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1712, 04
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A PARIS,
M. DCCXII.
AXK Privilège du Roy.
MGEARLCANUiTl. E
Par leSiéur Du F***
"Mois
d'Avril
17 12.
Le prix estt30. sols relié en veau,&
xj. (oIs, brochez
A PARIS,
Chez DANIEL J 0 L L ET, au-Livre
Royal,au bout-du Pont S. Michel
du coce du Palais.
PIERRE RIBOU ,à l'ImageS. Louis,
sur le Quay des Augustins.
GILLES LAMESLE, à l'entrée de la rue
du Foin, du coté de la ruë
Saint Jacques.
\AvecApprab,ttiotij&VrivUtgedufy'j
MERCURE
GALANT.
AVRIL 1712.
SUITEDELALETTRE
de Quebec, où l'on a adjoussé
quelquessingularitez
tirées d'autres memoires.
Le festin qu'on donna
aux Sauvages se fit proche
les bords du grand fleuve
Saint Laurent, il y avoir
environ quinze cens conviez
,
assîs par familles sur
des troncs d'arbres couchez
en forme de longs canapez
champêtres,dontles
dossiers estoient de feüillages
enlassez.Achaque troupe
de convive est une grande
cliaudiere
,
les unes ont
neuf à dix pieds de diametre
,
les autres plus grandes
, on les remplit de
quartiers de boeufs, de
moutons, de cochons, ôc
de l'élite des plus gros
chiens avec leurs têtes qu'
on voit surnager dans une
espece de bouillon en purée
qu'on épaissit en y jettant
avec des peles à longs
manches plusieurs sortes
de pois & de graines aromatiques.
En attendant
que leurs viandes fussent
cuites,ils estoient tous a/Iïs,
selon leurusage,lementon
entre les genoux, qu'ils levoient
de temps en temps: là paroissoient des visages
peints de toute forte de
couleurs, les uns de bleu;
les autres de rouge, quelques-
uns de vert; cestoit
vun blazon universel
, car
- on en distinguoit qui par- -
-
toientaupremier&au quatre
d'azur, au deux Be trois
-de gueules; d'aurtes parry
àè-fable) ôc de sinople. De
cerrains portoient coupé
de pourpre 6c de gueule :
nous en remarquaimes
plusïeurs qui avoient seulement
le nez teint avec
le plus beau bleu que l'on
puissevoir, c'estoit de l'outremer,&
les yeux noircis
Qvec de la mine de plomb,
presque tous avoient les
cheveux frotez & imbibez
de ce qu'ils appellent Matacha,
c'est à-dire de rouge,
ou de toute autre peinture
6c de graissè de loup
marin, un duvet d'Outarde
DU de canard sftoir femé
ÏUrces ehevttx. Au nezdes
Outaouacs pendoient de
petites médailles de cuivre
ou de porcelaine de la Virginie.
Quelques
-uns avoient
des cornes de Caribouxespece
de Cerf de
l'Amérique septentrionale)
au denns de leurs oreilles
, le visage de ceux qui
n'estoient pas Matachez,
c'est dire,peints,estoient
marquez de hieroglyphes
dont les uns
representoient
des serpens qui tomboient
du milieu du front sur le
nez, & dont la quetuëfînik
foitau menton D'autres
avoient des figures de Renards,
d'Ours, de Castor,
de Rat., de Pigeon,aux
joues.Ces hieroglyphesdurent
autant que la vie, cela
se faisant avec la pointe de
l'aiguille sur la chair, les
piqûres faites, on jette deflus
du charbon broyé fore
menu,& de certaines pierres
de couleur calcinées &
pulverisées après quoy la
figure conferve une couleur
bleuastre
, ou rouge ouvertefélon les poudres,.
Toutesles Nations différentes
se distinguent parmy
les Sauvages par quelque
coloris ou hyerogliphes
communs entr'eux.
Il y a quelques.unes de
ces Nations où les jeunes
hommes qui deviennent
amoureux, se pergnentune
figure de coeur sur le front,
& paroissent ainsi couronnez
de feuilles devant leur
maistresse, & c'est un lignal
de declaration d'amour;
& siau bout d'un
certain temps ils ne sont
pas aimez,ils sont obligez
de recolorer ce coeur de
noir, sinonlafamille qui
ne veut point d'alliance
avec celle du jeune amoureux
,se tiendroit deshonorêe,
& s'ils sont agreez par
la maistresse, elle se peint
à l'imitation de lamant, &
l'amant jointunautrecoeur
au premier qu'il avoir
peint : mais ces fortes de
peintures d'amour ne sont
quappliquées & non avec
des piq ûres comme los
hyerogliphes,&ne durent
que peu de temps, apparemment
autant que
,,
leur
amour qui n'est pas plus
confiant que celuy des Européens.
Les Sauvages estoient
armez de haches
,
de ce - qu'ils appellent casse-testes
oumassues, d'un long couteau
à Il ceinture , avec
leur arc, & leurs ca quois
garnis de fleches mis en
bandouliere.
Toutes ces differentes
Nations sauvages du Nord
de l'Amérique estant ainsi
rangées, Mr le Marquis
de Vaudreuil Gouverneur
général present, & accompagné
de Mr le Chevalier
de Ramezé Gouverneur de
Montreal, le sieur Joncaire
Officier François Negotiateur
& Envoyé ordinaire
chez les Iroquois,
parut au milieu de tous ces
Sauvages, dont oncomptoit
treize ou quatorze Nations
différentes, il estoie
armé d'une assez longue
perche, à lextremité de laquelle
essais plantée une
teste de Chien à demy grillée,
& qu'il montroit de
toutes parts.S'estant, après
plusieurs cours faits de cossé
& d'autre, retiré à un
des bouts de l'assemblée
du costé des Iroquois qu'il
avoit ordre de haranguer,
un autre Officier François
bon lnterprete de la langue
des Sauvages d'en
haut, marcha aussi le long
des rangs avec une autre
teste de Chien qu'ilmontra
à droite & à gauche,
puis se fut ranger du costédes,
Nations Outaouaises.,
Ces deux Officiers ainsi
portez, firentalternativement,
&à l'extremité des
lignes que formoient toutes
ces Nationssàuvages,
la harangue dont voicy la
substance à peu prés, èc
cela de la part d'Onnonthio
,
c'estainsi qu'ils appellent
le Gouverneur general
des François en Canada.
C'est icy un festin 'lie
guerre pour vous engager
à lever la hache contre: les
Anglais, vostre ennemy
& le nostre, ils ont relolu
de vous aller troubler sur
vos nattes & dans vos cabanes.
Onnonrhio espere
que vous vous comporterez
en hommes,cest-à dire
, en braves & vaillants
Guerriers.
Les harangues finies
,
Mrjoncaire tenant au bout
de son grand baston latedte
de Chien élevée, dansa &
chanta en mesme temps
seul,quiest la maniere des
Sauvages, laissant tomber
négligemment le bras gauche
le long des hanches,
& tournant comme un furieux
la teste tantost à droite,
tantost à gauche, fe-"
Courbant & redressant le
corps par façades
,
écar- -
tant & ferrant les genoux,
quoyque les pieds restent
prcfque joints l'un contre
l'autre. La chanson ne consista
qu'à prononcer avec
un assez grand effort de
poitrine, l'ïnterjection hê9
hé, hé, qui est à peu près
celle de nos fendeurs de
bois, ils répondirent à cette
espece de cri de guerre
par ho, ho9 bai, ho, ho,
huiy
hai
, ce qui ressembloit
assezàunemauvaise musique
Iralienne.
Plusieurs Officiers François
qui sçavent les maniéres
Iroquoises, danserent
&chanterent les unsaprés
les autres , portant tous à
la main un des bastons ou
estoit une teste de Chien.
Les danses des Officiers finies,
& celles de plusieurs
Chefs des Sauvages, toutes
seul à seul;une teste de
Chien fut presentée au
Chef des Iroquois de la
Mission de saint Louis proche
l'Isle de Montreal; celuy-
cy l'ayant prise la mit
sur ses genoux, car il (fioit
assis, puis il jetta un cri fort
aigu, pour signifier aux autres
qu'ilalloit danser ; ce
Sauvage ayant joué foi*
rôle, presenta la teste de
Chien à un autre Chef ou
ancien qui dansa & chanta
assez long-temps il en fut
de mesme de plusieursautresf
Chefs de cette Nation.
Les deux testes de Chien
ayantestéainsi portéesde
Chefen Chefdes Nations,
tant Iroquoises, qu'Algonkines
& Outaoüaises, les
derniers d'entre les Anciens
&Chefs à qui elles
écheurent, les croquerenc
en mangerent lacervelle,
& crieront en leur langage,
mainsisiersons.-nous de nos enne-
Les dansesfinies entre
les plus considerables des
Sauvages au bout desept
heures d'horloge ou environ,
MrleMarquis de Vaudreuil
, Onnont hio
,
qui
leur faisoit le festin
,
fit distribuer
abondamment à
chaque famille, de la viande&
de la biere.
Dans le temps que Mr
le Gouverneur general envoyoit
de bons Officiers &
-
des soldats agguerris en
Acadie, pour feconder les
intentions du brave saint
Cassin, Gentilhomme Ga£
con,tres -
fidele fervitcur
de sa Majesté
, & fortaimé
des Acadiens,il arriva
icy un petit bastiment que
des Canadiens en canot le
long des costes venoienc
de prendre;ce fut parcette
prise que la nouvellecertaine
vint- en Canada, de
l'armement des Anglois
contre nous, que leur flotte
estoit en mer, contenant
dix à douze mille
pommes, avec ce qu'ils
avoient pu ramasser à Baston&
aux Villesvoisines,
de bastiments de transport,
de barques, de doubles
chaloupes.
Un bastiment venant de
Plaisance en Terre-neuve,
& un Irlandois, qui avoit
deserté le party des ennemis,
nous vinrent donner
avis quela flotte Angloise
avoit mis à la voile le dixiéme
d'Aoust, de Baston.
Un de nos partis de SauvagesAlgonKins
, amena
un Iroquois de la Nation
des Goïogoüens,qui asseura
que les jeunes gens d'entre
ses freres, malgré le
conseil & le sentiment des
Anciens &desChefs,s'estoienc
enfin laisse gagner
par les Anglois d'Orange
&de la Menade ( deux Villes
de Newyork) un Sauvage
Abnaki, appelle Cadenarec
, qui apporroit la
cheveleured'un Anglois,-
& qui amenoit un soldat
qu'il avoit fait prisonnier,
vint nous apprendre qu'il
avoit veu faire lepartage
de quantité de canots &
de pirogues pour mettre
sur le lac Champlain
, ce
qui confirmoit que le corps
de l'armée Angloise estoit
en marche.
Tant de témoinsnecertifioient
que trop que nos
ennemis vouloient nous
attaquer par en haut, c'està
dire, du costé de Montréal
; quant à celuy qu'ils
avoient formé de le faire
par en bas, & du costé de
Q)I-uCebcc.Lenomm'Guione
un de nos Flibustiers le plus
alerte, vint nous en asseurer
: car ayant esté pris le
13. de Septembre dans la
riviere de saint Laurent,
& presqu'aussi
-
tost relasché
(àcause que l'année
précédente1710. ) il avoit
pris luy. mesmel'Anglois
qui venoit de se rendre
maistre de son petit bastiment,
& qu'il en avoir esté
traité humainement, il
nous rapporta qu'il avoit
veu la flotte des Anglois
vers
vers le Cap Matane ,& à
soixante lieuës de Quebec,
qu'il avoit compté plus de
quatre-vingt dix voiles.
Mr le Gouverneur génera
l
,
sur des avis si marquez
,ramassa tout le de-.'
tachement des trou pes de
la Marine, qui sont les
troupes reglées dessinées à
garder la colonie; Mr de
Ramezay Gouverneur de
Montréalluy amena plus
de neuf cens Canadiens,
tous bons guerriers,enfin
on ramassa beaucoup de
troupes. La capitale de la
nouvelle France Quebec,
estoit fortifiée par Mr le
Chevalier de Beaucour Capitaine
,
& fort habile Ingenieur.
La seconde Ville du Canada
qui est Ville
-
Marie,
vulgairement appellee
Montréal
,
à cause d'une
montagne, qui traverse
dans sa longueur une petite
partie de fIne: de ce
nom, n'est fortifiée que de
pallissades
,
elle est flanquée
du costé de la campagne
de trois bastions &
les choses estoient dans
cet estat lorsque nous apprismes
par deux Canadiens
venus de laTerrede
Labrador, à la coste du
nord du fleuve saint Laurent,
la manoeuvre des
Anglois depuis l'endroit où
est une baye aÍfez profonde
à la coste du Sud jusques
au Cap Matane du
mesme costé de la riviere,
& cela jour par jour. Ces
gens là ont veu des débris
de sept vaisseaux de hautbord,
parmy lesquels estoit
l'amiral de la flotte, si on
en juge par le pavillon &
la flamme qui en ont elri
apportez icy par le fie ur de
la Valiere; ils ont compte
pendant cinq lieuës de
chemin le longdu rivage,
quinze cens corps noyez,
parmi lesquels estoit une
femme très- proprement
habillée qui tenoitsous un
de ses brasun petit enfant
qu'ellen'a voir pointlasché
en se noyant , &unjeune
Anglois qui tenoit encore
une planche, n'estoit pas
loin d'elle. Ces habitants
découvrirent aussi plufleurs
chevaux morts, tout
cela esoit melle parmy
des hauts bans
,
des masts,
des cables de différentes
grossèurs, des banques, des
coffres de bord de toutes
façons, ils y remarquèrent
aussi quantité d'uftvnciJes
& de pièces de mesnage,
comme des chaudières, des
poëlons, des casseroles, des
matelats, des berceaux, &
mille autres choses qu'il feroit
ennuyeux de vous rap.
porter. Un furieux coup
devenr,le troisième Septembre,
quelques uns ont
dit que c'estoit du Sud SudoueltJ
lesavoit portez avec
im pecuollcé
,
sur rifle aux
oeufa, & ensuite à la colle
du Nord, puisàcelle du
Sud, les bons Pilotes leur
manquaient. Il est certain
que le fleuve saint Laurent
est très-difficile à pratiquer,
mesmes aux plus anciensPilotes
; car outre
qu'il est herisse d'isles, donc
les approches font trembler)
les bords en cftant
efcarpez, il est plein de
battures
,
de brisants
, ou
rochers, dont quelques-
- uns fontà fleur d'eau.ouf
tre cela le canal que l'on
prend ordinairement
, a
peud'estenduë, c'est au
Nord, on est cependant
obligé de ranger d'afîcz
près cette coste, sur roue
vers t'iHe aux Coudres ,
le
CapTourmente la Traverse.
La coste du Sud cft
beaucoup plus apparente,
quoyqu'elle foit très- certainement
moins faine que
celledu Nord : je ne iciche
que feu Mr le Chevalier
d'iberville qui le foin
hafirdé de la ranger ,je
par le de la cofte du Sud du
fleuve saint Laurent.
Nousetions encore dans"
l'attente des ennemis à
Québec ,& nous nous tenions
sur nos gardes au milieu
de toutes ces nouvelles
de la défaite des Anglois
dans la riviere par la tempeste.
Lorsque le Heros,.
vassfeau duRoy,commandé
par Mr le Chevalier de'
Beauharnois de Marigny,
est venu mouiller dans la
rade de cette Vjne,çaefiéle
sîxiéme d'Oâobre. Ce
gros navire a procuré à la
Colonie un secours consi
durable d'hommes & de
munirions de guerre, il a
faitdeux prises en venant)
& en a bruslé une, il a amené
l'autre jusques icy
,
& a
louvié & couru plusieurs
bordées,tantofl: à bas bord,
tantost à stribord pendant
l'espace de dix-sept jours
dans la fécondé riviere de
(iint Laurent sans avoir
rencontré aucun vaisseau
ennemy. Lacirconstance
d'un auni gros bastiment
que le Heros qui passe à
tr-aversunefloue ennemie
sans en estre arresté,formoit
deftranges & fâcheux
soupçons contre le
Flibufticr Canadien nomme
Guyon, & quelques au.'
tres qui avoient compte
les Navires des Anglois
qui paroissoient occuper
tout le travers du grand
fleuve faint^Laurent. Tous
ces faits se font neanmoins
trouvez très- conformes à
la verité, la flotteavoir repris
le chemin d'Europe,
& on avoir renvoye quelques
bastiments à Baston,
dans la nouvelle Angleterre.
Mr nostre General afleuré
de la dispersion Ôa:' de la
ruine de la flotte Angloise,
pensà d'abord à aller fecourir
le haut Canada, je
veux dire le Montreal, &
tout le Gouvernement de
rIfle de ce nom, il prit à
cet effet mille ou douze
cens hommes
, tant de
Quebec que des trois Rivieres,
& vint en diligence
joindre Mr le Baron de
Longueil Lieutenant de
Roy de Ville-Marie, ou
Montreal) quiestoit desja
au Fort de Poiitchartrain,
ou de Chamblis) pour s'opposer,
ôc aller delà au devant
du General Nicholson
a
les Anglois venoient
attaquer la Colonie de ce
cofté- là pour faire diverfion
de nos forces. -
Mr le Marquis de Vatidreuil
ayantefté informé,
que les ennemis prenoienc
J-d. fuite,decacba apiés eux
Mrs de Rouville, la chau.
vinerie & de Vieux pont,
pour donner sur l'arrieregar
dedes ennemisle long
duLac de Champlain, ;Voila Mr où en clîoienç
les choses sur la fin d'Octobre
dernier
y nos ennemis
se font défaitssans que
nous ayons perdu un seul
homme. Le Sauvage On.
iiontagué a racontéa. nos
Officiers, que le restedes
Anglois reprenoit le chemin
d'Orange & de la Mo.
nade.
Parmi les prisonniers que
les Sauvages Abnakis nos
alliez
, ont faits cette année
dans la nouvelle Angleterre)
il s'en trouve un
bien remarquable, c'est
un Anglois de la Ville de
Northampton
,
âgé d'environ
cent ans,son fils
qui l'accompagnoit dans
un champ où il alloit ramaÍfer
du foin, ayant esté
tue, sonPere courut à un
petit bois voisin, & s'y cacha
en se courbant derriere
un arbre, mais pas si
bien qu'un Sauvage ne l'y
appcrceuft>celuy -cy fuy
lalchaun coup de fusil donc
la balle passale long de l'épine
du dos, & fut s'arrefier
entre cuir & chair un
peu au dessous de l'épaule
gauche. Cet Anglois ayant
esté amené par le party des
Sauvages Abnaxis à Montreal
,
il a esté pensé soigneusement,
la balle qu'on
luya tirée s'esttrouvéeapplatie,
&le prisonnier n'avoit
jamais senti aucune
douleur dans les vertebres,
quoyque la balle eust passé
par tant d'endroits. & d'à* ne épaul1e ,à IlI'autre, b
L'année a estéabondante
en ce pays - cy en toute
forte de grains, nous avons
eu le bonheur & le temps
d'en faire la recolte, & de
les ferrer tous. L'hyver qui
est d'ordinaire iî senfilec
en Canada,a eslédoux.,,ia
quelques huit ou dix jours
près, qui ont cependant
suffi pour glacer le fleuve,
mais si ferme qu'on alloit
d'icy à Montreal en cariole
& sur detraifneaux
,
le
froid n'a commencé que
vers les derniers jours de
Janvier ce qui est extraordinaire
en Canada où la
grande Riviere de S. Laurent
toute large & rapide
qu'elle est, prend ordinairement
au moins sur les
bords vers le commencement
ment deNovembre du cossé
d'en haut, je veux dire
en remontant le fleuve du
cossé de ritle de Montreal.
