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NOUVEAU
MERCURE
A PARIS,
M. DCCXVI
AvecPrivilège du Roy.
M ER CU RE
gauht.-4::.
JËÀ
Par le Sieur Le Fevre*
Mois
de Mars
1716.
Leapriqx cil.;o- sols relié en veau, Se sols, broché.
A PARIS,
Chez D. Jollet, & J. LAMISLJi;
au bout du Pont Saint Michel,
du côté du Marché-Neuf,
au Livre Royal.
jivtCuisrob*,tittf,CrPrivilège JNRIi
MERCURE
NOUVEAU
DEDIE'
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR
LE DUC DE CHARTRES.
Ermo datarcunciistunimisapientia
paucis..
Ilest bonde parler,
& sage de se taire.
Ces paroles font tirées du
troisiéme Livre du troisiéme
Tome de Rabelais,auChapitre
ïintitulé: CommentBridoyenarre Hafire de l'jjppotnieurde'Pro-
cé1s.
Suivant l'excellence de ce
texte, je vous conteray,tressages
Lecteurs, peu dechoses
de ma façon dans ce Volume,
parce que j'aime mieux me reposer
sur la bonne foy des autres,
& sur le merite de leurs
Ouvrages, que m'exposer à
passer pour un éternel Conteur.
Je ne vous promets cependant
pas de vous tenir fidelement
ma parole sur lechapitre
de monsilence : je le ferois
volontiers
,
si je pouvois
vous répondre desévenemens;
mais à telle fin que de raison,
lisez.
, AVAIVTURE.
J4h Mans le 13. Janvier 1716.
Il ne vous déplaira peutêtre
pas d'apprendre une petite
avanture de Carnaval aussi veritable
que recente ,
arrivée à
un Officierdecette Ville donc
le caractere n'est pas moins bizarre&
extravagant, que son
humeur eli flegmatique &
sombre.
C'est un Eleu nouvellement
supprimé
,
qui est veuf avec
deux filles, donc l'aînée peut
avoir environ huit à neufans,
qu'il aime si passionnément,
qu'il ne sçait quel plaisir luy
procurer.
Cet enfant est son unique
oücc
, a toute sa tendresse, &
fait tout son amusement.
Un jour voulant la divertir,
il la prit par la main, la mena
dans sa sale, & fit venir son
Valet à qui il ordonna d'apporter
la selle de son cheval
avec la bride, à quoy le Valet
obéït ; il en fit ôter la vieille
housse
>
& y fit mettre son
plusbel équipage, avec le caparaçon
;ensuite se mettant à
quatre pieds par terre, son Valet
luy jetta la selle sur le dos,
&le sangla,mais voyant que
la bride ne convenoit point à
sa tête,il luy mit le licol du
Cheval, & mit en felle la jeune
enfant,qui charmée de ce divertissement,
prit la bride d'une
main & un foüet de l'autre,
pour animer de tems en tems
sa monture. Pendant qu'il caracoloit
& faisoit ce manegc
autour de la chambre, le Va';
1er qui rioit du tout forç coeur*
de voir son Maître si bienenharnaché,
&mécontentd'en,
avoir étémaltraitélematin,
d'ailleurs à la veille de sortir
de chez luy, souhaitoit ardemment
qu'il vint quelqu'un de
dehors
,
se promettant bien
demontrer fondit Maître au
premier venu dans ce plaisant
équipage. Sur cette eintrefaite onàlaporte, il y court.
Sajoye nefut pas petite quand
il vit queses souh ms.c&Q!cn&
exaucez,& que c'estoit un des
principaux Magistrats de la
Villequi venoit rendre une.
visire de commencementd'année
à son Maistre. Illeconduisità
laSalle,oùestant arrivé,
il fut surpris de voir Mr l'Elu
dans un tel équipage. Dansle
temps qu'il le consideroit &
qu'il ne pouvoit en estre apperceu
estant derriere luy, le
cheval crioit à sa fille : Manon ,
ma.ci)cYe Fille,tire-moy la bride,
tire fort,tire, fin cjue je megourme.
Aces mots leMagistrat &
le Valet ne pouvant se tenir i
jetterent un éclat de rire qui
donna occasion au cheval de se
retourner, & de fc lever avec
tant de précipitation qu'iljetta
sa fîtfe à l'autre bout de la Salle;
la pauvre enfant eut la tefie
cassée de cettechûte, & malgré
l'amitié qu'avoit pour cil.
Monsieur son pere, il fut si
interdit qu'il demeura debout,
ta selle sur le dos, & bridé,sans
pouvoir ni secourir son enfant,
ny répondre à sa visite , cequi
obligea-nostreMagistrat ébaï,
charmé de ce r(Xaacle,de laïC
fer MonsïeurleCheval dans
son exrase.
Quelques jours aprés il fut
dessiné sur un carton, sellé &
bridé, & au-dessus écrit en
gros caracteres:Icy on monte à
Cheval',ôc au-dessous : drade»
mie de l'Election; cc qui fut mis
à sa porte ;d'autres envoyerent
dire au Marêchal qu'il eut à luy
porter desclous à glace à cause
du mauvais temps: on y envoya
aussi le Sellier &l'Eperonnier,
qu'il receut fort mal.
Presentement quand on a befoin
de chevaux de loüage on
s'entr'envoye chez ledit Sieur.
Voila l'histoire.
En attendant qu'il foit à
propos de vous en conter d'autres,
reprenons,s'il vous plak,
par ordre de date, les Articles
que l'abondance delamatiere
m'a obligé d'abreger dans le
Mercure du mois passé. Je me
contenceray,
faute de pouvoir
mieux faire, de vous annoncer
les noms des Morts & des Mariez.
Voicimaintenant les qiu-,
litez des uns & des autres. ;
MORTS.
Dame Paule- Marguerite-
FrançoisedeGondi,Veuve
de M-fifoe François-Emmanuel
de Bonne de Crequi d'Agout,
de Vese, de Montlaur
& de Monrauban, Duc de
Lesdiguieres, Pair de France
& Gouverneur de Diuphiné,
mortle3.May 16%1.&qu'-
elle avoit épouséle 11. May
,ifc75. mourut le ii. Janvier
r.gt-c de61. ans sans lai sser de
,poftsrite;J-an* François Paul
de Bonne de Crequi son fils
unique, Duc de Lesdiguieres,
Pair de France, estant mort à
ModeneenItalieoùil servoit,
le 6.Octobre 1703. âgé de
,
25.ansmoins16.jours,sans
laisserd'enfans de Dame
Loiiife- Bernardine de Durfort
Duras sa femme, qu'il
avoit épousé le 17. Janvier
1C96 filledeM.leMaréchal
Duc de Duras. Madame de
Lesdiguieres quivient de moarir
cfioit fille de Pierrede
Gondi., Duc de Rets, Pair U
-General des Galères deFrance,
Chevalier des Ordres du Roy,
& de Catherine de Gondi,
Duchesse de Retz, petite fille
de Phillippes-Emmanuel de
.Gondi, Comte de Joigny &
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General des Mers
du Levant, Capitaine de cent
hommes darmes, & de Françoic-
Marguerite de Silly, &
arricre petite-filled'Albert de
Gondi, Duc de Retz, Pair,
Maréchal& Genci^l des Ga*
lercs de France,Colonel de la
Cavalerie Frarusolfe, Premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Chcvaherdeses Ordres,
General des Armées de
SaMajesté
,
Gouverneur de
Provence, de Mets, du Pays
Messin, & de Nantes, & CapitainedeCent
Hommesd'armes.
La Maison de Gondy efl:
originaire deFlorence, ou elle
subsiste encore en quelques
branches ; celle qui sétabliren
France dans le temps du mariage
de Catherine de Medicis
avec le Roy HenryII. ÔC qui
vicnc des'éteindreen la personne
de Madame de Lefdi
guiercs, a, tant qu'elle a duré,
par son crédit, par ses grandes
aUiàntes, & par les premières
Dignircz de iEcac dont elle a
esté decorée,égale les prernie.
res&les plus illustres Maisons
du Royâume) comme on le
peur voir dans la généalogie
qui s'en trouve dans J'H,cloire
des grands Officiers de la Couronne
: !s Curieux pourront
encore confulrcrl'Histoire gcnéalogique
qui en a esté donnée
auPublic, & en attendant
les
les preuves, aux frais de feue
Madame de Lefdiguiercs.
DameAnne- MargueriteAuzanct,
veuve de MIC Antoine le
Févre de laMalraaifon & deBiffy,
Doyen desConfeillers dela
Cour des Aides de ParismourutIr.
2.3. Janvier, laissant pour
çnfans François le Févre Seigneur
de la Mahnaifon) Conseiller
au Parlement & Commissàire
aux Requestes du Palais;
Antoine le Févre Chevalier
de Mahhe,& Catherine-
Charlotte le Févre, femme de
Michel Chabenat Seigneur de
Çonneiiil ,ci devantInt[.Óduc
teur des Ambalffadeurs. Elle
estoie fille de Jean Auzanct.
Auditeur des Comptes, & petite
fillede Barthélémy Auzaner
célèbre Avocat au Parlement.
Feu M. de la Malmatson
son mary estait fils de
François le Févre, reccu lvla).
tre des Comptes en 1638. &
petit?filsd'AntoineleFévrc
Secretaire du Roy & Greffier
du Bureau des Finances à Paris,.
& d'Anne Vivien.
1 Dame Victoire Rouxel de
Médavy de Grancey
,
femme
de MreFrançois Rouxcl Marquis
de Grancey son oncle
>
Maréchal des Camps & Armées
du Roy, quelle avait
epousé en 1713. mourut le 13.
Janvier âgée de vingt six ans
sans laisser d'enfans.Ellcétoit
fille de Mrc Jacques
- Leonor
Rouxel Comte de Médavy &
Grancey
,
Chevalierdes Orches.
du Roy
,
Lieutenant général
dlcses Armées, &tGouverneur
des Province & Du.
ché deNivemois ;.& de Dama
MiriicTfyaxfe Colbexndc
fcéaraîcvTicr -petite;.. fillede
Mie Picetre Rouxel Comte de
<5ra,ncey.& de Médavy)Maré
ébat 'Camps & Armées du
Roy
, & de O,.ole Henriette
de la Palu de Bouligneux sa
premiere femme
,
& arrierc.
petite fille.de Jacques Rouxcl
Comte de Grancey Ôcdc Médavy
, Maréchi! de France;
Chevalier des Ordrci-dii Roy,
& Gouverneur de Thionville,
mortle20Novembre xascu
DaipeCatherinedeMon-j
chid'Hacquincourt sa premicu
re femme.Ucil peudeMaifons
en France dansle/quelles lava4
leur feroblceftrç héréditaire
comme dans celledcRoûxel dé
Médavy, & depuis Jean Rottxcl
(qui en cftleChef)5ck
gnefr du rPlcffis- Mory?nt->
Ecuyer du Duc de Brctagn.
dont il quitta leservicepour
passer à celuyduRoyQharles
VII qui luy fitdon de plusieurs
Terres dant les Bailliages
d'Alençon& de Caen en
reçompenfc de ses services
par ses Lettres dopnées à Berbayle
1 4. Juin1430.Tous
ceux dece nom. n'ont Iaifle
passèr aucune occasion de fc
iîgoalcï M* d# rep^ndrsleur
fang ,pourlagloire denos
Rôis & le bien dcl'Etat, comme
les Curiçux.lejourrons
Noirjca
est rapportéedansl'Htftoirc
desgrands Officiers de laCow
lOt11JC)u Chapitre des Mare*
chaux de France. ,-.
MreCharles-Ga(pard Dodun,
Seigneur du Boulay, Conseiller
honoraire au Parlement,.
où il avoir cHé reçu le 7. Février
1676. mourut le 14*
Janvier. Il estoit fiisdeGaspard
Dodun
)
Secretaire du Roy ,
mort le 14. May 1701. & de
Marguerite le Riche. Il avoit
epousé Anne- Marie Gayardon,
filleefejcan Baptiste Gayardon
Receveur gêneral des
Financés!SoiflpnsSe il etfà
laissé entre autresenfans Mre
Charles Gaspard Dodun,reçu
Conseiller au Parlement le 4.
Janvier 1702.puis President,
nommé au Conseil des Finances
en 1717.
Mre Jean de Morillon,Confciller
au Parlement & Commissaire
aux Requestes du Palais,
receu le 2.. May 1667.
mourut le 19. Janvier. Il estoit
fils de Jean de Morillon Conseillerau
Parlement de Mets,
&d'Antoinette Rochereau, &
il sortoit d'une ancienne samille
de la Ville de Rheims,
dont la gencalogie est imprimée
dans le Nobiliaire dcî
Champagne.
Mre Henry- Nicolas de la.
Michodiere,Seigneur de Ro:
mene ,
Confciller au Parlement,
mourut le 29. Janvier.
Ilestoit fils de Jean
,-
Bertrand
de la Michodiere,Maistre des
Comptes à Paris,&deMagdelaine
Grassereau
,
& sortoit
d'une famille distinguée de la
Ville de Dijon.
Mre Philippes Eman,uel de
Colanges,Maistre des Requêtes
honoraire
,
si celebre par seChansonnettes, mourut le i.japyicr sans laisser d'en-
-
- sans
sans de feuë Dame Marie Angelique
du GMC sa femme. Il
àvoit deux soeurs, l'une mariée
à Mr le Comte de Sanzay de
l'ancienne Maison de Turpin
Cressé en Poitou; & l'autre à
feu Mrde Harrouys,Tresorier
des Etats de Bretagne, &
mere de Mr de Harrouys de
la Scilleraye,Maistre des Rcquelles,
& il estoit fils de Philippes
de Colanges Maistre des
ComptesàParis, &de Marie
le Févre d'Ormesson.
DameBonne- Marie Bachelier
de Beaubourg, femme de
Mrc Denis NoëlBrulart,Marquis
de Rouvres ,mourut le
15.Février. Ellpestoiefille de
Simon Bachelier, Seigneur de
Beaubourg & de Clotomont,
Receveur general des Finances
à Orleans; & de Dame Marier
Magdetaine Broç de laGuerre
& petite-fille de Simon Bachelier
aussiReceveurgeneral des
Financesà,Qrlcans9sortid'une
ancienne famille de la Ville de
Rheimsde laquelleest encore
à pçfnr Mi; Bachelier du
Moncel, UepwnantCriminel
de Robe-courte au Chastelet
de Paris.LenomdeBrulartest
si illustre & tL vousdoit estre
si connu que je me contenteray
pour le present de vous
renvoyer à l'histoire des grands
Officiers de la Couronne, dans
laquelle,au chapitre des Chanceliers,
vousen trouverez la
genealogie amplementdéduite.
MreCesar- Alexandre de
Baudeau, Comte de Paraberc
& dePardhaillan, Brigadier
des Armées du Roy, mourut le13Février1716.âgéde45.
anslaissant2.enfans de Dame
MarieMagdelaine de la Vieuville,
qu'il avoit épousé le 8.
Juin 17 11.fille deMreRenéFrançois,
Marquis de la Vieuville;
&de DameMarieLouisedela
ChausséeDarrestsa premiere
femme. Il estoit fils de Mre
Alexandre de Baudeau Comte
de Pardhaillan, Lieutenant general
des Armées du Roy , &
Gouverneur du Haut Poitou;
& de Jeanne Therese Mayaud,
petit fils de Henry de Baudeau
Comtede Parabere, Marquis
de la Motte Saint
- Heraye
Conseiller du , Royen ses Conseils,
Capitaine de centHommes-
d'Aimes des Ordonnances
de Sa Majefle ; Gouverneur
du haut&basPoitou, 5ç
Chevalier des Ordres; & de
Dame Catherine de Pardhaillan
VicomtessedePardhaillan;
&arriere petit-fils de Jean de
Baudeau Seigneur de Paraberc,
Lieutenant general du haut &
bas Poitou, Lieutenant gc-ncral
des Armées du Roy Henry
IV. Gouverneur de la Ville
de Niort, mort honoré du Brevet
de Maréchal de France &
de celuy de Chevalier des Ordres
du Roy. La Maison de
Baudcau prend sonnom de la
Vallée de Baudeau en Bigorre,
& elle est également distinguée
par son ancienneté & par ses
alliances. C iij ,
Dame Louise Goret épouse
de Mrz Melchior
- François
Courten
,
Chevalier de l'Or
dre de Saint Louis, Colonel
Suisse &BrigadierdesArmées
du Roy, mourut le IJ. Janvierdernier.
Mrs Courtensont
de Suisse,&d'une familleatta-
(bée depuis longtemps avec
dcistienct.ion au service de Fran
Mre Charles Paryot, Chevalier
Seigneur de Mussegros,
&c. Procureur general de la *
Cour des Comptes, Aides &
Finances de Normandie, mourut
à Paris le.Janvier dernier.
Ilestoit d'une famille distinguée
dela Ville de Rouen,
& avoit toujours rempli sa
Charge avec la reputation
d'un parfaitement honneste
homme.
Damoiselle Lucie de Cottentin
de Tourville
, mourut
le 14. Janvier dernier. Elle
estoit fille de feu Mre Nicolas-
Charles-Cesar de Cotrentin,
Seigneur de Tourville, Marquis
de Cortentin, Mestrede
Camp du Regiment Dauphin
Cavalerie;& de Dame Charlotte
Huguet de Semonville.
Lamaison de Cottcntin est originaire
de Normandie,ou elle
subsiste encore en plusieurs
branches. Celle de Tourville
s'etf plus distinguée par ses
services & par ses alliances. Feu
Mre Anne Hilarion de Cortentin
Comte de Tourville,
Maréchal & Vice- Amiral de
France, en estoit sorti; & c'està
son chapitre que les Curieux
pourront voir ce qui est rapporté
de cette Maison dans
histoire des grands Officiers
de la Couronne.
MAKIAGES.
Mcfïïre Louis de Melun ;
Prince d'Epinoy, Duc de
Joyeuse, Pair de France,épou-'
sa le 13.. du mois de Février;
Mademoiselle d'Albret,-Armande
de la Tour d'Auvergne
; fille d'Emanuel- Théodore
de la Tour d'Auvergne,
Duc d'Albret, Pair& Grand
Chambellan de France; & petite
fille de Godefroy-Fredcric-
Maurice de la Tour d'Auvergne,
Souverain Duc deBouillon,
Ducd'Albret & deChâteauthicrry
,
Pair, & ci-devant
Grand Chambellan de France,
Gouverneur, Lieutenant general
pour le Roy dela haute &
bass Auvergne; & de Dame
Marie-Anne Mancini.LaMaison
dela Tour d'Auvergne est
si generalement connuë pour
Une des plus anciennes,des plus
illustres & des plus puissantes
du Royaume
, tant par son
origine, que par ses alliances
directes avec presque toutes
les Maisons Souveraines de
l'Europe ,que je me contenteray
de vous renvoyer aux histoires
imprimées de cette Maison.
Pour celle de Melcun, je
vous diray de même qu'elleest
une des plus anciennes, des
plus puissantes, & des plus illustres
;je vous renverray,pour
sa genealogie, à l'histoire des
Grands Officiers de la Couronne,
de la derniere édition,
dans laquelle elle est rapportée
dans toutes ses branches; je
me contenteray de vous dire
icy que Mr lePrincedEpinoy
quivientde se marier est fila
unique de feu Mre Louis de
Mclun,Princed'Epinoy
Connestable Hereditaire de
Flandres, Sénéchal du Hainault,
Maréchal des Camps.
& Armées du Roy
, mort à
Strasbourg de la petite verole le
Z4> Septembre 1704, &d'Elisabeth
de LorrainePrincesse
de Commercy,qu'il avoit épousée
en1691. & qu'il n'a
qu'une soeur dont je vous appris
le mariage dans l'un de
mes premiers Journaux, avec
Mr le Prince de Soubise
,
&%
unique de Mrle Prince de Ro*
han. M. le Duc *dOrléans as-
Wa à ce mariage fait à l'Hôtel
de Bouillon
,
où il dit qu'il
venoit en qualité de parent,
& fit l'honneur àMr le Prince
d'Epinoy de luydonner la chemise.
Me François tell Camus,
Seigneur de BignyMaréchal
des Camps & Armées du Roy,
Chevalier de l Ordre Militaire
de S Louis,aépouséle21 du
moispassé Mlle Barillon
,
si'le
de Mre Antoine Barillon,Marquis
de Branges
,
Maistre des
Requestes;& de Dame.
Doublet, petite
-
fille de Paul
Barriliond'Amoncourt, Marquis
de Branges, Conseiller
d'Etatordinaire, & Ambassadeur
Extraordinaireen Angleterre,&
de DameMarie- Magdelaine
Mangot,&arriere petite
fille de MreJeanJacques
Barillon,President aux Enquestes,
sortis d'une des premieres
familles de la
Robe,
originaired'Auvergne,& alliée
à celles de du Prat, Olivier,
larcher,de Mcfmes,Boucherat,
Amelot,de Gourgues,de
la Brisse, &c. & aux Maisons
de Lhospital, de Chastellux,
&deChoiseul Pour la famille
de le Camus, je vousen ay entretenu
si au long dans mon
Journal du mois deMars dernier
àl'occasion de la mort de
MreNicolas l" Camus, Seigneur
dela Grange & de Bligny,
[îr Presidentde la
Cour des Aides de Paris, pcrc
de Mr de Blignyquivient de
se marier, & ayeul de Mr le"
Camus qui remplit aujourd'huysi
dignement la mcrac
place Jqueje m'en tiens à vous
repeter icyqu'elle est une des
plusdécorées & des mieux alliées
de la Robe.
«
Permettez moy d'interrompre
icy la suite de ces articles,
pourégayervos yeux & mon
récit par la lecture de laNouvelle
en Vers queje vous presente.
L'esprit, le merite & la
reputation de son Autheur,
me répondent du succés de cet- teNouvelle.
L'EXCOCU,
Nouvellae Historique.
Eflre Cocu
,
ness pas un mctier
horsd'usage
Ny de nouvelle invention;
Et depuisque le monde enfuit
profejjton
Il devroiteflre Expert;mais de ce
personnage
Apeimvoit-onquelqueJage
S'acquitter avec dignitéA
L'unymet lafureur, la rage;
Vautre en toute bénignité
Le
Le met à profitâtménage.
Que l'Imbee,ccil, le Brutal
Fassent leur profit de ce Contel
Ony voit un Cocu qui fçûtfut
son Rival
Rejetter sagementsa douleur &*
sa honte;
Sfâchons estre Cocus ifins bajfeffe
&sans bruit,
Je voudrois qu'on en tint une école
publiquey
lllen tireroit plus de fruit'
Que£école£Alfebreyou deLangueHébraïque.
Sut le-haut de la porte ilpourroit
eflre écrit
C'ejl icy qu'aux Maris on apprtnd
la feiencc
D'eflre Cocus avec décence.
Endépit des temps malheureux
Le Doéleurferoit bientoflriche,
Si quelque Maijlre es Arts affi-
1
che
Je retiensplace à mes Neveux•
Sur les bords de la Loire unejeune
Beauté
jiuxSeigneurs d'alentourparoiffoit
bonne emplette,
Grope dût,noble parentE,
On croit pour un Epoux lafortu-
, ne complette.
En habits propres)&galants>
JPrés d'elle la verte JeuntjJe
Débitéfélonses talens
*Lafleurettey&lagentilltjfe :
EUe emprrfféestout charmer
Passi deconquefte en conquefle Jeune fille , cft toujours en queste
De celuy quelle doit aimer.
M-ais pendantquelle a toeil au
g»ety
Etquensecretelle examine
De celuy-cy la bonne mine ;
De celuj-la l'air tendreyou le joly
caquet>
Son-Peec dans d'autres balances
PiJe tout ce qui forme une bonne
* maison
> Le rang) les biens, les alliances3
Le méritésolide ,&Iii droiterai"
jôn.
JI
Le Contratfuitdeprés
lechoix-dê
sa prudence;
Mais après tout cet examen,
Quisans l'aveu d'Amoursenhbarque
avec l'Hymen
NtfipAJ encore enajjeurance.
Que de l'enfant aveugle unvieil- lardéclairé
Ne dédaigne pas lefuJfrAt
SSit"9a il'Amournafoinduménagey
Le repsoseà laulongrueéen e.st malas-
Aceluycy lepetit tratjlre
Scmbloit d'abord avoirfous-ry,
Et toutalloitdtsmieux.*unefemmepeut-
efire
jiimeroit toujoursson mary ,/
S'ilavoit rOûjoursfoin de l'estre;
Mais quand la tf'nJrrflè a tary,
Et que dans son Epouxy eUe ne
DoitquunMAtre
Cesîhfaison du Favory.
Anotre Epoux,àsa Compagne
S'adonne un jeune complaisant,
Voijîn agréable,amusant,
Ctest un tresor à la campagne; IlefldelaCbajfe,duJeu,
Veutonchanter, il accompagne,
Auprès duvjn du cru, le voijîn
prise peu
Et le Bourgogne*le Champagne
:
Sur tout pourftnjoifneilse met.
trQitaufeH, .,
Pris etellemMïfoins le renioieht
*
necejjaire,
D'abordparJon attention.
Adppeeini7safyire-t-ilal'honnew de f-t-il à" thonneur de
luyplaire-y
Cestristecifeulement>cessadmiration
,
*
Sans aucun (fj>oir desalaire;
Enfin par decertainssoupirs,
Dont laplus innocenfe entend bien
le langage,
Il ose expliquerses desirs,
Prend une main, ult bras,prend
encor davantage
y Si bien que létage en étdgtt
Ilarrive bien. toji au comble des
pLifîrsi
Ptudevnceedorit lqukand ,l'Amour
Ils nepeuventcacher leursfeux;
A leurs entretiens amoureux
CertainValetprête l'ortille,
Il observe,&témoin de leursplus
tendresjeux,
VAtoutdireason Maîtreg?croit
itÊgffaaiitrqeumeterroviesille,
malheureux.
Sans donner al'ami creance trop
facilej
Le Seigneurveut luy
-
même obser.-
ver nos Amans,
Ilfeint Un voyage a UVille,
Et tevient lessurprendre, en cecy
trop habile
>
Souslesplussimples ornement,
Etdans le plus commode aile,
Qui d'un cvupleheureux, gr
tranquile
Puisse favorifer les doux empoftemens,
Oh, quelle vifton! De celte de
Meduse
,
On auroit e/lerhoinsfrappe$
Sous le rel defin Eclopéfl-
Venusnefutpasplusconjufe.
Quelsplaijtrs à ceprix neferoient
tjih jetrfonpjpfodnyen7e,?quandly perife, je JUois sur ce lit les Amours
1faye
-
JL/
z.
Tenir mauvaise contenance.
- 'J'. C'ejl
C'cjltcyqu'ilfaut refyeaer
Nôtre Hrros en cocuage,
AH desordre,à l'effroy dufourbe
qui l'outrage,
Apeine en peu dt mots Jaint",t-il
l'insulter;
Et l'autre ayant plie bagage
- Pourson retour chez luy trouve
libre paffig;
Quevafaire notre homme f étranglerdesamain,
DéuifagerJon infidelle,
Non,sans menace ny querelle
Jlluyfujfitqu'au lendemain
De la d, meure paternelle
EUe reprenne le ebemin;
Lay-même de sonforty forte U
nouvelle;
Quel recit pour le mieux Seigneur,
Toutplein deses Ayeux,dclicat
sur l'honneur,
Iljure gravement qu'en toutesa
famille
Jamais d'un tel ,opprobre unfront
ne futatteint>
Afais dans le même injlantsur celuy
desafille
Jlpeutlire les tousdont leGendre
1
se plaint,
Ilse rend à ce tfmoignt;
Le crime efi avoue
, le mal riefl
plus douteux.
Quefaire en-cet tflat si trisse si
honteux*
Voici le parri le plus fage,
Dit lepoux, jusqu"igo de notre
mariage
Aucunfruitneferre les noeuds>
Jurt'{ que d'un Mayrje nay que
l'apparenceM Sur paretldeshonneur je nJinfifl.
ray pointy
Et nous verrons bientostune heureuse
Sentence
Delierlenoeudquipousjoint,
Il nest pas de plus doux remeae,
Acetavis chacun se rend,
Elle poursuit, leMay cede.;
L'Hjthheflrendu nul
, &là dot
sereprend.
Nôtre Bille efi rendue àflpremiertftaf
Aquelquechose près de legereirit.
portance VEpoux , de Joncoftési voue au
Celibat\
Etfaitau Dieu d'hymenprofond
de reverence5
Mais pour acheverson repos
Il veut du fauxAmypunir la êphftdie
Al'écart sans témoins ille trouve
à propos,
L';;ttaqueJ le dfarme, &maître desavie
Exigefeulementdeluy
Qu'ilépousera l'inftâdl
Quisse plut aséduirey & qui
luy parutbelle9
Quand elle estoit femme d'autrUJ'
Le 'vaincufuit la loy que le vainqueurimpose,
Mais fous un triste hymen ms
coupables unis
Des platfirs dont ilsfont l'un &
lutre punis
Ne trouvent plus la même
dose5
Le plus confiant des deux efi
bitn-tost dégouté
On a recours au voisînage
y»
Leprécurfeur luy-meme est enfin regrette, regrettt £rfousunnouveaupersonnage
Reçu par la jeune beauté
Ilva f rendreson Cocuage
A celuy qui ¡.Avoit prêtt.
Tous lesjours on ditpar laVille9
Etchacun en est convaincu,
Comme de Texe d'Evangile
Que caraéltre de Cocu
Estcaraétreindélébiler
Vous avez v* qu'il n'en est rien,
Et ctfl toujours choseagréable
De pouvoirfaire entendre à tant
de gens de bien
Queleur mal nesipas incurable.
.,:Afin de n'en pas faire à
deux fois,&de contenter tout
d'un coup ceux qui aiment à
lire des Vers, en voicy encore
une piece que j'ay reçûe de
Londres. Le Lecteur habile
luy donnera les suffrages qu'-
ellemerite.
IMITATION
des Vers de M. Addisson,
fameux Poëte Anglois, au
Chevalier Kneller
,
sur (on
Portrait du Roy.
Que tu/çais bien/Kncller, l a aide des Gouleurs
Exprimer ce grand Roy que T/-
nivers admire:
NousftntonsfonPortraitexciter
damnoscoeurs
-
Les mêmes mouvement quesa
prejence inspire.
- Ton Art bien loin d'êtreabatu
S:ous le poids d'un si noble Ou- vrage I *
Peint l'Ame du Heros alitantque foriVifdge,
Chaque coup de pinceau nous trace
une vertus
Onyvoitson coeur débonnaires
Son air frein, franc &(incére,
Er pour de foiblesEnnemis -
Son jujte&tranquile mtprzs.
Que ne puis- je bientôt voir ce ,beau jour paroître
y Et moimême future tes pas Lorsque vijitanttesEtats, ,
Grand Prince
,
à tes Sujets ta
montreras leur Maître.
ToutJe calme, toutctd-e à ce cbar.
o mant ajp éî,
LAhaine se change en refPeEl;
Il n'cjl plus d'Ennemis °) il neji
plus de Rebelle:
L'Angleterre est tranquille, &
ïEtoffefidelle.
Exerce sur le coeur cetaimable
pouvoiry
Pour te le deüerilftfftl de te
noir.
Depuis long-tems ton Art Rival
de la Mature,
Knellcr,nousen apeint labeauté
-
la plus pûre:
Par l'effort de cet Art souvent
nos yeuxcharme%,
Sur la toile ont crû voir des Portralts
anim
Six de nos Rois ontvu ta main
toujoursfiJelle
Répondre dignement au choix
quils ontfait d'Elie..
Là, Charles d'un air maie &
mêlé de douceur,
Semble encor du beau Sexe exiger
les hommages ;
Pendant que d'un air trisse&
couvert de nuages -
Son Frere sur son front fait lire
son malheur. Ile grand Nassau yfeul dï.
gte de M'tic,
Se pnfenteavec Elle; & ton
divin pinceau
Sçait unir ce Héros quisauva la
Patrie
Avec te que la Térre eut alors de
plus beau.
Anne avec tout leclat que
donne la Victoire
Paroîtau comble de la gloire,
Telle qu'enl'admira quandpartin
dirne choix AOuVainquueeuurdr edeBBleleininbbeeiimm con.
isantJon Armée,
Elle occupala Renommée
JIpublier partout le bruit defis
Exploits.
Puisse-tu, cher Kneller, 011-
bliépar la Parque
Faire admirer long. tems ton Art
altfUnivers.
Mais que le grand Brunfvkk
jfoit le dernier Monarque
Peintpar ta mainff-tevante &
chanté dans nies Vtrs.
Ainsicegrand Sculpteur,que
tu fuis a latrace,
Phidias, méditant un Chef d'autre
nouveatf
j&vant qu'aJupiter il portât son
audace,
-Sur etautres Déïte% exerça son
Cijeau.
If) l'onvoyoit Pan,quifuimitlesdehees
Quun sexe toutcharmant donne:
aux coeurs amoureux,
Et trouva cent bcautez propices
Aux tendres ardeurs de ses ftllX.
LIz; Saturne indigne, d'un air
sombre &severe
Portait les traits les fins mar*
9Me
Contemplant d'un ailde colère
Les Cieux qu'ilauois abdique^
Icyparoissoit Mars brillant de
, son Armure Mais plus brillan,t encor de ses
,
Exploits Guerriers,
Faisantsa plus noble parure
D'un Front toutcouvertdeLau*
tiers.
£Eloquente Minerve étaloit
les Ouvrages
Sortis deses Servantesmains,
Etfembloit bornerses deffiins
Arendre les mortels plus heureux
&plus figes,
La Déeffi des MersJ'inquietc
ThecisJ
Epouse d'un Mortel, & Mere
difolées
Prés d'unfupetbe Mausolée
Pleuroit fin Epoux O* son
Fils.
Enfin le Roy des Dieux couronnoit
le fpeélacle;
Rien ne paroifoit plus après, un
tel miracle:
La fondre armait son bras ntangeur
Qui
3
lors.que les Titans inondant
lesCampagnes
Oflrent. quitterleurs Mon-
Mgnes9
DiJJtpa leurscomplots
, &punit
leurfureur^
Jupiter du Sculpteur fut le
dernierouvrage.
Phidias s) bornant agit en homme
fage;
Car de quel plus beau 'nom pourroit-
on faire choix,;
Pour
Pwrarmobhrjon Art AUXdeux
&sur la Terre3
Que de sevoir Scufpteur du
Mats'lredu Tonnerre,
Ou Peintre du plus grand'des
Rjoisi
Je ne vous donneray peb"t-;-
c:fi¡e pas pour ce mois-cy d'autre
Chanson que celle qui suit,
c'estuneImitation decelle
qu'on a vûë dans le Mercure
dumoispassé,surl'AirduGagne
petit. Cttic Copie ne doit
rienà sonorignal.
LE REMOULEUR,
•
Chanson.
Par mon Artfecourailt
Jefuisfavorable
Dans les plaisirs
Sans moy les Jifirs
Seroientsuivis defoupirs*
Vene£ tour a tour
Faire voflre cour
jtu Rémouleurd'amour
Je remoudray,
féguiftraj;
Pour vous maMeule tourne,
Tourne &retourne,
Déjà monferet eflprouvé.
- a
Je preride-aux ruelles
Ilnestpointde belles
Dans leurs amours,
Quisans monsecours
Putfientpajjer d'heureuxjours;
Sans moy les Amans
Des tendres inflans
Trouvent en nam le. temps.
Les eguifant,
Les affilant;
Pour eux ma Meule tournef
Tourne & retourne,
Par moWn Art ilsfont tÉous contens Quand l'époux d'une belle
La croit infidelle>
- Pour le guerir
Mon Art sçaitoffrit
Le secret de réiijjtr.
Viens maryglace
Si toncoeurblejje
Songe encoreaupajfé*
Je t'émoudray,
> Téguiferay ;
Pour toy ma Meule tourney
Tourne & retourner,
C'eflfait,Ë70 tout estvublié.
Pour vaijicre une criullf
Un amsntfidelU ¡. Vaut-il sçavoir
Quel rfemonpouvoir,
BLM- tost je luy feray voir.
Viens timideamant,
Etdansuninisant
DeJJuÍ mon infinimenty
Je témoudrayy
T'éguiferay;
Pour toy ma Meul tourney
Tourne&retourne, - Va ton triomphe rjlajlûre.
Passons,s'il vous plaist, tout
de fuite aux Enigmes. Celles
du mois passé estoient si faciles
à deviner que tout le mondea
compris du premier coup d'oeil
que le motde la premiereestoit
l'Esprit, & celuy de la seconde
la Cloche. Les principaux de
ceux qui m'ont envoyé leurs
noms.sont:l'AdorableDesfault
& l'incomparable Godeau
,
sur le bout de l'eau,
Baptiste de la ruë S. Nicaise:
les deux jeunes Solitaires, le.
Marmiton des Muses de Valogne,
la belleCaliste, l'Amant
oisif des bords de la Marne , & l'Amoureux triomphant de
la principauté d'Arches. Essayez-
vous maintenant sur celles-
cy
,
elles font de lacomposition
de deux jeunes gens qui
ont beaucoup d'esprit.
EN I G ME
de l'Abbé Infulairc.
Foible joüet de la nature
On méfaitesclave du temps y •
Pour ne me point laijjer dans la
mêmepoflure-
JEolc autour de moy dechaifne
sesEnfans. Pa
Ces volages mefont la guerre
Et métourdiffent de leur bruit
Avec, tant de fureur gr de co-
[ert
Quej'en perds fortsouvent le rr.
pos jour & nuit.
Je fuWtnconflante} Ci fidelle
Dans l'exercice que jefais,
Soit dans la guerreou dans It
Paix
On me-trouve debout toujours en fentinefle.
Mais cest peu de ces fonctions
-'.
Du Maître que je fors je predis
sans miracle
Les divers chançcmens,0* je
fuis un oracle
Si-tofl quon voit ceffir mts. aérations.
.«4 -
AUTRE
AUTRE
du Solitaire malgré luy.
Qui croiroitquejefuispucelie
A voir le grand nombre d'enfans
Quisortent de moi tous les ans?
Cependant9 Lefleur, jefuis telle. oS Je dois cette fecondité.
-
Auxfoins que prend de moi mon
Afaijire,
Mais peu de temps après le
traistre
M'en dépouillé avec cruauté.
Il les tire de mes enuailles,
Les écrase, &*> boit, tout leur
fan& :-
C'est éiinfîcjuinhumainement.
Il célébré leurs funerailles. a
Je ne manqucrois pasd'employer
à leur tour toutes les
Enigmesque je reçois,si ceujfi
:
qui en font les Aucheurs jugeoient
à propos de mépargner
la peine d'en deviner le
mot. Ce ne fera qu'à ce prix
que je les rendray publiques.
Je fuis obligé, de recom..
mander encore une fois aux.
Lcdtcurs de ne pas négliger de
lire les Nouvelles générales3 je
croy que mon attention à ne
rien dire sur ce sujet de ce qui
est écrit dans les Gazettes, fuffit
pour leur donner un air de
nouveauté qui interesse à les
lire. Sauf aux Curieux maintenant
à en faire l'urage qu'il
leur plaira.
Nouvelle Relation de Barcelone,,
du15.Janvier 171c.
La nuit du seiziéme du
mois de Décembre ,un vent
de Nord-d'Est forcé, arracha
de ce Port douze Bâcimtflcs
ancrez & amarrez à terre. Le
Navire appelle Je Violent,
Hollandais, de la charge d'en*
viron douze mille quintaux,
rompit le premier & tomba
sur celuy du sieur Abeille
François, qui coula à fonds
s l'équipage au nombre de
vingt-deux hommes s'étant
mis en devoir d'abandonner,
futmalheureufemebtfubmçfgé,
excepte six Matelots. Les
Navires des ficursRichard, &
Feraud aussi Françoisfirent
naufrage dans le même Pors; j
les équipages sesauverent au
moyen de leurs Chaloupes.
Les Angloisont perdu quatre
de LursVaisseaux
,
deux defquelsétoient
chargez de grains
& de balots de marchandises;
le même coup de vent les jctra
sur les rochers, avec deux
-
Vaisseaux Hollandois qui avoient
partie de leur -carguai
son, les équipages ont cfté prefquçtous
sauvez. Onfort mention
3e plusieurs autres petits
Bâcimens qui ont peri pendant
la même nuit
, ceux qui onc
tenu fort pour raison de leurs
cablesont esté considérablement
endommagez. Les Marins
du Pays avouent que
d'aucun temps il ne s'est paffe
une femblablc tempête-, &
qu'il n'y a point d'exemple
qu'il se Toit perdu dans le Port
de Barcelone, des Navires.
3 Le vent de Nord-d'Est qui
a souflé avec la même.impc
tuoficé verslaCofted'EPpagne,
a fait périr trois bârimcnt5
François, celuy du sieusDuval
parti de MarseilleRichement
chargé pour Alicant a
peri sur Calpé à cinq htûcs de
Dénia, le Capitaine ,CesOfficiers
,
dix huit Matelots &
une quantitéde passagers se
font submergez,il n'y a. eû
que six pet sonnes de fàuvé
, on
n'aretiré de ce naufrage que
quelques balots que les gens du
pays ont mis au pillage.
