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1714, 10 (Gallica)
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NOUVEAU
MERCURE
APARIS,
M.DCCXIV
-rfwPnvtlcge du R.'J.
M ERG U RE
GALANT.
Par le Sieur L. F.
Mois
d'Octobre
1714.
Le prix est 30. sols relié en veau ,
du
2. 5. sols
,
broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JOLLET, au Livre
Royal, au bout du Pont S.Michel
ducôté du Palais.
PIERRE RIBOU, à l'ImageS.Louis,
sur le Quay des Augustins.
^u Palais,PIERRE HUET, surle
second Perron de la Sainte Chapelle
, au Soleil Levant.
jtvecÀproiïatiçtt}&PrivilègeduR';.
MERCURE
NOUVEAU.
Ptat *supremo collocare
Sisyphus in monte
saxum.
Envain desfieresDanaïdes,
De Promethée& d'Ixion
Le crime (!J' la punition
S'offrent à mes esprits timides.
Nul mortel ne verra jamais
* Horace Epod. Ode 1j.
rougir mon front
Dit succés malheureux d'une
grande avanture,
Et j'irai, si je peux, sur le
Attachesormmmonet du mont
rocher,vosyeux
& mon Mercure.
Oui, Meilleurs
,
je vous
attaquerai par tant de cotez
, ôc si souvent
, que je
trouverai peut-être à la fin
l'endroit sensible. Je m'attacherai
àvous comme un
oiseau sur sa proye ; je tomberai
tous les mois sur vous,
& je vous étonnerai du
moins, si je ne vous plais
pas. On commence à dire
de moy que j'ai du stile,on
me fait beaucoup de grace:
mais on ne sçait pas encore
jusqu'où peut aller l'envie
que j'aide bien faire. On
s'en appercevra peut - ctn:
dans le journal de ce mois.
En attendant que mes faillies
me presentent quelque
ouvragequi soit plus animé
que ce qui s'offre maintenant
à mon imagination,
commençons par quelque
chose;aussi bien * ce que je
sçaile mieux,c'est mon commencement.
Je ne vous mene
*Plaideurs. Aiij
point au Japon, mais en
Portugal, à Lisbonne, où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voirà vôtre
aise la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joseph. Ceux qui n'auront
pas lacommodité d'aller
jusques là, en pourront,
si bon leur semble, lire la
relation que je leur donne.
Le 27. du mois d'Août
dernier M. l'Abbéde Mornay,
Ambassadeur de France
,
se rendit au Palais à
onze heures après midi, où
tous les Seigneurs de la
Cour étoient déjà.Tout
étant prêt, le Duc deCadaval
sortit de l'appartement
de l'Infant, le tenant
dans ses bras, & marchant
sous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
sçavoir les Marquis d'Alegrete,
de Ntce, & de Cafcaës
le fils, & les Comtes
d'Arcos
,
de Ribeira
, & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambassadeur prit sa place,
& marcha. Immediatement
après le dais suivoit la Marquise
de sainte Croix, comme
Gouvernante, & quatre
autres Seigneurs portant
dans de grands bassins
dorez les choies necessaires
peur le Baptême, corn-1
me le cierge, le sel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc 61s, les Marquis de
Fronteira, & les deux Marquis
de las Minas9 lesquels
étoient suivis de toute la
, Noblesse titrée & autre, &
* de tous les Officiers de la
Maison du Roy dePortu- gal. Ce cortege étoit precedé
des Herautsd'armes,
-
Massiers,& d'un nombre
d'Officiers de Justice, qui
se mirent en marche devant
l'Ambassadeur, lorsque
leDuctenantl'Infant
sortit de l'appartement, &
ainsi marcha jusques à la
Chapelle, au milieu de laquelle
étoit élevée une estrade,
où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
estrade s'élevoient quatre
colomnes, qui portoient
un dais-magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome, d'une
étoffe toute d'or, & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaisses. Les colonnes
étoient garnies de
la même étoffe. Dessous ce
dais étoient les fonts baptismaux
:
à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaisseur d'une arcade de
l'Eglise, &à l'opposite un
buffetgarni de quantitéde
vales de vermeil doré. Il
ne monta sur cette estrade
que l'Ambassadeur, le Duc,
& les quatre Seigneurs qui
pertoient les choses necessaires
au Baptême. Le Cardinal,
assisté de six Evêques,
en fit la fonction. Le
Roy, la Reine
,
l'Infante,
fie sesdeux freres, Don Antonio
& Don Manuel, étoient
à la tribune, d'où ils
voyoient facilement la ceremonie,
les fonts baptismauxenétant
proche. La
Reine avoit devant elle ses
fdaenutxe,enfans. La petite In- qui est la plus âgée,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremoniefiliie
, on chanta le Te Deum, aprés quoy tout le cortege
l'esprit la marche en même
o:rdre jusqu'à l'appartement llnfant.
Le soir il y eut des illuminations
,
& les tours &
les vaisseaux firent croi1s d)e- charges d'artillerie. Il y*
avoit dans la place du Pa- -
lais de la cavalerie Ôc de
l'infanterie sous les armes,
mais en petit nombre,par
rapportàla petitesse du lieu,
qui est occupé parles échafauts
pour la fête des taureaux
,
qui commencera
demain.
Si j'en reçois, comme je
l'espere, une relation,je ne
manquerai pas d'en faire
part au public
: mais en attendant
qu'on me l'envoye,
je croy que je ne ferai pas
mal de placer ici la description
d'une de ces fêtes que
je vis il y a deux ans en tù
pagne. On pourra
,
si on
le juge à propos, faire un
parallele du tableau que je
donne ce mois-ci, & de celui
que je promets de donner
lorsque je l'aurai reçû.
Cette lecture divertira au
moins mille honnêtes gens
qui ont la bonté de courir
sur le boulevart de la porte
faine Martin, pour s'y amufer
à grands frais de la vûë
d'un lion éreinté, & d'un
taureau a demi mangé de
chiens, ou d'un miserable
baccanal d'une vingtain
d'animaux, dont l'horrible,
aspect & l'effrayant voisi.
nage insectent ceux qu
leur font l'honneur de les
aller voir.
Madame Daunoy a fais
dans son voyage d'Espagne
une relation magnifique
d'une fête de taureaux:mais
- elle avoitnaturellement le
genie si élevé, & tant d'in.
clination pour les grandes
choses, qu'elle faisoit religieusementdesdescriptions
brillances,des plus mediocres.
Il s'enfuit de là qu'elle
dit autant de mensonges
dans chaque article de tes
deux volumes, que moy
dans tous les miens. Mais
il n'est pas absolument
question de decider ici lequel
de nous deux est le
plus sincere
;
il suffit de dire
p(our nôtresatisfastion , quoique cela ne soit gueres
à nôtre louange)qu'elle
a écrit comme il lui a plû,
&quej'écris, à son exemple,
assez volontiers coml;'
me il me plaît. D'ailleursil 1
arrive souvent de si grands
changemcns dans les Etats,
que jecroy que la posterité
ne le met gueres en peine
d'examiner à la rigueur f4.
nous avons eu tort ou rat;
son de vouloir en imposer
à nos contemporains. F-il4
un mot nous neraisonnons
pas comme nous raisonnions
il y a cent ans. Les
fêtes, les coûtumes, les ha-J
billemens
, <5c les
ceremonies
de ce temps-làne fbnc.
plus à la mode à present ;1
toutes les histoires anciennes
font suspectes, & ce
nelt
n'est presque que par conjecture
qu'on sçait à l'honneur
de qui furent dressez
jadis tant de superbes monumens
dont les voyageurs
trouvent encore des restes
dans les quatre parties du
monde. Pour moy ,
malgré
le respect quemille sçavans
par entêtement,ont pour
les antiquailles, je me soucie
autant des Colonnes
d'Hercule, du Temple de
Jupiter. Ammon, & de la
Diane d'Ephese, que de la
plus belle Medaille d'Othon
, dont je ne donnerois
pas unpetitsesterce, à
moins qu'elle ne fût d'or
ou d'argent. En un mot je
debite de bonne foy, comme
cela se rencontre, tout
ce qui s'offre à mon imagination,
& je fuis en même
temps si rempli de la chose
presente
,
qu'à l'exception
du principal, delà, ni deçà,
rien ne m'occupe que la
crainte d'arriver trop tôt
au bout du mois. Enfin si
je parle quelquefois des Romains,
des Grecs, des Perses,
ou des Egyptiens, j'avouë
que c'est une sotte rodomontade
de ma memoire.
Le monde est si plein
de belles & bonnes nations,
qui n'ont rien àdémêler
avec les anciens
, que je
croy que la meilleure méthodeque
jepuisse suivre à
present, est celle de ne pas
abandonner pour un souvenir
chimerique l'histoire
du temps. Je n'ai fait tout
ce verbiage que pour remontrer
très-humblement
à ceux qui m'envoyent de
belles & longues avantures
Greques, Assyriennes ou
Latines, du temps de Cyrus
, d'Alexandre, ou des
Numa Pompilius, que je
mettrai indifféremment atii
rebut tous les vieux memoires
qu on m'enverra, a
moins qu'ils ne contiennent
des choses si éclarantes,
si vraisemblables& si
bien écrites,qu'elles puissent
passer pour des morceaux
perdus des plus respectables
auteurs de l'antiquité.
Les jours n'ont que
douze heures, & il est injuste
de s'imaginer qu'à
mon égard ils en ayent
trente six.
J'allois commencer le recit
de la féte des taureaux
dont je viens de parler,
lorsque la mauvaisehumeur
m'a pris à la vûë d'un paquet
si gros, que je croy
que les dix plus inutiles
hommes du Royaume ont
travaillé pendant dix ans à
le remplir des plus inutiles
remarques qu'on puisse faire
sur les anciens. Mais c'est
aiTez- gronder; revenons
maintenant à la fête dont
il est question.
Lugete, ô ventres cupidinefque,
Et quantum est hominum ve.
nustiorum. *
Les Ris & les Amours, /es(
Plaisirs & les Graces
-Ont perdu ce qu'en eux onviti
jadis de beau;
vDesogeisttes des Heros on ne plus de traces.
Attendris-toy, mortel,sipan
ici tupasses,
Et d'un torrent de pleurs ar--
rose leur tombeau.
Il n'y a plus de véritable
Chevalerie dans le mondeJt
il n'est plus d'Amadis, plus
de Renaud, plus de Rol-
*Carulle.
land, plus de Roger que
dans les Operas. Il n'est
plus de ces Héros qui alloient
aux extremitez de
la terre, pour rompre une
lance contre les Chevaliers
selons qui avoient l'outrecuidance
de ne pas donner
humblement à leurs Dames
le prix de la beauté. Les
Preux,en un mot, ne sont
plus maintenant que dans
l'histoire
; & si l'on veut
trouver encore quelques
vertiges de leur grand courage
, c'est chez les Mores,
c'est dans les climats
brûlans de la Lybie,& dans
les noirs Royaumes de la
blanche Candace, ou du
grand Negus, qu'il faut
aller chercher des restes
de leur ancienne vertu.
Enfin jevis un Jeudi, premier
jour de Septembre de
l'an milsept cent douze,
une fête de taureaux. Je fuis
sûr que le portrait que j'en
vais faire, avec toutes ses
circonstances, ne répondra
pointà l'idée qu'on a de ces
spectacles.
La pieté du Roy, & l'humanité
de la Reine avoient
depuis
depuis long-tems proscrit
pour jamais de leurs yeux
ces images sanglantes
; ôc
ce ne fut qu'aux sollicitations
du Connêtable & du
President de Castille, que
Leurs Majestez accorderent
au Duc de Paftrano la
permission de donner cette
fête hors de Madrid, à condition
que ce Duc leur.feroit
responsable des malheurs
qui pourroient y arriver.
Le village de Chanmartin,
qui est à une lieuë de
Madrid, fut choisi pour ce
spectacle. Au milieu de ce
village il y a une grande
place quarrée,autourdelaquelle
on avoit élevé des
amphitheatres à la hauteur
des maisons qui leur fervoient
dappui. Pour garantir
les spectateurs de Finsulte
des taureaux, on avoit
revêtu par tout le pied de
ces. amphitheatres d'une
cloison de planches de six
pieds de haut. Déssix heures
du matin tous ces échafauts
furent remplis de
monde. On avoir ménagé
les meilleurs endroits de
cette place pour des balcons
spacieux
, couverts,
trés-commodes, '& ornez
dedans 6c dehors de riches
tapisseries, pour placer
les personnes de distinction
qui devoient assister
à cette fête, qui commençavers
les huit heures:
mais ce commencement ne
fut qu'un amusement pour
le peuple, où l'on tua cependant
six ou ifcpt taureaux.
: Je ne vis point les exploits
du matin; c'étoit en effet
ce qu'il y avoir de moins
curieux à voir: mais après
avoir dîné à Madrid, je pris
un des carosses de M. le
Marquis de Bonnac, à qui
sa fanté ne permit point de
faire ce voyage, & avec
deux de mes amis je me
rendis à Chanmartin, dont
nous trouvâmes les environs
remplis de gens effrayez
, courans çà & là,
& tous prenans enfin le
cheminde la ville. Les cris
en même temps, ouplûtôt
les hurlemens que nous
entendîmes, nous donnerent
une furieuse alarme.
Nous crûmes que tous les
taureaux s'étaientéchapez;
& qu'ils faisoient un horrible
carnage des fpeé1:a..
teurs. Les funestes objets
qui dans l'instant se présenterent
à nos yeux, ne contribuerent
pas peu à nous
empêcher d'en - douter.
Nous vîmes emporter plasieurs
morts , & plus de
trente bJeÍfez, dont le fang
couloit de toutes parts,
avec une infinité de gens
dont les visages étoient affreux,
& les habits par lam
beauxacouverts de sang &,
de poussiere.Enfin, je rencontrai
un homme de ma
connoissance, à qui je demandai
d'où venoit ce desordre,
&si les combats
étoient finis. Ma foy, ditil,
ils le sont bien pôlrmoy,
êc je jure que je n'en veux
pas voir davantage d'aujourd'hui.
Il vient,continua-
til, d'arriver dans cet-1
te place le plusétrange malheur
du monde. La plus
haute maison de cevillage
qui s'élevoit d'environ six
pieds au dessus du plus
grand de ces échafauts, s'est -
trouvée si chargée de curieux
, que, malgré le poids
de l'amphitheatre qu'elle
soûtenoit, elle s'est éboulée
par en haut, & renversée
pardevant sur plus de cinq
cens personnes
,
dont il y
ena beaucoup de mortes,
& un nombre infini de blesfées.
Je ne sçai pas Ci après
cet accident il y aura une
fête
:
s'il y en a une,Dieu
vous la donne belle, pour
moy je retourne à Madrid.
Cette nouvelle ralentit
beaucoup l'ardeur que nous
avions pour cespectacle.
Cependant nous voulûmes
voir en passant les débris
de ce malheur. Nous trouvâmes
en effet cette mai--
son, avec les échafauts qu'-
elle étayoit, aussi bien culbutée
, que si fous ce terrain
on avoit fait loüer une
mine. Néanmoins nous remarquâmes
que tous ceux
qui n'avoient été que spectateurs
de cet accident ne
se remuoient pas, & qu'ils
attcndoient avec une constance
merveilleuse qu'on
satisfît leur curiosité pour
leur argent.
Nous fîmes le tour de la
lice, où nous trouvâmes
quantité de nos amis, qui
ne nous parlerent tranquilement,
que dela frayeur
qu'ilsavoient que cette
mauditeavanture ne joüât
unvilain tour à la fête.
Nous nous arrêtâmes enfin
à un amphitheatrequi n'avoit
aucune maisonà son
dos, ni à ses côtez. Trois
Dames Françoises de ma
connoissance y avoient sagement
pris leurs places;
j'y pris aussi la mienne avec
ma compagnie.
Tant de gens travaillerent
à reparer, ou plûtôt
4 cacher le desordre qu'avoit
fait la chûte de cette
maison, qu'en moins d'une
heure on
-
eut enlevé presque
tous les gravats & platras
qui avoient fort au loin écartéladragée.
Nous demeurions à bort
compte les bras croisez,
uniquement occupez à re..
garder comme defrancs
badauts
-
une vaste place,
où rien ne paroissoit, &où
,
pour comble d'affliction,
deux grands dlzopa;clls,
montez sur deux grandes
haquenées,vinrent annoncer
au peuple, le chapeau
bas, & la baguette blanche * à
la main, que de par le
-
Rojy
il n'y auroit point de combats.
Je m'étonne encore
qu'ils ayent pû se tirer de
la sans être lapidez, quelque
respect que les Espagnols
ayent pour leur Souverain
: mais il s'agissoit
d'une fête de taureaux.
On avoit par malheur
couru à Madrid pour ap-
* En Espagne tous Us gens de Justice portent
une grande baguette blanche à la main.
C'efl14 matous de leur autorité*
prendre cette nouvelle ai
Leurs Majestez, & l'on avoit
pris la peine de l'embellir
d'un millier de circonstances
, ausquelles lai
maison tombée n'avoit jamais
pensé. Bien plus, on
vint nous dire que toute la
ville commençoir à jurer
comme un chartier contre
cette malheureuse maison
qui avoit les reins rompus,
& qu'elle lui demandoit ri.
goureusement compte de
ses infortunez citoyens que
sa chûte lui avoit ravis.
Nous entendîmes tous
ces bruits en tremblant:
néanmoins nous prîmes notre
mal en patience, &
quelques verres de vin.
nous dedommagerent de
jeesalarmes, pendant que
le peuple crioit de son côté
comme un beau diable)
? Toros, toros.
1 Trois heures sonnerent
cependant,sans qu'il y eût
la moindre apparence de
*jfête, encore moins qu'on
voulut nous rendre nôtre
argent. Ceux qui l'avoient
à4; reçûétoientdéja bien loin, Í & nous aurionsenfin été
long-temps les acteurs te
l'assemblée, si Madame las
Duchesse de Frias,avec M..
le Connétable de Castilles
son époux, M. le Comtes
de Lemos, & plusieurs autres
Ducs ôc Duchesses, ne:
fussent arrivez. Leur presence
nous remit le coeur
au ventre, & on recria des
Ípilruôst belle, Toros, toros. Ausles
timbales & les
trompettes sonnerent. Le
Duc de l'Infantado envoya
la clef de la porte par où
les taureaux devoient entrer
sur le cltàmp de bataille,
& la fête commença.
Quistaliafando!
f Redoublez vôtre attention,
mon cher Ufleury ÔC
préparez-vous à donner des
larmes, ou du moins de la
pitie, au piteux récit des
plus pitoyables choses du
monde.
f Déjà la lice est parée de
plus de cent cinquante braves
champions, tous habillez
franchement comme
des ramoneurs. Les plus
magnifiquesd'entr'euxonc
des
souliersdecordeoude chamois-ylesautres,plu* h
c hamois ;
Ics autres ,
plus
modestes, ou plus indissecens,
sontnuds pids. La
moitié de ces heros est ar
mée de longues épées,de
coutelas ou d'hallebardes;
d'autres plus hardis ont ~ç~
petits dards de la longueur
du bras, ornez de papier,
peint & frisé, La pointe de
ces dards le termine en sorTs
me d'ancre, ou de langue,
de serpent. Et d'autres n'ont
pour armes que leurs petits
mcanhteauxinroires, seczs &.dé-:!
Tous ces athletes vont
être les tenans contre de
redouredoutables
animaux, que
: leur figure épouvantera
peutêtre autant que leurs
armes. Mais on ouvre la
,
barriere, & la siere contenance
d'un audacieux taureau,
qui fort avec impetuosité,
& qui fc presente
avec fureur, suspend déjà
tous les mouvemens de
cette multitude de spectateurs.
* Ses longsmugissemens font
-~ trembler le rivage,
Chacun avec horreur voit ce
monstre sauvage.
* Ricine Hyppolite.
*fil cherche des ennemis
dignes de sa colere; & semblable
à un torrent qui précipite
ses eaux du haut du-*,
ne montagne,& qui écarte,
eutraîne 6c détruit tout
ce qui s'oppose à son passage
,
il prend sa course aut
milieu de ces argonautes Jt
au travers desquelsainssi
que le tonnerre à travers;
la nuë, il se fraye un chemin,
donc son inrrepidiré:
éloigne toute cette chrême:
de Chevalerie,qu'il chasse:
devant lui, de même qu'uni
cmhienofaituunttoroupneausd.es
f Le macte * animo ** ne
manquepas; il va aussi bientôt
faire son effet. On sonne
alors un bruit de guerre
approchant de celui des
Menades & des Corybanthes
, pour réchauffer la
tiede vertu des Torreadores
: mais un dentr'eux,
homme de grande réputation
,dit on, animé de confusion
& de rage, avec un
visage pâle & jaune comme
* * cteft un terme Latin qui exprime ce
que nous encendons en François par le mot
de courage. ** Animo efl aussi Espagnol, & pgnifie
la même chose.
, w:
du saffran, se detache de la
troupe pour lui porter lu
premier coup. Il court droi
au taureau, son petit dan
à la main. Le taureau veu
l'embrocher: mais évitant
legerementde côreje mou
vement de cet animal, i
lui enfonce adroitemem
son dard dans la gorge
Passonsvîte auxcomparaisons
Messieurs,nous n'avons point
de temps à perdre. Rien n'ell
plus maintenant comparable
à sa fureur. Se sentans
blessé, on diroit que c'efl
un nouveau monstre, plus
redoutable mille fois que
ceux qui gardoient la Toison
d'or, que la Chimere
deBellerophon, que l'Hydre
deLerne, que le Centaure
d'Hercule, que le Minotaure
du Labyrinthe,
que le Dragon d'Apollon,
& que le Monstre de Perfaire
autant de victimes
qu'il est de combattans sur
l'arène :
il semble même
vouloir avec ses effroyables
cornes, ensanglanter le
champ de tout le fang des
spectateurs. Mais malgré
ces belles hyperboles, un
petit rrurmoulct
, avec un
semblable dard, lui fait
bientôtune semblable blesfure.
Untroisiéme,un quatriéme
en font autant; enfin
son corps en est bientôt
lardé,demême qu'un citron
de clous de gerofle.
Son fang se perd, il s'affoiblit,
il chancele, il tombe.
Alors ceux qui pendant sa
vie n'avoientosé le regarder
entre deux yeux, viennent
après sa mort lui plon.
ger dans les flancs leurs
épéesjusques aux gardes.
On amene ensuite en
cadence,au son desinstrumens,
trois mules caparaçonnée,
sde rouge pour traîner
cette victime hors de
la lice: maison ne leur laisse
pas la liberté d'en sortir gravement
comme elles y lont
entrées. Sitôt que le cadavre
est attaché à leur queuë,
tous ceux qui ont eu le plus
de part & de gloire à sa
mort, déchargent de bons
-
coups de bâtons sur les mules,
qu'ils congedient de la
forte au grand galop jusques
à la barriere.
Cette ceremonie achevée,
un autre taureau, plus
furieux, se presente à la
place du désunt. Dans le
moment qu'il entre, un
homme caché sur la porte
par oùilpasse,lui jette adroitement
sur le dos une petite
fleche d'acier, longue comme
le petit doigt,au bouc
de laquelle pend un grand
ruban couleur de feu. Cet
aiguillon le met dans une
furie inexprimable; tout
l'air retenait de ses effroyables
mugissemens; la douleur
l'emporte par tous les
endroits
endroits de la lice avec une
vîtesse qui menace à chaque
inftanc d'unemort prochaine
tousceux qui paroissent
les plus exposez à
sa rage. On n'entend que
des cris de frayeur que jette
le peuple épouvanté de la
crainte d'un malheur qui
n'arrive pas. Enfin dans le
temps qu'il paroît le plus
animé, un des plus intrepides
s'approche à six pieds
de lui, avec un manteau
noir, qu'il lui presente de
la main gauche, étendu sur
un bâton, qu'il avance le
plus qu'il peut sous la drpu
te,de laquelle il tient une
épée sort courte, qu'il croise
sur ce bâton. Le taureau
le regarde avec une attention
terrible
,
il bat la terrç
de ses pieds,& Ces flancs
de sa queuë ;il se racourcit
même,commepour rar
massertoutes ses forces*&ç
pour fc lancer sur, lui aveç
plusde vigueur. Cependant
on l'animeencore par des
injures& par des louanges
qu'ilsembleentendre :.TQ'to
cabron, lui dit-on, liente; torova- Vaillanttaureau,insame
teureau .,
L'animal ,qui avu longtemps
devant sesyeux ce
manteau étendu , qu'il
prend pour un homme,
& qui croit avoir pris ses
mesures bién justes, "-
lance aussitôt : mais il ne
trouve rien, & dans le moment
qu'il passe fous t'épauledroitedu
Torreador,
dela mêmemain il le perce
de son épée ,ou dans la
gorge, ou dans le ventre.
