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MERCURE
GALANT.
FEVRIER i7i:.
A PARIS,
M.DCCXIII
I
AvecPrivilege du Roy.
MERCURE
GALANT.
l ParleSieur Du F**•
Mois
de Février.
1713.
Leprixest30.solsrelié enveau, fifi
15.fols, broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JOLLET, au Livre
Royal, au bout du Pont S. Michel
du côté du Palais.
Pierre RIBOU, à l'ImageS. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la ruë
duFoin, ducôté de laruë
Saint Jacques.
'jivteAfprobation,&PrivilègednRrii
MERCURE
GALANT.
FEVRIERiji}.*''-
NOUVELLE.
EPISTRE CRITlQUE
a Monsieur.faite
à l'occasion d'un Ouvrage
d'esprit obfckr
&guindéqu'on luy a
envoye dans sa retraite,
il feintingénieusement
quedepuisqu'il
est hors de Paris tous
les Ouvrages y sont
devenus obscurs (S
guindez comme celuy
qui luy a ejie envoyé.
DEpuis un temps mon
silence en fait foy,
Dans vos cantons n'oserois
plus écrire,
Grand Magistrat, si demandez
pourquoy , ,
Tout bonnement je m'en
vais vous le dire.
En maint écrit qu'à
Paris on admire,
Ou peu s'en faut
, ne
puis comprendre rien,
Le stile en est tres beau,
je le vois bien;
Mais tel qu'ilest, si n'y
puis rien entendre;
N'ay-je pas lieu d'apprehender
quau mien
Paris aussi ne puisse rien
comprendre?
Grand malm'en veux &
ne fuis point touché
D'avoir 1 esprit si dur 6C
si bouché,
Car j'ay beau faire, 6C
hausser mes lunettes,
Et Prose & Vers tout est
si haut perché
Qu'également je m'y
1 trouve empesché,
Et c'est tousjours pour
moy Lettres secrettes,
Goute n'y vois. Oh! que
tout a changé
Pour le langage, &que
dans la grand' Ville
Depuis le temps que j'en
fuis délogé
On s'est rendu subite--
ment habille !
Un point pourtant sur
cela m'a surpris,
Vous le dirai - je, excusez
ma franchise,
C'estvous, Seigneur, qui
causez ma surprise,
Tout ce qui part de vous
est d'un grand prix,
Et peut servir de régle
& de modelle;
C'estvérité dont personne
n'appelle,
Jugez par là de mon eftonnement.
Lorsqu'en discours sortis
de vostre bouche
A nousforains transmis
fidellement,
J'ay trouve tout énonce
clairement,
Rien de forcé, rien d'obscur,
rien de louche:
Est-ce donc là, d'abord
me suis-je dit,
Ce Magistrat dont par
toute la France
-
On prise tant le merveilleux
esprit ?
On vante tant la force &
l'éloquence? -
Je le croyois un Oracle
du temps,
Et cependant il parle, èC
je l'entens !
Je vous le dis, Seigneur,
c'est grand dommage,
Cette clarté qui fut une
, vertu
Au temps passé
,
n'est
plus du bel usage, --
Et ne voudrois en donnerunfestu:
On la souffroit jadis dans
lelangage
Quand on parloit afin
d'estre entendu;
Mais aujourd'huy que
l'on devient plus fagey
Adieu vous dis, son cre-
1 dit est perdu;
On a raison
, tout estoit
confondu.
Dans ce temps-là le peuple,
la canaille
Mettoit le nez dans les
meilleurs écrits
J'
Et décidoit souvent vaille
que vaille,
Chose indecente, & que
nos beaux esprits
N'ont deu souffrir
,
ils;
ont mis si bon ordre
A cet énorme Se vicieux
abus,
Que leurs écrits sont autant
de Rebus,
Enigmes mesme, & n'est
aisé d'y mordre;
Qui le pourroit? ils ne
se montrent plus
Qu'enveloppez de nuages
confus:
Impunément ils bravent
les orages
Tousjours guindez dans
le plus haut des airs;
De temps en temps du
fond de ces nuages
On voit sortir desflammesdes
éclairs ;
Un peu de bruit, &
beaucoup de fumée ;
Puis un essain, soidisant
Renommée,
Veut qu'on admire cC
nous en fait la loy ;
On obeït
, on crie à la
merveille,
Je crie aussi sans trop sçavoir
pourquoy ;
Mais si m'allois faire tirer
l'oreille
Aurais bientost la grand'
bande sur moy :
Pourquoi de peur qu'on
aille s'y méprendre
Je le déclare entant qu'il
est besoin,
Et s'il le faut vous en
prens à tesmoin,
J'admire tout sans le pouvoir
comprendre.
Pour ces Messieurs plus
ne puis,ni ne dois;
Car de vouloir que je les
-
puisse entendre
C'en feroit trop ,
Seigneur,
& je lescroy
Trop gens d'honneur,
: & trop de bonne foy
Pour l'exiger, bien loin
de le prétendre 1
Tous au contraire entre
eux-mesmes tout bas
Sont convenus qu'ils ne
s'entendroient pas.
Voila, Seigneur, touchant
le beau langage
Sur le Parnasse, un grand
remu-ménage:
Or il s'agit de prendre
son parti,
Avisez-y) vous estes bon
& sage:
Mais n'en voudrez avoir
.;
le dementi,
Je le vois bien, ÔC tiendrez
tousjours ferme
Pour le vieil goust. Qu'-
]entens-je par ce terme? entens celui d'Horace
& Ciceron,
Encor faut-il en conserver
le germe,
Et luy laisser au moins
- quelque Patron,
Vous risquez moins que
bien d'autres à l'estre.
Comme en cet art vous
estes un grand Maistre,
Peut-estre à vous le pardonnerat-
on!
, Anous chetifs, recognez
en Province,
Suivre convient l'usage
qui prévaut,
Pour
Pour resister nostre credit
est mince;
Et quant à moi qui crains
un peu la pince,
Bon-gré mal-gré c'est un
faire le faut:
Ma coustume est de peur
qu'on ne me sonde,
D'estre tousjours le premier
à crier,
Comme Salie, ami de
tout le monde,
Sur ce pied-là ne me suis
fait prier.
J'ai donc voulu,suivant
le nouveau Code,
Qu'ont establi maints &
maints beaux esprits,
Penfer
,
écrire & parler
-
à leur mode;
Ors écoutez comment je
my fuis pris.
En premier lieu j'aifait
plier bagage
An grand Virgile, Horace,
& leurs conforts , Vivants compris aussibien
que les morts;
Tels ont cedé sans murjii;
mure à l'orage ;
D'autres ont fait un peu
plus les mutins,
Mais beaucoup moins les
.1 Grecs que les Latins.
Juvenal chef de la mutinerie
, Ma regardé d'abord du
haut en bas,
Et me quittant aussi-tost
en furie,
A pris sa courseulira
sauromatas.
Vous faites bien ma dit
tout bas Horace,
Nous gasterions le bon
goust d'aujourd'hui,
Etj'en ferois autant à vostre
place;
Perse vouloit s'enaller
avec lui,
L'ai retenu par la manche
& pour cause;
Les Orateurs & tous les
gens deProse,
Grands chicaneurs ont
voulu marchander,
Et Ciceron pour la cause
publique,
Comme autrefois tousjours
prestàplaider,
A débuté par une Philippique,
J'estois perdu si j'avois
écouté
,
Mais l'ai d'abord dès FE"
xorde arresté ; -
Disant à tous, Medicursi
point de replique,
J'en suis honteux, mais
l'Arrest est porté, -.
En vous gardant l'on eust
mieux fait peut-estre,
Et resteriez si j'en estois
lemaistre : ,-
Mais comme fuis de l'avis
des plus forts
Voici la porte & voilà la
fenestre ;
Pouvez opter, mais vous
irez dehors
Plus indigné que confus
de l'ouvrage,
0 temps, ô moeurs ! s'écrioit
Ciceron.
Brefdu vieux temps dans
ce commun naufrager,
Ne se sauva que
PerîeSe
Lycophron,
Or ces Messieurs ayant
* tous pris la fuitey.
Vous jugez bien que justesse,
raison
Clarté, bon , sens
,
crai-
; gnant mesme poursuite
A petit bruit sortirent à
leur fuite ;
Nul ne resta, tout vuida
la maifbn,
Ce fut, Seigneur, une
belle décharge;
Auparavant j'estois comme
en prison:
Mais eux partis je me vois
bien au large.
Comment! tandis qu'ay
suivi leurs leçons,
Cent fois par jour j'estois
à la torture :
Pour faire un Vers c'estoit
plus de façons,
Heureux le mot qui passoit
sans rature,
Tantost le tour paroissoit
trop guindé,
Tantostla Phrase embarrassée,
obscure L'un , ne vouloit d'un terme
hasardé,
L'autre trouvoitl'expression
trop dure,
Tousjours
Tousjours la Regle &
l'Equerre à la main
Il , me falloit suivre jùf.
qu'à la fin
Le plan tracé sous peine
de censure,
M'en écarter n'estoit gueres
permis,
Mesme en donnant
mieux que n avois
promis.
Juste en ce point,il falloit
l'estre encore
Dans l'hyperbole&dans
la metaphore, -
Pour tel écart qui feroit
encensé,
Au temps present sous
nom de noble audace
Me fuis souventveu rudement
tancé;
Rien n'estoit beau s'il
n'estoitàsa place.
Les ornemens aûssî que
de raison
Estoientdemijfe3 &c l'on
pouyoit sansdoute
Cueillir des fleurs quand
c'estoit la saison,
Mais ilfalloit les trouver
V-• !
: sur sa route; > Le Synonime enhabit retourné,
Quoy qu'éclatant :n'cftoit
pas pardonné,
La plus pompeuse &
brillante épitete
On larayoit quand;;eilc
estoit muette. .- Pour un seul terme ou
froid ou négligé,
C'estoit pitié,lonnieuft
devisagé.
Rien ne passoits'il neftoitdecalibre;
Que vous dirai-jeenfin?
j'estoisàbout:
Orsdesormaisai secoüé
le joug,
Etje puis dire à present
je fuislibre;
Aussi bientostverrez ma
plumeenl'air,
En imitantlestile noble
& rare
Del'éloquentChancelier
de Navarre,
A chaque trait élancer
un éclair:
Je vais d'abord [our enrichir
mes rimes,
faire un amasde briUans
synonimes,
Et par cet art aujoufd'huy
si commun,
Dire en vingt mots ce
qu'on peut dire en un.
Tout paroistra, jusques
aux moindres fornettes,
Enluminé de nobles épitetes,
Et dansla foule égaré,
confondu,
L'objet qui plus dévoie
frapper laveuë,
Enveloppéde cette epaiC
: senuë,
Se trouvera presque
comme perdu
Enbel esprit qui creuse
& subtilise,
Je veux mefaire un patois
à ma guise,
Et sans toucher aux ter-
-; mes establis,
Que malgré nous maintient
un vieil usage,
Sous mesmes mots autrement
assortis,
Fairetrouver tout un autre
langage
Pour me former un stile
tout nouveau,
Un stile auquel nul au-
: ,
treneressemble; ;
J'accouplerai d'un bizar-
,
re pinceau
Traits qui jamais ne se
c
font vous ensemble:
Mon arc sur tout brillera
dans letour,
J'aurai grand foin qu'au
1,
langage il responde,
Tout fera neuf
, tout
~viendra par détour,
Ne fallust il dans ma ver-
-
ve seconde
Quevous donner feule-
- :j ment le bonjour,
J'amenerai cela du bout
du monde.
De suivre un ordre & se
tracer un plan,
D'avoir unbut, & ten-
:
dre à quelque chose
C'estestre esclave, & se
faire un Tyran,
Pour tien n'en veux, &
quoyque je propose,
£en avertis,&Cqu'on
l'entende bien.
C'est sans In'afireindre"
oum'engager a rien,
Je veux errer maistre de
la campagne,
Traisnant par tout mes
lecteurs esbahis
Tantost en France, SG
tantost en Espagney
Qui me suivra verra bien
du pays ;
J'irai bien viste,& me
suive qui m'aime,
Pas ne responds pourtant
qu'en me suivant
On ne se perde, helas
'xa le plus souvent
Dans mes écarts je me "perditmoi-mesme.
L'ouvrage fait, ilfaudra consulter,
Ainsi qu'en doit user tout
homme sage,
Simesme encor s'en tolere
l'usage :
Mais en ce point ne pre..
:
tends imiter
Cequefaisoitcet Auteur
quel'onvante,
Qui pour se rendre intelligible
entout,
Sur ses écrits consultoit
saservante.
Tout au rebours je veux
gens de haut goust,
Esprits perçants, déliez
& sublimes,
Devinant tout; puis leur
lisant mes rimes
Je leur crierai: dites par
vostrefoi,
M'entendez-vous? gens
': de bien, dites-moi;
Moins ils pourront com*
p,rendreà mon ou- f-.vwgeV'»Ï
Plus le croiraideslors de
bonalloy,
Et sur cela ne veuxd'aït
tre suffrage.
Vousblasmerezle pairi,
que je. prens,
Mais quoi,fèigneui',qae
voulez-vous qu'on fâflê,
Il se faut bien accommoi,
-
,
derautemps; .~,'
J'aimelapaix,je crains
; les différents,
..Et.-
-
ne veux point me
broüiller au Parnasse;
Mais après toutque
ront nos neveux? Ce qu'ilsdiront,ce sont
debeaux morveux
Pour nous reprendre ils
n'oseroient sans doute
Et puis d'ailleurssices
petits esprits
Veulent jamais gloser sur
nos écHtsy
Quinauts seront, car ils
n'y verront goute.
P. D.C.C.
REMARQVESi11
faites sur la Moule
des Etangs.
ParMonsieurM.
:.
:_' L - Il ..::' Es coquilles delaMoule
s'entr'ouvrent par le
moyend'un puissant rer.
sort, se ferment parla contractionde
deux forts muscles.
Leur ressort qui cit.
situé sur le dos de ce poifson
, a environ un pouce
& demi de long sur deux
lignes delarge dans une
Moule de huit à neu f pouces
de grandeur. Ceres
sort dont les bords font
enchaflfez dans lcpaiflcur
,des coquilles, estconvexe,
par dessus, & concave en
dedans. Il est formé de
deux sortes de matières,
l'une écailleuse & de couleur
grise,l'autreblanche
ôc semblable à du, talc,
Leurs muscles [ont trauCversalement
attachez à la
partie interne de chaque
coquille,l'un en devant,
&l'autresurledeniere9
quiest plus grosquelepremier.
Lesmu/clesfo^:liixs
de l'assemblage de pluceurs
paquets de fibres
charnuës
,
croisées par
d'autres petites fibres ligamenteuses
& élastiques. Ce
font les moyens par lesquels
les coquilles s'ouvrent
& se ferment, &c.
L'autheurcontinuë d'expliquer
comment se fait le
mouvement de ces coquilles
par des observations
qu'il a faites là dessus. Ce
poisson nage dans l'eau &
quelquefois sur la surface,
mais tres-rarement:le plus
souvent il rampe dans sa
vase
vase sur laquelle il reste
presque tousjours en repos:
mais soit qu'il nage ou qu'il
rampe on ne voit que son
ventre sortir hors de sa coquille
, & s'avancer de
deux pouces ou environ
au delà de leurs bords.
: -
Monsieur Meri s'étend
ici sur la description de la
figure & de la compositiondu
corps de la Moule.
Ilfait voirensuite de quelle
manière ce poisson reçoit
sa nourriture: Il die
que sa bouche est si étroitement
attachée à la partie
posterieure du muscle
du devant des coquilles,
qu'il est absolument impossible
qu'elle puisse sortir
pour chercher l'aliment
qui luyconvient; ainsi il
faut qu'il ait dans l'eaudes
parties nourricières ,afin
que quand les coquilles
s'ouvrent la bouche puisse
lesrecevoir. Mais parce
que les coquilles restent
presque tousjours fermées,
il n'y a pas d'apparence
qu'il pust vivrecommodément
en cet estat si la nature
ne luy avoit donne
quelques lieux particuliers
pour tenir en reserve l'eau
qu'il reçoit quand ses coquilles
s'ouvrent,&pour
empescher qu'elles ne s'écoulent
lora"elles se ferment.
C'est a quoy la nature
a sagement pourveu
enplaçant de chaque costé
du
ventre de ce poisson
un grand reservoir, & proche
le bord de chaque coquille
un canal pour le sejour
de Feau., &c.
, Il continuë d'expliquer
les fibres &. les autres par- ties dont ce reservoir &
cc canal font composez ,
& les ressorts qui le font
joüer pour faire entrer la
nourriture dans le ventre
de ce poisson ,&les parties
qui la reçoivent:après
quoi il fait voir comment
sefait sagénération. Je ne
remarque, dit
-
il, dans la
Moule que quatre parties
qui puissent sèrvir à la génération
de ce petit animal
; deux que j'appelle
ovaires, parce qu'elles contiennent
Ces oeufs, & deux
-
autres que je nomme vesiculesseminales,
parcequ'aelles
renferment sa femeo*
ce qui est blanche & laitteuse.
Laconformation des
uns & des autres paroiftfent
semblables tant en dedans
qu'en dehors; il y a
cependant quelque chose
de particulier dans les ovaires
qui n'est pas dans les
autres puisque leurs foncrions
font différentes.
Ces parties representent
assez bien par leur superfi,
cie exterieure uncroissant
fort ouvert, convexe par
le bas , concave par en
haut, & applatipar fescot
*cz,&c.Leurfuperfici*
-tft tissuë de deux plants de
libres qui s'étendent differemment
d'un bouc à l'au,..
ttQ yÔCC. -.
.: A l'égard de leurstructurc.
exteriure elle a encore
quelque chosede plus
toerveilleuv, chaque veficule
est parcage en plalieur.
petits tuyaux fepa-
':rrz les uns des autres par
^es cloisons
) &quicontiennent
tes uns les ccufs,
& les autres la semence;
tous ces petits tuyaux ont ieor^mbouchquredans un
canal formé par l'extremite
qui regarde la telle, &
ouvert par l'autre dans l'anus,
&c. Au reste il est à reJ
marquer que les ovaires de
la Moule ne vuident leurs
oeufsqu'au printemps,
3
&
ne s'en remplirentqu'en
automne;de là vient qu'on
les trouve tousjours vuides
en Esté & pleins pendant
l'hyver. Il n'en cft pas de
mesme des vesicules feminales
qu'on trouve en tou-i
, tesfaisons plus vuides que
pleins,&c.
Quelque admirableque
soitla ftrudture des ovair
res & des vesicules femi-
Jiales - celle du coeur est
picore plus furpfcnantc
outre qu'il est placé immcdiatement
sur le dos des
jjpqyûHqs& au dpffus des
gou^o^s3safyafe esttou^
jours,ducostéde l'anus,
ôc sapointe regarde la tefte
yd'ailleurs il n'a qu'un
seul ventricule quoy qu'il
flit deux oreillecesqui paroissent,
&c. Ce coeur n'ayant
nyveines ny arteres,
il ne peut y avoir dans ce
poisson qu'un flux d'eau
4 qui
qui se fait de la bouche au
coeur par le moyen d'un
canal, ainsi que dans toutes
les autres parties de Ton
corps sans circulation &
sansreflux,&c. L'Autheur
continuant icy la description
de toutes ces parties,
respond à une objeaion
qu'on luy pourroit faire.
Il adjouste quela conformation
des poumons de
la Moule n'est pas moins
extraordinaire que celle de
son coeur. La voye par laquelle
elle respire est diametralemét
opposée à celle
des autres poissons; setpoumons
sont situez entre
le pericarde & les parties
de la génération, l'un à
droit,& l'autre à gauche;
ils ont environ trois pouces
de long ..& cinq à six
lignes de large dans les
plus grands de ces poissons;
leur figure estcylindrique,
leur membrane est
tissuë de fibres circulaires,
partagées en plusieurs cellules
qui se communiquent
les unes aux autres, &c.
-
Quand ces fibres circulaires
se relaschent ,Tair
qui les comprime le dilate,
&. la. Moule s'esleve sur la
surface de l'eau; alorsl'air
exterieur pressé. au dehors
par les coquilles qui s'écartent,
entre dans l'anus, ou
trouvant moins de resistance
qu'ailleurs, il s'insinuë
par deux conduits dans les
cellules posterieures des
poumons qu'il remplit d'à*
bord, ensuite de quoy il
passe dans le canal qui est
placé entre eux, & va remplir
leurs cellules posterieures
& celles du milieu,
Quand après cela les coquilles
se referment, alors
les fibres circulaires des
poumons venant à se rer
trecir, leur capacité diminuë,
& l'air y estant comprimé
le corps en devient
plus pesant, & la Moule
retombe au fond de l'eau,
& comme elle y est presque
tousjours plongée elle
ne peut joüir de la respiration
que dans quelques
momensfort éloignez les
uns desautres; enfin il conclut
ce discoursen disant
qu'il n'y a pas d'apparence
que la rcfpiration puisse
servir à entretenir dans la
Moule la circulation de
l'eau comme elle sert àentretenir
la circulation du
fang dans les autres animaux.
LIVRE NOUVEAU.
Avis donné par VAutheur.
ON vend à Paris chez
Claude Jombert, à la descente
du Pont neuf, prés
les Augustins, à l'Image
Nostre Dame) un Livre
nouveau intitulé: LaPromenadedu
Luxembourg. Cette
promenade contient onze
Journées
,
& chaque
Journée est remplie d'incidents
tous plus beaux les
uns que les autres.On y
voit des passions & des évenements
extraordinaires
; des ruptures & des
ihfidelÜez surprenantes ;
des raccommodements
feints & dissimulez; d'autres
qui font veritables &
de bonne foy
, & dont la
fin a esté heureuse.On y
voit encore des apparitions
d'esprits,des jalousies sans
exemples, & des victimes
que l'amour & la colere
sacrifient au desespoir.
D'ailleurs on y trouvera
des conversations galantes
& serieuses sur des questionsqui
n'ont jamais eftç
traitées, & qui font également
propres à polir l'esprit
, & à former les
moeurs ; des caracteres 6c
des portraits singuliers tirez
d'après nature,y paroissent
en plusieursendroits.
Enfin on y verra
çent choses différentes qui
feroient trop longues à
rapporter icy,&qui donneront
tousjours beaucoup
plus de plaisir au Loueur
quand il les apprendra par
luy -
mesme. A l'égard du
stile il est pur, les pensées
en sont vives, & le tour en
est ingenieux. Il ne manqueà
cet ouvrage que le
nom de l'Autheur. On ne
peut pas s'empescher de
s'enplaindre, & il est de
l'interest du public de connoistre
un homme qui écric
si noblement, & avec
tantdejustesse.On trouvera
chezlemesmeLibraire
plusieurs autres ouvrages
curieux du mesme Autheur
anonyme.
MA RIAGE.
MOnsieur le Marquis
de Maillebois fils de MonsieurDesmarests
Controlleur
General des Finances,
épousa le vingt- six Janvier
Mademoiselled'Alegrefille
de Monsieur le Marquis
d'Alegre Lieutenant General
des Armées du Roy.
LaMaison d'Alegre eftune
des plus illustres & des
plus anciennes d'Auvergne
;ellen'est pas moins
distinguée par ses alliances,
que par les grands
Hommes qu'elle a produits.
Dès l'an 1493. Bertrand
d'Alegre,Baron de
Puifagut
,
& seigneur de
Basset , maria Catherine
d'Alegresa fille puisnée à
Charles de Bourbon, seigneur
de Carency. Le chef
de cette Maison est aujourd'huy
Yves Marquis d'Alegre,
Mareschal de Camp, quiacommandé pendant
quinze ans le Rcgiment de
Dragons du Roy, & qui
s'est signalé par sa valeur &
Fleurus, à Steinkerque, à
Leuse, & en Allemagne.
HISTORIETTE:
UNe veuve de qualité
très-âgée & très-riche
avoit pris auprès d'elle
une Demoiselle fort pauvre
,
mais d'une famille
tres -
noble, jeune, belle,
ôc d'un tres-grand merite
; & estoit tellement
attachée à elle qu'elle lui
promit de lui laisser tout
son bien si elle vouloit
rester auprès d'elle sans
se marier tant qu'elle vivroit,
cette vieille Dame
n'ayantpourtant que soixante
& douze ans, pouvoir
vivre assez, longtemps
pour la fairevieillir
fille auprès d'elle.
Cette aimable personne
qui pouvoitavoir desja
vingt
-
deux - ou vingttrois
ans, estoit plus ob..
servée de cette maiftreiTc;
quelle ne l'eust esté d'un
mary jaloux;car la vieille
craignoit que quelque
engagement de coeur
ne l'engageait à se marier
malgré
-
l'esperance
de sa succession
5
cependant deux Amants
trouverent moyen de lui
faire des declarations d'amour
: le premier estoit
un vieux gentilhomme
très-riche qu'elle auroit
peut-estre accepté pour
mary plustost que dercC,
ter avec sa vieille, pire
encore pour elle quun
vieuxmari, mais elleestoit
aimée d'un homme
qu'elle aimoit aussi. Cet
homme avoit pour ne se
point marier des raisons
à peu près pareilles àcelles
de sa maistresse; premierement
point de bien
par lui
-
mesme, & n'en
esperant que d'un vieil
oncle. Ce vieil oncle le
vouloit marier d'un autrecosté,
Se l'avoit menacé
plusieurs fois de le
desheriter s'iln'épousoit ,
une personnequ-ils'estoit
mis en teste de luy donner
, & le neveu n'osoit
lui dire absolument qu'il
ne l'épouseroit pas, mais
trouvoit tous les jours de
nouveaux prétextes de
< differer ce mariage,qu'il
avoit bien resolu de ne
jamais executer. C'estoit
un caprice de sononcle
qui pouvoit passer ou Hnir
par sa morts;il attiendoit
cette mort sans la
denrer
,
mais pourtant
avec un peu d'impatience
; ensorte que d'un autre
costé son amour le
prenant pour la jeune
personne dont la passion
n'estoit pas moins forte
que la sienne
, tous deux
semarierent,mais Secrètement
pour ne pas perdre
les successionsqu'ils esperoient.
Cellequ'il épousoit
avoit pris pour nom
Julie,
Julie & avoit cache le
sien,&: celui de sa famille
pour ne la pas deshonorer
en se mettant en
service. Son nom ignoré
luy fit grand bien, car
l'ondeayant eu quelque
avis de ce mariage secret
de son neveu,apprit bien
le vray nom de celle que
son neveu époufoit par
les perquisitions qu'il fit
à la paroisse où ils s'estoient
mariez; mais ne
connoissant point le vray
nom qu'il trouva sur le
Registre, & ne pouvant
pas deviner que c'estoit
- une fille de Chambre, le
neveuse consola du bien
de son oncle qu'il perdoit,
parce que du moins
la vieille ne pouvant sçavoir
le mariage sa femmeavoitde
soncosté cette
successionqui leur su£
firoit à tous deux pour
vivre assezàleur aise.
Ce neveu cacha donc obstinement
à son oncle le
nom de sa femme, ne
pouvant nier qu'il nefuft
marié
,
&C fut quelque
temps sans la voir pour
nerien risquer en cette
occasion.
L'oncle fut si piqué
dumariage de son neveu
,
qu'il resolut d'époufer
une jeune personnequ'ilaimoitdepuis
quelque temps, ôC 4?
luy donner tous ses biens
en mariage.
Pendant ce temps -là
Julie estoit fort pressée
par son vieux Amant, ôc
lui donnoit pour exeuse
l'affectionqu'elle portoit
à sa maistresse, qui la faifoit
resoudre à ne la point
quitter, le vieux Amant
ne croyant pas qu'il pust
y avoir d'autre obstacle
que celuy
-
là, s'avisa de
faire amitié avec la vieilj
le, & de ménager auprès
d'ellequ'elle luy loüast
une partie de sa maison
qui luy estoit fort inutile
parce quelle ne l'occupoit
pas; elle luy ceda
plustost par amitié que
par interest , & Julie fut
fort surprise quand elle
vit que le vieillard luy
faisoit une telle galanterie,
& luy promit d'obtenir
de sa vieille maistresse,
qu'elle confentist
à ce mariage qui ne la
fepareroit point de Julie
qu'elle vouloit tousjours
voir. En effet quelque
temps après non seulement
la vieille consentit
à voir Julie mariée à son
vieux hoste, car elle jugea
quec'estoitun moyen
de l'attacher encore plus
à elle, empeschant par
là qu'elle ne pensast à
quelque autre mariage:
elle proposa donc cette
affaire à Julie qui se defsendit
fort sur une resolution
qu'elle avoit prise
de ne se jamais marier.
Cette negociation dura
quelque temps, mais les
amours de Julie & de
son mary secretn'avoient
pû estre si cachez que
quelqu'un de la maison
n'en eust des soupçons,
non pas du mariage fait
mais de leur amour, cet
incident fut un coup terrible
pour Julie, car sa
Inaiftretfe, pour rompre
cette intrigue, luy donna
pour alternative, ou de
rompre avec elle pour
tousjours ,iou d'époufer
son hoste, 6C elle ne luy
donna que huit jours de
delay,ensorte que Julie
vit par ce coup inévitabla
la successionde la
vieille perduë pour elle..
& celle del'oncle estant
desja perduë pour son
mary. On peut juger du
desespoir où se trouverent
ces jeunes mariez.
Sur ces entrefaites le
vieux Amant tomba malade,
ilavoit plus de quatre-
vingt ans, mais ny sa
maladie, nyson âge ne
diminuant
diminuant point son amour,
& se voyant prest
de mourir il fit un testament
captieux, par lequel
il laissoit tout son
bien à Julie à condition
qu'elle ne sust point
mariée , ôC qu'elle ne
se mariast jamais; ce
testament, quelque mauvais
qu'il sust, ne laissa
pas d'estre admirable
pour nos jeunes mariez,
puifquil empescha
le vieillard de faire d'autres
dispositions de son
bien qui leur revint naturellement
,parce que
ce vieillard estoit justement
l'oncle du mary & , que Julie l'avoit ménagé
pour l'empescher
,ci'oster son bien à ion neyeju,
qui eust tout perdu
si par malheur l'oncle avoit
pû découvrir qu'il
estoit son rival heureux.
Le neveune laissapas de
commencer un procez
contre Julie pour cacher
à la vieillequ'elle sust sa
femme, & Julie ensuite
tourna si bien son esprit
qu'elle proposad'ellemesme
à ce neveu d'épouser
Julie par accommodement
,
ensorte que
les mariez après avoir af.
seuré à la vieille que Julie
nela quitteroit jamais,
& que son mary occuperoit
le logement de son
oncle,avouërent leur mariage
, 8( heriterent peu
de temps aprés de la
bonne vieille qui leur
laissa tout. PARODIE
,de l'Enigme dont le
mot est le Raisin.
RAifinejf,rrJajle en genéral9
Grappe en est ledétail if
cep un nomfemelle,
Grain en petit detaild'un
nom masle s'appelle
Raisin fait devenir plus
d'unhomme brutal
Et c'eji pourtant la douceurmesme.
,..
Le raisin rouge ou blanc,
a le teint vifou blesme,
Son pere ccfi le Cep, il
estsec ebossu
La terre est leur mere
commune Le vin , rend vicieux souventparsa
vertu,
Et l'yvrogne irrité, est
souventsans rancune.
Le mot de l'autre Enigme
c'est le Navire.
ENIGME.
QUoy qu'aujourd'huy
jesois ce quej'estois hter,
Cessant d'estre doublé, je
ne suisplusmoy-mesme,
Qupj que coupé, pourtant jesuistousjours entier,
Cepartage me rendindigne
du Caresme.
J'estois femelle , estant
doublé
Mais quand de mon bo.
net on m'a desassublé
AuJJÏ-tosk je suis masle
,
après madélivrance*
JJon me noye, & bien.
tost apré*s.,mon excellence
Devient celle à peu prés
desouvrages d'esprit.
Avec moyl'onchante,
l'on rit
JSdais qui n'a point dfJ
temps à perdre qu'il
m'evite
Taiience avec moy quelquefois
periclite.
REPROCHES
au Dieu Apollon,sur
le fort ordinaire des
Poëtes.
FIls de Latone,injuste
Dieu,
Qui produit l'or par ta
puissance,
Pourquoi tousjours dans
l'indigence
- Tes enfans en ont-ils si
peu.
Apprens-moi, Pere sans
pitié,
Tandis qu'avec éclat tu
guides
Ton Char &tes CourEeM
rapides,
Pourquoi tes enfans vont àpie?
Enorgueillis d'un titre
vain,
Pourquoy, tandis que
TAmbrofie
Selon ton gré te rassasie
Tes enfans meurent-ils
de faim
Par toi nos champs font
reveftus
Des ornemens les plus ai.
mables ; Pourquoirfiersquoique
misérables,
Tes enfans sont-ils presquenuds?
