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MERCURE
GALANT.
A PARIS,
M.DCCXII.
Avec PrivilegeduRoy.
M£ RÙÏÏ îlE
GALANT.
Par le Sieur Du F***
Mois
de Novembre.
17 IZ.
L~ prix est 30. fois relié en ve~a,~C
2 5. foIs, broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JOLLET, au Livre
Royal, au bout du Pont S.Michel
du ctxé du Palais.
PIERRE RIBOU, à l'Image S. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la ruë
du Foin, du côté de la ruë
Saint Jacques.
AvssAffrobation,&PrivilègednKoL
JtMERCURE
GALANT.
L"ENTREMETTEVR
pour lui-même.
N Gentilhomme
de Province
étant venu à PParis
pour un procés, se.. C- toit logé dans une au..
berge, dont le maîtrele
connoissoit depuis dix
ans. Il était bien fait de
sa personne, agreable.
dans la conversation,'ÔC
assez riche pour trouver
des partis fort avantageux
,
s'il cllt voulu
donner dans le Sacrement
: maisla liberté lui
plaisoit, ou plutôt son
heure n'était point encore
venue > car quand
elle frape, il n'y a plus
moyen dedififerer. Sa
chambre donnoit sur la
rue. L'im parience de
voir revenir un laquais
qu'il avoit envoyé en
ville, luifitmettre la tête
à la fenêtre, & ses
yeux furent agreablement
arrêtez par une
belle personne quifit la
mêmechose que lui dans
le même temps. Elleétoit
dans une chambre
opposée directement à
celle du Cavalier;& un
bruit de peuple, dont elle
vouloit sçavoir la cause,
l'avoit obligée à se
montrer. C'était unebrune
d'une beauté surprenante.
De grands yeux
noirs pleins de feu, la
bouche admirable, le
nez bien taillé, & le teint
aussivifqu'uni. Le Gentilhomme
charmé d'une
sibellevoisine, luifitun
salut qui lui marqua
l'admiration où il étoit.
illui fut rendu d'un air
serieux, quoique fore civil;&
la rumeur ayant
cessédans la rue, cette
aimable personne se retira,
au grand déplaisir
du Cavalier qui la regardoitde
tous ses yeux.
Il crut qu'il n'auroit pas
de peine à s'introduire
chez elle comme voisin,
& dans cette pensée il
demanda à son hôte qui
elleétoit,&quelles pouvoient
être les habitudes.
L'hôte lui apprit
quedepuis un an elle occupoit
une partie de cette
maison avec sa mere;
qu'elle avoit de la naislance,
& peu de bien;
qu'il n'y avoit rien de
plus regulier que sa conduite
;que tout le monde
en parloit avec grande
estime, & qu'il n'y
avoir que des proportions
de mariage qui
pussent obliger la mere
a écouter des gens comme
lui. Le Cavalier trouva
le parti trop [cxieux ;
il aimoit les belles personnes,
mais non pas jusqu'à
vouloir épouser.
Cependant il demeura
ferme dans la resolution
de visite. Il prit la mere
par son foible, & lui
ayantfait entendrequ'il
lui venoit demander sa
fille pour un ami, quien
étoit devenu passionnément.
amoureux, il fut
reçû favorablement.Il
donna du bien & une
Charge considerable à
cet ami; &C comme il çr
toit maître du Roman,,
il l'embellit de tout ce
qui le pouvoitrendre
vraisemblable. L'ami étoit
à la campagne pour
quinze jours; des affaires
importantes l'y a-r
voient mené,&ildevoit
lui écrirele» decette négociation. On
futcontent de tout,pourveu
que les chofes fs
trouvassent telles qu'on
les proposoit. La metcs'informa
du Cavalier
dans son auberge;on lui
dit qQ"Íl étoit trés-riche
, d'une des plus
considerablesMaisons de
la Province, & si fort
en reputation d'homme
d'honneur, qu'on
pouvoirs'assurer sur sa
parole. Cependant il ,
joüoit un rôle assez delicat
: mais comme il avoit
del'esprit,il ne s'en
embarassoit pas. Il faisoit
son compte de voir
la belle le plus lon gtemps
qu'ilpourroit sur
le pied d'agent, &
croyoit forcir d'affaire
par un ami, qui seroit le
passionné pendant quelques
jours, & romproit
ensuite sur les articles :
mais il fut la dupe de
lui-mêmeàforce de voir.
L'espritde cette aimable
perfonnefutun nouveau
charme pour lui, &' il
acheva de se perdre en
l'entretenant ; sa douceur
, son honnêteté,
tout l'enchanta. Il fupposoit
tous les joursquelque
lettre de son ami,
qu'il faisoitvoirà lamere,
& elle lui servoit de
pretexte pour des visites
qui ne le laissoientplus
maîtrede saraison. La
belle ne s'engageoit pas
moins que lui, & il lui
disoit quelquefois des
choses si passionnées,
qu'elle étoit contrainte ,.
: de le fairesouvenir qu'il
s'égaroit. Un mois entier
s'étant écoulé sans
qu'il amenât son ami,
lamere,qui craignit d'estre
joüée, le pria de ne
plus revenir chezelle,
tant qu'il n'auroit que
des lettres à lui montrer.
Il se plaignit à la fillede
la cruauté de cet ordre.
Cette charmante personneluirépondit
qu'-
elle vouloit bien lui avoüer
que l'impatience
de voir l'époux qu'on lui
destinoit n'avoitrien qui
la tourmentât:mais qu'-
elleavoit ses raisons pour
n'estre pas fâchée que sa
mere lui eût fait la désensedontilse
plaignoit.
Le Cavalier comprit ce
qu'il y avoit d'obligeant
pour lui dans cette réponse,
& en sentit augmenter
sa passion. Iln'osa
pourtant continuer
ses visites le lendemain,
& ce jour passé sans voir
ce qu'il adoroit, lui parut
un siecle. Il voulut
se faire violence pour en
- passer encore quelquesuns
de la mesme forte,
afin de s'accoutumer à se
détacher: mais le suppliceétoittroprudepour
lui,& l'habitude déja
trop formée. Aprés de
longues agitations,l'amour
l'emporta sur l'aversion
qu'il avoit toûjours
euë pour les engagemens
qui pouvoient
tirer à consequence. Il
retourretourna
plus charmé
qu'auparavant,où il connuttrop
qu'il avoit laisséson
coeur) & pour arrester
les plaintes qu'on
commençoït déja de lui
faire,il débuta parune
lettre de son ami, qui
arrivoit ce mesme jour,
& qui devoit venir confirmer
le lendemaintoutes
les assurances qu'il
avoit données pour lui.
Cette nouvelle fut reçûë
diversement.Autant
que la mere en montra
de joye
, autant la fille
en eut de chagrin. Ilfut
J
remarque1 dju Cavalier,
qui s'en applaudit, &
qui eut la rigueur de la
préparer à la reception,
4eTépoux qu'on lui promçttoii;
depuis silongtemps.
El/c.nesesentoit
pas le coeur assez libre
pour se réjoüir de son
a"r¡rivé.e, &C paflfa la nuit
dans - des inquietudes,
qu'il feroit difficile de
se figurer. L'heure de la
vifice étant venuë, le
Cavalier entra le premier.
La joye qu' 1 fit
paroîrrede ce qu'il étoit
enfin en état de tenir parole,
futun nouveausujet
dechagrinpourcette
belle personne: mais ce
chagrin n'aprocha point
de la surpriseoùelle se
trouva, en voyant entrer
après lui un homme à
manteau, & aussi Bourgeois
par son équipage
que par sa mine La mere
le regard a, la fille rou- gir &: il ne se peut rien
de plus froid que la civilité
dont elles payerent
le salut qu'elles en reçûrent.
Le Cavalier étoit
dans un enjouëment extraordinaire,
& leur dit
centchoses plaisantessur
le serieux avec lequel
elles recevoient une personne
qu'il croyoit leur
devoir être si agreable.
L'homme à manteau le
laissa parler long-temps
sans t'interrompre; Se
ayant enfin, demandé si
,
on ne vouloit pas dresser
les articles, il fut fort
surpris d'entendre dire à
la belle qu'il n'y avoit
rien qui pressât, & que
la chose lui étoit assez
d'importance pour lui
donner le temps d'y penser.
Cette réponse, & la
maniere dédaigneuse
dont elle regardoit l'époux
pretendu qu'on lui
avoit fait attendre depuisunmois,
mirent ICi
Cavalier dans des éclats.
de rire,quil lui fut impossible.
de retenir. Us*
furent tels, que la mere
& lafille commencerent
à s'en fâcher: mais il
n'eut pas de peine à fair:
cifa paix, &: elles ne rirent
pas moins que lui,
quand il leur eut appris
qu'il étoit luimême
cet ami dont il leur avoit
parlé,& que celui quelles
voyoient étoit un
Notaire qu'il avoit amené
pour dresser le contrat
de mariage. Jugez
de la joyede la belle,
qui ne s'attendoit à rien
moins qu'à une si agreable
tromperie, & qui
s'étant laissé insensiblement
prévenir pour
le Cavalier
, ne souffroit
plus qu'avec peine
qu'on parlât, de la
marier avec son ami,
quelque honnête homme
qu'elle pût le croire.
Les articles furent
signez & la grande ceremonie
se fit un des
derniers jours de l'autre
mois.
L'Academie Royale
des Medailles &,- Inscriptions
fit l'ouverture de
ses exercices par une assemblée
publique, qui
se tint le Mardy quinze
Novembre.
Monsieur de Bosc,
Secretaire perpetuel de
l'Academie, commença
par l'éloge de Monsieur
l'Abbé Tallemant.
Monsieur Moreau de
Mautour parla enfuire
sur une colomnemilliaire
trouvée prés de la villedeSoissons.
Aprés lui Monsieur
l'Abbé de Vertonproposa
un problême
,
içavoir
si Jules-Cesaravoit
été aussi grand politique
que grand Capitaine, éc conclut par l'affirmatif.
Enfin Monsieur Morin
fit une dissertation
sur les souhaits qu'on
fait en faveur de ceux
qui éternuent. A l'égard
des éternuëmens, Monsieur
Morin s'égaya
beaucoup surce que les
Rabins en disent. Des
Rabins il passa aux
Grecs, & des Grecs aux
Romains.
En attendant que je
vous puisse donner l'extrait
de ce discours, voici
sur l'eternuëment
quelques reflexions qui
se sont trouvées dans
monporte- feüille.
ETERNUEMENS.
Il ne faut point écouter
Sigonius *, lors qu'il dit
que la coutume de saluer
ceux qui ecernuenct& prier
Dieu pour eux, vient de
ce qu'autemps de saint
Grégoire plusieurs mouroienten
éternuant ou en
bâillant.Aristote, dans lhistoire
des animaux
,
livre
second de aiileurs, parle de
cet éternuement & de ses
causes.
*•Lii-i.kift-:€rrg-JtnL
Le Poëte Grec cité dans
le second livre duFlorilepum
y badinant sur certain
grand nez au bout duquel
la main ne pouvoic pas arriver,
dit:
Non potis est proclus digitis
emungerenasum ;
Narpqne estpronasimole p_
,
JjllamanuS)
tJectiocat Ille Jovem ftfrntitans;
quippenecaudit,
Sternutamentum tam procul
aure sonat.
Les anciens Hebreux Ciluoient
de même ceux qui
éternuaient, & leur di-
-
soient: Que cette médecin*
serve à vôtre salut.
Les Grecs même des premiers
temps croyoientque
l'éternuëment dépendoit
de quelque chosede divin,
ôc en établissoientCerés
pour la Divinité, au
rapport de Suidas. Socrate
consultois cet éternuëment
comme son devin,ditPlutarque.
On voir la même coûtume
de ce salut chez les La
tins. Tibere l'exigeoit lors
qu'il éternuoit, & le rendoit
aussià ceux qui éternuoient,
au rapport de Pline,
1.18. ch. 2. Petr. dit que
Gitoncouché ,oi/eEliont (pititm
jamplenus continuoita
sternutaviy,utgrabatum concuteret
, ad quemmotum Eumolpus
salvere Gitona jubtt,
-.., '; Apulée livre 9. racontant
l'histoire du jeune homme
"'-' que la femme de Foulon
fit mettre fous une table
d'osier, sur laquelle étoient
étendues des étoffes qui
blanchissoient à la fumée
du souffre, il dit:Acerrimo
gravique odoresulfuris ju'Venis
injecutus atque obnubilatusyinterclujoJpiritu
diffluebat,
atque, ut efl ingenium
wivacismetalii, erebras ei.
Jlernutattones commovebat.
Adatitus è regione mulieris
accipiebat sonum sternutationu;
cumqueputaret ab easterhutamentuni'
proficisei,solito
flrmon-e salutem eiprecabatur.
Cum iteraretur rursum , tandem suspicatur,~impuUa
mensa, remotâque ca-
Oea producit hominem crebros
anheljtHS agre efflantem.
L'éternuëment au sortir
de table étoitreputé malheureux,
selonPline
Onfléchissoitle genou,
en priant pour celui qui éternuoit
,ditAthenc'e.
On rapporte plusieurs.
causesde cet éternuëment:
mais en voici la premiere
& la veritable, ièlon*.*
.,' Prometée ayantformé
lafigure de l'homme, fit
venir le lievre, le renard , le pan, le tigre, le lion 2c
l'âne, pour prendre dechacun
de ces animaux une petite
partie, & les souffler
dans l'homme. L'hommeainsi
compote de pieces&
de morceaux, & de ces-par4
ties-là, commença a. vivre
& à relpirer. La terre, qui
composoitlatête,& le cerveau,
ayant encoredel'humidité,
& lesautresmembres
étantsecs, !a premiereenviequ'eutl'homme
, ce
fut d'éternuer. Ilhaussala
tête deux ou trois fois, &
éternua enfin avec un bruit
épouvantable. Tousles animaux
, » , qui étoientencore
presens,s'enfuirent de peun
Prometée
,.
fin & penetrant.
dans l'avenir, jugea par là
que l'homme auroitl'empire
sur tous les autres animuaux,
puis qu'avec un signe
detête & un peu de
bruit il les avoit
ainsi
épouvantez
& fait fuirdevant
lui. Il le taliiaaufluot roy
des animaux ,& pria Dieu
que cela lui rciiisî-. En mémoire
de cetéternuëment,
qui a fait declarcr l'homj:".,-
me le maître des arumaux ,
on le saluë quand il éter-.
nuë.
D'autres racontent la
chose de cette maniere..
Prometée ayant: formé
l'homme
,
obtint de-Minerve
sa patrone d'aller faire
un tour dans les Cieux,
pour en tirer de quoy persectionner
son ouvrage. Ii
porte un flambeau fous son;
manteau, l'allume au Soleil
)'& redescend promptement
vers son homme ; il
lui met le feu à la tête: mais
le cerveau humide, à l'approche
de ce feu & de cette
lumiere du Soleil, lâcheunéternuement
violent qui éteint
le flambeau de Prometée.
Celui-ci en fureur
devoirque le premiertrait
de l'homme eût été d'éteindre
sa lumiere, ôc que
sa peineétoit perduë
,
alloit
prendreun caillou pour
casser la tête à l'homme,
lors qu'il éternua une seconde
fois avec violence,
,& ralluma par ce souffle le
flambeau de Prometée. Ce.
lui-ci bien content, selicita
l'homme sur la lumiere
qu'il venoit de recouvrer,
& souhaita pour lui qu'il en
usâtmieux
,
& ne la risquât
plus. Le voeua étéinutile:
mais la memoire en est ret
tée. Une troisiéme opinion
assure que l'avanture fut
telle.
Promettée avoit achevé
son modele
,
ôc le retouchoit;
il vit que l'argile qui
formoit le nez s'étolt retirée
en sechant, & que le
nez étoit trop court pour
un animal qui devoir être
fin, il remanie ce nez, &
y ajoûte de nouvelle matiere
: mais il touche par
malheur un petit nerf; aus
sitôt l'homme éternua d'une
si grande force, que routes
ses dents mal affermies
en sauterent. Prometéeeffrayé
pria Dieu que cela
n'arrivât plus,& ditàl'homme,
Dieunous assiste. On a,
toujours dit depuis la même
chose, de peur que pareil
accident. n'arrive.
Cette coûtume est dans
tous les pays. Lorsque l'Empereur
du Monomotapa
éternué, ceux qui sont autour
de lui lui font le souhait
& salut ordinaire à haute
voix; en forte que ceux
qui sont dans les chambres
voisines l'entendent, &
fassent le même salut
,
le-
)
quel le communiqué de
main en main à la place publique&
à toute la ville,
qui en un instant prie pour
le Prince qui a éternué. La
même choie se fait quand
il boit. V. l'Hist. de Ba..
ros, &c.
Les Espagnols trouvèrent
cette coûtume de faluer
pour l'éternuëment établie
à la Floride.
BOUBOUQUET
DE Mlle DE S***
le jour de sainte Elisabeth.,
en lui envoyant
un miroir de
poche.
EM vain j'ai devancé
l'aurore
Pour VQPM aller chercher
dans le jardin de
Flore
De* fleurs où vous
: sieztrouverquelques
appass
Car Zephir me fermant
laporte,
Ma dit d'une voixfiere
forte:
AlieZ, retournez..,survos
Pas
Ne venez, point insulter
Flore.
Celle qui vous conduit
dans ces lieux écartez,
A desfleurssurson teint
qui nefont que d'e'clore*
Rien ne peut sajouter àtontes
ses beautés
jille&, je vous le dis en-
,
core.
Moyhonteuse de ce refus>
Comme une femme firt
prudente,
J'aidit: Mon cher Zephir,
je suis vôtre
servante,
Je sçai le vrti moyen de
vous rendre confus;
Je donne pour bouquet à
.- l'aimablelsabelle
-
Unsimple miroir310 rien
plus
Zuand elle s'y verra Ji.
charmantesibelle,
Elle meprisera tout ce qui:
nient d'ailleurs,
Et n'aimera quelle,
Et nargue de vosfleurs.
REPONSE,
Autre Bouquetimpromptu
renvoyéàMlle de. qui
s'appelloit Elisabeth.
ILme,fautunfaûquet.
*-
; pour certaineDésse,
2)// un Dieu, qui d'abord
à S***s'adresse.
A labâteS*** en dé-
:"
pit d'Apollon,
ffouloit cueillir desfleurs
dans le sacré vallon.
JSlony dit le Dieudes vers,.
cette brune rp. trop
belley.
Vn bouquet impromptu
seroitindigned'elle:
Maù va trouver l'A.
motir luiseul enun.
,,: moment
Peut d'un tel impromptus'acquitterdignement-
MORT.
Dame Catherine de
Eameth, épouse de Messire
Armand de Bethune,
Duc de Charost,
Pair de France, Capitaine
des Gardes du
Corps du Roy, mourut
le ir. Novembre,- âgée
de 51. ans.
LaMaison deLamethtire
sou origine de NeuvilleVuitasse,
Terre aux envu
rons d'Arras, qui est presèntement
à une des branches
de la Maison de Montmorency
Un cadet de cet- teMaison pritle nom de Lameth,
soit. qu'ilait eu cette
Terre en partage, ou qu'il
ait épousé une femme de
ce nom, comme cela étoit
fort en usage dans ces,
temps-là. Ce même cadet
& ses descendans ont joint
aux armes de Neuville celles
de Lameth. Plusieurs
prétendent quelles lui ont.
été dounées par Godéfjrpy:
de Bouillon. Ilsont toujours
confervé celles de Neuville
,
écartelées erifemble^
tanrôt en. premier
,
tantôt
en second, sans yen avoir
mêlé d'autres, jusqu'à environ
l'année1450. que les,
branches,se séparerent.On
voitencore ceux de cette
Maison des premiers parmi
la plus haute Noblesse de:
Flandres; dans ks plus anciennes
Chartres des Ah-*
bayesde Flandres. Ils avoient
l'honneur d'êtreparem
des Comtes de Flandres
leurs Souverains. '-.
ODE.
ODE
SUR. LA JUSTICE.
A M.. d' Argenfin , Conseillet
d'Etat. QtJelle est cette auguste
Immortelle
Que je vois descendre des
Cieux?
Tout mon coeur s'enflâme
pour elle,
Sitôt qu'elle brille à mes
yeux.
N'en doutons pointy c'en:
la Justice :
Mortels, que chacun obeisse
Elle vient nous donner des
des loix:
Oracle du Maître suprême,
L'enfer, la terre, le ciel
1\ même,
Tout doit reconnoître sa
VOIX
* Digne choix du plus digne
Maître
Qui jamais ait régné sur
nous,
Dn'Aorgenîsotnr,tuesç,ais la con-
'Ce,te voix qui nous parle
à tous.
Sur tes consèils elle preside;
Peut-on sans la prendre
pour guide
Discerner le mal & le bien?
C'est sur elle que tout se
sonde,
Et le premier trône du
monde -
N'a point de plus ferme
soûtien.
Le Maître à qui tout rend
hommage
Sur l'équité fonde ses droits;
Louis est sa vivante image,
Qu'il soit le module des
Rois.
Long-temps cheri de lavi-
Ctoire
A-t-ilfaitconfiller sa gloire
Dans le vain nom de conquérant?
Non, ce qui le rend plus
auguste,
C'est qu'en lui le tirre de
juste
Confirme le titre de grand.
En vain un Monarque se
Rare
Que son pouvoir n'a point
,
.dcga!
; * Desquesaninjusticeéclate
L'univers est son tribunal.
Il se voit contraint d'y repondre;
S'il s'égare jusqu'à confodre
L'innocent & le criminel
Le châtiment ,
,
la recompenle
Font de la main qui les diCpense
L'éloge ou l'opprobre éternel.
C'est peu que de sa loy suprême
On appelle au Maître des
Rois,
Il répond comme de luimême
Des Ministres dont il faitchoix.
C'est à ces infaillibles marques
Que du plus sage des Monarques
Lajustice éclateànosyeux,
Il commet son peuple à ton
zele,
Et tu fais, ministre fidele,
La felicicé de ces lieux.
Ici ma voix est suspenduë,
J'ai trop de vertus à chanter,
Et ma recherche conson.
duë
Ne sçait à quel choix s'arreter.
Mais c'est trop garderle si.. ;lence,
D'où vient que ma Musc
balance?
Mon choix nest-il pas deja
-
fait?
J'ai fîû d'abord me le préferire,
Et la justice peut suffire
A faire un Ministre parfais
O combien son amour t'enflâme!
Qu'il excite en toy de transports
!
Ce feu rrop presle dans ton
ame
Cherche à se répandre au
dehors;
De là ce courroux qui c'a.-
nime
A la feule approche du crime:
L'épouvante fuit le respect,
Il n'estpoint de si fier coupable
,
Quelque effort dont il soit
capable,
Qui ne pâlisse à ton aspect.
Mais quel bonheur pour
l'innocence
>
Qui jamais ne t'implore en
vain!
Sur ton coeur qu'elle a de
puissancei
Tu n'as plus qu'un aspect
serain:
Telsur les flots un prompt
orage
Couvrant le ciel d'un noir
nuage > Contraint le jour à se cacher;
Mais le pere de lalumiere
Reprend-il sa splendeur
premiere,
Il rend l'esperance au nocher.
-
Ainsi, favorable & severe,
Signalant unjuste pouvoir,
Tour à tour de juge & de
pere
Tu remplis le double de- voir; Sourd à l'interêt, à la brigue
Perçant la plussecrete intrigue
Que l'impostiure ore tramer;
Tel enfin que j'ose te peindre,
Forçant les méchans à te
craindre
x
Tu portes les bons à t'aimer.
Je n.o[e endire davantage,
Et si jachevois le tableau,
Loin de m'accorder ton
suffrage,
Tu defàvoûrois mon pinceau
:
Mais mon zele fût-il coupable,
Tu cefleroisd'être équitable,
Si tu ne t'en prenois qu'à
moy; Ta vertu même en est complice.
J'ai voulu peindre la Justice,
Je ne lai pu que d'aprés
toy.
MlleBARBIERS
Dans le Mercure de
en a omis, par un feüillet
égarè'.,'la fin du Poème de la
Rune. Cet ouvrage a fait asfeZ.
de plaisir, pourmériter
l'attention de donner ici ce
fragment omis qui finit ce
Poëme.
, On recherche la volupté
),
Parce qu'elle flate& qu'on
l'aime;
Et si du diable on est tenté,
Il faut dire la verité,
Chacun est son diable soymeme
: Mais laissons le diable en (repos,-
Et reprenons nôtre propos.
Que ferez
- vous feule isolée
Sur vôtre Rune desolée?
Que faire là ? je n'en sçai
rien:
Mais vous pour elle si zelée
Peut-être le sçavez-vous
, 2-bieç.-
Helas! si j'en crois mesalarmes,
Un cruel ennui vous attend;
Ce roc pour vous si plein
de charmes,
., Et que par-tout vous vantez
tant,
Vous fera bien verser des
larmes.
Il me semble déjà vous voir
La tête sur la main penchée,
Regretter cet ancien manoir
Dont vous vous ferez arrachée
Et du matinjusques au foir
Trouver bien lugubre ôc
bien noir
Le nid où vous ferez juchée,
Disant souventd'un coeur
contrit:
Helas! on me l'avoit bien
dit.
Je n'en dirai pas davantage,
Mes avis seroient super flus;
Courez, volez à l'hermitage,
Partez, je ne vous retiens
plus;
Allez où vôtre coeur aspire,
Vous n'y ferez pas long ieL
jour.
S'il restoit quelque chose à
dire,
Je le garde pour le retour.
M. dela Chaussée, Fermier
general
,
est mort. On
a donné sa place à M. Laugeois.
Le choix & la diftindion
que le Ministre en a
fait, quoy qu'il ne soit âgé
que d'environ vingt-neuf
ans, fait juger qu'il remplira
cette place suivant
son attente. Ceux qui l'ont
pratiqué jusqu'à present le
pensent ainsi.
Il est petit-neveu de feu
M.
M.Laugeois d'Imbercourt,
qui aoccupé une pareille
place dans
les
Fermes generales
pendant quarante
ans, & qui eut deuxenfans,
-- dont l'un est à presant Intendant
à Soissons, &l'autre,
mortedepuis cinq ans,avoi"t é.t,émarié1e en premieres
noces à M. le Marquis
de la Paupliniere, &
en --fezotide-sau-feu le Maréchal
de Tourville.
Prologue de Melpomene
SedeThalîé^
SurunHeros.
MELPOMENE.
QUittez,
ma soeur ,une
arrogancevaine,
Osez-vouscomparer vos.
-
frivoles chansons
Aux nobles , aux sublimes
sons
Del'heroïque Melpomene?
- THALIE.
Héde grace,masoeur,treve
de vanité,
Vivez en paix avec Thalie;
Vousesllçeavezque vingt fois
a déconcerté
Pour une ennuyeuse folie
Vôtre ennuyeusegravité.
MELPOMENE.
Mavoix ressuscite lagloire
De mesantiques demi-
Dieux,
Etje consacre la memoire
Dé ceux qui brillent à vos
yeux. THALIE.
Vos chantspar leur lugubre
accord
Fatiguentsouvent leuroreille,
Ma flute souvent les réveille,
Et vôtrelyre les endort.
MELPOMENE.
Croyez-vous que ce soit un
talent fortutile , De badiner à tout propos ?
TAH-AL1E.,
Vous imaginez-vous qu'il
soit si difficile :
De faire briller les Heros ?
MELPOMENE.
De lauriers immortels je
' couronne leurs têtes,
» THALIE.
Jesçai les délasser par d'à.- - greablefêtes. d a,«..
MELPOMENE.
Jevante leux exploits.
THALIE.
J'amuse leurs desirs,
MELPOMENE.
Je prens foin de leur gloire..
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs..
MELPOMENE.
Je m'étonne qu'une Déesse,.
Qu'une Mufe se laisse à la
-
gloire entraîner;
L'amour propreest une soi- blesse
Qu'aux malheureuxmortels
on doit abandonner.
'-' THALIE.
Plusona le coeur grand, ôc
plus la gloire touche;
J'ai reçû comme vous ce
dangereux present:
Mais le mien est vif& plaifaut>
-- Et levôtre est sombre&farouche.
MELPOMENE.
Vous êtes ma cadette, au
jugement de tous,
Et l'on est modeste à vôt,re
âge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune qu:
vous,
Ne vousétonnez pas si je
plais davantage..
MELPOMENE.
Ne profanons point nôtre
voix
Par une odieuse querelle;
Des Heros le noble modele
Nous fournir de plus doux
emplois :
Il a mille vertus dignes de
sanaissance,
Les Mufes dontil est l'appui
Doivent se consacrer à lui
Par zele & par reconnoiC
.- sance.
THALIE
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE.
C'est le plus digne employ
des Filles de Memoire.
THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire.
MELPOMENE.
Que Thalie ait le fbhid'oc<
cuper son loisir.
MELPOM. & THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire,
Que Thalie ait le foin d'occuper
son loisir.
Nouvellesd'Espagne.
Le Roy a donné laclef
de Gentilhomme de la
Chambre au Marquis de
Casa Pabon, enconsideration
des services de son
pere.
MilordLexington, Ministre
d' Angleterre, arriva
le 18. Octobre à Madrid
à accompagné du Duc de
Popoliqui étoit allé au-devant
de luy, & qui le conduisit
en une maison qu'on
luy avoit preparée par ordre
Roy, il eue audience particuliere
de leurs Majestez le
mesme jour, le lendemain
il futtraité magnifiquement
au dépens de sa Majesté. Il
est aussiarrivé à Madrid un
cuvoyé du Divan 4Alger,
dont on ne sçait pas encore
la commission. Le Roya
fait chanter le Te Dtumm
actions de graces de la prise
du Qnesnoy;on fit des feux
& desilluminations durant
- deux soirs.
,
On mande de Catalogne
, queleGeneralStatemberg
a abandonné Cervera,à
cause que les Anglois au
nombre de trois mil cinq
cens &les Portugais au nombre
de dix sept cens étoient
sur le point desembarquer,
outre qu'il éroit arrivé des
Troupes Françoises en
Roussillon qui l'avoir obtigé
de se rapprocher de Barcelone
pour estre àportée de
couvrir la Ville.
D'autres lettresdeCatalogne
portenr que l'armée
devoit le 16. Octobre passer
la Segre pour aller campèr
auxenvirons de Cervera, tÍque les ennemis avoient
abandonne, que le Prince
Tferclas de Tilly ayant été
informé qu'un Régiment
::de Cavalerie de !Electeur
Palatin, red uit à cent cinquante
Maires, étoit dans
ilç voisinage de Cervera, fit
un détachement pour l'enlever;
il marcha avec tant
de diligence qu'il le joignit
avant le jour, & l'ayant enveloppé
de tous côtez, il
prit le Regiment entier sans
luy donner le tems de se
mettre en deffense. Les let-
: de Saragosse portent qu'un
corps composé de Troupes
reglées des hnncmiSjdcVolontaires
& deMiquelets
étoit venu se porter sur la
Rivièred'Aragon & de Na-
Varie : mais quelques Troupes
Espagnolessétant af.
semblées avec un grand
nombre de Volontaires de
ce pais-là avoit attaqué &
battu les ennemis & les
avoit poursuivis fort loin.
On écrit de l'armée de de.
vant Campo-Mayor que le
14.Octobre on avoit commencé
à battre la place avec
trois batteries composées de
Vingt - quatre pieces do1
Canon & d'onze mortiers
le11. au matin les assiegez
firent une sortie avec seize,
Compagnies de Grenadiers
& quatre cens Soldats, ils.
furent repoussez avec tant
de vigueur qu'ils furent obli-
gezde se retirer en si grand
desordre, qu'une partie fut,
coupée; en forte qu'ils ont
cil environ deux cens hom-.
mes tuez, blessez, & faits
prisonniers. Le 18. la derniere
paralelle fut achevée
à six toi ses du chemin cOU-"
vert & on avoit fait bréche
àla muraille.
Les TioupesAngloiic^
aprèssjëtriefcp^rçps.tj^J'Àrn\£
ç dçs Alliez se fon~
vers laMer à Ville Fr^pçho,
Gf Panades, (nue Tarragone
& Barcelone,, ouelles,
attendent une Escadre sur
laquelle elles doivent s'embarquer
pour retourner en
Angleterre; les Portugais.
(c préparent ayflà pour retourner
en Portugal.
Nouvelles de Holland»e.
Le Comte de Strafford
Plénipotentiaired'Anglq?
terre fit voile de la Brille Ic*
zt. Octobre & le 13. il
arriva à Londres, les Nego.
ciations pour la Paix font
toujours fort fccrettes; il
ne s'est rien fait depuis le
départ du Comte de Strafford
pour aller en Angleterre
où le bruit court qu'il
porte de nouvelles proposissonsdes
Alliez. Le Prince
Eugene de Savoye arriva à
la Haye de Bruxelles le premier
de Novembre; le foir
il eut une conférence avec
le sieur Hensius Pentionnaire
&, avec le Comte de
Sinzendorf.
Les garnisons sont arrivées
dans les Places Frontièrepourlesquelles
elles
, étoient destinées. Il ya dans
Lille quinze bataillons& six
Escadrons, un pareil nombre
à Tournay; quatre ba- -
taillons & quatre Escadrons
à Menin; deux bataillons
à Varneron; a proportion
à Aire, à Bethunc à saint
Venant, à Courtray & à
Oudenarde; à Bruxelles
quatorze Bataillons & vingthuit
Escadrons Impériaux.
Les Etats de Brabant sont
assemblez afin de trouver
des fonds pour leur subisstance.
Les Anglois sontvoi-
turer à Gand &à Btugesjes
provisionsqui ont été envoyées
d'Angleterreà , i^quepour,rcjp^LacerlDeuunrs-,j
n)aga%s.L'Armepd<{4JEq>;
pire estoit encore campée te,
20. Octobre à Graben prés
dePhilsbourgoùelle attendoit
avec impatiencela rell"
partition des quartiers d'hiver.
On mandede Cologne,
qu'un parti François avoit
pillé sur le RIiuî une Barque
chargée de marchandise
qui n'avoic point de
Passeport.
Nouvelles de Flandres.
