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1\ I.
CHEL BRUNET
,
Grande Salle du Palais,auMercure galanr.
NERCUM
FEVRIER 1703,
A PARIS,
Chez MICHEL BRUNET
,
Fata". Grande Salle du
, ay Mercure galanr.
c , f Omme il est impossible dans la conjoncture
presente de ne pas grossir
le Mercure,ce qui en augmente considerablçment
les frais, on nepeut sedispenser
d'en augmenteraussi le prix.Ainsi les
volumes quiseront reliezen veau se vendront
doresnavant trente-huit fols,quant
aux volumes qui feront reliez en parchemin,
en n'en payera que trente-cinq.
Les Relations levendront autant que
les Mercures.
Chez MICHEL BRUNET, grande
Sr-iie du PaGlaisa, aluaMnercutr.e -
",
M..D -,.•(^- »
C CUl.'
, M.DCCIII. •
1.
1.
AvecPnvilegsduRtjr.
AU LECTEUR.
ILy a lieu de croire qu'on
ne lit plus l'Avis qui a
estémis depuis tant d'années
aucommencement dechaque
Volume du Mercure, puis
quemalgré les prieresréitéréesqu'on
afaites d'écrire en
caracteres lisibles les Noms
propres quise trouventdans
les Memoires qu'onenvoye
pourestreemployez, on neglige
de le faire, ce qui efi
Cllufè qu'il y en a quantité
de defigurez,estantimpossible
dedeviner le nom d'une Terre,
ou d'une Famille, s'il
nejl bien écrit. On prie de
nouveau ceux qui en envoytnt
d'y prendregarde,
s'ils veulent que les noms
propres soient corrects. On
avertit encorequ'onneprend
aucunargentpour ces Memoires,&
que l'on employera
.r:)'S les bonsOuvrages à leur
DWy pourvuqu'ilsne defo~
flrjcnt personne
5
f5 que
c*rx qui les envoyeront en
r'"auchififtâle Pn','/
'A.ElHCrVIE. FEVRIER/7oj.
oKqJ N réussir toujours
bien lorsque l'on
travailleur une belle
matiere, quand mesmeon
n'auroic pas un genie aussi
heureux que Mr l'Abbé de
Failli qui a fait le Madrigal
que vous allez lire.
A LOUIS LE GRAND. PUissant &fage Politique,
jlfautfut ton Sujetquen deux
motsje mexplique.
Prince
3
de grâce écoute moy,
La matiere en vaut bien la
peine:
Si l'Univers admire en toy
Le grand Soldat 6" le grand Capitaine.
ily rencontre un plus grand Roy.
Je ne suis point surpris des
applaudissemensque vos
Amis ont donnez a la Relation
faite par M' du CaÍfe.
de ce qui s'est passé entre une
Escadre de quatre Vaissaux
de guerre du Roy, qu'sicommandoit
, & une Escadre
Angloise de sept Vaisseaux
qui estoient aussi de guerre,
& commandez par le General
Bembow portantPavillon
Amiral.Il ne peut rien
manquerau Relationsécrites
par les Généraux mesmes,
pusqu'ils rendent raison de
beaucoup de choses dont ils
peuvent e stre mieux éclaircis
que les autres; de maniere
qu'il feroit à souhaiter
que torfqu'H se passe quelque
aél:jon importance, tant sur
terre que. sur mer, les Generaux
voulussent se donner la
peine d'en faire eux mesmes
des Relations. Il en paroist
depuis peu de deux Combats
qui ne sont pas nouveaux,
Ces Relarions sont
intitulées.
Détailfaitpar Mr le Che.
valier d'Infreville,del'Ordre de
Saint Jean de Jerusalem, premier
Chef d'Escadre des ..Ar..
mée Navales du Roy
,
de deux
Combats de mer rendus en differens
temps entre l'Armée du
Roy (:J' celle des Ennemis. Le
premier du 7. Juin1672 dans
la Manche d'Angleterre, &
le second dutz,,, Avril1676.
vers leGolfe de Catania en
Sicile. Il a travaillé à ces
Relations, parce que Mr le
Comte de Toulouse luy avoic
demandé le détail decesdeux
Combats. Ces fortes de
morceaux d'Histoire sont
bons en tous temps lorsqu'ils
n'ont point esté vus,
& sur tout lorsqu'ils sont faits
par des Officiers Generaux.
La Relation de M1, du
Casse qui occupe une partie
de ma Lettre precedente,&
ce que j'ay dit de chacun
des quatre vinge ;
Officier
Generaux nommez par le
Roy, pour les faire connoistre
à ceux qui pouvoient
ignorer par où ils ont meri
té les grades d'honneur or
Sa Majesté les a elevez, ayan
tenu la place de plusieursau
tres articles j'en ay reserve
beaucoup, dont j'aurois dt
vous parler le mois passé. L;
plus grande partie de ceu:
qui suivent est de ce nom
bre.
-
- ,,',
Mademoiselle de Novion
prit l'Habit dans le Monaftere
des Filles de Sainte
Claire de la Nativité de Jelus,
de la ruë deGrenelle.
Cette Demoiselle est Fille
de Mr le Comte de Novion
qui a pris le party de l'Epée
où il se distingue, & de feue
Dame N. le Comte de
Montauglan. M' le Comte
de Novion est Frere de Mr
le Premier President de Novion
& fils de feu Mrde Novion
aussi President au Mortier
&fils du feu Premier President
de Novion, mort
avant son Pere
, & de Dame
N. Malon de Bercy ,
Soeur de Ñr le President de
Bercy t Feu MT de Novion
estoit venu du Mariage de
Mrle Premier Presidentavec
Dame N. Gaillard, laque 1.
le estoit Soeur de feu Madamela
Presidence le Feron ;
de laquelle je vous ay parlé
en dernier lieu. La Demoiselle
qui vient de prendre
l'Habit, est petite Niece de
Mf le President de la Barde,
Chanoine de Nostre Dame:
parce que sa grand Mere
Maternelle estoit Soeur de
cet Abbé qui est President
d'une des Chambres des Re-P
que stes du Palais. On ne
sçauroit marquer plus de
constance & plus de fermete
qu'en a marqué cette jeune
Demoiselle dans un engagement
qui durant toute
sa vie doit estre regardé com
me tres serieux & d'une trèsgrande
consequence; mais
de quoy nesont pas capables
, & que ne peuvent
pas entreprendre les coeurs
prévenus par la Grâce: le
Couvent que cette Demoiselle
a choisi pour y finir ses
jours dans le Service du Seigneur
&dansla pratique des
Vertus ,
religieuses, est un
de ceux de cette grande Ville
où la Regle & les devoirs
Monastiques font le plus rigoureufement
observez : en
effetces Dames vivent dans
la pratique la plus exacte de
leur regle & dans l'esprit le
plus parfait de leur Institut :
& elles n'ont point encor
éprouvé chez elles l'effet funeste
de la volubilité des choses
humaines
,
laquelle se
fait sentir dans la Maison du
Seigneur aussi souvent qu'aillieurs
, je parle du relache"
ment & de la tiédeur où rom
bent dans la fuite des temps
les Compagnies&lesSocietez
les plus austeres : car l'esprit
humain se dégoute bien
vire de cette cfprit de ferveur
& de ce zele qui se font
remarquerdans le commencement
des Etablissemens
Religieux.
M' Grævius est mort à
Utrecht subitement. Ilestoit
Professeurdans cette Université.
C'est une très- grande
perte pour toute la Littérature.
Il trovoit peu d'hommes
plus sçavans que lui. Il estoit
extrêmement laborieux, & il
ne quittoit l'étude pour donner
au corps les soulagemens
& les délaffcniens ordinaires,
qu'avec une peine
infinie. Il travailloit quand
la mort l'a enlevé,à l'Histoire
du dernier Roy d'Angle
terre, Guillaume III. Cette
Histoire estoit aaézavancéct
mais selon ce que l'on écrit
de ce Pays là, il y a peu d'apparencequ'on
continuë ce
dtïlcin
,
n'estant pas de ¡'ini
terest des Etats Generaux de
mettre dans le grand jour
les ressorts sectetsd'une Politique
raffinée
5
qui n'alloit
à rien moins, à ce que prétendent
les speculatifs, qu'à
assujettir ces Provinces, &
estanc d'une grande consequence
de dérober à quelque
jeune ambitieux la connoissance
de certains traits
&de certaines maximes, qui
pourroient un peu trop réveiller
dans leur coeur l'amour
de la domination.
Nous avons plusieurs ouvra.
ges de la façon de M' Grævius.
Il nous donna il y a
quel ques années une non.
velle édition des Epitres &
des Offices de Ciceron, qui
est tres estimée. Il l'enrichit
de Notes desafaçonqui sont
tres -
recherchées. C'estoit
l'Autheur de ce temps qui
avoituneconnoissance plus
fure & plus solide des Anciens
,
& personne n'entroit
si bien dans leur caractere &
dans leurvéritable sentiment.
On sçait que M' Grævius a
eu sur son estat des troubles
& des inquiétudes, qui sont
d'ordinaire les premières démarches
d'un Pecheur qui
commence à ouvrirles yeux
à la verité, & à sentir les premièresimpressions
de laGra
ce. Il s'ouvrit par une Lettre
qu'il écrivit à un grand Prelat
du Royaume mort depuis
peu de temps, d'une maniere
à faire juger que les tenc bres
de son esprit alloient se dissiper.
Ce pieux Evêque fit
tous ses efforts pour cultiver
d'aussi bonnes dispositions ;
mais enfin ils furent vains &
inutils contre les liens de la
chair & du fang, qu'il n'a pas
esté dans le pouvoir de M£
Grævius de rompre,&qu'il nlla,
fait que resserrer plus étroitement,
en ne courant pasa
la voix du Pasteur qui l'appelloit,&
qui l'a enfin livré
à cet esprit d'erreur qui ra
fait romber dans l'abîme- de
l'impenitence finale, où il
est mort.
Le Pere Jean Commire
de la Compagnie de Jesus,
csi mort à Paris, au College
de Louis le Grand. C'estoit
un très- habile homme, sur
tout en mariere de belles
Lettres, connu des Sçavans
par frs écrits, & recommendable
dans son Ordre par ses
vertus. Il avoit un génie admirable
pour la Poësielatine
beaucoupd'élévation, encore
plus de soliditéd'esprit, &
une parfaiteconnoissance des
anciens Auteurs. Il ecrivoit
comme il pensoit, & il pensoit
toûjours heureusement
selon les sujets differens qu'il
traitoit. Il a excellé particulierementdans
les Odes &
dans les Fables, n'estant pas
moins admirable dans les
unes par la grandeur & la vivacité
des sentimens,qu'il
est inimitable dans les autres,
par sajustesse
,
& par sa noblesimplicite.
Tout ce qu'il
nous a laissé cft digne du fie
cled'Auguste : & ses plus peJ
tits ouvrages sont des modeles
achevez, debon goust,
&de politesse.
Au reste il ne devoit point
la beauté de ses pensées & de
ses expressions,à ce qu'on appelle
dans les Poëtes, humeur
ou boutade; & le feu qui
anime ses Vers, naissoit sans
violence d'une imagination
seconde
,
& d'un esprit naturellement
sublime.
L'inclination qu'il avoic
pour l'étude
,
n'a jamais fait
aucun tort à sa pieté. Il a conservé
toute sa vie un grand
fond de Religion & de crainte
de Dieu; une dévotion
tendre envers Jesus Christ &
la fainte Vierge, en l'honneur
de laquelle il jeûnoit
tous les Samedis, & une delicatesse
deconscience, quialloit
quelquefoisjusqu'au scrupule.
Il aimoit son e stat & fer
devoirs,ne pouvant rien voir
qui parust donner quelque
atteinte à la Discipline Regnlicre)
sans montreraussitôt
un saint empressement à la
maintenir. Sasoumissionaux
ordres de ses Supérieurs estoit
si grande, que malgré les dispositions
naturelles qui le
portoient ailleurs, il a enseigné
tres-longtemps la Theo
logie avec autant dapplication
& de succés, que s'il
n'eust pas esté né pour autre
chose.
Il s'employoit avec ardeur
aux bonnes oeuvres ,
allant
aux Hospitaux
,
assistant les
malades, gouvernant les
consciences
, & n'ayant en
veuë que lagloire de Dieu,
& le salut du prochain. Sa
droiture
droiture& son bon sens le
faisoient également aimer &
estimer, & la sincerité dont
il a toujours fait profession,
l'éloignoit de toute afE.:éTation
dans ses manières & de
tout déguifcment dans sa
conduire.
Quoy qu'il fust déja fort
âgé,saconstitutionrobuste,
sembloit luy promettre une
vie encor plus longue; mais
il avoir de frequens maux de
coeur; dont le principe estoit
dans le siel,qui s'estant durci
, blessa le foye & ouvrit
mesme par sa dureté quel
-
ques veines. La fiévrequi lui
survint avec un extrême dégoust,
épuisa peu à peu les
forces. Quelqueaffoibli qu'il
fut, il n'avoit cependant rien
perdu de la vigueur de son
esprit, & la derniere Ode
qu'il fit quelques jours avant
sa mort, & qu'iladdresse au
Pape touchant la Paix au nom
de toute l'Europe, le marque
assez. N'ayant plus d'esperance
de se rétablir
, on le
vit attendre la mort avec la
resignationordinaireaux personnes
qui ont vécu dans
une grande innocence de
moeurs. Enfinil mit le comble
à ses merites par les douleurs
d'une longue agonie
après laquelle il , ex pira doucement
le propre jour de
Noël en la soixantedix-septiéme
année de son âge,&la
soixantiéme depuis qu'il s'esRtoit
ceonslacirégà Diieou danns l.a
On travaille à une ÛOUJ
velle édition de ses Ouvrages,
à la telledelaquelle on
mettra son Portrait que l'on
fait graver. On trouve pour
le present toutes ses oeuvres
rassemblees dans un volume
& divisées en quatre livres
chez Benard ruë saint Jacques
vis à vis le College de
Louis le Grand. L'édition
de 1690. est fort estimée,on
voit à la telle un petit Poëme
en forme de Dédicace, adressé
à feu Messire François de
Harlay,Archevelque de Paris,
designé Cardinal, & un
autre à Ferdinand, Evefquc
de Padet born. Le Poëme intitulé
Sol Oriens attira dans
son temps des grandeslouanges
à l'Autheur. Ceux qui
sont sous le nom de Jonas
& de Daniel ne luy firent pas
Soins d'honneur dans le
monde sçavant. On voit dans
le cours de l'O uvrage un petit
Poëme adresséàMr Ménagé,
avec quice Pere estoit
fort liéd'inclinations. lequel
en rempli de ce beau feu
qui l'animoit & qui le fait
sur tout si bien remarquer
dans le Poëme incomparable
oc digne du Siècle d'Horace,
qu'il a fait sur la belle
maison de saint Cloud. Le
Pere Commire & feu Mr de
Santeüil ont esté les deux
--qp lus excellens Poëtes Latins
dudixseptiémeSiécle,& sans
vouloir décider sur le paralelle,
je crois que si le premier
n'a - pas surpasse le second,
aumoins l'a til parfaitement
égalé. C'est le jugement de
tous les sçavans qui trouvent
dans les Ouvrages du Pere
Cammire lemesme feu que
dans ceux deMrdeSanteüil;
mais qui y trouvent de plus,
une plus grande pureté &
une imagination plus reglée,
delaquelle eneffet ce fça.
vant Jesuite s'est toujours plus
rendu maistre que l'autre,
quoy qu'en s'abandonnant à
son feu, il aprochaft de 6
près de la pompe & de la majesté
de l'Ode & de l'élevation
de Pindareque dans
les descriptions & les longs
détails des Poëmes héroïques
où échouent si souvent
les Poëtes ordinaires, il suivie
de si prés Homere, Prince
des Poëtes Grecs, & Virgi.
Iz, Prince des Poëtes Latins-
L'addition nouvelle que l'on
va donner de ses Ouvrages
fera beaucoup augmentée.
La Poëúe ne luy servit
que d'amusement, & il
s'estoit attaché à des études
plusserieuses, puisqu'ilavoit
enseigné la Theologie avec
succez, qu'il estoit bon Critique
& excellent Historien.
Mr Bozon efl: aussi décedé.
C'estoit un Gentilhomme de
mérité qui demeuroit dans
la ville de Belley, où il est
mort. Il avoit servi dans sa
jeunesse & avoit passé plufleurs
années dans les Mousquetaires
,où il s'e stoit fait
considerer & estimer. Il estoit
filsde feu Mr Bozon &de
Dame N. de Migieu,soeur
de feu Mr de Migieu
,
press.
dent premier aux Requestes
du palais à Dijon. Il a laissé
un frere qui est dans le lerj
vice. Il estoit fils de feuë
Madame de Resïnay,épouse
de feu N Passeratsieur
deRefinay ,mortau service
duRoy.Illaissa desenfans
de Dame N.Chenu son
épouse Son fils aisné est Ofsicier
dans le Regiment de
Thoy. Il en a un cadet Lieutenant
dans le Regiment de
Lassé. Il avoit une tante
soeur de son pere mariée à
feu Mr de Baret
,
& mere
de feuMr de Baret Gouverneur
de Seyssel
,
dont je
vousay parlé. Madame Bozon
veuve de celuy dont je
vous apprens la 010rt a une
soeur mariéeàMessire.
de Passerat,sieur de Parc, qui
a long-temps porté les armes
& qui a eiïé plusieurs
fois Maréchal des Logis des
Arrierebans de Bresse &
de Bugey.
Dame Marguerite Gallard,
Veuve de Messire Jerôme
leFeron, Chevalier, Seigneur
d'Orville, & de Louvres
en Parisis, Conseiller du
Royen ses Conseils, &en sa
Cour de Parlement, President
aux Enquestes, ancien
Prevost des Marchands.
Cette Dame estoit depuis
quelques années dans une
grande dévotion.Elle s'estoit
meme entièrement retirée
du monde où sa beauté&ses
agrémensavoient fait autrefois
du bruire Sa Maison est
connue pour avoir produit
plusieurs Personnagesrecommandables
par leur habileté
dans les Finances & les avoir
gouvernées avec un rare fidelité.
Cettemêmefamilles'est
ensuite distinguée dans la
Robe, & on sçait assez les
grandes alliances qu'elle a eu
avec les premieres Maisons
de la Magistrature. On ne
pouvoit toucher de plus
prés seuë Madame la premiere
Presidente de Novion
qui touchoit Madame la Presidente
le Feron, qu'un attac
h ement extraord inaire
pour son Mary a toujours fait
estimer.
La Maison de le Feron est
ancienne & illustrée il y a
long temps qu'elle est dans
le Parlement. Les alliances
qu'elle apris dins les meilleures
MaiCons de la Robe,
& les dignitez dont ceux de
a
cette Mailon ont esté revê
tus la rendent tresconsiderable.
Mais si les honneurs
l'ont distingué, elle ne l'a
pas moins elle par leslettres,
peu de Maisonsaujourd'huy
ayant plus de gens de lettres
que celle- là. Le fameux
Avocat le Feron qui faisoit
dans le seiziéme Siecle, l'ornement
du Parlement de
Paris, ne doit jamais mourir
dans la memoire des Sçavans.
Il a fait entre-autres
ouvrages une histoire Chronologique
desConnestables,
Maréchaux
, &Chanceliers
de France. Cet ouvrage
contient de grandes recherches
; lesr Godefroy l'a continué.
Ce cele breHistorien
(le Feron) vivoiten1550. &
1570. il mourut fous le regne
de Charles 1 X. qui en fai..
soit beaucoup de cas. Il
estoit né à Compiegne
,
lk
il con serva toute sa vie pour
sa patrie un tres tendre fou
venir. Feu Mrle premier
President le Feron, dont la
Femme a donné lieu à cet
article, estoit tres Sçavant &
tres profond dans la connoiG
sance du Droit François.
Dame Elisabeth Rolland,
Veuve de Messire Georges
Isoréd'Hervault, Chevalier
Seigneur, Marquis de Plumartin
,
la Rochepozay ôc
autres lieux,est morte. Elle
estoit fille de feu Mr Rolland
quiestoit dans les affaires du
Roy, qui a gouvernées avec
une sagesse & un desinteressement
assez rares dans la
haute fortune; de maniere
que dans un poste où l'on ne
fait souvent que des envieux,
il trouva le secret de se faire
beaucoup d'amis, & celuy
de se faire regreter universellement.
Il avoit deux Fil
les parfaitement belles, Madame
de Plumartin faifoic
l'admiration du grand monde
, tant par les agrémens
de sa personne, la regularité
de ses traits & la douceur de
sa phisionomie, que par des
airs insinuans qui luy attiroient
contre son gré les
coeurs de ceux quilavoyoient
& qui luy faisoient presque
autant d'adorateurs qu'il y
avoit de personnes qui
estoient à portée de la voir ôc
de l'entretenir. Mademoiselle
sa Soeur n'a pas moins
d'agrémens & le merite de
toutes les deux, est fortconnu.
Elle avoit épousé feu
M' le Marquis de Plumartin
dans un âge aÍfez peu avançé,
elleen a eu quelques ensans.
M' l'Archevêque de
Tours qui esté longtemps
Auditeur de Rore pour la
France, estoisson Oncle.
La maison d'Hervault est
tres ancienne,elleatoûjours
tenu un des premiers rangs
dans la Province de Lorraine.
Son nomestIsoré,on croit
qu'il a esté donné à ceux de
cette maison par Charlemagne
pour les recompenser du
zele qu'ils marquerent pour
son service dans la guerre
contre les Saxons. Girard d'Isoré
d'Hervaulc estoit avec
Matthieu Seigneur d'Hamickes,
qui sous le Regne
de Charles le Sage fut choisi
entre les premiers Chevaliers
de la Manche d'Artois
,
qui
levoient Banniere pour ac.
compagner le Duc Loüis de
Bourbon au voyage de Prusse.
Froissard dit qu'il se trouva
aux funerailles de Loüis
de Nevers, Comte de Flandres
l'an 1383 & qu'il porta
la premiere Banniere dudic
Convoy; mais il ne dit pas
que le Seigneur d'Hervault
dont il estoit l'amy inseparable,
portoit la seconde ; &
que sur une difficulté qu'un
autre Gentilhomme forma
le Seigneur d'Hervault accompagné
d'une troupe de
gens armez disputa un jour
tout entier l'entrée de l'Eglise
à ce Convoy Funebre;
mais qu'enfin il ceda à la
veuë de quelquespieces de
campagnequ'on amena pour
le reduire.
En vous parlant le mois
passé de Mr de la Faluere,
je n'estois pas encore bien
informé de ce qui fuit, que
je devois ajoûter à la fin de
l'article qui le regarde.
Messire Pierre de Brilhac
de Nouziere, Chevalier Vi
comte de Jenzay, Seigneur
de Nouziere, & autres lieux,
Conseiller en la Troisiéme
Chambre des Enquestes du
Parlement de Paris, a esté
nommé parS M. pour remplir
laplacede Premier President
du Parlement de Bretagne
,
vacance par la démission volontaire
de Mr de la Faluere.
Ce Parlement,l'un des plus
illustres du Royaume
#
&
dont tous les Membres font
Gentilshommes d'extraction,
ne pouvoit avoir un plus digne
Chef, par son merite
personnel
, par son experience
consommée dans un
age tres peu avancé, & par
sonancienneNoblesseoriginaire
de Portou,où elleestoit
distinguée dés le treizième
Siècle
,
le nom de Nouziere
ayant este ajoûté à celuy de
Brilhacdans le Contrat de
Mariage de Jean de Brilhac,
fils puisné de Mre Robert de
Brilhac,Chevalier Seigneur
d'Argyavec Damoif Guyon.
ne de Nouziere en 1413.
Depuis ce temps-là, ses
Ancestres ayant rempli les
premieres Dignitez de la Province
de Poitou, ceux qui
ont embrassé l'Estat Ecclesiastique
s'y font pareillement
distinguez. François
de Brilhac ayant esté Evesque
d'Orleans en. Christophe
son neveu Archevesque
d'Aix en 150$.& Archeve
sque deToursen i5j4 a fsista
en 1517. au Sacre de la
Reine Claude fille de la Du.
chesse Anne de Bretagne, &
de LouisXII. femme de
François I. il mourut selon
Mrde Sainte Marthe en ijio.
Mr de Brilhac choisi par
le Roy, pour la place de Premier
President de Bretagne,
dont je vous parle,est fils de
MessireNicolas de Brilhac
de Nouziere
,
Conseiller en
la Quatriéme Chambre des
Enquestes du Parlement de
Paris, & de Dame Jeanne
Auzanet fille de Mr Auzanet
Conseiller au Grand Conseil.
II a eu quatre oncles de
son nom Chevaliers de Malthe,
& il n'en reste plus
qu'un qui est Commandeur
des Commanderies de Villegill
,
& de riib Bouchard.
Du costé de Madame (a raere
,
il est neveu de Madame
de la Malmaison, cousin ger.
main de Madame de Bon
miiil, veuve de Mr de Bonneiïii
Introducteur des Ambassadeurs
,& de Messieurs
de laMalmaison, Conseiller
au Parlement & Chevalier
de Malthe. Ilestaussi cou.
fin germain de Madame la
Marquise de Courance
,
&
- de
de Madame la Marquise de
Bregy.
Le grand Pere de Mrde
Brilhac étoit Messire Pierre
de Brilhac de Nouziere,
mort fous Doyen au Parlement
de Paris, l'un des
Coramissaires nommez par leRoy pour la Chambre de
Justice, lequel avoit épousé
Dame Marie Benoise, fille
de Mr Benoise,Secretairedu
Cabinet sous Henry III. le-,
quel a fondé un Service
perpetuel pour le repos de
l'ame de son Maistre
,
dans
l'Eglise de saint Cloud &
sur le(eu!, selon Mezeray;
qui en conferva la memoire.
C'est par sa grand mere que
Mr de Brilhac, est Cousin
issu deGermain deMr deBenoise,
Conseiller d'honneur
au Parlement deParis,&Chef
du Conseil de Monsieurle
Comte de Toulouse
, & de
Messieurs Benoife, Chevaliers
de Malthe, dont l'un
fit naufrage il y a deux ans
dans la Galere de Malthe
qui perit dans les mers de
Sicile, & l'autre Capitaine
de Vaisseau est mort au dernier
voyage de la Havane.
Vous avez vû plus au
long le merite & la distinction
de Messieurs Benoife
dans ma lettre du mois d'A
vril 1699. où en parlant de
Messieurs de Brilhac, on a
fait une faute, en les nommant
Brifnac.
Mr de Brilhac est aussi
parent de Messieurs de la
Roche du Maine, l'une des
plus illuftrcs maisons de Poicoua
& par ses Bifayeuls
paternels, Dame CatherineTudert
, dont la Famille
remplissoit les premieres places
du Parlement de Paris,
il y a plus de deux cens ans J
il a l'honneur d'estre parent
de Madame la Duchesse du
Lude, & de Messieurs les
Ducs de Coislin, & de
Sully, cette Tudert estant
soeur de la mere de Mr le
Chancelier Seguier
,
dont
Mesdames les Duchesses de
Verneuil & Marquise de Laval,
font filles.
Mr de Brilhac
,
Capitaine
aux Gardes, & fort distingué
dans le Regiment, où
il sert depuis plus de quinze
ans, est cadet de Mr le premier
President de Brilhac. Il
a pour Armes au Champ d'azur
écartelé au premier &
troisiéme à trois fleurs de lis
d'argent, deux en chef, &
une en pointe quiest de Brilhac;
au second & quatriéme
au chevron brifé d'or chargé
de cinq roses de gueule,
& accom pagné de trois molettes
d'argent, qui est de
Nouziere.
f,.1Mr de Brilhac épousa en
1693. Damoiselle Marie Anne
Dechoüer de Géureau
fille de Mr de Géureau, Con.,
seiller en la grand Chambre
du Parlement de Bretagne,
d'une ancienne Maison originaire
du Bas Maine, &
deDame.du
Moley, fille de Mr du Moley,
ancien Secretaire du
Royen la grande Chancellerie
de France, l'un de
ceux qui furent choisis par Sa
Majesté, pour assister à son
Sacre, donc laFamille est ori.
ginaire de Nantes en Breta.
gne, où la Chambre des
Comptes de la Province
ayant été établie, il y a eu des
du Moley, &desChrestiens,
dont ils descendent, Maistres
des Comptes presque
désl'établissement de cette
Cour Souveraine. La fille de
l'un des Chreiliens» Maistres
des Comptes de Nantes, eue
l'honneur d'épouser il y a
deux Siecles un Phelypeaux.
Madame de Brilhac est
Coufine Germaine de Mon.
sieur de Roize, Conseiller
au Parlement de Paris en la
quatriéme Chambre des En
que stes, fils de Mr d'Entzegues,
Conseiller au Parlement
de Mets &de Dame du
Moley, & Cousine issuë de
Germaine de Mrde la Monnezaye,
Conseiller au Parlement
de Bretagne aussi
fils d'une du Moley.
Du costé de Mrle Géureau,
son Pere, Madame de
Brilhac est proche Parente
de Mr de la Haye Saint- Hilaire,
Exempt des Gardes
du Roy, d'une Noblesse diftinguée
dans la Province de
Bretagne, &ausside messieurs
de laFaluere, Conseil-
Iers au grand Conseil, &au
Parlement de Paris, fils de
Mr de la Faluere, Doyen du
Parlement de Bretagne, Frere
de Mr de la Faluereancien
premier President de cette
Province.
-- - m
Mr Thuret,ancien Prieur
de l'Ordre de Saint Benoist
eut l'honneur de presenter
au Roy le 3. de ce
mois une grande Carte Genealogique
des Rois d'Espagne,
faire de la main dans
le mesme ord re qu'il a fait
autrefois la Carte Genealogique
des Rois de France
laquelleilavoiteuaussil'hon-,
neur de presenter à Sa Majestéil
ya quaranteans. Cetre
derniere Carte ne cede
rien à la premiere, tant en
beauté qu'en tout ce qu'elle
contient de curieux. SaMajestéfit
l'honneur à MrThuret
d'en entendre l'explication
desa bouche, bcelle
eut la bonté de luy dire lors
qu'il eut fini, qu'elle trouvoit
cette Carte tres belle & tres
curieuse. Elle a huit pieds de
haut sur dixde largeur, &
comprend les trois Maisons
Royales de Navare, deCastille&
d'Atragon, dans trois
grands arbres qui la remplissentavec
les branches qui en
font sorties, le tout est enrichi
de Blazons, & disposé
dans un ordre si clair & si
net, qu'on voit tout d'un
coup sans peine & sans embarras
la fuite de tous ces
Rois, & la réunion qui s'est
faite de ces trois Familles en
une dans la personne du
Roy Catholique Philippe V.
qui se voit au plus haut de
cette Carte fous la Couron.
d'Espagne. Sa Majesté l'a
fait tendre dans son grand
Cabinet de Versailles & a
agrée que Mr Thuret en
fasse une seconde semblable
pour la presenter au Roy
d'Espagne; mais l'approbation
que Sa Majesté luya fait
l'honneur de donner à cet
ouvrage, l'a porté à l'augmenter
& à l'embellir enco
re davantage dans la nouvelle
Carte qu'il va faire par
les recherches des autres
Rois d'Espagne plus anciens
que ceux deCastille & d'Ar.
ragon, en remontant jusques
aux premiers Rois d'Espagne
de la race des Gots, & y
ajoutant encore les anciens
Comtes d'Arragon, de Castille
& de Barcelone, avec
leur union & incorporation
à la Couronne d'Espagne
;
le tout dans un ordre aussi
clair & intelligible que le
reste de la Carte. Mr Thuret
e spere la faire graver au
plustôt pour la donner au
Public. Ilrendraces Cartes
de France & d'Espagne de
mesme grandeur.
Lelivre qu'a fait un fçavanc
Pere de l'Oratoire dont
on doit taire le nom par discretion
,puisqu'il ne s't si pas
voulu nommer, contenant
la Relation de l'Abjuration
de Madame la Princesse
Eleonor Charlotte de Virtemberg
Montbelliarc
,
Duchessed'olssen
Silesie, faite
dans l'Eglise Royale de
Maubuiffon le 3. Aoust 1702.
entre les mains de ce mesme
Pere, estrempli d'une matiere
trop éclatante & d'un
sujet trop édifiant, pour ne
vous en pas entretenir. Vous
sçavez que la naissance de
cette Princesse est des plus
illustres: sa mere estoit de
la maison de Coligni, &
fille du Maréchal Duc de
Châtillon. Elle est fille du
Duc de Wirtemberg Montbelliard,
& petite fille de
Loüis Frederic Duc de Wirtemberg,
Comte de Montbelliard,
qui avoit epoute
la Princesse Anne Eleonor
Duchesse de Wirtemberg.
Comtesse de Nassau. Elle
avoit épousé le Prince Sylvius
Frederic de Wirtemberg
& d'Olssen Silesie, son
coufin
,
si bien qu'elle est
Wirtemberg de beaucoup de
costez, & par toutes ces illustres
Alliances elle se trouve
proche parente de l'lm,
peratrice, du feu Roy d'Angleterre
( Guillaume III. ) du
Roy de Pologne, du Roy
de Suede, & du Roy de
Danemark. Aprés quelques
années d'un mariage fort
heureux,elle demeura veuve
du Princeson époux dont
elle n'eut point d'enfans. Le
Prince Leopold Oberard
Duc de Wirtemberg, Comte
de Montbelliard, est son
frere. La grace s'est fait sentir
par dégrez dans le coeur
de cette Princesse
,
& c'est
enfin dansl'Hostel de Mailly
auprès de sa chere cousine
Madame la Comtesse de
Mailly, qu'elle a frappé ses
derniers coups: & c'est à
Maubuisson auprés de Madame
l'Abbesse qui est de
lamaison de Rohan &cousine
dela Reine des Romains,
que cette Princesse
a renoncé à son infidelité
& à ses erreurs; mais comme
ce n'a esté qu'avec connoissance
de cause, on fera
peut estrebien aise de sçar
voir de quelle maniere elle
a gueri ses doutes, par quels
liens & par quels funestes
engagemens elle persistoit
encore dans les préjugez d'une
malheureuse éducation.
Aprés qu'on l'eut éclaircie
sur toutes les difficultez qui
jusques-là avoient arresté
l'ouvrage du Ciel, je veux
dire celuy de sa conversion,
& a prés avoir elle mesme
consulté le Texte Sacré dans
les plus anciennes Biblesde
la BibliothequeduRoy
,
elle
voulut estre éclaircie sur quatre
points qui luy avoient
toûjours fait beaucoup de
peine dans la Communion
de l'Eglise Romaine:sçavoir
f. L'adoration del'Eucharistie,
z** La reservation du
Corps de Jesus Christ. r. La
veriré du Sacrifice. 4Ct La
Communion fous une feule
espece. Le sçavant homme
qui avoit entrepris de la ra.
mener àla Religion de ses
peres,offrit, s'il ne la convainquoit
pas de la pureté
de la Doctrine de l'Eglise,
surces quatre chefs, d'enw
brasser luy mesme le Lutheranisme.
Proposition qui a.ltroit
parû bien hardie pour
tout autre qui auroit esté
moins sûr de la bonté de la
cause qu'il deffendoit,&qui
auroic esté moins pourveu
de raisons & d'authoritez.
Il prouva l'adoration par l'Ecriture,
par la Tradition, par
tousles Saints Peres & par
la conduite uniforme depuis
sa naissance. Il ne prouva
pas la reservation par des ar.
gumens moins forts&moins
sensibles. Il ra porta sur ce
sujet le Decret du troisiéme
Concile de Carthage qui
abolitla coutume de donner
la Communion aux morts;
preuve qu'on reservoit déja
dans ce temps éloigné
le Corps de JesusChrist. Il
prouva la verité du Sacrifice
par son antiquité;& pour la
Communion fous la seule
espece, il ra porta l'affaire G
celebre de Sera pion dont
parle saint Denis,& celle de
saint Jerosme,qui favorifenc
si fort la Dominede la feule
espece. Elle se rendit enfin
à la force de ces raisons.
Philbert Masson vient d'achever
d'imprimer à Tours
un livre intitulé, Moraliu/{
curieusessur lessix premiers jours
dela Creation du Monde. Les
Superieurs de differens Ordres
ont juge ce livre si convenable
à estre lû dans les
Maisons Religieuses, que
presque toutes les Communautez
des Provinces de Bretagne
& de Touraineen font
lecture. Mr le Marquis de
Chastres , Chef de la Famille
de Brodeau
,
dont je
vous a y fait connoître le
nom & la naissance dans ma
Lettre du mois de May dernier
1702. est rAuteur de
ce livre, ce qui ne vous doit
pas moins exciter à le lire,
que le succésd'unautre livre
du même Auteur. Il est intitulé
Jeux d'Esprit &• de Memoire.
La modestie de l'Auteur
l'avoit empêché de se
faire connoistre, mais la grande
réputation de ces Jeux
d'esprit l'a fait découvrir. Il
s'est imprimé en France plus
de six mille exemplaires de
cet ouvrage, dont les Etrangers
ont aussi fait plusieurs
éditions.
On parle depuis quelque
temps d'une Musique nouvelle,
fous le Titre àcTArmonie
reduite en Art
, on de 1.
MufiqUt naît#elle &,patrraifort*
nement, rapportéeauMathemanques
à l'usage ordinaire.
Quoy qu'elle aitestéimaginee
parune personne dont
les fonctions font fort éloignées
de celles de cette science
3 on pretend qu'illa possede
parfaitement, & que
l'Auteur a conduit par une
voye facile, agreable &
courte à la connoissance de
tour ce que cet Art a de profond
& d'interieur, & qu'il
retranche tout ce qu'l a d'ob.
seur
,
d'ennuyeux
,
d'équivoque
&d'embarassant.
Il ne se sert d'aucunes clefs,
ny de bécarre, nyde bemol,
6c rejette toutes les
faussesdénominations, les
doubles emplois des noms,
des intervalles, & fixe l'esprit
& l'imagination par des
notes
notes certaines qui portenc
avec elles par des proportions
Geometriques, leurs
mesures, leurs nombres ôc
l'octave ou la partie qu'elles
occupent dans la Musique.
Ces notes font (impies>
ou composées les compofées
reçoivent une espece de
dieze qui se fait par un traie
qui augmente & éleve la not
te d'un demi-ton.
Et bien loin ( comme
quelques uns l'ont crû quel
le ait este inventée pour donner
quelque atteinte à celle
quiest en usage, ainsi que
quelques uns l'ont cru
, ce
qui seroit une prétention
chimerique, elle donne au
contraire un nouveau jour
quisert beaucoupà l'éclaircir
& à en abroger les longueurs.
Et pour faire connoistre
qu'e llesn'ont dans le fond
l'une & l'autre qu'un même
principe & qu'un même objet,
que toutes les productions
de l'ancienne fervent à verifier
les démonstrations de la
nouvelle.
Voicy le plus clair
,
& le
plus intelligible des Sistêmes
octazte objzcfr d¿ la,rnuJtaU'C
Figures dej 2>OZJC ardiTtcarej, -, simples oit ccrup comme UJ'l¿le tT'azll
quiletrenche,l'eleve d'un demi-ton.,
pAiard,rv'Ol.apcémrza,ud-sesipqluuesn('nautmu4refil¡;lue;'p/ &7n;u-rl,,qu-e
qui ont paru à cette occasion
& l'application que l'Auteur
en fait sur un trait d'air d'Opera,
fait sans peine connoistre
cette verité. Cetair
estant des plus connu, peut
servir d'exemple pour l'explication
des principes qui
font touchez dans le Sistême.
Messire Jean Louis Abor'
Seigneur du Bouchet, Grand
Bailly du Perche
,
Gouver
neur de la Ville & Chasteau
de Mortagne, Chefde la No.*
blesse, & Juge du Point d honneur
,
épousa sur la fin du
mesme mois Mademoiselle
de Torcy, petite Niece de
Mr le Duc de Beauvilliers,
dans laChapelleduChasteau
de la Frerre. La Ceremonie
se fit par Mrle Curé deTheval,
Official de Mr l'Evêque
de Séez nommé par ce Prélat
pour celebrer ce Mariage.
Au forcir de la Chapelle on
trouva les tables servies avec
beaucoup de magnificence.
Aprés les repas, les Mariez
accompagnez de leur famille
monterent dans les Carosses
qui les attendoient pour les
conduire à Mortagne. Ils
trouverent les chemins bordez
des 'Habitans deslieux
où ils devoienr passer. Ils
estoient fous les armes, &
les salüerent d'une décharge
- de Mousqueterie. Les Bourgeois
de Mortagne
,
& toute
la Noblesse vinrent audevant
d'eux, &f-firerit plusieursdécharges
5
sitost qu'ils
curent apperçu leurs Carosses,
& lescon d uisirent en
fort bon ordre jusqu'à !Ho.
tel du Marié, où toutes les
Dames attendoient la Ma-*
riée qui arriva au son de toutes
lesclochesqui n'avoient
point cessé leurcarillon depuis
la veille. A peine furent
ils descendus de Carosse que
tous les Cor ps de la Ville les
haranguerent chacun à leur
tour,& que la Ville leur fit
present de vin & de confisures.
La Noblesse se distintingua
parles emprefTeaiens
qu'elle montraà leur faire
comp liment ainsi que les Re
verends Peres Capucins qui
les avoient attendus à l'entréede
la Ville pourestre des
premiers à leur témoigner
leur zele.On sou pa a près
tous ces complimens. Le
repas fut magnifique, toures
les tables furent tresbien
servies
,
& avec une
égale profusion. Les Habitans
vinrent ensuite supplier
la Mariée d'allumer un feu
d'artifice qu'ils avoient preparé
devant la perte de l'Hôtel
du Gouverneur.Elle defera
cet honneur à Mrle Comte de
Montgeorge, Capitaine aux
Gardes & Brigadier des Armées
du Roy, son Oncle,
Toutes lesruës furentilluminées
& beaucoup de muids
de vin furent défoncez pour
saluer la santé du nouveau
marié. Le Bal succeda au
feu de joye. Il dura peu par
l'empressementque le Marié
eut de faire reposer sonépouse
des fatigues de la journée.
Mr le Gouverneur le distingua
en tenant table ouverte
pendant huit jours.
Mr le Duc de Gesvresa
épousé Mademoiselle de la
Chenelaye. Il est inutile de
rien dire de la maison de
Potier, dont ce Ducest sorty
aprés ce que je vous en ay
dit dans une de mes Lettres
au sujet de la mort de
Madame la Duchesse de Gef
vres. Mademoiselle de la
Chenelaye, est fille de Mr
le Marquis de la Chenelaye,
d'une illustre maison de Bretagne
, qui a donné à cette
Province de grands personnages,
& des premiers Officicrs
aux derniers Ducs de
Bretagne,Mrle Marq uis de
la Chenelaye, un des ayeux
de celuy cy ,
estoit favory
déclaré de François dernier
Duc de Bretagne : On sçait
que c'est luy qui desabusa
le Duc des facheuses impressions
que luy avoit mis dans
l'esprit Landais, ce favori qui
eut enfuire un fort si tragi- , que. Mr le Marquis dç la
Chenelaye a eu Madame la
DuchciTc: deGesvres de son
sNecon.d mariage avec Dame de Soyecourt, fille
de Mr le Marquis de Soyecourt,
qui, comme l'on sçait,
n'e si pas le seul de sa mai
son qui ait (û des Charges
de la Couronne. Madame
de la Chenelaye est soeur de
Madame de Boisfranc, &
elles font toutes les deux les
seuls enfans qui restent à
Mr le Marquis deSoyecourt,
dont les deux fils furent tuez
en même temps & dans le
même combat dans la derniere
guerre. Mr delaChenelaye
avoit épousé en premieres
noces Dame N. de
Montbel d'Entremonts fille
de feu François Virgine de
Montbel, Chevalier Comte
d'Entremonts& deMontbel,
Seigneur d'Espine & Marquis
du Montolier, & de
Dame Magdelaine du Til
lec fille d'Helie du Tillet,
Seigneur de Nojan
,
Maistre
d'Hôtel du Roy, & de Françoise
de Faucon de Ris. Feuë
Madame de la Chenelaye
estoit soeur du dernier Corn*
te d'Entremonts mort à Paris
sansenfans. Il estoit Lieutenant
General de Bresse &
de Bugey. Mr de la Chenelaye
du premier lit a eu
une fille mariée à Mr le
Marquis de l'Hospital
,
la
quelle a heriré de tous les
grands biens de la maison
d'Entremonts que lui a laisse
son oncle. Les derniers Comtes
d'Entremonts n'estoient
Montbel que par les femmes:
car Jacque line de Montbel
fille unique du Comte
•
Sebastien de Montbel En,
tremonts ,
laquelle fut cclebre
dans le seiziéme Siécle
par les rares qualitez de son
esprit & par les disgraces
qu'elle essuya, épousa en
premieres noces Claude de
Bastarnay Comte du Bouz
chage fils de Renéde Bastar
nay ,
& d'Isabelle de Sa^
voye, & aprés avoir perdu
cet époux qui fut tué à la
bataille saint Denis sans laisfer
des enfans,elleépousa
en seconde noces dans la
ville de la Rochelle l'Amiral
de Coligni, donc elle eue
BeatrixdeColigni,Comtesse
d'Entremonts, premiereDa.
me d'Honneur de Catherine
Infanted'Espagne, Duchesse
de Savoye, qui épousa à Turin
en presence du Duc de
Savoye le Baron de Meüillon
&de Montauban, Grand
Chambellan de Savoye, fils
du Baron de Meüillon si renommé
dans l'Histoire de
Provence
,
Gouverneur de
Marseille, du Château d'Hieres
& de Nostre Dame de la
Garde,& de Marguerite de
Robine de Gravezon ; c'est
de ce mariage que descendoient
le dernier Comte d'Entremont
, & Madame de la
Chenelaye mere de Madame
la Marquise de l'Hopital.
Madame la Duchesse de
Gesvres ayant esté à la Cour
quelques jours après son
mariage,elle y prit possession
des honneurs que luy
donne le rang deDuchesse.
Elleest jeone, brune, grande
& bien faite
,
& tres agreable
,
& sa presence acoR
firme à la Cour tout le bien
qui s'y estoit répandu de son
merite: elle en a in finiment
& mesme beaucoup plus
qu'elle n'en laisse voir, sa
sa modestie n'en laissant pa:
roistre que ce qu'elle n'en
peut cacher. Il n'a point paru
qu'elle air esté embarasfée
de sa nouvelle dignité,
& elle a soutenu avec une
sage & modeste fermeté les
regardscurieux de tousceux
qui ontmarqué de rem:
pressement pour la voir.
Je vous envoye une Liste
desOfficiers de terre, nommez
par le Roy, Chevaliers
de l'Ordre de Militaire de
saint Loüis, dans la promotion
du vingtiéme de Janvier.
