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jJ.-qriledm?m,.
CALAU
LDEEDIIE)AMAOUNSEPIGHNEURîK
cOmmeilestimpossibledans laconjoncture
presente de ne pasgrossir
le Mercure,ce qui en augmente considerablement
les frais, on ne peut sedispenser
d'en augmenter aussi le prix. Ainsi les
volumes qui feront reliez en veau se vendront
doresnavant trente-huit sols,quant
aux volumes qui feront reliez en parchemin
, en n'en payera que trente-cinq.
Les R lations sevendront autant que
les Mercures.
Chez MICHEL BRUNET, grande
Salle du Palais, au Mercure
Galant, -
-- lu Ml~.lD. DCCCC IIVV..- Avezprivtlege du Roy.
1
AU LECTEUR.
ILyalieu de croire qu'on
ne lit plus lAvis qui a
tftémis depuistantd'années
aucommencementde chaque
Volume au Adercure, puis
quemaigreles prieres retteries
quon afaites décrireen
carlÇlaeres. lisibles les Noms
propres quise trouventdans
lesMémoiresqu'on envoie
pour eflre employez, on negltge
de le faire3 ce qui est
cause qu'il y en a quantité
AU LECTEUR:
dedéfigorezeJIanrimpojrdle
de deviner le nom d'une Terre,
ou d'une Famille,s'il
n'est bien écrit. On prie de
nouveau ceux qui en envoyent
d'y prendre garde>
lils veulerrt que les noms
propressoient corrects. On
avertitencorequ'onneprend
aucun argent pour ces zlietnoires,
FSque ¿'on employera
tous les bonsOuvragts a leur
tour5 pourvu qu'ilsne defobligent
personne
,
0* que
ceux qui les envoyeront en
affranchirent le port.
â,J ES Vers qui fuivenc
serviront de Prelude à
cetteLettre; le nombre
n'en efl: pas considerable,
mais ils renferment beaucoup
de choses en peu de
paro les.
Aimer Dieu
>
se dompter Joy*
mêIml e:
Faire trembler fea ennemis :
Efire au dejjits du Diademe:
G'cft-là le Portrait de L0VIS.
Vous sçavez avec quelle
cruauté ont esté traitées quatorze
ou quinze personnes
dela Compagnie de Mr le
Chevalier de la Croix, qui
font tombées entre les mains
des ennemis. Quoy que cette
affaire ne soit pasnouvelle,
je croy vous devoir appren.
dre des choses qui regardent
cet Article&qui ne sont pas
encore venuës à vostre connoissance.
Mr de la Croix envoya
un Trompette au Prince
de Saxe Zeith, Evêque de
Raab, pour porter une Lettre,
par laquelle ce Partisan
luy marquoit qu'il estoit faux
qu'il eust ordonnéàsesgensde le
poignarder ; que le bruit qu'on en
a.'VI)Ít debité estoit un effet de la
malice deses ennemis ; quesi l'on
faisoit tantsoit peu d'attention à
sa conduite ilseroitfacile de découvrirentiln'eflpas
capable d'unefi
méchante action ; mil n'ajamais
rien fait de contraire aux loix
de la guerre; qu'il a trop d'honneur,
& de refPeél pour leJang
d'unPrince & d'unPrélatdeJon
mente3 pour avoirvouluattenter
à sa njie par une aRionsi indigne
d'unhonnefle homme; que quand
il en auroit esle capable
j
il ne
njoyoit pas qu'une pareille mort
apportafi aucun changement aux
affaires;qu'ilanjoiïoit que Jon def
jein efioit de le faire enlever> luy
ou quelques-uns des principaux de
Cologne ; qu'une marquequ'il
« riavoit pasdonné ordred'ojfenfer
sa personne, c'efi qu'ilanjoit à
quelquedifiance de la Ville> un
caroffi & des relais tout prefis
pour le conduire luy ou ceux qu'on
auroit pu enlever
j
sur les terres
d'EJpagne;& qu'enfin celuy qui
avoit inventé cette infame calomnie
efloit plus digne de châtiment
que de confiance> puifqu'il ne l'a-
<voitfaitfins doute que pour recevoir
une plus forte recompense
aux dépens deson honneur. Qu'il
ejjjcroit trouver un.jour occasion
de punir ceux qui., lnjuftement&
contre le droit des gens ont oté la
vie à plufteurs innocens ,
sans
vouloirfeulementleur donner le
temps ae se jufiifier ; que leurs
Juges injujles & sanguinaires
debitoientpresentement que ces
morts avoient avoué leur crime;
mais qu'outre qu'ils ne pouvoient
pas avouer une choje Jt contraire
à la vérité> il ny auoitpersonne
q!Ú ne fiufl bien perjuadé que s'il ÎU alloitététtffiZ lâchepour concevoir
unpareil dfijdn, il riauroitpas
au moinsesléJîimprudent que de
le confier à quatorze ou quinze
personnes. t Voicyl'extrait d'une Lettreecrite
surce sujet par Mon.
sieur l'Electeur deCologne.
Vous avez vu par l'impertinente
réponse) que le Afaçiflratde
Cologne a siaste à nojtreBcg^dier
Mr le Chevalier de la Croixs
& par un imprimé qui a pour
Mitre, Relation verita ble de la
xonfpiracion découverte, &c.
^que l'Evêque deRaab , pour si
ifaire unefois un mente auprès de
uEmpereur> & de ses Alliez ? , vient defairepaffer nos Officiers
)'& Soldats,quiy aboienteflêen-
?i>oye% pour prendre des otages
\pour la contribution,pour des ef
épionsjdes traijircs
, & des djfaf
\Q'Jilnnsys "qqUuil3 diltt-.o()nn>félonleurpropre j JE..Cü tfúrr iconfcjjïon3 auroient duffaijtrde
'\f! personne dans le temps qu'il
fcroitJorti du repas qu'il vafaire
tous les Vendredis & Samedis
>
:;. aux Chartreux) &quesur cela
> on avoit execute ces pauvresgensx
les Officiers ayanteslependus
> &
les Soldats arquebife
On ueut de plfis par le même
Impriméfaire accroireanpublic,
que ce complot auoit cflé traméà
Luxembourg
3 avec la participattiioonnddeeMAodnofinefti,
e,rurlleeÀCdocrmctehdaAi udetel
j
Gouverneurde cette Provincemais
ilfaut me ce bon Evequefoitbienfacile
aprêtercréance
a toutes fortes de contes.) ou
quil aitfurieusement une bonne
opinion e luy-même.) s'il s'cft pu
perfwader que deuxperfonnes de ce
rang&douées de tant de prudence
j ayent esté capables de prendre
htlUCun ombrage d'un homme desi
tipeu de conduite) (yqui>si njerixtabkment
il en avoit
j en pourvoit
a prefimt donner des marques
m Pologne.oul'on veut détruire
\(on propreouvrage
3 & détrôner
\(onproche Parent>quiparfis con-
\feils&fia fiaufiepolitiquesypré~
1tendoit ériger en Souverain
j ou
bien dans la Hongrie3 ou il de-
>*vroit en bon Paflcur ajjifir fies
>ouailles contre les Mécontens P/o-
\tefians
) au lieu de venir a Colorme
comme il a fiait,ifeconder fjE"
CleéleurPalatin &fies Alliez he-
; retiques
) & manger par pure
<necejjitéj le pain defion Archervêque
& Souverain. Si l'Ojftder,
qui nous a trahis
3 a eu rame -
ajJeZ noire pour mener a cet hor-
- nblejupplicetant debraves gens; ;
je nemétonne pas que pour ga~ - 'ef-- •
gncr une penftonilait eu l'ef--
fronterie de reprejenter à tEve—
que de Raab un danger cbimcri--
que j & peut-cflre que s'ils ontx
avoué
3 que le deffiin cftoit den-
- leverle Prélat3celuj3qui l'a dé-*
couvert3 l'avoit propojeluy-mê
me y
dans la pensse de ne pouvoirs
jamais trouver un meilleur otages
que celui-làpour les contributions;
& voyant d'ailleurs
.J
qu'il n'y\:
avoit rien de plus facile que de-}
Vjexecutcr
3
quand l'Evéque de
Miaabfortiroit de la Cbartreufe
qu1 Je J trourve dans un quartier
éloigné des maijonsoù il nj a
fresque personne
, & qui est
ttout proche la Porte Saint Seo
0 A werin
3 par ou on en auroit pu
\fortirenpeu de momens sans
beaucoupdobjlacles
: mais quoy
cyquil en Joit, il cft toujours ajjuré
&que ce projetne peutavoir cftéfor.
\\rnepar ces deux Generaux.) puifor.
quelapersonne
en queflion cfl de \fpetite conjîderationenversnous
jo&nenvi rs ceux deJonpartimêmey ne voit pas de quelle utilité
îour les deux Rois ny de quel
dejkvantage pour les autres j
il
,
ge autrcs ,
duraitc(le de s'en (aifir.
Je vous ay promis la fuite
des rejoüissances faites
pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bretagne
, je vous tiens parole.
J'oubliai de vous dire le mois
pane, que le Jeudy 17. de
Juillet Monsieur te Cardinal
de Noailles alla chanter une
grande Messe dans l'Eglise :
de Sorbonne,à la fin de la-
• quelle onchanta le TeDeum,
,
de l'Exaudiat, pour icmercier
Dieu, de nous avoir •
donné un Prince
, toute la j
j Faculté de Theologie y assista.
Les Docteurs estoient
dans le Choeur
, & les Bacheliers
dans la Nef, les
uns & les autres avec leurs
fourrures. Mt l'Archevêque
de Narbonne, accompagné
des Evêques de Rennes &
de Bazas s'y trouva. Mr Pirot
Chancelier del Université
,
& MrVivantSindic,&
tous deux Chanoines de Nôi
tre-Dame,firentles fonctions »deDiacre&deSoûdiacre.Les
[ Docteurs,& même les Evêi
ques qui assisterent àlaMefls
i reccurent la retribution qui
avoit esté ordonnée pour la
Messe
, ces Prelats se firent
même honneur de la recevoir.
Le Dimanche 20. de Juillet,
la Ville deRochefortsedistingua
par des rejoüissances
publiques qu'elle fit à ce sujet.
Les trou pes de la Marine se
,
mirent fous les armes au (fi*
bien que les Milices de la Ville,
composée desCarabiniers,
Cavaliers, Dragons & Infanterie
;lesCarabiniersavoient
tous des Justaucorps d'écarlatte
avec des chapeaux bordez
d'orales housses de leurs
chevaux estoient aussi d'écarlatte
avec des galons d'or;
lesCavaliers&les Dragons
n'étoient pas moins pro pres,
& toutes les troupes en general
estoient fort lestes;
Le Te Deum fut chanté
dans toutes les Eglises; le
matin au grand& au petit
Hôpital
-,
l'aprés midy à l'Amiral
,
où tous les Officiers
de la Marine accompagnerent
Mr le Marquis de la
Galliffonniere
)
Chefd'Escadre
, & Commandant par
l' mer & par terre; de YAmirai,
les Prestresdela Mission,
& les Capucins allerent en
proce ssion à l'Eglise de Saint
Loüis;lesOfficiers du Siége
Royal, & ceux de l'Hôtel
de Ville assisterent en corps
au Te Deum, qui y fut chanté,
& suivirent en procession
les Capucins jusques dans
leur Eglise où tous les Corps
se rassemblerent. Mrle Marquis
de la Gallissonniereà la
teste des Officiersd'Epée, ôc
Mr l'Intendant à la teste de
ceux de Robe. Ces bons Religieux
desirans donner des
marques de leurzeleavoient
pris soin de tendre dans leur
l'Eglise deux rangs de tapisseries
jusques à lavoute,d'où
pendoient des lustres garnis
de bougies
-,
il y avoit des
L'Tabh:aux & d'autres ornemens
quiattiraient lacuriosité
des spectateurs; visàvis
de-la Chaire estoit un Trophée
d'armes orné de tous
tUes Portraits de la Famille
Royale,&placez avec beau.
coup d'ordre& de genie,tout
surtout y estoit d'un tres bon
goût. Au dessous de chaque
Portrait, on lisoit une devise
à l'honneur du Prince qu'il
representoit, & sous celuy du
Roy estoit écrit; Eccesic bene.
-
diceturhomo qui timetDOininumJ
& ce furent ces paroles qui
servirent de texte au Pere
Esprit de Blois, Gardien, &
cele bre Predicateur,qui Se 3
l'Eloge du Roy avec son élo-•
qucnce ordinaire, il fut extrêmement
aplaudi; on ad:':]
mira dans son discours
, la
finesse
,
l'arrangement & les
choix des pensées; l'Eglise
estoit remplie des personnes;
les plus considerables de la£
Ville & des environs; Icsr
Dames pour avoir part à l'hon^n
neur de la Feste avoient ma-t
gnifiquement paré la Chaire
du Predicateur.
* LePanegiriqueestantfini;
on commença le Te Deum
& l'Exaudiat,qui furent suivis
de la benedidion du faine
Sacrement,&pendant qu'on
chanta
, toute l'Eglise fut il"
luminée d'une quantité prodigieufe
de bougies.
e LeTe Deum étant fini, Mr
l'Intendant suivi des Officiers
de la Maison de Ville, mit le
feu au Bucher dressé dans la
Place d'armes; dans ce moment
toute la Ville retentit
de cris de Vive le Roy, & de, l
mille autres acclamations de
joye;onentendit plusieurs décharges
de Canons, de Boëtes
, &de Moufquecerie
,
&
toute laVillefut illuminée.
Les illuminations commencerent
par l'allée qui conduitde
la place chez Mrl'Intendant,
à l'entréede laquelle
étoit un Arc de triomphe
de la hauteur de 25. pieds.
Sur 4. grandes colonnes,s'élevoient
autant de Piramides
enrichies de Devises, au milieu
de ces Piramides, une
Pallasarmée,
,
& fous l'Arc
de triomphe, deux fontaines
de
de vin qui coulerent bien
avant dans la nuit ,&dont
lepeuple eût de quoy se satisfaire,
ainsi que desaumônes
qui furent distribuées aux
pauvres dans les differens
quartiers de la Ville.
Lesilluminations duclocher
des Capucins donnerenc
un beau spectacle
, on y decouvroit
de fort loin les Ar",
mes du Roy,de Monseigneur
le Dauphin, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne,& de
Monseigneur le Duc de Bretagne.
Mais rien ne fut plus
agréable que l'illumination
qui sefit dans la Cour de Mr
l'Intendant, où leslances à
feu, les lampes,& les bougies
formerent un seul corps
de lumiere, dont l'arrangement
faisoit plaisir à la belle
compagnie qui s'y assembla
pour prendre part à la joye
publique.
Sur les neuf heures du soir
on fit joüer un feu d'artifice
sur les rempars de la Ville,.,
les fusées volantes ne furenc
pas epargnées,& tout l'air
enfutrempli,& on continua
les iliurnisaiionsleb danceSj
& la joye pendant la plus
grande partie de la nuit dans
lesruës & dans lesmaisons
des Officiers & des principaux
habitans,oùl'on tint
quantité de tables.
Voicy ce que porte une
relation plus étenduë & dans
laquelle on voit untrès-bel
éloge du Roy.
L'Eglisedes RR. PP. Capucins,
dont le Royest fondateur,
étoit magnifiquement
paréed'undouble rang
de trés belles tapisseries. Au
tour de cette Eglise,regnoit
une ceinture de festons
,
de
lustres,de tableaux, & d'écussonsauxArmes
duRoy&de
Monseigneur le Duc de Bretagne.
On y avoit placé les
portraits de Sa Majesté, ôc
detoute laFamilleRoyale;
Monseigneur le Duc de Bretagne
étoit representé (OUS la
figure d'un jeune amour, qui
jouëavec un arc & des01
ches, au dessous de tous ces
portraits, on avoit mis des
passages de l'Ecriture, qui
convenoient parfaitement
aux Princes, auquels ils
étoientappliquez.
Pour le Roy.
ECCESICBENEDICETURHOMOQU
t- TIMET. DCMlNUM.
Ceflainfiquejttabeni l harn..
mt oui craint le Sngnenr.
Pour le Roy d'Espagne.
DABO TIBI GENTES HÆREJ
DITATEM TRAM ET P>S-;
SE.I.,':I(\NtiM TIZAM TERMINAS
TERRÆ.
Je vous donneray les notions
pour vôtre héritage )e j'étendray
votre poilelîlon ju/quaux
extremitez de la terre.
Pour la Reine d'Espagne.
SOROR NOSTRA ES , CRESCAS
IN MILLE MILLIA.
- Vous ttes notreJceur,croljfe£
tn mille & mille générations.
Pour Monseigneur le
Dauphin.
CRESCERE TE FACIAM REGESQUE
EX TE EGRE-
- DIENTUR. JJe-ts;eraj cro1î\ trevoIltre race as
linfini,ç? des Rois finiront de
,VOUS.
Pour Monseigneurle Duc
de Bourgogne.
DICETUR BENEDICTIOSUPER
UXOREM TUAM ETSUPER
PARENTES VESTROS.
Que la benedièhon Je repande
far votre femme & sur ceux
q%j vous ont engendré
Pour Madame la Duchesse
de Bourgogne.
GRATIA SUPER GRATlAM
MULIER SANCTA ET
- .-
PUDORATA.
Lafemmefainre crpieine de
pudeur. ffi une graçe qui fafle
toute grâce.
Pour Monseigneur le
Duc de Bretagne.
NONINTERIBITDEDAVID
VIR Q^I SEDEAT SUPER
THRONUM DOMUS
ISRAEL.
On ne verra point la tige de
David manquer J'un homme qui
foit afltssur le throne de la mah
sondIJraëL
Pour Monseigneur le
Duc deBerry.
JUDICABIT POPULUM TUUM
SICUT ET ALIAS TRIBUS
INISRAËL.
Il gouverneraJon peuple aussi
bien que les autres Tribus
d*Ifraeï.
On avoit placé vis à vis
la Chaire du Predicateur un
thrône
, au haut duquel le
portrait duRoy étoit sousun
daiz élevéjusqu'à la voute de
l'Eglise;au de nous de Sa Majesté
étoit un trophée de Drapeaux
,de Casques. de Boucliers,
d'Ecussons, de Lauriers
& de toutes fortes d'Armes
mélées ensemble agréablement
& sans confusion. Sur
les degrés du thrône,on avoic
placé toute la Famille Royale,
dont les portraits en for-j
me de Medailles étoient enJ
trcîaffes de fleurs & de lustres
qui faisoientun tres belesset.
Auxcôtés & au dessous du
thrône, on voyoit d'excellens
tableaux, dontlesunsrepresentoient
de magnifiques bâtimens,
les autres de fanglars
combats, pour exprimer les
nobles occupations du Roy
pendant la paix, & ses trava ix
pendant la guerre. La ceremonie
commença par l'eloge
du Roy que prononça le
R.P. Esprit de Blois, Gardien
des Capucins, où assisterent
Monsieur Begon Intendant
de la Generalité & de laMarine,
Monsieur le Marquis de
la Galissonniere
,
Chefd'Escadre
& Commandant du
Port, avec tous les Officiers
de la Marine, & tous les corps
qui y avoient esté invités. Il
prit pour le texte de son discours
ces paroles du Pseau127.
Ecce sic bene-
DICETUR HOMO QUI TIMET
Dominum.
idej7 ainji que Jera beni l'homme
t qui craint le Seigneur.
Il fitconnoistre queLouis
e Grand est redevab'e de
outes (es prospenritez à la
protection particuliere de
Dieu; & que si Dieu le benit,
:'etf parce que ce Prince le
craint veritablement: il prouva
ces deux propositions, qui
firent le partage de son discours,
par laviedu Roy, qui
est une fuite de grands
événemens & d'actions de
picrc. Il dit que c'efi une judicieufe
remarq ue de laplupartde
ceux quiontfait tEloge du Roy3
que Jesactionsfont extraordinaires
par leur grandeurj que pour
rendre [on Hifloire vrai-pjmblable
il faut entrer dans de grands dé-
tanJ s e)
j parce qu'on ne feroit pas
croyable en ne rapportant que les
évenemens. Pourmoy }aj outais
ilj je ne trouve point de moyen
plussûr&plus infaillible d'aller'
au devant de tous les doutes que laPosteritépourra formerausajes•
de Louis le Grand
>
que de découvrir
auxyeux de tout l'Univers
la veritablesource desagrandeur;
cejlDieu> dont la main le con--
uit dans les routes brillantes de
t
Gloirejparce qu'il marche à sa
Yite dans les voyez de la fuflice
7 de la Pieté. Il a promis dans
Ecriture de répandre les grâces
v plus abondantes"& lesplus éclatntes
faveurs sur ceux qui le
saignent3 de combler de gloire
?UX qui luy rendent la gloire
ui luy efdûëjileftinfaillible dans
}s promesses ; il est toutfuifJant,
vus disons qu'ill'afait en Louis
?
Grand
,& il n'y a rien en cela
incrqable pourvu qu'on aitfoin
ajouter que cefl Dieu qui opere
outescesmerveilles. Apresavoir
lit le détaildes grandes cho^
les que le Roy a faites depui:
qu'il est sur le Trône: il a) û
ta, que ce nefloitpas là oùJe terminaient
les effets de la proteâlioi
duTout-puifJày!t. Celuyqui craini
le Seigneur^ditle Prophete^mangera
lefruitdes travauxdefesmains.
&en fera part à sesenans., qui
rangez, autour de
satable
comma * F 'L'/f~ ~~T~y t.~
dejeunes oliviers
,
dejeunès ferontsa joyt
&sa felicité. La benediaion da
Seigneurs'étendra danssa[ami/l., 'T'sfamillol
jusqu-,a la troisiéme& a la quaA
trieme generation ; il verra lex
enfans de ses enfans3qui pleine
d'amour & de rcjpeftpour luy
feront quesa vie;quelquelongue
qu'ellepuijjeejlre
>
ne fera piiat
Cujette aux chagrins & aux dé*
tpufls de la vieillejje. Louis le
Grandeflsansdoute l'exemple de
;ette vérité leplus illuflre qui ait
umais paru sur la terre. Voit-on
rien de semblable dans l'Histoire
Ecclcfafl.que ou dans l'Hifloire
brophanefLa Fable.même toute
mgenieufe quelleelfàfeindre &
i exagerer j
a-t-elle rien imaginé
qui approche de ce que Dieu fait
msafaveurfArrivé au faîte de
la gloire> il voit son Trône affermi
par une longue fuite de Neveux
qui aJJurentsa famille &
l'estat contre les révolutionssifunefies
a la tranquillité des peuples.
Ce riefl point une lente & debile
vieillejje qui a pas chancelans a
enfin conduit ce Monarquejufqua
voirlatroisiémegénération. Louis
a tous les honneurs àun âgeavancésans
en rcjJèntir les incomoditez
; sa vienesslonguequepar
les grandeseaElions dont elle est
remplie ; fin âge doit moinsse
compter par sa durée que par la
gloire deson regne ; dans un corps
que la temperance met a couvert
de toutes les maladiesjbrille un
effrit du premier ordre„ un genie
superieur qui ne s'efljamais démenti.
i un certain gouss du vray~\
tjue la flatterie ne pût jamais corrompre
-)eque lexperience a conduit
à la derniere perfection ; un
courage capable de tout entreprentdre
; une fermeté que rien ne peut branler; une
prudence
énce ~quuii vvaa au
devant de tous les acciaens de la
fortune; un fonds inépuisable de
rejJources qui le met en eflat de
parer tout ce qu'il napuprévenir;
une égalitéd'amequi fait qu'ilefl
toujours le même
> au
milieu
des
embarras inseparables d'un Prince
qui est le centre des mouvemens
ae toute l'Europe
> & dont les
vues se portent même au de-la
de noflre hemilfbere3 aussï tranquille
lorfquil regle la dessinee des
Royaumes &desProvinces, que
lorsquil veut bien entrer dans le
détail des familles particulieres.
Telle est l'heureuse situation de
Louisle Grand lorsque Dieu voulant
ajoûter benediaionsurbenediéîion
>
luy donne un Fils, qui
le troifléme de mafle en malle&
A A aj*aine en aine„reçoitvjàns interruption
cet augufle Sang que nous
devons deffendre aux lépens de
tout le noflre. JMfonfetgneur le
Duc de Bretagne en venant au
o monde efl reçu j pour ainsi dire
3
entre les bras de la Victoire.Celuy
qui vient annoncer sa naissance
efl obligé de fendre la prcjfe des
Courriers qui de toutes parts apportent
au Roy des nouvelles de
l'heureux succés de Jes armes;
préjuge certain desgrandes chojes
auxquelles est dessiné cet auguflc
Enfant. Que doit-on attendred'un
Prince dont le Pere a fait des
Conquefles dans un âge ou les autres
ne fçanjent pas encore ce
?uecess que de combattre; dont
)Ayeul a fait trembler tant de
fois l'Allemagne
3 & a si bien
rabatu la fierté de cette Nation
guerriere; & dont le Bisayeul cft
Louis le Grandf Vous fia.vez
s MeJFeurs;) quellesidées répondent
a cet auguste Nom.
Dans le second Point;
aprés avoir prouvé que le
Roy craint veritablement le
Seigneur, & que la Pieté n'etf
point en luy un effet de la
Politique: il ajoûta,qu'ilsembloit
queDieu Je hâtoit de donner
à Louis le Grand une nombreuse
Posieritéjafin queses augustes enfans
destinez à gouverner le
monde puissentseformersur unsi
excellentmodele. Ils apprendront,
ditil, en le voyant, à devenir
des Princes religieux; comme ils
nmeerp,iolusrfreornotntsg'elmopirêecher de l'estide
l'imiter;
fort exemple leur fera connoijlre
que la crainte du Seigneur est le
veritable Art de regner 3 que pour
bien commander aux hommes il
faut Jçavoir bien Jervir Dieu.
il finit son discours par ces
parolfs : Pour nous qui avons
le bonheur de vivre Jous un regne
si glorieux„élevons noscoeurs
& nos voix vers le ciel> pour
remercier le Tout -
puijjant des.
yaces qu'il nous a faites
,&pour
m demander la continuation. Joignons
nosvoeux a ceux de tant de
Nationsdifférentes> qui dans toutes
les parties du monde,s'inteejjènt
a la8gloire de Louisle
Grand,C-disons avec cettepieti
tendre qui rend les prieres effcaces:
Seigneurjqui faites regnei
les Rois
y&qui renverfe% le trône
de leur gloire3 lorsque vous It
lug,re;Z a propos, conservez noué
long-temps celuy que vous nous
avez donné; prolongez des jouri
qui nous font si chers aux dépem
êtes nofires; qu'il vive pour It
tien de l'Eglise & deson Etat*
lestà quoyse réduisent toutesm:, «/& demandes. Faites que l'august.
Enfant que vous venez de dom
ner à la France, ressemble àfim
Siftyeul
j
cefllaplus grande grak
ce-que nous pUifliOlJS luy dejirew
4cheve%
j
Seigneur
,
l'ouvrage
rùe vous ave% si heureujement
'ommence; acquittez-vous promrtement
de la promesse quevous
t,veK faite: Vous a'1Jez dit que
;eluy qui vous craint verra les
mjans de Jesenfans
j mais vous
e'Vez ajoutéqu'il verra lapaix
m Israël : ET VIDEAS PILIOS
FILFORUM TUORUM PACEN*
SUPER ISRAËL. C'est la feule
ïboje aq~u~i n?o0u~s rre~ste mwa~intMena~nt&
destrer pour voir l'entier aCcomblijjement
de vos promejps. C'efl
t quoy se bornent tous les voeux
ie Louis le Grand: il est las de
remporter des Viftoires
>
tant de
Lauriers lity Jont a -
charge
3
il
riambitionne plus- d'autre gloire
que derendrejespeuples heureux3
en lel/r sassant goûter les fruits
de laPaix.Exaucez-le,Seigneur
exaucer-nous7
- Le soir il y eut de tresbellesilluminations
dans le
Clocher, dont toutes lesfenestresestoient
remplies decusson
& de Devises, au travers
desquelles quantité de
flambeaux rendoient une lu-*
miere tres-vive & tresagreable
, ce qui a duré pendant
trois jours.
La
La naissance de Monseigneur
le Duc de Bretagne ne
fut pas plutostannoncéedans
Cahors,que les R. P. Jesuites
de cette Ville resolurent de
faire dans leur College les réjoüissances
publiques que cette
heureuse nouvelle meritoir.
Ils executerent leur dessein
aveccette promptitude, qui f t presque tout l'agrément
l$l toute la beauté de ces for-
-
tes de Festes. On n'employa
que dix jours à préparer toutes
choses
,
& à mettre en
estat les Ecoliersdetoutes les
Gaffes,qui toûjours élevez
par les foins de ces RR.PP.
dans un amour & une obeïs.
sance inviolable pour le Roy;
aussi bien que dans la pieté&
dans les sciences,firent éclater
une joye universelle; &
s'acquitterent de leur devoir
avec une vivacité, qui surpassoit
leur âge & leur portée.
Si la pompe&lamagnificence
n'éclatoient pas dans
cette Feste ; on y voyoit du
moins toutes les graces dela
propreté & du bon ordre. Il
leroit à souhairer que ce silence
modeste qu'ils gardent
sur ce qu'ils ont fait dans
Cette occasion ne vous dérobast
pas le plaisir d'en avoir
par eux mêmes une Relation
plus polie. & plus exacte
,
quecelle que je vous envoye.
Voicy un détail court & fidelle
de tout ce qui se passa
pendant les deux jours
,
qui
furent uniquement destinez
à ces réjoüissances. "",-
Toute la Ville informée
du jour où l'on devoit commencer
la Feste
,
se rendit
avec empressement au College,
& tout ce qu'il y avoic
de plus distingué dans l'un
& dans l'autre sexe, admira
avec beaucoup de joye, la deIcoration
pour laquelle on
avoit eu si peu de temps à le
préparer. Le Portail du College
estoit tout environné de
laurier ; il y avoic au deÍfus
une belle Inscription qui renfermoit
en peu de paroles le
sujet de la réjoüissance, & une
respectueusefelicication au
Roy,sur lanaissance du nouveau
Prince que le Ciel donnoit
à son auguste Maison.
Lesarmes deSa Majesté ,celles
de Mr l'Evêque
, & de
la ville,accompagnoient ce
titre ; ccs differens tableaux
également ornez & placez
avecordre,rendoient l'entrée
fort agréable & p évenoient
favorablement pour le reste.
On passoit ensuite sous trois
Arcs de triomphe
,
dont une
nob e simplicite& uneaimable
verdure faisoient l'unique
ornement;ils estoient chargezde
plusieurs Portraits de
Louis le Grand & de toute la
Famille Royale, avec un
grand nombre de Devises
q i estoient tres-ingenieules
& qui convenoient toutes
au sujet de la Feste.
Une cour quarrée
,
trèsspacieuse
& fort riante, se
presentoit d'abord aprés s'être
montrée d'assez loin dans
un large & agréable en foncement
; vous jugerez de sa
grandeur & de sa beauté, par
le nombre des Tapisseries &
par celuy des affiches dont on
l'avoitpatée. Les differentes
& riches tentures ,
qui l'entouroient,
avoient en tout
plus de soixante dix autoes,
sanscompter d'autres pieces,
qui servoient àembellir l'entrée.
Toutes estoient environnées
de verdure, couvertes
de plus de cinq cens beU
les Affiches, dont les unes
estoient pourle Roy & les au"
tres pour Monseigneur il y en
avoir un grand nombre pour
Monseigneur le Duc de Bourgogoe
& pour Madame la Duchesse
de Bourgogne. On celebroit
de concert dans ces
divers ouvrages, soit en Prose,
soit en Vers latins,ou en
grec,la naissance de Monseigneur
lé Duc de Breragne.
Plusieurs autres Portraits de
la Maison Royale
,
& une infinité
de belles Devises occupoient
encore dans cette
cour une place que l'on avoit
ménagée malgré le grand
nombre des Affiches dont
nous avons déjàparlé. Les
Ecoliers de toutes lesClasses,
vétus pendant ces jours fort
proprement, ayant presque
tous une coquarde de ruban,
ou un Plumet sur leur chapeau
,avec leur épéeaucosté,
veilloient soigneusementauprés
de leurs écrits
,
& m è.
lantaux marques de leur joye
celle de leurcapacité,ils soûtenoient
de bonne grace ce
qu'ils avoient expoféàla critique,
ou pour mieux dire, à
l'admiration du public. Si je
ous traduifois en François
quelques. uns de leurs conrrlimens
, vous feriez conaincu
de l'esprit & du bon
;oust de cette nombreuse
unesse.
On revint l'aprésdinée du
même jour pour entendre
une Oraison latine que le
Professeur de Rhetorique de.
voit prononcer. Cette nouvelle
Ceremonie attira chez
'nx rafi':rnblée la plus choisie
& la plus bwffe qu'ils
enc v u e depuis !on g
temps Mr l'Evêque de Ca..
hors, dont le zeleparticulier
pour les interestsdu rej
& l'amour pourles bellcj
Lettres,sont par tout atTfl
connus, s'y rendit avec ut
empressement qui servitd'exemple
à tout le monde
Mrs les Chanoines de laCa
thedfateje prtlidial.,rU_ni
versité, les Consuls itoix Itl]
Chefs & les Principaux de
Maisons Religieuses,
, avea
ce qu'il y a de plus sçavan
& de plus distingué d'ail
leurs, composoient ce nombreux
Auditoire. Le discours
qui estoit consacréà la gloir
de Monseigneur le Duc d
etagne, reçut un applau.
ssement general. L'Oraur,
qui avoit composé ÔC
)prn par coeur son ouvrage
ns l'espace de dix jours ,
voir que cette naissance
stoit d'un costé le sujet d'une
bye solide pourlesFrançois,
: de l'autre, celuy d'une
erita ble crainte pour tous
eurs ennemis. Iltouc hadans
à suite avec beaucoup de
nei hode & de finesse. les
vertus heroïques du Roy,&
elles de Monseigneur. Il
oüa aussi Monseigneur le
pue de Bourgogne, & la
Princesse son Epouse, d'une
manieretres delicate&tresnaturelle;
il dit fort loge*
nieusement en parlant de
ce ne Prince sle,qu'il ne man-*
quoit rien à un Pere aujjt illustre
&aussigrandque le fien;, que le auffi
cl) titre d'Arr!) & d'Allié de 14
France. l. finit sa Piece en faisant
mi~ tendres voeux peut
la vie
,
la santé, la gloire, 5c
le bonh ur du Prince epi venoit
de naistre. L'Assemblée
tres contente se r<fira au
bruit di$ Tambours & des
Trompettes
,
qui se mêloit
aux acclamations quechacun
onnoic à celuiqui avoit par-
,
& aux divers cris de joye
le cette feste inspiroit à
monde.On ajoûtaàces
ffiches generales & à cette
~railonLatine,des foins plus
~gnes d'un zele Chrestien,
plus conformes au pré-
~ieux bienfait que la France
voit reçû.
-
Une pieuse libealité
& une tres grosse au-
~ône que l'on fit à l'Hôpial
generalcommença les
ctions de graces. Ensuite on
emercia le Seigneur par une
grande Messe qui futcelebrée
dans l Eglise du College avec
beaucoup de solemnité. Und
excellente Musique avec une
Symphonie charmante,chan,
ta sur la fin de cette Messe untres
beau Te Deum. La foule
qui assista à cette devotion
sur grande,& tout futexecuté
avec beaucoup de succés, de
pieté & de modestie.
Enfin on acheva la feste,
& on çouronna ces réjoüissances
par de tres bellesilluminations,
qui s'étant faites
en un instant
, comme elles
se font d'ordinaire, durerent
depuis huit heures du soir,
jusques à onze heures de la
~lit. Elles plûrentinfiniment
ix yeux de toute la Ville,
~ai s'étoit renduë sur une
rande esplanade pour prenre
part à ce nouveau plaisir.
~ous jugeriez de l'heureux
ffet que ces illuminations
ouvoient faire si je vous
raçois une figure exa(fie de
endroit que l'on avoic choisi
our les pratiquer.C'étoitun
Beau Clocher, ouvrage ocogone
,a trois grands efta^
ges dont chacun a huit fene
stres, qui sont soutenuës
par une balustrade tres propre
faite de pierre de taille
blanche. Quatre cordons de laméme pierre en ceignent
les murailles; il est enfin terminé
par un Dôme & une
lanterne. Quoique ce Clocher
soit d'une hauteur tresconsiderable
, on le vit bien,
tost tout en feu. Ces illuminations
composées decertaines
matieres qui formoient
plusieurs lumieres
ensemble
donc chacune produisoit une q
Bârne épaisse & ondoyante
au gré du vent ,
sembloit
faire un Soleil naissant
,
qui
au milieu d'une nuit claire&
tranquille brilloit jusques lurj
les coteaux qui environnenc
nostre Ville. On jetta pendant
ce temps là plusieurs
fuséesvolantes & courantes,
à étoilles & à serpenteaux.
