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MERCURE
GAL A NT.
A PARIS,
M.DCCXIV.
AvecPrivilege du Roy.
M:..ERCURE GAJL.AMJL.
i A Par le SieurL.F.
Mois
à'Août
1714.
Le prix est 3 0. sols relié en veau, èt
15. sols
,
broché.
A PARIS,
Chez DANIELJOLLET, au Livre
Royal,aubout du Pont S.Michel
du côté du Palais.
PIERRE Riisou à l'Image S. Louis,
sur le Quaydes Augustins.
Au Palais,PIERRE HUET, sur le
second Perron de la Sainte Chapelle
, au Soleil Levant.
AxteAfr&b*tivTt}&Priviie£cduiïêi.
ME1RCURE : NOUVEAU.
Es premieres lignes
d'un Livre,
me dit- on ,
fuffient
pourprévenir les es-.
prits
,
& un Auteur doit
municipalement s'attacher à
es composer de manière
que tout le monde soit conentde
son début. Je douu.
te quetoutes lés opinions
sereünissent sur cet article,
parce que je commence
à voir de plus près la difserence
infiniequ'il y ,:
a
dans les sentimens des hommes.
Ce qu'il y a decertain
& de général parmi
eux, c'est qu'ils voudraient
tous qu'un Livre écrit de
la main d'un Auteur qui
leurest indifferent, leur fît
autant de plaisir à lire, qu'-
une lettre qu'un ami leur
écrit., Mais cela est presque
impossible,& une médiocre
lettre peut paroître excellente
à celui qui la reçoit
, lors qu'un livre souvent
meilleur qu'unebonne
lettre ne plaira peut-être à
personne. •• )
: C'est par une lettre que
j'ai reçue sur mes premiers
Mercures, que jevais prou-
, ver ce que avance:je suis
persuadé qu'elle divertira
davantage que mon préambule.
LETTRE ANONYME. QVand vous acquitterez
vous,Monsieur,de toutes les
promesses dont les Mercures
que vous a'Vt'Z donnez Jont
remplisfDans le premiervous
nous avez promenez suffisamment
en Pologne, & de la en
Asie, d'où vous devez sans
doute avoir appris depuis
trois mois de nouvelles circonfiances
du voyagedevotre
ami, dont les precieuses découvertes
& la longue lettre
ennuyerent raisonnablement
bien du monde.
Dans le second vous nom
avez donné parole de nous
raconter, dés que vous auriez
occasion de le faire, lafameuse
histoire du malheureux Sainte
Colombe, Lieutenant de dragons
dans Fimarcon, quifut
assassiné & Mantouë par un
marijaloux: & dans le même
livre, au milieu de l'histoire
Ju Bacha de Damas, vous
nous promttez le reste des
rares avantures delavaillante
.Adrabifta, que vous nous assurezavoirjoüéuntrès-
grand
personnage à Rome.
Dansle dernierenfin vous
nous laissez justement à la
moitié de l'histoire de vôtre
Chevalier Castillan, & de
sa belle veuve, dont vous ne
faites qu'ebaucher le mariage,
sur la foy d'un amant enyvré
de la douceur de ses esperances.
Vous devez, en un mot,
nous conterce mois-ci lesavanturesd'une
Moscoviteavec un
Lapon. Quand nous tiendrezvous
parole sur tous ces aru'
cles ? &c.
Je reponds à cela, que
je priele Lecteur de ne pas
s'impatienter; & pour commencer
a m'acquitter avec
lui, je vais l'entretenir des
avantures de la Moscovite
& du Lapon, que j'ai promises
le mois dernier. Cependant
je le prie de me
permettre de changer le
titre de cette histoire; quoique
ces deux personnages
y jouent un rôle merveilleux
,ils n'en sont pas néanmoins
les principaux acteurs
: ainsi je croy qu'on
ne me disputera pas la liberté
de la donner fous cet
autre titre.
LE NAUFRAGE
au port.
I HISTOIRE. L y a quelques années
qu'étant à S. Malo, un de
mes amis vint un jour me
trouver, pour me prier
de l'accompagner jusqu'au
Cap *, où étoient deux vais-
* C'est un Promontoire ou pointe
de terre fort élevé à cinq lirsÚs de
S. Malo. Il y a une radeassez,
bonne, où j'amarent ordinairement
les navires qui vont à lamer, eu
qui en reviennent.
seaux qui dévoient profiter
du premier beau temps
pour mettre à la voile pour
la mer du Sud. Plusieurs de
ses amis & des miensetoient
à bord, & nous voulions
les embrasser encore une
fois avant qu'ils appareillassent.
Il etoit huit heures
du matin, le ciel était fort
clair, la chaloupe nous attendoit,
le vent étoit frais,
& les matelots commençoient
a jurer après nous,
parce qu'ils apprehendoient
que nous ne perdissions
une si belle marée,
lors qu'enfin nous nous embarquâmes
pour nous rendre
au Cap,où nous arrivâmes.
en moins d'une heure
& demie. Nos amis, qui
étoient les principaux Officiers
de ces vaisseaux, char:
mez de cette derniere vitice,
nous firent la meilleure
chere qu'ils purent.
Nous avions à peine resté
r
deux heures table,oùnous
commencions a nous mettre
en train, lorsque nous
entendîmes crier, Navire,
navire. Le vent aussitôt
changea, le ciel& la mer
s'obscurcirent, la pluye
,
la grêle, le connerré, &
les nuës, nous environnerent.
Quoique nous eussions
nos quatre ancres à la
mer,nos pilotes ne laisserent
pas de prendre des mesures
contre l'orage.Cependant
nousattendîmes patiemmét,
le verre à lamain;
&en gens que de pareils
dangersn'effrayent gueres,
tout ce qu'il en pourroit
arriver. Enfin au bout de
deux heures le vent se calma,
& le temps s'éclairit.
Mais il n'est rien d'affreux
comme l'horriblespectacle
que le retour de la lumière
offritànos yeux. Des coffres,
des cordages, des
mâts ,des planches,des
hommes,des semmes,ensintoute
l'image d'un frageépouvantablnea.u-
LesOfficiers des navires
quiétoient à l'ancre ordonnerent
à l'instant à tous
leurs matelots de mettre
toutes les chaloupes à lamer,
pour secourir, autant
qu'ilseroit possible, les malheureuxqui
perissoient
Leur zele eutun succés
assez favorable, & peu
d'hommes perirent. On
porta à bord tous ceux qui
avoient nagé avec assez
de vigueur pour attendre
le secours des matelots:
on lesdéshabilla aussitôt,
& on les jetta sur des lits,
après leur avoir fait rendre
l'eau qu'ils avoient bue.
Où suis. je, grand Dieu!
où suis-je, dit l'un de ces
hommes environ deux heures
après qu'on l'eut sauvé?
n'ai je affronté tant de perils,
n'ai
-
je brave tant de
foisla mort, que pour per-
dre au milieu du port ce
quej'avois de plus cher au
monde? Cruelsqui m'avez
sauvé avec tant d'inhumanité,
rendez-moy à ceperside
element qui vient d'enfgaliotutir
l'objet le plus parqui
fût dans la nature.
A ces mots nous nous approchâmes
du malheureux
dont nous venions d'entendre
les plaintes. Vous êtes,
lui dit aussitôt nôtre Capitaine,
avec des hommes
qui n'ont consulté que leur
inclination pour vous sauver
, &a qui vous êtes redevadevable
de la vie qu'ils vous
ont renduë. Oui, repritil,
en gemissant, je fuis avec
des hommes plus barbares
que les Scythes les plus
cruels; pourquoy ravissezvous
à la mort un miserable
qui ne doit plus songer qu'à
mourir? Non.malheureuse
Julie, non, ne me reprochez
pas un indigne retour
àla vie; vôtre mort va bientôt
être vangée par la mienne.
Cette Julie, dit le Capitaine,
en adressant la parole
à un de ses Officiers, ne seroit-
elle pas une de ces deux
femmes qui sont sur vôtre
lit? Que dites-vous,Monsieur,
reprit cet amant desesperé
? vos gens ont- ils [au.
vé deux femmes? Oui,répondit
le Capitaine. Ah si
cela est, dit-ilaussitôt,Julie
n'est pas morte. A l'instant
il se jetta à bas du lit,
& passa au quadre où l'on
avoir mis les deux femmes
qu'on avoit sauvées comme
lui.
Elles avoient les bras se
le visage écorc hez
,
elles
etoient pâles, désigurees 6e
assoupies. Non, dit-il, après
avoir touché ses mains,6j
plein des transports de ta
joye, non ma Julie n'est pas
morte. Je vous dois encore
une fois la vie,Messieurs,
&mille fois davantage. La
tendre Julie, que ses paroles,
ses soûpirs & ses embrassemens
éveillerent, ouvrit
les yeux, & jettant des
regards pleins de tristesse
& de langueur sur tous les
objets dont elle étoit environnée
,elle reconnut enfin
son heureux amant,qui
échauffoit avec sa bouche
ses froides mains, qu'il arrofoit
en même temps de't
ses larmes. |
Alors nôtre Capitaine la
fit changer de lit,&lafit
porter sur le sien, où elle
reçue. plus commodément
tous les autres secours dont
elle eut besoin.
* Cependant on nous
avertit
que le souper étoit prêt.
Le Capitaine pria le Cavalier,
à qui il ne restoit plus
que le souvenir de son naufrage,
de se mettre à table
à côté de lui. Dés qu'ils furent
atable, nous nous pla-;
çâmes où le fort nous mit..
Ce repas ne fut pas si long
que celui du matin: mais
il fut certainement plus
agreable par le récit des rares
avantures que nous entendîmes.
Le nom & le portraitdu
Heros de cette histoire font
des circonstances & des ornemens
necessaires au dé.
tail que j'en vais faire.
Louis-Alexandre de Nerval
, natifde Montréal,sur
la riviere de saine Laurent,
dans le Canada, est un jeune
homme qui peut avoir
à present environ trentedeux
ou trente-trois ans. Il
est peu d'hommes en Europe
qui soient mieux faits
que lui. Son visage est noble
& regulierement beau,
son air. est simple, tendre
&.naturel; il a beaucoup
d'esprit sans étude, il est
vaillant & robuste autant
qu'un homme le puisseêtre:
enfindans quelque endroit
du monde qu'il soit, il sera
toujours regardé. comme
un de ces mortels que la
fortune semble être obligée
de preferer aux aucres.Il
avoit vingt-sixou vingtsept
ans.,lors qu'échapédu
naufrage dont jeviens de
parler
,
il nous conta à la
fin de nôtre souperles avantures
qu'on va lire.
Il y a huir ans, nous dit- que mon pere,Andréde
Nerval, qui étoit un des
plus riches habitans du Canada,
tomba malade de la
maladie dont il est mort. Il
attendit qu'il fût à l'extremité
pour faireentre cinq
enfans qu'il avoir& dont
je fuis l'aîné, un partage
égal de tous ses biens. ille
neôe le lendemain il mourut.
J'eus environ la valeur
de cent mille francs en
terre & en argent pour ma
part. Dés que je me vis le
maître de mon bien, je resolus
, pour l'augmenter,
de faire un commerce qui
pût bientôtm'enrichircomme
lui. J'équipai une fregate
de vingt canons, je
levai une troupe de braves
gens du pays, & je me mis
à la mer avec la meilleure
volonté du monde. Mes
premieres couriesfurent
assez heureuses
; je m'embarquaydeux
fois, deux
fois
fois je retournay dans ma
patrie avec de nouvelles
richesses. La troisième la
fortune nous trahir. J'avois
pris la route de Plaisance
où les ) vents contraires ôc
les grands courans m'obligerent
à relâcher
,
après
avoir été battu de la tempête
pendant près de trois.
semaines. Là j'appris que
quelques navires Hollandois
avoient déja pris pour
leur pêche des moluës la
route du grand ban de
Terre Neuve.Quoique je
sçusse bien qu'il n'y avoic
rien à gagner avec ces Pêcheurs
, je m'imaginai cependant
qu'il ne tenoit qu'à
moy de faire quelque action
déclat,&que secondé
d'une fregate legere qui
étoit avec moy, rien ne
feroit plus facile que de
ruïner leur pêche & leur
commerce pour cetteannée.
Ainsi je donnai tête;
baissée dans ce dessein, qui
eut les plus malheureuses
fuites du monde.
Huit jours après que je 1
fus sorti de Plaisance, après
avoir longtemps combattu,
les vents & les marées, je
tombai (sans pouvoir jamais
l'éviter) au milieu
d'une flote Angloise corn,'
posée de trois gros vaisseaux
qui alloienc chercher des
peaux & des fourrures sur
les confins de la Laponie
de Norvege. Mes deux fregates
marchoient à merveille
: mais les Anglois
avoient le vent sur nous. Ils
mirent toutes leurs voiles
dehors
,
& deux heures
avant la nuit ils nous joignirent.
Dabord ils me
saluerentd'une bordée de
canonssipleine, que je ne-1-
pus leur en rendre qu'line,
quireüssit fort prés
avoir brisémongrandhunier
,monmâcd.arcimbnc,
ôc m'avoir tuéplusieurs
hommes, ils me mirent sur lecôté."Mevpjftfltainsi
hors d'étatde.mer,4çferf?j
dre, je fis amener toutes
mesvoiles, &j'aimaimieux
me rendre, que voir perir
tout mon eql11page.jc:11!ifl
LeCapitaine Anglois,
qui m'avoit si maltraité, fit ;
mettre sa chaloupe & fbn;
canot à la mer;j'en fisautant
de mon côté, parce
que l'eau nous gagnoit de
toutes parts,& je me rendis
avec tout mon monde
à son bord
: mais des qu'il
Ueut vu ma frégate couler
bas, & qu'illui étoit impôt
sible de profiter du moins
des vivres que j'avois embarquées,
& dont il commençoit
à avoir besoin, il
ne songea plus qu'à se défaire
de nous; & le quatrième
jour de sa victoire
il nous mit à terre sur une
mauvaise plage, qui est
entre le Cap Noir & Tiribiri.
Il eutnéanmoins la
consideration de nous sa,
re donner des fusils avec,
un quintal de poudre ëc
autant de plomb, pour
nous aider à subsister de
nôtrechasle
,
jusqu'à ce
qu'il plût à Dieu nous tirer
de la misere où nous allions
vraifemblablemenc être incessamment
réduits. I
Alors nous partageâmes!
entre nos chasseurs la mu-1
nition dont l'Anglois nous
avoir fait present,& donc
la prise dema secondefregare
le pouvoit dedomma- j
ger dereste.
Je gagnai aussitôt avec
ma troupe ( qui fuffisoic
pour faire la conquête de
tout cet affreux pays ) le
coin d'un grand bois, qui
était à trois quarts de lieue
de la mer. Là nous choisîmes
chacun un gros arbre
pour nous en faire chacun
une maison
; & tous mes
gens
assemblez autour de
moy, j'établis, pour leur
iûretécomme pour la mienne,
la même discipline
qu'on fait observer aux
troupes les mieux réglées.
Un jour m'etant emporté
à la fuite d'un jeune ours
avec trois de mes camarades
dans cette noire forêt,
dont nous habitions
une des extremitez,j'apperçus
des tourbillons d'une
épaisse fumée, dont l'odeur
nous surprit. Nous approchâmes
sans bruit du lieu
d'où elle sortoit; & après
avoir fait environ deux cent
pas avec beaucoup de peine
, nous découvrîmes un
terrain assez cultivé; &un
peu plus loin, au milieu
d'une hauteur environnée
d'une grande quantité d'arbres
qu'on y avoir plantez.
une petite maison de char.
pente bâtie avec tout l'art
imaginable. Nous pénétrames
encore plus avant;&
aprèsavoir consideré attentivement
tous les environs
de cet édifice extraordinaire,,
nous conclûmes
qu'il étoit impossîble que
ce bâtiment ne fût voisin
de quelque ville.
Cependant, toutes nos
reflexipns faites, nous nous
trouvâmes à la porte de
cette habiration, où nous
prêtâmes attentivementl'oreille,
pour essayer de comprendre
quelque chose aux
sons de voix que nous entendions
:mais on ne peut
jamais être plus surpris que
nous le fûmes. Je vis, à la
faveur d'un trou qui étoic
à cette porte, une grande
femme étenduë sur un lit,
dressé à la hauteur d'un de-
- .t J s. mi pied de terre, couvert
des plus belles peaux qui
soient dans toute la Norvège.
Sesvêtemens étoient
de la mêmeétoffe ;
sa tête,
dont la beauté est un vrai
chef-d'oeuvre de la nature,
étoit négligemment appuyée
sur son bras droit;
son sein croit à demi découvert,
& toute son attitude
exprimoit sa langueur.
Elle chantoit alors admirablement
& en bon François
ces paroles, que je n'oublirai
jamais.
~IO -, T'*f.1 us CllITlUiS j/MJ tCftl«ji»
je riétois aimable : Je t'ai crû, maintenant tu
méprises mes feux.
Ah !qu'il me plaît,cruel, de
te voirmiserable
Autant que tufus amoureux.
Elle eut à peine cesse de
chanter, que je vis un homme,
habillé de la tête aux
pieds d'une riche fourrure
de marrhe zibeline. Il se
promenoir à grands pas
dans cette chambre, &
aprés plusieurs gestes qui
témoignaient sa douleur,
il lui chanta ce couplet à
son tour.
Quoy
,
malheureux!d'une infidelle
- J'aimerois encor la beauté!
Non, mon coeur méprise,
cruelle,
Jusqu'à ton infidelité.
Ces paroles furentsuivies
de reproches que nous ne
jugeâmes pas a propos d'éçpurer,
de peur d'être furpris
à cette porte si restions nous y plus longtemps;
nous crûmes au contraire
devoirnous en éloigner,
f charmez decettedécouverte
, & nous allâmes à
cent pas de cette maison
[ tirer uncoup de fusil, pour
| nous faire reconnoître plus
civilement des gens que
nous venions d'entendre.
Le bruit quefitcecoup
; mit aussitôt l'alarme dans
tout le pays. A l'instant
nous vîmes sortir de plusieurs
petites huttes presque
ensevelies dans la terre, ôc
que nous n'aurions jamais
fongé à prendre pour des
retraites d'hommes, au
moins un bataillon de pygmées.
Ces marmousets étoient
si petits,quechacun
de nous en auroit pu mettre
unedemi-douzaine à califourchon
sur le canon de
son fusil, & les emportet
sur l'épaulesansêtre trop
char-géi.
Ce font là precisément
les peuples qu'on appelle
des Lapons de Norvege.
Cette espece est si plaifanre,
que nous ne pûmes
pas nous empêcher de rire
de bon coeur des efforts
qu'ils faisoient pour nous
environner. Leurs peines
& leurs pas étoient accompagnez
de cris aigus, qui
attirerent vers nous leurs
femmes, qui étoient aussi
courtes qu'eux. Ainsi nous
étions, sans nous en appercevoir,
au milieu d'une
des plus grandes villes du
pays.
Cependant nous vïmcs.
sortir à la fin, de ccttcra
maison de charpente ou
nous nous étions arrêtez
trois hommes faits comme
les autres hommes. ( Cet
.édifice étoit assurément le
plus superbe Palais detoute
cette partie septentrionale
de l'Europe. ) Ces Meilleurs
étoient armez d'arcs & de
fleches, & si bienvêtus des
peaux d'ours &de chevres
dont ils étoient couverts,
qu'à peine nous leur voyiôs
les yeux.
Que cherchez
- vous
nous
nous dit l'un d'eux, dans
ces climats épouvantables ?
&
-
quel malheureux destin
vous aconduits en ces lieux?
Nôtre sort,lui répondist
je, n'est pas encore si deplorable
que vous le dites,
puisque nous avons le bonheur
de trouver en vous des
hommes qui nous entendent
;& ilme paroît à vôtre
langage, qui est François
comme le nôtre, que tout
ce que nous .pourrions
maintenant vous dire de
nôtre fortune,n'a rien qui -la
vôtre. Nous sommes, reprit
celui qui m'avoit parlé,
étrangers comme vous en
cette contrée: mais nous y
devons à un naufrage, que
nous avons fait sous d'heureux
auspices,le plus tranquile
écablissement du
monde. Venez avec nous
dans cette maison, & soyez
persuadez que nous employerons
tous nos soins à
reparer, autant que nous
le pourrons, le malheur du
vôtre.Nous leur rendîmes
mille graces de l'accueil
favorable qu'ils nous faisoient,
& nous les suivîmes
jusques chez eux, au milieu
d'une troupe de ces mirmir
dons, qui se dressoient de
toutes leurs forces sur la
pointe de leurs pieds pour
.,,
nous baiser par respect les
genoux.
Dés que nous fûmes
arrivez à la porte de cette
imaifon, la Dame que j'a-
'vois vue par un trou parut
là nos yeux. Jamais rien de
Iplus. beau ne s'étoitoffert à
tma vûe. Quel astre impittoyable
vous reduit
, nous
)dit-elle) à l'affreuse necessité
de venir mandier ici
les secours de l'hospitatité?
& quelle étoile favorable
nous procure en même
temps le bonheur de vous
offrir un azile > Entrez. Si
j'é*tois Calprenede ou Vaumo- ries, je serois dire ici de belles
choses à mon Heros. Il entra
cependant,sansrien dire à, la
Dame de ce château; il en
fut quitte pour une profonde
reverence.
Nous avions à peine traversé
la premiere chambre
de cette maison, continua
Nerval, que nous vîmes
dans une autre, qui n'en
étoit separée que par une
cloison de sapin, une centainede
Lapons & de Lapones
qui travailloient à
apprêter des peaux de bêtes.
Quittez cet ouvrage,leur
dit en leur langage la Dame
qui nous menoit,êc
hâtez vous de nous preparer
quelque choie à manger.
Ce peloton de petites
creatures se remua aussitôt
comme un essain d'abeilles,
& disparut en un moment.
Alors le Chanteur quej'avois
entendu entra d'unair
fort triste, &après avoir
salué sa Souveraine & nous,
il nous dit: Vous ne voyez
rien ici, Messieurs, qui ne
vous étonne, j'en fuis per- r dl. , suadé: mais comme nous
avons sans doute des choses
extraordinaires à nous raconcer
de part & d'autre, asseyons
nous sur ces peaux,
& en attendant qu'on nous
apporte à manger, apprenez-
nous, s'il vous plaît,
quel bizarre accident vous
ajetté sur ces bords;nous
vous rendrons ensuiteavantures
pour avantures. Je
contai aussitôt à cette nouvelle
compagnie ce que je
vous ai déja dit de ma fortune,
& l'on nous servit.
Ce repas fut composé de
laitages, de fruits, de legumes
& de viandes, sans
pain.
Une grande fille Moscovite,
originaire d'Astracan,
& qui servoit laDame
qui nous recevoir si bien,
s'assit à côté de moy pour
dîner avec nous. A la droite
elle avoir un outre plein du
jus d'un certain arbre dont
la liqueur est merveilleuse,
& à sa gauche un autre outre
plein d'eau, pour temperer
l'ardeur de l'autre
liqueur. Chaque fois que
nousvoulions boire elle
prenoit la peine de nous en
verser proprement. dans
une grande tasse de bois.
Cette fille, s'appelle Barnaga.
{1
- J
Dés que nôtredîner sur
fini, nôtrehôtesse, dont
lescharmescommençoient
à m'enyvrer autant &plus
que la liqueur que Barnaga
nous avoit fait boire, nous
? ;,. dit
-'ditqu'il étoit bien juste
qu'elle nous contât à son
>- tour ce qui lui étoit arrivé
f de plus extraordinaire dans
[ un pays où peu de gens
Vaviferoienc de chercher
[ des avantures. Nous la remerciâmes
de cette faveur,
& nous la priâmes de ne
nous dérober aucune circonstance
de son histoire.
-.
Elle nous dit qu'elle étoit
d'Hambourg,ville anfeat.
tique de la mer d'Alle nagne;
qu'elles'appelloi JulieStroffen
, fille de Cesar
;
Stroffen
; que son pere étoit
undes plusriçhes negocians-
de toute c.ç\Ce -irççjjj
que la tendressequ'elle.avoit
euë pour le Chevalier
de. (en nous montrée le
Chanteur dont j'avais par.
lé) avoit caulé tous les malheurs
de la vie; que son
pere n'avoit pas voulu.consentir
qu'elle l'épousât; que
l'amour & le desespoir les
avoient determinez às'enfuirensemble;
qu'en sa [au..
vant, ils avaient; rencontré
unnavire Angloisquialloit
dans le Nord; qu'illesavoit
pri~, qu'enfin après avoir
été battus pendant deux
jours d'une- furieusetempête
,ils étoienr venus se
briser entre le Cap Noir &;
Tiribiri. ,,-
,
Elle passa legerementsur
tous cesarticles:lais dés
qu'elle fut à celui deson
naufrage:Redoublez vôtre
attention', Messieurs,nous
dit-elle,reparti-vous
aurécit des plus éronnantes
choseskkrcfidnde'.
Onm'eutàpeine traînée
surlerivagé,que j'ouvris
les yeux. Le premier objet
qui s'offrità ma vûefutun
vieillard venerable qui (xér
moinde nôtre naufrage j
faisoit des voeux pour nôtre salut. - "ZVZ*'J3 i'3$
Nousn'étions , çç>mme
Vousinous, voyez;Aencôre,
nquaecuinfqréachgapee.zodeLC"c,9
- Des que ce bonvieillard
fut assezprès denouspopj:
nous parler:Malheureux,
nous dit- il, quevous ferie4
à plaindre-/fije:néeroyoiç
pas que leCiel, qui vous
envoyé sansdoute icipour
tdllue iftermer les Yeux--aco;l- mespasVversyous,
pour vous,prolonger! les
jours que sa bonté vous
laisse.Aussitôt s'approchant
de nous (car nous avions
tous également besoin de
secours )il nous fitavaler
plusieurs gouttes d'un baume
divin, dont la prompte
vertu: nous délivra sur le
champ des mainsdela
mort qui nousmenaçoit
encore Cet elixir n'eut pas
plutôt fait son effet,qu'il
nous dit : Arrachez-vous,
mes enfans, si vous pouvez,
du sableoùvous êtes
ensevelis, Vous n'avez pas
,de)temps a perdre, &> la
mer,à qui lereflux àravi
saproye, vous engloutira
infailliblement: dans. une
heure,si vous negagnez
pasnincessamment, cetrocher
qui fert de limite à sa
fureur.. Là frayeur que cet
avertissement nous causa
opera sur nous pfefque aussi
efficacement que le remede
qu'il nous avoir donné. Il
metendit la main pour
m'aider à me lever; & la
nature, plus forte en-ces
Messieurs qu'enmoy , fit
pourleur salut ce que l'as
sistance du vieillard laiqoit
pour le mien. <,: ;HIi Ilétoit en effet bienTemps
que nous nous sauvassions
>
&je ne puis encore me rap
peller ce funeste jour, sans;
me representer toutel'horreur
d'un si grand danger.
Nous avions à peine gagné
le faîte de ce recl-wr,,
qui n'étoitqu'à deux cent
pas denous, (lorsque nous
étions encore étendus sur
la vaze ) que nous vîmes
des montagnes d'eau venir
fondre avec violence jusqu'au-
pied de nôtre azile.
Reprenezmaintenant courage,
voyageurs infortunez,
nous dit notre vieillard,
vous n'avez déformais
plus rien à craindre; &si
vous pouvez m'accompa*-
gner jusqu'à ma petite mai--
son
,
je vous y procurerai
tous les secours dont peuvent
avoir besoin des malheureux
comme vous.
Nous le suivîmes, tremblans
de froid & mouillez
jusquaux os.
Dés que nous fûmes arrivez
chez lui, il fit étendre
danscette sallequi est
lamême que celleoùnous
| sommes)une grande quan
tité de peaux,sur lesquelles
nous nous couchâmes a prés
avoir quitte nos habits-,ôc:
en mêmetemps il ordonnai
à Barnaga
,
qui le servoit
r alors, &:. qui me sert aujourd'hui
, de prendre uniquement
soin;demoy ôc
de lui laisser celui des compagnons
de mon in forrune.
Le lendemainnous nous
trouvâmes si bien remise
que nous dînâmes avec lui.
A la fin du repas nous lui
contâmes nôtre histoire,
&en revanche il nous conta
la sienne. Je ne douce point
que, vous ne souhaitiez
ardemment l'entendre.
Je fuis, nous dit-il, nati:
d'Archangel. Cette ville est
dediée à saint Michel Ar.
change. L'on y fait presque
tout le commerce du Nord
Mon nom est Saxadero. Ja
étéainsi nommé
,. parce
qu'on me trouva sur ui
rocher peu de jours apré
ma naissance. Des paysan
qui me ramasserent mi
mirententre les mains d'u
Prêtre Grec qui demeuroi
â une journéed'Archangel.
Ce bon homme qui depuis
wingt ans qu'il étoit marie
n'avoit pu avoir d'enfans,
fut ravi du present que ces
paysans lui firent. Ilm'éleva
ravec autant de foin & de
nendresse que si j'avoiseétè
Sonpropre fils. J'appris fous
lui plusieurs Langues, &
route la formule de la Reilligion
des Grecs, qu'il enseignoit
& qu'il professoit
d'une maniéré exemplaire.
J'avois plus de 40. ans lors
qu'il mourut,& je n'étois
pas encoreassez fage pour •
profiter' desconseils
< retraité&de moderation
qu'il m'avoit donnez pe
dant savie.
,"J.c Ileuta- peinelles- ye
.fermez, qu'emporté j
mon temperament, je
mis entête de courir
monde. Je resolus de
,-
tr
verser1 par terre toute.
Tartarie & laMoscoviei
de me rendre àCaminiel
..oùle-Czar nôtre Emperc
étoit alors; Ce voyag
quoiqueterrible &lon
- me parut encore fort cet
lorsque je fus arrivé à C
minietz,d'où je partis
quinze jours après, pour
me rendre à Constantinoole,
après avoirlaisséderrdiereemBoytouutllge
Raoyraiumee
-'
Mon intention étoit de
asser en Asie, &daller
en Egypte m'instruire des
mysteres -,,-.des loix, des
listoires :$c des, religions,
Hes peuples de l'Orient.Je
xroyois y trouver parmi les
aristes débris des anciens
monumens de la vanité des
hommes,quelques vestiges
de l'élévation de ces genies
qui en avoient si long
temps imposé à cour l'un
vers. Mais jei me détour.
bientôt du succes de m
curiosite, & je ne trouv.
chez ces mortelsque: de
restes depyramides &.'(1
tombeaux
s
des rochers
des antres, des fleuves,de
animaux feroces, & rie
dans leur espritquipûtm
retracer laplus foibleima
ge de leur ancienne gran
deur. Àinsi je retournai su
mes pas,jepris la route-d
l'Europe,&je trouvaiheu
reusement i-- Constantino
ple un navire qui me porta
sen Italie, & delà en France,
qui est la feule partie du
monde où je croy que des
hommespuissentvivreavec
toutes les douceurs &tous
les agremens de la vie :mais
malheureusement la forune
ne me permettoit pas
calors de métablirune patrie
dans le sein de cet Empire.
Je me vis ainsi. forcé de me
soûmettre à la rigueur de
monétoile, & de passer en
Hollande, poury profiter
des premiers navires qui
mettroient à la voile ppur
levoyagé du Nord.
,: : EnarrivantàAmsterdat
j'entrouvai un prêt a partii
je m'y embarquai & la me
& les vents nousserviren
à merveille. De la d'Allemagne me nous entra
mes danscelle de Dane
mark, & parle Sund dan
la mer Baltique, d'où nou
perietrâmes jusqu'au son
du Golfe de Riga,oùja
chevaima navigation, pou me rendre par rerre àPles
koovv, où le Czar étoit
alors avec son armée. « Huit ou dix jours âpre:
mon
mon arrivée, je ne sçaià
quelle occasion je lui fus
presenté
, comme un homime
que tant de voyages rendoient extraordinaire
chez des peuples quine
>connoissent dautre terre&
d'autres climats què
-- d'autresclimatsqueceux
qu'ils habitent. Ce Prince me reçut de lamaniéré du
monde la plus généreuse;
& après m'avoir assuréplusieurs
fois du plaisir que lui
feroit mon attachement f.
sa personne,il m'hônorade
tant de titres &de tant de
charges, que le fardeau
m'en parut bientôt insupportable.
Je netois point
courcitan,&je pouvois encore
moinsle. devenir. Le
lait sauvage que j'avoissuccé,
la manière dont on m'avoit
élevé;&le grand air
que j'avois respiré dans tous
les climats dumonde , ne
m'avoient donné aucunes
leçons du personnage que je
devois joüer.On s'apperçut
bientôt de la dureté de mes
moeurs,on se dégoûta de me
voir dans une place que
d'autres pouvaient remplir
mieux quemoy; & enfin,au
; bout de quelques années,
une chûte precipitée fut
l'ouvrage de mon élevation.
[ Je me rendis alors la justice
> que meritoit ma disgrace,
,&. je convins en moymême
> quela douceur & lapolitesse
étoient l'appanage des
hommesquiveulent vivre
dans la societé de leurs paireils.
Il n'en fut cependant
ni plus ni moins, & je fus
obligé
, pour me rendre
iincessammentau lieu de
mon exil., de m'en retourmer
par ou j'etois venu. Cest ici le sejour qui me
fut destiné. Le navire qu
m'y amena me mit à terre
avec un valet fidele qui ne
voulut point me quitter
On me donna des armes
de la poudre, du plomb
&des grains pour ense,
mencer les terres qu'il me
plairoit de choisir pour m
liibfiftance ; ôc cespetit
peuples,mon valet &Bar
naga, que je trouvai heu
reusement ici,*
m'aideren
bâtir la petitemaison ou
nous sommes. Lavantur
qui a jette cette fille su
ces bords est si extraordinaire,
que le récit que vous
en allezentendresera infailliblement
le plusbel
ornement de cette histoire.
La Moscovite Barnaga,
de la ville d'?~M~~ peut
avoir environ trente ans. M
y en a prés de quatre qu'-
elle est dans cettecontree,
où elle vit dans la compagnie
des Lapons Norvegiens
comme si elle étoit
leur Reine. Avant de venir
en cepaïs,elle vivoitàAstra.
candans le sein de sa famille,
occupeeàtous les ouvrages
ausquelsune Elles'occupe
naturellement chezses parens,
lorsqueleplus spirituel&
leplus sçnvant,des
Lapons de ce Royaume s'avisa
de vouloir voyager. 1.1
- On dit ici tant de choses
merveilleuses de ce petit
homme, qu'on assure qu'il
avoit un Gnome particulier
qui le proregeoir. D'autres
disent qu'il enéroit un luimême.
Ce qu'il ya de plus
constant; selon moy, c'est
qu'ilavoir une connoissance
parfaite de tous les
secrets & de toutes les verus
naturcllesqui sontdans
les simples, & qu'il employoit
les plus fiers animaux
de ces deserts à tous
les usages qu'illui plaisoit.
Un jour, dis- je, (e sentant
i)..len humeur de voyager !> arrêta dans ces
forêts
une Renne. *, à qui il dit à
* Plusieursvoyagesdu NordpAr.
lent des qualitez de cetanimal, qui
yest
à peuprés dela taille d'un Cerf.
On lui dit à l'oreilleoù l'onveut
l'envoyer, ou bien le nom des lieux
où l'on veut aller avrjr lui.Aussitôt
ilva par-tout avec unevitesse admirable
, sans suivre aucune route. Éon
instinct seulle guide
,
-& il n'y a ni
fleuves, ni precipices
,
ni montagnes
qui l'arrêtent. Il sertcommunément
à tirer les trainaux.
l'oreille qu'ilvouloit se pro
mener dans l'Empire de
Tartares &dans la Moscc
vie. Cet animal docile reçu
son secret,&l'emmena pa
tout où il voulut aller. En
fin étant arrivé à Astracan
il alla loger chez la mer
de Barnaga, où ilse trouv
si content des bons traite
mensqu'onlui fit, que pa
reconnoissance,ou par in
clination il devint amou
reux de cette fille.
LeLapon ne pouvan
contenirtout le feu qui
devoroit,s'avisa de lui faire
an jour une ample déclaration
de sa tendresse. Barnagase
moqua de lui. Le
tmraégperiasàduentceetltpeofiinllte,qlu'o'uilresolut
de s'en vanger.Voici
commeil s'y prit.
Il affecta de ne lui plus
parler d'amour, & de ne
plus s'attacher qu'à caresser
à Renne qui faisoit chaque
jour presence de
Barnaga Ôc
de
sa
mere,
tous
les tours de souplesse imaginables.
Il se persuadaavec
raison que cette jeune fille
ne pourroit pas s'empêcher
àd'essayer cette monture; qui il avoit eu la precau
tion de dire tout cequ'il y
avoit à faire,si cela arrivoit.
Barnaga, charméede
cet animal, avoit plusieur
fois prié le fin Lapon dele
lui donner:mais il avoit
toujours affecté de ne pouvoir
lui faire un si grand sa
crifice; Enfin irritée de ses
refus, elle avoir resolu de ledérober, & de lui dire
qu'ils'étoit perdu dans les
bois voisins. Un jour pour
cet effet, elle se fit suivre
parla Renne jusqu'à un
quart de lieuë de la ville, où
le voyant seule, elle voulut
monter cet animal, qui se
mit a genoux comme un
chameau pour la recevoir
plus commodément: mais
elle fut à peine sur son dos,
qu'il l'emporta presque à
travers les airs, tant il avoit
de vîtesse & de legereté.
Quoyqu'il y ait un chemin
infini d'ici à Astracan, il
l'amena en trois jours dans
ce defert, où son amant le
rendit aussitôt qu'elle. Il
l'épousa presque en même
tempsavec toutes les ceremoniesdupays
,que
vous conterayune auti
fois. Il a depuisle jour
sesnoves,vécu tpujou
~v~~Uç.~ns la plusgra~
deuniondu mpad|;,& tP8
de mêmeavec eux. Ceper
dant depuis trois mois
Lapon a disparu,sans qu'o
sçache pourquoy, ni où
estallé, & personneici
sçait de ses nouvelles. Ba
~nagoem~'enoparutconsole &- coeur qu'il nerevienneja
mais. rti>,>u£iaaaoî
Lediscours de ce bon
dvierilolaridt- f.inÎt en cet 7en: nit- en"' - Vieillard finirencet!eenn^ Nous luifîmes chacun
nos remercimens de la peine
qu'il avoit prisede nous
conter tant de choses extraordinaires,
& nous le
priâmes de nous dire si
nous ne pourrions pas trouvercinq
de ses Rennes pour
nous remettre dans quelque
partie de l'Europe plus
habitable que celle où nous
étions. Non, mes enfans,
nous dit-il,je peux vous
donner aucune instruction
làdessus,& je vousjur
que je n'ai pas vu un seul d
ces animaux depuis que j
, fuis ici:mais au nomd
Dieu ne me quittez pa
que je ne sois mort ;dan
quarante mois je ne sera
plus. Dés que vous maure
renduà la terre, il viendr
quelque
- navire surcette
côte , dont le Capitain
charitable vous recevr
dans son bord , & voustre
menera dans les lieux o
vous avez tantd'impatience
de vous revoir. Il y a plu
de six semaines que ce fag
vieillard est mort, & nous
n'avons encore vu que vous,
qu'une extreme dïsgrace a
jettez sur ce rivage.
i' Le Chevalier de. qui
m'entend, me jura, deux
mois aprés nôtre naufrage,
unefoy éternelle, &m'épousa
en presence de ce
yenerable personnage donc
je viens de vous conter
l'histoire, deBarnaga, qu'-
une tendre sympathie a
fortement attachée à moy
depuis sa mort, & de ces
Messieurs qui sont nos compagnons
d'infortune. Il ya
plus d'un anqu'ils'est mis
danslatête des chagrins&
des jalousies sans fondement,
qui le precipitent
cent fois par jour dans des
abîmes de melancoliedont
rien ne peut leguerir.
Voilace que j'avais;
vous dire de mesavantures
"Au reste, songeons main
tenant auxexpediens qu
-peuvent nous tirer d'ici, &
7mettons touten usagepou
LretôUfncr'; ensemble, dan
•'-•d-esfie'uxefîlinous convien
rfëntmièux queces climat *éfK^âritabtâs*-?jDésque,
Julie eutcesse
de parler, nousnous encourageâmestous
à; travailler
aux moyens de sortir de ce
miserables pays ; &C] après
plusiers proportions.
gues & inutiles , je priai nôître
compagnie de sereposer
sur moydu soin de la délivr.
cCJ de cette région.Je
m'engageai à mettre tout
j: mon monde aprés cet our;
vrage. Je fis couper des ar..
Ë bres, donton ne un grand -nombre de mâts, de pouz
tres,de solives & de planches,
que jedestinaiàla
construction d'un navire. *
Sur ces entrefaites,le Che
valierde. tomba malade
en deux jours il fut à lex~
tremite, & le troisiéme i
mourur. Sa veuve fut long
temps inconsolable desa
perce : cependant mes soins
mes discours, la tendresse
qu'elle étoit perpuadée que
j'avois pour elle, & l'impa.
tience qu'elle avoit de re.
tourner bientôt dans une
meilleure contrée que celle
ou nous étions, (comme je
l'en assurois tous les jours,
lui rendirent bientôt son
embonpoint, ses graces ôc
sa tranquilité.
Des '¡ que nôtre vaisseau
: fut achevé, lesté, & chargé
d'eau, de poissons secs, de
chair salée, de legumes, 6c
de toutes les pauvres den-
1"rees. qui pouvoient. nous
aider à subsisterjusqu'à ce
que nous arrivassions à Plaisance,
nous nous embart
quâmes. Nous y changeâmes
pour des peaux nôtre
»bâtiment contre un autre
meilleur,nous y prîmes du
pain, du biscuit
,
du vin,
de la bierre, & tous les rafraîchissemens
dont nous
avions besoin. Enfin après
avoirvoguéleplusmalheureulement
du monde contre
les vents & la mer, nous
hommes venus,comme
vous le sçavez,Messieurs,
nous brifer ce matin sui
cette côte,& faire,pourain
dire, naufrage au port.
Je ne fais point d'autre:
remarques sur cette histoire
que celles qui sont à la mar
ge , parce que je connoi
ces pays septentrionnau
moins que ceux qui son
plus près du Soleil.
Onme demande de longueS
histoires, onm'en demande de
courtes:je m'enrapporte a[4
pluralité des voix. Cependant
commeilestvrai que cellesque, j'aidonnéesjusqu'àpresent,
comprisses remarques, remplisfiniprés
d'un tiers du livref
je l'augmenterai dorénavant,
a proportion de la longueurde,
cesavanturesgalantes , en saveurdeceux
quin'aiment pas
aleslire, - pourles dédommagerd'uncôtedece
qlf.-ll.les leur,
derobentdel'autre. Ï^Quimo^^
cen'estpas maJfautes'ilm'arrive
queréc;
je voudrois, pour la satisfaction
des leéleurs ,avoir unt
infinité de petites pieces detachées
à leur donner, qu'elles
sussentpleines de sel & d'ef
prit, & aussi courtes que lè dtfcours
que je fais dans chaque
Mercure sur l'origine du
mois.
Aoûtest, par exemple:
le huitiéme mois de l'an
née Romaine, selon nôtre
façon de compter, qui
commence en Janvier. Il
étoic le sixiéme selon les
Romains,qui l'appelloient
pour cette raison Sextilis.
Son nom fut change enAugustus
enfaveur de Cesar
Auguste, parce que ce fut,
dans ce mois -
là que cet
Empereur fut fait premierement
Consul,& qu'ilremporta
de grandes victoires.
Ce mot n'a qu'une syllabe,
& on prononce Oût. On dit
la mi-Oût en parlant de la
Fête de l'Assomption de la
Vierge, qui arrive le 15. de
ce mois.
Ce jour-là même le Roy
a donnél'Archevêché de
Lyon, vacant par la more
de Messire Claude de Saint
Georges, à Messire Fran
çois-Paul de Neuqvilled
Villeroy,Abbéde Fescam
fils deM. le Maréchal Du
de Villeroy,Gouverneur d
Lyon, & des Provinces.d
Lyonnois, Foretz &Beau
jollois, & petit-neveud
MessireCamille de Neuf
ville de Villeroy,aussiAr
chevêque de Lyon, mo~
en 1695 & auquel feu M
de S. Georgesavoit succe
dé.L'Archevêquede Lyoi
se qualifie Primat des Gau
les, & Comre de Lyon..
L'Evêchéde Lizreux, va
can
cant par tamorede Mf.LeonorGoyon
de Matignon, àM. l'Abbé deBrancas, J
Aumônier du Roy, frère
de M. le Marquis de Brancas,
Lieutenant generaldes
armées du Roy, ci- devant
Ambasadeur en Espagne,
de la Maison de Brancas,
originaire du Royaumede
Naples, où elle subsiste en- coreavecéclat. La branche
deCereste,de laquelleest
M. l'Evêque deLizieux,est
l'aînée
,
& apour cadette
celle de Ducs de Villars.
Bufile de Brancas,Chevalier
Comted'Agnano, Maréchal
de l'Eglise Romaine,
transplanta sa famille en
Provence vers l'an 1390. &
après sa mort,arrivée l'an
1416. il fut enterré dans l'Eglise
des Freres Prêcheurs
d'Avignon, & dansla eha.
pelle construite par Nicolas
de Brancas son frere
Cardinal, Evêque d'Albano,
qui l'avoit suivi, & qui
fut aussienterré dans la me
me Chapelle.
-
L'Evêché de Lizieux er
Normandie est suffragant
de Roüen; l' Evêque est Seigneur
de la ville, le Diocese
est divisé en quatre
Archidiaconez, & contient
580. Paroisses.
L'Abbaye de Lessay,Ordre
de S. Benoît,Diocese de
Coutances
, vacante par la
mort de feu M. l'Evêque de
Lizieux,àM.l'Abbé de Matignonson
neveu, fils de ~[.
le Maréchal de Matignon.
L'Abbaye de S. Julien de
Tours, Ordre de S Benoît,
Congregation deS. Maur,
àM.de la Croix, Chapelain
du Roy.
L'Abbaye de Sauvelade à
M. deFenayConseillerau
Parlementde Pau.
L'Abbaye deNôstreDairiè
de Torigny, Ordre de
Cîteaux, dans le bourgde
Torigny, au Diocesede
Bayeux, à M. de laChataigneraye.
': L'Abbaye deVilledieuà
M.d'Esquilles.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Josaphat, Ordre de
S. Benoît, dans le Diocese
& àune lieuë de Chartres,
à M. de Barriere.
L'Abbaye de Bonaigues,
Ordre de Cîteaux, dans le
Diocese de Limoges ,
)om Robert Pascal. ;i¡¡.,'{
L'Abbayed'Estival,Or-
Ire de S. Augustin, dans la
-
Forêt de Charny, au Dior
_:
cese du Mans, à Madame
lePezé, dunom de Cogr..,,,
arvel, d'une noblesseancienne&
distinguée du
MainejOÙeftfïtuéelaTer.-ç
re de Courtarvel. )' :':
-
L'Abbaye Royaled'Issy,
Ordrede Cîreaux, Diocese
deParis, à Madame de 1^
Force, del'illustreMaison
de Caumont enGuyenne.
L'Abbaye de Vernonà
Madame Turgot, d'un
famille ancienne & distir
guée dans la Robe, orig
naire de Normandie.
Il faudroic avoir un
sourceinépuisable de liai
fons pour en forger toi]
les mois de differentes su
un mêmesujet.Jen'aifai
encore que quatre Mercu
res,&j'aieu trois incen
dies à raconter, & toute
trois arrivées à Paris. Je re
ferverois pour le chapitre
des nouvelles celles qu
exercent leurs ravages plus
loin, faute de sçavoir au
~uste s'il m'est permis de
parler ici desvingtmaisons
qui ont été brûlées à Varovie
le 18. du mois passé:
mais cette ville est si éloignée
de nous, & l'éloignement
diminue tellement les
objets, que quand jeserois
le meilleur Peintre du monde,
si je circonstanciois davantage
cet accident dans
un autre article, je courrois
grand risque de perdre mes
couleurs. Les habitans de
Varsovie pourront se vanger
de leur côté de mon
indifference par une froi;
deur égale à la mienne, ou
apprendre en riant qu'il y a
, eu le3. de ce mois une maison
brûlée au bout du Fauxbourg
S. Germain à Paris;
que cette maison appartenoitàunnomméMoisy,
Artificier
duRoy;que le feua
pris aux poudres qui étoient
chezlui, & que l'artifice a
detaché & enlevé le fécond
étage & le grenier de cette
maison, dont le bas
,
où
étoient le pere & le fils
Moisy,n'a été nullement
endommagé; & que ce
Bourgeois en a été quitte
pour
pour le bruit, la peur,&le
déplaisir de voir toute sa
poudre transplanter en un
instantla moitié de samaispon
àlpalus dcediex pa.s desa
, Leseffets du feusont si
admirables & si terribles,
si utiles & si dangereux, &
j'en ai déja parlé tant de
fois superficiellement, que
4 je croy ne pouvoir mieux
faire, pourinstruire & pour
amuser le lecteur, que lui
donner un extrait des dissertationssuivantes,
oùil
verra un tableau assez exact
des qualitez & des proprietez
de cet élement.
h) ;>-t'ï
J, Traité du feu, dans lequel on établît les vraisfondemens
n' de la Physique.
