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1716, 01 (avec supplément, décembre 1715, Critique sur l'examen pacifique de M. l'Abbé de Fourmont) (Gallica)
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nouveau MERCURE
A PARIS,
M.DCCXVI
dvecPnviLge duRoy.
M ERCUREG
AL AN T. •
Par le Sieur Le Fevre.
Mois
de Jantter
1 7 1
6.
Le prix est 30. sols relié en veau, Zc
25. sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, Se J. LAMESLE,
au bout du Pont Saint Michel,
du côté du Marché-Neuf,
au Livre Royal.
^4%<cu4probatiort,&PrivilègeduR@i
MERCURE
NOUVEAU
DEDIE
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR
LE DUC DE CHARTRES.
* Grace au Ciel mon borheur
passe mon esperance.
Electeur que tout le
monde connoist en
France, de même qu'-
autrefois l'Univers connoissoit
* Parodie d'Andromaque de Racine.
les Empereurs Romains
,
&
les designoit en les nommant
simplement Cesars
, a commencé
cette année,ainsi qu'il
a commencé toutes celles de
sa vie
,
depuis qu'il regne en
Baviere. Ce Prince a jetté les -
yeux sur tous les sujets qu'il
honore de ses graces & de ses
pensions;Mercure
pen sions;Mercures'seesstttrouvé
enrollé dans la revûe qu'il
enafaite,& aprés avoir, à son
ordinaire, prodigué ses largesses
à tous ceux qui ontl'avantage
de jouir de sa prefence,
il ce achargé M. le Comte
,
-a c liarg d'Albert son Grand Ecuyer,
& Protecteur dudit Mercure,
du soin de luy annoncer qu'il
luy continuoit avec joyc la
pensionqu'il luy a accordée
l'annéepassée, & en même
temps écrit à M. le Comte de
Monasterole, son Envoyé Extraordinaire
en cette Cour, de
la luy faire payer ex:£bmenr ;
ce que M. de Monastzrole
qui sçait parfaitement avec
quelle grace son Maistre ajoûte
à chaque instant, à
toutes les actions de sa vié)
une action genereuse, a fait
à l'égard de Mercure presque
de la même maniere que S.
A. E. l'eût fait elle-même.
Avant de quitter un article
si glorieux & si utile à Mercure,
illuy convient de vous
dire qu'on luy a écrit de Venise
du 2. 8. du mois passé, que les
équipages du Prince Electoral
de Baviere y sontarrivezaussibien
que Son Altesse, & que
les quatre Nobles qui ont esté
nommez pour servir &accompagner
ce Prince pendant son
séjour à Venise, sont Mrs
Cornaro,Pizaro, Pizani, &
Ep izzo.
Voicy le reste des Nouvelles
qu'il a reçû des affaires de cette
, Republique. Ilpriele Lecteur
de les recevoir à son tour,
ainsi que ses autres nouvelles,
non comme des Extraits de
Gazette; mais comme des nouvellestréscurieuses,&
quiluy
ont esté directement écrites
des lieux dont il par le.
AVenise le14.Decembre 1715.
M. Grimani continuë de
refuserl'employ de Capitaine
General Il a presenté un Memoire
sur ce sujet qui doit être
porté dans trois Conseils differens
c'est à dire dans celuy
des Conseillers du Doge, &
des trois Chefs de la Quaranrie,
dans celuy du College entier
, & enfin dans le Pregadi.
Ses excuses ont déjaété agrées
dans le premier de ces Conseils,
Les sentiments ont été
mi partis dans le deuxième
,
quoyque l'affaire y ait été mise
deux fois en délibération.
Quelque resolution que l'on y
prenne ,
il paroît continuer
dans celle de se faire Ecclesiastique
plûtôtque d'être forcéà
accepter cet employ
,
qu'il n'y
a point d'exemple que l'on ait
jamaisrefusé mais c'est que
les affaires de la Republique
étoient dans une situation bien
differente de celles où elle se
trouve presentement.
M. Delphin n'a point écrit
à ses Maîtres cette semaine
,
mais M. Pisani, General des
Isles, a mandé que ce Capitaine
General estoit parti le
dix huit OctobredeGlimino
avec sa Flotte pour aller vers
les Isles de l'Archipel, dans la
vûë apparemment de tirer des
contributions de celles qui
sont sans dtffenfe
,
& de tâcher
de tirer quelque avantage
sur les Turcs, Mt trouve leur
Flotte separée,ainsi qu'il en
avoit receu quelques avis.
Quoyqu'il en soit,onluy reprochoitde
ce que lorsqu'elle
étoit unie, il n'entreprenoit
rien sur cette Flotte, & presentement
qu'elle est separée,
on craint qu'il ne luy arrive
quelque malheur.
Toutes les Garnisons qui
étoient dans les Places prises
par Capitulation par les Turcs
font arrivées au Zante & à
Cor fou, conistaant à 12. ou
1500. hommes environ. Elles
yontestétransportéessur des
Bâtiments François.
On dit à cette occasion que
les Turcs n'ont point pris
Parga; qu'ils avoient tenré de
le surprendre, mais que lesHabicants
s'estant de ffendus vigoureusement
, ils s'estoient
retirez de devantcepetit lieu.
Il arriva cyil y a quelques
jours deux Vaisseaux de la Flotte
qui avoient esté nolisezde
quelques Marchands &armez
en Guerre par la Republique
qui ne s'en servira plus. Il cft
aussiarrivé avant hier un autre
Vaisseau de Guerre nommé
la Liguesacrée ; il doit ctre
desarmé
, n'estant plus propre
pour naviger.
On attend icy incessamment
M. le Comte de Schirlembourg
qui est en contuma.
ce au Lazaret de Verone. On
la luy fera achever dans une
Ifl; des Langunes qui luy a été preparee.
L'on a fait deux Trairez
pour la levée de
1 500. hommes
,l'un avec le Comte Nostitz,
Lieutenant General, que
la Republique prend à son fervice
, pour un Regiment de
1000. Polonnois; & l'autre
avec M. de la Motte, au nom
duComte d'Enoff, pour 500.
de recruës du même Pays, On
-
ne fait p-ss cependant grand
fond surl'arrivée de ces Troupes,
qu'il sera difficile de conduire
icy.
ALivourne le7.Décembre171j.
M. le Duc de Masse est
mort il y a trois jours d'une
pleuresie, àune de Ces maisons
decampagne,prés de Pise, où
il a été embaumé & conduit
de-là à Masse pour y être inhumé
dans le Tombeau de ses
Ancerres. Le Prince son frere
cadet marié depuis sept à huit
mois, succede à tous ses biens.
Le Roy de Portugal a écrit
au Grand Duc& luy a donné
la qualitéd'Altesse Royale que
luy & le feu Roy son pcrc luy
avoient contestéejusques à ce
jour: cette Majesté doit venir
par terreenItalie, sur un voeu
qu'elle a fait dans sa maladie,
de vificcr, en cas de guérison,
Nostre Dame de Lorette; &
elle a, dit on,resolu de passer
quelque temps à Florence.
Cette Ville a veu, pendant le
Regne de ce Grand Duc, un
autre Roy voyageur,& a été
visitée par un grand nombre
de Princes. Le Nonce du Pape
qui est à Lisbonne
,
doit accompagner
dans le voyage le
Roy de Portugal.
Le Gland Ducayantassemblé
les Notables de (es Etats
pour aviser aux moyens de le.
ver 400. mille écusFlorentins
qui en font 500.mille de France
, qu'il disoit avoir emprunté
pour subvenir aux derniers
subsides qu'il a fourni à l'Empereur,
ou luyêtre necessaires
pour d'autresremboursemens;
ces Notables ont, après plusieurs
mois d'union
,
resolu
d'emprunter32.0, mille écus,
pour seureté du fond desquels
& desinterets à cinq pour
cent, ils ont été d'accord qu'il
fera imposé par chaque livre
du mauvais sel qui se vend
dans cet Etat à prés de quatre
fols', & chaque pain blanc de
trois onces, un liard
, ce qui
produira prés de 50.milleécus
, chaque année: on dit que le
Grand Duc qui s'est bien trouvé
du voyage qu'il fit l'hyver
dernier à Pife
,
lieu auquel les
Grands Ducs,àcause de la douceur
del'air,avoient accoûtumez
de les venir passer, s'y rendra
dans le mois prochain. Le
sieurdelVigna quiaété longtemps
temps en Hollande en qualité
de Marchand, a esté nommé
àl'importance Charge de Provediteur
de cette Doüane,
qu'on peut comparer à celle
d'unIntendanc de nôtreFrance.
A Rome le 2. Decembre 171
Puisque vous voulez bien
excuser la sécheresse des Nouvelles
deces quartiers,je continuë
de vous en écrire, & voicy
ce que nous en avons cet
ordinaire.
Dimanchedernierl'Ambassadeur
de l'Empereur sitchanter
une Messesolemnelle dans
JIEgllCe delAnima,,
en l'honneur
de S.Chartes, donc Ilai.
pereur porte le nom. Ce Minithe
y assista en ceremonie.
Il y eût ce jour-là une nombreu
se fuite de Prelats & de
Seigneurs, & M. le Vicegerentcélébra
la Mesle. L'Ambassadeur
donnaensuiteun superbe
repas à toutsoncortege
&aux Ministres des Couronnes.
Un Prince PalcrnÜtan) de
la Maison Fornari
,
se trouva
àce repas.Il avoir place à table
immédiatement après les
Ambassadeurs. On dit qu'il se
plaint fort du Gouvernement
prcfent de Sicile,& que les sujets
de mécontentement qu'il
en a font le motifde sa retraite
en cette Cour.
M. Massei, Echanson de
Sa Sainteté
,
lequel a porte la
calotc au Cardinal de Bissy, est
de retour en cette Ville, où il
fait voir le beau diamant donc
cette Eminence luya fait prefent.
< "',.,
Le Pere Salerne
,
Jesuite,
qui suivit M. le Cardinal Albani
dans sa Nonciatured'Allemagne
,sera, dit- on, envoïé
incessamment à la Cour de Pologne,
de la part de Sa Sainteté
j pour donner ladernière
main à l'ouvrage de la conversion
à la Religion Catholir>
que du Prince Electoral de
Saxe.-
M. Orlandi, Porte Croix
& Maistre de Ceremonie du
Pape, mourut ces jours passez
Sa Sainteté a donné au neveu
du deffunt le Canonicat de
Sainte Marie en Trastevere,
donc
,
il estoie |xiu?vû.
Lundy après midy le Pape
revint de Castel Gandolseen
bonne santé. Une grande partie
du Sacré Cotkgç sur audevant
de luyà S Jean de Latran
Il y avoir au111 beaucoup
de Noblesse. Les Gardes à cheval
& les Cuirassiers setrouverent
là, & le conduisirent au
Palais Quirinal. Dimanche
dernier l'Ambassadeur de
l'Empereur revenant de l'Eglirc
del'Anima avec tout sois
cortege, un Cocher du Cardinal
Astallieût l'imprudence de
traver feravec soncarrosse la
file de ceux de ce Ministre; &
quoique le Maistre de Chambre
dece Cardinal, qui setrouveabsent,
en ait fait desexcufies,
que même ilait congédié
leCocher,on assûre neanmoins
que l'Ambassadeurn'est point.
encore satisfait.
On a sçû que M. Imperiali
qui est allé à Genes pour ses
affairesparticulières, courant
la poste de Montcfiascone,est
tombé dans un grand précipice
de cette Montagne, les
chcvaux ayant pris le mord
aux dents. Le Prélat par un
bonheur singulier n'a eu aucun,
mal, quoyque sa Calèche ait
esté fracassée, mais le Postillon
a esté tué avec un de ses chevaux.
Lesieur Vicentini, neveu
de M. le Nonce quiest à Naples,
mourut Lundy de sivre
maligne, dans la vingt quatriéme
année de somâge.Ilestoit
l Gentilhomme de l'Ambassadeur
de l'Empereur Ce Mit.
nistre Juy. a fait faire des obséques
à XAraCoe]ï^ & a vou- luquetoussesGentilshommes
assistassent à la grande Messe
a: quiaestécelebréepour lerepos
de l'ame du dessunt leur Confrere.
.* Sa Sainteté toujours attentive
au soulagement de ses
Peuples,a fait lever pour 4.
mois le droit d'entrée sur les
Huiles,dont la disetteest grande
à Rome:cela va à six Jules
pour chaque baril On espere
par-là d'engager les Marchands
à en apporter en abondance.
Le premier Dimanche de
l'Avent il y eut, selon la coutume,
Chapelle au Vatican;
& Mercredy Prédication à
Monté Cavallo Le Pape n'a
point assisté ni à l'une ni à
l'autre de ces fonctions. Sa
Sainteté efl; toûjours incommodée
de son rhume & un peu
affoiblie;Elleménage beaucoup,
& continue de garder
la chambre. Le
Le CardinalTanara est arrivé
en cette Ville. Il a quitté
la Légation d'Urbin; ilyavoit
douze ans qu'il la gouvernoir.
M. Rocta
,
Gouverneur de
Viterbe, ayantrefusé d'obeic
à certains ordres de la Con.
sulte, a esté appellé icy adcorrectionem.
La Ceremonie Baptismale
de la fille aînée duDuc deFiano
fc fie la semaine passée beaucoup avec de magnificence: il
s'y trouva douzeCardinaux.Le
Cardinal Aquaviva qui baptisa
l'enfant luy fit present de la
Croix qu'il avoic au col; le
CardinalOttobon luy donna
aussi un fleuron de diamants
de la valeur de plus de mille
ccus.
M. Cibo estparti en poste
pour se rendre à Srenne&s>a..
boucher avec son frere lecadet
,qui par la mort du Duc de
Massa succedeà ceDuché.
C'est pour regler entré eux le
partage des biens que leur Maison
possede. ,;M..DJ asteaeuavis quetrois
'dalles decet Etat, après une
surirusét-bout-asque
,
se trou-
VDientà Meflînc,6runc autre
'JfBàyn proche Naples.
Le Gouverneur de Rome
desirant d'estre éclairci sur certaines
particularitez
,
donna
ordre de mettre en prison le
Doyen de Monsignore Conci,
Evêquede Terracine,frere du
Cardinal Conti; mais cette
Eminence ayant pris vivement
la chose, empêcha que ce Dçw
mestique entrâtenprison,il
fut feulement détenu par les
Archers dans une boutique
l'espace de six heures, pour y
attendre les ordres du Palais,
qui furent que ce Doyen seroit
relâché; cependant ce
Cardinal n'ayant pû recevoir
satisfaction du Gouverneur
qui allegue pour raison que les
Archers ont pris la fuite, a eu
recours à l'Ambassadeur de
Portugal qui aussitost envoya
faire de fortes plaintes ,regardant
cela comme une injure
faire à la personnedeson Roy
en celle de Protecteur de ses
Royaumes. On prétend qu'ila
cesté répondu qu'on donneroit
toute forte de satisfactions
convenables.
»La jeune Marquise Macarani,
Dame fort spirituelle,
ayant eu quelque différent avec
le Marquis, son mary, sans dire
mot à personne, s'en fut toute
seule un de ces jours de sa maison
,
& alla trouver le Perc
Dicz, Religieuxdel'Ordrede
Cîteaux, homme fort exemplaire.
CePere n'ayant pu engager
la Dame à retourner
avec son mary , & la voyant
resoluë de s'arrêter chez luyJ
fut en informer le Gouverneur,
qui ayant envoyéappel-
1er le mary ,
fitsi bien qu'illes
reconcilia enfèniblc,& s'estanc
luymême transporté chez le
Religieux, qui demeure dans
une maison paruculiere, l'Ordre
de Cîteaux n'ayant point
deconvent encette Ville, fie
raourner la Dameàson logis.
Dom Charles Albani & son
Epouse revinrent Vendredy
de la semaine passée en cette
Ville. On dit qu'ils ont estéà
Milanincognito voir le Comte
Charles Bo,,)rromée,frerede la
femme.
Le frere du Comte Julien,
Agent des Cantons Catholio
cjues en cette Ville, ayant perdu
le respect à Monsignore
Mollara, Commissaire des Armes
,
n'a eu que trois jours
pour se retirer de tout l'Etat
Ecckfuftique.
Suite des Nouvelles de Rome.
.Dimanche, jour de l'Anniversaitedu
Couronnementdu
Pape
,
il y eut, selon la coûtume,
Chapelle à Montecavallo;
mais Sa Sainteté n'y assista
point.Elle évitetoûjours,autant
qu'elle peut, lesfonctions
pour tâcherderétablir parfai- tement,sasanté.
LflAn'ibd(Tadeur de l'Empereurayantenvoyé
dire au CardinalOttobon
qu'il souhaitoit
de leivi&er pôurle^congfata*
ler sur l'heurc^fxfi^ccoiichcment
de la Duchesse de Fiano son Eminence , ne put recevoir
sa visite, se trouvant alors sur
le point de sortir pour aller
dîner chez le Duc de Fiano;
mais ce Cardinal envoya faire
ses excuses à l'Ambassadeur,
qui pour comble d'honnêteté
expediaà l'instant son Maître
de Chambre pour aller faire
ce com pliment de sa part dans
la maison du Duc de Fiano, où
son Eminence le reçut ; & en
forçant le Maistre de Chambre
laitTalla aleune bonne quantité
d'écus. d'orpour,étrenes
aux Domestiques,
L'Abbé Perlas, frcre duSecrétairedes
Dépêches de l'Empereur,
ca arrivé de Vienne
en cette Cour. Sa Majesté Impériale
l'a nommé à l'ArchevêchédeBrindesi,
situédansle
Royaume de Naples. Le Cardinal
Albani luy a fait préparer
un Appartement dans le
Convent deS. Romuald.
Sous le Pontificat d'Innocent
XII. le Cardinal Corsini
estantalors Thresorier
,
fut
obligé à payer à la Chambre
37. mille écus qu'il avoitavan- cé,avecpeutropdeconfiancé,
à uncercain Zinaghi,
alors Minière des Galeres de
cet Etat, qui manqua & quitta
Rome. Aujourd'huy le Pape,
à l'instance de ce Cardinal
, a
destiné une Congrégation de
dix Prelats pour reconnoistre
si son Eminence pouvoir avoir
l'appel au Tribunal de laRote,
de la Sentence qu'il remporta;
ce qui a elle resolu par ladite
Congrégation en faveur de ce
Cardinal:Qarlque^ Sbitres
ayant eu la h&rdicfled-e passer
derriere le Palaisdel'Ambassadeur
de Portugal
,
furent
surprispatles Dorrief)ieJues<tfc
son Excellence&charge»i
coups de bâtons jusques fous
la grande porte du Palais du
Cardinal Imperiali
,
où ils se
fauverenr.
Pareillement les Gardes du
Palais d'Espagne poursuivirent
l'autre jour, les armes à la
main, plusieurs Sbirrcs qui
passoient dans la Place ;mais la
nuit suivante
, par ordre du
Gouverneur, une quantité de
Sbirrcs se posterent devantce
Palais,apparemment parvenu
geance de ce qui estoit arrivé
le même jour: néanmoins les
Gardes n'ayant point paru
cela n'a enaucune fuite ifâ*
cheuse.
On a publié & affiché rrois
nouveaux& tres longs Monitoires
touchant les affaires de
Sicile; l'on voit par ces nouvelles
censures que l'aigreur &
!animo&é augmentent toûjours.
DernièrementrArobafladeur
de l'Empereur retint à
dîner deux Comtes de Zinzindorf&
unautrede laMaison
Tunghen. Le dîner fini, son
Excellence se retira & leslaissa
en liberté. Il arriva qu'en difcourant
ils eurent du différent
cnrr'eux & se donnèrent un
déli. Aussi tôt aprèsilsmonterent
en carrosse pour aller se
battre hors de Rome. L'Ambasladeuren
ayantestéaverti,
fc transporta sur le lieu; &
après leur avoit fait faire la
paix. les ramena au logis.
On prétend que l'Evècbe
de Cuta di Castello est destiné
à M. Canzacchi.
Le pere de M. Passionci est
fort mécontent de ce que l'on
n'a donné à son fils que la
Charge d'Inquisiteur de Malthe.
Il se recrie fortement làdessus
,
disant qu'après avoir
dépensé plus de 2. 5. milleécus
pour le faire briller aux Congrez
de la Paix d'Urrech & de
Bade, illuy est bien sensiblè
de le voir si mal recompense.
M.le Gouverneur de Rome
envoya au Cardinal Conti &
à M.l'Evêque deTerracinaun
Gentilhomme pour leur faire
quelque force d'exeuse sur
l'emprisonnement du Decan
donc on a parlé dans les avis
precedents; mais ce Gentilhomme
n'a esté rcceu ni du
Cardinal, ni du Prelat.
L'AbbéScarlarti, Ministre
du Duc de Bavière en cette
Cour,fut dernièrement trouver
le Cardinal Doyen pour
luy representer
,
de la part de
son Maillre,le dcfirlu1avog
Son Altesse, que dans les Lesc.
tres que le Sacré Collège luy
écrit
, toute la souscription
fût de lamain des Cardinaux,
& particulièrement de son
Eminence
,
quiacoutume de
fairemettrel'affectionatissime
servitorede lamain du Secret
taire. Le Cardinal irrité d'une
pareilleinstance,répondit que
le Duc de Bavière dévoie se
contenter duceremonial donc
il se servoit luy-même à l'égard
des Cardinaux, & que si
cela ne le sansfaisoit point, il
ne luy écriroic pas davantage.
Je ne sçay comment, en bon
François ,on peut nommer
unepareille réponse.
Suite des Nouvelles de Venist.
Messieurs les Ambassadeurs
Extraordinaires deVenise pour
France ont demandé des Passeports
du Roy, séparément
pour chacun d'eux, parce qu'ils
ne partiront point ensemble.
M. Lando qui fut nommé
Samedy dernierà l'Ambassade
ordinaire de France, paroist
peu disposé à accepter cet employ.
M.
M. le General Delphin a
écrit au Sénat pour luy rendre,
un compte genoral de tout ce
qui s'est pasté dans la derniere
Campagne;& aprèsavoir fait
voir que les mauvais succés de
cette Campagne provenoient
-
du manque où il a été de toutes,
les chosesnecessairespourfaire
la guerre, il a conclud par la
permissionqu'il demande de se
retirerdufervioe.-al
M.le General Emo a aussi
écrit cette semaineau Senat
pour l'informer que les Turçs,
continuoient à faire des préparatifsummenses
pour le PnOr
tct-nps & qu'il y
avoir lieu de juger que tout le
poids de la guerre tomberoit
sur la Dal matie.
:; M. deSchulembourg refuse
de se renfermer dans une
Place, & demande les Troupes
quel'on dit luy estre destinées;
il a fait presenter un Mémoire
sur ce sujet auSénat.
r,' Le Traité pour les trois mille
hommes de Wurtemberg est
rompu sur le refus que les
Officiers & les Soldats ont fait
de servir en Levant; déclarant
que plustost que. d'y. aller,ils
estoientrésolus de quitter le
ferfcice. Le Sicn^t. dépêchaJeudyoun
£^urrkr>à.i'Ambafla,
deut deVenise àlVLCnne;/pOUI
àtâ.cher d'engagerl'Empereur
apprrceCsfscertreleDDuucc dce VW..iitttteemm--
btirgidexecutet»ïfbtvTraité.
Le Tribunal des Inquisiteurs
d'armée; a commencé d'éxercen
les fa&£hons.-il adéjà fait
apposerdans ledélais;. de S.
Marc une pierre en forme de
tronc,avec une inscription
fxouca\aôuird'y jet tertous les
avis ou dénonciationssecretes
eonrrc sesOfficiers & autres
qui peuvent avoir manqué à
leur devoir pendantlaCampagnede17
1.J.! Il aaussi fait
afficher dans cousles endroits
des Placards pour exciter tous
ceuxqui sçauront quelque
chose de le venir reveler, leur
promettant de garder le secret.
L'on a ordonné la réparation
des Forts & Chasteaux
situezà l'embouchure des trois
parts de cette Ville & dans les
Langunes; & M. Erizzo a esté
élû pour avoir l'inspction sur
ces ouvrages.
On parle de vendre des
Dignitez de Procurateurs de
S. Marc, pour amasser de l'argent
pour les depenses extraordinaires
dela guerre: Jusques
à present on en a bien peu, &
le nombre des Troupes est pareillement
bien foible pour
pouvoir s'opposer aux entreprises
des Turcs.
M. Grimani a enfin accepté
le commandement des
forces de la République en la
place de M. Delphin, quimême
a déjà esté rappelle;mais il
persisteà demander qu'on le
mette en état de s'opposer aux
entreprises des Turcs la Campagne
prochaine.
M.leComtedeSchulembourg
qui qft.atrivéfiçyr-DjU
Mandte dernier ,faitlesmêmes
instances, connoissant
-qutun. General ne peut l'estre
itans Troupesondonneàl'un
&à.rantre tkstfperancu-sur
ce fujcc,maïs jusquàpresent
ilestdifficile de voir furquoy
-dies jtbn~&)~d~s quelejup
jdesaramageafdqad puisseêtre
la Paix avec les Turcs, dans la
conjoncturepresente ellele
sera encoremoins qúeüdo.nr
tinuation d'une guerrequ'il est
tout àfait impossible de fou* rtie^LnïîvtbiArvo."-q&i^efc:riitenu
de Constantinople
, a pirlé à
peu ptés dansce sensdansun
des derniers Pregadis. Il a fait
voir la necessité deconclure
cette Paix à quelque prix que
ce foie, ou de terminer leTraité
de Ligue avec l'Empereur à
quelque condition que ce Prince
veuille exiger de la République;
mais la dernicre Ligue
qui amis cet Etat dans la foiblesse
où il se trouve,quoyqu'apprrèéss
dde gcrraannd eessccoonnqq-u,iêê--
tes, acheveroit prefentemenc
de le détruire, si on en faisoit
une nouvelle. Il paroist en esset
que le sentiment général
estdefairela Paix.
M Memo voulut, à cette
occasion
,
justifier laconduite
de M. Delphin. Les esprits
estoient prévenus contre ce
General ,& l'apologie qu'il en
fit ne fut point écoutée.
Les deux Ambassadeurs Extraordinaires
pour la France
ont eu ordre, par decertaines
raisons, de se tenir prests à
partir dans le mois de Février;
on parle mêmedélire aujourd'huy
un Ambassadeur ordinaire
pour rcfider auprès du
Roy. Je crois cependant que
cette ék£fron sera remise.
- Les
Les Vaisseaux de guerre la
Ligue sacrée de 54. pièces de
canons, & la Croix rouge de
80. pieces)onteilé renvoyez à
Venise, à cause que leur vieillesse
ne permettoit pas que l'on
pût s'en servir. Le premier est
heureusement entré dans ce
Port, Dimanche. Le second a
fait naufrage Mardy sur la
costeàdeux lieuës d'icy JaYant
esté battu d'une furicuse tempestependant
deux jours, sans
que l'on aye pû pendant ce
tems la luy donner du secours,
les ondes empêchant les autres
Biftiments d'en approcher.Le
Capitaine la faitéchoüer sur
le sable, ce qui a donné mo'ica
de sauver 500. personnes tant
Mariniers que PaflTïger*
à 8.
autres ont elle noyées dans le
Vaisseau ; elles estoient si malades
qu'elles n'ont pû ortirde
leur lit pour monter sur le
Ponr. Le nouveau Receveur
de Malrhe & le nouveau Resident
d'Angleterre sont arrivez
icy. ,
Ona fait trois Inquisiteurs
d'Armée qui tiendront leur
Tribunal en cette Ville, pour
examiner la conduire que tous
les Commandants & Officiers
£
ont tenue pendant cette Campagne.
Le Senat conclut Samedy
un traite avec M. le Comte de
Schulcmbourg
, pour la levée
de6000. hommes Saxons. La
situation presente des affaires
du Roy Auguste en Pologne
donne lieu de juger que ce
Prince ne pourra fournir de
ses vieilles Troupes, & que
celles qu'il envoyera aux Vénitiens
ne pourront estre que
nouvelles levées: elles feront
ainsi peu capables de ranimer
la valeur des Venitiens, qui
sont dans une épouvante qui
ne se peut exprimera roccasion
des conquelles que les
Turcs y ontfaites.
Le Duc de Wurtemberg s'est
exeusé de fournir les 3000.
hommes qu'il s'estoit engagé
de fournir au Senat sur le refus
que les Officiers & Soldats
ont fait de servir dans le Levant;
ona expedié un Courrier
àViennepour porter l'Empereuràfaire
changer ce Prince
de sentiment, mais il y a peu
d'esperance que l'on y puisse
rctifïir.
Le General Delphin est retourné
de Zantes à Corfou
avec toute sa Flotte; elle a
souffert dans ce petit trajet une
tempête furieuse qui a fort endommagé
les bastimens. roubliais de vous dire,
Monsieur, que le Senat concl
ut encore Mercredy un autre
traité avec un Officier
François pour la levée de 1000.
hommes ;ie doute qu'ily puisse
sitost réüssir: on a vend u icy
les Fours & Moulins bannaux
qui appartenoient à l'Etat;
mais l'on ne trouve pas si
facilement des acheteurs pour
l'acquisition des Procuraties
vieilles, & de quelques autres
biens publics.
M. Lando paroist toûjours
peu disposé d'accepterl'Ambassade
ordinairede France.
Les Ambassadeurs Extraordinaires
ne partiront que vers le
mois de Mars pour s'y rendre.
a
Maintenant si les Nouvelles
qui viennent de bien loin, ont
dequoy vous amuser, vous allez
trouver dequoy vous fatiCfaire.
C'cft en effet un verjta.
ble ragoût pour les Curieux,
&c'cfl comme a fore bien
dit Quinntien, dans jenefçay
quel endroit de ses Ouvrages
Major è longinquo reverentia ,
comme qui diroit à peu prés,
à beau mentir qui vient de
loin. Je vous certifie pourtant
quecellescy font tres-curieuses
)
& mot pour mot, telles
que je. les ay reçues novijjtmè
des lieux d'oùelles font datées
Envoicyd'Afrique, en attendant
que nous allions faire
un tour en Egypte.
De MCIIVLA,Cest une Ville d*A*
friqm'
}
depuislong-temps
( comme Ceuta} ajjiegée
par les Mores.
Du 5. Décembre j7 y.
Le <>.
du mois paffé un
chariot chargé de beaucoup
de malades de l'Hofpiral forcic
pour se rendre à Malaga; sur
le foir on sit embarquer les
deux Mores de confiancepour
les mettre à terre, afin qu'ils
rapportaflenrdes nouvelles du
Camp ennemi; & en mêmetemps
on apprit quon entendoit
dans nos mines les ennemis
travailler; cela fut cause
que le Sergent Major de la
Place resta plus de trois heures
de la nuit à la teste 8es mines,
& après il fut changé par le
Gouverneur qui y mit 1Ingénieur
qui y demeurajusqua
dix heures du matin; il entea»
dit les Mores qui continuoienc
le même rravail; ce qui fait
croire qu'ils veulent interdire
la communication du Fort S.
Michel.
Le io- au matin on entendit
dans les mines que les
Mores travaillaient en plusieurs
endroits;c'est ce qui fait
croire qu'ils veulent nous tromper
& nous faire prendre un « chemin pour un autre, mais
nous continuons toujours
nostre même travail, persuadez
qu'il est le meilleur.
Le 11. au matin un homme
de la tranchée qui avoit la voix
fort grosse, demanda au Fort
de S. Michel à parler à quelqu'un
, & il dit qu'il vouloit
nous apprendre qu'on avoit
pris avant hier un Vaisseau
chargé de vin, de bifeuits &
de fusils; ce Navire veooit à
cette Place avec 15. soldats
& deux femmes; celuy qui
l'entendit luy répondit, pourquoy
ne prenez vous pas aussi
ce Fort,à quoyilluy répondit
qu'ils vouloient prendre le
Fort & la Place, & qu'à cet
effet le Frere de leur Alcaldc
estoit allé à Meguinez.
Le 12. au matin les deux
Mores de confiance revinrent
& ils confirmerent la prise de
la Barque & le voyage du
Frere de l'Alcaldc à Meguiocz,
- *
qu'ils avoient vû au milieu du
Camp sept échelles fort longues
& fort larges, & capa:
bics de monter tiois hommes
de front.
On n'a pas pûapporter icy
de Boeufs ny de Moutons, ce
qui cil fort triste pour les malades
de cette Piace; la mine
que nous fîmes fauter le 23e
d'Oa-obre n'a fait périr que si"
per tonnes & autant de bleflTcz'.
Le 13. au matin on vit un
Ingénieur avec un inftrumenc
à la main, àla teste dela tranchée
la plus proche du Fort S.
Michel, qui regardoit du haut
en bas du parapet, mesùrant
& jettant de temps en temps \vec la main des pierres pour
indiqei ladistance du travail;
ilétoit accompagné du GenerNal
dee lg'Arrmeées&d.e plusieurs
Le 14. voyant que l'enne-
-
mi continuoit toûjours son
travail pour venir par -
dt,{fous
terre couper la communication
que nous avons depuis la
Place S.
-,
Michel, on a chargé
la huitième mine avec ql uinOze
barils de poudre.
)
4, Le 1 5. au matin onparta-
,- gea nos. Troupes en pluficurs
corpsj & comme ce.mouvement
ne s'etf pas pû faire sans
cftre vu des ennemis qui do-
«
minent sur toute la Place, les
Mores ont doublé leurs gardes
des tranchées, croyant que les
assiegez vouloient faire quelque
sortie: fut eux, & ilsont
retiré leurs travailleurs des mines
; & nous autres n'ayant rien
entendu, nous avons jugé à
propos d'attendre au lendemain
pour les faire fauter.
Le 16 on entenditl'ennemi
qui travailloit fous terre, aufïïtoston
mit le feu au fourneau
dont la force creva la mine des
ennemis. Deux Mores sur le
soir estant venu reconnoittrc
les chevaux de Frise qui dessedent
laPlace, ils furent surpris;
il y eneût un qui se sauva, ÔC
l'autre fut blctfé;il ctia qu'on
ne le riâc point,& qu'il droit
ce qui le p,ffoit dans le Camp;
ce qui fitqu'on le porta à ItHôpital,
où il fut pensé: Il declara
que la dernière, mine
avoit beaucoup tué de monde,
& qu'elle cauloit une grande
confternariondans lp camp, &
il mourut deux heures après.
Le 17. au matin,les Ennemis
n'ayant point de nouvelle du
More blelf6, amenerent un
Etendait de Paix,ce que nous
fîmes de nostre costé;ils dirent
que si nous avions le More,
nous leus ferions beaucoup de
plaîsir de le leur rendre mort
ou vif;onl'alla chercher à
l'Hôpital,&on le leur envoïa
.- au camp : pendant ce tems les
Moresestoient sur leurstranchées
& nous surle parapet de
laPlace,&on fc par loir:cequi
fut deplus extraordinaire,c'est
queles Soldats ennemis ressembloient
à des Religieux par
l'habillemenr.
»
Le 18. 19. &20lesMores
detererent leurs tuezparla
mine.
Le 11.22.23.&24.chacun
cuncontinua le meme travail :
pendant ce tems une de nos
Barques fit une grande pesche
à la vue des Ennemis, ce qui a
esté d'un grand secours pour la
Garnison. LesChevaux deFrise
nous furent en cette occasîon
cres-utiles, parce que les planches
sur lesquelles ils sont
cloikz: seivirent de remparts
aux Matelots qui pefchoient.
Le15 16,&17.lesEnnemis
furent fort tranquilles dans
leur camp ; mais présumant
que celacachoit quelque dcfsein
, nous appelantes qu'ils
continuaient leurs mines devers
saint Michel
, & nous
nous avons continué nostre paratelle
où nous les attendions.
Le28.& le 29.on n'entendit
les Ennemis faire aucuns
mouvements;on prétend qu'-
ils font rebutez de nos mines,
ils font un autre travail au-delàde
la rivière de Oro du cossé
du Fort S. Laurent., où ils esperent
faire hyverner leur Armée.
Le 30. on vit entrer dans la
tranchée plus de 100, Mores
à pied
, avec 400. à cheval,
d'un air fort audacieux
, avec
des drapeaux rouges, ce qui
marque de la joyc
,
veritable.
ment ils venoient pour solemniserla
fin de leurCaresme qui
commença hier la nuit,& ils
vouloient fester leur Pâques
qui commence aujourdhuy.
Lorsqu'ils virent la nouvelle
Luneils firent un grand bruit,
cequi nous obligea à tirer sur
eux. 1
Il pleut icy depuis huit
jours, quoyqu'il en soit,les
Mores se maintiennent dans
leurs tranchées, ils nous le
font voir par des bouffées de
coups de fusil de temps en
temps, avec des cris
, & des
hurlemens horribles.
Nos deux Mores confidents
,
forcirent il y a huit
jours, & nous rapporterent
qu'il étoit arrivé à sept lieues
d'icy du canon & des mortiers,
à l'endroit appellé Cazaza.
Depuis ilestarrivé un More
de la tranchée dans la Place,
pour nous dire que l'artillerie
qui étoit à Cazaza
,
est presentement
auCamp
,
& qu'elle
doit tirer dans deux ou trois
jours, ce qui nous a esté confirmé
par un Moy; d'Oranqui
vient de Miguenez ,qui doit
passer en Espagne pour voir
sonfrerenous travaillonsà
nous mettre en deffense de
touscostez,c'està direautant
que nous pouvons.
Du 28.duditmois.
&
Nous avons icy beaucoup
de travail
, parce que le Siege
devient fcrieux ,nous verrons
où les Mores placeront leur
Artillerie ,& leurs mortiers,
comme la Placeestpetite,ils
desoleront tout avec les
pierres.
R E LAT ION
de ce qui s'est pijje au Caire
depuisle 17. Septembre171j.
jusqu'au 24. duditmois.
Depuis la mort de Caitas
Beg grand Tefrerdar, & Chef
du party de Sade, qui avoit
pris la resolution de détruire
celuy d'Aran qui estoit en fa- t
veur d'AbdyPacha) & dtI;.
brahim Bry Le premier estant
informe de ses mouvements
fecrctsJuy oftala Charge de
grand Tefcerdar. Comme il
continuoit à lever des trou- J.
pes tccfccttmcur pour fortifier
son party,le P-icha prit
le dessein de le faire perir,ille
sir poignarder en sa presence,,
& le fie jeeter par une feri être,
au* Caramaydan, où il estoit:
Mehemet Bey, sa Créature,
Kaa Abdullahcy-devant
Bacha Chaous, OlmanBcy,
Assan Caya
,
Bekir Odabachi
& quelques autres Puissances
de leur parti, refuserentd'obéir
au commandement du
Pacha
,
qui vouloit les exiler
pour s'en défaire plus facilement.
Ils se fortificrcnt dans
* Place publique.
leurs maisons )dhornfhes)de
munitions de euerre & de
bouche. Ils corrompirent à
force d'argent tout ce qu'ils
purent des Janissaires & d'au- -très, & firent cinq ou six cens
hommes chacun des meilleures
troupes du Caire. Le Pacha
ne jugea pas à propos de
les faire attaquer,il se fortifia
de son costé de troupes,
& gagna une partie des sept
milices par l'entremise d'IbrahimBey
; il vou loi r les laisser
consommer à petit feu dans
leurs maisons:ces derniers s'en
cftant apperçus formèrent une
conspiration
conlpirationle 17. de ce mois
contre Ibrahim Bey
J
& contre
les principaux de (on party
,
ils resolurent de faire affaffiner
Ibrahim Bey en allanc
auChasteau,aveclfmaël Bey
qui est un des plus puissants
Seigneurs de l'Egypte,& de
deposer le Pacha. Ibrahim
Bey ayant découvert cette
conspiration
,
& ayant estté
averti que quelques-uns des
plus hardis du party de Sade,
s'estoient poftez dans une ruë
pour lafliffincr
, en allant au
Chaftcau, passa par un autre
endroit, pour avertir le Pacha
de ce qui le pjfloit comme
l'affiirc devenoit (ericufè ,il
fit aLTembler un Divan gcnera
i
,
& apres avoir remontré
les desordres ausquels on étoit
exposé) il fut resolu que l'on
fommeroit pour la derniere
fois, Mehemec Bey) Ktaa
Abdallah ,& les principaux de
leur Party- de comparoillre
au Divan, qu'aurrcnlcnt ilsfcroienc
deciarez rebelles au
Grand Seigneur,ce qu'ils refuserent
de faire,& prirent le
parti de se prefencer x la porce
des Janifl'atres ,ayant réfolula
nuit du iS, de se saisir de la
porte des Janissaires , & de
faire aÍfJilincr en meme temps
Cherif HusseinCayaen charge
des Janissaires, & Belacha
OJabachi en charge
,
qui
étoient les deux Chefs de cet
Odgeak, ce qui fut executé.
Ils 1e rendirent les maiftrcs de
la porte,ayant sist entrer environ
400 de leurs meilleures
troupes ; le Pacha en ayant
esté informé, fit avertir Ibrahim
Bey,& tous ceux de fbn
party, qui (ont le Saboundgi,
Ked k Mehemet, Ismaël Bey,
qui firent prendre dans le moment
les armes à leurs troupcs
,
& se saisîrent de toutes
les avcnuës
, pour empêcher
le secours que Mahomet Bey
pourroit leur envoyer, ce
dernier n'ayant pasvoulu fortir
de la maison.Ibrahim Bey
donna ordre à un de ses Agas
de Cc fortifier dans fan Palais,
où il fie jetter 600. hommes,
avec ordre d'attaquer en même
temps Mehcmet Bey dans
le fien
, ce qu'il fit le 10e.
Mehemet Bey voyant qu'il ne
pouvoir secourir ceux qui
cftoient dans le Chasteau des
Janissaires qui estoient bloquez
de toutes parts, n'ayant
1 pris aucune précaution pour
y faire porter des vivres, fc
trouva fort intrigué, & lors
qu'il apprit le 2.0.que la plufpart
des Janissaires de ceux de
son parti, se precipitoicnt des
murailles, qu'on les arreftoir,
& que le Pacha les faisoit mettre
en pieces, comme rebe lles
aux ordres du Grand Seigneur,
il prit le parti de se sauver le
2.1. une heure avant le jour;
Kiaa Abdallah ,& Bequir O
dabachij se voyam'abandonnez
de leurs plu, fidelles troupes,
pr irent aussi le parti de
se faire defeendre avec des
cordes, dans un endroit qui
ettoit le moins observé;Kiaa
Abdallah trouva le moyen de
se sauver à la faveur de la nuir,
Bcquir OJabachitomba entre
les mains de ses ennemis, le
P,lcha luy fit couper la telle,
& a yant elle informé qu'il ne
relloit dans le Chasteau qu'environ
150. Janissaires, avec
Naflouf Caya, Kara Ismaël,
& Assan Caya
, cy -
devant
grand Douanier, il prit le par- tidemettre sonCaya à latere
de huit cens hommes choisis
, pour les forcer dans le
Chasteau
,
il fit sapper la muraille
par trois endroits, ils y
entrerent le fabre à la main,
&firent main baffe sur tout
ce qu'ils trouvèrent sans aucune
resistance , il fit couper
la reste à ses trois principaux
Chefs; le Pacha y entra
dans cette entrefaite
,
&
s'cftanc rendu mailtrc du
Chasteau
,
il fut victorieux
,
il crea en même temps Jsdik
Mthemet Caya en Charge,
& MoufhfaBochnac,créature
d'IbrahimBey,pour Bachodabachi,
& ordonna en même
tem ps de passer au fil de Tépéc
tous ceux qu'ils trouveroient
du parti contraire,ce quiaesté
cxecuté fort por£tucllemcnc,
julqu'aujouid'huy 14. de ce
mois,on en a fait pcrir plus de
400. & on continue lesexecutions
ail a mis la teste de Kiaa
Abdallah à prix, & a promis
5 000. picces à qui la luy apportera
,
& la mêtne chose à
l'égard de Mchemec Bey, qui -
s'embarqua à Boulac, sur une
cayasse à la poursuite de ses
ennemis, & s'est fauve sur le
Nil, dans leVillageduChek
Habib ,qui en à huit petites
lieuës d'icy
, ce Chek Habib
est un fameux voleur que l'on
n'a jamais pû détruire
, & qui
faisoir contribuer tous les Bâtiments
quialloient à Damiette,&
dansle DdtaJ étant soûtenu
par le party détruit. Le
Pacha étantaverty de sa retraite
dans ce Village, & que ce
Chek avoir au moins 4000.
