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NOUVEAU MERCURE
M.DCCXV.
AvecPrivilège du Rej.
M E R C URE
G41A&T. :.:.
Par le Sieur Le Fevrc.
Mois
de Décembre
1715.
Le prix est 30.folsreliéen veau,&
25.sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,
aubout du Pont Saint Michel,
du côté du Marché-Neuf,
au Livre Royal. duroi
MERCURE
NOUVEAU
DEDIE'
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR
LE DUC DE CHARTRES.
Pourvousescamoter lesfermes;
Vous l'attendriezsurlafl
D'un militer de promejps vaines
Que tout Lefleur prendroit pour -îc-
Beauxextraits de la Rethorique
Eloges pour tous les humains,
Odes, Epigrammes, Quatrains,
Conte, Fable anacreontique,
MilleOnVrages d'un goûtfXqUÍS
Vous feroient en un mot promis;
Mais moyy sur qui jadis, un
Poète en colere
Se démir (je nefiai comment)
Dufoin de.cherchera vousplaire
Unefoisparmoisfeulement,
Je jure a tous Lréleurs, jeunes ,
vieux, bons &fages
Par le droit abjOlu que j'ay
De prendre avec eux mon congé,
De jetter dans lefeu mille mauvais
ouvrages
Dont inhumainement, le Public
ma charge,
Si tous ceux qui mont engage,
N'ontfoin demepayermesgages.
MERCVKE.
Je fuis sûr à present, que
tous les Auteurs qui sont entre
mes mains, & qui tremblent
de peur, que je ne livre au bras
seculier,les admirables productions
de leurs esprits, vont
écrire des quatre parties du
Monde, des lettres de recommandation
pour moy ,aux divinitez
dont je revere la puissance,
afin de m'engagera revoquer
le redoutable Arrest, que
je viens de prononcer contre
leurs ouvrages: Sinon je n'épargne
personne que de
familles desolées!que de mortels
affligez, de voir ainsi miserablement
périr leursenfans
44ps les ilrns ! ce monceau
dc victimes ne sats,.f.:(a pas ma
vengenece, je feray subir le
même sort à tous ceux que
teur triste destinée exposera
desormaisà monre ssetiment.
Le monde,à vraydire, fera
purge d'ungrandnombre d'insectes
;mars ç'clt toujours une
perte .dàs la nature, & il cil:
établi-6e tout temps que ces
kvfe£tes de l'esprit, soient aux
yeux d'un grand nombre d'hu-
Bfcîinsja pâture de leurignorance.
Sera en unmot, qui le
voudra, en ma place, le Mirerable
Mercure de toutes ces
productions cependant
il me prend-detemps en temps
des retours de tendresse, vers
mes chers & bien aimez Lecteurs
, mes projets à ,chaque
instant se remplissent d'incertitude,
& tous mes desseins se
détruisent les uns par les autres
mais,quoy?
* Me verra-1 on
toujours Aller
&revenirencor
De lafille d'Helene à la veuve
d'Htélorf
Non ceji trop balancer. que
dis-jet.. maij pourtant.
jih!Jî vous voulezi vos Etrennés,
Cher Lefleur donnez, moy les, miennes.
* Androm. Trag. Racione.
En attendant.de vos nouvelles,
amufcz vous dece qui
vous conviendra dans ce Volume.
INVITATION
-
aux Poëtes à faire l'Eloge
de Loüis le Grand.
Favoris JtApollon dont les
doflcs ouvrages
Sçavetit braver destans, lesfttneflçsravagesy
Vous qui pojïede^ l'art de tracer
ces portraits,
Dont les, vivesdoulettts ne s'effacent
jamais:
Grands
)
juifiimcs efpnts3si fecondsen
miracles,
Qui du iftcré Vtllon nOlls fli8e=\.
lesoracles,
Poè'tes! de LOUISsi les fails éclatans
Ontfirvi tantdefois Je mxtiere -ÀIltlOilJ¡.MItl'¡_; ,.)
Etsidjour en jour l'on vit avec
Hjfitfe
Deses bienfaitssur vous, aug
.,. , mente* U htefure, Il- 1"),j fautensisfaveur3malgrél'ar- : rêt dufort,
Montrer cjue vous fauvek les
Hïtosdelamort,
Chargedunoble emploj J'éternifer
sa, gloire>
JufquauxsieclesfJnurs rranfmettt/
 mémoire;
Dép(igne-z en vos vers cet air
majcflueux*
Ce maintien de Héros, ce port
digne des Dieux,
De cet augufle front la majesté
fupreme
Si propre a fournir téclat du
diadème*
MetteZ dans tout leur jour ses
raresqualité^., -
Son coeur cm Ion esprit si justement
vante%, --
Ce courage indornpté) cette haute
prudence,
Safondevertu,sa vaste intelli
gence,
Ce long regne illustré par cent
fameuxexploits,
Qui l'ont fait le modele (y* le
fouùen des Rois.
Tantôt faites-le voir9 dans-
- : un âge encor tendre,
Marchanten Concjwrantsur les
pas (lAlexandre,
Suivi des escadrons d'intrepides
- guerriers,
Cueillir au champ dé Mars de
pénibles lauriers.
La Viftoire en volant le couvre
de ses ailes,
Et le conduit toujours par des
routes nouvelles.
Qifon le voye, en dépit des fougueux
quilons
A travers les frimais mener ses
Litailloris,
Fondresurl'ennemi plus prompt
quen'efisafoudre9
Renverjerses rempartsjmettre ses
.murs en pondre,
Par lesplusobfbne.%faire acceptersa
loy,
Eteporrtelr d'ainfs hf< cooeuyrs la.terreur
Mais ensuite changeant &Cm de
ton & defille;
Peigne^-le toujoursgrand
J
mais
déjà plus tranquile
j (
jégipant de la tête encor plus que
du bras,
Soutenantseullepoids deses vaf
tesEtats.
Ici desesarrefls la rigueurfalutaire
Reprimedesquels laforeurfangumaire
;
Et contra tennemi détournant la
valeur,
Sur le pied du devoir,réglé le
-
point d'honneur,
D'une autre part Themis> avec
[a foeur jéflrêe,
PreferantfonEmpireala voûte
azurce,
Reviennent parsesfoins prifid
aux Autels,
Que leur fait redrejjer le plus
grand des Mortels.
La chicane à leur vu*, 0* l'inr
fame avance,
L'inique oppreJJton & l'horrible
injuflice, -
Enfans inctflucux de cent monstresdivers,
Rentrent. en fremissant dans le
fin des enfers,
Puis sur J'autres objetsrap-
-
pelant notre vue,
De ses V'-fttsprojets marquez
bien l*étendue;
Ditespar juelprodige en ses def-
Jems, cent fois.
.I1I1J,çffu,tuaiîafftw*jjeettttirirlUa nnatttuivrreeala ses
lotx:
Comment, comptantpourrien les
plus fâchux obftac/es
Ilfembla la forcerafairedes miracles.
Témoin ce grand projet qu'ad-
- mira l'univers,
Quand malgré la distance il réünit
deux mers!
,N'oub/ù'( passur-toutpourvotre
propre gloire,
Combien il protegea les Filles de
Mtmoire;
Si maigre le tumulte, & lesfureurs
de Mars,
Nous "JÍmes parmi nous triompher
phcr lesbeaux Arts,
Et si tout le fracas desplus. rudes
tempêtes,
Du Parnase jamaisn'interrompit
lesfêtes:
Mufes, vous lefave^, ce n'est
qu'àsafaveur
Que vous fçûteJ jouir d'unsi ra-
- re bonheur:
Tandis que parcourant une noble
carriere,
Ses vertus a voschants,fournissoient
la mattere,
Ses bienfaits animans vos tendres
nourrirons,
Les rendoit atentifs d vos dosses
leçons
Mais je cioy vousoülr
9
Religion
sacree !
DéeJJr)de LOVIS, en tout tems
reverée
t ,r('Veree
Vous dont ilfuttoujoursleplus Jolide appui , Craigne^-vousque nos verss'en
taisentaujourd'hui?
Pourrions-nous oublier que pour
votre defnfe
llfignala cent fois de fin bras 1.
puifitnee?
Que plus souvent encor, docile à
voIltre vo0ix,
Ilméprisa pour vous la victoire
cfes droits.
Offert a vosautels}prefqucavant
-.' que de naître ,
Son attachepourvoussefit bientôt
; : conncître ;
Il crut que le pouvoir nétoit mis
en ses mains
Qve pourvousajjïrvir le refle des
humains.
Clll pour vous qu'animéde l'ardeurd'unsaintzele,
De vos augustes droits conftrvattur
fidèle,
On lui vit consommer tant de
nobles projets
Pour ramener à vous, de rebïles
sujets.
L'Universadmira des nations
entieres
Humble)mall/iCéclat d'une
baHle jplendeur>
Sachantparsa bontéttmperersa
grandeur,
Pojïcdant sans orgueilUmajesté
supreme,
Afaijîre defis sujets, plus encor
deluj mente,
Exaérl&ievtgiuUntx,fokte9labo- , Faisant tout par Jes mains
uojAnt tout parJesjeux;
Libéral , genereux ,
profond
impénétrable J ,
Ducrime£7de l'erreurvangeur
inexorableà
Le déftnfeur des bom
>
le Jltau
des mecbans,
Leprote{kurdes Ai-tçle[Oûtien
desSfavans;
LecoeurJïnccrc cg- droit, vajle,
confiant,solide,
Ferme dans les dangers
,
courir
geux ,
intrepide
, Toujours égala lui, dans lesfuccês
divers,
Grand, lors qrlil fut, heureux3
plus grand
,
dans les revers,
Conservant jusquau bout d'une ,longue carrière
Des plus pures vertus le Jacré
caraflere*
Plein d'amour pour fin Dieu)
fournis Ases dtcrets
, ;.
Dans l'excès de Jcs maux, beniffantfesarrefts.
Offrantsansmurmureraux coups
destjufbce
De Jes jours glorieux l'augufle
facnfice ;
Montrantjusqu'au tombeau qu'il
ne lui manqua rien
DuRoy,ni du Hérostdu Grande
ni duChrétien.
Mais tandis que nos vers traceront
ces peintures
Illujlres , xfumtounumreensspo,ur les races
VHïL1PPES digne ppli du
trône de Louis,
Sur les traits de l'Ayeulformez
le PetitFils; De
DuMonarque Françoisfoûtenc%
lajeunffi :
Quil écoute dàns "vous lavoix
de la Jagtjle:
Inftruifiz..-/e dans Cart de ces charmes
vainqueurs
,
Qui du Peuple & des Grands
vous attirent les coeurs.
Que devous il apprennearégler
soncourage,
Qu'ilpuisse à votre exemple être.
vaillant &fage;
Ç/ue de Loiiis mourant il rempli[Je
les voeux, Et quunjourcommevous ilfâjje
des heureux.
T.MÀRGAT, D.L,C D. J.
Cette Invitation aux Poëtes
à faire l'Eloge du Roy a eu
son effet, & a donné lieu à
l'Ode survante.
ODE
sur la mort du Roy.
Quelle douleur succede à tes
vives allarmes?
France tu pers Louis ton appui
dans tes mAUX:
Qj£à tes pleurs l'universvienne
mcjlerses Urmes
,
-
La mort lui ravitson Héros.
Son regne dont ïéclatplus d; •t.deuxfoisseptluflres[
Jusquauxclimats bfutansfit ref-
- ,peSler les Lys,
Futrhoins long par les ans, que
par les faits illufites
Dont fesfaftesferontremplis.
CeHéros en luiseul a téiïni la
gloire
Dont la guerre & la paix ont
couvertfes ayeuxi-
Etson regneajamaispourrafeu
"jir d'hifloire
De tous lesrégnés glorieux.
Le penchantgenereux qu'il re4
fut en partage
Des Rois çr des Etats lefit le
protecteur;
4Et.fingrand nom lefruitde son
noble courage,:
L'ensismalgréluyla terreur.
Tout à Jes coups alors ôèdâsans
rejïflance
3 La '!Jiaoirfem/oÏl ajïervit ases
loixj j
Ettantdéçois vainqueur jamais afapuifance
Loui-sn'égala ses exploits.
'^iWHèrJesprogrénfttfouva
plus de charmes;
-Au coeurAde cterMoopnarque il en eut trop Wuté
-
De ftgnâlereficor* la fOPce de ses
armes ,
Aux dépens de fort équitf.
cMa'isjoi(quf: trÏ9fùph4t&tk
si t * rniert
Soit qu'il la vit fwttout fecender
«fes\projets
,
1c1 futap!xirgrarnd,idants rl'unee & : * Çweyigl\p,; ire&quesessuccés.
Er;,r'afn pour nous punir le
Cte!dans-sa colete
J:ranc. le coursheureux de nos
profteritcz ;
Lofasqu'il nous laissoit dansun
-,
fort si contraire
Nousr.épondoit deses bontez.
Contre tous les reverssagrande
ayie djfermte
Ektnsl'excès de nos maux fut ,.A nitftxuniqueappuy,
Et ce que nous ojîoitla fortune
ennemie .',
Nous le retrouvions tour en
luy.
Sa vertufout bientoji difFper
ces tempêtes,
Et nous faireadmirer ces beaux
jours retrdce7,
Où l'avenir verra par un mois
de conquêtes
Des régnés fameux efface
Loin d'icy ces guerriers qu'on
voit toujours extrêmes ,
Fougueux dans les périls, lâches
dans le repos;
Illeur faut des combatS-
, t'op,
faiblespar eux mêmes
Pour pouvoir mourirenHéros.
Louis de ses be4ux joursfent
approcherle terme
Tel qu'onle vit cent fois affronter
le trépas :
Tout tremble (7s'attrndritLouis
tranqmle0*ferme
Louisseulne s9ailarme pas.
Rien n'ecbape à ses foins ,il
parle, FYjà jàgtjJe
Duf trône au jeune Roy peint les
écuëzls divers i
Aux leçons quepour toy luy diùle
sa tendresse
,
France, convois ce que tu pers.
Pourqyoy par {e.\ leçons luy dé.
couvrirl'aCage
1 ô
Qjtc thit faire ttn grand coeur du
fûkvtraïn pouvoir ?
Ofàfisyeux pour ïinjhutre il
retrace l'image'
Du regne qu'il nous afaitnjoir.
Pour la Religion que ne fit
point son zele?
C'cfltlle qui luy rend ce qu'elle
., tient de luy ;
Il fut son proteéleur
, par un
retourfiâtle
Il trouve enelleunfermeappuy.
Il meurt,maisplus héros qu'en
cesjours qu'onadmire
OuM*Î!r?ffe du fort de tousfes
ennemis
JLa France triomphante 4 vufous
fortsemft*e
VUnïversitftàblantoufournis.
Saglôirequ'il portajufqtt'au v7degré\fup*ême
L'avoirmis au-dej]us du refle des
humains,
La mortpour s'élever au- dessus
de luy-m-eme
A (ça luyfrdyer les chemins*
Des temps les plus heureux
découvrons les vefliges,
QuelJtccle fajJembU rantdt traits
inouïsf
Qlueel fsiecpie ar-ot-idl diugnoestrfe égalé les- Prodif7t' ?
< Ó Quandil rieutproduit que Loüis:
Mais devie^-vous helasfiurd
nojirc priere -
A cette épreuve encor, o Ciel.,
nousrejerver !
Falloiril nous montrerJa vertu
toute entiere !
Si vouliez nous l'enlever.
Vainsefforts
3
il ntll plus
1
6
trif/rfte morte/J,.!
PourÇoûtenirnos coeurs par ce
coup "bbafus
Conftrvons-y toûjours leJouvenirfiâelle
De ses mrolqut's vertus.
Souvenir accablant Jimpuif
Jante rtj-jource
J Dansl'excès de ms maûrtfoiMe
soulagement,
Qui de notredouleur mus découvrant
Ufource
En irrite lesentiment.
-Dignefang de Louis,après ce coupfunefie9
Vous esses aujourd'hui notre espoir
,
','
le plus doux :
ProJUe^Àes^bïenfaksdeU bonté
celefle
Pour lefairerevivre en vous,
RecuëdIcK les vertus de votre
augufle race, I
D'unpertcm à*unaytulles régnés
nous font dm:
Psrineceu,ill fautque fous vous un regne remplace
Tous teux que nous avons perdus.
Dithçrosid(JM>lcs loix ttglenfr
-nosdejl Et que de mille dons-le Ciel prit
-", si' :1',, t.. j fan d'orner*1
„ ,'.
Lesex'e1m4JplesJlya,u"fonthiesn. mf Ji, eux que, les annéesv
Vous montrer l'art deJ.°uverntr.
.A. BARRY,DLGsDJiV
IIcftjutfe,&ccess bien la
moindre chose, que les meilleures
piecespassentles premières
,c'estuneamorce pour
les Lcdtsurs, & une preference
dont ils sçavent gréà l'Auteur.
Le nom lemerite &l'érudition
de M. de Montempays,
de l'Université,
TéjSQWMefar de l'équité de mon
cbofo. Vtêy sondiscours ?
H A R A N GUE
v- faiteàS.'A.'R- Monseigneur
le Duc d'Oftc"an,s, Regent
du Royaume, par M. de
Montem}j°'Y" Recteurde 1UnHfcffité,Mdfëfyz6.
Novembre 171y.
AiONSElGNEVU 'o', , X iVerfiiéree par nos
Roysvos ayeux du titre dè Fille
tônéè a'fi>$kaiïf-dwïe erkpr(lft
mmeemntt de fferpprreefenterdevantJ4.
R.attentive qu'elle a toujours
ejleà celles devos grandesqualite
qui ont le plus de rapport à
ses actupatiompaifiûlef, elle -
mire depuis,longtempsenVi A.
!{. labeauté)&l'étendued'ejprir,
la science
,
legoufi,&Ucomoif
sance desbeaux ans*
Maintenantjelle 'Wi(fflcge
decesrares-talents1 dans laforme
de gouvernement que vous
1Jenr-£établirdans leRoyaurçe.
Tout a concouru t
Afonfeigneur,
àvous en ajTûrer la Régence
,
les droits devostre naissanceaugtff
*eydu
Grands cm des Mtg'strass,les
voeux de tout le peuple
,
dans un
tel accord
,
dont apeiney a,.,:.jJ
un setês exemple
,
chacun recon-
"oift une providence pArticulie.
re qui dans le temps que Dieu
nousajjligeoit par les pertes considerablescjue
nous avons faites
s
Vous préparait,Afonfeigncuri
fouruneretourcepire aux re^tts
& aux peines d'un bonpeuplecfhî
parsafidélité cyfon attachement
à fis Rois a toujours mmte
(tavoir de bons maijfres.
Déjà l'on ressentlestffets de
votre Regence univerjeuè
y
elle
pourvoit à tuHt bessin ;$w:J
elle prendsur elle les travauxles
plus glands
>-
clairvoyante,, elle
diflingue le bien cr le.mal
3
le
^rai &leflduiftnt ; réglée, elle
confrve les droits de chaque état;
puijjante
,
elle contient tout dans
le devoir& dans le.rl!p, <?; douce
y
elle vous laiffi d'un accésfacile
,
bienfaisante
,
elle ne sefait
ftntirquepar le bien qu'ellefaits
la dif/rzbulion des grades efllafeule
reserve quellese fajfesurtousles
droits. v. ",' v
Puijjw*:nous avoirpartaux
(Jntt',-Jt'V: A. R. j'ofl le dire
dé /4 Ùyïmpfigflie au nomde la- l'honneur de parler,
nous
nous pouvons y prétendre par
l'ancienneté (7 la nob/effi de
notre établijpment ypar la pureté
de nos maximes qui nefont que
les loix du-Royume
, par l'utilité
de notfonélwns ,parlajimplicite
de nos moeursJ nul interest ne nous
amenera devantvous, Monsèigneur,
sice-n'estctuydu bien public,
nulle ambition yfice ness
celled'estreagreablesaV.A. R. ede l'asseurer de nos reRraj les
plusprojonds
,
nulle inquiétude
si , es r/cft Jurvoflrefanté. Permtte'{-
not/s-J Monfeignear
,
de d', vous demander pour premiere
cï'iAce Jc.LméÍhtgercc-:t(prccÚufè
Jante^uevosjoinsJoientpartagés
entre voftfe Royale Personne (y
l E:at. De 1toflre conservation
Adonfetgneur, , dépendce que nous
foubaitans leplus
,
l'éducation du
Roy dans lesprincipes de nosLiber.
ttz ,
qui ne fvnt que les droits
les plusfàcrrz de la Couronne 0*
de ÏEpifcopat
y
taffirmiffiment
£cr ¡".durie d'un gouvernement
toutparant Jerctablijpmentdes
Lttra dans leur Jplendeur &
dflns leur liberté.
î'-ysa déja si longtemps que
je vous promets l' Histoire des
galanteries de l'Ambassadeur
de Perse, qu'il estenfintemsde
vous tenir parole. Je ne crains
pas qu'on me reproche de violer
icy aucun droit, puifquc
j'ay eu l'honneur de promettre
moy-même de vivevoix, &
par écrit, à Son Excellence Persane
, un troisiéme Volume
rempli uniquement & silelement
de tout ce qu'il ya eû
de plus bizarre & de plus galant
dans ses Avanturcs.
Madame de D. R. dont je
parleray plus amplement en
temps & lieu, & qui est la
tres-dignemerede la Maîtresse
de ce grand Ambassadeur
pleura amerement de ma menace
,
& s'en effraya avec tant
de douleur
,
qu'elle sur en gemir
aux pieds de Mehemet Risa
Beg, qui jura aussi-tost par
son cimeterre & parMahomer,
de me partir en deux comme
un navet.
Alorsl'Athenien Padery
son Interrprere, & Archigrec
en tours de Maistre Gonin,
m'annonçad'un air iffné combien
grande eltair la colere
de son Maistre, & me conjura,
au nom de nostre Dieu,
de ne pas me presenter devant
son excellente face: mais foir
que ce jour-là j'cusse peu de
disposition à m'e ffrayer, ou
que je me mille peu en peine
de l'interest que Padery prennoit
à mon salut, je me si introduite
par Joseph dans 1i
Chambre de l'Ambassadeur
,
je luy demanday avec une honneste
hardïejïe soixanteécusqu'-
ilme -dévore & j'ajoûtay accla
qu'il gagneroit davantage à
me lespayergenereusement,
qu'à me les retenir; qu'aureste
je le supliois de me pardonner
la liberté que je prenois
de luyrepresenter parlatreshumble
demandequel'avarice
de Padery m'obligeoit à luy
faire, à quoy l'engageoit
la glorieuse qualitéde PAttlbassadeur
du très- Haut
très Magn fique , & trésPuissant
Empereur du monde,
son Maître.J'achevay ma
harangue en luy faisant de
belles reverences, mon humilité
le désarma
, & ma requête
fut enfinécoutée & réponduë
sur lechamp. Ilme fit
dire,qu'en reconnoissance de
la justice quej'avois renduëà
son grand air,a son esprit &
à ses venus, dans le cours de
sonHistoire,(dont la posterité
n'aura, si je ne me trompe, d'obligation
quàmoy, ilmedonneroit
incessamment une belle
Montre d'or, un Diamant ,
ou au moins une Epée d'or.
En attendant il me fit donner
du caffé;mais du caffé si plein
de marc & si mal fait
, que j'eû
bien peur de lerejettersurson
tapis. Joseph qui m'avoit introduit
remarqua alors mon inquiétude heureusement
pour moy ,
il me mit à la porte
un moment avant que lecaffé
Et son effet. J'ay depuis dîné
plusieurs fois chez Son Excellence
en consideration deHns
soixante ecus dont je n'ay jamais
pu archer un denier.
Voilà mon cher Lecteur mon
grief& ma Preface,voicy son
H:rtoirc.- ..;
* *fV':* »
',,, CHAPITREI.
DES EVENEMENS cù.- cjui/éùtprécède la;
jv,tjjrwn de /M~cckm/Mn~it Riza
Be-*I,cn France.
Lorsque M.Fabre fut cn-t
voyé de Constantinople en
Perse,pa M. deFeriol, AmbôO-
Jdcur: àlaPorte, & qu'il
0 eut
eût receu de luy ses Lettres
dEnvoyé Extraordinaire &
lesPresens du Roy de France,
pour le Roy de Perse, il tomba
malade à Erivan.
Une jeune & belle fille de
Dijon qu'il avaiteû la précaution
de mener avec luy, pour
ne pas s'ennuyer en chemin
employa , tous ses soins pour
luy sauver la vie; mais la mort
qui l'enleva la rendit en peu
de jours, veuve de son Amant.
Alors elletint un petit Conseil
dans Cal'natron, les enfans du
deffunt, & ses domestiques qui
avoient une grande opinion
de son esprit
,
le declarerent
tous pour elle Leurs suffrages
& leurs soumissions la rass urerent
contre tous les penis,
que sans leur secours, elle
pouvoircourir dansune Contréeaussiéloignée
des lieux où
elleavoir receu le jour Ma demoiselle
P. ( c'eil le nom de
cette belle personne
,
qui est
maintenant à Paris) le saisit
alors des papiers& des instructions
de M Fabre, & forma
le projet de remettre elle-même
dans les mains du Sophi de
Perse ,les presens destinez pour
Sa Hautesse
, & dont la Cour
de France avoit charge son
Amant. Elle prit en même
temps caractere
, en veritable
Ambassadrice de France,
elle déclara à Fars Ali
,
alors
Kan d'Erivan
,
les ordres
qu'elle avoit du Roy Loüis
XIV. son Maître, de se rendre
incessamment
-
à Hispahan.
Plusieurs Courriers furent aussirost
dépêchez pour aller
annoncer aux Ministres du
Roy de Perse
,
l'arrivée de
Madame l'Ambassadrice de
Franceà Envan, MademoiselleP.
auroitjoüésonrôleàmer-
* Gouverneur.
veille, (carelle a beaucoup
d'esprit) si malheureusement
FarsAlin'étoit devenu amoureux
d'elle. Lapassiondu Kan
qui l'embarrassa prodigieusement,
suspendit l'execucin
de ses projets & les ruïna même
entièrement, parce que sur , ces entrefaites M. de Feriol
fut instruit des grands
desseins de Madame l'Ambassadrice,
& prit de justes mesures
pour en empêcher l'effet.
Mehemet Riza Beg qui est le
Heros decette histoire, & qui
n'étoitalors*qu'unchérifCen-
* Parod. d'Heraclius ,Trag. de Cor.
neille.
tenier desTroupes d'Armenie
,
la
vit un jour qu'elle faisoit une
Cavalcade dans la Ville d'Erivan
,
suivie detousses domestiques
; il la trouva si belle
qu'il ne pût deffendre son coeur
du feu de ses beaux yeux, &
son amour prenant chaque
jour de nouvelles forces dans
l'éclat des charmes qu'il adoroit,
il cûc enfin l'insolence de
luy déclarer sa passion ; mais
il en fut receu de la même
maniere que la plus brillante
coquette de France recevroit
un Procureur Fiscal qui oseroit
devenir amoureux d'elle,&luy
faire le temeraire aveu de son
amour. Elle vit bien qu'il n'y
avoit pas de l'eau à boire avec
un Amant de cette espece, ses
yeux dédaignantmême le
Kanqui brûlotpour elle, avoient
résolu de n'essayes leurs
traits que sur le coeur du Sophi.
Ce Prince alors s'approchant
dErivan, sur la nouvelle
qu'il receut de la qualité, des
bC3UCCZ&. de l'arrivée de cette
grande Dame dans la Capitale
de l'Arménie
luy envoya des
Enclaves
,
des chevaux & des
chameaux chargez de vivres
& de presens,
escortez d'un
gros de Cavalerie, qui avoit
ordre de l'escorter elle même,
jusques dans la Ville où il avoit
résolu de recevoir cette illustre
Ambassadrice;mais le succés
ne répondit pas à son attente,
& des Lettres qui luy furent
envoyées de Constantinople,
le derromperent au milieu des
grands préparatifs qu j1faiÍou:
pour cette pompeuse cérémonie.
Ils'indigna dela supercheriede
cette fille, dont l'histoire
luyfutécrire,assezfidèlement
pour le dégoûter de l'envie
de lavoir, & il envoya sur
le champ au Kan d'Erivan,
ordre de la chasser des terres de
son Empire. Alors ce Kan
voyant renaître sesesperances
par le malheur de cette belle &
infortunée victime de la colere
duSultan, formaledessein
de l'enfermer dans son
Serrail
,
de renvoyer ses domestiques
en Europe, &d'écrircaufEjôc
à sonMaître qu'il
avoit executé l'ordre de Sa
Hautesse. Je ne sçay par quelle
voye le jaloux Mehemet fut
inrtruitd:s desseins du Kan,
mais je sçay de bonne part que
la fayeurqu'il cûtqu'elle ne
f'tl.t à jamais la proye de cet
homme vio lent
,
ledétermina
à l'avertir( quoiqu'il en coutât
infinimentàsonrepos) du funeste
projet qu'il avoit formé
contre elle. Elle profita de l'avis,&
revint enfin en Europe,
aux dépensde tout ce qu'elle
avoir pû ménager d'argent, &.
à la faveur de mille déguisements
dontle détail seroit d'une
longueur, prodigieuse, &
peutêtre mêmeennuyeuses
malgré le grand succés d'ont se
flotteceluy qui a pris la peine
d'écrire toutes lescirconstances
de cetre merveilleu se HIC.
toire
,
qu'ilpromet de rendre
incessamment pubique sous le
nom de l'Heroïne de P,,,ftrqui
a depuis Peuep,ir parenthese
essayé , de donner à Paris des
marques de sareconnoistance,
à son liberateur;mais des qu'on
sçût qu'elle s'achirnoit à luy
rendre des visites, on eût soin
de la mettre sous la garde d'un
M ssager dEnc, qui a répons
du d'elle, pendant tour le séjour
que cet Ambassadeur a
faiticy. Revenons maintenant
àl'Histoire de son Ambassade.
CHAPITRE II.
Comment Adchemet RiA Beg
fut nommépar le Kzn d'Erivan,
Ambajjaieur de Perje
en France.
Aptés la mort de M. Fabre
& la desertion de l'Heroïnede
Perse, M. Michelaujourd'hui
Consul d'Alep
, & qui étoit
alors à Constantinople
,
fut
choisi par la Cour pour succeder
à M Fabre ; il se rendit
aussitostàElivan, où Mehemet
RizaBeg luy fit confidence
du service gtJ il avoit rendu à
Mademoiselle P &le priaen
même temps de solliciter pour
luy la haure paye auprès du
premier Ministre du Sophi,
lorsqu'il scroit arrivé à Hispaham.
Michel luypromit tour,
& lorsqu'il fut arrivé dans la
Capitale de la Per se
,
il parla
en effet de luy au Vizir,comme
d'un homme d'esprit &
de merire. La recommandation
de Michel luy valut la
place de * Kalenter, qui devint
alors vacante par la more
de celuy qui l'occupoir. Cependant
Michel fitavec lesMi-
* Maire.
nistres de Perseun Traité
avantageux à laNation,& s'acquitta
avec honneur de sacommission.
Le temps de sa Mission
expiré
,
il retourna en Europe
par Envan
,
où il trouva
Me hemet installé dans la dignité
qu'il luy avoir procurée.
L'ingrat Mdicma seignit non
feulement de ne le pas reconnoître,
mais illetraita comme
un homme dont la presence
l'importunoit. Cette horrible
ingratitude du Kalenter à l'endroit
d'un Chiêuen à qui il
devoir sa fortune,donna une
grande, opinion de son courage
aux Musulmans,Personnage
au reste dont il a à merveille
soûtenu le caractere en
France.
Plusieursannées après le
départ de Michel une Escadre
Françoise commandée par M.
de Château-Moran porta en
Perse la nouvelle de la grande
Journée de Marchiennes, où
MJc Marêchalde Villarsremporta
une insigne victoire sur
nos Ennemis.Alors le succés
de nos armes nous faisant des
amis même aux extrêmitezdu
monde,nous attira des compliments
de plusieurs Rois sur
la gloire de nos conquêtes.
Le Roy de Perse voulut être
du nombre des congratulants.
Mais pre ssentant apparemment
qu'il étoit d'une extrême
importance pour le sujet
sur qui tomberoit l'honneur
de son choix, qu'onignorât à
Constantinople qu'ilcnvoïoit
un Ambassadeur en France,il
se servit d'un Missionnaire,
homme ayant du côté de l'esprit,
touslestalentsnecessaires
pour s'acquitter plus mal que
personne d'une grande commission
; il le fit charger de
ses intentions& de ses Lettres
par ses Ministres. Elles étoient
adressees au ICin d'Erivan, ÔC
portoient en substance que Sa
Hautessel'Empereur des Rois
& le grand Roy du monde,
ayant dessein d'envoyer un
Ambassadeur au très- grand
Empereur des François, illuy
croit enjoint à luy Kan d'Arménie
,de choisir entre tous
les Vassaux de son Gouvernement,
l'homme qu'il jugeroit
leplus digne deremplircette
éclatante place, & de l'envoyer
leplussecretementqu'il
luy seroit possible
, en France
avec lesémeraudes pâles,les
perles
perles grises, & les pots d'onguent
que le Missionnaire luy
remettroit és mains. Le Kan
quiavoitpersecutéà outrance
tous les Marchands François
qui avoient passé à Erivan
choisitjustement , dans l'illustre
Me h emet Riza Beg un homme
qui ne les avoit pas mieux traité
que luy, il jetta les yeux sur
cet homme,non-seulement
en confidcration de la haine
qu'il luy sç avoit pour nous;
mais parce, qu'il le haïssoit luy
même, & qu'il présumoit sur
quelques apparencesquecette
commissionl'éloigneroit peutestre
pour toûjours. Le Missionnaire
voyant ce choix du
Kan ne pût s'empêcher de
lever les yeux au Ciel & de
se rccrier sur les qualitez du
personnage qu'on nous destinoit.
Son dépit en sur même
si grand, que quoyqu'il n'eût
quemédiocrement d'esprit ,
il écrivit sur la muraille de la
maison oùillogeoit à Erivan.
& dans tous les caravansarais
de la Georgie, de la Mingrelie,
& de la M r noire par où il
p;a(fl en revenant en Europe.
Un teljourM hemetRiza Sex,,
KA lent" d'E>fiVan>â tsts nommé
jjmbajfadeur de l'Empereur de
Perse
}
auprès de l'Empereur dû
France.
Le bruit de cette Election
se répandit bientost sur la
route que devoit tenir l'Ambassadeurluymême.
Les
Turcs ne tarderent pas à en
estre informez:& ce fut cette
malice dont le succés nenous
pouvoit estre qu'avantageux,
qui suscita à Mchemet Riza
Beg toutes les traverses qu'il
eut à essu yer à Kaars, à Erzerom
,
à Smyrne, à Constantinople,
& à Alexandrette, jusqu'au
moment que Paderi le
jrcçût dans la Barque du Capitaine
de Gugcs. Mais ces perils
sont amplement circonstanciez
dans le Journal qui a
Earu de l'Histoire de cet Amarfàdeur
&il est trésinutile
de. 1repeter ici aucune, de ces
Avantures Il est feulement à
propos, pour donner une juste
idéedu gnJ(; de ce rare Per sondée,
dedire deux mots de ce
qui luy arriva à Smyrne; mais
pouvant,comme de raison,
n'enestre pas cr û sur ma parol,
je prie le Lecteur de me
permettre d'emprunter icy le
témoignage 1.ffit.!t de M. de
Fontenu, Consul de la N ition
Françoise à Smyrne. Voicy
mot pour mot la copie de
deux lettres deIsa mlain.i Extrait d'une Lettre de
Smyrne,12. Juin 1715.,
Vous avpz raifort,Afonfteur,
d'ejlresurpris que l'dwbaffadeur
de Perfiayant fait un IIOZ long
sejouràSmyrne, il ne fc fait
pas embarqué sur le VaiJeau que iavois fait préparer pour porter
Jes Prepnts en France, avecune
partie de son équipage;il n'a tenu
qu'à luy de U fane je luj en
Mois donne toutes tes Jàc:zlitt'{.,
imaginables; maisceji un ésprit
sibigarre fifant.ijque
,
,u'il
ne m'a pas tftepvjJible de vaincre
les difficulté^ chimériques qu'il
s*étoitformées. M. de Saint
Olonpourra vout apprendrequelle
forte de cara&re d'hommese peut
tj/rt. Je n'enconnois auctn de
pareille trempe; ainsi il ne doit
s'en prendrequaluyjeul de tous
Its ma httrs qui IIIJ fontarriva
en Turquie, depuis quil a quitté
Smyrnt contre mon .1Iis..
Extrait d'une autre Lettre de
Smyme du25 Juillett-yi 5.
Vous mtapprrnne, Monfteury
que l'Ambassadeur de Pcrfe se
plaint de moyyil a rarzd tort, il de.
Droit bien pluflojl s'enIciier,ily
auroit bitn de ïtnjuftice dans son
fait, de me rendrerefponfablettant
de ses indifarétions surJa touteen
Turquie,quependant leftjour qu'.
ilafatt àSmyrne,où il nt m'a
pas éiêpofjibledefurmonterfsdiffiçu'te
yquelquesfaciles quefuf.
fentles moyensque je luyay propopoursonembarquement.
Le
faitefl, que j'avoishors du Château
un VaWfau tout prtft dont
le Capitaine homme de bonne DOloité
& d'expedients3 fecqndoit
parfaitement mes vues3 pour les
temps ,
les lieux & lafuretédu
papage. Cecjuej*ayfaitpourle
bagage, les lcttres de créance, les
Pnfents,£$rquelquespersonnes
de la fuitede l'^imbaffadeur,juf.
tiste aflZqu'zln'a. tenu qu'à luy
de profiter des junes mesures que ilavoisprises,c, que ses irrefôluttons
mal fondées ont rendues
inutiles
,
à son égardfeulement.
Ilne doit doncs'en prendre qu'à
luymême des traverfisfâcheuses
dont
dont cellejaune (7 prtmiere dé.
marche* ejlésuivie. Le Capitaine
Matcetqui ejl Ités connu
a Toulon esttémoin du procédé bi-
Z"&rre de cet AmbaiJadtur.
Cettelecturesessit. pour justifier
tous les bruits qui Olit
couru sur le compte de cet
Ambassadeur
,
& pour condamner
tous leséloges que je
luy ay donnez moy -mêittc ;
mais on n'a point de reproche
à faire là dessus à un Auteurqui
travaille aujourd'huy
(comme bien d'autres) plus
sans contredit pour son intertit,
que pour sagloire. D'ailleurs
le bon plaisir de mes supcricurs
me prescrivoit alors
d'en dire quatre fois plus de
bien que je n'cnrVOJs.
CHAPITRE III.
Comment Mehemn &;Ka Brg
Arriva a MrfeilleJ & Jes
beaux dits e gestes en cette
:
Ville.
Or est il que Mehemet Riza
Beg arriva à Marseille, aprés
avoir eû grandement peur sur
la Mer, &y avoir fait enrager
pendant toutes la traversée,
Padet y & le Capitaine de
Cujes. Des qu'il fut entre le
Chasteaud'Is & la Ville à une
demie lieuë du Port,on envoya
le Chaloupe à terre, annonccr
l'arrivée de Son Excel.
lence
,
qui s'impatientoit depuis
longtemps du sé jour qu'.
elle faisoit dans sa Barque,
Mais comme l'usageestdefaire
faire quarantaine à tous les
bastimens qui reviennentdu
Levant, de crainte que ces
mauditsLevantins n'apportent
la peste en France, il eût tout
le loisir de s'impatienter encore.
On luy fit cependant
grace de quelques jours,rrnis
avant son débarquement, Agoubheanhonnête
homme &
riche Marchand Arménien,
qui cft encore icy pour les
affaires du Commerce, &qui
étoit arrivé à Marseille deux
mois avant luy, par le moyen
du Naviredans lequel M de
Fontenu luy avoit procuré son
embarquement à Smyrne, fut
à bord de son bureau pour
luy rendre une vtGtC;a. sa vûë
Mchemet se courrouça ,
&
entra dans une si; grande fureur
, parcequ'il avoit eu le
bonheur d'arriver plûtôtique
luy, qu'il voulut iu., L champ
luy couper la tête. Plusieurs
Matelots François qui sejetterent
sur luy, luy firent rengaîner
son cimeterre: mais il jura
par Mahomet qu'il ne porteroit
pas sa tête bien loin. Cependant
l'esperance qu'on lui
dgnne dele faire bientôt coucheràlaVille
,
& quelquespiecesd'étoffe&
d'argentl'appâtèrent.
A lafin on le débarqua
avec tout son monde. Ce fut
alors que parut avec éclat la
gnficence de son équipage.
Deux gros paquets de vieux
haillons liez avec des cordes,
& gras comme des bonnets
d'esclaves,enchassez dans des
tapis de Persesemblables à de
vieilles couvertures de mulet,
composoient sachambre, (on
lit & sa toilette. Chacun de
ses domestiques portoit son
bagage sur son épaule,avec.
quelques ustancils de la cuisine
de l' Ambassadeur, dont la soule
pipe étoit portée avec resp'<
5k ,comme en triomphe,au
milieu dece pompeuxcortege,
Voicy l'ordre de sa marche.
Des qu'il fut hors de la
ChaloupeIl çiouva le long
du Port
,
du côte ou sont les
Galeres, une vingtaine de Chevaux
pour luy & pour ses gens. Ilmonta surceluy qui luyfut
presenté,& au milieu de ses
serviteurs,conduit parlesieur
Desmarais
,
Lieutenant de la
Maréchaussée de Marseille,il
arrivaà la M.lison de M de
Cartigny
,
suivi d'une foule
de petitsenfans qui ne cesserent
de crier après luy,il a che..au
lit. Il demanda à son Inter
prete ce que signifioient ses
acclamations, l'officieux Paderi
qui remplissoit dignement
cette charge, luy répondit,
que le Peuple par ces cris ,1c
combloit de loüanges & de
benedictions. La joyes'empara
de son aIne, & un mouvement
de generosité succedant
à la joye, il fit jetter à cette populJc::
qui estoit assemblée autour
de sa mai son
,
plusieurs
pieces de menuë monnoye
qu'il emprunta. Paderi qui depuis
a grapillé sur tout, commença
à grapiller sur cette
libéralité. ;
;'; M Afnou, Intendant des
GilcrcsdeMarseille que la
Cour avoit iturcré de luy faire
qUk bons traitemens ima'
ginab'es
,
le combla d'honneurs
& de presents,qu'il rcceut
comme une dette. Il exagera
d'abord à l'infini les droits
& ladépensedes Ambassadeurs
de son païs chez les autres
Nations du Inonde) il parla
d'un simple Persan comme
d'un demiDieuànôtreéçrard
&desonMaîtreàpropor0tion,,
il s'étonna qu'on n'eûtpas envoyé
une Armée pour le. recevoir
sur la frontière denostre
Empire,il murmuradenos
façons il se plaignit de la
mediocrité desa dépense dont
il exigea la valeur en efpcccjs
sonnantes, enfin il menaça de
s'en retourner en Per se
,
si on
ne luy donnoit pasdeséquipages
proportionnez à la magnificence
de ses idées. A cette
menace ,
M. Amau luy dit
qu'il étoit le maître
,
& qu'il
avoit à son service un Vaisseau
tour pïccI mettre à la voile.
Cette maniere de décider luy
déplût,& il en auroit témoigné
son ressentiment àM Arnou
si les charmes de sonépouse
n'avoienr pis servid'obstacle
à sa colere. Unseul regard
des yeux de Madame Arnou
(quiestune des plus gracieuses
femmes de France,) suffit
pourappaiserson courroux. Il
luy fit de très- joliscompliments
,
& luy promit l'honneur
de sa protection auprés
du Roy. La Dame receut ses
offres de service avec de grandes
démonstrations de reconnoissance
& de joye.
