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1715, 08 (Gallica)
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1NUU V JiAU MERCURE
GALANT.
A PARIS,
M. DCCXV
Avec Privilere du R.Y..
~M JE R U U Kk:
GALANT.
Par le Sieur Le Fevre.
Mois
d'j4oufi
171J.
Le prix est 30. sols relié en veau, &
25. sols, broché.
A PARIS,
Chez D. JOLLET, & J. LAMESLE,
au bout du Pont Saint Michel,
du côte du Marché-Neuf
au Livre Rpyal.
jivecsiprobatien,&Privilège duRù
MERCURE
NOUVEAU.
ONSIEUR,
C'est maintenant vostre
tour à glisser. Apres avoir eu
l'honneur d'écrireà Madame,
& à Mademoiselle, ne trouvez
pas mauvais que je prenne
aujourd huy la liberté de vous
adresser la parole. Mais foufo(
fez, s'il vous plaît
, que je
vous dise, avant que d'entrer
en matiere, que vous n'aurez
que pour la forme, la part que
vous paroîtrez avoir à mon
Epître
,
si vous êtes serieux
, critique, mélancolique, ou de
ces Sçavants impraticablesaussi
ennemis du sens commun,
qu'ils sont remplis de noire &
de maligne humeur. Je vous
avouë que je ne veuxnul commerce
avec cette engeance,&
que je préféré à toutes les especes
d'hommes que je connois,
celle des bonnes gens à
qui il a été donné de choisir
par prédilection le favorable
Bureau que j'ay établi chez le
Capitaine RhumbeSosiet à la
petiteMagdelaine
,
ruë de
Bussy. La preference qu'ils accordent
de gayeté de coeur à
ce bienheureux Cabaret, est
une preuveindubitable qu'ils
ont de l'crprit, du bon goût
de l'experience & desvoyages.
Vous 01e direz peut être qu'il
cO: presque inoüi de voir en
France un Auteur proposer de
pareils rendez vous à les Lecteurs
, & que cette licence dénote
un grand vice de temperament.
Je vous réponds à
cela, premièrement, que je ne
fuis point Auteur, & que
quand j'écrirois cent fois plus
que je ne fais ( Dieu m'en preserve
) j'en abdiquerois toujours
en public & en particulier,
le caractere & les titres.
Secondement, je soutiens
que ces rendezvous fOUlnirsent
des expédients
,
des raisonnemens
& de la vigueur à
l'esprit.Tous les Cerclesd'Allemagne,
la Hongrie
,
la Pologne
,
la Suede, le DannemarK,
l'Angleterre
J
laHollande
& la Suisse
, me font témoins
de la verité de ce que
j'avance
,
& vous feriez fort
mal receu, si vous vouliez avec
route
-
vostre prudence - proposer
à ces Nations éclairées
des affaires ailleurs qu'au Cabarer.
Troisiémement, sans estre
tout à faitEspagnolsurleChapitre
du vin, on peutêtreau
moins aussi fage qu'eux sur cec
article, & frequenter les honnêtes
endroits où le meilleur
se vend. La bonne Compagnie
s'y trouve, les bons esprits s'y
assemblent
,
le noir chagrin
n'en approche jamais,& c'est.
là qu'à l'honneur du bon Bacchus
, on fait souvent à l'exemple
du sage Horace, de si
jolies Chansons à boire. Je
vous citerois dans nos plus fameux
Modernes cent honnêtes
gens de qui je tiens à cet
épgarod lesgeoût.que je vous pro-
De plus, jevous diray considemment,
Monsieur, que je
ne vous ay fait cette prolixe
Dissertation, que pour répondre
, comme je le pense, aux
ridicules objectons de quelques
miserables pédants beuveurs
d'eau,qui ne furentpas
édifiez, à ce qu'ils m'ont raie
l'honneur dem'écrire, de cette
élection de domicile.
v Ce préambule vous a-t-il
suffisammentdisposé à me lire
avec les conditions requises. Si
cela cil, lisez moy,sinonlaisfez
moy? & ne faites pas comme
cet illuflrc*&- moderne
PeintreArchiproselyte de
l'Antiquité,qui fut il y a quelques
jours à la Foires.Laurent,
au ~J:u de Dominique, où il
~s'épanoüa de tout son coeur
jusquà la Scene d'Homere
à
qui le deconcerta d'une maniere
à faire étouffer de rire
tous ses voisins. Il n'eût pas
plutôt entendu les plaisantes
faillies d'Arlequin pour la dé.
sense de cette grande ombre
qu'ils'écria, comme si on l'eût
écorché tout vif. Quelle pitié!
quelle misere ! ô temps! ô
moeurs!Il n'y a au monde que
Pierrot qui soit capable d'avoir
inventé un si horrible divertissement.
Celuy qui en eflj
l'Auteur meriteroit de passer le
reste de ses jours dans un cachot!
c'est (& la posterité n'ofera
jamais le croire )ccft Homère
qu'on jouë! ce font les
Causes de la Corruption du
Goust qu'on tourne en ridicule
! Grand Dieu! quelledépravation
! quelle honte pour
nostre siecle!
Ce fameux Peintre quiavoir
déja entendu parler plus d'une
fois de l'extravagance de ce
Tableau, pouvoit se dispenser
d'aller de guet à pens falir son
imagination, & la desesperer
de l'impiété des Modernes,&
ne pas donner aux gens dont
il étoit environné,unspectacle
incomparablement plusridiculequeceluy
qu'il ~blâmoit.
De mme vous pouvez,
Monsieur, si vous a
ppréhendez
que mes boutades vous
revoltent
, vous épargner la
peine de les lire. Je vous dis
par avance que je fuis plein de
caprices & de fantaisies, que
les choses dont j'ay à traiter
de mon chef, étant d'une naturce
qqUuIinneem111'eennggaaggee:aa aucun
ménagement ridicule
, je les
débité à ma mode, & que je
me donne toutes les libertez
donr je peux assusonner de
tempsen tems la secheresse de
ma matiere. Si cela vousconvient,
suivez moy ,
& souvenez
vous qu'on doit aimer Ces.
amis avec leurs défauts.
Commençons, si vous voulez
, par les affaires du mon-
.deJ ce sera tant & plus de
gagné sur le nombre des pages
que j'ay à vous écrire.
Je ne fis le mois passé qu'un
extrait des Nouvelles de Maillorque
parce que n'ayant pas
encore reccu la Capitulation
de Palma, que j'attendois
,
je
n'en pouvois faire qu'un Article
informe;&j'ay mieux aimé
differer jusqu'à present à vous
en parler d'une manière plus
étendue, pourvousen donner
unabrégé Hiftqnque & complet.
1
Le succés du débarquement
des Troupes des deux
Couronnes àl'Isle de Maillorque,
dans la côte du Levant
entre Puerto Petro, &Puerto
Colonb dans un petit Havre
qu'on appelle Calla Longa
,
en fit bientost esperer la conquête.
,
Quelqueopposition qu'on
eût mis à l'execution de ce projet
par la surpension
, que les
negotiations avoient donné
lieu de faire, & qui naturellement
par la surcharge des dépenses
immenses, le devoient
faire manquer dans son tour.
L'Intendant Patino qui a cydevant
si bien maintenû l'Armée
devant Barcelone
, pendantquatorze
mois, dans toute
l'abondance,ne s'est point
rebuté,&connoissant l'importance
d'un si grand projet, &
pour sonmaître l'avantage du
succés& de l'exccution ; il en a
soutenutous les contre temps
&les dépenses;& en'un mot
mis l'Armée en état d'appareiller
de Barcelone le onzième
Juin au nombre de 280,
Voiles:la Flotte fie une navigation
assez heureuse quoyque
d'unvent un peu forcé y
« W
& arriva le troisiéme jour. Le
ij. nous eûmes connoissance
de la Dragonera
,
vis à vis
Dindrache, à la Côte du Ponant
& proche de Puerto Ponsé,
où l'Armée mouilla &pris
ancrage; Puerto Ponsé forme
une espece de Baye en croissant,
ou la plage bordée de
table pre sente un débarquement
allez favorable
; mais
comme il n'cft qu'à deux lieuës
de Palma,il est couvert deretranchemens
& de batteries;
le douze sur le rapport qui
fût fait à M.le Chevalier d'Asfcld
de l'état de saCavalerie
qui
qui manquoit d'eau, & que
toutes les cengles & appareils
fabriquez dans les Tartannes
pour soustenir les chevaux,
étoient rompus & brisez
,
il
mit saconfiance sur la valeur
des Troupes, & prit la re rolu..
tion de faire là son débarque
ment; les Chaloupes étoient
déjà assemblées&armées,
loi sque le Marquis de Gaba^-
ret, fous les ordres du General
Rios, representa vivement
que l'Armée étoit perduë, le
projetdétruit, & tous les avantages
qu'on en attendoit
)
si
on perseveroit dans le dessein
de tenter là la descente ; au
contraire
,
qu'il étoit certain
qu'à laCoste de Campos dans
la partie du Levant, ledébarquement
Ce seroit par sur prise
,
& sans perdre un homme
s'il étoit bien conduit
,
étant
impossible aux Ennemis de
border la Coste de leurs Milices
, ni de suivre les mouvem
nts rapides des VJllfeaux.
Le zele de ce General pour le
service elt si connu, sa capacité
& son experience si approuvées
particulièrement àla
Mer,où il a servi25. ans sous
les meilleurs M/nies dans 1&>
Marine de Fr ance, & veu toutes
les occa sions, que le Chevalier
d Asfeld se lallfa aller à
ses remontrances;laFotte fie
voile à 1 heure même, on mit
la pointe au Levant, & le
lendemainmatinl'Amiral
Rios prit si bien son tems,
que sur les quatre heures le
General d'Asteld détacha le
Comte de Lecheren
,
Maréchal
de Camp, avec 2 5. hommes
pour fonder le Pays,il n'y
trouva per sonne dont il donna
aussi ôt avis: M. de Rios fit
le signal du débarquement,
auquel se porterent avec rapidité
les Marquis de Cany
,
de
Gabaret & Mary, qui dans une
heure & demie, à la presence
du General Don Pedro de Rios
qui avoit aussi dcbarqué, mirent
trois mille hommes àterre
par l'ordre du General de la
Mer, & par ses soins la Cavalerie
se débarqua la même
nuit des trois costez des Callcs
où l'on pue entrer avec tous
les Bastimens. M. le Marquis
de Cany executa ( comme on
l'a dit le mois p.tic ) ce commandementavectoute
la valeur
e,,, la prudence imaginables.
Le 16. on dépêcha le
Marquis de Mary pour informer
S. M. C du succés du
débarquement ; cet honneur
appartenoit à M. de Gabaret
par droit d'ancienneté; mais
ics indispositions ne luy permettant
pas d'entreprendre
cette course,i\c;'efl,[clvy d'un
congé duRoy d'Espagne pour
aller rétablir sa santé à Alicante
M. le Chevalier d'Asfeld,
aprés avoir fait débarquerune
partie de ses Troupes au nombre
de cinq mille hommes
d'Infanterie,&quatre cens chevauxA
la tempête qui avoit dispersé
le relie de la Flotte
l'ayant empêché d'en mettre
d'avantage a Terre, se mit
en marche dés le lendemain
à la pointe du jour; & alla
droit à un VJILÎCTC dans leque)
eftoicnt six bmille Paysans
assemblez
,
& soutenus
par deux cens chevaux du
Marquisde Ruby;il fit direà
ses Paysans de le retirer dans
leurs maisons
,
& de ne pas
attendre l'arrivée de ses Troupes
,
illeurfit entendre qu'on
les avoit trompez jusqu'à
present & qu'ils devoient enfin
reconnoistre le Roy Philippes
V pour leur véritable
Maître qui leur pardonnoit
tout; mais que s'ils ne profitoient
pas desaclemence & de
l'amnistie que S. M. C leurs
accordoit, il n'y auroit point
de quartier pour eux. Ces
representations eurenttout
l'effet imaginable. & firent
pprreennddrree à cette; Mi lice le parti
rr rvl
-,
I ice de se retirer. L'Armée marcha
ensuite sans aucun obstacle
jusqu'à des bois dans lesquels
l'avant garde defit une
nouvelle Troupe de Paysans
qui avoient tiré surelle;& on
amenacent prisonniers à Mle
Chevalier d'Asfeldquiles
renvoya chacun ChiZ eux, après leurs avoir bien reprefonté
letort quMsavoient d'avoir
prislesarm s contre leur
Roy. Son indulgence donna
lieuau Village de Falonich de
venir seloumettreà luy L'Armée
y campa le 17. & les cxemples
que M. le Chevalier
d'A-flld y donna, en faisant
casser la tête à deux soldatsqui
avoient contrevenu auban en
allant en maraude,rasseutetent
tellement ce pays, que les
Habitansoffrirent de prendre
le* armes pour luy; ce qu'il
n'accepta
n'accepta point; il leur ordonna
feulement de demeurer
tranquilles chez eux,& il envoya
deFalonich dans tous les
Bourgs, Villes, & Villages de
l'Isle des bans imprimez qui
produisirent un si bon tffa,
joint à la discipline avec laquelle
il fit vivre ses troupes,
que dés le lendemain les peuples
vinrent de tous costez
le mettre à l'obéissance. La
bonté avec laquelle il les reçût
acheva cntierement de les
gagner, & pour profiter de
cet heureux commencement,
il envoya dans Alcudia des
gens affidezqui répandirent le
bruit des bons traitemens
qu'ils avoient receus de luy.
LArmée ne pouvant pas s'y
rendre à cause que la marche
étoit trop grande
,
il s'avança
avec un decachement de dix
Compagnies de Grenadiers ;
& deux cent chevaux, &arriva
le 19. à 8. heures du matin
devant cette Place,où, ilfut
receu à grands coups de canons
; cependant sur les avis
qu'ileût que les habitans de
ladire Ville
,
estoient porrez
à se rendre
,
il fit sommer la
Garnison qui fit quelque difficulté;
mais voyant que les
habitans ne vouloient point
soutenir un Siege, & ne trouvoient
pas en elle assez de refsource
,
elle le rendit le même
jour à discretion; elle étoit
composée de quatre cens
hommes d'Infanterie. On a
trouvé dans la place ji. picces
de canon. Cette Ville a
marqué sa joye par beaucoup
d'acclamations à l'entrée
des troupes;une grande
partie de Tlflc fut aussitost
prêter l'obéïssance, & fc
soumettre à la clemence du
Roy
J en vertu de l'amniitic
que M. le Chevalier d'Asfeld
yavoir fait publier.
Trois jours après le départ
de M. de Mary
,
M. le Chevalier
d'Asfeld dépêcha M. de
Saint Pê,
-
pour aller rendre
compte à la Cour de la prise
d'Alcudia,qui avoit bienvoulu
épargner aux troupes du Roi la
peine d'en faire le Siege;cc suc
un bonheurinfini ; car la place
estoit des meilleures & auroit,
sur le témoignage des Officiers
occupé l'Armée pendanr plus
de six femaincs ; elle a depuis
servi de Port fort commode
pour débarquer toutes les provisions
& les troupes dont la
Flotte étoit composée
,
qui
avoient estédispersées par
deux grands orages quiétoient
survenus avant la descente ; &
on avoit esté six jours sans
avoir pu apprendre ce qu'étoient
devenus ceux qui n'avoienr
pasété du premier dé.
barquement;enfin le11. & le
23.le reste des Vaisseaux de la
Flotte arriva dans laBayed'Alcudia
dont ils virent la réduction
avec beaucoup de joye;
car ils avoicnr de leurcosté la
même inquiétude, ne fachant
pas cc qu'etoient devenus les
Navires que le mauvais
tem ps avoit écarté; enfin
après la prised'Alcudia,ilne
restoit plus que la Ville de Palma
à soumettre;&M.le MarquisdeRubyqui
en écoit le
Commandant,& qui avoità
ses ordres deux mille Volontaires
,
sept à huit cent hom.
mes de troupes Allemandes,
& environ quatre cent chevaux,
6 toutes les ceremonies
d'un homme qui veut se
deffendre; on travailla aussitôt
aux arrangemens neceflaires
pour en faire l'attaque,s'il
en étoit besoin.
Dés que les Ennemis virent
les Troupes de M. d'Asfeld à
une lieue & demie de Palma,
travailler à des Poiles & les
sortifieràmefure qu'ellesarrivoientils
parurent avoir grande
peur, & Milord Forbus en
sortit avec un Colonel Allemand
pour aller parlementer
avec M.le Chevalier d'Asfeld,
dont l'Armée étoit composée
de 100. pieces de Canon.
II. Mortiers.
5000. Bombes,
44.Bataillons.
3. Regimencs de Cavalerie.
3. Regimens de Dragons
délTIOntcz, C iiij
Pour cinq mois de munitions
& tous les Officiers
payez.
M. le Chevalier d'Asfeld
avoit fous luy M. le Marquis
deCaylus) Lieutenant General
, homme d'une grande valeur
& d'un vraimérite, M. le
Comte de Letheren
,
M. le
Mirquis de Guerchois, & M.
Ribadco, Espagnol, tous trois
Maréchaux de Camp,
Le Marquis de Rubyvoyant
cette Arméedevant Pal¡na)e:n.
voya aussitost: un Trompette
à M. le Chevalierd'Asfcld
pour luy témoigner l'étonnement
où il étoit de se voir faire
la guerre,veu qu'on étoic
en negotiation dePaix.LeChevalier
d'Asfeld luy envoya dire
qu'il venoit luy en apprendre
la rupture, & qu'il falloit se
soumettre dans vingt- quatre
heures. Le Marquis de Ruby
luy fit répondre sur le champ
qu'il ne demandoit qu'uneSuspension
d'Armes de six femaines
, pour avoir réponse des
deux Courriers qu'il alloit dépêcher
Jl'un à Vienne à 1Empereur,
& l'autre au RoyGeorges
en Angleterre) pour enrecevoir
les ordres. Le Chevalier
d'Asfeld luy répondit qu'il
feroît ce qu'il voudroit; mais
qu'il falloir absolument qu'il
se rendit dans vingt quatre
heures.
Sur ces pressantes réponses
le Clergé, la Noblesse, & les
Magistrats obligèrent le Marquis
de Ruby à prendre fou
parti, & luy dirent qu'il pour.
roit se retirer où bon luy ferableroit
; mais que pour eux ils
étoient resolus de se soumettre
au Roy leur Maître, enforte
que la chose fut réglée
ainsi. Dans l'instant les Députcz
l'étant venu témoigner au
Chevalierd'Asfeld,il confentit
que le Marquis de Ruby se
retirât en Sardaigne,& luy fit
donner des Bâtiments pour
embarquer ses Troupes qui
avoicnt des Parentes de l'Empereur,
& quelques Officiers
Anglois qu'on eût retenu Prifonnicrs
de guerre sans leurs
Patentes.LeChevalierd'Asfcld
entra enfuitedans la Place
aux acclamations du peuple
qui crioit
,
Vive Philippes V.
&vivela Reine.
Voici la copie dela Capitulation
de Mviillorque.
ARTICLES
pour l'évacuation des Jfles de
Adayorque (7dllJicf
y
convenus
entre lesCommandants des
Troupes des deux PuijJances.
I.
On accordeuneamnistie&
pardon general à toutes sortes
de personnes de quelque grade
& condition qu'elles soient
J sans qu'on puisse d'aucune
maniere les inquieter pour
tout ce qui s'est passé jusqu'à
aujourd'huy.
Accordé>alarejerve de ce
qui peut rtgarci.Y les prisis sur la
Nation Françoise depuis leTraité
d'Vtrecht.
II.
Que le General Marquis de
Ruby sortira à la tête des
Troupes tant de Cavalerie que
d'Infanterie, Armes, Bagages,
Drapeaux déployez & Tambours
battants, avec tous les
honneurs Militaires, pour être
transportées en Sardaigne ou àNaples.
jiccorie
, pour être transporté
au Port de Caller en
Sardaigne.
u .1 111.
On nous donnera la permlÍIion
d'emporter sept Canons
de bronze avec leurs affuts,
& vingt coups à tirer par
piece,lesquels les Troupes Al.
lemandes ont emmenez avec
eux de Naples.
Accordé.
I V.
Il nous sera donné par l'Ennemy
les Bâtimens necessaires
pour transporter les Troupes,
Canons &Bagages en [cureté
dans le Port de Caller ; & si
par quelque contretemps de
Mer quelque Bâtiment se feparoit
du Convoy, il fera obligé
de se rendre audit Port de Caller
sans qu'il nous en coute
r ien.
On donnera les Bâtimens netejjaires
pour les Troupes, les Canons
, e les BagagesdesOfficiers
; n'ayant point de Barques
pour tranjfortfT les Chevaux ,ils
enpourrontlouer pour leurargent
ou vendre leurs Chevaux.
V.
Que les Soldats & Officiers
dans le terme de 8. jours ayent
la permission de vendre leurs
Equipages & Chevaux auCGbien
que ceux des Troupes.
Accordé
J a
condition cjuon
rendra les Chevaux qui, ont ete
pris aux Particuliers de la Ville
& de fI{le.
i VI.
Que tous les Espagnols refugiez
dans cette Iflc puissent
retourner librement chez eux,
ou alleroù bon leur semblera,
auquel effet on leur donnera
des Passe ports.