Le Pjnque du PatronCornil
qui avoit chargé à Carragenc
des grains, ayant cité attaque
du mciïîe coup de venr, jetta
fesançresàunmille deCuillera
dans le Golfe de Valence;
mais la grosse Mer fit échouer
& brifer ce bâtiment,l'équipage
a malheureusement péri
avec quelques Religieux François
,
& deux familles Eagnoles
qui paoicm à Barcelone.
-
G iiij
La Tartane du Patron Jacques
a eû le mêmefortdans le
Golfede Valence,exceptéque
l'équipage s'est presquetout
fauvé.
Il ya cû égalementplusieurs
Bâtiments du pays qui ont peri
aux Costesd'Espagne.
j4Veni[e\e I. Février 17.16.
L'on résolut icy dans le
Pregadi, de Samedi dernier,
d'ouvrir la porte à la vente de
quelques dignitez de Procurateurs
de S Marc
, cette réfolution
ne sur prise que pour
trois pcrionncs seulement,
on croit que ces trois dignitez
feront achetées par Meilleurs
Fofcarini&Quirini, elles produiront73.
mille ducats.Peuà
peu on en vendra d'autres à
mesure qu'il fc prvlentefa des
personnes pour en faire l'acquisition,
- On ne prit point des résolutionspourl'aggregacionde
tjuIqucs familles au Corps de
la Nobkfle, parce que jufqucs
a present il nes'est presente
aucunes personnes qui aycnc
témoigné en vouloir faire lacquifition.
On lût dans le même Pregadi
les Lettres qu'on avaic
rcceuës par«une fouflttc de
M. Grimani Arrbàffadeur de
la République à Vienne, clics
contenoienr lesdifficultez que
faifofent les Mmiftrss de lErn.
pcrcur sur les conditions dela
Ligue contre les Turcs ; & les
prétentions qu'ils formotenc
pour avoir. en main des seurefez,
au su jcc de rengagement
que le Sénat y prendroit, de ne
poinr abandonner ce Prince,
&de ne point faire une Paix
particulièreavecla Porre.
Cette affaire a esté remise
en délibération dans le Pregadi
&n'apû y-estre decidée par
les oppofinons qu'elle y a trOLH
vécs, il ya même lieude doutée
que l'Empereur veuille sincerement
conclure cette Ligue,
cependant la fàison s'avance,
& les Turcs fçauronc bien
profiter de ce retardement.
M lcComre deSchulembourg
ayant trouvé l'occasion d'un
bâtimentAnglois qui doit
partirinccffàmrncnt pour ZJnte
a pris la résolution de s'y
embarquer,& d'aller par Mer
à Corfou.
M.leComte deNortitscft
déja. embarqué pour la Dal
matie;mais les mauvais temps
ne luy ont pas permis de mettre
à la voile.
,
Le Prince Electoral de Baviere
arriva Lundy en cette
Ville., on ne luy a point tenu
parole sur la promesse qui luy
avoit eesté faite de luy diminuer
la contumace de 12. jours, ôi
avant d'arriver icy
, ce jeune
Prince étoit déjà fort mécontent
des manicres de ces MeC.
sieurs-cyàson égard.
Les nouveaux Passeports
de la Cour, ont estéremisà
M.Foscarini& Pasquovilego.
Ils les ont remis au Senat pour
en recevoir desordres sur leur
départ.
De Rome le 15. Janvier 1716.
Le Pape est toûjours d'une
fanté parfaite,il assista hier
aux obsequés du Roy LapIs
XIV. & M. Alamani son
Camcrier d'honneur prononça
l'Oraison funebre.
Ces jours passez ont tint
Conseil de Guerre chez le
Cardinal Paulucci, Secretaire
d'Etat. Un certain General
Allemand nommé Collembert
a elle appelle auConfcil
, il s'est offert de faire la levée
de toutes les Troupes necessaires
dans les conjonctures presentes;
mais jusques icy on ne
dit point que ses offres ayent
esté acceptées.
On a résolu d'envoyer à
Genes le Chevalier Berreti,
Commandant des Galeres du
Pape
, pour noliser quelques
bâtiments, &.. l'on a écrit à
toutes les Couronnes pour
avoir quelques Vaisseaux
,
les
ordres ont esté donnezaussi
pour équiper la cinquiéme
Galere qui doit aller en course
avec lesautre
Le Chevalier Morrofini
envoyé , par la Républiquede
Venise ,est arrivé en cette
Ville,il demande des secours
pour pouvoir s'opposer aux
entreprites des Turcs. Iladéja
cû Audiance,il a representé la
liccelïhé de deffendre Corfou
à quelque prix que cc soit ,
cette Place estant le boulevart
de toute la Chrétienté.
Outre les Cardinaux dont
on a fait mention dans les avis
precedcnts lesquels ont envoyé
de l'argent au Pape,plusieurs
autres en ont aussi
donne. On pense toujours
auxmoyens d'en trouver,cependant
comme la misereest
grande dans l'EtatEcclesiastique
, Sa Sainteté ne voudra
point charger les Peuples de :
quelque nouvelle imposition.
Dernierement lePape envoya
M. le Cardinal Albani
chez l'Ambassadeur de Portu
gal pour l'exhorter, diton,à
congedier ses braves
,
conformement
aux esperancesqu'il
enavoit donnéesà M. Respo.
ni ;mais on pretend que cet
Ambassadeur a répondu qu'-
aussi-tost que les autres Ministrès
tressemettroienten devoir de
renvoyer les leurs, il obéiroit
promptement là-dessusaux
ordresdeSaSainteté.
Lundy matin le Cardinal
Spinola descendant de carrosse
pour monter chez leCardinal
Nuzzi
,
fit un faux pas & se
rompit la jambe droire ,ilest
neanmoins sans fiévre & l'on
espsre qu'il fera bien-tost gue-
-ry.,
Dimanche au soit le jeune
Marquis de Bufaro se trouvant
au cours qu'il vouloirtraverfcr,
barra lepassage au fils de
l'AmbassadeurdePortugal,les
deux carrosses s'estant rencontrez
,cet accident attira au
cocher de grands coups de
plat d'épée dont les domestiquesdel'Ambassadeur
le chargerent
furieusement., il a fallu
que leMarquis, aprésavoiresté
offensé en la personne de son
cocher, ait estéluy même faire
desexeuses àl'Ambassadeur.,
Les plainres du peuple sur les
prérendus enrôlemens
c
sont
parvenues aux oreilles du
Pape, Sa Sainteré avoit ordonne
que danschaque quartier
de Rome un vingtième
de Soldats feroit la ronde pendant
la nuit; mais le Cardinal
Scocti, qui fait encore les
fonctions de Gouverneur,
ayant representé à Sa Sainteté
l'inutilité de cette précaution,
& que ce qu'on avoit publié
estoit une pure calomnie pour
rendre son Gouvernement
odieux, cet ordre n'a (fié
exécuté qu'uneseule fois., tg,
plusieurs vagabonds qui malheuresement
avoient répan-
,du ce bruit, ont estéfustigez.
Extraitd'une Lettre du Cardinalde
la Trempüillc, en
date du 30. Janvier.
Nousni fçdTjom tgeorerien
de positifdescfjjeiriide l'Empereusparrapport
aux Turcs. Le
Comte de Gdllds son Imbaffadeur
en cette Courfit demander
Mercredy dernierune Àudknce
extraordinaire 4 Sa SaintetéIl
l'eût lelendemain„ &sortitfort
tard. Le bruit s'est répandu -depuis
ce jour-là que ce Àdinijlre a
donné des nouvelles 'assurances à
$4•Sainteté de l'intention ou
lEmpereurIon Malin:si trotive
de decUrer bien-tofl UguerreA
ces infidelles Je nay point eu
lehonneur depuis quelques jours
de parler au Pape, j'ignore,en.
core U vérité de ce quis'est pajje
dans cette Audience sur ce;fu0,
&jedoutefort encore que tout
ce qu'on a dit, foit bien certain.
M. le Car.di.nJal OIrfsiinnyy rni'eefl pas
encore arrive*
D/Rome lepremierFévrier 17I6
Dernierement le Pape fit
faire en sa presence l'examen
des Evesques & nomma l'Abbé
Grity à l'Evêché dc\Fal.-
laro. t,
Sa Sainteté attend quele
Cardinal Orfiny foie arrive
,
pour tenir Consistoire, & y
declarer Son Eminence, Legat à vers l'Empereur. Cette
expédition tend à porter S. M.
Imperiale à declarer la guerre
auxTurcs. <
Dans la conjoncture presente
le Pape s'est flattéd'un
lecôars de huit Vaisseaux de
guerre de la part du Roy de
Portugal, & dans cette vue Sa
Sainteté a crée EvêquePrimat,
le Grand
-
Maistre dela Chapelle
de Sa MaJcltéJavec droit
de preséance sur tous les autres
Evêqucs de son Royaume.
Les Cardinaux continuent
d'envoyer de l'argent à la
Cbambre Apostolique, pour
l'aider à subvenir aux dépenses
dela guerre contre les Turcs
la moindre Comme est de
500. écus,outrecelle de1000.
écus que le Cardinal Camerlingue
a déjadonnée. Il a affigné
un revenu annuel de pareille
somme pendant tout le
temps de la guerre.
Mr le Chevalier Morosini
reçoit bien des hontiefferezdc
cette Cour;il a esté admis à
l'Audiance du S. Pere avec le
enapeau & l'épée, beaucoup
de per sonnes qualifiées l'ont
esté voir, &luy ont fait des
presents.
,
Le grand Prieur Ferretyest
party pour LIvourne, d'ou il
.pass'i}ra ensuite à Genes; il a
ordre du Pape de noliser dans
ces Phares , quelques Bâtimens
pour renforcerl'Escadre des
Galères du Pape.
Le Cardinal Patrissy a fait
un nouveau present à Sa Sainteté.
Il,consiste en quatre
grands
grands Tableaux du Guido.
qui represeten les quatre
Evangelistes.
D. Alexandre Albanya envoyé
au Cardinal Faraccioly
Prouvaire, un très- beau Rock
estmé deux cens écus, mais ce
Cardinal pour répondre à la
generosité deDon Alexandre,
luy a fait present d'un poëlcd'argent
& d'un réchaud de
même métal de la valeur de
huit censécus.
Le Pape a sign un ordre de
deux cens enquante mille écus
pour l'érection d'un Mont appellé
le Mont Fabrique,& un
autre ordre qui s'adresse au
Cardinal Alani, comme Preset
de la Congregati de la
Fabrique de S. Pierre
, pour
faireconsignerauTresorie ter de
la Chambce cent mille écusdes
deniers appartenans à ladite
Fabrique ,pour s'en prévaloir
dans les necessitezpressa
f; Le Chipicre de la Cathedralci
de Capouë a envoyé c
deux-Chanoines pourcomplimenter
le Cardinal Caraccioly
leur Archevêque,sur sa promotion
au Cardinatar; Son
Eminence leur a fai bien de
l'accueil&lesreçusenhabit
rougé.
Extrait d'une Lettre de Mr le
CardinaldelaTremoille,
du8.Février 1716.
Il paroijlqu'on ne peut plut
douter ig de la guerreentre lEmpereur
& la Porte; Çj-r sott que
ïAmbapadeurde ce Princesifoit
oppofi a la MiffiondeM leCar-
JdjinnaallddeessVrVrfrifntsnJs(oil que Sa Sain-
3
fott Sainteténe
doutant plus de cetteguer-
*te,croitfon*vûyâgr à Vienne inutile3
je crois que fin voyage si
bornera deson Atcbtvêchc 4 ROane.
On ne peut point avoir encore
de réponses des infiances que le
Pape afattes auprès des Princes ,
pour avoir des secours des Vaisséaux.
Je ne' vois cependantpas
faire d'autres démarchestpasmême
pour la garde des Cusses
,
ousi
onenfait, cela ne regardeque les
Milices des Pais^,car il ne meparoîtpasqu'on.
fangeà avoir quel-,
CjuesCompagnies debonne Cavalerircjui
feraient neçrjfairtsIpour
empêcher les defientes quise pourvoient
faireimpunémentdans plusieursendroits
del'Etat du Pape
sur tout du cofte du Gose Adriatique.
On fait icy les Comediesà
l'ordinaire. Sa Saintetéaeu ~t~
depeineàjeresoudre a les permettre
i mais elle a creu a lafin ne
devoir pas priver le Public de cette
Jatisfaflion
, ce qui auroit beaucoupoblige
tous les Romains
y
je
n'entendspas dire que cellequ'on
rapporte ait beaucoup d'applauiffiments.
C'cft tout comme
icy.
Les affaires qui font entre cette
Courçy leRoy de Sicile navancent
point. Ce Prince aifait lever
1 les ifcquejlres qui avoient ejlemis
* fiur les biens des Jefuites dans ce
Royaume,
DeVmfe le8.Février1716.
Le Prince Electoral de Bavière
arriva icy Lundy au foir,
il restera icy le Carnaval ,pasfera
de là à Bologne, Lorette,
Rome& Naples) d'où il retournera
à Rome après Pasques
,& de là se rendra à Florence,
où Ion ne croit point
qu'il y ait de difficultéde ceremonial
, parce qu'iln'en observe
aucun, voyageant fous
le nom du Comte de Trannits.
Oi a nommé icy deux
Sages de Terre ferme & deux
Sages des Ordres pour avoir
l'honneur de le complimenter
de la part de la République,&
de le servir pour parler à la
maniere du Répondant le réjour
qu'il fera en cette Ville,
Ce font Messieurs Girmani,
Canal, Justiniani & Pisani.
On attend aussi incessamment,
M. le Prince Electoral
deSa*e:qiii cO: déjàarrivéfut
la Frontiere
, & queuesbus
de ses Gens se trouvent même
déjàici, Samedy le Senat expediaun
Courrier à Vienne,
avec des ordres, àce que l'on
prétend, pour applanir toutes
les d;mcutccz faites par le Conseil
de Vienne au sujet de la
conclusion d'une Ligue contre
les Turcs. Il y a lieu cependant
de douter que l'on donne à ce
Prince une Place de seureté.
Ce même Courrier porte aussi
des ordres à cet Ambassadeur
sur quelques propositions d'accommodement
qui ont esté
faites à la Porte par le Minjistre
de la Cour de Vienne à Constantinople
; mais on dit- que
les demandes des Turcs font si
dures ,que l'on aura peine à
parvenir àcetaccommodement
& ce ne seroit qu'en
cas qu il n'eût point de succes,
que la Ligue se concluraroit.
Cependant quelques dures
que soient ces conditions
de la Porte, il semble que dans
la situation où setrouventces
Mssieurs ci,clles font encore
à préférer pour eux àla continuation
de laGuerre qu'ils sont
ttouteà faitnhors di'étatrde f.oû; M. le Comte de Schutembourg
partit Dimanche dans
la nuit sur un Vaisseau Anglois
pour se rendre à Corfou.
Il passera enfuire en Dalmatie.
Il a esté suivi cette semaine par
un grosConvoy demunitions
& de Troupes qui étoit arrêté
icy depuis cinquante jours par
lesvents contraires Il a même
péri pendant ce tems là un
très grand nombre de ces
Troupes par le grand froid &
par lamisere ; & quelques-uns
Ce trouvantrebutez Õéja& las
du service de Venise avoient
fait une espece de conjuration
contre leurs Officiers ;mais les
principaux Auteurs de ctte
sédition ontesté pris & châriez.
r)
Cependant on a bien de la
peine àlever des Soldats,& de
4. à500. hommes Allemands
qu'un Colonel envoyoit ici, il
n'en estoit arrivé que 18.le reste
ayant deserté en chemin
,
& même fort maltraité les
Officiers qui vouloient les
en empêcher.
M. Foscariny de Cariminy
a acheté une des Dignitez de
Procurateurs de S. Mare mises
envente; £4demain cette affaire
doit paflec dans le
Grand Conseil.
L'on a tié cette semaine la
Loterie établie l'année. derniere
de500. mille ducats.
Il y a si peu de concours q..e
l'on n'a pû faire que quatre
Lors de 300. ducatschacun.
C'est en tout 3600. ducats. 1
De Rome le iy Février 1716.
Les Cardinaux de la demiere
promotion s'empressent à
l'envi de faire de riches presents
au Pape; le Cardinal -
Scotti,Gouverneur de Rome
luya envoyéun grand Lnftrç
de cristal de roche &une Relique
de S. Charlesenchassee richement
& garnie de pierres
précieu Ces)il y a entre autres
ungros diamant au milieu de
la Chasse.
Jeudy on fit ies obfcques
du Roy Louis XIV. à S. Jean
de Latran, les Cardinaux de
la Tremoüille Gualteno
,
&
&Oaobont y assistèrent. L'O.
raison funt bré sur prononcée
par unJesuite; le General des
Dominicains fit faire aussi les
obseques de Sa Mijcfté
,
dans
l'Eglise de la Minerve
,
& ce
sur luyqui chanta la McflTe.
Vendredi de la semaine palfée
le Cardinal.Orfini arriva,
en cette Villeaccompagné du
Cardinal Albani,qui,par ordre
de Sa Sainteté
,
étoit allé audevant
4c luy
,
il le quitta à
Sainte Marie Majeure ,
après
quoy il prit la poste pour aïkr à
Soriano
,
où il passeralecarnaval.
Quant auCardioalOrsini,il
demeura une grosse heure ca
priere dans la Chapelle de la
Vierge de Sainte Marie Majeure,
de là ilfut àl'Egliseneuve;
où il resta encore longtemps
en Oraisondans laChapellede
S. Philippes de Neri; ensuire
il fut chez le Cardinal Marescottjde-)
à:uPabiArtrj.,voir
lavieillePrincessedecenorn^
après ces visites il se retira au
Convent de la Minerve, il y
trouva les Cardinaux Ferrari,
Altien&Vallemuni
)
dont Il
ne voulue point recevoir les
compliments qu'il n'eût vu
auparavant le Pere General.
Mardy dctnicr le Marquis
Camille mouruten cetre Ville
d'apoplexie, L'Abbé Montes,
Espagnolquia fait des écrits
pour soûtenir les dioitsduS.
Siege contre les prétentions de
k Courd'Espagne
,
&qnien
recompenseacûunCanonicat
de S. Jean de LatranViirnc
d'estre déclaré par Sa Sainteté
Archevêque de Seleucièinpartibus,
titrequ'avottleCardinal
Patriffi avant sa promotion
Outre cela le Papea fait prc*
sent audit Abbé Montes d'un
de ses rochers
,
d'une chap,
& d'une bague.
Le Pape a fait entendre au
Marquis Bichi, neveu du Cardinal
de ce nom, que s'il ne retourne
avec la Marquise Lanci
sa femme
,
ille fera mettrean
Château S Ange ; cet ordre
esté signifié réciproquement à
l'Epouse fous peine d'excommunication
en cas de d'tfobéïG riance.,
Tous les effers du Comte
Ordaschi,Ecuyerdel'Ambak
fadeurde Venise,ont estéinventoriez
ventoriez&saisis par laJustice,
pour raison du mauvaistraitement
dont on a parlé dans les
avis precedencs. L'Eglise qui
avoit i:fté foüillée du sang des
SEbirrves,aceqstéurebecnie.p.ar un
Le Saint Pere a fait augmenter
jusques à 100.xhevaux
laCompagnie des Cuiraiffers
de sa garde; elle doit
,
partir -
pour Apcone vers le commen-
*
cernent du mois prochain.
Dans la derniereCongrégation
Militaire il a esté résolu
de faire monter à cheval
-
les
Milices des Provinces de la -
Marche & de la Romagne
pour estre distribuées sur les
Plages desdites Provinces.
Le CardinalOrsinieue audiance
du Pape Dimanche dernier.
Sa Sainteté luya envoyé
un present de comestible.
Le Carnaval qui dévoie commenceraujourd'huy
en cette
Ville,ne sefait point cectc année
à l'ordinaire
,
lambassadeur
de l'Empercur n'ayant pas
voulu permettre quela Cavalcade
des Tribunaux,qui sefait
encette occasion,passât devant
son Palais, à cause de laSbirrerie
qui la fuit, asosi le Pape
a deffendu les Masques..
Extrait d'une Lettre du Cardinal
de la Tremoillc,
1.
du15.Février17I6.
On continue à compter ici sur
la Guerre-entrelempereur &la
Porte par les préparatifs qui se
font àpaïenne.Cependantle Refirent
de ce Prince ejiencore à Con..
fiantinople.
Sa Soinuté ajugé a propos de
rrtraneher iey la plusgrande par.
tie du Carnaval yen retranchant
les Masqua;on ItttribuëaussicelA
aquelques incidentsquipourroient
arriverauonefikicnaifed'éviter..
M. Morosini si donne ici beaucoup
de mmvtmmt & avec rAi.
fin
j car le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche infcn.
jib/tmflnt e les Turcs enjIeK de
leur viBoire ne s'endorment pas.
-
De Venistle 14. Février 17IC.
M. le General Delphip a
écrit une longue Lettre au
Sénat pour l'informer de la
sïtuacion ou se trouvoicnc
les affaires de la Guerre dans le
Levant, & pour demander que
l'on y envoyé promptemenc
des secours & des munitions
de Guerre) & principalement
des vivres dont onmanquoic
à Corfou. Il ne sçavoit pas
encore qui devoir efhe. son
SuccefleuriM le General Emo
a aufliécrit de Dalmarie& demande
pareillement toutes
sortes de secours. Il a joûte que
les Turcsavoient profité de la
gelée, pour passer lesMontagnes
du Prolaco, qu'ilsavoient
fait une course dans la Dalmatie1,
où ils avoient cau seune
grande terreur ,
& qu'ils
avoient emmenez un grand
nombre de personnes cnefclavage.
Ce General s'etf rendu
à Spalacro pour recevoir le
Convoy, parti dernicrcment;
chargé de quelques Troupes
& de munitions.
Le Senat a ordonné que ceux
des Officiers généraux qui ont
servy la derniere Campagne ,:
&qui ont esté rappeliez,eussent
à se consticuer dans les
prisons pour rendre compte
de leur conduire;M. le General
Delphin n'est point excepté
de¡ cette règle ; les Inquisiteurs
pour s'informer de ce qur
s'est parte pendant cette Campagne,
examinent& interrovi
genttresexactement tous les
Particuliers qui arrivent du
Levant, tant sur ce qu'ils ont
vu,queluice qu'ils ont entendu
dire, mais tous ces interrogatoires
n'aboutiront à rien.
Le Patron d'une Marfilianc
chargée de Troupes
,
lequel
estoit parti avec le Convoy
qui fit voile de Venise la femaine
passée,aefté obligé par
ces mêmes Troupes de les porter
à Trieste où elles sont arrivées.
Les Soldats se font revoltez
contre leurs Officiers
les ont tuez, &refusent de servir.
Il arrive très souvent de
Semblablesémeutes, qui proviennent
autant dela faute des'
Officiers qui veulent profiter
sur les Soldats, que dela ré--
pugnance que ceux. cy ont à
servir. -,
Il est aussï arrivé un autre
malheur dont on aesté confirmé
cerre semaine
: un Vaisseau
qui venoit de Hollande chargé
de poudre, de salpêtre
, &
d'aurres choses fénlblblcs;
pour le compte de la Republique,
cil péry sans que l'on
aye pu rien sauver.
La Republique a fait demander
la permissîon de lever des
Chevaliers de S. Lazare pour
estre
estre à son service. Ils auront
la gauche des Chevaliers de
Malthe; on ne sçait pas encore
quelle réponfc on leur fera.
De Turin.
On mandede Turindu ij.
du pasle, que les preparatifs
que l'on fait en ce Pays-là,&
dans tout le Piémont
e
donnoient
lieu de croire qu'on
estoit à la veillé d'une grande
Guerre, car outre les recrues
qu'on faisoit
, on didtribuoit
des commissions pour de nouvelleslevées,&
des Ingenieurs
font partis pour aller munir&
fortifierles Places dti..M,Qne';'
Ferrat, donc l'Empereur prétend
se mettre en possession,
&en cas qu'il attaque ce Pays,
le Roy de Sicile prendra à sa
solde 10000. hommes des
Troupes de France,& on ne
parle plus d'envoyer des Troupes
Plémontoises en Sicile. [.
DDeCe aCJ~ixdi,le*'pleremier.Matsi
DESCRIPTION4 i
de la PomPt Funebre
deLamXIV. r
Le sieur Robin, chargé des
affaires du Coniulac de la Nation
Françoise
,
& les autres
Negocians François establis à
Cadix ,ont fait leurs efforts
pour rendre,à la mémoire de
Loüis le Grandles honneurs
qui luy font deus. '': r.
Ils ont fait ériger un va(le
Maufoléc dans le grand vaisseau
de l'Eglise de S. François
decetteVille. Il paroissoitêtre
d'un beau marbreazur&blanc
doré dans tous ses ornemenrs.
Il estoit de cinquante-un pied
de haut, survingt-quatre de
base.
Quatre pieds d'estaux terminoient
les quatre angles d'un
grand socle & portoient chacun
une pyramide chargée de
flambeaux, seméed'unegrosse
fleur-de lys dorée;douze grandes
colomnes,le tiers avec un
demy relief doré & disposées
de trois en trois sur les angles
du socle, supportoient un entablement
quarré enrichi d'une
belle corniche char gée dans
ses quatre faces des Armes de
France en gros relief avec une
riche Couronne. De Itenrablcment
s'élevoit un grand dôme
octogone accompagnéde quatre
grandes Statuës qui tc-j
:
noient une Couronne, un Sceptre
,une Epée, uneBalance
, dorées;quatreAnges l'encensoir
à la main,& quatre grandes
urnes doréts occupoient
huit vuides du dôme;il étoit
terminé par une Mort qui paroissoit
avoir arraché plusieurs
tiges de fleurs de-lys d'une
plante ,excepté une, avec ces
mots:PluTlbus avulsis non d(ftcil
alter; & aux pieds de laMort
estoit un trophée d'armes. &
d'étendarts qu'elle souloit. Enfin
entre les douze colomnes
ont découvroit sous un pavillond'un
riche damas noir ouvert
par quatre endroits, un
magnifique cercuëil couvert
d'un tapis de velours noir en
broderie d'or. Deuxcarreaux
de même estoient posez sur le
devant chargez d'une Main de
Justice & d'un Sceptre doré
passez en fauroir & d'une riche
Couronne. Les quatre faces
estoient semées de fleurs-de-lys
& la premiereestoit occupée
par un grand Ecu de Franceen
gros relief doré avec la Couronne
demême; quatre pyramides
garnies de flambeaux
éclairoient le cercuëil & le desfous
de l'entablement.Tous
lesbords dusocle & des coraidhes,
les pyramides, tout le
dessus du dôme estoient couverts
de cire blanche, tous les
Autels&tout le contour du
dedans de l'Eglise en ettotenc
également chargez.
- On a osé entreprendre de
ttoceraux yeux duPublic quelques
traits de la vie dece Monarque
aussi respectable par sa
pieté éclatante envers Dieu,
qu'il sur grand devant les hommes
par ses actions inoüies.
Les soubassements du Mausoiée
representoient douze
grandes faces.
La première representoit le
Roy mettant la Couronnesur
la teste de deux Princes de son
Sang, l'un grand,& l'autreencore
Enfant, avec ces paroles t
Secundam Cm tertiam coronavit
generationem; & une Renommée
qui mettoit au Royune
Couronnede lauriers, avec ces
paroles:Fatis vita cejjit9sed[d;"
tnâ gesta manebunt. :
La seconde representoit la
Mort qui renverfoic aux pieds
du Roy plusieurs jeunes Princes,
avec ces paroles qui marquoienr
la confiance du Prophere
Job: Fihos dederat mihi
Domious, DominusMnlit*
;
La troisiéme representoit
un Soleil éteint surla fin de sa
cour se,&une grande Etoile
naissante vers ~l'Ouent, avec ces
paroles: Minor )fd non eriL
tmpar.
La quatriéme representoit
une Couronne,contre laquelle
plusieursmainstiroient de toutes
parts des flêches, avec ces
paroles: Mille, ad illamautem
nulla appropinquavit.
La cinquiéme representoit
un Phoenix qui se brûloit sur
un bucher, & un autre jeune
Phoenixau- dessusnaissantd'une
nuë,avec ces paroles:IA
dlterorevivifeam:
•*; JJ,:
La sixiéme representoitun
Hercule qui scioituneMontagne,
avecces paroles:Milta.
planos fecit.- - 1
La septiéme representoit
encore un Hercule, & d'un
côté deux Combattants,qui
aprés avoir jeetez leurs cpecs
en l'airs'embrassoient; de l'autre
deux Lyons affrontez chacun
avec un mord à la bouche
avec cesparoles:Cuello,solus
quifroenum posuit. - La neuviéme representoit
lesneuf Muses qui pleuroient
autour du Roy étendu &cou..
ronné de lauriers,avec ces pa.,
roles: MUftt! nosterobiit j4polio.
La dixiémerepresentoit un
Berger melancolique gardant
un grand Troupeau, avec ces
paroles:Fletemcoe Lodoicum extinctumflet?
cAffclloe.
-': La onziéme representoit
un. grand Aigle qui prenoit
l'effort vers l'Orient ,portant
un Livre des Evangiles à son
bec, accompagné d'une foule
d'Aiglons;&un autre de mèr
me qui voloit vers le Couchant,
avec ces paroles:Ab
gOrieentleiaud omccasum. misit Evan- tn t Evan.
La douzièmerepresentoit la
Mortqui retwerfon d'un seul
pied une grande Tour & une
Chaumicre :Æquopedepulsat
paupemm tabernas
,
RrgumfJ!lt
turres.,Í -
Toute l'Egliseestoittapisfée
de noir, &de part & dautre
les Tapisseries furent ornées
de douze grands Tableaux.
Le premier representoit le
Roy donnant la main au Roy
& à la Reine de la Grande Bretagne,
accompagnez duPrince
& de la Princesse de Galles, &
achevants de descendre d'un
Navire, avec ces paroles: Reges
Regno Patriaque passospif*
cepit befpitio.
Le second representoit le
Buste du Roy avec un Trident
au dessous , présidant à la
jonction de l'Océan & de la
Mer Méditerranée, qui après
avoir nv.fle leurs caux, alloient
arroser un grand Globe, avec
ces paroles: Nomenejus currit
sicunt unda per orbem.
Le troisiéme representoit
le Roy cuirasse, qui d'une main
ébranloit un arbre chargé de
Pommes d'or
, autour de
l'ar brc estoient representez
ks beaux Arts sous la figure
deFemmes qui travailloient à
divers ouvrages; une Renom.
mée mettant une Couronne de
lauriers sur la celle du Roy,
avec ces paroles: Non minus
ac armis,artibus astra petit.
, Le quatriéme representoit
un Hercule,assommant avec
sa massuël'Hydreà sept tcfics,
avec ces paroles: Hoerejim ex-
ItrpaVtt è regno.
Le cinquiéme representoit
lesAmb)(fadeursdeSiam&de
Pet se,offrant leurs Prcfcns au
Roy sur son Trosne,avec ces
paroles: Ab Oriente venerunt
ut 'tJidtret gloâam ejns*
"i Le sixtémerepresentoit le
Roy à l'entrée du College des
quatre Nations, & un grand
Trophée d'armes à sespieds,
avec ces paroles Puguuuit ut
David, adtficaitit utSalomon. ,,..
Le septiéme representoit le
Roy à costé de tHoRet des
Invalidesn & une Compagnie
d'Officiers qui y entroit, avec
ces paroles: Invalidisquoesivit solatium.
Le huitiéme representoit
une Foy voilée, couronnant
le Roy étendu à sespieds,avec
ces paroles: Vere meus hic sir
lius IrAt.
Le neuviéme representoit
le Roy tenant entre ses mains
nostre,jeune.Monarque qu'il
estroit à Dieu à l'entrée d'un
Tabernacle, avec ces paroles:
Unum.petit 4 Domino., ut si
fortis in fide pArentum» !
- Le dixiéme representoie
l'Espagne sous la figure d'une
Femme, donnant la main à la
France fous lafigure d'une
jeune Fille affligée, avec ces paroles:
Soron non deficiam.
Le onziéme representoit un
grandVafc chargé deFleursde
Lysflêtries & abattues
toutes autour du Vase, exceptc
cepté deux qui s'élevoient au
milieu, une passant au travers
d'une Couronne de France,
& l'autre au travers d'une
Couronne d'Espagne ;.'-un
Ange les arrofoit avec l'huile
de la Sainte Ampoule , avec
ces paroles: Darabunt in fudlvitatem
odoris.
Le douziéme representoit
un Phaëton couronné -de
France ,porté dans le Char
du Soleil semé de Fleurs-dc-
Lys; une nouvelle Etoile d'un
grand éclat luy marquait la
route qu'il devoit tenir, avec
ces paroles; Auredia. Régente
luce a via non aberrabo.
1 Le Chapitre de laCathédrale
vint chanter une grande
Mené en Musique; toutes les
Communautez Religieuses y
vinrent à leur tout, ensuite
les Prestres de l'Ordre de S.
François occuperent tous les
Autels de l'Egliseen unmême
temps, & le Service se commença
au bruit des cloches de
toutes les Eglises de la Ville
qui avoient déjàsonné dés la
veille pendant l'Office des
Morts qui fut chanté. L'Oraison
funèbre fut prononcée
enEspagnol:MleGouverneur,
le Chapitre, les Prélats des Ordres
Religieux & toute la Noblesse:
honorercnt cette Pompe
funebre de leur presences
Ce
-
furent là les marques
extérieuresd'une douleur trésintimede
la Nation Françoise,
qui pour estreéloignée de sa
Patile,n'enaestéqueplusvivemencamigeelEMe
puise toute
sa consolation dans le bonheur
de voir la précieufc vie du
Monarque que le Ciel luy a
reservé, entre les mains de
Spn Altesse Royale Monfeigneur
le Duc d'Orléans,dont
l'habileté
,
la prévoyance ÔC
le génie superieurreconnus de
tout l'Univers, sont desassurances
certaines que son regne
ne fera pas moins formidable,
heureux & glorieux que l'a
cfié. celuy du Grand Roy que
nous venons de perdre.
On mande de Marseille du
2,8. du passé qu'il y estoit arrlvé
un Bastiment venant du Levant
,
lequel a assuréqu'àSmirne,
d'oùil venoit, il yavoir en,
core vingt Bastimens Turcs de
toute grandeur, prests à mettre
à ta voil e; & qu'à Alexandrie
oùil avoitmouille en revenant
pour y charger des marchandises,
il yavoit aussi quatorze
Bastimens dans le Pote
qui n'attendoient. que les or- -
dres delaPorte que les Turcs
assiegeroient Corfou
, pour
ensuitealler plus loin, du côté
de rltalie., & qu'ils assuroient
que leur Armée navale seroit
deplus de quatre cens voiles, •
y compris les Corsaires de
Bar barie, & qu'ils comptoienc
avoir plus de quatre cent cinquante
millehommes de troupes
de terre.
', Les dernieres Lettres d'E
cosse ne pottoient ricn deremarquable,
sinon que les
Troupes du Royavoient fait
un nombre considerable de
prisonniers sur les Mécontents,
parmi lesquels il yavoit
plusieurs Officiers Irlandois
-, Anglois,& merne quelques
François.
Onmande de Londres du
deux de ce mois, que le pre
mier
,
le Royenvoya ordre
au Gouverneur de la Tour
, de livrer les six Seigneurscondamnez
entre les mains des
Scherifs, qui receurenten même
temps l'ordrede les faire
executer le sept sur la Place
l-,
prés de la Tour, le Régiment
des Gardes Cavalerie
, commandé
par le Duc d'Agyle,
& desdétachementsdes Gardes
à pied, & à cheval devoient
estre fous les armes au lieu de
l'execution pour empêcher la
populace de se soulever. Le
Dirécteur de l'échafaut avoir
déjareceu ordre d'en faire un
sur lequelily eût six billots,
pour couper la tête aux six
Seigneurs en même temps.
Les Lettres de Londres du 6.
ne font mention que des adresses
presentées au Roy & des
remerciements qu'il a fait aux
Chambres, &c. Le 5.les Communcs
lurenr pour la troisiéme
fois le Bill pour punir les mutins,
&c. & M. Pultney, Secretaire
d'Etat fut dépêché
pour le porter aux Seigneurs,
ensuite lesDames Epouses des
Seigneurs condamnezaccompagnées
d'autres Dames du
premier rang, se presenterent
à la Barre avec une Requeste ,
pour Supplier la Chambre de
vouloir interceder auprès du
Roy,& le prier d'accorder à
leurs époux un repir Cette
Requeste ayant esté prise par
un
un Membre pour en faire la le-
Ctute,M.Walpoi proposade
s'ajourner pour quelquesjours;
il fut secondé par pluficurs
Membres qui ne vouloient pas
nonplus entendre parler de ré
pic , disant que cesaffaires ne
passoient pas presentement,&
que laChambre devoit s'ajourner;
mais ceux qui estoient d'opinion
délibercrent, fut cette
Requeste
)
& representerent
¡,'lue cette affaire estoit de si
grandeimportance, qu'elle
meritoit bien l'attention de la
Chambre ; ils proposerent
>
d'ordonner que la Icâurc en
seroit faite pour dekberetfut
ce sujet ;mais contrela premiere
proposition cftok pour
s'ajourner
, jon délibéra sur
cela
, ce qui donna lieu:à-de
grands débats PQl)r& contre ;
mais enfin, à laoplurpluéde
161. voix tt contre^ijj. la
question passa à IJffillnatjve
& la Chambre, s'ajourna la'
huitaine,croyant qu'avant cc
temps-la l'ececution des six
Seigneurs seroit ; faite; mais
,ccsDansesayantprefentéune pareilleRequêteauxSeigneurs,
elle fut receuë, & la lecture
en ayant este faite ,onmit en
,
délibération
,
sçavoir si on
priveroit le Roy de vouloir accorder
un répit aux six Seigneurs
condamnez; il y eût
surce sujet de grands débats
& plusieurs beaux discours
faitspour contre;mais enfin
par la pluralité de dix voix
l'affirmative l'emporta, & on
résolut de presencer uneAdresseau
Roy pour cela. Ensuite
le Lord Stanford proposas'il
: ne seroit pas à propos de limiter
le temps, que le Roy devoit
accorder à ces criminels
dans cette adresse ,& ledébat
recommença ; d'un cossé on
soûtenoit qu'on ne devoit pas
limiter le temps; mais qu'il falloit
laissercela à la volonté du
Roy & les autres soutenoient
qu'il falloit le limiterparer que
le Roy pourroit accorder un
telrépit,que ICI jugementcontrecescriminels
ne feroit pas
executé. Enfin il sur résolu
que le temps seroit limité pour
un mois Le Roy pre":
voyant que dans le Conseil &
le Parlement,les opinions sont
partagées sur la question sçavoir
si le Roy est en droit d'accorder
grace aux six Seigneurs
condamnez, S. M. aremis
cetrarjàfïauc au ParlêfrVent &
ditàMadama de Dcrw'-e
jvatccr :Madame 9jefuisfâ-
,hé Je re érÁJ
,
uche.Jenaîtreérut, aAcclrkerjjffîl'%{--''VV(oMu$$ -.rlellUn,t..8-.- -- Il est certain que le Prince
de Galles a donné sa voix en
efyeur des Condamnez, & bien
des gens ont cru que cesSeigneurs
ne feroitntpastraitez
àlarigueur.
: Le General Gordon sest
retiré dansles montagnes avec
zooo. hommes d'Infanterie
, 1 & les 500. chevaux qui s'étoientséparez
de ce General
continuoient le long de la
CoLtcA beaucoup des princi
paux rebelles venoient se COLI-C:
mettre. 11
On mande de Londres du iz
de ce mois qu'on y avoit receu
des Lettres de L sbonne du 14.