Cette Liste est aussi
(xaéte qu'il est possible dVn
donner une de plus de
six cens noms. Quoy qu'il
foit tres difficile, ou pour
mieux dire impossible de
donner tant de noms sans
qu'il y en ait beaucoup d'estropiez,
parce que le sens
d'un discours qui aide à faire
trouver un mot mal écrit, ne
peut servir à faire deviner un
nom propre lorsqu'il est défiguré
par quelques lettres
malformées, je fuis assuré
que vous n'en trouverez pas
une douzaine parmy legran d
nombre de ceux que je vous
envoye J' qui puissent estre
méconnus à cause du changement
de quelques lettres
à moins que ceux qui ont
écrit ces noms les premiers
n'ayent fait quelques fautes.
Cette Lifte, est d'autant plus
curieuse que tous ceux qui
la rempissent, font d'une
valeur éprouvée, & qu'ils ont
servy le Roy & rE rat, pendant
un grand nombre d'années.
PROMOTION
DES CHEVALIERS
1 DEL'ORDRE
DE SAINT LOUIS.
Du20. Janvier1703,
MESSIEURS,
LE Baron d'Asfeld. Maréchal
de Camp.
Le Chevalier d'Asfeld, Maréchal
de Camp.
Alel. Major de Mets.
Le Marquis de Bouzolles. Mestre
de Camp du Regiment RoïaJ)
Piémont Cavalerie.
Le Marquis de Blainville. Lieu-
tenant General.
'Blig,ny.- Colonel du Regiment
de Xaintonge.
Le Chevalier de Broglio. Mestre
de Camp de Cavalerie.
Le ComtedeBeaujeu. Mestre de
,
Camp reformé de Dragons.
.Berulle. Maréchal de Camp.
-
Bernieres. Capitaineaux Gardes.
Baravy. Lieutenant Colonel du
Regiment d'Orleans.
Bellefonds, LieutenantColonel,
du Regiment Colonel general
des Dragons, -
Bruzac. Enseigne des Gardes du -
Corps du Roy.
Bambiny. Capitaine de Mineurs.
Brissac. des Gardes du Corps.
Beaumanoir. Ca pitaine du Regiment
d'Infanterie d'An- -
jou.
Le Chevalier de la Bretesche,
Mousquetaire du Roy.
Bouchard de Rigal. Lieutenant
Colonel d'Auvergne
,
terieI.nfan- Bretteville. CapitaineduRegiment
de Cavalerie de Villeroy.
Bernard. Lieutenant au Régiment
de Cavalerie de Brissac.
Beaucoroy. Major du Regiment
de la Marine.
Bariere. Commandant à Fenestrelles.
Boudeville. Capitaine des Grenadiers
à Leuville.
Bert. Capitaine de Sault.
Boisse. Lieutenant dans les Cravattes.
Le ChevalierdeBuade, Capitaine
- au Regiment Royal d'Artillerie.
Bertou. Lieutenant au Regiment
Royal Piémont de Cavalerie.
.Bidou. Lieutenant Colonel de
Vivans, Cavalerie.
Bidou le Cadet. Capitaine au
même Regiment.
J]razjl(y. Major du Regiment de
Medoc.
Bonlieu. Capitaine d'une Compagnie
separée de Normandie.
Berenger. Capitaine de Maulevrier.
Brice. Lieutenant Colonel du
Regiment de Cavalerie de
Vivans S. Cristaud
Boizeclou la Brandiere.Lieutenant
colonel de Beausse.
Bogne. Enseigne des cent Suisses.
Beaupuy. Commandant le troisiéme
Bataillon du Regiment
du Roy.
B/lnchon'des Bardes. ci - devant
Command. au Fort des Medes.
Btzrviflc Major de Boüillon.
Bois-André. Lieutenant colonel
du Regiment deVexin.
Bombelles. Lieutenant colonel
reformé d'Infanterie.
Bouzonual. Lieutenant colonel
de Verac,Dragons.
Belocier. Lieutenant colonel reformé
d'Infanterie.
Broissart. Lieutenant colonel de
Condé, Cavalerie.
Bo/lio. Commandant au Château
d'Aire.
Boesse. Lieutenant de Roy de
Mezieres.
Berthelat, Major du Regiment
RoyaldeCavalerie.: Barrette. Major du Regiment
d' I nfanterie de Bourgogne.
Beliar. Capitaine au Régiment
de Thoy.
Boisricheux. Capitaine auRegiment
d'Infanterie de la Reine.
BourgereSurmaison. Ca pitainedes
Grenadiers du Regiment de
-
Dauphiné.
BerDziaurx.aCagpi-toainnedesF.inarcon Bailleul. Major de Regiment de
Nice. -
Bellair. Ca pitaine au Regiment
deBassigny.
Beaulieu de Bethomas. Capitaine
- des Grenadiers du Regimenc
de Foix.
Barbjftn.
Barbasan. Capitaineau Régiment
Mestre de Camp général
des Dragons.
Bono. Commandant le troisiéme
Bataillon du Royal Roussillon.
Barette.Capitaine au second Bataillon
de Morangis.
Bardon. Major du Régiment
d'Infanterie du Maine.
Boutillon. Major de Maubeuge.
Benoist. Capitaine au Regimeuc
de Brie.
Beauchamp. Brigadier de la Com-
-
pagniede Villeroi des Gardes
du Corps.
Boisdefre. Maréchal des Logis Se
Aide-major des Chevaux-legers.
BarmonddeThoiras. Lieutenant
colonejjxforméd'Infanterie.
Chémerault.Lieutenantgeneral.
Cilly. Colonel reformé de Dragons.
Chapiteaux. Enseigne des Gardes
du Corps du Roy.
Lel"Mi,-quis de Castres. Maréchal
de-Camp.
Coëtanfar. Sous-lieutenant des
Chevaux-legersde la Garde.
Cheyladet. Enseigne des Gardes
du Corps.
Cappy. Mestre de Camp de Cavalerie.
Chardon.Capitaine aux Gardes
Françoises.
constans. Mestre de Camp de
Cavalerie.
Clodore. Brigadier d'Infanterie.
Chavigny. Commandant à Colmar.
Courtade. Lieutenant colonel de
Meleun, Cavalerie.
Courcelles Grevé. Lieutenant de
Roy de Tournay.
Castelnau Descondes. Capitaine de
la Marine.
Çavy. Capitaine de la Couronne.
Champier.Capitainede Cottentin.
CaifJac. Capitaine des Grenadiers
du Royal.
Courtade.Commandant au Fort
des Bains.
Çkramkdtilt. Lieutenant General.
Coëtelet. Lieutenant aux Gardes
Françoises.
.Cbantarie&e. Capitaine reformé
dans Choiseul,cavalerie.
Chasteduthierry. Commandant le
second Bataillon d'Anjou.
Chasteau-neuf. Capitaine de
Bonrbon, Infanterie.
Qh^ftoix. Lieutenant colonel de
"',< Piémont. ".f¡
Charles. Major de Scheleslat. -
Comia. Lieutenant de Roy de
Mont- Louis.
Chanceaux Barville. Lieutenant
colonel de l'Isle de France.
Cottignon. Lieutenant de Roy
delaCitadellede Calais.
Cadrieu. Lieutenant colonel de Gastinois.
Chabanel. Lieutenant de Roy
de Charlemont. "J'
Chasseuse. Lieutenant colonel J.
de S. Sulpice, Infanterie.
- Cavaudan. Lieutenant colonel
de Joffreville
,
cavalerie.
Covo-\.: Lieutenant colonel de
Beaujollois. eil.
Capestan. Commandant à la Kenoque.
Coulange. Capitainedes Grenadiers
de Vexin.
Carusle. Major de Vexin.
Coudras. Capitaine des Grenadiers
deBourgogne
:
Certemont. Major du Royal Artillerie.
Chartagne. Capitaine de Bour-
-
bon, cavalerie.
Chantoiseau. commandant le second
Bataillon de la Marine,
Colemberg. Capitaine des Grenadiers
de Navarre.
Chaponet. Sous- lieutenant des
Grenadiers au Regiment des
Gardes Françoises.
Cavorde. Capitaine du Royal
Roussillon
,
Infanterie.
Coiffai, Sous - lieutenant aux
Gardes.
Chantelou. Capitaine de Galiotes.
Cbaftenay, Capitaine des Grenadiers
de Xaintonge.
CÛHIZ^. Capitaine des Grenadiers
de Languedoc.
Carriere. commandant le second
Bataillon de la Sarre
Cavillac: Sous - lieutenant de
la seconde Compagnie des
Mousquetaires
Clery Poissy. Commissaire Provincial
d'Artillerie.
Cardon.Major des Bombardiers.
Duvinet. Exempt des Gardesdu
Corps.
Dagua. Brigadier colonel de
Bugey.
Dauger. Exempt des Gardes ,du
Corps.
Damigny.Brigadier,Lieutenant
colonel de Xaintonge.
Dubosc. Lieutenant colonel de
Dutroncq Cavalerie.
Desauzose. Lieutenant colonel
de Lautrech Dragons.
Daoust. cy-devant Lieutenant
de Roy de Landau.
Dufaux. Lieutenant colonel de
la Colonelle de l'Isle du Vigier
Cavalerie.
Dastor. Lieutenant de Roy de
Blaye.
Dassier des Brosses. Cap,itaine au second Bataillon du Royal
Artillerie.
Dorthu. Capitaine reformédans
Orleans Infanterie.
Duchaiseau. Capitaine de Vendôme.
Darnaut. Major du Regiment
de Cavalerie Danlezy.
Dufaux. cy-devant Lieutenant
de la Compagnie, Mettre de
Camp du Regiment de Cavalerie
de Montal.
Durfn. Aide major de Cambray.
Le Chevalier Dardie. Capitaine
de la Sarre.
Davie. Capitaine d'A rtois Infanterie.
Desvignaux. Aide Major de Perigord.
Doctoville, CapitainedeNivernois.
Deslandes. Capitaine de Canoniers.
Desondes.Major d'Orleans Infanterie.
Desvaux Garde de la Manche
du Roy.
Dargelos.Lieutenant col,onel
de LanguedocInfanterie.
-- Deshaules. Lieutenantde Roy
de Montmedy.
Dumouchet. Lieute-nant colon: el
de Bassigny. 1 Des Gaudieres. Lieutenantcolonel
de Laonnois.
Des Isles. Lieutenant colonel
de Limosin-
Du Vinet. Lieutenant colonel
reformé du Chevalier de
SourchesIn fanterie.
Davesnes. Lieutenant colonel
- delaMarche.
Daigremont. Lieutenant colonel
Dourches Cavalerie.
Dehons. Lieutenant colonel reformé
dans Listenois Dragons.
Daurout. Lieutenant colonel de deBlaisoisInfanrerie
Duferier. Lieutenant colonel
du Regiment RoyaldesVaisseaux.
Defrobert. Lieutenant colonel
de Foix.
Darcnes. Lieutenant colonel
reformé dans le Regiment
Royal des Dragons
Du Vivier. Lieutenant colonel
de Sauîc.
Davignon. CapitaineauRegiment
d'Infanteriede Limosin.
",w. fin. -
Doumefny. Lieutenant aux Gardes
Françoises.
Du ParauPoëds.Capitaine au
Regiment de Picardie.
Darcy. cy-devant Capitaine au
sRegeimeantuRoyxal d.es VaisDA/
lier. Lieutenant de Roy de
la Rochelle.
Defrochets. Lieutenant de Roy
de Verdun.
Du Lessier. Lieutenant colonel
de Gevaudan Dragons.
Descollins. Lieutenant colonel
d'Orleans Infanterie.
Darusse. cy devant Commandant
à Boüillon.
Desfougeres. Lieutenant colonel
de Talmont Cavalerie.
Defeflâri. Lieutenant colonel de
Desclainvilliers Cavalerie.
Depeyre. Second Lieutenant colonel
de Nice Infanterie.
Dargues. cy-devant Lieutenant
de Roy d'Ath.
Duharreau. Lieutenant colonel
reformé d'Infanterie.
Darnaut. Lieutenant colonel
reformé d'Infanterie.
Dagoult. Lieutenant coloneldc
Talandre Infanterie.
La Douë. Lieutenant colonel de Luxembourg.
Du Vcrger. Major du Régiment
de Provence.
Dufos.Commandant le second
Bataillon de Leuvile.
Daiguilli. Capitainedes Grenadiers
du Bourbonnois.
Deppeville. Capitaine des Grenadiers
de la Reine.
Dumont Exempt des Gardes du
Corps.
Darnoulin. Major d'Anvers.
De Masse. Major de Nancy.
Darifart. Maréchal des Logis
des premiers Mousquetaires.
Le Chevalier D-tniere. Commandant
le second Bataillon de
Mortmart.
Le Chevaliej£Enonvilie*. Inge
nieur.
DuCairon. Premier Sous- Lieu*
tenant de la Compagnie des
Grenadiers à cheval.
De Brach. Second Sous- Lieutenant
de la Compagnie des
Grenadiers à cheval.
Domps. Capitaine des Grenadiers
de Languedoc.
Daugecourt. Capitaine au Re
giment Royal de Dragons.
Decours. Major de Ponthieu.
Daudifret. Aide Major des Gardes
Françoises.
Desmeurs: Capitaine reformé de
Carabiniers.
Daunoux. Capitaine de la Reine,
Cavalerie.
Du Claux. Capitaines des Greradiers
de la Couronne.
Le Chevalier Durcet. Maréchal
des Logis de la Cavalerie.
Des Masures. Sous Aide Major
de la Gendarmerie.
Duperon. Major du Royal la
Marine.
Dumont. Capitaine aux Gardes
Suisses.
Darcicourt. Major de Bouzolle
Cavalerie.
Jûohvc. Capitaine de Languedoc
Infanterie.
Darpentiny. Capitained'Albemarle
Irlandois.
De Guilly. Capitaine du Royal
Piémont, Cavalerie
Desperoux. Major de Charrost,
Infanterie.
Desbordes. Capitaine au Regiment,
Mestre de Camp General
de Cavalerie.
Dumas. Brigadier des premiers
Mousquetaires.
DtHautlioTt. Premier Enseigne
des féconds Moufquetaires.
Doucette. Maréchal des Logis
des seconds Mousquetaires.
Desvauges. Maréchal des Logis
des Chevaux Legers de
Berry.
DuMousseau. Lieutenant de
Biffi) Cavalerie.
Da Rocheret. Commandant le
-
second Bataillonde Languedoc.
Dauzevill,e.. Lieutenant Colonel
d'Asfeld,Dragons.
Le Chevalier du Cairon. Commandant
le second Bataillon.
de Xaintonges.
De Veste Capitaine reformé
'-de Carabiniers.
Douville.Lieutenantd'Artillerie
en Roussillon.
Duplessis. Maréchal des Logis
des chevaux Legers du Roy.
EfPinchal.Mefirc de Camp de
Cavalerie. :DeftJJàrt. Lieutenant au Regiment
Royal des Carabiniers.
t
Le Comte de Fiennes. Me stre de
Camp de Cavalerie.
Firmarcon. Colonel de Dragons.
Feligonde. Commandant le second
Bataillon dePiedmont.
Focieux. Capitaine de Nettancourt,
Infanterie.
Fouville. Cap itainede Languedoc,
Infanterie.
Fontienne. Capitaine de Saint
Pouange, cavalerie.
Fongojjîer. Lieutenant colonel
de. Solre.
Fontenay. Maréchal des Logis
des chevaux Legers du Roy.
Flaiche. Lieutenant colonel de
Grignan,cavalerie.
Ferron. Lieutenant aux Gardes
Françoises.
Friselande Major du Chaftelec
cavalerie. ,-
Faure. capitaine des Grenadiers
de Mirabeau.
Fondoux. Major d'Olleron, infanterie.
Faverolles ci-devant capitaine
, au Regiment de Bugey.
Favancourt. Sous -brigadier de
la premiere compagnie des
Mousquetaires.
Fransart. capitaine de Canonniers.
Fontenaille. capitainedesBombardiers.
Fromont. capitaine d'Orleans,
cavalerie.
Fages. capitaine des Grenadiers
d'A uxerrois.
Foucault. capitaine du Roi, infanterie
Filt Maréchal des Logis des
Gendarmes du Roi.
Le Comtede Grammont. Maréchal
de Camp.
Goas. colonel reformé de Dragons.
Giraut. Lieutenant colonel du
Mairie,icatraliém*!:/•:
Grieu. capitaine d'Anjou,infanterie.
-
Gobert. capitaine de Champagne.
", Grebonval. Maréchal des Logis
desGendarmes du Roi. u
Guerry des Crespinieres.Lieutenant
du Roi de Philippeville.
-
- Galean de Chasteau-neuf. Lieutenant
colonel reformé d'Infanterie.
Grangemont. Lieutenant de Roi
de Monaco.
Gimel. Lieutenant colonel du
Regiment du Prince Charles,
Cavalerie.
Gava. Major de SaintSulpice,
Infanterie.
Des Garmens. commandant le
second BataillondeNettencourt.
- l:.;,'
Galliat de Montagny capitaine
reformé dans Dauriac , cavalerie.
Gondras des Gardes du Corps.
Crandhamps.Maréchal desLogisde
la seconde Compagnie
desMousquetaires.
Guillebon. capitaine du Roi., cavalerie.
Grehouval. Maréchal des Logis
des Gendarmes
De Heere. Lieutenant deRoi
de Phaltzbourg.
Hoüel. capitaineauxGardes
Françoises. - Jo Hugony, capitaine& Aide-majoir'.
de;M' ortemart,infanterie. ,,1 "t¡",o_ .l !- j;
Imecourt. Lieutenantcoloneldes
Gardes du Corps. 'A
Foncquiaerscvapaitalineedr'Aiubeuss.on, Iouffrey.LieutenantdeRoidu
Mont Dauphin. rvr>
yaucourt de la Vaiserie capi taine
des Grenadiers de laMari- ne. -V ., ',i,'O' c. Javary. cy-devant capitaine au
Regiment d'Infanterie du
MaOyne.
Lt:JMarquis de Lanallerie.Ma*
rechal de camp. h
Lhuillier, commandant à Antibes.
? :
La Villeneuve. Aide Major des
Gardes du corps.t Liverne. capitaine au Regiment
de cavalerie Desclainvilliers.
La Ruelle capitaine au Regimtenit
dne cava.lerierdeiQuin- Laferonnaye. Mestre de camp de
cavalerie. f"l'" ,.. -
a* ., ,--(
Lachetardie. colonel du Regiment
de Beausse.
La Coste de Pompadour. colonel
reforméd'Infanterie.
Lejait. Mestre decampde cavalerie.
La Muttesiere. Exempt des Gardes
du Corps.
La Forcade. Lieutenantcolonel
du Regiment de la couronne.
Loubert. capitaine au Regiment
Royal des Vaisseaux.
Ijitzelbaurg. capitaine reformé
au Regiment de Rozen cavalerie.
,', Le Blanc. Major reformé de
Goas dans Dauphin Dragons.
Le Fevre. capitaine d'Orléans Infanterie. -
Lesclotaires. commandant le secon
d Bataillon d'Auvergne.
Livry. Lieutenantreformé de
carabiniers.
La Serre Laratte. capitaine du
Dauphin Infanterie. 1
La Chapelle.
- Major de Gastinois
Infanterie.
La Mattecapitaine & Aide Major
de Touraine.
LaVarenne. Sousbrigadier des
Gardes du corps
La Garliere. Lieutenant de Roy
du chateau de Sedan.
Lépine. Lieutenant colonel du
Regiment du Roy.
La Feronnaye. Lieutenant colonel
du Commissaire General
de la cavalerie.
Lafonds.Marechal des Logis des
Gendarmes du Roy.
Lamont. Lieutenant de Roy de
Longvvy.
Le Comte de Longaunay capitai..
ne au Regiment des Dragons
dela Vrilliere.
Longueville. cy devantcapitaine
dans Bourgogne Infanterie.
La Rulaye. Lieutenant colonel
du Regiment d'Aunis.
La Minotiere. Lieutenantcolo- nel
"soel reformé de VVateville
Dragons.
La Peyroudc Lestang. Lieutenant
colonel de Forfat Cavalerie.
Lutzebourg. Lieutenant colonel
reformé de Cavalerie.
Latujade. Lieutenant colonel
de Forest.
LaRobiniere. Lieutenant colonel
de Barrois.
Ladauphie Cheyladet. Lieutenant
colonel deNoailles Cavalerie.
Lahas. Lieutenant colonel du
Regiment des Cravattes.
Laporterie. Lieutenant colonel
de Charollois.
La Louviere. Lieutenant colonel
de Montpeyroux Cavalerie.
La Sabliere. Lieutenant de Roy
de Betfort.
Lafacie. Maréchal des Logis
des Gendarmes du Roy.
Lacombe. Major de Nettencourt
Infanterie.
Labatut. Lieutenant de Roy de
Nancy.
Lavalette. Major de Rouergue.
Lachaise. Capitaine des Grenadiers
de Mortmart.
Labessiere. Maréchal des Logis
de lapremiere Compagnie
des Mousquetaires.
Laco. Capitaine des Grenadiers
de Vermandois.
Labillonniere. Major du Royal
Infanterie.
Lacharme. Capitaine des Grenadiers
d'Orléans.
Lavalterie Capitaine des Gre
nadiers de Limosin.
LatourdeCamp.Sous-Aidemajor
des Gardes Françoïses,
La Tour d'Auvergne, Capitaine
au Regiment de Limosin.
La Salle, Capitaine au Regiment
Mestre de Camp General
de Dragons.
La Valade. Major de Coëtquin
Infanterie.
Louvin. Capitaineau second Batai
llon du Royal Artillerie.
Labrosse. Capitaine de Canoniers
au Royal Artillerie.
Laluminade. Capitaine des Grenadiers
de Berry.
Lepinay. Major de ToulouseInfanterie.
lamotte.Commandant le fecon1 d
LBataillon des Vaisseaux.
Labrunie. Commandant le second
Bataillon de Bourbon;
Lafond. Lieutenant reformé
dans Hautfort Dragons.
La Tourzelle Capitaine au secon
d Bataillon de Bragelonne.
laborde.Capitaine de Hautefort
Dragons.
Lcvijhn, cy-devant Aide Major
de la Citadelle de Metz.
Lherault. Majorde Dragons reformé
dans Dauphin.
Le Marquuis de la Luzerne. Enseio-
ne de la premiere compagniedes
Mousquetaires.
Le Marquis de la Frezeliere.
Ltiieultenlanet Grenierael d.e l'Artroi
- tade^e^.Commandant letroisiéme
Bataillon du Royal Artillerie,
Lartique.Capitaine au Régiment
Royal Artillerie.
Lebrun. Chevau-leger de la
Garde.
LLaacuouzri.erDastier(ITngénieurs.
Libertat. Lieutenant colonel de
Nivernois.
La Croix. des Gardes du
Corps.
Le Marquis de Mursay. Maréchal
de Camp.
Mailly la Houßaye. Colonel du
Regiment des Landes.
Marnay. Enseigne des Gardes
du Corps.
Mortagny, ci-devant: Colonel
du Regiment d'Houssarts.
Marcin. Mettre de Camp au Regiment
desCravattes.
Montverdun. Major de Verac ;
Dragons.
Menon. Colonel d'Infanterie.
.ze P. Machicorre. Capitaine reformé
dans Hautefort, Dragons.
Mouchy. Lieutenant colonel
d'Anjou, cavalerie.
Mailly Livet. Capitainede Grenadiers
de Champagne.
2donttot, Capitaine reformé de
cavalerie.
Moiria. Lieutenant colonel reformé
d'Infanterie.
Marclesy, Capitaine au Regiment
Suisse de Courten.
Monteval. Capitaine de Carabiniers.
Montbartie. Lieutenant colonel
de Guyenne.
Manas. Major du Neuf-Brisak
Malortie. Lieutenant de Roy de
Perpignan.
Le Chevalier de Montaubans
Exempt des Gardes du Corps.
Merials. Lieutenantcoloneldu
Royal Roussillon, infanterie.
Maisontiers. Lieutenant coloneL
de Dauriac
,
cavalerie.
Melleray. Lieutenant colonel de
Boulonnois.
Marteville.Lieutenant colonel
de Villeroi, cavalerie.
Medony. Lieutenant colonel du
Royal Italien, in fanterie.
Montholon.Maréchal des LogisN
de la seconde Compagnie des
Mousquetaires.
Masé. Maréchal des Logis dela
même Compagnie.
Montignac. Lieutenant colonel
d'Egmont, cavalerie.
DeMons.lieutenant colonel de
Sully, cavalerie.
Martimont. Capitaine des Grenadiers
de Flandre.
Montagu. Capitaine des Grenadiers
de Coëtquin.
Monchamp. Capitaine des Grenadiers
de Bourbonnais.
Montmelian. Capitaine des Gre,
nadiersdu Royal.
Montevie. Capitaine des Grenadiers
de Bretagne.
- Mistrats.Lieutenantdes Grenadiers
au Regiment des Gardes
Françoises.
Mauroy. Capitaine des Grenadiers
de la Reine.
Marmont. Major de Condé) in-
- fanterie.
MarciUac. Major du Regiment
de la Marche.
Millanouit. Major de Greder
A llemand.
Malaval.Capitaine de Soissonnois.
Magny. Capitaine des Grenadiers
de Brie.
Montigny. Lieutenant reformé
de carabiniers.
Morant. Lieutenant au Regiment
Commissaire général de
la cavalerie.
Montmejan, Major de Noailles,
Infanterie.
Malleville. Maréchal des Logis
de la premiere Compagnie
desMousqtietaires.
Mauvaisiniere.Brigadier de la
la secondé Compagnie des
Mousquetaires.
Marrlle. Brigadier de la sécondé
compagnie des Mousquetaires,
Montviel. Brigadier d'Infanterie.
Montpezat. Ca pitaineaux Gardes
Françoises,
Maupeou. Capitaine aux Gardes
Françoises.
Masson. Brigadier des Chevauxlegers
de la Garde
Montaigu. ci-devant Capitaine
de Dragons.
La Motte Baracé. Lieutenant
d'Artillerie.
De Meun la FerÛ. Ingénieur.
Mavilie. Maréchal des Logis des
Gendarmes.
Morange. Lieutenant Provincial
d'Artillerie.
Le Comte de Ville. Lieutenant
colonel de Furstemberg
, cavalerie.
Jvonant. Lieutenant colonel de
NBoilgleottrer.e.
Lieutenant colonel reformé,
d'Infanterie.
Narbonne.Lieutenant colonel
de Mirabeau, Infanterie.
Novion. Capitaine des Grena-
-
diers au Regiment Royal.
Nogaret. Capitaine des Grenadiers
de Piémont,
Le ChevalierdeNotey. Major du
Regiment de Vermandois.
Neuvillttte. Capitaine du Dauphin
,cavalerie.
Novy. Commandant le troisiéme
Bataillon de Normandie.
Neveu. Maréchal des Logis &
Aide-majordes Chevaux-legers.
Noblesse. Ingenieur.
Obrien. Major du Regiment de
Bourck,Irlandois.
pouàens. Colonel de Gaftinois.
Pelleport. Mettre de Camp de
Cavalerie.
Phisser VVihtr. Capitaine aux
Gardes Suisses.
Pitons.Gouverneur de Villefranc
he.
Praderet. Ca pitaine au Regiment
de Vexin.
Pontac. Capitaine au Regiment
de Navarre.
Penenyeun. Capiraine au Régiment
Royal des Vaisseaux.
Poucheta. Lieutenant au Regiment
d'Infa ,,'crie de Mortemart.
Paschal. ci-devant Lieutenant
de Roy de Kirn.
DePoise, Lieutenantcolonel de
Quercy.
De Praille; Lieutenant colonel
de Touraine.
Pertus. Lieutenant de Roy de
Navarrins.
Paulo. Maréchal des Logis des
Mousquetaires.
Prerobert, CapitainedesGrenadiersd'O
l'leans.
Parisot. Major de Cambray.
PipnfflQ*commandant le fecond
Bataillon de Navarre.
Praslon. Capitaine de Bourgogne
, Infanterie.
Pujotde'Romel:Ca pitaine d'Eg-:
mont., cavalerie.
Précbac. Maréchaldes Logis des
Gendarmes Bourguignons.
Pruge. Capitaine de Bourbonnois,
Pijart. Commandant le quatrième
Bataillon du Regiment
Royal d'Artillerie.
Pascal. Major de Deselos, cavalerie.
DuPortail.Ingenieur.
Du Quartier. Capitaine des Grenadiers
de Normandie.
Quinville. Major de Nivernois.
Rennepont. Mettre de Camp de
Cavalerie.
Remondel. Capitaine au Régiment
de Mortemart.
Rabutin. Lieutenant colonel de
Sillery, Infanterie.
Rome. Capitaine des Grenadiers
de Saulr.
Rabar. Lieutenant d' Angoulmois.
Roquefeiiil. Lieutenant de Roy
duNeuf-Brifack.
La Roulie. Lieutenant colonel
du Regiment de Senterre.
La Reintrie, Commandant au
Chateau de Brest.
Reguillé. Lieutenant colonel du
Regiment de Dragons de
Chassonville des Troupes de
Mr l'Electeur deCologne.
Ras. Major de Furne.
Rantzau, Capitaine de Greder
Alleman.
Rodemach. Lieutenant colonel
de Choifeuil Cavalerie.
Ricour. Commandant le troisiéme
Bataillon de Picardie.
Reffuge. Commandant le sécond
Bataillon de Bourgogne.
RoJJîilon. Capitaine des Grenadiers
de Toulouze.
Reilhac. Maréchal des Logis de
la sécondé Compagnie des
Mousquetaires.
Rouvray. Chevau- Leger de la
Garde.
Ribicr. Major de Valenciennes.
Saint Second, Brigadier d'Infanterie.
SenerikLieutenant de Roy
d'Huningue.
Sifredy. Commandant au Fort
Blin.
Siougeat. Colonel reformé d'Infanterie,
Saintpau. Exempt des Gardes
du Corps.
Suzy. Enseigne des Gardes du
Corps.
Sailly des Aleurs. Ca pitaine reformé
auRegiment de Sault.
Sistrier Capitaine au Regiment
Royal des Vaisseaux.
Savenes. Enseigne des Gardes du
Corps.
Saint Michel. Lieutenant au Regiment
de Cavalerie Broglio.
Saint Lambert. Lieutenant de la
Mestre de Camp de Firmarcon.
: De Serre de Morie Capitaine des
Grenadiers de Piedmont.
Sentrailles. Ca pitaine des Grenadiers
au sécond Bataillon
de Laonnois.
Saint Maurice. Capitaine de Canoniers.
Sainte Colombe. Lieutenant au Regiment Royalde Cavalerie.
Saint julien. Lieutenant au Regiment
de Cavalerie de Grinaii.
Soijy. Capitaineau sécond Ba
taillon de la Sarre.
SaintPierre.Lieutenantcolonel
de Robeck.
Serment. Commandant à la Citadelle
de Nancy.
Sevigny. Lieutenant colonel reformé
au Regiment de Cavalerie
Daulezy.
Sainte Marte du Faute. Lieutenant
deRoydeVillefranche.
Saint Victou. Lieutenant colonel
du Régiment de Cavalerie
d'Aubusson.
SaintGeorges. Lieutenant de Roi
du Fort Louis du Rhin.
Saint Quentin Turbilly. Lieutenant
de Roy d'Aire.
Le Marquis de Sorane. Lieutenant
colonel du Regiment de
Cavalerie de Parabeyre.
Solignac. Lieutenant colonel au
nRegimienteRoyarl dessCara.bi- SaintAvy. Enseignedes Gardes
du Corps du Roy.
Saint. Ouen Beauval. Capitaine
de Bouzolles Cavalerie.
Saint Germain. Major du Fort
saint André prés Salins.
Saintemefme. Capitaine reformé
de Montperoux.
Surbeck. Commandant le second
Bataillon de Greder Suisse.
Saint Leon. Lieutenant des Grenadiers
au Regiment de Poitou.
Saint Eloy. Capitaine des Grev
nadiers au Regiment d'Olleron.
Saint Hypolite. Capitaine au
Regiment de Limosin.
Saint Esteve. Capitaine des Grenadiers
de Gastinois.
Saint Vif/or. Ma jor de Pelleport
Cavalerie.
SaintCyr. Capitaineau Régiment
de Cava lerie de V ienne.
SaintVincent^Capitaineau Regiment
de la Couronne.
Sauliere Capitaine des Grenadiers
d'Artois. >
Senncfontame. Sous-lieutenant
* aux Gardes Françoises.
Saint Georges. Ca pitaine de Nettancourt,
infanterie.
Saint Paul Aide-major des
Gardes Françoifcs.
LeMarquis de Somm. ry.
Saint Voiul. Capitaine au Regiment
d'Infanterie du Roy.
Le uarquis de SaiiiiGcniez^Travailles.
Capitaine au Régiment
de Dragons Dauphin.
Serkel. Ca pitaine au Regiment
d'Alsace.
Snisart. Ingenieur.
Tournin. Lieutenant coionel de
Charost, infant. & Brigadier.
Talvenne,Lieutenant de Roy
de Menin
Tauriac. Ca pitaineauRegimeut
de Sault.
Tejlll. Lieutenant colonel reformé
d'Infanterie. -
Tourviile.Maréchal des Logis
des Gendarmes.
Tavavny,Lieutenant colonel de-
Miroménil, infanterie.
Toury. Major de Bourbon, infanterie.
2beys. Sous-lieutenant de Roy
de la Citadelle de Mets,
Trusfin.Major de Montperoux,
cavalerie.
Tuimenyes. Major d'Hainault
infanterie. ,
Tourinelle. Maréchal des Logis
des Gendarmes.
MonsieureDucdeVilleroy. Lieutenant
general.
ribraye. Maréchal de Camp.
Valsemé.Maréchal de Camp.
Villemort, colonel d'infanterie.
Varies. Commandant à Givet.
Vernoüillet. Capitaine de Carabiniers.
Valouzg. Colonel reformé d'infanterie.
Villerville. Lieutenant colonel
du Mestre de Camp général
des Dragons.
Villeroze. capitaine au fecond
Bataillon de Soiifonnois.
Vococourt. Lieutenant colonel de
Courlancon, cavalerie.
Valmont. Maréchal des Logis
des Gendarmes du Roy.
VVilaine. Lieutenant colonel
de Chartres, cavalerie.
Villars. Lieutenant reformé
d'infanterie
Villedon Lieutenant colonel de
Pelleport ,
cavalerie.
Villeneuve. Lieutenant de Roy
d'Arras.
Verac du Pouget. Command ant
à Bouillon.
Vatt'!..f!lie. Lieutenant colone l du
Perche.
Villepeaux. Sous lieutenant aux
Gardes Françoises.
Villeneuve. Lieutenant colonel
: du Regiment d'Infanterie
d'Olleron.
Vineux. Commandant au Fore
de Lecluze en Bresse.
Villeman. Major de Sarrelouis.
Valladon. Major de Montemart
Infanterie
Vallon. Capitaine des Grenadiers
de Guyenne * Verneuil. MajordeBassigny.
Villerazg. Capitaine de Guyenne.
Vacquier. CapitainedéGuyenne-.
Le Chevalier de Villiers le Morhier.
Major du Regiment de
Dragons de la Revne. :
Voej\m.Capitaine de Charost
In fanterie.
Villa'.r
VillarsLugin. Ingenieur.
Vallemont. Maréchal des Logis
des Gendarmes.
-
Youl. Colonel reformé d'Infan.
terie.
Ythier. Lieutenant Colonel de
Montinain Cavalerie.
Zurlauben. Capitaine aux Garr
des Suisses.
PENSIONS
ACCORDEES
PAR LE ROY.
Le premier Février 1703.
B-onneville. Capitainedansle Colonel Royal deDragons.
400.liv.
Bourneuf. Lieutenant colonel de
Dragons du Héron. 1000. l.
Bellefons. Lieutenant colonel du
Colonel General de Dragons,
outre les 800. livres de
•
pension encore d'augmentation.
400. l.
Boch. capitaine au Royal Alleman.
500 L
J3any, Capitaine de Cavalerie
deRozen. 500 l.
Bidou. Lieutenant colonel de
cavalerie de Vivans outre
les 300 livres de pension une
augmentation de 500 l.
Bois du Perche, capitaine, Aide
Major d'infanterie du Dauphin.
400 l.
Batdon. ca pitaine& Aide Major
d'infanterie du Mayne. 400 L
Beckel. Commandant le second
Bataillon d'Alsace, a 300 livtresideoPensnion
d'.augmenta- 300 J.
Boiftatd, Lieutenant de la Mestre
de Camp du Colonel General
de Cavalerie. 500 l.
Barron. Lieutenant reformé dco
cavalerie de Conflans. 400 1.
Berthelemy Lieutenant reformé
de. Vivans Saint Christaut,
400 1.'
Breton. Lieutenant du Royal
Piedmont cavalerie. 300 1»;
Chamle capitaine reformé de
cavalerie de Vienne. 500 l.
Courtade. Lieutenantcolonel de
cavalerie de Melun. 600 l.
Coulange. capitaine des Grenadiers
de Vexin. 400 l.
CafteInaudeCordes, capitaine de
la Marine.4001.
Coifnon, capitaine des Grenadiers
de Provence. 400 1.
Chaumont Lapomelie. capitaine
d'infanterie de la Reine.4-oo1.
Cbatcaufort. ca pitaine d'infanterie
d'A rtois. 400 l.
Couches, capitaine des Grenadiers
du Dauphin, 400 I,
Champier. capitaine dans Cottentin.
400 1.
Chaluet. capitaine de Mortemart.
400 1.
Chalmal. capitaine de Carabiniers.
600 l.
Charruel. Lieutenant d'infanterie
de Touraine. 300 1.
Defrozeaux. Lieutenant colonel
des Dragons de Lautrec. 600.l.
Darfeuil. Lieutenant de Carabiniers.
400 l.
- Deshoins. Mestre de Camp de
Dragons. 1000 l.
Dulaurent. capitaine du Mestre
de Camp General d& la Cavaicrie.
500 1.
Durcet. Mettre de Camp Marcchai
des Logis de-la Cavalerie.
1000 l.
DcftoqeeeJ. Premier capitaine decavalerie
de Toulouze 5001.
Desfeugeres. Lieutenant co lonel
de cavalerie de Talmont 600 l.
Drmcures. capitaine de Carabiniers.
500 L
Dargi. Major de cavalerie d\Egmont.
500 l.
Dauria. Meftrede Camp de Cavalerie.
1500 l.
D(){.e. capitaine d'infanterie
d'Artois. 400l.
Defondes. Major d'infanterie
d'Orléans. 4001.
Duc/os. ca pitaine des Grenadiers
de la Couronne. 400 1.
DoUoncIlc. ca pitaine dans Nivernois
4001.
Durochers. Commandant le second
Bataillon de Languedoc.
400 l.
Domps. ca pitaine des GrenadiersdeLanguedoc.
400. l.
Dais capitaine des Grenadiers
de Vermandois. 400 l.
Dupuis Aide Major de la Sarre.
400 L
Darnaut. Lieutenant colonel
d'infanterie de Tessé. 600 l.
Defperoux. Major de Charroft.
400 1.
Du Cartier capitaine des Grenadiers
de Normandie a 400,
livres de pension, & par augmentation.
100 1.
Dit Bourg Saint GeQrges. capitaine
détaché du Royal des
VaHfeaux. 400 l.
Dupuis. ca pitaine dans Egmont.
500 l.
D¡;}loulinJ. cy-devant Lieutenant
colonel de cavalerie de
Narbonne. 400 l
Du Laurens, capitaine & Aide
Major de caval. de Livry. 500.
Des Raulins. Lieutenant de cavalerie
de Barentin 400 l.
Ducomballe. Lieutenant de Dragons
d'Hautefort. 400 t.
Efpinchal. Mettre de Camp de cavalerie.1000 l.
Fremgnt, Lieutenant colonel de
cavalerie d'Orléans. 600 l.
Fleche. Lieutenant colonel de
Grignan. 6oo l.
Frnoideiaue. rcaspita.ine de carabi- 500 1.
Fontaine. Mettre de camp reformé
de Cavalerie. 1000l.
Fouville. capitaine d'infanterie
de Languedoc. 400 l.
Fitou, capitaine dansCoësquin.
400 l.
Gramont. capitaine deDragons
de Languedoc. 400 1.
Giraut Lieutenant colonel de
cavalerie du Mayne. 600 l.
Gaya. Major de saint Sulpice.
400 1.
Gregoire. commandant le second
Bataillon de Charrost. 400l.
Guyon. capitaine reformé du
Chevalier de Bissy. 500 r:
Couppy. Lieutenant de cavalerie
de Vaillac. 300 L
Hunotfciti.Lieutenant colonel
de cavalerie estrangerede
Rozen. 600l.
Hugony capitaine ê, Aide Major
de Montemart. 400 l.
Hautefat. ca pita i ne d'infanterie
de Luxembourg. 400 L
Joly. Lieutenant colonel de
Dragons de la Reyne, outre
ses 600. livres de pen sion encore.
600 l.
Itier. Lieutenantcolonel de
Monmain cavalerie. 600 l.
Le Blanc. Major reformé de
Dragons dans le Dauphin.
500 l.
Lauret, Major de cavalerie de Bourgogne.a 5001.
Lépine. Lieutenantcolonel de
cavalerie du Roy. 600. l.
Lalande. Lieutenant colonel du
Colonel general de la cavalerie.
600. 1.
Laur. Capitaine de Cuirassiers.
500. l.
La Motte. Lieutenant colonel
de la cavalerie de Bar. 800. l.
La Tour. Lieutenantcolonel
de la cavalerie de Fourquevaux.
600 l.
La Normand?, commandant le
second Bataillonde S. Sulpi- ce. 400 1.
LaTourd'Auvergne. ca pitaine
de Limosin. 400. l.
La Grange. capitaine du Royal
Comtois. 400l.
Le lèvre, capitaine d'infanterie
d'Orléans. 400.1.
La Cdffayic. Major de Piémont.
400. l.
Lesele. ca pitaine du Royal d'infanterie.
400. 1.
Lam;ltte. capitaine & Aide jor d'infanterie ma- de Tourainc.
400. l.
La Caraintere. ca pitaine au second
Bataillon de Beauvoisis.
400.1.
Lagnier. capitaine d' Infanterie
à Luxembourg. 400. 1.
Laruetle. capitaine reformé de
cavalerie de Quintin. 500l.
Lariviere. commandant le second
Bataillon Lionnois.
4000. l.
Lamotte. lieutenant de cavalerie
de Dauriac. 400. h
Laroque. lieutenant des GrCI11
diers deLeuville.
-
300l.
Lanas, lieutenant dans Nettancourt.
300.l
Maiteville. lieutenant colonel.
decavalerie deViileroi. 600. l.
Maisontiers. l ieutenantcolone l
de cavalerie du Régimène
- deDauriac. 600. I.
tAoncby. lieutenant colonel de
cavalerie d'Anjou. 600.l.
Montreau. ca pitainereformé du
du Royal Piémont. 500.l.
Mnmi¡¡dn. ca pitaine de Grediers
à cheval. 400. I.
Montagu. capitaine des Grenadiers
de Coëtquin. 400.l.
Monmejan. commandant le second
Bataillon. de Noailles
400. l.
SJialavaK capitaine dans Soiffonnois.
400.l.
Moret. lieutenant de cavalerie
deBeringhen. 400. 1.
Mutry. capitaine reformé de cavalerie
de Conflans. 500. J.
Montignac. lieutenant colonel
de cavalerie d'Egmont. 600.l.
MonptaifirRedon. lieutenant des
Grenadiers de Beauce. 300 l.
Parfouru. capitaine reformé de
Dragons deSenneterre,outre
sa pension de 400. 1. encore
d'augmentation. 400. 1.
Praders. capitaine dans Vel,
xin, 400. l.
Pionsac de Chabannes. Commandant
le second Bataillon.
400.l.
Pontas, capitaine de Navarre
400. L
Provençal. lieutenant d'Infantie
deMortemart. 300. 1"
Quefaei. capitaine dans Vosge,
400.1.
Rodemak. Lieutenant colonel de
cavalerie de Choiseul, outre
les 600. livr. de pension qu'il
a déja. 400. 1.
Remondel. capitaine dans Mortmart.
400. 1.'
Rozieres.Lieutenant colonel reformé
de Dragons. 600. L
Saint Victou. Lieutenant colonel
d'A ubusson.600.l.
Saint Victor. Lieutenant colonel
de cavalerie de Vaillac. 600. 1j
Sainte Colombe, capitaine reformé
de cavalerie de Bourgo
gne. 500. 1.
Salandre. Major de cavalerie de
Toulouse. 500. 1,
Sainte-Croix. capitaine de cavalerie
deSchelledon. 500.l.
Santis. capitaine de Touraine.
1 : 400. l.
Saint-Esteve. capitaine d'Infanterie
Dauphin. 400.l.
Saint-Mauris. commandant le troisieme Bataillon du Royal.
300. 1.
Saint-Leon. lieutenant des Grenadiers
de Poitou. 200.l.
Villiers-le-Morbier. Major des
Dragons de la Reine, outre sa
pension de300.liv. 800. l.
J^illerviUe.lieutenant colonel
du Mettre de Camp general
des Dragons, 800. 1.
Vaucocourt. ca pitaine de Carabiniers.
500. L
VVaton. capitaine de cavalerie
deCourlandon. 400.l.
Valgrand. capitaine du Mestre
de Camp general de la cavalerie.
500. l.
Vautela. lieutenant colonel de
cavalerie de Quintin. 600. l.
Vau'{e/l. Major de cavalerie de
laValliere. 500. 1.
Verseil. ci-devant ca pitaine de
cavalerie Dauphin, à present
capitaine de Houssarts a 300.
livres de pension; & d'augmentation.
300.l.
Yaffan. capitaine des Grenadiers
de Charost. 400. l.
Valadon. Major de Mortemart.
400.'L
Varclery.capitaine d'infanterie
de la Reine. 400. I.
Vinotte. Lieutenant reformé de
Fourquevaux. 400. 1.
Veaux. capitaine dans Tessé.
40°. L
Quoy que ces deux Listes
contiennent les noms &les
qualitez de plus de six cent
soixante Chevaliers de Saine
L(-Iüisb le Roy ne s'est pas
seulement donné la peine de
la lire, mais Sa Majesté a
lûaussi, & examiné les rn.
moires de leurs services, &
& de leurs actions qui. rendoient
ces Liftes dix fois
plus amples que celles que
je viens de vous donnner.
S. M. a aussi examiné les mémoires
de plus de mille aittres
Officiers de distinction
qui afpiroient à l'honneur
d'estre nommez Chevaliers
de saint Louis, & quoy que
ce Prince n'ait pû les contenter
tous, il n'a pas laissé
de leur rendre justice, en
déclarant publiquement que
le nombre de ceux qui meritoient
la Croix de Saint
Louis e & à qui iln'avoit pû
la donner, égaloit du moins
le nombre de ceux qui venoient
'destre nommez Chevaliers
de cette Ordre; ce
qui leur donne lieu desperer
qu'ils rempliront les premieres
places vacantes, ce Prin.
ce s'estant donné la peine
malgré le travail continuel
que luy cause la situation
des affaires presentes de lire
avec attention les memoires
de leurs services, & de leurs
actions. Quel plaisir de servir
tous un si grand Monarque.