Accovâéj exceptéaceux qui
font exile, auflIaels on donnera
des Passe-ports pourJeretirer des
Domaines du Roy avec toute lew
.famille.
VIL -
..-Qpe toutes les impositions
-
faites fî4; les revenus Royaux
en
en vertu des ordres accorder
avant le Traité d'Uttercht,
soient valables & re£frfiez.
Tous les impôts faits avec
permission devant le Traite d'Utrechtferont
palfez-
- VIII.
Que les Officiers & Soldats
de la Garnison d'Alcudia viennent
s'incorporer avec nos
Troupes pour s'embarquer.
Les Officiers pourront l;mPAr..
quer avec les Troupes de Palma. «• & I X.
Que les Ministres Royaux
tant del'Audience que des Revenus
du Roy, ayent la hlxué
de s'en aller ou de rester
,
&
de disposer & vendre à leur
gré leurs biens dans le tems
d'un mois.
Accordé.
X.
Pour ce qui regarde les
dettes particulieres qu'on
pourroir avoir contractées,on
verra à quoy elles montent, &
on les payera si l'on peut 3
avant de sortir,sinon on donnera
caution valable pour
payer dans le terme de quatre
mois , ou l'on laissera quelques
Officiers en ostage.
AccordéJ comme il ejl requis.
X I.
Aprés qu'on sera convenu
& que laCapitulation fera signée
& les ostages donnezde
part & d'autre pour la seureté,
les ostages qui nous feront
donnez feront missur un des
deux Vaisseaux Anglois qui
font dans la Baye, comme un
lieu neutre; on remetrra un
des deux Châteaux, & une
porte de la Ville, & au bouc
de huit jours on remettra la
Ville, pendant lequel temsaucunOfficier
ni Soldat n'entrera
dans la Ville sans la permission
de son General.
Aprés qu'on jera convenu,&
la Capitulation[ignée, on nous
remettra sur le champ le Fort
S.Charles &uneporte de,lavitle
; C au bout de huit jours à
compter de cejourd'huy
,
la Ville
nous fera remise
,
bien entendu
que dans ce tems on aura donné
les Bastimens de transport ; les
oflages Jeront rendus de part &
d'autre.
XII.
~Qu'aussi-tost la Capitulation
convenuë & signée
, on
enverra ordre au Gouverneur
d'Ivice pour qu'il forte avec
toute sa Garnison pour venir
s'incorporer avec celle dePalma
& s'embarquer.
On demandelamême those
pour l'/Jle deCabrera; quantaux
dettes de la Garmjoonnd'dI'vIice on
-v ice observera la même chosè qu'on cft
convenu pour celte de Palma.
XIII.
On accordera aux habitans
del'Isled Ivice les mêmes choses
qu'on accorde à celle de
Mayorque.
Accordé
, comme a ceux de
Jtfayorquc.
XIV.
Les Soldats & Officiers qui
re steront malades ou blessez
dans l'Isle seront traitez suivant
le stile de la Guerre; & on
leur accordera des Passe- porcs
quand il feront en état de
marcher.
Jlccordé.
XV.
Les prisonniers faits de
part & d'autre seront rendus
de bonne soy,d'abord que la
Capitulation fera signée.
jfccordé.
XVI.
Pour éviter toute forte
d'ambiguité à l'occasion des
prises faites sur les François
depuis le Traité d'Utrecht
,
on declarera qu'on ne doit pas
comprendre pour prises faites
aux François,celles qui auront
esté faites des Bâtiments François
chargez deseffets de l'ennemi,
la police de leur chargements
l'ayant approuvé, le
Nolis ayant estépayé aux Patrons
François.
AciO-dé, pourveu qu'on le
prouve an moyen des Polices. XVII.
Tous les articles accordez
en faveur de cette Ville, au
Royaume, aussi bien qu'à
l'Evêque
, au Chapitre & à
n
l'Inquisition seront joints à
ceux-cy afinqu'ils ~loient signez
de p art & d'autre.
Accordé.
XVIII.
Tout ce qui est convenu
dans les articles cydessus fera
executé de bonne foy
,
sans
qu'on y puisse donner aucune
autre interpretation que celle
que lesenslitteral dénote.
Signé, Le Marquis de Ruby.
jûPaimale ijnlletI7I5.
On enverra dés demain matin
des Commijjairesd'artillerie cm
des Vivres à Palma
}
afin qu'ils
aent la visîte des Mg firJS ,
(7Ju'on leur donne un étui des
uns
uns & des autres, afin que la
Garmfon puiffi emporter ce qui
luy fit accordé.
Signé, Le Chevalierd'Asfeld.
De Londres cc I. Août 1715.
Hier le Royvinta laChambre
des Pairs
, (7 après avoir
donne à tous ceux quiy étaient
prejents son consentement Royal
pour prévenir les dffemblées tumultueufes,
S. M.fit au Parlement
la Haranguesuivante.
MILORDS ET MESSIEURS,
Le Kele que vous 4veK toûjours
témoignépourconserver la
Paix de mes Royaumes, Cmvôtre'
fàgrffi en faisant une aussi
bonne Loy que celte que 'Vous
avckfaite pour prévenir toutes
fortes de tumultes, me donnent
une grAndefàtisfaélion ; mais je
fuisfâché qu'un ejftrit de rébellion
Je découvrejusques-là qu'il
nyapas lieu de douter que ces
desordres nesoientencourage%par
des personnes mal-afftélionnées à
mon Gouvernement
)
dans l'attente
d'estre soûtenus par un ficours
étranger.
La confédération de noflre excellenteConflitution
t& laJeureté
de noftn Religion ont eslé,&
feronttoujours monprincipalfoin;
&je ne puis douter que vous
n.aJe ae(K à coeur ce bien inestimable
, pour ne me pas laisser
expose aux attentats que le Prétendantme
préparé, commejen ai
des avis certains.
MESSIEURS DE LA CHAMBRE
DESCOMMUNES.
Dans ces circonfiances je trourue
a propos de demander vojïrc
assistance
>
0* je ne doute point
que vous ne pourvgiekàvoflre
seuretél. en ne laifFnt pas laNation
hors d'état de se deffendre
contre une rébellionactuellement
commencée audedans,& une inuafion
dont on la menace audehors.
Je rearderay les précautions
"que vous prendrez pour la [cureté
de mon peuple, comme la
meilleure marque de vojlre affection
pour moy.
On dit que la Cour receut
hier au matin un Exprés de
France qui luy donna avis que
tout se preparoit pour faire
une descente en ce Payscy ,
en faveur du Pretendant; &
pour soutenir ses amis prêts à
se soulever contre le Gouvernement
present ; que pour
cet effet l'Escadre qui a servi
pour lareddition de M-üllor,
que,estoit arrivée au Havre
de Grace pour escorter les
Vaisseaux surlesquels seroient
les troupes destinées à l'assister
& que ce fût sur ces avis
que S. M. fit sa Harangue au
Parlement
Les Communes ne furent
pas si tost rentrées dans la
Chambre qu'elles resolurent
d'une commune voix qu'on
prelenteroic une Adresse au
Roy, pour le remercier d'avoir
communiqué au Parlement
l'avis qu'il avoit rcccu
d'une entreprise qu'on preparoir
au dehors contre la Nation
,
& qui estoit au dedans
fomentée
, & favorisée par
de noires pratiques en faveur
du Prétendant
,
elles resolurent
en même temps d'asseurer
,
S. M. que la Chambre la
supporteroit de ses vies, &
biens,contre tous sesennemis
publics, & secrets ; & de la
prier de donner incessamment
des ordres pour équiper un
nombre de Vaisseaux suffisans
pour garder efficacement les
Costes;& de lever, & maintenir
tel nombre de forces par
Mer
, & par Terre, qu'il feroitncceflaire
pour la deffense
de sa sacréePersonne
,
& pour
la seureté de ses Royaumes. Il
fut enfin décidé unanimement
que ladite résolucion
feroit presentée par la ChambreàS.
M. en Corps,&qu'on
prendroit immédiatement
toutes les voyes les plus promptes
pour luy fournir des sub.
fidessuffisans.
Milord Maire, & les Aldhermans
allerent ensuiteoffrir
au Roy de la part de la Ville un
million de livres sterlin pour
s'opposer aux entreprises du
pretendant.
On a souvent des avis icy
des frequents de fordres qui
arrivent en plusieurs endroits,
&surtout à Bromwitch dans
le Comté de Strafford
,
où la
populace a démoly plusieurs
Eglisesnonconformistes
*
avec des cris scandaleux
, &
injurieux,& où il y a eu plusieurs
rebels tuez & blessez,
& un grand nombre de Prisonniers.
Le Roy Georges a fait depuis
peu une petite Harangue
de remerciement,de ce qu'on
luy avoit accordé la levée de
4000. hommes d'Infanterie,
& de 3000. Dragons. On fait
venir 12000. hommes d'IrlandeJ&
7. ou 8000. d'Ecosse,
avec les 8000. qui sont en
Angleterre ; on espereque
dans un moisil pourra y avoir
16. ou 27000. hommes
, &
quaranteVaisseaux de Guerre.
Il paroist que l'on craignoit
à la Cour que le Duc d'Ormond
ne fc mit à la tête de
quelques troupes,& l'on affûre
que M. Stanhope à pre sent
Secretaire d'Etat, luy avoit
dit qiÏC le Roy luy avoit ordonné
de l'avertir qu'on l'enleveroit
à Richemont où il
cfioie) que le Duc d'Ormond
avoit répondu qu'il feroit sa
réponse dans trois jours, &
qu'il disparut le troisiéme
s'étant retirépar la Thamifc,
dans un petit Bâtiment avec
deux ou trois hommes seulement
: on die qu'il soupa le
huit de ce mois ch ez M. le
Marquis de Torcy avec le
Vicomte de Bullinbrock
,
ils
logent auprès des Incurables.
Le Duc a demeuré quelques
jours chez un Baigneur dans
la ruë de Richelieu.
On ne doute point que les
Anglois qui sont du partidu
pretendant, ne soïent affligez
de perdre l'esperance qu'ils
avoient de levoit mettre à la
tête d'une Armée en sa faveur.
OOnnécercriitt de HHaimmbboouurrgg
que l'Amiral Lilliéavec un
détachement derobé de sa
Flotte , avoir entierement
défait laFlotte desDanois qui
faisoit ta descente dans l'Isle
de Rugen, chargée de munitions
de guerre, & de bouche,
de Soldats, de Pionniers, de
Canoniers, de Bombardiers,
& de toute l'Attillerie qui a
cfté prise, ensorte qu'onne
croit pas que les Danois
soïent en état pendant cette
Campagne de se rendre Maîtres
de l'Isle de Rugen. Douze
Fregates
, quatre batteaux
plats, soixante gros canons,
quarante Vaisseaux de transport,&
cinq mille prisonniers
environ avec l'Amiral Oeestede,
font les fruits de cette victoire.
La FlotteSuedoise donne
à present la chasse à celle
des Danois qui luy cft inferieure
en nombre de Vaisseaux.
1.. -
J'ay plus de matiere qu'il
n'en faut pour vousentretenir
amplement du reste des Nouvelles
du monde, mais nous
en reprendrons la fuite en
temps & lieu. Je les continuërois
même à present si je
croyois que cette lecture vous
fit plus de plaisir que la petite
diversion que je vais vous faire
faire.VousenserezquitteMonifeur,
pour quelquesmomens
d'attention que j'exige de vous
pour un galant homme qui a
eû la bonté de m'envoyer
l'Histoire que vous allez lire.
Voicy ses propres termes.
HISTOIRE.
J'ay lu depuis peu, Monsieur,
dans un de vos Mercures
de l'annéepassée, l'Histoire
d'un homme, qui pour avoir
de l'argent, voulut à corps&à
cry estre pere; c'estoit le triomphe
de l'interest. Ce mois-cy
à
trouvez bon que je vous conte
l'avanture d'un homme qui
vient d'estre pere malgré luy.
Le même motif a fuit rendre
les deux Arrests: la forme a
emporté le fond: c'est le triomphede
la Justice.
Je vous garentis la verité de
l'évenement; la bienséance
veut que je déguise le temps,
la scene & les Acteurs, aprés
cela ne m'en demandez pas
davantage.
A Vic au Comté d'Armagnac,
vivoit, il y a quelques
années, le sieur de l'Es pinac,
du temps des Romains, on
l'eût crû descendu en droite
ligne d'Harpocrate
, rant ce
per sonnage estoit silentieux,
vivant paisiblement de son
commerce & de son industrie;
il avoir élevé dans la crainte du
Seigneur quatre enfans, dont
deuxavoient pris le parti de la
retraite. Le troisiéme estoit
homme timide, & de la Religion
des Bramins, un poulet
égorgé luy faisoit horreur, il
se bannit de son Pays, & survêcut
peu à son exil volontaire;
la fille qui restoit dans le
monde, estoit toute aimable,
d'une taille petite, mais bien
prise, elle estoit vive,impetueuse
dans ses manieres &
dans ses passions; elle avoit une
1
physionomie
physionomie ouverte, beaucoup
de blancheur dans le
tein, assez de regularité dans
les traits, l'esprit fort amusant
& le coeur portéàla tendresse.
Parmi Ces Adorateurs, il s'en
trouva un qu'on nommoit le
Chevalier de la RoqueTaillade
, il estoit beau, brun,&
bien fait, il avoit peu de fortune
& beaucoup d'esprit
,
il
estoitsage, modeste, poli, en
un mot il n'avoit rien de Gascon
que l'accent; au reste avec
les Dames c'estoit un Cavalier
qui avoit les meilleures qualitez
pour leur plaire; il n'eût
pas jetté les yeux sur Mademoiselle
de l'Espinac, que les
vûës de son amour sympatiserent
avec celles de son établislemenc
: tout concouroit à
lengager à redoubler ses soins;
aussimit-il tout en oeuvrc;en.
fin il fçût s'insinuer si efficacement
dans les bonnes graces
decettebelle fille,qu'elles'apperçût
bien tostqu'ellese fou1
viendroit longtemps de la
violence de Ces empressemens:
elle cac ha son accident autant
qu'elle pût, on mit même tout
en u sage pour faire consentir
le pere au mariage de ces deux
amans;maisil fut inexorable,
il fit pis, il conclut le mariage
de sa fille avec un certain Mr
de Lourd genie
,
petit homme
d'un mérite des plus minces,
& qui n'avoit de gros que les
yeux & le bien;après bien des
pleurs inutilement répandus,
on les unit, l'Epoux n'y fut
pas plus sçavant que le Roy de
Gar bes ; cependant au bout de
quelque temps la mariée fil:
des mines comme si lemariage
eût opré, son c her épouxs'en
sçûr le meilleurgré du monde,
& il accabla de soins, de carresses,
&. d'attention sa digne
moitié. Un soir une colique
violente la saisit
: dans l'état où
elle setrouvoit, toutestoit à
craindre pour clic; mais une
fage & bien faisante accoucheuse,
gagnée depuis quelque
temps, avoit répondu à ses
tifques & périls, du succés de
ce grandévénement : on'fut
la chercher dans ce besoin extrême
; d'abord qu'elle fut
dans la mai son,elledétacha
le laquais pour aller querir le
Médecin à Auch, & sentant
que le moment fatal approchoit
, elle envoya Mr de
Lourd genie chez unApoticai-
Fra: ternide bci-cicrtAùus JcnsiMc
au Jeu 3dmeur aufonlcliui uouJouLnrc,cnantOtt
r-, -t- ,r1.
airun lcuLti~Cinnr aaclphvSIr'jjoitr LE,PfilLNC^CLL>CC<VIIfn?(HY'^C\'AN1.ON pCII -
-,- - -vv:C'i--————n-
OJ V ,. - 1 -~ 11 7 ,7rÍonu:.), ~sl>cil Jcaudttnycr Je loebsscr Je IctusJcrconterJ^lewet- L-L 1

re,enseveli heureusement alors
dans un profond sommeil.
Mr de Lourd genie promit de
l'amener,& même d'artendre
que les remedes fussentpréparez.
La servante qui estoit du
complot s'occupoit à bon
compte à la besogne la pllus
pressée. Pendant rabsence du
mary, le mal redoubla, l'enfant
vint,la Sage-femme l'efcamota
, & courut le porter
chez une confidente discrete.
Le mary de retour en sa maison,
trouve sa femme fort abbatuë,
de la fausse couche
qu'elle venoit de faire, au desespoir
d'une si cruelle avanturc,
il s'arrache les cheveux,
il pleure, il se lamente, cependant
il console sa femme
de son mieux, & luy fait efperer
qu'avec le temps il reparera
ce malheur.
L'enfant avoit esté baptisé
fous son nom,& fous celuy
de son épouse; on l'avoit mis
en nourrice à un quart de lieuë
de la Ville. Le lieu où il étoit
servoit de promenade aux
Bour geois d'Auch qui s'y rendoient
les jours de Festes. La
femme y menoit son mary
de temps en temps, & y carressoit
le fils de l'Amour avec
ceux du Paysan. "
Un jour pendant la vendange,
Mr de Lourd genie se mit
à boire avec lin de ses amis, le
vin les échauffa, il dit quelques
duretez à son camarade, qui
pourimpoter
,
le traita de C
& luy reprocha qu'on luy etcvoit
unheritier qu'il ne connoissoit
pas, illuy conta de
point enpoint cette Histoire
comique pour le Public, ÔC
tragique pour luy; il eût beau
démentir cet yvrogne qui parloit
juste, les coups de poings
volercnt, & la venté s'éclaircit.
Lourd gente pleinement au
fait
,
forma sa plainte, & fit
informer contre sa femme en
supposition de part; il obtinc
monitoire,appelle commed'abus
au Par lement de Bordeaux:
parArrest, il cil dit qu'il n'y a
abus; on continue l'instruction
du Procès; enfin par un
second Arrest, Lourd genie cft
declaré pere malgré luy; on
luy adjuge l'enfant contre la
verité & contre la notorieté
publique. Le bon ordre le
demande ainsi, il seroit d'une
trop perilleuse consequence
d'entrer dans ces fortes de discussions
;
cussions, les loix veulent que
cc qui croît dans nôtre fond
nous appartienne; bien plus
lemêmeArrest interdit àM.de
Lourd genie l'alienation de ses
biens, & même la liberté de
pouvoir les hypotequer; sans
cette fage précaution, il n'eût
pas manqué de les rendre quelques
années après. Il meurt ne
pouvant digerer une paternité
forcée, je m'étonne qu'il n'ait
pas pris patience comme bien
d'autres; sa femme de son côté
à l'article dela mort, vient do
déclarer publiquement la vérité
à son ure ce bon Piêtre
plus stilé aux rubriques de
son Bréviaire,qu'instruit dans
les maximes du Palais, en dresse
un procés verbal qu'il fait figner
à la mourante. Le fils
s'en moque, & recüeille une
succession opulente.
Mais ayez la bonté de me
dire,s'il vous plaist, Monsieur,
pourquoy vous ne me faites
jamais part ny vous ny personne
d'aucune de ces avantures
galantes dont le monde est
rempli ; Et que vous conteriez
vous & les autres, cent fois
plus agréablement que moy.
Pensez vous que l'infinie divcrfité
de tous les événemens
imaginables se presente aisément
chaque mois à la tête
d'un seul homme. Il y a prés
d'un an & demi qu'on me
laisse conter tout seul
)
en il
juste que je fois pour ainfidire
de la force, & malgré
moy ,
lame de mon petit
volume; si cela en à la bonne
heure, je ne reculeray jamais,
au contraire je babilleray jusqu'à
extinction de voix, mais
entre nous cela ne doit pas être,
& je soutiens que le Mercure
Galant doit estre incomparablement
plus rempli de vos
ouvrages que des miens. Animez
vous donc, s'il vous plaît,
d'une ardeur nouvelle, & cca.
vaillez quelquefois pourmoy
puisque je travaille tous les
jours pour vous. Je ne vous
marquerois pascommejefais
la disette où je suis de ces aimables
historiettes qui sontle
plaisir & ramusement des Dames
, si l'histoire des1 galanteries
del'Ambassadeur de Perse
& de celles de ses principaux
Officiers que jevais vous donnerincessamment,
comme je
vous l'aydéjà promis,navoit
pas derobé au Mercure de ce
mois '; la plus grande & la
meilleure partie des évenemens
galants dont il vous regaleroir,
s'il n'y alloit pas de son interest
de vous renvoyer à cette
histoire qui fera le second tome
duJournal de cet Ambassadeur.
Vous trouverez au plus tard
en même teins que le Mercure
de Septembre
, ce second volume
chez les sieursJollet &
Lamesse mes Imprimeurs, au
Livre Royal, au bout du Pont
saint Michel du côté du Marché
neuf. Le premier vousattend
chez eux, vous pouvez le
lireà bon compte, je vous
invite même à l'acheter; cc
fera autant de gagné pour
vous & pour moy Je vais en
attendant faire le bel esprit aux
dépens de qui il appartiendra,
&le tout par honneur. Envoi
cy la raison,on m'avoit promis
le mois paffé de me donner
un extrait d'un livre nouveau
sur la querelle des Anciens
& des Modernes dont le
procès vient d'être jugé par
le grand Dominique deffenfeur
d Homere sur leTheatre
de la Foire saint Laurent, on
m'avoit, dis-je,promis un extrait
de ce livre; mais on ne
me l'a pas envoyé, & delàje
conclus que je fuis obligé de
le faire. D'ailleursDominique
ce celebre oracle Arlequinique
ne m'aura pas en vain ouvert
un champ que je n'oserois
courir. Vous l'avez sans doute
entendu,Monsieur,prononcer
melodieusement ces magnifiques
vers.