Février par lesquellesonavoit
appris que le Tribunal de l'Inquisition
s'estantassembléà
Ibora
,
avoit condamné à
mort soixante personnes, dont
la pluspart estoient Juifs, qu'-
on devoit aussi s'assembler en
cette Cour pour juger plusieurs
personnes accusées d'être
heretiques; que le Roy de
Portugal avoit remis le voyage
qu'il avoit rcfolu de faire
au Printemps prochain dans
plusieurs Cours de l'Europe,
a un autre temps; qu on y avoit
aussi reccu avis de Cadix
que le Capitaine Paddon qu'-
on avoit envoyé auprés du
Roy de Maroc pour y negocier
la Pux avec la grande Bretagne,
n'avoit pasréüssi;qu'on
y avoit encore receu avis que
les Bar bares bâtissoient dans
tous leurs Ports, des Vaissteauix
poeur piranter sursles Ch.rê- Ces mêmes Lettres de Londresajoutent
que les Membres
duCollege de Dublin avoient
procedez à l'élection d'un
Chancelier à la place du Duc
d'Ormond qui est en France,
& qu'onavoit mis en sa place
le Prince de Galles; qu'ony
avo receu des Lettres d'E.t
dimbourg du 3. de ce mois,
qui portent qu'on y avoit eu
avis d Yvernesse,que le Marquis
de Huntley & le Lord
Rollo avoient écrit des Lettres
au Comte de Surherland,par
lesquellesilsoff oient de se soûmettre
avec leurs Vassaux à la
clemence du Roy, mais que le
Comte - de Sutherland leur
avoit demandé aussi bien qu'-
u: Comte de Seaford
,
de se
remettre entre ses mains, jusqua
ce qu'il eut receu les ordres
de la Cour , ce qu'ils avoient
rcfufé
,
disant qu'ils
vouloient auparavant estreassurez
de leur pardon, & s'étoient
retirez dans les montagnes
: cependant ils avoient livré
leurs Chasteaux entre les
>
mainsdes Trotipes du Roy,&
avoient congédiezleurs forces
avec ordre de se retirer chez
eux. Le Comte Maréchallavec
la Cavalerie des Mécontents
avoic joint le General ordon
dans les montagnes,ou Il s'étoit
retiré avec les Clans; où
on dit qu'ils fonr plus de trois
mille hommes dans le dcflfeiti
àce qu'oncroit, de fc faite
acheter, comme ils firent du
temps du Roy Guillaume, qui
leur VOIt. accordé unepenfionannucllc
de quatre mille
livres ster lin,pour mettre bas
les armes, mais qu'il y avoit
apparence qu'ils ne riiïflir dienc
pas, la conjoncture presente
des affaires du Roy ne leur
estant pas si favorable qu'elle
Testoit alors, à cause que le
Roy Guillaume estoit obligé
de soûtenirla guerre en Irlande
& en Flandres,ayant besoin
de ses Troupes.
Le Comte de Nottingham
s'estdémis de la Charge de
President duConseil
,
le Comte
de Aylesford son frere
,
de
celle de Chancelier de Lancaftet
, & le Lord Guernsey
son fils,de celle de Garde des
Joyaux de la Couronne. Le
sujet de leur disgrace vient de
ce que ces deux Seigneurs ont
toûjours esté dans le parti des
Torris
, ce qu'ils avoient fait
connoîcre lorsque les Seigneurs
condamnez presenterent
Requeste à laChambre
des Seigneurs pour les prier
d'interceder auprès du Royen
leurfaveur
, en faisantmême
des discours par lesquels ils
prouvèrent qu'il n'y avoir au."
cune Loy qui orac au Roy le
pouvoir de faire grâce à un
criminellors qu'il estoit condamné.
< Le Roy a démis le Lord
Dundonnel de la Charge de
Capitaine de la quatrième
Compagnie des Gardes du
Corps Escossoises, auquel il a
fait donner dix mille livres
sterlin pour lerembourser,
voutant enfaire present au
Comte de Suthcrland pÓUfle
recompenser de ses bons services
contre les Mécontents, &
on dit même qu'il luy a écrit
une Lettre sur ce sujet.
-
Enfin pendant quelques
jours on a esté fort intrigue
pour sçavoir la destinéedes 11x
Seigneurs condamnez;ce ne
fut que Vendredy dernier au
matin qu'on fut informé de
leur fort,qu'un grosdétachement
des Gardes à pied, des
Grenadiers àcheval & des
Compagnies des Gardes du
Corps alla sur la place prés de
JaTQurJ où l'échaffaut eftoic;
dresse
, pour assistier à l'execution
du Comte de Derwcentwatter,
du Vicomte de Kenmure,
&du Comte Nitsdale.
Ce Détachement forma trois
cercles à l'entour de Péchafaud
; le premier estoit des
Gar desà pied, le second des
Gar des du Corps,& letroisiéme
dei Grenadiers à Cheval.
Sur les onze heures on amena
le Comte de Derwentwatter
dans un carrosse à la place de
l'execution , & l'ayant fait
monter, sur, l'échafaud il parla
quelque tems, &ayant leu un
écritete remu entre les mains
du Scherif
, en lue. disantde
prenne bien garde, en le rendanr
public,d'yajouter ou diminuer
quelque chose
, parce
qu'il en avoir donné un templableàune
per sonnedeconfiance,
qui nemanqueroiot pas
de les confronter; & après
avoit eite pendant quelque
tems en priere il se mit luymême
sur le billot, & il fut décapité
au premier coup de hache
que leBourreauluy donna.
Ensuiteonrojrna le Vicomte
de Kenmure qui monta fore
hardiment sur l'échafaud
,
ik
on peut dire deceluy-cy qu'il
mourutavec toute la fermetéduplus
grandHeros.Lorsqutil,
sur sur l'échafaud leSeherifluy
demanda s'il avoit quelque
chpfc-aJitc ajoutant qu'ille
pouvoit faire; mais ceSeigneur
luy répondit avec une grande
fermeté, je ne fuis pas ici pour
parler,nîait pour mourir;il
fut exhortépar deux Minis- !r tres &' parut mourir fort resigné
& fort repentant;il em-î.
brassa plusieurs de ses amis qui
estoient ;sur l'échafaud en leur
disant adieu ; mais particulierement
à un de les fils qu'il
baisa
baisa plusieurs fois *, auquel il
donna de sa main sur l'épaule,
& se mit surle-billotoùle
Bourreau luy emporta la teste
en deux coups de hache, & la
montra aux spectateurs,comme
il avoir fait de celle du
Comte deDerwencwatccr,en
criant voicy la tested'un traître
; mais il ne donna point d'écric
au Scherif. Le troisième
qui devoit estre exécuté estoit leComte de Nithisdale, mais
le soir auparavant Madame sa
femme avec deux autres femmes
qui e stoient allées le voir
dans sa chambre dans la Tour
ayantdescapottes, l'babille
rent en femme, & luy donnerent
une capotte ,
& le firent
sauver entre les sept & huit
heures du soir; les Gardes s'en
apperçûrent quelque- tempsi
après, mais il estoit hors de la
Tour, & les femmes aussi, ex-i
cepté Madame sa femme,quE
dit à l'Officier qu'on pouvoit
faire d'elle ce qu'on voudroit,
l'Officier fit arrester les deux
Gardes qui estoient commis à
la garde du Prisonnier, &envoya
en avertir le Roy, qui
envoya aussitost ordre par un
Officier de doubler les Gardes
de tous les Prisonniers ,& de
les tenir plus serrez;depuison
ne laisse pas entrer dans l'enceinte
de la Tour aucun carrosse,
ni aucune femme avec
des capottes; les trois autres
Seigneurs condamnez ont un
répit , les uns disent jusqu'à
Vendredy
,
& les autres jusqu'au
Mercredy septiéme du
prochain mois.
On a depuis trouvé dans
la poche du Lord Kenmure,
copie d'une Lettre qu'il doit
avoir écrit au Prétendant, par
laquelleilluy marqueentr'autres
chosesqu'iln'estpasfâche
de mourir pour sonservice
mais qu'il auroit souhaités
avantcela dele voir sur le
Tr ône de ses ancesres&le
pried'avoir foin de sa femme,
& desesenfans,&c.
Voici ce que contient en
substance l'écrit que leComte
de Derwentwatter remit sur
l'échafaut aux Scherifs ; que
devant paroistre dans peu de
minutes devant le Tribunal
de Dieu, il demandoit pardon
de tous ses péchez & esperoit
d'y trouver grace; il demandoit
pardon àtousceuxqu'il
avoit pû scandaliser , en Ce
consessant coupable dans son
jugement, ce qu'il n'avoit
fait qu'à la persuasion de certaines
personnes;mais qu'il
reconnoissoit qu'il avoit en
cela violé sa fidélité
,
n'ayant
jamais reconnu d'autre Roy
légitime que le Roy Jacques
HT. qu'ilavoir esté dés son
enfance d'inclination à le
servir ,y estant porté par un
amour naturel pour sa per sonne
,
le connoissant capable de
rendre son Peuple heureux &
y estant obligé par les Loix divines
& humaines;qu'on luy
avoir proposé des moyens de
sauver sa vie ,
mais qu'il les
avoit rejetté comme incompatiblesà
l'honneur&à la conscience,
preferant de mourir de
toutes fortes demorts,plûtôt
que de faire une action lâche
& indigne, qu'il auroit souhaité
que la perte de sa vie eût
pû contribuer au service de
son Roy & de sa Patrie,& au
rétablissement de l'ancienne&
fondamentale Constitution de
ses Royaumes,sans quoy ils
ne pourront jamais avoir de.
paix durable & de veritable
bonheur; qu'il prioit Dietf
d'accorder ce bonheur à sa
chere Patrie, & d'accepter sa
vie comme un sacrifice qu'il
luy en faisoir
,
qu'il mouroit
Catholique Romain, pardonnant
même à ceux du Gouvcrnement
presenrquiavoient le
plus contribué à samo rt.
!
Etparapostille.
Que si le Prince qui gouverne
aujourd'huy ,luy avoit
donné la vie, il se seroit -cru
obligé dene jamais plus prendre
les armes contre luy.
Les corps deces Seigneurs
ont esté embaumez ,celuy du
Comte de Derwentwatter est
party pour d'imon dans laProvince
de Northumberland
pour y estre inhumé dans le
Tombeau de ses Anc-cflrcse&
celuy du Vicomte de Kenmure
cft aussiparty pour l'Ecosse.,
Il On mande de Strasbourg
du 27. du passé qu'on y avoit
arrêté plusieurs Particuliersde
cette Ville, pour avoir,contreles
deffenses, fait passer de
l'argent deFrance dans lesEtats
d'Allemagne, & que la Revûë
des Troupes qui sont dans cette
Province, étoit fixée au 20.
de ce mois.
Le neuf on y asaisi deux
, caisses
caisses qui passoient dans l'Empire,
remplies de loüis d'or au
coin de France;ces caisses estoient
dans des balots de laine,
& on ne les a arrestéesquepar
soupçon.
e Les dernieres Lettres de Genes
portent, que le Senats'assemble
presque tous les jours
pour trouver le moïen de donner
satisfaction à l'Empereur,
dont les Troupes qui sont entrées
sur les Terres de la Re-
9publique, vivent à discretion,
& s'avancent vers cette Ville.
On a renforcé les Garnisons
deSavone& de Final
,
sur l'avis
qu'il marchoit desTroupes
Piémontoises dececosté-là.
On recommence à direque
les Cantons SuissesProtestants
fc sont enfin determinez à envoyer
une Députation à la
Cour de France.
, De Paris.
Le premier Dimanche de
Carême, premier jour de ce
mois, Madame la Duchesse de
Berry se rendit à l'Eglise de S.
Sulpice sa Paroisse à trois heures,
escortée de ses Gardes du
Corps & detoute sa maison.
Vingt. quatre de ses Gardes
s'estoient emparez du Choeur
où ils resterent pendant le Sermon,
Vêpres, & le Salut, ran- -
gez enhaye. Cette Princesse se
flaça au milieu du Choeur,
ayant devant son Prie-Dieu à
sa droite M. l'Abbé de Castres
,
M. 1.Abbl de Rouget,
M. l'AbbédeParthenay,M.
:rAbbé d'Avejan ses Aumôniers.
Derriere son Prie-Dieu
çessoit M. le Marquis de Coëtenfao,
son Chevalier d'honneur
,M le Marquis de la Rochefoucauld
,
son Capitaine
ttks Gardes, M. le Chevalier
d'Hautefort son premier, Ecuyer.
Sur sa droite Madame
la Duchesse de S. Simonsa
Dame d'honneur,MelaMarquise
dePonssa Dame d'atour.
Sur sa gauche Me la
ComtessedeClermont,&M
la Marquise de Beauveau, se
Dames du Palais.A l'.cOt,réc.
sortie de cette Princesse les si
fres & tambours de (es Cent-
Suisses battirent au champ.
Le il* de ce mois M. le Marquis
de Montsoreau accompagne
de M. l'Abbé de Sourches
son frere
,
Aumônierdu
Roy & Evêque de Dol
,,
allerent
chez le Roy luy apprendre
la mort de M. le Marquis
deSourches leur pere. Ilsallerent
ensuite au Palais du Lu?
xembourg chez Madame la
Duchesse deBerry
,
& au Palais
Royal chez Madame, chez
Monfiear le Duc & chez Madame
la Duchesse d'Orléans.
Le mêmejourl'Envoyé Extraordinaire
de Parme eut Audiance
de congé du Roy,de
Madame la Duchesse de Berry,
de Madame
)
de Monsieur le
Duc & de Madame la Duchesse-
d'Orleans.
Le 12.Madame la Duchcfse
deBerry sortit de sonPalais
de Luxembourgà neuf heure
du matin pouraller à laChasse,
accompagnée desPrincesses&
Dames de la Cour, toutes vé
tues en Amazones.
Le Roy a donné l'Evêché de
Troyes à M. l'Abbé Bossuer,
neveu de feu M. l'Evêque de
Meaux:celuy de Lescar à M.
l'Abbé de la Caffane : l'Ab"'j
baye de la Reau, vacante par
la mort de M. l'Abbé Desalleurs,
à M. l'Abbé de Mommont
Aumônier de fcuë Madame
la Dauphine; l'Abbaye
de Galhac Diocese d'Alby, à
M. l'Abbé Coriolis, Aumônier
de feu Monseigneur le
Duc deBerry.
M. le Gendre cy devant Intendant
de Montauban a esté
nommé à l'Intendance de Pau
icn Bearn.
Le Roy quitta Mardy3. du
courant le grand deüil, & prit
le petit il a commencé à porter
les pierreries de la CourontOc,
&il a un just-au corps dont
les boutons font deDiamans
Sa Mdjellé mangea ce jour là
pour la première fois en pu-
[bbe avec les Princes on die
la Cour retournera à Vincennes
après les Festes de Pafqucs,
parce que l'air y est plus
fain.
"t,
- M. le Prince Charles de
Lorraine a eu la survivance. de
Grand Ecuyer de France. 1
f'
Le17.M.lePrince dePdns<
accompagné du Marquis de
Magny
,
Introducteur des
Ambassadeurs, vinrent avec le
carosse du Roy prendre M.le
Comte de Ribeïra
,
Lieutenant
General) Grand Maistre
de l'Artillerie,& Ambassadeur
Extraordinaire de Portugal,
en son Hôtel ,& le conduisirent
à sa premiere Audiance
publique de Sa Majesté. Il
trouva à son passage dansla
place du Carrousel les Compagnies
cles Gardes Françoises,
& Suisses fous les armes, les
tambours appellants ; dans la
cour les Gardes de la Por re , &
ceux de la Prevoste
,
aussi en
haye, & fous les armes à leurs
portes ordinaires. Il fut receu
au bas de l'escalier par M. le
Marquis de Dreux
,
Grand
Maistre des Cérémonies,&
par leS1 Dcfgranges, Maistre
des Cérémonies
,
les Cenc
Suisses estant sur l'escalier la
Hallebardeà la main; il suc
receu en dedans de la Salle des
Gardes du Corps, par M.le
Duc de Charroft Capitaine
des Gardes du Corps
, qui
estoient en haye",& fous les
armes. Aprèsl'Audiance il fut
reconduit par M. le Marquis
de M*gny
,
dans lemême
earrofle avec les ceremonies - accoutumées.
<.
Quaflure qu'on va rétablir
la Caisse des Emprunts, donc
les Promesses ne feront point
rembour sées; mais lesintérêts
des sommes aufquelleselles feront
liquidées
,
feront payez
regulicremcnt de six mois Cl)
fîx mois.
On va aussi commencerà
payer les pensions, ce qui rendra
l'argent plus commun.
3 On a brûlé icy pour des
fornnaes considerables d'étofcs
des Iodes, qu'on a saisieschez
le sieur Guerin Marchand ,
qui a elle condamné à trois -
mille livres d'amende, & elles
ontelle brûlées par la main du
bourreau, -;LeiLc le Marquis deLou
vois alla chez Madame la Duchesse
de Berry Il estoit accompagné
du Marquis de
Cpurtenvatipc son pere ,
du
Duc de Noailles
)
du Duc de
Guiche, du Duc de Villeroy,
de TAbbe d'Estrées Archevêquede
Cambray
,
&duMare-?
chal d'Estrées, pour luy presenter
à signer son Contrat de
Mariage aVec Mlle de Noaille's;
cette Princesse le signa, &
le même jour elle alla à l'Opel
ra, le lendemain à la Comédie
pour la premiere fois, où le
gros a.èur, qui est le fcul de r y , < qui,sije ne me trompe, il cft
avec connoissance de cause ¡
fait tnenrion honorable dans
la fameuse Histoire de Cil Blas,
fie. àMadame la Duchesse de
Berry, leComplimentfuivann
MADAME,
;
Vne ju[lecraintçde ne pa4
remplirvofireattente.,paroîtra
peut-efire d'unemaniéré tropsensible
dans la representation que
vous honore%aujourd'huy. Cet
honneurreïure diminuerA cette
crainteyune attention refpcBueufe
prendrasaplace ; & eteft, Madame,
de cette attention, plus que
denosJoiblestalens, que nous oserons
attendre le glorieux avantége
de pouvoir contribueravos
Amufimenrs. Le Tbeatre annobli
pour l'auguste prejencede Madame
,
protégé (y* Joûtenu de fin
autorité,va briller Jeunëclotanquel
ilne s'atendoitptltl; lesgénies
heuftuxqui osent entres-dans
tà cdrriere oit les Corneilles
,
Ifs
Ratifie& les Àioliere ont encore
laisséquelques lauriers acueillir,
mont trouver dans le défit de votés
IAWt desfwcestpIih nese connoijjentpas,&
témulation en*
fanteradesOuvrages dignesd'ê*
tre offerts à la premiere Princt/ft
del'iHuJire fang qui regne sur
nous. Nous partagerons ,-,M".
dame, cette émulation £r ce Jtjir
de vous plaire;cm ces deux mouvements
t
bien loin de nous divifer
s
formeront entre nous cette
union si necessaire pour remplir
nos devoirs, gr quepeut être "Ôm
intérêt commun riavoit pas
eu la force de faire naître; que
notre Zclt,Madàmr, nous tienne
heu démérite:fûtes nous arriver
aune ptrfrélion où nous ne sçaurionsatteindresans
vos bonté;
formt vous-même un fpeciacle
parfaitdont vous jouirez^ longtempsy
& dont le Public &la
pojlcritêvousferont redevables.
- Ce Compliment fut généralement
applaudi de tout le
monde.
Quelques jours après on re,.
presenta Athalie, où M. Beaubourg
joüa sonRolleduGrand
Prêtre, tres bien, &bien fort.
M. Dancourt fit Je Rolle du
Prophete Mathan. Cest un
Rolle de scelerat qu'il joua,
comme il joüe celui de D. Juan
du Festin de Pierre. MademoifelleDesmarcs
fit le Rolled'Athalie,
Mademoiselle Duclos
celuy de jozabet. La conjoncture
de cette representation setrouva
heureuse pour ces Actrices
& pour la Pièce;& quoique
le Publicsemb.arraflc aussi
peu des demêlez,que del'union
des Comediens,je n'en fuis pas
moins
moins obligé de luy apprendre
pourquoy Athalie & Jozabet
reciterent leurs Rollcs
avec tant d'art & de feu, que
leur déclamation ravit tous
leurs Spcétateurs. D'amies inseparables
qu'elles estoient
avant qu'il futquestion d'Athalie
,
elles fc font depuis
( vous n'aurez pas de peine à
deviner pourquoy )jurées une
si forte inimitié, que c'est aux
motifs de leur haine que le Pu.
blic a la principale obligation
du succés de cette Tragédie,
dont en effetles deux premières
Actrices font dans tout le
corps de la Piece deux ennemies
irreconciliablcs. Mademoiselle
Mimi Dancourci y
joüale Rolle deZacharie avec
toutc la noblesse & toute la
grâce imaginable. Pour Joas
dont le Rçlle fut represente
par le fils de Laurent, Con-_
cierge de la Comedie, il fut ad."
miré & applaudi de tout le
monde; & à proportion de
ion âge, il surpassa de beaucoup
tous les autres Acteurs
de la Tragedie. Si cet enfant
continuë dans cette carriere,
il y a lieu d'esperer qu'un jour
il effacera tous ses camarades.
L'unique chose qui manqua à
la representation de cette tra,
gedie, c'est que M. Ponteüil y
sur souhaité de tous les spectateurs.
Voici le détail de ce qui
s'etf passé dans la dernière
Assembléeduprima mensis de
Sorbonne, oùon lut le Procès
vabal qui contient ce qui s'est
passé dans la Faculté de Theo
logie depuis la mort de Loüis
XIV. On chargea le lieur le
Rouge cy-devant Syndic., de
quatre chefs daccufation ; le
premier, la falsification des
conclusions de ladite Faculté- ;
le second, les menaces faites
auxDoéteurs tant en ge-nera11
qu'en particulier-; le troisiéme
lasuppressïon dans les Theses
des Bacheliers, desproposions
qui établissoient lesLibertez
de l'Eglise Gallicane, le
quatrième enfin le violement
de plusieursStatuts delaFaculté.
On nomma aussi des
Commissaires pour examiner
les Mandements des Evêques
faits & à-faire qui dessendent
ou qui dessendront à leurs
Diocesains de venir étudier en
Sorbonne,&cclaà l'occasion
du Mandement de iTivêquc
de Vannes par lequel il a défendu
à ceux de son Diocése d'aller,
étudier dansl'Université de
Nantes, quiacassé le premier
Décret par lequel elle avoit
receu la Constitution & qui a
imploré le secours de la Sorbonne
contre les attaques de
l'Evêque de Vannes.
Le 2. o. de ce mois le Roy alla
au Palais de Luxembourg rendre
vifice à Madame la Duchesse
de Berry escorté de 14.
Gardes du Corps & de 24.
Cent Suides, de M.le DJC de
Charrot, de Mle Marquis de
Courtcnvaux, de Madame la
Duchesse de Ventadour;sa:
Gouvernante, de Me de laLande
Sous gouvernante. Madame
la Duchesse deBerry reut
Sa Majesté à l'entrée de son
Cnbinet, le Roy l'embrassa&,
la falua : ensuite il entra dans
le Cabinet où il resta un quart,
d'heure: il portoit un habit
violet avec de gros boutons de
diamans, les boutonnières de
devant & les poches brodées.
de même que les manches.
Madame la Duchesse de Berry
portoic un habit de damas
blanc & noir avec des agrafes*
de diamans, des pendeloques
&un carcan aussi de diamans,-
sa coëffure en estoit toute bdlJ
lante. M.le Duc du Maine qui
avoit accompagné le Roy s'en
retourna de même avec Sa Majesté,
& Madame la Duchesse
de Berry reconduisit te Roy
après l'avoir embrassé & salué,
jusques hors de la porte du
Cabinet comme elle avoit fait
en entrant. Elle alla ensuite à
l'Opera.
Mr le Marquis de Chiverny,
un des quatre Conseillers des
Affaires Etrangères, a esté
nomme par Monsieur le Duc
d'Orléans pour Gouverneur
de Monsieur le Duc de Chartres
son fils.
- Mr le Marquis de Creveçccar
a acheté la Charge de
Cornette des Mousquetaires
de la seconde Compagnie,par
la démission deMr de Trébon
Il est fils de Messire Louis-
Hyacinthe Cassel, Comte de
S. Pierre, Capitaine des Vaisseaux
,
l'un des Menins de
Monsieur le Duc d'Orlcans,&
premier Ecuyer de SonAlttfle
Royale Madame lau..
chesse d'Orléans, &de Dame
Françoise de Kerven, Dame
de cette Princesse, & petit fils
1
de
de Mre Charles Cassel Baron
de S. Pierre, Gouverneur des
Ville & Chasteau de Valogne,
& grand Bailly de Cottentin;
& de Dame MagdelaineGigault
de Bellefons, tante du feu
Maréchal deBéllesons, & soeur
de Dame Marie Gigaulc de
Bellefons, femme de Mre Pierre
Marquis de Villars, & merc
de Mr le Maréchal Duc de Villars.
Mr de Crevecoeur est neveu
de feu Mre Antoine Cas- el de S. Pierre Chevalier de
Malthc, Commandeur de Piéton,&
Lieutenant général des
i Armées de la Religion, La
à. - -
Maison donc il foren'est pa^
moins distinguée par ranclcn-.
neté de si Noblesse, que pari
son attachement & sa fidélité^
pour le service des Rois, & dc;
l'Etat. Mr le Marquis de Cre-ij
ve-coeur qui vient
1
d'acheter
la Charge de Cornette des.
Mousquetaires, apporta icy là
nouvelle de la prise du Fort de
I'E(carDC,H
a faithuitCampa-,
gnes auprès de Mr le Marécha
de Villars sononcle en qualité
de Capitaine de Cavalerie,-
son Aide de Camp. Mr de S
Pierre est allié à Madame 1
Duchesse de Ventadour. La
mere de. Dame Magdelaine
Gigault de Bellefons son ayeule
estoit de la Maison Aux Epaules,
très-ancienne & tresillustre
en Normandie» & par
llà il appartient de fort prés à
Mrsde la Guichet àplusieurs
autres personnes de la plus
haute diLtiDdion
([!le, Regent a donné le. de
r.ectims.a M. le Chevalier de
Luynes,Capiraine deVaisseau,
le Brevet de Capitaine du Pavillon
de l'Amiral
, avec une
Compagnie de soixante GardesMarines.
ii Le Regent a accordé à M.
Duchevron, Prevost General
des Connestablies & Marechauffées
de France, un Brevet
de retenue de vingt mille écus
sur saCharge.
HARAN GUEl
faite au Roy par M. Folinil
second Président. de. la)
ChambrerCourdcsComptes
deDole en Franche-J
Comte, le26.du moisJ
paLTf.
SIRE,
Voflrc Chambre des Comptes
& Cour des Aydes de Dole,
lfIient par noflre bouche
, vous
tendreses premiers hommages, £r
djfurer V. M de fin zele, de
safidélité
,
de sa fournission, O*
de son profond refpeéf.
Apres les pertes que nous avons
faitesjqui pouvoitmieux, Sire,
nous consoler, qu'un Prince,qui
dans l'âge le plus tendre,semble
déjà nous promettre, de rassembler
en luyftul
y toutes les vertus de
,eux que nous regrettons.Sorti
d'un fang dont l' heroi[rne n'efl
pas moins héréditaire, que le droit
de'commander; forméfous les
yeux d'un Prince plus grand que
la pui[!ànce
A
qu'il4 en défoft,
V. M. ne nous annonce qu'un j
Regne qui rendra vosvoijtns plut
jaloux encore du bonheur de vos
Sujets, que de voflre-gloire.
Faffe le Ciel quil foit plus
long que celuy de voflré augufle
Bisayeul
, C que le Prince qui
tient aujourdbuy les rênes de l'Etatjoiiijp
long tems du p/aifir de
'voirdans Fojlre Adajefié lefruit
de ses inftruéîions
) O* Jefts
exemples.
AUTRE
à Monseigneur le Rgent,
le lendemain.
MONSEIGNEVR.,
La Chambre des Comptes &
Cour des Aydes de Dole, tm..
prunte icy noflre voix,pour presenter
à V. A.R. lesa deson refpcêl,&defondévouement.
Quelle consolation pour nous,
Monseigneur,après /4 perte que
nous avon>faite, de voircetEtat
gouvernepar un Prince en qui les
lumieres & les vertus auroient
dettes ejlre des titres pour la Regence
quanti mêmesa naifanct
ne luy auroit pas donne un droit
incontefiable.
Clft aveclaplussensiblejoye
que nous voyons croître fous vos
yeux un jeune Roy, quipourrendre
ses peuples heureux,n'aura
qu'à suivre le chemin que vouf
luy aure trace tfans prendre la
peine de-chercher dans la vie b
ses illuflres AncefiresJ des exem-.
piesdefagcjp
,
de prudence,&
d'équitéII naura^Monfeigneur^
qu'ase souvenir de ce qu'il vous
aura veu faire, pour efire luymême
le modele des bons Rois,
dans Upofieritéla plus reculée.
• PuiJJiez-'vous, Monseigneur,
tftjlctémoin**,-pendant aelongues
années
s
du bonheur de toute Ils
France, dont vojlre grande sagesse
, & vos glorieux exemples
auront jetté les sonlements.-
M. de Ponc carre
JI
premier
President du Parlement. àc
Roüen
,
est venu icyayant
estemandé par M. le Duc
Regentau sujet de laprocédar6e4ui
a esté faite contre le
Receveur du Domaine de
Roüen Jce Receveur en ayant
porcéses plaintes au Duc Regejnj
quia voulueilreéclairci
parM. de Pont carré
e
de ce
proccdé; mais on n'ensçait
pas encore le résultat.
i
Mercredy matin à10. heures,
il arriva à la Conciergerie
une charette escortée par
des Gardes de Monsieur le
Duc de Lorraine, dans laquelle
il yavoit deux hommes &
quatre femmes, parmi lesquel
les il y en avoirune qui avoit
plus de 60. ans,ils estoient
tous si liez & enchaînez ^ukil
sallut les porter dans les prisons.
On a eû avis que le coche
de Caen venant deRoütnavoit
esté arreste présde Ponteaude
Mer,par15voleurs masquez.
qui avoient fait descendre
ceuxqui estoient dedans pour
les foüller de même que les
paquets parmi lesquels. ils
avoienc trouvé une barique
avec des cercles de fer,
tavoie.nt enfoncé & avoient
pris 45000. livresen or, qui
estoient en cCpeee appartenant
au sieur le Gouteux fameux
Banquier de Paris.
Il ya desLettres deLorraine
qui portent que le Chevalier
de S. George avoit traver.
le ce Duché, courant laposte
à neuf chevaux sans qu'on
sçache encore quelestlelieu
rlefiln à son refuge,les uns
disent que ce fera enSuisse, &
d'autres dans quelque Etat
d'Allemagne, & enfin il yà
des gens qui sont d'opinion
que le Roy Georges a indiqué
un endroit où cet-infortuné
Prince pourra errctnfeurcréi,
se chargeant de son entretien
&de celui de ses domestiques
necessaires pendanttourle
temps qu'il fera paisiblepossesseur
desCouronnes de laGran
de Bretagne.
'iOn mande de Marseille du
10qu'on y avoixapprispar un
Bâtiment arrivé de MtUinc,
que le Mont Gibel avoit depuis
10. jours jette une grande
quantité de fiâmes &' que les
Habicans de la Ville de Catane
estoient dans de continuelles
apprehensions à causequ'on
entendoit tous les jours des
bruits sousterrainsépouvantables&
qu'on yavoit senti quelques
secousses detremblement
de terre;mais sansfaire aucun;
dommage & qu'ils estoient
toujours en, crainte du gros,
armement des Turcs dont ils
craignoient quelquesdescentes,
d'autant que depuis crois
semaine il y avoit 20. bâtiments
de ces Infidelles qui
voltigeoient lelongdes Costes
de cette Isle & qu'ilsavoient
fondé Le mouillageen quelques
endroits, & que le, Viceroy
avoit donné ses ordres partour
aux Troupesde prévenir touces
furprifes*
LesLettré de Londres du
1166. .ppoorrcteenntt qquu'oonn yyaavvoaiitt cAu
avisd'Edimbourg du 7. que le
Marquis de Huntley & le
Comte deSeafort qui estoient
du colléd'Invernesse apprehendant
délire punis de leur
rebellion,avoient refusé de se
remetrre au Comte de Southerland
avant d'avoir rcccu
leur pardon,& que pout leur
plus grande seureté ilss'étoirnt
retirez dans les montagnes
avec les Gentilshommes &autres
gens à cheval, & qu'ils
estoient allez avec la Cavalerie
des Mécontents dans la
Provincede Locabcr du cbilé
de l'Ouest d'Ecosse, & que leur
Infanterie s'estoitdivisée en
plusieurs Corps dans la Province
de Badenoch
, pour y
subsister plus commodement;
qu'on disoit qu'il y avoit ordre
de brûler & passer au fit de l'épec
tous ceux qu'on trouvera
leur donner retraite ou assïstance;
que le Duc d'Argylc
estoit attendu à Edimbourg
pour assister à l'élection d'un
Çarr qui devoit avoir féancc
dans laChambrehautedu Parlement
àla placedu Marquis
de Twedalcqui estmort;qu'-
unOrsèvreavoit eslécondamné
d'estre pendu le 25. de Mars
pour avoir contrefait la manque
du papier, &qu'on avoit
mis une autre personne en prison
pour avoir contrefait le
signe. On
On continuë à Londres de
faire arrester les personnessuspéctes,&
le 14. de ce mois les
Seigneurs Justiciersifrentmectreenprisonau
Château le Colonel
Thomas BUI ke de Connaught:
le Comte de Clanri.
card, & quelques autres étant
venus d'euxmêmes se preCenter,
n'ont pas laissé que d'estre
envoyé en priron. Le 17. du
passé on fit partir de l'Arsenal
treizepieces de canon avec plusieurs
chariots chargez de munitions
,
esortez par cinq
Compagnies d'Infanteriepour
aller au Camp qu'on forme au
Pont de Bennet dans le Comté
de Kilkemy. Le Regiment de
Primerose s'est aussi mis en
marche pour y aller, lai(lane à
la Milice la garde de la Ville.
Le Vicomte de Taufend Secrétaire
d'Etatestoit allé à la
Tour où il avoit eu une consérence
pendant deux heures
avec le Lord Carnwath, un
des Seigneurscondamnez On
dit qu'il aura sa grace, parce
qu'il promet de découvrir 14
conspiration
,
maisàl'égard
des Lords Windoington &
Nairn on croit qu'ils seront executez.
Second Article des Mariages.
Messire Scbaftien- Emanuël
Defrus Chevalier Seigneur de
Sommcrivcépousa le 1 8. de
ce mois,Damoiselle Loüise-
Paul du Verdier de Villaumont.
La fimiILqÀUIVcrdier cft
originaire de Berry où ellc
possede depuis long temps la
Seigneurie: de la Chapelle Arthemane.
Elle est alliée aux
Mutons de la Faye, de Vauguerain
5
de Chezelles
,
de
Maisontiers
, & de Richelieu
Pour la famille des Defrus,
elle sort d'Anjou,elleest ancienne
& bien alliée.
Messire Loüis. Marie Defrus
, Chevalier Seigneur de
Sourdon
, pere de ccluy qui
se marie aujourd'huy
, acommandé
la noblesse de Picardie
de son canton , après avoir
long-temps fé^'dans le Régiment
de Navarre.
Il a épousé MarieAngelique
de Coeuret de Nelle fille
de Messire Scbastiende Coeuret
Marquis de Nelle,Verville,
&c. & soeur du Marquis
& du Chevalier de Nelle tous
deux morts Officiers generaux, lepremierLieutenantColonel
du Régiment de Gournay que
le Roy luy donna,& l'autre
Mettre de Camp de la Mestre
de Camp générale.
Messire Pierre Defrus Seigneur
de Clorebois, pere de
Loüis Marie, estoit Maistre
d'Hôtel ordinaire chez leRoy
& Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre.
Ilavoir épousé Isabellede
Mailly,fille deMessireHenry
Marquis de Mailly, Baron
de Sourdon Sire de Fief, lequel
Marquis de Mailly épousa en
seconde noces Isabelle Defrus
soeur de Pierre Desrus.
Messire Charles Emanuel
Desrus
)
Seigneur de Deüil
,
estoie pere de Pierre. Il fut
fait Conseiller d'Etat en 1640
il avoit épousé Gabrielle-
Sylvie de la Lhuille
, tante
maternelle du Cardinal de
Richelieu,
Messire François Desrus,
pere de Charles- Emmanuel
estoit Chevalier de l'Ordre de
S. Michel.
Voicy une petite piece de
vers qu'on ne peut pas détacher
dela fuite de ce mariage
parce qu'ils ont essé faits en
l'honneur de la Mariée.
VERSLIBRES
a Mademoiselle de V
Malgrécecjue le sexe a d'attraits
& d'appas,
"Affipeude beaute^m'ontparu
redoutables
j
Quoique jefois des moins aimablesy
Je paJJaypourdesplus délicats.
J7étoisddrants fl'â-ge où febne la ten. dnf, O
Et cependant mon coeur derien
n'efloittouche
Quelle honte! ilfalloit juflifier
sànsceffi
Vcn,coehuroifiét qui.m«'étoitrepro- Je disoisquelquefois
, que l'on
rnoffre un visage
Ouregne une douceur dontonfoitattire,
Dont la hauteJoit vive
>
&
dont l'airvif[oit fige.
Qion me le trouve&j'aimcray.
Dans les faubaits que l'on me
voyoitfairey
Je voulois un esprit qui penfk
finfment)
Je 'Voulois que le coeur ftne.
reux, sincere,
Et
Et \qu'itse vitsans art esans
déguisement;
Jevoulois un objetdontl'airnaïf,
aimAbleJ
Me contraignit del'estimer.
Jt voulois éprouver ce charme
inévitAble,
Qui dans un fettl inflqntfait si
bien enfiâmtr :
Qi:on me trouve, difoisjeyune
beautésemblable
, Et mon coeur eflprêt à l'aimer.
Par ces conditions j'effrayois tout
le monde
Il nétoit point de coeur qui n'en
fut courroucé;
Chacun mtpromettoit Une paixsi
•
profonde;
Que j'en Jerois bien tôt moy- memeembarraçiï.
Mais Amourdepuis peu m'a
presentePhenice,
Semblable a mon idée,gant les
mêmestraits;
Je riajpht m'en dedire
>
ilmel'a
faite exprès
9
Ah!que l'Amour a de malice.
-
De la façon de M. de S.
Auteur de la Cantate duBal de
l'Opera,imprimée dans leMercure
du mois dernier.
M. le Marquis de Louvois,
Capitaine des Cent-Suisses du
Roy, fils de Messire Michelle
Tellier, Marquis de Courten -
vaux, Capitaine desCentSuisses
du Roy, & de Dame Marie-
Anne-CatherinedEstrées,
soeur de M. le Marêchal d'Estrées
, a épouse le. Mars
Damoiselle de Noailles,
Damoiselle de Manchac, soeur
de M. le Duc de Noailles, &
derniere fille de feu Messire
Anne Jules, Duc de Noailles,
Pair & Marêchal de France,
Chevalier des Ordres du Roy,
&c.&de Dame Marie Françoise
deBournonville. La Maison
de Noailles vous est si connuë
,
qu'il me suffira devous
dire icy , qu'elle cO: unedes
plus anciennes, des plus illustres,
& des mieux alliées du
Royaume. 'IUj
M. le Marquis de Louvois
est petit-fils de Messire François
Michel le Tellier, Marquis
de Louvois, de Courrenvaux
& de Barbezieux, Ministre
&Secretaire d'Etat,Chancelier
desOrdresdu Roy, l'un
des plus grands Ministresque
la France ait eu ,
& de Dame
Anne Souvré,Marquise de
Courtenvaux &arriere peticfils
de Messire Michelle Tellier,
Marquis de Bar bczieux
, Ministre d'Ecat, Chancelier
& Garde des Sceaux de France,
Commandeur & Grand Trcforier
des Ordres duRoy,mort
le 30 Octobre 1685 La Famillede
le Tellierestalliéeaux
Maisons d'Aumont, de Souvré
,
de Pas Feuquicres °.J de
CrussolUzés, d'Alegre
,
de la
Rochesoucaud, de Neufville-
Villeroy,dEstrées, &c.
Second Article des Morts.
Messire Paul-Philippesde
Lezay
,
dit de Lusgnan,Evêque
de Rhodes depuis l'an
1684. mourut danssonDiocése
le 1y Février dernier. Il
estoit fils de Messire Pierre de
Lezay , dit de Lusignan
,
Seigneur
de la Colle au Char,
Lieutenant des Gardes du
Corps du Roy, & de Dame
LouiseGrangret de Liverdis.
La Maison de Lezay est également
considerable par son ancienneté
& par ses alliances,&
elle prétend estre uneBranche
de l'ancienne & illustreMaison
de Lusignan.
- Messire FrançoisBarthellemy
de Grammont, Evêque de
s. Papoul depuisl'an1675.
mourut dans sonDiocese le.
Il estoit fils de Pierre Barthellemy,
Seigneur de Grammont
on()Qcrgue
,
Présidentdes
Enquestes du Parlement de
Toulouse,mort en 1630. &
de Jacquette Sabathery. LaFamille
-diBartficllemy est originaire
deRouergue;elle possede
depuisenviron 100; ans les
premieres Charges du Parlement
deToulouse,&elle subsisteencore
à present dansles
Barons de Lanta, Baronnie qui
leur donne entrée auxEcats de
Languedoc.
