dans le
ficclc où nous sommes, de
vouloir faire le cruel avec les
Dames. Mais tenez, lisez ce
Billet, Chevalier, & dites moy
le parry que vous prendriez si
vous étiez en ma place. Parbleu,
répondit le faux brave,
je nebalancerois pasun moment
à metrouver au rendezvous.
Hé bien,reprit le Mar.
quis, je vous conjure au nom
de toute l'amitié qui nous unit
d'allcr joücr mon iôle auprès
de cette Dame; quand elle
m'aimeroit à la rage, toute
son ardeur pour moy s'éteindra
en vous voyant. Vous avez
une éloquence& des traits
qui persuaderoient la plus incredule
ene ferez vous pas
auprès d'une femme échauffée
déja du feu de ses desirs. En
un mot, ce troc ne l'étonnera
peutêtre qu'un moment. Le
Chevalier eût beau chercher
des détours pour se deffendre
de lacommissionil fut enfin
contraint de s'en charger, ce
qu'il fit sans peine, étant l'auteur
de cette belle expédition.
L'heure du rendez-vous arrivée
,il monta dans sonCarrosse
&fut tranquillementse
coucher dans la maison qu'il
avoit louée, en arrivant à Paris,&
qu'il occupoit toujours,
quoyqu'il n'y logeât pas. Le
lendemain le Marquis luy demanda
des nouvelles de l'avanturc.
Une demie douzaine
de mensonges ingénieux le ti.,
rèrent d'affaire, en voicy un
encre autres. Non, lui die-il,
mon cher Marquis, il n'y a
pas dans Paris une femme plus
aimable que celle dont vous
avez hier méprisé la conquê.
te. Elle a des yeux ! un nez!
une bouche! un esprit! ah
j'en fuis éperduemcnc amoureux,
& je ne trouve point
de termes pour vous marquer
le gré infini que je vous [çai.
de m'avoit procuré une si
belle connoissanca ; mais en
revanche, il faudra que vous
alliez cette nuit joüer auprès
dune personne à qui je deviens
infidèle par cetre avanture,
le même per sonnage
que vous m'avez fait jouer,
hier, ce que j'exige mainte
nant devouseft sans répliqué.
Le Marquis y consentit, fût
d'en estre quitte pour excuser
son ami. Il prit avec l'heure
du rendez vous une adresse
de la mai son où on devoir le
recevoir à pareille heure que
le Chevalier y avoir estéreçu
laveille;c'étoit justement la
même maison, qui par une
commodité qui vient à merveille
à mon récit, avoit deux
portes sur deux ruës differenttes.
Tout bien concerté cn- euxils se separerent. Le
Marqué s'amusa en attendant
lanuit, à lire un tome de Clelie
,& le Chevalier alla chez
luy se disposer à mettre heureulement
àfin la fingulierc
avanture qui doit terminer en
tout bien & tout honneur
cette memorable Histoire.
*
La noire nuit venuë le Marquis
se rendit à l'Hôtel de **
dont une fille vint myfterieusement
luy ouvrir la porte,
elle leconduisit au milieu des
tenebres ,&' par différentes
routes, jusquaune antichambre
où clic le laiila un moment
sans lumierc. Elle vinc
enfuitele reprendre & le mener
dans un appartement magnifique&
bienéclairé. Il n'y
sur pas plutôt entré qu'clio
s'en alla. Quelles rcSexions
quelle contenance pour un
homme amoureux à cent
lieues de l'endroit où il efl!
Enfin on ouvrit avec grand
bruit la porte d'un Cabinet
doùsortit une Dame si brillance
par l'éclat de fcs habits.
si ravissànte par la beauté de
son visage,si majestueuse par
la noblesse de son porc, & si
touchante par la douceur de
Ces yeux, que.que. que la
merc des Amours s'en fcroit
à sa yeuë précipitée de dépit
dans l'onde.