Dans ton Palais font rassemblez
Cent thrélors donc il cIl,
la source ;
Pourquoi tes enfans sans
ressource
Sont-ils toujours si malmeublez
>
Songe à les pourvoir:sans
--, ,"-
les biens
De quoi sert la haute naiCsance;
Est-il un Sous-Fermier eu
France,
Qui n'establisse mieux lc£
siens.
Ne parois plusindifferent
Sur ce qu'icy je te de
mande:
Il est vrai, ta Famille est
grande
Mais ton pouvoir est-il
moins grand
Agis en donc plus tendrement,
Traite tes enfans en vrai
père,
Et pourqu'il ne t'en couftç
guere
Enrichis les bons seule
ment.
Pompe Funebre.
Le dix huit Février, on
fit dans l'Eglise de l'Abbaye
Royale de Saint Denis
le - Service ftflenneîj
du bout de l'an pour Monseigneur
le Dauphin ôc
Madame la Dauphine.
L'Evesque de Merz Premier
Aumosnier du Roy,
célébra la Méfie
,
qui fut
chantée par la Musique de
SaMajesté, les Religieux..
estant tous revestus de
chappes. Monseigneur le
Duc de Berry y affilia
avec les Princes & Princestes
qui y avoient etc invitez
par le Marquis de
Dreux,Grand Maistre des
Ceremonies
, & qui estoienc
Monsieur le Duc
d'Orléans, le Duc d'Anguien,
leComte de Charolois
& le Prince de
Conti: le Duc du Maine,
& le Comte de Toulouse
la Duchesse d'Anguien
Mademoiselle de Bourbon
, Mademoiselle de
Charolois, Mademoiselle
de Conti, & Mademoifelle
de la Rochefuryon.
Les Officiers de feu.Mon;
seigneur le Daupkm,ceux
de Madame la Dauphi.'
ne, & les Dames du Pa-;
lais y assistèrent pareille-;
ment.
M. François de Mailly
Archevesque Duc de
Reims) prit Seance au
Parlement le 21. Fevrier
,
1713. en qualité de Premier
Pair de France.
Il 0 V Q^V' E
à Adademoiselle de B
PArmi
tous leshonneurs
qu'on s'empresse à vous
rendre
Dans un jour de triomphé
& de plaisir pour vous,
Je ne viens point medes
, ma voix aux voeux de
tous
Ce procedé peut vous fafcj
prendre,
Et m'attirer vostre courroux:
Mais un Dieu pour me le
deffendre,
Exprès du Ciel vient
-
de
descendre:
Ce Dieu de ses droits cft:
jaloux,
Et je dois obeïr quoy qu'il
faille entreprendre.
Pour vous faire un Bouquet
je demandois des
fleurs
A la jeune & brillante
Flore,
Aussiton elle en sit éclore,
J'en vis dans Ces jardins de
toutes les couleurs.
J'approche,leurclar & me
charme & m'attache, jen
J'en admire l'assortiment,
Quel fpe&acle à mes yeux
s'offre dans ce moment
Sous les traits du zephire
amour me les arrache.
Je le reconnus aisément
Malgré tout son déguisement,
L'ayant veu dans vos yeux
où souvent il se cache.
a~.
Téméraire mortel, me
y dit il, en courroux,
Vous osez faire un bouquet
a Julie?
Dites quelle
-
est vostre ',: folie?
,Vousprétendez gouster
mes plaisïrs les plus doux,
Et vous cherchez mon ennemie?
Vostre ennemie, ô Ciel
amour? que dites-vous?
Luy dis je avec une surprise
extrême
Julie a trop d'appas pour
déplaire à l'amour,
etest par elle que chaque
jour
On reconnoist vostre pouvoir
supréme,
Ses yeux vifs & perçans
portent dans tous les
coeurs,
Et vos flammes & vos ar-
,
deurs,
eteOE par elle plustost que
par vous que son aime,
Et dans ce barbare sejour
Elle a sceu vous faire une
cour,
Vous me voulez tromper
vousmesme,
Julie a trop dappaspour
déplaire à l'amour.
A lavoir,on setrouble,on
1
s'enflame à l'entendre,
Ses yeux charment les
coeurs, son cfprit les
retient
Sa grâce les enchante §c
quand sa voix survient,
Un coeur luy-mesme a peineà
se comprendre, si
Mille doux mouvemens l'agitenttouràtour,i
C)cfi par elle plutost que
par vous que l'on aime,
Vous me voulez tromper
vous-mesme
Julie a trop d'appas pour
-
déplaire à l'amour.
Julie a mille appas pour
4 engager, pour plaire,
Je le sçais, dit l'amour, &
je ne puis m'en taire, :.
Je dois plus à l'éclac de
ddee*c—etsebsrbirlillalnantstsaatttrtraaititss-.";-1
Qu'à la force de tous les
traits
Dont autrefois m'arma la
-
Déesse ma mere y
Mais il ne faut pas au
surplus
Que Julie en fasse un
abus;
Quand pour ses appas on
soupire
Tendres regards, discoursflateurs
Beaux compliments, Cm~
ris trompeurs,
Sont les salaires du martyre
Qu'elle faitendurer aux
1 cecurs
Ce n'est là proprement
qu'amusermon empire,
Il faut, il faut de soUdes
faveurs,
C'est a ce but que tout
amant aspire.
Je scais bien charmante
Julie
Que je vous dois un bouquccencejour;
< -
Mais je n'aurai pas la folie
Demépriser les ordres de
L'amour;
Aussi pourquoi tousjours
voulezvous vous desfendre,
Vous charmez tous les
coeurs, on ne peut vous
charmer,
Ah c'est assez nous enflamer,
A vostre tour il faut vous
rendre,
Je vous promets des fleurs
si vous voulez aimer.
Promotion de Cardinaux•
On a appris par un Cou-.a-'
rier extraordinaire que le
30. Janvier le Pape avoit
tenu Consistoire ; où il
avoit déclaré Cardinaux
l'AbbédePolignac Auditeur
de Roce : le Sieur
Arias Archevesque de Seville
: le Sieur ErbaOdescalchi
Archevesquede Milan,
& le Sieur Sala Evesque
de Barcelone. SaSaintetéen
a reservé un autre
inpetto, & n'a pas rempli
les deux autres places vacances.
-
Le Duc de Sully connu
cy-devant fous le nom de
Chevalier de Sully, pritf
séance au Parlement en
qualité de Duc & Pair de
France.
RE LATI ON
de la descente faite
par Monsieur CASSARD
Capitaine de
VaisseauduRoy, dans
la Colonie de Suri--
nam , appartenant
aux Hollandois.
MOnsieurCassardComle
dessein d'aller attaques
la Colonie Hollandoise de
Surinam.; il serendit maistre
en passant aux Isles du
Cap Verd
,
de la Ville de
saint Yago qu'il brusla
après en avoir fait sauter
les Fortifications, & enleva
les effets qui s'y trouverent.
Il continua sa route
à Surinam
,
où il arriva le
vingt Juin. Les contretemps
qu'il y receut l"empescherent
de faire sa ckC.
cente ,
& l'obligerent de
relalcherà la Guadeloupe,
Isle Françoise de l'Amerir
que , pour y prendre de
nouveaux vivres, & faire
rafraischir ses Equipages,
Il repartie le vingt - un
Aoust de cette Isle pour retourner
à Surinam
,
& y
arriva le dix Octobre. Il
fit mouiller ses Vaisseaux
au large, s'embarqua le
mesme jour sur des Chaloupes
avec les troupes du
Roy,au nombre de onze
centshommes, & entra la
nuit dans la Riviere. Les
Ennemis avertis de son
dessein avoient fait monter
plus de quatre-vingt
pieces de Canon en pîu~
sieurs batteries dans les endroits
de débarquement,
restabli les Fortifications
& muni les Forteresses de
tout ce qui estoit necessaire
pour une vigoureuse
deffense; ce qui détermina
le Sieur Cassard à les attaquer
à force ouverte ; &
pour cet effet il fit entrer
les Vaisseaux & Fregattes
: dans la Riviere, à lareserve
du Neptune qui tiroittrop
d'eau, avancer
ses Galiottes, & tenir ses
troupes prestes à la def.
cente ; mais les Vaisseaux
qui devoient la favoriser
,
& canonner la Ville & le
Fort, en échoüerent à deux
portées de Canon, ce qui
obligea le Sieur Cassard en
attendant que les grandes
marées vinssent les relever,
d'invertir le Chasteau
& la Ville
,
& de se rendre
maistre avec les troupes
,
de toute la Riviere
de Surinam: mais comme
elle se rétressit vis-à-vis du
Chasteau & delaVille, &
fait un
N
coude dont le passage
,
à portée de MopC
quet, estoic deffendu par
plus de cent trente picces
de Canon, il estoit tresimportant
,
après que les
troupes en auroientclfuye
le feu, & seroient passees
de l'autrecosté de la Riviere,
de se faire un chemin
par rerre qui traverfast
d'un bout du coude à
l'autre, pour rendre la
communication libre, des
troupes avec les Vaisseaux,
&.l'oiter aux Ennemis par
eau , & par terre avec les
habitations. Le sieur Cassarddétacha
le sieur Beaudinard
avec cent grenadiers
pour le chercherà
travers des Bois & des Marais
presque impraticables.
Il donna;avis le tendemain
au sieur Cassardqu'il
lavoit trouve, & s'estoit
saisi de la premiere habitation
de l'autre costé de
la Riviere. Le lieur Cassard
fit sur le champ marcher
le second Bataillon
pour le soustenir dans ce
Poste
y
& passa deux jours
après avec le reste des
troupes par la Riviere,avec
la Fregatte la Meduse
, &
deux batteaux qui luy portoient
desvivres&des munitions.
Les Ennemis éclairez
par des feux qu'ils avoient
allumez de l'un & de
l'autre costé delaRiviere
pour le voir passer,firent
une décharge de toute leur
Artillerie qui devoit beaucoup
l'incommoder ;mais
il n'y eut que cinq hom))
mes tuez, & cinqbleflea
dans la Chaloupe du sieur
de Gotteville Belliile qui
reccut une contusion au
bras,& un cué dans le Canot
Major , que montoic
le sieur du Breüil. La Meduse
commandée par. le
sieur d'Hericourt avec les
deux Batteaux qui la fuivoient,
passamalgré le feu
du Canon dont elle fut
criblée, & ne pouvant plus
manoeuvrer, le sieurCassard
alla audevant d'elle,
la remorqua & les Batteaux
hors de la portée du
Canon
)
& les fit reparer
avec beaucoup de diligence.
Le ficur d'Hericourt
sir dans cctre occaGcn, qni
estoit tres. delicate, tout ce
qu'on pouvoit attendre de
ion experience. Les trempes
ainsirassemblé'es,Mon;.
sieurCassard eftablic un
Camp dans l'habitation
dont le sieur Bcaudinard
s'estoit emparé) & y en
taifla la moitié fous le commandementdu
sieur de
Morgues:il détacha enfuice
le sieur d'Espinay avec cinquante
Grenadiers^ pourCe
saisir d'un poste avantageux
de l'autre cofté de la
Riviere de Para, & oster
par ce moyen toute forte
de communication aux
Ennemis. Le sieur Casri
fard se mit à la teste du
reste des troupes, avec lesquelles
il - monta vingt
lieuës dans la Riviere. Cependant
le Gouverneur détacha
deux cens hommes
pour aller attaquer lesieur
d'Espinay dans son poste
, mais il s'apperceutde leur
mouvement & les prévint;
il marcha à eux la Bayonnette
au bout du fusil, les
baitir
,
prit le Commandant
qui estoit le premier
-
Ca piraine de la Ville, avec
quatre hommes, en tuaôc -
blessa plusieurs, & força
le reste de se sauver dans
les Bois. Le sieur d'Espinay
ne perdit danscette
occasïon, qui fut trèsvive,
que deux Grenadiers & y
receut un coup de fusil
dans sa manchette. Monsieur
Cafd* avoir
laisse le sieurde Moans
avec un détachement de
troupes, au haut de la Riviere
, pour garder ce poste
,
revint au Camp pour
pouvoir profiter des grandes
marées qui approchoient
, & attaquer le
Chasteau & la Ville que
le sieurdeBandeville continuoit
tousjours de bombarder.
Le Gouverneur
in forméde ce mouvement,
offrit de convenir d'une
contribution à laquelle le
sieur Cassard consentit, ne
pouvant, sans trop risquer,
faire entrer les Vaisseaux
àcause des bancs
,
& du
peu d'eau qu'il y a dans le
Canal
,
sur tout dans cette
saison. La contribution a
esté payée en bons effets
qui produiront en Europe
plus de cinq cens mille
Escus. Le lendemain de la
Capitulation, Monsieur
Cassard a fait un détachement
de troupes avec ordre
au sieur de Moans, qui
les commandoit, d'aller
insulter Barbiche & Askebe,
qui font deux petites
Colonies appartenantes
aux Hollandois, peuestoignées
decelle de Surinam.
Onne peutrienadjoufter
à la valeur & à la fermeté
que les Officiers, &
les troupes de la Marine
>
ont marqué dans cetre occasion.
Les dernieres nouvelles
4e la Martinique donnent
lieu de juger que cette Escadre,
avant de revenir en
France, tentera encore
quelque entreprise contre
d'autres Colonies desHollandois
en Amérique.
CREATION
d'Officiersde Marine.
LE 13. Janvier,le Roy sit
à Marly un remplacement
d'Officiers des Galeres.
Chefd'Escadre.
Le Commandeur - de
Bourfeville.
Commandant des Grenadiers.
Le Sieur de Fontette.
Capitaines.
Les Sieurs de Laubefpin.
De Lubieres.
LeCommandant de Marcellangcs.
Le
Le Chevalier de Marfillac
de la Messeliere.
Le Commandeur de la
Periniere.
< Major.
Le Sieur du Chaftelier.
Capitaines- Lieutenants.
Le Chevalierde Bissy.
Les Marquis d'Efpennes.
DeLefpinay.
Les Chevaliers de Moncolieu.
l
De Levy.
Et de Tranftourette.
Lieutenants.
Les Sieurs Chevalier de
Pontfrach.
De Maroulles.
De Champagne.
Thoron d'Artignofe.
Cassendi Campagne.
De Sabran.
Le Marquis decaftclannè.
Sous-Lieutenants de la Rtale.
Le Sieur de la Gareimfe^
Le Chevalier de Pilles.
Sous-Lieutenants de Galeres.
Les Sieurs de Ginestet.
De Bernages.
De Tournesort
De Langerie.
DeGaillac.
De Caumont.
Le Chevalier de Romieu,
De Gardanne.
De Pontevez Maubouf
quet.
De Saint Ofraaanc.
Chevaliers.
DeCastelanned'Espennes.
De Puydorfile.
, DeMontolieu.
Et de Fontette.
Enseignes de la Reale.
Les Sieurs Bayard.
Chevalier.
f De Pontevez-Tournon.
Enseignes de Galeres,
Les Sieurs de Flotte.
De Soessans.
Chevalier de Ponce-v.e*z. DesTourres.
DeVilleneuve deVaucluse.
D'Espaner.
LeChevalier d'Haraucourt
DeChabannes.
De Manse.
S. Victoret.
DeChaumont.
Le Chevalier de Pigeon.
Dorgnon Terras.
De Savonnieres.
Et le Chevalier de la Fare.
Capitaine de la Compagnie
des Gardes de rEtendart.
Le Chevalier de Courtebonne.
Lieutenant.
Le Commandeur de Froulay.
Enseigne.
*->
Le Sieur-la Balme.
MareschaldesLogis.
Le Sieur Bosco.
Sa Adajefié a fait Chevaliers
de Saint Louis.
Les Sieurs de Com-bant.,
De Chaumonr.
De Cheyladet.
De Cambray.
Ferrant.
Pelicor.
La Combe.
Bevoland.
Chasteauneuf.
D'Heureux.
Marin.
Du Revert Darcuffia;
De BarasChantcrcier.
Le Comte de Beüil.
De Neuvi.
De Razac.
Juliani.
Le Chevalier de Maulevrier..
•j
DeC1aux.] Desidery.
Luguet.
Et de Pontfrach.
NO VVELLEJ
d'Allemagne.
LA Guerre declaréeau
Czar. par le Grand Seigneur
, donne beaucoup
d'inquiétude
d'inquietude à la Cour de
Vienne, d'autant plus qu'-
on craint que la Pologne,
laHongrie & la Transilvanie
n'y soientenvelopées.
Cependant des Lettres
de Constantinople
portent que le GrandSeigneur
ne vouloit point
rompre la Paix de Carlowitz
,
mais seulement attaquer
le Czar qui avoit
violé deux fois la Treve
concluë à Falczin
, & depuis
renouvellee avec luy ;
Il qu'à l'égard du General
Goltz Envoyé du Roy Auguste
, il n'avoic de por
voirs que de ce Prince
Se que d'ailleurs il estoit et
tré trop avant dans les it
trigues & les interests de
Moscovites ; qu'enfin
Grand Seigneur vouloit
comme il la promis, fait
escorter en toute seures
le Roy de Suede dans se
Estats. Toutes ces nouve
les & les grands prépara
tifs des Turcs ont engag
rAmbafladeurde Venis
à faire instance, à ce qui
l'Archiducse mette en es
tat de n'estre point surpris
On travaille tousjours aux
recreuës & à la remonte
des troupes pour continuer
la guerre; cependant on
asseure que l'Archiduc a
envoyé pouvoir au Comte
de Zinzendorf son Plenipotentiaire
à Utrecht, de
consentir à une suspension
d'armes. On asseure que
,. le RoyStanistas accompagné
du General Smiegiels-
Ki ,
est arrivé à Bender,
que le Roy de Suede en
devoit partir avant la fin
du mois de Janvier avec
une puissantearmée. Les
Lettres de Transylvani
portent qu'il est en mai
che
,
les demieres Lettre
de Constantinople le cor
firment. La publication d
la guerre contre le Czar
ses Alliez, elles porter
que l'Internonce de l'Ar
chiduc avoit receu peu d
jours auparavant un Cou
rier qui luy avoitapport
de nouvelles instructior
touchant le changemer
des affaires, mais qu'il n'e
- avoit pû faire aucun usa
ge,que le Grand Seigneu
estoit resolu de faire l
guerre, & de commander
ses armées en personne,
outre que ce Ministre n'avoit
pû respondre aux reproches
qui luy avoient
esté faits touchant la mauvaise
foy avec laquelle le
Czar avoit manqué à l'execution
du Traité de Falczin.
Les mesmes Lettres
affeurent que le Palatin de
Masovie, Ambassadeur de
Pologne
,
qui estoit reste
à Andrinople, estoit menacéd'estre
conduit aux
sept Tours, de mesme que
les Ambassadeurs & les
ostages Moscovites
, &
que tous leursdomestiques
avoient été mis aux
Galeres ;qu'un Capigi
avoit été envoyé a Mete-
Jin, où estoit reeégué le
Visir deposé
, ce qui donnoic
lieu de croire que ce
ne fust pour apporter sa
celle, d'autant plus qu'on
avoit découvert des preuves
convaincantes qu'il
s'estoit laissé gagner par
prefenrs
, pour soustenir
les interests du Czar, &
ceux du Roy Auguste.
.,. Les Lettres deHambourg
portent que le General
Steinboch fit passer
la riviere d'Eyder le 16. le
17. & le 18. à son Armée.
êc quayant appris que le
Czar le suivoit en diligence
avec une Arméefort fiiperieure
,
il campa dans
un Poste avantageux entre
l'Eyder & la Ville de
Husum dans un terrain
fort estroit. Il mit sa droite
à Swabstede sur la Trene
qui tombe un peu au desfous
dans l'Eyder, & sa
gauche à Osterfeld au desfous
de Husum
; de forte
qu'il a devant luy la Trene,
des Bois, des Marests,
&des Défilés,& derriere
la Préfecture,&Presqu'isle
d'Eyderstede, entourée
de la Mer & delaRiviere
d'Eyder de tous les autres
costés:qu'ilparoissoit fort
resolu d'attendre en ce
Camp l'Armée du Czar,
& de s'y fortifier, attendu
qu'il peut tirer feulement
des vivres des Isles &de la
Dahmaise. Il a fait plusieurs
Détachements pour
lever des contributions;
néanmoins le Czar ayant
pressé la marche de son Armée
malgré le degel quia
beaucoup fatigué les Troupes
,fut joint à Rensbourg
par le General Legard
avec cinq ou six mille Danois
: il est arrivé à Gottorp
où est son Quartier
general. Il a envoyé un
Détachementà laVillede
Flenfbourg qui a empesche
le payement de vingt
huit mille escus de contribution
qu'elle avoit offerte
,
le Roy de DannemarcK
ayant deffendu
d'en payer aucune, àcause
que l'Armée Conféderée
estoit proche & en estat de
les garentir desexécutions
militaires.
D'autres Lettres portent
que cent cinquante
Suédois estant retranchez
à la teste du Pont sur la
Trene
,
avoient esté attaquez
par deux mille Danois
commandez par le
General Legard ; qu'aprés
un combat de quatre heures
ils avoient quitté le
Retranchement, rompu le
Pont, & fait un si grand
feu sur les Danois,qu'ils
les avoient obligez à se retirer
avec perte de soixante
& dix hommes:que les
Suedois estoient demeurez
maistres du Poste, & qu'ils
n'avoient pas perdu dans
cette action vingt-cinq ou
trente Soldats..
Les Lettres de Kiel, &
de plusieurs autres Villes
du Holstein assurent que
ce succés a esté suivi d'un
autre bien plus considerable.
Elles portent que le
General Steinbock ayant
esté informé par les Prisonniers
faits à l'action dupof,
te de Hollingstede, & par
d'autres voyes, que le General
Baver qui commande
l'aisle droite de l'Armée
Confederée qui estoiten
marche vers son Camp
pour le combattre,s'estoit
avancé avec huit mille
Moscovites pour le prendre
en flanc, tandis que le
reste de l'Armée l'attaqueroit
de front, avoit sur le
champ resolu de profiter
de cette occasion; qu'il
avoit pris un gros Corpsde
Cavalerie, mis sur plus de
mille Chariots une partie
deson Infanterie, & marche
avec tant de diligence
,
qu'il avoit surpris les
Moscovites, & les avoit
entierement défaits. On
assure que cinq mille ont
esté tuez sur la place,& le
reste fait Prisonniers ; que
cette défaite avoitcausé
une grande efpouvanre
dans l'Armée Confederée;
,
que la division augmentoic
xie jour en jourentreeux,
à cause que les Moscovites
prétendoient que les Danois
&les Saxons devoient
obéir absolument à leurs
ordres; que leRoy deDannemarck
estoit encore à
Fredericfode
,
où il rassembloit
ses Troupes, &
quatre mille hommes arrivez
de Norwege, pour les
joindre à la grande Armée,
dont on assure quele
Czar veut luy laisser le
commandement pour retourner
dans ses Eta-ts.-mais
que Sa Majesté Danoise
vouloir l'obliger à differer
son départ jusqu'à ce qu'on
eustveu le succés d'une Bataille
generale. Plusieurs
Lettres assurentque. le
Renfort qu'on attendoit
de Suede eftoic arrive en
divers Ports de Pomeranie,
ayant estéseparé par le
mauvais tem ps.
Les Lettres de Berlin du
21. Janvier portent que le
DérachementdeStetin,qui
avoit enlevé deFredeland
tous les vivres,& destruit le
Magasin qui y estoit,s'estant
retiré, quatre CompagniesMoscovites
étoient
entrées dans cette petite
Ville-là, avoient pillé ôc
maltraité les Habitants,
les accusant d'avoir favorisé
l'entreprise desSuédois.
-1 NOVVELLES
d'Ejpagne.
LE Royafait Lieutenant
General Don Tiberio Carasa.
Le Connefiable deCastille
mourut le dix-neuf
Janvier après une longue,
maladie,îon corps accompagné
des Officiers de la
Maison du Roy
,
de la
principale Noblesse dela
Cour & des Ordres Religieux
, fut enterré le lendemain
dans l'Eglise des
Trinicaires Deschaussez.
Sa Charge de Majordome
Major fut donnée
le mesme jour par Sa Majestsé
, avec un applaudissement
général au Duc
d'Efcalona Marquis de Villena,
en consideration de
ses services & de safidélité.
Les Lettres de Catalogne
portent que l'armée
Françoise s'estantavancée
le deux Janvier pour faire
lever le blocus de Gironde
,
le General Scarem.
berg avoit rassemblé toutes
les troupes qu'il avoit
postées à la garde du pat
sage, & s'estoit retiré vers
Oftalric
, que deux cens
cinquante hommes qui
couvroient l'arriegarde de
son armée, ayant voulu
disputer un partage,
avoient tous esté tuez ou
faits prisonniers, outre
plus de quinze cens
hommes qu'il avoit perdus
durant le blocus ou
dans trois assautsqu'il
avoit donnez aux ouvrages
extérieurs delaplace,
& qu'ensuite le Mareschal
de Berwick y avoit fait
entrer tous les secours necessaires.
Sa Majestéafait publier
un Decret par lequel il
accorde une amnistie génerale
à tous les Catalans
qui viendront se presenter
à quelqu'un de ses Généraux
, & que tous leurs
biens mesme confisquez,
leur feront restituez ; que
s'ils ne profitent de cette
grace ,
ils feront traitez
avec toutes les rigueurs de
la justice.
Les Lettres de Tortose
portent que l'armée estoit
preste à se mettre en marche
vers la campagne de
Tarragone
, qu'on avoit
amassé des provisions pour
la faire subsister pendant
deux mois, qu'il estoit arrivé
à Vinaroz entre Pcnifcola
& l'Ebro huit barques
chargées de blé
.0
ou
d'orge, & qu'on en prépa-,
roit encore d'autresà Alicante
& à Cartagene, que
les Troupes Portugaises
qui retournent par terre
deCatalogneenleurpays,
devoient passer rEbro le
douze Janvier à Mequinença.
On mande de Lcrida
que le Marquis de
Cera Grimaldi Lieutenant
General, ayant appris que lesEnnemis avoient abardonné
Cervera & les postes
des environs,s'estoit
avancé avec ses Troupes,
&s'en estoit emparé après
avoirdéfait un grand
nombre de Miquelets qui
avoient voulu s'opposerà
Belpuch à son passage,
qu'il en avoit tué plus de
cent cinquante. D'autres
Lettres de Lerida portent
que le Marquis Grimaldi
estoit tousjours à Cervera
,
d'où les Ennemis s'estoient
retirez avec tant de
précipitation, qu'ils avoient
abandonné deux
- mille sacs de farine, de
blé, & d'orge, avec beaucoup
de munitions de
guerre. Que le Prince
Tserclas de Tilly estoit encore
campe avec l'armée
au delà de Tortose, où il
attendoit les ordres pour
se mettre en marche.
Les Lettres de Lifbonne
portent que le Roy de
Portugal reformoit ses
Troupes pour les réduire
surlepiedoù ellesestoient
avant la guerre; qu'on
desarmoit aussi les Vaisseaux
de guerre, à la reserve
de huit destinez à ef
corter les Vaisseaux Marchands
contre les Corsaires
de Barbarie, & qu'un
Armateur de Vigoen Galice
y avoit amené un Navire
Hollandois chargé de
Café, de Raisins de passe)
& d'autres marchandises.
DON DV ROR.
Le Roy en confideration
des services de Mensieur
du Barail Marechal
deCamp, & Gouverneur
de Landrecy
, en tefmoignage
de la satisfaction
que Sa Majesté a eu de sa
con duite à l'occasion du
Siege de cette place,a augmente
ses appointements,
& les a mis sur le pied des
grands Gouvernements de
la frontiere.
A MADEMOISELLE
deP***
Sur la bonté du coeur.., DEpuis l'instant que j'eus
l'honneur de vous voir pour
la premiere fois, je vous ai
si souvent entendu parler
de la bonté du
-
coeur, que
je me fuis enfin determiné
à
-
approfondir une matiere
qfourit.semble vous occuper si
Souffrez que je vous
fasse part de mes reflexions;
non que je pretende ajoûter
par là quelque chose à
vos lumieres. Je sçai trop
que rien n'échape à vôtre
penetration: mais si vous
ne trouvez rien ici que vous
n'ayez déja apperçû de
vous-même, du moins ne
ferez-vous pas fâchée de
voir dans tout ce que je dirai
de la bonté du coeur,
une fidelle peinture du Vô-" trc.1 A mesure que les honw
mes se sont éloignez de la
première innocence, H%
ont perdu peuà peu lideQ
des vertusqui pouvoient les
y maintenir. Ils n'en ont
confervé que quelques apparences
dont ils ont fait
des marques à leurs désauts,
& ont enfin donné
à leurs foiblesses ainsi marquées
le nom des vertus
qu'ils ne connoissent plus,
& qui semblent n'oser paroîtrecequelles
sont, de
pmeur d'êétrepen brutteiàsleu.rs
Ils ont porté cet abus à
un tel excés, que je craindrois
devoir par-tout desa
voüer la bonté du coeur,
lorsque je la produirai sous
sa veritable figure, si je
n'appercevois en vous de
quoy justifier ce que je vais
dire à son sujet. Consuiltez
vous, confrontez vôtre in-i
terieur avec le portrait que
je vous donne
; Ôc s'ils se
rapportent, vous conviendrez
que je n'ai pas entier
rement participé à l'extrê-*
me aveuglement de laplû
part des hommes.
La bonté du coeur est ur
tendre sentiment de l'ame,
fondé sur la raison ôç sur la
vertu.
ld
Je dis, fondé sur la raison
& sur la vertu, parce
que, comme je le ferai voir
dans la suite, si l'un & l'autre
ne s'accompagnent pas,
le tendre sentiment n'est
qu'une foiblesse du temperamment,
dont on n'est pas
maître, & qu'on doit éviter
avec foin comme un
mauvais guide, capable de
nousfaire tomber dans de
grands inconveniens.
Pouravoir lecoeur veritablement
bon, il faut être
pitoyable envers tout le
monde:mais il ne suffit pas
de
-
compâtir aux peines
d'autrui ; ces sentimensde
pieté doivent encore nous
porter à chercher les
moyens de les faire cesser,,
sans examiner ce qu'il pour?
roit nous en coûterde démarches,
de soins, de veilles
, & de bien ruqinesi
nous étionsenétatd'en
employer à un si belusage:
&pour que ces sentimens
ayent toute leur pureté,il
est necessairequ'ils soient
desinteresseèz à unpoint ;
que nous nenvifàgiàâsdans
toutce qu'il nous faut faû
te1.que le bien &le repos
».
-
de ceux que nous voulons
obliger, sans avoir égard à
nous-mêmes, tant que no*,
tre innocence ne court aucun
risque.
Cette situation emporte
infailliblement avec elle k
reconnoissance, la generosité,
la discretion,l'équité,
la docilité, la complaisance
, la sincerité
,
& toutes
les autres qualitez qui nous
rendent propres à la societé
des gens de bien:elles sont
tellement enchaînées ensemble,
qu'on n'en peut séparer
aucune, sans altérer
& détruiremême toutes les
autres ; & si l'on, fait bien
attention a toutes ces circonfiances,
on trouvera
que la bonté du coeur qui
elles déterminent n'est au.
trechose que la charité elle-
même,à qui l'on a donné
un nom plusàl'usagedu monde.
Que cette peinture est
différente de l'idée qu'on a
aujourd'hui de la bonté du
coeur! Pour peu qu'on se
sente, une ame tendre &',
facile, on se l'attribuë, ont
s'en fait gloire,&on l'accporde
arux aiutrexs au m.ême Que Cloris, dit-on, a le
coeur bon! les chagrins de
ses amis la touchent comme
les siens propres, &elle
en est si affligée, que bien
loin d'être en état de se consoler
alors,elle a besoin el
le-mêmedeconsolation.
Elle est d'une douceur qui
charme, & sa complaisance
passe l'imagination.
Je l'avouë : mais qu'on
l'examine sans la perdre de
vûe. La raison & lavertu
accompagnentelles la sensibilité
qu'on lui voit pôiïï
ses amis? s'empresse-t-elle
à les soulager après les a
voirplaints ? & la voit-or
dans l'occasionprévenu
leurs demandes par des ser,
vices effectifs, danssedes
fein de leur épargner la
mortification & l'embarra
oùl'on se trouve, lors qu'
on est contraint par neceÍ;
sité d'avoir recours à se
amis? Si c'est là la conduit
de Cloris, qu'elle a le coeur
bon! que son procedé esrare!