Arabes bien 3rrnezJil a envoyé
plus de deux mille jmniuaircs
après,&environ milou douze
cens chevaux pour se saisir de
toutes les avenues, ses Arabes
se dessendent autant qu'il peuvent;
ensorte que le Pacha &
Ibrahim Bey ont réduit
l'Egypte à lobéissance du
Grand Seigneur sansavoir perdu
cinquante hommes de leur
party.
Le28duditmois,
On vient d'amener Kiaa
Abdallah avec une chaîne au
col, le Pachaluy a fait couper
la terte; le Chekhabib s'est
fauvé à la faveur de la nuic
avec MehemetBey. Les Troupes
du Caire ont saccagé son
Village & sa maison qu'ils ont
rasée & renversée dans le Nil;
voilà la fin de la Tragedie.
-M
Allons, Meisseurs
,
dépêchons
nous de retourner en
France Nous voila
, grâce
au Ciel, arrivez enfin à bon
port à Paris, où
, avec vostre
permission
,
je vais d'abord
vous faire pars de la copie d'une
Lettre que j'ay reçue de
Rouen le 18, de ce mois.
ARouence 18. Janvier1716.
Lettre é, crite par un Curieux
de Rouenà Paris,à M Gai,
Dccteeur en Medecine de
l'Univeifité de Boulogne..
Vous aimez,Monsieur
,
les
chojescurieuses& extraordinaimires,
en voicy une ;un homme
,
du Pays de Caux,âgéd'environ
40ans,grand
,
bienfait,
fort&robuste
,
à btrbeCm ch,..
, , veux noirs & epals , & qui a
unevoix tonnante, porte en dessus
de tanus une queue de chien longue
de 15. à 16. poulces, gfojfe
de sept à huit à,sanaissànce,
0* qui va toujours en diminuant
degrossur,cette queue est couverte
depoil noir qui se couche;
cet homme ne sçauroit demeurer
assisny couché sur le dos,saqueue
l'incommodebeaucoup le jour &
lanuit, il la remue de temps en
temps ,
ellese drellepar des mouvemens
involontaires qu'il ne
peut ni arrêter ni moderer, &
quand ilestnud
,
debout
, & en
liberté,saqueue comme celle d'un
Lion luybatleflancmagréluy
,
quand cette queue est renfermée
& qu'elle entre dans les mauvemens
violens, il en siuffre terriblement
; ce qui l'embarrasse encore
davantage
,
cefl lors qu'il va
à la fille, car quelquefois dans
ces mouvemens là Jsaqueuësi
referre avecune violence extraordinaire
contre l'anus, le bridepour
ainsi direcommecela arrive aux
chevaux quelquefois
,
quand on
veut presser lacroupicre de lafelle
fous leurqueue
; au tejïe cet homme
a de l'esprit;li a fait Jes études
, il parle mêmequelquefois
enpublic; mais il nepeutse consoler
desevoirchargéd'une queue
siincommode é7 sibonteuse 3il a
voulu lafaire couper; mais cette
operationaparu mortelle au Medecin&
au Chirurgicn.
On dit qu'unOperateur trop
entreprenant vient de la luy couper,&
qu'ilest mort 6. heures
après.Cettemortparotfld'autant
plussurprenante
, que cette queue
nétoitpas une partie utile à la vie
mais on remarque tres souvent
que le retranchement des choses
Wionjivu.:;fci qne nom apportons
en nd'jj^r-nr tjtpour''ofclihaire rnor.
tel. Ly a plusieurs exemples qui
le S'-ouvcnt. Ona vu un jeune
homme né avec me troisiéme
jam'-eattachéea lajrJ-je, ilsi
j-racajja l'unedesjambes naturelles
, lacangreneobligea lesChiturgiens
de la luy couper dans le
l/noüil, issut gueri entrès peu de
temps; un an ou deux après il se
blessa à la jambe que la nature
luyavoit donnée de trop, on la
coupa, il en mourut en 24.
heures.
Plusieursqui ont apporté en
naissant des grosseurs à la tête,
au vijage & autnsendroits, en ont morts, lors qu'ona voulu les
délivrer de ces difformitez, ,j'en
connois qui suivantle conseil des
habiles Chirurgiensconservent
& gardent soigneusement de
pareilles incommoditfZ dans la
crainte d'unfmblablefort.
Il n'en efi pas de même des
excroissances qui surviennent
dans le court de la vie ,lors qucU
les font coupées par un habile 0*
dextre Chirurgien;j'ay appris
depuis peu que M. de Beaulieu,
controlleur des Rentes delaVille
dePartsyavoit une loupeplusgrosse
quesatête,attachée à la&gorge,
&qu'il portoit depuis 35. ans,
parce que personnen'avoit osé entreprendre
la curé à eauJe des
grossis veines
, Ë9- des racines
quelle avoit; s'étant adressé à
M. Petit ChirurgienJuréa Paris
, tres-expert & tres-celebre
tant dans les operations quedans
l'anatomie, il luyconseilla dese
la fairecouper3 en luy sassant
voir le danger éminent dans
lequel il étoit
,
s'il disseroit cette
opération; la crainte de mourir le
détermina àselivrer à luy avec
d'autant plus de confiance, que le
Jïcur Robinot, Graveur dans la
PtaCi'DauplJine,qui avoiteuëune
pareille loupe
,
venoit de sortir
avcc heureux succés,desmains
du même M. Petit: l'operation
dusieurde Beaulieufutfaitetrès
promptemente toutes les arteres
furentsibien liées qu'il ne perdit
pas unepalette de sang
,
il a esté
parfaitementguéri enpeu de temps
malgrélagrandeur de laplaye. Ce
succés favorable & très éclatant
dans un âge très avancé afait
qu'un y une homme domestique de
M. de Soubise, réjolut dese délivrer
d'une loupeoseuse
, recouverte
de lapeau seulement ,
qui
avoit quatre pences de longueur,
sur deux de diarnettre
,
qu'ilportoitdepuis
sept ans, surle haut
de la tête: il s'en fit faire l'operation
par A4, Amault
,
ancien
Chirurgien Juré (.7 tres celebre
dans l'anatomieedans les opérationsquiaprès
avoir coupé la
peau, trepana la loupe, pour reconnottre
ce qu'ily avoit dedans;
& trouvant qu'elle étoit toute
osseuse
,
sans aucun vuide ni
moüeUeJ comme ils'en trouvenaturellement
dans les os, il remit le
reste de l'operationau lendemain;
mais il arriva de grands accidens
qui l'empêchercnt de l'achever,
& lemalade mourutun 3. jours,
au grand cionncmcntde tout le
monde, &particulièrement du- ]
dit M. Arnauld, qui enfit l'ou- j
verture , (;7 ne trouva dans cette
loupe aucune partie du cerveau ,
ni meme de ses membranes, comme
quelques-unsl'avaient crû.
Les Medecins, les Chirurgiens,
cm wfwe les Curieux ne manqueront
pas de faireleursreflexionssur
ces différents faits,&
d'en tirer des consequences utiles
pour le progrés de la Medecine.
La copie de cette Lettre a
cfilt"é envoyée, comme amoy ,
à Meilleurs de l'Académie des
Sciences, qui ont faitdebelles
dillertacions sur ce sujet.
j
Difpcnfcz
- moy maintenant-
s'il vous plaist, des Noue
vetlcs desautresPaïs
-'
les- Ga-
- zettesvous Les. diront & redir.
ont assez.
DeParis.
Le 14. du mois pasle, veille
deNoël, Madame la Duchesse
de Bcrry se rendit àl'Eglisede
S. Sulpice, sa Paraitre, pour
y entendre les Matines & la
grand'Meslè. On avoic placé
son Prié- Dieu au milieu du
Choeur ,où40. de ses Gardes.
du Corps estoient rangez en
haye:au devantdu Prié Dieu
fut la droite estoient M. YAbbé
de Castres, M. l'Abbé de
Rouger, M IJAbbé du Tremblay
,
& M.-labbé d'Avejan,
-
ses Aumôniers, tous en rochet:
derrièreson fauteuil eftoir M.
le Marquis de la Rochefou-
- cault sonCapitaine des Gardes
du Corps: à la droite Mactajuç
laDuchesse deS. Simon sa Dame
d'Honneur-, avec M. le
Chevalier d'Hiutefort son
premier Ecuyer: sur la gauche
M. le Marquis de Coërenfao
son Chevalier d'Honneur3 &-
Madame la Marquifc de Pons
sa Dame d'Atour; Madame la
Comtesse deClermont&Madame
laComtessede Beauvau
ses Dames du Palais.Cetteprin.
cessealla à l'Offrande & donna
dix louis d'or. Madame LaPrincesse
fit rendre à cette Messe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
solemnité: M. de Harlay,Conseiller
d'Etac
,
premier Marguillier
,
presenta un de ces
Pains à Madame la Duchesse
de Berry. La GrandMené de
Laudes finies, cetre Princes
s'en retourna à on Pab:, du
Luxembourg,escortée de ses
Gardes du Corps & de ses
Gardes Suisses. Cette Princesse
allale jour de Noel entendre
Vespres &leSalut auxCarmelites
delarue de Grenelle. Le
mesme jour Mr le Ducd'Orleans
alla entendre Matines,
& les trois Messes aux Peres de I
l'Oratoire de la rue S. Hono- ':
ré
,
accompagné de Mr. l'Ab-!
bé de Tressan
,
son premier
Aumônier en Rochet
,
de Mr.
le Marquis de la Fare sonCapitaine
des Gardes, de Mr. le
Marquis de NancréCapitaine
de ses Gardes Suilîcs, & du
reste de saMaison : ce Prince ¡i
se
se rendit le jour de Noel à
l'Eglisede Saint Eustache sa
Paroisse pour y entendre la
grand' Messe;Madame l'y entendit
aussi,y ayant communié
auparavant par les mains
deM.l'Abbéde Magnas son
premier Aumônier. Lç mesme
jour ce Prince avec Madame,
allerent aussi à la mesme Eglifc
yentendre les Complies &
le Satut.
Le 30.leRoy arriva icy de
Vincennes,accompagnédeM.
leDac d'Orleans, qui le conduisit
au Palais des Tuilleries.
S. M. estoit escortée par les
Gendarmes, les Chevaux-legers
de sa Garde,troisOfficiers
à leur teHe) par ses Gardes
du Corps, & par les deux
Compagnies des Mousquetaires
,
& par les Regiments
aux Gardes FranqoitC's& Suisses.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prévôt des
Marchands, à la teste des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teste du Clergé de saint Germain
l'Auxerrois, & le premier
de l'an par le Parlement,
la Chambre des Comptes, le
Grand Conseil, Cour des Aydes
, & les autres Corps,
ayant à leur teste M. le Marquis
de Dreux Grand Maistre
des Ceremonies, & M. Desgranges
Maistre des Ceremonies
: cous ces mêmes Corps
allerent souhaiter une heureu
seannée à Madame la Duchesse
de Berry, au Palais du
Luxembourg
,
& au Palais
Royal à Madame, à M le
Duc d'Orleans & à Madame
la Duchesse d'Orleans.
Le premier de l'an, M.le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois, cy devant
son Precepteur, à la Charge
de Conseiller d'Estat, vacante
par la mort deM. l'Archevesque
de Sens. Le 5. dece
mois le premier Prcfident du
Parlement de Toulouse, à la
tcfte des Deputez du rntfme
Cor ps, harangua Sa Majesté,
il fut presenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province: le mesme jour M.
le premier President delaCour
des Monnoyes de Lyon haranguaaussi
Sa Majesté,ilfut
presenté par M. le Marechal
de VilleroyGouverneur dela
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatineutaudiance
du Roy': estant conduit par
M. le Chevalier de Saintot,
& rendità Sa Majesté une
Lettre de l'Electeur Palatin
son Maistre.
1.
Le dernier dumois passé,.
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la prise
deStralzund
,
& qu'on avoir
accordé à mille Suedois denation
de se retirer aveè leurs armes
où ils voudroient : on
fcui éluffi que le Roi de Suede
estoit passéà Stokolm,ce Ministre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an.
Le 11. le premier President
de la Cour des Aydes de Montauban,
complimentaSa Majestéà
lateste des Deputez de
son Corps, il sur presentépar
OM. le Comte d'Eu,Gouverneur
dela Province. *
--Il,.
Je manquay le mois passé
à vous dire que le onze du même
mois les Députez du Parlement
de Rouen, complimenterent
le Roy sursonavenement
àla Couronne, ayanc
le premier President à leur tête,
ils furent conduits par le Marquis
de Dreux, Grand Maîcre
des Cérémonies; & par le Sieur
Desgranges Maître des Ceremonies
; ils furent presentez
par M.le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S Olon a vendu sa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du RoyàM.Lombard
! Vicomte d'Ermenonville,son
neveu, S. A. R. Monfcigncur
le Ducd' Orleans, luy enavoit
donné l'agrément l'année derniere.
Si les differens emplois que
le feuRoya confiez à M. de
S. Olon, &dont il s'esttoûjours
tres dignement acquitté,
le font regretter dans son
Corps ,
les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
1
sa capacité en plusieurs occasions
donnent lieu d'esperes
qu'ille remplacera avec succés.
em
Il ne tient qu'au Lec- teur
à present de faire,s'ille jugeà
- propos, divet fion aux nouvel-
- les generales pour s'amuser de
quelques articles particuliers.
, Voicy par exemple encore une
Ode qui a esté faire à la louange
du feuRoy, quoiqu'il y ait déja
cinq mois quece Monarque cil:
mort,& le temps ne me dtflfcnd
pas d'exposer au publictous
les hommages qui seront rendus
à la memoire de ce grand
Roy.
ODE
SUR LA MORT
DE LOUIS LE GRAND.
LaMort, du plus grand des
Monarques
Parest)Ît respcter les jours:
Que iois-je? Le Ciseau des Parques
Vient d'en interrompre le cours.
Par cette perte irréparable
France, , le Ciel inexorable
Veut éurnrflr tes douleurs:
Dans desicruelles allarmes
Taris lasource de tes larmes,
C'esttroppeu pour toy que des
pleurs.
Si ta vengeance cjlaffouvie
, N'en accusons qui nos forfaits
Grand , Dieu ; tous les jours desa
vie
Estoient marquez par tes bienfaits.
On le vitfournirsacarriere
Environnéd'une lumiere
Dont l'éclat éblouit nosyeux , Et tufis sentir a la France
Que lebonheurdesanaissance -
FUIte moindrepresent des Cieux.
:m
Il règne, quel heureuxprE{age!.
LaGloireaccompagne ses pas,
LaVictoireluyrend hommage
D'un bonheur qu'ilneconnoît pas.
Mars prendsoin de sa dessinée
,
Etde la Discorde enchaînée
Il brise les traits meurtriers.
Tel est vainqueur sous ses aufpices
,
Qui loin deses regards propices
Voitstétrirsesplus beaux lauriers.
0-
Vos efforts,peuples redoutables,
N'étonneront point son grand
coeur,
-
Il rendra les Lys respectables
Il lessoûtientparsa valeur. ,
Bientôt d'invincibles armées
Dansvos Villes épouvantées
Arborerontses étcyrixrc.
C'estassez queceAlcide
jisis guerriersJcrvc de garde
, Pour en faireautantdeCesars.
Oui vos orgu '\cpfs 'mu"',z,; lies
Sont pourvous d j'-:bles rempars;
Son seulnomgagne des b^taiUes9
Qommentfoutnirses regards?
Accablez sous les traits qu'il
lance,
C'est
,
dites-vous
,
Mars qui
s'avance.
Ilen a l'intrépidité.
Cen'estpoint leDieudelaThrace,
Mon Hcfos n en a que l'audace , Et non pas la frocité.
LOUISreprenden main t.
fioudre
Ttemble^ ,superbesennemis,
Prêt à réduire tout enpoudre,
Il s'arrête
,
il vous voit soûmis
Maître du djhn de la TerrI,
Il veutsuspendreson tonnerre, Pour offrir une heureusepaix;
Il compte,arbitre des tempêtes,
Ses campagnes par ses conquêtes,
Et ses Traitez par ses bienfaits.
Mais pour assurersa mémoire, Cherchons de plus surs fondemens,
Un Heros doit souventsa gloire
j4u bonheur des événemens.
Offrons de plus noblesspectacles
, Presentons de nouveaux miracles
.Au." regards de tout l'univers:
LOUISdoit l'éclat de sa gloire
Moins auxfaveurs de laVictoire
Qt£dsesplusterribles revers.
» Fortune legere&volage,
Abandonne ses étendars ;
Fais-luyressentir dans tarage
Toutes les fureurs duDieuMars.
Que Bellone pâle &sanglante
Porte le trouble& l'épouvante
Jusques au coeur de ses Etats:
Il sçait dans ce desordre extrême
Estre le maij}>e de luy rnênJe,
S'il n'etf le mastre des combats.
Il triomphe de ses outrages , Lepoursuivras tu donc toûjours,
Fortune? aprés tous ces orages
Ne verra t-il plus d'heureux
jours?
Que ton courroux illégitime
Respecte un Héros magnanime
Jusquesdanslesplusgrands malheurs;
Cesse d'attaquersa puissance,
Il a du moins parsa confiance
Assezmérité tes faveurs. 3
Princes, appuis de sa Couronne,
Il vousvoit tomber tour à tour;
La Mort implacable moissonne
Tous les objets de son amour.
Arrête,monstre sanguinaire ;
Il nffinr tes coups 3il l'sipereJ
Mais il n'en estpoint abbatu:
Il craint d'augmenternos allarmes,
Sa raison commande à ses larmes,
Etfait triompher sa vertu.
Ne nommons point vertu floïque
Sa fermeté dans les malheurs;
L'effort d'un courage héroïque
Luy faitseul dévorerses pleurs.
Centfoisson coeur de la nature
Entendit
Kntr-idit lepr.jjan: murmure :
Aîûi il regne,il a d'autressoins;
Pour ménagernotrefoiblesse,
Larmes,quildoitàja tendresse,
vous immole à nos besoins.
Dans cettecarrière nouvelle
Cherchons sa solidegrandeur;
Iltedoit Fortune infidelle,
Plus qu'il ne dut à sa valeur.
D-lm les plus ajf(ufs disgraces,
Herosfameux,si411vezses traces,
Il vous apprendà les fouffnri
C'estpeu, l' universle contemple,
Il luy doit encore un exemple,
Ilvavous apprendreàr.-iïu(ir.
plufiofi
,
Dieuvengeur des
crimes)
Susipens pour un temps ton courroux
;
N'est il donc point d'autres victimes
Quipuissenttombersoustes coups?
Faut-il qu'une Testelesichere
Soit immolée à ta colere ?
Vains regrets! dvfirsifuperfius
C'en tftfaitJ déja ta vengeance
Sepréparé apunirla France;
Il languit
j que dis -je ? il n'est
plus.
Epargnedu moins ce qui rfJle
D'unHérossicher à nosjeux;
Souviens toyqu'un coupsifuneste
Nous l'a rendu plus précieux.
Que l'histoire luy represente
Les cris de l'erreur expirante
Sous le débris deses autels ;
Il apprendra par ces exemples,
Que l'honneur de tessacrzk Temples
Rend toujours les Rois immortels.
Conserve ce Princeéquitable,
Dont nousadmirons les projets :
Pour rendre le Monarque aimable,
Il veut rendre heureux lessujets
:
La même main qui dans la guerre jifçû faire trembler laterre,
Vaformer le plusgrand des Rois,
Et lapostéritéfidelle
Luy tiendracompte deson %ele,
Encorplusque de ses exploits.
NIC INGOULT, D. L. C. D J.
A la suitede cette Ode ne
refusez pas des couplets pour
étrenes.
Les Vaudevilles sont maintenant
si fort à lamode,& l'air de
celui ci est si connu, que je me
fuis dispense de vous en donner
la manque, parce que j'ay
supposéque tout le monde le
sçait. Les paroles sont de M.
Desseves.
VAUDEVILLE.
Je vous donne à ce nouvel an
Mon Almanachpour vos ctunes,
Il vaut bien celuy de Mdany
Ilprédit la fin de nos peines.
Ab!qu'ilestsûr, ah!qu'ilest
beau
, MonAlmanach nouveau*
$3
Grâces à Monsieur le Regent,
Dans cet an mille sept cens la'{r,
On ne verraplus d'indigent,
Chacun fera fort à[Onaiseet
Ab!qu'ilest,&.
Janvier avecses deux bonnets
Dénote tres rude froidure,
Mais leR gentparses bienfaits
Réchauffe toute la nature,
Ab!qu'il(Jï, &c.
On verra les Billets Royaux
Triompher de l'infame usure,
Adieu beaux trains
,
adieu cadeaux
,
L'agiotfaittristeifgure3
jib! qu'il est J&C.
Mars qui ramene le Printemps
Si chery de toute la terre,
Pour mettrefin à nos tourmens
A l'ufwc fera la guerre,
Ab!qu'ilejl, &c.
L'agréablesaisond'Eté
Entous lieux se trouvera belle,
Partoutregnera l'équité,
La bonnefoy& le vray"felc>
Ah! qu'il ejl,(yc.
iz
L'Automne avec juste raison
Merite nostre confiance,
Puisque nous aurons àfoison
Du pain ,
du vin
,
fruit &
finance,
Ah!qu'ilest,&c.
im
Que feront lesAgioteurs
Dans ces heureux temps d'abondance
,
On verra tous ces gros Seigneurs
Par ce retour en décadence,
Ah!qu'ilest,&c.
CetteChansonestdu nombre
des pieces que je ne prends
pas la liberté de juger à la rigueur.
J'abdique pour certains
Ouvrages d'esprit
,
-ce
droit de severité
, & je me 1
contente de la bonne volonté
des Aureurs. Si aprés cela les
Censeurs veulent faire mon
métier,je m'en lave les mains. <
Mais bâtons nous J' s'il vous
-
plaid,
-
plaist
,
de passer à un autre
Chapitre. J'ay ce mois-ci je ne
sçai combien de Mortsàvous
conter; que ce conte ne vous
effraïe pas, j'abregeray leur
Histoire autant que je pourrai.
MORTS.
Dame Anne Morin, veuve
de Messire Henry Loüis Habert
de Montmor, Maistre
des Requestes, mourut le 11.
Décembre 1715. sans posterité
: Elle estoit fille de Jacques
Morin, Secretaire du Roy &
Maistre d'Hostel ordinaire de -
Sa Majdlé)& d'AnneYvelin:
Elle avoir pour soeurs aisnées
feuë Dame Marie Marguerite
Morin,femmede MessireJean
Comte d'Estrées, & de Tourpes,
Maréchal & Vice- Amiral
de France; Chevalier des
Ordres du Roy, duquel elle
a laisse pour enfants M. le
Maréchald'Estrées&M.l'Abbé
d'Estrées,nommé à l'Ar.
- chevesché de Cambray; &
Dame Françoise Morin, premiere
femme de Messire Phi- ,
lippes de Courcillon Marquis
de Dangeau, Chevalier des
- Ordres du Roy, Chevalier
s d'honneur de feuë Madame la
9
Dauphine, Grand Maistre des
L. Ordres de Mont Carmel&de
• S. Lazare, Conseiller d'Etat
f d'Epée, & Gouverneur de la
Province de Touraine,morte
en 1682. laissant pourfille
unique Dame Marie- Anne-
Jeanne de Courcillon de Dangeau
,
à present veuve deMesfire
Honoré Charles d'Albert,
Duc de Montfort, & mere de M. le Duc de Luynes: feu
: M de Montmot avoir épousé
en premieres noces Marie-
ClaudePhelypeaux de Pontchartrain,
coeur deM. dePontcharttain,
ci devant Chancelier
de France, laquelle mourut
aussi sans enfans. Il estoit
frere de Messire Loüis Habert,
Evesque de Perpignan, mort
en 16.9S. de Messire Jean-
Loüis Habert, Seigneur du
Mesnil, Maistre des Requestes,
marié avec N. Nicole
de la Reynie, fille de feu M.
de la Reynie, Conseiller d'Etat
ordinaire
,
de laquelle il n'a
point d'enfans; d'Anne Loüise
Habert, femme de Messire
Nicolas Jehannot deBarrillac,
Lieutenant General des Armées
du Roy, duquel elle a
laissé des enrans; & de Claudc-
Magdelaine Habert, femme
de Bernard Del Rieu, premier
Maistred'hostel du Roy, dont
elle a eu M. de Rieu du Fargis,
Chambellan de Monseigneur
le Duc d'Orleans: Ilsestoient
tous enfans de Messire Henry
Loüis Hlherr) Seigneur de
Montmor, mort Doyen des
Maistres des Requestes, & de
Dame Henriette de Buade de
Frontenac, & petits enfans de
Jean Habert, Seigneur de
Montmor, Tresorier General,
de l'Etat des Guerres, lequel
estoit fils de Loüis Habert,
Seigneur du Mesnil, Secrétaire
duRoy,Tresorier de l'Extraordinaire
des Guerres en 1584.
& Conseiller d'Etat.
Messire Philippesdela Porte,
Maistre des Comptes honoraire,
mourut le 14. Decembre
17 1 5. laissant de feuë Anne
Picques son épouse, morte
en 1694. Jacques de la Porte,
reçû Maistre des Comptes au
lieu de son pcre en 1697 &
Anne- Françoise de la Porte,
femme de M ssire Claude Anjorrand,
Conseiller au Parlement,
& Commissaire au Re-
170p.
iIrReligieux Seigneur Frere François du Moncel de Martinvast,
Grand Croix de l'Ordre
de S. Jean de Jerusalem iGrand Tresorier duditOrdre,
& Commandeur de Villers au Liege, mourut le 14. Decem- -bre 1715. il avoit fait ses preuves
pour sa Réception dans cet
Ordre au Grand Prieuré de
France le 14. May 1653 par
lesquelles il se justifie qu'il for;
toit d'unefamille ancienne & distinguée dans la Province de
Normandie, où elle subsiste
encore dans l'Evesché de Coûtances
en la personnedeM. de
Martinvast neveu deceluy qui
donne lieu à cet article.
MessireUrsin Camus Durand
de Pontcarré, Conseiller
au Parlement, mourut sans alliance
le 2 5. Décembre 1715.
âgé de 42. ans; il portoit le
nom de Durand envertu d'une
substitution faite en sa faveur
par ~rGn Durand son ayeul
*maternel: Il estoit frerc de
Messire Nicolas Camus, Seigneur
de Pontcarré, premier
Président du Parlement de
Normandie, & fils de Nicolas
Camus, Seigneur de Pontcarré
,
Conseiller au Parlement;
&deDurand,
petit fils de Nicolas Camus,
Seigneur de Pontcarré
, Conseiller
au Parlement, &d'Helene
Hallé, & arrière petit fils
de Nicolas Camus, Seigneur
de Pontcarré,aussi Conseiller
au Parlement, lequel croit fils
de Geoffroy Camus,Seigneur
de Pontcarré, MJliflré des Requestes
en 1673 & de Jeanne
Sanguin de Livry. La famille
de Camus est originaire de la
Ville de Lyon,où elleest connuë
depuis prés de deux cens
: ans; elle s'est divisée en plu-
I sieurs branches qui sont celles
r
des Seigneurs de Chavigrieu,
du Perron, de S. Bonnet de la
Chapelle,deBagnols,d'Ivours,
d'argini&dechastillon d'Azegues,
&c.
Me-ffirc Charles Verret, Seigneur
de S. Sulpice, Inspecteur
général de la Marine &
des Galeres, mourutle.
Decembre1715. laissant un
fils fortjeune de son mariage
avec Ragot de la Coudraye,
foeur de M. Ragot de
la Coudraye, Conseiller en la
Cour des Aydes,&fille de.
Rigot
,
Seigneur de la Coudraye,
Secretaire du Roy, &
de M. de Pontchartrain,cydevantChancelier
de France.
:' M. de S. Sulpicesortoit d'une
[falnille noble originaire du
1 Biefbis. l
Dame Marie-Louise Lully,
femme de Mre Pierre Thierfaulc
,
Seigneur de Meraucourt,
mourut le. Décembre
1715.elle estoir fille du
cele bre M Lully , Surintendant
de la Musique du Roy,
& clic ne laisse qu'une fille
,
dont je vous appris le mariage
avec M le Comte de Sourchcs
de la Maison du Boucher,
dansmonJournal du mois de
Novembre dernier.
Messire François Phely-,
peaux, Maistre des Requestes,
mourut le 19. Décembre 171 j.
âgé de 16. ans, làiflanc plu- .;
sieursenfans de DîmeI Voyfin de saint P-aul sa fem- I
me),il estoit frere puisné de
Jean Louis Phelypeaux
,
Sei-J
gntur de Montlhery
,
cy-devant
Avocat du Roy au Châ>
celer de Paris, & fils de seir
Messire J:anPhelypeaux Mat
t-re des Requestes
,
& Intendantde
laGeneralirédeParis, J,
& Conseiller d Estac
,
& de
Dame Anne de Bcauharnois
& neveu de M Louis Phelypeaux
Comte de Pontchartrain,
cydevant Chancelier
de France. La famille de Phclypeaux
cft si generalemenc
connuë pour une des plus illustres
de la Robe, qu'il fuffira
de vous dire icy, qu'outre
unChancelier de France, elle
a eu l'avantage de donner neuf
Secrétaires d'Etat, plusieurs
grands Officiers Commandeurs
des Ordres du Roy,
plusieurs Archevesques&Evesques,
& plusieurs Conseils
lers d'Etat, & qu'elles'est alliéeaux
Maisons de Neufville-
[
Villeroy
,
Crevant
-
d'Humieres
,
de Rochechouart
Aubusson ,
,
laFeüillade
,
la
Rochefoucaud
, Roye
,
de
Mailly
,
du Blé
-
d'Huxe lles.
Dame Claude Colbert,
veuve de Messire Jacques Ol- ?
lier Seigneur de VerneuilConseiller
au Parlement de Paris,
mort en 1689. & qu'elleavoit
épouséen 1658. mourut )e.
Décembre 1715. ayant eu entre
autres ensans feu Jan-
Baptiste Jacques Olier, Scigneur
de Verneuil
,
Maistre
de la Garderobe de M. le Duc
d'Orléans, qui a laissé des ensans
de Dame de Malher
bc du Bouillon sa femme.
Je vous ay déjàtant entretenu
dela famille de Colbert
,
&
clle vous doit estre si connue
par les grands Hommes qui
en sont sortis, & par les alliances
illustres qu'elle cO: en
possession de contracter
, que
je mecontenteray de vous dire
icy, que feu Madame de
Verneuil estoit fille de Messire
Jean Baptiste Colbert Seigneur
de SaintPouange& de
Villacerf Conseiller du Roy
en tous ses Conseils, & de
Dame Claude le Tellier, soeur
de M. le Tellier Chancelier
de France -: pour la famille
d'Ollier
,
elle ca distinguée
depuis un temps considerable
dans la robe, & elle eil: alliée
à la Maison de la Baume , Montrevel
,
& aux familles de
Molé, de Thurin, de Malonde
Bercy, Daubray
, ôc de
Paris, &c.
DameDenife Bordier,épouse
de MessireAdrien Moses
Seigneur , de Courci, Gouverneur
des Ville & Chasteau de
Valogne
,
&avantdeMessire
Charles de Vassan President
de la Chambre des Comptes,
mourut
mourut le premier dece mois,
ayant eu pour fille de son premier
mariage Denise de Vafsan,
femme de Truchot
Greffier en chefde la Cour des
Aydes : elle estoit fille d'Hilaire
Bordicr Prefidenr de la
Cour des Aydes de Paris, &
deDenise deHeére.
Messire Charles Brisard,
Abbé de S Prix à S. Quentin,&
Confciller de la Grand'
Chambre dt.) Parlement de
Paris, mourut le 5. Janvier
1716. âgé de81. ans; il étoit leseptiéme--Contèillcr
au Parlement
,de son nom ,
depuis
Jacques Brisart son bis ayeul,
qui fut reçu dans cet Office en
JJ35; cette famille est ancienne
&originaire du Perche
oùelle subsiste encore en plusieurs
branches, & à Paris
dans la personne de M Brisart,
neveu de feu M l'Abbé
Brisart
,
Lieutenant dans le
Regiment des Gardes Françoises,
où il sertdepuis-longtemps
avec beaucoup de rcputation.
M ssire Jean Pierre Marche,
Conseiller au Parlement
de Metz
, mourut le 10. Janvier
J7lé.
Dame Antoinette - Henriette
Canaye
,
épouse de
Charles François le Normant,
Seigneur deTournehem cydevant
Fermier General de Sa
Majesté
, mourut le. Janvier
1716. elleestoit de même
famille que M. Canayc, Conseiller
au Paiement, & fille
de Frédéric Canaye Seigneur
de Frefnc, & de Dame Magdelaine
deSilhans de Crevilly, -
& arriere petite fille du celebre
PhilippesCanayeSeigneur de
Fresne, Conseillerd'État fous
les Rois Henry III. & Henry
IV. AmbassadeurenAngleterre
, en Allemagne& à Venise,
& de Dame Renée de
Courcillon de Dangeau.
Je remets au premier mois
à vous entretenir de plusieurs
autres personnes de considération,
qui sont encore mortes
dans celuy cy, & sur tout
de Madame la Duchesse de
Lesdiguieres.
Rien, fclon moy , ne va
mieux a présl'article desmorts
que les Discours qui peuvent
avoir plus de rapport à eux ,
comme par exemple quelques
extraits desmeilleuresOraisons
Funebres qui ayent esté prononcées
à la louange du feu
Roy. Celle que M. 1#Abbé
de la Fargue a prononcée
dans l'Abbaye Royale de Saine
Cyr
,
le 6. du mois passée
,
est incontestablement de ce
nombre. Elle est. revêtue de
tous les ornemens de rElo.
quence,& M. l'Abbé de la
Fargue n'y a omis aucune des
circonstances glorieuses que la
ventéattache àlarncmOJfe du
Roy. Elle elt en un mot remplie
detoute l'érudition& de
tous les sentimens de pieté qui
peuvent distinguer un Orateur
te1qocM l'A'obeJe1.»F- çtac.
S. diviliomil:unR>y t,és-
1 magnanime,unRy tfés Chrétien.
Il apostrophe ainsi la
mort dans l'éxorde.
Omrt !funeste ",ort! vienstu
ravir d'un seul coup tant de
moijjoris de gloire
,
çy* finir des
joursJip-êtt.ux. Plus pu:Jlàntf
(jH? tout. l'Europe ensemble
, tu
triomphe de celuyqui a fçu triompher
de tout, pyr tu peux te vanter
de la déj^ù lle laplus g-lorieure
que tu ayjamais remportée.
Pour conduire à la Paix de
Munster :
il dit
Plusdun laurierdvoitcl:j4
orné son fcptr<>, lorsque l'olive
jalouse~plaisir à la couronner.
Bientost la Paix volant sur les
rives de la Seins,luji apura à la
dixième année de son âge ,plus
deconquestes qu'il n'avoit en le
tems d'ensouhaiter.
Au sujet desGuerresCiviles,
voicy comme l'Auteur parle :
Quelles tenebres viennent troubler
la serenité riante d'un temps
si agréable &sidoux ! quelles su.
nestes vapeurs dérobent à nos
yeux ces brillantsflambeaux
,
la
gloire de cette Monarchie ! Quel
torrent précipité ébranle ces colomnes
, le. plus ferme appuy de
la Couronne ! La discordepâle &
tremblante setoit à peine retirée,
qu'elle revint plus furieuse que
jamais, d'autantplus dangereuse,
qu'armant la France contre la
France même, sa victoire comme
sa défaitedevoit toujours estre
fataleàl'Etat.
La Paix des Pyrcnées & le
Mariage du Roi.
A peine ses Troupes ont past;
les Pyrenées, que la Victoirevole
au nom du Heros. De tous côtez
les remparts tombent, les Viliessi
rendent, les Provincess'ouvrent,,
la consternationse répand;l'Efpagne
tremble jusques dans ses
fondements.
fondements. Espagne, rassuretoy
? tu as moins à craindre qu'a
esperer de Louis. L'alliance qu'il
te prépare ,
sera pour toy un éternel
monument de gloire, & la
preuve la plus certaine desa bontè;
tuas un thresorplusprécieux
que tesrichesses
, pour luy faire
un present qui n'estpasindigne de
luy ; l'olive croit dans ton propre
sein. La chasleColombeportant le
rameau pacifique
,
vint au-devant
de Lüls, c- se donna eUe.
mêmepourgage de la Paix qu'-
elle venoitaBûrer.
Sieges de Mons & de Namur.
DeuxJameujesPlaces, "7 orguëilleuxd'uneProvincebelliqueuse,
se d'uncPe-o témérairementd'ètermiser
leur ?foire
,
fn*
de braver les pluspuissants efforts:
la nature
3
l'art sembloient s'estre
épuisez pour les rendreimprenables
; les eumens en courroux paroij]
oientaimc^ en leurfaveur :
toute la Ligue rug,zffiit à l'entour.
Quelle entreprise parut jamais
plusdifficile
, que la Conquête de
ces Praces !
Louisseullajuge possible &
tft fui capable de l'executer. Il
animesestroupes piria presence,
ilpreBe les travaux, il vole dans
les lignes, il commande aux attaques
,
son quartier tfi partout.
Quelfeu éclate tout à coup! on
foudroïe
, on brûle
,
les Bastions
tombent, les murs, les rochers se
fendent, les remparts s'ouvrent,
les eaux qui couvroientlaCampagnefremissentense
retirant.
quarantejours suffisentpour ôter
le nom d'imprenable à Mons cm à Namur.
Le plusbel endroit est sans
doute le portrait qu'il fait de la
derniereguerreil y met dans
un beau jour les glorieuses
Campagnes de S. A. R. Monseigneur
le Ducd'Orleans
,
voicy une partie de ce qu'il en
dit.
Dieu avoitréservé ce H.ro;,,
pour raffermir p&r ses mains
triomphantes une Couronneébranléeypourfaire
fi-urirno\lauriers
surl'Ebreefur la Segre,pour
abattre lesformidables remparts
dufameux Lerida, autrefoisl'écueil
des plus grands Capitaines,
enfinpour renouveler en. Catalogne
& en Arragon tous les prodigesde
Charlemagneson ayenl
La seconde partie commence
ainsi.
Les titres les pluspompeux
que lemonde accorde àses Heros,
neproduisent tout au plus dans
l'esprit, qu'uneadmiration sterile
& ne peuvent empêcher le coeur
deplaindreensecret,celui dont on
fait l'éloge;maislorsque les vertus
chrétiennes accompagnent les
vertus guerrieres
, & politiques
dans celuiqu'on loüe
,
quelle
douceconsolationsemêleauxjuftes
regrets desa mort!
Il dit plus bas.
A Dieu neplaise qu'à la face
des Autels, j'appelle lumière, ce
qui ne l'estpas. Iln'appartient
qu'à l'antiquitéPayenne
,
de réverer
dans les Rois, jusqu'à leurs
défauts.eb pourquoi déguiser
dans un Prince desfO:blejJesJpour
ltry ôter la gloire de les avoir réparées
! leplus beau jour n'estpas
sans nuage,l'astreleplus éclatant
s'éclipsequelquefois combien
d'écueils dans ces lieux où le funt/
fe oubli de la mort s'entretient
souventparles charmes de la nJie..
ou dans le sein de l'abondance on
rend heureux les autres parses
bienfaits, ou en faisant tout
trembler parsa [ag'fl' ou parson
courage, on semble (stre le Dicu
des mortels ,rempliBant le monde
à son gréd'amour ou de crainte,
desurprise ou d'admiration.
L'Orateur dit ailleurs.
Si Louisaouvert lesyeux sur
leschoiesdelaterre
,
de combien
de vertus a-t-il orné un coeur,
dont il a reconnu que ce monde n'étoit
pas digne. Dieu aime sur
tout àtriompherdu coeur desRois,
pourfaire un chef d'oeuvre desa
miséricorde de ce quia esté le chef,
etoeuvre de sa puissance.
Plus bas.
Jamais il neparutsirespéctable,
si brillant d éclat & de gloire
,
que lors qu'il sybumilioit devant
l'Arche nouvelle
,
adorant avec
une foy vive, la Majesté de
Dieu> sous les voilesfacre^ qui
l'anéantissent. Niiij
Dans un autre endroit.
Je ne viens plus louer un
Monarque qui afait touttrembler
par sa puissance ; mais je
vienspleurerun Roy la viéîime
de la mort il n'attend pas
qu'on l'dvertijp, ilconnoist luymesme
le danger, Cognovit occasum
suum
,
lavé dans le
bainsalutaire de la Penitence,
humilié, contrit, ilreçoitlaViélime
adorable qui vivifie les
mourantspar legage de l'immortalité
Il fent la poudre retourner
en poudre nese troublepoint;
ilentenddessoupirs
<2r des voeux mêlez avec tristesse,
eenes'aflfige pas àlavûe
du dangerqui lemenace. Il estle
seul qui ne craint pas.
A la fin l'Orateur dit, en
parlant du jeune Roy,
C'est un Soleil qui se levé,
qui nous promet les jours les
plus beaux &les plus serains.Il
n'éblouitpasencore; mais il commence
à ravir nos yeux. Déjà il
ranime les cendres desonillustre
Bisayeul. Mille vertus naissantes
ne nous font ellts pas esperer,
qu'un jour il égalera [a(rloire
sil ne lasurpasse point.
Quel bonheurpour luy, de retrouver
la sâgessè de son Pere,
la bonté de son Ayeul
,
la magnanimité
di-Jon Besayeul,si
glorieusementreunies dans ce GRAND PRINCE,
que (esjubîmesCS héroïques ta-
Unst que riOS zctx C9* nostre
choix auroientappellé Àïdàmi'-
nistration de cette Monarchie, si
saRoyale naissance ne la luy avoit
destiné. C'est luy qui conservera
tous nos Traitez, qui fera
revivre le Commerce, qui ramenera
les richesses&l'abondance
,qui réparera une perte,
qui,sans luy, auroit esté imparable.
C.est luy que le Ciel a reservépourestreà
la France une
ressource certaine ,
dans uneafflillurlsi
generale
, icr dans un
fipt<fiantbefotn ; pour estre le
souverain dépositaire de la puissance
(y* de l'autorité Royale;
pourservir de modele £<r de
guide AU jeune Roy ZelE pour
la Foy
,
illuy donnera par son
attachement à la Religion, des
sentimens dignes du Fils aisné
de l'Eglise. Genereux,équitable,
il le formera à Uplus hautevaleur
par ses grands exemples, (Sr
à lajusticeparsessagesconseils.
Bon, pacifique, illuy inspirera
par sa clemence, la bonté pour
sespeuples,-cm l'amour de lapaix.
Toûjours appliqué, il luy enseignera
p-ty sa Ubo-ieusevigiUn*
Cf, ur les soins doivent est
m fiez avec la douceur du Thrône.
Digne de regner luy-même
quel * 0 , Prince fut jamais plus capable
que Philipes,d'enseigner
f l'art de -' régner.
Tour ce Discouren generalestremplide
beauté, &j'en
aurois fait un extrait plus é[cn-,
du,s'il n'étoit pas entre les
mains du public qui estleMaître
de le trouver imprimé
chez le sieur Louis Guerinrue
S. Jacques, vis à vis la rue des
ivi.ichutins., àS. Thomas d'A-
'¡
quin,&chez la veuve de Pierre
Bienfait sur le Quay des Augustins,
à l'Image Saint Pierre.
J'aurois entrepris de donner
au public un extrait du Discours
que M. de la Motte a
prononcé dans l'Academie, à
la louange du Roy,si la grande
réputation de M. de la
Motte ne me preserivoir pas
de renvoyer le lecteur àl'Original.