Une tres bonne Mousqueterie
les accompagnoit de
fois à autre. Les tambours,
les trompettes & le carillon
de toutes les cloches faisoient
à leur, tour un concert qui
soutenoitl'attention & la
joye de tout le monde. On
avoit en même temps eclairé
l'appartement le plus beau
& le plus agreable de la maison,
lequel donne d'un costé
sur le de hors de la Ville & de
l'autre sur une longue étendue
ou de jardins, ou de
maisonsReligieuses.Cegrand
nombre de bougies que l'on
avoitattistement rangées
sur toutes les fenestres, donnoit
un nouveau jour à tous
les environs
, & finiffoic
d'une maniere tres noble
cette réjoüissance publique,
Toute la Ville demeura d'accord
que l'on ne pouvoit
s'acquiter mieux de ce devoir
, & que ces Reverends
Peres avoient fait autant que
la commodité du lieu & la
brieveté du tempsavoient pû
le permettre. Je fuis avec re{:
ptâ.
Je dois ajouter icy l'Idille
1
qui suitafin de mêler lesvers
aux réjoüissances.
LES GRACES.
IDILLE.
POUR MADAME
LA DUCHESSE
DE BOURGOGNE.
PRés de la Seine Vautrejour
Les Graces tri(les , négligéesy
'Aufftconfusesqu'affligées -
Firent cette plainte à L*Amour:
Divin Enfant dont la puiffantey
Nousfit dans ces beaux lieux élever
tanta)Autels)
Qgenous croyionsêtre éternels>
'2fou$venons vous crier vengeance
Contre le peuple de la France;
Quoy qu'il ait poursonRoyJeplus
grand des Mortels5
Cepeuple donttapoliteJ/e)
Passe à certains égardscelle qu'eut
autrefois *
Rome & l'ingenieuse Greee)
Ce peuple enfin fournisJïlong-temps
a nos loix,
_Aujourd'huy meprise noschaYliJes,
Se montre fierementrebelle à nos
douceurs5
Vainement contre luy nous employons
nos armes 5
C'est Bacchus & Momus quifeuh
font ses vainqueurs.
La beauté, l'esprit,la jeuneffi ).
]A qui nous prodiguons cent tresors
preiieux,
Dans ce sejour délicieux
K
Etalent en vain leur richesse :
De brusques étourdis pleins o,'unf"
soUeyvresse
Ne prennent jamaisgarde a cet,
preftnts des Cieux:
Sansdiscernement sans jajeffi,
ils n'ont pour nos attraits ni d'oteilles,
ni d'yeux.
Pour j'honneur de Paphos
, pout
Phonneur d*Amathonte
D aigne2; chezjes François reparer
notre honte.
ils cueillent des Laurierssanscejfî\
au champ de Mars,
ils couronnent tous les beauA
i Arts>
Xefoufrez,.pw Dieu de Citherai
Qrfavec le rare don d'enchanter lei\
regards,
Nous feules allions de lem
plaire
, Quand nous plaisons de toutes
parti.
D'unsourisgracieux, & d'un doux
air de tète,
(Signes qui des mortels nefont pa
inconnus)
Z'Amour approuva la Requête
Des favorites de Venus.
Puis d'un ton enchanteur& d'une
voix touchante,
Dont il ftàuit i*oreille & le coeut
à la fois, ill leur dit : fay toujours mon Arû
& mon Carquois,
JI efi jufle
, troupe charmante,
Que vousreyiitz^sur les Franfois.
fay vû plein de dépit la coupable
indolence
Qu'ils ont pour vos attraits) que
tout doit revcrera
Mais par un coup de mafuifsance
plusqu'ils n'ont jamaisfait, ils
vont les adorer.
X'incombai*bltAdeîaide,
Que la beauté couronne & que la
gloire guide,
Doit donner à la France un Prince
plein d'app-u.
Par un divin effet de mon pouvoir
(ufrème p.
Ce doitêtre un autre moy-mêmes
Et lesJeux &les Ris suivronttoujours
[es pas.
Zesyeux feront chatmezdefon'éclat
t extrême_:
Ce Prince enfin fera si beau
iZu"on croira le voyant que c'est moy
(ans bandeau.
_Et comme a Louis sur la terre.
Jupiterprêteson tonnctte 5 A
A cet Enfant dés le berceau, -
A cet Enfant un jour tel que Alars
dans la guerre,
Je frèteray mon arc, mes traits &'
mon flambeau.
fay fçû des dejlins
,
qu'à m.l
gloire,
On verra ce nouvel Amour
A tousvos charmes chaquejour
Donner VIE/ozre sur vifloire.
Lançant mes traits de toutes
farts
Mieux que ma main ne pourroit
faire,
Par luy vous recevrezjtn encens pe.
vulgaire
Desfameux éleves de Mars5
Zes dotles favoris des Mufes, des
6eaux Arts, -par luyferont toutfour
vous plaire.
- En attendant un tempssi doux 7
Si les beuveurs encor vousfontquet-,
ques ojfenfes
, Dans hfpoird'en avoird'agreabtei
vangeances: Be/le troupe confolet^vons.
Cbe\ un peuple galant 'Vous reprCfi^
drez^ vos places,
Déess que la Princes~s'ee des l~yss,,
Aura donné le jour Il son Auguftc
Fils:
On verra cent Autels aux Graces.
Ainfiparla le Dieu des coeurs.
Zesfavoritesdesa Mere
Bannirent leur douleur amere
Parses discours pleins de doIlceNrS)
RI puis cette troupe divine,
Peu faite pour être chagrine,
Selivrantauxtransprts deleuri
coeurs réjoàiis
Chanta sur dei tons magnifiqueS
Les charmes enchanteurs, les vertus
Heroiques
d'Adelaide,de Louis ,
Et de toute la race Auqufte
De ce Roy glorieux, aujjïpuissant
que jufle.
Cet ouvrage est de Mlle
l'Heritier & fut presenté à
Madame la Duchesse de
Bourgogne, au commencement
du mois d'Avril, il
reçut de grands applaudissemens
à la Cour, où l'on
souhaittoit avec la plus vive
ardeur de voir l'effet de
la prediction qu'il contient.
Si Mlle l'Héritier fut la
premiere à prédirecette naissance
,
elle fut aussi la premiere
à la chanter, puisqu'elle
donna dés le lendemain la
chanson suivante.
• CHANSON
Sur l'air de
Vautre jour m'allant promener.
Ah[ mon mal ne rjient que d'aimer3
&c.
SurlanaissancedeMonseigneur
le Duc deBretagne.
VOus qui suivez les douces Loix
De Louis leplusgrand des Rois%
Faites heureuxpeuples François9

Briller vôtre aliegreffe :
Vous quifuivezjles douces loix
D'un Royplein de fazeffe,
Notre Princejje a mis au jour
Un Enfant beau comme l'amour j
Jvïais il suivra Mars a son tour.
Tremblez^ Atgle superbe ?
Xfo'tie Princeffe amis au jour
Un Conquérant en herbe
jih!quon voit un objet chdrmant
Dsns la Mere decet Enfant!
Que son arpeil di triomphant!
Quelle qrace la guide!
yib! qu'on voit un objet charmant
Voyant Adélaïde!
Elle a tes charmes de Venus,
Tvtais ce qui vaut encoreplM;
Bile unit cent rares vertus
Asa beauté modefle
Elle à les charmes , de Venus
Et n'en a pas le refle.
Quejevotsunbrillantdestin
Au Prince qni fort de son fein !
Jlfarsle conduiraparla main
]o/qll.'aux bords du Scamandre„
Que je vois un brillant dessin
Pour ce jeune Alexandre!
Quil a d'exemples glorieux
Dans son Pere & les deux Ayeux !
De ces troisvaidans demi dieux il doit suivre la trace.
Qufil a d'exemples glorieux
Duns fin auquflerace.
Quand onfort dufang de Louis ,
On fait des exploitsinouïs.
Vos faits noM rendront rejoiiis
Cbatmant Duc de Bretagne?
Quand on fort du fang deLouis , La victoire accompagne..
Le vingtième Juillet on fit
à Lamballe, capitale du Duché
de Pent hieure en Bretagne,
appartenant àMonsieur
le Comte de Toulouse,les
rejoüissances publiques pour
l'heurese naissancedeMonseigneur
le Duc de Bretagne,
On commença la ceremonie
à quatre heures du matin
par une double décharge
du canon,suivie du carillon
des Eglises paroissiales de
Nôtre Dame,de Saint Jean;
&de Saint Martin. On chanta
à l'issuë de Vêpres le Te
Deum dans la Paroissiale &
Collegiale de Nôtre Dame,
oùassisterent le Clergé,tant
seculier que regulier de la
Ville & Fauxbourgs, les corps
de Justice & de la Communauté
au bruit des trom pettes
& du canon du Château.
On mir en fuite le feu à un
Bucher,orné des Armes du
Roy, de Messeigneurs les
Ducs de Bourgogne & de
Bretagne, & de plusieurs autres
convenables à ce sujet.
Les Compagnies de la ville
i"Y trouverent fous les ar.
mes , & firent leurs décharges
auxcris de ViventleRoy ,
& Monseigneur le Duc de Bre-
-
tagne. Le soit il y eût des illuminations
à toutes les maisons
,
des Feux de joye en
chaque ruë , & un d'artifice
qui réiilïjt tres bien.
On s'est acquitté du même
devoir à Bourges avec beaucoup
de distinction. On avoit
choisi parmi le peuple les
hommes les mieux faits, &
de la meilleure mine, &
l'on en forma quatre Compagnies
qu'on auroit pris àleur
air martial pour des Soldats
aguerris depuis long temps:
ils estoienttous fort lestes,
& bien armez. Sur les quatre
heures aprés midy
, cette
Milice fut conduire par les
Officiers des Quartiers dans
l'Eglise Cathedrale où le Te
D!unJ fJE chantéen musique,
& la Procession generale faite
à la maniere accoûtumée;
c'est à dire, que les Ordres
Religieux precedoient le
Clergé, aprés lequel marchoient
le Corps du Presidial
en robe à la droite, &
celuy de Ville aussi en robe
à la gauche. La Proce ssion
finie, on chanta dans le
Choeur un Motet, qui fit
juger que le Maistre demuf,
qile ôc les Musiciens prenoient
part à la joye publique
,
puisque on n'avoit jamais
rien entendu à Bourges
de mieux executé
, ny d'un
meilleur goust.Apres qu'on
eust rendu gracesauSeigrieur
de l'heureuse naissance du
nouveau Prince, les habitans
allerent lacelebrer dans leurs
maisons, le verre à la main,
ensuite de quoylesTroupes
se rassemblerent dans la Maison
de Ville pour prendre le
Maire & lesEchevins,&les
conduire à la place de Bouts
bon au son des Trompettes,
desTambours & des Fiffres,&
à la lueur d'une grande quantité
de flambeaux. On avoit
dresse dans cette Place un Bucher
d'unehauteur extraordinaire,
où le Maire&lesEchevins
mirent le feu ensemble,
& dans le même moment on
entendit une falve de rooyfqueterie,
qui futrecommenmencée
à plusieurs fois,&
qui dura pendant une partie
de la nuit, mais le Feu d'artifice
attira encore plus de
puiiofkc,
te ne doispas oublier la
magnificence de Milord Louvat,
qui vou lut témoigner à
son tour la part qu'il prenoit
a la joye publique, & l'attachement
qu'il a pour la
Maison Royale parune grande
profusion d'excellent vin
1 qu'il fit donner au peuple.
[ Deux fontaines de cette li.1
¡ queur coulerent dans lamême.
Place durant une bonne
t partie du jour, & pendant
toute la nuit, & sur le foir
on defonça plusieurs tonneaux
ou les plus alterez
trouverent bien au de- là
de ce qu'il falloit pour appasser
leur soif, puis qu'il en
resta beaucoup qu'on envoya
le lendemain à l Hôpital General.
Je nevous parle point
des réjoüissances qui se font
faites par divers particuliers
en differensendroits de la
Ville, non plus que des ornemens,
devises, & decorations
que MrJean Baptiste
Sabbatini,excellentPeintre :
Italien avoit faites pour la
Maison de Ville,& pour la
Place;il me faudroit trop de
~j
temps pour les decrire.
Les Particuliers ne se font
pas moins distinguez que les
Villesentieres, on le peut
voir par l'illumination de M*
VodiédeRennes. Il fitélever
une Piramide de figure triangulaire
de dix pieds de haut,
sur sa baze de trois pieds de
diametre
,
terminée par une
Couronne de Prince. On avoit choisi la Figure
triangulaire
, parce que la
maison dudit fleurVodiéest
située dans un carrtfour de
même figure.
Toutes les faces estoier
ornées dans le bas d'un piédestal
de mar bre, enrichi de
festons d'or qui tomboient
sur les gorges, l'entablement
& la corniche estoient aussi
d'or.
Sur l'entablement étoient
deux Dauphinsacculez,dont
lesqueuës étoient d'ornement
qui soutenoient un piédestal
au milieu
,
accompagné de
deux tiges de Lys qui sortoient
des mêmes ornemens;
le haut estoit orné d'un masque
d'or au que l estoit attaché
une grande couronne de
feüillesde Laurier&de Chefne
rehaussée d'or, dans laquelle
il yavoitune Devise.
aussi-bien que dans les bas
relie fs du piédestal.
-
Sur le piédestal de la face
opposée à la ruë de la Cine,
estoit une Renommée qui
tenoit d'une main unetrompette
dont la banniere eftoic
semée de fleurs de Lys &
d'Hermines sans nombre.
-
Elle sonnoit de la Trompette
, comme pour anlionà
cer la Naissance du DUC
DE BRETAGNE,& de
l'autre main elle renoit un - Ecusson des Armes de ce
Prince,qui porte écarteléau
premier & quatriéme quartier
de France, & au second
.&, troisiéme de Bretagne.
Au dessusestoit une devise
qui representoit une mer, sur
le rivage de laquelle estoit
une grande coquille qui s'ouvroit
par l'effet des rayons du
SoleU
,
qui la regardoit en
face; dans le milieu de laquelle
on entrevoyoit une
grosse Perle, avec ces mots,
SOLIS MUNERE DlVlTlOR.
Et dans le bas relief du
piédestal
,
estoit une autre
devise dont le corps estoit un
Soleil qui formoit dans un
nuage épais, qui s'élevoit de
la mer,trois Parelies qui al-,
loient en diminuant vers le
bord de l'horison, avec ces
mors,
HODIE quod nunquàm.
Sur le piédestal de la face
qui regarde l'Eglise S. Germain,
estoit une femme de..
bout, representant la Province
de Bretagne,elle estoit
vestuë d'une robe rouge avec
un manteau blanc, doublé
d'Hermine, tenant de la
main droite un Vaisseau
,
&
de l'autre elle caressoit une
Hermine qui estoit sur le Jas
d'un Ar.-,.-re;à ses pieds étoit
un Trophée maritime, composé
de Canons, de Mats &
de debris de Vaisseaux.
La devise d'enhaut reprc-'
sentoit un Nid d'Alcyon sur
une mer dont le milieu où
étoit leNidétoit calme, pendant
que ce qui paroissoit
dans l'éloignementétoit forc
agité & la mer fort grosse
,
avec ces mots »*
QUOD
TANGO,TUEOR.
~', Et dans le bas Relief d'enbas
étoit representé un gros
Fleuve qui se ftparoit en trois
& dont tous les bras paroissoient
considerables
, avec
ces mots, ,.¡.
DIVISUS PIT MAJOR.
; Sur le piédestal de l'autre
Faceécoitune femme debout,
teprefentant la Ville de Rennes,
qui tenoit dans sa main
droite une main de Justice
avec quelques instrumens &
attributs des Arts, elle etoic
a ppuyée sur un écusson de la
Ville deRennes.
La premiere des deux de5
vises de la mesme face, reprefencoic
quatre flambeaux,
donc la grandeur étoit par
gradation, ils étoient élevez
l'un au dessus de l'autre, &le
premier &leplus gros, produisoit
une grossi:fiâmesqui
en s'élevanten l'air allumoit
les trois autres qui se communiquoient
la lumiere l'un
à l'autre, avec ces mots, J
LUMEN DE LUMINE. À
Et la seconderepresentoit
quatre tiges de Lys, sortans
de lameime souche, dont le
premier étoit fort élevé,& les
lucres toujours en, dimi.
nuantj & au dessous du dernier
étoit une ruche à miel ,
autour de laquelle étoient
plusieurs Abeilles
mot,savec,ces TUTE
ET JUCUNDE:
L'on a eu avis de Malthe
queMonfieur le Chevalier de
Lorraine s'étant excusé du
Commandement desGaleres
parce qu'il eil: Chef d'Escadre
,
qu'il est presentement
surmer
,
qu'il sert dans la
la Flotte de Monsieur le
Comte de Toulouse, & qu'il
ne peut quitter le service du
Roy; le Grand Maistre a
nommé Frere Gabriel du
Chastelet de Fresnieres,
Grand Croix, Grand Prieur
du Prieuré d'Aquitaine, &
Commandeur de la Commanderie
de Saint Estienne
en Normandie, pour estre
General des Galeres : il doit
entrer en possession au mois
deMay 1705.
Frere
< Frere Nicolas de Tavolas,
de la Nation Portugaise
,
qui
quitte le Commandement
des Galeres
,
est d'une tresancienne
Maison de Portugal,
ilyaeuun Grand Maistre
(de cette famille dans le quatriéme
siecle.
Les Galeres de l'Ordre
étoient commandées auparavant
par Frere Jean Vairi
dont la famille tient , rang de
Prince en Italie
,
& avantce
dernier elles l'etoient par
Frere Jacques Spinola
,
Gémieres
dignitez de l'Ordre
Et enfin après ces Commandeurs,
Frere Gabriel du Châtellet
de Moyencourt, mort
à Malthe
,
après avoir esté
Grand Hospitalier
,
Grand
Tresorier
,
Bailly de la Morée
& avoir patte danstoutes
les dignitez de l'Ordre, en a
esté General. Il estoit grand
oncle du Commandeur de
Frefnieres qui vient destre!
choisi pour les commander;
La famille du Chastellet
est originaire de Flandre; uri
Claude du Chaitellet s'étoit
établi en Picardie par le mariage
d'Antoinette de Moyencourt
,
devenuë heritiere de
la terre & des autres biens
situez dans la Province de
Picardie, par lamort de deux
Freres tuez à la bataille de S.
Denis.
De cette famille sont issuës
deux branches; sçavoir
,
du
Chastellet de Moyencourt,
&du Chastellet de Fresnieres,
dont les biens & les terres
sont dans la Province de Picardie.
Une troisiéme branche
s'est établieen Lorraine,
fous le nom du Chastellet de
Ciray.
Je vous envoye l'éloge de
Mrde Lucas, dont je vous
ay parlé dans ma derniere
Lettre. Ce sçavant homme
excelloitégalement dans les
Sciences & dans les Arts, &
padoit pour un Juge d'une
parfaite intégrité. Il estoit
Doyen des ConseillersClercs
du Parlement de Toulouse,
Doyen de la Compagnie des
Lanternistes qu'il avoirétablie.
Il faisoit tous les ans la
depense d'une Médaille que
cette Compagnie ajugeoit à
]a personne qui avoit le
mkux rempli les Bouts rimez
d'un Sonnet à la loüange du
Roy. Cet éloge a esté composé
par le Secretaire de la
Compagnie des Lanternistes
& prononce dans l'AlTem»
blée de la mesme Compa-
) gnie
,
dans laquelle on distribua
le dernier Prix. CeSecretaire
est aussi bon Ora-
Il
Queltrissefyecîacle si prejente
aannoojfrrrrte, iimmaaogii*nnaatitoi'no!n ! QQuueelllleeÇfôomm--
bre mélancolie s'empare de nos
fins & de noflre coeur!dans le
temps que nous allons entendre des
chants d'allegrejjè & de triomphe
pour les ViSloïres du plus grand
de tous lesRois, Tant deJujets de
joye devroient, ce semble, bannir
la triflcjje que nous cause la perte
que nous venons defaire; mais
comment retenir nos
larmes! comment
étoufer nos Joupirs dans une
conjoncturefidouloureuje! Quoy !
ne nous fera-t-ilpas permis de
répandre quelques lfeurs sur le
tombeau
d'une
perjonne qui nous
estoit si chere ? de nojlreillujlre
Doyen3que nous devons regarder
comme le Fondateur de ces agréables
exercices j comme lePere &
tle Patron des Mufes.
Vous lefia'Vez
j
Meneurs
-'
il
avoit un goust excellent, un eJPrit .*1ple'in dde vivacité& dde pénétration
juneam: grande &generet{.
}Jejun naturel charmant, & une
bonté de coeur qu'onneJçauroit
ex4-pxPrirmimeerr..SSoonn ggeenniiee aaiimmooiitt rtooûu---
jours à s~'él;ever> il recht erchoit ce
qu'ily avoit de plusJubtil & de
} pluscurieux dans toutes les Sciences
e dans tous les Arts,cjoit
gnant la Theorie à la Pratique.) il
executoitheureujement les idées
1
qucjon imaginationavoitconçues.
Quels applaudrjjemensquelles
louanges ne luj ont point attiré
divers ouvragesmécaniques que
desçavans PhilosophesCd'habiles
Ingénieurs ont tro!ruez dignes
de leur admirationf Cette Machine
fiydraulique par le moyen
de laquelle on peut porter l'abondance
(7 la fertilitédans les campagnes
les plusJeches & les plus
Jkriles;ce Cohmettre quifaitconrtoilfre
au jujle l'ejhrne des Vents)
&quifournitaux Pilotes dequoy
prévenir les juitesfunefles qui arrivent
ordinairement dans la Alavigation.
Quel bruitnapointfait
son Aiguille non -
aimantée
y
après qui
des mouvemens conti-aires, apres tourne vers le Nord
> v sy ar.
cIh ? Est-il rien mieux inventé
jue le Tombeau d'Attila
>
où pav1ist
u.n grandnombre de Medail- \,(1. h es antiques-' &ou efl cachée une
'ailleriefine c- inçenieufe
3
fous
Effigie des Divinité%supposees?
E» )n n a qu'à examinerlEncensoir
yÎEtendart de Mahomet pour
»
apprendre de beauxsecrets de la
Vature, lesparfumslesplus ex-
Tuis
j
la qualitéC la vertu des
lierres precieuses les plus rares cm
ts moins connués. Quelle fecon- -"litéde genie!quelle facilitea ~~- produire
de nouvelles découvertes !
pe bel Art qui efi si necefaire
vur la commodité des hommes
+
e qui Jert à les rendre immortels>
enfazfantparoistre leurgrandeur&
leur magnificencepar des
édifices également superbes &
durables. LArchitectureavectoutteessJseess
rreegrularriitez eps proportions
nefioitpas ignorée de ce
grandgenie. Il a fiaitvoirparun
nouvelOrdre qudainventé
, C
quon a appelle Borbonicn, pat
rapport a l'illuflre & glorieujt
Famille desBourbons
3
il a fait
moir que la Nation Françoije
ni
cedoit en rien aux Grecs & au)
Romains quiJe vantent d'cflre le,
premiers Auteurs d: la belle A1
chiteélure. Jepourrois encore vow.
porter plufteurs autres talens>
ssieurs autres belles connoissances
il excelloit; &il n'y a pointde
ute quonauroit vu tous ces ou-
-ages dans leur derniere perfecn

s'il avoit eu le loifr de sy
pliquer, & s'iln'avoit craint
dérober à l'exercice de lajuftidesmomens
qu'illuyavoitcon-
:re%. C'est icy
3
Meneurs, où
devrois vous le reprejenter , 1ssur les Fleurs-de-hs
>
à cossé
s premieres DignitczJ donner
Hte sonattention au droit des
xrties ,souvent déguisepar l'éjuence
artificieuje de l'Orateur.J
**former ensuite parson avis les
Arrcfls qui decidoient de leurfortLun"
e. '
L'intégrité é7 le dcfîntercjjement
font le véritable caracLn
d'un Magiflrat; celuy-cypojjedoit
ces qualité^ dans toute leu
(tendue.Touchédesimpr.ffovsd
lavérité> & nullementsensible
< la tentation de l'avarice, toujour,
presl à soûtenir l-es interefls d-t
malheureux
3
il neJedétourna ja
mais des routes que l'honneur ci
la probité luj marquoicnt : lè
PPuUij;jeaences ne l' étonnoient p.is3 Ó
- ïamitiér,eunie r^rfortifiée navoi
pas le moindre pouvoir far fo
esPrit.PleindetendrcJ fentimer
mrJon PrOCI)ain, ennemi coJtrantx
d: l'iniquité}ilJedxlaroit
mtement contre ïopprejjion&la
lrannze.
C'ejlainsiqu'il a rempli les devoirs
de Jon Miniflorependantun
mg efface d'années, cr comme il
voit un ejprituniverjel,&qail
onnoit ritdans toutes
S\ucviecn:tcseis:>nï'eial cfe-lmleAd'eeslqouixil ne
q:ti
tVûLtnd1 1 si, l, -'
:'
des Joinsparticul1iers .¡hL v,j -:-':--J st st 1 l.:J
ne aoblication craunuelle : cepen-
.J.\o. ",..:J./t
l
fI.- ,J; .,-,.r,., \,. t
11
1 - antenju^oti-Uavecmoi-ns c/i'r,t'-
uite&n'avoir-il pas la repu-
J' l 'Ï S 1
tyion dun bon jure ?Sapenetrar
- tt L. :/ 'J.. J ¿~)". ,. l -' L.
)on (j7°Jid.'QilttreJuppleoii'.U (f
Mà cequipourvoit luy manque)
& ce qu'ilrianjoit pas eu tout i
temps d'acquerir par l'etudej < l'avoitpartexperience.
Il est rare de trouver ailleui
plus de feu
j
&plus de vivacii
àrejprit.Jenjousattejle icjjAiej
sieurs ? Combien de fois l'ave^
rvous entendu parler sans prepa
rationfur*des matieres differenh e données au hasard, jusqu
soutenirmêmelong-tempsfèsdij
cours j &pousser fort loin j
promptes & heureujes faillies
quelquefois plus agréables que 1
diftoursetudiez & les médite
tions recherchées. Ses sentimes
ne cedoientpoint asesexprejjtons3
& s'il avoit de bellespensées.) il
avoit aujjidessentimens nobles&
genereux. Ilfalloitavoir une ame aujjt
elevée que l'estoit la sienne pour
surmonter les adverlitek qui le
traverserent. Son illufire famille
lme is'efitoujours Joutenue dans
Afinifiere de la Jufiice
>
&
que le digne héritier de nofire
Àîagifiratrehaujje beaucoup par
sa bravoure dans l'artillerie
& par des difiinflionsglorieuses
dont il a plu au Roy de
honorer; fan illufirefamille
> dis-jej efloit comblée de biens &
dans l'opulence: il vit cette fortune
sévanouirsans en efire emu
y & ramassant, pour ainfiparler,
les refits de [onnaufrage, il prit
le parti de sa Robe, & en même
temps celiiy defaire profession d'un
honnfie indibellce. Il auroit pu
dans lesfuites relever ledébrisde
sa maison par un gain légitimé;
'mais il aima mieux s'en priver
quelquefois, que d'efiresoupçonne
d'avoir la moindrepassion
,
le
moindre attachementpourses propresintenfis;
semblable a nospremiers
Percs
.>
qui me fotigeoient
1 - ,"
qu,avivre ddans l¿a b1 onnejoy (;,;-..J
dans la /implicite.
Quojque lafortune ne luy
fust point favorable >orqu'il en
reflèntift jcuvent les caprices&
la bizarrerie
3
elle ne luyofioitrien
du repos (ydu contentement quil
s'ejloit fait dans joname. Il les
faisoitparoistre au dehors,ce contentement
& ce repos J par une
humeur toujours égale par un
naturel qui neJe dementoitpoint.
Iwenieux à chercherde nouveaux o,
diverti/Jemens>ddeennoouuvveeaauuxx
tours ; de nouvelles maniérés a
pajjerle tempsagréablement>faisanttoutavecespî-
it, dijantJans
rCejJe de bons rnots.) il efloit le charme
des converCations3lesdelices
descompagnies. Vnairdejoye
& de plaiftrJerépandoitd'abord
dans tous les lieux où ilJe trouruait:
mais cet enjouement &
cettegàyeténempêchoientpasqu'il
ne fustgrave &ferieux quandil
falloit;cesairs libres &familiers
nefaisoient rien perdre de la reélitude
qu'ilsçavoitgarder&de la
dignitéquiljça*voitmaintenirdans
l'administration desa charge.
Le public est témoin du zele
qu'il a fait parottre pour les intérêts
de la Religion. Les irrenjerences
efloient comme autorisées
dans la maijon du Seigneur; les
Minières de Jefts
- Chrift nétoientpasajje%
forts 3 il salut
avoir recours aux Aîinijlres de
lajuftice pour reprimer cette licence
ftandaleufe ; Notre Magistrat
Ecclefïajlique sy attacha
avec une ardeurvraymentChrétienne
: après avoiremployé la
,douceur., & les remontrances civiles>
il ufoit de menaces &prenoit
le foüet contre les-profanateurs
du Sanéluaire
3 &faisant
ainsi religieusement observer le
rejpeél & la modefliedans nos
saints Temples
3
il s'acquittait en
même-temps du double miniflere
où il estoit engagé.
Que diray-je de la charitéqu'il
exerçoit envers les pauvres [ pourray-
je vous exprimer combienil
eftoit- sensible à leur miferc ! Outre
qu'ilchoijïjjoit douze pauvres des
plus dgc^,qu'ilJervoit luy-même
dans un repas qu'il avoit accoutuméde
leur donnerj commepour
etrennechaque premier jour de
l'anj il en Joulageoit encore beaucoupd'autres

dans le cours de
l'année
j
du fruit de fan travail
& de sa propre fubftflance.
Son bon coeur lujavoit attiré
l'eslime & la vénération de tout
le peuple; les grands&lespetits,
les Bourgeois & les Artijans le
combloient de millelouangesj doux
fruit de son affabilité& de jes
manieres obligeantes & populaires.
Ses libéralité^nefloientpoint
du tout interefées
3
silfaifoitdu
bien cefloit dans l'efferance de
nM'en rrect~irfe~r a<u~ccu.~n a~v'aTnt.afg~e ;j il
jprevenoit mêmelesbesoins de fis
amisj & njoulou bien leur épargner
ces démarchesfacheusesjces
prièresJer-viles que la neceJJitéfait
faire. Quelle bonté>quelle complaisance3
quelle tendreffi navoitil
pas pour eux! il difoitfowvent
dans lépanebement de son
coeur>
qu'il efloit bien aise de menager
le peu de fortune qui luy reftoit>
pour en faire un present a fis.
plusfidelles amis. Il a confervé
cessentimensjusqua lafin de sa
vie3 &cetteinclination bien-jaipinteefigravée
danssa derniere
'Volonté
3 avec des traits qui ne
s'effaceront jamais 3fur tout de la
memoire de ceux quifont obligez
d'enavoir une reconnoijjance toute
particuliere. -Par tous ces caraéleres irillansj
par tous ces avantages que le Cielj
<*7°la nature avoientpris foin de
réunir en sa personne> on
doitne-\
cejjairement conclure que le Ma.,
giflrat que nous louons avoit un
mérité singulier
3
quil efloit
tjJentiellement& honnejle - hom*
me & homme de bien.
Vous riignore%pas>Mejifeurs,
leflime & la consideration qu'il
azoitpourtouteslespersonnes qui
composent cette Compagnie; il les
avoitchoijics luy-même.)persuadé
queleon inflitution auroit des
fuites heureuses & ne periroit
pas entre leurs mains. Il a bien
'L'Oulu nous faire part a tous de
(es dons.,c-nous laijjer en mourant
des richejJès qui ne font pas
sujettes aux injures du tempsj ni
aux caprices de la fortune; il nous
a confié les precieuxtresors du
ParnaJJe; que dis -je
>
le Dieit
même du Parnaffi : Ce feroitunt
ejpece d'ojfènje&dJirrelizicn que
de répudier ceneforte d'héritage.
Cess un depojlJacréque nous ctê-
A l vons toujoursconjerver
}
cejl un
feu celejie qu'il ne faut jamais
laijjtréteindre.
Je crois devoir commencer
la Relation des réjouie
sances quiont esté faites à
Beziers par la description des
ornemens qui decoroient le
feu d'artifice.On avoit dressé,
un grand Theatre dans la
Place où estoit autrsfois la4
Citadelle,sortélevé & soûtenu
de huit colonnes d'ordre
Ionique
Ionique avec leursPledestaux
& Socles formant quatre
arceaux aux quatre faces,
suivant le même ordre. Les
chapiteaux des huitcolonnes
estoient faitschacun de deux
Dauphins,dont les queuës
formoientlesvolutes,&dans
l'endroit oùl'on met d'ordinaire
des rofcs ou des fleurons,
on avoit figurédes hermines;
l'entablement avoic
autour de la frise ces paroles
du Prophete Daniel, qu'on a
toujours expliquées en sa,
veur de la France.
Suscitabit regnum magnum,
quod in oeternum non dissipabitur.
Il portoit une balustradeterminée
aux quatre coins par
quatre piedestaux, où étoienc
posées des Satuës qui reprc4
îentoienc les quatre Vertus
principales qui font la durée
des Empires, l'une estoie la
Pieré, ayanc en fcs mains
cette inlcription,
GRATA DEO ET POPULIS;
L'autre cftoitla Prudence;
qui tenoit un Ecriceau
,

éîoicnt ces paroles,
MENS UNA SAPIENS PLURIUM
VINCIT MANUS.
La troisieme figure eftoic
la valeur ou la force represensée
parune Pallas,tenant
une pique d'une main, &
cette inscription de l'autre,
pROPRlUM DBCQS IN
CASTRI S.
La Justice estoit la quatrième
qui d'une main tenoit
une Couronne de Launer,
& de l'autre, une épée
nuë, ces mots estoîent écrits
sur son pied d'estal.
JllSTÀ RETRIBUIT.
Au milieu de l'entablement,
& au dessus de chaque
portiqueestoient figurés des
Cartouches
, contenant des
devises qui avoientduraport
à la naissance de Monseigneur
leDuc deBretagne. Surcet
ordre Ionique, & au dessus
de l'entablement, dans iemii1
lieu de la baludtrade estoient
éleve es quatre Colonnes d'ordre
Co~nihien.des plusvives
couleurs de marbre, dont il
ya des carrieres prés de BeJ
ziers; leurs piedestaux
,
frises
& corniches estoient de
marbre blanc, & les chapitaux
des Colonne, dorés, au
milieu de chacune des faces
eftoir une table de marbre
noir, ce fécond entable*
ment à l'aide d'une plinthe;
élevoit une grande Courons
ne fermée par quatre Dauphins
, y ayant une fleur de
Lys entre chacun d'eux, &
au pUu haut de la Couronne
• une flrur de Lys à quatre sa.
cet ; sur les Tables de marbre
noir on lisoit cette infcription
en Caracteres d'or,
HIS INCONCUSSA MANEBIT.
L'espace qui estoit entre
les quatrecolonnesestoit occupé
par des festonsdeLauriers
qui descendoient de
leurs chapiteaux,& estoient
chargez chacun de cartou
ches
,
& ces cartouches de
devifcs sur la naissance du
Prince, & sur la Famille
Royale;voici quelquesunes
de ces devises avec l'explication.
La premiere avoit pour
corpsune Grenade ouverte,
& ces mots Espagnols pour
Ame, « Tanto granostanto
Reyes.
Autant que cefruita de grains,
Autant cette race divine
Qt/e sansnommerchacun devine,
Nous donnera de Souverains.
La feconde un Soleil levant
, & cesmots d'Horace,
ALIUSQJlE ET IDEM
NASCITUR,
Ce rïeftpasce Soleil dont lavivt
lumière
Tient loin de nos climats les èrouiU
lars écartés,
Qui de[on cielvoittoutfarsespropres
clartés,
Et ne cede icy bas qu'à la clarté
premiere.
Celui-gfn'eflpas moinsSoleil,
'Zlfira [on image, & fera jans
pareil.
La troifiérac, un rejcrtoti
de palme, & ces mots de
Virgile,
S*RIS FACTURA NEPÛTIBUS
UMBRAM.
Cepetitrejetion quinousrendsi
contens,
De nos plus beaux pa lmters vient
augmenter le nombre,
Comme-eux
,
il couvrira les peuples
deson ombre,
Mais nonpas encorde long-temps.
La quatriéme,lesArmes
de France & de Bretagne
accolées.
QUAM BENE CONVE-
* NIUNT.
Que voit on qui convienne mieux.