Jevous avouë quecegërtrè .; de combat ma fait Couvent
trembler pour ceux qui o*
soient ça courirles risques.
Le taureau passe si prés
d'eux,que c'est en ,veritë
une chose presqueincomr
prehensible que leur agilité
leur donne le tempsde7
chaper à sa fureur.Le cinquiéme
fut tué d'uncoup
d'épée dans le coeur, qu'il
reçut de cettemaniere Jugez
de l'adresse ôcde la
forcedecelui qui .le, lui
donna.Ccccecirconft^nce
du coeur est fort curieuse.
.P.¡'S que l'animal fut abattu
celui qui l'avoirtué Ce j£':tasurJuiavec un grand
coûteau,dont il lui ouvrit
leVentre,d'où illuiarrachale
coeur,qu'ilfut porter
sur une planche qu'il
mit à terreau dessous du
balcon de la Connétable.
Si la Reineyavoit été, cette
ceremonie se seriot faite au
dessous du sien.Ensuite avçc
le mêmecoûteau il détacha
le fiel, qu'il écrasa
;
puisil coupa le coeur par
morceaux, dont il mit la
piece d'honneur; dans un
beau mouchoir blanc, quil
donna au principal Officier
de la Dame, pour le prc-
~,
senter à sa maîtresse ,cmi
témoigna d'unsigne de tête
obligeant, qu'elleacceptoit
cepresentavecplaisir;
& sur lechampelle fit donner
une piecedequatre pis
rôlesau Torreador ,qui
partagea aussitôt avec ses
camarades lesautres,portions
du coeur, te tous, à
(on exemple, les mirent
dans leurs poches. Les mules
vinrent -
aprés avec la
même ceremonie que j'ai
déjàdite.Onlesamene ài
la mortde chaquetaureau,
pour le retirer de dessus la
place ainsije, n'en parlerai
pas davantage,-?tn*
Le sixiéme fut tué du
coup le plus adroit du monde.
Le taureau a, diton,
entre les deux cornes une
espece de petite couronne
large comme une piece
de trente fols. Cet endroit
est fort tendre & fort delicat.
Dés que celui-ci eut
montré son front menaçant
,un de ces Chevaliers,
qui navoit assurément fait pas là son apprentissage,
s'approcha avec uneagilité
admirable de ce fier animal,
que ces camaradesavoient
déja misen fureur; & sans
avoir d'autres armes à la
main qu'uneespece de gros
clou long de cinq ou six
pouces, & environ du poids
d'une livre, il l'enfonça di-
,
rectement, Ôc presque sans
aucun effort, dans le milieu
de çcttc -
couronne,mais
avectantde legereté & de
jufteflç , que le taureau
tombamort à ses pieds Il
fit bien de ne le pas manquer;
car s'ilavoit ejeémoins
adroit, l'un auroit bien pû
sur le champ être à la place
de l'autre.
Je fremis encore de peur
pour le Torreador qui entreprit
de tuer le sepsie'rne*,
& la posture où je le vis/ëc
ledanger qu'il courut nve*
pouvantent encore pour
lui. Il parut sur la lice avec
un pieux de bois,arméd'une
grosse pointe de fer longue
d'un pied: avec cet instrument
il allase placer au
boutdu milieu du champ
de bataille; & aprés avoir
mis ungenou à terre, appuyé
son pieuxcontre l'autre
,& pris ses mesures bien
justes, il attendit fierement
le plus redoutable taureau
quieut encore paru. Tous
les Torreadores lui firent
place, pour le laisser aller
d'un plein faut s'enfiler par
le milieu du front sur cette
pointe de fer
,
qui lui sortit
par l'épine du dos. Touté
rassemblée fit un cri épouvantable,
&chacun crut
que le taureau l'avoit écrasé
, sous sa chûte: mais un moment
aprés avoir assuré sa
victoire, il se montra. fain
& sauf, & triomphant sur.
la place. Tous les assistans
lui envoyerent mille benedictions
& mille applaudis-
Ifemens) qui furent acompagnez
de quelques pistoles
Issue le Duc de l'Infantado
lui fiedonneraii Le huitiémese battit à:'
merveille : mais ce qu'il y
eut de plus divertissant dans
ce combat, ce surle courage
d'un chien, qui, dés
le moment qu'il le vit en;,'
trer dans la carriere , courut
sur lui, le prit à la barbe,&
ne le quitta qu'à la
mort, malgré toutes les
courses impetueusesquele
taureau fit,tous les dards
qu'on lui jetta, & tous les
coups d'épée qu'il reçut.
Le douziéme,qui fut le
dernier & le plus méchant,
se battit à mon gré mieux
que tousles autres. Il en
coûta cher à unpauvre
diable de Torreador, dont
il le joüa pendant un gros
moment surla pointe de
ses cornes. Je ne sçai s'il enestmort.
J'oublioisàvous dire que
lorsque le taureau a renversé
un de ces bravesathletes,
s'il ne lui court fus d'abord
qu'il est relevé, on le
chasse comme un infâme:
ce qui arriva à un quidam
de la troupe. Il est iûr qu'à
cet égard, il y a une valeur
infinie parmi ces gens-là
;
je les croy aussi braves par
tout. J'ajoûte à cette omission,
que -
ces Meissieurs
vont à tous les balcons où
ils voyent des Dames bien
mises,qu'ilsleur,font une
humblereverence,en leur
demandant la permission
de lancer un dard au taureau
en leurhonneur. Cette
galanterienese refuse pas.
Quandilsont reüssi,ils reviennent
le presenter à la
Dame,àquiparreconnoissance,
il en coûte toûjours
quelques piastres.
, Il n'yeut pointde combat
àcheval
,
dont tout le
monde fut en vérité bien
fâché. Alors l'adresse, l'amour,
la valeur, l'éclat &
la magnificenceauroient
été de la partie,au lieu que
ces combats, donc les perilsne
furent point accompagnez
de l'espoir d'une
belle recompense
,
n'offrirent
à nos yeux que des
ruisseaux de sang , & que
demiserablesvictimes. Au..,
trefois une Reine , ou une Ibelle Princesseavoient toû-
[jours au moinsleur, por-*
trait enrichide diamans,
a donner àquelquevaleu-,
lC.eux, inconnu,quiseroit
rvcnu desextremitez de la
tterre sefaire couronner de
tmirthCt.!,& delaurier dans
>ces champs, où les beaux
yeux desa Déesse auroient
>éte les témoins du nombre
de ses victoires. Son échar-
[pe,ou, sesplumes, qu'il
auroi; reçues comme une
faveur signalée, douze ou
quinze ans auparavant,des
mains de son adorable,auroient
servi à le faire reconnoître
de la Princesse ou
de la Reine; elles auroient
roligi pâli,soûpiré,&
tremblé pour lui: mais l'amour
attentif à conserver
des jours si precieux, se seroit
rendu garant de son
triomphe. Enfin sorti vainqueur
de toutes ses courses,
après avoir fait mordre
lapoussiere autiers ôc
-
au quart, il se seroit acheminé
vers le balcon de la
Reine, qui lui auroit dit
en
£n se radoucissant : ATtm
ne doutons point, genereux
Chevalier,auxgrandesactions,
quevous, vene^ de faire, que
vous ne fôoyez, aumains, if/ù,
dusangdequelquegrand-Roy:
neanmoinsqui que vousfoyeK
recevez monportrait,qui n'est
assurémentpointd'un prixproportionné
à l'éclat de vosex - ploits.Ah, Madame, eût dit
le Chevalier, en se baissant
sur lesarçons, & enôtant
son casque,qui auroit donné
à ses beaux cheveux
blonds la liberté de s'étendre
a grands flots sur sa richetaille,
mimé dentos divinsregards
,quel mortelauroit
pû me disputer U viâoire
? Grands Dieux! auroit
dit la Reine un moment
avant de s'évanouir ,cefl
lui-même.Aussitôttoute rai:
semblée auroit battu des mains auroit CrIe,
malgré le bruit des timbales
& destrompettes ,
vive le Prince, vive le
Heros. Et chacun auroit
rcrourne à la maisonrempli
de l'image deces belles
choses. Mais nous nq
vîmes rien de toutcela ; je
croy même quel'usage de
ces fetesest entièrement
aboli en Espagne. Les Espagnols
en sont dans une
grandeconsternation.Au
reste, siellesy subsistoient
encore, Bi, qu'un mari ne
donnâtpas, ou n'eûtpas un
ecu a donner à sa femme
pour les voir, ellevendroit
jusqu'à la paillasse de son lit
pour avoir de l'argent, si
salaideur la reduisoità
cette extremité; & si elle
étoit jolie, elle ne seroit
point de façon de lui dire à
quel prix elle en trouveroit.
Je ne sçai pas encore,
Meilleurs & Mesdames, si
j'ai bien ou mal fait de vous
donner cette description à
la place d'une Historiette:
mais jesçai bien, sans vanité,
quecette lecture vaut
mieux que U vûe des dogues
de la porteS. Martin.
,
Passons maintenant, s'il
vous plaît , à d'autres articles;
sur toutchoisissonsles
meilleurs. Voici-heureusement
une Harangue courte
& d'un stile net & concis.
Elle m'a parubonne, & je
la donne pour telle, si
!
M. de Real étant arrivé à
Forcalquier le 19. Août 1714,
pour y prendre possession de
la Charge de Senechal, fut
reçû par les habirans sous les
armes,visité par MrsduClergé
,
de laNoblesse & du
Siege en Corps ,
& harangué
par les Consuls en chaperon.
Il fit presenter ses
lettres de provisions par son
Avocat le vingt à l'audience
publique.Ilyfutcomplimenté
par« l'Avocatdu
Roy, &ensuite par le Lieutenant
General. Il presida
à l'audience
, ôç prenant
sa place
,
il parla en ces
termes.
MESSIEURS,
LaJùfiice prononceront fil
vain des jugemens
,
sil'Epée
rien assuroit lexecution; (p'
l'Epéepourroit si porter à des
entreprises dangerehfis^ si la
Justice ne la conduisoit.
Les loix&les armes, dont
les emploisfontsi,differens,se
doivent donc un mutuel secours
;elles ont concouru èfior*
Isser les grands Empires,elles
concourentà (esfou"tenir
cet heureuxconcert assure 14
fortune des particuliers au dedans,
& rendl'Etat puissant
& redoutable au dehors.
Nous le voyons ce concert
sous un Roy, qui aprésavoir
portéauplus
haut
point l'art
deregner,semble en avoirfixé
les règles par lasuperiorité de
songénie, Elles sont invariablesdansceAfonarque,&
les
Princes les plus habiles dans la
ftitnct de gouvernerles hommesyfontceuxdont
la conduite
estmoins éloignée de lasienne
Le nom de Senechaln'est
,l,uere moins ancien que la Monachie.
Ilfaudroit, pour trouver
son origine,remonter,ou
peu s'en faut, jusques à celle,
du Trône. La France a eu des
Sénéchaux presquaussitot que
desRois. Ils étoient alors les
premiersOfficiers de la Massin
du Prince,ilsfontaujourd'hui
dans leurs Senechaussées
d'uncotéles chefs de lajustice,
& de l'autre, ceux de là Noblesse,
qu'ilsconduip-nt dans
- les ar*mées. Et pour dire quelque
chose qui nous soit plus
particulier, cette Provincefom
ses Comtes,avantquelleeût
passésous la domination de nos
Rois,
Rois, recevoir des loix de la
main des Senechaux. Leurs
fondions y font presèntement
les mêmes que celles des Sénéchaux
des autres Provinces du
Royaume. Je le remarque,four
rappellerpar la dignitéde ces'
fonctions l'idée des devoirs
ausquelselles engagentpour
m'exciterpar desigrands objets
à les remplir.
Je m'étoisproposé, Ades
sieurs, de vous marquer toute
lajoye que j'ai de me voir ajJis
parmi desi dignes Magistrats;
& je meflatois de le pouvoir
faire, parce qu"on croit .1.,
sûr des expressions quand on ne
consulte que sessentimens.
Quels peuvent être les miens,
instruit de votre habileté à
connoître lajustice, & de ¡.vôtre
intégrité à la rendre!
Mais ]"lenorois une partie
des engagemens ou je me trouve,
je ne m'y attendais ni à
une inflallationsiglorieuse,
ni à des demonstrations d'une
bienveillance si marquéé, qui
augmentantmasensibilité, rendentimpossibles
lestémoignages
d'une reconnoissance trop vive
pourpouvoir être exprimé,-e.
Ce n'ejl pas queje me livre
aux charmes flateurs des dis
cours que j'ai entendus. En
vain
la
bouche même qui prononce
les jugemens aparlé en
vain elle a applaudi à la voix
non feulement du peuple, mais
du Parquet: mon coeurse refuse
à des éloges qu'ilsouhaite
de meriter : mais il ne peutse
refuser à un accueil qui le prévient,&
qui en m'instruisant
m'encourage d'une maniere si
obligeante.
Que ne puis-je exprimer
tout ce que jeJens! Il ne manqueroitrien
à maJatisfaélion,
Adejpeurs, si je pouvoisvous
faireconnoître toute l'éétteenn.duuëe
dè mon zele pour cette Compagnie,
& de mon attachement
pour chacun des Magistrats
qui la composent : mais
essla fort de tous les mouvemens
extraordinaires de l'ame,
qu'ils manquent de fermespour
se produire & ne paroissent
tels qu'ils font que par le fiance.
Je ne sçai à quel Sçavant
je fuis redevable du
memoire qu'il vient de
m'envoyer:mais'je sçai bien
que cette piece est un excellent
extrait de la Morale
d'Epicure, avec desreflexions.
Nous avons enfin
reçû, dit-il,le livre que M.
Des C** a compoié pour -
justifier une Morale injustement
décriée, & nous
l'avons lu avec beaucoup
de plaisir. etestune lecture
fort propre à montrer le
peu d'équité de l'homme;
& en genèral on peut dire
qu'il n'y a guère de sujets
sur qui la bizarrerie de l'esprit
humain se soit plus
jouée, que sur le Philosophe
dont on voit ici la Morale.
Il disoit que la félicité de
l'homme consiste dans le
plaisir, il ne croyoit point
d'autre vie que celle-ci; &
quoy qu'il fit profession
d'admettre des Dieux, il ne
leur donnoit pas le foin de
punir, ou de recompenser
l'homme. Il n'en a point
salu davantage à un trèsgrand
nombre de gens,
pour assurer que c'étoit un
débauché qui ne conservoit
aucuneidée d'honneur, &:.
qui ne recommandoit à ses
disciples que de se plonger
dans les voluptez les plus
infâmes. Sa vie & Tes écrits
prêchoient pourtant le contraire
, & c'étoit de là qu'il
faloit prendre le jugement
qu'on portoit de lui: mais
au lieu de s'éclaircir par
cette voye direéte & légitime
sur cette question de
fait, on s'etf jette sur la
voye du raisonnement, &
on a dit: Ilfaut que cet hommi-
la, ait vécu & ait instruit
ses écoliers en Sardanapale,
puisqueses principes generaux
étoient impies. A quoy bon
ces raisonnemens dans une
question de fait? Ne valoitil
pas mieux consulter exactnent
ce qui nous reste
d'Epicure, & les témoignages
que les Auteurs desinteressez
ont rendus à sa
probité? Si on avoit suivi
ce chemin, on fût sorti bien
plûtôt de l'ignorance;car
depuis l'Apologie publiée
par M. Gassendi pour les
moeurs & pour la morale
de ce Philolophe, on est si
bien revenu de la vieille
préoccupation,que c'est à
presentune chose trop commune
que d'être Gassendisse
à cet égard. De forte
que ceux qui aiment a ne
suivre pas le torrent, commencent
a retourner aux
vieux préjugez. Tel est le
genie de l'homme; ceux
qui aiment davantage les
choses nouvelles, ne laissent
pas de prendre parti pour
les anciens,lor squils remarquent
que trop de gens critiquent
l'antiquité. Quand
je dis que le nombre des
esprits desabusez sur le fujec
d'Epicure fait le torrent, je
ne laisse pas de croire que
la cabale des supersticieux,
troupe de tout temps nombreuse
& incorrigible) est
encore sur l'ancien pied.
Aussi dit-on qu'elle n'eut
pas plutôt oui dire qu'on
vouloit faire imprimer la
Morale d'Epicure, qu'elle
enfremit,&qu'elle resolut
de s'oppolerau Privilege:
mais heureusement l'affaire
passa par les mains d'un
censeur de livres qui écouté
raison
,
& qui n'a pas un
Christianisme misantrope.
C'est de M. C. que je parle
, Docteur de Sorbonne,
& Chancelier de l'Univerliré
de Paris. Ila lû ce livre,
& lui ayant donné son Aplerobation
,
il a été cause
juil a étémis fous la presse.
luette approbation est bien
tournée, & ne donnera
point apparemment aucune
prise aux inquificeurs de
¡a foy.
Il nous donne ici, 10 la
morale d'Epicure en 41. maximes.
1. La lettre qu'il écrivie
à Menecée. 3 Vingthuit
maximes du même Epicure.
Et enfin la tractation
de ce que Diogcne Laërce
nous a laissé de la vie de ce
Philosophe. Toures ces maximes)
& la lettre à Menecée
sont éclaircies par de
judicieusesreflexions de
l'auteur, & dans lesquelles
oh trouvera non feulement
des exemples, maisaussi de
belles moralitez
,
&se supplément
de la morale chretienne
par tout où l'autre,
est defectueuse. Or comme
ces maximes étoient destinées
à former un sage, l'auteur
nous explique dés l'entrée
ce queles Philosophes
ont entendu par ce nom là
Personne n'a tant fait valoir
ce nom que les Stoïciens
:mais à force d'outrer
seurs idées, ils les ont ren-
JHUCS ridicules. Elles au-
D'oient été admirables, &
soeuc-être même dans la
derniere justesse, pour un
)OOffilue qui ne se seroit ferixi
de ion corps que comme
,nous nous servons d'un chewal
: mais elles ne sçauroient
convenir à unesprit qui dépend
du corps, comme
nous faisons par des loix
pquune force majeure à éta-
Chlies. Les idées d'Epicure
onc beaucoup plus proportionnées
à nôtre écat
; & de
illà vient qu'on juge qu'il
agissoit de bonne foy, M
que les autres n'étoient quoi
francs comediens. On leur
a fait tort en bien des chor- ses.«
On a imputéàEpicurmde
s'être vanté que dans le^\
Taureau de Phalaris il s'écrier
roit parmi l'âpreté du feu ::
Cela ne me regarde point, jc*s\
ne sens que du plaisir. Maiszi
l'auteur montre qu'il n'y M
nulle apparence qu'un Philofophe,
quiavançoit que les \i ens ne se pourvoient tromper,
pût mjtnucr qu'un desJiens lui \>
representât avec plaisir une
chose qui en effet étoit pleine
de douleur. Si Epicure avoit
parlé de la forte, ilferoit
tombé dans l'inconvénient
des Stoïques
, que l'on ne
sçauroit excuser d'un renversement
manifeste du
langage. Car pour parler
naturellement & de bonne
foy
,
ils devoient dire que
la brûlure ett une vive douleur,
& par consequent un
mal: mais que le fage le
supporteavec une telle constance,
qu'il en tire sa plus
grande gloire. Voila le tour
que les Chrétiens mêmes
doivent donner au supplice
d'un,Martyr, s'ils veulent
parler sans figuredeRhétorique.
Une autre chose
en quoy Epicure s est servi
d'une exprealon droire &
sîncere,c'est quand il a dit
que le plaisir cft un bien »
mais un bien de telle na- l
ture, qu'il faut le fuir, lors ]
qu'il ert capable de nous
attirer un plus grand mal.
Sur le même principe il die
aussi, qu'encore que la douleur
fait un mal,il faut la
preferer au plaisir, lors qu'-
elle peut être cause d'un
plus
[plusgrand bien. Ces maxitmcs
ne font nullement
contraires àlaveritableRe- [iligion.Ce qu'il dit en un au- treendroit,que lavertun'est
point aimable par ellemême
,mais à cause du plaisir
Iqui l'accompagne, semble
moins orthodoxe. Cependant
si on l'examine bien,
on le trouvera fort solide;
car il paroît impossiblequ'-
tun esprit puisse aimer la
sainteté, sans avoir en vue
la fatisfaétion qui en est inseparable
tôt ou tard&
ainsi on n'aime point la
vertu à cause d'elle-même,
mais à cause de ses effets.
Voici une autre maxime
de ce Philolophe) qui va
dans le sens des Casuistes
les plus rigides. Il veut que
son Sage n'ait seint de commerce
particulier avec unefemme
dont le commerce lui est défendu
par les loix ; qu'il nese
laisse point surprendre aux
charmes de l'amour ; qu'il ne
*se marie jamais ; & que l'amour
dese voir renaître dans
sa posterité ne l'occupepointé
Il arrive pourtant, éljoûte-til,
de certaines choses dans la
1
vie qui peuvent obliger le
V~c a cet engagement, &, lui
Vairesouhaiter des enfans. La
imaniere claire & distincte
dontil éclaircitailleurs son
sentiment sur la volupté &
sur les devoirs de l'homme,
fait qu'on ne peut bien comprendre
qu'il y ait eu des
gens assez hardis pour ap-
[puyer les calomnies quiont
tant couru contre lui. Le
fameux Gerson était si persuadé
de la justice de ces
bruits injurieux, qu'ayant
sçû le veritable caractere
d'Epicure, il se persuada
qu'il y avoit eu deux Philosophes
de ce nomlà, l'un
fort rage, & l'autre fort débauché.
On ne peut disconvenir
qu'Epicure n'ait un peu trop
confondu l'utilité avec la
justice : mais cela même
peut recevoir une Interpretation
favorable, comme
le montre l'auteur dans ses
éclaircissemens. Il est certain
qu'il est plus aisë de
faire l'apologie de ce Philofophe
du côté du coeur,
que du côtéde l'esprit; car I
quand on considere d'une
I part qu'il avoit beaucoup
rde genie, & que l'on se souvient
de l'autre qu'il a pû
croire que le monde s'etoit
produit par un concours
hazardeux d'atomes; que
nos raisonnemens & nos
idées ne sont que l'agitation
de quelques petits corpuscules
; que par exemple, le
mouvement en rond d'un
atome peut être l'idée vaste
& immense de l'infini; lX
que la matiere semouvant
par sa nature & de toute
éternité, nous étions néanmoins
parfaitement libres:
on ne sçauroit rien comprendre
dans un tour d'esprit
commeceluilà. Nous
ne donnerons pas pour une
preuve de son grand genie
la défense qu'il fait à son
Cage decomposer des panegyriques,
quoy qu'il lui
permette d'être auteur afin
de revivre après sa mort. Il
ne faloit qu'un jugement
mediocre pour prescrire
celle-là à un homme que
l'on dirigeoit à la sagesse,
à la verité à la frugalité,
ôc au dégagement de l'entretien
d'unefamille. Autrementlaconditioneûtpû
devenir dure & préjudiciable
; car un auteur chargé
d'enfans & de dettes feroit
xn quelque façon traité tyranniquement,
& pour sa
personne,&pour ceux qui
Jnui appartiennent, si on lui
interdisoit l'usage du panegyrique,
d'oùil luirevient
pquelquefois de beaux loüis
d'or. Il y a des gens qui se
rtmoquent de ceux qui paf-
)}{ent toute leur vie à tenir
uun Sonnet ou un Madrigal
tout prêt pour les mariages,
! les morts, les baptêmes,
& autres évenemens qui
concernent les familles favorites
& opulentes. Mais
M. Pelissona remarque depuis
long tempsdans sa
Preface sur les Oeuvres de
Sarrazin
, que ces Poëtes
ont leurs raisons. Cet homme,
dit-il, quevous blâmez a
trouvé peut-être que pour rétablirsa
fanté qui est ruinée,
pour Je défendre dela mauvase
fortune, porq le bien de
la famille dont il est l'appui,
illui estplus utile de travailler
à deschanfons qu'à des traitez
de Morale Ô* de Politique.