Sur ces entrefaites M. de
S Olon arriva à Marseille,
chargé d'amples commissions
de la Cour sur tout cequiconcernoit
le cérémonial & le de-»
tail de la maisonde son Excellence
,
àqui il avoit ,en partant
de Paris,prislapeine-d'écrire
une tres-bcile & (re:
obligeante Lettre
,
quiavoit
été receuë à peu prés, comme
il le fut luy même;mais ces
minuties ne font qu'allonger
cette Histoire
y
dont le Lecteur
s'impatiente déja de lire
les mervçifleujc & valureux, événements.
Le rii. Decembrettiicizicmc
jour de fqn.arrivée à M.¡lr
- ,
i e a
seille
, on le mena al'Opéra,-, o%
CfîQmmçjejay dit. dans moix
Jgurr(al) Qn 4" evoit P(fF4(
a(4 nùi%wde_ tAmphitbcâtre une
place pçyr lnyeful, avecdei sauf-
JIhs& Utymat$U$CQ&vtyts d'un
rich
e tapis. Ai, de S. a.'on étoit
ajji<a coté de luy sur un banc'.,
(S. Padvri eDipife., Inurprtfeé
IIjJijde l'autre ,pour- luye'xpliquer
de-temps en tempiquc'qucs
ind'Uits de l'Opéra#jdmadi-s dé
Greee, qu'on representoit alors;
Pendanttout letempi cju*dura
ce fpcéîaclèt il fumaXson O'f!J;
nuire.Ilpritdu Thé&du Caffé9
&' en envoya à Madame l'Intendante
(7 aux Dam-s qui étaient
dans sa loge; il dit qu'il avott été
JurpYts dt la beautédu fpcéladet
des danses .,ede la musiques &
qu'il étoit charmé de tout ce qu'il
venon de 'voir; mais il ne fc
vanta pas le même jour de la
vive atteinte de tendresse que
venoient de portera son coeur
les doux attraits deMesdemoifeUes
Caun & Cato:cesdeux
incomparables filles avoient si
biendansé,&futàl'envi l'une
de l'autre
,
desi jolies mines à
sa fantaisie, que l'infidele Mehemet
extasie de leurs gambades,
en oublia les beaux yeux,
qui dans cette Villeavoientété
ses premiers vainqueurs; en
quoy il fit très lagement. Il
raisonna fort bien sans doute
alors, & il n'y a dans cet endroit
de son Histoire, certaincmciu
pas iKU dtn douter.
Vouy autant qu'il peut m'en
souv nir ,àpeu prés icraifonnementqu'il
fcfit.Li pnmtcre
Dame cjutma plu rry, (si UIJA
D.me difliïgMee par son rang,
comme par Ja beauté
,
& plus
ucrtuiufe encore qu',Ue n'a de
grâces cm de d'gmté,tant pis tour
elle. Que m'importe à tnoy d'aimer
une honneste jemmefj'iray
mccajjer la tête contreun rocher.
&jeperdraj mon temps, mapeigne
Çr mes pas. Voilaypar Ma*
homet, un joly Pef(OYln(je pour
un AmbaQadtur d'un si grand
Emptteur. Non non il ne Jera pas
dit que jejois venu de JiLoin,que raye couru tant deperdst & que
je layeiant defoiséchapésibelle,
pour m'attacher à une cruelle aJF,
ennemie d'elle-même pour dédaignerles
faveursïnejlimables dont
voudrott l'honorer un AîufuU
man tel que moy. VeneZ charmantes
BaUdinescjue je miens de
njoir danferle cotillondéfibonne
grâce, mous *ve% vous-même
trouvég*Ace devantma face] ay
encore dans ma vahfe quelques*
vieillespeaux de Renard échapées
à l'avarice des Turcs, dont je
prétends que vous vousfafli
desbonnets fuptrbes, pourenorner
nitdésormais iotre tbj. Cette
bellerésolution pri Cc-, il fifa ppeler
ces Demoiselles,&leur
donna à chacune te present si
bien medité: il accompagna
cette galanterie de que lques
care sses quimirent tellement
le coeur au ventre de ces deux
pauvres fines) qu'elles briguerent
avec succés la conquesste
du sien.
Une melancolie tendre,&
l'amour de la retraite sont
ordinairement les premiers
effets d'une grande passion.
On devient triste, mot ne , tout
ennuye hor s l'objet aimé,comme
il avint à nonstre Ambassadeur,
il se sequestra dumondc.,
ilft- fit apporter son cissé,
sa pipe & sa gamele dans l'endroitle
plussecrec de C*maisonils'yenferma
,
& les palrn,.
s de l'amour firent danscet
appartement de son Palais,
les délices de son séjour.
CHAPITRE IV.
SniteduChapitre précédent, dr
comptent Afihemetpourfendit
un Cubon d'unJlul coupde
son cimeterre.
Rien au monde n'etf. plus
charmant que les dehors de la
Ville de Marseille, & chacun
depuis le premier jusqu'au dernier
de ses habitans a sabastide
, autrement ditunemaison
- de campagne,où les Dimanches
& les Festes tout le peuple
va serecréer,comme nos Bourgeois
aux guinguettes de Paris.
Mchemet le promenant
un jour du costé du * Mozargue
, au milieu de tous les gens
le coenavré de douleur d'avoir
appris que sa chere Caro
venoit de luy faire une infidélité,
essaya, avec l'aide des propos
joyeux que luy tenoit Padentde
noyer promptement
son chagrin dans les agrémens
d'une intrigue nouvelle:& le
même jour unejoliepaysane
levangea de la perfide de son
inçtraté! danseuse. Que résultat-
il de cette avanture ? le voiey;
* Village aux environsdeMarseillé.
on prétcnd)CJ.lalotcOanr que le
lernp& la curiosit é nous ont
dévoilé tous ces my lieres, que
la Puysanc étoit une des plus
dégourdies fillesdeMarseille,
(Ville où les files ne font
asseuremenr pas sottes ) on
ajoûte que l'espoird'attraper
quelques pistoles de Son Excellence
,
sous le bon plaisir de
Paderi, luy fit entreprendre ce
gracieux déguisement , qui
cût unsigrand succés pour sa
réputation
, que longtemps
après, le bruit courut à Lyon
&à Paris que l'Ambassadeur
avoit emporté deMarseille
un douloureux gagedesincidents
decette galanterie;mais
ne nous écartons pas, s'il vous
plaît, du Village deMazargue
donc cettedigrassionnous
dontcette d;gr a
1
ssion nous tiré.
C'est icy que 1elraeurclt
oblioé d'admirer la h ute vaillance
de M hemet. Les Gabes
des douze Pairsheureusemenet
mis àfin dans le châtelduRoy
Hugon à l'exception de celuy
d'Olivier avec lafile du bon Sire,
ne font que for fanteries en
comparaison de ce merveilleux
geste, & onc preux Chevalier
ne fie unsibravemechief
, en
un mot, ce que t'onvalire,
ncil pas un conte, & c'ift
dans la peinture C'x.a,: de ces
rares exploits,quele dévelopenc
avec gloire lestalens é'o..
quens d'un historienfidele.
Imaginez-vous dot-c voir à
prefencM-hcmec sur son
séant
, au milieu d'une place
où l'on bar du bled, sa pipe à
la bouche, environné d'un
côte,de ses Pages, Esclaves,
& autres quidans, & d.: front
occupe agréablement dela vûë
d'un grand nombre de jeunes
& belles filles, que son ordre
absolu -fait, impitoyablement
cLnr(..au son des musettes &,
descabounns, jusqu'à ce qu'el
-
les ,&les instrumens qui les
animent , en tombent sur les
dents.
Maintenant voyez le monter
legerement sur un superbe
confhcr ,falrc des sauts, des
voltes
,
catacoller
,
& courir
dans une carriere raboteuse
,
j squ'à ce qu'un maudit tronc
d'Olivier mal déracine, culbute
le Lh, VJ & Ecuyer par terre.
Admirez-le erfîn s'égosillant
d'appeller tous ses domestiques
pour l'aider àse relever,
& leur commander presque
djan]s lemêmemoment, d'as ÍLJ sembler
sembler tous les spectateurs,
gensde Ville, de Village &
autres, autourde sa personne,
pour montrer le beau tour que
je vais vous conter.
Il se fit apporter un gros
belier qui paissoitaux environs
du lieu oùilétoit, sans sonor..
seulement qu'ily eut un
Ambassadeurde Perfeau monde,
il fit lier les quatre jambes
de ce pauvre animal qu'il ordonna
à mvde ses favoris de
j-souleveripar l'ext-cmit é des
piedsà une hauteur raifonna-
,tfe:r,puis câpres une courte 4"iCJ'.c.é;à je np sçai
quel Saint de ton Pays, il tira
son redoutableCimeterre, &
d'un seul revers bien assené
,
il
cou pa les quatre jambes de ce
miserable belier On a pas de
peine à comprendre combien
il rniût d'éloges sur ce piodU
gieux fait d'armes. Il en fut
11 ,,' tellementenyvré,qu'àquatre
pas de là, un monstrueuxcochon
en payala folle cacher©.
Animé oucroi&elur&da succés
dont la fortunevenoitdecouronner
sa valeur ;pofr ladéfaut
du belier, il tomba sur le cochon
,& d'un CetJ..coupd<: Cimeterre
ille pourfendreicy
deux parts. Il remonta aussitost
à cheval
,
d'un air dédaigneux
, & prit, comme side rien
n'eûtesté,le chemin de laVille,
aprè1s avoi.r ,néanmoi-ns payé, &
abandonné au pillage de si
précieuses dépoüllles.
Je ferois de cette journée,
douze tableaux pareils à celuycy
,
si je n'avaispaspeur
qu'on les prit pour le bouclier
d'Achille.
CHAPITREV.
Suite du Chapitre precedent, &
dtquantité d'autres belles cbo
Jesque fit & dit Mi bemet,
jusquau jour qu'ilJortit de
MarfeiUe.
Si tout ce qu'ilya d'écrivains
négligents, semez comme
vermine dans tous les Etats
du monde,imitoient mon
exactitude à conter jusqu'aux
moindres circonstances des
évenemens que j'expose aux
yeux du Public, l'excés du travail
les dégoûteroit, & nous
affranchiroit bien-tost de l'en,
nuy que nous cause leurs miserables
écrits.Pour moy qui
he veux rien laisser à desirer
au Lecteur,je luyapprends que
Mehemet de rctour à la Ville,
après avoir coupé les jambes
du belier, & tuéson cochon,
allachez Madame l'Intendante:,
où il trouva un grand
nombre de belles Dumes afferllbés
)qu'il se déchaussa en
leur presence,& secaresseavec
ses mains les doigts & la plante
des pieds. Ce tableau n'est pas
beau; mais ce n'est pas ma
faute, il est indispensablement
attac hé à la venté de ccrtc
Histoire. En même tem ps il
leur fit comprendre par grimace
& par Interprète, qu'il
venoir de faire les deux plus
beaux coups du monde. Alors
pour celebrer avec plus d honneur
cerre double vidojre,
Madame l'Intendante l'invita
àdîner le lendemain chez elle;
il topa à la proposition, &
fut fccoucher en attendant.
Je ne sçay maintenantcomment
me tirer du mauvais pas
où je suis,j'ay bien peur que
le pied ne me glisse; & tout cc
que je peux vous dire de plus
vray c'est ques'est icy undes
chefs d'oeuvrede mon récit.
deux mors néanmoins suffirdonUtpefuft-
aesitrîet,epo.ur metuer
? Pendant que Mtliemet Faisoit
savisiterl'obligeant Paçlctyimroduiloic
dans la
chambre de Son Excellence
laPaysane dont nous avons
parlé tamoft, où il l'entretint
à son, dam jusqu'au retour
de son. Maistre. Vers les
quatre ou cinq heures du matin,
le Coq chanta, Mchemet
s'eveilla, & labelles'enalla
attendre le jour chez son conducteur.
Enfin après biep des
veuvesquin'ont nul rapport
aux faits importants de cette.
Histoiremidy. sonna. Alors
rAmbaffadeur fitunedouzai
ne de nouvelles incartades
avant de se rendre à lamaison
de Madame ~Arnoir;que^fcL
marmitons MufulmarislLQ-i
voient dés le matin esté mclttfi
en desordre, pour préparer le
festin de leur Maittae,'>qm1nei
voulut jamais[oùffrlrJni:J..anii
ni après
,
~touch(I;iqtuàeleîslveisaGn'hdreesf.tiens ,nu
diArlufiaitousïesconvinsfc
mirentàtable;Mehemet fut
seplantercommeun fingr,ati.
milieu d'un Theâtrequ'on
avoir dresse dans l'endroit de
laxdu il comvîtnoie qu'il
fut, AIOEs- M: Arnouluy âti
le Salamalok en luyportant
la santédu Roy, qu'ilrefusa
longcîjmj»r&e }bDn , dj(in£
poursesraisons quec'estoit
à luy M. A PPOU à boire le
premieràlasantéduSophi
fonnMaistre qu'il nepou
voitpas donnée une moindre
marquade respe£b;;ui plup
grand Seigneur dumonde., &
qu'apté&qjnlky.auroitjcndù
Cet hommage verroit cequ'il
auroit à faire à l'égard du Roy
deFrance, qui n'cntroicjpasi
son gré en comfiaraisoisylavCa
le plus pulflAut; ErDipertfoidc
surcepoint:,,dJrpuks{Í(bautD
sur
quepeus'enfallut quc_tout le
feltfnlnç fut noiibléyqirc: les
tables ne faffene tufoulées,7 Sei
qquu''eennffiinniillnnese'es:nent-erto(tuoruiirscââfli
sans boire. Ce qui feroitaxrivé
sansmiracle, siun personnage
bien avisé, n'avoitcriéà pIeincr
voix, Âfjfcigwurs3ÀdcjjieurS)
Ë7 Mesdames,pour rétablir iry:
lecalme Cr l'union qui doiycm
eflrefjarmy nous,&.pourcmpê~
cher que du refle de ce jour, 1.
difeorde aux crins htriflf K ne trou*
lbolepilnAt qtuun'icljctotinlvliiteéntdàe cUetMtefaejsetef-,
ti des deux Empereurs qui donnent
lieu à cette altercation que
ÀdonjieHT Mchemet Ri^a Bç,
(y Monsieur Arnou boiventcka*
cun en même temps à 14Jante des
Rois leurs Adaifiresi
: Aussi tost dit,aussi tost fair,
les deux coupes furent rem
plies de part & d'autre, l'une
devin,& l'autre deforbet pour
le Mihometan. Ils bûrent
ci/ftii chacun leur portion.
Alors l'assembléesemit àcrier
vivent, vivent les deux Empereurs
,
les boëtes àtirer, les
violons, tambours,sisres, &
haut, bois à joüer,les tables à
fc couvrir
,
& les convives à
manger, :
«
On m'a assûré maintes rois
que McbetnerJen mangeant
son pileau, avoir dit dans le
repas quantitédebelles choses;
en voicy uneentreautres, c'cft
unedouceur dont il regala
Madame Amou. Vousestes,luy
dit il
,
Noble comme un Palmier,
Vermeille comme une cerise, re
belle comme ULme,&si çbeYic
du S. Prophète, que si vous
'{JoutieZ embaffr l' A'coran, il
<vvHsatmeroitaprèsvostremort>
plus que la mieux aimée de toutes
jesftînmes
, (7 vous ferte^en-
Jemble les honneurs &les délices
de son Paradis.
La Dame le remercia fore
poliment de la magnificence
de ce compliment, & la feste se
passa en paix & en litÍfé. Le
foir on fit un grand lansquenet
avec plusieurs reprises
d'hombre, où l'Ambassadeur
auroiteû le loisir de s'ennuyer
longtemps,si Marthe' Atnou&
'quelque»n'avoient
pas eu l'honnêteté de
quitter le jeu pour aller s'ennuyeravec
luy. Cc futencette
occasion qu'il dit par reconnoissance
à Madame Arnou
qu'elleétait une Dame pleine
de merite & d'esprit
,
qu'elle
sçavou fortbienvivre,&qu'il
rendroit un bon témoignage
d'elle à la Cour&aux Ministres.
Cette conversion & tous
les plaisirs de cettejournée
Sois,Il retourna à sa maison
avec son cortege ordinaire
& lcmèa^efcurlie(Tuya une surjeuTeaubadedeMadcmoifclLc
Catin
,
qui avoit appris
avec douleur l'avaniure de la
Paysane
,
& qui la luy avoit
icprot héc avectant daigreur
qu'ileût ne pouvoir mieux
faire
» pour la ranger à son
devoir, que luy casser sur le
visage ,un plat de fayence qui
setrouvasoussamain. Cette
querelle n:(ûr pasde suite, une
petite generosité &. quelques
carciîcs répatétent tout ce
désordre.* ;
re.-..: ;.' : Le lendemain M de S.
Olon
>dont il avoit cent fois
mis la patience à Jaraut* fut
doyfigaifiy qfaBoitfutir
de Mantille ,& s'acheminer
pour la Capicalede ce Royaume,
illuy remontra que la rigueur
de la faison
,
la fonce
des neiges,& le débordement
desrivières , leur pourroient
ôter les moyensde ibrurde
la Provence,s'il attendoirque
ces- inconvcniens; empechafsent
lasuite de son voyage$
mais Mehemetsetrouvoit 1d'ensortiraussitostqueM.de
S.Olonleprérandoul,lemit
dans unesi grande caleret,.cfiSI
rjlAra dkJouc/.raen^;£bonnsle
( 1eosn1LeyiRmsa
pourtant
pourtant encore,&onsitsi
bien à forcede bellesraisons,
que le vint-deux Décembre
1714. on leravitauxinconsolables
habitans deMarseille.
CHAPITRE VI.
DES AVANTVRES dl(graces,& , extravagances
jingulierrs qui arriverentPen.
dantlevoyage de Mhtmet
depuisMatfdlle3- 3
juilj4
ja\
Lioni
Une des principales difficultezquifaisoientapprehenderà
Mehemet son départ de Marfiiilc,
c'ttf qu'après avoir emprunté
à toutes mains, il y
estoit redevable à tout le monde
,
& qu'il ne devoir sa braveric
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirsa misere(
comme ilest fort bien dit
dans l'Opéra de Theonoé)
pour cacher si bien que mal
la pauvreté des siens,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'oneût l'indulgence de luy
prêter
,
qu'à labonté dequelque
M archands qui luy avancèrenta
beaux deniers comp-
"[âi,[. se prix de ces dépenses.
Il cr3Jgnit le blâme& les noms
odieux que nous donnons voi.
lontiers àtousceux qui nous
escroquent. Neanmoins il se
tira de ce mauvais pas fous
caution
,
& monta enfin à
chevalle22. du mois de Decembre1714.
ri, Il se lamenta à la porte de
cette belle Ville
,
de regret de
la quitter, & voyagea ainsi
jusqu'à Air , d où la mauvaise
humeur l'accompagna
tout le lendemain jusqu'à
Lambeze
,-
& si M. Honoré,
Affesseut des Ecars
,
à ladite
Ville,n'avoit étudié,composé,
& prononcé enfinàMehemet
un ue) beau & tres long compJirçiéncjoùj:
lpnr >E^ccJIcncc
n'entendoit rien,nylesInterprêtes
non plus, peutestre
quele reste de l'auditoire
,
(a
melancolieauroitpûavoirdes
suitestres sâ heufes^maisrje^
Dames vinrent heureusement à la queuë dece com,.pli,.me- nt,
l'Ambassadeurles trouva belles,
& les r
eceut bien.I fuma,
soupa
,
msêe coumcha & doermit.de Le lendemain - il se levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville
, fallutpasserlaDurancewXiqlluuyi
est la plus c..pricièurc livicrc
cL France, &, qui [c" trouva
majhçuroutçincni;pour .luY:t le
mêmejour,d'aussi méchante
humeur qIl avoiteftéjavçilje
&lasurveille.Cependant
aprés bien des peines .:(p
périls .'-IL)a t"v:cr sa à force
debras,sesMriniers invo-
.quant.d"un;côt,éS. Nicolas
luy& ses gens,Mahomet du
Jp.ur3 ce qui si,-., à ce que l'on
m'aasseuré,unconflit de Juri fdi6t
»o- nqui. pensatout gâter.
Orgon estuntrou où on ne
fut pacurieux de voir,&
où ilne s'ennuya qu'une nuit ,
Delà il fut à Avignon ;
mais il n'y fut pas bien rdccu
parla raison que les OHènt'aux^
quelques ztlcz Musulmans
qu'ils soient,ne trouvent guere
leurcompte dansles Etats du
STcrc Aussi en déguerpitil
le lendemain dugrandmatiif* n pour aller coucher àOrange,
où il passa une sonée fort
agreable. Les habitans de-cè
canton ne sontpas si serupuleux
queleursvoisins, & l'on
ne trouve pas aux portes de
leurVille(comme auxenvirons
) des soldats qui couchent
en joug les passants, pour leur
faire dire leur Confinor. J'y ay
dit le mien,mey cyitousparit,
& j'ay en bien peur, que la peur
ne me le fit oublier, auquel cas ye1tois tondu. A Orange. vous
dis- je,Mehemer fut charmé de
la bonne compagnie, toutle
monde s'empussa àledivertir,
&par reconnoilïatioeil fit presenter
duthé& du caffeatout
le monde;mais per sonne n'en
voulut. Il fit ensuite trois
tristes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanruTc digne de
toute l'attention du Lc£frur
& tfe tous iCL efforts de l'imagination
de l'Auteur.
'(:
Un empressé porteur de
mauvaises nouvellesestoit parti
la veille de Montelimar, &
& estoit venuàroure ba rde annoncer
(comme chosetrèsimportante
) aux Habitans,
Echevins, Maire & Gouverneur
de Valence, que le lendemain
,
1 Ambassadeur de
Per se y devoit arriveravec tout
so train. Alorsles bonnes
gens s'imaginent que c'est tout
au moins le grand, M;>golqqi
va tomberchez eux,ils sonnent
lagrosseCloche de la
bbVliellnel,t,lleces pMeunjgp'lsetfr'oatutsrnse'amssielmledans
les ruës on amorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice, on dresse
tout l'appareil d'un grand banquet,
& l'on ordonneà la garnsson
de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainsi disposé
, on attend
Son Excellence
,
à bon
estoient. Elle arrive en effet
vers les trois heures aprés midi,
alors chacun s'empresse à regarder
d'un oeil de pitié une
troupe de Bohêmes, moüillez
jusqu'aux os ,faits comme des
mouces & étintez comme des
soldats de recruë. Un brancart
porté par des mules, sur lcquJ.
die on ,
sont les Presents inestimables
que le Grand Soplii
envoye au Roy
,
& deux pauvres
caleches crotées, jufqQs
par dessusl'impérial
,
dans lcfquelles
sont sagement,à leur
aise, &incognito, M. de S.
Olon,& deux ou trois autics
François que ,:
leurs commissions
attachent à la suite de ce
charmantEtranger.
Quandona coanmencé
une sorti se, on veut lchevert
celaest de l'usage,la dépense
de
entrceepllree-nceyuértosditrftaeitteee,fo&tt;ilfeçs
n'en voulurent p.1s avoit le démenti
Lavoicytelleàpeu prés
qu'on me la écrite.
Le Maire de Valence mal
informé apparemment des usages&
coûtumes de lAlcoran,
se rendit en robe de ceremonie
accompagné d'un bon
nombre de Robins, suivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambassadeur, à qui
il fit un beau compliment,
en luy presentant le vin de la
Ville. Mehemet impatient
d'apprendre ce que signifioit
ce nouveau ceremonial, demanda
ce qu'il y avoir dans
ces bouteilles. On luy dit que
c'étoit du vin. Alors le feu
luy montant au visage,il dit:;
-en mettant la main sur la poignée
de son sabre, est-ce pour
m'insulterquecette canaillem'apporte
du vin;à moy qui n'en bois
-pas? par Mahomet, sicesgens ne
[ortfnt,&si on neleurcasse toutà.
f'heure leurs bouteilles sur la
teste, je les vais tous exterminer.
On neles fit pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monsieur PArnbaIDdeur, ny
pour les hâter de gagner l'escalier,
d'où ils furent bien tôt
dansla ruë, à seregardercomnrc
desgens parfaitement récompensezde
leur sotte civilité.
Cependant les Interpretes
& les Armeniensqui estoient
à son service, s'accommoderent
à bon compte du present
des Messieurs de Ville, donc
ils bûrent le vin à bon marché.
Le même foir il arriva une
autre avanture non moins singuliere
que celle cy; mais
d'une nature bien differente.
On avoir détaché des compagnies
de la garnison, un certain
nombre de soldats pour monter
la garde à la maison de
Mehemet, Le sieur des Marais,
Lieutenant de la Marechaussée
de Marseille, qui avoit ordre
de suivre l'Ambassadeur jusqu'àParis,&
d'escorter ses Presents
avec quatre archers de sa
brigade,regarda cette nouvelle
garde comme une injure
qu'on luy faisoit,& prétendit
que l'Offcier & les soldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Persan
, n'avoient rien à faire, ny
de garde à monter où il estoit;
L'Officiercommandé, voulue
de son costé faire son devoir,
& sans écouter le verbiage du
sieur des Marais, alloit faire
main baffe: sur luy & sur ses
gens, lorsquel'Ambassadeur
parut. Sa presence appaifa ce
tumulte,& l'Officier fut congedié
de son poste avec ses
soldats.
Le reste de cetre nuit se pafsa
à l'or d inaire.
Le lendemain il sur coucher
àS.Vallier,&deS Vallierà
Vienne, où il reçue des honneurs
plus simples, & mieux
concertez qu' à Valence, &
dontil sortit trés-content,
pour se rendre à Lyon, où il
luy arriva des choses si rares,
que l'espace qu'elles occuperoient
icy, me détermine à
remettre à une autre fois à les
conter. Je diviferay cette Histoire
en quatre parties, si l'on
est contentde celle qu'on vient
de lire; la seconde contiendra,
les Avanrures de Mehemet depuis
la Ville de Lyon, où je le
tuffe jusqu'au jour de son Entrée
à Paris; la troisiéme & la
quatrième instruiront le Lecteur
de toutes les circonstances
curicusesde son Audience à
Versailles, & de son séjour à
Paris, jusqu'au jour de son embarquementau
Havre. -
-,
Plus nous irons en avant,
plus nousverrons le beau &
le merveilleux decette Histoire:
Ainsi ilestdevostre prudence
de m'encourager àvous
tenir parole.,. si vous estes curieux
d'en sçavoirla fin.
Aprés avoir promis le mois
passé de donner un Etat des
Principaux Officiers de la Maison
du Roy, de celle du Regent
,de Madame la Duchesse
de Berry de Madame,& de
Madame la Duchesse dOrleans
,en consideration des
changementsqui y sont arrivez
depuislamort du Roy ,
il (si justequejetienne ma
parolece mois cy envous en
donnant une Liste que j'ayren
due aussi CXdd:.c qu'il m'a esté
possibledelefaire, àquoy je
ne me serois certainement
pas engagé si j'en avois preveu
les difficultez. Au restes'il y a
quelques omissions , comme
j'ay lieu de l'apprehender, je
prielelecteur d'avoir l'indulgence
d'attendre queje lesré*
pare, ce que je ferayà la premiere
occasion qui s'en presentera.
ETAT contenant les noms
„
des Officiers de la Maison
du Roy Louis XV. à
present regnant ; ceux de
Madame ,Fille de France
Duchesse de Berry, de Madame
,de M. le Duc d'Orleans,
Regent du Royaume,
& de Madame la Diichcfle
Ltt ChapclltJHRvy ejl compejïc
* du "fétnd Attmmier de France.!
M. le Cardinal de Rohans
Commandeur né des Ordres
du Roy, Evêque & Prince dé
Strasbourg.
Du premierAumônier
,
&
autresAumôniers de quartier.
Le premierAumônier.
M.leDuc de Coissin,Evêque
& Prince de Metz, Commandeur
de rOtdrc du S. Erprit
Le Afaiflre de l'Oratoire.
MJEvequedcS Omer.
Le Confffiurdu Roy.
N
Ily a buit Aumomers3 deux
à chaque Quartier.
M. l'AbbéMorel, Chance
ne de l Eglise de Paris & Conseiller
au Parlement.
Ml'Abbé de Maulevrier,
Chanoine & Comte de Lyon.
M l'Abbé
-dEntragues, AbbédeValence.
M. l'Abbé du Cambour.
M l'Abbéd'Argentré,Abbé
de Sainte Croix.
M. l'Abbé de Choiseul.
M*l'AbbédeRochebonne,
GrandVicaire de Lyon.
M. l'Abbé de Froulay Orand Vicairede Toulouse. ,
lly a huit Chapelains de quartier
&un ordinaire.
MSalomon.
M. Henrion.
M. Fativcl, C'unomcde S.
Quentin & Abbé de Clairfay.
1 M. de la Croix
,
Docteur
deSorbonne.
M. de Varennes
,
Docteur deSorbonne.
M. Traboüillet, Chanoine
deMeaux.
M. Poisson
,
Abbé de Bournet.
M Goüault.
Un Chapelain ordinaire
&SAcriflain.
M. Archon, Abbé de S.
Gil bert.
Ily a huit Clercs de Chapelle.
TMh. Peot hoonielr>oDgoctieuer e-n
M.Pellissier.
M. Busson, Chanoine d'Or--
leans.
M. Pernost, Prieur d'ECpoisle.
, -
M. Hazon.
-. M. Bezançon, Chanoine 4ç
Mets.
M.Maupoint.
M. Joliot.
-
Le Maiflre de la ChaptOe-
Mafiatie.
M. le Cardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composee des
Chapelainspourlesgrandes Mef
Ces,quifont:
M. Joüilhac.
M.Dubois.
M. Tesnieres.
Quatre Clercs de Chaptlle4
M. Bourgain, Chanoine de Reims.
M Caillet, Principal du
College des Crassins.
M. Tissu,Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin, Chanoine de
Reims.
Vn Glerc ordinaire.
M. Favart, Chanoine de
Reims.
1
Cette Chapelle comprend tous
les Musiciens e Symphonifles,
quifont en très-grand nombre.
Du
Du Grand Afatflre delaMaifin
-
du-Roy.
,
M. le Duc, Prince du Sang.
Surintendant a l'éducation
'., du Roy.
-
OY
M. leDucdu Maine,Prince
Souverain de Dombes.
Le Gouverneur du Roy.
M. le Maréchal de Vïlleroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. leComte de Ruffey.
Trois Gentilshommes de la
Afanche.
M. Dauffi,
M. Darcis.-
M. dePezé.
%JncGouvernante.
Me la Duchesse de Ventadour.
UneSous- Gouvernante.
Mcde la Lande.
Lepremier Maiflred'Hoflel.
M. le Marquis de Livry.
Douze MrftrfsdtHoflfljèrvantsparejuartiers3&,
un Maistre
dHoflel ordinaire.
M. le Comte d'Igny.
M. Dappoigny.
1
M. de la Godiniere.
, M. de Francine.
M de la Mesangere;
M Dumans.
M. Darzilliers.
M.leValeur.
M. deCambray.
M. de Montmor.
M. D'Herouville. N.
Un Majfired'Hotfclordinaire.
M. de Vauvré, Intendant
& du Conseil de la Régence.
Du grand Pannetltr.
M. le Duc de Brissac.
Trente six Gentilshommes
servants.
Le grandChambellan.
M leDucd'Albret.
Quatre premiers Gentilshommes
delaChambre.
M.le Duc de Thresmes,
M le Duc d'Aumont. --
M.le Duc de la Tremoille-
M. leDuc de Mortemart.
Quatre premiers Falets-de-
Chambre.
M le Marquis de Gambais,
Gouverneur de Limoges.
,
M. Bloüin.
M Bontemps.
M.le Marquisde Chancefcets.
Trente-deux Valets- de-
Chambre, servans huit par
quartier.
Grand A4ai(ife de la Garde robex
M. le Duc dela Rochefoucaatc.
Deux Mailfres-dt la Garderobe.
M. le Marquis de la Salle.
M. le Marquis de Maillebois.
Premier Médecin.
M. Poirier. -
Huit Medecins servans par
quartier
Premier Chirurgien.
M. Maréchal.
Huit Chirurgiens servans
par quartier.
Un Apotiquaire & quatre
aides.
Vn Directeur Gweral JesBÂ. rtmrjs. 1 M. le DiiC-d'Antia,
Le grandMaréchal desLogis.
M. le Marquis de Cany.
Quatre Capitaines des Gardes
duCorps.
M.le Ducde Noailles. -
M.leMaréchalDucd'Harcourt.
M. le Duc de Villeroy
M. le Duc de Charroft
,
M.l'orfils rcceucn survivance.
Un MAjor.
M Davignon.
Deux jéjdesMajors,
M. deBruzac.
M. de Parfontaince
ii. Lieutenants servants
par quartier,
12. Enseignes
Capitaine des Ctnt-SutJJcj.
M. le Marquis deCourranvaux..
Le Capitaine des Gardes
de la Porte.
M le Marquis de la Chaise.
Le Capitaine des Gardes de la,
Prevosté de l'Hofrel.
M.le Comte de Montsorcau.
Le Capitaine- Lieutenant
des Gendarmes.
M.le Prince de Rohan.
Le CapitaineLieutenant
des Chevaux- Levers.
M le Duc de Chaulnes.
Le Colonel des Gardes Françoises.
M. le Duc de Guichc.
Le ColonelG?neral des Suiffes.
M. le Duc du MainePrince
Souverain de Dombes.
Le Colonel du Régiment
des Gardes Suiffes.
M; de Raynold.
Le Grand Ecuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Or dre du Saint
Esprit.
Trots Ecuyers Cavalcadours.
M de Wux.
M. de Romance.
M. de la Magdeiline..
Trots Ordinaires.
M. de Neuville.
MNd'.Avricourt. Le
LetPrtmur Ecuyer.
- M. de Bewghen
,
Chevalier4eX
Ordre du Roy.
qVuingat Ercutyicres srervants par •' •
Ily a grandnombredes Pages
de la grande & petite Ecurie
,
sans compter ceux de la
Chambre.
LéGrand Fauconnier.
M leComte des Marets.
Le Grand Louyetïer.
M.le Marquis d'Heudicourt.
Le J!i di: la Cour,
Le GrandPrevort de France.
LcGrand- Maître desCewmontes.
M.le Marquis de Dreux.
Vn MaitrcdefCérémonies.
M. Desgranges.
Deux JntroduBtirsdes*Arrtbâjl- fadeurs. -
M le Marquis de Migni..)
M. leChévafÍetdèS.i.uiéOOt.
MAISON DE MADAME,
silic de France, Duchesse
de Berry. -
Officiers Ecclesîastiques.
Unpremier Aumonier.
1
Ml'AbbédeCastriez,Abbé&
deValmagne,& de Monastier.
Quatre Aumôniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget
Grand Vicaire d'Alby. ,
M.l'Abbédu Tremblay,
M.l'AbbéDanglade.
Un Aumônierordinaire.
M. l'Abbéd'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Duplessis Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë
,
Chanoine du
Mans.
M. Girard, Chanoine de
Clermonr.
M. Rafy, chanoine d'Auxerre.
Un Chapelainordinaire.
M. Cupet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M Rabeuf, Principal du
college de Presses.
M. Francfort.
M Lucas.
M. Guinot
,
Chanoine de
Beaum.
Vn Cire de Chapelle ordinaire.
M. Bjyo.
Un Confrffcur. N.
Un Conjejpur du commun.
M. Avenel.
Vn Sommier de Chapelle.
M Dupuis.
CHAMBRE.
Dames.
Vne Damed'Honneur,
Me la Duchcffe de S. Simon.
'Une Dame àAtour.
Me la Marquise de Pons
S. Maurice.
Dames du PalaÍs.
Me la Marquise de Brancas.
Me la Comtessede Clermont.
Me la Marquise d'Armentieres.
Me la Marquée de Beauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlîe. Davaise.-
Douze Femmes de Chambre.
-'
Quatre Huissiers de la
Chambre.
Un ordinaire.
QuatreHuissiers du Cabi.
net.
Qaitre Huissiers de l'Antichambre,
Huit Valets deChambre.
Unor dinaire
O/ftciers de SArJté.
Unpremier Adedecin.
M. Douté.
UnChirurgien du Corps.
M. Lardy.
Un AboutAiriw Corp.
M. Imbert.
Car4erpùe.
Quatre VaUcsde Garderobe.
,
Un ordinaire.
VnPorte-Manteau.,
M.Jolly.
^ÇJytmbrc aux Deniers.
Vn..,C.,;hevalierd'Honneur.-
M. le Marquis de Goërenfao
,
Lieutenant general des
Armées du Rc.:.V.',".,
'UnpremierAjailfrr,d'Hojqtl.
M.le Comte deSaumery.
QuatreMAî/ïres dtHo{fI.
M. de la Marc. - -
M. Tourolc.
M.Juussuaann. ..J » _! J ¿ Il.
M. de la Valette.
v".M¡¡;¡ftri-d!HofleJoraithfirt.
M.Bertin..
Deux Controtteursrtnèfnttx+ âM. Levcfque. • * hu
M leBassier. • 1'4
HuitGentilshommesfeMtnts.
- •
J\ M.Chanipidn. • "* I W -
-
MM.'.P:Pini;g\rte: ;11"«
VM1tf<*<36urè'ellcs?
M.Dcfcncfbsr-
M.deBertun.
M.Larcneau.
M.Pocot.
M de la Girardicrc.
Vn GentilhommeJervant
ordinaire.
M.deLaverdin.
Vn ControlleurClercd'Office,
.;. M.Pezier; ;. QuatreControlleursv-lcrc-; s* d'Office. ..,'
\"l1.-"Eeù'rit.
Un tifrm¡HJFfri'
- 41 1 -- - H'M''iChèv'Jiet-. d'HJu,t"'efort,
M^tch.il 'des'\:amps &
Arméesdu Ro^;
-
, 1 "Ondtte Ecayets.1
M deMêlait.
M Boubée, ^Gbfpitàirier de
Cavalerie.
M. de Suzanges.
M. du Faure.
Vn EcuYrCval_Jo¡¿r..f'
M. de la Vassorerie.
Un Maréchal des :L,gj
1
Un fOlJricr. ".,,' ,,' Un Concrolleurgencr^dcs
vrEcur^ic,:nio Secretaire des --Commanaf
mens,MufonFinances.
M.4cMontailas^
Un Surintendantdrs Maifjns
&Finances. : j M. de M ynon. -
Vn Intendant drsJkijiifons
&Finânçtf, :
MPjulirçiciv
Six Secrétaires de Finances.
Un Secrctaire ordinaire.
Un Treforitr General de
,
la
,. maijon. ,
M. de Merandon.
UnGouverneur & un fous-
Gouverneur des Pages.
Vn Chapelain C, Prcceptcur-i M. Stephanel, Chanoine
de Pigoerol. .,<:
;",.
GardeSjduÇorh( jJV^rirois.
M. deRoye,Mrquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy,
Ca pitaine jenrcnantJdy(n.
daimesFlamands, ,
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier de Courtemer.
DfUX Exempts.
M. le Marquis de Sabran.
M.le Marquis deBriquemaure.
Dux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N
UnOfficier des Gardes du
Corps Suisses.
ClInqunteGardes du Corps.
Uîi Trompette.
1'^Jt^Tymtlilier.:
VIf'Tr/ôriet..
M. de S. Boner.
MAISON DE MADAMIlE,
DachefledOieaiis ••
Un premier Aumônier.,
M l'Abbé deMagnas.
Quatre Aumônier^
M l'Abbé Berthet, Prieur
de S. Léonard de Dreux.
M.l'Abbé deVerthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
tMa. l'lAbobé dee Be.lle.Fo,n- M. l'Abbé Dubuc.
UnAimonicr ordinaire.«
M l'AbbédeLagors,ChanondeMctz,*
Quatre Chapelains*
M Moucher.
M Cornuo.
M. Roblastre. N.
UnChapelainordinaire*
M RcLIgujr.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de LamotheVilbray.
M.de Maumonet.
M. Bloüin.
M. de S. Martin, Archidiacre
de S Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confefitur ordinaire.
Le R.P. de Linieres,Jesuite.
Vn AumonurduCommun.
M Coltel
,
Chanoinede
SainteOpportune.
VnC'onJflrUf' du COmmlmA
M Morlet
Un Sommier de Chapelle.
M. Prevost.
CHAMBRE.
Dames.
Dame d'Honneur.
Madame la Duchesse de
Brancas.
Dame détour.
Madame de Chasteautiers.
12. Femmes de Chambre.
Premier Medecin.
M.Teré.
Un Chirurgien du Çorps^
M. Carrete.
1-7n Aporicaire--duCorps.
M.Bolduc.
Un Chia'icK$J-Ioflrievri
M. le Marquis de Soliers.
Deux premiersÂiaijifes dMotel.
M.- de Copies., Seigneur de
Lucante.
M Leauthier,Capitaine de
Vaisseau.
, Quatre Afatftresd'Hoflely
M. Boüillerot.
M.Chapotin, ».,
M. Aubert.
1- .- M.
M. Dazy.
Vn MalftrdtHofiel ordinaire.
M. Hardy.
D.ux Controllrurs Généraux.
M. de la Fonstiere.
M. Le Grand.
Huit Gentilshommes servants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie"
Un premierEcuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers.
M.leRoy.
M. de Lescure.
M. Moët. N.
Vn Ecuyerordinaire.
M. de Balenne.
Deux EcuyersCavalçadours».
M. de Vaux.
M.Sevin.
Un Secrétaire des Commandement.
M. de Baudry,Maître, des
Requestes, & du Confcil de
Régence.
VA Trefbticr de la maison.
M.dePigis.
VnGouverneur des Pages,
M. de Grandchamp.
fSn Précepteur& Anmonter.
M. Bastide.
MAISON DE" MONSIEUR.
le Duc d'Orlans,PetitFils
de <R*ancè- R-gct« du
Royaume.
O,fifjcierjs U_ccUji&jlïques* tJJfipfemkrjjymanier.
M. l'abbé de Tressan Comte *'de Lyon, Abbé de,
Longpont & deLepau.
Le R.. P. Confesseur.
Le R.P. duTrevou,Jesuite.
Vn Maiftrtae tOratoire.
M l'Abbé de Simiane.
Vn Maiflre de la Chapelle &
Muflque.
jQïfërftAumbtiieis*
i'MvV'AbbéMailet,;,f ,\? - Mil'AbbéDionis.
• jN^J'AbbéSopningr,Abbc
deBaugency. L:v
M. l'Abbé de Ruaudé.
Vn AtfrftorûctûfdlrïÀlre'.
M l'AbbédeRabines,Abbé
de S. Jnt'yklle' &
Chanoine du Mans. ,:: (.
QuatreChapelain*..
CM lLaercherr, Cyhano.ine de
M. deBremond
M. Capet. * i M. Bayo.
QuatreClercs de Chapelle.
M. Domino.
M. Gervais, Chanoine de
Clery.
N. N. 1.
Vn Clerc de Chapelleordinaire*
M. Harcourt.
Pn Aumônier é Confrffiur de
lteM-aison. 1 Il.
M. Seiguenot.
La ehambre.
Deux premiersGentilshommes
delaChambre. -
M. le Marquis d'Armentieres.
M.le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. leMarquisdelaGuierche.
; ;
M Cabre.
M. Fargis.
M. Masparo.
Vn Chambellan ordinaire.
,- M. de Turmenyes.
Plusieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introduitur des 4m4Ua.
deurs.
M Marpré.
Vn Gouverneur des Pages. N.
Oiffciers de Santé.
Vn premier Medecin.
M. de Chirac, Professeur
coJ^niverfirçde Montpellier
,
& de l'Académie des
Sciences.
o44tre Aîccluins.
M. H Ivetius.
M Vignon.
M. Seignette.
M Imbert.