Acet auquflt enfant deeelefte origine
? il n'ejiten de pluspur quele lys que
/'hermine,
H-etfrien deplus pur queU~fitïïg
denosdieux. ;
Lacinquième,ungrancT
Lit & des petits Lis autour,1
avec ces paroles d-c Virgile,
CRESCENT ILLA,CRESCETÏS
AMORES,
Bien que pour ce grand Zis noire
amour (ôit extrême, Quechacunletémoigne, & lefente
,
gne -
"0
-
de même i.
0
- ssous rien demeurerons fas là.
Ces jeunes lis croîtront
)
& nojtre
amour croîtra.
Lasixiéme; unFleuve partagé
en plusieurs bras, qui
croient dans le Fleuve,
un d'eux s'en separoit
,
ils
eprefentoient Monseigneur
: Dauphin, Monseigneur le
)uc de Bourgogne,le jeune
.Iince. & le Roy d'Espagne,
vecces mots Italiens,
UI RUSCELLI GIA SONO
P1UM1.
-
Ce fleuveincomparableeflfécond
enruiféaux,
Ils n'ensortentquepours'y rendre
De leurs divers courantsil augmente
ses eaux, )nseul tn dtdutTes lieuxse plaît h
se répandre,
)ue de palmes vont croître au bord
de ce ruiilcatl
Qui dansleschamps voisinsjefail
un cours nouveau ,
1
Par tout il s'y promene avec tant
d'avantage,
Qu'il va bien-tôtcouleroà s'écoule,
le Tage. 1
La septiéme ,
, quatre El
cluses representant le Roy
& les Princes, la plus bafse
Ecluie estoit toute peine
d'eau.
COLLIGIT UNUS:
Quandun canal estpleinde l'un
à Vautre bout,
Et qubil a dans son cours quatre
Ecluses profondes,
chacuneseremplitàson tour deJes
ondes;
Laplus baffe recueilletout.
La huitième
, une touffe
l'arbres, parmi lesquels il y
:n avoic un plus grand que
es autres 3
& cc vers cTHoace,
UMBRAM HOSPITALEM
CONSOCIARE AMANT.
Cet arbre est le plusglorieux
Que l'on aitvu en tous lesâgeS,
Cesi fhonneur des Forefis
,
& l'amilour
de ces lieux ) efi avec tous fis feuillages :
On voit autour de luy de jeunes
arbrisseaux,
Qui comme le Laurier craignentpc
le tonnerre j
Dans les champs de la gloire il
foufient des rameaux,
Et quelque ventquileurfaffe II
guerre;
ilsferont unjour assès beau.
Pouffaireombreà toute latem
La nuit du 3. Aoust estans
survenuë la Ville fut pleine
d'ilîamioationfjMrl'Evêque
de Bezicrs en rochet & camail,
suivant l'ancienusage,
ayant à sa gauche le Maire
revefto de sa Robe de
velouri
cramoifi/ourrée d'herminesj,
partit del'Hôtelde Villeprejj
cedé d'un grand nombre de
Violons&deHautbois&de
cinq Compagnies de Milice
qui estoient tous les Armes;
iuivides Consuls, AGcficurs)
& Officiers de Ville, chacun
un flam beau de cire blanche
: à la main,arriva au lieu où
,le feu avoic esté dressé.Aussi-
,toH les cinq Compagnies
ausquelles sejoignit uneCompagnie
de Miquelets ou Fur.
filliers des Montagnes, qui
;
passoient encette Ville, & y
hétoienr de (ejour, firent pluj*
fit urs décharges.Le feu ayant
esté allumé parMr l'Eveque,
Mr le Maire, Consuls & ConfeillersdeVillc,
l'artificeioüa
avecun succes, dont tout le
monde fut satisfait. II fortic
de la Couronne du feu d'Ar.
tifice une girandole de fufées
volantes qui formèrent
une Couronne de feu dans
lesairs, cependant la Couronne
de l'artifice brilla long,
temps d'une infinité de lances
à feu qui éclairoient la
place. Le tout fut conduit
par Mr de BourgesIngénieur
du Roy, & executé par Mr
Duval Sculpteur & Peintre.
Ce ne furent que réjoüissances
de toutes parts. Ceux qui
ont fait éclater le plus leur
joyeontesté Mr de Guibal,
Lieutenant general. & President
auPresidial. Mr Lepul
Viguier pour le Roy, & Inventeur
du Feu dartifice
dont , je viens de vous faire
la description,&MrTinaray
Procureur du Roy.
Mrs de Saint Martin de
Tours qui se font signalez
dans toutes les occasionsoù
il s'est agi de marquer leur
zele & leur attachement re(:'
pectueux pour la Personne
sacrée du Roy, pour la Fa.
mille Royalle & pour l'Etat,
se sontdistinguez dans celle
de l'heureuse naissance de
Monseigneur le Duc de Bretagne;
ils ont cru aussi qu'ils
y étoient obligez parce que
les Ducs de Bretagne font
Chanoines d'honneur de leur
Eglise depuis Pierre II. qui
fut admis avec les Successeurs
l'an 1455. du consentement
du Roy Charles VIL
ainsi qu'il se verra plus au
long dans la fin de certe Relation.
Leur fesle a esté des plus
celebres & des plus magnifiques
qui se soientvûës dans
la Province depuis longtemps.
Désle Samedy 19. de
Juillet,ils la firent annoncer
sur les huit heures du foir par
le son detoutes leurs Cloches
& de celles desChapitres,
Communautez & Parroisses
de leurs dépendances. Leur
son harmonieux réjoüit extremement
la Ville pendant
plus d'une heure conformement
au Mandement qu'ils
avoient fait publier, fuivanc
l'usage
,
dans les lieux qui
leurs font soûmis. Ils firent
chanter le lendemain dans
leur Eglise
,
à l'issuë de Vespres,
leTeDeumpar la Mu
sique & un Motet tres propre
au sujet de la feste;ils y
avoient invité Mr l'intendant
& les Corps du Presidial
& dela Villequis'y trouverent
à l'ordinaire; Mr l'Intendant
estoit en Robe à la
teste du Presidial
; la Maison
de Villeyfut conduite par
plusieurs Compagnies de
Bourgeois qui estoient fous
les armes dés le matin. Toutes
les personnes de distinction
de la Ville & des envions
sy trouvèrent, & jamais
on ne vit une plus grande
affluence dePeuple, & cette
Eglise,quoique des plus va stes
du Royaume, se trouva trop
petite pour contenir tous
ceux qui voulurent prendre
part à la feste.
Au sortit du Te Deum, les
Corps&les Commissaires du
Chapitre reconduisirent Mr
l'Intendant dans Ion Hostel;
qui est dans le Cloistre Saint
Martin, le Peuple se retira
dans la grande Place de Saint
Martin,où quatre fontaines
de Vin commencèrent à couler
& continuerent toute la
nuit. Mrs de Saint Martin
avoient fait orner de tapisserie
& de festons ,le Portail
qui conduit de leur Cloistre
à cette Place, le Portrait du
Roy couronné de Lauriers
estoit placéau frontispice, la
renomméeaudessus,unHercule
le soutenoit d'une main
& une Minerve de l'autre.
Au dessous estoient les Armes
de Sa Majesté, un peu plus
bas celles de Monseigneurle
Dauphin & de Messeigneurs
les Duc de Bourgogne & de
Bretagne;& encore plus bas
étoit une Victoire accompagnée
de ses trophées qui soutenoient
le tout. Elle avoit à
sa droite la Prudence,& à sa
gauche la Vigilance; au desfous
de ces figures étoient
placées les Armes de Mr le
Marquis de Dangeau Gouverneur
de laProvince & celle
deMrdeTurgot, Intendant
de la Généralité. Les Armes
de l'Eglise de saint Martin,
terminoient la Décoration. Onavoit élevé vis à vis de
ce Portail un bucher,aumilieu
de la P lace, & sur une
Tour du Cloistre qui est à
l'extrcmité de cette Place &
qui a prés de cent pieds d'élévation
, ces Mrs avoienc
fait preparer un feu d'artifice
d'une trèsbelle firuél-ure.
UnePiramide en forme d'Obelifquetfoutenuëd'ungrar,
g
piédestal s'élevoit de 2;. à 30.
pieds, elle estoit flanquée de
quatre autres petites Pirami-j
des parsemées des Armes de
France , de Dauphiné,dd
Bourgogne & de BretagneS
qui le faisoient apercevoirà
la faveur des lumieres dont
les Piramides étoient éclai."
rées en dedans. La grande
Piramidel
Piramide étoit parsemée de
Lauriers & enrichie jusqu'à
lacimede plusieursornemens
de differences couleurs &
éclairée de deux cens pots à
feu, & un pot à feu d'une
prodigieuse grosseur faisoit
son couronnement, une
étoffe découpée & parsemée
des mêmes Armes que les
Piramides bordoitla circonference
de la Tour. On appercevoit
des prismesau travers
qui formoient un tresbeau
spectacle,&ces illuminations
étoient accom pa.
gnées de differens artifices &
d'up grand nombre de fusées
volantes, les fcneftres des
maisons quienvironnoientla
Place étoienc illuminées J
nombre d'Amphiteatres y
furentdressez
,
& tout étoit
remply jusqu'aux toits des
maisons.
Si-tost quel'illumination
fut disposée, Mr l'Intendant
qui avoit esté prié par le Chapitre
d'allumer le feu ,y vint
en Robe, accompagnedesix
Commissaires du Chapitre,
precedez & suivis de leurs
Huissiers, tenant chacun en
main un flambeau de cire
blanche. Les Compagnies de
Bourgeois qui étoient fous
les armes marchoient devant
en ordre de Bataille, & firent
à leur arrivée une dé.
,.
charge de toute leur Mous-
:'queterie ;on tira nom bre de
rboëtes. Toutes les Cloches
die;l'Eglise & des dependan- Il ces sonnerent en même
temps,ainsi que le jour précedent.
Mr le C h artre de
l'Eglise, qui estoit à la ccfte
des Commissâres3 presenta
un flambeau à Mr l'Intendant,
qui luyfitl'honneur de
luy en presenter un autre,
Le feu fut ainsi allumé aux
acclamations de tout le peuple
& des cris de vive le Roy,
C'src.
Le feu allumé, Mr l'Intendant
revint avec lesCommisfaires
prendre les places qui
leur avoient esté preparées
sur un Amphiteatre & roQs
les artifices joüerent dans
leur ordre avec tout le succés
qu'on en pouvoit attendre.
Dés l'entrée de la nuit, la
grande Tour, dite de Charlemagne
,
dont l'Eglise Saine
Martin est flanquée du costé
du Septentrion, ainsi quçi
celle de l'horloge qui elt ait
MiJy
,
furent illuminées de
plus de deux cens fanaux qui
durerent jusqu'au jour & qui
se firent appercevoir de plus
de dix lieuës à la ronde, il y
en avoit aussi sur la haute
Tour de l'Eglise de S. Pierre
Puellier, qui est plus bas vers
le Septentrion, prés de la
Loire; & de l'autre costé de
l'EgliseS. Martin,onvoyoit
sur la Tour du Cloistre
,
qui
cft à - nent'.& sur la même
ligne Meridiocale que celle
où estoit le feud'artifice,une
haute piramide de feu qui
s'élevoit en l'air,accompagnée
de quantité de fanaux,
La Place de saint Pierre du
Chardonnet sur laquelle donne
cette Tour, tout leCloistre
de saint Martin en cette
grande partie de la Ville appelée
Château-neuf, qui étoit
l'ancienne Ville de S. Martin,
estoient toutes illuminées,
de forte qu'on peut dire que
cette heureusenuit fut changée
en un grand jour.
Les Commissaires du Chapitre
reconduisirent Mr l'intendant
à son Hostel
,
qu'ils
trouverent aussiilluminé.
Pendant le repas magnifique
qu'il donna à plusieurs personnes
de dietinction
,
l'on
fit encore partir de devant la
porte de son Hostelplusieurs
fusées vol antes. Enfin l'on
ne peut rien ajouter aux demonstrations
de joye que
toutle monde donnaen cette
occasion
, ny aux applaudissements
que le Chapitre de S.
Martin reçue d'avoir si bien
marqué son zele pour la gloire
du Roy.
Les differens qui étoient
de temps en temps entre la
France & les Ducsde Bretagne
, ayant esté pacifiez &:
Pierre II. ayanc succedé à
François I. son frere dans ce
Duché;ce Prince, afin de
marquer davantage l'attachement
desDucs de Bretagne
pour nos Rois, demanda
en 1455. d'estreadmis lui
& ses Successeurs parmi les
Princes Chanoines d'honneur
de l'EglisedeS Martin,
dont on sçait que nos Rois
font les Abbez. Ce Prince
estoit alors regardé comme
étranger
,
C'est pourquoy le
Chapitre de Saint Martin ne
crut pas devoir luiaccorder
ce qu'il demandoit sans le
consentementexprésduRoy;
la Cour estoit alors à Bourges;
le Chapitre deputa vers
le Roy, c'estoit Charles VII.
qui reçût avec joye les marques
du nouvel engagemenc
des Ducs de Bretagne, qui
depuis ce temps-làsont infcripts
parmi les Princes Chanoines
de l'Eglise de Saint
Martin. Cela se verifie par le*
Aéte$ de l'Eglise de S. Martin
qui font du temps. dans la Chambre des Comptes
de Nantes, on en trouve
i même quelque monumens.
Quoique la Ville de Strasbourg
soit des plus éloign-e*cs,
elle ne laissa pas de donner des
marques de sa joye pour la naifsance
de Monseigneur le Duc
de Bretagne, dés le6. de Juillet.
Ce jour-l à routes les Cloches
de la Ville sonnerent pendant
une heure, au soleil levant
, après quoi ily eut de
grandes fanfares de trompettes
, de hautbois & detimballes
sur la Plateforme du grand
Clocher La même c hose sefit
àmidy & au coucher du Soleil.
On chanta à l'issuë de Vespres
le Te Deum au bruit d'une triple
décharge de Canon & de
l'artillerie desremparts. Le
Corps de Ville donna le soir un
repasmagnifique à l'Etat Major
de la Place, oùquantité
d'Officiers Generaux de l'ar-.
mée se trouvèrent ,
pendant lequel
on tira un feu d'artifice
devant l'Hostel de Ville, &
le grand Clocher de la Cathedrale
fut entierement illuminé
de flambeaux, depuis le
haut jusqu'au bas
, ce qui marquoit
une des plus belles piramides
de feu que l'on puisse
imaginer,Il y eut des feux dans
toutes les ruës & des lanternes
à toutes les fenestres; enfin Mrs
du Magistrat témoignerent autant
de zele & de joye que les
jplues ancsienssSujéets d.e Sa Ma- JClte.
LETTRE
A UNEDAME
de qualité.
Sur la reception de Monseigneur
le Duc de Bretagne
à la Confrairie dis
Saint Rosaire.
c.E que l'on vous a mandé Màidameyefl
tres-veritable.Afonseigneur
le Duc de Bretagne a
eslé mis quelquesjours-après fit
naissance fous la protection de la
très-fainte Mere de Dieu
j &
|jreçudans la Jocieté du Rosaire. Vousdejire^Jçavoirquelques
par-
;/icularitcz de cequis'ejlpajjé dans
cette ceremonie;je vais 'Vous dire
ce que j'en fiay
3
je l'ay appris
d'un Religieux de saint Dominé
que qui y efioit present & qui
accompagnoit celuy de les Confrères
qui a fait cette dénoté fonction.
Le jour ou elleJefit n'arvoit
pas eslé dejlinéplus qu'un autre.)
on riy penjoit même pas. Cependant
nous pouvons croirequ'il
efioit choisi dans l'ordre de la Providencejpour
nous donnerlieu de
prejenter nos voeux avec plus de
confiance au P£re des lumieres
>
'& luy demander qu'ilcomblât ce
Prince des bénédictions que le
Ciel semble nous promettre dans lheureuJe rencontre de la fesle3où
cetteJainte ceremonies'èfl passée.
Ce futMadame3 le premier de
Juillet jour de IDélavedesaint
Jean-Baptisse
3 & le commencement
delaJolemnité de la Vijitation
de la Vierge. Cettevisite fut
pour le' Precurfieur>une fiource de
vracesjÇj7° la njoix de Mzrie une
njoix dJef(a;l1ut3 pui;jrq; uc, ll,c.po.rta l1a
Jainteté danslame de cet Enfant.
C' '(l- d
- -
/1 Cest dans i ce jour-même eu le nom
de Baptijic fut écrit
3
felon les
Loix de la naÚon) dans les Regiflres
du peuple choisi & encore
fidelle
j que l'on écrivit le nom
jiugufie de Adonfeigneur le Duc
de Bretagne dans les Regiftrcs- de
ceux qui Je conjacrent au Jlr'uicéde
la jointe Vierge dans la Confrairie
du Rojaire. Ne doutons
pas que cette Rsine du Ciel riemployesa
voix toute-puijjante pour
luy obtenir comme au Precurseur.
d'être Grand devant le Seigneur
& de porter le nom de
Grand avectoute lagloire, tous
les avantages & tout le bonheur
lJuiontrendu
quiontrenducceemrllêêmmeenonomm Jsi
convenable
3
incomparableA&ïonsairqpuroep>rejoannobitfriefaiyueul.
N'en voyons-nous pas déjà
préludes
j
dans le bruit que
cette naijjancearépandu
3 non
pasfeulement dans quelquespays
voisins comme celle de
jean-
Baptiste;, mais dans tous les Etats
de la terre. Ony est par toutsaisi
de crainte
3
comme on le fut dans
lepays des Montagnes deja Ju-
Jie lorsque le Precurfcurnaquit.
Si cette crainte1uifèrre le coeur
a nos ennemis
3 a la veiie de tant
de merveill-e- * que Dieujait paroître
dans la FamilleRoyalej
pouuoit leurouvrir lesyeux-,&
leur faire tomber les armes des
mains: aujJi cette crainte ejl-ellc
tomme un pronojtk de la decaden-
Ce de leurs affaires
, & de l'iW*
fortune de leurs entrcprifes. Ils
'VOymt dans cette naifJànce-
„ par
des caractères plus visîbles que les
rayons du Soleil

que Dieu afjermir
les PrÍtYlcrs de cette Au* ïgufie Maifinsur les deuxprev
miersTronc» de ko Chrétienté.
,
fMaOdnamnees3çlaaurboéintséima<%tseûeLxapqruimeleler
Mànfètgwur le Duc de Bour-"
1 Mne reçut les J<*c&knsduNoviciat
j
,!uid'twient faite- U certmonie3
lors- qu'on-les luyprefema;
la pieuse attention qu'il leurdamna(
Ur les- ehafèï qu'ils aïWbentk
luy dire là-dessus.,e les marques
desa haute eslime & defionprofond
refpeél qu'il fitparoitrepour
tout ce qui touche la Religion. Il
s'informa plus particulièrement de
tous les devoirs attachez à ce dévotengagement
3& il apprit
&vecfatisfaclion que cejl une
chofie de pure dévotion
;,
qu'on y
gagnetoujours beaucoup devant
Dieu j mais qu'on ne sj rend jamais
coupable de la moindre fauteamoins
qu'un mépris des chofies
faintes
,
qui efl toujours criminel
en matiere de Religion , m
mus les fajfe abandonner..
Monfieigneur le DucdeBrc?
fagne fut associé aux dévots Confrères
du saint Rosaire en prefèn-,
ce des Darnes de la Cour qui
veillent à la conservation de ce
,
precieux tresor. On fit dans cette
qreucieption les mêmesceremonies3
furent objervées le 6. de Novembre
1638. lors qu'ony reçut
LOUIS LE GRAND
Dieu-donnéj enprejence de Louis
X111. &de toute la Cour; qui
furent renouvellées dans la reception
de Monseigneur le Dauphin,
faite le 6. Novembre 1661. à Fontainebleau;) où le Pere Lepul
x
Superieur du Noviciat gé-
11eral des Freres Prêcheurs du
Eaux-bourgJaint Germain,fùraaeplpaellepar
les Ordres du Roy &
Reine Mere : renouvellées
enfin à Versailles
j
le 10. du mois
d'Août rôé*. ouMonseigneur le
Duc de Bourgogne fut reçu par
le même Pere Lepul3 avec les mêmesemprçjjemens>
&par les Ordres
de lafeueReineMarieThe
refed!Autriche,,sonayvule7&
fàinte memoire..
Voila, Madame
,
leplusgrand
Roy de la terre .,,
eonfacré dés- fit
naeance-a la ms--fainteMere de
Dieu. Voila troisPrinces héritiers
prefbmptifs de la Couronne
cit% pQwrtQ&pM&A rnx
fiiiem
toutle mondeChrétienimplorent
la protection de la Vterge par les
pieux exercroes,de cette Confrairie.
On riavoit point encore v%
les Princesenfans des. Roisj en-
[,agf\. d'tttjjtbonne heure que ceuxcy
a ladévotionduRefaire.Henry
le Granddevintdévot a la Vterge
dans le temps heureux,ou.il monta.,
sur le trône& rentra danslefein
de tEglift:, II consentitalorsque
le PapeClement F7ILl'obligeât idire tous tes Samedis de sa viele
Refairex (;?' le Chapelet qudque
autre pur dé la ftmaint..
Louis XIII. Royvéritablement
jufjv
1
si rendit cette devttimne*
cejjaire
j
lors quil eut connu par
experience la Bénédictionquelle
attiroitjurJes Armes dans lefameux
Jicge de la Rochelle. Tant
de Rois de France3 dont les Religieux
de saint Dominique ont dirigela
conscience depuissaintLouis
jusque vers la fin du[eiziémesiecle
: tous ces Rois dis-je
j
furent,
par le conseil de leurs Confejfeurs3
aggregez a la societé du Rosaire.
Mats nul de ces Princes ny- avoit
étéreçu d'abord aprèsfanaifiance,
comme le fontdepuis LOUIS
LE GRAND, ceux que le Ciel
nous a donnez pour luy succeder
-e. pourperpetuer la gloire deson
1
Règne.LOUIS LEGRAND,
¡donné
au monde pour y porter la
nouvelle forme d'un gouvernek
mentparfait&heureux.)&pour
,presenter a JesSucçeJJeurs des
exemples de Grandeur qu'on ny
tdnjoitpoint encore ruâs3foitpour
L l'ordre de lajustice
>
foit pour la
conduitedes.Armées> foitpour
conserver la discipline dans le IClergé& la pureté de la Religion
ancienne: °&
j ce Monarf
que "jeritablement Grand & di-
-flingue en tout.) a du par la difpoftion
du Roy des Rois être dés
sa naissance lepremierconfacréa la
Vierge dans lasocieté du RofairCj uRofair
Ainsi perfmner£a mieux me.
rité qu'untel Prince
,
de voir
entrer danssa famille la Monarchie
d'EJpagnej&de mettre luymême
cette Couronne Royale sur
la tcfle de son Petit-fils par cee
mains par oupajfent tant de Chapelets
quil dit tous les jours avec
une rare pieté. Il a- donne ce cher
Fils pour Succeffeura Charles II,
& a ce grand nombre de Rois
iteeagne
,
dontles Religieux de
Saint Dominique ont dirige la
conscience pendantcinq cens ans>
& qu'ils ont entretenudans une
steonndsreadcérvéoKtioonafalaïrpee.intepTierge
jénfi dont
nofire
tioftregrandMonarque>qui a esté
consacrè a la Reine du Cielplutost
que nul autre Roy3 a mente
de recevoir cette marque de dissric^
tion, quifait l'admiration&l'étonnement
de toute l'Europe
,
de
"voirdesesjours les deux premieres
Couronnes du mondej unies danssa
Famille Royale.C'efl un present
qu'il a reçu3 n'endoutons pas,
de celle à qui les Saints DoRt urs
appliquent ces paroles de la Sagejje
: C'est par moy que les
Rois montent sur le Trône,
& qu'ils régnent dans le monj
de,
Vous (ça'1)ez.> Madame
y
auun
de<rrc de grâce est d'un plusgrand
prix que tous les*Royaum:s de la
terre. Etsi Dieu prodigue
„ pour
ainsidire
3
ce precieux tresor;s'il
répand àpleines mains ces richesses
de fii1utsur ceux qui honorent
J
conlm:
ils le doivent> fia fiainte
Mcre par leurs Rosaires
>
on ne
doit pas trouver incroyable qu'il
donne pourl'amourd'elle des Couronnes
a un Prince favori
3
qui
n'ignore pas quelles valent moinsy
toutesbrillantesd?gloirequ'elles
sions, que la moindre grâce decouverfion
& d? perjeverance.
tojjliliensjPi rci:nncejsldpaonisnltaen$goajg:certtcrdoup
Refairejque de lesy recevoir dés
le berceau. Ne doit-on pas cette
diflinélion à l'élévation de leur
naissancefils peuventregnerdans
•cet age; &pourquoy nepeuvent-
-ils pas eflre consacrez au service
de la Ascre de leur Sauveur ?
Toutensans qu'ilsfont3 nereçoivent-
ilspas les hommages de leurs
Sujets & tous les honneurs dus
à leur fbuveraine dignité) quoy
qu'ils ne puissent donner leurs ordres
& commander leurs Etats
& leurs Armées que par le miniflere
de leurs Ofifciers?Les Princes
capables de telsengagemens
dans la vie civile
j ne leferont-ils
pas dans lavie chrestienne d'eflrc
reçus dans les Societez ou Dieu répand
d'abordJur eux mille benediclions
jpour la conservation de
leurs Personnes sacrées
_,
(;7 ou il
leur prepare une infinité de gra,
ces qui luy font demandéesparsa
faintc Mere,&par une multitude
innombrable de Fideles denjots
au Kofaire
3
répandus dans
toutes les Professïons&Provinces
du monde chreflien ? Qu'importe
que ces Princes enfans ne soient
pas en eflatde s'acquitterpar euxmêmesdes
devoirs& des exercices
de cette Sociétéf La fainte
Eglise
j qui a approuvé cet et4-
MiJJementj &qui prie avec ceux
qu'ony dggrege3préte à ces Princes
&son ejjmt&sa bouche cses
mains pour dire les Chapelets
& en mediter les myfleres> comme
elle leur aprêtédans le Baptême
Jon consentement&sa bouche
pourrecevoir la Foy
3 &en faire
profejjion3çyrépondre aux Prêtres
qui les interrogeoient en leur
adminiflrant ce Sacrement.
-
v
S'afficier a des Chrestiensqui
font profession de joindre à ÏOrai-
Jon Dominicalejque les Peres appellent
l'Abbregé de rEvangi. le,laSalutation Angelique3
dont les paroles renferment toute
ïoeconomie du grand Afyjterede
la Redemption la Meditation.
des -1uinke principauxJbfyfteres
de lefus-Chi-ifi & desafainte
jMere,&fe formersur ces deux
grands modeles de perfettton, par
l'imitation de leurs 'vertus; voila
lejjentieldeladévotionauRosaire
: Juge=\, vous - même qui esses
d'unsibongoufipourtoutes choJesJ
sice rieflpas unepratiquedepieté
confirme à l'Evangile. Je fuis*
ér'-.
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR LE DUC
DE BRETAGNE.
MADRIGAL.
sIlpar un coup heureux
3
quifani
doute elî le Çeul.
Ce Jrleros nouveau né voit en même
personne
Son Roy,son Bisayeul,
Ji ne fautpas, Françon
, que cela
vous étonne.
Leb Dieux qui ïont formédu beau
Sang de Louis
Voulant au/Ii lefaire héritier desa
gloire,
Savent qu'en lisantson hi[.,
toire,
Zl n'eutfait qu'admirer ce qu'il au*
roit appris ;
C'est trop peu cfen être surpris,
J'î faut pour imiter ses Exploits
inoiiis
Les croire pour lessuivre, & les voiï
pour Us croire.
SUR LE MESME SUJET,
CAPRICE.
L Amour jaloux de voir la gloire
trop sidelie
Servir toujours Loüis
,
& lesuivre,
en tous lieux,
Abandonna les deux
Tour luy venirfaire querelle»
Platée alors prés de LoiïiSy.
Répandantsursonfront l'éclat qui
l'environney
ita gloire d'une main soutenoit sa
Couronne, Zt de l'autre marquoit ses ExpLits
inoüis.
tyinvain d'un foin si beau ¡'amou'
veut la distraite,
7jl apperfoit Louis, a fin auguste
afpefiy
Prets d'attaquerlagloire,un timi.
,~ de refpeH
Zeforce d'admirer, de craindre) &
dese taire.
Vamour fent redoubletses mouvtm
ments jaloux,
Ce triomphe nouveau rallume pt
tolere5
Tranfportécïun noble courroux,
Tour la vaincre à son tour le petit
temeraire
Méditantsur le champ ltplusbéait
defèS coups3
S'efforce de servir Louis
3
& de hy
plaire.
Les dieux font attentifssurce qtfa*
mour va faire.
.l'Amour forme un Enfant chef*
d'oeuvre desa main.
Les Dieux levirent: &fondai#
Mars à son jeu-ne coeur inspira le
courage > Minerve luy donna la fagtfie en
t
fartaget Tbemis luy donna Véquitér
Diane la douceur, lanon la Majefiê%
Hercule de la force) Apollon la
fanté,
Mercure de Pefprit3 Jupiter un long
âge,
Et sur son auyiflrvift^e
Venus yè?'undit i" !Je,lute'.
Fiet du feccurs ctts D-eux ,
chafntç
jmefin ouvrage,
L'amour d'un pas précipité
r Loüis Bisayeul courut en faire.'
hommage.
;OfÚS vit cet enfant) &sa joye
éclata;
pour satisfaire à fin impoe*
ï.tience,
LyAmour l'ossist
)
& Louis
l'accepta.
La Gloirequi connut lorfqu*Amour
l'apposta
Que du fang de Louis ilavoitpris
naissance,
"Jouitdefis droits, Padopta
Et marqua sa place au Temple
de Memoire,
L'Amour fenvolant tout fur»
pris j
Voit qu'il vient de servir lté
Gloire
Lors qu'il a crû servir Loriij
SUR LE MESME SUJE
MADRIGAL
y OVIS le plus heureux & leplus grand des Rois
Compte ses jours par ses Ex
floits.
Partoutsuivi de la victoire
Tout luy rit, tout le fert, & tandâ
qu'ajamais j
Son nomse graveauTemplede
Memoire, La n iture kson tour jalouse de la
gloire
Perpétuantson Sang
,
tendses voeux
satisfaits.
Lagloiresoutientsa couronne,
La nature le fait Pere, AJcul, BifayeulK
En même temps Louis luy seul
leçoit ces dons unis dans la même
personne,
Et par an effortsurprenant,
La Gloire & la Nature
"unifient
, pour prouver à la race
future,
lu'on ne vit jamais Roy tel que
Loiïis le Grand.
;UR LE MESME SUJET.
VOEVX
A MONSEIGNEUR.
LE DUC
DE BOURGOGNE.
VN Héros nouveau n: vient
remplir z osfluhaiSj
Pûunendn nos"pIEUXj4 ifaitsy
Quilfoit comblé de fiaifît (
de Gloire;
Qunregne dans ncscoeurs, quefo
:
nom à jamais
,ApréJ le votre ait rang au Tempi de memoire : i
2NVéépopuoiusf"ést*eértneren-izer par ses [ai 1 inoiïtsy ]
GrandPrince, enfinil vot
reJUmbU? 1 Zt pour luy foubaitter tous les bon
heurs cnfemble,1
Que le Ciel commeà vous luy donn
encore un fis, J
,
~s )
1
Quifufjje voir rentier Louis
Ces quatre pieces sont d*
Monsieur Bareau de la Rochelle.
II eût l' honneurle huitième
du mais deJuillet de les presenterauRoy
& à MonieigneuL
Te Duc de Bourgogne, dontil
fut tres- favorablement reçû.
LeMadrigalluivancest de Mc
Guerin de Fontreven
,
de la
'Ville de Lamballe,capitale du
DuchédePenthieure en Bre-
-tagne.
* MADRIGAL.
Fiers ennemis du flus grand
des Héros
Voiu ejsaïez^cnvain de troublerson
ïtpoi5
Louis qui voit vos projets
d*Eumenides
Sç>titlesdéconcertermalys'ctous r:os
(jfortSimalgr,, to;!s Lu France féconde en AUiàesy
Dont lei bras font nerveux
forts,
Remontera toujours vos monfirueuH
rejlorts.
UnnouvelAjtre luit dejjks noire bemifybere-,
S'ilfuit[on Bisayeul,sonAyeul,
Ion Pere,
N'en doutésçasJuferbeSAlU•
mans,
I'nfidèles Anglais, Batavesiurbu^
lens,
r.Aveugtts Savoyards, Portugais
mal-habiles ,
yl l'abri de vos Fortsvous ferèspeu
tranquiles :
Les bouches detous voscdnoni
épouvantentpointles Bourbons.
Cesi le nouveau, Duc de Bretagney
Dignefruit d'un beau noeud que le
Ciel a formé,
I1l ---- - -' ne fera point de Campagne,
ÏQriil riait de ses exploits la
Victoirecompagne, Elle obeit au fang dont il efi animé.
Le Madrigal suivant est d'une
Dame dont'-' les Ouvrages sont
fort applaudis.
MA DRI G ilL.
.I)y'OU$ voyons les Dieux en mNr.
mure,
Chacun veut presider a l'heureujî
aventure
Dyun petit Duc qui vient dé naitrç
en cette Couri
Mais ils ont beau se tournantejj
ensemble,
Xf. triolmphe fera pourMars&pou* Amour.
Car ce fut lAars qui lui donna le
jour,
JEtCtfià PAmourqu'ilrejjemble„
Mlle Barbier qui a donné au
Public les Tragediesd'Arrie 6c
Pætus & de Cornelie, a fait les
Vers suivans.
A MADAME
LA DUCHESSE
DE BOURGOGNE,
SurleFeudejoyedeVersailles.
I MADRIGAL. Ncomparable AD el AÏD E ;
Digneepouse d'un jeuneAlcide
f:tUX.tll jçavoir de moy rfou
yunteeséclairs,
Au milieu d'une nuit à ton fis confierée>
Quels font ces trait* defeu qui t1d~
versant les airs,
.M~ocn~ten~t vers la v~ocu~t~e aazzuurré'eee;
Cefont nos coeurs brùlansd'amour
Qui vont porter nos voeux au celefle
(ejour.
Zcfruit de ton Hymencomblenoflrt
esperance
3
Et par des transportséclatans,
2Tous demandonsauCielqu'il çofr
serve long- temps
Un Princesi chera la France.
Le Madrigal suivant eflaussî
adresse à Madame la DucheHç'
de Bourgogne.
Mille êvenemens inouis
Ont toujours diftinquè le règne dz LOUIS,
Mais dptU un n'efl comparable-'
Çeluy doncaujourd'hui il vous efi
redevable.
Parmy nos Roys il efl leseul
Qui se vit jamais EiraJcut.
princcfje
, vous avez.. la gloire
Du trait leplus marquequifuit
dansson Histoire.
Mr de Gaye, Major de sa
VilleRoyaledeCompiegne
ayant appris le17 de Jura
la naissance de Monseigneur
le Duc de Bretagne , donna
ordre qu'on fermast les Boutiques
& qu'on sonnast la
Clochede triomphe de l'Hô..
tel de Ville, il fit dresser plusieurs
tablesdevantsa,porte|
il le fit ensuite sçavoir à Mr
de Beauval,Maire perpetuel;
ce Maire fit faire plusieurs
décharges de Canon, il tint,
a-ufif ta bleouverte, & fitdistribuer
beaucoup d'argentau
Peuple.Le9de Juilletau soir
on reçût ordre de faire chanter
le Te Deum, Mr de Beau-
| val le fit sçavoir aussi-tost aL1
R. Pere Prieur de l'Abbaye
Royale de Saint Corneille,
&alla chez Mr le Major a6a'
de prendre avec lui les mesures
pour faire fermer les
Boutiques pendant trois î°^ ; dans le moment l'or^.
drefutenvoyéaux Capitaines
des Quartiers de faire mettre
la Bourgeoise fous les armes,
ce qui fut bien-tost aprés
exécute. On n'entendit plus
que le bruit des tambours &
des trompettes ; on fit aussi
avertir le Bailliage, & les
Prevôtez. Les Compagnies
des Bourgeois s'étantrenduës
à deux heures aprés midy
chacune à sonDrapeau, firent
le tour de la Ville,& vinrent
se mettre en bataille sur la
Place d'Armes qui est vis à
vis l'Hostel de Ville, aux
nombre de quinze cens bien
armez,& formerent une double
hayedesdeuxcôtez de 1*
Place.Sur les 3heureslesChevaliers
de l'Arquebuze ai£
nombre de cent rangez fous
leurétandart,àla porte de leur
Capitaine ayant leurs Officiers
& leur Roy àleur teste
allerent former une haye fous
la portede l'Hostel de Ville-P'-l
sur les 4. heures | les Paroisses
&lesConvens s'estant rendus à l'Abbaye Royale de Saint
Corneille
,
où l'on devoit
chanter le TeDeum,lesChevaliers
de l'Arquebuze comgencerent
la marche, apn*
leurs trom pettes à leur cestes
ilsestoient precedez duCorps
de Ville & des Officiers de
Justice en Robes de Ceremonie
ayant divers autres
instrumens à leur teste, avec
leurs Archers & Huissiers,
les Gompagnies Bourgeoises
suivoient en bon ordre;elles
formerent une double haye
depuis la porte de saint Corneille
jusqu'à celle du Bailliage.