-'u-j
,
Il y a si peu de choses qui
puissent passer pour certaines
& pour confiantes dans
la Physique, qu'il n'ya
rien de plus aisé que dese
tromper, lors qu'on entreprend
de prononcer decisivement
sur les matierés qui
s'y traitent. D'ailleurs,les
methodes Ics- plus regulieres
ne fonc pas toûjours les
meilleures; elles ont fouvent
beaucoup plus de
montre que d'utilité solide,
& l'on peut dire qu'en bien
des rencontres elles servent
bien plus à gêner l'esprit,
qu'à le conduire droit à la
verité. C'a été pour prendre
uneroute qui l'exposât
moins àces deux inconve-
,
niens, que le P. C. a donné
la formed'entretiens à cet
ouvrage, parce qu9ona accoûtumé
de bannir de tout
ce qui porte ce titrele ton
decisif de Docteur,aavec
ce faste & cet apparat qui
l'accompagne d'ordinaire,
&. que du reste on n'y reçoit
point les regularitez importunes,
ni les formalitez
gênantes des manieres de
l'Ecole. Ainsi les
13.
dissertarions
dont il a composé son
livre, sontautant de ron'Ver.
sations libres& sçavantes,
où il fait entrer trois personnes
d'un rare merire &
d'une fort grande érudition;
à peu prés comme Ciceron
introduit sesillustres
amis parlansdans ses ouvrages
de Philosophie. Je tjU
cherai d'informer les lecteurs
de ce qui s'y trouve
de plus remarquable 8; de
principal: mais comme je
suis obligé d'éviter la longueur
des extraits , autant
qu'il me fera possible,
& qu'il feroit difficile de
rendre compte en peu de
mots de 13.dissertations pleines
de choses considerables
&qui font un gros volume,
je me contenterai de donner
ici le précis des 5. premieres,
& je renvoyerai le
reste à un autre mois.
Nôtre auteur entre en
matiere,dans la premiere
dissertation;d'une maniere
agreable -" par une petite
disputequ'il fait naître entre
ses personnages sur cette
question curieuse : Lequel
desdeuxestleplus excellent &
le plus utile, de l'eau ou du
feu ? C'est pour se donner
jour à faire l'élogedu sujet
qu'il veut traiter, en montrant
l'avantage qu'a le feu
sur tous les corps simples,
dont il pretend qu'il est le
plusnoble à bien des égards.
On ne pouvoit gueres
mieuxtourner la chose qu'-
en laprenant de cette maniere
,
ni faire voir un plus
beau mélange de la belle
litterature avec la Philosophie,
que celui que nous
donne ici le P.C. On allegue
• de part & d'autre ce qu'on
pouvoir dire de plus curieux
à l'avantage du feu ou de
l'eau. On cite les autoritez
des Poëtes & des Philosophes,
on produit le celebre
passage de Pindare, qui des
le commencement de ses
Odes dit qu'il n'y a rien de
meilleur que l'eau. Et on lui
opposePlutarque,qui ayant
traité la même question
qu'on a gite ici, l'adecidée
en faveur du feu. On peut
bien croire qu'on n'oublie
pas là-dessus ni Vulcain, qui
étoit du nombre des grandes
Divinitez Payennes, ni le
feusucré,qui étoit l'objet de
la devotion des Perfes
; ni
l'adoration que les Chaldéens
rendoient à cet element,
qu'ils, consideroient
comme leur supreme Divinité.
Cependant comme le
feu ne craint rien si fort que
l'eau,on raconte ici une as
fez plaisante avanture,tirée
de Ruffln & de Suidas, oùles
choses ne tournerent pas à
l'avantage du Dieu de Chaldée.
Ceux de cette nation
vantoient leur Divinité,
comme la plus puissante de
toutes; & quelques-uns de
leurs Prêtres, courans de
Province enProvince,défioient
au combat tous les
f
autresDieux. Maiscomme
ceux-ci, de que lque matierequ'ils
fussent, de bois,
, ou d'airain ,ou d'argent
ou d'or, ne pouvoientresister
au feu, qui en venoit
-
enfin à bout,il le trouva un
Prêtre d'Egypte qui arrêta
de cette maniere les triomphes
de ce Dieu, qui en avoit
dévoré tant d'autres. Il
prit une cruche percée de
quantité de petits trous,
qu'il boucha avec de la cire,
mais si proprement, qu'on
n'en pouvoitrien connoître
; & après avoir rempli
cette cruche d'eau, & avoir
mis au dessus la tête de son
Idole qu'on nommoit Canope,
il accepta le défi. Les
Chaldéens mirent aussitôt
le feu à l'entour de l'Idôle:
mais la cire se fondant au
feu, ouvrit incontinent le
passage à l'eau, qui sortant
de tous cotez par les petits
trous ,qu'on ne voyoit pas,
éteignit le feu, & faisant
triompher Canope, fit avoüer
aux Chaldéens que.
le Dieu des Egyptiensétoit
le plus fort. Avec tout cela,
comme il estaussi naturel
au feu de consumerl'eau,
qu'ill'est à l'eau d'éteindre
le feu, on ne peut nier que
celui-ci ne se dédommage
quelquefois au double, parce
qu'il gagne à son tour
sur l'autre.Mais pourétablir
sur quelque chose de c'on.,
fiderable l'avantage qu'on
donne aufeu,on remarque
ici que si on recüeille les
suffrages des Philolophes,
on trouvera que le plus
grand nombre est celui de
ceux qui ont mis le feuen
tre les principes deschoses;
ce qui vient sans douce de
l'impression nature lle qu'on
a de ion excellence & de
son utilité. Qu'au reste ce
n'est pas un foible argument
pour nous en persuader,
que de voir qu'entre »
tant de sortes d'animauxil
n'y ait que l'homme à qui
a nature en ait proprement
accordé l'usage : ce qui va
siloin
,
selon la pensée de
Lactance
,
qu'il semble que
Dieu ait voulu assurer les
hommes de leur immortalité
, en leur abandonnant
l'usage & la disposition de
cet element, qui est celui de
la lumiere & de la vie. Que
quoy qu'il en soit, lavie est
un feu, & que si le feu en
est le symbole,il en est aussi
le soûtien, & leplus necessaire
instrument, puis qu'-
après tout il n'est pas possïble
ni de cuire les alimens,
ni de préparer les remedes,
ni de se prévaloir de cent
autres choses necessaires à
la vie, sans le secours de
cet element. Que d'ailleurs
quand on pourroit vivre
sans l'usage du feu,la vie
ne sçauroit être qu'extremement
miserable, privée
de tous les avantages qu'on
tire des sciences & des arts,
& plongée dans une obscurité
qui lui ôteroit tout ce
qu'elle a dagreable. Qu'en
un mot on est redevable de
toutes lescommoditez, ôc
de tous les ornemens de la
: vie au feu ,qui eR: d'une utiflité
si étenduë & si gene- rale, qu'outre le secours
qu'il prête à la vûé au milieu
de l'obscurité , il supplée
quelquefois à l'usage
[. de la parole, en donnant
aux amis éloignez de quelques
lieuës le moyen de se
pouvoir parler la nuit par
des flambeauxallumez. Enl'
fin, après avoir remarqué
que les effets mêmequ'on
lui reproche sont des preuves
de noblesse & des marques
de grandeur,on observe
quetousles peuples
l'ont prispour le symbole
de la puissance, & pourle
caractere de la majesté:d'où
vient qu'on le portoit autrefois
devant les Rois de
l'Asie, & devant les Empereurs
Romains. Et pour
achever par un endroitqui
en couronne dignementl'éloge,
on ajoûte qu'il n'y a
point eu de nation dans le
monde qui ne l'ait regardé
non feulement comme un
excellent present duCiel,
mais encore comme une illustre*
imagerdela-Divinité. Que
rQue de là est venu qu'on Fa
employé dans toutes les Religious,&
que ce n'ont point
été les Chaldéens feu ls, ni
les Poëtes, ni les Philosophesqui
ont dit que Dieu
est unfeu : mais que l'Ecriture
sainte a parlélemême
langage, & n'a pas faitdifficulté
de nous assurer que
Dieu estunfeuconsumant. 1
Aprés ces préliminaires,
il passe dans le deuxiéme
entretien à l'explication de
lanature du feu. Lefeu, sef!
on" lui, est un esprit qui soy a en unechaleur vive brûlante.
Mais il faut sçavoir
que par cet esprit il n'entend
pas ce que les Chymistes
appellent de ce nom &
qu'ils distinguent par là mêmedavec
leursouphre &
leur mercure. Dans ce que
nôtre auteur nomme ainsi,
il n'est pas tant question de
larareté dela matiere,ou
'de la legereté, quede la subtilité
& de la sorce:&en
un mot, l'esprit, dans son
sens
,
estune substance tres-déliée&
trés-subtile,très-capablede
s'insinuer&depenetrer
dans les pores de tous les corps.
cr >
Quand donc cette subtilité
se trouve jointe avec la É-lieleur,
& que celle-ci est dars
un degré de force & d'ardeur
considerable, nôtre
auteurpretend quec'estce
qui fait propremenr le feu.
D'où vient qu'il ne fait pas
de difficulté de mettre le
sel aunombredes corpsde
nature ignées parce qu outre
•
qu'il désechetoutes leschop
ses ou il s'attache, & qu'il
consume puissamment les
-
humiditez, on en tire, en
ledistillent,des eaux fortes
qui ont la vertu de dissoudre
les metaux,en bien
moins
,-
de temps quene
sçauroit faire le feu leplus
fort &le plusardentde nos
fourneaux.Au reste; comme,
l'ondistingue diverses
sortes de terres,qui, quoy
qu'ellesconviennent toutes
dans cette nature generale,
qui leur est commune; ne
laissent pas d'être differentes
en espece les unesdes
autres; nôtre aauurteeuurrine j ne
doute pointqu'on ne doive
aussidistinguer diverses sortes
de feux, qui tenant tous
en général de la nature de
cet element , différent entr'eux,
en ce qu'ilssont d'une
vivacité,d'un éclat,d'une
subtilité ,d'une force, Si
d'une activité inégale.Quelquedifferensneanmoins
qu'ils soiênt,ilveutqu'ils se
reduisent tous à deux genres
principaux:les uns, qui
ont,tout enlemble de la lumiere&
de la chaleur &
lesautres qui ont de la chaleur
,mais quin'ont point
de lumiere. Les premiers
sont ceux qu'on nomme
feux par excellence : aussi
l'auteur lesappelle-1-il des
feuxvifs, parce qu'ils renfermenc
une quantité d'esprits
vifs & lumineux, comme
font ceux d'une vive
flamme. Les autres sont des
feux beaucoup moins parfaits:
c'est pourquoyl'auteur
les appelle des feux
morts, parce qu'ils sont composez
d'espritsqui n'ont ni
vivacité, ni clarté, & qu'avec
la vertu de brûler , ils
n'ont pas celle d'eclairer &
de luire. Le poivre, le pyretbre,
l'argent vifprécipité, ôc
generalement tous lescaustiques
renferment des eA
prits de cette espece, & doivent
par cette raison être
mis entre les corps qui tiennent
de la nature du feu. /',
Maiscequ'ilyaicid'aussi
remarquable; & qui pourra
surprendre ceux qui n'aurontpoint
oüi parler du
traité de M. Boyle; deflam-
; mæ ponderabilitate y cest qu'-
excepté le feu celeste & de
la nature de celui des astres,
qu'on veut bien qui soit ler
ger. & capable de s'élever
sen haut, on soûtient que
* tous les autres tendent naturellement
vers le centre,
& qu'ilssontmême plus
pesans que tous les autres
elemens.
La troisiéme dissertation
est employée toute entiere
à soûtenir ce paradoxe,& il
fautavoüerqu'on lui donne
un grand air de vraifemblance
par les preuves qu'-
on apporte pour l'établir.
Par exemple , to.. L'on remarque
que les briques,
qui demeurent long-temps
dans le feu, y deviennent
beaucoup plus pesantes,
quoique l'évaporation de
l'humidité en dûtdiminuer
le
le poids.2°. On rapporte un
grand nombre d'experiences
du traité de M. Boyle,
par lesquelles il paroît que
delachaux vive &, divers
metauxayant été exposez
au feu pendant deuxon
trois heures, ont considerablement
augmenté leur
poids; ce qui ne pouvoit
venir que des particules du
feu qui s'étoientmêlées
avec ces matieres. 3°. Enfin
on soûtient que le lieu prow
pre & naturel de nôtre feu
élémentaire est dans les entrailles
de la terre, levrai
cétre des choses pefanses^
lendrpiçle.plus basde tonné
l'univers, ôcquec'estçefils
central, &: non pas la chaleuo
du soleil,ou la vertu ôdesin-j
lfweçesque1,onattribueau^
astrequi est le véritable
principe de la génération
des métaux, & la veritablq
çausequi produit les sources
des rivieres&des fontaines;
;:
En .effet3il est si peuvrai
que la vertu des astres fQ
false sentirdans- les pro-l
fonds cachotsdes lieux [oûi
terrains, que l'on pose en
fait que dans les plus gran4eschaleurs
de l'Esté,lorfque
le soleil darde ses.rayons
avec plus de force, & qu'ils
donnent sur la terre à
plomb, si Tonveut bienfe
donner la peine d'observer
l'effet qu'ilsyfont, on ne
itrouvera point, je ne dirai
pas quils l'ayent penetrée
de quelque milles, mais feu-,
lement qu'ils l'ayent réchauffée
de quelques pieds
de profondeur. L'auteur
nous apprend quelque cho.
se d'asser remarquable làideflus.
Il dit que tous ceux
qui ont écrit touchant les
mi,nes, au moi,ns tous ceux1
dont il, a lû les ecrits rapportent
constammentque.
la terre est froide vers sa fuperficie;
qu'on çommence
à la trouver un peu rechauf-j
fée, lors qu'on y est defcen,
du plus avant;& qu'ensuite
plus on l'enfonce, plus on
trouve que sa chaleur se forciné,
& qu'elle s'augmente
sensiblement. C'est ce que
témoigné entr'autres J. B.
Adorin dans sa relation de
lotis fubterraneis, où il rapporte,
qu'ayant eu la curiofit-R
dedépendre dans les minesd'or
de Hongrie au mots deJuillet,
il avoit trouvé la région superieure
de la terre extremement
froide jusques environ 480.
pieds : mais quétantdescendu
plusbas, ily aVoit trouvé de
la chaleur, qui saugmentait de
relie forte a mesure qu'il s'avançoit
vers lefond,que dans
l'endroit ou étoient les ouvriers
,
ils ne poyvoient travailler
que nuds. Et l'onremarque
qu'il en est de même
dans routes les autres
mines de ce pays-là.
La quatrième -diflertation
roule
sur cette quêstion
assez curieufc
: Si lorfqueï
quelque choje est brûUe>ils'en-t
gendre une nouvellefubflancef1
Pour la resoudre clairemenr,
l'auteurexplique fort,
au long toute la nature de la
génération des substances
inanimées. Il ne reconnoit^
aucune matierepremière proprement
airifi nommée', ôc ilsoûtientfqu'il n'yen ai
point d'autre que divers
corpuscules (impies, qui onci
chacun leur figure, leur!
grandeur, & leurs autre,
proprietez; de
maniéréquel
ne dépendant nullement lest
uns des-autres, ils peuvent
également [ublifler & ensemble,
& fcparez
:
après
cela on conçoit aflfez que,
félon cet auteur, laforme des
chosesinanimées ne doit consister
que dans la conformation,
qui refaite de l'union legitimé&
naturelle deflujieurs
Jecescorpujèule., qui composent
rtt.vtJCm1l "' om-mye par exemple, la forme d'urn--emaison
n'etf autre chose
que cette ftrudture qui le
forme de l'union & de l'arrangement
convenable des
matériaux dont on la bâtir.
Et de cettemanière il'.cÍt
clairque lagenerationde toutes
ces choses ne confifie
non plus que dans taffimblage
que la na«tureIfait de ces fM- diierfespartiesqu'elleuniten- j
semblefour enfaire unmême
corps: comme à lopposite,
la corruprion n'est rien autre
chose que 14 diffilution
& laseparation de ces mêmes
parties,-que lagénération avoit
assemblées;comme on le fait
voir clairement parune experiencecurieule
du vitriol
diûile dans le fourneau de
réverbere. Car après en
Ravoir tiré d'abord un phleg:.
me presque insipide, & enfuite
une liqueur fortace-
; teuse, il ne restera plus au [fond qu'une terre d'un beau [rouge couleur de poùrprë.
I Mais si vous versez vos deux
j[ liqueurs sur cette rerre,vous
l verrez aussitôt vôtre vitriol
; réproduit
, avec sa même
couleur 1V presque son même
poids, parce qu'il a peu
,
d'esprit & dé fou phre volatile.
Enfinnôtre auteur prei
tend que les principesde cetteunion
des parties des corps.
naturels
,
dans laquelle il
veut que la génération cohj
Me, ne font autre chose,
que lesesprits & lesfels auf- j
quels il attribuë tant de
force,qu'il tient que là Oùi
les mêmes efprirs & les memes
fels se trouvent, ils ne
manquent presque jamais
de produire à peu prés la.
Inêmeconfiguratron,quél-
1
,.r que peu ae diipoirm.on qu"r1ry--
rencontrent assezsouvent
dans lamatiere sur laquelle
ils agissent. Onenrapporte
ici deux preuves, qui fèroient
bien considerables &
bien cotivaincantessi elles
étoient bien averées.La premiere
est que la terre cremt
pée&imbuëdecefanggâté
•5 & de ces humeurs infedtes
& corrompues qui forcent
des corps de ces malheureux
qu'on laisse arrachez
aux gibets
,
après leur avoir
fait souffrir le dernier supplice
; que cette terre3 disje,
ainsi detrempée prociuic
une herbe, dont la racine
exprime beaucoup mieux la
forme du corps humain>
que ne fait la racine dela
mandragore. L'autre experience
qu'on alléguéest que
tous les raiforts, qui venoient
dans un jardin,&où
l'on avoitautrefois enterré
un grand nombre de personnes,
avoient la figure de
la moitié du corps humain,
mais si bien representée,
qu'il ne se pouvoir rien de
plus rèssemblant.Cesèxemples
qui quadrent si bien
aux principes de nôtre auteur,
lui donnent occasion
depenser qu'il y a bien plus
de raison qu'on ne s'imagine
dans les regles des
physionomistes, qui tiennent
pour une de leurs grandes
maximes, que les hommes
ont d'ordinaire les inclina..
tions des animaux avec leC
quels ils ont du rapport
dans les traits & dans la forme
exterieure ; parce qu'il
paroît par là qu'ils ont à peu
prés les mêmes esprits, &
qu'il y a bien de l'affinité
entre les particules qui les
composent.
Il nest pas mal aisé de
juger, après tout ce qu'on
vient de voir, ce que nôtre
auteur doit répondre à la
question qu'on a proposée;
car. puis qu'il fait consister
la générationdans un assemblage,&
dans une union
de plusieurs parties pour ne
composer qu'un seul tour,
on voit bien que pour raisonner
consequemment sur
ses principes, il ne peut pas
dire que le feu, qui en embrasant
une matiere combustible,
ne fait qu'en dissoudre
& en separer les parties
,
produise une nouvelle
substance. Il pose donc ici en
fait que tout ceque l'embrasement
peut faire, ne peur
être toutau plus que de prd."
duire de nouvelles qualitez.Et
pour faire voir qu'en celail
ne fait que suivre le sentiment
des anciens, il allègue
là dessus un paisage d'Ari.
stote, qui ne sçauroit être
plus exprés pour,lui quoy
il joint ces beaux vers d'Oise
, où il dit que la garde
du feu sacré avoit été donnée
à des vierges,pourmarquer
,
s'il faut ainsi dire, la
virginité de cet element,par
lequel rien n'est produit.
Comme l'auteur est per.
suadé qu'il n'y a rien de plus
essentiel au feu que la chalent,
il en parle à fond dans
la cinquièmedissertation,
où il s'accache à en expliquerexactement
la nature:,
mais comme pour y bien
reüssir sélon ses principes, il
se trouve obligé de faire
comprendre comment il
conçoit que les corps qui enj
font susceptibles sont composez,
il entre d'abord dans1
un examen fort particulier j
de cette matiere, Bien qu'ilJ
rejette tout à fait lesatomes
d'Epicure, il ne laisse pas de
croire que ces corpuscules,
dont nous avons vû qu'il
composetous lescorps îèn- :';.' fibles,
sibles;sontsi minces, qu'on
n'en peut assez concevoir la
petitesse. Ce qui l'en a convaincu,
c'est,dit- il, quayanc
regardeau travers d'un microscope
de petits grains de
fromage vermoulu
,
qu'il
avoit exposez au soleil, ily
apperçut unefourmilliere
de petits vers, quel'oeil n'auroit
jamais sçû découvrir
sans l'aide de cet instrument.
Il remarque d'ailleurs
qu'on en a observé quelquefois
une grandequantité de
la même petitesse dans le
sang qu'on a tiré à des personnesqui
avoient lafievre,
& qu'il se trouvoir qu'ils
avoient la têtenoire:c'etoit
un signe que la fievre étoit
maligne & dangereuse.Nô- i
tre auteur croiroit assez-que
ces fortes de vers pourroient
devoir leur origineà
ces petits animaux queVarron
dit quisont dans l'air
mais quiyfont imperceptibles
& qui entrant dans nos corps
par la bouche & par les nari
nés,yengendrent desmaladies
difficiles & perilleuses. Mais,
pour revenir à ses corpuscules,
il tient que comme ils.
ne peuvent pas être tous de
la même grandeur) il ne se
peut pas non plus qu'ils
Soient tous de la même sigure;
Chaque espece, selon
lui, a la sienne particulière,
comme on le voit dans les
cristaux, dont chacun a ses
parties configurées d'une
certaine manière qui lui est
propre ; & ç'est de là qu'il
pretend que vient la diversitéqu'on
remarque dans la
contexture des corps, dont
les uns sont plus rares, les
autres plus ferrez, & les autresd'une
consistance mediocre.
Mij
4 Celaposé, ilvientà montrer
ce que c'est que la chaleur,
& commentilconçoit
qu'elle, se produit dans les
corps quisechauffent. Il
n'est pas dusentiment de
ceux qui en font un pur accident.
Il croit quelle envelope
necessairement dans
sa notion une substance,
puisqu'elleconsille dans
l'agitation de ces petitsfeux
ou esprits ignez, qui sont
renfermez dans les corps
chauds; ou pour mieux dire,
qu'elle n'estaucrechose que
ces mêmes feux ou esprits
violemment agitez. En effet il
n'a pas de peine à ren d re raison
par ce principe de la plupart
des effets qu'on attribuë a la
chaleur, comme de secher les
draps mouillez,d'amolir la cire,
de durcir la bouë, de faire évanouir
l'esprit de vin qui fera
dans une phiole ouverte,&c. Il
fait voir que tout cela se fait par
le mouvement & par l'agitation
violente de ces petits feuxou efpritsdont
les lieux où toutes
ces choses arrivent setrouvent
remplis. Il ne trouve pasplus de
difficulté à expliquer la maniere
dont la chaleur s'engendre
en de certains corps, &
pourquoy il y en a qui n'en font
point susceptibles. Il dit que les
premiers s'échauffent aisément,
parce qu'a yant une contexture
rare, ils reçoivent facilemenr
dans leurs pores les petits feux
étrangers qui réveillent ceux
qu'ils avoient déja dans leur
propre sein,ouils étoient comme
assoupis,& qui les remuent
& lesagitent: mais que les autres
ne s'échauffent pas, parce
que leurs pores ne font pas faits
d'une maniéré propre à admettre
ces petits feux ou esprits.
C'est de là que vient, selon lui,
que le ru bis soutient la chaleur
du feu jusques à 5. jours, & le
diamantjusques à 9 ;ce qui a
fait que les Grecs lui ont donne
le nom d'adamas, qui signifie
invincible.C'est encore, à son
avis,ce qui fait que la pierre aprelié
chalazia, parce qu'elle a la
couleur & la figure de la grêle,
conserve sa froideur dansJe
feu? comme au contraire ce,le
queles-Grecsont appelléeapiyilos,
c'etf à dire irrefrigerable),
étant une fois échauffée, conserve
toute sa chaleur pendant
plusieurs jours.
'-Il ne faut pas oublier que nôtre
auteur ne croit pas que le
froid soit une simple privation
dechaleur, comme la plupart
dumon deselepersuade. Il pretend
que comme la chaleur
consiste dans desesprits de nature
ignée ,
le froid consiste à
l'oppalire dans des esprits froids
églacez.Etil croit le prouver
invinciblement par deux experiences.
La premiere est le froid
insupportable que l'Atlasdela
Chine rapporte qu'il fait toûjours
sur une montagne de la
Prov ince Quan^ft, qui pour cet
te raison est appellée la montagnefroide
;car quoy qu'elle soit
dans la zone torride, elle est
pourtant inhabitable par l'extreme
rigueur du froid. L'autre
est la vertu qu'a la pierre nommée
æmatite, d'empêcher l'eau
de boüillir,sion la jette dans le
vaisseau; & celle qn'elle a d'arrêter
le fang, lors qu'une trop
grande fermentation le fait sortir
hors des veines. L'auteur
croit qu'une même cause produit
l'un & l'autre de ces effets,
& il ne conçoit pas qu'on
puisse attribuer ni le froid de
cette montagne,ni la vertu de
cette pierre, qu'à des exhalaisons
froides,qui arrêtent l'action
& le mouvement des esprits
chauds. Com!
Combien degens vont se
«déchaîner contre - moy !Que
-de Poëtes modernesvont dé-
^clamer contre le Mercure!
Je vais rendre publique une
Satyre contreleplusfameux
Satyrique qui fut en France.
M. D. S. H. qui me faitpre-
|4çnt decettePiece, mepro-
Cflc*-avec serment,qu'elle
àa.-ja.mais esté imprimée. La
Crainte que j'ay qu'elle ne l'ait
esté , est de tousles inconve-
^iens'qui peuvent resulter de
ma temerité
,
le seul que
kj'apprehende.Cependant j'ay
d'excellentes raisons pour me
rassurer contre cette inquietude.
CettePiece est bonne;
voila déjà un grand Article.
D'ailleurs je croyque jene
déplairay en lamettant au
jour qu'à ceux qui sont euxmêmes
dans legoust de la
Satyre:estce, \m si grand
malheurpouunhommequi
naturellement n'enadmire
point les saillies,& qui se
mocquede toutsonsiel, de
ne pas plaire à ces Messsieurs?
On m'adéjà averti que je ne
feray peutêtre pas impunémentimprimercet
ouvrage,
& quetous les Partisansdu
grandB.m'envoyeront
pour se vanger de mon audace
des billets pleins d'aigreur
& demenaces. Tant mieux.
je me divertiray de leur chafrin,
je le rendray même pu- lie. En un mot, quand ces
Mefficurs, pour charger davantage
le coup de pinceau
queMrde la Bruyere a donné
dur le Mercure, devroient le
mettre dix fois au dessous de
rien, jene pourrois pas m'empêcher
defaire imprimer cette
Piece, à moins que les
Puissances que je dois respecter
, & que jerespecte, ne
m'ordonnassent de la supprimer.
J'ay communiqué ce
dessein à un grand nombre
d'honnestesgens, qui l'ont approuve
: j'en aydifferél'execution
jusqu'à lafin du mois,
pour attendre de nouveaux
avis. Personnenes'est formalisé
de l'intention que j'avois
de donner cette Satyre,par
consequent. Lavoicy.
LE TOMBEAU
DE BO 1LEAU,
SATYRE.
Quellesombre tristesse attaque
tes esprits ?
Lechagrinsurtonfront est
gravépar replis,
Qu'as-tufait de ceteint où
lajeunesse brille?
Jetevois plusrêveurqu'un
enfantd famille,
Qui courant vainement,
cherche depuis unmois
Quelque bonneUsurier
qui prête audeniertrois.
Ou qu'un tuteur tremblant
qui voit leverles
lustres
Pour éclairerbien-tostses
fittira illustres.
Quandle Partere en main
tient lesifflettoutprest,
Et luy va sansappel prononcersonArrest.
Ma douleur,cher Ami,
paroît avecjustice,
Cen'est pointen cejourun
effetdecaprice;
Mepompeuxattiraild'un
funesteConfvoy
Vientdesaisirmon coeurde
douleur&d'effroy,
Mesyeux ont vu passer
danslaplaceprochaine
DesMenins de la Mort
une troupe inhumaine;
De Pedans mal peignez,
un bataillon crotté,
Descendoit à paslents à
l'Université.
Leurs longs manteaux de
, :, àterre, A leurs crespesflottans les
mntsfaisoientlagutr*
rt';
Et chacun à la main avott
pïûpowjkitâbeau,
V#Umttj*di*:-?vertpour
orner untombeau,
J'ay vû parmi Içs rangs
malgréI4fouleextre*
me
Dc'"ml!inl Auteur dolent
lafaceseche&blefme.
fyey#Grecs& denxiLa*
tins escortotent le cereueil,
Et le mouchoirenmain
Barbinmenoitle deuil
pour qui crois-tu que nur*
che une telle ~oronnance.?
Ce lugubre appareil, cette
noire affluence?
D'unPoëte deffuntplains
lefunestesort,
l'Université pleure
, (7:
Despreauxestmort.
Ilestmort, c'enestfait,sa
Satyre ~T/~
Enfant infortuné d'une
plume infidelle,
Dont la Ville,&la Cour
ontfaitsipeu decas,
L'avoit déjà conduitaux
-
portes dutrépas.
Quandles cruelsefets d'une
derniere rage
L'ontfaitenfinpartirpour
cederniervoyage,
Ilcroyoit qu'Hipocrene,&
," sonpluspurcristal
Nedevoitquepour luy couleràpleincanal;
Mais apprenant qu'un au*
tre anime par lagloire
Avoit beureusementdans
Il sasourceose boire , frémit,&perce du fini
mortedépit,
Par l'ordred'Apollonilva
semettre 414 lit.
Tu ris: de tous les maux
déchaînezsur la terre
Pour livreraux Auteurs
une cruelle guerre:
Sçàis-tu bienque l'envieest
le plus dangereux?
Ils n'ontpoint d'antidoteÀ
ce poison affreux.
Un Poete aisement aidé
par lanature
Souffrelafaim,lafoif., le
Soleil
,
la fro dure,
Porte,sansmurmurer,dix
ans le même habit>-
N'a que les quatre murs
l'hiverpour tour deht*-
D'unGrand qui le nourrit ilsouffrelessaccades,
Son dosmêmeendurci si
, fait aux bastonnadesJ-'
Mais voit-ilsur lesrangs
quelqu'un se presenter,,
Et cüeillirdes lauriersqu'il
croitjcuL meriter.
Au bon goustà venirsoudainilenappelle,
AusieclepervertisaMuse
faitquerelle*
Achaque coin de ruèïlcrie,
-JO temps! omoeurs!
Lepoison cependant,augmentesesardeurs^
Etles dépits cruels ,les noires
jalousies
,
Fontàlafin l'effetdevingt
apoplexies.
quehérofiss,jourlleCini. ours leCini.
Dontun triste cercueilgardeàpresentlesos
Maissesentant voisin de l'infernalerive,
Et toutprest d'exalerson
amefugitive,
Il demandaparggrarâccee,,,&&
dunefablevoix
D'embrasser se-ç enfant
pourladernierefois.
Deux valetsaussi-tostses
dignesSecretaires I
Apportentprés de luy des
milliersd'exemplaires.
Lelitpar trop chargégemit j
souslespacquets,
Etl'Auteurmoribond dit
cesmotsparhocquets. 0 vous, mes tristes vers,
dignes objets d'envie,
JVJ)IN dont fattenst*hon~
., nveuired'u.n,e lfeéccoonnddér
PMiffitZJ-rzJOUJ:échAJler.m
naufragedesjins, Etbraverajamais £ignorance
,&Letemps,
jfenevous'verrayplus,déjà lamorthideuse
Autour de mon chevetétend
uneaile affreuse;
JMaisjt meurssans regret
dans
1
untemps dépravé;
> .- f-
Oùle mauvaisgoustregne,
&va lefront levé.
*QnlePublicsngrat,tnjidele,
perfide).
T,rouveMA veine usee, dl monstileinsipide
Moy,qui me,crusfadisa
Régnierpréfère.
Que dirontnosNeveux!
Regnardm'etfcomparé,
•Luyqùifendantdixansdu
Couchant
CouchantaL'Aurore
Errachez le Lapon&ramachezle
Maure.
Luy quinesçutjamaisnyle
Grecnyl'Hebreu.
Qui jcuajour&nuit,fîF
grandchcre&bonfeu;
Est- ce ainsi qu'autrefois
dansmavieillesouspente
Allâ,irombi-e- lueur d'une
lampe puante J'appris j pour mes pechez,
l'artdefairedesvers,
Feuilletantlesreplis de cent
Bouquinsdivers? ,
N'est-ce doncqu'enbuvant
que l'on imite Horace?
Par dessentiers defleurs , monte-t-onauParnasse?
Ce Regnardcependantvoit
éclatersestraits.
Quand mes derniers écrits
font en proye aux laquais\
0rage, ôdesespoir, ôvieillesse
ennemie!
Aprés tant de travaux
surlafin de ma vie
Par un nouvel Athlète on
meverra vaincu
Etjevis. Nonje meurs.. fayde)atropvécu,
ji ces mots bégayez, que la ".:
fureurinfvire,
Bbileaufermelesyeux,pen-
-
chela teste,expire.
Le bruit decette mort dans
lepaysLatin
Se répandaussî-lost&vole
chezBarbin.
La
, dans l'enfoncement
d'unearriere^boutique,
Safemmeétaleenvainson
embonpointantique,>
Etfaisant le débit de cent livresmauvais , Amuseun cercle entier des ,oisifs du Palais,
Là le vieux Presidenta
toujoursessceances,
Là le jeune, Avocat vient
prendreseslicences
Et le blond Senateur en
quittant leBarreau,
Vientpeignersaperruque,
&prendreson chapeau;
C'est là que le Chanoine au
sortirduservice,
Vientenaumusse encore a~
cheversonoffice.
Etqu'on voitàmidy maint
Auteur du menu
Surle projet d'un Livre
emprunterun écu.
Dansce Licée étroit cette
mortimprévue
Fut par les assistansdiversement
reçûë.
Acasteensoupira
3
le Li- braireengemt, -Crispe en eut l'oeil humide,
& Perraultensount;•-
Pendant qu'on doute encor
de la triste nouvelle
Arijitarrivéenpleurs, (:l,
suruneescabelle
Au milieu du Perron se
plaçanttristement.
Lut
-
au Cercle ces mots
extraits duTestament
EnThonneur d'Apollon à
jamaisjesouhaite
\Auxyeux de l'Universvi-
-
vre&mourirPoète,
J'en eustoute ma'V«,(9'
t'air,&lemaintien,
JMais desirantmourir en
Poëtechrestien
Je declare au Publicqueje
veux que l'on rende,
[Ce qu'à bon droitsurmoy
Juvenal redemande,
Quandmon Livreseroitré-
--
4-r- duitàdixfeüillets,
Jeveuxreflitusr les larcins
quej'ayfaits.
Si de cesvolshonteuxl'audaceefloitpunie,
Vne rame àla mainj'auroisfini
mavie,
Las d'estre simpleauteur
entésurdu Latin,
Tour imposerauxsots je
tradmfois Longin.
Maisj'avoue en mourant
quejel'ay mis en masque,
., Etque j'entendsleGrec,
aussipeu que le Basque,
Sur tout de noirs remords
mon espritagité,
Faitamandehonorable au
beau Sexe irrité,
jiu milieu des Pedans
nourrytoute mavie
J'ignoraylebeau monde,&
, lagalanterie, i
Et le coeur d'une Irispleine
demille attraits 4
Est
Estune terreaustralleoùje
n'allayjamais.
Jelaiseà mon valet dequoi
lever boutique
Des restes méprisezd'une
- Ode Pindarique,
Qu'on vit à sa naissance
expirerdans Paris:
On le verroitbien-tostrouler
en chevaux gis,
Si le langage obscuremploïé
dans cette Ode
Pouvoit unjourenfin devenirà
la mode.
Item, mais à ce mot chez
l'HorlogeurleRoux,
.La Pendulles'émeut,sonne
-
&frappedixcoups,
Alidoraussi-tost rempli
d'impatience
D'undélaicriminelaccuse
l'ajfifiance,
Faitvoir queletempspres-
,. se , & qu'il faut en
, granddeüil
Dans une heure au plus
tardescorterlecercüeil,
Il dit,&dans l'instanton
vitla Compagnie
Se lever bruspuementpour
la Ceremonie,
L'un court chezson Ami9
l'autre chez, un Frippier
Endosser l'attirail d'un
nouvel heritier,
Perrin d'un vieil bahut
d'oùpenduneserrure,
Tirasonjustaucorpsfaitau
deüil de Voiture,
Dont le coude entr'ouvert
reçut plus d'un échec
Envoulantle vêtir, tant il
se trouvasec.
Pradon, leseul Pradon eut
assez de courage
D'entrerchez, un Drapier
-
&d'un humble langage
., Pour quatre aulnes de drap
estimezvingtecus
Proposer un Billet signé
Germanicus.
Enfin midy sonnant cette
lugubre escorte
S'estsaisie aujourd'huy du
Deffuntsursaporte,
Et promenant ses os de
quartieren quartier
Le conduit au Parnasse en
songitedernier;
C'est-laqu'on va porterses
funebres reliques
Dansla cave marquée aux
Auteurssatiriques.
Là, sur un marbre offert
aux yeux de l'Univers
Encaractere d'or ongrave
ra ces vers.
Cy gist Maître Boileau
qui vécut de médire,
Et qui mourut aussiparun
traitdesatire:
Le coup qu'il assenaluyfut
enfinrendu.
Sipar malheur unjourson
livre estoitperdu,
A le chercher bien loin
Passant ne t'ernbataj^
se.
Tu le retrouveras tout entier
dans Horace.
J'ay beau vouloir me prescrire
de certaines regles, dont
je me promets souvent de ne
pas m'ecarter, tout l'arrangement
que je me proposes'évanouit
à chaque instant, &
mon imagination qui nest
; esclave que de sa liberté, ne
peut se per suader que ce qu'on
appelle méthode, ne foit pas
plutôt affectation. Tout ce
qui est affectation est vice:
ainsi on ne doit compter
nullement ny sur mes projets
, ni sur mes promesses,
Je formeray aujourd'huy un
dessein je l'executeray un
mois, & je le détruiray l'autre
: à la bonne heure; ce
sera une varicté pour le tçç.
teur qui s'ennuyera toujours
moins de mes caprices que
de ma confiance à vouloir luy
raconter methodiquement les
plus inconstants incidents du
monde. Par exemple, n'y auroit-
il pas de l'extravagance à
n'oser placer dans le Mercure
Galant la nouveauté de la
Promenade du Cours, sansle
secours de quelque liaison favorable.
Si je suivois mon plan, j'attendrois
pour par ler décemment
de cette Promenade,
que je fusse à l'article de Paris,
j'en établitois d'abord les nouvelles
les plus interessantes,&
de transition en transition, je
dirois enfin que l'on n'y est
point à la mode, si l'on n'a à
presentun soufflet, ou une
cariole découverte pouraller
se promener la nuitau Couts,
sil'on n'y profite pas jusqu'au
jourdu clair de Lune, lorsqu'il
y en a, ou si l'on ne fait provision
de flembeaux lorsqu'il
n'y en a pas : on m'a assuré que
-
la mode viendroit bien-tost
de se passer de la Lune & des
flambeaux. Dés qu'onest arrivé
au rond qui est au milieu
des allées du Cours, les Dames,
les Demoiselles & lesMessieurs
mettent pied à terre,
on y danse aux chansons ,ou
,
auson desInstrumemsquis'y
rendent, on y joüe à Colin-
Mullard & à d'autre jeux.
Rien n'est plus galant que
cette promenade:& jenedescfpcre
pas quelle ne fasse avant
la fin de l'Eté beaucoup
d' honneur au Mercure
Mr le Duc de la Force ya
donné lanuit du13.au14. une
Feste toute galante & plus
brillante que le jour,à Me la
Maréchale de Villars & à Me
la Marechale d'Estrées
,
qui
furent accompagnées d'un
grand nombre de Dames de
la Cour & de la Ville.
J'employe autant qu'il m'est
permis, tous les Mémoires
que je reçois;j'ay même prié
& je prie encore avec
la derniere
instance tous ceux qui
se mêlent d'écrire de m'en envoyer,
Pluficurs se sont réveillez
à ma priere
,
ils sont
sortis de la profonde létargie
où ils estoient ensevelis depuis
plusieurs années;mais ils
n'ont fait que se frotter les
yeux. Ils se font contentez de.
m'annoncer qu'ils alloient travailler
pour moy, ils m'ont
promis un grand nombre de
nouveautez & ne m'ont pas
encore tenu parole. Ceux qui
ont commencez à me faire
part de leurs veilles, se sont
imaginez, que l'cx ctitude,&
le bon goust qui doivent eftrc
dans les ouvrages d'esprit, etoient
des ornements qui ferMoient
etroprcd hounneurreau
Ils m'ont envoyé des pieces
froides, longues, & negligées,
apparemment pour
m'éprouver, je les ay supprimées,&
j'en fupprimeray autant
qu'on m'en enverra, tant
qu'elles n'auront que le merite,
d'ennuyer ceux qui les
lisent.
Il faut cependant, me dit-
-
on, que vostre volume soit
rempli à quelque prix que ce
foie;j en conviens, mais si les
gens sur qui je compte, ne
veulent pas travailler mieux
que moy ; il ne m'en coûtera
qu'un peu plus de peine que
je prendray à travailler pour
eux.
Enfin, tant qu'ils me refuferont
leur secours, je feray
entrer dans le Mercure tout
ce que j'écriray
, à commencer
par la Lettre fuivantc.
LETTRE !y
De condoleance à une Dame de
consideration sur la mort de
sonPere. MADAME,I
i*
C'est un ancienusage de
consoler les vivans dela perte
des morts. Je pense que ceft1
fort bien fait, parce qu'il me
semble qu'il n'y a
prcfquc'
rien à dire contre une mode'
reçuê depuis tant d'années:
Ainsi je veux,s'il vous plaist,,
croire pour un instant cettej
regleétablie pour vous &
pourmoy , comme pour le
reste des mortels. Cela estant,
permettez - moy ,
Madame , de vous témoigner la douleur
1 que je ressens de la perte que
vous venez de faire. Ce ne
font point dans un pareil mal-
- heur des idées de consolation
que je veux vous inspirer
, vos
douleurs sont trop raisonnat"
bles,vostreaffliction n'estque
[ trop juste, & je ne vousoffre
icy que des larmes à mêler
avec les vostres ; mais après
avoir suffisamment satisfait à
ces pitoyables devoirs de la
nature, l'esprit doit effacer
nos ennuis, la raison qui a
justifié nos pleurs doit rétablir
nostre tranquillité
,
le temps
doit refermer nos playes, &
la Religion nous armer d'une
pieuse indifférence contre
tousles accidens du monde.
Cependant souffrez que je
vous avoüe
, que je ne comprend
pas bien encore, en vertu
dequoy, tous les hommes
cherchent réciproquement à
se consoler du moindre de
leursmaux.
On félicite un pere sur la
naissance de son enfant, &
-'
l'on
l'on s'affige avec le fils de la
mort de son pere;à quoy bon
cescomplimens ,& ces condoleances,
sur un mouvement
continuel, & dont les rcvolutions
inévitablesn'ont rien
dont on doive ny se réjouir,
ny s'allarmer.
Voila le seul point où le
sort de tous les humains se
trouve égal; néanmoins on a
la manie de faire de super bes
Festes, parce que Pierre vient
au monde, & de tristes & lugubres
Mausolées, parce qu'il
en fort.
J'approuverois ce faste &
ces pleurs, si l'on n'avoit pas
tous les jours le même étalage
à faire, & les mêmes larmes à répandre.I Strabon dit (ho! Madame,
Strabonesticy d'un merveil-1
leux secours
, pour m'aider à
vousconsoler) oüy;) Srrabon
dit, que dans une certaine
région de l'Asie mineure, on
faisoitdemagnifiques funérailles
aux morts. Si tost que
l'ame d'un grand Seigneur
avoit pris congé de son individu
,
les amis, les parens,
les femmes & les esclaves duj
deffunts'assembloient autour
i
du corps quon avoit foin de
placer aumilieu d'un bûcher
fupcrbe
, avec mille Inscriptions
à la loüange du Trépassé
On dressoit autour du Bucher
de grandes tables couvertes
de viandes exquises, &
de vins excellens ; il n'estoit
question au milieu de ces festins,
que d'emblêmes,d'oraisons
funebres, & de panégyriques
pour honorer les
:
obfcques de ce cadavre: on
mangeoit, on buvoit à bon
compte, &l'on s'enyvroiten
attendant l'instant fatal où
chacun devoit donner la plus
grande & la dernière preuve
de l'amour qu'il avoir pour le
deffunt, ensuite on allumoit
i le bucher de toutes parts, & 1
les conviez chargez deleurs
plus précieuxbijoux se hâtoient
de se précipiter dans
les flâmes, pour mêler à l'envi
leurs cendres avec celles du
mort. La même ceremonie
se pratiquoit aussi en Perse &
en Egypte
,
mais avec moins
de rigueur.
Voila, Madame, ce qu'on
appelle des gensbien tendres,
& c'est presqueainsiqu'il faut
pleurer, ou ne point pleurer
du tout; mais avant de finir
l'article de mes condoleances,
permettez-moy de vous conter
encore une Histoire. Les
Histoiresont la vertu d'attirer
nostre attention, d'assoupir
nos inquiétudes, & d'enchanter
quelquefois nostredouleur.
Ainsi j'espere que vous
trouverez celle-cy assez rare
&a ssez consolante, pour vous
persuader que les plus courtes
larmes sont les meilleu-
Il.CS. , {:,' Il y a encore aujourd'huy
uneContrée dans la Grece
où le mort a toûjours tort.
Dés que la Parque a tranché
le fil des jours d'un mortel
,
on cxpofe (on corps au milieu
d'une certaine Place, où s'assemblent
ses voisins, ses parens,
ses amis, sa femme & ses
enfans. C'est sa chere moitié
qui ordinairement mène le
deüil ; elle s'approche de son,
pauvre mary qu'elle regarde
tranquillement d'un oeil de
pitié, & elle luy tient en peu,
de mots, le discours que voicy.
Pourquoy
,mon cher Ó.
poux êtesvous mort? vous
estiez bien pressé ? ne vous aimois-
je P» tendrement ? ne
vous ay-
je pas toujours esté
fidelle? allez vous estes un ingrat
qui avez voulu m'abandonner.
Suivez-donc vostre
malheureux destin ? je ne m'en
metplus en peine. Cette Harangue
finie
,
elle passe son
chemin, & se retire chez elle.
Ses enfansaussitost prennent
sa place autour de leur pere,
& luy font leurs petites remontrances
en ces termes.
Eh pourquoy , mon cher Papa
,vous estes-vous laissé moutir?
vous estiez riche, maman
vousaimoitbien, nous avions
tous de la tendresse & de la
soûmission pour vous,tout le
monde vous consideroit, il
netenoit enfin qu'à vous d'être
heureux; cependant vous
avez voulu nous quitter, vous
n'avez pas eu honte de mourir
, & de nous dépoüiller,
cruellement de toute l'esperance
que nous avions en '¡
vous;tout ce qui nous reste à
vous dire, c'est que nous n'oublirons
jamais un si vilain
cour: néanmoins quelque
part que vous alliez , nous
souhaitons encore que le
Ciel vous donne ailleurs un
destin plusheureuux, Alors les
voisins
a
voisins, les amis, & les parens
du mort commencent à
l'accabl. r dereproches& d'injures.