Le Maréchal dg Villars a
fait defiler les Troupes de
laMaison du Roy pouraller
3a,as leursquartiersordinaires,
qui ont estésuivies
pat le reste de l'Armée,à
la reserve des Troupes qui
doivent resterdans les pLjce^
de la Frontiere ,-
il a mis de
grosses Garni sons dans les
places qu'il aconquises cette
Campagne : il a fait conduire
à Ar ras & à Cambray
l'Artillerie quiaesté employée
au siege de Bouchain,
& celleduQuesnoyàValenciennes
; il est allé avec le
sieur de Valory Ingénieur
en chef, visiter le Quesnoy
& Bouchain, il a ordonné
de nouvelles fortifications , & a fait travailler à la réparation
des brèches.
On mande de Namur
qu'un Parti de cetteVillelà
étant allé en course du
côté de Louvain, avoirenlevé
une quantité d Equipages,
&avoit défaitledétachement
qui les escortoit,
De Venise.
,
Philippe de Variny grand
Phisicien,Professeur Royal,
mourut à Venise le 2.8.
Octobre.Ilétoit C hevalier
de S. Marc. Onne fera peutestre
pas fâchédesçavoirce
.(jue c'est que Chevalier de
S. Marc.
Il y en a de trois fortes,
la premiere cft une espece
derécompense dont leSenat
honnore particulieremenc
ceux d'entre les Nobles
Venitiens, qui ont fait de
grandes actions pour le
service de la Republique,ou
qui s'étant dignement acquittédesAmbassades
qu'on
leur avoit confiécs,reçoivent
du Senar mesme le titre de
de Chevalier qui leur avoit
été conférépar lesTêtes
Couronnées,auprésde squels
ils estoient Ambassadeurs;
ils ont le privilege de porter
la Stole d'or aux jours
de ceremonies, & sont
mesme dirtinguez les autres
jours pnr un galon d'or qui
borde la Stole noire qu'ils
portent ordinairement. Les
.f - *'
deux autres onc accoûtumé
de se conferer à ceux qui
par le mérité des armes ou
des lettres, ont acquis l'estime
de la Republique;quoique
ceux-cy portent une
mesme marque de Chevalerie,
on fait grande différence
entre ceux qui le foilt
publiquement dans l'ExcellentissimeCollège,
& ceux
qui en reçoivent le caractère
en particulier dansla chambre
du Doge qui a le pouvoir
d'en créer de cette forte
quand il luy plaist. Voicy
ce qui se pratique pour la
reception des premiers.
L ExcellentissimeCollège
estant assemblé, le Cavalier
du Doge accompagnéde
l'Ecuyer & des autres Officiers
de sa Sérénité,fait entrer
celuy qu'on doit recevoir
& le conduit aprèsles
trois reverences ordinaires
jusques au second degré du
Trône,aprés qu'il s'y est mis àOgenoux,leDogeassis sous ~à D(, noux leS)a ffis fous
un Dais au milieu de la Seigneurie
luy fait connoistre
la refolurion qui a été prise
de le faire Chevalier de fain^"
Marc,ensuite de quoy ille
frappe de l'Epée Ducale sur
chaque épaule,luydisant à>
chaque fois, estoMiles fidelis
-
& puis sur la tête en disant
encore, esto Eques Divi
Marci. Dans ce même rems
les Officiers luy attachent aux
pieds les Eperons d'or qu'ils -
retirentaussitôt. Celaétant
fait le Doge luy met au col
une chaîne d'or où pend le
Lion de S. Marc, Symbole
ordinaire de la République;
au sortir de là il est conduit
par ses Officiers jusqu'a
la porte du Palais au bruit
des Clairons & des Trompettes.
Ceux qui font reçus
ont le droit de Bourgeoisie
& le privilege de porter dans
leurs armes un musle de Lion
pour cimier. C'estun homme
qu'on estime fort, la
distinctiondontMonsieur
de Varini a été gratifié en le
recevant, c'est que la pluspart
de ceux qu'oncrée Chevaliers
de cette forte,achètent
la chaîne qu'on leur met
au col, Se qu'il doit la sienne
àla libéralité de la Republique.
La Croix d'or qui
pend au bas est chargée
d'azur,elleressemble fort
à celle de nos Chevaliers le
Malthe;ily a un rond au
milieu, dans lequel est un
Lion ailé d'uncôté qui tient
un livre,& de l'autre: une
inscription.
S. C.
ALOYSIUS
CONTARENO.
DEI GRATIA
DUX VENETIARUM.
Et autour du rond.
VIRTUTIS
,
ET
HONORIS PRÆMIUM
v. Nouvelles de Flandres,
Les lettres de Flandres du
8. Novembre portent que
le Prince d'Hanalle, Commandant
en chef les Troupes
du Roy de Prusse, s'est
emparé de vive force de la
Ville de Meurs sur la Meuse,
qui est de la succession du
Prince d'Orange; les Hollandois
y avoient fait mettre
des Troupes & avoir dit
qu'il regleroit certe succession
à la paix; mais le
Roy de Prusses'enestrendu
maistre. Cet événement auquel
on ne s'attendoit pas
à cause que son Altesse
Electorale avoit promis
d'attendre la decision de -la
Chambre Imperiale de
Wetzlar, causa icy beaucoup
de surprise;mais comme
on n'a pas jugé à propos
de s'attirer de nouvelles
affaires, on est convenu par
provision que les Troupes
Hollandoises & celles de
Brandebourg seroient la
garde conjointement. Les
lettres du 10. assuurent que
les habitans de la Ville ont
presté fermentdefidelicé à
son Altesse Electorale.
On mande d'Ypres que
les Hollandois font travailleraux
fortifications du
Fort de la Kenoque; on
travaille aussi à celles de
Doüay,duQuesnoy & de
Bouchain, & on y ajoute
de nouveaux ouvrages; on
travaille à remplir tous les
magazins des places frontières
Se à y faire de grands
amas de foin & d'avoine.
On écrit de Dunkerque que
les Armateurs de la Ville
Qnt fait desprises sur les
Hollandois pour la valeur
de plus de cent mil écus,
& ils les ont amenées dans
le Port;si les vents avoient
été bons, ils en auroienc
fait du moins encore autant.
Les lettres de DunKerque
du quatorziéme Novembre
portent que le Duc dOrmond
y estoit arrivé le
onziéme; il visira les Fortifications
de la Ville & de
la Citadelle, les Galères &
les Vaisseaux. Il est parti
avec un vent favorable sur
un Yacht magnifique pour
repasser en Angleterre,
Messire N. Marquis de
Chevry, mourut Te 16.
Novembre. Il estoit petit
fils de Monsieur de Chevry,
Controlleur general des
Finances, homme de beaucoup
d'esprit, & qui avoit
rendu de grandsservices à
l'Etat; le deffuntestoit un
homme d'une probité &
d'une pieté parfaite, pere de
Madame la Duchesse de
Noirmoutier. Il s'estoit distingué
dans le service de la
guerre dans ses premières
années à la cette d'un beau
Regiment.
Suite du Memoire de l'oreille
par rapport à la
musique
, ou lesmerveilles
de la Trachée
artere,tirées des observations
desplus habiles
Anatomistes, f5 de
l'anatomiecomparée.
L'Organe de la voix ou
de la parole est le gosier,
nommé par les Anatomie:
tes âpre ou trachéeartere,
pour le distinguer du go.
iiêr par où passent les alimens
qu'ils appellent l'ésophage,
& qu'on peut à eause
de cela nommer en françois
le passage des vivres.
Le gosier ou trachée artere
est composé de quarante
quatre parties qui fervent
à former la voix, sçavoir
de vingt six cartilages osseux,
de douze muscles, de
trois especes de membranes
, & de trois especes de
nerfs, sanscompter les arteres,
les veines, les glandes,
& autres parties qui
entrent encore dans sa
composition. Toutes ces
quarante quatre parties ont
leurs usages par rapport à
la voix, qu'il s'agit d'expliquer
,
c'est à-dire, de reduire
aux regles de la mechanique
& de la musique.
Nous appellons osseux les
vingt-six cartilages, parcequ'ils
tiennent effectivement
de la nature de l'os,
puisqu'ils contiennent tous
une espece de moëlle dans
le milieu de leur substance,
& qu'ils deviennent mesme
des os parfaits dans
beaucoup de vieillards. Il
faut encore joindre à ces
quarante quatre organes le
diaphragme qui est un des
principaux instruments de
la voix, ce qui fait au moins
quarante cinq organes en
tout.
I. On a de coustume de
distinguer le gosier en deux
partiesprincipales,quisont
a teste
, nommée par les
Anatomistes, larinx
, en
françois siffletou cornet,
& le corps du gosier. Ce
corps est un canal plus que
demy circu laire, dont la
convexité est tournée du
poflx du visage, & qui commençant
à l'entrée des poumons,
monte le long du
passage des vivres sur lequel
il est couché & applique
par sa base. Il est composé
ordinairement de
vingt un cartilages formez
chacun comme un grand
croissant
,
& qui sont fermez
du costé de leur bafe
par une membrane musculeuse,
laquelle regnant tout
le long de ce canal ,forme
cette base que je nomme
le MurcIe posterieur. Ces
cartilages sont liez les uns
aux autres par les fibres
longitudinaires de cette
membrane musculeuse,qui
s'inserent entre chacun
d'eux, &s'y attachent dans
tout leur contour. Par ce
moyen les fibres circulaires
de la mesme membrane,
qui traversent ces premiers
angles droits, se gonflant,
& se racourcissant par l'arrivée
des esprits, ferment
ces anneaux ,& retrecissent
la capacité du gosier;
& lorsque les fibres longitudinaires
se gonflent & se
racourcissent, le canal en
est en mesme temps racourci
; desorte que si l'on
souffle alors le vent sort
hors la poitrine avec effort,
ce canal s'enfle considerablement,
le ressort des mes.
mes anneaux contribuë aussi
à les dilater. Mais ce
racourcissement se fait encore
parune autre membrane
tendineuse qui tapisse
intérieurement le
corps du gosier, & dont les
fibres longitudinaires qui
attachent intérieurement,
les mesmes anneaux pu
croiffans les uns aux autres,
les rapprochent les uns des
autres en se racourcissant
par leur ressort
,
quand le
gosier a ététiré selon sa
longueur, & laissé ensuite
en liberté. :,
, 2. La teste du gosier ou
le larinx
, ou cornet ,
est
composée de cinq cartilages
osseux comme les précedens,
dent le plussolide
ala forme de l'embouchoir
d'une flute douce ou à bec,
coupé perpendiculaire
ment à sa longueur après
en avoir osté le tampon;
c'està dire que c'est une
espece d'anneau à tirer de
l'arc beaucoup plus large
dans une partie de son
corps que dans la partie opposée,
aussi l'appelle-t'on
l'anneau. Le haut du corps
du gosier est joint avec le
bas de cet anneau par des
ligaments particuliers en
telle forte que la partie large
de l'anneau est rootnée
vers le derriere de la teste
,
& posée sur l'esophage, &
la partie vuide & anterieure
du mesme anneau est
recouverte par un second
cartilage nommé l'écu &
le bouclier
, qui ressemble
assez à une cuirasse de fer,
estant voutéde mesme par
le devant. Ce cartilage ou
l'écu estant applari auroit
la figure d'un tra peze donc
la plus grande baze seroit
tournée en haut. Ilestfortement
adherent au corps
de l'anneau par des ligaments
propres; il s'esleve
mesme plus haut pour s'aller
attacher par fesdeux angles
ou cornes superieurcs
aux deux cornes de l'os de
la langue, appelle Joïde,
lequel tient par ce moyen
tout le gosier de l'homme
suspendu dans une situation
verticale.C'est cette partie
voutée dumilieu de ré.
cu qu'on appelle le noeud
de la gorge , d'autres disent
la pomme d'Adam,
au dessous duquel noeud on
sent en tastant avec les
doigts le bord estroit de
l'anneau. Par ce moyen
l'anneau &l'écuforment
ensemble le canal rond de
lateste du gosier,lequel
canal a huit ou neuf lignes
de diamettre dans un homme
fait. Ce canal est recouvert
par le haut de deux
membranes fort épaisses,
& presque semicirculaires,
attachées horizontalement
par leur circonference exterieure
dans son contour
interieur. Ces deux membranes
laissent entre leurs
bords intérieurs terminez
chacun par un cordon solidetendineux
, une ouverture
triangulaire isocele
appellée la glotte ou
la bouche du gosier dont
la pointe se termine au milieu
du dedans de l'écu,
dans l'endroit où ces deux
membranes qu'on nomme
les lèvres de la glotte se
réunissent, & donc la base
est située sur !c bord large
de l'anneau, oùil y a deux
petits cartilages triangulaires
osseux attachez par leur
base sur le mesme bord,
environ àune ligne l'un de
l'autre. On les nomme guttauxou
becs, à cause de
leur figure pointuë ; c'est
apparemment eux qui ont
donné le nom au gosier.
Les deux bouts de ces deux
cordons font collez chacun
à la base d'un de ces
deux osselets. Et ily a des
Autheurs qui prétendent
que ces deux cordons,&
mesmeleurs membranes
font des muscles, mais cela
ne m'a paru ainsi
, on
verra dans la fuite que ce
font principalement ces
deux membranes & leurs
cordons qui forment la
voix ou la parole ,& ces
deux osselets qui la modifient
en les approchant ou
écartant l'un de l'autre,
ainsi on peut les nommer
les portiers de laglotte. Enfin
cette sente, bouche ou
glotte est recouverte par
un couvercle ou clapet cartilagineux
de forme triangulaire,
un peu arrondi par
la pointe, nommé à cause
de cela l'epiglotte, comme
qui diroit le couvercle de
la glotte. L'epiglotte tient
interieurement parsa base
irl'écu proche le milieu de
son bord superieur au dessus
de la glotte, ensorte que
le vent souffléde la poitrine
par la glotte, ouvre cette
porte pour sortir, par la
bouche,& celuy que l'on
respire joint au poids de
cette glotte,la referme dans
l'homme. Mais dans lesani- r.
maux à quatre pieds qui
ont presque tousjours la
teste baissée,& dont la glotteest
très spacieuse
,
& l'épiglotte
plus pesante
,
la
nature a esté obligée de
luy donner des muscles particuliers
pour l'ouvrir &
la fermer, de crainte que
les alimens n'encrassent par
la glotte pendant la respiration.
3. Dans les oiseaux aquatiques
comme les canards,
gruës,oyes,macreuses, &c.
qui retirent continuellement
de l'eau, de l'air, &
- de
de la vasemeslez ensemble,
( ce qu'on appelle
communément barboter,)
la nature prévoyance a situé
le principal organe de leur
voix au bas de leur gosier
au dedans de leur poitrine,
ensorte que dans plusieurs
il est caché mesme dans la
substance du poumon. De
plus cet organe est double,
car du costé gauche du
corps du gosier cest un anneau
osseux semicirculaire
-
beaucoup plus large, plus
solide
, & plus ample que
les autres,ayant à sa base
une fente percée du devant.
au derriere,dont les lévres
font membraneuses. A cette
fente, s'abouche la branche
gauche de l'Apre artere
qui se répand, dans le
poumon; desorte qu'en
soufflant par cette branche,
le vent qui fort par cette
fente ou glotte inférieure,
& par celle qui est outre
cela au haut du larinx à la
racine de la langue
,
rend
un son enroüé
, que les paysans
nomment ( pire) &
qui est le chant ordinaire
avec lequel ces oiseaux s'appellent
de près; mais du
costé droit la nature a joint
à ce demi anneau osseux un
veritable sifflet rond, osfeux
semblable en quelque
façon aux sifflets de terre
donc les enfans contrefont
les Rossignols. Ce sifflet
tres-dur en dehors, est rapissé
en dedans d'un cartilage
fort épais, ayant deux
bouches,dont la su perieure
s'ouvre dans le bas du
corps du gosier par son cosséJ
& l'inférieure respond
dans le lobe du poumon
droit par la branchedroite
de l'âpre artere ,
estant
presque en tout semblable
à la bouche ou glotte qui
est du costé droit. le vent
soufflé avec violence par
cette branche droite frappant
l'interieur de ce siffier,
rend un sontres-fort par la
glotte superieure ,lequel
les paysans appellent (can)
& de crainte que ce vent
ne rentre dans lelobe gauche,
la nature a separé la
bafe du corps du gosier en
cet endroit par un cartilage
osseux qui sertde guideaux
deux airs, qui sortent des
poumons,& qu'on appek
le le coûtre. Ce vent qui
vient du sifflet entrant avec
rapidité dans lescavitez
que ces oiseaux ont au palais
en plus grande quantite
que les autres oiseaux
plus grandes,& plus , profondes,
y prend un sonnazard
qui s'y augmente
merveilleusement. C'est ar,
vecce son nazard qu'ils
appellent leurs camarades
qui sont fortesloignez
d'eux. Il faut dé plus remarquer
queles cartilages
du corps du goder de ces
fortes d'oiseaux sont des
cercles presque entiers enchassezquelquefois
les uns
dans les autres, pour avoir
plus de solidité; & ceux au
contraire de ses branches
quise répandent dans les
poumons font des cercles
plus imparfaits, avec une
membrane charnuë qui les
lie à peu près comma le
corps du gosier dans l'homme.
4. A l'égard des autres
muscles du gosier, qui dans
l'homme font au nombre
de onze, ils sont tous atta-)
chez à sa teste ou larinx ;
sçavoir deux qui fervent à
la tirer en bas, sont attachez
chacun d'un bout au
bord inférieur de l'ecu des
deux costez de son noeud
ou milieu, & de l'autre
bout au haut du poitral
, ces
muscles donnent encore
lieu au gosier de s'enfler
davantage par cet abbaissement,
& aidentl'action
de sa membrane musculeuse
posterieure, & de sa
membrane tendineuse intérieure
, on peut à cause de
cela les nommer les deprimeurs
du gosier. En abbaissant
aussi lateste du gofier
ils facilitent la déglution,&
garantissent la cheute
des alimens dans la glotte.
La teste du gosier est
retirée en haut, & en mesme
temps suspenduë par
deux autres muscles attachez
d'un bout aux deux
costez du noeud de l'écu
vers son milieu parle devant
, sçavoir au dessus des
précédents, & par l'autre
b out aumesme os de la langue
dont on a parlécy devant,
Ces deux muscles au
reste
reste n'ont que deux pouces
de longueur. Ils lér-'
vent aussi à faire allonger
lecorps du gosier lorsqu'ils
viennent à se raccourcir,
& de plus en tirant la teste
du gosier en haut, ils facilitent
la respiration, & présentent
laglotte à la bouche
pour faire davantage
éclater la voix;On peuc
donc les nommer les Elc^
veurs du larinx.
f'
;
Déplus l'ecu est comme
ouvert en dehors ou appla-
¡,. ti par une troisiéme paire
f' de muscle
,
qui partant du
bord estroit ôcinférieur de
l'anneau au devant de la
gorge, vont s'atracher
aux deux angles de la base
inferieure de l'écu à
droite & à gauche. Car
il est évident que ces muscles
en se raccourcissantretirent
par ce moyen les ailes
de l'écu en dehors,comme
pour le rendre moins
vouté,mais ce n'est effectivement
que pour attirer la
partie posterieure de la ted
te du gosier vers son anterieure,
c'est à dire pour l'applatir
un peu du devant en
derriere
,
& l'allonger en
mesme temps d'autant vers ,
les deux costez, ou en un
mot pour rendre sa cavité
ovale, afin de rendre la double
membrane qui compose
la glotte, laquelle sans cela
demeureroit lasche & ridée
lorsque la glotte est fore
ouverte, ce qui causeroit un
son bas & tremblant. Et
afinaussi que les deux lévres
de la glotte ou ses
deux cordons puissent plus
aisément estre écartées l'un
del'autre par les muscles
destinez à cet effet donc
nous allons parler. Onpeut
donc nommer cetre troisiéme
paire de muscles les
Applatisseurs du larinx. Ces
trois premieres paires qu'-
on appelle ordinairement
exterieurs par rapportà récit
,
pourroient encore
mieux estre nommez antérieurs,
parce qu'ils sont situez
ducollet duvirage,par
rapport aux cinq dont nous
allons parler, qui sontplacez
sur le partage des vivres
vers le derriere du col,
& qu'on pourroit nommer
a cause de cela posterieurs
aussi bien qu'interieurs par
rapport à l'ecu, mais ces
denominations ne regardant
que l'anatomiste
, &
nullement le musicien ( si
ce n'est tout au plus pour
s'orienter,) nous passerons
maintenant à la description
& aux usages de ces derniers.
La quatrième paire
de muscles part donc des
deux costez de la partie large,
& posterieure de l'anneau
en dehors, & va s'attacher
à la bafe des deux
portiers de la glotte, sçavoir
proche les angles de
cette bafe les plus esloignez
du milieu de la glotte
,
&
cela après avoir passé derriere
deux petites éminences
de la partie large de
l'anneau qui leur fervent
comme de poulies de retour,
afin de leur donner
à chacun un plus grand
jeu dans leur raccourcissement,
& une direction plus
propre à écarrer ces portiers
l'un de l'autre en les
faisantglisser sur le bord de
l'anneau. On peutappeller
cette paire les grands Dilatateurs
de la glotte parrapport
a une cinquiéme paire
beaucoup plus courte &
plus gresle, qui partant des
deux costez de la mesme
partie de l'anneau fous l'écuà
costé des deux précedents,
mais plus loin du milieu
de l'anneau, va s'attacher
aux mesmes portiers
joignantles deux précedents
à l'anglemesme de
leur base; par ce moyen la
direction de ces derniers
muscles est encore plus propre
à écarter les deux portiers
l'un de l'autre, mais
avec un moindre jeu que les
deux précedents; c'est pour
cela qu'on nommera cette
cinquiéme paire les petits
Dilatateurs de la glotte. ERfin
l'onziéme muscle du larinx
qui est le douziéme de
tout le gosier,lie exterieurement
les deux portiers l'un
à l'autre parleur base,afin
de pouvoir en se gonflant
6c se racourciffant les approcherl'un
vers l'autre,&
fermer en mesme temps les
cordons de la glotte. Gn
peut donc le nommer l'Adducteur
des cordons ou:des
lévres delaglotte,ausil'oi>
veut tout d'un coup le Fer-
-
meurde la glotte. Plusieurs
anatomistes habiles
veulent que cederniermuscle
foit encore double comme
les précedents ; mais la
chosenema pas paru ainsi.
Il y a donc treize muscles
qui fervent à la formation
- de la voix en y comprenant
le diaphragme donc
on parlera cy-a prés.
5. A l'égard des nerfs du
larinx il y en a de trois sortes,
sçavoirune branche de
la quatriéme paire qui envoye
un rameau à toreilla
& l'autre à la langue, une
de la septiéme paire qui en
fait autant, comme nous
l'avons dit en parlant de
l'oreille, dans le Mercure de
Paris du mois de Janvier
1712.&qui de plusenvoye
un rameau à la racine des
dents; & enfin une bran**
che de la cinquiéme paire
du nerfrecurrent, qui après
s'estre entortillée autour de
l'aorte descendante, monte
au gosier, ou elle distribuë,
des rameaux à son
corps&àsateste. Une pareille
branche du mesme
nerf fait la mesme chose
aprés s'estre contournée
autour de l'artereaxillaire
droite, & ces deux branches
envoyent en mesme
temps des rameaux au
coeur. De plus ces deux dernieres
paires, aprés s'estre
unies, envoyent encore des
rameaux à la langue & aux
oreilles. Par le moyen de
ces nerfs l'animal entre en
action pour crier, & se deffendre
en mesme temps ,
ou pour fuir selon l'occasion;
pour exprimer sa joye,
son admiration, sa douleur,,
& toutes ses autres passions.
Ce nerf dela huitiéme paire
estant coupé, l'animal
cesse dans le moment de
crier, ce qui marque en general
que les nerfs font
toute l'action des animaux;
&en particulier que c'est
celuy-cy qui sert à former
le cri de la voix en se distribuant
dans les muscles
du larinx, sans que l'oreille
y ait part, comme ilarrive
à tous les sourds & muets
lorsqu'ils sont agitez de
quelque passion.
6, Quant à laformation
de la voix il y a des Anatol"-
missesouPhysiciens qui
ont dit que la glotte en estoit
l'organe
,
d'autres les
muscles du larinx; & enfin
les autres le corps mesme
du gosier ; & tous ensemble
ont raison ; car le corps
du gosier contribuë à la
voix,en foumissant l'air qui
en fait le son ; les lévres&
cordons de la glotte contre
lesquels cet air se brise, forment
ce sonpar leurs tremblements
,
& les muscles
qui servent à serrer ou à
écarter ces mesmes cordons
& leurs membranes
l'une de l'autre, & à étendre
ces mesmes membranes
,
forment le degré
,
la
force, & la netteté de ce
son. A quoy l'on doit encore
adjouster les muscles
de la poitrine, principalement
le diaphragme, qui
pressant les poumons (à peu
près comme un berber
presse sa musette avec son
bras, ou comme un preneur
de cailles presse son
apeau) fournissent au gofier
l'air qui forme la parole
& la voix. Voila donc
au moins quarante cinq instrumens
qui fervent à former
la voix.
Mais pour expliquer
maintenant cette formation
dans le détail qu'elle
demande,il faut remarquer
que la voix de l'homme n'a
pas feulement besoin de
monter & dedescendre par
differents intervalles
,
loic
pour chanter, pour appeller,
pour crier ou pour exprimer
ses différentes passions;
mais elle a besoinencore
d'estre plus forte ou
plus foible en chaque dé- -
gréde son, afin de se faire
entendre à differentes distances,
ou pour varier son
chant 6c ses paroles selon
le besoin: ainsielle doit devenir
quelquefois plus foible
en montant , ôc plus
forteen descendant
, ou
tout au contraire. Or le vent
poussé au travers de laglot-
.te.) soit dedans en dehors,
(ou mesme. de dehors en
dedans) forme lesonde la
voix, le bruit de la parole,
les cris, les éclats, les sanglots,
&c.selon que ce bruit
estplus longou plus court,
plus
plus fort ou plus foible
,
comme nous l'avons dit
dans le Mercure cité cydessus
; & cela en faisant
trembler les deux membranes
de la glotte, mais principalement
ses deux cordons
qui sont tousjours entretenus
dans un certain
estat de tension ou de ressort,
tant par leur solidité
particuliere,que par le mue.
cle fermeur
,
qui tire les
deux portiers l'un vers l'autre;
& cet air devient son
en se brisant contre ces
mesmes cordon,de la mesme
maniere que l'air pressé
au travers des lévres de la
bouche devient un fifllement
qui estune espece de
son en les faisant trembler,
ou si l'on veut comme le
vent chassé violemment à
travers la fente d'un chas-
Es décolé en quelque endroit
, y forme unson qui
imite fort la voix humaine
par les tremblements qu'il
luy cause ; ou enfin encore
comme l'air pouffé au travers
une fente faite au costé
d'un roseau ouvert par
un bout,&fermé par l'au,
tre, lorsqu'on souffle par le
bout ouvert; car cet air ne
pouvant passer par cette
fente sans en écarter les lévres,
les met en ressort, &
leur combat mutuel forme
des vibrations dans l'air environnant,
dans lesquelles
consiste le [on, & ce son
imiteroit encore plus parfaitement
la voix humaine
si l'on avoit foin d'arrondir
un peu ces deux lévres
,
à
peu près comme les bords
de la glotte. Au reste le
chassis bruyant,&les firingues
ou roseaux des Anciens
n'imitent encore la
voix humaine qu'imparfaitement,
en ce que leur son
ne monte jamais, qu'il nc,\
devienne en mesme temps
plus fort, & qu'il descend
tousjours à mesurequ'il
s'affoibltr. Car ce son ne
monte, que par l'acceleration
de ses vibrations, laquelle
ne vient que de la
force de l'air qui est poussépar
la fente; au contraire
lorsque cet air passe plus.
lentement
,
ses vibrations
devenant plus lentes, le son
baisse enmesmetemps. La.
mesme chose arrive à quantité
d'oiseaux dont la glotte
n'est ouverte ou fermée que
par l'air qui passe au travers,
particulièrement aux
oiseaux aquatiques donc
nous avons parlécy -devant,
& dont la voix se forme
au travers de leurs glotte
, comme le son à travers
la fente d'un chassis
bruyant, ou d'une siringue,
& non pas par le jeu d'aucuns
muscles.C'est ce qu'on
entend tous les jours sur les
estangs où il y a des canards
lorsqu'il en passe
d'autres en l'air au détins
d'eux, car ils les appellent
en eslevant d'abord leurs
ailes afin d'enfler leurs poumons
,
& planant ensuite
fortement pour en chasser
l'air avec violence, ce qui
esleve extremement leur
voix,& forme un cancan treséclattant,
lequel baisse peu h,
,
peu à mesure que leur poitrine
se vuide d'air;les coqs
font à peu près la mesme
chose avant de chanter.
7. Il n'en est pas de mesme
dans l'homme, & mesme
dans plusieurs animaux
terrestres, comme les
chiens, les chats, l'Elan du
Bresil, & dans quantité
d'oiseaux dont la glotte
estouverte & fermée par
des muscles: car lemuscle
fermeur de la glotte
venant à se raccourcir, ap*
proche les portiers l'un de
l'autre & de son milieu, ce
qui bande ses cordons, parce
que ces portiers estant
posez sur la circonférence
de l'anneau, & les deux
cordons qu'ils tirent estant
attachez à la partie opposée
diametralement du ca.
nal du larinxil est bien evh
dent qu'on ne sçauroit approcher
les portiers du diamettre
de ce canal sans en
mesme temps allonger ces
cordons, ( comme Euclide
lademontré)& sans estendre
aussi les deux membranesqu'ils
bordent, & qui
couvrant ce canal, forment
la glotte. Ainsi la voix ou la
parole est obligée de monter
par l'acceleration des
tremblements de ces cordons
,& elle s'affoiblit en
mesme tem ps,par le jet d'air
qui sort de la glotte, lequel
est
est d'autant plus gresle
qu'elle est plus rétrecie.
Maissi l'on veut augmenter
au contraire laforce
de la voix sans l'eslever
il ne faut que pouffer une
plus grande quantité d'air
de la poitrine,& ouvrir un
peu les portiers de la glotte,
en bandant les dilatateurs
grands ou petits, & relaschant
à proportion le Fermeur,
afin que les cordons
ne soient pas plus tenduspar
l'augmentation de la quantité
de l'air qui passe entre
eux qu'ilsl'estoient en premicr
lieu: parcemoyen cet
air passant en plus grande
quantité par la glotte produira
un son plus fortsans
estre cependant plus estevé
; au lieu que si les cordons
n'avoient point esté
relaschez, la voix auroit
monté
, en mesme temps
qu'elle feroit devenuë plus
forte1, comme dans les oiseauxaquatiques.
Je dis
de plus que les Applatifseursdu
larinx doivent aussi
entrer en contraction,
afin de faciliter touvenure
de la glotte, & tenir en
mesme temps les deux
membranes tenduës,comme
nous l'avons dit. Si l'on
veut outre cela que la voix
monte à mesure qu'elle devient
plus forte ; alors les
Eleveursdu larinx doivent
le tirer en haut,afinde présenter
la glotte à l'entrée
de la bouche, pour que l'air
qui en fort allant frapper
contre toutes ses parties solides,
comme le palais, &
les dents,&c. y fouffredes
réflexions,s'y brise& y
augmenta la force de son
ressort,comme nous l'avons
dit de l'entonnoir, & de la
caisse de l'oreille, & afin
aussi que le canal exterieur
composé de la bouche & de
son entonnoir, lequel s'estend
jurqu'au larinx & que -
l'on nomme le creux, ou le
port de voix) estant par là
plus racourci, la voix en
devienne plus eslevée,comme)
1 arrive dans les flutes,
hautbois
,
flageolets, &c.
Enfin la membrane charnuë
ou le muscle qui lie les
croissansdu corps du gosier
,
doit aussiroidir les -fibres
circulaires, afin de rétrecir
tout ce corps, & de
donner plus de rapidité à
l'air qui couleau dedans,
sans quoy l'effort du diaphragme
deviendroit inutile.
Ainsi l'on voit que pour
produire cet effet la pluspart
des muscles font en
action ; car la voix devant
durer quelque temps sur un
mesme degré, il faut necet:
sairement que tous les muscles
antagonistes soient
contrebandez, c'est-à-dire,
que les Abaisseurs du gofier
le soient contre les Eleveurs
, & que ses Dilata-*
teurs le soient contre le Fermeur,
aussi bien que le diaphragme;
sans quoy la glotte
se sersieroit)&s'efleveroit
en mesme temps, aussi
toit que le Fermeur & les
Eleveursagiroient
,
& ne
demeureroit pas dans un
mesme estat, mais le son,
hausseroit ôc. deviendroit
plus foible en mesme
tems.
Mais si l'on veut que la
voix augmente encore de
force & descende ou grossisse
en mesme temps, il
faut relascher davantage le
-
Fermeur, & par ce moyen
les cordons & les lèvres de
la glotte, bander davantage
les Dilatateurs de la
glotte, & les Applatisseurs
du larinx
, & pousser l'air
avec plus d'effort: car cet
air ouvrira & arrondira davantage
le corps du gosier,
& fera un jet plus gros, plus solide
,
& par consequent
plus capable d'ébranler
tout l'airenvironnant,
- ce que ne pouvant faire sans
tendre les cordons de la
glotte, il est évident qu'il
faut donc d'ailleurs les relascher.
Il faut de plus que
les Déprimeurs du larinx
seroidissent,&l'emportent
sur ses Eleveurs,afin de donner
lieu à l'air qui passe par
le corps du gosier de l'enfler,
& d'y couler par consequens
avec moins de rapidité,
quoy qu'en plus
grande quantité, ce qui formera
dans la glotte un jet
plus fort, quoyque d'un son
moins eslevé. Il arrivera
de plusde cet abbaissement
du gosier
, que le creux,
ou port de voix, ou l'entonnoir
en deviendra plus
profond à mesure qu'il s'élargira
, ce qui rendra encore
la voix plus masculine,
& plus baffe. Se fera tout
le contraire lorsqu'on voudra
que la voix devienne
plus foible, à mesure qu'elle
baissera
, comme dans
l'estas le plus ordinaire. Car
le diaphragme pouffant
moins d'air de la poitrine,
la glotte pourra se rétressir,
& par consequent le Dilatateur
& l'Aplatisseur se relascher
à proportion; en
telle sorte que le peu d'air
qui passera par la glotte, y
coulera lentement, & y excitera
des fremissements
lents,c'est- dire un son
grave & foible
, ce qui se
perfectionnera encore par
l'élargissement & l'abbaissement
du gosier, & par Fa"
longement de son creux,
comme on vient de l'expliquer
, cette acttion estant
en partie opposée à la précedente
& plus simple, que
sri la glotte s'ouvroit par aaion du Dilatateur & de
l'Aplatisseur: ce qui fait
voir que les différentes modifications
de la voix conlatentdansun
combat entre
le diaphragme & les
muscles du gosier.