Le Canon & la Mousquecerie
tirerent pendant le
reste dujour. Il y eut un grand
feu de joye dans la Place de ostel de Ville& un grand
pc~
coupé,où furent conviez les
Capitaines
,
Lieutenans ,Soulieutenans&
Eseignes,ainsi que
* les Arquebuziers, a prés ce foul,
pé il y eut un Bal pour les Dames
& une grande collacion; il
.y eut aussi une magnifique collation
au Bailliage avec un
; grand feu; l'Hostel deVille fut
tout illuminé,& orné de tapis
avec les Armes du Roy, de
1Monseigneur le Duc de Breta-
1 gne, de Monsieur le Duc d'Humieres,
Gouverneur de la'Ville,
&deMrle Marquis de Pomponne
Lieutenant General pour leRoy de la Province de l'isle
de France. LaVille fit distri
1 buer du vin à toute la Bourgeoise
,les Capitaines en firent
autant & ce vin fut confiéaux
Sergens des quartiers afin qu'il
n'y eûtpoint deconfusion. Mr
de Bauval tint pendant trois
jourstableouverte,&donna
bal après le soupé, & toute sa
maisonfutilluminée;il donna à
tout le peuple de son quartier
du pain, du vin & de l'argent,
en forte que tout lecostédela
ruë où est sa maison, estoit rempli
de tables. On fit des feux
dans toutes les rues,plusieurs
Portes cocheres& boutiques
étoient tapissées & ornées en
dedans de girandoles & de tableauxavec
des tables, où l'on
donnoit à boire à tous les passans.
On remarqua ,
sur tout, *
l'Hosteldes Prodigues, où l'on
tint table jusqu'à deux heures
aprèsminuit,& aux environs de
it'et Hostel on avoit posé des
Sentinelles qui arrêtoient les
passans que l'on y faisoit boire à
la santé du Roy & de Monseigneur
le Duc de Bretagne. Les
Violons ne cesserent point de
joüer à cette table. Le Vendredy
, il eut des deguisemens de
toutes façons, sans masques,
ayant esté deffendu d'en porter.
Ce jour-là,une Compagnie de
Bourgeois de la ruë du Pont
monta à cheval, & forma un
Escadron deCavaleriequi ayant
ses Officiers & des trompettes
en teste
,
alla en bon ordre salüerMadame
laMaréchaled'Humieres,
en son Chasteau de Mouchy,
cette Maréchale la reçût
avec beaucoup demagnificence;
cette compagnie revint le soir
pourassisterau feu d'artifice qui
dévoit se tirer sur la P lace d'A rmes.
Le Samedy, Mrs de Ville
firent avertir le Capitaine des
Arquebuziers de faire monter
les Chevaliers à cheval pour
alleraussi à Mouchy.
Les Chevaliers érant arrivez
à l'Hostel de Ville, & ayant fait
leur décharge vis à vis le Portrait
du Roy qui est sur la Porte;
descendirent de cheval & entrerent
dans l'Hostel de Ville, où
il y eût un grand dîner, pendant
lequell'Etendart fut gardé
par des Chevaliers. A l'issuëdu
diner , Mrs de Ville monterent
dans trois Carosses, ayant les
Chevaliers à leur teste destambours,des , avec trompettes &
d'autres instrumens
, precedez
de leurs Huissiers, &de leurs
Valets,&allerent faire les presens
de Ville à Madame la Maréchale
d'Humieres ; le foir en
revenant ils trouverent les
Bourgeois de la ruë du Pont sous
les armes ,
lesquels furent regalez
par Mr de Bauval ; il y eût
ce soir-là colation à l'Hostel de
Ville pour les Chevaliers. Les
Habitans du fauxbourg de Saint
Germain ayant choisi le Dimanche
pour faire chanter le
Te Deum dans leur Paroisse,ils
parurent tous fous les armes.
Ils vinrent devant l'Hostel de
Ville,& après avoir fait trois
fois le tour de la Place, & fait
autant de fois leurs décharges
devant le Portrait du Roy; Ils
allerent chez Mr Bauval, qui
leur fit distribuer du vin & de
sargent; aprés quoi ilsfirent
chanter le Te Deum. Il y eut
pendant toute la nuit des dances
dans le fauxbourg. Les Jesu i tes qui avoientfixé
Séjour de la feste qu'ils devoient
faire au Vendredy 18. Ia."commencerent
par une Pastorale,
intitulée Laodamas; la Scene
s'ouvrit par Mercure qui vint
annoncer la naissance de Laodamas
aux Bergers,&leur dire qu'il
se faloit réjouir
, on entendit
allffi.tÔt le bruit des Boëtes, ôc
de la Mousqueterie, tirée par
tous les Ecoliers du College;
la Ville & la Justice y assisterent
en Corps, ainsi qu'au le
Deum qui fut chanté en Musique.
Le Theatre quiétoit dans
«
la Cour, representoit un lieu
champestre. La cour & le corps
de l'Egliseétoient remplis de
Jamperons & de lanternes aux
Armes de Monseigneur le Duc
de Bretagne, ainsi quela face
du College. Sur les huit heures
dusoir, le Recteur alluma un
beau Feu d'artifice
)
la Àlaifoa
parut toute illuminée,jusques
sur les toits, où il y avoit des
pots à feu qui en fournirent
beaucoup pendant trois heures.
Quatre gros Ormes qui sont à
un des bouts dela ceur,& qui
fait face à la Chapelle de la
Congregation, qui étoit aufllilluminée
, parurent tout en
feu; mais d'un feu d'artifice qui
(lirontj de fit un tres- grand
plaisir à tous les spectateurs,
Pendant tout le temps que cet
artifice se fit admirerles Trompettes,
lesTambours., lesViolons,
& les Fifres joüerent cont
i nuel Jelnent ,
& les Ecol iers
tirerent sans cesse. On fit aussi
pl ufieurs décharges de boëcesy
& pendant trois heures que dura
le feu, on peut dire que le
Ciel fut illuminé de fusées volantes
que l'on tira du clocher
du College sans discontinuer,
qui faisoient en l'air un tres- bel
effet
: ce qui attira de ce côtélà
toute la Ville sur les rempars.
Le jour que le Te Deum fut
chanté,les Religieux de Saine
Cn eillemirent de Tables
devant leur porte, qui furent
bien servies, ils en avoientaussi
-
dans leur Maison où leurs amis
furent regalez. Les Jacobins,
les Cordeliers, les Minimes, &:.
les Ca pucins donnerent aussï.
des marques de leur joye
, ayant
chanté pitifieursTe Deum, fait
des feux devant leurs portes, ôc
fait distribuer du Vin. Les Religieuses
Carmelites de la même
Ville n'ont pas esté des dernieres
à faire éclater leurzele,en
consequence des bienfaits qu'elles
ontreçûs de laFamille Roïa
le Le lundy 14 de Juillet elles
firent des Prieres de quarante
heures à ce flilet11 y eût
Prédication pendant les trois
jours que durerent ces Prieres,
Mr l'Abbé Bouché d'Essonville,
Aumônier du Roy, Docteur
de la Maison de Navarre ,
& Curé desa Parroisse Royale
de Saint Jacques de cette Ville,
ayant voulu faire la cloture de
toutes lesréjoüissances choisit
le jour de Saint Jacques ,
afin
de la faire avec plusde solemnité
Il fit venir des Musiciens
de toutes parcs pour sa i re chanter
les premieres Vespres, la
grande Messe, les Vespres & le
Salut, à la fin duquel on chan-+
ta le Te Dtumt & un Motet en
Musique.L'Egliseestoittenduë
des bellesTapisseries de Madame
la Maréchale d'Humieres.
Le maître Aurel estoit richement
orné aussi
- bien que le
Choeur & les Chapelles des
deux côtez de la Nef. L'Eglise
estoit illuminée depuis les vouâtes
jusques en bas, & les Armes
*
du Roy, de Monseigneur le
Duc de Bretagne,&de Mrl'Evêque
de Soissons estoient au'1
dessus du portail. Les Jacobins,
les Cordeliers,les Minimes, 8C
les Capucins assisterent au Salut
& au Te Deum; la grosse
Tour fut illuminée, depuis le
hautjusques en bas, le dessusestoit
garni de pots à feu. ','
La Relation qui fuit a cflé
envoyée par MrPillet,Principal
du College de Dormans
,
à unAcadémicien de
l'AcademieRoyale de Soissons.
* Les rejoiiijjances qui ont cfl£
faites a Dormans par les Joins
de Monsieur le Prince de Ligne
Seigneur de ce lieu
>
ont fait
paroîtrc le zelet' & l'a~mwoo~urr de ce
Prince pour la FamilleRoyale.
à pei ne eut-on appris la nouvelle
de" la naijpcnce de Aîonjeigneur
le Duc d: Bretagne
y que Air
Pannier Maire & Capitaine du
Château ordonnaquel'on sonnât
le carillondans toutes les Paroiffis
des lieux dépendons du
Marquisat
j
cela fut executé
avec la mêmeponctualité qu'il
avoit avoit esle ordonné; mais
notre Prince estant arrive en cette
Villej c'? voulant correspondre
a lajoyepublique,& animerfès
sujets encore davantage par fort
exemple
,
il ordonna que le Dimanchesixiéme
de
Juillet
on chan-
"tastle Te Deut»dans lEglise
Paroissiale en action degrâces d'une
siheureuje naissance;, &que
tous les habitans de la Ville &
des Villagescirconvoisins qui composent
le Marquisat ou qui en relevent}
eussent à prendre les armes;
ces ordres furent exccute%
avec foin & il sy trouvaprès
de quinze cens hommes.
Cette Feste commença partrois
j11ves de plusïeurs Coulevrinesy
qui font au Château;, qui se firent
au bruit du carillon de toutes
les cloches
>
ce quiJe continua
encore le lendemain
3 & les trois
joursJuinjans quelle a duré. Le
Dimance à tfiks heures après midy
,
Monjieur le Prince de Ligne
ayant donnéunPrix a tirer,
four marque de réjoiiijptnce> à
Meilleurs de tArquebufi ; ils Je
mirent fous les armes) & vin-
- rent au Château pour prendre ce
Prince & le mener à leur Hôtel
j
afin qu'il leur fifi thonnrur
de tirer le coup du Seigneur; ils
Jouhaittoient tous avec une extrême
pajjton
-' que leur Seigneur
gagnaflle prix3. &fûtleurRoj>,j
jutujji-bien que de la Compagnie
yde l'Arc,
dont
ce Prince avoit
g4gné le prix peu de jours auparavant.
Tous les Chevaliers marquèrent
dans cette occajion leur
addresse
j
maisprincipalemenentj
AfeJJieurslesChevaliers,
Bruet de Picou.
Denijet du Lohau,Capitaine
de la Compagnie.
Aubert de S. Remy.
gourdel de Collangi.
Geoffroy de Champains> Procureur
Fijcal3
Et Pannier d'EuriebijeCapitaineduChâteau
> & Mai-
.:re de la Ville
, ilsnermt
3 6 o
tous chacun un Prix.
Si-tost que le Prix, que les
Chevaliers avoientparragéensix
fut tiré
:1
& que toutes les troupesJefurentajjembléespar
Compagnies
en tres-bon ordre dans la
cour du Château
> au son des
Tambours
,
des Fifres
3 & des
Violons; on commença sur les
jix heures du foir à se mettre en
marche pour aller à l'Eglise ou
le Te Deum fut chanté avec
les Orgues.
Lamarchecommença par la
Compagnie de ïArquebuse
, enfuite
Monsieur le Prince de Ligue
parut,précédé de ses domeflique
s & de plu/leursValets de
pied : il efloit accompagné de plufleurs
Gentilshommes de distinction
3
il marchait à la tesse du
Corps de Ville & des Compagnies
des Bourgeois ; la Compagnie
de l'Arc de cette Ville fuivoit.
Celle de Trelon;, lieu dépendant
du Alarquifat marchoit enfuite>
&plusieurs autres Compagniesdes
environsfermaient la
marche >fui-vie d'un nombre infini
de peuple qui efloit venu de
toutes parts pour voir un si beau
fyectacle.
AAprt'S que fl''oneût renddu a
JDieu defoknnelles actions deqraces
3 on alla au feu de Ville3à
l'entour duquel on fit trois tours à
la maniéréaccoutumée
3 & on
cria troisfoisyVivent le R'oy,&:
MonfeigtieuFleDuc de Bretagne
; ensuite de quoyleMaire
ayant pris le flambeau des mains
di:n Valetdepiedjl le presenta
à Monsieur le Prince de Ligne
qui le prit 0* alluma le feu ; on
fit trois décharges de Moujè¡ue-..
terie
x
âpres quoy on sen retour-
?M au Château dans le même or*
dre que j'ay eu l'honneur devous
marquer. Il efloit impossible de
rien njoïrdeplus beau
3
toutétoit
illuminé de tous cütez, mais sur **
t tout tors qu'onentraitdans l'a- f
venueJe Châteauparoîjjoittout
en jeu, d^^jitilluminéJeIonjon
ordre dArchitecture
3
cest un
grand Corps de tops bâti à la
AAanjarde-flanquede deux Papriions.
Dans le mêmeordre visa-
vis regne une TerraJJe fort
longue
,
d'où l'on découvre la rir

viere de Marne qui arrojeune
agreablePlaine
,
bornée par âês
coteaux de Joignes:Cette terra
estoitornée de quantité de lampeî,
de Jorte que cela faijott le plus
bel afyecl-dumonde ; mais ce que
l'on admu:oitle plus
3
estoitdeux -Croix deLorraine toutes îlluminées
j
qui eslans placées au haut
du firontijpice du DameJe fiai-
Jcient apercevoir de fort loin;
elles essaientjointes au perron qui
efioitaujji fort éclairé; il efifcitué
au milieu du bâtiment
1 &
Jertd'escalier a un magnifique
Sallon à l'Italienne; on auoit
drejJé dejJùs une eJPece d'ejlradc,
au haut de laquelle ily avoitun
Daispour le Portraitdu Royqui
cfioitplacé dejjous; C-c"cfi de la
queAionfieur le Prince de Ligne
'Vit. tirer le feu d'artifice avec
- plusieurs personnesdedifiintfion:
je ne vous parle point des Fon-
-
taioes de vin
e
cesi une. choft or^
,1linatre dans ces Jones Festes ; il
fufft de vous dire:1 qu'ily en
tûtdeux qui coulerent une grande
partie de la nuit
y & quoutre
cela ton défonça plusîeurs tonneaux>
c- que Ion en butftpt, On
avoitdressédans la cour du Char
teauj qui effortspacieuse
}
trois
tablesx l'une de cinquante cour-
'verts j
l'autre de trente-cinq
j C7,
une autre de vingt-deux
x
lapremiere
efloit pour les Chevaliersde
l'arquebuse
j
la feconde pour
le Corps de Ville
3 & la traifié
me fut pour MonfeurlePrince
de Ligne r quiymangea avec
toutes les Dames, Outre ces tan
bles j ily en eut plusieurs autres'
drefjécs en même temps pour dinjcrjcs
personnes de diflinclion,
qui mangeoient dans lesappartemens
dit Châteauj elles furent
toutes ferviesav-ec beaucoup de
mag,nificen:e & de propreté> çj?
ce qui'ly ad'admirable^ceflqu'il
riyeût pas la moindreconfufnn.
: Après le repas
3
on alluma le Feu
d'artifice quonavoir preparé vers
la grille du Château; en voicy
le dejjein. :
O /1 /,rd - On avoitélevé a enrOlt que
xj*ay eu thonneur de vous marquer3un
échafautfort haut.) qui
"tfoij pojefier quatre pilliers .)[tir
lequel on anjoit mis toutesfOrtes
d'artificee-
3 & un autre petit
échajaut, éleruépareillementJur
quatre autres petitspiHiers,ilfer7
njoit de baze a unepiramide trèsT
élevce que l'on azoitfort illuminée
j, & qui efioit couronnée par
une fleur de Lys; on anjoit njoultc
(tgnifier par là
j que la gloire du
jeune Prince qui vient de naître
brilleroit par dessus celle des au.
tres Monarques
}
autant que.cet*
te Piramide brilloit parsa clarté
au dejjusdes autres illuminations9
& que la MaijondeBourbon
dureroit e-tornellement, eslans reifèrvée
pour donner des Rpis£
toute la terre; au dejJusdela1
Fleur de Lys>onauoitfaitunespece
de Dome ou de Lanterne à
cinq pansjqui efloit fort éclairée;
enynjoyoit les Armes du Roy3
de*Monfeigneur de Aionfeigneur
le Duc de Bourgogne, de Aionseigneur
l/ef TD~u~cc de B~rertacg~ne ,f~
3 &
celles de Afonjieur le Prince de
Ligne
3
Seigneur de cette Ville; •
XJF au dessous efloit écrit Vivent leRoy,& Monseigneur le
Duc de Bretagne;aux 4. faces
Je la baze qui foutencit la Piratyïide
-, on avoit mis en latin &
-en François les quatre Inscriptions
Suivantes. La premiere.estoit pour
noflre
lloftre invincible Monarque; ony
faisoit voirquon ne devoitpaï
estresurpris de cette longue fuite
de Princes issus de l'auguflefang
de LOVISLE GRAND,
puis qu'il denjoit donner des Rois
& des Souverains à toute la terre.
Inaugustum Borbonidum
genus.
Hispanisvalidumconcessit Gallia
Regem,
Infuper armoricæ mox dedic
ipsaDucem.
Si sic Borbonidum foecunda fit
inclyta proles,
Nil mirum leges omnibusilla
dabic.
TRADUCTION.
Sur l'Auguste Sang de Bourbon"
LAugufie fang de Bourbon>
ria pas feulementdonnéungrand
Royal'Ejj>agne
3
ilvient de donllcr
aujjï a la Bretagne un nouveau
Duc; ne [oyez pointfurpris
j
si la race du Grand Louis
efisifécondéelle doit donner des
Rois&des Souverains a toute
la terre.
-
Laficond?
:J
regardoit la naif
sance de Àdonfeigneur le Duc de
Bretagne:onymarquoit le bon- io~ o~~ ~/-
heur quavoit cette Province d-a- -
fvoirejlé reunie à la Couronne de
France>qui luy donnoitun Prince
qui rendoitfin nom immortel.
BRITANNIA LOQUITUR.
Nostra fuit quondam totum dif-
., fusaperorbem
Fama ,
h-xc eadem tempore
fama ruit.
Hanc hodie Princeps nostro de
nominedictus
Excitat, an poíè hæcamplius
illacadet ?
TRADVCTION.
La Bretagne parte.
Je fuis cette Province>dont la
reputations'ejl autrefois repandue
par toute la terre , & qui pour
ainji dire, s'est enjanouie anjec le
temps: rnaisaujourd'huyunPrjn.
cefortideI'Augustefangde Louis,
& qui porte.mon nom.) la za
faire revivre ; qui doute apres
cela que ma gloire ne foit immortelle
?
La troiseme felicitoit la Ville
de Dormanssur le bonheurquelie
arvoit d'etre fous les loix dun Ji
grand Monarque
> &sur ce cmc
si elle avoit encore
quelques JOuhaits
a faire3 ce ne denjoit estre
que four U conservation de fin
angttfte Perfònne.
IN URBEM DORMANAM.
Felix Urbs
,
nimium felix sub
Principe tanto, QEæ sic tot nitidos cernic
abire dies.
Hic dum magnanimam prazflan*
ti in corpore mentem
Verfabis,superos nil tua vota
rogent.
«
TRADVCTION.
A la Vil/e de Dormans.
Que vous esses heureuse
:I
aimableFllle
de Dormans
3
de paffer
tant deJt beaux joursfous un
st grand Prince
, njous estes au
comble de la felicite3 &st vous
dve% encore quelques njoeux aformer_
j ce ne doit estre que four la
conservation de fin augujle Per- sonne.
La derniere
3
enfin> felicitoit
Monjieur le Prince de Lignesir
sa magnificence
3
& sur ce qu'il
rihoit pas moins pajjionnepour la
vRloire quoe senysible à.la"jqye du
In excellentissimum Principem
de Ligue.
Q1æ nova confpicimus ? celebrisquæ
pompa refulget.
Quisve oculos fulgortangit
ubiquemeos?
Ipse dicatnoster Lud, ovico hæc
omnia Princeps,
Quern velut hunc,multum
gloria veracapit
TRADUCTION.
Sur Monsieur le Prince de
Ligne.
Que vois-je f Quel agréable
fyeftacle ? Quel éclat frappe mjourd'huy
mesyeux?ces feux, ces
illuminations font un effet de la
magnificence de nôtre Prince, qui
ttantsensible à la joye du Roy9
ejl aufit sensible a li véritable
gloire.
Le feu dura une demie heure
& on garda pour l'allumer les
mêmes ceremonies qu'on avoitobservées
a celuy de la Ville
3 ex^
repté que l'onfit quelques décharges
de plujieurs petites coulenjrtnes
j
qui font dans la cour du-
Cbateau.
Aprés cela
3 on donna la Comedie
aux Dames sur un Théâtre
que l'onauoit drejjepour cet effet
dans la même cour, &ensuite le
: bal dans le magnifiqueSaUon^a l'ltalienne,
dontfay déjàparlés on
ïanjoit éclairéen dedansparquan-i
tité de flambeaux que îon avoit
attachez aux balcons;Cette nombreuseassemblée.
ne JeJepara que
sur les six heures du matin.
Le Lundy & le Manly
>
la
même choje fut objervée> excepté
pourtant qu'il n'y eûtpoint defeu
d'artifice

mais un brandon fut ab
lumé avec les mêmes ceremoniei
que le jour precedent, quelque
artifice jetté en l'air
j & la Comedie
&ie Bal qui durerentjusqu'au
jour. On avoit dcjficndu dt
la part de Afonfieur le Prince dt
Ligne iouvriraucune boutique
ni de travailler durant ces trois
jours;notreColkge fut aussifer-
, f - mé pendant cet intervalle; Les
peuples neurent pas beaucoup de
peine à Je soumettre a un pareil
commandement Jtantajfe%por^
deux-mêmes à Je réjouir dans une
semblableoccasion. Au refle ebacmconvientqu'yon
riajamaisvûA
de fête ni plus celebre
3
ni plus
magnifique dans cette Province.
La Relation qui suit,vient du
Château Trompette, & a esté
envoyée à MadamelaDuchesse
du Lude.
Si le feu que Lay fait icy
> Madame}pourmêlerïrtajoyeavec
lepublicjétoitaujji difficileavous
representer que mon refyeélueux
attachement
j je vous donneronsj
contre mon intention
-'
une idée bien
confuje de ce qui sy est paffé,mais
l'envie dje bienfraire, &la vérité
fupléeront à mon peu d'éloquence.
Je vous supplie tres,humblementJ
Madame
3
d'êtreperfkadée* que
jfauroisJouhaité que le baflion de
la mer 3
dans lequel la fête s'efi
,
pasrsré:e ",rr; d
3
eûtétéaujjigrand que toute
la terr: ^wr apprendre ma joyt
a t*
ià donner une agréable
3,^au JPeélacle le plus beau
j &
le mieux imagine qui aitjamais
paru iry
j
fauray l'honneur de
njous dire:, Madame
j que la nature
ingenieufeaplaireathomme3
a formé le Portde Bordeaux en
croijjant
3
à l'un des bouts de ce
croijjantejl la Fille3leFauxbourg
des Chartreux ejta l'autre bout3
y le Château-Trompette au mileu
de la Ville &de ce Faux*
wurg; ce qui fait une symmetrie
res-agreable. Lesfenêtres de lafa*
,ade de laVilleétoientJîbienilluminées
j que toutes ensemble neparois
soientêtreformées que d'unmême
feu: ilya-voit deux batteries d'un
grand nombre depieces de Canon-,
(ur le Que-,C,,r ans-à-vis étoient
deux bateaux 1Uuminez 3fans artifice>
qui rendaient une lumière
d'un brillantsurprenant; les compositions
artificielles de la Ville
étoient au milieu de la Riviere.
Les Maisons des Chartreuxfont
continues d'une demie lieue j ce
qui ne fait que le tiers du cros
(ant; elles étoient illuminées avec
tant d-art,depuis le faîtejusques
au bas
j que cela surpassoit non
feulement
lillumination
de la Villejmais
surprenoit l'imagination
humaine. Le Canon qui bordoit la
rïviere étoit en très-grande quanttiitré'
, & des tonneeeaiuxsaannss nombre
3 pleins de matières combuflibits
representoient le Mont-Vesti-
ve.Lafaçade du CtJâteau.)
du coté de la Mer.) est compose
de trois baflions. Celuy du
milieu, quicontient le logement
du Gouvernementest deofé de la
Janierefuirvante. Le milieu est
en parterre> cultivépar MI le
gouverneur
>
de mille fortes de
fleurs de toutes les faiflns.) avec
quantitNle caijjes de lauriers-roses:
au milieu cft un cabinet que les
Dieux choisiroient pour leur demeure
j
a causedesa propreté de
sa conjlruéhonjde [on élevaticn,
de la belle découverte que l'ony
'fàit de tout le pais circonvoifn ,
& qu'enfin ceux qui font dans cc
cabinet3croient être sur la Mer,
dans la chambre de poupedun
Vaissèau de haut-bord. Ce cabinet
étoit rempli de lumiere* depuis le
hautjujques au bas en dehors &
sur le toit étoit une lanterne aune
grojefur extraordinaire
,
où les
Arma du Roy
J
celles de Bourgogne
& de Bretagneêtoient
peintes, c-audeeeus une Couronne
fermée.) garnie de petites lampes.
Le parterre dont la broderie efl à tAngloije, étoit dejjinéparde titeslampes pe. aujji, qui paroijjoient
finir de terre; les bordures plus
élevées
_>
étoient remplies de lanternes3
peintes de toutes couleursy
aux Armes du Roy ; les caiffis
d'arbufles
-
roses
>
anjoient aux
quatrecoins depetites lampes3qui
froduifiientun trèsagreableeffet:
aux deux extremiteç de l'allée
principaley étoient deux grandes
piramides de feu
, de 'Vingt pieds
gle baut; elles étoient terminées
par un globe de feu aux Armes
An P,Caudessus duquel étoit une
Couronne ferméey dont les lfeurons
étoientformer par des lampes3plus
brillantes que des Etoiles:
le tour du parterre rft, bordé par
fine palijfaae de laurierd'Espagne,
avec des boules taillées du même
laurier3 de dijlance en dijlancexfur
lesquelles on aruoit mit des lanternes
j& le refle des palissades étoit
bordé de lumieres : les trois oeruerites
cpii font face au parterre*
étoient couronnées de lanternes >
& tout le bord du baflionl'étoii
auflt : trois globes de feu paroiss
soient audessus des fleurs delyi
des guerites. Il n'y apoint defiélionpoétique>
Madame>quiput
'Vous rien representer dJaujJi beau
que cefpeflacle
j
qui jurprittous
ceux qui le virent. Aionfleur le
Maréchal de Montrevel avoua
n'avoir rien vû de plus galant.
J'avois fait entrer aude/Jous du
baflion
dans
la riviere3 trois ba--
teaux vis-à -vis du cabinet, le
mats du premier étoit tout de feu,
douzepetits ensansvêtus de toilie
d-'argent,coumnne;C de lauriers,
çrioient Vive le Roy
j
à chaque
t fiufee que ion tiroit dufécondjqui
en étoit rempli
, c- dans lequel on
avoit construit la ifgure d'un dragon,
avec desyeux >
d'où sortoit
une lumiere qui le firaifioit dif/?iinguer:
lesaîles, auxquelles étoient
attachées quatorze rame-s,a moitié
convertis de toilles d'argent
j jettoient
du fieu a chaquecoup de
rame> ainji que la gueule du drak
gon J
quiétoit plusavancée hors du
bateau ;furie dos duquel étoit élevée
une machine
>
qui reprefientoit
une caverne remplie de verdure&
de lumiere
3
dans laquelle étaient
de petits enfians vêtus de taffetas,
couleurde feu) couronnez de lattriersi&
qui cbantoient ces vers
jïtivans a la gloire du Roy
J accompagne^
dunejimpbonie.
,
Que nos coeurs, nos esprits,
nos voix
Parlent du Grand Loüis
Pere de tant de Rois: Est- il un mortel sur la terre
Et plus puissant & plus heureux
? Il est au comble de ses voeux,
Il est deux fois Ayeul, Grand
Prince & tendre Pere, ;Bt ne voit rien dessous les
Cieux, Au dessus de son rang, que le
Dieu du tonnerre.
Les bords des bateaux ttwnt
j
remplis de lumieres; le troificme
qui remorquoit les deux Autres
étoit rempli de feu d'artifiæ &
deboules de feu , qui brûlaient
dans l'eaurie toutfutaccompagne
d'une prodigieuse quantité de
belles
fusees
y
tirées du baJhon du
milieu; lesquelles allotent tomber
dans la Garonne. Le signal dtt
tonnerre artificiel commença par
une décharge de toute la moufiJueierie
tres-bien suivie
>
après Je fit
entendre le Canonde nouvelle sabrique
du Château
j
lune maniéré
4 fairepeur au plusbrave;
tnfuite le Canon de la Ville. tira,
puis celuy des Chartreux>quifut
tres-bienservi; ily eut trois décharges
de chaque cote successivement
les unes après lesautres. Les
illuminations de la Ville
,
des
Chartreux> e les feux d'artifice
qui étoientsur la Rjnjiere
, proïluijoient
une clarté extraordinaire.
Lejtemps fut d'une serenité ad- les Etoiles encore d'un
plus grand brillant, la Mer bonnace
>
si elle la fut jamais: enfin
Madame j
>
la nature de concert
avec-les hommes a glorieusement
folemnife la naissance du Prince
qui caufi tant de joye à toute la
France.
LE GENIE DE LA FRANCE
AU ROY.
Grand Roy! si feulement ton
loz & ton renom
Des temps lointains affrontoient
la durée,
Trop peu feroit ta vertu couronnée'~
Maints Preux jadis ont eu me,
me guerdon.
Le Ciel à tes hauts faits doit
une destinée
Tout comme toy, sans Parangon.
Or la voicy : Du beau Prince
Breton
Tti yeux verront la Royale
lignée
S'éterwfer comme ton nom,
Mr le Marquis de Circé;
Grand Seneschal en Poitou , a épousé Mlle Aubert
,
fille
de Mr Aubert
, Introducteur
des Ambassadeurs & Princes,
Etrangers auprès de S. A. R.
Monsieur le Duc d'Orleans,
petit fils de France.
Mr Aubert exerce cette Charge
depuis vingt - cinq ans,
avec autant de capacité que de
politesse, ayantesté bien informé
par feu S.A. R Monsieur,
de ce qui est dû à la grandeurdes
personnes Royales, & de ce qui
regarde les fonctions de cette
Charge,qui luyattire une estime&
uneapprobation gencratç.
Leurs A. R.ont fait l'honneur
aux nouveaux Epoux de signer
leur Contrat de mariage, &
Madame
Madame a eu la bonté d'en feliciterMrde
Circé, & de l'assurer
que chacun convenoit desbelles
qualitez de Mlle Aubert,
de sa bonne éducation & de favertu.
Mr l'Abbé du Tremblay ,
grand oncle de Mr de Circé ,
a fait à S. Eustache,la ceremonie
decemariage, &undiscours
dpl'ueinne d'onction & de pieté, 8C
vivacité peu commune à
l'âge de quatre-vingt onze ans, setrouvant leseulBeneficierdu
Royaume de la nomination du
feu Roy LouisXIII , qui l'avoit
honorédel'AbbaïedeMondaye,
& de celle de Beaulieu en*
Bretagne.
La famille de Mrs de Circé
est tres-ancienne dans le Poitou,
& s'est toûjours distinguée
par unefidélité & un attachement
inviolable auservicedes
Rois, dans les tempsorageux
où cette Province étoit divisée
par les différentes factions des
Princes. ",", LaCharge de grandSeneschal,
qui luy est comme héréditaire
fut donnée à ses ancêtres par.)
distinction ; ce fut aussi en consideration
des services de Jacques
, V icomte de Foucher Circé
,
son ayeul, Baron de Mairé
le Plessis, que la Terre & Seigneurie
de Foucher Circé fut
erigéeen Marquisaten 1635.
Jacques de FoucherCircé,
avoit épousé la fille du Marquis
de la Lourie, Gouverneur de
Juliers & de Groningue;de ce
mariageestsorti Abhnetech,
Marquis de FouchërCircé
, grand Seneschal des Chmt'--eWtl-e
Civray & de Saiôt.Ma-l'xant'*,,,'Oi
épousaDame-Marie d?î\ngeo-Jnes,
fille deLouisd'Angennes,
Chevalier, Marquis deMâMténon
,grand Bai1JyJDha^fes
&dupaïs Chartrain iEpoiijé
Dame Marie leClercdu Trirrïblay
: 11 étoitfils du Marquis
d'Angennes, septiémeChevalier
des Ordres dtf-Rov dece
même nomy & peudefamilles
peuvent se prévaloir de cetrô
prérogative. —
Dame Marie du Tremblay
étoitfoelir du Marquis duTremblay
Maître des Rec|uête£ , &.
de Mr l'Abbé du Tremblay
Chanoine de l'Eglisede NôtreDame
de'Par,is,des l'année1635;
& tous deux enfans jumeaux de
Charles le Clerc, Marquis du
Tremblay,Ambassadeuren Angleterre,
Gouverneur de la Bastille
, frere pciîné du fameux
Pere Joseph, Capucin) qui possedoit
compte la confiance duCardinal
de Richelieu, & partageoit
avec son Eminence Ici
foins du Ministere; & avoit elte
nommé au Cardinalat. Plusieurs
choses singulieres lui procurerent
l'estime de son Prince;
Mr l'Abbé Richard
a donné au
public la vie de ce Pere, & je
vous en ay souvent parlé dans
mes Lettres precedentes.
SONNET.
SUR LA NAISSANCE
-
DE MONSEIGNEUR LEDUC
DE BRETAGNE,
AU ROY. OEUelle fuite
,
grand Roy,
d'augustes Successeurs!
Un diroit que le Loiei avance
leur naissance
» Afin que de ta main tu formes
pour laFrance
De sages Souverains & de justes Vainqueur.
Peut-être de ta vie incrédules
lecteurs,
S'ils étoient iiez plus tard ils
perdroientesperance
De pouvoir imiterta valeur,
ta clemence;
Peut-être ils chercheroient des
modelles ailleurs.
Contens de surpasser ceux
d'Athene & de Rome,
Ils croiroient qu'on t'a mis trop
au dessus de l'homme, Il faut qu'ils soient témoins de
tes faits éclatans.
F AUTRE SONNET
AU SUJET DE LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR LE Duc
DE BRETAGNE,
Sur ces paroles du Pseaume1:7.
Voici la bénèdiBion quifera accordée
à l'homme qui craint
le Seigntur. Que le Seigneur
voua béniffi de Sion: que vos
enfans [oient comme de jeunes
Oliviers autour de votre table.
Prlt.fie,-vous voir les enfans de
vos enfans
,
& laPaix dans
israël.
v-A,PC.j"1UîR'¡OY. Royquicrains fé Seigneur pliw
que bien d'autresRois,
Seul contre l'Heresieen ce tems
déplorable
Qu'elle trouveenSion plus d'un
bras secoura ble ;
Dieu t'a prêté sa foudre il
t'adresse sa voix.
Les ensans de fis Jils couronneront
sa table
,
Ht la Paix &Ifrael suivra [el
- grands Exploits.
Le Ciel en ta faveur dégage
ses Oracles;
Tu te vois Bisayeul par un de
ces miracles
Que les Fronts couronnen'ont
vû presque jamais.
1
Et sur tant de soûtiens ta
- puissanceaffermie 1
Mettant au desespoir une Ligue
ennemie,
Te met en droi t de faire &
d'ordonner la Paix.
Ce qui fuit est de Mr de Villemont.
PRIERES ET VOEUX
POUR LE ROY,
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC DE BRETAGNE, LOUIS se voit deux fois
grand pere,
Et pour recompenser sa picto
sincere; Fasselejuste Ciel qu'il vive af-|
fez long-temps
Pour être de nos descendans i
Les délices, l'amour
,
le modele,
& la gloire: Qu'il ne vive en un mot airj
Temple de memoire
Et ne soitdans le Ciel au rang
de saint Loüis,
Qu'il n'ait vû les enfans de ses
arriéré-fils
Triompher,comme lui, sur la
terre & sur l'onde,
Et leur beau sangregner dans
le reste du monde.