Mais si elle s'en tien
aux pleurs & aux gemisse
mens sans passer outre, loin
que cette sensibilitéson guil
dée par la raison & la ver-*
tu, & parte de la bonté du
coeur, ce n'est en effet qu*
punneesseennssiibbiliiltiétéddeerteemrnppee--
ramment, une émotion na*
turelle causéepar la fynu
patie, & de la nature de
celles qu'excite en nous la
tenture de quelque avanT
cure touchante. Tant que
lesobjets sont presensà noa
yeux ou a nôtre Imagina.
tion,ils nous frapent &
nous interessent : mais à
peine font-ilsdisparusyqu€
nôtreémotion cesse&;
que nous en perdonsjusqu'à
la moindre idée. Doit.
ocn apopellerccelaubontrédu 1 Cette grande douceur
3! cette complaisanceaveugle
qu'on écoute dans Cloris,
font
des fuites de sa foifolefle
y- & pourlesdéfini
ju ftcs^ ce sontdes effets involontaires
d'une indolen.
ce naturelle qui la suitdans
toutes lesavionsde savie
ôc qu'on doit bannir dela
societé
, comme n'étant
d'aucun ufàge»
Mes amis me font si
chers, dit Doronte, que je
voudrois les voir parvenus
à la dernicre perfection.Je
souffre une peine extrême,
quand j'apperçois en eux
quelques défauts capables
de leur faire tort dans le
monde, & je voudrois les
en pouvoir corriger à quelque
prix que ce fût. Un tel,
par exemple, que je cheris
plus que moy-même) est à
la vérité recommandable
par mille belles qualitez:
mais certainesfoiblesses
viennent par malheur de*>
truire la belle idée qu'onen
pouvoit concevoir. Je l'eravertis
souvent avec douleur
, & il ne tient pas
moy qu'il ne s'en défasse
Est-il un meilleur CoeUJi
dans le monde,s'ecrient
alors ceux qui l'entendent
est-il un ami plus véritable?
Mais le sage, que ce:
apparences & ces détour
ne peuvent surprendre, de
couvre dans ce discours
un grand fond de malice
pu beaucoup de sotises dind<iscIre.tion.
-
Eneffet,siDoronteche
chepar là à décrier celui,
ont il paroîtavoir les incrêts
si fort à coeur, c'est
ne medisance, & une ma- ignité d'autant pluspernitieuse,
qu'elle cit plus eculiée
,
& qu'elle s'insinuë
pus lesapparences de l'anitié
la plus sincere & si
[ans le fond c'est sans desein
sans intention mauaise
qu'il parle; s'U ne fait
p.te suivre l'habitude qu'il.
contractée de dire tout.
ce qui lui est venu à la connoissance,
c'est une stups.,
jticé, une sotise & une indiscretion,
qu'on ne doit
pas moins bannirde la fo;
cieté que s'il pechoit par
malice, puisque les suites
en font les mêmes, & qu'i.
laisse les mêmesimpressions
dans l'esprit de ceux
qui l'écoutent. >h Quiconque a le coeur
bon regarde les défauts de
ses amis avec une pitié tendre
,il les cache,&pâlis
s'ils sont connus. Il n'en
parle jamais qu'à eux-mêmes
} encore lors qu'ille
en avertit, il le faitavec
discretion & retenue pour
; menaiilenager:
leur amour pr0
pre , qui pourroit les revolterys'ilallait
leur dire
ero face qu'il a remarqué
leurs foiblesses.
,,
Voila la route qu'on de-
~vroit tenir, au lieu d'aller.
comme Doronte dire tout,
~haut en publicyqu'on est
au desespoir de s'être apperçu
detels & tels défauts
en tels & tels amis, parce
qu'ils pourroient nuire à
teur réputation,s'ils ve*-
~loient à être connus dans
monde..
Cependant Doronte a
dit-on, leccciirïucles léj
vres; il est sincere ildit
tout ce qu'il pense, même
jusqu'a ses défauts&l'on
conclut de là qu'il alecoeur
bon:mais cette ouverture
cette sincerité apparente
cet aveu de sesdéfauts,
qu'on accribue à labonté
defon coeur,se trouveront
sion les examine- deAmples
effetsde sa maliceou
de sa forife; & quel quece
soit de ces deux principes
qui fasse parlerDoronte, il~
est toujours ou à crainte om
àIl mé,p"ris.
Si Doronte avoüoit les
défauts par bonté de coeue,
il en rougiroit;ce feroit un
retour qu'il feroit sur luimême
par repentir & par
"Vertui & cette même vertu
'le porteroit à s'en corriger,
pour n'avoir plus à en rout
gir : mais il a toujours la
iiriême confidence à faire
Ar ses foiblesses; au lieu,
d'amendement on n'ap-
~perçoit en lui que plus de
~fermeté, &plus d'art dans
d'aveu de ses foiblesses. Il
~faut donc qu'il le fasse par
d'autres motifs, & tout autre
motif que le repentir
& lavertu dans cette occa
fion ne peut partir quede
sa malice oude sa forife.
S'il agit par malice, c'est
un piegequ'il tend pour
acquerir la confiance par
cette fausse sincerité, afin
de s'établir sur le pied d'un
homme amateur dela verité,
à qui l'on doit ajouter
foy lors qu'il fait le portrait
d'autrui. En effet, si l'on
fait atention , on remarquera
qu'ilpassetoujours
de ses défauts à ceux des
aUJrcs) & qu'il fait si bien *
en forte, que lorsque l'on
en vient insensiblement au
parallele,on le regardé
comme un Saint à canoniser,
en comparaison de
ceux dont il a parlé.
Si ce n'est pas dans cette
vue qu'il declare fifouvenr
ses foiblesses, on doit peiu
ser que c'est un vicieuxen-L.
durci qui veut par là que le
monde se familiarise avec
elles) & s'accoûtume à le*
lui faire connoître, parce
qfu'ail nie rveeut p.as s'en dé-
Enfin si c'estpar [oti[e"
on doit en accuserune facilité&
une foiblesse natifc
relle qui le rend infaillible.
ment aussi indiscret pour
les autres que pour lui-même
; ôc toute indiscretion
tft contraire au commerce
des honnêtes gens. Voilà
cependant le plus grandindice
par lequel on doit connoître
la bonté du coeur
Onse laisse éblouir par ses
confessions étudiées, Ôcc
n'est dans le fond rien
moins que ce qu'on s'imagine.
Damis rend service
K\itlefihoridequand il
se peut ; il topeà tout; il
faittout ce qu'on veut, &:
l'on n'en doit jamaiscraint
dreun refus,';quelqtiepropositionqu'on
lui fasse,
Voila ce qui s'appelle un
toncoeurà, touteép, reuve.
juges indiscrets,entrezplus
toàric danslesdémarches
de Damis, pour décider des
sentimens de son coeur.Il
rend service
,
il est vrai:
mais il va par tout faire
fruitde sa generosité il
appelle à témoins, ceuxqui
lui ont obligation,&fait
voir par là qu'ilcherche
plus à passer pour obligeant
& genereux, qu'à l'être en effet. D'ailleurs, quandl'occafion
s'enpresente, il sacrifie
les amis & leurs intérêtsà
ses pallions & à ses plaisirs
& ne fait pas difficulté d'exiger
deux le pardon de
son procedé,. pour reconnoissance
de quelques services
peu considerables qu'-^
il leur a rendus lors qu'il
n'avoit rien de meilleur à
faire. , : Il tope à tout,OÎIneDOIÇ
1 jamais.
Jamais craindre de refus,
quelque propofirion qu'on
lui fasse , j'en conviens:
mais les libertins ont sur
luile même privilege. Il
consent à donner dans le
viceaussi-bien que dans la
vertu; la raison ni la vertu
ne font point ses guides, 6c
ce que vous appeliez bonté
du coeur est une molesse,
une facilité, une foiblesse
de temperamment, qui est
sausequ'il se laisse indifféremment
entraîner par tous
les objets qui le sollicitent,
quels qu'ils puissent être.
co'.
Si je voulois poursuivre
sur ce ton, & montrer dans
leur vrai jour les actions de
la plupart des hommes ,
qu'on attribueàla bonté du
coeur,au lieu de quelques
reflexions en passant, il me
faudroit entreprendreune
histoire universelle, qui,
loin de vous amuser, vou|
deviendroit ennuyeuse. Il
me suffirad'avoir fait que
ques portraits au naturel
& d'avoir par là tracé un
chemin pourdécouvrir la
vérité des intentions quofl
a trouvé le secret de déguiser
sous de fidelles ap- parences. -c '1'';"n;)
Il me reste encoreà vous
dire que la fausse idéeque
bous avons de la bontédu
coeur cause presque tous les
desordres qui arrivent dans
la societé civile. Comme
peu de choses nous persuadent
que nous avons cette
bonté du coeur-, peu de
choses aussi nous la déterminent
dans les autres,&
voici ce qui en arrive.
On entend diretous les
jours dans le monde : J'ai
fait une nouvelleconnois
sance,la perfonnc en question
me paroît avoir un bon
coeur , je veux en faire un
bon usage. Fondé sur ce
principe, on lie commerce
des deux cotez, on se confie
, on s'abandonne; &:
comme les simples apparences
de la bonté du coeur
font les feules liaisons de
cet assemblage, unnoeud
si foible ne subsiste pas
long-temps sans se rompre;
onne trouve par-tou
(
que des demonstration.
r
d'amitié, Se point d'amis.
Tous les hommes son
ssir le même pied; ils le
trompent également dans
les dispositions qu'ils apportent
à leur societé
; &ç
après s'être unis sans diverscemrent,
ilsse confient sans i& font réciproquement
la dupe les uns
des autres. Ils s'en apperçoivent
bientôt à la vérité:
mais aucund'eux ne veut
s'en attribuer la faute -, elle
est pourtant commune, &
telle prévention injuste les
desunit,les aigrit,& les rend
incapables de reconnoîgtre
leurs erreurs, & c'est ce
qui s'oppose a une union
plus solide.
Si quelqu'un veut ne pas
se tromper dans le choix de
ceux avec lesquels il pretend
s'associer il doit commencer
par rectifier ses
sentimens & pour avoir
une veritable idée de lai
bontédu coeur, s'empresser à l'acquerir selon le modele
quej'en ai donné. IL
examinera enfuite à leur
insçû la conduite de ceux,,
sur lesquels il aura jetté la
vûe. Il confrontera leurs
démarches avec le modele
qu'il aura gravé dans son
ame; & s'illes crquvçiçpn,
formes dans le temps qu'ils
n'auronr pris aucun soinde
se contraindre & de se déguifer,
voila ce qu'il cherche,
il peut s'y abandon
ner avec confiance.
Je croisenavoir dit aI:
fez, pour vous faire convenir
qu'on prostituë sans
ceIfe le titre de bonté du
eaur, en l'appropriant à des
Situations qui lui sont toutà-
fait opposées.Vous-verrez
aussi
par mes reflexions
l'aveuglement: où L'on, est
aujourd'hui, & le desordre
quiregne dans le eoejir de
la plûpart des hommes.
Comme le vôtre en este
xempt, & qu'il est venta,,
blement bon, vous en con
-cevez unepitié charitable.
Ce tendre sentiment fera
fondésur laraison & lavertu
comme ildoitl'être,
ainsi que je l'aifait voit
dans ma définition ,afin
qu'on puisse avec justice
l'attribuer à la bonté du
coeur; ôclifant dans le mien
..fan', être abusée, vous con- noîtrez que mes protesia
tions sont sinceres
,
lorsque
je vous jureque je fuis
avec zele & respect, &:.c.
STANCES
Sur U/vie chtmpétreb CElebrons les destin
• •
prosperes
D'un homme exempt de
soins fâcheux,
Qui content des champs
de ses peres,
Les laboure avecque -
fe*
boeufs,
Et qui loin des mpllç^dc.
lices,
Ignorant jusquau;$ojpi4ei
vices
Qui tiennent. nos sens en.
^chantez,j Vit encore au siecle ou
nous sommes,
j A l'exemple des pjemierj
hommes,
Des fruits qu'il n'a pas achej
tez.
-' ,.,',
Jamais le {on, de la trom-,
Ne,. ic fait
pette Nh Nelefait monter a-c
val
Ilne craint pointd'une dé-*
faite
Le succés funeste &fatal;
Il n'entend point le bruit
des armes,
JSa c;onscience est sans alar- mes. -Y
Sans peine il obeïtaux loix,
Et couvert de son inno.
cence,
Prend le repos en affurance,
Qu'on ne trouve point chez
les Rois.
La mer, quand un funeste
orage
--0-'
Ouvre sesabîmes affreux,
Nelui pouvant porterdommage,-
Ne l'oblige point à,del
voeux ;
Il ne voit point couler sa vic
Parmi le mépris ou l'envie
De ceux qui fonda cour
,
aux Grands;
Mai-s auiE d'uneaudace folle ;-
Il n'insulte point à l'idole -
Qu'adorent lesvainscour
tisans..
Il n'a point desperance
..,Yaia.e»
Ni de crainte sansfondefIhleast
siannms1eeennvtjie & fan», A l'égard du Gouvernemet
tIl rneèconssulte,point les as- Afin de prévoir les desastres
Dont l'Etat peut être acca.
blé:
Mais seulementafin d'ap-
, prendre
-- Le temps qu'il est besoin
d'attendre
Pour femer oucouper fou
blé.
Ne s'arrêtant à rien d'indi
gne
DD''ooccccuuppeerrlelepepnenlseerr hhuu-.
main, *
Il a foin de cailler savi
gne --.f
Par un tefmepsrpauir;ncl;air Et si quelque fepdegenc|
Soudain sur letronc il
m
, fere
La greffe qu'il a prise ail
t>-° leurs, >. ",>i
Et coupant le bois inutile4
Il rend son vignoble fer
tile,
Et des vins il a les meiU
leurs.
Il contemple la terreornée
Derémail éclatant des
fleurs,
Que les plus beaux jours
de l'année
Ont peintes de mille cou*
leurs ;
Sur les côteaux & dans la
plaine,
Sans tenir de route certaine
Ses boeufs errant confufément,
Il prend plaisir à leur voir
paître
L'herbage que la nuit fais naître !
JEc renouvelle incessam-
1 - ment. ut. De la ruche chassant l'a-
; beille,
Dans ses magasins precieux
ïï trouve une manne pareille
Au doux mets que; l'on fer
aux Dieux. 4
Quandl'impctueux ven
,.t deThrace
Au zephire cede la place,
Il tond ses-paisibles brebis, i
E
>
Etméprisant l'or& ht
foye, '1. Leurs simples toisons il employe
:.:- A faire ses plus beaux habics.
t
j
Quand le démon de la lu-,
miere
Commence en faveur de
la nuit
D'accourcir sa vaste ca*rr
riere,
Etqu'aux fleurs succede le
,
fruit
Pour nourrir sa, chere £a»
mille
Il fait tomberfous lafaudfl
Les moissons qui dorei
leschamps, Sans quoy nôtre ennuyeu
.c, , vie -'
Se verroit encore aflgrvie
Au grossier ufagedesglari
Les jours qu'onintçrrotnj
': , ';
la peine ( Que le travail donne au
mortels,
Il prend un livre,ou se pfe
? mene, Quand il a servi les autels
Et lorsquela cigalechai^u
Qu'avecle jour le cKâtis'augmente
,
:$ous
-
un orme au feuillage
,
t, épais
Etendu doucement (àr
l'herbe,
Qui lui tient lieu d'un lie
superbe,
Lorsquetoutbrûle il pren!Jd
--, le frais.
Là nul repentir ne 1âigitfc,
Il joüit d'un profondre-
., j,..1 ¡.' 1
,
pos, : Comme un lac qu'aucun
ventn'irrite, ' Et dont rien n'alerte les
, n: ¡ i, .) lfots- £csi lemurmure agréable
De l'eau qui roule surle là*
ble
Le provoque enfinau
meilj
ilne fait point de mauvais
,:
songes,
Etjamaisleurs tristesmensonges
Ne le fâchent à son réveil.
Quand l'humide & fertile
autonne,
Qui du jour tempere les
feux,
De ses riches fruits se coifc
ronne,
Achevant de remplir ilq$
teeux,
Soigneuxillescüeille &les
serre,
Pour en user lorsque la terct
Met fin àses productions,
A lasage fourmis semblable,
Pui durant l'esté favorable
Amasse ses provisions.
jCeft alors que la vigne ploye '(
Sous ce fruit doux & précieux
,
iDont la liqueur donn^te
,
Joye"
Et bannit, les soins eiv
nuyeux; Et qu'attentifà son mén-â.,
Nuôtresheauregguxe meettant et;. Cuves,&panier?&co& teaux, c
On coupe, on presse la
dange,
LLreevaviinInJ cçoozuulleeetandisqu'o?n- Et quel'onremplitleston
neaux.
L'hyver,qui toujoursfroi
,.&pae
Effacetantde doux appas aux beaux jours la nature
étalé,
:-
L'occuppe,&ne
& ne ll'aattttrriisfstee , pas:
"JTil a des terres inutiles,
Couvertes debuissons Viles,
Illès fait alors défricher-
Oncoupe d'unehache forte
Unhêtredont la cime
Sert morte aux oiseaux à se percher.
D'un soin diligent iltravaille
:
Àla clôture deieschamps
Ouredresse un pap. demu
raille
Tombé par l'injure de
temps: Parfois d:unemainvigou
:
reuse,
-
Sans s'épargnerlui-même
il creuse
Un fasïe deterrecomblé
Et parune voyeinsensible
Tire l'humidité nuisible
Qui croupit & gâte son blé - Ainsi son esprit fuit les vi- cies En évitant i'ojfïveté-f JLinfi
ifcinn par divers exercices
Son corps se maintient en
santé:
Tantôt il dissipe à la chasse
La pesanteur qui le menace,
Et marque un desordre aux
Il humeurs;
Tantôt en repos il contemple
Leeesxxveeretumsmqup'ilpplreln,depour
En lacôduite de ses moeurs.
L'ame qu'occupent de la
forte
Ces soins frequens ,
hbo-
: rieux,
Na-t-elle pas fermé la porce
A mille pensers ennuyeux?
Ces tristesfleaux de la vie,
Le soupçon, la crainte
l'envie,
Les querelles & les procès
Les vains desirs, les amour; soles, Enfin cent passions frivole
Nc'yépeuvsentsplus avoir ac
Que si sa compagne pudi
que
Comme lui suivant la rai son,
Avec diligence s'applique
A bien gouverner la mai.
son,
Chaque jour il experimente
Que la sage concorde augmente,
Et fait croître les moindres
," -: biens,
Commela discorde au con- - traire,
Encor que d'ailleurs tout
prospere,
Piffipe les plus grands
* moyens.
Par cette union qui les lie
11 voit plus avec plufieurr
yeux, R ij
Il semble qu'il se multi*
plie,
Il ell: à la fois en deux lieur,
Ce couple au-dessus detout
blâme,
.1 N'a qu'une volonté, qu'une:
.: ame
Qui regit deux coeurs à la
fois,
Contre l'ordre de la nature
Une amour conjugale(&
w", pure
Estant plus forte que fë
,
ioix;.
Quandparsa bonté pater*
v* nelle
Le Ciel, auteur des chastes
noeuds,
Benissat leur couche fidelle,
Donne des enfans à leurs
voeux,
Leur mere est aussi leur
1
nourrice,
Et sans que rien l'en divertisse
Elle les éleve avec soin,
Sedéfiant d'une étrangere
Dont l'affection passagere
Leur pourroit manquer au
besoin.
Queceux qui éprouvent
avouent
Qu'il est charmé, qu'il est ravi
Lorsque ses chers enfans se
-' joüent,
Et le caressent à l'envi:
L'un d'une façon tendreet
molle
Avec ses petits bras fac-:
cole, -
L'autre s'en plaint, en est jaloux: :.
Chacun doucement letourmente
Tantqu'à , la fin il les contente,
Les embrasse & les cherit
tous.
Les troupeauxmugissent ôc
bêlent.
Cependant sur la fin du jour
Les longs abois des chiens
se mêlent
Au bruit qu'ils font à leur
retour: Aussitôt chaque domefti-»
que
A faire son devoir s'appli-
, que,
Les valets découplent les
boeufs,
Les femmes promptes ôc
fidelles
Des vaches pressent les
mammelles,
Et tirent le lait Savoureux.
Que c'est un fpeaaclo
agreable
De voir au soir les gens bien
las \,
Se presserl'un l'autre à la
table,
Et prendre gaiment leur
repas,
Dont la viande est aflaifcnnée
Dnu seéul treavail de la jour- :
Mais qui lui donne un goût
't
-
sibon, ,-
Que ces mets que la friandise
En cent & cent façons déguise
Sont fades encomparaison.
Ces gens à la mine funeste,
Qui pour des intérêts legers
Font pis que le fer & U
peste,
Et font courre mille dangers,
Ne viennent: point en sa
contrée,
D'un long espace separée
Des grandets &enozbles;ci- Ces noirs ennemis de la
&: joye:
Faf isans d'ordinaire leur
proye
Aux lieux riches &frequeoî
tez. I
Comme aucun violentora.
ge (
Ne bat la fleur de son printemps,
- Il ne sent nul cruel ravage
Dans le froid hyver de ses
ans;
-
Des maux qu'apporte la
vieillesse
il ne sent qu'un peudefoi-
'- blesse, A
Il n'est ni gouteux, ni perclus
,
Etprêt de passer l'onde
noire,
Il possede par la memoire
Les biens qu'il ne poffcdCt
plus.
Ses jours passez dans l'in-
,
nocence
Lui reviennent devant les
yeux,
L'avenir n'a rien qui lof.
sense,
Il ne craint point l'ire des
Dieux,
Par orgueil ni par avarice
Il n'a jamais fait d'injus-
;
tice,
Et ne laisse à ses [uccetreuri
Que les héritages champêtres
Qu'il a reçus de leurs ancetres,
Avec l'exemple de ses0
moeurs.
Quand il vient à perdre le
reste,
Par un progrès facile & lent'
De cette humeur douce &
celeste :.J
Que la chaleur va confîimant
j
Il voit, sans se troubler
ni
craindre,
JDe ses jours la clarté sç*
teindre,
Comme on voit coucher le
Soleil,
Et passe au repos de la tonu
be
Àussi doucement que l'on
tombe
Aux bras languissans ckl
sommeil.
Ainsi Tyrsis fit la peinture1
D'un homme retiré chez
lui, 1 Qui vivant selon la nature,
Voit couler ses jours sans
ennui»
Cette douce &, paisible
vie
Sur l'heure fit venir l'envie.
A plusieurs de se retirer
De la Cour pleine d'amer.
- tume:
,
Mais la force de la coûtu-
— me - - "i
1
Les obligea d'y demeurer.
QJJI REP 0 N D
paye.
AvMtmt du Carnaval. i uN jeune Officier;
plein de mérité, trés-riche
& très-genereux,
nais sujet à oublier les
parties de plaisir, parce
q1u'il en avoit trop à choi- sir,s'etant rencontre'ddepuis
quelques jours chez
une Dame de qualité,
quiregaloit plusieurs d
ses amies & de ses amis
fut prié de la fête par u
ami conlrnun" de cett
Dame&delui.Cetam
étoit aussijeune,riche, 8
avoit quelque mérité
mais il étoit d'une ava
rice qui n'auroit pas me
meété pardonnable à un
vieillard. Ce jeuneavar
étoit amoureux d'un
veuve, amie de la Da
me, qui donnoit souven
des foupers,& c'est pou
cela
cèla qu'il en avoit procuré
la connoissance à
celle qu'il aimoit beaucoup:
mais pas assez pour
se résoudre à lui donner
des cadeaux à ses dépens.
Toute son étude
étoit de; lui en procurer
:jui ne lui coûtassent
tien, Revenons au jeune
Pfhcier..,.. Iln'étoit pas
lâché de donner des repas
: mais il n'écoit pas
rien aised'être la dupe
le l'autre.lts étoient
tous deux du souper de
la Dame, & la bonne
chere qu'on y fit donna
occasion au jeune avare
de louer celle que le jeune
liberal faisoit ordinairement
à ses amis:
ensuite, pour l'engager
, L£.' dl\. 'J - a offrir a dîner a la com
pagnie dont sa maîtresse
étoit, il donna envie aux
Dames d'aller voir un
appartement que l'autre
avoit fait nouvellement
ajuster.Undîner dans
cet appartement fut offert
; &; le jour étant
pris, l'on se donna rendez-
vous chez la Dame
où l'on étoit, pour aller
tous ensemble au dîner
promis. Comme il y avoit
eu deux jours d'intervale,
le dîner fut oublié
par l'Officier: mais
il ne le fut pas par le
jeune avare, qui eut foin
de rassembler tous les
convives chez la Dame,
comme on en etoit convenu
,8c tous ensemble
furent de-,,tré's - bonne
heure, cest- à
-
dire dés
midi, pour voir à loisir
l'appartement & les nouveaux
ajustemens avant
l'heure du dîner. Chacun
monta en carosse,
& l'on se rendit à la maison
, où l'on ne trouva
qu'un laquais & sa cuisîniere
,
qui assurerent
que leur maître nevient
droit pas dîner chez luï
Quelques-uns de la com
pagnie rirent beaucoup
d'un pareil oubli; quelques
autres en furent fâchez
: Se le jeune ava- re, qui prenoitlibrement
& genereusement
son parti chez autrui,
dit à la compagnie qu'
elle ne s'embarassât pas,
& qu'il seroit les honneurs
de la maison de
son ami ; qu'on n'avait
qu'à voir l'appartement,
6c que le dîner viendroit
ensuite.Toute la
compagnie accepta ce
parti; car on connoissoit
le maître de la maison
pour homme qui eti.
tendoit raillerie, & qui
ne se fâcheroit pas qu'-
on l'eût puni de son oubli.
Le jeune avare fut
chez un grand Traiteur,
qui n'etoit pas loin de
là, dont se servoit fouT
vent son ami, & dont
il se servoit lui -mêtra
une fois par an quand il
y étoit forcé. Il cotai
manda un repas magni.
fique, qu'il répondit de
payer au Traiteur,en
casque celui qui le donnoit
ne le payât pas. Il
croyoit bien ne rien risquer,
8c comptoit fort
sur la generofîcé de son
ami.Ledîner fut préparé
, & porté dans l'appartement,
où l'on n'épargna
rienpour sebien
réjouir. La fanté de l'hâte
absent fut bûë plusieurs
fois, & l'on fit venir
violons & hautbois
pour danser jusqu'au
foir. Lemaîtredulogis
revint chez lui dans le
fort de laréjoüissance;
& comme il oublioit
parfaitement ce qu'il oublioit,
il fut trés-surpris
de trouver une espece de
noce dans sa maison , qu'il avoit laissée le matin
si tranquille : mais
dés qu'il vit la compagnie,
sa surprisesetourna
bientôten joye.Il
fit
sit de son mieux, & augmenta
le plaisirdes autres
, en le partageant de
bonne grace: mais il ne
laissa pas de méditer une
cfpece de vengeance de
celui qui avoit fait si librement
les honneurs de
chezlui.Il feignit d'avoir
une petite affaire pour
une demi - heure seulement;
aprés quoy ilrevint
chez lui passer encore
quelques heures,
& pria ensuitela compagnieque
la fête ceL;,
fât surlesneuf oudix
heures, de peur que les
violons dans un temps
decarnaval ne 14 atçii
rassent les masques. On
cessa donc de danser, &
l'h,ô,ce: proposa au jeune
avare de donner ducaffé
chez lui: ce qu'il acceptat
de bon coeur ; car il n'é-
£oit plus questionde souper
aprés un si grand repas,
& de plus, il se piquoit
d'avoir un offiçi.y|
quifaisoitle meilleur
caffé de Paris, S>C il prenoit
sa revanche encaffé
de tous les grands repas
qu'on lui donnoit.
On remonta donc en
carosse, on arriva chez
lui sur lesdix heures.
Il descendit le premier,
& pensa tomber de son
haut,à l'ouverture de
sa porte,quandilvitsa
cour, sonsalon & son
jardin éclairez d'une itlumination.
Toute la
compagnie lui fie des
complimens de sa galanterie
:mais il étoit muet
d'étonnement; & ce sut
bien autrement, quand
il vit en entrant dans sa
sale une table servie superbement,
un busses
magnifiquement, orné
< ëC qu'il entendit un moment
apras les violon
dans son jardin. La si
tuation où il setrouvoit
ne se peut gueres bien
imaginer;car toutesle
Dames étoient surprises
de bonne foy de voir la
fête que cet avare leur
avoit preparée, & lui
n'avoit pas la force d'en
recevoir, ni d'en refuser
les complimens. Il prit
son homme un moment
en particulier
, & lui demanda
si c'étoit lui ou le
diable qui avoit préparé
cette fête sans son ordre.
La premiere réponse que
son homme lui fit fut
de luirire au nez;car il
s'étaitdéjà enyvré au
buffetv?&: fqn3 m?iftrc
ne put tcirerdeluid'autreréponse
que,Ne
'llOJfJ",fâchezpasMonsieur,
ilne vouf en coû-,
tera rien. Un autre valet
moinsyvre :lui-,c6hfirma
lamêmechose, en
lui disant Quiert effet il
îveiui en-cotîtcroicrien,
s'ilnevouloit.Ilseconsolaun
moment,dans
ecxetptleieqsupeerrcaentctee,é&ncsigemfiet.,
On lui dit qu'onavoit
raitapporter coût cela
chez lui par un hommes
quiétoit en effet un diablepour
les impromptu ;
que le Traiteur s'étoit
jointàcet homme, &
que l'amichez qui il avoit
dîné avoit répondue
à cesgens là du payementdetoutes
choses.
il salutealler rejoindre
les Dames;qui demandoientà
cor & à cri ce..¡
lui qui les regaloitsimagnifiquement.
On étoit
déja à table 5iI futcontraint
des'y mettre, plus
troublé&plusagité que
s'il eût eu chez luiàdej
voleurs. Enfin l'auteur
de ce regal éclaircitle
fait à forcede plaisanteries,
& commençaà
l'assurerqu'il neluien
coûteroit pas un
fouJ
puis qu'il avoitrépondu
de toute la dépense qui
se feroit chez lui: mais
lui dit-il un
moment
âpres•, vous avez aussi
promis de payer toute
la dépense de mon dîner,
si je ne la payois pas,
&je vous protc'fie que
si je paye vôtre souper,
dont j'ai répondu,vous
payerez mon dîner, qu'-
on nY'.a1 preparé que par
vos ordres, S£ rien n'est
plus juste: payeQ.m répond
REFLEXIONS
sur la médijAnct.
LA médisanceest la feule
injusticecontrelaquelle on
ne sçauroit jamais gagner
son procés sans dépens: elle
casse les Arrêts du Parlement.
Les mouvemens qu'-
on se donne pour se justifier
ne fervent qu'à augmenter
le branle de la mé-,
difance. Quand l'air est agité
, tous les corpsqu'on
tneuc en augmententl'agitation
; ilfaut le laisser le
reposer delui-même, Se
mprendure egarrde.de le re-t aplusde
La médisanceaplusde
talent pour persuader que
l'éloquence & la raisonjon
ne croit aisément le mal
qu'on nous dit dautrui^
que parce qu'on s'enient
capable. ? -Une bonne c hose dans
la bouche d'un homme
d'esprit devient une forifa
dans l'oreille d'un sot. i>
."h Pourquoy voulez',;"",vous
que leshommes ménagent
vos défauts, quand vousne
ménagez pas leur maligni- e&qu'au contraire vous
l'augmentez par vôtre imprudence?
Celui qui commence
l'embrasement, & celui qui
le nourrit sont également
coupables
.- Il faut moins d:çlprit
pour être malin que pour
z.icre bon , quand onest
malicieux dans le coeur. Il
faut plus d'esprit pour découvrir
les bons endroits
.ties hommes, comme plus
tares &plus difficiles, que
es mauvais, qui fautent aux
yeux.
Nous devons sçavoir gré
lux médisans, de nous don-1
ties tout le plaisir qu'il y a, irire de son prochain.
Le Tasserépondit un
jour, sur ce qu'on lui dit
dqiur'auint certain homme méde
lui par-tout:LaisfeXjéfaire,
dit-il en riant,
encore ,({J.au'.-il bien mieux
qu'il dise mal de moy à tout
le monde, que tout le monde
lui en dije de moy. •
;: Comme on disoit un
joijr àNicandre que les 4*-
giensparloient mal de lui
LaiffeZ-les faire, dit-il,il
fbnt A.D?{punk de parler ma
dun homme de bien.
Unhomme accusé à tort
devant Auguste, après skétre
justifié : Une Autre fiisJ
dit-il, ne IfJOIU enqueréz des
honnêtes gens qu'à ceux qui
leur rejjembltnt. *
Le mensonge & l'envie
pere Ôc meredela calomnie,
& la curiosité sa nour.
rice,habitét chez l'oisivété.
Elle s'exerce continuellement
à renverser les bâtimens
de la societé, commence
par enenlever les
piliers , & en mine peu à
peulavoûte. Quandelle ne
peut blesser la vertu, elle
fenfume)lx.-la facilite à se
faire croire par un Juge
qui examine tout, & qui
est toujours disposé à coniUwncr,
FABLE.
