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NOUVEAU MERCURE
A PARIS,
M. DCCXV.
M ER GÎIRE ,..Jc.;>N3JcI\f
< l, Par le Sien. Le Fevre.
Mois
de Septembre
171S*
Le prix est 30. sols reliéen veau, & î®
15.sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,t
au bout du Pont Saint Michel,
du coté du Marché-Neuf,
au Livre Royal.
s4vecjiprolrdt>ort,&Privilège dHR..j',7
MERCURE
NOUVEAUUR
l'apparence qu'il
y a qu'une infinité de
personnes ignore les
mouss & les causes du Procés
sur lequelle Roy a donné une
derniere Declaration en faveur
des Jesuites,malgré le bruit
qu'il a fait dans le monde, la
Remontrance & le Mémoire
de M. de Sacy suffisant pour
instruire amplement le Public
de cette grande affaire, on m'a
presque per suadé que jene
pouvois raisonnablementme
difpcnfer de faireimprimer les
pieces quilaconcernent. Je
me fuis rendu aux choses
qu'on m'a dites surce sujer,
& je me suis enfindeterminé
à les donner dans le Mercure,
telles qu'elles font dans l'Original.
Au reste la longueur de
ceFaâumm-i tellement étonné,
qucj'ay pris lalibertéden
retrancher routes les Nores,
quoiqu'elles foit très belles,
trèsutilesa l'intelligence dece
Procés, & très dignes de la curiosité
des Lecteurs, qui pour.
ront,si bon leur femblc
,
les
trouver chez le sieur Langlois,
Imprimeur. UJ' AU ROY,
Et à NojpigncursJefonConfeil.
SIRE,
Les Jesuites de vôtre Roïau-
:me remontrent très humbleiment
à VOSTRE MAJESTE,
que par la nature de leur engagement
,
conformément
aux Bulles quiconfirment leur
Inttitut
,
& qui ont esté remues
par les Rois prédecesseurs
de VOSTREMAJESTE'
ils conservent jusqu'à leurs
derniers voeux) non feulement
la propriété, mais aussi la joiiifsance
de leurs biens: Que leur
saint & sage Fondateur regardoitce
point de son Institut
comme essentiel, pour engager
dans ta Compagnie de
bons sujets & n'y en conserver
point d'autres: Que depuis
leur establissement en France
jusqu'autemps qu'ils ont esté
c6nt^irttsrdJe« sortir , ils y
ont joüi de ce droit en entier:
Q^îc le Roy Henry le Grand
êc glorieusememoire à* qui
voulutbienlesyrappel1er,ne
jugeant pasalors les conjonctures
favorables pour les remettre
dans leur premier état,
Ife reserva à les y rétablir intfenfibîement
, comme il parole
par les Déclarations &
[Lettres sur ce sujet : Que dans
tous les Etats du monde
,
&
même dans les EtatsProteslans
,
ilsonttoujours joiii &£
joli.lient encore de tous leurs
droits selon la forme de leur
Institut:Que d^psplusieurs,
Congrégations établiesdepuis
eux dans leRoyaume, les ru.,
jets jouissent deleurs,biens
jusqu'à la mort,& ent disposent
même
,
quand ils le jugent
a propos ,enfaveur de ces
mêmes Congrégations sans
qu'on y ait trouvé jusqu'ici de
l'inconvcnient pour l'Etat:
Que dans les autres Etats où
leurs droits ne font pas limitez
, on ne voir à leur su jet
dans les familles, ni contestarions
,
ni trouble
, non plus
qu'on en voit en Franceau ru.
jet:desmembres des autres
Congrégations ,lesquels ne
font jamais défausisdefait de
ce, quiest à eux. 1-1 kuoi ?n ,n Les ,Suppliant qs: croïen^
pas déplaire a V 0 S T R E
MAJESTE'enluy representantqu'il
feraitde sajustice,
autant que du bien <Jc)euc
Compagnie, que VOSTRB
MÀ¡.HST'E voulut dés à présent
consommer à leur égard
ce que son glorieux Ayeul
| avoit commencé.Ce ne seroit
après tout que les conserver
dans les droits que leurnaissance
leur donner ausquels
ils n'ont pas renoncé par leur
état. Ce ne seroit leur accorder
que ce qu'ils possedent
dans tous les autres Etats du
monde, &Ce qu'ilsontmême
pots.:Jé'da'ns/lcs';vofires,SIRE;
avant que le malheur des tems
lestn fistsortir.Cene setoit
queleur donner pendant quelquesannées
d'épreuve feu e-*
ment ,
& jusqu à leurentier
engagement danslaCompa- ;
gnie
, ce donr plusieurs Congregations
j ulUnt pendant;
toute leur vie sans contradiction
,
& sans que le bien pu- ,- blic paroisseen souffrir. Ce se-
1
:
roit même un moyen sur de
Emettre: la paix dans les famil les:
ül n'y auroit plus de prétexte
à descontestations que la feule
peine de rendre ce donc onest
sasi, fait former depuis un ificlc. Opendinr,SIRE, si s:.
'TRE MAJESTE jugcoitCOïlVC1-
[nablede: borner les droits des
Suppliansàl'EditdHenryyIV.
iilsrecevront toujoursavec la
plus vive reconnoissance, la
grace de s'y voir au moins
pleinement maintenus.
A ces cau fcs, SIRE,plaise àVOSTREMAJESTE',au
cas qu'Elle ne jugeât pas à propos
de rendre aux Jesuites la
joüssance& pleine disposîtion
de leurs biens jusqu'à l'émission
de leurs derniers voeux,
telle qu'ils l'avoient selon leur
Institut, avant l'Edit du Roy,,
Henry IV. de 1603. & lur-"
quoy ce Grand Prince s'estoit
toûjours reservé deleurpourvoir
, dont ils se rapporttent
aujourdhuy à la ilillicc, sagesse
& bontédeVoS.T'RIE
MAJESTA';en ce cas d'ordonner
que l'Edit de 1603.
soit exccure dans toute ConJ
etendue, selon sa forme &te.
neur.Cefaisant, queceux qui
sortiront de leur Compagnie
-"
oar le congé de leur Supérieur,
sans avoir fait leurs derniers
voeux, rentreront dans tous
xs biens & droits qui leur apattenoient
,
lorsqu'ils sont
muez dans la Compagnie,&
qui leur seroient échus & ave-
~us ,
s'ils avoient continué de
~ivre dans le siecle : desqucls
~roits & biens, la joüissance
commencera du jour de leur
ngé & retour au siecle.
( LesSupplians continueront
~urs voeux& leurs prières pour
prosperité & fanté de Vos-
REMAJESTE'.
DE; SACY, Avocate
W!V(£!W
1 MEMOIRE
Touchant les droits cL1 ceux queq
*7 les JftitescongtdlLnI dt, Icuril
Compagnie , avant cjutlsy*
aytntjait les derniers vaux,,
Il faut par rapport à l'affaire
presente diviser en deux classes
les sujets qui forment le corps
de la
-
Compagnie de JEStis.,
La première elt composée de
ceuxqui après deux années des
Noviciat ontétéadmis à faire
lesvoeux simples de pauvreté
de ch;«H:aé;&. d'obeïssance. La
fcconvjQcIdflîtlt Compofeç de
ceux qUI après un certain nombre
d'années pssees dans la
Compagnie depuis les. premiersivoe
X:, ont, EFTEADMIS;À
fjire les VCCJX lotemnelsdela
Profession.. "','
: ParlespremiersvoeuxunJe
;
suites'engageàyjvré)perpctuellement
dans la Compagnie,
supposé qu'après l'avoir
éprouvé dans Xes fonctions
pendant un certain temps,elle
lIejugo,) propre à les remplir
pour toujours. Cetengagement
n'est doncque condi~ -
tionnel; la Compagnienes'cn.
gageant de son costéà garder
celuyqui le contracte, qu'autant
qu'elle le trouvera bon,
aprèsl'avoir éprouvé.Aussi ceg
voeux (impies Ce sont-ilsen
particulier, sans que la Compagnie
les reçoive : ils lient le
Jesuite à la Compagniesans
que laCompagnieiclieàluyj
Par les voeux de Professîon
l'engagement eû mutuel entre
leJefuitc & la Compagnie.
Le Jesuite s'engage alors à vivre
perpétuellement dans la
Compagnie, & laCompagnie
l'y reçoit pour toujours. Le
temps
temps dépreuve estfini: l'état
d'un Jesuitedevient fixe,com-,
me celuy de quelque autre Religieux
que ce soit qui a fait
Profl ssion.
La différence qu'il faut mettre
icy entre la Compagnie &
entre les autres Ordres Religieux
; c'est que dans tous les
Ordres Religieux
,
il n'y a
iju'un seul temps d'épreuves ,
au bout duquel on fait la Prosession
; au lieu que dans la
Compagnie il y a deux temps
d'épreuves, tres differcns l'un
de l'autre. Le premier cft le
Noviciat de deux ans ,au bout
duquel on s'engage par les
voeux sim ples. Là commence
le second temps d'épreuves,
pendant lequel la Compagnie
exerce ses sujets dans les fonctions
qui luy sont propres;&
ces secondes épreuves se terminent
par une troisiéme année
de Noviciat, pour se difsposeriauxovoeuxnde
la .Prof.:£: C'est seulement, comme
on l'adit, par ces derniers
voeux, qu'un Jefuitc cft engagé
irrévocablement & sans
retour. Mais cela n'empêche
point que parles voeux simples
qu'il fait après le premier Noviciat.,
ilne devienne véritablement
Religieux. Il est Religieux
,
mais il peut cesser de
l'estre
, parce qu'il n'est pas
Religieux Piofés. Jusqua la
Profession
,
la Compagnie a
droit de le congédier en le dispensant
de sesvoeux; & en cc
cas il devient absolument libre
,
capable de tous les emplois
civils; il peut même, s'il
n'est point dans les Ordres,
contracter un légitimé' mariage
sans autre dispense que
celle qui resulte du congéque
le General de la Compagnie
luy donne. B ij
Telest l'Inftitut de laCompagnie
,
fciemncllcmcnt approuvépar
les SouvsrainsPonti
ses, lefquclsen l'approuvant,
ont établi un droit nouveau
en ce point,quejusques-làil
n'y avoit que lesvoeu x de Pro.
session qui donnessent proprement
la guaJitç de Religieux.
Etant une fois Religieux,'c'éstoit
une necefifjt,é de l'estre
toujours; parce qu'on ne l'étoir
que par la Prose ssion, qui
ne laisse point de retour au siecle.
Mais les Souverains Pontifes,
en approuvant le Corps
des Jesuitescomme un Ordre
Religieux,ont voulu que ceux ui s'y engageoient, & qui en
devenoient membres par les
ACCUX simplesdepauvreté,de
chasteté & d'obéilfancc
,
fussent
aussi parlà devéritables
Religieux. C'est unpoint de
Droit Ecclesiastique que l'Eglise
a ratifié au Concile,de
OTreitte,^ qui aétéreçû sans
concradiction dans tous les
Etats du tnondc,
Il n'est pas difficile de penetrer
le* raisons qui ont porté le
Saint Fondateur de la Compagnie
à y établir un si longtemps
d'épreuves. Par rapport
à la nature &à la multiplicité
des fonctions qu'il embrassoit,«
illuy filloit des sujets qui eussent
& une vertu à l'épreuve,
& des talens qui ne peuvent
se développer dans letemps du
premier Noviciat. Ce qui est
essentiel à l'état des autres Religieux
,
ils le pratiquent des
leur entrée dans la Religion :
ce qu'ils y font pendant une
premiereannée, c'cft ce qu'ils
doivent la plûpart faire toute
la vie. U.1 Jesuite au contraire
hors les exercices de la vie In-'.
terieure, ne fait rien dans le:
premier Noviciat de ce qui
doit l'occuper le reste de fcs
jours. Il luy est essentiel d'être
employé au ministre des
âmes ; il faut qu'il enseigne ou
qu'il prêche; il doit estre prest
à passer dans les pays les plus
barb ires, pour y annoncer la
foy. Or comment dans les simples
exercices du premier Noviciat
,
qui est uniquement dcftiné
à la retraite & à la priere,
la Compagnie pourroit-elle
s'assûrer qu'un sujet est propre
aux - emplois du dehors qui
sont sa fin principale? Comment
pourroit-il s'en assûrer
luy même? Il est donc neces-
1'
faire de l'éprouver dans l'exercicc
de ces emplois, avant qu'il
s'engage sans retour à les remplir
toute sa vie.
Telles ont esté les vûës de
S. Ignace,pour ne borner pas
au premier Noviciat l'épreuve
de ceux qu'il devoit admettre
dans sa Compagnie par les
voeux irrévocables de la Prosession.
Mais comme il eOoira
craindre qu'en differant trop
longtemps de fixer leur état,
quelques-uns ne succombassentau
dégoût d'une épreuve
longue & penible ; il convenoit
dopposerà leur inconf- ', tance
,.
tance l'engagement des voeux
simples. Ces voeux les lient as-
(lz, pour qu'ilsne puissent plus
reculer simplement par legereté
: mais ils ne les lient pas
non plus tellement , qu'ils ne
[puiffent'Cire déliez pour des
raisons legitimes. -Aureste>S.Ignaceen pretnant
ainsises avantages pour leCorps Religieux qu'il avoic
à former, a pourvû aussi avec
toute la sagesse-possible à lavantage
de ceux qui devoient
s'y engager. Pour cela il leur
laisse dans le siecle jusqu'au
moment de leurs derniers
voeux, tous les droits que la
naissance leur donne.Il n'exige
d'eux que les voeux simples de
pauvreté, de chaLteré)d'ob¿i'f.
sance; & ce voeu simple de
pauvreté consiste uniquement
àse dépouiller de l'usage libre
de ses biens.
Il elt vray que le S Fondateur,
pour la perfection particuliere
des sujets de sa Compagnie,
voudroit qu'ils fussent
tous aff, z détachez, pour disposer
de leurs, biens dés qu'ils,
entrent dans la Compagnie,
& pournese laisser plus dercC---«
source dans le siecle. Il veut
même que des le premier Noviciat
,
ils promettent, sans
meanmoins s'y engager par
voeu,d'abandonner r leurs biens,
,yoeij,d ab,indonncr leurs quand le Supérieur le leur ordonnera
pour leur plus grande
perfection. Maisil ordonne en
iroèmc tems aux Superieurs de
me permettre pas aux particuliers
de se dépouiller de la forte
,
si l'on ne s'est auparavant
bien assuré de leur perséverance
dans leur vocation; & il
veut qu'on neprocédé jamais
en cela qu'avec une mûre deliberation.
rAj Juiqu'à cette abdication
volontaire qui dépend de la
volonté du Superieur, & qui
n'est point du tout attachée
aux premiers voeux , comme
on le voie, un Je suite qui n'a
fait que ces premiers voeux conferve ,
,
fclon les Constitutions
de la Compagnie
,
l'entiere
propriété de ses biens acquis;
il a le même droit de succeder
, que s'il étoit encore
dans le siecle; il peut disposer
selon les loix de ce qu'ila
,
de
ce qui luy échoit. Et qui les
luy donne ces droits? c'est sa
naissance. Il les avoit avant
que de faire son voeu de pzu.,
vreté: il n'y renonce pas en le
faisant : illes a donc toûjours
au même titre. Ce qu'il conserve
de droit sur ses biens
, cecyest tout-à-fait digne
d'attention) c'est à sa naissance
cule qu'il en est redevable :
d'être Religieux sansêtreobligé
de renoncer à ces droits
c'cft à son état qu'ille doit.
Et icy se découvre une erreur
confijerable de bien des
gens sur le point dont il s'agit.
Ce ne sont point, comme ils
se l'inlaginent les Constirutions
& les Bulles des Papes qui
donnent à un Jesuite jusqu'à
ses derniers voeux la propriété
& la jcü;{f..nce de ses biens, &
qui le rendent habile à succeder
: son droit sur cela n'est
que le droit naturel, à quoy
les Constitutions & les Bulles
ne font aucun obstacle, en ne
l'obligeant à y renoncer, que
quand il fait les derniers voeux.
Au reste, levoeusimple de
pauvretéjtel qu'on le represenle
ici,n'en poinr particulier aux
Jesuites.Mcssieurs dela Mission,
les Filles de l Union Chrétienneen
font un tout pareil.
Dans ces Congrégations les
sujets retiennent la propriété
de leurs biens; ils en peuvent
disposer par dons, par tesla.
mens;ils perçoivent des successions.
Tout l'engagement
qu'ils contrarient en voüant
la pauvreté,c'estde n'user de
leurs biens que fous le bon
plaisir de leurs Supérieurs; &
les Jesuitesen sinsant leurs
premiers voeux, ne font rien
de plus à cet égard.
Nousavons exposé jusquesicy
le veritable plan de l'Institut
des Jesuites par rapport
à l'affaire presente; & leurs
droits, dans l'étendue que
nous leur avonsdonnée, y font
si clairement marquez, qu'il y
auroit de la temerité à vouloir
formerla moindre copieration
sur ce point. Aussidepuis
l'Indication de leur JCotn.
pagnie, ils .oni partout joui
pleinement&constamment de
ces droits; & ils en joùissent
encore dans tout lemonde
Chrétien, hors la France, même
dans les Etats Protestans
où ils font établis, sans qu'il
leur soit causé le moindre
troubleàcesujet. - Ht
Ils en ont même joui en
France sans aucune modification
, jusqu'au temps où ils
furent obligez d'en sortir. On
le démontre par divers Atrêts,
& entre autres par ceux que le
Parlement de Paris rendit le
Oâobres585. en saveur
de Robillard, & le 13. PC"
cembre 1592. en faveur de la
Grange, tousdeux efhnt dans laCompagnie, qui certainement
étoit alors reçue & regardée
comme un 01.dce Religieux.
C'est ce qui est incontestablement
prouvé par ces Arrestsmêmes
que les Jesuites
produisent, & par l'Arrest de
Noalhes rendu dans le même ¡,.>'
temps au Parlement de Toulouse,
quiest aussi produit. Les
Auteurs contemporains&autrois
conviennent unanimement
que ces Arrests ont esté
renias uniquement sur la difsérence
desvoeux des Jesuites;
ces témoignages font rapportez.
Les Jesuitesproduisent
aussi les Lettres Patentes, où
les Bulles qui approuvent u
confirment leur Influât font
rapportées. Ils produisent entre
autres les Parentes de Charfont
levéesles modifierions
& les icitriâtons de l'Assc de
Poissy, par lequel ils n'avoicnc
été reçûs dans le Royaume que
comme Collège & Société }
celles du même Prince du mois
de FévrierIJ74. enregistrées
au Parlement de Paris, qui autorisent
l'Inflitut des Jesuites
& la fondation des Maisons
Profcfles fondées & à fonder
dans la fuite. Celles d' Henry
III. du mois de MlY 1580.
pareillement enregistrées, qui
rappellent & confirment les
précédentes.
Les deux Arrêts rendus au
Parlement de Paris en faveur
de deux Jesuites, & qu'on rapporte
comme les plus proches
du temps, où la Compagnie
fut obligée de quitter le RoïHJmeJfone
voir quelyétoitson
dernier état avant l'Edit par lequel
Henry le Grand, de gto.
rieuse mémoire
,
voulut
bien
l'y rappeller.
Les per Tonnesen place qui
étoient alorsopposéesaurétabh{
f:m,:nc des Jduires, insiftoienr
particulièrement auprès
du Roy sur lafing-Varité d'un
Corp) Religieux
,
donc les sujcts
con servoienc a près leurs
premiers voeux des droits de
propriclé & de succession inconnus
aux auu es Or dres: &
l'on exageron fort les inconvemiens
qu'il pourroit y avoir
à le (V'ufFur. Ce Prince par une
condt(ccndancc dicme de la
fagclle pour ceux qu'il trouvolt
d'un avis contraireau fien,
crut qu'il falloit un peu ceder
au temps, & apporter aux
droitsdontil étoit question,
un tempérament, quisansruiner
absolument rinftitut des
Jcsu,ltes,dcvoit contenter leurs
advcrfaircs. Ce temperameric
est renfermé dans lart. V. de
l'Edit. Envoicy les termes: Quccyaprès tous ceuxde laditesocieté,
tantceuxqui ontfait
lesvauxfimples feulement, que
lesautres. ne pourront accruttir
dans notredit Royaume aucuns
biens immeubles par achat, dona.
tion ou autrement, sans notre permijjton.
Nepourrontaujjïaux de
ladite Sociétéprendre ni recevoir
aucunefucajjion ni directe ni collaterAle,
non plus que les autres
Rrltgitux. ET NEANMOINS AUCAS
QUE PAR CY APRE'S ILS
F JSSENT LICENTIEZ ET CONGEDIEZ
PAR LADITE COMPAGNIE
, POURRONT REN-.
TRER EN LEURS DROITSi
COMME AUPARAVANT.
Il cit vray que cet Edit ne
sur corrglfire au Pai hITIent
iqu"ipié.%dcs rcmoniranccs failcs
au Roy & de sccondes Lettres
de ltflicn; & qu'au temps
de l'cnreg:ltrco1cnt) il fut arfêté
par la Cour,que le Roy
ycroîl tres-humbhmtnt supplie
pourvoirparune Déclarationàce
ue ceux qui auroientétéquelque
temps dans la Société, ntpûffint
iire reçusaux partages , pour le
trouble qu'ils apporteroient aux
familles, Mais cela montre d'un
lôré
,
combien le Roy avoit
de sortes raisons de maintenir
îledroit des Jesuites;&delautre,
que le Parlement le tenoit
lié sur ce point pat l'Edit, tuC:
qu'à ce qu'il y fût derogé par
une Declaration de Sa Majefté.
On ne sçauroit deviner sur
quel fondement quelques personnes
ont dit que les Etats de
1614avoientaussi demandé
au Roy de fixer un temps aux
Jesuites
,
après lequel sortant
de la Compagnie ils ne pour
roient plus être reçûs à partage.
On ales cahiers imprimez
de ces Etats;iln'yestparlé des
Jesuites que dans le cahier des,
Ecclesiastiques à l'articlesixiéme
i
me qui fut accordé par le Roy.
..e voicy : QjSattendu le fruit
we font journellement les Peres
efuitrs, tant a l'avancement de
« Religion,cjuel'inlfruétion de
1 jeunesse, il plaise à VoftreAfa-
^fiéque leur College de Glermont
sur foit redonné avec leurs anlevmes
fondations, £r les voulutconserver
& prendre en i/oie
protection
, & qu'il en foit
vttid'autres dans chacune des bon.i
zs Villes de ce Royaume
)
aufmlles
ilsferont demandek par le
Ilnfentement desdites Villes
1 &
:
fotimettant par eux aux Loix
m Statuts de l'TJniverfité.
Pour revenir à nôtre sujet,
tel devint l'état des Jsuites en
France par l'Edit de leur récablissement,
qui changea Tan-"
cienne Jurisprudence. Ils ne
pûrent plus succeder à aucun
bien
, comme ils faisoient &
font encore par tout ailleurs
avant leurs derniers voeux, &
comme ilsavoient toûjours
fait en France jusqu'à l'Edit :::
mais il leur conferva cet Edit
le pouvoir de rentrer dans;
tous leurs droits, au cas qu'ils
fossent congediez par la Compagnie.
Or ce que l'Edit a laisse
;
aux Jesuites subsiste-t-il cnco.',
~Te? Et s'il eil: vray qu'il subsiste,
doit il subsister plus longtemps?
C'est ce qu'il en question
d'examiner aujourdhuy.
L'Edit, en ce qu'il declare
les Jesuites capables de rentrer
dans leurs droits, au cas qu'ils
soient congediezpar la Compagnie
,
subsiste-t-il encore?
Ec comment en pourroit on
douter? Y a t-il quelque autre
Edit qui y deroge ? Où est la.
Loy qui paroisse y être contraire.
:
Mais n'est ce pas une Loy
generale
, que tout Religieux
~estmort civilement,&ne peut
plus prétendreà rien dans le
siecle îOiiy, c'est une Loy generale
que tout Religieux Profés
ert mort civilement,&n'a
plus rien à prétendre dans le
siecle: aussi les J;:fuices Profés
n'y prétendent ils plus rien.
Ql'on parcoure routes lesLoix
du Royaume ; ce n'est que le
Religieux Profés nommément
,
qu'on y verra exclus
pour toujours des successions,
& jamais le Religieux simplement
comme Religieux, ja.:
mais le Religieux en general.
CCLOIXne contredisentpoint
l'Edu3 comme l'Edit ne déroge
en aucune façon à ces Loix.
Les Loix regardent les seuls
ReligieuxProsés, à qui le retour
au siecle estinterdit pour
toûjours;&l'Edit regarde uni-
~quement ceux d'entre les Jesuites,
qui n'étantencore Religieux
que par les voeux (imples,
peuvent en être dispensez,
& rentrer dans lesiecle
avec le congé de la Compagnie.
Or
,
dés-làqu'ils peuvent
rentrer dans le siecle., &
V reprendre leur premier état,
~ycontractermêmeun legitime
mariage, ce qui ne leur fut
jamais contesté;quelle justice
yauroit ilde leur y contester
les biens que la naissance leur
donne, au quels ilsn'ont pas
renoncé, donc ils ont besoin
pour eux & pour lesenfansqui
leur peuventnaître?
1
Un homme donne la plus
-
grande partie de son bien à un
ami,qui moyennant cela fait
un mariage considerable.Tandis
que lafamille du donataire
grossit, le donateur s'avise de
se marier luy-même;&au moment
qu'illuy naît un enfant,
sa donation devient nulle selon
les Loix ,& il reprend tout :
ce qu'il a donné. Comment
donc les Loix ôteroient-elles à
un Jesuite legitimement con-
~gédié de la Compagnie, & qui
a la liberté de le marier, le
droic de reprendre dans sa famille
des biens ausquels il n'a
pointrenoncé?
t" Sont-ils donc si coupables
ces hommes qui retournent
au siecle;parce qu'ils ne fc trouventpoint
avoir affcz de santé,
)OU certains talens nec ffaires,
pour fournir la difficile & pemible
carriere d'unJesuite?
Sont-ils si coupables
,
qu'on
noive pour cela les dépoüiller
~k~és droits que la nature leur
cs
donne,&qu'ilss'etoient sage.
ment reservez pour le temps
qu'ils éprouveroient leurs forces,
avant que d'être engagez
sans retour? Cette pieuse épreuve
qu'ils ont voulu faire
d'cux-Inêmes)cfi elle une raison
de les desheriter,& de les
mettre à cet égard au rang des
bâtards, ou des scelerats condamnez
pour toûjours aux galeres
? Les traiterat on plus
mal que des enfans vagabonds,
qui rentrent dans leurs
biens aussitôtqu'ils se fontreconnoitre?
Ce furent ces principes de
1equiré
l'équité naturelle, qui porterent
Henry le Grand à user de
toute son autorité pour aflii*
ret aux Jesuites par son Edit le
droit qu'on le sollicitoit de
leur ôccr. Nulle Loy n'y est
contraire à cet Edit:aucun auire
Edit n'y a derogé: il subsiste
onc encore aujourd'huy dans
route sa vigueur; & le droit
qu'il conferve à ceux que la
Compagnie congedie, cil toûjours
en son entier.
I- Si quelque chose pouvoit
oatoître y avoir donné atteinyc,
ce seroit une suite d'Arr êts
lui auroient été rendus contre
la dispositiondel'Edit,sur
tout dans le premier Parlement
du Royaume. Or ilest conftanr
que depuis l'Edit jusqu'à
1'.,ffjlredusieur lePicard d'Aubercourt,
on ne sçauroit citer
un seul Arrêt de cette nature.
On luy a objecté qu'un
Avocat écrivant en 1685.
dans uneaffaire des JrUlces
convenait d'une Jaritprudence
d'Arrêts opposéeàl'Edit :
mais c'est une méprise de cet
Avocat qui en cela a parlé dei
son chef Les Jesuites n'ont
jamais pûl'avoüer sur unetel-<
le fausseté
,
& ils le désavoüent
; i- 4111
jourd huy
,
aussi bien que
r ce qu'il a dit , qu'iln'y a
oint de differencepoul'enagcmcnc&:
le retranchement
u siecle entre leurs premiers
leurs seconds voeux. Desereurs
de fairne sçauroientnuià
la verité clairement prouée
par des Adtes. n
On a montrécydessus la
ifference essentielle des preoiers
& seconds voeux desJeuites
: & à l'égard de la pré-
:nduë Jurisprudence dont il glt) de trois Arrêts
,
les
,ulsquisoient intervenus sur
matiere jusqu'àl'affaire du
sieur le Picart d' Aubercourt,,
l'un est un Arrêt consenti crutre
les Parties, qui parconsequent
ne decide rien: c'est;
l' Arrêt de Martin du 23. ,No,
vembre1631. Les deuxau.
tres ont esté rendus dans i'afy
faire de Charles Begat. Le premier
qui est du 14. Mars;
1629. luy adjuge la succession,
de ClaudeBegat; & le second
quiest du 30. janvier1631.
enterine la Requête civile contre
le premier;, sur ce que
CharlesBegat se trouvoit avoir
fait les derniers voeux dans lac
Compagnie, & que d'ailleurs
ne produisoitau lieu deconé
qu'un certificat de l'avoir
btenu, & même uncertificat
rgué de faux. Il est manifeste
ue lepremier de ces Arrêts en
iveur deBegat,soy disant conedié
par la Compagnie,conrme
la disposition de l'Edit
faveur des Jesuites
: & que
:
second n'y eH point aire con-
; puisqu'il n'estfondé
Sue sur ce que Begat avoit fait
s derniers voeux, & ne proisoit
point même de congé
n forme, ce qui le mettoic
ors ducas de l'Edit.
Quelqu'un demandera peutêtre
icy commentBegat étoit
sorti des,Jesuites
,
puisqu'il
avoirfait lesderniers voeux,
C'estque parmy les Jesuites
les derniers voeux ne sont pas
Toujours les voeux de Profession
: mais ceux que la Compagnie
ne juge point a propos
d'admettre au degré de
Profés
,
font reçus par elle au
degré de Coadjuteurs spirituels,
Ces Coadjuteurs spirituels
ne font à la véritéque:
des voeux simples
: mais ils les
fDnr"en public entre les mains
du Superieur., & par ces voeux:
publics & reçus du Supérieur,,
ils deviennent, selon lesConstitutions,
incapables dequelque
succession que ce soit, &
font à cet égard au rang des
Profés. C'est là le cas où étoit
Begat, & ce qui le fit exclure
d'une succession qui lui avoit
d'abord étéadjugée conformémental'Edit
, en supposant
qu'il n'avoit encore fait
que ses premiers voeux.
Comme les Coadjuteurs [pi.
rituels ne font que des voeux
simples
,
ils peuvent toûjours
être congediez par la Compagnie
: mais comme en les faisantils
renoncent à rous leurs
droits, la Compagnie ne les
congedie jamais que pour des
raisons bien griéves. Et c'estlà
ce qui peut avoir donné lieu
à Begat de ne produire pas
son veritablecongé, où ces
raisons étoient peut être exprimées.
Quoyqu'il en foit
l'Edit , en faveur des Je suites
congédiez ne reçût aucune atteinte
dans sapersonne:voïons
si depuis il en a reçu quelqu'-
une.
Il subsistoit encore cerrainement
,
lorsque le sieur le Picart
d'Aubercourt en demanda
au Parlement l'cxccution en
sa faveur. En effet, la Cour en
1701. ayant jugé deffnitivement,
qu'ilne pouvoitêtre
debouté de sa demande sur le
fait particulier de l'affaire ,011
d'abord quelques-uns des Juges
avoient crû voir une fin
de non recevoir; Elle ordonna
par son Arrêt du 10. Mais
,
que S. M. feroit tres- humblement
fupphée d'expliquer ses
intentions sur l'Edit par rapport
aux droits des Je fuites
congediez par la Compagnie.
Le Parlement reconnoissoit
donc alors que l'Edit en faveur
des Jesuites congédiez étoit
encore dans toute sa force; &
il le reconnoissoit dans une affaire,
où tout ce qu'il s'est jamais
rendu d'Arrêts dans le
Royaume avoir esté produit ,
comme ils le sont encore aujourd'huy
par1esJefuites.Mais
il reconnoissoit aussienmême
temps, ce quiestcertain, qu'il
ne pouvoit légitimement prononcer
au préjudice de cet Edit
, à moins que le Roy ne se
fût expliqué d'une maniere à
l'y autoriser.
Il est pourtant vray que
s.
M n'ayant pas jugé à propos
de donneralors une
décision
générale,& ayant ordonné de
procéder au jugement définitifde
l'affaire particulière dans
l'état où elleétoit
,
lesieur
d'Aubercourt fut debouté de
les demandes par l'Arrest qui
s'ensuivit. Mais comme il ne
pouvoir plus Tertre par la fin
de non recevoir
,
sur quoy il
avoir g.1gné sa cause;c'est une
necessitéd'avoüer que le Parlement
se détermina enfin à juger
au préjudice de l'Edit, en
attendant qu'il plût au Roy
de s 'expliquer sur ce su jet.
Quelques personnes ont
prétendu que la Cour s'étoit
cruë suffisammentaucorisée à
juger au préjudice de l'Edit,
sur ce que l'ordre du Roy portoit
de rendre aux Parties la justice
cjuElle estimeroit leur estre
dûe. M us le Roy avoit il jamais
pu penser qu'Elle: pût
prouver de la justiceàjuger
formellementcontre un Edit.
auquel il declaroit actuellement
ne vouloir pas déroger.
C'est ce que l'Ordonnance
de S. M. condamne expressement.
Enjoignons aux Cours
l'observation des Edits tant au
jugement des procez qu'autrem,
nIJsansy contrevenir,ni que
fous prétexted'équité, bien public
, accélération de la 7ufilce
J ou
de ce que les Cours auraient à nous
reprtfenter, Elles, ni les autres
Juges, s'en pwjf-nt di.ff:>nfèr) ou
en moderer les diftofuions en quel
casy ou pour quelque cause que
ce soit. arc. 6. tit. I. de l'Observation.
1
L'Arrest du sieur d'Aubercourt
rendu au préjudice &
contre la disposition ex presse
de l'Edit ,;1 frayé le chemin à
un autre Arrestporté depuis
contre le sieur Boudart de
Cousturelle, Gentilhomme
d'Artois. Le sieur Boudart sur
les Traitez de Capitulation
,
les Déclarations & Lettres Patentes
de Sa Majclié en faveur
des Jesuites de Flandre
,
avoic
été maintenu dans tous ses
droits par Sentencecontradictoire
du Conseil d'Artois,
renduë le 21. ÑIJY 1711. La
seconde Chambre des Enquestes
par son Arrest du15.juillet
1712. annulla laSentence;
& le sieur Boudart fut débouté
malgre les Déclarations du
Roy pour la Flandre,ainsi que
le sieur dAubercourt l'avoic
étémalgré l'Editd'Henry IV.
pour la France.
- Les Jesuites n'ont pointété
jppciKzàcesjugemens: mais
ss voyant sur le point de si
multiplier, ils n'ont pas crû
ilevoir garder un plus long sibnce.
On en auroit peut-estre
Iré avantage contre eux; &on i feroit persuadé qu'ils ne
prennent point de part à fin
Tadtion de l'Edit, s'ils avoient
11tendu- plus,longtems à s'en
Plaindre.
LAfrest du sieur Boudarc
fiant dans une espece étrangèreàjPEdi-
t, il ne se trouve
incoreapréstoutd"Arteft conxe
la disposition de cet Edit)
que 1Arrête du sieur d'Aubercourt.
Or un Arrest contre lequella
partie- est en état & en
voye de se pourvoir en cassation
,
& contre lequel l'Edit
même & les Ordonnances de
S. M. sont un moyen certain
&infaillible decassation, peutil
estre serieusement opposé.
aux Jesuits&appellé la Jurisprudence
des Arrests? Des Arrests
contre un Edit peuventils
faire Loy au préjudice de
l'Edit ? C'est au Prince seul à
changer, à revoquer les Edits.
Ils subsistent donc, tandis que
le Prince n'y a point derogé:
&,
y tandis qu ils subsistent, bien
oin que les Magistrats puisent
les abroger par des jugenens
contraires, ce sontleurs
ogemens mêmes qui sont
lors reformez selon les Edits.
Il ne leur est pas même pernis
dans les doutes &lcdlfii.
ultez sur le sens des Edits, de
i:s interpréterpar leurs jugenens,
avant que d'estre ins
puits des intentions de Sa Ma C'est ce que portent les
Ordonnances : Si dans lespro-
':{ qui seront pendans en nos
ours
,
ilsurvient quelques dou-
~s ou difficultezsuraucuns articles
de nos Editi, Déclarations (Y
Lettres Patentes : Mous leurdéfendons
de les interpréter ; mais
voulons opuElles tryent à Je retirerpardevm
Nous,pour apprendre
ce qui Jera de nostre intention.
¡.
Mais en attendantque le
Roy foit consulté ,ou bienSa
Majelté différantàdeclaer ses;
intentions, si lesCourscroient
devoir prononcer au préjudice)
des Ordonnances, & qu'il foie!
intervenu consequemment un
grand nombre
d'Arrestscon-l
foriiics;cccre multitude d' Arrefis
ne fera-t elle pas une Ja-j
1
risprudence? Non:car surune
question decidée par quantité
d' Arrests qui avoient formé
uneJurisprudence presque uniforme
dans toutes les Cours
contraire aux articles 57. &
58. de l'Ordonnance de Moulins,
ileft dit dans la Dcclaration
du Roy, enregistréeau,
Parlement de Paris par Arrest
uneJurisprudence estant contraire
à une Ordonnance
, ne
peut eltre solidement établie
K]ne par une Déclaration quiy
deroge. Pour cet effet, le Roi
ed ecl are qu'ilveut bienamoriser
ces Arrests; & pour le faire,
il dérogéexpressementauxarticles
57. & jg de l'Ordonnance
de Moulins.
1
:
Delàil resulte évidemment,
que quelque nombre qu'on
pût produire d'Arrests contrai.,
res à l'Edit de 1603.en faveur:
des Je uites congédiez, ces Arrests
feroient nuls aux termes
des Ordonnances,&ne pourroient
avoir de force, qu'au-j
tant qu'il plairoit au Roy de
les autori fer
, en dérogeant àj
l'Edit dont les Cours nausoient
pas suivy la dicpofition.
Déclarons tous Arrests cr
Jrte-',
Lynl&ca&p, DVLJ^rctdZc)c-Tt^mctftcdrt
1
- 1
,
il 3 Y- i JPclsjeez^ucxttLoc,ioiws pcwscz^ coup ciici
<9omjcn^à^iusS't-uastc- taurOl
-
1 '1 ,. If joitur ele.cilarniespow* nioy>*_A£eribertfn-*clcgsjc dGl '¿.ILrurc. -
JLJvu 1 : I.. t~.y. 1*1I|»1-? l7C/"Coy-, cotltvunt J«d att-r- ¿L
.: ttcrfjrci^xnyver jue &--Il-,f
convient Seul emoz
Civ
_r
huuOtt Jm.è[;¡:é?aJ me. hvrc,Peufis
mens quiferont donnfZ contre la
disposition de nos Ordonnances,
Edits çy Déclarationsynnls fY
denuleffetcmvaleur. Art. 8.de
l'Ordonn. titre 1.
A la vérité l'usage est quelquefois
l'interprète des LOIX:
mais c'est des Loix que l'usage
même a établies,& non de celles
qui font portées dans les
Edits du Prince. Il n'appartient
qu'au Prince luy même, ainsi
qu'onla déjà dit,à les interpréter
ces Loix
, ou à y deroger
,
s'ille trouve bon: jusques-
là l'usage qui y seroit
É
gardé que comme un abus à
reformerselon la teneur des
Edirs qui lesrenfrrment.
Mais s'il est vray en toute
matiere quenul nombre d'Ar.,
restsne peut abroger un Edir„
il l'est sur tout dans la matière
pre fente, où il s'agit de TétaC
des hommesqui ne Içiuroitfis:
pre scrire. Etant attaché à leur
naissance, il est du droit public
& pu consequent il ne peut
estre changé que par la Loy::
Qvoe funt publicijuris, sola leges.
dari, sola lege adimi possunt.
Cest sur ces principes que:
feu M. Erard, Avocatcélébré,,
consulté sur l'affaire du sieur
bd'Aubercourt
,
s'explique en
xes termes dans sa Consulta-
Kion du 1j Novembre 1699.
UEditde1603. quiconferve
.Yxprfjfément le droit defuccedcr
y,,r tous les effets civils a ceux
uiferont congediez par la Compagnie
des ¡t'fuites
, & qui portent
qu'ils rentreront dans leurs
k/roits
,
na eslé changé par aucun
vautre E-dit ni Loy du Royaume.
)sAlnfxcess une LOy (ubfiftantc que
tious lesfijetsfont obligezdfui.
\jvre. VArrête que la Cour mit
ur[es Registres enfuite de la verification
de cet Edit,ne peut pas
3
ne
en empêcher l'execution : ce riétoit
qu'un voeu qu"elle faisoit
y qu'ilplutau Roy fixer un terme
vour la sortie de cette Societé.
Mais elle ne le fixe point, (7
elle reconnoit même par-là, qu'il
n'appartient qu'au Roy de lefixer.
Elle luy en a fait lafûpplication
: il n'y a pointeu d'égard, eil a latjjel'Edit dans son entier
: son refus efi encore une confirmationsurabondante
de la dif
position de l'Edit. Or cela étant,
les Juges peuvent-ils juger contre
cette dispositionsPeuvent-ils donner
atteinte à l'état d'un homme
qui s'ejt engagé dans la Société
des
des Jesuites
, (y qui en (si sorti
lafoy de cet Edit?
Que peut-on donc oppo.
ser à un particulier, qui avec
uncongé légitime de la Compagnie
se pre fenre pour ptentHrc
sa part dans l'heritagc de
Tes percs ?Je redemande, die-
1,1 ce que la naissance m'a don-,
né ,& à quoy je n'ay jamais
renoncé: sur quel fondement
me refu reroit-on ce quiest veritablement
à moy ? Ou est la,
loyquime dépouille de mon
troit naturel? J'en voy une
qui m'ymaintient,c'estEdit
D'Henry le Grand: qu'on me
montre celleen vertu de laquelleon
voudroit ncdfcsheriter
,
& changer mon état. La
Loyest précise en ma faveur
:
en vain doncm'opposeroi ")0
une prétendue Jusprudence
des Ârrets:j'appelleray deces
Arrests à la Loy
,
à tEdtr du
Prince ; c'est la regle des juftesi
Arrets. La Loy me laisse la 11-:
bertéde m'établir dans le monde,
d'entrer dans des Charges:t
comment donc pourroit-oni
prérendrequ'elle me dépouille:
du bien que le me fuis reservé,
& qui m'estnecessairepourcet
effVi ? La Loy ne sçauroitainsi
se contredire.
MJlS si ce Jesuite-étoit le
seul héritier d une famille riche
& honorable, comme il
est arrivé, & commeilpeut
arriver quelquefois; ne seroit-*
il pas odieux d'en transporter*
les biens à descollatéraux,plûtôt
que d'en laisser jouirl'hériticr
legitime,qui n'a rien fait
qUlldépoüdle »& qui esten
état de perpétuer le nom de
ses peres? Et qui doute que ce
ne fut-là violer les Loix si uni.
versellement,& si Ggemenc
établiesdanstout leRoyaume,
qui rappellent aux successions
la ligne dircte àl'infini, pour
porter) s'il se peut, à l'infini
le nom desfamilles?
On se flattedavoir suffisamment
éclairci la premicre
question
,
sçavoir sij l'Edit
d'Henry le Grand en faveur
des Jesuites congédiez subsiste
encore. Oui, cet Edit subsiste:f
& les Jesuites congédiez par la
Compagnie peuvent encore
aujourd'huy,ainsi qu'ils l'ont
toujours pû
,
reprendre dans
le siecle tous leurs droits. Mais
cet Edit doit-il subsister plus
longtems ? Henry le Grand a
déjà limité les droits des Jesuites
, en leur ôtant aptés leurs'
premiers voeuxle droit de joüir
& de disposer de leurs biens,
& ne leur biffant jusqu'aux
derniers: voeax que le seul droit
d'y rentrer, au cas qu'ils fuCsent
congédiez par la Compagnie.
Ne convient-il pas de
le modifier encore ce droit
,
:OU, de l'abroger même tout- àfait
, en reduisant les Jesuites
aurang de tous les aurres Religieux
î C'estla secondé quef-
:éofëiqji'il nous resteà examine*.
.;, Me ferat-il p, ermis de de.
mander icy si les Jesuites depuis
qu'ils ont été rappeliezen
France par l'EditHenry. le
Grand
, ont mérité par quelque
faute*qu'on ule envers
eux d'une nouvelle rigueur ?
Les temps doivent ils être aujourdhuy
plus fâcheux pour
eux, qu'ilsne l'éroienralors?