Eh sous quel autre
Prince
,
pourroit on se promettre
les avantages que
l'on trouve en le servant.
Ce qui suit fera voir que
le Roy ne repand pas ses
graces moins à propos sur
les Ecclesiastiques,que sur
les braves & qu'il n'est pas
moins bien instruit de la
pieté des uns que delavaleur
des autres.
Lettre d'un Capitaine du
Regiment de Carlux y
au Major du Regiment
de la Force.
, A Sarlat ce 5. Janvier 1703.
APrésl'éloge que je vous en tendisfaire
de l\.Ab~
bi de Chulne, lorsque nous
aprimes par laqatlle'il vc.
noit d'estrenommé à l' Evccbe de
Sarlat
,
je ne vous jurprendray
pas Aîr en vous écrivant les
merveilles quil'ont fait admt*er
depuis qu'ilest arrivedans fou
Diocese; elles ne laissent pas
neanmoins d'être desplussurprenantes
,
vous en jugerezpar ce
que je vais vous dire. Il n'y a
pas encore un mois qu'il efl dans
cette Ville, où nous avons h,,,,,
reusement nostrequartier, & la
face en paroict déja toute changét,
attirant tous les coeurs à
l,my dés le moment qu'il s'est montré,
ilsemble les avoirtousreu*
ms entre eux. On auroit de la
peine à dire si les anciens Catholiques
luy sont plus devouez que
les nouveaux. Il est constant du
moins qu'il y a déja tellement
gagnée ceux - 9 , que quatre on
cinq desprincipaux &qui
avoientpasâ les plus endurcis,
publient hautement qu'iln'a pal
ejie en leur pouvoir de se Jeffin.
dre contre la force de ses raisonnemens
, & les charmes de sa
conversation.%*Apitsquelques
conférences particulieres, ilssont
revenus à luy de leur propre
mouvement pour remettre des
livret heretiques, & luj donntrdes
nouvelles assurances de
la sincerité de leur changement, Japprens dans ce moment qttuu
de ceux làfondant en larmes invite
ses amis à prendre partà
lagrâce que le cielvient de luy
faire en les désillant surseserreurs
, par le Ministre du
nouveau Prélat Quelques Officiers
de nostreRegiment q'ù
avoient eu le malheur d'estre
éL'PeZ dans la Religionprotestrnte
ont donné des marques encore
plus éclatantes de leur conversion
; ils ont fait publiquement
leur premiere Communion
À la teste destreize compagnies
qui sont if] Cette Conqueste
vous paroist elle peu gbrieuse
pour celuy dont Dieu s'est
voulu servir pour la faire &
qu'est ce qui pourra luy résister
aprés ce coup d'ejjy
,
altfJi nj a
) tii
t'il pas home là ses premiers
soins. Il commença une mission
sur le milieu de l'Avent uniquement,
disoit il d'abord,enfaveur
de nos Soldats, mais nousavons
bien veu qu'il n'envouloit pas
moins aux Officiers qu'aux
Troupesqu'ils commandent,
aussi nous a t'ilconduits tous
également à son but il faut
avoir esté le témoin de ses pieuses
industries
, pour bien juger des
talens que Dieu luy a donnez
J
afin de ramener les gensà la bonne
voye. Il prenoit soin luy-t
même de rangernos Soldats datrs
l'Eglise CompagnieparCompagnie,
mettant aux deux exile-
Tllitt'{ de chaque rang des Ecclesiastiques
où des Religieux
pour men¡df/' le silence & l'Attention
des Troupes, &
pour les Cathechiser dans le
particulier
,
aprés l'exhortation
qu'il faisoit à toute l'assembléé
de dessus le degré de l'Autel. Il
a un don tout singulier de s'expliquer
aw dignitè é1 AVtC
force surtoutes choses sans préparation,
comme les plus habiles
pouroientlefaire aprésy avoir
bien pense. Il nous convainquoit
,
il nous touchoit, il nous
entrainoir, apres qwy ilfaisoit
monter en chaire le jesuite qui
Préchoit l'Avent dans sa Cathedrale
, & quiparloità peu
prissurlamême matiere:désqu'il
avoit achevé, le Prélat reprenoit
en peu de mots ce quivenoit
Ifestre dit; mais avec une autorité
& une onélion qui faisoient
sur les eqrits une impression touse
nouvelle. L'action finissoit par
line Prière pour le Roy
, & en
-
certains jours de la semaine par
la benedicton du Saint Sacrement.
Ilfaloit mettre des (jar..
des aux portes de l'Eglise pour
rieftre pas accablépar la foule
ilefivny 9 que le SpeÛacle estoit
tI!st nouveau de voir cinq ou
six cens Soldats aujji modesles
que des jeunes novices
5
pendant
plusieurs heures que duroit l'instruction..
Cet exercice continué
jusques à la derniere des Fejïes
de Noëly avoit disposéles Tros.
pes à la participation des Saints
Afipcrcs On commença donc
ce jour là les Confessions,personsonnene
s'en dlrpenfiJ mais
pour aller audevant des profaz
nations qu'on pouvoitcraindre,
lesage Prélat trouva à propos de
faire distribuer par les Confifol
feurs à leurs Penitens des billets
qu'ilsrepresenteroient en s"aproi *
chant de là sainteTable. Le
Dimanche juinjAnt noteApô
tre,carj'ay bien raisondel'ap
peler ainsi à nostre égard
,
ctie.
bra Pontificalemen; ,la Mt:/J:
, pendant laquelle tous le Régi,
ment communia avec des mar
ques de pieté &une modestie qui
jettoient dans l'admiration les
Corps de ville ajpmbu%, on
donnoit à chacun à mesurequ'il
allait Communier, un des Chape
lets que le Celebrant avoit benis
immédiatement avant la MfUe.
Pendant tout le temps de U
Communion, qui dura environ
une heure, le Prédicateur fie
dans la chaire les actes de &eli.
gion convenantes dont l'ajjemblcc
paroissoittouteattendrieaussibien
que de pieté du Prélat. 4 deux
heures apres midy, le Regiment
sans armes,comme le marin, se
rendit dans la même Eglise Paroissiale,
(y en sortit en Procession
pour aller à la Cathédrale dans
un ordre e avec une dévotion
que l'on ne remarque que dans
LeReligieux les plus,rcfËormeZ.
On voyoit marcher les Soldats
deux à deux teste nue
,
le chtpc
let à la main, lesyeux ba,iJ]t
a- dans un profondsilence, p'e
cedt'\, d'une partie de leurs Ossiciers,
& suivisde l'autre, au
milieud'unmonde defecéisieursi,
tant de la Ville que dela Campagne,
qui bordoient lesruës &
qui avaient bien de la peine à
retenir leurs larmes dans une
marche si nouvelleà desTroupes.
L4 piete du Prélat qu'on avoit
point njtu encore dans une pareille
ceremome nédifioit pas moins
le Public.Cetle belle journéese
termina par la Predication, 0k
l'on nous exhorta à la perseverance
,par des prieressolemnelles
pour le Roy, &par le Salut;
mais graces au Ciella dévotion
de nos Soldats ne finit pAS là ,
car depuis, ny nom ny les Bout*
geoisn'avons nulleplainte àfaire
de leur conduite, C ilssont des
plus assidus à tous les exercices
de Religion. Nous avons nJme
remarqué qu'ilsparoissoient
plus contcns de leur état, 0*
qu'ils témoignent plus d'ardeur
pour le service du Roy, aussi ne
dois je pas oublier que le Prélat
n'apasmanquéde lesyexhorter
tres souvent, & laveillemême
de la grande action il voulut bien
proposer au Prédicateut avant
qu'il descendit de Chaire, divers
cas dontlaresolution devoit tendre
à affermir lesTroupes dans
leur devoir,tant 4 l égard d»
Prince, que des Officiers,& dt4
Public. Par ces commencement,
vous ilagireziWr
,
de ce que l or*
asu jet d)attendre dans la [tint
d'un Evesque en qui Dieu a mis
tous lestalens necessaires pour
remplir dignement toutes lesson
ctions de l Apostolat, & de quel
avantageilseroit pour gens de
noslremétier detrouversouvent
dans nos quartiers, des Prelats
de ce caractere. J'ay crû que je
devois à celuy cy ces marques de
ma reconnoissance: elles font
bien foibles, je vous prie de vous
joindre à moy;&depublier
par tout qu'ilny a pas un Pre-
14t plus aimable dans le monde
, nyplusdignedes premieres places
de l'Eglise. Je fuis,Monsieur
vostre très humble &trèsobeis
serviteur.
On dit souvent que les
uns pleurent pendant que les
autres rient, & que la plus
grande joye est souvent trou.
blée par desavamuresimpreveues.
L'Article que vous
venez de lire, & celuy qui
fuit en fournissent des exemples.
Pendant que les Trou
pes qui sont en Garnison à
Sarlat, pleuroient leurs pechez,
les Dames de Caën
moins grandes pecheresses
, ouvroient le carnaval. Cin
quante des plus vives, & des
plus propres pour l'execution
du dessein qu'elles avoient
projeté,s'habillerent enAma.
zones, &armées d'épées,
de pistolets, &de demy-
Picques, & bien montées
ayant deux Trompettes &
deux paires de Timballes à
leurteste,s'assemblerent dans
la grande Place, & après en
avoir fait le tour elles défi
lerent en bon ordre,& ailerent
à Harnagc qui est à deux
lieues deCaën. Ellesfirent
mettre dans une tres belle
plaineune teste au bout d\tn
poreau ,
& la R"jne qui conduisoit
cette belle;", galante
,
& guerriere Troupe
,
& qui
a infiniement etdpf kj nom
mec Madame du Poscq,don
na à Madame Richardle
Prix qui avon este proposé,
& qu'elle avoit eu l'avantage
de remporter, On dîna
après la Course, & l'on remonta
enfuice à cheval La
marche fut troublée peu de
temps a prés par un différent
qui survint entre plusieursde
ces belles Cavalieres
, &
elles s'échaufferent tellement
qu'ily eutcinq coups
de Pistolet de tirez. La Rei.
ne qui estoit àlatestetours
na bride, fit separer les plus
obstinées, & leur fit mettre
pied à terre. Il se trouva une
de ces Dames blessée à la
main, une autre à la cuisse
,
& un cheval tué. Le
djfferend fut accommodé,les
belles querelleusess'embras
serenr. la marche continua,
&ces Damesrentrerentdans
la Ville en très- bon ordre.
Ellesen firent le tour, & se
rendirent dans la Place ou
elles firent leurs décharges ,
elle conduisirent ensuite la
Reine chez elle, & finirent,
en la remerciant, cette bril.
lance & sanglante journée.
Je croy que l'Air qui fuit ne
déplaira pas à ceux qui ai
ment la Musique.
AIR NOUVEAU.
f*Arie toy, bien Bumeur inji.
gne,
De te déclarer contre l'eau,
Sans elle on voit languir U vi
gne
:
l'on a pasde vin nouveau, -
.( élément sert en débauche,
ù. contreunvinfumeux il def,
fendlaraison.
on ne va pas de droiteàgauche,
ou Cabaret à la maison.
Une belle personne &
de qualité devant Quester
pour les pauvres le jour d'une
grande Feste dans une celez
bre Paroisse de Paris, un de
ses amis envoya à ce sujet le
Madrigal suivant à un Ma
gistrat de distinction qui des
voit s'y trouver.
A. M. D. M. D. R.
VOusestes tendre & charité
ble)
GarJtZ vous des appasd'une
Quefteufe aimable,
Dans un jour, dans un lieu,
confacrtZ au Seigneur,
Où le pauvre attend d'elle une
riche ressource,
Le seul amour divin doit estre
levainqueur.
Lamelle enveut à vostre bource,
Et n'en veut pas à vostre cceurs
Mr Boisot,Procureur Gene..
ral du Parlement de Besançon
à esté nomme par le
Roy à la Charge de premier
President, vacante par la
mort de Mr Jobelot. Mr
de Boisot est un Magistrat
d'une grande réputation &:
dont les lumieres & l'exacte
probité l'ont toujours fort
distingué dans ce Corps.
L'attachement qu'il a toû-
:
jours marqué pour la France,
dans les revolutions que la
guerre eau se,luy fit meriter
laconfiance de laCour. D'ail.
leurs l'estime dont l'honore
Mr le Cardinal d'Estrées, &
la liaison qu'il conferve avec
cette Eminencesuffisent,pour
prouver le merite de ce Magiftrac,
puisquece Cardinal
n'honore de (on eftimc & de
son amitié que ceux qui le
meritent par les qualitez de
leur cfprit & par la droiture
de leur cceur. M' de Boifoc
a plusieurs enfans dont laik
né est destiné aux premieres
Charges de la Magilirature,
M* l'Abbé de Bofot à present
au Seminaire de faine
Magloire qu'il édifie par là
pieté & par sa modestie, est
aussi Ion fils, il eut il y a
-
quelques années
,
l'Abbaye
du Monc Sainte Marie vacante
par la more de Mr
PAbbé de la Feuillée. M'
de Boilot a un Frere Pressi
dent au Parlement de Befaaçon
qui est regardé comme
un tres habileMagiflirat. Feu
M' l'AbbéBoifot,Abbéde
faine Vincent de Besançon
estoit aussi son Frere. Il
estoit fort connu dans la Ré.
publique des Lettres; il travailloit
quand il mourut à
l'Histoire du Cardinal de
Granvelle, sur lequel il avoit
de tres bons Mémoires. Il
est fâcheux que lesSçavans
soient privez de toutes les
productions de son efprir.
Il nous reste de luy quelques
lettres écrites à feu Mr Pellisson
de l'Academie Françoise
, en forme de Relation
sur une grotte merveilleuse
de Franch.Comte, La Famille
de Meilleurs Bvifot est
ancienne dans la Franche
Comté ellea donné pliffieurs
Magistrats & plusieurs Officiers
de valeur à ses Princes.
On a toujours remarqué
qu'un rare desinteressement
a fait le caractere de ceux de
cette Maison:on en fera perfuadé
lorsqu'on sçaura de
quelle maniere Mr de, Boisot
a eu la nouvelle dignité dont
il vient d'êtrerevêtu& dont
tout le monde le juge si digne.
Il a environ soixante
cinq ans: âge qui marquela
macuriré de son esprit t &
l'experience qu'il est si necesfaire
d'avoir dans un poste
aussi important que celuy
où il vient d'estre elevé.
En vous parlant le mois
paffé de la mort-de Mr Jobelot,
premier President au Parlement
de Besançon
,
donc
Mr Boifot a esté nommé
pour remplir la place; je devois
ajouter que ce défunt
premier President avoit plusieurs
freres,dont l'uneestoit
établi à Gréz : c'estoit un
homme d'un grand mérite &
fort confideré par la noblesse
de la Province. Feu Mr Jobelot
avoit un autre frere
Grand Vicaire de Besançon.
Employ qu'il exerce depuis
plusieurs années avec un applaudissement
général. Le
défunt avoit plusieurs neveux
collateraux dans le Parlement.
Il perdit sa femme ily
a quelques années. Elle estoit
de la Maison de Saint Mauris
Fallerans. une des plus anciennes
de la Province. Il
n'en a point eu des enfans.
Cette Dame estoit soeur de
Mr de Chatonas qui avoit
épouséMessire N de Dois
rans, C hevalier S' de Cha!onas,
frere de feu Mr le Comte
de Bona,mort en Suisse, ac
de Dame Loüise de Dortans.
veuve en premieres noces de
Mr de Leez
t
Gentilhomme
du Bugey,& en secondes de
Mr de Tricaud, Lieutenant
general du Bugey. Une des
filles de Madame deChatonas
,mariée à un Gentilhomme
de Franche-Comté
a eu des legs considerables
de ses deux Tantes; l'une
paternelle, l'autre maternelle,&
de Madame Louise de
Dortans, Dame des Marches,
veuve deMr de Tricaud &de
Madame la première Presidente
Jobelot.
Il y a des Articles dont on
ne peut trop parler, à causè
des bonseffets qu'ils peuvent
produire,& celuy de feu Mr kochwboikt
,
Curé de Saint
, Vincent
Vincent du Mans estantde
ce nombre
5
je me trouve
d'autant plus obligé de vous
en parler une seconde fois
qu'il y avoit quelques faits
dansle premier memoire qui
ne se trouvent pas veritables.
Je vous envoyé ce que j'ay
reçu depuis,que vous trou
verez tres bien écrit, & très
édifiant.
Feu MrRocheboûet estoitsoûtenu,
de la grace fins qu'an homme eu
dinaire, on n'en peut disconvenir :
mais ilfaudroit qu'il en eust effectivement
VeeN)j'il n'avait mangé
qu'en huit jours une fois
, & cela
depuis huitàneufans. Cette austerité
ne trouveroit gueres d'exemples,
&-je doute quellefujlpojjîble,sans
un secours ftrnaturet. Quoy quîil en
soit, feu. JvLî Rocheboüet estoit homme
L'élévationdeson esprit, la
fermeté de son coeur ,
la droiture de
sa raison ,
l'aneantissement où il
az;,oit réduitses sens,n'avoient à la
vérité rien d'humain; mais on luy
voyoit un corps, &s'il n'en avoit
nullespassions, il ensentait les befoins.
Comme il ne vouloitprécisementquevivre,
nos repasreglezluy
parurent bientostun desordre d'habitude.
il s'accoutuma peu à peu à
rienfaire qu'un en vingt-quatre
heures, & enfin en deux jours. Ce
n'estoit pas aA7,. Ennemi déclaré
de ce qui estoit recherché, ou de ce
qui pouvoit leflatter, ilbannit de
sa table les mets lespluspermis, Ba
painquelquefois mêlédefruits oude
racines & de l'eau chaude en faifiient
toutes les delices. Ne traye,
pas que cette austerité le renditfarouche.
Jamaisilnefutplusguay
& plus content, &sa joye auroit
esté parfaitesisa maniere de vivre
n'avait estéfçuë que de son imitateur
Mr du Guast & luy. Mais qu'il est
difficile de cacher une vertu extraordinaire.
Elle éclata maigre luy>
ses
*
amis t'apprirent, & non sans
craintepoursa vie qu'il ménageoit
si peu. Ils ne le menaient pas
moins que d'une mort prochaine &
une assemblée degens de merite qui sefaitsouventchezun illustre Abbé,
dont il avoit la confiance & l'estime,
quittaplus d'unefoisses occupations
pour le prier deseconserver
aelle, Ilseseroitrendu ,sans doute,
àses avis, s'il n'avait consulté que
les hommes, mais s'il estoitdoux &
facile, ce n'estoitpas pour lu.!;& il
craignoit bien moins la mort que
le relâchement de son zele ou deses
jeûnes, Au.ffi nefinirent-ils qu'avec
sa vie.Ila quelquefois mieuxmange
que chezluy
, mais jamais plus
souvent qu'ilsel'estoit prescrit depuis
quelques années. C'est à tort
qu'on le méne dans un boisyfaire
penitence de deux ou trois repas,
oùilavoit
)
dit-on, interessé
sa fanté & sa devotion. En..
icolrsi on n'avoit, dit quesasanté ) n'estpassurprenantqu'un estomac
accoûtumé aiè pain seulement ne le
soitpas avec des mets d'unfestin ;
mais on ajoûte, sa devotion. Loin
qt/tin repas aitpu la ternir, elle
nefera pas ébranlée des coups decet
officieuxHistorien, &on diratoujours
de feu Mr Rochehoüet qu'il
estoit le modele d'une pieté solide
,
d'une charitéparfaite, d'un amour
sincere pour lespauvres, d'unentier
desinteressement, enfin d'un vray
renoncement de foy.niéme.
j'aurois dû vous parler dés
le mois passé des articles suivans
; mais le trop de matière
m'obligea de les reserver
pour celuy cy.
M' de Ramsay
,
Gentilhomme
de la Province de
Poitou & l'un des plus zelez
pour la nouvelle Religion
est mort dans son Chateau
de Claeau après avoir abjuré
ses anciennes erreurs, & reÇû
les Sacremens de l'Eglise;
avec coures lesmarques d'uneveritable
t & sincere con.
version. M' du Chastelier
Curé de saint Laurent , de la
Salle au Diocese de la Rochelle
a fait une Elegie sur
cette mort, toute remplie
d'erudiction
,
&- d'unesainte
onction. Cet Ecclesiastique
a autant de Pieté que de
sçavoir, & d'amour pour les
belles lettres. Je vous aurois
fait part de son Ouvrage,s'il
n'estoit point trop long, &
si je n'estois pas obligéde
reserver pour le mois prochain
plusieurs articlesHistoriques
qui doivent estre
préférez aux Ouvrages d'esprit.
Mr Emery, Conseiller à
la Cour des Aides est aussi
decedé, il estoit sort âgé
sur la fin de ses jours:ilestoit
devenu aveugle. Il avoit
fait paroistre une grande soumission
aux ordres de Dieu
dans un accident de cette
nature qui prive presque de
toute consolation, ceux qui
en font affligez. Mr Emery
estoit fils de feu MrEmery
aussi Conseiller à la Cour
des Aides, oùil avoit acquis
une grande estime par sa
probité, par sa sufifance
,
&
par les lumicres que son travail
luy avoit saic acquerir
dans les fonctions de sa
Charge. Mr Émery laisse
les biens qui font foie considerables
à MrEmery son
Neveu, Conseiller au Parlement.
Il y a eu de cette
Famille des hommes de
lettres qui l'ont renduë sort
recommandable.UnSebastien
Emery dans le quinzié.
me Siecl fut un célé bre
Avocatdu Parlement de Paris.
Il se distingua par son
attachement à la bonne
cause. Il ne voulut jamais
se charger, lors du différent
dela Duchessed'Angoulêrne
avec le Connétable de Bourbon
, des interests de cette
Princesse, & il fit même une
Satyre sanglante, contre
Poyet, qui fut depuis Chancelier
de France, parce que
dans cette occasion il avoit
lâchement encensé à la fortune
: cette piece fit beau.
coup de bruit&causamême
la disgrace de l'Aureur
qui eut ordre de sortir de la
Cour. Il se retira dans le
Bourbonnois, & dechagrin
de ne pouvoir plus retourner
à laCour, il entra en
effet dans l'Ordre: de Saint
François,d'ou il sortit ensuite
par le désirdune plus grande
réforme pour entrer dans
celuy des Chartreux, dont
on le voulut faire General
quelques annéesaprès : mais
la resistance qu'il fit futsi
grande qu'on fut obligé de
lelaisser dans sacellu le, dont
il se fit une regle inviolable
de ne jamais rompre la solitude
par la Communication
avec les seculiers.
Vous avez entendu parler
d'un combat qui se donna,
il y a quelque temps, sur la
code de Portugal entre deux
Fregates Angloises & un
Vaisseau Marchand,nomme
la Ville de Saint Malo Je
vous en envoye une Relation
faite par M' Heurtault de la
Villemorin, jeune Officier
qui n'a pas moins d'esprit &
de politesse que de va leur,
vous enjugerez parla manie.
re dont il décrit ce Combat
dans la lettre suivante adref
fée à un de ses amis.
A Cadix le 12. Novembre 1702,
JjE ne croyoispas,Monsieur, la derniere fois queje vous écrivis
de Cadix que vous dujjiet^ recevoir
encore une lettre de moy dattée de
la mesmeville. Nous estions par*
iis Dimanche dernier 5. decemois,
avecun ventaffeï^favorable, dans
la résolution d'di/eT à eigo, ne
scachant pas encore l'accident, qui
y est arrivé. Nous ne doutions
pas que nostre voyage ne fut heureux,
& que nous ne profitassions
beaucoup de l'arrivée de la Flotte
d'Espagne, Nous nousslations de
cette espe-rancc, lors qui'estant fut
les costesd'Algarve, Province du
Royaume de Portugal, nous apperceumes
le 6. sur les onze heures
du soir, deux Vaisseaux qui nom
parurent plus forts que nottsi
Nous résolumes de gagner la terre
pendant la nuit; le calme nous en
erMpîcba.I.esdeuxP^aijfeaux,qui
nedoutèrent pas que nous ne prissionsceparty,
nous previnrent, &
se trouvèrentà la pointe du jour
entreSacre & le Cap Saint Vincent.
Ces deux Vaisseaux dont
l'un estoit de cinquante pieces de
Canon &l'autre de trente six
estoient Anglois, nodreVaïjjçau
déficit que de trente Canons &
de cent hommes d'équipage. Amsi
voyant que nos forces essaient fort
inegaies à celles des Ennemis
>
MC/.J:
tâchames à nous retirer sous la
Yorterejfe de Sacre dans ¡'e.lperlIce
d'y trouver un azile ; mais les Angloss
ne nous en donnèrent pas le
temps, ils vinrentfondre sur nous
à toutes voiles, <& nous firent une
furieuse décharge de toute leur
Mousqueterie, & de tout leur Canon,
Nous les receumes en braves
gens, &ilsfurentsisurpris de
nostre manoeuvre qu'ilsse retirerent
unpeu, voyantbien que nous n'estions
pas dhumeur de nous rendre
sans Combat. Après avoir concerte
de quelle maniere ils nous attaqueroient,
ils revinrent à la charge
, résolus de nous enlever. Ils
nous canonnerent vigoureusement
pendantplus de trois heures & demie
, &- cette canonnade ne finit
qt/à dix heures ff demie du ma
tin : nos masts & nos voiles en
souffrirent, &nous eûmes quelques
manoeuvres coupées; mais nous
n'eumesqu'unseul homme legere.
ment bîejjé, qui fut lejeune Trequintin,
brave Officier. Vne résistance
si opiniastre déconcerta les
Anglois ; ils prirent le large &
coururent une bordée au vent de la
Forteresse de Sacre. Nous crûmes
qu'ils estoient contens de nous , &
qu'ils ne revienderoient pas, nous
nous trompâmes, ils ne s'éloignerent
que pour tenir Conseil d"" pour
mieux concerter leur attaque.
Le petit Vaisseau sur lequel ily
avoitquelques compagnies de Troupes
réglées, eut ordre d'en venir h
l'abordage&de nous enlever,pendant
quelegrandVaisseau le soutiendrait
de tout son canon. ils
y'approchèrent de nous dans cette
âi/pojttion. Comme la pluspart de
nos Officiels & de nos Matelots
s'estoient accoutumezaufeu dans la
derniere guerre, ilsne furent point
effrayezdelarésolution des Anglois
Mr de la Chesnais-Gardin jfioftre
Capitainest monter toutson monde
sur le Pont, & nous nousy tinfmes
à découvert, pour mieux recevoir
les Ennemis. Une contenance
sifiere tint lesAnglois dans le respect.
LepetitVaisseau nous accrocha;
mais aucun de ceuxqui
estoient dessus n'osasauter dans nostre
Vaisseau.Nouscombatimes
bordàbord avecunefureur que je.
ne puis vous exprimer, nous chargions
a bout portant, jamais feu
n'd estényplus vifny plus terrible
Canons, Moufquetadts ,
Grenus
des, toutportoit. Le gros Vaijjeau
rangeant fort camarade & criant
Vive le Roy, vint nous prendre
par Pavant de nostre Vaij]eau,il
fitsur nous de terribles décharges de
son canon &de sa Mousqueterie.
Nos gens firentface de ce costé la 6 luy répondirent le mieux qu'ils
purent. Nous fûmes expo(e à
cette terrible tempeste, pendant une
heure & demie que dura ce dernier
combat. Comme ils virent que leurs
Ponts se remplissoient de morts &
de blessez,ils se rebuterent de nostre
opiniatreté&ne songerent plus
qu'à se retirer, ce qu'ilsfirent en
nous tirant deux volées de canon
par derriere. Ils prirent la route
de Lisbonne ,& nous etlie de Cddix
où nous arrivantes hier jori
maltraitez comme ve11* lr po..¡¡'r.
juger, aprés unsirudecombat.
Nous avons eu dixhommes tuer,
& vingt cinq h!e/Je'{. Tous nos officielssesont
diflingue""dans cette
action, qui a estè des plus chaudes.
De huit que nous éstions
,
il n'y a
eu que Mr de la Chesnais-Gardin,
nostre Capitaine, Mr de la Canardiere
& moy qui n'ayons pas
tjîê bIelle, tous les autres ont esté
tuez ou blejfcx^ Le Pré-Thinois
& la Vicairie sont du nombre des
premiers. Celuy qui est leplus dangereusementblesséest
le Chevalier
de la Vicomté. Il areceuuncoup
de fusil dans les reins, il a esté atteint
d'un icLtS de grenade à la
cuisse
, un autre èci>atluy a coupé
le pouce de la main gauche, & un
bouler de canon luy a [rz(é le ventre
& hy afait unegrosse contusion.
La perte dece Gentilhomme nousseroitfortsensiblecarc'est
un tres brave
homme &un bon Officier. Nous
venons Rapprendre que le petit
Vaisseau à eu quatre vingts hommes
tuezsur son bord & vingt
bleffe\% Nous ne sçavons pas ce
que le grand a perdu, nous allons
reparernos pertes &nous remettre
en mer le plustost que nouspourrons.
Jefuis &c.
Je vous ay mandé la maniere
avec laquelle les Religieux
de l'Abbaye de Saint
Victor avoient reçu le Roy
d'Espagne, quand il
,
passa à
Marseille, & la satisfaction
qu'avoit témoigné ce Prince
d'avoir visité cette illustre
„
Maison, mais comme je n'eus
pasle temps de vous en parler
fort au long,vousne Ce".
rez peut estre pas fâchée d'apprendre
plusieurs particularitez
remarquables qui regardent
sa fondation.:
Son antiquité remonte jusqu'aux
premieres années du
Christianisme;ce futCassien
qui en jetta le premiers fondemens
à son arrivéedeConstaminople
à Marseille, où il
fonda deux Monasteres, l'un
d'hommes, quiest à present
cette Abbaye; & l'autre de
Filles qui subsiste encore aujourd'huy
à Marseille. Le premier
fut d'abord peuplé dune
infinité de Saints Personnages
qui se soûmirent avec
zele à cet saint Instituteur,
& qui selon un Historien fidele,
se trouva peu de temps
aprés Pere de cinq mille Religieux.
La regle de Cassien y fut
observée jusqu'a prés la mort
de Saint Benoist qu'on suivit
celle de ce dernier avec une
regularité, &une pietéexemplaires,
mais en l'année 1599,
les Religieux de cet Ordre
ayant demandé à estre miti
gez. Jules III. leur accorda
une Bulle de mitigation telle
qu'ils la souhaiterent pour
leur conduite,qui i
est
celle qu'on o bferve encore
aujourd'huy fous l'Ordre de
Saint Benoist. Cette Bulle
fixa le nombre des Religieux
de ce Convent à quarante.,
en y comprenant l'Abbé.
Ilsavoientlaliberté dedisposer
pendant leur vie de leur
revenu,& même de se choisir
des successeurs par resignation.
,; ï*
On voit encore danscette
Abbaye,comme je vous ay
déja dit deux Eglises
,
l'une
superieure,& l'autre insérieure
; elles furent consacrées
par Saint Léon l. élu Pape l'an
440. Ce grand Pontiseconsacra
la superieure fous le titre
de Saint Pierre & Saint
Paul. Elle fut appellée Bajîlica
Apostolorium Petri !rPa.li, &
l'inferieure fut dediée à l.
Saint Vierge gsr à Saint Jean
Baptiftt. Les,Reliques de l'Illustre
Martin Saint Victor,
que l'on conserve dans cette
Abbaye, l'ont faite appeller
communément dans la suite
des fempï, l'Abbaje Saint
Victor. Elle a toujoursesté
rempliedes sujets d'uneéminente
vertu, puisqu'elle a
donné deux Pa pes & des Cardinaux
àl'Eglise, & un grand
nombre dEvêques à divers
Dioceses.
Le Pape Urbain V. estoit
Religieux de cette Abbaye,
& il en estoit Abbé lorsqu'il
fut élevé au Pontifica?.C'est
luy qui a achevéd'embellir
cette maison de h maniere
qu'on la voit à present, tout
revêtue de pierre de taille
ornée de plusieurs belles,
Toi:ri
Tours quarrées d'une gros.
feur & d'une élevation extraordinaire
, ce même Pape,
qui mourut à Avignon,vou
lut yestre enterré. Il est inhumé
à costé du MaistreAutel,
où quantité de lampes
brûlent continuellement.
Tout le monde convient
qu'il n'y apas en France d'Abaye
plus ancienne ny plus
celebre
, oy qui ait plus
d'exemption
, ny de plus
beaux privileges. Leon X. la
fournit immédiatement à
l'Eglise Romaine, comme
aussi toutes les Maisons
1
Prieurez, Offices, Benefices
réguliers tant d'hommes que
de femmes, qui en dépendant,
designa les bornes du
districtdel'Abbaye, dans lequel
l'Abbé pourroit exercer
sa jurisdiction conformement
à la Bullede 1368. par
laquelle il soumet à l'Abbé
& à l'Abbaye Saint Victor,
les Eglises & les Habitans de
ce district, & les tira de la
jurisdiction de l'Eglise de
Marseille. Illaisse encore la
libertéà l'Abbé& au Monastere
de faire c hoix de tels
Evêques qu'ils oudroient
pour faire dans l'Abbaye &
dans les lieuxdesa dépendance
, ce qui estoit du Ministeredel'Evêque.
Tous ces
beaux privileges ontestéconfirmez
paruneinfinité de
Bulles qu'on garde avec foin
dans cette Abbaye,
Parmi ce nombre de qua
rance Religieux il y a quinze
Dignitez qui peuvent estre
resignées. Elles ont des revenus
considerables, parce
qu'il y a des Prieurez qui y
font attachez; celle d'Aumôniers
qui est la sécondé ;
a dix mille livres de revenu. -
Il y a enfuice vingt-quatre
places Monachales qui ne
peuvent pas estre resignées
&dont la nominationappar-,
tient à l'Abbé. Leur revenu
est moindre que celuy des
Dignitez.
La Manse Capitulaire a
aussi de grands revenus à
cause de laquantitéde Prieurez
qui y font attachez L'union
en fut confirmée par
Sixte IV. en 1479,
Parmi une quantité de Reliques
que l'onconserve dans
le riche tresor de cette Ab.
baye, la Croix de Saint André
est une des plus remarquables.
Ce fut par les liberalitez
de Messire N deJarente
la Bruyere,Camerier
de cette Maison,quelle fust
revêtue dun ouvrage d'or sévrerie
dontilavoitluy même
apporté le dessein d'Italie,
& quiest si finidans son genre,
que Sa Matefié Catholique
n'a pus'empêcher de la
loüer. Cet illustre Abbé estoit
fort estimé en Cour de Rome,
oùilest mort nomméau
Gouvernemenc de Lorette.
& regretté de tous les gens
qui l'ont connu, 8; sur tout
des Cardinaux Altieri & Je
Janson, ausquels il estoit extrêmement
arraché. Sasolide
pieté, sa profonde erudition
& son merice personnelluy
avoient attiré Teftime d'une
Cour où l'on sçait que fouvent
les plus habiles trouvent
leur écüeil Les grandes
occupations où il avoit esté
engagé durant sa vie, l'ayant
empêché de perfectionner
son projet, il laissa sa vaisselle
d'argent pour estre employée
à finir l'ouvrage qu'il
avoit commence, & c'est i
Messire George d'Emery son
Ami & ion Successeur a la
dignité de Camerier, qui est
une des premières & des plus
considerables de l'Abbaye,
qu'on en doit l'accomplissement,
pour la perfection duquel
iln'a épargné ny ses
foins ny son argent ;il y a
même ajouté des embellissemens
du fonds de sonimagination,
fertile dansces fortes
dematieres. Cet Ecclesiastique
outre les belles qualitez
qu'il poOEedeJaun goust par-
@ ticulier pour ces fortes d'où- r
vrages,il fait éclater son genie
danstout ce qu'il entreprend
; on l'a vû s'acquitter
toujours dignement de toutes
les fonction pour lesquelles
son Chapitre l'a nommé.
Il est même à present un des
Grands Vicaires de Mr l'Evèque
de Marseille ; preuve
certaine de son merite, &
Inefm de celuy de tous les
Grands Vicaires. Sa Majesté
choisissant depuis un tem ps
parmy ces Messieurs la plus
grande partie des sujet s qu'elle
éleve sur le Trône Sacer.
dotal. Ainsi quand je vous
ay mandé que ce dessunt
Camerier avoit donné sa vaisselled'argent
en entrant dans
l'Abbaye; je nesçavois pas
encore qu'ils eussent du bien
à disposer, ny de la maniere
qu'ilsviventaujourdhui.
J'oubliois de vous dire que
cette Abbaye estans fort distinguée
par tout ce que je
viens de vous apprendre. Elle
n'est donnéeaussiqu'à des
Princes, ou à des personnes
d'un merite & d'unenaissance
distinguée. Les derniers
qui l'ont possedée dans le
siecledernier, sont
; An
toine de Bour bon, fils naturel
d'Henry IV. Louis Cardi.
nal de la Vallette, Alphonse
Louis du Plessis de Richelieu,
Cardinal de Lyon, le Cardinal
Mazarin ; Monsieur le
Grand Prieur de France en
est le dernierAbbé. ,'. n
Je vous tiens parole&
vous allez voir ce qui manque
au Journal que je vous
ay envoyédu passage du Roy
d'Espagne par la France.
Les Con su ls & Affelfeurs
de la ville d'Avignon, députerent
Mr le Marquis du Castelet
pour aller faire compliment
à Sa Majesté Catholi
que ,
àMarseille & pour
presenter à ce Prince une
lettre de leur part. Voicy
la réponse de ce Monarque
quia esté traduite de l'Espa.
gnol.
LE ROY.
Consuls & Assesseurs de
la ville d'Avignon,j'ay veu
avec plaisirlestémoignages
de vostre affection que m'a
donnez en vostre nom le
Marquis du Castelet, vostre
premier Consul, à l'occasion
de mon passage pour retour
ner en Espagne, par la Provence.
Etcomme vous me
donnez les mêmes édTurances
dans la lettre qu'ilm'a rendue
de vostre part, j'ay voulu
vous assurer de la reconnoissance
quej'en ay, & que
je souhaite de vous donner
des marques de ma bienveillance.
De Marseille ce
28. Novembre 1703 LEROY.
Ce Monarque n'ayant
point voulu qu'on luy sist
d'entrée dans toutes les Villes
de France, où il a passé,
n'y a point esté harangué
suivant IJufàge qui s'observe
lorsqu'un Souverain passe incognito
dansl'Etat d'un autre
Souverain: cependant
comme le zele des François
est grand pour Sa Majesté
Catholique
,
& que les &cz
tions de ce Prince fournissoient
une ample & belle
mateire à ceux qui auroient
esté chargez de ce soin, plusieurs
n'ont pas laissé de la
mettre un oeuvre pour leur
propre satisfadion.Mrl'Ab.
bé Viany
,
Prieur de Saint
Jean ,a estéde ce nombreJ&
s'il ne luy fut pas permis de
prononcer son discours devant
leRoyd'Espagne,ileut
du moins l'avantage de leluy
présenter lorsqu'il reçut ce
Prince dans l'Eglise de Saint
Jean. En voicy une copie.
HARANGUE
AU ROY D'ESPAGNE,
Par Mr l'AbbéVIANY,
Prieur de S. Jean d'Aix.
SACRE'E
MAJESTE,
Il ne manquoit au bonheur de
l'Ordre de S.Jean deJerusalem en
France, que devoir dans cette Eglise
un Roy d'Espagne plus brillant
par cet amas de vertus, qui fait
l'admiration de tout l'Univers, que
par les nombreux Diadèmes dontle
Ciel a couronnéson auguste Teste.
Nous avons vû, Sacrée Majesté,
les Serenissimes Ducs de Bourgogne
&de Berry, vos illustres Freres
, au pieddeses Autels; ilsy ont
observé ces Monumens de la memoire
de vos illustresAncestres nos
anciens Comtes de Provence, Fondateurs
de cesaint Edifice. C'estpar
eux que cette belleProvince estvenue
au premier Duc d'Anjou Frere
de Saint Louis. Ce Prince peu
content de ce partagey ajoûta les
Royaumes de Isfaples C7- de Sicile:
mais ce miracle d'j la réunion d' ees
deux Royaumes à la Royale Maison
de France, avec toute la vasse
Monarchie d*Espagne estoitreservé
à un troisiéme Duc d'Anjou, petit-
Fils de Louis le Grand.
Le droit du Sang a produit cette
surprenante révolution; mais elle ne
doitsasubstance qu'à,vostresagesse
qui l'anime, & qu'à vostre valeur
qui lasoûtient.
Que toute l'Europe jalouse de ce
prodige, couvre les Campagnes de
ses Armées & toutes les Mers de
sesVaisseaux.Que tant de Potentats
employent tout ce que leur puis
sance& leurpassionréünies font capables
d'entreprendre pour ébranler
vos Couronnes, & pour attaquer
vostrePersonnesacrée
,
l'Ange tutelaire
d'Espagne, qui vous mene
comme par la main, renversera toujours
leurs projets
,
dissiperapartout
leurs Armées,&faisantéclater
leurs noirs desseins,jie leur en laissera:
que la honte pour lesconfondre, gS
à PropreMayfiè lagloire de leur
pardonner,
Cremone prise & reprise au même
moment;la conspiration de Naples
découverteeétouffée en mêmetemps;
le Blocus de Mantouelevé; Crostollo
rougie du fang des Ennemis; la
ViBotte de Luzzarra 5 la réduction
de cette Place, & de tant d'autres)
,en sont les presages assurez.
Heureuse dessinée pour la France,
mais plus heureuse pour cette Province,
degoûter les delices deposseder
quelque temps un Prince quia
merité que deux Mondes l'ayent
presque enlevé de l'augujqe Sein de
Louis le Grand, pour le faire regner
& triompher tout ensemble.
Que vostre valeur nous permette
de vousfaire ressouvenir qu'estantné
pour faire fleurir deux pm[Jantes
Nations,Vostre Majesténedoitpas
s'exposer aux affreux périls quela
fhtsJanglanteguerre ouvre fifoiiventàvostrevaleur,
quiafçu fart
de tromperl'attention de vos Généraux
d- de vostre Garde occupée,
mais inutilement ,à empèchtrque
VostreSacrée Personnenesetrouvast
aucentre du danger.
Le plaisir de regner tranquillement
au milieu d'une Cour n'apu
amollir par ses charmes le sang
génereux &guerrier de Bourbon.
LtEurope &l'Afrique vous ont vît,
passer & repasser les Mers sans
craindreses écüeils & ses tempestes
3 & courir rapidement d'un Royaume
à Vautre, pour conserver par vos
Victoires un Sceptre que vos ennemis
tentent en vain de brifer.
Les Rois vos devanciers laissoientseulement
au Soleil le soin
d'éclairer sans cesse leur vaste
Empire5 mais au/Ii ardent &
auf/i vigilant que cet Astre
, vous
nedemande, Monarqueinfatigable
) aucun repos dans vostreactivité.
, C'est pourtant ce repos que vos
Royaumes désirentpour affermir leur
honheur;ils vous demandent ce glorieux
repos auprès d'une grande &
illustre Reine , qui vous a voulu,
fuivte au travers les Mers, comme
uneautreMarguerite de Provence,
épouse de Saint Louis; vos Peuples
esperent deson heureuseseconditéleur
fclijiéparfiitc..
Sicettepieuse Reine a levécontinuellement
les mains au Ciel
quand 3 VOTK eftiez^à la teste dcsAr.
méeJJ elle vient à son tour de manifester
à presquetoutes les forces du
Nordrassembléespourassiegervostre
Trône, qu'elle y regnoit avec le
genie & le coeur heroique de Votre
Majesté.
Q'ejïao.ffî ce qui asuffipourobliger
ces puissans ennemis de se montrer
& de disparoistre presque en
même temps, & de laisser la gloire
immortelle à cette digne Reine d'être
sortis de leurs terres pour estre plutost
les témoins de lafermeté deson ame,
que les conquerans des Qofies de
l'Espagne.
Cette courageuse Reine n'a t-elle
pas encoreoffert,avecunegenerosité
invincible au zele de vos Sujets le
secours desespierreries,pour aider
elle-même àdissipercette Ttoupe
heretique, à l'exemplede Beatrix
de Provence, dontvous tlefcy le
Tombeau
,
lors de la conqueste de
Isfaples.
Nousl'avonsvuë, nousl'avons
admirée, Grand Roy
, cette magnanime
& genereuse Epouse, que
les graces ontformée) que vostregénie
conduit, & que vostre. valeut.
accompagne ; ellevoulut bien recevoir
de nos mains une portion deS
plussaintesReliques de l'Eglisede
Malthe) & les conserver comme un
augure deson heureux voyage.
Fasse le Ciel, que Vostre Majesté
joüisse longuement, avec cette illustre
Princesse, de toutes les Benedictions
du Sacrement qui vous aunis, &
qu'aprèsavirachevè d'abattre vos
ennemis ,sous le nombre de vos Victoires
, ils nese relevent que pour
recevoir de vostre triomphante main
la Paix, ce digne fruit de vos
grands &heroïques Travaux.
MI'l'Abbe Viany est le
mesme qui haranguaavec
un très grand succez
,
Messeigneurs
les Ducs de Bourgogne
&de Berry, ainsi que
vous avez vu dans ma Lettre
du mois de May 1701. & qui
a donné des Pseaumes allégoriques,
& plusieursautres
ouvrages inferez dans mes
Lertres. »;
Je passe à l'arrivée du Roy
d'Espagne dans la Ville de
Narbonne, dontje ne vous
ay encore rien dit. Ce Prince
y cintra,le neuviéme du mois
de Décembre dernier à onze
heures du matin. On ne luy
fit point d'entrée pour obéir
aux ordres positifs & reïrerez,
de lerecevoir sansaucune ceremonie.
Les ruës par lesquellesce
Prince passa étoient
toutes rem plies non seulement
de tous les Habitans
de laVille,mais aussi de [ou. telaNoblesse,&detout le
Peuple des environs. Sa MajestéCatholique
alla en arrivant
au Palais Archiepiscopal
qui luy avoir esté préparé
pour (on logement. Ce Palais
estoitornédes plus riches
meubles de Mr le Cardinal
de Bonzi
,
Archevesque de
Narbonne. Sa Majesté Catholique
dîna en public pour
satisfaire à l'empressement
d'un monde entier, s'il m'est
permis de parlerainsi
,
qui
souhaitoit de lavoir. Sa Majesté
estant sortie de table
Mr de la , Fon qui a fait une
étude particuliere de tout ce
qui regarde l'Antiquité&
qil la connoist parfaitement
» luy
luy presenta un Manuscrit
très-curieux des Antiquitez
deNarbonne, avec pluficurs
anciennes Inscriptions, Pieces
antiques,& refies de la
grandeur, Romaine
,
qu'il
avoit ramassées & dessinées.