Il en cft à mon égard de
même de ~nfon Fonebre
que M.l'Abbé de Barcos Docteur
de Sor bonne
,
Grand
Vicaire de Monseigneur l'Archevêque
de Lyon
, a prononcéedansl'Eglise
des Carmelites
de cette Ville, le cinq du
mois passé. Ce Discours cil un
chef-d'oeuvre d'Eloquence &
un Tissu continuel de grands
traits, plein de pcnfées neuves
exprimées avec toute la noblesse
del'art.J'ayeû pour M.
l'Abbé deBarcos le même refpcct
que pour M.fie.ra Motte,
& j'aysentiqu'il ne m'ecoit
pas possible de fairel'extrait de
son Discours, ou plutôt qu'en
entreprennant de le faire,je
tomberois à chaque instant
dans la necessité de le copier
presque entièrement.
Il paroist depuis quelques
jours un certain Livre intitulé
SpJJCffHJfioYlque:c-e titre m'a
sur pris d'abord, &en furprcndra
bien d'autres,qui auront
peine à croire ,
qu'on puisse
tirer aucunes Hilloitesvcritables
des Signes & des Constellations
,ce quim'a oblige de
| le lire avec attention,l'Auteur,
quel qu'il soit
,
m'a paru
fort (çavant dans lH^ftoirc
ancienne, profond dans ses
rtfLxions,cx^£tdans l'ordre,
&dans laméthode qu'il ob-
)
serve avec soin.
Peu d'Ecrivains ont expliqué
jusqu'à present les plus
beaux endroits de la Mythologie
à la lettre, & dévclopé
les Enigmes des Poëtes si à
fond:il éclaircitmême les plus
grandes difficultez de laChronologie
, en distinguant les
personnes de même nom; &
les divers noms de chaque personne
pour accorder les personnes
avec les temps & les
lieux.
Il donne aussi un abregé
de l'Histoire des Dieux qui ont
donné commencement à l'Idolatrie,
dolatrie,plus clairement & plus
ouvertement que Vossius; car
il nomme ces faux Dieux par
les noms propres, & par les
qualitez qu'ils avoient sur la ,
terre: &c'est là proprement la
clef de l'Histoire ancienne , Ô£
l'origine de la Chronologie.
Son stile est simple & naturel,
& par consequent ne seroit
pas ennuyeux, s'il ne
tomboit assez frequemment
dans des redites qu'il a peutestre
crû ne pouvoir éviter en
faveur de ceux qui ne sont pas
versez dans cette matiere, son
Orthographe est à la moderne
il csi fort scrupuleux dans la
aiftm&ion des épar le moyen
des accens , pour rcctncr la
prononciation des Etrangers;
mais ily a quelquesnoms pro.
pres qu'il écrit d'une maniere
extraordinaire ,telsque sont
EnêjOrpbeyPerfî3Thtfé, Eol,
ulchil3 Mercur,Hercul
, &c.
disant
, que les noms d'hommes
ne doivent pAS avoird'é seminin
à la fin du mot:selon la Régle
de la Grammaire reçue de toutes
les Nations. Omneviro soli
,
&c.Il écrit aussiCircée, Dircée
,Cassiopée,Hebée, par
deux é
, comme étant des :
noms de femmes qu'on ne
peut distinguer des noms
d hommes, que par un é féminin
final;suivant la Regle
universellem* ent reçuë. Esto
femineum recipit quod femina, -
tantùm.
1 Mais il donne un avertissementau
Lecteur de cette divet
sité d'écrire; où il invite
les Sçavans à établir ce princi- ,., pe important a toutes les Langues
vivantes ou mortes, par
lequel on puisse faire la différence
du Mascul in& duFeminin;
puisque nous avons un é
particulier, qui ne fert qu'à
cela, & que l'on appelle pour
ce sujet éfeminin,éfinal: il est
de la derniere importance de
ne point confondre les sexes
grammaticalement,non plus
que les nombres.
Danscet avertissement ,il
prie les Sçavans de faire attention
, sur la différence qu'il y a
entre l'usage de la parole, &
l'usage de l'écriture: le premier
,ditil ,
est libre, sans
regles,&sujet à changement ;
le second
, au contraire
,
est
fixe,immuable,&fondé sur
les principes inviolables de la
Grammaire universelle
,
qu'il
die estre despropositions d'éternell
e vérité.Propositiones Ceveritatis.
Cequ'il tâche de prouver
parune comparaison fort simpie
&quine taine pas d'estre
ingenieute & persuasive:
Il dit qu'une Langue vivante
est semblable à un cadran
d'Horloge, où il y a deux
choses à remarquer ,
sçavoir
Téguille qui est toûjours en
mouvement & tourne sans
ccfle , comme une Langue vivante
qui change de niots,.
change de prononciation change de conaruction , & de
modes. Les chiffres du cadran
qui re presentent par des lettres
ca pita les les heures, font fixes,
& immuables, comme étant
fondez sur les principes i-nvio
lablés & non corrompus de la
Grammaire universelle,& ils
reprefenrent l'usage de l'écriture
, ou orthographe.
Que l'on parle,&que l'on
prononcecomme on voudra,
l'écriture s'accommodera à
tout,suivant les principes des
lettres bien affermis & bien
restituez chacune a leur effet
propre &naturel.
Ainsi l'u sage de parler
étant bien distingué d'avec
l'usage de l'écriture; il soutient
quel'orthographe conforme
à la prononciation, ne
changera jamais, nonplus que
les chiffres du cadran. Vous
pourrezvoir le reste explique
bienau long dans l'Original
au commencement de la Sphere
Historique, & dans les principes
de la nostre en 16,6.9. &
1670. Le cor ps du Livre est
agréable par ses Histoires curieuses
; par les maximes de
morale,& par ses anciens
principes d'Astronomie, presque
perdus & inusirez dans lesderniers
siecles.
CeLivreest dédiéàS. A. R.
Monseigneur leDuc d Orléans
Regent du Royaume,aussibien
que cet autre de M.
l'Abbé Richard, qui a pour
titre - Parallèle du Cardinal
de Richelieu
,
& du Cardinal
Mazarin, contenant les anecdotes
de leurs vies& de leurs
minières;&c'es le premier
Ouvrage quiaitestédédié au
Regent, depuis que ce Prince
remplit si dignement cette place.
La kaure de l'avis au Lecteur
, nous apprend que le
même Auteur luy avoit déjà
dedié le parallele du Cardinal
-
Ximenés
Ximcnés & du Cardinal de
Richelieu, quiaesté universellementestimé
dans toute l'Europeoù
ila esté plusieurs fois
imprimé,même traduit en Espagnol,
il est à souhaiter que
l'Abbé Richard puisse trouver
letemps d'executer les grands
desseins qu'il a de faire dans le
rnernc gout & avec le même
stile les parallèles de deux derniers
Archevêques de Paris,
des deux derniers Eveques
de Meaux,des deux derniers
Eveques d'Orléans
,
des deux
derniers Evêques d'Evreux.
des deux derniers Confesseurs
du Roy, dont il a deja fait une
bonne partie ;on voit dans
celui-cy la différence du gouvernement
de Richelieu sous
Louis XIII. dans le ministere
de Mazarin fous Louis XIV.
& en peu de mots il y fait
admirer les heureux commcncemens
d'une Regence fous
Louis XV. il y rapporte his
toriquementce quis'estpassé
fous ces deux grands Cardinaux
,
touchant le jugement
de la personne & de la doc-
-1
trine des Evêques, & la Censure
de l'Eglise de France à ,
l'occasion de la Constitution
d'Alexandre VII. sur le Jansenisme,
& ensuite il tombe
sur ce qui vient de se passer
depuis deux ans en France,
pour la Constitution Unigenitus
du PapeClecmentXI.de
forte que dans ce volume in
12. on trouve des choses trescurieuses
sur les affaires du
temps. Ce Livre se vend à Paris
au Palais, chez Cavelier &
Brunet;dans la rue S. Jacques
chez Etienne; sur le Pont S.
Michel chez Bouillerot
, &
chez Cailleau sur le Quay des
Augustins.
Le même Auteur est déja
connudans la Republique des
Lettres, par plusieurs ouvrages
d'Histoire & d'Efudtuon:
c'est luy qui avoit donné la
Vie du fameux Frere Jofcph
Capucin.
EXTRAIT FRANCOIS
d'un Poème Latin intitule,
Annus-lncunis, IlAnnéleau
berceau, dédié & presenté
parM.I*AbbéJamoayslepremier
jour de l'an aMonfeigneur
le Duc d'Orléans Regent.
du Royaume.
Comme le Soleil & la Lune
font l'année par leur mouvement,
le Pacte fait du nouvel
An un petit Dieu.
al Le Ciel change de face,
s'ouvre tout à coup,&le nouvel
An descend dans un berceau
au Palais Royal. -
,4* Ce divin enfant,ce fils aimable
de l'Astre du jour, &
de l'Astre qui préside à la nuit,
témoigne son empressement
pour saluer un Prince, qui est
l'auteur du salut des François.
Il est porté par l'amour des
peuples, & par ces heures précieu
ses, que S. A. R. veut
bien sacrifier au rétablissement
& au bonheur de la France.
L'amour grave sur le berceau
avec des traits de flammes
les plus ardentes les vertus,
les qualités superieures &
les belles actions du Prince.
On voit d'abord un enfant
sur le Trône *
, que
Monseigneur le Duc d'Orleans
soutient de la main.
La crainte & la fraude sont
bannies du Trosne.Thémis
feule y préside
:
la Pieté
,
la Fidélité,
la Foy & la Religion
tiennentla balance ; ia Lrbertéen
garde l'encrée.
* Louis XV.
Les lis, les roses & les fleurs
les plus agréables naissent fous
-
les pasdeS. A.
Laclemence, les grâces, la
candeur, la forcé & la faveur
avec un visageprévenant, l'accompagnent
par route - L'honneur le plus bel enfant
des Dieux,& qui est luymême
le pere des beautez,
marche à la reste suivi de la
renommée,de lagloire & des
loüanges.
- On voit gravé sur le berceau
en caractères briilans d'or
ce jour, cet heureux jour,
auquel le Regent accompagné
de la Famille Royale &
des Grands, entre au Parlement
aux applaudissemens de
ce Corps illustre & des Parisiens.
Le Parlement admire l'air
majestueux du Prince,& tous
estraies d'éloquence, qui partent
de sa bouche. Astrée revientincessamment
du Ciel,
pour luy mettre en main les
rcfnes d'un puissant Empire,
qu'il tenoit déjà par la naissance
, & par son mérité connu
depuis si long temps.
La Renommée vole avec
rapidité devilleen ville, pour
annoncer une nouvelle,que les
François dans leur douleur
attendoientavec impatience,
&c.
Il faudroit traduire toute
l'histoire de ce Poëme
, pour
en donner une plus juste idée;
mais l'Auteurpourroitneme
sçavoir aucun gré de ma traduction
qui ne serviroit peutestre
qu'àffaiblir les beautez
de l'Original qu'on trouvera
à Paris, chez le Sieur Simon
Langlois,dans larueSEsxtienne
des Grez, à l'Enseigne du
Bon Pa sieur.
M. l'Abbé Jamoays , qui
enestl'Auteur,a fait le pre-<
mier Pocme sur la mort du
Roy, sur le nouveau Règne
&laRégence ,&. a eû l'honneur
de le presenter au jeune
Roy, & à Monseigneur le
Duc d'Orléans. J'en ay parlé
au mois de Décembre dernier; ;
i! estintitulé;Ludovicusmoriens,
Louis mouranr. 1'4 ; ; C'estencore iCJ>le premier
Poeme,qui ait paru sur S. A.•'*
R. depuis qu'elle tient les rênes
del' Empire lemême Auteur
aeû aussilhonneur de le luy
presenter&à Monseigneur le
Duc de Chartres L'un&l'autre
ont été également goûtez
de la Cour, &applaudis da
publicquoique dans un genre
différent.
Le premier est un enfant de
douleur, né parmiles larmes,
& les soupirs.
Le second est un enfant de
l'Amour , mais d'un amour
pur, sincere & ardent des
peuples
,
& d'une tendresse
respectueuse du Poete pour
S. A, R.
Celui làest dans le grand;
ladouceur
, & la delicatesse
font le caractere dominant de
celui-cy :les, plaisirs
,
la joye,
les ris, les jeux innocensont 'l'
prefidéàsanaifTancc.!
Le dessein en est nouveau&
tres ingénieux, depuis le com- î
mencemenc jusqu'à la fin la I
nature y joue avec l'art
, & J
l'arc avec la nature.
L'Histoire
,
la Fable
,
la
Theologie desAnciens,lesont #
répandues de toutes parts dans
cet Ouvrage,& par de continuelles
allégories on voit ;
renaître la France fous le nou- k
veau Regne & la Reg°nce.
Le Ciel, qui change tout à t
coup de face
,
le nouvel an, j
son berceau
,
les heures de S. t
i
t
A. R.l'amour despeuples,sont
autant de Synibolesà lasuite
desquels le Poete fait paroître
une grande variété d'images
peintes avec noblesse. Il s'éleve
pourtant de temps entemps
sur tout dans l'êpisode des Sièges
,
des Batailles,& des Victoires
de S. A. R. &c.
Comme un Poeme Latin
perd dans un Extrait, ou Traduction
- ,cette vivacité, ce feu,
qui en font l'ame, & ces couleurs,
naturelles
,
qui le sont
brilleravec éclat ,jay juge à
- propos dene donnerqu'une
idée de l'Ouvrage,& derenvoyer
les Curieux à l'Ouvrage
Latin.
- J'ay encore un nouveau
petitLivre à vous presenter,
celt une Disertation sur la
nouvelledécouvertede l'bydropine
du conduit lachrimal,
sur les causes epi la produisent,
& sur les avantages que
l'on retirera de cette nouvelle
découverte,avec la maniere
dedonner à boire parl'oeil,
& un projet pour s'instruire
à fondsdes maladies desycui,
presentée à MssieursdëH'A-
-cadé'ftiieRoty^Fè'des Sciences
de Parisle16.Novembredernier,
& lue dans Assemblée
de la mêmeAcadémie le 29.
du même mois. Ce Livre cfl:
dela composition de M.Anel,
Docteur en Chirurgie, &
Chirurgien Pensionnaire de
Madame Royale
, mere du
Roy de Sicile
,
bisayeule du
Roy Tres Chrétien, dediée à
S. A. R.Monseigneur leDuc
J'of kutns RegentduRoyaume
: il se vend à Paris chez le
leurJean. Baptiste delEsxpine,
ue S. Jacques, à limage faioç Paul. *** rt, - On trouvera aussi chez h
leur Saugrain l'aisné,Libraire
sur le Quay des Augustins,
prés la rue Pavée, à la Fleur de
Lys
, un Livre nouveau intitulé
: Les Curiositez de Paris,
de Verfailles
,
de Marly, de
Vincenncs, de S. Cloud, &
des environs,avec les adresses
necessaires pour trouver
facilementroue
ce que ces beaux
lieux renferment d'agréable&
d'utile. Cet Ouvrage est enri- 1
chi d'un grand nombre de sigures,
& dédiéau Roy Loüis
XV. par L. R. Le prix est de
3. livresreliéen veauOntrouvera
chez le mêmeMarchand
l'Histoire de Zeloïde & d'Amanzaridine
manzanfdine
,
Conte Arabe.
Ce Livre est forti avec succes
de la plume d'un jeune homme
qui a beaucoup d'esprit
,
& qui écrit bien; c'est le jugement
de tous ceux qui ont
lû ses Ouvrages.
Je vous parlerois maintenant
des miens, & cela seroit
bien juste, si je n'apprehendois
de soulever encore une
fois les honnêtes gens qui se
font plaints que je parlois trop
souvent de moy ; mais d'un
autre costé l'affaire est si importante,
que je ne sçaurois
avoir la docilité de me foûmettre
à leurs décisions; je-vous
diray donc encore ,
quoyqu'il
en foit
,
que.je fuis l'Auteur
du Journal Historique de tous
les Evenemenrs qui ont précédé
la mort du Roy, & de
tous ceux qui l'ont suivi six
semaines a près ;mais je ne
vous le repere que parce que
je suis estonné que le Public
n'ait receu qu'à demi tout au
plus,lafaçondontjeluyay
annoncé M. de Villars;son
Eau merveilleuse est d'une si
grande ressource contre toures
les maladies du monde,
que j'ay crû que personne n'hc.
siteroit à avoir recours à luy,
& à moy pourenavoir;le Lecteur
fage & diseret fera de ce
troisiéme avisl'usagequ'il luy
plaira, ilne m'appartient pas
de luy donner des conseils
,
mais la place que j'occupe me
prescrit de luy proposertout
ce qui luy peut estre ucile. S'il
aime sasanté, & la conserver
jusqu'à l'extrême vieillesse, il
doit se munir de ce Livre qui
Fe vend chez les Sieurs Jollet
& Lamesle
, au bout du Pont
S. Michel, du costé du Marche
Neuf
, au Livre Royal; il
y apprendra toutes les pro-
pdetl2.June Eau, que la quantité
des merveilles qu'elleopcre
, peut incontestablement
faire p.) (Ter pour une Medecine
univer selle.
Le fpr£fcjclc de Paris, le plus
suivi à present & leplus agréa.
bleen même temps,est celui
dont les Directeurs de l'Opera
regalent le public tous les
Lundy
,
les Mercredy
,
& les
Samedy de chaque semaine.
C'cft un Bilétabli avec tant
d'ordre
,
de lumières
,
& de
propreté,qu'il est devenu le
divertissementde Paris leplus
a la mode. Chaque Misquey
est receu moyennant le prix
& somme d'unécu.C'est à ce
tîtrequ'il acquiert le plaisir
(quelqu'il soit)de: danser.ou
des'entretenir à la saveur de
son masque,avec les plus distinguées
& les plus jolies femmes
de France. S'il est entreprennant,
& qu'il ait de l'esprit
, il y peut faire fortune.
Pour moy ,
je vous avoue que
j'ay d'abord regardé ce Bal
comme une pepiniere d'avan-•
turcs, mais il y fait si clair,
qu'on n'y peut attraper tout au
plus,que quelques lambeaux
de convention. Le jargon 1
de ce païs là tout détestable i
qu'il est
,
estla plus amusante J
chose du monder il fcnlbrc i
qu'il aétédonné à tous, par 4
un don particulier ( & l'esprit
à part) la faculté de parler également
bien cette langue. Au
reste cet établissement aété
inventé fort à propos, dans
une Ville comme Paris ,où il
faut absolument des plaisirs.1
Cependantil yarrive tous les
jours une chose dont le ridicule
est extrême, & qui révolté
les Ecrangers, comme tource
qu'ilyadeFrançoisraifonnables
En unmot on dit ,& je
b,pensecomme ceux qui le
disent,qu'il est tout à fait impertinent
de voir dans une
assemblée aussi brillante par le
nombre & les grâces des Dat)
mes qui s'y trouvent tous les
jours, un ras de jeunes étourdis
qui dansent entr'eux, toute
les danres qu'il leur plaît,pendant
que la pluspart du temps
les Dames sont debout,occupées
à les regarder faire leurs
exercices. Si ce Bal donne matière
à quelque jolie avanture,
comme je respere,jenemanqueray
pas d'en fairemon pro-
'¡':..
-tir, & d'en amuler le public.
Je n'y ay vu ,
jusqu'à present
que de legeres ébauches de
galanterie; en voicy une.
Le is. de ce mois à minuit,
une grande,brillante
& belle Masque entra dans le
Bal de 1 Opéra, accompagnée
d'une personne prcfque au
bien misequ'elle. Ces deux
beaurez fendirent la foule de
Masques avec une fierté digne
de leur rang La fermeté d
leur démarche & la nobldh
de leur contenance leur atti
'f rerent descivilitez, des hommages
';'
qui penserent leur
faire
faire tourner la cervelle. Un
jeune homme de condition
remarqua leur embarras, Se
leur trouva en même tem ps,
une si prodigieusequantité
de grâces,qu'illes prit fous sa
protection. Ses soins & d'autres
objets écarterent la foule
des prétendans. Il fit enfin si
bien, qu'il leur trouva une
place dansuncoinde l'Orquestre
du fond du Théâtre. Ce
-
fut là qu'aux pieds de sagran- * deReine,il étala de sonmieux
tous les sentimens de son
coeur. Il luy dit entre autres
choses, qu'il-ne vovoit rien
de si beau que l'énorme grofseur
de son poitrail, qu'elle
avoit un embonpoint dont il
estoitenchanté,&qu'il s'estimeroit
trop favorisé de l'amour
& de la fortune
,
s'il
pouvoit parvenir un jour àla
gloire de se voir l'heureux
nourrisson d'une si belle Nourrisse.
Il ajoûta à ces douceurs
quantité d'autres belleschoses
que la memoire de Mercure
( qui ne manque jamais de se
trouver partoutoù il y a quelque
apparence d'avantures
,
)
n'a pas eu le courage de retenir.
Il est néanmoins bien vrai
qu'il suivitla conversation de
ces Masques,&qu'il entendit
avant de les quitter, qu'ils se
donnoient un rendez
- vous
pour le lendemain à midy d"n;
l'Eglise des Cordchers, où les
Auteurs ne manquèrent pas de
se trouver comme ils se l'étoient
promis. Leurs regards
& quelques signaux réciproqucs
assûrerent leur reconnois.
sance. Ils se joignirent à la
porte de l'Eglise.,ils le parlerent
,
& se separerent après
estre convenus de se revoir l'a-
,
presdinée dans la maison mê-
1me de la belle Avanturier
-' Vers le loir le Cavalier fut
faire lavisite à laquelle ils'é-
- toit engagélematin.Ilheurta
à la porte qu'une servante alla
luy ouvrir pour le conduire,
dans un Appartement magnifique
,
où sa Dame le receut
avec toute la joye & route la
politesseimaginables. Savisite
-finie, il ne songea plus qu'à
chercher dans Paris quelqu'un
qui voùlut recevoir la confidence
desa bonne fortune. Il
'exagcra on bOLh,:;ur, il éleva
sa belle au -
dessus de toutes les
belles dumonde, & ne se projnic
en un mot rien moins
qu'unheureux&splendidehymen
avec une si aimable & si
riche perronne. Mais son indiscretion
luy coûta cher ; il
parlatrop
,
il retournamal-àpropos
au logis de la Dame de
ses pensées, enfinilfittant d'élogesde
sa prétendue félicité
qu'au bout de trois jours, il ne
luyresta pour rout fruit de Ces
pas, que la honce de ses foins.
Un particulier de sa connoissancequi
demeuroit dpus le
voisinagedesaMaistresse,devint
le dernierconfident de
cette intrigue. Il congratula
cet Amant sur le mente de sa
conqueste ; mais un moment
après il luy dit qu'il voyoit
bien qu'il ignoroit à qui ilavoit
affaire, qu'il estoit bien assc de
luy apprendre que saMaistresse
estoit en liaison étroite avec
des gens qui ne luy convenoient
point, & que le lendemain,
s'il estoit curieux
,
illa
luy feroit voir dansun état qui
le dégoûterait à jamais d'elle.
Le jeune homme accepta la
proposition d'un air de confiance
qui annonçoit son incrédulité
, & consentit enfin à
se trouver à cinq heures du
matin chezceluy qui luy parav
« tant d'asseurance d'unechose
qui ne pouvoir se
periusKÏer. L'heure du rendczvousarrivée,
il alla au logisde
son amy ille somma de luy
tenir parole: ceque l'autre fit
à l'instant Il mesta l'Amant de
sa charmante voisine jusqu'au
coin del'Eglise des Cômedu
(-&rI delarue dela Harpe,il
se mit avec luy en sentinelle
sous une porte, & aucoup de
six heures, illuy recommença
d'ouvrir si bien les yeuxqu'il
ne luy Fur rien échaper de ce
qu'il alloitvoir. En effet, le
jeune homme regarda tant qu'-
il pût& vie à la fin avec un
étonnement extrême son heroïne
arriver chargée de tout
l'équipage de ces honnestes
Marchandes qui establissent
tous les matins leurs boutiques
au coin des ruës,&recon.
nut enfin
,
à la faveur de la lulniere)
que sachere Maistresse
estoit une des plus grasles Tripieres
de Paris. A l'instantcon
fus de son Avanrure, il embrassa
son indiscret amy , &
puit la fuite avec luy.
Le Lecteur n'avouerat-il
pas maintenant que ces deux
Amantsalloient faire bien du
chemin ensemble fous Térendart
de l'amour
,
si ce jeune
étourdy n'avoit pas temerairement
confiéce secretimportant
à un homme trop instruit
desaffaires de sa Maitresse
Voila déja une avanture du
Bal, il faut esperer qu'avec le
temps, j'auray occasion de
vous en conter d'autres plus
interessantes ; mais pendant
que nous Comines sur le chapitre
des Bals permettez moi
de vous inviter à lire la deseri
ption que je vais vous faire le
plus naturellement&le mieux
qu'il me fera possible
,
de celuyque
M-)nÍi:ur l'Ambassadeur
de Portugal a donne le
Miriy vlngr. huit decemois
pue de S. François, à l'honneur
de laFeste de la Princesse
DonaFranciscasoeur du Roy
dePortugal.
- Le - Lecteur doits'attendre
icyàlavûëdu plus brillantta- < bîcau qu'on puisse offrir à fesyeux
, si le Peintre a l'art de J
s'exprimer d'une façonquirépondeauxidéesque
le public
a de la magnificence de cet l Ambassadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVille le
1 8. du mois
d'Aourt dernier parut si superbe
,si splendide & si riche,
que per sonne à Paris ne se souvient
d'enavoirvueunepareille.
La quantité de médailles
d'or & d'argent. qui furent
alors jettées au peuple,achevèrent
de donner de sa personne
la haute opinion que tout
le monde en a. Attentif à suivre
les temps pour se conserver
des suffrages universels
dont nul particulier, quelque
distingué qu'il soit, ne peut
luy disputer l'avantage, il n'a
pas plutôrvûarriverTecarnaval,
qu'il aétabli que tous les
Mercredisil yauroitune As-
<
semblée dans sa mulon oùj
l'on recevroit d'une manière
convenable à sa dignité & à,
ses intentions, toutce qu'il y
a d'honnêtesgensàla Cour& X
à la Ville qui voudroient lui j
fairele plaisird'allerchez 1uy.-t
Cette Assemblée Ce tientré- ;
gulierementle Mercredy dans )
plusieurs sallesdesonHôtel,
oùil yaconcert,bal, jeux,'t
& collations superbes; mais j
ces fêtes régléesnontestéque|
le prelude decellequ'il a donnée
le 18. de ce mois.* ;
Pour en tracer une idée approchante
dela verité,il est à.
propos d'entrer dans un leger
détail de la situation de sa
maison.
L'Hôtel de Portugal connue
avantque M. le Comte
de Ribeira l'occupât, fous le
nom de Bretonvilliers,estun
des plus beaux Palais de cette
Ville,jeds Palais,quoyquece
terme ne soit pas en usage en
France, pour distinguer cette
maison d'une infinité d'autres
qui font fort belles, & qui
n'approchent point de labeauté
de celle cy.
CePalaisest situé à la pointe
de l'Isle de Nôtre-Dame
dans.. fcxpofition la plus charmante
du monde. Sonétendue eji
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
une fuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut exposer de plus satisfaisanty
est offert avec abondance.
La nich sse des meubles
,
des dorures,seulptures,marbres
bronzes,glaces , ,CT^.y brille de
tous côtez. Les pieces les pluscurieseesont
lestrimaux de la(Al/e
baf]e(juiJont remplij àrxc, ll ntes
copies que le celebre Àfiçnard
afaitessur les originaux de Ra-
1 * Cet article est tiré des curiositez
de Paris.
phttël dXJïbin : enjuite lagalerie
du premierappartement qui eji
peinte entièrement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
est enrichie de quatre metvdUeux
TableauxdufameuxPoussin qui
represententl'enlevement des Sabines
par les Romains, le Triom- -
phe de Venus sur les eaux ,
le
Passage de la Mer rouge ,
le
Veau d'oradoré dans le Desirs.
Onyvoit encore un excellent Tableau
de Michel Ange, c'est NôtreSeigneur
porté dans le Tombeau
,
enfin dans une antichambre
l'admirable &intima»
ble Descente de Croix,peintepar
Danield jointe, Ce Tableauest
estiméleplus excellentque l'on air
en France de cet habile Italien.
On ne peut se dispenserd'ajouter
à ces beautcz la richesse
des tapisseries & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais fous lequel est le Portrait
duRoyde Portugal estcomme
les chaises& lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or, & admirable par la bizarerie
de son dessin & par la
sinesse de sescouleurs.
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
Famille du Roy de Portugal
celui delabelle Princessequia,
été le su jet de la fête qu'a donnée
cet Ambassadeur. Oau'.e
une infinité de meubles de
différentsdamas galonnez d'or
qui sont distribuez dans les
bas appartements de ce Palais,
en montant,on entre à droic
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiereest
tenduë d'une tapisserie
de haute lice qui represente
l'Histoire de Joseph Dans la
seconde il y a un dais de velourscramoisi
à fonds & franges d'or
pareil aux chaises: cette chambreestornée
d'unoriginal de
Raphaëlqui a pour sujet les
travaux dHercule. Dans la
troisiéme on est ébloui de la
magnificence d'un superbe lit *
de parade qui,aussi bien que le t.
reste de l'emmeublement, estJ
d'une étoffe à fonds d'or garnie rd'unefrangedemême.
Decette
chambre on voiea travers une |
porte de glaces, un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini debctics
Porcelaines du Japon, & de
/, bijoux les plus rares & les plus
estimez, & on y distingue aisément
la beauté d'une toilette
qui est un chef d'oeuvre d'Orfevrerie;
mais revenons, s'il
vous plaît, au bal qui a donne
lieu à cet abregé des richesses
de ce Palais.
La terrasse qui regne sur
la porte del'Hostel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du soir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes,les
Timbales, les Hautbois, &
pluficurs Joueurs de differens
instruments y monterent, &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humectéleurs cntrailles
,
ils entonnèrent des
chants d'allegresse,& annoncèrent
à toute la ville la magnificence
de cette feste.
A onze heures &demi, les
Masquescommencèrent à entrer
, ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai.
lie de plusieurs lustres, &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre
,
qui portoienc
chacune deux grosses bougies.
Avant d'arriver àcette galerie,
on estoit obligé de s'arrester
dans le partage
, pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures seches
arrangez sur des corbeilles &
des plats de la Chine dressez
en forme d' Amphithéâtre,au
dessousestoit une abondance
prodigieufc de viandes exquises,
&vis à-visungrand busset
de la largeur de cette (aile, -
estoient plusieurs Officiers
chargez du soin de donner
sans cesse aux Marques, tous
les rafrraichissements qu'ils
pourroient demander, & de
remplacerà chaque instant les
plats vuides par de nouveaux
ferviccs. Aux deux extremitez
de la galerie, quiest d'une
étenduë capable de contenir
mille personne,on avoit drer-1
fé deux Amphithéâtres pour
la fimphonie
: Ce fut là que
d'abord tousles Masquesarri- - *
verent ; mais cette ga l erie se
trouva si pleine en moins d'u-
* ne heure, que chacun chercha
contre l'affluence du monde, .i
un azile dans les différentsap- A
parlements de ce Palais, qui se :'
trouverent tous vers les troisi
heuresdu marin aussi remplis - deMasques.,q, elagalerie.3
Toutes les premieres Da- ¡
mes & les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu-!
rent prendre leur part desplaisfiirrss
de cettc fcfte, Gu une gros f- Nse banque de Pharaon attira
plusieurs Ma sques
,
& dont
les Banquiers en furent quittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement manquèrent
à la description dece
Bal,si jene disois rien de la
grâceadmirable avec laquelle
Madame l'Ambassadrice a fait
les honneurs de cette feste.
Cette Dame est jeune
,
belle,
& sibienfaite ,que personne
n'a la taille mieux prise&plus
noble qu'elle C'est un malheur
pour elle au Bal; car sa
riche taule la démasque parrour.
Elle parut dans le fien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Porrugasse
sous un habit l'écarlatte.
brodé d'argent, avec une jupe
détoffe d'argent couverte
de distance en distance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de sa cravate
étoient de diamants.&. de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit un bordé
de gros diamants surmontépar
un plumet blanc, avec
une agraffe de diamants à la
placedu bouton.
Elle
Ellereparutensuite en Domino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: sous cet habillement
plus commode
,
elle donna
plus aisément à t'Auembiec
le plaisir de lavoir danser, ce
Guette fait avec toute la propreté
ex.touIe lagrâceimaginable.
Enfin elle resta dans le Bal
aussi bien que M. le Comte
de Ribeira., jusqu'à huit heures
du matin, & tout le monde
depuis le premier jusqu'au
dernier Marque., en sortit
charmé des grâces de Madame
l'Ambassadrice, & de la
politesse&de lamagnificence.
de M. l'Ambassadeur,
E~:
Il me prend à present envie,&
je ne sçaypourquoy,
de fatiguer le Lecteur à force
de plaisirs. En sortant duBal,
je le prie de se laisser mener à
laComedie; c'est maintenanr,
à dire vray , un plaisir bien
mince:mais il n'importe c'est
un lieu destiné à l'amusement
dupublic, &quelque ennuy
qu'il y trouve,& moy aussi,
je ne sçaurois me dispenser
d'en parler.
Au commencement de ce
mois., les Comédiens ont remis
sur leur Theâcrc
,
le Bourgeois
Gentilhomme Come
die de Moliere. Cette piecea
esté representée avec un succés
très mediocre 3&c lesSpectateurs
ont trouvé fort mauvais
, queM. Quinaut quia
de l'esprit, ait voulu en avoir
plus que Moliere,& qu'il luy
ait plu de changer les divertissements
que cet illustreAureur
avoit mis à propos dans sa
Comedie, pour leuren substituer
de son invention. Item
M. Quinaut est Musicien:
mais la musique deM de Lully
luy déplaist ; il en a composécant
qu'il a pû
,
de sa petite
façon, & en a farcy le Bourgeois
Gentilhomme:ce qui a
raisonnablement dégoûté le
public de cette Comedie.
Cet article me jette dans la
necessité d'anticiper sur le
mois de Février, pour vous
apprendre encore une nouvelle
dece païs. Vous sçaurez
donc que le premier jour de
Février, les Comediens ont
donné la première représentation
delaTragedie de Semiramis
qu'ils annonçoient depais
plusieurs mois, comme
quelque chose de bon: mais iln'afallu qu'une représentation
, pour détromper tout lemonde:& Semiramis apaC
sé sur la scene
,
pour une extravagante
,
qui n'avoit ni
sens, ni rime, ni raison. Son
Histoire a été reçue comme
une miserable Fable, mal inventée
, & plus malrontée.
Les noms des principaux Acteurs
de cette Tragédie, onc
donné lieuà vingt sobriquets.
Le Prince Menon, le Prince
Arius, ont dit des choses tresrares.
Le Prince Aretas a esté
surnommé le Prince Arerin,
& la PrinccffeA//cw;'w laPrincesse
Logogris
,
& aucrement
encore. Vous me direz que je
vous conte-là de pauvres choses,
est ce ma faute? Et ne
suis. jepasobligédevous faire
un recit fidele du succés des
nouvelles pieces ? C'est pourtant
bien dommage, & l'Au.
teur d'Habis, qui a cerrair.c..
ment autant de mérité & d'esprit
qu'aucune per sonne de
son sexe,chargéedes Lauriers
dont lesuccés glorieux de sa
premiere Tragedie, avoit couronné
son front, devoit bien
se garder d'exposer si vilainement
la déplorable Semiramis
: mais consolez vous,
Meffleurs-) tous les spectacles
dela Foire qui sont maintenant
ouverts, vont vanger
le public des catastrophes de
la Comedie. Au reste je ne
doute pas qu'on ne revoye
incessamment Semiramis à la
Foire.
Achevons, s'il se peut, ce
volume par des récits de festes,
où les Lecteurs & les Acteurs
trouvent rai sonnablementde
quoy s'amuser. Des détails de
Mariages illustres viennent
parfaitement à mon dcfièin,
quoyqu'il cn soit (car je peux
me tromper) en voicy.
MARIAGES.
M. le Marquis d'Harcourr,
Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie & Capitaine
des Gar des du Cor ps du Roy,
fils aisné de Messire Henry
deHarcourt,Duc d'Harcourt,
Pair & Maréchal de France,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General pour- Sa
Majesté de la Province de
Nornlandie)& Capitaine de
ses Gardes du Corps, & de
Dame Marie Anne-Claude
de Brulart de Genlis, a épousé le. de ce mois N.. de Neufville
,Damoiselle de Villeroy,
fille ai snée de Messire François
de Neufville, Duc de Villeroy,
Pair de France, Lieutenant
General des Armées du Roy&
Capitaine des Gardesdu Corps
de Sa Majesté,&de feuë Dame
Marguerite le Tellier de
Louvoy
,
& petite fille de
Messire François de Neufville,
Duc de Villeroy, Pair & Maréchal
de France
,
Chevalier
des Ordres du Roy, Gouverneur
des Provinces de Lyonnois,
Forêts&Beaujollois, &c.
La Maison d Harcourt est fî^
ancienne& si illustre & celle de
Neufville estsinoble&si décorée,&
par consequent si connue,
que jenevousendirayrien
icy ,me contentant de vous
renvoyer à l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne
,
dans laquelle vous trouverez
amplement de quoy
satisfaire vostre curiofiré sur
ces deux illustres Maisons.
M. de Beauchamp distingué
entre nos Poetes François ,
& connu avec honneur dans
la République des Lettres, a
fait sur le Mariage de M. le
Marquis d'Harcourt avec Mademoiselle
de Villeroy
,
le
gracieux Epithalame que je
vous prcfcnte.
EPITHALAME
pour Monsieur le Marquis
d'Harcourt, & Mademoiselle
de Villeroy.
Un jour avint, chose qu'on
ne voitguere,
Que Cupidon se trouvant de
loiftr,
Parpasse temsJe donna le plaisir
D'examiner les Chartres de
Cythere.
Là font écrits en belles lettres d'or
Tous les sajessfournisason Empire,
Grandestle nombre ;& ne crois
pas quencor
A les compteraucun aitpûsusfirf.
Or certain nom que L-heriffint
les Dieux,
- Nom dés levgtems connu partoute
terre
Nom dans la paix illustre&dans
la guerre,
Etquitoûjours devientplia
glorieux,
En maint endroit couchésur le
Regitre
FJ:'ûAt entre tous remarquéIl par
jfynour;
Voilà,dit-il, un nom qu'àjujîe
titre
On doitsansfin celebrer dans ma
Cour;
Je fuis amy de quiconque leporte,
Et ne connoy parmy tous les
Mortels
Aucun Heros, qui de plus digne
forte
Ait honoré mon culte
, & mes Autels.
Pendantqu'ainsi charmé de
ses conquestes,
Le tendre Amour chanteses favoris
,
Et que pour eux il prepare des
festes,
En sonPalais survient Dame
Cypris,
Qu'accompagnait,n'est besoin de
le dire,
Essain nombreux de plaisirs &
de ris.
Mon fils,dit-elle
, avecun
doux sourire
D'où vient, , qu'oisif en ces lieux
enchantez
,
Vous néglige% vos droits&vôtre
gloire
Trop exalte^ une foible victoire
Pour quelques coeurs que vous
avez domptez.
en estun à vos armes rebelle ,
Qui ne connoît l'usage dessoupirs,
Qui du devoirdisciple trop fîdelle,
Sur la vertu regle tous ses desirs,
Sineregnezsurcecoeurinsensible,
Devc% pour rien compter tous
-
vos exploits,
Doncfaites voir que tout vous
estpossible,
Parte^»*vole% le soûmettre à vos
loix.
Prés cette Ville en miracles
seconde,
Séjourd'un Prince en quibientôt
le monde
Retrouvera du plus grand de ses
Rois,
La majesté, lasagesseprofonde,
Dans un réduitqu'habite la
Pudeur
Seroit un Temple
,
où Minerve
adorée
Donne la Loy.C'est là qu'est
rejjerée
Cette beautédont l'extrême froideur
Fait à vosfeux une cruelle ofsense.
La connoîtrez à sa noble naisfancc>
Asajeunesse
,
à son air degrandeur
,
Et plus encor à son indifférence.
Venusse tût. Lorssansperdre,
en
en discours
Un tems trop cher au d-fl-Ilinqieil
embrasse,
Bien escorté d'une foule d'Amours,
Vous t"cuïiek 1JÛ de l'airfendre
lcjj)ace,
Et tout à coupàParis descendu,
Se presenterd'un air de petit- maître
A l'huyduTemple. Or qui fut
confonde ?
Cefut le Dieu. Des qu'on le vit
parcitr>i,
Pour lcconiulrs on sonna le
tocsi,
Et de ses Coeurs iyanicenc? cntourée,
Si vertement resista
,
qu'à la fin
En luy ne fut de trouver une
entrée.
Dont s'enallant dépit & tout
honteux
,
Se lamentoit desamesavanture
,
Quoytdisoit-il, tout plein deson
injure,
On brave ainsimon pouvoir
mesfeux?
Nesuis-jeplus Amour?parquelle
audace
Resiste-t-on au Souverain des
Dieux?
Beulleversons & la Terre & les
Cieux,
Et ne cedons impunément laplace.
Tandis tjuà part il fait le
furieux,
Se promettant de bien grondersa
mere, Il apperçoit non loin de luyson
frère,
Qui vers le Temple avançant à
grands pas,
Menoit en main avec bruit &
fracas
UnDamoisel.Ilcomprit lemys
tere,
Et ne voulant perdrel'occasion
Droit dans le coeur du gentil personnage
Vaseloger. Certes le coup fut
HE
Et ne fit oncplus prudente action,
Rares vertus, illustre extraction,
Noble maintien, &sublime courage,
Douceur d'esprit
,
simplicité de
moeurs,
Tout ce qui fert à conquerir les
coeurs
De son captif est sans plus le
partage.
Hymen adonc se servant de
sesdroits
Introduisit prés de la Jouvencelle
LeDamoiseau.Comptant que
Maistre d'e llc,
Il allojt fuilarangersous ses
loix;
Mdis sans son Hoste il compta
cette fois
, Cequipourluyn'efl chose trop
nouvelle.
Bien mieux Amour fçût ordonner
du choix;
Etsur le ehamp dans le coeur de
lab,,Ue
Il excita vifs &si doux transports,
Quedesesyeux
,
ma1gré tous ses
rrJrtç jJ
Sottoit defeu mainte & mainte
étincelle;
Lors d'éclater tend siJe mutuelle , Soupirsconfusagréablelangueur,
Tendres regards
,
épanchement de
coeur,
Propos charmans de constance
éteineue.,
Que diray plus? AmQurtf/oit
vainqueur.
Trop plus charmé de pareille
avanture , Le bon hymen rioit outremesure,
Etofllement s'enrapportoit l'honneur.
C'est moy ,
dit- ilJ c'estmoyseul
quifais naiflre
Les sentimensque tousdeuxfont
paroistre
, Mon frere en rien n'apart à leur bonheur.:
Pour le punir de son outrecuidance
, Amourfe montre , &dit, mon
cher aIne,
Ne vous piquez si fort dSinJependance
,
Si grand honneur ne vous efi
dessiné.
JvcK au plus pour la ceremonie
Droit d'assistance
3 & non d'autorité
,
>Siveux je bien quysoyezinvité.
Pour qu'entre nous sur ce point
soitfinie
Toute querelle. Ainsifut arresté.
Où i"Amour est hymen ria rien à dire
,
Ok'ijjanct:ifl son fut ajf élé.
Par l'un & l'autre enfiittteecCjfli
concerté
Le choix du jour. L'un&l'autre
àl'élire
Egalement s'empresse. Heureux
Erot!x!
D'ttnnoetidri beau qui neseroit
1 1 jaloux!
Douceunion ! brillante destinée !
Enfans des Dieux ! il rieji donné
qu'àvous,
Deréunir l*Amou*çjriHymenée.