Les services qu'ils onttaché
de rendre à l'Etat depuis leur
rappel*, ne semblent ils pas au
contraire demander qu'onleur
rende
-
ce qui leur fut ôré dans
ces tem ps de disgrace';rp!&ôc
que de leur ôter ce gu't!..nry
le Grand
,
malgré tout ce qu'il
trouva d'obstacles
,
crur'devoir
alors leurconserver fii
C'dl
,
diton, l'interêt public
qui demande qu'on reduifc
les Je suites sur le pied des
autres Religieux. Mais l'interêtpublicn'est
il pas lemême
à cet égard dans tous les Etats
du monde Chrétien, où les jfuites non seulement reprennent
leurs droitsquand ils
sortent de la Compagnie avant
leurs derniers voeux ,
mais où
ils joii'fTcnr & peuvent disposer
de leurs biens dans laCompagniemême
,
pendanttout
le temps qu'elle les éprouve?
On ne les inquiète là dessus en
nul endroit du monde.
En second lieu, ce qu'on
semble trouver aujourd'huy si
contraire au bien public, fut
tant de fois & en tant de maniérés
representé comme telà
Henry le Grand, avant que
soônEdit fût enregistré. Ce
grandPrincedontla fagelfc
sur encore au dessus de sa valeur
,
après avoir tout entendu
, tout pesé
, en jugea autrement.
Il crut faire assez pour
lesfamilles,quedoter aux Jesuites
, tandis qu'ils le seroient,
la joüssance & la disposition
de leurs biens. Dépoüiller absolument
de leurs biens des sujets
qui n'y renonçoient point
par leurétat,&neleurlaisser
de partage dans le siecle où ils
pouvoienc retourner, que la
mendicité;c'est ce que ce Prince
plein d'équité eût horreur
de faire. La Compagnie se reservant
le droit de congedier
ses sujets jusqu'à la Profession,
il trouvoit de l'inhumanité à
les dépouiller de leurs droits
avant que ce temps foit expiré
; & il ne voulut jamais entendre
à y apporter aucune limitation.
Ce refus d'Henry
IV. ne doit-il pas aujourd'huy
tenir lieu de Loy ?
L'Edit de ce Prince en faveur
des Jouîtes congédiez
est , comme la Loy que les Romains
appelloient Juspostliminit,
laquelle permertoit aux
captifs dont le droit étoit demeuré
en suspens pendant leur
captivité, derentrer à leur retour
dans tous leurs biens.Ce
droit ne se preserivoit pas, parce
qu'il n'érait pas au pouvoir
ducapusderecouvrerla liber-,
té; comme il n'est pas au pouvoir
d'un Jesuite qui a fait les
premiers voeux ,
de se délier
luy même
,
il faut qu'on le congédié.:,
itr,i Tandis que les Jesuites n'onc
pas encore fait leurs derniers
'ioe)x)oncftJdit-onincertain
Hans les familles, s'ils ne reviendront
point y reprendre
eurs drOir?'9*cê quiempêche
les éta blArÍnens confinerao!
ès5,quand il s yrevien- iiell ;dvy jettent le trouble
irnHe nouveaux partages qu'il
Ssutefaire C'està ces deux chefs re duisent les raisons
Bune-.êrpublic,pour oblig r
_>csJ'fiîices à renoncer à tous
eurs droits des le temps de
Uf5 premiers VOBJX : examirdôns
en la solidité.
A l'égard de l'incertitude
doncil s'agit, le monde est
plein de ces fortes d'incertitudes,
sans qu'on se foit encore
avisé de penser qu'il fût de
bien public d'y remedier pa
de nouvelles Loix. Un per
veuf marie un fils unique: q!
fils cfl; dans l'incertitude si fo".
pere ne se remariera point, &
n'aura point d'autres enfant
qui partagent la succession.
fautil que les Loix épargnée,
au fils cetteincertitude ,en or
bligeant le pere, ou de luy ce
der tout son bien
, ou dere
noncer à un second mariage
e fils en ce cas trouveroit un
tablissement plus confidera- le mais le pere est-il obligé
se le luy procurer àce prix?
1t peut il venir dans l'esprit
qu'il soit de l'intérêtpublicde
w obliger par quelque Loy
cr)uvcllc? Cette sorte de Loy
roit au reste d'autant plus
cessairedanslesystême que
ous combattons, que pour
Jesuite qui par le délay de
Profession tient ses freres &
eurs dans cette sorte d'incerjiude
,
il y a dans le Royause
cent peres ou mères veufs,
iui par le droit qu'on leur laisle
de leremarier,tiennentleurs
enfrns dans l'incertitudex&c{
les empêchentpar-là de scladi
biu à leur gré,souventmême;
comme il conviendroit au
foû*
tienJe la fami«Ic.sj.IrVj
Mais faisons sur cela
un
fuppofinon dans nôtre fUlct
nême, & faisons la la plus
favorable qui- sepeutà la prétention
de nos adver faires.
Un jeune homme sefait Je-j
fuite,& laisse dans le siècle une
soeur unique
,
qui ne sçauroit
s'établir comme il convient Jtj
sans la portion de son frere;
qu'il conservejusquà la PIO;,
Hfcflîon. Volia sans douter ce qu on peut proposer de plus
specieux contre le droit que la
Loy rcfcrve aux Jesuites,tandis
qu'ils n'ont fait que les pie..
mniersvceux. x •;;;
Mais le demande en premierlieu
sicette fille aimeroit
mieux que son frere, sefist Ececlesiastique,
ou de 1 Oratoire,
ou qu'ilentrai chez Messieurs
WC la Mission , que de le voir.
t'eruitTroùveroi[ ellemieux
Mon compte ,
ftroitcllt, mieux
ou plûtôt mariée
,
s'illuy falloitattendre
lamort naturelle
de son frere dans ces états,où
l'on conservependant toute
la vie la jouissance & la propriété
de ses biens, que quand
illuy en faudroit attendre la
mort civile par les derniers
voeux que font les Jesuites au
bout de quelques années d'épreuve
? Pour établir toutes les
fillesqui auroient un frere Ecclesiastique,
ou de l'Oratoire,
ou de la Missîon
,
faut-il faire
une Loy qui oblige à renoncer
à ses biens, aussi-tôt qu'on embrasse
ces genres de vie ? Mais
il faudroit encore dans ces
principes que les Loix obligeassent
les Chevaliers de Malthc~
the à ne pas differer leur Profession
les trente & quarante
années, comme ils font presque
tous,& à se contenter au
moins jusques là d'une penïïon
alimentaire, pour fixer
l'incertitude des familles sur
leur sujet, & ne point mettre
d'obstacle à l'établissement de
fleurs fieres & soeurs. Il fau-
Hroitmême que ces Loix s'éendissent
jusqu'aucelibat;que
peux qui en font profession
devinssent aprés * un certain
3:emps incapables de mariage;
& que ne le reservant de leurs
oiens qu'un honnête necessaire
, ils sacrifiassent le reste au
repos & à l'établissement de
leurs familles. Revenons à nôtre
exemple.
En second lieu, ceux ouii
trouvent le bien public à ne
laisser point cettefille dans la
necessité, ou de ne s'établirpas
ou de s'établirmoins blrltan..
dis qu'elle attend les derniers:
VCÊJX de son fiere; le trouveront
ilsaussiàobligersonfrere
de luy ceder fort bien, & dei
se dépoü ller du necelTairene
pour rétablir, ou pour l'éta-j
blir mieux ? Unperen'est Probligé
de se priver du rieceffaW
re pour établir ses enfans:comrment
un frerc peut-,1 y être
aobhgé pour établir une f-oe,Ur?
Il s'agit en effet du necessaire
pour le frere : car il peut être
congedié par la Compagnie;
)& le cas arrivant, de quoy fbsistera-
t'il après qu'on laura
dépoüillé de tous ses droits? Il
faudra donc quecefrerepour
rétablir sa foeur , foie exposé
lui même àune honteuse mendicité:'
Le bel avantage pour
unefamille! La soeuremportetroit
le bien dansune famille
étrangere ; & celuy que les
Loix destinent à en per petuer
le nom ,
l'enseveliroit dans une
ignominieuse obscurité. Ce
n'est donc point le bien public
,ce n'est pas même l'avantage
des familles qu'on procurerait
; en dépouillant les Jeftkcfridudroit
naturel que la
naissance leur donne jusqu'a
leurs derniers voeux; c'est le
(impie avantage d'un enfant
qu'on procureroit au préjudice
d'un autre, & le plus souvent
mêmeaupréjudice de la
famille.
Mais un Jesuite congedié
peut il manquer de causer du
trouble dans sa famille en y
venant
reprendre ses droits? Et
ce trouble n'etf-ce pas aux
Loix à le prévenir?C'estla seconde
raison d'interest public
que l'on oppose au droit des
Jesuites, & dont il est aisé de
faire sentirlefoible.
Qael trouble pour ce donataire
dont nous avons parlé
cy-dessus,lorsqu'il r voit obligé;
de rendre ce qui luy enne..
cessaire pour soûtenir sa famille;
Mais ce trouble
,
la Loy
doit-elle le luy épargner ? Il a
dû le prévoir, & s'arranger
surce pied-là.
Que les familles fassent attention,
commeelles doivent,
que les premiersvoeux d'un Je.
fuite ne leur donnent pas le
droit de compter abfolumenc
sut sa per feverance
-, & que la
joüissance de ses biens ne leur
efl; laissée par le bienfait du
Prince
,
qua condition de les:
rendre en cas de sortie: qu'elless'arrangent
suivantla dl.f-..
position de l'Edit d'Henry IV(,
& elles ne se trouveront point
troublées, quand un Jesuite legitimement
congédié avant (es?
derniers voeux viendra y reprendre
sa place & ses droirs.,.
Des peres fages établissentleurs?
familles sur la disposition des
Loix ,&jamais les Loix n'en
troublent la Tranquillité : les
Loix ne troublent que ceux qui
refusentdes'yassujettir.
lînJefuitc congedié qui de-
1 mande à rentrer dans ses biens,
ne demande rien à quoy il ait
renoncé
,
& dont il nVittoû-
Il joursestépropriétaire à juste Ititre? Que si safamille se les est
tappropriez ces biens,c"elfune
jtipjuftice qu'elle luy a faite
; &
lesLoixn'ont jamais empêche
qu'onne pût troubler un poc.
széisosenurinjuste. La simple led'un
cohéritier renverse 1 •icritier r~nverft
après vingt & trente ans des
parcages.L'absent présumé
mort revient; y eût-il cent
partages, on les reforme, pour
luy rendre le capital & les
fruits. Si donc une famille fait
des partages, sans avoir égard
au pouvoir que les Loix Ecclesiastiques
& Civiles
,
aussibien
quelaLoy naturelle,laissent
à un jeune Jesuite derentrer
dans ses droits ;elle contrevient
auxLoix cette famille,
& par cette contravention elle
merite d'être troubléedans ses
partages faits conrre ladispohtion
expressedelaLoy.. ", Un.
Un homme prest à faire un
long & périlleux voyage, laisse
en dépôt dix mille écus à un
parent, en luy disant qu'illuy
en donne l'usage jusqu'à son
retour, & la propriété même
IJaU cas que la mort le prenne
un chemin. Le voyageur revient,
&redemande le dépôt.
trouve un jeune homme qui
s'engage dans la Compagnie
pour y estre éprouvé,& qui
en sort avant les derniers
voeux Il redemande sa portion
d'herirage
,
dontil a laide ses
coheritiers dépositaires; & on
luy répond:Onenadisposé
pour aider à établir vos freres
& vos soeurs; mal-àpropos
vous venez troublervostre famille.
Eh !c'esrmoymême,s'écriera
t'il,quemafamilletroubIc,
en me re fusant ce qui est
à moy selon toures les Loix,
en voulant inhumainement
me desheriter contre tout
droit. Celuy qui ne demande
que ce qui l-uy appartient selon
les Loix,nefaitpas letrouble;
ou s'ille fait ,ceux qui le
souffrent pour avoir disposé
de ce qui ne leur appartenoit
pas, ou pour vouloir le retenirinjustement
,
doivent se
l'imputer à eux seuls.
Lors donc qu'un Jesuite
congedié parlaCompagnie va
reprendre dans le siecle des
droits au squels il n'a pas renoncé
;si la famille comptant,
comme elle a dû faire
,
qu'il
pourroir ne point per severer,
s'est arrangée sur ce pied,là,il
ne la trouble en aucune façon.
Si elle a compté absolument
sur sa perseverance, ou si elle
s'est persuadée que ne perseverant
pas, il ne pourroit rentrer
dans ses droits; ce sont
des mécompres donc elle doit
feule porter la peine par le
trouble & l'embarras ou elle
se trouve: pourquoy ignorct'ellelaLoy!
Mais convient-il de se gros
nr ainsi les objets ? Un Jesuite
congédié qui revient dans sa
famille, n'est après tout qu'un
enfant de plus qui doit en partager
le bien;unenfant
,
quia
ses-droits acquis commelesautres;
un enfant,qui sans avoir
cjlé à charge à sa famille, luy
revient souvent en état de luy
faire honneur,& d'en e stre le
soûtien par ses ralens & l'éducation
qu'il a euë. Ell-celàen
verité dequoy jetter letrouble
dans lesfamilles?Voyons nous
que lanaissance tardivedesensans
qui suivent de loin les premicr
trouble des peres &. des
meres qui ne s'attendoient plus
a en avoir? Les premiers nez
peuvent ressentir de là peine,
envoyant croître le nombre
de leurs coheritiers:mais serace
jamais la une raison d'exclurede
la succession paternelle
ceux qui viendroienr un peu
tard à la partager ,
& de fixer
par les Loix le nombre desensans
habiles à succeder?
Que deviennent donc les
raisons de bien public
, pour
retrancher aux Jc suites les
droits que la natureleur donne,
& que les Loix leuront as
sûrezjusqu'icy ? Il n'est pascontre
le bien public que les
sujets des Congregations de
l'Oratoire
,
de la Mission,da.
l'Union Chrétienne :) conservent
tous jusqu'à la mort la
)joiiflince & la proprieté de
¡leul'5 biens;qu'ilspuissent toûjoursen
disposer, & mêmeen
faveur des Congregations où
ils vivenr. Comment donc
pourroit il estre contre le bien
public de laisser aux Jesuites de
[France juTcjua leurs derniers
"Voeux le seul droit qu'ils se
sont reservez de rentrer dans
leurs biens,au casqu'ils soient
obligez de rentrer dans le fiecIe?
Dans toutes ces Congregations
les sujets peuvent enlever
à leurs familles tout ce
qui est à eux, sans qu'on ait
crû jusques icy devoir y apporterd'obstacle.
Un Jesuite,
tandis qu'il est Jesuite, n'oste
rien à la famille ; il ne se reserve
que le pouvoir de reprendre
sesdroits,&cela pendant
letemps que la Compagniel'éprouve
pour l'admettre
aux derniers voeux: peuton
le réduire à moins? Entre
les Jesuites que la Compagnie
rient dans les épreuves, elle en
congediera peutestre quatre
ou cinq sur cent: cft ce là dequoy
s'allarmer pour le bien
public?
Mais les Jesuites qui sont
encore dans le temps d'épreuves
,qu'ont-ils fait plus que les
autres sujets des autres Congregations
,pour les vouloir
fairechanger d'étatmalgré
eux, en les dépouillant des
droits que la naissance leur
donne, queleur Institut permet
qu'ils conservent,qu'un
Edit du Prince autorité ? C'est
sur lafoy de cet Edit qu'ils se
font engagez à la Compagnie
par des voeux simples
; c'est
dans l'assûrancc que si elle ne
jugeoit pas à propos de se les
engagerpourtoûjours
,
engager pour toûjours) ils
pourroient au moins reprendre
avec la dispense de leurs
voeux Luipremieretat&leurs
droits dans le siecle. De[oO'i.[
aujourd'huy à Ï) cet Editiliefc,-
roit ce pas les autoriser à reclamer
contre un engage-
1TIent dont on changreroit une
des conditions des pVlfus essentielles,&
faire par là une playe
mortelleàla Compagnie?
Ilest vray que des familles
se trouveront quelquefois surchargées
d'un sujet que la
Compagnie aura congedié.
Mils quelest le plusjuste,ou
qu'unefamille reprenneun fujet
que la nai flTmce luy donne ;
ou que la Compagnie qui ne
a pris qu'a l'esty
,
le gade
sans pouvoir s'en aider? L'avantage
de quelques familles
ooit il l'emporter sur l'interest
pital d'un Corps de Religieux
,tous dévoüez par leurs
emplois au service du public?
Comment la Compagnie
oourroitelle les soûvenir ces - emplois, si elle n'avoir des sujets
éprouvez? Et comment
seroient ils tels, si on luy ôtoit
: moyen de leséprouver? Ne
souvant plus en renvoyer atrés
les premiers voeux ,
sans
.taindre de les voir réduits à la
~endicité,nese verroit-elle
pas comme forcée d'en garde
plusieurs qui ne luy convien
droient point,&peut-estre
même au péril d'en estre des'
honorée au dehors? D'ailleurs,
combien d'enfans de famille
& de bons su jets seroient détournez
d'encrer dans la Compagnie,
par la pensée qu'ils se
trouveroiont un joursansressource,
s'ils venoient à en sortir?
Souffrir des sujets défectueux
, manquerd'en recevoir
beaucoup de bons, ce seroit la
suite inévitable du ch angementessentiel
qu'on voudroit
faire à l'Institut de la Compa-
'Â
nie,par la suppressiondel'E-
~t dHenry le Grand. i- : Mais les Jesuites croyent
>YOII tout lieu d'esperer dela
bonté&delajustice duRoy,
»ue s'il y avoit quelque chanixment
à faire à l'Edit
, ce
~roit en leur faveur qu'il deçoit
être fait. Sa Majesté
j'ignore pas que son glorieux.
,yeul ,enrétablissant les Jesuites
en France par son Edit
croit voulu les y remettre sur
la même pied où ils y avoient é ; qu'ilnecroyoit pas qu'ils
Iwflcnt être moins bien traitez
~ns ses Etats, qu'ils l'étoient
danstous les autres Etats
<
monde,&tlvzlesPiotiftî
mêmes ; qu'il étoit rcfolu
ainsi qu'il l'avoir -fait dire ;
Pape de faire dans la fuite
petit à petit ce qu'il n'avo
pas pû fairetout à uncoup)
ce sont ses propres paroles
qu'il accorda même aprés fo
son Edir à des sujets de (
Compagnie quin'avoient p
encore fait leurs demie
voeux, dy recevoir des su
cessions pour en disposerain
qu'ils le jugeroient à propos
'&qu'ifdonna une Declar^noi
surcesujet. Seroit il rien 1
plus naturel,que le Koy vou- fûtconsommer en faveurdes
suites, un ouvrage que son
tglo.ricux Ayeul n'eût pas le
temps de conduireà sa fin,
ainsiqu'ille desiroit ? Et que
ce qu Henry le Grand croyoit
devoir àla Compagnie il y a
plus d'un fictlc, Loüis le Grand
crût pouvoir l'accorderaux
services qu'elle n'a depuis cessé
berendre à1Erat?p
L'esperancequ'auroientles
Jesuites de se voirremis dans
tous les droits que leursConstitutions
leur donnent, pourroit
paroître d'autant mieux
fondée, que le temps & l'experience
en ont levé le plus grand
obstacle, par l'établissement
de diversesCongregations,où
l'on conserve jusqu'à la mort
la joüissance & la propriété de
ses biens. Un tel usage a pû
paroître d'abqrd sujet à desinconveniens
:mais en pourroiton
trouver aujourdhuy à laisser
aux Jesuites pour le temps
que laCompagnie les éprouve,
le droit dont depuis longtems
on voit joüir sans inconvénient
les su jets de plusieurs
Congrégations pendant toute
leurvie>„
Les
Les Je1ùicesjileltvray^onc
[ Religieux dés le moment qlJils
ont fait leurs premiers
voeux:mais ils ne le sont en-
> coreque par les VCCJX simples,
) en fortequ'ils peuvent cesser
) de l'estre : la qualité de Rcligicux
ne sauroit donc préju-
) dicier en rien à leur droit. Le
voeu simple de pauvretéqu'ils
ont fait, ne les a pas dépoüillez
davantage,selon leurs Cons-
; titutions
, que le voeu simple
de pauvreté ne dépouille ceux
qui le font chez Messieurs de la
Mission,chez les Filles de l'Union
Chrétienne; & l'engagement
des voeux simples n'est
pas plus irrevocable pour un
Jesuite que pour les sujets de
ces Congrégations. En un
mot, l'Eglise qui a déclaré les
premiers voeox des Jesuites
voeux de Religion a déclaré
aussi quecesvoeux ne les dépoüillent
point de la propriété
de leurs biens. On ne peut
donc pas conclure de ce que
les Je suites font Religieux par
les voe.¿x simples
,
qu'ils sont
aussi incapables de rien posseder.
L'institution des voeux
CLnr de Droit Ecclesiastique
,
il n'appartient quaiEglise,&
d'en établir la forme
,
& d'en
interpreter les obligations.
-
Il seroit même du repos puolic
que les Jesuites reprissent
en France leurs droits, ainsi
JJJU'IISenjoiiiflent par tout ailleurs.
Conservant alors jufigu'à
leurs derniers voeux la
joüissance de leurs bienslors-
Jou'lls seroient congediez par
a Compagnie, ils n'éprouveoient
pas les difficultez qu'ils
prouvent aujourd'huy pour
"en remettreen possession. Et
iVeft-làla vraïe source du trou-
~ole des familles. La longue
joüissance d'un bien fait qu'on
s'accoûtume à le regarder con
me propre:&accoutumé qu
on est à le regarder comm
propre, on ne peut plus seré
foudre à le rendre. Delà le
violences, les contestation
qu'ont eu à essuyer depuis l'
dit, les Jesuites que la Com
pagnie a congédiez. Ce n'es
donc pas véritablement 1
droit des Jesuites qui troubl
les familles,c'est la restrictio
de leur droit, qui fouve
a troublées par l'avidité de
coheritiers à laquellecette~res
triction a donné lieu. Juftc
raisons pour lesJesuitesde Tou
haitter & d'esperer mesme
d'estre remis par le Roy dans
tous leurs droits. Ce seroit une
grande joye pour eux de revoir
sur ce point, comme sur
tout le reste
,
l'uniformité de
laCompagnieétabliedans tout
le monde.
DE SACY,Avocat.
-
Le Factum qu'on vient de
lire m'a jetté si loin, & je me
fuis apperccu si tard de ce qu'il
ôte au reste des matieres destinées
à remplir ce Volume,que
je ne songe maintenant qu'à le
grossir, pour ne derober rien
aux Lecteurs ,à qui j é p..rgnc:
en mesmetemps la peine de
lire ce mois-ci la Declaration
du feu Roy,& l'Arrest de la
Cour de Parlement pour l'enregistrement
de ladite Declaration
concernant les Jesuites.Si
ce Memoire a paru long, je
mets immédiatement à sasuite
des pieces qu'on trouvera
sans doute plus interessantes,
à commencer par la copie
d'une Lettre que je viens de
recevoir de M. P. dont tous les
Ouvrages ont esté jusqu'à present
favorablement receus du
Public.Voicy les propres teriecs
de sa Lettre.
,
J'ay des griefs contre vous,
,'Monfie",J ql/tlfautvous expliwer
; car je ne vous croy pas la
mjcierjce asi' délicatesurlefu-
! dont il ell queflton, pour sentir
¡rjtre tortde vous-mêmeyoy vous
Il' devinerie^ peut-cflrejamais
we cefont devos éloges quej'ay
$mc plaindre,si jene vous le dit
ïspas;vo* vis pas; voicy pourcjuoy j'ay
•oululesjufltfier je crains d'a.
mrfait lecontraire; jugez de
oora embarras. Mais, mafoy,
vifqUt vousave% faitlafautey
chose vous regardeplus que
oy , çy celles que jestray dans
mes amusemens,ferontys'il vouj
plaît, sur d-vôtrecompte Jtire
vous en comme vous pourrez ;
jè
vous embarque la dans une assi
mauvaise affaire
J C vous ne
vous attendiez peut-eflrepas à
un remerciement si mal tourne 4
tant mieux,celavous ApprendrA:
une autre fois à ne pas facrifitfj
voflresincerité à vostrepolitejpîjc
vous envoye une Ode moitiépa-\
rodiée& moitié imitée de Roufseau
; des reponses aux quefiions
quej"ay proposées le mon dernier,
& je vaisfaire dans cette Lettre
quelques rejlextons à ma manière
sur la fameuse querfl/ç desAn?
cleni.
Miens. Comme les préjuge ne
montpoint gagnE) & qu'il importe
fort peu à un ignorant corntWC
moy que les Anciens ayent la
flirejerence sur les Afodernes, ou
Itut ceux (y l'emportent sur les
Anciens je cherche feulement de
gifles idées qui me fassentdijhnwucr
le vray d'avec le faux
, &
£tflimer les Ouvrages que par
b'ur propre valeur
J
sans égard à
Ancienneté des Auteurs;si mes
xifonnemens ne fontpasjustes3je
jftray ravi d'eflredeÇabufé par
eux qui penseront mieux que
woy.J'entre en matiere.
i Nousnepouvons,dit-onyfans
injuflice refujer notreejhme aux
Anciens
,
ils la meTZ/enrd'autant
mieux
, que n'ayant point eu de
modeles, ils nt doivent qu'a euxmêmes
la gloire qu'ils ont acquit,
si; en effet, il paroît que les
pre4
miers Auteurs ayantl'avantage
de l'invention
,
le mérité de ceux
qui les ontsuivi a diminuefticeef^, si fivemtnt a mesure que le nfJmbr;
des Ecrivainss'eflaccru
,
defOrte1
que par cette gradationIlsMo
dernes ne pouvant plus inventei
ni rien dire de nouveau ,se trotfi
veront dans la plus bassi clajpdt
la Littérature;voila l'abrégédel
raisonnemensJpeçieux de la pinpart
des hommes (!J"' le point de
veuë où ils se font place pour
juger duprix des Ouvrages, l'envie
de quelques Auteurs pour
leurs contemporains s'efl jointe
aux préventionsJ& enfin. la coutume
d'estimer mieux les chojes
que nous avons perdues que celles
dont nous joüiffins
, a achevé de
jîttrr les hommes dans terreur qui
sess ainsi établie à la honte de lA
raison.
Mais comme toutes chofcs ont
dijferens points de veuë
3 ne s'en
trouveroit-il point un meilleur
) cr la difficultéde produire s'étant
augmentée avec les Ouvrages,
dans la neccfJÙéde rejetternospropres
pensées
,
quand nous nous
fommtSrencontrez avecceux qui
nous ont precedez;nesipourroitil
point faire que les Modernes
ayant eu plus de dijfcultt^ àfurmonteryeujfentaujjt
plus de mérité,
C'cftce qu'ilfautexaminer.
Je croy que l'onconviendra que
les hummes ayant été de tout tems
forme de U même matiere
J &
compost J::s mêmes parties que
ceux d'aujokrd'huy, les efpnts
d'à present font aujji de la même
nature que ceux d'autrefoisy £7*
qu'il n'y a jamais eu dans les uns
pi dans les autres d'autres diffirences
que ulLs que lavariétéde
la natureyproduit. Cette é9g4alité 1 te
supposée voyonsla dffrençequ'il
peuty avoir eu dans les pre;duc.
tions de l'esprit. Les premiers fir-
C.less'ëtant paffrz dans les occupations
que donnoient AUX hommes
la neaJJiié de pourvoir à leurs be. foins de chercher dans la nature
les secours qu'ils en pou-
voi,ent tirer , ce na, été qu,apres
que cees adeéccoouu'Vvecrrtteess ont eérteéfaaiitt.e,ss,
c, que les Sciences e les Arts
utiles ont étéconnus, que les hommes
ayant plui de loijir, donnerent
une partie de leurs occupations
aux ouvrages d'ejpriti les
premiers qui ont paru nont pas
duejlreexceUens
3
cespîecesaniiques
Jeroient pourtant dignes de
curiojité,ji le bavard en avonfait
parvenir quelquesunes jusques à
nous; mais on a refermé iattention
pour les bons Ouvrages) &
noussommesheureuxaprès
tant de jÙcles qu'une partie de ce
qui a été produit de meilleurdans
tous les temps ait été confirmé.
Est-ilpojjible que l'on puiffi
se persuader que les chefs d'ceurures
ayent été produits du pre.
mier coup; rieft-il pas pluÍraisonnable
depenjer, supposantcapacitéégale
à que plus une picce
ttft ancienne , & moins elle doit
Mire parfaite3quoyquen difèMakdame
D. qui veut excepter Hommcre
de la Loy genera/e. Songe-
Uniey quelque grand qu'ilfuty na lu imaginer&perfeélionnerïArt
1 tn même temps; on r/y efl parve-
! nu que par dfgrez
, ce n'a été
i quaprès les rrflexions faites sur
i les premier Ouvrages que les correftionsy
ont donnéunmeilleure
* forme, la critiquey a sans doute
beaucoup contribué
9
filon que les
Lraèur ont étébien ou mal affel}'
Z
,
ils ont approuvé ou condamné
j on a cherché les causes du
p/àifîr ou du dégoûtil'opinion du
plus grand nombrea preva'u JtfJ4
a étabyl peu a peu les réglésde, lj4rtqueles dateurs riauraient pas J.l,tottrouvéessfans r;, cesecours ;
que l'on ne dise point quHvm"e
avoit plus de genie que ceux qui
pauvoient juger de ses Ouvrages,
cela ne conclut rien
J
l'amourpropre
nous fait toujours illuftonfut
nos Ouvrages
> & nous empêche
de faire de jtijlesdlfinéîions, entre
lemediocre,le bon, (7 l'excellent;
un autre lesfait quelquefois
du premier coup d'oet!
, CiT fan
sçait jJeZ par experience quun
tuteur profite souvent des avis
que luy.donnent de moinshabiles
) gens que luy; ilafallu necefj>nres
ment un certain temps pourayri-
? verpar a/-gre'{ à l<*perfefltonMes
spiresont invenré, les enfantsont
,pfrfic1¿oné ; ceux qui appellent
Momerele Pere de la Poësie me
1 permettront bien de future cette
Ilidée;je conviens doncque les Antrientfont
les Peres de la Littera-
Mure3mais comme les enfans ne
\fontptà toujourssemblablesaleurs
qperes,&que lesuns ontplusJeftiprit3.&
les autres moins, la na-
Wure prudenteproduisant les différentsgenies
pour les dffrens ufayges
ausquelselle les difiine3 ceux
Ifl.ui n'ont pas étéavantlogez, d'un
efPrir superieur
,
incapables de
produire eux-mêmes
9 & ne comprenais
pas que leurs peres pussent
eflrefurpa/Jt^
,
les ont pris
pour mode/es, se font arp[ique
à réduire leurs pratiques en preceptesy
les ont donné de la meilleure
foy du monde
J
pour les réglés de
i'An
3
qu'ils ontsuivy tres-fcrupuleufment,
ne pouvans mieux
faire
s & quelques-uns s'élans
munis de lascience des mots
3
se
fontjudicieusement borne à rendre
dans leurs Langues les Auteurs
anciensJGpar d'amples explications
ont prétendu faire connaître
aux autres les beautez
i*ilsf,ecroyoieni fruls capdblss
sentir. Voilà l'origine du PeuyCommentateur
ey Traduit*ury
m opiniâtres & entetr, qui
demordent jamais de leurs opinons
, Ër avec qui il est inutile
mettre la vente en évidence ;
i nen font pas reste là,perfuaqueles
Anciens éioient infiYli-
'Tnt audessus des Modernes
,
ils
- ont traité de Divins, ont éle-
? des Autelsà Idoles de leur
pagination
y
gr leur ont éIaby
8 culte; les ignorons & lesfly-
Wes ont cru ces Doélu*s surleur
\;ro'e
, çy comme ils font malmreujemmt
le plus grand nomb
!' ", re, l'erreur a gagvé
, CC s
rpnreoftcijoHn? gcneralement établie; vc dA la
lesvéritables
causes de la Co i1.()< M::HS ceux qui se font tro
,vez plus favorablement traite
de la nature) s'étantpreservez 6
la contagio-n, sefontmis au-d>fft
des prljuz, Z )
ont mis àprofit II
le&tred:-> pnmurs Ouvrages^
comme un bon Piloteprofite des
routes déja tracées,évite les tcueili
0* fait de nouvellesdécouvertest
ils ont ainft porté firruention e
la perfciion plus loin, sans se
[ouftrairea la teconnoijfance deuë
a leurs predcceffiurs
>
-qui leur
tnt épargné i3inconvénient des
mutes fautes inséparables des
tS Jlepay
,
leur avoientainsî
wf le moyen de parvenir plus
Mementau butpropcfc; lesOit-
%ess''ejlant enfuite multiplieZ
Montes fortes de sur ts ,
le ge-
Teroit enfin devenu mutile dans
tfcejfite de ne pouvoir plus rien idé nouveau ,
si d\-xc:liens
mles de nôjlre temps ne nous
k.nt fait voir que les matières
mvent vavief à l'infini; enefl
ijOflafrplreitssdfo'urnmûsJïrtguItérésqae
pritsd'un''ccat'raficre original r.;u ëlere origin4l,
Slonné a leurs Ouvrages,ils
prouvé moyen à forte dlrf}rit
d; rendre
, pour ainsi dire, rioi
évveeaauu ce qquuiinnee lI''éé'roltplus) defl
que la portion âtDrit qui A
trouvéeinutile à l'invention
, «
tournée au profit de la préafiom
du choix, du tour& de la di
catefje des pensées cm des exp
fions. C'ejlainfique de Modenà
en Modernes l'art Ë7 le
go,,",
fontperfectionne%,que«jjj /Mf ~M
joiijjons par la leBure- des dernjk
Ouvrages, nonfeulement de m
ce qu'ily a de bon dans les &
ciens, mais encore de celui
produit de meilleur dans tous
temps, perfectionne par les rejm
xions, les critiquesjudtcieufesm
legoût descentessuperieurs.
Je crainsbien que tout ce raisonnement
nefortinutile
, tant de
l,rns ont écritsurce fujt} que je
t ne doutepointque l'on ait déjàeu
les mêmes peufers%&qu'on ht les
* ait exprimé plus heureusement ;
maisje vouépuis protcfkrqueje
riay pas fJJeu la centième partie de
tout cequ'onafait sur cela. Vous
) devezme regarderàpeupréscomime
te premierqui en aufoitditson
{ fintiment;jefuis. enxela dans le
)
casdesjincieniy ainft il neferpit lpat surprenant que j'eusse mal
t»fMéüofdfei.r,n,'e;nssaiisjjfef,umisefduanissrleenccaosndteres
avec quelquautre; rjoila dejacheufesJttuations
,quoyquil en
fait, à la bonne heuresirpenfl
)uP>jeme contente du bonJem
qui faitdistinguerfimplemcnt le
i/ray aueclefaux, &je me
détache par raijonde la pénétration
d'esprit qui faisant trouver
toutes lesdifférentesmaniérés d'api
perevoirl'un &' l'autre,produit
les diftinElionsjubtiles &lesptnfées
d'licdtes ; à propos de cela je
1outdiray^encore ep pajfantquil
m4Jernhlè queAnciensontplus
de bonfçns que d'écrit,grqueles
Modernes"joignentplusJouvent
l'un a-.I'Rtr(JÂ'iI tous Usage*.
mens
vnens qui les peuventjaire goütter.
Adieu,Monjïcur
) vous dej~
c~ être du moins au/fi las de lire,
Hr j,e leJuis d'avoir écrit defui-
Ye unesilongue Lettre, Voiry mon
30defuremèmefujet.
ODE.
Imitation de l'Ode surles
Conquêrans de Rousseau.
Homere
3 que le temps couronne;
Me lagloire dont tu jouis
> 'Et de l'éclat qui tenvironne,
JocrontnOUt toujours ébloüis.
Tes Trddwclurs te font l'Idole,
Du Culte honteux &frivole3
Dontils honorent tes Autels ;
Verrons nous toujours leurs Capriees
Te prophancr les sacrifices,
Qui ne font dus qe/aux Immortels
? m-
Le Pedant de ta. Poèsie
, Est charmé, ravy ,
transports;
A chaque pageilse recrie,
Quelle force
,
quellebeauté!
Cesimages font agréables
1 Ces comparaisons admirables,
Quelsfom,quelle fublimté !
C'fft ainji qu'un faux Sçavant
prouve
P~c danJ HomèreJeuIon trouve,
Tout cequidoiteifreimité.
m
Maisde quelque superbe titret
Dont,a tort,yo/Vhonoré,
Prénom laraisonpour arbitre
Lisons cet Ouvrage admiré.
Que vois-je!baetes- circonfiances , Faussesimages
J
négligences
3 Froids discoUrs sur grands mots
monte ;
Etrange beautéquisiforme
y
Souvent de l'ajfcmblage énorme>
D'un tas de ridiculitez
Sont-celày Tradufttice hAbile,
Ces grands modeléssivante%,
Voyons commnt, e de quel
flile (tf!
Vous nou; prouverez leurs beau-
Tant que nostre erreur vous
fécondé
Les Grecs font les Maîtres du
monde
Et leur éclat nous éblouit;
Mais au moindre txamenfuneftr,
Le marque tombe, Homcre rejle9
Et leCDivinÎsé-vanouit.
Mais je veux que de vojife
Homere
Lïouvrage doive eflre vanté
Quelque endroit moins digne de flaire
N'en pourr.-tpil être excepte?
Pas une injure,une épithete
-
Ces longs discours que l'on refête)
Ne pouront estre critiquez :
Etjusquau Bouclierd'Achille
Une admirationservile
Yferatrouver des beautek.
Quelapréventionnousquitte, ep la source de nos erreurs
Tendons juflice auyray merite
> Vans égard aux temps , aux
Auteurs.
* Réglonsnoussur cette maxime;
Nous devons aux Grecs de l'estime
:es 'r- temps grossiers parlent pour
eux;
.lt4aiscroyonsma!!.,rélesfuJfdgSJ
Que les beautrz de leurs ouvrages
Sont souvent des diffauts heureux.
Q14qy donc, les PerraultsquorJi méprije
Meferont honortr les Grecs,
Et toujours ma raison surprise
Leuradrejftra ses refpeclî
3 M'exttlfiant a chaque page Je , prodiguerois mon hommage
,
jétout ce quifort de leurs mains,
Etjepourroitforcer ma bouche,
A louerce * Herosfarouche
2
Digne du goustdesdnciens.
*Achille.
Commentateurs espritsvulgiires
, -:;esse de vous en orbuîllir,
C) ces Lauriers imaginaires
9nel'erreur vous afait cuëillir ;
!ugsinsense'{que mous esses
\Letemps chez nous fait les
Poëtes .- es ans vous cachent leurs
drffiuts.
! que la raisonvouséclairey
ZIes Auteurs quisçavent nous
plaire
Valent- ils mieux que des
Perrauts
En 11Jaln dans un amplevolumey
D'oouutrtargaesspPoorrtteez,aàel'xexcceèss,,
Vous mous flattez que vostre
plume
D'Houdart détruira, le succés; ( Che.-< lrry laraifonépurée,
* Marche dans larouteajifurée
, ]
Dont vous ignorez les flntifrs;
Le Patnajje prendsa querelle ,
Etffait malgrévofirefcquelle
Changervosmépris en Lauriers.
Faites maintenant Tufagc
qu'ilvous plaira des réponses
que je vous envoye aux cjucftions
propokzJe mois dernier.
Réponfcs
Réponses aux Questions.
Réponse à la première.
Par l'Amant opiniâtre.
Lequel a le plus à souffrir
du coeuroudel'amour propre
par le mépris d'un objet aimé.
La qurflion eji'vaine;
Un cotât bien enfiamé.
N'éprouve que la peine
Ve riejlre pas aimé.
im -
Réponse à la seconde. Par un
Inconstant.
Lequel des deux est le plus
satisfait, lorsque la personne
aimée n'a plus de ngutur.
Quand le coeursatisfait
N'a plussa douce amorce,
L'amour propre nousfait
Sentir toutesaforce.
Réponse à la troisiéme. Par le
mary clair voyant.
Si l'on peut aimer par
devoir, & ce quec'est précifc-,
ment que cet amour.1
IJamour de devoireflle nom
d'uneebofequiriexijlc point; une
cbimere que lesfemmes ont inge-
- nieufement inventée pour donner
le change aux maris,&leurfaire.
prendre l'ombre pour la
realité.Le]
masque ojfaeux de leur coeur qui
cach? l'Amantquil'occupe. Vnt
!belle fuperficte
t e un mauvais
fonds. Un moyen de lever le tribut
conjugal & de faire la contrebande.
L'appasdes Dupes, la
Pijlole volante de Venus, cm l'attrapeminette
de lagrande Confrérie.
- --
Réponseà laquatriéme ,par
un mary à la vieille mode.
Si l'onne doit pas fouhaicter
la vivacité des sentiments
, du coeur dans une femme comme
dans une maîtresse.
Jadisl'Epouxétoit Amant
Comme /'EpouJe étoit Amantet
Mais dans le Jtecle d'à present
Onfuit maxime différente.
Comme on ne prend plusparchoix
Ce n'est que dans uhe Maifl'tffe
Qu'onveutvivacité, t':nar,-jJè,
Uhymenestprivedeses droits.
Pour moy qui n'aime point la
mode,
Je ne fuispoint cette methode.
Commejayfemme par bonheur,
Quiparoîtamesyeuxaimable,
Je ïaime, Ci trouve de son coeur
La vivacitésouhaitable ;
Heureux3fipcwmoyson ardeur
Me defltne un bonheur durable.
st
Réponse à la cinquième. Par
l'Amanc commode, & parcffeux,
Si l'on doit encore aimer
uneinfidele qui cesse de l'être. F-repentions adce d~e~lMicaftfe/jej~ësa
party ne devrait- on pas profiterde
l'intçrv-ale de l'infidélité àune
Maîtrefie pour prendre pourainsi
direhaleine>comme l'onfait diète
après un grand repas ;lesplaisirs
'Veulerlt être quitte^
,
ils se font
mieux sentir par reprises ; que
Yony pense bien, l'infidélité âses
commodité% quandelle n'a qu'un
temps ; compte-t-onpour rien que
le retour d'une Maîtrefo nous.
épargne lesjrais du longprélude
d'un, passion nouvelle3 les craintes,
A
< ils,yr les chagrins qui
enfont inféparahles,& que nous
retrouvonstoutd'un coup (7sans
paneylepiaijird'eflre aimé d'une
personne aimable; quelle fatisfaéîionpour
l'amour propre,que
d'obliger un coeur volage à rentrer
dans nos chaînesyce(lainjique
Plus un bien perdu;
A coûté d'allarmes,
Plus il a de charmes
, Quand il est rendu.
Quedefélicité^ par cet heureux
retour3 nouveaux rrnpreftemens>
augmentation de charmes,
&de tendnjjt,diftrs deplaire redouble^;
quel bonheur pour un
homme qui jteft prejervé 4e la
contagion des préjuge
J'ay suffisamment répondu
àlasixiéme. Js suis Monsieur,
vôtre,&c.
Voicy d'autres réponses
aux mêmes questions
,
elles
font d'un de mes plus fideles
&demes plusingénieux Partisans.
Réponse à la premiere
que stion.
Quandon aimeparfaitement
Une Iris pleine de mente )
L'amourpropre est Jans mouvement,
N iiij
Ousavigueur (flbien petite.
A.'orJ plus cruelque la mort,
Son mépris nous cauje unmarytre;
Mais quand onpeuls'aimer encor
Bientôt pour une autre onjoupire. !
Réponfc à la fecon/c
question.
J'ufè encor du même argument
,
MAIS d'autrefaçonjel'applique,
Iris rend un coeur plus content
Quandelle en ejll'objetunique, P
Mais lorfquavecfoypartagé,
De la vaincre il obtient la g'oire,
JCe coeurjoibUmatengage
ftmolnsfinfible a sa viébire*
Réponfc à la troifiémc
igueftion.
On n'aime jamaispardevoir
,
Htamourbannit toute contrainte, tout cclujyqu'on dit avoir
Wejl rien qu'impoflure, & que
feinte.
L'on peut pourtantaimersans
fard,
'htS noeuds d'une bjmen agréable,
fais le devoirn'apoint de part
Y ce qu'ony trouve d'aimable.
En mariage les Epoux
Se doivent tout au moins l'estime,
Si lesnoeudsn'enfontpasstdoux
Bien des gens font un plus grand
crzme.
Réponse à la quatrième
qticilion.
Ces mouvements impetueux
NousplaijcntdansuncAdaîtrefel
Mais pourl'mhymezn noeusulmxon,
Une moins bouillante tendrejie.
On voitSiI Onvoitcettesensible ardeur I
Bientôtdesa route egaréey 1
Etjerien mets point la douceur V
CDans l'excès
>
m m dans ladurée.
2%~î
L'amour qui prend un vol
trop fort
Æfl une espece de manie,
JJn amourJage mieux d'accord
,Tait une plus douce harmonie.
Réponfc à la cinquième
igueftion.