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M. Bitiiffcr.
M. Franchet.
M Lemoine.
M. Crespin.
FH Chirurgie- n ordinaire.
M. Dumont.
alreprmierjVtlcts de-Cham*
bres ordinairts.
M. Coche.
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Desnots.
Plusieurs Huissiers pour la
Chambre
,
anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valets de Chambre.
Un ordinaire.
Gafdérobe.
Deux Maistres de la Garderobe.
M.le Marquisde Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premierMuiflre d'HoJ!el.
M de Matarel.
QuatreAtfaifîres d'HofleL,
M.Gaillard.
M. leFebvre;
M.
M. Maupoint.
M. Coufin.
Deux Controlleurs Genraux.
M. de Lutel.
M. de Frefquierc.
Huit Gentihbommesfervam.
Ecurie.
Vn premier Ecuyer.
M.leMarquisDeffiat,Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit.
Quatre Ecuyers.
M. leCaron.
M. Dombret.
M. Duchcfnc.
N.
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M Torfc.
Gens du Confeil.
Vn Chancelier (7 garde des
Sceaux..
M. Terat, Marquis de
Chantôme, Officier de l'Ordre
du S. Esprit.
- Deux Secrétaires des Commandement.
M. l'Abbé de Thesut.
M.Doubler.
VnSur-Intendant des FinAnces.
M. Terar.
Ekuxintcnddm.
M. <Jc(,S;.Joc^yw
M.Baille.
UnAumîmitrpourïEcurie.
M. Boüilleror
Vu premier VenfÙr.
M.leMarquis d'Effiat.
Gardes duCorpsFrançois.
1
Deux Capitaines.
M le Marquisd'Etampes,
Chevalier de l'Ordre du S.
Esprit.
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni.
M. de Marolles.
Omx\Enfx.tgnks.
M. de SGa{rn¡lDb .M
M. de la BacbeJdrft.LI
Gardes duCorptSi4tf§s&j
Vn A-.
M.-tlcMrqu-d'Çt'NaDcré.
DeuxLtouttofitil.
M. de ChcvL ry..
M. de Filtz. ,,'
Un Sur-Intendant dts.BJfiimens.
M. deTerat.
VnIntendavt.
M. Girard.
M'AKÔN'"tiET MADAME
lÔa D"~uc(hRe.sse~d'Orrclea~ns.
-
M.l'AbbéGenais de l'ACadémieFrançoife.
M.l'AbbéBoulanger.
Vn'Ghapcloein.
M. le Page.
UnÇlbrcde1Chapelle.
M. lePage.
DAMES.
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort
- - ;
LaDamedAtour.
CMadaâmewllaiMna4r-ewqW* uivzVs» e'.etC
Dames du Pàlais7
Madame, laMarquise de
Confians.? ca
Madame la Comtessede
Tonnerre. Iâ: .t/
Madame laÇoititefle de Poiriers.
MadamelaMarquised'Epina
y.?i.1_Æ
Premitre Femme de Chambre.
MadameIm- bertJ.
Onze Femmes deChambre.
LeÇbcvalrer$Honnej+f,
M le Marquis de Çaltriez.'
Adaiflresd'Hofiel.
M. le Clerc.
M. de Laye.
v" Controllcur GnerAI.
M. Fronton de Vaugelas.
Ecurie.
Premier Ecuyer.
M. le Comte de S. Pierre.
Deux Ecuyers.
M. de la Serre Panar.
M Giraur.
Ecuyers Cavalcadours.
M. de Bussé.
M. Durand.
Vn Secrétaire des Commandemens.
M. de S. Prest.
S'il m'étoit permis de dire
librement mon tèntinientc'ontre
un usage établi depuis plufleursannées,
j'avoürois encore
une fois ingenuëment aux lecteurs
que je ne croy point le
Mercure Galant un Livre où
l'on doive s'attendre à trouver
des nouvelles,que leur merite
& la fraîcheur de leurs dates
puissent rendre interesssantes,
& qu'à l'exceptionde celles de
Paris, où ce Livre s'imprime,
l'éloignement des lieux rend
toutes ses autres nouvelles fort
vieilles, lors qu'il paroist:&
que par consequentj'ensupprimerois
( si c'etoit la mode
des Mercures) generalement
toutes celles que les Gazettes
annoncent chaque semaine ,à
l'exception seulement de certains
grands évenemens qu'on
ne peut trop publier;maison
a beau dire on a l'entêtement
de vouloir des nouvelles, en
voicy qui ne (ont certainement
pas mauvaises.
^NOVTELLES-.
AVemfe le
2.
3.Novembre 171 j.
M. le Comte de Schulembourg
doit estre arrive hier
icy dans un Lazaret qui luy a
esté préparé. Il fera plus à
portée qu'à celuy de Verone
,
de conferer avec les Chefs de
ce Gouvernement sur les operations
de la Campagne prochaine.
M Grimani qui a esté élu
Capitaine General en la place
de M. Delphin commence2
se laisser persuader d'accepter
cet employ ; mais il fait en
même-temps des demandes
pourestre misenétatde le pouvoir
soûtenir mieux que ne
pouvoir faire son predecesseur.
Il demande troupes ,
muniMns<&:
argent en beaucoup
plus grande quantité.
L'on a appris que M. Delpbir*
ccoit de retour à Zante,
dela course qu'il a faite dans
FAlchipei. Il s'est avancé jusqu'auCap
Dorodans l'Islede
hkgrepouc, d'oùil a estéobliger
par un vent contrairede
retourner sur ses pas. Sa presenceacausé
de l'allarmeaux
habitants des Isles de rAjchtpelqui
sesont donnez avis les
uns auxautresde sa proximité,
par de grands feux qu'ils ont
allumez danscesIsles. Huit
Galeres quiétoient à Mitilene
se font retiréespromptement
dans leCanal deConstantino- ple.
- Il est arrivé des Letrtegldu
General de D:lm3iie;nS$>fchk
CommandantdeCastel.Nuovo.
Ilsmandent que les Turcs.
s'étoient enfinretirezdans
leurs quartiersd'hyver } mais
qu'ils sa1(bienc dans l'Albanie
dans l'Epie& dansles Provinces
'dti'voifin-agr,,des- amasimmenses
de provifiom" &munitionsde
guerre. Ils rendent
compte de l'état où setrouvent
toutes les Places deDalmatie&
celles deCaftel-Nuo*
vo ,&decequi selolrnecetfai¡.
repourlesmettreenétat de
dtifolè , & ils supplient le
Sénat de .Ie.u¡',-cvoy(r ces fetbuM
le plais(.proarpterôenc
qu'il ferapollible. : kOn a sseure quecertaine-
IT) ntla R. publique n'a encore
signe aucuntraité avec l'Empereur
[ôc que quelque besoin
que l'onaiticy d'une diver sion
puissanteen Honcric: on ne
peuc(e réloudre à consentirà
..dè certainesconditions que ce
Prince voudroit exiger de la
LeConsul,dclaNationa
LeConsuldela Nation a
remisaujourd'huiauCollege
les Passeports du Roy i, pour
les Ambassadeurs Extraordinaires
dela République. J,.i;,i:..
: On est informé icy de la
crainte oùl'on est presentement
à Vienne d'estre attaqué
laCaropagneprochaine par les
Turcsdans Iii Hongrie,& on
croitque peut-estre l'onvoudra
profiter de cetteoccasion
favorable pour faire la paix
avec laTorte^qùivrâyfembla*
blcment n'en serapaséloignée.
Le PrinceElectoral de Baviere
doit venir ioccammenr
icy pour passerde-là à Rome,
onluy a déjàretenu un,P.JLus.
Il sera accompagné de lepe
Seigneurs de sa Cour & suivy
de soixante per sonnes.
A Romece13.Novembreïyi J.
Dimanche matin le Pape
fut auVaticanoùil dîna. Il
fut ensuite passer quelques
heures dans la Salle desArchives
avant que de retourner à
Monte-Cavallo ,il descendit
dans S. Pierre pour faire sa
prière ,il yconsideraavecplaisir
la belle lampe d'argent qu'il
yafait faire quiacoûté 3000.
écus. Une partie de cette somme
a eUê prise des amendes
ausque lles plusieurs personnes
de dittindion furent condamnées
il y aquatreans,pour
ianoir donne bal contre les
desse n ses qui en furent faites
alors. Sa Saintetéa aussi contribué
du ficn à cette dépense.
Le même jour Dimanche
au soir le Papeeût quelque accé,
d fiévredont il fut encore
incommodé le jour suivant;
mais Sa Sainteté est à present
bien remise de cette indisposition.
Judy, l'Ambassadeur de
l'Empereur
rErrrptTÎetïr fut rendre visite à
celuidePologne,quidonna un
beaurafraichissement. CeMinistreen
sortant,faillità tomberà
ladescente cle-l'cfcaller,&.
se fit si mal à un doigc en voulant
se retenir qu'on le crût
d'abordrompû.Cela n'a pourtant
pasempêché qu'il ne soit
alléVendredy 6. à l'Audience
du Pape.
On a appris icy presqu'en
même temps la mort de quatre
Evêques, sçavoirde Citta
deCastello,d'Orviero,deMassa
&d'Umbriatico ; on suppose
qu-ils ontestéempoisonnez,&
ce qui donne lieu àccffê sup
position, est quelçyjocip^clÇj
Naples,a, diton envoyé des
Commissaires à Umbriatico
pour informerlà dessus.,
LeCardinalSpadavintdernièrement
desonEvêchéd'Os.
sino à Rome;mais il nes'y est
arrêté que deux jours, encore
s'est il tenu pendant ce peu de
temps dans un parfaitincognito
chez l'Avocat Monrecatini.Le
motif de sa venue n'est aucre.
chose que pour se mettre par
ce moyen en état de pouvoir
participer au Rotolo. Il est
maintenant retourné à (arefidcncc
Episcopale.
Mardy dernier M. de Gamiche
,
nouvel Auditeur de
Rote pour la France, soûtint
saTheseavec unapplaudissement
universel.
Le bruit s'est répandu icy
que le Roy de Portugal pourroit
bien venir à Rome par
dévotion maistout-à-fait incognito.
On veut même que le
Pape ait donné cette nouvelle
dans la Congregation duSainc
Office de Jeudy dernier. On
ajoûre que SaSainteté est dans
le dessein
, au cas que cela arrive
de loger SaMajesté au
Vatican dans Appartement
des Etrangers.
Ces jours partez plusieurs
Archers du Capitole travestis
setrouvèrentproche de S André
de la Val, Quartier de
l'A mbassadeur del' Empereur,
malheureusement pour eux ilsfurent-reconnus par desDoméstiques
de ce Ministre,qui
après les avoir dcfarmcz, leur
donnèrent des coups de bâtons.
Pareillechose arriva à un
autre Archer, qui dans lamaisou
du Marquis de Bufalo reécutle
même traitement des
Domestiques du même Ambassadeur
& frcet Archer
n'eût dit qu'il étoit venu par
ordre de M. le Gouverneur,
pour le service du Marquis, il
n'en auroit pas été quitte à si
bon marché.
Extraitd'une Lettre du Cardinal
de la Tremoille
,
du
23 Novembre.
Le Pape qui s*enrhumaDimanche
dernieren allant pajjerîa
journée au Vatican, a continue
d'être incommodé de (on rhume
avec.un peud'altération, C7* celà
ta empeché ci,apiCr à la Ch,,
pelle del'Ar.niverfaire desa création
; mais Sa Sainteté se porte
mieux, &on espere que cela n'aura
point dejuite.
Le bruit s'lftfort répandu icy
de la promotion prochaine des Car.
Jznaux, & qUl!Yqu'on la donne
ajfeurée}fay de lapeinea meper.
fuader que le Pape ait un nombre
suffisant de places vacantes
pour nmpltr le nombre de ceux
que Sa Sainteté voudroit avancer
a la dignité de Cardinal. Il est
"jray qu'elle voudroit bien aujji
faire un mouvement dans la Prélature
- CP cela nesepeutfaire
qRe'f¡anl ceux quien occupent,
lêj,principalesCharges..
On écrit de Hambourg du
29. du mois passé,que les Lettres
du camp des Alliez devanr
Stralzund portent que le
Roy de Suéde, dans l'attaque.
qu'il fjic des forces des Alliez,
qui ayoient fait descente dans,
l'isle de Rugen
,
avoitdonna
des marques d'une valeur ex- trndiitc)menant diverses
foils-à la chargesa Cavalerie &&.
son Infanterie, qui combattirent
à sonexemple avec une,
vigueur surprenante, ai
qu'il avoir enfinétéobligéde
cederau nombre fopetilrurdc
ses Ennemis. Il y fut blesse legerement
au bras, &,- ayant
appris quesesrestanchements
devant Stralzund avoient effip
forcez, il resolut d'y retourner
avec deux millehommes,
pour tâcherdeles reprendre
laiss.mr les meirrtif! dr4drcï>
qu'il pardans Rugen. Depuis
son départlesAlliezsesont
emparez deroute Vfle,te i-j.
&on mà'nde tqùe dese mille
hommes qui y éroient, seulement
,dcux.mH!eiS'éfoim rerirtzà
Stralzundavec le Roy
de
de Suede;que lerelteavoitété
tué ou pris. Parmi les prisonniers
,
les Majors Généraux
Marschall, Mdlin, Stromseldt
,
& Grothausen ; seize
Colonels,Lieutenants-Colonels
,ou Majors ; vingt- huit
Capitaines, trente six Lieutenants
,
Cornettes,ou Enseignes;
deux mille Soldats; soixante
& dix Canons. Les prisonniers
ont esté partagez entre
les deux Rois
,
ainsi cjûc
l'Artillerie, dont le Roy de
Prusse aeula plus grande partie.
Le Roy de Dannemai k a
pris possession de l'Isle de RI]'
gen ,
ou il a mis pour Commandant
le General Dewitz
avec quatre Bataillons,& dix
Escadrons. La Garnisondela
petite Isle deRugen,manquant
de vivres, a trouvé mOYQO de
s'embarquer,& de se retirer
en Suede. La Flotte Danoifc
qui a fervia la descente de Rugen
,
bloque presentement
Stralzund du costé de la Mer.
Le Roy de Suede qui y estavec
six mille hommes, est toûjours
à cheval
,
donnant ses ordres
pour la conservation de la
Vile,qu'il est resolu dedeffondie
jusqu'à la dernière cKtrê
mité. Lesallugeans sousse ent
beaucoup dans le Camp
,
leurs
tranchées ayant elle remplies
d'eau par les pluies pre sque
continuelles. On a euavisque
la Flotte Suedoise composée
de dix huit Vaisseaux de ligne,
& de pluficurs Bâtimens de
transport, avoit trois fois mis
àlavoite à Carelfcroon ;mais
qu'elle y avoit toûjours eslé
repoussee parles vents contrat
res. On écutde Dresde que le
Roy de Pologne se préparoit
à en partir pour retourner à
Vat sovie
,
afin de travailler à
appaiser les troubles qui au
gmentent en ce Païslà.
On mande de Viennele23.
Novembre1715 que le 17.
de ce mois au foir ,& le 18. au
matin
, on celebrales obseques
du Roy Très-Chrétien
Loüis XIV. dans l'Eglise des
Religieux Augustins Déchaussez
prés du Palais. On yavoit
dressé, par ordre de l'Empereur,
un magnifique mausolée,
élevé jusqu'à la voute de ItEglise
, orné de douze Hatuës.
d'emblèmes,&d'inscriptions
à la loüange du feu Roy, avec
une quantitéextraordinaire de
flambeaux,la veille &le jour on
sonna toutes les cloches dela
V1llc:,&d(sFauxbourgs.La premiere
Messe fut celebrée par
l'Evêquede Neustadt, & la lcT
conde par un autre Evêque.
L'Empereur y assista avec
les Imperatrices Doüairieres,
les Archiduchesses, les Ministres
,
les Seigneurs, &
& Dames de la Cour, tous
en grand deüil. L'Imperatrice
Regnante ne pût pas s'y trouver,
àcausede sa grossesse qui
est fort avancée.Le19Feste
deSainteElisabeth, fille d'André
Roy de Hongrie, l'Imperatrice
, & l'Archiduchesse
soeur aînée de l'Empereur, qui
en portent le nom,receurent
suivant lacoûtume
,
les complimens
de toute la Cour
, en
habits de ceremonie. Le 18.
le Regiment d'Infanterie ImpérialduComteMaximilien
de
Staremberg arriva icydeBrisgau,
par le Danube
,
&il doit
incessamment continuer sa
route vers la Hongrie. Suivant
les derniers avis de Turquie
leGrand Visir,& leCapitan,
Pacha étoient arrivez à Andrinopleauprés
du Grand Seigneur
,
qui devoir dans quinze
jours retourner àConstantinople.
Ils travaillent a augmenter
l'Armée. Navale, & les
forces de terre,afin de former
trois Armées, l'une en Dalmatie
,l'autre sur les Frontieres
de Pologne
,
& de Moscovie
,
& la troisiéme du côté de laOn a joûte que le
u.dOôVobre
,
le Caïmakam,
Gouverneur de Constantinoplc,
avoit envoyé prendre à
Pera,par trente Turcs, leResident
de la République de
Genes, qu'ils amenerent en
robe de chambre sans perruque
& sans chapeau. Le Caïmakim
luy reprocha que U
République avoit fourni des
Vaisseaux, des Matelots
,
&
d'autres secours aux Venitiens
contre le Grand Seigneur, &
ensuite il le fit conduitr3e sut une
Tartanne Genoise qui étoit
dans le Port
,
avecordrede
partir incessamment.
On écrit de Madrid le
25. Novembre 1715.quele
19. le jour de Sainte Elisabeth,
qui est la ~faste de la Reine ,
les Segneurs allerent le matin
luy baiserlamain, & les Damesl'apresoînée.
Le 24. on
celebra dans l'Eglise duCollege
Impérial des Jesuites les
obseques des Officiers,&Soldats
morts au service du Roy.
Les Grands, les Officiers Militaires,&
les principaux Ministres
y a ssisterent. Le 21. le
Roy fit publier une Ordonnance,
par laquelleil estenjoint à
tous les Officiers réformez de
se presenter avec leurs Patentes
devant les Commissaires Generaux,
pour estre enregistrez,
& estreemployez quand l'occasions'en
presentera,selon
leurs fervice<;, & leurs merites.
On aesté consolé par les nouvelles
qu'ona receuës de la
Flottede lanouvelle Espagne,
pas lesquelles on a fccu qu'il
ne s'en estoit perdu que deux
Bârimens, que d'autres avoient
échoüez sur les Costes de la
Flotide; mais qu'on en avoit
retirétout l'or,& tour l'argent
&la pluspart des marchandises.
Sur ces avis, le Roy a
envoyé ordre à Cadis d'équiper
avec toute la diligence possible
, quatre Vaisseaux quiy
sont, & il a ordonné au Marquis
de Valero
,
nommé à la
Viceroyauté de la nouvelleEspagne,
de partir incessammens
pour aller àCadis r/y embarquer.
Sesinstructions portent
qu'il se rendra en droiture à
la Havane, où ces quatre Vaisseaux
débarqueront les marchandises
qu'ils portent & ils
feront chargez des effets de la
Flotte, qui vont à douze millions
d'écusen or & en argent
seulement. On vouloir donner
la conduite de ces Vaisseaux à
l'Amiral Don Andrezde Pez;
mais comme il s'est excusé sur
son grand âge,on croit qu'on
nommera en sa place le sieur
ArestiquetaBiscain,qui a fait
plusieurs fois le voyage des Indes
Occidentales. En même
temps le Roy a donné le
Gouvernement de Buenos Yarés
au Brigadier Don Bruno
deZabala
,
la Lieutenance de
Roy,& du Païs quien dépend
au Colonel Don Dionisio
Martinez de la Véga, le Gouvernement
de la Havane
, au
Brigadier Don Vincente de
Rexa
,
& la Lieutenance de
Roy de Portobelo
,
à Don
Manuel RodriguezCarbonel,
Colonel du Regiment de Santiago.
Les dernieres Lettres
de Cadis portent que les quatre
Vaisseaux quidoivent porter
à Carthagene le Prince de
Santo
-
Buono
,
Viccroy du
Perou
, avoient fait voile le14.
escortez jusqu'aux Canaries,
par un Voiifeau François,&
par lescrois du sieur Martinet.
Comme on travaille à augmenter
les forces de laMarine,
tant pour lagarde des Costes,
que pour envoyer plus souvent
des Flottes en Amérique
, on apublié dans tout le Royaume
, quetoutes les per sonnes
expérimentées dans la Marine
ayent à se presenter dans les
Ports, pour estre employées.
Onécrit de Lilbonne du
1 1.
de ce mois, que le Prince Don
Manuel
,
frere du Roy, croit
sorti !c'4. sousprétexte,d'aller
à la chasse vers Belem ,qu'après
yavoir fait ses dévotions;il
s'etoit misdansuneChaloupe
qu'il avoir fait préparer, &
qu'il étoit allé s'embarquer sur
un VaisseauAnglois qui l'attendoit
,& qui partir aussitost
avec un vent favorable. Iln'a-,
voitavec luy que Don Manuël
Telles de Sylva
,
fils du Comte
de Tarouca,& deux domestiques.
On croit que le dessein
de ce Prince est de voyager ,
ou d'aller en Hongrie pour
fc trouver à la guerre contre
les Turcs. Le même jour 4.
une partie de la Flotte du
Brcfil entra dans le Tage, fuivie
des autres Vaisseaux. On
assûre qu'elle est très-riche, &
quelle cil chargée entr'autres
de vingtmillions de livres en
or. On ajoûte que les Cor saires
de Salé avoient pris sur les
codes deux Vaisseaux Fran..
çois, trois Hollandois, & dix
Anglois.
Onécrit de Londresdu 28.
Novembre 17 1 5. que le
2. 5.
& le 26. de ce mois on reçût
divers avis que le Corps des
Mécontentsd'Ecosse,& de
Northumbcriand aVaIent été
défaits par le General Wills à
Preston, dans le Comté de
Lancastre: & on a scû les particularitez
suivantes. Le 22.
les Mécontents arrivèrent à
Preston au nombre de prés de
cinq mille, avec quatre pièces
de canon de campagne, & ils
s'y barricaderent pourattendre
la 'or-a'on de ceux deleur
parti LeGeneralWills quiétoit
arrive à Wiggam,entre Wasington
,
& PIcOn) enayant
este informé
,
marcha pour les
attaquer avec les Regimens de
Cavalerie, & de Diagons de
,
,
.: I'itt,
Pitt, de Wyrme, de Honywood
,
de Dorme, de Munden
, de Sranhope
,
& ccluy
d'Infanterie de Preston, ayant
laissé le Régiment de Dragons
de Newton à Manchester, où
il y avoit beaucoup de gens
mal affectionnez. Il arriva le
23. à une heure après midy
au Pont de Ribble,éloigne
d'un quart de lieuë de Preston,
&gardépar cent chevaux &
cent Fantassins, quià l'approche
des Troupes- du General
Wills, se retirerent dans la
Ville:ainsi il pasta le Pont sans
aucune opposition, & il fit
avancer le Regiment de Preston,
soutenupardes Dragons
pourattaquer les barricades.
Les Mécontents les deffendirent
d'abord avec beaucoup
de valeur, faisantenmême
temps un grand feu desmaisons
voisines. Le Regiment de
Preston y souffrit beaucoup, &
fut obligé d'y mettre le feu
ce qui les fie abandonner par
les Mécontens, & ensuite les
barrieres furent forcées. Le
Regiment de Preston y eut
quatre Capitaines, & plus de
cent soldats tuez, outre les
bîelTcz. Le General Wills luy
ordonna de s'y retrancher, & ildistribua sa Cavalerie, & ses
Dragons autour de la Ville
,
pour empêcherles Méconrens
de s'échaper. Ils firent une sortie;
mais après un rude combat,
lis furent repoussez. Le
24. à neuf heures du matin
,
le General Carpenter qui s'avançoit
par le Comté d York,
arriva avec les, Regimens de
DragonsdeCobham,de
Churchill & de Molefwooth.
A uneheure après midy les
Assiegez envoyerent demander
à capituler; mais on leur
répondit Qu'onne pouvoit
leur accorder d'autres conditions
, que de mettre bas les
armes, de se rendre à discretion,
& de se remettre à la cle-
ITKnce du Roy. Les Assiegez,
aprés plusieurs d.iEcu!cez, furent
obligez d'y consentir, se
voyant enfermez de tous côtez
; seulement cinq à six Gcne
tilshommes bien montez, tenterent
de sortir,&donnèrent
dans le Régiment de Cavaleric
dePitt, où ils furent tous
tuez. Les Troupes du Roy
dévoient le 25. entrer dans la
Ville, & en prendre poÍfctIion..
Les Mécontens avoient eu
dans les attaques trois cens
hommes tuez ou blessez, &
il enrestoit dix sept cens bien
armez, les autres n'avoient que
des épées & des ba stons: on a
envoyé or dre de prendre six
ou sept Officiers à la demy
paye qui estoient parmi coz,
&,;. d'envoyer icy les principauxChefs.
On mande dela Hayedu
12. de ce mois que l'Infant
Don Manuël, frère du Roy
de Portugal
, y arriva par Mer
deL sbonne le 27. du mois dernier,
ayant esté pour suiviquelque
temps par - un Corsaire
d'Alger. Ilestoit accompagné
par DonManuël,second fils du
Comte de Tarouca, Ambassadeur
de S M. Portugaise,chez
lequel il est logé incognito Le
Traité de la Barriere conclu à
Anvers le 15. Novembre, n'a
pas encore esté publié,& on
croit qu'il ne le fera qu'après
que les ratifications auront été
échangées. Néanmoins on a
apprisparquelques copies qui
en ont été vûës, qu'il contient
vingtneufarticles, dont
toutes les Gazettes ont fait un
ample détail. ;
De Pans, le 14.
Le 6. decemois,leBailly
de Mesmes,Ambassadeur Extraordinaire
de la Religion de
Malthe,eut audience publique
deMonsieur le Ducd Orleans,
de Madame, & de Madame la
Duchesse d'Orleans,qu'il complimenta
sur la mort du feu
Roy, & presentades lettres
du grand Maiftric.- e-
-
Le 19. du mois dernier, on
celebradans l'EgliseCathedraledeSaint
J an de Lyon,un
Service solemnel pour le feu
Roy,&iOtaiton Funebre fut
prononcée par le sieur du Teil.
~Leîr. de ce mois,l'UniversitécelebraunService
solennel
dansla Chapelle de Sorbonne,
pour le repos del'ame du feu
Roy Le Cardinal de Noailles,
Archevesque de Paris, Proviseur
de Sorbonne,celebra la
Messe ,& le sieur Grenant,
Professeur au CollegedeHarcourt,
prononçal'Eloge FunebreenLatin
Le sieurde Montempuys
Recteur,lesProcurcursdcs
Nations, lesFacultez,
leurs Doyensàlareste,yassisterenten
habitsde ceremonie,
ainsi
ainsi que lepremier Président,
plusieurs Présidents & Conseillers
du Parlement,les Gens
du Roy,&d'autres personnes
de distinction.
Le 12. les Jesuites de la
MaisonProfesse, en celebrerent
un dans leur Eglise, & le
Pere de la Ferté prononça
l'OraisonFunebre.
On en celebra le 2. dece
mois un à Grenoble,où l'Evêque
officiapontificalement,
le Parlement,& la Chambre
des Comptes y assistèrent.
Le 14.l'Evêque Comte de
Chaalons
, en fit cele brer un
dans sa Cathedrale.
A S. Malo du 10. Novembre
17lS'
Le Capitaine qui a passé le
Prétendant, est de retour de
Vendredy au soir, il rapporte
avoir débarqué au Nord d'Ecosse
,
où il y avoit 8. ou 10.
mille hommes qui l'attendoient
,
qui l'ont receu avec
de grandes acclamations de
joye, comme tout le peuple.
Il rapporte que quelques jours
avantleur arrivée
,
il ya eû un
combat entre le Comte de
Marre&le Ducd'Argile,que
le Comte de Marre a été blessé
au bras àssez legerement, que
le combat a esté sanglant, &
opiniâtre,que les Ecossois ont
esté fort maltraitez , que cependant
ils sont restez maîtres
duChamp debataille,& que
le Duc d'Argile s'est retiré en
bon ordre, qu'il est resté de
part & d'autre 5. à 6. mille
hommes sur la pl ace ; mais
que ce combat ne décide rien,
on compte que la presence du
Roy fera lever le masque à
bien des gens qui n'ont encore
osé remuer. M. le Duc d'Ormond
devoit débarquer en
Angleterre ; t{~ longtemps
raudé, maiscommçil~J>apoit|.r
vû les signaux qu'on devçi-(
luy faire, il est revenu à Morlay,
Où ilestpresentement,en
attendant l'occasion &..le
temps favorable pour y retourner.
;
JVTRES NOVVELE
-1
M0R.TS.
MessiredePoitiers,
Comte de Poitiers, mourut
le Novemb re. Il étoit
d'une des plus anciennes &
desbids illustres Maisons du
Royaume,&surlaquelle je
vous ay entretenu assez au
long cfôfis mon Journal du
rrftfis;d«*>Février dernier, à
l'occasiondesonMariage avec
Mademoiselle deBour bonMalâiufèf]
'<* .-, ~MessireMichel Chauvin,
'Gorifeîller au Parlement, &
CommissaireauxRequestes du
Palais, où il fut reçû le 1.
Juillet,1705. mourut le 20.
Novembre
: laissant unefille
unique de son Mariage,avec
feuë DameMarie Catherine
(Jc. ~Bragelogne,morte le7.
Janvier 1711,fille de Pierre
de Bragelogne, ~Présidentés
Enquestes du Parlement de
Brecagne, & de Marie de
Gaumont : ilestoit fils unique
d'Antoine Chauvin , Maistre
des Comptes, & d'Elisabeth
- Charlote Guillois, & petit fils
de Simon Chauvin,sieur de
Meridou, reçû Secretaire du
Royen1633.d'Anne- MargueriteRoujault
:Cette famille
de Chauvin est originaire de
la Ville d Estampes, où elle est
connuë depuis longtemps entre
les premieres.
Dame Marie- Genevieve de
Chambes,Comtesse de Montsoreau
en Anjou, époufc de
Messire François Loüis du
Bouchet, Marquis de Sourches,
ancien Prevost de l'Hôtel
du Roy, grand Prevost de
France, & cy-devant Gouverneur
des Provinces du Maine
& Perche, & Comte de Laval,
mourut le. Novembre, laissant
pour enfans Loüis du
Bouchet, Comte de Moncsoreau
,
Lieutenant General des
Armées du Roy, & grand
Prevost de l'Hostel du Roy
& de France; Jean Loüis du
Bouchet, Evesque de Dol;
Loüis- François du Bouchet,
Comte de Sourches; Vincent-
Loüis duBouchet,Chevalier de
-Ma-lihe
,
dit le Chevalier de
Monsoreau; Marie-Loiïife du
Bouchet,femme de Loüis Colbert,
Marquis deLinieres;Marie-
Loü se Genevieve du Bouchet,
femme de Jean Baptiste
NicolasDesmé de laChesnaye,
Comte de Rougemont, grand
-
Trenchanr & Porte- Cornetre
blanche de France, & Gouverneur
de Meulant:Madame
de Sourches estoit fille de Bernard
de Chambes, Seigneur
dela Frelonniere, & de Gene
viéve Boyvin, & petite fille
de René de Chambes, Comte
de Montsoreau, Marquis
d'Avoir & de Marie de Fortia,
La Maison de Chambes est
une des plus anciennes du
Royaume, & elle s'est alliée
aux Maisons de Chabot,
d' Amboise, dePolignac d'Astarac,
de Commez, de Chasteau
Briant,de la Rochefoucault
& de Laval, &c. Pour
la Maison du Bouchet je vous
en ay parlé le mois passé, à
l'occasion du Mariage de M.
le Comte de Sourches, avec
Mademoisellede Thierfaulr.
Messire Hardoüin Fortin
de la Hoguette
,
Doeur de la
Maison & Société de Sorbonne,
Abbé de Samblanceaux&
Archevêque de Sens
, mourut
àSens le 18. Novembre : il
avoit esté Chanoine de l'Eglise
de Paris, & Archidiacre de
Johas
,
Agent du Clergé de
France, nommé Evêque de
saintBrieuen 1675.sacré en
1676. transferé à Poiriers en
léSo. nommé Archevêque
de Sens en 1685. & Confciller
d'Etatd'Egliseen 1704. Il
étoit fils de Philippcs Fortin
Seigneur de la Hoguette, &
de Loüise de Perefixe
,
soeur
de M. Hardouin de Perefixe,
Archevêque de Paris, Commandeur&
Chancelier des Ordresdu
Roy,mort en 1671.
&il étoit frere de-feu Messire
Charles Fortin Seigneur de la
Hoguette Sous Lieutenant
-
de la premiere Compagnie
desMousquetaires du Roy,
Lieutenant General de ses Armées
, Gouverneur des Villes
.& Chasteaux de Mezieres&
de Niort,tué à la bataille de
la Marsaille en 1693. laissant
de Dame Marie Bonneau de
Rubelles une fille unique mariée
à M. le Marquis de Nangis
de la Maison de Bncfiatïteau.
,,",:j;¡'
Niidamccacherine deNeufville
de Villeroy,Supérieure des
Religieuses OU Calvaire»* au
Marais, mourut de la pttirc
verole le 30. Novembre,âgée
de 41. ans, elle étoit fille cfc
M. le MaréchalDuc deVilleroy.
-
Dame Anne de Souvré,
veuvede MessireFrançois Michel
le Tellier
,
Marquis de
Louvois&de Bar bezieux, Ministre
& Secretaire d'Etat , Commandeur & Chancelier
desOrdres du Roy, mourut
le deuxDécembre1715. âgée
de 69. ans un jour, ayant cû
pour enfans Michel- François
leTellier,Marquis de Courten
vaux, Capitaine des Cent
Suisses de la Garde du Roy,
marié avec Marie- Anne Catherine
d'Estrées
,
soeur de M.
le Maréchal d'Estrées,de la
quelle il a desenfans; Louis
Nicolas le Tellier, Marquis
de Souvré, Maître de la Garderobe
du Roy, marié avec
de Pas Feuquieres Dame
de Rebenac ; Louis François
Mariele Tellier Marquis de
Barbezieux, Ministre & SCCfC.
taire d'Etat, Commandeur &
Chancelier des Ordres du Roy,
marié en premieres noces avec
Catherine Louise de Crussol
d'Uzés, & en secondes avec
Marie - Therefc Dauphine-
Eustache d'Alegre,mort le
5 Janvier1701.laissantdeson
premier mariage une fille
unique mariée avec le Duc
d'Olonne, de la Maison de
Montmorency, la plus illustre
du Royaume; Camille le Tellier,
Abbé deVauluisant &de
Bourguëil
,
Garde de la Bibliotheque
duRoi;Charlote Magdelaine
le Teliier, femme de
François de la Rochefoucault
Duc de la Rocheguyon, puis
de la Rochefoucault, Pair de
France, Grand Maître de la
Garderobe du Roy)& ci-devantgrandVeneur
de France,
& feuë Marguerite le Tellier,
femme de François de NcufvilleDucdeVilleroy
,
Pair de
France, LieutenantGeneral des
Armées du Roy,& Capitaine
d'une Compagnie des Gardes
du Corps de Sa Majesté. Feuë
Madame de Louvois étoitfille
unique & heritiere de Charles
de Souvré, Marquis de Courtenvaux,
premier Gentilhom,
medelaChambredu Roy,&
de Marguerite Barentin,petite
fille de Jean de Souvré Marquis
deCourtenvaux, premier
Gentilhomme de laChambre
du Roy,Chevalier de ses Or
dres & Gouverneur de Touraine&
deCatherine de Neufville
Villeroy ,&arriere petite
fille de Gilles deSouvré Marquis
de Courtenvaux,Gouverneur
de Touraine, Grand
Maistre de la Garderobe du
Roy, depuis Gouverneur du
Roy Louis XIII. premier
Gentilhomme de sa Chambre,
Chevalier de fcs Ordres,
&
& Maréchal de France,sortie
d'une Maison originaire du
Maine,également distinguée
parson ancienneté &e par ses
alliances, comme on le peut
voir par la Genealogie qui en estrapportée dans l'Histoire
des grands Officiers de la
Couronne, au Chapitre des
,.M<Hé.cbapx de France.
M«-Jaques Hosdier,Seigneur
deBlossiere&de la Vatenne?
premier Présidentdela
Cour desMonnoyes,mourut
le 2 y Novembre : il étoit fils
de feu M Hosdier
,
Secretaire
du Roy ,&illaisse cntr'utrS
enfants, un fils qui luy succededans
saCharge de premier
Président de la Cour des
Monnoycs.
M. Jacques de Moras, originaire
de Lisbonne
,
l'un des
plus integres & des plus renommez
Banquiers de l'Europe,
& établi depuis un grand
nombre d'années à Paris, y
mourut le 9. de ce mois.
Avant de passer aun autre
article, vous me permettrez
,s'il vous plaît, de vous
faire part d'une Lettre écrite à
une spirituelle & belle Personne
sur la mort desonOncle.
Cette Lettre eO: d'un goût
nouveau dans ce genre , & je
luy donne icy,parprévention
ou non, l'approbation & la
place qu'elle mérite.
Lettre de confolarion à Mademoiselle
D***. sur la
mort de son Oncle.
Fuyez tout le monde,Mademoifelle}
enfermerions
,
cher
chez la folttude, que vostre douleur
éclate) ou quelle foit secrete
> que vos regrets'VOS soupirs,
gr nos pleurs nous filent, cm a
nous- mêmes, des gages certains
ù <-) de la tendreje que vous avie%
pour un Oncle tel que celuy que
'Vous 'Venez deperdre; tout, hors
le desespoir
, vous t'si permis
3&
votre douleurrfljufle. AÎÀisJonl/
Z en même temps que tant de
lumieres que vous ct'Vt' acquises,
,au..dejJlIs des personnes de voflre
âge e de vostrefixe
, nom répondent
devoflrefermeté
,& ne
fendez pas, à force de pleurer,
vôtreefjxrit complice de la foiblefis
des autres.
Je sçay,&je dois cette juflice
aux manes de ceJage Oncle, dont
Umémoire vous fsi cbere, que
la, mort vient de vous enlever
un parfait amy plustost qu'un parent
, que l'cjiime c- l'amitié de
ceux qui le connoijjoient, étoient
inséparables de l'avantage qu'ils
,
ge qu 1
avoient de le connaître
, & que
cesi enfin pour vous ) une perte
irréparable;mais
Jusqu'à quand voudrezvous,
sans nous daigner entendre,
Qu'onapprouve les pleurs que
l'on vous voit répandre?
Que la tendrcfSe è la recon.
noifjance soient les vertus qui
vous entretiennent du souvenir
de cette perte ; mais que vosyrux^
qui font les deux plus beaux
yeux du monde, ne s'enorgueillis
fent point de la vanité de verfer
des torrens de larmes
,
dont une
ombre ne peut leurJçavoir aucun
gré. Vôtre drflinée les consacre ces
yeux à un autre usage, cm tous
ceux qui les voyent, vous demanderaient
j
s'ilsosoient lefaire,un
'Compte rigoureux de leurs opiniâtres
larmes. Pour moy ,
quelque
ebofe que je vous dise
, pour mo..
derer voflre affliSlion
x ne m'en
croye^ pas?apprenez^ au contraire
queje mefais un plaiftt malin
de vous voir pleurer9 &qUe ces
pleurs m:semblent ne s'échaperde
"josyeux J que pour me vanger
du desordreoù ils ontsouvent mis
les miens. Mais dans mon malbeurre
me trouveencorheureux
de m'appercevoir déjà que cesecret
que j'ose confieravôtre douleur,
devient le premierdegré de votre
consolation.Ne m'épargne pas,
Mademoiselle,&consolevous
entièrement, mêmeauxdépens
de tout mon repôs.
La fortune jujle a vostre
égard, en vous comblant deses
faveurs, va sùnir à l'amour>
pour vous faire le fort le plus
heureux
, & lafélicité de L'Epoux
qu'elle vous destine. Ce trait
n'étoit pas dans ce que vom ma'
liez un jourconté de voftle horùÇçope
1 mais il eftdans mon id..
£? il faut, plus J?un bien. à J4
fois
, pour consoler une perfonnt
tdU que vous ,.d>une perte coVVile
çfUe que. vousplture,Je fHjl.:t
t&c*-: v
.t" <
Il y a-,fiijç-nc me trompe,
easnsterzetileonnsgstuemr1psslqoupefjeexvpoluuss
niûcvreprenonsmalnçénant, s'ilvousplaistl'enjoüement
que DOlIIP\dÍJobtrtQuylt'S iiiois
l'article que vousvenezledire.
Rien n'est plus propre àmon
dessein qu'une nouvelle gaante.
Il
Il ne jaut pas difpxter des çouts.
-- C'est un vieux Proverbe
quiaestédetouttemps bien
attaqué, & bien deffendu ;
mais quelque raison qu'on
puisse alléguer contre ce que
je vais dire, mon intention est
de deffendre ce qu'on appelle
le mauvais gouss.
Si la femme d'un illustreSenateur
Romain élevée dans le
sein de la molesse
, & nourrie
dans tout le luxe de Rome,
bravant mille affreux périls
pour traverser lesMers avec un
miserableGladiateur qu'elle aime,
ne sacrifieainsison repos,
ses plaisirs,&sa santéqu'à ion
goût, quel reproche a t- on à
luy faire?
Qu'a t-on à dire aux femmes
de Joconde & d'Astolphe
de préférer,l'une un sale Palfrenier,&
l'autre un Nain hideux
a leurs aimable s Epoux?
Madame de *** est elle
blâmable d'employer tous les
jours trois heures de sa vie
pour contempler avec amour
un vil EsclaveMahometanqui
méprise sescharmes&sessoûpirs?
pourquoy vouloirqu'il y
air de la dépravation de goûc
:J
-
f
dans ces amours? je soûtiens
pour les Dames, que leur goûc
justifie jusqu'à leurs extravagances
: cecy g^tt en preuves,
il y en a cent mille que jene
sçay pas; mais j'en ay une nouvelle
,
singuliere & convainquante
dans deux des plusaimables
& des plus spirituelles
per sonnesdeParis.
Emilie & Faustine font jeunes
,
charmantes, riches, de
bonne maison
,
& ont beaucoup
d'esprit Une éducation
parfaite en jointe à ces avantages
,&. quelque part qu'on
les voye, tous les suffra ges piroissent
dûs à leur mérité; mais
dans un moment la verité de
ce tableau
,
auquel je n'ay rien
ajoûté,va disparoître&tout
ce qu'il y a de gens qui prétendent
avoir le bon goust yvame
traiter d'imposteur
,
lorsque
j'auray déclaréqu'Emilieaime
Arlequin à la fureur
,
& que
Faustine adore Pierror. Cela
est pourtantvray ,
& nul soû
piran de bonne foy.quelqu'il
soir
, ne fera bien receu chez
ces deux aimables personnes,
s'il ne leur promet de leur faire
faire au moins une partie de
souper avec leurs Amants ,
mais cela n'ôte pas la moindre
nuance des belles qualitez qu'-
elles ont.Voicy mon raison
nement.
Le goût queje dcffends est
un effet d'une imagination qui
se peint & quelquefoismême
se caractrise une chose sans
precautionCettepeintures'attache
insensiblement aux idées
& fait bientôt après sur l'esprit
, ce que fait de l'huilerépanduë
sur une piece d'étoffe,
elle l'assiege
,
s'en empare, &
le coeur se trouve en même
temps envelopé dans lefprifc
L'objet de nôtre goût occupe
alors un si grandterrain dans
nostre ame ,
qu'on ne sJaviCe:
pas même de songeràl'en arracher.