Oiiy pu me fais un defi
C'a tentons-en l'avanture,
Et bien dansunmois d'i'
turelure
Je t'attends dans te Mercare
Robin ture lure.
Puisqu'ainsi est, je procede
sur sa parole, & je vous dis
que les Grecs de ce païs ont
produit depuis peu une piece
nouvelle, fous le titre d'Apologie
d'Homereou Bouclierd'Achille
, pour servir de deffense
contre la fameusePreface de
M. de la Motte. Malgré les
occupations serieuses & importances
à quoy m'engage la
qualité dcMcrcure unique dans
cet état ; j'ai bien voulu en faveur
du public m'y soustraire,
afin d'examiner & peser par
moy mêmelavalidité des autorités
dont nos Antiquaires
farcissent sans scrupule leurs
dits & contredits. Le croirezvous,
Monsieur, j'ay eula genereuse
patience de les feuilleter
opiniâtrement depuis le
nom de l'Imprimeur jusques
à lafin duPrivilege.J'avouëray
cependant, pour laconsolation
du nouvelApologistique, que
pendant la lecture que j'en ai
faite,moyennant l'eau de la
Reine de Hongrie
1,
j'en ai été
quitte pour quelques vapeurs,
au lieu que durant celle des C.
de la C. du G. on eux recours
aux gouttes d'Angleterre pour
me faire revenir d'une espece
d'apoplexie causée par plusieurs
coups d'ennui dont javois
presque été frappé à mort;
graces à la bonté de mon temperament
je repris mesesprits
&jefis ferment pour lors d'être
plus prudent à l'avenir.
Aussi toutes les fois qu'il s'agit
de mets à la grecque, je
prend lafage précaution d'en
faire faire l'essai par un autre,
& je m'en trouve bien,
Nam timco danaos : tâchons
presentement de rassûrer les
trembleurs du party Moderne
contre les attaques de ce
nouvel Athlete ; s'ils ne sont
pas contents de moy, je les renvoïe
sans façon aux traités de
Messieurs de la Motre & Terraffon.
Le premier semblable
à Apollon qui à coups de
traits legers & presque imperceptibles,
perce la tête, les
flans & la queüe du serpent
Pithon; 6c le second comparable
à Hercule, qui à grands
coups de massuë redoublés,
coupe, tranche,abat les rercs
renaissantes de del'hydre.Au fait
L'Auteur de ce nouveau livre
s'est servy de la méthode
de Madame D. pour la
deffense d'Homere, c'est à dire
qu'ils suivent servilement l'un
& l'autre laPreface critique qui
est à la tête de l'Iliade de M.
dela M. c'est elle qui les guide
& les conduit dans leurtravail
en voyant l'extrait qu'ils
en ont faits & les gloses étenduës
& abstraites qUI l'accompagnent,
ilest aisé dejuger
que lesvastesCommentaires
sont fort de leur goût; il
fautcependant convenir que ce
nouveauProtecteur de lavieille
Iliade doit moins fatiguer
son Iléteur que l'Avocat F.
s'il ne rejeij,[ pas, il a la pudeur
au moins de ne point
femer son Ouvrage d'injure
à la Beotiene. Il a de plus le
le mérité d'être moins long,
& de reconnoîcre de bonne foy
des défauts dans l'ancien Poëme
,
il ne fait toutefois cet
aveu, qu'après s'estre muni de
l'autorité de Quintilien & de
Denis d'Halicarnasse. Après
quoy il met en avant lesreflexions
suivantes.
*Qu'importe après tout qu'Homere
ait des défauts, si on le lit
avec plaisir, si on nese laffejamais
de le relire;ilfaut qu'il foit
d'ailleurs un grand enchanteur
si an^ec tout ces défauts vrais ou
p. 4.
prêtendus il ne laijje pasdeplâjr
tr de fefaire admirer. Le plus
grand& le plus merveilleux esset
desbeautés d'Homere9 pour
ceux qui les voientt cefi qu'elles
couvrent tellement ses défauts
qu'on ne les voit plus, ou quon
ne lesveut plusvoir, *- ->.
IIestbon de remarquer que
cette observation s'adresse uniquement
à la pluspartde ceux
qui lisent ce Poëte dans sa
langue originale, car pour les
personnes senséesquiontessayé
de le lire dans la nouvelle
traduction de M. de la M.
ellesne conviennent nullement
de ce merveilleux pretendu;
elles sentent au contraire que
les défauts en couvrent tellement
les mediocres beautés,
qu'on ne peut plus les y appercevoir
tant elles y font
noyées;d'où partent donc des
jugemcns si opposés,sinon
d'une admiration outrée de la
part des uns,& d'une raison
épurée de tout préjugé de la
oart des autres.
1 * Homere
,
continué' le nouvel
uépologijle} a cela de particulierCjue
la pluspartde ceux qui
l'aimentfontplutôt des amanspajl
fionnésqUl de fages amis
,
ils
P.14.
l'aiment avec une espece de furlurilsferment
les yeux furfes
Jeffauts) c,ne veulent voir que
ses beautés;c'est le Kele même de
fis amis trop ardentsquiluisuscite
des ennemis, qui revoltent
les critiquesj &quiéchauffe tellement.
leur bile
, que comme les
uns ne voyent que les beautés
lesautres ne voyent que les désauts.
Cette declaration d'amour
1 ne vaut t-elle pas bien celle-cy
Homère mes amours
Je taimerai toûjours.
- L'Ihade à leur égard est une
enchanteresse, une Circé qui
,
femblc
semble les avoir privé de toute
lumière d'cfPrit les sotisesles
plus pueriles leur paroissent autant
de merveillesdel'art.
S'agit-il de reconnoistre
quelque tache dans ce Poëme,
on a beau la leur montrer avec
le flambeau dela raison,ils ferment
lcsyeux de toute leur puissancedecrainte
d'être éclairez;
ils aimerent mieux vieillir dans
cette espece de Paganisme que
de souffrir qu'onlesdetrompât
de leur aveugle prévention.
EnvainMdelaMaura démontré
que ce qu'il doit y avoir de
de plus clair dans un ouvrage
ce doit être ledessein, de forte
qu'un esprit même mediocre
ne puisses'y méprendre,envain
citera t'il en preuve contre Homere
que les Auteurs ont été
partagés sur son dessein d'Homere,
M. B M. D & tout le
troupeau crieront à l'heretique.
Le premier craindra que
M.de la M. n'ait entendu fous
le nom de dessein3.choses differentes,
qui sont lesujet oul'action
principale,la moralitédela
fable,& lesvûës particulières du
Poëte. Decettecrainteseule,ne
s'en suit-il pas, qu'il faut que le
dessein d'Homere foit bien obicur,
puisque M. de la Motte
selonl'Apologïste, s'yest mépris,
en confondant 3. differents
objets fous un même
point de vûë. D'ailleursil n'est
pas vrai que le Critique Moderne
ait confondu ces 3.choses,
puisqu'il croit qu'Homere
ne s'est proposé d abord que
de chanter la colere d'Achille
comme un sujet capable d'attacher
l'cfprit & d'enlever l'admiration
,ce qui a trompé M.
B. c'est qu'il n'a pas pris garde
qu'il attribueàM de la M.les
divers sentimens qui ont partagé
les Commentateurs sur
le sujet principal du Poëte.
Si lapluspart des Loueurs ne
peuvent entrevoir l'action
principale, &s'ilsne sçavent à
quoi se fixer,jusqueslàmême
que beaucoup croient que c'est
Achille boudant, plutôt qu'Achilleen
colere,Homere en
recompense a le talent de racheter
cette obscuritépar la
clarté des évenemens en les annonçant
prudemment long
terns avant qu'ilsarrivent.S'il y
a assûrement quelque défaut
marqué& frappant, c'est celuilà,
car n'est ce pas sevrer impitoïablement
le Lecteur des
charmes de la surprise en lui revellantsans
arc le denoüement
dechaqueavanture;cependant
nostre Apologiste est bien éloignéd'en
convenir;c'est par
ces annonces,dit-il, quHfJmeft
efldivin,c<fiuri enchanteur qui
quand illuiplaist transporte tout
d'un coup [on Lecteur de la terre
AUcielJefaitassisteraux délibérations
des Dieux & lui découvre
l'avenir, un moment après ille
ramenéoùillapris&neluilaisse
voirque le present, le Lefijut
uniquement occupéde ce quifrappe
sesyeux oublieaussitôt ce qu'il
Û entendu de loin,ainsibien loi#
uHomere doive être blâme d'avoirannonceles
évenemensavant
que de les mettre fouslesyeux,
on doit au contraire le louer0 &c.
J'en prend à témoin tout
Lecteur qui n'eil: pas Grec d'inclination
& d'éducation, s'il
aressenti cette prodigieuse extase
lorsqu'on lui a preditce
qui devoit arriver. Quand Ja
piter au milieu de | Iliade fait
à Junon un abregé exact du
reste de Taâion
,
nJefi on pas
tenté necessairement de s'en
tenir là sans vouloir passer plus
avanr ; pourquoy ,
dira-t on,
revoir deux & 3. fois la même
chose.Enfin mon îrresolu uic
un effort sur lui,& a la patience
de revoir paroître les mêmes
figures; de bonne foy que
fent-il pour, lors, est-cc surprifçjCnchantement,
ravissement,
comme le pretend M. B. point
dutout,il baille,il s'étend,
s'endort & le Livrelui échape
des mains,& voila la surprise.
?
Les Dieux d'Homere, quoique
mal faisants, foibles
,
bizares,
injustes,n'ont rien de
choquant pour M. B. Homere
ciot Poëte, il vouloit plaire
& ne craignoit rien tant que
d'ennuyer; pour cet effet il
p. 33.&lessuivantesnous
les a donnés cruels,russtiques
,
bar bares, jaloux &
tout ce merveilleux pour égayerson
Poemeaux dépens
deladivinité.Quin'admireroit
en verité un tel art! &plus efrcore
la raisondécisive que
fournir nôtre Apologiste, qui
pour prouver que l'adultère,
lemeurtre, latrahison
,
levol,
le brigandage étoient permis
aux Dieux, & deffendusaux
hommes, sans que cependant
les moeurs en dussent souffrir
aucune atteinte
,
decide hautement
que la morale de ces
siecles bar bares ne laissoitpas
f. 2.8.
d'estre
P.le.
d'être bonne, quoique laRcligion
fut mauvaise. Je demande
presentement à tout homme
de reflexion ce qu'il pense
sur une pareille affirmative.
Quoy ces Dieux que les hommes
de ces tems heroïques plaçoient
dans la voye Lactée,qui
pour la plûpart n'avoicnt mente
de boire le Ncélaf qu'à
force de forfaits, il plaît à ces
Messieurs d'avancer que ces infames
Originaux ne contribuoient
pas à la dépravation
des moeurs;où est donc le sens
commun. M. B. ne seroitil
pas lenmnier à convenir que
la saine morale ne peut tubfifl
ter parmi des Peuples Athées;
que seroit ce donc neccnaircment
parmi des Nations excitées
à toutes fortes d'excès par
l'exemple contagieux de leurs
D.vinitez. Il saur être bien
empâté dans les erreurs du Paganisme
pour avancer de tels
paradoxes.
On doit rendre justice à M.
B. touchant l'employ des Allegories,
il les abandonne pour
la plus grande partie,y en ayant
de son propreaveu de confuses
, de chymeriques & s.'11
p. 43.
l'osedire d'alambiquées;mais
il en admet aussi de tres claires
& qui se presentent naturellement
à l'esprit,telleest
l'explication de l'apparition de
Minerve dans le premier Livre
qui an[C Achille en le saisissant
par les cheveux pour l'empêcher
de tirer l'epée contre
Agamemnon, on ne peut pas
douter selon lui qu'en cet endroit
Minerve ne soit la prudence.
Quand M. B. auroit
encore placé celle là au nombre
des Chymeres Allegoriques
,
il n'en auroit que fait
plus d'honneur à son jugement,
comment luiest iléchappé
de ne pas comparer cc
trait avec cet autre du 4 Livre
ou cette Dzeste conseille inprudemment
à Pandarus de tirer
une Flèche à Menelas qui
en est blessé: Qu'elle noire perfidie
de faire servir son ministere
à rompre l'alliance qui
avoit été juré sïreligieusement
& sisolemnellement entre les
deux Camps. Dans cette occasson.
Minerve sera telleconsiderée
comme la Prudence;
je prend nôtreApologiste pour
juge dans sa proprecause. Ne
pourroit-on pas avec plus de
justice lui adresser le reproche
qu'il a fait à M. delaM. - en
lui imputant de ne voir ordinairement
que l'endroit qu'il
attaque:Qu''ilapprenne d'aprés
lui même que pour juger fainement
d Homère il faut voir
d'un coup d'oeil tous les endroits
qui ont rapport les uns
aux autres.
M. de laM. taxe les Heros
d'Homere, de vanité
,
d'irreligion,
de brutalité, de cruauté,
d'injustice, d'avarice & de
grossiereté ; quoique ces vices
dominent éminemment dans
P.71-
chacun des Auteurs de IDude.
M. B. traite ces reproches de
calomnie, *ils en font au contraire
la plûpart encierement
exemts; mais comme pour
justifier leur innocence & refuter
leur injuste Accusateur;
il faudroit nommer tous ces
Heros l'un après l'autre on
doit s'en tenir à l'Apologie
qu'en a fait Me. D.
Je ne puis cependant me rcsoudreàme
taire sur le chapitre
desHeros,sans exposer fous
les yeux de mon Lecteur les
graves raisons de1.Apologiil:"
p. 4?»
pourdisculper Homere du foc
rôlequ'il fait joüer à H£tor
dansle-s 2r. rencontres les plus
importants de son Pojfme.
*lU premiere, c'est lorsque
Diomede secondé par Minerve
mettoir en deroute l'armée
JfroydAe, à qui par consequent
Hector se trouvoit plus necessaire
que jamais;que fait le sage
Helenus dans cette extremité>
il confcille à Hector de
rallier les Troyens, d'aban.
donner ensuite le combat &
d'aller à Troyeavenir Hecube
Discours de M.de la M. sur l'Iliade
p. 54-
d'offrir un (acrificc à Minerve
pour l'appailcr.
La secondé regarde Hettor
qui fait trois fois le tour de
Troye en fuyant Achille, &
qui n'ose le combattre qu'avec
un second.
Que répondM. B. à la
premiere.
* Q.l'il otcO: pas surprenant
qu'Hector obeisse à un Prophere,
avec d'autant plus de
fondement qu 'il ne quitte le
champ de bataille quaprés
avoir rallié sestroupes fous les
murs de Troye, où est l'imp.
72.
prudence d' Hector.
Y pensezvous serieusement
M. B. lisez humblement la seconde
partie des rt flexions de
M. de la M.* il vous apostrophera
ainsi. En quoy faitesvous
consister la sagesse d'He.
lenus? dans le conseil de rétablir
lecombat? il est en effet
fort bon,mais pourquoy Tordre
d'aller à Troyc dés que le
combat fera rétabli? Hcdfcor
serat'il moins necessaire alors
pour profiter de l'avantage re*
gagné ; que deviendra vray -
semblablement sa victoire s'il
M.detaM. p,21.. -. I
ne la pours uit? &puisqueroiv
a osé fuir en sa presence,y at'il
lieu d'esperer qu'on fera
plus ferme quand on ne le ver
ra pl us. Il fJlIoir:dites-VOU5
envoyer pour le sacrifice, qui
par parenthese ne produit rien,
un homme aussi autorise qu'i
Hector. Quoi donc M n'y
avoir il pas des Herults dans
l'armée, des hommes destinez
exprés pour faire ses fonctions.
Polidamas n'estoit-il pas un
Devin,un Prophere accrediré.
Cependant lorsque dans la suiteil
conseille à H, 6tor de rentrcr
dans Troyc tous peinedes
plus grands malheurs, ce He.
ros y resiste sans scrùpule, &
il traite de chimère son inspiration
prétcnduë. Hictor est
bien malheureux en conduire, ilresiste quand il faudroic
obéir, & il obéit quand il faudroit
resister.
A l'égard d'Hector fuyant
Achille vous n'estes pas plus
heureuxen bonnes raisons.
Une pareille lâcheté, ditesvous
, suivant les principes
d'Homere n'en est pas une, il
y est entraîné par un mouvement
volontaire, ne faisant
que suivre l'impression d'une
force majeure qui est la volonté
de Japiter.
Si Homere a eu pour but
d'instruire,comme ses admirateurs
n'en doutent nullement,
il auroit dû prevoir qu'avec
cette belle raison d'une force
majeure quinous necessite
,
tous leslâches par la fuite pourroient
en conscience se couvrir
de l'autorité du Poëte, en
déclarant qu'ils n'avaient pas
pû se comporter autrement,
car telle estoit la volonté de Ju.
piter. Cette maxime une fois
reçue, est évidemment uns
p.74.
des plus dangaeules qu'il y
ait pour le maintien de la societé.
LeCenseur moderne n'a pas
jugé à propos de faire languir
Tes Lecteurs
, en luy donnant
en détail le dénombrement
des Chefs &des Troupes, tel
qu'il est dans le vieux Poëte,
parce qu'illuy a paru plus
exaû qu'ingénieux. M. B pré.
tend que dans ce denombrement
qui paroist si sec aux
Critiques d'Homere
,
il y a
des bcautcz qu'ils ne voycnt
pas,& qu'on ne peut pas leur
p. 51..
faire voir,mais iurtelquellesils
doivent s'en rapporter aux plus
fameux écrivains de l'antiquite
qui les ont y vûës
,
& après
avoir demandé pardon aux amis
de M.de la M. s'il ore citer
un Auteur donc le nom
pourra blesser leurs oreilles, il
appelle Denis d' Hulicarnasse à
son recours, qui parlant de l'agrément
,de l'harmonie & de
la magnificence que les mots
heureusementassortis peuvent
se prêter les uns aux autres, apporte
pour exemple le Catalogue
d'Homere; ce ne sont,
dit-il, que des mots qui n'ont
rien de beau en eux memes.
MaisHomere les asçû si bien
arranger que rien n'est plus majestueux
; ileue après cela les 8.
premiers Vers du denombrement
qui ne sont en effet qu'un
beau tissu de noms propres.
M. B. veut cependant bien
croire pour l'honneur de M.
dela M. qu'avec le secours des
Mfcs, il auroit pû nous en
faire quelque chose de tresbeau.
Car de nombnt lA troupe &
multitude
CeU tft hors de tout humain
étude.
Salcl, 1.2.
Non quand auroit dix langues tres-dijertes «
Bouches autant a bien parler ou-
: certes
Voix ferdurable &l'ejlomach de
cuivre
Il n'en fourrott jamais tftre
delivre
Sans la faveur des Déeffis
Z'ntilles.
Le nouvel Apologiste après
avoir remis en honneur les
Dieux & les Héros du Poëte,
vient aux differens genres d'éloquence
employez par Homere.
* La Narration en est
p. Si. pathetique
pathetique, marchant d'un pas
égal, & qui tient tellement à -
l'action que tout ce qui est raconté
semble se passer fous les
yeux de ccluy qui écoûte ou
qui lit. M. de la M démontre
au contraire qu'elle en or dinairementdiffuse
& insipide,
au lieu d' estre précise & ingenieuse
,&ille prouve par l'exemple
de Thetis, qui pendanc
qu'elle presse Achille de se reconcilier
avec Agamemnon;
cette Déesse prend foin d'écarter
les mouches du corps dç
Patrocle. M. B a la modestic
de ne point étaler en ccc
endroit de fort beaux lambeaux
d'érudition qu'on pourra
lire dans Quichard & Muret
, touchant les devoirs que
l'on a rendus aux Morts dans
tous les siecles,dans tous lesPaïs
& dans toutes les Religions:
il se contente d'avancer qu'il
falloit que du tems d'Homere
on crût que la conservation
d'un corps mort fut quelque
chose de bien important, puisque
les Déesses même les
plus delicates ne dedaignoienc
pas d'y donner toute leur atten
ion; jusques-làmême que
p. 85.
pendant que Thetis éloignoit
avec une queuë de cheval ces
insectes impures, Venus jour
& nuit gardoit le corps d'Hector
& en ~écartoit les chiens.
Ce n'est donc point une baLTe
circonstance que le foin d'ecarter
les mouches donné à
une Déesse.Qu'en pense le
Lecteur?
Il estems de passer aux repetitions.
LeDcffenfeur d'Homere
les metau nombre des
beautez de ce Poëte;par la raison
que les Anciens n'ont jamais
blâmé ses repetitons: - au
p. 91.
contraire ilsluy en ont fait
un mérité particulier; je ne sçai
comment, dit Macrobe,cette
sorte derépétition sied si bien
à Homere, & ne ficd qu'àluy
seul
,
caractere convenable au
genie& àl'antiquité decePoëte.