-
MessireFrançois Guillemeau,
Maistre des Comptes à Paris,
mourut le 26.Février sans être
marié;&Messire Nicolas
Guillemeau son fr4ercT0iourae
aufif deux joursaprés,laissant
entr'autres enfans François-
Marie Joseph Guillemeau de
Freval, ConseillerauChâtelet,
marié avec Mademoiselle de
Bragelongnc, fillede M. de
Bragelongne
,
Tresorier de
France à Paris. Messieurs Guillemeau
dont je vous apprends
la mort, estoient fils de Jean
Guillemeau, Tresorier de l'Argenterie
du Roy ,
puis Secretaire
du Roy & Maistred'Hôtelde
Sa Majesté, forti d'une
Familledela Ville d'Orléans.
v-u'DamcFranqoifedeChaulnes;
veuve de M. Paul le Gendre
Maistre des Requelles
mourut le 1. Mars, laissant entr'autres
ensans M. Gaspard
le GendreMaistre des Requêtes
, ci
-
devant Intendant à
Montauba, & nommédepuis
peu Intendant à Pau. Elle étoitfille
deM.Jacquesde
Chaulnes Seigneur d'Épinay,
Maistre des Requestes
, mort
en1648.&de Dame Anne de
Paris, petite fiile de M. Jacquçs
de Chaulnes, Seigneur
d'Espinay,Maistre des Re"
questes,puis Conseiller d'Etat,
& d'Anne le Clerc du Vivier,
&arriéré petite fille d'Antoine
de Chaulnes, Sieurde Bu*
res,Trcforier general deExtraordinaire
des Guerres, sortir
d'une ancienne famille dc:.la('
Villede Tonnerre.
Messire Louis François du
Bouchet
,
Marquis de Sourelles,
ci-devant Grand Prevost
de tHoftd du Roy, & Grand
Prevost de France, mourut le
4. laissant entr'autres enfans
de foa mariage avec Damel
Marie-Geneviève deChambes
Comtesse de Montsoreau
)
dont je vous appris la
mort il y a peu de temps, M. leComtedeMontsoreauLieutenant
général des Arméesdu
Roy, Grand Prevost de l'Hôtel
du Roy, & de France, &c.
Je vous ay déjà entretenu si au
long dans plusieurs de mes
Journaux de laMaison du Boucher
, qui est une des plus anciennes
du Pays du Maine, que
je mecontenteray icy d'y renvoyer
vostre curiofiré.
Mre Antoine Bouzier d'Estoüilly
, Docteur & Senieur de
la Maison & Societé de Sorbonne,
mourut le 11. Mars. Il
estoit frere de M. Théophile
Bouzier,Seigneurd'Estoüilly,
aillre-d(s Comptes à Parîs,
êèfils d'Antoine Bouzier, Seigneur
d'Estoüilly,Maistre des,
Eaux & Forests de Chaulny en
Picardie, & de Claude de la
Fonds d'Hardecourt, & peritfîls
d'Antoine Bouzier
,
Seigneur
d'Estoüilly
,
aussi Maître
des Eaux & Forests de
Chaulny (d'où cette famille
cft originaire) & d'Antoinette
Vrevin.
M. de Suzennevitte, frere dbl
M. de Longpré, l'un des premiers
Ecuyers du Royaume,
mourut il y a quelques jours
d'une fièvrechaude. Il est universellement.
regretté.
On a reçû des Lettres de
Constantinople, du 6. Février
qui portent,que tous les Bachas
qui y estoient venus, pour
assister au grand Conseil, s'en
font retournez dans leurs diftricts,
avec ordre qu'aussitost
qu'ils y feront arrivez, de faire
marcher les Troupes aux lieux
qu'on leur a marquez, & le
Capitan Bacha est parti aussi
pouraller assembler la Flotte,
dont le rendez-vous,estdans
un des Ports de Corfou, oùest
celle de la Republique de Venise;
les queuës de cheval font
exposées depuis le premier Février,
& on dresse les Tentes
pour y camper le 20 ; que le
grand Visit fie venir le Sieur
Fleischman Envoyé de l'Empereur
, & après deux heures
de conférence, il le renvoya
en son Hostel,avec permission
de faire partir un Courrier
pour Vienne, ce qu'il a executé
aussitost qu'il fut arrivé;on ne
doutoit pas que ce ne sur pour
sçavoir les dernieres intentions,
de l'Empereur sur le gros Armement
qu'on fait en Hon
grie & en Transilvame; qu'à
l'égard des Envoyez du Czar
& de Pologne, ils (ont gardez
à vûe, & il ne leur est pas permis
de forcir de leurs maisons ;
on avoit rendu publique une
Declaration qui déclaré ennemies
de l'Empire Otoman
,
toutes Nations,telles qu'elles
soient, qui assisteront directement
ou indirectement la République
deVenise.
;
Des Lettres de Napics du
premier de ce mois portent,
que depuis quinze jours le
Mont Veuve a cessé de vomir
des HaInes) mais que la veilleau
matin, il en vomit avec une
grande impetuosité que le So-j
leil en fut obscurci toute la
journée, que la nuit suivante
on entendit un bruit terrible
&onressentit un tremblement
de terre qui necausa pas grand,
domm; que les Dulcigno
tes ne respectoient plus le Pavillon
Imperial;ils attaquoient
les Vaisseaux de cette Ville, ilSt
avoient pris deux Tartanes ve-,
nant des Ports de France, où
elles avoient chargé des Marchandises
; qu'on y avoit avis
de
de Reggio,que la nuit du 24.
on y avoit essuyé contre l'ordre
delaSaison, une rude tempeste
de vents, pluyes & tonnerre
, & que la foudre estoit
tombée sur le Chasteau, avoit
mis le feuà un Magasin à poudre
, oùil y avoit sept centbarils
qui firent fauter tout le dedans
avec une si prodigieuse
force,qu'elle avoic tué ou blessé
trois cent personnes & endommagé
une grande quantité
de maisons dans la. Ville.
On a reçu des Lettres de
Genes du 5, de cemots, qui.
portent qu'on y avoit appris
de Milan, qu'on y faisoit de
grands preparatifs de guerre,
& qu'on yavoir monté sur des
affûts vingt huit canons de
vingt-quatre livres de balles,
pour envoyer à Novi, que les
Troupes Allemandes avoient
occu péj & où elles levent des
contributions jusqu'aux portes
de cette Ville; qu'on cherchoit
tous les moyens pour
donner satisfaction à l'Empereur,
mais qu'il avoir refusé
toutes les offres qu'on luyavoiq
faites jusqu'à present.
Ces Lettres ajoûtent qu'on 11
avoit appris de Turin
, que le
Roy de Sicile faisoit aussi un - grand preparatif de guerre; qu'il faisoit fortifier toutes les
Places du Monsiferrat,& qu'il
y faisoit faire de grosMagasins
de toutes sortes de munitions.
Que deux Corsaires Algeriens
avoient attaqué à la vue
de Genes,unVaisseau de guerre
Hollandois monté de cinquante-
quatre piecesde canonJ&
de cent quarante hommes
d'équipage, &le prirent
à.l'abordage aprèscinq
heures de combat. Le Commandant
Hollandois avoit été -
tué d'un boulet de canon.
Le Roy esten parfaitesanté ;.;
ila toûjours un air charmant)
&unregard admirable ; il y a*
tous les jours quantité de personnes
de distinction qui vont
le voir disner & souper ; son
Houssard qui est au Collège,
vient tous les Dimanches voit
Sa Majesté pour le divertir de,
quelques petites Historiettes;
qu'ipl y a appris. RéponseàMM.D,,,*'.D*.*.;
MONSIEUR,
Je tombe d'accard.avec nous
du droit qu' vous ave^eu de me
fairt une remontrance; maisje ne
conviens pas des arconfiances de
lareprimmde. Jefuis ape docile
ppuiavouermesfautes, &,;len
corriger lors qu'on me les afait
voir, mais je ne fuis pas assi
patient pour m'accommoder bum..
blement des injures que jenay>
point méritées. VourftA7Je jtifqu'on
s'étendentles termes de,là,
Zettrc que. vousmave%écritey
QT f'dr confient vousrte fçïu-,
rte difeonttenir que marétractationsur
la Marine, anciennement
établie en Bourgogne, nétoit qu'-
une erreur legere e non un crime.
Vous mawk dit cttU vous
en .ptn(e avec trop de chaleur
mais en revanche ne me .diDUlt:{
pasla libertédecroire que j'y té..
ponds, avec trop d'humilité. Dîtrefle,
Monfieur>contente^vous
de ma foumijjton à rendre pMk
l'article que vous mave%envoyé.
Il y a une Marine dans la
Bourgogne, dés devant même
la minoritédeLoüis XIV.
c'es-à-dire,qu'il ya un Porte
établi où se fabriquent les
bois servants à la construction
des Vaisseaux
, ces bois se voiturent
sur la Saône , sur le
Doux, & sur le Rhosne, jur.
qu'à Marsfeille,. & Toulon, en
telle quantité que les Intendants
de ces deux Ports les
demandent, tous les trois mois
ou six mois de l'année par les
états de facture qu'ils envoyent
exatement à l'Intendant
de la Marine en Bourgogne.
Ce Port a ses Officiers gagez
plusou moins sur l'état:
scavoir ,un Commissaireordonnateur
, un Contrôlleur,
un Ecrivain, un Garde Marteau
pour marquer la facture
des bois, &un Garde Marine
portant lacasaque aux Arme*
del'Amiral, lesquels Officiers
ont tous leurs logements dans
ledit Port, où dans ledit
Parc.
Quant à Messire Nicolas
Benigne Dugué, dont lenom
donne lieu àcetarticle,il étoit
Chevalier & Comte Palatin
du sacréPalais,sseon les Bulles
scellées en cire rouge avec un 2) cordon de soye rouge &4^an"
che de l'animée1656.Conseiller
d'Etat ordinaire selon son
Brevet de 1648. Confeillerau
Parlement de Bourgogne en
1639. Il épousa Damoiselle
MalÍc
Marie Chapelain ,fille de
Messire Cesar Chapelain,
Conseiller d'Etat, &Secrctaire
general de la Marine ; il fut
commis par le Cardinal Mazarin
pour exercer par Commission
ladite Marine en Bourgogne
,à la place de Messire
Pierre Bouchu qui l'exerçoit,
quoique pourvû de la Charge
de premier President de ce
Parlement; mais ce Magistrat
supplia la Reine Mere de le
décharger de cetteadministration
qui le divertissoit trop
des fonctions de sa Charge.
Ce fut dans ce temps-là
même que M. Dugué fut saic
premier President de la Chambre
des Comptes
,
quoiqu'il
n'eût pour lors quevingt deud
ans ,
laquelle adminiltrauoi]
de la Marine
,
il a continué
jusqu'en 1684 ôc par
confe*
quent exercé plusde 4 5. âDç;
il cil vray qu'en cette année
1684. sonadministrationcessa.
Il avoit plusieurs cnhMj
desquels,deux furentfaitsChe
valiersde Malthe
,
le premier
estantmort çn faisant Ces Caravanes,
en combattant çon
tre les Turcs,ayant esté aiu
paravantPage du Grand Maître
,
le second mourut aux
Invalides
,
nanti d'un Brevet
de Capitaine de Cavalerie ; -
Claude Cesar l'aîné de ses cn.
sans mourut à Bteft Capitaine
de Vaisseaux
,
& comme l'aîné
decette Maison 3il estoiraussi
Chevalier & Comte du sacré
Patais; il avoit esté Page de la
petite Ecurie,soncadet Henry
Jules Dugué avoit eû trois Intendancesde
Marine;sçavoir,
en 1702. l'Intendance generale
du Canada, dont ileût le
Brevet ; mais ildemanda dispense
par raison du trop grand
éloignement ; la seconde en
1703.l'Intendance de Port-
Loüis
,
dont il eût le Brevet,
tout s'y faisant fous ses ordres,
quoiqu'il n'y eût que Madame
son épouse
,
pendant lequel
temps il exerçoit en personne
l'Intendance de Rochefort ,
& de la Rochelle dans la maladie
de M. Begon qui mourut
de la taille.
En 1703. il eût encore le
brevet de l'Intendance des
grandes Isles dont il demanda
pareillementdispensepar la
raison dugrand éloignement,
au défaut de laquelle Intendance
,il cût celle de DunKer-et
que qu'il a exercée par luy mê
medepuis1703.jusqu'à 1 714.
que ce Port fut rendu aux Anglois.
Henry -
Jules Dugué
dont nous parlons ici,a eu trois
enfans
,
dont l'un a esté Page
de la Chambre du Roy
,
son
merite ).& sa valeurdepuis
qu'ilest sorti de Page
, ont
éclaté au service du Roy dans
la tlrine) & luy ont merité
(de la justice de Sa Majesté)
l'Employ d'Enseigne de Vaisseaux
qu'il a maintenant ; les
deux autres font Officiers, l'uaau
Port de Brest
,
l'autre au
Port de Marseille. Ce même
Henry- Jules Duguéeût encore
d'autres freres & soeurs;
dont l'une est Dame & Chanoinesse
de Poncet: quant à
ses deux freres qui font encore
vivants, l'un est Bachelier de
Sorbonne, Grand Chantre
,
& Chanoine de la Sainte Chapelle
de Dijon,& Prieur de
S. Thibaudl'autre est Docteur
es Loix, Prestre ,&Chanoine
de la même Eglise.
Revenons à nostre Marine.
Depuis 1654. M. de Harlay,
pour lors Intendant de la Province
, en exerça la fonction
avec le brevet d'Intendant,&
lesappointements de 4000. l.
jusqu'en Janvier1688. qu'il en
fit pourvoir M. de Mussy,
President à Mortier au Parlement
de Dijon avec le brevet
d'Intendant, lors qu'ilfutappellé
au Confcil.
Ce President à Mortier a
administré la Marine jusqu'à
sa mort1704. &l'administrationenfut
donnéàM Ferrand
pour lors Intendant de la Province,
avec le même brevet
d'Intendant de la Mariner
lesmêmes appointements *,
il
l'exerça jusqu'en1706. lors
qu'il fut rappelle pour estre
Intendant en Bretagne ; cette
Intendance de Marine fut depuis
commise à Messire Pierre
Bouchu le dernier de ce nom
qui vient de mourir premier
President du Parlement de
Dijon
,
& depuis la mort de
ce Magistrat ; c'est aujourd'huy
M. de la Brjffc
,
Intendant
de Bourgogne qui exerce
l'Intendance de la Marine aux
mêmes appointements de
4000. liv.
: Voila,, Monfeur) tout ce
que.
j'ay crû pouvoir tirer de vostre
Ademoire pour l'inflruêlion du
Publicsur cetArticle. Si je l'aiVO;
S reçu pluto/i je naurois pas
manque de le mettre a sa place
y
personne rieftant plus dispose que
moy à rendre toute lajuflice quiefl
deue À la mémoire de M. Dugùay.
Jefuis avec bien des remer.
cimens de la remontrance, & un
parfait oubry de la réprimandé
> Alonfieur^ybjtre très. humble e;;-
très ObÉeantfer-viteur.
"æ
J'ayenfin appris par la voix
publique le nom de l'Auteur
de laSphere Historique que
rayais annoncé le mois de
Janvier: son nom estconnu
depuis long- temps; mais il a
esté caché, à cause de [ocr
absence hors de Paris
, da
de son assiduité infatiguable.
au grand ouvrage de l'Antiquité
Heroïque, commencé
,-
depuis plus de 40. ans ,6c
achevé il y a six ans, mais mal
en ordre & non décrir. Ctcfi
de cette fourcc féconde qu'il a
puisé les principes de sa Sphere
universelle
,
avec trois ou
quatre autres petits ouvrages
d'Antiquitéà peu prés de même
force, tels que sont;
1v. Un Traité serieux des
Amazones, rendu à L1 vérité
de l'Histoire contre les
Aveugles; leur Origine, leurs
Genealogies les plus exactes
qu'elles se puissent trouver
dans les meilleurs Auteurs;
leurs diverses habitations, &
le temps qu'elles ont demeuré
dans chacune d'icelles.
2°. Le second ouvrage est
un nouveau Plan de toute
l'Asic, ( ou pour mieux dire)
l'ancien Plan, rétabli tel qu'il
étoit a prés le Delugt.
3°. Le troisiéme, est un
Traité des trois fameuses Colonies
des Grecs,après la rüine
de Troye: c'est une des plus
belles Epoques de l'Histoire
ancienne,- & l'eclaircissement
de l'Asiemineure; sçavoir,
l'Eolide Asiatique, l'Yonie
Asiatique, &laDoride Asiatique;
routes trois originaires
des Eoliens, des Yoniens ou
Xanthiens, & des Dores ou
Doriens de Grèce. Ce que la
pluspart ne distinguent pas. •
1
le d'autant que ce Traité
(si. particulièrement pour les
Sçavans,l'Auteur y joindra la
justification de Virgile contre
l'anacronifms imaginaire qu'
on lui impute avec témérité
)
sans que sesaccusateurs conviennent,
si c'estVirgilequi
est beaucoup posterieur à Didon,
ouDidonàVirgile. Cette
justification apprend aussi ce
qui regarde la Généalogie
touchant la source & le cours
du Nil
,
l'Embouchure du
Tigre,indubitablement dans
la Mer Rouge, ou Erytrée :
malgré les exclamations de
Berkelius. Quid Tigri cum mare
Rjibro.
Le Livre qui a pour titre
Sphere historique
, que l'on a
inseré dans le Mercure dernier,
se vend à Paris chez André
Cailleau, Quay des Augustins,
prés la rue Pavéeà saint
André; on trouvera chez le
meme Libraire deux Livres
nouveaux ,
le Disciple pacifiquede
saint Augustin sur la
Liberté
,
la Grace, & la Predestination,
avec une Ditfcrtation
préhminaire.De l'autorité
de saint Augustin
»
& de sess
anciens Disciples dans les matieres
de la Liberté
,
de la Grace,&
de la Predestination, ôC
des diverses erreurs que ce saint
Docteur a combattuës sur ce
sujet,in quarto. Voyage del'Arabic
heureuse par l'Océan
Oriental, & le Détroit de la
Mer Rouge,fait par les François
pour la premiere fois dans
les années 1708. J70,. fai
-i
1710 avec la Relationparticulière
d'un Voyage fait au Port
deMokaà la Cour du Roy
d'Yemen dans la seconde expedition
desannées1711 1712.
& 1713 un Mcrooirc concer-
Dant l'ar bre& le fruit du Café,
dresse sur les observations de
ceux qui ont fait ce dernier
Voyage, & un Traité historique
de l'origine & du progrès
duCafé
, tant dans l'Asie que
dans l'Europe, & de son IOtiQduction
en France, & do1erablissement
de fonulegç à Paris
,
in douze,avec figures.
La Chambre de Justice dont
on a parlé long-tems futenfin
établielesept dece mois;par
uneOrdonnance du Roy qui
fut publiéelemême jour, &
dont voicy la copie, ill ,n'dl.
pointicyquestiond'entrepren
dre de fairel'éloge du Regent,
ma plume n'a jamais prisun
vol si haut; mais je ne peux me
dispenser dedire(laissanttroutesses
vertus à part ) que rien4
ne manifeste à presentdavancage
son équité
,
son zele &-
son attention pour le bien des.
peuples, que l'établissementde
cette redoutable Chambre.
Les
Les gens înteressez à la rigueur
de cette recherche, dont
le nombre est prodigieux, auront
de la peine à m'accorder
cette verité. Et si j'avois suivi
sur cet article des conseils respcétbles
par lemerite &les
lumières de ceux qui me les ont
donné
,
j'aurois certainement
supprimé tout ce que j'en vais
dire; mais je ne peux m'empecher
d'avouer que je me fuis
en cette occasion laissé étourdir
du bruit &entraîner par
la rapidié du torrent, & que
j'ay pris le murmure du peuple
pour lavoix de Dieu
ORDONNANCE
du Roy,portant deffenses
à tous Offcierscomptables
& autres interessez dans les
Trairez & Soustraitez de
Finance, &c. de desemparer
,
de leurs Maisons d'habitation,
& des lieux de leur residence
sanscongé exprés&
par écrit de Sa Majesté, à
-
peine de punition corporelle,
même de la vie.
Du 7. Mars 1716.
DE PAR le ROY.
SA MJJESTE ayant
par son Edit du prejent mois
ttablie une ChambredeJujlice
pour la recherche &punition des
coupables des abus j malversations
&crimes dePeculat commis dans
fis Finances, concajJions exactions
i & commtrces Usuraires
faits au détrimentdesdites Financesy
contre les interefls de Sa Majessé
(7 deJes Sujetsr En attendant
l'Etiblerment de ladite
Chambre,&jufqua ce que ledit
Edityfoit enregiflre: De l'avis
de Monsieur le Duc d'Orléans
Regentpresent, Fait dcffenfes a
tous Ofifciers comptables, & à
tous* ceux qui font ou ont ete interegez,
directementou indireifement,
fous leurs propres noms, ou
fous les noms J'autres personnes
*
en quelque sorts & maniéré que
cefoit, dans les Traitez &foutraite%,
Entreprises gr marche':\.
pourEtapes, fournitures& vivres
aux Troupes&Hofpiiux.
Munitions de Guerre tr de bouche
aux Villes,Garnijôns,& Armées
deTerre & de Mer> circonstances
& dépendances
,
qui
ont eslefaites depuis le premier
Janvier1689. jufqua prftnt.
Et a tous leurs Caiffters, ReceveursyCommis>
Prcpofe%
3
Affocie^
yCroupiers & Particiees,
& à toutes autres personnes de
quelque qualité &condzlÍonquelles
soientysujettes a la recherche
de ladite Chambre de Juftict:r.
en quelque forte. & maniéré que
ce
puiJJe
dire de desemparer de
leurs Adaifins d'habitation de
ParityMdeleurs Maisons d'habitation
des failles cr lieux de
leurrefidtNCe ordinaire,sanscongé
exprès & par écrit de Sa Majefll,
àpeine depunitioncorporelle*
même de la vie : Enjoint Sa Majessé
au Prevofi àe sonHostel &
-grande Prevoftéde France, Vicc-
Baillifs, Vice-Stntehaux, Pre.
vojls de ses tres cbers 0* bien
amek Cousins les AîareJchaux de
FraneeJ leurs Lieuunans&Archers>
de tenir la main à l'txecution
de la presente Ordonnance
(7 d'arrefler les contrevenais en
lItrtu d'icelle, laquellefera lue,
publiée & affichée par tout ou
besoinfera, a ce que perfonnt n'en
ignore. Fait à Paris le septiéme
jour de Mars milsept censssir
Signé L0VIS. Et plus bas.
Phelypeaux.
Le 14. de ce mois M. le
Chancelier fut aux grands Augustins,
pour y fairel'ouverturede
la Chambre de Justice;
il y sur reçu par le R.P. Guerin,
Sous Prieur en Chef, & Docteur
de Sorbonne,qui lui fie
avec l'éloquence & les grâces
qui luy font naturelles, le
compliment suivant.
1
MONSEIGNEVR,
UEtatfe congratule de tefprit
de prnrtrAtionJ de difeernement
de Kele &de resolution. dont
Voflre Grandeur eji remplie, &
qui va animer les membres func
nouvelle Chambrt, auJft flueraine
par les qUtClite éminentes
des Milg/jlrats qui la compoftnt
queparson autDritf.
Qui ntveit-que V. G. unit
laJustice a la Religion dans une
maison deconfiance que nos Rois
ont rendu le centre des jfflembïees
illuflres, leurs Adajefle^yvenant
faire les cérémonies desChevaliers
du S. EJprit,dont vous ave;C menteles
augufles caraaertsparl'importance
de vos services. Quel
bonheurpour noftrCommunaHté
si.elle avoit une place singuliere
dans voflre souvenir, £7* dans
-l'honneur- de voflre protréîionf
Vos vertus & vos
-
bontt'. nous
enflattent.
Je crois ne pouvoir rien
promettre qui soitplus agréa- ble
ble au Public desinteressé
une Liste exacte,& souvent
même historique de ceux qui
auront subi la rigueur des
examens aufqucls on va les
soumettre;à commencer par
le fameux M. Miotte, dont la
prise fut accompagnée des circonstances
suivantes.
La nuit du 9. au 10. de ce
mois,vers les onze heures
M Miotte , revenant de souper
chez ce qu'il avoit de plus
cher au monde après son argent,
& prés de rentrer chez
luy, fut assailli dans son carosse
par le sieur Bazin homme très
connu par les grands succés
qu'il a souventcûsdans:les
plus délicates commissions de
cette nature, pour cette fois
cependant il pensa manquer
son coup. M. Miotteestoit
déjà à sa porte que son Portier
venoit d'ouvrir; & cousifes
domestiques accourus au bruit
&à son secours, ne pretendanc
pas laisser leur Maistre en de
pareilles mains, sirent des
efforts si genereux ,
qu'ils luy
arracherent enfin sa proye, &
le jetterent dans sa maisons
mais Bazin ne voulant pas
avoir le démenti de cette avauture
,y entra luy fecond
)
l'é- péeàlamain.
Lenombre de res gens dispersez
l'avait malheureusement
jetté dans la necessité de
courir audacieusement tous
les périls de cette expédition.
Ainsi n'ayant pas alors suffisamment
de monde pour soûtenir
( quelque brave que fut
son second ) une gageure de
cette imponance, ilselaissa enfermer
dans la Maison
)
où
pendant qu'il se promenoit
dans la cour, en attendant
impatiemment le renfort qui
luy devoit arriver, M Miotte
occupoit sses plus fideles domcftlqucsà.
luy bâtir une-niche
dans l'endroit le plus- fccret
de son Chasteau
, pour
s'y mettre à l'abri des perquisissonsde
ses Juges.
Sur cesentrefaitesleCom-*
missaire Cailly se rendit à la
poite de M. Miotte
,
escorté
d'un Serrurier habile
,
&de
vingthommes armez de leviers
de pistolers
,
de piques & d'épées.
Aussitost il fit ouvrir
la tranchée à découvert;
mais les dehors estant sans
dessenceilselongeaà son aise,
jusques tous la porte de la
forteresse que le Mineur
,
la
sape, le belier & leSerrurie
culbucerent après une demie
heure d'assaut, fecondez néanmoins
de la valeur des deux
braves enfermez dans la cour
du Chasteau ,dont le pillage,
suivant les loix de la guerre,
apparcenoit de plein droit àses
vainqueurs; mais par une sage
prévoyance ; un Heros que
l'Europe admire, que la France -
adore, & dont la poqtericé
rerpé\:era autant la mémoire
& les vertus que celles de cous
les heros de lafable&de l'histoire
,avoit reservs le sac de
cette riche Citadelle à la vcà:,
geance & à la satisfactiont des
peuples de qui le GrAntqiJ
Thabitoit, avoit mille fois inhumainement
usurpé
, extorque,
&ravilesrichesses.
Mais il s'agissoit moins:
dans cette expéditionde pren,.
dre le Fort, que celuy qui "y
commandoit, aiïffi fut-il diligemment
proccdé à cette recherche.
Dés qu'on eût place
des Sentinelles à la porte, on
se mit d'abord à visiter le faîte
& les soûterrains du Chasteau.
Des caves on passa auxcuisines
aux fours & aux écuries, ou
une parue de la Cavalerie qui
se trouva endormie d'un profond
sommeil
,
fut réveillée en
surfaut
, pour estre attelée à
un char destiné à l'usage qu'on
dira cyaprés. Cependant on
se saisit des défilez par où l'on
pouvoit entrer par des portes
de communication
,
dans un
grand nombre de cazernes
où „ vray -
semblablement on
supposoit que la précaution
du Maistre deces lieux pouvoir
entretenir des chausses-trapes
des sausses- brayes, & dresser
des embûches aux ennemis.
Ces quartiers surent lairez&
gardez. En même temps quelques
enfans perdus allèrent
s'emparer de deux petits cfcaliersdérobez
qu'on crût longtemps
n'aboutir à rien: & donc
on ne se seroit peut estrepas
méssié, sans les instances de la
Dame du Chasteau qui s'égosiloit
à force de crier qu'il
n'y avoir rien dans ce canton
de la Forteresse. Mais ses cris
révsillerent la curiosité des
vainqueurs qui prirent pour
une preuve évidente de l'excès
de ses allarmes
,
ses instances
à deffendre la visire&la garde
de ces passages. On s'acharna
avec tant d'opiniâcrctéàl'examen
de cet endroit, qu'à lafin
ondécouvriezune espece de
petit guichet couleur de muraille,
que, faute d'en avoir
laclef, on fut obligéd'enfoncer.
Alors on vit qu'on avoit
encore quelques degrez à monter
,
& qu'au haut de cette
échelle, estoit une autre petite
porte que le levier ouvrit
encore.
Icy parut avec éclat la prudence-
duCommissaire-,
des que cette porte eut été fracalféc.-)
se voyant dans un réduit
rempli de foin
,
de paille,
& d'autres matièrestrèscombufiibles,
ildeffendit auxporteurs
de fallots & de gros
flambeaux de raisine, d'approcher
d'un lieu que la moindre
éteincelle exposoitsans remede
aux plus grands malheurs.Il
se contenta de demander modérément
unecouple dechandelles
desquelles il se fie prudemment
éclairer, Là ayant reconnu
qu'il estoit effectivement
dans un grenier,il commanda
à deux des Sbirfes qui
l'accompagnoicnt, de remuer,
déranger& découvrir enfin les
piles de foin, que la prudence
du Châtelainpouvoit avoir fait
amoncelersur son chef; mais ce
travail luy paroissant prodigieusement
long, il ordonna
à un de ses gens de fonder doucement
avec son épée, ce qui
fut discretementpratiqué,jus
qu'à ce que son Laquais ennuie
de la lenteur de cet exercice, se
jetta sur lefoin,ou en un quart
d'heure iltravailla avec tant de
vigueur & de bonheur,qu'il
cria enfin qu'il touchoit une
teste
,
puis un bras, & l'homme
parut !Fantômed'orguëil&
d'avarice! Fortune voila de tes
chefs- d'«,uivres.
Il Mais quedis-je,il n'yarien
d'étonnant à cela, & tostou
tard de rigoureuses & même
de sanglantes satisfactions aident
à reparer les plus horribles
dommages. Du reste que
peut on envier des richesses
d'un mortel qui s'arrache par
les voyes les plus odieuses&les
plus criminelles de l'esclavage
& du néantoùle fort l'a fait
naistre ; quojquJlII foit même
indigne d'avoir des remords,
sa propre fortune implacable
ennemie de son repos, venge
sanscessedu faux éclat de son
bonheur ceux que son opulence
opprime, & n'est pour
luy qu'une façon continuelle
d'estre esclave&malheureux.
Ainsi défiguré, suant à grosses
gouttes& couvert de poussiere
,
M. Miotte fut arraché
de son trou, & conduit par
hazard dans la chambre de sa
femme ( qu'avant cette avanture
il ne frequentoit gueres.)
Ily demanda du feu
, sa pipe
&son tabac:toutes ceschoses
importantes luy furent accordécs
, & quelques moments
après qu'il s'en fut servy
, environ
vers les cinq heures du
matin il fut mis dans lé char
dont nous avonsparlé
, pour
estre à l'instant transferé dans
la Citadelle oùil estmaintenant
que j'écris cette particule
de son Histoire, & où il restera
jusqu'à nouvel ordre.
Le même jour M. de Bourvalais
fut arresté sans tant de
ceremonies,en revenant de sa
maison de Champ, & conduit
, comme M. Miotte, à la
Bastille,& depuis à la Conciergerie
,
où il attend avec une
tres-humble refignarion
, &
une soumission parfaite aux
volontez du Regent, les deçàsions
de la Chambre deJustice.
ilttfM. le Normand,fameux
Traitanttraitant même, à ce
qu'on dit, de son autorité privee,
fut arresfé le & conduit
à la Bastille. M. deBarangue
l'y suivitde prés.
• - Le vingtdece mois M. de
Villemarée fut arresté & mené
comme les autres à la Bastille.
& depuis à la Conciergerie.
Plusieurs autres firent le même
chemin. Messieurs le Blanc&
Duclos y estoient avant ces
Messieurs.
-
-
Cette redoutable Chambre
xft composée de
MESSIEURS
Voyfin
)
Chancelier de
France.
DeLamoignon,& Portail,
Prcfidents au Parlement de
Paris.
M. de Fourqueux, ProcureuiGeneral.
DE MESSIEURS
DeFieubec,
De Machault,
De Beaussan,
De Maupeou,
Amcloc
Amelot deChaillou,
Et d'Ormesson du Cheré,
Maistres des Requestes ordinairesde
l'Hôtel du Roy.
DE MESSIEURS
Chassepot de Beaumont.
De la Porte. Perrand.
LeBoistel.
Meliand
LeFebvre, de laMalmaison.
Aubry.
De Tourmont.
De Monthulé.
Et Nicolaï
,
Conseillers au
Parlement de Paris.
DE MESSIEURS
BaillydeBeïre
-. Prévôt,
L'Evêque,
Charpentier,
Le Grand,
De13caufort
De Villiers,
Et Cassini, Maistres ordinaires
de la Chambre des
Comptes.
DE MESSIEURS
Boyetet,
Le Vayer,
Hoquart,
Et Angran, Conseillers à
laCour des AydesdeParis.
Officiers- de la Chambre
deJujiice,
MESSIEURS
Menet
,
Greffier en chef
Civil.
Amyot
,
Greffierenchef
Criminel.
1 APOSTILLE.
M. leComted'Avejan,Capitaineaux
Gardes, a acheté la
Charge de Sous Lieutenantde
la premiere Compagnie des
Mousquetaires qu'avoitcydevant
M.lecomted'Artagnan,
à present Commandant de la
mems Compagnie. M.leDuc
d'Orleansluy a accordé unBrever
de retenuë de vingt-cinq
mitte écus. Il est fils de feuMessire
Denis de Bannes, Chevalier
Comte d'Avejan ,LieutenantGeneral
des Armées du
Roy, Grand Croix de l'Ordre
de S. Loüis,Lieutenant Colonel
des Gardes Françoises,&
Gouverneur de Furnes, &qui
a commandé les Troupes du
Roypendant cinq ans en Lorraine.
Il est d'une des plus anciennes
Maisons deLanguedoc
&des mieux atticcs.
Autre dpojliile.
Dansla Liste des Pensionnaircs
sur l'Evêché deBayeux,
qu'on a donné avec tous les
noms des autres dans le Journaldumoispassé,
ons'esttrompéàl'article
de M. le Marquis
de Lhôpital. On a imprimé le
Chevalier de Lhôpital.
M. le Marquis de Lhôpiral
est fils de M. le Marquis, de
Lhôpital Choisi,aînéde famai.
son,& qui de son mariage
avec Dame Elizabeth de Challet
n'a eu qu'un fils
,
qui ca.
M.leMarquis deLhôpital dont ilsagiticy.
jivis très-utile au Public.
Copie d'uneLettre de Madame
la Marquise de Matignon
écriteau Reverend Perc*.'-
Religieux de l'Odre&Con.
vMentaderSs. M1a7glo1ire6,le8e,
Je croy mon Reverend Perc
que je ne puis vous rendre un ferviceplus
utile que de vous faire
connoistreMonsieur Anel Occulift&
Chirurgien
3
Penjionnaire
de Madame Royale de Savoyer.
dontfayeul'honneur de vouspar-
1er, il est sans contredit cm- sans
prévention un des plus habiles
qu';J.y ait dans sa profession
comme il paroiss par les belles
&importantes découvertes qu'il
afaitessurlesmaladies Jesyeux.
(7 lesguérisonsfurpunantes qu'il
fait, lesquelles l'ont faitconnoître
de tout le monde; ainsije vous
prie devouloir bieny donner tint
tntÏere confiance9étant persuadée
que fiJOUS ne vous repentire%pas
dans lafuite du temps de lavoir
connu, cràye%que cejl le particulierinterest
quwe je pr'ens 4 vo- ~o«~ trefonte,quim'obligedevous
faire cette priere: ma joye feroit
cxtreme si je pouttJoÍs contribuer
par son moyen avotre guérifin;
le trisse état ou 'bous,
fftel me faisant une veritable
peineparlesfentimensd'ejhme que
yaypourvous, le/quels meferont
chercher toutes les occasîons où je
pourroiï vous en donnerdes marques.
Faites moy lagrace de n'en
jamais douter, encore une fois je.
nepuis mç lasserdevons lerépétcr
ter, fiez,-vous à ma paroley mettez
tous entre les mains de Monpeur
Anel, & mus vousen
trouvère^ très-bien ,sonhabileté
estant au-drffus de tout ce que je
vous exprime : cest luy qui a
guéri Madame RoyaledeSavoye;
notre mal est tres-pressantpar les
conftqutnlls qui en peuvent arriruer
r je vous prie de vous arrêter
àce que jt vous endis de
croire que je fuis trèsvéritablement
a vous avec toute laJincetritéipogjjîblen.
Charolote dne M.a-
M. Anel, Docteur enChirurgie
& Chirurgien Oculiste
de Madame Royale, guerit lesI
fistules lachrimales, iesinflammations,
rougeurs, larmoyé-j
ments,tayes, car.a(s)gc.\J.c":,
tes seraines
, &- tantautres
maladies des yeux , par une
douce méthode de soninvention.
L'on le trouve le matin î
jusqu'a huit hcurçé
,
l'aprés j
midy jusquacinqheures,gra?
tis pour les gens de Iivr.ee,g
pour les pauvres :il logepitij
l'Hôteld'Hambourg, ôcà prc.
sent ruë du Four prés S. EuW
tache vis- à-vis l'avance de
l'Hostel de Soissons, en porte]
cochere surle devanr. 1
LemêmeM Anel vient de
guérir depuis peu en quatre
jour Monseigneur le Prince
Souverain de Dombes, fils aîné
de Monseigneur le Duc du
Maine, d'un accident fâcheux
qui luy estoit arrivé à un oeil;
ils'est servyde ses injections,
& d'une eau qu'il a inventée
depuis peu qui produit des cffets
prodigieux & surprenants,
pour la guerison de la plupart
des maladies des yeux; il en
donne charitablement aux
pauvres jusqu'à l'entière guerison
:il endonnera aussi gratis
àc à l'épreuve à ceux qui clou.
teront de ses effets; mais il faut
qu'auparavant il voye le malade
pour juger des circonstances
de la maladie & pour luy
en seigner la manière de s'en
servir.
Autre Avis non moins utile.
Le Public est averti que le
sieur Jacques Dubié de Lyon,
qui a esté receu à Paris, à S.
Cosme en qualité d'Operateur
manuel expert pour les dents,
travaille artistement & méthodiquement
dans les opérations
pour ce qui conccrar.
generalement les denrs. Il
les nettoye avec une si grande
legeretéde main qu'à peine
le sent on, & les rends de la
derniere blancheur
,
s'il s'en
trouve de cariées il les remplie
de plomb
, pour éviter les.
mauvaises odeurs, en met d'artificielles
qui imitent les natu-
,
relles, lime & sépare toutes
les autres & redresse celles qui
font de travers, de manière
que les alimens ne peuvent s'y
attacher,illes tire avec beaucoup
d'adresse en lestouchant
jusqu'à la moindre racine ,
pour difficiles qu'elles puissent
cftrçjôdcn remet de naturelles
qui durent autant que la vie
chose extraordinaire, il prouve
par expérience tout ce qu'il
avance. Onne trouve que chez
luy le veritable opiat duLevant
pour conserver &rafermir les
jensives
,
dont il a des pots à
tout prix;il se fert aussi d'une
poudre qu'il vend, qui rend
les dents blanches comme
l'albastre en se les frottant seulement
avec le doigt & en se
rinssant la bouche avec de
l'eau tiede,il estle seul qui ait
une essence qui appaise sur le
champ les douleurs les plus
vives en en mettant une feule
goûte dans le trou de la dent
& guérit generalement tous
les maux qui viennent à la
bouchc; les Dames luy furont
bongré de la découverte
qu'ilafaitdu plus beau secret
du monde pour le teintqui le
rend beau, uni, &vermeil
donnant , un air de santé, effaçant
beaucoup dedébuts du
visage, c'est une poudre blanche
dont on se sert comme l'on
fait du rouge, on peut même
la mêler avec la pommade.
a! Plusieurs grands Seigneurs
& Dames de la Courluy font
l'honneur de te servir actuellement
de luy. Il va en Ville
tous les matinsonest feur de
le trouver les après dinez
,
il
travaille tous les Jeudis pour
les pauvres. -
Sa demeure ruë de la Comedie,
son Enseigne est le Cadran
,
Lyon d'or à Paris.
Métrait £une Lettre afl. Cardinal
dehTremoiHe, )si'
idemy ri$
DeTuriny izi
Descriptioncurieuse dela Tempe
funehre de Mif XIV. 4
Cadix,
, lia.
7)e Marseille, 140 14V î)eLondres, 150
DéStrarboaYK r i6$r
De Genès, i,69,
DeParis) 170
Donsd-aBo 174
PeritDifloursftr la Comtdie,accompagne
élu Compliment(fut
M. de Pontêuil fit aMadame 14
ftu>utcÀhelfafeCdoemeBdrierpyo,urlleajopurermquieerlle soisyi%<yt
imitedesNouvelles deParis} l'f
~~r~ Roy, 1"1 fieranguefaiteauRfj,19S
fiaranguefaiteauRégent, 199
Suite des Nouvelles de Pariî., 2.01
Second Articledes Mariages, -til
Vers libres À MademoifeJJe de V.
surfinMariage7 11S
Second Article des Morts 2.17 J>eConfiantinople zzj
De Naptes, zzj
PeCents,229 JLc*pQ*nf*ede routeur 4 M. 2.3
givres Nouveaux) 245
Jàifcours sur la chambre de Jufti-
; ,e
-
zïz
Copie de YOrdonnance du 7. Mars
que rAuteur n'a fait imprimer
quenconsideration des Etrangers
a qui ïon envoje le Mercure,
254
MERCURE
A PARIS,
M. DCCXVI
AvecPrivilège du Roy.