Les Religieux Penitens du
Tiers- Ordre de saint François
de la Province de saint Yvcs,-i
kim pas moins fait éclater leur
eté &leur joye que les autres
OrdresReguliers du Royaume;
Roy les honorant particulieement
de sa protection & de
ses bienfaits; ils ont fait des
Prieres,des feux & des illuminations
dans toutes leurs maions,
& sur tout dans leur Conent
deNostre-Damede Nazaeth,
situé prés le Temple. Le
Dimanche six Juillet, sur les
huit heures du soir, a près le Sa- *
ut 8c la Benediction du tres-
SaintSacrement
, tous les Religieux
furent en Procession devant
le Portail de leur Eglise , où s'étant rangez autour d'un
;rand bucher qui fut allumé
par le Supérieur, revêtu d'une
Chape ; ils chanterent le 2T~
Deum & l'Exaudiat, qui furen
suivis des acclamations d'u~
nombre prcfque infini de Peu
lpelse qui s'y étoit rendu de tou~
quartiers de Paris. A l'entrée de la nuit, le dedans & le de.
hors de leur Eglise & de leur
maison parurent illuminez, & le
clocher de leur Dômetout brillant
tant il étoit couvert de lumieres.
Il y avoit sur la premiere
corniche du Portail de l'Eglise
quantité de lanternes mêJ
lées de terrines & de pots à feu,
deux rangs de vingt- quatre
pendoient devant la grande
croisée aux vitres qui sembloient
les multiplier. Au dessous,immeédiatement
sur la porredel'E- , on avoit placé un grand
Portraitdu Roy sur un
-
tanis
magnifique, & fous un Dai*
res-riche; au bas duquel oa
isoic ces mots»
POTENS IN TERRA IRIT5
SEMEN EJUS. i -
Sa racefera fvijjantesurla terre.
Letout estoit éclairé par un
nombre infini de lampronsattachez
sur des chassis & posez seon
l'ordre de l'architecture du
Portail ; la frise qui regne tout
e long, en estoit couverte aussibien
que les Pilastres des deux
costez ; des terrines dont sortoient
de grosses lumieres remplissoient
tous les chapiteaux
de ces pilastres. Les piédestaux
des deux Images de saint François
& desaintYves
,
l'un dei
Patrons de laBretagne, en
estoient garnis: on voyoit
leurdroite &à leur gauche
quatre grands Obelisques dd
matiere diaphane,éclairez par
derriere, ornez des Armes de
Frajticei& de Bretagne, &separez
lesuns des autres par deux
plaquerqui estant composées
de lumieres plus vives & pluit
pressées, l'emportoicnt par leur
clartéébloüissante sur toutes
les autres lumieres du Portail ;
les deux fenestres qui le terminent,
en étoient aussi environnées;
toutes cellesdu Convent.
qui donnent sur les ruës , se
trouverent en même temps également
éclairées, & devant la
porte estoit attachée une couronne
fermée &toute brillante
dedans & dehors d'une multitude
delamprons. Ceux quiont
vû ces illuminations en ont adtnjréfc
bon goût , l'ordre & le
bel effet. La foule fut si grande
qu'il fût nessaire d'avoir une
partie des Archers du Guet
pour empêcherledesordre,ils
ne s'en retournerent qu'au jour,
8c tout le peuple fut regalé pendant
la nuit de plusieurs con*
certs detrompettes & de tambours.
,', : Le 15. de Juillet on chanta le
Te Deum dans l'Eglise Metropolitaine
d: Toulouse, pour le
même sujet, auquel assisterent
le Parlement &les autres Compagnies
de la Ville. Ily eut le
soit un grand feu d'artifice, &..
l'on donna par toute la Ville
des marques éclatantes d'une
réjoüissance publique.
Monsieur de Riquet le plus
ancien President du Parlement
deToulouse, & qui remplit depuis
quelques annéeslesfonâioiM
de premier President en
l'absence de Mr Motant,avec
l'applaudissement de toute la
Province
, n'eût pas si-tot appris
la nouvelle delanaissance
de Monseigneur le Duc de Bretagne
,
qu'il eut l'honneur d'en
semoigner sa joye & celle de
l'illustre Corps auquel preside,
par une Lettre qu'il écrivit
à Monseigneur le Duc de
Bourgogne; il eût l'honneur de
regaler ce Prince pendant huit
jOUlS, lorsqu'il passa par Toulouse
,
& ille fit avec tant -de
plendeur qu'il depensa dans
:ette occasion prés de cent mille
livres, pour marquer son zele
pour la Maison Royale. Sa magnificence
n'a pas moins paru
dans la feste par laquelle il a
signalé sa joye pour la naissance
du nouveau Prince. Il fie
couler deux fontaines de vin
pendant prés d'un jour, & le
soir il y eût une illumination
dans son Hôtel, qui fut éclairé
par plus de six millelumieres,
cette clarté fut redoublée par
un tres-beau feud'artifice. Ce
spectacle attira un concours
infini de peuple qui a une extrême
veneration pour ce Magiftrat.
La joye fut augmentée
par le sondes hautbois 6c des
Sffômpeués :i}ui joüerent pendant
presque toute la nuit, &
gi.kl*,tfices, instrumens n'étoit
interrompu que par le bruic tïc\àMoafqueterie & par les
-acOclamnatio,ns - redoublées du connoist le merite
;:&. lesalliances deMrdeRiquet,
Il estfrere de Mr de Caramair,.
Lieutenant General des Armées
du Roy, & ces deux frcres
se signalentégalement, l'un
par sa valeur& l'autre par sa
Justice.MrlePresidentde Ri-
«juet a épouse la fille de Mr le
Comte de Broglio, niecede M1* deLarneig"n- & de Baville.
',', Les Jesuites da grand College
de Toulouse ont commencé
leurs réjoüissances par un Te
Deum, un discours Latin, une
llumination, & un feu d'artifice
; le tout s'étant executé en
*s etan.t execute un même jour.
Le 18 Juillet M" lesEcclesiastiques
du Seminaire de ce
Diocese
,
dont ces Peres ont la
conduite,se rendirent en furplis
dans l'Eglise du College
pour le Te Deum, qui y fut
chanté après la grande Messe.
L'aprés dinée, sur les trois
neures, le Pere Auguy, l'un des
'rofefleurs deRhetorique prononça
un très beau discours
Latin
, au sujetde la naissance
lu nouveau, Prince,devant une
ssemblée des plus augustes. Le
-arlèmen."; la Cour des Tresoriers,
l'Université & Messieurs
es Capitoulscomposoient l'asfemblée
avec tout ce qu'il y a de
sçavans & de beaux erprits dans
cette grande Ville, attirez par
leur zele,pour tout ce qui regarde
l'intérêt public de l'Etat,
& parlacuriosité d'entendre
traiter un grand su jet par un
Orateur qui avoit eu tres- peu
de temps pour se preparer. Le
lieu de l'assemblée étoit orné
de riches tapisseries
& l'on
avoit eu foin d'y bien placer,
felon leur rang les portraits de
toutela Maison Royale, & même
celuy de Monseigneur Ici
Duc de Bretagne dans le berceau,
audessous de ceux de MOÛT
seigneur le Duc de Bourgogne,
Monseigneur le Dauphin & du
Roy dans une même ligne, avec
ces mots au basdeceluy de

Monseigneur le Duc de Bretagne
,
sic ab Jove TeTtiJiS Ajax.
Les portraits des autres Princes
étoient auxcôtezdecette,ligne.
L'Orateur fit voir dans la premiere
partie de son discours,que
la naissance de Monseigneur le D'le
de Bretagnefaisoitle bon heurde la
Maison Roïale: Dans la (e.conde..
il fit connoître que cette même
naissance affermissoit pour toûjours
la felicité du Roïaume. Les applaudissemens
qu'on luy donna
tres-souvent, pendantqu'il harangoit
furent une marque sen..J;
siblede la joye quel'assemblée
ressentoitde -ceue heureuse
naissance, & furent une preuve
convaincante que la piece ne se
sentoit point de la précipitation
avec laquelle elleavoitété cour
posée. L'Orateur n'oublia pas Ta;
pieté du Roy, qui paroît avec
tant d'éclat dans l'application
de ce Monarque à détruire l'héresie
dans ses Etats
, & qui se
trouve sibienmarquéedans l'ordre
qu'il a envoyé à toutes les
(Í Compagnies du Royaume, de
prier le Seigneur qu'il fasse du
Prince nouveau né, un Prince
selonson coeur ; il fit voir le
Ó.~ jeune Prince, comme une recompense
que le Ciel accorde
I¡-à:la Religionde Sa Majesté;
& l'on jugea qu'il n'auroit pu
mieux finir que de la maniere
£*qu'il fit par cesparoles du Texte
sacréappliquées au Roy;Bene- dicat tibi Dominus ex Sion, & vi-
?
-
deas- bona 7erufdlem omnibus diebus
vite, Mtse, & video* filios fiiiorumiuorumgacem
Çuper Jfraé'L
Il y eut le foir du mêmejour
une illuminationqui a cfié-regardée
comme unc*ties mieux
entenduës qui ayent jamais pàru
dans cette ville. En entrant
dans le College on voit trois
cours de suite, environnées de
bâtimens; &tellement separées
quedésl'entrée on peut les
voir toutes trois d'un d'oeil coup Ces trois cours parurent
toutes en feu en moins d'un
demy quart d'heure, & ce feu
dura présdetrois heures. On
vit la grandecour, qui est celle
du milieu , extraordinairement
éclairée par trois ceintures de
lumieres sans nombre,égale-
-mt:tnt espacées dans l'étage superieurdu
corps enface & des
aîles.La plus haute ceinture
ornoit l'extremicé des toits en
forme de balustrade, formée par
des fanaux peints aux A rmes de
Monseigneur le Duc de Bretagne
, la plus basse, en la même
forme sur la corniche du
bas étage qui environne les trois
corps de logis; & latroisiéme,
entre ces deux, disposée dans
tout lefenétrage quiestdesplus
reguliers: Celle- cy estoit de
bougies à l'air, en quatre divisons
sur autant de liteaux posez
de champ, qui partageoienc
également les montans des fenêtres
: ces lumieres disposées
entre les deux rangs de fanaux,
dont la lumiere étoit moins éclatante
,étoient par cette opposition
plus vives, & sembloient
tfë multiplier sans fin par la rclfexion
flexion du vitrage Cette varieté
des lumieres étoit augmentée
par les matieres flammantes
dans une infinité de lampes distribuées
sur toute la couverture
, sur le haut & le bas des fenêtres
des trois corps bas qui
forment la petite cour quarrée,
à l'entrée du College, & dans
plusieurs grands pots à feu, disposez
avec symmetrie tant sur
les pilliers de la Clair-voye qui
fait la separation des deux premieres
cours, que sur les pilaf:",
tres, sur les cintres, sur la corniche
, au tour du tympan, &
sur les Acroteres de la grande
porte. La troisiéme cour qui est
celle des Pensionnaires,attiroit
également la curiosité des spectateurs
, & par son illuminarioxi
particulière qui etaie,d'ungrand
goût, & par un jet d'eau
artificiel, au milieu de la cour,
preparé pour cette occasion,8c
par quantité de fusées & de serpenteaux
qu'on ne cessoit de
lancer detoutes parts. La porte
qui fait la communication de
leur cour avec celles du College,
du côté de la grande entrée,
avoit son ornement particulier
qui marquait le dessein
de l'illumination. C'étoit piece une exquise de sculpture, que
l'on a dans ce College
,
de l'ouvrage
du fameux Bachelier,
reprefencant un Hercule
, qui
s'étant debarassé de ses langes,
étouffe de chaque main un serpent,
avec des attitudes si animées
4
& si naturelles, queles
Connoisseurs y trouvent quelque
air du Laocoon duVatican.
Cette figure entourée de lauriers
& de festons êtoit placée
au centre de tant de lumieres,
audessus de cet écriteau qui est
un des titres des tableaux de
Philostrate. Hercules in cunis; ce
symbole ayant esté trouvé propre
à faire naître les penfées
les plus élevées sur la destinée
de l'Auguste Prince que le Ciel
vient de donner à la Maison
Royale, & à representer Il vigueur
du corps extraordinaire,
qu'on dit qu'il a fait paroître
dés les premiers jours de sa naissance.
Cette illumination étoi t
accompagnée de fréquentes falves
de mousqueterie
,
faites
aux fanfares des Trompettes,
au bruit des tambours & au Ton desfifres.*" •»*
"JLc feu d'art i sicetiréavec
succés sur la haute tour du College
, qui donne sur les trois
cours où êtoit l'illumination,
& qui êtoit d'un grand avantage
pour le jet des fusées.pour
l'effet de la batterie, & pour la
distinction de toutes les parties
du dessein termina ce spectacle
, qui a esté generalement
applaudi, & qui avoit attiré plusieurs
personnesde distinction,
& un nombre prodigieux d'autres
spectateurs qui êtoient,où
dans les trois cours du College,
ou sur les tours de la Ville ; ou
aux fenêtres t ou sur les toits
des maisons voisines.
On eut foin d'annoncer la
veillelesrejouissancesque l'on
devoi t faire le lendemain, par
des salves réïterées de mousqueterie
, accompagnées des fanfares
des trompettes, du bruit
des tambours & du Ton des fifres
, qui continuerent pendant
prés de deux heures sur la
tour.
Les Ecoliers du même College
,representerent peu de
jours a prés, comme une fuite
de ces premieres Rejouissances,
trois pieces de Theatre, les
Rethoriciens une Tragedie,les
Humanistes une autre, & les
Pensionnaires une Comedie.
Le 21. Juillet les Reverends
Pères Minimes de la Ville de
Toulouse se diflinguerent par
une illumination d'une invention
nouvelle, & qui sefit admirer
de tous les spectateurs.
Lasituation de leur clocher,
d'où l'on fie des décharges pendant
une bonne partie delanuit
étoit tres favorable Ils avoient
allumé sur le grand chemin de
Paris, ouils sont scituez,un
grand feu qui dura plus de trois
heures, & pendant tout ce
temps ils fournirent abondamment
de leur meilleur vin à
tous ceux qui passerent
, ou qui
vinrent expréséprendre part à
leurs réjoüissances.
On ne à Toulon le Dimanche
20. de Juillet une réjoüissance
publique pour la naiuan.
ce de Monseigneur le Duc de
Bretagne.Onavoitfaitdresser
pour cet effet un Arc de triomphe
dans la traverse del'HôteldeVilleau
Port, avec des
Inscri p ci0nsen., Lacin.t!&:. en
François, avec tous les ornemens
que le temps pût pcrmectre
, & une Fontaine de vin qui
coula pendant toutle jour. Les
Consuls assisterent en robes de
ceremonie avec Mrde Chalmazel
Commandant de la Place nCi
Te Deum, qui fut chanté à l'issuë
de Vespres, Mr l'Evêquede
Toulonofficia pontificalement.
Lesoir le Feu de joye futallumé
dans la Place d'A rmes ;on en
fit de même dans toutes les ruës
avec des illuminations à toutes
es maisons ; & dés le matin du
même jour, & le lendemain on
fit des charitez à plus de trois
nille personnes.
Voicy les Inscriptions de
l'Arc de triomphe qui a esté
dressé à ce suj et.
On lisoit sur la face droite,
Serenissimo Principi recens-nato,
Duci Bntannioe.
PostiereMtjoru- Consules, Proyibernatorcs
VrbisToloni & civilis
Consïlii Stnatvres.
On voyoit sur la face opposée
,
Dux BritanniæJ
DucisBurgundioe Filins>
Serenijfimi Delphini IVeposa
Lnâovici Aîagni Abnepos.
HipatTii) bifui & domejîici.
tituli : his nusquamnobilioresinvenilU.
Si alios,si' filtresquoeras ; oetas
aliquando, & VirtusBorboniis innata
,
kdevifhs frîoftibus3 d#bnnt.
Quidfauftum
,
quid ptofperumJ
quid magnum non tlu/?ictttur toi
Hcroum feiies
,
Pucliulo
,
intef
Pdtris) Avi & abavi itriumphos
nato (
Nec trnbellem
ProgcnerantAquilæ. Columbam
On remarquoit surla troisié.
me face, le Prince dans son Berceau
, & la Déesse Pallas qui
lecouvroitdeson Bouclier;ces
Versestoientaudessous.
JSlande aàotefcepuer, quemproteyf
Æ:side Paillis,
Te prompta ,
aufuros ledere,
Voena manet.
On lisoit aussi les Vers fuivans
,
Le Cielfavorable à nosvrux,
Rend 4délaide fécondej
Du plus ùtau (ane:, da monde,
Elle vient de former unVils digne de
ses AytllX.
On voyoitencore sur la quatriéme
face le Prince dans son
Berceau,env i ronné des Dieux
& des Déessesdela Fable: avec
ces Vers , Re tin-ins, animum Mavors,
fophiam^ae Minerva,
Dique, Deoeque , novo munera ferteDuci.
Et au dessous
,
rectiffon des
Armoiries du Prince ,
d'un cô.

,
& le Globe du monde, df
d'autre,avec ces mots:
Unus nonruffcitOrbis.
Etles Vers fuivans :
'our un Princepourvu de tant J'dl";
ttaits divers
> Ce ferapeuquelaBretagne.:
..n deftivs ont promis au fang de
Charlemagne,
L'Empirede tout l"VnÍvtrSt
Ayant vû
, Monjieur, que dans
* fécondépanie du mois de Juillet
srmetvous n'avez^fattmention que
des rejouissances qui ont cfiè faiteA
pourla naissancede.Monseigneur le
Duc de Bretagne,& que vous pro-I
mettiez encore de faire un récit de
plujieurs quisefontfaitesà cefvjet>j
m'étant trouvea Melun par occa-
JiOtl te 15. âuditmois3 & ayant vu
de cette Ville, celle qu'àfait Mr
Boucher1ci-devant grand Audiancier
de France, dans son Chàteau
de Livry sur Seine5fay crû devoir
vous mander, connoissant sa
modeflie
,
&(fachant qu'il nefait
rien par ofientation
,
&que Mon..
sieur le Chancelier faucherat, en
recevant le Saint Viatique voulut
bien en presence de tous lesassî;}ans,
fendre un témoignage public qu'on
ne pouvait avoir rempli ses devoirs
anveeucrypldues cdaepdaecsiinttéeyres&seemfejnftfdi'ihuonit-i
qtiilavoitfait3j*ay crû
5
dis-je;
devoir vous mander, que Mr. Boucher,
après avoirfaitchanter dans
sa Paroisse un Te Dcum,eH'Exaudiat
, en presence d'une nomkreufê
compagnie, où assîsterent les
Reveiends Peres Malhanche &
Guibeit de l'Oratoire.
,
donna un
foupèsi beaucoup de Nobtefle du voiifnage
,
enfuite duquel,la Compagnies'étant
allépromener dans le
jardin) le Château parut tout en
feu par un tres-grand nombre de
pots à,feuquiy efioientpldcezavec
beaucoup d'art,&fit allumer un
feu., qui fut précédé de plujïeursdécharges
de mousqueterie
3
qui furent
réiteiées plnfieuis fois
,
& tirer une
grande quantitédefusées volantes,
des plus belles qu'on puisse voir, il
4VQit fait exposer une si grande,
abondance de vin, que les habitant
de snViliagt, des lieux circonvoisîns
y
& même de la fille de
Melun ne purent tout boire
,
à* que
même ilsenlaisserent beaucoup
,
il
ilsfit tous danser au son des Violons
jusques bien avant dans la nuit.
Tous les Bourgeois de Melun étoient
sur les Ponts,sur les Remparts) &
dehors pourvoircefeu &cette illumination
,
dont le fpeélecle parut
desplus beaux. Onnepouvaitmoins
attendre de MrBoucher sjene vus
dirai rien de sa Famille,puisque
fin nom le trouve dans le Parlement,
&en d'autres Compagnies superieure)
de Paris, prelque depuis leurs
ètabhjfemens, & que ses anceflres
ontremplidesplaces de atjhnf/ioll"
Sonfit>s-ainéy Vrefident en la Cout
des Aidesfuit les traces defesprede.
cejfeurs
,
&peutfetvirde modele à
beaucoupde Magifttats,tantàeause
dejàpieté ,& desaprofonde capacité)
que de la douceur& de l'hon.
nefietequi luyfontnaturellessce qui
luy attire une efiime & une confédération
toute particulière
3
& le rend
digne des pim grands emplois. L.
jufineque je dois rendrea la vérité
nia engagé à voué écrire cette Lettre.
Je fuis, &c.
Les Particuliers ne se font
pas moins signalez
,
à proportion
que les plus grands Seigneurs
& les plus grands corps.
Mr Flachot
, marchand de
Lyon >& Recteur en exercice
de la Charité de cette même
me Ville, a donné des marques
éclatantes dela joyequ'il a refsentie
de la naissance deMonseigneur
le Duc de Bretagne, par
des Feux d'artifice, &de grandes
illuminations qu'il a faites
à sa maison ; trois fontaines de
vin coulerent trois jours desuite
à sa porte, où l'on avoit dressé
quatre Tables, remplies de
tout ce que la Saison pût fournir
d'exquis & de delicat : l'on
inv i toi t tous les passans a y
prendre place;il donna en même
temps un somptueux repas
dans les Sales de la Charité
,

il y avoit deux Tables de 2 4
couverts chacune,son Epouse
donna aussi une Feste magnifique,
quicommença par un repas
, où plus de 45 personnes
furent invitées. Aprés le repas
il y eût un bal qui dura jusqu'à
six heures du matin, tout Lyon
y alla en masque;on avoit envoyé
chercher vne bande de
violons à Grenoble pour grossir
celle de Lyon, qui d'ailleurs
estoirfort occupée. ,JI
Ces réjoüissances ont éclaté
jusques dans les Cevennes, où
Mr CourtenBrigadier des Armées
du Roy, Lieutenant Colonel
du Regiment Suisse. dit
même nom, & qui se trouve
dans l'Armée de Monsieur le
Maréchal deVillars
,
fit tirer
le17 Juillet iT-n Feu d'artifice
des plus magnifiques;les Fontaines
de vin n'y furent pas
épargnées
,
il y cftt un bal qui
dura jusqu'au lendemain quatre
heures du Inatin; cette feste reçue
de grands app-lauditTcmeas:.,.'
Mr le Prince de Holstein-
Ploën
, Gouverneur de Alaf*
tricht, est mort dans ses Etats.
Il estoit de l'illustre maisonde
Holstein ou Holsace, qui a produit
les branchesdeSunderburg,:
de Norburg , de Glukburg, d'Arnfbeck,de Slefvvick
, ou
Gottorp, & Ottingen ou Oytin.
Cette maison descend de la
maison de Saxe, fondée par
Vvitkind le Grand. Il fut cinquiéme
Ayeul de SigefroyI.
Comte d'Oldembourgdans la
Vveftphalie , donc la ligne
droite finit à Frederic, qui s'exposa
genereusement au supplice
,
auquel son pere Huno le
glorieux avoit esté condamnè,
combattit, & tua un effroyablc
Lyon à la veue du peuple
-jde Gostar.Ce fut vers l'an J40.VI l laissa le Comtéd'Oldembourg
à Elimar son cou fin
germain paternel. La posterité
de ce dernier, après huit, générat
ions, se reduisit à Theodoric
le fortuné, qui recueillie tous
Jes biens de sa famille Ce
Theodoric épousaen premières
noces Adélaïde
)
heritiere du
Comté de Dolmenhorit) &eu
fécondés Hedv-vige.,fillede Gerard
de Schavvembourg, Comte
k.d*Holfacc.. LesRois de Dan-
"l)emarc font de cette maison,&
defeendent de ce T heodoric.
La tranche d'Holface Sundcrburg
commença par Jeaq dit le
jeuneDuc de- S'elvvick fils de
Christienne II I Royde Dannemarck,
Cellede Norburgja
a pour tige
,
Frederic fils puisné
de Jean le jeune. Celle d'Arnsbeck
a pour tige Joachim Ernest
filsdumême Jean le jeune,
& de sa seconde femme, Agnes-
Hedvvige d'Anhalt. Celle de
Slesvvick ou Gottorp
, commença
en Adolpheheritier de
Norvvege, Duc de Slesvvick,
qui estoit frere de Christierne III RoydeDannemarck,&
filsdeFridericI.aussi Roy de
Dannemarck. Celle d'Ottingen
a commencé à Jean Administrateur
de l'Evêché de Lubeck.
:< Le Prince qui donne lieu à
cet Article avoit beaucoup de
valeur, il en a donné plusieurs
marques en sa vie; les Etats
Generauxavoient beaucoup de
confiance én luy, & ils ont marqué
un regret sensible de sa.
mort.
Le 2 3.Juillet dernier, mourut
à Beziers , Jean Burgues,
laboureur, dela Parroisse deS.
Jacques,âgé de cent sept ans y
Êans avoir ressenti aucune des
incommoditez de la vieillesse
,
ny avoir fait paroître aucune
des foiblesses de cet âge; on
peut dire de luy
, ce que l'Ecriture
dit d'Abraham, &fepultu4;*
estinsenectutebona. **4
- MrIrland;Lieutenant general
Criminel de Poitiers, mourut
le 8. de ce mois, âgé de 98.
ans.Il futreçû danscetteChar.
geen 1635. & honoré parsa
Majesté de ses Lettres de Conseiller
d'Etat, C1116.(J., Il étoit
d'unestres-noble & tres anciennefamille
d'Ecosse;ainsiqu'ilse
voit par les lettres Patentes que
leRoydeJa Grande Bretagne
a données pour la confirmation
de la Noblessedecettemaison»
& parcelles du Roy données
en consequence. Mr Ir^aad»
son petit-fils,Lieutenant dans
le Regiment desFuzilliers,eûet
une cuisseemportéed'un coup
de canon, au siege de Landau.
Mr de Fèr
, vient de mettre
aujour une Carte, intitu lée,
le Thijtm de I4guerre en Portugal
çà seiYouw le Royaume de Portugal
diviséen Provinces ou Gouvernementsd'entreDouroçjrMinho,
Tr^JJofmorites
y
Reira , Eftrama.-
dare, & Alentejo
, avec le Royau.
fiAk^trve au Roy deP&rîu^ai^
îreffesur les mémoires de Teixeiray
& dédié àsa Majefiè Catholique.
Cette Carte cil: ornée de pluheurs
cartouches, dans lesquels
an voit la ville de Lisbonne,
le Palais Royal de cette ville,
le Château de Belem
,
la ville
d'Elvas avec le fort de Ste Lucie
; les villes d'Evora
,
de Cadix
, avec son port, sa rade &
ses environs; d'Estremos
, de
Villa - viciosa, d'Aronches ,
d'Olivença,de Setuval, la Forteressede
S. Julien ou S. Giao,
& le fameux détroitde Gibraltar.
Tous ces Flans font beaucoup
de plaisir
,
& cette Carte
semblerencherirsurtoutescelljeussdqePuo'àrtpugrael
squeinotn.t paru:..
Le Reverend Pere FjgauJAu.
gustin
,
Inventeur des pieces
d'Artillerieà trois cannes qu'on
appelle cerberes,donc je vous
ay déjà parlé, a efëé nouvellement
gratifié d'un logement
,dans l'Arsenal ; dans lequel il
a mis en pratique une nouvelle
machine pour éteindre le feu
quand il prendauxcheminées
ellemérite d'êtrevûë, & d'être
expérimentée sur toutes les che..
minées pour le bien &l'utilité
publiques ils'est d'autant pins
appliqué au travail de cette
machine,qu'il a cherché à reconnoître
par-là les bienfaits
du Roy qui l' honore d'une pen- sionconsiderable.
Mlle Barbier a fait les Vers
sui vans, à la gloire de l'Auteur
àu.8v/ièm? du. çæurJ donc je vous
aydéjaparlé. Ifauteur
L-
L'Auteur de ce nouveau Syfième
Prend foin dese peindreluy-mêmej
Par L'amour il efi inJPiri,
Ilfent ce qu'il noua veut apprendre,
Et je crois son coeur aujjtfendre
Quefonefyrit efi éclairé.
Le 10. de ce mois Mr de
Guyonnet,filsMrde Guyonnec.
Conseiller au Parlement de
Bordeaux, soutint dans le College
de Guyenne une These de
Geometrie & de Fortifications,
dediéeau Parlement; l'Assembléeestoit
très- nombreuse. Le
soutenant surprit d'autant plus
l'Auditoire par la solidité de ses
demonstrations&de ses réponses,
quec'est un jeune homme
de quatorze ans ; ce qui donne
lieu de croire, que si son esprit
continuë à faire d'aussi grands
progrés, l'âge le rendraun jour,
un des plus habiles hommes de
son siécle, >-
-.
La Lettre qui suit est dattée
de Madrid du premier Aoust ,
& contient une Relation d'une
feste de Taureaux, donnée à Sa
Majesté Catholique. <
st il ne s'est rien pajïé depuis le der."
nier ordinaire digne de vostre attention
, que lafeste des Taureaux qui
se'fitLundy 28. dans la Place
Maior de cette Ville. Le Roy&la
Reine honorerent cette fesie de leurs
,
pieences & parurent à quatre
heures dufoir dans l'un des Balcons
dun Palais bâti dans cette Place
,
wr ces fortesdefaBacles,
Les préparatifs de cette fesle ont
uelque chose de grand à cause de
Amphiteatre qui regne autour de
i Place, & qui renferme une po..
rt/ale innombrable
t
& des mai-
'nI également bâties & entichies
t Balcons à cinq étages richement
'nez, (7 remplis jusques aux toits de
; quily a de plus considerable dans tVille.
La Place dans laquellesefait
*ttecourse de Taureauxn'eji que
un tiers plus grande que la Place
loyale. Je ne fuis pas trop infiiuit
es regles de cette fesie ; carily a
es étiquettes & des Loix pour &
mtre lesTaureadores qui renferment
7urs maximes
, qui comblent de
loire ou couvrent de honte ceux qui
?s ,h/erventJ ou qui s'en écartent
Voicy ce quejen ay vu,
On tire des lieux les plus sauvages
de cette terre +°. ou 50. Taureaux
qu'onprend par le moyen des
Vaches qu'on répand tn nombre
dans les bois où iJsse tiennent. ils
fuiventles Vachesjusqu'k Madrid,
& cette rufe les ayantfaitprendre,
on les met dans des ferres difyofees
pour cela. Le jour dejliné pour la
fesie
, on les conduit par le moyen des
mêmes Vaches,dans des écuriesqui
font dans les coins de la Place, &
qui fontpréparées pour les recevoif.
Les écuries repondent À la Place
par deux grands batans de porte'
qu'on ouvre pour les y attirer, &'
derrière le[quels se cachent ceux qui
les ouvrent ; c'ejî une ceremonie oui
les plus illustres assistent
, que cellede
conduire ces fortes d'animaux'
lans les écuries de la Place,qu'on
ippelleicy Infierros > lesTaureaux,
marchent au bruit d'une forte de
ens, qui tiennent des fouets, &
laquent en ordre, & d'une manière
':ii a quelque choft du bruit déplu-
:'eut:S frondes tiréesensemble ; ces
ommes ne font cependant que des
iquçurs de boeufs qui excitent &
çpoujfent devant eux , de ce bruit
</• de la voix, ces animaux quifont
rc*ortez,.aulti par les Seigneurs de
me Ville qui font dans ce gONftt
ui marchent à cossé de ces chassesxufs,
montezsur les plus superbes
*bevaux telle/'Andaloux, avec
n dard à la main, dont ilsebaffent
s Taureaux qui s'écartent de la
oupe. Monsieur le Duc de l'ln.
intade
,
Pundesplus grands Sci-
7eurs de cette Cour fut renversè de
fin cheval à cette Cérémonie fan\
estre blejfè„ Les loeufs & les vaches
qui attirent les autres3s*appellent
D'elin gagnadores) & ont tous
une clochette au colT en forte que
lorsqu'ils font dans les Infierros,
en fait'monter des hommes sur des
traverses disposées
, qui lespiqueni e les obligentase presenter à la
forte ,
d'où ils sortent les uns après
les antres ,
la clochette lesfaisant
difiinguer à celuy qui tient l'un des
batans de laporte.
Lepeuplese tient enfouledans la
l'lace toute Jtb/et
s
jusques au mo..
ment qu'on lâche les Taureaux. Si
tofi que l'heure marquée efi venniJ qui fut , ce jour-là à dix heures au
matinée peuple entre dam les Amphiteatres
,
& il ne refle que les
baycurs dans la Viace
,
& ceux
fuifê presentent pour berner & a[-
faillir le Taureau; car ilfaut remarquer
que lafeste du peuple
,
qui
estle matin> est différente de celle
dcs Noblesquisefait lessir;celle
du peuple est de combattre a pied le
Taureau
,
£7* celle des Nobles à
cheval.
Si-toftque l'heuresonne
,
le Corrcpdirk
cheval
, avec la JuJlÙe ;
furoift dans la Place, dont ilfait
ileettoouurraavveeccle'essAAlglgoofils qui j'accompagnent
,
ensuite de quoi se rangeant
dans l'une des extremitezde
la Placentprendsacourse &vient
à toutesjambes àla porte de l'Infierros
j où font les Taureaux, &
s'en retourne avec la même diligence
crainted'cftre attrapé par le Taureau
,
qu'on lâche avffi tofl qu'il a
parti) ce qui donne souvent un divertiffement
au publicpar la ctainte
fies Algofîls qui font quelquefois
courusparces animaux qui sortent.
furieux, parce qu'ils font animez^
par des hommes qui fontsur les tra.
verses dont j\typarlé & qui les pic.
qutnt. Lapremieiesortie du Taureau
a quelque chose d'effrayant5
mais les hommes faits àcejeu font
bien voir que le dangereft mediocre
par l'habitude, & le jugement
qu'ilsenfont. ils jepresentent donc
au Taureau trois ou quatre avec
leur manteaux à la main, dans
lesquels consîstent tout lejeu de cette
premiere fcfle j ces hommes approchent
le Taureauquelquefois enflmhle
, & quelquefois seuls, &
lorsque le Taureau prend son élan
pourse ytter sur celut qu'il (hoifit) thommetattend de Piedferme, &
en luy-couvrant lesyeux de sonman-
'ttiU sedérobé à luy
,
se jette à cofté.
gagne la croupe ce quifatigue
re taureau & l'anime, un autre se
>refentede la mêmefOrte, avecla,
nème adresse, & le même tour du
nanteau, ce qui émeutfifort cet aninalqui
s'tlancetoujours sans fuce^
i que souvent il se jette au traversdes
curieux de la place, qui n'y
itant pas attentifs) se laissent fur-
Prendre , en forte qu'il en cubultt
quelquefois une grande quantité5 &
l'une manièrecependantsifavordble
que de deux cent que fay vu renversés,
il n'en a pas estétué deux.
Le grandartconfïfie
,
lors qu'on
ne peut éviter t'animal, à se jetter
ventre a terre, parce qu'étant d(Jtt>
Jparle rejîe de la populace
,
ilse
iette d'un autre cote5 voilàleseul
danger qu'ily ait, & leseuldivertissement
confijle a voir quelques
gens attaquer le taureau, avec un seulmanteau, le berner, le jouera
jufqrl¿J ce que des trompettes qui
sonnentsamortayentdonnélesignal
dela charge, qui fait avancer les
gens deftînez^k cet employa, pour luy
couper le jarret; après quoy le taureau
étanttombe , le peuple bayeur
vient luyplongerVèpée dans leftdflC)
juf¡u'à ce queînorts'ensuive. Alors
seprejenteun Algofil avec trois mules
attelées ensemble, & pariés de
rubdns, qui enlevent le taureau mort
hors de la place. J'oubliais à dire
que les premieres attaques qtïonfait
au taureau,se fontavec des petits
dxrds garnis d'une efpcce de banderole,
dont le peuple sefait honneur
de le percer ce qui l'anime étrangement.,
Le détail de cette premiere course,
instruit de toutes les autres qui si
font toujours de la mêmeforte. On
donna huit taureaux au peuple de.
puis dix heures jusqu'à midy
, mais
le huitième fut le beau j En effet il
y à un air de fermeté, 6- d'adresse
dans celuy qui entreprend dïabbatre
le taureau Àses pieds, en son tnt de
la fine, qui donne de l'admiration
& dupi.iijtr.
Vn homme [cpdre de tomrles autres
, va (e pofler à vingt pas de
l' I n fierros, d'oïl le taureau sôlt3
& plante un dard à son pied quil
enfonce un peu dans la tesse aljn
d'êtrep/ru en forces & que le mouvementdu
taureaune l'emportepas.