8. C'est la mesme chose
pour la parole que pour la
voix ,
excepté feulement
que la parole est une voix
pluscourte l3) plus unie.
Ilya cependant biendes
nations comme les Normans3
les Gascons
, mais
principalement les Chinois,
dont la paroleestun
veritable chant;& le systeme
enharmonique des
Grecs, n'estoit inventé que
pour noter leur déclamation
qui estoit un vray
chant. Lors qu'on dit que
l'on reconnoistun homme
à la voix, ou quand on commande
d'obéir à sa voix, on
entend non le chant d'un
homme mais sa parole, tant
il est vray que ces deux
choses considerées en ellesmesmes
ne font qu'une
mesme chose. Mais les gradations
de la parole sont
différences de celles de la
voix, comme estant regléees
par un autreorgane,
sçavoir le limaçon;au lieu
que la voix est guidée par
lelabyrinthe, comme nous
l'avons dit en parlant de
l'oreille;c'e stce quifait que
la parole reçoit toutes sortes
de gradations à l'infini,
de mesmeque le chant des
Chinois; au lieu que le
chant desOccidentaux, ôc
mesme celuy des Arabes,
des Perses, &c. a des gradations
choisies
, comme
nous le dirons dans la Me*
lodie qui doit suivre ce Mémoire.
Ce qui nous convainc
encore que la parole
& la voix s0nt formées par
lçs mesmesorganes
,
du
-
moins dans la pluspart des.
hommes, c'est que si Ion
donac-tquelque teneur ou
durée à ses paroles, elles
deviennent une veritable
voix, comme chacun peut
l'éprouver;desorte que des
paroles qui ont chacune
une durée sensible,sans gradation
,ou avec des gradations
mélodieuses,nedif- -
ferent en rien d'une voix.
Il faut cependant avouër
que ceux qui ont appris à
chanteri, méfientAc%orne^
mens mesme dans chaque
ton, commede pousser leur
voix, par diminutions, par
accroissemens, par ondes,
&c. qui ne se trouvent pas
dans les voix unies ny dans
la parole. Mais au resteces
differences aussibien que
les gradations font tousjours
accidentelles,&nempeschent
pas que le son de
la parole,& celuy de la voix
ne soient le plus fouventy
le mesmeson
,
& formez
par les mesmesorganes. On
peut s'en convaincre encore
en considerant que les
accidens de la voix sont
communs aussi à la parole.
Si la voix est (par exemple )
enroüée, ou cassée, ou nazarde
,ou cornante, ou glapissante,&
c. la parole l'est
aussi. DesortequeIon peut
pour l'ordinaire aisément
juger du son de la voix d'un
homme en l'entendant seulement
parler.
-
Quant au degré de la parolepar
rapportà la voix,
il est ordinairementaumilieu
desonestenduë,qui est
l'estat où les Eleveurs du
larinxonttoute leur extension,
si ce n'estlors quon
ell enroüé; car alors les Dilatateurs
lacateurs de la glotte.la tenant
plus ouverte qu'à l'ordinaire
par leur gonflement
)
la voix en devient
plus grosse& plus basse,&
quelquefois si basse qu'elle
s'éteint tout- à fait, à moins
qu'on ri'arrose le Fermeur
de quelque eaustiptique,qui
le gonflant à son tour fasse
rétrécir la glotte, & rende
la parole,ce qui ne peut pas
durer long - temps. Il y a
des personnes dont la voix
est beaucoup plus agréable
quela parole, parce que les
Eleveurs du larinx sont plus
longs chez eux que dans
l'estat ordinaire, cequi fait
que toute l'estenduë de leur
voix est presque au dessus
de celle de leur parole, &
que leur voix est nette, claire&
éclatante, tandis que
leur voix peut estrebasse ,
rude,chevrotante, &c. mais
c'est un cas extraordinaire.
Enfin il y en a dont lavoix
estfausse, c'est-à-dirènaturellement
diflbnantc,quoique
leur parole foit agréable,
& pathétique. Gélaft
trouve en deux personnes
qui me sont très-proches
parentes, lesquelles ont le
son de la voix & de la parole
fort beau, & le patetique
bon, quoy qu'elles n'ayent
pû jamais apprendre à entonner
juste aucun air, ce
qui me confirme encore
que le patetique de la pa..
role n'est pas reglé par le
mesme organe de l'oreille,
que les gradations de la
voix, puisque l'un peut-estre
juste tandis que cellescy
font fausses.
- 9. Il faut au refiercmar.
quer qu'il y a deux fortes de
voix dans les hommes, dans
les femmes, & dans les enfants,
donc l'une s'appelle
voix naturelle, parce qu'elle
est la mesme que le son
de la parole; & l'autre se
nomme le fausset,principalement
en parlant de
l'homme fait, dans quielle
est ordinairement plus deagréable,
que la voix naturelle,
au contraire des femmes
& des enfans.Cefausset
a presque toute son cftendueau
dessus dela voix
naturelle;,,n'ayant qut quatre
ou cinq tons plus bas
-que les plus hauts de celles
cy. Au relie ces deux voix
se forment par des instruments
differents,Comme on
le sent lors qu'on passe de
l'une à l'autre, ce qui ne
sçauroit se faire sans une
espece de re pos & d'attention
particulière,&mesme
sans quelque violence &
quelque fausseté,àcause du
changement demuscles. Il
faut donc considerer que
tandis que la voix naturelle
monte depuis son ton le
plus bas jusques proche de
son plus haut, cestà-dire
par l'cftenduç d'une pouziéme
environ; il n'y a que le
grand Dilatateur de la glotte
qui foie en contraction
avec le Fermeur, le petit
estant relasche pendant
tout ce temps, à cause de
Tecartement des deux portiers
l'un del'autre. Mais
quand la voix
-
est arriver
dans ses tons les plus hauts ,
le petit Dilatateur corn?
mence a estre tèndu)ôc
devient capable d'entreren
contraction avec le Fermeur,
le grand Dilatateur
estant alors au bout de son
aâion,te pouvant seulement
prester comme une
corde qu'on allonge. Deforte
que si le Fermeur continuë
de se contracter, &
que le petit Dilatateur seroidisse
)
leur combat produira
alors la voix de Fausset,
qui pourra contenir encore
beaucoupde tons,c'est
à dire quelquefois une douzième.
Mais il est évident
que cettevoix doit estre
très gresle &tres- eslevée,
parce que la glotte est alors
très-serrée,&que ses cor-
@d'Dn'S*'&! membranes sont
extrêmement tendus.
vn
Quand au contraire le petit
Dilatateur s'est gonflé autant
qu'il a pu pour rouvrir
la glotte, & que la voix
de Fausset a
descendu
jusques
à son ton le plus bas,
le grand Dilatateur peut se
gonfler à son tour, & mes- ,
me un peu auparavant; &
la voix naturelle commencer
à se former dans ses tons
les plus hauts pour descendre
delà jusques, dans ses
plusbas. Jay connu plusieurs
Chantres qui possedoient,
ces deuxfortesde
voix presque également
bien.
bien. Les femmes & lesensans
affectent de se servir
de la voix de fausset, comme
convenant mieux à leur
d~licateffe ou à leur â ~e ,. delicateffe à,le,
& comme estant plus tendre
& plus flexible, leur gosier
ne pouvant pas s'estendre
assez pour pratiquer la
voix naturelle dans uneestenduë
suffisante
10. Mais lorsque le go:"
fier des jeunes homm s
s'est accreu & dilatéjusques
à un certain point;par l'accroissement
de l'âge,le Fermeur
de la glotte ne peut
plus la fermer alors suffisamment,
ny bander assez ses
Dilatateurs pour entonner
sa voix haute; c'est pourquoy
on est obligé d'abandonner
pour l'ordinaire le
Fausset,&de s'entenirà la
voix naturelle. qui devient
alors une Hautecontre, ou
uneTaille pour le reste de
lavie,& c'estce qu'onappelle
la Muance;siau contraire
le jeune homme entonnoit
sa voix naturelle
avant la Muance; aprés
qu'i) a mué il ne sçauroit
pl41 ertfonner que rO£tajJ
ve basse de cette voix naturelle,
quiestalors àl'unisson
des tailles,des tailles baP
ses, ou des bassescontres, ce
qui se fait toujours cependant
avec les mesmes muscl
es. Maisilluy reste encore
un Faussetquiestlemesme
qu'avant la muance ,
c'est à-dire, toujours tresdur,
& tres-aigre dans ces
fortes de gosiers.
II. Enfin quant aux cadences
ou tremblements,
tant en montant qu'en dcC.
cendant, on sçait qu'elles se
font en répétant tres- promptement
deux fons esloignez
l'un de l'autre d'un ton,
d'un demy ton,ou d'une
dieze
,
soit en montan,soit
en descendant;ainsi la glotte
s'ouvre & se ferme alors
successivement
, quoyque
presque insensiblement par
le combat du muscle fermeur,
& du grand, ou du
petit Dilatateur;outrecela
les muscles Eleveurs & Deprimeurs
du gosier entrent
aussi en combat entre eux,
ce que l'on sent mesme en
portant le doigt sur le noeud
de la gorge:&il ne faut pas
douter que l'Aplatisseur
,
le -
diaphragme , & les autres
musclesdu gosier, & mesme
de la poitrine ne soient alors
en combat les uns contre
les autres pour enfanter ces
filles de laMelodie. EXTRAIT
de ce qui s'est pallé à
lowjcrture de l'Academie
des Sciences, le
16. Novembre 1712. LAcadémie Royale des
Sciences fie l'ouverture de
ses Exercices par une assemblée
publique qui se tint le
Mercredy iG. de Novembre.
Monsieur de Fonrenelles
y fit l'éloge de deux
Académiciens morts pendant
le cours de l'année.
L'un estoit Monsieur Berger
Medecin, & Eleve de
Monsieur Rombery, pour
la Chymie ; l' autre estoit
Monsieur Cassini celebre
par ses découvertes astronomiques.
Jamais Panegyjfiite
n'avoit peuc-estre eu
un si beau cha-rr,p, & peutestre
jamais aussi Panegyriste
n'a-t'il mieux rempli
l'attente du public. On fou,
haitteroit pouvoir donner
au public l'extrait del'éloge
queMonsieur de Foncenelles
fit de cegrand homme
; mais ce font de ces
choses qui perdent trop de
leurs graces dans unExtrait.
D'ailleurs on espere que les
amis de Monsieur Cassini
engagerent Monsieur de
Fontenelles à prévenirl'empressement
du public sur cela
,
& à laisser imprimer cet
Eloge avant les Memoires
de l'Académie qui ne pa4*
roistront pas de quelqaeé
a nées d'icy.
Monsieurde la Hire l'aisné
lut enfuire la description
d'une machine par le moyen
de laquelle un homme
dans (on carrosse peut détacher
les chevaux qui tirent
le carrosse loriqu'ils
prennent le mors aux dents,
& cela très promptemenc
& sans embarras.
Apres luy Monsieur Maraldi
lut un Memoire contenant
des observations trés
curieuses sur les Abeilles.
Il les divise en trois classes,
les masles, les femelles ôc
les fies lons. Il raconta la
maniere dontelles s'y prennent
pour construire leurs
cellules avec la cire, comment
les femelles escortées
chacune de cinq ou six autres
abeilles vont pondre
un oeuf dans chaque cellule,
comment celles qui les
accompagnent fermentla
cellule avec de la cire dans
un certain temps & la r'ouvrent
ensuite pour en laisser
sortir la nouvelle mouche
qui vient d'éclorre ; comment
au bout de quelque
temps elles chassent ou
tuent tous les freslons; comment
elles chargent leurs
cuisses de cire qu'elles recueillent
sur les fleurs,avec
quel artificecelles qui sont
dans la ruche déchargent
celles qui viennent chargées,
comment ellesremplissent
de miel leurs magasins
pour l'hyver,& plusieurs
autres pareilles obfervations.
La (canee finit par la lecture
d'un Memoire deMonsieur
de Reaumur , sur la
reproduction des pattes des
Ecrevisses& des Crables. Il
fit voir que les Sçavants,
tout sçavants qu'ils sont,
font sujets à de faux préjugez
de mesme que le vulgaire
ignorant. Les paysans
qui ont coustume de pescher
desEcrevisses,remarquent
qu'ils en trouvent
tres-souvent dont les pattes
ou l'une des serres de devant
sont plus courtes &
plus petites l'une que l'aurre.
La premiere idée qui
leur vient surcela, est que
c'estune jeune patte qui repouffe
à la place d'une autre
qu'elles ont perduë, &
cela leur avoit paru d'autant
plus vray semblable
que la crouste ou espece
d'écaille qui couvre cette
jeune patte, est beaucoup
plus tendre que la crouste
du reste du corps. Un Sçavant
vient qui prétend convaincre
mon paysan par un
argument ex absurdo.Cela
n'est pas,luy dit-il,carcela
ne se peut pas; la patte
de l'Ecrevisse est composée
demuscles, d'arteres, de
veines, de nerfs, tous rangez
& disposez d'une certaine
maniere, pour pouvoir
accomplir les mouvements
de cette partie. Or
toute cettestructure organique
ne peut estre l'effet
que d'un developpement,&
non point l'effet d'une reproduction.
Ce n'est point
l'effet d'une reproduction
,
car il faudroit il) pposerune
infinité de chacune des parties
propres à former les
differents organes de l'Ecrevisse,
& renfermées toutes
dans l'Ecrevisse, ce qui
est absurde.Ce ne peut donc
estre que l'effet d'un developpement.
Mais ce developpement
ne se peurfaire
qu'une fois à la sortie de
l'oeuf qui renferme l'Ecrevisse
en raccourci, & par
consequent lapatteunefois
coupée ne se reproduit
plus. Le paysan ne sceut
que respondre à cet argument
dans lequel il se
perd ,& il est tout prest de
croire quil a tort. Monsieur
de Reaumur termine la diC.
pute par l'experiencequi eflr
le juste Juge dans cette affaire
comme dans beaucoup
d'autres qui se trouvent
vrayes sans estre vraysemblables.
Il enferme des
Ecrevisses après leur avoir
coupé les serres ou les pattes,
& au bout de six sermaines
on en voit reparoistre
de nouvelles, qui dans
l'espace de quelques mois
acquierent la grosseur & la
perfeaion des premieres.
Voila le Sçavant confondu
avec tout son raisonnement.
Monsieur de Reaumur
cherche à le sauver par
quelque conjecture; mais
toutes ces conjectures font
fort foibles, & il faut convenir
que sur la formation
j<
des corps organisez nous
sommes encore tres -
ignorans.
Il seroit feulement à
souhaitter que tant de braves
gens qui ont perdu dans
ces dernieres guerres leurs
bras & leurs jambes pussent
les voir renaistre de la mesme
maniere.
A la fin de chaque le£tu-'
re Monsieur l'Abbé Bignon
Président de rAssemble'e,
donna des loüanges tresobligeantes
à l'autheur de
chaque Memoire, & fit sentir
au public avec beaucoup
de netteté & d'élegance
tout
tout ce qu'il y avoir de beau
& d'utile dans ce qu'on venoit
de lire.
On donnera separement dans
les kltrcures suivants les Extraits
des Discours les plus curieux
~& les plus solides entre
ceux qu'on a prononcez dans
cette djemblée.
.1PARODIE
-
deladerniereEnigme
du Mercuredernier.
En robe de satin quel-
<- que peudéchirée,
En bottes à cheval,l'oiognon
fait son entrée
Dans Paris où l'on l'attendoit.
Le pauvre sur l'oignon a
droit,
Le riche l'admet à sa
table.
Pour luy quand on l'achette
il est infuportable,
Il luy plaist feulement
quand il est derobé
1d est.Lorsquesansrobe
onlesertcuità table.
Mais avant qu'on l'y
voye ,
helas!souvent
tombé
Dans les barbares mains
d'une gent tres brutale
Id est. Du cuisiniersujet à
-
s' enyvrer, De ses douces prisons
voulant le délivrer,
Telluy coupe la teste
,
ou le brusle ou l'empale,
Quinescauroit parfois
s'empescher d'en
0;
pleurer.
E N VOY.
Le mot de pleurer m'a
fait deviner l'oignon, parce
qu'au pied d'une pleureuse
qui ne croit de tendresse
que dans les larmes,
je me fuis quelquefois froté
les yeux avec de l'oignon
pour pleurer plus
tendrement.
E NVO Y.
ParleCuisinier d'Arr.
osse,on Amofieexpert»
crede Roberto.
-
Moy Cuisinier bon conv
pagnon -
-
J'aydeviné l'Enigmeobs-
, cure,
Ouy par la teste d'un
L oignon,
J'en puis jurer, puisque
- --
j'en jure,
Et qu'au plus noble oi--
gnon teste jescai - tv couper. J'enragè quandjevoyque
mon ayare Arnosle ;
Fait souvent son sobre
souper
D'un oignonempalé d'un
seul clou de girosle.
En chartrc comme moy
ce Maistre va tomber,
Je pleure de la maigre
chere
Qu'avec oignons il nous
fait faire,
Hors oignons rien chez
luy ne le peut derober,
Oignons seuls ornent ïà
euiûne,
Et partant sont pour moy
simbole de famine.
Le mot de la premiere
Enigme,cejl les dents.
Vous en trouverez la
Parodie page ij8.
ENIGME.
Qvoy que je nefois pas
de nature à medire
Dans mon humeur noire
pourtant
Sournoise je pince sans
rire,
Par courbettes je <vats
marchant,
Tout l'hiversansmanger
]e garde n,'a cellule,
Et jefaiscaresme en Esté,
Admirezma sobriete. ureen« touttemps
est ajJè.Z ridicule:
Je roufisdeL'amour qu'ont
pourmoytantde^ensy
Je roujs du jeu que je
fer*s3
Et cependantma race
abondam:cnt pu'Lde.•
Et pour was parleruirt
foit
-
4 soit peu- En Pedagogue
Ensdjlrol0ogt~ue
Jelogeen ma maison le
principe dufeu.
ENIGME.
Noussommes deuxjumeaux
de pareille
grandeur,
Employez, à parer une
noire Maitresse
Nous sommes faits tous
deux pour lasèrvir
sans cesse,
Et pour elle Vulcain se
consomme d'ardeur,
On /raw*den'os fronts la
finsvivefptendeur,
Quandl'Epouxd'Orithie
ejieauJequ'on nous
greffe
Nos immobiles Corps marquent
mjiYe paresse.,
Et plus ilfaitde chaud,
plusils ont defroideur.
Jîinji que le Soieil nous
portonsà toute heure
La couleur-du métnilque
l'avarice pleure,
QuandavecJèstréjors on
enleveJoncoeur.
Nous tirons aprèsnous
une suite infimey
Etsi le Cieltoujoursexerçoitsarigueur
On nous verroit tous/oùrs
en banne compagnie.
•.
LAPESENCE
d'esprit, Avanture nouvelle.
Les plaintes soulagent
ceux qui souffrent, & sur
tout les Dames, quelques
unes même ne iônt pas
faschées que des maux legers
leur servent de prétexteau
plaisir de se plaindre
; mais les mîux de
l'esprit sont ceux que les
plaintes soulagent le plus.
:'
: Une Dame trés vertueuse
estoittourmentée
par la jalousie de [on.mary,
& n'avoit d'autreconsolationquecelle
de s'en
plaindreàunveritable
amy qui n'estoit point
connu de son tnalY, &
qu'eue n'osoit luy faire
connoistre parce qu'il estoit
assez jeune pour luy
donner de l'ombrage,
elle voyoit quelquefois
cet amy dans la chambre
d'une Demoisellequ'elle
avoit & qui estoit d'assez
bonne maison pour qu'elle
l'a regardast plustost
comme une amie que
comme une femme à elle.
Cette Demo« iselle estoit
bien faite, Se le mary jaloux
en devint amoureux.
Un soir voulant
entrer dans sa chambre
il tourna la clef',.& s'aperçut
qu'elle estoit fermée
au verrouil
,
& dans
lemesme temps entendit
la voix d'un homme;'.
-
*•
donc il fut allarmé sur le.
compte de la Demoiselle,
mais aprés avoir un
peu pressé l'oreille qu'il
avoit très fine, comme
l'ont ord inairement les
jaloux, il entendit la voix
de sa fCfilineJ il fut. frappé
d'un double coup, je
vous laisse à juger lequel
luy fut le plus rude: il
resva quelque temps au
party qu'il prendrait,ensuite
il fermadoucemeat
la P&tc à double tour ,
afin que pas un des trois
ne pust sortir de la chambre
,
& prist le grand tour
pour aller gagner une
garderobe qui estoit de
l'autre costé de cette
chambre &qui dégageoit
un corridor, où il laissa
le flam beau qu'il tenoit
afin de se glisser sansmicre
dans la garderobe,
&de pouvoirentendre
ce qui ledisoit entre l'amy
la femme & la Demoiselle
,
à peine estoit il
entré-dans la garderobe,
que la femme qui s'en
aperceut feignantde
vouloirmoucher la bougie
; réteignit avec les
mouchetes pour donner
le loisir à l'amyd'ouvrir
la porte doucement&de
se sauver,elle cria aussitost
à la Demoiselle d'aller
ralumer sa boucrie
pendant ce temps là l'amy
ayant tenté/- vainement
d'ouvrir la porte dit
tousbas à la femme qu'il
alloit tascher de se sauver
par la garderobe
, parce
qu'apparamment le mary
estoitence momentdaus^
la chambre
,
ilsy estoient
en effet alors tous quatre
bien intriguez iàns, dire
mot,&marchant tous
sur la pointe du pied je
ne puis pas bien vous décrire
la marthe de cette
scene nocturne QU; chacun
tendoit à son but,
celuy du mary estoit de
si:; mettre en un endroit
d'où il pust voir sans ettre
veu, car ilne s'estoit
point apperceuqu'ilestoit
découvert ;..-& la Demoiselle,
pouis donner le loisir
à sa maistresse & à l'amy
de s'échapper, feignoit
de battre le fusil en
un coinde la chambre,&
de vouloir rallumer la
bougie, ce que le mary
attendoit, s'estant porté
proche la.porte de sa
garderobe; A l'égard de
- l'amy il cherchoità taA
•
tons cette porte pour se
sauver, & ne la trouva
pas sitost que la femme ,
qui en mefrre tempstrouva
par hasard le bras de
sonmary quelle prit pour
celuy de son ami; les
premières paroles qu'elle
luy dit tout basneroulerent
par bonheur que -sur
des plaintes de la jalousie
de son mari
,
& ne marquerent
aucun autrecommerce
avec l'ami
, parce
qu'eneffet je dois estre
persuade que toutes les
femmesdont on met les
avantures dans le Mercure
, sont dans la regle des
bonnes moeurs. Celle-cy
après aVOIr) comme j'ay
dit, fait quelques plaintes
de son mari à ion mari
mesme qu'ellecroyoitson
ami, reconnut sa méprise,
premierement parct
qu'il ne répondoit point,
&C de plus parce qu'il traversoit
la garderobe & le
corridor plus lentement
*
qu'elle ne vouloir , voulant
entendre la confes
sion de sa femme le plus
longtemps qu'ilpourrait,
& craignant d'arriver à
l'endroit où il avoit lai/Té
la bougie, la femme s'ef
tantdonc apperceuë qu
elle parloità son mari,continua
son discours avec
une presence d'esprit admirable
, car elle fit succeder
aux plaintes sur le
mari, une exhortation vive
d'épouser le plustost
qu'il pourroit cette Demoifdie
quiestoit de bonne
maison ,&que s'il
tardoit davantage, ellene
pourroit se dispenser de
la mettre dehors parce
qu'elle feroit perduë si jamais
son mari lerencontroitchez
elle. Quand
elle en eut assez dit pour
se *disculper, elle feignit
dene s'appercevoir qu'en
ce moment de sa méprise
à la lueur de la bougie
dont ils estoientproche.
alors elle fit un cri de furprise
,
où elle joignit enfuite
des mouvemens de
colere si bien contrefaits
contre l'ami, que sans
donner le tempsau mari
de se reconnoistre ni de
répondre, elle prit le flam-
-
beau & courut comme
transportée de rage faire
millereproches îux deux
amants prétendus qui
l'avoient exposée à une
pareille avanture , l'ami
-
qui avoit de l'esprit fut
0
d'abord
d'abordau fait, & se jettaaux
pieds de la femme
sluei sdreetmaradnedmaepnasr,d&opnrodemit
l'époàulsaer,dDèesmloeisleelnleddeemain&
del'emmeneren
Province
, ce fut la le
coup de mailire, car le
mariamoureuxalarméde
lapertedesamaiitrdïcr,.
en oublia tous les Coupçons
contre sa femme, St lerestede la soirée fut
employé de la part du
mari à trouver sinement
les moyens de retarder ce
mariage, & de la part
de la femme a feindre de
vouloir le haster. Je n'ay
point sceu ce qui fut decidé
)
la femme justifiée
par sa presence d'esprit,
efl: le point unique que ay voulu traiter, & par
consequent cette avanture
doit finir parlà.
M*0 R T S. Le Pere Etheart Abbé de
la Luzeroe
,
& qui avoit
cfté nommédepuis peuAbbé
de Saint Paul deVerdun;
mourutàParis la nuit du 5*
au 6. Novembre 1712. au
Monasteredes Prémontrez
Reformez ,i'gé de 71. ans,
après51. dereligion. , Messire François leFouyn.
Conseiller au Parlement
mourut le 18. Novembre.
Messire Alexandre Antoine
Francelles Prestre
Docteurde 1*4
Société de Sorbonne
, &
Curé de l'Eglise Paroissiale
de Saint Jean en Greve,
mourut le -24 Novembreâgéde68.
ans.
Dame Marie Françoise
Feydeau, Veuve de Messire-
Hiérosme le Maistre,Président
és Enquestes du Parlement
, mourut le z5. Novembre
dans un âge fort avancé.
Dame Catherine Guyec
Epouse de Messire Nicolas
le Grain, Chevalier, & auparavant
veuve de Messire
Claude la Barde,Chevalier
Marquis de Marolle, Conseiller
au Parlement, mou- -
rur le 2 5. Novembre agëc
de 64. ans,laissantune fille
unique de son dernier mariage
, alliée à Messire Boucher
d'Orçay
,
RequêMtaisetresde.s
Messire Jean Philyppe Sanguin
,
Chevalier. Seigneur
de Rocquencourt,Vaulùsseau
-, &c.mourut le 2 Je- Novembre.
Messire Eustache Auguste
le Clerc de LelfeviHe,
Comte de Charbonnière , Conseiller au Parlement,
& Chef du Conteil de Soi*
Altesse Serenissime Monseigneur
le Duc, mourut
Ic-zg. Novembre.
Messire Jacques Léon
Bouthilier de Chavigny qui
avoit tfté reçu Conseiller
honoraire au Parlementen
tiùi. mourut le2. Novembre
1712.il estoirfils puisné
de feu Messire de Chavigny
Secretaire d'Estat
Commandeur de$Qrdrçs*1
du Roy.
Dame Marie des Gran- *
ges Veuve de Messire N,
de VcretSeigneur de Saint
Sulpice, qui imitant les.
ancestres avoit servi dans
les armées avec beaucoup
de distinction
, mourut le
ij. Novembre dans sa quatre-
vingt,troisiéme années
Messire Pierre Olivier
ancien Confesseur des Dames
ReligieusesHospitalie
res dela Raquere , Fauxbourg
Saint Antoine, mourut
le1. Novembre agé de
96. ans.
On mande de là Ville de
Saint Chaumont en Lionnois,
que le 9. Novembre
de cette année,François
Drouin y mourut agé de
cent neuf ans & quatre
mois, estant ne le 10. Juin 1
1*03.
Dame Anne deRousse
d.' Alencourt Veuve de Messire
François de Manneville
,
Seigneur de Barofmeml
, mourut à Abbeville
.le 15Novembreagé deio-fr."
ans.
Messire FrançoisChevalier
de Saux,Evèque d'Alais,.
mourut le7. Novembre
dans son Diocese.
Damoiselle,Marie Gilettedes
Vergnes âgée de *4.
ans.
a-ns , mourut au Chasteau
d'Aunis le 5. Novembre.
Messire Pierre l'Archer
ancien Président de la
Chambre des Comptes,
mourut le 14. Novembre,
âgéde 81. an & six mois ,
je renvoyé le Lecteur àce
qu'on a dit de la Maison de
l'Archer dans les Mercures
précedens.
Messire Charles Honoré
d'Albert Duc de Chevreuse
& de Luynes,cy devant
Capitaine Lieutenant des
Chevaux-Legersde la Garde
Gouverneur de Guienrie,
( hevalier desOrdres
du Roy,mourut à Parisle
5. Novembre
,
âgé de 67.
ans. Il estoit fils de Louis
Charles» d'Albert Duc de
Luynes, & petit fils de
Charles d'Albert, Connetable
de France,
Le12. Novembre, l'ouveiture
du Parlement se fitavec
les Cérémoniesaccoutumées,
par une Messe celeb
ée par l'Abbéd'Epinay.
Chanoinqr de la Sainte-
*
Chpelle.
On écritde Lizieuxdu
iz. Novembre, que l'Abbé
de Montauban fut sacré
Evêque de Toulon le 6. du
courant, dans l'Eglise Cathedrale
de Lizieux, par
l'Evesque de Lizieux, aflïC
té de l'ancien Evesque de
Condom & de l'Evesque de
Sées.
N0UVEL LES
dJ sînçicierre.
c'
Le Comte de Strafford
arriva le 24.Octobre de
Hollandeà Londres. Le26.
ily eut une Assemblée du
Commité du Conseil «àlaquelle
il aelfta>avçc., lé-
Grand Thresorier&le Vicocntfi/
je Bullingbrook. Ila
receuordrede remettre fut
pied leRegimentRoyal des
Dragons _ql1:'il commandoit
cy -
devant: plusieurs
Officiers font desja partis
pourramenerd'Ecosse deux
Compagnies de ce Regiment
qui y estoient restez. Il a pris le 28. possession de
la Chargé de premier
Commissaire de l'Amirau-
„
tét:rziï. .':è:)Qiiflqijés Aldermans &
.,
pliiGaitfs autres personnes
S~ t'
du commun Conseil quiestoient
Presbyteriens zelez
ont embrassé la Religion
Anglicane.
Le4. Novembre on fie
partir un Yachspour amener
le Duc d'Ormond de
Dunkerque à Londres. Le
sieur Prior y arriva le mef- ime jour, de France le lendemain
,ilalla à Wmdfor
saluer la Reine & luy ren- drecompcedesaCommit sion.
DONS DE L.A.
Reine d'Angleterre.
La Reine a donné au
Comte d'Excester,le Gouvernement
de la Province
de Rutland, à la place de
Mylord Gerard.
Celuy de La Province
d'Essex
, valant parle deces
de Mylord Rivers, ati
Vicomte deBullinbrooksecretaire
d'Estat.
Le sieur Hill commandanr
de Dunkerque, a eslé
fait Lieutenant & ConseillerduConseil
privé.
Le Comte de Port-more
quicommandoit cy devant
lestroupesAngloisesen Porrugal
a aussi été fait Conseiller
du Conseilprivé.
Le Colonel Clayton
, a
é é fait Commandant de la,
Citadelle de DunKerque. -
Le Chevalier Abercombie
, a esté fait Major &
Commandant de la Garnisail.
à Le 5. Novembre, il yeut WindsorChapitre de l'Ordrede
la Jarriere, dans lequel
SaMajestéfit sixChevaliers
; sçavoir
,
le Duc
d'Hamilton ,le Duc de
Beaufort,le Duc de Kent,
le Comte d'Oxford, le
Comte Pawlet,leComte de
Strafford.
Le mêmejour un détachement
des Gardes du
Corps & des Grenadiers à
cheval, partir pour aller faire
la Garde à Windsor, d-ou
onassure quela Reinene
reviendra qu'à Noel.
Le lendemain il yeut
un Confeilde Cabinet, auquelleComte
de Strafford
assista, ayant le 29. Octo-
bre presté le^mcnt-en qltelité
de Conseiller du Conseil
privé. •:
Le 8. il presta lessermens
dans la Cour de laChancellerie,
pour lacharge de
premier Commissaire de
l'Amirauté.
Le 9. leChevalierRichardHoare,
nouveauLord
Maire,prestales sermens
pourcetteChargeàW-eÍtminsler
devant les Barons
de l'Echiquier. Le même
jour, il fitsonentrée publique
,
& traita magnifiquementles
Ministres d'Estat
& les plus grands Seigneurs
de la Cour.
Le sieur de Melarde, l'un
des Plenipotentiaires du
Duc de Savoye
,
arriva le
t. Novembre
,
de Hollande
à Londres, de il assista
deux jours a prèsauComitté
du Conseil.
h' L'Archevesquede Cae
torbery, l'Evesque de Londres
,
le nouveau Maire ôc
plusieurs autres, tant Eccljp*'
siastiques queSeculiers ont
esténommez pour estre du
nombre des Commissaures
qui doivent prendresoinde
la constructiondecinquante
Eglises à Londres , &
aux environs
,
suivant rActe
du Parlement.
Oti commença le3 Novembre
à reformer dix
hommes par Compagnie,
des Regiments des Gardes;
elles font maintenant reduités
à soixantehommes
ch acune : toutes les autres
fCsmvpagnies d'infanterie,
serontreduites à quarante
hommes,&celle deCavalerie&
de Dragons àtrente
cinq, à la reserve des
CardesduCorps.