Des Sauvages de la Mis
sion de Mr de Breslay, ont
découvert à environ vingt
lieuës de Montreal au mois
de Juin dernier) une carriere
qui semble estre toute
de marbre
,
& mesme
d'une espece de jaspe, c'est
toute unemontagne a peu
prés longue d'une demi
lieuë, ce sont des Nepissings,
ou Algonkins establis
dans l'IsleauxTourtes,
à l'extremité d'en haut de
rIfle de Montreal,qui ont
fait cette découverte, &
en ont apporté de gros
morceaux au retour de
leur chasse qui dure des
quatre & cinq mois chez
les Sauvages. J'en ay veu
un morceau qu'ils ont apporté,
dans lequel il m'a
paru quatre couleurs difserentes
qui font espacées
regulierement ,
formant
commedes especes de flammes,
avec des estoillesaux
extremitez, où l'on voit
comme des pailletes brillantes
,
& entre ces rangées
de flammes il y a des
especes de spirales ou limaçons
du plus beau, couleur
de feu & noir, & ce
qui rendroit ce marbre exquis
,c'est qu'il est aussi dur
& aussi lié que le marbre
blanc.
11 Il y en a d'autre plus
brun, qui a toutes les varierez
de la pierre de jaspe,
mais les quatre costez,
par exemple d'un carreau
de deux pieds cubes, sont
tous différentsen couleur
Ge mineral, quoyque pesant
& dur,ma semble assez
facileàtailler. Cettemontagne
qui n'est qu'une carriere,
au rapport des Sauva
ges, ébloüit les yeux des
personnes.qui la regardent
un peu fixement à cause de
diverses couleurs que le
Soleil y fait briller. Ces
Algonkins disent que cette
merveilleuse carriere n'est
esloignée du fleuve saint
Laurent que d'une demi
lieuë, que l'on y voit de
fort grosses pierres toutes
d'une mesmecouleur, les.
unes rouges,les autres de
couleur d'un beau bleu de
turquoise, quelques
0- unes
de noires, ôc d'autres jaC*
pées,& tellesque le morceau
dont je vous ay parlé.
Voicy une autre découverte
.de' mineraux
,
c'est
- une mine de plomb qui a
esté trouvée par des habitansCanadiens
à la coste
du Sud, que l'on, appelle
icy Coste de Varenne, du
nom du Seigneur de cette
contrée, c'est vis-à-vis la
partie d'en bas de l'Isle de
Montreal une lieue & demie
au dessous de Roucherville.
Cette découverte a
esté faite cette année à la
fin du mois d'Aoust. On a
apporté de cette mine un
morceau du poids de soixante
livres, qui aprés avoir
estéfondu, ne s'est trouvé
diminué que d'un demi
quart, & dont l'oeil est rougeastre,
mais pourtant argenté
comme l'étain. Plusieurs
morceaux de cette
espece de plomb furent
trouvez dans cette mine,
mais on les laissa. Les habitans
des environs ageurent
n'avoir jamais pufaire
venir de bled dans leftcnduë
de quatre ou cinq arpents
qui occupe cette mine
,
qu'il y avoit ordinairement
beaucoup moins
de neiges en cet endroit
qu'ailleurs, & qu'elle s'y
fond beaucoup plustost.
Le pourpre a fait bien
du ravage icy, ie dis dans
Quebec, car le mal ne s'est
point estendu jusqu'au
Montreal. Cette maladie
nous a enlevé plusieurs Ecclesiastiques
du Séminaire
des Missions Eftrangeres,
Jesuites., Recollets, ôc
Religieuses Hofpiralieres.
Nous comptons outre cela
trois cens Laiques morts
en tres peude temps dans
cette Ville ou aux environs.
OOnn donnera dans le
Mercure prochain, ou
dans celuy d'après une
autre Relation ou espece
de voyage meslé d'avajitures
tres -
nouvelles c~
tres-veritables.
EXTRAIT DE LETTRE
de MrFunk, EnvoyéExtraordinaire
du Roy de Suede
à Constantinople,du zi.
Février1712.
NOnobstant qu'on ait
receu avis de l'évacuation
d'Asaph
,
j'espere que le
Czar ne fera pas quitte des
Turcs par là ,mais que le
Grand Seigneur continuera
aussi d'insister sur les
articles concernant la Pologne
& l'Ukraine, suivant
le sens qu'illeur donne, &
qu'il aura foin des interests
du Roy. Ce qu'ilyadu
moins de certain,c'est que
le Roy retournera dans ses
Estats, ou en Pologne avec
une escorte Turque considerable.
Le Sultan a fait
dire aux Ministres d'Angleterre
& de Hollande, sur
ce qu'ils luy ont fait connoistre
qu'il n'estoit pas necessaire
,
s'il vouloir, qu'il
allast en campagne, qu'il
iroit du moins à Ifaxeze
près du Danube , , lieu du
rendez-vous general de
l'armée
, pour voir le Roy
son amy & son hoste avant
son départ. Le grand Visir
m'a dit que vers la fin
du mois de Mars, les troupes
marcheront de Constantinople
vers le rendezvous
, & que le départ du
Roy pourroit se faire dés
qu'il y auroit de l'herbe en
campagne. Le Grand Seigneur
,pour de son perron..
nel
, a de l'estime & de
l'amitié pour le Roy, il en
donnera des marques réelles
à sa Majesté
,
nonobstant
que les Ministres des
Anglois & Hollandois,&
une partie de ses propres
Ministres taschent de le
détourner des affaires du
Roy. Le Kam des Tartares
est tousjours d'un grand
credit au prés de sa Hautesse
,
& luy écrit fort souvent,
& le Grand Seigneur
fait plus de réflexion sur
ses conseils que sur ceux du
ministere
,
il prestera de
l'argent au Roy pour le
mettre en estat de pouvoir
partir, outre qu'il pourvoira
l'armée Turque qui
escortera sa Majesté
,
de
l'argent necessaire pour payer
sa subsistance en Pologne
,
afin de ne pas incommoder
les habitanrs.
On ne doit point au reste
se laisser intimider par les
rapports des Ministres EC.
trangers à Constantinople,
au desavantage du Roy, ils
ne sont pas informez à
fonds de ce qui se passe entre
sa Majesté &le Sultan,
& ce qu'une partie des Ministres
de l'Em pereur Ottoman
disentde temps en
temps a 1 ceux-là
,
qui leur
font croire que le Roy ne
reiïfïira pas, ne merite pas
l'attention qu'ilsyfont.
Depuis quelque temps le
Grand Seigneur est reservé
envers son ministere, &
comme personnellement
il est bien intentionné pour
le Roy,l'effet de ses intentions
ira plus loin qu'il ne
s'en est expliqué jusqu'icy.
Il y a cependant un grand
fracas icy , & dans tout
l'Empire Turc au sujet des
conjonctures presentes,
mais il aboutira enfinàl'avantage
de sa Majesté.
NOUVELLES
d'Allemagne.
LArchiduc
a confirmé au
Comte de Lewenftein Administrateur
de Baviere,la
dignitéde Prince de l'Empire,
que l'Empereur Jofeph
luy avoit accordée.
On dit que le Prince Charles
de Neubourg Gouverneur
du Tirol ,doit aller à
Barcelonne pour en ramener
l'Archiduchesse. Un
Courier du Prince Eugene
a rapporte que la Reine de
la Grande Bretagne & le
Parlement ne paroissent
aucunement disposez à pa- -
yer les sommes *necessaires
pour l'entretien de quarance
mille hommes en Espagne,
ny à continuer celles
qu'ils avoient accoustumé
de fournir en Portugal.
On publie que les recruës
sont presque achevées
,elles se font avec tant
de difficulté, qu'au lieu
d'augmenter le nombre de
soldats de chaque Compagnie
,comme on se l'estoit
proposé, on a peine à les
rendre complettes. On
S.
mande de Vienne que l'Archiduc
doit partir le 9. du
mois prochain pour Prefbourg,
pour s'y fairecouronner
Roy de Hongrie
dans la Diette qui s'y tiendra.
On construit pource
su jet un pont sur le Danube
,& on a fait deffense
d'y tailler entrer personne
sans paseport. On a public
une Ordonnance contre le
luxe des habits , qui deffend
aux Marchands de faire
venir des estoffes d'or &
d'argent.
LaCour de l'Imperatrice
Willelmine Amelie est entièrement
reglée. on a assigné
trois cens mille florins
pourelle, pour les deux
Archiduchesses ses filles, &
pour toute sa maison.
Nouvelles de Londres.
Le Prince Eugène & le
Comte de la Corsana second
Plénipotentiaire de
l'Archiduc,sont partis pour
Utrecht, Dom Louis Acuncha
Plenipotentiaire
de Portugal , le sieur de
BibersteinEnvoyé de Brandebourg,
& le sieur Harley
Envoyé d'Angleterre
vers le Duc d'Hanover,
partirent de cette Cour,faisant
tous voile vers la Hollande.
Le jour du depart
du Duc d'Ormont n'est pas
encore fixé,seséquipages
font partis,ils doivent estre
embarquez à Harwich.
& paÍftf en Flandres.
Nouvelles d'Espagne.
Le Roy a nommé les Officiers
Généraux qui doivent
servir dans ses armées
pendant cette Campagne.
On remplit les magasins
de Vinaros
,
de Mequinenia,
de Tortose, de Penifcola
& de Lerida. Le
Duc de Vendosme doit
partir dans peu pour aller
visiter lesplaces du Royaume
de Valence. SaMajesté
a declaré Lieutenant
General de ses armées Dom
Miguel Pons. On mande
de Tarragone que les Anglois
vendoient leurs chevaux
& leurs équipa ges ,
pour s'embarquer sur les
vaiffiaux qu'ils attendoient.
On écrit de Barcelone
que la.cliertlé des vivres
est fort grande, que
le Comte de Staremberg
avoic esté obligé d'y envoyer
son Regiment avec un
autre, que les Miquelers
ny les Soumettants ne font
plus si zelez pour le service
de l'Archiduc.LesLettres
du Gouverneur de la
Havane dans Tlfle de Cubai
&celles des Magistrats
de lamesme Ville
, marquent
que leDuc de LinalésViceroy
du Mexique a
envoyé une somme considerable
d'argent à sa Majesté)
afin qu'elle pust s'en
servir pour la campagne.
On écrit de Catalogne qu'-
un grand corps de Troupes
& de Miquelets ennemisvouloient
s'emparer de
nouveau du pont de Suert,
mais Dom Miguel Pons en
ayant esté informé, les attaqua
avec tant de vigueur
qu'il les obligea à se retirer
avec perte de plusieursdes
leurs tuez & faits prisonniers
;ilobligea le Colonel
Nebot qui venoit les secourir,
à se retirer en diligence.
On mande de la Conça
du Tremps, qu'un Lieutenant
Colonel du Régiment
d'Univés'estant avancé
avec quelques Troupes
pour lever les contributions,
rencontra un détachement
desEnnemis qu'il
fit attaquer si brusquement
qu'il les mit en fuite à la
premiere décharge, en
ayant tue plusieurs & fait
plusieurs prisonniers, parmy
lesquels sont quatre
Officiers. Onécrit deCervera
que le General Fran-
~Kenberg estoit parti de Santa
Colonna avec mille chevaux,
quinze cents fantassins,
deux mortiers, & quelques
pieces de canon dans
le dessein de surprendre
Cervera, mais le Comte
d'Hercelles qui y commande
en ayant eu avis, s'estoit
préparé à les bien recevoir.
Les Ennemis arrivèrent le
14. à la pointe du jour ,
il
détachaun Lieutenant des
Grenadiers des Gardes Valonnes
avec quarante Cavaliers
, pour aller reconnoistre
une troupe qui s'estoic
avancée; il l'attaqua
avec tant de vigueur qu'il
les obligea à se retirer. Le
Comte
Comte d'Hercelles voyant
qu'ils se retiroient, sortit
avec toute sa cavalerie ôc
la pluspart des Grenadiers,
chargea leur arriere garde,
les mit en fuite
,
laissant
plusieurs morts, nombre
de prisonniers & leur artillerie.
On apprend des
deserteurs & des paysans
que les Officiers & les soldats
Anglois continuent à
s'embarquer, disant que
c'est pour retourner en Ail:
gleterre.
Nouvelles de Flandres.
Nous avons quatre-vingt
millehommes en Flandres,
le Comte de Broglioa desja
commencé à estendre
soixante dix Bataillons depuis
Biache à Arleux, Sailly
,
Marquion jusqu'à rE.
cluse
,
ensorte qu'il a sa
droite à Cambray , & sa
gauche à Arras.
Les Ennemis sontassemblez
de leur costé en grand
corps sur la Deüille,ils menacent
d'assieger nos Places
,
sur tout Cambray &
Arras: nous sommes disposez
de manière à leur
faire quelque embarras
pour y reiilïir
, puisqu'il
faut qu'ils partent la Censée
& l'Escarpe devant
nous, nostre armée d'ailleurs
se grossissant tous les
jours.
La Reine de la Grande
Bretagne a fait reformer
trois Régiments qu'elle
avoit en Portugal, ainsi il
n'y reste plus grande chose.
Il est venu prés de cinq
millions de laflotte du
Guay-Troüin que l'on travaille
actuellement à la
monnoye. Mr de Lomont
a ordre de faire décharger
tous les vaisseaux qui sont
dans le port de Dunkerque.
Mr Ducasse est parti
de la Corogne pour aller
trouver le Roy d'Espagne.
L'AMOUR A IRIS
malade.
I ParMrC, Ris je viens vous secou
rir,
-
Le mal que vous souffrez
m'accable,
Lapitié,l'interest m'engage
a vous guerir,
Mon Empire sans vous
n'auroit rien d'agréable.
Desja mes Temples sont
deserts,
Il faut l'avouërà ma honte;
J'ay veu cesser dans Amatonte,
Tous les voeux qui mettoient
offerts.
Cette foule d'Amants de
qui l'unique envie
Est de vous plaire, ou de
mourir pour vous,
Et qui dans les transports
de leur ame ravie,
Attendaient leur bonheur
de quelqu'un de mes
coups,
Ne sont plus animez de cet
espoir sidoux.
Leurs tendres coeurs tremblent
pour vostre vie,
Etce [cal Apollon dans ce
commun effroy,
Trouve un merveilleux
avantage Comme la Mede,cine ca
son premier employ
On , porte à ses Autels, &
l'encens, & l'hommage,
Qui n'auroient esté que
« 4\. pour moy. b
Transportécontre luyd'il»
ne juste colere,
J'ay volé vers Delos, j'ay
couru l'y chercher,
Et voicy de quelle maniere
Je m'y suis pris pour le toucher:
Dieu cruel, ay- je dit, redoute
ma vengeance, Tu m'as réduit au desespoir
;
Si la santéd'Iris dépend de
ta puissance,
Ton coeur dépend de mon
- pouvoir.
Pour la Nymphe la plus
cruelle,
Jete feray brusser d'un
amour obstine',,
Et je blefferay cette belle
Du mesme trait dont je
blessay Daphné.
Apollon de tout temps fut
tendre, -
Son penchant le force
d'aimer;
Pour éviter le sort que luy
faisoit attendre
Le courroux dont vos maux
avoit sceum'enflammer,
Ila pris pour le desarmer
Le seul party qu'il pouvoit
prendre.
Amour, ioyons
t'il
eu dit aussi-tost,
Va rendre à ton Iris une
santé parfaite;
Ces anneaux constellez ont
la vertu qu'il faut.
Sans employer d'autre recette.
Tu la verras dans peubriller
des mesmes charmes
Qu'elle eut aux plus beaux
de ses jours,
Va, cours, & sers-toy de
ses armes,
Le moindre de leurs coups
te fait regner toujours.
- Je fuis venu plein d'allégresse,
Vous offrir. ce secours divin.
>
J'en vois le prompt effet,
&le malqui vous presse,
Me paroist desja sur sa fin.
Pour recompense legitime
D'avoir gueri ce mal prest
à vous accabler
Je n'exigede , vous qu'un
peu de vostre estime
Pour celuy qui m'a fait
parler.
RifPonfi par Madame D.
L'amour ett un frippon de
qui jemedéfie,
, , Je ne veux point de son
secours,
S'ilm'avoit confervé la vie,
Il voudroit disposer du
reste de nos jours,
Ce mal me paroistroit toujours
Plus cruel que celuy dont
il m'auroit guerie.
Cependant pour ne point
me broüiller avec luy
Et , ne pas m'exposer aux
traits de sa vengeance, f Je veux bien luy payer le
tribut qu'aujourd'huy
Il prétend exiger de ma
reconnoissance.
Accorder mon estime à qui
la fait parler,
N'est pas chofc fort malaisée,
Par son merire seul, ill'auroit
bien causée,
Sans que l'amour deust s'en
mesler.
Mr le Marquis de saint
Chaumont Brigadier des
arméesdu Roy,cy devant
Colonel du Regiment Royal
Estranger Cavalerie,
& à present Enseigne des
Gardes du Corps, a espousé
Mademoiselle Larcher
fille de Mr Larcher Pre'fi-'
dent à la Chambre des
Comptes. La Maison de
saint Chaumont est assez
connuë
,
& l'on sçait que
c'est une des plus anciennes
&des plus illustres de
la Province de Limosin.
Tout le monde connoist la
naissancedistinguée,& les
grandes alliances de Mr le
Président Larcher.
Mémoire touchant la mort de
Mr l'Abbé de Cisteaux.
Le quatre du mois passé
mourutà Cisteauxillustrissime&
ReverendissimePere
en Dieu Médire Nicolas
Larcher, Abbéde Cisteaux,
Docteur de Sorbonne,
premier Conseiller né
au Parlement de Bourgogne,
Chef & General de
tout l'Ordre de Cisteaux,
âgé de quatrevingt ans.
Son élection fut faite du
consentement unanime du
Chapitre general de l'Ordre
le 27. May 1692. Depuis
son éleaion jusqu'à sa
mort il a gouverné cet Ordre
avec toute la prudence,
lasagesse,la douceur, ôc
l'habileté possible.
Outre la pieté solide &
le parfait détachement de
ce General
,
il estoit doüé
de cette éloquence naturelle
qui s'insinuë si avant
dans les coeurs des qu'elle
s'explique
,
il avoit l'accez
facile, & prévenoit tousjours
ceux qui avoient affaire
à luy sans compromettre
sa dignité, dont il soutenoit
les droits & les prérogatives
avec toute la vivacité
ôc le succez possible
; en un mot, on peut
dire de luy qu'il estoit de
ces heureux genies qui se
font aimer par tout.