Que vois je, dit-elle, à Tinfiant
feignant d'estre surprise,
& même indignée de la présence
d'un autre homme que
le Chevalier ; Qui estes vous
téméraire? & quel perfide
conseil a guidé vos pas jusqu'icy
? Pendant ce discours
le Marquis la rcconnoiffant,
trembla, pâlie, fc laissa aller
tout de son long par terre,
& dit en tombant: Ah cruel
Chevalier! bal barc ami! &
comme s'il fût tout-a-coup
descendu dans lanuit du tombeau
, il perdit l'usage des
sens; toutes les drogues imaginables
furentemployées
pour leur retour, outre les
aromates, les invocations
& les larmes ne furent point
épargnées. Enfin, comme
dit fort éloquemment & frcquemmentunjeuneAuteur
de
Romans de mes bons amis,
ses grands yeux bleus & mouransse
rouvrirent, & bien leur
en
en prit, car s'ils eurent restez
fermez, les chores. auroienc
pris une face qui auroic
bientôt mis, tout le monde
en deüil.Quandilles eût.doac
rouverts, illes attachaJanguiÇ
samment. sur sa Dame, en
pouffant de beaux & longs
soupirs,& lui dit douloureu.-
sement ces rendres mots:
a Ceffcz) Madame, de prendre
quelque part au malheur
d'unmiserableàquilavie ne
peult:cêetrreeqquua'càchaarrggee , après J apres
ce qu'ilvient d'éprouver.Ouy
je mourrai content puisquej-ai
vue encore une fois la divine
personne qui seule a cû lepouvoir
de me rendre sensible. Helasjebornoisloinde
vouscous
mes plaisirs à contempler dans
l'heureux Chevalier, des traits
qui fortifioicnt mon amour :
ôc je necroyois pas trouver eir
luy un rival, & un rival aimé
pour qui je sens bien que je
n'ay plus maintenant que de la
haine.
Pardon
,
Madame, l'état
déplorable où je fuis ezeufe la
témérité de mes plaintes. Oüy
perfideamy tu rcccvcras des
marques de mon indignation
& demafureur,puisquetu trahis
ma crcdulité" mon coeur &
ma MaÎtrctfc. A ces paroles
il en ajoûta bien d'autres que
j'ay oubliées. Cependant ce
fut à peu prés en cet endroit,
autant qu'il m'en peut fouvenir,
que la Dame l'interrompit
pour luy tenir les propos fuivants.
Faisons la paix, mon cher
Marquis, je fuis maintenant
pleinement persuadée de l'amour
dont vous brûlez pour
moy. C'est moymême qui
fuis le Chevalier qui vousallarme.
Je vous ay mis je vous
,
l'avoueà deux épreuvescruelles
; mais il n'en falloir pasmoins
pour me rasseurer.En
un mot c'*el{ll à mon tour à,
vous demander pardon de la
liberté de mon déguifemenr.
Avec moins damour, j'aurois
moins risqué ; mais voftrcme-,
rite
, & les conseils de ma tendresse
ont seduit ma raison.
Vangcz-vous maintenant ?
accablez moi de mépris, si
vous trouvez à voftrcégard
quelque chose d'odieux dans
mon amour. ',,.n'1t\
Je vous laisse à penser, si
après ce que vous venez de lire
*
la paix fut faite. Oüy elle le fut.
& si bienqu'en
:
moins de
quinze jourselle fut cimentée
par un bon contrat en formes,
& jurée solemnellement aux
pieds des Autels,avec des ferments
réciproques d'une éter--
nelle fidélité.
J'aurais traite cette Hijîoire plus
feiieufement si je navois appre-;
bendéque ma gravite&certains
incidents que j'aysagement fup- *
primez
9
neujjenttrop Jéfigne
les noms C. Ils quilitek de mts.,
¿rfursII. ;..
Voicy un article d'émula-
- tion pour vous, Mademoi--
felle; c'cft une Chanson, dont
l'air & les paroles font de lac
composition d'une jeune De--
moiselle qui a beaucoup des
merite, d'cfprit, & un goûeaj
singulicr pour lamusique.
PRINTEMS.
RtgntcharmAlttPrinttms
ranimez la nature
Ramener les pltilirs,lesamourti,
& les jeux,
Faites briller les fleurs & IA\
verdure,
Printems
Redoublez les, concertsdes
oyséauxAmoureux;
Et nous jeune Zephir, fidèle
jémant de Flore,
Vene^ du tendreamoursuivre lesdoucesLoix,
.:..