ùsflue. Si celaest, je le dirai
&hardiment, la Morale & la
Politique lui ordonnent ellesmêmes
defaire des chansons.
Rien n'est plus facile que de me surprendre. Quand
je me méfierois de toutes lès pieces de Poësie qu'on
m'envoye ;
quand je douterois
opiniatrément de
leur merite & de leur nouveauté
; & quand je consulterois
exactement tout
ce qu'il y a de gens de lettres
à Paris, pour ne pas
tomber dans l'inconvenient
Ifxle faire de mauvais choix,
ou de donner de vieilles
pieces, je ferois encore souvent
la dupe de mes précautions.
Il n'est point de pays où
la bonne foy soit plus mal
établie que dans celui des
sçavans. Prompts à condamner
tout ce quis'offre
à leurs yeux, & qui n'cil;
point sorti de leurs mains,
ils sont toujours plus contens
de la chûte
, que
du]
succés des ouvrages qu'ils
n'ont pas faits. Ce qu'on ap- pelle le belEJpritestdiviîe
à Paris par pelotons. Chaphue
peloton a la cabale formée
dans un endroit ou
ibdans un autre. Il n'y a point
ià. s'en dédire; dés qu'on
Ivveuc passer pour homme
de lettres, il faut être du
parti des Guelphes*ou des Gibelins.
A quoy.cela mene-
-it-il?A disputertoutau plus
sur le domaine**du pain&du
vjvin desCorde/iers.Il n'enétoit
* Ces deux partis mirentautrefois l'Italie
~» deux doigts de sa perte, La guerre {.Anglante
qui s'alluma entr'eux pour une bagt-
IhYell, a duré plusieurssiecles.
** Lisezdans l'histoire des ~Patres Nicolas
"\VY. Jean XXII & Nicolas V.lessuites terhx-
riblesqu'a eu cette question, si les Cordewhers
sontles maîtres du vin & du pain ^u'iU
Itlt'Cmangent.
pas tout à fait demêmeautrefois
;
s'il n'y avoit pas
plus d'union dans le fond
les effets de cette division
étoient du moins utiles ou
agreables à ceux qui en apprenoienc
des nouvelles.
Les pieces d'Eloquence ôc
de Poësie Paifoienr & re~
passoient les ponts & les
monts: M. Devizéprofîtoic
de ces manifestes, & le pu'
blicavoit la satisfaction de
s'endivertir. Aujourd'hui le
Mercure n'a pas le même
avantage ; chacun veut ,
faire imprimer à parc, &
.1
;ron conclut de quatre vers
qu'on a faits, qu'on en peut
(bien faire quatre autres,
fxte là un livre.
! Mais j'ai fait heureusement
une découverte qui
me rassure ; & si l'on me
tient parole,je n'apprehenbderai
plus désormais la disette
des pieces de Poesie
oùl'on m'a laissé jusqu'à
present. Les Muses qui
dont fait le plus de bruit
commencent à se reposer,
))& Phebus a de nouveaux élcves, dont les genies
[heureux nous flatent de
nous charmer aussi bien
qu'elles.
L'Academie donne tous
les deux ans un prix d'Eloquence
& de Poësie, & pretend
par là immortaliser un
homme tous les deux ans.
Le sujet du Poëme qui en a
remporté le dernier prix,est
la loüange du Roy à l'occasion
du nouveau Choeur
de NôtreDame, construit
par Loüis XIV. & promis
par Loüis XIII. Le prix est
un beau Groupe de bronze,
où l'on voit la Renommée
auprès de la Religion,&la
itieté appuyée sur un Genie.
Cette Ode na pas rem-
)cporré le prix de l'Acaderrmie,
mais elle l'a bien dif-*
icpucé. Ceux qui ont lû celle
qu'on dit l'avoir mérité
, ne
lieront pas fâchez de lire
ixelle-ci.
X>DEPRESENTEE àl'Academie Françoisepour
la distribution des Prix de
l'année 1714.
DU Roy des Rois la
;"; voix puissante-.
S'cft fait entendre dans ces
lieux.
L'or brille, la toile est vivante
Le marbre s'ani,me à mes
yeux.
Prêtressesde ce Sanctuaire,
La Paix, la Pieté sincere,
La Foy souveraine des Rois,
Du Trés-Hautfilles immortelles
,
Rassemblent en foule autour
d'elles
Les arts animez par leurs
voix.
O Vierges compagnes des
justes,
Je vois deux Heros * prosternez,
Dépoüiller leur bandeaux
au gustes,
Par vos mains tant de fois
ornez: Mais quelle puissace ce leste
Imprime sur leur front modeste
Cette supreme Majesté,
Terrible&sacrécaratlere,
Dans qui l'oeil étonné revere
Les traits de la Divinité. ë~
* CesdeuxStatuës th Louis'lll.& de
Loüis X1y. fontauxdeuxcotiZ. de l'Autil
L'un voua ces pompeux
.11(:- portiques,
Son fils vient de les élever.
O que de projetsheroïques
Seul il est digne d'achever!
C'est lui, c'est ce sage intrepide
Qui triomphe du fort perfide,
> Contre sa vertu conjuré,
Et deladiscorde étouffée *
Vient dresser un nouveau
trophée
Sur l'Autel qu'il a confacré.
* Z.t paix de l'Empereurfaite dans le
ümfJs que le Choeur de Nôtre-Dame a été
'.achevé.
Tel autrefois la Cité [ainref,
Vit le plus sagedes mortels
Du Dieu qu'enferma ion
enceinte
Dresser les superbes autels.
Sa main redoutable&cherie
Loin de sa paisible patrie
Ecartoit les troubles afreux,
Et son autorité tranquile
Sur un peuple à lui seuldocile
Faisoit luire des jours heureux.
O Toy, cher à nôtre memoire,
Puisque LOUIS te doit le
jour,
Descends du pur sein de la
gloire,
Des bons Rois immortel
séjour;
Revois ces rivages illustres
Où ton Fils depuis tant de
lustres
Porte ton sceptre dans ses
mains.
Reconnois le aux vertus ru..
prêmes
Qui ceignent de cent diadêmes
Son front respectable aux
humains.
Viens, l'heresieinsinuante,
Le duel armé par l'affront,
La revolte pâle & sanglante
Ici ne levent plusleur fronr.
Tu vis leur cohorteeffrenée,
De leur haleine empoifonnée
, Souffler leur rage sur tes lis:
Leurs dents, leurs fleches
-
sont brisées,
Et sur leurs têtesécrasées
Marche ton invincible Fils.
Viens fous cettevoûte nouvelle,
- De l'art ouvrage précieux;
Là brûle, allumé par son
zele,
L'encens que tu promis aux
Cieux.
Offre au Dieu que son coeur
revere
Ses voeux ardens, sa foy
sincere,
Humble tributde pieté.
Voila les dons quetu demandes;
Grand Dieu, ce font là les
offrandes
Quetu reçois dans ta bonté.
Les Rois sont les vives ima-
: ges
;Du Dieu qu'ilsdoivent honorer
;
.-Tous lui consacrent des
hommages,
Combien peu sçavent l'adorer?
Dans une offrande fastueuse
Souvent lepur epietué posnue
Au Ciel est un objet d'horreur:
Sur l'autel que l'orgüeillui
)~
dresse
Je vois une main vangeresse
Tracer l'arrêt desa fureur.
Heureux le Roy que la
Couronne
N'ébloüit point de sa splendeur;
Qui,fidele au Dieu qui la
donne,
Ose être
-
humble dans sa
grandeur;
Qui donnant aux Rois des
exemples,
Au Seigneur éleve des
Temples,
Des asiles aux malheureux;
Dont la clairvoyante justice
Démêle & confond l'arti-
1 sice
De l'hypocrite tenebreux.
Assiste avec lui sur le trône,
La sagesseest ion ferme appui:
Sisa fortune l'abandonne,
Le Seigneur est toûjours à
lui.
Ses vertus feront couronnées
D'une longue fuite d'années
Trop , courre encore à nos
souhaits,
Et l'abondance dans ses
villes
Fera germer ses dons fereJ:
tiles
Cüeillis par les mains de la
paix.
priere pour le Roy.

Toy qui formas LOUIS de
tes mains salutaires,
Pour augmenrer ra gloire,
& pour combler nos
voeux,
Grand Dieu, qu'il soit encor
l'appui de nos
neveux,
Comme il fut celui de nos
peres.
( Pourquoy me cherchezvous
querelle, Monsieur**?
Vous passez pour avoir une
étude polie par un grand
usage du beau monde, où
la fortune vousafait naître,
& où vôtre merite vous distingue.
Cependant vous
vous déchaînez contre moi,
comme si à chaque instant
je donnois des soufflets à
Ronsard. Vous ne m'avez
pourtant jamais vû, je ne
vousconnois pas, & a peine
sçavez-vous de quoy je fuis
capable. Vousaijeoffensé?
ai-je malparlé de vous?
Non:mais j'ai mis le tombeau
de Boileau dans un de
mes Journaux,&delà vous
concluez & publiez que le
Mercure est detestable, que
vous ne le voulez plus lire,
& qu'il n'y a point d'esprit
,.
bien fait qui ne soit oblige'
en conscience de le trouver
tout de travers, comme
vous. Je vous luis obligé de
vos suffrages
: mais si par
malheur vous jettez les yeux
sur celui ci, 6c si vous y lifez
la lettre que j'ai l'honneur
de vous écrire, vous
allez sans doute dire de moy
bien des belleschoses. Mes
transitions vont vous parois
~tretiréesaux cheveux3 mes
évenemens dérangez, mon
~iftileépuisé, &.Ines compa--,.
raisons ridicules.Mais je
lfcprendrai, s'il vous plaît,
cavec vous un des textes de>-„
.lia Preface de mon premier
livre, & en réponse je vous
bdirai de bonne foy, que je
n'ai jamais songé à vous
contenter, si vous êtesdu
nombre de ces gens quine
)Ife contentent jamais. J'exxaminerois
peut être davantage
avec vous le fondement
de vos murmures,
sije n'avois pas dics comptes
plus pressez à rendre au public.
On appelloit autrefois le
mois d'Octobre Equus, qui
veut dire cheval, parce que
ce mois étoit consacré au
Dieu Mars, & que chaque
année ,
les premiers jours
de ce mois, on lui immoloit
uncheval, fl fut ensuite
nommé OctobreparRomulus
, ou Numa Pompilius
: mais Tibere,àl'exemple
de Celar & d'Auguste,
voulut changer les noms;
;Ies mois qui suivoient ceux
qu'on avoit consacrez à la)
memoire deces Empereurs.
Tibere fit appeller Septemlore
de son nonl" Tibcrius,
:& Octobre Livius. De même
Domitien voulant s'enrôler
dans le Calendrier, appeller Septembre',
Germanicus, & Cdobre,
-Domitianus. Mais on l'eut à
eineassassiné, quele Sem.
at-sir casler non seulement
ons les Edits qu'on avoic
(publiez fous son Empire ,
rmais que son nom fut arraché
de tousles monu.-
mens où on l'avoit gravé
& que pour éteindre la me
moire d'un si méchant
homme
, on rendit à ces
mois les noms de Septem_
bre & d'Octobre, qu'ils por-A
toient avant que Tibere les
changeât Cependant quelque
temps aprés, le Senat
ordonna que ces mêmes
mois portaient les noms
ll''uunndd'A~n~toon~in<;&~l'al'uauttrree de p~
Faustine,qu'ils ont porte,
jusqu'à ce que les flateurs
qui environnoient l'Empereur
Commode, lui eurent
conseillé de changer le si-j
xieme
moderne mois, qu'on appel- aitjfuguftus,d'Auguste,
ihdc lui donner le sien de
Commode; à Septembre ceuluid'Hercule,
& à Octobre
sxelui d'Invincible, qu'il nomrama
enuiteMaistous ,sxes mois qui avoient été,
siant de fois changez, n'ont
conservé aucun des noms
qu'on leur a donnez
; &
malgré les Empereurs &
bles temps,ils ont toujours,
depuis Commode, porté
oies noms qu'ils avoient fous
sic regne d'Auguste. oaobre
eil donc le dixiéme mois
de l'année, dans lequel on
fait la vendange.C'est de
ce mois que Maynard a die
dans ses Epigrammes:
Ci gîtJean,qui baissoit les
yeux
A la rencontre des genssobres,
Etquiprioitsouvent.et Dieux
Que l'année eût plusieurs Octobres.
On dit proverbialement,
quandOctobre prend fin,
la Toussaintest le matin.
On l'appelleOdtobre, parce
que c'étotr le huitième Ii
mois, du Celendrier Romain.
Passons maintenant
aux nouvelles.
Le Prince Royal Electoral
de Saxe, fils unique du
Roy Auguste, arriva au
commencement du mois
dernier à Paris, aprèsavoir
voyagé en Italie& en Allemagne.
Vers la fin du même
mois ce Prince sur à
Fontainebleau, où il fut
presenté au Roy par Madame,
accompagné du Palatin
de Livonie & de plusieurs
autres Seigneurs. Ce
Prince fut charmé de l'accueil
qu'il reçut du Roy,
aussi bien que tous les Seiggnenursoqiuienlaccto.
mpa*
La Reine Dotiairiere de
Pologne arriva à Lyon le
8. du moisd'A. oûr aprësavoir
traverseune partie de
la Provence & tout le Dauphiné
dans un coche d'eau,
qu'on lui avoir préparé
pour lui épargner les fatigues
du voyage par terre.
Elle descendit à l'Archevêché.
Ason débarquement
M.le Maréchal de Villeroy
fut la complimenter. Il lui
donna la main jufqua fit
chaise à porteurs. Il futaccompagné
de M. l'Intendant
, &de M. lePrévôt
des Marchands, suivi de
tour le Corps des Echevins
,de Lyon, qui harangua
an/ïî Sa Majesté Polonoise
avant qu'elle débarquât.
Elle avoit avec ellela jeune
Princesse de Sobieski la petite
fille.Elle partit de Lyon
en litiere le 29. & la PrincesseSobieski
dans une autre
avec sa Gouvernance. Sa
Majesté Polonoise s'embarqua
à Roüanne sur la Loire,
(k fut accompagnée de
1 Cy
MleMaréchaldeVilleroy,
& de plus de trente carofses
, qui la suivirent plus
dune lieuë hors des portes
de la ville. Le 11. Septembre
elle arriva à Nevers,
où elle fut reçûë au brait
du canon par le Corps de
Ville en robe rouge, les habitant
étant fous les armes,
& elle en partit le it. pour
aller à Blois.
Il y a certains articles de
nouvelles où le precieux
langage du Journal de Verdu
n sepresente malgré moy
à mon imagination. En..
tr'autres (ur celles qu'il debité
de Vienne: * Onajoute
, dit-il, qu'ily étoit arrivé
des Commissairespoury recevoir
des remisés quelesBanquiers
de Hambourg & de
Hollande y ont faitfairepour
le service 1 du Roy .de Suede.
M. Hysteen, qui reside depuis
quelquetemps à Petri-Vuaradin
par ordre de Sa Majesté
Suedoise,doitfaire la destination
2. de cet argent : maisjufqua
ce quon ait avis de l'arrivée
de ce Prince sur les Etats
des Princes Chrétiens, on ap-
Ptgg a.7g.
prehendera toûjoursquequej
nouvel acroc de l'inconstante 5,
variété des Infideles
1 Que veut.il dire par ces!
mots de services, de faire
la destination2,, & d'acroc
de l'inconstante
3
variété,
&c. Parlet-il François ou
Allobroge ? & pourquoy
tient-il le même langage
par tout ? j Il est néanmoinsconfiant
que le départ du Roy de
Suede deDemir-Tcoa
efc
mandé detant d'endroits
differens,qu'on n'ose pref- j
queplus en douter. Les dernnieres
lettres de Vienne le
oconfirment,& ajoutent que
Jcc Prince traveriera ince.
Xgnito les Pays Héréditaires
bde l'Empereur) qui a donnné
ordre qu'on régalât par
IJ tout Sa Majesté Suedoile
,
& & qu'on lui donnât dans
, tous les lieux de son passage
des marques réelles d'une
amitié & d'une mreH'gcnce
parfaite. Le Comte de Villsek
étoit à la veille de partir
pour la Hongrie, afin d'y
recevoir ce Monarque de la part de l'Empereur, dont
une partie des équipagesa
pris depuis quelques jours
la route de Presbourg. Leil
départ de Sa Majeite Impériale
pour Presbourg eftj
fixé au 10. cependant elle
a ordonné à la Chancellerie
de la Cour de Hongrie de
disposerroute chose pour la
conclusion de la Diete, &
dassister au couronnement
de l'Impératrice en qualité
de Reine de Hongrie.
On écrit de Varsovie
,
que le z..
de ce mois le Roy
de Pologne fit la revûë de
ses Gardes à pied; que le
General Cyan marchera.
vers le Palatinat de Sandomir
avec lesGardes à cheval
, & qu'il se joindra aux
irroupes Saxonnes qui y
Sont,plus de huit millehommes
de la Noblesse de Pologne
étant déja. montez à
cheval. Le Roy fait accemscler
taures ses troupes ôc
Mon arcilleric; & nonobctanc
lla dicetre, qui est grande en
ce pays, & dans les Provinces
les plus fertiles du
Royaunle, il fait faire de
grands amas de fourrages d'avoines, de blez, , pour la
subsistance de son armée,
On dit qu'il a dessein de s';ï.
vanceràColmice, au deça.
de Steczica,afin d'y etre a
portéed'observer les def-i
feins de la Noblesse. Les
Dieres desPalatinatsMe
Malovie & de Kalisch se
font separées sans avoir pris
aucunes relolutions. Ainsi
on voie encore peu de disposition
au retablissement
d'une pafaite tranquilice
dans ce Royaume.
On mande de Madrid'
,
que le 17. du mois dernier
le Roy alla du Pardo à l'Eglise
de Notre-Dameà'Apocha
,
où le Te Deum fut
rlhanté en presence des
[Grands, qui s'y étoient renuus
pour rendre graces à
Oieu de la prise de Barce-
[one, & des heureux Succès
aie la guerre de Catalogne,
oiont on trouvera le détail
sclans la suite de ce Journal.
Les dernieres lettres de
ome portent qu'entraures
audiences confideraloles
que le Pape avoit donbiees,
malgré tes infirmitez
JIUl continuent toûjours,
Ambassadeur de Malthe
un avoit eu une de Sa Sainteté
, dans laquelle il lui,
avoit donné à connoître
que les Chevaliers de cec
Ordre prenoient ombrage
de l'armement naval des
Turcs, qui intrigue aussi
beaucoup les Venitiens. On
écrit de Venise,quel'équipage
du vaisseaul'Union?
arrivé de Smirne, a rapporté
que trois Bachas dë,
la petite Asie s'étant revoltez,
avoient mis 50. ou 60lj
mille hommes en campagne,
& qu'ils demandoienr
la tête du Grand Visir. Si
cette révolté iè confirme,
Utile donnera de l'occupa-
)üon au Divan, qui paroifooit
disposé à rompre avec
quelque puissance voisine;
point à cela qu'elle empêchera
l'arrivée des caravanes
de Perse à Smirne.
On écrit de Londres, que
3e Roy continue à faire de
grands changemens dans
res Charges. Celle de Capitaine
general des troupes
l'Ecosse a éré donnée au
Oui d'Argyle,avec le Gouvernement
du château d'Eilimbourg
,& celui de Porc
Mahon. Le Une de Montrosseaété
fait Secretaire
d'Etat pour l'Ecosse, à la
place du Comte de Maar.
Le Duc de Roxborough a
étéfait Garde du Sceau Privé
du même pays,àla place
du Duc d'Arhol. Le Marquisd'Annandale
a eu la
Charge de Chancelier que
possedoit le Comte de Fin->
later & de Seasiel. Le Duel
deSchrevvsbury a demana
se demettre de la Charge
de Grand Tresorier,& on
croit que la Tresorerie sera
i
administrée par cinq Commissaires.
Le Duc de Sommerset
merfet pretcndoit à la Char-
>gge de premier Gentilhomimc
de la Chambre:mais il
a accepté la Charge de
ggrand Ecuyer qu'on lui ofroit.
Milord Mariboroug
outre la Charge de Capitaine
général des forces
'B"Angleterre, a encore obtenu
celle de Colonel du
premier regiment des Garses,
& celle de grand Maître
de l'artillerie. Le Comte
tide Sunderland son gendre,
Hui a été fait Viceroy d'Irclande,
a ordre de partir au-
:<plûcôtJ pour aller prendre
possession de son Gouvernement.
Les lettres de Lisbonne
du 14. du mois dernier portent
qu'on y attendoit avec
impatience la flote du Bresil,
au devant de laquelle
on avoit envoyé quatre
vaisseaux de guerre, pour
la mettre à couvert des Corsaires
d'Alger & de Salé qui
font en mer.
Apres tant de nouvelles
generales, dont je croy
( qu'à l'exception d'un petit
nombre de zelez partisans
qu'elles ont) le public
fait aussi peu de cas que des
vers du Poëte sans fard,
nest ce pas dommage de
n'avoir pas au moins une
historiette à raconter? Oui:
mais ce n'est pas ma faute,
ôc j'ai tant d'autres choses à
mettre dans le Journal de
ce mois, que je n'ai ni le
ttemps d'en faire une, ni de
[place pour la mettre. Voila
deux assez mauvaises, raisons
pour se dispenser d'amuser
le lecteur. Vaillent
que vaillent, il faut pourtant
qu'elles passent. Cependant
j'apperçoy sur ma
table un paquet fermé
qu'on vient de m'apporter
Voyons ce qu'il contient.
Fort bien. Liions toujours.
JefuisyAlonjïeur, un vrai
Diego Lucifuge. Consolezvous,
Mesdames
,
voilaà
peu prés vôtre affaire. Continuons.
J'ai naturellement unpenchant
extraordinaire pour les
avanturesnocturnes.Jusqu'ici
cc t hommelà ne ressemble
pas m il à un voleur de nuit.
Mon nom & mafamille n'ont
rien à démêler avec le recit que
je vais vous f-Ittre.It que
m'importe?De grace,Mon-
:
sieur Lucifuge, laissez Il
'vos digressions,& achevez
vôtrehistoire.
Rien n'est plus extraordinaire
que la variétépresqueinfinie
d'évenemens,
que le sorta, pour ainsi
dire ,
fait naître fous mes
pas. Je vous en donnerai le
détail quand il vous plaira.
)Contentez-vous en attenbdant,
pour aujourd'hui, de
.Ua derniere de mes avantures.
Il y a environ six mois
que retournant parle bateau
de Melun à Paris, je
me trouvai par hazard auprés
de deux hommes,dont
l'un dit à l'autre: Toute la
provision que nous avions
faite est, grace à Dieu, consommée. Nous voila
bien guedez; dormons,
mon ami, aussi bien je croy
que cettenuit nous ne songerons
guere à nous reposer.