TOus les animaux faisant
leur cour au Lion malade,
ôc le Renard n'y paj-
pii&nc point, le Loup savisa
de dire au Lion que Id
,
Renard faisoit peu de cas
de lui. Dans le moment le
Renard arrive, qui avoit
,tout entendu; voyant le
Lion en colere contre lui
il lui dit hardiment: Vousn.
ave^ perfo%ne.plujattentif
que moy à ce qui vous, 'ltgar..
4e>ïet°k occupéàchercher un
remède pourvotre w~,
l'ai enfin trouvé.Ilfaut, ditil,
si uoùs uoullez guérir de,
vôtrerhumatisme, écorcher les
Loup tout pif,votamettra
jtfn*[dpeautoute chaude.cs
qui fut executésur lecharnt)-
£flui
Celui qui louë trop, 6c
clui qui critique trop ne
roit pas avoir assez d'esprit
pour se faire valoir par
oy-même. C'estunemarque
qu'on n'est point conent
desafortune,quand on
e fait ou l'esclave,oul'ennemi
de la fortuned'autrui.
Si nousn'avionspoint de
défauts, nous ne ferions pas
i attentifs àen remarquer
dans lesautres. «
Ceux qui ont sujet d'apprehender
qu'on dise du
mnalide'eurxsen,disent les pre'•
La plupartnedisent du
mald'autrui, que parce qu'-
ils ne sont pas en état de
lui en faire.
L'habitude de médire est
quasiincorrigible. ^IJuand
une fois le Lion a léché du
làng;" il en demeure toûjours
friand. 'jLa vieillesse
ne corrigepas l'âpreté de
l'espritcomme celle du vin.
On peut dire que lamedifance
est un commerce ;
car tel qui vousdit du mal
d'autruien dira également
de vous à un autre: ainsi
,: cf¡
t'eftvous porter pour rem-.
porter.
ENIGME.
Lors qu'une vieille mere
avaitla dureté
De m'enfermer encordant
,., sa, \>rt'son de pierre,
jeut besoin,pour me mettre
en pleine liberté,
Qùun métal me mîten
lumiere.
Ott me cherche, on me
,~ fuit, on m'aime, &
l'on me craint:
Mais malheur à celui
pourquil'onm*ecentraint;
Carde tous maux -je le
délivre.
Jterfaiusviviretquxime dé- Evtje diétvruit qruiemef.ait Lorsque j'habite mon re~
<,
-
duit,
J'exile la noire hirondelle,
Enle quittantje la rasc
pelle.
,(
MORTS.-,
DameN. dela Lande,
Marquise deBellefosse,
mourut en couchele 1 8.du
moispasséà Rouën, âgée
d'environ vingr - [cpt ans.
Elle'* étoit fille de M. de la
Lande, Chevalierde saint
Loüis, Maréchal deCamp-,
& ci-devant Lieutenant de
Royen la Citadelle de
Mets, mort à Lille durant
le dernier fiegev •
Pierre-Simon de Beau,
lieu, Gardedes Plaisirs du
Rpyictk-i la Capitainerie
Royale de Compiegne ,
mourut lemois dernier,
âgé de cent six ans. IL £
fait prés de trente campagnes
fous M. leMaréchal
d'Humicres&autres. Il fa¥
fok encore quelques aqZ
nées avant sa mort de loi*
gués chartes,&tiroit aflei
-
bien un coup defafà,
.* Voici une demonstral
tion nouvelle dercxiftenct
<de Dieu, dont on croitde
voirfaire part au Public,
sansla participation del'auteur.
Ellenous est tombée
par hazard entre lesrnainç@'
& a été applaudie parles
Sçavans du premier ordre.
Aprés un rigoureux exa,,
men ils l'ont jugée la plus
exacte & la plus invincible
qui ait parujusquesici, &
digne de la-,justessè & de
la soliditégenie deson
auteur. Je ne doute point
qu'elle ne trouve place dans
les Journaux des Sçavans &
des Academies. L'auteur
semble d'abord prendrele
même tour de Descartes&
des Malbranchiftes : mais
la fixité fait voir que le sien
cft tout nouveau, & entierement
différent. Il consiste
dans une analysefine, précise
& exacte, qui n'a été
employée jusques ici que
par l'auteur de cette demonstration.
Nous avons
appris que M. l'Abbé Girard
ne l'a composée que
pour la satisfaction d'un
ami
Nouvelle Demonstration de
L'existence deDieu. pUsque notre esprit
conçoit rrcs clairement
tue l'independence,l'exisence
necessaire, la toutepuissance,
la justice, la routes
cience, &c. sont des pro-^
~nictez& des perfectionsque
loir indispenlablementavoir
un être souverainement parfait;&
que Jî dépende nce, la
caducité,l'inipuiflance,riû«
justice, l'ignorance, &c. qui
fonr des impcrfc£tions opposées,
ne sçauroient en aucune
manière luyappartenir
Il estévident qu'ilacertainement
l'idée d'un être fou.,
versement parfait,puisqu'il
fait distinguer les proprierez
essentielles d'un tel,
être, & qu'il doit indifpen..;J
sablement avoir decelles qui
ne sçauroienten aucune manierc
luy appartenir, & qu'il
cxcl ut necessairement, corn.J
me contraires à son essence,*;
& absolument incompatibles
avec elle.
Tâchons maintenant de
prouverd'une manière évidente
& précise, & en même
temps invincible, & qui ne
permette point de replique,
( ce qui n'a point encore esié:
fait lu l'existence
réele & actuele de cet être
souvrainement parfait, dont
nous avons l'idée, & par
consequent celle d'un Deu,
qu'il faut entendre par un
être souvrainement par fait.
Il cil évident à l'esprit,
& il conçoit très-par faitement,
qu'il n'y a que le
néant,l'impossible, & le pur
possible, àqui l existence
réele & aûnde, puisse être
refu sée, ou que ce qui n'a,
point une existence réele &
actuele, ne peut être que le
néant, l'impodible,&cequi
est purement possible, &
par consequent que si un
êtresouverainement parfait
ri'est pas le néint ny
unechoseimpossible, ny
purement possible, il doiclI:
in~failliblement avoir une
existence réele & a&'Je!eg;
puisqu'ilest aussi évident,
que ce qui n'est rien de tout
ce. quin'existe point^ciilie^j
que ce qui n tltiicn,de tout
ce qui existe, n'existe point.
Or il est premierement
évident,qu'unêtre souverainement
parfait,n'est pas le
néant, ou le TicR., puisque
lerien,n'a aucune proillicté.
& que l'entendement, ne
luyen sçauroit attribuer aucune&
qu'un être souverainement
par fait, au contraire
renferme necessairement des
propnetez & des per fcdfrons
infinies, qtllcl'ciplit ne
sçauroit se dispenser, de
concevoir & de luy attribuer
comme essentielles à un tel
être, lorsqu'il se le.(t'pre.
fente ou qu'il pensera àuy.
Il esten second lieu pareillement
évident, qu'un eftrc
suverainement parfait,n'est
pas une chose impossible,
puisquel'impossible,comme
impossible exclut évidemment
la realité, & que l'entendement,
la lui refuse necessairement,
& qu'un être
souverainement parfait , la renferme indispensablement,
comme essentielle à
lasouveraine perfection, &
que l'entendement ou la
pensée la luy attribue pareillement,
cetant absolument
impossible de concevoir, ou
de se representer unêtre
fouverainemenr parfait, que
comme quelque chose de
réel & d'indépendant de la
penséc,&de souverainement
indépendent, au lieu qu'il
est absolument impossible,
de concevoir de cette manière
aucun impossible, &
puisqu'unechose n'est reputéeimpossible
que par
ropposition&lacontrariété
quelle a avec sa véritable
idée, qui la represente, naturellement
à l'esprit
#
comme une Montagne (ans*
Vallée, par exemple, qui
exclue ce que l'idée d'une
Montagne renferme neeek
sairement à sçivoir une vallée,
ou comme un Triangle
quarré, qui renferme quatre
collez, que l'idée d'un Triangle
exclut, &que qui die
aucontraire un estre fouveramemenc
parfaitdit ne.
ceffurement une chose, entièrement
ôc parfaitement
conforme à l'idée qui reprefente
un teléstre, & qui
renferme & exclut, tout ce
que cetre mesme idée ren.,-
ferme & exclut elle-même
necessairement,de même que
qui dIt un Quarté, un Triangle
& un Cercle, &c. dit
necessairement des figures
conformes aux idées d'un
Q,iar¡ré d'unTriangle&d'un
Cercle,&c.
1
Trosémement ilestencore
de la derniere évidence~
qu'unestre souverainement
parfait, n'est pas une chose
purement possible, ou qui-,
puisseavoir simplement U<
possibilité
,
sans avoir l'existence
réele & aétude, &.:
qu'ilsuffit, par consequence
de connoistre & d cltrc certain,
qu'un tel estre, est
possible pour estre certain
qu'il existe, puisqu'un estre
souverainement parfait, ne
sçauroitestrecapable d'estre,
& de n'estre pas, & que la
pure possibilité renfermenecessairement,
la capacité
d'estre& de ne pasestre,
qui est incompatible avec la
souveraine ~peis£hon,& que
toutes les choses cap ables
d'estre purement possibles,
ou qui ont simplementla
possibilité, sansavoir l'existence
iiducle , sont non (eulement
imparfaites comme
estant penfiJbles & capables
de n'estre pas, mais encore
dependentes, & incapables
d'exister par elles-mêmes,
sans un principe, qui a luimême
une existence réele &
actuele, & enfin puisqu'il
paroist par-là, évidemment,
qu'un estre indépendent &
souveramement par fait, serior
impossible,comme incapable,
d'avoir par lui même
une semblable, existence, s'il
n'existoit pas aductement.
Donc il est évident, qu'un
cfire fouvcraincmenc parfait
& par consequent un Dieu
existe puisqu'il n'y a que le
néant,l'impossible, & ce
qui est imparfait & purement
possible qui n'existentpoint,
&que parun Dieu,l'onn'entend
précisément qu'un etère
souverainementparfait.
Par l'Abbé Gérard
Le Comte de Froullay
prests ces jours passez ferment
entre les mains du Roy
pour la Charge de Lieutenant
de Roy du Bas-
Maine & Comté de Laval..
: Il estsiss de "EnfèÍgne des
Gendarmes de la Garde du
Roy, dont le Pere étoit
LieutenantGeneral des ArméesduRoy
:
grand Muéchai
des Logis de sa Maison,
& Chevalier de Ces Ordres.
, Il est Colonel d'Infanterie
depuis dix ans, il y en a
trois qu'il est à la teste du
Régiment Royal Comtois,
qui emporta avec tantde
vivacité le chemin couvert
& la demilune du Forr de
l'Escarpe, & s'est trouvé au
combat de Stokrm,assiegé
dans Awh/ aux Sièges de
Hombourg
,
de Douay &
du Quesnoy.
Il a épousédepuis peu
la filleunique du Marquis
du Clos,Brigadier des Armées
du Roy, Commandant
la Cavalerie en Italie, qui
fut tué à Turin.
Nouvelles etAngleterre.
La Reine a donné la
Charge de Colonel du second
Regiment des Gardes
que possedoit le General
~Chuuhitl,frerede Mylord
W~Mu^hIbeorrso.ugghh,,aauu GGcenn-ecriaall
Le General Cadogan qui
a (UIVI Mylord-Marlboroùgh
a elle privé de tous
fe* emplois, la Charge de
Lieutenant de la Tour, a
cté donnée au General
Compton, il a aussi ordre
de se défaire de son Regi.
mçnt de Cavalerie en faveur
du sieur Kelham, qui en est
Lieutenant Colonel. Sa Majesté
a ordonné de reformer
quatreCavaliers dans chacune
des trois Compagnies
des Gardes du Corps, & leur
paye fera employée à l'entretien
desveuves desOfficiers
de ces Cor ps.
c
Le Comte de Porrmore
qui coromandoic les Troupes
Angloises enPorrugal a été
faitChevalier de l'Ordre
dEcosse. k :Le Due d'Argyle arriva
de Port-Mahon à Londres
le Jjnvfer, il n'a esté que
quinze jours en son voyaget
il arendu compteàla Reine
des ordres qu'il y avoir donné,
& de l'arrivée des Troupes
Angloises qui éroient en
Catalogne , à l'Ille de
Minor que.
j'On arme cinq Vaufrauj!
de guerre pour donner la
chasse aux Coi faires de Salé,
qui ont renouvellé leurs pirateries
& qui ont prisquelques
Navires Anglais, ils
exercent ces hdlTilitczà
causeque lie Roy de Maroc
fait difficulté de continuer
le traité de Paix.
-
Les Lettres de Baston dans
h' nouvelle Angleterre
pPoidrgteenotn qÔucpelalïeteuCraspaiwta-irnees
Angfois-,ayant
été pris par
lesIndiens, avoientété rcrénusdeux
mois dans les Bois
t*àils 3voient befr^oub
foufferr,nuis qu'ayant esté
conduits à Quebec ils y
avoicnt esté bien traitez &
renvoyez à Baston, où ils
font arrivez il y. a quelques.
jours.
L'Ambassadeur du Roy
de Maroc qui a été arrêté en
represailles de plusieurs Anglois
faits Esclaves par ce
Prince, a été mis àla garde
d'un Mefljgerj,n'ayant pas
dequoy fournir à Ces besoins,
il a fait presenter une Requeste
à la Reine pour la
:;pricr:: de le faire entretenir
rçommt il se pratique çnvep
les pri sonniers d'Etat, ce qui
luy a été accordé. On croie
que son emprisonnement
fera peu d'impression sur
l'esprit, duRoy des Maroc
qui regarde tous ses sujets
comme ses Esclaves.
On mande d'Edimbourg
que le Comte de Linlithgow
y avoit été élu d'un consentement
unanime pour rflifter
au Parlement en qualité de
l'un des seize Pairs dAf;coffe,:
à la place du feu Duc de
HamiltOn*
Les Lettres deLisbone
portent qu'on n'y fait aucuns.
préparatifs pour la Campagne
prochaine, & qu'au?
contraire on travaille à reformer
les Troupes, pour
les rcduire sur le pied ou
elles estoient avant la guerre..
Nouvelles J'Utrecht.
Les Conferences font tresfrequentes
entre les Plenipotentiaires
des Alliez, & mesme
avecceuxde France. On
assure que la pluspart des
Alliez font contens des
proposions qui leur ont
été communiquées par le
Comte de Straford, de la
part de la Reine dela grande
Bretagne. Les Lettres de
Hollandeportent que les
sept Provinces uniesont
accepté le projetde la Reine
& que les Etats Généraux
attendent seulementlesréponfcs
de l'Archiduc & de
quelquesautres ~Aillez &desexplications
sur divers articles.
D'autres Lettres de la
Haye assurent que les Etats
Generaux ont envoyé aux
sept Provinces uniesle traité
conclu avecles Anglois,
touchant la Barrière&la
garantie de la succession
pour avoir leur approbation.
On mande de Mons que
le Landgravede Heste-Cassel
a rapellé deux de ses meilleurs
Regimens quiy font en
garnison,quinefont aucune
fonction&attendent l'ordre
pour leur départ. Quatre Regimens
de Brandebourg ,qui.
croient en garnison se mirent
en marche le 15.Janvier pour
retourner dans leurpaïs.
Les Troupes Danoises qui
étoient à la solde d'Angleterre
ont été rappellées,elles
ont-ordre:dçjfc jeenir prêtes
à marcher; on assure que le
Duc de Wirtenberg leur
General s'en retournera aussi
pour commander l'Armée
du Roy de Dannemar k. Les
Lettres de Bruxelles portent
qu'un parti de Namur avoir
brûlélesMagasins de Foin,
fcituez hors la porte de Laken,
cet accident &les mouvemens
que les Troupes
Françoises sont sur la Frontière,
ont obligé les Etats
Generaux d'ordonner à seize
Bataillons & à vingt-trois
Escadrons de sortir de leurs
quartiers d'hiver à la fin de
Février pour marcher vers
les Places les plus avancées.
On écrit de Dunkerque
que le Capitaine Rutel commandant
le Corsaire le
Prompt, y avoit amené une
prise Hollandoise chargée
de Moruë, & que le Capitaine
Roger commandant
l'Isabelle de quatre Canons
avoit pris deux Cosaires.
dXMendc,tun devingt-huit
& l'autre de vingt-un homme
d'équipage qu'il a amen^
dans ce Port.
Le
Le 29. Janvier les Sieurs
Vander-Dussen
,
de Renswoude,&
KnipuyssenPleniporentiaires
des Etats Generaux
,se rendirent à l'Hôtel
du Maréchal deHuxelles,
où le different survenu entre
le Sieur Menager & le Sieur
de Rochteren, fut terminé
dela maniere que le Roy l'a.
voit demandé; ils desavoüerent
la conduite du Sieur de
Rechteren,&declarerent au
nom des Etats Generaux
qu'ils l'a desapprouvoient,
& que par cette raison il
avoirété privé de ses eruplois,
après quoi le Maréchal
de Huxelles lesretint à diné.
Le même jour sur les onze
heures du foir les Plenipotcntiaires
de Hollandeeurent
chez l'Evêque de Bristol une
conference qui dura jusqu'à
quatre heures après minuit,
& dans laquelle ilsconclurent
le Traité de laBarrière
& de la Succession dans la
Ligne Protestante: un heule
âpres le Sieur Harisson Secretaire
,
partir pour porter
ce Traité à Londres, & en
rapporter la ratification. Le
31.Les Plénipotentiaires de
France entrerent pour la pr emiere
fois en conference
avec ceux de l'Archiduc,dans
l'Hôtel de Bustol.
Les dernieres lettres d'Utrecht
portent que les nc.
gociations de la paix s'avancent
avec apparence d'un
heureux succés; que l'Abbé
de Polignac, second Plenipotentiaire
de France en partit
lanuit du10.au 11.Février
pour retourner à Paris.
On écrit de Flandres que les
troupes Danoisesquisont
sur la frontiere font en marche
pour retourner en leur
païs nonobltanc lesinstances
des Etats Generaux pour
les retenir, on assure qu'elles
seront suivies par celles
del'Electeur de Brandebourg,
qui a casse quinze
hommes parcompagnieavec
quelques Officiers & trompetres
de celles qu'il a entre
, la Meuse & le Rhin; qu'un
patri François avoit enlevé
dans le païs de Kempen, tous
les chevaux de deux companies
de cavalerie, tué une
partie des Officiers & descavaliers
& emmené le reste
qu'il a renvoyez, à la rcfcr,
ve desOfficiers, que ce parti
avoit été poursuivi, mais
qu'on avoir pû le joindie.
SUPPLEMENT
a,auuxx NNoouuvveelll•leess de HH»aapmÀbboouuorg. ,
L'armée des Princes confédérez
décampa du voisinage
de Rensbourg le 1r Février.
L'infanterie passa dans
la Ville, & la cavalerie traver
sal'Eyder à Oltereydc,
prenant l'une & l'autre la
route de la bruyere deCropper,
où le Roy de Dannr»
mark & le Czar se rendi.
rent le lendemain à desseins
de faire attaquer les Suédois
ducôté de Fredericstadr. Le
bruit avoir couru que dés le
mois dernier ils avoient fait
rétablir le pont de Hollingstede
sur la Trene mais on.
a appris que les Suedois l'avoient
confervé jusqu'au 4.,
Février qu'itss'etoïenrredré
avec leurartillerie, & que
le pont n'avoir pu être achevé
que le 8. au foir.
Le 3.'armée s'avança jusqu'au
grand Rayde malgrés
un vent violent & une pluie
continuelle, qui rompit les
chemins & rendit la marche
très penible.
Le 4. le General Bauditz
fut commandé avec trois
mille chevaux pour aller reconnoître
Fredericrtade,qu'-
on ne croyoit pas en état de
faire resistance : mais il trouva
que le General StatKelberg
qui y commande avoit
fait couper une digue de la
Trene qui avoit mondé les
environs de la place, le General
Bauditz fut contrains
de rejoindre l'armée, & napporta
que les avenues, de Frç*-
dericstadt étoient entierement
impraticables. Le Czar
ne pouvant le croire, voulut
y aller en personne avec un
corps de cavalerie, il entra
même dans l'inondation, il
la trouva si profonde qu'il
futobligéde revenir& de
changer le dessein d'attaquer
les Suedois de ce côté là qu'-
on croyoit le plus foible;
ainsi il fut resolu de faire
marcher l'armée du côté de
Husum, où l'onesperoit
trouver moins de dl£Iiculcé..
Le General Sreinbock paroît
resolu de se maintenir
dansle camp oùil est, & d'y
attendre l armée confédérée;
on assurequ'il a des vivres
pour trois ou quatre mois.
Il occupe du côté de Hufum
, une digue di ffenduë
par deux mille Suedois, où
il a faitconstruire un Fort,
il en a fait élever un autre
au deçà à Rentrum, & un
troisiéme à Schwabstedt sur
la Trene au dessus de Fredericstadt.
-Jt
,
Le General Steinbockenvoya
le 6. Février, un parti
de trois cens chevaux qui
passa à Husum & à Brcdûcdr,
&penetra jusqu'à Flesbourg
pour observer les ennemis
& obligerles païs mis àcontribution
de fournit les fou.
rages.
Le General Stackelberg
fait de son côté fortifier Fredericstadt
& les defilez qui
y conduisent.
On mande de Wismar
que le General Ducker y
étoit arrivé de Lubek entierement
gueri de la blessure
qu'ilavoit reçueau col à
la batailledeGidebusch,&
qu'il n'attendoit que l'occasion
d'aller joindre le Gene- PalSreinbock,
Les lettres de Stetin portent
que les prisonniers Danois
& Saxons y étoient bien
traitez, les soldats y étant
bien nourris, & les Officiers
ayans leurs épées & la permission
de se promener dans
la Ville, à la reserve du Major
Rose & d'un Capitaine,
tous deux Livoniens & sujets
du Roy de Suede
,
qui
font enfermez & gardez à
vue.
Les Lettres de
-
Pologne
portent qu'onavoit proposé
de pourvoir à la sureté
intérieure du Royaume~cfn
obligeant tous les membres
de la Republique à se réünit
auRoy Auguste, & déclarant
qu'autrement ils feroiebi
incessamment poursuivis,
leurs biensconfisquez & ~ou
condamnez comme traître à
la Patrie,néanmoins cette
affaire a été terminée, en leur
accordant le terme de six
mois pour venir reconnoître
ce Prince comme Roy legitime.
Que dans toutes lèsdisputes
qu'il avoic eu dans
la Chambres des Nonces,
on avoit fait de grandes
plaintes contre les Troupes
Saxoncs, que plusieurs
avoient demandé si on prétendoit
les comprendre dans
le nombre de celle de l'Armée
de la Couronne, &
dautres avoient proposé de
faire sortir du Royaume
toutes les Troupes auxiliaires
Saxoncs & Moscovites ; &
• comme il n'y avoit encore
rien de reglé, on croit que
la Diete fera prorogée d'autant
plus que le Roy Auguste
avoit resolu de retournet
incessamment en Saxe
On mande de Leopol du
2 1. que les Tartares étoient
en marche pour faire une
irrupnon en Moscovie, que
le Grand Seigneur continuait
de faire de grands préparanfs
pour la guerre ,
qu'il étaittoujoursdans le
dessein de se mettre à la
tcûc de son armée.
Plusieurs Bastimens arrivez
de Levant, ont apporté
des Lettres qui ont con.
firmé les nouvellesprecedentes,
touchant les grands
préparatifs de guerre que
faisoient les Turcs, dont la
principale arméedevait être
de cent cinquante mil hommes
& commandée par le
Sultan en personne & entrer
en Moscovie, pendant que
les Tattares, sous les ordres
du Roy de Suéde, marchcront
du costé de la Pologne.
Les Troupes Othomanes qui
étaient en quartier dans la
Bossine & dans l'Albanie
commencaient à marcher
pour aller vers Andrinople
où est le rendez-vous
général.
Suplement aux Nouvelles
d'Allemagne,d'Espagne
& d'Angleterre.
On tient souvent à la
Cour de Vienne,Conseilde
guerre touchant les grands
preparatifs que fait le Grand
Seigneur. On parle d'envoyer
de nouvelles Troupes
en Hongrie On assure que
le Roy de Suede est en marche,
que son armée compofée
de ses propres Troupes,
de Polonais, de Valaques,
de Cosaques qu'il avoit fdit.
lever & de quarante mil
Tartares, serait de soixante
mil hommes, qu'il avoir refusé
de l'Infanterie que le
Grand Seigneur avoit offert
àcause qu1')elle n'aurait pas
pû le suivre dans sa marche,
qu'ilprétendait faire avec
toute la diligence possible.
Un Courrier arrivé de Barcelonne
a apporté des Lettres
du Comte de Staremberg,
par lesquellesil mande
que les Troupes Angloises
5t Portugaises s'estant retirées
,
& voyant avancer deux
armées l'une Françoise par
le Roussillon & le Lampourdan
, l'autre Espagnole du
costé de Tortose & de Tarragone,
il avaitestéobligé
de lever le Blocus de Gironpe
: qu'il ne luy restait au
plus que seize mille hommes
avec lesquelsil ne feroit pas
en estarau Printemps de deffendre
la Caralogne, ny même
d'empêcher le Siege de
Barcelonne ; le Courrier a
esté renvoyé avec avis de
l'estat où se trouvait à ITtrecht
le Traité de Paix;qu'-
onétaiten négociationavec
la Reine de la Grande Bretagne
pour faire amener en Italie, l'Archiduchesse avec
les troupes, & qu'ainsi on luirecommandoit de lesconserver.
-
Les lettres de Gratz portenr
que le Prince Electoral
de Baviere, qui y est
retenu avec les Princes ses
frères avoit été malade de
la petite verole, mais qu'il
en étoit gueri & que ion fiere
en avoit été attaqué.
On écrit de Saragosse que
le Prince Tserclas de Tilly
y était arrivé de Torrose
aprèsavoirdistribué les troupes
en quartier d'hyver , à
causequelles avaient été
tellement fatiguées par le
mauvais tems & par de lonques
marches, qu'il y avait
peu d'apparence de les engager
à de nouvelles entreprises
: ayant appris que
le blocus de Gironcétoit levé&
queles ennemis craignant
l'approche de l'armée
avoient eux-mêmesconsommé
tous les fourages de la
campagne de Tarragone.
Les lettres de Valence portent
que huit Armateurs
Hollandois étoient arrivez
le 4. Février dans ces mers
avec ordre de croiser sur les
côtes de ce Royaume-là, &,
d'Andalousie
, que neanmoins
un VaisseauFrançois,
chargé d'avoine était arrivé
à Cartagene, &que des convais
chaigez de farine &
d'orge partis de Valence, &
d'autres ports de ce païs là,
étaient arrivez àVinaros.
Les dernieres Lettres de
Londres confirment que le
General Cadogan a été privé
de tous ses emplois, &
que le sieur Haston Compton
a été fait à sa place
Lieutenant Gouverneur de
la Tour, que sa Charge de
Maréchal des Logisdel'Armée
de Flandres a été donnée
au Colonelle Sceille. Elles
ajoûtent encore que le General
Cadogan a ordre de
vendre Ion(5 Régiment de
Cavalerie à son Lieutenant
Colonel, & qu'on parle de
plusieursautreschangemens
& reformes dans lesTroupes.
Plusieurs Officiers sont arrivez
d'Espagne & dePortugal,
le Comte d'Oxfort leur a
fait payer huit mille livres,
sterlin en deduction des arrcrages
qui leur sont dus.
Le 6. Février dans le
temps que leDuc d'Aumont
donnaitàdiner au Marquis
de Monteleon, &à d'autres
Ministres&Seigneurs de k.
Cour, le feu prit par accident
à sonHostel avec tant de
violence, qu'il fut enmoins
de deux heures entièrement
brûlé, & deù* maisons voisines,
fort endommagées,
de manière qu'on eut beaucoup
de peine à sauver les..
papiers, la vaisselle & une
partie des principaux meubles;
on fait monter la perte
à douze ou quinze mille
livres fterlin*
La Reine luy a donné un
appartement dans le Palais de
Sommerset, oùil a fait porter
ses meubles, en attendant
qu'il aie prit une autre
mailoritik.»>
* MORTS.
Messire Honoré Caille , Sieur du Fourny, Auditeur
des Comptes, celebre par la
grande connoissance qu'il
avoit dans nôtre Histoire,
& des anciens Titres, mourut
le20Févrieragé de
Syans.
..vD^neMarie Salmon,
Veuve de Hcnri Vincent de
vicuxmaîon Gentilhommeordinairede
Louis XIII.,
mourutle14.agée de cent
ans &,quatrç mois.
Nouvelles
1
Nouvelles de Paris.
Les Deputez d'Artois
eurent audiencedu Roy le
5. Février,& presenterent le
Cahier de la Province à Sa
Majesté,étant conduits par
le Marquis de Dreux,grand
Maître des Ceremonies, &
par le Sieur des Granges.
Ils furent presentez parle
Duc d'Elbeuf Gouverneur
de la Province, & par le
SieurVoisinMinistre & Secretaire
d'Etat.La parole
fut portée par l'Abbé de la
Croix,Prevôt de l'Eglise
d'Arras, pour le Clergé
par le Marquis de Crequy.
HentonDéputé pourla
Nobleflc-jrôc par le Sieur
AnsartdeGonnehem,De
putédu Tiers-Etat.
Le 7- laDuchesse de
Schrewsbury eut l'honneurdesaluer
Sa Majesté
dansson cabinet:elle yfut
conduiteparle Baron de
BreteuilIntroducteur de
•Arajbaââdears,êcpresentée
parlaDuchesse d'Aumont
Ellesalua aussi Monfçi
guebrJriDauphiny Mad$
me la Duchesse de Berry;
Madame, & Madame la
Duchesse d'Orléans, conduite
& presentée comme
chez le Roy. Elle prit le
Tabouret au souper de Sa
Majesté.
Le même jour le Sieur
Cornelio Bentivoglio, Archevêque
de Carthage c;
Nonce ordinaire du Pape,
eut audience particulière
du Roy»-i î-
Le 13 les Deputez des
Etats de Bretagne eurent
audience du Roy , & presenterent
le Cahier de la
Province. Ils furent presentez
par le Comte de Toulouse,
Gouverneur de la
Province, & par le Marquis
de Torcy, Ministre &
Secrétaire d'Etat.
M. le Comte de Pinto,
frere de Son Excellence
M, le Duc d'Ossune, arriva
de Madriden cette ville
la nuit du 11 au n.Février.
Le 16. M. le Duc donna
un bal magnifique.
Le 22 Son Excellence
traita magnifiquement
,
M. le Maréchal de Villars.
M. d'Albergotty, Lieu..
tenantg, eneral- des-.armé0es
du Roy;& Chevalier du
Saint Esprit.
& M.leMarquis de Torcy,
Ministre & Secretaire
d'Etat.
M.le Marquis d'Angeau.
M. le MarquisdeNesle.
M.leChevalier de Crôifc
sy
vu M. le Comte de Truzy,
& autres Seigneurs de distinction.
Mesdames la Gorritefle
-d'Evreux.
La Duchesse de Dura&)
La Marquise de Nesle.
rttlLa Marquise deTorcy,
.& autresDames. ') Lerepas fut precedé
d'un concert des plusma-
'gnifiques,:&fut suivi d'un
al3 qui dura jusquau lendemain
huit heures.
Le 26. 27. & 28. il y eut
encore des bals, où la plupart
des personnes de distinction
sont
venuës. Il y
avoit dans tous les bals que
Son Excellence a donnez
toutes fortes de rafraîchissemens
& de fruits.
Le j3. le Prince François
Ragotzi. Prince deTransylvanie
,
arrivé depuis
quelquesjours incogitto à
Paris, tous le nom du Comte
deSaaros, eut l'honneur
de saluer le Roy, quilere-
-£UC trésfavorablement.
FIN.
des étangs. 33
Livrenouveau.
-
53
HMariiasgteo. riette. 57 ro
Harodie de lyEnigme> dont
lenom est leraisin. 7$ Enigme. 78
Reprocheau Dieu ApollonFUR
le fort ordinaire des Poëtes.
80
Pompefunebre. 85
Relation de la descentefaite
par M. Cassardy Capitaine
de vaijïeau du Roy, dans
la Colonie de 5unnamy Cc.
97
Création d''Officiers de Ma-
,
rine. III Nouvelles d'Allemagne. 110
Nouvelles d'Espagne, ijé
DonduRoy. 144
Sur la baillé du coeur. 121
Stancessur la w champê-
: tre. ift
Qui répond e. Avanture
duCarnaval. ,t8~
Réflexions sur la médisance.
202 Enigme* 211
Nouvelledemonstration sur
l'existence de Dieu. 141-
Nouvelles d'Angleterre. 254
No~Tf/d'Utrecht. 260
Supplémentaux nouvelles de
Hambourg. z6y
Supplément aux nouvelles
d'Espagne, £Allemagne,
&d'Angleterre. 278
GALANT.