Messire.. du Fay
,
Comtede
la Tour Maubourg,veuf
de feue Dame de la Vieuviiie3!
ville,aépouséle Basin Damoisellede
Besons, fille aisnée
de Messire Jacques Basin de
Befons, Maréchal de France,
&de Dame Marie Marguerite
le Menestrel ; & nièce de
Mefiïrc Armand Basin deBefons
Archevêque de Bordeaux.
M.leComte de la Tour-Maubourg
fort d'une Maison
originaire du Vivarais, distinguée
par son ancienneté & par
les alliances : pour la famille
deBasin deBesons,elleest une
des mieux alliées & des plus
distinguées du Royaume.
Messure. de laCroix Mar.
quis deCastres,fils de Messire
Joseph François de la Croix
,
Marquis de Castres, Chevallier
d honneur de S.A. R. Madame
la Duchesse d'Orléans,
& de Dame Marie Elisabeth
de Rochechoüart,& petit fils
de Messire René.Gaspard de
la Croix, Marquis de Castres,
Lieutenant General des Armées
du Roy,Chevalier de
, ses Ordres, Gouverneur des
Ville &Citadelle de Montpellier
, & de Dame Isabeau de
Bonzi, sa seconde f.,--trime)a
, * 1 epouteC2.0.ece mois
,
Dïmoiselle
du Mouceau,seconde
fille de- Mtlïïre Charles
du Mouceau Seigneur de Wollcntjntendant
des Armées du
Roy,&de Dame Marie Charlotte
Camus des Touches,&
feeur puifnée de. du Mouceau,
mariée depuis peu d'années
à Meffirc Hennequin
,
Seigneur d'Hefqucrolles
: la Maison de la Croix
cft originaire de la Ville de
Montpellier où elleest connuë
il y a plus de 400. ans:
pour la famille du Mouceau , elle cft distinguée depuis long.
temps & des mieux alliées de
la robe.
M**acrû ne pouvoir
mieux témoigner (on zele[
pour ces nouveaux mariez
qu'en composant à l'honneur
de leurHymen ces crois petitsi
coupletsqu'il m'ainstamment J
priéde rendre publics. J'aye{,J
toutl'égard que jedevoisà Ton (
empressement, pour m'y ré- 1
foudre. Le Lecteur en jugera.
CHANSON.
:¡
Fosdeuxamesnefontqu'uncoeur,
Et vous êtes nez, l'un pour l'autre,
Peut-onJeformer un bonheur
plus dejirableque levotre.
Vivez, heureux,vivez, contents,
La jeunessevousy convie,
.f<!Je vosjours égalent nos ans
Pour faire durer voftreruje,
£)HCvostreamourfoitimmortel,
Malgré les efforts de t'envie;
rouspourrez le rendre éternel
Par lafuite d'une autre vie.
Au reste l'Auteur de cec
air nuptial, & destrois petits
quatrains ne fait profession ni
de Musique
,
ni de Poesie. Il
s'occupe à des Ouvrages plus
importants &plus fcricux. Celui
quia pour titre, SpkereHiftorique
, que je vous ay annoncé
dans ce volume, est de sa
façon. D'ailleurs fil fouhaitc
que le public sçache que le
su jec de ce'peticEpithaîamc,
est tiré d'un passage deS. Sidoine
Apollinaireécrivant à sa
foeur pour un pareil sujer. dmmoe
duoe3 animus urnts.
MeÍIire, de Pardaillan
deGondrin, Marquis de Bellegarde,
fils |juifné de Messire
Loiiis Antoine de Pardaillan
de Gondrin
,
Duc d'Antin,
Pair de France, Marquis de
Montespan & de Gondrin
, Seigneur des Duchez d'Epernon
& deBdlegarde
,
Lieurc- - nant General desArmées du
Roy Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majesté
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orlearinois,& Surintendant
des Bâtiments
,
Arts
& Manufactures de France,
&ChefduConseilétabli pour
les affaires du dedans du
Royaume
,
& de Dame Julie-
FrançoisedeCruflol d'Uzés,a
épousé le.DamoifelleN.
de Veithamon
,
fille unique &
heriticre de MessireFrançois»
de Verthamon ) , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&ConseillerduRoyen ses,
Conseils
,
premier PrcfiJcnt
du GrandConfcil, & de Dame
Marie
-
Francoile Bignon. La
Maison de Pardaillan est originaire
du Gomté d'Armagnac
& l'une des, plus illustres du
Royaume,parsonancienneté,
• par ses alliances, & par les
honneurs dontelle a esté décoréede
tout temps. Pour la
fcmillc deVerrhamonelle est
originaire deSavoye,& pour
vous prouver qu'elle cH, des
premières de la robe,ilsuffira.
icy de vousdire que Mademoiselle
de Verthamonest petite
fille de Mcffire Michel de Verthamon,
Seigneur de Breau,
Marquis de Manoeuvres , Maiftredes Requestes ordinaire
de l'Hôtel du Roy ,&de
DameMarie d'Aligre,emariéc
depuis à Godefroy Comte
d'Ertradc
,
Maréchal de France,&
fille & petite fille de
Mcflire dlAIigre, Chancelier
&Garde desSceaux de France,
barrière petite fille de François
de Vcrthamon, Maistre
des Requêtes, puis Concilier
d'Etat ordinaire,& de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau
,
& ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon, lequel
vint le premier de Con nom de
laVilledeLimoges, s'établir
en celle de Paris, ou il fut reccu
Conseiller auParlement le 17.
Aoust1588.Dame Eldabetll
de Verthamon
, tante de Madame
la Marquise deBelIegardc,
avoit épousé Messire HcnryAlbertdeCosséde
Brissac,
Pair de France,& outre cetrc
grande alliance sa familles'est
alliée avec les Maisons d'Aubusson,
& d'Escart
,
de Pcrchyron
,
de Comminges.&
de Lambertier
, & avec les
Familles de le Févre de Caumurtin
,
le Fevre d'Eaubonne,
de Voisin,la Noraye, deGou.
ry,& du Mansz.
Une des trois places de ConfeillersdEstat
d Egliie, ayant
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette, Archevêque
de Sens,clIc: a estédonnée à
M. l'Abbédu Bois,cy-devant
Précepteur de S. A. R. Monfeigncur
le Duc d'Or léans.
Les foinsqu'il avoit eu quecc
Prince fucinftruit dans toutes
lesnutieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
sa deftinée&lanôtre
,
le zele
& la capacité avec laquelle il
s'est acquité de divers Emplois
imporrans, & son attachcment
confiant à la Per Conne
du Regent) ne pouvoient être
suivis que de quelque grande
difbndion de la part d'un
Prince aussijuste5&aussîrcconnoiflfanc
que celuy qui
nous gouverne.
Jeviensde recevoir- lePortrait
de ce Prince de la
-
main
d'un habik homme:(i le Peintre
n'approche pas assez de la
ressemblance
,
c'est qu'à cet
égard tous lescoeurs sontremplis
de certains sentimensaf- 1
fectueux,que tout l'art imaginable
ne peut exprimer..
PORTRAIT
de Son Alcene Royale Monseigneur
Petit-Fils de France,
Duc d'Orléans
,
Regent du
Royaume,
Etre issu dusang denosRois,
Et par £héroïques exploits
Desplusfameux Guereiers.quenour
vante t'Hijloirt
Effacer le lustre& la gloire, :
iJ
Pjfscder cent talents divers, avec étonnement admire tvnivers
Et digne de servirmême aux Rois
de modele Patre éprouver à ,r:.h tOitS sa bonté pa.
terneUt :
Etre compatissant
,
affable
, ge..
nercux ,
Mettre toutfin bonheur à faire
des heureux;
Et par les fruits naissants d'une
Illtive Regence Dtspellfles abattus relev,erl'efierame
:
Compter,neuveauTitus,jèsjoltrs
parses bienfaits,
Et regneysir nos coeurffaus regner
sur la France,
Grand Prince, dont la vigilance
Travaille incessamment à remplir
nosfouhaits}
CeJOnt là de tes moindres traits.
LE FORT DE LA MORINIERE,
9 Ilfautapurement que les Enigmes
du mois pasle foienc bien
belles,& bien enveiopées, puisque
petfonne n'en a deviné le
moca ny moy non plus. Cependant
l'Auteur de cesEnigmes m'a écrit
depuis peu de jours, que la premièreétoic
la Lettre E,&la fé-
,conde la Lettre r. Plusieurs personnes
lesont aussi deviné après
luy,devoici leurs noms. LeMouf..
i quetaire en pied favory des Muses
, MademoifelleRaparye,Mademoiselle
Patron,Leclize III Ton
! amy ,
l'Amoureux oisif des bords
! de la Marne, mon amyMendoce,
le joly Professeur du College de
Bayeux,l'aimable Jolie de la rue 4e laMonnoye, le grosAnonyme,
& l'Amant des sept Douleurs.
Pour le fecond Logogrif, il a esté
plus heureux,&: bien des personnes
deconsideration dont la
pénétration est admirable, m'onc
; fait l'honneur de m'écrire qu'il
signifioit incontestablement
, le
RegcntquineFaimeï ce qu'expriment
parfaitement toutes les
ligures dont il est composé. Le
-premier Logogrife a eu un fort
plus malheureux encore que les
Enigmes, il a elle plus indéchiffrable
qu'elles;& personne ne
m'en aenvoyé le veritable sens.
J'en appelle à son Auteur. J'ay receu
surle chapitre des Logogrifs
une Lettre du gros Anonyme,
fort bienécritej mais s'il avoit
envie de voirimprimez quelques
uns desesLogogrifes,il devoit
prendre la peine de les fairegraver.
11n'avoir pourcela qu'à s'adresser
à M. Jean-BaptifteAudry,
Profdieur del'Académie dePeintnre
,
& très habile Graveur
, Auteur très moderne d'un Livre
de Logogtifs gravez en taille
douce. Ce Livre se venda Paii9s j
chez
chez la veuve de S. Martin, au
S'ofetl d'or, sor le Pont Noftre-
DaIne, & ruë S. Jacques, vis-à.
vis les Mathurins, au Mecenas.
En voilà je penseasez de dir sur
cetarticle, pilons aux EnigineSi
EN1 G M E.
Je suis cherl de tous, un chacue,,
me revere,
EtFon forte J:loiri le dejir de
mavoir,
£hfon va planter ie ser jufquaa
Jem dea rflère)
Tour me ranger fous son pouvoir.
entretie,,., le commerce drJ'amitié
des hommes
, Bien queje eaujeaujji le defo,dr?
Crfejfroy,
Et les plus puissans Roys dans le
Siccle ou nous sommes,
Nesçauroient se saffirde moy,
DevinettJ'Û je suis esprit incomparable
j
e!!<!!dfJd vous aurez, le temps d'y
penser a loisir,
Alors vous mavouerez, un remede
admirable
Four vivrefélonfinplaifr.
AUTRE.
En batonnant ma mere Qnmefort
definfein,
Et Par un avare dessein
Sans que je fois coupable, on me
metfous la roue;
Là l'on mefaitsouffrir,Ct- je ne
fiaypourquoy,
Etsans avoir pitiéde moy , Chacun à qui mieux mieux à mes
dépens se Jciie. ]
Aprés m'il'voirr¿dujt plllfiu'OJ,
petits morceaux
On me met en plusieurs monceaux-,
On me broyé, on me tourne, on me
coupe, on m'entame,
Et ces coeurs plus cruels que le Loup
ravissant,
Encore quejefois innocent,
Apresmavoirrotiémejettent dans
la jlJme.
Bref mayant fait soufrir cent
supplices ardens,
On me déchire aLe/lesdens,
Neçachautplus comment exercer
vo/lte envie,
O ! trop ingrats mortelsfniffe^'
mon ennuy EJ^lucien.fueZjadm'afafliisger celuy,
rien fritquevous illa vie.
Ces deux Enigmes font faires
, par l'aimable Guibour de la rue
S. Honoré.
AVERTISSEMENT.
Trois raisons, dont la meilleure
ne vaut pas grand chose,
m'ont empêché de continuer
l'Histoire de l'Ambassadeur de
Perse. La première, c'est que
pendantles vingt premiers jours
de ce mois-cy, j'ay eu ma plume
ensevelie dans les glaces,& mon
imagination si morfonduë, qu'-
elle ne seroit peut-estre pas encore
degelée sans le secours du - Bal, dont je n'ay pas manque
d'estre un des plus assidus Acteurs,
& dequoy peu vous importe.
En second lieu ""y été presque
épouvanté des menaces que quelques
Dames qui ont redouté mon
indiscretion mont fait faire,
pour me dégouter du foin d'accomplir
ce grand oeuvre; mais
c'est une fausse allarme qu'elles
ont eu, & qu'elles m'ont donné.
Je leur annonce d'avance qu'eUes'--
ne se reconnoiftront dans cette
Histoire, & ne s'y seront reconnoître,
qu'autantqu'il leur plaira
d'annoncer qu'elles s'y reconnoissent.
Enfinj'ayesté bienaise.
de voir àloisir, commentle Public
la recevroit;* ill'a bien reçue.
Tant mieux pour elle & pour luy ::
son indulgence me détermine à
luy en donner lasuite.
Au reste je n'ay qu'unmot a'
dire pour me justifier d'avoir donné
le Mercure de ce mois plus -
tard qu'à l'ordinaire ,l e papier,
les Presses, &: les doigts des
Imprimeurs ont esté gelez pendanttrois
semaines.
Item, je n'ay joint à ce Mercure,
le Memoire Litteraire qui
est après ma Table, quoyqu'il
ait déja paru au commencement
de ce mois, que parce qu'il n'yen
a pas eû trois douzaines d'Exemplaires
répanduës dans le
Public.
Enfin je vous souhaite bon jour,
bon an, &: suis, mes trés -chers .--
&trés genereux Lecteurs, avec
un parfaitdevoüement &un
trés
-
profond respect, vostre
trés-humble &: trés-obéïssant
Serviteur, M ER C UR E. ':
UnebelleInconnuëm'a envoyé
un Logogrifeassez juste;c'est la
figure de Mercure telle qu'elle cft.
au commencement de ceLivre,
pe,cepitrtouslesmois.3
Nouvelles non extraites des Gazettes
deVeiije. 7
De Livourne. 13
DeRome. 17
SUltt des Nouvelles de Venist. 40
De Aielilla
,
Pille d'Afrique
,
depuit
longtems ajftrgèeparles Mores 56
Relatifndece c/uis'eftpajfé au Cairedepuis
le 17. Septembre 171 5. jusqu'au.
24. dudit mois. 70
Lettre écrite par un Curieux deRo;'en
À Paris, à A4. Gai
>
Defleur en Mt.
decine de l'Univerfiié de Boulogne3
Piece nouvelle. Si
DeParis. 93
Odesurla mort de Louis le Grand.105
VIIHdevillr. uS
¡UO"(S.1Z[ Extraits d'O-.iifons F~.-~ 141
Exté'¡;¡:!,Î de à ivretl'on' en-tx. 15 9
Difco-'.rsfu*-le n,if de ÏOp.ra
,
suivi duveivrd- Rd î£8
DDescr.pt'on Í¡()!JI Iiie d.J' Ila m ¡f;icexce
di.BddeA1lAiribdffuita>de For- 201 A7<?M~ de la Comédie, 118
Ma^uioe*. 2?4
Epith*:Limesur le A'foerhifl de ili. le
A-!trcju.s d.hl cat avec Md^e-
THO'.fl-'ede Vi:i'r;'or. 217
CSit/c:e<A>istnes. ,/ 140 <' Cii r~p. tiré'àun Coii-mr,t de S. S/•-
doinc Jpo!fi (l're dtjocf. 244
F¡',lre rI" ('()i.I! Ur d E S.t IrE(Ii(:' va-
Ci rit: pur la mort de Ai. de la Hoça
te, don ce pdr le Rtg,.nt a Ai,
i' s?ù!>ci1>d,s•. 1 50
Pprfs't -f:J R^2Si
..,
{. J C'h.ipit-e<>>£ /V;*>;£.r. S7
siz-crnjTmnt Jmguder. 260
CRITIQUE
SUR
L'EXAMEN PACIFIQUE
DE M. L'ABBE'DE FOURMONT.
SUPPLE'MENTDU MERCURE
A PARIS,
Chez D.JOLLET.&J.LAMESLE,
au bout du Pont Saint Michel,
au Livre Royal.
M D C C X V.
AVEC PRIVILEGE DUROY,
CRITIQUE
SUR
L'EXAMEN PACIFIQUE
DE M. L'ABBE'
DE FOURMONT.
SuffUmentduMerCNrede Décembre
1715.
NOUVELLES LITTERAIRES.
L y a environ six semaines
que je vois coin des au ruës la '('\ngue
Affiche d'un Livre qui a pour tItre:
Examen pacifique de la que-
Telle de Madame Dacier Ci de
M.de la Motte sur Homere
,
avec un Traitésur le Ptoeme Epi..
que ,
la Critique des deux I iades
& de plusieursautres Poëmes
; parM. FmrmontiProjefi
feur en Langue Afabioç e au College
RoyaldeFrance
.,
&Ajjoaé
de fAcadémie-Royale des lnf- criptions. - :-., J'ay demandé à un grand
nombre de gens de Lettres ce
qu'ils pensoient de cet Ouvrage
,
jen'en ay trouvé qu'un
ieul qui m'aitavoüé l'avoir 1Û
d'un bout à l'autre, je m'imaginayqu'ilalloitm'endireson
fcntlmefiF•jfôirit'cfurdut,il
merfusalaconfidence,&me
81\1 pOUf1'3if011de sois f -refus,
qu'il croitvjoîn^équè^atfhetafTe
aofficherériient^tleluy
, le
droitd'enpouvoir parler. Ilestdemon devoir d'annoncer,
les Livres nouveaux &
de rendre comptedel'accuëil
qu'ilsontreçû du public.Comment
puis-je parler de celui cy
puisquelepublic ne l'a point
encore qualifié, attendronsnous
qu'ilplaise aux gens de
Lettresdelelire & d'en parler:
non,il nefaut pas qu'il nous
échape ,
jugeons le nousmême
,l'Auteur nous en tiendra
comptede quelque maniere
que nous le fassions
, ilaura
estéparl é de son Livre. 1 T-,
Jel'ay donc lûce Livre,&
d'un bouc à l'autre. Je commençay
, comme de raison
,
par le titre ,
qui me prevint
de respect pour l'Auteur.Enfin
me disois-je à moy même
JI voicy l'Ange de paix qui
, par j
des jugements res pcstables,j
va renfermer les droits de Madame
Dacier & de M. de la
Motte dans leurs véritables
bornes, les décisions de ce
1
grand Arbitre feront des Arrests
Souverains pour l'un &
l'autre Æmule;mais sa mission
ne se borne pas à pacifier
nostre Parnasse, il va dicter des
Loixinvariablesqui guideront
àjamais les Poëtes;nous allons
voir un traité sur le Poëme
Epique donc, sans doute, tous
les preceptes feront autant
d'axiomes pour les races futures.
-
J'avoüe bonnement icy le
penchant que j'ay àmelaisser
séduireaux promesses hardies,
j'espererois peut estre en qui
me promettroit l'impossible
,
mais je reconnois enfin les
vrais & les faux Prophetes à
l'Ouvrage.
L'Ouvrage de M. Fourmont
m'a, je l'avoüe pleinement
détrompé, je m'inscrivis
en faux contre sa mission
,
&
j'ose avancer qu'il ne soustient
aucun des titres dont il s'est
décoré dans sa super be affiche.
'.11 se donne pour Examinateur
pac fique de la querelle
qui divise Madlnle Dicier & -
M. de la Motte. Il y a dans ce
pmeu de mèots bnien deesengsage.-
1
°. Pour oser juger d'office
une pareille dispute entre deux
Auteurs tels que ceux cy ,
il
fcroit bonqu'on jouit dansle
monde d'uneréputation supericure
qui sauva le reproche
d'inconsideration & quiafl-ûril
le mediateur dela rcfpcûucufe
déference desContendans
2°. Il faudroir.Ii,f;Arbi,tr.Ci
une railon ferme, à l'épreuve
des prejugez les plus impérieux
;, 3°.Il seroit à propos, qu'il
se fut familiarise avec les Ouvrages
de genie, tant de nôtre
siecle que des siecles antérieurs,
qu'il sceut les sentir,& rendre
compte de songoust en attestant
les règles immuables que
la raison feule a droit de prcC:
crireà toutes les productions
de l'efprir.
- 4°. Je voudrois qu'il soûrint
le titre de pacificateur
,
en n'employant dans sa negociation
que des parolesde paix
& de concorde.
Examinons M. Fourmont
sur ces quatre points, &
voyons s'il a bonne grace à
diriger nos Muses.
Quand on voit M. Fourmont
entre M. dela Motte&
Madame Dacier
,
les endoctrinant
comme ses disciples
,
il
n'ya personnequi ne demande
quelles sont donc les rarcy
connoissances, les hautstalens
du Pédagogue? ses amis répondent
,
qu'il a la clef des
Langues (avances, qu'il sçait
éminemment la Langue Grcque,
même l'Arabique. On infille,
a til donné des preuves de
goüss &de genie par d'excellens
Ouvrages foit d'éloquence,
soit de Poësie ? on répond
qu'il sçait éminemment la Langue
Croque
,
même l'Arabique.
Mais de grace ,
Meilleurs,
de quelleutilité peut estre icy à
M Fourmont le don des Langues;
laconnoissance des Langues
eil: necessaireà tout hom*
me qui veut traduire luyme-*
me,ou quiveut seulement jugerde
la servile conformité
d'unetraduction à son texte.-
Ilne s'agit point de cela entre
M.delaMotte&Madamd
Dacier. Que fautildonc àMi
Fourmont, pour juger la con*
trover se littéraire dont. il en
question,il faut qu'il coônoifla
la marc he dela droite raifon/
ilfautqu'il soiearmé de principes
qui se sassentresp^6hr,il
luy faut uncertain courage
qui ne sçache point plierïotfs
l'autorité contre l'évidence.
Ontrouve rarement ces.riche{
Tes dans un Scoliaste,ces
Mssieurs,ont pour la pluspart,
p4{é leur vie àapprendre des
mots & des gloses puériles ,
ilsont. ou ziousleurstravaux
à leur mémoire,& croyent
avoir libéralement pour vû aux
droits de leur jugement ,en
luy biffent pour tout exercice,
une déference respctueuse
,
une. foy constante aux opinions
des Commentateurs
leurs ayeuls, & uneadmiration
religieu se pourtous lesOuvrages
antiques ,d^.nt ils ont fait
leur propre merite.
M. Fourmonc nous dira
qu'il est une exception à la
réglé; cestà duc, qu'il est
Grammairien, sans préjudice
des avantages que sa profcflion
semble exclurre.C'est ce qu'il
insinuë parces paroles de son
Livre, vol. 1.page 34 Tousles
Scoliastesnesontpasstuptdes, Çjjr*
parmy le Peuple Commentateur il
y a des Sages& des Philosophes.
Vôtre Livre nous dira,
Monsieur
,
si vous estes dans
le cas de l'exception par vous
proposée;tout Commentateur
qui met un Ouvrage au jour,
produit son jugement, on sçait
sur le vu des picces à quoys'en
tenir sur son compte. Il y a
longtems que Madame Dacier
a fourni sespreuves
,J
& je ne sçaispourquoy vous pensez
qu'elle a besoindutémoignageque
vous rendez d'elle. Vol.
1. page31.
Ne croye% pas, dites vous.,
quecetteillustreSçavante aitfait
d'aussi belles Etudes sans philosopher
; elle connaîtaussi-bien que M. dela Motte la nouvelle Philosophie,
pour cela ellenajeu be^
foin que de lire & d'unjugement
sain;&àlégarddel'ancienne,
ses Ouvrages nous fournissent
J(S preuves qui, de ce costé-là
l'ont mise ,
, ily a longtemps
,
à
couvert de toutsoupçon, ce seroit
beaucoup si l'on en pouvait dire
autant de M. de la Motte.
entendez-vous, Monsieur,
par Philosophie Ancienne
& Moderne ? M. de la
Motte & Madame Dacier
n'ont écrit ni l une ni l'autre
sur des matières purementPhilosophiques,
comment donc
sçnvezvousqueM. de laMotte
cri PhilosopheCartesien;comment
presumez vous que Madame
Ducierestsi consommée
dans
dans l'une&dans l'autre Doctrine
; vous en jugez par les
Ouvrages de Littérature qu'ils
ont Tuile & l'autre donnez au
publie. Vous reconnoissez
donc, Monsieur, que la Philofophie
estde quelqu'usage
dans les Ouvrages de genie ;
mais en quel sens s'y faitelle
sentir
,
c'est ce que vous ne
nous direz pas, nous allons
tâcher de vous le faire entendie.
08y ,Monsieur, on reconroîtlePhilosophe
dans le bon
Orateur
,
dans l'excellent Poëte.
Les Ousiâgcs de M. de la
Motte nous apprennent, par
exemple,qu'il est Philosophe
Carthesien. Voicy à quoy nous
le remarquons. à certaine
methode qui le guide si heureusement
au vray dans toutes
les matières qu'il traite, à cette
fage circonspection qui mcfure
sa confiance ou sa retenuë
,à l'évidence ou à la simple
probabilité de ses vûës, à
cette hardiesse de jugement
que les préjugez les plus superbes
n'ébranlent point, à
cec amour vif de la verité qui
le rend si prompt à luy faire
hommage lors même que ses
Adver faires la luy presentent.
Si vous voulez encore,à cette
genereuse indifference
,
à ce
mépris constant, qu'il oppose
aux insolents procedez de ses
Adversaires.
Il me semble
,
Monsieur,
que nous nous faisons entendre,
fervcz nous de même, &
expliquez nous de grâce ,
( si
neanmoins cela se peut faire
poliment,) quelles preuves les
Ouvrages de Madame Dacier
vous fournissent qu'elle estPhilosophe
de l'ancienne Ecole ?
Mais encore un mot, s'il
vous plaist, Monsieur
,
il ne
faut, dires vous , que fçavoHT
lire &avoirlejugement sain
pour devenir Philosophe Carthesien.
Qu'entendez-vous par
jugement sain ? Vous parlez-là
d'une chose plus rare que vous
ne pensez.Ce quevous regardez
apparemment comme
un meritecommun, nous autres
Modernes nous le regardonscomme
un don trés-rare.
Qu'il me foit permis d'avanc-
er a1. rmonrour une véritéj
démontrée dans les Ecoles
Carthesiennes.
Noussoûtenons hautement
contre tous venants,qu'il ne
faut que sçavoirlire & avoir
de la mémoire pour a pprendre
les Lingues ; nousen disons
à pu présant n[ viel'ancienne
Philosophie,de ce vain
système de mots ,. de cette
Science chimencpe qui ne porte
aucune lumiere à l"c'fpnt ;
& quiestd'autant pluscultivée
& refpectée des foibles esprits,
qu'ils sont moinscapables d'en
appercevoir la misere.
Il n'en est pas à beaucoupprés
de même de l'Ecole Cart
he sienne,elle éc laire TeTprir
y elle exerce laraison
,
elle apprend
à secouër le jouginfia-î
lent des faux Sages. Maiscette
fiere Ecole n'adopre pas tous
ses Disciples, elle n'avouë &".
ne prend sur son compte que
ceux qui font venus à elle avec
un esprit lumineux, avec un
jugement courageux &disciplinable.
Revenonsà vostre Ouvrage,
Monsieur & sans nous embarrasser
si vous êtes en effet,
aussi verséque vous l'insinuez,
dans les Mysteres Philosophiques
; voyons seulement si
vous nous y semblerez connoître
la marche de la droite
raison.
Vous conviendrez, je pene
, que lorsqu'on veutenfanet
deux grosVolumes sur une
Controver (è Litteraire, il faut
l'abord se mettre au fait de
;C[tc Controverse
,
avoir luavec
attention les Ecritscontradictoires
, & poser seulenent
ensuite le veritable état
de laquestion sur laquelle on
veutprononcer. Or , je vous
avertis
,
Monsieur
, que vous
avez grossierement manqué a-,,
ce premier devoir. Ecoutezvousvous-
mêmeVol. 1. pag,
34.
Je veux bien croire que MadameDacier
aporté sonadmiration
pour Homtre trop loin; hé
bien ,il en fautrabattre quelque
ebofeymats ne trouver rien de
htan dans un Aitèur aqui elle a
crûdevoirdonnerdesélogessiex- 0 ff/, ne feroit ce pas une autre
extrémité? comment une Dame
d'une science aussiétenduë
,
d'un
goûtaufji exquis,aura-t elleloisé
etune maniere t1.!l,ffi outrée,cequi
est absolument cjr sans restriciton
miserable?on nelepeut concevoir.
Ily a là quelque si-cret quenotre
curiositéveut naturellement penetrer.
Si lesécrits
-
de M. dc. la
Motte
Motte n'estoient pas aussi
connus qu'ils le sont des gens
de Lettres ,vous feriez penser
icy, que le Critique n'auroit
rien trouvé de loüable dans
Homere, qu'il auroit soûtenu, (pourme servir de vos termes)
que le Poëte Grec est absolument
(7 sans restriction miftrable.
est-il possible, Monsieur
, que vous n'ayez pas
senti en lisant M. dela Motte,
que saCritique faitinfiniment
plusd'honneur à Homere,que
toutes vos Apologies,estil
possible que vous n'ayez rien
entendu des loüanges magnifiques
qu'il prodigue au Pere
des Poëtes. Il vient une gentration
voüée au rt gne de larai^
son
,
qui pesera danslamême
balance les Ecrits anciens, &
ceux de nôtreâge;elle ne sera
pas la dupe desCommentateurs
,
mais je crains que les
Eloges excessifs que M de la
Motte a donnez à Homere,
peut-estre un peu par indulgence
pour les Scoltastes, ne
la rendent trop timide à prononcer
sur cevieil Ouvrage au ; gré de l'exacte justice.
Voulezvous donc Monsieur,
que je vous donne la clef ,J
dusecret que njojbre curiositéveut
naturellement pénétrer, lisez la
Preface de M. de la Motte, &
ses réponses à MadameDacier.
Il me fcmblc que vous vous
~tiez
, par vôtre supposicion
,
ouvert une carriere bien facile.
Il n'est pas malheureux d'avoir
rcpr mer deux Adver saires
luc la passion a jetté dans les
icux excèscontrairesil yavoit
entre les deuxextrêmes de vos
Disciples, un vaste espace où
vous pouviez mettre vos deux
Volumes àl'aise; jesuisétonné
quevous n'ayez pas fçû. profiter
de cet avantage. Madame
Daciera ,dites-vous,porté trop
loin son admiration pourHomere,
çy9 il en fautrabattre quelque
(hof. Mais qu'en rabattezvous,
de grace ,
Monsieur
,
vous encherissez sur son excès
même. Vous êtes beaucoup
plus intraitable, vous ne vous
contentez pas d'excuser,vous
loüez
, vous adorez tout, jufqu'aux
bevuës les plus énotinexcusables
deM.de
la Motte avoit cité les Harangues
familières que les Heros
y adressent à leurs Chevaux, je
ne croyois pas qu'il y eût aujourd'huy
un fcul homme,
dont le zele, pour Homere,
put aller jusqu'à rompre une
lance en faveur de ces Harangues;
M. Fourmont les prend
sous sa protection Il est
vray qu'il n'adopte pas la Traduction
de Madame Dacier à
cet égard
,
maisil n'a pas plûtosttraduitluymême
cestraits
manquez par elle
,
qu'ils deviennent
admirables En
voicyla preuve ,Vol. 2. page
1?8,
Madame Dicier
,
dit il,ria
pas étédfji% circonspecte dans le
discours d'Antiloque à ses CheptwK
tilnedit rien de jemkUJUe,
ou plutôt ille dit d'une miniere
qui ne blesse point. Voicy
donc comme je le traduis.
: ~<wc~
,
dit Antiloque
parlant à les Chevaux,alvance%,
allons, qu'ons'étende,jene
Amande pas de passer les Chevaux
de Diomede: Minettefit
Protectrice augmente sans doute
leur vîtesset &luy donne aujourd'hui
toute la gloire;allons,qu'
on atteigne au moinsaujourd'hui
les Ch vaux de ~Monelas. Vîte,
qu'on n'ait point la honte de voir
pajSerparJxLtba une Cavale, des
Çbruâux dg¡< vigoureux que
ïrtfts ,je lejure,£r cela arrivera
'finous n'avons que ledernier
Prix; il n'y aura plus à manger
pourVQHS cht% le Roy Nestor, il
"vousforcera deson épée. Allons
dtmv ypiivc^,avancez : mais
unepesée qui me vient,ilfaut
que je détourne par le chemin
~?M/\, & il (le but ) ne me
fêta plus caché.
C'est dommage que M.
Fourmoritn'ait pas traduit
toute l'iliade
,
combien d'af-.
fronts il eût sauvéà Homère ?
voyez ce que devient, dans sa
Traduêt.oD'jUOC des plus grandes
sottises du PoereGrec;
M. Fourmont est luy-mcme
surpris du prodige Tout
hornme) dit-il
quisçait ce que
c(j7 qu'une Poesïeanimée
, apspieurçatoist
idioceynAfsentiilorq,uereenpvrieng-t ,
aufpo«
nant courage , avançant, arrêtef
continuant, en fureur
,
iavifant
d'une ruse ; en un mot, le Vers
marche comme le Char, & c'ejl
une peinture admirable:mais d'où
vientque M. de la Motte est in*>
sensible à ces beautez qu'il s'ex.
plique de nouveau là dessus. Vol.
2. page 178.
Vous ne faires pas attention,
Monsieur,que M. de la
Motte ne connoissoit la Harangue
cTAnuloque,cjue par la
Traduction de Madame Da-
-
cier ;s'il avoirvu lavostre
,
il
eût crié aussi haut que vous , ah lamerveille! que cette con- sileration vous fasse excuser
aussi sa remarque contre le
Cheval, parlant d'Achile
Vous dites page178.Al'égard
du Cheval d'Abile qui parle,&
prophetisemême au dix neuviéme
Livrede l'Iliade. L'endroit cft
charmant& bien menagé.
A la véritéM.dela Morte
a un peu manqué derespe£fc
pour leProphête; mais peutestreaussi
Madame Dacier
avoit t-elle manqué son caractere
dans sa traduction.
Vous ne le manqueriez seurement
pas, si vous vouliez luy
prêter vostre plume. C'estce
que nous attendons, pour rétia&
er nos sensures.
Vous nous dilîez tantost,
Monsieur, qu'il y avoir quelquechose
à rabattre des Eloges
excessifsque Madame Dacieravoir
donnez à Homere ,
mais dans les détails de voftrc
examen ,
je vous vois de moitié
de tous ses jugemens Je
vousenloüe,au rcftcvousnc
sçauriez mieux faire que de
prendre l'ordre d'elle,lorsqu'il
vous prendra envie de prononcer
sur quelque matiere que
cesoit;mais enfin,iln'étoit
pas necessaire de faire deux
gros volumes,sivous n'aviez
rien de nouveau a nous apprendre.
Et d'ailleursen vous mettant
de moitié des jugements
deMadame Dacier surl'Iliade,
ilfalloit aumoins, pour soûtenir
le carj£bre de Pacificateur
, desavoüer le procedé
injurieux de cette Savante
envers sonadversaire.
M. Fourmont,vol. 2. page
xo8. après avoir justifié de son
mieux les excés injurieux de
Madame Dacier ,remarque
que M. de la M-ouc) loin de
répondre à tant d'injures, s'est
contenté de les rassembler confusément
dans un Chapitre
exprés de sa réponse pour en
faire honte à son ad ver saire.
Cetteconduite de M. de la
Motte,fait naîtreau pacificateur
deux réflexions
,
dont il
estjustequeje luyfasse honneur.
Premiere reflexion Selon
M. de la l'vlûtteJ les injures partent
d'une pajjton qui rientend
pointsesvéritables interests,&il
a crû sans doute entendre lesjÙnsl
en nous lesmettantsouslesyeux;
suite decontradictions dans M.
de la Morte. Si Madame Dacier
va elle-même contre ses inierêuJ
pourquoy s'en plaindre?il devois
s'enrejouir. _,':
- Seconde reflexion & digne
delapremiere. Les injures ne
toûchent-elle$ordinairement
que des esprits mal faits & peu
instruits ; mais si cela est, M.
delaMotce avec sa liste,regarde
par ava* nc-e sesLecteurscomme
ignorans & mauvais Juges,
&ce n'étoit pas un bon moyen
de les prévenir en sa faveur.
Aprés avoir lû ces deux
reflexions, peut-ondisconvenir
que M. Fourmont n'ait
bonne grace à soûtenir que
tous les Scoliastes ne sont pas
stupides.
Mais faisons encore honneur
àM. Fourmont du jugement
qu'il porte de M. dela
Motte ,vol. 2. page 313. , M. de la Moue3dans les Sieclesfuturs
,
tiendra par rapport à
Racine & Despreaux
,
le rang
qu'Appollonius de Rhfdes tient,
cbe7, les Grecs par rapport à Howw.
Sonfiyle~2~anfbhr
gu yfcabrcHx ypkin ethipczhates;
il cflaffilé,il Q^ribeçteyj^pcdc
WQis,Mmanque d?\n&i,tic(cé.{£?4ç
st)1.Ct1. -
Ce n'est point la un-ittge,
mentnoncônfcqjçnce
,M*fourmo^tpiir
tenditpar des Critir
ques qui démontrentque M.
de la Motte en imposéàtpuc
son Siecle. Examinonsquelquqvu^
esdccesCritiques, &
rendons nostre cftuw , si
l'on nous prouve queM. de
la Motte*la furbnfe. Xw*1 :''
Critiquescontre laprose de M. de la
Motte. Vol. 1. pag.322.
Jeprie M. de la Motteàprefent
Jugedu beaulangage
,
devouloir
bienm'éclaircirsur quelquesphrasesquevoicy.
1°. Eptt,dedic.fujlifer mon dudace.
M. de la Mottene devoit-il
pas dire
,
hardiejf?,ilparoîtplus
respectueux,ilsemble qu'ilféroit
aussi-bien.
2°. C'est un usage immemorial.
Cela est-ilFrançois pourdire, d'un
tans immémorial.
3°.Onj'attendàtrouver. Nediroit-
on pasmieux, on s'attend de
trouver> on dit,ils'attendacela}
mais dit-on également, il lAttend
à fairecela.
4°. Dit-onbien, un objetimportant
tant delavanité, est-cequ'un objet
de vanité, ouun objet vain, petit
.efire-important.
Critique des Vers de M. de la
Motte. Vol. 2.page313.
Iliade Françoise,livre 8.combat
entre Sarpedon,filsdeJupiter,
&Patrocle,amyd'Achile.
La Victoire autour d'eux , vole
d'une aîle agile,
Du fis de Jupiter,passe à l'ami
aAchile,,
Et presqu'en même instant, plus
prompte que Péclair,
Va de l'ami d'Achileaufis deJupiter.
Sarpedon plie enfin de son peril
extrême,
Jupiterdans les cieux tremble à*
fremit luy même:
^uoy , monfils ,de la mort tusubirois
les Loix?
Sur ceux que fay fait naistre d.
t'elle encor des droits?
Songez, ,
luy dit funon
, que le
Ciel von* contemple;
Ne donnezpointauxDieux ceddfJe
gereux exemple;
Laissez.
,
laissez, mourir ceux qui
font ;,.eZniortels ;
Le tombeau leur tfl dtt) comme à
nous les Autels.
Ma douleur,répond-il, doit assez
"JOUS le dirt;
Monfils nest point sauvé
,
puisque
mon coeursospire.
Fsilave du f/lill) fensubis la
Ildit: riçac.ir. Sarpedontombe,&Patrocle
t'j/'L''¡¡;,7/,'/,('Il;'. Ecoutons ic Critique. Il ya là
de la contradiction
,
mauvaise
traduction,idées contraires à cet.
les des anciens tems , en un mot
des fautes sans nombre. Vol. 2.
ptttt 313.
Iliade Françoise, livre 9' Les
Troyens assemblentun Con-
•
seilaprésune Bataille perdue.
Les Trqyensal/armeZ assemblent
un Conseil;
ue«johfciis devenirau retourdu
-'-" L,"' soleil;,
VAudace des plusfiers paroitdécouragée
>
rAc'h,ile s'estfait voiri leur fortune est changée.
"Enfin Polidamas, le plus sage
d'entr'eux,
Luy )pOlir qui l'avenir n'a rien de
tenetrelix
A qui dans les Conseilsaucun ne le
tJijjntt) ::"
JVui concerte un projet,commeHe- torl'execute,
Aussiprudentalors,qu'illeparut
toûjours,
Aux Troyens consternez adresse ce
di[cours*
Ecoutons M. Fourmont. M. de
la Mottenesent-ilpas: 1°. Jguece
rers, quiconcerteunprojet comme
Hcétorrcxecute^eflunVers badin?
2°. £)jtil ote en même tems à Poli.
damas la valeur, & à Hector la
prudence:
Onnedouteranullementaprès
avoir lû ici ces finesCritiques,que
M. Fourmont n'ait donné dans
son Livre des preceptes rares sur
le Poëme Epique, & qu'il n'ait
porté des jugemenssinguliers de
nos Poëtes François. Nerecusez
as son jugementMessieurs les
octessil connoît parfaitement
~ôtre Arc, &j'oserais presque asseurer
qu'il a fait beaucoup d'excellens
Vers qu'il dissimule par
modestie
, &: pourquoy crainrois-
je de vous asseurer ce fait?
appliquez
,
Messieurs,appliquez
sur ma parole à M. Fourmontle
témoignage qu'il rend en faveur
e Madame Dacier. p. 31. vol. 1.
Madame Dacier ne nousapoint
onné de Poësies; mais 10. cfRJi.
:ait si elle n'en a pasfait autant
que M. de la Motte? ily a dans le
MondeplusieursPersonnes quifont
les Vers, jedis qui en font W'ex,..
ellens, & qui ne lesdonnent pas
au Public.
Je ne crois, pas que Madame
Dacieraitjamaispensé à faire des
Vers François, des travauxplus
utiles luyen ontôtéle loisirmais
si neanmoinselle en avoit fait
quelques-uns, je ne crois pas qu'
elle dût les rendre publiques.
J'en juge par la maniere dont elle
a recemment critiqué ceux de
M. de la Motte ;
Madame Dacier
n'a pas besoin de ce talent. Elle
s'est frayée uneautre route; elle
aatteintlaplus haute réputation
dansson genre Et c'estlesentiment
que j'ay de cette haute réputation,
qui fauve mon conseil
du reproche d'impolitesse.
1 Jemegarderay bien de donner
le même conseil à M. Fourmonr,
je voudrois pouvoir hâter l'impressionde
ses Vers,il ne sçauroit
perd re en les produisant, 94
le Publicn'y peut que gagner de
l'amusement
, car je m'asseure
qu'ils ferontneufs & singuliers.
Messieurs les Journalistes donneront
apparemment un Extrait
étendu de ce nouveau Livre,j'en
parle ici legerement
ilmeconvient. Jen'ai,p&luscoqmum'une
motà dire,c'est au nom deMonsieurl'Abbé
de Pons,qui m'a prié
de faire ici ses protestations
> contre l'applicationmaligne que M. Fourmonta osé faire à Madame
Dacier,des parolessuivantes.
Neprenez, point l'ordre de cesstupides
èrudits,cfui ontprétéserment
defidélitéàHomere, de ces Scoliastes
fanatiques.
Extrait d'une Lettre de M.
l'Abbé de Pons écrite immediatement
aprèsque M. de la Motte
eut mis au jour l'IliadeFrançoise.
Il y a lieu desoupçonner que
M. Fourmont s'étant reconnu
dans ce Portrait,il a cherché à se
consoler
, en pensant que MadameDacier
en avoit été le modele.
Quoiqu'il en soit, M.l'Abbé de
Pons proteste, que lorsqu'il fit la
Lettre en question
,
il n'eûtjamais
la pensée d'appliquer la double
épithete, destupidesérudits à Madame Dacier
,
pasmême à
M.Fourmont.Il conna¥oit,dir¡i!,
plusieurs Ouvragesestimables de
Madame Dacier, qui la mettoient
fort à couvert du reproche destupidite,
&il n'avoit encore vû aucuns
Ouvrages de M. Fourmont ,
qui lui declarassent son érudition.