Les Officiers de l'Artili
lerie ont conclu un marché
avec les Armuriers de la
Ville de Londres, pour
fournir dans un certaintems
vingtmille fusils, autant de
bayonnettcs
,
d'espées
,
ôc
d'autres armes qui doivent
.cllre envoyées dans les Magasinsde
Gibraltar ôcdu
PortMahen. ':"':. ['C
Les LettresdeLisbonne
du 28. Octobre, portent que
la Flotte duBresil
,
escortée
par six Vaisseaux de
guerrePortugais,estoit arrivée
le >.,. au nombre de
soixante
-
trois Vaisseaux
marchands richement chargez,
& deux Vaisseaux venant
de Goa aussifortriches.
Elle a apporte entre
autres ,
mille Arrobes ou
vingt-quatre mille livres de
poudre d'Or; trente mille
livres de Tabac
& une
grande quantité de Cuirs
éc autres Marchandises.
Le 19. Octobre,
la Reine
de Portugal accoucha
d'un Prince, ce qui causa
une grande joye.
NOUVELLES,
d'Utrécit.
,
Les negociations de la
paix sont toujours au mesme
estat: Les Miniltres des
Alliez tiennent souvent entreux
des Conferences; on
assure qu'il n'y sera pris aucune
resolution importance,
jusqu'au retour d'Angleterre
du Comte de Strafford
qu'on attend incessamment.
Le- Duc & la Duchesse
de Saint Pierre
,
arriverenc
le 4 Novembre àRosendal
prés d'Utrecht, où ils ont
reçû les visites des Plenipotentiaires
de France &
de plusieurs autres Ministres.
Le lendemain leDuc.
de Saint Pierre alla rendrevisite
au Mareschal deHu-.
xeles, & aux autresPlenipotentiaires
, puis à l'Evefeue
de Bristol.
Les Lettres de la Haye
du 17 Novembre, portent
que le Prince Eugene, le
Comte de Sinzendorf& le
Baron de Heems Plenipotentiaires
de TArchiducjontf
conferé avec les Deputez
des Estats generaux. & du
Conseild'Estat, pourtascher.
de leur persuader d'augmenter
l'état de guerre pour -
la Campagne prochaine,à
causedela diminution des
forces des Alliez, par la suspension
d'Armes concluë
avecl'Angleterre &le Portugal,
assurant que l'Archiduc
seroit de son costé des
efforts extraordinaires: on
a appris que leurs sollicitations
avoient esté inutiles,
que le Conseil d'Estat 1tavoit
règle sur le pied de la
Campagnederniere , ôc
qu'on aura mesme beaucoup
de peine à l'executer, à cause
de la décadence du Commerce
,
de la rareté de l'argent,
& de la diminution
du credit qui tombe de plus
en plus; queleConseild'Eilat
en Corpsl'avoit porté
aux Estats Generaux, pour l'envoyer irièelfamm'enc
dans les Provinces, afin d'avoir
leur consentement.
LesLettresdeNamur du
premierNovembre,portent
quele ComtedeBergeik
avoit communiquéauxEstats
duComitté de Namur-
,& fait enregistrer un Aéte
du premier Janvier 1712..-
par lequel le Roy d'Espagne
en confcquence du Traité
fait en son nom & de son
consentement le7. Novembre
1702. par le Roy Tres-
;.Chrettien
, avec le Prince
Maximilien Emmanuel,E
lecteur de Baviere il cede-
Se transporte à ce Prince
J. & sesSuccessèurs tous le*
droits, propriété & souveraineté
qui luy appartenoientdans
lesPays-bas, de
lamesme maniere qu'il en
Avoir jouy cy devant. Le
Comte de BergeiK partit
le 2. Novembre
, pour al-
Jer (Cixee.ufrerîune pareille
Coaamvffioci dans la Ville,
&le t>jchede Luxembourg
après lavellei.itrecoud
pej .àMadrid.
Les EstarsGenerauxont
r-écol-uqu'e tous leurs Officiers
,fyflkutleuts Compagnies
complettes;le 25.
Mars prochain
,
à peins d'être-cafrés.
LePrince E^etir'itll
pwyjk" 14. l&wifcbrs<fe
la Hayt;MNy.ailej-àVitu*
ne ,
le Comte deSinzendorf
l'a accompagne jusqu'à
Utrecht.
Le sieur GasparFlorent
de Confbruch
,
Conseiller
Aulique & troisieme Plénipotentiaire
, mourut à
Utrecht le 19. Novembre ,
le Baron de Kirchner qui
doit luy succeder, arriva le
13. à Francfort', il enpartit
le 16. pour se rendre à
Utrecht.
Les Lettres de Meurs ,
portentque les trou pes de
l'Electeur de Brandebourg,
qui se font emparées du
Chateau parsurprise;ayant
receu un ren fort,ont obligé
les habitans à prester
serment de fidelité àson
AltesseElectorale
,
& contraint
les Troupes Hollandosses
d'en sortir; ils ont
fait entrer quinze cent
hommes dans cette petite
Ville, le sieur Hymmen
l'un des Plénipotentiaire
de l'Electeur de Brandebourg
, a presenté aux Estats
Generaux sur ce sujet,
unmémoire qui pourroit
avoir des suitesfascheuses
s'ils n'étoient occupezàdes,
affaires plus imporra'ntes.)
, Les Ministresdel'Archiduc,
demandent de grosses,
sommes aux Pays- bas Catholiques
,pourla fubliRancedes
Troupes qui doivent
yrester enquartier d'hyver
; ils demandentsix cent
cinquante milleflorins à b
Province de Flandres, donc
les Estats n'en veulent accorderque
troiscentmil- le. Les Lettres de Luxembourg,
portent que les Partis
duColonella Croix ,
ej&okjoc revenus d'au de-*
Il du Rhin avec un buem
desoixante mille écus,&
un grand nombre de prisonniers
& OfficiersdeDisitiction;
celles de Strasbourgdu
18. Novembre
portent qu'unParty de :Lau,¡,
terbourg ayant fait une
courte jusqu'auprés de Landau
avoient amené pluficursOfficiers
prisonniers:
on écrit de Hombourg que
soixanteGrenadiers de la
Garnison ayantdressé une
embuscade à un Party de
Hussars de laGarnisonde
Landauy lesont presque
tous tuez, ou pris, avec leur
Commandant & leur bik
tin.
On mande de Londres
que le Duc d'Ormond yest
arrivé le 14. Novembre,'&
qu'il partit le 15. pour aller
à Windsor saluerla Reine
qui le rcceu tres-favorablement
que Milord Marlborough
ayant obtenu la
permissiond'aller faire un
voyage, son passeport fut
signé le 11. pour luy&quatorze
personnes seulement,
qu'il avoit pris congé de la
Reine & devoit partir le ty,
Copie de lettre du Duc AU*
ceda au Gouverneur de
Porto-Hercole.
L'E ,.. Ai. L'Empereur notre maître
a trouve à propos d'envoyer
quelques troupes
pour se mettre en possession
de ces forteressesqui lui ont
été usurpées, & qui lui appartiennent
avec tant de
justice
; ce qui fera facile.,
comme vous & moy le sçavons,
parce qu'elles manquent
de troupes pour les
défendre, de munitions &
de vivres. Neanmoins comme
je vous fais la justice de
croire que vous ne voudrez
pasvousexposer aux dernieres
rigueurs de la guerre,
& que vous reconnoîtrez
celui qui en est le véritable
Seigneur, comme
nous le saisons nous autres
qui avons fait attention à
nôtrelegitime devoir, j'esperequen
les remettant à
l'obeïssance de Sa Majesté
Imperiale & Catholique',
vous confirmerez la confiance
que j'ai euë en vous,
en vous en procurant le
Gouvernement: ce qui vous
donne à present une siglorieuse
occasion. J'espere
que vous en profiterez sur
l'assurance que je vous donne
que ce service fera consideré
par l'Empereur nôtre
maître avec une particulière
attention, &que je
ne manquerai pas d'en solliciter
la recompense, comme
aussi celle de tous les Ofhciers,
à qui vous ferez parc
de ce que je vous écris ôc
qui doivent être persuadez
qu etant mes creatures, je
ne voudrois pas leur proposer
une chose qui ne sûr.
trés-honorable, ôc avantageuse
pour eux. Dieu vous
conserve comme je le de-
{ire,.) De Milan le
1 0. Janvier
1712. Le Duc d'Uceda;
Comte de Montalban, à
ADon AnugdultinrGaonzdaleséde
Rfponfi.
Ces jours passez un ini.
serable Napolitain,rebele
& bâtard, nommé Thomas
Galicta
, me fit prier
de luienvoyer au lieu de
>
Ciglioc un homme qui est
ici y àqui il dévoiecommuniquer
des choses de
très-grande importance.,
& qui ne me feroient pas
desagreables. Lui ayant repondu
que cet homme ne
pouvoit pas y aller, il eut
la, temerité de me faire,
comme de sa partquelquespropositionsque
j'aurois
rejettées d'abord, s'il
ne les avoit accompagnées
d'une lettre toute ecrite de
la main de Vôtre Excellence,
ôc dattée du 10. de
Janvier, dans laquelle me
faisant souvenir des obligâtions
que je lui ai de m'avoir
mis en ce Gouvernement,
elle me propose ôc
m'exhorte à manquer au
point le plus important de
mon honneur, & 3e la fidélité
que j'ai jurée au Roy
nôtre maître Philippe V.,
queDieuconserve. J'avoue
que je ne,m'attendois pas à
cette proposition de la
part de Vôtre Excellencey
& que je ne la croyois pas
capable de me la faire:
mais puisque je vois le contraire,
jaijugé a propos
quoy qu'elle ne meritât
point de réponse, de lui
en faire une, afin que Vôtre
Excellence ne se fatigue
pas inutilement, & de
l'assurer que jusqu'a ce que
j'eus appris qu'elle avoit
manqué à son devoir, j'ai
toujours eu pour elle la veneration
& le respect qui
lui étoit dû : mais depuis
que Vôtre Excellence a fait
la démarche scandaleuse
que le monde sçait, tous
ces respects se sont effacez
de ma memoire. Maintenant
que vôtre Excellence
m'adonné ce nouveau témoignage
du peu d'estime
qu'elle a fait de moy ,
je fuis
obligé de lui dire que ni
moy ,
ni aucun de mes Officiers,
ni le moindre foldat
de la garnison de cette
place, ne sommes pas capables
de manquer de la
défendre & de la conserver
de tout nôtre pouvoir au
Roy nôtre maître, pour lequel
nous sommes prêts à
répandre nôtre fang, reconnoissant
que la Souveraineté
en appartient à Sa
Majesté seule,& non à aucun
autre Prince. Pour cet
effet nous avons des foldats,
des vivres & des munirions,
&toutce quiest
necessairen'éprouvant
plus les besoins où nous étions
quand nous dépendions
de celui qui fait à
present connoître le dessein
pour lequel alors il
nous abandonnoit. Ainsi
Vôtre Excellence peut se
desabuser, & croire qu'il
n'y a personne qui la veuille
imiter, & que les artifices
dont vous avez ufë avec moi
feront inutiles, parceque
c'est le Roy nôtre maître
qui peut le faire, & nonpas
Vôtre Excellence l'inventer.
Qu'elle foit persuadée:
qu'elle traite avec une personne
qui l'entend bien, ôc
qui la connoissoitsuffisamment
même avant quelle
se fût declarée. Elle pourvoit
faire cette reflexion
avant que de m'ecrire, &.
s'attendre qu'elle n'auroit
point de moy d'autre réponse
que celle,que je faisavec,
tant de
raison
a Vôtre
Excellence, qui ervexr
cufera la maniere) comme jaisupporté ses tentatives.
Dieu conserveVôtre
Excellence plusieurs années..
De Porto-Hercole
le seize Février mil sept
cent douze, Don Augustin
Gonzales de Andradéy
à l'excellentissime Seigneur
Don Juan
«
Francusco Pa.
çhcco.
DONS DU ROT.
Le premier Novembre
le Roy donna l'Abbaye de
Guitres Ordre de saintBenoît
fous l'invocationdela
Vierge, Diocese de Bordeaux,
à N. de la Goguée.
Cette Abbaye estsiuee sur
la rivière de l'isle trois
lieuesau-dessusde Libourne
dans la Guyenne.
L'Abbaye de Tonnay-
Charente, Ordre de laine
Benoît, Diocese de Xaintes,
vacante par la mort
du Sieur Maupoinr, à N.
du Solier. Tonnay -
Charente
est une petite ville de
France dans la Saintonge,
en Latin TonneA. On l'appelle
ainsi à causequ'elle
est sur la Charence,& on ladistinguepar là d'une autre
ville de cette même Pro- - vince nommée Tonnay-
Boutonne, qui en est éloignée
de trois lieues, & qui
est à la mêmedistance de
saint Jean d'Angely. Ton-
May-Bouronnea pris son
nom de sa situation sur la
riviere de Boutonne.
L'Abbave de S. Michel
de Dourlans, Ordre de saint
Benoît,Diocele d'Amiens,
la. Dame de Sericourt
d'Efclainvilliers, Religieuse
de laditre Abbaye.
Dourlans est une villede
Picardiedans l'Amienois,
en Latin Dulendium elle est
située sur la riviere d'An..
thie, vers les frontières de
l'Artois, à cinq ou six lieuës
d'Amiens, & un peu moins
de saint Riquier. C'est une
ville assez forte que l'on
divise en haute & basles
& qui appartenoit autrefois
aux Comtes de Ponthieu.
: L'Abbaye de la Caigno.
te Ordredefaine Benoi"r,,
Diocesed'Acqs à N. du
Vigier.
r
L'Abbaye de Villersde
Canivet, Ordre de Cîteaux.,
Diocese de Séez
?
à N. de
Montgommery
,
Abbesse
deMoncé.
L'Abbaye de Moncé,
Ordre de Cîteaux) Diocese
de Tours, à la Dame des
Espinez, Religieuse du même
Ordre.
L'Abbaye des Prez,dans
la ville de Doiiay, à la Da.
mede Los, Religieuse de
ladite Abbaye.
Etl'Abbayedesaintjust,
Ordre de saint François,
Diocese de Beauvais,àDa-1
meN.deMailly,Religieuse;
à Longchamps
,
soeur de
l'Archevêque de Reims.
La Mailon de Mailly est
une des plus anciennes Maifons
de la Province de Picardie.
Elleatire sonnom
de la Terre de Mailly, prés
d'Amiens,& n'est pas moins
illustre par les grandshommes
mes qui font sortis de ces
branches differentes
, que
par ses grandes alliances.
Anselme de Mailly est le
premier de ce nomdont
parlent les Historiens, vers
le milieuduonzième siecle
: mais le rangdistingué
qu'ils lui attribuent dans
sa Province, & la grande
part qu'il eut aux affaires
de son temps, prouvent
incontestablement qu'il n'y
avoit point de ce temps-là
même detablissement en
Picardie plus ancien que ce.
lui des Seigneurs de Mailly.
- Malbrancq, en faisant
mention d'Anselme de
MaiIly, & du Seigneur de
Coucy, témoigne qu'ils étoient
tous deux Picardici
Janguinis Procercs.
Parodie sur l'Enigme
qui a pour mot les
, Dents.
&Euxbataillons âefiles
JI
Que lA bouche met à cou-
,4.
Sont les dents qui com.
battent nuës;
On liait à que le combat
fert. -Plus chaque bataillon est
',
Plus prompt de même est
le secours ;
Sous lepalais qui lesen
ferme
Le dejfoiii attaque toujours.
Dans le nombre ntilîe
suyarde,
Aucune aux gens bien
sains ne si trouve en
défaut;
Celles qui font l'Arriere-,
larde
DfJhItJent le plus terrible
asaut.
Cette guerre en mangeant
soir & matin sallume
; Endépitdugourmanden
fin elle se'teint,
Etsa bouche pleined'écume
Détruit(on appétit, fam
détruire leur teint.
Maislaiffonslegourmad,
parlons d'unbeau
visàge,
Ou la blanchenr des dents
:
fait ungrand ornement
:
Heureux, heureux cent
- fois un vif&tendre
amant
Qui dansses doux trans
ports en éprouve la
rage!
MORTS.,
Messire Eleonor de FIecelles,
Chevalier Marquis
de Bregy, Baron de saint
Severe,&c, mourut le 2.
Novembre1712. sans laisser
de posterité. Il étoit fil*
puîné de feu Messire Nicolas
de Flecelles, Comte de
Bregy, Lieutenant generaldes
armées du Roy; &
Ambassadeur extraordinaire
en Pologne& en
Suede; & de Dame Charlotte
de Saumaise de Chazan,
l'une des Dampd'hon,.
neur dela feuë Reine Mere
du Roy.
Dame Charlotte duFresne,
épouse de MessireNicolas
-Loüis de Bailleul,
Marquis de Çhâteaugontier
,
second President au
Parlement, ôc auparavant
veuve de Messire Jacques
se Noir
y mourut le 6. No:.;.
vembre ijn. laissant pour
fille unique de son premier
mariage Dame Charlotte
le Noir, veuve de Messire
ROcné de Maupeou, Presildeentmdes
Eenqnuêtets.du Par-
Messire MarcAnne GoiC
lard, Seigneur de Montsabert,
qui avoit été reçu
Conseiller au Parlement en
1697. mourut le 9. Novembre
172.
Dame Geneviéve de
Soüillac, veuve de Messîre
Jacques Paget, Doyen des
Maîtres des Requêtes ,
mourut le 9. Novembre,
âgéedèsoixante-dix-sept
ans.
Traite de Suspension
d'Armes entre la
France & TEfpagne,
d'une part; & le
Portugal ,de l'autre.
Conclu à Vrrecht le Jêptiémâ
Novembre1712.
NOUSPlénipotentiaires
de Sa Majesté
le Roy Très-Chrcftien,
& de SaMajesté le Roy
de Portugal
,
Tommes
convenus:
1
, QjjiL y aura une Suspension
generale de toutes
Actions Militaires par
Terre & par Mer entre les
deux Couronnes de France
&d'Espagne, d'une part;
& celle de Portugal, de
l'autre; leurs Sujets, Armées,
Troupes, Flottes,
Escadres & Vaisseaux, tant
en Europe que dans tout
autre Pays du monde: laquelle
durera l'espace de
quatre mois, à commencer
au quinziéme du present
mois de Novembre, jufqu'au
quinzième du mois de
Mars que 1 on comptera
1713.& Sa Majesté Tres-
Chrestienne se fait fort
qu'elle feraobservée par la
Couconne d'Espagne.
II
EN vertu du prefenc
Traité tousActesd'hostitlité
cesteront entre ces trois
Couronnes de chaque costé
pendant ledit espace de
quatre mois, tant par Terre
luc par Mer &autres Eaux;
en force que s'ilarrivoit que
pendant le cours de ladite
Suspensionon y contrevinst:
depart ou d'autre,soit ou-
Vertement, parquelquestntreprises
ou autre fait d'armes,
soit par surprise ou intelligence
secretre en quelque
endroicdu monde que
ce fût, mesme par quelque
accident imprévû, cette
contravention se reparera
de part & d'autre de bonne
foy) sansdelay ni difficulté.
LesPlacesVaisseaux &
:MaKhandifefc feront rendes
•>
incessamment, & les Prifonniersmis
en liberté,fane
qu'on demande aucune
chose pour tcurrançonm
pour leur dépense.
(
III.
AFIN de prévenir tous
sujets deplaintes&conteflations
qui pourroient naicro
à l'occasion des Prises faites
sur Mer pendant le terme
de la Surpensionon est convenu
que les Vaisseaux de
part & d'autre qui feioient
plis après l'expiration des
termes cy dessus marquez,
à commencer du jour de la
signature de ce Traité, feront
entierement rendus,
avec le monde, l'Equipage,
les Marchandées, & autres
effetsqu'on y aura trouvez.
sans la moindre exceptionysçavoir,
ceux qu'on aura pris
depuis les Costes de Portugal
jusqu'à la hauteur des
Isles des Açores & Détroit
de Gibraltar, après l'espace
de vingt-cinq jours; depuis
le mesme Décroitjusqu'à
tous les Ports de la Mediterrannée,
après l'espace de
quarante jours depuis les
susdites Costes de Portugal
vers les Mers du Nord, &
dans lesdites Mers du Nord
, aprés cinquante jours; depuis
la hauteur des Isles des
Adores jusqu'au vingtcinquièmedegré
du costé
du Sud, après cinquante
jours; & enfin aprèsledit
vingt-cinquièmedegré vers
toute autre partie du monde,
après six mois: Bien
entendu que dans les endroits
où la Suspension ne
peut avoir lieu que dans six
mois, il ca stipulé que ladite
Suspension ne ^comK
mençant qu'aprés les susdits
six mois, elle ne finira par
consequent que dans dix
mois. Et à l'égard des
autres endroits, on observera
la mesme chose à proportion
des termes mar-
,
quez, afin que l'on y ait
connoissance de ladite Suspension
d'Armes.
IV.
Tous Vaisseaux &
Bastimens desdites trois
Couronnes pourront naviger
librement & 10Ulr de la
presente Suspension depuis
les termes cy - dessus marquez,,
sans estremunis
d'aucres Passeports que de
.ceux de leurs Souverains;
,&,cn cas que les Marchands
souhaitent d'en avoir d'aur
très, on leur en accordera
réciproquement.
; V.
;
SA Majené Très-Chrétiennepromet
que les Articlescydeilus
de la Ceiïatiori
d'Armes par Mer feront
observez par tous les Capitaines
desVaisseaux & autres
Bastimensquiontouauront
commission de ses Alliez:
Et Sa MajestéPortugaise
promet que de sa partilsseront
pareillement observez
à l'égard de tous les Alliez
de Sa MajestéTrès-Chrétienne.
VI
EN vertu de la presente
Suspension d'Armes, les
Troupes que Sa Majesté
Portugaile a presentement
en Catalogne retourneront
enPortugalle plustost qu'il
sera possible,&afin que Sa
Majesté Portugaise ait le
temps d'envoyer, ses ordres
au General qui commande
lesdites Troupes, ladite
Suspension d'Armes ne
commencera pour elles que
le i1 Decembre prochain, auquel
jour elles seront & demeureront
dans l'inaction
jusqu'à leur départ,sans pouvoir
servir ni directementni
indirectement contre les 2.
Couronnes. Et en cas que
leur retraite se fasse par
Terre, des Commissaires
Espagnols se trouverontsur
la Frontiere dans les premiets
jours de Decembre
prochain pour concerter,
avec le General desdites
Troupes Portugaisle jour.
de leur départ & toutes les
mesures necessaires, afin
que leur marche au travers
des Etats de la Couronne
d'Espagne soit la pluscourte
& la plus commode
qu'il fera possible, & que
leurs logemens soient reglez
dans la route: Bien entend
u que pendant ladite
marche on leur donnera
aussi des Commissaires pour
les garantir de toutes infultcs-&
pour leur faire fournir
les vivres, aussi bien que
'! tout ce qui leur fera necessaire,
au prix commun &.
ordinaire dans le Pays. Sa
Majesté TrèsChrestienne
se fait fort qu'on aura toute
l'attention possible pour la
fureté desdites Troupes,
& que si par quelque accident
imprévu, il arrivoit
que les termes de quatre
moisdelaSuspension vinst
à expirer pendant leur passage
par Terre ou par Mer;
en ce cas la Suspension
d'Armes ne laissera pas de
continuer à l'égard de ces
Troupes seulement jusqu'a
ce qu'elles soient arrivées en
Portugal.
VIL
LesRatifications du
present Traité seront échangées
de part & d'autre
dans le terme de quarante
jours, ou plustosrsi faire (e
peut nonobsfant que la Suspension
doive commencer
du 1 5. du present mois de
Novembre. En foy de
quoy & en vertu des ordres
&pleins pouvoirs que nous
soussïgnez avons reçûs de
nos Maîstres le Roy Tres-
Chrestien & le Roy de
Portugal, avons figné le
present Traité, & y avons
fait apposer les Sceaux de
de nos Armes. Fait à
Utrecht le fepriéme Novembre
mil sept cens douze.
Estoit figné
(L.S.) HUXELLES.
(L.S,.) L'ABBE DE
POLIGNAC.
(L.S=) :M,ENAGER. I
(L.S.) J COMTE DE
TAROUCA.
(L. S) D. Louis DACUNHA."
'f *ouvellesd'Allemagne *c On fait cjcgrands,prepa*
ratifs pour la'.ccrernow de
l'hommage que les Etats de
de la Basse Autriche doivent
rendre le 2 Novembre à
l'Archiduc qui doit ensuite
aller à Presbourg pour tcrminer
la Diete. Les lettres
de Vrnne portent que le
Conseilcontinue à delibeTer
lui les moyens de trouver
les fonds n affaires
pour lacontinuation dela
guerre. Les ordres oftt eRi
envoyez à tous les Régira, ns
defournir un état des recrues
dont ils ont besoin.
afin d'en faire la repartition
sur les Provinces hereditaires
, qui seront obligées de
les lever & de les fournir
-d'armes & d'habitsàleur
dépens. On mandedeHon
-
grie qu'il y a encore plusieurs
Mtcontens quitra-
.Naillérit à exciter un nouveau
C-fittaUvirent*qii'ertïyî&
arresté depuis quelque temps
une Dame accusée d'entretenir
correspondance avec
le Prince Ragotzi, & que
le valet de Chambre d'un
grand Seigneuravoitesté mis
en prison pourle mêmesujet.
Les lettres de Constantinople
portent que l'Ambasfadeur
du Czar étoit arrivé,
&qu'il avoit eu audiance du
GrandVifir, mais qu'il n'avoit
pas encore obtenu celle
du grand Seigneur; que le
Grand Visir n'avoir pas vou- lurecevoirde luy la ratification
de Paix avant l'arrivée
d'Achmct Aga qu'on attendoit
de Pologne, afind'estre
informé, si les Moscovites
étoient entièrement sortis
du Royaume,&s'ilsavoient
exactement observé les
autres articles du Traité.
On assure pourtant' à
Vienne que le Grand Visir
avoit déclaré que le Grand
Seigneur étoit resolu d'observer
la Paix avec le Czar
pourveu qu'on donnât au
Roy de Suede un psfljge
libre pour retourner dans
ses Etats.
S-upplement aux Nouvelles d'Efyagnc.
: Le Roy a donné la char-
.,ge de Corregidor des Villes
de Guadix & de R>ça dans
Je Royaume de Grenade à
Don Diego de Noboa &
Villamarin, Colonel d)Insanterie,
en consideration
de ses fervices. Le 3 No-
Verrtbre Sa Moellefie
chanter le Te Deumen
a£fciot* de grace de la prise
deBouchain. Le 5. leRoy
jftgnat'aétc de Renonciation
*
à la succession à la Couronne
de France, pour luy Se
pour ses descendants, de
fmefme que les Princes dela
Maison de France doivent
renoncer à la succession delà
Monarchie d'Espagne, à
jaqucHe le Ducde ,Savoye
& ses descendentsmasles
succederont au defaut de la
posterité de Sa Majesté
Catholique. La principale ;NôbIcfJe :dEfpagÛG,assi(li
,à la ceremonie de cet aâcqui
fut figné par les Con
seillers du Conseil d'Etat
:$aric» PiefUejHs^es Coeseils,
par les grands Officiers
des Maisons Royales, par
le Duc dePopoli, comme
Capitaine des Gardes du
Corps en quartier, par le
Marquis de Valdecannas,
Conseiller de la guerre, &
par le Comte de Condomar
Conseiller d'Etat & de la
Chambre de Castille. Le
mesme jour le Roy fit l'ouverture
des Corréesou Etats,
accompagne du President
du Conseil avec les Ministres
de la Chambre comme assistants
des Etars, &< le
Secretaire de la Chambre &
Etatde Castiille selon la maniere
accoutumée , avec
deux Deputez de chacune
des vingt-neuf Citez &
Villes qui representent les
Royaumes de Castille,
d'Arragon & de Valence.
Les lettres d'Estremadurenr
portent que la saison
étant fort avancée & que
les pluyes continuelles qui
innondoient les tranc hées
ayant rendu la continuation
du Siege de Campo-Major
très-diiffcile.
Le Marquis de Bay fit
donnes un assaut à la placc
quoyque la bréche ne fut
pas encore perfectionnée.
Le 27 Octobre au matin
il fit avancer 1 les Grenadiers
qui gagnerent le haut de la
brèche,oiï ils furent arrettezpar
un retranchement
que les Assiegez avoir fait
derriere ;
il étoit enrré dans
la Ville quelques heures
auparavantunsecours
demille
Bommc9, lesAssiegezsim*'
sigrand feu, que ksaffichans ne pouvantni
avancer ni faire un logementsur
la bréche,furent
obligez de se«: La*
Le Marquis de Bay se
maintintdans les attaques,
jusqu'àce qu'on eutçmniené
tousles Canons, les ,mOf,,!
tiers, avec tous lesprépa-*
ratifsduSiège,&ensuite
il décampa , ayanteu au
plus dans cetassautenviron
troiscenstrente Jwmmcl
tuez ou blessez.
On mande de Catalogne
<jue l'armée étoit deqtojpéç
d'Agramunt& qu'elle avoic
repasséla Segre sans que les
Ennemis ayent paru. Selon
le rapport des deserteurs,
lrstroubles étoient aug-:
mentez à Un tel point dans
Barcelone, que tout étoit
disposéà une émotion genérait.
Depuis quelesEnnemis
bnc abandonnéCervera,
ils n'ont fait aucun
mouvement nyenvoyéde
détachement dans le Lara-*
pourdan.Onécritqueles
Troupes Angloisess'étoient
embarquées
Port-Mahon pour aller au
Nouvellese&tàIGtiabrlailtear.;
.,
« 'J0n mande de Naples
queleViceroy a reçû unf
ordre de Vienne par lequel
illuy est commandé depublier
tquele-Royaumede
Naples, avoir été conquis ,
& que par consequent les
Barons étoient déchus de
leursj§çfs & deleursautres
avantages, que les Napolitains
étoient regardés de la
Cour de Vienne comme des
sujetsrebelles quinemeritoient
aucune grâce nyla
confirmation qu'ils demandoient
de leurs privileges ;
cet ordre ayant été publié
dansleCollateral
,
causa
une surprise extraordinaire
par route la Ville, quoique
plusieurs affectionnez au
Gouvernement,fissent leurs
efforts pour appaiser le petit
ple,disant que cette Decfâ*
ration ne regardait que It.
Barons. Le 11. Octobre
tous les Sieges & CÓfP'
s'assemblerent chacun dit,
particulier & resolurent d^
tenir une assemblée genetalc)
le Viceroy qui en crai*
gnoit les suites manda
l'Eleu du peuple, & luy fit
des plaintes de ce qu'ilsouffroit
que ces assembleés Te
fissent sans permission, qui
luy réponditqu'il n'avoit,
pu l'empêcher parce que
toute la Ville étoit émuë
de concert, & qu'iln'étoit
pas difficile de concevoir
qu'après avoir fait tant
d'efforts & donné tant de
preuve de zele pour la Maifan
d'Autriche, nonseulement
ils ne pouvoient obtenir
aucune des graces
qu'on leurs avoit promis
* mais qu'onles traitoit de
sujets rebelles & de pris
conquis, ce qui leur persuadoit
qu'on cherchoit des
prétextes -pour les ruiner
entierement;leViceroy luy"
dit qu'il entroit fort dans;
ces raisons, qu'il en informeroit
au plûtôtla Cour
de vienne, & qu'afin de ne
pas rendre ses offres inutiles
il prioit le peuple de d/fierer
cette assemble generale jusqu'à
ce qu'il eut reçûsréponse
: le peuple se bjffa:
persuader avec peine, les
Officiers Allemans pour in..
timider les Napolitains
publient qu'il viendra firo.-
mil hommes de nouvelle
Troupes pour les réduire à
leur devoir. D'autreslettres.
plus reccntcs portent que
le mécontentement public
cft fort augmenté à cause
des frequents emprisonnemens
des personnes paisïbles
qu'on arreste sur fa-.
moindre dénonciation &:
sur un soupçon, surtout
par l'emprisonnement du
Duc de Bisaccia Pignarelli,
Coulin du Prince de Cellamaré;
iilétoit accuséd'avoir
eu correspondance avec le
Cardinal del Giudice fort
O'ncle,& fous ce pretexte
on envoya un Officier le
trouver à une de fcsTwres
où il luy iignifn l'ordre
de comparoistre devant
le Viceroy, fous peine de
trente mil Ecus, il fut
obligé de se faire porter à
Naples malgré une fievre
violente & ensuiteau Palais,
où il se justifia pleinement,
il fut renvoyé en samaison
où le lendemain il fut arrêté
& conduit au Château Saine
Elme où il est gardé étroitement.
On assure que le
Prince dela Villa Caraccioli
& le Duc de Bruzzano Carassa,
beau frere du Duc de
Ptop.oliont été aussidemandés
; la Cour de Vienne fait
ses efforts pour adoucir ces
procédés envers te principale
Noblesse par des grâces
faites à quelques uns, ayaftt
envoyé la Toison d'or au
Prince de San Severo-
Sangro & à Don Livio
Odescalchi qui doit revenir
à Naples pour la recevoir
-, rriejme. 3
Rentrée, de l'AcademieRoyale
des Médaillés &
Inscrip- tions. Eternumens, 28. Bouquet.41.
Réjonje. Autre bouquet impromptu
renvoyé à Melle>
de f'qÚi s'appelloit Elisabeth.
44.
Mort de Madame la Duchesse
de Charost.. 46.
IbJe' sur la Justice à Mr
d'ArgensonConseiller
d'Etat. 45).
Fragment du Poëme de I4 Rune.60.
Prologue de Àdclpomcne &de
Thaliesur un Héros 66.
Nouvelles d'Espagne.73.
Nouvelles de Hollande. 83
Nouvelles de Flandres. 83.
De Venise. 8
Suite duMémoire de l'oreille
parrapport à la Mujîque
de 97
Parodie de la derniere Enigme
tbt Mercure dernier185. Envoj.183.
Enigme.ioi0)]
Copiedelettre duDucd*Uceda\
au Gouverneur de Porto-
Hercole. 241.
Reponse. 244.
Donsd» /îoy,*JI.
Parodie sur l'Enigme aw a
pourmot les dents 2,58, Morts.2.65
Traite desuspensiond'Armes
entre la France & l'Espagne
,d'une part, & le
Portugal de l'autre.265.
Nouvelles d'Allemagne.280
Supplement aux Nouvelles;
JEfpagnc*
GALANT.
A PARIS,
M.DCCXII.
Avec PrivilegeduRoy.
M£ RÙÏÏ îlE
GALANT.