Aprés cet Arrêt,onaurait
fort mauvaise grace d'en appeller
à laraison, on ne connoissoit
point, dit M. B.dans
les premiers siecles de la bonne
Antiquité, cette rai son
,
cette gêne inutile que ladelicatesse
dessiecles suivants a intraduite
, la Genese & les autres
Livres de Moyse font
pleins de re petitions;rien n'ca
plus éloigné du sublime que
cette exactitude penible&frivole
avec laquelle on évite
d'employer des expressions
,
des phrases, des discours entiers
,
tel qu'est celuy d'Agamemnon
dans le secondLivre
où ce Roy propore la fuite à
ses Soldats pour leur inspirer
néanmoins un sentiment tout
contraire; au lieu que dans le
neuvième il tient lemême dit.
côurs aux Chefs de l'Armée
dans le desseinserieuxde les
disposer à la suite. r'
Quoique n'y ait rien de
plus choquant que cette longue
redite,elle ne déplaît pas
cependant à M. B. parce que
l'on parloit ainsi du tems
d'Homete, & que ç'auroit été
parler mal que de parler autrement
;cette façon de repeterétoitalors
la plus élegante.
* De plus il répond qu'il s'en
faut beaucoup que les deux
discours ne soient précisement
les mêmes, le premier étant
de trente-un Vers, &lesecond
n'étant que de douze,à la vérité
sans aucun changement ;
mais en recompense cette re- ,
petition & les autres ne se font
presque pas sentir, elles sont
au contraire une source de
plaisir pour les oreilles qui y
font accoûtumées. Voila le
merveilleux.
A l'égard de l'autre question
qui est de sçavoir si Agamemnon
parle serieusement
dans le neuvième Livre, il feroit
porté à croire comme M.
de la M. que le discours du General
de rArmée Grecque est
aussi serieux dans le neuvième
Livre que simulé dans le second
)
* si l'autorité de Map.
98.
dame Dacier, jointe à celle du
sçavant Rheteur qu'ellecite,ne
balançoit chez luy toutes les
raisons qu'il étale pour appuyer
le sentiment qu'elle
combat,cequi est très curieux
à lire, j'y renvoïe mon Lecteur.
Pendant qu'il s'en donne
le plaisir, je me procureray celuy
de faire la reflexion fuivanteavec
M. B. quec'est injustement
que M. de la M. accuse
Homcre d'être presque
par tout négligé; s'ill'est
,
il
faut necessairement le mettre
au nombre de ces beautez qui
dans leur, negligez plaisent
cent
cent fois davantage que les
beautez les plus superbement
parées.Lesdescriptions méritent
ici d'avoirplace.
* Le Censeur moderne trouve
la description du Combat
d'Achille contre le Xante un
peu bisarre. Point du tout, M.
de la M. nomme bisarre ce
qui est merveilleux & extraordinaire.
M. de la M. blâme les peintures
d'Homere,qui à force
de minuties deviennent froides
& languissantes, telle est la desp.
102.
cription circonstanciée du casque
que Merion prête à Ulisse,
lorsque ce Heros va avec Diomede
reconnoistre pendant la
nuit le Camp des Troyens.
Il n'y a rien de si élegant
danstoute l'Iliade, est à bien
exprimer les petites choses qu'-
Homere excelle particuliere
ment.
M. de la M prétend que les
descriptions anatomiques des
blessuresrefroidissent l'imagination,
en interrompant mal à
propos l'interest que l'on prenoit
à la suite des combats.
p. 108.
Le détail n'en est jamais trop
longny trop frequent dans
Homere, la description, par
exemple, de la blessure de Pandarus,
dans le 5e. l.del'Iliade
est fort recreative à cause de
la singularité du coup.
En achevant ces mots, Diomede
lance son javelot que la
Désse Minerve conduit entre
l'oeil &le nez de Pandarus, de
forte qu'il reçoit le coup entre
les deux yeux pendant qu'il
baissoit la teste;leferpasseà
travers les dents, coupe l'extremité
de la langue, & ressort
p.110.
par dessous le menton , &
tout cela en trois Vers Grecs.
Un moderne le pourra-t-il
croire?
Ainsi, bien loin de dire qu'-
Homere a peint sans choix, les
exemples rapportez avertissent
du contraire. Achille même
faisant les fonctions d'un cuisinier,
coupant lui même les
viandes destinées au repas qu'il
veut donner aux 3. Depurez
de l'Armée Grecque,les embrochant
& tournant la broche
est une image tout à fait
riante. Le Poëte auroir eû tort
de la supprimer, elle meritoit
d'estrechoisie par le divin
Homere.
Le chapitre des discours contient
des remarques dignes de
la réputation du nouvel Apologiste.
On peut dire qu'il rend
à Homere tout son lustre en
effaçant toutes les taches que
ses adversaires luiavoientmalignement
faites.
M. de la M. s'est avisé temerairement
de reprendre Homere
de ce qu'il nomme quelque
foisvaillant, celui dont il
rapporte un discours lâche, &
quelquefois sage,celui dont il
rapporte un discours imprudent.
Liij
Il ne faut pas trouver étrange
,
dittrés judicieusementM.
Despreaux qu'Homere donne
de ces sortes d'épitetes à ses
Heros en des occasions qui
n'ont aucun rapport a ces cpiretes,
puisquecela sefait [ou.
vent même en françois où nous
donnons le nom deSaint, à nos
Saints, en des rencontres où il
s'agit de touteautrechose que
de leur sainteté; comme quand
nous disons que saintPaul gardoit
les manteaux de ceux qui
lapidoient saint Etienne
M. de la Ma la delicatesse de
p. a*.
trouver à redire qu'au fort d'une
bataille, des Guerriers à qui
il importe de vaincre au plûtôt
perdent le tems à dire de longues
injures à leur ennemis
ou à leur conter des genealogies
& des histoires comme
Diomedc faità Glaucus, &c.
M. B. pretend que non seu
lement cela se peut, mais qu'il
est vrai semblable que du tems
de la guerre de Troye les principaux
Chefs des deux partis
avoient coutume de s'avançer
ainsi hors desrangs, de se donner
enspectacle & de commenp.
Ilg.
cer uneefpece de combat singulier
par des discours que les
Soldatsn'osoient interrompre 4& qui pouvoient être injurieux
ou civiles, selon le caractere
des interlocuteurs; à la verité
cecy auroit besoinde preuves,
mais^n'importe, n'est il pas
vrai que si nous examinions
tous nos usages à la rigueur,
nous en trouverions encore de
plus bizares; cela n'est il pas
convainquant?
Onserévolteaisément contre
les Heros d'Homere qui remplissentleurs
discours d'injures
grossieres,d'histoires deplacées
& de rodomontades puetiles-
M. B. a la condescendance
de convenir que le discoursde
Tlepolemeestveritablement
injurieux, mais qu'il rachete
¡au centuple ces riches injures
! par des mots tous d'or &qui
n'ont rien de bas.
C'est encore une medisance
selon lui que d'imputer à Sarpedon
des fanfaronades, car
ya t-il rien de plus naturel que de s'exprimer afhfi-, pour toy
Tlepolemeje te declare que tu vas
rencontrer iry une mortsanglante
une noire destinée >0-que bienp.
121.
for domptépar ma Pique, tu me
donneras de la gloireeton ame
auxEnfers. Pourquoy cependant M.de
la M.s'offenset-il lors qu'il
voit dans la chaleur de l'action
un homme brusque&violent
insulter son ennemy & lui dire
des duretés & des brutalités,
c'est parce que les Heros de nos
Romans sont toûjours gracieux
& honnêtes,de la gentillisle
& de l'esprit par tour.
Les railleries pucriles& miserables
qu'adressent ordinairement
les vainqueurs aux cadavres,
causentordinairement
du mépris & de l'indignarion
contre ces sauvages des tems
heroïques.
C'est à tort reprend M. B.
Qui ne sçait que sensément
le goûtdes plaisanteries est bizare
& assez arbitraire;ce qui
a du sel dans une langue devient
souvent insipide lorsqu'il
passe de la langue originale
dans une langue étrangère.Le
meilleurmot de Mdela M.
mis en Grec ou en Latin ne
feroit peut-être pas un fortbon
mot, & c'est pour cela que
dans le privilege de son livre
p.127.
dessenses sont faites à tous Imprimeurs
d'imprimer cesOcuvres
en Langue Latine ,Grecque,
ou Hebraïque.
Admirez,je vous prie, comme
une raillerie en ameneune
autre; aprés cela Meissieurs les
Modernes, venez nous certisier
que Messieurs les Grecs
font de forts fors, de forrs lades,
& de forts mauvais plaisants,
s'ilm'estoit permis de
vous démentir, je vous citerois
M B. vous en croirez cependant
ce qu'il vous plaira.
Les discours quetiennentAnp.
12^
tilocus& Hector à leurs chevaux
ne sont rien moins que
ridicules.On découvre au contraire
une efpccc d'antousiasme
dans l'apostrophe que ce
dernier leur fait. Genereux
Coursiers, Xantus,Podarge, Ethon,
& loy mon incomparable
Lampus,c'est maintenant,dit-il,
qu'il faut que vous me payés le
foin qu'Andromaque a pris tant
defois,&c. Il ne doit pas être
plus surprenant pour nous de
voir un homme de guerre apostropher
un cheval, que de
voir un Berger s'entretenir
avec son chien, ou avec ses
moutons.Est-onchoqué dans
la Tragédie du Cid de voir
DonDieguequi s'adresse à son
épée, en lui disant.
Et toy de mes exploits glorieux
~~P~~Mf~rc..
J Ne s'adresse t OD: pas tous
les jours aux Forests,aux Rochers,
aux Fontaines.
Si M. B. avoit bien lû la,
seconde partiedes reflexions
dcM de laM. peutêcre n'auroit
ilpasautoriséces endroits:
avectant deconfiance;il auroit
appris qu'il ne faut pas
confondre des discours fi-.
Seconde part. des reflex. p. 132.
gurés &allegoriques avec des
di scours serieux & naïfs,la difsérenceest
grande,&c. -
UhflTc dans son discoursà
Achilleenlui offrantles presents
d'Agamemnon repete
mot pourmot 3. longues pages
qu'onvient de lire un instant.
auparavant.
L'Apologiste seroit-icidel'avisde
M.dela M.&ilretrancheroit
cette repetitionsilétoit
le -maître de retrancher quelquechose
àHomere; ce n'est
pas que cette repetition toute
longue qu'elleestne puisse être
trèsbien excusée, par la raison
de l'ancienusage. Il a la precaution
de nous informer que
cette répétition quiestde 34.
vers dans le Grec en est une
de 3. pages dans le François.
Il a de plus la generosité de
faire un sacrifice à la severité
de M. de la M. qui ne peut
souffrir que lors qu'Achile rcfuse
avec hauteur les presents
d'Agamemnon, ce Heros s'égare
dans la disgression qu'il
fait des particularités de la
Ville de Thebes. Iliade liv.9.
Phenix dans sa harangue à
Achille, rappellant dans leneu-
-
P. 132.
vié,me
viéme Livre à ce furieux les
foins qu'il avoit pris de luy
pendant son enfance,luy dit
entre autres belleschosesLorsque
je vous presentois la coupe
pleine de vin, vous en avez
laissé répandre une partiesurmon
fein &surmesvêtemens.
M. de la M. avoit accusé
d'omission MC. D. en cet endroit,
& il yavoit suppléé en
traduisant ainsi
: Combien de
fois ave--vous vomi dans mon
fein
, comme il arrive aux ensans
de vomirsur leurs nourrices.
M. B. s'éleve fort contre la
bassesse de cette expression
tiomir\ le verbe Grecn'offrant
en soy aucune idée dégoûtante.
Onpassevolontiers à M. B.
l'apologie de ce moc, mais il
n'en est pas moins vray que la
circonstance est bJÍfe en Grec,
en Latin,& en touteLangue,
ce quisuffitDeplus,M dela
M.convientqu'il falloit met
tre ,
rejette le vin que je vous
donnois.
Phénix&N stor sont repris
d'être d'importuns Conteurs,
ce dernier sur tout en cil à
cha gcauLp&teyrjudicieux,
de ibrtcqu'on cequi
bleflc le plus dans le discours
de ce pretendu Sage, ou l'envie
demesurée de parler, ou la
vanité, ou l'imprudence.
L'Apologise n'y donne
pas sonconsentement :
Dessendre
à un Vieillard d'être long dans
o ses récits
,
de raconter plusieurs
fois la même histoire ~& de parler
sans mesure du passé
,
c'estluy
deffendre d'être Vieillard, Après
tout Homere fait connoître
par là qu'il savoit peindre d'aprés
la nature les moeurs, &
qu'il avoit de plus une fccondue
admirable pour allonger
ses discours aux dépens même
des circonstances les plus étrangeresàsamatiere.
Qil le croiroit! il y a plus
de deux cens comparaisons dans
l'Iliade
,
elles ont neanmoins
toutes leur prix sans aucune
abondance vicieuse;celles entre-
autres qu'attaque M. de la
M. font les plus estimées
,
la
comparaison des jambes de
Mendasavec l'y voire teinte en
pourpre est justifiée avec un
Commentaire au long que
la" comparaison même.
-
La comparaison d'Ajaxa
un âne que des enfanschassent
d'un bled, cm non pas d'un pré,à
-
coups de bâtons
,
fait un fond
de Tableau charmant
Quelque envie qu'aie M. B.
de justifier Homere sur les désauts
qu'on luy obiecte
JI
il est
toutefois comme forcé d'en
avoüer quelques uns Ilauroit
bien voulu, par exemple,sauver
l'honneur d'Hector en
rendant sa fuite héroïque ;
mais le défaut étoit si sensible
qu'à moins d'êtreIdolâtre
d'Homere, il ne pouvoit n'en
être pas blessé. Il paue donc
condamnation surcetendroit,
avec cette clause cependant
qu'il en persuadé , que si Homere
rev,-nOie au Inonde) il
apporteroit de bonnes raisons
auxquelles les Modernes seroient
obligezdesouscrire.Car
on ne doit pa, présumer qu'un
Poërc plein d'esprit, deraison
& de bon sens en ait manqué
dans l'endroit le plus remarquable
& le plus essentiel de
son Poëme.
Je n'entreray pas dans un
plus long détail sur le reste de
l'Apologie, je remets au mois
prochain de continuer mon
examen Je me propose sur
tout de métendre parriculierement
sur le nouveau systêm&.
du Boucher d' Achille & nous
verrons si le dernier Apologiste
a imaginé quelque nouveau
secret pour ranimer, faire
agir, danser, & parler toutes
les figures de l'Ouvrage merveilleux
de Vulcain.
Cette matiere est si amufante,
Monsieur,& en même
tems si interessante
, que je
vous prie de me permettre de
vous faire part d'un nouveau
genre de divertissementdont
elle a regalé le Public. Si tout
ce qu'il y a d'honnêtes gens
qui vont aux spectacles en
France n'avoit pas veu la def.
sente d'Homere dans les mains
d'Arlequinàla Foire S. Laurent,
jenauroispasl'indiscretion
de vous donner, comme
je vais le faire,une Scene donc
les deux partis pourront rire
ou se fâcher au gré de la passion
qu'ils ont à deffendre ou
à combattre cette grande cause.
Quoyqu'il en puisse estre
,
je suis Mercure
,
& je vais à
bon compte faire mon employ.
SCENE
SCENE UJKLEQVIN,
Drffinfeur d'Hemere.
Voicy la situation. Monsieur
Grognardin, Bailly d'un
Village de Provence, voisin
d'Italie, garde étroitement sa
fille Angelique. Leandre qui
en est amoureux a interesse Arlequin
dans ses affaires,qui d'intelligence
avec Scaramouchc
a concerté cent fourberies
pour tromper le pere & favoriser
les desseins de l'Amant.
EnfinArlequin deguiséenSçavant,
introduit Leandrcauprés
de l'objet de son amour,ainsi
qu'on le verra dans la Scene
qui suit.
GROGNARDIN,
sur l'Air,Reveillez-vousBelle
Tandis que je n'ay rien à
faire
Je veux contenter mon courroux
dnoeliauejdnzeliaue.
Ellesera commesa mere,
J'en eûs helas pour mes verroux.
Angelique arrive.
Air, diray-je mon9 &c.
C'a, reprenons nostre procpés.
Mais quel Corbeau me confidere?
,- -
Il apperçoitArlequin en Scavant.
AR LEQUIN.
On me nomme Bouquinides
Je suis le soûteneurd'Homere.
Je fuis sçavant jusques aux
dents,
Plus de vingt plats en sont
garents.
GROGNARDIN.
A la Cantonade. Colin fermez
la cuifinc.
A Arlequin eh bien! qui
vousameneicy?
arlequin.
Air du Charivary.
A l'instar de Dom Quichote
Je cours les champs.
Pour la beautéd'Aristote
Je bats les gens.
Je fais dire aux passans fufpc&
s
Vivent les Grecs.
Arlequinfaitchanterau Bailly~&
*f* fille, vivent les
Grecs
Air, Nonje neferaypas cequ'on
lent que jefasse.
Le Parnasse en troublé par
des aucr.es cruelles,
Dans le sein des cassez, dans le
fonds des ruelles,
Colets contre colets, rimeurs
contre rimeurs
Combattent follement pour le
choix des Auteurs.
Air, oh! ob! tonrelouribo.
On veut de ses droits priver
Homere
Oh!oh! tourelouribo
GROGNARDIN.
Air, au Cap de bonne esperance.
Il faudroit sans plaidoirie
Accommoder ce Procès
ARLEQUIN.
Quel conseil! quelle infamie!
O tempora! ô mores!
UnBailjlproposer un accommodement
! - GROGNARDIN.
Vostre Homerc a t-il des
JfjV_Turcs?
Que ne prend il des Arbitres?
ARLEQUIN.
Comment vcntreblen! mettre
Homere en arbitrage!
Apprenez queles Sçavans
Sont pis que des bas Normans.
Ilsveulent - ,
eflreJuges&Parties.
TaytayParasitos
,
Gueullardez
, Tapemodernes
Apportez moy Ina Bibliotheque
Scaramouche suivi de trois
Four bes deguisez en Pedans,
apportent deux cabinets de
Livres, ornez de deux grosses
inscriptions. A l'un on lit
ANCIENS, & à l'autre
MODERNES. Les Fourbes
chantent en arrivant.
Faisons dire aux passans suspcÛLS
vivent les Grecs.
Arlequin fait repêter au
Bailly 6c à sa fille en choeur
vivent les Grecs.
GROGNARDIN.
Air, Adieupanier.
Qu°y toûjours ils font où
vous estes?
ARLEQUIN.
Je les porte par tous chemins.
Que deviendrois-je sans mes
livres?
Ostez aux Sçavans leurs bouquins
A Dieu panier vendanges sont
faites.
GROGNARDIN.
Mais pourquoy dans deux
cabinets
Mettre vos livres?
ARLEQJJI N.
Le benaÍs!
là) nos Auteurs de balivernes
Il montre le cabinet des Modernes.
Sont à part.
GROGNARDIN.
Pourquoy cela?
ARLEQUIN.
Bon!
Avec ces gredins de Modetnes
Irois- je encanailler Platon?
AAngelique3 Air, Tu croyots
en aimantCo/eue.
Ouvrez cccy. J'ay là ma
chere
Un livre qui va vous tenter
Angelique ouvre le cabinet des
Modernes
&y trouve Leandrc
qui luy donne un livrepourfein
dre de lire.
Je fuis bien sûr qu'il va vous
plaire,
Oh!que vous l'allez feüilleter !
GROCNARDIN.
Air, Flon Flon.
Voyons
ARLEQUIN leretenant.
Laissez aux femmes.
Ces ouvrages abjers.
Pour le plaisir des Dames
Ces Modernes font faits, Flon
Flon, &c.
Air, Vous m'entendez bien.
Tenez. Il mene le Bailly au cfo
binet des Anciens.
Flairezce cabinet,
Sentez vous le Grec? quel fumet!
J'ay danscette boutique
GROGNARDIN.
Eh ! bien?
ARLEQUIN.
Deux muids de Sel Attique
;
Salez vous ybien.
GROGNARDIN.
Air, L'autre jour ma Cloris.
::Lc Grec fait vostre ébat.
ARLEQUIN.
Oüy, ma femme & ma fille,
Oüy, tour jusqu'à mon char,
Chante dans ma famille,
ChiarmantGrec, mesamours,
jet'aimeray toûjours. 1
Allons, Chorus: Charmant
Grec,&c..*.. Scaramouche gS
lesFourbes chantentenchoeuravec
Arlequin
y
quise met à genoux
0* dit d'unair extasié sur~l'Ai
Reveillez-vous.
Chers Anciens ,voilre:leaune
Fait le charme de mes ennuis
Je vous aime autant, je le jure
Que si je vous avoistraduits.
Arlequin fait repeter 'Vt'rs
vers ce
Couplet
au Bailly avec
mille-jeux de Theâtre,toûjours a
genoux,ainsi que les quatrefaux
Sçavans. Il jette le chapeau du
Bailly,enlui disant:Comment
Coquin, vous n'ôterez pasvotech
apeau quand on parle
>!es Anciens.
Air, Re'Uezlle'{-'vons.
Oc l'Ilade qu'on rcverc
onnez le Livre merveilleux.
Scaramouche tire du Cabinet
s Anciens une petite caffitte
trniffée en rouge & doréequ'il
forte à genoux à Arlequinsqui
vec bien des ceremonies comiques
tire un Homere couvert d'un
rrux parchemin déchiré& gras til embrajïe tendrtment en s'é..
iant cent fois.