En effet ils s'endormirent
de leur côté, & moy
du mien. Vers les sept taures
du soir ils se reparlerent,
& j'entendisenfin qu'-
ils se disoient tout bas:Mais
si le Portier de l'Hôtel de*.
s'est enyvré aujourd'hui
comme à son ordinaire,
nous ne tenons rien. A te
direvrai, reprit l'un d'eux,
; je n'en serois pas fâché
,
&
: il faut que tu fois bien fou
pour exposer une si belle
femme à de si grands ris-
> ques. Je fuis inconstant 6c
fidele selon l'occasion:mais
amoureux à la rage, quand
je me mêle d'aimer. J'aime,
& malgré les excés dont je
suis capable,je ne voudrois
pas , comme toy, mettre
l'objet qui me seroit le plus
cher à une si terrible épreuve.
Bon, répondit l'autre,
tute moques,ton imagination
timide s'effraye d'une
bagatelle ; & de deux
choses l'une
, ou tu comprends
mal la facilité que
je trouve à exécuter ce que
j'entreprends, ou tu veux
retirer la parole que tu m'as
donnée de me servir de second
jusqu'a la fin de cette
avanture. Mais écoute. A
minuit juste elle sortira de
sa chambre sans faire de
bruit, elle montera au grenier,
mier, elle se fera une ceinture
de la corde qui sert à
monter le foin. Le portier,
pquienrage de ne pas avoir
illa clef de sa maison la nuit,
àôc qui m'a promis de me
rendre tous les services imaginables,
ladescendra doucement,
avec l'aide de la
pouliequi est au dessus de
bla fenêtre du grenier; je la
recevraidans mes bras, &
>je la mettrai dans un lieu si
secret, & si propreà sa lureté
, que tout m y réponhlra
d'elle. Mais longes tu,
reprit l'ami sage, aux suites
d'une affaire si dangereuse?
Quels discours ne va t-on
pas tenir ? Quels bruits ne
va-t-on pas répandre contre
cette malheureuse semme
? N'a t- elle pas un mari,
des parens àredouter?Voila
justement
,
dit l'autre en
colere
,
les bourreaux des
mains de qui je veux l'arracher.
En un mot veux tu
me seconder, ou non? Je
veux tout ce que tu voudras,
reprit le donneur d'avis
: mais j'ai mauvaise opinion
de tout ceci, & je lè-j
rai bien surpris si le succés
: répond à mon attente. -..
Je connoissois indifféremment
& la maison & la Dame
dont ces Messieurs venoient
de parler; j'etois
.: pourtant alors mediocrement
touché de sa beauté:
mais au dilcours de ces
inconnus, la bonne grace
avec laquelle il me parut
qu'elle donnoit dans l'avanture,
m'en rendit sur le
champ éperdûment amoureux.
-
Je conçus enfin le
dessein de leur enlever leur
proye, & toutes mes reflexions
faites, voici corame
je m'y pris.
Je devois en arrivantà
Paris souper avec deux Piemontois,
qui le lendemain
matin ctoient obligez de
s'embarquer dans la diligence
de Lyon pour retourner
dans leur pays. Dés
que je fus prés des Jesuites
de la rue saint Anroine, j'entrai
chez un loüeur de carosses
de remise,oùj'en pris
un, qui me mena chez un
Traiteur qui demeure au..
prés de l'Abbaye saint Germain.
C'étoit là où mes
ceux étrangers m'avoient
donne rendez-vous. Les
affaires qu'ils avoient à me
communiquer les avoient
dispensez d'inviter d'autre
tiers, ni de quarts à souper
avec eux Je leur abandonnai
plusieurs articles considerables
des choies dont il
étoit question entre nous,
en faveur de la partie qiïe
jt meditois
>
& dont je vouloisqu'ilsfussent
avec moy.
D'ailleurs j'étois sur d'eux,
& quoique je ne sois point
timide, je doutois moins
de leur courage que de
ma resolution. Cependant,
sans leur faire part
du dessein que j'avois sur la
Dùme dont il s'agissoit, je
leur dis que je comptois
qu'ils m'alloient rendre
dans une heure un service
d'où dépendoit tout le repos
de ma vie;qu'il y avoit
à deux cens pas de la maison
où nous soupions une
ruë que je leur nommai,&
qu'au coin de cette rué
deux hommes devoient def.
cendre de carosse pour se
mettre en embuscade dans
le voisinage
; qu'il n'était
en un mot question que
>
d'arriver dans ce quartierllà
avant eux, de les enveloper,
& de les saisir comme
des malfaiteurs au nom
de la justice & du Roy,dans
le moment qu'ils descendroient
de carosse que
rien enfin n'étoit plus facile
que cette proposition,pourveu
qu'elle fût executée
avec toute la diligence pof.
sible; qu'il faloit feulement
faire provision de cordes
pour les lier aprés les avoir
desarmez, les promener,
.& les laisser dans un quartier
perdu; que pendant le
temps qu'ils les retiendroient
,
jusqu'à ce qu'ils
les missent en liberté
,
j'aurois
le loisir de faire à mon
aise une autre affaire, dont
le secret étoit pour moy
d'une consequence infinie.
Nous fçavons trop , me
dirent-ils tous deux, jusqu'oùs'étendent
les droits
de l'amitié , pour vouloir
vous l'arracher, & nous
sommesprêts à faire aveuglément
tout ce qu'il vous
plaira exiger de nous. Partons,
leur dis je,mesamis,^
nous n'avons pas de temps
à perdre, ik contentez-vous
seulement d'apprendre que
les amans ne font point chiches
des momens qu'ils
consacrent à l'amour.
Il étoit environ onze
heures & demie lorsque
nous arrivâmes au gîte. Un
instant a prés nous entendîmes
un carosse qui venoit
au pas des. chevaux ;c'étoit
justement celui que nous
attendions. Dés qu'il fut
arrêté, & que les deux inconnus
en furentdescendus,
nous nous jettâmessur
eux à la faveur de la nuit,
nous les desarmâmes sansj
bruit, nous les fimes, re- J
monter dans le même caraiTe;
& un coquin de laquais
de l'un de mes Piemontois
, qui avoit une
grande épée,se plaça à côté
du cocher, à qui il dit de*
foüetter droit à la Bastille.!
Cependart j'atten d is cran..,
quilement qu'on fit joiieri
la. poulie, qui joüa enfin ài
minuit sonné. Je reçus la.
Dame dans mes bras, je laï
partai dans mon carosse, oib
mon valet m'attendoit, &'
je me fis mener auprès de
a Place des Victoires, où
demeure,aprés avoir eu
neanmoins la précaution de
saire arrêter mon cocher à
Ique)lqunes pa.s de ma mai- -î 0-110ln
-
Un instant après que la
Oame fut entréedans le
arosse, elle reconnut bien
que je n'étois point l'hom- *
ïie à quielle avoit donné
rendez-vous:mais commeilne
luiimpcr:ci: gue-re
~ntre les mains de qui elle
combât, & qu'elle auroit
nieux aimé aller en enfer
que retourner avec son masi,
elle ne me parut que
llmaéadiomcreémpenrt ialsarem.é.elde méprise.
Cependant des que nous
fûmes chez moy ,& qu'elle
y eut un peu repris ses espri.
ts,.je,lu.i .contai tout ce qui métoir arrivé1 avec mes
avanturiers du bateau.Mon
récit la fit rire, & elle m'avoua
, un momentaprés- "10 qu'elle n'étoitpointfâchée
ail fllCCCS Çjli'^vok eu leur
indiferetion
;
qu'au contraire
elle s'imaginoit être
beaucoup plus en fureté
chez moy ,
de qui personne
de sa famille n'avoit lieu de
seméfier; au lieu que les
premiers soupçons de ceux
Aui s'interessoient en elle
me manqueroient pas de
tomber sur l'un de ces deux
connus,que mes Piemon-
~ois venoient de laisser à demi
morts & à pied entre la
Place Royale & la Bastîlle.
3:11c me conta ensuite l'his-
Moire de sa desunion avec
son mari,ses emportemens,
Xes brutalitez, ses jalousies;
celle soûpira, pleura, gemit,
5& m'attendrit tout mon
~aoul. Je lui fis à mon tour
les plus belles protestations
du monde, je lui promis de
la servir, & de l'aimer jusqu'au
tombeau. Enfin elle
se déshabilla, se coucha ôc
dormit. J'eus l'honneur de
la délasser. Elle resta huit
jours chez moy , au bouc
desquels elle commença à
s'ennuyer: elle me dit quelle
étoit rebutée de la vie
qu'elle menait, & qu'elle
vouloir se retirer dans une
Communauté à quelques
lieuës d'ici, où elle eflj
maintenant en paix, en,
liesse & en santé, que
je
Iprie Dieu de lui conserver
long
-
temps.
Si quelques douzaines
d'avantures, à peu prés aulIi
originales que celle ci, font
de vôtregoût, assurez m'en
bdans vôtre premier Journal,
ôc vous verrez dans 'a
suite comme vous serez
servi.
Oui,Monsieur Diego Lu^
cifuge, j'ai lu avecpLiJîrcontre
manuscrit, & je n'y ai
rien trouvé quipuisse en empêcherl'impression.
MERCURE.
Quelle raison avez-vous,
Mademoiselle
, pour vouloir
me mettre ainsi à la
plus grande épreuve du
'- monde? Vous exigez de
moy une lettre tendre &
sçavante; je suis prêtà vous
en envoyer un cent sur tous
les sujetsqui se presenteront
à vôtre idée: mais vous ne
vous contentez pasdecette
offre, vous vous obstinez à
me forcer de vous en écrire
une dans mon Journal.
Il faut que vous soyez dégoûtée
de mes manuscrits,:
puisque vous me condamnez
à faire imprimer vôtre
capricaprice,
& que vous m'assurez
que cette complaisance
fera plus d'impression
sur vôtre coeur, que tout ce
que je vous ai écrit. Est-il
possible que je n'aye jamais
pû vous faire comprendre
àquoy vous m'exposez,&:
qu'ilfaille, pour ma justifi-,
cation, quej'entre avec
vous, en presence de tout
le monde, dans le détail
du ridicule de la plûpart
des lettres galantes ? Elles
sont ordinairement remplies
d'un galimatias perpetuel
,
de coeur, d'esprit, de
beauté, de delicatesse, de
transports,de charmes,de
soûpirs & de larmes, dont
-
le public n'a que faire.
Demandez, Mademoi-

selle, à M. & à Madame ;
de.s'ils ne voudroient pas
pour quelque chose de bon
ne s'êtrejamais avisez de
faire imprimer de pareilles
letties Je me serois birn
gardé moy- même de les4
imiter, pour m'en repentir, ;
si, outre les avantages que
vous avez sur toutes les belles
,
dont ils ont écrit galamment
les demandes &
les réponses , !
Etsimalgré le feu dontmon
coeurestépris,
un de mes Imprimeurs ne
m'avoit pas envoyé dire ce
matin qu'il lui rcitoic, au
milieu du Journal de ce
mois,huit pages à remplir.
Cet aveu, qui n'est guere
honnête, vous empêchera
du moins de vous vanter du
sacrifice que je vous fais. Je
ne vous déroberois pas ainsi
la moitié du plaisir dont
vousvousêtes flatée, en ¡p.,
rachant de moy une promesse
imprudente, sije ne-
* AhibUAts, Tragtdit. Ctfiftton.
tois persùadé, quoique jëJ
vous aime autant que vous
voulez être aimée, que votre
conquête ne fait pas afsez
d'honneur à vôtre esprit.
- Vous me demandez encore
des vers; je n'en ai
point de tendres à vous en- !
voyer: mais j'endécouvre
i heureusement sur ma table
une piece qui ira à merveille
dans une lettre galante.
Vous aimez les con- certs,contentez vous,™#* ,
en allezvoir unflotant augréi
de l'eau. Ces vers ont éré
presentezauRoypar le i
Sieur du Perrier le 7. de ce
mois,au fujjpc de la musï-f
que que Sa Majesté donna
ce même jour sur le Canal
de Fontainebleau.
JQnel cortege brillant ! quelle
foule nombreuse! GrandRoy, jamais la CotIr ne
parut plus pompeuse,
Et jamais nul concert flotant.
- - au gré de l'eau
N'offrit à nos regards de specracle
si beau.
L'ardeur qu'on a de voir tant
de magnificence,
De Princes étrangers attireune
affluence;
Et ces Heros suivant leurinclination,
Joignent à nos respects leur
1
admiration.
Charmez que ta douceur ail
terminéla guerre,
Ils ontvolé vers toy pour joui]
de la paix.
Grand Roy, qu'elle dure àjamais
,
Et que le reste de la terre
Ne parle plus que des bienfaits
Dont tu vas combler tessujets PRIERE,
Ciel! maître des destinées,
Prête à LOUIS ton secours,
Et pour prolonger ses jours,
Rerranche de nos années.
Je suis,Mademoiselle
vôtre, &c. - Rendons maintenant, s"
vous plaît, Meilleurs, la co
versation generale. 1
Extraitd'un Discoursprononh;
cépar le R. P. Feuilletan,
h' Supérieur des Barnabites
à la Profession de Dom
Marc-RenéDubuisson de
la Brunelkre
, parent de
!•:
M.d'Argenson.
»
Imitez dans l'état (ainr
fRue vous allez embrasser le
grand Magistrat à qui vous
avez l'honneur d'apparteilir)&
quivous tient icilieu
ele pere;si zélé pour le serricc
du Roy dans la Police,
n refpç&é dans le monde
par son autorité, sa fermeté
& son zele; temperé par sa
sagesse
,
& son attention
pour le bien public,& le bon
ordre qu'il fait regner par
tour;si fidele à Dieu par une
pieté fage & éclairée, par
des foins infatigables pour
les pauvres, qu'il foulage en
tant de manieres;par tantde
vertus qui édifient l'Eglise,.;
pour l'avantage des Eglises;
même, qu'il repare par tout
dés qu'il en connoît les besoins
, & qui s'étendront
peut-être jusques sur la nô*;
tre par sa charité.
Je
|« Je ne crains point qu'on
r me sçachemauvais gré d'avoir
dittcre jusqu'à present à parler
idu Testament du Roy,que SaMajesté envoyail y a deux tmois à son Parlement. C'est
tucnrû dépost sacré auquel j'ay
ne devoir point toucher;
LÔ<: dont je me gardcrois bien
r' cncore d'approcher une main
(profane ,si jen'avois pas reçu
^depuis peu la copie d'une
I Lettre que Monsieur le Proicurêur
General du Parlement
[>de Paris a écrit sur ce sujet.
De n'apprehende point d'en
qparler après luy. En voicy
la su bitance.
Nous vous apportons, Mef
si:urs)un Edit du Roy, un
pnquet enchère, & une Lettre
de cachet; le Roy par son
Elit ordonne ledépôt feur,
& fecrec dudit piquet,sur lequel
elt écrit de sa propre
mJ1nI: C,cyep,,rioflre T\fia. mentA
SSiiggnné é, Lou i s.
! , 1 DdiS son Testament le
Roy nomme un Conseil de
R ^mee, & dispose de rou-
Ces les volontez à cet égard.
Nous ne pouvons allez admirer
le courage & la bonré
dduuRoy,qui, dans un âg
avancé, & par une fuite naturelle
de la fermeté qu'il
-
marque dans toutes les a£hons
de sa vie, envisage sans fraïeur lemoment fatal de la mort,
& sain de son esprit, vient de
consummer un ouvrage qui
inspire de la crainte à tous les
hommes, pourassurer la Couronne
à Ion arrière petit fils,
le repos & la tranquillitéde
son Etat
,
& le bonheur de
{es 6Jelcs Su jets ; il veut bien
nousen rendre depositaire,en
nous honorant toujours de la
iremeconfiance qa'il nous a
i inarqué dans tous les temps;
heureux, si le Ciel par une
grace particulière daigne rendre
toutes Les sages précautions
du Roy inutiles en luy
çonservant ses jours,du moins
jusqu'au temps de lamajorité
de son arriéré petit 6!s les
étendant même au delà des
bornes ordinaires. Nous ne
doutons pas qu'après l'enregistrementdudit
Edit , & le
dépôt dudit Testament
,
la
Cour ne rende au Roy dej
tres humbles actions de graces
de sa bonté & de sa confiance
particulière pour son
Parlement.
Les conclusions de Monsieur
le Procureur General
tendent à ce qu'il y ait un lieu
particulier au Greffe de laCour
pour le dépôt dudit Testament
,
lequel fera fermé de
trois clefs, dont l'une fera
mise
,
entre les mains deMessire
Jean- Antoine de McCmcs,
Premier Président ;la seconde
entre les mains de luy Procureur
General du Roy; & la
troisiéme entre les mains de
Nicolas Dongois, Greffier en
chef de la Cour; procés-verbal
préalablement dressé de
l'étatdudit lieu, & detoutce
quise passera lors dudit dépôt
pardevant le Premier Président
& moy Procureur General
du Roy.
-,
L'Editporte en fubflance
que le Roy ayant eu la douleur
de perdre presque dans
l<?meme temps ses siss & petits
fils qui étoient son esperance
& celle de son peuple,
il voit sa Couronne devoluë
de plein droit à M. le Dauphin
son arriere petit-fils qui
est encore dans un âge trestendre
; & comme il craint
d'estre prevenu par ce moment
fatal, il souhaite par
une sage prévoyance prescrire
toutes les mesures qu'il
conviendra alors prendre
pour affermir la Couronne à
son arriere petit fils& maintenir
en même temps latranquillité
de son Royaume, il a
fait son Testament fufcrit de
ta main
,
dans lequel il declarc
sa volonté pour la Regencc
& son Conseil; il défend de
l'ouvrir pourquelques causes
& prétexte que ce foie, avanc
son decés, & veut après iccluy
que les Princes de sonsang
& les Pairs du Royaume se
tendent à son Parlement ,&
que toutes les Chambres assemblées
il soit fait ouverture
de son Testament, pour estre
ensuite par la Regence envoyé
des Duplicata duditTestament
aux autres Parlements
du Royaume.
Je croy qu'à la suite de
cette Lettre de Monsieur le
Procureur General, rien ne
convient mieux qu'une Ode
Anacréontique que M. de la
Monnoye de l' AcadémieFrançoise
a faite pour Madame la
Procureuse Generale qui venoit
d'accoucher d'un fils,&
qui avoit esté un peu auparavant
maltraitée de la petite
verole.
0DE.
Amour étant sur lesein de
Venus
&Agefilas ruit l'Epcuse
n'a guere, Et luy trouvant des graces
tant~&plus
Vola vers eUe, en disant
c'estmamere.
Piquée au vif, la Reine de
Cithere
Voulut d'abord frapper le
deserteur,
Luy prompt se sauve aux
cheveux de la belle,
Lasetapit, Vtmts entre en
fureur,
Et nepouvant fouffrirqu**
unemortelle
Ose luyfaireun fifanglant
affront,
Luy faute aux yeux dans
l'excès de sa rage,
Et luy portant les ongles
au visage,
Lui defigure & lajoué&
lefront,
Nyplusny moins qu'aprés
un grand orage, Dans un parterre on voit
roses~& lys
En maint endroitsparla
grelle meurtris.
Le pauvre amour cause de
cet outrage,
Menaitgrand demi , perçoit
l'air dejès cris ;
Mais quand Venus aprés
ce bel ouvrage
S'enfûtpartie, &qu'il vit
le ravage
Quelle avoit fait, ce fut
encore pis.
Saisi d'horreurdel'affreuse
vengeance, Il en frémit, bien avisé
pourtant, Pas ne s'en tint à longue
doleance,
Mû de pitié, l'officieux
enfant
Prés de la Dame use de
doux langage
La rafraîchit du , vent de
son plumage,
D'un doigt leger en guisè
de pinceau
Il applanit les silions dela
teau,
Puisappellantpar un dcrnier
remede
Lespetits Dieuxsesfreres
àson aide,
Artistementles niche dans
les trous
Qj£a<voiîcreufez^ la Déesse
en courroux.
Qui le croiroit ! ô curesans
pareille ?
L'aimable Epouse aux
yeux deJort Epoux
Plus que jamais parut
fraîche & vermeille
Et , pour surcroît de bon*
heur mit aujour
Un bel enfant tout fem"
bUble à l'Amour.
Lesvoyagesnecoufenc
Les voyages ne courent
rien à un homme qui en a
fait, &quiensçait faire,il
n'y a qu 'un pas pour luy du
Mont Parnasseaux Monts Pyrenées
Les Geographesn'en
conviendront pas;cependant
envoicy la preuve.
Extrait d'une Lettre de Bayonne
du 19.Septembre.
DonaMaria A*i<re\a âgtc
de99. ans estmorteces jourscy
auservice de la Reine
Dliïnriered'Elpagne,auCaftel
de Lozaque
,
proche de
Bayonne: c'estune maison
qui appartient ausieur Lopés
des Hcureaux
,
LieutenantGenTal
,
Civil & Criminel de
Bayonne
,
où la Reine~Doüiriered'Espagneva
passertous
les Esté. Cette Dona Maria
jinr-U a estéaussi au service
de l'Infante Marie- Therese
d'Espagne
,
& de Madame
L ü le Rjnc d'Espagne au ssi.
La Ronc D»ihinere d'Espagne
a donne une magnifique
fUte à Bayonne à i'âiiL
vée d: M. le Marquis de Villa
Garcia, Envoyé du Royd'Espagne
, pour luy faire part de
son mariage. Il y a eu pendant
huit jours des bals, table ouverre
& superbe, chasles, jeu,
& toutes fortes de plaisirs
; le
Palais étoit éclairé dedans &
dehors de bougies& de flam
beaux durant cîledit temps,
avec des fauves de boires & de
toute l'artillerie. La Musique
n'y a pas été épargnée.M. le
Cardinal dcl Judicé venant de
Paris y ossista,aussî bien que
le prince Pio venant de Madrid,
& tAmbaHadeur& Ambulludncç
bassadrice de Portugal, M. le
Comte de Liveria, à tous lesquels
Sa Majesté Doüatiere
a fait des presens magnifiques
en pierreries, & tabatières
d'or enrichies de diamans.
Le fonds de cette nouvelle
a tant de rapport avec celle
quila prccedc,que la date seule
des lieux en peut faire la difference.
L'une traite de la réception
distinguée que la Reine
Doiuiriered'Espagne a faite
au Marquis de Villa Garcia
Envoyé du Roy, pour luy
faire part de son Mariage avec
la Princesse deParme,&cellecy
des magnifiques Ceremow
nies de ce Mariage.
A Parme.
Le7. de ce mois après t'ar-'
rivéed'un Courrier d'Espagne j
qui apporca à la Princesse le
Portrair du Roy dEspagne
,
avec un nouveau present de
Ex mslle pistoles pour les épingles,
& la nouvelle de l'ordre
envoyé à la Flore pour se ren-
- dre à Sestri
, on prit le jour
du 15. pour l'entrée solemnelleduCardinal
Gozzadini, Legat,
celuy du 16 pour la sonclsèiosndu
Mariage; le 17. pour
vifires de congé du Caridinal;
leiS. pour ion départ,
i& le
1 9pour celuy de la Reitne.
Le Cardinal Légat partie
[le 14. desconfins du Bolonais,
& se rendit le soir dans ceux
ide l'Etatde Parmesans s'arlrcflcràceluy
de Modcne. Il
:logea dans deux mai fons de
•campagne J
qu'on luy ,avoie
[magnifiquement pre parées. Le
lendemain ij. il commua son
voyige ,
& fut receu par le
Duc de Parme à trois mille
de la Ville,&Iaiflé à dîner
dans la Chartreuse
,
où tout
estoit aussi préparé par ordrè
du Prince. L'apresdinéeil se
rendit,& s'arresta à cent pas
des portes de la Ville, ou il
trouva une Chapelle, & un
appartement dressez,afin de
semettre dans ses grands habits
de Cérémonie
,
qu'on
appelle
,
Cappa magna., donner lieu à son Equipage,
& à sa suite qui est de cinq
cent persannes
,
de se mettre
en état pour la Cavalcade
* laquelle se fie dans cet ordre.