Qu'aviez vous à rir mou-
,
luy disent les uns? que
vous manquoit
-
il, reprennent
les autres?adore de vôtre
femme, aimé de vos ensans,
&chéri de tout le monde
, vous avez eu le courage
de nous quitter avec la dernière
rigueur!quelleinhumanité
! quelle injustice?ou plutost
quelle haine pour nous,
disent-ils à ce pauvre corps.
Allons, mettons parpitié une
obole dans sa bouche
,
fermons
son cercüell., couvrons
sa tombe depain ,de viandes
&devin,s'ilafaim ilmangera,
s'ilasoifil boira ,plaçons
le auprésde ses ayeux, fermonsensuite
son, sepulchre,
&?allons;nousiréjoiïiravéclat
femme&sesenfansdelasot-
'r d t y
.,,-
tise du mort. * 1- ?<: Ainsi comme vous.
Madame, chaque pays,chaqueguisemaisditesmoy
je vous prie; laquelle de ces
deux Histoires vous plaist
davantage?Sont-ce ceux
qui vont [ç bculensur unuj
cadavre,ouceuxqui vont
enyvrer sur le tombeau d'un
répassé ? Pour moy , quoy- iel'un&l'autreexcèsme pa-
>iflic tldicûlc^'-'jttiens
rt pour les derniers ,& je
is sûr qu'il n'y a point
h~MHii~ai(bt~~b!c quine
»iEdten}toft^vfs:~ v
Je conclus âohe: que la.
auteur est la plusinutile reslurce
du monde,contre des
iaui^ufé|uèBidkl,ric'Jpcflcrcedier,
& je soûciensqu'un
onesprit n'ajamaisbesoinde
onsolationparcequ'il ne doit
maistrouver dequoiss'afliger
cvôtre,Madame,est des meilleurs
que je connoisse
,
c'est
pourquoy je ne croi pasavoir
sur cette matiere d'autre concseil
àyvous d.onner queceluy- IoP.ropidrnce
-.-agir la Providence,
Nous ne vivronsqu'autant
quilluyflaim.
Des biens comme desmaux qu'el-
,: le nous offrira,_x-r. u
Tâchons de profisesavecindiffe- ,1 rence,
Etfaifons # nos Adieux quandnotretourviendra.
Jecommence
à me dédire
de ce que je viens d'avancer
contre la negligence des gens
d'esprit, & je cesseray de me
plaindre d'eux, dés qu'ils se
souviendront de moy. Je
viens de recevoir une demie
douzaine de pacquets remplis
de choses curieuses,d'évenemens
extraordinaires, & de
belles remarques sur la Geographie,
l'Hirtoire, l'Eloquence,
& la Poësie : mais je prie
ceux qui me font ces presens,
de me les faire de bonne heure,
s'ils veulent les voir imprimez
le mois même qu'il me
les envoyeront. Cependant
quand tousle Mercure feroit
fait, j'aimerois mieux l'augmenter
d'une feüille,que de
manquer d'ymettrelacopie
d'uneLettre singuliere qu'on
vientdem'apporter,elle est
jointe àdeux autres pieces
que je donneray sans faute le
mois prochain. Rien n'est
plus réjoüissant que la défiance
de celuy qui me l'ecrit, &
que le conte qu'il met avec
beaucoup d'art& d'esprit, à
la suitedesraisons de son incredulité.
Copie d'une Lettre dfB-'tuïvais.
Vous venez,Mdnficur,
de nous donner pour HiftoU
re, cequ'onne peur regarder
que comme une agreable fiction
; quand on veut supposer
un Arrest ,ilfaut au moins
imaginer une questionfoûce*.
nable sur laquelle les Juges
ayentpûprononcer. L'Auto
theur de cette Nouvellecralante
nous prend-il pour des
Gruës ? Pour loüer un Tribunal
Supérieur,faut il déni*
grçr les JugesdeProvintc.!
Quelleasnerie seroit-ce que
d'appointer les Parties comme
contraires à verifier chacun
à leurs fins; le Mary
,
qu'un enfant né dans le septieme
mois de son mariage,
est son fils;& le Beau pere,
que sa fille n'a point estécruelle
; l'Enqueste seroit digne
d'allonger le chapitre de Rabelais,
où il est parlé de Dandin,
qui à cause de cet axiome
de Droit aléa judiciorum,mettoit
aux deux bouts d'une table
les productions des Parties
,&tiroir une chance pour
le Demandeur, &une pour le
Deffendeur. Vous me direz,
peut-estre, que lachose n'est
point sans exemple ; en Dauphiné
une femme accouche
après trois mois de mariage
d'unenfant qui avoit tous les
signes de vie; au Jugement
des Connoisseurs, il avoit au
moins neuf mois. Le Mary
ne peut se mettre en reste que
ce fruit fut un effet de la seule
imagination de sa femme, &
que Junon luy eust appris son
secret; c'estoit un ignorant qui
ne sçavoit point la Mythologie
: D'ailleurs il ne se croyoit
pas si habile pour un ouvrage
si avancé, il murmure illâctà.
te,comme il ne fc trouve
quetrop degens pour faire
enrager les autres,on luy insinue
qu'un certain Capitaine
a eu une accointance fort libre
avec sa femme,&qu'il
pourroic bien avoir humanisé
savertu; la femmeen cause
avoüe quelle n'a point voulu
chagriner cet Officier,&qu"»-
ellese seroit fait un fcrupulc
de l'éconduire, tant qu'il paroissoit
luy demander de bon
coeur ses bonnes grâces; le
Mary poursuit le Cavalier,il
avoüe franchement ce quis'est
passédans la chaleur de la conversation
;tout calcul fait, il
reconnoist que l'enfantest de
sa saqon ; ou au moins qu'il
n'y a pas nuy;par Arrest l'enfant
estadjugéau Capitaine..
Où trouveriez vousàpresent
un Petit Maistre qui voulûr avoüer
la dette, on auroit beau
s'écrier, ôtempora!ô mores! en
pareilcas on rejette volontiersle
fardeau sur son voisin;
tout sert en ménage,aussi les
Juges qui connoissent le train
du monde,n'ont garde d'ordonner
une pareille preuve
elleseroit illusoire,il faudroit
des témoins oculaires, & la
bonne foy est trop rare : mais
cc n'est paslàcequiôteà l'histoire
toute la vray- semblance,
c'estl'habileté prodigieuse du
mary & la bêtise inoüie dela
femme. Le mary plus penetrant
que cet Argonaute
,
qui
voyoit distinctement les objets
jusqu'au fonds de la mer, >
découvre dans lesein de sa
femme un enfant,qui àpeine a
la vie; ilcrie,il rempeste,comme
si la chose etoit démontr ée
ou palpable, & la femme a-
Vbüe ingenuëment les complaisances
outrées qu'elle a
cuës pour songalant : ou en
ttrroouuvvee--tt--oonnddeessii nneeuuvveess?? oouù
entrouve-t-on desiindiscrettes
?ne sçavent-elles pas tomberàpropos,&
manque t-on
de Medecins ou officieux ou
ignorans qui refusentleurs
suffrages à une supercherie
impenetrable aux plus avisez?
Appresteznous un Conte qui
soit mieux assaisonné, &ou
se trouve levrai
-
semblable.
L'Italien dit
,
se nom è veto,
è ben travato : cette histoire
n'est ny l'un ny l'autre. Je fuis,
Monsieur,tout à vous.
Le nomd'unfameux Authcur
suffit pour augmenter
le prix d'un Ouvrage:que le
merite y soitounon,cela
n'est d'aucuneconsequence
pour le Publicqui sesatisfait,
oudu moins, qui seprévient
sur l'étiquettedu sac:ils'enfuitdelàque
les plushabilesi
gens ont quelquefoisleprivilegede
ne rienfaire quivaille&
d'entendretraiter denégligencesheureuses,
des fautes
qu'on ne pardonneroit pas
à des Autheurs subalternes.
Voicypar exemple , me
dira-t-on, des vers que vous
estesobligez de trouver admirables.
Ils font de RacanJ
de Malhetbe, ou de Pavillon:
donc ils font bons. Si celaest,
comme je n'ose pointen douter
, lesdeux Pieces qu'on va
lire sontexcellentes.-. La premiere
est un rendre éloge que
Mr leMarquis devlaR.1
addresse à Mlle desH. &
la seconde est une obligeante
réponsede Mlledts'H.A'
àMr de laR. l
Fille d'une Aigle, Aigle uousmême,
Qui n'avez point degeneré ,
Dont par tout le mente extrême
Estsijustement reveré,
Qu'on s'honore quand on vous
aime , -
AimableInterprete des Dieux,
Qui parlezsibien leur langage,
Etquiporte dansvos beauxyeux
Etleurdouceur g7* leur image , Recevez le petitdommage
Que je vous offretous lesAN.
C'est un tribut desentimens,
Qui neconvientplusàmonâge :
Mes bienséances me l'ont dit.
Les Amours & les Vers font
faits pour la jeunesse, 1
Maislefeu de mon courquisoûtient
tient mon esprit,
Amuse & trompe mavieillesse.
Faites-moyseulementcrédit
D'agrémens & de gentillesse,
Contentezvous dufond de ma
tendresse;
Il en estde ce que je sens,
Comme des Tableaux d'ungrand
Maître,
Dont la beauténefait que croître
Et briller davantage à la longueur
du temps.
Vostrevertu n'estpas commune,
Vous aimez à faire du bien:
Donnez mes yeux à la Fortune
, Il ne vousmanqueraplus rien.
RE'PONSE
à Mr le Marquis delaR.
"si
Demeurez dans vôtre Hermita-
S?>
Je crains le dangereuxhommage
Qu'avecque trop de foin vous
m'offreztoutlesans;
Pour la tendresse il n'est point
d'â e • Vous lesentez&jelesens,
Cecy n'est point un badinage. 8
Vous de retour nos coeurssimpathisans
L'homme prudent, lafillesage,
Toutpeut estreseroitnaufrage,
Demeurez dansvostreHermita- ge.
Le traître Amour qui vous en-
N7\. Te doit pas estre mépri;s(é/
) Avec luy naturalisé,
Les belles deson appanage
Vous ont dans tous les temps si
bienfavorisé
> Que toutde vous mefaitombra- -Demeurez diansvostre Hermitaff-
Vous parlezuncertain langage
Quiporte au coeur, qui faitpenser
,
Et quisembleestre un surprésagep
Que de ses traits- le Dieuvolage
A
Est prest encore à me blesser:
Demeurez dans voAt Hermita-
SAh!
s'ilavait cet avantage!
Duséjour de ¡thttWtUfP.'X
Que penseroit Dame dont les attraits
Auroientsoûmis le coeur le plus
sauvage:
Dame, dont les beaux Versne
périrontjamais
Et dont le nomest tout mon beri-
Car voussçavez que pas un de
ses traits
Negist en mes écrits, non plus
qu'en monvisage,
Et que je n'ay pour toutpartage
Que lesyeux doux qu'ellem'a
faits;
Pour ne lespointmettre en usage,
Demeurez dansvoftreHermtfa»
&
Pendant que je suis en train
de lire des Vers nouveaux ,
quoy que j'entrouve souvent
,.q.uàlaatrcftcnc en chemin ,jc
ne laisse pas d'en rencontrer
quelquesfois de si beaux, que,
si j'en croy leurs Autheurs,
ils font marquezau coin de
l'excellence. Je ne prends
pourtant pas toûjours pour
les meilleurs ceux qu'onm'assure
avoir tant de beautez,,
ny pour les plus mauvais ceux
que la modestie des Autheurs
met au «
dessous de ce qu'ils
valent. Celuy qui m'a fait present
de la Piece suivante est
on fort galant homme qui
faitaisément de très jolis,
Vers, ilm'a donnécettePiece ,
comme s'il ne me donnoit
rien; je l'ayreçuë comme il
me l'a donnée,& je la rends
de même. Ce que j'en pourrois
dire d'obligeant ne luy
donneroit pas plus de merite
qu'elle en a, c'cft à ceuxqui
la liront à en juger.
DEPIT.
L'Amour sembla d'un trait
vainqueur,
Iris , nous. blesser l'un & ïau*
tre,
Mais le coup qui perça mon
coeur
N'avoitfait qu'éfleurer levôtre.
Vous renoncezsanspeine&presqu'en
un instant
A l'innocent plaisir d'un ardeur
mutuelle
Quandvous cessezd'estrefidelle
Dois jepour vousestre constant;
Mais pourquoy mepicquer d'une
vaineconstance,
Oublions les attraits dont mon
coeurfutépris.
Peut-estreun jour l'indifference
Me vannera de vosmépris,
Quy,jeveux effacerjusques à la I
mémoire
De mes plus tendressentimens.
LeDépit à moncoeurprometcette
wttoirc.
Heureux
Heureux s'ilest Lesfortquemes
premierssermens.
Autre Piece. etefi un Sonnet
en Bouts-rimez qu'un Amant
envoye à sa Maistresse
,
qui
luy avoit demandé un Bou-
,
quet en vers le jour de sa Fête.
SONNET.
MaigrémaMuse&l' almanach ,
Vous voulez qu'il soit vôtre fête,
Etquebien ou mal je m' apprête
A rimer ab hoc & ab hac-
Sile coeur ne m'eut fait tic tac,
Je n'avois plus de rime prête
Et je la cherchois dans ma tête
Lorsqu'un de mes doigts a fait
crac,
Oüy ma muse étoit si rebelle
Que si vous n'eussiez été bellea
J'étais au bout de mon rollet*
ilpaypenrécenttoisenrevange *Donner au diable le Sonnet,
Mais il étoit fait pour un Ange-
Je n'aurois pas manqué de
mettre à lasuite de ce Sonnet
deux autres Sonnets qu'on
m'a envoyez à la loüange de
Mr le Maréchal de Villars.
La Poësie en est belle, les expressions
en font nobles & les
chûtes magnifiques ; mais il y
a des fautes de quantité dans
lesixiéme & le dixieme vers
du premier, & dans le cinquiéme
du second. Si ccluy
à qui elles font échappées,
veut prendre la peine de corriger
ces deux Pieces, & de
me les renvoyer, je lesrendray
publiques.
Pour ne rien omettre de ce
qui peut faire plaisir aux Lecteurs
,
je cherche de tous les
costez,tout ce qui peut contribuerà
leur satisfaction, je
reçois & je lis tout ce qu'on
m'envoye
,
je choisis aprés,
heureux si mon choix peut
plaire. Iln'y a pas jusqu'à clef
Gafconnadcs donc je veux
quelquefois les amuser. En
voicy une toute nouvelle.
Réponse d'un Gascon à un
Carcel.
Vous estes, Monsieur ,sipeude
chose
, que n'estoit l'insolence
- de vas parolesje ne me souviendroisjamais
de vous. Le present
porteur vous dira le lieu où je
suisavecdeuxépées
3
dont vous
- aurez le choix; si vous ave.,-<'
l'assurance d'y venir, je vous
épargneray lapeine de vous en
retourner.
Voici une autre nouvelle
dont je me félicité, & donc
j'efperc qu'on me sçaura borç
gré.
Le débit du Mercure qui
augmente de mois en mois,
m'encourage à augmenter
aussi la dépense necessaire
pour le rendre meilleur. Le
Public & le Mercure ont esté
là dessus
-
long temps sur le
Qui vive. Donnez-nous un
bon Mercure, disoit le Public
,
& nous l'acheterons.
Achetez le bien,disoit l'Autheur,
& on le rendra bon.
Le Mercure en une espece de
Livre dont la bonté ne dépend
presque que de la dépense
qu'on fait en Correspondances,
en Commis
, &
Recherches: en un mot, il
faut beaucoup dépenser, pour
mériter la vente. Une Chanson
,
qui ne paroist qu'une
Chanson
,
& qui n'est rien
davantage, ne laisse pas d'aller
à cent écus par an, à n'en
donner qu'une tous les mpis. J
Jugez du reste.
On mettra toujours lesparoles
de chaqueAird'abordsansMufique,&
dans la feüille suivante
, les paroles avec U Note ,
afin que si lafeuille volante de
la Musique embarasse ceux qui
ne sisoucient point àu chant,
ilspuissent la décoller & que les
paroles ressent. La Musique de
celle cy est de Ad* Dubrteuil.
AIR A BOIRE.
Il n'est point icy bas de plaisir
sans chagrin:
C'est un Arrest du Destin.
Quand mon oeilse delecte à voir
ce jus divin,
Mon gosiers'impatiente,
Ma soifredouble & me tour,
mente,
Etlors qu'en avallant mon gasier
se contente,
Mon oeil voit à regretdisparoître
levin.
Il n'est point icy bas deplaisirsans
chagrin.
-C'est un Arrest du Destin.
Ab ! goûtons icy bas un plaisir
Bravons l'Arrest du Destin.
Voicy deux rouges bords que Bac-
, cus mepresentey
En buvant l'un,je voyl'autre
tout plein,
Mon gosiersedelccte,&mmoeil
se contente.
Ab ! je goûte icy bas un plaisir
sans chagrin,
Malgrél'ArretduDestin.
Ceux qui ont l'avantage de
connoître le Public mieux que
moy ,
& que je connois mieux
que le Public,quoy que j'aye
l'honneur de l'entretenir tous
les mois, me repetent sans
cesse, qu'il faut absolument
,
pour luy plaire, luy parler de
toutes sortes de choses
,
&
ne luy refuser aucune des
varierez que l'imagination
l'experience , ou l'étude des uns
& des autres viennent m'offrir
tous les Jours. Je croy en effet1
que ce conseil bien executé,
ne m'aidera pas peu à satisfaire
tout le monde. Cet avis
me détermine à employer à
tout hasard le premier manufcrit
qui va tomber fous ma
main.
Memoire Géographique.
Sanson, Géographe ordinaire
du Roy, a mis au jour
unegrande Carted'Allemagne,
avec une explication, intitulée
Allemagne & les Etats Souverainsdel'Empired'Allemagne.
Il
adédiéceTraité à Son Altesse
Royale Madame.
Il commence par faire remarquer
que fous le nom
d'Allemagne l'on entend ou
cette Region, que les originaires
nomment Teustchland, &
que les François appellent Allemagne,
ou ce qui compose
l'Empire, tel qu'il est aujourdhuy.
La première division qu'il
en donne, est par rapport à
la Geographie naturelle. Tout
ce que! on peut entendre fous
lenomgeneral d'Allemagne y
est distingué en trois grandes
Parties
, aux environs du
Rhein,delElbe&del'Oder,
dont les Regions font divifécs
en petits Pays.
La seconde,enparrapport
à la Géographie Astronomique
;où les climats, qui y font
tracez, nous marquent la dufée
des plus longsjoursde
l'année.
La troisîéme, est sélon la
Géographie Historique, &
pour le gouvernement politique,
ou font distinguées les
Souverainetez Ecclesiastques,
& lesSéculieres qui composent
l'Empire d'allemagne;sçavoir
les Electorats, les Principautez,
les Seigneuries & les Villes
Impériales.L'on y voit
qu'en l'année1500.ces Souverainetez
ont été distribuées
en six Cercles ou Provinces
generales, par Maximilien I.
étant àAugsbourg ; qu'en
1512. ces six Cercles ont esté
repartis en dix, dans l'Assemblée
tenuë à Cologne en prcfence
du même Empereur.
Il fait l'énumeration de
tous les Etats qui composent
ces Cercles, combien ces Cercles
ont de Directeurs
,
de
quoy l'on délibéré dans les
Dietes particulières,que chaque
Cercle a le droit d'Archives,
& que l'on n'y admet
personne que l'Etat qu'il posseden'ait
esté érigé enEtat
de l'Empire, que lors qu'il
s'agit de nommer des Asses-
feurs ou Conseillers pour les
presenter à la Chambre Impériale
, ces nominations ne
fcfont que par les six Cercles,
comme ils avoientesté établis
en1500.
Que routes les fois qu'il est
ordonné dans les Dictes générales
que l'on fera les délibérations
par les Cercles. Elles
font toûjours par les mêes
six Cercles, que lors que
on confirma les dix Cercles
ans la Diete de Nuremberg
1 5 22. l'on dressaenmê-
e temps la Matricule de chaje
Cercle qui est differente
: celle de la Matricule de
Empire:l'on y trouve ce que
chaque Cercle est obligé de
~nner pour soncontingent
:
quels font les exempts de
~ntribuer. Ilfinit par lerang
es séances des Princes de
Empire dans la Diete genede
qui se tient, depuis longemps
, à Ratisbone : tous les
Souverains y sont distribuez,
en sept Classes. !
2. La Carte represente en-
core le Royaume de Boheme J.
lequel fait un Etat separéc ,
quoy qu'il soit Membre de
l'Empire. I
3. Les Treize Cantons, ou la
République des Suisses, leurs
Alliez
, entre lesquels sont
trois Ligues, ou la République
des Grisons, lesSujets des Can-
-
tons & des Alliez.
4.Les Etats Generaux J($!¡
Provinces Unies des Pays bas.
L'on peut aussireconnoî—
tre dans cette Carte, les Pro-
vinces
vinces Ecclesiastiques de toute
l'Allemagne, pour le Gouver.
nement spirituel & l'Administration
de la Religion Catholique.
Cette Carte & ce Traité se
trouvent chez le Sieur Moullart-
Sanson
,
dans le Cloistre
de Saint Nicolas du Louvre,
à Paris.
Autre Mémoire non moins
utile que celuy quon vient de
lire.
Le Sieur Bouvelin enseigne
la Science des Negotians & les
Mathématiques. Il enseigne
aussi à faire des Cartes des
rapports des Changes, des
Poids, Mesures,& Aulnages
étrangères,d'une maniere qui,
n'a point encore paru jusqu'à
present. Le toutpour apprendre
par principes les principaleschoses
duCommerce, en
tres peu de temps:ouvrages,
utiles aux Banquiers,Marchands
,Agcnsde Change,&
autres qui ont affairedansles
Pays étrangers.
Il enseigne aussi trois nouvelles
découvertes, qui font,
la Quadrature du Cercle, la,
Trisection de l'Angle, & lû
moyen de faire paioître par
reflexionl'Arc-en-Ciel surla
terre.
Il démontrera ces problêmes
depuis dix heures du matin
jusqu'à midy. Il demeure
chez son pere, Horlogeur de
la Paroisse deS. Mcdcric
, ruë
S. Martin, à costé duPortail '-
de l'Eglise.
Autre Memoire plus utile
encore que les precedens.
Le Public. est averti que le
Sieur le Gros, Chirurgien Oculiste
de Paris, guerit routes
les maladies des yeux, & pratique
toutes les operations
touchant cet organe. Il guerit
aussi la fistule lacrymale sans
opération; & traite les pauvres
par charité. Il demeure
dans le Temple
, au bout de
la petite ruë, chez Madame
Boncourt. On le trouve tous
les jours après midy.
Cas de confciense. J'ay
pensé me faire un scrupule
d'annoncer au Public un Tailleur,
même un Tailleur extra^
ordinaire, cependant je m'y
fuis déterminé en faveur dela
nouveauté du cas.
,
- Le sieur le Pelletier,Maistre ;
Tailleur d'Habits, s'estavisé
d'un expedient utile,commode
,
&gascon si l'on veut. Il
a seul le secret de faire des habits.
sans envers, habits doubles
, ou portans leurs Surtouts,
de quelque étoffe que
ce soit, & de quelque maniere
qu'on les puisse souhaiter. Sa
demeure est ruë S. Marrin ;
cul de sac S Fiacre, chez Mr
Caboche, Marchand Chapelier,
vis à-vis S. Mederic.
On m'a afifuré que j'avois.
eu tort de faire imprimer le
mois paffé toute la Harangue
deMrle Maréchal de Villars,
parce que le Libraire qui a le
Privilege de donner au Pu-,
blic tous lesouvrages de l'Academie,
n'y trouvoitpas son
compte. Il est vrayque je n'envisageay
point cet inconvenient,
&que plus occupé du
plaisir de mes Leaeurs que du
dommage du Libraire, loin
de m'imaginer de tirer un Extrait
decette Piece, je me perfuaday
que ce seroituncrime
àmoy d'oser enretrancher un
mot,aussimegarday-je bien
de le faire- Mais pour neplus
entendre doresnavant de rcmontrances.
sur ce sujet, je
promets de ne donner dans la
fuite aucuns Discours del'Ademie
,
qu'après en avoir
étaché les endroits les moins
teressans, quandmême ce
vroit être une phrase entie-
Voici la preuve de l'usage
e je sçay faire des bons conils
qu'on me donne..
COMPL*IMENT le l'Academie Françoise, a
MonseigneurleChancelier ;
par Mrde la Motte, Direc
teur de cette Compagnie-
1
MONSEIGNEUR,
C'est un nouveau bien-fait
du Roy pour toutson Peuple;
6c pour nous en particulier]
quevôtre élévation à la prej
miere dignité du Royaume.i
L'Academie s'est affligée,,
elles'en est fait honneur de.
: vant vous, de la retraite im]
prévûë de vôtre Illustre Pre'
decesseur: Nous perdons en
J
luy un ami des Mures, & q
regardoit comme une portiotï
de la Justice, l'appui genereua
qu'ilprêtoit aux gens dclce
tres. -
1
Le choix du Roy nousa;
consotez,ce choix qu'une raio
XOÛ constante éclaire>&JUS
aifeall
Fait toûjours le plus folidc éloge
de ceux sur qui il tombe.
Il nous rend en vousce que
nous perdonsdans le Chancelier
respectable à qui vous
succedez. C'est avec joyc que
nous vous voyons monter à
une place, d'où nous avons eu
la douleur de le voir descendre.
& en admirant en luicette
pietéreceüillie, qui le derobe
au fardeau glorieux des affaires,
nous admirons en vous
cette religion genereuse qui
vous dévoüe au travail pour
l'utilité publique.
Vousavez déjà lutté ave-c
succéscontre les m ux de la
guerre dans un Ministere pénible,
&ladifficultédes temps
n'a fait que servir à vôtre gloireplacé
aujourdhuy à latête
de la Justice, vousexcercezun
Ministere de Paix, dont tout
le Royaume va se ressentir.
Songez, Monseigneur, que
les Muses y doivent avoir leur
part. La Paix demande que
les lettres fleurissent,&la Ju(~
tice veut qu'elles soient récompensées.
Nous ne doutons
pas que vous ne contiez
cete - Loy entre celles donc
Vous devenez l'organe& le
soûtien, & que depositaire de
autorité Royale vous ne
oyez aussi le Ministre de la
protection particulière, dont
c Roy nous honore.
>
Le Mercure s'avance, disent
ceux qui font dans l'usage de
e voir tourner d'une certaine
Façon, & nous n'avons enco-
'e vû dans celui-ci, ny Nouvelles,
ny Mariages,ny Morts.
Que les gens qui font plus
curieux de ces derniers Arcicles,
que de tout ce quile
précede, se contentent maintenant
decequ'ils vont lire,
s'ilest en mon pouvoir de les
contenter : à l'exception du
chapitre des Enigmes, & de
quelquesautres bagatelles que
ceux qui se souviennent de
moy vers lafindu mois, peuvent
m'envoyer; le resteduLivreva
estre pour eux, àcommencer
par l'article des morts. 1
Barnes Anglois , fameux
Grammairien,tres distingué
parmi lesSçavans ; vientde
mourir dans son Pays; il a1
donné une Edition d'Euripide, 1
d'Anacrco& d'Homère /cn
latin&,grec.
': Antonio Magliabechi, Bibliothécaire
du Grand Duc;
personnage tres - sçavaot&
tres-extraordinaire, vient de
triourir à Florence, dans sa
quatre-vingt-unième année.
Il avoit de grandes relations
avec tous les Sçavans del'Europe.
Par sontestament le Publicaheritéde
saBabliotheque,
& les Pauvres de son bien.
; MartinoPolihabileChimiste
de l'Academie desSciences,
mourut le 29Juillet, pour
avoir esté, dit on trop saigné:
sa femme &ses fils étoient arrivezdlralie
laveillede samorr.
Claude Irson, natif deRiblemont
en Picardie, mourut
en cette Ville le 24. du mois
dernier, âgé de quatre vingtseize
ans, apres en avoir em-à
ployé plus de soixante à elh
seigner les matieres qui concernent
le Commerce & la
Banque. Les Lettres Patentes
que le Roy luy accorda à Nancy
le 25Septembre1663.
par lesquellesSaMajestél'établit
seul Juré Teneur de Livres
pour l'ordre& la verification
de toute sorte de COIlb ptes , ><
les Livres qu'ilaunis
au jour sur ce sujet, la confiance
dont feu Mr Colbert
l'honora autrefois pour examiner
differens comptes de
longue discussion, qui regardoient
les interests du Roy ôc
du Public, sont asssez connoître
la netteté de son esprit,
& son habileté danscette Prosession,
à laquelle il estoit si
universellement portéqu'illa
continuoit encore trois semaines
avant de mourir. Ilyavoit
prés de trente années qu'il
estoit privé de toutes ses dents,
ce qui ne l'empêchoir pas de
manger des choses les plusordinaires.
m1rd Joachim Trotti de la
Chetardie, Docteur en Theologic,
Curé de Saint Sulpice,
mourut le 29.Juinàsix heutes
& demie du soir. Il avoit
pris possessionde cette Cure
Je 13 Fevrier 1696. & fut
nommé à l'Evêché dePoitiers
le15. Avril 1702.mais il ne
l'accepta point. Il estoit filsde
CharlesTrotri de la Chetardie,
Ecuyer, Seigneur du Bureau
de la Chetardie & de k
Guyonnie,& de Charlotte de
Nesmond,& arrierepetite
si's de Joseph Trotri, Seigneur
de la Cherardie
,
l'un
des Cent Gentilshommes de
la Maison du Roy, fait Chevalierde
l'Ordre de S Michel
J. par Lettres du Roy
Charles IX. le 17. Octobre
1568.dans un temps que cet
Ordre né se donnoir qu'à la
Noblesse. Il estoitcousin germain
de feu Joachm Trotri
de la Chetardie,Seigneur de
Pavieres
,
Gouverneur de Brifak
puis de Landrecies
,
Brigadier
des Armées du Roy, Be
Inspecteur gencral d'Infanterie,
mort le 14 Juin 1705 ne
-Iàiffa,n-c qu'un fils de son mariage
avec Marie Claire-Colette
deBerarddeVillebreül,
à present femmede Ferdinand
- Auguste de Solarre;
Comte deMonastetolles, EnvoyéExtraordinaire
de Mont
seigneur l'Electeur de Bavière,
en France, & Lieutenant general
de ses Armées, dont elle
a aussi des enfans. Feu M. de
la Chetardie, Curé de S. Sulpice
,
s'estoit démis de cette
Cure peu de jours avant sa
mort entre les mains de Mr le
Cardinal d'Estrées,qui ,comme
Abbé de l'AbbayeRoyale
de S. Germain des Prez, y
nomma Mre Jean -
Baptiste-
Joseph Languet de Gcrgy,
Docteur en Theologie de la
Faculté de Paris, & Vicaire de
la même Paroisse, qui en prit
possessionle21dumêmemois
de Juin. Ce nouveau Curé est
frere de Guillaume Languet
,
Seigneur de Rochefort, Conseillerau
Parlement de Dijon,
de Jacques- Vincent Languer,
Seigneur de Gergy , Gentilhomme
ordinaire de la Maison
du Roy,à present Envoyé
à Florence,de Pierre-Bénigne
LanguetdeMonrigny
,
Colonel
d'un Regunenr de Cuirasfiers
pour M. l Electeur de
Baviere, de Lazare Languer,
Religieux de l'Ordre de Cifteaux,
Abbé Regulier de S.
Sulpicc au Diocese de Bellay,
de Jean Joseph Languetde la
Villeneuve,Aumônier de feuë
Madame la Dauphine dern,icw
re morre,Abbé de Goetmaloen
, Grand-Vicaire d'Authun
resident à Moulins,&
de Therese-Odette Languet,
femme de François Rigoley j
pr emier PresidentdelàChambre
des Comptesde Dijon,
tousenfans de Denis Languer,
Seigneur de Rochefort,, de
Soffre&deGergy,Procureuf
général au Parlement de Dijon
,
& de MarieRobclin*, u
petits enfansde M* Langucc
Secrctaire du Roy.,forci du*
tic bonne famille originaire
f du lieu de Viteaux en Bourf
gogne. K
l-.
l, Dame MarieMollet,veuf
VC Je BernardMartineau,cut
du Pont- Herault,& Roy
d'Armes des Ordres du Roy,
mourut le 2.9 Juillet,lailïkit
': de son mariage Anne-prani
çoifc Martineau , femme de
: François-Anroine Ferrand
î Mailtre des Requcfics) & Intendant
cn.Bretagnc.;>:
MlPGabriel dOrléans Ror:
thelin;AbbédeNôtre-Dame
de Josaphat, au Diocese de
i Ghamcs,&Pueur de Gournay,
mourut le 31.Juillet. II
efioit grand oncle de MIS les
MarquIs, Chevalier & Abbé
de Rothelin, & petit-fils de.
François d'Orleans, Baron de
Waranguebec & de Neaufle,
Chevalier de 1Ordre du Roy,
Gentilhomme ordinaire de sa
Chambre , Lieutenant des
Gendarmes du Duc de Longueville
son frère,&Gouverneur
de la Ville de Vernciiil,
mort l'an 1600.filsnaturel de
FrançoisdOrléans, Marquis
de Rorhclin, &de Françoise
Blaflct,Dame de Colombietés
& du Picflîs-Pâté, d'une
J
Maison des plus distinguées
de Normandie.
Mr Leon de Font le bon,
Chevalier,Comte de Vitrac,
ci-devant LieutenantauRegi-
; ment des Gardes Françoises
t
mourut le Aoust 1714. Il
citoic d'une bonne noblesse de
Poitou, & avoit épousé en
1708. Marie JeanneCharlotte
de Maupeou,fille de Mr
d'Ablege, Maistre des Rcquêtes.
';
Mre Antoine Hardy, Sei-
: gneurdcS.Georges,Conseiller
> au Parlement de Paris,Commissaire
aux Requestes du PÑ
lais,oùil avoit estereçu le
Mars 1673.mourutjc-5.de.
ce mois sansalliance. Ilestoit
fils de François Hardy ,Conseiller
au Parlement reçuen
1668. mort aussi sans alliance,
& de Marguerite
,
Hardy,
femmede François Briçonnet,
Seigneur de la Chaussée,
Maistredes Comptes à Piriçl,
& fils de Claude Hardy Secrétaire
du Roy, puis Miiftre
des Comptes, motten 1649.
& de Suzanne Picot, &petitfils
de Charles Hardy Secrétaire
du Roy , reçu en iy.9S,
& Tresorier de l'Extraordi- *naire
nairc des Guerres en Touraine,
mort en itf5 3. & d'Anne
Pingré. Cette famille est originaire
dulieu d'Angervillela
Gaste sur le chemin deParis
àOrleans. iwt*
Dame Annede Masparault,
veuve en premieres nopces
d'Adriend'Arnoul, Seigneur
d'Arescouet
,
Lieutenant atf
Régiment des Gardes Françoises,
morten1672. & en
secondes deMrc Hubert Duiandde
Villegagnor,Chevalier,
Seigneur d'Ernon en
Bourgogne, prés Joigny,Vi
comtedePrémarun,&Colonelde
Dragons,qu'elle avoir
épouséle 4. M~ 1667.mourut
le 6.Aoust. Elle estoit fille
dePierre de Masparault,Seigneur
de Castelmer& de S.
Louis, Colonel de Cavalerie,
Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy,&d'Anne
Labbé. La famille de Masparault
descend de Pierre deMasparault,
Greffierdela Sénéchaussée
de Guyene;elleadonné
plusieurs Maistres des Requêtes,
des Prefidensde laCour
des Aides,&desConseillersau
Par lement. Elle s'est alliéeaux
familles de Mesmes,Dargou[
ges, de Chabot, de Portail , de la Briffe, & à la Maison
> de Rochechoüart
-
Montmoreau.
Feu Mr de Villegagnon
cftoit filsde Nicolas Durand,
l|Seigneur de Villegagnon, d'Ernon,dePrémarun,&de
tBois leVicomte, & de LeonoreGrimrlGroffore,
petitfils
de Pierre Durand
, Seigneur
de Villegagnon, Capitaine
dans le Regiment de
Picardie, Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roy,
lx. d'Elisabeth Courtin de la
Grange,&arriere-petit fils
deLucas Durand, Seigneur
deKonceaux & deVillagagnon
, Conseiller au grand
Conseil& President au Presidiatde
Provins en iJ74.puis
Mustre des Requestesordinaire
del'Hosteldu Royen
1585. & de Marie Bruflirc-
Sillery, tédic Loüis Durand
, fils de Philippes Dutand, Seigrteur
de Villegagnon
,
Avo.
cat au Parlement, puis-Lieu.
tenant général a Provins, d'où
cette familleest originaire.
Dame Henriette d'Harcourt,
femme de Mre Louis-
Marie Victoire de Bethune^
& le Comte Bethume )Mtfir,1
<lc Camp de Cavalerie,est decedéed
le 6,laissantdesenfana
- Elle estoit soeur de Mr le Maréchal
dHarcourc,& fille dé^
le Marquis de, Beu,. : seuMrleMarquis de Beuvron
,
Chevalier des Ordres
du Roy, & de Dame-Ang-elique
Fabert sa séconde femme;
Mr le Comte de Bethuneest
-
fils de seu Mr le Marquisde
Bethune,ChevalierdesOrdres
,..du Roy,& de Dame Louise
de la Grange d'Arquia;
soeur de la Reine de Pologne.
veuve du RoyJeanSobieski t
voyez/ pour la connoissance
}?tQf:. cesdeuxilluArcb Maisons,
l'Histoire de la Mailon de
Harcourt en quatre Volumes
infolio du lieur de la Roque;
& l'Histoire de la Maison de
Bethune en un Volume in folio,
parJe sieur André Duchesne,
voyez aussi l'Histoire
des grands Officiers de la Gouronne,
nouvelle édition.
Mre Charles du Tronchay
, Prestre, Chanoine de la Sainte
Chapelle, mourut le 7.Aoust.
Il estoit frere de Dame Marie-
Elisabeth du Tronchray semme
de François Mouster, Secrétaire
du Roy,& Resident
pourSaMajeité versles Galb
tons Suides, & fils deGuillaume
du Tronchay
,
Conseiller
au Parlement, & petit fils de
François du Tronchay; Seigneur
de Martigné, Secrétaire
du Roy, &grand Audiancier
de France, d'une famille
originaire d'Anjou, alliée à
celles de Compain
,
de le
Boulez, de Brehaultde l'Iflc>
de Huault
- Vaires,& à la Maison
de Pouget, de Nadaillac.
Mrc Antoine de laFontaine-,
Chevalier, Seigneur
de Villeprielle, Lieutenant de
Vaifliau, mourut le15. Ilétoit
d'une maison originaire
*
dé Picardie, distinguée par fort;'
ancienneté &,- par fésalliances jv
&quiadonné plusieurs Chevaliers
de l'Ordre de S. Jean.
de Jerusalem& dé Malthe,
entre-autres Pierre de la Fontaine,
grand Prieur en France
en1570&elle aassez de no-t
blesse sans emprunterune oui
gine étrangère en se faisant
descendre de lamaifbndeSo^j
sara en Piémont, avec laquelle^
certainement elle n'a lien dé
commun que les Armes.
MreJulesde Clerambaulr,
Abbé de S. Taurin d'EvreurJ
au
Chartrouve 1
Chartreuve , de l'Academic
Françoise, mourut le 17. Il
Reçoit fils de Philippes de Clerambault
Comte de Palluau,
Maréchal de France, Chevalier
des Ordres du Roy, Goucveorunreuurt
& Bailly du Berry, le 24 Juillet 1665.
& de Loüise-Françoise Bouthilier
deChavigny, feu Me
le Marquis de Clerambault,
Lieutenant General des Arces
duRoy,qui senoyaàla
bataille d'Hoctest en 1704.
étoit aussifils de ce Maréchal,
'.& par sa mort la Maison de
Clerambault, l'une des plus
ancienne de la Province c'Anjou,
est entièrement finie.
J'ay lu depuis peu quelques..
uns des premiers Mercures
qu'on ait faits, pour y prendre
à proportion de l'obligation
que je veux leur avoir, 1Arc
ddeeppaaffffcerrlléécgyecrfelcmrneennttdd'i'dinneemMa3--
tière à une autre. J'y ay en er-c
set trouvé des raifonnerncnsJi
qui m'ont quelque fois donnée
l'idée dece que je devoisl
dire; mais fauf le repect que
je dois àla memoire du pre
mier Auteur de ce Livre, je
i A" n'ay pas encore pu siaccosi
tumer à le voirpasser, de l'atf
cicle des Mariages à celuy de:
Morts, sans regarder son discours
comme un faut qu'il fait
faire à l'imagination: La
mienne Pest effrayée du péril
où elle se précipitoit immediatement
après avoir lû le plus
agréable chapitre du Mercure,
& ses reflexions faites, elle mà
conseillé pour dédommager
le Lecteur, ennuyéde tant de
billets d'enterrement, de ne
mettre doresnavant l'article
des Mariages qu'à la suite de
l'article des Morts.
Le 2.6. du mois de Juillet
dernier, Messire Guillaume
Alexandre de Galard de
Bearn
,
Marquis de Brassac lé.
pousaDamoifcllc Luce FrançoisedeCotcntin
de Tourville,
fille unique deMlle Maréchal
de Tourville. Le mariage
s'est fait de l'agrément du
Roy & des Princes de. son
Sang qui leur ont fait l'honneur
d'en signer le Contrat.
S. A. S.Madame la Princesse,
assista à la celebration du mariage
,& Madame la Duchesse
de Vendosme mena la Mariée
à l'Eglise. Elle fit ensuite une
Festedigne de sa grandeur &
de sa magnisicence.
La Maison de Gallard eu
une des pius anciennes & des
plus illustres du Royaume
descenduë des Comtes de
Condomois. Elle a joint par
une alliance à son nom & à ses
armes, le nom & les armes
de la Maison de Bearn : Pierre
de Galard de Bearn étoit grand
Maistre des Ai balestriers fous
Philippe le Bel : plusieurs de
ses descendans ont esté Gouverneurs
de Xaintonge &
d'Augoumois : Jean de Galard
de Bearn, Comte de Brassacestoit
en 1640. Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit, Gouverneur
de Lorraine, & Ambassadeur
du Roy àla Cour de
Rome, & Catherine de Sainte:
Maure sa femme,Dame
d honneur de la ReineMere.
La Maison de Cotentin de
Tourville,estaussi très.-ancienne&
tres illustre;Cezar de
Cotentin, Comte de Tourville,
Commandast au Siege;
dela Rochelle, sous sonEminence
Mr le Cardinal de Ri- 1
chelieu; il eut de Luce de la
Rochefoucault, entr'autres
enfans, Anne- Hilarion- de
Coreni in de Tourville, Chevalier
de Malthe,qui par les j
differentes batailles qu'il avoit *
données '& gagnées pour le
service du. Roy, est parvenu
aux dignitez de Maréchal u
Vice-Amiralde France; il a
eudeLoüise Françoised Himbercourt,
deux enfans,Loüis
Alexandre de Cotentin de
Tourville, Colonel d'un Regiment
de son nom, tué à
l'attaque des retranchemens
de Denain,&Luce-Françoise
de Cotentin de Tourville, qui
vient d'épouser Mr le Marquis
de Brassac.
Messire Pierre Gilbert de
Voisins,Maistre des Requêtes
Ordinaire de l'Hostel du
Roy, a épousé le 25. Juillet
Damoiselle de Fieubet,
soeur de Loüis Gaspard
de FieubetConseiller au Parlement,
& fille de Paul de
Ficuber, Seigneur de Launac..,
de Reveillon & de Beauregard
,
Maistre des Requestes,
& de Dame Angélique Mar,
guérite deFourey.
Mr de Voisins est frere de
Mr le Comtede Vilaines, Colonel
du Regiment de Medoc,
& fils de Messire Pierre
Gilbert, Seigneur deVoisins,
Président aux Enquestes du
Parlement de Paris, & de
Dame Françoise Dongois.
* CettefamilledeGilbert est,
ancienneàParis & descendde
Jean Gilbertsieur de Voisins.
: Correcteur desComptesmort
le 5. Janvier 1507.& enterré à S. Severin avec Jeanne Bri-
! nou sa femme; elle s'estalliée
aux familles de Bourdin, de
Viole,du Prat,de Larcher, l,&c.n-r't' f)"'t TP'••V "d- l:'
Pour celle de Ficubet elle
est originaire de Languedoc
,
& elle descend d'Arnaud Fieubet
qui fut fait Greffier des
Etats de Languedoc par la faveur
de M le Connestable
Henry deMontmorency. Elle
a donné un Président à Mortier
& un Premier Président
auParlement de Toulouse &,
trois Maistres des Requestes
donc l'un estoit Chancelier de
la ReinemereduRoy,&elle
s'est alliée aux familles de S.
Pol, de Maniban
,
& Dossunà~i Toulou se,& à celles de Nico-
Li , de Longuëil &de Castille ; àParis.
Messire Jacques de Monccaux
d' A ~uxi, Marquisd'Au- ,:
xi, ci devant Capitaine aux
Girdes, & Colonel du Régiment
Royal Comtois, fils
unique de Missire François de
Monceaux
,
créé Marquis
d'Auxi, parletresdu mois
de Septembre 1687. & de
Dame Marie Magdelaine Jabert
du Thil, sorti des anciens
Sires, & Bersd'Auxi en
Picardie, connus il y a plus de
500. ans, a épousé le 20e de
ce mois Damoiselle Marie-
MagdelainedelaGrangeTrianon,
sille du feu Messire Loüis
Armand de la Grange Trianon
, Baron Duplessis aux
Tournelles, Conseiller au
,
Grand Conseil, & de Dame
MargueriteMagdelaine Joly
d'Oudeil ; & petite fille de
Loüts de la GrangeTrianon,
Seigneur d'Aravilliers, de
Nandi de Marconville, Châtelain
de Renets en Touraine,
&-' Président de la seconde
Chambre des Requestes du
Palais, & de Dame Marguerite
Martineau. Mademoiselle
de la Grange Trianon est niece
de MessireCharlesde la
Grange Trianon Abbé de
Saint Severe, Chanoine de
Nôtre Dame * de Paris, &
ConseillerClercau Parlement
&de feuë Dame Marguerite
dela Grange u morte en 16 87;
veuve deFrançois de la TremoilleDuc
de Noirmontier.
, ;*-? ( Lafamille
dela Grange cft
t
une des plus considerablesde
} Paris, clle descend de Michel
(de laGrange Seigneur de
| Trianon, MàistredelaCham- I bre aux deniers
, & Prevôt
r_',' des Marchands de cette Ville
( dés l'an1466. & de Guille-
: mette deLongüeil, elle s'est
*alliée auxfamilles de Boucher,
*d'Orfôy, de Molé, deBailleul,
de Hercis, de Bragelonne, de
»
Fourcy, de Charon, de Menars,&
c. ici -rff
Monsieur le Marquis d'Auxi
quivient de se marier,cit
neveu de Messire Henri do
Monceaux d'Auxi, Comte
d'Hanvoille, cy-devant Colonel
du Regiment de Dragons
qui de son mariageavec Dame de Crequy
d Osseu n'a que deux filles, &
de Messire Jacques de Monceaux
d'Auxi, dit Monsieur
de la Bruiere cy devant Caps- j
taine dans le Regiment de
Champagne qui n'a aussi que
deux filles de
:
son mariage
avec Dame Marie Anne le Fé- j
vrc sa femme, Soeur de M. j
Hardouin U Fevre de Fonteray,
cy-devant-Gentilhomme de Mr
le Marquis deBonnac, Envoyé
Extraordinaire de France, O4
à present tres -digne Auteur
du nouveau Mercure Galant;
DameJeanne de Soufflas
Bisayeule de Monsieur le Niarquis
d'Auxi,étoit grande tante
de feu M le Maréchal Duc
l de Boufflers, & cette Maison
d'Auxi s'est alliée à celles de
: Craon, de Piqirgny,de Me-
: lun, de la Tremoille d'Estouteville
,
d'Enghien, de
#
Remburses, de Crevecoeur,
de Quesdes, de Trafigny,
,
de Saveufc, de Hangec, de
Villiersl'Isle-Adam,de la
Chaisede Vieux Pont,de la
Vieuville, d'O, de Tiercelin,
de Brosse, de Breauté. de Rochechoüar;
de Saint Simon
de Soyecourt&del'Ecendart
Bully.