SaMajesté Catholiquequise
plaist extrêmement à la le£tu2
re de tous les ouvrages des
Sçavans prefera tous les
plaisirs qu'elleauroit pû prendre
pendant le reste de l'apresdinée
à la lecture de ce
Livre, dont elle examina les
desseins avec toute l'attention
d'un parfait Connoisseur,
de manière que le jourcommença
à baisser
,
lorsque Sa
Majesté
,
suivant ce qu'elle
avoit resolu d'abord, voulut
1 de scendre dans le jardin
pour y voir un antique &
magnifique tombeau de marbre
blanc qui y avoic esté
transporté depuis long temps
avec une ancienne niche Jaussi
de marbre blanc,à travers
laquelle les Prestres du
Paganisme rendoient lesOrades
par un trou carré qui paroist
au milieu de cette niche.
Le jour commençant a
finir, ainsi que je viens de
vous le marquer, lorsque
Sa Majesté Catholique voulut
aller au jardin
,
elle se
contenta d'envoyer voir ce
rested'antiquité &entra au
Conseil
, qui dura prés de
deux heures. A l'issuë du
Conseil, Mr de la Roche
luy présenta le Pere Justin,
Bergue, Religieux Recolet,
dont je vous ay parlé dans
trois de mes lettres, & sur
tout au sujet du Sermon qu'il
prêcha en presence de Sa
Majesté Catholique à son
passage à Saintes. Ce Religieux
eut l'honneur de luy
presenter un Ouvrage tres
ingenieux
,
composé exprés
pour Sa Majesté. C'estune
Paraphrase composée sur le
cent dixieme Pseame Qui
habitat in adjutorio altiJJtmL il
a trouvé moyen d'expliquer
dans cet ouvrage les principaux
évenemens de la
Campagne d'Italie
,
& de
faire voir comment Dieu à
toujours protegé leRoy d'une
maniere singuliere
,
chacun
des Versets contient une
élttion. Sa Majesté Catholique
reçut cet ouvrage avec
beaucoup de bonté éi lut le
compliment qui suit qu'elle
trouva à la teste.
SIRE,
Quel bonheur pour moyde
pouvoir unesecondefois aprocher
de VostreMajesté. Je sens une
joje bien plus complete que lors
que j'eus l honneur de Prêcher en
vostre présence. Je voyois pour
lors un lto.J choisi du Ciel qui
alloit prendre possessiond'une
Couronne preparée par le Dieu
qui les distribuë
,
destinée par la
derniere disposition d'un sage
Prince, iplpo/ee par le Droit
d'heritage, gr par leconsentementunanime
des Peuples. ziajourd'huy
je vois ce mesmeRoy,
qui aprésavoircalmé lestroubles
d'Italie
3
déconcerté les Ennemis,
soutenu cette Couronne & consolé
ses Peuples, revient plein
de gloire Ër cheri du Ciel.
Quellesinquietudes, SIRE
iravons nous pas ressenti depuis
vostredépart t quelsfremisse
mentsà la veuë des perils qui
vous environnoient? Quels
voeux n'avons nous pas offerts,
mais quelles actions de graces ne
devons nous pas rendre au Diett
immortel qui vous a conservé
& quipourcalmertousnostroubles,
vous procure le bonheur de
vous revoirencore.
Copte Majestévientde donneràsesPeuples
unegrandeidée
de la bonté de son coeur, mais
sasuprémeMajesté vous a donné
des preuves encore plus éclatantes
de la tendrejje du sien.
La Religion admire la confiance
heroïque que vous avez en Dieu.
Mais ne doit elle pas adorer la
protection sensible dont Dieu
couvre vostre SacrèePersonne.
Ouy »SJRE., la Religion
l'admire, la Religionl'adore
,
cette perfection du Dieu des
Armées: tous le jours elle la
sollicite pourvous. LI Europeentiere
y a fait attention
,
elle * vous a veu muni de secours
Celeste
,
semblable à un autre
David,entreprendre tout, vous
exposer par tout , & réujjir en
tout, maisaussi qu'avieZ'Vou.'
à craindre, Dieu n' estoit il pas
avec,,vous.
SIRE
,
c'est à la veue de
cette intrepidité soutenue de la
protectionsensible duTout puissant
,
que bay Paraphrasè ce
Pseaume cent dixième quej'ose
vous presenter. J'ay cm que
cette maniere d'éloge où Dieu
parleplus&bien mieux que
l homme, plairoit d'avantage à
vostrepieté Jescaymesme que
VostreMajestè dans toutes feS
actions heroïques n'envisage que
la seulegloire de Dieu, l'estendue
de la Religion, 0* le bonheur
des Peuples.
Que le Dieu Souverain
Aiatsïre du monde par qui les
Rois rfunent) les Princes commandent
& les Potentats de
l'Univers rendent la justice,
confirme de si nobles desseins
J c'est luyseulqui nous lesinspire
*
, qu'il détruise devant voflreface
les Ennemis qui vous attaquent, quifortifie un Ttone tlelfJé(u,
la pietéseule, qu'il fajje durer
un regne aussi aurufle autant
que le cours du Soleil. Q.izl conserve
un Roysicher à txm de
Peuples,si prétieuxà i'E:!!(e,
si utile àlaReligion
,
si propre
à cimenter la paix sur la terre,
Ci qu'ille rende digne de regner
un jour dans le Ciel: cesont les
veux , SIRE, que je fais
tous les jours pour Vostre Majesté.
Sa Majesté Catholique
ayant employé toute l'apresdinée
à la lecture
,
& au
Conseil , prit le dlVertilfemenr
du Jeu plustost pour
faire l'honneur aux Dames
de joüer avec elles
,
& pour
leur donner la satisfaction
de le voir pendant le jeu, que
par aucun attachement pour
cette forte de divertissement.
On admira sa fagcdfc; &la
tranquilitéavec laquelle ce
Prince joüa. Il eut la bonté
-
de souper ensuiteen Public,
pour contenter la curiosité
de ceux qui ne pouvoient se
lasser du plaisir dele voir.
Ce Prince ayant fixé son départ
au lendemain huit
heures du matin
,
fortit a
sept heures,traversa la Place
t
& alla entendre la Messe
dans l'Eglise Cathedrale qui
est une des plus belles du
Royaume par la hauteur d:
sa voûte,& par la hardiesse
de sa Structure. Cette EgH.
se estoit ornéede tres belles
rapisseries: celles qui entouroient
le Choeur estoient rehaussées
d'or. Aprés la Messe
le Roy adora la vraye
Croix, dont on conserve une
partie dans un riche Reliquatre,
& s 'en retourna à,
pied, ce Prince monta en
Chaise peu de temps après
& partit en laissant une grande
idée de sa sagesse & de sa
pieté.
Sa Majesté Catholique
quitta l'onziéme de Decembre
dernier la Province de
Languedoc, & entra dans
celle de RouHilion : Elle
coucha au Village de Salsses
où on luy avoit preparé la
maison de M' Ovilier
,
Receveur
des Traites Foraines
dans laquelle la Reine d'Espagne
avoit logé en pâflanc
par cette Province: cette
Princesse eut pour sa Garde
pendant qu'elle demeura
dans celieu
,
la Compagnie
Franche de Mr de Laborie
de la Garde avec son Drapeau
: ce Ca pitaine qui sattendoit
à l'honneur de garderle
Roy,ainsi qu'il avoit
déjà ég;.,celtly de garder la Reine,
n'oublia rien pour yrépondrey
& fit habiller ses
Soldats de neuf, avec toute
la propreté possible, mais
qui convenoit pourtant a
leur employ, ce qui fut d'autant
plustost remarqué que
cette Compagnie n'est remplie
que d'hommes bien
faits. On voit par là de
quelle maniere Sa Majesté
Catholique aesté receuë même
dans les Villages deFrance
& l'attention que chacun
a fait en son particulier, à
rout ce quipouvoit faire honneur
àceMonarque
Je vous entretins le mois
passé d'une Feste magnifique
qu'avoit donné chez luy Mc
l'Ambassadeur d'Espagne e
celle qui s'est faite au commencement
du mois de Fevrier
chez le même Ambassadeur
a esté beaucoup plus
éclatante.Aussi ne l'a-t-il donnée
qu'à l'occasion de l'heureux
retour du Roy son Maîtreà
Madrid. Cegrand Ministre
toûjoursattentif aux
moindres circonstances de
tout ce qui s'appelle ou dci
voir ou bienseance, n'eust
pas plutost apris que le Roy
d'Espagne estoitarrivé à Madrid,
qu'il se prepara de rendre
publique à Paris cette
joye sincere qu'ont témoignéen
Espagne sur le bon
heur de revoir leur Maigre,
tous les Sujets de ce grar d
Monarque. Mr l'Ambassadeur
qui est logé & meublé
magnifiquement
,
voulut
qu'on ajoûtast à ses appartemens
qui font parfaitement
bien disposez&tres brillans;
tout cequ'il y pourroit entrer
d'ornemens nouveaux.
Rien n'y fut épargné; les lustres
,
les girandoles, les miroirs&
les tableaux y furent
distribuez ,& le bon goust
ne parut pas moins que la
magnificence dans cette distribution.
Il y avoit cinquante
femmes ou filles de la premierequalité
;& soixante ou
soixante dix Seigneurs du premier
rang invitez à cette
Feste, Ils devoient se trouver
chez cet Ambassadeursur les
sept heures du foir, & ils
estoient priez dy venir en
masque. On n'a guerevûde
Mascaradeplus magnifique
& de meilleur goust. Les Dames
avoient mis en usage
tout ce qu'elles ont d'art &
d'adresse à s'habiller àleur
avantage, & plusieurs Seigneurs
avoient inventé des
habits de Masques tous nouveaux.
Mr l'Ambassadeur
pour donner plus d'éclat à sa
feste avoit fait faire exprés
un habit de Masque des plus
riches& desmieuxentendus.
Il estoit habillé en grand Sultan.
Son habit meriteroit une
descriptionparticuliere.Tous
ses Gentilshommes & ses
principaux Officiers estoient
aussi masquez fort ric hement
& des François qui lui sont
attachez s'estoient aussi habillezà
la Turque, pour lui
faire un cortege digne de luy.
Tous les invitez arriverenc
depuis sept heures jusqu'à
huit. A chaque Compagnie
de Dames qui arrivoit, il al -
loit les recevoir en masque
sur l'escalier, escorté de vingtcinq
ou trente autres masques
qui marchoient à double
rang au devant de luy le
long de l'enfilade de huit
pieces de plain pied, qui se
terminoità un superbeSalon
des plus ornez & des mieux
éclairez,où devoit se donner
le Bal. A huit heures précises
l'assemblée estant toute
formée
t on commança le
bal. La plus part des jeunes
personnes estoienthabillees àl'Espagnole.CeBalfutdes
plus agréables depuis huit
heures jusqu'à dix & demie,
chacun avoitosté son masque
& dans cet estat on passa à un autre Corps de logis par
une Galerie découverte qoi
separe la cour d'avec le jardin.
De grands Pois de feu
estoientdistribuez dans des
distances proportionnées,
& faisoient une nouvelle espece
d'illumination. On
trouva ce grand corps de
logis presqueaussi magnifiquement
ornée que celuy
d'où l'on sortoit,une ta ble de
cinquante couverts y estoit
destinée aux Dames Elle
estoit en forme de fer à cheval.
Chacune y prit sa place,
quelques personnes de consideration
se mirent dans le
vuide du dedans, & y firent
l'office de Gentilshommes
Servans. Un certain nom bre
de jeunes Seigneurs aima
mieux se tenir autour de la
table pour donner les soucoupes
aux Dames que d'alkr
prendre leur place aux
autres tables qui estoient destinées
à tous les Seigneurs
qui estoient du Soupé. Ce
grand & magnifique repas
meriteroit une de scri ption
particulièreparla quantité,
par la delicatesse, & par
l'arrangement des mets les
plus ex q uis. L'entremets &
le dessert y furent sur tout
regardez avec surprise &ad.
miration, les Vins & les Liqueurs
y estoient d'un choix
proportionné. Jamais repas
ne fut plus magnifique, plus
délicat & mieux entendu &
ne fut servi avec moins d'embaras
& de confusion. On
sortit de tableà minuit &
demie pour retournerau premier
corps de logis. Quelques
Masques de diftin&ion
qui avoient demandé; des
,
billetsyattendoientl'assemblée
dans le Salon destiné
au Bal. Tout ce qu'il y avoic
de gens deconsideration à
Paris, vou lutestretémoin de
cette p,fie, la fvleHdes
gensde nom&de rang, de
l'un & de l'autre sexe, estoit
si fort grossi : à la porte. que
Mrl'Ambassadeur, qui pour
éviter la cohuë
,
navoit voulu
donner qu'un Bal particulier,
fut obligé de le rendre
public,&defaireouvrir ses
portes à tous les Mafques.
Les huit pieces de son grand
apparappartement
se trouverent
remplies en moins d'une demie
heure. Il y avoit tant
de Violons & de Hautbois
pour le grand Bal qu'il ne fut
pas malaisé d'en distribuer
dans les autres pieces du
plain pied. Ainsi dans un
moment au lieu d'un Bal ,il
y en eut huit differens,qui
continüerent jusqu'àcinq
heures du matin. On y entroit
à toute heure & personne
n'en forroit & lorsque
les Violons eurent cessé , les Masques du premier
rang se mirent à danser aux
chansons. On y servit des
rafraîchissemens à tous ceux
< qui en voulurent.Sur les six
heuresdu matin tout le monde
s'en alla conteur, & Ms
l'Ambassadeur eut une preuve
nouvelle du cas qu'onsaic
de luy en France par la rc
tenuë & par le respect de
cette multitude innombrable
de Masques, qui en toutes
choses en userent chez
luy, comme onaaccoutumé
d'enufer chez le Roy.
MrAmbassadeur deVenise
s'est aussi distingué dans
letal qu'il a donné
,
& l'on
assure qu'il estoit des plus magnifiques,
maisilne mereste
nyassez de place ny assez
de tempspour vous faire part
deroe ce que j'ay àvous
apprendre. W l'Envoyé de
Gennes a ëstë du nombre
desMinistes érrangers qui
ont donné des Bals. M' le
Baron de Breteuil en a don.
né à tous ces Ministres. Cela
n'est pas surprenant puirqu'il.
ne se passe point desemaine
sans qu'il leur fasse
voir sa magnificence, &
qu'il tient assemblée exprés
pour eux toutes les semaines
une fois. Je ne parle point
desautres Bals qui se sont
donnez ; je vous diray seulement
que depuis plusieurs
années on n'a point vû de
Carnaval à Paris où l'on se
soit plus diverti. Onne
doir point e stre surpris que la
guerre ne sa(Te pas diminuer
les plaisirs, quelque violente
qu'elle [oit, on est assuré
qu'elle ne peut estre que glorieur",
à la France
,
& qu'elle
n'enfantera que des victoires
fous leregne d'un Monarque,
qui toutesles fois
qu'il a voulu faire laPaix,l'a
imposée aux conditions qu'il
luyaplude la donner,& qui
auroit toujours continué de
vaincre
,
s'il n'avoit arresté le
cours de ses Victoires, pour
le reposée l'Europe.
Quelquespatieux que soit
rHottet de Mr l'Ambassadeur
d'Espagne
, cet Hôtel
nayant pu contenir tous ceux
que ce Ministre s'estoit proposé
d'avoir à la premiere
Feste qu'il donna pour l'heureux
retour do Roy sonMaître
à Madrid,il en donna le
Dimanche gras une seconde
pour ceux qui n'avoient
pas esté de la première. Celleci
ne disseroit de l'autre
que par les dispositions dest
tables
>
& par la différence
qu'il y a d'un Dîné à un Sou.
pét & d'un Bal de jourà un
Baldenuit. Son Excellence
invita donc à dîner des Princesses
, des Duchesses, des
Maréchales de France & des
personnes les plus qualifiées
de l'un & de l'autre sexe';;&
elle eut une vraye aucntioI1 à y faire trouver toutes les
filles de condition
,
qui ont
la réputation d'estre les plus
belles de Paris. Toutes les
tables y furent servies en même
temps. Tout ce qu'on
peut trouverde plusrares
mets y fut prodigué, quelques
nombreux que fussent
les plats & les hors d'oeu.
vre à chaque service, on
n'y remarqua pas plus de confusion
qu'à un repas ordinaire.
Un ne peut estre mieux
servi aussi que l'est cet r1m"
bassadeur, & on trouve dans
tout ce qui l'environne cette
noblesse
, cet ordre & cette
delicatesse qui le suivent naturellement.
Vous avez pû
remarquer dans toutes les re.
lations que je vous ay données
des magnifiques repas
que donne si souvent ce Ministre
, que les desserts font
toujours d'un arrangement
nouveau, & d'une beauté
nouvelle,&que le bon goust
& la magnificence ne peuvent
aller plus loin. Le def.
sert de la grande table où
estoient les Dames estoit si
délicat & si curieux à voir que
ceux qui n'e stoient pas de
cette ta ble, se leverent pour .» l'admirer. On demeura à ta- ¡'
ble pendant plus de deux heures,
& l'on n'en sortit que pour
aller prendre dans d'autres
Chambres, duCaffé, duThé
& du Chocolat. On entendit
un concert fort melodieux de
voix & d'instrumens'. Lfes D.aJmes. du premier rang flt , par
considération pour M1TAmbassadeur,
& par complaisance
pour toute l'Assemblée
,
ne jugerent pas indignes d'elles
de mêler leurs voix à celles
qu'on écoutoit avec tanc
de plaisir dans ce concert:
,, on y chanta, 8c on y joüa 11
premier Acte de l'O pera d'Agis,
aprés quoy on commença
un Bal qui dura jusqu'à dix
heures du foir. Les Danseuses
y estoient choisies & leur bon
air n'y brilloit pas moins que
leur beauté,les Danfeurs y
estoientaussi fort, assortis.
L'Assemblée y e stoit, a ssez
nombreuse sans qu'ily eust
aucune cohuë
, on peut dire
que jamais Bell n'a esté plus
agréable & plus gradux. La
premiere idée de Mr rAm.
bassadeur avaitesté de donner
encore cette Feste, de
nuit ; mais il aima mieux la
donner de jour,d'autant que
tout Paris s'y attendoit, &
que tout le monde se preparoit
à yaller. Son Excellence
n'eust pas demandé mieux
que derecevoir chez luy tous
les François qui témoignent
tantd'empressement a l'honorer
& à luy plaire, mais de
peur que dans la cohué prodigicufe
qu'ilauroit vue chez
luy quel que personne de
marque n'y eustesté avec
trop d'embarras, il aima
mieux se priver & delasatisfacton
qu'il enauroit pû at.
tendre,& de celles que d'autrès
en attendoient. Le succés
du premier Bal avoit esté
si grand qu'il nestoit pas de
la prudence d'en hazarder
un secon d ,où il n'eut pasesié
possible d'y recevoir tout le
monde sans de trop grands
inconveniens. Ainsi tour finit
cejourlàchez luyàdix heures
du soir. LesEspagnolsdedistinction
qui font ici ont vû
ces deux Festes avec admiration
,
& sur tout Mr le Marquisde
los Balbafés dontje
vous parlay le mois passé. Il
estd'unesprir, d'un goust,
& d'une magnificence à pouvoir
en juger mieux que d'autres.
Je vous envoye un Journal
de ce qui s'est passé à
Marly pendant le Carnavalf
où vous verrez quele Roy
sçait bien misquer,mais qu'il
ne sçaitpoint se déguiser.
Sa Majesté alla à Marly le
Mecredy 14. de Fevrier pour
y sejourner jusqu'au premier
Samedy de Carême 24. du
- même mois. Les Muliciens
deSaMajestéchanterent le
soir pour Monseigneur, le
Prologue,&lepremier Acte
de l'Opera d'Alceste, Mada.
me laDuchessedeBourgo.
gneyassista.
Le lendemain qui estois
le Jeudy gras, le Roy cou
fut le matin un Cerf dans Je
ParcdeMarly. Monsei
gneur, Mansieur. leDuc de
Bourgogne & Monsieur h
Duc de Berry s'y trouverent
Madame y courut, ainsi qui
le Roy, dans une Calêch
découverte. Le foir à sep
heures & demie il y eut Ba
dans le grand Sallon, qu'on
peut dire avec justice
,
efin
le lieu de toutes les maison
Royales, le plus commodi
&le plus beau, pour un
semblable Feste. Les Sei
gneurs danfans furent Monseigneur
leDuc de Berry,
Monsieur le Duc d'Orléans,
MonsieurleComte deTou
louseMrle Comte de Brionne
, Mr le Prince de Monaco,
Mrle Duc de Villeroy
Mrle Duc de Luxembourg.
Mefficurs les Marquis de la
Chatres
,
de Grignan, de
Brancas, & Mr le Chevalier
de Sully. Les Dames dansantes
furent Madame la
Duchesse de Bourgogne,
Mademoiselled'Elbeuf
Madame la PrincessedeMo.,
naco)Madcmoifelied'Arma..
gnac,Madame la DuchftTc:
de Villeroy
,
Madame la
Marquise de Brancas, Mademoiselle
deMeleun, Mefdemes
les Comtesses d'Ayen,
de Solre , de Chaumont
Madame la Marquise de la,
Vrillere. Le Bal fut serieux &
sans malcarades. Les Dames
y furent fort parées, mais
sans robes, selon l'usage de
Marly. Madame la Duchesse
de Bourgogne le distingua
fort, & par son air & par sa
danse.
Le Vendredi le Roy courut
à onze heures du matin un
Daim dans le Parc de Marly,
& Madame fut de cette Châtse.
Monseigneur courut un
Loup dans la Forest de Saint
Germain. Messeigneurs les
Ducs deBourgogne & de
Berr y ne sortirent point. Le
soir l'on chanta pour Monseigneur
le second & le troisiéme
AéIe de l'O pera d)AI.
ceste. Madame la Duchesse
deBourgogneyassista. : t. : LeSamedileRoicourutle
matin le Cerf dans le même
Parc de Marly, & Madame
l'accompagna dans un autre
Caléche. Monseigneur &
Messeigneurs les Ducs de
Bourgogne & de Berry n'y
allerent point. Il y eut Bal à
sept heures & de mie du soir
dans leSallon. IllepassadeI
même maniere que le Jeudy,
& finit de même à dix heu..
res. On fou pa à l'heure
ordinaire.Mademoiselle de
Charollois, fille de monsieur
le Duc, parutau Bal pour
la premiere fois, ôc dansa
avec une grâce, & une
justesse surprenante. Elle
soupa aussi avec S. M. Les
Dames parurent avec d'autres
habits que ceux quelles
avoient porté au premier
Bal.
Le Dimanche il y eut le
matin Conseil de Ministres.
Le Roy se promena l'apresdi.
née dans les jardins. Le Bal ne
commença qu'après le souper
S. M. y restajusqu'à minuic
& demi; il ne finit neanmoins
qu'à deux heures
demie. il fut, ainsi que les
deux premiers, serieux & sans
mascarades. Ony dansa comme
aux premiers toutes les
vieilles Danses&celles d'Angleterre.
Mademoiselle de
Charollois y brilla fort, ôc
toutes les Dames y furent m.;j
gnifiquement vêtuës. *
* Le Lundi il n'y eut point
le matin de Conseil ny de
Chasse. Le Roy se promena
le matin & l'apresdinée dans
les Jardins. Le Bal commença
à sept heures & demie,
& finit à dix pour le souper.
Il ne di ffera en rien des precedents.
Le Mardi gras le Roy courut
le matin le Cerf dans le
Parc de Marly. Monsfeigneur
& Madame l'y accompagne..
rent. Sa Majesté fut de retour
à midi & un quart ,
&
Hc promena après son dîner
dans les Jardins. Le souper
fut servi à neuf heures& demie
,
& la Malcaradecommença
à onze heures dans le
Sillon Le Roy deffendit expressement
qu'on y laiffoftrentrer
personne, de quelque
consideration qu'ellefut, sans
estre marquée ,à l'exception
des Garçons du Chasteau
,
ce qui futponctuellement
executé, même après que le
Roi se fut retiré pour se coucher.
Le Roy y entra avec
une Robe de chambre de
gaze qu'il mitpar dessus fo
habit ordinaire, & un
mass:
que. Cet exemple fut fuivj,"
& generalement tous ceux
qui se trouverent à Marly t"
masquerent. Capitaine & Officiers
des Gardes du Corps,
grands & petits Officiersde
la Chambre & de la Garderobe
,
Officiers de la Garde
Françoise & Suisse:en un mot
tous ceux quivoulurent voir
cette Feste. Il y eut plu sieurs
bandes de masques en habits
uniformes. Monseigneur &
Mr le Marquis d'Antin figurérent
habillez en vieux Seigneurs
du temps passé, avec
des pourpoints, des hauts de
chauffes larges & des rubans
aux costez, Perruques grises j
manteaux ,
rabats, & aisles
de moulin sur les souliers.
Monseigneur le Duc de Bour -
gogne, Monsieur le Duc
d'Orléans, & Monsieur le
Comte de Toulouze, entrerent
chacun à la teste de leur
Troupe&Madamela Du.
chesse de Bourgogne conduit
fit la sienne de bonne grace
Les habits de cette Troupe
étoient simples & sans aucune
dorure, ilsestoient develours
,,
bleu avec une ceinture, &
avecune petitecale,avecune
plume sur la teste portée
de .collé. Outre ces Troupes
uniformes, il y eut plusieurs
masques singuliers
de l'un & de l'autre sexe. Les
spectateurs eurent un plaisir
infini de revoir danser des
Dames qui ont trop tost renoncé
à la danse. Madame
la Duchesse de Bourgo gnese
distingua fort, & Mademoiselle
deCharollois furpric tout lemonde.Nosvieillesdanses:
les plus vives, & celles d'An- ;
gleterre furent souvent recorncommencées.
Le Roy se retira
avant une heure, mais
le Bal ne finit qu'après qusu
tre heures.
Le Mercredi il y eut le
matin Conseil de Ministres.
Monseigneur alla passer une
partie de la journée à Meudon.
Le Roy se promena
l'apresdînée. L'on chanta le
foir pour Monseigneur les
deux derniers Actes d'Alce
fte.
J'ay remis à ce mois cy à
vous parler des Maréchaux de
France de la derniere Promotion.
Je tiens ma parole lors
que l'onen nomme plusieu rs
dans le même jour, ils prennent
leur rang du temps
qu'ils ont esté nommez Lieutenants
Generaux , c'est à
dire que le plus ancien Lieutenant
General
,
de ceux qui
font nommez Maréchaux de
France ale pas sur celuy qui
a esté nomméMaréchal de
France en même temps que
luy , & s'il se trouve qu'ils
ayent esté nommez Lieutenants
Generaux en même
temps, le plus ancien Maréchal
de Camp a le pas, &
si le hazard veut encore qu'ils
ayent esté faits Maréchaux
de Camp en mesme jour,
on regle le pas sur le temps
qu'ils ont esté faits Brigadiers
, &: l'on assure mesme
que s'il se renconrroit, qu'ils
eussent tous monté en meC}
me temps à ces Postes d'honneur
,
celuy qui auroit esté
Colonelle premier auroit le
pas sur les autres. Vous verrez
par ce qui fuit en quel
temps les derniers Maré..
chaux de France ont esté
nommez Lieutenants Generaux.
Vous jugerez par làdu
rang qu'ils doivent avoir.
Mrle Marquis de Chamilly.
Le 18.Juin 1678.
MrleComted'Estrêes.
Le 12. Decembre 1684.
Mr le Comte de Chasteaurenaut
Au mois de Fevrier 1688.
Mr deVauban.
Le14.Aoust 1688.
Mr de Rosen.
Le 14 Aoust1688.
Mr le Comte de Tejfi.
Le 17. Avril 1692,
Mrle Comte deMontrevel.
Le 30. Mars1695.
Mr le Comte deTallard.
Le 30. Mars 1693.
JMr le Duc d'Harcourt.
Le30.Mars 1693 :t( Vous pouvez juger par là,
que ce nest ny leur merite
personnel, ny leurnaissance,
ny les grandes actions qui
lesont fait parveniràce haut
degré d'honneur qui leur
fontdonner la preferencedu
pas, & que ceux qui font
nommez en mesme jour, &
qui mericent tous l'honneur
que le Roy leur fait, n'ont le
pas lesuns devant les autres,
que parce qu'il faut une regle
dans toutes les choses oÙ
il s'agit du pas, pour empêcher
les contestations, donc
les fuites sont toujours facheuses
, & souvent dangcses.
Je ne vous rapporteray
point lesactions d'éclat des
dix Maréchaux de France,
dont j'ay à vous parler: elles
rempliroient des volumes
entiers. Il faut s'estre distingué
en qualité de Colonel
pour e stre nommé Brigadier.
Ilfaut qu'un Brigadier sesoit
signaléen plusieurs occasions
importantes pour meriter le
poste de Maréchal de Carnp
êc l'on n'éleve personne à ce-
- luy de LieutenantCeneral,
qu'après une réputation bien
établie & bien soûtenuë,
des actions de valeur, de
conduite & d'éclat souvent
réiterées.Quant au rang de
Maréchal de France, comme
l'on n'en choisi qu'un petic
nombre sur une fort grande
quantité d'Officiers generaux
on peutdire que ccs Messieurs
font l'élitedece que la
France a de plus brave & de
distingué, qu'ils oni fait voir
une extrême valeur condoi..
te avec beaucoup de sagesse,
de penetration & de jugement,
& qu'ilsontcommandeen
chef, pris des Places;
fait lever desSieges, ou desfendu
des Villes avec succés,
puisqu'il faut avoir fait au
moins une partie de toutes
ces choses pour estrenomme
Maréchal de France. Ainsi
vous jugez bien qu'il me
feroit impossible de rapporter
toutes leurs actions dans
une feu l e lettre, quid'ailleurs
se trouvent répanduës
dans prés de quatre cens let.
tres que vous m'avez permis
de vous adresser depuis vingtsept
années. Je vais donc
vous parler feulement de
la naissance des dix nouveaux
Maréchaux de France,
&de leurs premiersemplois,
&quand vous joindrez à cela
toutes les actions qui vous
sont connuës
,
tant parce
qu'elles sont répanduës dans
toutes mes Lettres, que parce
qu'elles ont trop éclaté pour
estre ignorées depersonne t
vous pourrez vous representer
ce qu'ils font, & tout ce
qu'ils ont fait depuis qu'ils
ont commencé à porter les
armes.
Le Roy -ayant donné le
Rcgiraenc de Bourgogne à
Mr le Marquis de Chamilly
en 1670. il s'acquit une grande
réputation pendant dix
années à la teste de ce Regiment.
Il s'endémit en 1680.
en faveur de Mr le Comtede
Chamilly son neveu. Il fut
fait Gouverneur de Grave
pendant la premiere guerre
de Hollande
,
& cette Place
a y ant estéassiegee par le prince
d'Orange en 1674 il en
soutint le Siege pendantquatre
vingt treize jours de tranchée
ouverte, avec tant de
valeur &de conduite, que la
memoire d'une silongue &si
vigoureusedeffense dorera éternellement.
Il eut ordre de
rendre cette Place qu'il auroit
pû deffendre plus longtemps
, mais des raisons importantes
au bien de l'Etat obligerent
la Cour de luy envoyer les
ordres qu'il reçut. Illuy vint
en pensée surla fin de ce
Siege de faireun coup digne
de luy, & qui reparast cette
perte bien avantageusement.
Illuy prit une forte envie de
faire une Sortieavec tout ce
qui luyrestoitd'Officiers&
de Soldats, de mettre le feu
a la Place & de lafairesauter
par des fourneaux, de batrr.
encore un quartier des Affie-1
geans,&des'aller jetter dans
Bosleduc. Il estoit sûr de
réüssir dans ce dessein ; & il
l'auroit executé, s'il avoit pu1
esperer d'estre soutenu comp
me il estoit assuré de (urpren::
dre cette Place; mais toutes
nos Armées en estanttrop
loin,il jugea bienque cette
entreprise toute grande Be
importante qu'elle estoir,ne
produiroit aucun fruit, &
qu'il ne travailleroiten cela
que pour sa propre cloire
ce qui luifît preferer la capitulation
la plus glorieuse
qu'on ait jamais fait en cas
pareil ,à l'execution du plus
hardi projet qui ait jamais été
imaginé. LeRoy recompensa
sa valeur, en le faisant
Gouverneur& Grand Bailly
d'Oudenarde. Il sur ensuite
fait Maréchal de Camp,&il
servit en cette qualité en
1675. sous Mr leMaréchalde
Humieres. En 1678- le Roy
lefit Lieutenant General, &
il servit àYpresen1689. il
servir en Fevrier sousMr le
Maréchal de Duras.En Mars
1692 &en Avril1693, ilservit
en Allemagne. Il avoit eu I&
Gouvernement de Fribourg
en 1679. & celuy de Strasbourg
en Septembre 1682.
Le nom de sa Maison est
Bouton: Elle est tres illustre
& tres bien alliée. Il seroit
mal aisé d'en déterminer l'an.
cienneté. Elle estoit dans un
grand lustre fous les Ducs de
Bourgogne. Elle est de cette
Province, &elle y a toujours
tenu un rang considerable.
Madame la Maréchale de Chamilly
est dela Maison de Ver-
- tafoit. Il y avoit un Philippes
Bouton Favory declaré de
Philippes le Bon, Duc de
Bourgogne. Ce Prince le
combla de biens & d'honneurs
, il luy donna son Or
dre & de grandes Terres,&
l'admit dans sa confidence la
plus étroite. Ill'envoya plusieurs
fois en Angleterre,
pour tâcher d'y rétablir la
Paix lors de ces funestes divisions
qui déchirérent si
longtemps ce Royaume fous
le nom de Factions de la Rose
blanche& de laRose rouge
,quipartageoient de coeur
& d'interest tout le monde,
ou pour la Maison de Lancas-
* -
tre ou pour celle d'York. Le
Bouton dont nous parlons
se trouva à Londres, lorsque
l'infortuné Henry VI. y fut
égorgédans la Prison,ifit la
description de cette funeste
catastrofeen vers elegiaques.
M' le Comte d'Estrées
ayant esté fait Capitaine de
Marine en 1680. servit au
mois de May de la même an.
née sur le Vaisseau l'Excellent,
& au mois de May 1682.
sur le Vaisseau l'Hirondelle.
Le Roy luy donna au mois
de Decem b re 1684 la survivance
de la Charge de ViceAmiral,
à condition qu'n
serviroit encore deux Campagnes
en qualité de Capitaine,
& qu'il serviroit enfuite
trois autres années en
qualité de Chef d'Escadre.
Le Roy luy donna une peifsion
la mesme année. Il servit
ensuite selon l'intention
de Sa Majestéde Chefd'Escadre
dans l'Armée du Ponant
fous Mr le Maréchal
d'Estrées son Pere. En 1691.
il Bombarda Barcelonne &
plusieurs autres Places. En
1693.ilassiega Roses par Mer,
& cettePlace se rendit aprés
huit jours de Siege. Il servit
en qualité de Lieutenant General
au dernier Siege de
Barcelonne, lorsque cette
Place futemportée par Mr le
Duc de Vendôme. Ilaeu
l'honneur de conduire Sa Majesté
Catholique à Naples,
& l'on peut dire qu'il a foutenu
en cette occasion la
gloire de sonrang, & l'éclat
de sa naissance ayant une suite
nombreuse
, une superbe
livrée,& unetablemagnifique.
Sa Majesté Catholique
l'a honoré de la qualité de
Grand d'Espagne.
Sa Maison est originaire de
Picardie. Antoine d'Estrées
qui vivoit en 1560. estoit
Sieur de Vallieu, & fut Pere
d'Antoine qui de Jeanne Dame
de la Cauchie en Boulonnois,
eut Antoine III. du
nom,Grand Maistre de l'Artillerie
de France, qui épousa
Catherine, fille de Jacques,
Bâtard de Vendosme
,
& de
Jeanne de Rubempré
, une
des plus belles personnes de
son temps. Il en eut Antoine
IV du nom, & Françoise
mariée à Philippe de Longue.
val, Seigneur de Harraucourt,
dont MadamelaComtesse
deSenneville cOE issuë;
&Antoine fut sur un grand
pied dans le monde. Il fut
Chevalier des Ordres du Roi
àlapremiereêtreaction qui fut
en 1578 Il fut pourvu au
Camp de Pas en Artois l'an
jj97, de la Charge de Grand
Maistredel'Artilleriequ'avoit
possedé son pere Il en donna
sa demission l'an 1599. Il
épousa Françoise Babou
fille du , Sr de la Bourdaisiere.
Il en eut François Annibal,
la belle Gabrielle Duchesse
de Beaufort, dont font issus
Messieurs de Vendosme,Diane
, feconde femme du Sr de
Balagny, Maréchalde Frangé
ce,JeanneHippolite femme
de George deBrancas,Duc
deVillars
,
grand'mere par
consequent de Mr le Duc &"
de Mc l'Abbé de Brancas, &
de Madame la Pincesse
dHarcouit. François Annibal
merita par ses services le
Baston de Maréchal de France.
Il mourut âgéde prés de
cent ans. Il eut trois, femmes,
sçavoir, Marie de Ba hunes,
Jeanne Habert,fille du Seigneur
de Montmort,laquelle
estoit Veuve duSeigneur
de Lauzieres Themines
,
la
troisiéme fut Gabrielle de
Longueval. De la premiere
il eut feu Mr le Duc (fEfirées
mort Ambassadeur à Rome,
pere du dernier Duc d'Estrées
& de M' l'Evêque de Laon &
grand pere de M' le Duc
d'Estrées d'aujourd'huy. Jean
Comte d'Estrée,Maréchalde
France, aujourdhuy vivant,
quide Dame Marguerite Moriaa
eu entr'autres enfans,
Mr le Comte d'Estrées,qui
vient d'estre fait Maréchal de
France , & qui est parconséquent
le troisiéme Maréchal
de France de pere en fils, avec
cet avantage qu'il n'y a peutestre
point d'exemple que le
pere & le fils se soient trouvez
ensemble élevezà ce hautdegré
d'honneur. Mr le Maréchal
d'Estrées est encore pere de
Mr rAbbë d'Estrées,Abbéde
Saint Claude,ci devant Ambassadeur
ordinaire en Portugal
, & qui l'est presentement
en Espagne. Le premier Maréchal
d'Estrées est pere de
trois fils de son premier mariage
, Mr le Cardinal d'Estrées,
ancien Evêque de
Laon. Ce Princede l'Eglisea
esté nommé o au Cardinalat
par le Roy de Portugal,
ayant l'honneur de luy ap.
partenir du chef de sa premiere
femme, qui estoit de
la Maison de Savoye Nemours,
& sile d'une Vendôme
, issuë de Madame la
Duchesse de Beaufort Gab/
iiflled'F'irées. C'estparle
même et ~droit que ceux de
de cette Maison ont l'honneurd'appartenir
à Madame
la Ouch iïc de Bourgogne
, du ch f de sa Grand mere
Midam.Royale}q:ncftaussi
N, meurs
Nemours & Soeur de la feue
Reine de Portugal. Un plus
long détail sur la Maison d'Etrées
est inutile après ce
qu'en ont dit rant d'Historiens,
ainsi j'y renvoyc les
Curieux. Cependant je puis
affurer qu'il y a. peu de Maisons
à la Cour plus élevées par
les dignitez que cellecy.
Mr le Comted'Estiées
qui vient d'estrenommé
Maréchal de
-
France, a
épousé une des filles deMr
le Maréchal Duc de Noail.
les. Elle cil Dame du Pa-i
lais de Madame la Duches.
le de Bourgogne. Ce nouveau
Maréchal a pris le nom
de Maréchal de Coeuvres,
parce que s'il avoir gardéceluy
de Maréchal d'Estrées.
On se seroit fouvenr trou- • vé erabarasséen confondant
Je pere avec le fils. Lesfils
de* ainez de la Maison d'E..
strées portent ordinairement
le nom de Marquis de Coeu
vres; mais Mr le Duc d'Estrées
ainé de cette Maison
a bien voulu que dans une
occurence si glorieuse à la
Maison d'Estrées. Le nou.
veau Maréchal de France de
de ce nom, portast le nom
de Coeuvres
, tant qu'il y
auroit deux d'Estrées Marechaux
de France.
Mr le Comte de- Chateaurenaut
qui vient destre nommé
Maréchal de France, suc
fait Capitaine de Vaisseauau
mois de Septembre 1671. &
le Roy luy donna le Commandement
de quatre Vaisseaux
pendant l'hiver de la
mesme année. 11 se ddim
gua tellement depuis ce
temps là jusqu'au mois de
Janvier 1674 que le Roy le
fit Chef d'Escadre.
Il eut au mois de May
1677 le commandement de
J'Escadre Garde Coste du Po.
nant.
Au mois de May1680.il
commanda une autre Escadre.
Le Roy le fit au mois de
Janvier 1681. Grand Prieur
de l'Ordre de S. Lazare.
Au mois de Fevrier de
l'Année 1688. le Roy le fit
Lieutenant General de ses
Armées Navales. Ce Comte
avec douze Vaisseaux mic en
fuite au mois de May prés
de la Baye de Bancrie l'Amiral
Hebert qui avoit vingt.
deux VaisseauxAnglois.
Au mois de May 1690 il
passa le Détroit avec sept
Vaisseaux,à la veuë de vingttrois
Vaisseaux Anglois.
En 1691. il fit executer la
capitulation de Limèrick
,
& ramena en France tous les
François, & quinzecensfoldats
Irlandois.
Le Roy le fit au mois de
M'ay 1693. grand Croix de
l'Ordre de saint Louis après
les changemensqui furent
fzaairtes.dduannss ll''Orrdd redesaintLa *
M' le Maréchal de Cha.
teaurenaud esi d'uneancienne
Maison sortie originaire.
ment de Florence,dont le
nom ell: encore aujourd'huy
très celebre en ce Pays-là,
caen Roucellay. La Reine
Catherine de Medicis amena
en France le premier de cet- teMaison,quis'yestétabli.
On sçait avec combien d'habileté.&
avecquelieaurorité
dans le même siecle(c'est à
dire dans le seizieme ) on Horatio
Roucellay mania les
Finances. Il n'y a pas même
Jong. temps qu'un Envoyé
de Florence de ce nom là
estant , en France, fit valoir
des droits qui luy estoient
dûs du chef decesAncêstres
qui avoient cild établisdans leRoyaume La Reie Catherine
de Medicisavoirune
très-tendre affection peur
tous ceux de cette Maison
Elle ne les regardoit pasfeu.
lement comme ses Compatriotes,
mais en quelque mamère,
comme des Alliez,
car les Roucellay avoient
l'honneur d'appartenir à sa
Maison des Medicis, ducôrç
desVisconn,dontilsdescen.
doient par les femmes. Mrde
Chasteaurenaut qui vientd'être
honoré de la dignité de
Maréchal de France, eut l'avantage
de succeder à Mr le
Maréchal de Tourvilleen la
Charge de Vice Amiral,avec
-
un a piau dissement universe
,
il avoir mérité cette dignifé
par ses longs services. L'affaire
de la Havane en dernier
lieu luya fait un honneur
infini. Toute l'Europe
avoit les yeux sur luy pour
voir comment il se tireroit
d'un pas aullidélicat. Il ne
/fallut pas moins de fermeté
,
de prudence & de conduire
qu'il en marqua dans cette
occasion, pour apporter les
tresors pour l'arrivéedef.
-
quels tant de Nations différentes
foupiroienr. Son courage
enfin
,
sa resolution d*
mourir par le feu ou par reau,
plutost que de laisserenlever
lesVaisseaux du Roy, sa pru
dence&sa presence desprit
dans un danger aussi grand
quece luy où il s'e st trouve à
l'affaire de Vigo ont fait voir
dans sa personne un des plus
fermes& des plus experimen;
tezGeneraux qui se soienc vus
depuis longtemps & digne de
l'employ que le Roy lui avoit
confié. Mf de Chasteaurenaut
son neveu, à qui il avoir
donné les prémisses leçons
de la guerre maritime, & qu'il
a pris foin de former luy-
D1ême, marche de jadigne.
ment sur ses pas. Mr le
Maréchal de Chasteaure.
naut cil fils d'une soeur de
feu Mr Daubray, Lieutenant
Civil.
Mr de Vauban a commence
à ferv irleRoyen
1651. II se dirtingua en 1657.
au Siege de Montmedy où il
servit en qualité d Ingenieur
fous Mf' le Maréchal de la
Ferré qui faisoit ce Siege. H
s'attira plusieurs fois des élo.
ges de ce Maréchalqui estoit
plus avare que prodigue de
louan ges n'en donnant qu'au
même, & à la valeur plus
d'une fois éprouvées. On
assure qu'il dit apréslaprise
de Montmedy qu'il n'y avoit
poste d'honneur où le COl).
rage & l'habileté de ce jeune
Ingenieur ne le missent en
estatde prétendre, & que
ce Maréchal s'expliqua en
ces termes lors qu'il en parla
au Roy. Ce jeune Ingenieur
ayanr continue de servir avec
valeur, zele & applicaticn,
le Roy luy donna au mois
de Mars 1667. vingt-cinq mill<
e écus pour anvoir faitJe
Siège de Valencicnne.
Au mois de Juin 1668 Je
Roy le fit Gouverneur de la
Citadellede l'isle. SaMajesté
le sit Maréchal de Camp aufit
mois d'Aoult 1676 11 servic
dans l'Armée de Flandres
fous Mr le Marechal d'Humieres,
& il eue la conduite
des travaux du Siege de saint
Guilain.
En 1678. il recut une seconde
-
gratificationdu Roy
de vingt cinq mille écus.
En 1680. le Roy lefitGou
verneur de Doüay à la place
de Mr Desbonets, & Sa Ma.
jesté luy permit enitSL. de
vendre ce Gouvernement à
Mr de Pomereu. Il en eue
vingt mjlle écus au mois de
Janvier1684 Mr duMetsayant
esié fait Gouverneur de Gravelines,
le Roy donna une
seconde fois le Gouvernement
de la Citadelle de l'isle
à Mr de Vauban, parce qu'il
se [!ai(oic dans cette Citadelle
qu'il avoitfait bastir
& que la connoissantparfaitement
personne n'estoit plus
capable que luy de la bien
deffendre. LeRoy luydonna
au mois de May 1687. une
gratification de douze mille
écus, & en 1688. Sa Majestè
le fit Lieurenant General.
En 1692.. il eut au mois
d'Avril une gratification de
cent mille livres aprés leSiege
de Mons,&une de six vingt
mille au mois de Juin apres le
Siege de Namur. Il fut fait
Grand'Croix de l'Ordre de
Sa'nc Louis en 1693. Il sert le
Roy dans ses Armées depuis,
l'année1651. Il a travaille à la
constructioj n d'un nombre infini
de Places fortifiées. Il a
fait quarante deux Sieges reglez
de Places considerables
qu'il a attaquées & qui se
sont rendues. Il a eu la conduite
de tous les Sieges où
le Roy s'e st trouvé.Iladesfendu
Oudenarde, dont le
Siege a esté levé. Il estd'une
ancienne Maison de Bourgogne.