Quatre Courriers du Duc
deParme, ses Trompettes,
un Officier de ses Gardes du
Corps à la teste d'un détachement
des Gardes ;le Maréchal
deLogis du Cardinal Légat ,
ses Trompettes vingt- quatre
Mulets chargez de son bagage;
sa Liriere; son Maistre
d'écuriesaChaiseàPorteurs;
le Maistre de sa Garderobe
avec un Valec de chambre
,
& sa valise5les Domestiques
des Evèques
, & des Prelats
qui accompagnoient le Cardinal;
ses Aumôniers
,
ses
Geatilhommes;& ses Domestiques
deux à deux; soixante
GenulbommGS, ou personnes
de qualité
, qui accompagnoient
le Cardinal ,un à un;
mais chacun entre deux Gensihommes
de la Chambre dlf
DucdeParme, tousenhabits
de manteau de tres riches
étosses,&garnis de dentelles
d'or, d'argent
, ou de foye
noire; le Clergé & le Chapitre
; les Hu,lIi.rC\ portant leurs
Masses
;
le Maitre des Cérémonies
du Pape. La Croix de
la Légation ,douze Pages du
Cardina l; seize EtLriers,&:
Palefreniers à pied, & ceux
des Genlhrommes de sa fuire,
& de son accompagnement
aunombre detroiscent. Au
Pont- Levisde IdVilicleD-aîs
de brocard. d'argent
,
porté
par
-
huit Genrilhommes J, qu'on appelle les anciens de la
Ville , fous lequel il fut rcceii
&entra dans la Ville en compagnie
du Cardinal Acquaviva
, & du Duc de Parme, très
superbementvêtu &monté;
ensuire du Dais trente-six Pages
du Duc de Parme ;
six
vingt de ses Gens de livrer,
les Maistres de Chambre; le
Grand Ecuyer du Duc de
Parme ; ses Ecuyers; ceux
des Cardinaux;desEvêqnes;
desPrélats;& les Magistrats
de la Ville. Le restedes Gardes
ferma la Cavalcade, après
laquelle vtnoicnt le Carosse
du Corps de la Princesse:
appellé déjà celuy , de la Reine,
celuy du Corps du Cardinal
Légat; celuy du Cardinal
Acquaviva ,celuy du Duc de
Parme,& celuy du Prince de
Parme. Vingr cinq Carosses
du Cortege noble du Cardi-!
nal Legat,composé de Gentilhomme
de Bologne, & de
FEtac de l Eglisequatie Carosses
du Cortège noble du;
Cardinal Acquaviva,quarante-
huit carofles de celuy du
Duc de Parme, quatre de
celuy du Prince de Parme,
six carofles du Cardinal Legat
pour ses Domestiques
,
deux
pour ceux du Cardinal Acquaviva
,
dix huit du Duc de Parme
pour ses Officiers & trois
du Prince pour les siens.
De la Porte par où on entra
dans laVilleJla Cavalcade
se fit par la grande &
magnifique rue, appellée de
Saint Michel
, toute bordée
àplufieurs rangsde Troupes,
autant de la Garnison
, que
des Milices ,tous en rubic. :uniforme. outre la Cavalerie
du Duc de Parme,& de l'Etat
composée de Gentilhommes,
& autres personnes vivans
noblement
,
& obligez de
monter à Cheval aux ordres
du Prince.
On d:fccnctir à la Cathedrale,
& delà le Cardinal Legat
fut mené & logéen
Cour. Ceux de sa suite, qui
,
n'y purent loger,furent distribucz
dans le magnifique dc\
vaste College des nobles, & t') dans dix Palais du voisinage.
Outre les tables de la Cour -on en a fait servir cinq dans
le College
, pour différentes.
conditions de personnes
dont celle des Estasiers étoit,
de trois cent trente couverts.
Le lendemain16. on se..
rendit à la Cathédrale
,
qui
Jétaie toute renduë au dehors
xies plus riches, & plus précieuses
tapisseries de la Maison
de Parme, & par le dedans
de damas, & de velours
galonnez d'or, avec une
~linfimté d'autres damas
, &
D'autres étoffesfigurées en
Heurs
, en feüillages
,
& en
D'autres formes tres -
induf-
~nrieufes, & qui formoient un
~Bes plus agréables parterres
qu'on ait encore veu .)en couvrant
de cette maniere tout le
,
ciel ou le plafond de l'Eglise.
On avoir ôté du Choeur tous
les sieges des Chanoines, dressé
un Autel par le dedans derriere
le grand Autel, & un
~Thône Royal au milieu du
Choeur, du coté duquel la
Princesse s'approcha del'Hôtel
àl'heure de la Cérémonie
du mariage,laquellefutfaite
par le Cardinal Gozzadini à
~l'Offertoire de laMesse
,
qu'il
chanta luy-même, & le Duc
de Parme l'ayant épousée
comme Procureur du
,
Roy
d'Espagne
,
la mena sur le
SThiônc
,
& s'y plaça aussi
comme ayant l honneur de repre
senter Sa MajestéCat holique.
[ Cette grande & auguste
fonction sur annoncée à toute
la Ville par la décharge des
Troupes
,
des Milices
,
de la
Cavalerie, &de l'artillerie de
1 la Ville, & de la Forteresse;&
ce jour-là, & les deux suiavants
ont esté celebrez avec
tour ce que la joye & la magnificence
peuvent inventer,

& former de plus nouveau &
jde plus éclatant, dans un
tems incomparablement plus
long, que celuy qu'on a eu
pour une solemnité de cette
nature& de cette consequence
,
la Noblesse & le Peuple^
s'estant surpassez à l'imitation
de leur Prince, pour luy marquer
leur zele ,faire leur cour
à la Reine d'Espagne
,
& témoigner
au Roy Catholique
une reconnoissance infinie de
l'honneur qu 'il a fait à la Maison
Farnese.
Outreles compliments fait.
à la Reine par la Ville de Parme,
celle de Plaisance luy a
eennvvooyyéé, ,uuneneAAmmbba!aff~fdideeddoc
1
douze des principaux Seigneurs.
AParme le 17. Septembre.
Samedy après midy 15.de
ce mois le Cardinal Gozzadini
Legat
f
de Sa Sainteté fit
son entrée publique en cette
Ville
,
les Princes & le Cardinal
Acquaviva furent à sa
rencontre, ilyavoit avec luy
beaucoup de Noblesse &un
grand nombre de Domestiques
tous vestus de riches &
magnifiques livrées, il estoit
accompagné des Gardes du
Corps,les Gr enadiersestoient
difpolczdans-ks places & tInfanterie
dans les avenuës du
Cours pour empêcher le desordre
: il estoit precedé du
Clergé
, cette Ceremonie
commença & finit sans le
moindre desordre & aux applaudissements
de tout le
monde.
La Reinevoulut lavoir &
pour cet effet Elle se rendit
avec la Princesse la mere & la
Princesse Isabelle, au Palais
du Prince Antoine quiest dans
le Cours. A peine le Legat
efloie il passé fous le Daisavec
le Cardinal Acquaviva,.~cftinc
tousdeux entre le Duc de Parme,&
lePrinceAntoinevêtus
d'un brocard d'or des plus
beaux & des plus riches,
I qu'Elledescendit avecles Princesses
par une porte secrete
pour se trouver au Palais à l'arrivée
du Legat, là
,
voulant
prendre la derniere placeainsi
qu'Elle avoit accoutumée de
faire, la Princesse sa mere la
luy ceda:l & se dans la
seconde
,
& la PrincesseIsabelle
dans la derniere : cette
nuit mêmeElle receut le Legat
sousleThrône&passaensuite
dansunappartement Royal:
on fit les visites qui durerent
jusqu'à quatre heures pour
donner lieu à l'une & à l'autre
Noblesse aussi bien qu'aux
Etrangers d'aller aux Opera.
Dimanche matin 16. du
courant, les Grenadiers, l'Infanterie,
les Compagnies des
Gardes du Corps à cheval,
les Archers,& la Garde Suisse
furent dans le même ordreque
le jour precedent &paré dans
les mêmes endroits. On alla
entendre la Messe au Dôme
qui paroissoit un Ciel par sa
grandeur, par les belles peinturcs
du Corregge & par les
emblêmes qu'on y avoir mis.
La Reine étoit sous un ~Thiône,
ayant à sa main droite le
Duc de Parme qui representoit
le Roy d'Espagne. La
Princesse mcre de la Reine &
le CardinalAcquaviva étoient
dans des fauteüils hors du
Thrône: dans deux autres
plus bas estoient la Princesse
Isabelle & le Prince Antoine.
Le Legat celebra la Messe ,&
le Credo fini JIl se mit fous un
Dais qu'on luy avoir preparé,
où un Prelat lut la procuration
pour le mariage du Roy d'£f«
pagne avec la Reine, Ôi uil
autre laf-d'(pen{( du Pape. Le
Duc de P-jrmemitenluiteau
doigt de la Reine un anneau
d'un riche diamant; le Legac
presenta la rose
,
& la Cérémonie
finit avec un applaudissement
universel. Pendant
qu'elle dura, la Princesse mere
de la Reine ne leva jamais les
yeux de dessus la Reine sa fille
qui fut complimentée,&elle
ensuite par les Princes & les
deux Cardinaux. DJns le moment
que la Reine descendit
du Throsne pour se retirer ,
la Princesse sa mere avant de
luy donner le brasvoulutluy
baiser la main, mais la Reine
employa toute sa force pour
la retirer avec beaucoup de4
vivacitéd'esprit & un grand lrefpeet;là tous ceux qui y prirent
gardene purent s'empêi
cher de pleurer de tendre ffe ;)
la foule sur grande, & il y
eût un nombre infini de Da-
- mes & de Gentilhommes,celfc
les cy habillées magnifiquement
& parées de diamants&
de toutes fortes de pierres pré-
5 cieuses, & ceux cy avec des
habitsà la Romaine galonnez
d'or
,
& leurs manteaux doublez
de brocard, excepté les
gens du Legat dont leshabits
n'étoient point galonnez d'or,
tous les autres étoient vêtus à"
la Françoiseaussi magnifiquement
& aussi richement que.
les premiers. La Reine mangea
en particulier avec LPrincesse
sa mere, les Princes man*
gerenten publicavec les deux
Cardinaux. Le soir onrepresenta
une pJHorale dans le
grand Theâtre, où il y cût
plus de 15000personnes. La
Reine y fut avec les Princes ÔC
les Cardinaux quisortirentau
commencement de la pièce
pour garder le decorum. Il y
avoit plus de 700. Dames
dans la Place du milieu entre
les deux angles on fit un bal
où danserent douze jeunes
Demoiselles avec autant de
jeunes Seigneurs: de temps à
autre on portoit des rafraîchissements
de forbet, &c. on
presenta à toutes les Dames
qui y étoient des petits paniers
verds attachez à des rubans
remplis de confitures seches ,
& on porta des eaux glacées
aux gens de distinction. Tout
se passa sans -aucun bruit ny
confusion: à sept heures ces
champselifées disparurent,&
chacun se retira surpris d'une
si grande magnificence. Le
Legat devoit aujourd'huy
partir , mais les Princes ont
fait tout leur possible pour
l'obliger à differer son déparc
jusquà demain. On ne sçaitsi
laReine quidevoit partir demain
apresdinée pourra lefaire
Samedy pour donner tems
à l'Armée de venir. Le Cardinal
Acquaviva dispose de
tout; & il ne se fait rien que
les Princes ne prennent auparavant
son avis&fonconfejlM
hier au foir le Duc de Parme
- , luy
luy fit present d'une Croix
garnie de gros diamants qui
renferme dans le milieu un
morceau de la vraye Croix ,
au haut il y a une pierre d'une
grosseur extraordinaire; on
dit que cette Croix vaut douze
mille écus, quelques uns
même disent encore beaucoup
plus. Ces jours passezles
Cardinaux ont toûjours mangé
avec les Princes, & il y a
apparence que cela continuëra
jusqu'au départ du Legat, qui
probablement fera demain ail
soir. La Reine quoyque déja
revêtuë de cette qualité, &
quoyquelle ait infiniment
cTefpric
, ne fait neanmoins
pas un pas sans en consulter
"auparavJnr son Eminence,qu
passe presque les jours entïera
à luy donner les instructions
neceflaircs. La Princesse mere
en usedéja avec sa fille comme
elle fcroit avec une gran
de Reine étrangere. Quand
- nous sommes presents à leurs
cnrreveuës & aux conversations
qu'elles ontensemble
les larmes nous viennent àU
yeux. On traite d'Excellence
le Comtedel Vermeson Ma
jordomc &. la Comt~Hc d
Saint Vital sa premiere Dame
dHonneur qui doivent l'accompagner
jusqu'à Sestri. Il
est certain que lorsqueleRoy
d'Espagne & son Conseil
sçauront toutes ces particularitez,
cela leurs donnera beaucoup
de plaisir.
A Genes le 2.. Octobre.
Le 2y, du mois dernier la
nouvelle Reine d'Espagne arriva
àSestri lieu de cette Republique
à trente mille au
Levant de Genes. M. le Duc
; de Parme l'accompagna jusqu'au
sommet du Mont Sainte
Croix ,qui sépare ses Etats
deceux delaRepublique,&
où il avoit fait construire avec
des planches une baraque tapissee&
meubléeassez proprenlentJ
où ils se reposerent environ
une demie heure,aprés
quoy ce Duc prit congé de la
Princesse ,& les dernieres paroles
qu'illuy dit, furent de
luy souhaiter un heureux
voyage, & de luy recommander
la protection de sa
Maison. Cettc Princesse fut
rencontrée à ces mêmes confins
par Madame la Priaceflc;
Piombino suivie de la Marquise
Silica femme du Consul
d'Espagne à Livourne. Les
Ambassadeurs de cette Republique
l'y furent recevoir, &
l'accompagnerent jusqu'àSestri.
Elle avoit à sa suite M. le
Cardinal Acquaviva, une
Dame d'Honneur, quatre
Femmes de Chambre, & trois
Aydes. Son Confesseur qui
ett un Jesuite de Ferrare appellé
Pcre Belate
, avec son
Compagnon, son Medecin
Parmesan
, un Aurrônier
Prestre
,
deux Pages d'Honneur,
le Marquis Annibal
Scotty de Plaisance qui l'ac..
compagneen qualité de Ma-j
jordome
,
soixante Mulets
chargez de ses équipages &
quaranteCuirassiers du Duc
de Parme qui l'ont accompagnée
jusqu'a Sestry. Elle fut
conduite en y arrivant au Palais
Brignolé qu'on luy avoit
magnifiquement preparé &
on luy donna une Garde Suisse
dela Republique,avec 400.
autres Soldats devant son
Palais Le lendemain de son
arrivée les Deputez de la Republique
firent leur entrée, accompagnez
de prés de 200.
autres Cavahers Genois tous
magnifiquement habillez &
24.livréesuniformes& tressuperbes
: après que ces Ambasadeurs
eurenc fait leur
premier compliment
,
il luy
prefenrerent le régal que la
Republique luy faisoit de 14.
caiflfesremplies de chocolat)
conficures
,
&eaux d'odeur
> toutes couvertes de brocard
d'or &d'arge.nt que cette Princelseaaccepté
de fort bonne
grace. Laprcfdinée du même
jour, M. leDucSalviary Amballideur
de M.le Grand Duc
fie son entrée ayanttrente
hommes de livrée fort magnifique,
deux Trompettes
,
&:
deux Pages,& quatre Cavaliers
pour (on cortege qui fut
augmenté par tous les Officiers
des deux GaleresdeTofcane,
cette nouvelle Reine a
reilé trois jours à Seftry
, pendant
lesquelsElle n'ert sortie
qu'unefeule fois pourallerà
l'Eglise.
*
Cependantdanstouc
ce temps.là les Dames de Genes
qui y estoient en grand
nombre & parées avec beaucoup
de farte (e font données
des festes
,
des bals tres magnifiques
à, l'honneur de la
Reine
Reine. Elle s'embar qua le 30.
sur la Capitane de M. le Duc
de Turcis
,
& arriva icy le
-
même jour sur lesIL. heures
décatie au bruit d'unetriple
décharge de toute l'artillerie
de la VIlle & des six Vaisseaux
d'Etpagne qui l'ont attendue
dans ce Port
,
Elksir rendre le
salur à la Ville partrois coups
de Canon de la Galere qui la
portoit , & lors qu'Elie se
débarqua toutes les Galeres
tant celles de M le Duc de
Turcis, que celles de la Ré pu- blique, la faluerenc auili par
une triple décharge. Elle se
débarqua au pas du R±nal ¡}ail.
ce queia Merfè trouva maavaifc
pour dcfcendre à Saint-
Pierre d'Arenne
,
oÙ on-ki,:
avoir préparé le logemem,èt
on l'y -coiiduifit enfuice par
terre dans sa chaise à Porteur.
Son débarquement fat dllâ..!
bord troublé parune bôuraf*
que qui survint dans un moment,&
qui ne dura heureufetnent
qu'un quart d'heure
mais ce fut une si forte pluy
&gresleque- plus de six milld
personnes de l'un&dcraiKM
sexe qui estoient venues pou
la voir en furent mouillées susi
i: qu'à lachemtfe, Cette Princesse
a eslé si incommodée
dela Mer dans le petit trajet ideSeftry icy qui n'est que de
dix lieues
,
qu'Elle en garde
La&uellement le lit, & est absolument
rélolue dene plus
s'embarquer. A cet effet Elle
expédié aujourd'huy au Roy
son Epoux pour luy representer
que ne pouvant souffrir le
voyage par Mer, Elle eftoic
resoluë d'aller parterre,,&Elle
partira au premier beau temps
payanttoujours plu depuis clhqeum'Elilnesest icy;& comme les
font extiaordinaircment
mauvais d'icy à Nice &
qu'Elle ne peutnaturellement
les faire qu'en chaiseàPorteur,
on va disposer les relais pour
dix chailes
,
sçavoir celle de
la Reine, une pour la Princesse
Piombino,unepour M.
le Cardinal Acquaviva, une
pour M. le Marquis de Los
BalbuzésJ une pour le Marquis
Scortyune pour Don Carlo
Grillo
,
quiaordre de 13 Reine
defe débarquer des Viiffeaux
où il est un des LieutenantGneraux,
une pour le
Marqué Mjldachini Romain
qui fuit d'ordre du Roy d'Lf.
pagne en qualité de Majordame,
une pour les deux Femmes
de Chambre de la Reine,
& une pour la Princesse de
Piombino. Les équipages
s'embarqueronr sur les Vaif-
[eaux, à la rc scive de ce qui
doit suivre nece fljjremenc la
Reine, qu'on fera marcher à
cheval, & pour les hardes on aaccoomnipptétqé qui-'ii'ill ffaiuurt 3366..MMuullecttss..
Les VJllTeaux iront droir à
Micant lesGaleres fuivronc
lacoite de Ville franche,ou
Amibes, pour citre à portée
de recevoir les ordres de la
Reine, qui suivra la même
coste par terre. M. le Duc de
Turcis qui avoit reccu le premier
ordre du Royd'Espagne
d'embarquer la Princesse, a
çfté fort mortifié d'en voir
un autre au General Pez
y
par
lequel S. M. C. luy mande
qu'Elle defireroit que la Reine
s'embarqua sur Ces Vaisseaux.
Surquoy M.le Duc de
Turcis pour montrer quelque
empressement, avoit representé
que lacommoditédes Galeres
efloit plus propre pour la
Reine que celle des Vaisseaux
& estant survenu quelque
petic différent sur cela entre
ce Duc& le General Pcz
,
M.
le Cardinal Acquaviva les
i?voicmis d'accord estant ençore
'àScflry.,en faisantrefoudrela
Reine de venir sur les
Galeres jusqu'à Genes pour
s'y embarquer enfuire sur les
Vaisseaux. Mais il ne s'agit
plus presentement d'aller par
lMer) puisque cette Princesse
a pris la resolution de suivre
son voyage par Terrea &
;
çômpre de trouver ou d'ar- ttendre à Toulouze les ordres
du Roy son Epoux pour la
continuation de son voyage
delà en Espagne. Elle a expç,
die à Monaco & à Nice pour
donner part de- son passage.
Cette Princeflfeeft âgée de 2,1.
ans, d'une taille moïenne,bien
faire, une belle gorge fore
blanche
,
des yeux petits,
mais fort brillants, Elle en:
piquée de la petite verole, sa
vivaciré efl: extraordinaire
, Elle a beaucoup d'esprit
,
elle
brode & peint en mignature
parfaitement bien, elle parle;
diverses Langues, & s'attache
actuellement à l'Espagnole.
J'avois le mois dernier forme
le projet de donner une
Relation entiere de tout ce
qui s'est passé à Barcelone depuis
que M. de Staremberg
ca sorti de cette Place, jusqu'à
present. J'avois même
:
ramassé un grand nombre de
Mémoires que je destinois à
l'execution de ce dessein,&
, je n'aurois pas manqué d'en
faire une suite exacte
,
si je
n'avois pas trouvé dans mes
manuscrits tant de vuides
qll'¡( m'a esté absolumentimpossiblede
les remplir en un
mois. J'auray plus de loisir
&je feray peut-estreplus heureux
le mois prochain. Si je
réüssisenfin dans mes recher-
.1,
ches,on n'attendra pas longtemps
le Journal historique dc
tous les évenemens de ce fameux
Siege
,
sinon je m'en
tiendrayau precepte d'Horace
,
& malgré toutes les peines
que j'auray prises, j'abandonneray
un ouvrage donc la façon
ne me flatteroit pas d'un
heureux succés. Etquæ *
Desperat tractata nitescere pojje
relinquit.
En attendant je vais suivre
l'histoire de ce Siege & en
reprendre le détail depuis le
onze de Septembre, qui est le
* Art. Poëtique.
jour que l'assaut general fut
donné.Voicy un ordre exact
de l'attaque generale.
DROITE AUX ORDRES
de Àdcjjî;unDhilon, Lieutenant
G:ncra',- Castille, AîarcchA
de Camp ; Reve%,
Br.;rrcldicr.
Courten.
Balincour.
BataiUvns. Grenadiers.
Vieille Tranchée. -
Castille. i I
Murcia. i i
228MERCURE
Nouvelle Tranchée.
Savoye. 1 r
Aftourias. 1 1
Extraordinaire.
Gardes Erpagnoles. 2. 2,
Gardes Valones. 1 1
B. 7. G. 7.
200. Travailleurs.
Sçavoir ,
Mineurs. 15
Canonicrs. 10
zs
Depost destinépour cette attaque,
Celuy des Gardes Espagnoles.
Çejuy des Gardes Valones.
CENTREAUXORDRES
deM. le Marquis de Laverre.
Bataillons. Grenadiersa
Provence. 2. i
Auvergne. z - 1 Artois.x z
Normandie. i I
Anjou. i z
La Reine. i 1
La Couionnc. z i
Bassigny. 1 1 13-.13
y Compagnies extraordinaires.
Sçavoir,
Bcauvoifi.
Jo
Sanfay. r
Guerchy. 1
Blaisois.
1
G. 18.
300. Travailleurs François,
un Capitaine par 50.
Sçavoir, Beauvoifi.ny
Guclchy. s°
Sanray. i*5
300.
Mineurs. 12.
Canoniers. 10
zz
Depost destiné pour cette
attaque.
Celuy d'Auvergne,
Caftelar.
La Marine.
GAUCHEAVXORDRES
de Àfejfteurs de Silly, Lieutenant
General; Rivadeo
, Maréchalde Camp,delPouerto,
Brigadier.
-
Nonant,
Curcy.
Bataillons, Grenadiers.
La Mirine. 3 3
CaHeias. 3 3
Medoc. 2 2
Pontieu. 2. 2.