Par le Sieur Du F***
Mois
de Novembre.
17 IZ.
L~ prix est 30. fois relié en ve~a,~C
2 5. foIs, broché.
A PARIS,
Chez DANIEL JOLLET, au Livre
Royal, au bout du Pont S.Michel
du ctxé du Palais.
PIERRE RIBOU, à l'Image S. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la ruë
du Foin, du côté de la ruë
Saint Jacques.
AvssAffrobation,&PrivilègednKoL
JtMERCURE
GALANT.
L"ENTREMETTEVR
pour lui-même.
N Gentilhomme
de Province
étant venu à PParis
pour un procés, se.. C- toit logé dans une au..
berge, dont le maîtrele
connoissoit depuis dix
ans. Il était bien fait de
sa personne, agreable.
dans la conversation,'ÔC
assez riche pour trouver
des partis fort avantageux
,
s'il cllt voulu
donner dans le Sacrement
: maisla liberté lui
plaisoit, ou plutôt son
heure n'était point encore
venue > car quand
elle frape, il n'y a plus
moyen dedififerer. Sa
chambre donnoit sur la
rue. L'im parience de
voir revenir un laquais
qu'il avoit envoyé en
ville, luifitmettre la tête
à la fenêtre, & ses
yeux furent agreablement
arrêtez par une
belle personne quifit la
mêmechose que lui dans
le même temps. Elleétoit
dans une chambre
opposée directement à
celle du Cavalier;& un
bruit de peuple, dont elle
vouloit sçavoir la cause,
l'avoit obligée à se
montrer. C'était unebrune
d'une beauté surprenante.
De grands yeux
noirs pleins de feu, la
bouche admirable, le
nez bien taillé, & le teint
aussivifqu'uni. Le Gentilhomme
charmé d'une
sibellevoisine, luifitun
salut qui lui marqua
l'admiration où il étoit.
illui fut rendu d'un air
serieux, quoique fore civil;&
la rumeur ayant
cessédans la rue, cette
aimable personne se retira,
au grand déplaisir
du Cavalier qui la regardoitde
tous ses yeux.
Il crut qu'il n'auroit pas
de peine à s'introduire
chez elle comme voisin,
& dans cette pensée il
demanda à son hôte qui
elleétoit,&quelles pouvoient
être les habitudes.
L'hôte lui apprit
quedepuis un an elle occupoit
une partie de cette
maison avec sa mere;
qu'elle avoit de la naislance,
& peu de bien;
qu'il n'y avoit rien de
plus regulier que sa conduite
;que tout le monde
en parloit avec grande
estime, & qu'il n'y
avoir que des proportions
de mariage qui
pussent obliger la mere
a écouter des gens comme
lui. Le Cavalier trouva
le parti trop [cxieux ;
il aimoit les belles personnes,
mais non pas jusqu'à
vouloir épouser.
Cependant il demeura
ferme dans la resolution
de visite. Il prit la mere
par son foible, & lui
ayantfait entendrequ'il
lui venoit demander sa
fille pour un ami, quien
étoit devenu passionnément.
amoureux, il fut
reçû favorablement.Il
donna du bien & une
Charge considerable à
cet ami; &C comme il çr
toit maître du Roman,,
il l'embellit de tout ce
qui le pouvoitrendre
vraisemblable. L'ami étoit
à la campagne pour
quinze jours; des affaires
importantes l'y a-r
voient mené,&ildevoit
lui écrirele» decette négociation. On
futcontent de tout,pourveu
que les chofes fs
trouvassent telles qu'on
les proposoit. La metcs'informa
du Cavalier
dans son auberge;on lui
dit qQ"Íl étoit trés-riche
, d'une des plus
considerablesMaisons de
la Province, & si fort
en reputation d'homme
d'honneur, qu'on
pouvoirs'assurer sur sa
parole. Cependant il ,
joüoit un rôle assez delicat
: mais comme il avoit
del'esprit,il ne s'en
embarassoit pas. Il faisoit
son compte de voir
la belle le plus lon gtemps
qu'ilpourroit sur
le pied d'agent, &
croyoit forcir d'affaire
par un ami, qui seroit le
passionné pendant quelques
jours, & romproit
ensuite sur les articles :
mais il fut la dupe de
lui-mêmeàforce de voir.
L'espritde cette aimable
perfonnefutun nouveau
charme pour lui, &' il
acheva de se perdre en
l'entretenant ; sa douceur
, son honnêteté,
tout l'enchanta. Il fupposoit
tous les joursquelque
lettre de son ami,
qu'il faisoitvoirà lamere,
& elle lui servoit de
pretexte pour des visites
qui ne le laissoientplus
maîtrede saraison. La
belle ne s'engageoit pas
moins que lui, & il lui
disoit quelquefois des
choses si passionnées,
qu'elle étoit contrainte ,.
: de le fairesouvenir qu'il
s'égaroit. Un mois entier
s'étant écoulé sans
qu'il amenât son ami,
lamere,qui craignit d'estre
joüée, le pria de ne
plus revenir chezelle,
tant qu'il n'auroit que
des lettres à lui montrer.
Il se plaignit à la fillede
la cruauté de cet ordre.
Cette charmante personneluirépondit
qu'-
elle vouloit bien lui avoüer
que l'impatience
de voir l'époux qu'on lui
destinoit n'avoitrien qui
la tourmentât:mais qu'-
elleavoit ses raisons pour
n'estre pas fâchée que sa
mere lui eût fait la désensedontilse
plaignoit.
Le Cavalier comprit ce
qu'il y avoit d'obligeant
pour lui dans cette réponse,
& en sentit augmenter
sa passion. Iln'osa
pourtant continuer
ses visites le lendemain,
& ce jour passé sans voir
ce qu'il adoroit, lui parut
un siecle. Il voulut
se faire violence pour en
- passer encore quelquesuns
de la mesme forte,
afin de s'accoutumer à se
détacher: mais le suppliceétoittroprudepour
lui,& l'habitude déja
trop formée. Aprés de
longues agitations,l'amour
l'emporta sur l'aversion
qu'il avoit toûjours
euë pour les engagemens
qui pouvoient
tirer à consequence. Il
retourretourna
plus charmé
qu'auparavant,où il connuttrop
qu'il avoit laisséson
coeur) & pour arrester
les plaintes qu'on
commençoït déja de lui
faire,il débuta parune
lettre de son ami, qui
arrivoit ce mesme jour,
& qui devoit venir confirmer
le lendemaintoutes
les assurances qu'il
avoit données pour lui.
Cette nouvelle fut reçûë
diversement.Autant
que la mere en montra
de joye
, autant la fille
en eut de chagrin. Ilfut
J
remarque1 dju Cavalier,
qui s'en applaudit, &
qui eut la rigueur de la
préparer à la reception,
4eTépoux qu'on lui promçttoii;
depuis silongtemps.
El/c.nesesentoit
pas le coeur assez libre
pour se réjoüir de son
a"r¡rivé.e, &C paflfa la nuit
dans - des inquietudes,
qu'il feroit difficile de
se figurer. L'heure de la
vifice étant venuë, le
Cavalier entra le premier.
La joye qu' 1 fit
paroîrrede ce qu'il étoit
enfin en état de tenir parole,
futun nouveausujet
dechagrinpourcette
belle personne: mais ce
chagrin n'aprocha point
de la surpriseoùelle se
trouva, en voyant entrer
après lui un homme à
manteau, & aussi Bourgeois
par son équipage
que par sa mine La mere
le regard a, la fille rou- gir &: il ne se peut rien
de plus froid que la civilité
dont elles payerent
le salut qu'elles en reçûrent.
Le Cavalier étoit
dans un enjouëment extraordinaire,
& leur dit
centchoses plaisantessur
le serieux avec lequel
elles recevoient une personne
qu'il croyoit leur
devoir être si agreable.
L'homme à manteau le
laissa parler long-temps
sans t'interrompre; Se
ayant enfin, demandé si
,
on ne vouloit pas dresser
les articles, il fut fort
surpris d'entendre dire à
la belle qu'il n'y avoit
rien qui pressât, & que
la chose lui étoit assez
d'importance pour lui
donner le temps d'y penser.
Cette réponse, & la
maniere dédaigneuse
dont elle regardoit l'époux
pretendu qu'on lui
avoit fait attendre depuisunmois,
mirent ICi
Cavalier dans des éclats.
de rire,quil lui fut impossible.
de retenir. Us*
furent tels, que la mere
& lafille commencerent
à s'en fâcher: mais il
n'eut pas de peine à fair:
cifa paix, &: elles ne rirent
pas moins que lui,
quand il leur eut appris
qu'il étoit luimême
cet ami dont il leur avoit
parlé,& que celui quelles
voyoient étoit un
Notaire qu'il avoit amené
pour dresser le contrat
de mariage. Jugez
de la joyede la belle,
qui ne s'attendoit à rien
moins qu'à une si agreable
tromperie, & qui
s'étant laissé insensiblement
prévenir pour
le Cavalier
, ne souffroit
plus qu'avec peine
qu'on parlât, de la
marier avec son ami,
quelque honnête homme
qu'elle pût le croire.
Les articles furent
signez & la grande ceremonie
se fit un des
derniers jours de l'autre
mois.
L'Academie Royale
des Medailles &,- Inscriptions
fit l'ouverture de
ses exercices par une assemblée
publique, qui
se tint le Mardy quinze
Novembre.
Monsieur de Bosc,
Secretaire perpetuel de
l'Academie, commença
par l'éloge de Monsieur
l'Abbé Tallemant.
Monsieur Moreau de
Mautour parla enfuire
sur une colomnemilliaire
trouvée prés de la villedeSoissons.
Aprés lui Monsieur
l'Abbé de Vertonproposa
un problême
,
içavoir
si Jules-Cesaravoit
été aussi grand politique
que grand Capitaine, éc conclut par l'affirmatif.
Enfin Monsieur Morin
fit une dissertation
sur les souhaits qu'on
fait en faveur de ceux
qui éternuent. A l'égard
des éternuëmens, Monsieur
Morin s'égaya
beaucoup surce que les
Rabins en disent. Des
Rabins il passa aux
Grecs, & des Grecs aux
Romains.
En attendant que je
vous puisse donner l'extrait
de ce discours, voici
sur l'eternuëment
quelques reflexions qui
se sont trouvées dans
monporte- feüille.
ETERNUEMENS.
Il ne faut point écouter
Sigonius *, lors qu'il dit
que la coutume de saluer
ceux qui ecernuenct& prier
Dieu pour eux, vient de
ce qu'autemps de saint
Grégoire plusieurs mouroienten
éternuant ou en
bâillant.Aristote, dans lhistoire
des animaux
,
livre
second de aiileurs, parle de
cet éternuement & de ses
causes.
*•Lii-i.kift-:€rrg-JtnL
Le Poëte Grec cité dans
le second livre duFlorilepum
y badinant sur certain
grand nez au bout duquel
la main ne pouvoic pas arriver,
dit:
Non potis est proclus digitis
emungerenasum ;
Narpqne estpronasimole p_
,
JjllamanuS)
tJectiocat Ille Jovem ftfrntitans;
quippenecaudit,
Sternutamentum tam procul
aure sonat.
Les anciens Hebreux Ciluoient
de même ceux qui
éternuaient, & leur di-
-
soient: Que cette médecin*
serve à vôtre salut.
Les Grecs même des premiers
temps croyoientque
l'éternuëment dépendoit
de quelque chosede divin,
ôc en établissoientCerés
pour la Divinité, au
rapport de Suidas. Socrate
consultois cet éternuëment
comme son devin,ditPlutarque.
On voir la même coûtume
de ce salut chez les La
tins. Tibere l'exigeoit lors
qu'il éternuoit, & le rendoit
aussià ceux qui éternuoient,
au rapport de Pline,
1.18. ch. 2. Petr. dit que
Gitoncouché ,oi/eEliont (pititm
jamplenus continuoita
sternutaviy,utgrabatum concuteret
, ad quemmotum Eumolpus
salvere Gitona jubtt,
-.., '; Apulée livre 9. racontant
l'histoire du jeune homme
"'-' que la femme de Foulon
fit mettre fous une table
d'osier, sur laquelle étoient
étendues des étoffes qui
blanchissoient à la fumée
du souffre, il dit:Acerrimo
gravique odoresulfuris ju'Venis
injecutus atque obnubilatusyinterclujoJpiritu
diffluebat,
atque, ut efl ingenium
wivacismetalii, erebras ei.
Jlernutattones commovebat.
Adatitus è regione mulieris
accipiebat sonum sternutationu;
cumqueputaret ab easterhutamentuni'
proficisei,solito
flrmon-e salutem eiprecabatur.
Cum iteraretur rursum , tandem suspicatur,~impuUa
mensa, remotâque ca-
Oea producit hominem crebros
anheljtHS agre efflantem.
L'éternuëment au sortir
de table étoitreputé malheureux,
selonPline
Onfléchissoitle genou,
en priant pour celui qui éternuoit
,ditAthenc'e.
On rapporte plusieurs.
causesde cet éternuëment:
mais en voici la premiere
& la veritable, ièlon*.*
.,' Prometée ayantformé
lafigure de l'homme, fit
venir le lievre, le renard , le pan, le tigre, le lion 2c
l'âne, pour prendre dechacun
de ces animaux une petite
partie, & les souffler
dans l'homme. L'hommeainsi
compote de pieces&
de morceaux, & de ces-par4
ties-là, commença a. vivre
& à relpirer. La terre, qui
composoitlatête,& le cerveau,
ayant encoredel'humidité,
& lesautresmembres
étantsecs, !a premiereenviequ'eutl'homme
, ce
fut d'éternuer. Ilhaussala
tête deux ou trois fois, &
éternua enfin avec un bruit
épouvantable. Tousles animaux
, » , qui étoientencore
presens,s'enfuirent de peun
Prometée
,.
fin & penetrant.
dans l'avenir, jugea par là
que l'homme auroitl'empire
sur tous les autres animuaux,
puis qu'avec un signe
detête & un peu de
bruit il les avoit
ainsi
épouvantez
& fait fuirdevant
lui. Il le taliiaaufluot roy
des animaux ,& pria Dieu
que cela lui rciiisî-. En mémoire
de cetéternuëment,
qui a fait declarcr l'homj:".,-
me le maître des arumaux ,
on le saluë quand il éter-.
nuë.
D'autres racontent la
chose de cette maniere..
Prometée ayant: formé
l'homme
,
obtint de-Minerve
sa patrone d'aller faire
un tour dans les Cieux,
pour en tirer de quoy persectionner
son ouvrage. Ii
porte un flambeau fous son;
manteau, l'allume au Soleil
)'& redescend promptement
vers son homme ; il
lui met le feu à la tête: mais
le cerveau humide, à l'approche
de ce feu & de cette
lumiere du Soleil, lâcheunéternuement
violent qui éteint
le flambeau de Prometée.
Celui-ci en fureur
devoirque le premiertrait
de l'homme eût été d'éteindre
sa lumiere, ôc que
sa peineétoit perduë
,
alloit
prendreun caillou pour
casser la tête à l'homme,
lors qu'il éternua une seconde
fois avec violence,
,& ralluma par ce souffle le
flambeau de Prometée. Ce.
lui-ci bien content, selicita
l'homme sur la lumiere
qu'il venoit de recouvrer,
& souhaita pour lui qu'il en
usâtmieux
,
& ne la risquât
plus. Le voeua étéinutile:
mais la memoire en est ret
tée. Une troisiéme opinion
assure que l'avanture fut
telle.
Promettée avoit achevé
son modele
,
ôc le retouchoit;
il vit que l'argile qui
formoit le nez s'étolt retirée
en sechant, & que le
nez étoit trop court pour
un animal qui devoir être
fin, il remanie ce nez, &
y ajoûte de nouvelle matiere
: mais il touche par
malheur un petit nerf; aus
sitôt l'homme éternua d'une
si grande force, que routes
ses dents mal affermies
en sauterent. Prometéeeffrayé
pria Dieu que cela
n'arrivât plus,& ditàl'homme,
Dieunous assiste. On a,
toujours dit depuis la même
chose, de peur que pareil
accident. n'arrive.
Cette coûtume est dans
tous les pays. Lorsque l'Empereur
du Monomotapa
éternué, ceux qui sont autour
de lui lui font le souhait
& salut ordinaire à haute
voix; en forte que ceux
qui sont dans les chambres
voisines l'entendent, &
fassent le même salut
,
le-
)
quel le communiqué de
main en main à la place publique&
à toute la ville,
qui en un instant prie pour
le Prince qui a éternué. La
même choie se fait quand
il boit. V. l'Hist. de Ba..
ros, &c.
Les Espagnols trouvèrent
cette coûtume de faluer
pour l'éternuëment établie
à la Floride.
BOUBOUQUET
DE Mlle DE S***
le jour de sainte Elisabeth.,
en lui envoyant
un miroir de
poche.
EM vain j'ai devancé
l'aurore
Pour VQPM aller chercher
dans le jardin de
Flore
De* fleurs où vous
: sieztrouverquelques
appass
Car Zephir me fermant
laporte,
Ma dit d'une voixfiere
forte:
AlieZ, retournez..,survos
Pas
Ne venez, point insulter
Flore.
Celle qui vous conduit
dans ces lieux écartez,
A desfleurssurson teint
qui nefont que d'e'clore*
Rien ne peut sajouter àtontes
ses beautés
jille&, je vous le dis en-
,
core.
Moyhonteuse de ce refus>
Comme une femme firt
prudente,
J'aidit: Mon cher Zephir,
je suis vôtre
servante,
Je sçai le vrti moyen de
vous rendre confus;
Je donne pour bouquet à
.- l'aimablelsabelle
-
Unsimple miroir310 rien
plus
Zuand elle s'y verra Ji.
charmantesibelle,
Elle meprisera tout ce qui:
nient d'ailleurs,
Et n'aimera quelle,
Et nargue de vosfleurs.
REPONSE,
Autre Bouquetimpromptu
renvoyéàMlle de. qui
s'appelloit Elisabeth.
ILme,fautunfaûquet.
*-
; pour certaineDésse,
2)// un Dieu, qui d'abord
à S***s'adresse.
A labâteS*** en dé-
:"
pit d'Apollon,
ffouloit cueillir desfleurs
dans le sacré vallon.
JSlony dit le Dieudes vers,.
cette brune rp. trop
belley.
Vn bouquet impromptu
seroitindigned'elle:
Maù va trouver l'A.
motir luiseul enun.
,,: moment
Peut d'un tel impromptus'acquitterdignement-
MORT.
Dame Catherine de
Eameth, épouse de Messire
Armand de Bethune,
Duc de Charost,
Pair de France, Capitaine
des Gardes du
Corps du Roy, mourut
le ir. Novembre,- âgée
de 51. ans.
LaMaison deLamethtire
sou origine de NeuvilleVuitasse,
Terre aux envu
rons d'Arras, qui est presèntement
à une des branches
de la Maison de Montmorency
Un cadet de cet- teMaison pritle nom de Lameth,
soit. qu'ilait eu cette
Terre en partage, ou qu'il
ait épousé une femme de
ce nom, comme cela étoit
fort en usage dans ces,
temps-là. Ce même cadet
& ses descendans ont joint
aux armes de Neuville celles
de Lameth. Plusieurs
prétendent quelles lui ont.
été dounées par Godéfjrpy:
de Bouillon. Ilsont toujours
confervé celles de Neuville
,
écartelées erifemble^
tanrôt en. premier
,
tantôt
en second, sans yen avoir
mêlé d'autres, jusqu'à environ
l'année1450. que les,
branches,se séparerent.On
voitencore ceux de cette
Maison des premiers parmi
la plus haute Noblesse de:
Flandres; dans ks plus anciennes
Chartres des Ah-*
bayesde Flandres. Ils avoient
l'honneur d'êtreparem
des Comtes de Flandres
leurs Souverains. '-.
ODE.
ODE
SUR. LA JUSTICE.
A M.. d' Argenfin , Conseillet
d'Etat. QtJelle est cette auguste
Immortelle
Que je vois descendre des
Cieux?
Tout mon coeur s'enflâme
pour elle,
Sitôt qu'elle brille à mes
yeux.
N'en doutons pointy c'en:
la Justice :
Mortels, que chacun obeisse
Elle vient nous donner des
des loix:
Oracle du Maître suprême,
L'enfer, la terre, le ciel
1\ même,
Tout doit reconnoître sa
VOIX
* Digne choix du plus digne
Maître
Qui jamais ait régné sur
nous,
Dn'Aorgenîsotnr,tuesç,ais la con-
'Ce,te voix qui nous parle
à tous.
Sur tes consèils elle preside;
Peut-on sans la prendre
pour guide
Discerner le mal & le bien?
C'est sur elle que tout se
sonde,
Et le premier trône du
monde -
N'a point de plus ferme
soûtien.
Le Maître à qui tout rend
hommage
Sur l'équité fonde ses droits;
Louis est sa vivante image,
Qu'il soit le module des
Rois.
Long-temps cheri de lavi-
Ctoire
A-t-ilfaitconfiller sa gloire
Dans le vain nom de conquérant?
Non, ce qui le rend plus
auguste,
C'est qu'en lui le tirre de
juste
Confirme le titre de grand.
En vain un Monarque se
Rare
Que son pouvoir n'a point
,
.dcga!
; * Desquesaninjusticeéclate
L'univers est son tribunal.
Il se voit contraint d'y repondre;
S'il s'égare jusqu'à confodre
L'innocent & le criminel
Le châtiment ,
,
la recompenle
Font de la main qui les diCpense
L'éloge ou l'opprobre éternel.
C'est peu que de sa loy suprême
On appelle au Maître des
Rois,
Il répond comme de luimême
Des Ministres dont il faitchoix.
C'est à ces infaillibles marques
Que du plus sage des Monarques
Lajustice éclateànosyeux,
Il commet son peuple à ton
zele,
Et tu fais, ministre fidele,
La felicicé de ces lieux.
Ici ma voix est suspenduë,
J'ai trop de vertus à chanter,
Et ma recherche conson.
duë
Ne sçait à quel choix s'arreter.
Mais c'est trop garderle si.. ;lence,
D'où vient que ma Musc
balance?
Mon choix nest-il pas deja
-
fait?
J'ai fîû d'abord me le préferire,
Et la justice peut suffire
A faire un Ministre parfais
O combien son amour t'enflâme!
Qu'il excite en toy de transports
!
Ce feu rrop presle dans ton
ame
Cherche à se répandre au
dehors;
De là ce courroux qui c'a.-
nime
A la feule approche du crime:
L'épouvante fuit le respect,
Il n'estpoint de si fier coupable
,
Quelque effort dont il soit
capable,
Qui ne pâlisse à ton aspect.
Mais quel bonheur pour
l'innocence
>
Qui jamais ne t'implore en
vain!
Sur ton coeur qu'elle a de
puissancei
Tu n'as plus qu'un aspect
serain:
Telsur les flots un prompt
orage
Couvrant le ciel d'un noir
nuage > Contraint le jour à se cacher;
Mais le pere de lalumiere
Reprend-il sa splendeur
premiere,
Il rend l'esperance au nocher.
-
Ainsi, favorable & severe,
Signalant unjuste pouvoir,
Tour à tour de juge & de
pere
Tu remplis le double de- voir; Sourd à l'interêt, à la brigue
Perçant la plussecrete intrigue
Que l'impostiure ore tramer;
Tel enfin que j'ose te peindre,
Forçant les méchans à te
craindre
x
Tu portes les bons à t'aimer.
Je n.o[e endire davantage,
Et si jachevois le tableau,
Loin de m'accorder ton
suffrage,
Tu defàvoûrois mon pinceau
:
Mais mon zele fût-il coupable,
Tu cefleroisd'être équitable,
Si tu ne t'en prenois qu'à
moy; Ta vertu même en est complice.
J'ai voulu peindre la Justice,
Je ne lai pu que d'aprés
toy.
MlleBARBIERS
Dans le Mercure de
en a omis, par un feüillet
égarè'.,'la fin du Poème de la
Rune. Cet ouvrage a fait asfeZ.
de plaisir, pourmériter
l'attention de donner ici ce
fragment omis qui finit ce
Poëme.
, On recherche la volupté
),
Parce qu'elle flate& qu'on
l'aime;
Et si du diable on est tenté,
Il faut dire la verité,
Chacun est son diable soymeme
: Mais laissons le diable en (repos,-
Et reprenons nôtre propos.
Que ferez
- vous feule isolée
Sur vôtre Rune desolée?
Que faire là ? je n'en sçai
rien:
Mais vous pour elle si zelée
Peut-être le sçavez-vous
, 2-bieç.-
Helas! si j'en crois mesalarmes,
Un cruel ennui vous attend;
Ce roc pour vous si plein
de charmes,
., Et que par-tout vous vantez
tant,
Vous fera bien verser des
larmes.
Il me semble déjà vous voir
La tête sur la main penchée,
Regretter cet ancien manoir
Dont vous vous ferez arrachée
Et du matinjusques au foir
Trouver bien lugubre ôc
bien noir
Le nid où vous ferez juchée,
Disant souventd'un coeur
contrit:
Helas! on me l'avoit bien
dit.
Je n'en dirai pas davantage,
Mes avis seroient super flus;
Courez, volez à l'hermitage,
Partez, je ne vous retiens
plus;
Allez où vôtre coeur aspire,
Vous n'y ferez pas long ieL
jour.
S'il restoit quelque chose à
dire,
Je le garde pour le retour.
M. dela Chaussée, Fermier
general
,
est mort. On
a donné sa place à M. Laugeois.
Le choix & la diftindion
que le Ministre en a
fait, quoy qu'il ne soit âgé
que d'environ vingt-neuf
ans, fait juger qu'il remplira
cette place suivant
son attente. Ceux qui l'ont
pratiqué jusqu'à present le
pensent ainsi.
Il est petit-neveu de feu
M.
M.Laugeois d'Imbercourt,
qui aoccupé une pareille
place dans
les
Fermes generales
pendant quarante
ans, & qui eut deuxenfans,
-- dont l'un est à presant Intendant
à Soissons, &l'autre,
mortedepuis cinq ans,avoi"t é.t,émarié1e en premieres
noces à M. le Marquis
de la Paupliniere, &
en --fezotide-sau-feu le Maréchal
de Tourville.
Prologue de Melpomene
SedeThalîé^
SurunHeros.
MELPOMENE.
QUittez,
ma soeur ,une
arrogancevaine,
Osez-vouscomparer vos.
-
frivoles chansons
Aux nobles , aux sublimes
sons
Del'heroïque Melpomene?
- THALIE.
Héde grace,masoeur,treve
de vanité,
Vivez en paix avec Thalie;
Vousesllçeavezque vingt fois
a déconcerté
Pour une ennuyeuse folie
Vôtre ennuyeusegravité.
MELPOMENE.
Mavoix ressuscite lagloire
De mesantiques demi-
Dieux,
Etje consacre la memoire
Dé ceux qui brillent à vos
yeux. THALIE.
Vos chantspar leur lugubre
accord
Fatiguentsouvent leuroreille,
Ma flute souvent les réveille,
Et vôtrelyre les endort.
MELPOMENE.
Croyez-vous que ce soit un
talent fortutile , De badiner à tout propos ?
TAH-AL1E.,
Vous imaginez-vous qu'il
soit si difficile :
De faire briller les Heros ?
MELPOMENE.
De lauriers immortels je
' couronne leurs têtes,
» THALIE.
Jesçai les délasser par d'à.- - greablefêtes. d a,«..
MELPOMENE.
Jevante leux exploits.
THALIE.
J'amuse leurs desirs,
MELPOMENE.
Je prens foin de leur gloire..
THALIE.
Et moy de leurs plaisirs..
MELPOMENE.
Je m'étonne qu'une Déesse,.
Qu'une Mufe se laisse à la
-
gloire entraîner;
L'amour propreest une soi- blesse
Qu'aux malheureuxmortels
on doit abandonner.
'-' THALIE.
Plusona le coeur grand, ôc
plus la gloire touche;
J'ai reçû comme vous ce
dangereux present:
Mais le mien est vif& plaifaut>
-- Et levôtre est sombre&farouche.
MELPOMENE.
Vous êtes ma cadette, au
jugement de tous,
Et l'on est modeste à vôt,re
âge.
THALIE.
Si je fuis plus jeune qu:
vous,
Ne vousétonnez pas si je
plais davantage..
MELPOMENE.
Ne profanons point nôtre
voix
Par une odieuse querelle;
Des Heros le noble modele
Nous fournir de plus doux
emplois :
Il a mille vertus dignes de
sanaissance,
Les Mufes dontil est l'appui
Doivent se consacrer à lui
Par zele & par reconnoiC
.- sance.
THALIE
A servir ce Heros bornons
nôtre desir.
MELPOMENE.
C'est le plus digne employ
des Filles de Memoire.
THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire.
MELPOMENE.
Que Thalie ait le fbhid'oc<
cuper son loisir.
MELPOM. & THALIE.
Que Melpomene veille à
celebrer sa gloire,
Que Thalie ait le foin d'occuper
son loisir.
Nouvellesd'Espagne.
Le Roy a donné laclef
de Gentilhomme de la
Chambre au Marquis de
Casa Pabon, enconsideration
des services de son
pere.
MilordLexington, Ministre
d' Angleterre, arriva
le 18. Octobre à Madrid
à accompagné du Duc de
Popoliqui étoit allé au-devant
de luy, & qui le conduisit
en une maison qu'on
luy avoit preparée par ordre
Roy, il eue audience particuliere
de leurs Majestez le
mesme jour, le lendemain
il futtraité magnifiquement
au dépens de sa Majesté. Il
est aussiarrivé à Madrid un
cuvoyé du Divan 4Alger,
dont on ne sçait pas encore
la commission. Le Roya
fait chanter le Te Dtumm
actions de graces de la prise
du Qnesnoy;on fit des feux
& desilluminations durant
- deux soirs.
,
On mande de Catalogne
, queleGeneralStatemberg
a abandonné Cervera,à
cause que les Anglois au
nombre de trois mil cinq
cens &les Portugais au nombre
de dix sept cens étoient
sur le point desembarquer,
outre qu'il éroit arrivé des
Troupes Françoises en
Roussillon qui l'avoir obtigé
de se rapprocher de Barcelone
pour estre àportée de
couvrir la Ville.
D'autres lettresdeCatalogne
portenr que l'armée
devoit le 16. Octobre passer
la Segre pour aller campèr
auxenvirons de Cervera, tÍque les ennemis avoient
abandonne, que le Prince
Tferclas de Tilly ayant été
informé qu'un Régiment
::de Cavalerie de !Electeur
Palatin, red uit à cent cinquante
Maires, étoit dans
ilç voisinage de Cervera, fit
un détachement pour l'enlever;
il marcha avec tant
de diligence qu'il le joignit
avant le jour, & l'ayant enveloppé
de tous côtez, il
prit le Regiment entier sans
luy donner le tems de se
mettre en deffense. Les let-
: de Saragosse portent qu'un
corps composé de Troupes
reglées des hnncmiSjdcVolontaires
& deMiquelets
étoit venu se porter sur la
Rivièred'Aragon & de Na-
Varie : mais quelques Troupes
Espagnolessétant af.
semblées avec un grand
nombre de Volontaires de
ce pais-là avoit attaqué &
battu les ennemis & les
avoit poursuivis fort loin.
On écrit de l'armée de de.
vant Campo-Mayor que le
14.Octobre on avoit commencé
à battre la place avec
trois batteries composées de
Vingt - quatre pieces do1
Canon & d'onze mortiers
le11. au matin les assiegez
firent une sortie avec seize,
Compagnies de Grenadiers
& quatre cens Soldats, ils.
furent repoussez avec tant
de vigueur qu'ils furent obli-
gezde se retirer en si grand
desordre, qu'une partie fut,
coupée; en forte qu'ils ont
cil environ deux cens hom-.
mes tuez, blessez, & faits
prisonniers. Le 18. la derniere
paralelle fut achevée
à six toi ses du chemin cOU-"
vert & on avoit fait bréche
àla muraille.
Les TioupesAngloiic^
aprèssjëtriefcp^rçps.tj^J'Àrn\£
ç dçs Alliez se fon~
vers laMer à Ville Fr^pçho,
Gf Panades, (nue Tarragone
& Barcelone,, ouelles,
attendent une Escadre sur
laquelle elles doivent s'embarquer
pour retourner en
Angleterre; les Portugais.
(c préparent ayflà pour retourner
en Portugal.
Nouvelles de Holland»e.
Le Comte de Strafford
Plénipotentiaired'Anglq?
terre fit voile de la Brille Ic*
zt. Octobre & le 13. il
arriva à Londres, les Nego.
ciations pour la Paix font
toujours fort fccrettes; il
ne s'est rien fait depuis le
départ du Comte de Strafford
pour aller en Angleterre
où le bruit court qu'il
porte de nouvelles proposissonsdes
Alliez. Le Prince
Eugene de Savoye arriva à
la Haye de Bruxelles le premier
de Novembre; le foir
il eut une conférence avec
le sieur Hensius Pentionnaire
&, avec le Comte de
Sinzendorf.
Les garnisons sont arrivées
dans les Places Frontièrepourlesquelles
elles
, étoient destinées. Il ya dans
Lille quinze bataillons& six
Escadrons, un pareil nombre
à Tournay; quatre ba- -
taillons & quatre Escadrons
à Menin; deux bataillons
à Varneron; a proportion
à Aire, à Bethunc à saint
Venant, à Courtray & à
Oudenarde; à Bruxelles
quatorze Bataillons & vingthuit
Escadrons Impériaux.
Les Etats de Brabant sont
assemblez afin de trouver
des fonds pour leur subisstance.
Les Anglois sontvoi-
turer à Gand &à Btugesjes
provisionsqui ont été envoyées
d'Angleterreà , i^quepour,rcjp^LacerlDeuunrs-,j
n)aga%s.L'Armepd<{4JEq>;
pire estoit encore campée te,
20. Octobre à Graben prés
dePhilsbourgoùelle attendoit
avec impatiencela rell"
partition des quartiers d'hiver.
On mandede Cologne,
qu'un parti François avoit
pillé sur le RIiuî une Barque
chargée de marchandise
qui n'avoic point de
Passeport.
Nouvelles de Flandres.