Hatez-vous d'embellir nos Jardins
& nos Bois :.
Mais n'y revenez point sans
l'objet quej'adore.
rez aussi bon marché de celle..
cy. Le mot de celles du mois
passsé étoit la Girouette ôc la
Vigne. Les noms de ceux qui
lesont deviné, font les noms
de tous ceux qui les,ont lûës ;
mais plus particulièrement la
tendre Daphné,le malheureux
Lycas, le jeune Durocher de
la ruë du Four, le Bas Bourgeois,
& les deux aimables
Soeurs de laruedu petitLyon.
ENIGMES.
ENIGME.
Qui qu'âgede plus de mille
ans,
J'ay tous les sans, unsquarante en-
Onseprépare à leurs naissances
Par de grandes réjoussances;
Mais ils ne sont pas plustost nz
Que les humains sont consterne
Car ils font mal a tout le monde
A la notre comme à la blonde
:
Aussisont-ilssimal reçus
QuauJJiofl qu'ilssont , apptrçûrJ
Le premier (si réduit en cendre J
Deux alafois onenpeutprendre
Et le dernier estsiretif à manier
Que de ceux qui vont les furprendre,
Il en abbat. grande quantité,
Même pour le forcer à se rendre
Il luy faut un ressuscité.
CetteEnigmeestdela
: Cette" Enigme (si: de la
composition de la charmante
Madcmoiselle de Lissalde de
la ruë de Harlay.
AUTRE.
De la composition duParisien
Parisien, qui n'a pas jugé
à propos de m'enenvoyer
le mot, & que je n'ay pas jugé
à propos dedeviner:celles
que je recevray dorefnavanc
de cette façon, n'auront point
de place dans le Mercure. 1 ENIGME.
Desfruits dont la nature orne
toute la Terre
Je fuis le plus commun; mais
aussi le plus beau.
Jesuis de tous Pays,Perse,France
,
Agleterre
Continent Ijlc ou Roc, je viens
même sur l'eau.
Mais un prodigesurprenant,
CJejl que n éiarit plante de 14
main d'aucun homme,
L'on me feme à Patis,(7l'on
me cueille à Rome.
Eji il rien deplus étonnant?
Souvent je viens toutsent,sou
vent ilfaut m'aider;
Mais sipour m'arracher de l'arbre
qui me porte
Par un ferascasin tu l'oses hagarder,
Tu ne tiens rien alors, & ma
racine eji morte.
Ilen maintenant à propos
de vous dire un mot des spectacles,
ilsont esté rouverts le
lendemain de la Quasimodo,
avec différentssuccés. La Co.
medie Françoise voit peu de
monde à l'ordinaire,elle est
depuis quelque temps en possessiondefaire
deserter les
spctateurs. Le 21 de ce mois
la Comedie du Bourgeois Gentilhomme
fut representée devant
le Roy. Le Thcâcre de
l'Opéras'entretient toûjours
honorablement avec le public
On y representa pour la
premiere fois le 10. de ce mois.
la Tragédie d'Ajax
,
où l'Auteur
des paroles,& M. Bertin
qui en estleMusicien semblent
avoir également réussi chacun
dans leur Art. J: parlerois
plus précisemeent de cette
Tragedie,&j'en circonstancicrois
davantage les défauts &
les beautez
,
si je l'avois veuc
plus d'une fois. D'ailleurs il
faut pour ces fortes:d'extraits
plus deloisirque je n'en ay&.
le temps m£ presse.
Lanouvelle la plus interesfanre
que je croye pouvoir
à present vous apprendre, c'est
qu'on nous promet pour le
io. du mois prochain ,l'ouverture
de laComedieItalienne.
On travailla continucucment
à,la réparationduThéâtre
del'Hôtel de Bourgogne,
oùM.Octave qui clt charge
dela part du Ministre
,
de tous
les détails concernants cette
Troupe, ne négligera aucune
deschoses qui peuvent contribuer
à rtmbclhflemem de ce
spectacle, ôc à la tàlisfàa-ot-i
du public. J'ay à cesujetdeux
mots à répondre à une objection
que tout le monde me fuie.