Sa grande douceur, ses
aumosnes & ses charitez
laisseront de luyun souvenir
dans son Ordre, quine
fera jamais effacé.
J'espere vous en entretenir
davantage en vous
parlant de son successeur,
& de l'élection qui s'en
doit faire dans le Chapitre
général de cet Ordre, convoqué
pour le dix
-
neufdu -
mois prochain.
Article des Enigmes.
Les ceremoniesfunebres,
& les autres pieces serieuses
que j'ay préferées à tou-
-
tes, pour accompagner des
sujets si tristes
, ont occupé
insensiblement tout le
Mercure de ce mois, il ne
m'est pointresté de place
pour les amusements. J'en
rempliray, si je puis, le
Mercure prochain,& j'espere
que de long temps je
n'auray occasion deles interrompre.
Enigme du mois passé.
Le mot de la premiere
Enigme estoit rauf,'a esté
devinépar PouletMignon,
Madame Hortense Joroboham.
Envoy par Mx de P.
De mon esprit que pensestu,
Pour deviner rien ne l'égale
Sans doute mon esprit n'est
ni rond ni pointu , Mais il est en ovale.
Parodie de la seconde Enigme.
QUF.N0UILLE,je n'ay
point l'esprit de t'atiser,
Ta coëffure est tousjours
pendante&négligée,
Les Fileuses pourtant passent
mainte journée
A la coëffer & decoëffer ;
Mais sans se soucier beaucoup
de sa parure,
L'une rêve à quelque aventure
Celle-cy pens,e à bien,
celle, la pense à mal,
Le village ou les bois sont
mon pays natal ,
Polie avec droiture, & ferme
sansrudesse,
Je parviens dans le cercle
au rang de la Princesse ;
Souvent restelevée on m'y
voit dominer,
Mais malgré ma hauteur
pourriezvous deviner
Quel manege est le mien
pour parvenir à plaire ?
J'ay fait cent mouvements
autour d'un mercenaire, (C'est le tour d'un Tourneur
je croy )
Qui tenté du profit qu'il
espere de moy,
A fccu me rendre enfin
( digne de mon employ.
Peu de gens ont deviné
cette Enigme
, ou peu de
gens se sont souciez d'envoyer
leurs noms, il n'y a
qu'Hercules, la Filandiere,
Criquet Fuseau, & Madame
Sexagénaire, dont
la coqueterie esttombée
en quenoüille.
QUESTIONS.
Où l'on prie instamment
de respondre pour fournir
a l'envie qu'on a de bien
amuser le mois prochain,
pour dédommager ceux
qui sont las du serieux.
Premiere Question.
Si l'on doit préferer dans
un repas les grands verres
aux petits.
SecondeQuestion.
Si l'on peut hair ce qu'on
a une fois bien aimé.
Troisiéme Question.
S'il est plus avantageux
à un homme d'estred'une
grande taille que d'une petite.
ENIGME NOUVELLE.
Dieux que jesuis embarassée,
Avant que desouffrir, decent
pointes percée,
Que le fer & le feu me gefnant
à leur tour,
Me mettent en estat de donner
de l'amour.
Quoyque le lieu de ma naissance,
D'humaines, ny d'humains ne
soit point habité,
Onyraisonne juste, ony réve.,
onypense :
Pourquoydoncn'ay-je pas cette
propriété.
AUTRE ENIGME.
Par Mr Martin.
Je cache quelquefois des thresors
de science,
Poete ,
Docteur & Greffier,
Seplaisent à remplir ma panse
:
Mes compagnons ouverts font
utiles en France,
Mes compagnonsfermez, plaisentà
l'usurier,
Etsoustenu par l'Ecolier,
se soutiensl'homme de finance.
CHANSON
Chanson ancienne.
J'ay fait ces couplets à
l'occasion d'unleger baifer
dérobé à une fille trèsfcrupuleufc
qui s'estoit endormie.
Sur l'air Reveillez
- vous
belle endormie.
J^EveilleZj
- vous, belle
dormeuse,
Si ce baiser vousfaitplaisir;
Mais si vous estes fcriipuleuse,
Dormez^ ou jeïgneZj de
- dormir.
Craignez.., que je ne vous
reveille , Favorifez* ma trahison,
Vous souprerez,votre coeur
veille
Laissez,dormirvostreraison.
Pendant que la raison
sommeille,
On aimesansyconsentir,
Pourveu qu'amour ne
nous reveille
Qu'autantqu'ilfaut pour
le sentir.
Si je vous apparois en
songe
Profitez,, d'une ,douce erreur
;
Coustez les plaisirs du
mensonge
Si la vérité vous fait
peur.
Gouvernement donne.
Le Roy a donné le io- de
ce mois à Mr le Marquis
de la Chastre Lieutenant
General deses armées, le
Gouvernement de Peccais
en Languedoc, situé prés
l'emboucheure du Rhosne,
vacant par la mort de
Mr de Vandeüil. Ce Gouvernement
est' d'autant
plus agreable, qu'il ne de-.;
mande point de residence,
& qu'il est payé par la
Province,
BOU QJJ É T
En envoyant un porte crayon
à une Dame,
ParMrdeB.
Le Dieu des Arts & de
la lyre,
Te fait avec l'amour ce
presentaujourd'huy
, Soit que ta main dejfjï*
ne, ou que ton coeur
soupire,
Tu pourras te servir de
-- luy.
Lébauché dun portrait d'un Palais, d'une ,
Roje
Sans , crayon jamais nese
fist,
Si pour peindre les maux
vqu'aux autres l'amour
cause,
Le plus h^er crayonJuf-
$t*
Tous les pinceaux qu'on
fit depuis Apelle,
A peineJujfiroient charmanteL**
Ue,
Tourpeindre le mien en
---.
petit
RESPONSE
Sur les mesmes rimes du
Bouquet.
Ton magiqueBouquet ma
* fait prendre la lire ,
Je deviens Poete.. *
aujourd'huy ;
Jefais des vers, Iris fane
que Phoebus m'inspire,
Tu n'en es pas
y
je crois ,
- moinssurprise que luy.
Sur un rustiquejonc cess
voir naistre une rcLê,
Hier jerevois à toy ce
prodige se fit,
Du prodigeje sens la
cause,
Pour faire l'impossible
ouj , , monamoursuffit.
Jidais il ne suffitpas au- prés d'une cruelle,
Pourmefaire aimer.
<sTclIe.
LIVRE NOUVEAU. LEs PP. Augustins
Déchaussez de la
- - P lace des Victoires ,
eurent l'honneurJeudy
31. du mois de Mars 1712.
de presenter au Roy
l'HistoireGenealogique
de la Maison Royalede
France, & des Grands
Officiers de la Couronne ,
qui est dediée à Sa Mal;
jesté. Le Pere Anselme,
Religieux du m^ne
Convent Auteurdecet
ouvrage, l'avoir faitimprimerà
Paris en1674.
en deux volumes in 40.
Depuis ce temps- là il
n'avoit cessé de le revoir
&de l'augmenter, dans
la vue d'en donner une
sécondé édition,jusqu'à
ce que la mort l'empêchant
de remplir ce dessein,
il en remit l'execution
à un de les amis,,
qui avoit beaucoup contribué
à la premiereédition.
Cet ami que l'on
lçaic ttre un Officier de lachambredesComptes,
respectable parson âge,
son érudition,sonamour
pour la vérité, & par une
modestiequ'ilapoussée
jusqu'à ne vouloir pas
que son nomait paru,cet
ami
,
dis- je, vient de
rendre au public le dépôt
que le Pere Anselme
lui avaitconfié; après y
avoir fait des augmenta..
tions trés-considerables,
& l'avoir continué jusqu'en
1712,. Ce* augmentations
n'ont été faites
que sur la foy des titres
& preuves les plus autentiques,
tirées du tresor
& des Registresdes
Chartes du Roy, du Parlement,
de la Chambre
des Comptes & du Châtelet
,
des Cartulaires
d'Eglises Cathedrales &C
Abbayes,de la Biblioteque
du Roy, & des Cabinets
qui ont le plus de
réputation dans Paris..
Cet Ouvrage est en
deux volumes in folio.
Le premier commence
par l'Histoiregénéalogique
des trois Races
Royales de France, &
des différentes branches
qui en sont descendues.
Cette Histoire est suivie
decelle des Grands Officiers
de la Couronne, &
de la Maison du Roy: &
ce premier volume contient
les Sénéchaux, les
Connestables, les Chanceliers&
les Marechaux
de France. Dans le second
sont lesAmiraux,
lesGeneraux des galeres,
les grands Maîtres d'Artillerie,
les Porte- Oriflammes
,
les Colonels
Generaux de l'Infanterie
, les grands Aûmoniers,
les grands Maîtres,
les grands Chambriers
,
les grands Chambellans;
les grands Ecuyers, les
grands Bouteillers, &
Echançons) les grands
Pannetiers, les grands
Veneurs, les grands Fauconniers,
les grandsLou.
vetiers,les grandsQueux
&, les grands Maîtres des
Eaux & Forêts de France.
On trouve à la fin les
Statuts de l'Ordre du S.
Esprit, & un catalogue
exact des Chevaliers,
Commandeurs & Officiers
de cet Ordre avec
leur posterité. Chaque
volume a ses tables alphabetiques
contenant
les noms des Maisons
dont il est fait mention.
On voit assez parce détail
que ce desseinrenferme
la plus grande partie
des premieres, & des
plusillustresMaisonsde
France. Aussi peut-on
assurer qu'il n'a point
encore paru d'ouvrage
en ce genre ,
qui renferme
un aussigrand nombre
de Genealogies, &
de faits prouvez par des
titres. Il reste à dire un
mot de la maniere dont
ce l a aétéexecuté. Dans
rémunération des Officiers
qui ont rempli ces
differentesChargesen
a suivi l'ordre chronologique.
On a donné un
abrégé de la vie&des
actions de chacun en particulier
, & cet abrégé
est suivi de la genealogie
de la Maisondont il s'agit.
Cette Genealogie
n'est poussée quejusqu'
au temps que les titres la
peuvent prouver.
Si ce livrem'aideaujourd'hui
à remplir mon
Mercure, il y causerade
grands vuides dans la
suite, & rendra l'érudition
des Genealogies si
commune, que je ferai
conscience d'en entretenir
le public.
POEME
SUR
NLASAGESSE. Onction,/>neviens
point surles bords
du Permesse,
Phoebits, te demander ta
frenenque yvresse
Sur d'autres va versertes
sçavantes fureurs,
La vérité ria pointbesoin
detessaveurs.
11 me faut cet éclat,cette
lumiere pure,
Quifaitfinltr le vrai,ton
fiu le défigure»
Atinerve,Ire-me
j'oserai te chanter,
Il y va de tagloire & tu
dois m'écouter.
Où suis-je?quelsjardins!
en ceslieux la nature
A-t-elle pris pour moysa
plus belle parure?
Jamais un Culsibeau
n'éclairal'univers;
Que ce Zephireestdoux,.
que ces coteaux
verds 0»m,„--"tran[porte,Jeduisantesagesse?
Ici la volupté regne avec
la paresse :
Que dis-je ? cejt Ici le tranquileJejour
Où de sages heureux tu
composes ta Cour.
Tu mavois donc trompé,
ridiculeStoïque,
Charmé d'une vertu superbe
& chimerique,
Tu disois que toujours,
sensible à LaSagess~savnoosit<svuoerudxe, s
rochers ~/t. Tunous la dépeignois fnste,
seche&cruelle:
Tula connoissois mal,vois
combien elle cft belle.
Unairmajestueux ; mais
mêlédedouceur,
Permet à les beaux yeux
une douce langueur: Jamais sa majesté ne fit
rienperdreauxgraces
Faites depuislong-temps à
marchersurses traces;
Onles von aCenvirelever
sa attraits
De ce charme inconnu qui
ne doit rienaux traits:
Souvent aussiles ris ennuyez*
à Cythere,
Pour suivre la Deep abandonnent
leur mere.
ZUbas-tu donc desauvage
, & pourquoy les
Mortels,
Déee,laient-ilssansencenstesautels?
Toujours à leurs besoins
sensible,favorable,
Tu tends à ces ingrats une mainsecourable,
Tu leur permets encor les
craintes, les desirs,
Tu sçais quec'estpareux
qu'onarrive aux
plaisirs.
Oui: SagejJeJ&voila de
ta bonté le gage,
Jamais des pajjïons tu
n'interdis l'usage.
Telque le Souverain des
vents tumultueux
Aervit à son gré leur
sousseimpetueux;
11
Il ne les tient pas tousep
claves dans la chaîne,
On en voit quelquefois
s'échapper dans la
plaine:
Maisilssont ménagez,de
leurssouffles divers
Lefage mouvement anime
l'univers.
Borée en vainfrémit,son
MaltrelereIJerre)
Unvent de tropsuffitpour
ravager la terre.
De la Sagesseainsi la redoutable
voix
Impose auxpallionsd'imperieufes
Loix.
Ne noty en plaignons
point,sa facilepuissance
Ne veut quereprimerleur
fougueuse insolence.
Sonzele ànousservir, &
sessoinsgenereux
Nous en laissent toujours
afJeZfour être heureux.
Helas!quelleferoit,Humains,
vôtremisere,
Sipossesseursd'un coeur qui
riattroit rien àfaire,
A vous-mêmes toujours
vous voua ~f~ rendus ?
Grands Dieux! tous les
plaisirs pour <VQM(eroient
perdus.
Mais nous legoûtons tous,
une heureusefoiblesse
Charme un Amant ravi
mêmedesa tristesse ;
De vifs ftl doux transports,
sine timide ardeur,
L'élevent quelquefois au
comble du bonheur.
Oui, quand l'amourd'un
coeurefi unefoislemaître.
Ille sçait agiter autant
1
qu'ille doit être.
Au gré (le deux beaux
yeux laissons-nous donc
charmer,
On ne scauroit assez, ni
trop souvent aimer.
Faisonsplus, livrons-nom
à d'aimables chimeres,
La Sagasseleveut, elles
font necessaires,
C'efi par elle qu'un bien
pqueal'onsn'ob,tiendra Selaissantesperer
,
brille
demilleappas.
Sans elles, malheureux
pleins , de notre indigence
, Nous n'avens du plaisir
que la seule apparence: A nos befows encor par
elles ajusté,
Lejeu de la nature a toute
sa beauté.
Ce desirorgueilleux, cette sireurdeglotre
Que nepeut asouvir la
plus bellevictoire,
Cetteardeurpourl'estime,
à quil'hommeabuse
Croit ensacrifiant se voir
éternisé
C'estla mere des Arts,
r/en faisons point
myjlere,
De toutes les ruertUJ elle
estaussilamere.
Mais quoy ! des passions
l'excezj trop dangereux,
Jamaisàl'univers nefutil
onereux ?
Non, ne redoutonspoint
leur utileravage,
L'airpoursecorrigerveut
souvent de l'orage.
O toy,que les humains doiventseule
implorer,
S"'ge{fe,vo/J leurs coeurs st)
vienst'en emparer.
Qu'avectoy leplasirincessammentl'habite,
Déesse, l'universparmoy
t'en sollicite.
Tu le peux, tu n'es point
cettetristeraison,
Dont un mortel heureux
craint lefatalpoison:
JSion^nonjerieflpointtoy
qui veux nousfaire
entendre
Qae faits pour le plaisir,
- nopmrerienn ddevroens.point
Sensibleànosdesirstu(j'ais
nom sèrvir mieux,
Tu scais, & de tes dons
cep le plus précieux,
Qtiune douce folieentout
temps nom possede,
Quepournous épuisée, un
autreluisuccede.
DONS
DONS DU ROY
D'E SPAGNE.
Le Roya donné l'Ordre
de laToison d'Orau
Duc d'Atri, Napolitain.
Discourssurl'Ordre de lA
Toisôn d'O,. LOrdrede laToison
d'Or aété institué
par PhilippeleBon,Duc
de Bourgogne , en la
ville de Bruges en Flandres,
le 10. Janvier 1425.
le même jour qu'il épousa
Isabeau de Portugal
sa troisiéme femme, il fit
au premier chapitre 24.
Chevaliers
Il y a plusieurs opinions
sur ce qui donna
occasion au Duc Philippe
d'insti uer cer Ordre.
La première, que ce fut :
en mémoire du vaillant
Cedtoti,lequ,el avec trois
<
cent hommes combattit
une infinité de Madianites,&
délivra le peuple
Israël: La feconde,qu'il
le fit en memoire des
grands revenus qu'il tiroit
du trafic & marchandise
des laines des
Pays-bas, pleins d'excellens
pâturages pour noUrirlebétail
à laine.
Il yenaunetroisiéme
qui est une galanterie t'
plusieurs auteurs le racôtcnt
ainsi, & difèntque
le Duc Philippe étant
passionément amoureux
& aimé d'une Dame de
Bruges, entra un matin
chez elle, accompagné
de quelques familiers
courtisàs,& qu'ilsvirent
furfatoilete tout un côté
de ses cheveux blonds
dorez qu'elle avoittodus
pour faire des ouvrages
en cheveux, pour marquer
sa passion à son Ammaanntt>
l'autrecôté de ; autre cote c
cheveux quilui restoit
ayant fait rire ces courtisans,
fâchée de cette
rencontre, elle en rougit
de colere, & le Duc
l'ayant appaifée par ses
caresses,lui fit ferment
que ceux qui s'étoient
moqué de satoison n'auroient
pas l'honneurd'un
Ordrequ'ildefïgnoitdetablir
pour l'amourd'elle.
Voila les termes qui
font dans Favin&dans
Paliot, du moins si cela
n'a de lavérité, il est certain
que ce Prince eut
quantité demaîtresses,
puisque de ses amours il
a laissé huit bâtards &
six bâtardes.
Cet Ordre est un des
plus beaux & des plus
illustrer qui soyent en
Europe, il a toujours
ere rempli par des Seigneurs
de très- grande
distinction.LeDuc Philippe
le Bon a donc été
son infiitureur,& le premier
Chef,Charles Duc
de Bourgogne son Fils
en a été le fecond
,

comme il mourut sans
posterité masculine
n'a , yanr laisse qu'une fille
unique, Marie Duchesse
de Bourgogne, Comtesse
de Flandres, &
Dame de tous les Paysbas
, ayant hérité des
grands biens du Duc son
pere, elle épousa Maximilien,
Archiducd'Autriche,
RoidesRomai ns,
& depuis Empereur. Ce
mariage lui apporta le
Comtéde Flandre & la
Souveraineté des Paysbas,
&le titre de Chef
& Souverain, Grand
Maître de la Toison
d'Or
5
duquel il fut le
troisiéme grand-Maître.
Il celebra sonpremier
chapitre en la ville de
Bruges en 1478. il ne
laissa qu'un fils, Philippe,
Archiduc d'Autriche,
qui ayantépousé
Jeanne, Reine & heritiere
de Castille, de
Leon & d' Arragon, par
ce mariage il devint
Roy d'Espagne, & étoit
Comte de Flandres, &
Souverain des Pays-bas
par samere, connu fous
le nom de Philippe I.