Amoursensible au dernier point 1
/V.'peutfouffrtr les irfideles
, ffit cest pour les fuir de plus loin
Our ce DieuJe fert deses aîleso
Ilfitjadis grâce à Pfiché,
mais lecrime étoitpardonnable9
Envain la liel'tutcherche d
Si[on coeur tûtaétécouupable. 1
-
Réponfc à la sixiéme
question J
Lequel a plus deraison ou
de Madame Dacier, de nous
avoir donné la Traduction
d'Homere,comme celle d'un
Original par fait, ou de M. de
jlaaMMoorrrtetedd''aavvooirirchoisicemê- c oi f ce
mIemHomierte paoutr einofairne un.e
Lafçavante Amynthe arai/on
Defaire un fortgrandcas
d'Ho.1
mere,
!
Ilfut des Mufes nourrisson, l
les grâces te premier Perc.
De prétendre qu'ilfoitparfait
().'tter lepancgitique
y
Jouvent lorfquon vient au
fait
ort d'unfommrilPoëtique.
'on adversaire en L'imitant
it avec plus d'avantage,
de tant de défauts exernpt
fait un bien meilleur Ouvrage.
m
De cet Arrêt je me fais fort,
ra confqtience cft necrfFire,
d'Houdart on retranche encor
ness rien de bon dans Homere.
Jay itccu uli grant numbl
d autres réponses aux même
questions ; mais je prie ceu
quime lesont envoyées,d
ne pas trouver mauvais , apre
avoir lûcelle cy , que je fup
prime les leurs, (auf à eux
se dédommager de cette fup
spurerssion,si bon leur semble
les Bouts-rimez que j
leur propose.
Saph:
Cingl
Epingl
Deif
Suffi
Zuingle
Tringle
Bouffy
Allasse
Paillasse
Ginguet
Ligourne
Trinquet
Enfourne.
A propos de Boutsrimez,
M. deTresvillon Commissaired'Artillerievient
de m'envoyer
un Sonnet sur les rimes
propo fées il y a deux mois.
1. Son cfprit dans son sujet,luy
fait tireruneconjecture qui,
quoyque sans aucun fondement
apparent, ameine à la
gloire de Monseigneur le^
DDuuccd'dOOrlécaénasnns nôôtrtree RRcc~uecnncr'.,
,une petite loüange qui me
paroist fort naturelle.Voicy
son Sonnet.
SONNET.
Pourfa;ve% doux Oyfcaux vostri
tendre ramage
Dans vospaijiblCJ lieux éloignez
du
«
fracas J
Vous riapprehendeT^point defil
neJle
9
- tracas J
TAndis que nous pouvons craindrk
m nouveau *
tapageJ
c<
Xe Roy si redoute des Rois du a Coquillage.
b/luffi cher auxFrançois quauxGrecs
J'étoit Calcas,
¥.n venant desubir de la Parque
le cas,
ourroit bien ranimer ces vendeurs
de fromage.
\CesmornesCitoyens a longchapeait
pOintu)
es turbulents Anglois dont ïefprit
tft têtu, Croiront nous avaller ttinfi qu'une
Allouette;
Wdis nofirefier Regent plus rufé
qu'un Minon,
\t'plus rude au combat qu'en amour
,
n'est Toinon,
nçaura les rencoignerjusques dans
leur couchette.
Les diver sions, si je ne me
trompe ,
fatiguent le Lecteur ;
& jecroy qu'il est plus content
de lire de suite toutce
qu'on a à luy donner à peu
prés demêmeespece , que de
voir un amas de saillies interrompuës,
qui le jettent dans
la necessite de recourir à tout
moment à la table pour y trouverce
qu'il cherche d'amusant
dans un Livre. Cela supposé
je vais sans varier davantage
mes matières luy faire un
ch apitresuividu restedes char
stees gtaclaentes que j'ay à luy con- ter ce mmoiosicscy y.Acommen- Acommencer
par le Portrait d'une Dame
de grande qualité
,
c'est un
original de la main d'un bon
(1 m.mc.
Portrait de Madame de * * *
Vous me demandez, Monsieur,
le Portrait de Madame de. songez vous bien à
quoy vous m'engagez? il est
bien plus aisé de sentir ses
perfections que de les peindre.
J'aurois bien envie de vous
dire seulement qu'il n'y a rien
de si beau dans la nature que
Madame de. mais vous
nemetiendriez pas quitte pour
cela, vous voudriez que j'entrasse
dans le détail de ses qualitez
& ce détail est infini.
J'imagine bien encore un
moyen pour me tirer d'affaire,
ce seroit de vous con seiller de
venir voir Madame de Il
s'en formeroit dans vôtre coeur
un portrait plus parfait que
celuy que je pourrois vous tracer
,
mais à vous dire vray ,
ce parti est un peu dangereux
& je suis trop de vos amis pour
vous engager à le prendre,
jecroy qu'il vaut mieux pour
vous que je vous envoye
1 le portrait que vous me demandez
, puisque vous avez
étéassez prudent pour me
) charger de cette commission
) en vérité je vous plaindrois
fort si vous vous estiezadressé
àun meilleur peintre, vous
payeriez cher vôtre curiosité;
mais vous avez bien pris vos
mesures
,
cependant tenez
vous bien sur vos gardes. Il
n'a jamais paru dans l'Univers
) deux plus beaux yeux que
5 ceux de Madame de on y
voit un feu brillant adouci
par une longueur proportionnée
qui touche &qui surprend.
Sa bouche façonnée d'une maniere
merveilleuse
,
donne le
plus agreable spectacle du
monde,&on ne luy pardonneroir
jamais de l'ouvrir, si
pour dédommager de ce qu'
onperd..clIe ne montroitdes
dents blanches comme de
l'yvoire qui semblent rangées
par l'artmême. Tous ses traits
figurent admirablement bien
les uns avec lesautres, & contribuent
à faire de son visage
un modele de beautéréguliere;
mais je ne craindrois pas Madame
de. si elle n'étoit que
belle, sa beauté ne luy fers
presque derien pour plaire;
un je ne sçayquoy charmant
quine doit rien aux traits,luy
gagiie seurement les coeurs.
Que seroit ce si je vous peignois
sa gorge? c'ell: une
espece de glacis du plus beau
blanc quivient descendreimperceptiblement
pour f rmer
sa taille ; & quelle taille ! une
taille pleinede majesté qui n'a
riencependant quieffarouche :
les grâces corrigent ce qu'il y
auroit de trop fier. Sa démarche
est pleinede dignité, & a
quelque chose de grand qui
la distingue des autrcs femmes.
Necroyez pas pourtant que
tant de beauté en orguëllisse
Madame de. elle a dans
les manieres cette simplicité
qu'on doit avoir quand on se
sent au dt ssus des autres; aussi tout le monde luy rend
justice, & releve avec plaisir
sesavantages ; son sexe même
est charmé de la trouver si
belle. Qui croiroit que la vanité
fit de si grands sacrifices?
il esttemps que je vous parle
de l'esprit de Madame de
- jamais vous n'en avez connu
de plus délicat
,
il est fleury
autant qu'il faut pour n'être
point
pointisec,& cependant pour
estrejuste; lajufteflcd&r.efpriD
est VQiuob delafcchfiioflfc.
Ah ! que n'avez vousvû Madame
de dans unedeses
converfationsir©ù;jdcpotiiliée
desa dignité,elle parle sans
connainte,& n'obéir qu'à
son imagination
,
elle le peur:
cette sageimagination ne ié^,
gare jamais.* Quelle facilité !
quellegrace dans ses discours!
bien différente d'Elvire qu'on
voitcontinuellement faire des
efforts pour avoir de l'esprit,
&quimalheureusement pour
ceux quiFecourcoc
, en fait
toûjoursdevains ;. Madame
Idcz^b.1ni:nltw£incr.qúo parce .Cab"it!ecpêchdr
d'en montrer .Je vous diray
encore qu'elle a beaucoup lû
mais hcuèeuftmenrclle n'apas
demeiwirc,Lquel bien pour
nous qu'elle nepuisse rien emprunter
? car sans doute elle
auroit; quelquefois lamodestièdele^
faire &certainement
onyperdroit;on n'estjamais
exposé avec elleàcet ennuy
presque seur quivients'emparer
des conservations un
peu longues:Et le moyen que
l'esprit ne foie- pas taâjours
animé avec Madame de sa
maniéré de penfer est tantôt
serieuse,tantôt gaye ,quelquefoisnégligée
; dans tous
ces états elle est toujours inimitable
& nouvelle. Ce qui
-, me surprend c'est comment
toutle monde a yant tant de
lieu d'estre content de Madame
de. peut être aussi content
de soy : voyez un peu son
;
adresse, elle prend à fcs amis
des pensées informes, elle les
met dansun beau jour,elle
jy en ajoûte quelquefois de
beaucoup plus belles qu'elle
regarde comme dépendantes
des autres;enfinelleveutestre
redevable à ses amis de tout
cequ'elle dit de bon. N'eston
pas d'ordinaire plus jaloux de
ses tresors ? quel fonds ne stut.
il pas avoir pour enrichir ainsî
les autres de son propre bien;
avec des manieres si aimables
pour le monde Madame de
aime pourtant la retraite; les
plaisirs de la Campagne la touchent,
elleypasse une partie
considerable de l'annéesans
aucre compagnie que celle de
ses femmes
:
là elle s'amuse à
cueillir des fleurs, à voir le progrés
de ses fruits, d'autres fois
elle fait retentir les échos du
son de sa voix qu'elle a fort
agreable ,souvent elle passe
sontempsàfiler:enfinellea
toutes les occupations des Bergeres
; que dis je, la plus douce
luy manque; elle n'aime pas;
quel dommage & quel crime n'est-cepas que de posseder
tant de charmes
avec un coeur
oisif? voila le seul dcffaut que
je connoisse à Madame de
il y auroit bien de l'honneur
à l'en corriger.
J'ay receu du même peintre
un petit morceau dePoësie,qui
se sent à merveille de labeauté
de son portrait. Cela n'est pas
étonnant, puisque qui a fait
l'un a fait l'autre. C'est au
Lecteuràenjuger. Ila lûsa
Prose , voicy les Vers.
PEUR DE L'AMOUR,
Fable Anacreontique sur
une jeune & aimable personne
qui quelquefois parle
Allemand
'f-"¡-
Lajeune Iris qui par son enjouëment
Etfis traits brouille mainte cervelltr,
Parfois s'amuft a parler Allemand.
RJnjoufijc 1Jt jjfyou&ïbcfnti*
*
i - nrllt,V <y- •, Tachant d\<mt ceque disoit la ::;'" Mllei,e,V
Tous ces motsJars /'ejpaïoient
grfoidcmeqt't
Sique,'peureux rtefont approcher
.ci,eu;)
ivefetiiDieuJecachoit doucement
Comme un Moineau Jecouvrant
de Jon aijle.
Lors je luy criea Amour
y
je le
iroy bien,
Tel idiome eflpour toy tropfeu*
'Vat:e,;, 1
JamaitsiVeennus r;ien fit Jon entreImàuJJimmfait
pas grandusage »Jâthcr Jon tpetitChien.
A,ce d.ijcmourlseCupidon moins tiSerajpiraflti
voie brnon ccôottée'..
Ecoute encor diç-je à l'enfant
perfide
j
CrUe de craindre unejeune
beauté.
J'écoute en vain
, & c'efi Langue
etrangere,
Me répond-il, quel efi doncce
myflere?
Sans mon bandeau féclaircirois
cecjy,
Je n'entens rienà ce langagecy,
LeJfotdeuouxejtpourtant de
.: !k'' - Cythere,
Voicyuneautre façon de
peindre.Ainôixltepertonne
,
qui ne laisse pas d'avoir son
agrément.Une Demoiselled'âne
rare beautévoulant se faire
peindre, le Rirmur-Màlouin:fit
les Verssuivants pour l'endétourner.
'¡
A Mademoiselle Welche.
Abl Philis chjngez de dcjjein
> Mon oeil nepeut vous voirsans
larmes
c
Confier h foinde jiux traits d'une impujfante
main,
,:"
-
"., , '1..
ÇhiUn.tlùÂçnçtwig*cfticn-><y
Quand elle ose se fairepeindre!
MMaaiissunucnbecfh-eefoiftcî,eriievrdeodoiilt tout
li/yperdtatoûpunduJtenl
; :
Vôtre Peintre, hetas ! cre.
nous?
Fut-ilplushabile qujfypilk*
Ne uotis peindra jamais belle
Quevous l'êtesauxycux de tous. -&
Pourformer votre teint) Phiitsp
QuilmêleteLysàlàRose;
Qttaupréscejetapeudecboje
Que l'Oàlletyla Roje (y le Lys,
Que du plus brillant Incarnat
Il bordevos lèvresvermeilles;
Ah ! jamais de ces deux merveilles
PourrA.t.ilégalerl'éclatf
Ou cherchera-t-il des couleurs
Pour tracer vos yeux, dont les
armes
Ont déjà tant eauré J'ailarmes
Aux plus inacccffiblcs coeurs.
OE
Trouvera t ildans- fonpinceau
Cetair poli,ce douxJourire,
Et mille attraits qu'on ne peut
dire,
Ni menager dans un Tableau.
Pour comble d'infidelité)
Sa trisse & cruelle manie.
Vous ravira ce fin genie,
Dwneame de notre beauté. 19
Laiff-z àd'autres recevoir
Vavantage de la peinture,
Rien n'estsi beau que de vous
voir
Telle que vousfit lanature.
J'ay cependantvotreportrait,
Mais il (si au fond de mon ame,
L'amourd'uneftêchedeflâm
Seeutt vorusyagraveir trtait.pour
J'aurois grand besoin d'être
un habile Charlatan pour
disposer l'esprit de mes Lecteurs
à recevoir de bonne grace
& sans baillerrous les Vers
qu'onm'aenvoyez ce moiscy;
mais jecroy que toute mon
éloquence autoit de la peine à
les persuader,nranmoîns quoi.
qu'ilen puisse arriver, en voici
encore une petire piece qu'il
faut qu'ilsavallent
,
s'ilteur
plaît, elle a été uitc par une
Dame sur de la conferve que
M. de avoit envoyée à une
jeune Religicufequi avoit refusé
d'en faire des coeurs.
Votreconjerveelfmerveillujey
Je njousen fais mille remerciements
y Vous en deve^ autant de com.
pliments
A l'aimable Religieuse
Qui l'a fit desablanchemain;
Mais au sujet des coeurs d'où luy
,: vie(it ce dédain,
D'enfaçonner elle sfexcufe,
ùp
fDe les toucher ellerefitse; 'f PoJu4rr mmooyyjei nnefstit;i{fppaass ddeemméêmmt
jènrzment
Jàyla'défias tout un autrefyf
tême,
Jefaisgrandcas du coeur,fource
du mouvement
C'eftluy-qui nùusélevé audessus
',
de nous. même
ill J porte nos desirsjusques au firmament
y lEt nousfait accomplirle precepte
charmant
eue'S.Jean repetoit souvent dans.
sa vieillcfie: mMéiïi<jue l'ontrouve pe,"u de
coeursdccette 'fPece,
^Jefe^arderoisdonccomme anfort
graridbonbekr .,
Dejtreowvriçte enfait de coe,!ir,
Efqqe de les tomberjeftroisa-
, tisfaite,
S'ils étaient faits comme je le
fouhaite*
., æ,,, ,:
En voicy encore qui ne (onc
affcurcmcnc pas à rebuter.
EP lGK AMME.
Les Armes de l'Amour.
VAmqur%auje#quoyquedes
;
plusadroits,
Pargrand malheur perditttnjçur
ses atm$.
-. Venus
Venus lesçait>elle accourttoute
en [armes,
JQue fere%'rv0HS sans ftêches
sanscarquois?
Qui déformaisrefpeftera Cytheres
Ne craigne^ rien, dit l'amour à
sa mere Si , contre rnoy l'on veut se revolters
lefçauray bien affermir mon Em-
pire; ,
,Mieux que mes traits, les beaux
jeux de Themire,
Quand je Doudray
, me feront
redouter.
Ceux-cy font encore fore.
raisonnables
,
le sujet d'ailleurs
enesttres-respectable de
luy-même
, & quoy qu'ils
n'ayent pas été employez à Tufage
auquellesdestinoit M.de
Formentin qui les a;-fai'ts
, -
ils
ne perdcnc pour cela rien de
leur mérité.
* INSCRIP T ION
pour laSamaritaine.
s'f routierveniens ad purum L' noxiafontem
,
Dante D0, potuit çajla redire domum.
Tu cttjusjïmili pcéiiiS cêmbariiHT
,
afin -
Supremi Jalubres posse medentis
aquas.
,'\ TR4DVCTION.,
a*
-si la femme Samaritaine
approchant de cettefontaine.
Dans un état d'impureté
if recouvrelaChasteté. ,
ôafla:hr, qui peutestre ,
comme elle
Brûles d'une ardeur criminelle,
implore ce grand Medecin
~iuy ses precepres à la trace
1.1 guérira ces feux allumez
dans ton Pein
oar les eaux vives de sa grâce,
Faites grace encorc)s'Il vous
plaist,au Sonnet que vous allcz
lire, il n'cft pas à la vérité parfait
; mais c'estlecoup d'essay
de M. Thierry qui est un jeune
homme qui a beaucoup d'esprit;
& c'est dans l'indulgence
du grand Prince dont il s'efforce
de dire quelques veritez ,
qu'il doit trouver l'excuse des
fautes de son Sonner.
SONNET.
D'un Princeoenereux,Museschantez
lagloire,
Quelobjetplus brillantpeuts'offrir
a 'vosjeux!
Il efl ainjique 'vous,ipu dufang
desDieux,
-
- Léclat de ses vertus asseureJa
memoire.
Eslimé chéri, craint suivi de la
-
viEloirey
, Sa vaillance, son nom voleront
en tous lieux,
Tout nous répondpour luy du culte
glorieux
Que des Jtecles futurs exigera
l'bijloire.
Je le vois adoré de cent peuples
divers
>
Qu'il joit donc à presentleJuje-t
de nos Vers
3 Admironsses décrets
,
refpeélons
sa puifânc.
Des loix
,
de l'équité ce grand
Prince eftl'appuy,
Etsdoitaasesvneratuissasuatannt qcue'à
Lasuprême grandeur qu'ilpof*
fede aUjourd'huy.;
-
Je vous donnay le mois
dernier fous le bon plaisir de
M.J. B. Coignard Imprimeur
de l'Academie Françoise ,un
extrait sîngulier de l'Ode de
dm. Roy qui a remporté le
~Prix de la Poësie
,
je devois, &
t(je dois même encore vous faire
qparteemois cyde son remerciement
à Messieurs delAcabdemie
; mais un Poète mécori.
~tent ou jaloux des Lauriers
~quiluy ont estéajugez, exige
bdema complâisance queje
bdonne dans ce Mercure, la
preferenceà l'Ode qu'il a faire
pour luy disputer le Prix. Je
merendsàsesinftarlccs, Voicy
~son Ode.
ODE SUR LA PAIX
âgée de trois mois,& composée
gratis pour le public
Vene% immortellesDécjjes>
Inspire tous vos favoris,
Etprodigues devos largesses
Repandez-les dans leurs écrits;
Preparc de richesoffrandes,
Ornez vos testes de guirlandes;
Accordez vos lires) vos luts
> Et que les voix Académiques
Forment des concerts magnifiques
Ouaucun bruit ne troublera plus. *Chante^ le plus grand Roy
du mondeè
Et
Et le plusfage des Guerriers,
Joiitfsantd'unePaixprofonde
A l'ombre de millelauriers;
Ne l'offre^ plus dans les batailles,
NIsurles débris des murailles
D'objets affreux environne;
Mais d'un regardcalmant la terre
Et desarmêdeson tonnerre,
DD''oo!lii1vJefenencecejjoouurr couronni. couronne.
Surson front auguflepréfide
La Sagesse entre les vertus ;
Sous lescoups decet autre Lllcide
Tombent les Monstres combattus;
La Discordenoirefurie,
UErreur hydre defang nourrie,
Suivent le Duel enchaÍné ;
Et dans sa pompetriomphale
O.'J voit cctts Troupc infernale
Sous le charde la Paix traîné.
Des droits du Ciel depofitaire
Louis fut ennrmy dufang,
Etpleind'un %ele hereditatre
Soutint les Autelsson rang;
Sa valeurpar les Loix conduite
,A4 ttiirer le
^'aivercduitey r,,,)- c') 'azve;,cduite,
Fut pacifique enses projets;
Et dans le tumulte des armes
Fit du repos gonfler les charmes
A sesvicrtori)eux)sujets.
C4
Quand les ChampsBelgique?
tremblercnt
Sous le'poids de nos Bafaiflons
Lessemences poumon*germerent
Et fEpi dora lesfilions;
Le focforça la terre ingrate
No:, nefs braverent le Pirate;
Le Ma,chanden mainportal'or;
Bacchus pare de sa Couronne,
Et de concert avec Pomonne,
Du champconferva le tbrefor.
Paix charmante;, si dans la
Guerre
On vivoitheureux parmi nous,
De cruels dons doit combler la terre
Ton retour au mondesidoux;
De tes dehees innocentes
Je voy lessources jaillijfantes
Répandre un deluge de biens;
Sois deBellone larivale,
Et queton nouveau Regne égale
j 00 Par d'autresprodigeslesficns.
Telle (juauxyruxdéfigurée
Par lesjrimats des long1Hyvers,
LaNature de fleursparée
Etend par toutsestapis 'Verds;
Et comme laffi du veuvage
Quitte desondiiïille nuage ,
Prend un air charmant 0* nouveauy
Et de ses parures ornée,
Du jour d'unfécond Hymenée
Paraît allumer le flambeau.
:t=r£
Ai.nr:silFaFran-c1e"
Deslongues tempêtes de Aiars
Par la Paix , enfin confoléç
S'offre riante à nos regards ;
Laijjelesvêtemens funebres
Qui l'ont couverte de tenebres,
Reprendsespremieres beautek ;
Et son Astre sortant des ombres
jîpres des jours trisses &Çombres
Répand de nouvelles dartcz.
Que mille&mille voix s'uniDènr,
Et de leurs chants frappent les
airs- ?
Que les murssacrez retentirent
Delouanges& de concerts?
F!;damm?ss,jjmboUs de la joye
,
;)'rnJ¿i.'S e 'l Où Curt lumineux se déploie,
Exhale -touS, montt aux
Cieuxj
Et que lesflèchesenflammées
En Afires dans l'airtransformées
Donnent un beau fpcÛacle aux
yeux.
el,
Puisse-tu pour Louisrenaître
Bergerfameux, qui dans tes vers
Chanta sur laflûte champêtre
La Paixrendue à l'Univers;
De la gloire brniante Reine
Vante le Héros de la Seine
Où le jour s'éteint&renaît;
Laisseles Cesars, les Pompées;
Pour Ipty tes cent voix occupées
Ne diront pas tout ce qu'il efl.
Ilnemereste plus, grace
au Ciel, de Vers à vous offrir
que ceux qui fcrvironrà remplir
ma Chanson & mes Enigmes.
Ainsimon cher Lecteur
vous n'avez qu'à prendre
courage, vous allez bientôt
cesser d'estre étourdy de l'importun
caquet des Muses babillardes.
MaChanson fera
courte & tendre. En voicy la
preuve.
CHANSON.
P~?~ beauxjours3pajje%jeux
qui doivent vou>Juivre
j4uront plus de charmes pour
moj 3 Mon Berger a --, de vivre,
,
c,
j
re L'/ryrvcr,/'affieux lry'Ver)que déjà
jfapperçoy,
Convientseul aux ennuis oùson
trépas me livre.
Vous vous impatientiez
d'arriver au Chapitre des Enigmes
, reprennez maintenant
haleine
, nous y voila.
Le mot de celles du mois
passé étoit la Pendule6c YEau.
Les noms de ceux qui les ont
deviné font, Mademoifclle du
Parc,M PatinJe franc Bourguignon,
l'Amant acariaitre,
la brusque Amante, la jeune
Céline, la Fée Nicole, & Maldemoiselle
du Verger.
En voicy de Nouvelles.
ENIGME.
J'étois au tempsjadisdepetite
figure
Aujourd'huy je fuis grand
>
0*
tel,quequelquefois,
U:* Géant quel qu'il [oit est de
moindre flature;
Mais j?fuis rrjle nainchez, le
petit Bourgeois.
Jeplais a quelques-uns, &je
déplaît ad'autres.
Mon nom Rapplique àla 'Vertu.
Mes talentsfurpajjcntlesvojlres,
Lorfyite jefuis bien revêtu.
oe
On nesçauroit compter tout ce
que je puisfaire,
Mais sur tout3 mafidélité
Est rare;, étonnante, exemplaire
3 Etsans dire unseulmotyjene
haurois rien taire.
m
AUTRE.
Je ne fuis pAtquepour les
mains,
Des premiers Maistres des humains
, Epoux d*unerichefemelle
Onme voit rarementsans Elle;
L'usage contraire à nos Loix
Nous separe en quelques endroits.
Le Droit aujourd'huy dans la
France
DElleavecmoy crnfe l'absènce.
Mais que nous sommesbientous
deux!
Surunfront jeune & gracieux
Onvoitmon Epoujepavoîtrèx
Et moyjefuisoitje dois tftre. t
Apres avoir proposé des
Qrellions, des Bouts rimez à
remplir,& des Enigmes à devinerje
priele Lecteur de ne
pas trouver mauvais que je luy
rasse un deffy. La choie cil
très-importante d'elle- même.
il s'agir de deffendre l'innocence
d'une belle Princessecalomnieusement
soupçonnée
, &
presque convaincuë du crime j
dadultere. Il n'est qu'un
, mortel aumonde qui puisse
justisier sa vertu outragée ;
mais de vastes Royaumesle
épargnede cette illustre&
malheureusePrincesse,il faut
l'arracher du sein de les Etais,
il faut le déterminer à venir
au nom de cette belle infortunée,
luy donnertous les secoursque
sa vertu attend de
sots courage;& mêmede l'amour
dont il a inutilement
biûlé pour elle; en un mot il
faut loy écrire une Lettre si
touchante, si persusive,si tendre
en même temps, qu'elle
l'oblige à femetrreen campagne
aussitost la preleme reçûe,
Voilà le fait afffz bien
circonstancié, voicy unabrégéde
THiOoire dontlaLettre
qu'on demande doit faire un
des principaux non ornements , il faudra que son Auteur
la laisse imparfaite ,jusqu'à ce
que des temps plus heureux &
& plusféconds mettent ce
,
fC2U à l'excellence de son
ouvrage.
Mendoce , jadis Prince de
Murcie, très-aimable Cavalier,
grand, bienfait, Heros
même tout d'un coup, s'il en
fut jamais, devint un beau
matin amoureux de la Comteue
de Savoyc, l*iinuffc,diton
, d'une merveillcule beauté.
Voicy comme lachose
arriva.
LaComreire de Savoye fut
un jour obligée,je ne sçay
pour quelleindisposition
,
de
sortir de son Pays, pour aller
prendre les bains dans le
Royaume de Murcie;les eaux
de cette contrée pàssoient en
ce temps là pour d'excellentes
eaux. Avec un équipage proportionné
à sonrang & à sa
miflance,elle arriva enfin aux
lieux où se prennoient ces
bains, alors si fameux en Europe.
Elle s'y baigna tant &
plus, suivantl'ordonnance de
ses Medecins.
Si ces charmes avoient pû
recevoir que!que nouveléclat
de ces eaux favorables,oncûc
dirqu'elle em bellissoit tous les
jours à veuë dce;I ; mais elle
écoit parfaite,& lanatureétoit
la dupe des graces quelle luy
vouloit faire.
Tous les endroits où l'on
prend des eaux minerales se
ressemblentassez. On y boità
outrance,& l'on se promene
de même
, pour l'évacuation
desditeseaux, Les promenades
de
de ces lieuxoù l'on se rend ordinairement
avec l'aurore,
sont, sije ne me trompe ,
des
bois charmants, coupez de
millesentiers,arrosez de mille
ruisseaux, animez du doux
chant de mille oyseaux
,
des
antres frais, de sombres retraites
y fervent d'asyle aux Amants.
La liberté, les plaisirs
tranquilles, les soupirs reciproques
,
sont les hôtes aimables
de ces paisiblesdemeures.
Un matin, si l'Histoire dit
vray
, comme je n'en doute
nullement, la Comtesse de Savoye,
aprèsavoirprodigieusement
bû
,
grimpa, appuyée sur
le bras d'une de ses femmes.,
de colline en colline, ( non
pourtant sans s'arrêter de
temps en temps, pour raison )
lasse enfin du penible voyage
quelle venoir de faire, elle entra
dans un bosquet qui s'offrit
à ses yeux, une fontaine
qui sortoit du fond d'une grotte
ornéedesiegce>s de gazon pour la commodité des beuveurs,
attira ses regards; elle
fut à l'instant s'y reposer. Nul
morrel nes'étaitavisé de tout
ce jour de porter ses pas en cec
endroit.Lemurmurede l eau,
la fraicheur de cette grotte1invitèrent
au sommeil ,aussi n'en
fit-elle pas à deux fois, elle
s'endormit. Sa femme de
chambre de son côté en fitautant.
Des douceurs du repos quand
-vousgoûtez les charmes,
Belles
,
qui de l'amour meprifî^
l*appareil,
CraigneKqu'il ne vous force à
lajy rendre les armes
Al'instant de vôtre reveil.
Le Prince de Murcie à qui
la Renomméeavoit déjàvanté
les appas de la Comtesse de
Savoye
,
longtemps même
avant qu'elle eût mis le pied
dans ses Etats, en étoit à la
premiere entreveuë devenu
éperduement amoureux. Illavoic
suivi aux eaux, illuy avoic
parlé cent fois, & cent fois
il avoir estétenté de l'entretenir
du pouvoirsouverain de
de ses charmes;mais la fierté,
la vertu de sa Déesse, & la
crainte de l'offenser, avoient
modéré toûjours les impétueux
mouvements de son
amour. Enfin ne pouvant
plusgarder son secret,Il s'étoit
déterminé à le luy dé- -
clarer
,
quelque malheur redoutablequ'il
pût luy en arriver,
le jour mesme que le hazardlaconduisit
dans laGrotte
dont je viens de vous faire
en peu de mots une de seription
assezfidèle.
L'amour guide toûjours les
amans sur les traces de leurs
maîtresses
, & Mendoce est
trop amoureux pour ne pas
suivre les pas du bel objet qui
l'enflame. En effet, il arrive
bientost par un petit defilé
auprès de la fontaineoù repose
sa divine Princene. Il fc
jette à ses genoux, son silence
ses regards, ses soupirs,font
les muets interprètes de son
amour, ses yeux arrosent ses
belles mains de ses brûlantes
larmes. Il tremble cependant
que sa divinité ne s' e
ffraye à
son réveil de l'excés de son
audace; mais il se rasseure, &
se flatte de lavanger à l'infline
par sa mort, de l'injure que
luy fait si passion, si ses feux
malheureux font rejettez.
Un Loup monstrueux
, un
horrible Sanglier, ou quelque
Ours sauvage viendroient icy
à merveille pour éveiller la
Princesse, & pour exercer la valeur
de Mendocc ; mais je ns
veux pasensanglanter laScêne,
j j'aim: mieux vous dire fimplcment
qu'il y avoir si longtemps
qu'elle dormoit d'un
doux & profond sommeil,qu'
xlle se reveilla toute feule.Dieu ait comme alors elle fitlasâchée
de voir ce Prince temeraire
à ses pieds. Quemeveut,
luy dit elle,d'unair terrible,cc
mortel audacieux.Ah!Princesse,
luy réponditil, avant de
luy laisser le temps d'achever
les reproches
,
jeneveux plus
deformais que mourir à vos
veux. Vousconnoissez mon
amour, cet wour, tout refpectueux
qu'il eil:
, vous outrage.
C'en est fait, il faut que
je meure. De quel droit
,
luy
dit-elle
,
Prince, si vous m'avez
consacré vôtre vie, voulez-
vousentreprendre sur des
jours qui m'appartiennent. Vivez
,
je vous l'ordonne; mais
gardezvous de me parler jamais
de l'amour dont vous
biulez pour moy. Ils ajourerent
à cela une infinité d'autres
propos que l'Auteur de la presente
Histoire n'a, dit on, eu
garde d'oublier.Cependant on
ajoûte que l'amour de Men-
, doce fit bientôtl'entretien do,"
tout!
out le.monde. La Princesse
enfut inconsolable,elle s'en
plaignitauPrince de Murcie
quien fut aussifâché qu'elle.
Mais à la fin ennuyée de voir
quecesbeauxdiscoursne sinissoient
pas,qu'onluy donnoit
de fort plai sants noms
& que les rieurs ne cessoient de
rireàses dépens, elle prit le
partide retourner incognito
dans son Pays. Les adieux de
ces aamanan[tss lsoonnttàà Dm1o0nn ggrreé
trop touchants. pour n'estre
pas supprimez: le détail de
cequis'y passa est incomparablementplus
joli dans lcxecution
que dansla narration.
D'ailleurs cc la appartientà
THistorien de qui je ne veux
pas icy usurper les droits. Je
mecontenteray devousdire
qu'elle interrompit brusquement
ses bains,qu'elle partit
comme un éclair, quelletraversa
hegreusementmonts&
vaux ,
qu'elle eût peut eilie
en chemin quelques petites
avantures approchantes de
celles de lafiancée duRoyde
Garbe J& qu'enfin elle arriva
en bonne santé chez son pere,
où elle fut receuë comme l'Enfant Prodigue.SonMary i
(j'avois oublié de vous dire
qu'clle en avoit un) la retrouva
plusbelle que jamais, il fit
des Tournois, des Fêtes de
des Cadeaux en son honneur
& gloire. Au milieu deces
bombances le premier MiniCtre
duDuc de Savoye devint
amoureux d'elle, cebon homme
tourna longtemps autour
du pot avant de luy declarer
son douloureux martyre; à la fin pourtant il en vint là.
LaComtesse n'eût pas plutost
entendu ses impertinances;
qu'elle le traita d'effronté,
d'impudent, de vieux fou
clic ajoûta même en pleurant
qu'elle s'en plaindroità son
pere &à son époux. Le vieux
matois luy demanda pardon,
& la fuppliade n'en rien dire:
le moins d'éclat qu'on peut faire
en pareil cas est, luy dit-il,
toûjours le meilleur. Tant y a
qu'il luy persuada d'étouffer
cette avanture dans un profond
silence
, ce qu'elle fit
dont malluy avint.
Ce Ministre bar bare pour
fc vanger du mépris qu'elle
avoit fait de son amour, suborna
un jeune homme, à
quiildit que la Princesseétoit
éperduement amoureuse de
luy,qu'elle l'avoit fait,enfondant
en larmes,leconfident
de cette malheureuse passion,
qu'il avoitmistout en usage
pour luy remontrer. son devoir,
(es engigements ,
le
mépris qu'ellefalloir de sa pudeur
,& les périls évidens ausquels
elle s'exposoit en se livrant
aux flames dont elle étoit
dévorée mais que Ces remontrances
n'ayant pûrien sur son
coeur )
la pitié qu'il avoir de
l'étatmiserable où illa voïoir,
l'avoit porté à luy offrir le
remede à son tourment,qu'il
croyoit qu'ilne rcfuferoit pas
de soulager cette infortunée
Princesse, que la nuit suivante ill'introduiroit dans sa chambre,
par une porte inconnuë
à tout le monde,& qu'avant
le retour du jour il auroit foin
de le mettre en liberté.
Le jeune homme donna dans
le pancau ,
& le laissa en effet
introduire au milieu de la nuit,
dans la chambre de laPrincefie,
oùiln'eût pasresté un quart
d'heure, que le vieillard y
conduific son époux & son
pere:aussitost grande rumeur
dans le Palais, le jeune homm
voulant se sauver„ fat
massacré sur la place par des
gens que le Miniftrc avoic
apostez pour cela.
L'infortunée Princesse furprise
, pour ainsi direa en flagrant
délit,& convaincue d'adulterc,
est livrée à l'instanc à
son Boureau. Elle proteste
en vain de son innocence, son
, procès est tout fait, enfin il ne
luyçeste plus que la voye des
épreuves pour se laver du crime
donton l'accure. L'épreuve
du feu & celle de l'eau ne luj paroissentgueres [cures)
cellede trouver un champion
qui veiïiWë prendre ladcffcnfë
&"foûcc'nir en champ clofc
qu'elle est la plus vertueuse
Princesse du monde,est l'uniqueressourcequi
luyreste;&
il n'y a que Mendoce qui puisse
estre (on deffenseur ; mais il
csi bien éloigné d'elle, il faut
luy écrire pour l'engager a se
rendre incessament en Savoyc,
il n'est plus question que de
trouver des termes qui le perfuadenr.
Voilà justement où
en est l'Histoire
,
& faute
d'une miserableLettre,cette
malheureu se Princesse va demeurer
accablée fous lepoids
de sesfers.
Onm'en a' deja envoyé
•tfoisfur ce sujet ; mais on en
demande d'autres parce que
Cellesqu'ona écrites n'ont
e.ntqre pû déterminer Mendoce.
Voicy la copie des trois
Lettresen quefiion"i
La Comtesse de Savoyc à
Mendoce.
; L'honneurme fait faireaujourd'huy
pour luy-meme, ce qu'il
ne me permit pas autrefois pour
contenttr mon coeur:je r¡;ouJ- écris,
Mendoce
3
pour vous apprendre
quejefuis attaaqquuéeee par laplus
noire calomnie qu'on ait jamais
invente. Mon cruel calomniateur
n'afait tous ses efforts pour me
faire paroiflteçoupàble,queparce
que j'ay refusé de l'eflre; mais
pournous en bienperfuadersMendoce,
& pour vous donner l'idée
quevous de'Ve'{ avoir de ma ver,
tu ,
je fûts obligée de vous faire
un aveu qui me faitun peufortir
de l'exaflebienséance que je
vouloisgarder toute ma vie. Je
vous avouë donc que j'eusplus de
mériteque vous ne le crrycz,/or[-
que je refjlay à la passon que
vous al)ICK pour mcy. Je vous
trouvois le Prince du monde le
plus accomply. J'ay toujours la
même idée de 'VousJ Mendoce<Je
vous choisipour le deffenseur de
mon innocence;notre aéîionfera
d'autantplus heroïque
, quevous
n'en devc% attendre que la recompenseque
peut donner une femme
qui estastè'{. vertueujepouravoir
Jçâ vous Tefificr.
La Comtesse de Savoyc à
Mendocc.
CarJnoiffizJMendoct, toutle
malheur de la Comteffi deSavoye.
Jefuisaccusée d*adultéré
, gr je
fuis obligée de vous L'apprendre:
Joupçonnée du crime le plus affreux
pour moy ,
ilfaut encore
que jetannonce moy-meme au
seul homme du monde dont l'estime
mtest presque aujji chère que
min innocence. JefùÙ condamnée - -' a une mort infâme:) ou a trouver
un vengeur. Vous
,
Mtndoce
,
pour quiseul fay senti enmavie
que la vertupouvoit coûter quelque
chose à mon coetir, auriez..
vous la cruautéde rejufer ma désense
, parce que fay eu laforce
de vous cacher votre vifloire f
Vousefles interessé à ma junification.
Pourriez-vous consentir un
inflant a me voir périr-encoupable
,si tout le mérité Ctout l'amour
de Mendoceriont pu me la
faire devenir.
La Comtesse de Savoye à
Mcndoce.
Je nefais,Mendoce3fije ne
dois pas rougir en vous annonçant
tous mes malheurs
; viéfrmede la
plus noire calomnie,je me trouve
en même tempsaccufée, &félon
les apparences convaincued'adultéré
: il ne me ,esiecfautre rrfIource
que celle de trouver un dffenfeur
ui vengemon innocence. Vpu
eftcsleseus quienpuijjn^parfaitement
r¡pondre;!oúrenez doncce
quevousconnoiJJ(
,
'UofJrf honneury
est autant engagé que le
mien. S'il falloit quelque autre
motifaungalant hommeyjervous
assiurt que je rnejjrayerois des
con/tlls ma reconnût(Tance.
Je vous avois promis,& je
metois juréàmoy-meme de
ne vous plus donner des Vers
du reste de ce volume; mais
j'ay à peine jetté les yeux sur
la piece que vous allez lire,
que j'ay oubliémapromesse
& rompu mon ferment.
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR.
LE DUC D'ORLEANS,
REGENT T)E FRANCE.
~REVESTE DE THALIE.'
Princesans pair en esspprriitt, en
, valeur,
Fameux Héros qu'un Poète
d'honneur
Peut àfon gré loueren confcienct
Ocjue tu vais hien regenter la ':JFtdftce!' ,
Ctcy riejl pas dun Prophète
incertain
UEntouJtafme,&sansejlre
Devin
Dpéja lr'onépeutdà nios rPeueples
Ce que feras pour le bien de
Depuis
l'Empire: longtemps on fait ce que
tu vaux,
Pasn'efl besoin de farder des
dijfauts
En te peignant. Çe font Vautres
methodes;
Non tes vertus ne font pas dans
les Odes
Qu'onfaitpour^toy,* tu les as
dans
dans ton coeur,
Et le Heros r/eft pas chek l'Imprimeur.
Nous t'avons mû fortmt de la
vifloire
Fuir les lauriers que t'apportoit
la gloire;
Entapresenceon riosete chanter,
Prince un Rimeur qui prétend
texalter
Doit te louerA comme il médit des
autres;
Ton coeur content de rendre heu
reux les nôtres
LI;me bienmieux nos transports
que nos vers;
Et toutefois cent Pindares divers
Iront tojj-iir un fatiguant hom- , Oeuvre ou l'ennuy triomphe à
chaquepage;
Mais il ness pas question de cecy Je viens an fait, grand Prince,
le voicy;
Dans mes Etats que ton ordre
ramené,
La librrtéqui toujours de la Scene
Fut tappanage.Augmente mon
pouvoir3
Et du Public juflifiant l'ejpoir
Comme legoufl, permets aux ris
folâtres
De égayer sur- de nouveaux
ThLâtrts;
.Desjeux forainsrétablis lereposy
Sur les platfrs leve-t-on des
impôts;
Souffriras-tu que des Traitans
Lyriques e leur moisson fevrent les
champs comiques ?
andfapperçoy cent Maltotiers
trcmblans
"âlir au bruit de tes foins uizit
[ans: l'Opéra sans rançonner U
Foire
i:Parsestalens Jefouftienne avec
gloire: r-
-
oy donc Roland fera sans
brodequin
S'il ne se cbaujje aux dépens
d'Arlequinf
Permets de plus qu'on baille aux
Comedies3
Permets aujJide rire auxTragedies
Modllement
J
quand le cas le
voudra;
Or en cecy je trouve l'Opéra
Compris de droit. Q£tenfinfous ta
Regence
On parodie avec pleinelicence
Ln*Calipfosans craindrele ho/a,
Nous n'aurons plus àfjtler que
cela.
Il ya assez longtemps que
les nouvelles litteraires & ga-
Opera de NI L. P. parodié àla ROUE par
jM. le Sage.
lantes nous* occupent. : Il cft
question maintenant de vous
entretenir de quelque chose
de plus Cericux,rien ne l'est
à mon avis davantage que l'article
des Morts. Le Lecteur
en feral'usage qu'illuy plaira,.
MessireClaudede Longueil
President à Mortier du Parlemené,
Marquis de Maisons
& de Poissy
,
&c. mourut à
Paris le 22..d'Aoustâgé de
47, ans. ,.
ilLa Maison de Longueil
est trèsancienne. La Terre de
Longueil est située en Normandieprés
de Dieppe.
Le I.decette Maison dont
les Historiens fassent mention
est Adam Sire de Longiivil
Chevalier Banneret qui accompagna
Guillaume le Conquêrant
Duc de Normandie
en saconqueste d'Angleterre
l'an 1066. (V.du PontHist.
des Princes Normands p. 1 5 1.
du Moulin histoire de Normandie
p. 188. A. du Chesne
p il6. Blanchart55.&c.
- Ileût pour fils Guillaume I.
Sire de Longüeil qui eût pour
femme Berthe de Villiers du
Haumer.
Richard I.fils de Guillaume,
Gouverneur de S. Valery
épousa Gervaise de Tournebus.
Richard II. Sire de Longüeil
épousa Blanche de Teville
,
il eûr pour fils Henry L Sire de
Lonoü,ll & de Rumeny qui
épousaMarie de S. Denis.
Adam II.sonfils Seigneur
de Longüeil Gouverneur ds
Lisieux & Capitaine de la Garde
du Roy Philippes Auguste,
& son Echanson
,
épousa
Marie d'Estouteville.
GuillaumeII. son fils Seigneur
de Logüeil Warengeville,
Offrainville,&c. Capitaine
de 50. Lances,Chambellan
de Charles de France
Roy de Naples & de Sicile ,
fÛC, de sa premiere femme
Christine de Coëtivy Jean I.
& Pierre de LongüeilEvêque
du Mans, Ambassadeur pour
Philippes le Bel, vers Henry
VII. Empereur; & vers le
Pape Jean XXII. il se trouva
au Concile General de Vienne
en 1310. &c. sa seconde
femme fut Briande de Saulx.