FEVRIER i7i:.
A PARIS,
M.DCCXIII
I
AvecPrivilege du Roy.
MERCURE
GALANT.
l ParleSieur Du F**•
Mois
de Février.
1713.
Leprixest30.solsrelié enveau, fifi
15.fols, broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JOLLET, au Livre
Royal, au bout du Pont S. Michel
du côté du Palais.
Pierre RIBOU, à l'ImageS. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la ruë
duFoin, ducôté de laruë
Saint Jacques.
'jivteAfprobation,&PrivilègednRrii
MERCURE
GALANT.
FEVRIERiji}.*''-
NOUVELLE.
EPISTRE CRITlQUE
a Monsieur.faite
à l'occasion d'un Ouvrage
d'esprit obfckr
&guindéqu'on luy a
envoye dans sa retraite,
il feintingénieusement
quedepuisqu'il
est hors de Paris tous
les Ouvrages y sont
devenus obscurs (S
guindez comme celuy
qui luy a ejie envoyé.
DEpuis un temps mon
silence en fait foy,
Dans vos cantons n'oserois
plus écrire,
Grand Magistrat, si demandez
pourquoy , ,
Tout bonnement je m'en
vais vous le dire.
En maint écrit qu'à
Paris on admire,
Ou peu s'en faut
, ne
puis comprendre rien,
Le stile en est tres beau,
je le vois bien;
Mais tel qu'ilest, si n'y
puis rien entendre;
N'ay-je pas lieu d'apprehender
quau mien
Paris aussi ne puisse rien
comprendre?
Grand malm'en veux &
ne fuis point touché
D'avoir 1 esprit si dur 6C
si bouché,
Car j'ay beau faire, 6C
hausser mes lunettes,
Et Prose & Vers tout est
si haut perché
Qu'également je m'y
1 trouve empesché,
Et c'est tousjours pour
moy Lettres secrettes,
Goute n'y vois. Oh! que
tout a changé
Pour le langage, &que
dans la grand' Ville
Depuis le temps que j'en
fuis délogé
On s'est rendu subite--
ment habille !
Un point pourtant sur
cela m'a surpris,
Vous le dirai - je, excusez
ma franchise,
C'estvous, Seigneur, qui
causez ma surprise,
Tout ce qui part de vous
est d'un grand prix,
Et peut servir de régle
& de modelle;
C'estvérité dont personne
n'appelle,
Jugez par là de mon eftonnement.
Lorsqu'en discours sortis
de vostre bouche
A nousforains transmis
fidellement,
J'ay trouve tout énonce
clairement,
Rien de forcé, rien d'obscur,
rien de louche:
Est-ce donc là, d'abord
me suis-je dit,
Ce Magistrat dont par
toute la France
-
On prise tant le merveilleux
esprit ?
On vante tant la force &
l'éloquence? -
Je le croyois un Oracle
du temps,
Et cependant il parle, èC
je l'entens !
Je vous le dis, Seigneur,
c'est grand dommage,
Cette clarté qui fut une
, vertu
Au temps passé
,
n'est
plus du bel usage, --
Et ne voudrois en donnerunfestu:
On la souffroit jadis dans
lelangage
Quand on parloit afin
d'estre entendu;
Mais aujourd'huy que
l'on devient plus fagey
Adieu vous dis, son cre-
1 dit est perdu;
On a raison
, tout estoit
confondu.
Dans ce temps-là le peuple,
la canaille
Mettoit le nez dans les
meilleurs écrits
J'
Et décidoit souvent vaille
que vaille,
Chose indecente, & que
nos beaux esprits
N'ont deu souffrir
,
ils;
ont mis si bon ordre
A cet énorme Se vicieux
abus,
Que leurs écrits sont autant
de Rebus,
Enigmes mesme, & n'est
aisé d'y mordre;
Qui le pourroit? ils ne
se montrent plus
Qu'enveloppez de nuages
confus:
Impunément ils bravent
les orages
Tousjours guindez dans
le plus haut des airs;
De temps en temps du
fond de ces nuages
On voit sortir desflammesdes
éclairs ;
Un peu de bruit, &
beaucoup de fumée ;
Puis un essain, soidisant
Renommée,
Veut qu'on admire cC
nous en fait la loy ;
On obeït
, on crie à la
merveille,
Je crie aussi sans trop sçavoir
pourquoy ;
Mais si m'allois faire tirer
l'oreille
Aurais bientost la grand'
bande sur moy :
Pourquoi de peur qu'on
aille s'y méprendre
Je le déclare entant qu'il
est besoin,
Et s'il le faut vous en
prens à tesmoin,
J'admire tout sans le pouvoir
comprendre.
Pour ces Messieurs plus
ne puis,ni ne dois;
Car de vouloir que je les
-
puisse entendre
C'en feroit trop ,
Seigneur,
& je lescroy
Trop gens d'honneur,
: & trop de bonne foy
Pour l'exiger, bien loin
de le prétendre 1
Tous au contraire entre
eux-mesmes tout bas
Sont convenus qu'ils ne
s'entendroient pas.
Voila, Seigneur, touchant
le beau langage
Sur le Parnasse, un grand
remu-ménage:
Or il s'agit de prendre
son parti,
Avisez-y) vous estes bon
& sage:
Mais n'en voudrez avoir
.;
le dementi,
Je le vois bien, ÔC tiendrez
tousjours ferme
Pour le vieil goust. Qu'-
]entens-je par ce terme? entens celui d'Horace
& Ciceron,
Encor faut-il en conserver
le germe,
Et luy laisser au moins
- quelque Patron,
Vous risquez moins que
bien d'autres à l'estre.
Comme en cet art vous
estes un grand Maistre,
Peut-estre à vous le pardonnerat-
on!
, Anous chetifs, recognez
en Province,
Suivre convient l'usage
qui prévaut,
Pour
Pour resister nostre credit
est mince;
Et quant à moi qui crains
un peu la pince,
Bon-gré mal-gré c'est un
faire le faut:
Ma coustume est de peur
qu'on ne me sonde,
D'estre tousjours le premier
à crier,
Comme Salie, ami de
tout le monde,
Sur ce pied-là ne me suis
fait prier.
J'ai donc voulu,suivant
le nouveau Code,
Qu'ont establi maints &
maints beaux esprits,
Penfer
,
écrire & parler
-
à leur mode;
Ors écoutez comment je
my fuis pris.
En premier lieu j'aifait
plier bagage
An grand Virgile, Horace,
& leurs conforts , Vivants compris aussibien
que les morts;
Tels ont cedé sans murjii;
mure à l'orage ;
D'autres ont fait un peu
plus les mutins,
Mais beaucoup moins les
.1 Grecs que les Latins.
Juvenal chef de la mutinerie
, Ma regardé d'abord du
haut en bas,
Et me quittant aussi-tost
en furie,
A pris sa courseulira
sauromatas.
Vous faites bien ma dit
tout bas Horace,
Nous gasterions le bon
goust d'aujourd'hui,
Etj'en ferois autant à vostre
place;
Perse vouloit s'enaller
avec lui,
L'ai retenu par la manche
& pour cause;
Les Orateurs & tous les
gens deProse,
Grands chicaneurs ont
voulu marchander,
Et Ciceron pour la cause
publique,
Comme autrefois tousjours
prestàplaider,
A débuté par une Philippique,
J'estois perdu si j'avois
écouté
,
Mais l'ai d'abord dès FE"
xorde arresté ; -
Disant à tous, Medicursi
point de replique,
J'en suis honteux, mais
l'Arrest est porté, -.
En vous gardant l'on eust
mieux fait peut-estre,
Et resteriez si j'en estois
lemaistre : ,-
Mais comme fuis de l'avis
des plus forts
Voici la porte & voilà la
fenestre ;
Pouvez opter, mais vous
irez dehors
Plus indigné que confus
de l'ouvrage,
0 temps, ô moeurs ! s'écrioit
Ciceron.
Brefdu vieux temps dans
ce commun naufrager,
Ne se sauva que
PerîeSe
Lycophron,
Or ces Messieurs ayant
* tous pris la fuitey.
Vous jugez bien que justesse,
raison
Clarté, bon , sens
,
crai-
; gnant mesme poursuite
A petit bruit sortirent à
leur fuite ;
Nul ne resta, tout vuida
la maifbn,
Ce fut, Seigneur, une
belle décharge;
Auparavant j'estois comme
en prison:
Mais eux partis je me vois
bien au large.
Comment! tandis qu'ay
suivi leurs leçons,
Cent fois par jour j'estois
à la torture :
Pour faire un Vers c'estoit
plus de façons,
Heureux le mot qui passoit
sans rature,
Tantost le tour paroissoit
trop guindé,
Tantostla Phrase embarrassée,
obscure L'un , ne vouloit d'un terme
hasardé,
L'autre trouvoitl'expression
trop dure,
Tousjours
Tousjours la Regle &
l'Equerre à la main
Il , me falloit suivre jùf.
qu'à la fin
Le plan tracé sous peine
de censure,
M'en écarter n'estoit gueres
permis,
Mesme en donnant
mieux que n avois
promis.
Juste en ce point,il falloit
l'estre encore
Dans l'hyperbole&dans
la metaphore, -
Pour tel écart qui feroit
encensé,
Au temps present sous
nom de noble audace
Me fuis souventveu rudement
tancé;
Rien n'estoit beau s'il
n'estoitàsa place.
Les ornemens aûssî que
de raison
Estoientdemijfe3 &c l'on
pouyoit sansdoute
Cueillir des fleurs quand
c'estoit la saison,
Mais ilfalloit les trouver
V-• !
: sur sa route; > Le Synonime enhabit retourné,
Quoy qu'éclatant :n'cftoit
pas pardonné,
La plus pompeuse &
brillante épitete
On larayoit quand;;eilc
estoit muette. .- Pour un seul terme ou
froid ou négligé,
C'estoit pitié,lonnieuft
devisagé.
Rien ne passoits'il neftoitdecalibre;
Que vous dirai-jeenfin?
j'estoisàbout:
Orsdesormaisai secoüé
le joug,
Etje puis dire à present
je fuislibre;
Aussi bientostverrez ma
plumeenl'air,
En imitantlestile noble
& rare
Del'éloquentChancelier
de Navarre,
A chaque trait élancer
un éclair:
Je vais d'abord [our enrichir
mes rimes,
faire un amasde briUans
synonimes,
Et par cet art aujoufd'huy
si commun,
Dire en vingt mots ce
qu'on peut dire en un.
Tout paroistra, jusques
aux moindres fornettes,
Enluminé de nobles épitetes,
Et dansla foule égaré,
confondu,
L'objet qui plus dévoie
frapper laveuë,
Enveloppéde cette epaiC
: senuë,
Se trouvera presque
comme perdu
Enbel esprit qui creuse
& subtilise,
Je veux mefaire un patois
à ma guise,
Et sans toucher aux ter-
-; mes establis,
Que malgré nous maintient
un vieil usage,
Sous mesmes mots autrement
assortis,
Fairetrouver tout un autre
langage
Pour me former un stile
tout nouveau,
Un stile auquel nul au-
: ,
treneressemble; ;
J'accouplerai d'un bizar-
,
re pinceau
Traits qui jamais ne se
c
font vous ensemble:
Mon arc sur tout brillera
dans letour,
J'aurai grand foin qu'au
1,
langage il responde,
Tout fera neuf
, tout
~viendra par détour,
Ne fallust il dans ma ver-
-
ve seconde
Quevous donner feule-
- :j ment le bonjour,
J'amenerai cela du bout
du monde.
De suivre un ordre & se
tracer un plan,
D'avoir unbut, & ten-
:
dre à quelque chose
C'estestre esclave, & se
faire un Tyran,
Pour tien n'en veux, &
quoyque je propose,
£en avertis,&Cqu'on
l'entende bien.
C'est sans In'afireindre"
oum'engager a rien,
Je veux errer maistre de
la campagne,
Traisnant par tout mes
lecteurs esbahis
Tantost en France, SG
tantost en Espagney
Qui me suivra verra bien
du pays ;
J'irai bien viste,& me
suive qui m'aime,
Pas ne responds pourtant
qu'en me suivant
On ne se perde, helas
'xa le plus souvent
Dans mes écarts je me "perditmoi-mesme.
L'ouvrage fait, ilfaudra consulter,
Ainsi qu'en doit user tout
homme sage,
Simesme encor s'en tolere
l'usage :
Mais en ce point ne pre..
:
tends imiter
Cequefaisoitcet Auteur
quel'onvante,
Qui pour se rendre intelligible
entout,
Sur ses écrits consultoit
saservante.
Tout au rebours je veux
gens de haut goust,
Esprits perçants, déliez
& sublimes,
Devinant tout; puis leur
lisant mes rimes
Je leur crierai: dites par
vostrefoi,
M'entendez-vous? gens
': de bien, dites-moi;
Moins ils pourront com*
p,rendreà mon ou- f-.vwgeV'»Ï
Plus le croiraideslors de
bonalloy,
Et sur cela ne veuxd'aït
tre suffrage.
Vousblasmerezle pairi,
que je. prens,
Mais quoi,fèigneui',qae
voulez-vous qu'on fâflê,
Il se faut bien accommoi,
-
,
derautemps; .~,'
J'aimelapaix,je crains
; les différents,
..Et.-
-
ne veux point me
broüiller au Parnasse;
Mais après toutque
ront nos neveux? Ce qu'ilsdiront,ce sont
debeaux morveux
Pour nous reprendre ils
n'oseroient sans doute
Et puis d'ailleurssices
petits esprits
Veulent jamais gloser sur
nos écHtsy
Quinauts seront, car ils
n'y verront goute.
P. D.C.C.
REMARQVESi11
faites sur la Moule
des Etangs.
ParMonsieurM.
:.
:_' L - Il ..::' Es coquilles delaMoule
s'entr'ouvrent par le
moyend'un puissant rer.
sort, se ferment parla contractionde
deux forts muscles.
Leur ressort qui cit.
situé sur le dos de ce poifson
, a environ un pouce
& demi de long sur deux
lignes delarge dans une
Moule de huit à neu f pouces
de grandeur. Ceres
sort dont les bords font
enchaflfez dans lcpaiflcur
,des coquilles, estconvexe,
par dessus, & concave en
dedans. Il est formé de
deux sortes de matières,
l'une écailleuse & de couleur
grise,l'autreblanche
ôc semblable à du, talc,
Leurs muscles [ont trauCversalement
attachez à la
partie interne de chaque
coquille,l'un en devant,
&l'autresurledeniere9
quiest plus grosquelepremier.
Lesmu/clesfo^:liixs
de l'assemblage de pluceurs
paquets de fibres
charnuës
,
croisées par
d'autres petites fibres ligamenteuses
& élastiques. Ce
font les moyens par lesquels
les coquilles s'ouvrent
& se ferment, &c.
L'autheurcontinuë d'expliquer
comment se fait le
mouvement de ces coquilles
par des observations
qu'il a faites là dessus. Ce
poisson nage dans l'eau &
quelquefois sur la surface,
mais tres-rarement:le plus
souvent il rampe dans sa
vase
vase sur laquelle il reste
presque tousjours en repos:
mais soit qu'il nage ou qu'il
rampe on ne voit que son
ventre sortir hors de sa coquille
, & s'avancer de
deux pouces ou environ
au delà de leurs bords.
: -
Monsieur Meri s'étend
ici sur la description de la
figure & de la compositiondu
corps de la Moule.
Ilfait voirensuite de quelle
manière ce poisson reçoit
sa nourriture: Il die
que sa bouche est si étroitement
attachée à la partie
posterieure du muscle
du devant des coquilles,
qu'il est absolument impossible
qu'elle puisse sortir
pour chercher l'aliment
qui luyconvient; ainsi il
faut qu'il ait dans l'eaudes
parties nourricières ,afin
que quand les coquilles
s'ouvrent la bouche puisse
lesrecevoir. Mais parce
que les coquilles restent
presque tousjours fermées,
il n'y a pas d'apparence
qu'il pust vivrecommodément
en cet estat si la nature
ne luy avoit donne
quelques lieux particuliers
pour tenir en reserve l'eau
qu'il reçoit quand ses coquilles
s'ouvrent,&pour
empescher qu'elles ne s'écoulent
lora"elles se ferment.
C'est a quoy la nature
a sagement pourveu
enplaçant de chaque costé
du
ventre de ce poisson
un grand reservoir, & proche
le bord de chaque coquille
un canal pour le sejour
de Feau., &c.
, Il continuë d'expliquer
les fibres &. les autres par- ties dont ce reservoir &
cc canal font composez ,
& les ressorts qui le font
joüer pour faire entrer la
nourriture dans le ventre
de ce poisson ,&les parties
qui la reçoivent:après
quoi il fait voir comment
sefait sagénération. Je ne
remarque, dit
-
il, dans la
Moule que quatre parties
qui puissent sèrvir à la génération
de ce petit animal
; deux que j'appelle
ovaires, parce qu'elles contiennent
Ces oeufs, & deux
-
autres que je nomme vesiculesseminales,
parcequ'aelles
renferment sa femeo*
ce qui est blanche & laitteuse.
Laconformation des
uns & des autres paroiftfent
semblables tant en dedans
qu'en dehors; il y a
cependant quelque chose
de particulier dans les ovaires
qui n'est pas dans les
autres puisque leurs foncrions
font différentes.
Ces parties representent
assez bien par leur superfi,
cie exterieure uncroissant
fort ouvert, convexe par
le bas , concave par en
haut, & applatipar fescot
*cz,&c.Leurfuperfici*
-tft tissuë de deux plants de
libres qui s'étendent differemment
d'un bouc à l'au,..
ttQ yÔCC. -.
.: A l'égard de leurstructurc.
exteriure elle a encore
quelque chosede plus
toerveilleuv, chaque veficule
est parcage en plalieur.
petits tuyaux fepa-
':rrz les uns des autres par
^es cloisons
) &quicontiennent
tes uns les ccufs,
& les autres la semence;
tous ces petits tuyaux ont ieor^mbouchquredans un
canal formé par l'extremite
qui regarde la telle, &
ouvert par l'autre dans l'anus,
&c. Au reste il est à reJ
marquer que les ovaires de
la Moule ne vuident leurs
oeufsqu'au printemps,
3
&
ne s'en remplirentqu'en
automne;de là vient qu'on
les trouve tousjours vuides
en Esté & pleins pendant
l'hyver. Il n'en cft pas de
mesme des vesicules feminales
qu'on trouve en tou-i
, tesfaisons plus vuides que
pleins,&c.
Quelque admirableque
soitla ftrudture des ovair
res & des vesicules femi-
Jiales - celle du coeur est
picore plus furpfcnantc
outre qu'il est placé immcdiatement
sur le dos des
jjpqyûHqs& au dpffus des
gou^o^s3safyafe esttou^
jours,ducostéde l'anus,
ôc sapointe regarde la tefte
yd'ailleurs il n'a qu'un
seul ventricule quoy qu'il
flit deux oreillecesqui paroissent,
&c. Ce coeur n'ayant
nyveines ny arteres,
il ne peut y avoir dans ce
poisson qu'un flux d'eau
4 qui
qui se fait de la bouche au
coeur par le moyen d'un
canal, ainsi que dans toutes
les autres parties de Ton
corps sans circulation &
sansreflux,&c. L'Autheur
continuant icy la description
de toutes ces parties,
respond à une objeaion
qu'on luy pourroit faire.
Il adjouste quela conformation
des poumons de
la Moule n'est pas moins
extraordinaire que celle de
son coeur. La voye par laquelle
elle respire est diametralemét
opposée à celle
des autres poissons; setpoumons
sont situez entre
le pericarde & les parties
de la génération, l'un à
droit,& l'autre à gauche;
ils ont environ trois pouces
de long ..& cinq à six
lignes de large dans les
plus grands de ces poissons;
leur figure estcylindrique,
leur membrane est
tissuë de fibres circulaires,
partagées en plusieurs cellules
qui se communiquent
les unes aux autres, &c.
-
Quand ces fibres circulaires
se relaschent ,Tair
qui les comprime le dilate,
&. la. Moule s'esleve sur la
surface de l'eau; alorsl'air
exterieur pressé. au dehors
par les coquilles qui s'écartent,
entre dans l'anus, ou
trouvant moins de resistance
qu'ailleurs, il s'insinuë
par deux conduits dans les
cellules posterieures des
poumons qu'il remplit d'à*
bord, ensuite de quoy il
passe dans le canal qui est
placé entre eux, & va remplir
leurs cellules posterieures
& celles du milieu,
Quand après cela les coquilles
se referment, alors
les fibres circulaires des
poumons venant à se rer
trecir, leur capacité diminuë,
& l'air y estant comprimé
le corps en devient
plus pesant, & la Moule
retombe au fond de l'eau,
& comme elle y est presque
tousjours plongée elle
ne peut joüir de la respiration
que dans quelques
momensfort éloignez les
uns desautres; enfin il conclut
ce discoursen disant
qu'il n'y a pas d'apparence
que la rcfpiration puisse
servir à entretenir dans la
Moule la circulation de
l'eau comme elle sert àentretenir
la circulation du
fang dans les autres animaux.
LIVRE NOUVEAU.
Avis donné par VAutheur.
ON vend à Paris chez
Claude Jombert, à la descente
du Pont neuf, prés
les Augustins, à l'Image
Nostre Dame) un Livre
nouveau intitulé: LaPromenadedu
Luxembourg. Cette
promenade contient onze
Journées
,
& chaque
Journée est remplie d'incidents
tous plus beaux les
uns que les autres.On y
voit des passions & des évenements
extraordinaires
; des ruptures & des
ihfidelÜez surprenantes ;
des raccommodements
feints & dissimulez; d'autres
qui font veritables &
de bonne foy
, & dont la
fin a esté heureuse.On y
voit encore des apparitions
d'esprits,des jalousies sans
exemples, & des victimes
que l'amour & la colere
sacrifient au desespoir.
D'ailleurs on y trouvera
des conversations galantes
& serieuses sur des questionsqui
n'ont jamais eftç
traitées, & qui font également
propres à polir l'esprit
, & à former les
moeurs ; des caracteres 6c
des portraits singuliers tirez
d'après nature,y paroissent
en plusieursendroits.
Enfin on y verra
çent choses différentes qui
feroient trop longues à
rapporter icy,&qui donneront
tousjours beaucoup
plus de plaisir au Loueur
quand il les apprendra par
luy -
mesme. A l'égard du
stile il est pur, les pensées
en sont vives, & le tour en
est ingenieux. Il ne manqueà
cet ouvrage que le
nom de l'Autheur. On ne
peut pas s'empescher de
s'enplaindre, & il est de
l'interest du public de connoistre
un homme qui écric
si noblement, & avec
tantdejustesse.On trouvera
chezlemesmeLibraire
plusieurs autres ouvrages
curieux du mesme Autheur
anonyme.
MA RIAGE.
MOnsieur le Marquis
de Maillebois fils de MonsieurDesmarests
Controlleur
General des Finances,
épousa le vingt- six Janvier
Mademoiselled'Alegrefille
de Monsieur le Marquis
d'Alegre Lieutenant General
des Armées du Roy.
LaMaison d'Alegre eftune
des plus illustres & des
plus anciennes d'Auvergne
;ellen'est pas moins
distinguée par ses alliances,
que par les grands
Hommes qu'elle a produits.
Dès l'an 1493. Bertrand
d'Alegre,Baron de
Puifagut
,
& seigneur de
Basset , maria Catherine
d'Alegresa fille puisnée à
Charles de Bourbon, seigneur
de Carency. Le chef
de cette Maison est aujourd'huy
Yves Marquis d'Alegre,
Mareschal de Camp, quiacommandé pendant
quinze ans le Rcgiment de
Dragons du Roy, & qui
s'est signalé par sa valeur &
Fleurus, à Steinkerque, à
Leuse, & en Allemagne.
HISTORIETTE:
UNe veuve de qualité
très-âgée & très-riche
avoit pris auprès d'elle
une Demoiselle fort pauvre
,
mais d'une famille
tres -
noble, jeune, belle,
ôc d'un tres-grand merite
; & estoit tellement
attachée à elle qu'elle lui
promit de lui laisser tout
son bien si elle vouloit
rester auprès d'elle sans
se marier tant qu'elle vivroit,
cette vieille Dame
n'ayantpourtant que soixante
& douze ans, pouvoir
vivre assez, longtemps
pour la fairevieillir
fille auprès d'elle.
Cette aimable personne
qui pouvoitavoir desja
vingt
-
deux - ou vingttrois
ans, estoit plus ob..
servée de cette maiftreiTc;
quelle ne l'eust esté d'un
mary jaloux;car la vieille
craignoit que quelque
engagement de coeur
ne l'engageait à se marier
malgré
-
l'esperance
de sa succession
5
cependant deux Amants
trouverent moyen de lui
faire des declarations d'amour
: le premier estoit
un vieux gentilhomme
très-riche qu'elle auroit
peut-estre accepté pour
mary plustost que dercC,
ter avec sa vieille, pire
encore pour elle quun
vieuxmari, mais elleestoit
aimée d'un homme
qu'elle aimoit aussi. Cet
homme avoit pour ne se
point marier des raisons
à peu près pareilles àcelles
de sa maistresse; premierement
point de bien
par lui
-
mesme, & n'en
esperant que d'un vieil
oncle. Ce vieil oncle le
vouloit marier d'un autrecosté,
Se l'avoit menacé
plusieurs fois de le
desheriter s'iln'épousoit ,
une personnequ-ils'estoit
mis en teste de luy donner
, & le neveu n'osoit
lui dire absolument qu'il
ne l'épouseroit pas, mais
trouvoit tous les jours de
nouveaux prétextes de
< differer ce mariage,qu'il
avoit bien resolu de ne
jamais executer. C'estoit
un caprice de sononcle
qui pouvoit passer ou Hnir
par sa morts;il attiendoit
cette mort sans la
denrer
,
mais pourtant
avec un peu d'impatience
; ensorte que d'un autre
costé son amour le
prenant pour la jeune
personne dont la passion
n'estoit pas moins forte
que la sienne
, tous deux
semarierent,mais Secrètement
pour ne pas perdre
les successionsqu'ils esperoient.
Cellequ'il épousoit
avoit pris pour nom
Julie,
Julie & avoit cache le
sien,&: celui de sa famille
pour ne la pas deshonorer
en se mettant en
service. Son nom ignoré
luy fit grand bien, car
l'ondeayant eu quelque
avis de ce mariage secret
de son neveu,apprit bien
le vray nom de celle que
son neveu époufoit par
les perquisitions qu'il fit
à la paroisse où ils s'estoient
mariez; mais ne
connoissant point le vray
nom qu'il trouva sur le
Registre, & ne pouvant
pas deviner que c'estoit
- une fille de Chambre, le
neveuse consola du bien
de son oncle qu'il perdoit,
parce que du moins
la vieille ne pouvant sçavoir
le mariage sa femmeavoitde
soncosté cette
successionqui leur su£
firoit à tous deux pour
vivre assezàleur aise.
Ce neveu cacha donc obstinement
à son oncle le
nom de sa femme, ne
pouvant nier qu'il nefuft
marié
,
&C fut quelque
temps sans la voir pour
nerien risquer en cette
occasion.
L'oncle fut si piqué
dumariage de son neveu
,
qu'il resolut d'époufer
une jeune personnequ'ilaimoitdepuis
quelque temps, ôC 4?
luy donner tous ses biens
en mariage.
Pendant ce temps -là
Julie estoit fort pressée
par son vieux Amant, ôc
lui donnoit pour exeuse
l'affectionqu'elle portoit
à sa maistresse, qui la faifoit
resoudre à ne la point
quitter, le vieux Amant
ne croyant pas qu'il pust
y avoir d'autre obstacle
que celuy
-
là, s'avisa de
faire amitié avec la vieilj
le, & de ménager auprès
d'ellequ'elle luy loüast
une partie de sa maison
qui luy estoit fort inutile
parce quelle ne l'occupoit
pas; elle luy ceda
plustost par amitié que
par interest , & Julie fut
fort surprise quand elle
vit que le vieillard luy
faisoit une telle galanterie,
& luy promit d'obtenir
de sa vieille maistresse,
qu'elle confentist
à ce mariage qui ne la
fepareroit point de Julie
qu'elle vouloit tousjours
voir. En effet quelque
temps après non seulement
la vieille consentit
à voir Julie mariée à son
vieux hoste, car elle jugea
quec'estoitun moyen
de l'attacher encore plus
à elle, empeschant par
là qu'elle ne pensast à
quelque autre mariage:
elle proposa donc cette
affaire à Julie qui se defsendit
fort sur une resolution
qu'elle avoit prise
de ne se jamais marier.
Cette negociation dura
quelque temps, mais les
amours de Julie & de
son mary secretn'avoient
pû estre si cachez que
quelqu'un de la maison
n'en eust des soupçons,
non pas du mariage fait
mais de leur amour, cet
incident fut un coup terrible
pour Julie, car sa
Inaiftretfe, pour rompre
cette intrigue, luy donna
pour alternative, ou de
rompre avec elle pour
tousjours ,iou d'époufer
son hoste, 6C elle ne luy
donna que huit jours de
delay,ensorte que Julie
vit par ce coup inévitabla
la successionde la
vieille perduë pour elle..
& celle del'oncle estant
desja perduë pour son
mary. On peut juger du
desespoir où se trouverent
ces jeunes mariez.
Sur ces entrefaites le
vieux Amant tomba malade,
ilavoit plus de quatre-
vingt ans, mais ny sa
maladie, nyson âge ne
diminuant
diminuant point son amour,
& se voyant prest
de mourir il fit un testament
captieux, par lequel
il laissoit tout son
bien à Julie à condition
qu'elle ne sust point
mariée , ôC qu'elle ne
se mariast jamais; ce
testament, quelque mauvais
qu'il sust, ne laissa
pas d'estre admirable
pour nos jeunes mariez,
puifquil empescha
le vieillard de faire d'autres
dispositions de son
bien qui leur revint naturellement
,parce que
ce vieillard estoit justement
l'oncle du mary & , que Julie l'avoit ménagé
pour l'empescher
,ci'oster son bien à ion neyeju,
qui eust tout perdu
si par malheur l'oncle avoit
pû découvrir qu'il
estoit son rival heureux.
Le neveune laissapas de
commencer un procez
contre Julie pour cacher
à la vieillequ'elle sust sa
femme, & Julie ensuite
tourna si bien son esprit
qu'elle proposad'ellemesme
à ce neveu d'épouser
Julie par accommodement
,
ensorte que
les mariez après avoir af.
seuré à la vieille que Julie
nela quitteroit jamais,
& que son mary occuperoit
le logement de son
oncle,avouërent leur mariage
, 8( heriterent peu
de temps aprés de la
bonne vieille qui leur
laissa tout. PARODIE
,de l'Enigme dont le
mot est le Raisin.
RAifinejf,rrJajle en genéral9
Grappe en est ledétail if
cep un nomfemelle,
Grain en petit detaild'un
nom masle s'appelle
Raisin fait devenir plus
d'unhomme brutal
Et c'eji pourtant la douceurmesme.
,..
Le raisin rouge ou blanc,
a le teint vifou blesme,
Son pere ccfi le Cep, il
estsec ebossu
La terre est leur mere
commune Le vin , rend vicieux souventparsa
vertu,
Et l'yvrogne irrité, est
souventsans rancune.
Le mot de l'autre Enigme
c'est le Navire.
ENIGME.
QUoy qu'aujourd'huy
jesois ce quej'estois hter,
Cessant d'estre doublé, je
ne suisplusmoy-mesme,
Qupj que coupé, pourtant jesuistousjours entier,
Cepartage me rendindigne
du Caresme.
J'estois femelle , estant
doublé
Mais quand de mon bo.
net on m'a desassublé
AuJJÏ-tosk je suis masle
,
après madélivrance*
JJon me noye, & bien.
tost apré*s.,mon excellence
Devient celle à peu prés
desouvrages d'esprit.
Avec moyl'onchante,
l'on rit
JSdais qui n'a point dfJ
temps à perdre qu'il
m'evite
Taiience avec moy quelquefois
periclite.
REPROCHES
au Dieu Apollon,sur
le fort ordinaire des
Poëtes.
FIls de Latone,injuste
Dieu,
Qui produit l'or par ta
puissance,
Pourquoi tousjours dans
l'indigence
- Tes enfans en ont-ils si
peu.
Apprens-moi, Pere sans
pitié,
Tandis qu'avec éclat tu
guides
Ton Char &tes CourEeM
rapides,
Pourquoi tes enfans vont àpie?
Enorgueillis d'un titre
vain,
Pourquoy, tandis que
TAmbrofie
Selon ton gré te rassasie
Tes enfans meurent-ils
de faim
Par toi nos champs font
reveftus
Des ornemens les plus ai.
mables ; Pourquoirfiersquoique
misérables,
Tes enfans sont-ils presquenuds?