Mais à quoy aboutiroit
encore ce foin ridicule ? à
se faire à foy même
, avec
mille peines, des raisonnemens
insupportables, & à s'accabler
dereflexions ennuyeuses. La
liberté n'approuve pointces
combats, & les passions ne
souffrent point qu'on leur dispute
l'empire que le goût leur
accorde. Ainsi Emilie & Faustiné
ont raison d'aimer à la
rage cecojupled'Amants, &de
set flatterpeutêtreduplaisir
d'aller un jour les furprendrc
jusques dans leurPalais, si l'A.
mour ,
qui ne va jamais sans
allarmes, ne leur fait pas apprehender
d'y trouver des
cruels.-
Si cette ébauche de disserration
sur le prétendu mauvais
goust, est juste, à la bonne heu.
re; si elle ne l'est pas , tant pis
pour elle. Mais pendant que
nous sommes sur cette matiere
, passons aux Mariages, c'est
aussi bien un genre de goût où
les esprits se travers ont trouvé
souvent le plus mauvais goust
du monde.
MAKIAGES-..
Messire Jean , Comte de
Polastron, Brigadier des Armées
du Roy, & Colonel du
Régiment de la Couronne,
épousa le 26. Novembre
Dame Francoise Jeanne de
Violan de Miraman
, veuve
de François d'Arennes, Lieutenant
General des Armées
du Roy: Mr de Polastron est
d'une des plus nobles & des
plus anciennes Maisons de
Guyenne:Elle prend son nom
de la Terre de Polastron, dans
le Diocese de Lombez,aqaellc
est encore possedée en partie
par les aînez de cette Maison.
Messire de Matignon,
Comte de Thorigny,
fils de Messire Jacques de Matignon,
Marquis de Matignon,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement
de Basse Normandie,&
de Dame Charlotte de
Matignon, ComtessedeThorigny,
aépousé le Novembre
Damoiselle Grimaldi,
fille unique & heritiere
d'Antoine Grimaldi, Prince
souverain de Monaco, Duc
de Valentinois, Pair de France;
& de Marie de Lorraine Armagnac:
par ce Mariage Mr
le Comte de Thorigny a pris
le titre de Duc de Valentinois
avec les Armesde la Maison de
Grimaldi, l'une des plus anciennes,
des plus illustres & des
plus puissantes Maisons de
Genes: Pour celle de Matignon
,dont le verita ble nom
cft Goyon, elle est une des
plus anciennes & des plus illustres
du Royaume, & elle
s'est de tout temps alliée aux
plus grandes Maisons,comme
onle peut voir dans la Genealogie
qui en est rapportée dans,,
l'Histoire des grands Officiers
de la Couronne, aux Chapitres
des Maréchaux de France &
des grands Ecuycrs.
Mdlire de Maulde,
Marquis de la Buissiere,Capitaine
deCarabiniers, &Chevalier
de l'Ordre Militaire de
S. Loüis, a épousé le Damoiselle
Armede Monceaux
d'Auxi,fille del Mi.ffirè François
de Morceaux d Auxi ,
Marquis d'Auxi, & de Dame
Marie Magdelaine Jubert du
Thil : LaMaison de Maulde,
dont est Mr de la Buissiere, est
originaire de Haynault; elle'
est également distinguée par
son ancienneré & par ses alliances,
& ellesert diviféc en
plusieurs branctiéfc établies en-
Artois & en Picardie: pour la
Maisond'Auxi de Monceaux,
je vousenaycteféné un si long
détail dans Ibtr de mes premiers
Journaux, à l'occasion
du Mariage de Mr le Marquis
d'A uxi, frerede Madame dela
Buissiere, ci- devant- Capitaine
du Regiment des GardesFrançoises,
puis Colonel du Régiment
Royal Comtois , avec
Mademoiselle de la Grange
Trianon,que je me contenteray
icy de vous dire qu'elle tire
sonorigine des anciens Sires &
Barons d'Auxi, connus il y a
plus de 500. ans, &qu'elle
s'est toujours alliée aux Maisons
les plus illustresduRoyaume,
commeMeleun,Pecqui
gny ,la Tremoille,Ailly, Estoutteville
,
Rambures, Crevecoeur,
Traifgny,Hallwin
Saveuse, Mailly, Hangest, la,
Vieuville
,
la Chastre, Vieux-
Pont, d'O
,
Rochechouard
Tiercelin deBrosse,Breauté,,
l'Ecendart Bully
,
Botfflcrs,
Rouvroy
,
S. Simon,Crequy,
&c.
Le4.de Novembre17I5.
M.le Marquis de Pleumartin
épousaMademoiselle de Villemare
leMariage fut celebré
.pal,M.FArchvéquc: de Tours
à Goussainville chez M de
Nieolaï, premier PmfijcM de
la..Ch*»mbj£ des Comptes
parçnc dç,Nl.dcPleumorcin.
&t¡ui aMoi-t estéson. Tuteur
.honoraire;il est fils'deMessire
Georges Ysoré d'Hervaulc,
Marquis de Pleumartin
,
qui
gagnât le prixauCarrousel de
Madame la Dauphine, en
1682. & de Geneviéve Rolland
son épouse. Et George
Ysoréétoit fils de René Ysoré
d'Hervault Marquis de Pleumartin
,
Lieutenant de Roy
deTouraine, Poitou
,
Pays
d'Aulnis & Chastelleraudois
,
qui avoït épousé en 166
Marie -Gabrielle Chataignier
de la Rochepozay ,de l'ancienne
Maison de ChtJlgnler"
dont Duchesne a fait une
histoire particuliere ;elle étoit
fille de Charles de Chataignier
Marquis de la Rochepozay
aussi , Lieutenant de Roy du
Haut Poitou : Réné Ysoré
étoit fils de GeorgesYsoré
Marquis d'Hervault & de
Pleumartin,Clievaller des Ordres
du Roy&son Lieutenant
en Touraine, qui avoit -épouCé
Marie de Roncherolles
,
fille
de Pierre de Roncherolles Baron
du Pont S.Pierre, premier
Baron de Normandie
, -duquel mariage étoit venu
René Ysotécy-dessus nommé,
& plusieurs autres enfans,entr'autresGeorgesYsoré
d'Hervault
,
Chevalier de MahheJ
Major general des Armées
Nivalles,& Mathieu Ysoré
d'Hervault, à present Archevêque
de Tours,M. le Marquis
de Pleumartin qui vient
de
defe marier a eu deux freres
tuez au service,l'un en Italie,
l'autre à la bataille de Ramilli,
ce dernier avoit esté Page de
la Chambre du Roy, &faisoit
sa premiere'campagne dans
les Mousquetaires
,
& par
leur morts il est devenu seul
héritier de cette Maison ; cc
qui luy a fait quitter l'état Ecclesiastique
auquel on l'avoit
destiné pour la soûtenir. Il
seroit inutile pour faire connoître
l'ancienneté de laMaison
d'Ysotéd'Hervaul, d'inferer
icy une longue généalogie,
ceux qui en voudront sçavoir
davantageauront recours
au Pere Anselmedans son
Palais d'honneur,il suffira de
dire qu'elle est connuë depuis
la fin du dixiéme lîeclc, qu'elle
esttrès illustrepar ses grandes
alliances, sa fidelité & ses services
rendus aux Rois de France;
un Honorat Ysoré fut Vice-
Amiral de GuÜ:nne Aulnis
& Poitou; RenéYsoré
son pere Chevalier des Ordres.
du Roy, Commandant les Ensans
perdus à la bataillede
Moncontour,oùilperditune
jombe ; Jean Ysoré sur fait
Chevalieravec le Comte de
Nevets au Gége de Rouen l'an
1449. par Charles VII. puis
en 1476. fait Chambellan de
Louis XI. Leon Ysoré son petit-
filsfut ChambellanduRoy
CharlesVIII. & le suivit àla
conqueste deNaplesen 1494.
La Maison d'Ysoré estalliée
par celle des Chastaigner de la
Rochepozay à celles de la Ro
chefoucaulc
,
Mortemart
Chamberg , ; parcelle de Pont
S. Pierre à celles de Luxembourg,
Clermont Tonnerre,
Goussier & Nicolaï; & par ellemême
à celles deMontausier,
Bethune, Rohan Chabot,&
Richelieu. Y ij
Mademoiselle deVillemaré
est fille de Messire Jean Bonaventure
Lelay
,
Seigneur de
Villemaré, Lieutenant de Mef*
sieurs les Maréchaux deFrance
en Bretagne. Les Lelay sont
fort anciens Gentilshommes
de Breragne,l'Histoire decette
Province par le Pcre Lobineau
en par le en differens endroits,
& sur toutelle dit qu'en 1380.
AlainLelay signaà la ratification
de laPaix entre J.:an Duc
de Bretagne & le Roy de France;
elleen parle encore en plusieurs
occasions comme reveuës
de Troupes & voyages
des Ducs de Bretagne au service
desquelsils ont toujours
esté.
MessireJean-Loüis d'Usson
,
Marquis de Bonac
, a
épousé le 22, Damoiselle
Magdelaine -
Françoise de
Gontaut de Biron, fille aînée
de Mr le Marquis de Biron,
Lieutenant General des Armées
du Roy, & Conseiller
au Conseil de Guerre. Le seul
nom de Biron suffit pour f.1irc'
l'éloge de la Maisondela Damoiselle
I! y a longtempsque celuy
d'Uffon que le Marquis deBonac
porte cfl; connu dans
le Comté de Foix & dans le
Royaume d'Arragon. Il s'cft
soûtenu anciennement par diverses
alliances avec la Maison
de Foix, & de nos jours
par les services de Mrs d: Bonrepaus
& d'Usson ses oncles, le
dernier mort Lieutenant General
des Armées du Roy, &
le premier connu par divers
emplois, tant audedans qu'au
dehors du Royaume, & actuellement
par la place que le
Regent luy a donné dans le
Conseil de Marine: pour le
Marquis de Bonac qui vient de
se marier,quoyque jeune encore
, il a servi le Roy à la
guerre,& dans presque toutes
les Cours de l'Eurôpe.J'ay,&
j'auray toute ma vie une si
parfaite reconnoissance des
bontez qu'il a ûëls pour moy,
en Espagne, oùj'ay eû l'honneur
d'estre ion Gentilhomme
pendant le séjour qu'il ya
sait en qualité d'Envoyé Extraordinaire
de France, qu'il
fautque j'aye une consideration
extrême pour l'Auteurde
la Gazette d'Hollande, pour
luy pardonner son obstination
àvouloir renypyçràGonftan.
tinople avec le titre d'Ambasfadeur
dont le feu Roy l'avoit
honoré, pendant que le Regent
qui ne peut rien faire
qu'avec grande connoissance
de cause, a bien plus présbesoin
de ses services. J'aurois
fait assûrement sur son Mariage,
le plus bel Epihalame
du monde, si pendant plus de
deux ans, il n'avoitpaseûla
bonté de me guerir de la
rage que j'avois de fairedes
Vers.
°: M. le Marqois de Gontaut;
filsdeM.le Marquis de Biron,
Lieutenant General des,A-rmées
mées -du Roy, & de Dame
Bautru de Vaubrun, a
épouséMademoiselle deGrammont,
fille de M. le Duc de
Guiche, Lieutenant General
des Armées du Roy, & de
Dame Marie
-
Christine de
Noailles:Les Maisons de Gontaut
& de Grammont sont si
generalement connuës pour
estre des premières & des plus
illustres du Royaume que je
me contenreray icy de renvoyer
les curieux à taDernière
Histoire des grands Officiers
de la Couronne, dans laquelle
au Chipitre des Maréchaux
de France, ils en trouveront
les Genealogies amplement
déduites.
M. le Chevalier de Roye de
laMaison de laRochesoucault,
une des plus anciennes & des
plus illustres du Royaume,
Capitaine Lieutenant des
Gendarmes Flamans
,
Matéchal
des Camps & Armées du
Roy & Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps
de Madame la Duchesse de
Berry, aépousé Mademoiselle
Prondre,fille deMessire Paulin
Prondre,Conseiller du Roy
en sesConseils,Président de lai
Chambre des Comptes de Paris,&
de DameAnne Marguerite
Petit de Ravanncs.
1
Messire Hilaire Roüillé du
Coudray
,
Conseiller au Parlement
de Paris, fils de Mcflirc
Hilaire Roüillé, Seigneur du
Coudray
,
Conseiller dEm
ordinaire, & Conseiller du
Conseil Royal des Finances, &
de Dame DeniseCoquille, a
épousé le Novembre DamoiselleleFeron,
fille
de Meaire Jean Baptiste le
Feron,Conseiller du Royen
ses Conseils, Grand Maistre
des Eaux & Forests au Département
de lisle de France,&
de Dame Geneviève Titon,
& sortie d'unedes
familles de la Robe: pour
celle de Roüilléde laquelle
font encore Mrs de la Grandcour
,
de N/kiïay& de Marbeuf,
elle est aussiune desplus
grandes, des plustenduës &
des mieux alliées de la Robe,
& n'a rien de communque le
nom aveclafamille de Roüillé,
Seigneurs de Fontaines, de
Joüy, de Beauvoir & de Filletieres,
originaire de la Ville de
Tours,&delaquelle estoit
Dame Anne Roüillé, femme
Brcuilde Vuynmcourt
de MessireJacques Olivier de
Vigny, Seigneur de Courquetaine,
deCervoles& de Villepayen,
Maistredes Comptes,
jpQrv<£ie.»ÏWdeccmois.
Ma Chansonvient à propos
à la suite des Mariages.
CHANSON,
Ne vouspiqtleZ pas de conflan-
$-Di,mix•tmtosrsire-Jjacvee^;,p,;afmenager $i.w dêha'1Jéz:pameager
Tr. ri lr.f lesplaisirs
3 C'rft en épuifunt ses d'jis
, O^unamourtrop*cpnftqn^bqng?
,:( j r <mmdffirwct-* j j : 7
Réponse surle mêmeair.
•
tC-her& tendreo&jct de mon" Itme" W (n;v
, '- MerJd(r
,
jy confens^ujqtiaux
N moindres douceurs,
J'aime mieux souffrir nos ri.
guturs, vq
Que voirccjjer l'ardeur du beau
feu qui m'cnfiamr. *
Vous ne sçauriez mainrefoapt
refuser des Enigmes,
ilest temps qu'elle paroissent
ou jamais;mais avant de vous
les proposer,ilestde mon devoir
devems direaupréalable,
le mot de celles du mois passé
&le nom de ceux qui les ont
deviné. La premicre étoit la
Bigote,& la seconde la Pipe
de Tabac. Les noms des devineurs
font, 1 Incredule de la
rue des PetitsChamps, la belle
Ivlarion dela Cour du Palais,
l'Etourdy de la Place Royale,
M. de S sa belleMaître(
le
,
le favory des Muses,
le Curieux impertinent ,l'A
-
mant disgracié de l'aimable
M. Degnantelli ,le Chevalier
Bayard
,
l'A vocat des festes du
Cour,la belleAmynrc&,\,I'. de
Raparis.Voicy celles du pre
sent mois. Z iiij
ENIGME.
jamais on ne m'a hh dansla
matfort du Roy
,
Quoy qu'aux yeux d'unn cc,h')aaccuunn
je pa-roiffi àsa table
1 Les grâces, lajeunefje &ce qu'on
nomme aimable
Pirient leur agrement quand on
les voitfeansmo
Bien quausexe attaché je ne fuis
chez les bel/es,
Qu'autant qu'on me contraint de
rejreravecelles
» Je fuis en plein repos possedé Je,
fureurs
,
E.nrnf'jî du plaifrjeformeles
douceurs,
Et l'Amant le plus tendre aux
jeux d'une Mattrefte
Nepeutsans mon secoursexprimersatcndreffe.
Aux Afires Je commande
, on
m'enchaîneauxenfersy
Et portépar les Dents sanssortir
de mes fers)
Dans le fein de la Mit jefais
réduit en cendre.
0 vous dont tout lefoins'applique
--
A me comprendre3
Dansvojlre cerveaucreux#quoy
bon chercher tant ,
Ce que lemoindre esprit comprend
facilement.
L'Amant disgracié de
l'aimableDegnantelli.
AUTRE.
Jeme plai<à la CouraulFbien
qu'a laVille,
M'accommodât de tout sejour,
Onmetrouve dans une tuile,
Et je Jets à Btcchus AUfJi bien
andïAmour.
QuoyquinutileauxRmsjaffermis
leur Couronne,
Pabue avec les Empereurs,
Et ne fuis point unefriponne
, -
Quoiquejefois toûjours au milieu
des voleurs.
Sansmoi nullevertu ne feroit
sur la Terrey
On menjefmedans un bureau ,
Jamais en PAÍxtoajOMrS en
Guerre,
Yoccupe cependant une placeau
Barredtt.
Du jeune Logicien
de larue S. Louis.
J'aypresqueimité , sans y
penser
,
dans ce Mercure cy ,
les reglesdu Poëme tragi comique.
J'ay d'abord presenté
sur la Scene l'cxpocition de
mon sujet, mon Hiftdirea servi
d'Episode
,
le fond dema
piccc a roulésurdesmorts &
des hymens,&j'ayreservé le
plus beau pour le dénoüement.
Oüy,Madame ,&je vous
ay promis de vous ledire publiquement
,
j'ay regardé ce
petit compliment d'Etrenes ,
comme un des meilleurs ornementsde
mon Livre,& je fuis
feur qu'il n'y a pas un de mes
L<.£cfurs, quelqu'il foir, qui
ne rendit à son meriteune irticeéclatante
,s'ilavoit, comme
moy,l'honneurd'en connoître
l'Auteur/ 1 -
: E ¥'AEKrES.
Jt'profitedecc
1
momtnt s làanw'es^remiersjcoksuJii/'année%
Poufvousfath0ioacompliment
*
Etvous Ufouhatter beureufe (7
fortunée.
J'aurois déja rendu cet aimable atlf/oi,;
Maisje nepuis alLrvous voir,
•
Pôur vous
j
je jçay- QUI vous arrefle -
"VneéchAntt: Fet asceujouerce
tour:-
Ondft
,
quellemen v*eut
qu'enfin l'autrejour,
Ellevousfie boire en cachette,
-Unerakade à ma fanté,:
Dumalheureux Fleuve Leihc,
Fut il vengeance plus cam4erte.
Çhioyque piquée au vifde cet-te
trabifon
J
Je me garderay bien de vousfaire
rai[on.
Je fuis trop entrain de vous
diredesveritez pour manquer
de rendre publics les vers qu'-
on m'a envoyez pour vous.
A MADAME V.
sur des Vers imprimez dans
le Mercure de Septembre,
& qu'elle a composez à la
loüangede Monseigneur le
Duc d'Orleans.
Un Vieillard habitant une
affieuft Campagne,
Quine- connoiflVallon, ny liavanie
montagney
L'esprit aussi glacé que nos
Champs les hyvers,
S'en vient à pas tremblans rendrehommage
à vos Vers.
Ils ontje nefçny(\uoyidedélicat,
de tendre,
Ils enlevent les coeursyonnepeut
s'en d'tjifndre,
Et pour les comprer, à ne sy
txemper Pas,
Ils rejfimblent partout a vos divins
appas.
La rim:, la raijon3 cet heureux
afftmblage,
De beaux mots, ae bon Jens, fureté
de langage,
Tout tfl juflc en vos Vers, &
tous nos beaux esprits
Conviennent qu'on ne peut en
eflimcr le prix.
Amante aApollon, lujmeme
il vous inspire,
Il vous conduit la main quand
'Vous voulez écrire,
Des Dieux, ou du Rjgent tra-
CeK vous les Portraits?
Partout, À chaque Vers, on te.
connoist Ces traits.
Phoebusaime,di t-on, les neuf
docles
dofies pucelies ;
Mais jeagents bien qu'il vous
aime plus qu'elles,
Et le voyantagir comme ilfait
au avec vous, Parnajï:bien-tojl ilfera
- de jaloux!
T. S.V: P.
Voicy des Vers cncorc,
Messieurs,il en faut de toutes
les façons pour tous lesgoûts.
SONNET -
sur l'abjuration d'une jeune
Demoiselle.
Qj*entende je, fage Iri., quel
aflre salutaire
S'applique à t'élever au suprême
bonheurs
Dieu nefcmbleicy bas répandre
sa lumiere,
Quepour te couronnerdes donsde sasaveur.
Sa main qui prend plaisir a
relier ta carrieré,
Tedécouvre un a/yle *où lE""
clipfe l'erreur;
Oefldansci faré lie#qu'au pied
du Saxéhtairc,
Ton Ame en fr lavant recouvfe
son ptffteur.
*Convent des Nouv.Catholiques.
jdinfidans tes dcjjcins sa bonté
s'intertffiJ
Car à peine ce Dieu voit briller
ta sagesse,
Que sa grâce aujji tojl vient der-
JtUcrtesytux.
Ton retour3 aux Enfers replonge
l'kerefie,
Et portant ta vertu jusques au fin des deux,
T'asure pour jamais une immortelle
vie.
Du feuBachelier en droir.
Autre Sonnet à la mèmc,
sur sa beauté & sa vertu.
Unejeune beautéme tient dans
l'eficlavage,
Jamais mon coeur ne futsi vivement
épris,
Son airfin
,
fies beaux yeux enchantent
mes ifpTits;
Contre ces doux écueils qui nt
f,croitnaufraget
Nuit &jQHr 4mes yeux j'en
retrace l'Image,
fiserbpafie -en secres fiii-çkàrmes
infinis
,
Au milieu de sa Cour la Déeffi
des ris,
Ne sçauroit triompher avecplus
d'avantage.
CI -
Chacun à ses attraits doit offrir
des tributs,
Mais qui ne contJoift point fis,
brillantes vertus,
N'A VU de son Portrait qu'une
ébauche legere.
Rien ne peut égaler ce Chef.
d"oeu,vre des Dieux.
Il rien fJ1 pas un seni fous ce
vasîs bcmifphere>
Et s'il en ejl qttclqu"un ce riejl
que dansles Cieux.
D F.
MADRIGAL
à la même.
Iris ccjfiz de vous cachery
Quand vous deve% le plus paroître
j
Dieu quivousfit entrerauClettre
Veut enfin vous en arracher.
VeneK ramenerenson Temple
De vos frères errants les coeurs
féàitieux
y Youslefeft%parvoflre exemple,
EtmieuxencoreIrisfat l'éclatde.
v , vosyeux.
Avis important aux Muses qui
negligent leurs Personnes.
Mufes au teintprejqueolivâtre,
Qui ne mette rouge nyp[atre
J Qui refufc tout avosfins3
OnJçaitquAppollonvofirefrere
En parcourantnoftrrhtmifPhert
Prés de Montmartre vous logea, Et queDianeendélogea
Craignant beaucoup la medisance;
Carvous iafezan-scomplalfance,
Et ne rejpeéh que lles Rois
Dont voussus"VeKles douces loix,
Loüis le plus grand desMonarques
, Ravipar if1 ïrtâHts PUrques* j
Fut longtemps de vos chanti"
fobjet ;
Ilefl devenu lesujet
Denos chagrins & de vos larmes
;
Contre la mortbai/Je lesarmesyt
(ChAntffàn tres-digneNeveuJt
Vous aurck des François l'aveu; ;
Mais embelliJi vos vifâges> Onfyait o cas des belles images,
Et l'oncjltme UsPortraits,
(^tandils rejfembUnt traits pour
traits.
J'ay maintenant,Messieurs,
quelque chosede bien plus in- tCl," ;yqu5,c9iicer ,que 1tout
tout ce que vous avez lû jusqu'à
present, j'ay des Logogrises
à vous proposer. Quel barbare
mot pour le peuple &
pour laProvince! des Logogrises
! ouy , vous dis-je, des Logognfls)&
11 n'est pasaujourd'huy
permisà d'honnêtes
gens, comme vous, d'ignorer
que c'est une nouvelle façon
décrite, familiere à la Cour,
qui devient à la mode à laVille,
& qui est d'autant plus rcfpee.
table, que c'tti une espece d'imitation
des anciens caracteres
hieroglyphiquesdes Egyptiens.
Pour moy je ne sçaurois regarder
un Logogrise entre deuxyeu,,",:
sans m'imaginer voir à l'instant um
Talisman,un Obelisque,une Pyramide,
ou mêmeun Crocodile.
Il yen a de tres-simples,comme:
celui-ci par exemple; mais c'est
leDiable à deviner. Levoicy.
LA FAUTE EN ESTAUX
DIEUX
QUI LA FIRENTSI BELLE.
Allons,courage
,
ferme, exercez-
vous ,
cassez-vous la tête si
vousvoulez,vous ferez bien fins
sivous m'obligez à vous en dire
le veritablesens.
Pour cet autre, ilest plus aisé,
&: l'intention de M. de M * * * *4 qui en estl'Auteur, & qui l'a presentéàson
Maître&aunôtre,est
que tout e monde le life.
Item. Ilme reste la plus plaifante
Histoire du monde à vous donner.
L'Auteur du dernier Logogrise
l'est aussideladiteHistoire.
Tousceux qui connoissent le jeu
duTrictrac ytrouverontun fonds
d'imaginationoriginale,aussi l'est
ducôte du beau,du bOf), &de
l'agréable, celle de son Auteur
qui , a
dumérité,dugoût, del'appetit
,
&del'espritcomme un
Diable.Voila ma Preface.
HISTORIQUEET BURLESQUE
ORIGINE DU TRICTRACT.
Il estun Pays dontle terrainest
plat, enfoncé & noir, excepté
quelques langues de terre vertes
& blanches, sur lesquelles les habitans
bâtissent leurs Maisons,
ou Cases
: Les malheureux qui ne
peuvent paslescouvrir, y funtzx.:
pofezàeftrebattesvlesinjur^sdu
temps: ceux aucontraireàqui la.
fortunerit,lescouvrent», fortunerit , lescouvrentpromptement
P,C)ur.-n.irrrtecn fureté^
& y font quelquefoisde belles
Enfilades. ; Cette Contréeestbordée de
hauteurs ,nt .Il ,tT'P, fai r., 16'
tour qu'avcçimeg'randc'peïne^oiL
un grandbonheur:ony trouve
de petits precipices qu'il faut ne
cessairement combler les uns?
après les autres. Les habitans ne
songent qu'à gagnerces hauteurs
& àbouc her ces trous pour s'établir
dans cette parte superieure
; mais ils n'ypeuvent parvenir,
qu'après avoir fait le voyage de^
la Vallée, &: s'estre enrichi pan
quelque gain: La Religiondeces
Peuples ressemble assez à celle du
Royaume de Calicut. Leur Relisi
obizarre. I!s a ligjônveAbizarre. Ilsaddoorreenntt jjuusf--
qu'au Diable auquelils ontconsaçré.(
Jeux,Cafes- quiportent son
nom. Ce Paysappartientau Prince
Tric,.qÙ! apour voisine la Prinçessa
1rc ;la proximité & le rapport
d'humeurs les fit songer
l'un &l'autre à une alliance, &
tàourétunirleurs Etats. Tric époufa
7toutdd''uunnccoouupp1a!aPPrrini nccecsusee TT~ra-fc',.
i-ansaucune ceremonie, & sans
'a.u,?tvrers-,réjoui(Tancesq^ué celles
d'unconcertde Cornets quisont
ifcsieu^s instrumensde Musique
<^nton sesert en ce Pais là.
ré\'TricTugrand bruit le jour&
la nuit de ses nôces
, on ne peut
p^$direde lui qu'il fit peu de befbgne
;(on Epouse en donna des
,mer'a1lruqlutsees::aapprreèssaayvooI,irrnmuisstt¡o¿utt-- accoucha 311j>9. n16 d'unGarçonque l'.ori'nopatn
/fll/ jeatt.
- -',, A peine fut-il néqu'on fitpr
sencauKpy_ sonpère,d'un be:'
berceau,& sa nourrice au(si-t]
jnitdedans le pecic.Piinçe.1
Tricqui vouloit que forîfils
"cleve simplement, Fènyfija à l'
xole, comme les autres enfant
mais quelque soin que l'on pr
pour lui rendre la parolenette
aifçe xon nepût jamais ehvern
à bout, il aimoic ses deffauts,
les conservoit par obtfination
il fut impossible de luy rompre
Jbrediùille quilui étoit naru^elh!
Il eût un jour une disputeavec
son Maître ausujet dun pet
Chienqu'ils trouverent;ce ma'i
ire quiétoit un Grec le voulu
nommerQuines ; maisJean lui
donna le nom deRencontre.
Apeinepût-il recevoir les premieresimpressions
des Sciences,
:..e son goût le porta entierement
à l'Arithmétique,dont il
réduisit les nombres à six,qu'il fit
graver chacun enparticulier sur
chaque face. d'un cube, dont il
trouva la duplication,&qu'il appella,
dfz, en l'honneur du dez
d'^ne jeune Princesse qu'il che-
;:rissl)it..
L'application qu'il avoit pour
sesétudes, & l'exercice qu'il faisoit,
lui donnoit un grand appetit,
on ne. pût jamais l'empêcher de
tenirdeuxtablesl'uneen public
avec leRoy &: la Reine ; l'autre
en particulier avec ses amis,sur
laquelleon servoit souvent une
poule,qu'iljoüoitavec ses cama
rades, avant de la manger , pou
faire digestion il montoit à che
val3sa monture ordinaire étoitu
barbeentier qu'il nommoit aussi
de'{, ce cheval ne posoit fouvenr
pas à terre ; il devint vicieux,&
sur les plaintes qu'on lui en fit, i
dieaion Maréchal coup édez.
Estant un peu avancé en âge
le Roy son pere le fit voyager
il eut plusieurs avantures ,
tantô
heureux jusqu'à faire de grand
gains, sans se remuer, &: san,
bouger de sa place, tantost malheureux,
quelquefois riche
quelquefois pauvre: l'Histoire
même rapporte qu'il fut un jour
réduit à Abattre du Bois; il est
vray qu'il ne le portoit pas toûjours
luy même, mais qu'il chargeoit
souventle Baudet dont il no
se trouvoit pourtant pas mieux.
D'abord qu'il avoit abattu du
bois il prenoitson coin pour le
fendre, il prenoitaussi le coin de
son voisin par force &: ptr'fuifsance
,
sans se soucier de ce qu'on
en pouvoit dire. Il le battoit
d'une terrible maniere pour le
mieux enfoncer;lorsque le bois
estoit trop dur, on ne luy a jamais
pardonne la foiblesse qu'il
avoitpour son coin, illuy a donné
droit deBourgeoise,lorsqu'il
est parvenu à la Couronne &a
voulu qu'on le nomma CoinBourgeois,
par la même raison que
Caligula fit son cheval Consul
Romain.
Sa misere ne dura paslongtemps,
son pere luy fit tenir des
doublons
, ou Doublets, monnoye
du Pays,quivautlamoitié en
sus,plus que les piecesordinaires,
il vit les Ddmes parce moyen, &
les aima toute savie;il eûtd'abord
pour Maîtresse une jeune
Princesse, pour laquelleil avoit
beaucoupderespect, il1-t hAiftiA
seulement sur la joüe,en entrane
&: en sortant, &nepûtjamais
obtenir aucune autre faveur
d'elle; mais pour les autres Dames
il en faisoit ce qu'il vouloir,
& il suffisoit qu'il eût dituncertain
motmisterieux j'adouble, en
les couchant, pourqu'on osa pas
y trouver à redire, on ne lalÍfaJ
pas cependant del'appeller Jtdl'"
detrois coup pour avoir poussé
un peu vivement six Dames à trois;
reprises; sa vigueur ne dura, pas;
longtemps,laseule vue de bifitgot
la fenduë lui causa une espece * de puralyfic} Içsjeunçs Seigneurs ;
s'en moquoient, & disoient tout
haut, Jean qui estoit toûjours en
mouvement avec les Dames, est
à present,Jean quine peut seulement
pas approcher de celles
qui lui donnentbeau,&quifont
à moicie découvertes,il guerit
dans la suirede cette, maladie,
aprèslaquelle. il devint grand
toutd'un coup,pritlenom de
Grand jean. Ce fut alors que Ces
occupations devinrent plus serieuses,
&: qu'il tâcha de remplir
lesdevoirs de son état:Ilalla à
la guerre, il battit &futbattu,
il affligeades.Villes> en prit
quelquunes, & leva le siegedevant
d'autres; son courage éclatoit
dans toutes lesoccasions.Il
eût un jour une querelle àce sujetavec
un brave qu'il appellaen
duel;pour champdeiliil
prit le coin d'une ancienne maison
ou il crût estré en repos, le
combat ne dura pas longtemps,
sonennemiluiporta une, quarte,
ce fut u^cfiupfaux, il la para,
& luy poussa la botte secrete,
dontilÇ\\i..enfilé\ mais s'il étoit
ferme,4^°$ l'occasion
,
il mar-
'qlto¡ beaucoupdelegereté dans lecabinet,onl'entendoit dire en
plein Conseil & avant qu'une
affaire su(r{enr^ererne;it deçidéej
(jem'envais)&i.lrjôMu rúYfft
d'unavis3unautrc,-,frns en fca<
voir la r^iïon.•;ce.c:ara£teré luy
attiradegrandschagrins,il se
dégptfta(dumétier de laguerre;
résolutdesetournerauprés de
ses parens pour mener unevie
douce&,tranquille.
A son arrivée il alla saluërle
ïtoyforipëre* qui ne le reconnut
pas d'abord ,parce que les lunettesestoientternes
, la Reine,sa
merecourutau-devantdeluy,&
dit
,
ah ce ,vQa mot) lfils.cae
deretour: onR(,yla
me de douleut:lebonRoy;& la
bonne Reineeûrenttantde plaisir
de revoir Jeur, qu'ilsen
moururent, on,lesd.euK
cercuëls,on- fit deuxenterremens,
où 1 fut beaucoup sonné
& les peuples en porterent double
deüil.
Le Prince perdit tout en perdant
son pere & samere
,
leur deceslui
attirauneinfinité de malheurs
dont l'Histoirene fait aucun
détail;on sçait seulement par
trad ition qu'ilrompit avec ses
meilleurs amis
,
qu'il ne put pas
tenir contre ses ennemis, qu'il
mourut en langueur & qu'il fut
exhorté à la mort par unCarme
quil avoit dwebé'luï-hîêmc à la
Cour;sespeuples luiérigerent
utipyratiiidë" qu'on appella La piedésniàlbeurs,jquelques recherchesqu'onfaitpouren
sçavoird'autres particularitez
, onapuAi- en venirà bour,c'est la
raisonpourlaquelleonne peut
rien dire davantage dece malheureux
Prince, à moins qu'on
nerecommence.
POST-FACE
OU
EPÎTREDEDICATOIRE
A celles& ceux qui ont trouvé,
trouvent & trouveront cet ouvragefade,
SALUT &reverence.
Car est-il que l'usage bien ou
malétabli a esté de touttemps,
deprevenir tous lifante ou lisans
par un anodin compliment,&
souvent non sans cause.
Nous, convaincus de labonté
solidité , ,v rité, ucihcé,-& sublimité
de ce nôtre present ouvrage,
avons pris routetoutecontraire,
& demandons avec confianceaux
gentils&habilesconnoisseurs les'
remerciemens du present que
leur avons fait si précieux.
Mais comme le plus juste s'abu-.
se,&: qu'onques abuser né voulons
delacredulité,complaisance, ou
vanité d'aucuns
,
qui le trouvant
fade,n'oseroient le dire, dans
lacrainte qu'onne lesmontraau
doigt, pour y avoir misleurs deniers,
celles ou ceux qui feront
assez mal - encontr'eux pour se
trouver dans l'un des trois cas , iront chez le Typographe; illec
ils récupererontleur finance,sans
autre déduction que du sixiéme
pour les fauxfrais du Bibliopole,
à la charge toutefois, &non autrement
,qu'audire de gens à ce
connoissans
,
ils n'auront par la
lecture de cettuy ouvrage l'esprit
plusorné qu'auparavant, & qu'ils
rapporterontle livre sans corne,
taiche ni macule.
S,cripf-l-
II me reste un mot à vous dire
des (p¿étades.. L'Auteur de l'extrait
historique delaTragedie de
Marius n'auroitpasmanqué d'en
donner la critique ce mois-ci,si la
chute malheureuse & precipirée
de cette piece ne l'avoit pas
trompé
,
commeelle a trompé
toutle monde.
A l'Académie Royale de Musique
sique on a representé le. dece
mois l'Opera de Theonoé,dont
la premiere representation afoulevé
d'abord bien des gens, &excitéunegrande
rumeur; lacritique
en a montré les deffauts, les
Auteurs les ont corrigé le mieux
qu'ilsontpû ,& la piece a repris.
Pour les habits, les decorations,
&tout le (pelade en general, on
ne peutimaginerrien de plus magnifique,
& c'est à l'attention de
Messieurs les Syndics que le Public
est redevable de l'éclat & du
bon ordre qu'il admire aujourd'hui
àl'Opera.
TrlJ-humble Kequefte de l'Auteur
aux Lecteurs.
Aptés toutes les jolies choses
quevous venez de lire, vous seriezbien
ingrats, mes chers Lecteurs.,:
devousrJ;?'Toyenir,e)lcoref
mauvais proverbeque VYli' deIa.,Bruy.
rearépandu dans lemqnde àla hoy
duMercureGalant & à la confufic
de sesAuteurs.Vous sçavez qu'il 1
mis au- desTous de rien.J'y mets mo'
mêmesouvent le mien;maismamj
destie doit faire pour moy, & lajuftjj
ne condamne pas (LJr f^dépafitiQn,^
,Iïç>mmequis'accuse.
- Je parlois doncil ya quelquesjoej
duMercure aveccettehumblefimpliîS
té quevous meconnojfloztous.tjepu
que nous nous ennererionsen(itîmb|i
& j'étois alors chez une Dame fjontfl
merite est honoré,&lenom ço^
nu danstouteslesÇontiqesdumca
de, en prercilce-, dl*'»u, ne-,autre
Dame3
est par son esprit, sesgraces, & Â|
rang, une des plus distinguées t'
Royaume : Le reste de la Compagm;
étoit composé degens celebresà
Cour,datis 1sMagiftratqre& dans h
Lettres, lorsqu'un jeune Senateur tA
haut Languedoc , beau comme Cu.
don,frisé &bouclé comme Adonis,
aimable
, & précieux en un mot des
pieds jusqu'à la tête, saisit à mon sujet,
ce mauvais refrain de la Bruyere. Je reconnus
alors le méchantusage que les
jeunes gensfaisoient souvent de la lecture
des meilleurs Livres. J'en eus même
pitié;mais avant de deffendre la
cause du Mercure
,
je voulus essayer de
connoîtreunpeumieux le Personnage
à qui j'avois affaire. J'en vins àbout,&
je me trouvay sur le champ sans replique
,parce que je remarquay quema
partie n'étoit qu'un de ces jeunes gens.
qui , avec quelquesbluettes de memoire&
d'éducation, faississent la parole
avec confiance, la distribuënt
avec orguëil , & ne la quittent jamais
qu'à regret. Pour celuy-cy, Dieu
veüille que cette petite leçon l'instruise.
FAUSSE MARINE.
Je ne sçay de quel droit j'ai établie
dars mon dernier Journal une Marine
en Bourgogne; mais je vous avouëtay
de bonne foy
que tous ceux qui ont lû
cet article, ont refusé hautement leui
agrément à feu M. Je Président ~du
Guay
, pere de M. du Guay dont ~JI
vous appris alors la mort, & à qui ~j'a
vois jugé à propos d'en donner ~l'ln,
tendance;peut-estre est ce parce qu'il
n'y eût jamais de Marine en cette Province;
sic'est là leur rai son
,
elleestde
meilleures, & j'y souscris d'autant plus
volontiers, que je necroypas que ~1*
même feu M. duGuay, en quelque ~ûj
tuation, qu'il foit en l'autremonde, ~sois
d'humeur de revenir en celuy cy, ~pom yexercermalgré eux unecommission
extraordinaire que j'avois crû ne pour
•
voit refuser àsesservices, & àceux ~dgl
Moeurs sesEnfans.
:.Í,,' APOSTILLE.
Mr le Marquis de Caylus, Lieute
nant General des Armées de S. M. CI
sortidu Royaume depuis plusieursans
nées pour se retirer en Espagne,où~ii
a servi le Roy avec distinction, {Lit
se rendre les premiers jours dece~moi
à la Conciergerie, au sujet du ~Duel
dont on l'avoit accusé avec M.le Chevalier
d'Auvergne, & en est sorti le
12. aprés avoir esté absous en plein
Parlement d'une voix unanime. Il y a
dix-huitans que cetteaffaireest arrivés.
La Chambre des ~Comptes de Blois,
qui est une dés plusanciennes du~Rdiaùme
par sacréation, établie à~l'instar de
celle de Paris,& des autres Chambres
des Comptes du Royaume
,
confirmée
par tous les RoisPrédecesseurs de Sa
Majesté, ayant ~deputé ses Officiers
pour complimenter le Roy sur son avenement
à la Couronne le 6. Decembre
171 5. ils ont esté presentez à Sa Majesse
par M. le Comte de Sommery, Lieutenant General de la Province, &
introduits par M. Desgranges, Maître
des Ceremonies. - AUTREAPOSTILLE.
Je vous donneray le3. de Janvier
un Supplément à ceMercure, fous le
Titre de Memoire Litteraire: On y
trouvera un Ouvrage critique sur la
controverse qui divise les Gens de Lettres;
cous les Exemplaires feront para phezdemamain.
BEahdébuten Ver% de laffn de l*Ant.: JD Suite ingeftitufede^>n Prélude.
Jjrwtattn Aux Poètes dfi'reVéloge de Loiiiii
tfjÇrayd. ; :
Od»fitr la mort d:* Roy. \I.t,
Haranguefaitea Monfeigptur le Due d'Orleamt,
par M. 4• Aionteinpuj/s, Rtfteur de /'T;«M<!
verfite 3E
Jrtfa.cefurl'Hifioire galarUe de l*Amhaffaiem.%
fit Perse ,$pel'auteur»prudemment diviféi\
parcbfpttres. 'P.
ickap. I. Des événements.curie**fui$ntfret***
T A BLE.
tlé 14 Metonde MehemetRiz.ABegtnFrance.
49
Chsp. II. Comment Afehemet jt:za Beg fut
nommé par le Kan d'Ertvan,Àm^ajf^deur
deperseenFrance. 59
Chap. III. Comment Mehem,t H;Xut Beg arriva
a Marseille
,
& ses beuux dits & gfiJlesi en
cette Ville. 74
Chip.IV. Suie du précédent Chapitre, fS comment
Mmeetkyee~m,neotpt poouurrfendit un iùoc1hond'unjeul
coup dtftn(tmeterre. 51
CKap-y. Suite du Chapitreprécèdent, & de
quantitéd'autres belles chsfes que fit &dit
Mfhemet, jusqu'aujour qu'ilfortttde Var.
feillt. ijOO
Chap VI Desayanturcs disgraces &extravagances
fihgu 'j,r,s quarrivèrent pendant le
Voyage deMthemtl deputsMarfctllejusqu'k 113 JEtat des noms des Officiers deta MaifinduRry,
de cçllesdeMadame la Ducbeffe de Berty,'de
Madame,de AfonflîgneùrjçQpc À* dtAIadamelaDurhf,
d'Orléans, 13t
ptoHvclU}deVeni£<h 177
DeRome. 1*3
jPtf Hamiiurg. 19t De Vienne. 1"6
Ve Madrid. ibo
De Londres.
r, DelaHaye. 2^7 113
D* Péris. ils,
T ABLE.
D'S. Malt.2.iiî Morts.1
M.DCCXV.
AvecPrivilège du Rej.
M E R C URE
G41A&T. :.:.
Par le Sieur Le Fevrc.
Mois
de Décembre
1715.