Jean I. du nom Gouverneurde
Normandie & Commandant
pour le Roy l'hilip.
pe* de Valois&Jeansonfils
Duc
Duc de Normandie, épousa
Peronelle Bourgot.
-
1
- Il cût pour fils Geoffroy
MarcelI. du nom Seigneur
des mêmeslieux Gouverneur
de Pontoise
,
Chevalier de
l'Ordre de l'Etoile
,
Vicomte
d'Auge; il épousa Isabelle
d'Auge: il fut tué àla bataille
dePoitiers en1356.avecdeux
de ses fils.
,
Guillaume III. son fils, Chevalier
Seigneur des mêmes
lieux,Gouverneur de Caën &
de Dieppe,tué avec son frere
& son fils aîné en la bataille
d'Azincourt. Il épousaen premieres
nôces Gillette Lalleman
de Cherville
,
dont il eût Jean
II. Ilépousaen secondes nôces
Catherine de Bourquenoble,
dont il ciu Richard Olivier
Cardinal du Titre de S. Eusebe
,
Premier Président de la
Chambre des Comptes
,
Ministre
d'Etat fous le RoisCharlesVII.&
LoüisXI.Evêquede
Coutances, &c. Député par le
Pape Calixte III. pour revoir
le Procés de la Pucelle d'Orleans.
Il eO: enterré dansla Basilique
de S. Pierre de Rome où
l'on voir encore son Epiraphe
& les Armes de sa Maison.Ses
Armessontaussi à la Statuë de
S. Pierre de Rome que ce Cardinal
fit faire de bronze.
Jean II. étoit Ecclesiastique
& Conseiller du Parlement,
lorsque son pere & ses freres
furent tuez à la bataille d'Azincourt;
il quittal'état Ecclesiastique
&épousa Jeanne de
Bouju: il fut fait Président à
Mortier duParlementen1418.
il est enterré avec sa femme
dans leurChapelle des Cordeliers
: c' est le premier qui ait
possedé le Marquisat de Maisons.
JeanIII.son fils,Chevalier
Sire de Longuëil, Marquis de
Maisons, &c. l'un desquatre
Maistres deRequestes de rHô'.
tel, Lieutenant CIvIl, Prtfïdent
aux Reqúcns du Palais,
Ambassadeur à Rome& à Venise,
épousa Marie de Morvilliers,
fille de Philippes de Morvilliers,
Premier Président du
Parlement,& soeur de Pierre,
Chancelier de France.Il eftqft
frere de Pierre de Longuëil,
Evêque d'Auxerre, Grand-
Maître de la Chapelle du Duc
de Bourgogne,vulgairement
appellé le bon Evêque,& Conseiller
du Parlement.
Jean de Longuëil IV. du
nom ,
Seigneur de Maisons,
&c. Conseiller au Parlement,
Ambassadeur en Angleterre,
épousa Marie de Marie, fille
d'Arnoul de Marie, Président
à Mortier duParlement.Il étoit
frere d'Antoine de Longuëil,
Evêque de Leon en Bretagne,
Chancelier&GrandAumônier
de la Reine Anne de Bretagne,
femme de Charles VIII & de
Loüis XII. Ambassadeur vers
l'Empereur Maximilien pour leDuc de Bretagne ,& puis
Ambassadeur pour le Roy
CharlesVIII. vers le même
Empereur,&ensuiteversFerdinand
V. Roy d'Espagne:il
conclud la Paix avec 1 Empereur
Maximilien, & fut pere
naturel du fameux Christophe
Longuëil qui s'est distingué
dans lesLettres.»*
jean-de Longuëil V. du
nom,Chevalier Seigneur de
Maisons, de Sevre, &c. Conseiller
du Parlement,épousa
Marie Clutin de Villeparisis :
il eût un frere
,
tige des fleurs
des Chenets, &c.
:
Jean de Longuëil VI.du
nom, &c. Conseiller au Parler
ment, Président aux Enquêtes,&
Conseiller d'Etat fous
H.^niy II.épousa Marie de
Dormans
,
fille de Guillaume
Premier Président au Par lement
de Bourgogne:il estoit
frere de Pierre de Longuëil,
Chevaliede l'Ordre deS.Jean
de Jerusalem
,
Grand Prieur de Champagne.
Il eût aussi pour frcre Jacques
de Longuëil
,
Chevalier
Seigneur de Sevre, Chevalier
de l'Ordre de S. Michel,Maître
d'Hostelordinaire du Roy,
lequel a fait la Branche des
Longuëil de Sevre, dont il y a
encore aujourd'huy MffitCMacé
de Longuëll, Chevalier 1
Seigneur de Sevre, &Messire
Nicolas, qui ont servi jusqu'à
la Paix de Riswick, ils n'ont
point d'enfans.
Jean de Longuëil VII. &c.
Conseiller au Parlement,épousa
Marche le Maître, fillede
Gilles, Premier Président du
Parlement de Paris.
Jean de Longuëil VIII. du
nom, Maître desComptes,
ensuiteConseiller d'Etat,épousa
Magdelaine l' Huilliet de
Boulencout, dont est issu
René de Longuëil I. du
nom,Marquis de Maisons,
Premier Président de la Cour
des Aides, Président à Mortier
du Parlement, Ministre d'Etat,
Sur-Intendant des Finances,
Gouverneur des Villes & Châteaux
d'Evreux
,
S. Germain
en Laye, & Verfailles, Capitainedes
Chasses desdits lieux.
Ilépousa MagdelaineBoulene
de Crevecoeur Damede Grisolles,
de laquelle ilaeu
Jean de Longuëil X. du
nom ,
MarquisdeMaisons,
Maistre des Requestes,PtefidentàMortierdu
Parlement,
Chancelier de la Reine Anne
,d'Auui<:hc
, Gouverneur des
Villes&Châteaux de S. Germain
en Laye,& Versailles : il
épousaLoüise de Fieubet, de
laquelle il a eu J:an de Longuël
XI. du nom, Marquis de
Poissy, Conseiller au Parlement,
mort sans posterité
,
&
ClaudedeLongueil, Murquis
de Maisons & dePoissy,
&c Président à Mortier,qui
avoit épouséD^moifclIcCharlote
Rocque de Varengeville.
Dontest iflj J.1n René de
Longueil ,Marquis de Maisons
& de Poissy ne le 14 de
Juillet 1699.aqui le Roya
accordé l'agrément de la ChargedePrésidentà
Mortier.
Messire Philippes d'Or-
-
leans
,
Marquis de Rothelin
,
mourut de la petite verole le
- 25Aoust âgé de 37. ans sans
estremarié,laisant pour ses
héritiers Meisseurs les Chevalier&
Abbé de Rochelin, ses
freres, le grand nom qu'il por
toit m'exempte d'entrer dans
aucun détail, généalogique sur
sonchapitre.
<
,
Dame Catherine. Pasquier
femme de Messire Henry de
Salis Comte de Labatut, mourut
le2.7. Aoust
,
elle étoit
1
fille de François Pasquier Seigneur
de BjIÎv Maîci ed'Hôtel
ordinaire du Roy; & de MargueriteHebert
duBuc, & petite
fîilc de Guy Pasquier Seigneur
de Bussy Auditeur des
Comptes & de Marie Roüillé.
Dame Catherine
-
Anne
Malon de Bercy veuve de
Messire André Potier Seigneur
de Novion Maître des Requêtes
& President au Parlement
en survivance
, mourut le premier
de ce mois )iujnc entr'autres
enfansMessire André
Potier de Novion aujourd'huy
PrésidentauPar lement.
Feu M. de Novion étoit fis de
MissireNicolas Potier Seigneur
de Novion Premier
Pi"si dent du Parlement,Secretaire
Greffier& Commandeur
de* Ordres du Roy, mortle
premier Septembre1693 &
petit fils d'André Potier ScigneurdeNovion
Présidentà
Mortier au Parlement
,
sorti
>d'une: des plus anciennes&des
plusillustres familles de Paris,
xlc laquelle M. le President de
Novion est chef, & M.le Duc
de Gesvres cadet,voyez-en la
w;-cnealogie dans l'Histoire des
des Présidens au Mortier
ci-dessus citée.
-
Feuë Madame de Novion
qui donne lieu à cet article
étoittante de M. de Bercy Intendant
desFinances,gendrede
M. DesmaretzContrôlleurGe
neral des Finances & Ministre
d'Etat, elleétoitfille d'Henry-
Charles Malon Seigneur de
Bercy Maître des Requestre &
Président au Grand Conseil
&petite fille deCharles Ma
lon Seigneur do Bercyaussi
Maître des Rêquestes & Presl
dent au Grand Conseil, (ail
d'une ancienne famille alkifl
aux plus illustres de la Rûhû
Messire Henry-Charles
Feydeau, President de la troisiéme
Chambre des Enquestes
du Par lement, mourut le 6.
de ce mois,en sa 36e.année.
Il étoit fils de Messire Henry
Feydeau Seigneur de Calendc,
President de la Quatrième des
Enquestes;&de Dame Marie
Fraguier; & petit fils de Charles
Feydeau Seigneur de Calende,
Maistre des Comptes à
Paris. La famille de Feydeau est
une des plus étendues & des
mieux alliées de la Robe.
Dame Marie Loüise de la
Chaussée d'Eu, Dame d'Atour
de Madame la Duchesse de
ij.,
Berry .rcmme de Messire René
François de LA VJCUVIIIC
Marquis de la Vieuville,Chevalier
d'honneur de la feuë
Reine
,
& Gouverneur de
Poitou,mourut le 10. de ce
mois; elle forroit d'un Maison
de Picardie, également
distinguée par son ancienneté
& par ses alliances. Pour celle
de la Vieuville
, comme je
vous en ay déja parlé dans
plusieurs de mes Journaux
trouvez bon que je vous y
renvoye ,
si mieux n'aimez
voir l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre
Cha pitre des Maréchaux de
France
,
&c.-
N. Girardon Sculpteur
ordinaire du Roy ,Chancelier
& Recteur de l'Académie
Roy le de Peinture & de Sculpture,
mourut le ~i.de ce mois
en réputation d'un des plus
hsabsileis hoomnmes.de sa profes-
IIestenfinà propos de dire
nrnrnoi des aff tres du temps.
Je vais commencer par celles
desPays Etrangers
,
fauray
t1otOûÛjoluorusrlselleoliOslifirr dde¿ ppaarrlleerr des
nôtres.
RELATION
de l'Entrée Je M Zondadary
a Sienneyen qualité d'Arche-
1 lêque de la même Ville.
A Sienne ce 15. Août1715.
Aprés que S.E.M.le Cardinal
Felix Zondadari eut fait
son Entrée à Rome, M. Alexandre
Zondadari sonfrereen
partit pour venir dans son Archevêché
de Sienne;il s'arrêta
pour quelques jours à S. Zuirico
chez M. le Marquis Bonaventure
Zondadari Chigi, &
de là vint dans une des maisons
de campagne de ce Marquis , appellée Vico, distante de Sienne
d'une petite lieuë vers la
Porte de Florence; il resta dans
cette maison pour pouvoir y
regler avec plus de facilité
quantité d'articles qui regardoient
le Ceremonial au fujec
de rEnrreedercrminee pour le
II. d'Août.Quoyque ce Prelat
fut incognitodans cette maison
de campagne & qu'il se
fut declaré de n'y vouloir recevoir
aucune vi siteen foime
il n'a paslaissé deparleràtoute
laNoblessede Sienne qui l'y ca
venu voir. Yij
Il parnc de VICO le 7. Août
& vini coucher à Cetmale, maison
de campagne dela lvtdlrO
Chigyàcinq mille de Sienne,
d'où il se rendu le 10 Août
àune maison de M. Piccolominiqui
est à un quart delieuë
de laVilledeSienne, surlechemin
de Rome:il receut à son
arrivéedansladite mai son, les.
Complimens de sonClergé&
de la Noblesse
,
qui avoient
nommé pour leurs Amt>.(Fadeurs
-,
M. le Mirquis Nerly-
Ballaty,& M,le ChevalierJaïo.
Cette fonction se fit avec toute
la solemnité & toute la regle
requise.
M.le Commandent Zanze.
doni, cidevant premier Gentilhomme
ordinaire du feu
Prince ïvançois de Medicisaccompagnéde
M le Commandeur
Saluzzo, Genois, qli a la
Commanderie à Sienne, & de
huit Chevaliers de M ilt he,alla
àla rencontre de M. l'Archevêque
; mais soir qu'il n'eût
pas pris ses mesures justes pour
l'aborder en lieu convenable
ou que le Prel at n'eût pas été
averty à rems, il y eût quelque
chose dans lu reception qui ne
parut pastout à fàr convenable,&
l'on fuppofc qu'à l'avc,
nir Messieurs les Chevaliers de
Malthe ne feront point en
Corps une pareilledémarche,
sans établir auparavant les
points du Ceremonial.
Le II. Août M. l'Archevêque
monta à cheval habillé
de violet, & suivi de toute sa
maison;il arriva à la Porte Romaine
à 10.heures d'Italie,qui
font en France 4. heures aprésmidy.
Toutes les Compagnies de
Penitens
,
les Ordres de Religicux,
& tout le Clergé de la
Ville de Sienne qui étoienc
partis processionnellement de,
l'Eglise Cathédrale, se trouverent
à ladite porre ,
& le receurent
avec les ceremonies accoûtumées.
M.l'Archevêque mit piedà
terrer,& entra dans une petite
chambre preparée hors de la
porte, où il se revêtit des habitsPontificaux
couverts d'une
chappe de satin blanc bordée
& brodée d'argent. Le Senat
de la Ville de Sienne composé
du Chapitre, du Peuple, & de
huit Senateurs, suivis de tous
les Magistrats, luy firent le
Compliment partirent sur
le champ pour aller au poste
qui leur étoit preparé dans
l'EgliseCathédrale.
r> Le Pieilt étoit monté sur
un Cheval blanc caparaçonné;
lesharnois housses& garnitures
étoient de satin blanc
brodé d'argent.
Il semiten marche precedé
de toutes les Compagnies de
Penitens, des O dres de Religieux
; & detout le Clergé.
L'Arthevêque étoit à chevalsous
un DJIS porté par six
Gentilshommes
,
qui se rele.
voient aux Arcs de triomphe,
au nombre de lept, établis &
dressez en égales distances depuis
puis la Porte Romaine,jusqu'au
grand Portail de l'Eglise
Cathedrale.
Les Evêques de Grosset.
Monseigneur Pefct.-: DeChiuccy,M.Bergaille.
De Pienza
,
M. Silvestri,
montez sur des chevaux caparaçonnez
de violet, suivoient
l'Archevêque ., ils n'étoient
pjoimnt habeilleznPotnt.ifi.cale- Quatre vingtGentilshonv
mes à cheval suivoientmarchant
deux à deux, ilsétoient
habillez à l'Italienne, & d'à
Qtqjc'eft-à^dire en pourpoint
& le OlanreaU lIé au br a gauche,
cet habillementest garni
de dentelle,& derubansnoirs.
Tous les chevaux étoient
chevaux de prix, richement
harnachez à la manière du
Pays. Il y a 800. pas Geometriques
de la Porte Romaine à
l'Eglise Cathedrale
,
on tient
en grande vencration une
image de la Sainte Vierge qui
efi: au dessusdeladite Porte ;
elle ëtoit ornéede quantité de
bandes de rangeas rouge ôi
blanc,&lePortrait du grand
Duc Cosme troisieme
,
fut
placé au dessous
, avec divers
ornemens , la porte est
double & forme en quatre
une enceinte de murailles qui
étoienttapissées & le dessus
couvert d'une grande Tente.
Le devant des maisons étoit
orné & tapissé ,les tapisseries
d'hautelissen'étant pas en usage
en ce pays, il n'yen avoit
qu'aux maisons Bu'hi) Chigi,
Patrizzio
, & Lan^edonys
les autres étoient tapissées de
bandes de damas,de velours,
de latin & autres étoffes de
Swsoye garnies de galons d'or
r ou d'argent. Il y avoit à toutes
les fenêtes des tapis de foye de
différentes couleurs, la maison
Piccolomini avoit mis fous
une loge de trois arcades qui
leur appartient, & leura esté
laissée du Pape Pie II. 200.
tableaux qui passent pour les
meilleurs d'Italie.
M. Sani Gentilhomme
Siennois & quiaunetres belle
gallerie,mit audevant d'une
de ses maisons une quantité de
tres bons Originaux,comme
firent Messieurs Chigi,Bichi,
Lanzedoni
,
Borghesi, & le
sieurJoseph Nasini Pciamcj
tres estimé ; les sept Arcs de
triomphe aulquels on avoir
travaillé deux mois auparavant
, furent dressez par des
Architectes de bon goust
,
ornez de décorations & de
peintures convenables à l'entrée
,
& par tout il y avoic les
Armes de la Maison Chigi
Zondadari,avec des figures,
peintures,& inscriptions faites
à la loüangede Monseigneur
l'Archevêque. Les places
qui se trouverent sur le
chemin furent pareillement
embellies & ornées, le tout
avecunetelle attention& de
si bon croutf que plus de vingtmille
étrangers
,
qui se font
trouvez à cetre Feste
,
& entr,.,
autres pluficurs Gentilshommes
Milanois
, ont asseuré
n'avoir rien vû de plus magnifique.
Les ordres que l'on a donné
pour l'execution decetteFête,
ont esté suivis de tres- bonne
grace; pour subvenirauxfrais,
les Ordres de Religieux, Convents,
Paroisses, Communautez
,
Corps de Mêtiers ,&
Capitaines de quartiers
,
suivant
une juste distribution qui
fut faite de la distance de la
porte Romaine au Dôme de
Sienne, prirent le soin de faire
orner de tapisseries
,
de tableaux
,&c. l'espacedes lieux
qui leur avoir cité assignez.
:
LesItaliens,sont naturellement
ingénieux
,
& principalement
lor squ'il s'agit de la
décoration, toutes celles qui
ont paru encette occasion
,
étoient de tres bon goull:)&
l'on en envoyera au premier
ordinaireundétail plus ample
Pcplus diftinft.
Monseigneur l'Archevêque
au lieu de jetter,le jour
desonentrée,de la monnoye
aux, pauvres, fit distribuer cinq
cens écus à ceuxquisontconnus
pourtels,& qui-, demandent
l'aumônepubliquement,
& une somme considerable a
été donnéeaux malades &aux
pauvres honteIuxI;, ; '1,
; La commoditéde voyager
dans les Livres est fortdouce,
& ne coûte gueres
, on y pafTc
en un moment de l'Orient au
Couchant, du Nord au Sud,
& sansfatiguer ses Lecteurs,
un Auteur peut les transporter
à peu de frais, du fonds de lirais, dans le seindeParis
Ainsi les raisons quim'engagent
à vous y ramener brusquement,
sans vous proposer
le moindre rafraîchissement
dans les autres Royaumes de
l'Europe,sont d'une nature si
importance, que je fuis sûr
quetout le monde me dispensera
volontiers d'en rien dire
pour me laisserplûtôt la liberté
de l'entretenirde ce qui se
passeicy,mais comme les affaires
dont ils'agit, meritent
un, tresgranddétail, &que
leurs circonstancesfournissent
la matiere d'un Volume
,
je
prie le Lecteurde me permettredene
luy parler à present
que tres lupa hcidiement de
ceschoses, & devouloir bien
attendre jusqu'au dix ou au
douze du mois prochain, pour
voir (autant que cela dépendra
de moy ) sa curiosité amplement
satisfaitesurcetarticle.
Les grands événements sont
ordinairement suivis ou précédez
de quelques desordres.
Laconfusion qui fl otte les ef
- prits inquiets, & l'espoir de
l'impunité semblentalors autoriser
lalicence.
Il ne pouvoir pas en effet
arriver de plus grand évenement
en France, que celuy de
la mort du Roy Louis XIVv
mais pendant les cinq jour que.
le bruit de sa mort a couru,&
après qu'il a eu les yeux fermez,
les sages précautions du
Prince que le Ciel nous destinon
pour Regent, & la vigilance
& les foins des Ministres
qu'il a honoré de ses ordres ,
ont entretenu cette grande
(,
Ville &tout le Royaume dans
une tranquillitéaussi parfaite,
que s'il nyfut rien arrivé d'extraordinaire.
Tous les yeux à l'instant se
sont ouverts pour admirer la
conduite de nostre Regent,
* JL'JLiyijrvjc. qui peu de moments après la
mort du Roy arrivée le premier
de ce mois, fut rendre ses
refpeéts àMonfeigneur leDauphin,
maintenant le RoyLoüis,
XV. Il luy presentaenmême
temps les Princes & les Seigneurs
qui se trouverent alors
a Ver sailles.
Le lendemain il vint en
cette Ville, où il prit possession
de sa qualité de Regent deuë à
Ion rang,& à sa naissance,
dans la grande Chambre du
Palais,où pour cet effets'étoientaffemb!
cz le Parlement,
les Pairs du Royaume,les Marêchaux
de France,& les Gouverneurs
& Lieutenants Généraux
desProvinces, chacun
dans les rangs qui convenoienc
à leurs dignitez.
Cette ceremonie finie, le
peuple qui setrouva dans les
Places, sur le Pont Neuf
, &
dans les ruës par où passa Son
: Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans,jetta mille
cris de joye & de benediction
de se voir un si digne Successeur
à l'autorité du grand Roy
qu'il venoit de perdre.Sa generosité
réponditsur le champ
à ces acclamations. ic; »
L'a près dîneilretourna au
Parlement,0111!piopofa avec
zeleles destins pour procurer
le payement aû des Troupes
,
le soulagement des peuples,&
enmême tems le projet
qu'il avoit formé de changer
la face du Gouvernement
qui luy paroissoit onereuse à
l'Etat, avec les intentions qu'il
avoit de contribuer de tout
son pouvoir, à la seureté,à
l'avantage, & à la tranquillité
du Royaume.
Le 4 de cemoisleClergé, le
Parlement
,
la Chambre des
Comptes&lesautres Compagnies
turent tendre leurs tcljie&
s au nouveauRoy.
Le 7. onenreg stra au Par-
,
lement uneDeclarationdu
Roy,parlaquelle de l'avisde
MMooniiffcciigo,nnccuurt le DDuucc-. dd''OOrr-.
leans, de Monsieur le Duc &
autres grands Personnages du
Royaume, Sa Majesté a prorogélesSéances
du Parlement
jusqu'au ii. de ce mois pour
le jugement de toutes les affaircs
particulieres,&, jurqu'au.
Octobre pour toutes les affailes
publiques & generales qui
pourront y estre portées par
sesordres. --
Lep.le Roy parut de Verfailles
accompagnéde Monsei
gneur le Ducd'Orléans; de
Monsieur le Duc, de Monsieur
le Duc du Maine & de Monsieurle
Comte de ':T-ouloùfc',
pour aller faire sonséjourau
Château de Vincennes.
»
3Lefoirdu même jour le
Corpsdu Roy fut porté à S.
Denis. Le Corps fut levé par
le Cardinal deRohan Grand
AumosnierdeFrance,en presence
de Monsieur le Duc,
Grand Maistre de la Maison
du;Roy.> & porté par les Gardes
de la CompagnieEscossoise
sur
sur un chariot d'armes, couvert
d'un poesle croisé de moire
d'argent, puis on marcha
en cet ordre. Le Capitaine des
Guides de la Maison du Roy,
quelques carosses des principaux
Officiers: celuy du Maî
tre des Ceremonies :celuy du
Grand Maistre des Ceremonies,
les Mousquetairesnoirs,
les Mousqueraires gris, les
Chevaux Legers de la Garde,
lesOfficiers de la Chambre &
de la Garderobe : un Carosse
du Roy, où étoient des Aumôniers
de Sa Majesté
,
son
Confesseur&le Curé de Versailles
:uncarolle du R.dy. ,ou
étoient Monsi ur le Duc, le
Cardinal de Rohan, le Duc
de Threfmes
, premier Gentilhomme
de la Chambre en
service, le Duc de la Tremoille
& leDuc de Mortemar, aussi
premiers Gentilshommesde la
Chambre ,le Duc de la Ra.
chefoucault
,
Grand MnllrCL
de la Garderobe
,
& le Chevalier
de Dampierre
,
premier
Escuyer de Monficur le Duc-.
les Trompettes de la Chambre
,
les Herauts d'armes , le Grand Maistre
,
le M-i-iftrt
& l'Aide des Ceremonies , le
Charlot &quatreAumôniers
àchevalportant les coins du
pofl;,1e Prince Charles de
Lorraine
,
Grand Elcuyer de
France&leDuc de Villeroy,
Capitaine desGardes duCorps
àcheval, les Gardes du Roy&
les Gendarmes. La marche
étoit fermée par le carosse de
Monsieur le Duc & par ceux
du Cardinal de Rohan,&
des Ducs de la Tremoille
,
de
la Rochefoucauld ,de Morttemar&
de Thresme. Le Convoy
arrivant à une demie lieue
de Saint Denis
, y fut joint
par un grand nombre d'Officiers
des sept Officesà pied,par
les Gardes de la Prevosté de
rHoftel,& par lesCent Suisses;
de la Garde,& à quelque distance,
ontrouva les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Denis
, au nombre d'environ six
vingt reveflus de chappes de
velours noir, & precedez par
les Paroisses
,
les Recollets &
les Officiers de Justice de la
Ville. A près les prieres ordinaires
, tous les Ecclesiastiques
precederent processionnellement
le chariot jusqu'à la
porte de l'Abbaye,oùle Cardinal
le presenta au Prieur ,
par un discours touchant, &
éloquent Le Corps fut placé
dansleChoeur de l'Eglise,entouré
de cierges, & les Religieux
commencerent à faire
autour des prieres jour & nuit.
Le lendemain les Religieuxcelebrerent
un Service, auquel
assisterent tous les Officiers qui
avoient accompagnéle Con
voy. '1 , - ,Le 12 le Roy partit de
Vincennes, pour venir au Parlement
tenir son Lit de Justice.
Il étoit precedé des deux Compagnies
de Mousquetaires &
des Chevaux Legers de laGaI
de
, ayant dans lou carosse
M^'siur le Duc d'Orleans,
Ml'f){jeur le Duc, Monsieur
le Duc du Maine
,
Madame
la Duchelle de Vantadour
Gouvernante de la personne
de Sa Mjllé
,
& le Marc*
chIlqc Villeroy. Le carouc:
étoit suivi des Gardes du
Corps & des Gendarmes. A
l'extremité du Fauxbourg
,
les Gardes de la Prevosté &
les Cent Suisses se joignirent
à la marc he i & encet ordre ,
le Duc de Thresmes, Gouverneur
deParis,luypresenta
lePrevost dtsM.u.,baod'qui,
luy si oncomr>i»mtn& à la
tête des Echevins
un genoux
en teireLes ruesestoient bordées
des Régimens des Gardes
Funçoi les& Suiflcs,juC^aju-
Palais. Le Roy entra à la
Sainte Chapelle
,
où il fut
receu & complimenté par
l'Abbé de Champigny
,
Tre-
[orier) a la têtedu Chapitre.
Quitte Presi lents & six Conseillers
,
vinrent recevoir Sa
Majestéàla Sainte Chapelle,
le conduisirent à la Grande
Chambre où il s'assit fous le
~Dis dans son Lit de Justice.
Toutes les séances eûant prises
en la maniere ordinaire,
leRoyditqu'il venoic à son
Parlement pour l'assûrer de
son affection & que son Chancelier
diroit le reste. Ensuite
le Chancelier de France expliqua
le su jet de la venuë du
Roy,après quoy ,
il prononça
l'Arrest, par lequel laRegence
,
pleine & entiere du
Royaume est deferée à Monsieur
le Duc d'Orleans.
Le 16. M.le Baron deSpaar
Ambassadeur Extraordinaire
du Roy de Suéde
, accompagn$
é de M deCronstroom son
Envoyé Ordinaire
,
firent des
compliments
compliments de condoleance
à SaMajesté sur la mort du feu
Roy.
f- ,
Le 17. le Nonce ordinaire
duPape
,
cût audiance du
Roy,conduit par M.le Baron
de Breteüil, quiestoitengrand
manteau de deüil. Le Nonce
futreceu par le Duc de Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corpsen grand manteau
de deüil
,
à l'entrée de la salle
des Gardes du Corps, qui
étoient sous les armes. Monsieur
le Duc d'Orleans, Regent
du Royaume, les Princes
du Sang&les grands Officiers
quisont auprés du Roy dans
ces forres de Ceremonies,
étoient aussi en manteau de
deüil.
Le Comte de Rivazzo Envoyé
du Duc de Parme, le
Baron Simeoni
,
Envoyé de
l'Electeur de Cologne, le
Comte Bardi
,
Envoyé de
Toscane
,
le sieur du Mont
Envoyé de Holstein Gortorp
,
&le Baron d'Imhoff,Envoyé
de Brunswich
-
Woifenbutel
,
tous en grand manteau de
deüil eurent audianceduRoy.
L'Ambassadeur de Portugal
& l'AmbassadeurdeSicile,
en grand manteau de deüil
, eurentaussiaudiance du Roy,
& firent de pareils complimens
de condoleance à Sa
Majesté.
Le 16. de ce mois,on enregistra
au Par lement une
Déclaration du Roy, qui ordonne
que lorsque des Ordonnances
,
Edits, Declarations,
Lettres Patentes emanèes de
la feule autorité de Sa Majesté
feront adressées au Parlement
, avec des Lettres de
cachet pour les faire enregistrer,
le Parlement avant que
d'y procéder
, pourra representer
à Sa Majesté ce qu'il
jugeraà propos pour le bicn_
,public du Royaume. Sa Majessé
voulant donner cette
marque de sa confiance à la
Cour de Parlement ,à cause
de la fidelité, du zele & de la
soumission
, avec lesquels elle
a toujours servi le Roy son
Bjfyreul
,
sur tout dans urj
tempsou les avis d'une Compagnic
aussi rage qu'éclairée,
pueutv-einltliutyées.trbed'une.g.rande -
Lemêmejour, une autre
Pp:ljiration fut enregistrée
,
FÏ-;Lafléll_e le Roy outre le
Conseil General de Regence,
en établit six autres particuliers
, composez chacun d'un
nombre convenable de Conseillers
& de Secrétaires : ravoir
le Conseil de Conscience,
pour les affairesEcclesiastiques:
leConseil des affaires Estrangeres
:
le Conseil de guerre ,
& de tout ce qui y a rapport:
le Conseil de Finances: le
Conseil de Marine
,
& de
tout ce qui en dépend: le
Conseildes affaires du dedans
du Royaume, qui estoient
cy devant portées au Conseil
des Depesches, sans rieninnover
à l'égard du Conseil Privé,
& sans que les affaires dont la
connoissance appartient aux
Cours & aux Tribunaux du
Royaume
,
puissent estre portées
dans lesditsConseils.
Le18. le Scrutin del'Hostel
de Ville de Paris, sur presenté
au Roy,par M. le Picart
Conseiller au Parlement:
Meilleurs Fayolle &Foucault
Lschevins, nouvellementélus
presterent ferment entrt les
mains de Sa Majesté
, en prefcnce
de Monsieur le Duc
d'Orleans : M. le Prevost des
Marchands & les Eschevins
furent ensuite en Robe de
ceremonie rendre leurs ref- .s, à Son AltesseRoyale,
comme Regent. Le 19ilsont
aussi rendu leurs respects à
Madaçw
,
& à Madame la
Duchesse d'Orléans. •leRoya donné à M.leDuc
d'Albret, la charge de grand
Çhajntx11an de France, vacance
par la demissionqu''en
avoit faite M. LeDuc de Boüllon
son pere. -,
Voici une copie des Provisions
de laCharge de Commandeur
& grandTresorier de
l:q.I:',rc du S.Esprit,dont leRoi
vicbiAhonorer M. Crozat.
LOUIS par la grace de Dieu ,
Roy de,France & de Navarre
Chef&Souverain,GrandMaître
de l'Ordre de S. Michel&du
S. Esprit: A tous ceux qui ces
Presentes Lettres verront,Salut.
Le Roy nostre tres-honoré Seigneur
&: Bisayeul,ayant par son
Editdumoisd'Aoust 1669. permis
aux Gentilshommes d'exercer
par eux, ou par personnes
interposées, le Commerce maritime
sans déroger à Noblesse;
nous avons v avec satisfaction
que p l usieurss'y sont adonnez
pour le bien de nostre Etat; mais
entre ceux qui s'y sont distinguez,
personne ne l'a fait avec plus de
Noblesse, de bonne foi, &: de
bonheur, &plus d'utilité pour la
Patrie, que nostre amé & féal
..:
Conseiller &Setretairç,Maison
& Couronne de France& de nos
Finances le Sieur Antoine Crorat,
qui par son zele, son application
& l'étendue de ses connoissances
dansle Commerce maritime,
a procuré à nostre Royaume
de grands avantages, & une
grande quantitédematiere d'or
& d'argent, dans des temps qu'-
elles lui estoient si neceflfaires,
G'est ce qui porta le Roynostre
Predecesseur & Bisayeul, d'accorder
audit Sieur Crozat par
lesLettres Parentes du 14. Septembre
1V11. la facultédefaire
seul le Commerce du Pays de
la Loüisiane, dontle succés
commence de répondre à nos esperances.
Mais voulanttémoigner
plus particulièrementnotre
satisfaction audit Sieur Crozat,
&; faire connoistre à nos Sujets
au commencement de nostre
Reancile desir que nous avons de
les rendre heureux, en excitant
l'émulation de ceux qui parleur,
industrie & leurstalens,sont en
état de leur procurer l'abondance
; nous avons résolu ensuivant
les intentions du Roi Loüis XIII
marquées dans son Ordonnance
de 1629. de relever &: faire honorer
ceux qui s'occupent au
Commerce maritime.C'est pourquoy
nous avons crû nepouvoir
donner une plus grande marque
d'honneur audit SieurCrozat,qui
convienne mieux aux alliances,
qu'il a faires, & lui témoigner la
satisfaction que nous avons de ses
services, & de ceux qui nous ont
esté rendus par sa famille, dans
les Charges de Conseiller au Parlement,
Maistres des Requestes,
& autres emplois, qu'en lui donnant
la Charge de Commandeur
& Grand Tresorier de nos Ordres.
A ces causes &autres bonnes
considerations, à ce nous
mouvans, nous avons audit Sieur
Crozat de l'avis de nôtre trescher
& tres-Amé Oncle le Duc
d'Orléans Regent, desPrinces de
nôtre Sang
,
des Cardinaux,Prelacs,
Commandeurs& Officiers
desdits Ordres, estant prés de nôtrePersonne,
donné &: octroyé par
ces Presentes signées de nostre
main, l'Etat & Office de Commandeur
& Grand Tresorier desdits
Ordres.
On ne peut rien dire qui fajfe
mien* CEloge de M. Crozat , ç$*
quiprouve davantage fin erilt.
quela copie deftsProvisions.
Les Provisions de la même
Charge vacante par la mort de
M. Chauvelin., avant que de
passeràMCrozat
, ont été accordées
par SaMajesté à M. Gaston
Jean-Baptiste de Terrat Marquis
de Chantofme & deTravers
Baron de Chaumont Chancelier
de feuMonsieur Frere unique du
•Roy,& de Monseigneur le Duc
d'Orleans Regent du Royaume,
Sur-Intendant de ses Finances.
M. de Terrat sans posseder
cette Charge pour laquelle il
n'avoit faire aucune démarche
joüit de tous ses honneurs , par
la grace de Sa Majesté, & par une
distinction singuliere. de Monseigneurle
Regent
,
à qui il a plû
luy donner cette preuve de son
attention &' de sa reconnoissance
pour tous les bons services qu'il
a rendus,& qu'il rend actuellement
à laMaison d'Orleans.
J'ay vû l'heure que je ne vous
donnerois point de mariage ce
mois-cy
, tant la difetre en aété
grande ils ont depuis quelque
temps eû cela de commun avec
bien des choses qui nous ont
manquez. Mais on ne doute
IPlus) grace au Ciel,& aux foins
denôtre Regent, quela nouvelle
cfforme du Gouvernement ne
rétablissebientost en France l'adbondance
& les plaisirs.
MARIAGE S.
MessireFrederic de laVespierre
Marquis de Liembrune, a épousé
le17. JuilletDamoiselle Bonnet
^rançoife le Sensde Coqufeville.
La Maison de la Verpieire est
originaire de Flandre, il y a quatre
cens ans qu'elle est établie
en France & que la Terre de
Lienbruneen Boulonois est dans
ladite Maison.
Damoiselle BonneFrançoise
le Sens, descend des anciens
Comtes de Sens, elleestfille
de Messire Jacques- Michel le
Sens Chevalier Seigneur de Coqueville,
&de DameMagdelajneMartin
du Peron,dont le pere
étoit frere de la mere du Reverend
Pere le TellierConfesseur
du Roy.
M. Brunet de Rancy Seigneur
d'Yvry,Maître desRequêtes de
l'Hôtel, aépousé le du mois
d'Août dernier,Mademoiselle ;
Bignonfille de M.Bignon Intendant
de Paris, Conseiller d'Etat,
&c. La
-
Maison de Bignon est
assez connue
,
sans qu'il soit
besoin d'en faire icy un détail.
Avis aux Sçavans.
M. le DUC de la Force, Protcihur
deF'AcadémieRoyale des BellesLettres,
Sciences & Artspro¡ofla tous
lesSçavans de /'EuropeunPrix qu'il
renouvelle tous lesans; c'ejluneMédaillé
d'Or de la valeur de trois cens
livres au moins) ou font gravées
d'uncotésesArmess& de l'autre,
la DevisedelyAcadémie.
Cette Compagnie à qui M. le Duc
de la Force remet le foin de choisir
lefîjetsur lequelon doit travailler',-&
le droit de decider du mérité
des Ouvrages quiferont envoyez)
avertitle Publicquelledejline ce
Prix à celuy qui donnera le Syjlème
le plusprobable sur la formation
de laGlace, &qui expliquera de le
maniéré laplus vray-fcmblablefis
divers Phenomenes. ilfera dijlribué
le premier ou fécond jour du
moisue May milsept cent jèize.
Iiftra libre d'envoyyeerr llee.s, DDiijf~feêrr--
tll/ions en François ou en Latin ;ellleessnnee-
f, eront reçues que jusquau
u
premierjourdeMars inclusivement.
Cellesqui arriverontplustard n'entreron{
pasenconcours.
Au bas des Dijfert/jonf il-Y aura
une SSeenntteennccee, &
1Auteur mettra
;. 1. dans unBilletseparédrcacheté, la
même Sentence, avecfin nom &
son adrejïe.
Ceux qui envoyerontleqrsOuyra*
ges, les adrejferonta Mefjleurs de
rAcadémie Royale de Bordeaux, ou
au Sieur Brun,Imprimeur de cette
CCoommpagnie,ruéS.Jameesç,&aauuront;
foin defaireaffranchitdeportJeur*
Paquets ,ft/JI quoy ils neftrontpas
retire^
rttireZdit Courrier. A Bordeaux et
r vingt-cinquièlme Aoû, t 1715.
Avis utile à tout le monde.
Le Sieur Porcheron a un secret
nmerveleux contre les Rhumatismes
Mnveterez*
,
goûteux
,
douleurs de
isnerfs&sciatiques.Lefecret conftftt
yen NfjPommadecomposeedefimples3
pprolru¡e de Mejjieurs les Doyen &
I'DfoBeurs de\laFacultédeMedecine M.Paris , qui ontguéri eux-memes
,¥ar leseulUniment, & frottement
Reecette Pommadeplujïeurs malades Rhumatismesinvetere^dr goue,
eax, qui n-e cedoientpoint aux repnedes
ordinaires: Elle guérit Itllffi
Mes Enquilofes dansles boëtes desgemoux.
Les potsfont cachetez, defort
Cachet, il donnera la maniéré de s'en.
Servir. Cette Pommade ne se corromptjamais
,
dr pentsi tran[porter
dans toute forte de Pays. Elle a U
vertu défait e transpirerdoucement
l'humeuren dehors yfinsaucune cicatrice.
Les pluspetits pots fontde
jo. fols, & lesgrands de y. liv.
Il demeure ruë du Petit Lyon , Quartier S. Sauveur, au coin de ltt
rue des deux Portes, oùfln TableauefiexpoTé.
APO STILLE,
ou plutôt Réponse aux dernieres
Lettres que j'ay reçûës.
Envoyez-moy quelqueHifloire,
Madame
, vous me ferez wn vray
plaisir examinons même enfemblc
vos Ouvrages, cela nen fera peutêtre
que mieux, & la confiance que
vousaure7yen moy ) me rendra infiniment
plus exaé1 çr plus attentif
sur ce qui vousregarde. AJeZfoin.
sur toute chojé de ne pas attendre
que noussoyons à lafin du moisfour
mefaire part des productions de.
votreesprit.Malgré la delicatefe
de vospensées
,
lapoliteffe de votre
raifomentent &le choix de vos exp^/
jions,elles vieilliront chez moy9 \Jtvous-ne remedieT^ à cet inconve-
>. nient. fKayreçuvotreLettre le 2y.
i d&ce mois fort tard, à* mon Livre
>
étoit déja fermé: cette raison lUi
nestpasmauvaise,moblige afup-
,\prÙner vosRéponses aux..f<!!ejlions
\!r()jJo[ees
,
vôtreEpitaphe sur la
mort duRoy& un de vos Sonnetss
1 tout ce queje peux faire pour vof
treservice, ejl deproposer maintt4
nant ces Bouts -rimez, que vous
mavez envoyez,fort bien remplis.
Neron
solitude
rude
Anacreon.
Pantheon
inquietude
certitude
Lyron,
guerre
tonnerre
tralt
A paître
portraits
connoître.
Songez, à ce que je viensd\avoir
l'honneur de vous dire, lesouhaite
en bonne foy que cela, mérité vofire
AttentÍOlJ
,
& fuis avec tous les
égards dus à une Dame de mérite
&Vd'eospjriitrceomme vous,Madame , très*humble cf trèsobliflàflt
Jèrviteuï.
-
L'Eleve Papirjel'tà quijesuisredevable
d'une Enigmefortjolieâ,
(qui ne pourra servir quele mois
prochain) & d'un raiformement
tres-sensé,est un franc paresseux.
Nicoledevoit lechasser plus matin
, & la jeune Loüison l'attendre
plus tard, ilm'auroit envoyé,
sa Lettre plutôt.
AVERTISSEMENT.
ilmerefle a vous recommAnder,
MeO-oirs&flics Dames, de nepas
oublier de payer les ports des Lettres
que vous mefJvOjees, dde nepas
menvoyerd'Enigmesfinsmen donner
le motyd'écrire vos Mémoires de
façon quejepuij?elesdéchiffrer, dr
demeles-aàrejfer leplus,lue vous
pourre'{chez lesieur Majfet^ Perruquier
sur le cfZudJ de la Megifierit,
cheZqlli je luge, il y Aura toujours
du monde pour les recevoir,
&pourmeles rendrefeutement.
TABLEPR.
3 P
Remontrance de M. de Sacy au Roy,&k
NoJJeign*rS JefonConJiilt concernant l'ajfatr$
desjefuîtes. 5
Memoire tou<bintle\ drots de ceux queItsjefuitescongedent
de leurCompagrre
, avant qu'ils
ayentfuitl s derniers voeux J 4
Copie d'une Lettre de M P à l' Auteur. 117
Ode du même M. P. imitée de l'odefuries Conquérants
de ROUJfeolU. 137
JRemponfesoduimsempe aauxfQjuéeftt.'o1nspro4poséyes le Autres Réponses aux mêmesQuejîions d'un des
Parti/ansduMe,cure. jyi
bouts-rimez, a remil:r. 1jS
Sonnet de M de TrefvillonCommiJ?a:red'Artillerie
à la loiiangg de Mons,i¿,neur leDuc d'Or.
léans. nj
Portrait d'une Dame de qualité de la main d'un
fçavunt M.tiflre. 162.
Peur de l'Amour, Fable Anaceontique
,
sur une
jeum & aimable personnequiparlequelquefois Allemand.. 174
Autre Portrait d'uneautrepersonne que son Amantveutdégoûter
de l'envie de se fatrepeindre.
177
Fers sur de la tonferxe c»xt-y 'e a uneRitg<eufè
cj'uuvotrtfU;ed'ififieaclurs. i;
Les Arv.cs,ui': ourt cpgr.mm.c, 184
jnj1''f' von roi,ri Sam,.e J86
¿-lN!rI' S>tmeta h lou.lnl' alfiloTljè'gneurlu V:te
d'ori,ans. 18S
Ode jur la PaixAgéede trois mot;, & (Orr/pcfée,
gratis pourle1ul-ltc. 192.
Chanfon. 100
Enigmes. 101
H jtoire si guite e. 104
Requejte du Thalte à "onAttire Royale MonjagneurleDuc
d'Otle.ins. 2.31
Morts. z7
ReUtion deItEntrée de M. Zondadary à Sienne,
en quM.1téd'Ar,bevéjHt de la m*,me Vine fS
NouvellesdePa>i$. zyi.