Quel plaisir d'embrasser Hoincre!
GROGNARDINàparin
Je croy qu'il en est amoureux
Arlequin fait baifer Homere
< Scaramouche &• enjuite au Bail
ly, qui luy dit comme Henriett
des Femmes Scavantes: Excusez moy ,
Monsieur, ii
ne sçay pas le Grec.
Arlequin le persecute encore o
luy dit enfin : Allons
,
baises
Homere en godinette.
) GROGNARDIN.
Air de Joconde.
Quel Auteur l'attache? v.
Regardant sa fille occup.eeaparler
a\ avec Leardre.il > ARLEQUINleretenant.
1
Tout doux,
Il n'est fait que pour clic>
Ce Livre n'est pas bon pour
vous.
GROGNARDIN ricanant.
C cft quelque bagatelle.
ARLEQUIN extasié.
Mais?
GROGNARDIN.
Mais?
ARLEQUIN.
Que Seneque est doux & mignon
Dans ses Oeuvres galantes
Les Oraisons deCiceron
Sont bien édifiantes!
ANGELIQUE. 1
Air, Quand lepéril eji agréable*
Helas !
GROGNARDIN.
Peste!quel soupir tendre!
Ma fille lir quelque Roman.
ARLEQUIN.
Elle le prendra sûrement
Par où l'on doit le prendre.
Air, Mon mary està la taverne.
Voulez-vous apprendre les
causes
De lacorruption du Goût,
C'est que sans trop peser les
doses
On met de l'épicepartout,
Sans sel pourtant on
l
sçait
écrire
eciire
GROGNARDIN le considerant.
Tala lerica
,
le drôle entre en
de lire.
uérlequinentreinjenjiblement
en fureur; elleredouble &'il's'é
crir avec transPort. y
Sçavans courez aux armes.
Aux armes camarades
L'ennemy tfeft pas loin
Il prend son Caffé.
Voicy deux Abbcz qui viennent
Allons ,armons-nous..
GROGNARDINeffrayé. Eliceunmouvementdebile:
JeanGilles,Gilles joly Jean.
ARLEQUINfurieux.
Tostle Bouclier d'Achille,
Jean Gilles, Gilles joly Gilles,
Gilles joly Jean,
Joly Jean, Jean Gilles, Gilles
- joly Jean.
Airs Lere lay lere lanla.
Commentpetit Outre cuide,
IlJe jeu; sur le Baigy.-
GROGNARDIN.
Ouf. Il me prend pourquelqu'Abbé.
ARLEQUIN.
Vousokz rruuher 'conu',
Homere.
Monsieur l'Abbé où allez.
vous?
Vousallez vous casser lecou.
Air, Robin tureluré.
Quoy tu me fais un défi?
C'a renrons en l'aventure..
Eh ! bien dans un mois d'ici
turelure
Je t'attens dans le Mercure,
Robin turelure lure.
GROGNARDIN.
Air, Jefuis MagdelonFriquet.
Qu'avez vous?quelle vapeur?
A R L E QJLJIN redoublantfon
enthousiame.
Quoy donc, contre Homerc
oncaquete?
;
GROGNARDIN
Moderezcette fureur
ARLEQUIN.
J'ayl'accès d'unCommenta- -tocur..
Si je n1ets,1 a plume à lamain
Je perceray quelque Poète.
GROGNARDINàpart.
QueceSçivant estmutin!
ji Arlequin.Quoy c'estdonc
un grand tothic-
Qund contre Homère l'on
caquete.
ARLEQUINessouflé.
Je fais tuis. -
J^(insM gdelonFriquet,
Et je me mocque ducaquet.
GROGNARDIN regardant
safille.
Air
5
Lanturla.
Morbleu,sa l<6fcure
Duretrop longtemps,
£;(c a l'encolure
D'aimer les Romans.
Il approche malgré les efforts
WArlequIn, ScaramoucHe) &
Mes autres Fourbes, &apperçoit
\Lrandre dans le Cabinet des Modernes.
Quevois-je?oh! lesfour bes!
'\A[tLEQYIN s'enfuyant avec
,,._lesautres
yant C'estun Livredeffendu,
Lanturlu,lanturlu.
Je ne sçay, Monsieur, aprés
les bouffonneries que vous
venez de lire, comment vous
annoncer l'ouvrage que jevais
vous prefentcr. J'ayeûjusqu'à
present si peu d'occasion de
faire entrer de pareils raisonnemens
dans mon Livre
3
que la grandeur de mon entreprise
m'étonne. D'ailleurs
je tremble qu'on ne me reproche
de faire un mélange criminel
du profane & du sacré,
quoyque de ma vie je n'en
aye eu l'intention. Il ne m'est
cependant pas possible de vous
parler de choses saintes,qu'avant
, ou qu aprés vous avoir
entretenu de chofcs qui ne le
sont pas. J'ay ce mois cy une
trop belle occasion de le faire
pour y manquer. Ainsi je vous
prie de détacher cetarticle du
Mercure &dele lirecomme
s'il n'y étoitenvironne de
non.
¡
Le 25. de ce mois jour de
Saint Louis, Meissieursdel'Academie
Françoi se s'affemblerent
dans la Chapelle du Louvre
pour celebrer la Feste du
Saint Roy;ily eûtune mcffc
b:dlc: pendant laquelle ont
chanta un Motet de la composition
du Sieur DuBousset,
ensuite lePanegyrique fut prononcé
par Monsieur l'Abbé
Bloo) Orateur connu dans le
monde par des actions célébres,
telles que le Panegyrique
de Saint François Xavier chez
les R. P. J.suites; celuy de
Saint Gaëtan chez les R. P:
Theatins; celui de Saint Paul
chezles R P.B nibites;celui
de Saint François de Paul, chez
les R P. Minimes.
Il pui pourtexteles paroles
du Pseaume 24. Adte levavi
animam
animam meam Deus meus in te
confidoa non erubefcam.
Seigneur j'ay élevé mon ame
vers vous; oüy mon Dieu,
je mets en vous toute ma confiance,
&je n'en rougiray
point.
Ce texte ne paroist pas brillant,
maisilest d'une grande
convenance au sujet,puisque
Saint Louiss'appliqualuy même
ces paroles du Roy Prophète
,
dans le tems de son
Sacre, action dontl'Orateur
fait le fond de son Exorde. Ilcommence par une courte
exposition de la misere des
Rois, c'est à dire des obstacles
qu'ils ont à vaincre pour leur
salut,les besoins qu'ils ont
de se menager le secours de
Dieu par une sage confiance.
C'est, ajoûta t-il, ce que fitdés
l'âge le plus tendre le Saint Roy
dont nous honorons la memoire;
il amene la ceremonie du Sacre,
dont il tire le trait qui fuir.
Grand-Dieu, le croiroit-on
y
il est
à la vued'uneCourdesplusJuperbes
ra/fimblét pour l'éleverau
Trône, c, parmy tout ce fafle
il riefl occupé que des malheurs
de sa conditio, on Itty met le-
Sceptre en main 0* leDiadème
"a front ,Jignes augufles de tau..
itorité, dont il commence à jouir,
)£r dans ce pompeux appareil, il
nefcongequ"a l'usagequ'il JOitfai.
"e desa puissance,&plusencore
k4U terrible compte quilfaudra
,rendre un jour au SouverainJu*
jge; tous les grands d'un puiffint
ïEmpirefont a ses pieds qui luy
üurent obfïjJance
, & au milieu
Me ces hommages3ilness frappé
çque du ferment qu'il vient luituVnême
de prononcerentre les maint Pontife du Dieu Vivant; Enmore
une foisle croiroit-on d'un
\Prince à peine forti de l'enfance,
M L'on ne ffavoit ce que peut la
grâce dej. C. dans un coeurqu'elle
previent. L'Orateur continue;
mais sans inflfler davantage fut
,
ge jrur
cettepremiere aclion du jeuneLouis
que je regarde & quejepose com.
me le principe & le. fondement
de sasaintete, voyonsfeulement,
sipar lafuite il eût lieu d'en rougir,
& connoieonsaujourd'huy
ce quejl un Souverainquiespert
en Dieu& que Dieufoutientm
eu plutôt que ceux là le connoissent
qui veulent que l'Evangile flit
unobftaclt à lagtoiredesPrinces,,
d'un cossé par la droiture & fila
modération qu'il exige;de l'autrti
par lessentimens modefes &les•
^pratiques humiliantes qu'il pref-
1
çrit: idée chimérique e detefi
table que
l'exemple de Saint Louis
doit confondre,puisque dans un
Regne des plus glorieux, il conserva
toujours la fidélité d'un
Chrétien aujJi bien que la majeflé
d'un Roy dans les plusprofonds
abaissemens.
Ledessein du Discoursainsi
exposé, l'Orateur finit son Exorde
par un trait à Messieurs
de l'Académie Françoise
,
il y
rend hommage à ces hommes
illustres&s'humilie luy-même
à la vûe de son sujet ,sans que
sa modestie luy fasserien pcrdre
de la dignité d'un Ministre
Evangelique.
Plan général du Diflours.
Il s'agissoit dans la premiere
partie de combattre l'erreur
de ces faux politiques qui veulent
que la droiture &la moderation
Evangeliques, commettent
l'autorité Royale en
exposant les Souverains aux
entreprises étrangeres ou domestiques
;pour cela l'Orateur
expose cette droiture & cette
modérationpoussées au plus
haut point dans Saint Louis,
&cependant Saint Louis par
ces vertus mêmes devenu les
délices de son peuple & l'arbitre
des Puissancesvoisines.
., Dans la seconde partie, il
s'agissoit de détruire l'erreur
de ses politiques prophancs
qui veulent que la Majesté
Royale soit incompatibleavec
l'humilité chrétienne. L'Orateur
fait voir dans Saint Louis
l'humilité chrétiennepoussée
à son plus haut degré, & cependant
Saint Louis leplus res-
'p ctéMonarque qui fut peutêtre
jamais.
Pian particulier du Difèours.
Dans la premiere partie l'Orateurconsidere
Saint Louis
dans le gouvernement interieur
de ses Etats, & dans sa
conduite avec les étrangers.
Par rapport au premier objer,
l'Orateurmontrela fidelitédu
S.Roy,par tout ce qu'il fit pour
détruire les désordres quiregnoientalors,
sçavoir l'heresie,
l'usute, la preuve par le duel,
les guerres intestines, le blasphême,
la mauvaise administration
des Magistrats, les
excésduClergé.Par rapportau
second objet, la même fidélité
du Saint Roy est prouvée,
par son attention genereuse
a calmer chez ses ennemis même
des troubles dontil eue pû
profiter, par les cessions qu'il
sit de droits considerables, soit
pour le repos de son peu ple,
foit pourceluy de saconscience
On juge bien que dans tout
ce détail, l'Orateur ne manque
pas d'opposer à la fidelité de
Saint Louis, les détours iniques
dela politique humaine.
La seconde partie ne fut
qu'un détail conduit avec gradation,
des abaissements de S.
Louis. Et l'attention de l'orateur
ne parut autre , que de
sauver la Majesté assiegée par
ces mêmes abattements.
Le premier que cite l'orateur,
c'est le nom modeste que S.
Louis é;ff.éèoic avec complaisance,
dans routes les occasions
eu l'autoritésouveraine n'étoir
point interessée, rejettant
le titre de Roy, pour ne prendre
que la qualitéde Louis de
Poiflfy, parce que c'estoit le lieu
cù il avoit reçu le Baptême.
L'Orateur parla ensuite de
cette familiaritédu Saint Roy
avec fou peuple dans les Audiances
publiques qu'il donnoit
regulierement deux fois
la semaine le plus souvent
dans ss Jardins, assisau pied
d'un arbre, puis ille considera
dans ses exercices de Religion,
après cela ille montra dans les
Hôpitaux & dans ses Armées
rendant les plus bas offices aux
derniers de ses sujet; enfin
il finit par cet abaissement
que Dieu luy suxcita, c'tH.àdire
par sa captivité chez les
Sarazins, & montra que la Majesté
Royale loin d'en avoir
été flêtrie,n'avoitjamais paru
avec plus d'éclat, parce que
ces rigoureuses épreuves donc
Dieu honora sesvertusn'ayant
pû ébranler sa confiance
,
il
cûr la gloire de se rendre superieur
à elles. Ce qu'on a dit
suffit pour donner une idée generale
duDiscours& l'onne se
propose pas plus dans un extIait)
nous y ajouterons neanmoins
quelques nouveaux
disjoints, qui quoyquetirezde
leur place & privez de leurs
préparations, ne laisseront pas
de Ce faire sentir. Par exemple
dans la premiere partie, à propos
de l'Or donnance de falOt
Louis contre lesJ uifs,l'O ateur
adresse ainsi la parole à Dieu.
GrandDieu, pouviez nous nous
faire un crime d,. 1*horreur naturelle
quenous avons pourcetterace
perverfey meurtriere de Loftrefils,
& quand ellenauroitpas contre
ellece monstrueuxattenlatne meritemt-
elle pas toute Noflre execration
J
par ce seul art quelle a
introduite de mettre à prefit les
besoins des hommes; art funejle
pif lequel les Chrêtiens mêmes
n'ont que trop encheri qui
malgré les foins de nojlreaugujle
Monarque,fAit aujourd'huy tout lematheur de cetEmpire.
Autre exemple, à propos de
la dissolution du sicele de faine
Louis, l'Orateur s'adresse à
Dieu &' dit: Seigneur,sij'osois
"IJOUS interroger, pourquoy avek
vous permis qu'un si bon Prince
Jefoit trouvé dans un siecle aujji
corrompu, quel bien n'eût-il
pas fait au milieu d'un peuple
moins déréglé? je me trompe,
Messieurs, ccjl dans ces siecles
corrompus que les bons Princes
doivent naître, &sans remonter
bien haut, quel eûtétélesortde
cet Empire,si dans la licencede
cesderniers tems,Dieu rieut fuf
cité le religieux Monarque qui
nous gouverne; Pardonne%,
Mtssieurs
, ce seul mot que je
nay pu refuser à ïoccafton, cne
crAignez point que cédant a
rnon,zele,j'entreprenne ïcy l'éloge
d'un Prince dont toute la gloire
nous tftconfiée & quil n'appartient
qu'à vous de celebrerdigânement.
.- Autre exemple,à proposde
ce que fit saint Louis pour rétablir
l'ordre dans l'administrationde
la justice. L'Orateur
apostrophe ainsi la France.
- Non, heuretije France, cencfi
fit*s le temps de brigandage où les
-chArgtS ne s'achetant quavec le
droitcruel dese dédommageràsolt
gré3 ceuxmêmesqui devoient te 1Cf~~ ~f~~ ~T/O~Mf
proteger, te mettoient au pillage:
regarde les emplois qui se donnent
le plus souvent gratuitement &
toujours à des hommes dont le
Prmce luy-même a éprouvé le
defintenflrment & la capacité..
DisCommissaires qui informent
par tout de la conduite desJuges
prévaricateurs quonforce areflituer
& qu'on depose : regarde
&benis à jamais un Monarque
dont l'exemple, &e.
Autre exemple: dans la féconde
partie, à propos de ces
Audianccs publiques que saint
Louis
Louis donnoit à les sujets
l'Orateur , dit. Est ce sa magnificence
qu'on honore;quand vêtû
peut-estreplus simplement que
ceux qui l'abordent pour luy demander
grâce
y
il ne sesert des
Gardesqui l'accompagnent que
sonrang sexige,quepourfaciliter
l'accés aux suppliants quand ilJe
dépouillé lujy même de sa gran.
deur & prévient avec bonté un
malheureux tremblant ? Vge7,
cependantcemalheureux que U
crainte abandonne & que lavenerationsaisit,
quiserassûresans
oser davantage, toujours interdit
0* d'autant plus qu'ilcroit voir
Jon SûHVirainJerabajtfir pOMf
Ijty; car cvolla
, cc.
Autreexemple, dans la me.:
me partie.
1 Aprés un détail pathetique
des a baissemensvolontaires de
S. Louis, tels que d'aller dans
les Hofpiraux servir desinfirmes,
d'appeller des pauvres à
satable & de les associer aux
Grands qui l'environnent ; tels
que de servir ses soldats malades
&de leurdonner la sepul
rure après des batailles. L'Orateur
après tout ce détail s'écrie;
GrandDitt* yefl ce un Roy queje
lo ëtCrou troHVfricylaAfajrftét -
MefjtsursjrecQnnoijfit-là-à- tant
de malheureux qui le beniff nt,
encore plus à tant de courtijans
qui limitent; quellepompe pour
un Roy Chrétien ? des mijerables
que le Prince visite &qui
se reprochent d'efire moins humiliéque
-luy
j
qui auparavant
impatients 9facheuxy trouvent en
le voyant leur état heureux, plus
,on(olez par l'admirationquil leur
laijje que par les ajfijlancesqutl
leur rend. Ce M'f/? pas tout ,
des
Grands que la molejje (yla T4<
ntiéontendurci pour le pauvre,
se tabaijfer cependant devant luy
sur l'exemple ftul de leurSouverain-
3tydansun Hôpital defcendre
à des Minières qu'îlç ne
pouvoient envisager sans hor.
reur. Je vousenfaisJugesvous
mêmesypolitiques mondain-,pu
iljamais Roy plus refptêlé ?
Cest ainsi que l'Orateur
conclut après avoir justifié
tous les faits qui composent
1 Historique de la seconde partie.
Que vous dirai jedonc? c'est
Aili dans la Religion d'un Dieu
crucifié, que ce qu'ily a de plus
'Vil en apparence ,
est vrayement
grand, & au- dessusdece que le
monde a de plusgrande;c'est ainsi,
parmy des Chrétiens, qu'un Roy,
que Chumilitédifltngut,ne sçauroit
manquerd'être respecté, çy*
plus respÛé mille fois qu'un
Prince luptrbe-quin'a que le
sa(lepour mairjte.
Oi ne doute pas que Mcf-
~frurs de l'Academie n'ayent
adopté ce D. fcours pour en
faire part au Public dans leur
Recueil;il a singulierement le -
merite de lanouveauté ,& ce
meriteestgrand dansun sujet
quetantd Orateurs ont traité.
Qri ne seroit tenté de croire
qu on a épuisé toutes lescombinaisons
de cc sujet, mais rien
n'est jamais épuisé pour un genie
original. L'Histoire de saint
Louis est lamatiere commune
de sesPanegyristes, &, elle ne
peut varier pour eux, mais ce
fonds historiquemême qui ne
peut varieressentiellement
prendra à l'infini , des formes
neuves, manié par des hommes
de genie;ils sont rares,ces
hommes de genie, & je n'accorderay
pas ce titre à ces Orateurs
Evangeliques dont tout
l'art est de couvrir d'expressions
neuves les larcins qu'ils
ont faits à un homme illustre,
quand jereconnois dans un
Sermon le plan general
,
la
distribution & l'ordre d'un
Sermon anterieur, je ne me
per Iliade pasaisément qu'une
ressemblance si marquée soit
un jeu dusort,il n'y a qu'à
lire tous les Orateurs dont les
Sermons ont esté imprimez
depuis un demy siecle, on les
verra presque tous s'entresuivre
sur les mêmes su jets d'une
manieresimarquée, que sil'on
ne suppose pas un commerce
fort familier entr'eux ; j'ay
peine à concevoir comment le
hazard a pû faire tant & de si
grands miracles de ressemblance
dans leurs Ouvrages.
Le même jour la distribution
des Prix se fie selon la maniere
accoûtumée. M. Roy
connu avec dinstinction dans te
monde par son esprit & par le
mesl(C deses Ouvrages, ysut
couronnédeux fois il enremporta
le prix de l'Eloquence&
cciuy de laPoesie,ce qui ne
s'estoit encore jamais veu..
Nous reprendrons avec vôtre
permissioncet articleun pcai
plus loin.
Le soir il y eût grande illumination
&un concert magnifique
à l'honneur duRoy dunoe
le Jardin des Tuilleries.
Il me prend subitement unes
faillie d'éruditionqueje vouszi
pnçp
























gardoic depuis longtems; mais
il s'en mocque,& je ne doute
pas que vous ne vous en mocquiez
aussi.
Je pense
,
Monsieur, que
voila assez badiné sur les intrigues
du temps,passons à present
, s'il vous plaist
,
à quelque
chose de plus serieux. Plusieurs
Mariages de personnes
de distinction s'offrent à propos
à mes yeux,trouvez bon
que je les presenteaux vostres.
l
MJRIJGES.
it
Jean -
Joachim Roüault
,
Comte de Cayeu, Maîtrede
Camp de Cavalerie, a épousé
Mademoiselle de Pomponne
le25Juin1715.Il est filsde
Claude Jean Baptiste Hyacinthe
Joachin Rouault, Marquis
de Gamaches, LieutenantGeneral
des Arméesdu Roy, Sei.
gneur & Gouverneur de saint-
Vallcry sur Somme & du Païs
& Rocq de Cayeu, &c. & de
LoüseMagdelaine de Lomenie
deBrienne,fille, petite fille
& arriere petite fille de Secretaire
d'Etat.
Je ne donneray point la Genealogie
de la Maison de
Rouault qui est tres-connuë,
& fc trouvedans plusieursAuteurs.