Dans ton Palais font rassemblez
Cent thrélors donc il cIl,
la source ;
Pourquoi tes enfans sans
ressource
Sont-ils toujours si malmeublez
>
Songe à les pourvoir:sans
--, ,"-
les biens
De quoi sert la haute naiCsance;
Est-il un Sous-Fermier eu
France,
Qui n'establisse mieux lc£
siens.
Ne parois plusindifferent
Sur ce qu'icy je te de
mande:
Il est vrai, ta Famille est
grande
Mais ton pouvoir est-il
moins grand
Agis en donc plus tendrement,
Traite tes enfans en vrai
père,
Et pourqu'il ne t'en couftç
guere
Enrichis les bons seule
ment.
Pompe Funebre.
Le dix huit Février, on
fit dans l'Eglise de l'Abbaye
Royale de Saint Denis
le - Service ftflenneîj
du bout de l'an pour Monseigneur
le Dauphin ôc
Madame la Dauphine.
L'Evesque de Merz Premier
Aumosnier du Roy,
célébra la Méfie
,
qui fut
chantée par la Musique de
SaMajesté, les Religieux..
estant tous revestus de
chappes. Monseigneur le
Duc de Berry y affilia
avec les Princes & Princestes
qui y avoient etc invitez
par le Marquis de
Dreux,Grand Maistre des
Ceremonies
, & qui estoienc
Monsieur le Duc
d'Orléans, le Duc d'Anguien,
leComte de Charolois
& le Prince de
Conti: le Duc du Maine,
& le Comte de Toulouse
la Duchesse d'Anguien
Mademoiselle de Bourbon
, Mademoiselle de
Charolois, Mademoiselle
de Conti, & Mademoifelle
de la Rochefuryon.
Les Officiers de feu.Mon;
seigneur le Daupkm,ceux
de Madame la Dauphi.'
ne, & les Dames du Pa-;
lais y assistèrent pareille-;
ment.
M. François de Mailly
Archevesque Duc de
Reims) prit Seance au
Parlement le 21. Fevrier
,
1713. en qualité de Premier
Pair de France.
Il 0 V Q^V' E
à Adademoiselle de B
PArmi
tous leshonneurs
qu'on s'empresse à vous
rendre
Dans un jour de triomphé
& de plaisir pour vous,
Je ne viens point medes
, ma voix aux voeux de
tous
Ce procedé peut vous fafcj
prendre,
Et m'attirer vostre courroux:
Mais un Dieu pour me le
deffendre,
Exprès du Ciel vient
-
de
descendre:
Ce Dieu de ses droits cft:
jaloux,
Et je dois obeïr quoy qu'il
faille entreprendre.
Pour vous faire un Bouquet
je demandois des
fleurs
A la jeune & brillante
Flore,
Aussiton elle en sit éclore,
J'en vis dans Ces jardins de
toutes les couleurs.
J'approche,leurclar & me
charme & m'attache, jen
J'en admire l'assortiment,
Quel fpe&acle à mes yeux
s'offre dans ce moment
Sous les traits du zephire
amour me les arrache.
Je le reconnus aisément
Malgré tout son déguisement,
L'ayant veu dans vos yeux
où souvent il se cache.
a~.
Téméraire mortel, me
y dit il, en courroux,
Vous osez faire un bouquet
a Julie?
Dites quelle
-
est vostre ',: folie?
,Vousprétendez gouster
mes plaisïrs les plus doux,
Et vous cherchez mon ennemie?
Vostre ennemie, ô Ciel
amour? que dites-vous?
Luy dis je avec une surprise
extrême
Julie a trop d'appas pour
déplaire à l'amour,
etest par elle que chaque
jour
On reconnoist vostre pouvoir
supréme,
Ses yeux vifs & perçans
portent dans tous les
coeurs,
Et vos flammes & vos ar-
,
deurs,
eteOE par elle plustost que
par vous que son aime,
Et dans ce barbare sejour
Elle a sceu vous faire une
cour,
Vous me voulez tromper
vousmesme,
Julie a trop dappaspour
déplaire à l'amour.
A lavoir,on setrouble,on
1
s'enflame à l'entendre,
Ses yeux charment les
coeurs, son cfprit les
retient
Sa grâce les enchante §c
quand sa voix survient,
Un coeur luy-mesme a peineà
se comprendre, si
Mille doux mouvemens l'agitenttouràtour,i
C)cfi par elle plutost que
par vous que l'on aime,
Vous me voulez tromper
vous-mesme
Julie a trop d'appas pour
-
déplaire à l'amour.
Julie a mille appas pour
4 engager, pour plaire,
Je le sçais, dit l'amour, &
je ne puis m'en taire, :.
Je dois plus à l'éclac de
ddee*c—etsebsrbirlillalnantstsaatttrtraaititss-.";-1
Qu'à la force de tous les
traits
Dont autrefois m'arma la
-
Déesse ma mere y
Mais il ne faut pas au
surplus
Que Julie en fasse un
abus;
Quand pour ses appas on
soupire
Tendres regards, discoursflateurs
Beaux compliments, Cm~
ris trompeurs,
Sont les salaires du martyre
Qu'elle faitendurer aux
1 cecurs
Ce n'est là proprement
qu'amusermon empire,
Il faut, il faut de soUdes
faveurs,
C'est a ce but que tout
amant aspire.
Je scais bien charmante
Julie
Que je vous dois un bouquccencejour;
< -
Mais je n'aurai pas la folie
Demépriser les ordres de
L'amour;
Aussi pourquoi tousjours
voulezvous vous desfendre,
Vous charmez tous les
coeurs, on ne peut vous
charmer,
Ah c'est assez nous enflamer,
A vostre tour il faut vous
rendre,
Je vous promets des fleurs
si vous voulez aimer.
Promotion de Cardinaux•
On a appris par un Cou-.a-'
rier extraordinaire que le
30. Janvier le Pape avoit
tenu Consistoire ; où il
avoit déclaré Cardinaux
l'AbbédePolignac Auditeur
de Roce : le Sieur
Arias Archevesque de Seville
: le Sieur ErbaOdescalchi
Archevesquede Milan,
& le Sieur Sala Evesque
de Barcelone. SaSaintetéen
a reservé un autre
inpetto, & n'a pas rempli
les deux autres places vacances.
-
Le Duc de Sully connu
cy-devant fous le nom de
Chevalier de Sully, pritf
séance au Parlement en
qualité de Duc & Pair de
France.
RE LATI ON
de la descente faite
par Monsieur CASSARD
Capitaine de
VaisseauduRoy, dans
la Colonie de Suri--
nam , appartenant
aux Hollandois.
MOnsieurCassardComle
dessein d'aller attaques
la Colonie Hollandoise de
Surinam.; il serendit maistre
en passant aux Isles du
Cap Verd
,
de la Ville de
saint Yago qu'il brusla
après en avoir fait sauter
les Fortifications, & enleva
les effets qui s'y trouverent.
Il continua sa route
à Surinam
,
où il arriva le
vingt Juin. Les contretemps
qu'il y receut l"empescherent
de faire sa ckC.
cente ,
& l'obligerent de
relalcherà la Guadeloupe,
Isle Françoise de l'Amerir
que , pour y prendre de
nouveaux vivres, & faire
rafraischir ses Equipages,
Il repartie le vingt - un
Aoust de cette Isle pour retourner
à Surinam
,
& y
arriva le dix Octobre. Il
fit mouiller ses Vaisseaux
au large, s'embarqua le
mesme jour sur des Chaloupes
avec les troupes du
Roy,au nombre de onze
centshommes, & entra la
nuit dans la Riviere. Les
Ennemis avertis de son
dessein avoient fait monter
plus de quatre-vingt
pieces de Canon en pîu~
sieurs batteries dans les endroits
de débarquement,
restabli les Fortifications
& muni les Forteresses de
tout ce qui estoit necessaire
pour une vigoureuse
deffense; ce qui détermina
le Sieur Cassard à les attaquer
à force ouverte ; &
pour cet effet il fit entrer
les Vaisseaux & Fregattes
: dans la Riviere, à lareserve
du Neptune qui tiroittrop
d'eau, avancer
ses Galiottes, & tenir ses
troupes prestes à la def.
cente ; mais les Vaisseaux
qui devoient la favoriser
,
& canonner la Ville & le
Fort, en échoüerent à deux
portées de Canon, ce qui
obligea le Sieur Cassard en
attendant que les grandes
marées vinssent les relever,
d'invertir le Chasteau
& la Ville
,
& de se rendre
maistre avec les troupes
,
de toute la Riviere
de Surinam: mais comme
elle se rétressit vis-à-vis du
Chasteau & delaVille, &
fait un
N
coude dont le passage
,
à portée de MopC
quet, estoic deffendu par
plus de cent trente picces
de Canon, il estoit tresimportant
,
après que les
troupes en auroientclfuye
le feu, & seroient passees
de l'autrecosté de la Riviere,
de se faire un chemin
par rerre qui traverfast
d'un bout du coude à
l'autre, pour rendre la
communication libre, des
troupes avec les Vaisseaux,
&.l'oiter aux Ennemis par
eau , & par terre avec les
habitations. Le sieur Cassarddétacha
le sieur Beaudinard
avec cent grenadiers
pour le chercherà
travers des Bois & des Marais
presque impraticables.
Il donna;avis le tendemain
au sieur Cassardqu'il
lavoit trouve, & s'estoit
saisi de la premiere habitation
de l'autre costé de
la Riviere. Le lieur Cassard
fit sur le champ marcher
le second Bataillon
pour le soustenir dans ce
Poste
y
& passa deux jours
après avec le reste des
troupes par la Riviere,avec
la Fregatte la Meduse
, &
deux batteaux qui luy portoient
desvivres&des munitions.
Les Ennemis éclairez
par des feux qu'ils avoient
allumez de l'un & de
l'autre costé delaRiviere
pour le voir passer,firent
une décharge de toute leur
Artillerie qui devoit beaucoup
l'incommoder ;mais
il n'y eut que cinq hom))
mes tuez, & cinqbleflea
dans la Chaloupe du sieur
de Gotteville Belliile qui
reccut une contusion au
bras,& un cué dans le Canot
Major , que montoic
le sieur du Breüil. La Meduse
commandée par. le
sieur d'Hericourt avec les
deux Batteaux qui la fuivoient,
passamalgré le feu
du Canon dont elle fut
criblée, & ne pouvant plus
manoeuvrer, le sieurCassard
alla audevant d'elle,
la remorqua & les Batteaux
hors de la portée du
Canon
)
& les fit reparer
avec beaucoup de diligence.
Le ficur d'Hericourt
sir dans cctre occaGcn, qni
estoit tres. delicate, tout ce
qu'on pouvoit attendre de
ion experience. Les trempes
ainsirassemblé'es,Mon;.
sieurCassard eftablic un
Camp dans l'habitation
dont le sieur Bcaudinard
s'estoit emparé) & y en
taifla la moitié fous le commandementdu
sieur de
Morgues:il détacha enfuice
le sieur d'Espinay avec cinquante
Grenadiers^ pourCe
saisir d'un poste avantageux
de l'autre cofté de la
Riviere de Para, & oster
par ce moyen toute forte
de communication aux
Ennemis. Le sieur Casri
fard se mit à la teste du
reste des troupes, avec lesquelles
il - monta vingt
lieuës dans la Riviere. Cependant
le Gouverneur détacha
deux cens hommes
pour aller attaquer lesieur
d'Espinay dans son poste
, mais il s'apperceutde leur
mouvement & les prévint;
il marcha à eux la Bayonnette
au bout du fusil, les
baitir
,
prit le Commandant
qui estoit le premier
-
Ca piraine de la Ville, avec
quatre hommes, en tuaôc -
blessa plusieurs, & força
le reste de se sauver dans
les Bois. Le sieur d'Espinay
ne perdit danscette
occasïon, qui fut trèsvive,
que deux Grenadiers & y
receut un coup de fusil
dans sa manchette. Monsieur
Cafd* avoir
laisse le sieurde Moans
avec un détachement de
troupes, au haut de la Riviere
, pour garder ce poste
,
revint au Camp pour
pouvoir profiter des grandes
marées qui approchoient
, & attaquer le
Chasteau & la Ville que
le sieurdeBandeville continuoit
tousjours de bombarder.
Le Gouverneur
in forméde ce mouvement,
offrit de convenir d'une
contribution à laquelle le
sieur Cassard consentit, ne
pouvant, sans trop risquer,
faire entrer les Vaisseaux
àcause des bancs
,
& du
peu d'eau qu'il y a dans le
Canal
,
sur tout dans cette
saison. La contribution a
esté payée en bons effets
qui produiront en Europe
plus de cinq cens mille
Escus. Le lendemain de la
Capitulation, Monsieur
Cassard a fait un détachement
de troupes avec ordre
au sieur de Moans, qui
les commandoit, d'aller
insulter Barbiche & Askebe,
qui font deux petites
Colonies appartenantes
aux Hollandois, peuestoignées
decelle de Surinam.
Onne peutrienadjoufter
à la valeur & à la fermeté
que les Officiers, &
les troupes de la Marine
>
ont marqué dans cetre occasion.
Les dernieres nouvelles
4e la Martinique donnent
lieu de juger que cette Escadre,
avant de revenir en
France, tentera encore
quelque entreprise contre
d'autres Colonies desHollandois
en Amérique.
CREATION
d'Officiersde Marine.
LE 13. Janvier,le Roy sit
à Marly un remplacement
d'Officiers des Galeres.
Chefd'Escadre.
Le Commandeur - de
Bourfeville.
Commandant des Grenadiers.
Le Sieur de Fontette.
Capitaines.
Les Sieurs de Laubefpin.
De Lubieres.
LeCommandant de Marcellangcs.
Le
Le Chevalier de Marfillac
de la Messeliere.
Le Commandeur de la
Periniere.
< Major.
Le Sieur du Chaftelier.
Capitaines- Lieutenants.
Le Chevalierde Bissy.
Les Marquis d'Efpennes.
DeLefpinay.
Les Chevaliers de Moncolieu.
l
De Levy.
Et de Tranftourette.
Lieutenants.
Les Sieurs Chevalier de
Pontfrach.
De Maroulles.
De Champagne.
Thoron d'Artignofe.
Cassendi Campagne.
De Sabran.
Le Marquis decaftclannè.
Sous-Lieutenants de la Rtale.
Le Sieur de la Gareimfe^
Le Chevalier de Pilles.
Sous-Lieutenants de Galeres.
Les Sieurs de Ginestet.
De Bernages.
De Tournesort
De Langerie.
DeGaillac.
De Caumont.
Le Chevalier de Romieu,
De Gardanne.
De Pontevez Maubouf
quet.
De Saint Ofraaanc.
Chevaliers.
DeCastelanned'Espennes.
De Puydorfile.
, DeMontolieu.
Et de Fontette.
Enseignes de la Reale.
Les Sieurs Bayard.
Chevalier.
f De Pontevez-Tournon.
Enseignes de Galeres,
Les Sieurs de Flotte.
De Soessans.
Chevalier de Ponce-v.e*z. DesTourres.
DeVilleneuve deVaucluse.
D'Espaner.
LeChevalier d'Haraucourt
DeChabannes.
De Manse.
S. Victoret.
DeChaumont.
Le Chevalier de Pigeon.
Dorgnon Terras.
De Savonnieres.
Et le Chevalier de la Fare.
Capitaine de la Compagnie
des Gardes de rEtendart.
Le Chevalier de Courtebonne.
Lieutenant.
Le Commandeur de Froulay.
Enseigne.
*->
Le Sieur-la Balme.
MareschaldesLogis.
Le Sieur Bosco.
Sa Adajefié a fait Chevaliers
de Saint Louis.
Les Sieurs de Com-bant.,
De Chaumonr.
De Cheyladet.
De Cambray.
Ferrant.
Pelicor.
La Combe.
Bevoland.
Chasteauneuf.
D'Heureux.
Marin.
Du Revert Darcuffia;
De BarasChantcrcier.
Le Comte de Beüil.
De Neuvi.
De Razac.
Juliani.
Le Chevalier de Maulevrier..
•j
DeC1aux.] Desidery.
Luguet.
Et de Pontfrach.
NO VVELLEJ
d'Allemagne.
LA Guerre declaréeau
Czar. par le Grand Seigneur
, donne beaucoup
d'inquiétude
d'inquietude à la Cour de
Vienne, d'autant plus qu'-
on craint que la Pologne,
laHongrie & la Transilvanie
n'y soientenvelopées.
Cependant des Lettres
de Constantinople
portent que le GrandSeigneur
ne vouloit point
rompre la Paix de Carlowitz
,
mais seulement attaquer
le Czar qui avoit
violé deux fois la Treve
concluë à Falczin
, & depuis
renouvellee avec luy ;
Il qu'à l'égard du General
Goltz Envoyé du Roy Auguste
, il n'avoic de por
voirs que de ce Prince
Se que d'ailleurs il estoit et
tré trop avant dans les it
trigues & les interests de
Moscovites ; qu'enfin
Grand Seigneur vouloit
comme il la promis, fait
escorter en toute seures
le Roy de Suede dans se
Estats. Toutes ces nouve
les & les grands prépara
tifs des Turcs ont engag
rAmbafladeurde Venis
à faire instance, à ce qui
l'Archiducse mette en es
tat de n'estre point surpris
On travaille tousjours aux
recreuës & à la remonte
des troupes pour continuer
la guerre; cependant on
asseure que l'Archiduc a
envoyé pouvoir au Comte
de Zinzendorf son Plenipotentiaire
à Utrecht, de
consentir à une suspension
d'armes. On asseure que
,. le RoyStanistas accompagné
du General Smiegiels-
Ki ,
est arrivé à Bender,
que le Roy de Suede en
devoit partir avant la fin
du mois de Janvier avec
une puissantearmée. Les
Lettres de Transylvani
portent qu'il est en mai
che
,
les demieres Lettre
de Constantinople le cor
firment. La publication d
la guerre contre le Czar
ses Alliez, elles porter
que l'Internonce de l'Ar
chiduc avoit receu peu d
jours auparavant un Cou
rier qui luy avoitapport
de nouvelles instructior
touchant le changemer
des affaires, mais qu'il n'e
- avoit pû faire aucun usa
ge,que le Grand Seigneu
estoit resolu de faire l
guerre, & de commander
ses armées en personne,
outre que ce Ministre n'avoit
pû respondre aux reproches
qui luy avoient
esté faits touchant la mauvaise
foy avec laquelle le
Czar avoit manqué à l'execution
du Traité de Falczin.
Les mesmes Lettres
affeurent que le Palatin de
Masovie, Ambassadeur de
Pologne
,
qui estoit reste
à Andrinople, estoit menacéd'estre
conduit aux
sept Tours, de mesme que
les Ambassadeurs & les
ostages Moscovites
, &
que tous leursdomestiques
avoient été mis aux
Galeres ;qu'un Capigi
avoit été envoyé a Mete-
Jin, où estoit reeégué le
Visir deposé
, ce qui donnoic
lieu de croire que ce
ne fust pour apporter sa
celle, d'autant plus qu'on
avoit découvert des preuves
convaincantes qu'il
s'estoit laissé gagner par
prefenrs
, pour soustenir
les interests du Czar, &
ceux du Roy Auguste.
.,. Les Lettres deHambourg
portent que le General
Steinboch fit passer
la riviere d'Eyder le 16. le
17. & le 18. à son Armée.
êc quayant appris que le
Czar le suivoit en diligence
avec une Arméefort fiiperieure
,
il campa dans
un Poste avantageux entre
l'Eyder & la Ville de
Husum dans un terrain
fort estroit. Il mit sa droite
à Swabstede sur la Trene
qui tombe un peu au desfous
dans l'Eyder, & sa
gauche à Osterfeld au desfous
de Husum
; de forte
qu'il a devant luy la Trene,
des Bois, des Marests,
&des Défilés,& derriere
la Préfecture,&Presqu'isle
d'Eyderstede, entourée
de la Mer & delaRiviere
d'Eyder de tous les autres
costés:qu'ilparoissoit fort
resolu d'attendre en ce
Camp l'Armée du Czar,
& de s'y fortifier, attendu
qu'il peut tirer feulement
des vivres des Isles &de la
Dahmaise. Il a fait plusieurs
Détachements pour
lever des contributions;
néanmoins le Czar ayant
pressé la marche de son Armée
malgré le degel quia
beaucoup fatigué les Troupes
,fut joint à Rensbourg
par le General Legard
avec cinq ou six mille Danois
: il est arrivé à Gottorp
où est son Quartier
general. Il a envoyé un
Détachementà laVillede
Flenfbourg qui a empesche
le payement de vingt
huit mille escus de contribution
qu'elle avoit offerte
,
le Roy de DannemarcK
ayant deffendu
d'en payer aucune, àcause
que l'Armée Conféderée
estoit proche & en estat de
les garentir desexécutions
militaires.
D'autres Lettres portent
que cent cinquante
Suédois estant retranchez
à la teste du Pont sur la
Trene
,
avoient esté attaquez
par deux mille Danois
commandez par le
General Legard ; qu'aprés
un combat de quatre heures
ils avoient quitté le
Retranchement, rompu le
Pont, & fait un si grand
feu sur les Danois,qu'ils
les avoient obligez à se retirer
avec perte de soixante
& dix hommes:que les
Suedois estoient demeurez
maistres du Poste, & qu'ils
n'avoient pas perdu dans
cette action vingt-cinq ou
trente Soldats..
Les Lettres de Kiel, &
de plusieurs autres Villes
du Holstein assurent que
ce succés a esté suivi d'un
autre bien plus considerable.
Elles portent que le
General Steinbock ayant
esté informé par les Prisonniers
faits à l'action dupof,
te de Hollingstede, & par
d'autres voyes, que le General
Baver qui commande
l'aisle droite de l'Armée
Confederée qui estoiten
marche vers son Camp
pour le combattre,s'estoit
avancé avec huit mille
Moscovites pour le prendre
en flanc, tandis que le
reste de l'Armée l'attaqueroit
de front, avoit sur le
champ resolu de profiter
de cette occasion; qu'il
avoit pris un gros Corpsde
Cavalerie, mis sur plus de
mille Chariots une partie
deson Infanterie, & marche
avec tant de diligence
,
qu'il avoit surpris les
Moscovites, & les avoit
entierement défaits. On
assure que cinq mille ont
esté tuez sur la place,& le
reste fait Prisonniers ; que
cette défaite avoitcausé
une grande efpouvanre
dans l'Armée Confederée;
,
que la division augmentoic
xie jour en jourentreeux,
à cause que les Moscovites
prétendoient que les Danois
&les Saxons devoient
obéir absolument à leurs
ordres; que leRoy deDannemarck
estoit encore à
Fredericfode
,
où il rassembloit
ses Troupes, &
quatre mille hommes arrivez
de Norwege, pour les
joindre à la grande Armée,
dont on assure quele
Czar veut luy laisser le
commandement pour retourner
dans ses Eta-ts.-mais
que Sa Majesté Danoise
vouloir l'obliger à differer
son départ jusqu'à ce qu'on
eustveu le succés d'une Bataille
generale. Plusieurs
Lettres assurentque. le
Renfort qu'on attendoit
de Suede eftoic arrive en
divers Ports de Pomeranie,
ayant estéseparé par le
mauvais tem ps.
Les Lettres de Berlin du
21. Janvier portent que le
DérachementdeStetin,qui
avoit enlevé deFredeland
tous les vivres,& destruit le
Magasin qui y estoit,s'estant
retiré, quatre CompagniesMoscovites
étoient
entrées dans cette petite
Ville-là, avoient pillé ôc
maltraité les Habitants,
les accusant d'avoir favorisé
l'entreprise desSuédois.
-1 NOVVELLES
d'Ejpagne.
LE Royafait Lieutenant
General Don Tiberio Carasa.
Le Connefiable deCastille
mourut le dix-neuf
Janvier après une longue,
maladie,îon corps accompagné
des Officiers de la
Maison du Roy
,
de la
principale Noblesse dela
Cour & des Ordres Religieux
, fut enterré le lendemain
dans l'Eglise des
Trinicaires Deschaussez.
Sa Charge de Majordome
Major fut donnée
le mesme jour par Sa Majestsé
, avec un applaudissement
général au Duc
d'Efcalona Marquis de Villena,
en consideration de
ses services & de safidélité.
Les Lettres de Catalogne
portent que l'armée
Françoise s'estantavancée
le deux Janvier pour faire
lever le blocus de Gironde
,
le General Scarem.
berg avoit rassemblé toutes
les troupes qu'il avoit
postées à la garde du pat
sage, & s'estoit retiré vers
Oftalric
, que deux cens
cinquante hommes qui
couvroient l'arriegarde de
son armée, ayant voulu
disputer un partage,
avoient tous esté tuez ou
faits prisonniers, outre
plus de quinze cens
hommes qu'il avoit perdus
durant le blocus ou
dans trois assautsqu'il
avoit donnez aux ouvrages
extérieurs delaplace,
& qu'ensuite le Mareschal
de Berwick y avoit fait
entrer tous les secours necessaires.
Sa Majestéafait publier
un Decret par lequel il
accorde une amnistie génerale
à tous les Catalans
qui viendront se presenter
à quelqu'un de ses Généraux
, & que tous leurs
biens mesme confisquez,
leur feront restituez ; que
s'ils ne profitent de cette
grace ,
ils feront traitez
avec toutes les rigueurs de
la justice.
Les Lettres de Tortose
portent que l'armée estoit
preste à se mettre en marche
vers la campagne de
Tarragone
, qu'on avoit
amassé des provisions pour
la faire subsister pendant
deux mois, qu'il estoit arrivé
à Vinaroz entre Pcnifcola
& l'Ebro huit barques
chargées de blé
.0
ou
d'orge, & qu'on en prépa-,
roit encore d'autresà Alicante
& à Cartagene, que
les Troupes Portugaises
qui retournent par terre
deCatalogneenleurpays,
devoient passer rEbro le
douze Janvier à Mequinença.
On mande de Lcrida
que le Marquis de
Cera Grimaldi Lieutenant
General, ayant appris que lesEnnemis avoient abardonné
Cervera & les postes
des environs,s'estoit
avancé avec ses Troupes,
&s'en estoit emparé après
avoirdéfait un grand
nombre de Miquelets qui
avoient voulu s'opposerà
Belpuch à son passage,
qu'il en avoit tué plus de
cent cinquante. D'autres
Lettres de Lerida portent
que le Marquis Grimaldi
estoit tousjours à Cervera
,
d'où les Ennemis s'estoient
retirez avec tant de
précipitation, qu'ils avoient
abandonné deux
- mille sacs de farine, de
blé, & d'orge, avec beaucoup
de munitions de
guerre. Que le Prince
Tserclas de Tilly estoit encore
campe avec l'armée
au delà de Tortose, où il
attendoit les ordres pour
se mettre en marche.
Les Lettres de Lifbonne
portent que le Roy de
Portugal reformoit ses
Troupes pour les réduire
surlepiedoù ellesestoient
avant la guerre; qu'on
desarmoit aussi les Vaisseaux
de guerre, à la reserve
de huit destinez à ef
corter les Vaisseaux Marchands
contre les Corsaires
de Barbarie, & qu'un
Armateur de Vigoen Galice
y avoit amené un Navire
Hollandois chargé de
Café, de Raisins de passe)
& d'autres marchandises.
DON DV ROR.
Le Roy en confideration
des services de Mensieur
du Barail Marechal
deCamp, & Gouverneur
de Landrecy
, en tefmoignage
de la satisfaction
que Sa Majesté a eu de sa
con duite à l'occasion du
Siege de cette place,a augmente
ses appointements,
& les a mis sur le pied des
grands Gouvernements de
la frontiere.
A MADEMOISELLE
deP***
Sur la bonté du coeur.., DEpuis l'instant que j'eus
l'honneur de vous voir pour
la premiere fois, je vous ai
si souvent entendu parler
de la bonté du
-
coeur, que
je me fuis enfin determiné
à
-
approfondir une matiere
qfourit.semble vous occuper si
Souffrez que je vous
fasse part de mes reflexions;
non que je pretende ajoûter
par là quelque chose à
vos lumieres. Je sçai trop
que rien n'échape à vôtre
penetration: mais si vous
ne trouvez rien ici que vous
n'ayez déja apperçû de
vous-même, du moins ne
ferez-vous pas fâchée de
voir dans tout ce que je dirai
de la bonté du coeur,
une fidelle peinture du Vô-" trc.1 A mesure que les honw
mes se sont éloignez de la
première innocence, H%
ont perdu peuà peu lideQ
des vertusqui pouvoient les
y maintenir. Ils n'en ont
confervé que quelques apparences
dont ils ont fait
des marques à leurs désauts,
& ont enfin donné
à leurs foiblesses ainsi marquées
le nom des vertus
qu'ils ne connoissent plus,
& qui semblent n'oser paroîtrecequelles
sont, de
pmeur d'êétrepen brutteiàsleu.rs
Ils ont porté cet abus à
un tel excés, que je craindrois
devoir par-tout desa
voüer la bonté du coeur,
lorsque je la produirai sous
sa veritable figure, si je
n'appercevois en vous de
quoy justifier ce que je vais
dire à son sujet. Consuiltez
vous, confrontez vôtre in-i
terieur avec le portrait que
je vous donne
; Ôc s'ils se
rapportent, vous conviendrez
que je n'ai pas entier
rement participé à l'extrê-*
me aveuglement de laplû
part des hommes.
La bonté du coeur est ur
tendre sentiment de l'ame,
fondé sur la raison ôç sur la
vertu.
ld
Je dis, fondé sur la raison
& sur la vertu, parce
que, comme je le ferai voir
dans la suite, si l'un & l'autre
ne s'accompagnent pas,
le tendre sentiment n'est
qu'une foiblesse du temperamment,
dont on n'est pas
maître, & qu'on doit éviter
avec foin comme un
mauvais guide, capable de
nousfaire tomber dans de
grands inconveniens.
Pouravoir lecoeur veritablement
bon, il faut être
pitoyable envers tout le
monde:mais il ne suffit pas
de
-
compâtir aux peines
d'autrui ; ces sentimensde
pieté doivent encore nous
porter à chercher les
moyens de les faire cesser,,
sans examiner ce qu'il pour?
roit nous en coûterde démarches,
de soins, de veilles
, & de bien ruqinesi
nous étionsenétatd'en
employer à un si belusage:
&pour que ces sentimens
ayent toute leur pureté,il
est necessairequ'ils soient
desinteresseèz à unpoint ;
que nous nenvifàgiàâsdans
toutce qu'il nous faut faû
te1.que le bien &le repos
».
-
de ceux que nous voulons
obliger, sans avoir égard à
nous-mêmes, tant que no*,
tre innocence ne court aucun
risque.
Cette situation emporte
infailliblement avec elle k
reconnoissance, la generosité,
la discretion,l'équité,
la docilité, la complaisance
, la sincerité
,
& toutes
les autres qualitez qui nous
rendent propres à la societé
des gens de bien:elles sont
tellement enchaînées ensemble,
qu'on n'en peut séparer
aucune, sans altérer
& détruiremême toutes les
autres ; & si l'on, fait bien
attention a toutes ces circonfiances,
on trouvera
que la bonté du coeur qui
elles déterminent n'est au.
trechose que la charité elle-
même,à qui l'on a donné
un nom plusàl'usagedu monde.
Que cette peinture est
différente de l'idée qu'on a
aujourd'hui de la bonté du
coeur! Pour peu qu'on se
sente, une ame tendre &',
facile, on se l'attribuë, ont
s'en fait gloire,&on l'accporde
arux aiutrexs au m.ême Que Cloris, dit-on, a le
coeur bon! les chagrins de
ses amis la touchent comme
les siens propres, &elle
en est si affligée, que bien
loin d'être en état de se consoler
alors,elle a besoin el
le-mêmedeconsolation.
Elle est d'une douceur qui
charme, & sa complaisance
passe l'imagination.
Je l'avouë : mais qu'on
l'examine sans la perdre de
vûe. La raison & lavertu
accompagnentelles la sensibilité
qu'on lui voit pôiïï
ses amis? s'empresse-t-elle
à les soulager après les a
voirplaints ? & la voit-or
dans l'occasionprévenu
leurs demandes par des ser,
vices effectifs, danssedes
fein de leur épargner la
mortification & l'embarra
oùl'on se trouve, lors qu'
on est contraint par neceÍ;
sité d'avoir recours à se
amis? Si c'est là la conduit
de Cloris, qu'elle a le coeur
bon! que son procedé esrare!