A PARIS,
M.DCCXVI
dvecPnviLge duRoy.
M ERCUREG
AL AN T. •
Par le Sieur Le Fevre.
Mois
de Jantter
1 7 1
6.
Le prix est 30. sols relié en veau, Zc
25. sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, Se J. LAMESLE,
au bout du Pont Saint Michel,
du côté du Marché-Neuf,
au Livre Royal.
^4%<cu4probatiort,&PrivilègeduR@i
MERCURE
NOUVEAU
DEDIE
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR
LE DUC DE CHARTRES.
* Grace au Ciel mon borheur
passe mon esperance.
Electeur que tout le
monde connoist en
France, de même qu'-
autrefois l'Univers connoissoit
* Parodie d'Andromaque de Racine.
les Empereurs Romains
,
&
les designoit en les nommant
simplement Cesars
, a commencé
cette année,ainsi qu'il
a commencé toutes celles de
sa vie
,
depuis qu'il regne en
Baviere. Ce Prince a jetté les -
yeux sur tous les sujets qu'il
honore de ses graces & de ses
pensions;Mercure
pen sions;Mercures'seesstttrouvé
enrollé dans la revûe qu'il
enafaite,& aprés avoir, à son
ordinaire, prodigué ses largesses
à tous ceux qui ontl'avantage
de jouir de sa prefence,
il ce achargé M. le Comte
,
-a c liarg d'Albert son Grand Ecuyer,
& Protecteur dudit Mercure,
du soin de luy annoncer qu'il
luy continuoit avec joyc la
pensionqu'il luy a accordée
l'annéepassée, & en même
temps écrit à M. le Comte de
Monasterole, son Envoyé Extraordinaire
en cette Cour, de
la luy faire payer ex:£bmenr ;
ce que M. de Monastzrole
qui sçait parfaitement avec
quelle grace son Maistre ajoûte
à chaque instant, à
toutes les actions de sa vié)
une action genereuse, a fait
à l'égard de Mercure presque
de la même maniere que S.
A. E. l'eût fait elle-même.
Avant de quitter un article
si glorieux & si utile à Mercure,
illuy convient de vous
dire qu'on luy a écrit de Venise
du 2. 8. du mois passé, que les
équipages du Prince Electoral
de Baviere y sontarrivezaussibien
que Son Altesse, & que
les quatre Nobles qui ont esté
nommez pour servir &accompagner
ce Prince pendant son
séjour à Venise, sont Mrs
Cornaro,Pizaro, Pizani, &
Ep izzo.
Voicy le reste des Nouvelles
qu'il a reçû des affaires de cette
, Republique. Ilpriele Lecteur
de les recevoir à son tour,
ainsi que ses autres nouvelles,
non comme des Extraits de
Gazette; mais comme des nouvellestréscurieuses,&
quiluy
ont esté directement écrites
des lieux dont il par le.
AVenise le14.Decembre 1715.
M. Grimani continuë de
refuserl'employ de Capitaine
General Il a presenté un Memoire
sur ce sujet qui doit être
porté dans trois Conseils differens
c'est à dire dans celuy
des Conseillers du Doge, &
des trois Chefs de la Quaranrie,
dans celuy du College entier
, & enfin dans le Pregadi.
Ses excuses ont déjaété agrées
dans le premier de ces Conseils,
Les sentiments ont été
mi partis dans le deuxième
,
quoyque l'affaire y ait été mise
deux fois en délibération.
Quelque resolution que l'on y
prenne ,
il paroît continuer
dans celle de se faire Ecclesiastique
plûtôtque d'être forcéà
accepter cet employ
,
qu'il n'y
a point d'exemple que l'on ait
jamaisrefusé mais c'est que
les affaires de la Republique
étoient dans une situation bien
differente de celles où elle se
trouve presentement.
M. Delphin n'a point écrit
à ses Maîtres cette semaine
,
mais M. Pisani, General des
Isles, a mandé que ce Capitaine
General estoit parti le
dix huit OctobredeGlimino
avec sa Flotte pour aller vers
les Isles de l'Archipel, dans la
vûë apparemment de tirer des
contributions de celles qui
sont sans dtffenfe
,
& de tâcher
de tirer quelque avantage
sur les Turcs, Mt trouve leur
Flotte separée,ainsi qu'il en
avoit receu quelques avis.
Quoyqu'il en soit,onluy reprochoitde
ce que lorsqu'elle
étoit unie, il n'entreprenoit
rien sur cette Flotte, & presentement
qu'elle est separée,
on craint qu'il ne luy arrive
quelque malheur.
Toutes les Garnisons qui
étoient dans les Places prises
par Capitulation par les Turcs
font arrivées au Zante & à
Cor fou, conistaant à 12. ou
1500. hommes environ. Elles
yontestétransportéessur des
Bâtiments François.
On dit à cette occasion que
les Turcs n'ont point pris
Parga; qu'ils avoient tenré de
le surprendre, mais que lesHabicants
s'estant de ffendus vigoureusement
, ils s'estoient
retirez de devantcepetit lieu.
Il arriva cyil y a quelques
jours deux Vaisseaux de la Flotte
qui avoient esté nolisezde
quelques Marchands &armez
en Guerre par la Republique
qui ne s'en servira plus. Il cft
aussiarrivé avant hier un autre
Vaisseau de Guerre nommé
la Liguesacrée ; il doit ctre
desarmé
, n'estant plus propre
pour naviger.
On attend icy incessamment
M. le Comte de Schirlembourg
qui est en contuma.
ce au Lazaret de Verone. On
la luy fera achever dans une
Ifl; des Langunes qui luy a été preparee.
L'on a fait deux Trairez
pour la levée de
1 500. hommes
,l'un avec le Comte Nostitz,
Lieutenant General, que
la Republique prend à son fervice
, pour un Regiment de
1000. Polonnois; & l'autre
avec M. de la Motte, au nom
duComte d'Enoff, pour 500.
de recruës du même Pays, On
-
ne fait p-ss cependant grand
fond surl'arrivée de ces Troupes,
qu'il sera difficile de conduire
icy.
ALivourne le7.Décembre171j.
M. le Duc de Masse est
mort il y a trois jours d'une
pleuresie, àune de Ces maisons
decampagne,prés de Pise, où
il a été embaumé & conduit
de-là à Masse pour y être inhumé
dans le Tombeau de ses
Ancerres. Le Prince son frere
cadet marié depuis sept à huit
mois, succede à tous ses biens.
Le Roy de Portugal a écrit
au Grand Duc& luy a donné
la qualitéd'Altesse Royale que
luy & le feu Roy son pcrc luy
avoient contestéejusques à ce
jour: cette Majesté doit venir
par terreenItalie, sur un voeu
qu'elle a fait dans sa maladie,
de vificcr, en cas de guérison,
Nostre Dame de Lorette; &
elle a, dit on,resolu de passer
quelque temps à Florence.
Cette Ville a veu, pendant le
Regne de ce Grand Duc, un
autre Roy voyageur,& a été
visitée par un grand nombre
de Princes. Le Nonce du Pape
qui est à Lisbonne
,
doit accompagner
dans le voyage le
Roy de Portugal.
Le Gland Ducayantassemblé
les Notables de (es Etats
pour aviser aux moyens de le.
ver 400. mille écusFlorentins
qui en font 500.mille de France
, qu'il disoit avoir emprunté
pour subvenir aux derniers
subsides qu'il a fourni à l'Empereur,
ou luyêtre necessaires
pour d'autresremboursemens;
ces Notables ont, après plusieurs
mois d'union
,
resolu
d'emprunter32.0, mille écus,
pour seureté du fond desquels
& desinterets à cinq pour
cent, ils ont été d'accord qu'il
fera imposé par chaque livre
du mauvais sel qui se vend
dans cet Etat à prés de quatre
fols', & chaque pain blanc de
trois onces, un liard
, ce qui
produira prés de 50.milleécus
, chaque année: on dit que le
Grand Duc qui s'est bien trouvé
du voyage qu'il fit l'hyver
dernier à Pife
,
lieu auquel les
Grands Ducs,àcause de la douceur
del'air,avoient accoûtumez
de les venir passer, s'y rendra
dans le mois prochain. Le
sieurdelVigna quiaété longtemps
temps en Hollande en qualité
de Marchand, a esté nommé
àl'importance Charge de Provediteur
de cette Doüane,
qu'on peut comparer à celle
d'unIntendanc de nôtreFrance.
A Rome le 2. Decembre 171
Puisque vous voulez bien
excuser la sécheresse des Nouvelles
deces quartiers,je continuë
de vous en écrire, & voicy
ce que nous en avons cet
ordinaire.
Dimanchedernierl'Ambassadeur
de l'Empereur sitchanter
une Messesolemnelle dans
JIEgllCe delAnima,,
en l'honneur
de S.Chartes, donc Ilai.
pereur porte le nom. Ce Minithe
y assista en ceremonie.
Il y eût ce jour-là une nombreu
se fuite de Prelats & de
Seigneurs, & M. le Vicegerentcélébra
la Mesle. L'Ambassadeur
donnaensuiteun superbe
repas à toutsoncortege
&aux Ministres des Couronnes.
Un Prince PalcrnÜtan) de
la Maison Fornari
,
se trouva
àce repas.Il avoir place à table
immédiatement après les
Ambassadeurs. On dit qu'il se
plaint fort du Gouvernement
prcfent de Sicile,& que les sujets
de mécontentement qu'il
en a font le motifde sa retraite
en cette Cour.
M. Massei, Echanson de
Sa Sainteté
,
lequel a porte la
calotc au Cardinal de Bissy, est
de retour en cette Ville, où il
fait voir le beau diamant donc
cette Eminence luya fait prefent.
< "',.,
Le Pere Salerne
,
Jesuite,
qui suivit M. le Cardinal Albani
dans sa Nonciatured'Allemagne
,sera, dit- on, envoïé
incessamment à la Cour de Pologne,
de la part de Sa Sainteté
j pour donner ladernière
main à l'ouvrage de la conversion
à la Religion Catholir>
que du Prince Electoral de
Saxe.-
M. Orlandi, Porte Croix
& Maistre de Ceremonie du
Pape, mourut ces jours passez
Sa Sainteté a donné au neveu
du deffunt le Canonicat de
Sainte Marie en Trastevere,
donc
,
il estoie |xiu?vû.
Lundy après midy le Pape
revint de Castel Gandolseen
bonne santé. Une grande partie
du Sacré Cotkgç sur audevant
de luyà S Jean de Latran
Il y avoir au111 beaucoup
de Noblesse. Les Gardes à cheval
& les Cuirassiers setrouverent
là, & le conduisirent au
Palais Quirinal. Dimanche
dernier l'Ambassadeur de
l'Empereur revenant de l'Eglirc
del'Anima avec tout sois
cortege, un Cocher du Cardinal
Astallieût l'imprudence de
traver feravec soncarrosse la
file de ceux de ce Ministre; &
quoique le Maistre de Chambre
dece Cardinal, qui setrouveabsent,
en ait fait desexcufies,
que même ilait congédié
leCocher,on assûre neanmoins
que l'Ambassadeurn'est point.
encore satisfait.
On a sçû que M. Imperiali
qui est allé à Genes pour ses
affairesparticulières, courant
la poste de Montcfiascone,est
tombé dans un grand précipice
de cette Montagne, les
chcvaux ayant pris le mord
aux dents. Le Prélat par un
bonheur singulier n'a eu aucun,
mal, quoyque sa Calèche ait
esté fracassée, mais le Postillon
a esté tué avec un de ses chevaux.
Lesieur Vicentini, neveu
de M. le Nonce quiest à Naples,
mourut Lundy de sivre
maligne, dans la vingt quatriéme
année de somâge.Ilestoit
l Gentilhomme de l'Ambassadeur
de l'Empereur Ce Mit.
nistre Juy. a fait faire des obséques
à XAraCoe]ï^ & a vou- luquetoussesGentilshommes
assistassent à la grande Messe
a: quiaestécelebréepour lerepos
de l'ame du dessunt leur Confrere.
.* Sa Sainteté toujours attentive
au soulagement de ses
Peuples,a fait lever pour 4.
mois le droit d'entrée sur les
Huiles,dont la disetteest grande
à Rome:cela va à six Jules
pour chaque baril On espere
par-là d'engager les Marchands
à en apporter en abondance.
Le premier Dimanche de
l'Avent il y eut, selon la coutume,
Chapelle au Vatican;
& Mercredy Prédication à
Monté Cavallo Le Pape n'a
point assisté ni à l'une ni à
l'autre de ces fonctions. Sa
Sainteté efl; toûjours incommodée
de son rhume & un peu
affoiblie;Elleménage beaucoup,
& continue de garder
la chambre. Le
Le CardinalTanara est arrivé
en cette Ville. Il a quitté
la Légation d'Urbin; ilyavoit
douze ans qu'il la gouvernoir.
M. Rocta
,
Gouverneur de
Viterbe, ayantrefusé d'obeic
à certains ordres de la Con.
sulte, a esté appellé icy adcorrectionem.
La Ceremonie Baptismale
de la fille aînée duDuc deFiano
fc fie la semaine passée beaucoup avec de magnificence: il
s'y trouva douzeCardinaux.Le
Cardinal Aquaviva qui baptisa
l'enfant luy fit present de la
Croix qu'il avoic au col; le
CardinalOttobon luy donna
aussi un fleuron de diamants
de la valeur de plus de mille
ccus.
M. Cibo estparti en poste
pour se rendre à Srenne&s>a..
boucher avec son frere lecadet
,qui par la mort du Duc de
Massa succedeà ceDuché.
C'est pour regler entré eux le
partage des biens que leur Maison
possede. ,;M..DJ asteaeuavis quetrois
'dalles decet Etat, après une
surirusét-bout-asque
,
se trou-
VDientà Meflînc,6runc autre
'JfBàyn proche Naples.
Le Gouverneur de Rome
desirant d'estre éclairci sur certaines
particularitez
,
donna
ordre de mettre en prison le
Doyen de Monsignore Conci,
Evêquede Terracine,frere du
Cardinal Conti; mais cette
Eminence ayant pris vivement
la chose, empêcha que ce Dçw
mestique entrâtenprison,il
fut feulement détenu par les
Archers dans une boutique
l'espace de six heures, pour y
attendre les ordres du Palais,
qui furent que ce Doyen seroit
relâché; cependant ce
Cardinal n'ayant pû recevoir
satisfaction du Gouverneur
qui allegue pour raison que les
Archers ont pris la fuite, a eu
recours à l'Ambassadeur de
Portugal qui aussitost envoya
faire de fortes plaintes ,regardant
cela comme une injure
faire à la personnedeson Roy
en celle de Protecteur de ses
Royaumes. On prétend qu'ila
cesté répondu qu'on donneroit
toute forte de satisfactions
convenables.
»La jeune Marquise Macarani,
Dame fort spirituelle,
ayant eu quelque différent avec
le Marquis, son mary, sans dire
mot à personne, s'en fut toute
seule un de ces jours de sa maison
,
& alla trouver le Perc
Dicz, Religieuxdel'Ordrede
Cîteaux, homme fort exemplaire.
CePere n'ayant pu engager
la Dame à retourner
avec son mary , & la voyant
resoluë de s'arrêter chez luyJ
fut en informer le Gouverneur,
qui ayant envoyéappel-
1er le mary ,
fitsi bien qu'illes
reconcilia enfèniblc,& s'estanc
luymême transporté chez le
Religieux, qui demeure dans
une maison paruculiere, l'Ordre
de Cîteaux n'ayant point
deconvent encette Ville, fie
raourner la Dameàson logis.
Dom Charles Albani & son
Epouse revinrent Vendredy
de la semaine passée en cette
Ville. On dit qu'ils ont estéà
Milanincognito voir le Comte
Charles Bo,,)rromée,frerede la
femme.
Le frere du Comte Julien,
Agent des Cantons Catholio
cjues en cette Ville, ayant perdu
le respect à Monsignore
Mollara, Commissaire des Armes
,
n'a eu que trois jours
pour se retirer de tout l'Etat
Ecckfuftique.
Suite des Nouvelles de Rome.
.Dimanche, jour de l'Anniversaitedu
Couronnementdu
Pape
,
il y eut, selon la coûtume,
Chapelle à Montecavallo;
mais Sa Sainteté n'y assista
point.Elle évitetoûjours,autant
qu'elle peut, lesfonctions
pour tâcherderétablir parfai- tement,sasanté.
LflAn'ibd(Tadeur de l'Empereurayantenvoyé
dire au CardinalOttobon
qu'il souhaitoit
de leivi&er pôurle^congfata*
ler sur l'heurc^fxfi^ccoiichcment
de la Duchesse de Fiano son Eminence , ne put recevoir
sa visite, se trouvant alors sur
le point de sortir pour aller
dîner chez le Duc de Fiano;
mais ce Cardinal envoya faire
ses excuses à l'Ambassadeur,
qui pour comble d'honnêteté
expediaà l'instant son Maître
de Chambre pour aller faire
ce com pliment de sa part dans
la maison du Duc de Fiano, où
son Eminence le reçut ; & en
forçant le Maistre de Chambre
laitTalla aleune bonne quantité
d'écus. d'orpour,étrenes
aux Domestiques,
L'Abbé Perlas, frcre duSecrétairedes
Dépêches de l'Empereur,
ca arrivé de Vienne
en cette Cour. Sa Majesté Impériale
l'a nommé à l'ArchevêchédeBrindesi,
situédansle
Royaume de Naples. Le Cardinal
Albani luy a fait préparer
un Appartement dans le
Convent deS. Romuald.
Sous le Pontificat d'Innocent
XII. le Cardinal Corsini
estantalors Thresorier
,
fut
obligé à payer à la Chambre
37. mille écus qu'il avoitavan- cé,avecpeutropdeconfiancé,
à uncercain Zinaghi,
alors Minière des Galeres de
cet Etat, qui manqua & quitta
Rome. Aujourd'huy le Pape,
à l'instance de ce Cardinal
, a
destiné une Congrégation de
dix Prelats pour reconnoistre
si son Eminence pouvoir avoir
l'appel au Tribunal de laRote,
de la Sentence qu'il remporta;
ce qui a elle resolu par ladite
Congrégation en faveur de ce
Cardinal:Qarlque^ Sbitres
ayant eu la h&rdicfled-e passer
derriere le Palaisdel'Ambassadeur
de Portugal
,
furent
surprispatles Dorrief)ieJues<tfc
son Excellence&charge»i
coups de bâtons jusques fous
la grande porte du Palais du
Cardinal Imperiali
,
où ils se
fauverenr.
Pareillement les Gardes du
Palais d'Espagne poursuivirent
l'autre jour, les armes à la
main, plusieurs Sbirrcs qui
passoient dans la Place ;mais la
nuit suivante
, par ordre du
Gouverneur, une quantité de
Sbirrcs se posterent devantce
Palais,apparemment parvenu
geance de ce qui estoit arrivé
le même jour: néanmoins les
Gardes n'ayant point paru
cela n'a enaucune fuite ifâ*
cheuse.
On a publié & affiché rrois
nouveaux& tres longs Monitoires
touchant les affaires de
Sicile; l'on voit par ces nouvelles
censures que l'aigreur &
!animo&é augmentent toûjours.
DernièrementrArobafladeur
de l'Empereur retint à
dîner deux Comtes de Zinzindorf&
unautrede laMaison
Tunghen. Le dîner fini, son
Excellence se retira & leslaissa
en liberté. Il arriva qu'en difcourant
ils eurent du différent
cnrr'eux & se donnèrent un
déli. Aussi tôt aprèsilsmonterent
en carrosse pour aller se
battre hors de Rome. L'Ambasladeuren
ayantestéaverti,
fc transporta sur le lieu; &
après leur avoit fait faire la
paix. les ramena au logis.
On prétend que l'Evècbe
de Cuta di Castello est destiné
à M. Canzacchi.
Le pere de M. Passionci est
fort mécontent de ce que l'on
n'a donné à son fils que la
Charge d'Inquisiteur de Malthe.
Il se recrie fortement làdessus
,
disant qu'après avoir
dépensé plus de 2. 5. milleécus
pour le faire briller aux Congrez
de la Paix d'Urrech & de
Bade, illuy est bien sensiblè
de le voir si mal recompense.
M.le Gouverneur de Rome
envoya au Cardinal Conti &
à M.l'Evêque deTerracinaun
Gentilhomme pour leur faire
quelque force d'exeuse sur
l'emprisonnement du Decan
donc on a parlé dans les avis
precedents; mais ce Gentilhomme
n'a esté rcceu ni du
Cardinal, ni du Prelat.
L'AbbéScarlarti, Ministre
du Duc de Bavière en cette
Cour,fut dernièrement trouver
le Cardinal Doyen pour
luy representer
,
de la part de
son Maillre,le dcfirlu1avog
Son Altesse, que dans les Lesc.
tres que le Sacré Collège luy
écrit
, toute la souscription
fût de lamain des Cardinaux,
& particulièrement de son
Eminence
,
quiacoutume de
fairemettrel'affectionatissime
servitorede lamain du Secret
taire. Le Cardinal irrité d'une
pareilleinstance,répondit que
le Duc de Bavière dévoie se
contenter duceremonial donc
il se servoit luy-même à l'égard
des Cardinaux, & que si
cela ne le sansfaisoit point, il
ne luy écriroic pas davantage.
Je ne sçay comment, en bon
François ,on peut nommer
unepareille réponse.
Suite des Nouvelles de Venist.
Messieurs les Ambassadeurs
Extraordinaires deVenise pour
France ont demandé des Passeports
du Roy, séparément
pour chacun d'eux, parce qu'ils
ne partiront point ensemble.
M. Lando qui fut nommé
Samedy dernierà l'Ambassade
ordinaire de France, paroist
peu disposé à accepter cet employ.
M.
M. le General Delphin a
écrit au Sénat pour luy rendre,
un compte genoral de tout ce
qui s'est pasté dans la derniere
Campagne;& aprèsavoir fait
voir que les mauvais succés de
cette Campagne provenoient
-
du manque où il a été de toutes,
les chosesnecessairespourfaire
la guerre, il a conclud par la
permissionqu'il demande de se
retirerdufervioe.-al
M.le General Emo a aussi
écrit cette semaineau Senat
pour l'informer que les Turçs,
continuoient à faire des préparatifsummenses
pour le PnOr
tct-nps & qu'il y
avoir lieu de juger que tout le
poids de la guerre tomberoit
sur la Dal matie.
:; M. deSchulembourg refuse
de se renfermer dans une
Place, & demande les Troupes
quel'on dit luy estre destinées;
il a fait presenter un Mémoire
sur ce sujet auSénat.
r,' Le Traité pour les trois mille
hommes de Wurtemberg est
rompu sur le refus que les
Officiers & les Soldats ont fait
de servir en Levant; déclarant
que plustost que. d'y. aller,ils
estoientrésolus de quitter le
ferfcice. Le Sicn^t. dépêchaJeudyoun
£^urrkr>à.i'Ambafla,
deut deVenise àlVLCnne;/pOUI
àtâ.cher d'engagerl'Empereur
apprrceCsfscertreleDDuucc dce VW..iitttteemm--
btirgidexecutet»ïfbtvTraité.
Le Tribunal des Inquisiteurs
d'armée; a commencé d'éxercen
les fa&£hons.-il adéjà fait
apposerdans ledélais;. de S.
Marc une pierre en forme de
tronc,avec une inscription
fxouca\aôuird'y jet tertous les
avis ou dénonciationssecretes
eonrrc sesOfficiers & autres
qui peuvent avoir manqué à
leur devoir pendantlaCampagnede17
1.J.! Il aaussi fait
afficher dans cousles endroits
des Placards pour exciter tous
ceuxqui sçauront quelque
chose de le venir reveler, leur
promettant de garder le secret.
L'on a ordonné la réparation
des Forts & Chasteaux
situezà l'embouchure des trois
parts de cette Ville & dans les
Langunes; & M. Erizzo a esté
élû pour avoir l'inspction sur
ces ouvrages.
On parle de vendre des
Dignitez de Procurateurs de
S. Marc, pour amasser de l'argent
pour les depenses extraordinaires
dela guerre: Jusques
à present on en a bien peu, &
le nombre des Troupes est pareillement
bien foible pour
pouvoir s'opposer aux entreprises
des Turcs.
M. Grimani a enfin accepté
le commandement des
forces de la République en la
place de M. Delphin, quimême
a déjà esté rappelle;mais il
persisteà demander qu'on le
mette en état de s'opposer aux
entreprises des Turcs la Campagne
prochaine.
M.leComtedeSchulembourg
qui qft.atrivéfiçyr-DjU
Mandte dernier ,faitlesmêmes
instances, connoissant
-qutun. General ne peut l'estre
itans Troupesondonneàl'un
&à.rantre tkstfperancu-sur
ce fujcc,maïs jusquàpresent
ilestdifficile de voir furquoy
-dies jtbn~&)~d~s quelejup
jdesaramageafdqad puisseêtre
la Paix avec les Turcs, dans la
conjoncturepresente ellele
sera encoremoins qúeüdo.nr
tinuation d'une guerrequ'il est
tout àfait impossible de fou* rtie^LnïîvtbiArvo."-q&i^efc:riitenu
de Constantinople
, a pirlé à
peu ptés dansce sensdansun
des derniers Pregadis. Il a fait
voir la necessité deconclure
cette Paix à quelque prix que
ce foie, ou de terminer leTraité
de Ligue avec l'Empereur à
quelque condition que ce Prince
veuille exiger de la République;
mais la dernicre Ligue
qui amis cet Etat dans la foiblesse
où il se trouve,quoyqu'apprrèéss
dde gcrraannd eessccoonnqq-u,iêê--
tes, acheveroit prefentemenc
de le détruire, si on en faisoit
une nouvelle. Il paroist en esset
que le sentiment général
estdefairela Paix.
M Memo voulut, à cette
occasion
,
justifier laconduite
de M. Delphin. Les esprits
estoient prévenus contre ce
General ,& l'apologie qu'il en
fit ne fut point écoutée.
Les deux Ambassadeurs Extraordinaires
pour la France
ont eu ordre, par decertaines
raisons, de se tenir prests à
partir dans le mois de Février;
on parle mêmedélire aujourd'huy
un Ambassadeur ordinaire
pour rcfider auprès du
Roy. Je crois cependant que
cette ék£fron sera remise.
- Les
Les Vaisseaux de guerre la
Ligue sacrée de 54. pièces de
canons, & la Croix rouge de
80. pieces)onteilé renvoyez à
Venise, à cause que leur vieillesse
ne permettoit pas que l'on
pût s'en servir. Le premier est
heureusement entré dans ce
Port, Dimanche. Le second a
fait naufrage Mardy sur la
costeàdeux lieuës d'icy JaYant
esté battu d'une furicuse tempestependant
deux jours, sans
que l'on aye pû pendant ce
tems la luy donner du secours,
les ondes empêchant les autres
Biftiments d'en approcher.Le
Capitaine la faitéchoüer sur
le sable, ce qui a donné mo'ica
de sauver 500. personnes tant
Mariniers que PaflTïger*
à 8.
autres ont elle noyées dans le
Vaisseau ; elles estoient si malades
qu'elles n'ont pû ortirde
leur lit pour monter sur le
Ponr. Le nouveau Receveur
de Malrhe & le nouveau Resident
d'Angleterre sont arrivez
icy. ,
Ona fait trois Inquisiteurs
d'Armée qui tiendront leur
Tribunal en cette Ville, pour
examiner la conduire que tous
les Commandants & Officiers
£
ont tenue pendant cette Campagne.
Le Senat conclut Samedy
un traite avec M. le Comte de
Schulcmbourg
, pour la levée
de6000. hommes Saxons. La
situation presente des affaires
du Roy Auguste en Pologne
donne lieu de juger que ce
Prince ne pourra fournir de
ses vieilles Troupes, & que
celles qu'il envoyera aux Vénitiens
ne pourront estre que
nouvelles levées: elles feront
ainsi peu capables de ranimer
la valeur des Venitiens, qui
sont dans une épouvante qui
ne se peut exprimera roccasion
des conquelles que les
Turcs y ontfaites.
Le Duc de Wurtemberg s'est
exeusé de fournir les 3000.
hommes qu'il s'estoit engagé
de fournir au Senat sur le refus
que les Officiers & Soldats
ont fait de servir dans le Levant;
ona expedié un Courrier
àViennepour porter l'Empereuràfaire
changer ce Prince
de sentiment, mais il y a peu
d'esperance que l'on y puisse
rctifïir.
Le General Delphin est retourné
de Zantes à Corfou
avec toute sa Flotte; elle a
souffert dans ce petit trajet une
tempête furieuse qui a fort endommagé
les bastimens. roubliais de vous dire,
Monsieur, que le Senat concl
ut encore Mercredy un autre
traité avec un Officier
François pour la levée de 1000.
hommes ;ie doute qu'ily puisse
sitost réüssir: on a vend u icy
les Fours & Moulins bannaux
qui appartenoient à l'Etat;
mais l'on ne trouve pas si
facilement des acheteurs pour
l'acquisition des Procuraties
vieilles, & de quelques autres
biens publics.
M. Lando paroist toûjours
peu disposé d'accepterl'Ambassade
ordinairede France.
Les Ambassadeurs Extraordinaires
ne partiront que vers le
mois de Mars pour s'y rendre.
a
Maintenant si les Nouvelles
qui viennent de bien loin, ont
dequoy vous amuser, vous allez
trouver dequoy vous fatiCfaire.
C'cft en effet un verjta.
ble ragoût pour les Curieux,
&c'cfl comme a fore bien
dit Quinntien, dans jenefçay
quel endroit de ses Ouvrages
Major è longinquo reverentia ,
comme qui diroit à peu prés,
à beau mentir qui vient de
loin. Je vous certifie pourtant
quecellescy font tres-curieuses
)
& mot pour mot, telles
que je. les ay reçues novijjtmè
des lieux d'oùelles font datées
Envoicyd'Afrique, en attendant
que nous allions faire
un tour en Egypte.
De MCIIVLA,Cest une Ville d*A*
friqm'
}
depuislong-temps
( comme Ceuta} ajjiegée
par les Mores.
Du 5. Décembre j7 y.
Le <>.
du mois paffé un
chariot chargé de beaucoup
de malades de l'Hofpiral forcic
pour se rendre à Malaga; sur
le foir on sit embarquer les
deux Mores de confiancepour
les mettre à terre, afin qu'ils
rapportaflenrdes nouvelles du
Camp ennemi; & en mêmetemps
on apprit quon entendoit
dans nos mines les ennemis
travailler; cela fut cause
que le Sergent Major de la
Place resta plus de trois heures
de la nuit à la teste 8es mines,
& après il fut changé par le
Gouverneur qui y mit 1Ingénieur
qui y demeurajusqua
dix heures du matin; il entea»
dit les Mores qui continuoienc
le même rravail; ce qui fait
croire qu'ils veulent interdire
la communication du Fort S.
Michel.
Le io- au matin on entendit
dans les mines que les
Mores travaillaient en plusieurs
endroits;c'est ce qui fait
croire qu'ils veulent nous tromper
& nous faire prendre un « chemin pour un autre, mais
nous continuons toujours
nostre même travail, persuadez
qu'il est le meilleur.
Le 11. au matin un homme
de la tranchée qui avoit la voix
fort grosse, demanda au Fort
de S. Michel à parler à quelqu'un
, & il dit qu'il vouloit
nous apprendre qu'on avoit
pris avant hier un Vaisseau
chargé de vin, de bifeuits &
de fusils; ce Navire veooit à
cette Place avec 15. soldats
& deux femmes; celuy qui
l'entendit luy répondit, pourquoy
ne prenez vous pas aussi
ce Fort,à quoyilluy répondit
qu'ils vouloient prendre le
Fort & la Place, & qu'à cet
effet le Frere de leur Alcaldc
estoit allé à Meguinez.
Le 12. au matin les deux
Mores de confiance revinrent
& ils confirmerent la prise de
la Barque & le voyage du
Frere de l'Alcaldc à Meguiocz,
- *
qu'ils avoient vû au milieu du
Camp sept échelles fort longues
& fort larges, & capa:
bics de monter tiois hommes
de front.
On n'a pas pûapporter icy
de Boeufs ny de Moutons, ce
qui cil fort triste pour les malades
de cette Piace; la mine
que nous fîmes fauter le 23e
d'Oa-obre n'a fait périr que si"
per tonnes & autant de bleflTcz'.
Le 13. au matin on vit un
Ingénieur avec un inftrumenc
à la main, àla teste dela tranchée
la plus proche du Fort S.
Michel, qui regardoit du haut
en bas du parapet, mesùrant
& jettant de temps en temps \vec la main des pierres pour
indiqei ladistance du travail;
ilétoit accompagné du GenerNal
dee lg'Arrmeées&d.e plusieurs
Le 14. voyant que l'enne-
-
mi continuoit toûjours son
travail pour venir par -
dt,{fous
terre couper la communication
que nous avons depuis la
Place S.
-,
Michel, on a chargé
la huitième mine avec ql uinOze
barils de poudre.
)
4, Le 1 5. au matin onparta-
,- gea nos. Troupes en pluficurs
corpsj & comme ce.mouvement
ne s'etf pas pû faire sans
cftre vu des ennemis qui do-
«
minent sur toute la Place, les
Mores ont doublé leurs gardes
des tranchées, croyant que les
assiegez vouloient faire quelque
sortie: fut eux, & ilsont
retiré leurs travailleurs des mines
; & nous autres n'ayant rien
entendu, nous avons jugé à
propos d'attendre au lendemain
pour les faire fauter.
Le 16 on entenditl'ennemi
qui travailloit fous terre, aufïïtoston
mit le feu au fourneau
dont la force creva la mine des
ennemis. Deux Mores sur le
soir estant venu reconnoittrc
les chevaux de Frise qui dessedent
laPlace, ils furent surpris;
il y eneût un qui se sauva, ÔC
l'autre fut blctfé;il ctia qu'on
ne le riâc point,& qu'il droit
ce qui le p,ffoit dans le Camp;
ce qui fitqu'on le porta à ItHôpital,
où il fut pensé: Il declara
que la dernière, mine
avoit beaucoup tué de monde,
& qu'elle cauloit une grande
confternariondans lp camp, &
il mourut deux heures après.
Le 17. au matin,les Ennemis
n'ayant point de nouvelle du
More blelf6, amenerent un
Etendait de Paix,ce que nous
fîmes de nostre costé;ils dirent
que si nous avions le More,
nous leus ferions beaucoup de
plaîsir de le leur rendre mort
ou vif;onl'alla chercher à
l'Hôpital,&on le leur envoïa
.- au camp : pendant ce tems les
Moresestoient sur leurstranchées
& nous surle parapet de
laPlace,&on fc par loir:cequi
fut deplus extraordinaire,c'est
queles Soldats ennemis ressembloient
à des Religieux par
l'habillemenr.
»
Le 18. 19. &20lesMores
detererent leurs tuezparla
mine.
Le 11.22.23.&24.chacun
cuncontinua le meme travail :
pendant ce tems une de nos
Barques fit une grande pesche
à la vue des Ennemis, ce qui a
esté d'un grand secours pour la
Garnison. LesChevaux deFrise
nous furent en cette occasîon
cres-utiles, parce que les planches
sur lesquelles ils sont
cloikz: seivirent de remparts
aux Matelots qui pefchoient.
Le15 16,&17.lesEnnemis
furent fort tranquilles dans
leur camp ; mais présumant
que celacachoit quelque dcfsein
, nous appelantes qu'ils
continuaient leurs mines devers
saint Michel
, & nous
nous avons continué nostre paratelle
où nous les attendions.
Le28.& le 29.on n'entendit
les Ennemis faire aucuns
mouvements;on prétend qu'-
ils font rebutez de nos mines,
ils font un autre travail au-delàde
la rivière de Oro du cossé
du Fort S. Laurent., où ils esperent
faire hyverner leur Armée.
Le 30. on vit entrer dans la
tranchée plus de 100, Mores
à pied
, avec 400. à cheval,
d'un air fort audacieux
, avec
des drapeaux rouges, ce qui
marque de la joyc
,
veritable.
ment ils venoient pour solemniserla
fin de leurCaresme qui
commença hier la nuit,& ils
vouloient fester leur Pâques
qui commence aujourdhuy.
Lorsqu'ils virent la nouvelle
Luneils firent un grand bruit,
cequi nous obligea à tirer sur
eux. 1
Il pleut icy depuis huit
jours, quoyqu'il en soit,les
Mores se maintiennent dans
leurs tranchées, ils nous le
font voir par des bouffées de
coups de fusil de temps en
temps, avec des cris
, & des
hurlemens horribles.
Nos deux Mores confidents
,
forcirent il y a huit
jours, & nous rapporterent
qu'il étoit arrivé à sept lieues
d'icy du canon & des mortiers,
à l'endroit appellé Cazaza.
Depuis ilestarrivé un More
de la tranchée dans la Place,
pour nous dire que l'artillerie
qui étoit à Cazaza
,
est presentement
auCamp
,
& qu'elle
doit tirer dans deux ou trois
jours, ce qui nous a esté confirmé
par un Moy; d'Oranqui
vient de Miguenez ,qui doit
passer en Espagne pour voir
sonfrerenous travaillonsà
nous mettre en deffense de
touscostez,c'està direautant
que nous pouvons.
Du 28.duditmois.
&
Nous avons icy beaucoup
de travail
, parce que le Siege
devient fcrieux ,nous verrons
où les Mores placeront leur
Artillerie ,& leurs mortiers,
comme la Placeestpetite,ils
desoleront tout avec les
pierres.
R E LAT ION
de ce qui s'est pijje au Caire
depuisle 17. Septembre171j.
jusqu'au 24. duditmois.
Depuis la mort de Caitas
Beg grand Tefrerdar, & Chef
du party de Sade, qui avoit
pris la resolution de détruire
celuy d'Aran qui estoit en fa- t
veur d'AbdyPacha) & dtI;.
brahim Bry Le premier estant
informe de ses mouvements
fecrctsJuy oftala Charge de
grand Tefcerdar. Comme il
continuoit à lever des trou- J.
pes tccfccttmcur pour fortifier
son party,le P-icha prit
le dessein de le faire perir,ille
sir poignarder en sa presence,,
& le fie jeeter par une feri être,
au* Caramaydan, où il estoit:
Mehemet Bey, sa Créature,
Kaa Abdullahcy-devant
Bacha Chaous, OlmanBcy,
Assan Caya
,
Bekir Odabachi
& quelques autres Puissances
de leur parti, refuserentd'obéir
au commandement du
Pacha
,
qui vouloit les exiler
pour s'en défaire plus facilement.
Ils se fortificrcnt dans
* Place publique.
leurs maisons )dhornfhes)de
munitions de euerre & de
bouche. Ils corrompirent à
force d'argent tout ce qu'ils
purent des Janissaires & d'au- -très, & firent cinq ou six cens
hommes chacun des meilleures
troupes du Caire. Le Pacha
ne jugea pas à propos de
les faire attaquer,il se fortifia
de son costé de troupes,
& gagna une partie des sept
milices par l'entremise d'IbrahimBey
; il vou loi r les laisser
consommer à petit feu dans
leurs maisons:ces derniers s'en
cftant apperçus formèrent une
conspiration
conlpirationle 17. de ce mois
contre Ibrahim Bey
J
& contre
les principaux de (on party
,
ils resolurent de faire affaffiner
Ibrahim Bey en allanc
auChasteau,aveclfmaël Bey
qui est un des plus puissants
Seigneurs de l'Egypte,& de
deposer le Pacha. Ibrahim
Bey ayant découvert cette
conspiration
,
& ayant estté
averti que quelques-uns des
plus hardis du party de Sade,
s'estoient poftez dans une ruë
pour lafliffincr
, en allant au
Chaftcau, passa par un autre
endroit, pour avertir le Pacha
de ce qui le pjfloit comme
l'affiirc devenoit (ericufè ,il
fit aLTembler un Divan gcnera
i
,
& apres avoir remontré
les desordres ausquels on étoit
exposé) il fut resolu que l'on
fommeroit pour la derniere
fois, Mehemec Bey) Ktaa
Abdallah ,& les principaux de
leur Party- de comparoillre
au Divan, qu'aurrcnlcnt ilsfcroienc
deciarez rebelles au
Grand Seigneur,ce qu'ils refuserent
de faire,& prirent le
parti de se prefencer x la porce
des Janifl'atres ,ayant réfolula
nuit du iS, de se saisir de la
porte des Janissaires , & de
faire aÍfJilincr en meme temps
Cherif HusseinCayaen charge
des Janissaires, & Belacha
OJabachi en charge
,
qui
étoient les deux Chefs de cet
Odgeak, ce qui fut executé.
Ils 1e rendirent les maiftrcs de
la porte,ayant sist entrer environ
400 de leurs meilleures
troupes ; le Pacha en ayant
esté informé, fit avertir Ibrahim
Bey,& tous ceux de fbn
party, qui (ont le Saboundgi,
Ked k Mehemet, Ismaël Bey,
qui firent prendre dans le moment
les armes à leurs troupcs
,
& se saisîrent de toutes
les avcnuës
, pour empêcher
le secours que Mahomet Bey
pourroit leur envoyer, ce
dernier n'ayant pasvoulu fortir
de la maison.Ibrahim Bey
donna ordre à un de ses Agas
de Cc fortifier dans fan Palais,
où il fie jetter 600. hommes,
avec ordre d'attaquer en même
temps Mehcmet Bey dans
le fien
, ce qu'il fit le 10e.
Mehemet Bey voyant qu'il ne
pouvoir secourir ceux qui
cftoient dans le Chasteau des
Janissaires qui estoient bloquez
de toutes parts, n'ayant
1 pris aucune précaution pour
y faire porter des vivres, fc
trouva fort intrigué, & lors
qu'il apprit le 2.0.que la plufpart
des Janissaires de ceux de
son parti, se precipitoicnt des
murailles, qu'on les arreftoir,
& que le Pacha les faisoit mettre
en pieces, comme rebe lles
aux ordres du Grand Seigneur,
il prit le parti de se sauver le
2.1. une heure avant le jour;
Kiaa Abdallah ,& Bequir O
dabachij se voyam'abandonnez
de leurs plu, fidelles troupes,
pr irent aussi le parti de
se faire defeendre avec des
cordes, dans un endroit qui
ettoit le moins observé;Kiaa
Abdallah trouva le moyen de
se sauver à la faveur de la nuir,
Bcquir OJabachitomba entre
les mains de ses ennemis, le
P,lcha luy fit couper la telle,
& a yant elle informé qu'il ne
relloit dans le Chasteau qu'environ
150. Janissaires, avec
Naflouf Caya, Kara Ismaël,
& Assan Caya
, cy -
devant
grand Douanier, il prit le par- tidemettre sonCaya à latere
de huit cens hommes choisis
, pour les forcer dans le
Chasteau
,
il fit sapper la muraille
par trois endroits, ils y
entrerent le fabre à la main,
&firent main baffe sur tout
ce qu'ils trouvèrent sans aucune
resistance , il fit couper
la reste à ses trois principaux
Chefs; le Pacha y entra
dans cette entrefaite
,
&
s'cftanc rendu mailtrc du
Chasteau
,
il fut victorieux
,
il crea en même temps Jsdik
Mthemet Caya en Charge,
& MoufhfaBochnac,créature
d'IbrahimBey,pour Bachodabachi,
& ordonna en même
tem ps de passer au fil de Tépéc
tous ceux qu'ils trouveroient
du parti contraire,ce quiaesté
cxecuté fort por£tucllemcnc,
julqu'aujouid'huy 14. de ce
mois,on en a fait pcrir plus de
400. & on continue lesexecutions
ail a mis la teste de Kiaa
Abdallah à prix, & a promis
5 000. picces à qui la luy apportera
,
& la mêtne chose à
l'égard de Mchemec Bey, qui -
s'embarqua à Boulac, sur une
cayasse à la poursuite de ses
ennemis, & s'est fauve sur le
Nil, dans leVillageduChek
Habib ,qui en à huit petites
lieuës d'icy
, ce Chek Habib
est un fameux voleur que l'on
n'a jamais pû détruire
, & qui
faisoir contribuer tous les Bâtiments
quialloient à Damiette,&
dansle DdtaJ étant soûtenu
par le party détruit. Le
Pacha étantaverty de sa retraite
dans ce Village, & que ce
Chek avoir au moins 4000.