10. 10.
2..
2. Compagnies extraordinaires.
Talleran. 11 Houdccor.i T. 12.
300. Travailleurs François.
Sçavoir ,
La Marthe.100
B!aifois. 100 Tallcran.S0 Houdecoc.5° T. 300.
CMainnoenurics.rs. 12.
Caoonicrs. 1o
T. 21.
D,-[)ofl djl:népour cette attaque.
Normandie.
La Couronne.
RESERVE AUX
ordres de M. le Adarechai
de B,Or.k
,
Brigad^rs.
CD
Odoigno.
Valicco.
Bataillons. Grenadiers.
Gardes Erpagnoles. 1 t
Coi doüa. 1 o
Orléans. 2z LGuc'rchy. l 1 dr-Frnncc. 2. 2
Royal Artillerie.1o ,rie. 1' 0
Bombardiers.
1 o
Couitcn. 2 2
La Noua. 1 1
B. 12.. G.9.
Travailleurs.
1 0
of 0 JO
J 25
2 50
0 2J
0 15
2- J80
1 71
Gp. T.3je.
500. Travailleurs.
Sçavoir,
Un Lieutenant, un Sergent
& vingt cinq hommes par BAtaillons,
comme ilefidctaillé
cy-dessus. DETAIL.
Sçavoir.,'*
Erpagnols. - 150 François.3jo
T.joor
600. Dragons commandez
par M.de Chateaufort.
-
1
L'jfliUt* commença vers les
quatre heures du marin, & en
peu de temps les breches & les
Bastions dela Porte neuve de
SainteClaire & du Levanr
,
& la grande coupure furent
em portez avec peu de perre;
mais les Troupes animées par
ce succés s'avancerent vers les
entrées des ruës qui estoient
toutes retranchées, & les maisons
percées,d'où les Ennemis
faisoient grand feu de
Mousqueterie & de Canons
chargez à cartouches; elles
voulurent autu s'emparer lans
necessité duBastion de Saint
Pierre qui estoit commandé
de tous costez par les maisons
voisines
, ce qui causa une
spierre qu'on n'auroitpas faite,
les ordres avoient esté fuivis.
Enfin les Troupes voyant
la résistance des Assiegez, se -1
coulerént à droit& à gauche,
le long des remparts; pour les
envelopper de tous costez.
Ces mouvemens furieux les
déconperterentJ&:vers lescinq
heuresdusoir,ilsbattirent la
cbamade en troisendroits différents
,,& ils envoyèrent clés
Députez qui demanderent
une suspension d'armespour
traiter. M. le Maréchal de
BerwicK l'accorda
,
à condition
qu'ils se rendroient le
lendemain au matin.
Le ni midy ils consentirent
de se rendre à discretion
, sur la promesse que leur fit M.
le Maréchal de leur sauver la
vie& les biens, suivant les or.
dres qu'ilavoitreceus du Roy
d'Espagne
,
d'épargner les
Habitans,autant qu'il pourroit
,&deconserverlesEglisesLeChasteaude
Montjeiïy
& les autres postesfurent livrez
lemême jour
,
& le lendemain
le Comte de Monte.
mar partit avec des Troupes
pour aller prendre possession
du Chasteau de Cardonne qui
estoir la seule Forteresse qui
restoit aux Rebelles. Des
Troupes Espagnoles il y a eu
24. Officiers tuez, parmi lesquels
il n'y a aucunOfficier
General ,ny Colonel,&86.
blsessez,336. Soldatstuez, &
760. blessez. La perte des
Assiegez a esté beaucoup plus
grande, quatre de leurs principaux
Chefs ont esté tuez ,
&
le M arquisde Villaroel
,
d Al.
rnau ,& Romana blessez. On
atrouvé dans la Place 183.
pieces
t picces de Canons, & 32. Mor-
1.tiers. Voicy une Relation de
[l'entrée de M. le Maréchal
dans cette Ville.
r.ABarcelone le21.Septembre,
Ii
*:M. le Maréchal de BerwicK
a fait le 18. de ce mois son
entréeencetteVille pouraller
iàla Cathedrale faire chanter
r le TeDeum. Il partit du Camp
r suivi de plus de 100. Officiers
| du premier ordre, tous bien
monccz
,
& les Chevaux coul
verts de housses tres propres.
J'avois l'honneur d'estre de cc
nombre. Lorsque nous fumes
au tiers du chemin,il s'arrêta
un quart d'heure,aprés il s'avança
à une demie portée de
Canon de la Ville, où il attendit
encore un quart d'heure.
Le Corps de Ville vint audevant
de luy. Il y avoit dix
hommes à pied vêtus de Ro-^
bes rouges & un galon dessus.
Ils estoient suivis d'un pareil
nombre vestus de même qui
estoient à cheval. Il yen avoic
de rnonicz sur des mules avec
des Timbales ;
aprésquoy
marchoient à cheval six hommes
avec des Robes bleuës&
violettes,tenant des manieres
de masses àla main, & ils
étoient suivisde cinq Consuls
bienmontez, dont les chevaux
estoient magnifiquement
harnachez ,avec beaucoup
de rubans à leur teste. Ils
avoient une maniere d'écharpe
de satin rouge à fleursd'or
large de neuf à dix pouces
qui leur prenoit surl'épaule
& descendoit jusqu'à leur épée
M. le Maréchal s'arresta ; le
premier Consul luy fit une
petite Harangue en Espagnol.
Je ne pus pas bien l'entendre.
M.le Maréchalluy répondit
fore honnestement
,
& leur
dit engeneral qu'il falloit oublier
le passé, qu'ils n'avoient
qu'à donner au Roy des marques
de leur fidélité, & qu'il
feroit tout ce qu'il pourroit
auprés de S. M. C. pour Ten^]
gager à les traiter favorable- 0 ment. Aprés quoy les Gardes
de M. le Maréchalmirentl'épée
à lamain, & passerent les
premiers. Tout le correge fit
demy tour à droire
,
& mar
cha du costé de la Ville dan
le même ord re qu'il estoi
venu. Le premier Consul
marcha à la gauche duMdord,
En approchant, le Montjoüy
falua de tout son
-
Canon,&
enentrant dansla Ville toute
l'artillerie dela Place tira.Il y
r avoit sur la porte trois tapis
avec lePortrait du Roy d'Espagne.
Nous marchâmes dans
cet ordre jusqu'à la Citadelle.
Les ruës estoient bordées de
Soldats qui presentoient les
armes 'J& avoient leurs bayonnettes
au bout du fusil, il n'y
avoit que les Gardes Valones
qui eussent le fusil sur l'épaule.
H y avoit dans les ruës qui
traversoient celles par leiquelles
nous passions,des Cavaliers
qui avoient le sabre haut. Le
Portrait du Roy estoitaussi
au dessus de la grande porte
del'Eglise.LeChefduClergé
suivi de ses Chanoines se trouva
sur la porte & fit son compliment
à M. le Maréchal &
l'accompagna dans le Choeur
ou on luy aVOIr préparé un
Prié Dieu. L:Eg!ifeefioirfOse
illuminée. On chanta le Te
Deumen Muisque,pendant lequel
rems la Place fit 3. décharges
de Canon. Les enfans &
le petit peuple crioient FînJa
& jettoient leurs chapeaux en
l'air. Le Te Deum fini on
repassapar les mêmes ruës &
avec le même ordre jusqu'à
la porte.En sortant,laPlace&
, leMontjoüy saluerent encore
de toute leur artillerie. Voilà
toute la Ceremonie.
Je remarquay qu'il y avoit
neuf Bombes qui estoient
tombées dans ceue Eglise. Il
y a desruës où l'on ne peut
passer à cause des débris des
maisons. Il y en a peu qui ne
soient endommagées ou des
Bombes ou desBoulets à ricochet
que nous avons tirez.
Lorsque M. de Broglio efl:
parti il y avoit auprés de M.
le Maréchal des Deputez de
rifle de Maillorque pour traiteravecluy.
On parle diversement du
Marquis de Villaroel qui
commandoit dans Barcelone,
& qui a eu le genoüil cassé au
dernier assaut ;--les uns disent -
qu'il s'est sauvé à Maillorque,
& les autres qu'il s'est remis
à laclemencedu Roy, alleguant
qu'iln'a pas tenu à ses
répresentations que les Rebelles
ne se soient plutost soumis.
Ce dernier sentiment paroist
le plus vray. -J'ay vû d'ailleurs des Lettres
qui mandent qu'il ne
faut pas croire un mot du
grand nombre de gens que
nousavonsperdu. Il y en a
six fois moins.
On ajoûte qu'on va faire
le procésaux plus coupables
des Rebelles,que les Miquelets
prendront parti dans les
Troupes d'Espagne
,
& qu'on
oblige la Ville de bastirune
Citard>elle à ses dépens.
On dit que M. le Maréchal
de Berwick avoit envoyé
les Drapeaux de Barcelone
à Madrid ,&que le Roy
d'Espagne les luy a renvoyé
par le même Courrier avec
ordre de les faire bruler au
mi lieu dela Ville par la main
du Bourreau.
Une Lettre du trois de ce
mois porte que M. le Maréchal
a fait embarquer lemême
jour vingt deux des principaux
Chefs des Rebelles
,
-
pour les faire passer au Château
d'Alicant, où ils feront
bien gardez On dit que ViIIaroel,
Pinos, & Basset font du
nombre des prisonniers. Il jji
en a un grand nombre d'autres
qu'onenvoyeàPenifcola.
Tous les évenemens dont
le Journal de ce mois elt rempli
,ne presentent heureusement
aux Lecteurs quedes
Tableaux agreables,& j'espere
les mener jusqu'à la fin du
Mercure de spectacles en spectacles:
celuy dont je vais parler
maintenant ,cfi d'un genre
fort different desautres.
Je me gardera y bien d'entreprendre
icy une Critique
que tout le monde anégligée.
Je parleray feulement en Historien
,
du sort de la Comedie
des Captifs que M. R.
vient de donner au Théâtre.
Cette Piece futrepresentée
pour la plernlcre foisun Vendredy
,
vingt
-
huitiéme du
mois passé, laSalle de la Comedie
aussipleine de (peuateurs
qu'elle pouvoir l'estre;
les lustres furent enfinlevez
,
& le Prologue commença.
M. de la Thorilliere
,
qui
aletalent d'embellir tous les
rôles qu'il jouë
,
de tout ce
qu'un bon A£tcur peut leur
donner de grace & d'ornement,
parut d'abord fous le
nom de Mercure dans les
ChampsElisées
,
&ayant à sa
ceinture une douzaine de Placets
, que quelques ombres
plaintives luy avoientpresentez.
Celuy de Promethée,
entre autres donneoccasîon à
une saillieduPoëte; ilseplaint
que Pluton ait changé son
supplice ,&qu'il ait substitué
un jeune Procureur, pour luy
ronger le coeur, à la place du
Vautour quiestoit destiné à
cecruel employ.
Pendant que Mercure fait
la reveuë des ces placets,Plaute
arrive
,
la conversation de
ce Poëte avecMercure est fort
animée
,
& plaist beaucoup.
Plaute se plaint de la licence
a":c laquelle les Modernes
pillent dans les ouvrages des
Anciens ; Mercure luy reproche
les larcins qu'il a faitsluymême
, & luy demande s'il
desapprouve que Moliere ait
tiré de luylesujetde sonAmphitrion.
Le Poëte répond à
ces objections des choses fort
sensees. Mercure luy apprend
enfin que saComedie des Captifs
qui fit autrefois tant de
bruit à Rome, a fourni à un
Poëte moderne, l'idée de la
Piece qu'on va joüer. Les exclamations
de Plaute sonticy
comiques & pleines d'esprit.
Il dit qu'il a seul enfantéce fujet
; qu'il en est le premier
pere, & qu'il est en un mot
fort inquiet du fort de ses Ca- ptifs. Mercureluy répond à cela,
ce Vers, qui finit le
Prologue.
Le second estencorplusinquiet
que rjous.
J'avois formé le dessein de
suivre l'Histoire decette Comedie
mais j'en considere
trop l'Auteur, pour ne pas
croire de bonne foy que j'ay
pû me tromper dans l'idée
que j'en ay conceuë. J'en diray
seulement en passant ce
que j'en ay entendu dire.
On prétend que M. R.a
cu le malheur de ne pasprendre,
comme il le pouvoit, ce
qu'il y a de meilleur dans les
Captifs de Pliure., & on foutient
que son Ariftophon est
un
Acteur
qui tombe des
nuës, & qu'il n'a aucun rapport
avec le Clitophon de
Plaute qui est un des plus interessants
personnages de sa
Comedie. Pour l'intrigue, on
ajoûre qu'elle est tirée de
l'HeureuxEsclave, ou duPrince
Esclave
,
& qu'elle en est
mal tirée. Ce qu'il ya devrai,
c'est que ses Chantons, donc
la
la Musique est de M. Quinaut
,
font fort goutées., &
que les divertissements decette
Comedie sont extraordinaires
,
beaux, & bien caracteri
sez.
On a beaucoup crié contre
les Festes de Thalie
,
il y a cependant
plus de deux mois
qu'on jouë ce Ballet sur le
Th. âtre de l'Opera. Je m'étendrois
davantage sur les Pieces
nouvelles, si je ne craignois
pas de soulever contre
rooy le Public & les Auteurs.
Il faut pourtant que j'en par- -
le, puisque c'est un des Arti-
cles qui font le plus de bruit
dans le monde. Mais siles Auteurs
veulent m'en croire.,
qu'il me
donnent,
par écrit,
ce qu'il leur plaira que je dise
de leurs Ouvrages. S'ils sont
équitables, ils consulteront
les suffrages du Public
,
pour
se rendre justice ; s'ils ne le
font pas, je ne feray pas un
ridiculeusage des Mémoires
qu'ilsm'enverront.
Laissons ces demi Critiques,
qui ennuyent quelquefois
ceux qui les lisent
,
qui
déplaisent à ceux sur qui elles
font faites, & qui embarraqfent
souvent ceux qm les fonr;
laissonsles, dis je, & sauvons
nous à la saveur d'un mariage,
des inconvénients où elles
pourroienr nous jetter, si
elles estoient plus longues, par
le deffaut de quelques matières
plus interessantes.
M Jean Baptiste de Moritullé,
Conseiller au Parlement,
a épousé Demoiselle Françoise
Glucq. Il est fils de M Jean-
Joseph de Montullé, Constiller
du Royen sa Cour de
Parlement & Grande Chambre
d'icelle. Doyen de la première
des Requestes du Patais
de Dame Agnés Bouvard
de Fourqueux.Jean- Jofeph
de Montullé, originaire
de Bretagne, étoit filsdeM;
de Montullé, Chevalier Seigneur
de Honglé,desSalles,
& autres lieux
,
& de Dame
Renier,duquel mariage sont
sortis J' n de Montullé
,
Religieux
Benedictin ; JeanJo-
-
seph
; Anne de Montullé, mariée
à M. de Boisbrudry
,
Seigneur
de Langan,Avocat General
au Par lement de Bretagne
; & Françoise,mariée à
M. de Monte bert
,
Premier
President de la Chambre des
Comptes de Nantes, quiont
toutes deux laissez des enfans
actuellement en place dans
ledit Parlement. Dame Agnés
Bouvard de Fourqueux cil:
fille de M. Michel Bouvard
Chevalier Seigneur de Fourqueux,
Conseiller au Par lement,
& de Dame Catherine
Laîné dont le nom est éteint
dans ladite per sonne & celle
de Dame Agnés Laîné sa soeur
veuve de Robert de Pomereu
Conseiller d'Etat & ancien
Prevost des Marc hands. Elle
est soeur de Michel Bouvard
Chevalier Seigneur de Fourqueux
,Procureur General en
la Chambre des Compres. De
son mariage avec Jean Joseph
de Montullé sont issus Augusle-
Joseph de Monrullé,
Docteurde Sorbonne,Doyen
de l'Eglise de Beauvais & Vicaire
General du Diocese ;
Jean Baptiste dont jevousapprend
le Mariage, qui par sa
mère se trouve allié aux Pomereu
,le Fevre dEaubonne,
à M. le Chancelier
,
Messieurs
Trudaine, Messieurs de
la Berchere
:J
de Broglio
,
de
Châtillon,auxPelletiers,à M.
le Duc de Noailles, à Meffleurs
le Camus Nicolaï,
Pontcarié
,
Brissac
,
Dortay
à Messieurs de Mornay
,
Ôcà
toutes les meilleurs familles
de la Robe.
Demoiselle Françoise Glucq
a deux freres, l'un Conseiller
au Parlement, & l'autre Conseiller
au Grand Conseil
,
&
une soeur mariée à M.le Comte
de Curton Chabanes Brigadier
&Colonel du Régiment
Royal des Cravates.
Aburn tntendor, pocas palabras.
A bon entendeur, demi mot.
Que diroit-on d'un homme
qui risqueroit quelque
chose avec reflexion, au hazard
de se faire sifler: ondiroit
de luy, qu'il ne craint
pas les siflers; il ya si longtemps
que le Mercure Galànt
esten possession de les mériter,
-& de les entendre, qu'on auroic
aujourd'huy pitié de sa
honre & de sa foiblesse, si on
le voyoit s'étourdir de leur
- bruit. Il luy efi; donc permis
de raisonner sur toot, à tort
& à travers Pourquoy non?
il y a tant d'autres Auteurs
plus graves qui ont la même
licence: D'ailleurs il n'y a rjcn
d'extraordinaire
d'extraordinaire parmi nous,
& les propoficions même les
plus ridicules trouvent des
hommes qui s'entêtent de
leurs extravagances. Si jevoulois
faire là dessus l'écalage de
ma memoire, sans par ler des
heresies,ny des schismes grosfiers
qui ont seduitlamoitié
du monde
,
j'en citerois tant
d'exemples, tirez même des
ouvrages de nos plus îllustres
Modernes, qu'il n'y a que
l'autorité que leur nom , ou
leur mérite leur donn: qui soit
capable de nous faire avouer
que ce que, du premier coup
d'oeil,nous trouvons de deffectueux
en eux (& qui l'est en cffer)
n'est souvent qu'undeffaur.
de nostre propre imagination;
celarevient toûjoursaumême
& nostre esprit nese dédit
en leur faveur gu'aprés que
les préjugez ont arraché de
luy des suffaiges que la verité
nosoit accorder. Je llv"urs
d'envie de m'expliquer plus
clairement ;mais on ne m'enrend
peur eslre déjà que trop,
-
&. je m'im.^inc voir ceux de
qui je pulc
, monter sur les
bancs
, pour me dire dune
voixmentante, que ces ruffinemens
politiques en matière
de science, ne sont point de
l'appanage du Mercure. Je
prie ceux qui ne m'ont pas entendu
de me pardonner certe
digression;mais c'estunechose
cruelle que la façon dont on
me lie lesmains,jene lieux pas
estrelié; & quand je devroisen
un mor passer pour le plus ridicule
causeur du monde
,
il
mest impossible de voir les
Festes deThalie, les Festes du
Cours, les Captifs,& les remarques
sur le chef d'oeuvre
d'un inconnu,sans en parler.
f Jay ditàpeu prés le quart de
ceque j'ay olé dire sur ces trois
premières Pieces ; mais le
grand Çbnjojiome Mathanafius,
merirera t-il tout l'accuéil
qu'on luyfait, sans qu'on
fçachecn verru de quoy on.lq
traire si bien. Tout Paris rer
tentit du bruit de son nom,
& bien des gens qui n'entendent
ny le Grec ny le Latin ,
§c qui parconse quent ne lisens
gucrc plus de!a moitié de.
son livre, s'imaginentque les
éloges qu'ils luy donnent,
Ï> leur éLlb îfll-nr une réputation
de sçavants. Cen'est pas à force
de le loüer,Messiers,que
Vous menterez ce titre; mais
à force de lecritiquer. Trouvez
le diffus,Prolixe, embatassé,
tel enunmot,quebien des
gens que je ne n'ay pas jugé a
propos de croire,m'ont fait
l'honneur de me le dire
,
écrivez
enfin, au moins comme
luy, pourdésabuser le public,
alors on ne vousrt fusera pas
ces noms fastueux que vostre
soumissîon mandie. Je ne
fuis point vindicatif;& quand
je le serois, contre quel écueil
irois- jeme briser? cependant
je ne peux pas m'imaginer en
vertu de quoy ,
Matbanasius
traite le Mercure Galant
comme il fait. Il luy donne
une qualité qu'à trente ans,
on ne mérité pas encore; &
enapostrophant le Mercure,
dans le sens le plusobcêneque
ce nom puisse presenter à
l'idée, ille définitd'une manière
qui ne laisserien à deviner
aux Lecteurs. Sçait il que
je suis l'Auteur dece Livre-là?
s'il le sçait
,
il me fait cent fois
plus d'honneur que je n'en
mérité. Je n'ay plus qu'un
mot à dire de luy. Je luy fuis
redevable du plaisir que m'a
saic
,
& me sera long temps
la lecture de son Livre
c'est au chef-d 'oeuvre de son
inconnu qu"eIl deuë l'idée de
la Chanson que je vais donner.
J'ay vû de si belles bouches
chanter les Chansons que.
j'ay rosses dans mes precedents
Mercures, que j'a pporteray
doresnavant tous mes soins à
chercher les plusjolis vers
qu'on puisse chanter.
CHANSON.
Colin dormantsurle bord
d'un ruisseau
Fit unsonge agreable:
Des Bergeres de son Ha"
meau
Catin la plus aimable
Leserroit dans fis bras:
Et pleine de tarnour dont
il brûloit pour elle,
Ah! Colin, luy disoit la
belle , ISle te réveille pas.
L'Auteur decetteChanloti
a faitune demie douzaine de
couplets sur le même air ;'( il -
m'a promis qu'ilme les donneroit
quandilseroit las de
les garder; maisc'est pure malice
, & bien dommage qu'il
nous laisse au milieu du Congé
de Colin. Si cependant quelqu'un
veut prendre sa place,
il fera toûjours bien receu, lorsqu'il m'apportera quelques
Chantons à la louange
'- de la Catin de Mathalrafius,
ou de celle qui luy plaira.
Je me trouve si pressé par
le temps, & par la matiere,
que je me vois malh^ureufcment
obligé de donner presque
sans préambule,le reste
des pièces, quidoivent me
servir à remplirle Journal de
ce mois. Quoyque je foisassez
babillard de mon naturel
,
je
dois préférer à cette demjngeaison
de parler, ceux qui
Veulent avoir leur tour.
Le mot des Enigmes du
mois passé estoit le Mouvoir
&aPierre a fusil
,
les noms
de ceux qui les ont deviné,
sont,Cheremere Blanc Blanc,
la Maîtresse à Follette, la belle
Clio
, le Buveur éternel,
l'Invincible à table, le Poltron
à la guerre, Madame de
la HJye) l'aimable Comtesse,
la Beauté de la ruë Saint Honoré,
la charmante petiteveuvc3
& des Moulins, le cadet
quim'a envoyé fous le sceau
du secret les deux Enigmes suivantes
: je n'ay pJScû depeine
à le faire convenirquelles ne
valoient pas grande chose
,
il a répondu à cela qu'il ne s'en
soucioit guere i
je croy volontiers
que tout le monde luy
ressemble.
ENIGME.
Il n'estrien icy bas qui ne
soitsous ma loy y.
Rien nepeut vivresans la
prendre,
Sijedisserois de la rendre
On auroitpeu de temps à
Je plaindre de moy.
je ne suispoint une Divinité
MonEmpire est pourtant
sensible:
Enfinjefuis>&fay toujours
esté
Decouleurinvisible,
AUTRE.
JEdonnematiere à chercher
A tous lesesprits que J'occupe
, Biensouvent ils ensont la
dupe,
Et je suis souvent loin9
quand on croit me
toucher.
L'embarras seul ejfmon
partage ,
Je me masque communément,
y
Et cejl dans un obscu-r
langage
Quejeprend mon déguisement.