Je diray seulement que
cette Maison est si ancienne,
ue l'origineen est inconnuë:
selle a paru en France avec éclat
~ous les Regnes de Charles V.
aSz de CharlesVI. Tristan
Rouaultépousaen 1376.Peionnelle
,
Vicomtesse de
Theüars, fille aînée de Loüis,
NlcorDrc de Thoüars
,
& de
Jeanne IIe. du nom, Comtesse
de Dreux. Il fut un des plus
grands Seigneurs du Royaume
& tint le rang de Prince à la
cour & dans les Armées. Il
mourut sans posterité & si
épou ser à son frere Andr
Rouault Anne de Château,
briand
,
cadete des Ducs d
Bourgogne; & Peronnelle d:
Thoüars donna par son Tes
tament aux enfans d'Andr
Rouault ses neveux, la Terr
de Gamaches ficuée en Picai
die,que cecre Maison possed
encore aujourd'huy. Lemêm
André Rouaulc rendit,c:
grands ferviccs au Roy dans
guerre de Gur.nne contre h
Ançlois.
Enl'année1379. il fut fat
Gouverneur de Charles dcBc
y) petit fils du RoyJean. Joahin
Rouault, Seigneur de
loifmenard
,
de Gamaches)
:ronfac& Hclicourt)Chcva.
ier de FOrdredu Roy, grand
cuïcr de France,Connêtable
le Guïenne & Marêchal de
rance
,
deffendit la Ville de
aris à la guerre du bien public
contre leComte deChatollois,
&en sur fait Gouverneur en
1465. Ii fut un des Seigneurs
quidtffrndirent la Ville de
Beauvaisen 1472. & en eût le
Gouvernement.Il acquit beaucoup
de gloire à la tonqucHc
de'la.N^t'nfandieen1445&
principalement à la prisc des
VillesdeS. James, de Bcuvron,
Courancc, S. Lo, Cancntan,
& de Caën,&àla Bataille de
Fourmigny.IIfclîgnalaaussi
àla conquestede la Guïçnnp ÔCau
siege qu'il Et de Castillon
en Perigort, où il désir le fameux
"falbor en I4J3 Nicolas
Rouault premier du nom,
Chevalier de l'Ordre du Roy,
embrassa le parti des Huguenots
, où il se signala & s'y
rendit recommandable : il fut
un des quatre Seigneurs à qui
le Roy Charles IX sauva la
vie à la faine Barthélémy en
1571.Iiétoit ayeul de Nicolas
Joachin Rouault, Marquis
de Gamaches
,
Chevalier des
Ordres du Roy&Lieutenant
General de ses Armées
a
qui
avoit esté Vice-Amiral
, &
avoir épouséen164L. Marie
Anroinette de Lomenie de
Brienne, fille
,
pentefille 6c
soeur de Secrétaire d'Etat.
Le Marquis de Gamaches
d'aujourd'hui, pour lorsComte
de Cayeu après la mort du
Maquis d'Arcy )sur choisien
169y. par le Roy pour estre
auprèsdeS.A. R. Monseigneur
le Duc de Chartres, à prefenc
Duc d'Orléans, & apres le de
cés de Monsieur, Frere unique
du Royen 1701.SaMajcftéle
mit auprès deMonseigneur le
DucdeBourgogne depuisDau.
phin, où il est reste jusqua la
mort de ce Prince.
MaJemoifelle de Pomponne
Catherine Confiance Emilie
Arnauidestfille de Mef~
firc NicolasSimon Amauld
dPom¡)onno, Chevalier Mar-
1 quis de Pomponne & de Pal-
Joifeau
,
Sire & Baron de Ferrierres&
Chamb;oysen NormmJ:
C
,
Lteurcmm General
pour le Roy au Gouiveinementdes
Provinces de lisle de
France, &Soissonnois, Brigadicr
des Armées de Sa Majessé
MademoisellelaMarquise
de Pomponne sa melCCc nom.
nre Confiance de Harville de
Palloifeau,&etf'fillededeffunt
Mtffire François de Harville
des Uifins, Marquis de
Palloiseau & de Trelnel
,
Seigneur
de Douë,Marcfcnal des
.Camps& ArméesduRoyy
Gouverneur des Ville ôi Ci-
- tadelle de Charkville &
Mont O ympe,morteen 1701
Tviadrmoifelle de Pomponne,
- aujourdhu. Madame la Comtcfle
de Cayeu, est fille unique
,
n'étantrcfté qu'elle seule
d'enfans à Monsieur ron
pere, de ceux qu'il a eu de Madame
sa femme; elleeftpetitefillede
Messire Simon Arnauld
Marquis de Pomponne
Ministre& Secretaire d'Etat
Sur Intendant General desPostes
& Relais de France, 010rt
à Fontainebleau le ié. Septembre
1699. & par consequent
niece de Madame là
Msrquife de Torcy,femme de
Monsieur le Marquis de Torcy
,
aujourd'hui Ministre &.
Secretaire d'Etatde Monsieur
l'Abbé de Pomponne,
Conseillerd'Etat, cy -
devant
Aumônier du Roy, & Am..
bafladeuràVenise.
Monsieur le Marquis de
Pomponne, pere de Madame
laComtefle de Cayeu,avoie
un frere puisné, Antoine Jo..
feoh Arnauld nommé le Chevalter
de Pomponne, mort à
Monsen 1695. étant Mettre
de Camp du Régiment deCavalerie
de Monseigneur le Duc
de Bourgogne
J
& Iiirpeazur
General. de la Cavalerie: il
avoir commandé auparavant
un Regiment de Dragons qui
portoit son nom.
La Maison de Pomponne
estsi connue, & il en est parlé
dans tant de differens Livres, &
de Dictionnaires, qu'il seroit
inutile d'en parler iciplus au
long. Je me contenterai dedl-",
re qu'elleest ancienne par sa
nobkfle originaire d'Auvergne
& illustre par les gens difhnçruezen-
mérité qu'e lle a
produirs qui ont servifiiellcment
nos Rois,&l'Ecatdans
difFrens em ploys, tant d'Ambalades
quiMi litaires, ya yanr'
cû pluficurs L)urcnantGcne-
It;i:X desArmées, dont deux
Généraux dcs CarrtbHJ Pierre
Arnauld & I saac Arnauld,le
premier
,
Pierre Arnauld étoic
aussi Mettre de Camp du Regimenc
de Champagne
,
&
Gouverneur du Fort Louis de
la Rochelle, fous le Roy Louis
XIII. lequel Pierre Arnauld
mourut en i611.avantlaréduction
dela Rochelle, qu'il
tenoit ferrée par son Fort.
Le second Kaacauni General
des Carabins, Gouverneur
de Philfhourg,Dijon,
& saint Jean de Laune, & Colonel
d'un Regiment d'Infanterie.
LaMaisonde Harville de
laquelle Madame la Marquise
de Pomponne est sortie, est
liés ancienne & illustre, ayant
plusi ursChevaliers desOrdres
du- Roy, Gouverneurs deCr-*
lais,de Compicnne, & Vice-
Amiraux de la Manche: elle est
continuée par Monficur le
Marquis de Tresnel, frere de
Madame de rÓmponnc, Lieutenant
General des Armées du
Roy,&premier Sous Lieutenant
des Gendarmes de laGarde
de Sa Majesté; il joint au
nom de Harville, celui des
Ursins,àcause de lasubstitution
faite par François desUrsinsdernier
du nom,àFrançois
de Harville Ma quisdePalloiseau
son peut neveu, pere
de Monsieur le Marquis de
Tfcihcidaujourdhm.
Achille Baltazard de Fourcy
ConseillerauParlement,fils de
MessireHenry deFourcy ChevalierComte
deChessy,ancien
President des Enquêtes, Prevost
des Marchands, Conseiller
d'Etat ordinaire& d'honneur
au Parlement de Paris, &
de Dame Magdelaine Boucherat,
fillede Monsieur le ChancelierBouchetat
;aépousé le.
Damoiselle Marie Françoise
Therese Langlois, fille de
Messire Pierre Langlois,President
de la Chambre des Comptes
deParis, & de DameMarie
Loü (e Therese Humbert.
Il reste à M. de Fourcy
une belle soeur, dont la fille
airnéeaépouséle Marquis de
Puysegur; un frere Abbé,
Chanoine de Nostre
- Dame
de Paris, Conseiller honoraire
au Parlement de Paris: un
autre Docteur de laMaison de
Sor bonne Abbé de Saint
Vandrille;&une soeurqui a
épousé M. de Fieubet
,
Mlitre
desRequêtes, dont lefils
aisné
isné a épouqeMademoiselle
luMoulin, & la fille a épousé
sSs de M le Président Gilbert
Voisin.
Les Alliances de Fourcy du
:oHe de M son pere,sont;
Madame la Pre fidente de
Menars
,
Messieurs de la Granr_
rc, M le Marquis de la
Wrilliere
,
Secretaire d'Estat,
Mcffieurs Molé
,
Messieurs de
de Bailleul Monsieur le Marquis
d'Effiat, Monsieur le
Duc de Mazarin, Messieurs de
Salins &autres.
,
Et celles du costé de Madame
samere, sont: Madame de
Morangis, Madame de Harlay
ses soeurs toutes deux aussi
filles de Monsieurle Chancelier
Boucherat
,
Messieurs de
Machault, Meilleurs Pajot &
autres.
Messire Thomas le Gendre
de Collande ancien Brigadier
des Armées du Roy, & Colonel
du Regiment Royal des
Vaisseaux
, a épousé le 12. de
ce mois Damoiselle Margucrire
Catherine Magdelainede
Voyer de Paulmyd'Argenson,
si lede Mssi r Marc R né de
Voyerde Paulmy d'Argenson,
Conseillet d'Etat, & de Dame
Marguerite ic Febvre de Caumartin.
M. Bernard
,
Maistre des
Requestes, filsaîné de M. Bernard
3
Chevalier de l'Ordre
de Saine Michel, a épousé
le 12. de ce mois dans l'Eglise
de saint Sulpice
,
Mademoiselle
de la Coste,filleaînée
de M. le Marquis de la Coste
d'une très bonne , & ancienne
Maison du Poitou, alliée aux
meilleures Maisons de France;
la l'ôce s'est faire chez M Bernard
, Chevalier de ro dre de
S Michel, avec beaucoup de
magnificence,tant par la grandeur
du repas que par l'illustre
Compagniequiétoit composée
de parens & d'amis du plus
hautrang.
Si l'Imprimeur de l'Académie
n'avoit pasun droit incontestable
sur tous les Ouvrages,
qui en sortent
,
je ne balancerois
pas à vous donner une
copie entiere des deux Pieces
de M. Roy,& je ne vous prierois
pas, comme je lefais, de
n'en attendre de moy que des
extraits.
Jevousiaiue, Monsieur
;
faire toutes les reflexions qui
vous conviendront sur le DILcours
qui aremporté le Prix
de l'Eloquence; on croiroit
peut être,si je m' étendois sur
les figures magnifiques & sur
les respectablescitations dont
estenrichi le Sujet propote,ou.
ils'agissoit de prouver les inconvenients
de la Tlchffte nonseulementselon
l'Evangile; mais
encore selon les Philosophes
Payens, & dont voici letexte:
Voe vobis divitibus. Luc. VI. 2. 4.
Que j'aurois envie de me feliciter
moy-même du bonheur
que j'ay de n'être pas riche;
mais à Dieu ne plaise. Ainsi
trouvez bon que je vous renvoye
au Libraire qui debite ces
pieux Ouvrages, si vous avez
envie de les lire. Pourl' Ode
de la façon du même Auteur,
qui a été couronnée comme sa
Prose
,
je vous diray ,qu'aprés
la premiere Strophe que j'en
retranche (malgré ses beautez):
à la consideration de M Jean-
BaptisteCoignard, Imprimeur
del'Académie Françoise
,
il
continue en ces termes:
,;Q!!.t lie implacableFurie
MaJjltfpit tout l'Universf
Contre nous & l'lbttie
Sumoientcentpeuples ûv f.
jamais le Dieu de la guerre
N avoit donnéesuurr la terre
Tant defpMac'es dhorreur:
J.idisparmoins de carnage
Rome, Cm la ficre Cartbuge
Signalèrent leurfureur.
Que la Fortune conduise
10us les pas de nos guerriers>
Leur triomphe nousefpnife;
Nou, payons cher les Lauriers.
Qxevois-je? des champs steriles,
L'ejfoy, le deuil dans les Filles,
Lestravaux abandonnek :
Les Arts, &>lesLoixperissent,
Themts fuit, les Dieux !/mip,nt
Sur leurs Autels pyofafJez. *
'-
* Sacrileges des Fanatiques.
CJcft tn vain que notre monde
Del'autre attendles t hrejors,
Un orage éternel gronde
Sur lamer9 & dans les ports.
Quel Dieu contre nous conspire?
Que dH-je?ThftlS foufaire
Du débris de nos iwjf'aux*
Mortels, "joflre aveugle rage
Vous a dérobé l'usage
Etdela terre &des eaux.
0 Paix, l'Europe en allarmes
N'espereplus ton retour;
Elle a méprisé tes charmes,
Tu te vanges à,ton,tour.
Mais parmi tous ces rebelles,
* Commerce interrompu.
Si
Si des mainspures,fiaelles
RrftablijJoient tes autels !..
Vten les habiter encore, EtpourLOUIS qui t'implore>
Fat grace a tous les mortels.
Par quel noble Sacrifice
Payera t'il tes bienfaits ?
Veux tu voir defajuflice
,Ses ennemis satisfait,?
Crain-ton cette Forteftjjl *
Desondesfiere Maiftrcffi
.Seure retraite de Marsf
j
Que la France s'en départe;
Illuy suffit, comme à Sparte,
D'avoirJes Rois pour remparts.
* Dunquerque.
Apres Uoffreuses tempefiest
L'air s'efclaircitanosjeux.
Toutejlchangé. Surnosteffs
Vois-je rouler d'autres Cieux ?
En deposant le tonnerre,
LOVIS raffermit la terre,
Qucfbranlerent tant de coups;
Etfoussa mainvigilante,
L'Olive, a meurir moins lente
Va -fruitfier pour nous.
Bientofl Ceres rafeuree
Contre d'injufles iffirrs
uiinfi , qu'ausiecle de Rhée,
Multipliera ses threfors.
Les Arts, les Travauxfertiles
Desja raniment 'esFilles.
Trop heureuse aélivite !
Ta recompenfi efi certaine:
Le htfoinfera la peine
De lafeule oifivetc
Mercure paroist, il donne
LfJtgnal à centclimats;
La Foysa compagneordonne
Due Plutussuiveses pas.
Neptune na plusdechaifnes;
biux plages lesplus lointaines
Les chemins nous font ouverts.
oaixfeconde
,& salutaire,
%egnejpuijfes-tu ne faire
Quun peuple de l'Univers !
Mais laplus noble richefie
Abonderadans no mur:> ;
Pour nous s'fnjit: !e Perm.ffi,
Il roule des flots plus purs.
Que le monde entierypuije ;
Qj£icy l'estranger s'injlrnije
Par nos chef
-
d'oeuvres nou.
veaux.
Et vouçFilles de McmoÍrf,
D: LOVIS chantek la gloire,
C'est Came de vos travaux.
Priere pour le Roy.
0 Ciel daigne nous entendre
De , LOUISfoislefouflien.
Purffi ton amourluy rendre
>
Cte que nous devons ausiens fous ses regards meurijjt
Ce Roy
t que le Ctelpropice
Keferve pour nos neveux:
pigne Eleved'un telAfaijîre
!«•//fajfeson bonheur , d'ejlrc
Le Ptre d'un peuple heureux.-
- Le sujet de cerOdeétoic
l'ur les avantages de la P aix
J'obligation que nous avons an
Royde nous l'avoir procurée.
Vous me direz peut-estre
Monsieur, , que voila une nouvelle
maniere de faire desextraits
des Ouvrages d'esprit : je
le foy bien; mais que voulez
vousque je vous réponde à cela,
sinon que je n'ay ni l'audace,
ni le loisir de m'y prendre
autrement, & que Messieurs
les Auteurs ne seplaignent
que trop souvent de la
liberté que je me donne de faire
des extraits de leurs Ouvrages.
Reprenons pour quelques
iromç-nts. vous011
sieur, les affairesdu monde.
LeRoy afaità Marlyle5.
de ce mois, un remplacement
dans les Officiers de la Marine.
Le Cordon rouge de feu Mr
1
Ducasse
) a estédonné au Marquis
de Coëtlogon, dont le
Cordon aesté donné au sieur
delaHarlteloir. Le Marquis
d'AligredeS. Lié a esté fait
Lieutenant General. Les sieurs
du Quesne Mounier, des Nos,
Comte de la Luzerne, duGuay
Troümi,&de Court, ont esté
faits Chefs d'Escadre. Le dernier
est surnumeraire, &ainsi
la premier place qui vacquera,
ne fera pas remplie. Le Chevalier
de Montgon
,
de Mo.,
dene,deMons, le Chevalier de
Saujon, & le sieur Hurault de
Villeluisant, onteules penfions
de quinze cent livres. Des
penflons de mille livres ont
estédonnées aux sieurs de Sevigné,
Beaussier,Cogolin,Courbon
de Saint Leger, Chevalier
de Gracey, de Caumont,
du Dresnay, & Comte de
BltlTy. Les places de Capitaines
à la haute paye, ontesté données
aux sieurs de Chaulieu,
Hercules de la Roche, des
Carces, Trulet, Gratien &
Caffarol'aisné.
Le 1 3. le Mareschal de Besons,&
le Chevalier deSainl'kot,
allerent dans le carrosse
duRoy,prendreMehemetRiza
Beg, Ambassadeur Extraordinaire
de Perse ,à la maison
du sieur Bontemps, Premier
Valet de Chambre du Roy
& Gouverneur du Palaisdes
Truilleries : le cheval que AmbàOEadeur devoit monter
l'y attendoit,avec des chevaux
pour toute sa suite de la
grande&de la petiteescurie
ainsi que les Trompettes du
Roy destimez pour accompagner
sa marche ,qui se fit en
cet ordre jusqu'au Chasteau.
Lecarrosse du Chevalier de
Sainctot,celui du Mareschal
de iklonsj douze chevaux de
maindes deux E scuries du
Roy, magnifiquement harnachez&
menez par des palfreniers
de Sa Majesté : quatre
chevaux du Roy avec des har.
nois à laPersienne,&menezen
main par desPersans, lesdonnefttcjues
de l' An\b..(féldeur à cheval,
le Moula de l'Ambassadeur
ouDocteurdesaLoy, sonTresorter
,le Page qui porte sa pipe
Jcs 8.Trompettes du Roy
le Maitrs des Ceremonies de
l'Ambassadeur&l'Interprète
àcostéde luy
,
1 Ambassadeur
suruncheval du Roy harnachéàla
Persienne, le Mareschal
de Besonsàsa droite &
leChevalier de Sainctot à sa
gauche
,
marchant tous trois
de front, les Valets de pied
Pesans&Armeniens de l'Ambassadeur
autour de soncheval
, la livrée du Mareschal,
&celle du Chevali^f^)eSainûoc
à costé de leurs chevaux,
l'Escuyer de 1.Ambassadeur à
chev'd
, marc hant immédiatement
derriere lui, avec un Page
qui portoit le sa bre de
rAmbtLdeur appuyé sur sa
cuisse. Le carrosse de Roy fermoit
la marche. L'Ambassàdeur
trouva dans l'avant cour
les GardesFrançoises &Suisses
fous les armes, les tambours
appellant,les Gardes de laPorte
& de la Prevosté aussi en
haye&sousles armes.
Aonze heures, l'Ambassadeur
accompagnéduMarêchal
de Besons & du Chevalier de
Sainctot
,
traversa la cour à
pied, pour aller à l'Audience
du Roy,p:;rle.dcgré qui con-q
duitau grand Appartement de
Sa Majesté. L'Ambassadeur
avant que d'y aller, mit son
sabre à son costé : il porroit
outre cela un grand poignard
dans un étuy d'or à sa ceintuTc:
le sieur de Merlin Secietaire
ordinaireà la conduite
, marchoit
à la tête duCortège, les
Trompettes du Roy marchoient
immédiatement devant
l'Ambassadeur. Il fut receu
au bas de l'escaher par le
Marquis de Dreux, Grand-
111nre des Ceremonies, &
par le sieur des Granges, MaîtredesCeremonies,
les Cent
Suisses étant sur l'escalier en
habit de ceremonie, la hallebarde
à la main. A la porte de
la salle des Gardes en dedans, il
fut rcceu par le Duc de Villeroy,
Capitaine des Gardes du
1
Corps, quiétoient en haye &
fous les armes. Sa Majesté assise
sur son Throsne élevé de
deux marches, ayant auprès
d'elle tous les Princes de la
Maison Royale,le receut dans
le grand Appartement.L'Ambassadeur
ayantfait le premier
salut, Sa Majesté se leva & osta
son chapeau, & se couvrit
après le dernier salut: & après
que l'Interprete lui eut expHqueceque
l'Ambassadeur luy
disoit, & qu'il eut expliqué à
l'Ambassadeur la réponse de
Sa Majesté
,
le Roy fc découvrit
: l'Ambassadeur se retira,
& futensuite conduira l'Audience
de Monseigneur le Dauohin.
Il fut traité & toute sa
uite, par les Officiers du Roy.