M ER CU RE
gauht.-4::.
JËÀ
Par le Sieur Le Fevre*
Mois
de Mars
1716.
Leapriqx cil.;o- sols relié en veau, Se sols, broché.
A PARIS,
Chez D. Jollet, & J. LAMISLJi;
au bout du Pont Saint Michel,
du côté du Marché-Neuf,
au Livre Royal.
jivtCuisrob*,tittf,CrPrivilège JNRIi
MERCURE
NOUVEAU
DEDIE'
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR
LE DUC DE CHARTRES.
Ermo datarcunciistunimisapientia
paucis..
Ilest bonde parler,
& sage de se taire.
Ces paroles font tirées du
troisiéme Livre du troisiéme
Tome de Rabelais,auChapitre
ïintitulé: CommentBridoyenarre Hafire de l'jjppotnieurde'Pro-
cé1s.
Suivant l'excellence de ce
texte, je vous conteray,tressages
Lecteurs, peu dechoses
de ma façon dans ce Volume,
parce que j'aime mieux me reposer
sur la bonne foy des autres,
& sur le merite de leurs
Ouvrages, que m'exposer à
passer pour un éternel Conteur.
Je ne vous promets cependant
pas de vous tenir fidelement
ma parole sur lechapitre
de monsilence : je le ferois
volontiers
,
si je pouvois
vous répondre desévenemens;
mais à telle fin que de raison,
lisez.
, AVAIVTURE.
J4h Mans le 13. Janvier 1716.
Il ne vous déplaira peutêtre
pas d'apprendre une petite
avanture de Carnaval aussi veritable
que recente ,
arrivée à
un Officierdecette Ville donc
le caractere n'est pas moins bizarre&
extravagant, que son
humeur eli flegmatique &
sombre.
C'est un Eleu nouvellement
supprimé
,
qui est veuf avec
deux filles, donc l'aînée peut
avoir environ huit à neufans,
qu'il aime si passionnément,
qu'il ne sçait quel plaisir luy
procurer.
Cet enfant est son unique
oücc
, a toute sa tendresse, &
fait tout son amusement.
Un jour voulant la divertir,
il la prit par la main, la mena
dans sa sale, & fit venir son
Valet à qui il ordonna d'apporter
la selle de son cheval
avec la bride, à quoy le Valet
obéït ; il en fit ôter la vieille
housse
>
& y fit mettre son
plusbel équipage, avec le caparaçon
;ensuite se mettant à
quatre pieds par terre, son Valet
luy jetta la selle sur le dos,
&le sangla,mais voyant que
la bride ne convenoit point à
sa tête,il luy mit le licol du
Cheval, & mit en felle la jeune
enfant,qui charmée de ce divertissement,
prit la bride d'une
main & un foüet de l'autre,
pour animer de tems en tems
sa monture. Pendant qu'il caracoloit
& faisoit ce manegc
autour de la chambre, le Va';
1er qui rioit du tout forç coeur*
de voir son Maître si bienenharnaché,
&mécontentd'en,
avoir étémaltraitélematin,
d'ailleurs à la veille de sortir
de chez luy, souhaitoit ardemment
qu'il vint quelqu'un de
dehors
,
se promettant bien
demontrer fondit Maître au
premier venu dans ce plaisant
équipage. Sur cette eintrefaite onàlaporte, il y court.
Sajoye nefut pas petite quand
il vit queses souh ms.c&Q!cn&
exaucez,& que c'estoit un des
principaux Magistrats de la
Villequi venoit rendre une.
visire de commencementd'année
à son Maistre. Illeconduisità
laSalle,oùestant arrivé,
il fut surpris de voir Mr l'Elu
dans un tel équipage. Dansle
temps qu'il le consideroit &
qu'il ne pouvoit en estre apperceu
estant derriere luy, le
cheval crioit à sa fille : Manon ,
ma.ci)cYe Fille,tire-moy la bride,
tire fort,tire, fin cjue je megourme.
Aces mots leMagistrat &
le Valet ne pouvant se tenir i
jetterent un éclat de rire qui
donna occasion au cheval de se
retourner, & de fc lever avec
tant de précipitation qu'iljetta
sa fîtfe à l'autre bout de la Salle;
la pauvre enfant eut la tefie
cassée de cettechûte, & malgré
l'amitié qu'avoit pour cil.
Monsieur son pere, il fut si
interdit qu'il demeura debout,
ta selle sur le dos, & bridé,sans
pouvoir ni secourir son enfant,
ny répondre à sa visite , cequi
obligea-nostreMagistrat ébaï,
charmé de ce r(Xaacle,de laïC
fer MonsïeurleCheval dans
son exrase.
Quelques jours aprés il fut
dessiné sur un carton, sellé &
bridé, & au-dessus écrit en
gros caracteres:Icy on monte à
Cheval',ôc au-dessous : drade»
mie de l'Election; cc qui fut mis
à sa porte ;d'autres envoyerent
dire au Marêchal qu'il eut à luy
porter desclous à glace à cause
du mauvais temps: on y envoya
aussi le Sellier &l'Eperonnier,
qu'il receut fort mal.
Presentement quand on a befoin
de chevaux de loüage on
s'entr'envoye chez ledit Sieur.
Voila l'histoire.
En attendant qu'il foit à
propos de vous en conter d'autres,
reprenons,s'il vous plak,
par ordre de date, les Articles
que l'abondance delamatiere
m'a obligé d'abreger dans le
Mercure du mois passé. Je me
contenceray,
faute de pouvoir
mieux faire, de vous annoncer
les noms des Morts & des Mariez.
Voicimaintenant les qiu-,
litez des uns & des autres. ;
MORTS.
Dame Paule- Marguerite-
FrançoisedeGondi,Veuve
de M-fifoe François-Emmanuel
de Bonne de Crequi d'Agout,
de Vese, de Montlaur
& de Monrauban, Duc de
Lesdiguieres, Pair de France
& Gouverneur de Diuphiné,
mortle3.May 16%1.&qu'-
elle avoit épouséle 11. May
,ifc75. mourut le ii. Janvier
r.gt-c de61. ans sans lai sser de
,poftsrite;J-an* François Paul
de Bonne de Crequi son fils
unique, Duc de Lesdiguieres,
Pair de France, estant mort à
ModeneenItalieoùil servoit,
le 6.Octobre 1703. âgé de
,
25.ansmoins16.jours,sans
laisserd'enfans de Dame
Loiiife- Bernardine de Durfort
Duras sa femme, qu'il
avoit épousé le 17. Janvier
1C96 filledeM.leMaréchal
Duc de Duras. Madame de
Lesdiguieres quivient de moarir
cfioit fille de Pierrede
Gondi., Duc de Rets, Pair U
-General des Galères deFrance,
Chevalier des Ordres du Roy,
& de Catherine de Gondi,
Duchesse de Retz, petite fille
de Phillippes-Emmanuel de
.Gondi, Comte de Joigny &
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General des Mers
du Levant, Capitaine de cent
hommes darmes, & de Françoic-
Marguerite de Silly, &
arricre petite-filled'Albert de
Gondi, Duc de Retz, Pair,
Maréchal& Genci^l des Ga*
lercs de France,Colonel de la
Cavalerie Frarusolfe, Premier
Gentilhomme de la Chambre
du Roy, Chcvaherdeses Ordres,
General des Armées de
SaMajesté
,
Gouverneur de
Provence, de Mets, du Pays
Messin, & de Nantes, & CapitainedeCent
Hommesd'armes.
La Maison de Gondy efl:
originaire deFlorence, ou elle
subsiste encore en quelques
branches ; celle qui sétabliren
France dans le temps du mariage
de Catherine de Medicis
avec le Roy HenryII. ÔC qui
vicnc des'éteindreen la personne
de Madame de Lefdi
guiercs, a, tant qu'elle a duré,
par son crédit, par ses grandes
aUiàntes, & par les premières
Dignircz de iEcac dont elle a
esté decorée,égale les prernie.
res&les plus illustres Maisons
du Royâume) comme on le
peur voir dans la généalogie
qui s'en trouve dans J'H,cloire
des grands Officiers de la Couronne
: !s Curieux pourront
encore confulrcrl'Histoire gcnéalogique
qui en a esté donnée
auPublic, & en attendant
les
les preuves, aux frais de feue
Madame de Lefdiguiercs.
DameAnne- MargueriteAuzanct,
veuve de MIC Antoine le
Févre de laMalraaifon & deBiffy,
Doyen desConfeillers dela
Cour des Aides de ParismourutIr.
2.3. Janvier, laissant pour
çnfans François le Févre Seigneur
de la Mahnaifon) Conseiller
au Parlement & Commissàire
aux Requestes du Palais;
Antoine le Févre Chevalier
de Mahhe,& Catherine-
Charlotte le Févre, femme de
Michel Chabenat Seigneur de
Çonneiiil ,ci devantInt[.Óduc
teur des Ambalffadeurs. Elle
estoie fille de Jean Auzanct.
Auditeur des Comptes, & petite
fillede Barthélémy Auzaner
célèbre Avocat au Parlement.
Feu M. de la Malmatson
son mary estait fils de
François le Févre, reccu lvla).
tre des Comptes en 1638. &
petit?filsd'AntoineleFévrc
Secretaire du Roy & Greffier
du Bureau des Finances à Paris,.
& d'Anne Vivien.
1 Dame Victoire Rouxel de
Médavy de Grancey
,
femme
de MreFrançois Rouxcl Marquis
de Grancey son oncle
>
Maréchal des Camps & Armées
du Roy, quelle avait
epousé en 1713. mourut le 13.
Janvier âgée de vingt six ans
sans laisser d'enfans.Ellcétoit
fille de Mrc Jacques
- Leonor
Rouxel Comte de Médavy &
Grancey
,
Chevalierdes Orches.
du Roy
,
Lieutenant général
dlcses Armées, &tGouverneur
des Province & Du.
ché deNivemois ;.& de Dama
MiriicTfyaxfe Colbexndc
fcéaraîcvTicr -petite;.. fillede
Mie Picetre Rouxel Comte de
<5ra,ncey.& de Médavy)Maré
ébat 'Camps & Armées du
Roy
, & de O,.ole Henriette
de la Palu de Bouligneux sa
premiere femme
,
& arrierc.
petite fille.de Jacques Rouxcl
Comte de Grancey Ôcdc Médavy
, Maréchi! de France;
Chevalier des Ordrci-dii Roy,
& Gouverneur de Thionville,
mortle20Novembre xascu
DaipeCatherinedeMon-j
chid'Hacquincourt sa premicu
re femme.Ucil peudeMaifons
en France dansle/quelles lava4
leur feroblceftrç héréditaire
comme dans celledcRoûxel dé
Médavy, & depuis Jean Rottxcl
(qui en cftleChef)5ck
gnefr du rPlcffis- Mory?nt->
Ecuyer du Duc de Brctagn.
dont il quitta leservicepour
passer à celuyduRoyQharles
VII qui luy fitdon de plusieurs
Terres dant les Bailliages
d'Alençon& de Caen en
reçompenfc de ses services
par ses Lettres dopnées à Berbayle
1 4. Juin1430.Tous
ceux dece nom. n'ont Iaifle
passèr aucune occasion de fc
iîgoalcï M* d# rep^ndrsleur
fang ,pourlagloire denos
Rôis & le bien dcl'Etat, comme
les Curiçux.lejourrons
Noirjca
est rapportéedansl'Htftoirc
desgrands Officiers de laCow
lOt11JC)u Chapitre des Mare*
chaux de France. ,-.
MreCharles-Ga(pard Dodun,
Seigneur du Boulay, Conseiller
honoraire au Parlement,.
où il avoir cHé reçu le 7. Février
1676. mourut le 14*
Janvier. Il estoit fiisdeGaspard
Dodun
)
Secretaire du Roy ,
mort le 14. May 1701. & de
Marguerite le Riche. Il avoit
epousé Anne- Marie Gayardon,
filleefejcan Baptiste Gayardon
Receveur gêneral des
Financés!SoiflpnsSe il etfà
laissé entre autresenfans Mre
Charles Gaspard Dodun,reçu
Conseiller au Parlement le 4.
Janvier 1702.puis President,
nommé au Conseil des Finances
en 1717.
Mre Jean de Morillon,Confciller
au Parlement & Commissaire
aux Requestes du Palais,
receu le 2.. May 1667.
mourut le 19. Janvier. Il estoit
fils de Jean de Morillon Conseillerau
Parlement de Mets,
&d'Antoinette Rochereau, &
il sortoit d'une ancienne samille
de la Ville de Rheims,
dont la gencalogie est imprimée
dans le Nobiliaire dcî
Champagne.
Mre Henry- Nicolas de la.
Michodiere,Seigneur de Ro:
mene ,
Confciller au Parlement,
mourut le 29. Janvier.
Ilestoit fils de Jean
,-
Bertrand
de la Michodiere,Maistre des
Comptes à Paris,&deMagdelaine
Grassereau
,
& sortoit
d'une famille distinguée de la
Ville de Dijon.
Mre Philippes Eman,uel de
Colanges,Maistre des Requêtes
honoraire
,
si celebre par seChansonnettes, mourut le i.japyicr sans laisser d'en-
-
- sans
sans de feuë Dame Marie Angelique
du GMC sa femme. Il
àvoit deux soeurs, l'une mariée
à Mr le Comte de Sanzay de
l'ancienne Maison de Turpin
Cressé en Poitou; & l'autre à
feu Mrde Harrouys,Tresorier
des Etats de Bretagne, &
mere de Mr de Harrouys de
la Scilleraye,Maistre des Rcquelles,
& il estoit fils de Philippes
de Colanges Maistre des
ComptesàParis, &de Marie
le Févre d'Ormesson.
DameBonne- Marie Bachelier
de Beaubourg, femme de
Mrc Denis NoëlBrulart,Marquis
de Rouvres ,mourut le
15.Février. Ellpestoiefille de
Simon Bachelier, Seigneur de
Beaubourg & de Clotomont,
Receveur general des Finances
à Orleans; & de Dame Marier
Magdetaine Broç de laGuerre
& petite-fille de Simon Bachelier
aussiReceveurgeneral des
Financesà,Qrlcans9sortid'une
ancienne famille de la Ville de
Rheimsde laquelleest encore
à pçfnr Mi; Bachelier du
Moncel, UepwnantCriminel
de Robe-courte au Chastelet
de Paris.LenomdeBrulartest
si illustre & tL vousdoit estre
si connu que je me contenteray
pour le present de vous
renvoyer à l'histoire des grands
Officiers de la Couronne, dans
laquelle,au chapitre des Chanceliers,
vousen trouverez la
genealogie amplementdéduite.
MreCesar- Alexandre de
Baudeau, Comte de Paraberc
& dePardhaillan, Brigadier
des Armées du Roy, mourut le13Février1716.âgéde45.
anslaissant2.enfans de Dame
MarieMagdelaine de la Vieuville,
qu'il avoit épousé le 8.
Juin 17 11.fille deMreRenéFrançois,
Marquis de la Vieuville;
&de DameMarieLouisedela
ChausséeDarrestsa premiere
femme. Il estoit fils de Mre
Alexandre de Baudeau Comte
de Pardhaillan, Lieutenant general
des Armées du Roy , &
Gouverneur du Haut Poitou;
& de Jeanne Therese Mayaud,
petit fils de Henry de Baudeau
Comtede Parabere, Marquis
de la Motte Saint
- Heraye
Conseiller du , Royen ses Conseils,
Capitaine de centHommes-
d'Aimes des Ordonnances
de Sa Majefle ; Gouverneur
du haut&basPoitou, 5ç
Chevalier des Ordres; & de
Dame Catherine de Pardhaillan
VicomtessedePardhaillan;
&arriere petit-fils de Jean de
Baudeau Seigneur de Paraberc,
Lieutenant general du haut &
bas Poitou, Lieutenant gc-ncral
des Armées du Roy Henry
IV. Gouverneur de la Ville
de Niort, mort honoré du Brevet
de Maréchal de France &
de celuy de Chevalier des Ordres
du Roy. La Maison de
Baudcau prend sonnom de la
Vallée de Baudeau en Bigorre,
& elle est également distinguée
par son ancienneté & par ses
alliances. C iij ,
Dame Louise Goret épouse
de Mrz Melchior
- François
Courten
,
Chevalier de l'Or
dre de Saint Louis, Colonel
Suisse &BrigadierdesArmées
du Roy, mourut le IJ. Janvierdernier.
Mrs Courtensont
de Suisse,&d'une familleatta-
(bée depuis longtemps avec
dcistienct.ion au service de Fran
Mre Charles Paryot, Chevalier
Seigneur de Mussegros,
&c. Procureur general de la *
Cour des Comptes, Aides &
Finances de Normandie, mourut
à Paris le.Janvier dernier.
Ilestoit d'une famille distinguée
dela Ville de Rouen,
& avoit toujours rempli sa
Charge avec la reputation
d'un parfaitement honneste
homme.
Damoiselle Lucie de Cottentin
de Tourville
, mourut
le 14. Janvier dernier. Elle
estoit fille de feu Mre Nicolas-
Charles-Cesar de Cotrentin,
Seigneur de Tourville, Marquis
de Cortentin, Mestrede
Camp du Regiment Dauphin
Cavalerie;& de Dame Charlotte
Huguet de Semonville.
Lamaison de Cottcntin est originaire
de Normandie,ou elle
subsiste encore en plusieurs
branches. Celle de Tourville
s'etf plus distinguée par ses
services & par ses alliances. Feu
Mre Anne Hilarion de Cortentin
Comte de Tourville,
Maréchal & Vice- Amiral de
France, en estoit sorti; & c'està
son chapitre que les Curieux
pourront voir ce qui est rapporté
de cette Maison dans
histoire des grands Officiers
de la Couronne.
MAKIAGES.
Mcfïïre Louis de Melun ;
Prince d'Epinoy, Duc de
Joyeuse, Pair de France,épou-'
sa le 13.. du mois de Février;
Mademoiselle d'Albret,-Armande
de la Tour d'Auvergne
; fille d'Emanuel- Théodore
de la Tour d'Auvergne,
Duc d'Albret, Pair& Grand
Chambellan de France; & petite
fille de Godefroy-Fredcric-
Maurice de la Tour d'Auvergne,
Souverain Duc deBouillon,
Ducd'Albret & deChâteauthicrry
,
Pair, & ci-devant
Grand Chambellan de France,
Gouverneur, Lieutenant general
pour le Roy dela haute &
bass Auvergne; & de Dame
Marie-Anne Mancini.LaMaison
dela Tour d'Auvergne est
si generalement connuë pour
Une des plus anciennes,des plus
illustres & des plus puissantes
du Royaume
, tant par son
origine, que par ses alliances
directes avec presque toutes
les Maisons Souveraines de
l'Europe ,que je me contenteray
de vous renvoyer aux histoires
imprimées de cette Maison.
Pour celle de Melcun, je
vous diray de même qu'elleest
une des plus anciennes, des
plus puissantes, & des plus illustres
;je vous renverray,pour
sa genealogie, à l'histoire des
Grands Officiers de la Couronne,
de la derniere édition,
dans laquelle elle est rapportée
dans toutes ses branches; je
me contenteray de vous dire
icy que Mr lePrincedEpinoy
quivientde se marier est fila
unique de feu Mre Louis de
Mclun,Princed'Epinoy
Connestable Hereditaire de
Flandres, Sénéchal du Hainault,
Maréchal des Camps.
& Armées du Roy
, mort à
Strasbourg de la petite verole le
Z4> Septembre 1704, &d'Elisabeth
de LorrainePrincesse
de Commercy,qu'il avoit épousée
en1691. & qu'il n'a
qu'une soeur dont je vous appris
le mariage dans l'un de
mes premiers Journaux, avec
Mr le Prince de Soubise
,
&%
unique de Mrle Prince de Ro*
han. M. le Duc *dOrléans as-
Wa à ce mariage fait à l'Hôtel
de Bouillon
,
où il dit qu'il
venoit en qualité de parent,
& fit l'honneur àMr le Prince
d'Epinoy de luydonner la chemise.
Me François tell Camus,
Seigneur de BignyMaréchal
des Camps & Armées du Roy,
Chevalier de l Ordre Militaire
de S Louis,aépouséle21 du
moispassé Mlle Barillon
,
si'le
de Mre Antoine Barillon,Marquis
de Branges
,
Maistre des
Requestes;& de Dame.
Doublet, petite
-
fille de Paul
Barriliond'Amoncourt, Marquis
de Branges, Conseiller
d'Etatordinaire, & Ambassadeur
Extraordinaireen Angleterre,&
de DameMarie- Magdelaine
Mangot,&arriere petite
fille de MreJeanJacques
Barillon,President aux Enquestes,
sortis d'une des premieres
familles de la
Robe,
originaired'Auvergne,& alliée
à celles de du Prat, Olivier,
larcher,de Mcfmes,Boucherat,
Amelot,de Gourgues,de
la Brisse, &c. & aux Maisons
de Lhospital, de Chastellux,
&deChoiseul Pour la famille
de le Camus, je vousen ay entretenu
si au long dans mon
Journal du mois deMars dernier
àl'occasion de la mort de
MreNicolas l" Camus, Seigneur
dela Grange & de Bligny,
[îr Presidentde la
Cour des Aides de Paris, pcrc
de Mr de Blignyquivient de
se marier, & ayeul de Mr le"
Camus qui remplit aujourd'huysi
dignement la mcrac
place Jqueje m'en tiens à vous
repeter icyqu'elle est une des
plusdécorées & des mieux alliées
de la Robe.
«
Permettez moy d'interrompre
icy la suite de ces articles,
pourégayervos yeux & mon
récit par la lecture de laNouvelle
en Vers queje vous presente.
L'esprit, le merite & la
reputation de son Autheur,
me répondent du succés de cet- teNouvelle.
L'EXCOCU,
Nouvellae Historique.
Eflre Cocu
,
ness pas un mctier
horsd'usage
Ny de nouvelle invention;
Et depuisque le monde enfuit
profejjton
Il devroiteflre Expert;mais de ce
personnage
Apeimvoit-onquelqueJage
S'acquitter avec dignitéA
L'unymet lafureur, la rage;
Vautre en toute bénignité
Le
Le met à profitâtménage.
Que l'Imbee,ccil, le Brutal
Fassent leur profit de ce Contel
Ony voit un Cocu qui fçûtfut
son Rival
Rejetter sagementsa douleur &*
sa honte;
Sfâchons estre Cocus ifins bajfeffe
&sans bruit,
Je voudrois qu'on en tint une école
publiquey
lllen tireroit plus de fruit'
Que£école£Alfebreyou deLangueHébraïque.
Sut le-haut de la porte ilpourroit
eflre écrit
C'ejl icy qu'aux Maris on apprtnd
la feiencc
D'eflre Cocus avec décence.
Endépit des temps malheureux
Le Doéleurferoit bientoflriche,
Si quelque Maijlre es Arts affi-
1
che
Je retiensplace à mes Neveux•
Sur les bords de la Loire unejeune
Beauté
jiuxSeigneurs d'alentourparoiffoit
bonne emplette,
Grope dût,noble parentE,
On croit pour un Epoux lafortu-
, ne complette.
En habits propres)&galants>
JPrés d'elle la verte JeuntjJe
Débitéfélonses talens
*Lafleurettey&lagentilltjfe :
EUe emprrfféestout charmer
Passi deconquefte en conquefle Jeune fille , cft toujours en queste
De celuy quelle doit aimer.
M-ais pendantquelle a toeil au
g»ety
Etquensecretelle examine
De celuy-cy la bonne mine ;
De celuj-la l'air tendreyou le joly
caquet>
Son-Peec dans d'autres balances
PiJe tout ce qui forme une bonne
* maison
> Le rang) les biens, les alliances3
Le méritésolide ,&Iii droiterai"
jôn.
JI
Le Contratfuitdeprés
lechoix-dê
sa prudence;
Mais après tout cet examen,
Quisans l'aveu d'Amoursenhbarque
avec l'Hymen
NtfipAJ encore enajjeurance.
Que de l'enfant aveugle unvieil- lardéclairé
Ne dédaigne pas lefuJfrAt
SSit"9a il'Amournafoinduménagey
Le repsoseà laulongrueéen e.st malas-
Aceluycy lepetit tratjlre
Scmbloit d'abord avoirfous-ry,
Et toutalloitdtsmieux.*unefemmepeut-
efire
jiimeroit toujoursson mary ,/
S'ilavoit rOûjoursfoin de l'estre;
Mais quand la tf'nJrrflè a tary,
Et que dans son Epouxy eUe ne
DoitquunMAtre
Cesîhfaison du Favory.
Anotre Epoux,àsa Compagne
S'adonne un jeune complaisant,
Voijîn agréable,amusant,
Ctest un tresor à la campagne; IlefldelaCbajfe,duJeu,
Veutonchanter, il accompagne,
Auprès duvjn du cru, le voijîn
prise peu
Et le Bourgogne*le Champagne
:
Sur tout pourftnjoifneilse met.
trQitaufeH, .,
Pris etellemMïfoins le renioieht
*
necejjaire,
D'abordparJon attention.
Adppeeini7safyire-t-ilal'honnew de f-t-il à" thonneur de
luyplaire-y
Cestristecifeulement>cessadmiration
,
*
Sans aucun (fj>oir desalaire;
Enfin par decertainssoupirs,
Dont laplus innocenfe entend bien
le langage,
Il ose expliquerses desirs,
Prend une main, ult bras,prend
encor davantage
y Si bien que létage en étdgtt
Ilarrive bien. toji au comble des
pLifîrsi
Ptudevnceedorit lqukand ,l'Amour
Ils nepeuventcacher leursfeux;
A leurs entretiens amoureux
CertainValetprête l'ortille,
Il observe,&témoin de leursplus
tendresjeux,
VAtoutdireason Maîtreg?croit
itÊgffaaiitrqeumeterroviesille,
malheureux.
Sans donner al'ami creance trop
facilej
Le Seigneurveut luy
-
même obser.-
ver nos Amans,
Ilfeint Un voyage a UVille,
Et tevient lessurprendre, en cecy
trop habile
>
Souslesplussimples ornement,
Etdans le plus commode aile,
Qui d'un cvupleheureux, gr
tranquile
Puisse favorifer les doux empoftemens,
Oh, quelle vifton! De celte de
Meduse
,
On auroit e/lerhoinsfrappe$
Sous le rel defin Eclopéfl-
Venusnefutpasplusconjufe.
Quelsplaijtrs à ceprix neferoient
tjih jetrfonpjpfodnyen7e,?quandly perife, je JUois sur ce lit les Amours
1faye
-
JL/
z.
Tenir mauvaise contenance.
- 'J'. C'ejl
C'cjltcyqu'ilfaut refyeaer
Nôtre Hrros en cocuage,
AH desordre,à l'effroy dufourbe
qui l'outrage,
Apeine en peu dt mots Jaint",t-il
l'insulter;
Et l'autre ayant plie bagage
- Pourson retour chez luy trouve
libre paffig;
Quevafaire notre homme f étranglerdesamain,
DéuifagerJon infidelle,
Non,sans menace ny querelle
Jlluyfujfitqu'au lendemain
De la d, meure paternelle
EUe reprenne le ebemin;
Lay-même de sonforty forte U
nouvelle;
Quel recit pour le mieux Seigneur,
Toutplein deses Ayeux,dclicat
sur l'honneur,
Iljure gravement qu'en toutesa
famille
Jamais d'un tel ,opprobre unfront
ne futatteint>
Afais dans le même injlantsur celuy
desafille
Jlpeutlire les tousdont leGendre
1
se plaint,
Ilse rend à ce tfmoignt;
Le crime efi avoue
, le mal riefl
plus douteux.
Quefaire en-cet tflat si trisse si
honteux*
Voici le parri le plus fage,
Dit lepoux, jusqu"igo de notre
mariage
Aucunfruitneferre les noeuds>
Jurt'{ que d'un Mayrje nay que
l'apparenceM Sur paretldeshonneur je nJinfifl.
ray pointy
Et nous verrons bientostune heureuse
Sentence
Delierlenoeudquipousjoint,
Il nest pas de plus doux remeae,
Acetavis chacun se rend,
Elle poursuit, leMay cede.;
L'Hjthheflrendu nul
, &là dot
sereprend.
Nôtre Bille efi rendue àflpremiertftaf
Aquelquechose près de legereirit.
portance VEpoux , de Joncoftési voue au
Celibat\
Etfaitau Dieu d'hymenprofond
de reverence5
Mais pour acheverson repos
Il veut du fauxAmypunir la êphftdie
Al'écart sans témoins ille trouve
à propos,
L';;ttaqueJ le dfarme, &maître desavie
Exigefeulementdeluy
Qu'ilépousera l'inftâdl
Quisse plut aséduirey & qui
luy parutbelle9
Quand elle estoit femme d'autrUJ'
Le 'vaincufuit la loy que le vainqueurimpose,
Mais fous un triste hymen ms
coupables unis
Des platfirs dont ilsfont l'un &
lutre punis
Ne trouvent plus la même
dose5
Le plus confiant des deux efi
bitn-tost dégouté
On a recours au voisînage
y»
Leprécurfeur luy-meme est enfin regrette, regrettt £rfousunnouveaupersonnage
Reçu par la jeune beauté
Ilva f rendreson Cocuage
A celuy qui ¡.Avoit prêtt.
Tous lesjours on ditpar laVille9
Etchacun en est convaincu,
Comme de Texe d'Evangile
Que caraéltre de Cocu
Estcaraétreindélébiler
Vous avez v* qu'il n'en est rien,
Et ctfl toujours choseagréable
De pouvoirfaire entendre à tant
de gens de bien
Queleur mal nesipas incurable.
.,:Afin de n'en pas faire à
deux fois,&de contenter tout
d'un coup ceux qui aiment à
lire des Vers, en voicy encore
une piece que j'ay reçûe de
Londres. Le Lecteur habile
luy donnera les suffrages qu'-
ellemerite.
IMITATION
des Vers de M. Addisson,
fameux Poëte Anglois, au
Chevalier Kneller
,
sur (on
Portrait du Roy.
Que tu/çais bien/Kncller, l a aide des Gouleurs
Exprimer ce grand Roy que T/-
nivers admire:
NousftntonsfonPortraitexciter
damnoscoeurs
-
Les mêmes mouvement quesa
prejence inspire.
- Ton Art bien loin d'êtreabatu
S:ous le poids d'un si noble Ou- vrage I *
Peint l'Ame du Heros alitantque foriVifdge,
Chaque coup de pinceau nous trace
une vertus
Onyvoitson coeur débonnaires
Son air frein, franc &(incére,
Er pour de foiblesEnnemis -
Son jujte&tranquile mtprzs.
Que ne puis- je bientôt voir ce ,beau jour paroître
y Et moimême future tes pas Lorsque vijitanttesEtats, ,
Grand Prince
,
à tes Sujets ta
montreras leur Maître.
ToutJe calme, toutctd-e à ce cbar.
o mant ajp éî,
LAhaine se change en refPeEl;
Il n'cjl plus d'Ennemis °) il neji
plus de Rebelle:
L'Angleterre est tranquille, &
ïEtoffefidelle.
Exerce sur le coeur cetaimable
pouvoiry
Pour te le deüerilftfftl de te
noir.
Depuis long-tems ton Art Rival
de la Mature,
Knellcr,nousen apeint labeauté
-
la plus pûre:
Par l'effort de cet Art souvent
nos yeuxcharme%,
Sur la toile ont crû voir des Portralts
anim
Six de nos Rois ontvu ta main
toujoursfiJelle
Répondre dignement au choix
quils ontfait d'Elie..
Là, Charles d'un air maie &
mêlé de douceur,
Semble encor du beau Sexe exiger
les hommages ;
Pendant que d'un air trisse&
couvert de nuages -
Son Frere sur son front fait lire
son malheur. Ile grand Nassau yfeul dï.
gte de M'tic,
Se pnfenteavec Elle; & ton
divin pinceau
Sçait unir ce Héros quisauva la
Patrie
Avec te que la Térre eut alors de
plus beau.
Anne avec tout leclat que
donne la Victoire
Paroîtau comble de la gloire,
Telle qu'enl'admira quandpartin
dirne choix AOuVainquueeuurdr edeBBleleininbbeeiimm con.
isantJon Armée,
Elle occupala Renommée
JIpublier partout le bruit defis
Exploits.
Puisse-tu, cher Kneller, 011-
bliépar la Parque
Faire admirer long. tems ton Art
altfUnivers.
Mais que le grand Brunfvkk
jfoit le dernier Monarque
Peintpar ta mainff-tevante &
chanté dans nies Vtrs.
Ainsicegrand Sculpteur,que
tu fuis a latrace,
Phidias, méditant un Chef d'autre
nouveatf
j&vant qu'aJupiter il portât son
audace,
-Sur etautres Déïte% exerça son
Cijeau.
If) l'onvoyoit Pan,quifuimitlesdehees
Quun sexe toutcharmant donne:
aux coeurs amoureux,
Et trouva cent bcautez propices
Aux tendres ardeurs de ses ftllX.
LIz; Saturne indigne, d'un air
sombre &severe
Portait les traits les fins mar*
9Me
Contemplant d'un ailde colère
Les Cieux qu'ilauois abdique^
Icyparoissoit Mars brillant de
, son Armure Mais plus brillan,t encor de ses
,
Exploits Guerriers,
Faisantsa plus noble parure
D'un Front toutcouvertdeLau*
tiers.
£Eloquente Minerve étaloit
les Ouvrages
Sortis deses Servantesmains,
Etfembloit bornerses deffiins
Arendre les mortels plus heureux
&plus figes,
La Déeffi des MersJ'inquietc
ThecisJ
Epouse d'un Mortel, & Mere
difolées
Prés d'unfupetbe Mausolée
Pleuroit fin Epoux O* son
Fils.
Enfin le Roy des Dieux couronnoit
le fpeélacle;
Rien ne paroifoit plus après, un
tel miracle:
La fondre armait son bras ntangeur
Qui
3
lors.que les Titans inondant
lesCampagnes
Oflrent. quitterleurs Mon-
Mgnes9
DiJJtpa leurscomplots
, &punit
leurfureur^
Jupiter du Sculpteur fut le
dernierouvrage.
Phidias s) bornant agit en homme
fage;
Car de quel plus beau 'nom pourroit-
on faire choix,;
Pour
Pwrarmobhrjon Art AUXdeux
&sur la Terre3
Que de sevoir Scufpteur du
Mats'lredu Tonnerre,
Ou Peintre du plus grand'des
Rjoisi
Je ne vous donneray peb"t-;-
c:fi¡e pas pour ce mois-cy d'autre
Chanson que celle qui suit,
c'estuneImitation decelle
qu'on a vûë dans le Mercure
dumoispassé,surl'AirduGagne
petit. Cttic Copie ne doit
rienà sonorignal.
LE REMOULEUR,
•
Chanson.
Par mon Artfecourailt
Jefuisfavorable
Dans les plaisirs
Sans moy les Jifirs
Seroientsuivis defoupirs*
Vene£ tour a tour
Faire voflre cour
jtu Rémouleurd'amour
Je remoudray,
féguiftraj;
Pour vous maMeule tourne,
Tourne &retourne,
Déjà monferet eflprouvé.
- a
Je preride-aux ruelles
Ilnestpointde belles
Dans leurs amours,
Quisans monsecours
Putfientpajjer d'heureuxjours;
Sans moy les Amans
Des tendres inflans
Trouvent en nam le. temps.
Les eguifant,
Les affilant;
Pour eux ma Meule tournef
Tourne & retourne,
Par moWn Art ilsfont tÉous contens Quand l'époux d'une belle
La croit infidelle>
- Pour le guerir
Mon Art sçaitoffrit
Le secret de réiijjtr.
Viens maryglace
Si toncoeurblejje
Songe encoreaupajfé*
Je t'émoudray,
> Téguiferay ;
Pour toy ma Meule tourney
Tourne & retourner,
C'eflfait,Ë70 tout estvublié.
Pour vaijicre une criullf
Un amsntfidelU ¡. Vaut-il sçavoir
Quel rfemonpouvoir,
BLM- tost je luy feray voir.
Viens timideamant,
Etdansuninisant
DeJJuÍ mon infinimenty
Je témoudrayy
T'éguiferay;
Pour toy ma Meul tourney
Tourne&retourne, - Va ton triomphe rjlajlûre.
Passons,s'il vous plaist, tout
de fuite aux Enigmes. Celles
du mois passé estoient si faciles
à deviner que tout le mondea
compris du premier coup d'oeil
que le motde la premiereestoit
l'Esprit, & celuy de la seconde
la Cloche. Les principaux de
ceux qui m'ont envoyé leurs
noms.sont:l'AdorableDesfault
& l'incomparable Godeau
,
sur le bout de l'eau,
Baptiste de la ruë S. Nicaise:
les deux jeunes Solitaires, le.
Marmiton des Muses de Valogne,
la belleCaliste, l'Amant
oisif des bords de la Marne , & l'Amoureux triomphant de
la principauté d'Arches. Essayez-
vous maintenant sur celles-
cy
,
elles font de lacomposition
de deux jeunes gens qui
ont beaucoup d'esprit.
EN I G ME
de l'Abbé Infulairc.
Foible joüet de la nature
On méfaitesclave du temps y •
Pour ne me point laijjer dans la
mêmepoflure-
JEolc autour de moy dechaifne
sesEnfans. Pa
Ces volages mefont la guerre
Et métourdiffent de leur bruit
Avec, tant de fureur gr de co-
[ert
Quej'en perds fortsouvent le rr.
pos jour & nuit.
Je fuWtnconflante} Ci fidelle
Dans l'exercice que jefais,
Soit dans la guerreou dans It
Paix
On me-trouve debout toujours en fentinefle.
Mais cest peu de ces fonctions
-'.
Du Maître que je fors je predis
sans miracle
Les divers chançcmens,0* je
fuis un oracle
Si-tofl quon voit ceffir mts. aérations.
.«4 -
AUTRE
AUTRE
du Solitaire malgré luy.
Qui croiroitquejefuispucelie
A voir le grand nombre d'enfans
Quisortent de moi tous les ans?
Cependant9 Lefleur, jefuis telle. oS Je dois cette fecondité.
-
Auxfoins que prend de moi mon
Afaijire,
Mais peu de temps après le
traistre
M'en dépouillé avec cruauté.
Il les tire de mes enuailles,
Les écrase, &*> boit, tout leur
fan& :-
C'est éiinfîcjuinhumainement.
Il célébré leurs funerailles. a
Je ne manqucrois pasd'employer
à leur tour toutes les
Enigmesque je reçois,si ceujfi
:
qui en font les Aucheurs jugeoient
à propos de mépargner
la peine d'en deviner le
mot. Ce ne fera qu'à ce prix
que je les rendray publiques.
Je fuis obligé, de recom..
mander encore une fois aux.
Lcdtcurs de ne pas négliger de
lire les Nouvelles générales3 je
croy que mon attention à ne
rien dire sur ce sujet de ce qui
est écrit dans les Gazettes, fuffit
pour leur donner un air de
nouveauté qui interesse à les
lire. Sauf aux Curieux maintenant
à en faire l'urage qu'il
leur plaira.
Nouvelle Relation de Barcelone,,
du15.Janvier 171c.
La nuit du seiziéme du
mois de Décembre ,un vent
de Nord-d'Est forcé, arracha
de ce Port douze Bâcimtflcs
ancrez & amarrez à terre. Le
Navire appelle Je Violent,
Hollandais, de la charge d'en*
viron douze mille quintaux,
rompit le premier & tomba
sur celuy du sieur Abeille
François, qui coula à fonds
s l'équipage au nombre de
vingt-deux hommes s'étant
mis en devoir d'abandonner,
futmalheureufemebtfubmçfgé,
excepte six Matelots. Les
Navires des ficursRichard, &
Feraud aussi Françoisfirent
naufrage dans le même Pors; j
les équipages sesauverent au
moyen de leurs Chaloupes.
Les Angloisont perdu quatre
de LursVaisseaux
,
deux defquelsétoient
chargez de grains
& de balots de marchandises;
le même coup de vent les jctra
sur les rochers, avec deux
-
Vaisseaux Hollandois qui avoient
partie de leur -carguai
son, les équipages ont cfté prefquçtous
sauvez. Onfort mention
3e plusieurs autres petits
Bâcimens qui ont peri pendant
la même nuit
, ceux qui onc
tenu fort pour raison de leurs
cablesont esté considérablement
endommagez. Les Marins
du Pays avouent que
d'aucun temps il ne s'est paffe
une femblablc tempête-, &
qu'il n'y a point d'exemple
qu'il se Toit perdu dans le Port
de Barcelone, des Navires.
3 Le vent de Nord-d'Est qui
a souflé avec la même.impc
tuoficé verslaCofted'EPpagne,
a fait périr trois bârimcnt5
François, celuy du sieusDuval
parti de MarseilleRichement
chargé pour Alicant a
peri sur Calpé à cinq htûcs de
Dénia, le Capitaine ,CesOfficiers
,
dix huit Matelots &
une quantitéde passagers se
font submergez,il n'y a. eû
que six pet sonnes de fàuvé
, on
n'aretiré de ce naufrage que
quelques balots que les gens du
pays ont mis au pillage.