Son nom est le Prestre,
Chevalier Seigneur de Vauban.
Ilaépousé Dame Jeanne
Donay, de la Maison des an.
ciens Barons dErpiry. Il a
deux filles dontl'uneest ma- riée à Mrde Valentinay,
Marquis Ducé
,
Controlleur
general de la Maison du Roy,
& l'autre à Mr de Megrigny,
Gouverneur de la Citadelle
de Douay, fameux IlJge
nieur qu'il a pris foin de for.
mer, & qui a servi fous ses
ordres.
Mr de Rosen estant entré
fort jeune dansle service,
& s'estantdistinguédans tou-
, tes les actions où il stenait
trouvé, fut nommé Brigadier
deCavalerie dés l'année
1675 11 fut nommé pour fr.
vir dans l'Arméed'Allemagne
au mois de Février 1676.
Il fat fait Maréchal de Camp
au mois de Janvier 1678.Au
mois d'Avril 1679 '.- il fervîc
fous Mr de Calvo au Paysde
Juliers '¡' & la même année
fous Mr le Maréchal deCre.
qui. Le Roy le fit Mestre de
Camp de Cavalerie en 1081.
11 donna ce Regiment à Mr
de Rottembourg qui épousa
sa si le. il servit fous Mr le
Marquis dela Trousse en
* Piémontau mois de Novembre
1682. & en Languedocau
mois d'Août 1686 Au mois de
Septembre 1688. le Roy luy
donna pour acheter la Terre
de Bousevie10488. livres qui
devoient revenir à S. M. Je ne
parle point des services qu'ila
rendus depuis ce temps là, ce
quis'estpassée dans la derniere
guerre cfttrop récent pour
n'estre pas present à la memoire
de tous ceux qui ne
doivent pasignorer lesaffaires
du monde
Mrde Rosen, est de Livo
nie où sa maison à tenu autre
fois un rang considerable
,
il
n'en faut pasd'autre preuve
que l'honneur quelle a dta..
voir donné des Chevaliers à
l'Ordre des Porte Glaives.
Il vint en France pour s'attacher
à la fortune du General
Rosen, son Parent. Voicy
de quelle maniere la chofc
se passa. Aprés la mort du
Roy de Suede, le Grand
Gustave Adosse
,
le Duc de
Weymar, General de ses troupess'engagea
dans le party
de la France, & emmena avec
luy le Colonel Rosen ( c'èft
aïoli qu'on appeloit dans ce
temps là ce fameux Gene
ral)le Duc de Weymar eut
des quartiers dans l'Alsace &
dans le Brisgaw, & on luy
confiamême la Ville deBrisac.
Pendant le sejour qu'il
y fit le Colonel Rosen s'y
maria & y fit un établissement
fort considerable.
N'ayant point d'enfans mâles
de les femmes, ilrésolut
d'avancer son Parent qu'il
avoit engagé de quitter la
Livonie) il le maria& luy
laissa tous ses biens
il prit
foin de sa fortune & la pous
sa autantqu'il put ,
aprés
quoy M' de Rosen qui avoit
passé par tous les degrez de
la Milice & qui peut se vanter
de nedevoir rien qu'à
son seul merité &à saseule
valeur., monta aux plus hautes
dignitez dont tout le
monde le jugeoit si digne.
On doit remarquer qu'au
Siege de Dole, où le Roy
elloit en personne
,
le Gene.
ral Rosenvint saluer Sa Ma
-jesté. Il estoitmonté surun
Cheval âgé de trente huit
ans, qu'il dit au Roy luy
avoi r sauvé la vieàla Bataillede
Rocroy q.nVefh>u donnée
plus de vingt ansaupa- ravant ce fut alors qu'il
recommandaau Roy son Pa- rent que Sa Majesté luyt
en dit beaucoup de bien;
Quelque tem ps a présce,
vieux General mourut , ôc
laissa une pensionàson;
-
cheval
, avec un Pré, & la libercé.
Quant à MrdeRosen
il n'a pas porté avec moins
d'honneur ce nom que leGe.
neral dont jeviens de vous
parler. Mr le Comte de Rosen
son fils est Maréchal de
Camp. Il. épousa il y a cinq
ou fixans Mademoiselle dcii
Grammont, d'une des plu,)
illustres Maisons de la FraacheComté,
Cette Dame est
-
Parente de Mr l'Archevêque
de Besançon. Il avoit un autre
fils qui fut tué estant Capitaine
dans le Regiment
d'infanterie du Roy. il a unefille
mariée à Mr le Marquis
de Rottembourg, qui est
d'unetres ilmustreMaisonsortie
d'Allemagne.On fait
que Mr de Rosen fit venir il
y a quelque temps des titres
de Livonie qui prouvent que
la noblesse de sa Maison est
tres ancienne. Mr le Maré
chal de Rosen a l'honneur
d'appartenir à laRoyale MaisondeSuede
;&ily a euun
Maréchal de Suede de sa
Maison ;il possede de grandes
Terres en Alsace qui IUf
sont infeodéesC'est en Al*
face qu'est établi son GenJt
dre,sorti des anciens Barons
de Rorembourg.
En1674 le Roy fitMr le
Marquis d'Huxelles Colonel
du Regiment Dauphinaprés
la mort de Mr le Marquis de
Beringhen,dont la mere etoit
d'Huxelles,Colonel du Regiment
Dauphin.
Au mois de Février 1676.
le Roy le nomma Brigadier
o' I'j fd'Uvri'
d'Infanterie. Il servit dans
la mesme année aux Sièges
de Valenciennes,&de Cambray,
& il commanda au mois
d'Octobre à Cassel avec cinq
Bataillons.
Il servit en 1678. aux Sieges
de Gand & d'Ypres, &
dans le Païs deVaës au mois
d'Octobre de la mesme année.
Il eut cette année-là
une pension & une gratification
du Roy.
Il fut fait Maréchal de
Camp en 1683. & servit Sa
Majesté lamesme année sur
la Sarreen cette qualité
.: Il servit en 1684. au Siege
de Luxembourg.
Il deffendit la ville Ide'
Mayence en 1689 & ne se r(n:: ditqu'après quarante jours « detranchée ouverte. Quoy
qu'il fust attaquéavec toutes
les forces de l'Empereur commandées
par feu Mrle Duc de
Lorraine., & avec une si nombreufe
Artillerie, suivant l'u..:
sage des Allemans, qu'il n'y r
a point de Ville qu'elle n'eut
pû reduire en cendre. Vous
sçavez avec quel zele &
quelle activité, il a servi en
qualité de Commandant à
Strasbourg, on ne peut avoir
plus d'intelligence qu'il en
en a pour ces fortes de commandemens,
& l'on ne peut
mieux connoistrelestroupes
ny mieux sçavoir ce qui leur
convient, & generalement
tout ce qui peut les regarder.
Le nom de sa maison
est Dublé, & l'ancien nom
est Laye. Son pere & son
grand pere ont touché de
fort prés la dignité dont il
est honoré aujourd'huy: car
ils eurent le titre de Capi.
taine general, & Mr le Marquis
d'Uxellcs pere du nouveau
Marechal qui fut tué
au Siege de Gravelines en :1 1658.enreceut le Brevet au
lit de lamort, il futmesme
enterré avec les marques de
cette dignité. Leur maison
est sortie de Bourgogne où
elle a tenu un rangconsiderable.
Il y a eu un Grand
Prieur de Clugni de cette
raison & du nom de Dublé
qui fit beaucoup parler de
luy dans sonOrdre: leur famille
avant son establissement
en Bourgogne
,
estoit
enArtoisdont Messieursd'Uxelles
sont originaires. Ils
quitterent cette Province
pour revenir en Bourgogne
& pour y recueillir de grandes
successions. Ils y onr eu , & y po ssedentencore au jouid'huyde
grandesTerres. La
mere deMrle Maréchal d'Uxelles
eftojt Bailleül, soeur de
feuMrle President Bailleül.
On sçait l'origine illustre de
la maison de Bailleül
,
qui
cft sortie d'Ecosse, & que
l'on croit avec beaucoup de
fondement descendre d'un
Roy d'Ecosse.Madamed'Uxelles
avant d'é poufer feu Mr
le Marquis d'Uxellesestoit
veuve de feu Mr le Marquis
deNangis. LamaisonDublé
d'Uxellesa d'illustresalliances,
elleena entre autresune
qui luy procure l'honneur
de toucher d'assez prés à la
maison de Conzagues, &
les anciens Ducs de Nevers
faisoient grand cas de Mes
sieurs Dublé qu'ils alloient
mesme souvent vificer en
Bourgogne dans leursTerres.
Mr le 1Marechal d'Uxelles
n'a que cinquante-six ans.
Ila esté Abbéde la Bussiere
& quitta l'estat Ecclesiastique
à cause de la mort de
son frere aisnée qui fut tué
en Candie au mois dtAquLl:
1669. Le Roy le fitLieutenant
General au Baillage
de Chalons en Bourgogne,
fous le Gouverneur General
de la Province, Gouverneur
General de la Ville & Citadelle
de Chalons ,Bailly &
Maistre des Foires de Chalons.
Ses Provisions ne font
que pour trois ans; mais elles
sont continuées de temps
en temps. Il a eu une dignité
où son pere se vit comme
élevé avant sa mort, &
qu'il ne put regarder que
comme un songe,& --- que son
grand pere manqua de quelques
jours par une mort pre- fnaturee.Airifi1.1 sem bleque
cceettcteeddii£g?nniirtééeetiflooiittllré!giictjimmce"-
ment deuë à ceux de ce cenereux
fang.
M' le Comte de Tessé servit
le Royen qualité d'Aide
de Camp au mois d'Avril
1670.11 futensuite Capitaine
de Cavalerie,& le Roy luy
donna peu de remps aprés un Regiment de Dragons, Sa Majesté le fit Brigadier de
Dragons au mois de Janvier
1678. Il le distingua au CombatdeRinfeld.
Le donna la Lieutenance generale
du Maine & du Perche,
au mois d'Octobre 1680. vacante
par la mort de Mr de
Beaumanoir, Il servitau mois
d'Aoust 1683 dans leCorps de
Troupes envoyé enDauphiné
fous le commandement de
Mrde Saint Rurh.
Au mois de Novembre de
l'année 1684. le Roy le fie
Mettre de Camp General
des Dragons. Il avoit acheté
quarante mille livres la
la Charge de Mestredecamp
L general des Carabins de la
Famille de Mr le Comte de
Quincé Le Roy la supprima
& en attacha les appointemens
à la nouvelle Charge de
Dragons. SaMajestéluydonna
au mois d'Avril 1685. le
Commandement des Troupes
campées sur laChanche.
Vous sçavezque Sa Majesté
luy a aussidonné le Gouver.
nement d'Ypres, qui vaut
cinquante mille livres de rente.
Il s'est tellement distingué
pendant la derniere guerre,
& dans cellequi vientde
commencer, qu'ayant monté
par degrezàtouslespostes
éclatans qui con duisentau
:;, plus haut rang d'honneur où
pussent afpircr ceux quifont
Profession desarmes, il vient
d'y estre élevé avec un appîaudissement
universel. Sa
conduite,&savaleurontbrillé
pendant tout l'hiver der.
nier qu'a duré le Blocus de
Mantouë. Il y a peu de Sieges
qui soientauiconsiderables
que l'a ésté ce Blocus:
Aussi a t il mérité qu'on en
fist un Volume entier, où
l'on voit mille & mille actions
de valeur qui couvrent le
Commandant d'une double
gloire, tant parce qu'ils'est
trouve a pl u sieurs de ces actions
, que parcequ'elles sont
un effet de sessor dresdonnez
judicieuiemenr& à propos.
Ce nouveau Maréchal ne
brille pas moins dans une Ne"
gocianon que dansun Combat
,
& s'il a donné mille
preuveséclatantes de ce qu'il
sçait faire à latestedune Armée,
il en a aussi donné de Coli
des de ce qu'il sçait faire dans
une négociation. Après avoir
contribué par là au mariage
de Madame la Duchesse de
Bourgogne
Jil
fut nommé
par le Roy premier Ecuyer
de cette Princesse
, & ila eu
l'honneur de la conduire en
France. Il est Chevalier des
Ordres du Roy. Sa Maison
dont il est l'aîné
,
est origi.
naire du Maine, où elle a
toujours tenu un des premiers
rangs: le nom de sa Maison
est Froulé. Elle a donné de
tous temps des Comtes à
l'Eglise de Lyon
,
& a toujourseu
entrée dans les Corps
de Noblesse. Mr le Maréchal
de Tesse avoit des on.
cles Comtes de Lyon,& M1
l'Abbé de Tessé son fils l'est
encor aujourdhuy. Madame
la Maréchale deTesséestde
la Maison d'Aunay en baffe
Normandie. Sa mere estoit
Beaumanoir Lavardin
,
soeur
du feu Marquis de Lavardin,
& sa grand'mere Efcoubleau
Sourdis. Sa Maison a eu des
alliances avec celle de Tonnerre
& il n'en est point d'illustres
dansleRoyaume à qui
elle n'appartienne par quelqueendroit.
Mrle Comtede
Froulé oncle deMr le Maréchal
de Tessé,estoitChevalier
des Ordres du Roy. Il
estoit grand Maréchal des
Logis de la Maison deSa Majeité.
ilavoit épauleMade.
moiselle de Neüillan, fille
d'honneur de la Reine Mere,
Soeur de Madame la Maréchale
de Navailles; une
Ayeule de Mr le Maréchal
de Tcfle estoit (ortie de la
tres illustre Maison de la Ferriereen
Normandie. Il n'est
point enfin de Maison dans
la Province du Maine, où il
y a tant de Noblesse, qui ne
se tienne honorée d'appartenir
à celle de Froulé
,
& elle
a toujours esté sur un tres
grand pied dans le Royaume.
Dans la Bataille de
Crecy il y eut un Jean de
Fcoulé qui commandoit en
Corps de vieilles Bandes
qui reçeut vingttrois blessures
,
& qui eut encor assez
de force avant de rendre le
dernier soupir pour plonger
son épée dans le fein d'un General
Anglois qui ne luy survecut
que de demie heure.
Les Anglois firent des indignitez
sur le corps de ce genereux
François qui en mourant
recommanda à sen Fils
r( BaCîta farsd de FÍou1é) qui de luyderépandre
jusqu'à la derniere goute
de son fang pour le service
de son Roy &-de son Mais
tre. Feu M1 le Chevalier de
Tesse qui mourut il n'y a pas
long temps en Italie, c stant
Lieutenant General des Armées
duRoy, & undesmeil
leurs Officiers de France,
estoit Frere de M'le Marchal
de Tessé.
Mr le Marquis de Tessé
fils de ce Maréchal à resté
prés de son pere en Italie
depuis le commencement
de la guerre. Il a passé l'hiver
avecluy dans Mantouë,
pendant le blocus, & s'estant
trouvé dans une occasson
avec leMaréchalson
pere, il fut blesse au près de
luy. Il revint ici pour aller
joindre son Regiment qui est
dans Bonn.
Mr le Maréchal de TcfTe
aune de ses filles veuve de
Mr le Marquis de Varrennés
,dont le fils a eu le Gouvernement
de laFlecheavant
que d'estre né, ce fils estant
posthume.
Mr Je Marquis de Maulevrier,
fils de seuMrle Marquis
deMaulevrier Colbert,Lieutenant
General des Armées
du Roy, & Chevalier de
ses Ordres, est gendre de
Mr le Maréchal de Tessé
, ce
Marquis est Colonel du Regiment
de Navarre,& a fait
la derniere campagne en Allemagne
après s'estre extre
mement diltingué en Italie
où il a servi pendant les campagnes
precedentes.
Mr le Marquis de Montrevel.
Ilest filsdefeuMessire
Ferdinand de la Baume Chevalier
,
dixième Comte de
Montrevel, Marquis deSaint
Martin & de Savigny sur
Orge, &de plusieursautres
grandes terres, Chevalier
des Ordres du R-iy ,,Capi.
taine de cent hommes d'A(.
mes. deses Ordonnances,
Maréchal de ses Camps &
Armées, & son Lieutenant
General, en Brede,Bugey,
Valromey, Gex, &Comte
de: Charolois, & deDav
me Marie Olivier de Nointel,
fille de François Olivier,
Seigneur de Nointel
& d'Angervilliers & de
Françoise Bouhier, delaMai.
son de Beaumarchais.Mrle
Marquis de saint Martin qui
estos.l'aisné dès Enfans de
feu Mr le Comte de Montrevel,
mourut avant son Pere.
Illaissa de Dame Claire Françoise
de Saux de Tavanes,
feu Mr leComte deMontrevel;
qui fut tué à la teste de son
Regiment dans la dermere
guerre, & qui a laissé de Dame
N. de Lanoy, le Corn.
te de Montrevel ,tué depuis
peu, & Mr le Comte de
Montrevel daujourd'huy qui
est petit Neveu du nouveau
Maréc hal.
La maison de la Baume
est sans contredit une des
plus illustres du Royaume,
foit qu'on la confidere par
l'antiquité de sa Noblesse
par ses alliances ; & par ses
grandes dignirez,soit enfin
par les grands biens qu'elle
a possede. En effet, Mr le
Comte de Moncrevel eL1
le treizième Comte de Montrevel.
Le premier Comte de
Montrevel fous lequel cette
grande Terre fut erigée
en Comcé, fut Jean de la
Baume,qui fut faitMaréchal
de France le zi Janvier,
1421. Il estoit Prévoit & Gouverneur
de Paris , Chevalier
del'Ordre de Savoye. Ce fut
à Saint Faronlez Meaux, qu'il
fut élevé à cette dignité avec
Antoine de Vergi,Comte de
Danmartin, à la priere du
Roy d'Angleterre. Ce Maréchal
délivra le Roy Charles
VI. assiegé dans Meaux par
les Anglois. Il eut le Commandement
de l'Armée qu'
on envoya dans le Royaume
de Naples pour soutenir les
droits de Louis de France,
Duc d' Anjou, qui avoit esté
adopté par la Reine Jeanne.
Cette Maison a produit deux
Cardinaux; sçavoir ; Pierre
,
Cardinal de la BaumeArchevêque
de Resançon, &
Claude dela Baume son (je.
veu, qui futsonCoadjuteur
à l'Archevêchéde Besançon,
& qui fut outre celaAbbéde
Saine ClaudeaMaistre desRe.
quelles, & Viceroy de Naples.
CetteMaison a donné à
l'Eglise plusieurs Archevêques
& Evêques. Le dernier
Evêque de Geneve en estoit
sorti. Elle a donné à la Savoye-,
a-u Dauphiné,àla Brefse
& au Bugey,plu sieurs Gou.
verneurs , outreplu sieurs
Licurenans Généraux.
M !s
Mais ce qui distingue le plus
la Maison de la Baume Montrevel
estl'honneur qu'elle a d'être
entrée dans l'alliance de la
Maison de France, par l'alliance
de Jean de la Baume, Seilganneur
de Bonrepos,Chambeldu
Roy Charles VI. Prevost
de Paris, & de Jeanne de
Chalon, Comtesse de Tonnerre
& d'Auxerre. Par ce mariage
Jean de la Baume entra doublement
dans cette Royale alliance,
puisque Jeanne de Cha-
Ion son Epouse, du cossé paternel
estoitissuë. de Jean Comte
de Bourgogne 8c de Salins, &
d'Isabeau de Courtenay, & que
du costé maternel elle avoit
pour ayeule Beatrix de Dreux,
fillede
A
Robert de Dreux premierdu
nom, Grand Maîtrede
France & Prinsce du Sang. Pour
ce qui en: de l'originede certe;
grande Maitbm. Les uns. la;çi-r;
:
rçnc desde, 1fh¡eb"..,:
qui combactoiem en la fae/do;
Légionde Tbebes.D'aurresla
prennent dans la MaisonRoyale
des Princes d'Albanie) qui
ontregné; ert.Cbipce .qn..UJ
avant la peste dz la Macedoine
Quoy qu'il en soit decerte.
neiliVeft pas dans le R~y~.a~;
de plus ancienne Maison,*&,
dignité dontvient d'este. koUKîrté
Mr de, Montrevel n'est pas
seulementdûë à sa valeur&à [Qn
mériterais aussi à sa naillance.
Il fert depuis sa plus tendre jeu
nesse le Roy avec cette activité
&cette fidélitéquifont si DéitU"
relles a ceux de son illustre
fang. Ilavoit épousé en feconres
nôces Madame la Comtesse
d'Uzés, & i1 a épousé en troisiémes
Madame la Marquise de
Grancey.
- Le Roy luy donna en 1675 la
Lieutenance generale de Becife
&deCharollois, sur la démifson
de Mr le Comte de Montrevel
son perequieut un pourvoir
pourcommander savie durant
,
nonobstant sa démission,
quand même le fils viendroit à
mourir. Le Roy le ne la même
année Mestie de CàrrïD du Regimcnc
Royal Caval4,-erie,qui
vacqua par la mort de Mr de
Chenoife. Il vendit ce Regiment
en 1677. à Mr le Comte du
Bourg. Le Roy le nomma la
même année Brigadier de Cavalerie
& Commissaire général
de la Cavalerie, & luy donna
un brevet de retenue de foixan- tequinze mille livres sur la
Charge de Lieutenant général
de Bresse de C harollois. Il vendit
en 1679 sa Lieutenançe generale
de Bresse 171000. livres à
Mrd'Antremont, & Sa Majesté
trou va bon qu'il gardast la Lieu,
tenance generale du Charollois.
Le Roy le nomma Maréchal
de Camp au mois de Septembre
1688. & il vendit dans le,même mois sa Charge de
Commissaire general de la Cavalerie
à Mr le Marquis de Villars.
Il servitenMars 1689. fous
Mr le Maréchal de Humieres.
En Avril 1690, fous Mrle Ma..
réchal de Luxembourg. En
Mars 1692 fous le même Maré.
c hal. Le Roy lenommaLieutenant
general au mois de Mars
1693. 6c il ferv itaumois d'Avril
de la même année fous Mr le
Maréchal de Bouflers.
-
Mr le Comte de Tallard fut
fait Guidon des Gendarmes A11"
glois au mois de Septembre
1667. & en 1662. Colonel du
Regiment des Cravates. En
1669. il vendit quatre cens mille
livres le Guidon des Gendarmes
Anglois a Mr de la
Guiette, & dix ans après il
vendit a Mr de Goueibriant le
Regiment des Cravates. En
1672 le Roy le fit Senechal du
Lyonois sur la demission de fou
pere. Il s'endeffit peude tem pi
après. Il fut Lieutenant General
en Dauphiné,& en 1675.
il fut Lieutenantde Roy à l'Arcenal
de Grenoble. Ces Charges
vacquerent par la mort de
Mr le Marqu is de Ragni, il
en donna quarante mille écus
à Mr le Duc de l'Esdigneres.
Il vendit dix mille livres: la
Lieutenance de Roy de l'Arcenal
de Grenoble, lors que
Mr le Marechal de la Feuillade
en euevendule Gouvernement.
Le Roy le fit Brigadier de Cavalerie
au mois de Mars 1677.
luy donna un Regiment de Cavalerie
,& le Regiment de TaI.
lard sur la denliffion de Mr de
la Baume son pere. Il fut fait
quelques années après Marechal
de Camp, 6c au mois de
Mars 1693. Lieutenant General.
Il joint l'esprit à la valeur,
il a beaucoup de vivacités
& d'imagination
»
& comme
il est propre à plus d'une
forte d'employ
,
il fut nommé
Ambassadeur Extra-ordinaire en
Angleterre après la Faix de
Risvyck.Le Roy le fit Chevalier
de ses Ordres peu de
temps après son retour de cet
te Ambassade & luy a donné
le Gouvernement deFoix qu'avoit
feu Mrle Marquis de Mirpoixavec
permission de le vendre.
Il est fils de feu Mr le Marquise
la Baume, mort à Lyon
en l'Abbaye d'Esnayou il lou
geoit. Le nomde la Maison est
Hostung de Bonne -; elle cit
d'unetres-grande ancienneté
& d'une illustration considerable
Lamaison de Tallard
touche de prés à celle de Villeroy
, puisque Marie de Neuville
filledeCharles de Neuville
, Marquis d'Alincour,
& de Jaqueline de Harlay,&
soeur de feu Mr le Maréchal
de Villeroy
,
& de feuMr l'Arhevefque
de Lyon, épousa en
premiere noces A lexandre de
Bonne Comte de Tallard, dont
est issu par sa mere Mr le
Comte de Tallard qui donne
lieu à cet article. Cette Dame
épousaen secondes noces
Louis de Champlais,Marquis
de Courcelles, Lieutenant Gneral
de l'Artillerie de France
dont Mr le Commandeurde
Gourcelles Officier Genera[
dans les Troupes de France,
est iflli. Mr le Comte de Tallard
a épouséla sourr de Mr
le Marquis de Vireville Gouverneur
de Montelimar- de la
maison de Grolée. Cette Dame
est morte il y a prés de
deux ans en cette Ville dans
de grands sentimens de pieté.
Mr le Comte de Tallard porte
en Cour le nom de Bonne, par sasubstitutian. C'est une des
plus illustresmaisons duDauphiné.
Elle a fort brillé fous
les Dauphins de Viennois. Il
y en eut un qui quitta le monde
avec le dernier Dauphin, &
qurentra avec luy dans l'Ordre
des Jacobins pour ne le
point abandonner, Marie de >
Neuville qui avoit épousé en
premieres noces A lexandre de
Bonne Comte de Tallard, n'eut
de ce mariagequ'une fille qui
épousa feu Mr le Marquis de
la Baume pere de Mr le Comte
de Tallard donc le verita.
ble nom estoitHostung & qui
y joignit celui de Bonne par
la loy & la derniere volonté
de son beaupere A lexandre de
Bonne: ainsi Mr le Marechal
deTallard est neveu à la mode
de Bourgogne de Mr le Maré
chal de Villeroy, & veritable
neveu de Mr le Conmandeur
de Courcelles qui est proche
parent de Mr le Duc de la
Meilleraye) puisque feu MT.le
Maréchal de la Meillerayeeltoit
filsd'une Champlais.Lamere
.de Mr leMareschal de Tallard
estoit de la mesme Maison que
le Connestable de l'Esdiguieres.
LeRoy donnaen1675.à, M*
Je Duc d'Harcourt, qui vient
d'être nommé Maréchal de
France
,
le Resiment <TInfanterie
qu'avoit M1 de Sourches
Grand Prevost: de France. Il
s'acquit en deux années une si
grande réputation à la teste de
ce Regiment que celui de Picardie
ayant vacqué par la
mort deMr de Bourlemont qui
le commandoit, & qui fut tué
à Valencienne, le Roy lui donna
ce Regiment. Au mois de
May 1678.SaMajessé lefitLieu.
tenant General en haute Nor
mandie:& lui donna le Gou-
!
vernement du vieux Palais de
Rouën
,
sur la demission deMr
le Marquis de Bevron son
pere ,
à qui le Roy donna un
Brevet pour commander la vie
durant
,
nonobstant sa demission:
Sa Majesté estant feulement non., informée de lahautèr
valeur de Mr le Marquis
d' Harcourt, qui en donnoi t tous
les jours de nouvelles preuves,
mais aussi de sa conduite judicieuse
, & de la parfaite intelligence
qu il avoitde tout ce qui
regarde la Guerre, le fit Inspecteurd'Intanceriercet
Employ
demandant un homme fage
& intel ligent. Sa-Majesté
le nomma Brigadierd' ififanteterie
en 1683. & luidonna une
pensionconsiderable l'année
suivante. Il fut fait Maréchal
de Camp quelque temps aprés,
& au mois de Mars1695. Lieu.
tenant General. Au mois de
Juillet de lamefme annéeayant
entendu dans son Camp prés
d'Huy le canon de Nervinde,
où Mr de Luxembourg avoit
attaqué heureusement l'Armée
des Alliez il partit en diligengence
pour le joindre avec les
Troupes qui estoient fous ses
ordres, & se vint porter àla
gauche de l'Armée, ayant jugé
que c'estoit le lieu où il seroit
le plus utile. Cette action suc
fort aplaudie, & marqua beaucoup
d'attention au service, de
coeur & de zele. Enfin sa reputation
ayant fait de grands
progrez dans l'esprit du Roy,
autant du costé de l'esprit, de
la prudence & de la conduite,
que de celui de la valeur, S. M.
resolut d'envoyer unAmbassadeur
en Espagne qui eust toutesces
qualitez
,
elle se fit
pourcet effet donner une lifte
par le Ministre des Affaires
Etrangeres de tous ceux qui
pouvoient remplir cet Employ,
selon ses intentions, & ayant
trouvé le nom de Mr le Marquis
d'Harcourt à la teste, elle
ne voulut pas entendre la lecture
des autres noms, & dit
qu'elle avoit trouvé l'homme
qu'elle cherchoit: La fuite a
fait voir la justesse du choix du
Roy, & jamaisMinistren'afait
voir dans l'execution de ses
ordres, dans une conjoncture
aufll delicate & aussi -im.
portante ,
plus de prudence)
plus de sagesse
, plus de conduite,
& plus d'efpric. Ila generalernentplu
dans une.Cour
où il estoit difficile de plaire
,
àcause de la diverftté
des partis, il s'y est fait aimer,
:H s 'y est fait estimer, ily a fait
évanouir l'antipathie que lesEspagnols
avoient pour
les
François
,
il leur a fait connoître
Ion Roy, & leur a fait rendre
la justice (pli estoitdûe à son
ëSangp&(Ice Marquis ameriué
par des services si importantJ
le rang de Duc où Sa Maiesté
l'a élevé, il ne s'effc pas rendu
moins digne par sa valeur du
BâtondeMaréchal de France
ique Sa Majesté vient de lui
donner. Le Royyalçouronnc,
tous ses dons par la Charge de
Capitaine deses.Gardes du
Corps, dont il vient de l'honorer.
Ce choix est d'autant
plus glorieuxà ce nouveau Maréchal.,
que le Roy a près luy
avoir confié ses Secrets & ses
Troupes, lui confieencore sa
propre Personne.
Mr leMaréchal d'Harcourt
est fils de Mr le Marquis de
Bevron , Lieutenant General
pour le Royen Normandie. La
Maison d'Harcourt a tenu un
rang tres-conifderable dans le
monde depuis l'établissement
de la Monarchie les alliances
qu'elle a eu, & les dignitez
dont elle a esté honorée
,
la
distinguentfî fort, qu'on peut
dire hardiment qu'il n'y -ena
aucune dans le Royaume qui
lui foit superieure. Il seroit
inutile de donner un détail Génealogique
de cette illustre
Maison, aprés l'Histoire qu'en
VL fait le sieur de la Roque, auquel
je renvoye les Curieux, aprés ce qu'en a encore die
OldericVitalis en parlant de
son origine & de ces temps reculez
où elle commença à se
~lfaire connoître dans le monde,
Il me suffira donc de dire que
la branchede la Maison d'Harcourt
, dont est chef aujoiîr1-
d'huy Mr le Marquis de Beuvron
, pere du nouveau Maréchal
, fut formée par Philippes
d'Harcourt
,
qui outre la
branc he ù: 13Cuvr0n) fut encor
la tiget dé celle des Sieurs de
Bonnerable & d'Ollonde. Il
étoitun des fils dejean V.Comte dHarcourt &d'Aumalequifut
blesséà la Bataille de Crecy en
1346. & qui depuis ayant esté
surpris avec le Roy de Navarre
dans la Ville de Rouen
, par le
Roy Jean, eut la teste tranchée
parordre dece Princeen 1555. Ilavoit épousé la Comtesse de
Ponthieu qui luy avoit apporté
de grands biens. La branche
aînée de la Maison d'Harcourt
finitlong-temps après en la
personne de Jeanne Comtesse
d'Harcourt, qui porta tous les
grands biens de sa maison dans
celle de Rieux, d'où ils forcirent
encor dans la fuite par le
mariage de Louise de Rieux ,
seuleheritiere de "sa Maison:,
avec René de Lorraine, Marquis
d'Elbeuf. Pour la branche
que forma Philippes, elle a
duré jusqu'à present. Il descendoit
comme aussi toute la maison
d'Harcourt, de Robert premier
Comte d'Harcourt quivivoit
l'anIIQQ. & qui bâtit le
Chateau d'Harcourt, dans le
Comté d'Evreux en Normandie.
C'est du même Robert
qu'Olderic Vitalis fait une
honorable mention. Mrle Ma.
réchal d'Harcourt a épousé
DameN. Brulard de Genlis
&dans le mesme temps qu'il
l'épousa Mrle Marquis de Beuvron
, son Pere épousa en
deuxième Noces la Mere de
cette Dame,qui estoit Fille do
feuMaréchal Fabert, Gouver
neurde Sedan, dont il a en
Mrde Cezanes &Mrl'Abbé
d'Harcourt, si, bien que ces
deux Messieurs, sont freres de
Mere de Madame la Maréchale
d'Harcourt, & en même temps
ses beaux freres. Il y a peu de
maisonssouveraines dans l'Europeausquellescenouveau
Maréchal
n'ai t l' honneur d'a ppartenir.
Il a environ quarante-six
ans
Il paroist depuis peu un livre
nouveau dont le titre est, De
l'Amitié. Il seroit bien difficile
de trouver une matierequi meritast
mieuxd'exercer une plume
delicate
,
puisqu'il n'y a rien
qui puissecontribuer davantage
a la felicité de râ^vie
, que
l'acquisition d'un vray Ami,
quand on est assez heureuxpour
le trouver. Mr de Sacy y~&
qui nous devons ce beau Trai
té, l'a divisé en troisLivres. Il
parle dans Je premier de lanature
de l'Amitié, des qua litez
necessaires aux Amis, des pré..:
cautions à prendredansle choix
que l'on en fait. Le second comprend
les devoirs de l'Amitié,
leurs justes bornes,leur su bordination
aux devoirs naturels,
& le dernier regarde non-seulement
les ruptures, les moyens
de les prévenir, & la conduite
que l'on doit tenir quandon ne
sçauroit leséviter,mais lesobligations
dont les Amis v i vans
sont chargez envers les Amis.
quisontmorts. Toutcelaest
traité avecbeaucoup d'art & de
méthode & d'une maniere dignedeMrde
Sacy, dont le merite
vous est si connu. Tout le
mondesçait combien il s'est acquisdereputation
dans le Conseil
depuis un fort grand nombre
d'années. C'est luy qui
nous a donné l'excellente Traduction
des Lettres de Pline. Il
cil: de l'AcademieFrançoise, &
pouvoit beaucoup mieux qu'un
autre écriresurl'Amitié, puifqu'ilafait
voir en plusieuroccasions
qu'il est un parfaitAmi.
Ce livre se vend chez la Veuve
du sieur Barbin, au Palais,sur le
Perron de la sainte Chapelle.
Mr de Villefort continue à
travaillera la tra d uct ion de divers
ouvrages de Saint Augustin
,
& l'estime que le public a
faite de cellequ'il a donnée du
Livre de la Doctrine Cbrestienne,
& de quelques autres, que debite
le Sieur Coignard > rl1<:
Saint Jacques à la Bibled'or,
vous doit estre une assurance
qu'il n'a pas moins réüssi dans
les Livres du même Saint ylMgu*
Jin) contre les Philosophes AcademicÜns)
qu'il vient de faire imprimer.
Il y a joint le Traitéde
lu Grace & de la Liberté.Labelle
Preface quevous trouverez à
la telle de ce Vol ume vous fera
connoistrequ'il a bien a pprofondi
l'estat où estoit Saint Augustin,
lorsqu'il a entrepris d'écrire
sur cette matière. Son
stile est aisé & naturel, & en
même temps tres pur & digne
d'un homme qui cannoist bien
nostre Langue. C'est à la Fleur
de lis d'or, ruë Saint Jacques,
<]u'on trouve ce livre, chez
le sieur Elie Josset.
1 Les Fables d'Esope sont 4
connuës & si estimées qu'il n'y
a rien à dire à leur avantage.
On en a souhaité une Traduction
plus exacte & plus correcte
que celles qui ont paru jusqu'à
present, & le sieur Michel
Brunet, Libraire au Palais,
vient de la donner en deux Volumes
, & afin que l'on comprenne
plus aisément le sujet
de chaque Fable, il en a fait
graver la Figure pour rendre la
chose plus sensible.L'Auteur y
a ajouté le Sens Moral pour en
faciliter
faciliter l'intelligence de ce que
ces Fables doivent faire entendre.
Il a étendu fort au long
ces Moralitez , on les a diversifiées
en plusieurs manieres differentes
, afin que chacun en
puisse trouver quelques-unes
qui luy conviennent selon son
estat & laportée de son genie.
Les Discours Moraux qui contiennent
l'explication des Fables
tant d'EsopequedePhilelphe,
font suivis chacun de
quatre Vers qui renferment le
sens principal qu'on leur peut
donner. Ces Quatrains fort aifez
à retenir,peuvent faireune
impression utile dans l'esprit des
jeunes personnes qui les voudront
apprendre par coeur. On
trouvera aussi dans ces mêmes
Volumes
,
quelques Fables de
Gabrias, Poëte Grec, qui avoic
mis en Vers celles d'Esope, avec
la traduction du combat des
Rats & des Grenouilles, àquoy
l'on a joint quelques Fables poëtiques
Egyptiennes qui renferment
les secrets de la Nature ,
dela Religion, &dela Morale,
fous des parolesambiguës, &
fous des exemples tirez de l'Histoire
ou de la Fable.
- On trouve chez la veuve Chevillon
sur le Quay des Augustins,
à l'Image de S. Jean de
Dieu, un livre nouveau intitulé
la Tyrannie des Fées détruite, par
Madame laComtessed'Auneuïil
le rang qu'elletientdans lemonde
par sa naissance,&parle nom
qu'elle porte, les agréemens
de sa personne & l'étenduë de
son esprit, la rendent une des
plus accomplies personnes de
ce temps ,
& font desirer (on
commerce à ceux qui en cherchent
de doux & d agreables.
Ce Livre est une fiction ingenieufeécrite
dans le goût qui
regne si fort depuis quelque
tenu parmy les Dames,quoique
cedessein toutefois ne réponde
pas à celuy des autres contes
des Fées; puisque dans cetouvrage
l'on y détrui t le pouvoir
tyrannique de ces Déesses imaginaires.
L'Epître à Madame la
Duchesse de Bourgogne est envers,
& a esté receüe avec
de grands agréemens de cette
Princesse. Ce Livre estécrit
aveccoûte la delicatesse & tou- Kk ij
re la finesse donc ces sortes
d'ouvrages sontsusceptibles,
Les passions y sont peintes avec
beaucoup d'art, & les effets
qu'elles produisent y sontdecrits
tres-ingenieusement : on
y trouve d'excellens portraits
tirez d'après la pure nature,
de belles & touchantes descriptions
: on y parle enfin de
l'amour
, cette passion tyrannique,
dans des termes si propres
& si naturels qu'il y a lieu
de croire que l'on ne parle
point des effets bizarres decette
passion sans en avoir souvent
inspiré de pareils. Les ouvrages
que cette Comtesse donne
tous les jours au public font
connoitre que lors qu'elle voudra
essayer sa plume sur des
sujets plus serieux
,
il n'y a
pas à douter qu'elle ne le salTe
avec beaucoup de succés, &:
qu'elle ne puisse un jour voir
placer son nom parmi ceux
des Scudery,des Houlieres,
des Schurman ,
des Cornaro,
& autres personnes illustres de
ce sexe.
Le mot de l'Enigme du mois
passé estoit L'Eguille, ceux qui
l'ont deviné font, Mrs de Beauvais
de la ruë neuve S. Laurent
, Olivier fils de Mr Oliv
ier Procureur au Chastelet du
cloistre saint Germain, Bardet
& son amy Duplessis du Mans;
Dutartre de la ruë saint Anraine;
Mouget de la ruë du
1Roule,& la dixième Muse
du Fauxbourg saint Germain
sa commere ; le President de
l'ElectiondeMagny, son Epouse
,Se le jeune Notaire; Rééquipas
& Mademoiselle Darguer
du saint Esprit de la ruë
Quinquempois
,
Mr & Mademoiselle
de Preol son Epoufc
ruë S. Julien des Menestriers,
Madame de Billy de la ruë
Beaubour
,
vis a vis le grand
cul de sacq
, Mr Chevalier
marchand de vin, de la ruë
Geofroy Langevinôc Me Jean
Laisné de la ruë Portefoin,
l'infortuné Pigisde la ruë faine
Antoine, le maistredu Grand
chien de la ruë saint Paul, &
le Jeune Lorrain, du cloistre
saint Martial, le gros Bourgeois
de la ruë de Venise;
Dom cadet enfant de la ruë
saint Antoine, & la Bleuë de
la même ruë; les aimables cousins
d'Orleans & de Paris; ÔC
le Hocton de laBastille.
- MesdemoisellesdeRevelois
de Buire, Marie Anne Brigade
la Montagne sainte Geneviéve,
Madelon de la ruë Quinquem
pois;Angelique de rIa;
belle étoille ; la charmante
Manon, Baudoüin dela Fon".
taine sainte Geneviéve
,
& Ic-;
Chevalier; Manon la spirituelle
de la ruë saint Antoine &
Ion fidel amant;l,Aimable Manon
Gerard de Creil; lacharmante
Godon de la ruë saint
Antoine 6c son petit voisin; labelleHiacinte & sa poulette,
la Princesse Mignonette de l.
piaçc de Fourcy, la mere de
Mademoiselle Lon lon
, & le
bonami de la bonne, la Brugnon
de devant faine Mery & son
compere)l'Abbé du mêmelieu,
LJnjgmeque je vousenvoyé
cfl de Mr d'Aubicour.
ENIGME. AKec ma teste sans cervelle Je mets dans son jour une
belle,
Cesi par moy que la ~laide a des
attraits brillans.
le présidesur la Toilette
De la Prude ~&de la Coquette,
Mimesur lesAutels j'exerce mes
talens,
Che, l'un & l'autre Sexe on me
trouve de mise,
cDhoreismseispeasse moins de moy que de ;
Etiptoyque'jefois propreàservir 0
- les humains,
se iCay ny mouvement, ny pieds -
-- ny bras
, ny mains
L'Italie a esté de nouveau
affligée deplusieurs tremblemens
de terre, avec cettedifference
que l'Estat Ecclesiastique
a ressentitoutes les alarmes
j & une partie des maux,
au(quels la Ville de Naples
eftoic autrefois fujete. llfelpble
que le Ciel ait voulu
épargner les sujets d'un nouveau
Roy, à qui l'on a suscité
une guerre injuste où la
Religion est interessée, puifqu'on
a soulevécontre lui tout
ce qu'ellead'ennemis en Europe.
Rome où les nouveaux
tremblemens se sont faits ressentir
a fait voir qu'elle n'est
pas accoutumée à souffrir
, &
l'aprehension y a esté infiniment
plus grande que le mal.
Jamais Jubilé n'y a fait faire
tant de bonnes oeuvres; & tant
de reconciliations
,
plus on
goute avec tranquilité les delices
dela vie,plus on cra i nt
de la quiter
,
& plus les jugemens
de Dieu qui paroissent
prochains causent d'allarmes.
Ces tremblemens de terre se
sont faits ressentirà Rome trois
fois en vingt jours, le troisiéme
qui est celui qui a causé le
plus de fraïeur,arriva le jour
de la Chandeleur. Tout le peuple
qui remplissoit les Eglises
qn sortit pour se rendre dans
les Places publiques où il se
croïoit plus en seureté. Le
Pape & les Cardinaux n'en sortirent
point, & y entendirent
avec beaucoup de resignation
& de fermeté
, ce qu'il plairoit
àDieu d'ordonner de leur
vie qui se trouvoit exposée aux
plus grands périls dans un lieu
où la moindre pierre venant à
manquer pouvoit faire tomber
sureuxune partie d'un bâtiment
pesant & materiel,&qui ne laisse
rien d'entier fous ses ruïnes.
La fraïeurnaturelle à tous les
hommeslors que le danger paroist
évident, fit faire aux premieres
secousses de la terre, quelques mouvemens aux Cardinaux
pour suivre l'exemple
du peuple su yant ; mais aïant
remarqué que sa Sainteté tout
occupée a prier songeoit plus à arrester la colere du Ciel par
sesprieres qu'à prendre la fuite,
ils crurent devoir imiter ce saint
homme, & aucun ne sortit.
Cette timidité auroit pu passer
dans la fuite pour un sujet d'exclusion
pendant un Siege vacant.
On ne peut donner trop de
loüange à sa Sainteté, jamais
PapenJaÏant mieuxrempli toutes
les fonctions de son ministere.
Il n'ordonne pas, ilagit;
il ne fait pas prêcher, il préche
; il faitluymesme ce qu'il
recommande & ce qu'il conseille,
& comme l'exemple à
plus de poids & opere davantage
, on ne doit pas s'étonner
tonner si un Pape si saint fantisiel'Estat
Ecclesiastique.
Pendant que les vents fouterrains
font la guerre aux Italiens,
leshommes continuent à
se la faire, presque dans tout
le reste de l'Europe. Ses Souverains
ne peuventsouffrir
qu'un Prince s'affermisse dans
un Trône qui luy appartient
legitimement, par la feule raison
que sa maison deviendroit
trop puissante. Comme ceux
qui n'aiment que la justice
ont de la peine à croire qu'il
se trouve des hommes qui soient
aflfez injustes pour entreprendre
une guerre contre tout
droit & raison, le Roy ne put
se persuader avant l'ouverture
delaguerre qui desole aujourd'huy
l'Europe que cette guerre
dustjamais estre commencée,
ainsi il ne crut pas devoir répondre
par des armemens aux
menaces qu'on luy faisoit tous
les jours, & quoy que la Politique
semblast l'exiger de luy,
ce Prince crut qu'une plussage
& plus fine Politique le devoit
empêcher d'armer. Ceux qui
vouloient la guerre, & qui n'avoient
de cause legitime pour
la commencer n'auroient pas
manqué de publier, & de faire
sonner bien haut que le Roy
armant pourleur faire la guerre
il falloit le prevenir afin de
n'estre pas accablé par les forces
d'un Monarque qui toutes
les fois qu'il avoit commencé
-
quelque guerre, il afaitunnombreinfini
de conquestes déssa
premiere
- campagne. Enfin le
Roy aima mieux s'exposer à essuyerles
premiers cou ps de ses
ennemis, & les voir commencer
la guerre sanspouvoir alleguer
aucun sujet legitime, que de
risquer à allumer une sanglante
guerre ,
qu'onauroit imputée à
son Armement,&dont il auïoix
pû luy-même [c croire la
cause. Ce Monarque estoit persuadé
que si sesennemis avoient
d'abord quelque avantage, il
les feroit repentir dans la suite
de l'avoir attaqué injustement.