Toûjours. d'unaccèsdifficile,
Je neme montrequ'à ïhabIle,
Vn ignorant l'leppas mon
fait;
Mais quand de m'attraperuneJprit
a l'adresse,
jotelevoile9Cerreurce(Je9
EtJ'cme montre traitpour
trait.
L'esprit trouve naturellement
assez d'occupation à
deviner les Enigmes
, pour se
reposer après les avoirleuës;
ainsijecroyqu'il n'a pas befom
qu'on luy forge debelles
liaisons pour le conduire aux
pièces qui les suivent, qu'il regarde
alors sans se tanguer
comme la premiere page d'un
livre; mais je tombe par bazard
& par necessité sur le
plus
plus déplaçant ar ticle du Mercure.
Il n'importe,ton ou
tard il faut parler des morts , c'est la moindre chose que
nous devions à leur mémoire.
Parlons en donc.
Dame Magdelaine Catherine
de Villemontée veuve
de M. Jean-Baptiste de Machault
Seigneur d'Arnouville,
Conseiller au Parlement,&
Doyen des Requestesdu Pila*rîw
mourut le2 5 Septembre.
Elleestoitfille de François de
Villemontée, Conseill)er au
Parlement de Paris, & de Catherine
de Thumery deBoissize,
& de son mariage avec feu
M. de Mîchauc, elle laîsse pour fils unique Charles de
Machaut Seigneurd'Arnoti-
•D villej Maistre des Requeste's,
qui de Ton mariage avec Fran.
çoife Mïlon fille unique de M.
Milon Maistre des Requestes
a pluficurs enfans:feue Madame
de Machauc avoit pour j
foear puifnée Dame Lou:ic-.
Geneviève de Viilemonrée ,
InJneeen premieres nocesave
Adam - Pierre - Barthélémy ;
Seigneur de BiflTy
,
ConÍèille
au Parlement, & en fecondc,
avec François de Brichanteâti3
Seigneur de Guedy
,
cadet des
Marquis deNangis,défqueIs
elle a laissee des cnfans. La famille
de Villemontée est originaire
d'Auvergne où ellecft
connuë depuis long- temps
fousle nom d'Aut hier,& elle
sest alliée à Paris avec celles
de Texier, de Hiurefiiiille,
1de Sevin
,
de Maupeou) de
; Grieu
, &e. pour celle de
: Machaut originaire du Rhcte-
[lois, & elle en connue depuis
Simon de Machaut Secigrnneeluirt
.de l'Arbre au-Vivier en 1llhe-
Itelois
, pourveu d'un Office
.d'Auditeur des Comptes à
Paris par Lettres du 4.Septembre1513.
elle a donné pluiseurs
Maistres des Requestecs,
piuficurs Conleillers au Parlenlcnt,
au GrandConseil, des
Commandeurs de l'Ordre de
Malthe,& elleecfialli'éeaux
familles de le Cocq
,
de Flexcllcs
,
d'Aymeret ,
le Févre
de Cûumarcin
,
de Boucherac,
de Colbert, d' AltgreJdeFeydeau
,
& à la Maison de Ro..
chechoiïtrr.
Dame Marie- Valence l'Ecuyer
veuve de M. Jacques
Ameloc Seigneur de Chaillou,
D,)yen des Maistres des Requestes
de l'Hôtel du Roy,
mourut le 16. Septembre.
Elle estoit fille unique de Pierre
l'Escuyer Seigneur de Chaumontel
,
Secretaire du Roy,
& de Loiiife Godefroy; &
ellea laisseepourfils Jean Denis
A Inclat Seigneur de ChailloUj&
deCbacillon (ur Inde,
Maiare des Requestes
J qui de Philiberte Batillon sa
femme a plusieurs enfans. La
famille d'Amelot est originaire
d'Orléans, & defeend de
Jacques AmelorcélébréAvocat
au Parlement, inhumé à
Saint Marrin des Champs à
Paris, qui de ton mariage
avec Jeanne de Vialart
,
si!le
de Jean Miiftre des Requestes
& Lieutenant Civilà Paris,
puis Preifdent au Parlement
de Roüen
,
laiflfa Jean Amelot
Seigneur de Carnetin
,
de
Beaulieu
,
& de Chaillou
Maistre des Requestes , en
l573 puis Preifdenr des Enquestes
du Parlement deParis,
duquelcftîssuë route la famille
dont Jaîné '"tH M. Michel Amelot,
Marquis de Gournai,
Conseiller d'Ec;¡[
, cy devant
AnibifT^ deur Extraordinaire
en Espagne)pere deM. Michel
Charles Amelôt de Gournai
,
à present Prefidcnt à
Mortier à Paris: elle a donné
plufieurs Maistres des Requestes
,
plusieurs Presidents
au Grand Conseil,&aux En.
quelles du Parlement de Paris,
& elle s'en alliée aux fjmilles
de le Maître,de BnfTonnet ,
de Nicolaï, deMaignart,de
Bernieres
,
de Brulart
,
de Tonnelier
& aux Maiions de Nettancourc
,
Vaubecourt,de
l'Hôpital,Vury ,dAumône9
&de Beon du MàflTz.
Dîme M^ne-Anne RruHé
épouse de M. CharlesD,nis
de Bullion,Mai quis de Gallar
don, Seigneur de Bonnelles
Efclimonr,&c.Prevôr deParis
& Gouverneur du Maine
Perche,&Comté de Laval
mourut le 19. Seprembrc
ayant eu de Ton mariage pouf
enfans
,
Jean Claude de Bul
lion, Marquis de Bonnelles
, Brigadier General des Armées
du Roy
,
tuéàl'âge de 17.
ans pendant le Siege de Turin
le 5. Seprembre
1 706. regrecté
de tous les Officiers Généraux
; Anne Jacques de Bullion*
Marquis de Fervaques,
Colonel du Régiment dePicmont
J
monc, & Brigadier des Camps
& Armées duRoy ,
lequel
aprèss'estre diftinguéà latète
de fonRegimenc dans toutes
les occasions où il s'érait trouvé
,
quitta ie service sur la fin
del'année 1710.Il a épousé
Dame Marie -
Magdclainei
Hortense Gigault de Bellefonds.
fille de feu M. le Marquis
de Bellefonds, premier
Ecuyer de Madame la Dau.
phine
,
Gouverneur & Capitaine
des Chasles de Vinccnnes,&
de Dame MarieOlympe
Errmnuelte de laPorte Ma-
- zann y
,
& petite fille de Bernardin
Gigaulc Marquis; de
Bellefonds, Maréchal de France
, & Chevalier des Ordres
du Roy; Auguste
-
Léon de
Bullion Chevalier de Malthe,
Colonel du Régiment de Dragons
de Bonnellcs; Gabriel-
Jérômede Bullion aussi Chevalier
de Malche ; Anne Marie
Mitguerite de Bullion
mariée le 13. Mars 1706.
avec Jean-Charles de Cruflolles
Djc d'Uzés,premier Pair
de France, Gouverneur des j
Provinces de Xajnrongcs
,
& (
d' A ngol1olois ; & Elddbeth
Antoinette de Bullion,mafiée
le premier Décembre
1707. à Frédéric- Guillaume
-
de la Trcmoilte
,
Prince de
Talmonc, Lieutenant General
des Armées du Roy.'M.
le Marquis de Bullion est fils
de Noël de Bullion Marquis
de Gallardon
,
President à
.,
Mortier au Parlemcn* de
Paris, Commandeur & Secrétaire
des Ordres du Roy,&
de Dame Charlotte dé Prie
Dame deFervaques, & petit
filsde Claude de Bullion Baron
de Gallardon ) Sur Inrendan
des Finances
,
Miniftrc
d'Etat, Commandeur & Garde
des Sceaux des Ordres du
Roy ,&President à Mortier
au Parlement de Paris. Lafamille
de Bullion ,est originaire
de Mâcon, où elle est connuë
depuis long temps : elle s'est
alliéeaux familles deBellievre;
d'A njorran,de Bailly, de le
Maistre
,
& aux Maisons de
Rochechoürt, de S. Nectain
la Fe. té ,
de Beauvau, de Rouhaut
S. Valery, &c. Madame
de Bullion
, qui vient de
mourir avoir pour frere M.
Jean- Ba ptiste Roüillé Comte
de Melay le Vidame
,
ancien
Conseiller au Parlement de
Paris,qui de feue Dame Anne
de laBriffe sa femme n'a qu'un
fils, & pour soeur Dame Marguerite-
ThereseRouillé, mariéeenpretnieres
noces avec
Jean -
Baptiste
-
François de
Noailles Marquis de Noailles,
& de Montelar, Maréchal, des
Camps & Armées du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement
de la Haute Auvergne
,
frere de feu M. le
Maréchal Duc. de Noailles,
& deM.leCardinal, & duquel
elleaeu Madame la Ducesse
de Fronfacq d'aujourd'huy;
6c en secondes nôces
avec Jean-Armand du Plessis
deWignerod,Ducde Richelieu,
Pair de France, Chevalier
des Ordres du Roy, ÔC
DameElisabeth Roüillé,femme
de Messire Etienne- Jean
Boucher, Marquis deLeffart,
Conseiller d'Etat, duquel elle
a Marie Elisabeth Claude Petronille
Boucher) mariée en
1706avecRenéMans deFroulay
,
Comte de Tessé, Grand
d'Espagne
,
fils aîné de M. le
Maréchal de Tessé.Madame
de Bullion étoit fille de Jean
Roülllé, Comte de Melay le
Vidame, Conseiller d'Etat otr
dinaire mort en 1698. & de
Marie Comans d'Astrie. La
famille de Rouillé l'une des
plus anciennes,des plus érenduës
& des mieux alliées de
Paris, cH originaire de Bretagne,
& LoiiisRouillé Seigneur
de la Grandcour,aujourdhuy
vivant
, en est l'aîné.
Dame Magdelaine Colbert
veuve de MessireLouis de
Baurru
,
MarquisdeNogent,
Gouverneur de la Ville & Citadelle
de Sommieres, & auparavant
veuve de M. Loüis
Jossier,Seigneur de la Jonchefc-
j.Tresorier General del'Extraordinaire
dcsgLierresmou,.
rut le 3. Octobre. Elle estoit
fille de Nicolas Colbert, Seigncur
de Turgis, Maistre des
Comptes
,
& de Magdelaine
Grasteau, & M. deNogent
son dernier mary estoit pere
de feu M. leMarquis deVaubrun,
Lieutenant General des
..J\nnées du Roy, tué au combat
d'Altenheim en Allemagne
l'an 161J. pere de Madame
la Duchesse d'Estrées
d'aujourd'huy, &fils du Comte
de Nogent, Capitaine des
Gardes de la Porte. La famille
de Bautruest originaire d'Angers
,& la Genealogie en est
déduite tout au long dans la
vie de Guillaume Ayraut par
Mesnage,
M. Jacques Pollart
,
Seigneur
deVillequoy, Confeillcr
honoraire au Parlement,
mourut le 7. Octobre. Il étoit
fils de Jacques Pollart
,
Fermier
General, & Secreraire du
Roy, Savoie épousé Marie-
Anne l' Archer morte en
1689. fille de Pierre rArcher,
Président des Comptes ;il en
avoir eu pour enfans Marie-
Fiançoise Pollart, femme de
Pierre Doublet, Seigneur de
Crouy & de Bandeville, Confciller
au Par lement
, morre
en 1707. & Pierre Pollart,
Seigneur de Villequoy, Conseiller
au Parlement, mort
aussi en 1707. ne JaiÍTJnr que
des filles de son mariage avec
Marie Guillaume de la Vieuville,
fille de feu M. dela Vieuville,
Maistre des Requestes.
Dame Catherine 13rayer
EpousedeMAuguste Henry
de Montigny
,
Chevalier,
Marquis de Congis, mourut
le 10.Octobre. M. le Marquis
de Congisestfils de feu
M. le Marquis de Congis ,
Lieutenant General des Armées
du Roy, Capitaine &
Gouverneur duPalais desTuilleries,
& d'une des plus anciennes
familles de Paris, descenduë
de Jean le Boulanger,
Seigneur deMontigny enBrie,
Premier Président au Parlement
de Paris en 1471. qui
-eût pour petit fils Jean le Boulanger,
Seigneur de Monrigny,
Conseiller & Chambellan de
François de France, Duc d'Alençon
,
lequel avec Charles
& Gabriël le Boulanger ses
freres obtint Lettres Patentes
au mois d'Octobre 1573. par
lesquelles illeurs fut permis,
& à leur posterité de changer
le nom de Boulanger en celuy
de Montigny. 7 h Dame Marie de Pigray
veuve de M. Charles de Fessarc
,
Marquis de Beaucourc,
Armancourt, &c. mourut le
17. Octobreâgéede4.ans
laissant pour fille unique Dame
Marie Anne Fessart, veuve
de M EtienneClaude de l'Aubcfpine
,
Marquis de Verderonne
,
donc la fille aépousée
le M. le Comte dePontchurttain
,Secrétaire d'Etat&
Chevalier des Ordres du Roy.
La curiosité qui mené le
Lecteur à l'article des morts
est biencost satisfaite. M Devizé
avoic le calent d'animer
* ce Chapitre par un grand
nombre d'oraisons funebres.
Il disoit ordinairement les
plusbelles choses du monde
pour consoler, ou pour dedommager
ceux quirestoient
de la perte de ceux qui n'étoient
plus. Pour moy je n'ay
pas ce don: D'ailleurs. le sage
Epicure dess nd les Panegyriques
à son Philotophe :
ainsi
de la maniere dont je parle
des morts, jenedoute point,
quelque bon & loyal que foit
mon Genealogiste,que ceChapitre
n'ennuye. Celuy qui le
fuit cil d'une espece bien difsérence.
Cest le Chapitre favori
de ce Livre; cest en un
mot celuy où la Cour, la Ville
& la Province jettent plustost
les yeux.
« SUITE DU JOURNAL
de ce quis'estpassé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. S p cmbre
on chanta un Mo,c,-, de la
composiciondeM Latoucire;
il y eut Conseild'Etat, l'apresdinée
chasse du Cerf, où tous
* les Princes, Princesses
,
Sci-
1 gneurs, & Dames de la Cour
allerent demçme que l'Electeur,&
le Prince Ragotzi ;
¡ au retour de la chasse M. le
Duc de Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelf
le qu'on avoit attaqué la Pla-
; ce par sept endroits
, que le
combat avait commencé à
quatre heures & demie, &
¡ qu'à midi nous estions maistres
? des deux Battions & de la pre-
? miere enceinte; que les Barcelonois
avoient arboré l'étendart
blanc, & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Otages
à six heures du foir; qu'il étoit
parti à cette heure là
,
mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé, que M.
le Maréchal de Berwick l'avoit
assuré qu'il envoyeroit M. le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
,
& le détail de ce qui
s'etoitpassé dans l'action.
: Le Vendredy 21. onchanta
à la Msse duRoy
, un
Morer de la composition de
M. de Lalandc que l'Electeur
entendit
entendit,& qui sur très- applaudi
; il y eut Conseil de
Conscience
,
le Roy pendant
Con dîné, fit plusieurs questions
à M. le Duc de Morcemar
sur le Siege de Barcelone ;
Sa Majeste alla ensuite tirer.
LeSamedy22. il yeutConseil
des Finances: on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc, & l'apresdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal. On ne vit
jamais tant de Caronfs, & de
Caléches. Il y en avoir une
tres-brillante à huit places,
toute découverte, où estoient
Madame la Duchesse
,
Madame
la Princesse de Çoncy
Mademoiselle deCharollois,,
- & cinq autres Dames; ilyeut
aussi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Courque
des Etrangers.
-
Le Dimanche 2. 3. M. le
Marquis deBroglio arriva de
Catalogne avec la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
à discretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conservé la vie
& les biens aux habitans ;ily
eut cesoir-là Conseil d'Etat:
te Roy eut une longueconferenceavec
M. Voisin & M.le
Marquis de Broglio.
LeLundy 24. ilyeut Conseil
des Dépêches le marin, &
l'apresdinée Conseil des Parties
;ilyeueaussichasse du
Cerf: on vit passer devant le
départ du Roy, plus de 300.
chevaux demain du Roy, sans
compter ceux des Princes ; ilyavoirplusde 150. carosses,
caléches, ou brelines, L'Electeur
s'y trouva de même que
tous les Princes
,
Princesses ,
Seigneurs
, &Dames de la
, Cour. Il yavoit pour le moins,
JOOO. Cavaliers., on courut
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 2 5. on chanta le
7c Deum,en Musique pendant
la Messe du Roy, pour
la prise de Barcelone; il y eut
Conseil des Finances : on vit
ce jourlà quantiré de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la Duchesse
de Berry. Il y eut au
diné du Roy une cr-cs- belle
Symphonie. M le Duc,& les
autres Princes allerent à la
chasse du Sanglier, on en prit
deux,& S. M. alla tirer;il y
eut le soir des feux, & des
illuminations au Gouvernement
,l'on rira le Canon,&
quantité de Boëtes; l'apresdinécM.
leMaréchal de Villars
prefenra au Roy M. le Dus
Daremberg.
1
i.
Le Mercredy 16. on chantaunMotet
de la composition
de M. de Lalande à la
Messedu Roy,oùl'Electeur
afljfta ; il yeut Conseild'Etat
ècà quatre heures du soir pro",
menade Royale le long du
Canal. S. M. y vint dans une
caléche très -
magnifique accompagnée
de tous les Princes
& Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Duchesse
,
& sixutresDames.
Madame la Princesse de Conty
& Mademoiselle de Charollois,
estoient aussi dans une
autre caléche, de même que
plusieurs autres Dames qui
avoient quitté le deüil,& qui
menoient elles-mêmes leurs
caléches. Onfit plusieurs fois
letourduCanal, l/£le£tçur,
MadamelaDuchesse ,& les
autres DamesaprèsLe premier
tour descendirent,& entre,
rent dans une Gondole toute
sculptée & tapissee,& couver,
te d'un gros damas avec des
franges d'or; cette Gondole
estoit precedée de trois autres
de la même magnificence,
sur lesquelles estoient les Musiciens
de S. M. avec des violons
, bassons
, trompettes timballes ,
,
& autres instrumens
; quand le Choeur de la
Musiquecessoit de chanter
,
la Symphonie se faisoit entendre,&
quand celle cyfinissoit
les trompettes, & timballes
çommençoient ; & à mesure
que le Roy
, avec sa Cour,
montoit & descendoit
,
les
Gondolessuivoient la caléche
du Roy
,
qui cltoïc escortée
deplus de 250. carosses à huit
& à six chevaux
,
sans compter
les caléches qui y estoient en
trèsgrand nombre. Un nombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal, quoique
très long, presentoitàlaveuë
du haut de la Cascade
,
le
plus beau spectaclequ'on y
ait encore veu. Il estconstant
* que les per sonnes qui habitent
la Cour depuis tres longtemps
, soutiennent qu'on n'a
jamais rien veu de si magnifique
, aussiles Etrangers qui y
citaient, & qui ont voyagé
dans
dans - toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'y a quelaCourdeFrance
qui puisse fournirun spectacle
de cette magnificence. M. lo
Prince Royale&Electoral de
Saxe arriva ce soir-là. -
LeJeudy 17. il y eut Conseil
d'Etat,& l'apresdinée
chasse duCerf
1Ek&eur y
alla de mêmeque tous les
Princes,Seigneurs, & Dames
de la Cour,
il y avoit
plus de300. chevaux de main
du Roy avec des caparassons
brodez d'or concourut deux
C rfs, le Roy n'enrevint qu'à
prés de sept heures. Pendant
le soupéM. le PrinceRoyal
& ElectoraldeSaxe fils du
Roy de Pologne sous lenoça
de M le,Comte de Lusace se
rendit dans la
-
Chambre du
Roy avec M le Palatin de
Livonie, &. plusieurs autres
Seigneurs Polonais ,& Allemans
,
ilfit son compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieusement
; ensuite le
Princepresenta au Roy tous
les Seigneurs qui l'accompagnoient,
cefut Madame qui
presenta auRoy M.leComte
de Luface.C'est un Prince
dont l'air noble &grand & la
magnificence soutiennent parfaitementl'éclatdu
fang donc
il est sorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy ,il y. eue
ce soir là Conseil de Conscience,
& à midy & demi M. le
Comte de Lusace
, accompagnéde
M.leMarquis de Torcy
,
rendit visiteà Madame la.
Duchesse de Berry, qu'il complimenta
, il alla aussi chez
Madame
,
chez M. le Duc
d'Orleans
,
chezMadame la
Duchesse d'O: leans, chez Madame
la Duchesse, chez tous
lesPrinces, & Princesses, &
l'Electeur de Bavure,qm le
retint à dîné.Messieurs les
Princes allerent à la chasse du
Sanglier,&leRoyallatirer.
L'Electeurpartit àcinq heures
du foir pour aller coucherà
S. Cloud.
Le Samedy 29.ilyeut
Conseildes Finances, l'apresdinée
le Roy allacoure le Cerf
avec léquipage de M le Duc.
M le Comte de Lusace y alla
demême que tous les Princes,
& Princesses
,
le nombre des
caresses,caléches, & des hevaux
demainne fut pas moins
grand que le 28. on courut
deuxCerfsqu'on prir. 1
,
Le Dimanche 30 il y eut
Conseild'Etat
,
le Roy alla
tirer lapresdinée
,
& on chamta
après les Vespres le Tt
Deum à la Paroisse de Fontainebleau,
au son des trompettes,
timbales, violons,flutes
douces
,
& autresinstrumens:,
on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boë.
tes pour la prise de Barcelone.
Le Lundypremier Octobre
il y eut Conseil des Parties
,
& aprefdinée chasse du
Cerf,leRoyyalla avec tous
les Princes & Princesses ; M.Ic
Comte de Lusace
,
& M. le
Prince Ragotzi estant de la
partie, sans compter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations, on courut
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy deux, il y eut
Conseil des Finances M. le
Comte de Lusace se trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie, & plusieurs
autres Etrangers, Messieursles
Princes allerent à la
chassedu Cerf, & le BLoy alla
tirer l'apresdinée.
LeMardy 3. il y eut ConM
d'Etat, & l'apresdinée
promenade Royale, & pêche
des Cormorans,cettepromenade
fut très-magnifique tant
parle nombredes carofles,
carioles
,
caléches ; que par
une affluenceprodigieuse de
personnes quiestoient venuës
tantde Paris que de la Campagne
;parce qu'on avoit cru
qu'il y auroitSymphonie
Musique sur le Canal en fQt
veur de M.le Comtede Lusace
qui s'y trouva, de même
que M. le Duc Daremberg
,
tous les Princes,& PtirtcefTes,
Meilleurs les Cardinaux de
Rohan,& de Polignac ,M.
le Nonce, tous les Ambassadeurs,&
Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4. il y eut Conseil
d'Etat, & chasse du Cerf
aprefdinée
,
Madame la Duchessequi
n'en manque pas
une, y alla aussi
,
elleavoit
dans sa caléche Madame la
Maréchale de Villars qui va
presque toûjours avec cette Princesse.
Le Vendredy5.il y eut Con"
seil de Conscience,chasse du
Cerf avec l'équipage de M.
leDuc du Maine. Tous les
Princes&Princesses,de même
que tous lesSeigneurs& Dames
de la Cour yallerent; il y
avoir plusde1000. personnes
àcheval,tant de la Cour,
qu'Etrangers,
Le Samedy 6. il y-eutCofr
seil de Finances. On fit dans
la Salle des Suisses la repetition
pour la feste du lendemain
,tant des voix que de la
sympbonie pour tout ce
qu'on devoirchanter.Cette
Salle, quoyque très grande s"
étoit si remplie de monde
y qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Royallatirer l'apre sdinée.