Le prix est 30.folsreliéen veau,&
25.sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,
aubout du Pont Saint Michel,
du côté du Marché-Neuf,
au Livre Royal. duroi
MERCURE
NOUVEAU
DEDIE'
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR
LE DUC DE CHARTRES.
Pourvousescamoter lesfermes;
Vous l'attendriezsurlafl
D'un militer de promejps vaines
Que tout Lefleur prendroit pour -îc-
Beauxextraits de la Rethorique
Eloges pour tous les humains,
Odes, Epigrammes, Quatrains,
Conte, Fable anacreontique,
MilleOnVrages d'un goûtfXqUÍS
Vous feroient en un mot promis;
Mais moyy sur qui jadis, un
Poète en colere
Se démir (je nefiai comment)
Dufoin de.cherchera vousplaire
Unefoisparmoisfeulement,
Je jure a tous Lréleurs, jeunes ,
vieux, bons &fages
Par le droit abjOlu que j'ay
De prendre avec eux mon congé,
De jetter dans lefeu mille mauvais
ouvrages
Dont inhumainement, le Public
ma charge,
Si tous ceux qui mont engage,
N'ontfoin demepayermesgages.
MERCVKE.
Je fuis sûr à present, que
tous les Auteurs qui sont entre
mes mains, & qui tremblent
de peur, que je ne livre au bras
seculier,les admirables productions
de leurs esprits, vont
écrire des quatre parties du
Monde, des lettres de recommandation
pour moy ,aux divinitez
dont je revere la puissance,
afin de m'engagera revoquer
le redoutable Arrest, que
je viens de prononcer contre
leurs ouvrages: Sinon je n'épargne
personne que de
familles desolées!que de mortels
affligez, de voir ainsi miserablement
périr leursenfans
44ps les ilrns ! ce monceau
dc victimes ne sats,.f.:(a pas ma
vengenece, je feray subir le
même sort à tous ceux que
teur triste destinée exposera
desormaisà monre ssetiment.
Le monde,à vraydire, fera
purge d'ungrandnombre d'insectes
;mars ç'clt toujours une
perte .dàs la nature, & il cil:
établi-6e tout temps que ces
kvfe£tes de l'esprit, soient aux
yeux d'un grand nombre d'hu-
Bfcîinsja pâture de leurignorance.
Sera en unmot, qui le
voudra, en ma place, le Mirerable
Mercure de toutes ces
productions cependant
il me prend-detemps en temps
des retours de tendresse, vers
mes chers & bien aimez Lecteurs
, mes projets à ,chaque
instant se remplissent d'incertitude,
& tous mes desseins se
détruisent les uns par les autres
mais,quoy?
* Me verra-1 on
toujours Aller
&revenirencor
De lafille d'Helene à la veuve
d'Htélorf
Non ceji trop balancer. que
dis-jet.. maij pourtant.
jih!Jî vous voulezi vos Etrennés,
Cher Lefleur donnez, moy les, miennes.
* Androm. Trag. Racione.
En attendant.de vos nouvelles,
amufcz vous dece qui
vous conviendra dans ce Volume.
INVITATION
-
aux Poëtes à faire l'Eloge
de Loüis le Grand.
Favoris JtApollon dont les
doflcs ouvrages
Sçavetit braver destans, lesfttneflçsravagesy
Vous qui pojïede^ l'art de tracer
ces portraits,
Dont les, vivesdoulettts ne s'effacent
jamais:
Grands
)
juifiimcs efpnts3si fecondsen
miracles,
Qui du iftcré Vtllon nOlls fli8e=\.
lesoracles,
Poè'tes! de LOUISsi les fails éclatans
Ontfirvi tantdefois Je mxtiere -ÀIltlOilJ¡.MItl'¡_; ,.)
Etsidjour en jour l'on vit avec
Hjfitfe
Deses bienfaitssur vous, aug
.,. , mente* U htefure, Il- 1"),j fautensisfaveur3malgrél'ar- : rêt dufort,
Montrer cjue vous fauvek les
Hïtosdelamort,
Chargedunoble emploj J'éternifer
sa, gloire>
JufquauxsieclesfJnurs rranfmettt/
 mémoire;
Dép(igne-z en vos vers cet air
majcflueux*
Ce maintien de Héros, ce port
digne des Dieux,
De cet augufle front la majesté
fupreme
Si propre a fournir téclat du
diadème*
MetteZ dans tout leur jour ses
raresqualité^., -
Son coeur cm Ion esprit si justement
vante%, --
Ce courage indornpté) cette haute
prudence,
Safondevertu,sa vaste intelli
gence,
Ce long regne illustré par cent
fameuxexploits,
Qui l'ont fait le modele (y* le
fouùen des Rois.
Tantôt faites-le voir9 dans-
- : un âge encor tendre,
Marchanten Concjwrantsur les
pas (lAlexandre,
Suivi des escadrons d'intrepides
- guerriers,
Cueillir au champ dé Mars de
pénibles lauriers.
La Viftoire en volant le couvre
de ses ailes,
Et le conduit toujours par des
routes nouvelles.
Qifon le voye, en dépit des fougueux
quilons
A travers les frimais mener ses
Litailloris,
Fondresurl'ennemi plus prompt
quen'efisafoudre9
Renverjerses rempartsjmettre ses
.murs en pondre,
Par lesplusobfbne.%faire acceptersa
loy,
Eteporrtelr d'ainfs hf< cooeuyrs la.terreur
Mais ensuite changeant &Cm de
ton & defille;
Peigne^-le toujoursgrand
J
mais
déjà plus tranquile
j (
jégipant de la tête encor plus que
du bras,
Soutenantseullepoids deses vaf
tesEtats.
Ici desesarrefls la rigueurfalutaire
Reprimedesquels laforeurfangumaire
;
Et contra tennemi détournant la
valeur,
Sur le pied du devoir,réglé le
-
point d'honneur,
D'une autre part Themis> avec
[a foeur jéflrêe,
PreferantfonEmpireala voûte
azurce,
Reviennent parsesfoins prifid
aux Autels,
Que leur fait redrejjer le plus
grand des Mortels.
La chicane à leur vu*, 0* l'inr
fame avance,
L'inique oppreJJton & l'horrible
injuflice, -
Enfans inctflucux de cent monstresdivers,
Rentrent. en fremissant dans le
fin des enfers,
Puis sur J'autres objetsrap-
-
pelant notre vue,
De ses V'-fttsprojets marquez
bien l*étendue;
Ditespar juelprodige en ses def-
Jems, cent fois.
.I1I1J,çffu,tuaiîafftw*jjeettttirirlUa nnatttuivrreeala ses
lotx:
Comment, comptantpourrien les
plus fâchux obftac/es
Ilfembla la forcerafairedes miracles.
Témoin ce grand projet qu'ad-
- mira l'univers,
Quand malgré la distance il réünit
deux mers!
,N'oub/ù'( passur-toutpourvotre
propre gloire,
Combien il protegea les Filles de
Mtmoire;
Si maigre le tumulte, & lesfureurs
de Mars,
Nous "JÍmes parmi nous triompher
phcr lesbeaux Arts,
Et si tout le fracas desplus. rudes
tempêtes,
Du Parnase jamaisn'interrompit
lesfêtes:
Mufes, vous lefave^, ce n'est
qu'àsafaveur
Que vous fçûteJ jouir d'unsi ra-
- re bonheur:
Tandis que parcourant une noble
carriere,
Ses vertus a voschants,fournissoient
la mattere,
Ses bienfaits animans vos tendres
nourrirons,
Les rendoit atentifs d vos dosses
leçons
Mais je cioy vousoülr
9
Religion
sacree !
DéeJJr)de LOVIS, en tout tems
reverée
t ,r('Veree
Vous dont ilfuttoujoursleplus Jolide appui , Craigne^-vousque nos verss'en
taisentaujourd'hui?
Pourrions-nous oublier que pour
votre defnfe
llfignala cent fois de fin bras 1.
puifitnee?
Que plus souvent encor, docile à
voIltre vo0ix,
Ilméprisa pour vous la victoire
cfes droits.
Offert a vosautels}prefqucavant
-.' que de naître ,
Son attachepourvoussefit bientôt
; : conncître ;
Il crut que le pouvoir nétoit mis
en ses mains
Qve pourvousajjïrvir le refle des
humains.
Clll pour vous qu'animéde l'ardeurd'unsaintzele,
De vos augustes droits conftrvattur
fidèle,
On lui vit consommer tant de
nobles projets
Pour ramener à vous, de rebïles
sujets.
L'Universadmira des nations
entieres
Humble)mall/iCéclat d'une
baHle jplendeur>
Sachantparsa bontéttmperersa
grandeur,
Pojïcdant sans orgueilUmajesté
supreme,
Afaijîre defis sujets, plus encor
deluj mente,
Exaérl&ievtgiuUntx,fokte9labo- , Faisant tout par Jes mains
uojAnt tout parJesjeux;
Libéral , genereux ,
profond
impénétrable J ,
Ducrime£7de l'erreurvangeur
inexorableà
Le déftnfeur des bom
>
le Jltau
des mecbans,
Leprote{kurdes Ai-tçle[Oûtien
desSfavans;
LecoeurJïnccrc cg- droit, vajle,
confiant,solide,
Ferme dans les dangers
,
courir
geux ,
intrepide
, Toujours égala lui, dans lesfuccês
divers,
Grand, lors qrlil fut, heureux3
plus grand
,
dans les revers,
Conservant jusquau bout d'une ,longue carrière
Des plus pures vertus le Jacré
caraflere*
Plein d'amour pour fin Dieu)
fournis Ases dtcrets
, ;.
Dans l'excès de Jcs maux, beniffantfesarrefts.
Offrantsansmurmureraux coups
destjufbce
De Jes jours glorieux l'augufle
facnfice ;
Montrantjusqu'au tombeau qu'il
ne lui manqua rien
DuRoy,ni du Hérostdu Grande
ni duChrétien.
Mais tandis que nos vers traceront
ces peintures
Illujlres , xfumtounumreensspo,ur les races
VHïL1PPES digne ppli du
trône de Louis,
Sur les traits de l'Ayeulformez
le PetitFils; De
DuMonarque Françoisfoûtenc%
lajeunffi :
Quil écoute dàns "vous lavoix
de la Jagtjle:
Inftruifiz..-/e dans Cart de ces charmes
vainqueurs
,
Qui du Peuple & des Grands
vous attirent les coeurs.
Que devous il apprennearégler
soncourage,
Qu'ilpuisse à votre exemple être.
vaillant &fage;
Ç/ue de Loiiis mourant il rempli[Je
les voeux, Et quunjourcommevous ilfâjje
des heureux.
T.MÀRGAT, D.L,C D. J.
Cette Invitation aux Poëtes
à faire l'Eloge du Roy a eu
son effet, & a donné lieu à
l'Ode survante.
ODE
sur la mort du Roy.
Quelle douleur succede à tes
vives allarmes?
France tu pers Louis ton appui
dans tes mAUX:
Qj£à tes pleurs l'universvienne
mcjlerses Urmes
,
-
La mort lui ravitson Héros.
Son regne dont ïéclatplus d; •t.deuxfoisseptluflres[
Jusquauxclimats bfutansfit ref-
- ,peSler les Lys,
Futrhoins long par les ans, que
par les faits illufites
Dont fesfaftesferontremplis.
CeHéros en luiseul a téiïni la
gloire
Dont la guerre & la paix ont
couvertfes ayeuxi-
Etson regneajamaispourrafeu
"jir d'hifloire
De tous lesrégnés glorieux.
Le penchantgenereux qu'il re4
fut en partage
Des Rois çr des Etats lefit le
protecteur;
4Et.fingrand nom lefruitde son
noble courage,:
L'ensismalgréluyla terreur.
Tout à Jes coups alors ôèdâsans
rejïflance
3 La '!Jiaoirfem/oÏl ajïervit ases
loixj j
Ettantdéçois vainqueur jamais afapuifance
Loui-sn'égala ses exploits.
'^iWHèrJesprogrénfttfouva
plus de charmes;
-Au coeurAde cterMoopnarque il en eut trop Wuté
-
De ftgnâlereficor* la fOPce de ses
armes ,
Aux dépens de fort équitf.
cMa'isjoi(quf: trÏ9fùph4t&tk
si t * rniert
Soit qu'il la vit fwttout fecender
«fes\projets
,
1c1 futap!xirgrarnd,idants rl'unee & : * Çweyigl\p,; ire&quesessuccés.
Er;,r'afn pour nous punir le
Cte!dans-sa colete
J:ranc. le coursheureux de nos
profteritcz ;
Lofasqu'il nous laissoit dansun
-,
fort si contraire
Nousr.épondoit deses bontez.
Contre tous les reverssagrande
ayie djfermte
Ektnsl'excès de nos maux fut ,.A nitftxuniqueappuy,
Et ce que nous ojîoitla fortune
ennemie .',
Nous le retrouvions tour en
luy.
Sa vertufout bientoji difFper
ces tempêtes,
Et nous faireadmirer ces beaux
jours retrdce7,
Où l'avenir verra par un mois
de conquêtes
Des régnés fameux efface
Loin d'icy ces guerriers qu'on
voit toujours extrêmes ,
Fougueux dans les périls, lâches
dans le repos;
Illeur faut des combatS-
, t'op,
faiblespar eux mêmes
Pour pouvoir mourirenHéros.
Louis de ses be4ux joursfent
approcherle terme
Tel qu'onle vit cent fois affronter
le trépas :
Tout tremble (7s'attrndritLouis
tranqmle0*ferme
Louisseulne s9ailarme pas.
Rien n'ecbape à ses foins ,il
parle, FYjà jàgtjJe
Duf trône au jeune Roy peint les
écuëzls divers i
Aux leçons quepour toy luy diùle
sa tendresse
,
France, convois ce que tu pers.
Pourqyoy par {e.\ leçons luy dé.
couvrirl'aCage
1 ô
Qjtc thit faire ttn grand coeur du
fûkvtraïn pouvoir ?
Ofàfisyeux pour ïinjhutre il
retrace l'image'
Du regne qu'il nous afaitnjoir.
Pour la Religion que ne fit
point son zele?
C'cfltlle qui luy rend ce qu'elle
., tient de luy ;
Il fut son proteéleur
, par un
retourfiâtle
Il trouve enelleunfermeappuy.
Il meurt,maisplus héros qu'en
cesjours qu'onadmire
OuM*Î!r?ffe du fort de tousfes
ennemis
JLa France triomphante 4 vufous
fortsemft*e
VUnïversitftàblantoufournis.
Saglôirequ'il portajufqtt'au v7degré\fup*ême
L'avoirmis au-dej]us du refle des
humains,
La mortpour s'élever au- dessus
de luy-m-eme
A (ça luyfrdyer les chemins*
Des temps les plus heureux
découvrons les vefliges,
QuelJtccle fajJembU rantdt traits
inouïsf
Qlueel fsiecpie ar-ot-idl diugnoestrfe égalé les- Prodif7t' ?
< Ó Quandil rieutproduit que Loüis:
Mais devie^-vous helasfiurd
nojirc priere -
A cette épreuve encor, o Ciel.,
nousrejerver !
Falloiril nous montrerJa vertu
toute entiere !
Si vouliez nous l'enlever.
Vainsefforts
3
il ntll plus
1
6
trif/rfte morte/J,.!
PourÇoûtenirnos coeurs par ce
coup "bbafus
Conftrvons-y toûjours leJouvenirfiâelle
De ses mrolqut's vertus.
Souvenir accablant Jimpuif
Jante rtj-jource
J Dansl'excès de ms maûrtfoiMe
soulagement,
Qui de notredouleur mus découvrant
Ufource
En irrite lesentiment.
-Dignefang de Louis,après ce coupfunefie9
Vous esses aujourd'hui notre espoir
,
','
le plus doux :
ProJUe^Àes^bïenfaksdeU bonté
celefle
Pour lefairerevivre en vous,
RecuëdIcK les vertus de votre
augufle race, I
D'unpertcm à*unaytulles régnés
nous font dm:
Psrineceu,ill fautque fous vous un regne remplace
Tous teux que nous avons perdus.
Dithçrosid(JM>lcs loix ttglenfr
-nosdejl Et que de mille dons-le Ciel prit
-", si' :1',, t.. j fan d'orner*1
„ ,'.
Lesex'e1m4JplesJlya,u"fonthiesn. mf Ji, eux que, les annéesv
Vous montrer l'art deJ.°uverntr.
.A. BARRY,DLGsDJiV
IIcftjutfe,&ccess bien la
moindre chose, que les meilleures
piecespassentles premières
,c'estuneamorce pour
les Lcdtsurs, & une preference
dont ils sçavent gréà l'Auteur.
Le nom lemerite &l'érudition
de M. de Montempays,
de l'Université,
TéjSQWMefar de l'équité de mon
cbofo. Vtêy sondiscours ?
H A R A N GUE
v- faiteàS.'A.'R- Monseigneur
le Duc d'Oftc"an,s, Regent
du Royaume, par M. de
Montem}j°'Y" Recteurde 1UnHfcffité,Mdfëfyz6.
Novembre 171y.
AiONSElGNEVU 'o', , X iVerfiiéree par nos
Roysvos ayeux du titre dè Fille
tônéè a'fi>$kaiïf-dwïe erkpr(lft
mmeemntt de fferpprreefenterdevantJ4.
R.attentive qu'elle a toujours
ejleà celles devos grandesqualite
qui ont le plus de rapport à
ses actupatiompaifiûlef, elle -
mire depuis,longtempsenVi A.
!{. labeauté)&l'étendued'ejprir,
la science
,
legoufi,&Ucomoif
sance desbeaux ans*
Maintenantjelle 'Wi(fflcge
decesrares-talents1 dans laforme
de gouvernement que vous
1Jenr-£établirdans leRoyaurçe.
Tout a concouru t
Afonfeigneur,
àvous en ajTûrer la Régence
,
les droits devostre naissanceaugtff
*eydu
Grands cm des Mtg'strass,les
voeux de tout le peuple
,
dans un
tel accord
,
dont apeiney a,.,:.jJ
un setês exemple
,
chacun recon-
"oift une providence pArticulie.
re qui dans le temps que Dieu
nousajjligeoit par les pertes considerablescjue
nous avons faites
s
Vous préparait,Afonfeigncuri
fouruneretourcepire aux re^tts
& aux peines d'un bonpeuplecfhî
parsafidélité cyfon attachement
à fis Rois a toujours mmte
(tavoir de bons maijfres.
Déjà l'on ressentlestffets de
votre Regence univerjeuè
y
elle
pourvoit à tuHt bessin ;$w:J
elle prendsur elle les travauxles
plus glands
>-
clairvoyante,, elle
diflingue le bien cr le.mal
3
le
^rai &leflduiftnt ; réglée, elle
confrve les droits de chaque état;
puijjante
,
elle contient tout dans
le devoir& dans le.rl!p, <?; douce
y
elle vous laiffi d'un accésfacile
,
bienfaisante
,
elle ne sefait
ftntirquepar le bien qu'ellefaits
la dif/rzbulion des grades efllafeule
reserve quellese fajfesurtousles
droits. v. ",' v
Puijjw*:nous avoirpartaux
(Jntt',-Jt'V: A. R. j'ofl le dire
dé /4 Ùyïmpfigflie au nomde la- l'honneur de parler,
nous
nous pouvons y prétendre par
l'ancienneté (7 la nob/effi de
notre établijpment ypar la pureté
de nos maximes qui nefont que
les loix du-Royume
, par l'utilité
de notfonélwns ,parlajimplicite
de nos moeursJ nul interest ne nous
amenera devantvous, Monsèigneur,
sice-n'estctuydu bien public,
nulle ambition yfice ness
celled'estreagreablesaV.A. R. ede l'asseurer de nos reRraj les
plusprojonds
,
nulle inquiétude
si , es r/cft Jurvoflrefanté. Permtte'{-
not/s-J Monfeignear
,
de d', vous demander pour premiere
cï'iAce Jc.LméÍhtgercc-:t(prccÚufè
Jante^uevosjoinsJoientpartagés
entre voftfe Royale Personne (y
l E:at. De 1toflre conservation
Adonfetgneur, , dépendce que nous
foubaitans leplus
,
l'éducation du
Roy dans lesprincipes de nosLiber.
ttz ,
qui ne fvnt que les droits
les plusfàcrrz de la Couronne 0*
de ÏEpifcopat
y
taffirmiffiment
£cr ¡".durie d'un gouvernement
toutparant Jerctablijpmentdes
Lttra dans leur Jplendeur &
dflns leur liberté.
î'-ysa déja si longtemps que
je vous promets l' Histoire des
galanteries de l'Ambassadeur
de Perse, qu'il estenfintemsde
vous tenir parole. Je ne crains
pas qu'on me reproche de violer
icy aucun droit, puifquc
j'ay eu l'honneur de promettre
moy-même de vivevoix, &
par écrit, à Son Excellence Persane
, un troisiéme Volume
rempli uniquement & silelement
de tout ce qu'il ya eû
de plus bizarre & de plus galant
dans ses Avanturcs.
Madame de D. R. dont je
parleray plus amplement en
temps & lieu, & qui est la
tres-dignemerede la Maîtresse
de ce grand Ambassadeur
pleura amerement de ma menace
,
& s'en effraya avec tant
de douleur
,
qu'elle sur en gemir
aux pieds de Mehemet Risa
Beg, qui jura aussi-tost par
son cimeterre & parMahomer,
de me partir en deux comme
un navet.
Alorsl'Athenien Padery
son Interrprere, & Archigrec
en tours de Maistre Gonin,
m'annonçad'un air iffné combien
grande eltair la colere
de son Maistre, & me conjura,
au nom de nostre Dieu,
de ne pas me presenter devant
son excellente face: mais foir
que ce jour-là j'cusse peu de
disposition à m'e ffrayer, ou
que je me mille peu en peine
de l'interest que Padery prennoit
à mon salut, je me si introduite
par Joseph dans 1i
Chambre de l'Ambassadeur
,
je luy demanday avec une honneste
hardïejïe soixanteécusqu'-
ilme -dévore & j'ajoûtay accla
qu'il gagneroit davantage à
me lespayergenereusement,
qu'à me les retenir; qu'aureste
je le supliois de me pardonner
la liberté que je prenois
de luyrepresenter parlatreshumble
demandequel'avarice
de Padery m'obligeoit à luy
faire, à quoy l'engageoit
la glorieuse qualitéde PAttlbassadeur
du très- Haut
très Magn fique , & trésPuissant
Empereur du monde,
son Maître.J'achevay ma
harangue en luy faisant de
belles reverences, mon humilité
le désarma
, & ma requête
fut enfinécoutée & réponduë
sur lechamp. Ilme fit
dire,qu'en reconnoissance de
la justice quej'avois renduëà
son grand air,a son esprit &
à ses venus, dans le cours de
sonHistoire,(dont la posterité
n'aura, si je ne me trompe, d'obligation
quàmoy, ilmedonneroit
incessamment une belle
Montre d'or, un Diamant ,
ou au moins une Epée d'or.
En attendant il me fit donner
du caffé;mais du caffé si plein
de marc & si mal fait
, que j'eû
bien peur de lerejettersurson
tapis. Joseph qui m'avoit introduit
remarqua alors mon inquiétude heureusement
pour moy ,
il me mit à la porte
un moment avant que lecaffé
Et son effet. J'ay depuis dîné
plusieurs fois chez Son Excellence
en consideration deHns
soixante ecus dont je n'ay jamais
pu archer un denier.
Voilà mon cher Lecteur mon
grief& ma Preface,voicy son
H:rtoirc.- ..;
* *fV':* »
',,, CHAPITREI.
DES EVENEMENS cù.- cjui/éùtprécède la;
jv,tjjrwn de /M~cckm/Mn~it Riza
Be-*I,cn France.
Lorsque M.Fabre fut cn-t
voyé de Constantinople en
Perse,pa M. deFeriol, AmbôO-
Jdcur: àlaPorte, & qu'il
0 eut
eût receu de luy ses Lettres
dEnvoyé Extraordinaire &
lesPresens du Roy de France,
pour le Roy de Perse, il tomba
malade à Erivan.
Une jeune & belle fille de
Dijon qu'il avaiteû la précaution
de mener avec luy, pour
ne pas s'ennuyer en chemin
employa , tous ses soins pour
luy sauver la vie; mais la mort
qui l'enleva la rendit en peu
de jours, veuve de son Amant.
Alors elletint un petit Conseil
dans Cal'natron, les enfans du
deffunt, & ses domestiques qui
avoient une grande opinion
de son esprit
,
le declarerent
tous pour elle Leurs suffrages
& leurs soumissions la rass urerent
contre tous les penis,
que sans leur secours, elle
pouvoircourir dansune Contréeaussiéloignée
des lieux où
elleavoir receu le jour Ma demoiselle
P. ( c'eil le nom de
cette belle personne
,
qui est
maintenant à Paris) le saisit
alors des papiers& des instructions
de M Fabre, & forma
le projet de remettre elle-même
dans les mains du Sophi de
Perse ,les presens destinez pour
Sa Hautesse
, & dont la Cour
de France avoit charge son
Amant. Elle prit en même
temps caractere
, en veritable
Ambassadrice de France,
elle déclara à Fars Ali
,
alors
Kan d'Erivan
,
les ordres
qu'elle avoit du Roy Loüis
XIV. son Maître, de se rendre
incessamment
-
à Hispahan.
Plusieurs Courriers furent aussirost
dépêchez pour aller
annoncer aux Ministres du
Roy de Perse
,
l'arrivée de
Madame l'Ambassadrice de
Franceà Envan, MademoiselleP.
auroitjoüésonrôleàmer-
* Gouverneur.
veille, (carelle a beaucoup
d'esprit) si malheureusement
FarsAlin'étoit devenu amoureux
d'elle. Lapassiondu Kan
qui l'embarrassa prodigieusement,
suspendit l'execucin
de ses projets & les ruïna même
entièrement, parce que sur , ces entrefaites M. de Feriol
fut instruit des grands
desseins de Madame l'Ambassadrice,
& prit de justes mesures
pour en empêcher l'effet.
Mehemet Riza Beg qui est le
Heros decette histoire, & qui
n'étoitalors*qu'unchérifCen-
* Parod. d'Heraclius ,Trag. de Cor.
neille.
tenier desTroupes d'Armenie
,
la
vit un jour qu'elle faisoit une
Cavalcade dans la Ville d'Erivan
,
suivie detousses domestiques
; il la trouva si belle
qu'il ne pût deffendre son coeur
du feu de ses beaux yeux, &
son amour prenant chaque
jour de nouvelles forces dans
l'éclat des charmes qu'il adoroit,
il cûc enfin l'insolence de
luy déclarer sa passion ; mais
il en fut receu de la même
maniere que la plus brillante
coquette de France recevroit
un Procureur Fiscal qui oseroit
devenir amoureux d'elle,&luy
faire le temeraire aveu de son
amour. Elle vit bien qu'il n'y
avoit pas de l'eau à boire avec
un Amant de cette espece, ses
yeux dédaignantmême le
Kanqui brûlotpour elle, avoient
résolu de n'essayes leurs
traits que sur le coeur du Sophi.
Ce Prince alors s'approchant
dErivan, sur la nouvelle
qu'il receut de la qualité, des
bC3UCCZ&. de l'arrivée de cette
grande Dame dans la Capitale
de l'Arménie
luy envoya des
Enclaves
,
des chevaux & des
chameaux chargez de vivres
& de presens,
escortez d'un
gros de Cavalerie, qui avoit
ordre de l'escorter elle même,
jusques dans la Ville où il avoit
résolu de recevoir cette illustre
Ambassadrice;mais le succés
ne répondit pas à son attente,
& des Lettres qui luy furent
envoyées de Constantinople,
le derromperent au milieu des
grands préparatifs qu j1faiÍou:
pour cette pompeuse cérémonie.
Ils'indigna dela supercheriede
cette fille, dont l'histoire
luyfutécrire,assezfidèlement
pour le dégoûter de l'envie
de lavoir, & il envoya sur
le champ au Kan d'Erivan,
ordre de la chasser des terres de
son Empire. Alors ce Kan
voyant renaître sesesperances
par le malheur de cette belle &
infortunée victime de la colere
duSultan, formaledessein
de l'enfermer dans son
Serrail
,
de renvoyer ses domestiques
en Europe, &d'écrircaufEjôc
à sonMaître qu'il
avoit executé l'ordre de Sa
Hautesse. Je ne sçay par quelle
voye le jaloux Mehemet fut
inrtruitd:s desseins du Kan,
mais je sçay de bonne part que
la fayeurqu'il cûtqu'elle ne
f'tl.t à jamais la proye de cet
homme vio lent
,
ledétermina
à l'avertir( quoiqu'il en coutât
infinimentàsonrepos) du funeste
projet qu'il avoit formé
contre elle. Elle profita de l'avis,&
revint enfin en Europe,
aux dépensde tout ce qu'elle
avoir pû ménager d'argent, &.
à la faveur de mille déguisements
dontle détail seroit d'une
longueur, prodigieuse, &
peutêtre mêmeennuyeuses
malgré le grand succés d'ont se
flotteceluy qui a pris la peine
d'écrire toutes lescirconstances
de cetre merveilleu se HIC.
toire
,
qu'ilpromet de rendre
incessamment pubique sous le
nom de l'Heroïne de P,,,ftrqui
a depuis Peuep,ir parenthese
essayé , de donner à Paris des
marques de sareconnoistance,
à son liberateur;mais des qu'on
sçût qu'elle s'achirnoit à luy
rendre des visites, on eût soin
de la mettre sous la garde d'un
M ssager dEnc, qui a répons
du d'elle, pendant tour le séjour
que cet Ambassadeur a
faiticy. Revenons maintenant
àl'Histoire de son Ambassade.
CHAPITRE II.
Comment Adchemet RiA Beg
fut nommépar le Kzn d'Erivan,
Ambajjaieur de Perje
en France.
Aptés la mort de M. Fabre
& la desertion de l'Heroïnede
Perse, M. Michelaujourd'hui
Consul d'Alep
, & qui étoit
alors à Constantinople
,
fut
choisi par la Cour pour succeder
à M Fabre ; il se rendit
aussitostàElivan, où Mehemet
RizaBeg luy fit confidence
du service gtJ il avoit rendu à
Mademoiselle P &le priaen
même temps de solliciter pour
luy la haure paye auprès du
premier Ministre du Sophi,
lorsqu'il scroit arrivé à Hispaham.
Michel luypromit tour,
& lorsqu'il fut arrivé dans la
Capitale de la Per se
,
il parla
en effet de luy au Vizir,comme
d'un homme d'esprit &
de merire. La recommandation
de Michel luy valut la
place de * Kalenter, qui devint
alors vacante par la more
de celuy qui l'occupoir. Cependant
Michel fitavec lesMi-
* Maire.
nistres de Perseun Traité
avantageux à laNation,& s'acquitta
avec honneur de sacommission.
Le temps de sa Mission
expiré
,
il retourna en Europe
par Envan
,
où il trouva
Me hemet installé dans la dignité
qu'il luy avoir procurée.
L'ingrat Mdicma seignit non
feulement de ne le pas reconnoître,
mais illetraita comme
un homme dont la presence
l'importunoit. Cette horrible
ingratitude du Kalenter à l'endroit
d'un Chiêuen à qui il
devoir sa fortune,donna une
grande, opinion de son courage
aux Musulmans,Personnage
au reste dont il a à merveille
soûtenu le caractere en
France.
Plusieursannées après le
départ de Michel une Escadre
Françoise commandée par M.
de Château-Moran porta en
Perse la nouvelle de la grande
Journée de Marchiennes, où
MJc Marêchalde Villarsremporta
une insigne victoire sur
nos Ennemis.Alors le succés
de nos armes nous faisant des
amis même aux extrêmitezdu
monde,nous attira des compliments
de plusieurs Rois sur
la gloire de nos conquêtes.
Le Roy de Perse voulut être
du nombre des congratulants.
Mais pre ssentant apparemment
qu'il étoit d'une extrême
importance pour le sujet
sur qui tomberoit l'honneur
de son choix, qu'onignorât à
Constantinople qu'ilcnvoïoit
un Ambassadeur en France,il
se servit d'un Missionnaire,
homme ayant du côté de l'esprit,
touslestalentsnecessaires
pour s'acquitter plus mal que
personne d'une grande commission
; il le fit charger de
ses intentions& de ses Lettres
par ses Ministres. Elles étoient
adressees au ICin d'Erivan, ÔC
portoient en substance que Sa
Hautessel'Empereur des Rois
& le grand Roy du monde,
ayant dessein d'envoyer un
Ambassadeur au très- grand
Empereur des François, illuy
croit enjoint à luy Kan d'Arménie
,de choisir entre tous
les Vassaux de son Gouvernement,
l'homme qu'il jugeroit
leplus digne deremplircette
éclatante place, & de l'envoyer
leplussecretementqu'il
luy seroit possible
, en France
avec lesémeraudes pâles,les
perles
perles grises, & les pots d'onguent
que le Missionnaire luy
remettroit és mains. Le Kan
quiavoitpersecutéà outrance
tous les Marchands François
qui avoient passé à Erivan
choisitjustement , dans l'illustre
Me h emet Riza Beg un homme
qui ne les avoit pas mieux traité
que luy, il jetta les yeux sur
cet homme,non-seulement
en confidcration de la haine
qu'il luy sç avoit pour nous;
mais parce, qu'il le haïssoit luy
même, & qu'il présumoit sur
quelques apparencesquecette
commissionl'éloigneroit peutestre
pour toûjours. Le Missionnaire
voyant ce choix du
Kan ne pût s'empêcher de
lever les yeux au Ciel & de
se rccrier sur les qualitez du
personnage qu'on nous destinoit.
Son dépit en sur même
si grand, que quoyqu'il n'eût
quemédiocrement d'esprit ,
il écrivit sur la muraille de la
maison oùillogeoit à Erivan.
& dans tous les caravansarais
de la Georgie, de la Mingrelie,
& de la M r noire par où il
p;a(fl en revenant en Europe.
Un teljourM hemetRiza Sex,,
KA lent" d'E>fiVan>â tsts nommé
jjmbajfadeur de l'Empereur de
Perse
}
auprès de l'Empereur dû
France.
Le bruit de cette Election
se répandit bientost sur la
route que devoit tenir l'Ambassadeurluymême.
Les
Turcs ne tarderent pas à en
estre informez:& ce fut cette
malice dont le succés nenous
pouvoit estre qu'avantageux,
qui suscita à Mchemet Riza
Beg toutes les traverses qu'il
eut à essu yer à Kaars, à Erzerom
,
à Smyrne, à Constantinople,
& à Alexandrette, jusqu'au
moment que Paderi le
jrcçût dans la Barque du Capitaine
de Gugcs. Mais ces perils
sont amplement circonstanciez
dans le Journal qui a
Earu de l'Histoire de cet Amarfàdeur
&il est trésinutile
de. 1repeter ici aucune, de ces
Avantures Il est feulement à
propos, pour donner une juste
idéedu gnJ(; de ce rare Per sondée,
dedire deux mots de ce
qui luy arriva à Smyrne; mais
pouvant,comme de raison,
n'enestre pas cr û sur ma parol,
je prie le Lecteur de me
permettre d'emprunter icy le
témoignage 1.ffit.!t de M. de
Fontenu, Consul de la N ition
Françoise à Smyrne. Voicy
mot pour mot la copie de
deux lettres deIsa mlain.i Extrait d'une Lettre de
Smyrne,12. Juin 1715.,
Vous avpz raifort,Afonfteur,
d'ejlresurpris que l'dwbaffadeur
de Perfiayant fait un IIOZ long
sejouràSmyrne, il ne fc fait
pas embarqué sur le VaiJeau que iavois fait préparer pour porter
Jes Prepnts en France, avecune
partie de son équipage;il n'a tenu
qu'à luy de U fane je luj en
Mois donne toutes tes Jàc:zlitt'{.,
imaginables; maisceji un ésprit
sibigarre fifant.ijque
,
,u'il
ne m'a pas tftepvjJible de vaincre
les difficulté^ chimériques qu'il
s*étoitformées. M. de Saint
Olonpourra vout apprendrequelle
forte de cara&re d'hommese peut
tj/rt. Je n'enconnois auctn de
pareille trempe; ainsi il ne doit
s'en prendrequaluyjeul de tous
Its ma httrs qui IIIJ fontarriva
en Turquie, depuis quil a quitté
Smyrnt contre mon .1Iis..
Extrait d'une autre Lettre de
Smyme du25 Juillett-yi 5.
Vous mtapprrnne, Monfteury
que l'Ambassadeur de Pcrfe se
plaint de moyyil a rarzd tort, il de.
Droit bien pluflojl s'enIciier,ily
auroit bitn de ïtnjuftice dans son
fait, de me rendrerefponfablettant
de ses indifarétions surJa touteen
Turquie,quependant leftjour qu'.
ilafatt àSmyrne,où il nt m'a
pas éiêpofjibledefurmonterfsdiffiçu'te
yquelquesfaciles quefuf.
fentles moyensque je luyay propopoursonembarquement.
Le
faitefl, que j'avoishors du Château
un VaWfau tout prtft dont
le Capitaine homme de bonne DOloité
& d'expedients3 fecqndoit
parfaitement mes vues3 pour les
temps ,
les lieux & lafuretédu
papage. Cecjuej*ayfaitpourle
bagage, les lcttres de créance, les
Pnfents,£$rquelquespersonnes
de la fuitede l'^imbaffadeur,juf.
tiste aflZqu'zln'a. tenu qu'à luy
de profiter des junes mesures que ilavoisprises,c, que ses irrefôluttons
mal fondées ont rendues
inutiles
,
à son égardfeulement.
Ilne doit doncs'en prendre qu'à
luymême des traverfisfâcheuses
dont
dont cellejaune (7 prtmiere dé.
marche* ejlésuivie. Le Capitaine
Matcetqui ejl Ités connu
a Toulon esttémoin du procédé bi-
Z"&rre de cet AmbaiJadtur.
Cettelecturesessit. pour justifier
tous les bruits qui Olit
couru sur le compte de cet
Ambassadeur
,
& pour condamner
tous leséloges que je
luy ay donnez moy -mêittc ;
mais on n'a point de reproche
à faire là dessus à un Auteurqui
travaille aujourd'huy
(comme bien d'autres) plus
sans contredit pour son intertit,
que pour sagloire. D'ailleurs
le bon plaisir de mes supcricurs
me prescrivoit alors
d'en dire quatre fois plus de
bien que je n'cnrVOJs.
CHAPITRE III.
Comment Mehemn &;Ka Brg
Arriva a MrfeilleJ & Jes
beaux dits e gestes en cette
:
Ville.
Or est il que Mehemet Riza
Beg arriva à Marseille, aprés
avoir eû grandement peur sur
la Mer, &y avoir fait enrager
pendant toutes la traversée,
Padet y & le Capitaine de
Cujes. Des qu'il fut entre le
Chasteaud'Is & la Ville à une
demie lieuë du Port,on envoya
le Chaloupe à terre, annonccr
l'arrivée de Son Excel.
lence
,
qui s'impatientoit depuis
longtemps du sé jour qu'.
elle faisoit dans sa Barque,
Mais comme l'usageestdefaire
faire quarantaine à tous les
bastimens qui reviennentdu
Levant, de crainte que ces
mauditsLevantins n'apportent
la peste en France, il eût tout
le loisir de s'impatienter encore.
On luy fit cependant
grace de quelques jours,rrnis
avant son débarquement, Agoubheanhonnête
homme &
riche Marchand Arménien,
qui cft encore icy pour les
affaires du Commerce, &qui
étoit arrivé à Marseille deux
mois avant luy, par le moyen
du Naviredans lequel M de
Fontenu luy avoit procuré son
embarquement à Smyrne, fut
à bord de son bureau pour
luy rendre une vtGtC;a. sa vûë
Mchemet se courrouça ,
&
entra dans une si; grande fureur
, parcequ'il avoit eu le
bonheur d'arriver plûtôtique
luy, qu'il voulut iu., L champ
luy couper la tête. Plusieurs
Matelots François qui sejetterent
sur luy, luy firent rengaîner
son cimeterre: mais il jura
par Mahomet qu'il ne porteroit
pas sa tête bien loin. Cependant
l'esperance qu'on lui
dgnne dele faire bientôt coucheràlaVille
,
& quelquespiecesd'étoffe&
d'argentl'appâtèrent.
A lafin on le débarqua
avec tout son monde. Ce fut
alors que parut avec éclat la
gnficence de son équipage.
Deux gros paquets de vieux
haillons liez avec des cordes,
& gras comme des bonnets
d'esclaves,enchassez dans des
tapis de Persesemblables à de
vieilles couvertures de mulet,
composoient sachambre, (on
lit & sa toilette. Chacun de
ses domestiques portoit son
bagage sur son épaule,avec.
quelques ustancils de la cuisine
de l' Ambassadeur, dont la soule
pipe étoit portée avec resp'<
5k ,comme en triomphe,au
milieu dece pompeuxcortege,
Voicy l'ordre de sa marche.
Des qu'il fut hors de la
ChaloupeIl çiouva le long
du Port
,
du côte ou sont les
Galeres, une vingtaine de Chevaux
pour luy & pour ses gens. Ilmonta surceluy qui luyfut
presenté,& au milieu de ses
serviteurs,conduit parlesieur
Desmarais
,
Lieutenant de la
Maréchaussée de Marseille,il
arrivaà la M.lison de M de
Cartigny
,
suivi d'une foule
de petitsenfans qui ne cesserent
de crier après luy,il a che..au
lit. Il demanda à son Inter
prete ce que signifioient ses
acclamations, l'officieux Paderi
qui remplissoit dignement
cette charge, luy répondit,
que le Peuple par ces cris ,1c
combloit de loüanges & de
benedictions. La joyes'empara
de son aIne, & un mouvement
de generosité succedant
à la joye, il fit jetter à cette populJc::
qui estoit assemblée autour
de sa mai son
,
plusieurs
pieces de menuë monnoye
qu'il emprunta. Paderi qui depuis
a grapillé sur tout, commença
à grapiller sur cette
libéralité. ;
;'; M Afnou, Intendant des
GilcrcsdeMarseille que la
Cour avoit iturcré de luy faire
qUk bons traitemens ima'
ginab'es
,
le combla d'honneurs
& de presents,qu'il rcceut
comme une dette. Il exagera
d'abord à l'infini les droits
& ladépensedes Ambassadeurs
de son païs chez les autres
Nations du Inonde) il parla
d'un simple Persan comme
d'un demiDieuànôtreéçrard
&desonMaîtreàpropor0tion,,
il s'étonna qu'on n'eûtpas envoyé
une Armée pour le. recevoir
sur la frontière denostre
Empire,il murmuradenos
façons il se plaignit de la
mediocrité desa dépense dont
il exigea la valeur en efpcccjs
sonnantes, enfin il menaça de
s'en retourner en Per se
,
si on
ne luy donnoit pasdeséquipages
proportionnez à la magnificence
de ses idées. A cette
menace ,
M. Amau luy dit
qu'il étoit le maître
,
& qu'il
avoit à son service un Vaisseau
tour pïccI mettre à la voile.
Cette maniere de décider luy
déplût,& il en auroit témoigné
son ressentiment àM Arnou
si les charmes de sonépouse
n'avoienr pis servid'obstacle
à sa colere. Unseul regard
des yeux de Madame Arnou
(quiestune des plus gracieuses
femmes de France,) suffit
pourappaiserson courroux. Il
luy fit de très- joliscompliments
,
& luy promit l'honneur
de sa protection auprés
du Roy. La Dame receut ses
offres de service avec de grandes
démonstrations de reconnoissance
& de joye.