Roy d'Espagne:la mort
de son pere le rendit le
quatrième Chef, Se
grand-Maître dei'Ordre
de la Toison d'Or, &
en tint son premier chapitre
en la ville de Malines
en Flandres en
149ï-
Son fils Charles I. fut
Roy d'Espagne & Souverain
des Pays - bas
après sa mort; depuis
fut élft Empereur des
Romains cinquième du
nom: ilfutlecinquiéme
Chef, & grand-Maître
de l'Ordre de la Toison
d'Or, comme Souverain
des Pays-bas. Ses successeurs
Roys d'Espagne
ont aussi été Souverains
des Pays-bas;&C en cette
qualité ont été tous
grands Maîtres de la
Toison d'Or, & l'ont
conféré aux autres Princes
Souverains, &
grands Seigneurs. Charles
V. tint son premier
chapitre de l'Ordre en la
ville deBruxellesen1516.
& en augmenta le nombre
jusques àcinquante,
n'ayant d'abord étéque
vingt-quatre lorsdel'institution
par le Duc de
Bourgogne Philippe le
Bon. Charles V. ayantfait
l'abdication de ses
Etatsà son fils Philippe
II. tint son premier chapitre
de l'Ordre de la
Toison d'Or, comme
sixiéme Chef &
grand Maître, en la ville
d'Anvers en 1554. Philippe
III. son fils lui ayant
succedé en tous sesEtats
fut le septiéme grand
Maîtrede l'Ordre, puis
étant mort en 1632. son
fils Philippe IV. comme
son successèur, fut
le huitième grand Maître:
à samortil laissaà
son fils CharlesII. la
Couronne d'Espagne
, la Souverainetédes
Pays-bas, & la grande
Maîtrisede l'Ordre, duquel
il fut le neuviéme
grand Maître: mais ce
Prince, étant d'une fanté
trés-faible, mourut sans
posterité le I. Novembre
1700. laissant pour
son successeur par son
testament Philippe de
France, Duc d'Anjou,
second fils de Louis
Dauphin de France, &
de Marie- Anne Victoire,
Duchesse de Bavière
, petit -fils du Roy
Loüis X IV. dit Je
Grand,Roy deFrance&
de Navarre. Cette mort
du Roy CharlesII. a
donné la guerre à toute
l'Europe, à cause, des
prétentions &interêts
detous les Princes: mais
Philippe V. ne laisse pas
d'être reconnu de plusieurs
Potentats pour
Roy d'Espagne, & Souverain
des Pays-bas; Se
en cette qualitéest le
dixième grand Maître
de l'Ordre de laToison
d'Orainsides10. grands
Maîtres&Chefsdecet
ordre il yen a deux Ducs
de Bourgogne,dont le
premier étoit l'instituteur,
un Empereur &
- septRoys d'Espagnede
fuite.
La splendeur & la
pureté de cet Ordre par
sa noblesse,&c parl'exactitude
que ses grands
Maîtres ont prise à n'y
point recevoir que des
Princes, & des Seigneurs
trés-distinguez,
a été causé que les plus
grands Princes de l'Europe
ont tenu à honneur
d'en être ornez: tous les
Empereurs de la Maison
d'Aud'Autriche
( depuis leur
alliance avec Marie de
Bourgogne) au nombre
de douze, en ont été revêtus;
trois Roys de
France, sçavoir François
I. FrançoisII. & Charles
IX. l'ont recû. Alfonce
V. Roy d'Arragon,
Jean II. Roy d'Arragon
& de Navarre,
Ferdinand le Catolique
Roy d'Arragon, de Castille
& de Leon) &
Ferdinand Roy de Na- -
pies, l'ont eû: troisRoys
d'Angleterre l'ont accepté
5 sçavoir Edouard
IV. Henry VII. &
Henry VIII. Louis Roy
de Hongrie & de Bohême,
Emanuel & Jean
III. Rois de Portugal,
Jacques V. Roy d'Ecosse,
Chretienne11. Roy
de Danemarck., Sigismond
I. SigismondIII.
& Vladislas Sigismond,
Rois de Pologne & de
Suede l'ont aussi eûi ainsi
trente têtes couronnees
des plus grands Princes
de l'Europe, on fait honneur
aux Chefs de cet
Ordre de le recevoir de
leurs mains, ou du moins
par leurs Ambassadeurs,
sans compterdes Ducs
de Savoye ,
des Electeurs
de Baviere, de Saxe
,de Brandebourg, des
grands Ducs de Toscane,
& quantitéd'autres
PrincesSouverains de
l'Europe, & les plus
grands Seigneurs tant
de France) des Païs-bas,
d'Espagne
,
d'Allemagne,
d'Italie, & de tous
les autres Royaumes:
aussi ceux qui reçoivent
à present cet honneur
doivent le regarder comme
un des plus grands
qu'ils puissent recevoir.
Le Colier de cet Ordre
est composé de doubles
fusils alternez, entre
lesquels est une pierre à
,
fusil étincelante de feu,
lesquels fusils sont attachez
par depetitschaînons
les uns aux autres,
qui forment un collier
émaillé suivant l'art, au
bas duquel pend par
trois petits-chaînons une
Toison d'Or; ces fusils
font joints ensemble representans
comme deux
doubles B9, font lettres
qui signifient Bourgogne,
lescailloux qui
sont entre-mêlez marquent
les Armes des
anciens Rois de Bourgogne
du noble sangde
France(selonFavm )Ces
cailloux qui sont étincelans
de feu étoit la devise
du Duc de Bourgogne,
quiavoit pourarme,ante
ferit quàmstammamicet.
Philippe le Bon, Duc
de Bourgogne, institua
son Ordre en l'honneur
de Dieu, fous la protection
de la très -
sainte
Vierge, & choisit pour
Patron saint Aiidxc: il
ordonna qu'aux trois
jours de la solemnité de
sa Feste les Chevaliers
s'habil lerooient de trois
habits differens, le premier
jour d'écarlate avec
des orfrais en broderie
d'or, comme le Collier,
pour leur faireconnoître
que le, Ciel ne s'acquiert
que par l'effusion de
sang, & martyre pour
maintenir la foy Catlio,
lique le second jour de
noir pour marquer le
(
deuil des Chevaliers trépassez;&
letroisiémejour
de damas blanc, en figne
& marque de la
pureré del'ame,que tout
Chevalier doit avoir en
toutes les actions de sa
vie, &dans tous sesdéportemens.
L'Empereu)r Charles
V.ordonna que les Chevaliers
dudit Ordreportassent
aux Festessolemnelles
& dans la fenuë
deschapitres,la foutanne
de
de toile d'argent, & pardessus
le manteau de velours
cramoisi rouge, &
le mantelet ou chaperon
de velours violet,& dessus
icelui le grand colier
d'or; & aux autres jours
simplement un ruban de
tasetas de foye rouge,avec
la Toison d'or,
Plusieurs ont traité de
l'Ordre de la Toison
d'or; & entr'autres André
Favin, Avocat au
Parlement de Paris, en
son Theatre d'Honneur
& de Chevalerie, en fait
une ample defeription.
Mais ce qu'ily a de plus
beau, est un livre imprimé
à Bruxelles en 1667.
fait par Jean-Baptiste
, Maurice, Heraut,&Roi
d'Armes de Sa Majesté
Catholique,intitulé, le
Blason des Armoiries de
tous les Chevaliers de
HOrdre de la Toisond'or,
depuis son institution)
dans lequeltes Statuts
de l'Ordre y font imprimez
en soixante-six articles.;
après quoi les armes
y font trcs-bien gravées
avec leurs ornemens
sans supports, seulement
le timbre & les
cimiers. Il feroit à souhaiter
que l'on fist la continuation
qui est à faire
depuis rimprefliôAêc ce
livre. 1
CHANSON
NOUVELLE.
Par Monsieur P. I NhumAine,c'efl trop fouf
friry
Accabléfous lepoids d'unefatale
chaînes
Un impuissant dépit ria pu
me secourir;
A lafinjesuccombeàma mor..
telle peine,
C'en estfait, & je vais pour
courir au tombeau,
7c vais percer & vuider mon
tonneau.
REPONS E.
Par Mad. de R.
Sur les mêmes rimes.
CHer Leandre, c'esttrop
souffrir,
Je vais te délivrer de ta fatale
chaîne;
Touchée de ta langueur jevais
te Jecourir>
A lafin j'ai pitié de ta mortelle
peine;
Je vais, pour te tirer des horreurs
du tombeau,
JevantaiderÀ vuider ton
-
tonneau.
MORTS.
Loiïise-Marie-Elisabeth,
Princessèd'Angleterre,
mourut de la petite verole,
à saint Germain en Laye,
le 18.Avril1711. âgée de 10.
ans moins deux mois &
quelques jours.
La Maison de Stuart est
originaire & descenduë des
anciens Rois d'Ecosse.Kenneth,
troisiéme du nom,
Roy d'Ecosse,épousa une
fille de Guillaume premier,
Duc deNormandie,de laquelle
il eut deux fils :
Maleome
second , Roy d'Ecossè)
qui continua la branche
des Rois d'Ecosse jusques-
à Alexandre troisiéme
en 1186. & Ferquharc,
second fils de Kenneth,
eut pour son appanage le
pays de Lochabet
,
fous le
titre, de Thane. C'est de lui
qu'estdescendue la Maison
de Stuart, dont l'arrierepetit-
fils Vvalter fut le premier
qui prit le surnom de
Stuart, & fut créé grand
Senechal d'Ecosse en 1086.
& ont conservé cette qualité
pendant plusieurs génerations.
Jacques Stuart,
grand Senechal d'Ecosse,
fut un des Regens du
Royaume après la mort du
Roy Alexandre troisième ,
bqautiaiflulet tué en 1 302. en unè
contre les Anglois,
Vvalter Sruarr, troisiéme
du nom,son fils, & aussi
grand Senechal d'Ecosse;
epousa Marie Bruce, fille
du Roy Robert premier. Il
mourut en 1327. De leur mariage
il sortit RobertSruarr:)
second du nom, Roy d'Ecosse,
qui mourut en 159Ov
& fut pere de Robert troi^.
siéme du nom, qui étoit le
cinquième ayeulde la Reine
d'Ecosse Marie Stuart ,
qui épousa en premicres
noces François second Roy
deFrance, & en secondés
noces Henry-Stuart, Duc
d'Albanie,Seigneur d'Arnhùy^
son parent,quià caufc
d'elle fut Royd'Ecosse.
Ce Prince fut- si malheur
reux,que ses sujetsconspirerentcontre
lui, lesquels
ayant mis des poudres dans
le château d'Edimbourg,
le firent fauter la nuit du
10. Fevrier 1567. La Priru
cesse sa veuve en eut tant
dedéplaisir,qu'elle en garda
le triste souvenir pendant
le reste de sa vie, qui
fut partagée de tous les malheurs
qui peuventaccabler,
une Princesse, dont la vertu
a été un modele de patience
dans les souffrancès que
luiafait éprouver &fjbuf~:
frir la Reine d'Angleterre
Elisàbeth sa cousine
,
qui l'a
ténue prisonniere pendant
dix-huit ans, où ellea été
traitée contre la dignité
d'une si grande Princesse ,
comme la plus malLeureusedetoutes
les femmes?
luy ayant fait finir sa vie par
la main d'un bourreau le 18.
Fevrier 1587. quilui coupa la
têteau château deFondrainga,
yç,par unejalou sie quela
Reine d'Angleterre sa cousine
avoit conçue contr'elle.
Il n'ya qu'à lire ce que le P.
Hilarion de laCoste, Religieux
Minime, en a écrit, &
Florimond de Raymond
dans son traite du Schisme
d'Angletereen a détaillé les
particularitez tout au lon g.
Il sortit de son second mariage
avec Henry Stuart
Duc d'Albanie, Seigneur
d'Arnlay,à caused'elleRoy
d'Ecossè, un fils
,
qui fut
Jacques sîxiéme du nom,-
- Roy d'Ecossè,qui succeda
au Royaume d'Angleterre àlaReine Elisabeth, Il fut
premier du nom,Royd'Angleterre.
C'est lui qui a
commence la branche-des
Stuarts Rois d'Angleterre.;
ainsïil aété le premierqui
ir.çré'Ro-y d'Angleterre,
d'Ecosse ôcd'Irlande,ayant
joint en sa personne ces.
trois Royaumes ensemble
tels qu'ils font encore aujourd'hui
: mais il n'a pas
rétabli le bonheur de sa
Maison fous l'abri de ces
trois Couronnes, puisque
ses successeurs y ont vêcu
trés-malheureusement.
Il épousa Anne,fille de
Federic second Roy de Danemark.
Illaissa de ce mariage
un fils& une fille: le
fils fut Charles premier,
Roy d'Angleterre qui suit;
& la fille a été Elisabeth
d'Angleterre, femme de
Federic cinq, Comte Palatin
du Rhin, Duc de Baviere,
Electeur de l'Empire,
dont la posterité est tombée
dans la maison d'Hanoüer,
qui comme Protestante
sur choisie pour succeder
à la Couronne d'Angleterre.
Charles premier,fils de
Jacques premier, Roy de la
grande Bretagne, ou d'Angleterre
,d'Ecosse & d'Irlande,
connuë à present fous
le titre de Royaume de la
grande Bretagne,succeda
a son pere en 1625. mais ce
Prince, quoique trés-bon,
fut si fort maltraité de Ces
sujets., qu'ils confpirerenc
contre lui
,
qui lui ayant
suscité des crimes, l'arrêterent
en Ecosse, & fous la
conduited'Olivier Cronvel
conspirerent sa ruïne,
& ayant été conduit à Londres
,
établirent une Chambre
de Justice, Ôc par un
horrible attentat le condamnèrent
à mort. Il eut la
tête tranchée en public le
,
neuvième jour de Fevrier
1649.
Ce Prince avoit épousé
en 1625. Henriette-Marie de
France, fille du Roy Henry
quatre & de Marie de Médicis.
Il en eut
Charlessecond, Roy de
la grande Bretagne,qui fuit
Jacques Duc d'Yorc, depuis
Roy de la grande Bretagne
après son
-
frere, dont
je parlerai ci-apres.
Henriette-Maried'Angleterre
,
femme de Guillaume
de NaOEau, Prince
d'Orange, dont je parlerai
aussi ci-aprés.
Henriette-Anned'Anglererre
,femme de Philippe
de France,Duc d'Or.
leans, morre en1670. agee
de
devingt-six ans, qui alaissé
des enfans.
- La mort du Roy Charles
premier, époux de Henriette-
Marie de France, ôc
pere de tous ces infortunez
enfans, les dérangea tous.
La Reine leur mere se retira
en France dés l'an 1644.
cinq ans avant la mort de
son époux. Quantà ses
enfans, ils se trouverent
dispersez & cachez; & aprés
plusieurs révolutions,
Charles second fut reconnu
& couronné à Londres Iv
trois May 1661. Rov de la
grandeBretagne,& il a
régné jusqu'au 16. Fevrier
1685 qu'il mourut sans posterité
de Catherine de Portugal
, fille unique de Jean
quatriéme, Roy de Portugal
, & de Loüise de Gusman
;après la mort duquel
Charles second
,
Jacques
Duc d'Yorc fut reconnu
Roy de la grande Bretagne,
comme je le dirai ci-aprés.
Jacques d'Angleterre,
Duc d'Yorc, d'Albanie,
&c. frere unique du Roy
Charles second,servit en
France,oùilfutLieutenant
general des armées
navales du Roy. Estant Duc
d'Yorcilépousaen 1660.
Anne Hyde, fille de Milord
Edoüard Hyde, grand
Chancelier d'Angleterre. Il
eut de ce mariage nombre
d'enfans, & entr'autres
deux Princesses, Marie, &
Anne, dont je parlerai aprés
leur pere, & qui ont eu
beaucoup de part aux af-,
faires de leurs temps.
Jacques d'Angleterre,
Duc d'Yorc,épousa en secondes
noces en 1673. Marie-
Eleonore d'Est, fille de
François Duc de Modene.
Il succeda au Roy Charles
fecond son frere auxRoyaumes
d'Angletere, d'Ecosse & d'Irlande, ( autrement
dit de la grande Bretagne)
sous le nom de Jacques second.
Il fut couronné le
jour de saint Georges, 23.
Avril1685. mais ce Prince,
auiti malheureux que ses
ancêtres du nom de Stuart,
a éprouvél'inconstance de
ses peuples, & de son neveu
propre qui s'éleva contre
lui, qui fut le Duc de Montmouth
,
fils naturel du Roy
Charlessecond son frere.
Il a enfinété obligé de ceder
à la force, &dese retirer
en France sur la fin de
i688.Wec beaucoup de peines
& de dangers, par les
cabales du Prince d'Orange
son neveu & son cendre. La-
Reine son épouse ie sauva
aussi furtivement avec le
Prince de Galles son fils,
où ils ont été reçus par le
le Roy Louis XIV.tréscourtoisement,
qui leur a
donné, pour demeure le
Château de saint Germain
en Laye,où le Roy Jacques
second est mort le 16. Septembre
1701. d'où son corps
a été apporté à Parissen l'Egti(
e des Benedictins Anglois,
au fauxbourg saint
Jacques, où sa memoire est
révérée commed'un Prince
bienheureux,
Du mariage du Roy
Charles second & de la Reine
Marie -
Eleonore d'Est
il en est sorti plusieursensans.
Il n'en a survêcu que
deux: Jacques-François-
Edouard Prince de Galles,
qui nâquit enAngleterre le
20. Juin 1688.& quifut enlevé
par sa mere ,
qui fuyoit
la persecution
,
assisté du
Comte depuis Duc de Lauzun
; lequel après lamort
de son pere a été reconnu
en France Roy dela grande
Bretagne fous le nom de
Jacques troisiéme.EtLoüise-
MarieElisabeth d'Angleterre,
dont la mort donne
lieu à cet article.
Marie d'Angleterre,
Princessed'Yorc,fille aînée.
de Jacques Duc d'Yorc,
depuis Roy d'Angleterre
& de Anne Hyde sa premiere
femme
: elle épousa.
en 1677. Guillaumede Nar:,
sau Prince d'Orange, son
cousin
- germain. Les An..
glois firent un traité avec
lui en 1688. & l'attirerent en
Angleterre, pour se soustraire
de l'obeissance qu'ils
devoient à leur Roy legitime.
Il y arriva avec la flote
Hollandoise
,
& débarqua
à Torbay le
1 5. Novembre
de lamêmeannée, se joignit
aux Anglois, qui con- r,
spirérent d'enlever le Roy,
qui fut enfin contraint de
ceder à la force, ôç de fc
retirer en France avec la
Reine
Reine son épouse par des
routes différentes
:
ainsi le
gendre & neveudétrôna
son beaupere & son oncle.
Ce Prince & la Princesse
son épouse furent proclamez
Rois d'Angleterre,
d'Ecosse & d'Irlande le 13.
Fevrier 1689. & couronnez
le 21.