A PARIS,
M. DCCXV.
M ER GÎIRE ,..Jc.;>N3JcI\f
< l, Par le Sien. Le Fevre.
Mois
de Septembre
171S*
Le prix est 30. sols reliéen veau, & î®
15.sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,t
au bout du Pont Saint Michel,
du coté du Marché-Neuf,
au Livre Royal.
s4vecjiprolrdt>ort,&Privilège dHR..j',7
MERCURE
NOUVEAUUR
l'apparence qu'il
y a qu'une infinité de
personnes ignore les
mouss & les causes du Procés
sur lequelle Roy a donné une
derniere Declaration en faveur
des Jesuites,malgré le bruit
qu'il a fait dans le monde, la
Remontrance & le Mémoire
de M. de Sacy suffisant pour
instruire amplement le Public
de cette grande affaire, on m'a
presque per suadé que jene
pouvois raisonnablementme
difpcnfer de faireimprimer les
pieces quilaconcernent. Je
me fuis rendu aux choses
qu'on m'a dites surce sujer,
& je me suis enfindeterminé
à les donner dans le Mercure,
telles qu'elles font dans l'Original.
Au reste la longueur de
ceFaâumm-i tellement étonné,
qucj'ay pris lalibertéden
retrancher routes les Nores,
quoiqu'elles foit très belles,
trèsutilesa l'intelligence dece
Procés, & très dignes de la curiosité
des Lecteurs, qui pour.
ront,si bon leur femblc
,
les
trouver chez le sieur Langlois,
Imprimeur. UJ' AU ROY,
Et à NojpigncursJefonConfeil.
SIRE,
Les Jesuites de vôtre Roïau-
:me remontrent très humbleiment
à VOSTRE MAJESTE,
que par la nature de leur engagement
,
conformément
aux Bulles quiconfirment leur
Inttitut
,
& qui ont esté remues
par les Rois prédecesseurs
de VOSTREMAJESTE'
ils conservent jusqu'à leurs
derniers voeux) non feulement
la propriété, mais aussi la joiiifsance
de leurs biens: Que leur
saint & sage Fondateur regardoitce
point de son Institut
comme essentiel, pour engager
dans ta Compagnie de
bons sujets & n'y en conserver
point d'autres: Que depuis
leur establissement en France
jusqu'autemps qu'ils ont esté
c6nt^irttsrdJe« sortir , ils y
ont joüi de ce droit en entier:
Q^îc le Roy Henry le Grand
êc glorieusememoire à* qui
voulutbienlesyrappel1er,ne
jugeant pasalors les conjonctures
favorables pour les remettre
dans leur premier état,
Ife reserva à les y rétablir intfenfibîement
, comme il parole
par les Déclarations &
[Lettres sur ce sujet : Que dans
tous les Etats du monde
,
&
même dans les EtatsProteslans
,
ilsonttoujours joiii &£
joli.lient encore de tous leurs
droits selon la forme de leur
Institut:Que d^psplusieurs,
Congrégations établiesdepuis
eux dans leRoyaume, les ru.,
jets jouissent deleurs,biens
jusqu'à la mort,& ent disposent
même
,
quand ils le jugent
a propos ,enfaveur de ces
mêmes Congrégations sans
qu'on y ait trouvé jusqu'ici de
l'inconvcnient pour l'Etat:
Que dans les autres Etats où
leurs droits ne font pas limitez
, on ne voir à leur su jet
dans les familles, ni contestarions
,
ni trouble
, non plus
qu'on en voit en Franceau ru.
jet:desmembres des autres
Congrégations ,lesquels ne
font jamais défausisdefait de
ce, quiest à eux. 1-1 kuoi ?n ,n Les ,Suppliant qs: croïen^
pas déplaire a V 0 S T R E
MAJESTE'enluy representantqu'il
feraitde sajustice,
autant que du bien <Jc)euc
Compagnie, que VOSTRB
MÀ¡.HST'E voulut dés à présent
consommer à leur égard
ce que son glorieux Ayeul
| avoit commencé.Ce ne seroit
après tout que les conserver
dans les droits que leurnaissance
leur donner ausquels
ils n'ont pas renoncé par leur
état. Ce ne seroit leur accorder
que ce qu'ils possedent
dans tous les autres Etats du
monde, &Ce qu'ilsontmême
pots.:Jé'da'ns/lcs';vofires,SIRE;
avant que le malheur des tems
lestn fistsortir.Cene setoit
queleur donner pendant quelquesannées
d'épreuve feu e-*
ment ,
& jusqu à leurentier
engagement danslaCompa- ;
gnie
, ce donr plusieurs Congregations
j ulUnt pendant;
toute leur vie sans contradiction
,
& sans que le bien pu- ,- blic paroisseen souffrir. Ce se-
1
:
roit même un moyen sur de
Emettre: la paix dans les famil les:
ül n'y auroit plus de prétexte
à descontestations que la feule
peine de rendre ce donc onest
sasi, fait former depuis un ificlc. Opendinr,SIRE, si s:.
'TRE MAJESTE jugcoitCOïlVC1-
[nablede: borner les droits des
Suppliansàl'EditdHenryyIV.
iilsrecevront toujoursavec la
plus vive reconnoissance, la
grace de s'y voir au moins
pleinement maintenus.
A ces cau fcs, SIRE,plaise àVOSTREMAJESTE',au
cas qu'Elle ne jugeât pas à propos
de rendre aux Jesuites la
joüssance& pleine disposîtion
de leurs biens jusqu'à l'émission
de leurs derniers voeux,
telle qu'ils l'avoient selon leur
Institut, avant l'Edit du Roy,,
Henry IV. de 1603. & lur-"
quoy ce Grand Prince s'estoit
toûjours reservé deleurpourvoir
, dont ils se rapporttent
aujourdhuy à la ilillicc, sagesse
& bontédeVoS.T'RIE
MAJESTA';en ce cas d'ordonner
que l'Edit de 1603.
soit exccure dans toute ConJ
etendue, selon sa forme &te.
neur.Cefaisant, queceux qui
sortiront de leur Compagnie
-"
oar le congé de leur Supérieur,
sans avoir fait leurs derniers
voeux, rentreront dans tous
xs biens & droits qui leur apattenoient
,
lorsqu'ils sont
muez dans la Compagnie,&
qui leur seroient échus & ave-
~us ,
s'ils avoient continué de
~ivre dans le siecle : desqucls
~roits & biens, la joüissance
commencera du jour de leur
ngé & retour au siecle.
( LesSupplians continueront
~urs voeux& leurs prières pour
prosperité & fanté de Vos-
REMAJESTE'.
DE; SACY, Avocate
W!V(£!W
1 MEMOIRE
Touchant les droits cL1 ceux queq
*7 les JftitescongtdlLnI dt, Icuril
Compagnie , avant cjutlsy*
aytntjait les derniers vaux,,
Il faut par rapport à l'affaire
presente diviser en deux classes
les sujets qui forment le corps
de la
-
Compagnie de JEStis.,
La première elt composée de
ceuxqui après deux années des
Noviciat ontétéadmis à faire
lesvoeux simples de pauvreté
de ch;«H:aé;&. d'obeïssance. La
fcconvjQcIdflîtlt Compofeç de
ceux qUI après un certain nombre
d'années pssees dans la
Compagnie depuis les. premiersivoe
X:, ont, EFTEADMIS;À
fjire les VCCJX lotemnelsdela
Profession.. "','
: ParlespremiersvoeuxunJe
;
suites'engageàyjvré)perpctuellement
dans la Compagnie,
supposé qu'après l'avoir
éprouvé dans Xes fonctions
pendant un certain temps,elle
lIejugo,) propre à les remplir
pour toujours. Cetengagement
n'est doncque condi~ -
tionnel; la Compagnienes'cn.
gageant de son costéà garder
celuyqui le contracte, qu'autant
qu'elle le trouvera bon,
aprèsl'avoir éprouvé.Aussi ceg
voeux (impies Ce sont-ilsen
particulier, sans que la Compagnie
les reçoive : ils lient le
Jesuite à la Compagniesans
que laCompagnieiclieàluyj
Par les voeux de Professîon
l'engagement eû mutuel entre
leJefuitc & la Compagnie.
Le Jesuite s'engage alors à vivre
perpétuellement dans la
Compagnie, & laCompagnie
l'y reçoit pour toujours. Le
temps
temps dépreuve estfini: l'état
d'un Jesuitedevient fixe,com-,
me celuy de quelque autre Religieux
que ce soit qui a fait
Profl ssion.
La différence qu'il faut mettre
icy entre la Compagnie &
entre les autres Ordres Religieux
; c'est que dans tous les
Ordres Religieux
,
il n'y a
iju'un seul temps d'épreuves ,
au bout duquel on fait la Prosession
; au lieu que dans la
Compagnie il y a deux temps
d'épreuves, tres differcns l'un
de l'autre. Le premier cft le
Noviciat de deux ans ,au bout
duquel on s'engage par les
voeux sim ples. Là commence
le second temps d'épreuves,
pendant lequel la Compagnie
exerce ses sujets dans les fonctions
qui luy sont propres;&
ces secondes épreuves se terminent
par une troisiéme année
de Noviciat, pour se difsposeriauxovoeuxnde
la .Prof.:£: C'est seulement, comme
on l'adit, par ces derniers
voeux, qu'un Jefuitc cft engagé
irrévocablement & sans
retour. Mais cela n'empêche
point que parles voeux simples
qu'il fait après le premier Noviciat.,
ilne devienne véritablement
Religieux. Il est Religieux
,
mais il peut cesser de
l'estre
, parce qu'il n'est pas
Religieux Piofés. Jusqua la
Profession
,
la Compagnie a
droit de le congédier en le dispensant
de sesvoeux; & en cc
cas il devient absolument libre
,
capable de tous les emplois
civils; il peut même, s'il
n'est point dans les Ordres,
contracter un légitimé' mariage
sans autre dispense que
celle qui resulte du congéque
le General de la Compagnie
luy donne. B ij
Telest l'Inftitut de laCompagnie
,
fciemncllcmcnt approuvépar
les SouvsrainsPonti
ses, lefquclsen l'approuvant,
ont établi un droit nouveau
en ce point,quejusques-làil
n'y avoit que lesvoeu x de Pro.
session qui donnessent proprement
la guaJitç de Religieux.
Etant une fois Religieux,'c'éstoit
une necefifjt,é de l'estre
toujours; parce qu'on ne l'étoir
que par la Prose ssion, qui
ne laisse point de retour au siecle.
Mais les Souverains Pontifes,
en approuvant le Corps
des Jesuitescomme un Ordre
Religieux,ont voulu que ceux ui s'y engageoient, & qui en
devenoient membres par les
ACCUX simplesdepauvreté,de
chasteté & d'obéilfancc
,
fussent
aussi parlà devéritables
Religieux. C'est unpoint de
Droit Ecclesiastique que l'Eglise
a ratifié au Concile,de
OTreitte,^ qui aétéreçû sans
concradiction dans tous les
Etats du tnondc,
Il n'est pas difficile de penetrer
le* raisons qui ont porté le
Saint Fondateur de la Compagnie
à y établir un si longtemps
d'épreuves. Par rapport
à la nature &à la multiplicité
des fonctions qu'il embrassoit,«
illuy filloit des sujets qui eussent
& une vertu à l'épreuve,
& des talens qui ne peuvent
se développer dans letemps du
premier Noviciat. Ce qui est
essentiel à l'état des autres Religieux
,
ils le pratiquent des
leur entrée dans la Religion :
ce qu'ils y font pendant une
premiereannée, c'cft ce qu'ils
doivent la plûpart faire toute
la vie. U.1 Jesuite au contraire
hors les exercices de la vie In-'.
terieure, ne fait rien dans le:
premier Noviciat de ce qui
doit l'occuper le reste de fcs
jours. Il luy est essentiel d'être
employé au ministre des
âmes ; il faut qu'il enseigne ou
qu'il prêche; il doit estre prest
à passer dans les pays les plus
barb ires, pour y annoncer la
foy. Or comment dans les simples
exercices du premier Noviciat
,
qui est uniquement dcftiné
à la retraite & à la priere,
la Compagnie pourroit-elle
s'assûrer qu'un sujet est propre
aux - emplois du dehors qui
sont sa fin principale? Comment
pourroit-il s'en assûrer
luy même? Il est donc neces-
1'
faire de l'éprouver dans l'exercicc
de ces emplois, avant qu'il
s'engage sans retour à les remplir
toute sa vie.
Telles ont esté les vûës de
S. Ignace,pour ne borner pas
au premier Noviciat l'épreuve
de ceux qu'il devoit admettre
dans sa Compagnie par les
voeux irrévocables de la Prosession.
Mais comme il eOoira
craindre qu'en differant trop
longtemps de fixer leur état,
quelques-uns ne succombassentau
dégoût d'une épreuve
longue & penible ; il convenoit
dopposerà leur inconf- ', tance
,.
tance l'engagement des voeux
simples. Ces voeux les lient as-
(lz, pour qu'ilsne puissent plus
reculer simplement par legereté
: mais ils ne les lient pas
non plus tellement , qu'ils ne
[puiffent'Cire déliez pour des
raisons legitimes. -Aureste>S.Ignaceen pretnant
ainsises avantages pour leCorps Religieux qu'il avoic
à former, a pourvû aussi avec
toute la sagesse-possible à lavantage
de ceux qui devoient
s'y engager. Pour cela il leur
laisse dans le siecle jusqu'au
moment de leurs derniers
voeux, tous les droits que la
naissance leur donne.Il n'exige
d'eux que les voeux simples de
pauvreté, de chaLteré)d'ob¿i'f.
sance; & ce voeu simple de
pauvreté consiste uniquement
àse dépouiller de l'usage libre
de ses biens.
Il elt vray que le S Fondateur,
pour la perfection particuliere
des sujets de sa Compagnie,
voudroit qu'ils fussent
tous aff, z détachez, pour disposer
de leurs, biens dés qu'ils,
entrent dans la Compagnie,
& pournese laisser plus dercC---«
source dans le siecle. Il veut
même que des le premier Noviciat
,
ils promettent, sans
meanmoins s'y engager par
voeu,d'abandonner r leurs biens,
,yoeij,d ab,indonncr leurs quand le Supérieur le leur ordonnera
pour leur plus grande
perfection. Maisil ordonne en
iroèmc tems aux Superieurs de
me permettre pas aux particuliers
de se dépouiller de la forte
,
si l'on ne s'est auparavant
bien assuré de leur perséverance
dans leur vocation; & il
veut qu'on neprocédé jamais
en cela qu'avec une mûre deliberation.
rAj Juiqu'à cette abdication
volontaire qui dépend de la
volonté du Superieur, & qui
n'est point du tout attachée
aux premiers voeux , comme
on le voie, un Je suite qui n'a
fait que ces premiers voeux conferve ,
,
fclon les Constitutions
de la Compagnie
,
l'entiere
propriété de ses biens acquis;
il a le même droit de succeder
, que s'il étoit encore
dans le siecle; il peut disposer
selon les loix de ce qu'ila
,
de
ce qui luy échoit. Et qui les
luy donne ces droits? c'est sa
naissance. Il les avoit avant
que de faire son voeu de pzu.,
vreté: il n'y renonce pas en le
faisant : illes a donc toûjours
au même titre. Ce qu'il conserve
de droit sur ses biens
, cecyest tout-à-fait digne
d'attention) c'est à sa naissance
cule qu'il en est redevable :
d'être Religieux sansêtreobligé
de renoncer à ces droits
c'cft à son état qu'ille doit.
Et icy se découvre une erreur
confijerable de bien des
gens sur le point dont il s'agit.
Ce ne sont point, comme ils
se l'inlaginent les Constirutions
& les Bulles des Papes qui
donnent à un Jesuite jusqu'à
ses derniers voeux la propriété
& la jcü;{f..nce de ses biens, &
qui le rendent habile à succeder
: son droit sur cela n'est
que le droit naturel, à quoy
les Constitutions & les Bulles
ne font aucun obstacle, en ne
l'obligeant à y renoncer, que
quand il fait les derniers voeux.
Au reste, levoeusimple de
pauvretéjtel qu'on le represenle
ici,n'en poinr particulier aux
Jesuites.Mcssieurs dela Mission,
les Filles de l Union Chrétienneen
font un tout pareil.
Dans ces Congrégations les
sujets retiennent la propriété
de leurs biens; ils en peuvent
disposer par dons, par tesla.
mens;ils perçoivent des successions.
Tout l'engagement
qu'ils contrarient en voüant
la pauvreté,c'estde n'user de
leurs biens que fous le bon
plaisir de leurs Supérieurs; &
les Jesuitesen sinsant leurs
premiers voeux, ne font rien
de plus à cet égard.
Nousavons exposé jusquesicy
le veritable plan de l'Institut
des Jesuites par rapport
à l'affaire presente; & leurs
droits, dans l'étendue que
nous leur avonsdonnée, y font
si clairement marquez, qu'il y
auroit de la temerité à vouloir
formerla moindre copieration
sur ce point. Aussidepuis
l'Indication de leur JCotn.
pagnie, ils .oni partout joui
pleinement&constamment de
ces droits; & ils en joùissent
encore dans tout lemonde
Chrétien, hors la France, même
dans les Etats Protestans
où ils font établis, sans qu'il
leur soit causé le moindre
troubleàcesujet. - Ht
Ils en ont même joui en
France sans aucune modification
, jusqu'au temps où ils
furent obligez d'en sortir. On
le démontre par divers Atrêts,
& entre autres par ceux que le
Parlement de Paris rendit le
Oâobres585. en saveur
de Robillard, & le 13. PC"
cembre 1592. en faveur de la
Grange, tousdeux efhnt dans laCompagnie, qui certainement
étoit alors reçue & regardée
comme un 01.dce Religieux.
C'est ce qui est incontestablement
prouvé par ces Arrestsmêmes
que les Jesuites
produisent, & par l'Arrest de
Noalhes rendu dans le même ¡,.>'
temps au Parlement de Toulouse,
quiest aussi produit. Les
Auteurs contemporains&autrois
conviennent unanimement
que ces Arrests ont esté
renias uniquement sur la difsérence
desvoeux des Jesuites;
ces témoignages font rapportez.
Les Jesuitesproduisent
aussi les Lettres Patentes, où
les Bulles qui approuvent u
confirment leur Influât font
rapportées. Ils produisent entre
autres les Parentes de Charfont
levéesles modifierions
& les icitriâtons de l'Assc de
Poissy, par lequel ils n'avoicnc
été reçûs dans le Royaume que
comme Collège & Société }
celles du même Prince du mois
de FévrierIJ74. enregistrées
au Parlement de Paris, qui autorisent
l'Inflitut des Jesuites
& la fondation des Maisons
Profcfles fondées & à fonder
dans la fuite. Celles d' Henry
III. du mois de MlY 1580.
pareillement enregistrées, qui
rappellent & confirment les
précédentes.
Les deux Arrêts rendus au
Parlement de Paris en faveur
de deux Jesuites, & qu'on rapporte
comme les plus proches
du temps, où la Compagnie
fut obligée de quitter le RoïHJmeJfone
voir quelyétoitson
dernier état avant l'Edit par lequel
Henry le Grand, de gto.
rieuse mémoire
,
voulut
bien
l'y rappeller.
Les per Tonnesen place qui
étoient alorsopposéesaurétabh{
f:m,:nc des Jduires, insiftoienr
particulièrement auprès
du Roy sur lafing-Varité d'un
Corp) Religieux
,
donc les sujcts
con servoienc a près leurs
premiers voeux des droits de
propriclé & de succession inconnus
aux auu es Or dres: &
l'on exageron fort les inconvemiens
qu'il pourroit y avoir
à le (V'ufFur. Ce Prince par une
condt(ccndancc dicme de la
fagclle pour ceux qu'il trouvolt
d'un avis contraireau fien,
crut qu'il falloit un peu ceder
au temps, & apporter aux
droitsdontil étoit question,
un tempérament, quisansruiner
absolument rinftitut des
Jcsu,ltes,dcvoit contenter leurs
advcrfaircs. Ce temperameric
est renfermé dans lart. V. de
l'Edit. Envoicy les termes: Quccyaprès tous ceuxde laditesocieté,
tantceuxqui ontfait
lesvauxfimples feulement, que
lesautres. ne pourront accruttir
dans notredit Royaume aucuns
biens immeubles par achat, dona.
tion ou autrement, sans notre permijjton.
Nepourrontaujjïaux de
ladite Sociétéprendre ni recevoir
aucunefucajjion ni directe ni collaterAle,
non plus que les autres
Rrltgitux. ET NEANMOINS AUCAS
QUE PAR CY APRE'S ILS
F JSSENT LICENTIEZ ET CONGEDIEZ
PAR LADITE COMPAGNIE
, POURRONT REN-.
TRER EN LEURS DROITSi
COMME AUPARAVANT.
Il cit vray que cet Edit ne
sur corrglfire au Pai hITIent
iqu"ipié.%dcs rcmoniranccs failcs
au Roy & de sccondes Lettres
de ltflicn; & qu'au temps
de l'cnreg:ltrco1cnt) il fut arfêté
par la Cour,que le Roy
ycroîl tres-humbhmtnt supplie
pourvoirparune Déclarationàce
ue ceux qui auroientétéquelque
temps dans la Société, ntpûffint
iire reçusaux partages , pour le
trouble qu'ils apporteroient aux
familles, Mais cela montre d'un
lôré
,
combien le Roy avoit
de sortes raisons de maintenir
îledroit des Jesuites;&delautre,
que le Parlement le tenoit
lié sur ce point pat l'Edit, tuC:
qu'à ce qu'il y fût derogé par
une Declaration de Sa Majefté.
On ne sçauroit deviner sur
quel fondement quelques personnes
ont dit que les Etats de
1614avoientaussi demandé
au Roy de fixer un temps aux
Jesuites
,
après lequel sortant
de la Compagnie ils ne pour
roient plus être reçûs à partage.
On ales cahiers imprimez
de ces Etats;iln'yestparlé des
Jesuites que dans le cahier des,
Ecclesiastiques à l'articlesixiéme
i
me qui fut accordé par le Roy.
..e voicy : QjSattendu le fruit
we font journellement les Peres
efuitrs, tant a l'avancement de
« Religion,cjuel'inlfruétion de
1 jeunesse, il plaise à VoftreAfa-
^fiéque leur College de Glermont
sur foit redonné avec leurs anlevmes
fondations, £r les voulutconserver
& prendre en i/oie
protection
, & qu'il en foit
vttid'autres dans chacune des bon.i
zs Villes de ce Royaume
)
aufmlles
ilsferont demandek par le
Ilnfentement desdites Villes
1 &
:
fotimettant par eux aux Loix
m Statuts de l'TJniverfité.
Pour revenir à nôtre sujet,
tel devint l'état des Jsuites en
France par l'Edit de leur récablissement,
qui changea Tan-"
cienne Jurisprudence. Ils ne
pûrent plus succeder à aucun
bien
, comme ils faisoient &
font encore par tout ailleurs
avant leurs derniers voeux, &
comme ilsavoient toûjours
fait en France jusqu'à l'Edit :::
mais il leur conferva cet Edit
le pouvoir de rentrer dans;
tous leurs droits, au cas qu'ils
fossent congediez par la Compagnie.
Or ce que l'Edit a laisse
;
aux Jesuites subsiste-t-il cnco.',
~Te? Et s'il eil: vray qu'il subsiste,
doit il subsister plus longtemps?
C'est ce qu'il en question
d'examiner aujourdhuy.
L'Edit, en ce qu'il declare
les Jesuites capables de rentrer
dans leurs droits, au cas qu'ils
soient congediezpar la Compagnie
,
subsiste-t-il encore?
Ec comment en pourroit on
douter? Y a t-il quelque autre
Edit qui y deroge ? Où est la.
Loy qui paroisse y être contraire.
:
Mais n'est ce pas une Loy
generale
, que tout Religieux
~estmort civilement,&ne peut
plus prétendreà rien dans le
siecle îOiiy, c'est une Loy generale
que tout Religieux Profés
ert mort civilement,&n'a
plus rien à prétendre dans le
siecle: aussi les J;:fuices Profés
n'y prétendent ils plus rien.
Ql'on parcoure routes lesLoix
du Royaume ; ce n'est que le
Religieux Profés nommément
,
qu'on y verra exclus
pour toujours des successions,
& jamais le Religieux simplement
comme Religieux, ja.:
mais le Religieux en general.
CCLOIXne contredisentpoint
l'Edu3 comme l'Edit ne déroge
en aucune façon à ces Loix.
Les Loix regardent les seuls
ReligieuxProsés, à qui le retour
au siecle estinterdit pour
toûjours;&l'Edit regarde uni-
~quement ceux d'entre les Jesuites,
qui n'étantencore Religieux
que par les voeux (imples,
peuvent en être dispensez,
& rentrer dans lesiecle
avec le congé de la Compagnie.
Or
,
dés-làqu'ils peuvent
rentrer dans le siecle., &
V reprendre leur premier état,
~ycontractermêmeun legitime
mariage, ce qui ne leur fut
jamais contesté;quelle justice
yauroit ilde leur y contester
les biens que la naissance leur
donne, au quels ilsn'ont pas
renoncé, donc ils ont besoin
pour eux & pour lesenfansqui
leur peuventnaître?
1
Un homme donne la plus
-
grande partie de son bien à un
ami,qui moyennant cela fait
un mariage considerable.Tandis
que lafamille du donataire
grossit, le donateur s'avise de
se marier luy-même;&au moment
qu'illuy naît un enfant,
sa donation devient nulle selon
les Loix ,& il reprend tout :
ce qu'il a donné. Comment
donc les Loix ôteroient-elles à
un Jesuite legitimement con-
~gédié de la Compagnie, & qui
a la liberté de le marier, le
droic de reprendre dans sa famille
des biens ausquels il n'a
pointrenoncé?
t" Sont-ils donc si coupables
ces hommes qui retournent
au siecle;parce qu'ils ne fc trouventpoint
avoir affcz de santé,
)OU certains talens nec ffaires,
pour fournir la difficile & pemible
carriere d'unJesuite?
Sont-ils si coupables
,
qu'on
noive pour cela les dépoüiller
~k~és droits que la nature leur
cs
donne,&qu'ilss'etoient sage.
ment reservez pour le temps
qu'ils éprouveroient leurs forces,
avant que d'être engagez
sans retour? Cette pieuse épreuve
qu'ils ont voulu faire
d'cux-Inêmes)cfi elle une raison
de les desheriter,& de les
mettre à cet égard au rang des
bâtards, ou des scelerats condamnez
pour toûjours aux galeres
? Les traiterat on plus
mal que des enfans vagabonds,
qui rentrent dans leurs
biens aussitôtqu'ils se fontreconnoitre?
Ce furent ces principes de
1equiré
l'équité naturelle, qui porterent
Henry le Grand à user de
toute son autorité pour aflii*
ret aux Jesuites par son Edit le
droit qu'on le sollicitoit de
leur ôccr. Nulle Loy n'y est
contraire à cet Edit:aucun auire
Edit n'y a derogé: il subsiste
onc encore aujourd'huy dans
route sa vigueur; & le droit
qu'il conferve à ceux que la
Compagnie congedie, cil toûjours
en son entier.
I- Si quelque chose pouvoit
oatoître y avoir donné atteinyc,
ce seroit une suite d'Arr êts
lui auroient été rendus contre
la dispositiondel'Edit,sur
tout dans le premier Parlement
du Royaume. Or ilest conftanr
que depuis l'Edit jusqu'à
1'.,ffjlredusieur lePicard d'Aubercourt,
on ne sçauroit citer
un seul Arrêt de cette nature.
On luy a objecté qu'un
Avocat écrivant en 1685.
dans uneaffaire des JrUlces
convenait d'une Jaritprudence
d'Arrêts opposéeàl'Edit :
mais c'est une méprise de cet
Avocat qui en cela a parlé dei
son chef Les Jesuites n'ont
jamais pûl'avoüer sur unetel-<
le fausseté
,
& ils le désavoüent
; i- 4111
jourd huy
,
aussi bien que
r ce qu'il a dit , qu'iln'y a
oint de differencepoul'enagcmcnc&:
le retranchement
u siecle entre leurs premiers
leurs seconds voeux. Desereurs
de fairne sçauroientnuià
la verité clairement prouée
par des Adtes. n
On a montrécydessus la
ifference essentielle des preoiers
& seconds voeux desJeuites
: & à l'égard de la pré-
:nduë Jurisprudence dont il glt) de trois Arrêts
,
les
,ulsquisoient intervenus sur
matiere jusqu'àl'affaire du
sieur le Picart d' Aubercourt,,
l'un est un Arrêt consenti crutre
les Parties, qui parconsequent
ne decide rien: c'est;
l' Arrêt de Martin du 23. ,No,
vembre1631. Les deuxau.
tres ont esté rendus dans i'afy
faire de Charles Begat. Le premier
qui est du 14. Mars;
1629. luy adjuge la succession,
de ClaudeBegat; & le second
quiest du 30. janvier1631.
enterine la Requête civile contre
le premier;, sur ce que
CharlesBegat se trouvoit avoir
fait les derniers voeux dans lac
Compagnie, & que d'ailleurs
ne produisoitau lieu deconé
qu'un certificat de l'avoir
btenu, & même uncertificat
rgué de faux. Il est manifeste
ue lepremier de ces Arrêts en
iveur deBegat,soy disant conedié
par la Compagnie,conrme
la disposition de l'Edit
faveur des Jesuites
: & que
:
second n'y eH point aire con-
; puisqu'il n'estfondé
Sue sur ce que Begat avoit fait
s derniers voeux, & ne proisoit
point même de congé
n forme, ce qui le mettoic
ors ducas de l'Edit.
Quelqu'un demandera peutêtre
icy commentBegat étoit
sorti des,Jesuites
,
puisqu'il
avoirfait lesderniers voeux,
C'estque parmy les Jesuites
les derniers voeux ne sont pas
Toujours les voeux de Profession
: mais ceux que la Compagnie
ne juge point a propos
d'admettre au degré de
Profés
,
font reçus par elle au
degré de Coadjuteurs spirituels,
Ces Coadjuteurs spirituels
ne font à la véritéque:
des voeux simples
: mais ils les
fDnr"en public entre les mains
du Superieur., & par ces voeux:
publics & reçus du Supérieur,,
ils deviennent, selon lesConstitutions,
incapables dequelque
succession que ce soit, &
font à cet égard au rang des
Profés. C'est là le cas où étoit
Begat, & ce qui le fit exclure
d'une succession qui lui avoit
d'abord étéadjugée conformémental'Edit
, en supposant
qu'il n'avoit encore fait
que ses premiers voeux.
Comme les Coadjuteurs [pi.
rituels ne font que des voeux
simples
,
ils peuvent toûjours
être congediez par la Compagnie
: mais comme en les faisantils
renoncent à rous leurs
droits, la Compagnie ne les
congedie jamais que pour des
raisons bien griéves. Et c'estlà
ce qui peut avoir donné lieu
à Begat de ne produire pas
son veritablecongé, où ces
raisons étoient peut être exprimées.
Quoyqu'il en foit
l'Edit , en faveur des Je suites
congédiez ne reçût aucune atteinte
dans sapersonne:voïons
si depuis il en a reçu quelqu'-
une.
Il subsistoit encore cerrainement
,
lorsque le sieur le Picart
d'Aubercourt en demanda
au Parlement l'cxccution en
sa faveur. En effet, la Cour en
1701. ayant jugé deffnitivement,
qu'ilne pouvoitêtre
debouté de sa demande sur le
fait particulier de l'affaire ,011
d'abord quelques-uns des Juges
avoient crû voir une fin
de non recevoir; Elle ordonna
par son Arrêt du 10. Mais
,
que S. M. feroit tres- humblement
fupphée d'expliquer ses
intentions sur l'Edit par rapport
aux droits des Je fuites
congediez par la Compagnie.
Le Parlement reconnoissoit
donc alors que l'Edit en faveur
des Jesuites congédiez étoit
encore dans toute sa force; &
il le reconnoissoit dans une affaire,
où tout ce qu'il s'est jamais
rendu d'Arrêts dans le
Royaume avoir esté produit ,
comme ils le sont encore aujourd'huy
par1esJefuites.Mais
il reconnoissoit aussienmême
temps, ce quiestcertain, qu'il
ne pouvoit légitimement prononcer
au préjudice de cet Edit
, à moins que le Roy ne se
fût expliqué d'une maniere à
l'y autoriser.
Il est pourtant vray que
s.
M n'ayant pas jugé à propos
de donneralors une
décision
générale,& ayant ordonné de
procéder au jugement définitifde
l'affaire particulière dans
l'état où elleétoit
,
lesieur
d'Aubercourt fut debouté de
les demandes par l'Arrest qui
s'ensuivit. Mais comme il ne
pouvoir plus Tertre par la fin
de non recevoir
,
sur quoy il
avoir g.1gné sa cause;c'est une
necessitéd'avoüer que le Parlement
se détermina enfin à juger
au préjudice de l'Edit, en
attendant qu'il plût au Roy
de s 'expliquer sur ce su jet.
Quelques personnes ont
prétendu que la Cour s'étoit
cruë suffisammentaucorisée à
juger au préjudice de l'Edit,
sur ce que l'ordre du Roy portoit
de rendre aux Parties la justice
cjuElle estimeroit leur estre
dûe. M us le Roy avoit il jamais
pu penser qu'Elle: pût
prouver de la justiceàjuger
formellementcontre un Edit.
auquel il declaroit actuellement
ne vouloir pas déroger.
C'est ce que l'Ordonnance
de S. M. condamne expressement.
Enjoignons aux Cours
l'observation des Edits tant au
jugement des procez qu'autrem,
nIJsansy contrevenir,ni que
fous prétexted'équité, bien public
, accélération de la 7ufilce
J ou
de ce que les Cours auraient à nous
reprtfenter, Elles, ni les autres
Juges, s'en pwjf-nt di.ff:>nfèr) ou
en moderer les diftofuions en quel
casy ou pour quelque cause que
ce soit. arc. 6. tit. I. de l'Observation.
1
L'Arrest du sieur d'Aubercourt
rendu au préjudice &
contre la disposition ex presse
de l'Edit ,;1 frayé le chemin à
un autre Arrestporté depuis
contre le sieur Boudart de
Cousturelle, Gentilhomme
d'Artois. Le sieur Boudart sur
les Traitez de Capitulation
,
les Déclarations & Lettres Patentes
de Sa Majclié en faveur
des Jesuites de Flandre
,
avoic
été maintenu dans tous ses
droits par Sentencecontradictoire
du Conseil d'Artois,
renduë le 21. ÑIJY 1711. La
seconde Chambre des Enquestes
par son Arrest du15.juillet
1712. annulla laSentence;
& le sieur Boudart fut débouté
malgre les Déclarations du
Roy pour la Flandre,ainsi que
le sieur dAubercourt l'avoic
étémalgré l'Editd'Henry IV.
pour la France.
- Les Jesuites n'ont pointété
jppciKzàcesjugemens: mais
ss voyant sur le point de si
multiplier, ils n'ont pas crû
ilevoir garder un plus long sibnce.
On en auroit peut-estre
Iré avantage contre eux; &on i feroit persuadé qu'ils ne
prennent point de part à fin
Tadtion de l'Edit, s'ils avoient
11tendu- plus,longtems à s'en
Plaindre.
LAfrest du sieur Boudarc
fiant dans une espece étrangèreàjPEdi-
t, il ne se trouve
incoreapréstoutd"Arteft conxe
la disposition de cet Edit)
que 1Arrête du sieur d'Aubercourt.
Or un Arrest contre lequella
partie- est en état & en
voye de se pourvoir en cassation
,
& contre lequel l'Edit
même & les Ordonnances de
S. M. sont un moyen certain
&infaillible decassation, peutil
estre serieusement opposé.
aux Jesuits&appellé la Jurisprudence
des Arrests? Des Arrests
contre un Edit peuventils
faire Loy au préjudice de
l'Edit ? C'est au Prince seul à
changer, à revoquer les Edits.
Ils subsistent donc, tandis que
le Prince n'y a point derogé:
&,
y tandis qu ils subsistent, bien
oin que les Magistrats puisent
les abroger par des jugenens
contraires, ce sontleurs
ogemens mêmes qui sont
lors reformez selon les Edits.
Il ne leur est pas même pernis
dans les doutes &lcdlfii.
ultez sur le sens des Edits, de
i:s interpréterpar leurs jugenens,
avant que d'estre ins
puits des intentions de Sa Ma C'est ce que portent les
Ordonnances : Si dans lespro-
':{ qui seront pendans en nos
ours
,
ilsurvient quelques dou-
~s ou difficultezsuraucuns articles
de nos Editi, Déclarations (Y
Lettres Patentes : Mous leurdéfendons
de les interpréter ; mais
voulons opuElles tryent à Je retirerpardevm
Nous,pour apprendre
ce qui Jera de nostre intention.
¡.
Mais en attendantque le
Roy foit consulté ,ou bienSa
Majelté différantàdeclaer ses;
intentions, si lesCourscroient
devoir prononcer au préjudice)
des Ordonnances, & qu'il foie!
intervenu consequemment un
grand nombre
d'Arrestscon-l
foriiics;cccre multitude d' Arrefis
ne fera-t elle pas une Ja-j
1
risprudence? Non:car surune
question decidée par quantité
d' Arrests qui avoient formé
uneJurisprudence presque uniforme
dans toutes les Cours
contraire aux articles 57. &
58. de l'Ordonnance de Moulins,
ileft dit dans la Dcclaration
du Roy, enregistréeau,
Parlement de Paris par Arrest
uneJurisprudence estant contraire
à une Ordonnance
, ne
peut eltre solidement établie
K]ne par une Déclaration quiy
deroge. Pour cet effet, le Roi
ed ecl are qu'ilveut bienamoriser
ces Arrests; & pour le faire,
il dérogéexpressementauxarticles
57. & jg de l'Ordonnance
de Moulins.
1
:
Delàil resulte évidemment,
que quelque nombre qu'on
pût produire d'Arrests contrai.,
res à l'Edit de 1603.en faveur:
des Je uites congédiez, ces Arrests
feroient nuls aux termes
des Ordonnances,&ne pourroient
avoir de force, qu'au-j
tant qu'il plairoit au Roy de
les autori fer
, en dérogeant àj
l'Edit dont les Cours nausoient
pas suivy la dicpofition.
Déclarons tous Arrests cr
Jrte-',
Lynl&ca&p, DVLJ^rctdZc)c-Tt^mctftcdrt
1
- 1
,
il 3 Y- i JPclsjeez^ucxttLoc,ioiws pcwscz^ coup ciici
<9omjcn^à^iusS't-uastc- taurOl
-
1 '1 ,. If joitur ele.cilarniespow* nioy>*_A£eribertfn-*clcgsjc dGl '¿.ILrurc. -
JLJvu 1 : I.. t~.y. 1*1I|»1-? l7C/"Coy-, cotltvunt J«d att-r- ¿L
.: ttcrfjrci^xnyver jue &--Il-,f
convient Seul emoz
Civ
_r
huuOtt Jm.è[;¡:é?aJ me. hvrc,Peufis
mens quiferont donnfZ contre la
disposition de nos Ordonnances,
Edits çy Déclarationsynnls fY
denuleffetcmvaleur. Art. 8.de
l'Ordonn. titre 1.
A la vérité l'usage est quelquefois
l'interprète des LOIX:
mais c'est des Loix que l'usage
même a établies,& non de celles
qui font portées dans les
Edits du Prince. Il n'appartient
qu'au Prince luy même, ainsi
qu'onla déjà dit,à les interpréter
ces Loix
, ou à y deroger
,
s'ille trouve bon: jusques-
là l'usage qui y seroit
É
gardé que comme un abus à
reformerselon la teneur des
Edirs qui lesrenfrrment.
Mais s'il est vray en toute
matiere quenul nombre d'Ar.,
restsne peut abroger un Edir„
il l'est sur tout dans la matière
pre fente, où il s'agit de TétaC
des hommesqui ne Içiuroitfis:
pre scrire. Etant attaché à leur
naissance, il est du droit public
& pu consequent il ne peut
estre changé que par la Loy::
Qvoe funt publicijuris, sola leges.
dari, sola lege adimi possunt.
Cest sur ces principes que:
feu M. Erard, Avocatcélébré,,
consulté sur l'affaire du sieur
bd'Aubercourt
,
s'explique en
xes termes dans sa Consulta-
Kion du 1j Novembre 1699.
UEditde1603. quiconferve
.Yxprfjfément le droit defuccedcr
y,,r tous les effets civils a ceux
uiferont congediez par la Compagnie
des ¡t'fuites
, & qui portent
qu'ils rentreront dans leurs
k/roits
,
na eslé changé par aucun
vautre E-dit ni Loy du Royaume.
)sAlnfxcess une LOy (ubfiftantc que
tious lesfijetsfont obligezdfui.
\jvre. VArrête que la Cour mit
ur[es Registres enfuite de la verification
de cet Edit,ne peut pas
3
ne
en empêcher l'execution : ce riétoit
qu'un voeu qu"elle faisoit
y qu'ilplutau Roy fixer un terme
vour la sortie de cette Societé.
Mais elle ne le fixe point, (7
elle reconnoit même par-là, qu'il
n'appartient qu'au Roy de lefixer.
Elle luy en a fait lafûpplication
: il n'y a pointeu d'égard, eil a latjjel'Edit dans son entier
: son refus efi encore une confirmationsurabondante
de la dif
position de l'Edit. Or cela étant,
les Juges peuvent-ils juger contre
cette dispositionsPeuvent-ils donner
atteinte à l'état d'un homme
qui s'ejt engagé dans la Société
des
des Jesuites
, (y qui en (si sorti
lafoy de cet Edit?
Que peut-on donc oppo.
ser à un particulier, qui avec
uncongé légitime de la Compagnie
se pre fenre pour ptentHrc
sa part dans l'heritagc de
Tes percs ?Je redemande, die-
1,1 ce que la naissance m'a don-,
né ,& à quoy je n'ay jamais
renoncé: sur quel fondement
me refu reroit-on ce quiest veritablement
à moy ? Ou est la,
loyquime dépouille de mon
troit naturel? J'en voy une
qui m'ymaintient,c'estEdit
D'Henry le Grand: qu'on me
montre celleen vertu de laquelleon
voudroit ncdfcsheriter
,
& changer mon état. La
Loyest précise en ma faveur
:
en vain doncm'opposeroi ")0
une prétendue Jusprudence
des Ârrets:j'appelleray deces
Arrests à la Loy
,
à tEdtr du
Prince ; c'est la regle des juftesi
Arrets. La Loy me laisse la 11-:
bertéde m'établir dans le monde,
d'entrer dans des Charges:t
comment donc pourroit-oni
prérendrequ'elle me dépouille:
du bien que le me fuis reservé,
& qui m'estnecessairepourcet
effVi ? La Loy ne sçauroitainsi
se contredire.
MJlS si ce Jesuite-étoit le
seul héritier d une famille riche
& honorable, comme il
est arrivé, & commeilpeut
arriver quelquefois; ne seroit-*
il pas odieux d'en transporter*
les biens à descollatéraux,plûtôt
que d'en laisser jouirl'hériticr
legitime,qui n'a rien fait
qUlldépoüdle »& qui esten
état de perpétuer le nom de
ses peres? Et qui doute que ce
ne fut-là violer les Loix si uni.
versellement,& si Ggemenc
établiesdanstout leRoyaume,
qui rappellent aux successions
la ligne dircte àl'infini, pour
porter) s'il se peut, à l'infini
le nom desfamilles?
On se flattedavoir suffisamment
éclairci la premicre
question
,
sçavoir sij l'Edit
d'Henry le Grand en faveur
des Jesuites congédiez subsiste
encore. Oui, cet Edit subsiste:f
& les Jesuites congédiez par la
Compagnie peuvent encore
aujourd'huy,ainsi qu'ils l'ont
toujours pû
,
reprendre dans
le siecle tous leurs droits. Mais
cet Edit doit-il subsister plus
longtems ? Henry le Grand a
déjà limité les droits des Jesuites
, en leur ôtant aptés leurs'
premiers voeuxle droit de joüir
& de disposer de leurs biens,
& ne leur biffant jusqu'aux
derniers: voeax que le seul droit
d'y rentrer, au cas qu'ils fuCsent
congédiez par la Compagnie.
Ne convient-il pas de
le modifier encore ce droit
,
:OU, de l'abroger même tout- àfait
, en reduisant les Jesuites
aurang de tous les aurres Religieux
î C'estla secondé quef-
:éofëiqji'il nous resteà examine*.
.;, Me ferat-il p, ermis de de.
mander icy si les Jesuites depuis
qu'ils ont été rappeliezen
France par l'EditHenry. le
Grand
, ont mérité par quelque
faute*qu'on ule envers
eux d'une nouvelle rigueur ?
Les temps doivent ils être aujourdhuy
plus fâcheux pour
eux, qu'ilsne l'éroienralors?