Quelplaisir,dit on,pourront
prendre à laComedie Ita lienne
ceux qui n'entendent pasla
langue. Je réponds à cfcla premièrement
qu'elleest très sacile
pour touc le monde, qu'elle
a en second lieu beaucoup de
rapport avec la langue Latine,
ce qui est d'un grand secours
pour ceux qui la sçavent
,
de
plus j'a joute quelle a beaucoup
de conformité avec la
Françoise
, ce qui en facilitera
l'intelligence aux Dames. Enfin
ce fera pour tous ceux qui
ignorent l'Italien qui est la plus
galante&la plus délicate langue
du monde, une ecol e ou
ils l'apprendront en tres peu de
temps,6<: un plaisir regle &
toujours nouveau pour ceux
qui la savent.
APOSTILLE.
Réponse à M. D. L***
Je vous remercie
,
Monsieur
,
du present que vous
m'ossi ez devotre amitié, dans
la Lettre que vous m'avez fait
l'honneur de m'écrire
,
&dela
peine que vous prenez de recueillir
tous les suffrages qui
neme sont pas favorables pour
me montrer le nombre des
gens avec qui j'ay à me rccan*
cilier. Je vois dans tout vôtre
procedé à mon égard un fond
admirable d'indulgence
,
&:
dans les endroits même où
vous poussez le zele un peu
trop loin:,, j'y démesse un ef-;
prit decharité ,qui m'encourage
à me corriger de mes
dessauts, & qui me détermine
à vous répond re.
De plus dedeuxcensLettres
que jereçois par mois, & que
je lis avec attention, il n'yen a
souvent pas six dont je puisse
employer letiers. Si tous ceux
qui me font l honneur de m'écrire,
écrivoient comme vous,
je pourrais sans temerité répondre
au Public dumerite
de mon Livre: mais cela n'étant
pas, enseignez moy de
grace à qui je dois avoir recours
pour me tirer d'affaire.
Les Mémoires Littéraires font
d'une raretéétonnante, les
bonnes pieces de Poësie sont
encore plus difficiles à trouver,
je n'ay depuis 25. mois que je
faits le Mercure, reçu de personne
une Historiette écrite,
& je ne m'avise pas, comme
vous le ravez fort bien, de
composer les Annales de la
Cour & de la Ville: je vous
fers cependant regulierement
chaque mois, tantôt mal
, tantost
mieux. Mais pourquoy,
Monsieur, mes Genealogies
vous paroissent
-
elles trop
courtes ; d'autres personnes
trés sensées, disent qu'elles les
cnnuycnt. Mes Nouvelles
vous semblent vieilles,elles
sont pourrant neuves quand
je les reçois & quand on les
imprime.Est-ce ma faute
si je ne pars qu'après les
Gazettes.Vous avez plus
d'indulgence pour ce que
je conte que pour le reste
du Mercure, je vous en fuis
obligé: mais je ne croy pas
qu'il y ait d'homme au monde
qui ose entreprendre de donner
tous les mois un Livre de
sa façon. Du reste, & voicy
voitre grief, vous me reprochez,
comme un crime, les
frequents assauts que je
donne à la ComedieFrançoise.
Loin d'avoir aucune aversion
pour ceux & celles qui la
composent, je ne souhaite
rien tant que de voir leur
Theâtre en honneur; mais
c'est ce qui n'arrivera point
tant qu'ils traiteront les Auteurs
qui auront affaireà eux,
comme ils les ont traité jusqu'à
present: & je trouve une
très- grande difference entre
ceux qui composent les pieces
de Theâtre, & ceux qui les
representent.Cette réponse
vous épargnera la peine de
prendre mon silence pour un
appel. Quand il vous plaira
nous en dirons davantage.
Je fuis, en attendant de vos
nouvelles, Monsieur, vostre
trés humble,
MERCURE.
AVIS.
Lesceur Guillermié, MachinisteduRoy,
a inventé &
fait un nouveauInstrument de
musique. Ilest sans tuyaux&
sans souflets, & a les fons tenus
comme l'Orgue. On peut
enfler & desenfler les sons, &
faire la plainte sur quel ton que
l'onsouhaitera. Ilsejouëà 2.