Avrilsuivant. La Reine
Marie n'a vécudepuis
son couronnement que jusqu'au
2.8. Décembre 1694.
qui est cinq ans, sept mois
& sept jours,quelle mourut
uns
posterité, âgée de
trente-deux ans. Le Prince
son époux régna, ~n!j~
qu'au 19. Mars IJQI., qu'il
mourut à Kensington,&
fut enterré le 16.Avrilà
Veiftminfter. <;
La seconde fille du pre-,.
mier lit du Roy Jacques
second, auparavant
d'Yorc,est Anne d'Angle-,;
terre, Princesse dfYorç, ô$
de sa premiers semmçA
ne Hyde. Elleepousa Ge<^.
fgielss Prince de Dai*enw£*
de Federic troifiéirïef
Roy de Danemarc , & de
Sophie-Amélie de kune-,
bourg. ApfÇf la morfc de
Guillaume de Nassau, Prince
d'Orange, ôc Roy de I*
grande Bretagne, elle fut
reconnue Reine le 19. Mars,
1702. & proclamée des l'aprésdînée
devant le Palais
de [aine James, & aux autres
endroits publics: elle
fut couronnée le 4 May
suivant. A l'égard du Prince
Georges
son
époux, il
fut déclaré grand Amiral
d'Angleterre, & est mort
depuis sans posterité. La
Reine Anne regne aujourd'hui
feule & tranquille en
Angleterre.
Ainsi, par le recit que
je viens de faire on voit
que la Maison deStuart
est une Maison sortiedes
Roisd'Ecosse; qu'elle est
rrentrée sur le trône par extiné\:ion de la brançhc
aînéeàlaquelleelle
s'estralliée;qu'ellearégné
en Ecosse par plu..,
sieurs générations, puis
a joint ce Royaume à celui
d'Angleterre, par la
mort de la Reine Elisabeth.
Or cetteMaison a
regné depuis, mais trésmalheureusement.
Ily a
beaucoup de branches de
cette Maison qui, comme
Princes de laMaison
de Stuart, portent tous
pour leurs armes d'or à
la face échiquetée de
trois trajets d'argent èc
d'azur.
Henry de Lorraine,
Comte de Brione, Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit,
fils aîné de Loüis de Lorraine,
Comte d'Armagnac,
Scc grand Senechal héréditaire
de Bourgogne,Gouverneur
pour SaMajesté de
la Province d'Anjou, Pair,
& grand Ecuyer de France,
Chevalier de l'Ordre du S.
Esprit ; & de Catherine de
NeuleyfilledefeuM.le
MaréchalDuc deVilleroy,
mourut à Verseilles le f,
jour d'Avril. Il étoit reçuen
survivance dés le ij. Fevrier
1677. delaCharge de grand
Ecuyer,duGouvernement
du pays d'Anjou:né dans
lamême année &au même
mois que MonseigneurpreîftiêtDauphin,
le quinze
Nô\tèmbtt' 166ï. Dés sa
ividréieuâcffe ce futun
des Seigneurs des plus attachez
auprès de sa personne
3& des plus accomplis.
Il s'étoit distingué dans
tous les exercices convenables
à un jeune Prince. Il
remporta deux fois de suite
le prix des courses en 1686. Ilavoitépousé le 13. Décembre1689.
Mademoiselle
d'E^ktey, fille de Loüis
d'Epinay,Marquis de Bron,
& de feuë Marie-Françoise
du Cousin de S. Denis de
laquelle ila le Prince de
Lambefc^qu'il avoit marie
depuis deux ans àMademoisèlle
de Duras, fille de
Jacques-Henry Duc de
Duras,,-mort depuis plusieurs
années; & de Mademoifeile
de la Mark, aujourd'hui
Duchesse de Doras,
qui a encore Mademoiselle
de Duras.
,
Le Comte de Vandeüil
,est mort à la Source, prés
d'Orléans, le cinq du mois
d'Avril, dans sa vingt- fijûéme
année. Il étoit filsaîné
de MessireFrançois Clerembaud,
Marquisde Vandeüil
, &de Marie-Anne de
Rangeüil, fille de M. le
: Marquis deRangeüilMaréchal
deCamp, & CatherinedeBeaufort.
M.le Marquis
deVandeüilavoit commencé
à servir en 16 52. Il
Je trouvaà la bataille de S.
Godar en Hongrie,où il
étoit allé chercher occasion
de fè distinguer. Quand la
guerre recommença en
France il revint dans son
pays, s'est trouve à l'affaire
de Senes, à Steinquerque
'à Leuse, où il commandolt
lacavalerie fous M. le Duc
du Maine,& la commanda
en chefquand ce Prince fut
partidel'armée. Le Roy lui
fit l'honneur de lui confier
la personné de Monseigneur,
pour lui faire faire
sa premiere campagne à
Philisbourg. 11 a eu l'honneur
en dernier lieu de conduire
le Roy d'Espagne en
Espagne, avec M.le Maréchal
de Noailles.
Il étoit Lieutenant general
des armées du Roy,
Lieutenant de sesGardesdu
Corps; en quelle qualité Il
a commandé la Maison du
Roy pendant cinq ans. Il
étoit Gouverneur de Pecquais
,
dont il demanda la
survivance pour ion filsaîjné
,qui n'avoit que quinze
ans, laquelle grace SaMajesté
lui accorda en recompense
de seslongs services,
Jk le fit Chevalier de l'Or-
-<ire de S. Louis.
:.. Il avoit e'poufé^Marie-
Anne de Rangeüil, doiJ:il
avoit eu quatre enfans:1ainé,
qui vient de mourir, ôc
trois autres) qui sont actuellemént
au service.
M. leComte de Vandeüil
âvoit commencé à servir à
l'âge de quinze ans, en en-
,trant dans les Mousquetaires,
au sortir des Pages
de la Chambre. Il fut
ensuite Aide de Camp de
M. le Maréchal de Villecray
,
puis Capitaine de cavalerie
dans le regimerit de
Bar. A près la bataille de Rajiiilly
il acheta le regiment
idc Monseigneur le Dauphin,
cavalerie, se trouva
£ la bataille de Turin, où il
se distingua à la tête de son
regiment, depuis à celle de
Malplaquet, témoignant
dans les actions les plus perilleusesune
intrépiditéaccompagnee
d'une grande
prelencedespris.
Il étoit Gouverneur de
Pecquais en Languedoc,
&grand Baillif d'Orléans.
La maison de Vandeüil
tire son nom de la Terre
& Seigneurie de Vandeüil,
située sur la riviered'Oise,
prés S. Quentin, dont les
ancêtres de cette maison
étoient Seigneurs. Le premier
de cette maison dont
on ait connossances'appelloit
Clerembauld, Chcva,,.-"
lier Seigneur de Vajideiiil,
sqeui vivait en ito96. ce qui.
voit dans les auteurs qui
ont é'c'Èit de la premiere
Croisade, & dansl'histoire
de la maison deBechune,.
par André du Chêne, liv.
-+.,
page284. & suivantes, où
l'on voit danciens [ceans:
dans lesquels font les rna-,
mes armes queportent aujourd'hui
Messieurs deVaivdeüil.
La branche aînéede
cette maison finit par Jeaiv;
JQDame de Vandeüil 8(,
autres JcxtçsiFille de Cletrembauld
,
troisiéme du
- -laquelleépousaMa-
~thieu iç Roye second du
tnoro, Seigneurde la Ferté
en Pontieu ,&lui apporta,
CII docçfttjr'mtrçs biens la
Terrede Vandeüil.
: Pourplus grande preuve
del'ancienneté de cette
unaifoo. il est en remarque
dans l'histoire dela guerre
teinte, intitulée la Franciade
'Qricmtdle, au fol. 40. qu'un
Clerembauld de Vandeüil
fut arrêté prisonnier etanç
Àh suite de Hugues le
Grand
,
Frere duRoy de
France, par le Lieutenant
de Nicephore Empereur,
sur lequel Alexis Comnenne
usurpa l'Empire. Godefroy
de Boüillon, Duc de
Lorraine, ayant envoyé des
ambassadeurs pour lesommer
de rendre le Prince
Hugues, &les Gentilshommes
prisonniers avec lui,
en ayant fait refus, Godefroy
de Boüillons'étant
campé avec toute son armée
devant Constantinople,
obligea l'Empereur de
lui renvoyer le Prince, &
tous
tous lesGentilshommesde
sa Compagnie.
ClerembauddeVandeüil,
Seigneur & Châtelain de
Vandeüil, prés la Fereen
Picardie,vivoit en l'an 1225.
il n'eut de son mariage que
deux filles, sçavoir Jeanne
& Melisende de Vandeüil.
Il avoit pour frere cadet
Guide Vandeüil, Seigneur
d'Aubigny. Jeanne de Vandeüil
épousa Matthieu de
Roye
,
Sieur de Duri, la
Ferté y saint Valery, Diancourt.
Marie de Roye, fille de
Matthieu de Roye, & de
Jeanne de Vandeüil,épousa
Guillaume de Bethune Chevalier Seigneur de,
Locres. Jean de Bethune
Chevalier, Seigneur de
Vandeüil, &c. épousaJeanne
deCoucy,Vicomtesse de
Meaux. Jeanne dela Bar,
Dame de Vandeüil, Oisy Condé, , &c. Vicomtesse de
Soissons ôc de Marle,épousa.
Loüis de Luxembourg.
Comte de S. Paul, Ligni,
Roussi- le-Château, ôcc.
Marie,Soissons,&Connétable
de France. Pierre de
Luxembourg, Comte de
S Pàul, &c. Sieur de Vandeüil,
épousaMarguerite de
Savoye. Marie de Luxembourg
»
fille de Pierre de
Luxembourg, Comte de
S. Paul, & Sieur de Vandeüil,
épousaFrançois de
Bourbon, Comte de Vandôme.
Messîre Nicolas le Camus,
Chevalier Seigneur
dè la Grange du Milieu,
Bligny,Vvittemberg, &c.
Conseiller du Royen tous -
ses Conseils
,
premier President
de sa Cour des Aydes
à condition de survivance , Maître des Requêteshonoraire
de son Hôtel, mourut
de l'opération de la taille
le15.
Avril1711. âgé de
ans.
Il étoit fils de M. le premier
President de la Cour
des Aydes, qui remplit ce
poste avec tant de dignité
&d'applaudissemensdepuis
plusieurs années. Feu M. le
Lieutenant Civil le Camus,
& M.le Cardinal le Camus
Evêque de Grenoble, étoient
freres de M. Jp pre-
mier President ,qui a eu
deux autres enfans
;
donc
l'un, nommé M.le Camus
de la Grange, est mort Intendant
à Pau. Il a encore
une fille, mariée à M. le
Marquis de Flammanville,
Lieutenant general des armées
du Roy, ci-devant
Capitaine des Gensdarmes
Bourguignons. La maison
de Camus le Beaulieu tire
son origine du Lionnois, &
est une des plus anciennes
de cetteProvince.
DameMarie-Genevieve
Larcher
, veuve de Messire
Edoüard Colbert, Chevalier
Marquis de Villacerf
& de Pajens, Seigneur de
saint Mesmin, Courlange,
&c. Conseiller du Royen
son Conseil d'Etat, premier.
Maître d'Hôtel de la feuë
Reine, & de Madame la
Duchesse de Bourgogne,
Surintendant & Ordonnateur
general des Bâtimens
du Roy, Arts & Manufactures
de Sa Majesté, mourut
le 17. Avril7, âOgée de
ans,
Madame de Villacerfétoit
fille au President JLar*
cher: elle a eu plusieurs
freres, dont l'un aété
Maître des Requêtes, &
Intendant en Champagne
, & l'autre Chevalier
deMalte. *-
Charles le Nonr.anr,
ancien Secretaire du Roy,
&l'un desFermiers generaux
de Sa Majcfté
, mourut
le vingt-huit Mars mil
sept cent douze. ,.l
Ne croyant pas pou
voir donner ce mois-ci
le memoire suivant, on
avoir déja imprimé un
morceau de Monsieur
Parent. Quoique cette
Piece foitégalement belle
&solide, on en trouvera
peut-être trop de
ce même genre pour
un seul mois: mais à
coup sûr ce ne fera pas
lessçavans qui s'en plaindront.
L'Academie Royale des
Sciences tint séance publique,
le Mercredy 6. Avril
Mr l'Abbé Bignon qui prefidoit
felicita la Compagnie
sur ce que cette Assemblée
ne commençoit point à@.
l'ordinaire par l'Eloge funebre
de quelque Académicien
,
n'en étant mort aucun
dans le dernier Semestre.
Mr Lemery le fils, sçavant
Medecin & Chimistehabile,
lut un memoire sur les
differentes couleurs des Précipitez
du Mercure;il raporta
plusieurs experiences des
changementsdecouleurs
qui arrivent à ces précipitez,
le Mercure dissous dans
l'esprit de nitre est sans
couleurs, c'est-à-dire que
la dissolution est claire &
transparente, si on verse
dessus du sel Marin, la liqueur
blanchit & il se précipire
peu à peu une poudre
blanche qui cft le Mercure
dans sa couleur naturelle, le
sel Ammoniac la précipite
en un blanc sale, l'eau de
chaux en jaune, & le sel de
tartre en jaune orangé, &c.
Il dit que la couleur na-
•>
turelle du Mercure étoit le
blanc, que la couleur jaune
Du rouge luy étoit étrangère,
& il l'anribua aux
parties dé ftü qui portées
avec la chaux où lé sel de
Tartre penetroient le Mercure,
& se méslant avec luy
prenoient la couleur rougé
& naturelle à ces mesmes
parties de feu.
Il prouva que la couleur
haturelle des parties de feu
étoit le rouge, par la couleur
mesme dufeuordinaire, par lacouleurque prend le Mercure
seul calciné de longtemps
qui le convertit de
lui-mesme en une poudre
rouge, & par la couleur des
vapeurs du Salpêtre quand
on le convertit en cfprit de
nitre, car les vapeurs qui
emplissent le bâlon dans
cette operation font rouges
comme du sang; ce qui ne
peur provenir que des partics
de feu. Il dit aussi que le
sel de tartre& la chaux ne
teignoient en jaune ou en
orange que parce que con'
tenant des parties de feu,
ces parties dans le melange
des matieres abandonnoient
la chaux ou le sel de tartre
pour fc joindre au Mercure.
Un homme quisetrouvoit
auprès de moy cm qui me crut
grând Chimiste
, me demanda
pourquoy ces mêmes partics
de feu qui rougissoient
le Mercure, ne rougissoient
pas neantmoins la chaux &
le sel de tartre que l'on
joignoit au Mercure dans
ces expériences? je tiray mes
Tablettes & ayant mis sa
demande par écrit je lui dis
que je pourrois lui rendre
réponse dans un mois, li
parut un peu surpris du long
terme, mais cependant cela
l'encourageaà me faire une
secondedemande, pourquoy
les parties de feu qui
rougissent les vapeurs de
l'esprit de pitre ne roudgeirent
elles^p^ lçs vapeurs
l'huille de Vitriol; je
voulus faire le sçavant pour
cette fois, & lui répondis
que si les vapeurs de l'huile
de Vitriol n'étoient pas
rouges, sans doute qu'iln'y.
avoirpointde partiesde feu;
mais il me soutint qu'il y
avoit des parties de feu I°.
parce qu'il faut un feu
bien plus violent pour tirer
l'huile de Vitriol que pour
£jre& l'esprit de n~rc~2.~
par l'action violente de
l'huile de Vitriol qui corrode
& brule très fortement;
enfin par ce que si
ron jette l'huile glaciale de
Vitriol dans de l'eau froide,
elle y excite un gresillement
p^çil celuy que fait un
charbonrougeque l'onjette
dans l'eau froide. Comme
cela passoit ma portée j'écrivis&
luy promis réponse
dans un mois, je prie ou
Mr Lémeri ou quelque
Chimiste de vouloir bien me
dégager de ma parole en
m'envoyant réponseà ces
deux demandes.
Mr Cassin le fils, digne
héritier du nom qu'il
porte, lut ensuite un mémoire
sur le flux & le reflux
de la Mer, il y donna des
moyens de trouver juste
l'heure des hautes,& basses
Marées dans les Ports de
France, il fit voir que les
Equinoxes ne sont pas les
temps des plus hautes Marées
comme on se l'étoit
persuadé jufqucs icy, & il
démontra que ces mouvements
reglez de la Mer dépendoient
presque entièrement
de la pression de la
Lune sur les eaux.
Mr Boulduc le pere, trèshabile
Chimiste donna la
découverte d'un nouvel
Opium, après avoir tenté
plusieurs moyens de corri.
ger l'Opium ordinaire que
l'on ne sçauroit donner que
dans une dose très petite, &
qui souvent toute petite
qu'elle est ne laisse pas de
produire encore de fâcheux
effets,&voyant que toutes
ses corrections ne changeoient
point l'Opium, il
sessayiade différentes narco- çliçrch4 dans l'extrait
des fleurs de Coquelicot
la qualité anodine, qu'il n'y
trQuya point, lprfqueJ'e^
trait n'étoitfait qu'avec lq,
seules feuilles de la fleur;
mais il observa que lesirop
de Coquelicot & l'extrait
croient un peu somnifères
lorsqu'on laissoit la reste des
Coquelicots avec les Feuilles
des fleurs,cela l'engagea de
fairel'extrait des testes
seules, & il trouva qyic
c'étaitfun somnifere des
plus doux qu'il y eut, qui a
la dose de quatre grains faisoit
dormir sans laisser aucun
trouble dans la teste: remede
d'autant plus utile qu'il ne
faut point l'aller chercher en
Turquieétant trèscommun
en France.
:
Deux de mes woifms
chausserentbeaucoup à l'occasion
de cette dissertation poursçavoir
si l'on déçoit mettre l'Opium
au rang des remedes ou des
poisonsfroids ou chauds. Je ne
rapporteray point leurs raisons
qui me parurent fort peu decifives
i mais leurs disputefinit
par une demande que je rapporte icicommem'ayantparuplusimportante
;sçavoir, s'ily aquelques
marques pour connoistre
si un hommeseroitmort d'avoir
pris une trop grande doss d'Opium
? l'un deux dit qu'il n'y
avoit aucune marque. L'autre
dit que tous ceux qui mouroient
ayant pris beaucoup d'Opium
avoient le sang tellement
dissous qu'il nesefigeoitjamais.
Unepetitedissertation de quelque
habile Medecinsur cette
matiere, aideroit àremplirmon
Mercure & pourroit estre
agreable &utile au public. Mr Vinflou habile &
sçavant Anatomiste, donna
un mémoire touchant les
glandes qui se rencontrent
dans les corps des animaux, illesdiftnbuaft fous ses différentesclasses
qu'ilfubdivisa
aussi en plusieurs especes.
Il range dansla première
Classe les glandes conglobées
jce sont les glandesqui
font en quelquemanière
arrondies un peu fermes
d'une grandeur confiderablc,&
d'une surface lisle
&unie comme les reins,&c.
Dans la sceonde Claffclefc
glandes conglomcrécs,qui
font des amas de plusieurs
pelotons étroitement collez
ensemble & renfermez
fous une menbrane commune,
comme le Pancreas,
les Parotides,&c.