Le Maréchal dg Villars a
fait defiler les Troupes de
laMaison du Roy pouraller
3a,as leursquartiersordinaires,
qui ont estésuivies
pat le reste de l'Armée,à
la reserve des Troupes qui
doivent resterdans les pLjce^
de la Frontiere ,-
il a mis de
grosses Garni sons dans les
places qu'il aconquises cette
Campagne : il a fait conduire
à Ar ras & à Cambray
l'Artillerie quiaesté employée
au siege de Bouchain,
& celleduQuesnoyàValenciennes
; il est allé avec le
sieur de Valory Ingénieur
en chef, visiter le Quesnoy
& Bouchain, il a ordonné
de nouvelles fortifications , & a fait travailler à la réparation
des brèches.
On mande de Namur
qu'un Parti de cetteVillelà
étant allé en course du
côté de Louvain, avoirenlevé
une quantité d Equipages,
&avoit défaitledétachement
qui les escortoit,
De Venise.
,
Philippe de Variny grand
Phisicien,Professeur Royal,
mourut à Venise le 2.8.
Octobre.Ilétoit C hevalier
de S. Marc. Onne fera peutestre
pas fâchédesçavoirce
.(jue c'est que Chevalier de
S. Marc.
Il y en a de trois fortes,
la premiere cft une espece
derécompense dont leSenat
honnore particulieremenc
ceux d'entre les Nobles
Venitiens, qui ont fait de
grandes actions pour le
service de la Republique,ou
qui s'étant dignement acquittédesAmbassades
qu'on
leur avoit confiécs,reçoivent
du Senar mesme le titre de
de Chevalier qui leur avoit
été conférépar lesTêtes
Couronnées,auprésde squels
ils estoient Ambassadeurs;
ils ont le privilege de porter
la Stole d'or aux jours
de ceremonies, & sont
mesme dirtinguez les autres
jours pnr un galon d'or qui
borde la Stole noire qu'ils
portent ordinairement. Les
.f - *'
deux autres onc accoûtumé
de se conferer à ceux qui
par le mérité des armes ou
des lettres, ont acquis l'estime
de la Republique;quoique
ceux-cy portent une
mesme marque de Chevalerie,
on fait grande différence
entre ceux qui le foilt
publiquement dans l'ExcellentissimeCollège,
& ceux
qui en reçoivent le caractère
en particulier dansla chambre
du Doge qui a le pouvoir
d'en créer de cette forte
quand il luy plaist. Voicy
ce qui se pratique pour la
reception des premiers.
L ExcellentissimeCollège
estant assemblé, le Cavalier
du Doge accompagnéde
l'Ecuyer & des autres Officiers
de sa Sérénité,fait entrer
celuy qu'on doit recevoir
& le conduit aprèsles
trois reverences ordinaires
jusques au second degré du
Trône,aprés qu'il s'y est mis àOgenoux,leDogeassis sous ~à D(, noux leS)a ffis fous
un Dais au milieu de la Seigneurie
luy fait connoistre
la refolurion qui a été prise
de le faire Chevalier de fain^"
Marc,ensuite de quoy ille
frappe de l'Epée Ducale sur
chaque épaule,luydisant à>
chaque fois, estoMiles fidelis
-
& puis sur la tête en disant
encore, esto Eques Divi
Marci. Dans ce même rems
les Officiers luy attachent aux
pieds les Eperons d'or qu'ils -
retirentaussitôt. Celaétant
fait le Doge luy met au col
une chaîne d'or où pend le
Lion de S. Marc, Symbole
ordinaire de la République;
au sortir de là il est conduit
par ses Officiers jusqu'a
la porte du Palais au bruit
des Clairons & des Trompettes.
Ceux qui font reçus
ont le droit de Bourgeoisie
& le privilege de porter dans
leurs armes un musle de Lion
pour cimier. C'estun homme
qu'on estime fort, la
distinctiondontMonsieur
de Varini a été gratifié en le
recevant, c'est que la pluspart
de ceux qu'oncrée Chevaliers
de cette forte,achètent
la chaîne qu'on leur met
au col, Se qu'il doit la sienne
àla libéralité de la Republique.
La Croix d'or qui
pend au bas est chargée
d'azur,elleressemble fort
à celle de nos Chevaliers le
Malthe;ily a un rond au
milieu, dans lequel est un
Lion ailé d'uncôté qui tient
un livre,& de l'autre: une
inscription.
S. C.
ALOYSIUS
CONTARENO.
DEI GRATIA
DUX VENETIARUM.
Et autour du rond.
VIRTUTIS
,
ET
HONORIS PRÆMIUM
v. Nouvelles de Flandres,
Les lettres de Flandres du
8. Novembre portent que
le Prince d'Hanalle, Commandant
en chef les Troupes
du Roy de Prusse, s'est
emparé de vive force de la
Ville de Meurs sur la Meuse,
qui est de la succession du
Prince d'Orange; les Hollandois
y avoient fait mettre
des Troupes & avoir dit
qu'il regleroit certe succession
à la paix; mais le
Roy de Prusses'enestrendu
maistre. Cet événement auquel
on ne s'attendoit pas
à cause que son Altesse
Electorale avoit promis
d'attendre la decision de -la
Chambre Imperiale de
Wetzlar, causa icy beaucoup
de surprise;mais comme
on n'a pas jugé à propos
de s'attirer de nouvelles
affaires, on est convenu par
provision que les Troupes
Hollandoises & celles de
Brandebourg seroient la
garde conjointement. Les
lettres du 10. assuurent que
les habitans de la Ville ont
presté fermentdefidelicé à
son Altesse Electorale.
On mande d'Ypres que
les Hollandois font travailleraux
fortifications du
Fort de la Kenoque; on
travaille aussi à celles de
Doüay,duQuesnoy & de
Bouchain, & on y ajoute
de nouveaux ouvrages; on
travaille à remplir tous les
magazins des places frontières
Se à y faire de grands
amas de foin & d'avoine.
On écrit de Dunkerque que
les Armateurs de la Ville
Qnt fait desprises sur les
Hollandois pour la valeur
de plus de cent mil écus,
& ils les ont amenées dans
le Port;si les vents avoient
été bons, ils en auroienc
fait du moins encore autant.
Les lettres de DunKerque
du quatorziéme Novembre
portent que le Duc dOrmond
y estoit arrivé le
onziéme; il visira les Fortifications
de la Ville & de
la Citadelle, les Galères &
les Vaisseaux. Il est parti
avec un vent favorable sur
un Yacht magnifique pour
repasser en Angleterre,
Messire N. Marquis de
Chevry, mourut Te 16.
Novembre. Il estoit petit
fils de Monsieur de Chevry,
Controlleur general des
Finances, homme de beaucoup
d'esprit, & qui avoit
rendu de grandsservices à
l'Etat; le deffuntestoit un
homme d'une probité &
d'une pieté parfaite, pere de
Madame la Duchesse de
Noirmoutier. Il s'estoit distingué
dans le service de la
guerre dans ses premières
années à la cette d'un beau
Regiment.
Suite du Memoire de l'oreille
par rapport à la
musique
, ou lesmerveilles
de la Trachée
artere,tirées des observations
desplus habiles
Anatomistes, f5 de
l'anatomiecomparée.
L'Organe de la voix ou
de la parole est le gosier,
nommé par les Anatomie:
tes âpre ou trachéeartere,
pour le distinguer du go.
iiêr par où passent les alimens
qu'ils appellent l'ésophage,
& qu'on peut à eause
de cela nommer en françois
le passage des vivres.
Le gosier ou trachée artere
est composé de quarante
quatre parties qui fervent
à former la voix, sçavoir
de vingt six cartilages osseux,
de douze muscles, de
trois especes de membranes
, & de trois especes de
nerfs, sanscompter les arteres,
les veines, les glandes,
& autres parties qui
entrent encore dans sa
composition. Toutes ces
quarante quatre parties ont
leurs usages par rapport à
la voix, qu'il s'agit d'expliquer
,
c'est à-dire, de reduire
aux regles de la mechanique
& de la musique.
Nous appellons osseux les
vingt-six cartilages, parcequ'ils
tiennent effectivement
de la nature de l'os,
puisqu'ils contiennent tous
une espece de moëlle dans
le milieu de leur substance,
& qu'ils deviennent mesme
des os parfaits dans
beaucoup de vieillards. Il
faut encore joindre à ces
quarante quatre organes le
diaphragme qui est un des
principaux instruments de
la voix, ce qui fait au moins
quarante cinq organes en
tout.
I. On a de coustume de
distinguer le gosier en deux
partiesprincipales,quisont
a teste
, nommée par les
Anatomistes, larinx
, en
françois siffletou cornet,
& le corps du gosier. Ce
corps est un canal plus que
demy circu laire, dont la
convexité est tournée du
poflx du visage, & qui commençant
à l'entrée des poumons,
monte le long du
passage des vivres sur lequel
il est couché & applique
par sa base. Il est composé
ordinairement de
vingt un cartilages formez
chacun comme un grand
croissant
,
& qui sont fermez
du costé de leur bafe
par une membrane musculeuse,
laquelle regnant tout
le long de ce canal ,forme
cette base que je nomme
le MurcIe posterieur. Ces
cartilages sont liez les uns
aux autres par les fibres
longitudinaires de cette
membrane musculeuse,qui
s'inserent entre chacun
d'eux, &s'y attachent dans
tout leur contour. Par ce
moyen les fibres circulaires
de la mesme membrane,
qui traversent ces premiers
angles droits, se gonflant,
& se racourcissant par l'arrivée
des esprits, ferment
ces anneaux ,& retrecissent
la capacité du gosier;
& lorsque les fibres longitudinaires
se gonflent & se
racourcissent, le canal en
est en mesme temps racourci
; desorte que si l'on
souffle alors le vent sort
hors la poitrine avec effort,
ce canal s'enfle considerablement,
le ressort des mes.
mes anneaux contribuë aussi
à les dilater. Mais ce
racourcissement se fait encore
parune autre membrane
tendineuse qui tapisse
intérieurement le
corps du gosier, & dont les
fibres longitudinaires qui
attachent intérieurement,
les mesmes anneaux pu
croiffans les uns aux autres,
les rapprochent les uns des
autres en se racourcissant
par leur ressort
,
quand le
gosier a ététiré selon sa
longueur, & laissé ensuite
en liberté. :,
, 2. La teste du gosier ou
le larinx
, ou cornet ,
est
composée de cinq cartilages
osseux comme les précedens,
dent le plussolide
ala forme de l'embouchoir
d'une flute douce ou à bec,
coupé perpendiculaire
ment à sa longueur après
en avoir osté le tampon;
c'està dire que c'est une
espece d'anneau à tirer de
l'arc beaucoup plus large
dans une partie de son
corps que dans la partie opposée,
aussi l'appelle-t'on
l'anneau. Le haut du corps
du gosier est joint avec le
bas de cet anneau par des
ligaments particuliers en
telle forte que la partie large
de l'anneau est rootnée
vers le derriere de la teste
,
& posée sur l'esophage, &
la partie vuide & anterieure
du mesme anneau est
recouverte par un second
cartilage nommé l'écu &
le bouclier
, qui ressemble
assez à une cuirasse de fer,
estant voutéde mesme par
le devant. Ce cartilage ou
l'écu estant applari auroit
la figure d'un tra peze donc
la plus grande baze seroit
tournée en haut. Ilestfortement
adherent au corps
de l'anneau par des ligaments
propres; il s'esleve
mesme plus haut pour s'aller
attacher par fesdeux angles
ou cornes superieurcs
aux deux cornes de l'os de
la langue, appelle Joïde,
lequel tient par ce moyen
tout le gosier de l'homme
suspendu dans une situation
verticale.C'est cette partie
voutée dumilieu de ré.
cu qu'on appelle le noeud
de la gorge , d'autres disent
la pomme d'Adam,
au dessous duquel noeud on
sent en tastant avec les
doigts le bord estroit de
l'anneau. Par ce moyen
l'anneau &l'écuforment
ensemble le canal rond de
lateste du gosier,lequel
canal a huit ou neuf lignes
de diamettre dans un homme
fait. Ce canal est recouvert
par le haut de deux
membranes fort épaisses,
& presque semicirculaires,
attachées horizontalement
par leur circonference exterieure
dans son contour
interieur. Ces deux membranes
laissent entre leurs
bords intérieurs terminez
chacun par un cordon solidetendineux
, une ouverture
triangulaire isocele
appellée la glotte ou
la bouche du gosier dont
la pointe se termine au milieu
du dedans de l'écu,
dans l'endroit où ces deux
membranes qu'on nomme
les lèvres de la glotte se
réunissent, & donc la base
est située sur !c bord large
de l'anneau, oùil y a deux
petits cartilages triangulaires
osseux attachez par leur
base sur le mesme bord,
environ àune ligne l'un de
l'autre. On les nomme guttauxou
becs, à cause de
leur figure pointuë ; c'est
apparemment eux qui ont
donné le nom au gosier.
Les deux bouts de ces deux
cordons font collez chacun
à la base d'un de ces
deux osselets. Et ily a des
Autheurs qui prétendent
que ces deux cordons,&
mesmeleurs membranes
font des muscles, mais cela
ne m'a paru ainsi
, on
verra dans la fuite que ce
font principalement ces
deux membranes & leurs
cordons qui forment la
voix ou la parole ,& ces
deux osselets qui la modifient
en les approchant ou
écartant l'un de l'autre,
ainsi on peut les nommer
les portiers de laglotte. Enfin
cette sente, bouche ou
glotte est recouverte par
un couvercle ou clapet cartilagineux
de forme triangulaire,
un peu arrondi par
la pointe, nommé à cause
de cela l'epiglotte, comme
qui diroit le couvercle de
la glotte. L'epiglotte tient
interieurement parsa base
irl'écu proche le milieu de
son bord superieur au dessus
de la glotte, ensorte que
le vent souffléde la poitrine
par la glotte, ouvre cette
porte pour sortir, par la
bouche,& celuy que l'on
respire joint au poids de
cette glotte,la referme dans
l'homme. Mais dans lesani- r.
maux à quatre pieds qui
ont presque tousjours la
teste baissée,& dont la glotteest
très spacieuse
,
& l'épiglotte
plus pesante
,
la
nature a esté obligée de
luy donner des muscles particuliers
pour l'ouvrir &
la fermer, de crainte que
les alimens n'encrassent par
la glotte pendant la respiration.
3. Dans les oiseaux aquatiques
comme les canards,
gruës,oyes,macreuses, &c.
qui retirent continuellement
de l'eau, de l'air, &
- de
de la vasemeslez ensemble,
( ce qu'on appelle
communément barboter,)
la nature prévoyance a situé
le principal organe de leur
voix au bas de leur gosier
au dedans de leur poitrine,
ensorte que dans plusieurs
il est caché mesme dans la
substance du poumon. De
plus cet organe est double,
car du costé gauche du
corps du gosier cest un anneau
osseux semicirculaire
-
beaucoup plus large, plus
solide
, & plus ample que
les autres,ayant à sa base
une fente percée du devant.
au derriere,dont les lévres
font membraneuses. A cette
fente, s'abouche la branche
gauche de l'Apre artere
qui se répand, dans le
poumon; desorte qu'en
soufflant par cette branche,
le vent qui fort par cette
fente ou glotte inférieure,
& par celle qui est outre
cela au haut du larinx à la
racine de la langue
,
rend
un son enroüé
, que les paysans
nomment ( pire) &
qui est le chant ordinaire
avec lequel ces oiseaux s'appellent
de près; mais du
costé droit la nature a joint
à ce demi anneau osseux un
veritable sifflet rond, osfeux
semblable en quelque
façon aux sifflets de terre
donc les enfans contrefont
les Rossignols. Ce sifflet
tres-dur en dehors, est rapissé
en dedans d'un cartilage
fort épais, ayant deux
bouches,dont la su perieure
s'ouvre dans le bas du
corps du gosier par son cosséJ
& l'inférieure respond
dans le lobe du poumon
droit par la branchedroite
de l'âpre artere ,
estant
presque en tout semblable
à la bouche ou glotte qui
est du costé droit. le vent
soufflé avec violence par
cette branche droite frappant
l'interieur de ce siffier,
rend un sontres-fort par la
glotte superieure ,lequel
les paysans appellent (can)
& de crainte que ce vent
ne rentre dans lelobe gauche,
la nature a separé la
bafe du corps du gosier en
cet endroit par un cartilage
osseux qui sertde guideaux
deux airs, qui sortent des
poumons,& qu'on appek
le le coûtre. Ce vent qui
vient du sifflet entrant avec
rapidité dans lescavitez
que ces oiseaux ont au palais
en plus grande quantite
que les autres oiseaux
plus grandes,& plus , profondes,
y prend un sonnazard
qui s'y augmente
merveilleusement. C'est ar,
vecce son nazard qu'ils
appellent leurs camarades
qui sont fortesloignez
d'eux. Il faut dé plus remarquer
queles cartilages
du corps du goder de ces
fortes d'oiseaux sont des
cercles presque entiers enchassezquelquefois
les uns
dans les autres, pour avoir
plus de solidité; & ceux au
contraire de ses branches
quise répandent dans les
poumons font des cercles
plus imparfaits, avec une
membrane charnuë qui les
lie à peu près comma le
corps du gosier dans l'homme.
4. A l'égard des autres
muscles du gosier, qui dans
l'homme font au nombre
de onze, ils sont tous atta-)
chez à sa teste ou larinx ;
sçavoir deux qui fervent à
la tirer en bas, sont attachez
chacun d'un bout au
bord inférieur de l'ecu des
deux costez de son noeud
ou milieu, & de l'autre
bout au haut du poitral
, ces
muscles donnent encore
lieu au gosier de s'enfler
davantage par cet abbaissement,
& aidentl'action
de sa membrane musculeuse
posterieure, & de sa
membrane tendineuse intérieure
, on peut à cause de
cela les nommer les deprimeurs
du gosier. En abbaissant
aussi lateste du gofier
ils facilitent la déglution,&
garantissent la cheute
des alimens dans la glotte.
La teste du gosier est
retirée en haut, & en mesme
temps suspenduë par
deux autres muscles attachez
d'un bout aux deux
costez du noeud de l'écu
vers son milieu parle devant
, sçavoir au dessus des
précédents, & par l'autre
b out aumesme os de la langue
dont on a parlécy devant,
Ces deux muscles au
reste
reste n'ont que deux pouces
de longueur. Ils lér-'
vent aussi à faire allonger
lecorps du gosier lorsqu'ils
viennent à se raccourcir,
& de plus en tirant la teste
du gosier en haut, ils facilitent
la respiration, & présentent
laglotte à la bouche
pour faire davantage
éclater la voix;On peuc
donc les nommer les Elc^
veurs du larinx.
f'
;
Déplus l'ecu est comme
ouvert en dehors ou appla-
¡,. ti par une troisiéme paire
f' de muscle
,
qui partant du
bord estroit ôcinférieur de
l'anneau au devant de la
gorge, vont s'atracher
aux deux angles de la base
inferieure de l'écu à
droite & à gauche. Car
il est évident que ces muscles
en se raccourcissantretirent
par ce moyen les ailes
de l'écu en dehors,comme
pour le rendre moins
vouté,mais ce n'est effectivement
que pour attirer la
partie posterieure de la ted
te du gosier vers son anterieure,
c'est à dire pour l'applatir
un peu du devant en
derriere
,
& l'allonger en
mesme temps d'autant vers ,
les deux costez, ou en un
mot pour rendre sa cavité
ovale, afin de rendre la double
membrane qui compose
la glotte, laquelle sans cela
demeureroit lasche & ridée
lorsque la glotte est fore
ouverte, ce qui causeroit un
son bas & tremblant. Et
afinaussi que les deux lévres
de la glotte ou ses
deux cordons puissent plus
aisément estre écartées l'un
del'autre par les muscles
destinez à cet effet donc
nous allons parler. Onpeut
donc nommer cetre troisiéme
paire de muscles les
Applatisseurs du larinx. Ces
trois premieres paires qu'-
on appelle ordinairement
exterieurs par rapportà récit
,
pourroient encore
mieux estre nommez antérieurs,
parce qu'ils sont situez
ducollet duvirage,par
rapport aux cinq dont nous
allons parler, qui sontplacez
sur le partage des vivres
vers le derriere du col,
& qu'on pourroit nommer
a cause de cela posterieurs
aussi bien qu'interieurs par
rapport à l'ecu, mais ces
denominations ne regardant
que l'anatomiste
, &
nullement le musicien ( si
ce n'est tout au plus pour
s'orienter,) nous passerons
maintenant à la description
& aux usages de ces derniers.
La quatrième paire
de muscles part donc des
deux costez de la partie large,
& posterieure de l'anneau
en dehors, & va s'attacher
à la bafe des deux
portiers de la glotte, sçavoir
proche les angles de
cette bafe les plus esloignez
du milieu de la glotte
,
&
cela après avoir passé derriere
deux petites éminences
de la partie large de
l'anneau qui leur fervent
comme de poulies de retour,
afin de leur donner
à chacun un plus grand
jeu dans leur raccourcissement,
& une direction plus
propre à écarrer ces portiers
l'un de l'autre en les
faisantglisser sur le bord de
l'anneau. On peutappeller
cette paire les grands Dilatateurs
de la glotte parrapport
a une cinquiéme paire
beaucoup plus courte &
plus gresle, qui partant des
deux costez de la mesme
partie de l'anneau fous l'écuà
costé des deux précedents,
mais plus loin du milieu
de l'anneau, va s'attacher
aux mesmes portiers
joignantles deux précedents
à l'anglemesme de
leur base; par ce moyen la
direction de ces derniers
muscles est encore plus propre
à écarter les deux portiers
l'un de l'autre, mais
avec un moindre jeu que les
deux précedents; c'est pour
cela qu'on nommera cette
cinquiéme paire les petits
Dilatateurs de la glotte. ERfin
l'onziéme muscle du larinx
qui est le douziéme de
tout le gosier,lie exterieurement
les deux portiers l'un
à l'autre parleur base,afin
de pouvoir en se gonflant
6c se racourciffant les approcherl'un
vers l'autre,&
fermer en mesme temps les
cordons de la glotte. Gn
peut donc le nommer l'Adducteur
des cordons ou:des
lévres delaglotte,ausil'oi>
veut tout d'un coup le Fer-
-
meurde la glotte. Plusieurs
anatomistes habiles
veulent que cederniermuscle
foit encore double comme
les précedents ; mais la
chosenema pas paru ainsi.
Il y a donc treize muscles
qui fervent à la formation
- de la voix en y comprenant
le diaphragme donc
on parlera cy-a prés.
5. A l'égard des nerfs du
larinx il y en a de trois sortes,
sçavoirune branche de
la quatriéme paire qui envoye
un rameau à toreilla
& l'autre à la langue, une
de la septiéme paire qui en
fait autant, comme nous
l'avons dit en parlant de
l'oreille, dans le Mercure de
Paris du mois de Janvier
1712.&qui de plusenvoye
un rameau à la racine des
dents; & enfin une bran**
che de la cinquiéme paire
du nerfrecurrent, qui après
s'estre entortillée autour de
l'aorte descendante, monte
au gosier, ou elle distribuë,
des rameaux à son
corps&àsateste. Une pareille
branche du mesme
nerf fait la mesme chose
aprés s'estre contournée
autour de l'artereaxillaire
droite, & ces deux branches
envoyent en mesme
temps des rameaux au
coeur. De plus ces deux dernieres
paires, aprés s'estre
unies, envoyent encore des
rameaux à la langue & aux
oreilles. Par le moyen de
ces nerfs l'animal entre en
action pour crier, & se deffendre
en mesme temps ,
ou pour fuir selon l'occasion;
pour exprimer sa joye,
son admiration, sa douleur,,
& toutes ses autres passions.
Ce nerf dela huitiéme paire
estant coupé, l'animal
cesse dans le moment de
crier, ce qui marque en general
que les nerfs font
toute l'action des animaux;
&en particulier que c'est
celuy-cy qui sert à former
le cri de la voix en se distribuant
dans les muscles
du larinx, sans que l'oreille
y ait part, comme ilarrive
à tous les sourds & muets
lorsqu'ils sont agitez de
quelque passion.
6, Quant à laformation
de la voix il y a des Anatol"-
missesouPhysiciens qui
ont dit que la glotte en estoit
l'organe
,
d'autres les
muscles du larinx; & enfin
les autres le corps mesme
du gosier ; & tous ensemble
ont raison ; car le corps
du gosier contribuë à la
voix,en foumissant l'air qui
en fait le son ; les lévres&
cordons de la glotte contre
lesquels cet air se brise, forment
ce sonpar leurs tremblements
,
& les muscles
qui servent à serrer ou à
écarter ces mesmes cordons
& leurs membranes
l'une de l'autre, & à étendre
ces mesmes membranes
,
forment le degré
,
la
force, & la netteté de ce
son. A quoy l'on doit encore
adjouster les muscles
de la poitrine, principalement
le diaphragme, qui
pressant les poumons (à peu
près comme un berber
presse sa musette avec son
bras, ou comme un preneur
de cailles presse son
apeau) fournissent au gofier
l'air qui forme la parole
& la voix. Voila donc
au moins quarante cinq instrumens
qui fervent à former
la voix.
Mais pour expliquer
maintenant cette formation
dans le détail qu'elle
demande,il faut remarquer
que la voix de l'homme n'a
pas feulement besoin de
monter & dedescendre par
differents intervalles
,
loic
pour chanter, pour appeller,
pour crier ou pour exprimer
ses différentes passions;
mais elle a besoinencore
d'estre plus forte ou
plus foible en chaque dé- -
gréde son, afin de se faire
entendre à differentes distances,
ou pour varier son
chant 6c ses paroles selon
le besoin: ainsielle doit devenir
quelquefois plus foible
en montant , ôc plus
forteen descendant
, ou
tout au contraire. Or le vent
poussé au travers de laglot-
.te.) soit dedans en dehors,
(ou mesme. de dehors en
dedans) forme lesonde la
voix, le bruit de la parole,
les cris, les éclats, les sanglots,
&c.selon que ce bruit
estplus longou plus court,
plus
plus fort ou plus foible
,
comme nous l'avons dit
dans le Mercure cité cydessus
; & cela en faisant
trembler les deux membranes
de la glotte, mais principalement
ses deux cordons
qui sont tousjours entretenus
dans un certain
estat de tension ou de ressort,
tant par leur solidité
particuliere,que par le mue.
cle fermeur
,
qui tire les
deux portiers l'un vers l'autre;
& cet air devient son
en se brisant contre ces
mesmes cordon,de la mesme
maniere que l'air pressé
au travers des lévres de la
bouche devient un fifllement
qui estune espece de
son en les faisant trembler,
ou si l'on veut comme le
vent chassé violemment à
travers la fente d'un chas-
Es décolé en quelque endroit
, y forme unson qui
imite fort la voix humaine
par les tremblements qu'il
luy cause ; ou enfin encore
comme l'air pouffé au travers
une fente faite au costé
d'un roseau ouvert par
un bout,&fermé par l'au,
tre, lorsqu'on souffle par le
bout ouvert; car cet air ne
pouvant passer par cette
fente sans en écarter les lévres,
les met en ressort, &
leur combat mutuel forme
des vibrations dans l'air environnant,
dans lesquelles
consiste le [on, & ce son
imiteroit encore plus parfaitement
la voix humaine
si l'on avoit foin d'arrondir
un peu ces deux lévres
,
à
peu près comme les bords
de la glotte. Au reste le
chassis bruyant,&les firingues
ou roseaux des Anciens
n'imitent encore la
voix humaine qu'imparfaitement,
en ce que leur son
ne monte jamais, qu'il nc,\
devienne en mesme temps
plus fort, & qu'il descend
tousjours à mesurequ'il
s'affoibltr. Car ce son ne
monte, que par l'acceleration
de ses vibrations, laquelle
ne vient que de la
force de l'air qui est poussépar
la fente; au contraire
lorsque cet air passe plus.
lentement
,
ses vibrations
devenant plus lentes, le son
baisse enmesmetemps. La.
mesme chose arrive à quantité
d'oiseaux dont la glotte
n'est ouverte ou fermée que
par l'air qui passe au travers,
particulièrement aux
oiseaux aquatiques donc
nous avons parlécy -devant,
& dont la voix se forme
au travers de leurs glotte
, comme le son à travers
la fente d'un chassis
bruyant, ou d'une siringue,
& non pas par le jeu d'aucuns
muscles.C'est ce qu'on
entend tous les jours sur les
estangs où il y a des canards
lorsqu'il en passe
d'autres en l'air au détins
d'eux, car ils les appellent
en eslevant d'abord leurs
ailes afin d'enfler leurs poumons
,
& planant ensuite
fortement pour en chasser
l'air avec violence, ce qui
esleve extremement leur
voix,& forme un cancan treséclattant,
lequel baisse peu h,
,
peu à mesure que leur poitrine
se vuide d'air;les coqs
font à peu près la mesme
chose avant de chanter.
7. Il n'en est pas de mesme
dans l'homme, & mesme
dans plusieurs animaux
terrestres, comme les
chiens, les chats, l'Elan du
Bresil, & dans quantité
d'oiseaux dont la glotte
estouverte & fermée par
des muscles: car lemuscle
fermeur de la glotte
venant à se raccourcir, ap*
proche les portiers l'un de
l'autre & de son milieu, ce
qui bande ses cordons, parce
que ces portiers estant
posez sur la circonférence
de l'anneau, & les deux
cordons qu'ils tirent estant
attachez à la partie opposée
diametralement du ca.
nal du larinxil est bien evh
dent qu'on ne sçauroit approcher
les portiers du diamettre
de ce canal sans en
mesme temps allonger ces
cordons, ( comme Euclide
lademontré)& sans estendre
aussi les deux membranesqu'ils
bordent, & qui
couvrant ce canal, forment
la glotte. Ainsi la voix ou la
parole est obligée de monter
par l'acceleration des
tremblements de ces cordons
,& elle s'affoiblit en
mesme tem ps,par le jet d'air
qui sort de la glotte, lequel
est
est d'autant plus gresle
qu'elle est plus rétrecie.
Maissi l'on veut augmenter
au contraire laforce
de la voix sans l'eslever
il ne faut que pouffer une
plus grande quantité d'air
de la poitrine,& ouvrir un
peu les portiers de la glotte,
en bandant les dilatateurs
grands ou petits, & relaschant
à proportion le Fermeur,
afin que les cordons
ne soient pas plus tenduspar
l'augmentation de la quantité
de l'air qui passe entre
eux qu'ilsl'estoient en premicr
lieu: parcemoyen cet
air passant en plus grande
quantité par la glotte produira
un son plus fortsans
estre cependant plus estevé
; au lieu que si les cordons
n'avoient point esté
relaschez, la voix auroit
monté
, en mesme temps
qu'elle feroit devenuë plus
forte1, comme dans les oiseauxaquatiques.
Je dis
de plus que les Applatifseursdu
larinx doivent aussi
entrer en contraction,
afin de faciliter touvenure
de la glotte, & tenir en
mesme temps les deux
membranes tenduës,comme
nous l'avons dit. Si l'on
veut outre cela que la voix
monte à mesure qu'elle devient
plus forte ; alors les
Eleveursdu larinx doivent
le tirer en haut,afinde présenter
la glotte à l'entrée
de la bouche, pour que l'air
qui en fort allant frapper
contre toutes ses parties solides,
comme le palais, &
les dents,&c. y fouffredes
réflexions,s'y brise& y
augmenta la force de son
ressort,comme nous l'avons
dit de l'entonnoir, & de la
caisse de l'oreille, & afin
aussi que le canal exterieur
composé de la bouche & de
son entonnoir, lequel s'estend
jurqu'au larinx & que -
l'on nomme le creux, ou le
port de voix) estant par là
plus racourci, la voix en
devienne plus eslevée,comme)
1 arrive dans les flutes,
hautbois
,
flageolets, &c.
Enfin la membrane charnuë
ou le muscle qui lie les
croissansdu corps du gosier
,
doit aussiroidir les -fibres
circulaires, afin de rétrecir
tout ce corps, & de
donner plus de rapidité à
l'air qui couleau dedans,
sans quoy l'effort du diaphragme
deviendroit inutile.
Ainsi l'on voit que pour
produire cet effet la pluspart
des muscles font en
action ; car la voix devant
durer quelque temps sur un
mesme degré, il faut necet:
sairement que tous les muscles
antagonistes soient
contrebandez, c'est-à-dire,
que les Abaisseurs du gofier
le soient contre les Eleveurs
, & que ses Dilata-*
teurs le soient contre le Fermeur,
aussi bien que le diaphragme;
sans quoy la glotte
se sersieroit)&s'efleveroit
en mesme temps, aussi
toit que le Fermeur & les
Eleveursagiroient
,
& ne
demeureroit pas dans un
mesme estat, mais le son,
hausseroit ôc. deviendroit
plus foible en mesme
tems.
Mais si l'on veut que la
voix augmente encore de
force & descende ou grossisse
en mesme temps, il
faut relascher davantage le
-
Fermeur, & par ce moyen
les cordons & les lèvres de
la glotte, bander davantage
les Dilatateurs de la
glotte, & les Applatisseurs
du larinx
, & pousser l'air
avec plus d'effort: car cet
air ouvrira & arrondira davantage
le corps du gosier,
& fera un jet plus gros, plus solide
,
& par consequent
plus capable d'ébranler
tout l'airenvironnant,
- ce que ne pouvant faire sans
tendre les cordons de la
glotte, il est évident qu'il
faut donc d'ailleurs les relascher.
Il faut de plus que
les Déprimeurs du larinx
seroidissent,&l'emportent
sur ses Eleveurs,afin de donner
lieu à l'air qui passe par
le corps du gosier de l'enfler,
& d'y couler par consequens
avec moins de rapidité,
quoy qu'en plus
grande quantité, ce qui formera
dans la glotte un jet
plus fort, quoyque d'un son
moins eslevé. Il arrivera
de plusde cet abbaissement
du gosier
, que le creux,
ou port de voix, ou l'entonnoir
en deviendra plus
profond à mesure qu'il s'élargira
, ce qui rendra encore
la voix plus masculine,
& plus baffe. Se fera tout
le contraire lorsqu'on voudra
que la voix devienne
plus foible, à mesure qu'elle
baissera
, comme dans
l'estas le plus ordinaire. Car
le diaphragme pouffant
moins d'air de la poitrine,
la glotte pourra se rétressir,
& par consequent le Dilatateur
& l'Aplatisseur se relascher
à proportion; en
telle sorte que le peu d'air
qui passera par la glotte, y
coulera lentement, & y excitera
des fremissements
lents,c'est- dire un son
grave & foible
, ce qui se
perfectionnera encore par
l'élargissement & l'abbaissement
du gosier, & par Fa"
longement de son creux,
comme on vient de l'expliquer
, cette acttion estant
en partie opposée à la précedente
& plus simple, que
sri la glotte s'ouvroit par aaion du Dilatateur & de
l'Aplatisseur: ce qui fait
voir que les différentes modifications
de la voix conlatentdansun
combat entre
le diaphragme & les
muscles du gosier.