Il mit du monde dans Keysersvvert
, & dans Rhimberg, non
pas dans la pensée de conserver
ces Places:elles sont, tropavancées,
&les ennemisestoient d'abordtroppulissans
pouroser seulement
l'esperer. Le Roy ne
vouloir que gagner du temps &
leur faire perdre beaucou p de
monde pendant qu'il semettroit
en estatde faire repentir ses ennemis
de luy avoir declaré la
guerre. lIen venu à bout de
tout ce qu'il s'estoit proposé,
Kevferfvvert a esté l'écüeil de
leursmei lleures Troupes,ilsse
font épuisez d'hommes & d'argent
devant cette Place. Ainli
ce Prince ne laissoit pas d'affoiblir
Ces Ennemis en se preparant
à les vaincre. Si Rhimberg
leur a moins fait perdre
de monde, il les a occupez
plus long-temps? & les a empêchez
d'avancer pendant plus
d'une année.Ilsontestéobligtfz
de tenir la campagnependanttout
l'Hiver, 8ca'essuyer
les incommoditez d'une saison
qui fait perdre beaucoup de
monde lorsqu'on est obligé de
la passer en campagne. Il y
avoit déja deux mois que Mr
le Marquis de Gramont avoir
reçû les ordres du Roy qui
luy permettoient dese rendre,
lorsqu'il a demandéàca pituler.
Ila obtenu unecapitulation des
plus honorables, tant les ennemis
avoient l'empressement
d'entrer dans cette Place. On
peut dire que le Roy l'a gardée
tant qu'elle lui aesté utile
,
les
projets qu'il a formez pour
cet:te cam p a::ner,e pouvant
eitre aiTc:Uvp•r tics Màcqs 1
peu considerables. Les Alliez
ne s'attendoient pasqu'ill'ouvriroit
de si bonne heure en
Allemagne, mais le Roy sen
mestoit lui-même,& cela suffisoit
pour faire réüssir ses projets
,quelque difficilequ'en fust
l'execution. Pendant que l'on
preparoit touteschoses pour
le faire reüssir
,
Mr l'Electeur
de Baviere preparoit de son
costé tout ce qui luy estoit necessaire
pour la prise de Neubourg
sur le Danube, Capitale
du Duché du même nom, appartenant
à l'Electeur Palatin.
Mr l'Electeur de Baviereauroit
pû s'en emparer à la fin de la
derniere Campagne pour se rendre
par là le Danube entierement
libre, & pour fermer aussi
par là l'entrée dela Baviere.
Elle n'a cependant pas voulu
prendre cetterésolution,pour
faire mieux connoistre la sincerité
de ses intentions pour la
conservation de la Paix, & pour
cet effet elle a bien voulu [e
contenter des simples assurances
qui lui ont estédonnées
tant de la part de Madame l'Electrice
Doüairiere qui fait sa
résidence audit Neubourg que.:
de la Regence du Pays,qu'on
ne feroit aucune innovation,ôCf
quetoutresteroit dans l'état.,
Mais ayant vu avec douleur
que malgré ces assurances,
& au mépris des égards queSon
Altesse Electorale a fait voir
pour ce Duché & pour la Ville
de Neubourg, on n'y a pas seulement
introduit une fortegarnison
, qui a d'abord commencé
à s'y fortifier, mais qu'en même
temps on se preparoit aufll d'executer
par le moyen de ce passage
,le dessein qu'on avoit concerté
il y a longtemps d'envahir
les Etats de Son Altesse Electorale
,
elle a cherché tous
les moyens qui pouvoient etnpêcher
d'envenir à des extremitez
& luy donner lieu de
pourvoir à sa seureté parles
voies de douceur ; mais voyant
que tout ce quelle a fait amiablement
representer à ce sujet
n'avoit rien produit, & connoissant
l'importance du danger
éminent dont ses Etats
e fcfoient menacez, s'estvuë enfin
contrainte de s'adurerdj
ce Poste par la force de ses armes,
Se pour cet effet elle c hargde'Aa
rcMo r le Maréchal Comte
de tous les preparatifs
necessaires pour cette ex pedition
, ce qui fut executé avec
tant de foin & de diligence,
qu'au bout de huit jours les
Troupes, l'Artillerie, les munitions
de guerre, & les autres
provisions se trouverent au jour
nommé aux environs de Neubourg.
Les Troupes destinées
pour l'attaque cantonnerent à
l'entrée de la Ville, tandis que
le General Major Vvollsframstorff,
avec un corps de Cavalerie
, & quelque Infanteriese
posta de l'autre costé du Danuble
, pour empêcher le secours
d'un gros détachement de l'Ar
mée du Prince de Bade, que
conduisoitMr le Maréchal Comte
de Styrum,& sous luy Mr le
Comte de Gronsfeld, Mr le
Duc de Vvirremberg, & Mr le
Marquis d'Anspach. Son Altesse
Electoralearriva à Ingolstat
le 29. de Janvier d'où elle
dép ec hale len demain Mrle
Comte de Rechberg Genti lhomme
de sa Chambre à Madame
l'Electrice Palatine Doüairiere
, pour luy representer les
sujets que S Altesse Electorale
avoir de se plaindre d'une demarche
si contraire à ses promesses
,
luy offrant encor de ne
rien entreprendre contre Neubourg
, si elle en vouloit faire
sortir la garnison & ruiner le
pont, SonAltesseElectoralela
: prioit en mesme tem ps en cas
qu'elle fustobligée malgré elle,
d'en venir à la derniere extremité
pour la seureté de ses Etats,
qu'elle voulust: bien ne point
exposer sa personne aux desordres
& aux incommoditez du
Siege, & qu'elle choisiroit la
retraite qui luy conviendroic
lemieux
,
où Son Altesse Electorale
auroit foin de la faire accompagner
avec toutes les corn,
moditez & tous les respects dûs
à sa personne. Le 31. Janvier
Son Ahelfc Electorale le rendit
an village de Feldkirchen
à la portée du , oii canon de NCll- Mr le Comte de
Rechberg lui apporta la réponse
qu'on lui avoit faite, sçavoir
que les Troupes estoient arrivées
à Neubourg
,
sans que Madame
l'Electrice en eust euconnoissance,
qu'elles y estoient
entrées sans son consentement,
& que le Commandant n'estant
pas à ses ordres,elle estoit bien
fâchée de ne pouvoir faire ce'
que TEIe&eur demandoit ,&
ce qu'elle desiroit elle-même.
Son Altesse Electorale voyant
que les negociations feroient
inutiles, ordonna dans l'instant
l'attaque du Fauxbourg, que
les ennemis avoient environné
de retranchemens , & qu'ils
deffendoientavec presque toute
la garnison. Dix-huit cens
hommes furent détachez pour
s'en emparer l'épée à la main,
la faison ne permettant pas de
remuer la terre, ny d'user des
précautions
précautions dont on se sert en
pareil cas. Mr le Comte de Tattembach
General de Bataille,
marcha avec six cens Fusiliers
ou Grenadiers à la droite de
l'angl du Retranchement de
la Porté de Feldkirchen.Mr
le Comte Emanueld'Arco 3
Co.
lonel du Regiment du PrinceElectoral
, avec un pareil
nombre, ciré ordre d'attaquer
dpear la gauche, & Mr le Comte Sanfré, Lieutenant général
les souténoit avec le reste du.
détachement
,
pendant que les
autres Troùpesestoientrangées
en ordre de Bataille au
village
de Feldkirchen. L'avion commença
à sept heures du soir. La
clarté de la Lune & la neige
favorifoient les ennemis, qui
pouvoient découvrir jusqu'aux
moindres mouvemens. On marcha
en Bataille à découvert
jusqu'au pied du retranchement.
Les ennemis firent une
fai ve generale, mais la marche
audacieuse des Troupes de
Son Altesse Electorale les ébranla
tellement qu'ils plierent
presque tout aussî-tost. Mr le
Maréchal Comte d'Arco estant
à cheval poussa à la teste des
Troupes pour les animer, on franchie le fossé
,- mais l'escarpe
du retranchement estoit si
glissant
, qu'on avoit toutes
les peines du monde à y monter.
Cette difficulté favorisa la fuite
des ennemis, qui eurent le
temps de se sauver dans la Ville.
Mr le Comte de Tattembach
les pouffa jusques à la porte du
Danube, ou il prit poste dans
les maisons les plus voisines. Mr
le Comte Emanuel d'Arco s'étant
jetté sur la gauche; trouva
un retranchement dans le Faux
bourg que les ennemis deffendoient
encore. Mais ayant fait
percer les maisons, il les envelopa
de tous costez, &les chargea
si vivement qu'ilsfurent
contraintsde l'abandonner. Cependant
Mr le Comte de Sanfré
s'empara du reste du Faux.
bourg, &seposta de maniere
à se pouvoir porter par tout où
la necessité le requereroit. Son
Altesse Electorale qui s'eftoic
avancée pour voir l'attaque, arriva dans le Fauxbourg aussitostque
ses Troupes, & sans
perdre un moment alla Mr avec le Maréchal Comte d'Arcoreconnoistre
les lieux les plus
plus propres pour les batteries,
on 1uÏ fit rapport que le plus
foible de la -Place eltoiç rn droi t oùlamurai lle de la Ville
se joint au Chasteau mais patir consideration pour Madame l'E.. 1c).."1 ne vou l ut pas ex poser *,vou)l1t exposer
son Palaisaudangerdes coups t
& aux décharges de rArtjllc
rie, & il ordonna que l'attaque
le fistà la Porte de Feldkirchen,
où l'on travailla à faire deux
bateries.Ilen ordonna aussi une
troisiéme au bord du Danube
qui pouvoit battre le pont &
ruiner les retranchemens que
les Ennemis avaient dans une
petite Isle quecepont traverse.
La Garnison faisoit feu de
tous costez, & tâchoit de retarder
le travail des batteries
que lesAssiegeans faisoient avec
toute la diligencepossîble.Son
Altesse Electorale voulant encor
témoigner quec'étoit à regret
qu'on lacontraignoit d'en
venir à cesextremitez
,
écrivit
pour la seconde fois à Madame
l'ElectriceDoüairiere, & lui
manda que si les Troupes vouloient
se retirer de la Ville &
détruire le pont,qu'il feroit de
son costé retirer les siennes,
elle ordonna enmesme-temps à
Mr le Comte de Tartembach
d'avertir le Coloneld'Isselbach
Commandant de la Garnison
> que s'il n'acceptoit des conditions
si avantageuses
,
il devoit
s'attendre à tous les malheurs
d'une place prise d'auauc. La
réponse de Madame l' Electrice
fut à peu prés en Inemes. termes
que la premiere ,
&le
Commandant écrivit
, qu'il ne
voyoit pas qu'ilfutencor temps
de capituler; on l'avoit flatté
d'un puissant secours,&il
attendoit d'un moment à l'autre
de le voir paroistre. Le second
jour à sept heures du matin
,
les batteries tirerent avec
succés; ce pendant SonAltesse
Electorale jugea à propos de
les faire avancer encore plus
prés) ce qui fut executé d'abord
à la faveur du feu continuel
qu'on faisoit. A l'attaque
de la gauche, ou* estoit Mr le
Comte Emanuel d'A rco , on
pouffa les deux batteries à la
portée du pistolet ,l'une dela
porte, & l'autre d'une tour
qui la flanquait, & à la droite
le Comte de Tattenbach en fit
dresserune à vingt pas des pa.
lissades qui sermoient les avenuës
du pont, Mr le Maréchal
Comte d'Arco
> pour avoir
l'oeil à tout, se logea à dix pas
des batteries, Mr le Comtede
Sanfré fous ses ordres,agisoit
detous costez,&Mr Pol Ajut.
dant General, chargé de tour
le détail de l'attaque, s'enacquitta
avec tout le courage &
toute l'activitépossible.Enfin
le lendemain Doutes les batteries
ayant fait l'effet qu'onen
pouvoi t attendre, les brec hesse
trouverent dans un état à faire
juger que l'apresdînée roit donner onpour- l'assaut. Mais comme
Son AltesseElectorale alloit
donner ses ordres pour ce- la
,
les Ennemis firent battre la
chamade, & lui envoyerent
par un Trompette une Lettre
de Madamel'Electrice
, & une
autre du Commandant pour le
Comte de Tattembach) on lui
demandoit par ces Lettres les
mêmes conditions qu'il avoit
avoic offertes, & Mr d'Isselbach
s'y soumettoit enfin
, disoit-
il , par respect pour les
instances de cette Princesse; mais Son AltesseElectorale en accordant tres - obligeamment
tout ce qui pouvoir regarder
Madame l' Electrice, fit 1- signisierau
Commandant,qu'ayant
laissé venir les choses à uneextrémité
si grande, elle ne le
recevroitqu'àdiscrétion, &..
que d'abord que le Trompette
seroit rentré dans la Ville, on
continuëroit l'attaque; toutes
Îcî bacteries recommencerent
aussi-tost. La Tour qui deffendoit
la porte estant prSrlc
de tomber en ruine, l'épouvente
fut si grande parmi les Assiegez
,qu'ilssesoûmirentà tout
ce que desiroit Son Altesse Hicctorale
3 deux Majors sortirent
pour otage. On livra d'abord
le pont & la porte de la Ville,
où les Trou pes de Son Akeflc
Electorale se portèrent , & s.
dite Altesse Electorale alla visiter
les ouvrages du pont; &
ayant donné ses ordres à Mr le
Maréchal Comte d'Arco pcun avoirfoin du reste
, monta et
ccareosse avec l'Envoyé de Fran- celui de Savoye, quj
avoient l'honneur de l'accompagner
,
& s'en retourna à Im
golfladt. Mr le Maréchal Com
te d'Arco pour marquer ami
Officiers la generosité du Prin
ce auquel ils s'efioient rendust
les renvoya tous avec armes &
bagage, à la reserve de quatre
ou cinq qu'il a fait arrester,jusqu'à
ce qu'on ait rendu quelques
Officiers des Troupes de
Son AltesseElectorale qu'on
retient en prison depuis quatre
mois, sans aucun droit; &
avant que l'on eust commencé
la moindre hostilité. La garnsson
composée du Regiment
Palatin de Mr d'Isselbach qui
yestoitentré fort de neuf cens
hommes
, & d'un détachement
desept cens hommes des Troupes
du Duc de Vvircemberg,
a esté conduite à Landshut.On
a perdu en ce Siege du costé
de S. A.E. Mr de Polens Capitaine
de Grenadiers, mort de sa
blessure,unLieutenant de Grenadiers,
un Lieutenant d'Artillerie
, un Ingenieur, & 60.
soldats, dont piufieurs nefont
que blessez. Mr de Ramoski,
Major du Regiment de Mr le
Prince Electoral qui commandoit
la fausse attaque , a esté;
blessé dangereusement par un
soldat qui ne le reconnut poinr.
Le 5. de Fevrier, Son AIteffe
Electorale
,
sur les nouvelles
qu'elle avoit receuës que ]e
Troupes destinées pour le [
cours de Neubourg,marchoient
pour se joindre à celles d4
Franconie, dansle dessein d'at
taquer laVillede Vvembdind
appartenant à Son Altesse Elè
éiorale, & de faire ensuite uné
invasion dans le Haut Palatinat
»
partit pour aller coucher
à Donavvert, & y observer les
mouvemens de Mr le Comte de
Styrum. Toutes les Troupes
de S. A. E. tinrent la mesme
route , avec une gayeté & une
diligence extraorôinaire; mais
S.A.E.ayantapris àDonavvert
que lesImperiaux s'étoient éloignez
par une contremarche, e].
le en repartit, & ordonna à Mr leMaréchal Comte d'Arco de
distribuer
distribuer les Troupes dans des
quartiers, & de les poster
, de
maniéré qu'elles fussent en état
de se rassembler aisement pour
tomber sur les premiers qui
feroient la moindre démarche
contre ses Etats. Cette expedition
dans la plus rude faison
de l'année, a çfte conduite &
executée avec toute la prudence&
toute la valeur possible;
iez par cette prise faite si à propos
, on a deconcerté les projets
dangereux formez contre
Son Altesse Electorale;&la Bavière
) doit ce coup paré à la
fage prévoyance & au courage
de son Prince qui soutient si
dignement les droics Souverains
& la libertéde l'Empire.
Il est important à son AlrëÍfc
Electorale de Baviere que
cetteRelation qui a deja esté
renduë publique se repandè
par toute la terre, non feu
lement pour la gloire de ses
armes, maisaussiparce qu'elle
peut luyservirdemanifste:en
effet on ne la peut lire sans admirer
ce Prince. On y remarque
sa bonté & ses honnestetez
pour Madame l'Eleclrice
Doiiairiere Palatine, & les
égards qu'il a pour la tranquillité
publique, & pour le
repos de l'Empire,en s'offrant
de ne point prendre Neubourg
pourveu qu'on le mette en état
de ne luy point nuire; cette
moderation doit estre doublement
admirée pendant qu'on le
menace d'entrer par plusieurs
endroits dans ses Etats, & que
l'on arme puissamment pour
joindre leseffetsaux Olcnaces.
Je vous marqueray à la fin de
ma Lettre ce que cet Electeur
a fait depuisla prise de Neubourg
qui luy estoit d'une extrême
im portance à cause du
pont que cette place a sur le
Danube.
Pendant que les Troupe
Bavarroifes agissoient de leur
costé,celles de France eÆ!:ülCOj:
en mouvement pour l'execution
d'un dessein important, &
celles qui avoient hiverné e#
Alsace & en Franche-Comté
estoient en marche ainsique
l'Artillerie, & l'Hopital,ce
qui faifoic croire que l'entreprise
deyoit estre considerable,
chacun voulut la deviner, &
la plus commune opinion fut
qu'on alloit assieger le Fort de
Kell, & qu'on seroit un pont
proche de Srasbourg;mais lors
que l'on eut apris que nos troupes
marc hoient vers Hun ingue,
on ceflfa d'avoir cette pensé,
parce que l'ons'éloignoit de
vingt lieuës du fort de Kell,
Ii. que pour descendre de ce côté.
là, outre ces vingt lieuës
qu'il y avoit à faire, ilfalloit
passer avec un grand traia
d'Artillerie,plusieurs rivieres,
un pays coupé par plusieurs
ruisseaux
,
des defilez impraticables
,
sur tout dans cette
faison. Il falloit de plus passer
entre Brisack&Fribourg,ainsi
qu'entre un nombre infini de
Forts, & s'emparer ensuite de
plusieurs retranchemens avant
que de pouvoir investir le Fort
de Kell : de sorte que voy ant
toutes ces difficultez
,
il n'atilIDi
t plus esté possible de pctàfuader
que Mr de Villars,eust
dessein de l'attaquer, plusieurs
choses contribuerentencore À
faire croireque l'on n'avoit pas
ce dessein, tous les Colonels
estoient à la Cour, & n'ayant
receu ordre de partir qu'après
que Mr le Maréchal de Villars
eut commencé à marcher,
on ne crut pas qu'uneArmée
sans Colonels pust commencer
l'execution d'un si grand pr()
jet. Dans le même temps on
assura exprés à la Cour, que
Mr de Villars. n'avoit point
d'autres ordres que de joindre
Mr l'Electeur de Baviere
, &
ce Maréchal pour le mieux
faire croire donna des ordres
que l'on fit passer pour des ordres
secrets
,
& qui furent
pourtant rendus publics, de retressir
tous les chariots de son
armée, parce que ces chariots
estoient trop larges pour pasfer
par les voyes par lesquelles
on devoit joindre Mr lEr
le&eur de Baviere; de maniere
que Mr le Prince de Bade
trompé:, tant par ce qui se publioit
icy & qu'on mandoit en
Allemagne, que par les ordres
de retressir les chariots, qui
sembloient confirmer ceque l'on
voulait qu il crust, donna dans
lepiège qu'on, luy tendoit >,&
envoya des troupes dans- les
gorges & dans les passages des
montagnes par lesquellesil s'é*- toit imaginé que Mr de'ViMaM
devoit joindre Mr de Bavjere:,
pendant ce temps ce Maréchal
descendit le Rhin,&s'étantr
trouvé au bout dequatre jours
devant le fort de Kell, ilécrivit
la Lettre suivante à Sa Ma
jesté. Cette Lettreest dattée du
s19.SiFev*IrierR..SIERE-9):' Ce riefl point, le gain d'une Bataille
que Mr le Chevalier delà
Vriliere aura l'honneur d'apprendre
à Vostre Majestè; mais u.n'
événementplus important, &d'autant
plus heureux que sans qu'il
en coûte une goutte defangà.aucun
sujet de Vostre Majesté
,
les Troupes
de ses Ennemis Jont difperretJ ,1 le Fort de Kell investi en la presence
de Mr le Prince de Bade,
e- ce Prince mesmeayant vû tous
les Forts du Rhin abandonnezdans
plusieursdesquelsily avoit du canon
, a laissé les Redoutes qu'il
avoit faitconstruire sur la Kinche
gardéespourcouvrirsaretraite. La
pluspart de ceux qui les gardoient
ont estéfaitsprisonniersdeguerre,~
plusieurs ont esté tuez, ou pris en les
abandonnant, On auroit suivi Mr
le Prince de Bade, sans que les
Gués rompus depuis long-temps nous
ont un peu arresté; enfin
,
Sire, la
profondesagesse qui regne dans tous
lesordres & les projets de Vofire
JWajejîé a estè suivie d'une exccution
(i- exacte, que son armée c'.:
tombée au milieu des quartiersd'bver
des Ennemis sans qu'aucun de
leurs Generaux en ait cdè averti,
onasuivi douzeBataillon s comman- dez,par le General Bibrac pendant
quatre heures, & ce General ne
pouvant plus tenir les Troupes ensemble,~
desesperant de les ¡;lttvcr,
a pris luy-mesme les Drapeaux,
laissant auxsoldats la liberté de se
jetter dans le boit. On auroit plifaire
un plus grand nombre de pru
sonniers sans le dessein de suivre le
premier objet, & ne pas donnerle
temps au Prince de Bade dese placer
derriere la Kinche
, que jesçavois
retranchée. Une lettre du Com:.-
te de Furstemberg au General Bibrac
qui me tomba entre les mains
mefitcomprendre la necessitè de m'avancer,
& f4 esté "ffheflrcuftment
pour que le Prince de Bade
arrivéd'hierà Kell, d'V qui r.,ffèm.
bloit tout, riaiteu que Le temps de
visiter les retranchemeus & Les
abandonner. il ya donc, Sire,plus
de cinquante Forts ou Redoutes
abandonnez, ou sur le Rhin ousur
la Kincbe. Dans plusieurs de ces
Fortsily a du canon,quantitéde
grenades,&de munitions de guerre,
onpeut donner des quartiers d'hiver
aux Troupes de Vostre Majesté dans
le pays Ennemi. Le Siège de Kell
sera fait avec toutes sortes de commoditez.
Vos Troupes, Sire, font
dansle meilleuresat qu'ilsoitposfblei-&
l'on épargnera à VefireMa
;ePi les dépenses de fourages d'avoinesi
excessives pour cet hiver,
Vastre Majesté est bien persuadée,
que les contributions seront bien
estenduës. Nousallons donner tous
nos soins à l'avancement de la prise
de la Place peut-estre la plris importante
de Voftve Majefiè.
Le Maréchal DE VILLARS.
.,' La Lettrequi suit efl du même
Maréchal, elle est adressee
à la mere de Madame la Maréchale
de Villars.
¡. Vous neserezpasfâchée Madame
d'apprendre que l'Armée du
Roy ayant passé le Rhin sur le pont
de Neubourg, a fait une Marche
si secrette , & en mesme temps si
diligentequelles'esttrouvée au milieu
des quartiers d'hiver des Ennemis
sansqu'aucun de leursgénéraux
en ayent esté avertisix heures
d'avance, de maniere que le
General Bibra commandant toutes
lesTroupes repanduës entre BrifltcÆ)
Fribourg, le Fortde Rell & Offem-
110urg
, n'a eu que deux heures pour
se retirer. On l'a suivi pendant
quatre heures
, & ce Colonel riefierantplus
desauver les Troupes,&
ne pouvant plus mesme les tenir
ensemble, apris luy-mesme les Drapaux
& les a emportez. Les Soldats
sesont jettez dans les bois,
douzg Bataillons ont estè tous disperft'{,
on pouvoit mesme faireplus
de prisonniers ; mais les lettres interceptées
des Generaux Ennemis
qui estoient sur la Kinche & qui
mandoient que le Prince Louis de
Badey arrivoit luymesmerassemblanttout,
nous ont obligezà ne
rien obmettre pour les prevenir.
L'Armée du Roy a paru sur la
Kinche vers le midy,& a appris
par
par les pisonniersque le Prince
Louis de Bade y estoit arrivé. On
a eu de la peine 4 trouver un
gué a cause des précautions que les
Ennemis. avoièntpris pour les rompre
, cependant on s'est servi du
premier endroit qui a paru praticable.
La Cavalerie du Roy te
passé ,les Redoutesont tfte abandonnées,
on a pris la pluspart de
ceux qui les gardoient, & suivi
Mrle Prince de Bade,lequels'e.
stoitretirédeuxheuresauparavant.
Enfin voila plus de cinquanteForts
où Redoutes que l'ona fait quitter
aux Ennemis deniere la Kinche
où le long du Rhin; dans plusieurs
Forts ily avoit du canon,quantité
de grenades,de munitions de guerre
& desfarines.Noussommesaumilieudu
meilleur Pays du monde
des contributionsprodigieuses, &
tout celasans qu'il en coute un bommeAURoy.
4
LaRelation qui fuie, &qui
vient du Camp de Mr le Maréchal
de Villars, entre dans
quelques détails dont ce Maréchal
n'a pas crû devoir parler
dans ses lettres. -,
Mr le Maréchal de Villars
ayantfait passer l'Armée du Roy à
Huningue & à Neubourg
, a pris
en passant à Huningue environ
vingt pieces de Canon, deux de
vingt-quatre, & les autres de huit
& de quatre , marcha en descendant
le RhinparleBrisgau, passa la
Kintche entre Fribourg& Brisack
, à une lÙNë de cette. dernierePlace,
au pied de la Montagne. Il traversa
cette riviere à un gué, à la
teste de l'Armée, n'ayantfaitpasfût
devant luy qu'un seul Dragon
pour lasonder.Lesennemis quin'avoient
eu aucun avis de cette marche
fort épouvantez,, prirent la
fuite, & abandonnerent leurs retranchemens
,sans gaster ny les vivres
ny lesfourrages qu'ilsyavoient
amassez.Ils quitterent cinquantedeux
Redoute,oupetits Forts,qu'ils
avoient construits tant sur la Kintche
quesur les bords du Rhin, dans
tous lesquels ils avoient mis du Canonyensortequedans
unseulonen
a trouvé dIJZt pieces. L'Officier
qui commandoit les Troupes de ces
tetranchemens, nommèBibrac, les
excita lui-même à se sauver, &Je
chargeades Drapeaux qu'ilfitporter
devant luy ; mais deux de fti
Bataillons
3
qui estoient au nombre
de quatorze , prirent la fuite avèi
tant de précipitation
,
qu."ilslaifleirent
les leurs dans les Retranchemens.
Ces Troupes estoient du Cercle
de Souabe; Mr le Prince de
Bade, ayant,sur l'avis,que. nôtre
Armée passoit le Rhin, en oyé Iti
Troupes de l'Empereur dam lesgorges
& lespassagesparlesquels il
s'estoitimagine que Mr deVillars
vouloit joindre Mr de Baviere.
JSfoftre General faisant toûjours
marcher la Cavalerie la premiere,
a descendu jusqu'au Fort de Kell,
qu'il a investisans aucunobstacle
> Mr le Prince de Bade n'en esfoit
sorti que le matin.
J Outre ce qu'on apprit à la
Cour par des Lettres & par la
Relation que vous venez de
lire. Mr le Chevalier de la Vrilliere
qui les avoic apportées
dit , au Roy,qu'àson départ quatre
mille pionniers travailloient aux
lignes de circonvallation & que
beaucoup d'autres devoient les joindre3
que Mrde Villarssaisoitfaire
deux Ponts, l'un au dejpis l'autre
au dessous de Strasbourg
, & que le
dernierestoitachevé; que l'on devoit
ouvrir la tranchée la nuit du 14 ou
celle du 25qu'ily avoit quatre mil.
le hommes dans le Fort de KeZl)
& que par consequent la gamison
estoitplus forte de la moitié que l'étenduë
de la Place ne le requeroit,
& qu'elle alloit estre fortincommodée
des Bombes qu'onse proposoitd'y
jetter en prodigieuse quantité; que
nos Soldats1?esie;ent qge trop dans
Vabondance, & que nos Offîcien
feroientce Siegecommodement, qu'ils
pourront dîner à Strasbourg, avant
que d'aller monter la tranchée. Ÿ
Mr le Chevalier de la Vrilliere
dit aussi; que Mrs de Druyr%
du Rosel, & Chamarande
}
Offî*
ciers Generaux, estoient arrivez À
l'Armée, lors de son départ, £7* que
eefloit Mr Tarade) Ingenieur&
Entrepreneur, le même qui a fait
construire cette Place, qui en conduisoitleSiege.
Il dit auru ,
quela,
garnison n'estoitaussi forte, que
parce que quelques - unes des Troupes
quigardoient les retranchemens
Jo & sur tout les deux Bataillons
dontil estparlé ci-dessus, Il estoient
jettezpoursesauver.
Quoy que Mr Tarade connoisse
parfaitement bien le Fort
dont ils'agit, puisqu'ill'a fait
construire fous
les
ordres & sur
les desseins deMr le Maréchal
de Vauban, on n'a pas laine de
faire partirMrde Lapara. Cette
Place estant si forte & si re..
guliere, & la pierre dont elle est
construireestant si bonne, sidure
& si épaisse,que l'on a jugé
qu'il falloit plus d'un habile
Ingenieur pour aider à la re.
duire.
- Je crois devoir ajouter icy
J'actionsuivante.
Une partie de nostreArmée
ayant passé le Rhin à Huningue,
un Lieutenant du Regiment
de Livry cavalerie, fut détaché
avecvingt Cavaliers pour
aller reconnoistre. Il rencontra
aussi un Parti d'environ vingt
Houssards, qu'il poussa;mais
en ayant trouvé plus loinune
ci nquantaine,le Lieutenant fut
pris, & les vingt Maigres furent
repoussez vivement. Mr
de Villars détacha un autre
Lieutenant du même Regiment
avec soixante Cavaliers, qui
sut attaquépartrois cens Houssards;
il fit ferme de tous côtez ,
en combattant vaillamment, &
fut dégagé par trois cens GrenadiersqueMrde
Villars avoit
envoyé pour le foûrenir.
Aprés que Mr le Maréchal
de Villars eut passé le Rhin,
ildità ses Troupes que le Roy
leur donneroit le Pain & la
Viande gratis, &que les ustencilles
& les revenans bons du
Quartier d'Hiver leurs feroienc
payez comme s'ils y estoient,
pendant letemps que dureroit
J'expedition qu'ils avorent à
farre, & en se mettant a leur
teste il deffendit fous peine de
la vie, à qui que ce soit des'écarter
de son Corps, &.< leur
ordonna de menager les vivres
&de ne faire aucun dégast dans
le Païs par où ils passeroient,
attendu qu'on en pourroit avoir
besoin au retour; mais la marche
de ce Maréchal a esté bien
plus favorable qu'il ne pouvoit
jamais se promettre, les Ennemis
en prenant la suite,ayant
laissédans les Postes qu'ils occupoient
plus de vivres qu'il
n'enfaut pour la subsistance de
quarante mille hommes pendant
plus de sixmois. Il ne
faut pas s'étonner si l'abondance
de Munitions, de Fourages
&de vivres est si grande de ce
costé là
, pendant que l'argent
dont l'Empereur a un extrême
besoin,luy fait manquer de beaucoup
de choses, le Fort de
Kell appartient à Mr le Prince
de Bade, & il a depenséplus
de cent mille écus à la maison
de plaisance qu'il a à Rastar.
Ces raisons estoientassez fortes,
outre qu'il craint toûjours que
terre ne lui manque,pour l'engager
à faire venir de ce costélà)
la plus grande partie de ce
que toute l'Allemagne pouvoit
fournir pour faire subsister les
Troupes pendant la Campagne
prochaine.
Tout ce qui est bon par foymême,
& qui ne peut manquer
de plaire au Public, en est infiniment
mieux reçu,lorsqu'il
luy est donné dans le temps
qu'il le souhaite 5 c'est ce que
vient de faire M'de Fer, en mettant
au jour le Plan de Strasbourg
& du Fort de Kell, avec
les environs de ces Places.
Mr le Maréchal de Vauban
estant arrivé de Flandres pour
pour prêter Serment, ainsique
les autres Maréchaux de Fran
ce ont fait, Cllt l'honneur de
saluer 1g Roy au ssi-tost a pres
son retour, 6c dit à Sa Majesté
qu'il la prioit instamment de
l'employer, & de le Jaiifer.
aller au Siege de Kell,qu'il prétèndoit
la servir de son metier
sansconsideration de sa djgité,
- & qu'il esperoit qu'elle na
le frusteroit pas de cet honneur.
Mr de Vauban assura le Roy
quelefort de Kell ne pouvoit
estre secouru. mais il dit eD
mesme cernp s à Sa Majesté que
la Place estoitbonne, & que si
la Garnison ne manquoit de
rien, & ne s'ennuïoit pas, elle
pouvoit tenir quelque temps.
Aprés vous avoir fait part
des Lettres de Mr le Maréchal
de Villars apportées par Mr le
Marquis de la Vrilliere, parti
après que l'Armée du Roy eust
passé le Rhin, & vous avoir
mandé ce qui a esté rapporté
verbalement par ce Marquis,
je dois vous faire part des nouvelles
qui vinrent ensuite. Elles
apprirent que les Ennemis
avoienc
avoient abandonné les trois villes
Imperiales d'Offembourg ,
de Gengenbach
, & de Zell, situées
danslaValléede Kinche,
&qu'ils étoient aussi forcis de la
Ville de Vvilstet, & de celle de
Rastas, dans le Marquisat de
Bade. Les mêmes nouvelles portoient
qu'on avoit trouvé vingtquatre
pieces de Canon dans
Offembourg
>
& qu'on avoit
aussitrouvé &amené au Camp
le Canon du petit Corps que
commandoit le General Bibrac,
auquel il avoitordonné desedisperser.
Onapprit aussique plusieursSoldatsn'étoient
point revenus,
jamais occasionde deserter
n'ayant esté plus favorable.
Ce même Courierrapportaaussi
que Mr le Prince de Bade avoit
fait prier Mr le Maréchal de
Villars d'épargner sa maison de
Rastas en consideration de leur
ancienne amitié; mais qu'il n'avoitpointécrit
à ce Maréchal,
ainsi que le bruit en avoit couru.
Enfin les troisiémes nouvelles
reçuës de Mr le Maréchal de
Villarsquiestoient du 24. Février,
& qui arrivèrent le 28, àVersailles, portoient que l'abondance
estoit si grande dans
l'Armée du Roy que les Vaches
ne s'y vendoient que dix fols,
& qu'il s'en estoit même donné
une assez grandequantité pour
cinq sols; que les Troupes
estoient contentes, qu'ellesne
demandoient qu'à en venir aux
mains avec les ennemis, que la
pluspart des Colonels estoient
à lateste de leurs Regimens, &
qu'ils feroient arrivez assez à
temps pour passer le Rhin avec
l'Armée,s'ils n'avoient esté arrestez
sur la route par le manque
de chevaux, que les lignes
estoient achevées, ainsique les
batteries au nombre de trois que
l'on en faisoit une autre dans
l'Isle du Rhin, qui seroit servie
par la garnison de Strasbourg
,
que ces batteries tireroient en
même tem ps que l'on feroitl'ouverture
de la tranchée, que Mr
de Villars avoi t esté dans les
Montagnes jusqu'à Fortzem
& les débouchez , ,qu'il n'avoit
trouvé personneen son chemin,
que le Siege alloit estremené
avec vigueur, & que l'on ne
perdroit aucun momentny nuit
flv jour, pour le faire avancer.
Voila les nouvelles apportées
à la Cour par Mr le Marquis
de la Vrilliere, & par
les deux Couriers Extraordinaires
qui l'ont suivy. On mande
aux particuliers quiontreçû
des Lettres par l'Ordinaire,
que Mr le Prince de Bade a laiue dans le Fort de Kell un
Prince de Bade Dourlac pour
y commander,qu'il y a environ
trois mille hommes de -car,.
nsson ,mais que les soûterrains
qui font dans la Place ne pouvant
en contenir que quinze
cens, les autres pourroient difficilement
se mettre à couvert
des bombes. Il y a mesme des
Lettres qui portent qu'iln'y a
pas tant de munitions & de canon
dans ce Fort; que l'on s'é
toit d'abord imaginé; mais je
ne vous garantis pas que ces
Lettres parlent juste.
-
Ces
mesmes Lettres ajoûtent que M*
le Prince de Bade publioit hautement
qu'il avoit écrit plusieurs
fois à l'Empereur,qu'il
craignoit que le Fort de Kell
ne fust assiegé; mais que le
Conseil de Sa Majesté Imperiale
n'enavoit rien voulu croire
,
qu'il s'en lavoit les mains,
& qu'illaisseroit aller les choses
comme elles pourroient aller,
& ne feroit rien. J'ajouteray
à la fin de ma Lettre ce
que j'apprendray de nouveau
de ce Siege.
Le Courierque le Roy reçût
de Mr le MaréchaldeTallard
le dernier de Fevrier, portoit
que ce Maréchal après avoir à
dessein laissé affoiblir les Ennemis
devantTraerbach avoit
paru sur les hauteurs voisines,
avec l'Armée qu'il avoit assembléeà
Thionville, &- qu'à Ji
veuë de cette Armée les Aille.
geans avoient quitté leurs quar-.
tiers, & qu'en les abandonnant
avec autant de desordre que de
précipitation
,
ils avoient laissé
tous leurs malades & tous leurs
blessez dans le Bourg de Traben
qui effc au bas de la montagne, &
qu'ils avoient usé inutilement
une tres -
grande quantité de
poudre, &consommé beaucoup
de munitions de guerre pendant
un mois qu'ils avoient demeuré
devant ce Château. Le Roy
loüa beaucoup la conduite
le Mr le Maréchal de Tallard,&
la valeur de Mr Baravi,
qui commande dans Traerbach
, que le feu des Ennemis
, quoy que grand & continuel
n'avoit pu obliger à fer
rendre, 6c qui par sa longue
resistance avoir fait perir une
partie des Troupes qui l'avoient
assiegé.Lesmêmes Lettres portoient
qu'a près la levée de ce
Siege, les Allemans avoient
pris leur chemin d'un cofté» &
les Hollandois d'un autre.
Mr de Quelus qui commanmande
à Diest sur le Demer ,
ayant eu pertniffion du Roy
de lever une Compagnie Franche
de Dragons de cent Hommes
, il a elle si heureux dans
le choix des hommes qui 14
composent
}
qu'ayant envoyé
cette Compagnieen parti, elle
a penetré si avant dans le païs,
qu'elle a fait plus de quarante lieuës. Elle a enlevé des Bailsiss
& des Bourguemestres,
dont elle a tiré bde grosses
rançons, &elle a faitprisonniers
de guerre plusieurs Oflîw
ciers qui passoient d'un quar- tier à l'autre.
Le feu avant- pris à quelques avantLn;Lau,rom
, Mr
jMagazins de Limbourg Reignac qui commande dans
cette Place, crut que les Ennemis,
qui avoient peut estre parc
a cet incendie, chercheroient
à en profiter; & se proposant
detirer de l'avantage du maliieur
quiluiefloit arrivé, il fit
sortir une partie de la Garnison,
qu'il fit cacher dans des desilez.
Les Ennemis ne manquerent
pas de venir, ils furent
surpris & repoussez vivement ,
& l'on en tuaun très- grand
nombre.
Le 25 Janvieràdix heures du
foir on ouvrit la Tranchée devant
le Fort de Kell
,
à demie
portée du fusil de l'ouvrage à
corne, on avançabeaucoup,les
Ennemis n'ayant point tiré pendanttoute
lanuit. Ilssortirent
le matin de leurassoupissements
Cependant il n'y eut qu'un
homme tué de leur feu, & un
autre blessé. On travailla. le
26. à dresser des batteries pour
battre l'ouvrage à corne, qui
n'estseparédu Fort que par
le chemin;demaniere que cet
ouvrageétant pris,on retrouvera
fort proche du Forr. On continuë
de mander que l'on croit
qu'il y a trois mille cinq cens
hommes dans ce Fort, ou environ
, &que lessoûterrainsaïant
esté faits particulièrement pour
mettre lesmunitions à couvert,
il y restera peu de place pour
la garnison
,
& qu'ainsi la plus
grande partie demeurera exposéeau
feu des bombes. On commence
à dire avec plus de certitude
qu'on n'avoit fait d'abord
,qu'il y a peu de munitions
dans ce Fort
, parce que
l'on en a tiré beaucoup pour le
siége de Landau.On a ssure inê.
me qu'on en a aussitiré des
canons de bronze,& que c'effc
par cette raison que la plus
grande partie de ceux qui s'y
trouvent presentement sont de
fer. On ajoûte qu'on avoitresolu
de pourvoir ce Fort de
toutes les choses necessaires
pour soûtenir un Siège; mais
que les mauvais chemins &la
prompte arrivée de MrdeVillars.
en avoient empêché, si
toutes ces choses ne font pas
vrayes ,
elles font du moins
fort vra y semblables.
Toute laville de Strasbourg
paroist comme une foire ouverte,
les soldats y ayant vendu
tout ce qu'ils ont trouvé
au delà du Rhin.
On mande aussi qu'il y a eu
dix mille pionniers employez
aux lignes de circonvallation Ôc
de contrevallation de Kell, &
quejusqu'à present Mrle Prince
de Bade n'avoit pu rassembler
que cinq mille hommes deses
Troupes qui ont estêdispersées
càhla'aldpperoche de Mr le Maré-
Villars.
Pendant que l'on a pris grand
foin de publier que l'on alloit
attaquer la Baviere par trois
endroits
, & que le Roy des
Romains, & le General Schlik
alloient marcher pour l'execution
de ce grand projet
Mr l'Electeur de Baviere s'emn
paroit d'Eberndorf dans levoisinage
de Passau
, & de la ville
de Vveiden dans le haut Palatinat
ainsi que de Neustadt-
Kell,sesTroupes entroientaussi
dans le Roïaume de Boheme
pour
pour éloigner l'orage dont on
menaçoit ses Etats; cependant
comme son armement tend
moins à entretenir la guerre
qu'à affermir la paix de l'Empire
, il n'y a fait aucun acte
d'hostilité , & ses Troupes ont
payé tout ce qu'on leur a fourni.
Cet Electeur a fait demander
au Cercle de Suabe deux
mille chevaux pour la remonte
de la Cavalerie, & à l'Evêque
d'Ausbourg un passage dans ses
Etats pour un detachement de
sesTroupes.Ce Princeestensuite
allé à Munich afin de laisserà
ceux qui peuvent avec lui contribuer
au repos de l'Empire, le
tems de prendre des resolutions
qui le puissent affermir 5 cependant
cette sage tranquilité
ne l'a pas empêché d'envoye
de tous costez pour prendr
langue afindedécouvrir si le
effets repondoient aux mena
ces de ses Ennemis, &si le
Armées nombreuses qui de
voient inonder son Pays avan
çoient, maisonn'aaperçû au
cunes Troupes,le SiegedeKel
ayant empêché l'execution d
tous les Projets qui avoien
esté formez pour cette Campa
gne par le Conseil de l'Empe
reur.
Sa Majesté Imperiale fait toû
jours solliciter auprès des Etat
Generaux des secours d'argent
de troupes, & de munitions
mais ses instances n'ont aucu
effet, les Hollandois nevoular
pas se dépoüiller de leurs force:
& mettre leur propre Paysà
découvert, ils manquent de
blé, & ont fait proposer d'en
acheter en France pour plusieurs
millions, ce qui leur a.
estérefusé, parce que l'on a sçu
qu'ils en avoient tres-peu tiré de
Dantzic, & que ce blén'estant
point propre à faire du biscuit,
leur Flote en pourroit souffrir.
Pendant que l'on a travaillé
auxapproches du Fort de Kell,
Mr de Villars s'est avancé dans
le Pays avec deux mille hommes
, mille Dragons, & deux
milleGrenadiers, & la marche
de ces Troupes à jetté de
la terreur quarante lieuës au
delà du Rhin.
On a eu des nouvelles plus
particulieres de l'ouverture de
la tranchée devant le Fortd
Kell. Elle fut ouverte, ain
que je l'ay marqué, le 25. à di
heures du soirpar Mrsde La
banie & de Marivaux,Officiel
Generaux de jour, & par
Brigade de Navarre, qui
poussaquinze ou seize cens pas
sans que les ennemis s'en appe
çussent. Ils ne tirerent que
matin, mais avec peu d'effet
puifqu'il n'y eut que deux So
dats tuez ou blessez.Ellefut r
Jevét1Cz6- parMrle Comte
Bourg, & le lendemain par h
de Magnac. LeSeptièmeàmi
lesEnnemis abandonnerent ni
Redoute de terre. Il n'y a
que sept hommes tuez & dix
huic blessez pendant les tro
premiers jours de tranché
Elle se trouva pousséele huitiéme
jusqu'à quarante toises
de la Contrescarpe. Nos Batteries
n'avoient pas encorecommencé
à tirer ce jour-là. Un deserteur
a rapporté qu'il yavoit
beaucou p de munitions dans la
Place, peu de canon, & point
de mortiers: cependant oeau.
coup de gens demeurent persuadez
qu'on n'avoit encore pû
remplacer celles qu'on en atirées
pour le Siege de Landau
& que quarante milliers de poudre
qui ont esté trouvez dans
Offembourg
,
devoient estre
conduits dans cette Place. Je
fuis, Madame, &c.
A Paris ce5. Mars1703.
A PO S T I L L E.
Six cent soixante&sept noms
de Chevaliers de Saint Louis.
avec leurs noms & leurs qua- litez, &. l'estat de ceux à qu
le Roy a accordé des pensions
& l'abbregé de l'histoire des
dix nouveauxMaréchaux de
France remplissant la plus grande
partie de ce volume,l'Auteur
s'est trouvé obligé
,
ainsi
qu'il l'a esté dans le Mercure
dernier,de reserver encore plusieurs
articles historiques pour
le volume de Mars qu'il ne
donnera qu'a près les festes de
Pâques, la Semaine fainte devant
estre employée à d'autres
TABLE.
faite par Mr le Chevalierd'Infreville.
8
Prise d'Habit. 10
Morts. 15
Article concernant le nouveau premier
President du Parlement de
Bretagne. 44.
Relation de l'Abjuration de MadamelaPrincessedeVirtemberg.