Arabes bien 3rrnezJil a envoyé
plus de deux mille jmniuaircs
après,&environ milou douze
cens chevaux pour se saisir de
toutes les avenues, ses Arabes
se dessendent autant qu'il peuvent;
ensorte que le Pacha &
Ibrahim Bey ont réduit
l'Egypte à lobéissance du
Grand Seigneur sansavoir perdu
cinquante hommes de leur
party.
Le28duditmois,
On vient d'amener Kiaa
Abdallah avec une chaîne au
col, le Pachaluy a fait couper
la terte; le Chekhabib s'est
fauvé à la faveur de la nuic
avec MehemetBey. Les Troupes
du Caire ont saccagé son
Village & sa maison qu'ils ont
rasée & renversée dans le Nil;
voilà la fin de la Tragedie.
-M
Allons, Meisseurs
,
dépêchons
nous de retourner en
France Nous voila
, grâce
au Ciel, arrivez enfin à bon
port à Paris, où
, avec vostre
permission
,
je vais d'abord
vous faire pars de la copie d'une
Lettre que j'ay reçue de
Rouen le 18, de ce mois.
ARouence 18. Janvier1716.
Lettre é, crite par un Curieux
de Rouenà Paris,à M Gai,
Dccteeur en Medecine de
l'Univeifité de Boulogne..
Vous aimez,Monsieur
,
les
chojescurieuses& extraordinaimires,
en voicy une ;un homme
,
du Pays de Caux,âgéd'environ
40ans,grand
,
bienfait,
fort&robuste
,
à btrbeCm ch,..
, , veux noirs & epals , & qui a
unevoix tonnante, porte en dessus
de tanus une queue de chien longue
de 15. à 16. poulces, gfojfe
de sept à huit à,sanaissànce,
0* qui va toujours en diminuant
degrossur,cette queue est couverte
depoil noir qui se couche;
cet homme ne sçauroit demeurer
assisny couché sur le dos,saqueue
l'incommodebeaucoup le jour &
lanuit, il la remue de temps en
temps ,
ellese drellepar des mouvemens
involontaires qu'il ne
peut ni arrêter ni moderer, &
quand ilestnud
,
debout
, & en
liberté,saqueue comme celle d'un
Lion luybatleflancmagréluy
,
quand cette queue est renfermée
& qu'elle entre dans les mauvemens
violens, il en siuffre terriblement
; ce qui l'embarrasse encore
davantage
,
cefl lors qu'il va
à la fille, car quelquefois dans
ces mouvemens là Jsaqueuësi
referre avecune violence extraordinaire
contre l'anus, le bridepour
ainsi direcommecela arrive aux
chevaux quelquefois
,
quand on
veut presser lacroupicre de lafelle
fous leurqueue
; au tejïe cet homme
a de l'esprit;li a fait Jes études
, il parle mêmequelquefois
enpublic; mais il nepeutse consoler
desevoirchargéd'une queue
siincommode é7 sibonteuse 3il a
voulu lafaire couper; mais cette
operationaparu mortelle au Medecin&
au Chirurgicn.
On dit qu'unOperateur trop
entreprenant vient de la luy couper,&
qu'ilest mort 6. heures
après.Cettemortparotfld'autant
plussurprenante
, que cette queue
nétoitpas une partie utile à la vie
mais on remarque tres souvent
que le retranchement des choses
Wionjivu.:;fci qne nom apportons
en nd'jj^r-nr tjtpour''ofclihaire rnor.
tel. Ly a plusieurs exemples qui
le S'-ouvcnt. Ona vu un jeune
homme né avec me troisiéme
jam'-eattachéea lajrJ-je, ilsi
j-racajja l'unedesjambes naturelles
, lacangreneobligea lesChiturgiens
de la luy couper dans le
l/noüil, issut gueri entrès peu de
temps; un an ou deux après il se
blessa à la jambe que la nature
luyavoit donnée de trop, on la
coupa, il en mourut en 24.
heures.
Plusieursqui ont apporté en
naissant des grosseurs à la tête,
au vijage & autnsendroits, en ont morts, lors qu'ona voulu les
délivrer de ces difformitez, ,j'en
connois qui suivantle conseil des
habiles Chirurgiensconservent
& gardent soigneusement de
pareilles incommoditfZ dans la
crainte d'unfmblablefort.
Il n'en efi pas de même des
excroissances qui surviennent
dans le court de la vie ,lors qucU
les font coupées par un habile 0*
dextre Chirurgien;j'ay appris
depuis peu que M. de Beaulieu,
controlleur des Rentes delaVille
dePartsyavoit une loupeplusgrosse
quesatête,attachée à la&gorge,
&qu'il portoit depuis 35. ans,
parce que personnen'avoit osé entreprendre
la curé à eauJe des
grossis veines
, Ë9- des racines
quelle avoit; s'étant adressé à
M. Petit ChirurgienJuréa Paris
, tres-expert & tres-celebre
tant dans les operations quedans
l'anatomie, il luyconseilla dese
la fairecouper3 en luy sassant
voir le danger éminent dans
lequel il étoit
,
s'il disseroit cette
opération; la crainte de mourir le
détermina àselivrer à luy avec
d'autant plus de confiance, que le
Jïcur Robinot, Graveur dans la
PtaCi'DauplJine,qui avoiteuëune
pareille loupe
,
venoit de sortir
avcc heureux succés,desmains
du même M. Petit: l'operation
dusieurde Beaulieufutfaitetrès
promptemente toutes les arteres
furentsibien liées qu'il ne perdit
pas unepalette de sang
,
il a esté
parfaitementguéri enpeu de temps
malgrélagrandeur de laplaye. Ce
succés favorable & très éclatant
dans un âge très avancé afait
qu'un y une homme domestique de
M. de Soubise, réjolut dese délivrer
d'une loupeoseuse
, recouverte
de lapeau seulement ,
qui
avoit quatre pences de longueur,
sur deux de diarnettre
,
qu'ilportoitdepuis
sept ans, surle haut
de la tête: il s'en fit faire l'operation
par A4, Amault
,
ancien
Chirurgien Juré (.7 tres celebre
dans l'anatomieedans les opérationsquiaprès
avoir coupé la
peau, trepana la loupe, pour reconnottre
ce qu'ily avoit dedans;
& trouvant qu'elle étoit toute
osseuse
,
sans aucun vuide ni
moüeUeJ comme ils'en trouvenaturellement
dans les os, il remit le
reste de l'operationau lendemain;
mais il arriva de grands accidens
qui l'empêchercnt de l'achever,
& lemalade mourutun 3. jours,
au grand cionncmcntde tout le
monde, &particulièrement du- ]
dit M. Arnauld, qui enfit l'ou- j
verture , (;7 ne trouva dans cette
loupe aucune partie du cerveau ,
ni meme de ses membranes, comme
quelques-unsl'avaient crû.
Les Medecins, les Chirurgiens,
cm wfwe les Curieux ne manqueront
pas de faireleursreflexionssur
ces différents faits,&
d'en tirer des consequences utiles
pour le progrés de la Medecine.
La copie de cette Lettre a
cfilt"é envoyée, comme amoy ,
à Meilleurs de l'Académie des
Sciences, qui ont faitdebelles
dillertacions sur ce sujet.
j
Difpcnfcz
- moy maintenant-
s'il vous plaist, des Noue
vetlcs desautresPaïs
-'
les- Ga-
- zettesvous Les. diront & redir.
ont assez.
DeParis.
Le 14. du mois pasle, veille
deNoël, Madame la Duchesse
de Bcrry se rendit àl'Eglisede
S. Sulpice, sa Paraitre, pour
y entendre les Matines & la
grand'Meslè. On avoic placé
son Prié- Dieu au milieu du
Choeur ,où40. de ses Gardes.
du Corps estoient rangez en
haye:au devantdu Prié Dieu
fut la droite estoient M. YAbbé
de Castres, M. l'Abbé de
Rouger, M IJAbbé du Tremblay
,
& M.-labbé d'Avejan,
-
ses Aumôniers, tous en rochet:
derrièreson fauteuil eftoir M.
le Marquis de la Rochefou-
- cault sonCapitaine des Gardes
du Corps: à la droite Mactajuç
laDuchesse deS. Simon sa Dame
d'Honneur-, avec M. le
Chevalier d'Hiutefort son
premier Ecuyer: sur la gauche
M. le Marquis de Coërenfao
son Chevalier d'Honneur3 &-
Madame la Marquifc de Pons
sa Dame d'Atour; Madame la
Comtesse deClermont&Madame
laComtessede Beauvau
ses Dames du Palais.Cetteprin.
cessealla à l'Offrande & donna
dix louis d'or. Madame LaPrincesse
fit rendre à cette Messe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
solemnité: M. de Harlay,Conseiller
d'Etac
,
premier Marguillier
,
presenta un de ces
Pains à Madame la Duchesse
de Berry. La GrandMené de
Laudes finies, cetre Princes
s'en retourna à on Pab:, du
Luxembourg,escortée de ses
Gardes du Corps & de ses
Gardes Suisses. Cette Princesse
allale jour de Noel entendre
Vespres &leSalut auxCarmelites
delarue de Grenelle. Le
mesme jour Mr le Ducd'Orleans
alla entendre Matines,
& les trois Messes aux Peres de I
l'Oratoire de la rue S. Hono- ':
ré
,
accompagné de Mr. l'Ab-!
bé de Tressan
,
son premier
Aumônier en Rochet
,
de Mr.
le Marquis de la Fare sonCapitaine
des Gardes, de Mr. le
Marquis de NancréCapitaine
de ses Gardes Suilîcs, & du
reste de saMaison : ce Prince ¡i
se
se rendit le jour de Noel à
l'Eglisede Saint Eustache sa
Paroisse pour y entendre la
grand' Messe;Madame l'y entendit
aussi,y ayant communié
auparavant par les mains
deM.l'Abbéde Magnas son
premier Aumônier. Lç mesme
jour ce Prince avec Madame,
allerent aussi à la mesme Eglifc
yentendre les Complies &
le Satut.
Le 30.leRoy arriva icy de
Vincennes,accompagnédeM.
leDac d'Orleans, qui le conduisit
au Palais des Tuilleries.
S. M. estoit escortée par les
Gendarmes, les Chevaux-legers
de sa Garde,troisOfficiers
à leur teHe) par ses Gardes
du Corps, & par les deux
Compagnies des Mousquetaires
,
& par les Regiments
aux Gardes FranqoitC's& Suisses.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prévôt des
Marchands, à la teste des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teste du Clergé de saint Germain
l'Auxerrois, & le premier
de l'an par le Parlement,
la Chambre des Comptes, le
Grand Conseil, Cour des Aydes
, & les autres Corps,
ayant à leur teste M. le Marquis
de Dreux Grand Maistre
des Ceremonies, & M. Desgranges
Maistre des Ceremonies
: cous ces mêmes Corps
allerent souhaiter une heureu
seannée à Madame la Duchesse
de Berry, au Palais du
Luxembourg
,
& au Palais
Royal à Madame, à M le
Duc d'Orleans & à Madame
la Duchesse d'Orleans.
Le premier de l'an, M.le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois, cy devant
son Precepteur, à la Charge
de Conseiller d'Estat, vacante
par la mort deM. l'Archevesque
de Sens. Le 5. dece
mois le premier Prcfident du
Parlement de Toulouse, à la
tcfte des Deputez du rntfme
Cor ps, harangua Sa Majesté,
il fut presenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province: le mesme jour M.
le premier President delaCour
des Monnoyes de Lyon haranguaaussi
Sa Majesté,ilfut
presenté par M. le Marechal
de VilleroyGouverneur dela
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatineutaudiance
du Roy': estant conduit par
M. le Chevalier de Saintot,
& rendità Sa Majesté une
Lettre de l'Electeur Palatin
son Maistre.
1.
Le dernier dumois passé,.
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la prise
deStralzund
,
& qu'on avoir
accordé à mille Suedois denation
de se retirer aveè leurs armes
où ils voudroient : on
fcui éluffi que le Roi de Suede
estoit passéà Stokolm,ce Ministre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an.
Le 11. le premier President
de la Cour des Aydes de Montauban,
complimentaSa Majestéà
lateste des Deputez de
son Corps, il sur presentépar
OM. le Comte d'Eu,Gouverneur
dela Province. *
--Il,.
Je manquay le mois passé
à vous dire que le onze du même
mois les Députez du Parlement
de Rouen, complimenterent
le Roy sursonavenement
àla Couronne, ayanc
le premier President à leur tête,
ils furent conduits par le Marquis
de Dreux, Grand Maîcre
des Cérémonies; & par le Sieur
Desgranges Maître des Ceremonies
; ils furent presentez
par M.le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S Olon a vendu sa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du RoyàM.Lombard
! Vicomte d'Ermenonville,son
neveu, S. A. R. Monfcigncur
le Ducd' Orleans, luy enavoit
donné l'agrément l'année derniere.
Si les differens emplois que
le feuRoya confiez à M. de
S. Olon, &dont il s'esttoûjours
tres dignement acquitté,
le font regretter dans son
Corps ,
les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
1
sa capacité en plusieurs occasions
donnent lieu d'esperes
qu'ille remplacera avec succés.
em
Il ne tient qu'au Lec- teur
à present de faire,s'ille jugeà
- propos, divet fion aux nouvel-
- les generales pour s'amuser de
quelques articles particuliers.
, Voicy par exemple encore une
Ode qui a esté faire à la louange
du feuRoy, quoiqu'il y ait déja
cinq mois quece Monarque cil:
mort,& le temps ne me dtflfcnd
pas d'exposer au publictous
les hommages qui seront rendus
à la memoire de ce grand
Roy.
ODE
SUR LA MORT
DE LOUIS LE GRAND.
LaMort, du plus grand des
Monarques
Parest)Ît respcter les jours:
Que iois-je? Le Ciseau des Parques
Vient d'en interrompre le cours.
Par cette perte irréparable
France, , le Ciel inexorable
Veut éurnrflr tes douleurs:
Dans desicruelles allarmes
Taris lasource de tes larmes,
C'esttroppeu pour toy que des
pleurs.
Si ta vengeance cjlaffouvie
, N'en accusons qui nos forfaits
Grand , Dieu ; tous les jours desa
vie
Estoient marquez par tes bienfaits.
On le vitfournirsacarriere
Environnéd'une lumiere
Dont l'éclat éblouit nosyeux , Et tufis sentir a la France
Que lebonheurdesanaissance -
FUIte moindrepresent des Cieux.
:m
Il règne, quel heureuxprE{age!.
LaGloireaccompagne ses pas,
LaVictoireluyrend hommage
D'un bonheur qu'ilneconnoît pas.
Mars prendsoin de sa dessinée
,
Etde la Discorde enchaînée
Il brise les traits meurtriers.
Tel est vainqueur sous ses aufpices
,
Qui loin deses regards propices
Voitstétrirsesplus beaux lauriers.
0-
Vos efforts,peuples redoutables,
N'étonneront point son grand
coeur,
-
Il rendra les Lys respectables
Il lessoûtientparsa valeur. ,
Bientôt d'invincibles armées
Dansvos Villes épouvantées
Arborerontses étcyrixrc.
C'estassez queceAlcide
jisis guerriersJcrvc de garde
, Pour en faireautantdeCesars.
Oui vos orgu '\cpfs 'mu"',z,; lies
Sont pourvous d j'-:bles rempars;
Son seulnomgagne des b^taiUes9
Qommentfoutnirses regards?
Accablez sous les traits qu'il
lance,
C'est
,
dites-vous
,
Mars qui
s'avance.
Ilen a l'intrépidité.
Cen'estpoint leDieudelaThrace,
Mon Hcfos n en a que l'audace , Et non pas la frocité.
LOUISreprenden main t.
fioudre
Ttemble^ ,superbesennemis,
Prêt à réduire tout enpoudre,
Il s'arrête
,
il vous voit soûmis
Maître du djhn de la TerrI,
Il veutsuspendreson tonnerre, Pour offrir une heureusepaix;
Il compte,arbitre des tempêtes,
Ses campagnes par ses conquêtes,
Et ses Traitez par ses bienfaits.
Mais pour assurersa mémoire, Cherchons de plus surs fondemens,
Un Heros doit souventsa gloire
j4u bonheur des événemens.
Offrons de plus noblesspectacles
, Presentons de nouveaux miracles
.Au." regards de tout l'univers:
LOUISdoit l'éclat de sa gloire
Moins auxfaveurs de laVictoire
Qt£dsesplusterribles revers.
» Fortune legere&volage,
Abandonne ses étendars ;
Fais-luyressentir dans tarage
Toutes les fureurs duDieuMars.
Que Bellone pâle &sanglante
Porte le trouble& l'épouvante
Jusques au coeur de ses Etats:
Il sçait dans ce desordre extrême
Estre le maij}>e de luy rnênJe,
S'il n'etf le mastre des combats.
Il triomphe de ses outrages , Lepoursuivras tu donc toûjours,
Fortune? aprés tous ces orages
Ne verra t-il plus d'heureux
jours?
Que ton courroux illégitime
Respecte un Héros magnanime
Jusquesdanslesplusgrands malheurs;
Cesse d'attaquersa puissance,
Il a du moins parsa confiance
Assezmérité tes faveurs. 3
Princes, appuis de sa Couronne,
Il vousvoit tomber tour à tour;
La Mort implacable moissonne
Tous les objets de son amour.
Arrête,monstre sanguinaire ;
Il nffinr tes coups 3il l'sipereJ
Mais il n'en estpoint abbatu:
Il craint d'augmenternos allarmes,
Sa raison commande à ses larmes,
Etfait triompher sa vertu.
Ne nommons point vertu floïque
Sa fermeté dans les malheurs;
L'effort d'un courage héroïque
Luy faitseul dévorerses pleurs.
Centfoisson coeur de la nature
Entendit
Kntr-idit lepr.jjan: murmure :
Aîûi il regne,il a d'autressoins;
Pour ménagernotrefoiblesse,
Larmes,quildoitàja tendresse,
vous immole à nos besoins.
Dans cettecarrière nouvelle
Cherchons sa solidegrandeur;
Iltedoit Fortune infidelle,
Plus qu'il ne dut à sa valeur.
D-lm les plus ajf(ufs disgraces,
Herosfameux,si411vezses traces,
Il vous apprendà les fouffnri
C'estpeu, l' universle contemple,
Il luy doit encore un exemple,
Ilvavous apprendreàr.-iïu(ir.
plufiofi
,
Dieuvengeur des
crimes)
Susipens pour un temps ton courroux
;
N'est il donc point d'autres victimes
Quipuissenttombersoustes coups?
Faut-il qu'une Testelesichere
Soit immolée à ta colere ?
Vains regrets! dvfirsifuperfius
C'en tftfaitJ déja ta vengeance
Sepréparé apunirla France;
Il languit
j que dis -je ? il n'est
plus.
Epargnedu moins ce qui rfJle
D'unHérossicher à nosjeux;
Souviens toyqu'un coupsifuneste
Nous l'a rendu plus précieux.
Que l'histoire luy represente
Les cris de l'erreur expirante
Sous le débris deses autels ;
Il apprendra par ces exemples,
Que l'honneur de tessacrzk Temples
Rend toujours les Rois immortels.
Conserve ce Princeéquitable,
Dont nousadmirons les projets :
Pour rendre le Monarque aimable,
Il veut rendre heureux lessujets
:
La même main qui dans la guerre jifçû faire trembler laterre,
Vaformer le plusgrand des Rois,
Et lapostéritéfidelle
Luy tiendracompte deson %ele,
Encorplusque de ses exploits.
NIC INGOULT, D. L. C. D J.
A la suitede cette Ode ne
refusez pas des couplets pour
étrenes.
Les Vaudevilles sont maintenant
si fort à lamode,& l'air de
celui ci est si connu, que je me
fuis dispense de vous en donner
la manque, parce que j'ay
supposéque tout le monde le
sçait. Les paroles sont de M.
Desseves.
VAUDEVILLE.
Je vous donne à ce nouvel an
Mon Almanachpour vos ctunes,
Il vaut bien celuy de Mdany
Ilprédit la fin de nos peines.
Ab!qu'ilestsûr, ah!qu'ilest
beau
, MonAlmanach nouveau*
$3
Grâces à Monsieur le Regent,
Dans cet an mille sept cens la'{r,
On ne verraplus d'indigent,
Chacun fera fort à[Onaiseet
Ab!qu'ilest,&.
Janvier avecses deux bonnets
Dénote tres rude froidure,
Mais leR gentparses bienfaits
Réchauffe toute la nature,
Ab!qu'il(Jï, &c.
On verra les Billets Royaux
Triompher de l'infame usure,
Adieu beaux trains
,
adieu cadeaux
,
L'agiotfaittristeifgure3
jib! qu'il est J&C.
Mars qui ramene le Printemps
Si chery de toute la terre,
Pour mettrefin à nos tourmens
A l'ufwc fera la guerre,
Ab!qu'ilejl, &c.
L'agréablesaisond'Eté
Entous lieux se trouvera belle,
Partoutregnera l'équité,
La bonnefoy& le vray"felc>
Ah! qu'il ejl,(yc.
iz
L'Automne avec juste raison
Merite nostre confiance,
Puisque nous aurons àfoison
Du pain ,
du vin
,
fruit &
finance,
Ah!qu'ilest,&c.
im
Que feront lesAgioteurs
Dans ces heureux temps d'abondance
,
On verra tous ces gros Seigneurs
Par ce retour en décadence,
Ah!qu'ilest,&c.
CetteChansonestdu nombre
des pieces que je ne prends
pas la liberté de juger à la rigueur.
J'abdique pour certains
Ouvrages d'esprit
,
-ce
droit de severité
, & je me 1
contente de la bonne volonté
des Aureurs. Si aprés cela les
Censeurs veulent faire mon
métier,je m'en lave les mains. <
Mais bâtons nous J' s'il vous
-
plaid,
-
plaist
,
de passer à un autre
Chapitre. J'ay ce mois-ci je ne
sçai combien de Mortsàvous
conter; que ce conte ne vous
effraïe pas, j'abregeray leur
Histoire autant que je pourrai.
MORTS.
Dame Anne Morin, veuve
de Messire Henry Loüis Habert
de Montmor, Maistre
des Requestes, mourut le 11.
Décembre 1715. sans posterité
: Elle estoit fille de Jacques
Morin, Secretaire du Roy &
Maistre d'Hostel ordinaire de -
Sa Majdlé)& d'AnneYvelin:
Elle avoir pour soeurs aisnées
feuë Dame Marie Marguerite
Morin,femmede MessireJean
Comte d'Estrées, & de Tourpes,
Maréchal & Vice- Amiral
de France; Chevalier des
Ordres du Roy, duquel elle
a laisse pour enfants M. le
Maréchald'Estrées&M.l'Abbé
d'Estrées,nommé à l'Ar.
- chevesché de Cambray; &
Dame Françoise Morin, premiere
femme de Messire Phi- ,
lippes de Courcillon Marquis
de Dangeau, Chevalier des
- Ordres du Roy, Chevalier
s d'honneur de feuë Madame la
9
Dauphine, Grand Maistre des
L. Ordres de Mont Carmel&de
• S. Lazare, Conseiller d'Etat
f d'Epée, & Gouverneur de la
Province de Touraine,morte
en 1682. laissant pourfille
unique Dame Marie- Anne-
Jeanne de Courcillon de Dangeau
,
à present veuve deMesfire
Honoré Charles d'Albert,
Duc de Montfort, & mere de M. le Duc de Luynes: feu
: M de Montmot avoir épousé
en premieres noces Marie-
ClaudePhelypeaux de Pontchartrain,
coeur deM. dePontcharttain,
ci devant Chancelier
de France, laquelle mourut
aussi sans enfans. Il estoit
frere de Messire Loüis Habert,
Evesque de Perpignan, mort
en 16.9S. de Messire Jean-
Loüis Habert, Seigneur du
Mesnil, Maistre des Requestes,
marié avec N. Nicole
de la Reynie, fille de feu M.
de la Reynie, Conseiller d'Etat
ordinaire
,
de laquelle il n'a
point d'enfans; d'Anne Loüise
Habert, femme de Messire
Nicolas Jehannot deBarrillac,
Lieutenant General des Armées
du Roy, duquel elle a
laissé des enrans; & de Claudc-
Magdelaine Habert, femme
de Bernard Del Rieu, premier
Maistred'hostel du Roy, dont
elle a eu M. de Rieu du Fargis,
Chambellan de Monseigneur
le Duc d'Orleans: Ilsestoient
tous enfans de Messire Henry
Loüis Hlherr) Seigneur de
Montmor, mort Doyen des
Maistres des Requestes, & de
Dame Henriette de Buade de
Frontenac, & petits enfans de
Jean Habert, Seigneur de
Montmor, Tresorier General,
de l'Etat des Guerres, lequel
estoit fils de Loüis Habert,
Seigneur du Mesnil, Secrétaire
duRoy,Tresorier de l'Extraordinaire
des Guerres en 1584.
& Conseiller d'Etat.
Messire Philippesdela Porte,
Maistre des Comptes honoraire,
mourut le 14. Decembre
17 1 5. laissant de feuë Anne
Picques son épouse, morte
en 1694. Jacques de la Porte,
reçû Maistre des Comptes au
lieu de son pcre en 1697 &
Anne- Françoise de la Porte,
femme de M ssire Claude Anjorrand,
Conseiller au Parlement,
& Commissaire au Re-
170p.
iIrReligieux Seigneur Frere François du Moncel de Martinvast,
Grand Croix de l'Ordre
de S. Jean de Jerusalem iGrand Tresorier duditOrdre,
& Commandeur de Villers au Liege, mourut le 14. Decem- -bre 1715. il avoit fait ses preuves
pour sa Réception dans cet
Ordre au Grand Prieuré de
France le 14. May 1653 par
lesquelles il se justifie qu'il for;
toit d'unefamille ancienne & distinguée dans la Province de
Normandie, où elle subsiste
encore dans l'Evesché de Coûtances
en la personnedeM. de
Martinvast neveu deceluy qui
donne lieu à cet article.
MessireUrsin Camus Durand
de Pontcarré, Conseiller
au Parlement, mourut sans alliance
le 2 5. Décembre 1715.
âgé de 42. ans; il portoit le
nom de Durand envertu d'une
substitution faite en sa faveur
par ~rGn Durand son ayeul
*maternel: Il estoit frerc de
Messire Nicolas Camus, Seigneur
de Pontcarré, premier
Président du Parlement de
Normandie, & fils de Nicolas
Camus, Seigneur de Pontcarré
,
Conseiller au Parlement;
&deDurand,
petit fils de Nicolas Camus,
Seigneur de Pontcarré
, Conseiller
au Parlement, &d'Helene
Hallé, & arrière petit fils
de Nicolas Camus, Seigneur
de Pontcarré,aussi Conseiller
au Parlement, lequel croit fils
de Geoffroy Camus,Seigneur
de Pontcarré, MJliflré des Requestes
en 1673 & de Jeanne
Sanguin de Livry. La famille
de Camus est originaire de la
Ville de Lyon,où elleest connuë
depuis prés de deux cens
: ans; elle s'est divisée en plu-
I sieurs branches qui sont celles
r
des Seigneurs de Chavigrieu,
du Perron, de S. Bonnet de la
Chapelle,deBagnols,d'Ivours,
d'argini&dechastillon d'Azegues,
&c.
Me-ffirc Charles Verret, Seigneur
de S. Sulpice, Inspecteur
général de la Marine &
des Galeres, mourutle.
Decembre1715. laissant un
fils fortjeune de son mariage
avec Ragot de la Coudraye,
foeur de M. Ragot de
la Coudraye, Conseiller en la
Cour des Aydes,&fille de.
Rigot
,
Seigneur de la Coudraye,
Secretaire du Roy, &
de M. de Pontchartrain,cydevantChancelier
de France.
:' M. de S. Sulpicesortoit d'une
[falnille noble originaire du
1 Biefbis. l
Dame Marie-Louise Lully,
femme de Mre Pierre Thierfaulc
,
Seigneur de Meraucourt,
mourut le. Décembre
1715.elle estoir fille du
cele bre M Lully , Surintendant
de la Musique du Roy,
& clic ne laisse qu'une fille
,
dont je vous appris le mariage
avec M le Comte de Sourchcs
de la Maison du Boucher,
dansmonJournal du mois de
Novembre dernier.
Messire François Phely-,
peaux, Maistre des Requestes,
mourut le 19. Décembre 171 j.
âgé de 16. ans, làiflanc plu- .;
sieursenfans de DîmeI Voyfin de saint P-aul sa fem- I
me),il estoit frere puisné de
Jean Louis Phelypeaux
,
Sei-J
gntur de Montlhery
,
cy-devant
Avocat du Roy au Châ>
celer de Paris, & fils de seir
Messire J:anPhelypeaux Mat
t-re des Requestes
,
& Intendantde
laGeneralirédeParis, J,
& Conseiller d Estac
,
& de
Dame Anne de Bcauharnois
& neveu de M Louis Phelypeaux
Comte de Pontchartrain,
cydevant Chancelier
de France. La famille de Phclypeaux
cft si generalemenc
connuë pour une des plus illustres
de la Robe, qu'il fuffira
de vous dire icy, qu'outre
unChancelier de France, elle
a eu l'avantage de donner neuf
Secrétaires d'Etat, plusieurs
grands Officiers Commandeurs
des Ordres du Roy,
plusieurs Archevesques&Evesques,
& plusieurs Conseils
lers d'Etat, & qu'elles'est alliéeaux
Maisons de Neufville-
[
Villeroy
,
Crevant
-
d'Humieres
,
de Rochechouart
Aubusson ,
,
laFeüillade
,
la
Rochefoucaud
, Roye
,
de
Mailly
,
du Blé
-
d'Huxe lles.
Dame Claude Colbert,
veuve de Messire Jacques Ol- ?
lier Seigneur de VerneuilConseiller
au Parlement de Paris,
mort en 1689. & qu'elleavoit
épouséen 1658. mourut )e.
Décembre 1715. ayant eu entre
autres ensans feu Jan-
Baptiste Jacques Olier, Scigneur
de Verneuil
,
Maistre
de la Garderobe de M. le Duc
d'Orléans, qui a laissé des ensans
de Dame de Malher
bc du Bouillon sa femme.
Je vous ay déjàtant entretenu
dela famille de Colbert
,
&
clle vous doit estre si connue
par les grands Hommes qui
en sont sortis, & par les alliances
illustres qu'elle cO: en
possession de contracter
, que
je mecontenteray de vous dire
icy, que feu Madame de
Verneuil estoit fille de Messire
Jean Baptiste Colbert Seigneur
de SaintPouange& de
Villacerf Conseiller du Roy
en tous ses Conseils, & de
Dame Claude le Tellier, soeur
de M. le Tellier Chancelier
de France -: pour la famille
d'Ollier
,
elle ca distinguée
depuis un temps considerable
dans la robe, & elle eil: alliée
à la Maison de la Baume , Montrevel
,
& aux familles de
Molé, de Thurin, de Malonde
Bercy, Daubray
, ôc de
Paris, &c.
DameDenife Bordier,épouse
de MessireAdrien Moses
Seigneur , de Courci, Gouverneur
des Ville & Chasteau de
Valogne
,
&avantdeMessire
Charles de Vassan President
de la Chambre des Comptes,
mourut
mourut le premier dece mois,
ayant eu pour fille de son premier
mariage Denise de Vafsan,
femme de Truchot
Greffier en chefde la Cour des
Aydes : elle estoit fille d'Hilaire
Bordicr Prefidenr de la
Cour des Aydes de Paris, &
deDenise deHeére.
Messire Charles Brisard,
Abbé de S Prix à S. Quentin,&
Confciller de la Grand'
Chambre dt.) Parlement de
Paris, mourut le 5. Janvier
1716. âgé de81. ans; il étoit leseptiéme--Contèillcr
au Parlement
,de son nom ,
depuis
Jacques Brisart son bis ayeul,
qui fut reçu dans cet Office en
JJ35; cette famille est ancienne
&originaire du Perche
oùelle subsiste encore en plusieurs
branches, & à Paris
dans la personne de M Brisart,
neveu de feu M l'Abbé
Brisart
,
Lieutenant dans le
Regiment des Gardes Françoises,
où il sertdepuis-longtemps
avec beaucoup de rcputation.
M ssire Jean Pierre Marche,
Conseiller au Parlement
de Metz
, mourut le 10. Janvier
J7lé.
Dame Antoinette - Henriette
Canaye
,
épouse de
Charles François le Normant,
Seigneur deTournehem cydevant
Fermier General de Sa
Majesté
, mourut le. Janvier
1716. elleestoit de même
famille que M. Canayc, Conseiller
au Paiement, & fille
de Frédéric Canaye Seigneur
de Frefnc, & de Dame Magdelaine
deSilhans de Crevilly, -
& arriere petite fille du celebre
PhilippesCanayeSeigneur de
Fresne, Conseillerd'État fous
les Rois Henry III. & Henry
IV. AmbassadeurenAngleterre
, en Allemagne& à Venise,
& de Dame Renée de
Courcillon de Dangeau.
Je remets au premier mois
à vous entretenir de plusieurs
autres personnes de considération,
qui sont encore mortes
dans celuy cy, & sur tout
de Madame la Duchesse de
Lesdiguieres.
Rien, fclon moy , ne va
mieux a présl'article desmorts
que les Discours qui peuvent
avoir plus de rapport à eux ,
comme par exemple quelques
extraits desmeilleuresOraisons
Funebres qui ayent esté prononcées
à la louange du feu
Roy. Celle que M. 1#Abbé
de la Fargue a prononcée
dans l'Abbaye Royale de Saine
Cyr
,
le 6. du mois passée
,
est incontestablement de ce
nombre. Elle est. revêtue de
tous les ornemens de rElo.
quence,& M. l'Abbé de la
Fargue n'y a omis aucune des
circonstances glorieuses que la
ventéattache àlarncmOJfe du
Roy. Elle elt en un mot remplie
detoute l'érudition& de
tous les sentimens de pieté qui
peuvent distinguer un Orateur
te1qocM l'A'obeJe1.»F- çtac.
S. diviliomil:unR>y t,és-
1 magnanime,unRy tfés Chrétien.
Il apostrophe ainsi la
mort dans l'éxorde.
Omrt !funeste ",ort! vienstu
ravir d'un seul coup tant de
moijjoris de gloire
,
çy* finir des
joursJip-êtt.ux. Plus pu:Jlàntf
(jH? tout. l'Europe ensemble
, tu
triomphe de celuyqui a fçu triompher
de tout, pyr tu peux te vanter
de la déj^ù lle laplus g-lorieure
que tu ayjamais remportée.
Pour conduire à la Paix de
Munster :
il dit
Plusdun laurierdvoitcl:j4
orné son fcptr<>, lorsque l'olive
jalouse~plaisir à la couronner.
Bientost la Paix volant sur les
rives de la Seins,luji apura à la
dixième année de son âge ,plus
deconquestes qu'il n'avoit en le
tems d'ensouhaiter.
Au sujet desGuerresCiviles,
voicy comme l'Auteur parle :
Quelles tenebres viennent troubler
la serenité riante d'un temps
si agréable &sidoux ! quelles su.
nestes vapeurs dérobent à nos
yeux ces brillantsflambeaux
,
la
gloire de cette Monarchie ! Quel
torrent précipité ébranle ces colomnes
, le. plus ferme appuy de
la Couronne ! La discordepâle &
tremblante setoit à peine retirée,
qu'elle revint plus furieuse que
jamais, d'autantplus dangereuse,
qu'armant la France contre la
France même, sa victoire comme
sa défaitedevoit toujours estre
fataleàl'Etat.
La Paix des Pyrcnées & le
Mariage du Roi.
A peine ses Troupes ont past;
les Pyrenées, que la Victoirevole
au nom du Heros. De tous côtez
les remparts tombent, les Viliessi
rendent, les Provincess'ouvrent,,
la consternationse répand;l'Efpagne
tremble jusques dans ses
fondements.
fondements. Espagne, rassuretoy
? tu as moins à craindre qu'a
esperer de Louis. L'alliance qu'il
te prépare ,
sera pour toy un éternel
monument de gloire, & la
preuve la plus certaine desa bontè;
tuas un thresorplusprécieux
que tesrichesses
, pour luy faire
un present qui n'estpasindigne de
luy ; l'olive croit dans ton propre
sein. La chasleColombeportant le
rameau pacifique
,
vint au-devant
de Lüls, c- se donna eUe.
mêmepourgage de la Paix qu'-
elle venoitaBûrer.
Sieges de Mons & de Namur.
DeuxJameujesPlaces, "7 orguëilleuxd'uneProvincebelliqueuse,
se d'uncPe-o témérairementd'ètermiser
leur ?foire
,
fn*
de braver les pluspuissants efforts:
la nature
3
l'art sembloient s'estre
épuisez pour les rendreimprenables
; les eumens en courroux paroij]
oientaimc^ en leurfaveur :
toute la Ligue rug,zffiit à l'entour.
Quelle entreprise parut jamais
plusdifficile
, que la Conquête de
ces Praces !
Louisseullajuge possible &
tft fui capable de l'executer. Il
animesestroupes piria presence,
ilpreBe les travaux, il vole dans
les lignes, il commande aux attaques
,
son quartier tfi partout.
Quelfeu éclate tout à coup! on
foudroïe
, on brûle
,
les Bastions
tombent, les murs, les rochers se
fendent, les remparts s'ouvrent,
les eaux qui couvroientlaCampagnefremissentense
retirant.
quarantejours suffisentpour ôter
le nom d'imprenable à Mons cm à Namur.
Le plusbel endroit est sans
doute le portrait qu'il fait de la
derniereguerreil y met dans
un beau jour les glorieuses
Campagnes de S. A. R. Monseigneur
le Ducd'Orleans
,
voicy une partie de ce qu'il en
dit.
Dieu avoitréservé ce H.ro;,,
pour raffermir p&r ses mains
triomphantes une Couronneébranléeypourfaire
fi-urirno\lauriers
surl'Ebreefur la Segre,pour
abattre lesformidables remparts
dufameux Lerida, autrefoisl'écueil
des plus grands Capitaines,
enfinpour renouveler en. Catalogne
& en Arragon tous les prodigesde
Charlemagneson ayenl
La seconde partie commence
ainsi.
Les titres les pluspompeux
que lemonde accorde àses Heros,
neproduisent tout au plus dans
l'esprit, qu'uneadmiration sterile
& ne peuvent empêcher le coeur
deplaindreensecret,celui dont on
fait l'éloge;maislorsque les vertus
chrétiennes accompagnent les
vertus guerrieres
, & politiques
dans celuiqu'on loüe
,
quelle
douceconsolationsemêleauxjuftes
regrets desa mort!
Il dit plus bas.
A Dieu neplaise qu'à la face
des Autels, j'appelle lumière, ce
qui ne l'estpas. Iln'appartient
qu'à l'antiquitéPayenne
,
de réverer
dans les Rois, jusqu'à leurs
défauts.eb pourquoi déguiser
dans un Prince desfO:blejJesJpour
ltry ôter la gloire de les avoir réparées
! leplus beau jour n'estpas
sans nuage,l'astreleplus éclatant
s'éclipsequelquefois combien
d'écueils dans ces lieux où le funt/
fe oubli de la mort s'entretient
souventparles charmes de la nJie..
ou dans le sein de l'abondance on
rend heureux les autres parses
bienfaits, ou en faisant tout
trembler parsa [ag'fl' ou parson
courage, on semble (stre le Dicu
des mortels ,rempliBant le monde
à son gréd'amour ou de crainte,
desurprise ou d'admiration.
L'Orateur dit ailleurs.
Si Louisaouvert lesyeux sur
leschoiesdelaterre
,
de combien
de vertus a-t-il orné un coeur,
dont il a reconnu que ce monde n'étoit
pas digne. Dieu aime sur
tout àtriompherdu coeur desRois,
pourfaire un chef d'oeuvre desa
miséricorde de ce quia esté le chef,
etoeuvre de sa puissance.
Plus bas.
Jamais il neparutsirespéctable,
si brillant d éclat & de gloire
,
que lors qu'il sybumilioit devant
l'Arche nouvelle
,
adorant avec
une foy vive, la Majesté de
Dieu> sous les voilesfacre^ qui
l'anéantissent. Niiij
Dans un autre endroit.
Je ne viens plus louer un
Monarque qui afait touttrembler
par sa puissance ; mais je
vienspleurerun Roy la viéîime
de la mort il n'attend pas
qu'on l'dvertijp, ilconnoist luymesme
le danger, Cognovit occasum
suum
,
lavé dans le
bainsalutaire de la Penitence,
humilié, contrit, ilreçoitlaViélime
adorable qui vivifie les
mourantspar legage de l'immortalité
Il fent la poudre retourner
en poudre nese troublepoint;
ilentenddessoupirs
<2r des voeux mêlez avec tristesse,
eenes'aflfige pas àlavûe
du dangerqui lemenace. Il estle
seul qui ne craint pas.
A la fin l'Orateur dit, en
parlant du jeune Roy,
C'est un Soleil qui se levé,
qui nous promet les jours les
plus beaux &les plus serains.Il
n'éblouitpasencore; mais il commence
à ravir nos yeux. Déjà il
ranime les cendres desonillustre
Bisayeul. Mille vertus naissantes
ne nous font ellts pas esperer,
qu'un jour il égalera [a(rloire
sil ne lasurpasse point.
Quel bonheurpour luy, de retrouver
la sâgessè de son Pere,
la bonté de son Ayeul
,
la magnanimité
di-Jon Besayeul,si
glorieusementreunies dans ce GRAND PRINCE,
que (esjubîmesCS héroïques ta-
Unst que riOS zctx C9* nostre
choix auroientappellé Àïdàmi'-
nistration de cette Monarchie, si
saRoyale naissance ne la luy avoit
destiné. C'est luy qui conservera
tous nos Traitez, qui fera
revivre le Commerce, qui ramenera
les richesses&l'abondance
,qui réparera une perte,
qui,sans luy, auroit esté imparable.
C.est luy que le Ciel a reservépourestreà
la France une
ressource certaine ,
dans uneafflillurlsi
generale
, icr dans un
fipt<fiantbefotn ; pour estre le
souverain dépositaire de la puissance
(y* de l'autorité Royale;
pourservir de modele £<r de
guide AU jeune Roy ZelE pour
la Foy
,
illuy donnera par son
attachement à la Religion, des
sentimens dignes du Fils aisné
de l'Eglise. Genereux,équitable,
il le formera à Uplus hautevaleur
par ses grands exemples, (Sr
à lajusticeparsessagesconseils.
Bon, pacifique, illuy inspirera
par sa clemence, la bonté pour
sespeuples,-cm l'amour de lapaix.
Toûjours appliqué, il luy enseignera
p-ty sa Ubo-ieusevigiUn*
Cf, ur les soins doivent est
m fiez avec la douceur du Thrône.
Digne de regner luy-même
quel * 0 , Prince fut jamais plus capable
que Philipes,d'enseigner
f l'art de -' régner.
Tour ce Discouren generalestremplide
beauté, &j'en
aurois fait un extrait plus é[cn-,
du,s'il n'étoit pas entre les
mains du public qui estleMaître
de le trouver imprimé
chez le sieur Louis Guerinrue
S. Jacques, vis à vis la rue des
ivi.ichutins., àS. Thomas d'A-
'¡
quin,&chez la veuve de Pierre
Bienfait sur le Quay des Augustins,
à l'Image Saint Pierre.
J'aurois entrepris de donner
au public un extrait du Discours
que M. de la Motte a
prononcé dans l'Academie, à
la louange du Roy,si la grande
réputation de M. de la
Motte ne me preserivoir pas
de renvoyer le lecteur àl'Original.