Je m'etendray davantage sur
zez article dans la nouvelle
Histoire que je vais donner de
=ec Ambassadeur.
J'ay balancé plusieursfois,
Monsieur, à proposer des que.
tions à mes Lecteurs,J'allois
même pour ce mois-cy en imaginer
quelqu'une, lorsqu'un
galant homme quiabeaucoup
d'esprit, & dont vous avez
plusieurs fois lû les Ouvrages,
m'a fait present deceliesquc
vous allez lire. 1
Oa demande
Lequelaleplus à souff ir
ducoeurou de l'amour propre
, par le mépris d'un objet
aimé. j
Lequel des deux est le plus
satisfait, lor sque la per sonneil
aimée
,
n'a plus de rigueur, j
-
Si l'on peut aimer par dcvoir,
& cc quec'est precisément
que cet amour. 1
Sil'on ne doit pas
souhaiter
la vivacité des fencimens
du coeur dans une femme
comme dans une maistresse.
Si
Si lon doit encore aimer
uneinfidele quicelle de l'estre.
Queflion modtrnc.
Lequel a plusderaison,ou
JeMc. Dicier de nous avoir
donnélaTraductiond'Homere,
comme celle d'un origi-
2nna! parfait, ou de M de la
Motte d'avoir choisi ce mesme
Homere pour en faire une
limitation.
Examinezs'il vous plaît,ces
questions
,
M. aussi bien que
tous ceux qui les liront,& failles-
moi part de vos reflexions.
En attendant passons au Chaoitre
desEnigmes) & trouvezbon
que je prie ceux qai me
font le plaisir de m'en envoyer,
de m'en dire le mot,
sansquoi ellesneverront pas
le jour. t
Le mot decelles dumois
pasle
,
eHaiela Mer, & roue
ce qui portele nom de Garde.
Ceux qui les ont deviné, sont
les six Enfans deChoeur deNô.
tre Dame deMillyen Gatinois,
l'heureuxindiscret, le Favori
des neuf Soeurs, l'amant de
la Lune, le jeune DupuisJle
Milord Amilcartau Marais,
M. de Bonneval, & (a belle
amie; le Marmiton des Muses
,
de Valogne, Madame Pierrcc,
& la Blonde Solitaire qui a
grand tort de secacher.
Voici les Enigmes de ce
mOIs.
ENIGME.
Du Maigre que je fers EfcUve
okéïjpinte fuis toujours en aRion.
Er ma plus grande fonE/ion
iEfl de n'être jamais trop prompte
ni trop lente.
je nesçais ce que cejrqueaal-
Lraubazard,
Mon corps nnjttme en joy dffirentes
parties
Delicatement affirties.
Q^u me rendent ensemble un cbef.
d'àavre de l'art.
Mais si lon veut de moy tirer
quelque service,
Il ne faut pas me négliger
9 Car j"jerois dans ledanger
Dinterrompre souvent monfîJele
exercice.
QnHoyrji*a"lf'atbbry touAj.ours dJes
injures du temps
Le grandfmdcependant & la
forte fcfc
M'cmpêcbntquelquefois d'ache-
-
lier ma JourneeJ
jirrétant tout à coup mes jufles
mouvement
Veux-tusçavoir mon nombregardemoy
enface,
J'ay deux Compagnes avec moy
Dont leseul çy l'unique employ
EJldemontrerauxyeux le travail
que je trace.
L'unepotteavec (oj quelque
marque Royale3
Mais elleeftfi lente en sontour, .t/le nefait que dansunjour.,
Ce que l'autrem une heure à nos Jrenards étale.
o
LesAuteurs sont l'AbbéInfulaire
à l'Anagramme,Rubé
CâfFé, & le jeune Logicien de
la ruë S. Louis.
AUTRE.
Mon p-ouvoirfait souvent trembler
MardiK & Furne ;
yriompbant me repritj-ldi-r-
Timoleon; jtrois d'un grand ufare-àSaint
Pantaleon,
Et battis bien En/e avant quil
occit Turne,
Qauelquenfois on.me viit aux rives Vulturnc
ioliement embrasser Amarante ou
Cleon;
e riétois point du goût de fEmpereur
Lcon,
"n certain temps jefuisplus froide
que Saturne.
tannssonoplusbielsexploitje foute- He&or,
Jfe de moy qui veut parler comme
Nestor,
our mon reposj'opine à rétablir
Dunkerque.
resque par tout je cours & dors
moinsquun Argus,
auvent jefuis plus fere encore
qu'un A,buKerquc, t nourris des Géants plus grands
!/Nt , ,
Feragus.
Devinez ces Enigmes, Mon
si ur, si lecoeur vous en dit,&
hâtez vous aprés cela d'expe.
dVierole rleustemdes mea.tières de cc • Une belle Demoisellede la
Campagne ayant cû la malice
de faire confi dence à une ifen-,
ne parente de la Ville de Paris,
qu'elle étoit assez malheureuse
de n'avoir point d'Amant,ou
du moins que dans le lieu où
elleavoit esté élevée, il ne fc
trouvoitpasun Sujet raisonnable
sur quielle pût jetter la
vue pour en faire un époux,
celle-ci à sonretour en racontant
tast l'histoire à un de ses amis,
qui fit à l'instant les vers suivants
qui furent envoyez à la
Demoiselle Plaignante avec
maint autre compliment de
condoleance.
-
-
LIris se plaint de n'avoir point
r n d'Amant3
mIle dit que dans [on Villagey
Ui-lessBergers fontsans agrément> ont l'humeur-brurque C7
jjr volage,
LEtqui'lejlfâcheuxason âge y
Wficgnorer lesplaifirs d'untendre engagenegmageemnte.nt.
r"La douleur efldéja peintesurJon I visare.
ElleJe déplaîttellement
3 Que sans attendre davantage
Elle renonce au mariage.
Etnienaceceslieuxd'unpromtéloiqnement.
.Al).' Sij'efloisauprèsd'elle un
momfnt,
Jefaurais bien calmer ce rigoureux
tourment,
Qui peuta sa beautécauserun;
granddommage.
Je lui dirois3 objetrare & charmant
VVAS >dela mainde-s Dieux le*t
plusparfait ouvrage,
Vousqui de nos cantons ejtf.S'"i.
tout ornement.
Acceptez..de moncoeurun éternel
hommage.
Regnefur lui sifowverainement
Quevous trouviez l'amour un
doux apprentissage
9 Heureux sidansmon esclavage,
Vous me javorijis^ d'unregard
feulement.
Jeprendrois tant defoinspour
son Çoulagement,
Quecettebelle enfin changeroitde
langag,
Et qu'on ne diroit plus dans no- strevoipnage,-
Iris se plaint de riavoir point
d'amant. Ilnemeresteplus,Monsieurque
quel ques Sonnets sur
les bouts rimez proposez le
mois passé, à vous donner.
SONNET.
Comment diable veux-tu tftte je
fartede Furne,
Tour aller 4 Corinthe y voir
Timoleon,
Et puis au Vatican trouver
Pantaleon,
De
c!Jet
Tantaleon au Valais dtt
grand Turne.
Et de la
,
traverser le rapide
Vulturne,
Et montersurla Meroulefameux
Cleon,
Pirate incessamment du coJlé de
Léon.
Tantotf vers l'Italie où Je sauva « Saturne,
Tantost vers les Cantons de Priam
& d' Heâor.
Tu veux quefaille encore a Pyle ayle chezN-Iflor , j^uejerevienne enFrance) a Paris)
a
,
Dunkerque,
De France dansArgos dit beau Pa.
lais d' Argus;
Et fuis en Portugal au Chateau
dy Albukerque; Etctohut ceelarpo.ur.quoy?four cher- Feragus.
AUTRE.
On trouve bien le nom de la Ville
de Furne,
Dans un grand Capitaine on voil
Timoleon,
Vn Medecin) un Pape) ejloit
Pantaleon
, Et Virgile souventnous entretient
de - Turne.
Mdis, ma foy
,
nulle part on ne
trouve Vulcurne,
On parle d'unFlatteur, d'un Ora.
teur Cleon;
ZJn bon Historien
, un Papefut
.8 « Lean,
Et rien n'etf plus facile à placer
que Saturne.
VOnsçait encore assez quilfutplus
ed'un Heétor) l'on parlefiuvent des vieux
ans de
,
Nestor,
Jçjtenoussommes toujours lesMaîtres
de Dunkerque, e Coquette en tout temps se
mocque d'un Argus,
'onparleralongtcms du grand
Ducd' Albuk:rqu?; Mais daignez, nous montrer Vulturne
& Fcragus.
AUTRE.
Jarce que ce plumet a njâ Mardik
dr Furne,
Ill craoit être du/fi grand que fut Timoleon
) Et quand il a juré par flint.
Pantaleon)
Hous faire autant de peurquEnée
enJitÀ
<
Turne.
.Qu'ilaille menacer les peuples du
Vulturnc,
Qui
3
dans les bras oisifs de Tircis
eu oie CCll eeoonn,
> Moins vaillants que leurs Chefs
fut-ce Sixte ou Leon
duseul > nom de combat,font plus
froids que Saturne.
Mais puiféju'un vray François ejl
en guerre un Heétor,
QuoycfuenPaix ils'exerce aux emplois
de NeJftor,
On ne c-alnt point icy les vainqueurs
de Dunkerque.
Sije combats pour vous, eut-il les
yeuxà' Argus,
'{Je le vaincrai, Philis
,
fut-il un
Albuicerque,
U'HiJiJtI'O!J vint bien à bout du
Géant •
Feragus.
AUTRE.
S1VOyfea«u sipltllt dans fin ;. ramage
iL'homme de Cour dans le fracsJ
IL'Agiottllr dans le tracas , K* le Guerrier dans le tapage.
1'Huijlre chéritfin coquillager
Ys'n vieuxcommeun autre Calchas
tAime à reciter d'anciens cas,
±eHoUandoisveutdu frolnage,
Ze Graveurfin burin pointu,
--et le Manoeuvrefinteeu ¡,.
Vesfriands font pourVAlloiiette,
Des Devotesfour leur minon Etmoyfafpire, , ma Toinon,
4 te tenir dans ma couchette,
AUTRE,
Heureux qui des Oiseaux écoutant
le ramage
,D'une,p,ompeufeCoti,,f,ait le bruidnl
fracas,
Des malheureux plaideurs évitant
le tracas
Mene une douce vie exempte de
,pte fà
tapage.
Sur le bord de la Mer vivant de.
coquillage,
Ne J'èmb.îrraffi point dufort ni de
., ; Calchas
Y
de £Eternitéfaisant son plus
grand cas,
Mange tranquillementfinpain &
fin fromage#
heureux qui sans Je croire avoir l'esprit pointu5
(Des frivoles grandeurs ne devient
point têtu,
S* chasse en lafaison la Perdrix, l Alloüette,
eui mettantsonplaisir à carresser ,minoji
We /'embarrasse point de ce qua
fait Toinon,
prend un doux repos lanuitsur
sa couchette.
AUTRE.
Mon reposrieft troublé que par un
doux ramage,
Enncmy du tumulte, ennemy du
fracas,
Je vis tranquillementsanspeine6
sans tracas,
Je n'aime que la Paix &je hais lt
tapage.
Je contemple la Mer avec son
coquillage,
On me régirde icy comme un autre
Calchas,
On me consulte en tout ,
je decide
J0elehsa1is égale.ment la femme &calse fromage;
t ne parois jamaissans mon bonnet
pointu, tpasse pour bizarre,capricieux
têtu)t
t nourris jix Perdrix avec une
Alloüette.
aux charmants Perroquets) un
Ch4t & si minon,
?n'ay point d'entretien qu'avec
.< ma foeur", T' Toinon,
Vui
j comme moy ,
dort bien fins
dit&sans couchette.
Le Marmiton des Mufes
de Valognc.
AUTRE.
,Oui nefuit de CAmour lefêdui- finI
, ramage,
S'txpofl a Ce trouver en terrible,
fracas
? C'ejl unpetit mutin qui cherche li\
tracas?
Etnejljamais content s'il nefai..Il
le tapages
On doit faire a fin COEur etuy db
coquillage a;
Sans cela je prédis aujji-bien ~/!f~~
Calcha^rî
cf<.!Jt cestun grand hasards'n\
narrive le caszc
£)jionlaiseallersouvent le Mina
au fromago,}
CraigneZce petit Dieu fin dard ej)
trop > poinrui':
il vient à bout de tout, même dk
plus tetLHJJ
Il vontprendmjouetainsi qu'u&W
• Alloiiettc,
Ilégratigne après Lien mieux que
* mon .. minon
Desa vive blejjure& Nanette&
Toinon
Cardent tt.feZ souvent pourneuf
- jours la couchette,
Ce Sonnet est l'Ouvrage deMe,
V. à qui M. D. M. a envoyé le
Bouquet quevousavez ven,cette
Dame estaussiamiablequ'elle est
spirituelle & belle.
AUTRE.
'EIIJfltZrVOIh. des OJfetlNX du plut
parfait ramage, •DesTresors, des Valets, des chiens
&leur fracas?
Maifln a la Campagneexempte de
tracas,
Où jamais d'un HuiJJleronne voit
le tapage.
Si ColuetteentreunjourdanrVotre
coquillage,
Sansfaire le Devin, comme tétoit
Calchas,
Vous tombereZ, Ilmy ,
dans unJi
piteux cas3
Jgue votre bienfondra comme ait
feu le fromage.
Il ne faut point icy faire l'ifprit
pointu.
Si malgré ces conseils vous estes un
A têtu
,
On vous verra plus sa que des
pie%à' ,
Aliouette.
Vous
Vousferez le jouet d'une attrape 9 ITnnon
Heureuxsiquelquejourfafermante a Toinon
Daigne vom frefenter un coin de
f* couchette.
AUTRE.
,
Le bon Oyseau
,
fin,dit-on,sefaitseul ramage
Mais au mépris de tout, vous avez.
fait fracas,
Si VOIU neFnifez, bientôt voftrc
tracas) gS voifnsnesçauroient vousfau-
| ver du
» tapage.
uAubleieauude vous trouver dans un coquillage,
Wousferez, en maison inconnue à
,
CaIchas;'
Ou pour vous châtier de vôtrevi-,
lain cas
Vous rïaurez,,sir mafoy,quepain i fie,fins. fromage.,
Une Dame modejle a chaperon
POIotu)
Tour voir Ji VOIU tfvez toujoursi 1"esprit têtu,,.
Vous y fera lever pluflofl qun
l' : Alloüette.,
,mEtsi vontipronnonceoz. Minnette,po,ur, Vous verrez.auJfitljlla gr'!/ft.(à'/Jr'
Toinonn
Vousmontrer unfouet pourmignom\
de #, couchette.
AUTRE.
'ZInc chanson ou deux do flu*,font
mon ramage,
J'aime lasolitude
3
& je pais le
fracas)
Des bals & desfejlinsj'abhorre le
tracas,
Rarement les voit-onifnirsans du
tapage,
Je mefais mon bonheur au fonds
d'un coquillage,
Ocàcupé,d'un beau feu, sans songer Calchas,
EtdremeflyLdeys attraits de la foeur cas,, Jyrejicrois cent ans a vivre de fromage.
Depuis que de l'amour le trait le
pltu pointu
M'a prouvé quece Dieu parle en
maijlre têtu,
JeqgIo/ûutensees.douceurs plus gay Alloiiccte.
Jyfuisplus amoureux que ne l'efl
un minon,
Et pourvu quà la finj'y possede
; Toinon , ~e Je mm') ccoonntteenntteerrady d'une simppilee
couchette.
AUTRE.
DestOiieseuauxxd'Albion le gra- ramage
Devient subitement un horrible
fracas;
Ennemis de la Faix ils aiment le
tracas,
St commencent entreux un furieux
tapage.
Le Batave rêveur sucant fin
coquillage>
tonllé de ce bruit ajîembleses
Calchas;
9n conclutd'observer i'exigence dg,
A
\t cas sur tout de pourvoir au debit du
fromage.
Alerte, chers amis, dit un esprit
pointu
9 Vfaut deltatrêadencteun'estre,pas v.'attendre point qu'au bec nous
vienne f Alloüette.
Pratiquons le grand Art de ce
Maijlre Minon i gagnolt aux Combats de
Jeanne 6 de Toinon;
EtJby'ortssurnospiedsplus quesur
la couchette.
N. Commis des Postes.
Monsieur
,
pendant que
vous vous amuftz à lire des
Sonnets, d'autres pourrontaimer
mieux chanter ma Chanson.
Il faut contenter tout le
monde.
CHANSON.
Vne timide Bergere
Maissènsibleau jeu d'amour,
u4ufond d'un boissolitaire
Cbantoit ainJi l'autrejour:
Quelplaijtrpour les fillettes,
Avec un tendre Berger,
Si l'on powvoitsans danger
Selaijïer
,
Je laiffir conter fleurettes.
Ouy, mon coeur vous en ajjure
ICofin commande aux amours
JJar un haijer je vous jure
)Qu^ilsmobéïjjent toujours.
Quel pUifir pour lèsflUettes
Avec un prudentBerger
Si l'on pouvoitsans danger
Se lasser
3
si /aiU'er conterfleurettes.
Le 16. de ce mois M.le Baron
d'Imoff, EnvoyéExtraordinaire
du Duc de BrunfVicK
Wolfenbutel,eût sa première
Audience publique du Roy;il
sur conduit par M. le Chevalier
deSainctor, Introducteur
des Ambassadeurs
,
qui avoici
étéle prendre à Paris dans
les
carrossesde Sa Majesté. Il cud
aussiAudiencedeMonseigneurj
-
1
le Dauphin & des Princes ôc
Princesses du Sang, fuivanc
l'u rage: ordinaire.
Le 17. M. Mathias Goffin,
Liegeois, General de l'Ordre
de sainte Croix,eûtaussiAudience
publique du Roy,où il
fut conduit par M. le Chevalier
de Sainctot à la maniere
accoûtumée.
Le 18. M. leComte de Ribeira
,
Lieutenant General
Grand Maistre , de l'Artillerie
,
& AmbassadeurExtraordinaire
:de Portugal, fitson Entrée pu- bliguc en cette Ville. M. le
Maréchal de Tallard& M.le
Chevalier de Sainctot
,
Introducteur
des Ambassadeurs, furent
le prendre dans lecarroste
du Roy au Monastere de Picpus,
d'oùla marche se fit dans
l'ordre suivant :
Le carrosse de l'Introducteur,
celuy de M. le Marêchal
deTallard, vingtquatreValets
de pied de rAmbassadeur, son
Ecuyer & six Pages à cheval
,
le carrosse du Roy, ceux de
Madame la Duchesse de Berry,
de Madame, de M. le Duc
d'Orléans, de Madame la Du,
chesse d'Orleans, de Madame
la Princesse de Condé
,
de MadamelaDuchesse
Doüaniere
de M.le Duc & de Madame la
Duchesse, de Madame la Princeflcde
Conti Doüairiere
,
de
M. le Prince & de Madame la
Princeflc de Conti, de M. le
Duc &de Madame laDuchesse
du Maine, de M. le Prince de
Dombes, de M. le Comte de
Toulouse, de Madame la Duchesse
de Vendosme, & celuy
du Marquis deTorcy, Miniftre
& Secretaire dJEac pour
les affaires étrangeres, A la
distance de trente à quarante
[pas marchoient les cinq cari
rossesdel'Ambassadeur precedez
de ses deux Suisses à cheval.
Nulle des plus superbes
Entrées qu'on ait veuës depuis
longtempsenFrance, n'aétalé
tant d'éclat&tant demagnificence
que celleci.Voici un
abregé de cette brillante ceremonie.
La suite de M. l'Ambassadeurconsistoit
en un Ecuyer,
deux Secrétaires, dixGentilshommes,
six Pages,quatreValets
de Chambre, deux Suisses,
cinq Cochers, cinq Postillons,
& vingt quatre Valets de pied.
Les habits des Gentilshommes
étoient de la derniere magnificence
,
celui deM. l'Ambassadeur
étoit enrichi de boutons
de diamans. Les habits
desPages étoient d'un velours
aurore avec les vestes & paremens
de îiflfu d'or
,
le tout
brodé d'argent sur toutes
les coûtures. Ils avoicnt des
noeuds d'épaule d'or brodez
d'argent, des plumets blancs,
des bas aurore à coins brodez
d'argent J
& manchettes &
cravates de bellesdentelles. La
livrée étoit d'un drap vert pâle,
fort fin ,couvert par tout d'un
galon d'or large de trois
doigts. au milieu de deux salons
d'argent, qui, ensemble,
faisoient à peu prés la même
lar geur. Les paremens de leurs
habits étoit d'une belleétoffe
d'or de même que leursvestes.
Les noeuds d'épaule étoient
d'argent avec des petits fleurons
de vert en broderie. Leurs
bas étoient de foye aurore, &
les plumets de la même couleur.
Leurs cocardes étoient aurore&
blanches.
Il y avoit cinq carrosses
tirez par huit chevaux de
différentes couleurs. Le premier
éroit un carrosse à huit
glaces doubléd'une étoffed'or
o
des plus riches, & des plus à la
mode
,
enrichie d'une grande
frangeà graine d'épinart, ornée
de jasmins & d'autres varietez
, avec une têtede cartisane
relevée de la largeur dtcn.
viron un pied. Dans le fond de
l'impérial fait en dôme il y
avoit un artichaut en broderie
entouré d'une cartisane. Les
rideaux étoient de gros de
Tours vert brodé d'or en plcin
sans envers, & autour regnoic
une frange d'or hturc de deux
doigts. Lemarchepiedestoit
demarqueterie, d'écaille & de
cuivre doré d'un dessein exquis.