J'ay des amisà Rouen, j'en
ay bien plus loinencore, &
c'est fort bien fait. De tout
les côtez on m'envoye Sonnets,
Madrigaux, Explications
des Enigmes, &c. mais
de deux choses l'une, ou Tefprit
de presque tous ceux qui
me font ces presents est lent
dans
dans les productions
, ou je
me presse trop de faire imprimer
mon Livre; fauf maintenant
à examiner s'ils ont rai-
- son , & si j'ay tort. Le mois
n'a que trente jours, il n'en
faut que huit au plus pour en
voycr le Mercure au
bout
du
k Royaume; il m'en faut vingt
laieu moins pour le compofcr,
reste est à la di scretion des
[Imprimeurs. & des Relieurs
qu'on ne gouverne pas comune
on veut,& ce que je me
reserveenblanc,est indispensablement
consacré auxdernieres.
Nouvelles
Tous CCPX qui me lisent
ont quatorze jours pour me
faire part de leurs ouvrages,
à quelque distance qu'ils soient
de Paris ; cependant ils attendent
les quatre derniers jours
du mois pour m'accabler. de
Lettres perdues pour eux,&
inutiles pour moy ,
à moins
que ce qui ne fert pas un
mois,
ne puisse estreemployé pour
l'autre. Ainsi leur negligence
&mon exactitudeme privent
du moyen de leur faire plasir.
J'étois occupé de cette reflexion
,
lorsque j'ay receu de
mon amy de Rouen cet crk-r
voy sur les Enigmes du mois
passé.
Les Ciseaux &la Tiste.
DevosEnigmesdeJuillet
Nom dévoilent tout lese-
- cret.
Jesuis leMitoyen de l'Ange&
de la BJl:>
le suis aussi de tout mon
coeur
Et vostre amy- Mercure
? & *&ofîrtjtrviftur^
Les noms de ceux qui les;
ont deviné, sont le Spirituel
Hibou
,
Andromede & Phinée,
Urgande la déconnuë,le
genereux Roland, Adonis &
Venus,le Talond'Achille,le
diseur d'Horoscope,l'Asne
d'Apulée, Anubis & Mundus,
lagrande Salle duPalais,l'Amant
perdu, l'Amante affligée
,
la grosseBourgeoise
,
&
sonamy du Clos,la Haye de
S ServantJe Porte. feuille de
l'Hostel des six Monneaux, &
le beauMusulman M. l Abbé
Girard, Loüs BarthelemLion
Bouthilier de Châvigny &
son A. de saintCyr. L'incomparable
beauté de la ruëSaine
Germain, -.< v ;*
J'alloi,essayer de me rompre
encore la tête pour forgerdes
Enigmes à ma mode,cela
veut dire sans vanité,desEnigmes
assez mauvaises ,lorsqu'unGascon
qui a beaucoup
d'esprit m'enaapporté deux-
Jeluy ay, demandé si ellesc-
* toient nouvelles,il mela ju- réde si bonne grace ,que je
n'ay pu luy refuser la satisfaction
de le croire.
-
Au reste , quand j'y serois trompé ,je
m'enIwlesmains ,6c je pen.
fc qu'on ne seroit pasen droit
de me reprocher riern là-deffus,
puifqu'il n'y a pas encore
quatre mJIS que je n'avoisJA*
mais ni lû ni£jit dEnigmes*;
Voicy à boncomptecellesdu.
Gascon.
ENIGMES.
Dansuneprisonclaire &\
notre
Je me promeneince
menty
Pourpeuqu'on veuille
tiroir* î
Ceux qui n'aiment que
mon tourment: Je suis faite àforce de
coups, Et pendant que je vù,,,
dmoonsouprtxne.st pas plu* pae plut
AUTRE.
La voix mouvantemefait
nai(ire,
Ftpuis n-edisipe aujftoft,
Jpelnue sfuiisoriefnl,:m,ais bien
J'empêche quelque chose
de(ire.
On ne me <voitt>oes ,st ne dis
motr
Aux yeuxrjeneffauroit
JMroiflre,"-
Par moy l'on ne freut reconnoifire
L'habile homme d'avec le
fit.
Ceriiftt*smoyquiprfuade
Juispropre pourmmalade,
fais lesjmrsles,-
nuits- Qui
0!.i suis-je ?esprits que
l'onadmire,
Je ne suis pasce quejefuis,
Sifay pouvoir devons le
dirs.
Je tiendray avec le temps
Coûtes les paroles que j'ay données,&
l'on verra au bout du
compte que je n'ay rien promis
dont je ne tâche de m'acquitter
tous les jours de mieux
en mieux.
La guerre qui piroît encore
très allumée entre les Princes
du Nord, le Siege de Barcelone
qui est à la veille davoir
un fore pareilà lamalheureuse
Ville de Numance, ou plutôt
à celle de Cativa savaisine,
la mort prelque imprevue
de la Reine de la Grandei
Bretagne 1
5
& la célébréaflfemtyée
de Badenprefentenc
maintenant aux yeux deroute
l'Europe unTableau sichargé
d'adions & de conjectures,
que je pense qu'il n'etf permis
d'entreprendre le détail de
tant de grands événements,
que dans les termes & dans le
stile consacrez à la majeflé de
fHifioire.
Je ne doute point qu'on ne
traite ce projet au moins do
témérité, & qu'on ne me ren.
voye àl'Apologie du Boeuf&
de la Grenouille, tant que dureront
les préjugez obligeants
que cinq ou six personnes onc
foin de répandre dans le monde
, contre le nouveauMercure
jmais ce qui m'étonne, c'est
que les gens qui les connoisicncéquités
entendent tous
les jours declamer contre mois
puissent s'en rapporter quelques
fois à de tels connois,
feurs.
#
Je prie le Public de me pardonner
cette petite digression,
& tous les bonnettes gens qi
ne cherchent qu'à s'amuser d
mon Livre, de me prêter, au
tant qu'ils me croiront capa
ble d'en profiter, leurs secous
& leursconseils, pour m'ai
der à le rendre meilleur.
Il y a si peu de fuite dan
toutes les Nouvelles manuf
crittcs & imprimées, sur ce qu
concerne les affaires de la Po
logne, du DannemarK
,
de 1
Moscovie, de la Suéde, & di
la Hongrie ,quej'ose avance
que les personnes qui ont éti
les plus soigneuses de s'mf
truiic à fond, de ces grand:
démêlez,oû les TUICS ont eu
au moins autant de part, que
ceux qui y ont paru plus interessez
qu'eux,n'en pourroicnt
aujourd'huy raisonner que
tres-fuperficietlement. J'excepte
néanmoins de ce nombre
,ces hommes éclairez, que
leur esprit & les grandes places
qu'ils occupent, mettent
indispensablement au fait de
toutes lesaffiires de l'Europe:
Et j'ajoute que ceux même qui
travaillent à l'Histoire de ces
Guerres fameuses que le sorta
remplies depuis douze ou trei.
ze ans de tant de révolutions
embrouillées, ne nous apprendroient
pcut-eflre rien,audelà
de ces grands événements
que per sonne n'oublie.>
si je n'avois pas lû unci'nJ
finité de Lettres, de Mémoires
particuliers, &de Manifestes
sur ces affaires, & si je
n'en avois pas appris & retenu
un grand nombre de circonttanceSjjc
mecontenterois de
donner chaque mois.en veri
table Auteur de Mercure Ga.
Jane, des tecits de Guerre, de
Paix, de Morts&de Mariages
desPays dont toutes les femai-
Des les Gazettes entretiennent
lePublic Maisil faut que mes
Supérieurs approuvent mon
dessein ,avant que je fonge à
l'cxecuteri s'ils l'approuvent,
je reprendray pour la satisfaction
des Lecteurs,les choses
dés leur origine; je les divifcray
par Chapitre, & je les diftribueray
dans chaque Mercufre
succintement & hiftoriquement.
Ainsiavant de rien dire
des Nouvelles du mois, je
mettray à la teste de chaque
Article des lieuxj dont je parr
leray, un ArticleJeparé dont
les circonfiances exactes &
chronologiques servirontà
mettre insensiblement le Lecteur
au fait des affaires des
principales Coursde l'Europe.
Je seray peu de raisonnemens
Politiques; je ne raconteray
que des événements veritables,
où jen'intereflerayjamais
ni la gloire, ni la réputation
de Personne ; & enfin on
verra au premier d'Octobre, si
ce projet cil: auchorifé. Je ne
donneray en attendant, pour
Nouvelles, que des Extraits
des Lettres que- j'ay reçues.
On écrit de Hambourg le
50. Juillet que les Lettres de
Suede ne sont aucune mention
de ce Combat Naval
donton par le depuis longtemps
Elles marquent aucontraire
que les deux Flotes n'avoient
encore pû se joindre,
& que celle de Suede se renforçoit
de jour en jour, par
lesBastiments qui la venoient
joindre, ensorte qu'elle estoit
beaucoup fuperieurc à celle
des Moscovites.
Le Roy de Dannemark est
encore occupé à fairelarevûë
de ses Troupes qui ne pourront
estreassemblezque dans
le quinze dumois prochain:
Comme la saison s'avance, on
ne croit pas qu'il puisse faire
de grands progrez cetteCampagne.
Il doit cependant l'ouvrit
parl'attaque de l'Isled'Higelant
; & pour cette expédition
,
il fait embarquer de
-
l'Artillerie,des Bombes&des
Mortiers. Cette Isleestdedifsicile
accez,d'autant que pour
en approcher, il faut passer entre
des écuëils dangereux, &
que d'ailleurs le passage enest
dessendu par des Forts tresescarpez.
On écrit de Stralzund que
le General Duker a fous cette
Place un Corps de 9. à 10.mil
hommes ausquels le Commandant
de Wismar joindra
trois mil hommes en cas de
besoin. Mais il ne fera point
de mouvement que lesDanois
nee nsoietntratetacphezrà iqsuelequ.e
Le Roy Auguste qui partit
de Dresde le1 3. pour retourner
en Pologne,dépêcha le
jour de devant son départ, divers
Courriers. Celuyqu'ila
envoyé au Roy de Dannemar
k a esté enlevé dans le
M kelbourg par un Parti de
la Garnison de Wismarquil'a
mené au Commandant de
cette Place
,
& les dépêches
ont esté envoyez àlaRegence
deSuede.
Extrait d'une Lettre de la Haye
dît 8. Aoust.
; Suivant les avis que nous
avons de Baden
,
les Conferencess'y
continuentavec succez.
Tout ce qui concerne les
deuxElecteurs touchant larestitution
de leurs Etats, avec
leurs meubles ,bijoux,pierreries
, argent ,
artillerie, 6C
autres munitionsde guerre,
& de bouche,est reglé. Or
t/y attendoit plus que l'arrivéedu
Prince Eugene & du
Maréchal de Villars
, pour
mettre la derniere main à la
Pa:x.
On voit icydepuis quelques
jours desGardes duCorps
du Roy de Prusse, ce qui donne
lieu au bruit qui court, que
ce Prince en icy incognito, &
qu'il se trouva à l'Assemblée
des Etats Generaux qui se tint
ces jours passez, & qui dura
fort avant dans la nuit.
L'armement de Vaisseaux
qu'on fait en plusieurs de nos
Parts est pour aller à la Mer
du Sud; ils ont receu leurs
expéditions de l'Amirauté, 6c
doivent partir incessamment.
Le Prince de Saxe n'cft pas
encore arrivédans cette Ville.
Onécrit qu'il a retardé son
voyage sur l'avis qu'il a eu de
l'arrivée du Roy Sraniflas à la
Principauté des deux Ponts.
De Viennele4.Aoust.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
De Perpignan,le2.
Nous venons d'apprendre
) du Camp de Barcelone, les
nouvelles suivantes. Le30du
passé, Monsieur le Mareschal
de Berwick voyant qu'une
partie des deffenses, des assiegez
estoitruinée par nos batteries,
resolut de faire attaquer
le Chemin couvert;on
l'emporta sans aucunes resistances.
Ceux qui le defifea*
doient prirent la fuite au premier
mouvement que nos
troupes firent, & on s'y logea
sans peine. Ils parurent
le lendemain le long du fossé,
dans le dessein de le reprendre;
on y vit mesme à leur teste
quantité de Moynes & deCapucins
qui les exhortoient à
faire bien leur devoir. Cependant
loin d'oser rienentreprendre,
ils rentrerent promptemenr
dans leur Ville. On
travaille à establir des batteries
sur la Contrescarpe, pour
battre en bréche le Corps de
la place: la grande Courtine
est presque toute ruinée ; te
Mineur est attaché à un des
Bastions de l'attaque: celuy de
SainteClaire est tout ouvert,
& on faitestat que le 8. où
.,
le 10. pour le plus tard, on
pourra donner l'assaut gencral
à la place. Cette lettre adjouste
que les assiegez qui ne
sçaventny sedeffendreny se
rendre
,
persistent toûjours
dans leur obstination, & qu'ils
travaillent à faire derrière la
bréche un grand retranchement
avec un fossé profond,
qui comprend toutle fondde
fatuauc. - ':
,}
ETAT
DesBrigades desTroupes Françoises
qui doivent estre as.
Camp , devant Barcelone,
depuis le 21Juillet.
Mls DE BALINCOURT.
Brigades.* Bataillons,
Normandie. 3.
Artois. 2.
Lamarche. A.
7
ROISSY.
Audetot. ,. U
Bombardiers. i.
La Couronne. z.
4* DALBA.
Talleran. 1.
Danois. i.
Royal Artillerie.i.
Auvergne. Z. -SSANSAY.
La Marina 3.
-
Bcauvoifist z.
Sanlay. 2.
1.1
NONAN.
Anjou. a*
Meâoc., i*
Province.
• Z.
Bassigny. 1.
îi•
SAUVEBEUF.
liaReine. 3»
ponthiew 211
Blcfois.
-
1 il »
CURTY.
, - ~, Qilcànl.wi
Quercy. 2..
LIflc de France. t.
6.
COURTEN.
Gaftellasi3;
courtem. 3.
&4
50.Bat.
Une Lettre de Tarragone
du 2. 8. du passé, marque que
le Marquis de Thouy qui
commande dans le District
de cette place,ayant joint le
Marquis del Pual, qui avoir
fcpt àhuit cent Rebelles, l'avoit
attaque & entierement
defait, & que mesme il avoit
eu peine à se sauver à Cardonne
avec environ trente
hommes de ses troupes.
Extraitde deux lettres d'Utrecht
du 13. Cm du 14.Aoust.
Mylord Strafford est venu
icy pour presser les Plenipotentiaires
d'Espagne & de
Portugal à- faire la
-
Paix. Ceux
de Portugal ont réponduqu'à
l'arrivée du Comte de Ribeyra.
à Madrid
, on luy avoir fait
quelques propositions
, »
sur
quoy
quoy ce Ministreavoitdepesché
à Lisbonne un Courrier
donc on attendoit la réponse.
Les Ministres d'Espagnerépondirent
de leurcosté qu'ils
attcndoient leurs infirulbons.
Ce marin 14 Mylord Straf- tford a receu par un Extraor-
>
binaire une LettredeMylord tBromley Secretaire d'Etat de
Ha Reine d'Angleterre, par la-
>quelle il luy mandeque la
[ Rcineayanccuë une attaque
> d'apoplexie, elle avoit étédeux
1 heures sans connoissance, & trevenue àforce deremedes,
;Çllc avoit eu le temps de fi---------
- - - gner laPatente de Grand Tresorier,
de laquelle Mylord
Arlay Comte d Oxfort avoit
fait sa demission del'ordre de
li Reine six jours auparavant
en faveur du Duc de Scherfbury.
Mylord Bromlay a-w
jousteque le Conseil d'Estat,
Nemine Contradicente
,
avoit
depesché un courier à l'Electeur
d'Hanover avec ces nouvelles
, le priant de passer incessamment
en Angleterre,
& qu'on avoit envoyé une Escadre
de Vaisseaux de guerre
pour l'y tranfportcr. Mylord
Straffort avoit ordredecom-
.,
muniquer ces nouvelles aux
Estats Generaux, & de les
exhorter en vertu des traiter
faits avec la Hollande, à mettre
l'Electeurd'Hanover cvl
possession de la Couronne
d'Angleterre.La manieredonc
le Secretaire d'Estat écrit, fait
voir qu'on est horsd'esperance
pour la santé de la Reine. Les
lettres de Londres du 13. confirmerent
aussi tostcettenouvelle
à Paris, où on a apprit le
1 y, que le , la Reine fut incommodée,
que le 10. au
matin elle eut une attaque
d'appplexie si violente, que
pendant plusieurs heures on la
crut motte :,
qu'elle en revint
neàncmoins^ mais qu'elle retomba&
mourut le 12. entre
$;-t&huic heures du matin.
-
Le¿ mesme jour à deuxheures
aprèsmidy,on proclama dans
lesMiëux''ordinaire!aveefde
grandes ceremonies&sans at*-
cun trouble l'ElecteurdHanbver
Roy 'det là Grande
Btétagne,&leParJemencsa4
journaaulendemain. **>VksÏ -fùunJifc Extrait aune Lettre deLaaitz 'v du ., ~ity 1illrt.
Les Saltins. continuent à
croiser dm* nos Mers: ilsattaquent
encore les Vaisseaux
Anglois, nonobstant qu'on
nous ait assuté que le Roy de
Maroc avoit renouvelle la
Paix avec les Anglois. Ils
poursuvirentle10jusques
sous lecanon denostre Mole
deux Badimente--,tviai-chauds
de cette Nation quialloicnt
dans la Mediterrannée,où ils
prirent le
1 2.e;un grosNavire
Portugais: mais comme ilsl'amenotent,
ils furent rencontrez
par les deuxVaisseaux de
guerre quele Roy de Portugal
a fait forcir, pour leuraller
donner la chasle & pour evU
ter une alboh. quoyquîli
fussent quatre Bastiments,ils.
abandonnerent leurs prises &
se sauverent en faisant forcede
voile, & emmenerent leséquipages
qu'ils avoient fait entrer
sur leursbords.
Onajamais veuëtantde
BastimentsAnglois& Hollan-
,-dois qu'il y en a dans nostre
Port presentement tous chargez
de diver ses marchandises.
Al'égard des Portugais,ilsn'y
ont accez que pour se mettra
à l'abri des gros temps & des
Corsaires. On desarme des
Vaisseaux qui sont revenus de
Ja Mediterrannée, &on arme
deux Fregates, sans qu on dise
à quoyon les destine.
-"
Il arrive presque tous les
jours icy des soldars Anglois
de la garnison de Gibraltar,
lesquels quittent le service,
parce qu'ils ne font pas payez.
A Strasbourg le 30. du passé.
On a icy a vil prix le bled de
nos magazins, par rapport a
la recolte abondante de cette
année, on n'en garde seulement
que pour la garnison.
Nous apprenons de Baden
duxj. que tes Conferences
s'y continuënt avec succez
& tour ce qu'on n'en dit, n'est
que par conjecture,cequi
donne de l'occupationauxMinistres
des Princes Protestants.
qui n'oublient rien pour faire
mettre ànéant letraité de RIe.
wich. L'Envoyé du Roy de
Sicile se donneaussi de grands
mouvements,pour que le Roy
son Maistre foit compris dans
Id traité,quant à ce qui regardeson
differentavecl'Empereur
:mais les Plenipotentiaires
deSa MajestéImperiale
disent qu'ils n'ont point d'ordred'entrerenmatierelà
def.
fus;&que comme tour eflt
reglé pour ce qui regarde lcs
dcux Electeurs, on nedoute
point que les Conferencesne
pcrenhnenat finidnansl.emoispro- 1. On mande de Bruxelles,que
le29 au soit la Tour neuve
¡, qu'on avoitélevée sur l'Eglise
de S. Nicolas, & où on avoic
i.lcbt..bh le carillon, tomba inopinement,
qu'ellecausa un
grand dommage aux maisons
sines, & tua beaucoupde
monde.
Onapprend des 2 Ponts que te Roy Sta~ y anc~d<~C
la Reine sonespouse, qui étoit
partie de Suede pour le venir
joindre,& qu'il avoit renvoyé
le P~Povioustouski au
Roy de Suede qui estoit en
Turquie au mois de Juin dernier
, pour le remercier de 1*
retraitte qu'il luy a donné dans
ses Estats des deux Ponts.
.juondUf' ,,~, "te;'
A S. LUCAT de Carrameda,
£iaicii le 15 Juillet.,_.f
M,ih v •i* Il estarrivé icy il y a huit
jours un grand malheur.Vous
sçavezque dans la pluspart des
Convents d'Andalousie, les
Moines vendent de la viande,
ce qui est frustrer les droitsdu
Roy Catholique, & de presque
tout le veste il en arrive
la même chose. Le Gouverneur
nomméDon Alonzo Jacinco
Velardo, homme tort
zélé pour le service,ayantsçu
qu'au Convent des Augustins
on la vendoit aussi publique
qu'à la Boucherie,avoir envoyé
dire plusieurs fois au
Prieur de s'abstenir de cela,
qu'autrement il seroit obligé
d'ymettre luy-même ordre.
Les Moines fc souciant
fort peu des menaces du GOlit
Vwfncur> continuaient toujours
.cTfiO'îvendre.*»! Lej-Rr?
rmerdes Milionnesvoyantcela
, sir posterdes Ministres de
la rrnrç auxenvirons du Con-
Vccenur;x pour reconnoistre tous
ungqauirednofonrm, aient;*On
àuqùebiJlt
trouvadvuxHivrcs de viande.
Les Mniftrcsl'anècoient
le menoiem en prison ; IOTU
qu'unM>me qui étoit à
porte du Convent, courut a-*
préseux pour faire relâch1er ceà
garçon, à quoy ils resisterent.
CeMoineirritédevoirque
çcs:Minifîresn'imûenr.poûit
de deference pour luy, commença
à lesmaltraiter de paroles&
devoîesde fait. Un des
Ministressevoyant outrage de
lasorre,tiraun coupde pistoler
auMoine,&luy cassalacuisse,
dontil t& mort trois jours aprés;
Les Ministres prirent la
fuite pour se refugier dans
quelque Eglise; mais on ne
voulut point les recevoir. Le
lendemain un Moine du meme
Convent, parent du mort,
voyantque le Gouverneur ne faisoitpoint de diligences
pourle châtier,s'en fut chez
luy, &demandaàluy parler,
la Garde le laissa entier, & des
qu'il fut dans la chambre où
étoit le Gouverneur, il tirade
sa manche un pistoler,dont
illuilâcha le coup à bout portant
dans l'estomach. CetOfsicier
se sentant blessé, voulut;
couriraprésle meurtrier,mais !
il tomba. Le Moine tira un
autre pistolet de l'autre manche.
paflj à travers la Garde,
& se réfugia dansun Convent,
d'où il décampa ensuite. Lr.
Gouverneur n'est pas mort
encore? mais on compte qu'il
n'enéchappera pas,car il a per- ,
du la paroledepuis troisjours.
DeMarseille.
i 'f OnadonnédanscetteVille
pendant lemois de Juilletplurieurs
festes à la Reine de Pologne,
1^ PrincessesSobieski
sa petite filleafortbrillédans
tous les bals qui se sont donnez
chez M. le Bailli de la Pat
laitric ChefdEscadre des Galetes.,
&chez M. Arnoult,
Intendant dela Marine. Le
Comte àt Bausse
a eu l'boD-'
licotf'de&'afci avec la Princcfle,
&le Marquisde laBruyere
Jatente Syndic de la Ho4
blesse & ancien Procureur du
paîss'y est fort distingué.Ila
eu plusieurs Audiances particulieres;
de SaMajesté dont
ellea paruê fort contente.
C:dI un Gentilhommequi a
beaucoup d'esprit&uneparfaite
connoissancedesinterêts. desPrinces.
.Qç^mandepu'i*ff«queleVi- ce-Légat d'Avignon aenvoyé
un ordre,à ce Marquis de se rzen-d.r1e1à,s-o.n,, g.o, uvei rnetment
de Sorgues dans le Comtat
d'Avignonpouryrecevoir la
Reine iorfq Ile y passera.
Ilya déja envoyé beaucoup
de
le meubles) & plusieurs baIlli
fots dae ce quii perut esetre nee.ek On écrit du même endroit
juc les eaux de Montfrin deviennent
tous les jours en plus
grande réputation. Le sieur:
Monranier
,,
Docteur en Me;
decine) s'est appliqué particulièrement
àen connoistre toute
la vertu, & a découvert qu'-
elles étoient excellentes pouc
ceux qui font étiques. En esser,
Messieurs les Marquis de
Razac &le Baron de Tourncfort
, Capitaines de Galeres,
quiétoient tombez dans une
fcchcrcffc qui faisoit appréhender
leur perte, en sont revenus
en parfaite santes&reprennent
tous les jours leur
premier embonpoint. Cet esset
merveilleux a si fort augmenté
la réputation de ces
eaux, qu'une infinité de personnes
dé Provence & deDauphiné
y accourent. ",'
Suite des Nouvelles de Paris. 4. L'Edit du Roy qui appelle
-1 la succession de la Couronne
M. le Duc du Maine, &
M. le Comte de Toulouse Se
leurs descendans masses., au
deffaut de tous les Princes du
Sang Royal, & qui ordonne
qu'ils jouiront des mêmes
rangs, honneurs,& préféances
que lesdits Princes duSang,
après tous lesdits Princes) fut
presente le deux de ce mois au
Parlement
,
M. le Duc d'Enguien
,M.le Princede Conty,
M. le Duc du Maine,&M. le
Comte de Toulouse s'estams
rendus au Palais. Les Pairs qui
,sîy trouvèrent, furent L' Archevêque
Duc deReims, l'Evêque
Comte de Noyon, Ecclesiastiques
;le Duc d'I^zés,
ole Dnuc de Sully, le Duc de S. ie Duc dela Force, le
Duc de Rohanle Duc de Luxembourg
,te Ducd'Estrées,
le Duc deGrammont, le Duc
Mazarin ,le DucdeTresmes,
le Duc deNoailles, leDuc de
Charost,leDuc d'Albrer,le
Duc deChaulnes, le Ducde
Vittars le Duc Dantin.m
>• M. de Mesmes, Premier
Président ayant : expliqué les
intentions du Roy, M. Joly
de Fleury, Avocat General
presenta l'Editde Sa Majesté)
qui fut lû: les Chambresas-
-fcn^lpes, l'Arrest d'eregistremcnt
fut ensuite prononcé
suivant lesconclusions duProcureur
Général. u M.leMatéchal deVillars
partis le n- de sa Terre de
Veaux,alla coucherà Troyes,
& le 12.à Langres,d'oùil alla
continuersa route vers Baden.
Le Prince Eugène doit
arriverezmême temps,,&on
croit que dans huit ou dix
jours ils auront terminé tout
ce quiresteàregler-, "i-.
Les Lettres du Camp devant
Barcelonnc du7portent
que le 3. lesAssiegezenleverent
quatreMineursEspagnols
&en tuerentdeux par ia faute
de ceux qui les soutenoient »
& qui s'estoient posté trop
loin. Aprésmidy 400. hommes
sortirent pourenlever les
Mineurs François du Bastion
de la Porte Neuve.,,, & ils firent
marcher devant eux soixante&
dixhommes ;mais ils
furent toustuez par les Grenadiers
,
excepté un qu'ils firent
prifennier. Le 4. on avançaune
partie des Batteries.Le j.milnommesfirent une fol'.
tie du cofté des Capucins,
surprirent une Redoute où à
019liolunm >dom
dix- huit furent tuez;on y accourut
,on les repoussà,&on
entua un grand nombre, sans
autre perte que de deux Soldats
tuez. Le6. une Batterie
de dix Canonstira tout le jour
contre le Bastion de Sainte
Claire. Le 7. quatre autres
Batteries tirèrent de fort prés.
Monsieur Dupuys Vauban
reçut un coup de Mousquet
audessous de l'épaule qui sort
à costé de la mammelle, mais
sans danger parce quil n'y a
aucune fraction,&qu'iln'entre
pas dans la capacité. On
dévoie Ic 11. oule 12. faire
jouer les Mines, & donner
J'assaut pour fc loger sur la
brêchcoà l'on meneradu Canonafinde
ruiner les Retranchements.
Les Barcelonnois firent le
50, répandre un écrit dans la
Catalogne pourexhorter tous
les peuples à les secourir dans
le danger oùils sont, &daller
joindre Armangoll'un de
leurs;Chefs qui tientla Campagne
:plusieurs lieux ont envoyez
cet écrit & les ordres
d'Armangol ànos Généraux;
d'autres l'alloientjoindrevers
Ostalerie ,.' Les
Les Lettres de Londres du
vingt de ce mois portentque
tout y estoitfort tranquille,
ainsi que danstoute la Grande
Bretagne ,
où jusques alors il
n'y avait. pas eu le moindre
mouvementLaRégence continuoit
à donner les ordres, au
dedans & au dehors; elle est
composée des Regents nommezparle
Parlement
,
qui
sont, l'Archevêque de Cantorbery
,
le Duc de Bukinhan
Président duConseil, leGrand
Tresorier,le Chancelier .&
Garde des Sceaux, Pierre le
Lord
,
Chef de Justice particulipr,&
le Comte cieStraf-|
lf'oArtmpirreamuietré.Commissaire de
Le Duc de Hanower en
avoit ajouté dix neufautres
par des Listes écrites de sa
main qu'ilavoit envëez à l'Archevêque
de Cantorbery ,au
Chancelier,&
- au lieur
Creyemberg son Résident.Le
Duc Schresbury que la feuë
Reinedéclarale 10. Grand
Tresorier, prit le2.possession.
de cette Charge, & commença
à en faire lafonction;commelaLoterie
dequatorze cens
; mil livresSterlin nese rem-
,', 4
plissoit pas, les 26. Regents y
ont souscrit pour des grandes
sommes
,
& on croit que le
reste fera bientôt remply par
la Banque Royale
, & par les
Marchands. Le 16. leChancelierfit
au nom des Regents
un Discours aux deux Chambres
du Parlement pour leurs
recommander l'union & la si'.
dclité pour le nouveau Roy
Georges, & il exhorta les
Communes à suppléer aux
Subsides qui cessoient par le
decés de la Reine,ce qu'elles
accordèrent le même jour.
Il y a environ un mois que
quatre ou cinq deMessieurs les
Mousquetaires ayant elleà li
chasse, sur la Terre deChamp
qui appartient à.M. de Bourvallais,
son Concierge alla les
prierde se retirer,a, moins
qu'ils n'eussent permission de
luy de chasser.En ayant elle
averty ,il en porta sa,p1aintc
à M. le Marquis de Vains qui
commande la Compagnie ;
depuis, ayant appris que l'on
avoit, répandu dans le Public
qu'il avoit dit qu'illes avoit
fait dcfarmer ,il a cru devoir
aller à l'Hostel des Mou(quc-I.
taires,lorsque la Compagnie I
fèroit assemblée,certifier que
ces bruits estoient faux, ce
qu'il a fait en termes forthonneftes,#
dônt M.le Marquis de
Vains, Mssieurs les Officiers'
&U Compagnie ont essé tresfetisfaits.
- Le premier Dimanche déf
cé moisla Fetic-dc Nostre.
DDaamtneed-edlc.aI Mercy fut solem- 48
c-rcy fol tn«i--
m(ee dans l'Eglisede son Ordre
au Maraisprés l'Hostel dc"
Soubjzc. La grande Messe y
fut chantée en plein-chant&
au goût Italien
,
& Madame
la Princesse de Rohan yrenditkPain-
Bcni qui fut presenté
pourelle par son Aumônier
14 y en eut quatre ornez de
Cierges &de Banderolles, pre-
Cedez desSuisses de sa Maisons
des Timballes, des Trompettes
des Gendarmes de la Garde,
& autres de la Maison du
Roy. Le Sermon fut prononcé
,avant lesVêpres,«par M
l'Abbé le Paige
,
Docteur de
Sorbonne. Il fit connoistre
d'une manière fort éloquente
la grandeur & la qualité de
l'Ordre de la Mercy dans fork
établissement, & sa charité
dans le quatrièmevoeu que ces
Religieux font de rester en
- 'k 1 i
otage pour laredemption des.
Captifs. Les Vespres furent
suivies d'une Procession dont
la magnificence, l'ordre & la
pieté firent une des plus belles
cer1emonbie que leur Eglise ait célébré.
Messire Loüis de Bouchez,
Chevalier
y
Seigneur, Comte
de Montsoreau
,
Marquis de
Souches,& du Belley
,
Baron
d'Abondant, Lieutenant General
des Armées du Roy,
prêtaferment de fidelité entre
les mains du Roy, de la
Charge de Grand Prevost, le
jour de la Feste du Roy, dont
ilest filleul. Ffiiij
Son pere Louis
-
François
de Bouchez exerçât cette.
Charge avec dignité pendant
48. ou 49. ans. Il avoitesté:
reçu en survivance. de cette.
Charge de Jean de Bouchez,.
ayeul de Loüis, qu'il avoit eu.
de Mle Maréchal d'Hoquincourt.
Monsieur le Marquis de.
Lignerac
,
Brigadier des Armées
du Roy, a esté pourveu.
de la Charge de Lieutenant.
General de la Province du..
Haut Auvergne, dont il a prêté
le ferment entre les mains,
de Sa Majesté. Le premier de.
ccmoiil à (Hé aussi pourveu.
de celle de Grand Bailly du
Haut Auvergne
,
doncil doit
p/êter serment auParlement.
* p.R..E' SE R V A TIE
Specifique,
Contre toutes les Maladies malignes
cm pestilentielles, tant
pour les hommes que pour les
animaux, de la composition de
M. le premier Medecin, txe."
cuté par les Apoticaires dit*
Roy, par ordre de M. le-
Controlleur Gentral des FU
nances.
Ce remede est souverain
dans toutes les Maladies soupçonnéesdemalignité,
même
dans les dévoyemens,dissenteries,
vomissemens,douleurs,
& foiblesses d'estomach.r;c ,§
Il est aussi excellent dans
toutes les fièvres intermittences
, pris à l'entrée du frisson.
Ce remede se prend seul à
la pointe d'un couteau, ou enveloppé
dans du pain à chanter,
beuvant un peu de vin
par dessus ou du bouillon ;ou
délayé dans le vin, ou dans
les eaux Cordiales, ou dans
d'autres liqueurs comme pti- sanne, *
- La dose ordinaire pour les
petits enfans,est de la grosseur
d un pois; aux moyens âges,
de la grosseur d'une,noisette,
& aux grandes perfonncs de
la grosseur d'une petite noix.
On peut augmenter la dose
dans les occasionspressantes,&
en prendre même deux
fois par jour.
Cet antidote est aussi excellent
contre les morsures de
Bestes venimeuses.
On le donne avec succés
,
dans les Maladies des animaux,
delayé dans le vin ou dans
l'Eau-de-vie,~
"', La dose pour un cheval y
est d'une once & demie,&
autant pour les boeufs &vaches;
plHH les chevres, demie
once, & pour les moutons,
aai" gros;
Q uand l'animal est presséde
son mal, on peut luy en donner
deux fois par jour, & une
fois seulement par précaution,
& continuerfîx ou sept jours.
It ne faut pas attendre que
l'on soit malade, il faut en faire
prendre dés que l'on s'apperçoit
que les animaux sont
dègoûtez, & deviennent tristes,
ou qu'ils ontestéenmauvaisair.
ILfaut tr,..utant qu'on
dc pourra,que cet entidote
soit toujours dans un lieu qui
nesoitni trop chaud ni trop
humide,&moyennantcette
précautionilconserveratoutes
Ces vertus specifiques pendant
plusieursannées.
On fçaurachez M.leControlleurGeneral
desFinances,
& chez Mrs les Intendans de
Paris & des Provinces, où jee
remede se distribuëra. :.Les
Pauvresnel'acheterontpoint,
&les Riches lepayeront.
A MADAME V.**
Par Mr. M. en luy envoyant
un Bouquet de Fleurs artifidélits
faitavec des Plumes.
BOU-QUET.
Lajeune Flore est en
courroux,
BelleLisette
, contre Vous;
Desesjardinselleferme la
forte;
Et même Pomone aujour-
- d'huy
Me refuse on plus beau
fruit,
Quele grand Diable Us
emporte: Jamais ne leur feray la
cour,
J'aime bien mieux le Dieu
d'amour,
C'estun wmsnt que j'accoutume
Abienfairelepoliçon;
Hvitavecmoysansfaçon,
En badinant jeluy tire une
plume,
Et decetteplumej'ay fait,
Belle Lisette, ce Bouquet
J'ayreçude MHemartde
Sens, l'Ode qui fuit, elleme
paroîtbellemais cela ne fuf
iît pas pour ceux qui connoissent
mieuxquemoy, les beautez
de la LangueLatine, leur
affaire est d'en juger, & la
mienne desonger à leur don- -
ner quelques fois des choses j
qui puissent leur plaire.
PROPACE
s O DE,
JAMsatisnostrastremesfecitUrbes
:
Impii
Impii Martis furor: in
* remotas :::'Li.'> -
Exeat Gentes; redeant&
- almæ
FoederaPacis.
Rumpat obtufos generofus
enses *
Gallus, &camposEquites
relinquant, -1.1
Militescédant; vigeatque
pleno
Copia cornu.
Audior. durum fugat
ipseMarrem
Jupiter, pulchræ micat
eccecoelo --
Iridis vultus, variosque
vestit
Illa colores.
Hue ades, Virgo! fi- luittubarum
Clangor, & Belli cecidit
tumultus;
Te vocant omnes, proce-
--
res, fenesque, Se .1
Læta juventus.
Tu fugas nupes,celeresqueventos;
Te timent fluctusmaris,&
procellæ;
?ace tu Gallossocias, Iberos,
::" V
Pace Bricannos.
Hîc te in umbrosisnumerosa
campis
iTuiba Nympharumcanit,
r
atque ludens
Colligic flores, redimitquenexis*
Tempora sertis
:
Tolle nunc felix super l. astrafrontem
Gallia ;Se colles Senonum
resultent
C- a9 (ntibus. Sed tu, L0.0.
, DOICE,multos
Viveper annos.
Le Roy arriva à Versailles
le II. La Cour n'a jamais esté
si grosse que depuis son retour.
Le 14. Sa Majesté donna
Audiance à l'Envoyé de
Holstein Gottorp
,
qui l'eût
'enfujtc de Monseigneur le
Dauphin., de Madame laDucheflede
Berry, de Madame,
de M.le Duc d'Orléans, & de
Madame la DuchessedOrleans
Le même jour Sa Majesté
se rendit à deux heures ÔC
demie à la Chapelle accompagnée
de Madame la Duchesse.
de Berry,de Madame,de M.
le Duc d'Orléans, ils entendirent
les Vespres chantéespar
la Musique. Le 15.leRoy se
rendit aussiàla même heure
à la Chapelle accompagnéde
Madame la Duchesse de Berry;
de M. le Duc d'Orléans, de
tous les Princes & Princesses
duSang, ils entendirent les
Vespres chantées par laMusique
: ensuite on commença la
Procession. Le Roy pendant
la.marche avoit àson costé
droitM.le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier,&àsa gauche
M. l'Abbé d'Enttagues
Aumônier, & M.leCardinal
de Polignac. Immédiatement
après le Roy suivoit Madame
la Duchesse de Berry, ayant
d'un côté M. l'Abbé de Castres,
& de l'autre M. l'Abbé
de Rouget ses Aumôniers. Ensuitevenoient
Madame la Duchesse,
Madame la Princesse
de Conty, Mademoiselle àc.
Charolois. Le Roy estoit precedé
de M. le Duc d'Orleans,
qui avoit à ses costez M. l'Abbé
deTrissan & M. l'Abbé
Malet ses Aumôniers. Devant
M.le Ducd'Orléansmarchoit
M. le Duc, M. le Comte de
Charolois.
>
M. le Prince de
Comy,M.le Prince de Dombes,
& M.le Comte d'Eu. Le
17. Madame l'Ambassadrice
d'Hollande prie le Tabouret
pour la premièrefoischezMadame
la Duchesse de Berry
,
ÔC
au souper chez le Roy. Le 17.
onapprit que la Reine d'Angleterre
estoit morte le 12.&
que le Duc d'Hanovre avoit
estéproclaméRoy de laGrande
Bretagne. Le 19 M.le Maréchal
de Villars prit congé du
Roy &assura Sa Majesté qu'il
arriveroit à Bade le 25. Le même
jourlePrevost des Marchands
accompagné des Echevins
presenta le scrutinauRoy;
M. Clement harangua S. M.
ensuiteils allerentchez M. le
Dauphin,chezMadame laDuchesse
de Berry,&: chez Madame.
Le 20. les Ambassadeurs
du Royde Sicile&
d'Hollande eurent Audiance
deMadamelaDuchessedeBerry
qu'ilscomplimentèrent.
Celuy dHollanderemit àcettePrincesse
uneLettredesEtats-
Generaux. Le mesme jourle
General desBarnabites accompagnéde20.
Religieuxde son
Ordre
Ordre eûtaussi Audiance du
Roy,de M. le Dauphin
,
&
de Madame laDuchesse de Berry
,
qui l'a donnée à tous les
Ambassadeurs dans une chambre
tenduë dedrap noir Cette
Princesse alla aprèsl'Audiance
à la Messe
,
&traversa les appartemens
portant une robe
de drap noir de neuf aulnes
de long avec un voile long de
dix aulnes, dont la queuë étoit
portée pat son Porte manteau
& quatre de ses Pages. Le 21.
M. Prior notifia à S. M. la
mort dela Reine d'Angleterre
sa maîtresse ,& luy remit une
Lettre de la Regence. Le 22. lesDeputez des Etats de Languedoc
ayants à leur teste M.
le Duc du Maunte Gouverneur
dela Province & M. le Marquis
de la Vrillesse Secretaire
d'Etatpresenterent le Cahier
auRoy :l'Evesque d'Aletharangua.
Ils allerent ensuite
chez M. te Dauphin,chezMadamela
Duchesse d-cberryc-à"
leCercleestoittrès grand; 8c
oùle meemePrelatharangua.
L'onpeut dire que ce Prelat
futapplaudi de toutela Cour.
L'apresdînée on fit joüer les j
eaux en leur faveur. Le 2.J.-,1
,• :
arrivaunCourrier deBarcelonne,&
le24Roy pritle
deüil pour la Reine d'Angleterre
,& M. le Dauphin parue
cejour-là pourla premierefois
encolo1 nne&avec l1'.épée. Lr -e
25. ily eût un concours infini
de peuple pourvoir S. M. &
voir joüer les eaux Le29 le
Roy partit pourallercoucher
à Petit-Bourg.
AVERTISSEMENT.
On recevra comme on faisoit
du temps de Mr Dev~c~
JOùS les Memoires de ceux,
•quidiftîinguczuctâÀsnjqucJqa^
voudront se faire annoncer. au
#ub!icpour<lèur particuliere,
à CUtKltOOn nçai>
moinsque leurs Memoiresne
contiendrontquedeschoses
curieu ses,rares, 'pu avanta-
Ilyauradans dcqae Mercure
unpetitchapitreexprèspour
unmoyennantlasomme
eux,moyennantlasomme
detrentesols,parce
- que Tes
Imprimeurs, les Relieurs &
-lesMarchandsnHncdotôicnt
,'p"Q'nt gratis,nileur temps,
çXiikui Marchandise. Cen'est
qu'à ce prixqu'on les enregistrera;
autrementquand on
en envoiroitjusqu'à la Lune.
jl n'en seroit fait nullemenupn.
:. LesMemoires Littéraires,
lesNouvelles generales 01.\
particulières, & tous les Qltf
vrages d'espriten Prose ouen
istrà, fôflF exceptez de çcç
Avis&on [$* mettraàlaplaçç
qui leur conviendra, pourvuquele
port en soit toûjours eyr • ÇorpjTiejl.n'c^p^s necesfairequel'Auteur
du MercuouijVçftpoint
riche,à beaucouppres,
que ne prend pe
ane trop facile route pour
le devenir, '&, qui même ne
s'embarrasseguere de l'estre
+ s'appauvrisse tout à fait en
travaillant pour lasatisfaction
du Public Il prie ceux qui Ho
verront point son Paraphe au
bas de la premiere page de
son Livre,d'avoir la bonté de
l'avertir du tort qu'on luy
fait. Il aeusoin de le mettra
ce moiscy, au commencement
de chaque Mercure, iSti
varietur: Etilaura la même
précautiontousles mois.
Enfinpourrépondreatout
monde, outre que j'ay dc<
ja dit que je ne recevrois aur,
cunemauvaise piece de Vets,
j'endisautantpour les Genealogies:
Je n'en recevray, aucune,
ni fausse ni flatteuse.
Je deviens Genealogiste à vve"
d'oeil ; & c'estun de mes arWs.
qui entend. cette matière à
fond, qui roç. (iffle, Cependau;,
siparhazard,ilm'arrive
de donner dans la vision, çc
nefera que, parce que j'auray
estétrop pusse par le temps,
& jamais par aucune confidcration
qui pourroit tirer à consequencepour
moy,dansl'esprit
desgens qui aiment la; vérité t'
, J /Je n'ayplusqu'unmot a
dire. Plusieurs personnes
m'ont reproché la gayeté ÔC
la liberté de mon strie, elles
m'ont dis que je tombois souvent
dans le plaisant, & de-là
par consequent dans le ridicule.
Ce reproche m'obtige,
& je promcts de me corriger
dorénavant de ce vice, &
d'estre dans la fuite aussifePlaisantjtrotagefine
d'unPrestre
d'Egipte. flO,
Moyen pourseparler de loin. III
Si lefeuestlegerou pesant. \\$>
Que le feu central produit plu-
Jfcur? ChofH- qu'on attribue
aux Astres.122
Racines qui représentent lafigu^
redu corpshumain. iyt
f*ïr$y &autres Animauxinvissibalednansgta.
k1*&3dan7sIt
Pkrrc qm amjirvt si froideur
dans tefep. 141
Montagne inhabitablepar le fro,I.-.!A.ullt torndk.
..c' 143
Prrluch sur la Satyre145
L: Tombeaude Boileau,Satyre*
*A9
Caprice du Mercurepourannonfft
la promenade du CfJur!.
Ji4
Plainte de l'Auteursur la disette
des Memoires. 180
Lettre de condoleance écriteàune
Dame de consideration sur la
mort de son pere. 182
Pompefutttkfie uficee dam une
certaine Regionde l*JlfitMineure.
iMC
Fimemlt&dejr GIPtCS. lk*
Envois à l'Auteur.197
Copie d'une LdIrr. II, lJtMI'IAÍI
,
où l'on trouvera un curieux
extrait d'un rare procés. 199
Vers deM le Marquis de la R,
-
à Mademoiselle D. 207
RéponsedeMademoiselle D.
':,
à M.de la R. 2IO
Dépit Amoureux.. u
Sonnetenboutsrimez.217
Réponsed'unGasconàuncartel.
:' ,,2;1.0 V-xio
L'Airdoitregarderlapage214
Chunson.223
MemoireGéographique.226
Mauveliesdécouvertes* 35
Avis pourceux quiontmalaux -eux.-
2JfJ
Cmdeoonfmnce^ 6
biftours, m l'Auteur fait le
mauvais plaisant. 237
Compliment de l'Académie Fran-
- çoiseà M.le Chancelierpar
Â4t delaMotte , Directeur
r decetteCompagnie. 2.3p
Morts de gens celebres parleur
, science. 244
Morts de gensdistinguez par
':kùr;"aifJana.' 247 :MNiages. 266
ChapitredesEnigmes. 280
Préambule où l'Auteur dégoûté
dumauvaislangagedesNou-
,tr'.),lIes y propose de les debiter
dans le Pdr de *l'I--Itfloire pour
en rendre la lectureplus Zf'It.A:a'
ressante. J,S,
Nouvelles. De Ha&bmtl,4c
'1
Dannemarck, de S,"!,und,
de la HJjtfJ,: de Vienne, de
Perpignan. J,9,
Extràitd'ûneLeUftdelàHaye
«
du8. </!oufl+ 500
Etatdes BrigadesFrançoisesqki
font au Siege de Barcelonne
depuisJezlJuillet. 308
'ÆKlrAil d'uneLettredeTarra-
« gone*
-
3tlcExifaitde
deuxLettresd*Utrech
du 13. &du 14.Aoust. 3 12.
-DeLondresle.13.jdoufl. 315
*Extraitd*une Lettre deCadix
du 15.Juillet. 316
.:
De Strasbourg le 30.Juillet.
, y?
De SaintLucarde Barrameda en
Andalousie
, Avanture funeste
&nouvelle. 322 DeMarseille327
Suite des Nouvelles de Paris.
330
Ceremonie de NostreDame de
la Mercy. 341
Preservatif Specifique.345
Bouquet à Madame V.Par-M.
M** - 350
Ode Latine pour la Paix. 352.
Journal de ce qui s'est passé à
Versailles depuis le retour de
Marly jusqu'au voyage de
Fontainebleau. 356 jfvertiJJement.£63
GAL A NT.