Il en cft à mon égard de
même de ~nfon Fonebre
que M.l'Abbé de Barcos Docteur
de Sor bonne
,
Grand
Vicaire de Monseigneur l'Archevêque
de Lyon
, a prononcéedansl'Eglise
des Carmelites
de cette Ville, le cinq du
mois passé. Ce Discours cil un
chef-d'oeuvre d'Eloquence &
un Tissu continuel de grands
traits, plein de pcnfées neuves
exprimées avec toute la noblesse
del'art.J'ayeû pour M.
l'Abbé deBarcos le même refpcct
que pour M.fie.ra Motte,
& j'aysentiqu'il ne m'ecoit
pas possible de fairel'extrait de
son Discours, ou plutôt qu'en
entreprennant de le faire,je
tomberois à chaque instant
dans la necessité de le copier
presque entièrement.
Il paroist depuis quelques
jours un certain Livre intitulé
SpJJCffHJfioYlque:c-e titre m'a
sur pris d'abord, &en furprcndra
bien d'autres,qui auront
peine à croire ,
qu'on puisse
tirer aucunes Hilloitesvcritables
des Signes & des Constellations
,ce quim'a oblige de
| le lire avec attention,l'Auteur,
quel qu'il soit
,
m'a paru
fort (çavant dans lH^ftoirc
ancienne, profond dans ses
rtfLxions,cx^£tdans l'ordre,
&dans laméthode qu'il ob-
)
serve avec soin.
Peu d'Ecrivains ont expliqué
jusqu'à present les plus
beaux endroits de la Mythologie
à la lettre, & dévclopé
les Enigmes des Poëtes si à
fond:il éclaircitmême les plus
grandes difficultez de laChronologie
, en distinguant les
personnes de même nom; &
les divers noms de chaque personne
pour accorder les personnes
avec les temps & les
lieux.
Il donne aussi un abregé
de l'Histoire des Dieux qui ont
donné commencement à l'Idolatrie,
dolatrie,plus clairement & plus
ouvertement que Vossius; car
il nomme ces faux Dieux par
les noms propres, & par les
qualitez qu'ils avoient sur la ,
terre: &c'est là proprement la
clef de l'Histoire ancienne , Ô£
l'origine de la Chronologie.
Son stile est simple & naturel,
& par consequent ne seroit
pas ennuyeux, s'il ne
tomboit assez frequemment
dans des redites qu'il a peutestre
crû ne pouvoir éviter en
faveur de ceux qui ne sont pas
versez dans cette matiere, son
Orthographe est à la moderne
il csi fort scrupuleux dans la
aiftm&ion des épar le moyen
des accens , pour rcctncr la
prononciation des Etrangers;
mais ily a quelquesnoms pro.
pres qu'il écrit d'une maniere
extraordinaire ,telsque sont
EnêjOrpbeyPerfî3Thtfé, Eol,
ulchil3 Mercur,Hercul
, &c.
disant
, que les noms d'hommes
ne doivent pAS avoird'é seminin
à la fin du mot:selon la Régle
de la Grammaire reçue de toutes
les Nations. Omneviro soli
,
&c.Il écrit aussiCircée, Dircée
,Cassiopée,Hebée, par
deux é
, comme étant des :
noms de femmes qu'on ne
peut distinguer des noms
d hommes, que par un é féminin
final;suivant la Regle
universellem* ent reçuë. Esto
femineum recipit quod femina, -
tantùm.
1 Mais il donne un avertissementau
Lecteur de cette divet
sité d'écrire; où il invite
les Sçavans à établir ce princi- ,., pe important a toutes les Langues
vivantes ou mortes, par
lequel on puisse faire la différence
du Mascul in& duFeminin;
puisque nous avons un é
particulier, qui ne fert qu'à
cela, & que l'on appelle pour
ce sujet éfeminin,éfinal: il est
de la derniere importance de
ne point confondre les sexes
grammaticalement,non plus
que les nombres.
Danscet avertissement ,il
prie les Sçavans de faire attention
, sur la différence qu'il y a
entre l'usage de la parole, &
l'usage de l'écriture: le premier
,ditil ,
est libre, sans
regles,&sujet à changement ;
le second
, au contraire
,
est
fixe,immuable,&fondé sur
les principes inviolables de la
Grammaire universelle
,
qu'il
die estre despropositions d'éternell
e vérité.Propositiones Ceveritatis.
Cequ'il tâche de prouver
parune comparaison fort simpie
&quine taine pas d'estre
ingenieute & persuasive:
Il dit qu'une Langue vivante
est semblable à un cadran
d'Horloge, où il y a deux
choses à remarquer ,
sçavoir
Téguille qui est toûjours en
mouvement & tourne sans
ccfle , comme une Langue vivante
qui change de niots,.
change de prononciation change de conaruction , & de
modes. Les chiffres du cadran
qui re presentent par des lettres
ca pita les les heures, font fixes,
& immuables, comme étant
fondez sur les principes i-nvio
lablés & non corrompus de la
Grammaire universelle,& ils
reprefenrent l'usage de l'écriture
, ou orthographe.
Que l'on parle,&que l'on
prononcecomme on voudra,
l'écriture s'accommodera à
tout,suivant les principes des
lettres bien affermis & bien
restituez chacune a leur effet
propre &naturel.
Ainsi l'u sage de parler
étant bien distingué d'avec
l'usage de l'écriture; il soutient
quel'orthographe conforme
à la prononciation, ne
changera jamais, nonplus que
les chiffres du cadran. Vous
pourrezvoir le reste explique
bienau long dans l'Original
au commencement de la Sphere
Historique, & dans les principes
de la nostre en 16,6.9. &
1670. Le cor ps du Livre est
agréable par ses Histoires curieuses
; par les maximes de
morale,& par ses anciens
principes d'Astronomie, presque
perdus & inusirez dans lesderniers
siecles.
CeLivreest dédiéàS. A. R.
Monseigneur leDuc d Orléans
Regent du Royaume,aussibien
que cet autre de M.
l'Abbé Richard, qui a pour
titre - Parallèle du Cardinal
de Richelieu
,
& du Cardinal
Mazarin, contenant les anecdotes
de leurs vies& de leurs
minières;&c'es le premier
Ouvrage quiaitestédédié au
Regent, depuis que ce Prince
remplit si dignement cette place.
La kaure de l'avis au Lecteur
, nous apprend que le
même Auteur luy avoit déjà
dedié le parallele du Cardinal
-
Ximenés
Ximcnés & du Cardinal de
Richelieu, quiaesté universellementestimé
dans toute l'Europeoù
ila esté plusieurs fois
imprimé,même traduit en Espagnol,
il est à souhaiter que
l'Abbé Richard puisse trouver
letemps d'executer les grands
desseins qu'il a de faire dans le
rnernc gout & avec le même
stile les parallèles de deux derniers
Archevêques de Paris,
des deux derniers Eveques
de Meaux,des deux derniers
Eveques d'Orléans
,
des deux
derniers Evêques d'Evreux.
des deux derniers Confesseurs
du Roy, dont il a deja fait une
bonne partie ;on voit dans
celui-cy la différence du gouvernement
de Richelieu sous
Louis XIII. dans le ministere
de Mazarin fous Louis XIV.
& en peu de mots il y fait
admirer les heureux commcncemens
d'une Regence fous
Louis XV. il y rapporte his
toriquementce quis'estpassé
fous ces deux grands Cardinaux
,
touchant le jugement
de la personne & de la doc-
-1
trine des Evêques, & la Censure
de l'Eglise de France à ,
l'occasion de la Constitution
d'Alexandre VII. sur le Jansenisme,
& ensuite il tombe
sur ce qui vient de se passer
depuis deux ans en France,
pour la Constitution Unigenitus
du PapeClecmentXI.de
forte que dans ce volume in
12. on trouve des choses trescurieuses
sur les affaires du
temps. Ce Livre se vend à Paris
au Palais, chez Cavelier &
Brunet;dans la rue S. Jacques
chez Etienne; sur le Pont S.
Michel chez Bouillerot
, &
chez Cailleau sur le Quay des
Augustins.
Le même Auteur est déja
connudans la Republique des
Lettres, par plusieurs ouvrages
d'Histoire & d'Efudtuon:
c'est luy qui avoit donné la
Vie du fameux Frere Jofcph
Capucin.
EXTRAIT FRANCOIS
d'un Poème Latin intitule,
Annus-lncunis, IlAnnéleau
berceau, dédié & presenté
parM.I*AbbéJamoayslepremier
jour de l'an aMonfeigneur
le Duc d'Orléans Regent.
du Royaume.
Comme le Soleil & la Lune
font l'année par leur mouvement,
le Pacte fait du nouvel
An un petit Dieu.
al Le Ciel change de face,
s'ouvre tout à coup,&le nouvel
An descend dans un berceau
au Palais Royal. -
,4* Ce divin enfant,ce fils aimable
de l'Astre du jour, &
de l'Astre qui préside à la nuit,
témoigne son empressement
pour saluer un Prince, qui est
l'auteur du salut des François.
Il est porté par l'amour des
peuples, & par ces heures précieu
ses, que S. A. R. veut
bien sacrifier au rétablissement
& au bonheur de la France.
L'amour grave sur le berceau
avec des traits de flammes
les plus ardentes les vertus,
les qualités superieures &
les belles actions du Prince.
On voit d'abord un enfant
sur le Trône *
, que
Monseigneur le Duc d'Orleans
soutient de la main.
La crainte & la fraude sont
bannies du Trosne.Thémis
feule y préside
:
la Pieté
,
la Fidélité,
la Foy & la Religion
tiennentla balance ; ia Lrbertéen
garde l'encrée.
* Louis XV.
Les lis, les roses & les fleurs
les plus agréables naissent fous
-
les pasdeS. A.
Laclemence, les grâces, la
candeur, la forcé & la faveur
avec un visageprévenant, l'accompagnent
par route - L'honneur le plus bel enfant
des Dieux,& qui est luymême
le pere des beautez,
marche à la reste suivi de la
renommée,de lagloire & des
loüanges.
- On voit gravé sur le berceau
en caractères briilans d'or
ce jour, cet heureux jour,
auquel le Regent accompagné
de la Famille Royale &
des Grands, entre au Parlement
aux applaudissemens de
ce Corps illustre & des Parisiens.
Le Parlement admire l'air
majestueux du Prince,& tous
estraies d'éloquence, qui partent
de sa bouche. Astrée revientincessamment
du Ciel,
pour luy mettre en main les
rcfnes d'un puissant Empire,
qu'il tenoit déjà par la naissance
, & par son mérité connu
depuis si long temps.
La Renommée vole avec
rapidité devilleen ville, pour
annoncer une nouvelle,que les
François dans leur douleur
attendoientavec impatience,
&c.
Il faudroit traduire toute
l'histoire de ce Poëme
, pour
en donner une plus juste idée;
mais l'Auteurpourroitneme
sçavoir aucun gré de ma traduction
qui ne serviroit peutestre
qu'àffaiblir les beautez
de l'Original qu'on trouvera
à Paris, chez le Sieur Simon
Langlois,dans larueSEsxtienne
des Grez, à l'Enseigne du
Bon Pa sieur.
M. l'Abbé Jamoays , qui
enestl'Auteur,a fait le pre-<
mier Pocme sur la mort du
Roy, sur le nouveau Règne
&laRégence ,&. a eû l'honneur
de le presenter au jeune
Roy, & à Monseigneur le
Duc d'Orléans. J'en ay parlé
au mois de Décembre dernier; ;
i! estintitulé;Ludovicusmoriens,
Louis mouranr. 1'4 ; ; C'estencore iCJ>le premier
Poeme,qui ait paru sur S. A.•'*
R. depuis qu'elle tient les rênes
del' Empire lemême Auteur
aeû aussilhonneur de le luy
presenter&à Monseigneur le
Duc de Chartres L'un&l'autre
ont été également goûtez
de la Cour, &applaudis da
publicquoique dans un genre
différent.
Le premier est un enfant de
douleur, né parmiles larmes,
& les soupirs.
Le second est un enfant de
l'Amour , mais d'un amour
pur, sincere & ardent des
peuples
,
& d'une tendresse
respectueuse du Poete pour
S. A, R.
Celui làest dans le grand;
ladouceur
, & la delicatesse
font le caractere dominant de
celui-cy :les, plaisirs
,
la joye,
les ris, les jeux innocensont 'l'
prefidéàsanaifTancc.!
Le dessein en est nouveau&
tres ingénieux, depuis le com- î
mencemenc jusqu'à la fin la I
nature y joue avec l'art
, & J
l'arc avec la nature.
L'Histoire
,
la Fable
,
la
Theologie desAnciens,lesont #
répandues de toutes parts dans
cet Ouvrage,& par de continuelles
allégories on voit ;
renaître la France fous le nou- k
veau Regne & la Reg°nce.
Le Ciel, qui change tout à t
coup de face
,
le nouvel an, j
son berceau
,
les heures de S. t
i
t
A. R.l'amour despeuples,sont
autant de Synibolesà lasuite
desquels le Poete fait paroître
une grande variété d'images
peintes avec noblesse. Il s'éleve
pourtant de temps entemps
sur tout dans l'êpisode des Sièges
,
des Batailles,& des Victoires
de S. A. R. &c.
Comme un Poeme Latin
perd dans un Extrait, ou Traduction
- ,cette vivacité, ce feu,
qui en font l'ame, & ces couleurs,
naturelles
,
qui le sont
brilleravec éclat ,jay juge à
- propos dene donnerqu'une
idée de l'Ouvrage,& derenvoyer
les Curieux à l'Ouvrage
Latin.
- J'ay encore un nouveau
petitLivre à vous presenter,
celt une Disertation sur la
nouvelledécouvertede l'bydropine
du conduit lachrimal,
sur les causes epi la produisent,
& sur les avantages que
l'on retirera de cette nouvelle
découverte,avec la maniere
dedonner à boire parl'oeil,
& un projet pour s'instruire
à fondsdes maladies desycui,
presentée à MssieursdëH'A-
-cadé'ftiieRoty^Fè'des Sciences
de Parisle16.Novembredernier,
& lue dans Assemblée
de la mêmeAcadémie le 29.
du même mois. Ce Livre cfl:
dela composition de M.Anel,
Docteur en Chirurgie, &
Chirurgien Pensionnaire de
Madame Royale
, mere du
Roy de Sicile
,
bisayeule du
Roy Tres Chrétien, dediée à
S. A. R.Monseigneur leDuc
J'of kutns RegentduRoyaume
: il se vend à Paris chez le
leurJean. Baptiste delEsxpine,
ue S. Jacques, à limage faioç Paul. *** rt, - On trouvera aussi chez h
leur Saugrain l'aisné,Libraire
sur le Quay des Augustins,
prés la rue Pavée, à la Fleur de
Lys
, un Livre nouveau intitulé
: Les Curiositez de Paris,
de Verfailles
,
de Marly, de
Vincenncs, de S. Cloud, &
des environs,avec les adresses
necessaires pour trouver
facilementroue
ce que ces beaux
lieux renferment d'agréable&
d'utile. Cet Ouvrage est enri- 1
chi d'un grand nombre de sigures,
& dédiéau Roy Loüis
XV. par L. R. Le prix est de
3. livresreliéen veauOntrouvera
chez le mêmeMarchand
l'Histoire de Zeloïde & d'Amanzaridine
manzanfdine
,
Conte Arabe.
Ce Livre est forti avec succes
de la plume d'un jeune homme
qui a beaucoup d'esprit
,
& qui écrit bien; c'est le jugement
de tous ceux qui ont
lû ses Ouvrages.
Je vous parlerois maintenant
des miens, & cela seroit
bien juste, si je n'apprehendois
de soulever encore une
fois les honnêtes gens qui se
font plaints que je parlois trop
souvent de moy ; mais d'un
autre costé l'affaire est si importante,
que je ne sçaurois
avoir la docilité de me foûmettre
à leurs décisions; je-vous
diray donc encore ,
quoyqu'il
en foit
,
que.je fuis l'Auteur
du Journal Historique de tous
les Evenemenrs qui ont précédé
la mort du Roy, & de
tous ceux qui l'ont suivi six
semaines a près ;mais je ne
vous le repere que parce que
je suis estonné que le Public
n'ait receu qu'à demi tout au
plus,lafaçondontjeluyay
annoncé M. de Villars;son
Eau merveilleuse est d'une si
grande ressource contre toures
les maladies du monde,
que j'ay crû que personne n'hc.
siteroit à avoir recours à luy,
& à moy pourenavoir;le Lecteur
fage & diseret fera de ce
troisiéme avisl'usagequ'il luy
plaira, ilne m'appartient pas
de luy donner des conseils
,
mais la place que j'occupe me
prescrit de luy proposertout
ce qui luy peut estre ucile. S'il
aime sasanté, & la conserver
jusqu'à l'extrême vieillesse, il
doit se munir de ce Livre qui
Fe vend chez les Sieurs Jollet
& Lamesle
, au bout du Pont
S. Michel, du costé du Marche
Neuf
, au Livre Royal; il
y apprendra toutes les pro-
pdetl2.June Eau, que la quantité
des merveilles qu'elleopcre
, peut incontestablement
faire p.) (Ter pour une Medecine
univer selle.
Le fpr£fcjclc de Paris, le plus
suivi à present & leplus agréa.
bleen même temps,est celui
dont les Directeurs de l'Opera
regalent le public tous les
Lundy
,
les Mercredy
,
& les
Samedy de chaque semaine.
C'cft un Bilétabli avec tant
d'ordre
,
de lumières
,
& de
propreté,qu'il est devenu le
divertissementde Paris leplus
a la mode. Chaque Misquey
est receu moyennant le prix
& somme d'unécu.C'est à ce
tîtrequ'il acquiert le plaisir
(quelqu'il soit)de: danser.ou
des'entretenir à la saveur de
son masque,avec les plus distinguées
& les plus jolies femmes
de France. S'il est entreprennant,
& qu'il ait de l'esprit
, il y peut faire fortune.
Pour moy ,
je vous avoue que
j'ay d'abord regardé ce Bal
comme une pepiniere d'avan-•
turcs, mais il y fait si clair,
qu'on n'y peut attraper tout au
plus,que quelques lambeaux
de convention. Le jargon 1
de ce païs là tout détestable i
qu'il est
,
estla plus amusante J
chose du monder il fcnlbrc i
qu'il aétédonné à tous, par 4
un don particulier ( & l'esprit
à part) la faculté de parler également
bien cette langue. Au
reste cet établissement aété
inventé fort à propos, dans
une Ville comme Paris ,où il
faut absolument des plaisirs.1
Cependantil yarrive tous les
jours une chose dont le ridicule
est extrême, & qui révolté
les Ecrangers, comme tource
qu'ilyadeFrançoisraifonnables
En unmot on dit ,& je
b,pensecomme ceux qui le
disent,qu'il est tout à fait impertinent
de voir dans une
assemblée aussi brillante par le
nombre & les grâces des Dat)
mes qui s'y trouvent tous les
jours, un ras de jeunes étourdis
qui dansent entr'eux, toute
les danres qu'il leur plaît,pendant
que la pluspart du temps
les Dames sont debout,occupées
à les regarder faire leurs
exercices. Si ce Bal donne matière
à quelque jolie avanture,
comme je respere,jenemanqueray
pas d'en fairemon pro-
'¡':..
-tir, & d'en amuler le public.
Je n'y ay vu ,
jusqu'à present
que de legeres ébauches de
galanterie; en voicy une.
Le is. de ce mois à minuit,
une grande,brillante
& belle Masque entra dans le
Bal de 1 Opéra, accompagnée
d'une personne prcfque au
bien misequ'elle. Ces deux
beaurez fendirent la foule de
Masques avec une fierté digne
de leur rang La fermeté d
leur démarche & la nobldh
de leur contenance leur atti
'f rerent descivilitez, des hommages
';'
qui penserent leur
faire
faire tourner la cervelle. Un
jeune homme de condition
remarqua leur embarras, Se
leur trouva en même tem ps,
une si prodigieusequantité
de grâces,qu'illes prit fous sa
protection. Ses soins & d'autres
objets écarterent la foule
des prétendans. Il fit enfin si
bien, qu'il leur trouva une
place dansuncoinde l'Orquestre
du fond du Théâtre. Ce
-
fut là qu'aux pieds de sagran- * deReine,il étala de sonmieux
tous les sentimens de son
coeur. Il luy dit entre autres
choses, qu'il-ne vovoit rien
de si beau que l'énorme grofseur
de son poitrail, qu'elle
avoit un embonpoint dont il
estoitenchanté,&qu'il s'estimeroit
trop favorisé de l'amour
& de la fortune
,
s'il
pouvoit parvenir un jour àla
gloire de se voir l'heureux
nourrisson d'une si belle Nourrisse.
Il ajoûta à ces douceurs
quantité d'autres belleschoses
que la memoire de Mercure
( qui ne manque jamais de se
trouver partoutoù il y a quelque
apparence d'avantures
,
)
n'a pas eu le courage de retenir.
Il est néanmoins bien vrai
qu'il suivitla conversation de
ces Masques,&qu'il entendit
avant de les quitter, qu'ils se
donnoient un rendez
- vous
pour le lendemain à midy d"n;
l'Eglise des Cordchers, où les
Auteurs ne manquèrent pas de
se trouver comme ils se l'étoient
promis. Leurs regards
& quelques signaux réciproqucs
assûrerent leur reconnois.
sance. Ils se joignirent à la
porte de l'Eglise.,ils le parlerent
,
& se separerent après
estre convenus de se revoir l'a-
,
presdinée dans la maison mê-
1me de la belle Avanturier
-' Vers le loir le Cavalier fut
faire lavisite à laquelle ils'é-
- toit engagélematin.Ilheurta
à la porte qu'une servante alla
luy ouvrir pour le conduire,
dans un Appartement magnifique
,
où sa Dame le receut
avec toute la joye & route la
politesseimaginables. Savisite
-finie, il ne songea plus qu'à
chercher dans Paris quelqu'un
qui voùlut recevoir la confidence
desa bonne fortune. Il
'exagcra on bOLh,:;ur, il éleva
sa belle au -
dessus de toutes les
belles dumonde, & ne se projnic
en un mot rien moins
qu'unheureux&splendidehymen
avec une si aimable & si
riche perronne. Mais son indiscretion
luy coûta cher ; il
parlatrop
,
il retournamal-àpropos
au logis de la Dame de
ses pensées, enfinilfittant d'élogesde
sa prétendue félicité
qu'au bout de trois jours, il ne
luyresta pour rout fruit de Ces
pas, que la honce de ses foins.
Un particulier de sa connoissancequi
demeuroit dpus le
voisinagedesaMaistresse,devint
le dernierconfident de
cette intrigue. Il congratula
cet Amant sur le mente de sa
conqueste ; mais un moment
après il luy dit qu'il voyoit
bien qu'il ignoroit à qui ilavoit
affaire, qu'il estoit bien assc de
luy apprendre que saMaistresse
estoit en liaison étroite avec
des gens qui ne luy convenoient
point, & que le lendemain,
s'il estoit curieux
,
illa
luy feroit voir dansun état qui
le dégoûterait à jamais d'elle.
Le jeune homme accepta la
proposition d'un air de confiance
qui annonçoit son incrédulité
, & consentit enfin à
se trouver à cinq heures du
matin chezceluy qui luy parav
« tant d'asseurance d'unechose
qui ne pouvoir se
periusKÏer. L'heure du rendczvousarrivée,
il alla au logisde
son amy ille somma de luy
tenir parole: ceque l'autre fit
à l'instant Il mesta l'Amant de
sa charmante voisine jusqu'au
coin del'Eglise des Cômedu
(-&rI delarue dela Harpe,il
se mit avec luy en sentinelle
sous une porte, & aucoup de
six heures, illuy recommença
d'ouvrir si bien les yeuxqu'il
ne luy Fur rien échaper de ce
qu'il alloitvoir. En effet, le
jeune homme regarda tant qu'-
il pût& vie à la fin avec un
étonnement extrême son heroïne
arriver chargée de tout
l'équipage de ces honnestes
Marchandes qui establissent
tous les matins leurs boutiques
au coin des ruës,&recon.
nut enfin
,
à la faveur de la lulniere)
que sachere Maistresse
estoit une des plus grasles Tripieres
de Paris. A l'instantcon
fus de son Avanrure, il embrassa
son indiscret amy , &
puit la fuite avec luy.
Le Lecteur n'avouerat-il
pas maintenant que ces deux
Amantsalloient faire bien du
chemin ensemble fous Térendart
de l'amour
,
si ce jeune
étourdy n'avoit pas temerairement
confiéce secretimportant
à un homme trop instruit
desaffaires de sa Maitresse
Voila déja une avanture du
Bal, il faut esperer qu'avec le
temps, j'auray occasion de
vous en conter d'autres plus
interessantes ; mais pendant
que nous Comines sur le chapitre
des Bals permettez moi
de vous inviter à lire la deseri
ption que je vais vous faire le
plus naturellement&le mieux
qu'il me fera possible
,
de celuyque
M-)nÍi:ur l'Ambassadeur
de Portugal a donne le
Miriy vlngr. huit decemois
pue de S. François, à l'honneur
de laFeste de la Princesse
DonaFranciscasoeur du Roy
dePortugal.
- Le - Lecteur doits'attendre
icyàlavûëdu plus brillantta- < bîcau qu'on puisse offrir à fesyeux
, si le Peintre a l'art de J
s'exprimer d'une façonquirépondeauxidéesque
le public
a de la magnificence de cet l Ambassadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVille le
1 8. du mois
d'Aourt dernier parut si superbe
,si splendide & si riche,
que per sonne à Paris ne se souvient
d'enavoirvueunepareille.
La quantité de médailles
d'or & d'argent. qui furent
alors jettées au peuple,achevèrent
de donner de sa personne
la haute opinion que tout
le monde en a. Attentif à suivre
les temps pour se conserver
des suffrages universels
dont nul particulier, quelque
distingué qu'il soit, ne peut
luy disputer l'avantage, il n'a
pas plutôrvûarriverTecarnaval,
qu'il aétabli que tous les
Mercredisil yauroitune As-
<
semblée dans sa mulon oùj
l'on recevroit d'une manière
convenable à sa dignité & à,
ses intentions, toutce qu'il y
a d'honnêtesgensàla Cour& X
à la Ville qui voudroient lui j
fairele plaisird'allerchez 1uy.-t
Cette Assemblée Ce tientré- ;
gulierementle Mercredy dans )
plusieurs sallesdesonHôtel,
oùil yaconcert,bal, jeux,'t
& collations superbes; mais j
ces fêtes régléesnontestéque|
le prelude decellequ'il a donnée
le 18. de ce mois.* ;
Pour en tracer une idée approchante
dela verité,il est à.
propos d'entrer dans un leger
détail de la situation de sa
maison.
L'Hôtel de Portugal connue
avantque M. le Comte
de Ribeira l'occupât, fous le
nom de Bretonvilliers,estun
des plus beaux Palais de cette
Ville,jeds Palais,quoyquece
terme ne soit pas en usage en
France, pour distinguer cette
maison d'une infinité d'autres
qui font fort belles, & qui
n'approchent point de labeauté
de celle cy.
CePalaisest situé à la pointe
de l'Isle de Nôtre-Dame
dans.. fcxpofition la plus charmante
du monde. Sonétendue eji
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
une fuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut exposer de plus satisfaisanty
est offert avec abondance.
La nich sse des meubles
,
des dorures,seulptures,marbres
bronzes,glaces , ,CT^.y brille de
tous côtez. Les pieces les pluscurieseesont
lestrimaux de la(Al/e
baf]e(juiJont remplij àrxc, ll ntes
copies que le celebre Àfiçnard
afaitessur les originaux de Ra-
1 * Cet article est tiré des curiositez
de Paris.
phttël dXJïbin : enjuite lagalerie
du premierappartement qui eji
peinte entièrement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
est enrichie de quatre metvdUeux
TableauxdufameuxPoussin qui
represententl'enlevement des Sabines
par les Romains, le Triom- -
phe de Venus sur les eaux ,
le
Passage de la Mer rouge ,
le
Veau d'oradoré dans le Desirs.
Onyvoit encore un excellent Tableau
de Michel Ange, c'est NôtreSeigneur
porté dans le Tombeau
,
enfin dans une antichambre
l'admirable &intima»
ble Descente de Croix,peintepar
Danield jointe, Ce Tableauest
estiméleplus excellentque l'on air
en France de cet habile Italien.
On ne peut se dispenserd'ajouter
à ces beautcz la richesse
des tapisseries & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais fous lequel est le Portrait
duRoyde Portugal estcomme
les chaises& lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or, & admirable par la bizarerie
de son dessin & par la
sinesse de sescouleurs.
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
Famille du Roy de Portugal
celui delabelle Princessequia,
été le su jet de la fête qu'a donnée
cet Ambassadeur. Oau'.e
une infinité de meubles de
différentsdamas galonnez d'or
qui sont distribuez dans les
bas appartements de ce Palais,
en montant,on entre à droic
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiereest
tenduë d'une tapisserie
de haute lice qui represente
l'Histoire de Joseph Dans la
seconde il y a un dais de velourscramoisi
à fonds & franges d'or
pareil aux chaises: cette chambreestornée
d'unoriginal de
Raphaëlqui a pour sujet les
travaux dHercule. Dans la
troisiéme on est ébloui de la
magnificence d'un superbe lit *
de parade qui,aussi bien que le t.
reste de l'emmeublement, estJ
d'une étoffe à fonds d'or garnie rd'unefrangedemême.
Decette
chambre on voiea travers une |
porte de glaces, un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini debctics
Porcelaines du Japon, & de
/, bijoux les plus rares & les plus
estimez, & on y distingue aisément
la beauté d'une toilette
qui est un chef d'oeuvre d'Orfevrerie;
mais revenons, s'il
vous plaît, au bal qui a donne
lieu à cet abregé des richesses
de ce Palais.
La terrasse qui regne sur
la porte del'Hostel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du soir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes,les
Timbales, les Hautbois, &
pluficurs Joueurs de differens
instruments y monterent, &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humectéleurs cntrailles
,
ils entonnèrent des
chants d'allegresse,& annoncèrent
à toute la ville la magnificence
de cette feste.
A onze heures &demi, les
Masquescommencèrent à entrer
, ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai.
lie de plusieurs lustres, &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre
,
qui portoienc
chacune deux grosses bougies.
Avant d'arriver àcette galerie,
on estoit obligé de s'arrester
dans le partage
, pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures seches
arrangez sur des corbeilles &
des plats de la Chine dressez
en forme d' Amphithéâtre,au
dessousestoit une abondance
prodigieufc de viandes exquises,
&vis à-visungrand busset
de la largeur de cette (aile, -
estoient plusieurs Officiers
chargez du soin de donner
sans cesse aux Marques, tous
les rafrraichissements qu'ils
pourroient demander, & de
remplacerà chaque instant les
plats vuides par de nouveaux
ferviccs. Aux deux extremitez
de la galerie, quiest d'une
étenduë capable de contenir
mille personne,on avoit drer-1
fé deux Amphithéâtres pour
la fimphonie
: Ce fut là que
d'abord tousles Masquesarri- - *
verent ; mais cette ga l erie se
trouva si pleine en moins d'u-
* ne heure, que chacun chercha
contre l'affluence du monde, .i
un azile dans les différentsap- A
parlements de ce Palais, qui se :'
trouverent tous vers les troisi
heuresdu marin aussi remplis - deMasques.,q, elagalerie.3
Toutes les premieres Da- ¡
mes & les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu-!
rent prendre leur part desplaisfiirrss
de cettc fcfte, Gu une gros f- Nse banque de Pharaon attira
plusieurs Ma sques
,
& dont
les Banquiers en furent quittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement manquèrent
à la description dece
Bal,si jene disois rien de la
grâceadmirable avec laquelle
Madame l'Ambassadrice a fait
les honneurs de cette feste.
Cette Dame est jeune
,
belle,
& sibienfaite ,que personne
n'a la taille mieux prise&plus
noble qu'elle C'est un malheur
pour elle au Bal; car sa
riche taule la démasque parrour.
Elle parut dans le fien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Porrugasse
sous un habit l'écarlatte.
brodé d'argent, avec une jupe
détoffe d'argent couverte
de distance en distance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de sa cravate
étoient de diamants.&. de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit un bordé
de gros diamants surmontépar
un plumet blanc, avec
une agraffe de diamants à la
placedu bouton.
Elle
Ellereparutensuite en Domino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: sous cet habillement
plus commode
,
elle donna
plus aisément à t'Auembiec
le plaisir de lavoir danser, ce
Guette fait avec toute la propreté
ex.touIe lagrâceimaginable.
Enfin elle resta dans le Bal
aussi bien que M. le Comte
de Ribeira., jusqu'à huit heures
du matin, & tout le monde
depuis le premier jusqu'au
dernier Marque., en sortit
charmé des grâces de Madame
l'Ambassadrice, & de la
politesse&de lamagnificence.
de M. l'Ambassadeur,
E~:
Il me prend à present envie,&
je ne sçaypourquoy,
de fatiguer le Lecteur à force
de plaisirs. En sortant duBal,
je le prie de se laisser mener à
laComedie; c'est maintenanr,
à dire vray , un plaisir bien
mince:mais il n'importe c'est
un lieu destiné à l'amusement
dupublic, &quelque ennuy
qu'il y trouve,& moy aussi,
je ne sçaurois me dispenser
d'en parler.
Au commencement de ce
mois., les Comédiens ont remis
sur leur Theâcrc
,
le Bourgeois
Gentilhomme Come
die de Moliere. Cette piecea
esté representée avec un succés
très mediocre 3&c lesSpectateurs
ont trouvé fort mauvais
, queM. Quinaut quia
de l'esprit, ait voulu en avoir
plus que Moliere,& qu'il luy
ait plu de changer les divertissements
que cet illustreAureur
avoit mis à propos dans sa
Comedie, pour leuren substituer
de son invention. Item
M. Quinaut est Musicien:
mais la musique deM de Lully
luy déplaist ; il en a composécant
qu'il a pû
,
de sa petite
façon, & en a farcy le Bourgeois
Gentilhomme:ce qui a
raisonnablement dégoûté le
public de cette Comedie.
Cet article me jette dans la
necessité d'anticiper sur le
mois de Février, pour vous
apprendre encore une nouvelle
dece païs. Vous sçaurez
donc que le premier jour de
Février, les Comediens ont
donné la première représentation
delaTragedie de Semiramis
qu'ils annonçoient depais
plusieurs mois, comme
quelque chose de bon: mais iln'afallu qu'une représentation
, pour détromper tout lemonde:& Semiramis apaC
sé sur la scene
,
pour une extravagante
,
qui n'avoit ni
sens, ni rime, ni raison. Son
Histoire a été reçue comme
une miserable Fable, mal inventée
, & plus malrontée.
Les noms des principaux Acteurs
de cette Tragédie, onc
donné lieuà vingt sobriquets.
Le Prince Menon, le Prince
Arius, ont dit des choses tresrares.
Le Prince Aretas a esté
surnommé le Prince Arerin,
& la PrinccffeA//cw;'w laPrincesse
Logogris
,
& aucrement
encore. Vous me direz que je
vous conte-là de pauvres choses,
est ce ma faute? Et ne
suis. jepasobligédevous faire
un recit fidele du succés des
nouvelles pieces ? C'est pourtant
bien dommage, & l'Au.
teur d'Habis, qui a cerrair.c..
ment autant de mérité & d'esprit
qu'aucune per sonne de
son sexe,chargéedes Lauriers
dont lesuccés glorieux de sa
premiere Tragedie, avoit couronné
son front, devoit bien
se garder d'exposer si vilainement
la déplorable Semiramis
: mais consolez vous,
Meffleurs-) tous les spectacles
dela Foire qui sont maintenant
ouverts, vont vanger
le public des catastrophes de
la Comedie. Au reste je ne
doute pas qu'on ne revoye
incessamment Semiramis à la
Foire.
Achevons, s'il se peut, ce
volume par des récits de festes,
où les Lecteurs & les Acteurs
trouvent rai sonnablementde
quoy s'amuser. Des détails de
Mariages illustres viennent
parfaitement à mon dcfièin,
quoyqu'il cn soit (car je peux
me tromper) en voicy.
MARIAGES.
M. le Marquis d'Harcourr,
Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie & Capitaine
des Gar des du Cor ps du Roy,
fils aisné de Messire Henry
deHarcourt,Duc d'Harcourt,
Pair & Maréchal de France,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General pour- Sa
Majesté de la Province de
Nornlandie)& Capitaine de
ses Gardes du Corps, & de
Dame Marie Anne-Claude
de Brulart de Genlis, a épousé le. de ce mois N.. de Neufville
,Damoiselle de Villeroy,
fille ai snée de Messire François
de Neufville, Duc de Villeroy,
Pair de France, Lieutenant
General des Armées du Roy&
Capitaine des Gardesdu Corps
de Sa Majesté,&de feuë Dame
Marguerite le Tellier de
Louvoy
,
& petite fille de
Messire François de Neufville,
Duc de Villeroy, Pair & Maréchal
de France
,
Chevalier
des Ordres du Roy, Gouverneur
des Provinces de Lyonnois,
Forêts&Beaujollois, &c.
La Maison d Harcourt est fî^
ancienne& si illustre & celle de
Neufville estsinoble&si décorée,&
par consequent si connue,
que jenevousendirayrien
icy ,me contentant de vous
renvoyer à l'Histoire des
Grands Officiers de la Couronne
,
dans laquelle vous trouverez
amplement de quoy
satisfaire vostre curiofiré sur
ces deux illustres Maisons.
M. de Beauchamp distingué
entre nos Poetes François ,
& connu avec honneur dans
la République des Lettres, a
fait sur le Mariage de M. le
Marquis d'Harcourt avec Mademoiselle
de Villeroy
,
le
gracieux Epithalame que je
vous prcfcnte.
EPITHALAME
pour Monsieur le Marquis
d'Harcourt, & Mademoiselle
de Villeroy.
Un jour avint, chose qu'on
ne voitguere,
Que Cupidon se trouvant de
loiftr,
Parpasse temsJe donna le plaisir
D'examiner les Chartres de
Cythere.
Là font écrits en belles lettres d'or
Tous les sajessfournisason Empire,
Grandestle nombre ;& ne crois
pas quencor
A les compteraucun aitpûsusfirf.
Or certain nom que L-heriffint
les Dieux,
- Nom dés levgtems connu partoute
terre
Nom dans la paix illustre&dans
la guerre,
Etquitoûjours devientplia
glorieux,
En maint endroit couchésur le
Regitre
FJ:'ûAt entre tous remarquéIl par
jfynour;
Voilà,dit-il, un nom qu'àjujîe
titre
On doitsansfin celebrer dans ma
Cour;
Je fuis amy de quiconque leporte,
Et ne connoy parmy tous les
Mortels
Aucun Heros, qui de plus digne
forte
Ait honoré mon culte
, & mes Autels.
Pendantqu'ainsi charmé de
ses conquestes,
Le tendre Amour chanteses favoris
,
Et que pour eux il prepare des
festes,
En sonPalais survient Dame
Cypris,
Qu'accompagnait,n'est besoin de
le dire,
Essain nombreux de plaisirs &
de ris.
Mon fils,dit-elle
, avecun
doux sourire
D'où vient, , qu'oisif en ces lieux
enchantez
,
Vous néglige% vos droits&vôtre
gloire
Trop exalte^ une foible victoire
Pour quelques coeurs que vous
avez domptez.
en estun à vos armes rebelle ,
Qui ne connoît l'usage dessoupirs,
Qui du devoirdisciple trop fîdelle,
Sur la vertu regle tous ses desirs,
Sineregnezsurcecoeurinsensible,
Devc% pour rien compter tous
-
vos exploits,
Doncfaites voir que tout vous
estpossible,
Parte^»*vole% le soûmettre à vos
loix.
Prés cette Ville en miracles
seconde,
Séjourd'un Prince en quibientôt
le monde
Retrouvera du plus grand de ses
Rois,
La majesté, lasagesseprofonde,
Dans un réduitqu'habite la
Pudeur
Seroit un Temple
,
où Minerve
adorée
Donne la Loy.C'est là qu'est
rejjerée
Cette beautédont l'extrême froideur
Fait à vosfeux une cruelle ofsense.
La connoîtrez à sa noble naisfancc>
Asajeunesse
,
à son air degrandeur
,
Et plus encor à son indifférence.
Venusse tût. Lorssansperdre,
en
en discours
Un tems trop cher au d-fl-Ilinqieil
embrasse,
Bien escorté d'une foule d'Amours,
Vous t"cuïiek 1JÛ de l'airfendre
lcjj)ace,
Et tout à coupàParis descendu,
Se presenterd'un air de petit- maître
A l'huyduTemple. Or qui fut
confonde ?
Cefut le Dieu. Des qu'on le vit
parcitr>i,
Pour lcconiulrs on sonna le
tocsi,
Et de ses Coeurs iyanicenc? cntourée,
Si vertement resista
,
qu'à la fin
En luy ne fut de trouver une
entrée.
Dont s'enallant dépit & tout
honteux
,
Se lamentoit desamesavanture
,
Quoytdisoit-il, tout plein deson
injure,
On brave ainsimon pouvoir
mesfeux?
Nesuis-jeplus Amour?parquelle
audace
Resiste-t-on au Souverain des
Dieux?
Beulleversons & la Terre & les
Cieux,
Et ne cedons impunément laplace.
Tandis tjuà part il fait le
furieux,
Se promettant de bien grondersa
mere, Il apperçoit non loin de luyson
frère,
Qui vers le Temple avançant à
grands pas,
Menoit en main avec bruit &
fracas
UnDamoisel.Ilcomprit lemys
tere,
Et ne voulant perdrel'occasion
Droit dans le coeur du gentil personnage
Vaseloger. Certes le coup fut
HE
Et ne fit oncplus prudente action,
Rares vertus, illustre extraction,
Noble maintien, &sublime courage,
Douceur d'esprit
,
simplicité de
moeurs,
Tout ce qui fert à conquerir les
coeurs
De son captif est sans plus le
partage.
Hymen adonc se servant de
sesdroits
Introduisit prés de la Jouvencelle
LeDamoiseau.Comptant que
Maistre d'e llc,
Il allojt fuilarangersous ses
loix;
Mdis sans son Hoste il compta
cette fois
, Cequipourluyn'efl chose trop
nouvelle.
Bien mieux Amour fçût ordonner
du choix;
Etsur le ehamp dans le coeur de
lab,,Ue
Il excita vifs &si doux transports,
Quedesesyeux
,
ma1gré tous ses
rrJrtç jJ
Sottoit defeu mainte & mainte
étincelle;
Lors d'éclater tend siJe mutuelle , Soupirsconfusagréablelangueur,
Tendres regards
,
épanchement de
coeur,
Propos charmans de constance
éteineue.,
Que diray plus? AmQurtf/oit
vainqueur.
Trop plus charmé de pareille
avanture , Le bon hymen rioit outremesure,
Etofllement s'enrapportoit l'honneur.
C'est moy ,
dit- ilJ c'estmoyseul
quifais naiflre
Les sentimensque tousdeuxfont
paroistre
, Mon frere en rien n'apart à leur bonheur.:
Pour le punir de son outrecuidance
, Amourfe montre , &dit, mon
cher aIne,
Ne vous piquez si fort dSinJependance
,
Si grand honneur ne vous efi
dessiné.
JvcK au plus pour la ceremonie
Droit d'assistance
3 & non d'autorité
,
>Siveux je bien quysoyezinvité.
Pour qu'entre nous sur ce point
soitfinie
Toute querelle. Ainsifut arresté.
Où i"Amour est hymen ria rien à dire
,
Ok'ijjanct:ifl son fut ajf élé.
Par l'un & l'autre enfiittteecCjfli
concerté
Le choix du jour. L'un&l'autre
àl'élire
Egalement s'empresse. Heureux
Erot!x!
D'ttnnoetidri beau qui neseroit
1 1 jaloux!
Douceunion ! brillante destinée !
Enfans des Dieux ! il rieji donné
qu'àvous,
Deréunir l*Amou*çjriHymenée.
Messire.. du Fay
,
Comtede
la Tour Maubourg,veuf
de feue Dame de la Vieuviiie3!
ville,aépouséle Basin Damoisellede
Besons, fille aisnée
de Messire Jacques Basin de
Befons, Maréchal de France,
&de Dame Marie Marguerite
le Menestrel ; & nièce de
Mefiïrc Armand Basin deBefons
Archevêque de Bordeaux.