61
Moralitezcaricuses sur les six premmiers
joours nde ladCreéatio.n du 69
Mariages. yj Listedes OjJicle-rs1.Je, terrenommez
parle Roy, Chevaliers de Saint
Louis dans la promotion du mois
de Janvierdernier. 88
Pensions accordéesparleRoy àplusieurs
Chevaliers de SaintLouisy
lepremierF~,i <
Lettre d'un Capitaine du Regiment
TABLE.
de Carlux au Majordu Regime
delaForce.
Course de testes faite par les D
mes deCaën. i
Madrigalà une belle Questeuse. I
MrBoisotest nommé premier Pn
dentau Parlem. deBesançon, i
Nouvel article de la monde Mr
CurédeS. VincentduMans. I
SecondarticledesMorts. 1
Relation d'un combat donné en
deux Fregates Angloises, &
Vaisseau marchand, nomme
Ville de S. Malo. 3 Particularitezremarquables tt
chant la fondation de l'Abbé
de S. Victor de Marseille,
Suite duJournal du pajJage du j
tP Ëfbî'Z*? P^rya r',r,,;J'¿[i' :
Festes »?."?rjifc&fS données l'dr.
l'Ambassadeurd'Espagne, et
TABLE.
: queplusieursautresBals. 255
journaldu Carnaval de Marly. 277
Article concernantla Maison &
les Emplois des dix Maréchaux
de France, depuis qu'ilssont dans
leservice. 185? Del'Amitié.380
Traductiondes LivresdeSaint Aitgustincontre
les Philosophes Aca- demiciens.583
TrtiduîliondesFablesd'Esope. 384
La Tiranniedes Fées, détruite. 386
ArticledesEnigmes. 388
Tremblemens de terre.393
Affaire de Rhimherg. 397
Relation de la prise de Neubourg,
surleDanube.402
Passage du Rhinpar Mrle Afaréchal
de Villars avec un Journal
detout ce qui asuivi ce 'Pd./fdge,&
deux lettres de ce Maréchal. 41j JPlan de Strasbourg,441
TABLE.
Ce que Mr le Maréchal de VlJUban
dit au Roy aprés son retour
de Flandres. 44,
Villes abandonnées par les Allemands.
444
Suitedesaffairesd'Alemagne. 445
Levée du Siege de Traerbach. 449
Belle action des Dragons de Quelles,
45I
Siege de Kell. 453
Affaires de Baviere. 456
Demandesfaites aux Hollandois
par S. M.I. 478
Course faite par Mr le Maréchal
de Villars. 479
Ce qui s'estpassé pendant les trois
premiers jours de Tranchée demee*'
l. 4^
Apofnlieicj-p'ri nt.;jr_4^*
Le SiftcneHet Ll ""Jn.n'J'.1'"
veIlC
, ',Fr(': 7.1.
JL'Air, G.i>d:-i0)'t.>icn} p.ijr
CHEL BRUNET
,
Grande Salle du Palais,auMercure galanr.
NERCUM
FEVRIER 1703,
A PARIS,
Chez MICHEL BRUNET
,
Fata". Grande Salle du
, ay Mercure galanr.
c , f Omme il est impossible dans la conjoncture
presente de ne pas grossir
le Mercure,ce qui en augmente considerablçment
les frais, on nepeut sedispenser
d'en augmenteraussi le prix.Ainsi les
volumes quiseront reliezen veau se vendront
doresnavant trente-huit fols,quant
aux volumes qui feront reliez en parchemin,
en n'en payera que trente-cinq.
Les Relations levendront autant que
les Mercures.
Chez MICHEL BRUNET, grande
Sr-iie du PaGlaisa, aluaMnercutr.e -
",
M..D -,.•(^- »
C CUl.'
, M.DCCIII. •
1.
1.
AvecPnvilegsduRtjr.
AU LECTEUR.
ILy a lieu de croire qu'on
ne lit plus l'Avis qui a
estémis depuis tant d'années
aucommencement dechaque
Volume du Mercure, puis
quemalgré les prieresréitéréesqu'on
afaites d'écrire en
caracteres lisibles les Noms
propres quise trouventdans
les Memoires qu'onenvoye
pourestreemployez, on neglige
de le faire, ce qui efi
Cllufè qu'il y en a quantité
de defigurez,estantimpossible
dedeviner le nom d'une Terre,
ou d'une Famille, s'il
nejl bien écrit. On prie de
nouveau ceux qui en envoytnt
d'y prendregarde,
s'ils veulent que les noms
propres soient corrects. On
avertit encorequ'onneprend
aucunargentpour ces Memoires,&
que l'on employera
.r:)'S les bonsOuvrages à leur
DWy pourvuqu'ilsne defo~
flrjcnt personne
5
f5 que
c*rx qui les envoyeront en
r'"auchififtâle Pn','/
'A.ElHCrVIE. FEVRIER/7oj.
oKqJ N réussir toujours
bien lorsque l'on
travailleur une belle
matiere, quand mesmeon
n'auroic pas un genie aussi
heureux que Mr l'Abbé de
Failli qui a fait le Madrigal
que vous allez lire.
A LOUIS LE GRAND. PUissant &fage Politique,
jlfautfut ton Sujetquen deux
motsje mexplique.
Prince
3
de grâce écoute moy,
La matiere en vaut bien la
peine:
Si l'Univers admire en toy
Le grand Soldat 6" le grand Capitaine.
ily rencontre un plus grand Roy.
Je ne suis point surpris des
applaudissemensque vos
Amis ont donnez a la Relation
faite par M' du CaÍfe.
de ce qui s'est passé entre une
Escadre de quatre Vaissaux
de guerre du Roy, qu'sicommandoit
, & une Escadre
Angloise de sept Vaisseaux
qui estoient aussi de guerre,
& commandez par le General
Bembow portantPavillon
Amiral.Il ne peut rien
manquerau Relationsécrites
par les Généraux mesmes,
pusqu'ils rendent raison de
beaucoup de choses dont ils
peuvent e stre mieux éclaircis
que les autres; de maniere
qu'il feroit à souhaiter
que torfqu'H se passe quelque
aél:jon importance, tant sur
terre que. sur mer, les Generaux
voulussent se donner la
peine d'en faire eux mesmes
des Relations. Il en paroist
depuis peu de deux Combats
qui ne sont pas nouveaux,
Ces Relarions sont
intitulées.
Détailfaitpar Mr le Che.
valier d'Infreville,del'Ordre de
Saint Jean de Jerusalem, premier
Chef d'Escadre des ..Ar..
mée Navales du Roy
,
de deux
Combats de mer rendus en differens
temps entre l'Armée du
Roy (:J' celle des Ennemis. Le
premier du 7. Juin1672 dans
la Manche d'Angleterre, &
le second dutz,,, Avril1676.
vers leGolfe de Catania en
Sicile. Il a travaillé à ces
Relations, parce que Mr le
Comte de Toulouse luy avoic
demandé le détail decesdeux
Combats. Ces fortes de
morceaux d'Histoire sont
bons en tous temps lorsqu'ils
n'ont point esté vus,
& sur tout lorsqu'ils sont faits
par des Officiers Generaux.
La Relation de M1, du
Casse qui occupe une partie
de ma Lettre precedente,&
ce que j'ay dit de chacun
des quatre vinge ;
Officier
Generaux nommez par le
Roy, pour les faire connoistre
à ceux qui pouvoient
ignorer par où ils ont meri
té les grades d'honneur or
Sa Majesté les a elevez, ayan
tenu la place de plusieursau
tres articles j'en ay reserve
beaucoup, dont j'aurois dt
vous parler le mois passé. L;
plus grande partie de ceu:
qui suivent est de ce nom
bre.
-
- ,,',
Mademoiselle de Novion
prit l'Habit dans le Monaftere
des Filles de Sainte
Claire de la Nativité de Jelus,
de la ruë deGrenelle.
Cette Demoiselle est Fille
de Mr le Comte de Novion
qui a pris le party de l'Epée
où il se distingue, & de feue
Dame N. le Comte de
Montauglan. M' le Comte
de Novion est Frere de Mr
le Premier President de Novion
& fils de feu Mrde Novion
aussi President au Mortier
&fils du feu Premier President
de Novion, mort
avant son Pere
, & de Dame
N. Malon de Bercy ,
Soeur de Ñr le President de
Bercy t Feu MT de Novion
estoit venu du Mariage de
Mrle Premier Presidentavec
Dame N. Gaillard, laque 1.
le estoit Soeur de feu Madamela
Presidence le Feron ;
de laquelle je vous ay parlé
en dernier lieu. La Demoiselle
qui vient de prendre
l'Habit, est petite Niece de
Mf le President de la Barde,
Chanoine de Nostre Dame:
parce que sa grand Mere
Maternelle estoit Soeur de
cet Abbé qui est President
d'une des Chambres des Re-P
que stes du Palais. On ne
sçauroit marquer plus de
constance & plus de fermete
qu'en a marqué cette jeune
Demoiselle dans un engagement
qui durant toute
sa vie doit estre regardé com
me tres serieux & d'une trèsgrande
consequence; mais
de quoy nesont pas capables
, & que ne peuvent
pas entreprendre les coeurs
prévenus par la Grâce: le
Couvent que cette Demoiselle
a choisi pour y finir ses
jours dans le Service du Seigneur
&dansla pratique des
Vertus ,
religieuses, est un
de ceux de cette grande Ville
où la Regle & les devoirs
Monastiques font le plus rigoureufement
observez : en
effetces Dames vivent dans
la pratique la plus exacte de
leur regle & dans l'esprit le
plus parfait de leur Institut :
& elles n'ont point encor
éprouvé chez elles l'effet funeste
de la volubilité des choses
humaines
,
laquelle se
fait sentir dans la Maison du
Seigneur aussi souvent qu'aillieurs
, je parle du relache"
ment & de la tiédeur où rom
bent dans la fuite des temps
les Compagnies&lesSocietez
les plus austeres : car l'esprit
humain se dégoute bien
vire de cette cfprit de ferveur
& de ce zele qui se font
remarquerdans le commencement
des Etablissemens
Religieux.
M' Grævius est mort à
Utrecht subitement. Ilestoit
Professeurdans cette Université.
C'est une très- grande
perte pour toute la Littérature.
Il trovoit peu d'hommes
plus sçavans que lui. Il estoit
extrêmement laborieux, & il
ne quittoit l'étude pour donner
au corps les soulagemens
& les délaffcniens ordinaires,
qu'avec une peine
infinie. Il travailloit quand
la mort l'a enlevé,à l'Histoire
du dernier Roy d'Angle
terre, Guillaume III. Cette
Histoire estoit aaézavancéct
mais selon ce que l'on écrit
de ce Pays là, il y a peu d'apparencequ'on
continuë ce
dtïlcin
,
n'estant pas de ¡'ini
terest des Etats Generaux de
mettre dans le grand jour
les ressorts sectetsd'une Politique
raffinée
5
qui n'alloit
à rien moins, à ce que prétendent
les speculatifs, qu'à
assujettir ces Provinces, &
estanc d'une grande consequence
de dérober à quelque
jeune ambitieux la connoissance
de certains traits
&de certaines maximes, qui
pourroient un peu trop réveiller
dans leur coeur l'amour
de la domination.
Nous avons plusieurs ouvra.
ges de la façon de M' Grævius.
Il nous donna il y a
quel ques années une non.
velle édition des Epitres &
des Offices de Ciceron, qui
est tres estimée. Il l'enrichit
de Notes desafaçonqui sont
tres -
recherchées. C'estoit
l'Autheur de ce temps qui
avoituneconnoissance plus
fure & plus solide des Anciens
,
& personne n'entroit
si bien dans leur caractere &
dans leurvéritable sentiment.
On sçait que M' Grævius a
eu sur son estat des troubles
& des inquiétudes, qui sont
d'ordinaire les premières démarches
d'un Pecheur qui
commence à ouvrirles yeux
à la verité, & à sentir les premièresimpressions
de laGra
ce. Il s'ouvrit par une Lettre
qu'il écrivit à un grand Prelat
du Royaume mort depuis
peu de temps, d'une maniere
à faire juger que les tenc bres
de son esprit alloient se dissiper.
Ce pieux Evêque fit
tous ses efforts pour cultiver
d'aussi bonnes dispositions ;
mais enfin ils furent vains &
inutils contre les liens de la
chair & du fang, qu'il n'a pas
esté dans le pouvoir de M£
Grævius de rompre,&qu'il nlla,
fait que resserrer plus étroitement,
en ne courant pasa
la voix du Pasteur qui l'appelloit,&
qui l'a enfin livré
à cet esprit d'erreur qui ra
fait romber dans l'abîme- de
l'impenitence finale, où il
est mort.
Le Pere Jean Commire
de la Compagnie de Jesus,
csi mort à Paris, au College
de Louis le Grand. C'estoit
un très- habile homme, sur
tout en mariere de belles
Lettres, connu des Sçavans
par frs écrits, & recommendable
dans son Ordre par ses
vertus. Il avoit un génie admirable
pour la Poësielatine
beaucoupd'élévation, encore
plus de soliditéd'esprit, &
une parfaiteconnoissance des
anciens Auteurs. Il ecrivoit
comme il pensoit, & il pensoit
toûjours heureusement
selon les sujets differens qu'il
traitoit. Il a excellé particulierementdans
les Odes &
dans les Fables, n'estant pas
moins admirable dans les
unes par la grandeur & la vivacité
des sentimens,qu'il
est inimitable dans les autres,
par sajustesse
,
& par sa noblesimplicite.
Tout ce qu'il
nous a laissé cft digne du fie
cled'Auguste : & ses plus peJ
tits ouvrages sont des modeles
achevez, debon goust,
&de politesse.
Au reste il ne devoit point
la beauté de ses pensées & de
ses expressions,à ce qu'on appelle
dans les Poëtes, humeur
ou boutade; & le feu qui
anime ses Vers, naissoit sans
violence d'une imagination
seconde
,
& d'un esprit naturellement
sublime.
L'inclination qu'il avoic
pour l'étude
,
n'a jamais fait
aucun tort à sa pieté. Il a conservé
toute sa vie un grand
fond de Religion & de crainte
de Dieu; une dévotion
tendre envers Jesus Christ &
la fainte Vierge, en l'honneur
de laquelle il jeûnoit
tous les Samedis, & une delicatesse
deconscience, quialloit
quelquefoisjusqu'au scrupule.
Il aimoit son e stat & fer
devoirs,ne pouvant rien voir
qui parust donner quelque
atteinte à la Discipline Regnlicre)
sans montreraussitôt
un saint empressement à la
maintenir. Sasoumissionaux
ordres de ses Supérieurs estoit
si grande, que malgré les dispositions
naturelles qui le
portoient ailleurs, il a enseigné
tres-longtemps la Theo
logie avec autant dapplication
& de succés, que s'il
n'eust pas esté né pour autre
chose.
Il s'employoit avec ardeur
aux bonnes oeuvres ,
allant
aux Hospitaux
,
assistant les
malades, gouvernant les
consciences
, & n'ayant en
veuë que lagloire de Dieu,
& le salut du prochain. Sa
droiture
droiture& son bon sens le
faisoient également aimer &
estimer, & la sincerité dont
il a toujours fait profession,
l'éloignoit de toute afE.:éTation
dans ses manières & de
tout déguifcment dans sa
conduire.
Quoy qu'il fust déja fort
âgé,saconstitutionrobuste,
sembloit luy promettre une
vie encor plus longue; mais
il avoir de frequens maux de
coeur; dont le principe estoit
dans le siel,qui s'estant durci
, blessa le foye & ouvrit
mesme par sa dureté quel
-
ques veines. La fiévrequi lui
survint avec un extrême dégoust,
épuisa peu à peu les
forces. Quelqueaffoibli qu'il
fut, il n'avoit cependant rien
perdu de la vigueur de son
esprit, & la derniere Ode
qu'il fit quelques jours avant
sa mort, & qu'iladdresse au
Pape touchant la Paix au nom
de toute l'Europe, le marque
assez. N'ayant plus d'esperance
de se rétablir
, on le
vit attendre la mort avec la
resignationordinaireaux personnes
qui ont vécu dans
une grande innocence de
moeurs. Enfinil mit le comble
à ses merites par les douleurs
d'une longue agonie
après laquelle il , ex pira doucement
le propre jour de
Noël en la soixantedix-septiéme
année de son âge,&la
soixantiéme depuis qu'il s'esRtoit
ceonslacirégà Diieou danns l.a
On travaille à une ÛOUJ
velle édition de ses Ouvrages,
à la telledelaquelle on
mettra son Portrait que l'on
fait graver. On trouve pour
le present toutes ses oeuvres
rassemblees dans un volume
& divisées en quatre livres
chez Benard ruë saint Jacques
vis à vis le College de
Louis le Grand. L'édition
de 1690. est fort estimée,on
voit à la telle un petit Poëme
en forme de Dédicace, adressé
à feu Messire François de
Harlay,Archevelque de Paris,
designé Cardinal, & un
autre à Ferdinand, Evefquc
de Padet born. Le Poëme intitulé
Sol Oriens attira dans
son temps des grandeslouanges
à l'Autheur. Ceux qui
sont sous le nom de Jonas
& de Daniel ne luy firent pas
Soins d'honneur dans le
monde sçavant. On voit dans
le cours de l'O uvrage un petit
Poëme adresséàMr Ménagé,
avec quice Pere estoit
fort liéd'inclinations. lequel
en rempli de ce beau feu
qui l'animoit & qui le fait
sur tout si bien remarquer
dans le Poëme incomparable
oc digne du Siècle d'Horace,
qu'il a fait sur la belle
maison de saint Cloud. Le
Pere Commire & feu Mr de
Santeüil ont esté les deux
--qp lus excellens Poëtes Latins
dudixseptiémeSiécle,& sans
vouloir décider sur le paralelle,
je crois que si le premier
n'a - pas surpasse le second,
aumoins l'a til parfaitement
égalé. C'est le jugement de
tous les sçavans qui trouvent
dans les Ouvrages du Pere
Cammire lemesme feu que
dans ceux deMrdeSanteüil;
mais qui y trouvent de plus,
une plus grande pureté &
une imagination plus reglée,
delaquelle eneffet ce fça.
vant Jesuite s'est toujours plus
rendu maistre que l'autre,
quoy qu'en s'abandonnant à
son feu, il aprochaft de 6
près de la pompe & de la majesté
de l'Ode & de l'élevation
de Pindareque dans
les descriptions & les longs
détails des Poëmes héroïques
où échouent si souvent
les Poëtes ordinaires, il suivie
de si prés Homere, Prince
des Poëtes Grecs, & Virgi.
Iz, Prince des Poëtes Latins-
L'addition nouvelle que l'on
va donner de ses Ouvrages
fera beaucoup augmentée.
La Poëúe ne luy servit
que d'amusement, & il
s'estoit attaché à des études
plusserieuses, puisqu'ilavoit
enseigné la Theologie avec
succez, qu'il estoit bon Critique
& excellent Historien.
Mr Bozon efl: aussi décedé.
C'estoit un Gentilhomme de
mérité qui demeuroit dans
la ville de Belley, où il est
mort. Il avoit servi dans sa
jeunesse & avoit passé plufleurs
années dans les Mousquetaires
,où il s'e stoit fait
considerer & estimer. Il estoit
filsde feu Mr Bozon &de
Dame N. de Migieu,soeur
de feu Mr de Migieu
,
press.
dent premier aux Requestes
du palais à Dijon. Il a laissé
un frere qui est dans le lerj
vice. Il estoit fils de feuë
Madame de Resïnay,épouse
de feu N Passeratsieur
deRefinay ,mortau service
duRoy.Illaissa desenfans
de Dame N.Chenu son
épouse Son fils aisné est Ofsicier
dans le Regiment de
Thoy. Il en a un cadet Lieutenant
dans le Regiment de
Lassé. Il avoit une tante
soeur de son pere mariée à
feu Mr de Baret
,
& mere
de feuMr de Baret Gouverneur
de Seyssel
,
dont je
vousay parlé. Madame Bozon
veuve de celuy dont je
vous apprens la 010rt a une
soeur mariéeàMessire.
de Passerat,sieur de Parc, qui
a long-temps porté les armes
& qui a eiïé plusieurs
fois Maréchal des Logis des
Arrierebans de Bresse &
de Bugey.
Dame Marguerite Gallard,
Veuve de Messire Jerôme
leFeron, Chevalier, Seigneur
d'Orville, & de Louvres
en Parisis, Conseiller du
Royen ses Conseils, &en sa
Cour de Parlement, President
aux Enquestes, ancien
Prevost des Marchands.
Cette Dame estoit depuis
quelques années dans une
grande dévotion.Elle s'estoit
meme entièrement retirée
du monde où sa beauté&ses
agrémensavoient fait autrefois
du bruire Sa Maison est
connue pour avoir produit
plusieurs Personnagesrecommandables
par leur habileté
dans les Finances & les avoir
gouvernées avec un rare fidelité.
Cettemêmefamilles'est
ensuite distinguée dans la
Robe, & on sçait assez les
grandes alliances qu'elle a eu
avec les premieres Maisons
de la Magistrature. On ne
pouvoit toucher de plus
prés seuë Madame la premiere
Presidente de Novion
qui touchoit Madame la Presidente
le Feron, qu'un attac
h ement extraord inaire
pour son Mary a toujours fait
estimer.
La Maison de le Feron est
ancienne & illustrée il y a
long temps qu'elle est dans
le Parlement. Les alliances
qu'elle apris dins les meilleures
MaiCons de la Robe,
& les dignitez dont ceux de
a
cette Mailon ont esté revê
tus la rendent tresconsiderable.
Mais si les honneurs
l'ont distingué, elle ne l'a
pas moins elle par leslettres,
peu de Maisonsaujourd'huy
ayant plus de gens de lettres
que celle- là. Le fameux
Avocat le Feron qui faisoit
dans le seiziéme Siecle, l'ornement
du Parlement de
Paris, ne doit jamais mourir
dans la memoire des Sçavans.
Il a fait entre-autres
ouvrages une histoire Chronologique
desConnestables,
Maréchaux
, &Chanceliers
de France. Cet ouvrage
contient de grandes recherches
; lesr Godefroy l'a continué.
Ce cele breHistorien
(le Feron) vivoiten1550. &
1570. il mourut fous le regne
de Charles 1 X. qui en fai..
soit beaucoup de cas. Il
estoit né à Compiegne
,
lk
il con serva toute sa vie pour
sa patrie un tres tendre fou
venir. Feu Mrle premier
President le Feron, dont la
Femme a donné lieu à cet
article, estoit tres Sçavant &
tres profond dans la connoiG
sance du Droit François.
Dame Elisabeth Rolland,
Veuve de Messire Georges
Isoréd'Hervault, Chevalier
Seigneur, Marquis de Plumartin
,
la Rochepozay ôc
autres lieux,est morte. Elle
estoit fille de feu Mr Rolland
quiestoit dans les affaires du
Roy, qui a gouvernées avec
une sagesse & un desinteressement
assez rares dans la
haute fortune; de maniere
que dans un poste où l'on ne
fait souvent que des envieux,
il trouva le secret de se faire
beaucoup d'amis, & celuy
de se faire regreter universellement.
Il avoit deux Fil
les parfaitement belles, Madame
de Plumartin faifoic
l'admiration du grand monde
, tant par les agrémens
de sa personne, la regularité
de ses traits & la douceur de
sa phisionomie, que par des
airs insinuans qui luy attiroient
contre son gré les
coeurs de ceux quilavoyoient
& qui luy faisoient presque
autant d'adorateurs qu'il y
avoit de personnes qui
estoient à portée de la voir ôc
de l'entretenir. Mademoiselle
sa Soeur n'a pas moins
d'agrémens & le merite de
toutes les deux, est fortconnu.
Elle avoit épousé feu
M' le Marquis de Plumartin
dans un âge aÍfez peu avançé,
elleen a eu quelques ensans.
M' l'Archevêque de
Tours qui esté longtemps
Auditeur de Rore pour la
France, estoisson Oncle.
La maison d'Hervault est
tres ancienne,elleatoûjours
tenu un des premiers rangs
dans la Province de Lorraine.
Son nomestIsoré,on croit
qu'il a esté donné à ceux de
cette maison par Charlemagne
pour les recompenser du
zele qu'ils marquerent pour
son service dans la guerre
contre les Saxons. Girard d'Isoré
d'Hervaulc estoit avec
Matthieu Seigneur d'Hamickes,
qui sous le Regne
de Charles le Sage fut choisi
entre les premiers Chevaliers
de la Manche d'Artois
,
qui
levoient Banniere pour ac.
compagner le Duc Loüis de
Bourbon au voyage de Prusse.
Froissard dit qu'il se trouva
aux funerailles de Loüis
de Nevers, Comte de Flandres
l'an 1383 & qu'il porta
la premiere Banniere dudic
Convoy; mais il ne dit pas
que le Seigneur d'Hervault
dont il estoit l'amy inseparable,
portoit la seconde ; &
que sur une difficulté qu'un
autre Gentilhomme forma
le Seigneur d'Hervault accompagné
d'une troupe de
gens armez disputa un jour
tout entier l'entrée de l'Eglise
à ce Convoy Funebre;
mais qu'enfin il ceda à la
veuë de quelquespieces de
campagnequ'on amena pour
le reduire.
En vous parlant le mois
passé de Mr de la Faluere,
je n'estois pas encore bien
informé de ce qui fuit, que
je devois ajoûter à la fin de
l'article qui le regarde.
Messire Pierre de Brilhac
de Nouziere, Chevalier Vi
comte de Jenzay, Seigneur
de Nouziere, & autres lieux,
Conseiller en la Troisiéme
Chambre des Enquestes du
Parlement de Paris, a esté
nommé parS M. pour remplir
laplacede Premier President
du Parlement de Bretagne
,
vacance par la démission volontaire
de Mr de la Faluere.
Ce Parlement,l'un des plus
illustres du Royaume
#
&
dont tous les Membres font
Gentilshommes d'extraction,
ne pouvoit avoir un plus digne
Chef, par son merite
personnel
, par son experience
consommée dans un
age tres peu avancé, & par
sonancienneNoblesseoriginaire
de Portou,où elleestoit
distinguée dés le treizième
Siècle
,
le nom de Nouziere
ayant este ajoûté à celuy de
Brilhacdans le Contrat de
Mariage de Jean de Brilhac,
fils puisné de Mre Robert de
Brilhac,Chevalier Seigneur
d'Argyavec Damoif Guyon.
ne de Nouziere en 1413.
Depuis ce temps-là, ses
Ancestres ayant rempli les
premieres Dignitez de la Province
de Poitou, ceux qui
ont embrassé l'Estat Ecclesiastique
s'y font pareillement
distinguez. François
de Brilhac ayant esté Evesque
d'Orleans en. Christophe
son neveu Archevesque
d'Aix en 150$.& Archeve
sque deToursen i5j4 a fsista
en 1517. au Sacre de la
Reine Claude fille de la Du.
chesse Anne de Bretagne, &
de LouisXII. femme de
François I. il mourut selon
Mrde Sainte Marthe en ijio.
Mr de Brilhac choisi par
le Roy, pour la place de Premier
President de Bretagne,
dont je vous parle,est fils de
MessireNicolas de Brilhac
de Nouziere
,
Conseiller en
la Quatriéme Chambre des
Enquestes du Parlement de
Paris, & de Dame Jeanne
Auzanet fille de Mr Auzanet
Conseiller au Grand Conseil.
II a eu quatre oncles de
son nom Chevaliers de Malthe,
& il n'en reste plus
qu'un qui est Commandeur
des Commanderies de Villegill
,
& de riib Bouchard.
Du costé de Madame (a raere
,
il est neveu de Madame
de la Malmaison, cousin ger.
main de Madame de Bon
miiil, veuve de Mr de Bonneiïii
Introducteur des Ambassadeurs
,& de Messieurs
de laMalmaison, Conseiller
au Parlement & Chevalier
de Malthe. Ilestaussi cou.
fin germain de Madame la
Marquise de Courance
,
&
- de
de Madame la Marquise de
Bregy.
Le grand Pere de Mrde
Brilhac étoit Messire Pierre
de Brilhac de Nouziere,
mort fous Doyen au Parlement
de Paris, l'un des
Coramissaires nommez par leRoy pour la Chambre de
Justice, lequel avoit épousé
Dame Marie Benoise, fille
de Mr Benoise,Secretairedu
Cabinet sous Henry III. le-,
quel a fondé un Service
perpetuel pour le repos de
l'ame de son Maistre
,
dans
l'Eglise de saint Cloud &
sur le(eu!, selon Mezeray;
qui en conferva la memoire.
C'est par sa grand mere que
Mr de Brilhac, est Cousin
issu deGermain deMr deBenoise,
Conseiller d'honneur
au Parlement deParis,&Chef
du Conseil de Monsieurle
Comte de Toulouse
, & de
Messieurs Benoife, Chevaliers
de Malthe, dont l'un
fit naufrage il y a deux ans
dans la Galere de Malthe
qui perit dans les mers de
Sicile, & l'autre Capitaine
de Vaisseau est mort au dernier
voyage de la Havane.
Vous avez vû plus au
long le merite & la distinction
de Messieurs Benoife
dans ma lettre du mois d'A
vril 1699. où en parlant de
Messieurs de Brilhac, on a
fait une faute, en les nommant
Brifnac.
Mr de Brilhac est aussi
parent de Messieurs de la
Roche du Maine, l'une des
plus illuftrcs maisons de Poicoua
& par ses Bifayeuls
paternels, Dame CatherineTudert
, dont la Famille
remplissoit les premieres places
du Parlement de Paris,
il y a plus de deux cens ans J
il a l'honneur d'estre parent
de Madame la Duchesse du
Lude, & de Messieurs les
Ducs de Coislin, & de
Sully, cette Tudert estant
soeur de la mere de Mr le
Chancelier Seguier
,
dont
Mesdames les Duchesses de
Verneuil & Marquise de Laval,
font filles.
Mr de Brilhac
,
Capitaine
aux Gardes, & fort distingué
dans le Regiment, où
il sert depuis plus de quinze
ans, est cadet de Mr le premier
President de Brilhac. Il
a pour Armes au Champ d'azur
écartelé au premier &
troisiéme à trois fleurs de lis
d'argent, deux en chef, &
une en pointe quiest de Brilhac;
au second & quatriéme
au chevron brifé d'or chargé
de cinq roses de gueule,
& accom pagné de trois molettes
d'argent, qui est de
Nouziere.
f,.1Mr de Brilhac épousa en
1693. Damoiselle Marie Anne
Dechoüer de Géureau
fille de Mr de Géureau, Con.,
seiller en la grand Chambre
du Parlement de Bretagne,
d'une ancienne Maison originaire
du Bas Maine, &
deDame.du
Moley, fille de Mr du Moley,
ancien Secretaire du
Royen la grande Chancellerie
de France, l'un de
ceux qui furent choisis par Sa
Majesté, pour assister à son
Sacre, donc laFamille est ori.
ginaire de Nantes en Breta.
gne, où la Chambre des
Comptes de la Province
ayant été établie, il y a eu des
du Moley, &desChrestiens,
dont ils descendent, Maistres
des Comptes presque
désl'établissement de cette
Cour Souveraine. La fille de
l'un des Chreiliens» Maistres
des Comptes de Nantes, eue
l'honneur d'épouser il y a
deux Siecles un Phelypeaux.
Madame de Brilhac est
Coufine Germaine de Mon.
sieur de Roize, Conseiller
au Parlement de Paris en la
quatriéme Chambre des En
que stes, fils de Mr d'Entzegues,
Conseiller au Parlement
de Mets &de Dame du
Moley, & Cousine issuë de
Germaine de Mrde la Monnezaye,
Conseiller au Parlement
de Bretagne aussi
fils d'une du Moley.
Du costé de Mrle Géureau,
son Pere, Madame de
Brilhac est proche Parente
de Mr de la Haye Saint- Hilaire,
Exempt des Gardes
du Roy, d'une Noblesse diftinguée
dans la Province de
Bretagne, &ausside messieurs
de laFaluere, Conseil-
Iers au grand Conseil, &au
Parlement de Paris, fils de
Mr de la Faluere, Doyen du
Parlement de Bretagne, Frere
de Mr de la Faluereancien
premier President de cette
Province.
-- - m
Mr Thuret,ancien Prieur
de l'Ordre de Saint Benoist
eut l'honneur de presenter
au Roy le 3. de ce
mois une grande Carte Genealogique
des Rois d'Espagne,
faire de la main dans
le mesme ord re qu'il a fait
autrefois la Carte Genealogique
des Rois de France
laquelleilavoiteuaussil'hon-,
neur de presenter à Sa Majestéil
ya quaranteans. Cetre
derniere Carte ne cede
rien à la premiere, tant en
beauté qu'en tout ce qu'elle
contient de curieux. SaMajestéfit
l'honneur à MrThuret
d'en entendre l'explication
desa bouche, bcelle
eut la bonté de luy dire lors
qu'il eut fini, qu'elle trouvoit
cette Carte tres belle & tres
curieuse. Elle a huit pieds de
haut sur dixde largeur, &
comprend les trois Maisons
Royales de Navare, deCastille&
d'Atragon, dans trois
grands arbres qui la remplissentavec
les branches qui en
font sorties, le tout est enrichi
de Blazons, & disposé
dans un ordre si clair & si
net, qu'on voit tout d'un
coup sans peine & sans embarras
la fuite de tous ces
Rois, & la réunion qui s'est
faite de ces trois Familles en
une dans la personne du
Roy Catholique Philippe V.
qui se voit au plus haut de
cette Carte fous la Couron.
d'Espagne. Sa Majesté l'a
fait tendre dans son grand
Cabinet de Versailles & a
agrée que Mr Thuret en
fasse une seconde semblable
pour la presenter au Roy
d'Espagne; mais l'approbation
que Sa Majesté luya fait
l'honneur de donner à cet
ouvrage, l'a porté à l'augmenter
& à l'embellir enco
re davantage dans la nouvelle
Carte qu'il va faire par
les recherches des autres
Rois d'Espagne plus anciens
que ceux deCastille & d'Ar.
ragon, en remontant jusques
aux premiers Rois d'Espagne
de la race des Gots, & y
ajoutant encore les anciens
Comtes d'Arragon, de Castille
& de Barcelone, avec
leur union & incorporation
à la Couronne d'Espagne
;
le tout dans un ordre aussi
clair & intelligible que le
reste de la Carte. Mr Thuret
e spere la faire graver au
plustôt pour la donner au
Public. Ilrendraces Cartes
de France & d'Espagne de
mesme grandeur.
Lelivre qu'a fait un fçavanc
Pere de l'Oratoire dont
on doit taire le nom par discretion
,puisqu'il ne s't si pas
voulu nommer, contenant
la Relation de l'Abjuration
de Madame la Princesse
Eleonor Charlotte de Virtemberg
Montbelliarc
,
Duchessed'olssen
Silesie, faite
dans l'Eglise Royale de
Maubuiffon le 3. Aoust 1702.
entre les mains de ce mesme
Pere, estrempli d'une matiere
trop éclatante & d'un
sujet trop édifiant, pour ne
vous en pas entretenir. Vous
sçavez que la naissance de
cette Princesse est des plus
illustres: sa mere estoit de
la maison de Coligni, &
fille du Maréchal Duc de
Châtillon. Elle est fille du
Duc de Wirtemberg Montbelliard,
& petite fille de
Loüis Frederic Duc de Wirtemberg,
Comte de Montbelliard,
qui avoit epoute
la Princesse Anne Eleonor
Duchesse de Wirtemberg.
Comtesse de Nassau. Elle
avoit épousé le Prince Sylvius
Frederic de Wirtemberg
& d'Olssen Silesie, son
coufin
,
si bien qu'elle est
Wirtemberg de beaucoup de
costez, & par toutes ces illustres
Alliances elle se trouve
proche parente de l'lm,
peratrice, du feu Roy d'Angleterre
( Guillaume III. ) du
Roy de Pologne, du Roy
de Suede, & du Roy de
Danemark. Aprés quelques
années d'un mariage fort
heureux,elle demeura veuve
du Princeson époux dont
elle n'eut point d'enfans. Le
Prince Leopold Oberard
Duc de Wirtemberg, Comte
de Montbelliard, est son
frere. La grace s'est fait sentir
par dégrez dans le coeur
de cette Princesse
,
& c'est
enfin dansl'Hostel de Mailly
auprès de sa chere cousine
Madame la Comtesse de
Mailly, qu'elle a frappé ses
derniers coups: & c'est à
Maubuisson auprés de Madame
l'Abbesse qui est de
lamaison de Rohan &cousine
dela Reine des Romains,
que cette Princesse
a renoncé à son infidelité
& à ses erreurs; mais comme
ce n'a esté qu'avec connoissance
de cause, on fera
peut estrebien aise de sçar
voir de quelle maniere elle
a gueri ses doutes, par quels
liens & par quels funestes
engagemens elle persistoit
encore dans les préjugez d'une
malheureuse éducation.
Aprés qu'on l'eut éclaircie
sur toutes les difficultez qui
jusques-là avoient arresté
l'ouvrage du Ciel, je veux
dire celuy de sa conversion,
& a prés avoir elle mesme
consulté le Texte Sacré dans
les plus anciennes Biblesde
la BibliothequeduRoy
,
elle
voulut estre éclaircie sur quatre
points qui luy avoient
toûjours fait beaucoup de
peine dans la Communion
de l'Eglise Romaine:sçavoir
f. L'adoration del'Eucharistie,
z** La reservation du
Corps de Jesus Christ. r. La
veriré du Sacrifice. 4Ct La
Communion fous une feule
espece. Le sçavant homme
qui avoit entrepris de la ra.
mener àla Religion de ses
peres,offrit, s'il ne la convainquoit
pas de la pureté
de la Doctrine de l'Eglise,
surces quatre chefs, d'enw
brasser luy mesme le Lutheranisme.
Proposition qui a.ltroit
parû bien hardie pour
tout autre qui auroit esté
moins sûr de la bonté de la
cause qu'il deffendoit,&qui
auroic esté moins pourveu
de raisons & d'authoritez.
Il prouva l'adoration par l'Ecriture,
par la Tradition, par
tousles Saints Peres & par
la conduite uniforme depuis
sa naissance. Il ne prouva
pas la reservation par des ar.
gumens moins forts&moins
sensibles. Il ra porta sur ce
sujet le Decret du troisiéme
Concile de Carthage qui
abolitla coutume de donner
la Communion aux morts;
preuve qu'on reservoit déja
dans ce temps éloigné
le Corps de JesusChrist. Il
prouva la verité du Sacrifice
par son antiquité;& pour la
Communion fous la seule
espece, il ra porta l'affaire G
celebre de Sera pion dont
parle saint Denis,& celle de
saint Jerosme,qui favorifenc
si fort la Dominede la feule
espece. Elle se rendit enfin
à la force de ces raisons.
Philbert Masson vient d'achever
d'imprimer à Tours
un livre intitulé, Moraliu/{
curieusessur lessix premiers jours
dela Creation du Monde. Les
Superieurs de differens Ordres
ont juge ce livre si convenable
à estre lû dans les
Maisons Religieuses, que
presque toutes les Communautez
des Provinces de Bretagne
& de Touraineen font
lecture. Mr le Marquis de
Chastres , Chef de la Famille
de Brodeau
,
dont je
vous a y fait connoître le
nom & la naissance dans ma
Lettre du mois de May dernier
1702. est rAuteur de
ce livre, ce qui ne vous doit
pas moins exciter à le lire,
que le succésd'unautre livre
du même Auteur. Il est intitulé
Jeux d'Esprit &• de Memoire.
La modestie de l'Auteur
l'avoit empêché de se
faire connoistre, mais la grande
réputation de ces Jeux
d'esprit l'a fait découvrir. Il
s'est imprimé en France plus
de six mille exemplaires de
cet ouvrage, dont les Etrangers
ont aussi fait plusieurs
éditions.
On parle depuis quelque
temps d'une Musique nouvelle,
fous le Titre àcTArmonie
reduite en Art
, on de 1.
MufiqUt naît#elle &,patrraifort*
nement, rapportéeauMathemanques
à l'usage ordinaire.
Quoy qu'elle aitestéimaginee
parune personne dont
les fonctions font fort éloignées
de celles de cette science
3 on pretend qu'illa possede
parfaitement, & que
l'Auteur a conduit par une
voye facile, agreable &
courte à la connoissance de
tour ce que cet Art a de profond
& d'interieur, & qu'il
retranche tout ce qu'l a d'ob.
seur
,
d'ennuyeux
,
d'équivoque
&d'embarassant.
Il ne se sert d'aucunes clefs,
ny de bécarre, nyde bemol,
6c rejette toutes les
faussesdénominations, les
doubles emplois des noms,
des intervalles, & fixe l'esprit
& l'imagination par des
notes
notes certaines qui portenc
avec elles par des proportions
Geometriques, leurs
mesures, leurs nombres ôc
l'octave ou la partie qu'elles
occupent dans la Musique.
Ces notes font (impies>
ou composées les compofées
reçoivent une espece de
dieze qui se fait par un traie
qui augmente & éleve la not
te d'un demi-ton.
Et bien loin ( comme
quelques uns l'ont crû quel
le ait este inventée pour donner
quelque atteinte à celle
quiest en usage, ainsi que
quelques uns l'ont cru
, ce
qui seroit une prétention
chimerique, elle donne au
contraire un nouveau jour
quisert beaucoupà l'éclaircir
& à en abroger les longueurs.
Et pour faire connoistre
qu'e llesn'ont dans le fond
l'une & l'autre qu'un même
principe & qu'un même objet,
que toutes les productions
de l'ancienne fervent à verifier
les démonstrations de la
nouvelle.
Voicy le plus clair
,
& le
plus intelligible des Sistêmes
octazte objzcfr d¿ la,rnuJtaU'C
Figures dej 2>OZJC ardiTtcarej, -, simples oit ccrup comme UJ'l¿le tT'azll
quiletrenche,l'eleve d'un demi-ton.,
pAiard,rv'Ol.apcémrza,ud-sesipqluuesn('nautmu4refil¡;lue;'p/ &7n;u-rl,,qu-e
qui ont paru à cette occasion
& l'application que l'Auteur
en fait sur un trait d'air d'Opera,
fait sans peine connoistre
cette verité. Cetair
estant des plus connu, peut
servir d'exemple pour l'explication
des principes qui
font touchez dans le Sistême.
Messire Jean Louis Abor'
Seigneur du Bouchet, Grand
Bailly du Perche
,
Gouver
neur de la Ville & Chasteau
de Mortagne, Chefde la No.*
blesse, & Juge du Point d honneur
,
épousa sur la fin du
mesme mois Mademoiselle
de Torcy, petite Niece de
Mr le Duc de Beauvilliers,
dans laChapelleduChasteau
de la Frerre. La Ceremonie
se fit par Mrle Curé deTheval,
Official de Mr l'Evêque
de Séez nommé par ce Prélat
pour celebrer ce Mariage.
Au forcir de la Chapelle on
trouva les tables servies avec
beaucoup de magnificence.
Aprés les repas, les Mariez
accompagnez de leur famille
monterent dans les Carosses
qui les attendoient pour les
conduire à Mortagne. Ils
trouverent les chemins bordez
des 'Habitans deslieux
où ils devoienr passer. Ils
estoient fous les armes, &
les salüerent d'une décharge
- de Mousqueterie. Les Bourgeois
de Mortagne
,
& toute
la Noblesse vinrent audevant
d'eux, &f-firerit plusieursdécharges
5
sitost qu'ils
curent apperçu leurs Carosses,
& lescon d uisirent en
fort bon ordre jusqu'à !Ho.
tel du Marié, où toutes les
Dames attendoient la Ma-*
riée qui arriva au son de toutes
lesclochesqui n'avoient
point cessé leurcarillon depuis
la veille. A peine furent
ils descendus de Carosse que
tous les Cor ps de la Ville les
haranguerent chacun à leur
tour,& que la Ville leur fit
present de vin & de confisures.
La Noblesse se distintingua
parles emprefTeaiens
qu'elle montraà leur faire
comp liment ainsi que les Re
verends Peres Capucins qui
les avoient attendus à l'entréede
la Ville pourestre des
premiers à leur témoigner
leur zele.On sou pa a près
tous ces complimens. Le
repas fut magnifique, toures
les tables furent tresbien
servies
,
& avec une
égale profusion. Les Habitans
vinrent ensuite supplier
la Mariée d'allumer un feu
d'artifice qu'ils avoient preparé
devant la perte de l'Hôtel
du Gouverneur.Elle defera
cet honneur à Mrle Comte de
Montgeorge, Capitaine aux
Gardes & Brigadier des Armées
du Roy, son Oncle,
Toutes lesruës furentilluminées
& beaucoup de muids
de vin furent défoncez pour
saluer la santé du nouveau
marié. Le Bal succeda au
feu de joye. Il dura peu par
l'empressementque le Marié
eut de faire reposer sonépouse
des fatigues de la journée.
Mr le Gouverneur le distingua
en tenant table ouverte
pendant huit jours.
Mr le Duc de Gesvresa
épousé Mademoiselle de la
Chenelaye. Il est inutile de
rien dire de la maison de
Potier, dont ce Ducest sorty
aprés ce que je vous en ay
dit dans une de mes Lettres
au sujet de la mort de
Madame la Duchesse de Gef
vres. Mademoiselle de la
Chenelaye, est fille de Mr
le Marquis de la Chenelaye,
d'une illustre maison de Bretagne
, qui a donné à cette
Province de grands personnages,
& des premiers Officicrs
aux derniers Ducs de
Bretagne,Mrle Marq uis de
la Chenelaye, un des ayeux
de celuy cy ,
estoit favory
déclaré de François dernier
Duc de Bretagne : On sçait
que c'est luy qui desabusa
le Duc des facheuses impressions
que luy avoit mis dans
l'esprit Landais, ce favori qui
eut enfuire un fort si tragi- , que. Mr le Marquis dç la
Chenelaye a eu Madame la
DuchciTc: deGesvres de son
sNecon.d mariage avec Dame de Soyecourt, fille
de Mr le Marquis de Soyecourt,
qui, comme l'on sçait,
n'e si pas le seul de sa mai
son qui ait (û des Charges
de la Couronne. Madame
de la Chenelaye est soeur de
Madame de Boisfranc, &
elles font toutes les deux les
seuls enfans qui restent à
Mr le Marquis deSoyecourt,
dont les deux fils furent tuez
en même temps & dans le
même combat dans la derniere
guerre. Mr delaChenelaye
avoit épousé en premieres
noces Dame N. de
Montbel d'Entremonts fille
de feu François Virgine de
Montbel, Chevalier Comte
d'Entremonts& deMontbel,
Seigneur d'Espine & Marquis
du Montolier, & de
Dame Magdelaine du Til
lec fille d'Helie du Tillet,
Seigneur de Nojan
,
Maistre
d'Hôtel du Roy, & de Françoise
de Faucon de Ris. Feuë
Madame de la Chenelaye
estoit soeur du dernier Corn*
te d'Entremonts mort à Paris
sansenfans. Il estoit Lieutenant
General de Bresse &
de Bugey. Mr de la Chenelaye
du premier lit a eu
une fille mariée à Mr le
Marquis de l'Hospital
,
la
quelle a heriré de tous les
grands biens de la maison
d'Entremonts que lui a laisse
son oncle. Les derniers Comtes
d'Entremonts n'estoient
Montbel que par les femmes:
car Jacque line de Montbel
fille unique du Comte
•
Sebastien de Montbel En,
tremonts ,
laquelle fut cclebre
dans le seiziéme Siécle
par les rares qualitez de son
esprit & par les disgraces
qu'elle essuya, épousa en
premieres noces Claude de
Bastarnay Comte du Bouz
chage fils de Renéde Bastar
nay ,
& d'Isabelle de Sa^
voye, & aprés avoir perdu
cet époux qui fut tué à la
bataille saint Denis sans laisfer
des enfans,elleépousa
en seconde noces dans la
ville de la Rochelle l'Amiral
de Coligni, donc elle eue
BeatrixdeColigni,Comtesse
d'Entremonts, premiereDa.
me d'Honneur de Catherine
Infanted'Espagne, Duchesse
de Savoye, qui épousa à Turin
en presence du Duc de
Savoye le Baron de Meüillon
&de Montauban, Grand
Chambellan de Savoye, fils
du Baron de Meüillon si renommé
dans l'Histoire de
Provence
,
Gouverneur de
Marseille, du Château d'Hieres
& de Nostre Dame de la
Garde,& de Marguerite de
Robine de Gravezon ; c'est
de ce mariage que descendoient
le dernier Comte d'Entremont
, & Madame de la
Chenelaye mere de Madame
la Marquise de l'Hopital.