Mais si elle s'en tien
aux pleurs & aux gemisse
mens sans passer outre, loin
que cette sensibilitéson guil
dée par la raison & la ver-*
tu, & parte de la bonté du
coeur, ce n'est en effet qu*
punneesseennssiibbiliiltiétéddeerteemrnppee--
ramment, une émotion na*
turelle causéepar la fynu
patie, & de la nature de
celles qu'excite en nous la
tenture de quelque avanT
cure touchante. Tant que
lesobjets sont presensà noa
yeux ou a nôtre Imagina.
tion,ils nous frapent &
nous interessent : mais à
peine font-ilsdisparusyqu€
nôtreémotion cesse&;
que nous en perdonsjusqu'à
la moindre idée. Doit.
ocn apopellerccelaubontrédu 1 Cette grande douceur
3! cette complaisanceaveugle
qu'on écoute dans Cloris,
font
des fuites de sa foifolefle
y- & pourlesdéfini
ju ftcs^ ce sontdes effets involontaires
d'une indolen.
ce naturelle qui la suitdans
toutes lesavionsde savie
ôc qu'on doit bannir dela
societé
, comme n'étant
d'aucun ufàge»
Mes amis me font si
chers, dit Doronte, que je
voudrois les voir parvenus
à la dernicre perfection.Je
souffre une peine extrême,
quand j'apperçois en eux
quelques défauts capables
de leur faire tort dans le
monde, & je voudrois les
en pouvoir corriger à quelque
prix que ce fût. Un tel,
par exemple, que je cheris
plus que moy-même) est à
la vérité recommandable
par mille belles qualitez:
mais certainesfoiblesses
viennent par malheur de*>
truire la belle idée qu'onen
pouvoit concevoir. Je l'eravertis
souvent avec douleur
, & il ne tient pas
moy qu'il ne s'en défasse
Est-il un meilleur CoeUJi
dans le monde,s'ecrient
alors ceux qui l'entendent
est-il un ami plus véritable?
Mais le sage, que ce:
apparences & ces détour
ne peuvent surprendre, de
couvre dans ce discours
un grand fond de malice
pu beaucoup de sotises dind<iscIre.tion.
-
Eneffet,siDoronteche
chepar là à décrier celui,
ont il paroîtavoir les incrêts
si fort à coeur, c'est
ne medisance, & une ma- ignité d'autant pluspernitieuse,
qu'elle cit plus eculiée
,
& qu'elle s'insinuë
pus lesapparences de l'anitié
la plus sincere & si
[ans le fond c'est sans desein
sans intention mauaise
qu'il parle; s'U ne fait
p.te suivre l'habitude qu'il.
contractée de dire tout.
ce qui lui est venu à la connoissance,
c'est une stups.,
jticé, une sotise & une indiscretion,
qu'on ne doit
pas moins bannirde la fo;
cieté que s'il pechoit par
malice, puisque les suites
en font les mêmes, & qu'i.
laisse les mêmesimpressions
dans l'esprit de ceux
qui l'écoutent. >h Quiconque a le coeur
bon regarde les défauts de
ses amis avec une pitié tendre
,il les cache,&pâlis
s'ils sont connus. Il n'en
parle jamais qu'à eux-mêmes
} encore lors qu'ille
en avertit, il le faitavec
discretion & retenue pour
; menaiilenager:
leur amour pr0
pre , qui pourroit les revolterys'ilallait
leur dire
ero face qu'il a remarqué
leurs foiblesses.
,,
Voila la route qu'on de-
~vroit tenir, au lieu d'aller.
comme Doronte dire tout,
~haut en publicyqu'on est
au desespoir de s'être apperçu
detels & tels défauts
en tels & tels amis, parce
qu'ils pourroient nuire à
teur réputation,s'ils ve*-
~loient à être connus dans
monde..
Cependant Doronte a
dit-on, leccciirïucles léj
vres; il est sincere ildit
tout ce qu'il pense, même
jusqu'a ses défauts&l'on
conclut de là qu'il alecoeur
bon:mais cette ouverture
cette sincerité apparente
cet aveu de sesdéfauts,
qu'on accribue à labonté
defon coeur,se trouveront
sion les examine- deAmples
effetsde sa maliceou
de sa forife; & quel quece
soit de ces deux principes
qui fasse parlerDoronte, il~
est toujours ou à crainte om
àIl mé,p"ris.
Si Doronte avoüoit les
défauts par bonté de coeue,
il en rougiroit;ce feroit un
retour qu'il feroit sur luimême
par repentir & par
"Vertui & cette même vertu
'le porteroit à s'en corriger,
pour n'avoir plus à en rout
gir : mais il a toujours la
iiriême confidence à faire
Ar ses foiblesses; au lieu,
d'amendement on n'ap-
~perçoit en lui que plus de
~fermeté, &plus d'art dans
d'aveu de ses foiblesses. Il
~faut donc qu'il le fasse par
d'autres motifs, & tout autre
motif que le repentir
& lavertu dans cette occa
fion ne peut partir quede
sa malice oude sa forife.
S'il agit par malice, c'est
un piegequ'il tend pour
acquerir la confiance par
cette fausse sincerité, afin
de s'établir sur le pied d'un
homme amateur dela verité,
à qui l'on doit ajouter
foy lors qu'il fait le portrait
d'autrui. En effet, si l'on
fait atention , on remarquera
qu'ilpassetoujours
de ses défauts à ceux des
aUJrcs) & qu'il fait si bien *
en forte, que lorsque l'on
en vient insensiblement au
parallele,on le regardé
comme un Saint à canoniser,
en comparaison de
ceux dont il a parlé.
Si ce n'est pas dans cette
vue qu'il declare fifouvenr
ses foiblesses, on doit peiu
ser que c'est un vicieuxen-L.
durci qui veut par là que le
monde se familiarise avec
elles) & s'accoûtume à le*
lui faire connoître, parce
qfu'ail nie rveeut p.as s'en dé-
Enfin si c'estpar [oti[e"
on doit en accuserune facilité&
une foiblesse natifc
relle qui le rend infaillible.
ment aussi indiscret pour
les autres que pour lui-même
; ôc toute indiscretion
tft contraire au commerce
des honnêtes gens. Voilà
cependant le plus grandindice
par lequel on doit connoître
la bonté du coeur
Onse laisse éblouir par ses
confessions étudiées, Ôcc
n'est dans le fond rien
moins que ce qu'on s'imagine.
Damis rend service
K\itlefihoridequand il
se peut ; il topeà tout; il
faittout ce qu'on veut, &:
l'on n'en doit jamaiscraint
dreun refus,';quelqtiepropositionqu'on
lui fasse,
Voila ce qui s'appelle un
toncoeurà, touteép, reuve.
juges indiscrets,entrezplus
toàric danslesdémarches
de Damis, pour décider des
sentimens de son coeur.Il
rend service
,
il est vrai:
mais il va par tout faire
fruitde sa generosité il
appelle à témoins, ceuxqui
lui ont obligation,&fait
voir par là qu'ilcherche
plus à passer pour obligeant
& genereux, qu'à l'être en effet. D'ailleurs, quandl'occafion
s'enpresente, il sacrifie
les amis & leurs intérêtsà
ses pallions & à ses plaisirs
& ne fait pas difficulté d'exiger
deux le pardon de
son procedé,. pour reconnoissance
de quelques services
peu considerables qu'-^
il leur a rendus lors qu'il
n'avoit rien de meilleur à
faire. , : Il tope à tout,OÎIneDOIÇ
1 jamais.
Jamais craindre de refus,
quelque propofirion qu'on
lui fasse , j'en conviens:
mais les libertins ont sur
luile même privilege. Il
consent à donner dans le
viceaussi-bien que dans la
vertu; la raison ni la vertu
ne font point ses guides, 6c
ce que vous appeliez bonté
du coeur est une molesse,
une facilité, une foiblesse
de temperamment, qui est
sausequ'il se laisse indifféremment
entraîner par tous
les objets qui le sollicitent,
quels qu'ils puissent être.
co'.
Si je voulois poursuivre
sur ce ton, & montrer dans
leur vrai jour les actions de
la plupart des hommes ,
qu'on attribueàla bonté du
coeur,au lieu de quelques
reflexions en passant, il me
faudroit entreprendreune
histoire universelle, qui,
loin de vous amuser, vou|
deviendroit ennuyeuse. Il
me suffirad'avoir fait que
ques portraits au naturel
& d'avoir par là tracé un
chemin pourdécouvrir la
vérité des intentions quofl
a trouvé le secret de déguiser
sous de fidelles ap- parences. -c '1'';"n;)
Il me reste encoreà vous
dire que la fausse idéeque
bous avons de la bontédu
coeur cause presque tous les
desordres qui arrivent dans
la societé civile. Comme
peu de choses nous persuadent
que nous avons cette
bonté du coeur-, peu de
choses aussi nous la déterminent
dans les autres,&
voici ce qui en arrive.
On entend diretous les
jours dans le monde : J'ai
fait une nouvelleconnois
sance,la perfonnc en question
me paroît avoir un bon
coeur , je veux en faire un
bon usage. Fondé sur ce
principe, on lie commerce
des deux cotez, on se confie
, on s'abandonne; &:
comme les simples apparences
de la bonté du coeur
font les feules liaisons de
cet assemblage, unnoeud
si foible ne subsiste pas
long-temps sans se rompre;
onne trouve par-tou
(
que des demonstration.
r
d'amitié, Se point d'amis.
Tous les hommes son
ssir le même pied; ils le
trompent également dans
les dispositions qu'ils apportent
à leur societé
; &ç
après s'être unis sans diverscemrent,
ilsse confient sans i& font réciproquement
la dupe les uns
des autres. Ils s'en apperçoivent
bientôt à la vérité:
mais aucund'eux ne veut
s'en attribuer la faute -, elle
est pourtant commune, &
telle prévention injuste les
desunit,les aigrit,& les rend
incapables de reconnoîgtre
leurs erreurs, & c'est ce
qui s'oppose a une union
plus solide.
Si quelqu'un veut ne pas
se tromper dans le choix de
ceux avec lesquels il pretend
s'associer il doit commencer
par rectifier ses
sentimens & pour avoir
une veritable idée de lai
bontédu coeur, s'empresser à l'acquerir selon le modele
quej'en ai donné. IL
examinera enfuite à leur
insçû la conduite de ceux,,
sur lesquels il aura jetté la
vûe. Il confrontera leurs
démarches avec le modele
qu'il aura gravé dans son
ame; & s'illes crquvçiçpn,
formes dans le temps qu'ils
n'auronr pris aucun soinde
se contraindre & de se déguifer,
voila ce qu'il cherche,
il peut s'y abandon
ner avec confiance.
Je croisenavoir dit aI:
fez, pour vous faire convenir
qu'on prostituë sans
ceIfe le titre de bonté du
eaur, en l'appropriant à des
Situations qui lui sont toutà-
fait opposées.Vous-verrez
aussi
par mes reflexions
l'aveuglement: où L'on, est
aujourd'hui, & le desordre
quiregne dans le eoejir de
la plûpart des hommes.
Comme le vôtre en este
xempt, & qu'il est venta,,
blement bon, vous en con
-cevez unepitié charitable.
Ce tendre sentiment fera
fondésur laraison & lavertu
comme ildoitl'être,
ainsi que je l'aifait voit
dans ma définition ,afin
qu'on puisse avec justice
l'attribuer à la bonté du
coeur; ôclifant dans le mien
..fan', être abusée, vous con- noîtrez que mes protesia
tions sont sinceres
,
lorsque
je vous jureque je fuis
avec zele & respect, &:.c.
STANCES
Sur U/vie chtmpétreb CElebrons les destin
• •
prosperes
D'un homme exempt de
soins fâcheux,
Qui content des champs
de ses peres,
Les laboure avecque -
fe*
boeufs,
Et qui loin des mpllç^dc.
lices,
Ignorant jusquau;$ojpi4ei
vices
Qui tiennent. nos sens en.
^chantez,j Vit encore au siecle ou
nous sommes,
j A l'exemple des pjemierj
hommes,
Des fruits qu'il n'a pas achej
tez.
-' ,.,',
Jamais le {on, de la trom-,
Ne,. ic fait
pette Nh Nelefait monter a-c
val
Ilne craint pointd'une dé-*
faite
Le succés funeste &fatal;
Il n'entend point le bruit
des armes,
JSa c;onscience est sans alar- mes. -Y
Sans peine il obeïtaux loix,
Et couvert de son inno.
cence,
Prend le repos en affurance,
Qu'on ne trouve point chez
les Rois.
La mer, quand un funeste
orage
--0-'
Ouvre sesabîmes affreux,
Nelui pouvant porterdommage,-
Ne l'oblige point à,del
voeux ;
Il ne voit point couler sa vic
Parmi le mépris ou l'envie
De ceux qui fonda cour
,
aux Grands;
Mai-s auiE d'uneaudace folle ;-
Il n'insulte point à l'idole -
Qu'adorent lesvainscour
tisans..
Il n'a point desperance
..,Yaia.e»
Ni de crainte sansfondefIhleast
siannms1eeennvtjie & fan», A l'égard du Gouvernemet
tIl rneèconssulte,point les as- Afin de prévoir les desastres
Dont l'Etat peut être acca.
blé:
Mais seulementafin d'ap-
, prendre
-- Le temps qu'il est besoin
d'attendre
Pour femer oucouper fou
blé.
Ne s'arrêtant à rien d'indi
gne
DD''ooccccuuppeerrlelepepnenlseerr hhuu-.
main, *
Il a foin de cailler savi
gne --.f
Par un tefmepsrpauir;ncl;air Et si quelque fepdegenc|
Soudain sur letronc il
m
, fere
La greffe qu'il a prise ail
t>-° leurs, >. ",>i
Et coupant le bois inutile4
Il rend son vignoble fer
tile,
Et des vins il a les meiU
leurs.
Il contemple la terreornée
Derémail éclatant des
fleurs,
Que les plus beaux jours
de l'année
Ont peintes de mille cou*
leurs ;
Sur les côteaux & dans la
plaine,
Sans tenir de route certaine
Ses boeufs errant confufément,
Il prend plaisir à leur voir
paître
L'herbage que la nuit fais naître !
JEc renouvelle incessam-
1 - ment. ut. De la ruche chassant l'a-
; beille,
Dans ses magasins precieux
ïï trouve une manne pareille
Au doux mets que; l'on fer
aux Dieux. 4
Quandl'impctueux ven
,.t deThrace
Au zephire cede la place,
Il tond ses-paisibles brebis, i
E
>
Etméprisant l'or& ht
foye, '1. Leurs simples toisons il employe
:.:- A faire ses plus beaux habics.
t
j
Quand le démon de la lu-,
miere
Commence en faveur de
la nuit
D'accourcir sa vaste ca*rr
riere,
Etqu'aux fleurs succede le
,
fruit
Pour nourrir sa, chere £a»
mille
Il fait tomberfous lafaudfl
Les moissons qui dorei
leschamps, Sans quoy nôtre ennuyeu
.c, , vie -'
Se verroit encore aflgrvie
Au grossier ufagedesglari
Les jours qu'onintçrrotnj
': , ';
la peine ( Que le travail donne au
mortels,
Il prend un livre,ou se pfe
? mene, Quand il a servi les autels
Et lorsquela cigalechai^u
Qu'avecle jour le cKâtis'augmente
,
:$ous
-
un orme au feuillage
,
t, épais
Etendu doucement (àr
l'herbe,
Qui lui tient lieu d'un lie
superbe,
Lorsquetoutbrûle il pren!Jd
--, le frais.
Là nul repentir ne 1âigitfc,
Il joüit d'un profondre-
., j,..1 ¡.' 1
,
pos, : Comme un lac qu'aucun
ventn'irrite, ' Et dont rien n'alerte les
, n: ¡ i, .) lfots- £csi lemurmure agréable
De l'eau qui roule surle là*
ble
Le provoque enfinau
meilj
ilne fait point de mauvais
,:
songes,
Etjamaisleurs tristesmensonges
Ne le fâchent à son réveil.
Quand l'humide & fertile
autonne,
Qui du jour tempere les
feux,
De ses riches fruits se coifc
ronne,
Achevant de remplir ilq$
teeux,
Soigneuxillescüeille &les
serre,
Pour en user lorsque la terct
Met fin àses productions,
A lasage fourmis semblable,
Pui durant l'esté favorable
Amasse ses provisions.
jCeft alors que la vigne ploye '(
Sous ce fruit doux & précieux
,
iDont la liqueur donn^te
,
Joye"
Et bannit, les soins eiv
nuyeux; Et qu'attentifà son mén-â.,
Nuôtresheauregguxe meettant et;. Cuves,&panier?&co& teaux, c
On coupe, on presse la
dange,
LLreevaviinInJ cçoozuulleeetandisqu'o?n- Et quel'onremplitleston
neaux.
L'hyver,qui toujoursfroi
,.&pae
Effacetantde doux appas aux beaux jours la nature
étalé,
:-
L'occuppe,&ne
& ne ll'aattttrriisfstee , pas:
"JTil a des terres inutiles,
Couvertes debuissons Viles,
Illès fait alors défricher-
Oncoupe d'unehache forte
Unhêtredont la cime
Sert morte aux oiseaux à se percher.
D'un soin diligent iltravaille
:
Àla clôture deieschamps
Ouredresse un pap. demu
raille
Tombé par l'injure de
temps: Parfois d:unemainvigou
:
reuse,
-
Sans s'épargnerlui-même
il creuse
Un fasïe deterrecomblé
Et parune voyeinsensible
Tire l'humidité nuisible
Qui croupit & gâte son blé - Ainsi son esprit fuit les vi- cies En évitant i'ojfïveté-f JLinfi
ifcinn par divers exercices
Son corps se maintient en
santé:
Tantôt il dissipe à la chasse
La pesanteur qui le menace,
Et marque un desordre aux
Il humeurs;
Tantôt en repos il contemple
Leeesxxveeretumsmqup'ilpplreln,depour
En lacôduite de ses moeurs.
L'ame qu'occupent de la
forte
Ces soins frequens ,
hbo-
: rieux,
Na-t-elle pas fermé la porce
A mille pensers ennuyeux?
Ces tristesfleaux de la vie,
Le soupçon, la crainte
l'envie,
Les querelles & les procès
Les vains desirs, les amour; soles, Enfin cent passions frivole
Nc'yépeuvsentsplus avoir ac
Que si sa compagne pudi
que
Comme lui suivant la rai son,
Avec diligence s'applique
A bien gouverner la mai.
son,
Chaque jour il experimente
Que la sage concorde augmente,
Et fait croître les moindres
," -: biens,
Commela discorde au con- - traire,
Encor que d'ailleurs tout
prospere,
Piffipe les plus grands
* moyens.
Par cette union qui les lie
11 voit plus avec plufieurr
yeux, R ij
Il semble qu'il se multi*
plie,
Il ell: à la fois en deux lieur,
Ce couple au-dessus detout
blâme,
.1 N'a qu'une volonté, qu'une:
.: ame
Qui regit deux coeurs à la
fois,
Contre l'ordre de la nature
Une amour conjugale(&
w", pure
Estant plus forte que fë
,
ioix;.
Quandparsa bonté pater*
v* nelle
Le Ciel, auteur des chastes
noeuds,
Benissat leur couche fidelle,
Donne des enfans à leurs
voeux,
Leur mere est aussi leur
1
nourrice,
Et sans que rien l'en divertisse
Elle les éleve avec soin,
Sedéfiant d'une étrangere
Dont l'affection passagere
Leur pourroit manquer au
besoin.
Queceux qui éprouvent
avouent
Qu'il est charmé, qu'il est ravi
Lorsque ses chers enfans se
-' joüent,
Et le caressent à l'envi:
L'un d'une façon tendreet
molle
Avec ses petits bras fac-:
cole, -
L'autre s'en plaint, en est jaloux: :.
Chacun doucement letourmente
Tantqu'à , la fin il les contente,
Les embrasse & les cherit
tous.
Les troupeauxmugissent ôc
bêlent.
Cependant sur la fin du jour
Les longs abois des chiens
se mêlent
Au bruit qu'ils font à leur
retour: Aussitôt chaque domefti-»
que
A faire son devoir s'appli-
, que,
Les valets découplent les
boeufs,
Les femmes promptes ôc
fidelles
Des vaches pressent les
mammelles,
Et tirent le lait Savoureux.
Que c'est un fpeaaclo
agreable
De voir au soir les gens bien
las \,
Se presserl'un l'autre à la
table,
Et prendre gaiment leur
repas,
Dont la viande est aflaifcnnée
Dnu seéul treavail de la jour- :
Mais qui lui donne un goût
't
-
sibon, ,-
Que ces mets que la friandise
En cent & cent façons déguise
Sont fades encomparaison.
Ces gens à la mine funeste,
Qui pour des intérêts legers
Font pis que le fer & U
peste,
Et font courre mille dangers,
Ne viennent: point en sa
contrée,
D'un long espace separée
Des grandets &enozbles;ci- Ces noirs ennemis de la
&: joye:
Faf isans d'ordinaire leur
proye
Aux lieux riches &frequeoî
tez. I
Comme aucun violentora.
ge (
Ne bat la fleur de son printemps,
- Il ne sent nul cruel ravage
Dans le froid hyver de ses
ans;
-
Des maux qu'apporte la
vieillesse
il ne sent qu'un peudefoi-
'- blesse, A
Il n'est ni gouteux, ni perclus
,
Etprêt de passer l'onde
noire,
Il possede par la memoire
Les biens qu'il ne poffcdCt
plus.
Ses jours passez dans l'in-
,
nocence
Lui reviennent devant les
yeux,
L'avenir n'a rien qui lof.
sense,
Il ne craint point l'ire des
Dieux,
Par orgueil ni par avarice
Il n'a jamais fait d'injus-
;
tice,
Et ne laisse à ses [uccetreuri
Que les héritages champêtres
Qu'il a reçus de leurs ancetres,
Avec l'exemple de ses0
moeurs.
Quand il vient à perdre le
reste,
Par un progrès facile & lent'
De cette humeur douce &
celeste :.J
Que la chaleur va confîimant
j
Il voit, sans se troubler
ni
craindre,
JDe ses jours la clarté sç*
teindre,
Comme on voit coucher le
Soleil,
Et passe au repos de la tonu
be
Àussi doucement que l'on
tombe
Aux bras languissans ckl
sommeil.
Ainsi Tyrsis fit la peinture1
D'un homme retiré chez
lui, 1 Qui vivant selon la nature,
Voit couler ses jours sans
ennui»
Cette douce &, paisible
vie
Sur l'heure fit venir l'envie.
A plusieurs de se retirer
De la Cour pleine d'amer.
- tume:
,
Mais la force de la coûtu-
— me - - "i
1
Les obligea d'y demeurer.
QJJI REP 0 N D
paye.
AvMtmt du Carnaval. i uN jeune Officier;
plein de mérité, trés-riche
& très-genereux,
nais sujet à oublier les
parties de plaisir, parce
q1u'il en avoit trop à choi- sir,s'etant rencontre'ddepuis
quelques jours chez
une Dame de qualité,
quiregaloit plusieurs d
ses amies & de ses amis
fut prié de la fête par u
ami conlrnun" de cett
Dame&delui.Cetam
étoit aussijeune,riche, 8
avoit quelque mérité
mais il étoit d'une ava
rice qui n'auroit pas me
meété pardonnable à un
vieillard. Ce jeuneavar
étoit amoureux d'un
veuve, amie de la Da
me, qui donnoit souven
des foupers,& c'est pou
cela
cèla qu'il en avoit procuré
la connoissance à
celle qu'il aimoit beaucoup:
mais pas assez pour
se résoudre à lui donner
des cadeaux à ses dépens.
Toute son étude
étoit de; lui en procurer
:jui ne lui coûtassent
tien, Revenons au jeune
Pfhcier..,.. Iln'étoit pas
lâché de donner des repas
: mais il n'écoit pas
rien aised'être la dupe
le l'autre.lts étoient
tous deux du souper de
la Dame, & la bonne
chere qu'on y fit donna
occasion au jeune avare
de louer celle que le jeune
liberal faisoit ordinairement
à ses amis:
ensuite, pour l'engager
, L£.' dl\. 'J - a offrir a dîner a la com
pagnie dont sa maîtresse
étoit, il donna envie aux
Dames d'aller voir un
appartement que l'autre
avoit fait nouvellement
ajuster.Undîner dans
cet appartement fut offert
; &; le jour étant
pris, l'on se donna rendez-
vous chez la Dame
où l'on étoit, pour aller
tous ensemble au dîner
promis. Comme il y avoit
eu deux jours d'intervale,
le dîner fut oublié
par l'Officier: mais
il ne le fut pas par le
jeune avare, qui eut foin
de rassembler tous les
convives chez la Dame,
comme on en etoit convenu
,8c tous ensemble
furent de-,,tré's - bonne
heure, cest- à
-
dire dés
midi, pour voir à loisir
l'appartement & les nouveaux
ajustemens avant
l'heure du dîner. Chacun
monta en carosse,
& l'on se rendit à la maison
, où l'on ne trouva
qu'un laquais & sa cuisîniere
,
qui assurerent
que leur maître nevient
droit pas dîner chez luï
Quelques-uns de la com
pagnie rirent beaucoup
d'un pareil oubli; quelques
autres en furent fâchez
: Se le jeune ava- re, qui prenoitlibrement
& genereusement
son parti chez autrui,
dit à la compagnie qu'
elle ne s'embarassât pas,
& qu'il seroit les honneurs
de la maison de
son ami ; qu'on n'avait
qu'à voir l'appartement,
6c que le dîner viendroit
ensuite.Toute la
compagnie accepta ce
parti; car on connoissoit
le maître de la maison
pour homme qui eti.
tendoit raillerie, & qui
ne se fâcheroit pas qu'-
on l'eût puni de son oubli.
Le jeune avare fut
chez un grand Traiteur,
qui n'etoit pas loin de
là, dont se servoit fouT
vent son ami, & dont
il se servoit lui -mêtra
une fois par an quand il
y étoit forcé. Il cotai
manda un repas magni.
fique, qu'il répondit de
payer au Traiteur,en
casque celui qui le donnoit
ne le payât pas. Il
croyoit bien ne rien risquer,
8c comptoit fort
sur la generofîcé de son
ami.Ledîner fut préparé
, & porté dans l'appartement,
où l'on n'épargna
rienpour sebien
réjouir. La fanté de l'hâte
absent fut bûë plusieurs
fois, & l'on fit venir
violons & hautbois
pour danser jusqu'au
foir. Lemaîtredulogis
revint chez lui dans le
fort de laréjoüissance;
& comme il oublioit
parfaitement ce qu'il oublioit,
il fut trés-surpris
de trouver une espece de
noce dans sa maison , qu'il avoit laissée le matin
si tranquille : mais
dés qu'il vit la compagnie,
sa surprisesetourna
bientôten joye.Il
fit
sit de son mieux, & augmenta
le plaisirdes autres
, en le partageant de
bonne grace: mais il ne
laissa pas de méditer une
cfpece de vengeance de
celui qui avoit fait si librement
les honneurs de
chezlui.Il feignit d'avoir
une petite affaire pour
une demi - heure seulement;
aprés quoy ilrevint
chez lui passer encore
quelques heures,
& pria ensuitela compagnieque
la fête ceL;,
fât surlesneuf oudix
heures, de peur que les
violons dans un temps
decarnaval ne 14 atçii
rassent les masques. On
cessa donc de danser, &
l'h,ô,ce: proposa au jeune
avare de donner ducaffé
chez lui: ce qu'il acceptat
de bon coeur ; car il n'é-
£oit plus questionde souper
aprés un si grand repas,
& de plus, il se piquoit
d'avoir un offiçi.y|
quifaisoitle meilleur
caffé de Paris, S>C il prenoit
sa revanche encaffé
de tous les grands repas
qu'on lui donnoit.
On remonta donc en
carosse, on arriva chez
lui sur lesdix heures.
Il descendit le premier,
& pensa tomber de son
haut,à l'ouverture de
sa porte,quandilvitsa
cour, sonsalon & son
jardin éclairez d'une itlumination.
Toute la
compagnie lui fie des
complimens de sa galanterie
:mais il étoit muet
d'étonnement; & ce sut
bien autrement, quand
il vit en entrant dans sa
sale une table servie superbement,
un busses
magnifiquement, orné
< ëC qu'il entendit un moment
apras les violon
dans son jardin. La si
tuation où il setrouvoit
ne se peut gueres bien
imaginer;car toutesle
Dames étoient surprises
de bonne foy de voir la
fête que cet avare leur
avoit preparée, & lui
n'avoit pas la force d'en
recevoir, ni d'en refuser
les complimens. Il prit
son homme un moment
en particulier
, & lui demanda
si c'étoit lui ou le
diable qui avoit préparé
cette fête sans son ordre.
La premiere réponse que
son homme lui fit fut
de luirire au nez;car il
s'étaitdéjà enyvré au
buffetv?&: fqn3 m?iftrc
ne put tcirerdeluid'autreréponse
que,Ne
'llOJfJ",fâchezpasMonsieur,
ilne vouf en coû-,
tera rien. Un autre valet
moinsyvre :lui-,c6hfirma
lamêmechose, en
lui disant Quiert effet il
îveiui en-cotîtcroicrien,
s'ilnevouloit.Ilseconsolaun
moment,dans
ecxetptleieqsupeerrcaentctee,é&ncsigemfiet.,
On lui dit qu'onavoit
raitapporter coût cela
chez lui par un hommes
quiétoit en effet un diablepour
les impromptu ;
que le Traiteur s'étoit
jointàcet homme, &
que l'amichez qui il avoit
dîné avoit répondue
à cesgens là du payementdetoutes
choses.
il salutealler rejoindre
les Dames;qui demandoientà
cor & à cri ce..¡
lui qui les regaloitsimagnifiquement.
On étoit
déja à table 5iI futcontraint
des'y mettre, plus
troublé&plusagité que
s'il eût eu chez luiàdej
voleurs. Enfin l'auteur
de ce regal éclaircitle
fait à forcede plaisanteries,
& commençaà
l'assurerqu'il neluien
coûteroit pas un
fouJ
puis qu'il avoitrépondu
de toute la dépense qui
se feroit chez lui: mais
lui dit-il un
moment
âpres•, vous avez aussi
promis de payer toute
la dépense de mon dîner,
si je ne la payois pas,
&je vous protc'fie que
si je paye vôtre souper,
dont j'ai répondu,vous
payerez mon dîner, qu'-
on nY'.a1 preparé que par
vos ordres, S£ rien n'est
plus juste: payeQ.m répond
REFLEXIONS
sur la médijAnct.
LA médisanceest la feule
injusticecontrelaquelle on
ne sçauroit jamais gagner
son procés sans dépens: elle
casse les Arrêts du Parlement.
Les mouvemens qu'-
on se donne pour se justifier
ne fervent qu'à augmenter
le branle de la mé-,
difance. Quand l'air est agité
, tous les corpsqu'on
tneuc en augmententl'agitation
; ilfaut le laisser le
reposer delui-même, Se
mprendure egarrde.de le re-t aplusde
La médisanceaplusde
talent pour persuader que
l'éloquence & la raisonjon
ne croit aisément le mal
qu'on nous dit dautrui^
que parce qu'on s'enient
capable. ? -Une bonne c hose dans
la bouche d'un homme
d'esprit devient une forifa
dans l'oreille d'un sot. i>
."h Pourquoy voulez',;"",vous
que leshommes ménagent
vos défauts, quand vousne
ménagez pas leur maligni- e&qu'au contraire vous
l'augmentez par vôtre imprudence?
Celui qui commence
l'embrasement, & celui qui
le nourrit sont également
coupables
.- Il faut moins d:çlprit
pour être malin que pour
z.icre bon , quand onest
malicieux dans le coeur. Il
faut plus d'esprit pour découvrir
les bons endroits
.ties hommes, comme plus
tares &plus difficiles, que
es mauvais, qui fautent aux
yeux.
Nous devons sçavoir gré
lux médisans, de nous don-1
ties tout le plaisir qu'il y a, irire de son prochain.
Le Tasserépondit un
jour, sur ce qu'on lui dit
dqiur'auint certain homme méde
lui par-tout:LaisfeXjéfaire,
dit-il en riant,
encore ,({J.au'.-il bien mieux
qu'il dise mal de moy à tout
le monde, que tout le monde
lui en dije de moy. •
;: Comme on disoit un
joijr àNicandre que les 4*-
giensparloient mal de lui
LaiffeZ-les faire, dit-il,il
fbnt A.D?{punk de parler ma
dun homme de bien.
Unhomme accusé à tort
devant Auguste, après skétre
justifié : Une Autre fiisJ
dit-il, ne IfJOIU enqueréz des
honnêtes gens qu'à ceux qui
leur rejjembltnt. *
Le mensonge & l'envie
pere Ôc meredela calomnie,
& la curiosité sa nour.
rice,habitét chez l'oisivété.
Elle s'exerce continuellement
à renverser les bâtimens
de la societé, commence
par enenlever les
piliers , & en mine peu à
peulavoûte. Quandelle ne
peut blesser la vertu, elle
fenfume)lx.-la facilite à se
faire croire par un Juge
qui examine tout, & qui
est toujours disposé à coniUwncr,
FABLE.