M.leComte de la Tour-Maubourg
fort d'une Maison
originaire du Vivarais, distinguée
par son ancienneté & par
les alliances : pour la famille
deBasin deBesons,elleest une
des mieux alliées & des plus
distinguées du Royaume.
Messure. de laCroix Mar.
quis deCastres,fils de Messire
Joseph François de la Croix
,
Marquis de Castres, Chevallier
d honneur de S.A. R. Madame
la Duchesse d'Orléans,
& de Dame Marie Elisabeth
de Rochechoüart,& petit fils
de Messire René.Gaspard de
la Croix, Marquis de Castres,
Lieutenant General des Armées
du Roy,Chevalier de
, ses Ordres, Gouverneur des
Ville &Citadelle de Montpellier
, & de Dame Isabeau de
Bonzi, sa seconde f.,--trime)a
, * 1 epouteC2.0.ece mois
,
Dïmoiselle
du Mouceau,seconde
fille de- Mtlïïre Charles
du Mouceau Seigneur de Wollcntjntendant
des Armées du
Roy,&de Dame Marie Charlotte
Camus des Touches,&
feeur puifnée de. du Mouceau,
mariée depuis peu d'années
à Meffirc Hennequin
,
Seigneur d'Hefqucrolles
: la Maison de la Croix
cft originaire de la Ville de
Montpellier où elleest connuë
il y a plus de 400. ans:
pour la famille du Mouceau , elle cft distinguée depuis long.
temps & des mieux alliées de
la robe.
M**acrû ne pouvoir
mieux témoigner (on zele[
pour ces nouveaux mariez
qu'en composant à l'honneur
de leurHymen ces crois petitsi
coupletsqu'il m'ainstamment J
priéde rendre publics. J'aye{,J
toutl'égard que jedevoisà Ton (
empressement, pour m'y ré- 1
foudre. Le Lecteur en jugera.
CHANSON.
:¡
Fosdeuxamesnefontqu'uncoeur,
Et vous êtes nez, l'un pour l'autre,
Peut-onJeformer un bonheur
plus dejirableque levotre.
Vivez, heureux,vivez, contents,
La jeunessevousy convie,
.f<!Je vosjours égalent nos ans
Pour faire durer voftreruje,
£)HCvostreamourfoitimmortel,
Malgré les efforts de t'envie;
rouspourrez le rendre éternel
Par lafuite d'une autre vie.
Au reste l'Auteur de cec
air nuptial, & destrois petits
quatrains ne fait profession ni
de Musique
,
ni de Poesie. Il
s'occupe à des Ouvrages plus
importants &plus fcricux. Celui
quia pour titre, SpkereHiftorique
, que je vous ay annoncé
dans ce volume, est de sa
façon. D'ailleurs fil fouhaitc
que le public sçache que le
su jec de ce'peticEpithaîamc,
est tiré d'un passage deS. Sidoine
Apollinaireécrivant à sa
foeur pour un pareil sujer. dmmoe
duoe3 animus urnts.
MeÍIire, de Pardaillan
deGondrin, Marquis de Bellegarde,
fils |juifné de Messire
Loiiis Antoine de Pardaillan
de Gondrin
,
Duc d'Antin,
Pair de France, Marquis de
Montespan & de Gondrin
, Seigneur des Duchez d'Epernon
& deBdlegarde
,
Lieurc- - nant General desArmées du
Roy Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majesté
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orlearinois,& Surintendant
des Bâtiments
,
Arts
& Manufactures de France,
&ChefduConseilétabli pour
les affaires du dedans du
Royaume
,
& de Dame Julie-
FrançoisedeCruflol d'Uzés,a
épousé le.DamoifelleN.
de Veithamon
,
fille unique &
heriticre de MessireFrançois»
de Verthamon ) , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&ConseillerduRoyen ses,
Conseils
,
premier PrcfiJcnt
du GrandConfcil, & de Dame
Marie
-
Francoile Bignon. La
Maison de Pardaillan est originaire
du Gomté d'Armagnac
& l'une des, plus illustres du
Royaume,parsonancienneté,
• par ses alliances, & par les
honneurs dontelle a esté décoréede
tout temps. Pour la
fcmillc deVerrhamonelle est
originaire deSavoye,& pour
vous prouver qu'elle cH, des
premières de la robe,ilsuffira.
icy de vousdire que Mademoiselle
de Verthamonest petite
fille de Mcffire Michel de Verthamon,
Seigneur de Breau,
Marquis de Manoeuvres , Maiftredes Requestes ordinaire
de l'Hôtel du Roy ,&de
DameMarie d'Aligre,emariéc
depuis à Godefroy Comte
d'Ertradc
,
Maréchal de France,&
fille & petite fille de
Mcflire dlAIigre, Chancelier
&Garde desSceaux de France,
barrière petite fille de François
de Vcrthamon, Maistre
des Requêtes, puis Concilier
d'Etat ordinaire,& de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau
,
& ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon, lequel
vint le premier de Con nom de
laVilledeLimoges, s'établir
en celle de Paris, ou il fut reccu
Conseiller auParlement le 17.
Aoust1588.Dame Eldabetll
de Verthamon
, tante de Madame
la Marquise deBelIegardc,
avoit épousé Messire HcnryAlbertdeCosséde
Brissac,
Pair de France,& outre cetrc
grande alliance sa familles'est
alliée avec les Maisons d'Aubusson,
& d'Escart
,
de Pcrchyron
,
de Comminges.&
de Lambertier
, & avec les
Familles de le Févre de Caumurtin
,
le Fevre d'Eaubonne,
de Voisin,la Noraye, deGou.
ry,& du Mansz.
Une des trois places de ConfeillersdEstat
d Egliie, ayant
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette, Archevêque
de Sens,clIc: a estédonnée à
M. l'Abbédu Bois,cy-devant
Précepteur de S. A. R. Monfeigncur
le Duc d'Or léans.
Les foinsqu'il avoit eu quecc
Prince fucinftruit dans toutes
lesnutieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
sa deftinée&lanôtre
,
le zele
& la capacité avec laquelle il
s'est acquité de divers Emplois
imporrans, & son attachcment
confiant à la Per Conne
du Regent) ne pouvoient être
suivis que de quelque grande
difbndion de la part d'un
Prince aussijuste5&aussîrcconnoiflfanc
que celuy qui
nous gouverne.
Jeviensde recevoir- lePortrait
de ce Prince de la
-
main
d'un habik homme:(i le Peintre
n'approche pas assez de la
ressemblance
,
c'est qu'à cet
égard tous lescoeurs sontremplis
de certains sentimensaf- 1
fectueux,que tout l'art imaginable
ne peut exprimer..
PORTRAIT
de Son Alcene Royale Monseigneur
Petit-Fils de France,
Duc d'Orléans
,
Regent du
Royaume,
Etre issu dusang denosRois,
Et par £héroïques exploits
Desplusfameux Guereiers.quenour
vante t'Hijloirt
Effacer le lustre& la gloire, :
iJ
Pjfscder cent talents divers, avec étonnement admire tvnivers
Et digne de servirmême aux Rois
de modele Patre éprouver à ,r:.h tOitS sa bonté pa.
terneUt :
Etre compatissant
,
affable
, ge..
nercux ,
Mettre toutfin bonheur à faire
des heureux;
Et par les fruits naissants d'une
Illtive Regence Dtspellfles abattus relev,erl'efierame
:
Compter,neuveauTitus,jèsjoltrs
parses bienfaits,
Et regneysir nos coeurffaus regner
sur la France,
Grand Prince, dont la vigilance
Travaille incessamment à remplir
nosfouhaits}
CeJOnt là de tes moindres traits.
LE FORT DE LA MORINIERE,
9 Ilfautapurement que les Enigmes
du mois pasle foienc bien
belles,& bien enveiopées, puisque
petfonne n'en a deviné le
moca ny moy non plus. Cependant
l'Auteur de cesEnigmes m'a écrit
depuis peu de jours, que la premièreétoic
la Lettre E,&la fé-
,conde la Lettre r. Plusieurs personnes
lesont aussi deviné après
luy,devoici leurs noms. LeMouf..
i quetaire en pied favory des Muses
, MademoifelleRaparye,Mademoiselle
Patron,Leclize III Ton
! amy ,
l'Amoureux oisif des bords
! de la Marne, mon amyMendoce,
le joly Professeur du College de
Bayeux,l'aimable Jolie de la rue 4e laMonnoye, le grosAnonyme,
& l'Amant des sept Douleurs.
Pour le fecond Logogrif, il a esté
plus heureux,&: bien des personnes
deconsideration dont la
pénétration est admirable, m'onc
; fait l'honneur de m'écrire qu'il
signifioit incontestablement
, le
RegcntquineFaimeï ce qu'expriment
parfaitement toutes les
ligures dont il est composé. Le
-premier Logogrife a eu un fort
plus malheureux encore que les
Enigmes, il a elle plus indéchiffrable
qu'elles;& personne ne
m'en aenvoyé le veritable sens.
J'en appelle à son Auteur. J'ay receu
surle chapitre des Logogrifs
une Lettre du gros Anonyme,
fort bienécritej mais s'il avoit
envie de voirimprimez quelques
uns desesLogogrifes,il devoit
prendre la peine de les fairegraver.
11n'avoir pourcela qu'à s'adresser
à M. Jean-BaptifteAudry,
Profdieur del'Académie dePeintnre
,
& très habile Graveur
, Auteur très moderne d'un Livre
de Logogtifs gravez en taille
douce. Ce Livre se venda Paii9s j
chez
chez la veuve de S. Martin, au
S'ofetl d'or, sor le Pont Noftre-
DaIne, & ruë S. Jacques, vis-à.
vis les Mathurins, au Mecenas.
En voilà je penseasez de dir sur
cetarticle, pilons aux EnigineSi
EN1 G M E.
Je suis cherl de tous, un chacue,,
me revere,
EtFon forte J:loiri le dejir de
mavoir,
£hfon va planter ie ser jufquaa
Jem dea rflère)
Tour me ranger fous son pouvoir.
entretie,,., le commerce drJ'amitié
des hommes
, Bien queje eaujeaujji le defo,dr?
Crfejfroy,
Et les plus puissans Roys dans le
Siccle ou nous sommes,
Nesçauroient se saffirde moy,
DevinettJ'Û je suis esprit incomparable
j
e!!<!!dfJd vous aurez, le temps d'y
penser a loisir,
Alors vous mavouerez, un remede
admirable
Four vivrefélonfinplaifr.
AUTRE.
En batonnant ma mere Qnmefort
definfein,
Et Par un avare dessein
Sans que je fois coupable, on me
metfous la roue;
Là l'on mefaitsouffrir,Ct- je ne
fiaypourquoy,
Etsans avoir pitiéde moy , Chacun à qui mieux mieux à mes
dépens se Jciie. ]
Aprés m'il'voirr¿dujt plllfiu'OJ,
petits morceaux
On me met en plusieurs monceaux-,
On me broyé, on me tourne, on me
coupe, on m'entame,
Et ces coeurs plus cruels que le Loup
ravissant,
Encore quejefois innocent,
Apresmavoirrotiémejettent dans
la jlJme.
Bref mayant fait soufrir cent
supplices ardens,
On me déchire aLe/lesdens,
Neçachautplus comment exercer
vo/lte envie,
O ! trop ingrats mortelsfniffe^'
mon ennuy EJ^lucien.fueZjadm'afafliisger celuy,
rien fritquevous illa vie.
Ces deux Enigmes font faires
, par l'aimable Guibour de la rue
S. Honoré.
AVERTISSEMENT.
Trois raisons, dont la meilleure
ne vaut pas grand chose,
m'ont empêché de continuer
l'Histoire de l'Ambassadeur de
Perse. La première, c'est que
pendantles vingt premiers jours
de ce mois-cy, j'ay eu ma plume
ensevelie dans les glaces,& mon
imagination si morfonduë, qu'-
elle ne seroit peut-estre pas encore
degelée sans le secours du - Bal, dont je n'ay pas manque
d'estre un des plus assidus Acteurs,
& dequoy peu vous importe.
En second lieu ""y été presque
épouvanté des menaces que quelques
Dames qui ont redouté mon
indiscretion mont fait faire,
pour me dégouter du foin d'accomplir
ce grand oeuvre; mais
c'est une fausse allarme qu'elles
ont eu, & qu'elles m'ont donné.
Je leur annonce d'avance qu'eUes'--
ne se reconnoiftront dans cette
Histoire, & ne s'y seront reconnoître,
qu'autantqu'il leur plaira
d'annoncer qu'elles s'y reconnoissent.
Enfinj'ayesté bienaise.
de voir àloisir, commentle Public
la recevroit;* ill'a bien reçue.
Tant mieux pour elle & pour luy ::
son indulgence me détermine à
luy en donner lasuite.
Au reste je n'ay qu'unmot a'
dire pour me justifier d'avoir donné
le Mercure de ce mois plus -
tard qu'à l'ordinaire ,l e papier,
les Presses, &: les doigts des
Imprimeurs ont esté gelez pendanttrois
semaines.
Item, je n'ay joint à ce Mercure,
le Memoire Litteraire qui
est après ma Table, quoyqu'il
ait déja paru au commencement
de ce mois, que parce qu'il n'yen
a pas eû trois douzaines d'Exemplaires
répanduës dans le
Public.
Enfin je vous souhaite bon jour,
bon an, &: suis, mes trés -chers .--
&trés genereux Lecteurs, avec
un parfaitdevoüement &un
trés
-
profond respect, vostre
trés-humble &: trés-obéïssant
Serviteur, M ER C UR E. ':
UnebelleInconnuëm'a envoyé
un Logogrifeassez juste;c'est la
figure de Mercure telle qu'elle cft.
au commencement de ceLivre,
pe,cepitrtouslesmois.3
Nouvelles non extraites des Gazettes
deVeiije. 7
De Livourne. 13
DeRome. 17
SUltt des Nouvelles de Venist. 40
De Aielilla
,
Pille d'Afrique
,
depuit
longtems ajftrgèeparles Mores 56
Relatifndece c/uis'eftpajfé au Cairedepuis
le 17. Septembre 171 5. jusqu'au.
24. dudit mois. 70
Lettre écrite par un Curieux deRo;'en
À Paris, à A4. Gai
>
Defleur en Mt.
decine de l'Univerfiié de Boulogne3
Piece nouvelle. Si
DeParis. 93
Odesurla mort de Louis le Grand.105
VIIHdevillr. uS
¡UO"(S.1Z[ Extraits d'O-.iifons F~.-~ 141
Exté'¡;¡:!,Î de à ivretl'on' en-tx. 15 9
Difco-'.rsfu*-le n,if de ÏOp.ra
,
suivi duveivrd- Rd î£8
DDescr.pt'on Í¡()!JI Iiie d.J' Ila m ¡f;icexce
di.BddeA1lAiribdffuita>de For- 201 A7<?M~ de la Comédie, 118
Ma^uioe*. 2?4
Epith*:Limesur le A'foerhifl de ili. le
A-!trcju.s d.hl cat avec Md^e-
THO'.fl-'ede Vi:i'r;'or. 217
CSit/c:e<A>istnes. ,/ 140 <' Cii r~p. tiré'àun Coii-mr,t de S. S/•-
doinc Jpo!fi (l're dtjocf. 244
F¡',lre rI" ('()i.I! Ur d E S.t IrE(Ii(:' va-
Ci rit: pur la mort de Ai. de la Hoça
te, don ce pdr le Rtg,.nt a Ai,
i' s?ù!>ci1>d,s•. 1 50
Pprfs't -f:J R^2Si
..,
{. J C'h.ipit-e<>>£ /V;*>;£.r. S7
siz-crnjTmnt Jmguder. 260
CRITIQUE
SUR
L'EXAMEN PACIFIQUE
DE M. L'ABBE'DE FOURMONT.
SUPPLE'MENTDU MERCURE
A PARIS,
Chez D.JOLLET.&J.LAMESLE,
au bout du Pont Saint Michel,
au Livre Royal.
M D C C X V.
AVEC PRIVILEGE DUROY,
CRITIQUE
SUR
L'EXAMEN PACIFIQUE
DE M. L'ABBE'
DE FOURMONT.
SuffUmentduMerCNrede Décembre
1715.
NOUVELLES LITTERAIRES.
L y a environ six semaines
que je vois coin des au ruës la '('\ngue
Affiche d'un Livre qui a pour tItre:
Examen pacifique de la que-
Telle de Madame Dacier Ci de
M.de la Motte sur Homere
,
avec un Traitésur le Ptoeme Epi..
que ,
la Critique des deux I iades
& de plusieursautres Poëmes
; parM. FmrmontiProjefi
feur en Langue Afabioç e au College
RoyaldeFrance
.,
&Ajjoaé
de fAcadémie-Royale des lnf- criptions. - :-., J'ay demandé à un grand
nombre de gens de Lettres ce
qu'ils pensoient de cet Ouvrage
,
jen'en ay trouvé qu'un
ieul qui m'aitavoüé l'avoir 1Û
d'un bout à l'autre, je m'imaginayqu'ilalloitm'endireson
fcntlmefiF•jfôirit'cfurdut,il
merfusalaconfidence,&me
81\1 pOUf1'3if011de sois f -refus,
qu'il croitvjoîn^équè^atfhetafTe
aofficherériient^tleluy
, le
droitd'enpouvoir parler. Ilestdemon devoir d'annoncer,
les Livres nouveaux &
de rendre comptedel'accuëil
qu'ilsontreçû du public.Comment
puis-je parler de celui cy
puisquelepublic ne l'a point
encore qualifié, attendronsnous
qu'ilplaise aux gens de
Lettresdelelire & d'en parler:
non,il nefaut pas qu'il nous
échape ,
jugeons le nousmême
,l'Auteur nous en tiendra
comptede quelque maniere
que nous le fassions
, ilaura
estéparl é de son Livre. 1 T-,
Jel'ay donc lûce Livre,&
d'un bouc à l'autre. Je commençay
, comme de raison
,
par le titre ,
qui me prevint
de respect pour l'Auteur.Enfin
me disois-je à moy même
JI voicy l'Ange de paix qui
, par j
des jugements res pcstables,j
va renfermer les droits de Madame
Dacier & de M. de la
Motte dans leurs véritables
bornes, les décisions de ce
1
grand Arbitre feront des Arrests
Souverains pour l'un &
l'autre Æmule;mais sa mission
ne se borne pas à pacifier
nostre Parnasse, il va dicter des
Loixinvariablesqui guideront
àjamais les Poëtes;nous allons
voir un traité sur le Poëme
Epique donc, sans doute, tous
les preceptes feront autant
d'axiomes pour les races futures.
-
J'avoüe bonnement icy le
penchant que j'ay àmelaisser
séduireaux promesses hardies,
j'espererois peut estre en qui
me promettroit l'impossible
,
mais je reconnois enfin les
vrais & les faux Prophetes à
l'Ouvrage.
L'Ouvrage de M. Fourmont
m'a, je l'avoüe pleinement
détrompé, je m'inscrivis
en faux contre sa mission
,
&
j'ose avancer qu'il ne soustient
aucun des titres dont il s'est
décoré dans sa super be affiche.
'.11 se donne pour Examinateur
pac fique de la querelle
qui divise Madlnle Dicier & -
M. de la Motte. Il y a dans ce
pmeu de mèots bnien deesengsage.-
1
°. Pour oser juger d'office
une pareille dispute entre deux
Auteurs tels que ceux cy ,
il
fcroit bonqu'on jouit dansle
monde d'uneréputation supericure
qui sauva le reproche
d'inconsideration & quiafl-ûril
le mediateur dela rcfpcûucufe
déference desContendans
2°. Il faudroir.Ii,f;Arbi,tr.Ci
une railon ferme, à l'épreuve
des prejugez les plus impérieux
;, 3°.Il seroit à propos, qu'il
se fut familiarise avec les Ouvrages
de genie, tant de nôtre
siecle que des siecles antérieurs,
qu'il sceut les sentir,& rendre
compte de songoust en attestant
les règles immuables que
la raison feule a droit de prcC:
crireà toutes les productions
de l'efprir.
- 4°. Je voudrois qu'il soûrint
le titre de pacificateur
,
en n'employant dans sa negociation
que des parolesde paix
& de concorde.
Examinons M. Fourmont
sur ces quatre points, &
voyons s'il a bonne grace à
diriger nos Muses.
Quand on voit M. Fourmont
entre M. dela Motte&
Madame Dacier
,
les endoctrinant
comme ses disciples
,
il
n'ya personnequi ne demande
quelles sont donc les rarcy
connoissances, les hautstalens
du Pédagogue? ses amis répondent
,
qu'il a la clef des
Langues (avances, qu'il sçait
éminemment la Langue Grcque,
même l'Arabique. On infille,
a til donné des preuves de
goüss &de genie par d'excellens
Ouvrages foit d'éloquence,
soit de Poësie ? on répond
qu'il sçait éminemment la Langue
Croque
,
même l'Arabique.
Mais de grace ,
Meilleurs,
de quelleutilité peut estre icy à
M Fourmont le don des Langues;
laconnoissance des Langues
eil: necessaireà tout hom*
me qui veut traduire luyme-*
me,ou quiveut seulement jugerde
la servile conformité
d'unetraduction à son texte.-
Ilne s'agit point de cela entre
M.delaMotte&Madamd
Dacier. Que fautildonc àMi
Fourmont, pour juger la con*
trover se littéraire dont. il en
question,il faut qu'il coônoifla
la marc he dela droite raifon/
ilfautqu'il soiearmé de principes
qui se sassentresp^6hr,il
luy faut uncertain courage
qui ne sçache point plierïotfs
l'autorité contre l'évidence.
Ontrouve rarement ces.riche{
Tes dans un Scoliaste,ces
Mssieurs,ont pour la pluspart,
p4{é leur vie àapprendre des
mots & des gloses puériles ,
ilsont. ou ziousleurstravaux
à leur mémoire,& croyent
avoir libéralement pour vû aux
droits de leur jugement ,en
luy biffent pour tout exercice,
une déference respctueuse
,
une. foy constante aux opinions
des Commentateurs
leurs ayeuls, & uneadmiration
religieu se pourtous lesOuvrages
antiques ,d^.nt ils ont fait
leur propre merite.
M. Fourmonc nous dira
qu'il est une exception à la
réglé; cestà duc, qu'il est
Grammairien, sans préjudice
des avantages que sa profcflion
semble exclurre.C'est ce qu'il
insinuë parces paroles de son
Livre, vol. 1.page 34 Tousles
Scoliastesnesontpasstuptdes, Çjjr*
parmy le Peuple Commentateur il
y a des Sages& des Philosophes.
Vôtre Livre nous dira,
Monsieur
,
si vous estes dans
le cas de l'exception par vous
proposée;tout Commentateur
qui met un Ouvrage au jour,
produit son jugement, on sçait
sur le vu des picces à quoys'en
tenir sur son compte. Il y a
longtems que Madame Dacier
a fourni sespreuves
,J
& je ne sçaispourquoy vous pensez
qu'elle a besoindutémoignageque
vous rendez d'elle. Vol.
1. page31.
Ne croye% pas, dites vous.,
quecetteillustreSçavante aitfait
d'aussi belles Etudes sans philosopher
; elle connaîtaussi-bien que M. dela Motte la nouvelle Philosophie,
pour cela ellenajeu be^
foin que de lire & d'unjugement
sain;&àlégarddel'ancienne,
ses Ouvrages nous fournissent
J(S preuves qui, de ce costé-là
l'ont mise ,
, ily a longtemps
,
à
couvert de toutsoupçon, ce seroit
beaucoup si l'on en pouvait dire
autant de M. de la Motte.
entendez-vous, Monsieur,
par Philosophie Ancienne
& Moderne ? M. de la
Motte & Madame Dacier
n'ont écrit ni l une ni l'autre
sur des matières purementPhilosophiques,
comment donc
sçnvezvousqueM. de laMotte
cri PhilosopheCartesien;comment
presumez vous que Madame
Ducierestsi consommée
dans
dans l'une&dans l'autre Doctrine
; vous en jugez par les
Ouvrages de Littérature qu'ils
ont Tuile & l'autre donnez au
publie. Vous reconnoissez
donc, Monsieur, que la Philofophie
estde quelqu'usage
dans les Ouvrages de genie ;
mais en quel sens s'y faitelle
sentir
,
c'est ce que vous ne
nous direz pas, nous allons
tâcher de vous le faire entendie.
08y ,Monsieur, on reconroîtlePhilosophe
dans le bon
Orateur
,
dans l'excellent Poëte.
Les Ousiâgcs de M. de la
Motte nous apprennent, par
exemple,qu'il est Philosophe
Carthesien. Voicy à quoy nous
le remarquons. à certaine
methode qui le guide si heureusement
au vray dans toutes
les matières qu'il traite, à cette
fage circonspection qui mcfure
sa confiance ou sa retenuë
,à l'évidence ou à la simple
probabilité de ses vûës, à
cette hardiesse de jugement
que les préjugez les plus superbes
n'ébranlent point, à
cec amour vif de la verité qui
le rend si prompt à luy faire
hommage lors même que ses
Adver faires la luy presentent.
Si vous voulez encore,à cette
genereuse indifference
,
à ce
mépris constant, qu'il oppose
aux insolents procedez de ses
Adversaires.
Il me semble
,
Monsieur,
que nous nous faisons entendre,
fervcz nous de même, &
expliquez nous de grâce ,
( si
neanmoins cela se peut faire
poliment,) quelles preuves les
Ouvrages de Madame Dacier
vous fournissent qu'elle estPhilosophe
de l'ancienne Ecole ?
Mais encore un mot, s'il
vous plaist, Monsieur
,
il ne
faut, dires vous , que fçavoHT
lire &avoirlejugement sain
pour devenir Philosophe Carthesien.
Qu'entendez-vous par
jugement sain ? Vous parlez-là
d'une chose plus rare que vous
ne pensez.Ce quevous regardez
apparemment comme
un meritecommun, nous autres
Modernes nous le regardonscomme
un don trés-rare.
Qu'il me foit permis d'avanc-
er a1. rmonrour une véritéj
démontrée dans les Ecoles
Carthesiennes.
Noussoûtenons hautement
contre tous venants,qu'il ne
faut que sçavoirlire & avoir
de la mémoire pour a pprendre
les Lingues ; nousen disons
à pu présant n[ viel'ancienne
Philosophie,de ce vain
système de mots ,. de cette
Science chimencpe qui ne porte
aucune lumiere à l"c'fpnt ;
& quiestd'autant pluscultivée
& refpectée des foibles esprits,
qu'ils sont moinscapables d'en
appercevoir la misere.
Il n'en est pas à beaucoupprés
de même de l'Ecole Cart
he sienne,elle éc laire TeTprir
y elle exerce laraison
,
elle apprend
à secouër le jouginfia-î
lent des faux Sages. Maiscette
fiere Ecole n'adopre pas tous
ses Disciples, elle n'avouë &".
ne prend sur son compte que
ceux qui font venus à elle avec
un esprit lumineux, avec un
jugement courageux &disciplinable.
Revenonsà vostre Ouvrage,
Monsieur & sans nous embarrasser
si vous êtes en effet,
aussi verséque vous l'insinuez,
dans les Mysteres Philosophiques
; voyons seulement si
vous nous y semblerez connoître
la marche de la droite
raison.
Vous conviendrez, je pene
, que lorsqu'on veutenfanet
deux grosVolumes sur une
Controver (è Litteraire, il faut
l'abord se mettre au fait de
;C[tc Controverse
,
avoir luavec
attention les Ecritscontradictoires
, & poser seulenent
ensuite le veritable état
de laquestion sur laquelle on
veutprononcer. Or , je vous
avertis
,
Monsieur
, que vous
avez grossierement manqué a-,,
ce premier devoir. Ecoutezvousvous-
mêmeVol. 1. pag,
34.
Je veux bien croire que MadameDacier
aporté sonadmiration
pour Homtre trop loin; hé
bien ,il en fautrabattre quelque
ebofeymats ne trouver rien de
htan dans un Aitèur aqui elle a
crûdevoirdonnerdesélogessiex- 0 ff/, ne feroit ce pas une autre
extrémité? comment une Dame
d'une science aussiétenduë
,
d'un
goûtaufji exquis,aura-t elleloisé
etune maniere t1.!l,ffi outrée,cequi
est absolument cjr sans restriciton
miserable?on nelepeut concevoir.
Ily a là quelque si-cret quenotre
curiositéveut naturellement penetrer.
Si lesécrits
-
de M. dc. la
Motte
Motte n'estoient pas aussi
connus qu'ils le sont des gens
de Lettres ,vous feriez penser
icy, que le Critique n'auroit
rien trouvé de loüable dans
Homere, qu'il auroit soûtenu, (pourme servir de vos termes)
que le Poëte Grec est absolument
(7 sans restriction miftrable.
est-il possible, Monsieur
, que vous n'ayez pas
senti en lisant M. dela Motte,
que saCritique faitinfiniment
plusd'honneur à Homere,que
toutes vos Apologies,estil
possible que vous n'ayez rien
entendu des loüanges magnifiques
qu'il prodigue au Pere
des Poëtes. Il vient une gentration
voüée au rt gne de larai^
son
,
qui pesera danslamême
balance les Ecrits anciens, &
ceux de nôtreâge;elle ne sera
pas la dupe desCommentateurs
,
mais je crains que les
Eloges excessifs que M de la
Motte a donnez à Homere,
peut-estre un peu par indulgence
pour les Scoltastes, ne
la rendent trop timide à prononcer
sur cevieil Ouvrage au ; gré de l'exacte justice.
Voulezvous donc Monsieur,
que je vous donne la clef ,J
dusecret que njojbre curiositéveut
naturellement pénétrer, lisez la
Preface de M. de la Motte, &
ses réponses à MadameDacier.
Il me fcmblc que vous vous
~tiez
, par vôtre supposicion
,
ouvert une carriere bien facile.
Il n'est pas malheureux d'avoir
rcpr mer deux Adver saires
luc la passion a jetté dans les
icux excèscontrairesil yavoit
entre les deuxextrêmes de vos
Disciples, un vaste espace où
vous pouviez mettre vos deux
Volumes àl'aise; jesuisétonné
quevous n'ayez pas fçû. profiter
de cet avantage. Madame
Daciera ,dites-vous,porté trop
loin son admiration pourHomere,
çy9 il en fautrabattre quelque
(hof. Mais qu'en rabattezvous,
de grace ,
Monsieur
,
vous encherissez sur son excès
même. Vous êtes beaucoup
plus intraitable, vous ne vous
contentez pas d'excuser,vous
loüez
, vous adorez tout, jufqu'aux
bevuës les plus énotinexcusables
deM.de
la Motte avoit cité les Harangues
familières que les Heros
y adressent à leurs Chevaux, je
ne croyois pas qu'il y eût aujourd'huy
un fcul homme,
dont le zele, pour Homere,
put aller jusqu'à rompre une
lance en faveur de ces Harangues;
M. Fourmont les prend
sous sa protection Il est
vray qu'il n'adopte pas la Traduction
de Madame Dacier à
cet égard
,
maisil n'a pas plûtosttraduitluymême
cestraits
manquez par elle
,
qu'ils deviennent
admirables En
voicyla preuve ,Vol. 2. page
1?8,
Madame Dicier
,
dit il,ria
pas étédfji% circonspecte dans le
discours d'Antiloque à ses CheptwK
tilnedit rien de jemkUJUe,
ou plutôt ille dit d'une miniere
qui ne blesse point. Voicy
donc comme je le traduis.
: ~<wc~
,
dit Antiloque
parlant à les Chevaux,alvance%,
allons, qu'ons'étende,jene
Amande pas de passer les Chevaux
de Diomede: Minettefit
Protectrice augmente sans doute
leur vîtesset &luy donne aujourd'hui
toute la gloire;allons,qu'
on atteigne au moinsaujourd'hui
les Ch vaux de ~Monelas. Vîte,
qu'on n'ait point la honte de voir
pajSerparJxLtba une Cavale, des
Çbruâux dg¡< vigoureux que
ïrtfts ,je lejure,£r cela arrivera
'finous n'avons que ledernier
Prix; il n'y aura plus à manger
pourVQHS cht% le Roy Nestor, il
"vousforcera deson épée. Allons
dtmv ypiivc^,avancez : mais
unepesée qui me vient,ilfaut
que je détourne par le chemin
~?M/\, & il (le but ) ne me
fêta plus caché.
C'est dommage que M.
Fourmoritn'ait pas traduit
toute l'iliade
,
combien d'af-.
fronts il eût sauvéà Homère ?
voyez ce que devient, dans sa
Traduêt.oD'jUOC des plus grandes
sottises du PoereGrec;
M. Fourmont est luy-mcme
surpris du prodige Tout
hornme) dit-il
quisçait ce que
c(j7 qu'une Poesïeanimée
, apspieurçatoist
idioceynAfsentiilorq,uereenpvrieng-t ,
aufpo«
nant courage , avançant, arrêtef
continuant, en fureur
,
iavifant
d'une ruse ; en un mot, le Vers
marche comme le Char, & c'ejl
une peinture admirable:mais d'où
vientque M. de la Motte est in*>
sensible à ces beautez qu'il s'ex.
plique de nouveau là dessus. Vol.
2. page 178.
Vous ne faires pas attention,
Monsieur,que M. de la
Motte ne connoissoit la Harangue
cTAnuloque,cjue par la
Traduction de Madame Da-
-
cier ;s'il avoirvu lavostre
,
il
eût crié aussi haut que vous , ah lamerveille! que cette con- sileration vous fasse excuser
aussi sa remarque contre le
Cheval, parlant d'Achile
Vous dites page178.Al'égard
du Cheval d'Abile qui parle,&
prophetisemême au dix neuviéme
Livrede l'Iliade. L'endroit cft
charmant& bien menagé.
A la véritéM.dela Morte
a un peu manqué derespe£fc
pour leProphête; mais peutestreaussi
Madame Dacier
avoit t-elle manqué son caractere
dans sa traduction.
Vous ne le manqueriez seurement
pas, si vous vouliez luy
prêter vostre plume. C'estce
que nous attendons, pour rétia&
er nos sensures.
Vous nous dilîez tantost,
Monsieur, qu'il y avoir quelquechose
à rabattre des Eloges
excessifsque Madame Dacieravoir
donnez à Homere ,
mais dans les détails de voftrc
examen ,
je vous vois de moitié
de tous ses jugemens Je
vousenloüe,au rcftcvousnc
sçauriez mieux faire que de
prendre l'ordre d'elle,lorsqu'il
vous prendra envie de prononcer
sur quelque matiere que
cesoit;mais enfin,iln'étoit
pas necessaire de faire deux
gros volumes,sivous n'aviez
rien de nouveau a nous apprendre.
Et d'ailleursen vous mettant
de moitié des jugements
deMadame Dacier surl'Iliade,
ilfalloit aumoins, pour soûtenir
le carj£bre de Pacificateur
, desavoüer le procedé
injurieux de cette Savante
envers sonadversaire.
M. Fourmont,vol. 2. page
xo8. après avoir justifié de son
mieux les excés injurieux de
Madame Dacier ,remarque
que M. de la M-ouc) loin de
répondre à tant d'injures, s'est
contenté de les rassembler confusément
dans un Chapitre
exprés de sa réponse pour en
faire honte à son ad ver saire.
Cetteconduite de M. de la
Motte,fait naîtreau pacificateur
deux réflexions
,
dont il
estjustequeje luyfasse honneur.
Premiere reflexion Selon
M. de la l'vlûtteJ les injures partent
d'une pajjton qui rientend
pointsesvéritables interests,&il
a crû sans doute entendre lesjÙnsl
en nous lesmettantsouslesyeux;
suite decontradictions dans M.
de la Morte. Si Madame Dacier
va elle-même contre ses inierêuJ
pourquoy s'en plaindre?il devois
s'enrejouir. _,':
- Seconde reflexion & digne
delapremiere. Les injures ne
toûchent-elle$ordinairement
que des esprits mal faits & peu
instruits ; mais si cela est, M.
delaMotce avec sa liste,regarde
par ava* nc-e sesLecteurscomme
ignorans & mauvais Juges,
&ce n'étoit pas un bon moyen
de les prévenir en sa faveur.
Aprés avoir lû ces deux
reflexions, peut-ondisconvenir
que M. Fourmont n'ait
bonne grace à soûtenir que
tous les Scoliastes ne sont pas
stupides.
Mais faisons encore honneur
àM. Fourmont du jugement
qu'il porte de M. dela
Motte ,vol. 2. page 313. , M. de la Moue3dans les Sieclesfuturs
,
tiendra par rapport à
Racine & Despreaux
,
le rang
qu'Appollonius de Rhfdes tient,
cbe7, les Grecs par rapport à Howw.
Sonfiyle~2~anfbhr
gu yfcabrcHx ypkin ethipczhates;
il cflaffilé,il Q^ribeçteyj^pcdc
WQis,Mmanque d?\n&i,tic(cé.{£?4ç
st)1.Ct1. -
Ce n'est point la un-ittge,
mentnoncônfcqjçnce
,M*fourmo^tpiir
tenditpar des Critir
ques qui démontrentque M.
de la Motte en imposéàtpuc
son Siecle. Examinonsquelquqvu^
esdccesCritiques, &
rendons nostre cftuw , si
l'on nous prouve queM. de
la Motte*la furbnfe. Xw*1 :''
Critiquescontre laprose de M. de la
Motte. Vol. 1. pag.322.
Jeprie M. de la Motteàprefent
Jugedu beaulangage
,
devouloir
bienm'éclaircirsur quelquesphrasesquevoicy.
1°. Eptt,dedic.fujlifer mon dudace.
M. de la Mottene devoit-il
pas dire
,
hardiejf?,ilparoîtplus
respectueux,ilsemble qu'ilféroit
aussi-bien.
2°. C'est un usage immemorial.
Cela est-ilFrançois pourdire, d'un
tans immémorial.
3°.Onj'attendàtrouver. Nediroit-
on pasmieux, on s'attend de
trouver> on dit,ils'attendacela}
mais dit-on également, il lAttend
à fairecela.
4°. Dit-onbien, un objetimportant
tant delavanité, est-cequ'un objet
de vanité, ouun objet vain, petit
.efire-important.
Critique des Vers de M. de la
Motte. Vol. 2.page313.
Iliade Françoise,livre 8.combat
entre Sarpedon,filsdeJupiter,
&Patrocle,amyd'Achile.
La Victoire autour d'eux , vole
d'une aîle agile,
Du fis de Jupiter,passe à l'ami
aAchile,,
Et presqu'en même instant, plus
prompte que Péclair,
Va de l'ami d'Achileaufis deJupiter.
Sarpedon plie enfin de son peril
extrême,
Jupiterdans les cieux tremble à*
fremit luy même:
^uoy , monfils ,de la mort tusubirois
les Loix?
Sur ceux que fay fait naistre d.
t'elle encor des droits?
Songez, ,
luy dit funon
, que le
Ciel von* contemple;
Ne donnezpointauxDieux ceddfJe
gereux exemple;
Laissez.
,
laissez, mourir ceux qui
font ;,.eZniortels ;
Le tombeau leur tfl dtt) comme à
nous les Autels.
Ma douleur,répond-il, doit assez
"JOUS le dirt;
Monfils nest point sauvé
,
puisque
mon coeursospire.
Fsilave du f/lill) fensubis la
Ildit: riçac.ir. Sarpedontombe,&Patrocle
t'j/'L''¡¡;,7/,'/,('Il;'. Ecoutons ic Critique. Il ya là
de la contradiction
,
mauvaise
traduction,idées contraires à cet.
les des anciens tems , en un mot
des fautes sans nombre. Vol. 2.
ptttt 313.
Iliade Françoise, livre 9' Les
Troyens assemblentun Con-
•
seilaprésune Bataille perdue.
Les Trqyensal/armeZ assemblent
un Conseil;
ue«johfciis devenirau retourdu
-'-" L,"' soleil;,
VAudace des plusfiers paroitdécouragée
>
rAc'h,ile s'estfait voiri leur fortune est changée.
"Enfin Polidamas, le plus sage
d'entr'eux,
Luy )pOlir qui l'avenir n'a rien de
tenetrelix
A qui dans les Conseilsaucun ne le
tJijjntt) ::"
JVui concerte un projet,commeHe- torl'execute,
Aussiprudentalors,qu'illeparut
toûjours,
Aux Troyens consternez adresse ce
di[cours*
Ecoutons M. Fourmont. M. de
la Mottenesent-ilpas: 1°. Jguece
rers, quiconcerteunprojet comme
Hcétorrcxecute^eflunVers badin?
2°. £)jtil ote en même tems à Poli.
damas la valeur, & à Hector la
prudence:
Onnedouteranullementaprès
avoir lû ici ces finesCritiques,que
M. Fourmont n'ait donné dans
son Livre des preceptes rares sur
le Poëme Epique, & qu'il n'ait
porté des jugemenssinguliers de
nos Poëtes François. Nerecusez
as son jugementMessieurs les
octessil connoît parfaitement
~ôtre Arc, &j'oserais presque asseurer
qu'il a fait beaucoup d'excellens
Vers qu'il dissimule par
modestie
, &: pourquoy crainrois-
je de vous asseurer ce fait?
appliquez
,
Messieurs,appliquez
sur ma parole à M. Fourmontle
témoignage qu'il rend en faveur
e Madame Dacier. p. 31. vol. 1.
Madame Dacier ne nousapoint
onné de Poësies; mais 10. cfRJi.
:ait si elle n'en a pasfait autant
que M. de la Motte? ily a dans le
MondeplusieursPersonnes quifont
les Vers, jedis qui en font W'ex,..
ellens, & qui ne lesdonnent pas
au Public.
Je ne crois, pas que Madame
Dacieraitjamaispensé à faire des
Vers François, des travauxplus
utiles luyen ontôtéle loisirmais
si neanmoinselle en avoit fait
quelques-uns, je ne crois pas qu'
elle dût les rendre publiques.
J'en juge par la maniere dont elle
a recemment critiqué ceux de
M. de la Motte ;
Madame Dacier
n'a pas besoin de ce talent. Elle
s'est frayée uneautre route; elle
aatteintlaplus haute réputation
dansson genre Et c'estlesentiment
que j'ay de cette haute réputation,
qui fauve mon conseil
du reproche d'impolitesse.
1 Jemegarderay bien de donner
le même conseil à M. Fourmonr,
je voudrois pouvoir hâter l'impressionde
ses Vers,il ne sçauroit
perd re en les produisant, 94
le Publicn'y peut que gagner de
l'amusement
, car je m'asseure
qu'ils ferontneufs & singuliers.
Messieurs les Journalistes donneront
apparemment un Extrait
étendu de ce nouveau Livre,j'en
parle ici legerement
ilmeconvient. Jen'ai,p&luscoqmum'une
motà dire,c'est au nom deMonsieurl'Abbé
de Pons,qui m'a prié
de faire ici ses protestations
> contre l'applicationmaligne que M. Fourmonta osé faire à Madame
Dacier,des parolessuivantes.
Neprenez, point l'ordre de cesstupides
èrudits,cfui ontprétéserment
defidélitéàHomere, de ces Scoliastes
fanatiques.
Extrait d'une Lettre de M.
l'Abbé de Pons écrite immediatement
aprèsque M. de la Motte
eut mis au jour l'IliadeFrançoise.
Il y a lieu desoupçonner que
M. Fourmont s'étant reconnu
dans ce Portrait,il a cherché à se
consoler
, en pensant que MadameDacier
en avoit été le modele.
Quoiqu'il en soit, M.l'Abbé de
Pons proteste, que lorsqu'il fit la
Lettre en question
,
il n'eûtjamais
la pensée d'appliquer la double
épithete, destupidesérudits à Madame Dacier
,
pasmême à
M.Fourmont.Il conna¥oit,dir¡i!,
plusieurs Ouvragesestimables de
Madame Dacier, qui la mettoient
fort à couvert du reproche destupidite,
&il n'avoit encore vû aucuns
Ouvrages de M. Fourmont ,
qui lui declarassent son érudition.
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