Dans latroisiéme Classe,
les glandes en grain, il
nommaainfide petits corps
glanduleux tantost solitaires,
tantost parfemez sur ua",
mesme plan de différentes
figures,telles font une
grande parties des glandes
intestinales, les çutan*écs.,&c.,
Dans la quatrième Classe
les glandes à poil ce font
celles qui forment ce que
l'on nomme le velouté de
l'estomach & des intestins,
composé d'une infinité de
petits tuyaux glanduleux en
forme de panne ou de
velours.
Dans la cinquiémc Classe
les glandes irregulieres,qui
font celles qui par leur
forme extérieure ne se rapportent
à pas une des
precedentes, par exemple lefoye,&c. ;
:', Dans la sixiémeClasse les
glandes inperceptibles, qui
son celles qui sont si petites
qu'onne les peut pas diflip*,
guersans microscope,ouque
l'onne découvre pas même
àl'aide du Microscope;mais
dontonne supposoit que
par leurs effets, ou à l'occasion
de certaines maladies,
quiles rendent sensibles
celles sont les glandes du
Pericarde & du Pericorne
Il subdivisaensuitecessix
Classes générales en differentesespeccs,
en les con.
siderant fous differens égards
,1 ; ou par raport
à leur uÍfu) ou par
raport aux sucs qu'elles
filtrent, ou par raport à
leursemploys, ou par raport
à leur durée.
Il donna ensuite la description
& la figure de la
plus simple de ces glandes
pour la structure qui est la
glande à poil, dont l'assemblage
forme le velouté de
l'estomach
,
ensuite celle du
rein, qui est un peu plus
composée
,
celle du
foye
qu'il dit estre une glandeconglobée
cellulaire, dont chacune
des cellules estgarnie
intérieurementd'un velouté
fort fin, dont chaque poil
estune glande comme auvelouté
des intestins, & en
fin celle de la Ratte qui cft
U glande la plus composée;
puisque c'est selon luy unr.
glande conglobée, celluleuse,
reticulaire & vasculeuse.
Il fcroit difficile de bien
faire comprendre la ftruc-4
ture de ces parties qu'en raportant
sa propre description
jointe aux figures, ce
quele peu de pratiqueque ayAnqçpmicne m'apas
permis de faire.
Il raporta dans ces discours
une chose fort singuliere,
c'est que l'on pouvoit
avoir des preuves visiblesde
la transpiration des corps
vivants, en se presentant la
teste nuë, ou le corps de
quelque animal que ce soit
au grand soleil contre une
muraille blanche on aperçoir,
dit il,une ombre legere
& voltigeante au dessus de
la teste ou du corps de l'animal,
qui est l'ombre de la
waticre de l'insensible transpiration.
Mes voisins se de*
manderent s'il étoit possible
qu'un corps invisible produisit
une ombre visible,
chacun se promit de vérifier
l'expérience avant que d'en
chercher l'explication.
Mt l'Abbé Bignon reprit
à la fin de chaque mémoire
précis de ce qui avoitétédit,
& fit sentir au public l'utilité
qu'il devoir attendre de
chacune deces observations
ou de ces découvertes, ce
qu'il fit avec cette facilité,
cette netteté
, & cette
Eloquence qui luy font si naturelles. 11
DONS DU ROY.
:. Le 4. de ce mois le Roy
donna la charge de Lieutenant
General de Sa Majesté
en la haute Guyenne,
à Mr le Comte de Lautrec,
Mettre de Camp d'un Régiment
de Dragons; il sert
le Roy depuis plus de vingt
années avec distinction, Ôc
s'estsignalé en Italie en
plusieurs combats & Ba-,
tailles,& entr'autresà celles
de Luzara, Cassan,Lavicto.
ria & Turin, & en dernier
lieu à Rumersheim en Allemagneoù
son Regiment
fut en partie cause du gain
de cette bataille; ilestfils
de Messire François, Comte
de Gelas Marquis Dambres
&deLeberon,seul Vicomte
de Lautrec qui possedoit
la mesme Charge depuis
fort long temps donc il
vient de donner sa dcmif,
ifoi), ledit sieur Marquis
Dambres est fils de Messire
HeCtOl de Gelas Marquis
Dambres de Leberon& de
Vignoles, Vicomte de Lautrec
Lieutenant General du
Royen Languedoc, Gouverneur
des Villes & CitC7,
de Carcassonne, qui l'étoit
t. de MessireLifanderdeGelas
[ Marquis de Leberon Mares- | chal des Camps & Armée$
* du Roy & Conseiller d'Etat,
Capitaine de çent hommes
d'armes des ordonnances,
& celuy-cy l'étoit de
Mcffirc Antoine de Gelas
Seigneur de Leber()n.t çbc.4
valier rfe l'Ordre, CortÏa
puifnés de l'Illustre Mai.,
son des anciens Seigneurs
cdoenGsiedléarasb, lel'dueneladPerosvpinlucse
de Guyenne, descendus par
les Comtes de Gascogne &
de Fefenfac des anciens &
premiers Roys de Navarre,
comme l'ont remarqué plusieurs
graves Historiens.
CLAVESSIN
tres-particulier& tres-beau.
A quatre Claviers sçavoir
deux à chaque bout, il est
utile pour ceux qui font des
Concerrs & pour ceux qui
veulent entendre jouër des
picces de Clavessin à un bout
& - les accompagner de
l'autre;
l'autre;le nom de l'autheur
Philippe Devis; ceux qui
souhaiteront le voir pourront
s'adresser au Collége
des Quatre Nations.
SIC E R A.
ODE.
QVU1Srumor aurespersonat
insolens ?
Qutd mitioris Pieridum Chori
Dulces alumnos pervicaci
Miscet & exagitat duellof
Qu#cayjk rixe? Vimî fiel
-
(o nefas)
Infanda molli bclU iftptr mcro
Pngwe non est Hippogrenes
Virgineos latices amantum. ;
Qui vos, Poetoe
, mmque
domtffnror,
Insanatandem mittite jurgia.
Parculpa vobis;For utrimque
Proelia, Poena manet,cientes.
Burgunda nam quid Silleriis
parat
Hic Vina, vites illeRbemzjèsium
ProeferreBurgundis, gracres
Vfque inimicitias monjtref --
Esto, jacentes suscitet Evuts
Af~~,€~ àddatcornu&rmlitiy
PostVinaMavorrisferoces
~Itruere in çuntos parato.
Sed quo Satelles Thjrfîgeri
furor
Brevisminucipermet ÎWlpttll ?
Jam tt/a torpentes(pudendum)
Destituunt calamique dextras.
Qttin sijaventefa.1 peptreè*
rint
Benigna ,
fractasturpior
excipit
Vires fent&MSj & podagr*
Pradafrnftfcjacettbriofus.
jrffl rore amico Neustria qktâ
femd
Beavit, ollis utvigorigneus,
Sic &• fagtà temperaix '<
Consilio~sedusque Virtus,
Utrâque vos ô Palladenobiles,
Quorumsecundisauctalaboribus
Res nosta. crevit, testor, Drbu
Grandis honos columenque
rerum. o quanta bellise mihifulminum
Offertque SUAdtt copiajlumio:
num!
jih, Musa, ne tantes protervo
Magna nimis tenuare cantu.
O ter beatos!Ambrosioe fovet
Quospartequintâ, quos Sicerâ
imbuit
Pomona dulei, nec maligno
Proluere orafinitLiquore.
Non
, quem Rhemensispocula
Liberi
Suo stuporem conciliant gregi,
Burgunda nec quosfoex cerebro
Ingerit imperiosafumos,
Nec si quià alvum vellicar
acriùs
Tentatve renes, frangere pertinax
Zonas reluctantes acetum
VppaBretginiacum,verentur.
Sed turapingui qualiaflumine
ImbutagentisNeustriacoe
vigent
Artlls amicoerecreati
Nectareo Sicetoefluento.
Quisnon ab imâsuccineooequore
tTwlla micantçs ludere garifl
mulas
M'trttta, & lai pcrmm HSisucarptma,TÂhfriujrcmas odaUs
ehtmfugh
tmpiùty
, Donis benignoe Neustridum
Dt4 :
Caterva Parnassi, relictos
Sprévit agros, portiore ciucLs
Sertit*jcdesalite. Tùmnovis
Narmanaphkct fulsit ho.
n"rilnu;
Trarijlatatum 'vittus disertoe
In Siceramfuit Hippocrenes.
Tum foetusaura ftJrlicul"
liquor
Divinoe, htantk dum frtbit
intimos
Cordis recessus,puriore
tomniuitmtiè narajlltmmde-
Hinc robur ingens corporibus
ftJttj
Hinc ore ridet gratia blandior,
Hinc wgw-ai vis CM fatuvn
Vena fluensopulenta rtvo.
Hacpioptefaudis&f&pitntU
FacuflJàtellus Neustria &
artium :
Ex te Pntar*rhyitophomm,
EloqHivauép/w/nnx potentli",
Jmmenfafu*Qt. Nectaris bas
tui
Jfi&s rependis lenis antéintibits>
Pomona, nec quemquam.
tuorum
Conspicuâsint dote mittis.
Vos ô prophani, queis maie
t
consciis
Sordentamoenoe munera Neustriay
Torpere damnosoveterno
Digna cohors, procul este PAttSIl
POMPE FUNEBRE.
Samedy16. Avril on
rranfporta les Corps de
Monfcigncur le Dauphin
&de Madame laDauphine,
du Chevet dans le Choeur
sous la representation dont
nous allons parler, leursentrailles
avoient déja été
mises dans le Caveau avant
qu'on l'eut refermé à la mort
du dernier Dauphin.
Le Dimanche
1 7. sur les
quatre heures, on chanta
Vefprcs des morts, ausquelles
assista pontificalement
Monseigneur l'Evesque de
Mets, premier Aumonier
du Roy.
Madame la Duchesse du
Lude,Madame la Marquise
de Mailly, & les Dames
d'Atour & du Palais avec
toure la maison de Madame
la Qauphine, y assisterent,
ik auxVigilesà trois Noc.
turnes qui se dirent ensuite.
ausquels le premier Aumônier
n"affiri pas.
*
Ensuite les Religieuxchanterent
les Vêpres du Dimart.,
che, après lesquelles, depuis
six heures & demijusques à
huit oti laissa les portes du
Choeurouvertes pour lepeuple;
l'Autel estoit tendu dé
l'ornementnoir, sur lequel
bruloient des cierges autour
dela representation,
Ifi roefnic quantité qu'ily
"en avoit eu lorsque les
Corps estoient au Chevet;
ils y avoient resté dans une
Chapelle ardente qui tenoit
tout le derriere de
l'Eglise, depuis le 24 Mars
qu'ils furent aportez à Saint
Denis, jour & nuit deux
Religieux venoient veiller &
prier, prés des Corps, &
on y chantoit tous les matins
une grande Me(Te solemnelle
à laquelle tous les
Officiers de la maison assistoient,
desGardes du Corps
se relevants pour garder
chacun à leur tour.
A sept heures &-demy
deux Religieux vinrent disposerl'Autel,
en oster les
ornemens noirs, puis mirent
des Napes, ensuite on y
mit des cierges sur dix-huit
Chandeliers d'argent avec
la Croix, outre celle d'or
quiestau-dessus, sixauhaut
de la contre-table, six sur le
gradin, & six sur la table.
-
La Façade au-dcdùe &à
coiteconvoie en un grand
dossier ou tapis garni d'une
Croix cantonnée de quatre
grands écussons, les deux
premiers aux -1
Armes de
Monseigneur le Dauphin, &'
ceux d'au dessous aux Armes
de Monseigneur le Dauphin
& de Madame la Dauphine)
ceux- cy environnez de
feüilles d'Acante, ce tapis
surmonté d'un Dais dont
les pentes étoientd'orées,'
avec des Houpes à toutes les
quatres, au fond une Croix
avec de pareils écussons;
mais plus petits à proportion.
Ce Dais étoit furmonté
de quatre grandes
Aigrettes de plumes noires
& blanches.
Au-dessus jufqucs à la
Voute étoit un tapis noir;
auxdeuxcôtez tout-du long
regnoit un corps à la Mosaïque
doré,& cette Façade
se terminoit par un quarré
long de, la mesme hauceui;
qui écoit formé d'un tapis
noir avec quatre bandes
herminées, suivant sa hauteur
& sa longeur, dans lequel
s'élevait une Piramide
doréeaussi à la Mosaïque
&ornée depuis le bas
jusqu'au haut des deux côtez
de Ciergos & de Girandolcs
; une magnifique
>
corniche regnoit tout autour
duChoeur,au dessusde
six Arcades de chaque côté
& des deux Arcades au clet:
sus du Jubé, qui par devant
en face du Mausoléeétoient
traversées par un balustre.
Au dessus de cette corniche
regnoit une pleinte avec des
moulures dorées sur du velours
noit & semées de fleurs
<ic lis.) larmes, Dauphins &
Croix, les Dauphins & les
fleursde-lis d'or, les larmes
& les Croix d'argent , ce qui
e*stoit"mêlél'un dansl'autre
en quinconge.De chaque arcade
partoient alternativement
des rideaux fleurs delifez
d'oren dessus,herminez
en dessous; dans la premiere
Arcade de chaquecosté en
retour de la Façade de
l'Autel
,
les rideaux étoient
surmontez d'un grand èeuf
son des Armes; simples de
Monseigneur leDauphin,
au milieu des, deux rideaux 1 1 (renoüez par les costez
contre les pilastres) au- desfous
de l'ecuuon partoit
une chute de-mesme étoile
que les rideaux, au
milieu
del'Arcade paroissoit une - Médaille qui renfermoit,
uneVertu quisapliquoit,
aux qualitez de Monseigneur
le Dauphin, au bas
de l'Arcade estoit une espece
de terrasse qui estoie
garnie de bobéchesdorées
pour tenir des bougies sur
de petites consoles renverfées.
Cette terrasse prenoit
des deux extremitez
de l'arcade & s'élevoit par
le milieu, & par gradation
de chaque costé. La seconde
arcade de chaque costé étoit
aussi garnie de idéaux faille
fiiK l'effet d'un Pavillon,
donc les rideaux estoient
retroussez en festons. Et
fous etc Pavillon au milieu
de l'arcade étoit un Ecusson
double des Armes do
Monseigneurle Dauphin &
de Madame la Dauphine,
éclairé de chaque cosse d'une
girandole & de plusieurs
bougies, au-dessus & au bas
de l'Arcade en dedans estoit
un corps qui prenoir dans
la largeur de ladite arcade,
& s'élevoit par le milieu, representant
des Médailles
tfHiefogkÉKjue* futs les
V K!
vertus du Prince & de 11
Princesse, & sur l'épaisseur
étoit des bougies allumées
qui suivoient la forme de
ce corps, tout autour entre
chaque arcade estoient des
pilastres marbrez, avec
chacun trois girandoles
, celle du milieu soutenuë par
un pied d'éstal.
Toutes ces arcades étoient
autant d'Amphiteatres où
estoient placées les personnes
dedistinction.Au-dessous
de ces arcades regnoit
une autre pleinte tout autour
du Choeur de velours
semé, comme j'ay dit, de
fleurs- de- lis d'or, croix
d'argent, Dauphins d'or,
larmes d'argent.
A cette pleinte d'en bas
pendoit une pente d'hermine
plissée d'espace en espace
,
& sur la largeur de
chaque ply une Medaille.
Tour, hors cette décoration
estoit tendu de noir jusques
à la Voute.
Le Mausoléeestoit grand.
magnifique; mais sans confusion,
c'estoit quatre
Courbes en consoles surun
pied d'estaL Ces consoles
soûtenoient une corniche
,
sur laquelle estoit une calotte,
d'où partoient des
pentes avec leurs houpes.
Au dessus de la calotte
estoit un quarré surmonté
d'une Couronne, environnée
de girandoles.
Des Voûtesparroit un
grand Dais avec ses rideaux;
le tout or & blanc, excepté
la calotte quiestoit noire, Se
sur laquelle étoient des Trophées
-
d'Armes. Chaque
grande Courbe estoitornée
à trois endroits de trois ur-
Jies jSe tout le long regnoient
des ciergesqui ùu
soient l'effet des feuilles d'Achanthes.
Sur une Estrade de cinq
gradins estok une forme de
tombeau rout doré, Coûtc.,
nu de griffes de Lyon. Sur
ce massifestoient lejs Cerceuik
de Monfeigncur le
Dauphin & de Madame la
Dauphine, donc on a parlé
ailleurs.
, Sur ces deux Cerecüils
estoie le Poësle de la Couronne
de drap d'or hermine
par le bas. A la teste estoit
une Couronne sur un C&*
reau ,
le Cordon bleu sur
celuy de. Monseigneur le
Dauphin, & aux pieds par
dessus le drap d'or estoit un
Manteau Royal de velours
violet semé de fleurs delis
d'or. La Chaire de l'Oraison
Funebre estoit au bout
des hautes chaises à gauche
en entrant par la prio*
cipale Porte;l'entrée & la
Nefétaient tenduës jusques
aux fenestres avec dtua
rangées de petits écussons &
chiffres, ces deux rangées
separées des grands écusons
aux Armes de Monseigneur
& de Madame la Dauphine
auprèsdesquels étoient des
plaques dorées.
- A dix heures &demy
Monseigneur le Duc de,
Berry arriva avec Madame
la Duchesse de Berry.
,
Le Parlement, toutes les
Cours Souveraines étant
assemblées, les Evcesques qui
étoient à la teste du Clergé,
étoient Monsieur l'Evesque
de Condon l'ancien, l'ancien
Evesque de Tulles, l'Evesque
deSenlis, l'Evesque
de Lombés,assemblez au son
des clochettes des Crieurs.
Mon,..
Monseigneur le Duc de
Berry, Madame la Duchesse
de Berry, Monseigneur le
Duc d'Orléans qui arriva
peu -
aprés. Madamela Duchesse
d'Orleans, Monsieur
le Comte de Charolois, se
rendirent à l'Eglise sur les
onze heures & demie; on
commença le Requiem en
Plein-chant les Instrumens
faisant le contrepoint.
Sur les onze heures Mr
l'Evesque de Mers premier
Aumônier Célébrant accompagné
de Mrs les Evesqucs
d'Auxerre, de Saine
O/ner,deSées,,deX«M#tçst !
deux en D4nwjque$$5
deux en Chapes,cescinq
Prelats precedezduMaistre
des Ceremonies, du, Royj
d'Armes& desHcçauts,
Turiferaire,desAcolithes,
des Religieux Induits, de*
Religieux.Di^çre 84, Soudiacre,
quichanterentselon
leur fonction l'Epicre&, l'Evangile,
vinrent, à. l;AAçç\
pendanc, l'Intr.Qïç cJ?&o'té
par la musique placée aiu( Jubé, rEvefquç Célébrant
aprésavoirfini à l'AqffiL*
lirçtix>«& IfcKyjîtfç r-in-)
gca^ avec les quatre Evêques
assistans du costé proche ta
petit AuicldcComtiautîiôiv
vis- à-vis la Clorgé,d'où ili
chanta l'CDrailgD &lueYW->
vangile, & ne montaà
l'Autel que pour la confa-.j
cration. ¡
Pendant l'Introït, Monsieurl'Evesque
de Mets4
premier Aumônier accompagné
de Monseigneur l'Evesqued'Auxerre,
de Mbn-J
seigneur de Saint OrtK:r/
de Monseigneur de Sées &
de Monseigneur cfe Xaintes,
précedez des Religieux
Diacre & Soudiacre, des
Induits, des Turiferaircs,
des Acolithes, de la Croix,
les Acolithes ayant poséles
chandeliers, Monsieur l'Evesque
de Mets Célébrant,
chanta l'Oraison de sa place
devant le petit Autel, auquelles
Religieux communioienc
fous les deux
Especes où on avoit rangé
cinq fauteuils pour l'Evêquc
Célébrant & les Officiants.
en Chapes. Le Religieux
Sou-diacre chanta l'Epitre.