Le Pjnque du PatronCornil
qui avoit chargé à Carragenc
des grains, ayant cité attaque
du mciïîe coup de venr, jetta
fesançresàunmille deCuillera
dans le Golfe de Valence;
mais la grosse Mer fit échouer
& brifer ce bâtiment,l'équipage
a malheureusement péri
avec quelques Religieux François
,
& deux familles Eagnoles
qui paoicm à Barcelone.
-
G iiij
La Tartane du Patron Jacques
a eû le mêmefortdans le
Golfede Valence,exceptéque
l'équipage s'est presquetout
fauvé.
Il ya cû égalementplusieurs
Bâtiments du pays qui ont peri
aux Costesd'Espagne.
j4Veni[e\e I. Février 17.16.
L'on résolut icy dans le
Pregadi, de Samedi dernier,
d'ouvrir la porte à la vente de
quelques dignitez de Procurateurs
de S Marc
, cette réfolution
ne sur prise que pour
trois pcrionncs seulement,
on croit que ces trois dignitez
feront achetées par Meilleurs
Fofcarini&Quirini, elles produiront73.
mille ducats.Peuà
peu on en vendra d'autres à
mesure qu'il fc prvlentefa des
personnes pour en faire l'acquisition,
- On ne prit point des résolutionspourl'aggregacionde
tjuIqucs familles au Corps de
la Nobkfle, parce que jufqucs
a present il nes'est presente
aucunes personnes qui aycnc
témoigné en vouloir faire lacquifition.
On lût dans le même Pregadi
les Lettres qu'on avaic
rcceuës par«une fouflttc de
M. Grimani Arrbàffadeur de
la République à Vienne, clics
contenoienr lesdifficultez que
faifofent les Mmiftrss de lErn.
pcrcur sur les conditions dela
Ligue contre les Turcs ; & les
prétentions qu'ils formotenc
pour avoir. en main des seurefez,
au su jcc de rengagement
que le Sénat y prendroit, de ne
poinr abandonner ce Prince,
&de ne point faire une Paix
particulièreavecla Porre.
Cette affaire a esté remise
en délibération dans le Pregadi
&n'apû y-estre decidée par
les oppofinons qu'elle y a trOLH
vécs, il ya même lieude doutée
que l'Empereur veuille sincerement
conclure cette Ligue,
cependant la fàison s'avance,
& les Turcs fçauronc bien
profiter de ce retardement.
M lcComre deSchulembourg
ayant trouvé l'occasion d'un
bâtimentAnglois qui doit
partirinccffàmrncnt pour ZJnte
a pris la résolution de s'y
embarquer,& d'aller par Mer
à Corfou.
M.leComte deNortitscft
déja. embarqué pour la Dal
matie;mais les mauvais temps
ne luy ont pas permis de mettre
à la voile.
,
Le Prince Electoral de Baviere
arriva Lundy en cette
Ville., on ne luy a point tenu
parole sur la promesse qui luy
avoit eesté faite de luy diminuer
la contumace de 12. jours, ôi
avant d'arriver icy
, ce jeune
Prince étoit déjà fort mécontent
des manicres de ces MeC.
sieurs-cyàson égard.
Les nouveaux Passeports
de la Cour, ont estéremisà
M.Foscarini& Pasquovilego.
Ils les ont remis au Senat pour
en recevoir desordres sur leur
départ.
De Rome le 15. Janvier 1716.
Le Pape est toûjours d'une
fanté parfaite,il assista hier
aux obsequés du Roy LapIs
XIV. & M. Alamani son
Camcrier d'honneur prononça
l'Oraison funebre.
Ces jours passez ont tint
Conseil de Guerre chez le
Cardinal Paulucci, Secretaire
d'Etat. Un certain General
Allemand nommé Collembert
a elle appelle auConfcil
, il s'est offert de faire la levée
de toutes les Troupes necessaires
dans les conjonctures presentes;
mais jusques icy on ne
dit point que ses offres ayent
esté acceptées.
On a résolu d'envoyer à
Genes le Chevalier Berreti,
Commandant des Galeres du
Pape
, pour noliser quelques
bâtiments, &.. l'on a écrit à
toutes les Couronnes pour
avoir quelques Vaisseaux
,
les
ordres ont esté donnezaussi
pour équiper la cinquiéme
Galere qui doit aller en course
avec lesautre
Le Chevalier Morrofini
envoyé , par la Républiquede
Venise ,est arrivé en cette
Ville,il demande des secours
pour pouvoir s'opposer aux
entreprites des Turcs. Iladéja
cû Audiance,il a representé la
liccelïhé de deffendre Corfou
à quelque prix que cc soit ,
cette Place estant le boulevart
de toute la Chrétienté.
Outre les Cardinaux dont
on a fait mention dans les avis
precedcnts lesquels ont envoyé
de l'argent au Pape,plusieurs
autres en ont aussi
donne. On pense toujours
auxmoyens d'en trouver,cependant
comme la misereest
grande dans l'EtatEcclesiastique
, Sa Sainteté ne voudra
point charger les Peuples de :
quelque nouvelle imposition.
Dernierement lePape envoya
M. le Cardinal Albani
chez l'Ambassadeur de Portu
gal pour l'exhorter, diton,à
congedier ses braves
,
conformement
aux esperancesqu'il
enavoit donnéesà M. Respo.
ni ;mais on pretend que cet
Ambassadeur a répondu qu'-
aussi-tost que les autres Ministrès
tressemettroienten devoir de
renvoyer les leurs, il obéiroit
promptement là-dessusaux
ordresdeSaSainteté.
Lundy matin le Cardinal
Spinola descendant de carrosse
pour monter chez leCardinal
Nuzzi
,
fit un faux pas & se
rompit la jambe droire ,ilest
neanmoins sans fiévre & l'on
espsre qu'il fera bien-tost gue-
-ry.,
Dimanche au soit le jeune
Marquis de Bufaro se trouvant
au cours qu'il vouloirtraverfcr,
barra lepassage au fils de
l'AmbassadeurdePortugal,les
deux carrosses s'estant rencontrez
,cet accident attira au
cocher de grands coups de
plat d'épée dont les domestiquesdel'Ambassadeur
le chargerent
furieusement., il a fallu
que leMarquis, aprésavoiresté
offensé en la personne de son
cocher, ait estéluy même faire
desexeuses àl'Ambassadeur.,
Les plainres du peuple sur les
prérendus enrôlemens
c
sont
parvenues aux oreilles du
Pape, Sa Sainteré avoit ordonne
que danschaque quartier
de Rome un vingtième
de Soldats feroit la ronde pendant
la nuit; mais le Cardinal
Scocti, qui fait encore les
fonctions de Gouverneur,
ayant representé à Sa Sainteté
l'inutilité de cette précaution,
& que ce qu'on avoit publié
estoit une pure calomnie pour
rendre son Gouvernement
odieux, cet ordre n'a (fié
exécuté qu'uneseule fois., tg,
plusieurs vagabonds qui malheuresement
avoient répan-
,du ce bruit, ont estéfustigez.
Extraitd'une Lettre du Cardinalde
la Trempüillc, en
date du 30. Janvier.
Nousni fçdTjom tgeorerien
de positifdescfjjeiriide l'Empereusparrapport
aux Turcs. Le
Comte de Gdllds son Imbaffadeur
en cette Courfit demander
Mercredy dernierune Àudknce
extraordinaire 4 Sa SaintetéIl
l'eût lelendemain„ &sortitfort
tard. Le bruit s'est répandu -depuis
ce jour-là que ce Àdinijlre a
donné des nouvelles 'assurances à
$4•Sainteté de l'intention ou
lEmpereurIon Malin:si trotive
de decUrer bien-tofl UguerreA
ces infidelles Je nay point eu
lehonneur depuis quelques jours
de parler au Pape, j'ignore,en.
core U vérité de ce quis'est pajje
dans cette Audience sur ce;fu0,
&jedoutefort encore que tout
ce qu'on a dit, foit bien certain.
M. le Car.di.nJal OIrfsiinnyy rni'eefl pas
encore arrive*
D/Rome lepremierFévrier 17I6
Dernierement le Pape fit
faire en sa presence l'examen
des Evesques & nomma l'Abbé
Grity à l'Evêché dc\Fal.-
laro. t,
Sa Sainteté attend quele
Cardinal Orfiny foie arrive
,
pour tenir Consistoire, & y
declarer Son Eminence, Legat à vers l'Empereur. Cette
expédition tend à porter S. M.
Imperiale à declarer la guerre
auxTurcs. <
Dans la conjoncture presente
le Pape s'est flattéd'un
lecôars de huit Vaisseaux de
guerre de la part du Roy de
Portugal, & dans cette vue Sa
Sainteté a crée EvêquePrimat,
le Grand
-
Maistre dela Chapelle
de Sa MaJcltéJavec droit
de preséance sur tous les autres
Evêqucs de son Royaume.
Les Cardinaux continuent
d'envoyer de l'argent à la
Cbambre Apostolique, pour
l'aider à subvenir aux dépenses
dela guerre contre les Turcs
la moindre Comme est de
500. écus,outrecelle de1000.
écus que le Cardinal Camerlingue
a déjadonnée. Il a affigné
un revenu annuel de pareille
somme pendant tout le
temps de la guerre.
Mr le Chevalier Morosini
reçoit bien des hontiefferezdc
cette Cour;il a esté admis à
l'Audiance du S. Pere avec le
enapeau & l'épée, beaucoup
de per sonnes qualifiées l'ont
esté voir, &luy ont fait des
presents.
,
Le grand Prieur Ferretyest
party pour LIvourne, d'ou il
.pass'i}ra ensuite à Genes; il a
ordre du Pape de noliser dans
ces Phares , quelques Bâtimens
pour renforcerl'Escadre des
Galères du Pape.
Le Cardinal Patrissy a fait
un nouveau present à Sa Sainteté.
Il,consiste en quatre
grands
grands Tableaux du Guido.
qui represeten les quatre
Evangelistes.
D. Alexandre Albanya envoyé
au Cardinal Faraccioly
Prouvaire, un très- beau Rock
estmé deux cens écus, mais ce
Cardinal pour répondre à la
generosité deDon Alexandre,
luy a fait present d'un poëlcd'argent
& d'un réchaud de
même métal de la valeur de
huit censécus.
Le Pape a sign un ordre de
deux cens enquante mille écus
pour l'érection d'un Mont appellé
le Mont Fabrique,& un
autre ordre qui s'adresse au
Cardinal Alani, comme Preset
de la Congregati de la
Fabrique de S. Pierre
, pour
faireconsignerauTresorie ter de
la Chambce cent mille écusdes
deniers appartenans à ladite
Fabrique ,pour s'en prévaloir
dans les necessitezpressa
f; Le Chipicre de la Cathedralci
de Capouë a envoyé c
deux-Chanoines pourcomplimenter
le Cardinal Caraccioly
leur Archevêque,sur sa promotion
au Cardinatar; Son
Eminence leur a fai bien de
l'accueil&lesreçusenhabit
rougé.
Extrait d'une Lettre de Mr le
CardinaldelaTremoille,
du8.Février 1716.
Il paroijlqu'on ne peut plut
douter ig de la guerreentre lEmpereur
& la Porte; Çj-r sott que
ïAmbapadeurde ce Princesifoit
oppofi a la MiffiondeM leCar-
JdjinnaallddeessVrVrfrifntsnJs(oil que Sa Sain-
3
fott Sainteténe
doutant plus de cetteguer-
*te,croitfon*vûyâgr à Vienne inutile3
je crois que fin voyage si
bornera deson Atcbtvêchc 4 ROane.
On ne peut point avoir encore
de réponses des infiances que le
Pape afattes auprès des Princes ,
pour avoir des secours des Vaisséaux.
Je ne' vois cependantpas
faire d'autres démarchestpasmême
pour la garde des Cusses
,
ousi
onenfait, cela ne regardeque les
Milices des Pais^,car il ne meparoîtpasqu'on.
fangeà avoir quel-,
CjuesCompagnies debonne Cavalerircjui
feraient neçrjfairtsIpour
empêcher les defientes quise pourvoient
faireimpunémentdans plusieursendroits
del'Etat du Pape
sur tout du cofte du Gose Adriatique.
On fait icy les Comediesà
l'ordinaire. Sa Saintetéaeu ~t~
depeineàjeresoudre a les permettre
i mais elle a creu a lafin ne
devoir pas priver le Public de cette
Jatisfaflion
, ce qui auroit beaucoupoblige
tous les Romains
y
je
n'entendspas dire que cellequ'on
rapporte ait beaucoup d'applauiffiments.
C'cft tout comme
icy.
Les affaires qui font entre cette
Courçy leRoy de Sicile navancent
point. Ce Prince aifait lever
1 les ifcquejlres qui avoient ejlemis
* fiur les biens des Jefuites dans ce
Royaume,
DeVmfe le8.Février1716.
Le Prince Electoral de Bavière
arriva icy Lundy au foir,
il restera icy le Carnaval ,pasfera
de là à Bologne, Lorette,
Rome& Naples) d'où il retournera
à Rome après Pasques
,& de là se rendra à Florence,
où Ion ne croit point
qu'il y ait de difficultéde ceremonial
, parce qu'iln'en observe
aucun, voyageant fous
le nom du Comte de Trannits.
Oi a nommé icy deux
Sages de Terre ferme & deux
Sages des Ordres pour avoir
l'honneur de le complimenter
de la part de la République,&
de le servir pour parler à la
maniere du Répondant le réjour
qu'il fera en cette Ville,
Ce font Messieurs Girmani,
Canal, Justiniani & Pisani.
On attend aussi incessamment,
M. le Prince Electoral
deSa*e:qiii cO: déjàarrivéfut
la Frontiere
, & queuesbus
de ses Gens se trouvent même
déjàici, Samedy le Senat expediaun
Courrier à Vienne,
avec des ordres, àce que l'on
prétend, pour applanir toutes
les d;mcutccz faites par le Conseil
de Vienne au sujet de la
conclusion d'une Ligue contre
les Turcs. Il y a lieu cependant
de douter que l'on donne à ce
Prince une Place de seureté.
Ce même Courrier porte aussi
des ordres à cet Ambassadeur
sur quelques propositions d'accommodement
qui ont esté
faites à la Porte par le Minjistre
de la Cour de Vienne à Constantinople
; mais on dit- que
les demandes des Turcs font si
dures ,que l'on aura peine à
parvenir àcetaccommodement
& ce ne seroit qu'en
cas qu il n'eût point de succes,
que la Ligue se concluraroit.
Cependant quelques dures
que soient ces conditions
de la Porte, il semble que dans
la situation où setrouventces
Mssieurs ci,clles font encore
à préférer pour eux àla continuation
de laGuerre qu'ils sont
ttouteà faitnhors di'étatrde f.oû; M. le Comte de Schutembourg
partit Dimanche dans
la nuit sur un Vaisseau Anglois
pour se rendre à Corfou.
Il passera enfuire en Dalmatie.
Il a esté suivi cette semaine par
un grosConvoy demunitions
& de Troupes qui étoit arrêté
icy depuis cinquante jours par
lesvents contraires Il a même
péri pendant ce tems là un
très grand nombre de ces
Troupes par le grand froid &
par lamisere ; & quelques-uns
Ce trouvantrebutez Õéja& las
du service de Venise avoient
fait une espece de conjuration
contre leurs Officiers ;mais les
principaux Auteurs de ctte
sédition ontesté pris & châriez.
r)
Cependant on a bien de la
peine àlever des Soldats,& de
4. à500. hommes Allemands
qu'un Colonel envoyoit ici, il
n'en estoit arrivé que 18.le reste
ayant deserté en chemin
,
& même fort maltraité les
Officiers qui vouloient les
en empêcher.
M. Foscariny de Cariminy
a acheté une des Dignitez de
Procurateurs de S. Mare mises
envente; £4demain cette affaire
doit paflec dans le
Grand Conseil.
L'on a tié cette semaine la
Loterie établie l'année. derniere
de500. mille ducats.
Il y a si peu de concours q..e
l'on n'a pû faire que quatre
Lors de 300. ducatschacun.
C'est en tout 3600. ducats. 1
De Rome le iy Février 1716.
Les Cardinaux de la demiere
promotion s'empressent à
l'envi de faire de riches presents
au Pape; le Cardinal -
Scotti,Gouverneur de Rome
luya envoyéun grand Lnftrç
de cristal de roche &une Relique
de S. Charlesenchassee richement
& garnie de pierres
précieu Ces)il y a entre autres
ungros diamant au milieu de
la Chasse.
Jeudy on fit ies obfcques
du Roy Louis XIV. à S. Jean
de Latran, les Cardinaux de
la Tremoüille Gualteno
,
&
&Oaobont y assistèrent. L'O.
raison funt bré sur prononcée
par unJesuite; le General des
Dominicains fit faire aussi les
obseques de Sa Mijcfté
,
dans
l'Eglise de la Minerve
,
& ce
sur luyqui chanta la McflTe.
Vendredi de la semaine palfée
le Cardinal.Orfini arriva,
en cette Villeaccompagné du
Cardinal Albani,qui,par ordre
de Sa Sainteté
,
étoit allé audevant
4c luy
,
il le quitta à
Sainte Marie Majeure ,
après
quoy il prit la poste pour aïkr à
Soriano
,
où il passeralecarnaval.
Quant auCardioalOrsini,il
demeura une grosse heure ca
priere dans la Chapelle de la
Vierge de Sainte Marie Majeure,
de là ilfut àl'Egliseneuve;
où il resta encore longtemps
en Oraisondans laChapellede
S. Philippes de Neri; ensuire
il fut chez le Cardinal Marescottjde-)
à:uPabiArtrj.,voir
lavieillePrincessedecenorn^
après ces visites il se retira au
Convent de la Minerve, il y
trouva les Cardinaux Ferrari,
Altien&Vallemuni
)
dont Il
ne voulue point recevoir les
compliments qu'il n'eût vu
auparavant le Pere General.
Mardy dctnicr le Marquis
Camille mouruten cetre Ville
d'apoplexie, L'Abbé Montes,
Espagnolquia fait des écrits
pour soûtenir les dioitsduS.
Siege contre les prétentions de
k Courd'Espagne
,
&qnien
recompenseacûunCanonicat
de S. Jean de LatranViirnc
d'estre déclaré par Sa Sainteté
Archevêque de Seleucièinpartibus,
titrequ'avottleCardinal
Patriffi avant sa promotion
Outre cela le Papea fait prc*
sent audit Abbé Montes d'un
de ses rochers
,
d'une chap,
& d'une bague.
Le Pape a fait entendre au
Marquis Bichi, neveu du Cardinal
de ce nom, que s'il ne retourne
avec la Marquise Lanci
sa femme
,
ille fera mettrean
Château S Ange ; cet ordre
esté signifié réciproquement à
l'Epouse fous peine d'excommunication
en cas de d'tfobéïG riance.,
Tous les effers du Comte
Ordaschi,Ecuyerdel'Ambak
fadeurde Venise,ont estéinventoriez
ventoriez&saisis par laJustice,
pour raison du mauvaistraitement
dont on a parlé dans les
avis precedencs. L'Eglise qui
avoit i:fté foüillée du sang des
SEbirrves,aceqstéurebecnie.p.ar un
Le Saint Pere a fait augmenter
jusques à 100.xhevaux
laCompagnie des Cuiraiffers
de sa garde; elle doit
,
partir -
pour Apcone vers le commen-
*
cernent du mois prochain.
Dans la derniereCongrégation
Militaire il a esté résolu
de faire monter à cheval
-
les
Milices des Provinces de la -
Marche & de la Romagne
pour estre distribuées sur les
Plages desdites Provinces.
Le CardinalOrsinieue audiance
du Pape Dimanche dernier.
Sa Sainteté luya envoyé
un present de comestible.
Le Carnaval qui dévoie commenceraujourd'huy
en cette
Ville,ne sefait point cectc année
à l'ordinaire
,
lambassadeur
de l'Empercur n'ayant pas
voulu permettre quela Cavalcade
des Tribunaux,qui sefait
encette occasion,passât devant
son Palais, à cause de laSbirrerie
qui la fuit, asosi le Pape
a deffendu les Masques..
Extrait d'une Lettre du Cardinal
de la Tremoillc,
1.
du15.Février17I6.
On continue à compter ici sur
la Guerre-entrelempereur &la
Porte par les préparatifs qui se
font àpaïenne.Cependantle Refirent
de ce Prince ejiencore à Con..
fiantinople.
Sa Soinuté ajugé a propos de
rrtraneher iey la plusgrande par.
tie du Carnaval yen retranchant
les Masqua;on ItttribuëaussicelA
aquelques incidentsquipourroient
arriverauonefikicnaifed'éviter..
M. Morosini si donne ici beaucoup
de mmvtmmt & avec rAi.
fin
j car le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche infcn.
jib/tmflnt e les Turcs enjIeK de
leur viBoire ne s'endorment pas.
-
De Venistle 14. Février 17IC.
M. le General Delphip a
écrit une longue Lettre au
Sénat pour l'informer de la
sïtuacion ou se trouvoicnc
les affaires de la Guerre dans le
Levant, & pour demander que
l'on y envoyé promptemenc
des secours & des munitions
de Guerre) & principalement
des vivres dont onmanquoic
à Corfou. Il ne sçavoit pas
encore qui devoir efhe. son
SuccefleuriM le General Emo
a aufliécrit de Dalmarie& demande
pareillement toutes
sortes de secours. Il a joûte que
les Turcsavoient profité de la
gelée, pour passer lesMontagnes
du Prolaco, qu'ilsavoient
fait une course dans la Dalmatie1,
où ils avoient cau seune
grande terreur ,
& qu'ils
avoient emmenez un grand
nombre de personnes cnefclavage.
Ce General s'etf rendu
à Spalacro pour recevoir le
Convoy, parti dernicrcment;
chargé de quelques Troupes
& de munitions.
Le Senat a ordonné que ceux
des Officiers généraux qui ont
servy la derniere Campagne ,:
&qui ont esté rappeliez,eussent
à se consticuer dans les
prisons pour rendre compte
de leur conduire;M. le General
Delphin n'est point excepté
de¡ cette règle ; les Inquisiteurs
pour s'informer de ce qur
s'est parte pendant cette Campagne,
examinent& interrovi
genttresexactement tous les
Particuliers qui arrivent du
Levant, tant sur ce qu'ils ont
vu,queluice qu'ils ont entendu
dire, mais tous ces interrogatoires
n'aboutiront à rien.
Le Patron d'une Marfilianc
chargée de Troupes
,
lequel
estoit parti avec le Convoy
qui fit voile de Venise la femaine
passée,aefté obligé par
ces mêmes Troupes de les porter
à Trieste où elles sont arrivées.
Les Soldats se font revoltez
contre leurs Officiers
les ont tuez, &refusent de servir.
Il arrive très souvent de
Semblablesémeutes, qui proviennent
autant dela faute des'
Officiers qui veulent profiter
sur les Soldats, que dela ré--
pugnance que ceux. cy ont à
servir. -,
Il est aussï arrivé un autre
malheur dont on aesté confirmé
cerre semaine
: un Vaisseau
qui venoit de Hollande chargé
de poudre, de salpêtre
, &
d'aurres choses fénlblblcs;
pour le compte de la Republique,
cil péry sans que l'on
aye pu rien sauver.
La Republique a fait demander
la permissîon de lever des
Chevaliers de S. Lazare pour
estre
estre à son service. Ils auront
la gauche des Chevaliers de
Malthe; on ne sçait pas encore
quelle réponfc on leur fera.
De Turin.
On mandede Turindu ij.
du pasle, que les preparatifs
que l'on fait en ce Pays-là,&
dans tout le Piémont
e
donnoient
lieu de croire qu'on
estoit à la veillé d'une grande
Guerre, car outre les recrues
qu'on faisoit
, on didtribuoit
des commissions pour de nouvelleslevées,&
des Ingenieurs
font partis pour aller munir&
fortifierles Places dti..M,Qne';'
Ferrat, donc l'Empereur prétend
se mettre en possession,
&en cas qu'il attaque ce Pays,
le Roy de Sicile prendra à sa
solde 10000. hommes des
Troupes de France,& on ne
parle plus d'envoyer des Troupes
Plémontoises en Sicile. [.
DDeCe aCJ~ixdi,le*'pleremier.Matsi
DESCRIPTION4 i
de la PomPt Funebre
deLamXIV. r
Le sieur Robin, chargé des
affaires du Coniulac de la Nation
Françoise
,
& les autres
Negocians François establis à
Cadix ,ont fait leurs efforts
pour rendre,à la mémoire de
Loüis le Grandles honneurs
qui luy font deus. '': r.
Ils ont fait ériger un va(le
Maufoléc dans le grand vaisseau
de l'Eglise de S. François
decetteVille. Il paroissoitêtre
d'un beau marbreazur&blanc
doré dans tous ses ornemenrs.
Il estoit de cinquante-un pied
de haut, survingt-quatre de
base.
Quatre pieds d'estaux terminoient
les quatre angles d'un
grand socle & portoient chacun
une pyramide chargée de
flambeaux, seméed'unegrosse
fleur-de lys dorée;douze grandes
colomnes,le tiers avec un
demy relief doré & disposées
de trois en trois sur les angles
du socle, supportoient un entablement
quarré enrichi d'une
belle corniche char gée dans
ses quatre faces des Armes de
France en gros relief avec une
riche Couronne. De Itenrablcment
s'élevoit un grand dôme
octogone accompagnéde quatre
grandes Statuës qui tc-j
:
noient une Couronne, un Sceptre
,une Epée, uneBalance
, dorées;quatreAnges l'encensoir
à la main,& quatre grandes
urnes doréts occupoient
huit vuides du dôme;il étoit
terminé par une Mort qui paroissoit
avoir arraché plusieurs
tiges de fleurs de-lys d'une
plante ,excepté une, avec ces
mots:PluTlbus avulsis non d(ftcil
alter; & aux pieds de laMort
estoit un trophée d'armes. &
d'étendarts qu'elle souloit. Enfin
entre les douze colomnes
ont découvroit sous un pavillond'un
riche damas noir ouvert
par quatre endroits, un
magnifique cercuëil couvert
d'un tapis de velours noir en
broderie d'or. Deuxcarreaux
de même estoient posez sur le
devant chargez d'une Main de
Justice & d'un Sceptre doré
passez en fauroir & d'une riche
Couronne. Les quatre faces
estoient semées de fleurs-de-lys
& la premiereestoit occupée
par un grand Ecu de Franceen
gros relief doré avec la Couronne
demême; quatre pyramides
garnies de flambeaux
éclairoient le cercuëil & le desfous
de l'entablement.Tous
lesbords dusocle & des coraidhes,
les pyramides, tout le
dessus du dôme estoient couverts
de cire blanche, tous les
Autels&tout le contour du
dedans de l'Eglise en ettotenc
également chargez.
- On a osé entreprendre de
ttoceraux yeux duPublic quelques
traits de la vie dece Monarque
aussi respectable par sa
pieté éclatante envers Dieu,
qu'il sur grand devant les hommes
par ses actions inoüies.
Les soubassements du Mausoiée
representoient douze
grandes faces.
La première representoit le
Roy mettant la Couronnesur
la teste de deux Princes de son
Sang, l'un grand,& l'autreencore
Enfant, avec ces paroles t
Secundam Cm tertiam coronavit
generationem; & une Renommée
qui mettoit au Royune
Couronnede lauriers, avec ces
paroles:Fatis vita cejjit9sed[d;"
tnâ gesta manebunt. :
La seconde representoit la
Mort qui renverfoic aux pieds
du Roy plusieurs jeunes Princes,
avec ces paroles qui marquoienr
la confiance du Prophere
Job: Fihos dederat mihi
Domious, DominusMnlit*
;
La troisiéme representoit
un Soleil éteint surla fin de sa
cour se,&une grande Etoile
naissante vers ~l'Ouent, avec ces
paroles: Minor )fd non eriL
tmpar.
La quatriéme representoit
une Couronne,contre laquelle
plusieursmainstiroient de toutes
parts des flêches, avec ces
paroles: Mille, ad illamautem
nulla appropinquavit.
La cinquiéme representoit
un Phoenix qui se brûloit sur
un bucher, & un autre jeune
Phoenixau- dessusnaissantd'une
nuë,avec ces paroles:IA
dlterorevivifeam:
•*; JJ,:
La sixiéme representoitun
Hercule qui scioituneMontagne,
avecces paroles:Milta.
planos fecit.- - 1
La septiéme representoit
encore un Hercule, & d'un
côté deux Combattants,qui
aprés avoir jeetez leurs cpecs
en l'airs'embrassoient; de l'autre
deux Lyons affrontez chacun
avec un mord à la bouche
avec cesparoles:Cuello,solus
quifroenum posuit. - La neuviéme representoit
lesneuf Muses qui pleuroient
autour du Roy étendu &cou..
ronné de lauriers,avec ces pa.,
roles: MUftt! nosterobiit j4polio.
La dixiémerepresentoit un
Berger melancolique gardant
un grand Troupeau, avec ces
paroles:Fletemcoe Lodoicum extinctumflet?
cAffclloe.
-': La onziéme representoit
un. grand Aigle qui prenoit
l'effort vers l'Orient ,portant
un Livre des Evangiles à son
bec, accompagné d'une foule
d'Aiglons;&un autre de mèr
me qui voloit vers le Couchant,
avec ces paroles:Ab
gOrieentleiaud omccasum. misit Evan- tn t Evan.
La douzièmerepresentoit la
Mortqui retwerfon d'un seul
pied une grande Tour & une
Chaumicre :Æquopedepulsat
paupemm tabernas
,
RrgumfJ!lt
turres.,Í -
Toute l'Egliseestoittapisfée
de noir, &de part & dautre
les Tapisseries furent ornées
de douze grands Tableaux.
Le premier representoit le
Roy donnant la main au Roy
& à la Reine de la Grande Bretagne,
accompagnez duPrince
& de la Princesse de Galles, &
achevants de descendre d'un
Navire, avec ces paroles: Reges
Regno Patriaque passospif*
cepit befpitio.
Le second representoit le
Buste du Roy avec un Trident
au dessous , présidant à la
jonction de l'Océan & de la
Mer Méditerranée, qui après
avoir nv.fle leurs caux, alloient
arroser un grand Globe, avec
ces paroles: Nomenejus currit
sicunt unda per orbem.
Le troisiéme representoit
le Roy cuirasse, qui d'une main
ébranloit un arbre chargé de
Pommes d'or
, autour de
l'ar brc estoient representez
ks beaux Arts sous la figure
deFemmes qui travailloient à
divers ouvrages; une Renom.
mée mettant une Couronne de
lauriers sur la celle du Roy,
avec ces paroles: Non minus
ac armis,artibus astra petit.
, Le quatriéme representoit
un Hercule,assommant avec
sa massuël'Hydreà sept tcfics,
avec ces paroles: Hoerejim ex-
ItrpaVtt è regno.
Le cinquiéme representoit
lesAmb)(fadeursdeSiam&de
Pet se,offrant leurs Prcfcns au
Roy sur son Trosne,avec ces
paroles: Ab Oriente venerunt
ut 'tJidtret gloâam ejns*
"i Le sixtémerepresentoit le
Roy à l'entrée du College des
quatre Nations, & un grand
Trophée d'armes à sespieds,
avec ces paroles Puguuuit ut
David, adtficaitit utSalomon. ,,..
Le septiéme representoit le
Roy à costé de tHoRet des
Invalidesn & une Compagnie
d'Officiers qui y entroit, avec
ces paroles: Invalidisquoesivit solatium.
Le huitiéme representoit
une Foy voilée, couronnant
le Roy étendu à sespieds,avec
ces paroles: Vere meus hic sir
lius IrAt.
Le neuviéme representoit
le Roy tenant entre ses mains
nostre,jeune.Monarque qu'il
estroit à Dieu à l'entrée d'un
Tabernacle, avec ces paroles:
Unum.petit 4 Domino., ut si
fortis in fide pArentum» !
- Le dixiéme representoie
l'Espagne sous la figure d'une
Femme, donnant la main à la
France fous lafigure d'une
jeune Fille affligée, avec ces paroles:
Soron non deficiam.
Le onziéme representoit un
grandVafc chargé deFleursde
Lysflêtries & abattues
toutes autour du Vase, exceptc
cepté deux qui s'élevoient au
milieu, une passant au travers
d'une Couronne de France,
& l'autre au travers d'une
Couronne d'Espagne ;.'-un
Ange les arrofoit avec l'huile
de la Sainte Ampoule , avec
ces paroles: Darabunt in fudlvitatem
odoris.
Le douziéme representoit
un Phaëton couronné -de
France ,porté dans le Char
du Soleil semé de Fleurs-dc-
Lys; une nouvelle Etoile d'un
grand éclat luy marquait la
route qu'il devoit tenir, avec
ces paroles; Auredia. Régente
luce a via non aberrabo.
1 Le Chapitre de laCathédrale
vint chanter une grande
Mené en Musique; toutes les
Communautez Religieuses y
vinrent à leur tout, ensuite
les Prestres de l'Ordre de S.
François occuperent tous les
Autels de l'Egliseen unmême
temps, & le Service se commença
au bruit des cloches de
toutes les Eglises de la Ville
qui avoient déjàsonné dés la
veille pendant l'Office des
Morts qui fut chanté. L'Oraison
funèbre fut prononcée
enEspagnol:MleGouverneur,
le Chapitre, les Prélats des Ordres
Religieux & toute la Noblesse:
honorercnt cette Pompe
funebre de leur presences
Ce
-
furent là les marques
extérieuresd'une douleur trésintimede
la Nation Françoise,
qui pour estreéloignée de sa
Patile,n'enaestéqueplusvivemencamigeelEMe
puise toute
sa consolation dans le bonheur
de voir la précieufc vie du
Monarque que le Ciel luy a
reservé, entre les mains de
Spn Altesse Royale Monfeigneur
le Duc d'Orléans,dont
l'habileté
,
la prévoyance ÔC
le génie superieurreconnus de
tout l'Univers, sont desassurances
certaines que son regne
ne fera pas moins formidable,
heureux & glorieux que l'a
cfié. celuy du Grand Roy que
nous venons de perdre.
On mande de Marseille du
2,8. du passé qu'il y estoit arrlvé
un Bastiment venant du Levant
,
lequel a assuréqu'àSmirne,
d'oùil venoit, il yavoir en,
core vingt Bastimens Turcs de
toute grandeur, prests à mettre
à ta voil e; & qu'à Alexandrie
oùil avoitmouille en revenant
pour y charger des marchandises,
il yavoit aussi quatorze
Bastimens dans le Pote
qui n'attendoient. que les or- -
dres delaPorte que les Turcs
assiegeroient Corfou
, pour
ensuitealler plus loin, du côté
de rltalie., & qu'ils assuroient
que leur Armée navale seroit
deplus de quatre cens voiles, •
y compris les Corsaires de
Bar barie, & qu'ils comptoienc
avoir plus de quatre cent cinquante
millehommes de troupes
de terre.
', Les dernieres Lettres d'E
cosse ne pottoient ricn deremarquable,
sinon que les
Troupes du Royavoient fait
un nombre considerable de
prisonniers sur les Mécontents,
parmi lesquels il yavoit
plusieurs Officiers Irlandois
-, Anglois,& merne quelques
François.
Onmande de Londres du
deux de ce mois, que le pre
mier
,
le Royenvoya ordre
au Gouverneur de la Tour
, de livrer les six Seigneurscondamnez
entre les mains des
Scherifs, qui receurenten même
temps l'ordrede les faire
executer le sept sur la Place
l-,
prés de la Tour, le Régiment
des Gardes Cavalerie
, commandé
par le Duc d'Agyle,
& desdétachementsdes Gardes
à pied, & à cheval devoient
estre fous les armes au lieu de
l'execution pour empêcher la
populace de se soulever. Le
Dirécteur de l'échafaut avoir
déjareceu ordre d'en faire un
sur lequelily eût six billots,
pour couper la tête aux six
Seigneurs en même temps.
Les Lettres de Londres du 6.
ne font mention que des adresses
presentées au Roy & des
remerciements qu'il a fait aux
Chambres, &c. Le 5.les Communcs
lurenr pour la troisiéme
fois le Bill pour punir les mutins,
&c. & M. Pultney, Secretaire
d'Etat fut dépêché
pour le porter aux Seigneurs,
ensuite lesDames Epouses des
Seigneurs condamnezaccompagnées
d'autres Dames du
premier rang, se presenterent
à la Barre avec une Requeste ,
pour Supplier la Chambre de
vouloir interceder auprès du
Roy,& le prier d'accorder à
leurs époux un repir Cette
Requeste ayant esté prise par
un
un Membre pour en faire la le-
Ctute,M.Walpoi proposade
s'ajourner pour quelquesjours;
il fut secondé par pluficurs
Membres qui ne vouloient pas
nonplus entendre parler de ré
pic , disant que cesaffaires ne
passoient pas presentement,&
que laChambre devoit s'ajourner;
mais ceux qui estoient d'opinion
délibercrent, fut cette
Requeste
)
& representerent
¡,'lue cette affaire estoit de si
grandeimportance, qu'elle
meritoit bien l'attention de la
Chambre ; ils proposerent
>
d'ordonner que la Icâurc en
seroit faite pour dekberetfut
ce sujet ;mais contrela premiere
proposition cftok pour
s'ajourner
, jon délibéra sur
cela
, ce qui donna lieu:à-de
grands débats PQl)r& contre ;
mais enfin, à laoplurpluéde
161. voix tt contre^ijj. la
question passa à IJffillnatjve
& la Chambre, s'ajourna la'
huitaine,croyant qu'avant cc
temps-la l'ececution des six
Seigneurs seroit ; faite; mais
,ccsDansesayantprefentéune pareilleRequêteauxSeigneurs,
elle fut receuë, & la lecture
en ayant este faite ,onmit en
,
délibération
,
sçavoir si on
priveroit le Roy de vouloir accorder
un répit aux six Seigneurs
condamnez; il y eût
surce sujet de grands débats
& plusieurs beaux discours
faitspour contre;mais enfin
par la pluralité de dix voix
l'affirmative l'emporta, & on
résolut de presencer uneAdresseau
Roy pour cela. Ensuite
le Lord Stanford proposas'il
: ne seroit pas à propos de limiter
le temps, que le Roy devoit
accorder à ces criminels
dans cette adresse ,& ledébat
recommença ; d'un cossé on
soûtenoit qu'on ne devoit pas
limiter le temps; mais qu'il falloit
laissercela à la volonté du
Roy & les autres soutenoient
qu'il falloit le limiterparer que
le Roy pourroit accorder un
telrépit,que ICI jugementcontrecescriminels
ne feroit pas
executé. Enfin il sur résolu
que le temps seroit limité pour
un mois Le Roy pre":
voyant que dans le Conseil &
le Parlement,les opinions sont
partagées sur la question sçavoir
si le Roy est en droit d'accorder
grace aux six Seigneurs
condamnez, S. M. aremis
cetrarjàfïauc au ParlêfrVent &
ditàMadama de Dcrw'-e
jvatccr :Madame 9jefuisfâ-
,hé Je re érÁJ
,
uche.Jenaîtreérut, aAcclrkerjjffîl'%{--''VV(oMu$$ -.rlellUn,t..8-.- -- Il est certain que le Prince
de Galles a donné sa voix en
efyeur des Condamnez, & bien
des gens ont cru que cesSeigneurs
ne feroitntpastraitez
àlarigueur.
: Le General Gordon sest
retiré dansles montagnes avec
zooo. hommes d'Infanterie
, 1 & les 500. chevaux qui s'étoientséparez
de ce General
continuoient le long de la
CoLtcA beaucoup des princi
paux rebelles venoient se COLI-C:
mettre. 11
On mande de Londres du iz
de ce mois qu'on y avoit receu
des Lettres de L sbonne du 14.