Il attend."animal) quifortfurieux
desa prifou) & voyant cet homme
precisement à l'entrée de sa loge) il
sarrête un mùmentjaptes quoy il
s'élance avec une furie extrême Ç
sur lepefonnage qui le choque
,
&
Phommt attendant, & consîderant
fis mouvement, conduitsa dcmypique
ouson dard) avec tant d'adrese
&de jugement, que le taureau venant
fondre sur IUf) je Pay vu s'enferrer
par le milieu de la tête, &
se plongeant dans le corps tout le
dard, ¡'en ay vu
,
dis-je
,
le ferfortir
audeffas de la crlJllpe) & l'anim.
tl réellementembroché, comme s'il
l'eût en effet ejié après fil mort pour
le faire rotir, & enfn tomber aux
pieds de celuy qui luy avoit presenté
lefer.
La recomPense du vainqueur cft
conforme à sa pjofc.ssion. C'est d'ordinaire
un boucher qui fait cette ter.
taiive, & lors qutlreussït, le Corrigidor
luy donne le beuf, ou le taureau)
dont ilfaitson profit; & les
mouchoirs de tous les balcons portez^
en l'air avec les acclamations du
peuple, annoncent son triomphej
cette viHoire fait la fin de la fête,
& midy qui sonne alors, celle de
l'assemblée quiJe separe.
je dois dire que la fàt/sfaétion
de cepeuple ne confîfie pas toute entiereauplaijîrdecefpeclacle,
mais
elle efi plus réellement fondée sur
/'abondance
,
& l'argentqu'ilfait
repandre dans la Ville par l'affiuencedupeuple
étranger,que cette
fête y attire, & pat le don qui efi
fait aux Taureadores à pied, choisis
Centre le peuple, des taureaux qui
se difiribuent à leur prtifit.
La fête du foir
, qui efi celle du
Royy (jr de la Cour efien grand, ce
que cetle du matin estenpetit, c'est
le mêtne fpeflacle, ce font les mêmes
taureaux. Ceux du matin combatent
Ilpied,& ceux dufoir à chevaly
AU nombre de sept Cavaliers on
Tdureadofes, montez^fur les plus
superbes chevaux, une lance à la
nzain, bottezà la quinette, avec
l'habit de la nation, & un tour de
plumes sur un chapeau qui imite le
casque
, par la manière dont il est
retroussésilsfont accompayicz^cha
cun de deux Creados, ou valetsfiperbernent
vestus de livrie, qui agacent
le taureaupour leporter à s'élancer
sur leur maitre , qui metson
agreffe à luy enfoncer sa lance dans
le col, en le forçant à se détourner
du cheval qu'il monte, & à paffer à
cotéy faisant des voltes au tour du
taureau pour l'empêcher de ytyier
sa croupe , qui efi avjjî défendue
eai les Creados , qui pouffent &
tonâuifent le cheval du côté qu'il
(aut, afin qu'il fafefront au taureau
; les maîtres, les valets, &
le cheval étant drejfezji cet exercice,
le Taurreador ne fait d'autre mouvement
de sa lance que de latenir
ferme,pour que le taureau venant
à s'élancersurluyousur soncheval,
luy presentantlefer, il s'enferre de
luy-même> comme il arrive) &le
Cavalier qui[entJonsetenfoncé)
par un tour de poignet est obligé,
prenant la demy volte, de rompre la
lance,laissant le fer dans le corps
de l'animal, en jettant en l'Ilir ce
qui IUY en resse à la main.
Ce qu'ily a deplus périlleuxc'est
la necessité & l'engagement d'honneur
dans lequelfont les Cav"lierl,
que le taureau renverse,d'aller
4 luy de piedferme
3
& de lefrape
de iépèe entre les deux cornes, v
qui arriva il Cun des Taurreadores
qui après avoir eslé renversè.defy
chevalt ce qu'ils appellent un impeigno
,
alla h lanimal
,
de h
maniere que je viens de dire3 t
pied, & répée au poing: Ilfrapt
le taureau félon son engagement
mais il le culbuta, & luy passa .ftj
le ventre) ilfut blessé au bras, d
augenoux , & onfut oblige de h
7emporter. Le Roy. accorde d'ordi.
naire des graces aux Taurreadoresi
four prix de leur courage, &ils ac,
quierent parlà une grande renom.
mée parmi le peuple.
Mc de Grancey,Abbessede
l'AbbaïeRoyaledeGomer-Fontaine,
dans le Vexin,âgée de
cent,rept ans, n'a pas esté
moinssensible que les autres à
la joye, qu'a causé par toute la
France,la nai ssance de Moneigneur
le Duc de Bretagne.
Elle a fait c hanter un Te Deum
dans l'Eglise de son Abbaïe,où
elleaassisté Elle a donné rou.
és les autres marques d'une
egre{fe parfaite.
M1 Bodin, Sieur Deftotiches,
Donfeillerdu Roy) Commiflaieaux
Revues de la villede
)efize,enNivernois, fitchaner
un Te Deum le 17. de Juilec
dans l'Eglise des Minimes,
es OfficiersdeJusticede la Vile
y assisterenten Corps,aind
[ue touce la Noblesse des envi.
ons>il y avait plus de 300
iabJtans fous les armes,ornez
de cocardes de ruban blanc, &
ayant à leur tête des Haut-bois,
& des Musettes. Aprés le Te
Deum, il fit allumer un grand feu
au bruit de trois décharges de
mousqueterie,de canons, & de
boëtes. Ensuite de quoy il donnaunmagnifiquesoupéàplusde
200. personnes. Toute sa maison
fut illuminée; il fit aussi
éclairercelle des Minimes par
un tres- grand nombre de lumieres
; cequi parut si beau au
Correcteur, que pour en témoigner
sa joye, il donna à souper
à tous ses Religieux dans le jardin
du Couvent, au bruit du
carillon de leurs C loc hes
,
qui
le firent entendre jusqu'au lendemain
matin La compagnie
mie Mr de Destouches regala,
:tant sortiede table, il fit alluner
au son des Instrumens
, un
feu d'artificequi eut beaucoup
le succés, les fuzées ayant esté
rûes de prés de cinq lieuës. Il
eut bal ensuitejusqu'à cinq
ieures du matin,le peuple dan*
a dans la cour au son des Intrumens.
La Lettrequi suit, vient de . Antonin,en Roüergue.
Puijquevousvoûte%Jçavoiry
Monjieur
j ce qui s'est PaJJé dans
otre villeauJuyetde sa naijjan-,
?
de Monjeiçneurle Duc de Bre*
}gne ; je vous dir^yqnaujjî-tofl
-¥.fllPUS eûmes reçu lesordres nfnecctfaires,
Mr Brugiere
>
notrt
Maire
>
Conseiller du Roy &
JHedecin ordinaire de S. A. R.
Àtonfieur le Prince
3
s'appliqua
a regler toutes chojès, & qu'ille
fit avec beaucoup de zele. Il forma
d'abord quatre Compagnies
d'Infanterie, chacune de plus de
cinquante hommes3 dont les Officiers
ayant presque tous firrvy
long-tems dans les troupes du Roy,
faijoient de bonne grâce tousles
exercices f - j & donnoient unjttr de
guerre a truerreacceessBBoouurgrgeeoois;tsrtraavveejflliisseenn
;:r On voyoit à la tête deckàqi&ç
Compagnie plusieurs rapgs degTtt
»
nadiers
y
tous gens cboifis,dune,
taille au dessusdu commun3 vêtus
uniformément avec des, bonnetsjortpropres}&
d'unefigure,
qui danssa bizarrerie avoitbeaucoup
d'agrément. Ils etoient arme^
de jaulx C, de haches qu'ils
portoient avec unefiertécapablede
faire peur en toute autre rencontre.
LesCompagnies étoicntprcflJùe
toutes compojees de jeunesse, qu
homme vous¡¡avez.) estencepaïs,,
fortalerte 3&foorrtt, éevveeiilllléelee.. Ce
ness pas quil r/y eufi quelques
pwfohnts d'unâge avance qui
fourfefigpaletdans cette journ.éÓ"
oublièrent pour cette fois la leur
âgey & rcveillerentlefju de leur
jeunejfi. On vit entrautres un
Avocat , beau-frere de Mr le
Maire3âgé d'environ quatrevingt-
ans
3
qui par un excés de
zeles'étantfait guerrier, agit ce
jour-là e> avec une grâce3 une vigueure
une gayeté
j
qui sembloient
luy avoir ôté plus de la
moitiédeJesannées.
Rien nétoit mieux entendit
qouenïajuflement des Troupes. Le lapropretérccompenvoient
avec avantage ce*. qui pouvoitymanquer
dju bcioté d1e lamagnificenoe.
Elles, eflokntfuivie#
siun attirail de guerre> déquipages>
de bagagesj de chevaux> de
muletsj, d'uflanciles de vivandiers
&devivandieres qui dans
leursmaniérés grotesque avoient
quelque chos de fort divertissant.
Ondemeurafousles armes deux
jours de fuite., On ne quitta les
Drapeaux> & on ne lesreporta
chek les Capitaines que lors qu'il
fallutfaire place aux exercices de
ictée de Religion; à quoy les
Officierseurenttoujours une attention
tres-particuliere,
Le Te Deum fut chanté en
14 maniéréaccoutumée. Mrs les
C1hbaannoainmesdu Chapitre xquifont es,du C41itre qui fônlt
du Corps de Mrs de SteGenei if..
ve de Paris.,precedek de leursSemi-
prebende^
j
des Carmes
3
d:
Cordeliers.) & des Capucinsje
suivïs de Mrle Gouverneur3èJ
de Mrs les Magiifrats>ifrent um
ProceJJionJolennelle avecbeaucoup
depompe&de magnificence.
Les dévotionsfinies> onreprii
les armes. Ce nefiutpartout que
descrisde vive le Roy dèj
déchargésdeAdoufqueterie quiJe
mejloient agréablement avec le
bruit des tamb
,bruitdestamboouurrss..), d~ees<fi~frre~s e&ddeess
haut-bois : Cet agreable tumulte
redoublait.) lorjque les Troupespaf
soientaux endroits ou efioient cxp°
Jk
poftz les portraits du Roy de
Monfiigneur le Dauphin de
Aîonfeigneur le Duc de Bourgogne
jde lafamille Royale.
Lefoir du Dimanche> ily eut
un grandfeu de joye.IlfutallurnéparMrde
Villetes
y notre Gouverneur
jparMrle Maire&par
Mrs les Consuls>au bruitdesfairues
de toute la Aïoufqueterie ;
ensuite de quoy Mr le
Gouverneur
donna un repasmagnifique
aux Dames ,à la Noblesse
j &
aJJX principaux OjJiciers. Pour
juger de son Kele au Service du
Roy
j
ilfujJit de sçavoirqu'il est
neveu de AirdeMaves> Gouverneur
de Longwy
3 & de Mr de
de laVzifjeGouverneur du FortîLoïïïs
du Rhin.
Des l'entrée de la nuit, toutes
les fenêtres furent éclairées; on
alluma par tout des feux de jaye.
Ily eut devant le logis de Air
le Maire& en d'autres endroits.,
des rafraîchiffemenspourles Troupes.
En quoy se diflingua Air
Dionis
>
sîbbé de Beaulieu
3
qui
tint toute la nuit table ouverte,
pendant que les violons & les
h'aut-boisdivertijjoient la Compagme.
Cette file ayant estéainsi achevée
, Mr le Maire & Mrs les
ConsulsJ crurentdevoiry ajouter
quelque choje; &pour cet effets
ilsprierent Mr le Prieur& Curé
j&Mrs les Chanoines de vouloirchanter,
le Dimanchesuivants
une Meffi Jolennellepour Monseigneur
le Duc de Bretagne. La
choje ayant ejléarrêtée de concn-t,
&tout ayant esiépréparé Jsur les
neufheuresMrle Maire&Mrs
les Confuls allerent prendre Afr
le Gouverneur;ils vinrent à l'Fr"
yM
j
precedez de tambours& de
trompettes £<rfuivts d'unegrandefoule
depeuple. Ces Airsassisterent
a la Meffi & vinrent 1
.¡:ojfrande.) ayant en main desflambeaux
de,cire blanche
, avec des
Ecufonsaux armes du Roy. Mr
le Gouverneury communia
.J
à
son ordinairej, avec cette rarepiété
qui charme tout le monde. La
Messefut chantéepar le Chapitre
avec une Symphonie militaire
j mejlée de tambours & de trompettes.
LApres dinee, le Te Deutri
fut chanté de même.LeJoir ily
eut un grand repas dans le jardin
qui appartient aux Chanoines&
qui estfcitué sur le bord de la
riviere. La Compagniefutreconduite
après le repas au bruit des
tnmbours & aux fanfares des
trompettes.) jujquau devant du
grand Portail de l'Eglise,où ily
avoitungrand Arc de Triomphe,
au haut duquel étoit le Portrait
du Royjsurmontêd'une couronne
qui couvroit tout louvrage. Tout
y étoitfortillumine. Ily eut dans
cet endroit un feu de joye quifut
allumé au bruit de plusieurs dé-.
chargesj Par Mrs dudit Chapitre3
par Mrle Maire & parles Confuis.
Ilyavoitaujjt un Arc de
Triomphe devant la maison de
Mrs les Chanoines. On voyoit
sur l'un c-surl'autredeces deux
Arcs de Triomphe les Portraits dit
Roy
.)
de Afonfeijmeur le Dauphin
de Monjeigneur le Duc de
Bourgogne.) de Madame la Dut-
hesse de Bourgogne
J
de Monseigneur
le Duc de Bretagne porté
parJa Gouvernante
,
de Monseigneur
le Duc de Berry & de la
Famille Royale.
Ces Portraits étoientaccompagnez
de Trophées d'Armes
3
de
GuidonsJ de Banderoles & d'Etendars
tres-bien peints qui njoltigeoientagréablement.
Le toutétoit
mêlé de feüillages. verts j avec des
cartouches & des infèriptians.
Plusieurs de ces Guidons & de ces
Etcndars étoient chargez des Armes
de France
,
de Dauphiné> de
Bourgogne, de Bretagne" de Berry
&de Sa-voye3 félon les Portraits
ausquels ilsservoient d'ornements
D'autres Etendarsétoient
de Vers écrits en gros caraEleres de
diverses couleurs.
Au refle ce ne fônt pas tey des
magnificences comme celles de
Aiontauhan. Il n'appartientquA
Adr le Gendre
, notre Intendant;
defaire d'aujjïgrandesfesles.Vous
fçave% qu'il brille par tout 3foit
dans les affairesjfoit dans les divertijjemens
; mais il sesurpasse
luy-même quand il s'agit de 1,4
gloire du Roy. C'efl au bruit des
grtndes choses qu'il a faites dans
Montauban.) que nos Mujès
champêtres Je font éveillées; &
mus avons appris de luya avoir
le coeur véritablement Fran-
C¡j.J.JMenousreproche% ddoonnccppilnuss3,
Motficur que nèîre Ville de S.
Antonin n';.t rien de bon que Jes
Prunesj & que le fruit de bon
Chrétien est un fruit qu'on ny
trouvepas.Peut-être a-t-onpu le
dire autrefois. Mous étions bigarre^
-' nous avions de deux fortes
d'Habitans & de deux fortes
de Religions. Autre temps aujourd'huy„
autre Gouvernement>
autre Prince & autres Sujets.
Touteft icy Catholique& touty
est François.
Nous avons a la véritépins
de quinze cens nouveaux Réünis-,
* * ce qui fait prés dela moitié de la
lrille; mais ils fontsi bien leur
devoir que notreprincipale Eghfe
Je trouve trop petite , & que Sa
il.fajcJlf a bien voulu nous en
faireesperer lagrandiJjement. Du
refle
,
anciens & nouveaux Catholiques,
tout brûle de zele pour
Le service du Roy. Je vcis même
bien dss Villes tout a faitCatholiquesqui
n'ont pas,sur ce cha- pitreJe chaudque nous.
Je fuis
j grc.
, MrDEsgravier quicommande
au Porc- Louis en Bretagne)
y a commencé les réjoiïiifances
par un Feu qu'il fit faire dans la
Place commune, il fit couler
des Fontaines de vin5 toutes
les rues furent couvertes de
feux
,
& toutes les fenestres
étant remplies de lumieres
3 on
y remarqua plusieurs de n.os
Drapeaux, avec quantité de
ceux des ennemis.11y eue même
des Bourgeois qui firent tirer
des feux
d'artifice.
Les troupes
firent plu sieursdécharges1
& l'Artillerie de la Place &de
la Citadelleen fie trois.Les rues
étoient remplies de Danceursj
de Hautbois, de Musettes&de
Violons, & il y eût un grand
nombre de bals dans la Ville.
Monsieur le Cardinal de Janson
a fait chanter à Rome le
Te Deutrii dans l'Eglise Nationale
de Saint Louis, il donna en.
suite un magnifique repas à cinquante
) tant Prelats que Cavaliers
Romains, Monsieur le
Cardinal Pignatelli, & Monsieur
l'Ambassadeur d'Espagne
furent de ce repas. La Feste dura
depuis midyjusques fort
avant dansla nuit. Le vin que
cette Eminence fie couler devant
sa porte estoit de Lacryma
>
& par consequent du meilleur
du pays. On tira un tres. beau
feu d'artifice devant son Palais;
il estoit tout illuminé par un
grand nombre de lfambeaux de
cire blanche. Cettefeste continua
les deux jours suivans, &
faondant ces trois jours, toute Ville de Romeparut en feu.
Les Espagnols
firent
ensuite
chanter le Te Deum dans leur
Eglise Nationale, & leurs réjoüissances
durerent autant que
celles de Monsieur le Cardinal
de Janson Ce Cardinal donna
le 30. de Juillet à dîner à tout
ce qu'il y a d'Espagnolsdistinguez
à Rome, & il fit tirer le
soir un tres beau feu d'artifice
devant la porte de son Palais,
où serendirenttous les Pr ^--@esi,
& toutes les Princesses de Rome.
On leur servit du Chocolate
& des eaux fraîches en
abondance. Toutes ces festesse
sont passées avec beaucoup de
tranquillité,&àlasatisfaction
du Pape
>
& de toute la Ville de
Rome.


La Chanson qui fuit est de
Mr de Maiz de la Flèche en
Anjou.
AIRNOUVEAU.
Grand Dieu !sipropice k la
FranceJ
Qui nous donnant un Roy Vhonneur
des Souverains , Asverse dansson ame, & mis en»
treses mains
Et tasagesse & ta puifJallct.
Dans ce comble de gloire où tufeeus
l'élever,
T'importuner de vaux , ce feroit te
déplaire,
JBt peur nous, & pour luy III rias
plus rien à faire,
Grand Dieu!que de le conferyer.
Quoique la Relation que je
vous envoye ne soit pas nouvelle
,
j'ay crû neantmoins que
je vous la devois envoyer, puifque
le Public n'a point estéinformé
de ce qu'elle contient, &
que l'on y voit le détail de l'entreprise
manquée par les troupes
de Savoye sur la Ville 8c
sur le Château d'Entrevaux.
Cette Relation est de Mr de
la Contardiere Gouverneur de
cette Place. LAparfaite connoi(sance,Mon-
(leuryaue croyoitavoir Mr le
Marquis de Carail3 Gouverneur
deNice3delaJuillet&duChâteau
d'Entre°'Vaux"par les Defer-'
teursi celle qu'il avoit de lafoiblejje
de leur Garnison
3
ainsi que
du peu de troupes (mily avoit en
Provence3 & l'ojjre que le Commandant
du Puget, petite Ville
qui n'en est qu'à une lieue
>
lui
avoit faite plusieurs fois de se
rendre maiflre de ce Poste avec
cinq cens hommes
3
l'embarquerent
à demander sur la fin du
mois de May à Manfieur le Duc
de Savcye la liberté de le faire
attaquer; il l'obtint facilement>
ce Pojle ayanttoujours donné de
la jalousie à Son jiltejjeRoyale3
qui en avoit demandé l'échange
aevecoavec empressementau dernier Traité
de Pax.
- Mr le Chevalier de Blagnac
qui fut charge de cette entreprise
partit de Nice le cinquième Juin
à l'entrée de la nuit avec mil
hommes de troupes réglées
.)
choisis
dans trois bataillons qui y
avoient leur trois Compagnies de
Grenadiers, quelques Compagnies
de Miliceunegrandequantité
de vagabonds,attire% par l'espoir
du pillage quifaifbientpajjer ce
ce Corpspourplus nombreux qu'il
nnéetoit.
Il marcha avec toute la diligence
pojjible&toutes les precautions
imaginables pour derobersa
marche; ilfit en chemin un détachement
de cent cinquante hommes
pour attaquer le Château de
Luèbris croyant qui luy rejleroit
ttffiZ de mondepourJon entreprise
d'Entrevaux> & arriva devant
la place"leJeptJuin à deux heures
de mit avec deux Fauconneaux
j un Mortier & des bombes,
quatre pétards> un bon nombre
déchellesde bois & de corde3
des galeries pour couvrir les Mineurs
& orted'inflrumens e toute fc,
propres à miner & à ruiner des;
murailles.
Il prétendoit Je rendre Atfaiftre
du Château par la Porte dit Secours&
par des accès dérobé^ qui
conduisoient a la Porte de commu:
mcation ; deux cens cinquante
hommes destinez à cette expédition
s'enapprochèrent à la faveur
d'une nuittres-obscure&du bruit
du Var toujourssuperieur à celuy
au'on peut faire en marchant;
fnais ayant trouvé les acces dont
je viens de parler rompus , & le
Pont dormant de la Porte du Secours
démonté;précaution quefavoisjugé
necessairepourjuppléer
au peu de monde quesavois ;
après l'être fait tirer quelques
coupsj s'être fait tuer deux hommes
& blesser un , les Ennemis
se retinrentsur une hauteur à U
portée du Mousquet> & s'y retrancherent.
Mr le Chevalier de Blagnac
qui commandoit en
personnel'attaque
de la Porte de Savcyey
étant venu la reconnoître à la faveur
de l'ohfiurité3 du bruit du
Varplus grand à la Taille qu'au
Chateau & de deux madriers
qu'il faisait porter devant luy,,
deux coups defuftltire% pardeux
Sentinelles
>
dont l'Ingenieur qui
avoit la conduite de cette attaque
fut bleJJé au rapportdes defer-*
teurs, & quelquesfagots defarm
ntgodrone^jette^dans lefqfé?
firentchangerl'ordrequ'on avoit
donne»',& que les Sentinelles entendirent3defaire
avancer l'artillerie
j en
celui de la faire reculer.
Le Lieutenant-Colonel du Regirnent
de Saluces qui devoit attaquer
la Porte de France.)Jerebuta
aujji facilement que les autres
par quelques baies qu'il entenditJîjjler
à ses oreillesj&dont
il a dit depuis qu'ilpenfaejîm tué.
Leurplus grande ressourceêtoit
dans une muraille qui n'a que
deuxpiedsd'épaisseur„ & quiejl
si vieille quelle tombe presque
d'elle-meme>aupied de laquelle
on vient ertbataille> CT* qui efl la
feule defenje delà communication
delaVilleauChâteaudececoflélà;
mais unepierre quise détacha
par hasard d'une montagne, que
j'enauois fait assemblersur cette
attaque/carj'anjois défendu qu'on
nen jettât aucune que l'attaque
ne futcommencée)étourditsifort
la Compagnie des Grenadiers <&*
le détachement qui devoit donner
par cceetteennddrrooiitt.,lu«Ilsfê retirerent
>
quilsseretinrent
aujjt-brusquement que les autres
& la partiefut remise au lendemain.
- Ils établirent leurs deux Fauconneaux
dans une Baflide à demiportéedeMoufiJuet
de la Viïïe,
leFar entre deux; quoique Idk.
nuitfutfortobjcure je ne laijjois
pas de les incommoder par mon
feu 0qui fut fsuperieur au leur
tout
le
Dimanche suivant que
n'osant montrer le nez pourpointer
leurs FauconneauxyilsJe retirerent
la nuit suivante sur une
hauteur à cinq cens pas derriere,ou
ilyavoir 80. hommes retranche%
qui l'ont occupée tout le temps
qu'ils ont eslé devant la Place.
Le detachement retranchésurla
hauteurdu Château jugeantqu'il
n'y avoit rien a faire du coté de la
Porte du Secours>alla le Dimanche
a cinqheures du foir repasser
le Var au Puget3 0* vintjoindre
Mr le Chevalier de Blagnac
à la Seds
,
maison de l'Evêque,
qui est à une portée de Carabine
de la Ville ou il sétoitretiréavecle
plusgros Corps. Ils riavoientpoint
renoncé au dessein de nous attaquer
dans les formes. J'ay fiû les
raisonnemensquisétoient faits
[là-dejJus à la Seds ; mais la vue
de nos Ramparts heriffiz defaulx
lemmanchees à revers 3
de fourches
à deux brocs & de pertui-
Jannes
>
les montagnes de pierres
quefavoisfait amajfcr & lefeu
terrible que fajfeÛaydefaire par
réjoiiijfance , une foisfeulement,
leur imposa s/i- frort qu~'7ilschange*
rmt ce dessein dans celui détablit
la contribution.
Quelquefoiblequefujbma gar-
,',:'
nisonqui rietoitcomposée que de
quatre. compagnies de nouvelles levéespeu
nombreuses}je nelaissois
pas de drcjjerdesembuscades
-
a leurs détachemens>j'ayfaitfortir
jufquà centhommes3dont la
plus part étaientdesHabitans, qui
par des postes avantageux que je
leur faisois occuper les ontsifort
rejjerre^
-,
qu'ils n'ont ose s'écarter
&n'ont pû tirerqu'environ sept
tintlouis de contribution.
On ria point cessé de leflar-
Woucherdepart&aantrejt:lqu'au
Kendredy
Jr-endredytreizième3 auque/jour
croyant que Mr le Chevalier4e
Damasarriveroit avec le corps
qu'il commandaitfour chargerles
ennemis;je tins en batailleceque
je pus tirer de ma petite garnison.)
& de mes braves Habitans pour
fortira la tête de cette petite troupeefaciliter
leurdéjaite; mais
voyantsur les quatre heures après
mïdy des bagages défiler du côtédu lugetj efèortez de quarante hommes
; Air de Blagnac lessuivre
avec trois cent.) cent cinquante
marcher du côté de ceposse retranché
a portéedu mousquet de la
place>pourfaciliter la retraite des
quatre-vingt hommes qui le gardolent.,
ainsîque celle de centommes
qui ejloicnt allez le matin occuper
une hauteursur le chemin>
par où devoitarriver le ficours,
dontsans doute ilsavoienteu avisj
en ayant vu de plus cent cinquante
marcher dés le matin du côtédu
Puget. apparemment pour en garder
lepont; Ne doutantplus qu'ils
neseretiraientjje jugeay apropos
d'enlever ce foste de quatre -vingt
hommesjavantquiffufljointpar
Ces deux détachemens ,quiy mar..
choient.) esperant que
son
attaque
amuferoit tout ce qui ressoitd'ennemisanotre
vûë; feroit retourfier
ceux qui marcboient du cote
du Puget)&quejedonnerais parlà
le temps a AirleComte de Mâchonne,&
aM*leChevalkrdeDa.
mas de-les&de les défaire.
Jefis doncmes detachemens.)jefis
faire ungrandfeu de ce quime reftoitd'arquebusesàcrocdans
la ville>&
jeJortis croyantque les ordres
quej'avoisdonnéferaientregulienment
obflrrvez; mais fardeur que
j'avois insPirée a cette petite troupefutfi
impetueuse3qu'il fallusi
ta laisser donner a la Turque ; les
ennemis en furentsiépouventequ'ils
ne firent que tres-peu defeu
&de resistance.& Ce rerirerrnt en
dejordre ; mes joldats les vouloient
suivre
>
mais craignant que les,
ennemis>au nombre deplus detrois
cent, qui étaientajJez prés de ce
posse& qui etoient restez immobiles
à ce fpeflacle
> ne repriffent
leursejprits ; aprèsy avoir demeuré
quelque-temps je fis lentement
ma retraite.) bien triste de ce
que Mrle Comte de Narbonne Ë7.
& Mr le Chevalierde Damas,
qui a'voientplusdepajjion que moy
de charger les ennemis , trompez
par les avis qu'ils eurent de leur
marche (ypar leur retraite precipitée>
nepurent lesjoindre. :Jènay eu à cette attaque que
ckuxJoldats blejje%
3
cejl toutle
fang qui a eslé repandu de notre
coté dans tout le temps que/es ennemis
ont esté devant
la
Place;
ils ont eu dans cette aélion quatre
hommes tuez edouze à quinze
blcjJèZ' de l'aveu des dejerteurs ;
ony a pris un tres -
joly équipage
au Marquis de Smantes
>
fils du
Marquis de Carail qui commandoit
dans ce posse3 deuxmules
magnifiquement harnachées
_,
les pistolets des plus beaux, une J
marmite d'argent, &l+Jlufieurs aii.
très choses dont je nay pas demandéle
détailj equi ont mis mapetite
troupe si fort en curee qu'elle
voudroittoujours donner.Les enne-i
mis neftachantpas bien quel party
prendre, Je retirerent à la Rochette,
a deuxpetites lieues d'icys
eu est un Châteauafef fortjappartenant
au Baron de Laval
x & ilsy passerent la nuit.
Lejoursuivant ayant eu avis
que Àdr le Chevalier de Damas
m'avait amenéunrenfort de Jept
CÓmpagnies duRegiment d'Orlea-«
nois
3
ilsje retirerent au Puget, ou
ils firent oter tous les cloux des
planches du pont que cette ville a
sur le Var, de peur qu'on ne put
aller à euxpar-la;ils n'ontpasfait
unefeule course ni exigéunefeule.
contribution dans toutle tems qu'ils
y ont eslé
J
jujques à leur entierc
retraiteaNice
3 cequi a abandonne
cette Comté a la dijcretion des
armes du Roy.
On a Jeu par leur déserteurs
quils ttoient retournez à Nice3
ayantperdu plus de cent hommes
quifont morts ou qui ont deserté.
Ilfaut bien "')Ola dire quelque
chose de la valeur de mes braves
Habitans : ilspajjoient les jours
& les nuits Jous les armes dans lattente d'un ajjautgénéral3 ilsJe
éijputoientles pojres d'honneur*
comme-des troupes réglées
3 & ne
trouvèrent rien de difficile de toutce
queje leur commandois; lesfern-
7nes non contentes defaire tout les
travauxnecejjaires en pareille occafion>
pourlaifferles hommesmit
entiers a la defense de la Place"si
pariaient encore aux endroits qu'on
pouvoit défendrepar des pierres.-
CcLi n'efi-pas sans exemple;
mais que des Bourgeoisquittent
leurs remparts pour allerattaquer
un posse retranehé où il fallait
grimper>gardépar 80. homrnes., fqui en auraientdeu défaire100,
n'étant aid:z que d'unepoignee
de fold.its de nouvelle levée >(j»
n'étant pas en plus grand nombre
que ce qui leurparoijjoitennemisjcejt
ce quine sejtjamais vu.
Mrde Mailly de la Houssaye
a eu le Regiment de Nettancourt
& celuy des Landes qu'il
avoit, a esté donné à Mr de Midesbourg.
Monsieur le Duc de Savoye
a fait mettre en prison le Maître-
d'Hôtel de Mr des Hayes,
; cy-devant Gouverneur de Verceil,
qui l'avoit envoyé à Turin
pour y achetter les choses donc il avoit besoin dans sa prison. Ce
Prince a aussi fait enlever &
ï vendre à l'encan tous les effets
de ce Gouverneur, & a nommé
desCommissaires pour luy faire
son procez ,
ainsi qu'à tous les
Officiers de lagarnison qui ontligné
la Capitulation de cette
place.
- S. A. R. ne peut témoigner
trop de chagrin dela pritede
Verceil,qu'il avoit fait munir
de toutes les c hofesnecessaires
poursoutenir un siege pendant
six mois,dans la pensée que cette
place feroit perir l'Armée de
France,aïant 14 bastions, 10,
demi-lunes, une Citadelle, une
fausse-braye qui regne tout au
tour, un bon & grand roue
» revetu de briques, une cuvette
au milieu, où il y avoittrois
pieds d'eau avec un bon chemin
couvert bien palissadé; ainsi il
y avoit tout lieu de croire que
cetteplace feroitune pluslongue
resistance
,
mais elle eftoîc
attaquée par des François com- mandez par un Generalaussï
intelljgent que brave') & dant 1.
es Troupes se font un plaisir
de,suivre les Ordres. On n'a fait
aucuneperte considerable à ce
Siège; si l'on en excepte M' le
Comte des Marais, Colonel du
Regiment de la Fere
, qui efl
nort de ses blessures J'ay parlé
mplement de ce Colonel, lorsu'il
fut pourvû de ce Regilent.
Le Roy fit son éloge en
pprenant qu'il avoitestéblessé
mort, & rapporta plusieurs
hofes à sa gloire, qui doivent
lire un extrême plaisir à sa fanille.
Pendant que le bruit des arles
se fait entendre
,
les Muses
e laissent pas de chanter & les
Lettres de fleurir. On voit souent
des Livres nouveaux, dont
es Journaux des Savants & de
Trévoux,ont soin de vous entretenir
, & l'Auteur du Livre
Intitulé, deux cens cinquante-huit
questions & repojifis sur different.
sujets,continuë à donner tous les
moiscetouvrage qui est fort sou,
haité & recherc hé. Enfin pendant
que la guerre forme des
soldats, les Lettres forment tous
les jours des éleves pour les
Academies, & je dois vous parler
d<^ deux qui ont esté reçûs
depuis peu à l'Academie de Paris
,
nommée par excellence, Academie Françoise. Le premier
est Mr l'Abbé de Polignac, qui
a eslé élû à la place dé feu Mrs
Bossuet, Evêque de Meaux. Le
com p liment qu'il fit le 2. Août,
jour de sa reception ,
reçût de
grands applaudissemems , Il
ommença par un éloge de Mr
le Meaux, mais si l'éloge fut
peau ,la matiere n'étoitpas
coins belle. Mr l'Abbé de Poignac
fit ensuite l'élogedel'Aademie,
auquel succeda celuy
lu Cardinal de Richelieu, son
Fondateur;il passa delà à l'é-*
oge du Roy, aujourd'huy Proecteur
de l'Academie:Voicy
ar où il finit cet éloge. Aprés.
voir fait une peinture de l'uion
de tous les Alliez, contre
e Monarque;Il dit, Loüis voit
former l'orage & n'en est point émû.
il a passésa vie à dissiper ces sor-
Ils de tempêtes, il [çttura bien enne
di.ffîper celle cy ; mais ilne romra
point la paix. Il a dans ses
tains des troupes ennemies, il peut
,s retenir, c'estleparti leplusseur,
mais ilne luyparoîtpasajfexjtovlë ilpeut entrer dans Leurpays
,
ma*
ce feroitcommencer la guerreà, l'om
bre tfune inftaftionluyfait horreur
Affurc de la vengeance dés qtïelk
fera legitime
,
illaisse àfis envieux
toutes les injvftices à falre,il à Diti
de son coté
,
il ne le perdra pas dt
vûé, c'el sa raison d'Etat. Enfinj
ses Ennemis l'attaquent
,
1upice:
Prudence, Mediations, rien ne peu¡
lesdétourner. Alors ilptendles Armes
&quels fontses premiers coups.
Cinq batailles gagnées,vingtplaces
de tous côtez,.ou conquises ou sauvées,
un Alliéfidelle & magnani.
me troisfois secouru,toutcela,Mef
ficurs, en moins de deux Campagnes.
Votts voulez, donc la guerre , peti-m
pies infenfez^j Hèbien!vous lyaure,,-,
cetteguerre que vous avestant
iefiree
, mais vous ne la fetez,paf
iâ vousfenfiezj dans le coeur de vos
etllts, dans lefond devosProvinces
fera la desolation & le carnage.