A PARIS,
M.DCCXIV.
AvecPrivilege du Roy.
M:..ERCURE GAJL.AMJL.
i A Par le SieurL.F.
Mois
à'Août
1714.
Le prix est 3 0. sols relié en veau, èt
15. sols
,
broché.
A PARIS,
Chez DANIELJOLLET, au Livre
Royal,aubout du Pont S.Michel
du côté du Palais.
PIERRE Riisou à l'Image S. Louis,
sur le Quaydes Augustins.
Au Palais,PIERRE HUET, sur le
second Perron de la Sainte Chapelle
, au Soleil Levant.
AxteAfr&b*tivTt}&Priviie£cduiïêi.
ME1RCURE : NOUVEAU.
Es premieres lignes
d'un Livre,
me dit- on ,
fuffient
pourprévenir les es-.
prits
,
& un Auteur doit
municipalement s'attacher à
es composer de manière
que tout le monde soit conentde
son début. Je douu.
te quetoutes lés opinions
sereünissent sur cet article,
parce que je commence
à voir de plus près la difserence
infiniequ'il y ,:
a
dans les sentimens des hommes.
Ce qu'il y a decertain
& de général parmi
eux, c'est qu'ils voudraient
tous qu'un Livre écrit de
la main d'un Auteur qui
leurest indifferent, leur fît
autant de plaisir à lire, qu'-
une lettre qu'un ami leur
écrit., Mais cela est presque
impossible,& une médiocre
lettre peut paroître excellente
à celui qui la reçoit
, lors qu'un livre souvent
meilleur qu'unebonne
lettre ne plaira peut-être à
personne. •• )
: C'est par une lettre que
j'ai reçue sur mes premiers
Mercures, que jevais prou-
, ver ce que avance:je suis
persuadé qu'elle divertira
davantage que mon préambule.
LETTRE ANONYME. QVand vous acquitterez
vous,Monsieur,de toutes les
promesses dont les Mercures
que vous a'Vt'Z donnez Jont
remplisfDans le premiervous
nous avez promenez suffisamment
en Pologne, & de la en
Asie, d'où vous devez sans
doute avoir appris depuis
trois mois de nouvelles circonfiances
du voyagedevotre
ami, dont les precieuses découvertes
& la longue lettre
ennuyerent raisonnablement
bien du monde.
Dans le second vous nom
avez donné parole de nous
raconter, dés que vous auriez
occasion de le faire, lafameuse
histoire du malheureux Sainte
Colombe, Lieutenant de dragons
dans Fimarcon, quifut
assassiné & Mantouë par un
marijaloux: & dans le même
livre, au milieu de l'histoire
Ju Bacha de Damas, vous
nous promttez le reste des
rares avantures delavaillante
.Adrabifta, que vous nous assurezavoirjoüéuntrès-
grand
personnage à Rome.
Dansle dernierenfin vous
nous laissez justement à la
moitié de l'histoire de vôtre
Chevalier Castillan, & de
sa belle veuve, dont vous ne
faites qu'ebaucher le mariage,
sur la foy d'un amant enyvré
de la douceur de ses esperances.
Vous devez, en un mot,
nous conterce mois-ci lesavanturesd'une
Moscoviteavec un
Lapon. Quand nous tiendrezvous
parole sur tous ces aru'
cles ? &c.
Je reponds à cela, que
je priele Lecteur de ne pas
s'impatienter; & pour commencer
a m'acquitter avec
lui, je vais l'entretenir des
avantures de la Moscovite
& du Lapon, que j'ai promises
le mois dernier. Cependant
je le prie de me
permettre de changer le
titre de cette histoire; quoique
ces deux personnages
y jouent un rôle merveilleux
,ils n'en sont pas néanmoins
les principaux acteurs
: ainsi je croy qu'on
ne me disputera pas la liberté
de la donner fous cet
autre titre.
LE NAUFRAGE
au port.
I HISTOIRE. L y a quelques années
qu'étant à S. Malo, un de
mes amis vint un jour me
trouver, pour me prier
de l'accompagner jusqu'au
Cap *, où étoient deux vais-
* C'est un Promontoire ou pointe
de terre fort élevé à cinq lirsÚs de
S. Malo. Il y a une radeassez,
bonne, où j'amarent ordinairement
les navires qui vont à lamer, eu
qui en reviennent.
seaux qui dévoient profiter
du premier beau temps
pour mettre à la voile pour
la mer du Sud. Plusieurs de
ses amis & des miensetoient
à bord, & nous voulions
les embrasser encore une
fois avant qu'ils appareillassent.
Il etoit huit heures
du matin, le ciel était fort
clair, la chaloupe nous attendoit,
le vent étoit frais,
& les matelots commençoient
a jurer après nous,
parce qu'ils apprehendoient
que nous ne perdissions
une si belle marée,
lors qu'enfin nous nous embarquâmes
pour nous rendre
au Cap,où nous arrivâmes.
en moins d'une heure
& demie. Nos amis, qui
étoient les principaux Officiers
de ces vaisseaux, char:
mez de cette derniere vitice,
nous firent la meilleure
chere qu'ils purent.
Nous avions à peine resté
r
deux heures table,oùnous
commencions a nous mettre
en train, lorsque nous
entendîmes crier, Navire,
navire. Le vent aussitôt
changea, le ciel& la mer
s'obscurcirent, la pluye
,
la grêle, le connerré, &
les nuës, nous environnerent.
Quoique nous eussions
nos quatre ancres à la
mer,nos pilotes ne laisserent
pas de prendre des mesures
contre l'orage.Cependant
nousattendîmes patiemmét,
le verre à lamain;
&en gens que de pareils
dangersn'effrayent gueres,
tout ce qu'il en pourroit
arriver. Enfin au bout de
deux heures le vent se calma,
& le temps s'éclairit.
Mais il n'est rien d'affreux
comme l'horriblespectacle
que le retour de la lumière
offritànos yeux. Des coffres,
des cordages, des
mâts ,des planches,des
hommes,des semmes,ensintoute
l'image d'un frageépouvantablnea.u-
LesOfficiers des navires
quiétoient à l'ancre ordonnerent
à l'instant à tous
leurs matelots de mettre
toutes les chaloupes à lamer,
pour secourir, autant
qu'ilseroit possible, les malheureuxqui
perissoient
Leur zele eutun succés
assez favorable, & peu
d'hommes perirent. On
porta à bord tous ceux qui
avoient nagé avec assez
de vigueur pour attendre
le secours des matelots:
on lesdéshabilla aussitôt,
& on les jetta sur des lits,
après leur avoir fait rendre
l'eau qu'ils avoient bue.
Où suis. je, grand Dieu!
où suis-je, dit l'un de ces
hommes environ deux heures
après qu'on l'eut sauvé?
n'ai je affronté tant de perils,
n'ai
-
je brave tant de
foisla mort, que pour per-
dre au milieu du port ce
quej'avois de plus cher au
monde? Cruelsqui m'avez
sauvé avec tant d'inhumanité,
rendez-moy à ceperside
element qui vient d'enfgaliotutir
l'objet le plus parqui
fût dans la nature.
A ces mots nous nous approchâmes
du malheureux
dont nous venions d'entendre
les plaintes. Vous êtes,
lui dit aussitôt nôtre Capitaine,
avec des hommes
qui n'ont consulté que leur
inclination pour vous sauver
, &a qui vous êtes redevadevable
de la vie qu'ils vous
ont renduë. Oui, repritil,
en gemissant, je fuis avec
des hommes plus barbares
que les Scythes les plus
cruels; pourquoy ravissezvous
à la mort un miserable
qui ne doit plus songer qu'à
mourir? Non.malheureuse
Julie, non, ne me reprochez
pas un indigne retour
àla vie; vôtre mort va bientôt
être vangée par la mienne.
Cette Julie, dit le Capitaine,
en adressant la parole
à un de ses Officiers, ne seroit-
elle pas une de ces deux
femmes qui sont sur vôtre
lit? Que dites-vous,Monsieur,
reprit cet amant desesperé
? vos gens ont- ils [au.
vé deux femmes? Oui,répondit
le Capitaine. Ah si
cela est, dit-ilaussitôt,Julie
n'est pas morte. A l'instant
il se jetta à bas du lit,
& passa au quadre où l'on
avoir mis les deux femmes
qu'on avoit sauvées comme
lui.
Elles avoient les bras se
le visage écorc hez
,
elles
etoient pâles, désigurees 6e
assoupies. Non, dit-il, après
avoir touché ses mains,6j
plein des transports de ta
joye, non ma Julie n'est pas
morte. Je vous dois encore
une fois la vie,Messieurs,
&mille fois davantage. La
tendre Julie, que ses paroles,
ses soûpirs & ses embrassemens
éveillerent, ouvrit
les yeux, & jettant des
regards pleins de tristesse
& de langueur sur tous les
objets dont elle étoit environnée
,elle reconnut enfin
son heureux amant,qui
échauffoit avec sa bouche
ses froides mains, qu'il arrofoit
en même temps de't
ses larmes. |
Alors nôtre Capitaine la
fit changer de lit,&lafit
porter sur le sien, où elle
reçue. plus commodément
tous les autres secours dont
elle eut besoin.
* Cependant on nous
avertit
que le souper étoit prêt.
Le Capitaine pria le Cavalier,
à qui il ne restoit plus
que le souvenir de son naufrage,
de se mettre à table
à côté de lui. Dés qu'ils furent
atable, nous nous pla-;
çâmes où le fort nous mit..
Ce repas ne fut pas si long
que celui du matin: mais
il fut certainement plus
agreable par le récit des rares
avantures que nous entendîmes.
Le nom & le portraitdu
Heros de cette histoire font
des circonstances & des ornemens
necessaires au dé.
tail que j'en vais faire.
Louis-Alexandre de Nerval
, natifde Montréal,sur
la riviere de saine Laurent,
dans le Canada, est un jeune
homme qui peut avoir
à present environ trentedeux
ou trente-trois ans. Il
est peu d'hommes en Europe
qui soient mieux faits
que lui. Son visage est noble
& regulierement beau,
son air. est simple, tendre
&.naturel; il a beaucoup
d'esprit sans étude, il est
vaillant & robuste autant
qu'un homme le puisseêtre:
enfindans quelque endroit
du monde qu'il soit, il sera
toujours regardé. comme
un de ces mortels que la
fortune semble être obligée
de preferer aux aucres.Il
avoit vingt-sixou vingtsept
ans.,lors qu'échapédu
naufrage dont jeviens de
parler
,
il nous conta à la
fin de nôtre souperles avantures
qu'on va lire.
Il y a huir ans, nous dit- que mon pere,Andréde
Nerval, qui étoit un des
plus riches habitans du Canada,
tomba malade de la
maladie dont il est mort. Il
attendit qu'il fût à l'extremité
pour faireentre cinq
enfans qu'il avoir& dont
je fuis l'aîné, un partage
égal de tous ses biens. ille
neôe le lendemain il mourut.
J'eus environ la valeur
de cent mille francs en
terre & en argent pour ma
part. Dés que je me vis le
maître de mon bien, je resolus
, pour l'augmenter,
de faire un commerce qui
pût bientôtm'enrichircomme
lui. J'équipai une fregate
de vingt canons, je
levai une troupe de braves
gens du pays, & je me mis
à la mer avec la meilleure
volonté du monde. Mes
premieres couriesfurent
assez heureuses
; je m'embarquaydeux
fois, deux
fois
fois je retournay dans ma
patrie avec de nouvelles
richesses. La troisième la
fortune nous trahir. J'avois
pris la route de Plaisance
où les ) vents contraires ôc
les grands courans m'obligerent
à relâcher
,
après
avoir été battu de la tempête
pendant près de trois.
semaines. Là j'appris que
quelques navires Hollandois
avoient déja pris pour
leur pêche des moluës la
route du grand ban de
Terre Neuve.Quoique je
sçusse bien qu'il n'y avoic
rien à gagner avec ces Pêcheurs
, je m'imaginai cependant
qu'il ne tenoit qu'à
moy de faire quelque action
déclat,&que secondé
d'une fregate legere qui
étoit avec moy, rien ne
feroit plus facile que de
ruïner leur pêche & leur
commerce pour cetteannée.
Ainsi je donnai tête;
baissée dans ce dessein, qui
eut les plus malheureuses
fuites du monde.
Huit jours après que je 1
fus sorti de Plaisance, après
avoir longtemps combattu,
les vents & les marées, je
tombai (sans pouvoir jamais
l'éviter) au milieu
d'une flote Angloise corn,'
posée de trois gros vaisseaux
qui alloienc chercher des
peaux & des fourrures sur
les confins de la Laponie
de Norvege. Mes deux fregates
marchoient à merveille
: mais les Anglois
avoient le vent sur nous. Ils
mirent toutes leurs voiles
dehors
,
& deux heures
avant la nuit ils nous joignirent.
Dabord ils me
saluerentd'une bordée de
canonssipleine, que je ne-1-
pus leur en rendre qu'line,
quireüssit fort prés
avoir brisémongrandhunier
,monmâcd.arcimbnc,
ôc m'avoir tuéplusieurs
hommes, ils me mirent sur lecôté."Mevpjftfltainsi
hors d'étatde.mer,4çferf?j
dre, je fis amener toutes
mesvoiles, &j'aimaimieux
me rendre, que voir perir
tout mon eql11page.jc:11!ifl
LeCapitaine Anglois,
qui m'avoit si maltraité, fit ;
mettre sa chaloupe & fbn;
canot à la mer;j'en fisautant
de mon côté, parce
que l'eau nous gagnoit de
toutes parts,& je me rendis
avec tout mon monde
à son bord
: mais des qu'il
Ueut vu ma frégate couler
bas, & qu'illui étoit impôt
sible de profiter du moins
des vivres que j'avois embarquées,
& dont il commençoit
à avoir besoin, il
ne songea plus qu'à se défaire
de nous; & le quatrième
jour de sa victoire
il nous mit à terre sur une
mauvaise plage, qui est
entre le Cap Noir & Tiribiri.
Il eutnéanmoins la
consideration de nous sa,
re donner des fusils avec,
un quintal de poudre ëc
autant de plomb, pour
nous aider à subsister de
nôtrechasle
,
jusqu'à ce
qu'il plût à Dieu nous tirer
de la misere où nous allions
vraifemblablemenc être incessamment
réduits. I
Alors nous partageâmes!
entre nos chasseurs la mu-1
nition dont l'Anglois nous
avoir fait present,& donc
la prise dema secondefregare
le pouvoit dedomma- j
ger dereste.
Je gagnai aussitôt avec
ma troupe ( qui fuffisoic
pour faire la conquête de
tout cet affreux pays ) le
coin d'un grand bois, qui
était à trois quarts de lieue
de la mer. Là nous choisîmes
chacun un gros arbre
pour nous en faire chacun
une maison
; & tous mes
gens
assemblez autour de
moy, j'établis, pour leur
iûretécomme pour la mienne,
la même discipline
qu'on fait observer aux
troupes les mieux réglées.
Un jour m'etant emporté
à la fuite d'un jeune ours
avec trois de mes camarades
dans cette noire forêt,
dont nous habitions
une des extremitez,j'apperçus
des tourbillons d'une
épaisse fumée, dont l'odeur
nous surprit. Nous approchâmes
sans bruit du lieu
d'où elle sortoit; & après
avoir fait environ deux cent
pas avec beaucoup de peine
, nous découvrîmes un
terrain assez cultivé; &un
peu plus loin, au milieu
d'une hauteur environnée
d'une grande quantité d'arbres
qu'on y avoir plantez.
une petite maison de char.
pente bâtie avec tout l'art
imaginable. Nous pénétrames
encore plus avant;&
aprèsavoir consideré attentivement
tous les environs
de cet édifice extraordinaire,,
nous conclûmes
qu'il étoit impossîble que
ce bâtiment ne fût voisin
de quelque ville.
Cependant, toutes nos
reflexipns faites, nous nous
trouvâmes à la porte de
cette habiration, où nous
prêtâmes attentivementl'oreille,
pour essayer de comprendre
quelque chose aux
sons de voix que nous entendions
:mais on ne peut
jamais être plus surpris que
nous le fûmes. Je vis, à la
faveur d'un trou qui étoic
à cette porte, une grande
femme étenduë sur un lit,
dressé à la hauteur d'un de-
- .t J s. mi pied de terre, couvert
des plus belles peaux qui
soient dans toute la Norvège.
Sesvêtemens étoient
de la mêmeétoffe ;
sa tête,
dont la beauté est un vrai
chef-d'oeuvre de la nature,
étoit négligemment appuyée
sur son bras droit;
son sein croit à demi découvert,
& toute son attitude
exprimoit sa langueur.
Elle chantoit alors admirablement
& en bon François
ces paroles, que je n'oublirai
jamais.
~IO -, T'*f.1 us CllITlUiS j/MJ tCftl«ji»
je riétois aimable : Je t'ai crû, maintenant tu
méprises mes feux.
Ah !qu'il me plaît,cruel, de
te voirmiserable
Autant que tufus amoureux.
Elle eut à peine cesse de
chanter, que je vis un homme,
habillé de la tête aux
pieds d'une riche fourrure
de marrhe zibeline. Il se
promenoir à grands pas
dans cette chambre, &
aprés plusieurs gestes qui
témoignaient sa douleur,
il lui chanta ce couplet à
son tour.
Quoy
,
malheureux!d'une infidelle
- J'aimerois encor la beauté!
Non, mon coeur méprise,
cruelle,
Jusqu'à ton infidelité.
Ces paroles furentsuivies
de reproches que nous ne
jugeâmes pas a propos d'éçpurer,
de peur d'être furpris
à cette porte si restions nous y plus longtemps;
nous crûmes au contraire
devoirnous en éloigner,
f charmez decettedécouverte
, & nous allâmes à
cent pas de cette maison
[ tirer uncoup de fusil, pour
| nous faire reconnoître plus
civilement des gens que
nous venions d'entendre.
Le bruit quefitcecoup
; mit aussitôt l'alarme dans
tout le pays. A l'instant
nous vîmes sortir de plusieurs
petites huttes presque
ensevelies dans la terre, ôc
que nous n'aurions jamais
fongé à prendre pour des
retraites d'hommes, au
moins un bataillon de pygmées.
Ces marmousets étoient
si petits,quechacun
de nous en auroit pu mettre
unedemi-douzaine à califourchon
sur le canon de
son fusil, & les emportet
sur l'épaulesansêtre trop
char-géi.
Ce font là precisément
les peuples qu'on appelle
des Lapons de Norvege.
Cette espece est si plaifanre,
que nous ne pûmes
pas nous empêcher de rire
de bon coeur des efforts
qu'ils faisoient pour nous
environner. Leurs peines
& leurs pas étoient accompagnez
de cris aigus, qui
attirerent vers nous leurs
femmes, qui étoient aussi
courtes qu'eux. Ainsi nous
étions, sans nous en appercevoir,
au milieu d'une
des plus grandes villes du
pays.
Cependant nous vïmcs.
sortir à la fin, de ccttcra
maison de charpente ou
nous nous étions arrêtez
trois hommes faits comme
les autres hommes. ( Cet
.édifice étoit assurément le
plus superbe Palais detoute
cette partie septentrionale
de l'Europe. ) Ces Meilleurs
étoient armez d'arcs & de
fleches, & si bienvêtus des
peaux d'ours &de chevres
dont ils étoient couverts,
qu'à peine nous leur voyiôs
les yeux.
Que cherchez
- vous
nous
nous dit l'un d'eux, dans
ces climats épouvantables ?
&
-
quel malheureux destin
vous aconduits en ces lieux?
Nôtre sort,lui répondist
je, n'est pas encore si deplorable
que vous le dites,
puisque nous avons le bonheur
de trouver en vous des
hommes qui nous entendent
;& ilme paroît à vôtre
langage, qui est François
comme le nôtre, que tout
ce que nous .pourrions
maintenant vous dire de
nôtre fortune,n'a rien qui -la
vôtre. Nous sommes, reprit
celui qui m'avoit parlé,
étrangers comme vous en
cette contrée: mais nous y
devons à un naufrage, que
nous avons fait sous d'heureux
auspices,le plus tranquile
écablissement du
monde. Venez avec nous
dans cette maison, & soyez
persuadez que nous employerons
tous nos soins à
reparer, autant que nous
le pourrons, le malheur du
vôtre.Nous leur rendîmes
mille graces de l'accueil
favorable qu'ils nous faisoient,
& nous les suivîmes
jusques chez eux, au milieu
d'une troupe de ces mirmir
dons, qui se dressoient de
toutes leurs forces sur la
pointe de leurs pieds pour
.,,
nous baiser par respect les
genoux.
Dés que nous fûmes
arrivez à la porte de cette
imaifon, la Dame que j'a-
'vois vue par un trou parut
là nos yeux. Jamais rien de
Iplus. beau ne s'étoitoffert à
tma vûe. Quel astre impittoyable
vous reduit
, nous
)dit-elle) à l'affreuse necessité
de venir mandier ici
les secours de l'hospitatité?
& quelle étoile favorable
nous procure en même
temps le bonheur de vous
offrir un azile > Entrez. Si
j'é*tois Calprenede ou Vaumo- ries, je serois dire ici de belles
choses à mon Heros. Il entra
cependant,sansrien dire à, la
Dame de ce château; il en
fut quitte pour une profonde
reverence.
Nous avions à peine traversé
la premiere chambre
de cette maison, continua
Nerval, que nous vîmes
dans une autre, qui n'en
étoit separée que par une
cloison de sapin, une centainede
Lapons & de Lapones
qui travailloient à
apprêter des peaux de bêtes.
Quittez cet ouvrage,leur
dit en leur langage la Dame
qui nous menoit,êc
hâtez vous de nous preparer
quelque choie à manger.
Ce peloton de petites
creatures se remua aussitôt
comme un essain d'abeilles,
& disparut en un moment.
Alors le Chanteur quej'avois
entendu entra d'unair
fort triste, &après avoir
salué sa Souveraine & nous,
il nous dit: Vous ne voyez
rien ici, Messieurs, qui ne
vous étonne, j'en fuis per- r dl. , suadé: mais comme nous
avons sans doute des choses
extraordinaires à nous raconcer
de part & d'autre, asseyons
nous sur ces peaux,
& en attendant qu'on nous
apporte à manger, apprenez-
nous, s'il vous plaît,
quel bizarre accident vous
ajetté sur ces bords;nous
vous rendrons ensuiteavantures
pour avantures. Je
contai aussitôt à cette nouvelle
compagnie ce que je
vous ai déja dit de ma fortune,
& l'on nous servit.
Ce repas fut composé de
laitages, de fruits, de legumes
& de viandes, sans
pain.
Une grande fille Moscovite,
originaire d'Astracan,
& qui servoit laDame
qui nous recevoir si bien,
s'assit à côté de moy pour
dîner avec nous. A la droite
elle avoir un outre plein du
jus d'un certain arbre dont
la liqueur est merveilleuse,
& à sa gauche un autre outre
plein d'eau, pour temperer
l'ardeur de l'autre
liqueur. Chaque fois que
nousvoulions boire elle
prenoit la peine de nous en
verser proprement. dans
une grande tasse de bois.
Cette fille, s'appelle Barnaga.
{1
- J
Dés que nôtredîner sur
fini, nôtrehôtesse, dont
lescharmescommençoient
à m'enyvrer autant &plus
que la liqueur que Barnaga
nous avoit fait boire, nous
? ;,. dit
-'ditqu'il étoit bien juste
qu'elle nous contât à son
>- tour ce qui lui étoit arrivé
f de plus extraordinaire dans
[ un pays où peu de gens
Vaviferoienc de chercher
[ des avantures. Nous la remerciâmes
de cette faveur,
& nous la priâmes de ne
nous dérober aucune circonstance
de son histoire.
-.
Elle nous dit qu'elle étoit
d'Hambourg,ville anfeat.
tique de la mer d'Alle nagne;
qu'elles'appelloi JulieStroffen
, fille de Cesar
;
Stroffen
; que son pere étoit
undes plusriçhes negocians-
de toute c.ç\Ce -irççjjj
que la tendressequ'elle.avoit
euë pour le Chevalier
de. (en nous montrée le
Chanteur dont j'avais par.
lé) avoit caulé tous les malheurs
de la vie; que son
pere n'avoit pas voulu.consentir
qu'elle l'épousât; que
l'amour & le desespoir les
avoient determinez às'enfuirensemble;
qu'en sa [au..
vant, ils avaient; rencontré
unnavire Angloisquialloit
dans le Nord; qu'illesavoit
pri~, qu'enfin après avoir
été battus pendant deux
jours d'une- furieusetempête
,ils étoienr venus se
briser entre le Cap Noir &;
Tiribiri. ,,-
,
Elle passa legerementsur
tous cesarticles:lais dés
qu'elle fut à celui deson
naufrage:Redoublez vôtre
attention', Messieurs,nous
dit-elle,reparti-vous
aurécit des plus éronnantes
choseskkrcfidnde'.
Onm'eutàpeine traînée
surlerivagé,que j'ouvris
les yeux. Le premier objet
qui s'offrità ma vûefutun
vieillard venerable qui (xér
moinde nôtre naufrage j
faisoit des voeux pour nôtre salut. - "ZVZ*'J3 i'3$
Nousn'étions , çç>mme
Vousinous, voyez;Aencôre,
nquaecuinfqréachgapee.zodeLC"c,9
- Des que ce bonvieillard
fut assezprès denouspopj:
nous parler:Malheureux,
nous dit- il, quevous ferie4
à plaindre-/fije:néeroyoiç
pas que leCiel, qui vous
envoyé sansdoute icipour
tdllue iftermer les Yeux--aco;l- mespasVversyous,
pour vous,prolonger! les
jours que sa bonté vous
laisse.Aussitôt s'approchant
de nous (car nous avions
tous également besoin de
secours )il nous fitavaler
plusieurs gouttes d'un baume
divin, dont la prompte
vertu: nous délivra sur le
champ des mainsdela
mort qui nousmenaçoit
encore Cet elixir n'eut pas
plutôt fait son effet,qu'il
nous dit : Arrachez-vous,
mes enfans, si vous pouvez,
du sableoùvous êtes
ensevelis, Vous n'avez pas
,de)temps a perdre, &> la
mer,à qui lereflux àravi
saproye, vous engloutira
infailliblement: dans. une
heure,si vous negagnez
pasnincessamment, cetrocher
qui fert de limite à sa
fureur.. Là frayeur que cet
avertissement nous causa
opera sur nous pfefque aussi
efficacement que le remede
qu'il nous avoir donné. Il
metendit la main pour
m'aider à me lever; & la
nature, plus forte en-ces
Messieurs qu'enmoy , fit
pourleur salut ce que l'as
sistance du vieillard laiqoit
pour le mien. <,: ;HIi Ilétoit en effet bienTemps
que nous nous sauvassions
>
&je ne puis encore me rap
peller ce funeste jour, sans;
me representer toutel'horreur
d'un si grand danger.
Nous avions à peine gagné
le faîte de ce recl-wr,,
qui n'étoitqu'à deux cent
pas denous, (lorsque nous
étions encore étendus sur
la vaze ) que nous vîmes
des montagnes d'eau venir
fondre avec violence jusqu'au-
pied de nôtre azile.
Reprenezmaintenant courage,
voyageurs infortunez,
nous dit notre vieillard,
vous n'avez déformais
plus rien à craindre; &si
vous pouvez m'accompa*-
gner jusqu'à ma petite mai--
son
,
je vous y procurerai
tous les secours dont peuvent
avoir besoin des malheureux
comme vous.
Nous le suivîmes, tremblans
de froid & mouillez
jusquaux os.
Dés que nous fûmes arrivez
chez lui, il fit étendre
danscette sallequi est
lamême que celleoùnous
| sommes)une grande quan
tité de peaux,sur lesquelles
nous nous couchâmes a prés
avoir quitte nos habits-,ôc:
en mêmetemps il ordonnai
à Barnaga
,
qui le servoit
r alors, &:. qui me sert aujourd'hui
, de prendre uniquement
soin;demoy ôc
de lui laisser celui des compagnons
de mon in forrune.
Le lendemainnous nous
trouvâmes si bien remise
que nous dînâmes avec lui.
A la fin du repas nous lui
contâmes nôtre histoire,
&en revanche il nous conta
la sienne. Je ne douce point
que, vous ne souhaitiez
ardemment l'entendre.
Je fuis, nous dit-il, nati:
d'Archangel. Cette ville est
dediée à saint Michel Ar.
change. L'on y fait presque
tout le commerce du Nord
Mon nom est Saxadero. Ja
étéainsi nommé
,. parce
qu'on me trouva sur ui
rocher peu de jours apré
ma naissance. Des paysan
qui me ramasserent mi
mirententre les mains d'u
Prêtre Grec qui demeuroi
â une journéed'Archangel.
Ce bon homme qui depuis
wingt ans qu'il étoit marie
n'avoit pu avoir d'enfans,
fut ravi du present que ces
paysans lui firent. Ilm'éleva
ravec autant de foin & de
nendresse que si j'avoiseétè
Sonpropre fils. J'appris fous
lui plusieurs Langues, &
route la formule de la Reilligion
des Grecs, qu'il enseignoit
& qu'il professoit
d'une maniéré exemplaire.
J'avois plus de 40. ans lors
qu'il mourut,& je n'étois
pas encoreassez fage pour •
profiter' desconseils
< retraité&de moderation
qu'il m'avoit donnez pe
dant savie.
,"J.c Ileuta- peinelles- ye
.fermez, qu'emporté j
mon temperament, je
mis entête de courir
monde. Je resolus de
,-
tr
verser1 par terre toute.
Tartarie & laMoscoviei
de me rendre àCaminiel
..oùle-Czar nôtre Emperc
étoit alors; Ce voyag
quoiqueterrible &lon
- me parut encore fort cet
lorsque je fus arrivé à C
minietz,d'où je partis
quinze jours après, pour
me rendre à Constantinoole,
après avoirlaisséderrdiereemBoytouutllge
Raoyraiumee
-'
Mon intention étoit de
asser en Asie, &daller
en Egypte m'instruire des
mysteres -,,-.des loix, des
listoires :$c des, religions,
Hes peuples de l'Orient.Je
xroyois y trouver parmi les
aristes débris des anciens
monumens de la vanité des
hommes,quelques vestiges
de l'élévation de ces genies
qui en avoient si long
temps imposé à cour l'un
vers. Mais jei me détour.
bientôt du succes de m
curiosite, & je ne trouv.
chez ces mortelsque: de
restes depyramides &.'(1
tombeaux
s
des rochers
des antres, des fleuves,de
animaux feroces, & rie
dans leur espritquipûtm
retracer laplus foibleima
ge de leur ancienne gran
deur. Àinsi je retournai su
mes pas,jepris la route-d
l'Europe,&je trouvaiheu
reusement i-- Constantino
ple un navire qui me porta
sen Italie, & delà en France,
qui est la feule partie du
monde où je croy que des
hommespuissentvivreavec
toutes les douceurs &tous
les agremens de la vie :mais
malheureusement la forune
ne me permettoit pas
calors de métablirune patrie
dans le sein de cet Empire.
Je me vis ainsi. forcé de me
soûmettre à la rigueur de
monétoile, & de passer en
Hollande, poury profiter
des premiers navires qui
mettroient à la voile ppur
levoyagé du Nord.
,: : EnarrivantàAmsterdat
j'entrouvai un prêt a partii
je m'y embarquai & la me
& les vents nousserviren
à merveille. De la d'Allemagne me nous entra
mes danscelle de Dane
mark, & parle Sund dan
la mer Baltique, d'où nou
perietrâmes jusqu'au son
du Golfe de Riga,oùja
chevaima navigation, pou me rendre par rerre àPles
koovv, où le Czar étoit
alors avec son armée. « Huit ou dix jours âpre:
mon
mon arrivée, je ne sçaià
quelle occasion je lui fus
presenté
, comme un homime
que tant de voyages rendoient extraordinaire
chez des peuples quine
>connoissent dautre terre&
d'autres climats què
-- d'autresclimatsqueceux
qu'ils habitent. Ce Prince me reçut de lamaniéré du
monde la plus généreuse;
& après m'avoir assuréplusieurs
fois du plaisir que lui
feroit mon attachement f.
sa personne,il m'hônorade
tant de titres &de tant de
charges, que le fardeau
m'en parut bientôt insupportable.
Je netois point
courcitan,&je pouvois encore
moinsle. devenir. Le
lait sauvage que j'avoissuccé,
la manière dont on m'avoit
élevé;&le grand air
que j'avois respiré dans tous
les climats dumonde , ne
m'avoient donné aucunes
leçons du personnage que je
devois joüer.On s'apperçut
bientôt de la dureté de mes
moeurs,on se dégoûta de me
voir dans une place que
d'autres pouvaient remplir
mieux quemoy; & enfin,au
; bout de quelques années,
une chûte precipitée fut
l'ouvrage de mon élevation.
[ Je me rendis alors la justice
> que meritoit ma disgrace,
,&. je convins en moymême
> quela douceur & lapolitesse
étoient l'appanage des
hommesquiveulent vivre
dans la societé de leurs paireils.
Il n'en fut cependant
ni plus ni moins, & je fus
obligé
, pour me rendre
iincessammentau lieu de
mon exil., de m'en retourmer
par ou j'etois venu. Cest ici le sejour qui me
fut destiné. Le navire qu
m'y amena me mit à terre
avec un valet fidele qui ne
voulut point me quitter
On me donna des armes
de la poudre, du plomb
&des grains pour ense,
mencer les terres qu'il me
plairoit de choisir pour m
liibfiftance ; ôc cespetit
peuples,mon valet &Bar
naga, que je trouvai heu
reusement ici,*
m'aideren
bâtir la petitemaison ou
nous sommes. Lavantur
qui a jette cette fille su
ces bords est si extraordinaire,
que le récit que vous
en allezentendresera infailliblement
le plusbel
ornement de cette histoire.
La Moscovite Barnaga,
de la ville d'?~M~~ peut
avoir environ trente ans. M
y en a prés de quatre qu'-
elle est dans cettecontree,
où elle vit dans la compagnie
des Lapons Norvegiens
comme si elle étoit
leur Reine. Avant de venir
en cepaïs,elle vivoitàAstra.
candans le sein de sa famille,
occupeeàtous les ouvrages
ausquelsune Elles'occupe
naturellement chezses parens,
lorsqueleplus spirituel&
leplus sçnvant,des
Lapons de ce Royaume s'avisa
de vouloir voyager. 1.1
- On dit ici tant de choses
merveilleuses de ce petit
homme, qu'on assure qu'il
avoit un Gnome particulier
qui le proregeoir. D'autres
disent qu'il enéroit un luimême.
Ce qu'il ya de plus
constant; selon moy, c'est
qu'ilavoir une connoissance
parfaite de tous les
secrets & de toutes les verus
naturcllesqui sontdans
les simples, & qu'il employoit
les plus fiers animaux
de ces deserts à tous
les usages qu'illui plaisoit.
Un jour, dis- je, (e sentant
i)..len humeur de voyager !> arrêta dans ces
forêts
une Renne. *, à qui il dit à
* Plusieursvoyagesdu NordpAr.
lent des qualitez de cetanimal, qui
yest
à peuprés dela taille d'un Cerf.
On lui dit à l'oreilleoù l'onveut
l'envoyer, ou bien le nom des lieux
où l'on veut aller avrjr lui.Aussitôt
ilva par-tout avec unevitesse admirable
, sans suivre aucune route. Éon
instinct seulle guide
,
-& il n'y a ni
fleuves, ni precipices
,
ni montagnes
qui l'arrêtent. Il sertcommunément
à tirer les trainaux.
l'oreille qu'ilvouloit se pro
mener dans l'Empire de
Tartares &dans la Moscc
vie. Cet animal docile reçu
son secret,&l'emmena pa
tout où il voulut aller. En
fin étant arrivé à Astracan
il alla loger chez la mer
de Barnaga, où ilse trouv
si content des bons traite
mensqu'onlui fit, que pa
reconnoissance,ou par in
clination il devint amou
reux de cette fille.
LeLapon ne pouvan
contenirtout le feu qui
devoroit,s'avisa de lui faire
an jour une ample déclaration
de sa tendresse. Barnagase
moqua de lui. Le
tmraégperiasàduentceetltpeofiinllte,qlu'o'uilresolut
de s'en vanger.Voici
commeil s'y prit.
Il affecta de ne lui plus
parler d'amour, & de ne
plus s'attacher qu'à caresser
à Renne qui faisoit chaque
jour presence de
Barnaga Ôc
de
sa
mere,
tous
les tours de souplesse imaginables.
Il se persuadaavec
raison que cette jeune fille
ne pourroit pas s'empêcher
àd'essayer cette monture; qui il avoit eu la precau
tion de dire tout cequ'il y
avoit à faire,si cela arrivoit.
Barnaga, charméede
cet animal, avoit plusieur
fois prié le fin Lapon dele
lui donner:mais il avoit
toujours affecté de ne pouvoir
lui faire un si grand sa
crifice; Enfin irritée de ses
refus, elle avoir resolu de ledérober, & de lui dire
qu'ils'étoit perdu dans les
bois voisins. Un jour pour
cet effet, elle se fit suivre
parla Renne jusqu'à un
quart de lieuë de la ville, où
le voyant seule, elle voulut
monter cet animal, qui se
mit a genoux comme un
chameau pour la recevoir
plus commodément: mais
elle fut à peine sur son dos,
qu'il l'emporta presque à
travers les airs, tant il avoit
de vîtesse & de legereté.
Quoyqu'il y ait un chemin
infini d'ici à Astracan, il
l'amena en trois jours dans
ce defert, où son amant le
rendit aussitôt qu'elle. Il
l'épousa presque en même
tempsavec toutes les ceremoniesdupays
,que
vous conterayune auti
fois. Il a depuisle jour
sesnoves,vécu tpujou
~v~~Uç.~ns la plusgra~
deuniondu mpad|;,& tP8
de mêmeavec eux. Ceper
dant depuis trois mois
Lapon a disparu,sans qu'o
sçache pourquoy, ni où
estallé, & personneici
sçait de ses nouvelles. Ba
~nagoem~'enoparutconsole &- coeur qu'il nerevienneja
mais. rti>,>u£iaaaoî
Lediscours de ce bon
dvierilolaridt- f.inÎt en cet 7en: nit- en"' - Vieillard finirencet!eenn^ Nous luifîmes chacun
nos remercimens de la peine
qu'il avoit prisede nous
conter tant de choses extraordinaires,
& nous le
priâmes de nous dire si
nous ne pourrions pas trouvercinq
de ses Rennes pour
nous remettre dans quelque
partie de l'Europe plus
habitable que celle où nous
étions. Non, mes enfans,
nous dit-il,je peux vous
donner aucune instruction
làdessus,& je vousjur
que je n'ai pas vu un seul d
ces animaux depuis que j
, fuis ici:mais au nomd
Dieu ne me quittez pa
que je ne sois mort ;dan
quarante mois je ne sera
plus. Dés que vous maure
renduà la terre, il viendr
quelque
- navire surcette
côte , dont le Capitain
charitable vous recevr
dans son bord , & voustre
menera dans les lieux o
vous avez tantd'impatience
de vous revoir. Il y a plu
de six semaines que ce fag
vieillard est mort, & nous
n'avons encore vu que vous,
qu'une extreme dïsgrace a
jettez sur ce rivage.
i' Le Chevalier de. qui
m'entend, me jura, deux
mois aprés nôtre naufrage,
unefoy éternelle, &m'épousa
en presence de ce
yenerable personnage donc
je viens de vous conter
l'histoire, deBarnaga, qu'-
une tendre sympathie a
fortement attachée à moy
depuis sa mort, & de ces
Messieurs qui sont nos compagnons
d'infortune. Il ya
plus d'un anqu'ils'est mis
danslatête des chagrins&
des jalousies sans fondement,
qui le precipitent
cent fois par jour dans des
abîmes de melancoliedont
rien ne peut leguerir.
Voilace que j'avais;
vous dire de mesavantures
"Au reste, songeons main
tenant auxexpediens qu
-peuvent nous tirer d'ici, &
7mettons touten usagepou
LretôUfncr'; ensemble, dan
•'-•d-esfie'uxefîlinous convien
rfëntmièux queces climat *éfK^âritabtâs*-?jDésque,
Julie eutcesse
de parler, nousnous encourageâmestous
à; travailler
aux moyens de sortir de ce
miserables pays ; &C] après
plusiers proportions.
gues & inutiles , je priai nôître
compagnie de sereposer
sur moydu soin de la délivr.
cCJ de cette région.Je
m'engageai à mettre tout
j: mon monde aprés cet our;
vrage. Je fis couper des ar..
Ë bres, donton ne un grand -nombre de mâts, de pouz
tres,de solives & de planches,
que jedestinaiàla
construction d'un navire. *
Sur ces entrefaites,le Che
valierde. tomba malade
en deux jours il fut à lex~
tremite, & le troisiéme i
mourur. Sa veuve fut long
temps inconsolable desa
perce : cependant mes soins
mes discours, la tendresse
qu'elle étoit perpuadée que
j'avois pour elle, & l'impa.
tience qu'elle avoit de re.
tourner bientôt dans une
meilleure contrée que celle
ou nous étions, (comme je
l'en assurois tous les jours,
lui rendirent bientôt son
embonpoint, ses graces ôc
sa tranquilité.
Des '¡ que nôtre vaisseau
: fut achevé, lesté, & chargé
d'eau, de poissons secs, de
chair salée, de legumes, 6c
de toutes les pauvres den-
1"rees. qui pouvoient. nous
aider à subsisterjusqu'à ce
que nous arrivassions à Plaisance,
nous nous embart
quâmes. Nous y changeâmes
pour des peaux nôtre
»bâtiment contre un autre
meilleur,nous y prîmes du
pain, du biscuit
,
du vin,
de la bierre, & tous les rafraîchissemens
dont nous
avions besoin. Enfin après
avoirvoguéleplusmalheureulement
du monde contre
les vents & la mer, nous
hommes venus,comme
vous le sçavez,Messieurs,
nous brifer ce matin sui
cette côte,& faire,pourain
dire, naufrage au port.
Je ne fais point d'autre:
remarques sur cette histoire
que celles qui sont à la mar
ge , parce que je connoi
ces pays septentrionnau
moins que ceux qui son
plus près du Soleil.
Onme demande de longueS
histoires, onm'en demande de
courtes:je m'enrapporte a[4
pluralité des voix. Cependant
commeilestvrai que cellesque, j'aidonnéesjusqu'àpresent,
comprisses remarques, remplisfiniprés
d'un tiers du livref
je l'augmenterai dorénavant,
a proportion de la longueurde,
cesavanturesgalantes , en saveurdeceux
quin'aiment pas
aleslire, - pourles dédommagerd'uncôtedece
qlf.-ll.les leur,
derobentdel'autre. Ï^Quimo^^
cen'estpas maJfautes'ilm'arrive
queréc;
je voudrois, pour la satisfaction
des leéleurs ,avoir unt
infinité de petites pieces detachées
à leur donner, qu'elles
sussentpleines de sel & d'ef
prit, & aussi courtes que lè dtfcours
que je fais dans chaque
Mercure sur l'origine du
mois.
Aoûtest, par exemple:
le huitiéme mois de l'an
née Romaine, selon nôtre
façon de compter, qui
commence en Janvier. Il
étoic le sixiéme selon les
Romains,qui l'appelloient
pour cette raison Sextilis.
Son nom fut change enAugustus
enfaveur de Cesar
Auguste, parce que ce fut,
dans ce mois -
là que cet
Empereur fut fait premierement
Consul,& qu'ilremporta
de grandes victoires.
Ce mot n'a qu'une syllabe,
& on prononce Oût. On dit
la mi-Oût en parlant de la
Fête de l'Assomption de la
Vierge, qui arrive le 15. de
ce mois.
Ce jour-là même le Roy
a donnél'Archevêché de
Lyon, vacant par la more
de Messire Claude de Saint
Georges, à Messire Fran
çois-Paul de Neuqvilled
Villeroy,Abbéde Fescam
fils deM. le Maréchal Du
de Villeroy,Gouverneur d
Lyon, & des Provinces.d
Lyonnois, Foretz &Beau
jollois, & petit-neveud
MessireCamille de Neuf
ville de Villeroy,aussiAr
chevêque de Lyon, mo~
en 1695 & auquel feu M
de S. Georgesavoit succe
dé.L'Archevêquede Lyoi
se qualifie Primat des Gau
les, & Comre de Lyon..
L'Evêchéde Lizreux, va
can
cant par tamorede Mf.LeonorGoyon
de Matignon, àM. l'Abbé deBrancas, J
Aumônier du Roy, frère
de M. le Marquis de Brancas,
Lieutenant generaldes
armées du Roy, ci- devant
Ambasadeur en Espagne,
de la Maison de Brancas,
originaire du Royaumede
Naples, où elle subsiste en- coreavecéclat. La branche
deCereste,de laquelleest
M. l'Evêque deLizieux,est
l'aînée
,
& apour cadette
celle de Ducs de Villars.
Bufile de Brancas,Chevalier
Comted'Agnano, Maréchal
de l'Eglise Romaine,
transplanta sa famille en
Provence vers l'an 1390. &
après sa mort,arrivée l'an
1416. il fut enterré dans l'Eglise
des Freres Prêcheurs
d'Avignon, & dansla eha.
pelle construite par Nicolas
de Brancas son frere
Cardinal, Evêque d'Albano,
qui l'avoit suivi, & qui
fut aussienterré dans la me
me Chapelle.
-
L'Evêché de Lizieux er
Normandie est suffragant
de Roüen; l' Evêque est Seigneur
de la ville, le Diocese
est divisé en quatre
Archidiaconez, & contient
580. Paroisses.
L'Abbaye de Lessay,Ordre
de S. Benoît,Diocese de
Coutances
, vacante par la
mort de feu M. l'Evêque de
Lizieux,àM.l'Abbé de Matignonson
neveu, fils de ~[.
le Maréchal de Matignon.
L'Abbaye de S. Julien de
Tours, Ordre de S Benoît,
Congregation deS. Maur,
àM.de la Croix, Chapelain
du Roy.
L'Abbaye de Sauvelade à
M. deFenayConseillerau
Parlementde Pau.
L'Abbaye deNôstreDairiè
de Torigny, Ordre de
Cîteaux, dans le bourgde
Torigny, au Diocesede
Bayeux, à M. de laChataigneraye.
': L'Abbaye deVilledieuà
M.d'Esquilles.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Josaphat, Ordre de
S. Benoît, dans le Diocese
& àune lieuë de Chartres,
à M. de Barriere.
L'Abbaye de Bonaigues,
Ordre de Cîteaux, dans le
Diocese de Limoges ,
)om Robert Pascal. ;i¡¡.,'{
L'Abbayed'Estival,Or-
Ire de S. Augustin, dans la
-
Forêt de Charny, au Dior
_:
cese du Mans, à Madame
lePezé, dunom de Cogr..,,,
arvel, d'une noblesseancienne&
distinguée du
MainejOÙeftfïtuéelaTer.-ç
re de Courtarvel. )' :':
-
L'Abbaye Royaled'Issy,
Ordrede Cîreaux, Diocese
deParis, à Madame de 1^
Force, del'illustreMaison
de Caumont enGuyenne.
L'Abbaye de Vernonà
Madame Turgot, d'un
famille ancienne & distir
guée dans la Robe, orig
naire de Normandie.
Il faudroic avoir un
sourceinépuisable de liai
fons pour en forger toi]
les mois de differentes su
un mêmesujet.Jen'aifai
encore que quatre Mercu
res,&j'aieu trois incen
dies à raconter, & toute
trois arrivées à Paris. Je re
ferverois pour le chapitre
des nouvelles celles qu
exercent leurs ravages plus
loin, faute de sçavoir au
~uste s'il m'est permis de
parler ici desvingtmaisons
qui ont été brûlées à Varovie
le 18. du mois passé:
mais cette ville est si éloignée
de nous, & l'éloignement
diminue tellement les
objets, que quand jeserois
le meilleur Peintre du monde,
si je circonstanciois davantage
cet accident dans
un autre article, je courrois
grand risque de perdre mes
couleurs. Les habitans de
Varsovie pourront se vanger
de leur côté de mon
indifference par une froi;
deur égale à la mienne, ou
apprendre en riant qu'il y a
, eu le3. de ce mois une maison
brûlée au bout du Fauxbourg
S. Germain à Paris;
que cette maison appartenoitàunnomméMoisy,
Artificier
duRoy;que le feua
pris aux poudres qui étoient
chezlui, & que l'artifice a
detaché & enlevé le fécond
étage & le grenier de cette
maison, dont le bas
,
où
étoient le pere & le fils
Moisy,n'a été nullement
endommagé; & que ce
Bourgeois en a été quitte
pour
pour le bruit, la peur,&le
déplaisir de voir toute sa
poudre transplanter en un
instantla moitié de samaispon
àlpalus dcediex pa.s desa
, Leseffets du feusont si
admirables & si terribles,
si utiles & si dangereux, &
j'en ai déja parlé tant de
fois superficiellement, que
4 je croy ne pouvoir mieux
faire, pourinstruire & pour
amuser le lecteur, que lui
donner un extrait des dissertationssuivantes,
oùil
verra un tableau assez exact
des qualitez & des proprietez
de cet élement.
h) ;>-t'ï
J, Traité du feu, dans lequel on établît les vraisfondemens
n' de la Physique.