Sur ces entrefaites M. de
S Olon arriva à Marseille,
chargé d'amples commissions
de la Cour sur tout cequiconcernoit
le cérémonial & le de-»
tail de la maisonde son Excellence
,
àqui il avoit ,en partant
de Paris,prislapeine-d'écrire
une tres-bcile & (re:
obligeante Lettre
,
quiavoit
été receuë à peu prés, comme
il le fut luy même;mais ces
minuties ne font qu'allonger
cette Histoire
y
dont le Lecteur
s'impatiente déja de lire
les mervçifleujc & valureux, événements.
Le rii. Decembrettiicizicmc
jour de fqn.arrivée à M.¡lr
- ,
i e a
seille
, on le mena al'Opéra,-, o%
CfîQmmçjejay dit. dans moix
Jgurr(al) Qn 4" evoit P(fF4(
a(4 nùi%wde_ tAmphitbcâtre une
place pçyr lnyeful, avecdei sauf-
JIhs& Utymat$U$CQ&vtyts d'un
rich
e tapis. Ai, de S. a.'on étoit
ajji<a coté de luy sur un banc'.,
(S. Padvri eDipife., Inurprtfeé
IIjJijde l'autre ,pour- luye'xpliquer
de-temps en tempiquc'qucs
ind'Uits de l'Opéra#jdmadi-s dé
Greee, qu'on representoit alors;
Pendanttout letempi cju*dura
ce fpcéîaclèt il fumaXson O'f!J;
nuire.Ilpritdu Thé&du Caffé9
&' en envoya à Madame l'Intendante
(7 aux Dam-s qui étaient
dans sa loge; il dit qu'il avott été
JurpYts dt la beautédu fpcéladet
des danses .,ede la musiques &
qu'il étoit charmé de tout ce qu'il
venon de 'voir; mais il ne fc
vanta pas le même jour de la
vive atteinte de tendresse que
venoient de portera son coeur
les doux attraits deMesdemoifeUes
Caun & Cato:cesdeux
incomparables filles avoient si
biendansé,&futàl'envi l'une
de l'autre
,
desi jolies mines à
sa fantaisie, que l'infidele Mehemet
extasie de leurs gambades,
en oublia les beaux yeux,
qui dans cette Villeavoientété
ses premiers vainqueurs; en
quoy il fit très lagement. Il
raisonna fort bien sans doute
alors, & il n'y a dans cet endroit
de son Histoire, certaincmciu
pas iKU dtn douter.
Vouy autant qu'il peut m'en
souv nir ,àpeu prés icraifonnementqu'il
fcfit.Li pnmtcre
Dame cjutma plu rry, (si UIJA
D.me difliïgMee par son rang,
comme par Ja beauté
,
& plus
ucrtuiufe encore qu',Ue n'a de
grâces cm de d'gmté,tant pis tour
elle. Que m'importe à tnoy d'aimer
une honneste jemmefj'iray
mccajjer la tête contreun rocher.
&jeperdraj mon temps, mapeigne
Çr mes pas. Voilaypar Ma*
homet, un joly Pef(OYln(je pour
un AmbaQadtur d'un si grand
Emptteur. Non non il ne Jera pas
dit que jejois venu de JiLoin,que raye couru tant deperdst & que
je layeiant defoiséchapésibelle,
pour m'attacher à une cruelle aJF,
ennemie d'elle-même pour dédaignerles
faveursïnejlimables dont
voudrott l'honorer un AîufuU
man tel que moy. VeneZ charmantes
BaUdinescjue je miens de
njoir danferle cotillondéfibonne
grâce, mous *ve% vous-même
trouvég*Ace devantma face] ay
encore dans ma vahfe quelques*
vieillespeaux de Renard échapées
à l'avarice des Turcs, dont je
prétends que vous vousfafli
desbonnets fuptrbes, pourenorner
nitdésormais iotre tbj. Cette
bellerésolution pri Cc-, il fifa ppeler
ces Demoiselles,&leur
donna à chacune te present si
bien medité: il accompagna
cette galanterie de que lques
care sses quimirent tellement
le coeur au ventre de ces deux
pauvres fines) qu'elles briguerent
avec succés la conquesste
du sien.
Une melancolie tendre,&
l'amour de la retraite sont
ordinairement les premiers
effets d'une grande passion.
On devient triste, mot ne , tout
ennuye hor s l'objet aimé,comme
il avint à nonstre Ambassadeur,
il se sequestra dumondc.,
ilft- fit apporter son cissé,
sa pipe & sa gamele dans l'endroitle
plussecrec de C*maisonils'yenferma
,
& les palrn,.
s de l'amour firent danscet
appartement de son Palais,
les délices de son séjour.
CHAPITRE IV.
SniteduChapitre précédent, dr
comptent Afihemetpourfendit
un Cubon d'unJlul coupde
son cimeterre.
Rien au monde n'etf. plus
charmant que les dehors de la
Ville de Marseille, & chacun
depuis le premier jusqu'au dernier
de ses habitans a sabastide
, autrement ditunemaison
- de campagne,où les Dimanches
& les Festes tout le peuple
va serecréer,comme nos Bourgeois
aux guinguettes de Paris.
Mchemet le promenant
un jour du costé du * Mozargue
, au milieu de tous les gens
le coenavré de douleur d'avoir
appris que sa chere Caro
venoit de luy faire une infidélité,
essaya, avec l'aide des propos
joyeux que luy tenoit Padentde
noyer promptement
son chagrin dans les agrémens
d'une intrigue nouvelle:& le
même jour unejoliepaysane
levangea de la perfide de son
inçtraté! danseuse. Que résultat-
il de cette avanture ? le voiey;
* Village aux environsdeMarseillé.
on prétcnd)CJ.lalotcOanr que le
lernp& la curiosit é nous ont
dévoilé tous ces my lieres, que
la Puysanc étoit une des plus
dégourdies fillesdeMarseille,
(Ville où les files ne font
asseuremenr pas sottes ) on
ajoûte que l'espoird'attraper
quelques pistoles de Son Excellence
,
sous le bon plaisir de
Paderi, luy fit entreprendre ce
gracieux déguisement , qui
cût unsigrand succés pour sa
réputation
, que longtemps
après, le bruit courut à Lyon
&à Paris que l'Ambassadeur
avoit emporté deMarseille
un douloureux gagedesincidents
decette galanterie;mais
ne nous écartons pas, s'il vous
plaît, du Village deMazargue
donc cettedigrassionnous
dontcette d;gr a
1
ssion nous tiré.
C'est icy que 1elraeurclt
oblioé d'admirer la h ute vaillance
de M hemet. Les Gabes
des douze Pairsheureusemenet
mis àfin dans le châtelduRoy
Hugon à l'exception de celuy
d'Olivier avec lafile du bon Sire,
ne font que for fanteries en
comparaison de ce merveilleux
geste, & onc preux Chevalier
ne fie unsibravemechief
, en
un mot, ce que t'onvalire,
ncil pas un conte, & c'ift
dans la peinture C'x.a,: de ces
rares exploits,quele dévelopenc
avec gloire lestalens é'o..
quens d'un historienfidele.
Imaginez-vous dot-c voir à
prefencM-hcmec sur son
séant
, au milieu d'une place
où l'on bar du bled, sa pipe à
la bouche, environné d'un
côte,de ses Pages, Esclaves,
& autres quidans, & d.: front
occupe agréablement dela vûë
d'un grand nombre de jeunes
& belles filles, que son ordre
absolu -fait, impitoyablement
cLnr(..au son des musettes &,
descabounns, jusqu'à ce qu'el
-
les ,&les instrumens qui les
animent , en tombent sur les
dents.
Maintenant voyez le monter
legerement sur un superbe
confhcr ,falrc des sauts, des
voltes
,
catacoller
,
& courir
dans une carriere raboteuse
,
j squ'à ce qu'un maudit tronc
d'Olivier mal déracine, culbute
le Lh, VJ & Ecuyer par terre.
Admirez-le erfîn s'égosillant
d'appeller tous ses domestiques
pour l'aider àse relever,
& leur commander presque
djan]s lemêmemoment, d'as ÍLJ sembler
sembler tous les spectateurs,
gensde Ville, de Village &
autres, autourde sa personne,
pour montrer le beau tour que
je vais vous conter.
Il se fit apporter un gros
belier qui paissoitaux environs
du lieu oùilétoit, sans sonor..
seulement qu'ily eut un
Ambassadeurde Perfeau monde,
il fit lier les quatre jambes
de ce pauvre animal qu'il ordonna
à mvde ses favoris de
j-souleveripar l'ext-cmit é des
piedsà une hauteur raifonna-
,tfe:r,puis câpres une courte 4"iCJ'.c.é;à je np sçai
quel Saint de ton Pays, il tira
son redoutableCimeterre, &
d'un seul revers bien assené
,
il
cou pa les quatre jambes de ce
miserable belier On a pas de
peine à comprendre combien
il rniût d'éloges sur ce piodU
gieux fait d'armes. Il en fut
11 ,,' tellementenyvré,qu'àquatre
pas de là, un monstrueuxcochon
en payala folle cacher©.
Animé oucroi&elur&da succés
dont la fortunevenoitdecouronner
sa valeur ;pofr ladéfaut
du belier, il tomba sur le cochon
,& d'un CetJ..coupd<: Cimeterre
ille pourfendreicy
deux parts. Il remonta aussitost
à cheval
,
d'un air dédaigneux
, & prit, comme side rien
n'eûtesté,le chemin de laVille,
aprè1s avoi.r ,néanmoi-ns payé, &
abandonné au pillage de si
précieuses dépoüllles.
Je ferois de cette journée,
douze tableaux pareils à celuycy
,
si je n'avaispaspeur
qu'on les prit pour le bouclier
d'Achille.
CHAPITREV.
Suite du Chapitre precedent, &
dtquantité d'autres belles cbo
Jesque fit & dit Mi bemet,
jusquau jour qu'ilJortit de
MarfeiUe.
Si tout ce qu'ilya d'écrivains
négligents, semez comme
vermine dans tous les Etats
du monde,imitoient mon
exactitude à conter jusqu'aux
moindres circonstances des
évenemens que j'expose aux
yeux du Public, l'excés du travail
les dégoûteroit, & nous
affranchiroit bien-tost de l'en,
nuy que nous cause leurs miserables
écrits.Pour moy qui
he veux rien laisser à desirer
au Lecteur,je luyapprends que
Mehemet de rctour à la Ville,
après avoir coupé les jambes
du belier, & tuéson cochon,
allachez Madame l'Intendante:,
où il trouva un grand
nombre de belles Dumes afferllbés
)qu'il se déchaussa en
leur presence,& secaresseavec
ses mains les doigts & la plante
des pieds. Ce tableau n'est pas
beau; mais ce n'est pas ma
faute, il est indispensablement
attac hé à la venté de ccrtc
Histoire. En même tem ps il
leur fit comprendre par grimace
& par Interprète, qu'il
venoir de faire les deux plus
beaux coups du monde. Alors
pour celebrer avec plus d honneur
cerre double vidojre,
Madame l'Intendante l'invita
àdîner le lendemain chez elle;
il topa à la proposition, &
fut fccoucher en attendant.
Je ne sçay maintenantcomment
me tirer du mauvais pas
où je suis,j'ay bien peur que
le pied ne me glisse; & tout cc
que je peux vous dire de plus
vray c'est ques'est icy undes
chefs d'oeuvrede mon récit.
deux mors néanmoins suffirdonUtpefuft-
aesitrîet,epo.ur metuer
? Pendant que Mtliemet Faisoit
savisiterl'obligeant Paçlctyimroduiloic
dans la
chambre de Son Excellence
laPaysane dont nous avons
parlé tamoft, où il l'entretint
à son, dam jusqu'au retour
de son. Maistre. Vers les
quatre ou cinq heures du matin,
le Coq chanta, Mchemet
s'eveilla, & labelles'enalla
attendre le jour chez son conducteur.
Enfin après biep des
veuvesquin'ont nul rapport
aux faits importants de cette.
Histoiremidy. sonna. Alors
rAmbaffadeur fitunedouzai
ne de nouvelles incartades
avant de se rendre à lamaison
de Madame ~Arnoir;que^fcL
marmitons MufulmarislLQ-i
voient dés le matin esté mclttfi
en desordre, pour préparer le
festin de leur Maittae,'>qm1nei
voulut jamais[oùffrlrJni:J..anii
ni après
,
~touch(I;iqtuàeleîslveisaGn'hdreesf.tiens ,nu
diArlufiaitousïesconvinsfc
mirentàtable;Mehemet fut
seplantercommeun fingr,ati.
milieu d'un Theâtrequ'on
avoir dresse dans l'endroit de
laxdu il comvîtnoie qu'il
fut, AIOEs- M: Arnouluy âti
le Salamalok en luyportant
la santédu Roy, qu'ilrefusa
longcîjmj»r&e }bDn , dj(in£
poursesraisons quec'estoit
à luy M. A PPOU à boire le
premieràlasantéduSophi
fonnMaistre qu'il nepou
voitpas donnée une moindre
marquade respe£b;;ui plup
grand Seigneur dumonde., &
qu'apté&qjnlky.auroitjcndù
Cet hommage verroit cequ'il
auroit à faire à l'égard du Roy
deFrance, qui n'cntroicjpasi
son gré en comfiaraisoisylavCa
le plus pulflAut; ErDipertfoidc
surcepoint:,,dJrpuks{Í(bautD
sur
quepeus'enfallut quc_tout le
feltfnlnç fut noiibléyqirc: les
tables ne faffene tufoulées,7 Sei
qquu''eennffiinniillnnese'es:nent-erto(tuoruiirscââfli
sans boire. Ce qui feroitaxrivé
sansmiracle, siun personnage
bien avisé, n'avoitcriéà pIeincr
voix, Âfjfcigwurs3ÀdcjjieurS)
Ë7 Mesdames,pour rétablir iry:
lecalme Cr l'union qui doiycm
eflrefjarmy nous,&.pourcmpê~
cher que du refle de ce jour, 1.
difeorde aux crins htriflf K ne trou*
lbolepilnAt qtuun'icljctotinlvliiteéntdàe cUetMtefaejsetef-,
ti des deux Empereurs qui donnent
lieu à cette altercation que
ÀdonjieHT Mchemet Ri^a Bç,
(y Monsieur Arnou boiventcka*
cun en même temps à 14Jante des
Rois leurs Adaifiresi
: Aussi tost dit,aussi tost fair,
les deux coupes furent rem
plies de part & d'autre, l'une
devin,& l'autre deforbet pour
le Mihometan. Ils bûrent
ci/ftii chacun leur portion.
Alors l'assembléesemit àcrier
vivent, vivent les deux Empereurs
,
les boëtes àtirer, les
violons, tambours,sisres, &
haut, bois à joüer,les tables à
fc couvrir
,
& les convives à
manger, :
«
On m'a assûré maintes rois
que McbetnerJen mangeant
son pileau, avoir dit dans le
repas quantitédebelles choses;
en voicy uneentreautres, c'cft
unedouceur dont il regala
Madame Amou. Vousestes,luy
dit il
,
Noble comme un Palmier,
Vermeille comme une cerise, re
belle comme ULme,&si çbeYic
du S. Prophète, que si vous
'{JoutieZ embaffr l' A'coran, il
<vvHsatmeroitaprèsvostremort>
plus que la mieux aimée de toutes
jesftînmes
, (7 vous ferte^en-
Jemble les honneurs &les délices
de son Paradis.
La Dame le remercia fore
poliment de la magnificence
de ce compliment, & la feste se
passa en paix & en litÍfé. Le
foir on fit un grand lansquenet
avec plusieurs reprises
d'hombre, où l'Ambassadeur
auroiteû le loisir de s'ennuyer
longtemps,si Marthe' Atnou&
'quelque»n'avoient
pas eu l'honnêteté de
quitter le jeu pour aller s'ennuyeravec
luy. Cc futencette
occasion qu'il dit par reconnoissance
à Madame Arnou
qu'elleétait une Dame pleine
de merite & d'esprit
,
qu'elle
sçavou fortbienvivre,&qu'il
rendroit un bon témoignage
d'elle à la Cour&aux Ministres.
Cette conversion & tous
les plaisirs de cettejournée
Sois,Il retourna à sa maison
avec son cortege ordinaire
& lcmèa^efcurlie(Tuya une surjeuTeaubadedeMadcmoifclLc
Catin
,
qui avoit appris
avec douleur l'avaniure de la
Paysane
,
& qui la luy avoit
icprot héc avectant daigreur
qu'ileût ne pouvoir mieux
faire
» pour la ranger à son
devoir, que luy casser sur le
visage ,un plat de fayence qui
setrouvasoussamain. Cette
querelle n:(ûr pasde suite, une
petite generosité &. quelques
carciîcs répatétent tout ce
désordre.* ;
re.-..: ;.' : Le lendemain M de S.
Olon
>dont il avoit cent fois
mis la patience à Jaraut* fut
doyfigaifiy qfaBoitfutir
de Mantille ,& s'acheminer
pour la Capicalede ce Royaume,
illuy remontra que la rigueur
de la faison
,
la fonce
des neiges,& le débordement
desrivières , leur pourroient
ôter les moyensde ibrurde
la Provence,s'il attendoirque
ces- inconvcniens; empechafsent
lasuite de son voyage$
mais Mehemetsetrouvoit 1d'ensortiraussitostqueM.de
S.Olonleprérandoul,lemit
dans unesi grande caleret,.cfiSI
rjlAra dkJouc/.raen^;£bonnsle
( 1eosn1LeyiRmsa
pourtant
pourtant encore,&onsitsi
bien à forcede bellesraisons,
que le vint-deux Décembre
1714. on leravitauxinconsolables
habitans deMarseille.
CHAPITRE VI.
DES AVANTVRES dl(graces,& , extravagances
jingulierrs qui arriverentPen.
dantlevoyage de Mhtmet
depuisMatfdlle3- 3
juilj4
ja\
Lioni
Une des principales difficultezquifaisoientapprehenderà
Mehemet son départ de Marfiiilc,
c'ttf qu'après avoir emprunté
à toutes mains, il y
estoit redevable à tout le monde
,
& qu'il ne devoir sa braveric
en robes d'étoffes d'or &
d'argent pour couvrirsa misere(
comme ilest fort bien dit
dans l'Opéra de Theonoé)
pour cacher si bien que mal
la pauvreté des siens,& pour
caparaçonner les chevaux
qu'oneût l'indulgence de luy
prêter
,
qu'à labonté dequelque
M archands qui luy avancèrenta
beaux deniers comp-
"[âi,[. se prix de ces dépenses.
Il cr3Jgnit le blâme& les noms
odieux que nous donnons voi.
lontiers àtousceux qui nous
escroquent. Neanmoins il se
tira de ce mauvais pas fous
caution
,
& monta enfin à
chevalle22. du mois de Decembre1714.
ri, Il se lamenta à la porte de
cette belle Ville
,
de regret de
la quitter, & voyagea ainsi
jusqu'à Air , d où la mauvaise
humeur l'accompagna
tout le lendemain jusqu'à
Lambeze
,-
& si M. Honoré,
Affesseut des Ecars
,
à ladite
Ville,n'avoit étudié,composé,
& prononcé enfinàMehemet
un ue) beau & tres long compJirçiéncjoùj:
lpnr >E^ccJIcncc
n'entendoit rien,nylesInterprêtes
non plus, peutestre
quele reste de l'auditoire
,
(a
melancolieauroitpûavoirdes
suitestres sâ heufes^maisrje^
Dames vinrent heureusement à la queuë dece com,.pli,.me- nt,
l'Ambassadeurles trouva belles,
& les r
eceut bien.I fuma,
soupa
,
msêe coumcha & doermit.de Le lendemain - il se levapour
aller à Orgon ; mais avant
d'arriver à cette Ville
, fallutpasserlaDurancewXiqlluuyi
est la plus c..pricièurc livicrc
cL France, &, qui [c" trouva
majhçuroutçincni;pour .luY:t le
mêmejour,d'aussi méchante
humeur qIl avoiteftéjavçilje
&lasurveille.Cependant
aprés bien des peines .:(p
périls .'-IL)a t"v:cr sa à force
debras,sesMriniers invo-
.quant.d"un;côt,éS. Nicolas
luy& ses gens,Mahomet du
Jp.ur3 ce qui si,-., à ce que l'on
m'aasseuré,unconflit de Juri fdi6t
»o- nqui. pensatout gâter.
Orgon estuntrou où on ne
fut pacurieux de voir,&
où ilne s'ennuya qu'une nuit ,
Delà il fut à Avignon ;
mais il n'y fut pas bien rdccu
parla raison que les OHènt'aux^
quelques ztlcz Musulmans
qu'ils soient,ne trouvent guere
leurcompte dansles Etats du
STcrc Aussi en déguerpitil
le lendemain dugrandmatiif* n pour aller coucher àOrange,
où il passa une sonée fort
agreable. Les habitans de-cè
canton ne sontpas si serupuleux
queleursvoisins, & l'on
ne trouve pas aux portes de
leurVille(comme auxenvirons
) des soldats qui couchent
en joug les passants, pour leur
faire dire leur Confinor. J'y ay
dit le mien,mey cyitousparit,
& j'ay en bien peur, que la peur
ne me le fit oublier, auquel cas ye1tois tondu. A Orange. vous
dis- je,Mehemer fut charmé de
la bonne compagnie, toutle
monde s'empussa àledivertir,
&par reconnoilïatioeil fit presenter
duthé& du caffeatout
le monde;mais per sonne n'en
voulut. Il fit ensuite trois
tristes couchées; mais en revanche
il luy arriva à Valence
une avanruTc digne de
toute l'attention du Lc£frur
& tfe tous iCL efforts de l'imagination
de l'Auteur.
'(:
Un empressé porteur de
mauvaises nouvellesestoit parti
la veille de Montelimar, &
& estoit venuàroure ba rde annoncer
(comme chosetrèsimportante
) aux Habitans,
Echevins, Maire & Gouverneur
de Valence, que le lendemain
,
1 Ambassadeur de
Per se y devoit arriveravec tout
so train. Alorsles bonnes
gens s'imaginent que c'est tout
au moins le grand, M;>golqqi
va tomberchez eux,ils sonnent
lagrosseCloche de la
bbVliellnel,t,lleces pMeunjgp'lsetfr'oatutsrnse'amssielmledans
les ruës on amorçe les canons
des remparts, on prepare
des feux d'artifice, on dresse
tout l'appareil d'un grand banquet,
& l'on ordonneà la garnsson
de prendre les armes au
premier coup de tambour.
Tout ainsi disposé
, on attend
Son Excellence
,
à bon
estoient. Elle arrive en effet
vers les trois heures aprés midi,
alors chacun s'empresse à regarder
d'un oeil de pitié une
troupe de Bohêmes, moüillez
jusqu'aux os ,faits comme des
mouces & étintez comme des
soldats de recruë. Un brancart
porté par des mules, sur lcquJ.
die on ,
sont les Presents inestimables
que le Grand Soplii
envoye au Roy
,
& deux pauvres
caleches crotées, jufqQs
par dessusl'impérial
,
dans lcfquelles
sont sagement,à leur
aise, &incognito, M. de S.
Olon,& deux ou trois autics
François que ,:
leurs commissions
attachent à la suite de ce
charmantEtranger.
Quandona coanmencé
une sorti se, on veut lchevert
celaest de l'usage,la dépense
de
entrceepllree-nceyuértosditrftaeitteee,fo&tt;ilfeçs
n'en voulurent p.1s avoit le démenti
Lavoicytelleàpeu prés
qu'on me la écrite.
Le Maire de Valence mal
informé apparemment des usages&
coûtumes de lAlcoran,
se rendit en robe de ceremonie
accompagné d'un bon
nombre de Robins, suivis chacun
de leurs domestiques au
logis de l'Ambassadeur, à qui
il fit un beau compliment,
en luy presentant le vin de la
Ville. Mehemet impatient
d'apprendre ce que signifioit
ce nouveau ceremonial, demanda
ce qu'il y avoir dans
ces bouteilles. On luy dit que
c'étoit du vin. Alors le feu
luy montant au visage,il dit:;
-en mettant la main sur la poignée
de son sabre, est-ce pour
m'insulterquecette canaillem'apporte
du vin;à moy qui n'en bois
-pas? par Mahomet, sicesgens ne
[ortfnt,&si on neleurcasse toutà.
f'heure leurs bouteilles sur la
teste, je les vais tous exterminer.
On neles fit pas languir pour
leur apprendre l'intention de
Monsieur PArnbaIDdeur, ny
pour les hâter de gagner l'escalier,
d'où ils furent bien tôt
dansla ruë, à seregardercomnrc
desgens parfaitement récompensezde
leur sotte civilité.
Cependant les Interpretes
& les Armeniensqui estoient
à son service, s'accommoderent
à bon compte du present
des Messieurs de Ville, donc
ils bûrent le vin à bon marché.
Le même foir il arriva une
autre avanture non moins singuliere
que celle cy; mais
d'une nature bien differente.
On avoir détaché des compagnies
de la garnison, un certain
nombre de soldats pour monter
la garde à la maison de
Mehemet, Le sieur des Marais,
Lieutenant de la Marechaussée
de Marseille, qui avoit ordre
de suivre l'Ambassadeur jusqu'àParis,&
d'escorter ses Presents
avec quatre archers de sa
brigade,regarda cette nouvelle
garde comme une injure
qu'on luy faisoit,& prétendit
que l'Offcier & les soldats
qu'on avoit envoyez pour
honorer d'avantage le Persan
, n'avoient rien à faire, ny
de garde à monter où il estoit;
L'Officiercommandé, voulue
de son costé faire son devoir,
& sans écouter le verbiage du
sieur des Marais, alloit faire
main baffe: sur luy & sur ses
gens, lorsquel'Ambassadeur
parut. Sa presence appaifa ce
tumulte,& l'Officier fut congedié
de son poste avec ses
soldats.
Le reste de cetre nuit se pafsa
à l'or d inaire.
Le lendemain il sur coucher
àS.Vallier,&deS Vallierà
Vienne, où il reçue des honneurs
plus simples, & mieux
concertez qu' à Valence, &
dontil sortit trés-content,
pour se rendre à Lyon, où il
luy arriva des choses si rares,
que l'espace qu'elles occuperoient
icy, me détermine à
remettre à une autre fois à les
conter. Je diviferay cette Histoire
en quatre parties, si l'on
est contentde celle qu'on vient
de lire; la seconde contiendra,
les Avanrures de Mehemet depuis
la Ville de Lyon, où je le
tuffe jusqu'au jour de son Entrée
à Paris; la troisiéme & la
quatrième instruiront le Lecteur
de toutes les circonstances
curicusesde son Audience à
Versailles, & de son séjour à
Paris, jusqu'au jour de son embarquementau
Havre. -
-,
Plus nous irons en avant,
plus nousverrons le beau &
le merveilleux decette Histoire:
Ainsi ilestdevostre prudence
de m'encourager àvous
tenir parole.,. si vous estes curieux
d'en sçavoirla fin.
Aprés avoir promis le mois
passé de donner un Etat des
Principaux Officiers de la Maison
du Roy, de celle du Regent
,de Madame la Duchesse
de Berry de Madame,& de
Madame la Duchesse dOrleans
,en consideration des
changementsqui y sont arrivez
depuislamort du Roy ,
il (si justequejetienne ma
parolece mois cy envous en
donnant une Liste que j'ayren
due aussi CXdd:.c qu'il m'a esté
possibledelefaire, àquoy je
ne me serois certainement
pas engagé si j'en avois preveu
les difficultez. Au restes'il y a
quelques omissions , comme
j'ay lieu de l'apprehender, je
prielelecteur d'avoir l'indulgence
d'attendre queje lesré*
pare, ce que je ferayà la premiere
occasion qui s'en presentera.
ETAT contenant les noms
„
des Officiers de la Maison
du Roy Louis XV. à
present regnant ; ceux de
Madame ,Fille de France
Duchesse de Berry, de Madame
,de M. le Duc d'Orleans,
Regent du Royaume,
& de Madame la Diichcfle
Ltt ChapclltJHRvy ejl compejïc
* du "fétnd Attmmier de France.!
M. le Cardinal de Rohans
Commandeur né des Ordres
du Roy, Evêque & Prince dé
Strasbourg.
Du premierAumônier
,
&
autresAumôniers de quartier.
Le premierAumônier.
M.leDuc de Coissin,Evêque
& Prince de Metz, Commandeur
de rOtdrc du S. Erprit
Le Afaiflre de l'Oratoire.
MJEvequedcS Omer.
Le Confffiurdu Roy.
N
Ily a buit Aumomers3 deux
à chaque Quartier.
M. l'AbbéMorel, Chance
ne de l Eglise de Paris & Conseiller
au Parlement.
Ml'Abbé de Maulevrier,
Chanoine & Comte de Lyon.
M l'Abbé
-dEntragues, AbbédeValence.
M. l'Abbé du Cambour.
M l'Abbéd'Argentré,Abbé
de Sainte Croix.
M. l'Abbé de Choiseul.
M*l'AbbédeRochebonne,
GrandVicaire de Lyon.
M. l'Abbé de Froulay Orand Vicairede Toulouse. ,
lly a huit Chapelains de quartier
&un ordinaire.
MSalomon.
M. Henrion.
M. Fativcl, C'unomcde S.
Quentin & Abbé de Clairfay.
1 M. de la Croix
,
Docteur
deSorbonne.
M. de Varennes
,
Docteur deSorbonne.
M. Traboüillet, Chanoine
deMeaux.
M. Poisson
,
Abbé de Bournet.
M Goüault.
Un Chapelain ordinaire
&SAcriflain.
M. Archon, Abbé de S.
Gil bert.
Ily a huit Clercs de Chapelle.
TMh. Peot hoonielr>oDgoctieuer e-n
M.Pellissier.
M. Busson, Chanoine d'Or--
leans.
M. Pernost, Prieur d'ECpoisle.
, -
M. Hazon.
-. M. Bezançon, Chanoine 4ç
Mets.
M.Maupoint.
M. Joliot.
-
Le Maiflre de la ChaptOe-
Mafiatie.
M. le Cardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composee des
Chapelainspourlesgrandes Mef
Ces,quifont:
M. Joüilhac.
M.Dubois.
M. Tesnieres.
Quatre Clercs de Chaptlle4
M. Bourgain, Chanoine de Reims.
M Caillet, Principal du
College des Crassins.
M. Tissu,Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin, Chanoine de
Reims.
Vn Glerc ordinaire.
M. Favart, Chanoine de
Reims.
1
Cette Chapelle comprend tous
les Musiciens e Symphonifles,
quifont en très-grand nombre.
Du
Du Grand Afatflre delaMaifin
-
du-Roy.
,
M. le Duc, Prince du Sang.
Surintendant a l'éducation
'., du Roy.
-
OY
M. leDucdu Maine,Prince
Souverain de Dombes.
Le Gouverneur du Roy.
M. le Maréchal de Vïlleroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. leComte de Ruffey.
Trois Gentilshommes de la
Afanche.
M. Dauffi,
M. Darcis.-
M. dePezé.
%JncGouvernante.
Me la Duchesse de Ventadour.
UneSous- Gouvernante.
Mcde la Lande.
Lepremier Maiflred'Hoflel.
M. le Marquis de Livry.
Douze MrftrfsdtHoflfljèrvantsparejuartiers3&,
un Maistre
dHoflel ordinaire.
M. le Comte d'Igny.
M. Dappoigny.
1
M. de la Godiniere.
, M. de Francine.
M de la Mesangere;
M Dumans.
M. Darzilliers.
M.leValeur.
M. deCambray.
M. de Montmor.
M. D'Herouville. N.
Un Majfired'Hotfclordinaire.
M. de Vauvré, Intendant
& du Conseil de la Régence.
Du grand Pannetltr.
M. le Duc de Brissac.
Trente six Gentilshommes
servants.
Le grandChambellan.
M leDucd'Albret.
Quatre premiers Gentilshommes
delaChambre.
M.le Duc de Thresmes,
M le Duc d'Aumont. --
M.le Duc de la Tremoille-
M. leDuc de Mortemart.
Quatre premiers Falets-de-
Chambre.
M le Marquis de Gambais,
Gouverneur de Limoges.
,
M. Bloüin.
M Bontemps.
M.le Marquisde Chancefcets.
Trente-deux Valets- de-
Chambre, servans huit par
quartier.
Grand A4ai(ife de la Garde robex
M. le Duc dela Rochefoucaatc.
Deux Mailfres-dt la Garderobe.
M. le Marquis de la Salle.
M. le Marquis de Maillebois.
Premier Médecin.
M. Poirier. -
Huit Medecins servans par
quartier
Premier Chirurgien.
M. Maréchal.
Huit Chirurgiens servans
par quartier.
Un Apotiquaire & quatre
aides.
Vn Directeur Gweral JesBÂ. rtmrjs. 1 M. le DiiC-d'Antia,
Le grandMaréchal desLogis.
M. le Marquis de Cany.
Quatre Capitaines des Gardes
duCorps.
M.le Ducde Noailles. -
M.leMaréchalDucd'Harcourt.
M. le Duc de Villeroy
M. le Duc de Charroft
,
M.l'orfils rcceucn survivance.
Un MAjor.
M Davignon.
Deux jéjdesMajors,
M. deBruzac.
M. de Parfontaince
ii. Lieutenants servants
par quartier,
12. Enseignes
Capitaine des Ctnt-SutJJcj.
M. le Marquis deCourranvaux..
Le Capitaine des Gardes
de la Porte.
M le Marquis de la Chaise.
Le Capitaine des Gardes de la,
Prevosté de l'Hofrel.
M.le Comte de Montsorcau.
Le Capitaine- Lieutenant
des Gendarmes.
M.le Prince de Rohan.
Le CapitaineLieutenant
des Chevaux- Levers.
M le Duc de Chaulnes.
Le Colonel des Gardes Françoises.
M. le Duc de Guichc.
Le ColonelG?neral des Suiffes.
M. le Duc du MainePrince
Souverain de Dombes.
Le Colonel du Régiment
des Gardes Suiffes.
M; de Raynold.
Le Grand Ecuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Or dre du Saint
Esprit.
Trots Ecuyers Cavalcadours.
M de Wux.
M. de Romance.
M. de la Magdeiline..
Trots Ordinaires.
M. de Neuville.
MNd'.Avricourt. Le
LetPrtmur Ecuyer.
- M. de Bewghen
,
Chevalier4eX
Ordre du Roy.
qVuingat Ercutyicres srervants par •' •
Ily a grandnombredes Pages
de la grande & petite Ecurie
,
sans compter ceux de la
Chambre.
LéGrand Fauconnier.
M leComte des Marets.
Le Grand Louyetïer.
M.le Marquis d'Heudicourt.
Le J!i di: la Cour,
Le GrandPrevort de France.
LcGrand- Maître desCewmontes.
M.le Marquis de Dreux.
Vn MaitrcdefCérémonies.
M. Desgranges.
Deux JntroduBtirsdes*Arrtbâjl- fadeurs. -
M le Marquis de Migni..)
M. leChévafÍetdèS.i.uiéOOt.
MAISON DE MADAME,
silic de France, Duchesse
de Berry. -
Officiers Ecclesîastiques.
Unpremier Aumonier.
1
Ml'AbbédeCastriez,Abbé&
deValmagne,& de Monastier.
Quatre Aumôniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget
Grand Vicaire d'Alby. ,
M.l'Abbédu Tremblay,
M.l'AbbéDanglade.
Un Aumônierordinaire.
M. l'Abbéd'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Duplessis Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë
,
Chanoine du
Mans.
M. Girard, Chanoine de
Clermonr.
M. Rafy, chanoine d'Auxerre.
Un Chapelainordinaire.
M. Cupet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M Rabeuf, Principal du
college de Presses.
M. Francfort.
M Lucas.
M. Guinot
,
Chanoine de
Beaum.
Vn Cire de Chapelle ordinaire.
M. Bjyo.
Un Confrffcur. N.
Un Conjejpur du commun.
M. Avenel.
Vn Sommier de Chapelle.
M Dupuis.
CHAMBRE.
Dames.
Vne Damed'Honneur,
Me la Duchcffe de S. Simon.
'Une Dame àAtour.
Me la Marquise de Pons
S. Maurice.
Dames du PalaÍs.
Me la Marquise de Brancas.
Me la Comtessede Clermont.
Me la Marquise d'Armentieres.
Me la Marquée de Beauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlîe. Davaise.-
Douze Femmes de Chambre.
-'
Quatre Huissiers de la
Chambre.
Un ordinaire.
QuatreHuissiers du Cabi.
net.
Qaitre Huissiers de l'Antichambre,
Huit Valets deChambre.
Unor dinaire
O/ftciers de SArJté.
Unpremier Adedecin.
M. Douté.
UnChirurgien du Corps.
M. Lardy.
Un AboutAiriw Corp.
M. Imbert.
Car4erpùe.
Quatre VaUcsde Garderobe.
,
Un ordinaire.
VnPorte-Manteau.,
M.Jolly.
^ÇJytmbrc aux Deniers.
Vn..,C.,;hevalierd'Honneur.-
M. le Marquis de Goërenfao
,
Lieutenant general des
Armées du Rc.:.V.',".,
'UnpremierAjailfrr,d'Hojqtl.
M.le Comte deSaumery.
QuatreMAî/ïres dtHo{fI.
M. de la Marc. - -
M. Tourolc.
M.Juussuaann. ..J » _! J ¿ Il.
M. de la Valette.
v".M¡¡;¡ftri-d!HofleJoraithfirt.
M.Bertin..
Deux Controtteursrtnèfnttx+ âM. Levcfque. • * hu
M leBassier. • 1'4
HuitGentilshommesfeMtnts.
- •
J\ M.Chanipidn. • "* I W -
-
MM.'.P:Pini;g\rte: ;11"«
VM1tf<*<36urè'ellcs?
M.Dcfcncfbsr-
M.deBertun.
M.Larcneau.
M.Pocot.
M de la Girardicrc.
Vn GentilhommeJervant
ordinaire.
M.deLaverdin.
Vn ControlleurClercd'Office,
.;. M.Pezier; ;. QuatreControlleursv-lcrc-; s* d'Office. ..,'
\"l1.-"Eeù'rit.
Un tifrm¡HJFfri'
- 41 1 -- - H'M''iChèv'Jiet-. d'HJu,t"'efort,
M^tch.il 'des'\:amps &
Arméesdu Ro^;
-
, 1 "Ondtte Ecayets.1
M deMêlait.
M Boubée, ^Gbfpitàirier de
Cavalerie.
M. de Suzanges.
M. du Faure.
Vn EcuYrCval_Jo¡¿r..f'
M. de la Vassorerie.
Un Maréchal des :L,gj
1
Un fOlJricr. ".,,' ,,' Un Concrolleurgencr^dcs
vrEcur^ic,:nio Secretaire des --Commanaf
mens,MufonFinances.
M.4cMontailas^
Un Surintendantdrs Maifjns
&Finances. : j M. de M ynon. -
Vn Intendant drsJkijiifons
&Finânçtf, :
MPjulirçiciv
Six Secrétaires de Finances.
Un Secrctaire ordinaire.
Un Treforitr General de
,
la
,. maijon. ,
M. de Merandon.
UnGouverneur & un fous-
Gouverneur des Pages.
Vn Chapelain C, Prcceptcur-i M. Stephanel, Chanoine
de Pigoerol. .,<:
;",.
GardeSjduÇorh( jJV^rirois.
M. deRoye,Mrquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy,
Ca pitaine jenrcnantJdy(n.
daimesFlamands, ,
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier de Courtemer.
DfUX Exempts.
M. le Marquis de Sabran.
M.le Marquis deBriquemaure.
Dux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N
UnOfficier des Gardes du
Corps Suisses.
ClInqunteGardes du Corps.
Uîi Trompette.
1'^Jt^Tymtlilier.:
VIf'Tr/ôriet..
M. de S. Boner.
MAISON DE MADAMIlE,
DachefledOieaiis ••
Un premier Aumônier.,
M l'Abbé deMagnas.
Quatre Aumônier^
M l'Abbé Berthet, Prieur
de S. Léonard de Dreux.
M.l'Abbé deVerthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
tMa. l'lAbobé dee Be.lle.Fo,n- M. l'Abbé Dubuc.
UnAimonicr ordinaire.«
M l'AbbédeLagors,ChanondeMctz,*
Quatre Chapelains*
M Moucher.
M Cornuo.
M. Roblastre. N.
UnChapelainordinaire*
M RcLIgujr.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de LamotheVilbray.
M.de Maumonet.
M. Bloüin.
M. de S. Martin, Archidiacre
de S Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confefitur ordinaire.
Le R.P. de Linieres,Jesuite.
Vn AumonurduCommun.
M Coltel
,
Chanoinede
SainteOpportune.
VnC'onJflrUf' du COmmlmA
M Morlet
Un Sommier de Chapelle.
M. Prevost.
CHAMBRE.
Dames.
Dame d'Honneur.
Madame la Duchesse de
Brancas.
Dame détour.
Madame de Chasteautiers.
12. Femmes de Chambre.
Premier Medecin.
M.Teré.
Un Chirurgien du Çorps^
M. Carrete.
1-7n Aporicaire--duCorps.
M.Bolduc.
Un Chia'icK$J-Ioflrievri
M. le Marquis de Soliers.
Deux premiersÂiaijifes dMotel.
M.- de Copies., Seigneur de
Lucante.
M Leauthier,Capitaine de
Vaisseau.
, Quatre Afatftresd'Hoflely
M. Boüillerot.
M.Chapotin, ».,
M. Aubert.
1- .- M.
M. Dazy.
Vn MalftrdtHofiel ordinaire.
M. Hardy.
D.ux Controllrurs Généraux.
M. de la Fonstiere.
M. Le Grand.
Huit Gentilshommes servants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie"
Un premierEcuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers.
M.leRoy.
M. de Lescure.
M. Moët. N.
Vn Ecuyerordinaire.
M. de Balenne.
Deux EcuyersCavalçadours».
M. de Vaux.
M.Sevin.
Un Secrétaire des Commandement.
M. de Baudry,Maître, des
Requestes, & du Confcil de
Régence.
VA Trefbticr de la maison.
M.dePigis.
VnGouverneur des Pages,
M. de Grandchamp.
fSn Précepteur& Anmonter.
M. Bastide.
MAISON DE" MONSIEUR.
le Duc d'Orlans,PetitFils
de <R*ancè- R-gct« du
Royaume.
O,fifjcierjs U_ccUji&jlïques* tJJfipfemkrjjymanier.
M. l'abbé de Tressan Comte *'de Lyon, Abbé de,
Longpont & deLepau.
Le R.. P. Confesseur.
Le R.P. duTrevou,Jesuite.
Vn Maiftrtae tOratoire.
M l'Abbé de Simiane.
Vn Maiflre de la Chapelle &
Muflque.
jQïfërftAumbtiieis*
i'MvV'AbbéMailet,;,f ,\? - Mil'AbbéDionis.
• jN^J'AbbéSopningr,Abbc
deBaugency. L:v
M. l'Abbé de Ruaudé.
Vn AtfrftorûctûfdlrïÀlre'.
M l'AbbédeRabines,Abbé
de S. Jnt'yklle' &
Chanoine du Mans. ,:: (.
QuatreChapelain*..
CM lLaercherr, Cyhano.ine de
M. deBremond
M. Capet. * i M. Bayo.
QuatreClercs de Chapelle.
M. Domino.
M. Gervais, Chanoine de
Clery.
N. N. 1.
Vn Clerc de Chapelleordinaire*
M. Harcourt.
Pn Aumônier é Confrffiur de
lteM-aison. 1 Il.
M. Seiguenot.
La ehambre.
Deux premiersGentilshommes
delaChambre. -
M. le Marquis d'Armentieres.
M.le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. leMarquisdelaGuierche.
; ;
M Cabre.
M. Fargis.
M. Masparo.
Vn Chambellan ordinaire.
,- M. de Turmenyes.
Plusieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introduitur des 4m4Ua.
deurs.
M Marpré.
Vn Gouverneur des Pages. N.
Oiffciers de Santé.
Vn premier Medecin.