Vous menaciez, nos frontieres &
vous n'en avez. déja plus : vous mrultiez^
les -moindres Villes de nos
f'lLtitz. &voustremblez^pourvos
, pour vos
Capitales: vous formiez^ desfedi-
!ions
y
& vos Royaumesfontfoule-
De" contre vous. Les Jrlyveis entiers
ne vous Çuffifentpas à fortifier
vos Montagnes, à retrancher vos
vallées & trois jours nous suffisent
bonrles paffir. Vousporteragrands
fyais & à grand brait un phantome
de Roy, qt4i n'a ni pays ni sujets
& qui n'ose paroïtre. Vous allez^de
Vtile en Ville mandier pour luy aes
Rebelles & vous ne trJNvt, que
desJujets zélés pouf leurvéritable
Roy. Vous ne derobezdes Alliez, a
la France que pour les afficierIl vos
-
- malheurs, les Thrones que vous foutene^ chancelent
s ceux que ce Roy
protégéparses Armes font affermis,
Le desordre des pa(lions qui vous agitent
, règne dans tous vos projets,
vos resolutions font extrêmes, tous
vos partis font force,6- vos premiers
efforts font vos dernières refo
jôurces. C'est donc pourcela quevous
abufez^ de Pamour qu'il eut pour la
paix , ce Meros qui ne vous offense
que parsagloire: il vous ladonna
triomphant
3
&stfose parlerainjit
fajfafiè de viHoires, non en erneiny,
ton en vainqueur,mais comme s'il
eut eslé votrearbitre. Ilfacrtfiatout
ail bonheur de ïEurope, &au repos
; de ses sujets,&ses sujets vouloient
tncore luyfacrifet lent refoi. Ven~~,
vengez, la France de la moàeration
de son RoY,forcez,- le à reprendre
sur vous, ce que vous n'auriez
pu leforcer à vous rendre
,
achevez,
d'ancanttr devant luy vos plus formidables
Armées-, mettez^le en possession
malgré luyde ce pouvoirsans
bornes quivoiesfait tant de peur,
ON.sivousy'Voulez mettre un ob/a..
cle
,
n'e[peTe,plus de le trouver que
dans sa Clemence, vous le chercheriezvainement
dans vos forces.
<
NosEnnemisfententeesvérité
Me/lieurs) mais ils n'en voyent Vas
comme vous le principe. Cette haute
intelligence qui prévoit tout, qui remédie
à tout sans embarras sans
inquiétude. Cette foyviv & ptae,
l'âme de ses allions, qui luyfit comme
à Salomondemander la Sagesse
& illyobtint j qui luy fit cherchcf
avant toutes choses le Royaume de
Dieu, & les autresyfurent aàjou•
Ifes. Cette égalité d'ame superieure
auxévenemens
>
qui foutiendtoit
avec confiance les adverfité^les plus
accablantes, si Dieun'avait resolu
qtlit fut heureux. Diroit-on à voir
la serenité de ce front augufie, qu&
?Vnivers ejq conjuré contre luy. On
ne connoit qu'il fait la guerre que
par le bruitdefiesvifloires
,
chez,.lay
tout efi en paixr nul changement
dans sa vie: mêmes heures fourfes
Cenfeils,&pourses delassêments,
înhne attention pour les moindres.
détails desonRoyaume. Cette tranquillité
laborieuseinspire la confiancf
il tout ce qui le fert
3
&de quoy
ne deviendroit-on point capablefous
ses yeux? Les Princesapprennent a
ïeyrier
)
les particuliers appnnntnà
a vivre, tout sinfirait en le voyant.
On trouve en luy comme dans Auguflt
& dans Trajan des exemples
pour gouverner les hommes ,& les
hommesy trouvent comme dans Scipion
&dans Marc-Aurele des exemples
pourse gouverner eux-mêmes
•C*cfl ainsiqu'il a rendu son Clergé
plus saint, sa Courplusreliée ,fit
Hoblejfe plus active
, sesMagi,
strass plus vigilants, ses Generaux
plus habiles, ses Troupes plus invincibles
,
fe* Peuples plusfidelles*
&ses Enfants plus dignes de lay,
-
L'un pour se rendre parfait n\a
point tteui'é de voyeplusfure que de
l'imiter en tout & de le Juivrepa*
à pets j t'autre -né comme eux pourla
Guerre-&pour les affaires,porte la
Ao) deDïâu dans son coeur Qlfldirons-
nouï tif celuy qu'une Auytjh
princefie. vient de luy donner >:C*eJk
la joyedes peuples,c'estlafuretéde
nos sillieï^, c'eji la consolationmême
de nos Ennemis, s'ils fcavenula1
connoître.Eh! qui ne seroittouché
de cette benediction du Cielsurnôtte
maître, inconnuë à tous les Princes
de let terre, depuis que les jours de
l'hommefurentabrégez. Que pouvonsnsus
souhaitter davantage ? Qu'il vive, Messieurs., qu'il vive
age-. pour former de ses mains les
Enfants du Prince qui vient de naître,
Mrl'Abbé de Clerembaulc,
Chancelier de l'Académie,répondità
Mr l'AbbédePolignac,
& après luy avoir marqué la
joye que l' Academie avoit de
l'avoir pour Confrere
,
il fis
l'éloge de Mr J-£vêquede
Meaux, &ensuitedeMrl'Abbé
de Polignac 3 il dit en parlant -
du Roy, qu'il augmentoil sans
cesse d'une maniéré si haute & si
nouvelle que nos anciennes &ju,P,.es
louanges ne se trouvent plus en aitcuneproportion
avec luyj & ainif
absolument réduits au silence, il
ne nous reste plus que de sommer
[es envieux & fies Ennemis, qui
aveuglez par leur malignité, nous
reprochoient souvent nôtre exagérationexcejjîve
,
de reconnaître a8
moins à prcfent Paccomplijlement de
ce quepromettoient ces vifstémoignages
de notre admiration
,
leur voulant
bien pajler pour heureuses Prophetitf,
les. hommages jolemnels rendus
si' légitimement à fis aclions
immortelles: & bien loin de pouvoir
eftrc fufietts deflatterie, pouvoientils
dès.lors honorer ajfez^dignement
un Prince, qui s'itant formé desfa^
jeunej/è à la noble habitude du tw
vttil, &parvenu par cette assiduite
siconfiante&sirare à gouverner un
grandÈfiat, avec la facilité & le
détail dont on gouverneront bien une
simple famille, a commencé depuis
prés de quarante années) par une
fuite dîévénements glorieux & non
interrompusy à desabuser les hommes
de cet abjolu & tyrannique empire
du hasard,même dans les choses de
la guerre j la droite raijon leur faisant
enfin appercevoir qu'unesi longue
durée de tant defuccet^ heureux,
ne peutavoir âautreseaufes que les
réglés invariables de cette prudence
suivie
,
toujours maïtlefls de la fortune
j qui asi peu reconnu lepouvoir
de cette capricicufe que dans la
guerre precedente,malgréles efforts
u-doublezde cetteliguegénérale> l&
fûts formidable de celles dont les.
biflaires faffcnt mention , exempte
duféaldéfaut capable de la pourvoir
YI/iner) par fin étroite & dutable
union, ila fcuen l'humiliitnt.
far des pertes continuelles,nous mettre
dans le tranquille & glorieux,
état de ne plus craindrepourmauvais
événements
, que des dcfaites
tluâèes par nos Ennemis , ou des
victoires peu importantes , remportées
sur eux y qui ayant toujours
déconcerté & rendu vatne par la
sagesse &la vigueurdeses Conseils,
cetteprétendue capacité qu'on crcyoit
remarquer dans les leurs, lesa réduits
hplussauvent à délibéreraprès
loccajion, à la mode des Phrygiens-,
comme il se faudroit conduire une
AIl'lrtfois; & qui aprèsavoirenfin
convaincu ceh perpétuelsjaloux de
fagrandeur, de la trissevéritéqtiils
se vouloient cAcher; que toutes les
Puijjances unies ne peuvent se
maintenir Que par la modération
dune feule
,
leur accorda la paix
qui leur fut sisalutaire
, &;. laquelle
, foui mieux affirer le tepos
du monde, il voulut bien Jacnfier
une partiedesesconquestes.
Que si nous ne pouvions refuser
à tant de merveilles nolire vénération
& nos éloges > quel silence ne doit
pas efire imposéa la terre devant
celuy qui décidé 4 present defanforsi
car le ciel équitable ne laissa pas
long - temps sans recompense de si
ftobles & desi pures intentions) il
luyrendit au double cettegloire qu'il
avoitméprisée ; il voulut que ces
sentimens de haine & de défiance
que tonferyoitpournous unegenereuse
- nation
nation toujours emule de la nostre
fllffint entièrement éteints& dijjz,.
fe\parson habileté,cr que ie Roy
qui la gouvernoit voyant la branche
royale de sa Maison entièrement
finieensa personneJ en obeissant ti
la voix de justice (malgré toas les
obstacles &les efforts de la rage
envieuft d'une cabale opposée) .!ppellaft
a* Trône, quilluy fallut
quitter, son afJgujll poftmté, en la,
t fcrfonne du grand Prince,qui trafvaillesiheureusement
à en rétablir
la (frlendeut.
Loind'efire ébloui de ces nouvelles
grandeurs,nostreHéros toujours
confiant à preferer a toutes chijes le
bonheur du genre humain
, mit tout
en usage
, meme contre les reglfs apparentes
de la politique
t pour tacher
de l'affermir5 il aima mieux
remporter des victoires moins fàct'.i.
les, que de manquer à faire éclater
sa modération,ildonna le temps
àsesanciensenvieux, de bienreconnaître
l pfuftice de ses droits
, &
combien leur interess J; tfouvoit
conforme; mais après les avoir méme
reconnus ,
la noire & opiniâtre
jaloufte ayant ferméleursyeuxaux
lumières de la raison
,
ils travail.,
lerentà rthat/flersa gloire,en commençant
malgré luy cette nouvelle
&sanglante guerre, danslaquelle
ilparoifls'estreélevé au dejlus de
lui-même autrefois Louis leGrand
tenantsesTroupes invincibles le,
panduts surses frontieres, était la
terreur desonfiecle,nonfeulement en
faisant échouer les deffeim hardis de
tant depeuplesconurez^s mais les
épouvantantsanscejje f4r ses vie*
-
toiles, £7*par des conquefies faites
sur euxj maintenantilembraffe une
grande partie de l'Univers par la
puissancedeses Armessil attaque
ses ennemis , non plusense contentant
de la deffaite de aux qui dé-
- fendent Pentree de leurs Etats, ott
de la prise des Placesimportantes
quiparoissent les mettre en seureté;
maislei jettant à tout moment dans
J'affreux peril d'une ruine entiere.
en pénétrant jusqu'au centre de leur
pais. Le Danubey lesbords de la
Mer Adriatique,&les derniersrivages
de l'ocean, un nouveaumonde
,
font les lieux où s'exécutent si
glorieusement les ordres qu'il donn/J
&ï on voit en les suivant les Généraux
qu'il a form6^,£7* qui consussentJi
dignementsesrelouiables
mmèes renouveller en nos jours les
maniérés vives & audacieajes des
plus grands perjônnages de l'antiquité
, qui pour mieuxassurer la
perte deleursadvcrfaires, alloient
siloin de leur patrie sefaire un nom
immortel; notre ifècle se trouvant
par la detrompé de son incapacité
pour desi hautes entreprises.
-: Mr l'Abbé de ClioiCi, cy-devant
Ambassadeur à. Siam, donc
l'éloquenceest connuë, & qui
a donné de cres sçavants Ouvrages
au public finie cette séance
par untres-bel Eloge de Mr
l'Evêque de Meaux.
L'onziéme du même mois, Mr
l'Abbé Abeille fut reçû à l'Academie,
à la place de Mr l'Abbé
Boyleau ijl commença son
discours par l'honneur qu'on lui
faisoitdele recevoir à l'Academie,
& après avoir fait l'Eloge
des Académiciens, il passa à celuy
du Roy, & parlaensuite de
la naissance du troisiémeSuccesseur
que le Ciel venoit de
donner à SM. Il dit ensuite,
en parlant de ce Monarque.
il siut avoua, MrllÙuTs
3 que
Cesi un reine merveilleux que celuy
de Louis le Grand! règne où l'on ne
ccoommppte pre/l'que pour rien les Siègesy
lcsftlles des Villes
,
les Combats,
& les V/Ehires, regne Ott tôt14 ces
évtnemensfont accompagnez, de tirconfiances
plutsurprenantes que ces
évenemens mefmc: règne enfin, oûdans
les plus grands efforts d'une
guerre gencrae
,
toujours à /'ahry
defes fureurs>nous n'en voyons jam.
11s que ce qui peutplaire.
Il s'étendit ensuite sur l'Elogedu
Cardinal de Richelieu,
& sur celuy de Mr labbé Boileau
, avec lequel ilétoit lié
d'une amitié particuliere, ce
qui luy donnalieu de parler du
caractere deson coeur & de son
esprit, dont il avoit une parfaite
connoissance. Mr l'Abbé
Regnier des Marais, Secretaire
de l' Academie, lui répondit.
Il parla d'abord des deux
pertes que l'Academie venoit
de faire
,
& s'étendit ensuite
sur les loüanges de Mr l'Abbé
Abeille, & passant de là à l'éloge
du Roy, il dit: C'est àses
Etendars que la victoire est attachée
,
¡;'c/l luy qui fcmpltjjant les
Lieutenans de sonesprit
,
leur communique
en quelque maniere le don
de vaincre, en mesme temps qu)il
kur donne le pouvoir de tommdnder.
present à toutpar (es ordres, il efi
toujours par fis ordres à la tesse de
toutes ses troupes, il atteint d'une
extremité du monde à l'autre, & le
mcuvzment qu'il donne deson cabinet
aux Arméts v¡[larieujès qui
combattent en tant de lieuxfousses
auspices, efi la gloriettfe source des
avantages qu'elles remportent pur
tout sur tant d'ennemis.
Qu'ont fait jusqu'icy les prodipeux
efforts de tant de Pountats,
que la jaloujie desa grandeur&de
sagloirea de nouveau lig-tiezcontie
luy3 que faire mieux connoiftic ses
forces & leur foib'esie. Et cela,
Messieurs, nerappjlle-t-il par dans
voflreesprit cet endrjitdrHomere, où
Jupiter dit aux autres Dieux
, que
j'ils veulent v-'ir
,
combien leur
puissance est da deffou* de laJtenne;
ils riont qu'àse réunir tous ensemble
contre luy reul,
Mais pourquoy chercher dans la,
'Fable des comparaisonsauxgrands
succèsj que le zele & la pieté d'un si
grandPrince attire tous les jours
du ciel sur [es armes, CtJJonsmême
d'attribuer lacélérité des expeditions,
la prise des Places, le gain
des batail es àsa Sagesse, quiprévoit
yqui préparé
,
qui ordonne tout,
& à Pardeur qu'il injfiire aux
moindres Soldats pour executcr ce
'qu'tl ordonne. Et remontantà la
frémiere origine de tant de proJPetiter,,
donnons-en comme luy, toute la
gloire à celuy qui en cfi lé Suprême
Autetir,e-qui pouf en perpetuer le
cours, vient de surpasser en sa faveur,
(jr en faveurdetiute la Frin-.
Ct, lap/izs grande des 7-ecompenfes tef-hjfonlle-squilait- jama.- fs promfs
de donnera ceux quile craigtcht.
A peine eueM appris à Lyon
la naissance de Monseigneur le
Duc deBretagnequ'on l'annonçaau
peuple par ladécharge
de toute l'Artillerie de l'Arsenal
a. du Château de Pierre en
Cize, &du Boulevart d'A lincourt;
on tira"auHi quantité de
Boëtes, & Mr l'Archevêque de
Lyon envoya à toutes les Eglises
,tant seculieres que regu- .-. lieres
, ordre de sonnertoutes
les cloches pendant trois jjours-->
cequi se fit c haque jour à plusieurs
reprises. Le Dimanche
quisuivit cette nouvelle fut destiné
pour le Te Deum. On le :
chanta dans la Cathédrale;&
comme il n'y a ny Orgues,ny
Musqué, lesTrompettes,les
Tambours, les Fifres, ôc les
Haut boisrépondirent à la voix
des Prestres ; le Présidial )'le
Bureau des Tresoriers, l'Election
& leConsulat y assisterent
en robes de ceremonie. Le troisiéme
dejuillet on fitjouersurle
Pont de pierre un tres beau feu
d'art sice ; toutes les fenestres;
furent éclairées par un nombre
infini de lanternes. Les deux
Montagnes de Forviere & des
Chartreux parurent toutes en
feu.Celle de cesSolitaires attira
particu lièrement les yeux des
Spectateurs. Leur nouveau Superieur
avoit donné de si bons
ordres, quetoute la Plate- forme
deMa maison fut pendant
toutela nuit éclairée par une
infinité de pots à feu, & de torches
ardentes, dont Ilfutcornplimenté
& remercié La Maison
de Ville & le Monastere des
Dames de Saint Pierre furent
tres- bien éclairez. Il y elît- des
feux d'artifice dans tous les
quartiers
,
sçavoir un pour c haque
quartier. Les Officiers de
chaque quartier étoient à la
teste de leurs Troupes, &
les uns & les autres étoient
fortlestes. Ces feux ne furent
tirez que fort tard; on avoit ordonnéqu'on
n'y mettroit le feu
quelorsque celuidela Villeseroit
tiré Mr le Prevostdes Marchands
alluma les feux des principaux
Officiers quil'en avoient
prié; il trouva dans toutes les
ruës où il alla des tables chargées
de toutes fortes de rafraic
hissemens ; elles le furent pcn"
danttout le jour, & tous les
passans furenr invitez à boire à
la santé du Roy & du nouveau
Prince. Il y avoit à tous ces
- feux des figures ou des ornemens
peints, & même beaucou p
d'artifices. Tous ces feuxétoient
d'une structure differenre, &
d'un dessein part iculier ,ils
cétoient aaCcccOom¡l1ppJaOg"nlleezzddee ddecvvii--
ses 6c devers, ily eneuttrente-
cinq, la Ville de Lyon ayant
autant de quartiers Le vin fut
abondammentrépan d u ,laVil.
le en avoit fait porter dans toutes
les Places, ce qui n'empéciia
pas que beaucou p de particuliers
n'en sissent couler des
fontaines devant leurs logis. Mr
de Guyet Intendant de Lyon
estant à Paris, Me Guyet nese
contenta pas de faire couler une
fontaine devin devant son Hôtel
, elle fit auffi faire un feu
d'artifice, & distribua beaucoup
d'argent,ainsi que Me la
ComtessedeChamillart sa fille;
LeIG.lep. Gaucher Regent de
Rhetorique du grand College
des Jesuites recita le Genethiaque
du jeune Prince, & le fit
avec autant d'éloquence que de
bonne grace; ce Pere en fort
consideré dans sa Province,il y
enseigne la Rhétorique depuis
plusieurs années, & il se fait
admirer par les picces qu'il
compose, ou qu'il fait re presenter.
Le discours qu'il prononça
fut regardé comme un chefd'oeuvre,
tantàcause des pensées
que du tour & de la belle
latinité. Mr l'Archevêque accompagné
de plusieurs Comtes
de S. Jean y assistaleConsulat s'y
trouva aussi,ainsi qu'une infinité
de personnes distinguées
par leurs emplois, ou par leur
esprit. Le 21. du même mois MI$
les Comtes de Saint Jean signalerent
leur zele pour la Maison
Royale par un tres-beau feu
d'artifice qu'ils firent tirer dans
la place de leur Eglise. Le dessein
en estoit fort ingenieux.
Mrs du Consulat
, pour leur
faire honneur,firent éclairer la
Maison de Ville, de la même
maniere qu'elle l'écoicle jour de
la feste générale. Enfin le fécond
College des Jesuites, pour
ne le point ceder au grand, fit
aussi reciterune Harangue par
le P. Rayfonnet
,
qui s'en acquita
parfaitement bien. Mr de
Montezan Prevost des Marchands
,
& ancien premier President
au Parlement de Dombes
a témoigné tout le zele
iqu-on peut souhaiter d'un bon
sujet en cette rencontre.
La plûpart des Divises &
desInscri ptions qui parurent
dans les ornemens des feux d'artifices
qui furent tirez , font
de la composition de Dom de la
Marez, Chartreux.
Je ne vous diray rien de la
tfcftequi a esté donnée par Monsieurle
Cardinal d'Estrées &
qui a fait icy tant de bruit,
puisque vous en trouverrez la
description dans un Livre intitulé
Quatre Soleilsvûs en France;
ce Livre est de la composition
du Pere Menestrier Jesuite, qui
par les recherches qu'il a faites
avec grand foin de tous les speclacles
anciens & modernes, s'est acquis une parfaite connoissance
de tous les lpe£Ucles,,
dont il donne souvent des Leçons
à ceux qui se veulent distinguer
par des festes publiques.
Il ya long temps qu'on
n'en a donné en France d':¡uffi';
considerable que celle de Monsieur
le Cardinal d'Estrées. On
ne doit pas s'en étonner
, ce
Cardinal étant magnifique,de
-
bon gout & zelé pour la - Famille
Royale. Sa magnificence
a paru dans tous les lieux oii
la su periorité de son genie s'est
fait voir pour le bien des affaires
du Roy.
Je ne doute point que la lecture
de la Lettre qui suit ne
vous fasse beaucoup de plaisir,
elle peut passer pour un morceau
d'Histoire
)
digne d'estre
confervé ; enfin, quoique cette
Lettre s'explique nettement,
elle ne laisse pas de faire beaucoup
plus concevoir qu'elle ne
dit.
Lettre écrite d'Evora le premier
Juin 1704. par le General
Fagel à Mrd'Ouverkerque
,
laquelle a esté
interceptée.
yË mefuis réjoui3Aionfieptry,
de la ju/lice que nos Seigneurs
les Etats vous ont rendue
3 en
njous préferant a vos Concurrens.
saurois estéfort heureuxfifeuffe
puprofiter de cette digneéleùlion
pour sèrvirauprès de laperflnne
d'un General inflmit & formé
par le plus grand, Capitaine de
son Jïecle; maps pour mon malleurjay
esle destiné a une conquejle
imaginairex & a servir
jous un Roysans Royaume (y
sans aucune experience
,- ët qui
prétend avec tres-peu de troupes
d&su/rAlaPparo.le .de?ïAmirante, d:trôner un Prince alme edle Jsees
Sujets3 favorisé de la fortune (7
à la tessed'une puissante armée*
Si on navoit besoin d'autre chose
que d'ejj?ritpourfaire laguerre,
jeconfesse que lAmirante feroit
un grand Heros r mais ce vajlê
genie n'empêche pas que nous ne
soyons dépourvus de toutes les
choses necessaires. On a diffeifé
nos (ojdats dansdenuiuvaifes
Placesqu'ils font obligez d'abandonnersans
combattrejs'ils ne
'Veulentpas sexposeràeflre pris à
discretion ; £jsr nous anjons le chagrin
de sçavoir que nos troupes,
bien quelles ne manquentpas de
'valeur se retirent d'abord que les
EnnemisparoiJJent. Nousperdons
un grand nombre desoldats par les
maladies &par la desertion
j ou
par les prisonniers que les EJJagnols
font dans les Places qu'ils
prennent deforce; de fortequenos
troupes les pourvoient de recrues
0* que nos magasîns leursfervent
de convois pour leur fubftftance.
Ju/!/Z
J
Monfeur de la ftuation
d'un Officier qui a servi avec
quelque réputationfous un Monarque
dont le nom seul faisoit
refpccler& craindre une armée,
&quiJe trouve aujourd'huifous
les ordres de deux fantômes de
Rois3quiriont jamaiswtirer un
seul coup de Piflolet & qui fè
donnentfeulement à connoiflrepar
leurscraintes
3 &par les fhrviccs
qu'ils nous demandentjàns compter
laaffeerroocciittéénnaattuurreelulec des Portugais

PortugaiS
qui neflntpropres a rien} quifee
défient de tout.) & qui au milieu
de tant de calarnitez.
-'
ne veulent
pas nous laisser la consolation d'en
demander le remede à Dieu.
On nous flatte dunenouvel
entreprise queton assurepouvoir
rétablirnosaffaires£<rc'ejl un
débarquement que le Prince
d'Arrn/fad va faire sur les cotes
de Catalogne, où il a des amisqui
luy font esperer qu'il fera bien
reçu d'abordj qu'ilyparaîtra.) y
apte beaucoup de Provincessuivront
texemple des CataUns.Je
vous avoue que faypeu dejOy
Iàlcceettttee tteenntattla'"utei:vJ e&je' JceracrianInss
aulJi que ïAmiral de France.) qui
efi déjà en mer J
n'interrompe ceprojet.
Je crains fort que toutesces
pretenduès intelligences ne
soientfondéessur lesJpromejfes de
'1uelquesP ambitieux,ou
de quelques M.libertinsy
qui aimenttoujours le chanrrement
parcequeje ne vois point qu'aucun
Gouverneurde Place ny autre
personne d'autorité ait donné aucun
fiçne de vieennoflre faveur;
U est vray qu'on nous promet
qu'ils Je déclareront lorsque nous
aurons des forces superieures, qui
efl la même choje que de dire
yuand nous n'aurons pas besoin
de leur secours. NousJommesarrive^
trop tard;) le Roy de Franceï
pris les devans
j en envoyant de
bonnestroupes en Erpagne, e a
émit des avis salutaires à fin,
petit fils, po.ur Je precautionner
contre tous ceux qui lui pourvoient
eflreJuJpccls. Ce grand Politique
Je mocque de nos projets j c- rend
par sa prévoyance toutes nos entreprijes
inutiles: tenez pourtrèscertain
lie tant d'heureux succés
ne l'humilieront point
, comme
nous l'avons projettej principalement
depuis que les Souverains
vont en perflnnegrojJirsa Cour,
comme ilsfaijo*ientcelle du Sage Salomon. Il ny avoit que leRoy
Guillaume capable de faire teftc à
Louis; aujJi vous vo'ye^ comment
vont nos affairesdepuis que le
Ciel nous a privéde ce fameux
Proteileur.
Protecteur. Pour te dire en un
rnot,jepî-c-,,,ois que cetarmement,
quia coutédesfirnrnesprodigieujes
à l'Etat
j ne nous rendrapasplus
glorieuxqueceluy que nousfîmes
l'année pafFe. Dieu 'veuille que
nous
nayons
n'ayons pp.a,tss farde trop longtemps
a retourner nous embarquer,
&quenous ne trOt-ruionspointen
cela de difftc!titcz imprévues. Le
Roy de Portugal ne nous aimepas,
il craintlesFrançois, iljedsfie de
ses propres SujetS;, (;7 jamais il
ne perjenjere deux heures dans la
/1 r. mêmefituatwn r ; enfin nous desons
nous attendre a tou:e (¡Tte d'extrémité
Je riayause conifda-
.,. 'l~. JI "y .-.;,,,. Il:j'Jo.
tion que celle de retourner promptementpour
allerÇcrvir a ruos côtez
en qualité de volontaire^parce
-
qu'a l'égard de mon je y e
ne pourray pas le remettreJurpied
en jix mois de temps. Jîjjuré de
voflre bonne volonté je me con-
Joleray de toute ma diJgraceJtant
avec une véritable vénération&
une affection tres-rejpeéîueufe_,&c.
Dame Marie Magdelaine Gabriellade
Rochechoüart- Mortemart
,Abbesse de Fontevrault
& Superieure Generale de l'Ordre,
mourut à Fontevrault le
15. de ce mois, âgée de 59. ans,
aprés avoir gouverné cetteAbbaye
& plus de soixante Monasteres
qui en dépendent, avec
autant de conduite que de pieté
, pendant trente - quatre années.
Elleavoitsuccedéen 1670.
à Jeanne. Baptiste de Bourbon,
Fille naturelle du Roy Henry
IV. Cette Abbaye n'a jamais
esté possedée que par des personnes
de la plus haute distinction.
Elle a eu quatorze Princesses
pourAbbesses,entrelesquelles
il y en a eucinq de la
branche Royale de Bourbon.
Fontevrault est un Ordre
Religieux, fondé par le bienheureux
Robert d'Arbrisselles,
l'an 1100. quelque temps aprés la.cclcbration du Concile de
Poitiers; il c11 sous la Réglé de
S.Benoist. Robert futd'abord
Archidiacre de Rennes; ileut
une Mission particuliere d'Urbain
II. pour prêcher aux peuples
, & comme il se vit suivi
d'une multitude considerable
de gens de l'un & de l'autre
sexe; il leur bâtit des Cellules
dans le bois de Fontevrault, à
trois lieuës de Saumur,sur les
confins du Poitou.Ayant enfuite
renfermé les femmes à part;
il s'en forma depuisce celebre
Monastere, Chef-d'Ordre, dont rAbbeÍfe ca General. Le
Pape Paschall'approuva,& les
autres Pontifes luyaccorderent
ensuite de grands Privileges.
L'Abbé Suger écrivant à Eugene
III. cinquante ans aprés
la fondation de cet Ordre, luy
dit qu'il estoit déjaforaugmenté
, & qu'on y comproic
cinq ou six mille Religieules.
Les Peres Sirmond & A lexandre
ont attaqué la conduite du
bien- heureux Robert, sur. le
chapitre de la pureté; mais un
Religieux de cet Ordre l'a deffendu
par une excellente Apo-
- Madame de Fontevraulc>
dont la mort donne lieu à cet
Aet1cJe)esi0ic Soeur de Monsieur
le Maréchal de Vivonne,
de Me de Montespan,&; deMe
deThiânges.Elleeiloitfillede
feu Gabrieldel^ochechoiiarr,
Duc deMortemart, Chevalier
des Ordres du Roy, premier
Gentilhomme de sa Chambre,
& Gouverneur de Paris, & de
Diane de Grandfeiene,fille-de
Jean, Sr de Marfillac. Je vous
ay parlésisouvent de la Maison
de Rochechoüart
, que je n'ay
plus rien à vous en dire de nouveau
,
sinon que la branche de
Mortemart, qui subsistedepuis
plus de quatre cens ans, commença
en la personne de Guillaume
de Rochechoüart, second
fils dAimery VIII. Vicomte
de Rochechoüart, & de
Margueri te de Limoges, au
commencement du treiziéme
jpecle.
Messire AndréColbert Evêque d'Auxerre ) ,mourut au
mois de Juillet, dans sa Ville
Episcopale, après une longue
maladie. Il avoit eu cet Evêché
après la mort de MessireN.
Colbert, frere de feu Mr Colbert
, Ministre & Secretaire
d'Etat
,
& qui auparavantavoit
elle Evêque de Luçon. Mr l'Evêque
d'Auxerre qui vient de
mourir,avoit un frere Jcfuire.)
.fortellipse dans cette Société,
& unautrePresident à Mortier
au Parlement de Mets; ce Prelatavoit
esté nolnme à -Vechéd'Auxerreapréssa
Licence,
dont il avoit esté Prieur Il
étoitparent dans un degré assez
éloigné de feu Mr Colbert dont je viens de parler , , & cousin
germain de feu Mr l'Abbé
General d.ç Premontré. Ilestoit
Chanoine de Reims, lorsqu'il
fut élevé sur ceSiege. Il avoit
paru en Sorbonne avec éclat,
& il estoit sorti de sa licence
avec beaucoup d'honneur. Le
Prelat auquel il succeda a saïc
des biens infinis dans les deux
Diocesesqu'il avoit goIIvernez,- Feu Mr Colbert eut toutes les:
peines du monde à le tirer de
Luçon
,
& ce grandEvêque
neconsentitenfin à cechangenlC13t)
qu'après avo i r obtenu
pour son Successeur feu Mr de
.BarUion, duzele &delacapacité
duquel il estoit bien instruit
; quand il eut eu l'agrément
du Roy pour ce nouveau
Prelat, il consentit sans peine à
changer de Siege,persuadé que
l'un & l'autre seroient degrands
biens dans ces deux Oioce[es)
mais Mr Colbert joüit peu de
l'Evêché d'A uxerre, où il mourut
aprés qu'il eneust pris possession
,cou:rempli de merites.:
Sa memoireest en benediction
dans ces deux Dioceses. Celuy
qui vient de mourir estoit fort
zelé pour l'observationdes CanODS
¡& de la discipline Eêclc.']
fiaftique.
- Monsieur l'Abbé de Quelus,
Aumônier du Roy, a efbi noni--
mé àl'Evêchéd'Auxerre. Cet
Abbé est Docteur de Sorbonne ,-1
où il s'est fait resompter il n' y a
que quelques mois. La Resompteest
un Acte que l'on soutient
six ans aprés avoir pris le bon--
net de Docteur, & a préslequel :J'
l'on a droit de suffrage dans les
assemblées de Sorbonne. Il effc * fils deN. deTubieres,fils de
Henry deTubieres de Pestel, &
de Levi
,
Comte deQticitis en
Roüeregue, & de Dame Claude
de Fabert, fille du Maréchal de
ce nom, qui ne laissa que trois
filles; sçavoir, Me la Marquise
de Beuvron, veuve en premieres
noces de Mr le Marquis de
Genlis, dont elle a eu Mes la
Maréchale d'Harcourt; Me la
Marquise de Trelon
, veuve
en premieres nôces de Mr le*
Mârquisde Comminges; & Me
la Marquïse de Quelus qui a eu
de son mariage trois fils, & une
fille mariée à-'Mr le Marquis de
Lignerac, Gentilhomme, dçs
plus qualifiez de la Province
d'Auvergne; les fils sont fArJe
Comte de Quelus
,
Lieutenant
general desarméesduRoy, Messin
de Monseigneur, & Epoux
de N. de Vilettefille deMr
le Marquis de Vilette
, coun
germain deMe de Mainteon
; Mr l'Abbé de Quelus,;
nommàl'Evêché d Auxerre,,
Mr leChevalier de Quelus ,3
ui est au service du Roy d'Ef-
:
ragne, où il s'est fort distingué,
commande le Regiment des
Dragons jaunes de S. M. C.
-2 olanon de Quelusest tres il-;
ustre,elleest sortie dela prorince
d'Auvergne où ellea toûours
tenu un rang tres-distingué.
LePrelat qui donne lieu à
cet article, a appris les fonctions
de l'Episcopat sous MonsieurleCardinalde
Noaillesqui
beaucoup de confiance en lui,
51 qui l'a souvent employé dans
la visitede son Diocese On ne
peut êcre plus charitab le,les
Prêtres Irland ois, dont il a la
protection
, pourroient en rendre
témoignage, & il leur a fou
vent donné jusqu'au dernier fo
de Ces revenus. *?!
MessireN. de Salettes Evê
que d Oleron, Abbéde Luc,Or|
dre de S. Benoist, est mort dans
son Diocese, âgé d'environ 90r
ans. Il estoit des plus iiicien
Evêques du royaume;Se il]
avoit paffe la plus grande partid
de sa viedansson
Diocere,donq
il n'étoit presque plus sorti de-j
puis qu'il en avoic esténomméj
Evêque;sa memoire y sera long-^
temps enbenediction à cause des
grands biens qu'il y a fait. Il ré-j
pandoic presque tous ses reve-j
nus dans le sein des pauvres
dont il sçavoit même prévenir,
les besoins. Il aVOIr une vigilan,
Pastorale dans l'exercice de
)0 ministere dont rien n'étoit
capable de le distraire. Feu Mr
l'Evêque d'Oleron étoit de la
rovince de Bearn,où sa maison
ri toûjours tenu les premiers
an(Ys. Un Georges de Salettes dististingua fort à la bataille
le Jarnac, où il commandoit un
un corps considerable ; ce Seigneur
s'étoit attaché au Roy de
Navarre, qui le donna au Duc
l'Anjou qu'il suivitmême en
Pologne après que ce Prince en
:iu esté du Roy, après la mort
de Sigismond Auguste
,
dernier
Roy dela maison des Jagellons.
Il y mourut, & y laissa des ensans
qui se distinguerent sous le
regne du Roy Battori.
Mrl'AbbédeMagny,Doyen
del'EglisedeS.Martin deTour
aesté nommé àl'Evêchéd'O
1'l,eron. Cet Abbé a travaill
long-temps fous les yeux de M
l'Evêque de Chartres, & c'est
sousce Prelat dontilaétéGran-
Vicaire, qu'il a appris tout c
quiregarde l'important ministeredel'Episcopat.
Mrl'Abbé
de Magny quitte un des plu
beaux benefices du Royaume
puisque le Doyenné de l'Eglise
de S. Martin de Tours est tres;
considerable. Celui qui est re:
vêtu de cette dignité àl'honneurd'êtreChefd'un
Chapitr
dont le Roy est Chanoine d'hon
neur; ainsi que Mr l'Evêque d~
Poitiers. Le Chapitreest d~
fondation Royale. La maison d~
Mr FAbbe de Magny est très
qualifiée. PlusieursGentilhommes
de ce nom se sont distinguez
par les armes; le pere & l'ayeul
de ce nouveau Prelat les ont portées
avec une tres - grande distinction,
& pour remonter plus
haut, Scipion deMagny cornmanda
une partie du secours que
le Roy Charles VII. accorda à
Margueri te d'Anjou, pour l'aider
à remettre sur le trône le
Roy Henry VI son Epoux,que
le Comte de Derby connu fous
lenom d'HenryVI. enavoit dépoüillé.