-'u-j
,
Il y a si peu de choses qui
puissent passer pour certaines
& pour confiantes dans
la Physique, qu'il n'ya
rien de plus aisé que dese
tromper, lors qu'on entreprend
de prononcer decisivement
sur les matierés qui
s'y traitent. D'ailleurs,les
methodes Ics- plus regulieres
ne fonc pas toûjours les
meilleures; elles ont fouvent
beaucoup plus de
montre que d'utilité solide,
& l'on peut dire qu'en bien
des rencontres elles servent
bien plus à gêner l'esprit,
qu'à le conduire droit à la
verité. C'a été pour prendre
uneroute qui l'exposât
moins àces deux inconve-
,
niens, que le P. C. a donné
la formed'entretiens à cet
ouvrage, parce qu9ona accoûtumé
de bannir de tout
ce qui porte ce titrele ton
decisif de Docteur,aavec
ce faste & cet apparat qui
l'accompagne d'ordinaire,
&. que du reste on n'y reçoit
point les regularitez importunes,
ni les formalitez
gênantes des manieres de
l'Ecole. Ainsi les
13.
dissertarions
dont il a composé son
livre, sontautant de ron'Ver.
sations libres& sçavantes,
où il fait entrer trois personnes
d'un rare merire &
d'une fort grande érudition;
à peu prés comme Ciceron
introduit sesillustres
amis parlansdans ses ouvrages
de Philosophie. Je tjU
cherai d'informer les lecteurs
de ce qui s'y trouve
de plus remarquable 8; de
principal: mais comme je
suis obligé d'éviter la longueur
des extraits , autant
qu'il me fera possible,
& qu'il feroit difficile de
rendre compte en peu de
mots de 13.dissertations pleines
de choses considerables
&qui font un gros volume,
je me contenterai de donner
ici le précis des 5. premieres,
& je renvoyerai le
reste à un autre mois.
Nôtre auteur entre en
matiere,dans la premiere
dissertation;d'une maniere
agreable -" par une petite
disputequ'il fait naître entre
ses personnages sur cette
question curieuse : Lequel
desdeuxestleplus excellent &
le plus utile, de l'eau ou du
feu ? C'est pour se donner
jour à faire l'élogedu sujet
qu'il veut traiter, en montrant
l'avantage qu'a le feu
sur tous les corps simples,
dont il pretend qu'il est le
plusnoble à bien des égards.
On ne pouvoit gueres
mieuxtourner la chose qu'-
en laprenant de cette maniere
,
ni faire voir un plus
beau mélange de la belle
litterature avec la Philosophie,
que celui que nous
donne ici le P.C. On allegue
• de part & d'autre ce qu'on
pouvoir dire de plus curieux
à l'avantage du feu ou de
l'eau. On cite les autoritez
des Poëtes & des Philosophes,
on produit le celebre
passage de Pindare, qui des
le commencement de ses
Odes dit qu'il n'y a rien de
meilleur que l'eau. Et on lui
opposePlutarque,qui ayant
traité la même question
qu'on a gite ici, l'adecidée
en faveur du feu. On peut
bien croire qu'on n'oublie
pas là-dessus ni Vulcain, qui
étoit du nombre des grandes
Divinitez Payennes, ni le
feusucré,qui étoit l'objet de
la devotion des Perfes
; ni
l'adoration que les Chaldéens
rendoient à cet element,
qu'ils, consideroient
comme leur supreme Divinité.
Cependant comme le
feu ne craint rien si fort que
l'eau,on raconte ici une as
fez plaisante avanture,tirée
de Ruffln & de Suidas, oùles
choses ne tournerent pas à
l'avantage du Dieu de Chaldée.
Ceux de cette nation
vantoient leur Divinité,
comme la plus puissante de
toutes; & quelques-uns de
leurs Prêtres, courans de
Province enProvince,défioient
au combat tous les
f
autresDieux. Maiscomme
ceux-ci, de que lque matierequ'ils
fussent, de bois,
, ou d'airain ,ou d'argent
ou d'or, ne pouvoientresister
au feu, qui en venoit
-
enfin à bout,il le trouva un
Prêtre d'Egypte qui arrêta
de cette maniere les triomphes
de ce Dieu, qui en avoit
dévoré tant d'autres. Il
prit une cruche percée de
quantité de petits trous,
qu'il boucha avec de la cire,
mais si proprement, qu'on
n'en pouvoitrien connoître
; & après avoir rempli
cette cruche d'eau, & avoir
mis au dessus la tête de son
Idole qu'on nommoit Canope,
il accepta le défi. Les
Chaldéens mirent aussitôt
le feu à l'entour de l'Idôle:
mais la cire se fondant au
feu, ouvrit incontinent le
passage à l'eau, qui sortant
de tous cotez par les petits
trous ,qu'on ne voyoit pas,
éteignit le feu, & faisant
triompher Canope, fit avoüer
aux Chaldéens que.
le Dieu des Egyptiensétoit
le plus fort. Avec tout cela,
comme il estaussi naturel
au feu de consumerl'eau,
qu'ill'est à l'eau d'éteindre
le feu, on ne peut nier que
celui-ci ne se dédommage
quelquefois au double, parce
qu'il gagne à son tour
sur l'autre.Mais pourétablir
sur quelque chose de c'on.,
fiderable l'avantage qu'on
donne aufeu,on remarque
ici que si on recüeille les
suffrages des Philolophes,
on trouvera que le plus
grand nombre est celui de
ceux qui ont mis le feuen
tre les principes deschoses;
ce qui vient sans douce de
l'impression nature lle qu'on
a de ion excellence & de
son utilité. Qu'au reste ce
n'est pas un foible argument
pour nous en persuader,
que de voir qu'entre »
tant de sortes d'animauxil
n'y ait que l'homme à qui
a nature en ait proprement
accordé l'usage : ce qui va
siloin
,
selon la pensée de
Lactance
,
qu'il semble que
Dieu ait voulu assurer les
hommes de leur immortalité
, en leur abandonnant
l'usage & la disposition de
cet element, qui est celui de
la lumiere & de la vie. Que
quoy qu'il en soit, lavie est
un feu, & que si le feu en
est le symbole,il en est aussi
le soûtien, & leplus necessaire
instrument, puis qu'-
après tout il n'est pas possïble
ni de cuire les alimens,
ni de préparer les remedes,
ni de se prévaloir de cent
autres choses necessaires à
la vie, sans le secours de
cet element. Que d'ailleurs
quand on pourroit vivre
sans l'usage du feu,la vie
ne sçauroit être qu'extremement
miserable, privée
de tous les avantages qu'on
tire des sciences & des arts,
& plongée dans une obscurité
qui lui ôteroit tout ce
qu'elle a dagreable. Qu'en
un mot on est redevable de
toutes lescommoditez, ôc
de tous les ornemens de la
: vie au feu ,qui eR: d'une utiflité
si étenduë & si gene- rale, qu'outre le secours
qu'il prête à la vûé au milieu
de l'obscurité , il supplée
quelquefois à l'usage
[. de la parole, en donnant
aux amis éloignez de quelques
lieuës le moyen de se
pouvoir parler la nuit par
des flambeauxallumez. Enl'
fin, après avoir remarqué
que les effets mêmequ'on
lui reproche sont des preuves
de noblesse & des marques
de grandeur,on observe
quetousles peuples
l'ont prispour le symbole
de la puissance, & pourle
caractere de la majesté:d'où
vient qu'on le portoit autrefois
devant les Rois de
l'Asie, & devant les Empereurs
Romains. Et pour
achever par un endroitqui
en couronne dignementl'éloge,
on ajoûte qu'il n'y a
point eu de nation dans le
monde qui ne l'ait regardé
non feulement comme un
excellent present duCiel,
mais encore comme une illustre*
imagerdela-Divinité. Que
rQue de là est venu qu'on Fa
employé dans toutes les Religious,&
que ce n'ont point
été les Chaldéens feu ls, ni
les Poëtes, ni les Philosophesqui
ont dit que Dieu
est unfeu : mais que l'Ecriture
sainte a parlélemême
langage, & n'a pas faitdifficulté
de nous assurer que
Dieu estunfeuconsumant. 1
Aprés ces préliminaires,
il passe dans le deuxiéme
entretien à l'explication de
lanature du feu. Lefeu, sef!
on" lui, est un esprit qui soy a en unechaleur vive brûlante.
Mais il faut sçavoir
que par cet esprit il n'entend
pas ce que les Chymistes
appellent de ce nom &
qu'ils distinguent par là mêmedavec
leursouphre &
leur mercure. Dans ce que
nôtre auteur nomme ainsi,
il n'est pas tant question de
larareté dela matiere,ou
'de la legereté, quede la subtilité
& de la sorce:&en
un mot, l'esprit, dans son
sens
,
estune substance tres-déliée&
trés-subtile,très-capablede
s'insinuer&depenetrer
dans les pores de tous les corps.
cr >
Quand donc cette subtilité
se trouve jointe avec la É-lieleur,
& que celle-ci est dars
un degré de force & d'ardeur
considerable, nôtre
auteurpretend quec'estce
qui fait propremenr le feu.
D'où vient qu'il ne fait pas
de difficulté de mettre le
sel aunombredes corpsde
nature ignées parce qu outre
•
qu'il désechetoutes leschop
ses ou il s'attache, & qu'il
consume puissamment les
-
humiditez, on en tire, en
ledistillent,des eaux fortes
qui ont la vertu de dissoudre
les metaux,en bien
moins
,-
de temps quene
sçauroit faire le feu leplus
fort &le plusardentde nos
fourneaux.Au reste; comme,
l'ondistingue diverses
sortes de terres,qui, quoy
qu'ellesconviennent toutes
dans cette nature generale,
qui leur est commune; ne
laissent pas d'être differentes
en espece les unesdes
autres; nôtre aauurteeuurrine j ne
doute pointqu'on ne doive
aussidistinguer diverses sortes
de feux, qui tenant tous
en général de la nature de
cet element , différent entr'eux,
en ce qu'ilssont d'une
vivacité,d'un éclat,d'une
subtilité ,d'une force, Si
d'une activité inégale.Quelquedifferensneanmoins
qu'ils soiênt,ilveutqu'ils se
reduisent tous à deux genres
principaux:les uns, qui
ont,tout enlemble de la lumiere&
de la chaleur &
lesautres qui ont de la chaleur
,mais quin'ont point
de lumiere. Les premiers
sont ceux qu'on nomme
feux par excellence : aussi
l'auteur lesappelle-1-il des
feuxvifs, parce qu'ils renfermenc
une quantité d'esprits
vifs & lumineux, comme
font ceux d'une vive
flamme. Les autres sont des
feux beaucoup moins parfaits:
c'est pourquoyl'auteur
les appelle des feux
morts, parce qu'ils sont composez
d'espritsqui n'ont ni
vivacité, ni clarté, & qu'avec
la vertu de brûler , ils
n'ont pas celle d'eclairer &
de luire. Le poivre, le pyretbre,
l'argent vifprécipité, ôc
generalement tous lescaustiques
renferment des eA
prits de cette espece, & doivent
par cette raison être
mis entre les corps qui tiennent
de la nature du feu. /',
Maiscequ'ilyaicid'aussi
remarquable; & qui pourra
surprendre ceux qui n'aurontpoint
oüi parler du
traité de M. Boyle; deflam-
; mæ ponderabilitate y cest qu'-
excepté le feu celeste & de
la nature de celui des astres,
qu'on veut bien qui soit ler
ger. & capable de s'élever
sen haut, on soûtient que
* tous les autres tendent naturellement
vers le centre,
& qu'ilssontmême plus
pesans que tous les autres
elemens.
La troisiéme dissertation
est employée toute entiere
à soûtenir ce paradoxe,& il
fautavoüerqu'on lui donne
un grand air de vraifemblance
par les preuves qu'-
on apporte pour l'établir.
Par exemple , to.. L'on remarque
que les briques,
qui demeurent long-temps
dans le feu, y deviennent
beaucoup plus pesantes,
quoique l'évaporation de
l'humidité en dûtdiminuer
le
le poids.2°. On rapporte un
grand nombre d'experiences
du traité de M. Boyle,
par lesquelles il paroît que
delachaux vive &, divers
metauxayant été exposez
au feu pendant deuxon
trois heures, ont considerablement
augmenté leur
poids; ce qui ne pouvoit
venir que des particules du
feu qui s'étoientmêlées
avec ces matieres. 3°. Enfin
on soûtient que le lieu prow
pre & naturel de nôtre feu
élémentaire est dans les entrailles
de la terre, levrai
cétre des choses pefanses^
lendrpiçle.plus basde tonné
l'univers, ôcquec'estçefils
central, &: non pas la chaleuo
du soleil,ou la vertu ôdesin-j
lfweçesque1,onattribueau^
astrequi est le véritable
principe de la génération
des métaux, & la veritablq
çausequi produit les sources
des rivieres&des fontaines;
;:
En .effet3il est si peuvrai
que la vertu des astres fQ
false sentirdans- les pro-l
fonds cachotsdes lieux [oûi
terrains, que l'on pose en
fait que dans les plus gran4eschaleurs
de l'Esté,lorfque
le soleil darde ses.rayons
avec plus de force, & qu'ils
donnent sur la terre à
plomb, si Tonveut bienfe
donner la peine d'observer
l'effet qu'ilsyfont, on ne
itrouvera point, je ne dirai
pas quils l'ayent penetrée
de quelque milles, mais feu-,
lement qu'ils l'ayent réchauffée
de quelques pieds
de profondeur. L'auteur
nous apprend quelque cho.
se d'asser remarquable làideflus.
Il dit que tous ceux
qui ont écrit touchant les
mi,nes, au moi,ns tous ceux1
dont il, a lû les ecrits rapportent
constammentque.
la terre est froide vers sa fuperficie;
qu'on çommence
à la trouver un peu rechauf-j
fée, lors qu'on y est defcen,
du plus avant;& qu'ensuite
plus on l'enfonce, plus on
trouve que sa chaleur se forciné,
& qu'elle s'augmente
sensiblement. C'est ce que
témoigné entr'autres J. B.
Adorin dans sa relation de
lotis fubterraneis, où il rapporte,
qu'ayant eu la curiofit-R
dedépendre dans les minesd'or
de Hongrie au mots deJuillet,
il avoit trouvé la région superieure
de la terre extremement
froide jusques environ 480.
pieds : mais quétantdescendu
plusbas, ily aVoit trouvé de
la chaleur, qui saugmentait de
relie forte a mesure qu'il s'avançoit
vers lefond,que dans
l'endroit ou étoient les ouvriers
,
ils ne poyvoient travailler
que nuds. Et l'onremarque
qu'il en est de même
dans routes les autres
mines de ce pays-là.
La quatrième -diflertation
roule
sur cette quêstion
assez curieufc
: Si lorfqueï
quelque choje est brûUe>ils'en-t
gendre une nouvellefubflancef1
Pour la resoudre clairemenr,
l'auteurexplique fort,
au long toute la nature de la
génération des substances
inanimées. Il ne reconnoit^
aucune matierepremière proprement
airifi nommée', ôc ilsoûtientfqu'il n'yen ai
point d'autre que divers
corpuscules (impies, qui onci
chacun leur figure, leur!
grandeur, & leurs autre,
proprietez; de
maniéréquel
ne dépendant nullement lest
uns des-autres, ils peuvent
également [ublifler & ensemble,
& fcparez
:
après
cela on conçoit aflfez que,
félon cet auteur, laforme des
chosesinanimées ne doit consister
que dans la conformation,
qui refaite de l'union legitimé&
naturelle deflujieurs
Jecescorpujèule., qui composent
rtt.vtJCm1l "' om-mye par exemple, la forme d'urn--emaison
n'etf autre chose
que cette ftrudture qui le
forme de l'union & de l'arrangement
convenable des
matériaux dont on la bâtir.
Et de cettemanière il'.cÍt
clairque lagenerationde toutes
ces choses ne confifie
non plus que dans taffimblage
que la na«tureIfait de ces fM- diierfespartiesqu'elleuniten- j
semblefour enfaire unmême
corps: comme à lopposite,
la corruprion n'est rien autre
chose que 14 diffilution
& laseparation de ces mêmes
parties,-que lagénération avoit
assemblées;comme on le fait
voir clairement parune experiencecurieule
du vitriol
diûile dans le fourneau de
réverbere. Car après en
Ravoir tiré d'abord un phleg:.
me presque insipide, & enfuite
une liqueur fortace-
; teuse, il ne restera plus au [fond qu'une terre d'un beau [rouge couleur de poùrprë.
I Mais si vous versez vos deux
j[ liqueurs sur cette rerre,vous
l verrez aussitôt vôtre vitriol
; réproduit
, avec sa même
couleur 1V presque son même
poids, parce qu'il a peu
,
d'esprit & dé fou phre volatile.
Enfinnôtre auteur prei
tend que les principesde cetteunion
des parties des corps.
naturels
,
dans laquelle il
veut que la génération cohj
Me, ne font autre chose,
que lesesprits & lesfels auf- j
quels il attribuë tant de
force,qu'il tient que là Oùi
les mêmes efprirs & les memes
fels se trouvent, ils ne
manquent presque jamais
de produire à peu prés la.
Inêmeconfiguratron,quél-
1
,.r que peu ae diipoirm.on qu"r1ry--
rencontrent assezsouvent
dans lamatiere sur laquelle
ils agissent. Onenrapporte
ici deux preuves, qui fèroient
bien considerables &
bien cotivaincantessi elles
étoient bien averées.La premiere
est que la terre cremt
pée&imbuëdecefanggâté
•5 & de ces humeurs infedtes
& corrompues qui forcent
des corps de ces malheureux
qu'on laisse arrachez
aux gibets
,
après leur avoir
fait souffrir le dernier supplice
; que cette terre3 disje,
ainsi detrempée prociuic
une herbe, dont la racine
exprime beaucoup mieux la
forme du corps humain>
que ne fait la racine dela
mandragore. L'autre experience
qu'on alléguéest que
tous les raiforts, qui venoient
dans un jardin,&où
l'on avoitautrefois enterré
un grand nombre de personnes,
avoient la figure de
la moitié du corps humain,
mais si bien representée,
qu'il ne se pouvoir rien de
plus rèssemblant.Cesèxemples
qui quadrent si bien
aux principes de nôtre auteur,
lui donnent occasion
depenser qu'il y a bien plus
de raison qu'on ne s'imagine
dans les regles des
physionomistes, qui tiennent
pour une de leurs grandes
maximes, que les hommes
ont d'ordinaire les inclina..
tions des animaux avec leC
quels ils ont du rapport
dans les traits & dans la forme
exterieure ; parce qu'il
paroît par là qu'ils ont à peu
prés les mêmes esprits, &
qu'il y a bien de l'affinité
entre les particules qui les
composent.
Il nest pas mal aisé de
juger, après tout ce qu'on
vient de voir, ce que nôtre
auteur doit répondre à la
question qu'on a proposée;
car. puis qu'il fait consister
la générationdans un assemblage,&
dans une union
de plusieurs parties pour ne
composer qu'un seul tour,
on voit bien que pour raisonner
consequemment sur
ses principes, il ne peut pas
dire que le feu, qui en embrasant
une matiere combustible,
ne fait qu'en dissoudre
& en separer les parties
,
produise une nouvelle
substance. Il pose donc ici en
fait que tout ceque l'embrasement
peut faire, ne peur
être toutau plus que de prd."
duire de nouvelles qualitez.Et
pour faire voir qu'en celail
ne fait que suivre le sentiment
des anciens, il allègue
là dessus un paisage d'Ari.
stote, qui ne sçauroit être
plus exprés pour,lui quoy
il joint ces beaux vers d'Oise
, où il dit que la garde
du feu sacré avoit été donnée
à des vierges,pourmarquer
,
s'il faut ainsi dire, la
virginité de cet element,par
lequel rien n'est produit.
Comme l'auteur est per.
suadé qu'il n'y a rien de plus
essentiel au feu que la chalent,
il en parle à fond dans
la cinquièmedissertation,
où il s'accache à en expliquerexactement
la nature:,
mais comme pour y bien
reüssir sélon ses principes, il
se trouve obligé de faire
comprendre comment il
conçoit que les corps qui enj
font susceptibles sont composez,
il entre d'abord dans1
un examen fort particulier j
de cette matiere, Bien qu'ilJ
rejette tout à fait lesatomes
d'Epicure, il ne laisse pas de
croire que ces corpuscules,
dont nous avons vû qu'il
composetous lescorps îèn- :';.' fibles,
sibles;sontsi minces, qu'on
n'en peut assez concevoir la
petitesse. Ce qui l'en a convaincu,
c'est,dit- il, quayanc
regardeau travers d'un microscope
de petits grains de
fromage vermoulu
,
qu'il
avoit exposez au soleil, ily
apperçut unefourmilliere
de petits vers, quel'oeil n'auroit
jamais sçû découvrir
sans l'aide de cet instrument.
Il remarque d'ailleurs
qu'on en a observé quelquefois
une grandequantité de
la même petitesse dans le
sang qu'on a tiré à des personnesqui
avoient lafievre,
& qu'il se trouvoir qu'ils
avoient la têtenoire:c'etoit
un signe que la fievre étoit
maligne & dangereuse.Nô- i
tre auteur croiroit assez-que
ces fortes de vers pourroient
devoir leur origineà
ces petits animaux queVarron
dit quisont dans l'air
mais quiyfont imperceptibles
& qui entrant dans nos corps
par la bouche & par les nari
nés,yengendrent desmaladies
difficiles & perilleuses. Mais,
pour revenir à ses corpuscules,
il tient que comme ils.
ne peuvent pas être tous de
la même grandeur) il ne se
peut pas non plus qu'ils
Soient tous de la même sigure;
Chaque espece, selon
lui, a la sienne particulière,
comme on le voit dans les
cristaux, dont chacun a ses
parties configurées d'une
certaine manière qui lui est
propre ; & ç'est de là qu'il
pretend que vient la diversitéqu'on
remarque dans la
contexture des corps, dont
les uns sont plus rares, les
autres plus ferrez, & les autresd'une
consistance mediocre.
Mij
4 Celaposé, ilvientà montrer
ce que c'est que la chaleur,
& commentilconçoit
qu'elle, se produit dans les
corps quisechauffent. Il
n'est pas dusentiment de
ceux qui en font un pur accident.
Il croit quelle envelope
necessairement dans
sa notion une substance,
puisqu'elleconsille dans
l'agitation de ces petitsfeux
ou esprits ignez, qui sont
renfermez dans les corps
chauds; ou pour mieux dire,
qu'elle n'estaucrechose que
ces mêmes feux ou esprits
violemment agitez. En effet il
n'a pas de peine à ren d re raison
par ce principe de la plupart
des effets qu'on attribuë a la
chaleur, comme de secher les
draps mouillez,d'amolir la cire,
de durcir la bouë, de faire évanouir
l'esprit de vin qui fera
dans une phiole ouverte,&c. Il
fait voir que tout cela se fait par
le mouvement & par l'agitation
violente de ces petits feuxou efpritsdont
les lieux où toutes
ces choses arrivent setrouvent
remplis. Il ne trouve pasplus de
difficulté à expliquer la maniere
dont la chaleur s'engendre
en de certains corps, &
pourquoy il y en a qui n'en font
point susceptibles. Il dit que les
premiers s'échauffent aisément,
parce qu'a yant une contexture
rare, ils reçoivent facilemenr
dans leurs pores les petits feux
étrangers qui réveillent ceux
qu'ils avoient déja dans leur
propre sein,ouils étoient comme
assoupis,& qui les remuent
& lesagitent: mais que les autres
ne s'échauffent pas, parce
que leurs pores ne font pas faits
d'une maniéré propre à admettre
ces petits feux ou esprits.
C'est de là que vient, selon lui,
que le ru bis soutient la chaleur
du feu jusques à 5. jours, & le
diamantjusques à 9 ;ce qui a
fait que les Grecs lui ont donne
le nom d'adamas, qui signifie
invincible.C'est encore, à son
avis,ce qui fait que la pierre aprelié
chalazia, parce qu'elle a la
couleur & la figure de la grêle,
conserve sa froideur dansJe
feu? comme au contraire ce,le
queles-Grecsont appelléeapiyilos,
c'etf à dire irrefrigerable),
étant une fois échauffée, conserve
toute sa chaleur pendant
plusieurs jours.
'-Il ne faut pas oublier que nôtre
auteur ne croit pas que le
froid soit une simple privation
dechaleur, comme la plupart
dumon deselepersuade. Il pretend
que comme la chaleur
consiste dans desesprits de nature
ignée ,
le froid consiste à
l'oppalire dans des esprits froids
églacez.Etil croit le prouver
invinciblement par deux experiences.
La premiere est le froid
insupportable que l'Atlasdela
Chine rapporte qu'il fait toûjours
sur une montagne de la
Prov ince Quan^ft, qui pour cet
te raison est appellée la montagnefroide
;car quoy qu'elle soit
dans la zone torride, elle est
pourtant inhabitable par l'extreme
rigueur du froid. L'autre
est la vertu qu'a la pierre nommée
æmatite, d'empêcher l'eau
de boüillir,sion la jette dans le
vaisseau; & celle qn'elle a d'arrêter
le fang, lors qu'une trop
grande fermentation le fait sortir
hors des veines. L'auteur
croit qu'une même cause produit
l'un & l'autre de ces effets,
& il ne conçoit pas qu'on
puisse attribuer ni le froid de
cette montagne,ni la vertu de
cette pierre, qu'à des exhalaisons
froides,qui arrêtent l'action
& le mouvement des esprits
chauds. Com!
Combien degens vont se
«déchaîner contre - moy !Que
-de Poëtes modernesvont dé-
^clamer contre le Mercure!
Je vais rendre publique une
Satyre contreleplusfameux
Satyrique qui fut en France.
M. D. S. H. qui me faitpre-
|4çnt decettePiece, mepro-
Cflc*-avec serment,qu'elle
àa.-ja.mais esté imprimée. La
Crainte que j'ay qu'elle ne l'ait
esté , est de tousles inconve-
^iens'qui peuvent resulter de
ma temerité
,
le seul que
kj'apprehende.Cependant j'ay
d'excellentes raisons pour me
rassurer contre cette inquietude.
CettePiece est bonne;
voila déjà un grand Article.
D'ailleurs je croyque jene
déplairay en lamettant au
jour qu'à ceux qui sont euxmêmes
dans legoust de la
Satyre:estce, \m si grand
malheurpouunhommequi
naturellement n'enadmire
point les saillies,& qui se
mocquede toutsonsiel, de
ne pas plaire à ces Messsieurs?
On m'adéjà averti que je ne
feray peutêtre pas impunémentimprimercet
ouvrage,
& quetous les Partisansdu
grandB.m'envoyeront
pour se vanger de mon audace
des billets pleins d'aigreur
& demenaces. Tant mieux.
je me divertiray de leur chafrin,
je le rendray même pu- lie. En un mot, quand ces
Mefficurs, pour charger davantage
le coup de pinceau
queMrde la Bruyere a donné
dur le Mercure, devroient le
mettre dix fois au dessous de
rien, jene pourrois pas m'empêcher
defaire imprimer cette
Piece, à moins que les
Puissances que je dois respecter
, & que jerespecte, ne
m'ordonnassent de la supprimer.
J'ay communiqué ce
dessein à un grand nombre
d'honnestesgens, qui l'ont approuve
: j'en aydifferél'execution
jusqu'à lafin du mois,
pour attendre de nouveaux
avis. Personnenes'est formalisé
de l'intention que j'avois
de donner cette Satyre,par
consequent. Lavoicy.
LE TOMBEAU
DE BO 1LEAU,
SATYRE.
Quellesombre tristesse attaque
tes esprits ?
Lechagrinsurtonfront est
gravépar replis,
Qu'as-tufait de ceteint où
lajeunesse brille?
Jetevois plusrêveurqu'un
enfantd famille,
Qui courant vainement,
cherche depuis unmois
Quelque bonneUsurier
qui prête audeniertrois.
Ou qu'un tuteur tremblant
qui voit leverles
lustres
Pour éclairerbien-tostses
fittira illustres.
Quandle Partere en main
tient lesifflettoutprest,
Et luy va sansappel prononcersonArrest.
Ma douleur,cher Ami,
paroît avecjustice,
Cen'est pointen cejourun
effetdecaprice;
Mepompeuxattiraild'un
funesteConfvoy
Vientdesaisirmon coeurde
douleur&d'effroy,
Mesyeux ont vu passer
danslaplaceprochaine
DesMenins de la Mort
une troupe inhumaine;
De Pedans mal peignez,
un bataillon crotté,
Descendoit à paslents à
l'Université.
Leurs longs manteaux de
, :, àterre, A leurs crespesflottans les
mntsfaisoientlagutr*
rt';
Et chacun à la main avott
pïûpowjkitâbeau,
V#Umttj*di*:-?vertpour
orner untombeau,
J'ay vû parmi Içs rangs
malgréI4fouleextre*
me
Dc'"ml!inl Auteur dolent
lafaceseche&blefme.
fyey#Grecs& denxiLa*
tins escortotent le cereueil,
Et le mouchoirenmain
Barbinmenoitle deuil
pour qui crois-tu que nur*
che une telle ~oronnance.?
Ce lugubre appareil, cette
noire affluence?
D'unPoëte deffuntplains
lefunestesort,
l'Université pleure
, (7:
Despreauxestmort.
Ilestmort, c'enestfait,sa
Satyre ~T/~
Enfant infortuné d'une
plume infidelle,
Dont la Ville,&la Cour
ontfaitsipeu decas,
L'avoit déjà conduitaux
-
portes dutrépas.
Quandles cruelsefets d'une
derniere rage
L'ontfaitenfinpartirpour
cederniervoyage,
Ilcroyoit qu'Hipocrene,&
," sonpluspurcristal
Nedevoitquepour luy couleràpleincanal;
Mais apprenant qu'un au*
tre anime par lagloire
Avoit beureusementdans
Il sasourceose boire , frémit,&perce du fini
mortedépit,
Par l'ordred'Apollonilva
semettre 414 lit.
Tu ris: de tous les maux
déchaînezsur la terre
Pour livreraux Auteurs
une cruelle guerre:
Sçàis-tu bienque l'envieest
le plus dangereux?
Ils n'ontpoint d'antidoteÀ
ce poison affreux.
Un Poete aisement aidé
par lanature
Souffrelafaim,lafoif., le
Soleil
,
la fro dure,
Porte,sansmurmurer,dix
ans le même habit>-
N'a que les quatre murs
l'hiverpour tour deht*-
D'unGrand qui le nourrit ilsouffrelessaccades,
Son dosmêmeendurci si
, fait aux bastonnadesJ-'
Mais voit-ilsur lesrangs
quelqu'un se presenter,,
Et cüeillirdes lauriersqu'il
croitjcuL meriter.
Au bon goustà venirsoudainilenappelle,
AusieclepervertisaMuse
faitquerelle*
Achaque coin de ruèïlcrie,
-JO temps! omoeurs!
Lepoison cependant,augmentesesardeurs^
Etles dépits cruels ,les noires
jalousies
,
Fontàlafin l'effetdevingt
apoplexies.
quehérofiss,jourlleCini. ours leCini.
Dontun triste cercueilgardeàpresentlesos
Maissesentant voisin de l'infernalerive,
Et toutprest d'exalerson
amefugitive,
Il demandaparggrarâccee,,,&&
dunefablevoix
D'embrasser se-ç enfant
pourladernierefois.
Deux valetsaussi-tostses
dignesSecretaires I
Apportentprés de luy des
milliersd'exemplaires.
Lelitpar trop chargégemit j
souslespacquets,
Etl'Auteurmoribond dit
cesmotsparhocquets. 0 vous, mes tristes vers,
dignes objets d'envie,
JVJ)IN dont fattenst*hon~
., nveuired'u.n,e lfeéccoonnddér
PMiffitZJ-rzJOUJ:échAJler.m
naufragedesjins, Etbraverajamais £ignorance
,&Letemps,
jfenevous'verrayplus,déjà lamorthideuse
Autour de mon chevetétend
uneaile affreuse;
JMaisjt meurssans regret
dans
1
untemps dépravé;
> .- f-
Oùle mauvaisgoustregne,
&va lefront levé.
*QnlePublicsngrat,tnjidele,
perfide).
T,rouveMA veine usee, dl monstileinsipide
Moy,qui me,crusfadisa
Régnierpréfère.
Que dirontnosNeveux!
Regnardm'etfcomparé,
•Luyqùifendantdixansdu
Couchant
CouchantaL'Aurore
Errachez le Lapon&ramachezle
Maure.
Luy quinesçutjamaisnyle
Grecnyl'Hebreu.
Qui jcuajour&nuit,fîF
grandchcre&bonfeu;
Est- ce ainsi qu'autrefois
dansmavieillesouspente
Allâ,irombi-e- lueur d'une
lampe puante J'appris j pour mes pechez,
l'artdefairedesvers,
Feuilletantlesreplis de cent
Bouquinsdivers? ,
N'est-ce doncqu'enbuvant
que l'on imite Horace?
Par dessentiers defleurs , monte-t-onauParnasse?
Ce Regnardcependantvoit
éclatersestraits.
Quand mes derniers écrits
font en proye aux laquais\
0rage, ôdesespoir, ôvieillesse
ennemie!
Aprés tant de travaux
surlafin de ma vie
Par un nouvel Athlète on
meverra vaincu
Etjevis. Nonje meurs.. fayde)atropvécu,
ji ces mots bégayez, que la ".:
fureurinfvire,
Bbileaufermelesyeux,pen-
-
chela teste,expire.
Le bruit decette mort dans
lepaysLatin
Se répandaussî-lost&vole
chezBarbin.
La
, dans l'enfoncement
d'unearriere^boutique,
Safemmeétaleenvainson
embonpointantique,>
Etfaisant le débit de cent livresmauvais , Amuseun cercle entier des ,oisifs du Palais,
Là le vieux Presidenta
toujoursessceances,
Là le jeune, Avocat vient
prendreseslicences
Et le blond Senateur en
quittant leBarreau,
Vientpeignersaperruque,
&prendreson chapeau;
C'est là que le Chanoine au
sortirduservice,
Vientenaumusse encore a~
cheversonoffice.
Etqu'on voitàmidy maint
Auteur du menu
Surle projet d'un Livre
emprunterun écu.
Dansce Licée étroit cette
mortimprévue
Fut par les assistansdiversement
reçûë.
Acasteensoupira
3
le Li- braireengemt, -Crispe en eut l'oeil humide,
& Perraultensount;•-
Pendant qu'on doute encor
de la triste nouvelle
Arijitarrivéenpleurs, (:l,
suruneescabelle
Au milieu du Perron se
plaçanttristement.
Lut
-
au Cercle ces mots
extraits duTestament
EnThonneur d'Apollon à
jamaisjesouhaite
\Auxyeux de l'Universvi-
-
vre&mourirPoète,
J'en eustoute ma'V«,(9'
t'air,&lemaintien,
JMais desirantmourir en
Poëtechrestien
Je declare au Publicqueje
veux que l'on rende,
[Ce qu'à bon droitsurmoy
Juvenal redemande,
Quandmon Livreseroitré-
--
4-r- duitàdixfeüillets,
Jeveuxreflitusr les larcins
quej'ayfaits.
Si de cesvolshonteuxl'audaceefloitpunie,
Vne rame àla mainj'auroisfini
mavie,
Las d'estre simpleauteur
entésurdu Latin,
Tour imposerauxsots je
tradmfois Longin.
Maisj'avoue en mourant
quejel'ay mis en masque,
., Etque j'entendsleGrec,
aussipeu que le Basque,
Sur tout de noirs remords
mon espritagité,
Faitamandehonorable au
beau Sexe irrité,
jiu milieu des Pedans
nourrytoute mavie
J'ignoraylebeau monde,&
, lagalanterie, i
Et le coeur d'une Irispleine
demille attraits 4
Est
Estune terreaustralleoùje
n'allayjamais.
Jelaiseà mon valet dequoi
lever boutique
Des restes méprisezd'une
- Ode Pindarique,
Qu'on vit à sa naissance
expirerdans Paris:
On le verroitbien-tostrouler
en chevaux gis,
Si le langage obscuremploïé
dans cette Ode
Pouvoit unjourenfin devenirà
la mode.
Item, mais à ce mot chez
l'HorlogeurleRoux,
.La Pendulles'émeut,sonne
-
&frappedixcoups,
Alidoraussi-tost rempli
d'impatience
D'undélaicriminelaccuse
l'ajfifiance,
Faitvoir queletempspres-
,. se , & qu'il faut en
, granddeüil
Dans une heure au plus
tardescorterlecercüeil,
Il dit,&dans l'instanton
vitla Compagnie
Se lever bruspuementpour
la Ceremonie,
L'un court chezson Ami9
l'autre chez, un Frippier
Endosser l'attirail d'un
nouvel heritier,
Perrin d'un vieil bahut
d'oùpenduneserrure,
Tirasonjustaucorpsfaitau
deüil de Voiture,
Dont le coude entr'ouvert
reçut plus d'un échec
Envoulantle vêtir, tant il
se trouvasec.
Pradon, leseul Pradon eut
assez de courage
D'entrerchez, un Drapier
-
&d'un humble langage
., Pour quatre aulnes de drap
estimezvingtecus
Proposer un Billet signé
Germanicus.
Enfin midy sonnant cette
lugubre escorte
S'estsaisie aujourd'huy du
Deffuntsursaporte,
Et promenant ses os de
quartieren quartier
Le conduit au Parnasse en
songitedernier;
C'est-laqu'on va porterses
funebres reliques
Dansla cave marquée aux
Auteurssatiriques.
Là, sur un marbre offert
aux yeux de l'Univers
Encaractere d'or ongrave
ra ces vers.
Cy gist Maître Boileau
qui vécut de médire,
Et qui mourut aussiparun
traitdesatire:
Le coup qu'il assenaluyfut
enfinrendu.
Sipar malheur unjourson
livre estoitperdu,
A le chercher bien loin
Passant ne t'ernbataj^
se.
Tu le retrouveras tout entier
dans Horace.
J'ay beau vouloir me prescrire
de certaines regles, dont
je me promets souvent de ne
pas m'ecarter, tout l'arrangement
que je me proposes'évanouit
à chaque instant, &
mon imagination qui nest
; esclave que de sa liberté, ne
peut se per suader que ce qu'on
appelle méthode, ne foit pas
plutôt affectation. Tout ce
qui est affectation est vice:
ainsi on ne doit compter
nullement ny sur mes projets
, ni sur mes promesses,
Je formeray aujourd'huy un
dessein je l'executeray un
mois, & je le détruiray l'autre
: à la bonne heure; ce
sera une varicté pour le tçç.
teur qui s'ennuyera toujours
moins de mes caprices que
de ma confiance à vouloir luy
raconter methodiquement les
plus inconstants incidents du
monde. Par exemple, n'y auroit-
il pas de l'extravagance à
n'oser placer dans le Mercure
Galant la nouveauté de la
Promenade du Cours, sansle
secours de quelque liaison favorable.
Si je suivois mon plan, j'attendrois
pour par ler décemment
de cette Promenade,
que je fusse à l'article de Paris,
j'en établitois d'abord les nouvelles
les plus interessantes,&
de transition en transition, je
dirois enfin que l'on n'y est
point à la mode, si l'on n'a à
presentun soufflet, ou une
cariole découverte pouraller
se promener la nuitau Couts,
sil'on n'y profite pas jusqu'au
jourdu clair de Lune, lorsqu'il
y en a, ou si l'on ne fait provision
de flembeaux lorsqu'il
n'y en a pas : on m'a assuré que
-
la mode viendroit bien-tost
de se passer de la Lune & des
flambeaux. Dés qu'onest arrivé
au rond qui est au milieu
des allées du Cours, les Dames,
les Demoiselles & lesMessieurs
mettent pied à terre,
on y danse aux chansons ,ou
,
auson desInstrumemsquis'y
rendent, on y joüe à Colin-
Mullard & à d'autre jeux.
Rien n'est plus galant que
cette promenade:& jenedescfpcre
pas quelle ne fasse avant
la fin de l'Eté beaucoup
d' honneur au Mercure
Mr le Duc de la Force ya
donné lanuit du13.au14. une
Feste toute galante & plus
brillante que le jour,à Me la
Maréchale de Villars & à Me
la Marechale d'Estrées
,
qui
furent accompagnées d'un
grand nombre de Dames de
la Cour & de la Ville.
J'employe autant qu'il m'est
permis, tous les Mémoires
que je reçois;j'ay même prié
& je prie encore avec
la derniere
instance tous ceux qui
se mêlent d'écrire de m'en envoyer,
Pluficurs se sont réveillez
à ma priere
,
ils sont
sortis de la profonde létargie
où ils estoient ensevelis depuis
plusieurs années;mais ils
n'ont fait que se frotter les
yeux. Ils se font contentez de.
m'annoncer qu'ils alloient travailler
pour moy, ils m'ont
promis un grand nombre de
nouveautez & ne m'ont pas
encore tenu parole. Ceux qui
ont commencez à me faire
part de leurs veilles, se sont
imaginez, que l'cx ctitude,&
le bon goust qui doivent eftrc
dans les ouvrages d'esprit, etoient
des ornements qui ferMoient
etroprcd hounneurreau
Ils m'ont envoyé des pieces
froides, longues, & negligées,
apparemment pour
m'éprouver, je les ay supprimées,&
j'en fupprimeray autant
qu'on m'en enverra, tant
qu'elles n'auront que le merite,
d'ennuyer ceux qui les
lisent.
Il faut cependant, me dit-
-
on, que vostre volume soit
rempli à quelque prix que ce
foie;j en conviens, mais si les
gens sur qui je compte, ne
veulent pas travailler mieux
que moy ; il ne m'en coûtera
qu'un peu plus de peine que
je prendray à travailler pour
eux.
Enfin, tant qu'ils me refuferont
leur secours, je feray
entrer dans le Mercure tout
ce que j'écriray
, à commencer
par la Lettre fuivantc.
LETTRE !y
De condoleance à une Dame de
consideration sur la mort de
sonPere. MADAME,I
i*
C'est un ancienusage de
consoler les vivans dela perte
des morts. Je pense que ceft1
fort bien fait, parce qu'il me
semble qu'il n'y a
prcfquc'
rien à dire contre une mode'
reçuê depuis tant d'années:
Ainsi je veux,s'il vous plaist,,
croire pour un instant cettej
regleétablie pour vous &
pourmoy , comme pour le
reste des mortels. Cela estant,
permettez - moy ,
Madame , de vous témoigner la douleur
1 que je ressens de la perte que
vous venez de faire. Ce ne
font point dans un pareil mal-
- heur des idées de consolation
que je veux vous inspirer
, vos
douleurs sont trop raisonnat"
bles,vostreaffliction n'estque
[ trop juste, & je ne vousoffre
icy que des larmes à mêler
avec les vostres ; mais après
avoir suffisamment satisfait à
ces pitoyables devoirs de la
nature, l'esprit doit effacer
nos ennuis, la raison qui a
justifié nos pleurs doit rétablir
nostre tranquillité
,
le temps
doit refermer nos playes, &
la Religion nous armer d'une
pieuse indifférence contre
tousles accidens du monde.
Cependant souffrez que je
vous avoüe
, que je ne comprend
pas bien encore, en vertu
dequoy, tous les hommes
cherchent réciproquement à
se consoler du moindre de
leursmaux.
On félicite un pere sur la
naissance de son enfant, &
-'
l'on
l'on s'affige avec le fils de la
mort de son pere;à quoy bon
cescomplimens ,& ces condoleances,
sur un mouvement
continuel, & dont les rcvolutions
inévitablesn'ont rien
dont on doive ny se réjouir,
ny s'allarmer.
Voila le seul point où le
sort de tous les humains se
trouve égal; néanmoins on a
la manie de faire de super bes
Festes, parce que Pierre vient
au monde, & de tristes & lugubres
Mausolées, parce qu'il
en fort.
J'approuverois ce faste &
ces pleurs, si l'on n'avoit pas
tous les jours le même étalage
à faire, & les mêmes larmes à répandre.I Strabon dit (ho! Madame,
Strabonesticy d'un merveil-1
leux secours
, pour m'aider à
vousconsoler) oüy;) Srrabon
dit, que dans une certaine
région de l'Asie mineure, on
faisoitdemagnifiques funérailles
aux morts. Si tost que
l'ame d'un grand Seigneur
avoit pris congé de son individu
,
les amis, les parens,
les femmes & les esclaves duj
deffunts'assembloient autour
i
du corps quon avoit foin de
placer aumilieu d'un bûcher
fupcrbe
, avec mille Inscriptions
à la loüange du Trépassé
On dressoit autour du Bucher
de grandes tables couvertes
de viandes exquises, &
de vins excellens ; il n'estoit
question au milieu de ces festins,
que d'emblêmes,d'oraisons
funebres, & de panégyriques
pour honorer les
:
obfcques de ce cadavre: on
mangeoit, on buvoit à bon
compte, &l'on s'enyvroiten
attendant l'instant fatal où
chacun devoit donner la plus
grande & la dernière preuve
de l'amour qu'il avoir pour le
deffunt, ensuite on allumoit
i le bucher de toutes parts, & 1
les conviez chargez deleurs
plus précieuxbijoux se hâtoient
de se précipiter dans
les flâmes, pour mêler à l'envi
leurs cendres avec celles du
mort. La même ceremonie
se pratiquoit aussi en Perse &
en Egypte
,
mais avec moins
de rigueur.
Voila, Madame, ce qu'on
appelle des gensbien tendres,
& c'est presqueainsiqu'il faut
pleurer, ou ne point pleurer
du tout; mais avant de finir
l'article de mes condoleances,
permettez-moy de vous conter
encore une Histoire. Les
Histoiresont la vertu d'attirer
nostre attention, d'assoupir
nos inquiétudes, & d'enchanter
quelquefois nostredouleur.
Ainsi j'espere que vous
trouverez celle-cy assez rare
&a ssez consolante, pour vous
persuader que les plus courtes
larmes sont les meilleu-
Il.CS. , {:,' Il y a encore aujourd'huy
uneContrée dans la Grece
où le mort a toûjours tort.
Dés que la Parque a tranché
le fil des jours d'un mortel
,
on cxpofe (on corps au milieu
d'une certaine Place, où s'assemblent
ses voisins, ses parens,
ses amis, sa femme & ses
enfans. C'est sa chere moitié
qui ordinairement mène le
deüil ; elle s'approche de son,
pauvre mary qu'elle regarde
tranquillement d'un oeil de
pitié, & elle luy tient en peu,
de mots, le discours que voicy.
Pourquoy
,mon cher Ó.
poux êtesvous mort? vous
estiez bien pressé ? ne vous aimois-
je P» tendrement ? ne
vous ay-
je pas toujours esté
fidelle? allez vous estes un ingrat
qui avez voulu m'abandonner.
Suivez-donc vostre
malheureux destin ? je ne m'en
metplus en peine. Cette Harangue
finie
,
elle passe son
chemin, & se retire chez elle.
Ses enfansaussitost prennent
sa place autour de leur pere,
& luy font leurs petites remontrances
en ces termes.
Eh pourquoy , mon cher Papa
,vous estes-vous laissé moutir?
vous estiez riche, maman
vousaimoitbien, nous avions
tous de la tendresse & de la
soûmission pour vous,tout le
monde vous consideroit, il
netenoit enfin qu'à vous d'être
heureux; cependant vous
avez voulu nous quitter, vous
n'avez pas eu honte de mourir
, & de nous dépoüiller,
cruellement de toute l'esperance
que nous avions en '¡
vous;tout ce qui nous reste à
vous dire, c'est que nous n'oublirons
jamais un si vilain
cour: néanmoins quelque
part que vous alliez , nous
souhaitons encore que le
Ciel vous donne ailleurs un
destin plusheureuux, Alors les
voisins
a
voisins, les amis, & les parens
du mort commencent à
l'accabl. r dereproches& d'injures.