M. de Chirac, Professeur
coJ^niverfirçde Montpellier
,
& de l'Académie des
Sciences.
o44tre Aîccluins.
M. H Ivetius.
M Vignon.
M. Seignette.
M Imbert.
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M. Bitiiffcr.
M. Franchet.
M Lemoine.
M. Crespin.
FH Chirurgie- n ordinaire.
M. Dumont.
alreprmierjVtlcts de-Cham*
bres ordinairts.
M. Coche.
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Desnots.
Plusieurs Huissiers pour la
Chambre
,
anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valets de Chambre.
Un ordinaire.
Gafdérobe.
Deux Maistres de la Garderobe.
M.le Marquisde Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premierMuiflre d'HoJ!el.
M de Matarel.
QuatreAtfaifîres d'HofleL,
M.Gaillard.
M. leFebvre;
M.
M. Maupoint.
M. Coufin.
Deux Controlleurs Genraux.
M. de Lutel.
M. de Frefquierc.
Huit Gentihbommesfervam.
Ecurie.
Vn premier Ecuyer.
M.leMarquisDeffiat,Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit.
Quatre Ecuyers.
M. leCaron.
M. Dombret.
M. Duchcfnc.
N.
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M Torfc.
Gens du Confeil.
Vn Chancelier (7 garde des
Sceaux..
M. Terat, Marquis de
Chantôme, Officier de l'Ordre
du S. Esprit.
- Deux Secrétaires des Commandement.
M. l'Abbé de Thesut.
M.Doubler.
VnSur-Intendant des FinAnces.
M. Terar.
Ekuxintcnddm.
M. <Jc(,S;.Joc^yw
M.Baille.
UnAumîmitrpourïEcurie.
M. Boüilleror
Vu premier VenfÙr.
M.leMarquis d'Effiat.
Gardes duCorpsFrançois.
1
Deux Capitaines.
M le Marquisd'Etampes,
Chevalier de l'Ordre du S.
Esprit.
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni.
M. de Marolles.
Omx\Enfx.tgnks.
M. de SGa{rn¡lDb .M
M. de la BacbeJdrft.LI
Gardes duCorptSi4tf§s&j
Vn A-.
M.-tlcMrqu-d'Çt'NaDcré.
DeuxLtouttofitil.
M. de ChcvL ry..
M. de Filtz. ,,'
Un Sur-Intendant dts.BJfiimens.
M. deTerat.
VnIntendavt.
M. Girard.
M'AKÔN'"tiET MADAME
lÔa D"~uc(hRe.sse~d'Orrclea~ns.
-
M.l'AbbéGenais de l'ACadémieFrançoife.
M.l'AbbéBoulanger.
Vn'Ghapcloein.
M. le Page.
UnÇlbrcde1Chapelle.
M. lePage.
DAMES.
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort
- - ;
LaDamedAtour.
CMadaâmewllaiMna4r-ewqW* uivzVs» e'.etC
Dames du Pàlais7
Madame, laMarquise de
Confians.? ca
Madame la Comtessede
Tonnerre. Iâ: .t/
Madame laÇoititefle de Poiriers.
MadamelaMarquised'Epina
y.?i.1_Æ
Premitre Femme de Chambre.
MadameIm- bertJ.
Onze Femmes deChambre.
LeÇbcvalrer$Honnej+f,
M le Marquis de Çaltriez.'
Adaiflresd'Hofiel.
M. le Clerc.
M. de Laye.
v" Controllcur GnerAI.
M. Fronton de Vaugelas.
Ecurie.
Premier Ecuyer.
M. le Comte de S. Pierre.
Deux Ecuyers.
M. de la Serre Panar.
M Giraur.
Ecuyers Cavalcadours.
M. de Bussé.
M. Durand.
Vn Secrétaire des Commandemens.
M. de S. Prest.
S'il m'étoit permis de dire
librement mon tèntinientc'ontre
un usage établi depuis plufleursannées,
j'avoürois encore
une fois ingenuëment aux lecteurs
que je ne croy point le
Mercure Galant un Livre où
l'on doive s'attendre à trouver
des nouvelles,que leur merite
& la fraîcheur de leurs dates
puissent rendre interesssantes,
& qu'à l'exceptionde celles de
Paris, où ce Livre s'imprime,
l'éloignement des lieux rend
toutes ses autres nouvelles fort
vieilles, lors qu'il paroist:&
que par consequentj'ensupprimerois
( si c'etoit la mode
des Mercures) generalement
toutes celles que les Gazettes
annoncent chaque semaine ,à
l'exception seulement de certains
grands évenemens qu'on
ne peut trop publier;maison
a beau dire on a l'entêtement
de vouloir des nouvelles, en
voicy qui ne (ont certainement
pas mauvaises.
^NOVTELLES-.
AVemfe le
2.
3.Novembre 171 j.
M. le Comte de Schulembourg
doit estre arrive hier
icy dans un Lazaret qui luy a
esté préparé. Il fera plus à
portée qu'à celuy de Verone
,
de conferer avec les Chefs de
ce Gouvernement sur les operations
de la Campagne prochaine.
M Grimani qui a esté élu
Capitaine General en la place
de M. Delphin commence2
se laisser persuader d'accepter
cet employ ; mais il fait en
même-temps des demandes
pourestre misenétatde le pouvoir
soûtenir mieux que ne
pouvoir faire son predecesseur.
Il demande troupes ,
muniMns<&:
argent en beaucoup
plus grande quantité.
L'on a appris que M. Delpbir*
ccoit de retour à Zante,
dela course qu'il a faite dans
FAlchipei. Il s'est avancé jusqu'auCap
Dorodans l'Islede
hkgrepouc, d'oùil a estéobliger
par un vent contrairede
retourner sur ses pas. Sa presenceacausé
de l'allarmeaux
habitants des Isles de rAjchtpelqui
sesont donnez avis les
uns auxautresde sa proximité,
par de grands feux qu'ils ont
allumez danscesIsles. Huit
Galeres quiétoient à Mitilene
se font retiréespromptement
dans leCanal deConstantino- ple.
- Il est arrivé des Letrtegldu
General de D:lm3iie;nS$>fchk
CommandantdeCastel.Nuovo.
Ilsmandent que les Turcs.
s'étoient enfinretirezdans
leurs quartiersd'hyver } mais
qu'ils sa1(bienc dans l'Albanie
dans l'Epie& dansles Provinces
'dti'voifin-agr,,des- amasimmenses
de provifiom" &munitionsde
guerre. Ils rendent
compte de l'état où setrouvent
toutes les Places deDalmatie&
celles deCaftel-Nuo*
vo ,&decequi selolrnecetfai¡.
repourlesmettreenétat de
dtifolè , & ils supplient le
Sénat de .Ie.u¡',-cvoy(r ces fetbuM
le plais(.proarpterôenc
qu'il ferapollible. : kOn a sseure quecertaine-
IT) ntla R. publique n'a encore
signe aucuntraité avec l'Empereur
[ôc que quelque besoin
que l'onaiticy d'une diver sion
puissanteen Honcric: on ne
peuc(e réloudre à consentirà
..dè certainesconditions que ce
Prince voudroit exiger de la
LeConsul,dclaNationa
LeConsuldela Nation a
remisaujourd'huiauCollege
les Passeports du Roy i, pour
les Ambassadeurs Extraordinaires
dela République. J,.i;,i:..
: On est informé icy de la
crainte oùl'on est presentement
à Vienne d'estre attaqué
laCaropagneprochaine par les
Turcsdans Iii Hongrie,& on
croitque peut-estre l'onvoudra
profiter de cetteoccasion
favorable pour faire la paix
avec laTorte^qùivrâyfembla*
blcment n'en serapaséloignée.
Le PrinceElectoral de Baviere
doit venir ioccammenr
icy pour passerde-là à Rome,
onluy a déjàretenu un,P.JLus.
Il sera accompagné de lepe
Seigneurs de sa Cour & suivy
de soixante per sonnes.
A Romece13.Novembreïyi J.
Dimanche matin le Pape
fut auVaticanoùil dîna. Il
fut ensuite passer quelques
heures dans la Salle desArchives
avant que de retourner à
Monte-Cavallo ,il descendit
dans S. Pierre pour faire sa
prière ,il yconsideraavecplaisir
la belle lampe d'argent qu'il
yafait faire quiacoûté 3000.
écus. Une partie de cette somme
a eUê prise des amendes
ausque lles plusieurs personnes
de dittindion furent condamnées
il y aquatreans,pour
ianoir donne bal contre les
desse n ses qui en furent faites
alors. Sa Saintetéa aussi contribué
du ficn à cette dépense.
Le même jour Dimanche
au soir le Papeeût quelque accé,
d fiévredont il fut encore
incommodé le jour suivant;
mais Sa Sainteté est à present
bien remise de cette indisposition.
Judy, l'Ambassadeur de
l'Empereur
rErrrptTÎetïr fut rendre visite à
celuidePologne,quidonna un
beaurafraichissement. CeMinistreen
sortant,faillità tomberà
ladescente cle-l'cfcaller,&.
se fit si mal à un doigc en voulant
se retenir qu'on le crût
d'abordrompû.Cela n'a pourtant
pasempêché qu'il ne soit
alléVendredy 6. à l'Audience
du Pape.
On a appris icy presqu'en
même temps la mort de quatre
Evêques, sçavoirde Citta
deCastello,d'Orviero,deMassa
&d'Umbriatico ; on suppose
qu-ils ontestéempoisonnez,&
ce qui donne lieu àccffê sup
position, est quelçyjocip^clÇj
Naples,a, diton envoyé des
Commissaires à Umbriatico
pour informerlà dessus.,
LeCardinalSpadavintdernièrement
desonEvêchéd'Os.
sino à Rome;mais il nes'y est
arrêté que deux jours, encore
s'est il tenu pendant ce peu de
temps dans un parfaitincognito
chez l'Avocat Monrecatini.Le
motif de sa venue n'est aucre.
chose que pour se mettre par
ce moyen en état de pouvoir
participer au Rotolo. Il est
maintenant retourné à (arefidcncc
Episcopale.
Mardy dernier M. de Gamiche
,
nouvel Auditeur de
Rote pour la France, soûtint
saTheseavec unapplaudissement
universel.
Le bruit s'est répandu icy
que le Roy de Portugal pourroit
bien venir à Rome par
dévotion maistout-à-fait incognito.
On veut même que le
Pape ait donné cette nouvelle
dans la Congregation duSainc
Office de Jeudy dernier. On
ajoûre que SaSainteté est dans
le dessein
, au cas que cela arrive
de loger SaMajesté au
Vatican dans Appartement
des Etrangers.
Ces jours partez plusieurs
Archers du Capitole travestis
setrouvèrentproche de S André
de la Val, Quartier de
l'A mbassadeur del' Empereur,
malheureusement pour eux ilsfurent-reconnus par desDoméstiques
de ce Ministre,qui
après les avoir dcfarmcz, leur
donnèrent des coups de bâtons.
Pareillechose arriva à un
autre Archer, qui dans lamaisou
du Marquis de Bufalo reécutle
même traitement des
Domestiques du même Ambassadeur
& frcet Archer
n'eût dit qu'il étoit venu par
ordre de M. le Gouverneur,
pour le service du Marquis, il
n'en auroit pas été quitte à si
bon marché.
Extraitd'une Lettre du Cardinal
de la Tremoille
,
du
23 Novembre.
Le Pape qui s*enrhumaDimanche
dernieren allant pajjerîa
journée au Vatican, a continue
d'être incommodé de (on rhume
avec.un peud'altération, C7* celà
ta empeché ci,apiCr à la Ch,,
pelle del'Ar.niverfaire desa création
; mais Sa Sainteté se porte
mieux, &on espere que cela n'aura
point dejuite.
Le bruit s'lftfort répandu icy
de la promotion prochaine des Car.
Jznaux, & qUl!Yqu'on la donne
ajfeurée}fay de lapeinea meper.
fuader que le Pape ait un nombre
suffisant de places vacantes
pour nmpltr le nombre de ceux
que Sa Sainteté voudroit avancer
a la dignité de Cardinal. Il est
"jray qu'elle voudroit bien aujji
faire un mouvement dans la Prélature
- CP cela nesepeutfaire
qRe'f¡anl ceux quien occupent,
lêj,principalesCharges..
On écrit de Hambourg du
29. du mois passé,que les Lettres
du camp des Alliez devanr
Stralzund portent que le
Roy de Suéde, dans l'attaque.
qu'il fjic des forces des Alliez,
qui ayoient fait descente dans,
l'isle de Rugen
,
avoitdonna
des marques d'une valeur ex- trndiitc)menant diverses
foils-à la chargesa Cavalerie &&.
son Infanterie, qui combattirent
à sonexemple avec une,
vigueur surprenante, ai
qu'il avoir enfinétéobligéde
cederau nombre fopetilrurdc
ses Ennemis. Il y fut blesse legerement
au bras, &,- ayant
appris quesesrestanchements
devant Stralzund avoient effip
forcez, il resolut d'y retourner
avec deux millehommes,
pour tâcherdeles reprendre
laiss.mr les meirrtif! dr4drcï>
qu'il pardans Rugen. Depuis
son départlesAlliezsesont
emparez deroute Vfle,te i-j.
&on mà'nde tqùe dese mille
hommes qui y éroient, seulement
,dcux.mH!eiS'éfoim rerirtzà
Stralzundavec le Roy
de
de Suede;que lerelteavoitété
tué ou pris. Parmi les prisonniers
,
les Majors Généraux
Marschall, Mdlin, Stromseldt
,
& Grothausen ; seize
Colonels,Lieutenants-Colonels
,ou Majors ; vingt- huit
Capitaines, trente six Lieutenants
,
Cornettes,ou Enseignes;
deux mille Soldats; soixante
& dix Canons. Les prisonniers
ont esté partagez entre
les deux Rois
,
ainsi cjûc
l'Artillerie, dont le Roy de
Prusse aeula plus grande partie.
Le Roy de Dannemai k a
pris possession de l'Isle de RI]'
gen ,
ou il a mis pour Commandant
le General Dewitz
avec quatre Bataillons,& dix
Escadrons. La Garnisondela
petite Isle deRugen,manquant
de vivres, a trouvé mOYQO de
s'embarquer,& de se retirer
en Suede. La Flotte Danoifc
qui a fervia la descente de Rugen
,
bloque presentement
Stralzund du costé de la Mer.
Le Roy de Suede qui y estavec
six mille hommes, est toûjours
à cheval
,
donnant ses ordres
pour la conservation de la
Vile,qu'il est resolu dedeffondie
jusqu'à la dernière cKtrê
mité. Lesallugeans sousse ent
beaucoup dans le Camp
,
leurs
tranchées ayant elle remplies
d'eau par les pluies pre sque
continuelles. On a euavisque
la Flotte Suedoise composée
de dix huit Vaisseaux de ligne,
& de pluficurs Bâtimens de
transport, avoit trois fois mis
àlavoite à Carelfcroon ;mais
qu'elle y avoit toûjours eslé
repoussee parles vents contrat
res. On écutde Dresde que le
Roy de Pologne se préparoit
à en partir pour retourner à
Vat sovie
,
afin de travailler à
appaiser les troubles qui au
gmentent en ce Païslà.
On mande de Viennele23.
Novembre1715 que le 17.
de ce mois au foir ,& le 18. au
matin
, on celebrales obseques
du Roy Très-Chrétien
Loüis XIV. dans l'Eglise des
Religieux Augustins Déchaussez
prés du Palais. On yavoit
dressé, par ordre de l'Empereur,
un magnifique mausolée,
élevé jusqu'à la voute de ItEglise
, orné de douze Hatuës.
d'emblèmes,&d'inscriptions
à la loüange du feu Roy, avec
une quantitéextraordinaire de
flambeaux,la veille &le jour on
sonna toutes les cloches dela
V1llc:,&d(sFauxbourgs.La premiere
Messe fut celebrée par
l'Evêquede Neustadt, & la lcT
conde par un autre Evêque.
L'Empereur y assista avec
les Imperatrices Doüairieres,
les Archiduchesses, les Ministres
,
les Seigneurs, &
& Dames de la Cour, tous
en grand deüil. L'Imperatrice
Regnante ne pût pas s'y trouver,
àcausede sa grossesse qui
est fort avancée.Le19Feste
deSainteElisabeth, fille d'André
Roy de Hongrie, l'Imperatrice
, & l'Archiduchesse
soeur aînée de l'Empereur, qui
en portent le nom,receurent
suivant lacoûtume
,
les complimens
de toute la Cour
, en
habits de ceremonie. Le 18.
le Regiment d'Infanterie ImpérialduComteMaximilien
de
Staremberg arriva icydeBrisgau,
par le Danube
,
&il doit
incessamment continuer sa
route vers la Hongrie. Suivant
les derniers avis de Turquie
leGrand Visir,& leCapitan,
Pacha étoient arrivez à Andrinopleauprés
du Grand Seigneur
,
qui devoir dans quinze
jours retourner àConstantinople.
Ils travaillent a augmenter
l'Armée. Navale, & les
forces de terre,afin de former
trois Armées, l'une en Dalmatie
,l'autre sur les Frontieres
de Pologne
,
& de Moscovie
,
& la troisiéme du côté de laOn a joûte que le
u.dOôVobre
,
le Caïmakam,
Gouverneur de Constantinoplc,
avoit envoyé prendre à
Pera,par trente Turcs, leResident
de la République de
Genes, qu'ils amenerent en
robe de chambre sans perruque
& sans chapeau. Le Caïmakim
luy reprocha que U
République avoit fourni des
Vaisseaux, des Matelots
,
&
d'autres secours aux Venitiens
contre le Grand Seigneur, &
ensuite il le fit conduitr3e sut une
Tartanne Genoise qui étoit
dans le Port
,
avecordrede
partir incessamment.
On écrit de Madrid le
25. Novembre 1715.quele
19. le jour de Sainte Elisabeth,
qui est la ~faste de la Reine ,
les Segneurs allerent le matin
luy baiserlamain, & les Damesl'apresoînée.
Le 24. on
celebra dans l'Eglise duCollege
Impérial des Jesuites les
obseques des Officiers,&Soldats
morts au service du Roy.
Les Grands, les Officiers Militaires,&
les principaux Ministres
y a ssisterent. Le 21. le
Roy fit publier une Ordonnance,
par laquelleil estenjoint à
tous les Officiers réformez de
se presenter avec leurs Patentes
devant les Commissaires Generaux,
pour estre enregistrez,
& estreemployez quand l'occasions'en
presentera,selon
leurs fervice<;, & leurs merites.
On aesté consolé par les nouvelles
qu'ona receuës de la
Flottede lanouvelle Espagne,
pas lesquelles on a fccu qu'il
ne s'en estoit perdu que deux
Bârimens, que d'autres avoient
échoüez sur les Costes de la
Flotide; mais qu'on en avoit
retirétout l'or,& tour l'argent
&la pluspart des marchandises.
Sur ces avis, le Roy a
envoyé ordre à Cadis d'équiper
avec toute la diligence possible
, quatre Vaisseaux quiy
sont, & il a ordonné au Marquis
de Valero
,
nommé à la
Viceroyauté de la nouvelleEspagne,
de partir incessammens
pour aller àCadis r/y embarquer.
Sesinstructions portent
qu'il se rendra en droiture à
la Havane, où ces quatre Vaisseaux
débarqueront les marchandises
qu'ils portent & ils
feront chargez des effets de la
Flotte, qui vont à douze millions
d'écusen or & en argent
seulement. On vouloir donner
la conduite de ces Vaisseaux à
l'Amiral Don Andrezde Pez;
mais comme il s'est excusé sur
son grand âge,on croit qu'on
nommera en sa place le sieur
ArestiquetaBiscain,qui a fait
plusieurs fois le voyage des Indes
Occidentales. En même
temps le Roy a donné le
Gouvernement de Buenos Yarés
au Brigadier Don Bruno
deZabala
,
la Lieutenance de
Roy,& du Païs quien dépend
au Colonel Don Dionisio
Martinez de la Véga, le Gouvernement
de la Havane
, au
Brigadier Don Vincente de
Rexa
,
& la Lieutenance de
Roy de Portobelo
,
à Don
Manuel RodriguezCarbonel,
Colonel du Regiment de Santiago.
Les dernieres Lettres
de Cadis portent que les quatre
Vaisseaux quidoivent porter
à Carthagene le Prince de
Santo
-
Buono
,
Viccroy du
Perou
, avoient fait voile le14.
escortez jusqu'aux Canaries,
par un Voiifeau François,&
par lescrois du sieur Martinet.
Comme on travaille à augmenter
les forces de laMarine,
tant pour lagarde des Costes,
que pour envoyer plus souvent
des Flottes en Amérique
, on apublié dans tout le Royaume
, quetoutes les per sonnes
expérimentées dans la Marine
ayent à se presenter dans les
Ports, pour estre employées.
Onécrit de Lilbonne du
1 1.
de ce mois, que le Prince Don
Manuel
,
frere du Roy, croit
sorti !c'4. sousprétexte,d'aller
à la chasse vers Belem ,qu'après
yavoir fait ses dévotions;il
s'etoit misdansuneChaloupe
qu'il avoir fait préparer, &
qu'il étoit allé s'embarquer sur
un VaisseauAnglois qui l'attendoit
,& qui partir aussitost
avec un vent favorable. Iln'a-,
voitavec luy que Don Manuël
Telles de Sylva
,
fils du Comte
de Tarouca,& deux domestiques.
On croit que le dessein
de ce Prince est de voyager ,
ou d'aller en Hongrie pour
fc trouver à la guerre contre
les Turcs. Le même jour 4.
une partie de la Flotte du
Brcfil entra dans le Tage, fuivie
des autres Vaisseaux. On
assûre qu'elle est très-riche, &
quelle cil chargée entr'autres
de vingtmillions de livres en
or. On ajoûte que les Cor saires
de Salé avoient pris sur les
codes deux Vaisseaux Fran..
çois, trois Hollandois, & dix
Anglois.
Onécrit de Londresdu 28.
Novembre 17 1 5. que le
2. 5.
& le 26. de ce mois on reçût
divers avis que le Corps des
Mécontentsd'Ecosse,& de
Northumbcriand aVaIent été
défaits par le General Wills à
Preston, dans le Comté de
Lancastre: & on a scû les particularitez
suivantes. Le 22.
les Mécontents arrivèrent à
Preston au nombre de prés de
cinq mille, avec quatre pièces
de canon de campagne, & ils
s'y barricaderent pourattendre
la 'or-a'on de ceux deleur
parti LeGeneralWills quiétoit
arrive à Wiggam,entre Wasington
,
& PIcOn) enayant
este informé
,
marcha pour les
attaquer avec les Regimens de
Cavalerie, & de Diagons de
,
,
.: I'itt,
Pitt, de Wyrme, de Honywood
,
de Dorme, de Munden
, de Sranhope
,
& ccluy
d'Infanterie de Preston, ayant
laissé le Régiment de Dragons
de Newton à Manchester, où
il y avoit beaucoup de gens
mal affectionnez. Il arriva le
23. à une heure après midy
au Pont de Ribble,éloigne
d'un quart de lieuë de Preston,
&gardépar cent chevaux &
cent Fantassins, quià l'approche
des Troupes- du General
Wills, se retirerent dans la
Ville:ainsi il pasta le Pont sans
aucune opposition, & il fit
avancer le Regiment de Preston,
soutenupardes Dragons
pourattaquer les barricades.
Les Mécontents les deffendirent
d'abord avec beaucoup
de valeur, faisantenmême
temps un grand feu desmaisons
voisines. Le Regiment de
Preston y souffrit beaucoup, &
fut obligé d'y mettre le feu
ce qui les fie abandonner par
les Mécontens, & ensuite les
barrieres furent forcées. Le
Regiment de Preston y eut
quatre Capitaines, & plus de
cent soldats tuez, outre les
bîelTcz. Le General Wills luy
ordonna de s'y retrancher, & ildistribua sa Cavalerie, & ses
Dragons autour de la Ville
,
pour empêcherles Méconrens
de s'échaper. Ils firent une sortie;
mais après un rude combat,
lis furent repoussez. Le
24. à neuf heures du matin
,
le General Carpenter qui s'avançoit
par le Comté d York,
arriva avec les, Regimens de
DragonsdeCobham,de
Churchill & de Molefwooth.
A uneheure après midy les
Assiegez envoyerent demander
à capituler; mais on leur
répondit Qu'onne pouvoit
leur accorder d'autres conditions
, que de mettre bas les
armes, de se rendre à discretion,
& de se remettre à la cle-
ITKnce du Roy. Les Assiegez,
aprés plusieurs d.iEcu!cez, furent
obligez d'y consentir, se
voyant enfermez de tous côtez
; seulement cinq à six Gcne
tilshommes bien montez, tenterent
de sortir,&donnèrent
dans le Régiment de Cavaleric
dePitt, où ils furent tous
tuez. Les Troupes du Roy
dévoient le 25. entrer dans la
Ville, & en prendre poÍfctIion..
Les Mécontens avoient eu
dans les attaques trois cens
hommes tuez ou blessez, &
il enrestoit dix sept cens bien
armez, les autres n'avoient que
des épées & des ba stons: on a
envoyé or dre de prendre six
ou sept Officiers à la demy
paye qui estoient parmi coz,
&,;. d'envoyer icy les principauxChefs.
On mande dela Hayedu
12. de ce mois que l'Infant
Don Manuël, frère du Roy
de Portugal
, y arriva par Mer
deL sbonne le 27. du mois dernier,
ayant esté pour suiviquelque
temps par - un Corsaire
d'Alger. Ilestoit accompagné
par DonManuël,second fils du
Comte de Tarouca, Ambassadeur
de S M. Portugaise,chez
lequel il est logé incognito Le
Traité de la Barriere conclu à
Anvers le 15. Novembre, n'a
pas encore esté publié,& on
croit qu'il ne le fera qu'après
que les ratifications auront été
échangées. Néanmoins on a
apprisparquelques copies qui
en ont été vûës, qu'il contient
vingtneufarticles, dont
toutes les Gazettes ont fait un
ample détail. ;
De Pans, le 14.
Le 6. decemois,leBailly
de Mesmes,Ambassadeur Extraordinaire
de la Religion de
Malthe,eut audience publique
deMonsieur le Ducd Orleans,
de Madame, & de Madame la
Duchesse d'Orleans,qu'il complimenta
sur la mort du feu
Roy, & presentades lettres
du grand Maiftric.- e-
-
Le 19. du mois dernier, on
celebradans l'EgliseCathedraledeSaint
J an de Lyon,un
Service solemnel pour le feu
Roy,&iOtaiton Funebre fut
prononcée par le sieur du Teil.
~Leîr. de ce mois,l'UniversitécelebraunService
solennel
dansla Chapelle de Sorbonne,
pour le repos del'ame du feu
Roy Le Cardinal de Noailles,
Archevesque de Paris, Proviseur
de Sorbonne,celebra la
Messe ,& le sieur Grenant,
Professeur au CollegedeHarcourt,
prononçal'Eloge FunebreenLatin
Le sieurde Montempuys
Recteur,lesProcurcursdcs
Nations, lesFacultez,
leurs Doyensàlareste,yassisterenten
habitsde ceremonie,
ainsi
ainsi que lepremier Président,
plusieurs Présidents & Conseillers
du Parlement,les Gens
du Roy,&d'autres personnes
de distinction.
Le 12. les Jesuites de la
MaisonProfesse, en celebrerent
un dans leur Eglise, & le
Pere de la Ferté prononça
l'OraisonFunebre.
On en celebra le 2. dece
mois un à Grenoble,où l'Evêque
officiapontificalement,
le Parlement,& la Chambre
des Comptes y assistèrent.
Le 14.l'Evêque Comte de
Chaalons
, en fit cele brer un
dans sa Cathedrale.
A S. Malo du 10. Novembre
17lS'
Le Capitaine qui a passé le
Prétendant, est de retour de
Vendredy au soir, il rapporte
avoir débarqué au Nord d'Ecosse
,
où il y avoit 8. ou 10.
mille hommes qui l'attendoient
,
qui l'ont receu avec
de grandes acclamations de
joye, comme tout le peuple.
Il rapporte que quelques jours
avantleur arrivée
,
il ya eû un
combat entre le Comte de
Marre&le Ducd'Argile,que
le Comte de Marre a été blessé
au bras àssez legerement, que
le combat a esté sanglant, &
opiniâtre,que les Ecossois ont
esté fort maltraitez , que cependant
ils sont restez maîtres
duChamp debataille,& que
le Duc d'Argile s'est retiré en
bon ordre, qu'il est resté de
part & d'autre 5. à 6. mille
hommes sur la pl ace ; mais
que ce combat ne décide rien,
on compte que la presence du
Roy fera lever le masque à
bien des gens qui n'ont encore
osé remuer. M. le Duc d'Ormond
devoit débarquer en
Angleterre ; t{~ longtemps
raudé, maiscommçil~J>apoit|.r
vû les signaux qu'on devçi-(
luy faire, il est revenu à Morlay,
Où ilestpresentement,en
attendant l'occasion &..le
temps favorable pour y retourner.
;
JVTRES NOVVELE
-1
M0R.TS.
MessiredePoitiers,
Comte de Poitiers, mourut
le Novemb re. Il étoit
d'une des plus anciennes &
desbids illustres Maisons du
Royaume,&surlaquelle je
vous ay entretenu assez au
long cfôfis mon Journal du
rrftfis;d«*>Février dernier, à
l'occasiondesonMariage avec
Mademoiselle deBour bonMalâiufèf]
'<* .-, ~MessireMichel Chauvin,
'Gorifeîller au Parlement, &
CommissaireauxRequestes du
Palais, où il fut reçû le 1.
Juillet,1705. mourut le 20.
Novembre
: laissant unefille
unique de son Mariage,avec
feuë DameMarie Catherine
(Jc. ~Bragelogne,morte le7.
Janvier 1711,fille de Pierre
de Bragelogne, ~Présidentés
Enquestes du Parlement de
Brecagne, & de Marie de
Gaumont : ilestoit fils unique
d'Antoine Chauvin , Maistre
des Comptes, & d'Elisabeth
- Charlote Guillois, & petit fils
de Simon Chauvin,sieur de
Meridou, reçû Secretaire du
Royen1633.d'Anne- MargueriteRoujault
:Cette famille
de Chauvin est originaire de
la Ville d Estampes, où elle est
connuë depuis longtemps entre
les premieres.
Dame Marie- Genevieve de
Chambes,Comtesse de Montsoreau
en Anjou, époufc de
Messire François Loüis du
Bouchet, Marquis de Sourches,
ancien Prevost de l'Hôtel
du Roy, grand Prevost de
France, & cy-devant Gouverneur
des Provinces du Maine
& Perche, & Comte de Laval,
mourut le. Novembre, laissant
pour enfans Loüis du
Bouchet, Comte de Moncsoreau
,
Lieutenant General des
Armées du Roy, & grand
Prevost de l'Hostel du Roy
& de France; Jean Loüis du
Bouchet, Evesque de Dol;
Loüis- François du Bouchet,
Comte de Sourches; Vincent-
Loüis duBouchet,Chevalier de
-Ma-lihe
,
dit le Chevalier de
Monsoreau; Marie-Loiïife du
Bouchet,femme de Loüis Colbert,
Marquis deLinieres;Marie-
Loü se Genevieve du Bouchet,
femme de Jean Baptiste
NicolasDesmé de laChesnaye,
Comte de Rougemont, grand
-
Trenchanr & Porte- Cornetre
blanche de France, & Gouverneur
de Meulant:Madame
de Sourches estoit fille de Bernard
de Chambes, Seigneur
dela Frelonniere, & de Gene
viéve Boyvin, & petite fille
de René de Chambes, Comte
de Montsoreau, Marquis
d'Avoir & de Marie de Fortia,
La Maison de Chambes est
une des plus anciennes du
Royaume, & elle s'est alliée
aux Maisons de Chabot,
d' Amboise, dePolignac d'Astarac,
de Commez, de Chasteau
Briant,de la Rochefoucault
& de Laval, &c. Pour
la Maison du Bouchet je vous
en ay parlé le mois passé, à
l'occasion du Mariage de M.
le Comte de Sourches, avec
Mademoisellede Thierfaulr.
Messire Hardoüin Fortin
de la Hoguette
,
Doeur de la
Maison & Société de Sorbonne,
Abbé de Samblanceaux&
Archevêque de Sens
, mourut
àSens le 18. Novembre : il
avoit esté Chanoine de l'Eglise
de Paris, & Archidiacre de
Johas
,
Agent du Clergé de
France, nommé Evêque de
saintBrieuen 1675.sacré en
1676. transferé à Poiriers en
léSo. nommé Archevêque
de Sens en 1685. & Confciller
d'Etatd'Egliseen 1704. Il
étoit fils de Philippcs Fortin
Seigneur de la Hoguette, &
de Loüise de Perefixe
,
soeur
de M. Hardouin de Perefixe,
Archevêque de Paris, Commandeur&
Chancelier des Ordresdu
Roy,mort en 1671.
&il étoit frere de-feu Messire
Charles Fortin Seigneur de la
Hoguette Sous Lieutenant
-
de la premiere Compagnie
desMousquetaires du Roy,
Lieutenant General de ses Armées
, Gouverneur des Villes
.& Chasteaux de Mezieres&
de Niort,tué à la bataille de
la Marsaille en 1693. laissant
de Dame Marie Bonneau de
Rubelles une fille unique mariée
à M. le Marquis de Nangis
de la Maison de Bncfiatïteau.
,,",:j;¡'
Niidamccacherine deNeufville
de Villeroy,Supérieure des
Religieuses OU Calvaire»* au
Marais, mourut de la pttirc
verole le 30. Novembre,âgée
de 41. ans, elle étoit fille cfc
M. le MaréchalDuc deVilleroy.
-
Dame Anne de Souvré,
veuvede MessireFrançois Michel
le Tellier
,
Marquis de
Louvois&de Bar bezieux, Ministre
& Secretaire d'Etat , Commandeur & Chancelier
desOrdres du Roy, mourut
le deuxDécembre1715. âgée
de 69. ans un jour, ayant cû
pour enfans Michel- François
leTellier,Marquis de Courten
vaux, Capitaine des Cent
Suisses de la Garde du Roy,
marié avec Marie- Anne Catherine
d'Estrées
,
soeur de M.
le Maréchal d'Estrées,de la
quelle il a desenfans; Louis
Nicolas le Tellier, Marquis
de Souvré, Maître de la Garderobe
du Roy, marié avec
de Pas Feuquieres Dame
de Rebenac ; Louis François
Mariele Tellier Marquis de
Barbezieux, Ministre & SCCfC.
taire d'Etat, Commandeur &
Chancelier des Ordres du Roy,
marié en premieres noces avec
Catherine Louise de Crussol
d'Uzés, & en secondes avec
Marie - Therefc Dauphine-
Eustache d'Alegre,mort le
5 Janvier1701.laissantdeson
premier mariage une fille
unique mariée avec le Duc
d'Olonne, de la Maison de
Montmorency, la plus illustre
du Royaume; Camille le Tellier,
Abbé deVauluisant &de
Bourguëil
,
Garde de la Bibliotheque
duRoi;Charlote Magdelaine
le Teliier, femme de
François de la Rochefoucault
Duc de la Rocheguyon, puis
de la Rochefoucault, Pair de
France, Grand Maître de la
Garderobe du Roy)& ci-devantgrandVeneur
de France,
& feuë Marguerite le Tellier,
femme de François de NcufvilleDucdeVilleroy
,
Pair de
France, LieutenantGeneral des
Armées du Roy,& Capitaine
d'une Compagnie des Gardes
du Corps de Sa Majesté. Feuë
Madame de Louvois étoitfille
unique & heritiere de Charles
de Souvré, Marquis de Courtenvaux,
premier Gentilhom,
medelaChambredu Roy,&
de Marguerite Barentin,petite
fille de Jean de Souvré Marquis
deCourtenvaux, premier
Gentilhomme de laChambre
du Roy,Chevalier de ses Or
dres & Gouverneur de Touraine&
deCatherine de Neufville
Villeroy ,&arriere petite
fille de Gilles deSouvré Marquis
de Courtenvaux,Gouverneur
de Touraine, Grand
Maistre de la Garderobe du
Roy, depuis Gouverneur du
Roy Louis XIII. premier
Gentilhomme de sa Chambre,
Chevalier de fcs Ordres,
&
& Maréchal de France,sortie
d'une Maison originaire du
Maine,également distinguée
parson ancienneté &e par ses
alliances, comme on le peut
voir par la Genealogie qui en estrapportée dans l'Histoire
des grands Officiers de la
Couronne, au Chapitre des
,.M<Hé.cbapx de France.
M«-Jaques Hosdier,Seigneur
deBlossiere&de la Vatenne?
premier Présidentdela
Cour desMonnoyes,mourut
le 2 y Novembre : il étoit fils
de feu M Hosdier
,
Secretaire
du Roy ,&illaisse cntr'utrS
enfants, un fils qui luy succededans
saCharge de premier
Président de la Cour des
Monnoycs.
M. Jacques de Moras, originaire
de Lisbonne
,
l'un des
plus integres & des plus renommez
Banquiers de l'Europe,
& établi depuis un grand
nombre d'années à Paris, y
mourut le 9. de ce mois.
Avant de passer aun autre
article, vous me permettrez
,s'il vous plaît, de vous
faire part d'une Lettre écrite à
une spirituelle & belle Personne
sur la mort desonOncle.
Cette Lettre eO: d'un goût
nouveau dans ce genre , & je
luy donne icy,parprévention
ou non, l'approbation & la
place qu'elle mérite.
Lettre de confolarion à Mademoiselle
D***. sur la
mort de son Oncle.
Fuyez tout le monde,Mademoifelle}
enfermerions
,
cher
chez la folttude, que vostre douleur
éclate) ou quelle foit secrete
> que vos regrets'VOS soupirs,
gr nos pleurs nous filent, cm a
nous- mêmes, des gages certains
ù <-) de la tendreje que vous avie%
pour un Oncle tel que celuy que
'Vous 'Venez deperdre; tout, hors
le desespoir
, vous t'si permis
3&
votre douleurrfljufle. AÎÀisJonl/
Z en même temps que tant de
lumieres que vous ct'Vt' acquises,
,au..dejJlIs des personnes de voflre
âge e de vostrefixe
, nom répondent
devoflrefermeté
,& ne
fendez pas, à force de pleurer,
vôtreefjxrit complice de la foiblefis
des autres.
Je sçay,&je dois cette juflice
aux manes de ceJage Oncle, dont
Umémoire vous fsi cbere, que
la, mort vient de vous enlever
un parfait amy plustost qu'un parent
, que l'cjiime c- l'amitié de
ceux qui le connoijjoient, étoient
inséparables de l'avantage qu'ils
,
ge qu 1
avoient de le connaître
, & que
cesi enfin pour vous ) une perte
irréparable;mais
Jusqu'à quand voudrezvous,
sans nous daigner entendre,
Qu'onapprouve les pleurs que
l'on vous voit répandre?
Que la tendrcfSe è la recon.
noifjance soient les vertus qui
vous entretiennent du souvenir
de cette perte ; mais que vosyrux^
qui font les deux plus beaux
yeux du monde, ne s'enorgueillis
fent point de la vanité de verfer
des torrens de larmes
,
dont une
ombre ne peut leurJçavoir aucun
gré. Vôtre drflinée les consacre ces
yeux à un autre usage, cm tous
ceux qui les voyent, vous demanderaient
j
s'ilsosoient lefaire,un
'Compte rigoureux de leurs opiniâtres
larmes. Pour moy ,
quelque
ebofe que je vous dise
, pour mo..
derer voflre affliSlion
x ne m'en
croye^ pas?apprenez^ au contraire
queje mefais un plaiftt malin
de vous voir pleurer9 &qUe ces
pleurs m:semblent ne s'échaperde
"josyeux J que pour me vanger
du desordreoù ils ontsouvent mis
les miens. Mais dans mon malbeurre
me trouveencorheureux
de m'appercevoir déjà que cesecret
que j'ose confieravôtre douleur,
devient le premierdegré de votre
consolation.Ne m'épargne pas,
Mademoiselle,&consolevous
entièrement, mêmeauxdépens
de tout mon repôs.
La fortune jujle a vostre
égard, en vous comblant deses
faveurs, va sùnir à l'amour>
pour vous faire le fort le plus
heureux
, & lafélicité de L'Epoux
qu'elle vous destine. Ce trait
n'étoit pas dans ce que vom ma'
liez un jourconté de voftle horùÇçope
1 mais il eftdans mon id..
£? il faut, plus J?un bien. à J4
fois
, pour consoler une perfonnt
tdU que vous ,.d>une perte coVVile
çfUe que. vousplture,Je fHjl.:t
t&c*-: v
.t" <
Il y a-,fiijç-nc me trompe,
easnsterzetileonnsgstuemr1psslqoupefjeexvpoluuss
niûcvreprenonsmalnçénant, s'ilvousplaistl'enjoüement
que DOlIIP\dÍJobtrtQuylt'S iiiois
l'article que vousvenezledire.
Rien n'est plus propre àmon
dessein qu'une nouvelle gaante.
Il
Il ne jaut pas difpxter des çouts.
-- C'est un vieux Proverbe
quiaestédetouttemps bien
attaqué, & bien deffendu ;
mais quelque raison qu'on
puisse alléguer contre ce que
je vais dire, mon intention est
de deffendre ce qu'on appelle
le mauvais gouss.
Si la femme d'un illustreSenateur
Romain élevée dans le
sein de la molesse
, & nourrie
dans tout le luxe de Rome,
bravant mille affreux périls
pour traverser lesMers avec un
miserableGladiateur qu'elle aime,
ne sacrifieainsison repos,
ses plaisirs,&sa santéqu'à ion
goût, quel reproche a t- on à
luy faire?
Qu'a t-on à dire aux femmes
de Joconde & d'Astolphe
de préférer,l'une un sale Palfrenier,&
l'autre un Nain hideux
a leurs aimable s Epoux?
Madame de *** est elle
blâmable d'employer tous les
jours trois heures de sa vie
pour contempler avec amour
un vil EsclaveMahometanqui
méprise sescharmes&sessoûpirs?
pourquoy vouloirqu'il y
air de la dépravation de goûc
:J
-
f
dans ces amours? je soûtiens
pour les Dames, que leur goûc
justifie jusqu'à leurs extravagances
: cecy g^tt en preuves,
il y en a cent mille que jene
sçay pas; mais j'en ay une nouvelle
,
singuliere & convainquante
dans deux des plusaimables
& des plus spirituelles
per sonnesdeParis.
Emilie & Faustine font jeunes
,
charmantes, riches, de
bonne maison
,
& ont beaucoup
d'esprit Une éducation
parfaite en jointe à ces avantages
,&. quelque part qu'on
les voye, tous les suffra ges piroissent
dûs à leur mérité; mais
dans un moment la verité de
ce tableau
,
auquel je n'ay rien
ajoûté,va disparoître&tout
ce qu'il y a de gens qui prétendent
avoir le bon goust yvame
traiter d'imposteur
,
lorsque
j'auray déclaréqu'Emilieaime
Arlequin à la fureur
,
& que
Faustine adore Pierror. Cela
est pourtantvray ,
& nul soû
piran de bonne foy.quelqu'il
soir
, ne fera bien receu chez
ces deux aimables personnes,
s'il ne leur promet de leur faire
faire au moins une partie de
souper avec leurs Amants ,
mais cela n'ôte pas la moindre
nuance des belles qualitez qu'-
elles ont.Voicy mon raison
nement.
Le goût queje dcffends est
un effet d'une imagination qui
se peint & quelquefoismême
se caractrise une chose sans
precautionCettepeintures'attache
insensiblement aux idées
& fait bientôt après sur l'esprit
, ce que fait de l'huilerépanduë
sur une piece d'étoffe,
elle l'assiege
,
s'en empare, &
le coeur se trouve en même
temps envelopé dans lefprifc
L'objet de nôtre goût occupe
alors un si grandterrain dans
nostre ame ,
qu'on ne sJaviCe:
pas même de songeràl'en arracher.