Février par lesquellesonavoit
appris que le Tribunal de l'Inquisition
s'estantassembléà
Ibora
,
avoit condamné à
mort soixante personnes, dont
la pluspart estoient Juifs, qu'-
on devoit aussi s'assembler en
cette Cour pour juger plusieurs
personnes accusées d'être
heretiques; que le Roy de
Portugal avoit remis le voyage
qu'il avoit rcfolu de faire
au Printemps prochain dans
plusieurs Cours de l'Europe,
a un autre temps; qu on y avoit
aussi reccu avis de Cadix
que le Capitaine Paddon qu'-
on avoit envoyé auprés du
Roy de Maroc pour y negocier
la Pux avec la grande Bretagne,
n'avoit pasréüssi;qu'on
y avoit encore receu avis que
les Bar bares bâtissoient dans
tous leurs Ports, des Vaissteauix
poeur piranter sursles Ch.rê- Ces mêmes Lettres de Londresajoutent
que les Membres
duCollege de Dublin avoient
procedez à l'élection d'un
Chancelier à la place du Duc
d'Ormond qui est en France,
& qu'onavoit mis en sa place
le Prince de Galles; qu'ony
avo receu des Lettres d'E.t
dimbourg du 3. de ce mois,
qui portent qu'on y avoit eu
avis d Yvernesse,que le Marquis
de Huntley & le Lord
Rollo avoient écrit des Lettres
au Comte de Surherland,par
lesquellesilsoff oient de se soûmettre
avec leurs Vassaux à la
clemence du Roy, mais que le
Comte - de Sutherland leur
avoit demandé aussi bien qu'-
u: Comte de Seaford
,
de se
remettre entre ses mains, jusqua
ce qu'il eut receu les ordres
de la Cour , ce qu'ils avoient
rcfufé
,
disant qu'ils
vouloient auparavant estreassurez
de leur pardon, & s'étoient
retirez dans les montagnes
: cependant ils avoient livré
leurs Chasteaux entre les
>
mainsdes Trotipes du Roy,&
avoient congédiezleurs forces
avec ordre de se retirer chez
eux. Le Comte Maréchallavec
la Cavalerie des Mécontents
avoic joint le General ordon
dans les montagnes,ou Il s'étoit
retiré avec les Clans; où
on dit qu'ils fonr plus de trois
mille hommes dans le dcflfeiti
àce qu'oncroit, de fc faite
acheter, comme ils firent du
temps du Roy Guillaume, qui
leur VOIt. accordé unepenfionannucllc
de quatre mille
livres ster lin,pour mettre bas
les armes, mais qu'il y avoit
apparence qu'ils ne riiïflir dienc
pas, la conjoncture presente
des affaires du Roy ne leur
estant pas si favorable qu'elle
Testoit alors, à cause que le
Roy Guillaume estoit obligé
de soûtenirla guerre en Irlande
& en Flandres,ayant besoin
de ses Troupes.
Le Comte de Nottingham
s'estdémis de la Charge de
President duConseil
,
le Comte
de Aylesford son frere
,
de
celle de Chancelier de Lancaftet
, & le Lord Guernsey
son fils,de celle de Garde des
Joyaux de la Couronne. Le
sujet de leur disgrace vient de
ce que ces deux Seigneurs ont
toûjours esté dans le parti des
Torris
, ce qu'ils avoient fait
connoîcre lorsque les Seigneurs
condamnez presenterent
Requeste à laChambre
des Seigneurs pour les prier
d'interceder auprès du Royen
leurfaveur
, en faisantmême
des discours par lesquels ils
prouvèrent qu'il n'y avoir au."
cune Loy qui orac au Roy le
pouvoir de faire grâce à un
criminellors qu'il estoit condamné.
< Le Roy a démis le Lord
Dundonnel de la Charge de
Capitaine de la quatrième
Compagnie des Gardes du
Corps Escossoises, auquel il a
fait donner dix mille livres
sterlin pour lerembourser,
voutant enfaire present au
Comte de Suthcrland pÓUfle
recompenser de ses bons services
contre les Mécontents, &
on dit même qu'il luy a écrit
une Lettre sur ce sujet.
-
Enfin pendant quelques
jours on a esté fort intrigue
pour sçavoir la destinéedes 11x
Seigneurs condamnez;ce ne
fut que Vendredy dernier au
matin qu'on fut informé de
leur fort,qu'un grosdétachement
des Gardes à pied, des
Grenadiers àcheval & des
Compagnies des Gardes du
Corps alla sur la place prés de
JaTQurJ où l'échaffaut eftoic;
dresse
, pour assistier à l'execution
du Comte de Derwcentwatter,
du Vicomte de Kenmure,
&du Comte Nitsdale.
Ce Détachement forma trois
cercles à l'entour de Péchafaud
; le premier estoit des
Gar desà pied, le second des
Gar des du Corps,& letroisiéme
dei Grenadiers à Cheval.
Sur les onze heures on amena
le Comte de Derwentwatter
dans un carrosse à la place de
l'execution , & l'ayant fait
monter, sur, l'échafaud il parla
quelque tems, &ayant leu un
écritete remu entre les mains
du Scherif
, en lue. disantde
prenne bien garde, en le rendanr
public,d'yajouter ou diminuer
quelque chose
, parce
qu'il en avoir donné un templableàune
per sonnedeconfiance,
qui nemanqueroiot pas
de les confronter; & après
avoit eite pendant quelque
tems en priere il se mit luymême
sur le billot, & il fut décapité
au premier coup de hache
que leBourreauluy donna.
Ensuiteonrojrna le Vicomte
de Kenmure qui monta fore
hardiment sur l'échafaud
,
ik
on peut dire deceluy-cy qu'il
mourutavec toute la fermetéduplus
grandHeros.Lorsqutil,
sur sur l'échafaud leSeherifluy
demanda s'il avoit quelque
chpfc-aJitc ajoutant qu'ille
pouvoit faire; mais ceSeigneur
luy répondit avec une grande
fermeté, je ne fuis pas ici pour
parler,nîait pour mourir;il
fut exhortépar deux Minis- !r tres &' parut mourir fort resigné
& fort repentant;il em-î.
brassa plusieurs de ses amis qui
estoient ;sur l'échafaud en leur
disant adieu ; mais particulierement
à un de les fils qu'il
baisa
baisa plusieurs fois *, auquel il
donna de sa main sur l'épaule,
& se mit surle-billotoùle
Bourreau luy emporta la teste
en deux coups de hache, & la
montra aux spectateurs,comme
il avoir fait de celle du
Comte deDerwencwatccr,en
criant voicy la tested'un traître
; mais il ne donna point d'écric
au Scherif. Le troisième
qui devoit estre exécuté estoit leComte de Nithisdale, mais
le soir auparavant Madame sa
femme avec deux autres femmes
qui e stoient allées le voir
dans sa chambre dans la Tour
ayantdescapottes, l'babille
rent en femme, & luy donnerent
une capotte ,
& le firent
sauver entre les sept & huit
heures du soir; les Gardes s'en
apperçûrent quelque- tempsi
après, mais il estoit hors de la
Tour, & les femmes aussi, ex-i
cepté Madame sa femme,quE
dit à l'Officier qu'on pouvoit
faire d'elle ce qu'on voudroit,
l'Officier fit arrester les deux
Gardes qui estoient commis à
la garde du Prisonnier, &envoya
en avertir le Roy, qui
envoya aussitost ordre par un
Officier de doubler les Gardes
de tous les Prisonniers ,& de
les tenir plus serrez;depuison
ne laisse pas entrer dans l'enceinte
de la Tour aucun carrosse,
ni aucune femme avec
des capottes; les trois autres
Seigneurs condamnez ont un
répit , les uns disent jusqu'à
Vendredy
,
& les autres jusqu'au
Mercredy septiéme du
prochain mois.
On a depuis trouvé dans
la poche du Lord Kenmure,
copie d'une Lettre qu'il doit
avoir écrit au Prétendant, par
laquelleilluy marqueentr'autres
chosesqu'iln'estpasfâche
de mourir pour sonservice
mais qu'il auroit souhaités
avantcela dele voir sur le
Tr ône de ses ancesres&le
pried'avoir foin de sa femme,
& desesenfans,&c.
Voici ce que contient en
substance l'écrit que leComte
de Derwentwatter remit sur
l'échafaut aux Scherifs ; que
devant paroistre dans peu de
minutes devant le Tribunal
de Dieu, il demandoit pardon
de tous ses péchez & esperoit
d'y trouver grace; il demandoit
pardon àtousceuxqu'il
avoit pû scandaliser , en Ce
consessant coupable dans son
jugement, ce qu'il n'avoit
fait qu'à la persuasion de certaines
personnes;mais qu'il
reconnoissoit qu'il avoit en
cela violé sa fidélité
,
n'ayant
jamais reconnu d'autre Roy
légitime que le Roy Jacques
HT. qu'ilavoir esté dés son
enfance d'inclination à le
servir ,y estant porté par un
amour naturel pour sa per sonne
,
le connoissant capable de
rendre son Peuple heureux &
y estant obligé par les Loix divines
& humaines;qu'on luy
avoir proposé des moyens de
sauver sa vie ,
mais qu'il les
avoit rejetté comme incompatiblesà
l'honneur&à la conscience,
preferant de mourir de
toutes fortes demorts,plûtôt
que de faire une action lâche
& indigne, qu'il auroit souhaité
que la perte de sa vie eût
pû contribuer au service de
son Roy & de sa Patrie,& au
rétablissement de l'ancienne&
fondamentale Constitution de
ses Royaumes,sans quoy ils
ne pourront jamais avoir de.
paix durable & de veritable
bonheur; qu'il prioit Dietf
d'accorder ce bonheur à sa
chere Patrie, & d'accepter sa
vie comme un sacrifice qu'il
luy en faisoir
,
qu'il mouroit
Catholique Romain, pardonnant
même à ceux du Gouvcrnement
presenrquiavoient le
plus contribué à samo rt.
!
Etparapostille.
Que si le Prince qui gouverne
aujourd'huy ,luy avoit
donné la vie, il se seroit -cru
obligé dene jamais plus prendre
les armes contre luy.
Les corps deces Seigneurs
ont esté embaumez ,celuy du
Comte de Derwentwatter est
party pour d'imon dans laProvince
de Northumberland
pour y estre inhumé dans le
Tombeau de ses Anc-cflrcse&
celuy du Vicomte de Kenmure
cft aussiparty pour l'Ecosse.,
Il On mande de Strasbourg
du 27. du passé qu'on y avoit
arrêté plusieurs Particuliersde
cette Ville, pour avoir,contreles
deffenses, fait passer de
l'argent deFrance dans lesEtats
d'Allemagne, & que la Revûë
des Troupes qui sont dans cette
Province, étoit fixée au 20.
de ce mois.
Le neuf on y asaisi deux
, caisses
caisses qui passoient dans l'Empire,
remplies de loüis d'or au
coin de France;ces caisses estoient
dans des balots de laine,
& on ne les a arrestéesquepar
soupçon.
e Les dernieres Lettres de Genes
portent, que le Senats'assemble
presque tous les jours
pour trouver le moïen de donner
satisfaction à l'Empereur,
dont les Troupes qui sont entrées
sur les Terres de la Re-
9publique, vivent à discretion,
& s'avancent vers cette Ville.
On a renforcé les Garnisons
deSavone& de Final
,
sur l'avis
qu'il marchoit desTroupes
Piémontoises dececosté-là.
On recommence à direque
les Cantons SuissesProtestants
fc sont enfin determinez à envoyer
une Députation à la
Cour de France.
, De Paris.
Le premier Dimanche de
Carême, premier jour de ce
mois, Madame la Duchesse de
Berry se rendit à l'Eglise de S.
Sulpice sa Paroisse à trois heures,
escortée de ses Gardes du
Corps & detoute sa maison.
Vingt. quatre de ses Gardes
s'estoient emparez du Choeur
où ils resterent pendant le Sermon,
Vêpres, & le Salut, ran- -
gez enhaye. Cette Princesse se
flaça au milieu du Choeur,
ayant devant son Prie-Dieu à
sa droite M. l'Abbé de Castres
,
M. 1.Abbl de Rouget,
M. l'AbbédeParthenay,M.
:rAbbé d'Avejan ses Aumôniers.
Derriere son Prie-Dieu
çessoit M. le Marquis de Coëtenfao,
son Chevalier d'honneur
,M le Marquis de la Rochefoucauld
,
son Capitaine
ttks Gardes, M. le Chevalier
d'Hautefort son premier, Ecuyer.
Sur sa droite Madame
la Duchesse de S. Simonsa
Dame d'honneur,MelaMarquise
dePonssa Dame d'atour.
Sur sa gauche Me la
ComtessedeClermont,&M
la Marquise de Beauveau, se
Dames du Palais.A l'.cOt,réc.
sortie de cette Princesse les si
fres & tambours de (es Cent-
Suisses battirent au champ.
Le il* de ce mois M. le Marquis
de Montsoreau accompagne
de M. l'Abbé de Sourches
son frere
,
Aumônierdu
Roy & Evêque de Dol
,,
allerent
chez le Roy luy apprendre
la mort de M. le Marquis
deSourches leur pere. Ilsallerent
ensuite au Palais du Lu?
xembourg chez Madame la
Duchesse deBerry
,
& au Palais
Royal chez Madame, chez
Monfiear le Duc & chez Madame
la Duchesse d'Orléans.
Le mêmejourl'Envoyé Extraordinaire
de Parme eut Audiance
de congé du Roy,de
Madame la Duchesse de Berry,
de Madame
)
de Monsieur le
Duc & de Madame la Duchesse-
d'Orleans.
Le 12.Madame la Duchcfse
deBerry sortit de sonPalais
de Luxembourgà neuf heure
du matin pouraller à laChasse,
accompagnée desPrincesses&
Dames de la Cour, toutes vé
tues en Amazones.
Le Roy a donné l'Evêché de
Troyes à M. l'Abbé Bossuer,
neveu de feu M. l'Evêque de
Meaux:celuy de Lescar à M.
l'Abbé de la Caffane : l'Ab"'j
baye de la Reau, vacante par
la mort de M. l'Abbé Desalleurs,
à M. l'Abbé de Mommont
Aumônier de fcuë Madame
la Dauphine; l'Abbaye
de Galhac Diocese d'Alby, à
M. l'Abbé Coriolis, Aumônier
de feu Monseigneur le
Duc deBerry.
M. le Gendre cy devant Intendant
de Montauban a esté
nommé à l'Intendance de Pau
icn Bearn.
Le Roy quitta Mardy3. du
courant le grand deüil, & prit
le petit il a commencé à porter
les pierreries de la CourontOc,
&il a un just-au corps dont
les boutons font deDiamans
Sa Mdjellé mangea ce jour là
pour la première fois en pu-
[bbe avec les Princes on die
la Cour retournera à Vincennes
après les Festes de Pafqucs,
parce que l'air y est plus
fain.
"t,
- M. le Prince Charles de
Lorraine a eu la survivance. de
Grand Ecuyer de France. 1
f'
Le17.M.lePrince dePdns<
accompagné du Marquis de
Magny
,
Introducteur des
Ambassadeurs, vinrent avec le
carosse du Roy prendre M.le
Comte de Ribeïra
,
Lieutenant
General) Grand Maistre
de l'Artillerie,& Ambassadeur
Extraordinaire de Portugal,
en son Hôtel ,& le conduisirent
à sa premiere Audiance
publique de Sa Majesté. Il
trouva à son passage dansla
place du Carrousel les Compagnies
cles Gardes Françoises,
& Suisses fous les armes, les
tambours appellants ; dans la
cour les Gardes de la Por re , &
ceux de la Prevoste
,
aussi en
haye, & fous les armes à leurs
portes ordinaires. Il fut receu
au bas de l'escalier par M. le
Marquis de Dreux
,
Grand
Maistre des Cérémonies,&
par leS1 Dcfgranges, Maistre
des Cérémonies
,
les Cenc
Suisses estant sur l'escalier la
Hallebardeà la main; il suc
receu en dedans de la Salle des
Gardes du Corps, par M.le
Duc de Charroft Capitaine
des Gardes du Corps
, qui
estoient en haye",& fous les
armes. Aprèsl'Audiance il fut
reconduit par M. le Marquis
de M*gny
,
dans lemême
earrofle avec les ceremonies - accoutumées.
<.
Quaflure qu'on va rétablir
la Caisse des Emprunts, donc
les Promesses ne feront point
rembour sées; mais lesintérêts
des sommes aufquelleselles feront
liquidées
,
feront payez
regulicremcnt de six mois Cl)
fîx mois.
On va aussi commencerà
payer les pensions, ce qui rendra
l'argent plus commun.
3 On a brûlé icy pour des
fornnaes considerables d'étofcs
des Iodes, qu'on a saisieschez
le sieur Guerin Marchand ,
qui a elle condamné à trois -
mille livres d'amende, & elles
ontelle brûlées par la main du
bourreau, -;LeiLc le Marquis deLou
vois alla chez Madame la Duchesse
de Berry Il estoit accompagné
du Marquis de
Cpurtenvatipc son pere ,
du
Duc de Noailles
)
du Duc de
Guiche, du Duc de Villeroy,
de TAbbe d'Estrées Archevêquede
Cambray
,
&duMare-?
chal d'Estrées, pour luy presenter
à signer son Contrat de
Mariage aVec Mlle de Noaille's;
cette Princesse le signa, &
le même jour elle alla à l'Opel
ra, le lendemain à la Comédie
pour la premiere fois, où le
gros a.èur, qui est le fcul de r y , < qui,sije ne me trompe, il cft
avec connoissance de cause ¡
fait tnenrion honorable dans
la fameuse Histoire de Cil Blas,
fie. àMadame la Duchesse de
Berry, leComplimentfuivann
MADAME,
;
Vne ju[lecraintçde ne pa4
remplirvofireattente.,paroîtra
peut-efire d'unemaniéré tropsensible
dans la representation que
vous honore%aujourd'huy. Cet
honneurreïure diminuerA cette
crainteyune attention refpcBueufe
prendrasaplace ; & eteft, Madame,
de cette attention, plus que
denosJoiblestalens, que nous oserons
attendre le glorieux avantége
de pouvoir contribueravos
Amufimenrs. Le Tbeatre annobli
pour l'auguste prejencede Madame
,
protégé (y* Joûtenu de fin
autorité,va briller Jeunëclotanquel
ilne s'atendoitptltl; lesgénies
heuftuxqui osent entres-dans
tà cdrriere oit les Corneilles
,
Ifs
Ratifie& les Àioliere ont encore
laisséquelques lauriers acueillir,
mont trouver dans le défit de votés
IAWt desfwcestpIih nese connoijjentpas,&
témulation en*
fanteradesOuvrages dignesd'ê*
tre offerts à la premiere Princt/ft
del'iHuJire fang qui regne sur
nous. Nous partagerons ,-,M".
dame, cette émulation £r ce Jtjir
de vous plaire;cm ces deux mouvements
t
bien loin de nous divifer
s
formeront entre nous cette
union si necessaire pour remplir
nos devoirs, gr quepeut être "Ôm
intérêt commun riavoit pas
eu la force de faire naître; que
notre Zclt,Madàmr, nous tienne
heu démérite:fûtes nous arriver
aune ptrfrélion où nous ne sçaurionsatteindresans
vos bonté;
formt vous-même un fpeciacle
parfaitdont vous jouirez^ longtempsy
& dont le Public &la
pojlcritêvousferont redevables.
- Ce Compliment fut généralement
applaudi de tout le
monde.
Quelques jours après on re,.
presenta Athalie, où M. Beaubourg
joüa sonRolleduGrand
Prêtre, tres bien, &bien fort.
M. Dancourt fit Je Rolle du
Prophete Mathan. Cest un
Rolle de scelerat qu'il joua,
comme il joüe celui de D. Juan
du Festin de Pierre. MademoifelleDesmarcs
fit le Rolled'Athalie,
Mademoiselle Duclos
celuy de jozabet. La conjoncture
de cette representation setrouva
heureuse pour ces Actrices
& pour la Pièce;& quoique
le Publicsemb.arraflc aussi
peu des demêlez,que del'union
des Comediens,je n'en fuis pas
moins
moins obligé de luy apprendre
pourquoy Athalie & Jozabet
reciterent leurs Rollcs
avec tant d'art & de feu, que
leur déclamation ravit tous
leurs Spcétateurs. D'amies inseparables
qu'elles estoient
avant qu'il futquestion d'Athalie
,
elles fc font depuis
( vous n'aurez pas de peine à
deviner pourquoy )jurées une
si forte inimitié, que c'est aux
motifs de leur haine que le Pu.
blic a la principale obligation
du succés de cette Tragédie,
dont en effetles deux premières
Actrices font dans tout le
corps de la Piece deux ennemies
irreconciliablcs. Mademoiselle
Mimi Dancourci y
joüale Rolle deZacharie avec
toutc la noblesse & toute la
grâce imaginable. Pour Joas
dont le Rçlle fut represente
par le fils de Laurent, Con-_
cierge de la Comedie, il fut ad."
miré & applaudi de tout le
monde; & à proportion de
ion âge, il surpassa de beaucoup
tous les autres Acteurs
de la Tragedie. Si cet enfant
continuë dans cette carriere,
il y a lieu d'esperer qu'un jour
il effacera tous ses camarades.
L'unique chose qui manqua à
la representation de cette tra,
gedie, c'est que M. Ponteüil y
sur souhaité de tous les spectateurs.
Voici le détail de ce qui
s'etf passé dans la dernière
Assembléeduprima mensis de
Sorbonne, oùon lut le Procès
vabal qui contient ce qui s'est
passé dans la Faculté de Theo
logie depuis la mort de Loüis
XIV. On chargea le lieur le
Rouge cy-devant Syndic., de
quatre chefs daccufation ; le
premier, la falsification des
conclusions de ladite Faculté- ;
le second, les menaces faites
auxDoéteurs tant en ge-nera11
qu'en particulier-; le troisiéme
lasuppressïon dans les Theses
des Bacheliers, desproposions
qui établissoient lesLibertez
de l'Eglise Gallicane, le
quatrième enfin le violement
de plusieursStatuts delaFaculté.
On nomma aussi des
Commissaires pour examiner
les Mandements des Evêques
faits & à-faire qui dessendent
ou qui dessendront à leurs
Diocesains de venir étudier en
Sorbonne,&cclaà l'occasion
du Mandement de iTivêquc
de Vannes par lequel il a défendu
à ceux de son Diocése d'aller,
étudier dansl'Université de
Nantes, quiacassé le premier
Décret par lequel elle avoit
receu la Constitution & qui a
imploré le secours de la Sorbonne
contre les attaques de
l'Evêque de Vannes.
Le 2. o. de ce mois le Roy alla
au Palais de Luxembourg rendre
vifice à Madame la Duchesse
de Berry escorté de 14.
Gardes du Corps & de 24.
Cent Suides, de M.le DJC de
Charrot, de Mle Marquis de
Courtcnvaux, de Madame la
Duchesse de Ventadour;sa:
Gouvernante, de Me de laLande
Sous gouvernante. Madame
la Duchesse deBerry reut
Sa Majesté à l'entrée de son
Cnbinet, le Roy l'embrassa&,
la falua : ensuite il entra dans
le Cabinet où il resta un quart,
d'heure: il portoit un habit
violet avec de gros boutons de
diamans, les boutonnières de
devant & les poches brodées.
de même que les manches.
Madame la Duchesse de Berry
portoic un habit de damas
blanc & noir avec des agrafes*
de diamans, des pendeloques
&un carcan aussi de diamans,-
sa coëffure en estoit toute bdlJ
lante. M.le Duc du Maine qui
avoit accompagné le Roy s'en
retourna de même avec Sa Majesté,
& Madame la Duchesse
de Berry reconduisit te Roy
après l'avoir embrassé & salué,
jusques hors de la porte du
Cabinet comme elle avoit fait
en entrant. Elle alla ensuite à
l'Opera.
Mr le Marquis de Chiverny,
un des quatre Conseillers des
Affaires Etrangères, a esté
nomme par Monsieur le Duc
d'Orléans pour Gouverneur
de Monsieur le Duc de Chartres
son fils.
- Mr le Marquis de Creveçccar
a acheté la Charge de
Cornette des Mousquetaires
de la seconde Compagnie,par
la démission deMr de Trébon
Il est fils de Messire Louis-
Hyacinthe Cassel, Comte de
S. Pierre, Capitaine des Vaisseaux
,
l'un des Menins de
Monsieur le Duc d'Orlcans,&
premier Ecuyer de SonAlttfle
Royale Madame lau..
chesse d'Orléans, &de Dame
Françoise de Kerven, Dame
de cette Princesse, & petit fils
1
de
de Mre Charles Cassel Baron
de S. Pierre, Gouverneur des
Ville & Chasteau de Valogne,
& grand Bailly de Cottentin;
& de Dame MagdelaineGigault
de Bellefons, tante du feu
Maréchal deBéllesons, & soeur
de Dame Marie Gigaulc de
Bellefons, femme de Mre Pierre
Marquis de Villars, & merc
de Mr le Maréchal Duc de Villars.
Mr de Crevecoeur est neveu
de feu Mre Antoine Cas- el de S. Pierre Chevalier de
Malthc, Commandeur de Piéton,&
Lieutenant général des
i Armées de la Religion, La
à. - -
Maison donc il foren'est pa^
moins distinguée par ranclcn-.
neté de si Noblesse, que pari
son attachement & sa fidélité^
pour le service des Rois, & dc;
l'Etat. Mr le Marquis de Cre-ij
ve-coeur qui vient
1
d'acheter
la Charge de Cornette des.
Mousquetaires, apporta icy là
nouvelle de la prise du Fort de
I'E(carDC,H
a faithuitCampa-,
gnes auprès de Mr le Marécha
de Villars sononcle en qualité
de Capitaine de Cavalerie,-
son Aide de Camp. Mr de S
Pierre est allié à Madame 1
Duchesse de Ventadour. La
mere de. Dame Magdelaine
Gigault de Bellefons son ayeule
estoit de la Maison Aux Epaules,
très-ancienne & tresillustre
en Normandie» & par
llà il appartient de fort prés à
Mrsde la Guichet àplusieurs
autres personnes de la plus
haute diLtiDdion
([!le, Regent a donné le. de
r.ectims.a M. le Chevalier de
Luynes,Capiraine deVaisseau,
le Brevet de Capitaine du Pavillon
de l'Amiral
, avec une
Compagnie de soixante GardesMarines.
ii Le Regent a accordé à M.
Duchevron, Prevost General
des Connestablies & Marechauffées
de France, un Brevet
de retenue de vingt mille écus
sur saCharge.
HARAN GUEl
faite au Roy par M. Folinil
second Président. de. la)
ChambrerCourdcsComptes
deDole en Franche-J
Comte, le26.du moisJ
paLTf.
SIRE,
Voflrc Chambre des Comptes
& Cour des Aydes de Dole,
lfIient par noflre bouche
, vous
tendreses premiers hommages, £r
djfurer V. M de fin zele, de
safidélité
,
de sa fournission, O*
de son profond refpeéf.
Apres les pertes que nous avons
faitesjqui pouvoitmieux, Sire,
nous consoler, qu'un Prince,qui
dans l'âge le plus tendre,semble
déjà nous promettre, de rassembler
en luyftul
y toutes les vertus de
,eux que nous regrettons.Sorti
d'un fang dont l' heroi[rne n'efl
pas moins héréditaire, que le droit
de'commander; forméfous les
yeux d'un Prince plus grand que
la pui[!ànce
A
qu'il4 en défoft,
V. M. ne nous annonce qu'un j
Regne qui rendra vosvoijtns plut
jaloux encore du bonheur de vos
Sujets, que de voflre-gloire.
Faffe le Ciel quil foit plus
long que celuy de voflré augufle
Bisayeul
, C que le Prince qui
tient aujourdbuy les rênes de l'Etatjoiiijp
long tems du p/aifir de
'voirdans Fojlre Adajefié lefruit
de ses inftruéîions
) O* Jefts
exemples.
AUTRE
à Monseigneur le Rgent,
le lendemain.
MONSEIGNEVR.,
La Chambre des Comptes &
Cour des Aydes de Dole, tm..
prunte icy noflre voix,pour presenter
à V. A.R. lesa deson refpcêl,&defondévouement.
Quelle consolation pour nous,
Monseigneur,après /4 perte que
nous avon>faite, de voircetEtat
gouvernepar un Prince en qui les
lumieres & les vertus auroient
dettes ejlre des titres pour la Regence
quanti mêmesa naifanct
ne luy auroit pas donne un droit
incontefiable.
Clft aveclaplussensiblejoye
que nous voyons croître fous vos
yeux un jeune Roy, quipourrendre
ses peuples heureux,n'aura
qu'à suivre le chemin que vouf
luy aure trace tfans prendre la
peine de-chercher dans la vie b
ses illuflres AncefiresJ des exem-.
piesdefagcjp
,
de prudence,&
d'équitéII naura^Monfeigneur^
qu'ase souvenir de ce qu'il vous
aura veu faire, pour efire luymême
le modele des bons Rois,
dans Upofieritéla plus reculée.
• PuiJJiez-'vous, Monseigneur,
tftjlctémoin**,-pendant aelongues
années
s
du bonheur de toute Ils
France, dont vojlre grande sagesse
, & vos glorieux exemples
auront jetté les sonlements.-
M. de Ponc carre
JI
premier
President du Parlement. àc
Roüen
,
est venu icyayant
estemandé par M. le Duc
Regentau sujet de laprocédar6e4ui
a esté faite contre le
Receveur du Domaine de
Roüen Jce Receveur en ayant
porcéses plaintes au Duc Regejnj
quia voulueilreéclairci
parM. de Pont carré
e
de ce
proccdé; mais on n'ensçait
pas encore le résultat.
i
Mercredy matin à10. heures,
il arriva à la Conciergerie
une charette escortée par
des Gardes de Monsieur le
Duc de Lorraine, dans laquelle
il yavoit deux hommes &
quatre femmes, parmi lesquel
les il y en avoirune qui avoit
plus de 60. ans,ils estoient
tous si liez & enchaînez ^ukil
sallut les porter dans les prisons.
On a eû avis que le coche
de Caen venant deRoütnavoit
esté arreste présde Ponteaude
Mer,par15voleurs masquez.
qui avoient fait descendre
ceuxqui estoient dedans pour
les foüller de même que les
paquets parmi lesquels. ils
avoienc trouvé une barique
avec des cercles de fer,
tavoie.nt enfoncé & avoient
pris 45000. livresen or, qui
estoient en cCpeee appartenant
au sieur le Gouteux fameux
Banquier de Paris.
Il ya desLettres deLorraine
qui portent que le Chevalier
de S. George avoit traver.
le ce Duché, courant laposte
à neuf chevaux sans qu'on
sçache encore quelestlelieu
rlefiln à son refuge,les uns
disent que ce fera enSuisse, &
d'autres dans quelque Etat
d'Allemagne, & enfin il yà
des gens qui sont d'opinion
que le Roy Georges a indiqué
un endroit où cet-infortuné
Prince pourra errctnfeurcréi,
se chargeant de son entretien
&de celui de ses domestiques
necessaires pendanttourle
temps qu'il fera paisiblepossesseur
desCouronnes de laGran
de Bretagne.
'iOn mande de Marseille du
10qu'on y avoixapprispar un
Bâtiment arrivé de MtUinc,
que le Mont Gibel avoit depuis
10. jours jette une grande
quantité de fiâmes &' que les
Habicans de la Ville de Catane
estoient dans de continuelles
apprehensions à causequ'on
entendoit tous les jours des
bruits sousterrainsépouvantables&
qu'on yavoit senti quelques
secousses detremblement
de terre;mais sansfaire aucun;
dommage & qu'ils estoient
toujours en, crainte du gros,
armement des Turcs dont ils
craignoient quelquesdescentes,
d'autant que depuis crois
semaine il y avoit 20. bâtiments
de ces Infidelles qui
voltigeoient lelongdes Costes
de cette Isle & qu'ilsavoient
fondé Le mouillageen quelques
endroits, & que le, Viceroy
avoit donné ses ordres partour
aux Troupesde prévenir touces
furprifes*
LesLettré de Londres du
1166. .ppoorrcteenntt qquu'oonn yyaavvoaiitt cAu
avisd'Edimbourg du 7. que le
Marquis de Huntley & le
Comte deSeafort qui estoient
du colléd'Invernesse apprehendant
délire punis de leur
rebellion,avoient refusé de se
remetrre au Comte de Southerland
avant d'avoir rcccu
leur pardon,& que pout leur
plus grande seureté ilss'étoirnt
retirez dans les montagnes
avec les Gentilshommes &autres
gens à cheval, & qu'ils
estoient allez avec la Cavalerie
des Mécontents dans la
Provincede Locabcr du cbilé
de l'Ouest d'Ecosse, & que leur
Infanterie s'estoitdivisée en
plusieurs Corps dans la Province
de Badenoch
, pour y
subsister plus commodement;
qu'on disoit qu'il y avoit ordre
de brûler & passer au fit de l'épec
tous ceux qu'on trouvera
leur donner retraite ou assïstance;
que le Duc d'Argylc
estoit attendu à Edimbourg
pour assister à l'élection d'un
Çarr qui devoit avoir féancc
dans laChambrehautedu Parlement
àla placedu Marquis
de Twedalcqui estmort;qu'-
unOrsèvreavoit eslécondamné
d'estre pendu le 25. de Mars
pour avoir contrefait la manque
du papier, &qu'on avoit
mis une autre personne en prison
pour avoir contrefait le
signe. On
On continuë à Londres de
faire arrester les personnessuspéctes,&
le 14. de ce mois les
Seigneurs Justiciersifrentmectreenprisonau
Château le Colonel
Thomas BUI ke de Connaught:
le Comte de Clanri.
card, & quelques autres étant
venus d'euxmêmes se preCenter,
n'ont pas laissé que d'estre
envoyé en priron. Le 17. du
passé on fit partir de l'Arsenal
treizepieces de canon avec plusieurs
chariots chargez de munitions
,
esortez par cinq
Compagnies d'Infanteriepour
aller au Camp qu'on forme au
Pont de Bennet dans le Comté
de Kilkemy. Le Regiment de
Primerose s'est aussi mis en
marche pour y aller, lai(lane à
la Milice la garde de la Ville.
Le Vicomte de Taufend Secrétaire
d'Etatestoit allé à la
Tour où il avoit eu une consérence
pendant deux heures
avec le Lord Carnwath, un
des Seigneurscondamnez On
dit qu'il aura sa grace, parce
qu'il promet de découvrir 14
conspiration
,
maisàl'égard
des Lords Windoington &
Nairn on croit qu'ils seront executez.
Second Article des Mariages.
Messire Scbaftien- Emanuël
Defrus Chevalier Seigneur de
Sommcrivcépousa le 1 8. de
ce mois,Damoiselle Loüise-
Paul du Verdier de Villaumont.
La fimiILqÀUIVcrdier cft
originaire de Berry où ellc
possede depuis long temps la
Seigneurie: de la Chapelle Arthemane.
Elle est alliée aux
Mutons de la Faye, de Vauguerain
5
de Chezelles
,
de
Maisontiers
, & de Richelieu
Pour la famille des Defrus,
elle sort d'Anjou,elleest ancienne
& bien alliée.
Messire Loüis. Marie Defrus
, Chevalier Seigneur de
Sourdon
, pere de ccluy qui
se marie aujourd'huy
, acommandé
la noblesse de Picardie
de son canton , après avoir
long-temps fé^'dans le Régiment
de Navarre.
Il a épousé MarieAngelique
de Coeuret de Nelle fille
de Messire Scbastiende Coeuret
Marquis de Nelle,Verville,
&c. & soeur du Marquis
& du Chevalier de Nelle tous
deux morts Officiers generaux, lepremierLieutenantColonel
du Régiment de Gournay que
le Roy luy donna,& l'autre
Mettre de Camp de la Mestre
de Camp générale.
Messire Pierre Defrus Seigneur
de Clorebois, pere de
Loüis Marie, estoit Maistre
d'Hôtel ordinaire chez leRoy
& Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre.
Ilavoir épousé Isabellede
Mailly,fille deMessireHenry
Marquis de Mailly, Baron
de Sourdon Sire de Fief, lequel
Marquis de Mailly épousa en
seconde noces Isabelle Defrus
soeur de Pierre Desrus.
Messire Charles Emanuel
Desrus
)
Seigneur de Deüil
,
estoie pere de Pierre. Il fut
fait Conseiller d'Etat en 1640
il avoit épousé Gabrielle-
Sylvie de la Lhuille
, tante
maternelle du Cardinal de
Richelieu,
Messire François Desrus,
pere de Charles- Emmanuel
estoit Chevalier de l'Ordre de
S. Michel.
Voicy une petite piece de
vers qu'on ne peut pas détacher
dela fuite de ce mariage
parce qu'ils ont essé faits en
l'honneur de la Mariée.
VERSLIBRES
a Mademoiselle de V
Malgrécecjue le sexe a d'attraits
& d'appas,
"Affipeude beaute^m'ontparu
redoutables
j
Quoique jefois des moins aimablesy
Je paJJaypourdesplus délicats.
J7étoisddrants fl'â-ge où febne la ten. dnf, O
Et cependant mon coeur derien
n'efloittouche
Quelle honte! ilfalloit juflifier
sànsceffi
Vcn,coehuroifiét qui.m«'étoitrepro- Je disoisquelquefois
, que l'on
rnoffre un visage
Ouregne une douceur dontonfoitattire,
Dont la hauteJoit vive
>
&
dont l'airvif[oit fige.
Qion me le trouve&j'aimcray.
Dans les faubaits que l'on me
voyoitfairey
Je voulois un esprit qui penfk
finfment)
Je 'Voulois que le coeur ftne.
reux, sincere,
Et
Et \qu'itse vitsans art esans
déguisement;
Jevoulois un objetdontl'airnaïf,
aimAbleJ
Me contraignit del'estimer.
Jt voulois éprouver ce charme
inévitAble,
Qui dans un fettl inflqntfait si
bien enfiâmtr :
Qi:on me trouve, difoisjeyune
beautésemblable
, Et mon coeur eflprêt à l'aimer.
Par ces conditions j'effrayois tout
le monde
Il nétoit point de coeur qui n'en
fut courroucé;
Chacun mtpromettoit Une paixsi
•
profonde;
Que j'en Jerois bien tôt moy- memeembarraçiï.
Mais Amourdepuis peu m'a
presentePhenice,
Semblable a mon idée,gant les
mêmestraits;
Je riajpht m'en dedire
>
ilmel'a
faite exprès
9
Ah!que l'Amour a de malice.
-
De la façon de M. de S.
Auteur de la Cantate duBal de
l'Opera,imprimée dans leMercure
du mois dernier.
M. le Marquis de Louvois,
Capitaine des Cent-Suisses du
Roy, fils de Messire Michelle
Tellier, Marquis de Courten -
vaux, Capitaine desCentSuisses
du Roy, & de Dame Marie-
Anne-CatherinedEstrées,
soeur de M. le Marêchal d'Estrées
, a épouse le. Mars
Damoiselle de Noailles,
Damoiselle de Manchac, soeur
de M. le Duc de Noailles, &
derniere fille de feu Messire
Anne Jules, Duc de Noailles,
Pair & Marêchal de France,
Chevalier des Ordres du Roy,
&c.&de Dame Marie Françoise
deBournonville. La Maison
de Noailles vous est si connuë
,
qu'il me suffira devous
dire icy , qu'elle cO: unedes
plus anciennes, des plus illustres,
& des mieux alliées du
Royaume. 'IUj
M. le Marquis de Louvois
est petit-fils de Messire François
Michel le Tellier, Marquis
de Louvois, de Courrenvaux
& de Barbezieux, Ministre
&Secretaire d'Etat,Chancelier
desOrdresdu Roy, l'un
des plus grands Ministresque
la France ait eu ,
& de Dame
Anne Souvré,Marquise de
Courtenvaux &arriere peticfils
de Messire Michelle Tellier,
Marquis de Bar bczieux
, Ministre d'Ecat, Chancelier
& Garde des Sceaux de France,
Commandeur & Grand Trcforier
des Ordres duRoy,mort
le 30 Octobre 1685 La Famillede
le Tellierestalliéeaux
Maisons d'Aumont, de Souvré
,
de Pas Feuquicres °.J de
CrussolUzés, d'Alegre
,
de la
Rochesoucaud, de Neufville-
Villeroy,dEstrées, &c.
Second Article des Morts.
Messire Paul-Philippesde
Lezay
,
dit de Lusgnan,Evêque
de Rhodes depuis l'an
1684. mourut danssonDiocése
le 1y Février dernier. Il
estoit fils de Messire Pierre de
Lezay , dit de Lusignan
,
Seigneur
de la Colle au Char,
Lieutenant des Gardes du
Corps du Roy, & de Dame
LouiseGrangret de Liverdis.
La Maison de Lezay est également
considerable par son ancienneté
& par ses alliances,&
elle prétend estre uneBranche
de l'ancienne & illustreMaison
de Lusignan.
- Messire FrançoisBarthellemy
de Grammont, Evêque de
s. Papoul depuisl'an1675.
mourut dans sonDiocese le.
Il estoit fils de Pierre Barthellemy,
Seigneur de Grammont
on()Qcrgue
,
Présidentdes
Enquestes du Parlement de
Toulouse,mort en 1630. &
de Jacquette Sabathery. LaFamille
-diBartficllemy est originaire
deRouergue;elle possede
depuisenviron 100; ans les
premieres Charges du Parlement
deToulouse,&elle subsisteencore
à present dansles
Barons de Lanta, Baronnie qui
leur donne entrée auxEcats de
Languedoc.