Les services qu'ils onttaché
de rendre à l'Etat depuis leur
rappel*, ne semblent ils pas au
contraire demander qu'onleur
rende
-
ce qui leur fut ôré dans
ces tem ps de disgrace';rp!&ôc
que de leur ôter ce gu't!..nry
le Grand
,
malgré tout ce qu'il
trouva d'obstacles
,
crur'devoir
alors leurconserver fii
C'dl
,
diton, l'interêt public
qui demande qu'on reduifc
les Je suites sur le pied des
autres Religieux. Mais l'interêtpublicn'est
il pas lemême
à cet égard dans tous les Etats
du monde Chrétien, où les jfuites non seulement reprennent
leurs droitsquand ils
sortent de la Compagnie avant
leurs derniers voeux ,
mais où
ils joii'fTcnr & peuvent disposer
de leurs biens dans laCompagniemême
,
pendanttout
le temps qu'elle les éprouve?
On ne les inquiète là dessus en
nul endroit du monde.
En second lieu, ce qu'on
semble trouver aujourd'huy si
contraire au bien public, fut
tant de fois & en tant de maniérés
representé comme telà
Henry le Grand, avant que
soônEdit fût enregistré. Ce
grandPrincedontla fagelfc
sur encore au dessus de sa valeur
,
après avoir tout entendu
, tout pesé
, en jugea autrement.
Il crut faire assez pour
lesfamilles,quedoter aux Jesuites
, tandis qu'ils le seroient,
la joüssance & la disposition
de leurs biens. Dépoüiller absolument
de leurs biens des sujets
qui n'y renonçoient point
par leurétat,&neleurlaisser
de partage dans le siecle où ils
pouvoienc retourner, que la
mendicité;c'est ce que ce Prince
plein d'équité eût horreur
de faire. La Compagnie se reservant
le droit de congedier
ses sujets jusqu'à la Profession,
il trouvoit de l'inhumanité à
les dépouiller de leurs droits
avant que ce temps foit expiré
; & il ne voulut jamais entendre
à y apporter aucune limitation.
Ce refus d'Henry
IV. ne doit-il pas aujourd'huy
tenir lieu de Loy ?
L'Edit de ce Prince en faveur
des Jouîtes congédiez
est , comme la Loy que les Romains
appelloient Juspostliminit,
laquelle permertoit aux
captifs dont le droit étoit demeuré
en suspens pendant leur
captivité, derentrer à leur retour
dans tous leurs biens.Ce
droit ne se preserivoit pas, parce
qu'il n'érait pas au pouvoir
ducapusderecouvrerla liber-,
té; comme il n'est pas au pouvoir
d'un Jesuite qui a fait les
premiers voeux ,
de se délier
luy même
,
il faut qu'on le congédié.:,
itr,i Tandis que les Jesuites n'onc
pas encore fait leurs derniers
'ioe)x)oncftJdit-onincertain
Hans les familles, s'ils ne reviendront
point y reprendre
eurs drOir?'9*cê quiempêche
les éta blArÍnens confinerao!
ès5,quand il s yrevien- iiell ;dvy jettent le trouble
irnHe nouveaux partages qu'il
Ssutefaire C'està ces deux chefs re duisent les raisons
Bune-.êrpublic,pour oblig r
_>csJ'fiîices à renoncer à tous
eurs droits des le temps de
Uf5 premiers VOBJX : examirdôns
en la solidité.
A l'égard de l'incertitude
doncil s'agit, le monde est
plein de ces fortes d'incertitudes,
sans qu'on se foit encore
avisé de penser qu'il fût de
bien public d'y remedier pa
de nouvelles Loix. Un per
veuf marie un fils unique: q!
fils cfl; dans l'incertitude si fo".
pere ne se remariera point, &
n'aura point d'autres enfant
qui partagent la succession.
fautil que les Loix épargnée,
au fils cetteincertitude ,en or
bligeant le pere, ou de luy ce
der tout son bien
, ou dere
noncer à un second mariage
e fils en ce cas trouveroit un
tablissement plus confidera- le mais le pere est-il obligé
se le luy procurer àce prix?
1t peut il venir dans l'esprit
qu'il soit de l'intérêtpublicde
w obliger par quelque Loy
cr)uvcllc? Cette sorte de Loy
roit au reste d'autant plus
cessairedanslesystême que
ous combattons, que pour
Jesuite qui par le délay de
Profession tient ses freres &
eurs dans cette sorte d'incerjiude
,
il y a dans le Royause
cent peres ou mères veufs,
iui par le droit qu'on leur laisle
de leremarier,tiennentleurs
enfrns dans l'incertitudex&c{
les empêchentpar-là de scladi
biu à leur gré,souventmême;
comme il conviendroit au
foû*
tienJe la fami«Ic.sj.IrVj
Mais faisons sur cela
un
fuppofinon dans nôtre fUlct
nême, & faisons la la plus
favorable qui- sepeutà la prétention
de nos adver faires.
Un jeune homme sefait Je-j
fuite,& laisse dans le siècle une
soeur unique
,
qui ne sçauroit
s'établir comme il convient Jtj
sans la portion de son frere;
qu'il conservejusquà la PIO;,
Hfcflîon. Volia sans douter ce qu on peut proposer de plus
specieux contre le droit que la
Loy rcfcrve aux Jesuites,tandis
qu'ils n'ont fait que les pie..
mniersvceux. x •;;;
Mais le demande en premierlieu
sicette fille aimeroit
mieux que son frere, sefist Ececlesiastique,
ou de 1 Oratoire,
ou qu'ilentrai chez Messieurs
WC la Mission , que de le voir.
t'eruitTroùveroi[ ellemieux
Mon compte ,
ftroitcllt, mieux
ou plûtôt mariée
,
s'illuy falloitattendre
lamort naturelle
de son frere dans ces états,où
l'on conservependant toute
la vie la jouissance & la propriété
de ses biens, que quand
illuy en faudroit attendre la
mort civile par les derniers
voeux que font les Jesuites au
bout de quelques années d'épreuve
? Pour établir toutes les
fillesqui auroient un frere Ecclesiastique,
ou de l'Oratoire,
ou de la Missîon
,
faut-il faire
une Loy qui oblige à renoncer
à ses biens, aussi-tôt qu'on embrasse
ces genres de vie ? Mais
il faudroit encore dans ces
principes que les Loix obligeassent
les Chevaliers de Malthc~
the à ne pas differer leur Profession
les trente & quarante
années, comme ils font presque
tous,& à se contenter au
moins jusques là d'une penïïon
alimentaire, pour fixer
l'incertitude des familles sur
leur sujet, & ne point mettre
d'obstacle à l'établissement de
fleurs fieres & soeurs. Il fau-
Hroitmême que ces Loix s'éendissent
jusqu'aucelibat;que
peux qui en font profession
devinssent aprés * un certain
3:emps incapables de mariage;
& que ne le reservant de leurs
oiens qu'un honnête necessaire
, ils sacrifiassent le reste au
repos & à l'établissement de
leurs familles. Revenons à nôtre
exemple.
En second lieu, ceux ouii
trouvent le bien public à ne
laisser point cettefille dans la
necessité, ou de ne s'établirpas
ou de s'établirmoins blrltan..
dis qu'elle attend les derniers:
VCÊJX de son fiere; le trouveront
ilsaussiàobligersonfrere
de luy ceder fort bien, & dei
se dépoü ller du necelTairene
pour rétablir, ou pour l'éta-j
blir mieux ? Unperen'est Probligé
de se priver du rieceffaW
re pour établir ses enfans:comrment
un frerc peut-,1 y être
aobhgé pour établir une f-oe,Ur?
Il s'agit en effet du necessaire
pour le frere : car il peut être
congedié par la Compagnie;
)& le cas arrivant, de quoy fbsistera-
t'il après qu'on laura
dépoüillé de tous ses droits? Il
faudra donc quecefrerepour
rétablir sa foeur , foie exposé
lui même àune honteuse mendicité:'
Le bel avantage pour
unefamille! La soeuremportetroit
le bien dansune famille
étrangere ; & celuy que les
Loix destinent à en per petuer
le nom ,
l'enseveliroit dans une
ignominieuse obscurité. Ce
n'est donc point le bien public
,ce n'est pas même l'avantage
des familles qu'on procurerait
; en dépouillant les Jeftkcfridudroit
naturel que la
naissance leur donne jusqu'a
leurs derniers voeux; c'est le
(impie avantage d'un enfant
qu'on procureroit au préjudice
d'un autre, & le plus souvent
mêmeaupréjudice de la
famille.
Mais un Jesuite congedié
peut il manquer de causer du
trouble dans sa famille en y
venant
reprendre ses droits? Et
ce trouble n'etf-ce pas aux
Loix à le prévenir?C'estla seconde
raison d'interest public
que l'on oppose au droit des
Jesuites, & dont il est aisé de
faire sentirlefoible.
Qael trouble pour ce donataire
dont nous avons parlé
cy-dessus,lorsqu'il r voit obligé;
de rendre ce qui luy enne..
cessaire pour soûtenir sa famille;
Mais ce trouble
,
la Loy
doit-elle le luy épargner ? Il a
dû le prévoir, & s'arranger
surce pied-là.
Que les familles fassent attention,
commeelles doivent,
que les premiersvoeux d'un Je.
fuite ne leur donnent pas le
droit de compter abfolumenc
sut sa per feverance
-, & que la
joüissance de ses biens ne leur
efl; laissée par le bienfait du
Prince
,
qua condition de les:
rendre en cas de sortie: qu'elless'arrangent
suivantla dl.f-..
position de l'Edit d'Henry IV(,
& elles ne se trouveront point
troublées, quand un Jesuite legitimement
congédié avant (es?
derniers voeux viendra y reprendre
sa place & ses droirs.,.
Des peres fages établissentleurs?
familles sur la disposition des
Loix ,&jamais les Loix n'en
troublent la Tranquillité : les
Loix ne troublent que ceux qui
refusentdes'yassujettir.
lînJefuitc congedié qui de-
1 mande à rentrer dans ses biens,
ne demande rien à quoy il ait
renoncé
,
& dont il nVittoû-
Il joursestépropriétaire à juste Ititre? Que si safamille se les est
tappropriez ces biens,c"elfune
jtipjuftice qu'elle luy a faite
; &
lesLoixn'ont jamais empêche
qu'onne pût troubler un poc.
széisosenurinjuste. La simple led'un
cohéritier renverse 1 •icritier r~nverft
après vingt & trente ans des
parcages.L'absent présumé
mort revient; y eût-il cent
partages, on les reforme, pour
luy rendre le capital & les
fruits. Si donc une famille fait
des partages, sans avoir égard
au pouvoir que les Loix Ecclesiastiques
& Civiles
,
aussibien
quelaLoy naturelle,laissent
à un jeune Jesuite derentrer
dans ses droits ;elle contrevient
auxLoix cette famille,
& par cette contravention elle
merite d'être troubléedans ses
partages faits conrre ladispohtion
expressedelaLoy.. ", Un.
Un homme prest à faire un
long & périlleux voyage, laisse
en dépôt dix mille écus à un
parent, en luy disant qu'illuy
en donne l'usage jusqu'à son
retour, & la propriété même
IJaU cas que la mort le prenne
un chemin. Le voyageur revient,
&redemande le dépôt.
trouve un jeune homme qui
s'engage dans la Compagnie
pour y estre éprouvé,& qui
en sort avant les derniers
voeux Il redemande sa portion
d'herirage
,
dontil a laide ses
coheritiers dépositaires; & on
luy répond:Onenadisposé
pour aider à établir vos freres
& vos soeurs; mal-àpropos
vous venez troublervostre famille.
Eh !c'esrmoymême,s'écriera
t'il,quemafamilletroubIc,
en me re fusant ce qui est
à moy selon toures les Loix,
en voulant inhumainement
me desheriter contre tout
droit. Celuy qui ne demande
que ce qui l-uy appartient selon
les Loix,nefaitpas letrouble;
ou s'ille fait ,ceux qui le
souffrent pour avoir disposé
de ce qui ne leur appartenoit
pas, ou pour vouloir le retenirinjustement
,
doivent se
l'imputer à eux seuls.
Lors donc qu'un Jesuite
congedié parlaCompagnie va
reprendre dans le siecle des
droits au squels il n'a pas renoncé
;si la famille comptant,
comme elle a dû faire
,
qu'il
pourroir ne point per severer,
s'est arrangée sur ce pied,là,il
ne la trouble en aucune façon.
Si elle a compté absolument
sur sa perseverance, ou si elle
s'est persuadée que ne perseverant
pas, il ne pourroit rentrer
dans ses droits; ce sont
des mécompres donc elle doit
feule porter la peine par le
trouble & l'embarras ou elle
se trouve: pourquoy ignorct'ellelaLoy!
Mais convient-il de se gros
nr ainsi les objets ? Un Jesuite
congédié qui revient dans sa
famille, n'est après tout qu'un
enfant de plus qui doit en partager
le bien;unenfant
,
quia
ses-droits acquis commelesautres;
un enfant,qui sans avoir
cjlé à charge à sa famille, luy
revient souvent en état de luy
faire honneur,& d'en e stre le
soûtien par ses ralens & l'éducation
qu'il a euë. Ell-celàen
verité dequoy jetter letrouble
dans lesfamilles?Voyons nous
que lanaissance tardivedesensans
qui suivent de loin les premicr
trouble des peres &. des
meres qui ne s'attendoient plus
a en avoir? Les premiers nez
peuvent ressentir de là peine,
envoyant croître le nombre
de leurs coheritiers:mais serace
jamais la une raison d'exclurede
la succession paternelle
ceux qui viendroienr un peu
tard à la partager ,
& de fixer
par les Loix le nombre desensans
habiles à succeder?
Que deviennent donc les
raisons de bien public
, pour
retrancher aux Jc suites les
droits que la natureleur donne,
& que les Loix leuront as
sûrezjusqu'icy ? Il n'est pascontre
le bien public que les
sujets des Congregations de
l'Oratoire
,
de la Mission,da.
l'Union Chrétienne :) conservent
tous jusqu'à la mort la
)joiiflince & la proprieté de
¡leul'5 biens;qu'ilspuissent toûjoursen
disposer, & mêmeen
faveur des Congregations où
ils vivenr. Comment donc
pourroit il estre contre le bien
public de laisser aux Jesuites de
[France juTcjua leurs derniers
"Voeux le seul droit qu'ils se
sont reservez de rentrer dans
leurs biens,au casqu'ils soient
obligez de rentrer dans le fiecIe?
Dans toutes ces Congregations
les sujets peuvent enlever
à leurs familles tout ce
qui est à eux, sans qu'on ait
crû jusques icy devoir y apporterd'obstacle.
Un Jesuite,
tandis qu'il est Jesuite, n'oste
rien à la famille ; il ne se reserve
que le pouvoir de reprendre
sesdroits,&cela pendant
letemps que la Compagniel'éprouve
pour l'admettre
aux derniers voeux: peuton
le réduire à moins? Entre
les Jesuites que la Compagnie
rient dans les épreuves, elle en
congediera peutestre quatre
ou cinq sur cent: cft ce là dequoy
s'allarmer pour le bien
public?
Mais les Jesuites qui sont
encore dans le temps d'épreuves
,qu'ont-ils fait plus que les
autres sujets des autres Congregations
,pour les vouloir
fairechanger d'étatmalgré
eux, en les dépouillant des
droits que la naissance leur
donne, queleur Institut permet
qu'ils conservent,qu'un
Edit du Prince autorité ? C'est
sur lafoy de cet Edit qu'ils se
font engagez à la Compagnie
par des voeux simples
; c'est
dans l'assûrancc que si elle ne
jugeoit pas à propos de se les
engagerpourtoûjours
,
engager pour toûjours) ils
pourroient au moins reprendre
avec la dispense de leurs
voeux Luipremieretat&leurs
droits dans le siecle. De[oO'i.[
aujourd'huy à Ï) cet Editiliefc,-
roit ce pas les autoriser à reclamer
contre un engage-
1TIent dont on changreroit une
des conditions des pVlfus essentielles,&
faire par là une playe
mortelleàla Compagnie?
Ilest vray que des familles
se trouveront quelquefois surchargées
d'un sujet que la
Compagnie aura congedié.
Mils quelest le plusjuste,ou
qu'unefamille reprenneun fujet
que la nai flTmce luy donne ;
ou que la Compagnie qui ne
a pris qu'a l'esty
,
le gade
sans pouvoir s'en aider? L'avantage
de quelques familles
ooit il l'emporter sur l'interest
pital d'un Corps de Religieux
,tous dévoüez par leurs
emplois au service du public?
Comment la Compagnie
oourroitelle les soûvenir ces - emplois, si elle n'avoir des sujets
éprouvez? Et comment
seroient ils tels, si on luy ôtoit
: moyen de leséprouver? Ne
souvant plus en renvoyer atrés
les premiers voeux ,
sans
.taindre de les voir réduits à la
~endicité,nese verroit-elle
pas comme forcée d'en garde
plusieurs qui ne luy convien
droient point,&peut-estre
même au péril d'en estre des'
honorée au dehors? D'ailleurs,
combien d'enfans de famille
& de bons su jets seroient détournez
d'encrer dans la Compagnie,
par la pensée qu'ils se
trouveroiont un joursansressource,
s'ils venoient à en sortir?
Souffrir des sujets défectueux
, manquerd'en recevoir
beaucoup de bons, ce seroit la
suite inévitable du ch angementessentiel
qu'on voudroit
faire à l'Institut de la Compa-
'Â
nie,par la suppressiondel'E-
~t dHenry le Grand. i- : Mais les Jesuites croyent
>YOII tout lieu d'esperer dela
bonté&delajustice duRoy,
»ue s'il y avoit quelque chanixment
à faire à l'Edit
, ce
~roit en leur faveur qu'il deçoit
être fait. Sa Majesté
j'ignore pas que son glorieux.
,yeul ,enrétablissant les Jesuites
en France par son Edit
croit voulu les y remettre sur
la même pied où ils y avoient é ; qu'ilnecroyoit pas qu'ils
Iwflcnt être moins bien traitez
~ns ses Etats, qu'ils l'étoient
danstous les autres Etats
<
monde,&tlvzlesPiotiftî
mêmes ; qu'il étoit rcfolu
ainsi qu'il l'avoir -fait dire ;
Pape de faire dans la fuite
petit à petit ce qu'il n'avo
pas pû fairetout à uncoup)
ce sont ses propres paroles
qu'il accorda même aprés fo
son Edir à des sujets de (
Compagnie quin'avoient p
encore fait leurs demie
voeux, dy recevoir des su
cessions pour en disposerain
qu'ils le jugeroient à propos
'&qu'ifdonna une Declar^noi
surcesujet. Seroit il rien 1
plus naturel,que le Koy vou- fûtconsommer en faveurdes
suites, un ouvrage que son
tglo.ricux Ayeul n'eût pas le
temps de conduireà sa fin,
ainsiqu'ille desiroit ? Et que
ce qu Henry le Grand croyoit
devoir àla Compagnie il y a
plus d'un fictlc, Loüis le Grand
crût pouvoir l'accorderaux
services qu'elle n'a depuis cessé
berendre à1Erat?p
L'esperancequ'auroientles
Jesuites de se voirremis dans
tous les droits que leursConstitutions
leur donnent, pourroit
paroître d'autant mieux
fondée, que le temps & l'experience
en ont levé le plus grand
obstacle, par l'établissement
de diversesCongregations,où
l'on conserve jusqu'à la mort
la joüissance & la propriété de
ses biens. Un tel usage a pû
paroître d'abqrd sujet à desinconveniens
:mais en pourroiton
trouver aujourdhuy à laisser
aux Jesuites pour le temps
que laCompagnie les éprouve,
le droit dont depuis longtems
on voit joüir sans inconvénient
les su jets de plusieurs
Congrégations pendant toute
leurvie>„
Les
Les Je1ùicesjileltvray^onc
[ Religieux dés le moment qlJils
ont fait leurs premiers
voeux:mais ils ne le sont en-
> coreque par les VCCJX simples,
) en fortequ'ils peuvent cesser
) de l'estre : la qualité de Rcligicux
ne sauroit donc préju-
) dicier en rien à leur droit. Le
voeu simple de pauvretéqu'ils
ont fait, ne les a pas dépoüillez
davantage,selon leurs Cons-
; titutions
, que le voeu simple
de pauvreté ne dépouille ceux
qui le font chez Messieurs de la
Mission,chez les Filles de l'Union
Chrétienne; & l'engagement
des voeux simples n'est
pas plus irrevocable pour un
Jesuite que pour les sujets de
ces Congrégations. En un
mot, l'Eglise qui a déclaré les
premiers voeox des Jesuites
voeux de Religion a déclaré
aussi quecesvoeux ne les dépoüillent
point de la propriété
de leurs biens. On ne peut
donc pas conclure de ce que
les Je suites font Religieux par
les voe.¿x simples
,
qu'ils sont
aussi incapables de rien posseder.
L'institution des voeux
CLnr de Droit Ecclesiastique
,
il n'appartient quaiEglise,&
d'en établir la forme
,
& d'en
interpreter les obligations.
-
Il seroit même du repos puolic
que les Jesuites reprissent
en France leurs droits, ainsi
JJJU'IISenjoiiiflent par tout ailleurs.
Conservant alors jufigu'à
leurs derniers voeux la
joüissance de leurs bienslors-
Jou'lls seroient congediez par
a Compagnie, ils n'éprouveoient
pas les difficultez qu'ils
prouvent aujourd'huy pour
"en remettreen possession. Et
iVeft-làla vraïe source du trou-
~ole des familles. La longue
joüissance d'un bien fait qu'on
s'accoûtume à le regarder con
me propre:&accoutumé qu
on est à le regarder comm
propre, on ne peut plus seré
foudre à le rendre. Delà le
violences, les contestation
qu'ont eu à essuyer depuis l'
dit, les Jesuites que la Com
pagnie a congédiez. Ce n'es
donc pas véritablement 1
droit des Jesuites qui troubl
les familles,c'est la restrictio
de leur droit, qui fouve
a troublées par l'avidité de
coheritiers à laquellecette~res
triction a donné lieu. Juftc
raisons pour lesJesuitesde Tou
haitter & d'esperer mesme
d'estre remis par le Roy dans
tous leurs droits. Ce seroit une
grande joye pour eux de revoir
sur ce point, comme sur
tout le reste
,
l'uniformité de
laCompagnieétabliedans tout
le monde.
DE SACY,Avocat.
-
Le Factum qu'on vient de
lire m'a jetté si loin, & je me
fuis apperccu si tard de ce qu'il
ôte au reste des matieres destinées
à remplir ce Volume,que
je ne songe maintenant qu'à le
grossir, pour ne derober rien
aux Lecteurs ,à qui j é p..rgnc:
en mesmetemps la peine de
lire ce mois-ci la Declaration
du feu Roy,& l'Arrest de la
Cour de Parlement pour l'enregistrement
de ladite Declaration
concernant les Jesuites.Si
ce Memoire a paru long, je
mets immédiatement à sasuite
des pieces qu'on trouvera
sans doute plus interessantes,
à commencer par la copie
d'une Lettre que je viens de
recevoir de M. P. dont tous les
Ouvrages ont esté jusqu'à present
favorablement receus du
Public.Voicy les propres teriecs
de sa Lettre.
,
J'ay des griefs contre vous,
,'Monfie",J ql/tlfautvous expliwer
; car je ne vous croy pas la
mjcierjce asi' délicatesurlefu-
! dont il ell queflton, pour sentir
¡rjtre tortde vous-mêmeyoy vous
Il' devinerie^ peut-cflrejamais
we cefont devos éloges quej'ay
$mc plaindre,si jene vous le dit
ïspas;vo* vis pas; voicy pourcjuoy j'ay
•oululesjufltfier je crains d'a.
mrfait lecontraire; jugez de
oora embarras. Mais, mafoy,
vifqUt vousave% faitlafautey
chose vous regardeplus que
oy , çy celles que jestray dans
mes amusemens,ferontys'il vouj
plaît, sur d-vôtrecompte Jtire
vous en comme vous pourrez ;
jè
vous embarque la dans une assi
mauvaise affaire
J C vous ne
vous attendiez peut-eflrepas à
un remerciement si mal tourne 4
tant mieux,celavous ApprendrA:
une autre fois à ne pas facrifitfj
voflresincerité à vostrepolitejpîjc
vous envoye une Ode moitiépa-\
rodiée& moitié imitée de Roufseau
; des reponses aux quefiions
quej"ay proposées le mon dernier,
& je vaisfaire dans cette Lettre
quelques rejlextons à ma manière
sur la fameuse querfl/ç desAn?
cleni.
Miens. Comme les préjuge ne
montpoint gagnE) & qu'il importe
fort peu à un ignorant corntWC
moy que les Anciens ayent la
flirejerence sur les Afodernes, ou
Itut ceux (y l'emportent sur les
Anciens je cherche feulement de
gifles idées qui me fassentdijhnwucr
le vray d'avec le faux
, &
£tflimer les Ouvrages que par
b'ur propre valeur
J
sans égard à
Ancienneté des Auteurs;si mes
xifonnemens ne fontpasjustes3je
jftray ravi d'eflredeÇabufé par
eux qui penseront mieux que
woy.J'entre en matiere.
i Nousnepouvons,dit-onyfans
injuflice refujer notreejhme aux
Anciens
,
ils la meTZ/enrd'autant
mieux
, que n'ayant point eu de
modeles, ils nt doivent qu'a euxmêmes
la gloire qu'ils ont acquit,
si; en effet, il paroît que les
pre4
miers Auteurs ayantl'avantage
de l'invention
,
le mérité de ceux
qui les ontsuivi a diminuefticeef^, si fivemtnt a mesure que le nfJmbr;
des Ecrivainss'eflaccru
,
defOrte1
que par cette gradationIlsMo
dernes ne pouvant plus inventei
ni rien dire de nouveau ,se trotfi
veront dans la plus bassi clajpdt
la Littérature;voila l'abrégédel
raisonnemensJpeçieux de la pinpart
des hommes (!J"' le point de
veuë où ils se font place pour
juger duprix des Ouvrages, l'envie
de quelques Auteurs pour
leurs contemporains s'efl jointe
aux préventionsJ& enfin. la coutume
d'estimer mieux les chojes
que nous avons perdues que celles
dont nous joüiffins
, a achevé de
jîttrr les hommes dans terreur qui
sess ainsi établie à la honte de lA
raison.
Mais comme toutes chofcs ont
dijferens points de veuë
3 ne s'en
trouveroit-il point un meilleur
) cr la difficultéde produire s'étant
augmentée avec les Ouvrages,
dans la neccfJÙéde rejetternospropres
pensées
,
quand nous nous
fommtSrencontrez avecceux qui
nous ont precedez;nesipourroitil
point faire que les Modernes
ayant eu plus de dijfcultt^ àfurmonteryeujfentaujjt
plus de mérité,
C'cftce qu'ilfautexaminer.
Je croy que l'onconviendra que
les hummes ayant été de tout tems
forme de U même matiere
J &
compost J::s mêmes parties que
ceux d'aujokrd'huy, les efpnts
d'à present font aujji de la même
nature que ceux d'autrefoisy £7*
qu'il n'y a jamais eu dans les uns
pi dans les autres d'autres diffirences
que ulLs que lavariétéde
la natureyproduit. Cette é9g4alité 1 te
supposée voyonsla dffrençequ'il
peuty avoir eu dans les pre;duc.
tions de l'esprit. Les premiers fir-
C.less'ëtant paffrz dans les occupations
que donnoient AUX hommes
la neaJJiié de pourvoir à leurs be. foins de chercher dans la nature
les secours qu'ils en pou-
voi,ent tirer , ce na, été qu,apres
que cees adeéccoouu'Vvecrrtteess ont eérteéfaaiitt.e,ss,
c, que les Sciences e les Arts
utiles ont étéconnus, que les hommes
ayant plui de loijir, donnerent
une partie de leurs occupations
aux ouvrages d'ejpriti les
premiers qui ont paru nont pas
duejlreexceUens
3
cespîecesaniiques
Jeroient pourtant dignes de
curiojité,ji le bavard en avonfait
parvenir quelquesunes jusques à
nous; mais on a refermé iattention
pour les bons Ouvrages) &
noussommesheureuxaprès
tant de jÙcles qu'une partie de ce
qui a été produit de meilleurdans
tous les temps ait été confirmé.
Est-ilpojjible que l'on puiffi
se persuader que les chefs d'ceurures
ayent été produits du pre.
mier coup; rieft-il pas pluÍraisonnable
depenjer, supposantcapacitéégale
à que plus une picce
ttft ancienne , & moins elle doit
Mire parfaite3quoyquen difèMakdame
D. qui veut excepter Hommcre
de la Loy genera/e. Songe-
Uniey quelque grand qu'ilfuty na lu imaginer&perfeélionnerïArt
1 tn même temps; on r/y efl parve-
! nu que par dfgrez
, ce n'a été
i quaprès les rrflexions faites sur
i les premier Ouvrages que les correftionsy
ont donnéunmeilleure
* forme, la critiquey a sans doute
beaucoup contribué
9
filon que les
Lraèur ont étébien ou mal affel}'
Z
,
ils ont approuvé ou condamné
j on a cherché les causes du
p/àifîr ou du dégoûtil'opinion du
plus grand nombrea preva'u JtfJ4
a étabyl peu a peu les réglésde, lj4rtqueles dateurs riauraient pas J.l,tottrouvéessfans r;, cesecours ;
que l'on ne dise point quHvm"e
avoit plus de genie que ceux qui
pauvoient juger de ses Ouvrages,
cela ne conclut rien
J
l'amourpropre
nous fait toujours illuftonfut
nos Ouvrages
> & nous empêche
de faire de jtijlesdlfinéîions, entre
lemediocre,le bon, (7 l'excellent;
un autre lesfait quelquefois
du premier coup d'oet!
, CiT fan
sçait jJeZ par experience quun
tuteur profite souvent des avis
que luy.donnent de moinshabiles
) gens que luy; ilafallu necefj>nres
ment un certain temps pourayri-
? verpar a/-gre'{ à l<*perfefltonMes
spiresont invenré, les enfantsont
,pfrfic1¿oné ; ceux qui appellent
Momerele Pere de la Poësie me
1 permettront bien de future cette
Ilidée;je conviens doncque les Antrientfont
les Peres de la Littera-
Mure3mais comme les enfans ne
\fontptà toujourssemblablesaleurs
qperes,&que lesuns ontplusJeftiprit3.&
les autres moins, la na-
Wure prudenteproduisant les différentsgenies
pour les dffrens ufayges
ausquelselle les difiine3 ceux
Ifl.ui n'ont pas étéavantlogez, d'un
efPrir superieur
,
incapables de
produire eux-mêmes
9 & ne comprenais
pas que leurs peres pussent
eflrefurpa/Jt^
,
les ont pris
pour mode/es, se font arp[ique
à réduire leurs pratiques en preceptesy
les ont donné de la meilleure
foy du monde
J
pour les réglés de
i'An
3
qu'ils ontsuivy tres-fcrupuleufment,
ne pouvans mieux
faire
s & quelques-uns s'élans
munis de lascience des mots
3
se
fontjudicieusement borne à rendre
dans leurs Langues les Auteurs
anciensJGpar d'amples explications
ont prétendu faire connaître
aux autres les beautez
i*ilsf,ecroyoieni fruls capdblss
sentir. Voilà l'origine du PeuyCommentateur
ey Traduit*ury
m opiniâtres & entetr, qui
demordent jamais de leurs opinons
, Ër avec qui il est inutile
mettre la vente en évidence ;
i nen font pas reste là,perfuaqueles
Anciens éioient infiYli-
'Tnt audessus des Modernes
,
ils
- ont traité de Divins, ont éle-
? des Autelsà Idoles de leur
pagination
y
gr leur ont éIaby
8 culte; les ignorons & lesfly-
Wes ont cru ces Doélu*s surleur
\;ro'e
, çy comme ils font malmreujemmt
le plus grand nomb
!' ", re, l'erreur a gagvé
, CC s
rpnreoftcijoHn? gcneralement établie; vc dA la
lesvéritables
causes de la Co i1.()< M::HS ceux qui se font tro
,vez plus favorablement traite
de la nature) s'étantpreservez 6
la contagio-n, sefontmis au-d>fft
des prljuz, Z )
ont mis àprofit II
le&tred:-> pnmurs Ouvrages^
comme un bon Piloteprofite des
routes déja tracées,évite les tcueili
0* fait de nouvellesdécouvertest
ils ont ainft porté firruention e
la perfciion plus loin, sans se
[ouftrairea la teconnoijfance deuë
a leurs predcceffiurs
>
-qui leur
tnt épargné i3inconvénient des
mutes fautes inséparables des
tS Jlepay
,
leur avoientainsî
wf le moyen de parvenir plus
Mementau butpropcfc; lesOit-
%ess''ejlant enfuite multiplieZ
Montes fortes de sur ts ,
le ge-
Teroit enfin devenu mutile dans
tfcejfite de ne pouvoir plus rien idé nouveau ,
si d\-xc:liens
mles de nôjlre temps ne nous
k.nt fait voir que les matières
mvent vavief à l'infini; enefl
ijOflafrplreitssdfo'urnmûsJïrtguItérésqae
pritsd'un''ccat'raficre original r.;u ëlere origin4l,
Slonné a leurs Ouvrages,ils
prouvé moyen à forte dlrf}rit
d; rendre
, pour ainsi dire, rioi
évveeaauu ce qquuiinnee lI''éé'roltplus) defl
que la portion âtDrit qui A
trouvéeinutile à l'invention
, «
tournée au profit de la préafiom
du choix, du tour& de la di
catefje des pensées cm des exp
fions. C'ejlainfique de Modenà
en Modernes l'art Ë7 le
go,,",
fontperfectionne%,que«jjj /Mf ~M
joiijjons par la leBure- des dernjk
Ouvrages, nonfeulement de m
ce qu'ily a de bon dans les &
ciens, mais encore de celui
produit de meilleur dans tous
temps, perfectionne par les rejm
xions, les critiquesjudtcieufesm
legoût descentessuperieurs.
Je crainsbien que tout ce raisonnement
nefortinutile
, tant de
l,rns ont écritsurce fujt} que je
t ne doutepointque l'on ait déjàeu
les mêmes peufers%&qu'on ht les
* ait exprimé plus heureusement ;
maisje vouépuis protcfkrqueje
riay pas fJJeu la centième partie de
tout cequ'onafait sur cela. Vous
) devezme regarderàpeupréscomime
te premierqui en aufoitditson
{ fintiment;jefuis. enxela dans le
)
casdesjincieniy ainft il neferpit lpat surprenant que j'eusse mal
t»fMéüofdfei.r,n,'e;nssaiisjjfef,umisefduanissrleenccaosndteres
avec quelquautre; rjoila dejacheufesJttuations
,quoyquil en
fait, à la bonne heuresirpenfl
)uP>jeme contente du bonJem
qui faitdistinguerfimplemcnt le
i/ray aueclefaux, &je me
détache par raijonde la pénétration
d'esprit qui faisant trouver
toutes lesdifférentesmaniérés d'api
perevoirl'un &' l'autre,produit
les diftinElionsjubtiles &lesptnfées
d'licdtes ; à propos de cela je
1outdiray^encore ep pajfantquil
m4Jernhlè queAnciensontplus
de bonfçns que d'écrit,grqueles
Modernes"joignentplusJouvent
l'un a-.I'Rtr(JÂ'iI tous Usage*.
mens
vnens qui les peuventjaire goütter.
Adieu,Monjïcur
) vous dej~
c~ être du moins au/fi las de lire,
Hr j,e leJuis d'avoir écrit defui-
Ye unesilongue Lettre, Voiry mon
30defuremèmefujet.
ODE.
Imitation de l'Ode surles
Conquêrans de Rousseau.
Homere
3 que le temps couronne;
Me lagloire dont tu jouis
> 'Et de l'éclat qui tenvironne,
JocrontnOUt toujours ébloüis.
Tes Trddwclurs te font l'Idole,
Du Culte honteux &frivole3
Dontils honorent tes Autels ;
Verrons nous toujours leurs Capriees
Te prophancr les sacrifices,
Qui ne font dus qe/aux Immortels
? m-
Le Pedant de ta. Poèsie
, Est charmé, ravy ,
transports;
A chaque pageilse recrie,
Quelle force
,
quellebeauté!
Cesimages font agréables
1 Ces comparaisons admirables,
Quelsfom,quelle fublimté !
C'fft ainji qu'un faux Sçavant
prouve
P~c danJ HomèreJeuIon trouve,
Tout cequidoiteifreimité.
m
Maisde quelque superbe titret
Dont,a tort,yo/Vhonoré,
Prénom laraisonpour arbitre
Lisons cet Ouvrage admiré.
Que vois-je!baetes- circonfiances , Faussesimages
J
négligences
3 Froids discoUrs sur grands mots
monte ;
Etrange beautéquisiforme
y
Souvent de l'ajfcmblage énorme>
D'un tas de ridiculitez
Sont-celày Tradufttice hAbile,
Ces grands modeléssivante%,
Voyons commnt, e de quel
flile (tf!
Vous nou; prouverez leurs beau-
Tant que nostre erreur vous
fécondé
Les Grecs font les Maîtres du
monde
Et leur éclat nous éblouit;
Mais au moindre txamenfuneftr,
Le marque tombe, Homcre rejle9
Et leCDivinÎsé-vanouit.
Mais je veux que de vojife
Homere
Lïouvrage doive eflre vanté
Quelque endroit moins digne de flaire
N'en pourr.-tpil être excepte?
Pas une injure,une épithete
-
Ces longs discours que l'on refête)
Ne pouront estre critiquez :
Etjusquau Bouclierd'Achille
Une admirationservile
Yferatrouver des beautek.
Quelapréventionnousquitte, ep la source de nos erreurs
Tendons juflice auyray merite
> Vans égard aux temps , aux
Auteurs.
* Réglonsnoussur cette maxime;
Nous devons aux Grecs de l'estime
:es 'r- temps grossiers parlent pour
eux;
.lt4aiscroyonsma!!.,rélesfuJfdgSJ
Que les beautrz de leurs ouvrages
Sont souvent des diffauts heureux.
Q14qy donc, les PerraultsquorJi méprije
Meferont honortr les Grecs,
Et toujours ma raison surprise
Leuradrejftra ses refpeclî
3 M'exttlfiant a chaque page Je , prodiguerois mon hommage
,
jétout ce quifort de leurs mains,
Etjepourroitforcer ma bouche,
A louerce * Herosfarouche
2
Digne du goustdesdnciens.
*Achille.
Commentateurs espritsvulgiires
, -:;esse de vous en orbuîllir,
C) ces Lauriers imaginaires
9nel'erreur vous afait cuëillir ;
!ugsinsense'{que mous esses
\Letemps chez nous fait les
Poëtes .- es ans vous cachent leurs
drffiuts.
! que la raisonvouséclairey
ZIes Auteurs quisçavent nous
plaire
Valent- ils mieux que des
Perrauts
En 11Jaln dans un amplevolumey
D'oouutrtargaesspPoorrtteez,aàel'xexcceèss,,
Vous mous flattez que vostre
plume
D'Houdart détruira, le succés; ( Che.-< lrry laraifonépurée,
* Marche dans larouteajifurée
, ]
Dont vous ignorez les flntifrs;
Le Patnajje prendsa querelle ,
Etffait malgrévofirefcquelle
Changervosmépris en Lauriers.
Faites maintenant Tufagc
qu'ilvous plaira des réponses
que je vous envoye aux cjucftions
propokzJe mois dernier.
Réponfcs
Réponses aux Questions.
Réponse à la première.
Par l'Amant opiniâtre.
Lequel a le plus à souffrir
du coeuroudel'amour propre
par le mépris d'un objet aimé.
La qurflion eji'vaine;
Un cotât bien enfiamé.
N'éprouve que la peine
Ve riejlre pas aimé.
im -
Réponse à la seconde. Par un
Inconstant.
Lequel des deux est le plus
satisfait, lorsque la personne
aimée n'a plus de ngutur.
Quand le coeursatisfait
N'a plussa douce amorce,
L'amour propre nousfait
Sentir toutesaforce.
Réponse à la troisiéme. Par le
mary clair voyant.
Si l'on peut aimer par
devoir, & ce quec'est précifc-,
ment que cet amour.1
IJamour de devoireflle nom
d'uneebofequiriexijlc point; une
cbimere que lesfemmes ont inge-
- nieufement inventée pour donner
le change aux maris,&leurfaire.
prendre l'ombre pour la
realité.Le]
masque ojfaeux de leur coeur qui
cach? l'Amantquil'occupe. Vnt
!belle fuperficte
t e un mauvais
fonds. Un moyen de lever le tribut
conjugal & de faire la contrebande.
L'appasdes Dupes, la
Pijlole volante de Venus, cm l'attrapeminette
de lagrande Confrérie.
- --
Réponseà laquatriéme ,par
un mary à la vieille mode.
Si l'onne doit pas fouhaicter
la vivacité des sentiments
, du coeur dans une femme comme
dans une maîtresse.
Jadisl'Epouxétoit Amant
Comme /'EpouJe étoit Amantet
Mais dans le Jtecle d'à present
Onfuit maxime différente.
Comme on ne prend plusparchoix
Ce n'est que dans uhe Maifl'tffe
Qu'onveutvivacité, t':nar,-jJè,
Uhymenestprivedeses droits.
Pour moy qui n'aime point la
mode,
Je ne fuispoint cette methode.
Commejayfemme par bonheur,
Quiparoîtamesyeuxaimable,
Je ïaime, Ci trouve de son coeur
La vivacitésouhaitable ;
Heureux3fipcwmoyson ardeur
Me defltne un bonheur durable.
st
Réponse à la cinquième. Par
l'Amanc commode, & parcffeux,
Si l'on doit encore aimer
uneinfidele qui cesse de l'être. F-repentions adce d~e~lMicaftfe/jej~ësa
party ne devrait- on pas profiterde
l'intçrv-ale de l'infidélité àune
Maîtrefie pour prendre pourainsi
direhaleine>comme l'onfait diète
après un grand repas ;lesplaisirs
'Veulerlt être quitte^
,
ils se font
mieux sentir par reprises ; que
Yony pense bien, l'infidélité âses
commodité% quandelle n'a qu'un
temps ; compte-t-onpour rien que
le retour d'une Maîtrefo nous.
épargne lesjrais du longprélude
d'un, passion nouvelle3 les craintes,
A
< ils,yr les chagrins qui
enfont inféparahles,& que nous
retrouvonstoutd'un coup (7sans
paneylepiaijird'eflre aimé d'une
personne aimable; quelle fatisfaéîionpour
l'amour propre,que
d'obliger un coeur volage à rentrer
dans nos chaînesyce(lainjique
Plus un bien perdu;
A coûté d'allarmes,
Plus il a de charmes
, Quand il est rendu.
Quedefélicité^ par cet heureux
retour3 nouveaux rrnpreftemens>
augmentation de charmes,
&de tendnjjt,diftrs deplaire redouble^;
quel bonheur pour un
homme qui jteft prejervé 4e la
contagion des préjuge
J'ay suffisamment répondu
àlasixiéme. Js suis Monsieur,
vôtre,&c.
Voicy d'autres réponses
aux mêmes questions
,
elles
font d'un de mes plus fideles
&demes plusingénieux Partisans.
Réponse à la premiere
que stion.
Quandon aimeparfaitement
Une Iris pleine de mente )
L'amourpropre est Jans mouvement,
N iiij
Ousavigueur (flbien petite.
A.'orJ plus cruelque la mort,
Son mépris nous cauje unmarytre;
Mais quand onpeuls'aimer encor
Bientôt pour une autre onjoupire. !
Réponfc à la fecon/c
question.
J'ufè encor du même argument
,
MAIS d'autrefaçonjel'applique,
Iris rend un coeur plus content
Quandelle en ejll'objetunique, P
Mais lorfquavecfoypartagé,
De la vaincre il obtient la g'oire,
JCe coeurjoibUmatengage
ftmolnsfinfible a sa viébire*
Réponfc à la troifiémc
igueftion.
On n'aime jamaispardevoir
,
Htamourbannit toute contrainte, tout cclujyqu'on dit avoir
Wejl rien qu'impoflure, & que
feinte.
L'on peut pourtantaimersans
fard,
'htS noeuds d'une bjmen agréable,
fais le devoirn'apoint de part
Y ce qu'ony trouve d'aimable.
En mariage les Epoux
Se doivent tout au moins l'estime,
Si lesnoeudsn'enfontpasstdoux
Bien des gens font un plus grand
crzme.
Réponse à la quatrième
qticilion.
Ces mouvements impetueux
NousplaijcntdansuncAdaîtrefel
Mais pourl'mhymezn noeusulmxon,
Une moins bouillante tendrejie.
On voitSiI Onvoitcettesensible ardeur I
Bientôtdesa route egaréey 1
Etjerien mets point la douceur V
CDans l'excès
>
m m dans ladurée.
2%~î
L'amour qui prend un vol
trop fort
Æfl une espece de manie,
JJn amourJage mieux d'accord
,Tait une plus douce harmonie.
Réponfc à la cinquième
igueftion.