3. 4. & 5. parties sur un Clavier,
que ceux qui le voudront
toucher, trouveront suffi
doux que eduy du Clavessin.
Cet Instrument se voit
chez le sieur Guillermié, rue
Bourtibour, présleCimetiere
S. Jean, chez un Menuisier,
au troisieme appartement.
On prendra pour chaque
Per sonne le quait d'écu
couranr.
Autre Avis.
Le Public est averti que le
sîeus Jacques Dubié de Lyon,
qui a esté reçû à Paris, à S.
Cosme en qualité d'Operateur
manuel experr pour les dents,
travailleartistement& méthodiquement
dans les operations
tions pour ce qui concerne
generalement les dents. Il
les nettoye avec une si grande
legetté de main qu'à peine le
trene-on, & les rends de la
derniere blancheur; s'il s'en
trouve de cariées il les remplit
de plomb, pour éviter les
mauvaises odeurs, en met d'artificielles
qui imitent les naturelles,
lime & sépare toutes
les autres,& redresse celles qui
font de travers, de maniere
que les alimens ne peuvent s'y
attacher, illes tire avec beaucoup
d'adresse en les touchant
jusqu'à la moindre racine,
pour difficiles qu'elles puissent
estre, & enrernce denaturelles
qui dure autant que la vie
chose extraordinaire,il prouve
par experience tout ce qu'il
avance.On ne trouve quechez
luyleveritableopiat duLevant
pour conserver & rafermir les
jensives, dbnc il a des pots à
tout prix; ilse Cerc aussid'une,
poudre qu'il vend, qui rend
les dents blanches comme
l'albastreenseles frottant seulement
avec le doigt & en se
rinlfdnt la bouche avec de
l'eau tiede; il est le seul quiait
une essence qui appaise sur le
cfeamp les douleurs les plus
vives en en mettant une seule
goute dans le U.QUdelà,dent
&., guéritgeftÊrakmenr^ tpjis
,ltss maux quiviennent à U,
bouche: les D.Hn,e.s luy a.u.
ront bon gré de ladécouverte
Qij'll afaitdu plus ba.uJ[,,(ret
du çnonde pour 1er teint qui le
rend beau, uni& Ycrmeilr,
donnant un air de santé, effaçant
beaucoup de deffauts du
virage; c'est une poudre blanche
dont on se~sermomme l'on
fait du rouge, on peut même
lamêleravec la pommade.
Plusieurs grands Seigneurs
& Dames de la Cour luy font
l'honneur de se servir actuellement
de luy.
Il vaen Ville tous les matins,
on cft sûr de le trouver les
aprés. dinez; il travaille tous
les Jeudis pour les pauvres. - Sa demeure, ruë dela Comedie
, son Enseigne est Ici
Copie d'une Lettre d'une Dcmoia.
selle, à l'Auteur, 4
Réponsedel'Auteur, 6
Extrait de la TfaedÍt de Bclifaire,
iteprefenteé par les EcoliersduCollege
de Louis le
Grand. 11
Nouvelles de Rome, 42.
DeVenise, 48
DeConstantinople90
De Toulon, 91
De Genes,93
De la Trape, 5>4
DeCadix, V&
De~c~~8
DeTurin, 100
Ji)e Londres, 103.
De Lisbonne,Nouvelle fwggliere,
130
DeParis3 13y
Suite des Nouvelles de Parisx
Martoiclretcus/i1**x6^1157
fyhdriages, 184
Ode présentéepar Ai* Gabriel
Capitaine de Dragons
,
à
Monsient le Duc d'Odeans,y
Regent> 187
Le Papillon, Cantate ou Ode
allegorique de M. D. S. 197
Madrigal du même,204
Extrait d'une Epitre en Vers,
d'un Avocat au Parlement,
à un jeune homme de la même profejjion,106
Histoire, 116
Chanson, 162,
AChappitroe dsestEinlilgem,e2s,27633
Avis, 279
.Áutre Avis:l 280
Qualité de la reconnaissance optique de caractères