-
MessireFrançois Guillemeau,
Maistre des Comptes à Paris,
mourut le 26.Février sans être
marié;&Messire Nicolas
Guillemeau son fr4ercT0iourae
aufif deux joursaprés,laissant
entr'autres enfans François-
Marie Joseph Guillemeau de
Freval, ConseillerauChâtelet,
marié avec Mademoiselle de
Bragelongnc, fillede M. de
Bragelongne
,
Tresorier de
France à Paris. Messieurs Guillemeau
dont je vous apprends
la mort, estoient fils de Jean
Guillemeau, Tresorier de l'Argenterie
du Roy ,
puis Secretaire
du Roy & Maistred'Hôtelde
Sa Majesté, forti d'une
Familledela Ville d'Orléans.
v-u'DamcFranqoifedeChaulnes;
veuve de M. Paul le Gendre
Maistre des Requelles
mourut le 1. Mars, laissant entr'autres
ensans M. Gaspard
le GendreMaistre des Requêtes
, ci
-
devant Intendant à
Montauba, & nommédepuis
peu Intendant à Pau. Elle étoitfille
deM.Jacquesde
Chaulnes Seigneur d'Épinay,
Maistre des Requestes
, mort
en1648.&de Dame Anne de
Paris, petite fiile de M. Jacquçs
de Chaulnes, Seigneur
d'Espinay,Maistre des Re"
questes,puis Conseiller d'Etat,
& d'Anne le Clerc du Vivier,
&arriéré petite fille d'Antoine
de Chaulnes, Sieurde Bu*
res,Trcforier general deExtraordinaire
des Guerres, sortir
d'une ancienne famille dc:.la('
Villede Tonnerre.
Messire Louis François du
Bouchet
,
Marquis de Sourelles,
ci-devant Grand Prevost
de tHoftd du Roy, & Grand
Prevost de France, mourut le
4. laissant entr'autres enfans
de foa mariage avec Damel
Marie-Geneviève deChambes
Comtesse de Montsoreau
)
dont je vous appris la
mort il y a peu de temps, M. leComtedeMontsoreauLieutenant
général des Arméesdu
Roy, Grand Prevost de l'Hôtel
du Roy, & de France, &c.
Je vous ay déjà entretenu si au
long dans plusieurs de mes
Journaux de laMaison du Boucher
, qui est une des plus anciennes
du Pays du Maine, que
je mecontenteray icy d'y renvoyer
vostre curiofiré.
Mre Antoine Bouzier d'Estoüilly
, Docteur & Senieur de
la Maison & Societé de Sorbonne,
mourut le 11. Mars. Il
estoit frere de M. Théophile
Bouzier,Seigneurd'Estoüilly,
aillre-d(s Comptes à Parîs,
êèfils d'Antoine Bouzier, Seigneur
d'Estoüilly,Maistre des,
Eaux & Forests de Chaulny en
Picardie, & de Claude de la
Fonds d'Hardecourt, & peritfîls
d'Antoine Bouzier
,
Seigneur
d'Estoüilly
,
aussi Maître
des Eaux & Forests de
Chaulny (d'où cette famille
cft originaire) & d'Antoinette
Vrevin.
M. de Suzennevitte, frere dbl
M. de Longpré, l'un des premiers
Ecuyers du Royaume,
mourut il y a quelques jours
d'une fièvrechaude. Il est universellement.
regretté.
On a reçû des Lettres de
Constantinople, du 6. Février
qui portent,que tous les Bachas
qui y estoient venus, pour
assister au grand Conseil, s'en
font retournez dans leurs diftricts,
avec ordre qu'aussitost
qu'ils y feront arrivez, de faire
marcher les Troupes aux lieux
qu'on leur a marquez, & le
Capitan Bacha est parti aussi
pouraller assembler la Flotte,
dont le rendez-vous,estdans
un des Ports de Corfou, oùest
celle de la Republique de Venise;
les queuës de cheval font
exposées depuis le premier Février,
& on dresse les Tentes
pour y camper le 20 ; que le
grand Visit fie venir le Sieur
Fleischman Envoyé de l'Empereur
, & après deux heures
de conférence, il le renvoya
en son Hostel,avec permission
de faire partir un Courrier
pour Vienne, ce qu'il a executé
aussitost qu'il fut arrivé;on ne
doutoit pas que ce ne sur pour
sçavoir les dernieres intentions,
de l'Empereur sur le gros Armement
qu'on fait en Hon
grie & en Transilvame; qu'à
l'égard des Envoyez du Czar
& de Pologne, ils (ont gardez
à vûe, & il ne leur est pas permis
de forcir de leurs maisons ;
on avoit rendu publique une
Declaration qui déclaré ennemies
de l'Empire Otoman
,
toutes Nations,telles qu'elles
soient, qui assisteront directement
ou indirectement la République
deVenise.
;
Des Lettres de Napics du
premier de ce mois portent,
que depuis quinze jours le
Mont Veuve a cessé de vomir
des HaInes) mais que la veilleau
matin, il en vomit avec une
grande impetuosité que le So-j
leil en fut obscurci toute la
journée, que la nuit suivante
on entendit un bruit terrible
&onressentit un tremblement
de terre qui necausa pas grand,
domm; que les Dulcigno
tes ne respectoient plus le Pavillon
Imperial;ils attaquoient
les Vaisseaux de cette Ville, ilSt
avoient pris deux Tartanes ve-,
nant des Ports de France, où
elles avoient chargé des Marchandises
; qu'on y avoit avis
de
de Reggio,que la nuit du 24.
on y avoit essuyé contre l'ordre
delaSaison, une rude tempeste
de vents, pluyes & tonnerre
, & que la foudre estoit
tombée sur le Chasteau, avoit
mis le feuà un Magasin à poudre
, oùil y avoit sept centbarils
qui firent fauter tout le dedans
avec une si prodigieuse
force,qu'elle avoic tué ou blessé
trois cent personnes & endommagé
une grande quantité
de maisons dans la. Ville.
On a reçu des Lettres de
Genes du 5, de cemots, qui.
portent qu'on y avoit appris
de Milan, qu'on y faisoit de
grands preparatifs de guerre,
& qu'on yavoir monté sur des
affûts vingt huit canons de
vingt-quatre livres de balles,
pour envoyer à Novi, que les
Troupes Allemandes avoient
occu péj & où elles levent des
contributions jusqu'aux portes
de cette Ville; qu'on cherchoit
tous les moyens pour
donner satisfaction à l'Empereur,
mais qu'il avoir refusé
toutes les offres qu'on luyavoiq
faites jusqu'à present.
Ces Lettres ajoûtent qu'on 11
avoit appris de Turin
, que le
Roy de Sicile faisoit aussi un - grand preparatif de guerre; qu'il faisoit fortifier toutes les
Places du Monsiferrat,& qu'il
y faisoit faire de grosMagasins
de toutes sortes de munitions.
Que deux Corsaires Algeriens
avoient attaqué à la vue
de Genes,unVaisseau de guerre
Hollandois monté de cinquante-
quatre piecesde canonJ&
de cent quarante hommes
d'équipage, &le prirent
à.l'abordage aprèscinq
heures de combat. Le Commandant
Hollandois avoit été -
tué d'un boulet de canon.
Le Roy esten parfaitesanté ;.;
ila toûjours un air charmant)
&unregard admirable ; il y a*
tous les jours quantité de personnes
de distinction qui vont
le voir disner & souper ; son
Houssard qui est au Collège,
vient tous les Dimanches voit
Sa Majesté pour le divertir de,
quelques petites Historiettes;
qu'ipl y a appris. RéponseàMM.D,,,*'.D*.*.;
MONSIEUR,
Je tombe d'accard.avec nous
du droit qu' vous ave^eu de me
fairt une remontrance; maisje ne
conviens pas des arconfiances de
lareprimmde. Jefuis ape docile
ppuiavouermesfautes, &,;len
corriger lors qu'on me les afait
voir, mais je ne fuis pas assi
patient pour m'accommoder bum..
blement des injures que jenay>
point méritées. VourftA7Je jtifqu'on
s'étendentles termes de,là,
Zettrc que. vousmave%écritey
QT f'dr confient vousrte fçïu-,
rte difeonttenir que marétractationsur
la Marine, anciennement
établie en Bourgogne, nétoit qu'-
une erreur legere e non un crime.
Vous mawk dit cttU vous
en .ptn(e avec trop de chaleur
mais en revanche ne me .diDUlt:{
pasla libertédecroire que j'y té..
ponds, avec trop d'humilité. Dîtrefle,
Monfieur>contente^vous
de ma foumijjton à rendre pMk
l'article que vous mave%envoyé.
Il y a une Marine dans la
Bourgogne, dés devant même
la minoritédeLoüis XIV.
c'es-à-dire,qu'il ya un Porte
établi où se fabriquent les
bois servants à la construction
des Vaisseaux
, ces bois se voiturent
sur la Saône , sur le
Doux, & sur le Rhosne, jur.
qu'à Marsfeille,. & Toulon, en
telle quantité que les Intendants
de ces deux Ports les
demandent, tous les trois mois
ou six mois de l'année par les
états de facture qu'ils envoyent
exatement à l'Intendant
de la Marine en Bourgogne.
Ce Port a ses Officiers gagez
plusou moins sur l'état:
scavoir ,un Commissaireordonnateur
, un Contrôlleur,
un Ecrivain, un Garde Marteau
pour marquer la facture
des bois, &un Garde Marine
portant lacasaque aux Arme*
del'Amiral, lesquels Officiers
ont tous leurs logements dans
ledit Port, où dans ledit
Parc.
Quant à Messire Nicolas
Benigne Dugué, dont lenom
donne lieu àcetarticle,il étoit
Chevalier & Comte Palatin
du sacréPalais,sseon les Bulles
scellées en cire rouge avec un 2) cordon de soye rouge &4^an"
che de l'animée1656.Conseiller
d'Etat ordinaire selon son
Brevet de 1648. Confeillerau
Parlement de Bourgogne en
1639. Il épousa Damoiselle
MalÍc
Marie Chapelain ,fille de
Messire Cesar Chapelain,
Conseiller d'Etat, &Secrctaire
general de la Marine ; il fut
commis par le Cardinal Mazarin
pour exercer par Commission
ladite Marine en Bourgogne
,à la place de Messire
Pierre Bouchu qui l'exerçoit,
quoique pourvû de la Charge
de premier President de ce
Parlement; mais ce Magistrat
supplia la Reine Mere de le
décharger de cetteadministration
qui le divertissoit trop
des fonctions de sa Charge.
Ce fut dans ce temps-là
même que M. Dugué fut saic
premier President de la Chambre
des Comptes
,
quoiqu'il
n'eût pour lors quevingt deud
ans ,
laquelle adminiltrauoi]
de la Marine
,
il a continué
jusqu'en 1684 ôc par
confe*
quent exercé plusde 4 5. âDç;
il cil vray qu'en cette année
1684. sonadministrationcessa.
Il avoit plusieurs cnhMj
desquels,deux furentfaitsChe
valiersde Malthe
,
le premier
estantmort çn faisant Ces Caravanes,
en combattant çon
tre les Turcs,ayant esté aiu
paravantPage du Grand Maître
,
le second mourut aux
Invalides
,
nanti d'un Brevet
de Capitaine de Cavalerie ; -
Claude Cesar l'aîné de ses cn.
sans mourut à Bteft Capitaine
de Vaisseaux
,
& comme l'aîné
decette Maison 3il estoiraussi
Chevalier & Comte du sacré
Patais; il avoit esté Page de la
petite Ecurie,soncadet Henry
Jules Dugué avoit eû trois Intendancesde
Marine;sçavoir,
en 1702. l'Intendance generale
du Canada, dont ileût le
Brevet ; mais ildemanda dispense
par raison du trop grand
éloignement ; la seconde en
1703.l'Intendance de Port-
Loüis
,
dont il eût le Brevet,
tout s'y faisant fous ses ordres,
quoiqu'il n'y eût que Madame
son épouse
,
pendant lequel
temps il exerçoit en personne
l'Intendance de Rochefort ,
& de la Rochelle dans la maladie
de M. Begon qui mourut
de la taille.
En 1703. il eût encore le
brevet de l'Intendance des
grandes Isles dont il demanda
pareillementdispensepar la
raison dugrand éloignement,
au défaut de laquelle Intendance
,il cût celle de DunKer-et
que qu'il a exercée par luy mê
medepuis1703.jusqu'à 1 714.
que ce Port fut rendu aux Anglois.
Henry -
Jules Dugué
dont nous parlons ici,a eu trois
enfans
,
dont l'un a esté Page
de la Chambre du Roy
,
son
merite ).& sa valeurdepuis
qu'ilest sorti de Page
, ont
éclaté au service du Roy dans
la tlrine) & luy ont merité
(de la justice de Sa Majesté)
l'Employ d'Enseigne de Vaisseaux
qu'il a maintenant ; les
deux autres font Officiers, l'uaau
Port de Brest
,
l'autre au
Port de Marseille. Ce même
Henry- Jules Duguéeût encore
d'autres freres & soeurs;
dont l'une est Dame & Chanoinesse
de Poncet: quant à
ses deux freres qui font encore
vivants, l'un est Bachelier de
Sorbonne, Grand Chantre
,
& Chanoine de la Sainte Chapelle
de Dijon,& Prieur de
S. Thibaudl'autre est Docteur
es Loix, Prestre ,&Chanoine
de la même Eglise.
Revenons à nostre Marine.
Depuis 1654. M. de Harlay,
pour lors Intendant de la Province
, en exerça la fonction
avec le brevet d'Intendant,&
lesappointements de 4000. l.
jusqu'en Janvier1688. qu'il en
fit pourvoir M. de Mussy,
President à Mortier au Parlement
de Dijon avec le brevet
d'Intendant, lors qu'ilfutappellé
au Confcil.
Ce President à Mortier a
administré la Marine jusqu'à
sa mort1704. &l'administrationenfut
donnéàM Ferrand
pour lors Intendant de la Province,
avec le même brevet
d'Intendant de la Mariner
lesmêmes appointements *,
il
l'exerça jusqu'en1706. lors
qu'il fut rappelle pour estre
Intendant en Bretagne ; cette
Intendance de Marine fut depuis
commise à Messire Pierre
Bouchu le dernier de ce nom
qui vient de mourir premier
President du Parlement de
Dijon
,
& depuis la mort de
ce Magistrat ; c'est aujourd'huy
M. de la Brjffc
,
Intendant
de Bourgogne qui exerce
l'Intendance de la Marine aux
mêmes appointements de
4000. liv.
: Voila,, Monfeur) tout ce
que.
j'ay crû pouvoir tirer de vostre
Ademoire pour l'inflruêlion du
Publicsur cetArticle. Si je l'aiVO;
S reçu pluto/i je naurois pas
manque de le mettre a sa place
y
personne rieftant plus dispose que
moy à rendre toute lajuflice quiefl
deue À la mémoire de M. Dugùay.
Jefuis avec bien des remer.
cimens de la remontrance, & un
parfait oubry de la réprimandé
> Alonfieur^ybjtre très. humble e;;-
très ObÉeantfer-viteur.
"æ
J'ayenfin appris par la voix
publique le nom de l'Auteur
de laSphere Historique que
rayais annoncé le mois de
Janvier: son nom estconnu
depuis long- temps; mais il a
esté caché, à cause de [ocr
absence hors de Paris
, da
de son assiduité infatiguable.
au grand ouvrage de l'Antiquité
Heroïque, commencé
,-
depuis plus de 40. ans ,6c
achevé il y a six ans, mais mal
en ordre & non décrir. Ctcfi
de cette fourcc féconde qu'il a
puisé les principes de sa Sphere
universelle
,
avec trois ou
quatre autres petits ouvrages
d'Antiquitéà peu prés de même
force, tels que sont;
1v. Un Traité serieux des
Amazones, rendu à L1 vérité
de l'Histoire contre les
Aveugles; leur Origine, leurs
Genealogies les plus exactes
qu'elles se puissent trouver
dans les meilleurs Auteurs;
leurs diverses habitations, &
le temps qu'elles ont demeuré
dans chacune d'icelles.
2°. Le second ouvrage est
un nouveau Plan de toute
l'Asic, ( ou pour mieux dire)
l'ancien Plan, rétabli tel qu'il
étoit a prés le Delugt.
3°. Le troisiéme, est un
Traité des trois fameuses Colonies
des Grecs,après la rüine
de Troye: c'est une des plus
belles Epoques de l'Histoire
ancienne,- & l'eclaircissement
de l'Asiemineure; sçavoir,
l'Eolide Asiatique, l'Yonie
Asiatique, &laDoride Asiatique;
routes trois originaires
des Eoliens, des Yoniens ou
Xanthiens, & des Dores ou
Doriens de Grèce. Ce que la
pluspart ne distinguent pas. •
1
le d'autant que ce Traité
(si. particulièrement pour les
Sçavans,l'Auteur y joindra la
justification de Virgile contre
l'anacronifms imaginaire qu'
on lui impute avec témérité
)
sans que sesaccusateurs conviennent,
si c'estVirgilequi
est beaucoup posterieur à Didon,
ouDidonàVirgile. Cette
justification apprend aussi ce
qui regarde la Généalogie
touchant la source & le cours
du Nil
,
l'Embouchure du
Tigre,indubitablement dans
la Mer Rouge, ou Erytrée :
malgré les exclamations de
Berkelius. Quid Tigri cum mare
Rjibro.
Le Livre qui a pour titre
Sphere historique
, que l'on a
inseré dans le Mercure dernier,
se vend à Paris chez André
Cailleau, Quay des Augustins,
prés la rue Pavéeà saint
André; on trouvera chez le
meme Libraire deux Livres
nouveaux ,
le Disciple pacifiquede
saint Augustin sur la
Liberté
,
la Grace, & la Predestination,
avec une Ditfcrtation
préhminaire.De l'autorité
de saint Augustin
»
& de sess
anciens Disciples dans les matieres
de la Liberté
,
de la Grace,&
de la Predestination, ôC
des diverses erreurs que ce saint
Docteur a combattuës sur ce
sujet,in quarto. Voyage del'Arabic
heureuse par l'Océan
Oriental, & le Détroit de la
Mer Rouge,fait par les François
pour la premiere fois dans
les années 1708. J70,. fai
-i
1710 avec la Relationparticulière
d'un Voyage fait au Port
deMokaà la Cour du Roy
d'Yemen dans la seconde expedition
desannées1711 1712.
& 1713 un Mcrooirc concer-
Dant l'ar bre& le fruit du Café,
dresse sur les observations de
ceux qui ont fait ce dernier
Voyage, & un Traité historique
de l'origine & du progrès
duCafé
, tant dans l'Asie que
dans l'Europe, & de son IOtiQduction
en France, & do1erablissement
de fonulegç à Paris
,
in douze,avec figures.
La Chambre de Justice dont
on a parlé long-tems futenfin
établielesept dece mois;par
uneOrdonnance du Roy qui
fut publiéelemême jour, &
dont voicy la copie, ill ,n'dl.
pointicyquestiond'entrepren
dre de fairel'éloge du Regent,
ma plume n'a jamais prisun
vol si haut; mais je ne peux me
dispenser dedire(laissanttroutesses
vertus à part ) que rien4
ne manifeste à presentdavancage
son équité
,
son zele &-
son attention pour le bien des.
peuples, que l'établissementde
cette redoutable Chambre.
Les
Les gens înteressez à la rigueur
de cette recherche, dont
le nombre est prodigieux, auront
de la peine à m'accorder
cette verité. Et si j'avois suivi
sur cet article des conseils respcétbles
par lemerite &les
lumières de ceux qui me les ont
donné
,
j'aurois certainement
supprimé tout ce que j'en vais
dire; mais je ne peux m'empecher
d'avouer que je me fuis
en cette occasion laissé étourdir
du bruit &entraîner par
la rapidié du torrent, & que
j'ay pris le murmure du peuple
pour lavoix de Dieu
ORDONNANCE
du Roy,portant deffenses
à tous Offcierscomptables
& autres interessez dans les
Trairez & Soustraitez de
Finance, &c. de desemparer
,
de leurs Maisons d'habitation,
& des lieux de leur residence
sanscongé exprés&
par écrit de Sa Majesté, à
-
peine de punition corporelle,
même de la vie.
Du 7. Mars 1716.
DE PAR le ROY.
SA MJJESTE ayant
par son Edit du prejent mois
ttablie une ChambredeJujlice
pour la recherche &punition des
coupables des abus j malversations
&crimes dePeculat commis dans
fis Finances, concajJions exactions
i & commtrces Usuraires
faits au détrimentdesdites Financesy
contre les interefls de Sa Majessé
(7 deJes Sujetsr En attendant
l'Etiblerment de ladite
Chambre,&jufqua ce que ledit
Edityfoit enregiflre: De l'avis
de Monsieur le Duc d'Orléans
Regentpresent, Fait dcffenfes a
tous Ofifciers comptables, & à
tous* ceux qui font ou ont ete interegez,
directementou indireifement,
fous leurs propres noms, ou
fous les noms J'autres personnes
*
en quelque sorts & maniéré que
cefoit, dans les Traitez &foutraite%,
Entreprises gr marche':\.
pourEtapes, fournitures& vivres
aux Troupes&Hofpiiux.
Munitions de Guerre tr de bouche
aux Villes,Garnijôns,& Armées
deTerre & de Mer> circonstances
& dépendances
,
qui
ont eslefaites depuis le premier
Janvier1689. jufqua prftnt.
Et a tous leurs Caiffters, ReceveursyCommis>
Prcpofe%
3
Affocie^
yCroupiers & Particiees,
& à toutes autres personnes de
quelque qualité &condzlÍonquelles
soientysujettes a la recherche
de ladite Chambre de Juftict:r.
en quelque forte. & maniéré que
ce
puiJJe
dire de desemparer de
leurs Adaifins d'habitation de
ParityMdeleurs Maisons d'habitation
des failles cr lieux de
leurrefidtNCe ordinaire,sanscongé
exprès & par écrit de Sa Majefll,
àpeine depunitioncorporelle*
même de la vie : Enjoint Sa Majessé
au Prevofi àe sonHostel &
-grande Prevoftéde France, Vicc-
Baillifs, Vice-Stntehaux, Pre.
vojls de ses tres cbers 0* bien
amek Cousins les AîareJchaux de
FraneeJ leurs Lieuunans&Archers>
de tenir la main à l'txecution
de la presente Ordonnance
(7 d'arrefler les contrevenais en
lItrtu d'icelle, laquellefera lue,
publiée & affichée par tout ou
besoinfera, a ce que perfonnt n'en
ignore. Fait à Paris le septiéme
jour de Mars milsept censssir
Signé L0VIS. Et plus bas.
Phelypeaux.
Le 14. de ce mois M. le
Chancelier fut aux grands Augustins,
pour y fairel'ouverturede
la Chambre de Justice;
il y sur reçu par le R.P. Guerin,
Sous Prieur en Chef, & Docteur
de Sorbonne,qui lui fie
avec l'éloquence & les grâces
qui luy font naturelles, le
compliment suivant.
1
MONSEIGNEVR,
UEtatfe congratule de tefprit
de prnrtrAtionJ de difeernement
de Kele &de resolution. dont
Voflre Grandeur eji remplie, &
qui va animer les membres func
nouvelle Chambrt, auJft flueraine
par les qUtClite éminentes
des Milg/jlrats qui la compoftnt
queparson autDritf.
Qui ntveit-que V. G. unit
laJustice a la Religion dans une
maison deconfiance que nos Rois
ont rendu le centre des jfflembïees
illuflres, leurs Adajefle^yvenant
faire les cérémonies desChevaliers
du S. EJprit,dont vous ave;C menteles
augufles caraaertsparl'importance
de vos services. Quel
bonheurpour noftrCommunaHté
si.elle avoit une place singuliere
dans voflre souvenir, £7* dans
-l'honneur- de voflre protréîionf
Vos vertus & vos
-
bontt'. nous
enflattent.
Je crois ne pouvoir rien
promettre qui soitplus agréa- ble
ble au Public desinteressé
une Liste exacte,& souvent
même historique de ceux qui
auront subi la rigueur des
examens aufqucls on va les
soumettre;à commencer par
le fameux M. Miotte, dont la
prise fut accompagnée des circonstances
suivantes.
La nuit du 9. au 10. de ce
mois,vers les onze heures
M Miotte , revenant de souper
chez ce qu'il avoit de plus
cher au monde après son argent,
& prés de rentrer chez
luy, fut assailli dans son carosse
par le sieur Bazin homme très
connu par les grands succés
qu'il a souventcûsdans:les
plus délicates commissions de
cette nature, pour cette fois
cependant il pensa manquer
son coup. M. Miotteestoit
déjà à sa porte que son Portier
venoit d'ouvrir; & cousifes
domestiques accourus au bruit
&à son secours, ne pretendanc
pas laisser leur Maistre en de
pareilles mains, sirent des
efforts si genereux ,
qu'ils luy
arracherent enfin sa proye, &
le jetterent dans sa maisons
mais Bazin ne voulant pas
avoir le démenti de cette avauture
,y entra luy fecond
)
l'é- péeàlamain.
Lenombre de res gens dispersez
l'avait malheureusement
jetté dans la necessité de
courir audacieusement tous
les périls de cette expédition.
Ainsi n'ayant pas alors suffisamment
de monde pour soûtenir
( quelque brave que fut
son second ) une gageure de
cette imponance, ilselaissa enfermer
dans la Maison
)
où
pendant qu'il se promenoit
dans la cour, en attendant
impatiemment le renfort qui
luy devoit arriver, M Miotte
occupoit sses plus fideles domcftlqucsà.
luy bâtir une-niche
dans l'endroit le plus- fccret
de son Chasteau
, pour
s'y mettre à l'abri des perquisissonsde
ses Juges.
Sur cesentrefaitesleCom-*
missaire Cailly se rendit à la
poite de M. Miotte
,
escorté
d'un Serrurier habile
,
&de
vingthommes armez de leviers
de pistolers
,
de piques & d'épées.
Aussitost il fit ouvrir
la tranchée à découvert;
mais les dehors estant sans
dessenceilselongeaà son aise,
jusques tous la porte de la
forteresse que le Mineur
,
la
sape, le belier & leSerrurie
culbucerent après une demie
heure d'assaut, fecondez néanmoins
de la valeur des deux
braves enfermez dans la cour
du Chasteau ,dont le pillage,
suivant les loix de la guerre,
apparcenoit de plein droit àses
vainqueurs; mais par une sage
prévoyance ; un Heros que
l'Europe admire, que la France -
adore, & dont la poqtericé
rerpé\:era autant la mémoire
& les vertus que celles de cous
les heros de lafable&de l'histoire
,avoit reservs le sac de
cette riche Citadelle à la vcà:,
geance & à la satisfactiont des
peuples de qui le GrAntqiJ
Thabitoit, avoit mille fois inhumainement
usurpé
, extorque,
&ravilesrichesses.
Mais il s'agissoit moins:
dans cette expéditionde pren,.
dre le Fort, que celuy qui "y
commandoit, aiïffi fut-il diligemment
proccdé à cette recherche.
Dés qu'on eût place
des Sentinelles à la porte, on
se mit d'abord à visiter le faîte
& les soûterrains du Chasteau.
Des caves on passa auxcuisines
aux fours & aux écuries, ou
une parue de la Cavalerie qui
se trouva endormie d'un profond
sommeil
,
fut réveillée en
surfaut
, pour estre attelée à
un char destiné à l'usage qu'on
dira cyaprés. Cependant on
se saisit des défilez par où l'on
pouvoit entrer par des portes
de communication
,
dans un
grand nombre de cazernes
où „ vray -
semblablement on
supposoit que la précaution
du Maistre deces lieux pouvoir
entretenir des chausses-trapes
des sausses- brayes, & dresser
des embûches aux ennemis.
Ces quartiers surent lairez&
gardez. En même temps quelques
enfans perdus allèrent
s'emparer de deux petits cfcaliersdérobez
qu'on crût longtemps
n'aboutir à rien: & donc
on ne se seroit peut estrepas
méssié, sans les instances de la
Dame du Chasteau qui s'égosiloit
à force de crier qu'il
n'y avoir rien dans ce canton
de la Forteresse. Mais ses cris
révsillerent la curiosité des
vainqueurs qui prirent pour
une preuve évidente de l'excès
de ses allarmes
,
ses instances
à deffendre la visire&la garde
de ces passages. On s'acharna
avec tant d'opiniâcrctéàl'examen
de cet endroit, qu'à lafin
ondécouvriezune espece de
petit guichet couleur de muraille,
que, faute d'en avoir
laclef, on fut obligéd'enfoncer.
Alors on vit qu'on avoit
encore quelques degrez à monter
,
& qu'au haut de cette
échelle, estoit une autre petite
porte que le levier ouvrit
encore.
Icy parut avec éclat la prudence-
duCommissaire-,
des que cette porte eut été fracalféc.-)
se voyant dans un réduit
rempli de foin
,
de paille,
& d'autres matièrestrèscombufiibles,
ildeffendit auxporteurs
de fallots & de gros
flambeaux de raisine, d'approcher
d'un lieu que la moindre
éteincelle exposoitsans remede
aux plus grands malheurs.Il
se contenta de demander modérément
unecouple dechandelles
desquelles il se fie prudemment
éclairer, Là ayant reconnu
qu'il estoit effectivement
dans un grenier,il commanda
à deux des Sbirfes qui
l'accompagnoicnt, de remuer,
déranger& découvrir enfin les
piles de foin, que la prudence
du Châtelainpouvoit avoir fait
amoncelersur son chef; mais ce
travail luy paroissant prodigieusement
long, il ordonna
à un de ses gens de fonder doucement
avec son épée, ce qui
fut discretementpratiqué,jus
qu'à ce que son Laquais ennuie
de la lenteur de cet exercice, se
jetta sur lefoin,ou en un quart
d'heure iltravailla avec tant de
vigueur & de bonheur,qu'il
cria enfin qu'il touchoit une
teste
,
puis un bras, & l'homme
parut !Fantômed'orguëil&
d'avarice! Fortune voila de tes
chefs- d'«,uivres.
Il Mais quedis-je,il n'yarien
d'étonnant à cela, & tostou
tard de rigoureuses & même
de sanglantes satisfactions aident
à reparer les plus horribles
dommages. Du reste que
peut on envier des richesses
d'un mortel qui s'arrache par
les voyes les plus odieuses&les
plus criminelles de l'esclavage
& du néantoùle fort l'a fait
naistre ; quojquJlII foit même
indigne d'avoir des remords,
sa propre fortune implacable
ennemie de son repos, venge
sanscessedu faux éclat de son
bonheur ceux que son opulence
opprime, & n'est pour
luy qu'une façon continuelle
d'estre esclave&malheureux.
Ainsi défiguré, suant à grosses
gouttes& couvert de poussiere
,
M. Miotte fut arraché
de son trou, & conduit par
hazard dans la chambre de sa
femme ( qu'avant cette avanture
il ne frequentoit gueres.)
Ily demanda du feu
, sa pipe
&son tabac:toutes ceschoses
importantes luy furent accordécs
, & quelques moments
après qu'il s'en fut servy
, environ
vers les cinq heures du
matin il fut mis dans lé char
dont nous avonsparlé
, pour
estre à l'instant transferé dans
la Citadelle oùil estmaintenant
que j'écris cette particule
de son Histoire, & où il restera
jusqu'à nouvel ordre.
Le même jour M. de Bourvalais
fut arresté sans tant de
ceremonies,en revenant de sa
maison de Champ, & conduit
, comme M. Miotte, à la
Bastille,& depuis à la Conciergerie
,
où il attend avec une
tres-humble refignarion
, &
une soumission parfaite aux
volontez du Regent, les deçàsions
de la Chambre deJustice.
ilttfM. le Normand,fameux
Traitanttraitant même, à ce
qu'on dit, de son autorité privee,
fut arresfé le & conduit
à la Bastille. M. deBarangue
l'y suivitde prés.
• - Le vingtdece mois M. de
Villemarée fut arresté & mené
comme les autres à la Bastille.
& depuis à la Conciergerie.
Plusieurs autres firent le même
chemin. Messieurs le Blanc&
Duclos y estoient avant ces
Messieurs.
-
-
Cette redoutable Chambre
xft composée de
MESSIEURS
Voyfin
)
Chancelier de
France.
DeLamoignon,& Portail,
Prcfidents au Parlement de
Paris.
M. de Fourqueux, ProcureuiGeneral.
DE MESSIEURS
DeFieubec,
De Machault,
De Beaussan,
De Maupeou,
Amcloc
Amelot deChaillou,
Et d'Ormesson du Cheré,
Maistres des Requestes ordinairesde
l'Hôtel du Roy.
DE MESSIEURS
Chassepot de Beaumont.
De la Porte. Perrand.
LeBoistel.
Meliand
LeFebvre, de laMalmaison.
Aubry.
De Tourmont.
De Monthulé.
Et Nicolaï
,
Conseillers au
Parlement de Paris.
DE MESSIEURS
BaillydeBeïre
-. Prévôt,
L'Evêque,
Charpentier,
Le Grand,
De13caufort
De Villiers,
Et Cassini, Maistres ordinaires
de la Chambre des
Comptes.
DE MESSIEURS
Boyetet,
Le Vayer,
Hoquart,
Et Angran, Conseillers à
laCour des AydesdeParis.
Officiers- de la Chambre
deJujiice,
MESSIEURS
Menet
,
Greffier en chef
Civil.
Amyot
,
Greffierenchef
Criminel.
1 APOSTILLE.
M. leComted'Avejan,Capitaineaux
Gardes, a acheté la
Charge de Sous Lieutenantde
la premiere Compagnie des
Mousquetaires qu'avoitcydevant
M.lecomted'Artagnan,
à present Commandant de la
mems Compagnie. M.leDuc
d'Orleansluy a accordé unBrever
de retenuë de vingt-cinq
mitte écus. Il est fils de feuMessire
Denis de Bannes, Chevalier
Comte d'Avejan ,LieutenantGeneral
des Armées du
Roy, Grand Croix de l'Ordre
de S. Loüis,Lieutenant Colonel
des Gardes Françoises,&
Gouverneur de Furnes, &qui
a commandé les Troupes du
Roypendant cinq ans en Lorraine.
Il est d'une des plus anciennes
Maisons deLanguedoc
&des mieux atticcs.
Autre dpojliile.
Dansla Liste des Pensionnaircs
sur l'Evêché deBayeux,
qu'on a donné avec tous les
noms des autres dans le Journaldumoispassé,
ons'esttrompéàl'article
de M. le Marquis
de Lhôpital. On a imprimé le
Chevalier de Lhôpital.
M. le Marquis de Lhôpiral
est fils de M. le Marquis, de
Lhôpital Choisi,aînéde famai.
son,& qui de son mariage
avec Dame Elizabeth de Challet
n'a eu qu'un fils
,
qui ca.
M.leMarquis deLhôpital dont ilsagiticy.
jivis très-utile au Public.
Copie d'uneLettre de Madame
la Marquise de Matignon
écriteau Reverend Perc*.'-
Religieux de l'Odre&Con.
vMentaderSs. M1a7glo1ire6,le8e,
Je croy mon Reverend Perc
que je ne puis vous rendre un ferviceplus
utile que de vous faire
connoistreMonsieur Anel Occulift&
Chirurgien
3
Penjionnaire
de Madame Royale de Savoyer.
dontfayeul'honneur de vouspar-
1er, il est sans contredit cm- sans
prévention un des plus habiles
qu';J.y ait dans sa profession
comme il paroiss par les belles
&importantes découvertes qu'il
afaitessurlesmaladies Jesyeux.
(7 lesguérisonsfurpunantes qu'il
fait, lesquelles l'ont faitconnoître
de tout le monde; ainsije vous
prie devouloir bieny donner tint
tntÏere confiance9étant persuadée
que fiJOUS ne vous repentire%pas
dans lafuite du temps de lavoir
connu, cràye%que cejl le particulierinterest
quwe je pr'ens 4 vo- ~o«~ trefonte,quim'obligedevous
faire cette priere: ma joye feroit
cxtreme si je pouttJoÍs contribuer
par son moyen avotre guérifin;
le trisse état ou 'bous,
fftel me faisant une veritable
peineparlesfentimensd'ejhme que
yaypourvous, le/quels meferont
chercher toutes les occasîons où je
pourroiï vous en donnerdes marques.
Faites moy lagrace de n'en
jamais douter, encore une fois je.
nepuis mç lasserdevons lerépétcr
ter, fiez,-vous à ma paroley mettez
tous entre les mains de Monpeur
Anel, & mus vousen
trouvère^ très-bien ,sonhabileté
estant au-drffus de tout ce que je
vous exprime : cest luy qui a
guéri Madame RoyaledeSavoye;
notre mal est tres-pressantpar les
conftqutnlls qui en peuvent arriruer
r je vous prie de vous arrêter
àce que jt vous endis de
croire que je fuis trèsvéritablement
a vous avec toute laJincetritéipogjjîblen.
Charolote dne M.a-
M. Anel, Docteur enChirurgie
& Chirurgien Oculiste
de Madame Royale, guerit lesI
fistules lachrimales, iesinflammations,
rougeurs, larmoyé-j
ments,tayes, car.a(s)gc.\J.c":,
tes seraines
, &- tantautres
maladies des yeux , par une
douce méthode de soninvention.
L'on le trouve le matin î
jusqu'a huit hcurçé
,
l'aprés j
midy jusquacinqheures,gra?
tis pour les gens de Iivr.ee,g
pour les pauvres :il logepitij
l'Hôteld'Hambourg, ôcà prc.
sent ruë du Four prés S. EuW
tache vis- à-vis l'avance de
l'Hostel de Soissons, en porte]
cochere surle devanr. 1
LemêmeM Anel vient de
guérir depuis peu en quatre
jour Monseigneur le Prince
Souverain de Dombes, fils aîné
de Monseigneur le Duc du
Maine, d'un accident fâcheux
qui luy estoit arrivé à un oeil;
ils'est servyde ses injections,
& d'une eau qu'il a inventée
depuis peu qui produit des cffets
prodigieux & surprenants,
pour la guerison de la plupart
des maladies des yeux; il en
donne charitablement aux
pauvres jusqu'à l'entière guerison
:il endonnera aussi gratis
àc à l'épreuve à ceux qui clou.
teront de ses effets; mais il faut
qu'auparavant il voye le malade
pour juger des circonstances
de la maladie & pour luy
en seigner la manière de s'en
servir.
Autre Avis non moins utile.
Le Public est averti que le
sieur Jacques Dubié de Lyon,
qui a esté receu à Paris, à S.
Cosme en qualité d'Operateur
manuel expert pour les dents,
travaille artistement & méthodiquement
dans les opérations
pour ce qui conccrar.
generalement les denrs. Il
les nettoye avec une si grande
legeretéde main qu'à peine
le sent on, & les rends de la
derniere blancheur
,
s'il s'en
trouve de cariées il les remplie
de plomb
, pour éviter les.
mauvaises odeurs, en met d'artificielles
qui imitent les natu-
,
relles, lime & sépare toutes
les autres & redresse celles qui
font de travers, de manière
que les alimens ne peuvent s'y
attacher,illes tire avec beaucoup
d'adresse en lestouchant
jusqu'à la moindre racine ,
pour difficiles qu'elles puissent
cftrçjôdcn remet de naturelles
qui durent autant que la vie
chose extraordinaire, il prouve
par expérience tout ce qu'il
avance. Onne trouve que chez
luy le veritable opiat duLevant
pour conserver &rafermir les
jensives
,
dont il a des pots à
tout prix;il se fert aussi d'une
poudre qu'il vend, qui rend
les dents blanches comme
l'albastre en se les frottant seulement
avec le doigt & en se
rinssant la bouche avec de
l'eau tiede,il estle seul qui ait
une essence qui appaise sur le
champ les douleurs les plus
vives en en mettant une feule
goûte dans le trou de la dent
& guérit generalement tous
les maux qui viennent à la
bouchc; les Dames luy furont
bongré de la découverte
qu'ilafaitdu plus beau secret
du monde pour le teintqui le
rend beau, uni, &vermeil
donnant , un air de santé, effaçant
beaucoup dedébuts du
visage, c'est une poudre blanche
dont on se sert comme l'on
fait du rouge, on peut même
la mêler avec la pommade.
a! Plusieurs grands Seigneurs
& Dames de la Courluy font
l'honneur de te servir actuellement
de luy. Il va en Ville
tous les matinsonest feur de
le trouver les après dinez
,
il
travaille tous les Jeudis pour
les pauvres. -
Sa demeure ruë de la Comedie,
son Enseigne est le Cadran
,
Lyon d'or à Paris.
Métrait £une Lettre afl. Cardinal
dehTremoiHe, )si'
idemy ri$
DeTuriny izi
Descriptioncurieuse dela Tempe
funehre de Mif XIV. 4
Cadix,
, lia.
7)e Marseille, 140 14V î)eLondres, 150
DéStrarboaYK r i6$r
De Genès, i,69,
DeParis) 170
Donsd-aBo 174
PeritDifloursftr la Comtdie,accompagne
élu Compliment(fut
M. de Pontêuil fit aMadame 14
ftu>utcÀhelfafeCdoemeBdrierpyo,urlleajopurermquieerlle soisyi%<yt
imitedesNouvelles deParis} l'f
~~r~ Roy, 1"1 fieranguefaiteauRfj,19S
fiaranguefaiteauRégent, 199
Suite des Nouvelles de Pariî., 2.01
Second Articledes Mariages, -til
Vers libres À MademoifeJJe de V.
surfinMariage7 11S
Second Article des Morts 2.17 J>eConfiantinople zzj
De Naptes, zzj
PeCents,229 JLc*pQ*nf*ede routeur 4 M. 2.3
givres Nouveaux) 245
Jàifcours sur la chambre de Jufti-
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Copie de YOrdonnance du 7. Mars
que rAuteur n'a fait imprimer
quenconsideration des Etrangers
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