Amoursensible au dernier point 1
/V.'peutfouffrtr les irfideles
, ffit cest pour les fuir de plus loin
Our ce DieuJe fert deses aîleso
Ilfitjadis grâce à Pfiché,
mais lecrime étoitpardonnable9
Envain la liel'tutcherche d
Si[on coeur tûtaétécouupable. 1
-
Réponfc à la sixiéme
question J
Lequel a plus deraison ou
de Madame Dacier, de nous
avoir donné la Traduction
d'Homere,comme celle d'un
Original par fait, ou de M. de
jlaaMMoorrrtetedd''aavvooirirchoisicemê- c oi f ce
mIemHomierte paoutr einofairne un.e
Lafçavante Amynthe arai/on
Defaire un fortgrandcas
d'Ho.1
mere,
!
Ilfut des Mufes nourrisson, l
les grâces te premier Perc.
De prétendre qu'ilfoitparfait
().'tter lepancgitique
y
Jouvent lorfquon vient au
fait
ort d'unfommrilPoëtique.
'on adversaire en L'imitant
it avec plus d'avantage,
de tant de défauts exernpt
fait un bien meilleur Ouvrage.
m
De cet Arrêt je me fais fort,
ra confqtience cft necrfFire,
d'Houdart on retranche encor
ness rien de bon dans Homere.
Jay itccu uli grant numbl
d autres réponses aux même
questions ; mais je prie ceu
quime lesont envoyées,d
ne pas trouver mauvais , apre
avoir lûcelle cy , que je fup
prime les leurs, (auf à eux
se dédommager de cette fup
spurerssion,si bon leur semble
les Bouts-rimez que j
leur propose.
Saph:
Cingl
Epingl
Deif
Suffi
Zuingle
Tringle
Bouffy
Allasse
Paillasse
Ginguet
Ligourne
Trinquet
Enfourne.
A propos de Boutsrimez,
M. deTresvillon Commissaired'Artillerievient
de m'envoyer
un Sonnet sur les rimes
propo fées il y a deux mois.
1. Son cfprit dans son sujet,luy
fait tireruneconjecture qui,
quoyque sans aucun fondement
apparent, ameine à la
gloire de Monseigneur le^
DDuuccd'dOOrlécaénasnns nôôtrtree RRcc~uecnncr'.,
,une petite loüange qui me
paroist fort naturelle.Voicy
son Sonnet.
SONNET.
Pourfa;ve% doux Oyfcaux vostri
tendre ramage
Dans vospaijiblCJ lieux éloignez
du
«
fracas J
Vous riapprehendeT^point defil
neJle
9
- tracas J
TAndis que nous pouvons craindrk
m nouveau *
tapageJ
c<
Xe Roy si redoute des Rois du a Coquillage.
b/luffi cher auxFrançois quauxGrecs
J'étoit Calcas,
¥.n venant desubir de la Parque
le cas,
ourroit bien ranimer ces vendeurs
de fromage.
\CesmornesCitoyens a longchapeait
pOintu)
es turbulents Anglois dont ïefprit
tft têtu, Croiront nous avaller ttinfi qu'une
Allouette;
Wdis nofirefier Regent plus rufé
qu'un Minon,
\t'plus rude au combat qu'en amour
,
n'est Toinon,
nçaura les rencoignerjusques dans
leur couchette.
Les diver sions, si je ne me
trompe ,
fatiguent le Lecteur ;
& jecroy qu'il est plus content
de lire de suite toutce
qu'on a à luy donner à peu
prés demêmeespece , que de
voir un amas de saillies interrompuës,
qui le jettent dans
la necessite de recourir à tout
moment à la table pour y trouverce
qu'il cherche d'amusant
dans un Livre. Cela supposé
je vais sans varier davantage
mes matières luy faire un
ch apitresuividu restedes char
stees gtaclaentes que j'ay à luy con- ter ce mmoiosicscy y.Acommen- Acommencer
par le Portrait d'une Dame
de grande qualité
,
c'est un
original de la main d'un bon
(1 m.mc.
Portrait de Madame de * * *
Vous me demandez, Monsieur,
le Portrait de Madame de. songez vous bien à
quoy vous m'engagez? il est
bien plus aisé de sentir ses
perfections que de les peindre.
J'aurois bien envie de vous
dire seulement qu'il n'y a rien
de si beau dans la nature que
Madame de. mais vous
nemetiendriez pas quitte pour
cela, vous voudriez que j'entrasse
dans le détail de ses qualitez
& ce détail est infini.
J'imagine bien encore un
moyen pour me tirer d'affaire,
ce seroit de vous con seiller de
venir voir Madame de Il
s'en formeroit dans vôtre coeur
un portrait plus parfait que
celuy que je pourrois vous tracer
,
mais à vous dire vray ,
ce parti est un peu dangereux
& je suis trop de vos amis pour
vous engager à le prendre,
jecroy qu'il vaut mieux pour
vous que je vous envoye
1 le portrait que vous me demandez
, puisque vous avez
étéassez prudent pour me
) charger de cette commission
) en vérité je vous plaindrois
fort si vous vous estiezadressé
àun meilleur peintre, vous
payeriez cher vôtre curiosité;
mais vous avez bien pris vos
mesures
,
cependant tenez
vous bien sur vos gardes. Il
n'a jamais paru dans l'Univers
) deux plus beaux yeux que
5 ceux de Madame de on y
voit un feu brillant adouci
par une longueur proportionnée
qui touche &qui surprend.
Sa bouche façonnée d'une maniere
merveilleuse
,
donne le
plus agreable spectacle du
monde,&on ne luy pardonneroir
jamais de l'ouvrir, si
pour dédommager de ce qu'
onperd..clIe ne montroitdes
dents blanches comme de
l'yvoire qui semblent rangées
par l'artmême. Tous ses traits
figurent admirablement bien
les uns avec lesautres, & contribuent
à faire de son visage
un modele de beautéréguliere;
mais je ne craindrois pas Madame
de. si elle n'étoit que
belle, sa beauté ne luy fers
presque derien pour plaire;
un je ne sçayquoy charmant
quine doit rien aux traits,luy
gagiie seurement les coeurs.
Que seroit ce si je vous peignois
sa gorge? c'ell: une
espece de glacis du plus beau
blanc quivient descendreimperceptiblement
pour f rmer
sa taille ; & quelle taille ! une
taille pleinede majesté qui n'a
riencependant quieffarouche :
les grâces corrigent ce qu'il y
auroit de trop fier. Sa démarche
est pleinede dignité, & a
quelque chose de grand qui
la distingue des autrcs femmes.
Necroyez pas pourtant que
tant de beauté en orguëllisse
Madame de. elle a dans
les manieres cette simplicité
qu'on doit avoir quand on se
sent au dt ssus des autres; aussi tout le monde luy rend
justice, & releve avec plaisir
sesavantages ; son sexe même
est charmé de la trouver si
belle. Qui croiroit que la vanité
fit de si grands sacrifices?
il esttemps que je vous parle
de l'esprit de Madame de
- jamais vous n'en avez connu
de plus délicat
,
il est fleury
autant qu'il faut pour n'être
point
pointisec,& cependant pour
estrejuste; lajufteflcd&r.efpriD
est VQiuob delafcchfiioflfc.
Ah ! que n'avez vousvû Madame
de dans unedeses
converfationsir©ù;jdcpotiiliée
desa dignité,elle parle sans
connainte,& n'obéir qu'à
son imagination
,
elle le peur:
cette sageimagination ne ié^,
gare jamais.* Quelle facilité !
quellegrace dans ses discours!
bien différente d'Elvire qu'on
voitcontinuellement faire des
efforts pour avoir de l'esprit,
&quimalheureusement pour
ceux quiFecourcoc
, en fait
toûjoursdevains ;. Madame
Idcz^b.1ni:nltw£incr.qúo parce .Cab"it!ecpêchdr
d'en montrer .Je vous diray
encore qu'elle a beaucoup lû
mais hcuèeuftmenrclle n'apas
demeiwirc,Lquel bien pour
nous qu'elle nepuisse rien emprunter
? car sans doute elle
auroit; quelquefois lamodestièdele^
faire &certainement
onyperdroit;on n'estjamais
exposé avec elleàcet ennuy
presque seur quivients'emparer
des conservations un
peu longues:Et le moyen que
l'esprit ne foie- pas taâjours
animé avec Madame de sa
maniéré de penfer est tantôt
serieuse,tantôt gaye ,quelquefoisnégligée
; dans tous
ces états elle est toujours inimitable
& nouvelle. Ce qui
-, me surprend c'est comment
toutle monde a yant tant de
lieu d'estre content de Madame
de. peut être aussi content
de soy : voyez un peu son
;
adresse, elle prend à fcs amis
des pensées informes, elle les
met dansun beau jour,elle
jy en ajoûte quelquefois de
beaucoup plus belles qu'elle
regarde comme dépendantes
des autres;enfinelleveutestre
redevable à ses amis de tout
cequ'elle dit de bon. N'eston
pas d'ordinaire plus jaloux de
ses tresors ? quel fonds ne stut.
il pas avoir pour enrichir ainsî
les autres de son propre bien;
avec des manieres si aimables
pour le monde Madame de
aime pourtant la retraite; les
plaisirs de la Campagne la touchent,
elleypasse une partie
considerable de l'annéesans
aucre compagnie que celle de
ses femmes
:
là elle s'amuse à
cueillir des fleurs, à voir le progrés
de ses fruits, d'autres fois
elle fait retentir les échos du
son de sa voix qu'elle a fort
agreable ,souvent elle passe
sontempsàfiler:enfinellea
toutes les occupations des Bergeres
; que dis je, la plus douce
luy manque; elle n'aime pas;
quel dommage & quel crime n'est-cepas que de posseder
tant de charmes
avec un coeur
oisif? voila le seul dcffaut que
je connoisse à Madame de
il y auroit bien de l'honneur
à l'en corriger.
J'ay receu du même peintre
un petit morceau dePoësie,qui
se sent à merveille de labeauté
de son portrait. Cela n'est pas
étonnant, puisque qui a fait
l'un a fait l'autre. C'est au
Lecteuràenjuger. Ila lûsa
Prose , voicy les Vers.
PEUR DE L'AMOUR,
Fable Anacreontique sur
une jeune & aimable personne
qui quelquefois parle
Allemand
'f-"¡-
Lajeune Iris qui par son enjouëment
Etfis traits brouille mainte cervelltr,
Parfois s'amuft a parler Allemand.
RJnjoufijc 1Jt jjfyou&ïbcfnti*
*
i - nrllt,V <y- •, Tachant d\<mt ceque disoit la ::;'" Mllei,e,V
Tous ces motsJars /'ejpaïoient
grfoidcmeqt't
Sique,'peureux rtefont approcher
.ci,eu;)
ivefetiiDieuJecachoit doucement
Comme un Moineau Jecouvrant
de Jon aijle.
Lors je luy criea Amour
y
je le
iroy bien,
Tel idiome eflpour toy tropfeu*
'Vat:e,;, 1
JamaitsiVeennus r;ien fit Jon entreImàuJJimmfait
pas grandusage »Jâthcr Jon tpetitChien.
A,ce d.ijcmourlseCupidon moins tiSerajpiraflti
voie brnon ccôottée'..
Ecoute encor diç-je à l'enfant
perfide
j
CrUe de craindre unejeune
beauté.
J'écoute en vain
, & c'efi Langue
etrangere,
Me répond-il, quel efi doncce
myflere?
Sans mon bandeau féclaircirois
cecjy,
Je n'entens rienà ce langagecy,
LeJfotdeuouxejtpourtant de
.: !k'' - Cythere,
Voicyuneautre façon de
peindre.Ainôixltepertonne
,
qui ne laisse pas d'avoir son
agrément.Une Demoiselled'âne
rare beautévoulant se faire
peindre, le Rirmur-Màlouin:fit
les Verssuivants pour l'endétourner.
'¡
A Mademoiselle Welche.
Abl Philis chjngez de dcjjein
> Mon oeil nepeut vous voirsans
larmes
c
Confier h foinde jiux traits d'une impujfante
main,
,:"
-
"., , '1..
ÇhiUn.tlùÂçnçtwig*cfticn-><y
Quand elle ose se fairepeindre!
MMaaiissunucnbecfh-eefoiftcî,eriievrdeodoiilt tout
li/yperdtatoûpunduJtenl
; :
Vôtre Peintre, hetas ! cre.
nous?
Fut-ilplushabile qujfypilk*
Ne uotis peindra jamais belle
Quevous l'êtesauxycux de tous. -&
Pourformer votre teint) Phiitsp
QuilmêleteLysàlàRose;
Qttaupréscejetapeudecboje
Que l'Oàlletyla Roje (y le Lys,
Que du plus brillant Incarnat
Il bordevos lèvresvermeilles;
Ah ! jamais de ces deux merveilles
PourrA.t.ilégalerl'éclatf
Ou cherchera-t-il des couleurs
Pour tracer vos yeux, dont les
armes
Ont déjà tant eauré J'ailarmes
Aux plus inacccffiblcs coeurs.
OE
Trouvera t ildans- fonpinceau
Cetair poli,ce douxJourire,
Et mille attraits qu'on ne peut
dire,
Ni menager dans un Tableau.
Pour comble d'infidelité)
Sa trisse & cruelle manie.
Vous ravira ce fin genie,
Dwneame de notre beauté. 19
Laiff-z àd'autres recevoir
Vavantage de la peinture,
Rien n'estsi beau que de vous
voir
Telle que vousfit lanature.
J'ay cependantvotreportrait,
Mais il (si au fond de mon ame,
L'amourd'uneftêchedeflâm
Seeutt vorusyagraveir trtait.pour
J'aurois grand besoin d'être
un habile Charlatan pour
disposer l'esprit de mes Lecteurs
à recevoir de bonne grace
& sans baillerrous les Vers
qu'onm'aenvoyez ce moiscy;
mais jecroy que toute mon
éloquence autoit de la peine à
les persuader,nranmoîns quoi.
qu'ilen puisse arriver, en voici
encore une petire piece qu'il
faut qu'ilsavallent
,
s'ilteur
plaît, elle a été uitc par une
Dame sur de la conferve que
M. de avoit envoyée à une
jeune Religicufequi avoit refusé
d'en faire des coeurs.
Votreconjerveelfmerveillujey
Je njousen fais mille remerciements
y Vous en deve^ autant de com.
pliments
A l'aimable Religieuse
Qui l'a fit desablanchemain;
Mais au sujet des coeurs d'où luy
,: vie(it ce dédain,
D'enfaçonner elle sfexcufe,
ùp
fDe les toucher ellerefitse; 'f PoJu4rr mmooyyjei nnefstit;i{fppaass ddeemméêmmt
jènrzment
Jàyla'défias tout un autrefyf
tême,
Jefaisgrandcas du coeur,fource
du mouvement
C'eftluy-qui nùusélevé audessus
',
de nous. même
ill J porte nos desirsjusques au firmament
y lEt nousfait accomplirle precepte
charmant
eue'S.Jean repetoit souvent dans.
sa vieillcfie: mMéiïi<jue l'ontrouve pe,"u de
coeursdccette 'fPece,
^Jefe^arderoisdonccomme anfort
graridbonbekr .,
Dejtreowvriçte enfait de coe,!ir,
Efqqe de les tomberjeftroisa-
, tisfaite,
S'ils étaient faits comme je le
fouhaite*
., æ,,, ,:
En voicy encore qui ne (onc
affcurcmcnc pas à rebuter.
EP lGK AMME.
Les Armes de l'Amour.
VAmqur%auje#quoyquedes
;
plusadroits,
Pargrand malheur perditttnjçur
ses atm$.
-. Venus
Venus lesçait>elle accourttoute
en [armes,
JQue fere%'rv0HS sans ftêches
sanscarquois?
Qui déformaisrefpeftera Cytheres
Ne craigne^ rien, dit l'amour à
sa mere Si , contre rnoy l'on veut se revolters
lefçauray bien affermir mon Em-
pire; ,
,Mieux que mes traits, les beaux
jeux de Themire,
Quand je Doudray
, me feront
redouter.
Ceux-cy font encore fore.
raisonnables
,
le sujet d'ailleurs
enesttres-respectable de
luy-même
, & quoy qu'ils
n'ayent pas été employez à Tufage
auquellesdestinoit M.de
Formentin qui les a;-fai'ts
, -
ils
ne perdcnc pour cela rien de
leur mérité.
* INSCRIP T ION
pour laSamaritaine.
s'f routierveniens ad purum L' noxiafontem
,
Dante D0, potuit çajla redire domum.
Tu cttjusjïmili pcéiiiS cêmbariiHT
,
afin -
Supremi Jalubres posse medentis
aquas.
,'\ TR4DVCTION.,
a*
-si la femme Samaritaine
approchant de cettefontaine.
Dans un état d'impureté
if recouvrelaChasteté. ,
ôafla:hr, qui peutestre ,
comme elle
Brûles d'une ardeur criminelle,
implore ce grand Medecin
~iuy ses precepres à la trace
1.1 guérira ces feux allumez
dans ton Pein
oar les eaux vives de sa grâce,
Faites grace encorc)s'Il vous
plaist,au Sonnet que vous allcz
lire, il n'cft pas à la vérité parfait
; mais c'estlecoup d'essay
de M. Thierry qui est un jeune
homme qui a beaucoup d'esprit;
& c'est dans l'indulgence
du grand Prince dont il s'efforce
de dire quelques veritez ,
qu'il doit trouver l'excuse des
fautes de son Sonner.
SONNET.
D'un Princeoenereux,Museschantez
lagloire,
Quelobjetplus brillantpeuts'offrir
a 'vosjeux!
Il efl ainjique 'vous,ipu dufang
desDieux,
-
- Léclat de ses vertus asseureJa
memoire.
Eslimé chéri, craint suivi de la
-
viEloirey
, Sa vaillance, son nom voleront
en tous lieux,
Tout nous répondpour luy du culte
glorieux
Que des Jtecles futurs exigera
l'bijloire.
Je le vois adoré de cent peuples
divers
>
Qu'il joit donc à presentleJuje-t
de nos Vers
3 Admironsses décrets
,
refpeélons
sa puifânc.
Des loix
,
de l'équité ce grand
Prince eftl'appuy,
Etsdoitaasesvneratuissasuatannt qcue'à
Lasuprême grandeur qu'ilpof*
fede aUjourd'huy.;
-
Je vous donnay le mois
dernier fous le bon plaisir de
M.J. B. Coignard Imprimeur
de l'Academie Françoise ,un
extrait sîngulier de l'Ode de
dm. Roy qui a remporté le
~Prix de la Poësie
,
je devois, &
t(je dois même encore vous faire
qparteemois cyde son remerciement
à Messieurs delAcabdemie
; mais un Poète mécori.
~tent ou jaloux des Lauriers
~quiluy ont estéajugez, exige
bdema complâisance queje
bdonne dans ce Mercure, la
preferenceà l'Ode qu'il a faire
pour luy disputer le Prix. Je
merendsàsesinftarlccs, Voicy
~son Ode.
ODE SUR LA PAIX
âgée de trois mois,& composée
gratis pour le public
Vene% immortellesDécjjes>
Inspire tous vos favoris,
Etprodigues devos largesses
Repandez-les dans leurs écrits;
Preparc de richesoffrandes,
Ornez vos testes de guirlandes;
Accordez vos lires) vos luts
> Et que les voix Académiques
Forment des concerts magnifiques
Ouaucun bruit ne troublera plus. *Chante^ le plus grand Roy
du mondeè
Et
Et le plusfage des Guerriers,
Joiitfsantd'unePaixprofonde
A l'ombre de millelauriers;
Ne l'offre^ plus dans les batailles,
NIsurles débris des murailles
D'objets affreux environne;
Mais d'un regardcalmant la terre
Et desarmêdeson tonnerre,
DD''oo!lii1vJefenencecejjoouurr couronni. couronne.
Surson front auguflepréfide
La Sagesse entre les vertus ;
Sous lescoups decet autre Lllcide
Tombent les Monstres combattus;
La Discordenoirefurie,
UErreur hydre defang nourrie,
Suivent le Duel enchaÍné ;
Et dans sa pompetriomphale
O.'J voit cctts Troupc infernale
Sous le charde la Paix traîné.
Des droits du Ciel depofitaire
Louis fut ennrmy dufang,
Etpleind'un %ele hereditatre
Soutint les Autelsson rang;
Sa valeurpar les Loix conduite
,A4 ttiirer le
^'aivercduitey r,,,)- c') 'azve;,cduite,
Fut pacifique enses projets;
Et dans le tumulte des armes
Fit du repos gonfler les charmes
A sesvicrtori)eux)sujets.
C4
Quand les ChampsBelgique?
tremblercnt
Sous le'poids de nos Bafaiflons
Lessemences poumon*germerent
Et fEpi dora lesfilions;
Le focforça la terre ingrate
No:, nefs braverent le Pirate;
Le Ma,chanden mainportal'or;
Bacchus pare de sa Couronne,
Et de concert avec Pomonne,
Du champconferva le tbrefor.
Paix charmante;, si dans la
Guerre
On vivoitheureux parmi nous,
De cruels dons doit combler la terre
Ton retour au mondesidoux;
De tes dehees innocentes
Je voy lessources jaillijfantes
Répandre un deluge de biens;
Sois deBellone larivale,
Et queton nouveau Regne égale
j 00 Par d'autresprodigeslesficns.
Telle (juauxyruxdéfigurée
Par lesjrimats des long1Hyvers,
LaNature de fleursparée
Etend par toutsestapis 'Verds;
Et comme laffi du veuvage
Quitte desondiiïille nuage ,
Prend un air charmant 0* nouveauy
Et de ses parures ornée,
Du jour d'unfécond Hymenée
Paraît allumer le flambeau.
:t=r£
Ai.nr:silFaFran-c1e"
Deslongues tempêtes de Aiars
Par la Paix , enfin confoléç
S'offre riante à nos regards ;
Laijjelesvêtemens funebres
Qui l'ont couverte de tenebres,
Reprendsespremieres beautek ;
Et son Astre sortant des ombres
jîpres des jours trisses &Çombres
Répand de nouvelles dartcz.
Que mille&mille voix s'uniDènr,
Et de leurs chants frappent les
airs- ?
Que les murssacrez retentirent
Delouanges& de concerts?
F!;damm?ss,jjmboUs de la joye
,
;)'rnJ¿i.'S e 'l Où Curt lumineux se déploie,
Exhale -touS, montt aux
Cieuxj
Et que lesflèchesenflammées
En Afires dans l'airtransformées
Donnent un beau fpcÛacle aux
yeux.
el,
Puisse-tu pour Louisrenaître
Bergerfameux, qui dans tes vers
Chanta sur laflûte champêtre
La Paixrendue à l'Univers;
De la gloire brniante Reine
Vante le Héros de la Seine
Où le jour s'éteint&renaît;
Laisseles Cesars, les Pompées;
Pour Ipty tes cent voix occupées
Ne diront pas tout ce qu'il efl.
Ilnemereste plus, grace
au Ciel, de Vers à vous offrir
que ceux qui fcrvironrà remplir
ma Chanson & mes Enigmes.
Ainsimon cher Lecteur
vous n'avez qu'à prendre
courage, vous allez bientôt
cesser d'estre étourdy de l'importun
caquet des Muses babillardes.
MaChanson fera
courte & tendre. En voicy la
preuve.
CHANSON.
P~?~ beauxjours3pajje%jeux
qui doivent vou>Juivre
j4uront plus de charmes pour
moj 3 Mon Berger a --, de vivre,
,
c,
j
re L'/ryrvcr,/'affieux lry'Ver)que déjà
jfapperçoy,
Convientseul aux ennuis oùson
trépas me livre.
Vous vous impatientiez
d'arriver au Chapitre des Enigmes
, reprennez maintenant
haleine
, nous y voila.
Le mot de celles du mois
passé étoit la Pendule6c YEau.
Les noms de ceux qui les ont
deviné font, Mademoifclle du
Parc,M PatinJe franc Bourguignon,
l'Amant acariaitre,
la brusque Amante, la jeune
Céline, la Fée Nicole, & Maldemoiselle
du Verger.
En voicy de Nouvelles.
ENIGME.
J'étois au tempsjadisdepetite
figure
Aujourd'huy je fuis grand
>
0*
tel,quequelquefois,
U:* Géant quel qu'il [oit est de
moindre flature;
Mais j?fuis rrjle nainchez, le
petit Bourgeois.
Jeplais a quelques-uns, &je
déplaît ad'autres.
Mon nom Rapplique àla 'Vertu.
Mes talentsfurpajjcntlesvojlres,
Lorfyite jefuis bien revêtu.
oe
On nesçauroit compter tout ce
que je puisfaire,
Mais sur tout3 mafidélité
Est rare;, étonnante, exemplaire
3 Etsans dire unseulmotyjene
haurois rien taire.
m
AUTRE.
Je ne fuis pAtquepour les
mains,
Des premiers Maistres des humains
, Epoux d*unerichefemelle
Onme voit rarementsans Elle;
L'usage contraire à nos Loix
Nous separe en quelques endroits.
Le Droit aujourd'huy dans la
France
DElleavecmoy crnfe l'absènce.
Mais que nous sommesbientous
deux!
Surunfront jeune & gracieux
Onvoitmon Epoujepavoîtrèx
Et moyjefuisoitje dois tftre. t
Apres avoir proposé des
Qrellions, des Bouts rimez à
remplir,& des Enigmes à devinerje
priele Lecteur de ne
pas trouver mauvais que je luy
rasse un deffy. La choie cil
très-importante d'elle- même.
il s'agir de deffendre l'innocence
d'une belle Princessecalomnieusement
soupçonnée
, &
presque convaincuë du crime j
dadultere. Il n'est qu'un
, mortel aumonde qui puisse
justisier sa vertu outragée ;
mais de vastes Royaumesle
épargnede cette illustre&
malheureusePrincesse,il faut
l'arracher du sein de les Etais,
il faut le déterminer à venir
au nom de cette belle infortunée,
luy donnertous les secoursque
sa vertu attend de
sots courage;& mêmede l'amour
dont il a inutilement
biûlé pour elle; en un mot il
faut loy écrire une Lettre si
touchante, si persusive,si tendre
en même temps, qu'elle
l'oblige à femetrreen campagne
aussitost la preleme reçûe,
Voilà le fait afffz bien
circonstancié, voicy unabrégéde
THiOoire dontlaLettre
qu'on demande doit faire un
des principaux non ornements , il faudra que son Auteur
la laisse imparfaite ,jusqu'à ce
que des temps plus heureux &
& plusféconds mettent ce
,
fC2U à l'excellence de son
ouvrage.
Mendoce , jadis Prince de
Murcie, très-aimable Cavalier,
grand, bienfait, Heros
même tout d'un coup, s'il en
fut jamais, devint un beau
matin amoureux de la Comteue
de Savoyc, l*iinuffc,diton
, d'une merveillcule beauté.
Voicy comme lachose
arriva.
LaComreire de Savoye fut
un jour obligée,je ne sçay
pour quelleindisposition
,
de
sortir de son Pays, pour aller
prendre les bains dans le
Royaume de Murcie;les eaux
de cette contrée pàssoient en
ce temps là pour d'excellentes
eaux. Avec un équipage proportionné
à sonrang & à sa
miflance,elle arriva enfin aux
lieux où se prennoient ces
bains, alors si fameux en Europe.
Elle s'y baigna tant &
plus, suivantl'ordonnance de
ses Medecins.
Si ces charmes avoient pû
recevoir que!que nouveléclat
de ces eaux favorables,oncûc
dirqu'elle em bellissoit tous les
jours à veuë dce;I ; mais elle
écoit parfaite,& lanatureétoit
la dupe des graces quelle luy
vouloit faire.
Tous les endroits où l'on
prend des eaux minerales se
ressemblentassez. On y boità
outrance,& l'on se promene
de même
, pour l'évacuation
desditeseaux, Les promenades
de
de ces lieuxoù l'on se rend ordinairement
avec l'aurore,
sont, sije ne me trompe ,
des
bois charmants, coupez de
millesentiers,arrosez de mille
ruisseaux, animez du doux
chant de mille oyseaux
,
des
antres frais, de sombres retraites
y fervent d'asyle aux Amants.
La liberté, les plaisirs
tranquilles, les soupirs reciproques
,
sont les hôtes aimables
de ces paisiblesdemeures.
Un matin, si l'Histoire dit
vray
, comme je n'en doute
nullement, la Comtesse de Savoye,
aprèsavoirprodigieusement
bû
,
grimpa, appuyée sur
le bras d'une de ses femmes.,
de colline en colline, ( non
pourtant sans s'arrêter de
temps en temps, pour raison )
lasse enfin du penible voyage
quelle venoir de faire, elle entra
dans un bosquet qui s'offrit
à ses yeux, une fontaine
qui sortoit du fond d'une grotte
ornéedesiegce>s de gazon pour la commodité des beuveurs,
attira ses regards; elle
fut à l'instant s'y reposer. Nul
morrel nes'étaitavisé de tout
ce jour de porter ses pas en cec
endroit.Lemurmurede l eau,
la fraicheur de cette grotte1invitèrent
au sommeil ,aussi n'en
fit-elle pas à deux fois, elle
s'endormit. Sa femme de
chambre de son côté en fitautant.
Des douceurs du repos quand
-vousgoûtez les charmes,
Belles
,
qui de l'amour meprifî^
l*appareil,
CraigneKqu'il ne vous force à
lajy rendre les armes
Al'instant de vôtre reveil.
Le Prince de Murcie à qui
la Renomméeavoit déjàvanté
les appas de la Comtesse de
Savoye
,
longtemps même
avant qu'elle eût mis le pied
dans ses Etats, en étoit à la
premiere entreveuë devenu
éperduement amoureux. Illavoic
suivi aux eaux, illuy avoic
parlé cent fois, & cent fois
il avoir estétenté de l'entretenir
du pouvoirsouverain de
de ses charmes;mais la fierté,
la vertu de sa Déesse, & la
crainte de l'offenser, avoient
modéré toûjours les impétueux
mouvements de son
amour. Enfin ne pouvant
plusgarder son secret,Il s'étoit
déterminé à le luy dé- -
clarer
,
quelque malheur redoutablequ'il
pût luy en arriver,
le jour mesme que le hazardlaconduisit
dans laGrotte
dont je viens de vous faire
en peu de mots une de seription
assezfidèle.
L'amour guide toûjours les
amans sur les traces de leurs
maîtresses
, & Mendoce est
trop amoureux pour ne pas
suivre les pas du bel objet qui
l'enflame. En effet, il arrive
bientost par un petit defilé
auprès de la fontaineoù repose
sa divine Princene. Il fc
jette à ses genoux, son silence
ses regards, ses soupirs,font
les muets interprètes de son
amour, ses yeux arrosent ses
belles mains de ses brûlantes
larmes. Il tremble cependant
que sa divinité ne s' e
ffraye à
son réveil de l'excés de son
audace; mais il se rasseure, &
se flatte de lavanger à l'infline
par sa mort, de l'injure que
luy fait si passion, si ses feux
malheureux font rejettez.
Un Loup monstrueux
, un
horrible Sanglier, ou quelque
Ours sauvage viendroient icy
à merveille pour éveiller la
Princesse, & pour exercer la valeur
de Mendocc ; mais je ns
veux pasensanglanter laScêne,
j j'aim: mieux vous dire fimplcment
qu'il y avoir si longtemps
qu'elle dormoit d'un
doux & profond sommeil,qu'
xlle se reveilla toute feule.Dieu ait comme alors elle fitlasâchée
de voir ce Prince temeraire
à ses pieds. Quemeveut,
luy dit elle,d'unair terrible,cc
mortel audacieux.Ah!Princesse,
luy réponditil, avant de
luy laisser le temps d'achever
les reproches
,
jeneveux plus
deformais que mourir à vos
veux. Vousconnoissez mon
amour, cet wour, tout refpectueux
qu'il eil:
, vous outrage.
C'en est fait, il faut que
je meure. De quel droit
,
luy
dit-elle
,
Prince, si vous m'avez
consacré vôtre vie, voulez-
vousentreprendre sur des
jours qui m'appartiennent. Vivez
,
je vous l'ordonne; mais
gardezvous de me parler jamais
de l'amour dont vous
biulez pour moy. Ils ajourerent
à cela une infinité d'autres
propos que l'Auteur de la presente
Histoire n'a, dit on, eu
garde d'oublier.Cependant on
ajoûte que l'amour de Men-
, doce fit bientôtl'entretien do,"
tout!
out le.monde. La Princesse
enfut inconsolable,elle s'en
plaignitauPrince de Murcie
quien fut aussifâché qu'elle.
Mais à la fin ennuyée de voir
quecesbeauxdiscoursne sinissoient
pas,qu'onluy donnoit
de fort plai sants noms
& que les rieurs ne cessoient de
rireàses dépens, elle prit le
partide retourner incognito
dans son Pays. Les adieux de
ces aamanan[tss lsoonnttàà Dm1o0nn ggrreé
trop touchants. pour n'estre
pas supprimez: le détail de
cequis'y passa est incomparablementplus
joli dans lcxecution
que dansla narration.
D'ailleurs cc la appartientà
THistorien de qui je ne veux
pas icy usurper les droits. Je
mecontenteray devousdire
qu'elle interrompit brusquement
ses bains,qu'elle partit
comme un éclair, quelletraversa
hegreusementmonts&
vaux ,
qu'elle eût peut eilie
en chemin quelques petites
avantures approchantes de
celles de lafiancée duRoyde
Garbe J& qu'enfin elle arriva
en bonne santé chez son pere,
où elle fut receuë comme l'Enfant Prodigue.SonMary i
(j'avois oublié de vous dire
qu'clle en avoit un) la retrouva
plusbelle que jamais, il fit
des Tournois, des Fêtes de
des Cadeaux en son honneur
& gloire. Au milieu deces
bombances le premier MiniCtre
duDuc de Savoye devint
amoureux d'elle, cebon homme
tourna longtemps autour
du pot avant de luy declarer
son douloureux martyre; à la fin pourtant il en vint là.
LaComtesse n'eût pas plutost
entendu ses impertinances;
qu'elle le traita d'effronté,
d'impudent, de vieux fou
clic ajoûta même en pleurant
qu'elle s'en plaindroità son
pere &à son époux. Le vieux
matois luy demanda pardon,
& la fuppliade n'en rien dire:
le moins d'éclat qu'on peut faire
en pareil cas est, luy dit-il,
toûjours le meilleur. Tant y a
qu'il luy persuada d'étouffer
cette avanture dans un profond
silence
, ce qu'elle fit
dont malluy avint.
Ce Ministre bar bare pour
fc vanger du mépris qu'elle
avoit fait de son amour, suborna
un jeune homme, à
quiildit que la Princesseétoit
éperduement amoureuse de
luy,qu'elle l'avoit fait,enfondant
en larmes,leconfident
de cette malheureuse passion,
qu'il avoitmistout en usage
pour luy remontrer. son devoir,
(es engigements ,
le
mépris qu'ellefalloir de sa pudeur
,& les périls évidens ausquels
elle s'exposoit en se livrant
aux flames dont elle étoit
dévorée mais que Ces remontrances
n'ayant pûrien sur son
coeur )
la pitié qu'il avoir de
l'étatmiserable où illa voïoir,
l'avoit porté à luy offrir le
remede à son tourment,qu'il
croyoit qu'ilne rcfuferoit pas
de soulager cette infortunée
Princesse, que la nuit suivante ill'introduiroit dans sa chambre,
par une porte inconnuë
à tout le monde,& qu'avant
le retour du jour il auroit foin
de le mettre en liberté.
Le jeune homme donna dans
le pancau ,
& le laissa en effet
introduire au milieu de la nuit,
dans la chambre de laPrincefie,
oùiln'eût pasresté un quart
d'heure, que le vieillard y
conduific son époux & son
pere:aussitost grande rumeur
dans le Palais, le jeune homm
voulant se sauver„ fat
massacré sur la place par des
gens que le Miniftrc avoic
apostez pour cela.
L'infortunée Princesse furprise
, pour ainsi direa en flagrant
délit,& convaincue d'adulterc,
est livrée à l'instanc à
son Boureau. Elle proteste
en vain de son innocence, son
, procès est tout fait, enfin il ne
luyçeste plus que la voye des
épreuves pour se laver du crime
donton l'accure. L'épreuve
du feu & celle de l'eau ne luj paroissentgueres [cures)
cellede trouver un champion
qui veiïiWë prendre ladcffcnfë
&"foûcc'nir en champ clofc
qu'elle est la plus vertueuse
Princesse du monde,est l'uniqueressourcequi
luyreste;&
il n'y a que Mendoce qui puisse
estre (on deffenseur ; mais il
csi bien éloigné d'elle, il faut
luy écrire pour l'engager a se
rendre incessament en Savoyc,
il n'est plus question que de
trouver des termes qui le perfuadenr.
Voilà justement où
en est l'Histoire
,
& faute
d'une miserableLettre,cette
malheureu se Princesse va demeurer
accablée fous lepoids
de sesfers.
Onm'en a' deja envoyé
•tfoisfur ce sujet ; mais on en
demande d'autres parce que
Cellesqu'ona écrites n'ont
e.ntqre pû déterminer Mendoce.
Voicy la copie des trois
Lettresen quefiion"i
La Comtesse de Savoyc à
Mendoce.
; L'honneurme fait faireaujourd'huy
pour luy-meme, ce qu'il
ne me permit pas autrefois pour
contenttr mon coeur:je r¡;ouJ- écris,
Mendoce
3
pour vous apprendre
quejefuis attaaqquuéeee par laplus
noire calomnie qu'on ait jamais
invente. Mon cruel calomniateur
n'afait tous ses efforts pour me
faire paroiflteçoupàble,queparce
que j'ay refusé de l'eflre; mais
pournous en bienperfuadersMendoce,
& pour vous donner l'idée
quevous de'Ve'{ avoir de ma ver,
tu ,
je fûts obligée de vous faire
un aveu qui me faitun peufortir
de l'exaflebienséance que je
vouloisgarder toute ma vie. Je
vous avouë donc que j'eusplus de
mériteque vous ne le crrycz,/or[-
que je refjlay à la passon que
vous al)ICK pour mcy. Je vous
trouvois le Prince du monde le
plus accomply. J'ay toujours la
même idée de 'VousJ Mendoce<Je
vous choisipour le deffenseur de
mon innocence;notre aéîionfera
d'autantplus heroïque
, quevous
n'en devc% attendre que la recompenseque
peut donner une femme
qui estastè'{. vertueujepouravoir
Jçâ vous Tefificr.
La Comtesse de Savoyc à
Mendocc.
CarJnoiffizJMendoct, toutle
malheur de la Comteffi deSavoye.
Jefuisaccusée d*adultéré
, gr je
fuis obligée de vous L'apprendre:
Joupçonnée du crime le plus affreux
pour moy ,
ilfaut encore
que jetannonce moy-meme au
seul homme du monde dont l'estime
mtest presque aujji chère que
min innocence. JefùÙ condamnée - -' a une mort infâme:) ou a trouver
un vengeur. Vous
,
Mtndoce
,
pour quiseul fay senti enmavie
que la vertupouvoit coûter quelque
chose à mon coetir, auriez..
vous la cruautéde rejufer ma désense
, parce que fay eu laforce
de vous cacher votre vifloire f
Vousefles interessé à ma junification.
Pourriez-vous consentir un
inflant a me voir périr-encoupable
,si tout le mérité Ctout l'amour
de Mendoceriont pu me la
faire devenir.
La Comtesse de Savoye à
Mcndoce.
Je nefais,Mendoce3fije ne
dois pas rougir en vous annonçant
tous mes malheurs
; viéfrmede la
plus noire calomnie,je me trouve
en même tempsaccufée, &félon
les apparences convaincued'adultéré
: il ne me ,esiecfautre rrfIource
que celle de trouver un dffenfeur
ui vengemon innocence. Vpu
eftcsleseus quienpuijjn^parfaitement
r¡pondre;!oúrenez doncce
quevousconnoiJJ(
,
'UofJrf honneury
est autant engagé que le
mien. S'il falloit quelque autre
motifaungalant hommeyjervous
assiurt que je rnejjrayerois des
con/tlls ma reconnût(Tance.
Je vous avois promis,& je
metois juréàmoy-meme de
ne vous plus donner des Vers
du reste de ce volume; mais
j'ay à peine jetté les yeux sur
la piece que vous allez lire,
que j'ay oubliémapromesse
& rompu mon ferment.
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR.
LE DUC D'ORLEANS,
REGENT T)E FRANCE.
~REVESTE DE THALIE.'
Princesans pair en esspprriitt, en
, valeur,
Fameux Héros qu'un Poète
d'honneur
Peut àfon gré loueren confcienct
Ocjue tu vais hien regenter la ':JFtdftce!' ,
Ctcy riejl pas dun Prophète
incertain
UEntouJtafme,&sansejlre
Devin
Dpéja lr'onépeutdà nios rPeueples
Ce que feras pour le bien de
Depuis
l'Empire: longtemps on fait ce que
tu vaux,
Pasn'efl besoin de farder des
dijfauts
En te peignant. Çe font Vautres
methodes;
Non tes vertus ne font pas dans
les Odes
Qu'onfaitpour^toy,* tu les as
dans
dans ton coeur,
Et le Heros r/eft pas chek l'Imprimeur.
Nous t'avons mû fortmt de la
vifloire
Fuir les lauriers que t'apportoit
la gloire;
Entapresenceon riosete chanter,
Prince un Rimeur qui prétend
texalter
Doit te louerA comme il médit des
autres;
Ton coeur content de rendre heu
reux les nôtres
LI;me bienmieux nos transports
que nos vers;
Et toutefois cent Pindares divers
Iront tojj-iir un fatiguant hom- , Oeuvre ou l'ennuy triomphe à
chaquepage;
Mais il ness pas question de cecy Je viens an fait, grand Prince,
le voicy;
Dans mes Etats que ton ordre
ramené,
La librrtéqui toujours de la Scene
Fut tappanage.Augmente mon
pouvoir3
Et du Public juflifiant l'ejpoir
Comme legoufl, permets aux ris
folâtres
De égayer sur- de nouveaux
ThLâtrts;
.Desjeux forainsrétablis lereposy
Sur les platfrs leve-t-on des
impôts;
Souffriras-tu que des Traitans
Lyriques e leur moisson fevrent les
champs comiques ?
andfapperçoy cent Maltotiers
trcmblans
"âlir au bruit de tes foins uizit
[ans: l'Opéra sans rançonner U
Foire
i:Parsestalens Jefouftienne avec
gloire: r-
-
oy donc Roland fera sans
brodequin
S'il ne se cbaujje aux dépens
d'Arlequinf
Permets de plus qu'on baille aux
Comedies3
Permets aujJide rire auxTragedies
Modllement
J
quand le cas le
voudra;
Or en cecy je trouve l'Opéra
Compris de droit. Q£tenfinfous ta
Regence
On parodie avec pleinelicence
Ln*Calipfosans craindrele ho/a,
Nous n'aurons plus àfjtler que
cela.
Il ya assez longtemps que
les nouvelles litteraires & ga-
Opera de NI L. P. parodié àla ROUE par
jM. le Sage.
lantes nous* occupent. : Il cft
question maintenant de vous
entretenir de quelque chose
de plus Cericux,rien ne l'est
à mon avis davantage que l'article
des Morts. Le Lecteur
en feral'usage qu'illuy plaira,.
MessireClaudede Longueil
President à Mortier du Parlemené,
Marquis de Maisons
& de Poissy
,
&c. mourut à
Paris le 22..d'Aoustâgé de
47, ans. ,.
ilLa Maison de Longueil
est trèsancienne. La Terre de
Longueil est située en Normandieprés
de Dieppe.
Le I.decette Maison dont
les Historiens fassent mention
est Adam Sire de Longiivil
Chevalier Banneret qui accompagna
Guillaume le Conquêrant
Duc de Normandie
en saconqueste d'Angleterre
l'an 1066. (V.du PontHist.
des Princes Normands p. 1 5 1.
du Moulin histoire de Normandie
p. 188. A. du Chesne
p il6. Blanchart55.&c.
- Ileût pour fils Guillaume I.
Sire de Longüeil qui eût pour
femme Berthe de Villiers du
Haumer.
Richard I.fils de Guillaume,
Gouverneur de S. Valery
épousa Gervaise de Tournebus.
Richard II. Sire de Longüeil
épousa Blanche de Teville
,
il eûr pour fils Henry L Sire de
Lonoü,ll & de Rumeny qui
épousaMarie de S. Denis.
Adam II.sonfils Seigneur
de Longüeil Gouverneur ds
Lisieux & Capitaine de la Garde
du Roy Philippes Auguste,
& son Echanson
,
épousa
Marie d'Estouteville.
GuillaumeII. son fils Seigneur
de Logüeil Warengeville,
Offrainville,&c. Capitaine
de 50. Lances,Chambellan
de Charles de France
Roy de Naples & de Sicile ,
fÛC, de sa premiere femme
Christine de Coëtivy Jean I.
& Pierre de LongüeilEvêque
du Mans, Ambassadeur pour
Philippes le Bel, vers Henry
VII. Empereur; & vers le
Pape Jean XXII. il se trouva
au Concile General de Vienne
en 1310. &c. sa seconde
femme fut Briande de Saulx.