Le dehors estoit de velours
vert tout couvert de broderie
d'or en relief fait par les
meilleurs ouvriers de Paris.
L'impérial estoit du même velours
& couvert de broderie
également comme le reste du
carrosse.Autour de la goutiere
regnoit une ci-rri1ane à laquel.
le étoit attachée une frange,&
de distance en distance des
gros glands d'or de différentes
façons,&c.
Les pomes étoient de bronze
doré d'or moulu, representant
un Dragon avec les aîles
ouvertes, quiest le blazon de
Portugal couronné par deux
Anges, & de la tête du Dragon
sortoit par le milieu de la
Couronneune gerbe d'or.
La broderie representoit
dans les panneaux des portieres
les Armes del'Ambassadeur
& dans les autres panneaux
différentesidéesausujet de la
Paix.
Les quatre montants des
coins du carrosse representoient
en très belle sculpture
dorée les quatre parties du
monde dans Iesquelles le
Portugal a des Domaines.
La ferrure de ce carrosse en
general est de bronze dorérf
d'or moulu, cizelé & fini par
les meilleurs ouvriers
, tana
dans letrain & dans lecarrofle
que dans tous les harnois qui
étoient de velours vert couvert
d'un galon d'or. Le train éroic
generalement sculpté & doréI
les rouës dune si nouvellein-,
vention qu'il ne s'en en encore
point vû de pareilles. L'arte
lage étoit de huit chevaux couleur
d'ardoise à crin blanc
J
portant sur leurs rêtesdes toques
de plumes vertes & blanches
mouchetées d'aurore, &
de chassemouches vert & Of. !
Les gaides,glands des chevaux..
& tous les cordons étoient de
soye verte,& or. :.. ( Le secondcarrosse éroit aussi
Houblé d'une éroffe d'or avec
une frange & une riche tête
He cartisane.Le dehors de tressxce
llente peinture. Les bordutes
,
les extrêmitez
,
& les
imonrans étoit de belle sculpture.
Le dessusestoit couvert
;xie plaques cizelées & dotées,
[Le train d'une belle sculpture
.& tout doré. Les harnois de
maroquin jaune bor dé deroue.
Les guides rouges& or, &
[les chevaux pies blancs tachetez
de noir.
,
Le troisiémeétoit une cale-i*
che doublée d'étoffe d'argent
avec une frange & belle cartifane
d'argent.Le dehors d'une
peinture cres belle sur argent.
Toutes les bordures & montans
de belle sculpture argentée.
Le dessus couvert de plaques
argentées. Le train de
sculpture argenté & les rouës
peintes en vert & argenr. Il
estoit tiré par huit chevaux
cap de more à crin noir.
Le quatriéme carrosse doublé
de velours cramoisi avec
une frange d'or & une bro icrie
des plus belles, estoit tiré
oar huit chevaux Bays à crin
olanc. t Le cinquiéme doublé d'un
veloursrouge à fond d'argent
AVec ses franges d'argent, le
este bien doré comme le quatriéme,
estoit tiré par huitchevaux
noirs.
Le siegedu premier carrosse
estoit de velours vert avec des
franges & des broderies d'or.
Le second d'étoffe d'or avec
flles franges& cartisanes d'or.
,.' Le troisiéme d'étoffeàfond
d'argent.
Pendant la marche M. de
JMery homme de condition &
de merite, & qui a servi longtemps
avec distinction cm
France, qui est sa Patrie, &:
d'où la fortune l'a arraché:
pour le conduire en Portugale,
oùil a l honneur d'estre attaché
au ser vice du Roy, faisant
dans la Ceremonie de l'Entrée
de M le Comte de Ribeira
la fonction de son premier
Ecuyer,jetta dans les places
publiques & carrefours de cette
Ville une prodigicufe quantité
de Medailles d'or & d'argent
que le peuple avoit foin
de ramasseravecavidité,enbenissant
la Noblesse & la genem-,
fofité d'un si magnifique Am-
.,¡{fadeur.- Ces Medailles repesentent
d'un costé le Portait
du Roy de Portugal
,
&
de l'autre un Olivier dont les
~rameaux embrassent deux
Couronnes qui font celles de
Portugal & deFrance réünies
par la Paix d'Utrecht. Avec
cette dévise:Nectit&firmat.
La marche finie, en arrivant
à l'Hostel des Ambassadeurs,
M. le Comrc de Ribeira fut
complimenté de la part du
Roy,j)ar M. le Duc de Tresmes
premier Gentilhomme de
saChambre; dc' la part de
Madame la Duchesse, par M.
le Chevalier deHautefort, (oui
premier Ecuyer; de la part do
Madame, par M. le Marquise
de Mortagne, son premier
Ecuyer;de la part de Monsieur
le Duc d'Or leans, par M. la
Marquis de Simiane, son premier
Gentilhomme de las
Chambre; & de la part des
Madame la Duchesse d'Orleans,
par M le Marquis de SJ
Pierre, son premier Ecuyer.
Il a estéloge & traité les trois
jours suivans à la maniere ac--
coûtumée.
M. le Comte de Ribeira qui
vienca
wient de faire cette pompeuse
Entréeest du costé de M son
Pere d'une des plus iilustres,
les plus riches & des plus
grandes Maisons de Portugal
& deW. sa mere,soeur deM.le
Cardinal de Rohan,&de Mrs
les Princes de Soubise & de
Rohan, parent & allié aux
olus anciennes & aux plus Nooles
Maisons de France. Je ne
vous feray point icy l'éloge de
M. le Comte de Ribeira, il
n'y a qu'une voix pour luy;
& tout Paris semble s'estre
Honné le mot pour luy rendre
M justice qui eil dûëàses
grandes qualitez.
Il elt injuste,Monsieur, de
faire de gayeté de coeur des
mécontens:l'Auteur du Sonnet
qui suit, & qui est des
meilleurs que vous ayez lû, le
seroit de rnoy,si jesupprimois
son ouvragoe praronegoligence ou par inadvertcnce.
SONNET.
j'entends tous les matins un
amourtux ramage
Eloigné pour toujours du bruit d"
du fracas,
je vis à la Campagne, di jy'fuis
sans tracas
M'étantmis a l'abry des faiseurs
de tapage.
cEotendqu fuarilelblorad dg'uneflmhre , Jeme ris à loisir des Arrefis de
Calchas,
Des mets lesfinsfriandsje nefais aucun cas
Et fuiscommele rat, content de mon.. fromage.
Monhonneur en reposcraint sets
lefer. poincu)
Du hardy petit Maiflre3 ou do
Guerrier têcu,
Si mes coups font mortels, c'efl à lafeule. Allouette.
Mes fpeffacles lefoir font les
* jeuxd'un minon,
Rien ne me manqlleroitJi l'aimable
Toinon
Vouloit de temps en tempspartager
ma couchette.
La transition m'est introuvable
icy, parce qu'il m'est
impossible de lier à des Vers
badins l'article fcrieux que
vous allez lire.
Dame Mariede Grimouville
Epouse de Messire Henry de
Saulx
,
Comte de Tavannes
,
& auparavant veuve deMessire
RenéPotier,Seigneur deBlanci-
yiolirut le25 du mois
oassé dans la cour du Val-dc-
Grace. Elle étoit soeur de feu
Madame la Marquise d Ilhers
Entragues, & de feu de M.
ae Marquis de la Mailleraye,
Colonel du Regimenr de Piémonr,
enfans de feu Messire
wOÎiis de Grimouville,Marquis
de la Mailleraye, Marêchaldes
Camps & Armées du
g,oy,qui estoit fils de Messire
acques de Grimouville
,
Seigneur
des Maretz, & de Dame
Charlote de Moüy la Maillesaye
,heritiere de la Branche
le cette maison de Moüy
3
qui
ta tres illustre, & qui a eu plusieurs
Chevaliers du Saint Esprit,&
Lieutenants Generaux
pour le Royen Normandie
Messieurs deGrimouville,dont
laNoblesse est tres ancienne
font originaires de Basse Nord
mandie
,
où est la Terre qui
porte son nom; il y en a,cLJ
deuxChevaliers du S. Esprit
qui font morts sans enfans
les Armes de la maison de Grij
mouville sont à trois moteitej
d'éperon d'argent, en cham
de gueule, & non des étoiles
comme on les blazonne quel
quefois mal. j
QuantàlamaisondeM. d1
saulx, il en est cadet
3
& il ne
aut pas confondre les branhes;
ilest fils de MessireJacues
de Saulx, Comte de Tasannes
,
& de Dame Loüise
Henriette Potier de Treimes.
Lamaison de Saulx est si illusre,
& on en a parlé si amplement
dansd)ff..;[entMt:rcures,
que je crois qu'il efl: inutile de
reperer ce qu'on en a dir. Malame
de Saulx est morte âgée
le 67.ans 4. mois, aprés une
longue maladie où elle a toû-
~ours conservé une entierc ,
connoissancedont elle a fait
un bon usage par sa pieté, &
par sa patience.
a
Dame Catherine de Pommereu,
veuve de MessirePierre
Boucet,Seigneur deMarivatz,1
& autres lieux, Chevalier des
O dresRoyaux& Militaires dc
Nostre Dame du Mont-CarJ
mel, & de S. Lazare, Premier
Gentilhommeordinaire de feu
Monsieur
,
Grand Bailly de la
Ville & Duché d'Ecampes )
Gouverneur & Capitaine dei
ladite Ville,mourut le
1 1. de
ce mois âgée de 80. ans. Elle
estoit soeur de feu M de Pommereu,
Conseiller d Etat ordinaire
& au Conseil Royal,&
laisse un fils qui a succedé à fan.
pere
pere en la Charge de Premier
Gentilhomme ordinaire.
MessireNicolas duBois,Seigneur
deBaillet, Président au
Grand Conseil, mourue de la
petite verole le 27. du mois
;
passé.On fera le mois prochain
un plus ample détail decette ;Famille*
Messire Loüis Chauvelin
Conseiller du Royen sesCon-,
seils, Maître des Requêtes honoraire,
Avocat General du
Parlement, Commandeur 6c
t grand Tresorier desOrdres du
Roy, mourut delamême maladie
le2. decemois. Ileftoiç
fils aîné de Messire LoüisChau.
velin,Seigneur de Grisenoire,
Conseiller d'Etat ordinaire,&.
deDameN deBillart, & petit
fils de M" sireLouis Chauvelin,
Maistre des Requêtes, &
de Dame Claude Bonneau, &
laisse des enfans de Dame N.
de Grouchy son Epouse. Ilest
mort âf\ gé, dde 32. ans,regretté
generalement de tout le monde.
S. M. a donné la Charge
dAvocat General vacante par
sa mort, à M. Chauvelin de
GriCenoire son frere.
Messire LouisdeLongueil,
Marquis de Maisons & dePoissy,
Président à Mortier duParlement,
mourut le 22. âgé de
48. ans. Le Roy a donné sa
Charge à M. son fils. On s'étendra
davantage sur cet arti- le le mois prochain.
; Dame Anne Racine, veuwe
de M Arnaud de S. Amanr,
Fermier general,mourut le 2.
de ce mois, laissant entre autres
enfans N. de S. Amant, veuve
de Louis Provence Adhemard
de Monteil,Marquis de Grignan.
Messire Conrad de Rosen,
Comte de Bolleviller, Marechal
de France & Chevalier des
trois Ordres du Roy,mourut
le 3. de ce mois dans son Château
de Bollevilleren hauteAlface
âgé de 87. ans, après une
maladie de quinze jours qu'il
a uniquement employé à recevoir
les Sacremens de l'Eglise
& à exprimer les sentimens de
Religion 6e de Pieté qui faisoient
sa feule occupation depuis
plusieurs annéesqu'il s'étoit
retiré de laCour & des embarras
du monde. Ilestoitoriginaire
de Livonie de la plus
ancienne Noblesse & d'une des
meilleures Maisons de cette
Province: il vint en France servir
fous son parent le General
de RoCco. siconnu dans les fameu
ses expéditions du Duc de
Saxe Weymar ; & se dévoua
comme luy au service du Roy.
Depuiss'étant toujours distingué
dans tous les emplois Militaires
où il a passé
,
&ayant
donné l'espace de plus de 50.
ans des marques de capacité,
de zele& d'une entiere fidélité
pour Sa Majesté&pour l'Etat,
il mérita ce suprême degré
d'honneur auquel il plût au
Roy de l'éleveren 1703.
Les commencemens des
servicesde ce General accompagnez
d'une circonstance aft
sez particulière,avoientdonné
à plusieurs personnesde 61
grandes préventions sur l'obscurité
de sa naissance, qu'ils le]
regardoient comme un homme
de fortune que son feuK
mérité avoit élevé aux premiers
honneurs: occupé uniquement
du service du Roy &-
dela gloire,il n'avoit pas songe
luy-mêmeà détruire cette
idée dans les esprits
,
jusqu'au
tems qu'il fallut faire ses preuves
pour estre rececu dans lesplus
illustresOrdresdu Royaume;
ce fut alors qu'il s'adressa
au Roy de Suede ion premier
Maistre
,
qui luy envoya des
LettresPaternes & des Certificats
de sa Généalogie tirez de
laChancellerie& des Archives
de la Province de Livonie,avec
tous les témoignages les plus
autentiques de l'ancienneté &
de l'illustration de sa Maison.
Ceux qu'il receut en même
t.cms de l'état de la Noblesse
de Livonie au sujet de son extraction,
font aussi forts, &
outre qu'ils marquent la fuite
de sesAncestres & leurs Alliancès
avec les premieresMaifons
de Suede & de Livonie ,
telles que font celles des Thiesenhausen,
Parkul
,
Hastser,
Butler &quantité d'autres du
premier rang; ilsajoûtentencore
fondez sur les Annales de
Livonie,que dés l'an 1238.
quecette Province futconqui
se sur les Payens par les Chevaliers
de l'Ordre Teuconiquc,
cette Maison avoit fourni d'illustres
ChevaliersàcetOrdre,
dont les Armes étoient d'or à
trois roses de gueule deux &
une,comme on le voir encore
aux anciens Tombeaux&Monumens
dans les endroitsqui
ont esté possedez par les Seigneurs
de cetteMaison qui a
toujours passé pour une des
olus anciennes& des plus dis
inguées par les grands emplois
que les Seigneurs decette
Maisonont possedez & posseîdcnc
encore,Otto Jeande Rosen
,
Seigneur de Kleinropp,
neveu du Maréchal de Rosen
îionc nous parlons, estant aujourd'huy
Grand Maréchal de.
laNoblesse de Livonie -
M. le Maréchal de Rosen
dont nous annonçons la mort..
quatriéme fils de Fabian de Rosen
,
Seigneur de Kleinropp
,
Fs trouva à l'âgede16. ans Cadet
dans les Gardes du Corps
de la Reine Christine: au bouc
de quelques années il eut le
malheur de se battre en duel
avec un jeune Seigneur de la
Cour &dele tuer;il futarrêté
pendant quatre mois
,
enfin
ayant trouve1 1le moyen ddes'télchapper
de la prison, il ne vie
d'autreressource à sonsalut&
à sa fortune que de venir en
France se jettcr entre les bras
du General Rosen
,
qui eftoic
issude germain de son pere;il
passa à Francfort où il joua ôc
perdit tout ce qu'il avoit ; au
delcfpoir de le voir dans cet?
t:fiac
, & craignant les repro
bhes de son parent, il n'osa
aller joindre, & aima mieux
s'engager pour Cavalier dans
>le Regimenc de Brinon dont
des Officiers y faisoient pour
.1ors emplette de chevaux pour
les mener en France; il servit
dans cette Troupe trois ans
sans se faire connoisse; il fut
111êine afT: z malheureux que
d'être arresté avec d'autres Cavaliers
par le Grand Prevost
xie l'Armée au retour d'une
maraude, & contraint de jouer
avec eux pour la vie; quoiqu'il
gagna, il fit réflexion sur foû
estatat, & le découvrit pour cd
qu'ilestoit au Comte deBrinon,
son Colonel quile fit Cornette
peude jours après, Lieutenant
danslamême Compagnie
& Capitaine l'année sui-
Vante. Quelques annéesaprès
il se presenta au General de
ltorenjqui le fit passer dans CPJl-
Régiment-vil connut bienrtôt
son mérité, &le regarda des
lors comme son gendre & sois
heriuer; en effet illuy donna
sa fille aînéequelesComtes de
Gallas & d'Helmstadt luy.
avoient fait demander, & le
fit son Lieutenant Colonel
La mort de son beau- pere le
mit peu de tempsaprès en possession
de sonRegiment & des
[Terres qu'il avoir acquifcs en
l'Alsace. En 1684 il fut fait
]Bri-gadier,en 1677. Maréchal
deCamp, en 1688. Lieutenant
General, en 1689. Maréchald'Irlande
,en1670.
MeqtredeCamp, General de la
Cavalerie de France, en 1693
Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Louis, en 1703.
[Maréchal de France, & en
[170j'. il fut reçu Cheviller de
l'Ordre du S. L'eprit à Versail-
Des le 2. Février de la nêJ-nc
année. Son habileté, sa vigilance
& son exactitude infinie
pour le service, dans les differens
commandcmens dont le
Roy l'a honoré & dans les occassons
les plus considerables
où il serttrouvé, luy ont
mérité la confiance & l'estime
de son Prince & des plus
grands Capitaines; ses sentimens
nobles & élevez, & ses
actions pleines de raison,de
solidité & de circonspection
l'ont fait admirer de tous ceux
qui l'ont connu particulièrement
Illaisse un fils qui est Marézhal
de Camp, & que le Roy
vient de faire Commandeur
del'Ordre de S. Loüis, & cinq
filles, dont trois font Rcligieu
ses, & les deux autres
imanées, l'une au Comte de
Rotrembourg
,
& l'autre au
Baron de Planta.
La jeunesse de Bayonne a
representé devant la Reine
d'Espagneen sonChasteau de
Lirague, le Balet des Festes
Venitiennes, le 18. Juillet jour
deSainte Anne, dontcette
Princesse porte le nom.
* APOSTILLE.
Je vous prie, Monfieurw
de me pardonner le dérangement
que vous aurez puA, rc.,
marquer dans ce Volume, lac
crainte d'un funeste événemenr,
& la nature de ses circonstances
m'en ont fait pIu--
ficur.s fois changer l'ordre. JM
touche à laplus grande & à lajc
plus triste nouvelle donttous
les Historiensdu monde puissent
pmais instruire la PoUerite
Il s'agit de vous annoncet
la mort du Roy Louis*
XIV. le plus Grand & le
plus respestable Monarque de
l'univers, arrivéeàVersailles
un Dimanche premier jour du
present mois de Septembre, à
huit heures & un quart du
matin. Sa vie,l'éclat & la
durée de son règne, sa maladie
& sa mort, n'offrent à la
mémoire que les plus grands
traits de l'Hcroïsme le plus
parfair.
Les bruits effrayants qui
ont couru sur la maladie du
Roy pendant les huit derniers
jours du mois dont te Mercure
est daté, en ont retardé l'impression.,&
m'ont jetté dans la
necessité d'attendre jusqu'aux
premiers jours de cc mois.
Les Sieurs CorJiert Marchands
Orfèvres sur le Quay de
la vieille fcraille
3
à la Mitre
d'or,fontdis Pipes à U manière
\d£ Prrfè, sur lemodele de celles
Je l'jdmbdjjadeur pour qui ils
en ont fait:ils font aujji toutes
Jortes d'ouvrages tant pour l'E".

Apologie d'Homere
, oi;
Bouclier d'Achille. y?
Hopie de la Scene d'Arlequin
> Deffinfiur d'Homere
y
repfeftntée
sur leTheâtre du grand
Jeu de la FoireS.Laurent. 14j Extrait auDifcours queAI.l'Ab->
be Bionaprononcéàl'Académie
Françoise le jour desaint Louis.166
Yutre trait d'érudition de l'Auteur
à l'occasiond'un Bouquet
envoyéàune bette Dameavec
son Portrait. 1^3
irande preuve d'amour d'un
malheureuxAmant àsa cruel.
il M-aiftreffi -' z01
Chef-d'oeuvrede jaloujte. io<>
Avanturefingulicrem 110 Mariages.117
Odede M. Roy qui a remporté le
Prix de l'Académie. 238
Dons du Roy. 146
Audiance de congé de l'Ambaffa*
,
ge e l'Ambaaâ- deurdePerse.248
Qieflions proposées. 2jj
Chapitre des Enigmes ou l'Auteuraoubliémalhfureufèment
de dire que la Commere Fretillon
a deviné celles du mois
- pasé.ij7
Compliment de condoleance en
Vers à une belle qui Je plaignoit
de n'avoir point d'Amants.
16f
ISonnetssur les Bouts-rime7, pro..
pofiz le mois paj(Je.168
r;banfon.4187
Vuite des Nouvelles. 185
Entrée de MleComte de Ribeira,
jdmbaffadeur Extraordinaire
de Portugal en France.
185
Tionnet échappé & retrouvé\
Avis pourplacer laFigure.
L'air doit regarder la page
2,87
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le