8. C'est la mesme chose
pour la parole que pour la
voix ,
excepté feulement
que la parole est une voix
pluscourte l3) plus unie.
Ilya cependant biendes
nations comme les Normans3
les Gascons
, mais
principalement les Chinois,
dont la paroleestun
veritable chant;& le systeme
enharmonique des
Grecs, n'estoit inventé que
pour noter leur déclamation
qui estoit un vray
chant. Lors qu'on dit que
l'on reconnoistun homme
à la voix, ou quand on commande
d'obéir à sa voix, on
entend non le chant d'un
homme mais sa parole, tant
il est vray que ces deux
choses considerées en ellesmesmes
ne font qu'une
mesme chose. Mais les gradations
de la parole sont
différences de celles de la
voix, comme estant regléees
par un autreorgane,
sçavoir le limaçon;au lieu
que la voix est guidée par
lelabyrinthe, comme nous
l'avons dit en parlant de
l'oreille;c'e stce quifait que
la parole reçoit toutes sortes
de gradations à l'infini,
de mesmeque le chant des
Chinois; au lieu que le
chant desOccidentaux, ôc
mesme celuy des Arabes,
des Perses, &c. a des gradations
choisies
, comme
nous le dirons dans la Me*
lodie qui doit suivre ce Mémoire.
Ce qui nous convainc
encore que la parole
& la voix s0nt formées par
lçs mesmesorganes
,
du
-
moins dans la pluspart des.
hommes, c'est que si Ion
donac-tquelque teneur ou
durée à ses paroles, elles
deviennent une veritable
voix, comme chacun peut
l'éprouver;desorte que des
paroles qui ont chacune
une durée sensible,sans gradation
,ou avec des gradations
mélodieuses,nedif- -
ferent en rien d'une voix.
Il faut cependant avouër
que ceux qui ont appris à
chanteri, méfientAc%orne^
mens mesme dans chaque
ton, commede pousser leur
voix, par diminutions, par
accroissemens, par ondes,
&c. qui ne se trouvent pas
dans les voix unies ny dans
la parole. Mais au resteces
differences aussibien que
les gradations font tousjours
accidentelles,&nempeschent
pas que le son de
la parole,& celuy de la voix
ne soient le plus fouventy
le mesmeson
,
& formez
par les mesmesorganes. On
peut s'en convaincre encore
en considerant que les
accidens de la voix sont
communs aussi à la parole.
Si la voix est (par exemple )
enroüée, ou cassée, ou nazarde
,ou cornante, ou glapissante,&
c. la parole l'est
aussi. DesortequeIon peut
pour l'ordinaire aisément
juger du son de la voix d'un
homme en l'entendant seulement
parler.
-
Quant au degré de la parolepar
rapportà la voix,
il est ordinairementaumilieu
desonestenduë,qui est
l'estat où les Eleveurs du
larinxonttoute leur extension,
si ce n'estlors quon
ell enroüé; car alors les Dilatateurs
lacateurs de la glotte.la tenant
plus ouverte qu'à l'ordinaire
par leur gonflement
)
la voix en devient
plus grosse& plus basse,&
quelquefois si basse qu'elle
s'éteint tout- à fait, à moins
qu'on ri'arrose le Fermeur
de quelque eaustiptique,qui
le gonflant à son tour fasse
rétrécir la glotte, & rende
la parole,ce qui ne peut pas
durer long - temps. Il y a
des personnes dont la voix
est beaucoup plus agréable
quela parole, parce que les
Eleveurs du larinx sont plus
longs chez eux que dans
l'estat ordinaire, cequi fait
que toute l'estenduë de leur
voix est presque au dessus
de celle de leur parole, &
que leur voix est nette, claire&
éclatante, tandis que
leur voix peut estrebasse ,
rude,chevrotante, &c. mais
c'est un cas extraordinaire.
Enfin il y en a dont lavoix
estfausse, c'est-à-dirènaturellement
diflbnantc,quoique
leur parole foit agréable,
& pathétique. Gélaft
trouve en deux personnes
qui me sont très-proches
parentes, lesquelles ont le
son de la voix & de la parole
fort beau, & le patetique
bon, quoy qu'elles n'ayent
pû jamais apprendre à entonner
juste aucun air, ce
qui me confirme encore
que le patetique de la pa..
role n'est pas reglé par le
mesme organe de l'oreille,
que les gradations de la
voix, puisque l'un peut-estre
juste tandis que cellescy
font fausses.
- 9. Il faut au refiercmar.
quer qu'il y a deux fortes de
voix dans les hommes, dans
les femmes, & dans les enfants,
donc l'une s'appelle
voix naturelle, parce qu'elle
est la mesme que le son
de la parole; & l'autre se
nomme le fausset,principalement
en parlant de
l'homme fait, dans quielle
est ordinairement plus deagréable,
que la voix naturelle,
au contraire des femmes
& des enfans.Cefausset
a presque toute son cftendueau
dessus dela voix
naturelle;,,n'ayant qut quatre
ou cinq tons plus bas
-que les plus hauts de celles
cy. Au relie ces deux voix
se forment par des instruments
differents,Comme on
le sent lors qu'on passe de
l'une à l'autre, ce qui ne
sçauroit se faire sans une
espece de re pos & d'attention
particulière,&mesme
sans quelque violence &
quelque fausseté,àcause du
changement demuscles. Il
faut donc considerer que
tandis que la voix naturelle
monte depuis son ton le
plus bas jusques proche de
son plus haut, cestà-dire
par l'cftenduç d'une pouziéme
environ; il n'y a que le
grand Dilatateur de la glotte
qui foie en contraction
avec le Fermeur, le petit
estant relasche pendant
tout ce temps, à cause de
Tecartement des deux portiers
l'un del'autre. Mais
quand la voix
-
est arriver
dans ses tons les plus hauts ,
le petit Dilatateur corn?
mence a estre tèndu)ôc
devient capable d'entreren
contraction avec le Fermeur,
le grand Dilatateur
estant alors au bout de son
aâion,te pouvant seulement
prester comme une
corde qu'on allonge. Deforte
que si le Fermeur continuë
de se contracter, &
que le petit Dilatateur seroidisse
)
leur combat produira
alors la voix de Fausset,
qui pourra contenir encore
beaucoupde tons,c'est
à dire quelquefois une douzième.
Mais il est évident
que cettevoix doit estre
très gresle &tres- eslevée,
parce que la glotte est alors
très-serrée,&que ses cor-
@d'Dn'S*'&! membranes sont
extrêmement tendus.
vn
Quand au contraire le petit
Dilatateur s'est gonflé autant
qu'il a pu pour rouvrir
la glotte, & que la voix
de Fausset a
descendu
jusques
à son ton le plus bas,
le grand Dilatateur peut se
gonfler à son tour, & mes- ,
me un peu auparavant; &
la voix naturelle commencer
à se former dans ses tons
les plus hauts pour descendre
delà jusques, dans ses
plusbas. Jay connu plusieurs
Chantres qui possedoient,
ces deuxfortesde
voix presque également
bien.
bien. Les femmes & lesensans
affectent de se servir
de la voix de fausset, comme
convenant mieux à leur
d~licateffe ou à leur â ~e ,. delicateffe à,le,
& comme estant plus tendre
& plus flexible, leur gosier
ne pouvant pas s'estendre
assez pour pratiquer la
voix naturelle dans uneestenduë
suffisante
10. Mais lorsque le go:"
fier des jeunes homm s
s'est accreu & dilatéjusques
à un certain point;par l'accroissement
de l'âge,le Fermeur
de la glotte ne peut
plus la fermer alors suffisamment,
ny bander assez ses
Dilatateurs pour entonner
sa voix haute; c'est pourquoy
on est obligé d'abandonner
pour l'ordinaire le
Fausset,&de s'entenirà la
voix naturelle. qui devient
alors une Hautecontre, ou
uneTaille pour le reste de
lavie,& c'estce qu'onappelle
la Muance;siau contraire
le jeune homme entonnoit
sa voix naturelle
avant la Muance; aprés
qu'i) a mué il ne sçauroit
pl41 ertfonner que rO£tajJ
ve basse de cette voix naturelle,
quiestalors àl'unisson
des tailles,des tailles baP
ses, ou des bassescontres, ce
qui se fait toujours cependant
avec les mesmes muscl
es. Maisilluy reste encore
un Faussetquiestlemesme
qu'avant la muance ,
c'est à-dire, toujours tresdur,
& tres-aigre dans ces
fortes de gosiers.
II. Enfin quant aux cadences
ou tremblements,
tant en montant qu'en dcC.
cendant, on sçait qu'elles se
font en répétant tres- promptement
deux fons esloignez
l'un de l'autre d'un ton,
d'un demy ton,ou d'une
dieze
,
soit en montan,soit
en descendant;ainsi la glotte
s'ouvre & se ferme alors
successivement
, quoyque
presque insensiblement par
le combat du muscle fermeur,
& du grand, ou du
petit Dilatateur;outrecela
les muscles Eleveurs & Deprimeurs
du gosier entrent
aussi en combat entre eux,
ce que l'on sent mesme en
portant le doigt sur le noeud
de la gorge:&il ne faut pas
douter que l'Aplatisseur
,
le -
diaphragme , & les autres
musclesdu gosier, & mesme
de la poitrine ne soient alors
en combat les uns contre
les autres pour enfanter ces
filles de laMelodie. EXTRAIT
de ce qui s'est pallé à
lowjcrture de l'Academie
des Sciences, le
16. Novembre 1712. LAcadémie Royale des
Sciences fie l'ouverture de
ses Exercices par une assemblée
publique qui se tint le
Mercredy iG. de Novembre.
Monsieur de Fonrenelles
y fit l'éloge de deux
Académiciens morts pendant
le cours de l'année.
L'un estoit Monsieur Berger
Medecin, & Eleve de
Monsieur Rombery, pour
la Chymie ; l' autre estoit
Monsieur Cassini celebre
par ses découvertes astronomiques.
Jamais Panegyjfiite
n'avoit peuc-estre eu
un si beau cha-rr,p, & peutestre
jamais aussi Panegyriste
n'a-t'il mieux rempli
l'attente du public. On fou,
haitteroit pouvoir donner
au public l'extrait del'éloge
queMonsieur de Foncenelles
fit de cegrand homme
; mais ce font de ces
choses qui perdent trop de
leurs graces dans unExtrait.
D'ailleurs on espere que les
amis de Monsieur Cassini
engagerent Monsieur de
Fontenelles à prévenirl'empressement
du public sur cela
,
& à laisser imprimer cet
Eloge avant les Memoires
de l'Académie qui ne pa4*
roistront pas de quelqaeé
a nées d'icy.
Monsieurde la Hire l'aisné
lut enfuire la description
d'une machine par le moyen
de laquelle un homme
dans (on carrosse peut détacher
les chevaux qui tirent
le carrosse loriqu'ils
prennent le mors aux dents,
& cela très promptemenc
& sans embarras.
Apres luy Monsieur Maraldi
lut un Memoire contenant
des observations trés
curieuses sur les Abeilles.
Il les divise en trois classes,
les masles, les femelles ôc
les fies lons. Il raconta la
maniere dontelles s'y prennent
pour construire leurs
cellules avec la cire, comment
les femelles escortées
chacune de cinq ou six autres
abeilles vont pondre
un oeuf dans chaque cellule,
comment celles qui les
accompagnent fermentla
cellule avec de la cire dans
un certain temps & la r'ouvrent
ensuite pour en laisser
sortir la nouvelle mouche
qui vient d'éclorre ; comment
au bout de quelque
temps elles chassent ou
tuent tous les freslons; comment
elles chargent leurs
cuisses de cire qu'elles recueillent
sur les fleurs,avec
quel artificecelles qui sont
dans la ruche déchargent
celles qui viennent chargées,
comment ellesremplissent
de miel leurs magasins
pour l'hyver,& plusieurs
autres pareilles obfervations.
La (canee finit par la lecture
d'un Memoire deMonsieur
de Reaumur , sur la
reproduction des pattes des
Ecrevisses& des Crables. Il
fit voir que les Sçavants,
tout sçavants qu'ils sont,
font sujets à de faux préjugez
de mesme que le vulgaire
ignorant. Les paysans
qui ont coustume de pescher
desEcrevisses,remarquent
qu'ils en trouvent
tres-souvent dont les pattes
ou l'une des serres de devant
sont plus courtes &
plus petites l'une que l'aurre.
La premiere idée qui
leur vient surcela, est que
c'estune jeune patte qui repouffe
à la place d'une autre
qu'elles ont perduë, &
cela leur avoit paru d'autant
plus vray semblable
que la crouste ou espece
d'écaille qui couvre cette
jeune patte, est beaucoup
plus tendre que la crouste
du reste du corps. Un Sçavant
vient qui prétend convaincre
mon paysan par un
argument ex absurdo.Cela
n'est pas,luy dit-il,carcela
ne se peut pas; la patte
de l'Ecrevisse est composée
demuscles, d'arteres, de
veines, de nerfs, tous rangez
& disposez d'une certaine
maniere, pour pouvoir
accomplir les mouvements
de cette partie. Or
toute cettestructure organique
ne peut estre l'effet
que d'un developpement,&
non point l'effet d'une reproduction.
Ce n'est point
l'effet d'une reproduction
,
car il faudroit il) pposerune
infinité de chacune des parties
propres à former les
differents organes de l'Ecrevisse,
& renfermées toutes
dans l'Ecrevisse, ce qui
est absurde.Ce ne peut donc
estre que l'effet d'un developpement.
Mais ce developpement
ne se peurfaire
qu'une fois à la sortie de
l'oeuf qui renferme l'Ecrevisse
en raccourci, & par
consequent lapatteunefois
coupée ne se reproduit
plus. Le paysan ne sceut
que respondre à cet argument
dans lequel il se
perd ,& il est tout prest de
croire quil a tort. Monsieur
de Reaumur termine la diC.
pute par l'experiencequi eflr
le juste Juge dans cette affaire
comme dans beaucoup
d'autres qui se trouvent
vrayes sans estre vraysemblables.
Il enferme des
Ecrevisses après leur avoir
coupé les serres ou les pattes,
& au bout de six sermaines
on en voit reparoistre
de nouvelles, qui dans
l'espace de quelques mois
acquierent la grosseur & la
perfeaion des premieres.
Voila le Sçavant confondu
avec tout son raisonnement.
Monsieur de Reaumur
cherche à le sauver par
quelque conjecture; mais
toutes ces conjectures font
fort foibles, & il faut convenir
que sur la formation
j<
des corps organisez nous
sommes encore tres -
ignorans.
Il seroit feulement à
souhaitter que tant de braves
gens qui ont perdu dans
ces dernieres guerres leurs
bras & leurs jambes pussent
les voir renaistre de la mesme
maniere.
A la fin de chaque le£tu-'
re Monsieur l'Abbé Bignon
Président de rAssemble'e,
donna des loüanges tresobligeantes
à l'autheur de
chaque Memoire, & fit sentir
au public avec beaucoup
de netteté & d'élegance
tout
tout ce qu'il y avoir de beau
& d'utile dans ce qu'on venoit
de lire.
On donnera separement dans
les kltrcures suivants les Extraits
des Discours les plus curieux
~& les plus solides entre
ceux qu'on a prononcez dans
cette djemblée.
.1PARODIE
-
deladerniereEnigme
du Mercuredernier.
En robe de satin quel-
<- que peudéchirée,
En bottes à cheval,l'oiognon
fait son entrée
Dans Paris où l'on l'attendoit.
Le pauvre sur l'oignon a
droit,
Le riche l'admet à sa
table.
Pour luy quand on l'achette
il est infuportable,
Il luy plaist feulement
quand il est derobé
1d est.Lorsquesansrobe
onlesertcuità table.
Mais avant qu'on l'y
voye ,
helas!souvent
tombé
Dans les barbares mains
d'une gent tres brutale
Id est. Du cuisiniersujet à
-
s' enyvrer, De ses douces prisons
voulant le délivrer,
Telluy coupe la teste
,
ou le brusle ou l'empale,
Quinescauroit parfois
s'empescher d'en
0;
pleurer.
E N VOY.
Le mot de pleurer m'a
fait deviner l'oignon, parce
qu'au pied d'une pleureuse
qui ne croit de tendresse
que dans les larmes,
je me fuis quelquefois froté
les yeux avec de l'oignon
pour pleurer plus
tendrement.
E NVO Y.
ParleCuisinier d'Arr.
osse,on Amofieexpert»
crede Roberto.
-
Moy Cuisinier bon conv
pagnon -
-
J'aydeviné l'Enigmeobs-
, cure,
Ouy par la teste d'un
L oignon,
J'en puis jurer, puisque
- --
j'en jure,
Et qu'au plus noble oi--
gnon teste jescai - tv couper. J'enragè quandjevoyque
mon ayare Arnosle ;
Fait souvent son sobre
souper
D'un oignonempalé d'un
seul clou de girosle.
En chartrc comme moy
ce Maistre va tomber,
Je pleure de la maigre
chere
Qu'avec oignons il nous
fait faire,
Hors oignons rien chez
luy ne le peut derober,
Oignons seuls ornent ïà
euiûne,
Et partant sont pour moy
simbole de famine.
Le mot de la premiere
Enigme,cejl les dents.
Vous en trouverez la
Parodie page ij8.
ENIGME.
Qvoy que je nefois pas
de nature à medire
Dans mon humeur noire
pourtant
Sournoise je pince sans
rire,
Par courbettes je <vats
marchant,
Tout l'hiversansmanger
]e garde n,'a cellule,
Et jefaiscaresme en Esté,
Admirezma sobriete. ureen« touttemps
est ajJè.Z ridicule:
Je roufisdeL'amour qu'ont
pourmoytantde^ensy
Je roujs du jeu que je
fer*s3
Et cependantma race
abondam:cnt pu'Lde.•
Et pour was parleruirt
foit
-
4 soit peu- En Pedagogue
Ensdjlrol0ogt~ue
Jelogeen ma maison le
principe dufeu.
ENIGME.
Noussommes deuxjumeaux
de pareille
grandeur,
Employez, à parer une
noire Maitresse
Nous sommes faits tous
deux pour lasèrvir
sans cesse,
Et pour elle Vulcain se
consomme d'ardeur,
On /raw*den'os fronts la
finsvivefptendeur,
Quandl'Epouxd'Orithie
ejieauJequ'on nous
greffe
Nos immobiles Corps marquent
mjiYe paresse.,
Et plus ilfaitde chaud,
plusils ont defroideur.
Jîinji que le Soieil nous
portonsà toute heure
La couleur-du métnilque
l'avarice pleure,
QuandavecJèstréjors on
enleveJoncoeur.
Nous tirons aprèsnous
une suite infimey
Etsi le Cieltoujoursexerçoitsarigueur
On nous verroit tous/oùrs
en banne compagnie.
•.
LAPESENCE
d'esprit, Avanture nouvelle.
Les plaintes soulagent
ceux qui souffrent, & sur
tout les Dames, quelques
unes même ne iônt pas
faschées que des maux legers
leur servent de prétexteau
plaisir de se plaindre
; mais les mîux de
l'esprit sont ceux que les
plaintes soulagent le plus.
:'
: Une Dame trés vertueuse
estoittourmentée
par la jalousie de [on.mary,
& n'avoit d'autreconsolationquecelle
de s'en
plaindreàunveritable
amy qui n'estoit point
connu de son tnalY, &
qu'eue n'osoit luy faire
connoistre parce qu'il estoit
assez jeune pour luy
donner de l'ombrage,
elle voyoit quelquefois
cet amy dans la chambre
d'une Demoisellequ'elle
avoit & qui estoit d'assez
bonne maison pour qu'elle
l'a regardast plustost
comme une amie que
comme une femme à elle.
Cette Demo« iselle estoit
bien faite, Se le mary jaloux
en devint amoureux.
Un soir voulant
entrer dans sa chambre
il tourna la clef',.& s'aperçut
qu'elle estoit fermée
au verrouil
,
& dans
lemesme temps entendit
la voix d'un homme;'.
-
*•
donc il fut allarmé sur le.
compte de la Demoiselle,
mais aprés avoir un
peu pressé l'oreille qu'il
avoit très fine, comme
l'ont ord inairement les
jaloux, il entendit la voix
de sa fCfilineJ il fut. frappé
d'un double coup, je
vous laisse à juger lequel
luy fut le plus rude: il
resva quelque temps au
party qu'il prendrait,ensuite
il fermadoucemeat
la P&tc à double tour ,
afin que pas un des trois
ne pust sortir de la chambre
,
& prist le grand tour
pour aller gagner une
garderobe qui estoit de
l'autre costé de cette
chambre &qui dégageoit
un corridor, où il laissa
le flam beau qu'il tenoit
afin de se glisser sansmicre
dans la garderobe,
&de pouvoirentendre
ce qui ledisoit entre l'amy
la femme & la Demoiselle
,
à peine estoit il
entré-dans la garderobe,
que la femme qui s'en
aperceut feignantde
vouloirmoucher la bougie
; réteignit avec les
mouchetes pour donner
le loisir à l'amyd'ouvrir
la porte doucement&de
se sauver,elle cria aussitost
à la Demoiselle d'aller
ralumer sa boucrie
pendant ce temps là l'amy
ayant tenté/- vainement
d'ouvrir la porte dit
tousbas à la femme qu'il
alloit tascher de se sauver
par la garderobe
, parce
qu'apparamment le mary
estoitence momentdaus^
la chambre
,
ilsy estoient
en effet alors tous quatre
bien intriguez iàns, dire
mot,&marchant tous
sur la pointe du pied je
ne puis pas bien vous décrire
la marthe de cette
scene nocturne QU; chacun
tendoit à son but,
celuy du mary estoit de
si:; mettre en un endroit
d'où il pust voir sans ettre
veu, car ilne s'estoit
point apperceuqu'ilestoit
découvert ;..-& la Demoiselle,
pouis donner le loisir
à sa maistresse & à l'amy
de s'échapper, feignoit
de battre le fusil en
un coinde la chambre,&
de vouloir rallumer la
bougie, ce que le mary
attendoit, s'estant porté
proche la.porte de sa
garderobe; A l'égard de
- l'amy il cherchoità taA
•
tons cette porte pour se
sauver, & ne la trouva
pas sitost que la femme ,
qui en mefrre tempstrouva
par hasard le bras de
sonmary quelle prit pour
celuy de son ami; les
premières paroles qu'elle
luy dit tout basneroulerent
par bonheur que -sur
des plaintes de la jalousie
de son mari
,
& ne marquerent
aucun autrecommerce
avec l'ami
, parce
qu'eneffet je dois estre
persuade que toutes les
femmesdont on met les
avantures dans le Mercure
, sont dans la regle des
bonnes moeurs. Celle-cy
après aVOIr) comme j'ay
dit, fait quelques plaintes
de son mari à ion mari
mesme qu'ellecroyoitson
ami, reconnut sa méprise,
premierement parct
qu'il ne répondoit point,
&C de plus parce qu'il traversoit
la garderobe & le
corridor plus lentement
*
qu'elle ne vouloir , voulant
entendre la confes
sion de sa femme le plus
longtemps qu'ilpourrait,
& craignant d'arriver à
l'endroit où il avoit lai/Té
la bougie, la femme s'ef
tantdonc apperceuë qu
elle parloità son mari,continua
son discours avec
une presence d'esprit admirable
, car elle fit succeder
aux plaintes sur le
mari, une exhortation vive
d'épouser le plustost
qu'il pourroit cette Demoifdie
quiestoit de bonne
maison ,&que s'il
tardoit davantage, ellene
pourroit se dispenser de
la mettre dehors parce
qu'elle feroit perduë si jamais
son mari lerencontroitchez
elle. Quand
elle en eut assez dit pour
se *disculper, elle feignit
dene s'appercevoir qu'en
ce moment de sa méprise
à la lueur de la bougie
dont ils estoientproche.
alors elle fit un cri de furprise
,
où elle joignit enfuite
des mouvemens de
colere si bien contrefaits
contre l'ami, que sans
donner le tempsau mari
de se reconnoistre ni de
répondre, elle prit le flam-
-
beau & courut comme
transportée de rage faire
millereproches îux deux
amants prétendus qui
l'avoient exposée à une
pareille avanture , l'ami
-
qui avoit de l'esprit fut
0
d'abord
d'abordau fait, & se jettaaux
pieds de la femme
sluei sdreetmaradnedmaepnasr,d&opnrodemit
l'époàulsaer,dDèesmloeisleelnleddeemain&
del'emmeneren
Province
, ce fut la le
coup de mailire, car le
mariamoureuxalarméde
lapertedesamaiitrdïcr,.
en oublia tous les Coupçons
contre sa femme, St lerestede la soirée fut
employé de la part du
mari à trouver sinement
les moyens de retarder ce
mariage, & de la part
de la femme a feindre de
vouloir le haster. Je n'ay
point sceu ce qui fut decidé
)
la femme justifiée
par sa presence d'esprit,
efl: le point unique que ay voulu traiter, & par
consequent cette avanture
doit finir parlà.
M*0 R T S. Le Pere Etheart Abbé de
la Luzeroe
,
& qui avoit
cfté nommédepuis peuAbbé
de Saint Paul deVerdun;
mourutàParis la nuit du 5*
au 6. Novembre 1712. au
Monasteredes Prémontrez
Reformez ,i'gé de 71. ans,
après51. dereligion. , Messire François leFouyn.
Conseiller au Parlement
mourut le 18. Novembre.
Messire Alexandre Antoine
Francelles Prestre
Docteurde 1*4
Société de Sorbonne
, &
Curé de l'Eglise Paroissiale
de Saint Jean en Greve,
mourut le -24 Novembreâgéde68.
ans.
Dame Marie Françoise
Feydeau, Veuve de Messire-
Hiérosme le Maistre,Président
és Enquestes du Parlement
, mourut le z5. Novembre
dans un âge fort avancé.
Dame Catherine Guyec
Epouse de Messire Nicolas
le Grain, Chevalier, & auparavant
veuve de Messire
Claude la Barde,Chevalier
Marquis de Marolle, Conseiller
au Parlement, mou- -
rur le 2 5. Novembre agëc
de 64. ans,laissantune fille
unique de son dernier mariage
, alliée à Messire Boucher
d'Orçay
,
RequêMtaisetresde.s
Messire Jean Philyppe Sanguin
,
Chevalier. Seigneur
de Rocquencourt,Vaulùsseau
-, &c.mourut le 2 Je- Novembre.
Messire Eustache Auguste
le Clerc de LelfeviHe,
Comte de Charbonnière , Conseiller au Parlement,
& Chef du Conteil de Soi*
Altesse Serenissime Monseigneur
le Duc, mourut
Ic-zg. Novembre.
Messire Jacques Léon
Bouthilier de Chavigny qui
avoit tfté reçu Conseiller
honoraire au Parlementen
tiùi. mourut le2. Novembre
1712.il estoirfils puisné
de feu Messire de Chavigny
Secretaire d'Estat
Commandeur de$Qrdrçs*1
du Roy.
Dame Marie des Gran- *
ges Veuve de Messire N,
de VcretSeigneur de Saint
Sulpice, qui imitant les.
ancestres avoit servi dans
les armées avec beaucoup
de distinction
, mourut le
ij. Novembre dans sa quatre-
vingt,troisiéme années
Messire Pierre Olivier
ancien Confesseur des Dames
ReligieusesHospitalie
res dela Raquere , Fauxbourg
Saint Antoine, mourut
le1. Novembre agé de
96. ans.
On mande de là Ville de
Saint Chaumont en Lionnois,
que le 9. Novembre
de cette année,François
Drouin y mourut agé de
cent neuf ans & quatre
mois, estant ne le 10. Juin 1
1*03.
Dame Anne deRousse
d.' Alencourt Veuve de Messire
François de Manneville
,
Seigneur de Barofmeml
, mourut à Abbeville
.le 15Novembreagé deio-fr."
ans.
Messire FrançoisChevalier
de Saux,Evèque d'Alais,.
mourut le7. Novembre
dans son Diocese.
Damoiselle,Marie Gilettedes
Vergnes âgée de *4.
ans.
a-ns , mourut au Chasteau
d'Aunis le 5. Novembre.
Messire Pierre l'Archer
ancien Président de la
Chambre des Comptes,
mourut le 14. Novembre,
âgéde 81. an & six mois ,
je renvoyé le Lecteur àce
qu'on a dit de la Maison de
l'Archer dans les Mercures
précedens.
Messire Charles Honoré
d'Albert Duc de Chevreuse
& de Luynes,cy devant
Capitaine Lieutenant des
Chevaux-Legersde la Garde
Gouverneur de Guienrie,
( hevalier desOrdres
du Roy,mourut à Parisle
5. Novembre
,
âgé de 67.
ans. Il estoit fils de Louis
Charles» d'Albert Duc de
Luynes, & petit fils de
Charles d'Albert, Connetable
de France,
Le12. Novembre, l'ouveiture
du Parlement se fitavec
les Cérémoniesaccoutumées,
par une Messe celeb
ée par l'Abbéd'Epinay.
Chanoinqr de la Sainte-
*
Chpelle.
On écritde Lizieuxdu
iz. Novembre, que l'Abbé
de Montauban fut sacré
Evêque de Toulon le 6. du
courant, dans l'Eglise Cathedrale
de Lizieux, par
l'Evesque de Lizieux, aflïC
té de l'ancien Evesque de
Condom & de l'Evesque de
Sées.
N0UVEL LES
dJ sînçicierre.
c'
Le Comte de Strafford
arriva le 24.Octobre de
Hollandeà Londres. Le26.
ily eut une Assemblée du
Commité du Conseil «àlaquelle
il aelfta>avçc., lé-
Grand Thresorier&le Vicocntfi/
je Bullingbrook. Ila
receuordrede remettre fut
pied leRegimentRoyal des
Dragons _ql1:'il commandoit
cy -
devant: plusieurs
Officiers font desja partis
pourramenerd'Ecosse deux
Compagnies de ce Regiment
qui y estoient restez. Il a pris le 28. possession de
la Chargé de premier
Commissaire de l'Amirau-
„
tét:rziï. .':è:)Qiiflqijés Aldermans &
.,
pliiGaitfs autres personnes
S~ t'
du commun Conseil quiestoient
Presbyteriens zelez
ont embrassé la Religion
Anglicane.
Le4. Novembre on fie
partir un Yachspour amener
le Duc d'Ormond de
Dunkerque à Londres. Le
sieur Prior y arriva le mef- ime jour, de France le lendemain
,ilalla à Wmdfor
saluer la Reine & luy ren- drecompcedesaCommit sion.
DONS DE L.A.
Reine d'Angleterre.
La Reine a donné au
Comte d'Excester,le Gouvernement
de la Province
de Rutland, à la place de
Mylord Gerard.
Celuy de La Province
d'Essex
, valant parle deces
de Mylord Rivers, ati
Vicomte deBullinbrooksecretaire
d'Estat.
Le sieur Hill commandanr
de Dunkerque, a eslé
fait Lieutenant & ConseillerduConseil
privé.
Le Comte de Port-more
quicommandoit cy devant
lestroupesAngloisesen Porrugal
a aussi été fait Conseiller
du Conseilprivé.
Le Colonel Clayton
, a
é é fait Commandant de la,
Citadelle de DunKerque. -
Le Chevalier Abercombie
, a esté fait Major &
Commandant de la Garnisail.
à Le 5. Novembre, il yeut WindsorChapitre de l'Ordrede
la Jarriere, dans lequel
SaMajestéfit sixChevaliers
; sçavoir
,
le Duc
d'Hamilton ,le Duc de
Beaufort,le Duc de Kent,
le Comte d'Oxford, le
Comte Pawlet,leComte de
Strafford.
Le mêmejour un détachement
des Gardes du
Corps & des Grenadiers à
cheval, partir pour aller faire
la Garde à Windsor, d-ou
onassure quela Reinene
reviendra qu'à Noel.
Le lendemain il yeut
un Confeilde Cabinet, auquelleComte
de Strafford
assista, ayant le 29. Octo-
bre presté le^mcnt-en qltelité
de Conseiller du Conseil
privé. •:
Le 8. il presta lessermens
dans la Cour de laChancellerie,
pour lacharge de
premier Commissaire de
l'Amirauté.
Le 9. leChevalierRichardHoare,
nouveauLord
Maire,prestales sermens
pourcetteChargeàW-eÍtminsler
devant les Barons
de l'Echiquier. Le même
jour, il fitsonentrée publique
,
& traita magnifiquementles
Ministres d'Estat
& les plus grands Seigneurs
de la Cour.
Le sieur de Melarde, l'un
des Plenipotentiaires du
Duc de Savoye
,
arriva le
t. Novembre
,
de Hollande
à Londres, de il assista
deux jours a prèsauComitté
du Conseil.
h' L'Archevesquede Cae
torbery, l'Evesque de Londres
,
le nouveau Maire ôc
plusieurs autres, tant Eccljp*'
siastiques queSeculiers ont
esténommez pour estre du
nombre des Commissaures
qui doivent prendresoinde
la constructiondecinquante
Eglises à Londres , &
aux environs
,
suivant rActe
du Parlement.
Oti commença le3 Novembre
à reformer dix
hommes par Compagnie,
des Regiments des Gardes;
elles font maintenant reduités
à soixantehommes
ch acune : toutes les autres
fCsmvpagnies d'infanterie,
serontreduites à quarante
hommes,&celle deCavalerie&
de Dragons àtrente
cinq, à la reserve des
CardesduCorps.