Qu'aviez vous à rir mou-
,
luy disent les uns? que
vous manquoit
-
il, reprennent
les autres?adore de vôtre
femme, aimé de vos ensans,
&chéri de tout le monde
, vous avez eu le courage
de nous quitter avec la dernière
rigueur!quelleinhumanité
! quelle injustice?ou plutost
quelle haine pour nous,
disent-ils à ce pauvre corps.
Allons, mettons parpitié une
obole dans sa bouche
,
fermons
son cercüell., couvrons
sa tombe depain ,de viandes
&devin,s'ilafaim ilmangera,
s'ilasoifil boira ,plaçons
le auprésde ses ayeux, fermonsensuite
son, sepulchre,
&?allons;nousiréjoiïiravéclat
femme&sesenfansdelasot-
'r d t y
.,,-
tise du mort. * 1- ?<: Ainsi comme vous.
Madame, chaque pays,chaqueguisemaisditesmoy
je vous prie; laquelle de ces
deux Histoires vous plaist
davantage?Sont-ce ceux
qui vont [ç bculensur unuj
cadavre,ouceuxqui vont
enyvrer sur le tombeau d'un
répassé ? Pour moy , quoy- iel'un&l'autreexcèsme pa-
>iflic tldicûlc^'-'jttiens
rt pour les derniers ,& je
is sûr qu'il n'y a point
h~MHii~ai(bt~~b!c quine
»iEdten}toft^vfs:~ v
Je conclus âohe: que la.
auteur est la plusinutile reslurce
du monde,contre des
iaui^ufé|uèBidkl,ric'Jpcflcrcedier,
& je soûciensqu'un
onesprit n'ajamaisbesoinde
onsolationparcequ'il ne doit
maistrouver dequoiss'afliger
cvôtre,Madame,est des meilleurs
que je connoisse
,
c'est
pourquoy je ne croi pasavoir
sur cette matiere d'autre concseil
àyvous d.onner queceluy- IoP.ropidrnce
-.-agir la Providence,
Nous ne vivronsqu'autant
quilluyflaim.
Des biens comme desmaux qu'el-
,: le nous offrira,_x-r. u
Tâchons de profisesavecindiffe- ,1 rence,
Etfaifons # nos Adieux quandnotretourviendra.
Jecommence
à me dédire
de ce que je viens d'avancer
contre la negligence des gens
d'esprit, & je cesseray de me
plaindre d'eux, dés qu'ils se
souviendront de moy. Je
viens de recevoir une demie
douzaine de pacquets remplis
de choses curieuses,d'évenemens
extraordinaires, & de
belles remarques sur la Geographie,
l'Hirtoire, l'Eloquence,
& la Poësie : mais je prie
ceux qui me font ces presens,
de me les faire de bonne heure,
s'ils veulent les voir imprimez
le mois même qu'il me
les envoyeront. Cependant
quand tousle Mercure feroit
fait, j'aimerois mieux l'augmenter
d'une feüille,que de
manquer d'ymettrelacopie
d'uneLettre singuliere qu'on
vientdem'apporter,elle est
jointe àdeux autres pieces
que je donneray sans faute le
mois prochain. Rien n'est
plus réjoüissant que la défiance
de celuy qui me l'ecrit, &
que le conte qu'il met avec
beaucoup d'art& d'esprit, à
la suitedesraisons de son incredulité.
Copie d'une Lettre dfB-'tuïvais.
Vous venez,Mdnficur,
de nous donner pour HiftoU
re, cequ'onne peur regarder
que comme une agreable fiction
; quand on veut supposer
un Arrest ,ilfaut au moins
imaginer une questionfoûce*.
nable sur laquelle les Juges
ayentpûprononcer. L'Auto
theur de cette Nouvellecralante
nous prend-il pour des
Gruës ? Pour loüer un Tribunal
Supérieur,faut il déni*
grçr les JugesdeProvintc.!
Quelleasnerie seroit-ce que
d'appointer les Parties comme
contraires à verifier chacun
à leurs fins; le Mary
,
qu'un enfant né dans le septieme
mois de son mariage,
est son fils;& le Beau pere,
que sa fille n'a point estécruelle
; l'Enqueste seroit digne
d'allonger le chapitre de Rabelais,
où il est parlé de Dandin,
qui à cause de cet axiome
de Droit aléa judiciorum,mettoit
aux deux bouts d'une table
les productions des Parties
,&tiroir une chance pour
le Demandeur, &une pour le
Deffendeur. Vous me direz,
peut-estre, que lachose n'est
point sans exemple ; en Dauphiné
une femme accouche
après trois mois de mariage
d'unenfant qui avoit tous les
signes de vie; au Jugement
des Connoisseurs, il avoit au
moins neuf mois. Le Mary
ne peut se mettre en reste que
ce fruit fut un effet de la seule
imagination de sa femme, &
que Junon luy eust appris son
secret; c'estoit un ignorant qui
ne sçavoit point la Mythologie
: D'ailleurs il ne se croyoit
pas si habile pour un ouvrage
si avancé, il murmure illâctà.
te,comme il ne fc trouve
quetrop degens pour faire
enrager les autres,on luy insinue
qu'un certain Capitaine
a eu une accointance fort libre
avec sa femme,&qu'il
pourroic bien avoir humanisé
savertu; la femmeen cause
avoüe quelle n'a point voulu
chagriner cet Officier,&qu"»-
ellese seroit fait un fcrupulc
de l'éconduire, tant qu'il paroissoit
luy demander de bon
coeur ses bonnes grâces; le
Mary poursuit le Cavalier,il
avoüe franchement ce quis'est
passédans la chaleur de la conversation
;tout calcul fait, il
reconnoist que l'enfantest de
sa saqon ; ou au moins qu'il
n'y a pas nuy;par Arrest l'enfant
estadjugéau Capitaine..
Où trouveriez vousàpresent
un Petit Maistre qui voulûr avoüer
la dette, on auroit beau
s'écrier, ôtempora!ô mores! en
pareilcas on rejette volontiersle
fardeau sur son voisin;
tout sert en ménage,aussi les
Juges qui connoissent le train
du monde,n'ont garde d'ordonner
une pareille preuve
elleseroit illusoire,il faudroit
des témoins oculaires, & la
bonne foy est trop rare : mais
cc n'est paslàcequiôteà l'histoire
toute la vray- semblance,
c'estl'habileté prodigieuse du
mary & la bêtise inoüie dela
femme. Le mary plus penetrant
que cet Argonaute
,
qui
voyoit distinctement les objets
jusqu'au fonds de la mer, >
découvre dans lesein de sa
femme un enfant,qui àpeine a
la vie; ilcrie,il rempeste,comme
si la chose etoit démontr ée
ou palpable, & la femme a-
Vbüe ingenuëment les complaisances
outrées qu'elle a
cuës pour songalant : ou en
ttrroouuvvee--tt--oonnddeessii nneeuuvveess?? oouù
entrouve-t-on desiindiscrettes
?ne sçavent-elles pas tomberàpropos,&
manque t-on
de Medecins ou officieux ou
ignorans qui refusentleurs
suffrages à une supercherie
impenetrable aux plus avisez?
Appresteznous un Conte qui
soit mieux assaisonné, &ou
se trouve levrai
-
semblable.
L'Italien dit
,
se nom è veto,
è ben travato : cette histoire
n'est ny l'un ny l'autre. Je fuis,
Monsieur,tout à vous.
Le nomd'unfameux Authcur
suffit pour augmenter
le prix d'un Ouvrage:que le
merite y soitounon,cela
n'est d'aucuneconsequence
pour le Publicqui sesatisfait,
oudu moins, qui seprévient
sur l'étiquettedu sac:ils'enfuitdelàque
les plushabilesi
gens ont quelquefoisleprivilegede
ne rienfaire quivaille&
d'entendretraiter denégligencesheureuses,
des fautes
qu'on ne pardonneroit pas
à des Autheurs subalternes.
Voicypar exemple , me
dira-t-on, des vers que vous
estesobligez de trouver admirables.
Ils font de RacanJ
de Malhetbe, ou de Pavillon:
donc ils font bons. Si celaest,
comme je n'ose pointen douter
, lesdeux Pieces qu'on va
lire sontexcellentes.-. La premiere
est un rendre éloge que
Mr leMarquis devlaR.1
addresse à Mlle desH. &
la seconde est une obligeante
réponsede Mlledts'H.A'
àMr de laR. l
Fille d'une Aigle, Aigle uousmême,
Qui n'avez point degeneré ,
Dont par tout le mente extrême
Estsijustement reveré,
Qu'on s'honore quand on vous
aime , -
AimableInterprete des Dieux,
Qui parlezsibien leur langage,
Etquiporte dansvos beauxyeux
Etleurdouceur g7* leur image , Recevez le petitdommage
Que je vous offretous lesAN.
C'est un tribut desentimens,
Qui neconvientplusàmonâge :
Mes bienséances me l'ont dit.
Les Amours & les Vers font
faits pour la jeunesse, 1
Maislefeu de mon courquisoûtient
tient mon esprit,
Amuse & trompe mavieillesse.
Faites-moyseulementcrédit
D'agrémens & de gentillesse,
Contentezvous dufond de ma
tendresse;
Il en estde ce que je sens,
Comme des Tableaux d'ungrand
Maître,
Dont la beauténefait que croître
Et briller davantage à la longueur
du temps.
Vostrevertu n'estpas commune,
Vous aimez à faire du bien:
Donnez mes yeux à la Fortune
, Il ne vousmanqueraplus rien.
RE'PONSE
à Mr le Marquis delaR.
"si
Demeurez dans vôtre Hermita-
S?>
Je crains le dangereuxhommage
Qu'avecque trop de foin vous
m'offreztoutlesans;
Pour la tendresse il n'est point
d'â e • Vous lesentez&jelesens,
Cecy n'est point un badinage. 8
Vous de retour nos coeurssimpathisans
L'homme prudent, lafillesage,
Toutpeut estreseroitnaufrage,
Demeurez dansvostreHermita- ge.
Le traître Amour qui vous en-
N7\. Te doit pas estre mépri;s(é/
) Avec luy naturalisé,
Les belles deson appanage
Vous ont dans tous les temps si
bienfavorisé
> Que toutde vous mefaitombra- -Demeurez diansvostre Hermitaff-
Vous parlezuncertain langage
Quiporte au coeur, qui faitpenser
,
Et quisembleestre un surprésagep
Que de ses traits- le Dieuvolage
A
Est prest encore à me blesser:
Demeurez dans voAt Hermita-
SAh!
s'ilavait cet avantage!
Duséjour de ¡thttWtUfP.'X
Que penseroit Dame dont les attraits
Auroientsoûmis le coeur le plus
sauvage:
Dame, dont les beaux Versne
périrontjamais
Et dont le nomest tout mon beri-
Car voussçavez que pas un de
ses traits
Negist en mes écrits, non plus
qu'en monvisage,
Et que je n'ay pour toutpartage
Que lesyeux doux qu'ellem'a
faits;
Pour ne lespointmettre en usage,
Demeurez dansvoftreHermtfa»
&
Pendant que je suis en train
de lire des Vers nouveaux ,
quoy que j'entrouve souvent
,.q.uàlaatrcftcnc en chemin ,jc
ne laisse pas d'en rencontrer
quelquesfois de si beaux, que,
si j'en croy leurs Autheurs,
ils font marquezau coin de
l'excellence. Je ne prends
pourtant pas toûjours pour
les meilleurs ceux qu'onm'assure
avoir tant de beautez,,
ny pour les plus mauvais ceux
que la modestie des Autheurs
met au «
dessous de ce qu'ils
valent. Celuy qui m'a fait present
de la Piece suivante est
on fort galant homme qui
faitaisément de très jolis,
Vers, ilm'a donnécettePiece ,
comme s'il ne me donnoit
rien; je l'ayreçuë comme il
me l'a donnée,& je la rends
de même. Ce que j'en pourrois
dire d'obligeant ne luy
donneroit pas plus de merite
qu'elle en a, c'cft à ceuxqui
la liront à en juger.
DEPIT.
L'Amour sembla d'un trait
vainqueur,
Iris , nous. blesser l'un & ïau*
tre,
Mais le coup qui perça mon
coeur
N'avoitfait qu'éfleurer levôtre.
Vous renoncezsanspeine&presqu'en
un instant
A l'innocent plaisir d'un ardeur
mutuelle
Quandvous cessezd'estrefidelle
Dois jepour vousestre constant;
Mais pourquoy mepicquer d'une
vaineconstance,
Oublions les attraits dont mon
coeurfutépris.
Peut-estreun jour l'indifference
Me vannera de vosmépris,
Quy,jeveux effacerjusques à la I
mémoire
De mes plus tendressentimens.
LeDépit à moncoeurprometcette
wttoirc.
Heureux
Heureux s'ilest Lesfortquemes
premierssermens.
Autre Piece. etefi un Sonnet
en Bouts-rimez qu'un Amant
envoye à sa Maistresse
,
qui
luy avoit demandé un Bou-
,
quet en vers le jour de sa Fête.
SONNET.
MaigrémaMuse&l' almanach ,
Vous voulez qu'il soit vôtre fête,
Etquebien ou mal je m' apprête
A rimer ab hoc & ab hac-
Sile coeur ne m'eut fait tic tac,
Je n'avois plus de rime prête
Et je la cherchois dans ma tête
Lorsqu'un de mes doigts a fait
crac,
Oüy ma muse étoit si rebelle
Que si vous n'eussiez été bellea
J'étais au bout de mon rollet*
ilpaypenrécenttoisenrevange *Donner au diable le Sonnet,
Mais il étoit fait pour un Ange-
Je n'aurois pas manqué de
mettre à lasuite de ce Sonnet
deux autres Sonnets qu'on
m'a envoyez à la loüange de
Mr le Maréchal de Villars.
La Poësie en est belle, les expressions
en font nobles & les
chûtes magnifiques ; mais il y
a des fautes de quantité dans
lesixiéme & le dixieme vers
du premier, & dans le cinquiéme
du second. Si ccluy
à qui elles font échappées,
veut prendre la peine de corriger
ces deux Pieces, & de
me les renvoyer, je lesrendray
publiques.
Pour ne rien omettre de ce
qui peut faire plaisir aux Lecteurs
,
je cherche de tous les
costez,tout ce qui peut contribuerà
leur satisfaction, je
reçois & je lis tout ce qu'on
m'envoye
,
je choisis aprés,
heureux si mon choix peut
plaire. Iln'y a pas jusqu'à clef
Gafconnadcs donc je veux
quelquefois les amuser. En
voicy une toute nouvelle.
Réponse d'un Gascon à un
Carcel.
Vous estes, Monsieur ,sipeude
chose
, que n'estoit l'insolence
- de vas parolesje ne me souviendroisjamais
de vous. Le present
porteur vous dira le lieu où je
suisavecdeuxépées
3
dont vous
- aurez le choix; si vous ave.,-<'
l'assurance d'y venir, je vous
épargneray lapeine de vous en
retourner.
Voici une autre nouvelle
dont je me félicité, & donc
j'efperc qu'on me sçaura borç
gré.
Le débit du Mercure qui
augmente de mois en mois,
m'encourage à augmenter
aussi la dépense necessaire
pour le rendre meilleur. Le
Public & le Mercure ont esté
là dessus
-
long temps sur le
Qui vive. Donnez-nous un
bon Mercure, disoit le Public
,
& nous l'acheterons.
Achetez le bien,disoit l'Autheur,
& on le rendra bon.
Le Mercure en une espece de
Livre dont la bonté ne dépend
presque que de la dépense
qu'on fait en Correspondances,
en Commis
, &
Recherches: en un mot, il
faut beaucoup dépenser, pour
mériter la vente. Une Chanson
,
qui ne paroist qu'une
Chanson
,
& qui n'est rien
davantage, ne laisse pas d'aller
à cent écus par an, à n'en
donner qu'une tous les mpis. J
Jugez du reste.
On mettra toujours lesparoles
de chaqueAird'abordsansMufique,&
dans la feüille suivante
, les paroles avec U Note ,
afin que si lafeuille volante de
la Musique embarasse ceux qui
ne sisoucient point àu chant,
ilspuissent la décoller & que les
paroles ressent. La Musique de
celle cy est de Ad* Dubrteuil.
AIR A BOIRE.
Il n'est point icy bas de plaisir
sans chagrin:
C'est un Arrest du Destin.
Quand mon oeilse delecte à voir
ce jus divin,
Mon gosiers'impatiente,
Ma soifredouble & me tour,
mente,
Etlors qu'en avallant mon gasier
se contente,
Mon oeil voit à regretdisparoître
levin.
Il n'est point icy bas deplaisirsans
chagrin.
-C'est un Arrest du Destin.
Ab ! goûtons icy bas un plaisir
Bravons l'Arrest du Destin.
Voicy deux rouges bords que Bac-
, cus mepresentey
En buvant l'un,je voyl'autre
tout plein,
Mon gosiersedelccte,&mmoeil
se contente.
Ab ! je goûte icy bas un plaisir
sans chagrin,
Malgrél'ArretduDestin.
Ceux qui ont l'avantage de
connoître le Public mieux que
moy ,
& que je connois mieux
que le Public,quoy que j'aye
l'honneur de l'entretenir tous
les mois, me repetent sans
cesse, qu'il faut absolument
,
pour luy plaire, luy parler de
toutes sortes de choses
,
&
ne luy refuser aucune des
varierez que l'imagination
l'experience , ou l'étude des uns
& des autres viennent m'offrir
tous les Jours. Je croy en effet1
que ce conseil bien executé,
ne m'aidera pas peu à satisfaire
tout le monde. Cet avis
me détermine à employer à
tout hasard le premier manufcrit
qui va tomber fous ma
main.
Memoire Géographique.
Sanson, Géographe ordinaire
du Roy, a mis au jour
unegrande Carted'Allemagne,
avec une explication, intitulée
Allemagne & les Etats Souverainsdel'Empired'Allemagne.
Il
adédiéceTraité à Son Altesse
Royale Madame.
Il commence par faire remarquer
que fous le nom
d'Allemagne l'on entend ou
cette Region, que les originaires
nomment Teustchland, &
que les François appellent Allemagne,
ou ce qui compose
l'Empire, tel qu'il est aujourdhuy.
La première division qu'il
en donne, est par rapport à
la Geographie naturelle. Tout
ce que! on peut entendre fous
lenomgeneral d'Allemagne y
est distingué en trois grandes
Parties
, aux environs du
Rhein,delElbe&del'Oder,
dont les Regions font divifécs
en petits Pays.
La seconde,enparrapport
à la Géographie Astronomique
;où les climats, qui y font
tracez, nous marquent la dufée
des plus longsjoursde
l'année.
La troisîéme, est sélon la
Géographie Historique, &
pour le gouvernement politique,
ou font distinguées les
Souverainetez Ecclesiastques,
& lesSéculieres qui composent
l'Empire d'allemagne;sçavoir
les Electorats, les Principautez,
les Seigneuries & les Villes
Impériales.L'on y voit
qu'en l'année1500.ces Souverainetez
ont été distribuées
en six Cercles ou Provinces
generales, par Maximilien I.
étant àAugsbourg ; qu'en
1512. ces six Cercles ont esté
repartis en dix, dans l'Assemblée
tenuë à Cologne en prcfence
du même Empereur.
Il fait l'énumeration de
tous les Etats qui composent
ces Cercles, combien ces Cercles
ont de Directeurs
,
de
quoy l'on délibéré dans les
Dietes particulières,que chaque
Cercle a le droit d'Archives,
& que l'on n'y admet
personne que l'Etat qu'il posseden'ait
esté érigé enEtat
de l'Empire, que lors qu'il
s'agit de nommer des Asses-
feurs ou Conseillers pour les
presenter à la Chambre Impériale
, ces nominations ne
fcfont que par les six Cercles,
comme ils avoientesté établis
en1500.
Que routes les fois qu'il est
ordonné dans les Dictes générales
que l'on fera les délibérations
par les Cercles. Elles
font toûjours par les mêes
six Cercles, que lors que
on confirma les dix Cercles
ans la Diete de Nuremberg
1 5 22. l'on dressaenmê-
e temps la Matricule de chaje
Cercle qui est differente
: celle de la Matricule de
Empire:l'on y trouve ce que
chaque Cercle est obligé de
~nner pour soncontingent
:
quels font les exempts de
~ntribuer. Ilfinit par lerang
es séances des Princes de
Empire dans la Diete genede
qui se tient, depuis longemps
, à Ratisbone : tous les
Souverains y sont distribuez,
en sept Classes. !
2. La Carte represente en-
core le Royaume de Boheme J.
lequel fait un Etat separéc ,
quoy qu'il soit Membre de
l'Empire. I
3. Les Treize Cantons, ou la
République des Suisses, leurs
Alliez
, entre lesquels sont
trois Ligues, ou la République
des Grisons, lesSujets des Can-
-
tons & des Alliez.
4.Les Etats Generaux J($!¡
Provinces Unies des Pays bas.
L'on peut aussireconnoî—
tre dans cette Carte, les Pro-
vinces
vinces Ecclesiastiques de toute
l'Allemagne, pour le Gouver.
nement spirituel & l'Administration
de la Religion Catholique.
Cette Carte & ce Traité se
trouvent chez le Sieur Moullart-
Sanson
,
dans le Cloistre
de Saint Nicolas du Louvre,
à Paris.
Autre Mémoire non moins
utile que celuy quon vient de
lire.
Le Sieur Bouvelin enseigne
la Science des Negotians & les
Mathématiques. Il enseigne
aussi à faire des Cartes des
rapports des Changes, des
Poids, Mesures,& Aulnages
étrangères,d'une maniere qui,
n'a point encore paru jusqu'à
present. Le toutpour apprendre
par principes les principaleschoses
duCommerce, en
tres peu de temps:ouvrages,
utiles aux Banquiers,Marchands
,Agcnsde Change,&
autres qui ont affairedansles
Pays étrangers.
Il enseigne aussi trois nouvelles
découvertes, qui font,
la Quadrature du Cercle, la,
Trisection de l'Angle, & lû
moyen de faire paioître par
reflexionl'Arc-en-Ciel surla
terre.
Il démontrera ces problêmes
depuis dix heures du matin
jusqu'à midy. Il demeure
chez son pere, Horlogeur de
la Paroisse deS. Mcdcric
, ruë
S. Martin, à costé duPortail '-
de l'Eglise.
Autre Memoire plus utile
encore que les precedens.
Le Public. est averti que le
Sieur le Gros, Chirurgien Oculiste
de Paris, guerit routes
les maladies des yeux, & pratique
toutes les operations
touchant cet organe. Il guerit
aussi la fistule lacrymale sans
opération; & traite les pauvres
par charité. Il demeure
dans le Temple
, au bout de
la petite ruë, chez Madame
Boncourt. On le trouve tous
les jours après midy.
Cas de confciense. J'ay
pensé me faire un scrupule
d'annoncer au Public un Tailleur,
même un Tailleur extra^
ordinaire, cependant je m'y
fuis déterminé en faveur dela
nouveauté du cas.
,
- Le sieur le Pelletier,Maistre ;
Tailleur d'Habits, s'estavisé
d'un expedient utile,commode
,
&gascon si l'on veut. Il
a seul le secret de faire des habits.
sans envers, habits doubles
, ou portans leurs Surtouts,
de quelque étoffe que
ce soit, & de quelque maniere
qu'on les puisse souhaiter. Sa
demeure est ruë S. Marrin ;
cul de sac S Fiacre, chez Mr
Caboche, Marchand Chapelier,
vis à-vis S. Mederic.
On m'a afifuré que j'avois.
eu tort de faire imprimer le
mois paffé toute la Harangue
deMrle Maréchal de Villars,
parce que le Libraire qui a le
Privilege de donner au Pu-,
blic tous lesouvrages de l'Academie,
n'y trouvoitpas son
compte. Il est vrayque je n'envisageay
point cet inconvenient,
&que plus occupé du
plaisir de mes Leaeurs que du
dommage du Libraire, loin
de m'imaginer de tirer un Extrait
decette Piece, je me perfuaday
que ce seroituncrime
àmoy d'oser enretrancher un
mot,aussimegarday-je bien
de le faire- Mais pour neplus
entendre doresnavant de rcmontrances.
sur ce sujet, je
promets de ne donner dans la
fuite aucuns Discours del'Ademie
,
qu'après en avoir
étaché les endroits les moins
teressans, quandmême ce
vroit être une phrase entie-
Voici la preuve de l'usage
e je sçay faire des bons conils
qu'on me donne..
COMPL*IMENT le l'Academie Françoise, a
MonseigneurleChancelier ;
par Mrde la Motte, Direc
teur de cette Compagnie-
1
MONSEIGNEUR,
C'est un nouveau bien-fait
du Roy pour toutson Peuple;
6c pour nous en particulier]
quevôtre élévation à la prej
miere dignité du Royaume.i
L'Academie s'est affligée,,
elles'en est fait honneur de.
: vant vous, de la retraite im]
prévûë de vôtre Illustre Pre'
decesseur: Nous perdons en
J
luy un ami des Mures, & q
regardoit comme une portiotï
de la Justice, l'appui genereua
qu'ilprêtoit aux gens dclce
tres. -
1
Le choix du Roy nousa;
consotez,ce choix qu'une raio
XOÛ constante éclaire>&JUS
aifeall
Fait toûjours le plus folidc éloge
de ceux sur qui il tombe.
Il nous rend en vousce que
nous perdonsdans le Chancelier
respectable à qui vous
succedez. C'est avec joyc que
nous vous voyons monter à
une place, d'où nous avons eu
la douleur de le voir descendre.
& en admirant en luicette
pietéreceüillie, qui le derobe
au fardeau glorieux des affaires,
nous admirons en vous
cette religion genereuse qui
vous dévoüe au travail pour
l'utilité publique.
Vousavez déjà lutté ave-c
succéscontre les m ux de la
guerre dans un Ministere pénible,
&ladifficultédes temps
n'a fait que servir à vôtre gloireplacé
aujourdhuy à latête
de la Justice, vousexcercezun
Ministere de Paix, dont tout
le Royaume va se ressentir.
Songez, Monseigneur, que
les Muses y doivent avoir leur
part. La Paix demande que
les lettres fleurissent,&la Ju(~
tice veut qu'elles soient récompensées.
Nous ne doutons
pas que vous ne contiez
cete - Loy entre celles donc
Vous devenez l'organe& le
soûtien, & que depositaire de
autorité Royale vous ne
oyez aussi le Ministre de la
protection particulière, dont
c Roy nous honore.
>
Le Mercure s'avance, disent
ceux qui font dans l'usage de
e voir tourner d'une certaine
Façon, & nous n'avons enco-
'e vû dans celui-ci, ny Nouvelles,
ny Mariages,ny Morts.
Que les gens qui font plus
curieux de ces derniers Arcicles,
que de tout ce quile
précede, se contentent maintenant
decequ'ils vont lire,
s'ilest en mon pouvoir de les
contenter : à l'exception du
chapitre des Enigmes, & de
quelquesautres bagatelles que
ceux qui se souviennent de
moy vers lafindu mois, peuvent
m'envoyer; le resteduLivreva
estre pour eux, àcommencer
par l'article des morts. 1
Barnes Anglois , fameux
Grammairien,tres distingué
parmi lesSçavans ; vientde
mourir dans son Pays; il a1
donné une Edition d'Euripide, 1
d'Anacrco& d'Homère /cn
latin&,grec.
': Antonio Magliabechi, Bibliothécaire
du Grand Duc;
personnage tres - sçavaot&
tres-extraordinaire, vient de
triourir à Florence, dans sa
quatre-vingt-unième année.
Il avoit de grandes relations
avec tous les Sçavans del'Europe.
Par sontestament le Publicaheritéde
saBabliotheque,
& les Pauvres de son bien.
; MartinoPolihabileChimiste
de l'Academie desSciences,
mourut le 29Juillet, pour
avoir esté, dit on trop saigné:
sa femme &ses fils étoient arrivezdlralie
laveillede samorr.
Claude Irson, natif deRiblemont
en Picardie, mourut
en cette Ville le 24. du mois
dernier, âgé de quatre vingtseize
ans, apres en avoir em-à
ployé plus de soixante à elh
seigner les matieres qui concernent
le Commerce & la
Banque. Les Lettres Patentes
que le Roy luy accorda à Nancy
le 25Septembre1663.
par lesquellesSaMajestél'établit
seul Juré Teneur de Livres
pour l'ordre& la verification
de toute sorte de COIlb ptes , ><
les Livres qu'ilaunis
au jour sur ce sujet, la confiance
dont feu Mr Colbert
l'honora autrefois pour examiner
differens comptes de
longue discussion, qui regardoient
les interests du Roy ôc
du Public, sont asssez connoître
la netteté de son esprit,
& son habileté danscette Prosession,
à laquelle il estoit si
universellement portéqu'illa
continuoit encore trois semaines
avant de mourir. Ilyavoit
prés de trente années qu'il
estoit privé de toutes ses dents,
ce qui ne l'empêchoir pas de
manger des choses les plusordinaires.
m1rd Joachim Trotti de la
Chetardie, Docteur en Theologic,
Curé de Saint Sulpice,
mourut le 29.Juinàsix heutes
& demie du soir. Il avoit
pris possessionde cette Cure
Je 13 Fevrier 1696. & fut
nommé à l'Evêché dePoitiers
le15. Avril 1702.mais il ne
l'accepta point. Il estoit filsde
CharlesTrotri de la Chetardie,
Ecuyer, Seigneur du Bureau
de la Chetardie & de k
Guyonnie,& de Charlotte de
Nesmond,& arrierepetite
si's de Joseph Trotri, Seigneur
de la Cherardie
,
l'un
des Cent Gentilshommes de
la Maison du Roy, fait Chevalierde
l'Ordre de S Michel
J. par Lettres du Roy
Charles IX. le 17. Octobre
1568.dans un temps que cet
Ordre né se donnoir qu'à la
Noblesse. Il estoitcousin germain
de feu Joachm Trotri
de la Chetardie,Seigneur de
Pavieres
,
Gouverneur de Brifak
puis de Landrecies
,
Brigadier
des Armées du Roy, Be
Inspecteur gencral d'Infanterie,
mort le 14 Juin 1705 ne
-Iàiffa,n-c qu'un fils de son mariage
avec Marie Claire-Colette
deBerarddeVillebreül,
à present femmede Ferdinand
- Auguste de Solarre;
Comte deMonastetolles, EnvoyéExtraordinaire
de Mont
seigneur l'Electeur de Bavière,
en France, & Lieutenant general
de ses Armées, dont elle
a aussi des enfans. Feu M. de
la Chetardie, Curé de S. Sulpice
,
s'estoit démis de cette
Cure peu de jours avant sa
mort entre les mains de Mr le
Cardinal d'Estrées,qui ,comme
Abbé de l'AbbayeRoyale
de S. Germain des Prez, y
nomma Mre Jean -
Baptiste-
Joseph Languet de Gcrgy,
Docteur en Theologie de la
Faculté de Paris, & Vicaire de
la même Paroisse, qui en prit
possessionle21dumêmemois
de Juin. Ce nouveau Curé est
frere de Guillaume Languet
,
Seigneur de Rochefort, Conseillerau
Parlement de Dijon,
de Jacques- Vincent Languer,
Seigneur de Gergy , Gentilhomme
ordinaire de la Maison
du Roy,à present Envoyé
à Florence,de Pierre-Bénigne
LanguetdeMonrigny
,
Colonel
d'un Regunenr de Cuirasfiers
pour M. l Electeur de
Baviere, de Lazare Languer,
Religieux de l'Ordre de Cifteaux,
Abbé Regulier de S.
Sulpicc au Diocese de Bellay,
de Jean Joseph Languetde la
Villeneuve,Aumônier de feuë
Madame la Dauphine dern,icw
re morre,Abbé de Goetmaloen
, Grand-Vicaire d'Authun
resident à Moulins,&
de Therese-Odette Languet,
femme de François Rigoley j
pr emier PresidentdelàChambre
des Comptesde Dijon,
tousenfans de Denis Languer,
Seigneur de Rochefort,, de
Soffre&deGergy,Procureuf
général au Parlement de Dijon
,
& de MarieRobclin*, u
petits enfansde M* Langucc
Secrctaire du Roy.,forci du*
tic bonne famille originaire
f du lieu de Viteaux en Bourf
gogne. K
l-.
l, Dame MarieMollet,veuf
VC Je BernardMartineau,cut
du Pont- Herault,& Roy
d'Armes des Ordres du Roy,
mourut le 2.9 Juillet,lailïkit
': de son mariage Anne-prani
çoifc Martineau , femme de
: François-Anroine Ferrand
î Mailtre des Requcfics) & Intendant
cn.Bretagnc.;>:
MlPGabriel dOrléans Ror:
thelin;AbbédeNôtre-Dame
de Josaphat, au Diocese de
i Ghamcs,&Pueur de Gournay,
mourut le 31.Juillet. II
efioit grand oncle de MIS les
MarquIs, Chevalier & Abbé
de Rothelin, & petit-fils de.
François d'Orleans, Baron de
Waranguebec & de Neaufle,
Chevalier de 1Ordre du Roy,
Gentilhomme ordinaire de sa
Chambre , Lieutenant des
Gendarmes du Duc de Longueville
son frère,&Gouverneur
de la Ville de Vernciiil,
mort l'an 1600.filsnaturel de
FrançoisdOrléans, Marquis
de Rorhclin, &de Françoise
Blaflct,Dame de Colombietés
& du Picflîs-Pâté, d'une
J
Maison des plus distinguées
de Normandie.
Mr Leon de Font le bon,
Chevalier,Comte de Vitrac,
ci-devant LieutenantauRegi-
; ment des Gardes Françoises
t
mourut le Aoust 1714. Il
citoic d'une bonne noblesse de
Poitou, & avoit épousé en
1708. Marie JeanneCharlotte
de Maupeou,fille de Mr
d'Ablege, Maistre des Rcquêtes.
';
Mre Antoine Hardy, Sei-
: gneurdcS.Georges,Conseiller
> au Parlement de Paris,Commissaire
aux Requestes du PÑ
lais,oùil avoit estereçu le
Mars 1673.mourutjc-5.de.
ce mois sansalliance. Ilestoit
fils de François Hardy ,Conseiller
au Parlement reçuen
1668. mort aussi sans alliance,
& de Marguerite
,
Hardy,
femmede François Briçonnet,
Seigneur de la Chaussée,
Maistredes Comptes à Piriçl,
& fils de Claude Hardy Secrétaire
du Roy, puis Miiftre
des Comptes, motten 1649.
& de Suzanne Picot, &petitfils
de Charles Hardy Secrétaire
du Roy , reçu en iy.9S,
& Tresorier de l'Extraordi- *naire
nairc des Guerres en Touraine,
mort en itf5 3. & d'Anne
Pingré. Cette famille est originaire
dulieu d'Angervillela
Gaste sur le chemin deParis
àOrleans. iwt*
Dame Annede Masparault,
veuve en premieres nopces
d'Adriend'Arnoul, Seigneur
d'Arescouet
,
Lieutenant atf
Régiment des Gardes Françoises,
morten1672. & en
secondes deMrc Hubert Duiandde
Villegagnor,Chevalier,
Seigneur d'Ernon en
Bourgogne, prés Joigny,Vi
comtedePrémarun,&Colonelde
Dragons,qu'elle avoir
épouséle 4. M~ 1667.mourut
le 6.Aoust. Elle estoit fille
dePierre de Masparault,Seigneur
de Castelmer& de S.
Louis, Colonel de Cavalerie,
Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roy,&d'Anne
Labbé. La famille de Masparault
descend de Pierre deMasparault,
Greffierdela Sénéchaussée
de Guyene;elleadonné
plusieurs Maistres des Requêtes,
des Prefidensde laCour
des Aides,&desConseillersau
Par lement. Elle s'est alliéeaux
familles de Mesmes,Dargou[
ges, de Chabot, de Portail , de la Briffe, & à la Maison
> de Rochechoüart
-
Montmoreau.
Feu Mr de Villegagnon
cftoit filsde Nicolas Durand,
l|Seigneur de Villegagnon, d'Ernon,dePrémarun,&de
tBois leVicomte, & de LeonoreGrimrlGroffore,
petitfils
de Pierre Durand
, Seigneur
de Villegagnon, Capitaine
dans le Regiment de
Picardie, Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roy,
lx. d'Elisabeth Courtin de la
Grange,&arriere-petit fils
deLucas Durand, Seigneur
deKonceaux & deVillagagnon
, Conseiller au grand
Conseil& President au Presidiatde
Provins en iJ74.puis
Mustre des Requestesordinaire
del'Hosteldu Royen
1585. & de Marie Bruflirc-
Sillery, tédic Loüis Durand
, fils de Philippes Dutand, Seigrteur
de Villegagnon
,
Avo.
cat au Parlement, puis-Lieu.
tenant général a Provins, d'où
cette familleest originaire.
Dame Henriette d'Harcourt,
femme de Mre Louis-
Marie Victoire de Bethune^
& le Comte Bethume )Mtfir,1
<lc Camp de Cavalerie,est decedéed
le 6,laissantdesenfana
- Elle estoit soeur de Mr le Maréchal
dHarcourc,& fille dé^
le Marquis de, Beu,. : seuMrleMarquis de Beuvron
,
Chevalier des Ordres
du Roy, & de Dame-Ang-elique
Fabert sa séconde femme;
Mr le Comte de Bethuneest
-
fils de seu Mr le Marquisde
Bethune,ChevalierdesOrdres
,..du Roy,& de Dame Louise
de la Grange d'Arquia;
soeur de la Reine de Pologne.
veuve du RoyJeanSobieski t
voyez/ pour la connoissance
}?tQf:. cesdeuxilluArcb Maisons,
l'Histoire de la Mailon de
Harcourt en quatre Volumes
infolio du lieur de la Roque;
& l'Histoire de la Maison de
Bethune en un Volume in folio,
parJe sieur André Duchesne,
voyez aussi l'Histoire
des grands Officiers de la Gouronne,
nouvelle édition.
Mre Charles du Tronchay
, Prestre, Chanoine de la Sainte
Chapelle, mourut le 7.Aoust.
Il estoit frere de Dame Marie-
Elisabeth du Tronchray semme
de François Mouster, Secrétaire
du Roy,& Resident
pourSaMajeité versles Galb
tons Suides, & fils deGuillaume
du Tronchay
,
Conseiller
au Parlement, & petit fils de
François du Tronchay; Seigneur
de Martigné, Secrétaire
du Roy, &grand Audiancier
de France, d'une famille
originaire d'Anjou, alliée à
celles de Compain
,
de le
Boulez, de Brehaultde l'Iflc>
de Huault
- Vaires,& à la Maison
de Pouget, de Nadaillac.
Mrc Antoine de laFontaine-,
Chevalier, Seigneur
de Villeprielle, Lieutenant de
Vaifliau, mourut le15. Ilétoit
d'une maison originaire
*
dé Picardie, distinguée par fort;'
ancienneté &,- par fésalliances jv
&quiadonné plusieurs Chevaliers
de l'Ordre de S. Jean.
de Jerusalem& dé Malthe,
entre-autres Pierre de la Fontaine,
grand Prieur en France
en1570&elle aassez de no-t
blesse sans emprunterune oui
gine étrangère en se faisant
descendre de lamaifbndeSo^j
sara en Piémont, avec laquelle^
certainement elle n'a lien dé
commun que les Armes.
MreJulesde Clerambaulr,
Abbé de S. Taurin d'EvreurJ
au
Chartrouve 1
Chartreuve , de l'Academic
Françoise, mourut le 17. Il
Reçoit fils de Philippes de Clerambault
Comte de Palluau,
Maréchal de France, Chevalier
des Ordres du Roy, Goucveorunreuurt
& Bailly du Berry, le 24 Juillet 1665.
& de Loüise-Françoise Bouthilier
deChavigny, feu Me
le Marquis de Clerambault,
Lieutenant General des Arces
duRoy,qui senoyaàla
bataille d'Hoctest en 1704.
étoit aussifils de ce Maréchal,
'.& par sa mort la Maison de
Clerambault, l'une des plus
ancienne de la Province c'Anjou,
est entièrement finie.
J'ay lu depuis peu quelques..
uns des premiers Mercures
qu'on ait faits, pour y prendre
à proportion de l'obligation
que je veux leur avoir, 1Arc
ddeeppaaffffcerrlléécgyecrfelcmrneennttdd'i'dinneemMa3--
tière à une autre. J'y ay en er-c
set trouvé des raifonnerncnsJi
qui m'ont quelque fois donnée
l'idée dece que je devoisl
dire; mais fauf le repect que
je dois àla memoire du pre
mier Auteur de ce Livre, je
i A" n'ay pas encore pu siaccosi
tumer à le voirpasser, de l'atf
cicle des Mariages à celuy de:
Morts, sans regarder son discours
comme un faut qu'il fait
faire à l'imagination: La
mienne Pest effrayée du péril
où elle se précipitoit immediatement
après avoir lû le plus
agréable chapitre du Mercure,
& ses reflexions faites, elle mà
conseillé pour dédommager
le Lecteur, ennuyéde tant de
billets d'enterrement, de ne
mettre doresnavant l'article
des Mariages qu'à la suite de
l'article des Morts.
Le 2.6. du mois de Juillet
dernier, Messire Guillaume
Alexandre de Galard de
Bearn
,
Marquis de Brassac lé.
pousaDamoifcllc Luce FrançoisedeCotcntin
de Tourville,
fille unique deMlle Maréchal
de Tourville. Le mariage
s'est fait de l'agrément du
Roy & des Princes de. son
Sang qui leur ont fait l'honneur
d'en signer le Contrat.
S. A. S.Madame la Princesse,
assista à la celebration du mariage
,& Madame la Duchesse
de Vendosme mena la Mariée
à l'Eglise. Elle fit ensuite une
Festedigne de sa grandeur &
de sa magnisicence.
La Maison de Gallard eu
une des pius anciennes & des
plus illustres du Royaume
descenduë des Comtes de
Condomois. Elle a joint par
une alliance à son nom & à ses
armes, le nom & les armes
de la Maison de Bearn : Pierre
de Galard de Bearn étoit grand
Maistre des Ai balestriers fous
Philippe le Bel : plusieurs de
ses descendans ont esté Gouverneurs
de Xaintonge &
d'Augoumois : Jean de Galard
de Bearn, Comte de Brassacestoit
en 1640. Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit, Gouverneur
de Lorraine, & Ambassadeur
du Roy àla Cour de
Rome, & Catherine de Sainte:
Maure sa femme,Dame
d honneur de la ReineMere.
La Maison de Cotentin de
Tourville,estaussi très.-ancienne&
tres illustre;Cezar de
Cotentin, Comte de Tourville,
Commandast au Siege;
dela Rochelle, sous sonEminence
Mr le Cardinal de Ri- 1
chelieu; il eut de Luce de la
Rochefoucault, entr'autres
enfans, Anne- Hilarion- de
Coreni in de Tourville, Chevalier
de Malthe,qui par les j
differentes batailles qu'il avoit *
données '& gagnées pour le
service du. Roy, est parvenu
aux dignitez de Maréchal u
Vice-Amiralde France; il a
eudeLoüise Françoised Himbercourt,
deux enfans,Loüis
Alexandre de Cotentin de
Tourville, Colonel d'un Regiment
de son nom, tué à
l'attaque des retranchemens
de Denain,&Luce-Françoise
de Cotentin de Tourville, qui
vient d'épouser Mr le Marquis
de Brassac.
Messire Pierre Gilbert de
Voisins,Maistre des Requêtes
Ordinaire de l'Hostel du
Roy, a épousé le 25. Juillet
Damoiselle de Fieubet,
soeur de Loüis Gaspard
de FieubetConseiller au Parlement,
& fille de Paul de
Ficuber, Seigneur de Launac..,
de Reveillon & de Beauregard
,
Maistre des Requestes,
& de Dame Angélique Mar,
guérite deFourey.
Mr de Voisins est frere de
Mr le Comtede Vilaines, Colonel
du Regiment de Medoc,
& fils de Messire Pierre
Gilbert, Seigneur deVoisins,
Président aux Enquestes du
Parlement de Paris, & de
Dame Françoise Dongois.
* CettefamilledeGilbert est,
ancienneàParis & descendde
Jean Gilbertsieur de Voisins.
: Correcteur desComptesmort
le 5. Janvier 1507.& enterré à S. Severin avec Jeanne Bri-
! nou sa femme; elle s'estalliée
aux familles de Bourdin, de
Viole,du Prat,de Larcher, l,&c.n-r't' f)"'t TP'••V "d- l:'
Pour celle de Ficubet elle
est originaire de Languedoc
,
& elle descend d'Arnaud Fieubet
qui fut fait Greffier des
Etats de Languedoc par la faveur
de M le Connestable
Henry deMontmorency. Elle
a donné un Président à Mortier
& un Premier Président
auParlement de Toulouse &,
trois Maistres des Requestes
donc l'un estoit Chancelier de
la ReinemereduRoy,&elle
s'est alliée aux familles de S.
Pol, de Maniban
,
& Dossunà~i Toulou se,& à celles de Nico-
Li , de Longuëil &de Castille ; àParis.
Messire Jacques de Monccaux
d' A ~uxi, Marquisd'Au- ,:
xi, ci devant Capitaine aux
Girdes, & Colonel du Régiment
Royal Comtois, fils
unique de Missire François de
Monceaux
,
créé Marquis
d'Auxi, parletresdu mois
de Septembre 1687. & de
Dame Marie Magdelaine Jabert
du Thil, sorti des anciens
Sires, & Bersd'Auxi en
Picardie, connus il y a plus de
500. ans, a épousé le 20e de
ce mois Damoiselle Marie-
MagdelainedelaGrangeTrianon,
sille du feu Messire Loüis
Armand de la Grange Trianon
, Baron Duplessis aux
Tournelles, Conseiller au
,
Grand Conseil, & de Dame
MargueriteMagdelaine Joly
d'Oudeil ; & petite fille de
Loüts de la GrangeTrianon,
Seigneur d'Aravilliers, de
Nandi de Marconville, Châtelain
de Renets en Touraine,
&-' Président de la seconde
Chambre des Requestes du
Palais, & de Dame Marguerite
Martineau. Mademoiselle
de la Grange Trianon est niece
de MessireCharlesde la
Grange Trianon Abbé de
Saint Severe, Chanoine de
Nôtre Dame * de Paris, &
ConseillerClercau Parlement
&de feuë Dame Marguerite
dela Grange u morte en 16 87;
veuve deFrançois de la TremoilleDuc
de Noirmontier.
, ;*-? ( Lafamille
dela Grange cft
t
une des plus considerablesde
} Paris, clle descend de Michel
(de laGrange Seigneur de
| Trianon, MàistredelaCham- I bre aux deniers
, & Prevôt
r_',' des Marchands de cette Ville
( dés l'an1466. & de Guille-
: mette deLongüeil, elle s'est
*alliée auxfamilles de Boucher,
*d'Orfôy, de Molé, deBailleul,
de Hercis, de Bragelonne, de
»
Fourcy, de Charon, de Menars,&
c. ici -rff
Monsieur le Marquis d'Auxi
quivient de se marier,cit
neveu de Messire Henri do
Monceaux d'Auxi, Comte
d'Hanvoille, cy-devant Colonel
du Regiment de Dragons
qui de son mariageavec Dame de Crequy
d Osseu n'a que deux filles, &
de Messire Jacques de Monceaux
d'Auxi, dit Monsieur
de la Bruiere cy devant Caps- j
taine dans le Regiment de
Champagne qui n'a aussi que
deux filles de
:
son mariage
avec Dame Marie Anne le Fé- j
vrc sa femme, Soeur de M. j
Hardouin U Fevre de Fonteray,
cy-devant-Gentilhomme de Mr
le Marquis deBonnac, Envoyé
Extraordinaire de France, O4
à present tres -digne Auteur
du nouveau Mercure Galant;
DameJeanne de Soufflas
Bisayeule de Monsieur le Niarquis
d'Auxi,étoit grande tante
de feu M le Maréchal Duc
l de Boufflers, & cette Maison
d'Auxi s'est alliée à celles de
: Craon, de Piqirgny,de Me-
: lun, de la Tremoille d'Estouteville
,
d'Enghien, de
#
Remburses, de Crevecoeur,
de Quesdes, de Trafigny,
,
de Saveufc, de Hangec, de
Villiersl'Isle-Adam,de la
Chaisede Vieux Pont,de la
Vieuville, d'O, de Tiercelin,
de Brosse, de Breauté. de Rochechoüar;
de Saint Simon
de Soyecourt&del'Ecendart
Bully.