TOus les animaux faisant
leur cour au Lion malade,
ôc le Renard n'y paj-
pii&nc point, le Loup savisa
de dire au Lion que Id
,
Renard faisoit peu de cas
de lui. Dans le moment le
Renard arrive, qui avoit
,tout entendu; voyant le
Lion en colere contre lui
il lui dit hardiment: Vousn.
ave^ perfo%ne.plujattentif
que moy à ce qui vous, 'ltgar..
4e>ïet°k occupéàchercher un
remède pourvotre w~,
l'ai enfin trouvé.Ilfaut, ditil,
si uoùs uoullez guérir de,
vôtrerhumatisme, écorcher les
Loup tout pif,votamettra
jtfn*[dpeautoute chaude.cs
qui fut executésur lecharnt)-
£flui
Celui qui louë trop, 6c
clui qui critique trop ne
roit pas avoir assez d'esprit
pour se faire valoir par
oy-même. C'estunemarque
qu'on n'est point conent
desafortune,quand on
e fait ou l'esclave,oul'ennemi
de la fortuned'autrui.
Si nousn'avionspoint de
défauts, nous ne ferions pas
i attentifs àen remarquer
dans lesautres. «
Ceux qui ont sujet d'apprehender
qu'on dise du
mnalide'eurxsen,disent les pre'•
La plupartnedisent du
mald'autrui, que parce qu'-
ils ne sont pas en état de
lui en faire.
L'habitude de médire est
quasiincorrigible. ^IJuand
une fois le Lion a léché du
làng;" il en demeure toûjours
friand. 'jLa vieillesse
ne corrigepas l'âpreté de
l'espritcomme celle du vin.
On peut dire que lamedifance
est un commerce ;
car tel qui vousdit du mal
d'autruien dira également
de vous à un autre: ainsi
,: cf¡
t'eftvous porter pour rem-.
porter.
ENIGME.
Lors qu'une vieille mere
avaitla dureté
De m'enfermer encordant
,., sa, \>rt'son de pierre,
jeut besoin,pour me mettre
en pleine liberté,
Qùun métal me mîten
lumiere.
Ott me cherche, on me
,~ fuit, on m'aime, &
l'on me craint:
Mais malheur à celui
pourquil'onm*ecentraint;
Carde tous maux -je le
délivre.
Jterfaiusviviretquxime dé- Evtje diétvruit qruiemef.ait Lorsque j'habite mon re~
<,
-
duit,
J'exile la noire hirondelle,
Enle quittantje la rasc
pelle.
,(
MORTS.-,
DameN. dela Lande,
Marquise deBellefosse,
mourut en couchele 1 8.du
moispasséà Rouën, âgée
d'environ vingr - [cpt ans.
Elle'* étoit fille de M. de la
Lande, Chevalierde saint
Loüis, Maréchal deCamp-,
& ci-devant Lieutenant de
Royen la Citadelle de
Mets, mort à Lille durant
le dernier fiegev •
Pierre-Simon de Beau,
lieu, Gardedes Plaisirs du
Rpyictk-i la Capitainerie
Royale de Compiegne ,
mourut lemois dernier,
âgé de cent six ans. IL £
fait prés de trente campagnes
fous M. leMaréchal
d'Humicres&autres. Il fa¥
fok encore quelques aqZ
nées avant sa mort de loi*
gués chartes,&tiroit aflei
-
bien un coup defafà,
.* Voici une demonstral
tion nouvelle dercxiftenct
<de Dieu, dont on croitde
voirfaire part au Public,
sansla participation del'auteur.
Ellenous est tombée
par hazard entre lesrnainç@'
& a été applaudie parles
Sçavans du premier ordre.
Aprés un rigoureux exa,,
men ils l'ont jugée la plus
exacte & la plus invincible
qui ait parujusquesici, &
digne de la-,justessè & de
la soliditégenie deson
auteur. Je ne doute point
qu'elle ne trouve place dans
les Journaux des Sçavans &
des Academies. L'auteur
semble d'abord prendrele
même tour de Descartes&
des Malbranchiftes : mais
la fixité fait voir que le sien
cft tout nouveau, & entierement
différent. Il consiste
dans une analysefine, précise
& exacte, qui n'a été
employée jusques ici que
par l'auteur de cette demonstration.
Nous avons
appris que M. l'Abbé Girard
ne l'a composée que
pour la satisfaction d'un
ami
Nouvelle Demonstration de
L'existence deDieu. pUsque notre esprit
conçoit rrcs clairement
tue l'independence,l'exisence
necessaire, la toutepuissance,
la justice, la routes
cience, &c. sont des pro-^
~nictez& des perfectionsque
loir indispenlablementavoir
un être souverainement parfait;&
que Jî dépende nce, la
caducité,l'inipuiflance,riû«
justice, l'ignorance, &c. qui
fonr des impcrfc£tions opposées,
ne sçauroient en aucune
manière luyappartenir
Il estévident qu'ilacertainement
l'idée d'un être fou.,
versement parfait,puisqu'il
fait distinguer les proprierez
essentielles d'un tel,
être, & qu'il doit indifpen..;J
sablement avoir decelles qui
ne sçauroienten aucune manierc
luy appartenir, & qu'il
cxcl ut necessairement, corn.J
me contraires à son essence,*;
& absolument incompatibles
avec elle.
Tâchons maintenant de
prouverd'une manière évidente
& précise, & en même
temps invincible, & qui ne
permette point de replique,
( ce qui n'a point encore esié:
fait lu l'existence
réele & actuele de cet être
souvrainement parfait, dont
nous avons l'idée, & par
consequent celle d'un Deu,
qu'il faut entendre par un
être souvrainement par fait.
Il cil évident à l'esprit,
& il conçoit très-par faitement,
qu'il n'y a que le
néant,l'impossible, & le pur
possible, àqui l existence
réele & aûnde, puisse être
refu sée, ou que ce qui n'a,
point une existence réele &
actuele, ne peut être que le
néant, l'impodible,&cequi
est purement possible, &
par consequent que si un
êtresouverainement parfait
ri'est pas le néint ny
unechoseimpossible, ny
purement possible, il doiclI:
in~failliblement avoir une
existence réele & a&'Je!eg;
puisqu'ilest aussi évident,
que ce qui n'est rien de tout
ce. quin'existe point^ciilie^j
que ce qui n tltiicn,de tout
ce qui existe, n'existe point.
Or il est premierement
évident,qu'unêtre souverainement
parfait,n'est pas le
néant, ou le TicR., puisque
lerien,n'a aucune proillicté.
& que l'entendement, ne
luyen sçauroit attribuer aucune&
qu'un être souverainement
par fait, au contraire
renferme necessairement des
propnetez & des per fcdfrons
infinies, qtllcl'ciplit ne
sçauroit se dispenser, de
concevoir & de luy attribuer
comme essentielles à un tel
être, lorsqu'il se le.(t'pre.
fente ou qu'il pensera àuy.
Il esten second lieu pareillement
évident, qu'un eftrc
suverainement parfait,n'est
pas une chose impossible,
puisquel'impossible,comme
impossible exclut évidemment
la realité, & que l'entendement,
la lui refuse necessairement,
& qu'un être
souverainement parfait , la renferme indispensablement,
comme essentielle à
lasouveraine perfection, &
que l'entendement ou la
pensée la luy attribue pareillement,
cetant absolument
impossible de concevoir, ou
de se representer unêtre
fouverainemenr parfait, que
comme quelque chose de
réel & d'indépendant de la
penséc,&de souverainement
indépendent, au lieu qu'il
est absolument impossible,
de concevoir de cette manière
aucun impossible, &
puisqu'unechose n'est reputéeimpossible
que par
ropposition&lacontrariété
quelle a avec sa véritable
idée, qui la represente, naturellement
à l'esprit
#
comme une Montagne (ans*
Vallée, par exemple, qui
exclue ce que l'idée d'une
Montagne renferme neeek
sairement à sçivoir une vallée,
ou comme un Triangle
quarré, qui renferme quatre
collez, que l'idée d'un Triangle
exclut, &que qui die
aucontraire un estre fouveramemenc
parfaitdit ne.
ceffurement une chose, entièrement
ôc parfaitement
conforme à l'idée qui reprefente
un teléstre, & qui
renferme & exclut, tout ce
que cetre mesme idée ren.,-
ferme & exclut elle-même
necessairement,de même que
qui dIt un Quarté, un Triangle
& un Cercle, &c. dit
necessairement des figures
conformes aux idées d'un
Q,iar¡ré d'unTriangle&d'un
Cercle,&c.
1
Trosémement ilestencore
de la derniere évidence~
qu'unestre souverainement
parfait, n'est pas une chose
purement possible, ou qui-,
puisseavoir simplement U<
possibilité
,
sans avoir l'existence
réele & aétude, &.:
qu'ilsuffit, par consequence
de connoistre & d cltrc certain,
qu'un tel estre, est
possible pour estre certain
qu'il existe, puisqu'un estre
souverainement parfait, ne
sçauroitestrecapable d'estre,
& de n'estre pas, & que la
pure possibilité renfermenecessairement,
la capacité
d'estre& de ne pasestre,
qui est incompatible avec la
souveraine ~peis£hon,& que
toutes les choses cap ables
d'estre purement possibles,
ou qui ont simplementla
possibilité, sansavoir l'existence
iiducle , sont non (eulement
imparfaites comme
estant penfiJbles & capables
de n'estre pas, mais encore
dependentes, & incapables
d'exister par elles-mêmes,
sans un principe, qui a luimême
une existence réele &
actuele, & enfin puisqu'il
paroist par-là, évidemment,
qu'un estre indépendent &
souveramement par fait, serior
impossible,comme incapable,
d'avoir par lui même
une semblable, existence, s'il
n'existoit pas aductement.
Donc il est évident, qu'un
cfire fouvcraincmenc parfait
& par consequent un Dieu
existe puisqu'il n'y a que le
néant,l'impossible, & ce
qui est imparfait & purement
possible qui n'existentpoint,
&que parun Dieu,l'onn'entend
précisément qu'un etère
souverainementparfait.
Par l'Abbé Gérard
Le Comte de Froullay
prests ces jours passez ferment
entre les mains du Roy
pour la Charge de Lieutenant
de Roy du Bas-
Maine & Comté de Laval..
: Il estsiss de "EnfèÍgne des
Gendarmes de la Garde du
Roy, dont le Pere étoit
LieutenantGeneral des ArméesduRoy
:
grand Muéchai
des Logis de sa Maison,
& Chevalier de Ces Ordres.
, Il est Colonel d'Infanterie
depuis dix ans, il y en a
trois qu'il est à la teste du
Régiment Royal Comtois,
qui emporta avec tantde
vivacité le chemin couvert
& la demilune du Forr de
l'Escarpe, & s'est trouvé au
combat de Stokrm,assiegé
dans Awh/ aux Sièges de
Hombourg
,
de Douay &
du Quesnoy.
Il a épousédepuis peu
la filleunique du Marquis
du Clos,Brigadier des Armées
du Roy, Commandant
la Cavalerie en Italie, qui
fut tué à Turin.
Nouvelles etAngleterre.
La Reine a donné la
Charge de Colonel du second
Regiment des Gardes
que possedoit le General
~Chuuhitl,frerede Mylord
W~Mu^hIbeorrso.ugghh,,aauu GGcenn-ecriaall
Le General Cadogan qui
a (UIVI Mylord-Marlboroùgh
a elle privé de tous
fe* emplois, la Charge de
Lieutenant de la Tour, a
cté donnée au General
Compton, il a aussi ordre
de se défaire de son Regi.
mçnt de Cavalerie en faveur
du sieur Kelham, qui en est
Lieutenant Colonel. Sa Majesté
a ordonné de reformer
quatreCavaliers dans chacune
des trois Compagnies
des Gardes du Corps, & leur
paye fera employée à l'entretien
desveuves desOfficiers
de ces Cor ps.
c
Le Comte de Porrmore
qui coromandoic les Troupes
Angloises enPorrugal a été
faitChevalier de l'Ordre
dEcosse. k :Le Due d'Argyle arriva
de Port-Mahon à Londres
le Jjnvfer, il n'a esté que
quinze jours en son voyaget
il arendu compteàla Reine
des ordres qu'il y avoir donné,
& de l'arrivée des Troupes
Angloises qui éroient en
Catalogne , à l'Ille de
Minor que.
j'On arme cinq Vaufrauj!
de guerre pour donner la
chasse aux Coi faires de Salé,
qui ont renouvellé leurs pirateries
& qui ont prisquelques
Navires Anglais, ils
exercent ces hdlTilitczà
causeque lie Roy de Maroc
fait difficulté de continuer
le traité de Paix.
-
Les Lettres de Baston dans
h' nouvelle Angleterre
pPoidrgteenotn qÔucpelalïeteuCraspaiwta-irnees
Angfois-,ayant
été pris par
lesIndiens, avoientété rcrénusdeux
mois dans les Bois
t*àils 3voient befr^oub
foufferr,nuis qu'ayant esté
conduits à Quebec ils y
avoicnt esté bien traitez &
renvoyez à Baston, où ils
font arrivez il y. a quelques.
jours.
L'Ambassadeur du Roy
de Maroc qui a été arrêté en
represailles de plusieurs Anglois
faits Esclaves par ce
Prince, a été mis àla garde
d'un Mefljgerj,n'ayant pas
dequoy fournir à Ces besoins,
il a fait presenter une Requeste
à la Reine pour la
:;pricr:: de le faire entretenir
rçommt il se pratique çnvep
les pri sonniers d'Etat, ce qui
luy a été accordé. On croie
que son emprisonnement
fera peu d'impression sur
l'esprit, duRoy des Maroc
qui regarde tous ses sujets
comme ses Esclaves.
On mande d'Edimbourg
que le Comte de Linlithgow
y avoit été élu d'un consentement
unanime pour rflifter
au Parlement en qualité de
l'un des seize Pairs dAf;coffe,:
à la place du feu Duc de
HamiltOn*
Les Lettres deLisbone
portent qu'on n'y fait aucuns.
préparatifs pour la Campagne
prochaine, & qu'au?
contraire on travaille à reformer
les Troupes, pour
les rcduire sur le pied ou
elles estoient avant la guerre..
Nouvelles J'Utrecht.
Les Conferences font tresfrequentes
entre les Plenipotentiaires
des Alliez, & mesme
avecceuxde France. On
assure que la pluspart des
Alliez font contens des
proposions qui leur ont
été communiquées par le
Comte de Straford, de la
part de la Reine dela grande
Bretagne. Les Lettres de
Hollandeportent que les
sept Provinces uniesont
accepté le projetde la Reine
& que les Etats Généraux
attendent seulementlesréponfcs
de l'Archiduc & de
quelquesautres ~Aillez &desexplications
sur divers articles.
D'autres Lettres de la
Haye assurent que les Etats
Generaux ont envoyé aux
sept Provinces uniesle traité
conclu avecles Anglois,
touchant la Barrière&la
garantie de la succession
pour avoir leur approbation.
On mande de Mons que
le Landgravede Heste-Cassel
a rapellé deux de ses meilleurs
Regimens quiy font en
garnison,quinefont aucune
fonction&attendent l'ordre
pour leur départ. Quatre Regimens
de Brandebourg ,qui.
croient en garnison se mirent
en marche le 15.Janvier pour
retourner dans leurpaïs.
Les Troupes Danoises qui
étoient à la solde d'Angleterre
ont été rappellées,elles
ont-ordre:dçjfc jeenir prêtes
à marcher; on assure que le
Duc de Wirtenberg leur
General s'en retournera aussi
pour commander l'Armée
du Roy de Dannemar k. Les
Lettres de Bruxelles portent
qu'un parti de Namur avoir
brûlélesMagasins de Foin,
fcituez hors la porte de Laken,
cet accident &les mouvemens
que les Troupes
Françoises sont sur la Frontière,
ont obligé les Etats
Generaux d'ordonner à seize
Bataillons & à vingt-trois
Escadrons de sortir de leurs
quartiers d'hiver à la fin de
Février pour marcher vers
les Places les plus avancées.
On écrit de Dunkerque
que le Capitaine Rutel commandant
le Corsaire le
Prompt, y avoit amené une
prise Hollandoise chargée
de Moruë, & que le Capitaine
Roger commandant
l'Isabelle de quatre Canons
avoit pris deux Cosaires.
dXMendc,tun devingt-huit
& l'autre de vingt-un homme
d'équipage qu'il a amen^
dans ce Port.
Le
Le 29. Janvier les Sieurs
Vander-Dussen
,
de Renswoude,&
KnipuyssenPleniporentiaires
des Etats Generaux
,se rendirent à l'Hôtel
du Maréchal deHuxelles,
où le different survenu entre
le Sieur Menager & le Sieur
de Rochteren, fut terminé
dela maniere que le Roy l'a.
voit demandé; ils desavoüerent
la conduite du Sieur de
Rechteren,&declarerent au
nom des Etats Generaux
qu'ils l'a desapprouvoient,
& que par cette raison il
avoirété privé de ses eruplois,
après quoi le Maréchal
de Huxelles lesretint à diné.
Le même jour sur les onze
heures du foir les Plenipotcntiaires
de Hollandeeurent
chez l'Evêque de Bristol une
conference qui dura jusqu'à
quatre heures après minuit,
& dans laquelle ilsconclurent
le Traité de laBarrière
& de la Succession dans la
Ligne Protestante: un heule
âpres le Sieur Harisson Secretaire
,
partir pour porter
ce Traité à Londres, & en
rapporter la ratification. Le
31.Les Plénipotentiaires de
France entrerent pour la pr emiere
fois en conference
avec ceux de l'Archiduc,dans
l'Hôtel de Bustol.
Les dernieres lettres d'Utrecht
portent que les nc.
gociations de la paix s'avancent
avec apparence d'un
heureux succés; que l'Abbé
de Polignac, second Plenipotentiaire
de France en partit
lanuit du10.au 11.Février
pour retourner à Paris.
On écrit de Flandres que les
troupes Danoisesquisont
sur la frontiere font en marche
pour retourner en leur
païs nonobltanc lesinstances
des Etats Generaux pour
les retenir, on assure qu'elles
seront suivies par celles
del'Electeur de Brandebourg,
qui a casse quinze
hommes parcompagnieavec
quelques Officiers & trompetres
de celles qu'il a entre
, la Meuse & le Rhin; qu'un
patri François avoit enlevé
dans le païs de Kempen, tous
les chevaux de deux companies
de cavalerie, tué une
partie des Officiers & descavaliers
& emmené le reste
qu'il a renvoyez, à la rcfcr,
ve desOfficiers, que ce parti
avoit été poursuivi, mais
qu'on avoir pû le joindie.
SUPPLEMENT
a,auuxx NNoouuvveelll•leess de HH»aapmÀbboouuorg. ,
L'armée des Princes confédérez
décampa du voisinage
de Rensbourg le 1r Février.
L'infanterie passa dans
la Ville, & la cavalerie traver
sal'Eyder à Oltereydc,
prenant l'une & l'autre la
route de la bruyere deCropper,
où le Roy de Dannr»
mark & le Czar se rendi.
rent le lendemain à desseins
de faire attaquer les Suédois
ducôté de Fredericstadr. Le
bruit avoir couru que dés le
mois dernier ils avoient fait
rétablir le pont de Hollingstede
sur la Trene mais on.
a appris que les Suedois l'avoient
confervé jusqu'au 4.,
Février qu'itss'etoïenrredré
avec leurartillerie, & que
le pont n'avoir pu être achevé
que le 8. au foir.
Le 3.'armée s'avança jusqu'au
grand Rayde malgrés
un vent violent & une pluie
continuelle, qui rompit les
chemins & rendit la marche
très penible.
Le 4. le General Bauditz
fut commandé avec trois
mille chevaux pour aller reconnoître
Fredericrtade,qu'-
on ne croyoit pas en état de
faire resistance : mais il trouva
que le General StatKelberg
qui y commande avoit
fait couper une digue de la
Trene qui avoit mondé les
environs de la place, le General
Bauditz fut contrains
de rejoindre l'armée, & napporta
que les avenues, de Frç*-
dericstadt étoient entierement
impraticables. Le Czar
ne pouvant le croire, voulut
y aller en personne avec un
corps de cavalerie, il entra
même dans l'inondation, il
la trouva si profonde qu'il
futobligéde revenir& de
changer le dessein d'attaquer
les Suedois de ce côté là qu'-
on croyoit le plus foible;
ainsi il fut resolu de faire
marcher l'armée du côté de
Husum, où l'onesperoit
trouver moins de dl£Iiculcé..
Le General Sreinbock paroît
resolu de se maintenir
dansle camp oùil est, & d'y
attendre l armée confédérée;
on assurequ'il a des vivres
pour trois ou quatre mois.
Il occupe du côté de Hufum
, une digue di ffenduë
par deux mille Suedois, où
il a faitconstruire un Fort,
il en a fait élever un autre
au deçà à Rentrum, & un
troisiéme à Schwabstedt sur
la Trene au dessus de Fredericstadt.
-Jt
,
Le General Steinbockenvoya
le 6. Février, un parti
de trois cens chevaux qui
passa à Husum & à Brcdûcdr,
&penetra jusqu'à Flesbourg
pour observer les ennemis
& obligerles païs mis àcontribution
de fournit les fou.
rages.
Le General Stackelberg
fait de son côté fortifier Fredericstadt
& les defilez qui
y conduisent.
On mande de Wismar
que le General Ducker y
étoit arrivé de Lubek entierement
gueri de la blessure
qu'ilavoit reçueau col à
la batailledeGidebusch,&
qu'il n'attendoit que l'occasion
d'aller joindre le Gene- PalSreinbock,
Les lettres de Stetin portent
que les prisonniers Danois
& Saxons y étoient bien
traitez, les soldats y étant
bien nourris, & les Officiers
ayans leurs épées & la permission
de se promener dans
la Ville, à la reserve du Major
Rose & d'un Capitaine,
tous deux Livoniens & sujets
du Roy de Suede
,
qui
font enfermez & gardez à
vue.
Les Lettres de
-
Pologne
portent qu'onavoit proposé
de pourvoir à la sureté
intérieure du Royaume~cfn
obligeant tous les membres
de la Republique à se réünit
auRoy Auguste, & déclarant
qu'autrement ils feroiebi
incessamment poursuivis,
leurs biensconfisquez & ~ou
condamnez comme traître à
la Patrie,néanmoins cette
affaire a été terminée, en leur
accordant le terme de six
mois pour venir reconnoître
ce Prince comme Roy legitime.
Que dans toutes lèsdisputes
qu'il avoic eu dans
la Chambres des Nonces,
on avoit fait de grandes
plaintes contre les Troupes
Saxoncs, que plusieurs
avoient demandé si on prétendoit
les comprendre dans
le nombre de celle de l'Armée
de la Couronne, &
dautres avoient proposé de
faire sortir du Royaume
toutes les Troupes auxiliaires
Saxoncs & Moscovites ; &
• comme il n'y avoit encore
rien de reglé, on croit que
la Diete fera prorogée d'autant
plus que le Roy Auguste
avoit resolu de retournet
incessamment en Saxe
On mande de Leopol du
2 1. que les Tartares étoient
en marche pour faire une
irrupnon en Moscovie, que
le Grand Seigneur continuait
de faire de grands préparanfs
pour la guerre ,
qu'il étaittoujoursdans le
dessein de se mettre à la
tcûc de son armée.
Plusieurs Bastimens arrivez
de Levant, ont apporté
des Lettres qui ont con.
firmé les nouvellesprecedentes,
touchant les grands
préparatifs de guerre que
faisoient les Turcs, dont la
principale arméedevait être
de cent cinquante mil hommes
& commandée par le
Sultan en personne & entrer
en Moscovie, pendant que
les Tattares, sous les ordres
du Roy de Suéde, marchcront
du costé de la Pologne.
Les Troupes Othomanes qui
étaient en quartier dans la
Bossine & dans l'Albanie
commencaient à marcher
pour aller vers Andrinople
où est le rendez-vous
général.
Suplement aux Nouvelles
d'Allemagne,d'Espagne
& d'Angleterre.
On tient souvent à la
Cour de Vienne,Conseilde
guerre touchant les grands
preparatifs que fait le Grand
Seigneur. On parle d'envoyer
de nouvelles Troupes
en Hongrie On assure que
le Roy de Suede est en marche,
que son armée compofée
de ses propres Troupes,
de Polonais, de Valaques,
de Cosaques qu'il avoit fdit.
lever & de quarante mil
Tartares, serait de soixante
mil hommes, qu'il avoir refusé
de l'Infanterie que le
Grand Seigneur avoit offert
àcause qu1')elle n'aurait pas
pû le suivre dans sa marche,
qu'ilprétendait faire avec
toute la diligence possible.
Un Courrier arrivé de Barcelonne
a apporté des Lettres
du Comte de Staremberg,
par lesquellesil mande
que les Troupes Angloises
5t Portugaises s'estant retirées
,
& voyant avancer deux
armées l'une Françoise par
le Roussillon & le Lampourdan
, l'autre Espagnole du
costé de Tortose & de Tarragone,
il avaitestéobligé
de lever le Blocus de Gironpe
: qu'il ne luy restait au
plus que seize mille hommes
avec lesquelsil ne feroit pas
en estarau Printemps de deffendre
la Caralogne, ny même
d'empêcher le Siege de
Barcelonne ; le Courrier a
esté renvoyé avec avis de
l'estat où se trouvait à ITtrecht
le Traité de Paix;qu'-
onétaiten négociationavec
la Reine de la Grande Bretagne
pour faire amener en Italie, l'Archiduchesse avec
les troupes, & qu'ainsi on luirecommandoit de lesconserver.
-
Les lettres de Gratz portenr
que le Prince Electoral
de Baviere, qui y est
retenu avec les Princes ses
frères avoit été malade de
la petite verole, mais qu'il
en étoit gueri & que ion fiere
en avoit été attaqué.
On écrit de Saragosse que
le Prince Tserclas de Tilly
y était arrivé de Torrose
aprèsavoirdistribué les troupes
en quartier d'hyver , à
causequelles avaient été
tellement fatiguées par le
mauvais tems & par de lonques
marches, qu'il y avait
peu d'apparence de les engager
à de nouvelles entreprises
: ayant appris que
le blocus de Gironcétoit levé&
queles ennemis craignant
l'approche de l'armée
avoient eux-mêmesconsommé
tous les fourages de la
campagne de Tarragone.
Les lettres de Valence portent
que huit Armateurs
Hollandois étoient arrivez
le 4. Février dans ces mers
avec ordre de croiser sur les
côtes de ce Royaume-là, &,
d'Andalousie
, que neanmoins
un VaisseauFrançois,
chargé d'avoine était arrivé
à Cartagene, &que des convais
chaigez de farine &
d'orge partis de Valence, &
d'autres ports de ce païs là,
étaient arrivez àVinaros.
Les dernieres Lettres de
Londres confirment que le
General Cadogan a été privé
de tous ses emplois, &
que le sieur Haston Compton
a été fait à sa place
Lieutenant Gouverneur de
la Tour, que sa Charge de
Maréchal des Logisdel'Armée
de Flandres a été donnée
au Colonelle Sceille. Elles
ajoûtent encore que le General
Cadogan a ordre de
vendre Ion(5 Régiment de
Cavalerie à son Lieutenant
Colonel, & qu'on parle de
plusieursautreschangemens
& reformes dans lesTroupes.
Plusieurs Officiers sont arrivez
d'Espagne & dePortugal,
le Comte d'Oxfort leur a
fait payer huit mille livres,
sterlin en deduction des arrcrages
qui leur sont dus.
Le 6. Février dans le
temps que leDuc d'Aumont
donnaitàdiner au Marquis
de Monteleon, &à d'autres
Ministres&Seigneurs de k.
Cour, le feu prit par accident
à sonHostel avec tant de
violence, qu'il fut enmoins
de deux heures entièrement
brûlé, & deù* maisons voisines,
fort endommagées,
de manière qu'on eut beaucoup
de peine à sauver les..
papiers, la vaisselle & une
partie des principaux meubles;
on fait monter la perte
à douze ou quinze mille
livres fterlin*
La Reine luy a donné un
appartement dans le Palais de
Sommerset, oùil a fait porter
ses meubles, en attendant
qu'il aie prit une autre
mailoritik.»>
* MORTS.
Messire Honoré Caille , Sieur du Fourny, Auditeur
des Comptes, celebre par la
grande connoissance qu'il
avoit dans nôtre Histoire,
& des anciens Titres, mourut
le20Févrieragé de
Syans.
..vD^neMarie Salmon,
Veuve de Hcnri Vincent de
vicuxmaîon Gentilhommeordinairede
Louis XIII.,
mourutle14.agée de cent
ans &,quatrç mois.
Nouvelles
1
Nouvelles de Paris.
Les Deputez d'Artois
eurent audiencedu Roy le
5. Février,& presenterent le
Cahier de la Province à Sa
Majesté,étant conduits par
le Marquis de Dreux,grand
Maître des Ceremonies, &
par le Sieur des Granges.
Ils furent presentez parle
Duc d'Elbeuf Gouverneur
de la Province, & par le
SieurVoisinMinistre & Secretaire
d'Etat.La parole
fut portée par l'Abbé de la
Croix,Prevôt de l'Eglise
d'Arras, pour le Clergé
par le Marquis de Crequy.
HentonDéputé pourla
Nobleflc-jrôc par le Sieur
AnsartdeGonnehem,De
putédu Tiers-Etat.
Le 7- laDuchesse de
Schrewsbury eut l'honneurdesaluer
Sa Majesté
dansson cabinet:elle yfut
conduiteparle Baron de
BreteuilIntroducteur de
•Arajbaââdears,êcpresentée
parlaDuchesse d'Aumont
Ellesalua aussi Monfçi
guebrJriDauphiny Mad$
me la Duchesse de Berry;
Madame, & Madame la
Duchesse d'Orléans, conduite
& presentée comme
chez le Roy. Elle prit le
Tabouret au souper de Sa
Majesté.
Le même jour le Sieur
Cornelio Bentivoglio, Archevêque
de Carthage c;
Nonce ordinaire du Pape,
eut audience particulière
du Roy»-i î-
Le 13 les Deputez des
Etats de Bretagne eurent
audience du Roy , & presenterent
le Cahier de la
Province. Ils furent presentez
par le Comte de Toulouse,
Gouverneur de la
Province, & par le Marquis
de Torcy, Ministre &
Secrétaire d'Etat.
M. le Comte de Pinto,
frere de Son Excellence
M, le Duc d'Ossune, arriva
de Madriden cette ville
la nuit du 11 au n.Février.
Le 16. M. le Duc donna
un bal magnifique.
Le 22 Son Excellence
traita magnifiquement
,
M. le Maréchal de Villars.
M. d'Albergotty, Lieu..
tenantg, eneral- des-.armé0es
du Roy;& Chevalier du
Saint Esprit.
& M.leMarquis de Torcy,
Ministre & Secretaire
d'Etat.
M.le Marquis d'Angeau.
M. le MarquisdeNesle.
M.leChevalier de Crôifc
sy
vu M. le Comte de Truzy,
& autres Seigneurs de distinction.
Mesdames la Gorritefle
-d'Evreux.
La Duchesse de Dura&)
La Marquise de Nesle.
rttlLa Marquise deTorcy,
.& autresDames. ') Lerepas fut precedé
d'un concert des plusma-
'gnifiques,:&fut suivi d'un
al3 qui dura jusquau lendemain
huit heures.
Le 26. 27. & 28. il y eut
encore des bals, où la plupart
des personnes de distinction
sont
venuës. Il y
avoit dans tous les bals que
Son Excellence a donnez
toutes fortes de rafraîchissemens
& de fruits.
Le j3. le Prince François
Ragotzi. Prince deTransylvanie
,
arrivé depuis
quelquesjours incogitto à
Paris, tous le nom du Comte
deSaaros, eut l'honneur
de saluer le Roy, quilere-
-£UC trésfavorablement.
FIN.
des étangs. 33
Livrenouveau.
-
53
HMariiasgteo. riette. 57 ro
Harodie de lyEnigme> dont
lenom est leraisin. 7$ Enigme. 78
Reprocheau Dieu ApollonFUR
le fort ordinaire des Poëtes.
80
Pompefunebre. 85
Relation de la descentefaite
par M. Cassardy Capitaine
de vaijïeau du Roy, dans
la Colonie de 5unnamy Cc.
97
Création d''Officiers de Ma-
,
rine. III Nouvelles d'Allemagne. 110
Nouvelles d'Espagne, ijé
DonduRoy. 144
Sur la baillé du coeur. 121
Stancessur la w champê-
: tre. ift
Qui répond e. Avanture
duCarnaval. ,t8~
Réflexions sur la médisance.
202 Enigme* 211
Nouvelledemonstration sur
l'existence de Dieu. 141-
Nouvelles d'Angleterre. 254
No~Tf/d'Utrecht. 260
Supplémentaux nouvelles de
Hambourg. z6y
Supplément aux nouvelles
d'Espagne, £Allemagne,
&d'Angleterre. 278
Qualité de la reconnaissance optique de caractères