Le Dimanche 7. il y eut
Conseil d'Etat, a 4.heurei
du soisS.M.serenditauCanal
dansune caléchemagnifique
escortéedeplusde 200
Seigneurs à cheval
,
suivie de
plusde200. carosses à 8. ou
a 6.chevaux, deplusieurs caléchesdécouvertes
remplies
des Dames;parmi lesquelles
on en voyoit une à 8. places
dans laquelle estoient Madame
la PrincessedeConty,Mademoiselle
de Charollois,Mesdames
les Marquises de Rupelmonde
, deMaillebois, de
S. Germain, de Montsoreau,
de Champinelle, de Saucourt.
MadamelaDuchesse, & Madame
la Princesse de Conty
fille du Roy,estoient chacune
dans leurs caroffcs avec plusieurs
autres Dames.M. le
Comte de Luface étoitarrivé
un peu auparavant, accompagné
de M. leDuc de Noailles,
de Mle Duc daumont.,
de M. le Maréchal d'Estrées,,
& de plusieursautres Seigneurs.
Toute cette illustre
Troupe entra dans une Gondole
sculptée & dorée, couverte
& tapissée d'un gros damas
cramoisi avec des franges
&dugalon d'or toutautour
elleestoitsuivied'une autre
de même, mais couverte &
tapissée d'un damascramoisi <
à fleurs d'or, les Matelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons&
brandebourgs à franges d'or r- àcosté de ces deux Gondoleson
en voïoitdeuxautres plus
grandes de la même magnificence,
dans lesquelles étoient .-
les Musiciens & entre ces
deux là on enavoit attaché
deux autres sur lesquelles on
avoit dressé un Amphitheatre
pour les trompettes ,
haut:
bois,timballes,&autres
instruments : amesure,quele
Roy avec sa Cour montoit ÔC
descendoit, les Gondolesen
falfoient,dc mêmesur leCanal
,
qui , quoyqu'il ait600.
toises de Longueur,étoit bordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de peuple;les
Equipages y estoient tres ma < gmquesjceux de tous lesPrinces
, Princesses,Cardinaux
Ambassadeurs & Envoïz y
estoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celjui de Madame
laMaréchale d'Estréesy
estoit precedé de 4.de ses Pages
bien montez ,
de même
que presque tous ceux des au-
> tres Seigneurs & Dames. On
n'avoic encore rien veu de
plus grand àFontainebleau:
ceux qui estoient audessus de
la cascade ne pouvoient se
lasser d'admirerce spectacle.
Le Lundy 8. ilyeut Conseil
desDepêches, &apresdinée
Conseil des Parties. Le
Roy alla l'apresdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes,Princesses, Seigneurs
& Dames de laCour. La chasse
ne fut pas moins nombreuse
,
ni moins belleque les precedentes.
M. leComte deLuface
en estoit: cette chasse
donna beaucoup de plaisir à
: tOllSJ ceux qui en étoient
,
le
;, Cerfs'étant; fait lancer jus- qu'à-
10. ou IL. fois: le Roy l,n'en«revinrqu'à septheures.
î M.& Madame la Maréchale ;d'Estrées donnerentun soupé
magnifique à M. leComte de
; Lusace, à M.le Palatin de Livonie,&
àplusieurs Seigneurs & Dames de la Cour; il y eut
pendanttoutle soupé musi-
,, que & Cymphonie.
Le Mardy9.il yeut Con-
1fcil des Finances;M. 1 Envoyé
de Parme fit partauRoy du
Mariage de la Princesse de
Parme avec le Roy d'Espagne,
il alla à midy& demi
,
chez
Madamela Duchesse de Berry
quiestoit à sa Toilette, il étoit
conduit par le sieurde Sainror,
le Cercle estoittres-nombreux
,
& tres brillant chez
cette Princesse
,
Mesdames les
princesses deLambese
,
de
Rohan,de Monaco ,Mesdames
lesDuchesses de S. Simon
de la Perte, d'Estrées,
en e stoientde mêmeque. plusieursautresDames,
cer Envoyé
alla ensuite chez Madame,
me ,
Madame la Duchesse
d'Orléans, &c. Ce jour là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade,sonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Musiciensavouent que c'cit
le premier homme du monde
pour sonner dela Trompette.
Le Royallatirerl'apresdinée.
Le Mercredy 10. ilyeut
Conseild'Etat M.le Ducdu
Maine alla à lach asse du Cer f,
il n'y eutpas de promenade
Royale à cause du mauvais
tc:mps.L;
Le Jeudy Ir. il y eut Conseil
d'Etat, &l'apresdinée le Roy
alla à la chasse du Cerf,accompagné
de tous les Princes,
& PrÍllc:(fcs, M. le Comte
de Lusace y allaavec plusieurs
Seigneurs Etrangers,on prit
deux Cerfs, ce foit là M. le
Duc d'Orléans donna un retour
de chassetres exquis , où
il pria M. le Comte de Lusace,
& les Seigneurs de sa suite,
M. ssieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont,de Fronsacq
,
M.
le Maréchal dEstrées,M.le
Marquis de Torcy, & pluiseurs
autres Seigneurs.
Le Vcndredy 12. il y eut
Conseil deConscience,
l'apresdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures le Chevalier
Caissan
,
dont je ne
vous ay pas encore, parlé
, quoiqu'il ait toujours esté le
premier à toutes leschasses &
promenades Royales avec son
instrument sans pareil
, monté
sur un trapon ,parut dans la
court ovale, couvert de papier
mat bré monté sur une bourique
couverte aussi de papier
marbré, qui avoir sur sa tête
deux bois de Cer fs bien attachez
& le Chevalieravoit sur
la sienne un artifice qui joüa
sitost , que fc Roy
,
& les Princes
parurent aux senestres du
Cabinet de Sa Majesté;mais
la bourique au bruit des fusées
s'enfuir, ce qui fit rire
tour le monde qui y estoit venu
en foule pour le voir. M. Ici
Chevalier Caissan ayant pris
grand foin d'en instruire le
public,l'Histoire de sa vie
estimpriméedepuiscetteannée
à Ver sailles ou à Paris.
Le Samedy13. il y eut Conseil
des Finances. M. le Duc,
M. le Duc du Marne, & M.
le Comte de Toulouse alle.
rent à la chassedu Cerf. Le foiraprèslesoupé
,
pendant que
S. Mic(tdit dans son Cabinet
avectous les Princes, &l
Princesses, le Trompetre Angloissonna
dans l Antichambre
les plus beauxarts du
monde, il y avoit unautre
Trompette au-dessus de la
Salledes Suissesquiluy répondpoit;
amaiss q.uine l'égaloit
Le Dimanche 14. il y tut.
Conseild'Etat, le même jour
à cinq heures&demie Maca.l
rrçç la Duchesse de Berry le
rendit à la Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de Ml'Abbé.
de Rouget son Aumônier.
Madame s'y renditaussi à la
mêmeheure accompagnée de
M. l'Abbé de Magnas son
premier Aumônier,&le Roy
vint à prés de 6.heures accompagné
deM. le Cardinal
de Rohan,Grand Aumônier,
& de Ml'Abbé de Maulevrier
Aumônier aussi Sitost;
que S. M.futarrivée, on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures
LeLundy iy le Royprit
medecine. It.y eut Conseil des
« Parties M leDuc&Messieurs
les Princes allerent à la chasse
du Sanglier, M. le Comte de
Toulouse en tua unMadame
la Duchesse d'Orleans partie
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4.^ Muletspour
aller coucherà Brerigny
,
& de-là à Paris. Onavoit dressé
un lit dans cette Litiere, ou
elleestoit couchée à causeM
sagrossesse.
Le Mardy 16, il y eut Conseil
des Finances
,
chasse du
Cerf apresdinée où tous les
Princes & Princessesallerent,
les Equipages rPelioknt pas
moins brillants.qu'aux chafses
précédentes. M. le Duc
menoit li caléchej de même
que M. le Prince de Soubize
la sienne.
LeMercredy17.M.l'Arvècjue
de Vienne prêta feri
ment de fidélité pendant la
MtfT-du Roy,entre les mains
de S. M. )apreMineeon tint
le ConseildesDépêches qu'on
n'avoit pas pu tenirle Lundy
parce que le Roy prit Médecine
ce jour la , Messieurs les
Princesallerentà lachasledii
Sanglier, Mrk Duc duMai^
ne
neallacour~ le Cerf.
LeJeudy18. il y eut Cen..
seil d'Etat, & l'apresdinée
chasse du CerfTous les Prînces
& Princesses y accompapagnerent
le Roy,de même
que M. le ComtedeLusace
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour, on en prit deux,
le Roy revintde bonne heure,
suiviedeplusieurs calèches
ôc des Princesses,& Dames
vécues en Amazones,&àcheval.
Le Vendredy tpHyeut
Conseil de Conscience.M.
Buis Ambassadeur d Hollande
alla à la Toilettede Madame laDuchessedeBerry qui fut
tresnombreuse, leRoy qui
deVOlt aller tirer l'a,prefdine"c
tn'yeallampas àcapuse dsu m.auvais ctx «Le Samedy io„ il y eut
Conseil desFinances
,
M. le
Duc ,&M.le ComtedeToulouze
,
allèrent à la chaiTe du
Sanglier,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf.Il y eut une
txes- belle Symphonieau diné
du Roy aprèslequel S. M.alla
4irer
,
lemême jour le Roy
declara Meilleurs les Princes
de Soubize
, & d'Epinoy
,
Ducs & Pairs.
Le Dimanche 21. il y eut
Conseil d'Etat
,
M. le Maréchalde
T<(Tév le Punce d Epinoy
,
M. le Duc de la F,tu11ade
, Madame l'Ambafladrioc
d'Hollande, & plusieurs autres
Seigneurs & Dames, allerent
àla Toilette de Madame
la Duchesse de Berry, le Roy
ne sortit pas ce jour-là
LeLundy il. il y eutConseil
d'Etat, l'apresdinée le
Roy alla à lachasse du Cerf,
accompagné de tous les Princes,
& Princesses, M. le Comte
de Lusace y alla demême
accompagnéde plulieursSeigneurs
Ettangers,les Dames
estoient aussi à cheval vêruifs
en Amazones, on courut
trois Cerfs qu'on prit,M je
Conlre de Ribeira Ambassadeur
de Portugal arriva ce
mêmejour.
LeMardy23.M le Comte
deRobbera fut presentéà S. M.
M leComredeLusace partir
de Fontamebleau pour Paris, ilyeuConseildesFinances,
SiTapreliiinèeleRoyallase
promenerdans les J ardins accompagné
de tous 1 s Scigneurs
de la Cour., M. ie
Duc M.le Duc du Maine
allèrent à la chasse du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Courarestéeicyplusde60.
Le Mecredy 14.JcRoy partit
deFontainebleau, ayant dans
son carossîeMadame la Duchesse
de Berry, Madame
Madamela Duchesse
,
& MademoiselledeCharollois.
S.
M. estoit escortée par lesGardes
du Corps, les Gendarmes,
les Chevaux Légers
,
& les
efeux Compagnies de Mousquetaires
pour aller coucher
:
à Petit-Bourg,où toute la
Courfut traitée magnifiquement,
on partit le 25. pour
aller coucher à Verfaisses,où
l'on arriva de bonne heure.
Fête sur feste
,
la Scene de
celle-cy cft au Château d'Eréery.
M. de Breteüil Marquis de
Fonrenay Tresigny, Seigneur
des Chapelles
,
Vilbert & autres
lieux, Maîtredes Requêtes
,
épousale 23. du mois
d'Octobre dernier
,
la fille de
M. Charpentier Secrerairedu
Roy,avec de gros biens.La 10»
ces'estfaiteauChâteau d'Emery
,
Terre qu'ilappartient à M.
Charpentier.MdeBreteüilest
issu dela famille de le Tonnelier
, l'une desplus anciennes
& des plus illustrées de Paris.
& ceux de ce nom ont depuis
long temps occupé les places
les plus éminentes dans la Magislature,
& dans lesConseils
de nos Rois & ne se font pas
moirw-disti-ngmz dans l'Eglise.
que dans l'Epèe.
M de Puy Segur Lieutenant
General des Arméesdu
Roy à épouse se de ce
mois Mademoisellede Fourcy
deChessy Je reprendrai cet article
dans le Journal prochain.
(
Tous les maux de lavre , ; rttème ceux qui paroissent fe*
plus legers
,
font eff âiveà
ment des maux difficilesàrupporter,
il n'enest pas de plus
vifs que ceux que nous sentons
Ce n'est point un axiome de
PhdofophlC que je prétend

débitericy,enmettantsurle
le tapyune maxime dont tout
le monde connôist la vérité ,
&je n'en parle que parce que
je fuis étonné de ladélicatesse
de M. Devizé, quià ce qu'on
m'a dit depuis peu ,
se faisoit
un scrupule d'instruire le pu-
, blic des noms, & des talens des
gensque leur arc utile, & salutaire
aux hommes sembloit.
consacrer plus particulièrement
à leur service. J'en ay
trouvé d'une demie douzaine
d'especes,quise sont offertsà
moy ce mois-cy ,pour les
annoncer au public. Le détail
du merite de ces Meilleurs y
n'a rien d'ennuyeux., puisque
lcsun^ou les autres y peuvent:
trouver leur compte.
)),. Avistresutile.
Jecertifie, si mon certifia
cat peut fCIVlf de quelque.
chose
, que le fip-u, Ifamn de*
nteufantruè'Tittjnncçkt\Itfieun
Lambert Perruquirr}gn&itgoi4*
tu3 rbumatijicsgoûteux,Jci(Ui^
ques ,
jhtralijîcs
,
bieffures Jtt
coups de feu, &c.
Autre Avis essentiel.
M. de Woolhouf: Gentilhbnu
me ey OculifleAnglois qui demeure
ptesentement au College
de l*A"je MW-ta3 vis a vis le
petit portail de S Estierme du
Mont prés Sainte Geneviève,
pratique trente-trois diffrentes
opérations manuelles {urlrsYI',uxJ'
& il ~rmedie par des medicaments
doux
, promts ,
&furs
,
à tous les autres maux0J bles de la veuë
, entre les cent
soixante&treize maladiesdifférentes
qui peuvent attaquer l'oeil.
il< donnera a tous ceux qui le
souhaiteront une liste des personnés
qii'ila gueri à Paris. Il ejl
à remarquer qu'ilauroit esté en- -
tierementimpossible audit sieur de
Woolbouse de sçavoir àfonds
- ces différentesoperations
,
sielles
ne luy avaient pas ijlé némontrées
parfeu M son pere, sameux
Oculise:puisqu'il efi le
seulen Europe qui les pratique
toutes. Il a aéluelletu,nt de sameux.
AficLam pour éleves,
Autre
Âfademojelle dtRc'{E demett*
rant ruë de laComedie chi*{ un
Perruquier au second, approuvée
des Docteurs en Medecine IfI,
Faculté de Paris donne un re<*
male composé de Simples,qui
guérit & preserve de la goûte*
d'une manièreftrraifie)&sans
aucun danger. '- Elle guerit aujji
avecun Beaume specifique tout*
les maux de dents pour toujours,
lequsecloqnuseesrvgeateés qu'elles sovent,
,
affermit celles qui
branlent,&les blanchit. Elle
a dls Boutons composezpour les
fluxions,maux de teste, mioraine
&quir~du mauvaisairt
Remede Spécifique.
Pourguerir les hestiaux de la
V&âiadièsEfidemique dontils font
attaquez,^ ilfaut avoirrecours à
l'extrait j. à rilixirtirez; du traitégénéralaeUvertudes
Simples
approuve&contenu dans Usprivilèges
accordezpar le Roy, au fleur
Danach de la Rivierey demeurans
ruë Mauconseil
,
Docteur en Medecine
, Medecinordinaire defeueS.
A. S.Monseigneur le Prince de
Condé,& de S. E.M. le Nonce.
sonremede estsouverain pourles
preserver de cette épidémie : ce
Docteur donne par IIÙtmprime la
Methodefacile de seservir de son
Extrait, & son Elixit,il ny-A
qu'a lesuivre, il estAuteurdu Miroir,
desurines ,du Tresor de la
Medecine.& dela Vertu des Simples
,
il a encore un esprit de Simplespropre
ifortifier les viij-
Jeuux >&gneirtlarétentiond'ur¡/
ifs) & e.
rines, tJ-uîicteaaxfl pDoOullrr lleesi mm~a1lIad--
dies desjeux.Letoutpeut (è trasog;
»tac;,prareInrer.par terre ,Jà?*ssi
Avis tres-rare.
M. l'AbbéFremy adémontré il
glujïeursSçavanspar voye de Theorie"
6- d'ex/.trie,¡.c.e
, qu'un meditationde
quinze années, L'moit
enfinconduit à trouver le secret
d'apprendre leLat ment qu'onn'apprendAujourd'hui
14 langue Italienne.
ToutsonSijlême ne roule que sur
deux regles tres courtes , (S1 d'une
exécutiontrès aJfic qui convient à
toutsexe,&à toutâge,sitostqu'on
sçaitlire & un peu écrire.
La premièresuffitpour résoudre
parmaniéré dedemonstration les
difficultés lesplusépineusès , tant
à l'égard de la composition Latine,
que de l'explication des Auteurs.
Laseconde qui neconsistequ'en
un seul mot,sans exception, est
utile poursçavoir heureusement la
quantité des syllabeslongues, o»
breves
, par nature.
Les perjbnnes quis'inttrresseront
à le ~outrerquelques avis pourront
s'adrcjjerà M.Ribou Marchand
Libraire à l'image S. Louis
Jguay desGrandsAugustinsàParis.
Avis en gros & en détail que tout
le monde doit lirepour raison.
LeSrGodeheuItlefilsMarchand
TaiHeur demeurant ruëTtrechappe,
ducôtédela m'è&etizyykl'enfeigne
du Point du jour, avertit lepublic
qu'il habille à l*année ctjl à-dire,
que moyennant la somme dont on
convientaitec lui, ilfournitdeux,
quatre six &,douzehabits neufs
pbaroannysJic.il'1ou, nmveupt4ted}r..à tres..
M.Dancourtvient de donner encore
uneComedienouvelleque lePubiic
trouvemaitailléc&mal.cûufué',
jen'en dirois rien,sijen'étois pas
obligédeparler de toutes, kspièces
qui se presentent,quoiqu'elles
n'aientpas de succez,maiscelle-cy
a Pignon sur rué : VoUy l'histoire
de/Õn jlablifement.
M. Dancourtlût aux Comediens,
ily a environ un an, la Comedie du
Vertgalant;ses camaradesqui la
traavereritffedavaifè,refqfeYenta
Jblumcnt de lajouer : quand il vit
qu'ils n'en voutotentpoint;illanegligea.
,
drquelque tems après ilavoua
a ceux qut étoient desonparty
qu'ilavoitfaitcourir dans lemonde
, le Clh:tf de l'Abbé vert,pour
donnerplusdecrédit àja'piet-e.-VoiploascdeeqsuOaappelleinventer
àprol
du.x',.evillfs
pour Icikea-
:J Ii" 1 (¡ prévenus ; \jr voue. ..c ert ;;4iIIl¡Jt.
Avertijjement lei ne sert à rien.
Ceux qui jugeront à propos
d'envoyer quelques Pieces au
Mercure,sont encore priez d'avoir
le soin de se souvenir derendre
leurs Mémoires lisibles) si
leur intention est de lesvoirim-
[ primez,& d'en payertoûjours le
f port, autrement il n'en fera fait
nulle mention. On leur recom- -
Ilmixaintéde sur tout, d'éviter la pro- ,de ne tirer àcartouches sur
personne,Se de faiteensorte
que,leur stile soit moins negligé.
que le mien; ? mais cen'est pas ma [pfaaurtoe,îsta'ill'estautant qu'il me le moy-même.
; J'ay autre, enore àfaire, i:ay mes ami s à
fvoirtous les jours,trente lettres
& écrire par semaine
, un livre a"
Kompofer tous les mois ; & les
jours vont vîte. D'ailleurs il y a-j
peu d'émulation,ou s'il y en a , ce qu'elle produit de raisonnable
vient rarement jusqu'à moy ; enfin
je fuis obligé de me soûtenir
presque tout seuL
, ~& de marcher
sans bâton.
Pedibusme*
Portomeis, nil/It) dextramfubcunte
ba~jillo.
Cette récrimination sur le Public
&sur moy même
,
efl une
preuve que je connois mes deffauts
; mais
,
Messieurs,je vous
avoue qu'à l'exception de certains
Articles qui roulent sur des
objets tres-respectables, je traite
de raisonnements sans consequence,
ou de chansons,presque
tout ce que j'écris, cela n'en-!pê.:r
che pas que je ne sçache encore
* Juvenal.
mieux me rendre justice, & que
je ne sente enfin:
.f<!j'il nevous convientpas, quel-,
que effort que jefasse,
D'accepter de mes vers les tributs
indiscrets
,
•',*
A moins qu'Apollon en ma place ,
Ne vous presente mes placets,
Ou que ce Dieu ne donne aux chan**
sons que je fais,
- L'esprit, l'ame, (J le seld'Horace.
Ainsi, Messieurs
,
si Melpomene
ou Thalieveulentdisputerentre
elles à qui m'aura,je fuivray
le char de la Muse vi&orieufe,
& je chausseray le Cothurne (je brodequin ,ou ,au gré de celle
qui m'inspirera. Vous verrez le
mois prochain l'usage que je feraydes
conseils de la Nympheà
^\ji /apparciendray.
Baptême de fant de Portugal
Joseph. 6
Réflexions,plaintes ~&verbiage
de l'Auteur. 11
Relationsinguliere d'une Festede
Taureaux. 22
Discours que M. deRealfit à
à l's4jJemUéc ditClergé
,
de
laNoblesse
, c- de lajustice,
le jour qu'ilfutinstallédans
saChargedeSénéchaldeForça-
qiiïer, Ge-
Moraled'Epicure, 7£-*
T A a L E.
Obflacles levezpourson impreffiQn,
-
82
Refl£exironsur legenie d'Epicure, , ce qu'ildeffend les Panegyriquesau
Sage. 94? "eiquesdaSatre.
\Odesur
lefujetduPoemequia;
remportéle Prix de l'jécadéVm&
ie.prefailles.11lojp DifcoUfs sur l'originedu moiss
lis
Nouvelles. **,3
Hlloirt. 138*
Le/rrf Galante. 15^
fer*ptefente%Rby*ï65
extmit d'un Discours prononcé
parle l{.:J(.\f,üdleJe"u Supe-,
T A B L E.
rieur des Barnabites à la Profc/
Jion de DonMarc-Renédu
Bmfjon de la Bruneliere, parent
de M. d'Argenson. 167
Copie d'une Lettre de M.le Procureur
General du Parlement
de Paris à l'occasion du Tef
tument du Roy. 169
Ode Anacréontique de M. de la
Monnoye. 177
Relation d'une Fste que la Rrint
Doüairiere d'Espagne a donnée
dBayonne. 182.
Relation de la Ceremonie du mariagede-
1.4Reine,defpagte
quifutcelebréà Parmele 16»
Septembre, 199
Autre Relation de Genessur le
TA B L E.
mesme sujet. 2.il'
Relation de l'attaque generale de
Barcelone. 12.77
Relation de l'entrée deM.leMaréchal
de Berwick dans Barcelone.
24I'
QMuartadercriitaiquge, e. 151 259."
A bon entendeurdemi mot. 263
Courtereflexion sur les remarques
de Mathanasius sur le
chef-d'oeuvre d'un inconnu. 2,6,:
Chanson. 171
Chapitre des Enigmes.274
Morts. 280
J~~f duJournal de Fontaine- 4/M»,30I
T A< B L E. Mariages.342
Avis tres-utile, 345
Autreavisessentiel. 346
Remede Spéciifque, 348.
Avistres-rare.
- 350
.A'Vis en gros ~e en détail que
trouat Liescteourndoi.t3lire5p1our
AvertiJJement qui nesert àrien.
353
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le