Le Graduel étant chanté
par les Religieux en Chape,
le Chantre ayant son bâton
Cantoral garni d'un Crêpe,
fut suivi du Dies iræ dies illay
en Musique.
: Le Religieux Diacre après
avoir reccu la Benediction
de Monseigneur l'Evesque,
de Mets,chanta l'Evangile,
& l'Offertoire chanté par
la Musique, en plainchanc
les violons faisans le contrepoids
Le Roy d'Armes vint
faire les reverences, & en
fuite s'étant rangé le Roy
d'Armes presenta la represensation
de LOUIS XIII.
il attendit queMonsieur de
DÏCUX eut fait sesrevercnces,
ôd orfilut Monsieur
^cXXucdc Bcny eutfait les
siennes & futvenuà l'Offrande,
les Evesquesrangez
toutcinqîlefiiont au milieu
du Sanctuaire, la face vers
Jafleinblîée, Mr le Duc de
Iktry en manteau &chapetreonn,
aMnrtdlaemSaaiinnr,e&.Msaauqreuleuujër
portée par Mrs de Sainrc
.Agnan,dcroyc&,Bctune,
v
IX Heraut d'Armesdonna
le Cierge d'Offrande à
Mr le Marquis de Dreux
qui le donna à Mrde Berry,
Mrde Mets l'ayant receu
tfefetiama^rés'l'Offrande5
Mt Dtfgran^cs fitfcstcvcsen'ees,
câpres unautreHtfâ'ût
d'Af> & Madame
la Duchesse de Berry,Voit
faireles siennes aprés lestjucltes
.:cette Princesse vint àl'Offrandeen grande
Mante, Mrs dt Roucy &
Birotv, pcfrtotem'(a quctre)
& Mrde Coëtenfau luy
ttofmoit la main , irn
grandvoile qui couvroit
fan visage,qu'elle ne levast
'<Ji3Clorfqt^dlc' fut arrivée
vers le Célébrant; elle se
mità genoux sur un Careau
& ayant receu le Cierge
d'Offrande duMaistre des
Ceremonies & donnné à
l'Evesque, leva son voile
&s'en alla à sa place.
Monsieur le Duc d'Orleans
fie la même ceremonie,
la queuë portée par M*4-
d'Ecampes & Plavaux, &
Mr Darmencieres tenant la
main. Madame la Duchesse
suivoit. Mr Dusot tenoit sa
m&ain, & M" de Montipaut sa queuë; Mademoisellede
Bourbon, Monsieur
le Comte de Charollois,
firent les mêmes cercmonies
, leur queuë portée
selon leur rang par leurs
Officiers.
1
Toutes ces reverences
faites
,
Mr l'Evêque d'Alec
monta en Chaire & commença
son Ocaison, Fune.
bre.
L'Oraison Funebre finie,
Mr l'Evêquede Mets continua
le grande Messe, il
estoitdeux heures & demie,
leDiscours avoit duré cinq
quarts d'heure; au Sanctus
douze Religieux en Tuniques
vinrent à l'Autel avec
chacunun grandflambeau
depoing. La Messe fut achevée,
aprèslaquelle se firent
les encensemens& lesaspersions.
Ensuiteles Evêques
s'approcheront tdta Caveau,
on montaensuite sur TEftrade
&Ccrciieils pour
ôter les Couronnes
,
les
Crospes, fc Cordon hlfcu,
&les Carreaux sur lesquels
lesCouronnesestoient posées,
ensuitele Manteau
Royal. Le Drapd'or en
estantôté paroissoit encore
un Podte noir avecune
Croix de iaioirc d'argent.
CesCercüeils furent ôcez
de defltjs cette forme de
Tombeau par douze Gardes
du Corps qui monterentsurl'Esttrade
& apporrerent
les Cercueilsprésdu
Caveau. Mr l'Evêquc: de
Mers chantaaprès le Kyrie
[llxïfon,PateT rJoftcr, puis
j'Oratfon;H encensa enco-
.Ie-&'jctta,de l'Eau benite.
Après cela il mit sur l'un &
sur l'autre Cercüeil de la 1 1erne^u'on avoit tenuprés
sur une paële, puis ayantentonnéEgosum,
les Religieux
commencerent leBenedictus,
qui estant chanté les Evêves
s'assurent au même endroit.
Les Corps du Prince
& de la Princesseestant descendus,
le Roy d'Armes dit
tout haut:Heraults s'Armes,
.'Vtne'{faire DOS Charges, lesquels
s'estant approchez
comme luy de l'entrée du
Caveau, fie à haute voir
l'appel des principaux Officiers
de Monseigneur le
Dauphin & de ceux de Madame
la Dauphine,encet
ordre:
Mr le Marquis de Maillebois
, Maistre de la Garderobe
du Roy
, apportez le
Manteau à la Royale de
Monseigneur le Dauphin.
Mr le Duc deBeauvilier,
Premier Gentilhomme de la
Chambre de Monseigneur
le Dauphin, apportez sa
Couronne.
Mr le Marquis de Villa- -
cerf, Premier Maistre d'Hôtel
; & vous, Messieurs les
Maistres d'Hôtel de Madame
la Dauphine, apportez
vos Bâtons.
Mr le Marquis de Villacerf
avança le premier avec
son Bâtor garni d'un crespe,
suividuMaistred'Hôtelordinaire
,
& des autres Ma!*
tresd'Hôtel. Ces Officiels
apportent leurs Bâtons &
les laissent entre les mains
d'un Herault d'Armes à
l'entrée du Caveau.
Le Roy d'Armes continuë.
:- Mt laMànq^isd:Qc,. qoi.
faites 1& fonction de Rre?-
mier Ecuyer dfc MadaroieIlvi
Dauphine
, appoiiEcjs foflr;
ManteauàlaRoyale;
MrleMarcehaldeTessé,
qui faites la fonction de•
Chevalier difetoweur de
Madame la Dauphile,apportez
la Couronne.
Mr le Maréchal de Ttfre,,
ayantdéposélaCouronne,
comme avoient fait les autres
Officiers, les marques
de leurs Charges, dit aussi
àhaute voix:
Madame la Dauphineest
morte, Messieurs les OB;
ciers , vous pouvez vouç
pourvoir,nous n'avonsplus
d'Offices.
Apresquoy leRoy d'Antpes^
répéta deux fois, Très*
Hauc,,T?esPtjtf!anc& Ex-
«lientBrmce>Monf:c%ignoui
Louis Dauphin ; & Tres-
Haute, Tres- Puissante &
Verrueuse Princesse, Marie-
Adelaïde de Savoye, font
morts. Priez Dieu pour leurs
Ames.
Les Evêques se leverent
& allerent à la Sacristie,&
une partie du monde elbnc
sorti duChoeur, Monseigneur
le Duc de Berry,
Monsieur le Duc d'Orléans,
Monsieur le ComtédeCha-.
rollois, precedez des quatre
Heraults d'Armes& du Roy
d'Armes àleur teste,sortirent
par la grande portedu
Choeur, & passerent par la
partie duCloistre opposée à
l'ancien Dortoir, &allerent
dans leur Appartement
,
dont l'Escalier, les Chambres
,
& le Corridor estoient
tendus sans Ecussons. Madame
la Duchesse deBerry,
Madame la Duchesse,&Mademoiselle
de Bourbon, se
retiterent dans leur Appartement
tendu de meme, prés la porte del'Abbaye.
Les Corps du Dauphin
& de la Dauphine, furent
rangez dans le Caveau fut
un berceau de (cr) à hauteur
d'appui, oncrc feu Manpiiigneur
& le derniermort
le 8 Mars 1712. & son
aîné le Oiac de Bretagne, à
la fmue d'HenryIV, de
MâTîede Medicis fia femme,
d'Anne d'Autriche, Reine
de France,femme de Louis
XIII. de Marie-Therefc,
Reine de France, femme
de Louis. XIV. deMadame
laDauphine morte en :1.'9 o.
&de Monseigneur.
, A gauche ce sont les
Corps des freres & Coeurs 82
enfants de Henry 1111 de
Louis XIII) & de Louis
XIV: LoursXIII.enest
"éloigne parce qu'il est au
bas du degré en ertrant,
fous la Voute sur laquelle
partit Isa representationqui
repond tsts dtiïOî's»
LeJeudy 21. dumesme
^hbis,l'Aanniverfattc de
Monseigneur sesit avec h
mesme apareil, tout 11
mbnt luminaire renouvelé,
à la reservequ'on avoitosté
les armes deMadame la
Dâûjpfaitic, & les feuler
tlmts duDauphin resterent,
lC'on ahvoiae auissri, ôesté.la
La décoration de la
Pompe Funebre, est de Mr
Berrin.
SAINTE.
Adelaide.
ASeltz en Alsace,Sainte
Adelaide Impératrice d'Occident
,
étoit époufc dOthon
premier,fut fondatrice
du Monastere de Seltz où
elle mit pourAbbé Eccémagne,
qu'elle avoit touljuouyrs
auprès d'elle, pour
expliquer la Sainte
écriture.
- ENIGME.
Voicy des Nations
l'ecueil inévitable
Où sans droit d'accuser
les AJlres decevants
Sans l'ire de Neptune&
la fureur des Vents
Les plus fages Nochers
se perdent dans le
fable
Auxplus belles Saisons
ilefl épouvantable
Par des coups de malheur
l'un & l'autre Je
Juivarks
Parles noires horreurs des
PfmnîomesmomMvtàs
Et par tout et qui rend
laParqueredoutable
bITMit yta Tènvirànne
étonnelaffiènd&à'
De tieuic dont innivers
adore la grandeur
Defortune Ù* du temps
miserables victimes
Les Ccturslesplushardis
ar&gnent de l'arracher
Et les fins infúiet &
les fias nets de
crimes
Le rencontre par tout
sans jamais le
chercher.
daPorte-Enseigne.
duPorteEnseigne.
Oùsont fa»pcTpopafet
Nacibm, derËurope, 4V©i
les Armoiries, la Carte, &
la Capitale de chaque
Nation.
Une description des
principaux Etats, du Blason
& de la Religion des
Peuples. Dressé& gravé par
Liebaux, Geografe.
4. Ce Jeu s'apprend facilement
;sçaVoir, la Geografie,
le Blason, &laReligion des
Peuples,& ce, plus en huit
jours que les plus habiles
Maîtres ne peuvent faire en
six mois. Il demeure à Paris
ruë S. Jacques, à la Colombe
Royale, prés S. Yves.'
LES MERVEILLES
des Abeilles> ouanayse du
fond des Alveoles, dont
leurs Rayonssont composez.
ParMrPARENT,
I#l? Lufieurs Naturalistes
habilles ont admiré la figure
exagonale des alveoles
ou cellules des
mouches à miel; mais
il ne me fouvienc pas quaucun
ait rien écric sur
celle du fond de ces cellules
merveilleuses, & sur la
maniere donc ellesfont as.
semblees& opposées entre
elles, quoyque ce (bit
peut estre tout ce qu'il y à
d'admirable dans cesujet,
des figures exagonales
pouvant estre forméesnaturellement
,
& par le
seul mouvement descorps,
sans presupposeraucune
connoissance
, comme je
l'ayexpliqué dans une autre
occasion Mais en examinant
la figure du fond
de ces Alveoles avec application
, on trouve
qu'elle renferme toute la
perfection que l'esprit humain,
muni de la plus subtile
geometrie peut imaginer.
Car elles ont de
toutes les figures qu'elles
pourroient recevoir la plus
reguliere, par consequent
la plus belle , & la
plus aisée à bastir, & aussi
la plus logeable, à moindres
frais, ou la plus spatieuse
, avec mesme surface,
la plus aisée à s'y tourner
en tout sens
,
& en
mesme temps la plus solide
,
quiest tout ce quele
plus habile Archirecte
pourroit souhaiter. C'est ce
qui ma fait penser que te
public ne seroit peutestre
pas fasché que je luy communiquasse
mes re flexions
fijr un sujet aussi curieux,
& qui semble nous ouvrir
une voye à la connoissance
de l'ame des bestes; d'autant
plus que j'espere l'y
faire parvenir par la voye
la plus abrégée
,
laquelle
estant exempted'Algèbre,
ôc de triangles spheriques,
(quim'ont servi à
-
le developer
) lemet à la portée
de ceux qui ont les moindres
teintures dela geometrie.
2.. Soit donc BSDTFR
la base d'un tuyau prifmatique
exagonal perpendiculaire
à son axe VOI,
lequel tuyau represente
une des Alvéoles des Abeilles.
Spit X le cenrre de
cette bafe : soient R A K BI,SCM,DN,TEP&FQ,
les six cotiez ou arestes
des faces de l'Alveole;
qu'on suppose veuë si l'on
veut par le dedans,l'oeil
respondant directement au
point V de la bafe qui est
entre son centre X & sa
circonférence
,
si l'on
prend un point Ofùrl^âxc
VOIau dessousde bafe, cette duquel on mene trois
plans par les rrois collez
BF,BD,DF,dutriangle
équilateral inscrit à l'exagone,
sçavoir AB O Fqui
coupe AFenA; & les
deux faces KAFQ,KABL,
de l'Alveole enAF&AB;
BODC qui coupe CMen
Ç9 & les faces~BCML,
DCMNen RC , &
CD; DOFEqui coupe EPT enE , &les faces
NDEP,PEFQ,enDE,
EF ; ces trois plans se coupant
les uns les autres dans
les droites OB, OD,OF;
le fond de l'Alveole se trouvera
fermépar trois rhombesOBAF,
ODEF,ODCB,
qui feront égaux&semblables
en tout, comme il est
assez évident;car FB, par
exemple
,
estant le costé'
du triangle équilateral inscrit
à l'exagone
,
si l'on
mene le rayon XR de
,
l'exagone qui rencontre
BF perpendiculairement:
dans son milieu G, & qui
est égal au rayon X F; on
aura ( à cause de l'angle.
XFG de trente degrez)
X G égale à la moitié de
XF, & par consequent aussi
à la moitié de XR; menant
donc encore la droite
OA, elle rencontrera
XRau point G,carelles
font toutes deux dans le
plan des paralleles VOI,
KAR) & ne scauroient
avoir que G de commun.
On aura donc ( à cause des
triangles rectangles semblablesAGR,
XGO) l'analogie
(QG: GA::XG'•
GR. ) Donc G est le milieu
des deux droites AO, FB.
M
Ainsi,) àcause des angles
opposezégaux AGF,BGO,
& AGB, OGF, ilest évident
que les deux triangles
AGF, BGO, & AGB,FGO,
font parfaitement égaux ;
c'est pourquoi AF est parallele
&égale à OB,&AB,
àFO: doncABOFestun
Rhombe, puisque OB &
OFsont égales. On prouvera
de mesme que ODEF,
OBCD font aussi des
Rhombes; & d'aiileurs la
régularité de la construction
fait voir que ces 3. Rhombes font égaux en
tout.
3. Il ne s'agit donc plus
maintenant, que de trouver
quelle doit estrel'inclinaifon
des Rhombes B
AFO,DEFO,DOBC,
sur l'axe VOI,afin que
l'Alveole ait toutes les persections
dont on a parlé
cy-dessus. Pour y parvenir
je considerequ'à mesure
qu'on prend le point A
sur K AR plus proche de
K, pour mener les droites
AF,AB,( ou ce quiestle
mesme
,
à mesure qu'on
prend le point O plus audessous
de X pour mener
la faceABOF,) l'angle
B A F devient moindre que
l'angle BRF de 120. degrez
, & l'angle F A K ou
BAK
,
plus grand que
l'angle droit ARF ou, A
RB ; c'est pourquoy on
peut prendre ces points
A & O à telle distance de
R ou X
, que les 3. angles
autour de A, feront égaux;
ce qui est une des conditions
proposées à trouver,
&laplussimplede toutes:
Et l'on verra ensuite que
toutes les autres perfections
en derivent, & que
la prudente, & subtile Abeille
ne s'y trompejamais.
Or je dis qu'il faut que pour
cet effet ARou OX,
(car ces 2. lignes font égales
, puisque GXest égale
à GR) soit le tiers de A
F;ce.quiestàlavérité une
équation d'Algèbre à réfoudre
,
puisque ces 2. lignes
sontinconnues. Mais
supposant la chose telle, le
quarré de AR que je suppose
valoir, I, estans I, celuy
de A F vaudra 9, & celuy
deF R 8.(à cause de l'an.;,
gle droitARF.) Mais Yans
gleRFGestantde 30. degrez,
demesme queXFG;
1,G fera la moitié de RF
& son quarré fera le quart
deceluy de RF, c'est à-dire
qu'il vaudra 2; donc celuy
de A G fera de3 )( à
cause de l'angle droit AR
G,) & celuy de F G de6.
tà causedel'angle droit A
- GF ,
ou,RGF,) donc le
quarré de A G fera la moitié
deceluy de FG, ou celuy
de A O la moitié de celuy
deFB.AinsiAOfera
à F B, comme le costé d'un
quarréest à sa diagonale.
Si l'on mene maintenant
AHsurFR qui fasse l'angleHARégalàFAG
,les
triangles rectangles ARH,
AGF, feront semblables ;
ainsi le quarré de AR fera
aussi le double de celuy
de HR, qui par conséquent
vaudraiSciera la seiziéme
partie de celui de RF Aui
vaut 8. donc RH serale
quart de RF, & le tiers de
HF
,
demesmequeARest
sup posée le tiers de AF;
ainsi l'angle RAF fera double
de l'angle RAH & double
de AFG. Donc RAFfera
égal à AFO com plément
au demi cercle de
BAF(àcauseduRhombe
BAFO. ) Mais le mesme R
AF est le complement au
demi cercle de l'angle K
AF;donc les anglesBAF
KAF ,
,
& par consequent
aussi KAB feront égaux,
ce qu'il falloitprouver. Si
l'on confidere maintenant
que les angles alternes FA
R, AFQ, font égaux, (à
cause des parallèles KAR,
QFO)on verra aussi-tost
que les angles AFO,AF
Q; & parconsequent aussi
EFO , EFQ, font encore
égaux, & les complemens
au demi cercle des angles
autour de A, donc les n.
angles plans autour de B,
F,D, font touségauxent'reux
, de mesme que les
îr. autour de A,C,E,O,
& les uns font les complemens
des autres au demi
cercle.