Mais à quoy aboutiroit
encore ce foin ridicule ? à
se faire à foy même
, avec
mille peines, des raisonnemens
insupportables, & à s'accabler
dereflexions ennuyeuses. La
liberté n'approuve pointces
combats, & les passions ne
souffrent point qu'on leur dispute
l'empire que le goût leur
accorde. Ainsi Emilie & Faustiné
ont raison d'aimer à la
rage cecojupled'Amants, &de
set flatterpeutêtreduplaisir
d'aller un jour les furprendrc
jusques dans leurPalais, si l'A.
mour ,
qui ne va jamais sans
allarmes, ne leur fait pas apprehender
d'y trouver des
cruels.-
Si cette ébauche de disserration
sur le prétendu mauvais
goust, est juste, à la bonne heu.
re; si elle ne l'est pas , tant pis
pour elle. Mais pendant que
nous sommes sur cette matiere
, passons aux Mariages, c'est
aussi bien un genre de goût où
les esprits se travers ont trouvé
souvent le plus mauvais goust
du monde.
MAKIAGES-..
Messire Jean , Comte de
Polastron, Brigadier des Armées
du Roy, & Colonel du
Régiment de la Couronne,
épousa le 26. Novembre
Dame Francoise Jeanne de
Violan de Miraman
, veuve
de François d'Arennes, Lieutenant
General des Armées
du Roy: Mr de Polastron est
d'une des plus nobles & des
plus anciennes Maisons de
Guyenne:Elle prend son nom
de la Terre de Polastron, dans
le Diocese de Lombez,aqaellc
est encore possedée en partie
par les aînez de cette Maison.
Messire de Matignon,
Comte de Thorigny,
fils de Messire Jacques de Matignon,
Marquis de Matignon,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement
de Basse Normandie,&
de Dame Charlotte de
Matignon, ComtessedeThorigny,
aépousé le Novembre
Damoiselle Grimaldi,
fille unique & heritiere
d'Antoine Grimaldi, Prince
souverain de Monaco, Duc
de Valentinois, Pair de France;
& de Marie de Lorraine Armagnac:
par ce Mariage Mr
le Comte de Thorigny a pris
le titre de Duc de Valentinois
avec les Armesde la Maison de
Grimaldi, l'une des plus anciennes,
des plus illustres & des
plus puissantes Maisons de
Genes: Pour celle de Matignon
,dont le verita ble nom
cft Goyon, elle est une des
plus anciennes & des plus illustres
du Royaume, & elle
s'est de tout temps alliée aux
plus grandes Maisons,comme
onle peut voir dans la Genealogie
qui en est rapportée dans,,
l'Histoire des grands Officiers
de la Couronne, aux Chapitres
des Maréchaux de France &
des grands Ecuycrs.
Mdlire de Maulde,
Marquis de la Buissiere,Capitaine
deCarabiniers, &Chevalier
de l'Ordre Militaire de
S. Loüis, a épousé le Damoiselle
Armede Monceaux
d'Auxi,fille del Mi.ffirè François
de Morceaux d Auxi ,
Marquis d'Auxi, & de Dame
Marie Magdelaine Jubert du
Thil : LaMaison de Maulde,
dont est Mr de la Buissiere, est
originaire de Haynault; elle'
est également distinguée par
son ancienneré & par ses alliances,
& ellesert diviféc en
plusieurs branctiéfc établies en-
Artois & en Picardie: pour la
Maisond'Auxi de Monceaux,
je vousenaycteféné un si long
détail dans Ibtr de mes premiers
Journaux, à l'occasion
du Mariage de Mr le Marquis
d'A uxi, frerede Madame dela
Buissiere, ci- devant- Capitaine
du Regiment des GardesFrançoises,
puis Colonel du Régiment
Royal Comtois , avec
Mademoiselle de la Grange
Trianon,que je me contenteray
icy de vous dire qu'elle tire
sonorigine des anciens Sires &
Barons d'Auxi, connus il y a
plus de 500. ans, &qu'elle
s'est toujours alliée aux Maisons
les plus illustresduRoyaume,
commeMeleun,Pecqui
gny ,la Tremoille,Ailly, Estoutteville
,
Rambures, Crevecoeur,
Traifgny,Hallwin
Saveuse, Mailly, Hangest, la,
Vieuville
,
la Chastre, Vieux-
Pont, d'O
,
Rochechouard
Tiercelin deBrosse,Breauté,,
l'Ecendart Bully
,
Botfflcrs,
Rouvroy
,
S. Simon,Crequy,
&c.
Le4.de Novembre17I5.
M.le Marquis de Pleumartin
épousaMademoiselle de Villemare
leMariage fut celebré
.pal,M.FArchvéquc: de Tours
à Goussainville chez M de
Nieolaï, premier PmfijcM de
la..Ch*»mbj£ des Comptes
parçnc dç,Nl.dcPleumorcin.
&t¡ui aMoi-t estéson. Tuteur
.honoraire;il est fils'deMessire
Georges Ysoré d'Hervaulc,
Marquis de Pleumartin
,
qui
gagnât le prixauCarrousel de
Madame la Dauphine, en
1682. & de Geneviéve Rolland
son épouse. Et George
Ysoréétoit fils de René Ysoré
d'Hervault Marquis de Pleumartin
,
Lieutenant de Roy
deTouraine, Poitou
,
Pays
d'Aulnis & Chastelleraudois
,
qui avoït épousé en 166
Marie -Gabrielle Chataignier
de la Rochepozay ,de l'ancienne
Maison de ChtJlgnler"
dont Duchesne a fait une
histoire particuliere ;elle étoit
fille de Charles de Chataignier
Marquis de la Rochepozay
aussi , Lieutenant de Roy du
Haut Poitou : Réné Ysoré
étoit fils de GeorgesYsoré
Marquis d'Hervault & de
Pleumartin,Clievaller des Ordres
du Roy&son Lieutenant
en Touraine, qui avoit -épouCé
Marie de Roncherolles
,
fille
de Pierre de Roncherolles Baron
du Pont S.Pierre, premier
Baron de Normandie
, -duquel mariage étoit venu
René Ysotécy-dessus nommé,
& plusieurs autres enfans,entr'autresGeorgesYsoré
d'Hervault
,
Chevalier de MahheJ
Major general des Armées
Nivalles,& Mathieu Ysoré
d'Hervault, à present Archevêque
de Tours,M. le Marquis
de Pleumartin qui vient
de
defe marier a eu deux freres
tuez au service,l'un en Italie,
l'autre à la bataille de Ramilli,
ce dernier avoit esté Page de
la Chambre du Roy, &faisoit
sa premiere'campagne dans
les Mousquetaires
,
& par
leur morts il est devenu seul
héritier de cette Maison ; cc
qui luy a fait quitter l'état Ecclesiastique
auquel on l'avoit
destiné pour la soûtenir. Il
seroit inutile pour faire connoître
l'ancienneté de laMaison
d'Ysotéd'Hervaul, d'inferer
icy une longue généalogie,
ceux qui en voudront sçavoir
davantageauront recours
au Pere Anselmedans son
Palais d'honneur,il suffira de
dire qu'elle est connuë depuis
la fin du dixiéme lîeclc, qu'elle
esttrès illustrepar ses grandes
alliances, sa fidelité & ses services
rendus aux Rois de France;
un Honorat Ysoré fut Vice-
Amiral de GuÜ:nne Aulnis
& Poitou; RenéYsoré
son pere Chevalier des Ordres.
du Roy, Commandant les Ensans
perdus à la bataillede
Moncontour,oùilperditune
jombe ; Jean Ysoré sur fait
Chevalieravec le Comte de
Nevets au Gége de Rouen l'an
1449. par Charles VII. puis
en 1476. fait Chambellan de
Louis XI. Leon Ysoré son petit-
filsfut ChambellanduRoy
CharlesVIII. & le suivit àla
conqueste deNaplesen 1494.
La Maison d'Ysoré estalliée
par celle des Chastaigner de la
Rochepozay à celles de la Ro
chefoucaulc
,
Mortemart
Chamberg , ; parcelle de Pont
S. Pierre à celles de Luxembourg,
Clermont Tonnerre,
Goussier & Nicolaï; & par ellemême
à celles deMontausier,
Bethune, Rohan Chabot,&
Richelieu. Y ij
Mademoiselle deVillemaré
est fille de Messire Jean Bonaventure
Lelay
,
Seigneur de
Villemaré, Lieutenant de Mef*
sieurs les Maréchaux deFrance
en Bretagne. Les Lelay sont
fort anciens Gentilshommes
de Breragne,l'Histoire decette
Province par le Pcre Lobineau
en par le en differens endroits,
& sur toutelle dit qu'en 1380.
AlainLelay signaà la ratification
de laPaix entre J.:an Duc
de Bretagne & le Roy de France;
elleen parle encore en plusieurs
occasions comme reveuës
de Troupes & voyages
des Ducs de Bretagne au service
desquelsils ont toujours
esté.
MessireJean-Loüis d'Usson
,
Marquis de Bonac
, a
épousé le 22, Damoiselle
Magdelaine -
Françoise de
Gontaut de Biron, fille aînée
de Mr le Marquis de Biron,
Lieutenant General des Armées
du Roy, & Conseiller
au Conseil de Guerre. Le seul
nom de Biron suffit pour f.1irc'
l'éloge de la Maisondela Damoiselle
I! y a longtempsque celuy
d'Uffon que le Marquis deBonac
porte cfl; connu dans
le Comté de Foix & dans le
Royaume d'Arragon. Il s'cft
soûtenu anciennement par diverses
alliances avec la Maison
de Foix, & de nos jours
par les services de Mrs d: Bonrepaus
& d'Usson ses oncles, le
dernier mort Lieutenant General
des Armées du Roy, &
le premier connu par divers
emplois, tant audedans qu'au
dehors du Royaume, & actuellement
par la place que le
Regent luy a donné dans le
Conseil de Marine: pour le
Marquis de Bonac qui vient de
se marier,quoyque jeune encore
, il a servi le Roy à la
guerre,& dans presque toutes
les Cours de l'Eurôpe.J'ay,&
j'auray toute ma vie une si
parfaite reconnoissance des
bontez qu'il a ûëls pour moy,
en Espagne, oùj'ay eû l'honneur
d'estre ion Gentilhomme
pendant le séjour qu'il ya
sait en qualité d'Envoyé Extraordinaire
de France, qu'il
fautque j'aye une consideration
extrême pour l'Auteurde
la Gazette d'Hollande, pour
luy pardonner son obstination
àvouloir renypyçràGonftan.
tinople avec le titre d'Ambasfadeur
dont le feu Roy l'avoit
honoré, pendant que le Regent
qui ne peut rien faire
qu'avec grande connoissance
de cause, a bien plus présbesoin
de ses services. J'aurois
fait assûrement sur son Mariage,
le plus bel Epihalame
du monde, si pendant plus de
deux ans, il n'avoitpaseûla
bonté de me guerir de la
rage que j'avois de fairedes
Vers.
°: M. le Marqois de Gontaut;
filsdeM.le Marquis de Biron,
Lieutenant General des,A-rmées
mées -du Roy, & de Dame
Bautru de Vaubrun, a
épouséMademoiselle deGrammont,
fille de M. le Duc de
Guiche, Lieutenant General
des Armées du Roy, & de
Dame Marie
-
Christine de
Noailles:Les Maisons de Gontaut
& de Grammont sont si
generalement connuës pour
estre des premières & des plus
illustres du Royaume que je
me contenreray icy de renvoyer
les curieux à taDernière
Histoire des grands Officiers
de la Couronne, dans laquelle
au Chipitre des Maréchaux
de France, ils en trouveront
les Genealogies amplement
déduites.
M. le Chevalier de Roye de
laMaison de laRochesoucault,
une des plus anciennes & des
plus illustres du Royaume,
Capitaine Lieutenant des
Gendarmes Flamans
,
Matéchal
des Camps & Armées du
Roy & Capitaine de la Compagnie
des Gardes du Corps
de Madame la Duchesse de
Berry, aépousé Mademoiselle
Prondre,fille deMessire Paulin
Prondre,Conseiller du Roy
en sesConseils,Président de lai
Chambre des Comptes de Paris,&
de DameAnne Marguerite
Petit de Ravanncs.
1
Messire Hilaire Roüillé du
Coudray
,
Conseiller au Parlement
de Paris, fils de Mcflirc
Hilaire Roüillé, Seigneur du
Coudray
,
Conseiller dEm
ordinaire, & Conseiller du
Conseil Royal des Finances, &
de Dame DeniseCoquille, a
épousé le Novembre DamoiselleleFeron,
fille
de Meaire Jean Baptiste le
Feron,Conseiller du Royen
ses Conseils, Grand Maistre
des Eaux & Forests au Département
de lisle de France,&
de Dame Geneviève Titon,
& sortie d'unedes
familles de la Robe: pour
celle de Roüilléde laquelle
font encore Mrs de la Grandcour
,
de N/kiïay& de Marbeuf,
elle est aussiune desplus
grandes, des plustenduës &
des mieux alliées de la Robe,
& n'a rien de communque le
nom aveclafamille de Roüillé,
Seigneurs de Fontaines, de
Joüy, de Beauvoir & de Filletieres,
originaire de la Ville de
Tours,&delaquelle estoit
Dame Anne Roüillé, femme
Brcuilde Vuynmcourt
de MessireJacques Olivier de
Vigny, Seigneur de Courquetaine,
deCervoles& de Villepayen,
Maistredes Comptes,
jpQrv<£ie.»ÏWdeccmois.
Ma Chansonvient à propos
à la suite des Mariages.
CHANSON,
Ne vouspiqtleZ pas de conflan-
$-Di,mix•tmtosrsire-Jjacvee^;,p,;afmenager $i.w dêha'1Jéz:pameager
Tr. ri lr.f lesplaisirs
3 C'rft en épuifunt ses d'jis
, O^unamourtrop*cpnftqn^bqng?
,:( j r <mmdffirwct-* j j : 7
Réponse surle mêmeair.
•
tC-her& tendreo&jct de mon" Itme" W (n;v
, '- MerJd(r
,
jy confens^ujqtiaux
N moindres douceurs,
J'aime mieux souffrir nos ri.
guturs, vq
Que voirccjjer l'ardeur du beau
feu qui m'cnfiamr. *
Vous ne sçauriez mainrefoapt
refuser des Enigmes,
ilest temps qu'elle paroissent
ou jamais;mais avant de vous
les proposer,ilestde mon devoir
devems direaupréalable,
le mot de celles du mois passé
&le nom de ceux qui les ont
deviné. La premicre étoit la
Bigote,& la seconde la Pipe
de Tabac. Les noms des devineurs
font, 1 Incredule de la
rue des PetitsChamps, la belle
Ivlarion dela Cour du Palais,
l'Etourdy de la Place Royale,
M. de S sa belleMaître(
le
,
le favory des Muses,
le Curieux impertinent ,l'A
-
mant disgracié de l'aimable
M. Degnantelli ,le Chevalier
Bayard
,
l'A vocat des festes du
Cour,la belleAmynrc&,\,I'. de
Raparis.Voicy celles du pre
sent mois. Z iiij
ENIGME.
jamais on ne m'a hh dansla
matfort du Roy
,
Quoy qu'aux yeux d'unn cc,h')aaccuunn
je pa-roiffi àsa table
1 Les grâces, lajeunefje &ce qu'on
nomme aimable
Pirient leur agrement quand on
les voitfeansmo
Bien quausexe attaché je ne fuis
chez les bel/es,
Qu'autant qu'on me contraint de
rejreravecelles
» Je fuis en plein repos possedé Je,
fureurs
,
E.nrnf'jî du plaifrjeformeles
douceurs,
Et l'Amant le plus tendre aux
jeux d'une Mattrefte
Nepeutsans mon secoursexprimersatcndreffe.
Aux Afires Je commande
, on
m'enchaîneauxenfersy
Et portépar les Dents sanssortir
de mes fers)
Dans le fein de la Mit jefais
réduit en cendre.
0 vous dont tout lefoins'applique
--
A me comprendre3
Dansvojlre cerveaucreux#quoy
bon chercher tant ,
Ce que lemoindre esprit comprend
facilement.
L'Amant disgracié de
l'aimableDegnantelli.
AUTRE.
Jeme plai<à la CouraulFbien
qu'a laVille,
M'accommodât de tout sejour,
Onmetrouve dans une tuile,
Et je Jets à Btcchus AUfJi bien
andïAmour.
QuoyquinutileauxRmsjaffermis
leur Couronne,
Pabue avec les Empereurs,
Et ne fuis point unefriponne
, -
Quoiquejefois toûjours au milieu
des voleurs.
Sansmoi nullevertu ne feroit
sur la Terrey
On menjefmedans un bureau ,
Jamais en PAÍxtoajOMrS en
Guerre,
Yoccupe cependant une placeau
Barredtt.
Du jeune Logicien
de larue S. Louis.
J'aypresqueimité , sans y
penser
,
dans ce Mercure cy ,
les reglesdu Poëme tragi comique.
J'ay d'abord presenté
sur la Scene l'cxpocition de
mon sujet, mon Hiftdirea servi
d'Episode
,
le fond dema
piccc a roulésurdesmorts &
des hymens,&j'ayreservé le
plus beau pour le dénoüement.
Oüy,Madame ,&je vous
ay promis de vous ledire publiquement
,
j'ay regardé ce
petit compliment d'Etrenes ,
comme un des meilleurs ornementsde
mon Livre,& je fuis
feur qu'il n'y a pas un de mes
L<.£cfurs, quelqu'il foir, qui
ne rendit à son meriteune irticeéclatante
,s'ilavoit, comme
moy,l'honneurd'en connoître
l'Auteur/ 1 -
: E ¥'AEKrES.
Jt'profitedecc
1
momtnt s làanw'es^remiersjcoksuJii/'année%
Poufvousfath0ioacompliment
*
Etvous Ufouhatter beureufe (7
fortunée.
J'aurois déja rendu cet aimable atlf/oi,;
Maisje nepuis alLrvous voir,
•
Pôur vous
j
je jçay- QUI vous arrefle -
"VneéchAntt: Fet asceujouerce
tour:-
Ondft
,
quellemen v*eut
qu'enfin l'autrejour,
Ellevousfie boire en cachette,
-Unerakade à ma fanté,:
Dumalheureux Fleuve Leihc,
Fut il vengeance plus cam4erte.
Çhioyque piquée au vifde cet-te
trabifon
J
Je me garderay bien de vousfaire
rai[on.
Je fuis trop entrain de vous
diredesveritez pour manquer
de rendre publics les vers qu'-
on m'a envoyez pour vous.
A MADAME V.
sur des Vers imprimez dans
le Mercure de Septembre,
& qu'elle a composez à la
loüangede Monseigneur le
Duc d'Orleans.
Un Vieillard habitant une
affieuft Campagne,
Quine- connoiflVallon, ny liavanie
montagney
L'esprit aussi glacé que nos
Champs les hyvers,
S'en vient à pas tremblans rendrehommage
à vos Vers.
Ils ontje nefçny(\uoyidedélicat,
de tendre,
Ils enlevent les coeursyonnepeut
s'en d'tjifndre,
Et pour les comprer, à ne sy
txemper Pas,
Ils rejfimblent partout a vos divins
appas.
La rim:, la raijon3 cet heureux
afftmblage,
De beaux mots, ae bon Jens, fureté
de langage,
Tout tfl juflc en vos Vers, &
tous nos beaux esprits
Conviennent qu'on ne peut en
eflimcr le prix.
Amante aApollon, lujmeme
il vous inspire,
Il vous conduit la main quand
'Vous voulez écrire,
Des Dieux, ou du Rjgent tra-
CeK vous les Portraits?
Partout, À chaque Vers, on te.
connoist Ces traits.
Phoebusaime,di t-on, les neuf
docles
dofies pucelies ;
Mais jeagents bien qu'il vous
aime plus qu'elles,
Et le voyantagir comme ilfait
au avec vous, Parnajï:bien-tojl ilfera
- de jaloux!
T. S.V: P.
Voicy des Vers cncorc,
Messieurs,il en faut de toutes
les façons pour tous lesgoûts.
SONNET -
sur l'abjuration d'une jeune
Demoiselle.
Qj*entende je, fage Iri., quel
aflre salutaire
S'applique à t'élever au suprême
bonheurs
Dieu nefcmbleicy bas répandre
sa lumiere,
Quepour te couronnerdes donsde sasaveur.
Sa main qui prend plaisir a
relier ta carrieré,
Tedécouvre un a/yle *où lE""
clipfe l'erreur;
Oefldansci faré lie#qu'au pied
du Saxéhtairc,
Ton Ame en fr lavant recouvfe
son ptffteur.
*Convent des Nouv.Catholiques.
jdinfidans tes dcjjcins sa bonté
s'intertffiJ
Car à peine ce Dieu voit briller
ta sagesse,
Que sa grâce aujji tojl vient der-
JtUcrtesytux.
Ton retour3 aux Enfers replonge
l'kerefie,
Et portant ta vertu jusques au fin des deux,
T'asure pour jamais une immortelle
vie.
Du feuBachelier en droir.
Autre Sonnet à la mèmc,
sur sa beauté & sa vertu.
Unejeune beautéme tient dans
l'eficlavage,
Jamais mon coeur ne futsi vivement
épris,
Son airfin
,
fies beaux yeux enchantent
mes ifpTits;
Contre ces doux écueils qui nt
f,croitnaufraget
Nuit &jQHr 4mes yeux j'en
retrace l'Image,
fiserbpafie -en secres fiii-çkàrmes
infinis
,
Au milieu de sa Cour la Déeffi
des ris,
Ne sçauroit triompher avecplus
d'avantage.
CI -
Chacun à ses attraits doit offrir
des tributs,
Mais qui ne contJoift point fis,
brillantes vertus,
N'A VU de son Portrait qu'une
ébauche legere.
Rien ne peut égaler ce Chef.
d"oeu,vre des Dieux.
Il rien fJ1 pas un seni fous ce
vasîs bcmifphere>
Et s'il en ejl qttclqu"un ce riejl
que dansles Cieux.
D F.
MADRIGAL
à la même.
Iris ccjfiz de vous cachery
Quand vous deve% le plus paroître
j
Dieu quivousfit entrerauClettre
Veut enfin vous en arracher.
VeneK ramenerenson Temple
De vos frères errants les coeurs
féàitieux
y Youslefeft%parvoflre exemple,
EtmieuxencoreIrisfat l'éclatde.
v , vosyeux.
Avis important aux Muses qui
negligent leurs Personnes.
Mufes au teintprejqueolivâtre,
Qui ne mette rouge nyp[atre
J Qui refufc tout avosfins3
OnJçaitquAppollonvofirefrere
En parcourantnoftrrhtmifPhert
Prés de Montmartre vous logea, Et queDianeendélogea
Craignant beaucoup la medisance;
Carvous iafezan-scomplalfance,
Et ne rejpeéh que lles Rois
Dont voussus"VeKles douces loix,
Loüis le plus grand desMonarques
, Ravipar if1 ïrtâHts PUrques* j
Fut longtemps de vos chanti"
fobjet ;
Ilefl devenu lesujet
Denos chagrins & de vos larmes
;
Contre la mortbai/Je lesarmesyt
(ChAntffàn tres-digneNeveuJt
Vous aurck des François l'aveu; ;
Mais embelliJi vos vifâges> Onfyait o cas des belles images,
Et l'oncjltme UsPortraits,
(^tandils rejfembUnt traits pour
traits.
J'ay maintenant,Messieurs,
quelque chosede bien plus in- tCl," ;yqu5,c9iicer ,que 1tout
tout ce que vous avez lû jusqu'à
present, j'ay des Logogrises
à vous proposer. Quel barbare
mot pour le peuple &
pour laProvince! des Logogrises
! ouy , vous dis-je, des Logognfls)&
11 n'est pasaujourd'huy
permisà d'honnêtes
gens, comme vous, d'ignorer
que c'est une nouvelle façon
décrite, familiere à la Cour,
qui devient à la mode à laVille,
& qui est d'autant plus rcfpee.
table, que c'tti une espece d'imitation
des anciens caracteres
hieroglyphiquesdes Egyptiens.
Pour moy je ne sçaurois regarder
un Logogrise entre deuxyeu,,",:
sans m'imaginer voir à l'instant um
Talisman,un Obelisque,une Pyramide,
ou mêmeun Crocodile.
Il yen a de tres-simples,comme:
celui-ci par exemple; mais c'est
leDiable à deviner. Levoicy.
LA FAUTE EN ESTAUX
DIEUX
QUI LA FIRENTSI BELLE.
Allons,courage
,
ferme, exercez-
vous ,
cassez-vous la tête si
vousvoulez,vous ferez bien fins
sivous m'obligez à vous en dire
le veritablesens.
Pour cet autre, ilest plus aisé,
&: l'intention de M. de M * * * *4 qui en estl'Auteur, & qui l'a presentéàson
Maître&aunôtre,est
que tout e monde le life.
Item. Ilme reste la plus plaifante
Histoire du monde à vous donner.
L'Auteur du dernier Logogrise
l'est aussideladiteHistoire.
Tousceux qui connoissent le jeu
duTrictrac ytrouverontun fonds
d'imaginationoriginale,aussi l'est
ducôte du beau,du bOf), &de
l'agréable, celle de son Auteur
qui , a
dumérité,dugoût, del'appetit
,
&del'espritcomme un
Diable.Voila ma Preface.
HISTORIQUEET BURLESQUE
ORIGINE DU TRICTRACT.
Il estun Pays dontle terrainest
plat, enfoncé & noir, excepté
quelques langues de terre vertes
& blanches, sur lesquelles les habitans
bâtissent leurs Maisons,
ou Cases
: Les malheureux qui ne
peuvent paslescouvrir, y funtzx.:
pofezàeftrebattesvlesinjur^sdu
temps: ceux aucontraireàqui la.
fortunerit,lescouvrent», fortunerit , lescouvrentpromptement
P,C)ur.-n.irrrtecn fureté^
& y font quelquefoisde belles
Enfilades. ; Cette Contréeestbordée de
hauteurs ,nt .Il ,tT'P, fai r., 16'
tour qu'avcçimeg'randc'peïne^oiL
un grandbonheur:ony trouve
de petits precipices qu'il faut ne
cessairement combler les uns?
après les autres. Les habitans ne
songent qu'à gagnerces hauteurs
& àbouc her ces trous pour s'établir
dans cette parte superieure
; mais ils n'ypeuvent parvenir,
qu'après avoir fait le voyage de^
la Vallée, &: s'estre enrichi pan
quelque gain: La Religiondeces
Peuples ressemble assez à celle du
Royaume de Calicut. Leur Relisi
obizarre. I!s a ligjônveAbizarre. Ilsaddoorreenntt jjuusf--
qu'au Diable auquelils ontconsaçré.(
Jeux,Cafes- quiportent son
nom. Ce Paysappartientau Prince
Tric,.qÙ! apour voisine la Prinçessa
1rc ;la proximité & le rapport
d'humeurs les fit songer
l'un &l'autre à une alliance, &
tàourétunirleurs Etats. Tric époufa
7toutdd''uunnccoouupp1a!aPPrrini nccecsusee TT~ra-fc',.
i-ansaucune ceremonie, & sans
'a.u,?tvrers-,réjoui(Tancesq^ué celles
d'unconcertde Cornets quisont
ifcsieu^s instrumensde Musique
<^nton sesert en ce Pais là.
ré\'TricTugrand bruit le jour&
la nuit de ses nôces
, on ne peut
p^$direde lui qu'il fit peu de befbgne
;(on Epouse en donna des
,mer'a1lruqlutsees::aapprreèssaayvooI,irrnmuisstt¡o¿utt-- accoucha 311j>9. n16 d'unGarçonque l'.ori'nopatn
/fll/ jeatt.
- -',, A peine fut-il néqu'on fitpr
sencauKpy_ sonpère,d'un be:'
berceau,& sa nourrice au(si-t]
jnitdedans le pecic.Piinçe.1
Tricqui vouloit que forîfils
"cleve simplement, Fènyfija à l'
xole, comme les autres enfant
mais quelque soin que l'on pr
pour lui rendre la parolenette
aifçe xon nepût jamais ehvern
à bout, il aimoic ses deffauts,
les conservoit par obtfination
il fut impossible de luy rompre
Jbrediùille quilui étoit naru^elh!
Il eût un jour une disputeavec
son Maître ausujet dun pet
Chienqu'ils trouverent;ce ma'i
ire quiétoit un Grec le voulu
nommerQuines ; maisJean lui
donna le nom deRencontre.
Apeinepût-il recevoir les premieresimpressions
des Sciences,
:..e son goût le porta entierement
à l'Arithmétique,dont il
réduisit les nombres à six,qu'il fit
graver chacun enparticulier sur
chaque face. d'un cube, dont il
trouva la duplication,&qu'il appella,
dfz, en l'honneur du dez
d'^ne jeune Princesse qu'il che-
;:rissl)it..
L'application qu'il avoit pour
sesétudes, & l'exercice qu'il faisoit,
lui donnoit un grand appetit,
on ne. pût jamais l'empêcher de
tenirdeuxtablesl'uneen public
avec leRoy &: la Reine ; l'autre
en particulier avec ses amis,sur
laquelleon servoit souvent une
poule,qu'iljoüoitavec ses cama
rades, avant de la manger , pou
faire digestion il montoit à che
val3sa monture ordinaire étoitu
barbeentier qu'il nommoit aussi
de'{, ce cheval ne posoit fouvenr
pas à terre ; il devint vicieux,&
sur les plaintes qu'on lui en fit, i
dieaion Maréchal coup édez.
Estant un peu avancé en âge
le Roy son pere le fit voyager
il eut plusieurs avantures ,
tantô
heureux jusqu'à faire de grand
gains, sans se remuer, &: san,
bouger de sa place, tantost malheureux,
quelquefois riche
quelquefois pauvre: l'Histoire
même rapporte qu'il fut un jour
réduit à Abattre du Bois; il est
vray qu'il ne le portoit pas toûjours
luy même, mais qu'il chargeoit
souventle Baudet dont il no
se trouvoit pourtant pas mieux.
D'abord qu'il avoit abattu du
bois il prenoitson coin pour le
fendre, il prenoitaussi le coin de
son voisin par force &: ptr'fuifsance
,
sans se soucier de ce qu'on
en pouvoit dire. Il le battoit
d'une terrible maniere pour le
mieux enfoncer;lorsque le bois
estoit trop dur, on ne luy a jamais
pardonne la foiblesse qu'il
avoitpour son coin, illuy a donné
droit deBourgeoise,lorsqu'il
est parvenu à la Couronne &a
voulu qu'on le nomma CoinBourgeois,
par la même raison que
Caligula fit son cheval Consul
Romain.
Sa misere ne dura paslongtemps,
son pere luy fit tenir des
doublons
, ou Doublets, monnoye
du Pays,quivautlamoitié en
sus,plus que les piecesordinaires,
il vit les Ddmes parce moyen, &
les aima toute savie;il eûtd'abord
pour Maîtresse une jeune
Princesse, pour laquelleil avoit
beaucoupderespect, il1-t hAiftiA
seulement sur la joüe,en entrane
&: en sortant, &nepûtjamais
obtenir aucune autre faveur
d'elle; mais pour les autres Dames
il en faisoit ce qu'il vouloir,
& il suffisoit qu'il eût dituncertain
motmisterieux j'adouble, en
les couchant, pourqu'on osa pas
y trouver à redire, on ne lalÍfaJ
pas cependant del'appeller Jtdl'"
detrois coup pour avoir poussé
un peu vivement six Dames à trois;
reprises; sa vigueur ne dura, pas;
longtemps,laseule vue de bifitgot
la fenduë lui causa une espece * de puralyfic} Içsjeunçs Seigneurs ;
s'en moquoient, & disoient tout
haut, Jean qui estoit toûjours en
mouvement avec les Dames, est
à present,Jean quine peut seulement
pas approcher de celles
qui lui donnentbeau,&quifont
à moicie découvertes,il guerit
dans la suirede cette, maladie,
aprèslaquelle. il devint grand
toutd'un coup,pritlenom de
Grand jean. Ce fut alors que Ces
occupations devinrent plus serieuses,
&: qu'il tâcha de remplir
lesdevoirs de son état:Ilalla à
la guerre, il battit &futbattu,
il affligeades.Villes> en prit
quelquunes, & leva le siegedevant
d'autres; son courage éclatoit
dans toutes lesoccasions.Il
eût un jour une querelle àce sujetavec
un brave qu'il appellaen
duel;pour champdeiliil
prit le coin d'une ancienne maison
ou il crût estré en repos, le
combat ne dura pas longtemps,
sonennemiluiporta une, quarte,
ce fut u^cfiupfaux, il la para,
& luy poussa la botte secrete,
dontilÇ\\i..enfilé\ mais s'il étoit
ferme,4^°$ l'occasion
,
il mar-
'qlto¡ beaucoupdelegereté dans lecabinet,onl'entendoit dire en
plein Conseil & avant qu'une
affaire su(r{enr^ererne;it deçidéej
(jem'envais)&i.lrjôMu rúYfft
d'unavis3unautrc,-,frns en fca<
voir la r^iïon.•;ce.c:ara£teré luy
attiradegrandschagrins,il se
dégptfta(dumétier de laguerre;
résolutdesetournerauprés de
ses parens pour mener unevie
douce&,tranquille.
A son arrivée il alla saluërle
ïtoyforipëre* qui ne le reconnut
pas d'abord ,parce que les lunettesestoientternes
, la Reine,sa
merecourutau-devantdeluy,&
dit
,
ah ce ,vQa mot) lfils.cae
deretour: onR(,yla
me de douleut:lebonRoy;& la
bonne Reineeûrenttantde plaisir
de revoir Jeur, qu'ilsen
moururent, on,lesd.euK
cercuëls,on- fit deuxenterremens,
où 1 fut beaucoup sonné
& les peuples en porterent double
deüil.
Le Prince perdit tout en perdant
son pere & samere
,
leur deceslui
attirauneinfinité de malheurs
dont l'Histoirene fait aucun
détail;on sçait seulement par
trad ition qu'ilrompit avec ses
meilleurs amis
,
qu'il ne put pas
tenir contre ses ennemis, qu'il
mourut en langueur & qu'il fut
exhorté à la mort par unCarme
quil avoit dwebé'luï-hîêmc à la
Cour;sespeuples luiérigerent
utipyratiiidë" qu'on appella La piedésniàlbeurs,jquelques recherchesqu'onfaitpouren
sçavoird'autres particularitez
, onapuAi- en venirà bour,c'est la
raisonpourlaquelleonne peut
rien dire davantage dece malheureux
Prince, à moins qu'on
nerecommence.
POST-FACE
OU
EPÎTREDEDICATOIRE
A celles& ceux qui ont trouvé,
trouvent & trouveront cet ouvragefade,
SALUT &reverence.
Car est-il que l'usage bien ou
malétabli a esté de touttemps,
deprevenir tous lifante ou lisans
par un anodin compliment,&
souvent non sans cause.
Nous, convaincus de labonté
solidité , ,v rité, ucihcé,-& sublimité
de ce nôtre present ouvrage,
avons pris routetoutecontraire,
& demandons avec confianceaux
gentils&habilesconnoisseurs les'
remerciemens du present que
leur avons fait si précieux.
Mais comme le plus juste s'abu-.
se,&: qu'onques abuser né voulons
delacredulité,complaisance, ou
vanité d'aucuns
,
qui le trouvant
fade,n'oseroient le dire, dans
lacrainte qu'onne lesmontraau
doigt, pour y avoir misleurs deniers,
celles ou ceux qui feront
assez mal - encontr'eux pour se
trouver dans l'un des trois cas , iront chez le Typographe; illec
ils récupererontleur finance,sans
autre déduction que du sixiéme
pour les fauxfrais du Bibliopole,
à la charge toutefois, &non autrement
,qu'audire de gens à ce
connoissans
,
ils n'auront par la
lecture de cettuy ouvrage l'esprit
plusorné qu'auparavant, & qu'ils
rapporterontle livre sans corne,
taiche ni macule.
S,cripf-l-
II me reste un mot à vous dire
des (p¿étades.. L'Auteur de l'extrait
historique delaTragedie de
Marius n'auroitpasmanqué d'en
donner la critique ce mois-ci,si la
chute malheureuse & precipirée
de cette piece ne l'avoit pas
trompé
,
commeelle a trompé
toutle monde.
A l'Académie Royale de Musique
sique on a representé le. dece
mois l'Opera de Theonoé,dont
la premiere representation afoulevé
d'abord bien des gens, &excitéunegrande
rumeur; lacritique
en a montré les deffauts, les
Auteurs les ont corrigé le mieux
qu'ilsontpû ,& la piece a repris.
Pour les habits, les decorations,
&tout le (pelade en general, on
ne peutimaginerrien de plus magnifique,
& c'est à l'attention de
Messieurs les Syndics que le Public
est redevable de l'éclat & du
bon ordre qu'il admire aujourd'hui
àl'Opera.
TrlJ-humble Kequefte de l'Auteur
aux Lecteurs.
Aptés toutes les jolies choses
quevous venez de lire, vous seriezbien
ingrats, mes chers Lecteurs.,:
devousrJ;?'Toyenir,e)lcoref
mauvais proverbeque VYli' deIa.,Bruy.
rearépandu dans lemqnde àla hoy
duMercureGalant & à la confufic
de sesAuteurs.Vous sçavez qu'il 1
mis au- desTous de rien.J'y mets mo'
mêmesouvent le mien;maismamj
destie doit faire pour moy, & lajuftjj
ne condamne pas (LJr f^dépafitiQn,^
,Iïç>mmequis'accuse.
- Je parlois doncil ya quelquesjoej
duMercure aveccettehumblefimpliîS
té quevous meconnojfloztous.tjepu
que nous nous ennererionsen(itîmb|i
& j'étois alors chez une Dame fjontfl
merite est honoré,&lenom ço^
nu danstouteslesÇontiqesdumca
de, en prercilce-, dl*'»u, ne-,autre
Dame3
est par son esprit, sesgraces, & Â|
rang, une des plus distinguées t'
Royaume : Le reste de la Compagm;
étoit composé degens celebresà
Cour,datis 1sMagiftratqre& dans h
Lettres, lorsqu'un jeune Senateur tA
haut Languedoc , beau comme Cu.
don,frisé &bouclé comme Adonis,
aimable
, & précieux en un mot des
pieds jusqu'à la tête, saisit à mon sujet,
ce mauvais refrain de la Bruyere. Je reconnus
alors le méchantusage que les
jeunes gensfaisoient souvent de la lecture
des meilleurs Livres. J'en eus même
pitié;mais avant de deffendre la
cause du Mercure
,
je voulus essayer de
connoîtreunpeumieux le Personnage
à qui j'avois affaire. J'en vins àbout,&
je me trouvay sur le champ sans replique
,parce que je remarquay quema
partie n'étoit qu'un de ces jeunes gens.
qui , avec quelquesbluettes de memoire&
d'éducation, faississent la parole
avec confiance, la distribuënt
avec orguëil , & ne la quittent jamais
qu'à regret. Pour celuy-cy, Dieu
veüille que cette petite leçon l'instruise.
FAUSSE MARINE.
Je ne sçay de quel droit j'ai établie
dars mon dernier Journal une Marine
en Bourgogne; mais je vous avouëtay
de bonne foy
que tous ceux qui ont lû
cet article, ont refusé hautement leui
agrément à feu M. Je Président ~du
Guay
, pere de M. du Guay dont ~JI
vous appris alors la mort, & à qui ~j'a
vois jugé à propos d'en donner ~l'ln,
tendance;peut-estre est ce parce qu'il
n'y eût jamais de Marine en cette Province;
sic'est là leur rai son
,
elleestde
meilleures, & j'y souscris d'autant plus
volontiers, que je necroypas que ~1*
même feu M. duGuay, en quelque ~ûj
tuation, qu'il foit en l'autremonde, ~sois
d'humeur de revenir en celuy cy, ~pom yexercermalgré eux unecommission
extraordinaire que j'avois crû ne pour
•
voit refuser àsesservices, & àceux ~dgl
Moeurs sesEnfans.
:.Í,,' APOSTILLE.
Mr le Marquis de Caylus, Lieute
nant General des Armées de S. M. CI
sortidu Royaume depuis plusieursans
nées pour se retirer en Espagne,où~ii
a servi le Roy avec distinction, {Lit
se rendre les premiers jours dece~moi
à la Conciergerie, au sujet du ~Duel
dont on l'avoit accusé avec M.le Chevalier
d'Auvergne, & en est sorti le
12. aprés avoir esté absous en plein
Parlement d'une voix unanime. Il y a
dix-huitans que cetteaffaireest arrivés.
La Chambre des ~Comptes de Blois,
qui est une dés plusanciennes du~Rdiaùme
par sacréation, établie à~l'instar de
celle de Paris,& des autres Chambres
des Comptes du Royaume
,
confirmée
par tous les RoisPrédecesseurs de Sa
Majesté, ayant ~deputé ses Officiers
pour complimenter le Roy sur son avenement
à la Couronne le 6. Decembre
171 5. ils ont esté presentez à Sa Majesse
par M. le Comte de Sommery, Lieutenant General de la Province, &
introduits par M. Desgranges, Maître
des Ceremonies. - AUTREAPOSTILLE.
Je vous donneray le3. de Janvier
un Supplément à ceMercure, fous le
Titre de Memoire Litteraire: On y
trouvera un Ouvrage critique sur la
controverse qui divise les Gens de Lettres;
cous les Exemplaires feront para phezdemamain.
BEahdébuten Ver% de laffn de l*Ant.: JD Suite ingeftitufede^>n Prélude.
Jjrwtattn Aux Poètes dfi'reVéloge de Loiiiii
tfjÇrayd. ; :
Od»fitr la mort d:* Roy. \I.t,
Haranguefaitea Monfeigptur le Due d'Orleamt,
par M. 4• Aionteinpuj/s, Rtfteur de /'T;«M<!
verfite 3E
Jrtfa.cefurl'Hifioire galarUe de l*Amhaffaiem.%
fit Perse ,$pel'auteur»prudemment diviféi\
parcbfpttres. 'P.
ickap. I. Des événements.curie**fui$ntfret***
T A BLE.
tlé 14 Metonde MehemetRiz.ABegtnFrance.
49
Chsp. II. Comment Afehemet jt:za Beg fut
nommé par le Kan d'Ertvan,Àm^ajf^deur
deperseenFrance. 59
Chap. III. Comment Mehem,t H;Xut Beg arriva
a Marseille
,
& ses beuux dits & gfiJlesi en
cette Ville. 74
Chip.IV. Suie du précédent Chapitre, fS comment
Mmeetkyee~m,neotpt poouurrfendit un iùoc1hond'unjeul
coup dtftn(tmeterre. 51
CKap-y. Suite du Chapitreprécèdent, & de
quantitéd'autres belles chsfes que fit &dit
Mfhemet, jusqu'aujour qu'ilfortttde Var.
feillt. ijOO
Chap VI Desayanturcs disgraces &extravagances
fihgu 'j,r,s quarrivèrent pendant le
Voyage deMthemtl deputsMarfctllejusqu'k 113 JEtat des noms des Officiers deta MaifinduRry,
de cçllesdeMadame la Ducbeffe de Berty,'de
Madame,de AfonflîgneùrjçQpc À* dtAIadamelaDurhf,
d'Orléans, 13t
ptoHvclU}deVeni£<h 177
DeRome. 1*3
jPtf Hamiiurg. 19t De Vienne. 1"6
Ve Madrid. ibo
De Londres.
r, DelaHaye. 2^7 113
D* Péris. ils,
T ABLE.
D'S. Malt.2.iiî Morts.1
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