Le Roy a donné l'Abbaïe de
S. Vincent de Luc, Ordre de
S. Benoist & Dibcefe
-
d'Oleron,
à Mrl'Evêque d'Acqs,elleétoit
vacante par la mort de Mr l'Evêque
d'Oleron. M11'EY£<IMC
d'Acqsest de la maison deRoquecave
,une desplus considerables
de la Guyenne. L'Abbaïe
de Luc à produit d'excellens
sujets,&ellea donné p lufieurs
Prelats aux Eglifcs duRoyaume,
sur tout àcelle d'Oleron. Personne
ne la meritoit mieux que
le Prelat à qui le Roy vient de
la donner; il joint à une profonde
erudition, une vigilance,
Pastorale,dont rien ne l'a jamais
pû detourner.
L'Abbaye d' Eaucourta esté
donné à Dom Joachim d'Arlus.
Cette Abbaïe est une des plus
considerables de l'Ordre de S.
Augustin,par rapport à son ancienneté,
&auxgrands personnages
qu'elle a produit. Elle efl:
située dans le Diocese d'Arras,
Domd'Arlusestuntres-sçavant
Religieux & tresversé dansles
antiquitez de l'Eglise; c'estle
témoignage que luy rendent
tous les religieux de sa Congregation
,
qui est une des plus celebres
de l'Eglise. Le grand Ordre
deS.Augustin a donné plusieurschefsà
l'Eglise, un grand
nombre de Cardinaux, & un
nombre infini de Prelats à toUtes
les Eglises du monde.Alexandre
IV. avoit esté de cet
Ordre.
LeRoya donnél'Abbaïe du
Pin,Ordre de S. Benoist Diocese
de Poitiers à Dom le Mejgnan.
Ce religieux efl un des
ornemens de son Ordre; il est
grand Theologien, excellent
predicateur,& ce qui le distingue
encore plus,zelé observateur
de saRegle. L'Abbaye du
Pinefl fort ancienne,plusieurs
de ses Abbez
,
se font distinguez
par leurs talens.Il yeneutunqui
préchalong - temps à la Cour
d'Henry III. Rien ne pouvoit
arrêter son zele, il attaquoit les
vices jusques sur le trône, & le
Roy même approuvoit sa liberté
Evangelique. Ce Monarque lui
fit plusieurs gratifications, &
luy donna une pension.
L'Abbaye de Los a esté donnée
à Dom de la Fosse. Ce benefice
efl de l'Ordre de Cîteaux
, & dans le Diocese de
Tournay. Ce nouvel Abbé est
d'un merite distingué , recommandable
par plusieurs talens
qui l'ont fait considerer dans
son Ordre,dés qu'il y est entré.
Il est peu de personnes qui sçachent
mieuxque luy les antiquitez
del'Eglise, il s'yest a ppliqué
dés sa plus grande jeunesse
,
& il a fait sur ce sujet
important d'excellentes recherches.
Il seroit à souhaiter quil
en voulùt faire part au public.
L'Abbaïe de saint Sulpice Ordre de saint Benoît, Diocese,
de Rennes, a esté donnée à la
Dame de la Forest d'Armaillé
de Boisgelin j cette Dame joinc
à une illustre naissance, toutes
les vertus de son état & une
grande intelligence dans les affaires.
Elle estsortie d'une maisondistinguée
par les grandes
alliances, & par les dignitez
importantesqu'elle a poiïedéeSr
Elle est connuë en Bretagne de
puis les premiers Rois Bretons.
Les Ducs de Bretagne qui succederent
aux Rois, firent toûjours
un grand cas de ceux qui
portoient ce nom,& cette Maison
est encoreaujourd' hu y au
rang des plus qualifiées & des
- plus distinguées. La derniere
Abbesse det>saint Sulpice a esté
fort regrettée; c'étoit une Dame
d'un merite & d'une vertu
éprouvéeen plusieursoccasions,
& dont feu Monsieur le Duc de
Chaunes , Gouverneur de la-
Province, faisoit uneestime tresparti
cu l iere.
L'AbbaïedeBrienne, Diocese
de Lyon a été donnée à M€i.
Mignot Ce nom efl fort connit-v
!sans le Beaujollois où Mrs Mi-*
gnot exercent de Pere en Fils,
depuis plusieursannées, la charge
de Lieutenant General de
Ville-Franc he celuy qui en est
aujourd'huy pourvûest Protecteur
de l'Academieétablie
en cette même Ville, depuis
quelques années. Mc de Beauretout
femme en premiere nôces
de feu Mr de Maillac étoit soeur
de feu MrMignot, Pere de céluy-
cy.
Le Roy a donné une pension
ds 400. liv. sur l'Evêche d'Auxerre
au Pere Courtaut , Cordelier,
qui demeure à Auxerre. Il a passé par toutes les Charges
de sa Province & a esté iv
ou 3.fois Prov incial, c'est ua
tres habile homme,& qui après
avoir travailléàplusieursgrands
Ouvrages, se disposeenfin à les
donner au public, ilest Docteur
de Sorbonne & fameux Prédicateur.
L'Abbayede Moisevaux, sc.i- - 1
tuée en Alsace, a estédonné ài
Me de Truxes. Cette Dame est
sortie d'une tres ancienne Maison
, connue depuis plusieurs
siecles enAllemagne,d'oùelle
est venue s'établir en France ,
il n'y a pas long-temps. La Dame
qui donne lieu à cet article,
meri teroi t un éloge partjCoU
lier par les rares qualitez que 1
nature a pris plaisirderassembler
en elle; mais celles qui sont
JTccefIàjres pour le gouvernement
d'une Maison Religieuse,
sont anffi celles dont il ïbmble
qu'elle luy ait esté plus prodigue.
Le choix que le Royvient
de faire de sa personne consolera
cette Communauté de la perte
qu'elle a faite de sa derniere
Abbesse,qui estoitune filled'un
grand merite & d'une vertu qui
luy attiroit la veneration de
tous ceux qui la connoissoient.
Elle est morte dans de grands
sentimens de pieté.
Le Lundy 18. Août, on fit un
service solemnel dans la Chapelle
du College de Navarre,
pour feu Mr t'Evêque deMeaux,
l- Proviseur de cette Maison &
Conservateur des Chartes de
l'Université. Monsieur le Cardinal
de Noailles qui luy a succedé
en cette dignité, Officia
":&lr!vIr l'Abbé de la Loubere,
Doreur de Sorbonne prononça
l'Oraison Funebre de ce Prelat.
Elle fut trouvée fort éloquente.
Aussi estoit - elle rem plie de
quantité de traits fort glorieux
au deffunt. Cet Abbés'étendit
fort sur le zele que Mrde Meaux
a fait paroître en défendant la
pureté de la Doctrine de l'Eglise
, ce qui luy donna lieu d'entrer
dans une sçavante discussion
des ouvrages de ce Prélat,
sur tout de ceux qui regardoient
les Protestans: il fit un magnifiqueélogedu
celebre Livre des
Variations, Livre en effetqui
doit rendre le nom de Bossuet
immortel.Iltouchaavecdelicatesse
les derniers Ouvrages
de Mr de Meaux.
Le Roy vient de créer deux
ppuveiics Chargesd'Intendans
des
des Finances. Mr Guyet Maître
des Requêtes, & Intendant à
Lyon, a obtenu l'agrément de
l'une de ces Charges. Jamais
personne n'a mieux merité les
grâces du Roy; c'est un Magistratéclairé,
rempli de probité,
doux, gracieux & magnifique.
Il estfils de Mr Guyet, ancien
Conseiller au Parlement de
Dijon; il a une soeur mariée à
un Conseiller de ce même Parlement
& deux freres Abbez.
JVle Guyet l'on épouse
,
est de la
maison des Carré de Bourgogne
& de la branche établie a Châlons
sur Saône., La maison de
MIS Guyet est ancienne dans le
Parlement de Bourgogne, où
elle estalliéeà COlle ce qu'il y
à de plus copfiderable dans ce
Parlement ; sçavoir, aux maisons
deBerbizy, deMongey
Boyer, le Compasseur, de Ver-,
naux & plusieursautres. La fille
unique de Mr Guyet a épousé
wr le Comte de Charnillart,
frere de Mr de Chamillart, Ministre
& Secretaire d'Etat. Il
s'étoit attiré à Lyon l'amour Se
l'estime de tout le peuple & de
toute la Noblesse. Ila esté cydevant
Intendant à Pau, oùil
ne s'étoit pas moins attiré les
coeurs de toute la Province.
L'agrement de l'autre Charge
d'Intendant a esté donné à
Mr le Rebours, fils de m1 le
Rebours, ancien President du
Grand Condeil ; Celuy dont je
vous parle a esté Conseiller au
Grand Conseil de a rempli 'la
premiere commission des Finances
d'une maniere qui luy a fait
meriter l'agrément de laCharge
qu'il vient d'acheter, & cet employ
n'étantpasincompatible
avec la Charge d'Intendants il
exercera l'un & l'autre Il effc
cousingermain de Mede Chamillart.
La maison de Rebours
est tres-ancienne dans la Robe,
Mr Truden,Maistre des Requestes
, aesté nomméIntendant
de Lyon à la place de Mr
Guyet. Il est fils de feu Mr
Truden aussiMaistre des Requestes.
Il a une soeur mariée
à Mr Voisin Conseilier d'Etat.
Il estoit fort estimé dans le
Conseil , & feu Mr son pere, qui éstoit tres bon Jurisconsulte,
ne l'étoit pas moins, Il
avoit fait voir ses lumieres
dans des affaires tresépineuses;
& feu Monsieur le Chancelier
le Tellier,qui en saisoit un cas
singuiier & qui avoir en lui
beaucou p de confiance, Tenir
ployoir dans les affaires de la
plus difficile discussion, & lui
en envoyoir souvent de tresimportantes.
Feu Mr Truden
avoir pris un foin particulier de
donner une excellente éducation
à ses enfans. Me Voisin
enest une preuve sans replique.
Cette Dame a beaucoup d'esprit
& s'esttoujours attachée
à La Ieélure des Historiens
,

l'on peut dire qu'elle a fait de
grands progrés.
Enfin Mrle Marquis de Castel
dos Rius, Ambassadeur d'Espagne
, esi part i La situation oit
éstoient les affaires dans lecommencement
de son Ambassade la , sagesse & la delicatesse d'esprit
qu'il falloit pourl es manier;
la prudence, Ces manieres
galantes & magnifiques & mille
autres choses qui l'ont faitadmirer
pendant tout le temps de
son Ambassade
, m'ont donné
lieu de remplir mes Lettres de
cent articles à sa gloire que je
ne vous repete point. Cet Ambassadeur
avoit conçû un si
grand amour pour le Roy, &
Sa Majestéavoir une si grande
estime pour ce Ministre,qu'il
ne pûts'empêcher de laisser paroître
ses larmes lorsqu'il prit
congé de ce Prince. Le Roy qui
s'en apperçût & qui se Icncic
lui-même attendri, empêcha
que cet adieu n'eût de plus longues
fuites, & dir à cet Ambassadeur
qui partoit pour aller
prendre possession de la Viceroyauté
du Perou. Partez^y
Monsieur
, vous reviendrezplus riche,
mais non pas plus grand. Je
ne croy pas devoir pouffer cet
article plus loin; quand le Roy
a parlé, rien de tout ce que l'on
pourroit dire, ne seroit capable
de toucher.
Il ne se passe point de semaine
que les Vaisseaux du Roy, ou
les Armateursne sanssent beaucoup
de prises sur les Anglois
,
ou sur les Hollandois. Je ne
vous en parle jamais
) parce
qu'elles se trouvent regulierementdans
les Gazettes, toutes
lesremaines, & que je prétens
qu'ily ait toujours quelque
chose de nouveau dans ce que
je vous mande, quoique le fond
de la nouvelle foit generalement
connu. Jevous envoye
l'article suivant
, parce qu'aucunenouvelle
publique n'en a
encore parlé.
Mr le Chevalier de Fontenay,
commandant le Vaisseau le
Maurepas,& Mr Monnier commandant
le Pontichery
, arriverent
le 16. de ce mois au Porc
Louis richement chargez pour
la Compagnie des Indes, d'où
ils revenoient. Ils ont fait aux
Indes une prise estimée douze
cens mille livres, & font revenus
sans avoir esie inquietez par
aucun Vaisseau Ennemi.
Le Roy vient de remplir la
place de Me l'Abbessede Fontevrault
,
dont je viens de vous
apprendre la mort. Cette place
a esté donnée à MC de Vivonne,
fille du Maréchal de ce nom &
niece de la défunte Abbese&
deMe de Montespan
: elle étoit
grande Prieure dans le même
Monastere de Fontevrault. Il y
a lieu de croire que la cenduire
de cette nouvelle Abbesse
,
la.
regularité de ses moeurs & le
bon exemple de feuë Me saTante
qu'elle a toujours eu devant les
yeux 8c qu'ele a toujourssuivi,
font cause du choix que le Roy
vient de faire.
Le Roy a accordé à Mr le
Tellier de Monrmor
,
ci-devant
Lieutenant au Regiment
des Gardés Françoises, l'agrément
du gouvernement d'Ardres
& Comté de Guisnes que
possedoit auparavant MrleMarquis
de Bethune. Quand le Roy
donne de pareils agrémens
,
&
sur tout lors que les Gouvernemens
font fcituez dans des
lieux où la guerrese fait senti r,
il faut que S. M. foit persuadée
de la valeur & de la conduite de
ceux à qui elle les donne.
Deux prisonniers de Dunkerque,
qui se font sauvez dans le
temps de la descente des ennemis
à Gilbraltar
, ont déclaré
suivantla connoissance qu'ils
avoient,que la Flotte des ennemis
n'étoit composée que de 66.
Bâtimens, dont il n'y avoir que
cinqVaisseaux à trois ponts;
& six à deux ponts & demi;
que tout le restedecette Flote
estoit composé de Vaisseaux &
dë Fregattes depuis40.jusqu'à
82, & 86. canons ; queles équipages
étoient foibles, & que le
Vaisseau sur lequel ilsestoient,
nommé le Gros fle.ffîngois de 5*.
pieces, n'avoit que 220. hommes,
y com p r i s les Officiers,
Matelots, Soldats & Mousses
Extrait tlfJne Lettre de Madrid
du19.Aoust. 1E profite d'un Courier dépêché à
Mr de Pontchartrain venant de
Cadix, pour vous dire que nous entendrons
bien. tôtparler d'unegrande
ailion
,
puisque par un exprès qui
vient d'arriver de Malaxa
>
nous
dpprenons que noflreArmée navale
ttoit à la vuede cette Place-lh
,
le
1 5. au matin, & que Monfeur
l'Amiral a envoyé deux petits Bâ.
timens à rames pour reconnohre la
Flotteau ennemis. Le Courierqui
rf apporté les paquets a Bayonne
y a
dit que dans le temps qu'il alloit
partir de Madrid,on avoit avis
que les deux Armées Navales
étoient en presence. On afturc que
ceux de Malaxa de Tarife ontftcouru
Qeuta en Barbarie,qui en
avoitun tres-prtjjant befom.
Je vous envoye une Lettre.
de l'A rmée de Monsieur leMaréchal
de Villeroy.
Du Camp à deux lieuês cTHornï
berg le 24. Aoust 1704. aVdnd Monsieur le Maréchal
eût reçu lezo.par un Officierde
Bavière
,
les paquets que MOfJJîeurde
Maicinluienvoyaitpourlit
Cour, il fit partir un Valet de
chambresur le champ, qui porta apparemment
le projet de nofire marche,
Nous decampames d'Merlacq
leii. matin , nous revimmes passer
h Offembourg pour rentrer dans Id
Vallée de la Y^intfche,& de lànous
allumes campe* kBibrack;ceji-hdire
trois-brigadesd'Infanterie,les
Gardes
,
le Roy & Picardie, les
Dragons de la generale
, & la
Maifin du Roy. Le reste campa ce
mcfme jour à Offembourg
,
fous les
vrdres de Mi de Roquelaure. Le
tnefme jour Mr d'Antin qui ejloit
campéh Hafelacq avecun corps de
troupes, marcha en avant, & vint
jujqtiicy ,
ou Monjieur le Maréchal
de Villeroy le joignit le 11. au
foir avec la Cavalerie5 Car pour
l'Infanterie elle nefutarriver que
le 13. au matin, &coucha à moitié
chemin d'Hornherg icy
,
à cause
de la difficulté de la gorge qui efi
tiop étroite
,
& dans laquelle on n,
marche pas à son aise. Comme nous
ne marchions que peur presser la
main à Monfieui de Baviere qui
ramenefes troupes en cas qnilfujl
suivi & inquiété dans sa retraitc.
Monfeur le Maréchal fut fort en
peine de n'avoir point reçu de fis
n uvelles depuis le 20. ilpartit hier
matin à dix heures avec un gros dem
tachement de la MaifortduRoy^quî
futsuïvi deux heuresaprès de toute
la Cavaltrie
, qui marcha sans
équipages. L'Infanterie cft restée
ityfous le commandement de Mrde
Ga/lion, avec ordre dese tenir prête
à marcher. Monfeurle Maréchal,
a m'andé depuis, qu'à force de cher*
chcr) ilavoitdeterréMonjietlr1)EItfleur
qui marchoit fort lentement,
qu'il n'étoitencore qu'à cinq lieuës
d"Vlm, &a unejournée de Monfeur
de Martinquifaisait L3avangardet
& que les ennemis nefaisoient aucun
mouvementpour le fulvre. Nous
e(fierons le voirbien-tut. On nefeait
pat bien encore /d a laisse garnison
dansVlm,,saut- efire pour arreflet
les ennemis. NOftô (ommcs campez
sur la crcfic desm-mt^gnes à deux
lieNëJ dHornbcrg, Lejous quenatts
fdrtimes d'Hetlacq
, noiu envoya.
mes nosgros équipages à Kell,
> Les affaires de la guerre en
Italie sont dans une situation
tres-avantageuse Les Ennemis
chassez du bas Pô, ne donnent
plus d'inquiétudeau Mantoüans
la prise de Verceil laisse le Milanez
en repos, & la démolition
de cette place assure pour longtemps
ce repos:Cazal va le
trouver fortifié par cette démolition,
& ses remparts garnis
d'une partie du canon que l'on
en tire; l'autre partie 6c les munitions
servirontausiege d'Y vrée où - la tranchée doit être
ouverte le premier de Septembre.
Mr le Marquis de Parelle a
abandonné les vallées pour se
l'etireràConi,afin d'em pêcher la
jonction de Monsieurle Duc de
Feüillade avec Mr Albergotti.
On continuëdefortifier Pignerol,
& le fore de Ste Brigitte;
& le Roy se trouve maître de
ces deux portes importans
, qui
ne ne luy ont pas coûté un seul
homme, Laprised'Yvréeempêchera
que Monsieur le Duc de
Savoye ne reçoive aucun secours;
il en demande avec les
plus fortes instances, mais outre
qu'il ne peut luy en venir
assez-tost
,
si le secours qu'on
luy envoyeroit nous étoir défavantagenx
d'un côté ,
il nous
feroit avantageux de l'autre,
puisque nous trouverions les
trou pes qu'il auroit
,
reçûes, de
moins dans les arméesdes Alliez.
- Il ne s'estpoint donné de bataille
depuisplu sieurssiécles où
k party vaincu ait plus perdu
de monde que le vainqueur a
fait à l'attaque des retranchemens
de Donavvert. On vient
d'apprendre qu'outre les Generaux
d'armée & les Officiers
Generaux qui ont esté tuez ou
blessez àmort dans cette attaque
, & dont je vous ay envoyé
les noms, le General Major des
Troupes de Franconie eu: more
des blessures qu'il y a reçûës ;
5c par une Lettre interceptée
on a appris que les Ennemis
ont perdudans la même action
20. Colonels , 31. Lieutenans
Colonels, 17. Majors, 36.Capitaines,
196. Lieutenans
)
&;
.101. Enteigaes.
,',
- On commence à démesser que
les Ennemis n'ont pas remporté
à la derniere bataille d'Hochstet
une victoire moins fatale : je dis derniere bataille d'Hochstet,
parce que vous sçavez que
Monsieur l'Electeurde Baviere
& Mr le Marquis d'Usson battirent
l'année derniere le Comte
de Stirum au même lieu. Ce qui
s'y vient de passer n'est pas encore
bien éclairci; cependant
il paroît qu'au nombre des prisonniers
prés, les Ennemis ont
fait une perte beaucoup plus
considerable quenous, puisque
les morts ne ressuscitent point,
& que les prisonniers reviennent.
Voicyfur quoy mes conjectures
fontfondées. Les premieresnouvelles
de cettebataille
ne sont venuës que par quelques
billetsdes principaux Officiers
François à qui les Alliez
permirent feu lementd'écrire
quelques Lettres ouvertes, par
lesquelles ils mandoient à leurs
parents qu'ils estoient prisonniers,
n'ayant pas eu permission
de rien mander davantage. Il
est vray semblable, pour ne pas
dire qu'il est certain, que si les
Ennemis n'avoient pas fait de
tres- grandes pertes, ilsauroient
esté ravis que les prisonniers
à qu'ilspermettoientd'écrire,)
eussent envoyé d'amples relations
delabataille.Elleconsiste
en deux articles i sçavoir
, en
deux combats donnez l'un à l'aîle
droite, l'autre à l'aîle gauche.
Les Ennemis qui ontesté enfoncez
deux ou trois fois par nôtre
aîle gauche y ont perdu beaucoup
de monde, parce que le
-
combat y a été fort opiniâtré &
que ceux qui sont enfoncez &
qui recu lent perdent beaucoup
plus que ceux qui les poussent.
Iln'en a pas esté de même à nôtre
aîle droite
,
oiil'affaire a
tournéautrement. Les Ennemis
favorifez d'un brouillard,ayant
passéun marais, & la cavalerie
estant dans un terrein trop serré
pour agir & pour secourir
l'Infanterie, cette Infanterie
qui a esté prise en flanc
, a esté
obligée de se rendre. Voilà quels
ont esté les deux combats; d'où
l'on peut infererque les Ennemis
ont eu plus de monde tué, fcqu'onaou^a fait plus de|jri^
fonniers. Ce qui vous paroîtra
manifestement dans la fuite de
cet article.
A peine l'action fût-ellefinie
que Milord Marlborough
& le Commandant des troupes
Hollandoises écrivirent aux
Etats Generaux & ne parlerent
que de ce quis'étoit pancaraile
droite, & de la prison de Monsieur
le MaréchaldeTallard ainsi , que de 16. Bataillons qui
s'étoient rendus, se voyant coupez
,
sans pouvoirêtresecoutriuts.
Toute la Hollande reten- du bruit de cet avantagc)&
-
l'on fit imprimer les Lettres de
Milord Marlborough &du General
Hollandois quiavoitécrit,
êc l'on ne parla non plus de ce s'écoicjuIIeà l'autre aUe*
que sielle n'avoit point combatu,
On fit imprimer avec les
Lettres dont je viens de parler,
des listes des morts &desblessez,
presque toutes remplies de
faussetez, & l'on y disoit que
Mr le Marquis d'Usson
,
qui
avoitgagné l'année precedente
une bataille contrele Comte
de Stirum , y avoit esté tué,
quoyque ce Marquis foit presentement
à Paris & qu'il ait
quitté l'Armée du Danube,lorsque
Monsieur le Maréchal de
Marciny arriva. On tuoit aussi
dans ces listes beaucoup d'Officiers
qui étoient dans l'Armée
de Monsieur le Maréchal de
Villeroy.
L'ordinaire suivant, on reçût
en Hollande des Lettres qui
contenoient ce qui s'étoit passé
l'aîle droite des Alliez, avec
ies listes des morts & desblessez
de cette aîle
,
qui avoit esté
deux fois enfoncée par Monfisur
le Maréchal de Marcin;
1 futresoluaprés la lecture de
ces Lettres & de ces Liftes que.
tout seroit supprimé pouren
ôter la connoissance au public,
5z que l'on n'en feroit rien imprimer.
On apprit aussi qu'on
avoitmandé à Mrle Prince de
Bade, qui faisoit le siege d'Ingolstadt
, en consequence du
resultat d'un Conseil de Guerre
de lever ce siege & de venir
oindre l'Armée avec les trou.'
pes qu'il commandoit,ce qui fit
connoître qu'il n'étoit que trop
certain que l'Armée desAlliez,
avoit fait des pertes considerables
,
puisqu'elleavoit besoin
du renfort des trou pes de m*
le Prince de Bade & qu'elle
faisoit lever le siege d'une placeimportante
, dont la prise
estoit assurée. Ces faits sont incontestables,&
ce ne font point
des raisonnements; aussi les Ennemis
n'ont ilsfait aucun mouvement
après la bataille; ils ont
Jaissé faire la jonction de l'A rmée
de Monsieur l'Electeur de
Baviere avec celle de Monsieur
le Marêchal deVilleroy.S.A.E.
ce Marêchal & MonsieurleMarêchal
de Marcin souperent le
25. de ce mois à Donnefchinguen
; leur Arméeaprés la jonction
estoit de 85000.hommes;
elle avoit esté jointe par3800.
prisonniers
prisonniers,qui avoient trouvé
moïen de revenir. On forma six
batai llons de ces trou pes. Dans
l'avantage remporté par Monsieur
le Marêchal de Marcin
sur les Ennemis
,
il gagna 37.
-E tendarts ou Dra peaux ,avec
5. paires de Timballes ; quelques
Relations portent )
qu'il
.pritauffi+z.-pieccsdecanon, &
qu'il fit4 ou 5000. prisonniers,
c'est ce que les nouvelles de
Hollandeprendront grand foin
de déguiser. Cependant il ell:
tres confiant que les 37. tant
Etendartsque Drapeaux sont
arrivez icy & que le Roy a dit à Monsieurl'A rchev ê que ; que
dans unep reilleoccasion sesEnnemis
les seroient voir dit peuple avec
une grandeostentation, maisqu'il
se contenteroit de les luy envoyersans
ceremonie, afin de les faire placer
avec ceux qui sont déjadans l'Eçltfe
de Nôtre
- Dame.
:- Je viens d'apprendre par les
Lettres de la Haye du28. de ce
mois
, qu'on y a reçu un état
des morts & des blessez à la
journée d'Hochstet, qui monte
à plus de 11000. hommes,
ce qui cause d'autant plus
de chagrin aux Etats, que le
Duc de Savoye demande aux
Alliez du moins 15000. hommes
,sans quoy il assure qu'il ne
pourra être en estat de se deffendre.
On est persuadé en Hollande
que ces 15000. hommes
detachez de l'Arméedes Alliez,
les 7 ou 8000. qu'elle a perdus
à l'attaque dès retranchemens
âc Donavvert & les 11000.
qu'elle vient deperdre à il
journéed'Hochstet , larendront
beaucoup inferieure à
celle de Monsieur l'Electeur de
Baviere jointe à celle de Monsieur
le Marêchal de Villeroy.
Il y a des Lettresqui portent
queMilord Malbourough & le
Prince Eugene s'étoient trouriiez
d'un sentiment contraire,
ce dernier voulant que l'on ne
tilt aucun quartier aux prisonniers.
La chose n'est pas difficile
à croire, puis qu'on se souvient
encore, que dans la guet..,
re precedente, ayant attaqué
un Château prés de Pignerol, il
fit tirer sur un Prestre , qui se
mit à une fenestre pour luy demander
quartier, ce qui causa
beaucoup d'indignation pour
luy parmi lestroupes. ( Milord Marlborough a accordé
à Monsieur le Maréchal
de Tallard la permission d'envoyer
MrdeSilly pourin former
le Roy de ce qui s'est passé à la
journée d'Hochstet, & lefecond
fils de Mr le Marquis de Livry
estant arrivé ensuite, ces deux
Mrs ont ressuscité la plûpart des
personnes de qualité,&des Officiers
generauxdont on avoit
publiéla mort. On a aussi appris
que les Officiers de la Gendarmerie
avoient combatu avec
beaucoup de valeur; & l'on ne
peutavoir aucun lieu d'en douter
, puisque plusieurs ontesté
blessez, ou faits prisonniers, &:.
qu'il y en a même eu de tuez.
La perte des ennemis augmente
tous les jours ,& je viens de
voir des Lettres qui la font encore
monter plus haut que l'é«*
, tat de 12.000, hommes quiaesté
envoyé en Hollande. Ils ont
perdu le Prince d'Holstein-
Beck, le general Danois Bieltezen
,
& le General Major,
Brandebourgeois, Nazamer;ils
avoüent même dans l'imprimé,
dont je tire ces noms, que leur
perte va à 8000. hommes, &
comme leur peu de sinceritésur
ces sortes d'articles a toûjours
esté connuë
,
&qu'ils chantent
souvent des Te Deum pour des
batai lles perdues ; on ne doit
presque pasdouter
, que lors
qu'ils font monter leur perte à
So,oo, hommes ils n'en ayent
perdu plus de 12000. aussi a-con
appris par les dernieres Lettres
quifontarrivées ,que leur Armée
estoit tellement en desordre
, qu'ilsont ellé cinq jours
sans la pouvoir rassembler. Je
ne vous parle point icy de nos
morts, de nos blessez
, ny de
nos prisonniers y tout ce que
l'on en dit est encore si confus,
que je craindroisque la liste que. je vous envoyerois ne fût pas
juste. Ilmesuffit de vous assurer
qu'il est tres-constant qu'il
s'en faut plus des deux tiers,
qu'ellenesoitaussi nombreuse,
que l'on a publié d'abord.
Ceux qui ont trouvé le mot del'Enigme du mois dernier,qui
est le Flux & le Reflux,sont, Mr
Devaux Avocat au Parlement
de Bretagne , Sénéchal de la
Thébaudais. Mrs Bourqueville,
Salomon & Compagnon, de la
ruë des Vieux Augustins;Mlle
Marie Julienne, la Scientifique
Parisienne
, qui demeure à
Nogent,&laDamelaplus gracieuse
du Cloistre nôtre- Dame.
L'Enigme qui fuit ne sera
peut-être passidifficile à pliquer ex- que la precedente. D ENIGME. V repos des humains implacable
ennemie
Tay rendu mille Amans envieux de
mon fortj
Je me repais defang
,
lavie &je trouve
Dans les bras de ctluy qui recherché
ma mort.
Je vous envoye une Chanson
nouvelle.
AIR NOUVEAU.
En vain d'un amant malheureux
Vous méprtfez^lts tendres voeux.- jtvfalgrévousje veux vivre, Iris)
fous vojre Empiïe;
Quelque affreux que Joit moti
martire,
Si j'ose en fourrer
,
je n'en veux
point quérir:
Zf plaisir de porter vos chaînes
Meconsole trop bien despeines ,
Que vos rigueurs mefontJouffrir%
L'abondance dela matiere,
ne me laisseny le temps d'ajouter
à cette Lettre plusieurs articlesqui
me restent, ny de plate
pour les y mettre; c'est ce
qui fait que je ne vous parle
point de la situation des affaires
des Cevennes
,
de ce qui s'y est
passé depuis quelques mois , 6c
de la mort de Rolland. Je me
trouve aussi obligé de remettre
au mois prochain tout ce qui
s'est passé le jour de la feste de
S. Loüis à l'A cademieFrançoise
, à celle des Sciences, & à
reîle des Inscriptions;ainsi que
les divertissemens qui ont esté
donnez à Paris à Madame laDuchesse
de Bourgogne, & plusieurs
autres articles qui regardent
des Particuliers de dtïlinction;
mais vous devez considerer
joue ma Lettre est si longue,que
suivant la grosseur que jemesuis
proposé, lorsque j'ay commencéàvous
écrire, celle-cy cit
est presque double, ce qui ne
peutêtrequ'auxdépens deceux
qui la rendent publique,après
que vous l'avez luë. Je fuis*
Madame,&c.
AParis ce31. Aoufi.1704;,
AVIS.
Le Public doit être satisfait
des deux vol umes qui luy ont
esté donnez le mois dernier;
tous ceux qui ont lû le Mercure'
l'ont trouvé si rempli de pieces
curieuses
, qu'ils assurent que
l'Auteur n'en n'a point fait de
plus beau
, depuisvingt -
sepe
ansqu'il travaille à cet ouvrage.
Il. estoit accompagné d'un
second volume, qui ne contenoit
que des réjoüissances faites
pour la nai(Taiice de Monseigneur
le Duc de Bretagne.
Jamais on ne vit tant de varieté
sur un même sujet, tant de fètes
galantes, tant de devises
differentes, &: tant de choses
capables de marquer l'espritinventifdes
François. Cependant
toutes les rejoüissances n'avant
pû entrer dans ce volumeseparé
,on en a inseré beaucoup
dans le Mercure d'Aoust, &e
comme il n'a pas encore suffi ,
on mettra le reste de ces réjouissances
dans le Mercure prochain
, afin de faire connoître
le zele & l'amour des François
pour le Roy, & pour toute la.
Famille Royale.
PRélude
Pieces concernant le mauvais traittementquia
estèfaith 14. ou 15.
personnes de la Compagnie de Mr
le Chevalierde la Croix. 6
Aclions de grâces renduës en Sotbonne.
16
Ré]oiïiJJancesfaiteskRochefort. 18
Autres faitcs à Cah-ors. 49
Idille.. 68
Chanftn. 76
A Lamballe
,
idem* 79
A Bourges, idem. 8*
A Rennes, idem. 87
Jiir le Commandeur de Fre/mercs
efl nommeGeneral des Galeres de
Malthe. 95
Mloge funetre de Mi de Lucas>
Fondateur du Prix donne tous les
ans par la Comp"rgnie des Lanternifies
de Toulquft, 100
Réjouissances faitesaBezjers% 110
A S. Martin de Tours, idem 137
AStrasbourg>idem. 154-
Lettr.: à une Dame de qualité sur
lih reception de Monseigneur le
Duc de Bretagne à laConfiairie
du S. Rosaire. 156
Tluficurs ouvrages en Vers sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bretagne. 175
Rèjou.'ffances faites a Compicgne. 188 ADormans,idem. 203
A~ugCh~âte.au-Trompette, iderr. 117 140
Autres Ouvrages en Vers sur la
jnaîffance de Monseigneur le Duc
de Bretagne. 145
Réjouissancesfaites à Paris farles
Religieux Vemtens du Tiers Or1
dres de S. François. 250
Toulouse,idem. 255
*4Toulon,idem. 270 A Livrysur Seine, idem. 275
Mr Ylacbot de Lyon,& Mr Cour-
, son dam les Cevennes, idem.
277 &2.8t
Premierarticle demorts. 284
Nouvelle Cartede Portugalde Mr
deFer. 286"
Machine nouvelle du R. P. Figau,
AugNftin. 287
Madrigalfur le Systeme diicoegr. 188
Thesesfoutenws. 289
ZM'F contenant une Relation de
la derniere feste de Taureaux qui
aefiéfaiteàMadrid. 25)0
Réjoiliffances faites par Me*de
Grancey, AbbeJJe de Gommerfontaine.
30+
ADejtz£>iàera. JOJ
d Saint Antonin , en Roüergliti
idem. 307 AuPortLouis,idem. 31a
ARome,idem. 313
Lettre contenant le détail de Ventreprifit
manquéesur la Ville &
le Château el'Entrevaux, en Provence.
326
,}{egimens donnez^parle Roy, 345
Suite du rcffentimentde Mi le Duc
de Savojp touchant la prtft de
ceil, idem;
Suitedes158. Quefiions '& Réponses
sur differenssujets. 348
Reception de Mr tAbbé de Poli-
- gnac *l'AcademieFranfoife.
idem.
Reception de M1 l'Abbé Abeille À
la même Alademie. 364-
RèjoiiijjancesfaitesàLyon. 3^
Mrie Cardinal d'tftrées> idem. 371
Lettre écrite d'Evora pat le G(ne-»
ral Fagel à Mr dOuverkerque,
laquelle a t/llinterceptée; cette
Lettre eji trcs-curieuse. 377
Second article de morts. 3-86
^Beneficesdonnez,parle Roy. 393
Servicefait au Collège de Navarre.
407
Nouveaux Intendans des Finances,
408
Intendance de Lyon iennée à Mf1
Truden. 4TI
.Départ de Mr le Ma,-quiide Coeftel
j
dos Riusy AmbassadeurdîEfpzgne.
4Ï2
Prise efiimèe douze cens mille livres.
4.15
Nomination de Me de Vivane a
i'AbbayedeFonievrjuit. 416
Agrément du Gouvernement d'Ardîesdonnépar
le Roy, idem.
Déclaration touchant la force de la
Flotte des Aliiez,.. 4.17
Extrait d'une Lettre de Madrid.
418
Zettre de l'Armée de Mr le Maréchal
de Villeroy. 410
Nouvelles d'Italie. 413
Terte faite par les Ennemis à tat-
- taque des retranchemens de Do*
navvert.< -,
:. 415
1Batailled'1-ïochftet. 416
ArticlesdesEnigmest430
!»Articles referve^ idem
#lvis\ 44*
Avispourplacer les Figures.
La Chanson qui commence
par GrandDieu
, &c. doit regarder
la page 314»
L'Air qui commence par
En vain, & c. doit regarder la
page 440
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le