Jean I. du nom Gouverneurde
Normandie & Commandant
pour le Roy l'hilip.
pe* de Valois&Jeansonfils
Duc
Duc de Normandie, épousa
Peronelle Bourgot.
-
1
- Il cût pour fils Geoffroy
MarcelI. du nom Seigneur
des mêmeslieux Gouverneur
de Pontoise
,
Chevalier de
l'Ordre de l'Etoile
,
Vicomte
d'Auge; il épousa Isabelle
d'Auge: il fut tué àla bataille
dePoitiers en1356.avecdeux
de ses fils.
,
Guillaume III. son fils, Chevalier
Seigneur des mêmes
lieux,Gouverneur de Caën &
de Dieppe,tué avec son frere
& son fils aîné en la bataille
d'Azincourt. Il épousaen premieres
nôces Gillette Lalleman
de Cherville
,
dont il eût Jean
II. Ilépousaen secondes nôces
Catherine de Bourquenoble,
dont il ciu Richard Olivier
Cardinal du Titre de S. Eusebe
,
Premier Président de la
Chambre des Comptes
,
Ministre
d'Etat fous le RoisCharlesVII.&
LoüisXI.Evêquede
Coutances, &c. Député par le
Pape Calixte III. pour revoir
le Procés de la Pucelle d'Orleans.
Il eO: enterré dansla Basilique
de S. Pierre de Rome où
l'on voir encore son Epiraphe
& les Armes de sa Maison.Ses
Armessontaussi à la Statuë de
S. Pierre de Rome que ce Cardinal
fit faire de bronze.
Jean II. étoit Ecclesiastique
& Conseiller du Parlement,
lorsque son pere & ses freres
furent tuez à la bataille d'Azincourt;
il quittal'état Ecclesiastique
&épousa Jeanne de
Bouju: il fut fait Président à
Mortier duParlementen1418.
il est enterré avec sa femme
dans leurChapelle des Cordeliers
: c' est le premier qui ait
possedé le Marquisat de Maisons.
JeanIII.son fils,Chevalier
Sire de Longuëil, Marquis de
Maisons, &c. l'un desquatre
Maistres deRequestes de rHô'.
tel, Lieutenant CIvIl, Prtfïdent
aux Reqúcns du Palais,
Ambassadeur à Rome& à Venise,
épousa Marie de Morvilliers,
fille de Philippes de Morvilliers,
Premier Président du
Parlement,& soeur de Pierre,
Chancelier de France.Il eftqft
frere de Pierre de Longuëil,
Evêque d'Auxerre, Grand-
Maître de la Chapelle du Duc
de Bourgogne,vulgairement
appellé le bon Evêque,& Conseiller
du Parlement.
Jean de Longuëil IV. du
nom ,
Seigneur de Maisons,
&c. Conseiller au Parlement,
Ambassadeur en Angleterre,
épousa Marie de Marie, fille
d'Arnoul de Marie, Président
à Mortier duParlement.Il étoit
frere d'Antoine de Longuëil,
Evêque de Leon en Bretagne,
Chancelier&GrandAumônier
de la Reine Anne de Bretagne,
femme de Charles VIII & de
Loüis XII. Ambassadeur vers
l'Empereur Maximilien pour leDuc de Bretagne ,& puis
Ambassadeur pour le Roy
CharlesVIII. vers le même
Empereur,&ensuiteversFerdinand
V. Roy d'Espagne:il
conclud la Paix avec 1 Empereur
Maximilien, & fut pere
naturel du fameux Christophe
Longuëil qui s'est distingué
dans lesLettres.»*
jean-de Longuëil V. du
nom,Chevalier Seigneur de
Maisons, de Sevre, &c. Conseiller
du Parlement,épousa
Marie Clutin de Villeparisis :
il eût un frere
,
tige des fleurs
des Chenets, &c.
:
Jean de Longuëil VI.du
nom, &c. Conseiller au Parler
ment, Président aux Enquêtes,&
Conseiller d'Etat fous
H.^niy II.épousa Marie de
Dormans
,
fille de Guillaume
Premier Président au Par lement
de Bourgogne:il estoit
frere de Pierre de Longuëil,
Chevaliede l'Ordre deS.Jean
de Jerusalem
,
Grand Prieur de Champagne.
Il eût aussi pour frcre Jacques
de Longuëil
,
Chevalier
Seigneur de Sevre, Chevalier
de l'Ordre de S. Michel,Maître
d'Hostelordinaire du Roy,
lequel a fait la Branche des
Longuëil de Sevre, dont il y a
encore aujourd'huy MffitCMacé
de Longuëll, Chevalier 1
Seigneur de Sevre, &Messire
Nicolas, qui ont servi jusqu'à
la Paix de Riswick, ils n'ont
point d'enfans.
Jean de Longuëil VII. &c.
Conseiller au Parlement,épousa
Marche le Maître, fillede
Gilles, Premier Président du
Parlement de Paris.
Jean de Longuëil VIII. du
nom, Maître desComptes,
ensuiteConseiller d'Etat,épousa
Magdelaine l' Huilliet de
Boulencout, dont est issu
René de Longuëil I. du
nom,Marquis de Maisons,
Premier Président de la Cour
des Aides, Président à Mortier
du Parlement, Ministre d'Etat,
Sur-Intendant des Finances,
Gouverneur des Villes & Châteaux
d'Evreux
,
S. Germain
en Laye, & Verfailles, Capitainedes
Chasses desdits lieux.
Ilépousa MagdelaineBoulene
de Crevecoeur Damede Grisolles,
de laquelle ilaeu
Jean de Longuëil X. du
nom ,
MarquisdeMaisons,
Maistre des Requestes,PtefidentàMortierdu
Parlement,
Chancelier de la Reine Anne
,d'Auui<:hc
, Gouverneur des
Villes&Châteaux de S. Germain
en Laye,& Versailles : il
épousaLoüise de Fieubet, de
laquelle il a eu J:an de Longuël
XI. du nom, Marquis de
Poissy, Conseiller au Parlement,
mort sans posterité
,
&
ClaudedeLongueil, Murquis
de Maisons & dePoissy,
&c Président à Mortier,qui
avoit épouséD^moifclIcCharlote
Rocque de Varengeville.
Dontest iflj J.1n René de
Longueil ,Marquis de Maisons
& de Poissy ne le 14 de
Juillet 1699.aqui le Roya
accordé l'agrément de la ChargedePrésidentà
Mortier.
Messire Philippes d'Or-
-
leans
,
Marquis de Rothelin
,
mourut de la petite verole le
- 25Aoust âgé de 37. ans sans
estremarié,laisant pour ses
héritiers Meisseurs les Chevalier&
Abbé de Rochelin, ses
freres, le grand nom qu'il por
toit m'exempte d'entrer dans
aucun détail, généalogique sur
sonchapitre.
<
,
Dame Catherine. Pasquier
femme de Messire Henry de
Salis Comte de Labatut, mourut
le2.7. Aoust
,
elle étoit
1
fille de François Pasquier Seigneur
de BjIÎv Maîci ed'Hôtel
ordinaire du Roy; & de MargueriteHebert
duBuc, & petite
fîilc de Guy Pasquier Seigneur
de Bussy Auditeur des
Comptes & de Marie Roüillé.
Dame Catherine
-
Anne
Malon de Bercy veuve de
Messire André Potier Seigneur
de Novion Maître des Requêtes
& President au Parlement
en survivance
, mourut le premier
de ce mois )iujnc entr'autres
enfansMessire André
Potier de Novion aujourd'huy
PrésidentauPar lement.
Feu M. de Novion étoit fis de
MissireNicolas Potier Seigneur
de Novion Premier
Pi"si dent du Parlement,Secretaire
Greffier& Commandeur
de* Ordres du Roy, mortle
premier Septembre1693 &
petit fils d'André Potier ScigneurdeNovion
Présidentà
Mortier au Parlement
,
sorti
>d'une: des plus anciennes&des
plusillustres familles de Paris,
xlc laquelle M. le President de
Novion est chef, & M.le Duc
de Gesvres cadet,voyez-en la
w;-cnealogie dans l'Histoire des
des Présidens au Mortier
ci-dessus citée.
-
Feuë Madame de Novion
qui donne lieu à cet article
étoittante de M. de Bercy Intendant
desFinances,gendrede
M. DesmaretzContrôlleurGe
neral des Finances & Ministre
d'Etat, elleétoitfille d'Henry-
Charles Malon Seigneur de
Bercy Maître des Requestre &
Président au Grand Conseil
&petite fille deCharles Ma
lon Seigneur do Bercyaussi
Maître des Rêquestes & Presl
dent au Grand Conseil, (ail
d'une ancienne famille alkifl
aux plus illustres de la Rûhû
Messire Henry-Charles
Feydeau, President de la troisiéme
Chambre des Enquestes
du Par lement, mourut le 6.
de ce mois,en sa 36e.année.
Il étoit fils de Messire Henry
Feydeau Seigneur de Calendc,
President de la Quatrième des
Enquestes;&de Dame Marie
Fraguier; & petit fils de Charles
Feydeau Seigneur de Calende,
Maistre des Comptes à
Paris. La famille de Feydeau est
une des plus étendues & des
mieux alliées de la Robe.
Dame Marie Loüise de la
Chaussée d'Eu, Dame d'Atour
de Madame la Duchesse de
ij.,
Berry .rcmme de Messire René
François de LA VJCUVIIIC
Marquis de la Vieuville,Chevalier
d'honneur de la feuë
Reine
,
& Gouverneur de
Poitou,mourut le 10. de ce
mois; elle forroit d'un Maison
de Picardie, également
distinguée par son ancienneté
& par ses alliances. Pour celle
de la Vieuville
, comme je
vous en ay déja parlé dans
plusieurs de mes Journaux
trouvez bon que je vous y
renvoye ,
si mieux n'aimez
voir l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre
Cha pitre des Maréchaux de
France
,
&c.-
N. Girardon Sculpteur
ordinaire du Roy ,Chancelier
& Recteur de l'Académie
Roy le de Peinture & de Sculpture,
mourut le ~i.de ce mois
en réputation d'un des plus
hsabsileis hoomnmes.de sa profes-
IIestenfinà propos de dire
nrnrnoi des aff tres du temps.
Je vais commencer par celles
desPays Etrangers
,
fauray
t1otOûÛjoluorusrlselleoliOslifirr dde¿ ppaarrlleerr des
nôtres.
RELATION
de l'Entrée Je M Zondadary
a Sienneyen qualité d'Arche-
1 lêque de la même Ville.
A Sienne ce 15. Août1715.
Aprés que S.E.M.le Cardinal
Felix Zondadari eut fait
son Entrée à Rome, M. Alexandre
Zondadari sonfrereen
partit pour venir dans son Archevêché
de Sienne;il s'arrêta
pour quelques jours à S. Zuirico
chez M. le Marquis Bonaventure
Zondadari Chigi, &
de là vint dans une des maisons
de campagne de ce Marquis , appellée Vico, distante de Sienne
d'une petite lieuë vers la
Porte de Florence; il resta dans
cette maison pour pouvoir y
regler avec plus de facilité
quantité d'articles qui regardoient
le Ceremonial au fujec
de rEnrreedercrminee pour le
II. d'Août.Quoyque ce Prelat
fut incognitodans cette maison
de campagne & qu'il se
fut declaré de n'y vouloir recevoir
aucune vi siteen foime
il n'a paslaissé deparleràtoute
laNoblessede Sienne qui l'y ca
venu voir. Yij
Il parnc de VICO le 7. Août
& vini coucher à Cetmale, maison
de campagne dela lvtdlrO
Chigyàcinq mille de Sienne,
d'où il se rendu le 10 Août
àune maison de M. Piccolominiqui
est à un quart delieuë
de laVilledeSienne, surlechemin
de Rome:il receut à son
arrivéedansladite mai son, les.
Complimens de sonClergé&
de la Noblesse
,
qui avoient
nommé pour leurs Amt>.(Fadeurs
-,
M. le Mirquis Nerly-
Ballaty,& M,le ChevalierJaïo.
Cette fonction se fit avec toute
la solemnité & toute la regle
requise.
M.le Commandent Zanze.
doni, cidevant premier Gentilhomme
ordinaire du feu
Prince ïvançois de Medicisaccompagnéde
M le Commandeur
Saluzzo, Genois, qli a la
Commanderie à Sienne, & de
huit Chevaliers de M ilt he,alla
àla rencontre de M. l'Archevêque
; mais soir qu'il n'eût
pas pris ses mesures justes pour
l'aborder en lieu convenable
ou que le Prel at n'eût pas été
averty à rems, il y eût quelque
chose dans lu reception qui ne
parut pastout à fàr convenable,&
l'on fuppofc qu'à l'avc,
nir Messieurs les Chevaliers de
Malthe ne feront point en
Corps une pareilledémarche,
sans établir auparavant les
points du Ceremonial.
Le II. Août M. l'Archevêque
monta à cheval habillé
de violet, & suivi de toute sa
maison;il arriva à la Porte Romaine
à 10.heures d'Italie,qui
font en France 4. heures aprésmidy.
Toutes les Compagnies de
Penitens
,
les Ordres de Religicux,
& tout le Clergé de la
Ville de Sienne qui étoienc
partis processionnellement de,
l'Eglise Cathédrale, se trouverent
à ladite porre ,
& le receurent
avec les ceremonies accoûtumées.
M.l'Archevêque mit piedà
terrer,& entra dans une petite
chambre preparée hors de la
porte, où il se revêtit des habitsPontificaux
couverts d'une
chappe de satin blanc bordée
& brodée d'argent. Le Senat
de la Ville de Sienne composé
du Chapitre, du Peuple, & de
huit Senateurs, suivis de tous
les Magistrats, luy firent le
Compliment partirent sur
le champ pour aller au poste
qui leur étoit preparé dans
l'EgliseCathédrale.
r> Le Pieilt étoit monté sur
un Cheval blanc caparaçonné;
lesharnois housses& garnitures
étoient de satin blanc
brodé d'argent.
Il semiten marche precedé
de toutes les Compagnies de
Penitens, des O dres de Religieux
; & detout le Clergé.
L'Arthevêque étoit à chevalsous
un DJIS porté par six
Gentilshommes
,
qui se rele.
voient aux Arcs de triomphe,
au nombre de lept, établis &
dressez en égales distances depuis
puis la Porte Romaine,jusqu'au
grand Portail de l'Eglise
Cathedrale.
Les Evêques de Grosset.
Monseigneur Pefct.-: DeChiuccy,M.Bergaille.
De Pienza
,
M. Silvestri,
montez sur des chevaux caparaçonnez
de violet, suivoient
l'Archevêque ., ils n'étoient
pjoimnt habeilleznPotnt.ifi.cale- Quatre vingtGentilshonv
mes à cheval suivoientmarchant
deux à deux, ilsétoient
habillez à l'Italienne, & d'à
Qtqjc'eft-à^dire en pourpoint
& le OlanreaU lIé au br a gauche,
cet habillementest garni
de dentelle,& derubansnoirs.
Tous les chevaux étoient
chevaux de prix, richement
harnachez à la manière du
Pays. Il y a 800. pas Geometriques
de la Porte Romaine à
l'Eglise Cathedrale
,
on tient
en grande vencration une
image de la Sainte Vierge qui
efi: au dessusdeladite Porte ;
elle ëtoit ornéede quantité de
bandes de rangeas rouge ôi
blanc,&lePortrait du grand
Duc Cosme troisieme
,
fut
placé au dessous
, avec divers
ornemens , la porte est
double & forme en quatre
une enceinte de murailles qui
étoienttapissées & le dessus
couvert d'une grande Tente.
Le devant des maisons étoit
orné & tapissé ,les tapisseries
d'hautelissen'étant pas en usage
en ce pays, il n'yen avoit
qu'aux maisons Bu'hi) Chigi,
Patrizzio
, & Lan^edonys
les autres étoient tapissées de
bandes de damas,de velours,
de latin & autres étoffes de
Swsoye garnies de galons d'or
r ou d'argent. Il y avoit à toutes
les fenêtes des tapis de foye de
différentes couleurs, la maison
Piccolomini avoit mis fous
une loge de trois arcades qui
leur appartient, & leura esté
laissée du Pape Pie II. 200.
tableaux qui passent pour les
meilleurs d'Italie.
M. Sani Gentilhomme
Siennois & quiaunetres belle
gallerie,mit audevant d'une
de ses maisons une quantité de
tres bons Originaux,comme
firent Messieurs Chigi,Bichi,
Lanzedoni
,
Borghesi, & le
sieurJoseph Nasini Pciamcj
tres estimé ; les sept Arcs de
triomphe aulquels on avoir
travaillé deux mois auparavant
, furent dressez par des
Architectes de bon goust
,
ornez de décorations & de
peintures convenables à l'entrée
,
& par tout il y avoic les
Armes de la Maison Chigi
Zondadari,avec des figures,
peintures,& inscriptions faites
à la loüangede Monseigneur
l'Archevêque. Les places
qui se trouverent sur le
chemin furent pareillement
embellies & ornées, le tout
avecunetelle attention& de
si bon croutf que plus de vingtmille
étrangers
,
qui se font
trouvez à cetre Feste
,
& entr,.,
autres pluficurs Gentilshommes
Milanois
, ont asseuré
n'avoir rien vû de plus magnifique.
Les ordres que l'on a donné
pour l'execution decetteFête,
ont esté suivis de tres- bonne
grace; pour subvenirauxfrais,
les Ordres de Religieux, Convents,
Paroisses, Communautez
,
Corps de Mêtiers ,&
Capitaines de quartiers
,
suivant
une juste distribution qui
fut faite de la distance de la
porte Romaine au Dôme de
Sienne, prirent le soin de faire
orner de tapisseries
,
de tableaux
,&c. l'espacedes lieux
qui leur avoir cité assignez.
:
LesItaliens,sont naturellement
ingénieux
,
& principalement
lor squ'il s'agit de la
décoration, toutes celles qui
ont paru encette occasion
,
étoient de tres bon goull:)&
l'on en envoyera au premier
ordinaireundétail plus ample
Pcplus diftinft.
Monseigneur l'Archevêque
au lieu de jetter,le jour
desonentrée,de la monnoye
aux, pauvres, fit distribuer cinq
cens écus à ceuxquisontconnus
pourtels,& qui-, demandent
l'aumônepubliquement,
& une somme considerable a
été donnéeaux malades &aux
pauvres honteIuxI;, ; '1,
; La commoditéde voyager
dans les Livres est fortdouce,
& ne coûte gueres
, on y pafTc
en un moment de l'Orient au
Couchant, du Nord au Sud,
& sansfatiguer ses Lecteurs,
un Auteur peut les transporter
à peu de frais, du fonds de lirais, dans le seindeParis
Ainsi les raisons quim'engagent
à vous y ramener brusquement,
sans vous proposer
le moindre rafraîchissement
dans les autres Royaumes de
l'Europe,sont d'une nature si
importance, que je fuis sûr
quetout le monde me dispensera
volontiers d'en rien dire
pour me laisserplûtôt la liberté
de l'entretenirde ce qui se
passeicy,mais comme les affaires
dont ils'agit, meritent
un, tresgranddétail, &que
leurs circonstancesfournissent
la matiere d'un Volume
,
je
prie le Lecteurde me permettredene
luy parler à present
que tres lupa hcidiement de
ceschoses, & devouloir bien
attendre jusqu'au dix ou au
douze du mois prochain, pour
voir (autant que cela dépendra
de moy ) sa curiosité amplement
satisfaitesurcetarticle.
Les grands événements sont
ordinairement suivis ou précédez
de quelques desordres.
Laconfusion qui fl otte les ef
- prits inquiets, & l'espoir de
l'impunité semblentalors autoriser
lalicence.
Il ne pouvoir pas en effet
arriver de plus grand évenement
en France, que celuy de
la mort du Roy Louis XIVv
mais pendant les cinq jour que.
le bruit de sa mort a couru,&
après qu'il a eu les yeux fermez,
les sages précautions du
Prince que le Ciel nous destinon
pour Regent, & la vigilance
& les foins des Ministres
qu'il a honoré de ses ordres ,
ont entretenu cette grande
(,
Ville &tout le Royaume dans
une tranquillitéaussi parfaite,
que s'il nyfut rien arrivé d'extraordinaire.
Tous les yeux à l'instant se
sont ouverts pour admirer la
conduite de nostre Regent,
* JL'JLiyijrvjc. qui peu de moments après la
mort du Roy arrivée le premier
de ce mois, fut rendre ses
refpeéts àMonfeigneur leDauphin,
maintenant le RoyLoüis,
XV. Il luy presentaenmême
temps les Princes & les Seigneurs
qui se trouverent alors
a Ver sailles.
Le lendemain il vint en
cette Ville, où il prit possession
de sa qualité de Regent deuë à
Ion rang,& à sa naissance,
dans la grande Chambre du
Palais,où pour cet effets'étoientaffemb!
cz le Parlement,
les Pairs du Royaume,les Marêchaux
de France,& les Gouverneurs
& Lieutenants Généraux
desProvinces, chacun
dans les rangs qui convenoienc
à leurs dignitez.
Cette ceremonie finie, le
peuple qui setrouva dans les
Places, sur le Pont Neuf
, &
dans les ruës par où passa Son
: Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans,jetta mille
cris de joye & de benediction
de se voir un si digne Successeur
à l'autorité du grand Roy
qu'il venoit de perdre.Sa generosité
réponditsur le champ
à ces acclamations. ic; »
L'a près dîneilretourna au
Parlement,0111!piopofa avec
zeleles destins pour procurer
le payement aû des Troupes
,
le soulagement des peuples,&
enmême tems le projet
qu'il avoit formé de changer
la face du Gouvernement
qui luy paroissoit onereuse à
l'Etat, avec les intentions qu'il
avoit de contribuer de tout
son pouvoir, à la seureté,à
l'avantage, & à la tranquillité
du Royaume.
Le 4 de cemoisleClergé, le
Parlement
,
la Chambre des
Comptes&lesautres Compagnies
turent tendre leurs tcljie&
s au nouveauRoy.
Le 7. onenreg stra au Par-
,
lement uneDeclarationdu
Roy,parlaquelle de l'avisde
MMooniiffcciigo,nnccuurt le DDuucc-. dd''OOrr-.
leans, de Monsieur le Duc &
autres grands Personnages du
Royaume, Sa Majesté a prorogélesSéances
du Parlement
jusqu'au ii. de ce mois pour
le jugement de toutes les affaircs
particulieres,&, jurqu'au.
Octobre pour toutes les affailes
publiques & generales qui
pourront y estre portées par
sesordres. --
Lep.le Roy parut de Verfailles
accompagnéde Monsei
gneur le Ducd'Orléans; de
Monsieur le Duc, de Monsieur
le Duc du Maine & de Monsieurle
Comte de ':T-ouloùfc',
pour aller faire sonséjourau
Château de Vincennes.
»
3Lefoirdu même jour le
Corpsdu Roy fut porté à S.
Denis. Le Corps fut levé par
le Cardinal deRohan Grand
AumosnierdeFrance,en presence
de Monsieur le Duc,
Grand Maistre de la Maison
du;Roy.> & porté par les Gardes
de la CompagnieEscossoise
sur
sur un chariot d'armes, couvert
d'un poesle croisé de moire
d'argent, puis on marcha
en cet ordre. Le Capitaine des
Guides de la Maison du Roy,
quelques carosses des principaux
Officiers: celuy du Maî
tre des Ceremonies :celuy du
Grand Maistre des Ceremonies,
les Mousquetairesnoirs,
les Mousqueraires gris, les
Chevaux Legers de la Garde,
lesOfficiers de la Chambre &
de la Garderobe : un Carosse
du Roy, où étoient des Aumôniers
de Sa Majesté
,
son
Confesseur&le Curé de Versailles
:uncarolle du R.dy. ,ou
étoient Monsi ur le Duc, le
Cardinal de Rohan, le Duc
de Threfmes
, premier Gentilhomme
de la Chambre en
service, le Duc de la Tremoille
& leDuc de Mortemar, aussi
premiers Gentilshommesde la
Chambre ,le Duc de la Ra.
chefoucault
,
Grand MnllrCL
de la Garderobe
,
& le Chevalier
de Dampierre
,
premier
Escuyer de Monficur le Duc-.
les Trompettes de la Chambre
,
les Herauts d'armes , le Grand Maistre
,
le M-i-iftrt
& l'Aide des Ceremonies , le
Charlot &quatreAumôniers
àchevalportant les coins du
pofl;,1e Prince Charles de
Lorraine
,
Grand Elcuyer de
France&leDuc de Villeroy,
Capitaine desGardes duCorps
àcheval, les Gardes du Roy&
les Gendarmes. La marche
étoit fermée par le carosse de
Monsieur le Duc & par ceux
du Cardinal de Rohan,&
des Ducs de la Tremoille
,
de
la Rochefoucauld ,de Morttemar&
de Thresme. Le Convoy
arrivant à une demie lieue
de Saint Denis
, y fut joint
par un grand nombre d'Officiers
des sept Officesà pied,par
les Gardes de la Prevosté de
rHoftel,& par lesCent Suisses;
de la Garde,& à quelque distance,
ontrouva les Religieux
de l'Abbaye Royale de S. Denis
, au nombre d'environ six
vingt reveflus de chappes de
velours noir, & precedez par
les Paroisses
,
les Recollets &
les Officiers de Justice de la
Ville. A près les prieres ordinaires
, tous les Ecclesiastiques
precederent processionnellement
le chariot jusqu'à la
porte de l'Abbaye,oùle Cardinal
le presenta au Prieur ,
par un discours touchant, &
éloquent Le Corps fut placé
dansleChoeur de l'Eglise,entouré
de cierges, & les Religieux
commencerent à faire
autour des prieres jour & nuit.
Le lendemain les Religieuxcelebrerent
un Service, auquel
assisterent tous les Officiers qui
avoient accompagnéle Con
voy. '1 , - ,Le 12 le Roy partit de
Vincennes, pour venir au Parlement
tenir son Lit de Justice.
Il étoit precedé des deux Compagnies
de Mousquetaires &
des Chevaux Legers de laGaI
de
, ayant dans lou carosse
M^'siur le Duc d'Orleans,
Ml'f){jeur le Duc, Monsieur
le Duc du Maine
,
Madame
la Duchelle de Vantadour
Gouvernante de la personne
de Sa Mjllé
,
& le Marc*
chIlqc Villeroy. Le carouc:
étoit suivi des Gardes du
Corps & des Gendarmes. A
l'extremité du Fauxbourg
,
les Gardes de la Prevosté &
les Cent Suisses se joignirent
à la marc he i & encet ordre ,
le Duc de Thresmes, Gouverneur
deParis,luypresenta
lePrevost dtsM.u.,baod'qui,
luy si oncomr>i»mtn& à la
tête des Echevins
un genoux
en teireLes ruesestoient bordées
des Régimens des Gardes
Funçoi les& Suiflcs,juC^aju-
Palais. Le Roy entra à la
Sainte Chapelle
,
où il fut
receu & complimenté par
l'Abbé de Champigny
,
Tre-
[orier) a la têtedu Chapitre.
Quitte Presi lents & six Conseillers
,
vinrent recevoir Sa
Majestéàla Sainte Chapelle,
le conduisirent à la Grande
Chambre où il s'assit fous le
~Dis dans son Lit de Justice.
Toutes les séances eûant prises
en la maniere ordinaire,
leRoyditqu'il venoic à son
Parlement pour l'assûrer de
son affection & que son Chancelier
diroit le reste. Ensuite
le Chancelier de France expliqua
le su jet de la venuë du
Roy,après quoy ,
il prononça
l'Arrest, par lequel laRegence
,
pleine & entiere du
Royaume est deferée à Monsieur
le Duc d'Orleans.
Le 16. M.le Baron deSpaar
Ambassadeur Extraordinaire
du Roy de Suéde
, accompagn$
é de M deCronstroom son
Envoyé Ordinaire
,
firent des
compliments
compliments de condoleance
à SaMajesté sur la mort du feu
Roy.
f- ,
Le 17. le Nonce ordinaire
duPape
,
cût audiance du
Roy,conduit par M.le Baron
de Breteüil, quiestoitengrand
manteau de deüil. Le Nonce
futreceu par le Duc de Villeroy
,
Capitaine des Gardes
du Corpsen grand manteau
de deüil
,
à l'entrée de la salle
des Gardes du Corps, qui
étoient sous les armes. Monsieur
le Duc d'Orleans, Regent
du Royaume, les Princes
du Sang&les grands Officiers
quisont auprés du Roy dans
ces forres de Ceremonies,
étoient aussi en manteau de
deüil.
Le Comte de Rivazzo Envoyé
du Duc de Parme, le
Baron Simeoni
,
Envoyé de
l'Electeur de Cologne, le
Comte Bardi
,
Envoyé de
Toscane
,
le sieur du Mont
Envoyé de Holstein Gortorp
,
&le Baron d'Imhoff,Envoyé
de Brunswich
-
Woifenbutel
,
tous en grand manteau de
deüil eurent audianceduRoy.
L'Ambassadeur de Portugal
& l'AmbassadeurdeSicile,
en grand manteau de deüil
, eurentaussiaudiance du Roy,
& firent de pareils complimens
de condoleance à Sa
Majesté.
Le 16. de ce mois,on enregistra
au Par lement une
Déclaration du Roy, qui ordonne
que lorsque des Ordonnances
,
Edits, Declarations,
Lettres Patentes emanèes de
la feule autorité de Sa Majesté
feront adressées au Parlement
, avec des Lettres de
cachet pour les faire enregistrer,
le Parlement avant que
d'y procéder
, pourra representer
à Sa Majesté ce qu'il
jugeraà propos pour le bicn_
,public du Royaume. Sa Majessé
voulant donner cette
marque de sa confiance à la
Cour de Parlement ,à cause
de la fidelité, du zele & de la
soumission
, avec lesquels elle
a toujours servi le Roy son
Bjfyreul
,
sur tout dans urj
tempsou les avis d'une Compagnic
aussi rage qu'éclairée,
pueutv-einltliutyées.trbed'une.g.rande -
Lemêmejour, une autre
Pp:ljiration fut enregistrée
,
FÏ-;Lafléll_e le Roy outre le
Conseil General de Regence,
en établit six autres particuliers
, composez chacun d'un
nombre convenable de Conseillers
& de Secrétaires : ravoir
le Conseil de Conscience,
pour les affairesEcclesiastiques:
leConseil des affaires Estrangeres
:
le Conseil de guerre ,
& de tout ce qui y a rapport:
le Conseil de Finances: le
Conseil de Marine
,
& de
tout ce qui en dépend: le
Conseildes affaires du dedans
du Royaume, qui estoient
cy devant portées au Conseil
des Depesches, sans rieninnover
à l'égard du Conseil Privé,
& sans que les affaires dont la
connoissance appartient aux
Cours & aux Tribunaux du
Royaume
,
puissent estre portées
dans lesditsConseils.
Le18. le Scrutin del'Hostel
de Ville de Paris, sur presenté
au Roy,par M. le Picart
Conseiller au Parlement:
Meilleurs Fayolle &Foucault
Lschevins, nouvellementélus
presterent ferment entrt les
mains de Sa Majesté
, en prefcnce
de Monsieur le Duc
d'Orleans : M. le Prevost des
Marchands & les Eschevins
furent ensuite en Robe de
ceremonie rendre leurs ref- .s, à Son AltesseRoyale,
comme Regent. Le 19ilsont
aussi rendu leurs respects à
Madaçw
,
& à Madame la
Duchesse d'Orléans. •leRoya donné à M.leDuc
d'Albret, la charge de grand
Çhajntx11an de France, vacance
par la demissionqu''en
avoit faite M. LeDuc de Boüllon
son pere. -,
Voici une copie des Provisions
de laCharge de Commandeur
& grandTresorier de
l:q.I:',rc du S.Esprit,dont leRoi
vicbiAhonorer M. Crozat.
LOUIS par la grace de Dieu ,
Roy de,France & de Navarre
Chef&Souverain,GrandMaître
de l'Ordre de S. Michel&du
S. Esprit: A tous ceux qui ces
Presentes Lettres verront,Salut.
Le Roy nostre tres-honoré Seigneur
&: Bisayeul,ayant par son
Editdumoisd'Aoust 1669. permis
aux Gentilshommes d'exercer
par eux, ou par personnes
interposées, le Commerce maritime
sans déroger à Noblesse;
nous avons v avec satisfaction
que p l usieurss'y sont adonnez
pour le bien de nostre Etat; mais
entre ceux qui s'y sont distinguez,
personne ne l'a fait avec plus de
Noblesse, de bonne foi, &: de
bonheur, &plus d'utilité pour la
Patrie, que nostre amé & féal
..:
Conseiller &Setretairç,Maison
& Couronne de France& de nos
Finances le Sieur Antoine Crorat,
qui par son zele, son application
& l'étendue de ses connoissances
dansle Commerce maritime,
a procuré à nostre Royaume
de grands avantages, & une
grande quantitédematiere d'or
& d'argent, dans des temps qu'-
elles lui estoient si neceflfaires,
G'est ce qui porta le Roynostre
Predecesseur & Bisayeul, d'accorder
audit Sieur Crozat par
lesLettres Parentes du 14. Septembre
1V11. la facultédefaire
seul le Commerce du Pays de
la Loüisiane, dontle succés
commence de répondre à nos esperances.
Mais voulanttémoigner
plus particulièrementnotre
satisfaction audit Sieur Crozat,
&; faire connoistre à nos Sujets
au commencement de nostre
Reancile desir que nous avons de
les rendre heureux, en excitant
l'émulation de ceux qui parleur,
industrie & leurstalens,sont en
état de leur procurer l'abondance
; nous avons résolu ensuivant
les intentions du Roi Loüis XIII
marquées dans son Ordonnance
de 1629. de relever &: faire honorer
ceux qui s'occupent au
Commerce maritime.C'est pourquoy
nous avons crû nepouvoir
donner une plus grande marque
d'honneur audit SieurCrozat,qui
convienne mieux aux alliances,
qu'il a faires, & lui témoigner la
satisfaction que nous avons de ses
services, & de ceux qui nous ont
esté rendus par sa famille, dans
les Charges de Conseiller au Parlement,
Maistres des Requestes,
& autres emplois, qu'en lui donnant
la Charge de Commandeur
& Grand Tresorier de nos Ordres.
A ces causes &autres bonnes
considerations, à ce nous
mouvans, nous avons audit Sieur
Crozat de l'avis de nôtre trescher
& tres-Amé Oncle le Duc
d'Orléans Regent, desPrinces de
nôtre Sang
,
des Cardinaux,Prelacs,
Commandeurs& Officiers
desdits Ordres, estant prés de nôtrePersonne,
donné &: octroyé par
ces Presentes signées de nostre
main, l'Etat & Office de Commandeur
& Grand Tresorier desdits
Ordres.
On ne peut rien dire qui fajfe
mien* CEloge de M. Crozat , ç$*
quiprouve davantage fin erilt.
quela copie deftsProvisions.
Les Provisions de la même
Charge vacante par la mort de
M. Chauvelin., avant que de
passeràMCrozat
, ont été accordées
par SaMajesté à M. Gaston
Jean-Baptiste de Terrat Marquis
de Chantofme & deTravers
Baron de Chaumont Chancelier
de feuMonsieur Frere unique du
•Roy,& de Monseigneur le Duc
d'Orleans Regent du Royaume,
Sur-Intendant de ses Finances.
M. de Terrat sans posseder
cette Charge pour laquelle il
n'avoit faire aucune démarche
joüit de tous ses honneurs , par
la grace de Sa Majesté, & par une
distinction singuliere. de Monseigneurle
Regent
,
à qui il a plû
luy donner cette preuve de son
attention &' de sa reconnoissance
pour tous les bons services qu'il
a rendus,& qu'il rend actuellement
à laMaison d'Orleans.
J'ay vû l'heure que je ne vous
donnerois point de mariage ce
mois-cy
, tant la difetre en aété
grande ils ont depuis quelque
temps eû cela de commun avec
bien des choses qui nous ont
manquez. Mais on ne doute
IPlus) grace au Ciel,& aux foins
denôtre Regent, quela nouvelle
cfforme du Gouvernement ne
rétablissebientost en France l'adbondance
& les plaisirs.
MARIAGE S.
MessireFrederic de laVespierre
Marquis de Liembrune, a épousé
le17. JuilletDamoiselle Bonnet
^rançoife le Sensde Coqufeville.
La Maison de la Verpieire est
originaire de Flandre, il y a quatre
cens ans qu'elle est établie
en France & que la Terre de
Lienbruneen Boulonois est dans
ladite Maison.
Damoiselle BonneFrançoise
le Sens, descend des anciens
Comtes de Sens, elleestfille
de Messire Jacques- Michel le
Sens Chevalier Seigneur de Coqueville,
&de DameMagdelajneMartin
du Peron,dont le pere
étoit frere de la mere du Reverend
Pere le TellierConfesseur
du Roy.
M. Brunet de Rancy Seigneur
d'Yvry,Maître desRequêtes de
l'Hôtel, aépousé le du mois
d'Août dernier,Mademoiselle ;
Bignonfille de M.Bignon Intendant
de Paris, Conseiller d'Etat,
&c. La
-
Maison de Bignon est
assez connue
,
sans qu'il soit
besoin d'en faire icy un détail.
Avis aux Sçavans.
M. le DUC de la Force, Protcihur
deF'AcadémieRoyale des BellesLettres,
Sciences & Artspro¡ofla tous
lesSçavans de /'EuropeunPrix qu'il
renouvelle tous lesans; c'ejluneMédaillé
d'Or de la valeur de trois cens
livres au moins) ou font gravées
d'uncotésesArmess& de l'autre,
la DevisedelyAcadémie.
Cette Compagnie à qui M. le Duc
de la Force remet le foin de choisir
lefîjetsur lequelon doit travailler',-&
le droit de decider du mérité
des Ouvrages quiferont envoyez)
avertitle Publicquelledejline ce
Prix à celuy qui donnera le Syjlème
le plusprobable sur la formation
de laGlace, &qui expliquera de le
maniéré laplus vray-fcmblablefis
divers Phenomenes. ilfera dijlribué
le premier ou fécond jour du
moisue May milsept cent jèize.
Iiftra libre d'envoyyeerr llee.s, DDiijf~feêrr--
tll/ions en François ou en Latin ;ellleessnnee-
f, eront reçues que jusquau
u
premierjourdeMars inclusivement.
Cellesqui arriverontplustard n'entreron{
pasenconcours.
Au bas des Dijfert/jonf il-Y aura
une SSeenntteennccee, &
1Auteur mettra
;. 1. dans unBilletseparédrcacheté, la
même Sentence, avecfin nom &
son adrejïe.
Ceux qui envoyerontleqrsOuyra*
ges, les adrejferonta Mefjleurs de
rAcadémie Royale de Bordeaux, ou
au Sieur Brun,Imprimeur de cette
CCoommpagnie,ruéS.Jameesç,&aauuront;
foin defaireaffranchitdeportJeur*
Paquets ,ft/JI quoy ils neftrontpas
retire^
rttireZdit Courrier. A Bordeaux et
r vingt-cinquièlme Aoû, t 1715.
Avis utile à tout le monde.
Le Sieur Porcheron a un secret
nmerveleux contre les Rhumatismes
Mnveterez*
,
goûteux
,
douleurs de
isnerfs&sciatiques.Lefecret conftftt
yen NfjPommadecomposeedefimples3
pprolru¡e de Mejjieurs les Doyen &
I'DfoBeurs de\laFacultédeMedecine M.Paris , qui ontguéri eux-memes
,¥ar leseulUniment, & frottement
Reecette Pommadeplujïeurs malades Rhumatismesinvetere^dr goue,
eax, qui n-e cedoientpoint aux repnedes
ordinaires: Elle guérit Itllffi
Mes Enquilofes dansles boëtes desgemoux.
Les potsfont cachetez, defort
Cachet, il donnera la maniéré de s'en.
Servir. Cette Pommade ne se corromptjamais
,
dr pentsi tran[porter
dans toute forte de Pays. Elle a U
vertu défait e transpirerdoucement
l'humeuren dehors yfinsaucune cicatrice.
Les pluspetits pots fontde
jo. fols, & lesgrands de y. liv.
Il demeure ruë du Petit Lyon , Quartier S. Sauveur, au coin de ltt
rue des deux Portes, oùfln TableauefiexpoTé.
APO STILLE,
ou plutôt Réponse aux dernieres
Lettres que j'ay reçûës.
Envoyez-moy quelqueHifloire,
Madame
, vous me ferez wn vray
plaisir examinons même enfemblc
vos Ouvrages, cela nen fera peutêtre
que mieux, & la confiance que
vousaure7yen moy ) me rendra infiniment
plus exaé1 çr plus attentif
sur ce qui vousregarde. AJeZfoin.
sur toute chojé de ne pas attendre
que noussoyons à lafin du moisfour
mefaire part des productions de.
votreesprit.Malgré la delicatefe
de vospensées
,
lapoliteffe de votre
raifomentent &le choix de vos exp^/
jions,elles vieilliront chez moy9 \Jtvous-ne remedieT^ à cet inconve-
>. nient. fKayreçuvotreLettre le 2y.
i d&ce mois fort tard, à* mon Livre
>
étoit déja fermé: cette raison lUi
nestpasmauvaise,moblige afup-
,\prÙner vosRéponses aux..f<!!ejlions
\!r()jJo[ees
,
vôtreEpitaphe sur la
mort duRoy& un de vos Sonnetss
1 tout ce queje peux faire pour vof
treservice, ejl deproposer maintt4
nant ces Bouts -rimez, que vous
mavez envoyez,fort bien remplis.
Neron
solitude
rude
Anacreon.
Pantheon
inquietude
certitude
Lyron,
guerre
tonnerre
tralt
A paître
portraits
connoître.
Songez, à ce que je viensd\avoir
l'honneur de vous dire, lesouhaite
en bonne foy que cela, mérité vofire
AttentÍOlJ
,
& fuis avec tous les
égards dus à une Dame de mérite
&Vd'eospjriitrceomme vous,Madame , très*humble cf trèsobliflàflt
Jèrviteuï.
-
L'Eleve Papirjel'tà quijesuisredevable
d'une Enigmefortjolieâ,
(qui ne pourra servir quele mois
prochain) & d'un raiformement
tres-sensé,est un franc paresseux.
Nicoledevoit lechasser plus matin
, & la jeune Loüison l'attendre
plus tard, ilm'auroit envoyé,
sa Lettre plutôt.
AVERTISSEMENT.
ilmerefle a vous recommAnder,
MeO-oirs&flics Dames, de nepas
oublier de payer les ports des Lettres
que vous mefJvOjees, dde nepas
menvoyerd'Enigmesfinsmen donner
le motyd'écrire vos Mémoires de
façon quejepuij?elesdéchiffrer, dr
demeles-aàrejfer leplus,lue vous
pourre'{chez lesieur Majfet^ Perruquier
sur le cfZudJ de la Megifierit,
cheZqlli je luge, il y Aura toujours
du monde pour les recevoir,
&pourmeles rendrefeutement.
TABLEPR.
3 P
Remontrance de M. de Sacy au Roy,&k
NoJJeign*rS JefonConJiilt concernant l'ajfatr$
desjefuîtes. 5
Memoire tou<bintle\ drots de ceux queItsjefuitescongedent
de leurCompagrre
, avant qu'ils
ayentfuitl s derniers voeux J 4
Copie d'une Lettre de M P à l' Auteur. 117
Ode du même M. P. imitée de l'odefuries Conquérants
de ROUJfeolU. 137
JRemponfesoduimsempe aauxfQjuéeftt.'o1nspro4poséyes le Autres Réponses aux mêmesQuejîions d'un des
Parti/ansduMe,cure. jyi
bouts-rimez, a remil:r. 1jS
Sonnet de M de TrefvillonCommiJ?a:red'Artillerie
à la loiiangg de Mons,i¿,neur leDuc d'Or.
léans. nj
Portrait d'une Dame de qualité de la main d'un
fçavunt M.tiflre. 162.
Peur de l'Amour, Fable Anaceontique
,
sur une
jeum & aimable personnequiparlequelquefois Allemand.. 174
Autre Portrait d'uneautrepersonne que son Amantveutdégoûter
de l'envie de se fatrepeindre.
177
Fers sur de la tonferxe c»xt-y 'e a uneRitg<eufè
cj'uuvotrtfU;ed'ififieaclurs. i;
Les Arv.cs,ui': ourt cpgr.mm.c, 184
jnj1''f' von roi,ri Sam,.e J86
¿-lN!rI' S>tmeta h lou.lnl' alfiloTljè'gneurlu V:te
d'ori,ans. 18S
Ode jur la PaixAgéede trois mot;, & (Orr/pcfée,
gratis pourle1ul-ltc. 192.
Chanfon. 100
Enigmes. 101
H jtoire si guite e. 104
Requejte du Thalte à "onAttire Royale MonjagneurleDuc
d'Otle.ins. 2.31
Morts. z7
ReUtion deItEntrée de M. Zondadary à Sienne,
en quM.1téd'Ar,bevéjHt de la m*,me Vine fS
NouvellesdePa>i$. zyi.
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