4. De plus on ne peut
douter que les Angles des
faces autour de ACEO ne
soient encore égaux entr'eux;
de mesme qu'autour
de BDF; puisqu'iln'y
a
a aucune raison, pourquoy
quelqu'un feroit plus
grand ou ,moindre que
les autres, dumoment que
touslesangles plansysont
égaux ; & qu'ondémontre
qu'un trian gle spherique
quiales troiscostez égaux,
a aussi les trois angles
égaux
-,
donc tous les
angles des faces, & du fond
de l'Alveole,ou ses iy arestes
font de 120.degrez
chacune, puisque ceux de
son contoursçavoir, BRF)
BSD, SBR &c, ont cette
valeur. D'ou il fuit évidemment
que cette figure est
plus commode pour se loger
, que si les angles
estoient inégaux; & que
de plus une mesme Sphère
en peut toucher toutes
les faces. Or elle touchera
celles du fond dans leurs
centres G., Y, Z, & son centre
fera sur l'axe VOI ,
comme en I, ensorte que
les perpendiculaires IG,
IY,IZ)'(eronc égales à ses
rayons ce qui est évident
par l'égalité desangles des
faces & des Rhombes.Ainsila
figure du fond de ces
Alveoles doit participer de
celle de cette Sphere
,
qui
est de contenir plus d'espace
que tout autre, qui
auroit mesme surface &un
mesme nombre de faces.
5. Pourconnoistre maintenant
les angles BAF ,
AFO
,
des Rhombes
, &
en général tous les angles
tant obtusqu'aigus autour
des points A,C)E"0)lk
B, D, F,on se souviendra
de ce qu'on vient de voir;
que le quarré de AF, étant
de 9 celui de AG vaut 3,
celui de FG
, 6
,
celui de
FR, 8,ainsi celui de AO
vaudra12,, & celui BF 24; parconséquentces4.quarrez
feront entr'eux comme
les nombres9. 8-11.2.4. &
les lignes AF, RF, AO,FB,
comme lesnombres3.
2R2.2R3.&2R6.)ou, Rt.R3.R6) connoissant
donc les raportsdescostez
FA,FO, AG, qui fontles
finus des angles opposez,
,
dans le triangle rectangle
: AGF, on aura aussi-tofi la
valeur de ses angles aigus
,
qui font les moitiés des
angles du Rhombe. Ou
pluitolt prenant AR qui
vaut 1. pour finus total,ôc
RF qui eu la racine de 8.
oui 2R2. ) pour la tangente
de l'angle FAR égal AFO
on en tirera l'analogie ( si
1. donne 2. R 2.. combien
100000 )dont le quatrième
terme 182842. est la tangente
de 70. degrez 32.minutes
8. ou de AFO, ce qui
fait voir que son complément
BAF est de L09. d.28.
,min.conformémentaux experiences
que les sçavants
Mrs. de Cassini & Maraldi
en ont faites avec toute la
justesse que des figures aus
si petites que celles de ces
Alvéolés peuvent recevoir.
Car ces Mefifeurs m'ont
assuré les avoir toûjours
trouves; de 70. & de 110.
degrez. Je leur dois au reftecette
justice d'avouerque
je leur ai l'obligation de
m'avoir tiré de l'erreur où
j'etois, que les Abeilles travaillassenten
commun, &
non feulesà seules comme
elles font -,& quelles fissent'leurs
Alvéoles plates
parie fond; & de m'avoir
par-là doané occasiond'ii
magmer quelle devoit estre
donc la figure du fond
de ces cellules qui renfermoit
le plus de perfection.
Il est bon d'ajouster cnco.
re icy qu'on peut parvenir
à la connoissance du fond
de ces cellules en fupofanc
d'abord les angles en AEF
chacun de 120. degrez
concevant chacun de ces
points au centre d'une
Sphère, &les rayons A,B,
AB, AK, AF, prolongées
jusquà sa surface
, ce qui
donnera un triangle spherique
à résoudre
,
dont
chaqueangle fera de 120:
degrez &dontontrouvera
les costez de 109. degrez
28. minuteschacun, ,
6. Il restemaintenantAc
Faire voir quelafigure exagonale
de ces cellulesleur
a
donne plusde régularité
,
que toute autre imaginable.
Pour cet effet il est
premierement évident quelles
ne .peuvent avoir outre
la figure exagonale
,
que taquarree,ou la triangulaire
;puisqu'il n'y aque
ces 3. figures régulières qui
j>ui(Tenç feules couvrir un
plan
quarré
, ou d'un triangulaire
,
( comme nous avons
fait ceuxd'un exagonal)
par les milieux des cotez de
sà bafe, les faces du fonds ;
feront avec celles du contour
des angles obtus; tandis
que ces derniers en font
de droits entrelles, ou de
60. degrez. Ainsi ces cellules
triangulaires ou quarrées
auroient moins de regularité
& de commodité
que les exagonales, & même
moins de capacitépour
une surface égale, puis quelles
auroient un moindre
nombre de faces. On peut
même tirer de là que les
éxagonales ont encore plus
de solidité, puis quelles
tiennent les unes avec les
autres par plus de faces, &
que les tuyaux les plus ronds
sont plus solides que ceux
qui ont moins de faces,
commeon le voit dans toutes
les productions de la nature.
7. Il reste donc de conclure
que ces alveoles admirables
ont toute la per-
, session qu'on pouvoit
fou.
haiter. Par où l'on voit que
l'auteur dela nature, qui
conduit ces animaux,Semble
nous inviterà approfondir
lesfecrets dela Geometrie
& de la Physique, bien
loin de les'meprHer ,comme
font laplupart de ceux
qui neconnoissent pasces
merveilles.
Cest cequima porte à
chercher encore la valeur
du rayon G de la sphere infcriptible
àl'alveole; &pour
y parvenir,jeconsidereque
cette sphere (touchant les
faces de l'alveoleopposées
diametralehicnc ;tellesqtffc
DC, EF AB,DE;AF,
DC, & qui font paralleles
entrelles, il est évidentque
son diametre doit être égal
à la distance de ces mêmes
faces. Or cette distance est
égale à chacun des côtez
BF;, B D, DF, du triangle
équilateral inscrit à l'exagone
, ou à chacune des
grandes diagonales des
rhombes ; ce qui est aisé à
voir, en ce que de l'angle
de l'exagone AEF deno.
degrez ôtant l'angle BFD
de 60, il reste 60 degrez,
dont la moitié est la valeur
deIangleEFD ; lequel
étant ajoutéà l'angle BFD,
donne Fangle-BFE droit,
&de même de FBC.Ainsi
BFest perpendiculaire à ces
mêmes faces, & en est par
consequent atiffi la distance.
Donc ce diametreest à
FR comme R3 a ï , & à
FA comme 2R6 à 3, ou
comme 6 à —R 6.
8. J'ai été plus loin. J'ai
terminé le dessus d'une alvéolé
par 3 rhombes égaux
& semblables à ceux du
fond, en faisent en sorte
que les faces du contour
fuflènç aussi des rhombes
pareils ; ce qui sefait, en
prenant les arêtesAK,BL,
&c.égales aux cotes des.
fbpç&t}es:du fond, & leur
menant par KL, &c. des )
paralleles,commeonlevoit
dans la figure solide reprefernée
en perspective. Ce
qui m'a donné un nouveau
corps solide terminé par ix
rhombes tous égaux&femblables,
ayant tous les angles
de ses faces égaux, &
de 120 degrez ; de plus 14
angles plans aigus, chacun
de 70 deg. 31. min. & 2.4
obtus, chacun de 109,28,
& qui est circonscriptible à
,.
une (pbcfe. Il est vrai qu'il
a 6 angles solides composez
chacun de4anglesplans
aigus de70deg. 52. min.
chacun, & 8 autres angles
solides corpposez de 3 angles
plans obtus, chacun de
109 deg. 28 min. Ainsi il
n'est pas inscriptible, àune
sphere. t Ce nouveau corps a au/ïi deux especes d'axes
; & ecanc coupe perpendiculairement
a ceux
qui passent par les premiers
angles solides opposez,sçavoir
par son centre, la coupe
cA toujours un quarré:
au lieu que si on le de coupe même perpendiculairement
a ceux qui passent par les derniers opposez,le coupe
est toûjours un exagone.
Ce qui fait que ce corps re- presente en tout sens (étant
vu selon les derniers axes)
des alveoles exagonales
>-&
étant vu selon les premiers,
il represente des alveoles
quarrees.
9. De plus, on peut l'environner
de iz autres corps
-
tous pareils, posez sur chacuftc
de ses faces; en forte
qu'il ne restera aucun jour
encre ces 13 corps, à cause
que les angles de ces mêmes
faces font chacun de
110 degrez : d'où il luit que
ce nouveau corps (que je
nomme dedecaëdre apiain
ou rhombique ) peur exactement
remplir l'univers;
de même que l'exaëdre
rhombique; dont le cube
ri'est qu'une espece ; ou si
l'on veut, de même que
l'octaëdre joint avec le tetraedre
, comme jel'ai demontré
ailleurs. Nous avous
joint ici le developemenr
de ce nouveau dedecaëdre.
9. Enfin il est évident
qu'on peut supposer une
Sphère en chacun de ces 12,
corps environnans qui les
touche dans les centres de
leurs faces. Ce qui nous fait
connoître de quelle maniéré
ezspheres doivent être
rangées autour d'une
treizièmeégale à chacune
- d'elles, pour se toucher
toutes ; & on voit qu'il n'y
en a pas une feule des 13 qui
n'en doivetoucher 5. au-
-~ ••.7 1:
4
tres, & que de pluselles se
touchenttoutes4à 4^.entfin
elles sont rangées 6.z:6
autour de grands cercles de
la premiere
,
qui font entr'eux
les anglesdes rhombes
ci-dessus
; & chaque cercle
en a de plus3 dechaque
côté dè son plan
, qui se touchent
mutuellement
,
&
quitouchentles ô.xjiji sont
toutautour delui.At (a,
mirâtiliu*&> ]

MOR T S.
Damoiselle Henriette de
Conslans, Marquised'Armentieres,
mourut sans alliance
le 14. Avril, dansun
âge fort avancé.
La maison de Conflans
est une des plus anciennes
du Royaume:elle pretend
tirer son origine des anciens
Comtes de Brieres. Elle a
été fertile en Seigneurs illustres,
qui se font distinguez
par leur valeur, par
les belles actions qu'ils ont
faites auservice des Rois,
& les dignitez considerables
qu'ilsontpossedées
dans le Royaume. Cette
Démoiselle est la derniere
desa branche. Il reste encor
de cette illustré maison M.
le Marquis d'Armentieres,
premier Gentilhomme de
la Chambre de Son Altesse
Royale Monseigneur le
Duc d'Orleans; & M. le
Marquis de Conslans, cidevant
Colonel de Dragons
, & M. le Chevalier
de Conslans, Colonel d'infanterie.
Les deux premiers
deces Messieurs ont epoulé
deux Dames de lamailon
de Rochoir, filles du Marquis
de Jussac, Lieutenant
general des arméesduRoy,
j& de Madamela Marquile
de Jussac, ci-devant Gouvernante
de Son Alteflc
RoyaleMadame la Duchesse
d'Orléans. Ils font
tous trois fils duMarquis
de saint Remy, &dune Dame
de la maison d'AgueC.
tseau.
DamoiselleLoiiifc-Victoire
d'Harville, Ellede
Messire Claude
- Antoine
d'Harville,ChevalierComte
dudit lieu, Seigneur de
la Selle
,
Beaumoret, ôcc.
Lieutenantgeneral pour le
Roy au pays Chartrain,
mourut sans alliance le six
Avril 1712.
M. le Comte d'Harville a
été marie deux fois. Il a eu
du premier lit N. d'Harville,
épouse de N. Palatin de
Dio, Comte de Montperoux,
MestredeCamp general
de la Cavalerie Legere
de France, & Lieutenant
general des armées du
Roy.
Roy. Ce Seigneur eut pour
frere M.le Marquis de Palezeau
, Gouverneur de
Charleville, & pour soeurs
Mesdames la Duchesse de
Bethune d'Orval &la Marquise
de Montmorenci-Fosseuse.
Lamaison d'Harville-
Palezeau est une des plus
considerables du Royaume
,
soit par les alliances
ou les dignitez. Lamaison
des UrUns est tombée dans
cette maison. Le fameux
Chancelier JuvenaldesUrsins
est un des grands-peres
du Comte d'Harville.
Ilfaut remarquerque
dansges
temps*làladi—
gnité deChancelier de
Franceétoit possédée
pardes gens de guerre.
L'histoire rapporte que
fous leregne de Charles,
VII. le Comte: de
Dunoisayant prisBordeaux
surles Anglois,
faisantsonentrée à Bor*-
deaux avoitàcôtéde lui
le Chancelier des Ur- sïns, qui éto,it arçné1 de
toute /pièce* On remat'-
que pareillement que le
Chancelier deRochefort
marchoit en pareil
équipagedevant leRoy
Loüis XI. Ilparoîtpar
l'histoirequec'est le dernier
homme de guerre
- qui ait possedé cette dignité.
MARIAGES.
Monsieur Dupil, ReceveurgeneralaépouseMademoiselle
de la Tour.
Elle est fille d'un Controlleur
general de la Maison
de Madame la Dauphine
de Baviere, & d'une
Damoiselle: de Mailly de
SreiiiL
M.d*Angennes épousalelé.
Mars.Mademoilelle du
Breiiil.
La maison d'Angennes
est unedes plus grandes &
des plus considerables du
Royaume. On trouve dans
les anciennes chroniques
de France
,.
qu'un Baron
d'Angennes accompagnoit
le Roy [aine Loüis à la conquête
de la Terre Sainte. Il
y a eu plusieurs Chevaliers
de l'Ordre , Gouverneurs
de Provinces
>.1
Capitaines
des Gardes du Corps, Ambassadeurs,
Conseillers d'Etat;
deux Evêques du Mans,
dont l'un a été connu sous
le nom du CardinalRambouillet;
& l'autre,Claude
d'Angennes, est mort en
odeur de sainteté.N.d'Angennes,
Marquisde Ramboüillet,
Capitaine des Gardes
du Corpsépousa une
Prudhomme y Dame de
Maintenon, qui le fit pere
;
de neuf enfans : dont N.
d'Angennes , Marquis de
Maintenon, grand Prevôt
de France. Chevalier des
Ordres du Roy,épousaune
Dame de la maison d'O.
C'est de ce Seigneur que
descend M. le Marquis
d'Angennes,Enseigne des
GensdarmesdelaGarde du
Roy, Mestre deCamp de
cavalerie , qui se trouve
chef de cetteillustre maison
,
& qui a épouse Mademoiielle
du BreiiiL
M. de Varennes a épouse
Mademoiselle Bontemps. Il
estColonelduregiment dp
Lorraine d'infanterie. li-A
pour frere M. le Chevalier
de Varennes, Colonel,.aùqi
d'un regiment d'Infanterie,&
N. de Varennes Capitaine
de dragons. Mademoiselle
sa soeur a épousé
M. le Comte de l'Ancre,
homme de qualité distingué
dans la Bretagne, qui;
étoitveufd'une soeurdeM.
le Marquisde Coëtensao,
Lieutenant général des arméesdu
Roy,premier Sous-
Lieutenant des Chevaux
Legers dela Gardedu Roy,
& Chevalier d'honneurde
Madame la Duchesse de
Berry, fille deFrance , ôc
de Monseigneur l'Evêque
d'Avranches.
Nov*
-.
Nouvelles de FUndres;)
Monsieurle Maréchal de
Montesquiouayanteu avis
:..que les ennemis s'assembloient
vers Orchies,fit
avancer quelques bataillons
vers laSensée,pour
en empêcher le passage. Les
ennemis parurent de l'autre
côté de cette riviere; mais voyant la bonnecontenance
de nos troupes,ils
se retirerentvers Douay
sans rien entreprendre. Les
Etats Générauxdemandent
des sommes considerable
aux Etats du Brabant,de
Flandres & du Hainaut. On
assùrequeces derniers leur
ont accordé ua subside de
quatre-vingt-dix mille florins,
outre lesfourrages.
NouwliesdeCdttlozne.
.: On mande de Catalogneque
Don Miguel Pons,
Lieutenant général ,étant
parti du pont de Suert,pour
s'emparer du château de
Saroca,ayant étéinformé
qus lesennemis vouloient
forcer le Marquis de Villa
Hermofà dans un poste im.
portant- qu'il occupoit, changea de route pour le
Recourir. Sitôt qu'il parut,
les ennemis seretirerent
4vec précipitation, & repasserent
la Segre.Un regimerit
Espagnol ayant eu
avis qu'un corps des en
nemis avoir dessein de le
iorprendre,semit enmarche,
les{ùrprit.éux-irïêxùcs
,
les" contraignit de
éprendre la suite, Ht cent
quatre-vingt prisonniers,
& se saisitde leurs équipages,
nayantpaseuletemps
Remmener leur butin. Les
ennemis ayant reçûunrenfort,
contraignirent les Espagnols
à se retirer avec
précipitation.Ilsfirent quatre-
vingt prisonniers. Cependant.
les Espagnols emliienerent
leur butin, &
-les cent quatre-vingt prilonniers
qu'ils avoient pris.
On écrit de Barcelone que
fArchiducheife ne pourroitpartir
avant le 15. Avril;
>que la disettey est toujours
fort grande.
Les lettres d'Estramadure
portent que trente-six
grenadiets Portugais sortis
d'Albuquerque
, pour escorter
des
chevaux
qui alloient
charger des vivres,
avoientété faits prisonniers.
On manded'Alicante
qu'un vaisseau Anglois >monté de cinquante-deux,
pieces de canon & deux
^cens hommesd'équipage,
donnant chasse à deux Làtimens
quivenoient de-porter
des vivres à Vinaroz,
ayant échoué sur la côte -à
la vûë de Denia, avoit été
obligé de lerendre.
< On écritdeCologne,
queles partis François font
continuellement des courses
le long du Rhin. Ils ont
pillé auvoisinage de Bonne
plusieurs batteaux qui n'avoient
point de passeports.
Le Gouverneur de Bonne
détachadeux censhommes
desa garnison pour repren-
Pre le butin: mais deux ou
trois de ces partis sejoigniTABLE.
Enigme
du mois passe.8ï
EnvoyparM. P. lamême.
Parodie de la seconde Enigme.
83
Quejiions. 85
Enigme nouvelle. 87
Chanson. ancienne. 89
Gouvernementdonné: 92,
Bouquet par M. B. 93
Réponses yfitr les mêmes rimes
du Bouquet. 94
Livre nOuveAu. - 97
Poëme sur la Sagese. 107
«'Dons du Royd'Espagne. 121
Discours sur l''Ordre de 1,%
Tûijon d'or. la même.
ChaPnson.nouvelle,, par M. 148
Képonje}Jur les mêmes rimes.
149
Morts. ijo
Discours de l'AcademieRoyale
des Sciences.193
Dons du Roy.
2.13 Clavecin très-particulier &
trés-beau. 216 Sicera"0Je.2.17
Pompefunebre 224
Morts.
3Ql Mariages. Jo8
Nouvelles de Flandres.313
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le