J'ay des amisà Rouen, j'en
ay bien plus loinencore, &
c'est fort bien fait. De tout
les côtez on m'envoye Sonnets,
Madrigaux, Explications
des Enigmes, &c. mais
de deux choses l'une, ou Tefprit
de presque tous ceux qui
me font ces presents est lent
dans
dans les productions
, ou je
me presse trop de faire imprimer
mon Livre; fauf maintenant
à examiner s'ils ont rai-
- son , & si j'ay tort. Le mois
n'a que trente jours, il n'en
faut que huit au plus pour en
voycr le Mercure au
bout
du
k Royaume; il m'en faut vingt
laieu moins pour le compofcr,
reste est à la di scretion des
[Imprimeurs. & des Relieurs
qu'on ne gouverne pas comune
on veut,& ce que je me
reserveenblanc,est indispensablement
consacré auxdernieres.
Nouvelles
Tous CCPX qui me lisent
ont quatorze jours pour me
faire part de leurs ouvrages,
à quelque distance qu'ils soient
de Paris ; cependant ils attendent
les quatre derniers jours
du mois pour m'accabler. de
Lettres perdues pour eux,&
inutiles pour moy ,
à moins
que ce qui ne fert pas un
mois,
ne puisse estreemployé pour
l'autre. Ainsi leur negligence
&mon exactitudeme privent
du moyen de leur faire plasir.
J'étois occupé de cette reflexion
,
lorsque j'ay receu de
mon amy de Rouen cet crk-r
voy sur les Enigmes du mois
passé.
Les Ciseaux &la Tiste.
DevosEnigmesdeJuillet
Nom dévoilent tout lese-
- cret.
Jesuis leMitoyen de l'Ange&
de la BJl:>
le suis aussi de tout mon
coeur
Et vostre amy- Mercure
? & *&ofîrtjtrviftur^
Les noms de ceux qui les;
ont deviné, sont le Spirituel
Hibou
,
Andromede & Phinée,
Urgande la déconnuë,le
genereux Roland, Adonis &
Venus,le Talond'Achille,le
diseur d'Horoscope,l'Asne
d'Apulée, Anubis & Mundus,
lagrande Salle duPalais,l'Amant
perdu, l'Amante affligée
,
la grosseBourgeoise
,
&
sonamy du Clos,la Haye de
S ServantJe Porte. feuille de
l'Hostel des six Monneaux, &
le beauMusulman M. l Abbé
Girard, Loüs BarthelemLion
Bouthilier de Châvigny &
son A. de saintCyr. L'incomparable
beauté de la ruëSaine
Germain, -.< v ;*
J'alloi,essayer de me rompre
encore la tête pour forgerdes
Enigmes à ma mode,cela
veut dire sans vanité,desEnigmes
assez mauvaises ,lorsqu'unGascon
qui a beaucoup
d'esprit m'enaapporté deux-
Jeluy ay, demandé si ellesc-
* toient nouvelles,il mela ju- réde si bonne grace ,que je
n'ay pu luy refuser la satisfaction
de le croire.
-
Au reste , quand j'y serois trompé ,je
m'enIwlesmains ,6c je pen.
fc qu'on ne seroit pasen droit
de me reprocher riern là-deffus,
puifqu'il n'y a pas encore
quatre mJIS que je n'avoisJA*
mais ni lû ni£jit dEnigmes*;
Voicy à boncomptecellesdu.
Gascon.
ENIGMES.
Dansuneprisonclaire &\
notre
Je me promeneince
menty
Pourpeuqu'on veuille
tiroir* î
Ceux qui n'aiment que
mon tourment: Je suis faite àforce de
coups, Et pendant que je vù,,,
dmoonsouprtxne.st pas plu* pae plut
AUTRE.
La voix mouvantemefait
nai(ire,
Ftpuis n-edisipe aujftoft,
Jpelnue sfuiisoriefnl,:m,ais bien
J'empêche quelque chose
de(ire.
On ne me <voitt>oes ,st ne dis
motr
Aux yeuxrjeneffauroit
JMroiflre,"-
Par moy l'on ne freut reconnoifire
L'habile homme d'avec le
fit.
Ceriiftt*smoyquiprfuade
Juispropre pourmmalade,
fais lesjmrsles,-
nuits- Qui
0!.i suis-je ?esprits que
l'onadmire,
Je ne suis pasce quejefuis,
Sifay pouvoir devons le
dirs.
Je tiendray avec le temps
Coûtes les paroles que j'ay données,&
l'on verra au bout du
compte que je n'ay rien promis
dont je ne tâche de m'acquitter
tous les jours de mieux
en mieux.
La guerre qui piroît encore
très allumée entre les Princes
du Nord, le Siege de Barcelone
qui est à la veille davoir
un fore pareilà lamalheureuse
Ville de Numance, ou plutôt
à celle de Cativa savaisine,
la mort prelque imprevue
de la Reine de la Grandei
Bretagne 1
5
& la célébréaflfemtyée
de Badenprefentenc
maintenant aux yeux deroute
l'Europe unTableau sichargé
d'adions & de conjectures,
que je pense qu'il n'etf permis
d'entreprendre le détail de
tant de grands événements,
que dans les termes & dans le
stile consacrez à la majeflé de
fHifioire.
Je ne doute point qu'on ne
traite ce projet au moins do
témérité, & qu'on ne me ren.
voye àl'Apologie du Boeuf&
de la Grenouille, tant que dureront
les préjugez obligeants
que cinq ou six personnes onc
foin de répandre dans le monde
, contre le nouveauMercure
jmais ce qui m'étonne, c'est
que les gens qui les connoisicncéquités
entendent tous
les jours declamer contre mois
puissent s'en rapporter quelques
fois à de tels connois,
feurs.
#
Je prie le Public de me pardonner
cette petite digression,
& tous les bonnettes gens qi
ne cherchent qu'à s'amuser d
mon Livre, de me prêter, au
tant qu'ils me croiront capa
ble d'en profiter, leurs secous
& leursconseils, pour m'ai
der à le rendre meilleur.
Il y a si peu de fuite dan
toutes les Nouvelles manuf
crittcs & imprimées, sur ce qu
concerne les affaires de la Po
logne, du DannemarK
,
de 1
Moscovie, de la Suéde, & di
la Hongrie ,quej'ose avance
que les personnes qui ont éti
les plus soigneuses de s'mf
truiic à fond, de ces grand:
démêlez,oû les TUICS ont eu
au moins autant de part, que
ceux qui y ont paru plus interessez
qu'eux,n'en pourroicnt
aujourd'huy raisonner que
tres-fuperficietlement. J'excepte
néanmoins de ce nombre
,ces hommes éclairez, que
leur esprit & les grandes places
qu'ils occupent, mettent
indispensablement au fait de
toutes lesaffiires de l'Europe:
Et j'ajoute que ceux même qui
travaillent à l'Histoire de ces
Guerres fameuses que le sorta
remplies depuis douze ou trei.
ze ans de tant de révolutions
embrouillées, ne nous apprendroient
pcut-eflre rien,audelà
de ces grands événements
que per sonne n'oublie.>
si je n'avois pas lû unci'nJ
finité de Lettres, de Mémoires
particuliers, &de Manifestes
sur ces affaires, & si je
n'en avois pas appris & retenu
un grand nombre de circonttanceSjjc
mecontenterois de
donner chaque mois.en veri
table Auteur de Mercure Ga.
Jane, des tecits de Guerre, de
Paix, de Morts&de Mariages
desPays dont toutes les femai-
Des les Gazettes entretiennent
lePublic Maisil faut que mes
Supérieurs approuvent mon
dessein ,avant que je fonge à
l'cxecuteri s'ils l'approuvent,
je reprendray pour la satisfaction
des Lecteurs,les choses
dés leur origine; je les divifcray
par Chapitre, & je les diftribueray
dans chaque Mercufre
succintement & hiftoriquement.
Ainsiavant de rien dire
des Nouvelles du mois, je
mettray à la teste de chaque
Article des lieuxj dont je parr
leray, un ArticleJeparé dont
les circonfiances exactes &
chronologiques servirontà
mettre insensiblement le Lecteur
au fait des affaires des
principales Coursde l'Europe.
Je seray peu de raisonnemens
Politiques; je ne raconteray
que des événements veritables,
où jen'intereflerayjamais
ni la gloire, ni la réputation
de Personne ; & enfin on
verra au premier d'Octobre, si
ce projet cil: auchorifé. Je ne
donneray en attendant, pour
Nouvelles, que des Extraits
des Lettres que- j'ay reçues.
On écrit de Hambourg le
50. Juillet que les Lettres de
Suede ne sont aucune mention
de ce Combat Naval
donton par le depuis longtemps
Elles marquent aucontraire
que les deux Flotes n'avoient
encore pû se joindre,
& que celle de Suede se renforçoit
de jour en jour, par
lesBastiments qui la venoient
joindre, ensorte qu'elle estoit
beaucoup fuperieurc à celle
des Moscovites.
Le Roy de Dannemark est
encore occupé à fairelarevûë
de ses Troupes qui ne pourront
estreassemblezque dans
le quinze dumois prochain:
Comme la saison s'avance, on
ne croit pas qu'il puisse faire
de grands progrez cetteCampagne.
Il doit cependant l'ouvrit
parl'attaque de l'Isled'Higelant
; & pour cette expédition
,
il fait embarquer de
-
l'Artillerie,des Bombes&des
Mortiers. Cette Isleestdedifsicile
accez,d'autant que pour
en approcher, il faut passer entre
des écuëils dangereux, &
que d'ailleurs le passage enest
dessendu par des Forts tresescarpez.
On écrit de Stralzund que
le General Duker a fous cette
Place un Corps de 9. à 10.mil
hommes ausquels le Commandant
de Wismar joindra
trois mil hommes en cas de
besoin. Mais il ne fera point
de mouvement que lesDanois
nee nsoietntratetacphezrà iqsuelequ.e
Le Roy Auguste qui partit
de Dresde le1 3. pour retourner
en Pologne,dépêcha le
jour de devant son départ, divers
Courriers. Celuyqu'ila
envoyé au Roy de Dannemar
k a esté enlevé dans le
M kelbourg par un Parti de
la Garnison de Wismarquil'a
mené au Commandant de
cette Place
,
& les dépêches
ont esté envoyez àlaRegence
deSuede.
Extrait d'une Lettre de la Haye
dît 8. Aoust.
; Suivant les avis que nous
avons de Baden
,
les Conferencess'y
continuentavec succez.
Tout ce qui concerne les
deuxElecteurs touchant larestitution
de leurs Etats, avec
leurs meubles ,bijoux,pierreries
, argent ,
artillerie, 6C
autres munitionsde guerre,
& de bouche,est reglé. Or
t/y attendoit plus que l'arrivéedu
Prince Eugene & du
Maréchal de Villars
, pour
mettre la derniere main à la
Pa:x.
On voit icydepuis quelques
jours desGardes duCorps
du Roy de Prusse, ce qui donne
lieu au bruit qui court, que
ce Prince en icy incognito, &
qu'il se trouva à l'Assemblée
des Etats Generaux qui se tint
ces jours passez, & qui dura
fort avant dans la nuit.
L'armement de Vaisseaux
qu'on fait en plusieurs de nos
Parts est pour aller à la Mer
du Sud; ils ont receu leurs
expéditions de l'Amirauté, 6c
doivent partir incessamment.
Le Prince de Saxe n'cft pas
encore arrivédans cette Ville.
Onécrit qu'il a retardé son
voyage sur l'avis qu'il a eu de
l'arrivée du Roy Sraniflas à la
Principauté des deux Ponts.
De Viennele4.Aoust.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
De Perpignan,le2.
Nous venons d'apprendre
) du Camp de Barcelone, les
nouvelles suivantes. Le30du
passé, Monsieur le Mareschal
de Berwick voyant qu'une
partie des deffenses, des assiegez
estoitruinée par nos batteries,
resolut de faire attaquer
le Chemin couvert;on
l'emporta sans aucunes resistances.
Ceux qui le defifea*
doient prirent la fuite au premier
mouvement que nos
troupes firent, & on s'y logea
sans peine. Ils parurent
le lendemain le long du fossé,
dans le dessein de le reprendre;
on y vit mesme à leur teste
quantité de Moynes & deCapucins
qui les exhortoient à
faire bien leur devoir. Cependant
loin d'oser rienentreprendre,
ils rentrerent promptemenr
dans leur Ville. On
travaille à establir des batteries
sur la Contrescarpe, pour
battre en bréche le Corps de
la place: la grande Courtine
est presque toute ruinée ; te
Mineur est attaché à un des
Bastions de l'attaque: celuy de
SainteClaire est tout ouvert,
& on faitestat que le 8. où
.,
le 10. pour le plus tard, on
pourra donner l'assaut gencral
à la place. Cette lettre adjouste
que les assiegez qui ne
sçaventny sedeffendreny se
rendre
,
persistent toûjours
dans leur obstination, & qu'ils
travaillent à faire derrière la
bréche un grand retranchement
avec un fossé profond,
qui comprend toutle fondde
fatuauc. - ':
,}
ETAT
DesBrigades desTroupes Françoises
qui doivent estre as.
Camp , devant Barcelone,
depuis le 21Juillet.
Mls DE BALINCOURT.
Brigades.* Bataillons,
Normandie. 3.
Artois. 2.
Lamarche. A.
7
ROISSY.
Audetot. ,. U
Bombardiers. i.
La Couronne. z.
4* DALBA.
Talleran. 1.
Danois. i.
Royal Artillerie.i.
Auvergne. Z. -SSANSAY.
La Marina 3.
-
Bcauvoifist z.
Sanlay. 2.
1.1
NONAN.
Anjou. a*
Meâoc., i*
Province.
• Z.
Bassigny. 1.
îi•
SAUVEBEUF.
liaReine. 3»
ponthiew 211
Blcfois.
-
1 il »
CURTY.
, - ~, Qilcànl.wi
Quercy. 2..
LIflc de France. t.
6.
COURTEN.
Gaftellasi3;
courtem. 3.
&4
50.Bat.
Une Lettre de Tarragone
du 2. 8. du passé, marque que
le Marquis de Thouy qui
commande dans le District
de cette place,ayant joint le
Marquis del Pual, qui avoir
fcpt àhuit cent Rebelles, l'avoit
attaque & entierement
defait, & que mesme il avoit
eu peine à se sauver à Cardonne
avec environ trente
hommes de ses troupes.
Extraitde deux lettres d'Utrecht
du 13. Cm du 14.Aoust.
Mylord Strafford est venu
icy pour presser les Plenipotentiaires
d'Espagne & de
Portugal à- faire la
-
Paix. Ceux
de Portugal ont réponduqu'à
l'arrivée du Comte de Ribeyra.
à Madrid
, on luy avoir fait
quelques propositions
, »
sur
quoy
quoy ce Ministreavoitdepesché
à Lisbonne un Courrier
donc on attendoit la réponse.
Les Ministres d'Espagnerépondirent
de leurcosté qu'ils
attcndoient leurs infirulbons.
Ce marin 14 Mylord Straf- tford a receu par un Extraor-
>
binaire une LettredeMylord tBromley Secretaire d'Etat de
Ha Reine d'Angleterre, par la-
>quelle il luy mandeque la
[ Rcineayanccuë une attaque
> d'apoplexie, elle avoit étédeux
1 heures sans connoissance, & trevenue àforce deremedes,
;Çllc avoit eu le temps de fi---------
- - - gner laPatente de Grand Tresorier,
de laquelle Mylord
Arlay Comte d Oxfort avoit
fait sa demission del'ordre de
li Reine six jours auparavant
en faveur du Duc de Scherfbury.
Mylord Bromlay a-w
jousteque le Conseil d'Estat,
Nemine Contradicente
,
avoit
depesché un courier à l'Electeur
d'Hanover avec ces nouvelles
, le priant de passer incessamment
en Angleterre,
& qu'on avoit envoyé une Escadre
de Vaisseaux de guerre
pour l'y tranfportcr. Mylord
Straffort avoit ordredecom-
.,
muniquer ces nouvelles aux
Estats Generaux, & de les
exhorter en vertu des traiter
faits avec la Hollande, à mettre
l'Electeurd'Hanover cvl
possession de la Couronne
d'Angleterre.La manieredonc
le Secretaire d'Estat écrit, fait
voir qu'on est horsd'esperance
pour la santé de la Reine. Les
lettres de Londres du 13. confirmerent
aussi tostcettenouvelle
à Paris, où on a apprit le
1 y, que le , la Reine fut incommodée,
que le 10. au
matin elle eut une attaque
d'appplexie si violente, que
pendant plusieurs heures on la
crut motte :,
qu'elle en revint
neàncmoins^ mais qu'elle retomba&
mourut le 12. entre
$;-t&huic heures du matin.
-
Le¿ mesme jour à deuxheures
aprèsmidy,on proclama dans
lesMiëux''ordinaire!aveefde
grandes ceremonies&sans at*-
cun trouble l'ElecteurdHanbver
Roy 'det là Grande
Btétagne,&leParJemencsa4
journaaulendemain. **>VksÏ -fùunJifc Extrait aune Lettre deLaaitz 'v du ., ~ity 1illrt.
Les Saltins. continuent à
croiser dm* nos Mers: ilsattaquent
encore les Vaisseaux
Anglois, nonobstant qu'on
nous ait assuté que le Roy de
Maroc avoit renouvelle la
Paix avec les Anglois. Ils
poursuvirentle10jusques
sous lecanon denostre Mole
deux Badimente--,tviai-chauds
de cette Nation quialloicnt
dans la Mediterrannée,où ils
prirent le
1 2.e;un grosNavire
Portugais: mais comme ilsl'amenotent,
ils furent rencontrez
par les deuxVaisseaux de
guerre quele Roy de Portugal
a fait forcir, pour leuraller
donner la chasle & pour evU
ter une alboh. quoyquîli
fussent quatre Bastiments,ils.
abandonnerent leurs prises &
se sauverent en faisant forcede
voile, & emmenerent leséquipages
qu'ils avoient fait entrer
sur leursbords.
Onajamais veuëtantde
BastimentsAnglois& Hollan-
,-dois qu'il y en a dans nostre
Port presentement tous chargez
de diver ses marchandises.
Al'égard des Portugais,ilsn'y
ont accez que pour se mettra
à l'abri des gros temps & des
Corsaires. On desarme des
Vaisseaux qui sont revenus de
Ja Mediterrannée, &on arme
deux Fregates, sans qu on dise
à quoyon les destine.
-"
Il arrive presque tous les
jours icy des soldars Anglois
de la garnison de Gibraltar,
lesquels quittent le service,
parce qu'ils ne font pas payez.
A Strasbourg le 30. du passé.
On a icy a vil prix le bled de
nos magazins, par rapport a
la recolte abondante de cette
année, on n'en garde seulement
que pour la garnison.
Nous apprenons de Baden
duxj. que tes Conferences
s'y continuënt avec succez
& tour ce qu'on n'en dit, n'est
que par conjecture,cequi
donne de l'occupationauxMinistres
des Princes Protestants.
qui n'oublient rien pour faire
mettre ànéant letraité de RIe.
wich. L'Envoyé du Roy de
Sicile se donneaussi de grands
mouvements,pour que le Roy
son Maistre foit compris dans
Id traité,quant à ce qui regardeson
differentavecl'Empereur
:mais les Plenipotentiaires
deSa MajestéImperiale
disent qu'ils n'ont point d'ordred'entrerenmatierelà
def.
fus;&que comme tour eflt
reglé pour ce qui regarde lcs
dcux Electeurs, on nedoute
point que les Conferencesne
pcrenhnenat finidnansl.emoispro- 1. On mande de Bruxelles,que
le29 au soit la Tour neuve
¡, qu'on avoitélevée sur l'Eglise
de S. Nicolas, & où on avoic
i.lcbt..bh le carillon, tomba inopinement,
qu'ellecausa un
grand dommage aux maisons
sines, & tua beaucoupde
monde.
Onapprend des 2 Ponts que te Roy Sta~ y anc~d<~C
la Reine sonespouse, qui étoit
partie de Suede pour le venir
joindre,& qu'il avoit renvoyé
le P~Povioustouski au
Roy de Suede qui estoit en
Turquie au mois de Juin dernier
, pour le remercier de 1*
retraitte qu'il luy a donné dans
ses Estats des deux Ponts.
.juondUf' ,,~, "te;'
A S. LUCAT de Carrameda,
£iaicii le 15 Juillet.,_.f
M,ih v •i* Il estarrivé icy il y a huit
jours un grand malheur.Vous
sçavezque dans la pluspart des
Convents d'Andalousie, les
Moines vendent de la viande,
ce qui est frustrer les droitsdu
Roy Catholique, & de presque
tout le veste il en arrive
la même chose. Le Gouverneur
nomméDon Alonzo Jacinco
Velardo, homme tort
zélé pour le service,ayantsçu
qu'au Convent des Augustins
on la vendoit aussi publique
qu'à la Boucherie,avoir envoyé
dire plusieurs fois au
Prieur de s'abstenir de cela,
qu'autrement il seroit obligé
d'ymettre luy-même ordre.
Les Moines fc souciant
fort peu des menaces du GOlit
Vwfncur> continuaient toujours
.cTfiO'îvendre.*»! Lej-Rr?
rmerdes Milionnesvoyantcela
, sir posterdes Ministres de
la rrnrç auxenvirons du Con-
Vccenur;x pour reconnoistre tous
ungqauirednofonrm, aient;*On
àuqùebiJlt
trouvadvuxHivrcs de viande.
Les Mniftrcsl'anècoient
le menoiem en prison ; IOTU
qu'unM>me qui étoit à
porte du Convent, courut a-*
préseux pour faire relâch1er ceà
garçon, à quoy ils resisterent.
CeMoineirritédevoirque
çcs:Minifîresn'imûenr.poûit
de deference pour luy, commença
à lesmaltraiter de paroles&
devoîesde fait. Un des
Ministressevoyant outrage de
lasorre,tiraun coupde pistoler
auMoine,&luy cassalacuisse,
dontil t& mort trois jours aprés;
Les Ministres prirent la
fuite pour se refugier dans
quelque Eglise; mais on ne
voulut point les recevoir. Le
lendemain un Moine du meme
Convent, parent du mort,
voyantque le Gouverneur ne faisoitpoint de diligences
pourle châtier,s'en fut chez
luy, &demandaàluy parler,
la Garde le laissa entier, & des
qu'il fut dans la chambre où
étoit le Gouverneur, il tirade
sa manche un pistoler,dont
illuilâcha le coup à bout portant
dans l'estomach. CetOfsicier
se sentant blessé, voulut;
couriraprésle meurtrier,mais !
il tomba. Le Moine tira un
autre pistolet de l'autre manche.
paflj à travers la Garde,
& se réfugia dansun Convent,
d'où il décampa ensuite. Lr.
Gouverneur n'est pas mort
encore? mais on compte qu'il
n'enéchappera pas,car il a per- ,
du la paroledepuis troisjours.
DeMarseille.
i 'f OnadonnédanscetteVille
pendant lemois de Juilletplurieurs
festes à la Reine de Pologne,
1^ PrincessesSobieski
sa petite filleafortbrillédans
tous les bals qui se sont donnez
chez M. le Bailli de la Pat
laitric ChefdEscadre des Galetes.,
&chez M. Arnoult,
Intendant dela Marine. Le
Comte àt Bausse
a eu l'boD-'
licotf'de&'afci avec la Princcfle,
&le Marquisde laBruyere
Jatente Syndic de la Ho4
blesse & ancien Procureur du
paîss'y est fort distingué.Ila
eu plusieurs Audiances particulieres;
de SaMajesté dont
ellea paruê fort contente.
C:dI un Gentilhommequi a
beaucoup d'esprit&uneparfaite
connoissancedesinterêts. desPrinces.
.Qç^mandepu'i*ff«queleVi- ce-Légat d'Avignon aenvoyé
un ordre,à ce Marquis de se rzen-d.r1e1à,s-o.n,, g.o, uvei rnetment
de Sorgues dans le Comtat
d'Avignonpouryrecevoir la
Reine iorfq Ile y passera.
Ilya déja envoyé beaucoup
de
le meubles) & plusieurs baIlli
fots dae ce quii perut esetre nee.ek On écrit du même endroit
juc les eaux de Montfrin deviennent
tous les jours en plus
grande réputation. Le sieur:
Monranier
,,
Docteur en Me;
decine) s'est appliqué particulièrement
àen connoistre toute
la vertu, & a découvert qu'-
elles étoient excellentes pouc
ceux qui font étiques. En esser,
Messieurs les Marquis de
Razac &le Baron de Tourncfort
, Capitaines de Galeres,
quiétoient tombez dans une
fcchcrcffc qui faisoit appréhender
leur perte, en sont revenus
en parfaite santes&reprennent
tous les jours leur
premier embonpoint. Cet esset
merveilleux a si fort augmenté
la réputation de ces
eaux, qu'une infinité de personnes
dé Provence & deDauphiné
y accourent. ",'
Suite des Nouvelles de Paris. 4. L'Edit du Roy qui appelle
-1 la succession de la Couronne
M. le Duc du Maine, &
M. le Comte de Toulouse Se
leurs descendans masses., au
deffaut de tous les Princes du
Sang Royal, & qui ordonne
qu'ils jouiront des mêmes
rangs, honneurs,& préféances
que lesdits Princes duSang,
après tous lesdits Princes) fut
presente le deux de ce mois au
Parlement
,
M. le Duc d'Enguien
,M.le Princede Conty,
M. le Duc du Maine,&M. le
Comte de Toulouse s'estams
rendus au Palais. Les Pairs qui
,sîy trouvèrent, furent L' Archevêque
Duc deReims, l'Evêque
Comte de Noyon, Ecclesiastiques
;le Duc d'I^zés,
ole Dnuc de Sully, le Duc de S. ie Duc dela Force, le
Duc de Rohanle Duc de Luxembourg
,te Ducd'Estrées,
le Duc deGrammont, le Duc
Mazarin ,le DucdeTresmes,
le Duc deNoailles, leDuc de
Charost,leDuc d'Albrer,le
Duc deChaulnes, le Ducde
Vittars le Duc Dantin.m
>• M. de Mesmes, Premier
Président ayant : expliqué les
intentions du Roy, M. Joly
de Fleury, Avocat General
presenta l'Editde Sa Majesté)
qui fut lû: les Chambresas-
-fcn^lpes, l'Arrest d'eregistremcnt
fut ensuite prononcé
suivant lesconclusions duProcureur
Général. u M.leMatéchal deVillars
partis le n- de sa Terre de
Veaux,alla coucherà Troyes,
& le 12.à Langres,d'oùil alla
continuersa route vers Baden.
Le Prince Eugène doit
arriverezmême temps,,&on
croit que dans huit ou dix
jours ils auront terminé tout
ce quiresteàregler-, "i-.
Les Lettres du Camp devant
Barcelonnc du7portent
que le 3. lesAssiegezenleverent
quatreMineursEspagnols
&en tuerentdeux par ia faute
de ceux qui les soutenoient »
& qui s'estoient posté trop
loin. Aprésmidy 400. hommes
sortirent pourenlever les
Mineurs François du Bastion
de la Porte Neuve.,,, & ils firent
marcher devant eux soixante&
dixhommes ;mais ils
furent toustuez par les Grenadiers
,
excepté un qu'ils firent
prifennier. Le 4. on avançaune
partie des Batteries.Le j.milnommesfirent une fol'.
tie du cofté des Capucins,
surprirent une Redoute où à
019liolunm >dom
dix- huit furent tuez;on y accourut
,on les repoussà,&on
entua un grand nombre, sans
autre perte que de deux Soldats
tuez. Le6. une Batterie
de dix Canonstira tout le jour
contre le Bastion de Sainte
Claire. Le 7. quatre autres
Batteries tirèrent de fort prés.
Monsieur Dupuys Vauban
reçut un coup de Mousquet
audessous de l'épaule qui sort
à costé de la mammelle, mais
sans danger parce quil n'y a
aucune fraction,&qu'iln'entre
pas dans la capacité. On
dévoie Ic 11. oule 12. faire
jouer les Mines, & donner
J'assaut pour fc loger sur la
brêchcoà l'on meneradu Canonafinde
ruiner les Retranchements.
Les Barcelonnois firent le
50, répandre un écrit dans la
Catalogne pourexhorter tous
les peuples à les secourir dans
le danger oùils sont, &daller
joindre Armangoll'un de
leurs;Chefs qui tientla Campagne
:plusieurs lieux ont envoyez
cet écrit & les ordres
d'Armangol ànos Généraux;
d'autres l'alloientjoindrevers
Ostalerie ,.' Les
Les Lettres de Londres du
vingt de ce mois portentque
tout y estoitfort tranquille,
ainsi que danstoute la Grande
Bretagne ,
où jusques alors il
n'y avait. pas eu le moindre
mouvementLaRégence continuoit
à donner les ordres, au
dedans & au dehors; elle est
composée des Regents nommezparle
Parlement
,
qui
sont, l'Archevêque de Cantorbery
,
le Duc de Bukinhan
Président duConseil, leGrand
Tresorier,le Chancelier .&
Garde des Sceaux, Pierre le
Lord
,
Chef de Justice particulipr,&
le Comte cieStraf-|
lf'oArtmpirreamuietré.Commissaire de
Le Duc de Hanower en
avoit ajouté dix neufautres
par des Listes écrites de sa
main qu'ilavoit envëez à l'Archevêque
de Cantorbery ,au
Chancelier,&
- au lieur
Creyemberg son Résident.Le
Duc Schresbury que la feuë
Reinedéclarale 10. Grand
Tresorier, prit le2.possession.
de cette Charge, & commença
à en faire lafonction;commelaLoterie
dequatorze cens
; mil livresSterlin nese rem-
,', 4
plissoit pas, les 26. Regents y
ont souscrit pour des grandes
sommes
,
& on croit que le
reste fera bientôt remply par
la Banque Royale
, & par les
Marchands. Le 16. leChancelierfit
au nom des Regents
un Discours aux deux Chambres
du Parlement pour leurs
recommander l'union & la si'.
dclité pour le nouveau Roy
Georges, & il exhorta les
Communes à suppléer aux
Subsides qui cessoient par le
decés de la Reine,ce qu'elles
accordèrent le même jour.
Il y a environ un mois que
quatre ou cinq deMessieurs les
Mousquetaires ayant elleà li
chasse, sur la Terre deChamp
qui appartient à.M. de Bourvallais,
son Concierge alla les
prierde se retirer,a, moins
qu'ils n'eussent permission de
luy de chasser.En ayant elle
averty ,il en porta sa,p1aintc
à M. le Marquis de Vains qui
commande la Compagnie ;
depuis, ayant appris que l'on
avoit, répandu dans le Public
qu'il avoit dit qu'illes avoit
fait dcfarmer ,il a cru devoir
aller à l'Hostel des Mou(quc-I.
taires,lorsque la Compagnie I
fèroit assemblée,certifier que
ces bruits estoient faux, ce
qu'il a fait en termes forthonneftes,#
dônt M.le Marquis de
Vains, Mssieurs les Officiers'
&U Compagnie ont essé tresfetisfaits.
- Le premier Dimanche déf
cé moisla Fetic-dc Nostre.
DDaamtneed-edlc.aI Mercy fut solem- 48
c-rcy fol tn«i--
m(ee dans l'Eglisede son Ordre
au Maraisprés l'Hostel dc"
Soubjzc. La grande Messe y
fut chantée en plein-chant&
au goût Italien
,
& Madame
la Princesse de Rohan yrenditkPain-
Bcni qui fut presenté
pourelle par son Aumônier
14 y en eut quatre ornez de
Cierges &de Banderolles, pre-
Cedez desSuisses de sa Maisons
des Timballes, des Trompettes
des Gendarmes de la Garde,
& autres de la Maison du
Roy. Le Sermon fut prononcé
,avant lesVêpres,«par M
l'Abbé le Paige
,
Docteur de
Sorbonne. Il fit connoistre
d'une manière fort éloquente
la grandeur & la qualité de
l'Ordre de la Mercy dans fork
établissement, & sa charité
dans le quatrièmevoeu que ces
Religieux font de rester en
- 'k 1 i
otage pour laredemption des.
Captifs. Les Vespres furent
suivies d'une Procession dont
la magnificence, l'ordre & la
pieté firent une des plus belles
cer1emonbie que leur Eglise ait célébré.
Messire Loüis de Bouchez,
Chevalier
y
Seigneur, Comte
de Montsoreau
,
Marquis de
Souches,& du Belley
,
Baron
d'Abondant, Lieutenant General
des Armées du Roy,
prêtaferment de fidelité entre
les mains du Roy, de la
Charge de Grand Prevost, le
jour de la Feste du Roy, dont
ilest filleul. Ffiiij
Son pere Louis
-
François
de Bouchez exerçât cette.
Charge avec dignité pendant
48. ou 49. ans. Il avoitesté:
reçu en survivance. de cette.
Charge de Jean de Bouchez,.
ayeul de Loüis, qu'il avoit eu.
de Mle Maréchal d'Hoquincourt.
Monsieur le Marquis de.
Lignerac
,
Brigadier des Armées
du Roy, a esté pourveu.
de la Charge de Lieutenant.
General de la Province du..
Haut Auvergne, dont il a prêté
le ferment entre les mains,
de Sa Majesté. Le premier de.
ccmoiil à (Hé aussi pourveu.
de celle de Grand Bailly du
Haut Auvergne
,
doncil doit
p/êter serment auParlement.
* p.R..E' SE R V A TIE
Specifique,
Contre toutes les Maladies malignes
cm pestilentielles, tant
pour les hommes que pour les
animaux, de la composition de
M. le premier Medecin, txe."
cuté par les Apoticaires dit*
Roy, par ordre de M. le-
Controlleur Gentral des FU
nances.
Ce remede est souverain
dans toutes les Maladies soupçonnéesdemalignité,
même
dans les dévoyemens,dissenteries,
vomissemens,douleurs,
& foiblesses d'estomach.r;c ,§
Il est aussi excellent dans
toutes les fièvres intermittences
, pris à l'entrée du frisson.
Ce remede se prend seul à
la pointe d'un couteau, ou enveloppé
dans du pain à chanter,
beuvant un peu de vin
par dessus ou du bouillon ;ou
délayé dans le vin, ou dans
les eaux Cordiales, ou dans
d'autres liqueurs comme pti- sanne, *
- La dose ordinaire pour les
petits enfans,est de la grosseur
d un pois; aux moyens âges,
de la grosseur d'une,noisette,
& aux grandes perfonncs de
la grosseur d'une petite noix.
On peut augmenter la dose
dans les occasionspressantes,&
en prendre même deux
fois par jour.
Cet antidote est aussi excellent
contre les morsures de
Bestes venimeuses.
On le donne avec succés
,
dans les Maladies des animaux,
delayé dans le vin ou dans
l'Eau-de-vie,~
"', La dose pour un cheval y
est d'une once & demie,&
autant pour les boeufs &vaches;
plHH les chevres, demie
once, & pour les moutons,
aai" gros;
Q uand l'animal est presséde
son mal, on peut luy en donner
deux fois par jour, & une
fois seulement par précaution,
& continuerfîx ou sept jours.
It ne faut pas attendre que
l'on soit malade, il faut en faire
prendre dés que l'on s'apperçoit
que les animaux sont
dègoûtez, & deviennent tristes,
ou qu'ils ontestéenmauvaisair.
ILfaut tr,..utant qu'on
dc pourra,que cet entidote
soit toujours dans un lieu qui
nesoitni trop chaud ni trop
humide,&moyennantcette
précautionilconserveratoutes
Ces vertus specifiques pendant
plusieursannées.
On fçaurachez M.leControlleurGeneral
desFinances,
& chez Mrs les Intendans de
Paris & des Provinces, où jee
remede se distribuëra. :.Les
Pauvresnel'acheterontpoint,
&les Riches lepayeront.
A MADAME V.**
Par Mr. M. en luy envoyant
un Bouquet de Fleurs artifidélits
faitavec des Plumes.
BOU-QUET.
Lajeune Flore est en
courroux,
BelleLisette
, contre Vous;
Desesjardinselleferme la
forte;
Et même Pomone aujour-
- d'huy
Me refuse on plus beau
fruit,
Quele grand Diable Us
emporte: Jamais ne leur feray la
cour,
J'aime bien mieux le Dieu
d'amour,
C'estun wmsnt que j'accoutume
Abienfairelepoliçon;
Hvitavecmoysansfaçon,
En badinant jeluy tire une
plume,
Et decetteplumej'ay fait,
Belle Lisette, ce Bouquet
J'ayreçude MHemartde
Sens, l'Ode qui fuit, elleme
paroîtbellemais cela ne fuf
iît pas pour ceux qui connoissent
mieuxquemoy, les beautez
de la LangueLatine, leur
affaire est d'en juger, & la
mienne desonger à leur don- -
ner quelques fois des choses j
qui puissent leur plaire.
PROPACE
s O DE,
JAMsatisnostrastremesfecitUrbes
:
Impii
Impii Martis furor: in
* remotas :::'Li.'> -
Exeat Gentes; redeant&
- almæ
FoederaPacis.
Rumpat obtufos generofus
enses *
Gallus, &camposEquites
relinquant, -1.1
Militescédant; vigeatque
pleno
Copia cornu.
Audior. durum fugat
ipseMarrem
Jupiter, pulchræ micat
eccecoelo --
Iridis vultus, variosque
vestit
Illa colores.
Hue ades, Virgo! fi- luittubarum
Clangor, & Belli cecidit
tumultus;
Te vocant omnes, proce-
--
res, fenesque, Se .1
Læta juventus.
Tu fugas nupes,celeresqueventos;
Te timent fluctusmaris,&
procellæ;
?ace tu Gallossocias, Iberos,
::" V
Pace Bricannos.
Hîc te in umbrosisnumerosa
campis
iTuiba Nympharumcanit,
r
atque ludens
Colligic flores, redimitquenexis*
Tempora sertis
:
Tolle nunc felix super l. astrafrontem
Gallia ;Se colles Senonum
resultent
C- a9 (ntibus. Sed tu, L0.0.
, DOICE,multos
Viveper annos.
Le Roy arriva à Versailles
le II. La Cour n'a jamais esté
si grosse que depuis son retour.
Le 14. Sa Majesté donna
Audiance à l'Envoyé de
Holstein Gottorp
,
qui l'eût
'enfujtc de Monseigneur le
Dauphin., de Madame laDucheflede
Berry, de Madame,
de M.le Duc d'Orléans, & de
Madame la DuchessedOrleans
Le même jour Sa Majesté
se rendit à deux heures ÔC
demie à la Chapelle accompagnée
de Madame la Duchesse.
de Berry,de Madame,de M.
le Duc d'Orléans, ils entendirent
les Vespres chantéespar
la Musique. Le 15.leRoy se
rendit aussiàla même heure
à la Chapelle accompagnéde
Madame la Duchesse de Berry;
de M. le Duc d'Orléans, de
tous les Princes & Princesses
duSang, ils entendirent les
Vespres chantées par laMusique
: ensuite on commença la
Procession. Le Roy pendant
la.marche avoit àson costé
droitM.le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier,&àsa gauche
M. l'Abbé d'Enttagues
Aumônier, & M.leCardinal
de Polignac. Immédiatement
après le Roy suivoit Madame
la Duchesse de Berry, ayant
d'un côté M. l'Abbé de Castres,
& de l'autre M. l'Abbé
de Rouget ses Aumôniers. Ensuitevenoient
Madame la Duchesse,
Madame la Princesse
de Conty, Mademoiselle àc.
Charolois. Le Roy estoit precedé
de M. le Duc d'Orleans,
qui avoit à ses costez M. l'Abbé
deTrissan & M. l'Abbé
Malet ses Aumôniers. Devant
M.le Ducd'Orléansmarchoit
M. le Duc, M. le Comte de
Charolois.
>
M. le Prince de
Comy,M.le Prince de Dombes,
& M.le Comte d'Eu. Le
17. Madame l'Ambassadrice
d'Hollande prie le Tabouret
pour la premièrefoischezMadame
la Duchesse de Berry
,
ÔC
au souper chez le Roy. Le 17.
onapprit que la Reine d'Angleterre
estoit morte le 12.&
que le Duc d'Hanovre avoit
estéproclaméRoy de laGrande
Bretagne. Le 19 M.le Maréchal
de Villars prit congé du
Roy &assura Sa Majesté qu'il
arriveroit à Bade le 25. Le même
jourlePrevost des Marchands
accompagné des Echevins
presenta le scrutinauRoy;
M. Clement harangua S. M.
ensuiteils allerentchez M. le
Dauphin,chezMadame laDuchesse
de Berry,&: chez Madame.
Le 20. les Ambassadeurs
du Royde Sicile&
d'Hollande eurent Audiance
deMadamelaDuchessedeBerry
qu'ilscomplimentèrent.
Celuy dHollanderemit àcettePrincesse
uneLettredesEtats-
Generaux. Le mesme jourle
General desBarnabites accompagnéde20.
Religieuxde son
Ordre
Ordre eûtaussi Audiance du
Roy,de M. le Dauphin
,
&
de Madame laDuchesse de Berry
,
qui l'a donnée à tous les
Ambassadeurs dans une chambre
tenduë dedrap noir Cette
Princesse alla aprèsl'Audiance
à la Messe
,
&traversa les appartemens
portant une robe
de drap noir de neuf aulnes
de long avec un voile long de
dix aulnes, dont la queuë étoit
portée pat son Porte manteau
& quatre de ses Pages. Le 21.
M. Prior notifia à S. M. la
mort dela Reine d'Angleterre
sa maîtresse ,& luy remit une
Lettre de la Regence. Le 22. lesDeputez des Etats de Languedoc
ayants à leur teste M.
le Duc du Maunte Gouverneur
dela Province & M. le Marquis
de la Vrillesse Secretaire
d'Etatpresenterent le Cahier
auRoy :l'Evesque d'Aletharangua.
Ils allerent ensuite
chez M. te Dauphin,chezMadamela
Duchesse d-cberryc-à"
leCercleestoittrès grand; 8c
oùle meemePrelatharangua.
L'onpeut dire que ce Prelat
futapplaudi de toutela Cour.
L'apresdînée on fit joüer les j
eaux en leur faveur. Le 2.J.-,1
,• :
arrivaunCourrier deBarcelonne,&
le24Roy pritle
deüil pour la Reine d'Angleterre
,& M. le Dauphin parue
cejour-là pourla premierefois
encolo1 nne&avec l1'.épée. Lr -e
25. ily eût un concours infini
de peuple pourvoir S. M. &
voir joüer les eaux Le29 le
Roy partit pourallercoucher
à Petit-Bourg.
AVERTISSEMENT.
On recevra comme on faisoit
du temps de Mr Dev~c~
JOùS les Memoires de ceux,
•quidiftîinguczuctâÀsnjqucJqa^
voudront se faire annoncer. au
#ub!icpour<lèur particuliere,
à CUtKltOOn nçai>
moinsque leurs Memoiresne
contiendrontquedeschoses
curieu ses,rares, 'pu avanta-
Ilyauradans dcqae Mercure
unpetitchapitreexprèspour
unmoyennantlasomme
eux,moyennantlasomme
detrentesols,parce
- que Tes
Imprimeurs, les Relieurs &
-lesMarchandsnHncdotôicnt
,'p"Q'nt gratis,nileur temps,
çXiikui Marchandise. Cen'est
qu'à ce prixqu'on les enregistrera;
autrementquand on
en envoiroitjusqu'à la Lune.
jl n'en seroit fait nullemenupn.
:. LesMemoires Littéraires,
lesNouvelles generales 01.\
particulières, & tous les Qltf
vrages d'espriten Prose ouen
istrà, fôflF exceptez de çcç
Avis&on [$* mettraàlaplaçç
qui leur conviendra, pourvuquele
port en soit toûjours eyr • ÇorpjTiejl.n'c^p^s necesfairequel'Auteur
du MercuouijVçftpoint
riche,à beaucouppres,
que ne prend pe
ane trop facile route pour
le devenir, '&, qui même ne
s'embarrasseguere de l'estre
+ s'appauvrisse tout à fait en
travaillant pour lasatisfaction
du Public Il prie ceux qui Ho
verront point son Paraphe au
bas de la premiere page de
son Livre,d'avoir la bonté de
l'avertir du tort qu'on luy
fait. Il aeusoin de le mettra
ce moiscy, au commencement
de chaque Mercure, iSti
varietur: Etilaura la même
précautiontousles mois.
Enfinpourrépondreatout
monde, outre que j'ay dc<
ja dit que je ne recevrois aur,
cunemauvaise piece de Vets,
j'endisautantpour les Genealogies:
Je n'en recevray, aucune,
ni fausse ni flatteuse.
Je deviens Genealogiste à vve"
d'oeil ; & c'estun de mes arWs.
qui entend. cette matière à
fond, qui roç. (iffle, Cependau;,
siparhazard,ilm'arrive
de donner dans la vision, çc
nefera que, parce que j'auray
estétrop pusse par le temps,
& jamais par aucune confidcration
qui pourroit tirer à consequencepour
moy,dansl'esprit
desgens qui aiment la; vérité t'
, J /Je n'ayplusqu'unmot a
dire. Plusieurs personnes
m'ont reproché la gayeté ÔC
la liberté de mon strie, elles
m'ont dis que je tombois souvent
dans le plaisant, & de-là
par consequent dans le ridicule.
Ce reproche m'obtige,
& je promcts de me corriger
dorénavant de ce vice, &
d'estre dans la fuite aussifePlaisantjtrotagefine
d'unPrestre
d'Egipte. flO,
Moyen pourseparler de loin. III
Si lefeuestlegerou pesant. \\$>
Que le feu central produit plu-
Jfcur? ChofH- qu'on attribue
aux Astres.122
Racines qui représentent lafigu^
redu corpshumain. iyt
f*ïr$y &autres Animauxinvissibalednansgta.
k1*&3dan7sIt
Pkrrc qm amjirvt si froideur
dans tefep. 141
Montagne inhabitablepar le fro,I.-.!A.ullt torndk.
..c' 143
Prrluch sur la Satyre145
L: Tombeaude Boileau,Satyre*
*A9
Caprice du Mercurepourannonfft
la promenade du CfJur!.
Ji4
Plainte de l'Auteursur la disette
des Memoires. 180
Lettre de condoleance écriteàune
Dame de consideration sur la
mort de son pere. 182
Pompefutttkfie uficee dam une
certaine Regionde l*JlfitMineure.
iMC
Fimemlt&dejr GIPtCS. lk*
Envois à l'Auteur.197
Copie d'une LdIrr. II, lJtMI'IAÍI
,
où l'on trouvera un curieux
extrait d'un rare procés. 199
Vers deM le Marquis de la R,
-
à Mademoiselle D. 207
RéponsedeMademoiselle D.
':,
à M.de la R. 2IO
Dépit Amoureux.. u
Sonnetenboutsrimez.217
Réponsed'unGasconàuncartel.
:' ,,2;1.0 V-xio
L'Airdoitregarderlapage214
Chunson.223
MemoireGéographique.226
Mauveliesdécouvertes* 35
Avis pourceux quiontmalaux -eux.-
2JfJ
Cmdeoonfmnce^ 6
biftours, m l'Auteur fait le
mauvais plaisant. 237
Compliment de l'Académie Fran-
- çoiseà M.le Chancelierpar
Â4t delaMotte , Directeur
r decetteCompagnie. 2.3p
Morts de gens celebres parleur
, science. 244
Morts de gensdistinguez par
':kùr;"aifJana.' 247 :MNiages. 266
ChapitredesEnigmes. 280
Préambule où l'Auteur dégoûté
dumauvaislangagedesNou-
,tr'.),lIes y propose de les debiter
dans le Pdr de *l'I--Itfloire pour
en rendre la lectureplus Zf'It.A:a'
ressante. J,S,
Nouvelles. De Ha&bmtl,4c
'1
Dannemarck, de S,"!,und,
de la HJjtfJ,: de Vienne, de
Perpignan. J,9,
Extràitd'ûneLeUftdelàHaye
«
du8. </!oufl+ 500
Etatdes BrigadesFrançoisesqki
font au Siege de Barcelonne
depuisJezlJuillet. 308
'ÆKlrAil d'uneLettredeTarra-
« gone*
-
3tlcExifaitde
deuxLettresd*Utrech
du 13. &du 14.Aoust. 3 12.
-DeLondresle.13.jdoufl. 315
*Extraitd*une Lettre deCadix
du 15.Juillet. 316
.:
De Strasbourg le 30.Juillet.
, y?
De SaintLucarde Barrameda en
Andalousie
, Avanture funeste
&nouvelle. 322 DeMarseille327
Suite des Nouvelles de Paris.
330
Ceremonie de NostreDame de
la Mercy. 341
Preservatif Specifique.345
Bouquet à Madame V.Par-M.
M** - 350
Ode Latine pour la Paix. 352.
Journal de ce qui s'est passé à
Versailles depuis le retour de
Marly jusqu'au voyage de
Fontainebleau. 356 jfvertiJJement.£63
Qualité de la reconnaissance optique de caractères