Les Officiers de l'Artili
lerie ont conclu un marché
avec les Armuriers de la
Ville de Londres, pour
fournir dans un certaintems
vingtmille fusils, autant de
bayonnettcs
,
d'espées
,
ôc
d'autres armes qui doivent
.cllre envoyées dans les Magasinsde
Gibraltar ôcdu
PortMahen. ':"':. ['C
Les LettresdeLisbonne
du 28. Octobre, portent que
la Flotte duBresil
,
escortée
par six Vaisseaux de
guerrePortugais,estoit arrivée
le >.,. au nombre de
soixante
-
trois Vaisseaux
marchands richement chargez,
& deux Vaisseaux venant
de Goa aussifortriches.
Elle a apporte entre
autres ,
mille Arrobes ou
vingt-quatre mille livres de
poudre d'Or; trente mille
livres de Tabac
& une
grande quantité de Cuirs
éc autres Marchandises.
Le 19. Octobre,
la Reine
de Portugal accoucha
d'un Prince, ce qui causa
une grande joye.
NOUVELLES,
d'Utrécit.
,
Les negociations de la
paix sont toujours au mesme
estat: Les Miniltres des
Alliez tiennent souvent entreux
des Conferences; on
assure qu'il n'y sera pris aucune
resolution importance,
jusqu'au retour d'Angleterre
du Comte de Strafford
qu'on attend incessamment.
Le- Duc & la Duchesse
de Saint Pierre
,
arriverenc
le 4 Novembre àRosendal
prés d'Utrecht, où ils ont
reçû les visites des Plenipotentiaires
de France &
de plusieurs autres Ministres.
Le lendemain leDuc.
de Saint Pierre alla rendrevisite
au Mareschal deHu-.
xeles, & aux autresPlenipotentiaires
, puis à l'Evefeue
de Bristol.
Les Lettres de la Haye
du 17 Novembre, portent
que le Prince Eugene, le
Comte de Sinzendorf& le
Baron de Heems Plenipotentiaires
de TArchiducjontf
conferé avec les Deputez
des Estats generaux. & du
Conseild'Estat, pourtascher.
de leur persuader d'augmenter
l'état de guerre pour -
la Campagne prochaine,à
causedela diminution des
forces des Alliez, par la suspension
d'Armes concluë
avecl'Angleterre &le Portugal,
assurant que l'Archiduc
seroit de son costé des
efforts extraordinaires: on
a appris que leurs sollicitations
avoient esté inutiles,
que le Conseil d'Estat 1tavoit
règle sur le pied de la
Campagnederniere , ôc
qu'on aura mesme beaucoup
de peine à l'executer, à cause
de la décadence du Commerce
,
de la rareté de l'argent,
& de la diminution
du credit qui tombe de plus
en plus; queleConseild'Eilat
en Corpsl'avoit porté
aux Estats Generaux, pour l'envoyer irièelfamm'enc
dans les Provinces, afin d'avoir
leur consentement.
LesLettresdeNamur du
premierNovembre,portent
quele ComtedeBergeik
avoit communiquéauxEstats
duComitté de Namur-
,& fait enregistrer un Aéte
du premier Janvier 1712..-
par lequel le Roy d'Espagne
en confcquence du Traité
fait en son nom & de son
consentement le7. Novembre
1702. par le Roy Tres-
;.Chrettien
, avec le Prince
Maximilien Emmanuel,E
lecteur de Baviere il cede-
Se transporte à ce Prince
J. & sesSuccessèurs tous le*
droits, propriété & souveraineté
qui luy appartenoientdans
lesPays-bas, de
lamesme maniere qu'il en
Avoir jouy cy devant. Le
Comte de BergeiK partit
le 2. Novembre
, pour al-
Jer (Cixee.ufrerîune pareille
Coaamvffioci dans la Ville,
&le t>jchede Luxembourg
après lavellei.itrecoud
pej .àMadrid.
Les EstarsGenerauxont
r-écol-uqu'e tous leurs Officiers
,fyflkutleuts Compagnies
complettes;le 25.
Mars prochain
,
à peins d'être-cafrés.
LePrince E^etir'itll
pwyjk" 14. l&wifcbrs<fe
la Hayt;MNy.ailej-àVitu*
ne ,
le Comte deSinzendorf
l'a accompagne jusqu'à
Utrecht.
Le sieur GasparFlorent
de Confbruch
,
Conseiller
Aulique & troisieme Plénipotentiaire
, mourut à
Utrecht le 19. Novembre ,
le Baron de Kirchner qui
doit luy succeder, arriva le
13. à Francfort', il enpartit
le 16. pour se rendre à
Utrecht.
Les Lettres de Meurs ,
portentque les trou pes de
l'Electeur de Brandebourg,
qui se font emparées du
Chateau parsurprise;ayant
receu un ren fort,ont obligé
les habitans à prester
serment de fidelité àson
AltesseElectorale
,
& contraint
les Troupes Hollandosses
d'en sortir; ils ont
fait entrer quinze cent
hommes dans cette petite
Ville, le sieur Hymmen
l'un des Plénipotentiaire
de l'Electeur de Brandebourg
, a presenté aux Estats
Generaux sur ce sujet,
unmémoire qui pourroit
avoir des suitesfascheuses
s'ils n'étoient occupezàdes,
affaires plus imporra'ntes.)
, Les Ministresdel'Archiduc,
demandent de grosses,
sommes aux Pays- bas Catholiques
,pourla fubliRancedes
Troupes qui doivent
yrester enquartier d'hyver
; ils demandentsix cent
cinquante milleflorins à b
Province de Flandres, donc
les Estats n'en veulent accorderque
troiscentmil- le. Les Lettres de Luxembourg,
portent que les Partis
duColonella Croix ,
ej&okjoc revenus d'au de-*
Il du Rhin avec un buem
desoixante mille écus,&
un grand nombre de prisonniers
& OfficiersdeDisitiction;
celles de Strasbourgdu
18. Novembre
portent qu'unParty de :Lau,¡,
terbourg ayant fait une
courte jusqu'auprés de Landau
avoient amené pluficursOfficiers
prisonniers:
on écrit de Hombourg que
soixanteGrenadiers de la
Garnison ayantdressé une
embuscade à un Party de
Hussars de laGarnisonde
Landauy lesont presque
tous tuez, ou pris, avec leur
Commandant & leur bik
tin.
On mande de Londres
que le Duc d'Ormond yest
arrivé le 14. Novembre,'&
qu'il partit le 15. pour aller
à Windsor saluerla Reine
qui le rcceu tres-favorablement
que Milord Marlborough
ayant obtenu la
permissiond'aller faire un
voyage, son passeport fut
signé le 11. pour luy&quatorze
personnes seulement,
qu'il avoit pris congé de la
Reine & devoit partir le ty,
Copie de lettre du Duc AU*
ceda au Gouverneur de
Porto-Hercole.
L'E ,.. Ai. L'Empereur notre maître
a trouve à propos d'envoyer
quelques troupes
pour se mettre en possession
de ces forteressesqui lui ont
été usurpées, & qui lui appartiennent
avec tant de
justice
; ce qui fera facile.,
comme vous & moy le sçavons,
parce qu'elles manquent
de troupes pour les
défendre, de munitions &
de vivres. Neanmoins comme
je vous fais la justice de
croire que vous ne voudrez
pasvousexposer aux dernieres
rigueurs de la guerre,
& que vous reconnoîtrez
celui qui en est le véritable
Seigneur, comme
nous le saisons nous autres
qui avons fait attention à
nôtrelegitime devoir, j'esperequen
les remettant à
l'obeïssance de Sa Majesté
Imperiale & Catholique',
vous confirmerez la confiance
que j'ai euë en vous,
en vous en procurant le
Gouvernement: ce qui vous
donne à present une siglorieuse
occasion. J'espere
que vous en profiterez sur
l'assurance que je vous donne
que ce service fera consideré
par l'Empereur nôtre
maître avec une particulière
attention, &que je
ne manquerai pas d'en solliciter
la recompense, comme
aussi celle de tous les Ofhciers,
à qui vous ferez parc
de ce que je vous écris ôc
qui doivent être persuadez
qu etant mes creatures, je
ne voudrois pas leur proposer
une chose qui ne sûr.
trés-honorable, ôc avantageuse
pour eux. Dieu vous
conserve comme je le de-
{ire,.) De Milan le
1 0. Janvier
1712. Le Duc d'Uceda;
Comte de Montalban, à
ADon AnugdultinrGaonzdaleséde
Rfponfi.
Ces jours passez un ini.
serable Napolitain,rebele
& bâtard, nommé Thomas
Galicta
, me fit prier
de luienvoyer au lieu de
>
Ciglioc un homme qui est
ici y àqui il dévoiecommuniquer
des choses de
très-grande importance.,
& qui ne me feroient pas
desagreables. Lui ayant repondu
que cet homme ne
pouvoit pas y aller, il eut
la, temerité de me faire,
comme de sa partquelquespropositionsque
j'aurois
rejettées d'abord, s'il
ne les avoit accompagnées
d'une lettre toute ecrite de
la main de Vôtre Excellence,
ôc dattée du 10. de
Janvier, dans laquelle me
faisant souvenir des obligâtions
que je lui ai de m'avoir
mis en ce Gouvernement,
elle me propose ôc
m'exhorte à manquer au
point le plus important de
mon honneur, & 3e la fidélité
que j'ai jurée au Roy
nôtre maître Philippe V.,
queDieuconserve. J'avoue
que je ne,m'attendois pas à
cette proposition de la
part de Vôtre Excellencey
& que je ne la croyois pas
capable de me la faire:
mais puisque je vois le contraire,
jaijugé a propos
quoy qu'elle ne meritât
point de réponse, de lui
en faire une, afin que Vôtre
Excellence ne se fatigue
pas inutilement, & de
l'assurer que jusqu'a ce que
j'eus appris qu'elle avoit
manqué à son devoir, j'ai
toujours eu pour elle la veneration
& le respect qui
lui étoit dû : mais depuis
que Vôtre Excellence a fait
la démarche scandaleuse
que le monde sçait, tous
ces respects se sont effacez
de ma memoire. Maintenant
que vôtre Excellence
m'adonné ce nouveau témoignage
du peu d'estime
qu'elle a fait de moy ,
je fuis
obligé de lui dire que ni
moy ,
ni aucun de mes Officiers,
ni le moindre foldat
de la garnison de cette
place, ne sommes pas capables
de manquer de la
défendre & de la conserver
de tout nôtre pouvoir au
Roy nôtre maître, pour lequel
nous sommes prêts à
répandre nôtre fang, reconnoissant
que la Souveraineté
en appartient à Sa
Majesté seule,& non à aucun
autre Prince. Pour cet
effet nous avons des foldats,
des vivres & des munirions,
&toutce quiest
necessairen'éprouvant
plus les besoins où nous étions
quand nous dépendions
de celui qui fait à
present connoître le dessein
pour lequel alors il
nous abandonnoit. Ainsi
Vôtre Excellence peut se
desabuser, & croire qu'il
n'y a personne qui la veuille
imiter, & que les artifices
dont vous avez ufë avec moi
feront inutiles, parceque
c'est le Roy nôtre maître
qui peut le faire, & nonpas
Vôtre Excellence l'inventer.
Qu'elle foit persuadée:
qu'elle traite avec une personne
qui l'entend bien, ôc
qui la connoissoitsuffisamment
même avant quelle
se fût declarée. Elle pourvoit
faire cette reflexion
avant que de m'ecrire, &.
s'attendre qu'elle n'auroit
point de moy d'autre réponse
que celle,que je faisavec,
tant de
raison
a Vôtre
Excellence, qui ervexr
cufera la maniere) comme jaisupporté ses tentatives.
Dieu conserveVôtre
Excellence plusieurs années..
De Porto-Hercole
le seize Février mil sept
cent douze, Don Augustin
Gonzales de Andradéy
à l'excellentissime Seigneur
Don Juan
«
Francusco Pa.
çhcco.
DONS DU ROT.
Le premier Novembre
le Roy donna l'Abbaye de
Guitres Ordre de saintBenoît
fous l'invocationdela
Vierge, Diocese de Bordeaux,
à N. de la Goguée.
Cette Abbaye estsiuee sur
la rivière de l'isle trois
lieuesau-dessusde Libourne
dans la Guyenne.
L'Abbaye de Tonnay-
Charente, Ordre de laine
Benoît, Diocese de Xaintes,
vacante par la mort
du Sieur Maupoinr, à N.
du Solier. Tonnay -
Charente
est une petite ville de
France dans la Saintonge,
en Latin TonneA. On l'appelle
ainsi à causequ'elle
est sur la Charence,& on ladistinguepar là d'une autre
ville de cette même Pro- - vince nommée Tonnay-
Boutonne, qui en est éloignée
de trois lieues, & qui
est à la mêmedistance de
saint Jean d'Angely. Ton-
May-Bouronnea pris son
nom de sa situation sur la
riviere de Boutonne.
L'Abbave de S. Michel
de Dourlans, Ordre de saint
Benoît,Diocele d'Amiens,
la. Dame de Sericourt
d'Efclainvilliers, Religieuse
de laditre Abbaye.
Dourlans est une villede
Picardiedans l'Amienois,
en Latin Dulendium elle est
située sur la riviere d'An..
thie, vers les frontières de
l'Artois, à cinq ou six lieuës
d'Amiens, & un peu moins
de saint Riquier. C'est une
ville assez forte que l'on
divise en haute & basles
& qui appartenoit autrefois
aux Comtes de Ponthieu.
: L'Abbaye de la Caigno.
te Ordredefaine Benoi"r,,
Diocesed'Acqs à N. du
Vigier.
r
L'Abbaye de Villersde
Canivet, Ordre de Cîteaux.,
Diocese de Séez
?
à N. de
Montgommery
,
Abbesse
deMoncé.
L'Abbaye de Moncé,
Ordre de Cîteaux) Diocese
de Tours, à la Dame des
Espinez, Religieuse du même
Ordre.
L'Abbaye des Prez,dans
la ville de Doiiay, à la Da.
mede Los, Religieuse de
ladite Abbaye.
Etl'Abbayedesaintjust,
Ordre de saint François,
Diocese de Beauvais,àDa-1
meN.deMailly,Religieuse;
à Longchamps
,
soeur de
l'Archevêque de Reims.
La Mailon de Mailly est
une des plus anciennes Maifons
de la Province de Picardie.
Elleatire sonnom
de la Terre de Mailly, prés
d'Amiens,& n'est pas moins
illustre par les grandshommes
mes qui font sortis de ces
branches differentes
, que
par ses grandes alliances.
Anselme de Mailly est le
premier de ce nomdont
parlent les Historiens, vers
le milieuduonzième siecle
: mais le rangdistingué
qu'ils lui attribuent dans
sa Province, & la grande
part qu'il eut aux affaires
de son temps, prouvent
incontestablement qu'il n'y
avoit point de ce temps-là
même detablissement en
Picardie plus ancien que ce.
lui des Seigneurs de Mailly.
- Malbrancq, en faisant
mention d'Anselme de
MaiIly, & du Seigneur de
Coucy, témoigne qu'ils étoient
tous deux Picardici
Janguinis Procercs.
Parodie sur l'Enigme
qui a pour mot les
, Dents.
&Euxbataillons âefiles
JI
Que lA bouche met à cou-
,4.
Sont les dents qui com.
battent nuës;
On liait à que le combat
fert. -Plus chaque bataillon est
',
Plus prompt de même est
le secours ;
Sous lepalais qui lesen
ferme
Le dejfoiii attaque toujours.
Dans le nombre ntilîe
suyarde,
Aucune aux gens bien
sains ne si trouve en
défaut;
Celles qui font l'Arriere-,
larde
DfJhItJent le plus terrible
asaut.
Cette guerre en mangeant
soir & matin sallume
; Endépitdugourmanden
fin elle se'teint,
Etsa bouche pleined'écume
Détruit(on appétit, fam
détruire leur teint.
Maislaiffonslegourmad,
parlons d'unbeau
visàge,
Ou la blanchenr des dents
:
fait ungrand ornement
:
Heureux, heureux cent
- fois un vif&tendre
amant
Qui dansses doux trans
ports en éprouve la
rage!
MORTS.,
Messire Eleonor de FIecelles,
Chevalier Marquis
de Bregy, Baron de saint
Severe,&c, mourut le 2.
Novembre1712. sans laisser
de posterité. Il étoit fil*
puîné de feu Messire Nicolas
de Flecelles, Comte de
Bregy, Lieutenant generaldes
armées du Roy; &
Ambassadeur extraordinaire
en Pologne& en
Suede; & de Dame Charlotte
de Saumaise de Chazan,
l'une des Dampd'hon,.
neur dela feuë Reine Mere
du Roy.
Dame Charlotte duFresne,
épouse de MessireNicolas
-Loüis de Bailleul,
Marquis de Çhâteaugontier
,
second President au
Parlement, ôc auparavant
veuve de Messire Jacques
se Noir
y mourut le 6. No:.;.
vembre ijn. laissant pour
fille unique de son premier
mariage Dame Charlotte
le Noir, veuve de Messire
ROcné de Maupeou, Presildeentmdes
Eenqnuêtets.du Par-
Messire MarcAnne GoiC
lard, Seigneur de Montsabert,
qui avoit été reçu
Conseiller au Parlement en
1697. mourut le 9. Novembre
172.
Dame Geneviéve de
Soüillac, veuve de Messîre
Jacques Paget, Doyen des
Maîtres des Requêtes ,
mourut le 9. Novembre,
âgéedèsoixante-dix-sept
ans.
Traite de Suspension
d'Armes entre la
France & TEfpagne,
d'une part; & le
Portugal ,de l'autre.
Conclu à Vrrecht le Jêptiémâ
Novembre1712.
NOUSPlénipotentiaires
de Sa Majesté
le Roy Très-Chrcftien,
& de SaMajesté le Roy
de Portugal
,
Tommes
convenus:
1
, QjjiL y aura une Suspension
generale de toutes
Actions Militaires par
Terre & par Mer entre les
deux Couronnes de France
&d'Espagne, d'une part;
& celle de Portugal, de
l'autre; leurs Sujets, Armées,
Troupes, Flottes,
Escadres & Vaisseaux, tant
en Europe que dans tout
autre Pays du monde: laquelle
durera l'espace de
quatre mois, à commencer
au quinziéme du present
mois de Novembre, jufqu'au
quinzième du mois de
Mars que 1 on comptera
1713.& Sa Majesté Tres-
Chrestienne se fait fort
qu'elle feraobservée par la
Couconne d'Espagne.
II
EN vertu du prefenc
Traité tousActesd'hostitlité
cesteront entre ces trois
Couronnes de chaque costé
pendant ledit espace de
quatre mois, tant par Terre
luc par Mer &autres Eaux;
en force que s'ilarrivoit que
pendant le cours de ladite
Suspensionon y contrevinst:
depart ou d'autre,soit ou-
Vertement, parquelquestntreprises
ou autre fait d'armes,
soit par surprise ou intelligence
secretre en quelque
endroicdu monde que
ce fût, mesme par quelque
accident imprévû, cette
contravention se reparera
de part & d'autre de bonne
foy) sansdelay ni difficulté.
LesPlacesVaisseaux &
:MaKhandifefc feront rendes
•>
incessamment, & les Prifonniersmis
en liberté,fane
qu'on demande aucune
chose pour tcurrançonm
pour leur dépense.
(
III.
AFIN de prévenir tous
sujets deplaintes&conteflations
qui pourroient naicro
à l'occasion des Prises faites
sur Mer pendant le terme
de la Surpensionon est convenu
que les Vaisseaux de
part & d'autre qui feioient
plis après l'expiration des
termes cy dessus marquez,
à commencer du jour de la
signature de ce Traité, feront
entierement rendus,
avec le monde, l'Equipage,
les Marchandées, & autres
effetsqu'on y aura trouvez.
sans la moindre exceptionysçavoir,
ceux qu'on aura pris
depuis les Costes de Portugal
jusqu'à la hauteur des
Isles des Açores & Détroit
de Gibraltar, après l'espace
de vingt-cinq jours; depuis
le mesme Décroitjusqu'à
tous les Ports de la Mediterrannée,
après l'espace de
quarante jours depuis les
susdites Costes de Portugal
vers les Mers du Nord, &
dans lesdites Mers du Nord
, aprés cinquante jours; depuis
la hauteur des Isles des
Adores jusqu'au vingtcinquièmedegré
du costé
du Sud, après cinquante
jours; & enfin aprèsledit
vingt-cinquièmedegré vers
toute autre partie du monde,
après six mois: Bien
entendu que dans les endroits
où la Suspension ne
peut avoir lieu que dans six
mois, il ca stipulé que ladite
Suspension ne ^comK
mençant qu'aprés les susdits
six mois, elle ne finira par
consequent que dans dix
mois. Et à l'égard des
autres endroits, on observera
la mesme chose à proportion
des termes mar-
,
quez, afin que l'on y ait
connoissance de ladite Suspension
d'Armes.
IV.
Tous Vaisseaux &
Bastimens desdites trois
Couronnes pourront naviger
librement & 10Ulr de la
presente Suspension depuis
les termes cy - dessus marquez,,
sans estremunis
d'aucres Passeports que de
.ceux de leurs Souverains;
,&,cn cas que les Marchands
souhaitent d'en avoir d'aur
très, on leur en accordera
réciproquement.
; V.
;
SA Majené Très-Chrétiennepromet
que les Articlescydeilus
de la Ceiïatiori
d'Armes par Mer feront
observez par tous les Capitaines
desVaisseaux & autres
Bastimensquiontouauront
commission de ses Alliez:
Et Sa MajestéPortugaise
promet que de sa partilsseront
pareillement observez
à l'égard de tous les Alliez
de Sa MajestéTrès-Chrétienne.
VI
EN vertu de la presente
Suspension d'Armes, les
Troupes que Sa Majesté
Portugaile a presentement
en Catalogne retourneront
enPortugalle plustost qu'il
sera possible,&afin que Sa
Majesté Portugaise ait le
temps d'envoyer, ses ordres
au General qui commande
lesdites Troupes, ladite
Suspension d'Armes ne
commencera pour elles que
le i1 Decembre prochain, auquel
jour elles seront & demeureront
dans l'inaction
jusqu'à leur départ,sans pouvoir
servir ni directementni
indirectement contre les 2.
Couronnes. Et en cas que
leur retraite se fasse par
Terre, des Commissaires
Espagnols se trouverontsur
la Frontiere dans les premiets
jours de Decembre
prochain pour concerter,
avec le General desdites
Troupes Portugaisle jour.
de leur départ & toutes les
mesures necessaires, afin
que leur marche au travers
des Etats de la Couronne
d'Espagne soit la pluscourte
& la plus commode
qu'il fera possible, & que
leurs logemens soient reglez
dans la route: Bien entend
u que pendant ladite
marche on leur donnera
aussi des Commissaires pour
les garantir de toutes infultcs-&
pour leur faire fournir
les vivres, aussi bien que
'! tout ce qui leur fera necessaire,
au prix commun &.
ordinaire dans le Pays. Sa
Majesté TrèsChrestienne
se fait fort qu'on aura toute
l'attention possible pour la
fureté desdites Troupes,
& que si par quelque accident
imprévu, il arrivoit
que les termes de quatre
moisdelaSuspension vinst
à expirer pendant leur passage
par Terre ou par Mer;
en ce cas la Suspension
d'Armes ne laissera pas de
continuer à l'égard de ces
Troupes seulement jusqu'a
ce qu'elles soient arrivées en
Portugal.
VIL
LesRatifications du
present Traité seront échangées
de part & d'autre
dans le terme de quarante
jours, ou plustosrsi faire (e
peut nonobsfant que la Suspension
doive commencer
du 1 5. du present mois de
Novembre. En foy de
quoy & en vertu des ordres
&pleins pouvoirs que nous
soussïgnez avons reçûs de
nos Maîstres le Roy Tres-
Chrestien & le Roy de
Portugal, avons figné le
present Traité, & y avons
fait apposer les Sceaux de
de nos Armes. Fait à
Utrecht le fepriéme Novembre
mil sept cens douze.
Estoit figné
(L.S.) HUXELLES.
(L.S,.) L'ABBE DE
POLIGNAC.
(L.S=) :M,ENAGER. I
(L.S.) J COMTE DE
TAROUCA.
(L. S) D. Louis DACUNHA."
'f *ouvellesd'Allemagne *c On fait cjcgrands,prepa*
ratifs pour la'.ccrernow de
l'hommage que les Etats de
de la Basse Autriche doivent
rendre le 2 Novembre à
l'Archiduc qui doit ensuite
aller à Presbourg pour tcrminer
la Diete. Les lettres
de Vrnne portent que le
Conseilcontinue à delibeTer
lui les moyens de trouver
les fonds n affaires
pour lacontinuation dela
guerre. Les ordres oftt eRi
envoyez à tous les Régira, ns
defournir un état des recrues
dont ils ont besoin.
afin d'en faire la repartition
sur les Provinces hereditaires
, qui seront obligées de
les lever & de les fournir
-d'armes & d'habitsàleur
dépens. On mandedeHon
-
grie qu'il y a encore plusieurs
Mtcontens quitra-
.Naillérit à exciter un nouveau
C-fittaUvirent*qii'ertïyî&
arresté depuis quelque temps
une Dame accusée d'entretenir
correspondance avec
le Prince Ragotzi, & que
le valet de Chambre d'un
grand Seigneuravoitesté mis
en prison pourle mêmesujet.
Les lettres de Constantinople
portent que l'Ambasfadeur
du Czar étoit arrivé,
&qu'il avoit eu audiance du
GrandVifir, mais qu'il n'avoit
pas encore obtenu celle
du grand Seigneur; que le
Grand Visir n'avoir pas vou- lurecevoirde luy la ratification
de Paix avant l'arrivée
d'Achmct Aga qu'on attendoit
de Pologne, afind'estre
informé, si les Moscovites
étoient entièrement sortis
du Royaume,&s'ilsavoient
exactement observé les
autres articles du Traité.
On assure pourtant' à
Vienne que le Grand Visir
avoit déclaré que le Grand
Seigneur étoit resolu d'observer
la Paix avec le Czar
pourveu qu'on donnât au
Roy de Suede un psfljge
libre pour retourner dans
ses Etats.
S-upplement aux Nouvelles d'Efyagnc.
: Le Roy a donné la char-
.,ge de Corregidor des Villes
de Guadix & de R>ça dans
Je Royaume de Grenade à
Don Diego de Noboa &
Villamarin, Colonel d)Insanterie,
en consideration
de ses fervices. Le 3 No-
Verrtbre Sa Moellefie
chanter le Te Deumen
a£fciot* de grace de la prise
deBouchain. Le 5. leRoy
jftgnat'aétc de Renonciation
*
à la succession à la Couronne
de France, pour luy Se
pour ses descendants, de
fmefme que les Princes dela
Maison de France doivent
renoncer à la succession delà
Monarchie d'Espagne, à
jaqucHe le Ducde ,Savoye
& ses descendentsmasles
succederont au defaut de la
posterité de Sa Majesté
Catholique. La principale ;NôbIcfJe :dEfpagÛG,assi(li
,à la ceremonie de cet aâcqui
fut figné par les Con
seillers du Conseil d'Etat
:$aric» PiefUejHs^es Coeseils,
par les grands Officiers
des Maisons Royales, par
le Duc dePopoli, comme
Capitaine des Gardes du
Corps en quartier, par le
Marquis de Valdecannas,
Conseiller de la guerre, &
par le Comte de Condomar
Conseiller d'Etat & de la
Chambre de Castille. Le
mesme jour le Roy fit l'ouverture
des Corréesou Etats,
accompagne du President
du Conseil avec les Ministres
de la Chambre comme assistants
des Etars, &< le
Secretaire de la Chambre &
Etatde Castiille selon la maniere
accoutumée , avec
deux Deputez de chacune
des vingt-neuf Citez &
Villes qui representent les
Royaumes de Castille,
d'Arragon & de Valence.
Les lettres d'Estremadurenr
portent que la saison
étant fort avancée & que
les pluyes continuelles qui
innondoient les tranc hées
ayant rendu la continuation
du Siege de Campo-Major
très-diiffcile.
Le Marquis de Bay fit
donnes un assaut à la placc
quoyque la bréche ne fut
pas encore perfectionnée.
Le 27 Octobre au matin
il fit avancer 1 les Grenadiers
qui gagnerent le haut de la
brèche,oiï ils furent arrettezpar
un retranchement
que les Assiegez avoir fait
derriere ;
il étoit enrré dans
la Ville quelques heures
auparavantunsecours
demille
Bommc9, lesAssiegezsim*'
sigrand feu, que ksaffichans ne pouvantni
avancer ni faire un logementsur
la bréche,furent
obligez de se«: La*
Le Marquis de Bay se
maintintdans les attaques,
jusqu'àce qu'on eutçmniené
tousles Canons, les ,mOf,,!
tiers, avec tous lesprépa-*
ratifsduSiège,&ensuite
il décampa , ayanteu au
plus dans cetassautenviron
troiscenstrente Jwmmcl
tuez ou blessez.
On mande de Catalogne
<jue l'armée étoit deqtojpéç
d'Agramunt& qu'elle avoic
repasséla Segre sans que les
Ennemis ayent paru. Selon
le rapport des deserteurs,
lrstroubles étoient aug-:
mentez à Un tel point dans
Barcelone, que tout étoit
disposéà une émotion genérait.
Depuis quelesEnnemis
bnc abandonnéCervera,
ils n'ont fait aucun
mouvement nyenvoyéde
détachement dans le Lara-*
pourdan.Onécritqueles
Troupes Angloisess'étoient
embarquées
Port-Mahon pour aller au
Nouvellese&tàIGtiabrlailtear.;
.,
« 'J0n mande de Naples
queleViceroy a reçû unf
ordre de Vienne par lequel
illuy est commandé depublier
tquele-Royaumede
Naples, avoir été conquis ,
& que par consequent les
Barons étoient déchus de
leursj§çfs & deleursautres
avantages, que les Napolitains
étoient regardés de la
Cour de Vienne comme des
sujetsrebelles quinemeritoient
aucune grâce nyla
confirmation qu'ils demandoient
de leurs privileges ;
cet ordre ayant été publié
dansleCollateral
,
causa
une surprise extraordinaire
par route la Ville, quoique
plusieurs affectionnez au
Gouvernement,fissent leurs
efforts pour appaiser le petit
ple,disant que cette Decfâ*
ration ne regardait que It.
Barons. Le 11. Octobre
tous les Sieges & CÓfP'
s'assemblerent chacun dit,
particulier & resolurent d^
tenir une assemblée genetalc)
le Viceroy qui en crai*
gnoit les suites manda
l'Eleu du peuple, & luy fit
des plaintes de ce qu'ilsouffroit
que ces assembleés Te
fissent sans permission, qui
luy réponditqu'il n'avoit,
pu l'empêcher parce que
toute la Ville étoit émuë
de concert, & qu'iln'étoit
pas difficile de concevoir
qu'après avoir fait tant
d'efforts & donné tant de
preuve de zele pour la Maifan
d'Autriche, nonseulement
ils ne pouvoient obtenir
aucune des graces
qu'on leurs avoit promis
* mais qu'onles traitoit de
sujets rebelles & de pris
conquis, ce qui leur persuadoit
qu'on cherchoit des
prétextes -pour les ruiner
entierement;leViceroy luy"
dit qu'il entroit fort dans;
ces raisons, qu'il en informeroit
au plûtôtla Cour
de vienne, & qu'afin de ne
pas rendre ses offres inutiles
il prioit le peuple de d/fierer
cette assemble generale jusqu'à
ce qu'il eut reçûsréponse
: le peuple se bjffa:
persuader avec peine, les
Officiers Allemans pour in..
timider les Napolitains
publient qu'il viendra firo.-
mil hommes de nouvelle
Troupes pour les réduire à
leur devoir. D'autreslettres.
plus reccntcs portent que
le mécontentement public
cft fort augmenté à cause
des frequents emprisonnemens
des personnes paisïbles
qu'on arreste sur fa-.
moindre dénonciation &:
sur un soupçon, surtout
par l'emprisonnement du
Duc de Bisaccia Pignarelli,
Coulin du Prince de Cellamaré;
iilétoit accuséd'avoir
eu correspondance avec le
Cardinal del Giudice fort
O'ncle,& fous ce pretexte
on envoya un Officier le
trouver à une de fcsTwres
où il luy iignifn l'ordre
de comparoistre devant
le Viceroy, fous peine de
trente mil Ecus, il fut
obligé de se faire porter à
Naples malgré une fievre
violente & ensuiteau Palais,
où il se justifia pleinement,
il fut renvoyé en samaison
où le lendemain il fut arrêté
& conduit au Château Saine
Elme où il est gardé étroitement.
On assure que le
Prince dela Villa Caraccioli
& le Duc de Bruzzano Carassa,
beau frere du Duc de
Ptop.oliont été aussidemandés
; la Cour de Vienne fait
ses efforts pour adoucir ces
procédés envers te principale
Noblesse par des grâces
faites à quelques uns, ayaftt
envoyé la Toison d'or au
Prince de San Severo-
Sangro & à Don Livio
Odescalchi qui doit revenir
à Naples pour la recevoir
-, rriejme. 3
Rentrée, de l'AcademieRoyale
des Médaillés &
Inscrip- tions. Eternumens, 28. Bouquet.41.
Réjonje. Autre bouquet impromptu
renvoyé à Melle>
de f'qÚi s'appelloit Elisabeth.
44.
Mort de Madame la Duchesse
de Charost.. 46.
IbJe' sur la Justice à Mr
d'ArgensonConseiller
d'Etat. 45).
Fragment du Poëme de I4 Rune.60.
Prologue de Àdclpomcne &de
Thaliesur un Héros 66.
Nouvelles d'Espagne.73.
Nouvelles de Hollande. 83
Nouvelles de Flandres. 83.
De Venise. 8
Suite duMémoire de l'oreille
parrapport à la Mujîque
de 97
Parodie de la derniere Enigme
tbt Mercure dernier185. Envoj.183.
Enigme.ioi0)]
Copiedelettre duDucd*Uceda\
au Gouverneur de Porto-
Hercole. 241.
Reponse. 244.
Donsd» /îoy,*JI.
Parodie sur l'Enigme aw a
pourmot les dents 2,58, Morts.2.65
Traite desuspensiond'Armes
entre la France & l'Espagne
,d'une part, & le
Portugal de l'autre.265.
Nouvelles d'Allemagne.280
Supplement aux Nouvelles;
JEfpagnc*
Qualité de la reconnaissance optique de caractères