Madame la Duchesse de
Gesvres ayant esté à la Cour
quelques jours après son
mariage,elle y prit possession
des honneurs que luy
donne le rang deDuchesse.
Elleest jeone, brune, grande
& bien faite
,
& tres agreable
,
& sa presence acoR
firme à la Cour tout le bien
qui s'y estoit répandu de son
merite: elle en a in finiment
& mesme beaucoup plus
qu'elle n'en laisse voir, sa
sa modestie n'en laissant pa:
roistre que ce qu'elle n'en
peut cacher. Il n'a point paru
qu'elle air esté embarasfée
de sa nouvelle dignité,
& elle a soutenu avec une
sage & modeste fermeté les
regardscurieux de tousceux
qui ontmarqué de rem:
pressement pour la voir.
Je vous envoye une Liste
desOfficiers de terre, nommez
par le Roy, Chevaliers
de l'Ordre de Militaire de
saint Loüis, dans la promotion
du vingtiéme de Janvier.
Cette Liste est aussi
(xaéte qu'il est possible dVn
donner une de plus de
six cens noms. Quoy qu'il
foit tres difficile, ou pour
mieux dire impossible de
donner tant de noms sans
qu'il y en ait beaucoup d'estropiez,
parce que le sens
d'un discours qui aide à faire
trouver un mot mal écrit, ne
peut servir à faire deviner un
nom propre lorsqu'il est défiguré
par quelques lettres
malformées, je fuis assuré
que vous n'en trouverez pas
une douzaine parmy legran d
nombre de ceux que je vous
envoye J' qui puissent estre
méconnus à cause du changement
de quelques lettres
à moins que ceux qui ont
écrit ces noms les premiers
n'ayent fait quelques fautes.
Cette Lifte, est d'autant plus
curieuse que tous ceux qui
la rempissent, font d'une
valeur éprouvée, & qu'ils ont
servy le Roy & rE rat, pendant
un grand nombre d'années.
PROMOTION
DES CHEVALIERS
1 DEL'ORDRE
DE SAINT LOUIS.
Du20. Janvier1703,
MESSIEURS,
LE Baron d'Asfeld. Maréchal
de Camp.
Le Chevalier d'Asfeld, Maréchal
de Camp.
Alel. Major de Mets.
Le Marquis de Bouzolles. Mestre
de Camp du Regiment RoïaJ)
Piémont Cavalerie.
Le Marquis de Blainville. Lieu-
tenant General.
'Blig,ny.- Colonel du Regiment
de Xaintonge.
Le Chevalier de Broglio. Mestre
de Camp de Cavalerie.
Le ComtedeBeaujeu. Mestre de
,
Camp reformé de Dragons.
.Berulle. Maréchal de Camp.
-
Bernieres. Capitaineaux Gardes.
Baravy. Lieutenant Colonel du
Regiment d'Orleans.
Bellefonds, LieutenantColonel,
du Regiment Colonel general
des Dragons, -
Bruzac. Enseigne des Gardes du -
Corps du Roy.
Bambiny. Capitaine de Mineurs.
Brissac. des Gardes du Corps.
Beaumanoir. Ca pitaine du Regiment
d'Infanterie d'An- -
jou.
Le Chevalier de la Bretesche,
Mousquetaire du Roy.
Bouchard de Rigal. Lieutenant
Colonel d'Auvergne
,
terieI.nfan- Bretteville. CapitaineduRegiment
de Cavalerie de Villeroy.
Bernard. Lieutenant au Régiment
de Cavalerie de Brissac.
Beaucoroy. Major du Regiment
de la Marine.
Bariere. Commandant à Fenestrelles.
Boudeville. Capitaine des Grenadiers
à Leuville.
Bert. Capitaine de Sault.
Boisse. Lieutenant dans les Cravattes.
Le ChevalierdeBuade, Capitaine
- au Regiment Royal d'Artillerie.
Bertou. Lieutenant au Regiment
Royal Piémont de Cavalerie.
.Bidou. Lieutenant Colonel de
Vivans, Cavalerie.
Bidou le Cadet. Capitaine au
même Regiment.
J]razjl(y. Major du Regiment de
Medoc.
Bonlieu. Capitaine d'une Compagnie
separée de Normandie.
Berenger. Capitaine de Maulevrier.
Brice. Lieutenant Colonel du
Regiment de Cavalerie de
Vivans S. Cristaud
Boizeclou la Brandiere.Lieutenant
colonel de Beausse.
Bogne. Enseigne des cent Suisses.
Beaupuy. Commandant le troisiéme
Bataillon du Regiment
du Roy.
B/lnchon'des Bardes. ci - devant
Command. au Fort des Medes.
Btzrviflc Major de Boüillon.
Bois-André. Lieutenant colonel
du Regiment deVexin.
Bombelles. Lieutenant colonel
reformé d'Infanterie.
Bouzonual. Lieutenant colonel
de Verac,Dragons.
Belocier. Lieutenant colonel reformé
d'Infanterie.
Broissart. Lieutenant colonel de
Condé, Cavalerie.
Bo/lio. Commandant au Château
d'Aire.
Boesse. Lieutenant de Roy de
Mezieres.
Berthelat, Major du Regiment
RoyaldeCavalerie.: Barrette. Major du Regiment
d' I nfanterie de Bourgogne.
Beliar. Capitaine au Régiment
de Thoy.
Boisricheux. Capitaine auRegiment
d'Infanterie de la Reine.
BourgereSurmaison. Ca pitainedes
Grenadiers du Regiment de
-
Dauphiné.
BerDziaurx.aCagpi-toainnedesF.inarcon Bailleul. Major de Regiment de
Nice. -
Bellair. Ca pitaine au Regiment
deBassigny.
Beaulieu de Bethomas. Capitaine
- des Grenadiers du Regimenc
de Foix.
Barbjftn.
Barbasan. Capitaineau Régiment
Mestre de Camp général
des Dragons.
Bono. Commandant le troisiéme
Bataillon du Royal Roussillon.
Barette.Capitaine au second Bataillon
de Morangis.
Bardon. Major du Régiment
d'Infanterie du Maine.
Boutillon. Major de Maubeuge.
Benoist. Capitaine au Regimeuc
de Brie.
Beauchamp. Brigadier de la Com-
-
pagniede Villeroi des Gardes
du Corps.
Boisdefre. Maréchal des Logis Se
Aide-major des Chevaux-legers.
BarmonddeThoiras. Lieutenant
colonejjxforméd'Infanterie.
Chémerault.Lieutenantgeneral.
Cilly. Colonel reformé de Dragons.
Chapiteaux. Enseigne des Gardes
du Corps du Roy.
Lel"Mi,-quis de Castres. Maréchal
de-Camp.
Coëtanfar. Sous-lieutenant des
Chevaux-legersde la Garde.
Cheyladet. Enseigne des Gardes
du Corps.
Cappy. Mestre de Camp de Cavalerie.
Chardon.Capitaine aux Gardes
Françoises.
constans. Mestre de Camp de
Cavalerie.
Clodore. Brigadier d'Infanterie.
Chavigny. Commandant à Colmar.
Courtade. Lieutenant colonel de
Meleun, Cavalerie.
Courcelles Grevé. Lieutenant de
Roy de Tournay.
Castelnau Descondes. Capitaine de
la Marine.
Çavy. Capitaine de la Couronne.
Champier.Capitainede Cottentin.
CaifJac. Capitaine des Grenadiers
du Royal.
Courtade.Commandant au Fort
des Bains.
Çkramkdtilt. Lieutenant General.
Coëtelet. Lieutenant aux Gardes
Françoises.
.Cbantarie&e. Capitaine reformé
dans Choiseul,cavalerie.
Chasteduthierry. Commandant le
second Bataillon d'Anjou.
Chasteau-neuf. Capitaine de
Bonrbon, Infanterie.
Qh^ftoix. Lieutenant colonel de
"',< Piémont. ".f¡
Charles. Major de Scheleslat. -
Comia. Lieutenant de Roy de
Mont- Louis.
Chanceaux Barville. Lieutenant
colonel de l'Isle de France.
Cottignon. Lieutenant de Roy
delaCitadellede Calais.
Cadrieu. Lieutenant colonel de Gastinois.
Chabanel. Lieutenant de Roy
de Charlemont. "J'
Chasseuse. Lieutenant colonel J.
de S. Sulpice, Infanterie.
- Cavaudan. Lieutenant colonel
de Joffreville
,
cavalerie.
Covo-\.: Lieutenant colonel de
Beaujollois. eil.
Capestan. Commandant à la Kenoque.
Coulange. Capitainedes Grenadiers
de Vexin.
Carusle. Major de Vexin.
Coudras. Capitaine des Grenadiers
deBourgogne
:
Certemont. Major du Royal Artillerie.
Chartagne. Capitaine de Bour-
-
bon, cavalerie.
Chantoiseau. commandant le second
Bataillon de la Marine,
Colemberg. Capitaine des Grenadiers
de Navarre.
Chaponet. Sous- lieutenant des
Grenadiers au Regiment des
Gardes Françoises.
Cavorde. Capitaine du Royal
Roussillon
,
Infanterie.
Coiffai, Sous - lieutenant aux
Gardes.
Chantelou. Capitaine de Galiotes.
Cbaftenay, Capitaine des Grenadiers
de Xaintonge.
CÛHIZ^. Capitaine des Grenadiers
de Languedoc.
Carriere. commandant le second
Bataillon de la Sarre
Cavillac: Sous - lieutenant de
la seconde Compagnie des
Mousquetaires
Clery Poissy. Commissaire Provincial
d'Artillerie.
Cardon.Major des Bombardiers.
Duvinet. Exempt des Gardesdu
Corps.
Dagua. Brigadier colonel de
Bugey.
Dauger. Exempt des Gardes ,du
Corps.
Damigny.Brigadier,Lieutenant
colonel de Xaintonge.
Dubosc. Lieutenant colonel de
Dutroncq Cavalerie.
Desauzose. Lieutenant colonel
de Lautrech Dragons.
Daoust. cy-devant Lieutenant
de Roy de Landau.
Dufaux. Lieutenant colonel de
la Colonelle de l'Isle du Vigier
Cavalerie.
Dastor. Lieutenant de Roy de
Blaye.
Dassier des Brosses. Cap,itaine au second Bataillon du Royal
Artillerie.
Dorthu. Capitaine reformédans
Orleans Infanterie.
Duchaiseau. Capitaine de Vendôme.
Darnaut. Major du Regiment
de Cavalerie Danlezy.
Dufaux. cy-devant Lieutenant
de la Compagnie, Mettre de
Camp du Regiment de Cavalerie
de Montal.
Durfn. Aide major de Cambray.
Le Chevalier Dardie. Capitaine
de la Sarre.
Davie. Capitaine d'A rtois Infanterie.
Desvignaux. Aide Major de Perigord.
Doctoville, CapitainedeNivernois.
Deslandes. Capitaine de Canoniers.
Desondes.Major d'Orleans Infanterie.
Desvaux Garde de la Manche
du Roy.
Dargelos.Lieutenant col,onel
de LanguedocInfanterie.
-- Deshaules. Lieutenantde Roy
de Montmedy.
Dumouchet. Lieute-nant colon: el
de Bassigny. 1 Des Gaudieres. Lieutenantcolonel
de Laonnois.
Des Isles. Lieutenant colonel
de Limosin-
Du Vinet. Lieutenant colonel
reformé du Chevalier de
SourchesIn fanterie.
Davesnes. Lieutenant colonel
- delaMarche.
Daigremont. Lieutenant colonel
Dourches Cavalerie.
Dehons. Lieutenant colonel reformé
dans Listenois Dragons.
Daurout. Lieutenant colonel de deBlaisoisInfanrerie
Duferier. Lieutenant colonel
du Regiment RoyaldesVaisseaux.
Defrobert. Lieutenant colonel
de Foix.
Darcnes. Lieutenant colonel
reformé dans le Regiment
Royal des Dragons
Du Vivier. Lieutenant colonel
de Sauîc.
Davignon. CapitaineauRegiment
d'Infanteriede Limosin.
",w. fin. -
Doumefny. Lieutenant aux Gardes
Françoises.
Du ParauPoëds.Capitaine au
Regiment de Picardie.
Darcy. cy-devant Capitaine au
sRegeimeantuRoyxal d.es VaisDA/
lier. Lieutenant de Roy de
la Rochelle.
Defrochets. Lieutenant de Roy
de Verdun.
Du Lessier. Lieutenant colonel
de Gevaudan Dragons.
Descollins. Lieutenant colonel
d'Orleans Infanterie.
Darusse. cy devant Commandant
à Boüillon.
Desfougeres. Lieutenant colonel
de Talmont Cavalerie.
Defeflâri. Lieutenant colonel de
Desclainvilliers Cavalerie.
Depeyre. Second Lieutenant colonel
de Nice Infanterie.
Dargues. cy-devant Lieutenant
de Roy d'Ath.
Duharreau. Lieutenant colonel
reformé d'Infanterie.
Darnaut. Lieutenant colonel
reformé d'Infanterie.
Dagoult. Lieutenant coloneldc
Talandre Infanterie.
La Douë. Lieutenant colonel de Luxembourg.
Du Vcrger. Major du Régiment
de Provence.
Dufos.Commandant le second
Bataillon de Leuvile.
Daiguilli. Capitainedes Grenadiers
du Bourbonnois.
Deppeville. Capitaine des Grenadiers
de la Reine.
Dumont Exempt des Gardes du
Corps.
Darnoulin. Major d'Anvers.
De Masse. Major de Nancy.
Darifart. Maréchal des Logis
des premiers Mousquetaires.
Le Chevalier D-tniere. Commandant
le second Bataillon de
Mortmart.
Le Chevaliej£Enonvilie*. Inge
nieur.
DuCairon. Premier Sous- Lieu*
tenant de la Compagnie des
Grenadiers à cheval.
De Brach. Second Sous- Lieutenant
de la Compagnie des
Grenadiers à cheval.
Domps. Capitaine des Grenadiers
de Languedoc.
Daugecourt. Capitaine au Re
giment Royal de Dragons.
Decours. Major de Ponthieu.
Daudifret. Aide Major des Gardes
Françoises.
Desmeurs: Capitaine reformé de
Carabiniers.
Daunoux. Capitaine de la Reine,
Cavalerie.
Du Claux. Capitaines des Greradiers
de la Couronne.
Le Chevalier Durcet. Maréchal
des Logis de la Cavalerie.
Des Masures. Sous Aide Major
de la Gendarmerie.
Duperon. Major du Royal la
Marine.
Dumont. Capitaine aux Gardes
Suisses.
Darcicourt. Major de Bouzolle
Cavalerie.
Jûohvc. Capitaine de Languedoc
Infanterie.
Darpentiny. Capitained'Albemarle
Irlandois.
De Guilly. Capitaine du Royal
Piémont, Cavalerie
Desperoux. Major de Charrost,
Infanterie.
Desbordes. Capitaine au Regiment,
Mestre de Camp General
de Cavalerie.
Dumas. Brigadier des premiers
Mousquetaires.
DtHautlioTt. Premier Enseigne
des féconds Moufquetaires.
Doucette. Maréchal des Logis
des seconds Mousquetaires.
Desvauges. Maréchal des Logis
des Chevaux Legers de
Berry.
DuMousseau. Lieutenant de
Biffi) Cavalerie.
Da Rocheret. Commandant le
-
second Bataillonde Languedoc.
Dauzevill,e.. Lieutenant Colonel
d'Asfeld,Dragons.
Le Chevalier du Cairon. Commandant
le second Bataillon.
de Xaintonges.
De Veste Capitaine reformé
'-de Carabiniers.
Douville.Lieutenantd'Artillerie
en Roussillon.
Duplessis. Maréchal des Logis
des chevaux Legers du Roy.
EfPinchal.Mefirc de Camp de
Cavalerie. :DeftJJàrt. Lieutenant au Regiment
Royal des Carabiniers.
t
Le Comte de Fiennes. Me stre de
Camp de Cavalerie.
Firmarcon. Colonel de Dragons.
Feligonde. Commandant le second
Bataillon dePiedmont.
Focieux. Capitaine de Nettancourt,
Infanterie.
Fouville. Cap itainede Languedoc,
Infanterie.
Fontienne. Capitaine de Saint
Pouange, cavalerie.
Fongojjîer. Lieutenant colonel
de. Solre.
Fontenay. Maréchal des Logis
des chevaux Legers du Roy.
Flaiche. Lieutenant colonel de
Grignan,cavalerie.
Ferron. Lieutenant aux Gardes
Françoises.
Friselande Major du Chaftelec
cavalerie. ,-
Faure. capitaine des Grenadiers
de Mirabeau.
Fondoux. Major d'Olleron, infanterie.
Faverolles ci-devant capitaine
, au Regiment de Bugey.
Favancourt. Sous -brigadier de
la premiere compagnie des
Mousquetaires.
Fransart. capitaine de Canonniers.
Fontenaille. capitainedesBombardiers.
Fromont. capitaine d'Orleans,
cavalerie.
Fages. capitaine des Grenadiers
d'A uxerrois.
Foucault. capitaine du Roi, infanterie
Filt Maréchal des Logis des
Gendarmes du Roi.
Le Comtede Grammont. Maréchal
de Camp.
Goas. colonel reformé de Dragons.
Giraut. Lieutenant colonel du
Mairie,icatraliém*!:/•:
Grieu. capitaine d'Anjou,infanterie.
-
Gobert. capitaine de Champagne.
", Grebonval. Maréchal des Logis
desGendarmes du Roi. u
Guerry des Crespinieres.Lieutenant
du Roi de Philippeville.
-
- Galean de Chasteau-neuf. Lieutenant
colonel reformé d'Infanterie.
Grangemont. Lieutenant de Roi
de Monaco.
Gimel. Lieutenant colonel du
Regiment du Prince Charles,
Cavalerie.
Gava. Major de SaintSulpice,
Infanterie.
Des Garmens. commandant le
second BataillondeNettencourt.
- l:.;,'
Galliat de Montagny capitaine
reformé dans Dauriac , cavalerie.
Gondras des Gardes du Corps.
Crandhamps.Maréchal desLogisde
la seconde Compagnie
desMousquetaires.
Guillebon. capitaine du Roi., cavalerie.
Grehouval. Maréchal des Logis
des Gendarmes
De Heere. Lieutenant deRoi
de Phaltzbourg.
Hoüel. capitaineauxGardes
Françoises. - Jo Hugony, capitaine& Aide-majoir'.
de;M' ortemart,infanterie. ,,1 "t¡",o_ .l !- j;
Imecourt. Lieutenantcoloneldes
Gardes du Corps. 'A
Foncquiaerscvapaitalineedr'Aiubeuss.on, Iouffrey.LieutenantdeRoidu
Mont Dauphin. rvr>
yaucourt de la Vaiserie capi taine
des Grenadiers de laMari- ne. -V ., ',i,'O' c. Javary. cy-devant capitaine au
Regiment d'Infanterie du
MaOyne.
Lt:JMarquis de Lanallerie.Ma*
rechal de camp. h
Lhuillier, commandant à Antibes.
? :
La Villeneuve. Aide Major des
Gardes du corps.t Liverne. capitaine au Regiment
de cavalerie Desclainvilliers.
La Ruelle capitaine au Regimtenit
dne cava.lerierdeiQuin- Laferonnaye. Mestre de camp de
cavalerie. f"l'" ,.. -
a* ., ,--(
Lachetardie. colonel du Regiment
de Beausse.
La Coste de Pompadour. colonel
reforméd'Infanterie.
Lejait. Mestre decampde cavalerie.
La Muttesiere. Exempt des Gardes
du Corps.
La Forcade. Lieutenantcolonel
du Regiment de la couronne.
Loubert. capitaine au Regiment
Royal des Vaisseaux.
Ijitzelbaurg. capitaine reformé
au Regiment de Rozen cavalerie.
,', Le Blanc. Major reformé de
Goas dans Dauphin Dragons.
Le Fevre. capitaine d'Orléans Infanterie. -
Lesclotaires. commandant le secon
d Bataillon d'Auvergne.
Livry. Lieutenantreformé de
carabiniers.
La Serre Laratte. capitaine du
Dauphin Infanterie. 1
La Chapelle.
- Major de Gastinois
Infanterie.
La Mattecapitaine & Aide Major
de Touraine.
LaVarenne. Sousbrigadier des
Gardes du corps
La Garliere. Lieutenant de Roy
du chateau de Sedan.
Lépine. Lieutenant colonel du
Regiment du Roy.
La Feronnaye. Lieutenant colonel
du Commissaire General
de la cavalerie.
Lafonds.Marechal des Logis des
Gendarmes du Roy.
Lamont. Lieutenant de Roy de
Longvvy.
Le Comte de Longaunay capitai..
ne au Regiment des Dragons
dela Vrilliere.
Longueville. cy devantcapitaine
dans Bourgogne Infanterie.
La Rulaye. Lieutenant colonel
du Regiment d'Aunis.
La Minotiere. Lieutenantcolo- nel
"soel reformé de VVateville
Dragons.
La Peyroudc Lestang. Lieutenant
colonel de Forfat Cavalerie.
Lutzebourg. Lieutenant colonel
reformé de Cavalerie.
Latujade. Lieutenant colonel
de Forest.
LaRobiniere. Lieutenant colonel
de Barrois.
Ladauphie Cheyladet. Lieutenant
colonel deNoailles Cavalerie.
Lahas. Lieutenant colonel du
Regiment des Cravattes.
Laporterie. Lieutenant colonel
de Charollois.
La Louviere. Lieutenant colonel
de Montpeyroux Cavalerie.
La Sabliere. Lieutenant de Roy
de Betfort.
Lafacie. Maréchal des Logis
des Gendarmes du Roy.
Lacombe. Major de Nettencourt
Infanterie.
Labatut. Lieutenant de Roy de
Nancy.
Lavalette. Major de Rouergue.
Lachaise. Capitaine des Grenadiers
de Mortmart.
Labessiere. Maréchal des Logis
de lapremiere Compagnie
des Mousquetaires.
Laco. Capitaine des Grenadiers
de Vermandois.
Labillonniere. Major du Royal
Infanterie.
Lacharme. Capitaine des Grenadiers
d'Orléans.
Lavalterie Capitaine des Gre
nadiers de Limosin.
LatourdeCamp.Sous-Aidemajor
des Gardes Françoïses,
La Tour d'Auvergne, Capitaine
au Regiment de Limosin.
La Salle, Capitaine au Regiment
Mestre de Camp General
de Dragons.
La Valade. Major de Coëtquin
Infanterie.
Louvin. Capitaineau second Batai
llon du Royal Artillerie.
Labrosse. Capitaine de Canoniers
au Royal Artillerie.
Laluminade. Capitaine des Grenadiers
de Berry.
Lepinay. Major de ToulouseInfanterie.
lamotte.Commandant le fecon1 d
LBataillon des Vaisseaux.
Labrunie. Commandant le second
Bataillon de Bourbon;
Lafond. Lieutenant reformé
dans Hautfort Dragons.
La Tourzelle Capitaine au secon
d Bataillon de Bragelonne.
laborde.Capitaine de Hautefort
Dragons.
Lcvijhn, cy-devant Aide Major
de la Citadelle de Metz.
Lherault. Majorde Dragons reformé
dans Dauphin.
Le Marquuis de la Luzerne. Enseio-
ne de la premiere compagniedes
Mousquetaires.
Le Marquis de la Frezeliere.
Ltiieultenlanet Grenierael d.e l'Artroi
- tade^e^.Commandant letroisiéme
Bataillon du Royal Artillerie,
Lartique.Capitaine au Régiment
Royal Artillerie.
Lebrun. Chevau-leger de la
Garde.
LLaacuouzri.erDastier(ITngénieurs.
Libertat. Lieutenant colonel de
Nivernois.
La Croix. des Gardes du
Corps.
Le Marquis de Mursay. Maréchal
de Camp.
Mailly la Houßaye. Colonel du
Regiment des Landes.
Marnay. Enseigne des Gardes
du Corps.
Mortagny, ci-devant: Colonel
du Regiment d'Houssarts.
Marcin. Mettre de Camp au Regiment
desCravattes.
Montverdun. Major de Verac ;
Dragons.
Menon. Colonel d'Infanterie.
.ze P. Machicorre. Capitaine reformé
dans Hautefort, Dragons.
Mouchy. Lieutenant colonel
d'Anjou, cavalerie.
Mailly Livet. Capitainede Grenadiers
de Champagne.
2donttot, Capitaine reformé de
cavalerie.
Moiria. Lieutenant colonel reformé
d'Infanterie.
Marclesy, Capitaine au Regiment
Suisse de Courten.
Monteval. Capitaine de Carabiniers.
Montbartie. Lieutenant colonel
de Guyenne.
Manas. Major du Neuf-Brisak
Malortie. Lieutenant de Roy de
Perpignan.
Le Chevalier de Montaubans
Exempt des Gardes du Corps.
Merials. Lieutenantcoloneldu
Royal Roussillon, infanterie.
Maisontiers. Lieutenant coloneL
de Dauriac
,
cavalerie.
Melleray. Lieutenant colonel de
Boulonnois.
Marteville.Lieutenant colonel
de Villeroi, cavalerie.
Medony. Lieutenant colonel du
Royal Italien, in fanterie.
Montholon.Maréchal des LogisN
de la seconde Compagnie des
Mousquetaires.
Masé. Maréchal des Logis dela
même Compagnie.
Montignac. Lieutenant colonel
d'Egmont, cavalerie.
DeMons.lieutenant colonel de
Sully, cavalerie.
Martimont. Capitaine des Grenadiers
de Flandre.
Montagu. Capitaine des Grenadiers
de Coëtquin.
Monchamp. Capitaine des Grenadiers
de Bourbonnais.
Montmelian. Capitaine des Gre,
nadiersdu Royal.
Montevie. Capitaine des Grenadiers
de Bretagne.
- Mistrats.Lieutenantdes Grenadiers
au Regiment des Gardes
Françoises.
Mauroy. Capitaine des Grenadiers
de la Reine.
Marmont. Major de Condé) in-
- fanterie.
MarciUac. Major du Regiment
de la Marche.
Millanouit. Major de Greder
A llemand.
Malaval.Capitaine de Soissonnois.
Magny. Capitaine des Grenadiers
de Brie.
Montigny. Lieutenant reformé
de carabiniers.
Morant. Lieutenant au Regiment
Commissaire général de
la cavalerie.
Montmejan, Major de Noailles,
Infanterie.
Malleville. Maréchal des Logis
de la premiere Compagnie
desMousqtietaires.
Mauvaisiniere.Brigadier de la
la secondé Compagnie des
Mousquetaires.
Marrlle. Brigadier de la sécondé
compagnie des Mousquetaires,
Montviel. Brigadier d'Infanterie.
Montpezat. Ca pitaineaux Gardes
Françoises,
Maupeou. Capitaine aux Gardes
Françoises.
Masson. Brigadier des Chevauxlegers
de la Garde
Montaigu. ci-devant Capitaine
de Dragons.
La Motte Baracé. Lieutenant
d'Artillerie.
De Meun la FerÛ. Ingénieur.
Mavilie. Maréchal des Logis des
Gendarmes.
Morange. Lieutenant Provincial
d'Artillerie.
Le Comte de Ville. Lieutenant
colonel de Furstemberg
, cavalerie.
Jvonant. Lieutenant colonel de
NBoilgleottrer.e.
Lieutenant colonel reformé,
d'Infanterie.
Narbonne.Lieutenant colonel
de Mirabeau, Infanterie.
Novion. Capitaine des Grena-
-
diers au Regiment Royal.
Nogaret. Capitaine des Grenadiers
de Piémont,
Le ChevalierdeNotey. Major du
Regiment de Vermandois.
Neuvillttte. Capitaine du Dauphin
,cavalerie.
Novy. Commandant le troisiéme
Bataillon de Normandie.
Neveu. Maréchal des Logis &
Aide-majordes Chevaux-legers.
Noblesse. Ingenieur.
Obrien. Major du Regiment de
Bourck,Irlandois.
pouàens. Colonel de Gaftinois.
Pelleport. Mettre de Camp de
Cavalerie.
Phisser VVihtr. Capitaine aux
Gardes Suisses.
Pitons.Gouverneur de Villefranc
he.
Praderet. Ca pitaine au Regiment
de Vexin.
Pontac. Capitaine au Regiment
de Navarre.
Penenyeun. Capiraine au Régiment
Royal des Vaisseaux.
Poucheta. Lieutenant au Regiment
d'Infa ,,'crie de Mortemart.
Paschal. ci-devant Lieutenant
de Roy de Kirn.
DePoise, Lieutenantcolonel de
Quercy.
De Praille; Lieutenant colonel
de Touraine.
Pertus. Lieutenant de Roy de
Navarrins.
Paulo. Maréchal des Logis des
Mousquetaires.
Prerobert, CapitainedesGrenadiersd'O
l'leans.
Parisot. Major de Cambray.
PipnfflQ*commandant le fecond
Bataillon de Navarre.
Praslon. Capitaine de Bourgogne
, Infanterie.
Pujotde'Romel:Ca pitaine d'Eg-:
mont., cavalerie.
Précbac. Maréchaldes Logis des
Gendarmes Bourguignons.
Pruge. Capitaine de Bourbonnois,
Pijart. Commandant le quatrième
Bataillon du Regiment
Royal d'Artillerie.
Pascal. Major de Deselos, cavalerie.
DuPortail.Ingenieur.
Du Quartier. Capitaine des Grenadiers
de Normandie.
Quinville. Major de Nivernois.
Rennepont. Mettre de Camp de
Cavalerie.
Remondel. Capitaine au Régiment
de Mortemart.
Rabutin. Lieutenant colonel de
Sillery, Infanterie.
Rome. Capitaine des Grenadiers
de Saulr.
Rabar. Lieutenant d' Angoulmois.
Roquefeiiil. Lieutenant de Roy
duNeuf-Brifack.
La Roulie. Lieutenant colonel
du Regiment de Senterre.
La Reintrie, Commandant au
Chateau de Brest.
Reguillé. Lieutenant colonel du
Regiment de Dragons de
Chassonville des Troupes de
Mr l'Electeur deCologne.
Ras. Major de Furne.
Rantzau, Capitaine de Greder
Alleman.
Rodemach. Lieutenant colonel
de Choifeuil Cavalerie.
Ricour. Commandant le troisiéme
Bataillon de Picardie.
Reffuge. Commandant le sécond
Bataillon de Bourgogne.
RoJJîilon. Capitaine des Grenadiers
de Toulouze.
Reilhac. Maréchal des Logis de
la sécondé Compagnie des
Mousquetaires.
Rouvray. Chevau- Leger de la
Garde.
Ribicr. Major de Valenciennes.
Saint Second, Brigadier d'Infanterie.
SenerikLieutenant de Roy
d'Huningue.
Sifredy. Commandant au Fort
Blin.
Siougeat. Colonel reformé d'Infanterie,
Saintpau. Exempt des Gardes
du Corps.
Suzy. Enseigne des Gardes du
Corps.
Sailly des Aleurs. Ca pitaine reformé
auRegiment de Sault.
Sistrier Capitaine au Regiment
Royal des Vaisseaux.
Savenes. Enseigne des Gardes du
Corps.
Saint Michel. Lieutenant au Regiment
de Cavalerie Broglio.
Saint Lambert. Lieutenant de la
Mestre de Camp de Firmarcon.
: De Serre de Morie Capitaine des
Grenadiers de Piedmont.
Sentrailles. Ca pitaine des Grenadiers
au sécond Bataillon
de Laonnois.
Saint Maurice. Capitaine de Canoniers.
Sainte Colombe. Lieutenant au Regiment Royalde Cavalerie.
Saint julien. Lieutenant au Regiment
de Cavalerie de Grinaii.
Soijy. Capitaineau sécond Ba
taillon de la Sarre.
SaintPierre.Lieutenantcolonel
de Robeck.
Serment. Commandant à la Citadelle
de Nancy.
Sevigny. Lieutenant colonel reformé
au Regiment de Cavalerie
Daulezy.
Sainte Marte du Faute. Lieutenant
deRoydeVillefranche.
Saint Victou. Lieutenant colonel
du Régiment de Cavalerie
d'Aubusson.
SaintGeorges. Lieutenant de Roi
du Fort Louis du Rhin.
Saint Quentin Turbilly. Lieutenant
de Roy d'Aire.
Le Marquis de Sorane. Lieutenant
colonel du Regiment de
Cavalerie de Parabeyre.
Solignac. Lieutenant colonel au
nRegimienteRoyarl dessCara.bi- SaintAvy. Enseignedes Gardes
du Corps du Roy.
Saint. Ouen Beauval. Capitaine
de Bouzolles Cavalerie.
Saint Germain. Major du Fort
saint André prés Salins.
Saintemefme. Capitaine reformé
de Montperoux.
Surbeck. Commandant le second
Bataillon de Greder Suisse.
Saint Leon. Lieutenant des Grenadiers
au Regiment de Poitou.
Saint Eloy. Capitaine des Grev
nadiers au Regiment d'Olleron.
Saint Hypolite. Capitaine au
Regiment de Limosin.
Saint Esteve. Capitaine des Grenadiers
de Gastinois.
Saint Vif/or. Ma jor de Pelleport
Cavalerie.
SaintCyr. Capitaineau Régiment
de Cava lerie de V ienne.
SaintVincent^Capitaineau Regiment
de la Couronne.
Sauliere Capitaine des Grenadiers
d'Artois. >
Senncfontame. Sous-lieutenant
* aux Gardes Françoises.
Saint Georges. Ca pitaine de Nettancourt,
infanterie.
Saint Paul Aide-major des
Gardes Françoifcs.
LeMarquis de Somm. ry.
Saint Voiul. Capitaine au Regiment
d'Infanterie du Roy.
Le uarquis de SaiiiiGcniez^Travailles.
Capitaine au Régiment
de Dragons Dauphin.
Serkel. Ca pitaine au Regiment
d'Alsace.
Snisart. Ingenieur.
Tournin. Lieutenant coionel de
Charost, infant. & Brigadier.
Talvenne,Lieutenant de Roy
de Menin
Tauriac. Ca pitaineauRegimeut
de Sault.
Tejlll. Lieutenant colonel reformé
d'Infanterie. -
Tourviile.Maréchal des Logis
des Gendarmes.
Tavavny,Lieutenant colonel de-
Miroménil, infanterie.
Toury. Major de Bourbon, infanterie.
2beys. Sous-lieutenant de Roy
de la Citadelle de Mets,
Trusfin.Major de Montperoux,
cavalerie.
Tuimenyes. Major d'Hainault
infanterie. ,
Tourinelle. Maréchal des Logis
des Gendarmes.
MonsieureDucdeVilleroy. Lieutenant
general.
ribraye. Maréchal de Camp.
Valsemé.Maréchal de Camp.
Villemort, colonel d'infanterie.
Varies. Commandant à Givet.
Vernoüillet. Capitaine de Carabiniers.
Valouzg. Colonel reformé d'infanterie.
Villerville. Lieutenant colonel
du Mestre de Camp général
des Dragons.
Villeroze. capitaine au fecond
Bataillon de Soiifonnois.
Vococourt. Lieutenant colonel de
Courlancon, cavalerie.
Valmont. Maréchal des Logis
des Gendarmes du Roy.
VVilaine. Lieutenant colonel
de Chartres, cavalerie.
Villars. Lieutenant reformé
d'infanterie
Villedon Lieutenant colonel de
Pelleport ,
cavalerie.
Villeneuve. Lieutenant de Roy
d'Arras.
Verac du Pouget. Command ant
à Bouillon.
Vatt'!..f!lie. Lieutenant colone l du
Perche.
Villepeaux. Sous lieutenant aux
Gardes Françoises.
Villeneuve. Lieutenant colonel
: du Regiment d'Infanterie
d'Olleron.
Vineux. Commandant au Fore
de Lecluze en Bresse.
Villeman. Major de Sarrelouis.
Valladon. Major de Montemart
Infanterie
Vallon. Capitaine des Grenadiers
de Guyenne * Verneuil. MajordeBassigny.
Villerazg. Capitaine de Guyenne.
Vacquier. CapitainedéGuyenne-.
Le Chevalier de Villiers le Morhier.
Major du Regiment de
Dragons de la Revne. :
Voej\m.Capitaine de Charost
In fanterie.
Villa'.r
VillarsLugin. Ingenieur.
Vallemont. Maréchal des Logis
des Gendarmes.
-
Youl. Colonel reformé d'Infan.
terie.
Ythier. Lieutenant Colonel de
Montinain Cavalerie.
Zurlauben. Capitaine aux Garr
des Suisses.
PENSIONS
ACCORDEES
PAR LE ROY.
Le premier Février 1703.
B-onneville. Capitainedansle Colonel Royal deDragons.
400.liv.
Bourneuf. Lieutenant colonel de
Dragons du Héron. 1000. l.
Bellefons. Lieutenant colonel du
Colonel General de Dragons,
outre les 800. livres de
•
pension encore d'augmentation.
400. l.
Boch. capitaine au Royal Alleman.
500 L
J3any, Capitaine de Cavalerie
deRozen. 500 l.
Bidou. Lieutenant colonel de
cavalerie de Vivans outre
les 300 livres de pension une
augmentation de 500 l.
Bois du Perche, capitaine, Aide
Major d'infanterie du Dauphin.
400 l.
Batdon. ca pitaine& Aide Major
d'infanterie du Mayne. 400 L
Beckel. Commandant le second
Bataillon d'Alsace, a 300 livtresideoPensnion
d'.augmenta- 300 J.
Boiftatd, Lieutenant de la Mestre
de Camp du Colonel General
de Cavalerie. 500 l.
Barron. Lieutenant reformé dco
cavalerie de Conflans. 400 1.
Berthelemy Lieutenant reformé
de. Vivans Saint Christaut,
400 1.'
Breton. Lieutenant du Royal
Piedmont cavalerie. 300 1»;
Chamle capitaine reformé de
cavalerie de Vienne. 500 l.
Courtade. Lieutenantcolonel de
cavalerie de Melun. 600 l.
Coulange. capitaine des Grenadiers
de Vexin. 400 l.
CafteInaudeCordes, capitaine de
la Marine.4001.
Coifnon, capitaine des Grenadiers
de Provence. 400 1.
Chaumont Lapomelie. capitaine
d'infanterie de la Reine.4-oo1.
Cbatcaufort. ca pitaine d'infanterie
d'A rtois. 400 l.
Couches, capitaine des Grenadiers
du Dauphin, 400 I,
Champier. capitaine dans Cottentin.
400 1.
Chaluet. capitaine de Mortemart.
400 1.
Chalmal. capitaine de Carabiniers.
600 l.
Charruel. Lieutenant d'infanterie
de Touraine. 300 1.
Defrozeaux. Lieutenant colonel
des Dragons de Lautrec. 600.l.
Darfeuil. Lieutenant de Carabiniers.
400 l.
- Deshoins. Mestre de Camp de
Dragons. 1000 l.
Dulaurent. capitaine du Mestre
de Camp General d& la Cavaicrie.
500 1.
Durcet. Mettre de Camp Marcchai
des Logis de-la Cavalerie.
1000 l.
DcftoqeeeJ. Premier capitaine decavalerie
de Toulouze 5001.
Desfeugeres. Lieutenant co lonel
de cavalerie de Talmont 600 l.
Drmcures. capitaine de Carabiniers.
500 L
Dargi. Major de cavalerie d\Egmont.
500 l.
Dauria. Meftrede Camp de Cavalerie.
1500 l.
D(){.e. capitaine d'infanterie
d'Artois. 400l.
Defondes. Major d'infanterie
d'Orléans. 4001.
Duc/os. ca pitaine des Grenadiers
de la Couronne. 400 1.
DoUoncIlc. ca pitaine dans Nivernois
4001.
Durochers. Commandant le second
Bataillon de Languedoc.
400 l.
Domps. ca pitaine des GrenadiersdeLanguedoc.
400. l.
Dais capitaine des Grenadiers
de Vermandois. 400 l.
Dupuis Aide Major de la Sarre.
400 L
Darnaut. Lieutenant colonel
d'infanterie de Tessé. 600 l.
Defperoux. Major de Charroft.
400 1.
Du Cartier capitaine des Grenadiers
de Normandie a 400,
livres de pension, & par augmentation.
100 1.
Dit Bourg Saint GeQrges. capitaine
détaché du Royal des
VaHfeaux. 400 l.
Dupuis. ca pitaine dans Egmont.
500 l.
D¡;}loulinJ. cy-devant Lieutenant
colonel de cavalerie de
Narbonne. 400 l
Du Laurens, capitaine & Aide
Major de caval. de Livry. 500.
Des Raulins. Lieutenant de cavalerie
de Barentin 400 l.
Ducomballe. Lieutenant de Dragons
d'Hautefort. 400 t.
Efpinchal. Mettre de Camp de cavalerie.1000 l.
Fremgnt, Lieutenant colonel de
cavalerie d'Orléans. 600 l.
Fleche. Lieutenant colonel de
Grignan. 6oo l.
Frnoideiaue. rcaspita.ine de carabi- 500 1.
Fontaine. Mettre de camp reformé
de Cavalerie. 1000l.
Fouville. capitaine d'infanterie
de Languedoc. 400 l.
Fitou, capitaine dansCoësquin.
400 l.
Gramont. capitaine deDragons
de Languedoc. 400 1.
Giraut Lieutenant colonel de
cavalerie du Mayne. 600 l.
Gaya. Major de saint Sulpice.
400 1.
Gregoire. commandant le second
Bataillon de Charrost. 400l.
Guyon. capitaine reformé du
Chevalier de Bissy. 500 r:
Couppy. Lieutenant de cavalerie
de Vaillac. 300 L
Hunotfciti.Lieutenant colonel
de cavalerie estrangerede
Rozen. 600l.
Hugony capitaine ê, Aide Major
de Montemart. 400 l.
Hautefat. ca pita i ne d'infanterie
de Luxembourg. 400 L
Joly. Lieutenant colonel de
Dragons de la Reyne, outre
ses 600. livres de pen sion encore.
600 l.
Itier. Lieutenantcolonel de
Monmain cavalerie. 600 l.
Le Blanc. Major reformé de
Dragons dans le Dauphin.
500 l.
Lauret, Major de cavalerie de Bourgogne.a 5001.
Lépine. Lieutenantcolonel de
cavalerie du Roy. 600. l.
Lalande. Lieutenant colonel du
Colonel general de la cavalerie.
600. 1.
Laur. Capitaine de Cuirassiers.
500. l.
La Motte. Lieutenant colonel
de la cavalerie de Bar. 800. l.
La Tour. Lieutenantcolonel
de la cavalerie de Fourquevaux.
600 l.
La Normand?, commandant le
second Bataillonde S. Sulpi- ce. 400 1.
LaTourd'Auvergne. ca pitaine
de Limosin. 400. l.
La Grange. capitaine du Royal
Comtois. 400l.
Le lèvre, capitaine d'infanterie
d'Orléans. 400.1.
La Cdffayic. Major de Piémont.
400. l.
Lesele. ca pitaine du Royal d'infanterie.
400. 1.
Lam;ltte. capitaine & Aide jor d'infanterie ma- de Tourainc.
400. l.
La Caraintere. ca pitaine au second
Bataillon de Beauvoisis.
400.1.
Lagnier. capitaine d' Infanterie
à Luxembourg. 400. 1.
Laruetle. capitaine reformé de
cavalerie de Quintin. 500l.
Lariviere. commandant le second
Bataillon Lionnois.
4000. l.
Lamotte. lieutenant de cavalerie
de Dauriac. 400. h
Laroque. lieutenant des GrCI11
diers deLeuville.
-
300l.
Lanas, lieutenant dans Nettancourt.
300.l
Maiteville. lieutenant colonel.
decavalerie deViileroi. 600. l.
Maisontiers. l ieutenantcolone l
de cavalerie du Régimène
- deDauriac. 600. I.
tAoncby. lieutenant colonel de
cavalerie d'Anjou. 600.l.
Montreau. ca pitainereformé du
du Royal Piémont. 500.l.
Mnmi¡¡dn. ca pitaine de Grediers
à cheval. 400. I.
Montagu. capitaine des Grenadiers
de Coëtquin. 400.l.
Monmejan. commandant le second
Bataillon. de Noailles
400. l.
SJialavaK capitaine dans Soiffonnois.
400.l.
Moret. lieutenant de cavalerie
deBeringhen. 400. 1.
Mutry. capitaine reformé de cavalerie
de Conflans. 500. J.
Montignac. lieutenant colonel
de cavalerie d'Egmont. 600.l.
MonptaifirRedon. lieutenant des
Grenadiers de Beauce. 300 l.
Parfouru. capitaine reformé de
Dragons deSenneterre,outre
sa pension de 400. 1. encore
d'augmentation. 400. 1.
Praders. capitaine dans Vel,
xin, 400. l.
Pionsac de Chabannes. Commandant
le second Bataillon.
400.l.
Pontas, capitaine de Navarre
400. L
Provençal. lieutenant d'Infantie
deMortemart. 300. 1"
Quefaei. capitaine dans Vosge,
400.1.
Rodemak. Lieutenant colonel de
cavalerie de Choiseul, outre
les 600. livr. de pension qu'il
a déja. 400. 1.
Remondel. capitaine dans Mortmart.
400. 1.'
Rozieres.Lieutenant colonel reformé
de Dragons. 600. L
Saint Victou. Lieutenant colonel
d'A ubusson.600.l.
Saint Victor. Lieutenant colonel
de cavalerie de Vaillac. 600. 1j
Sainte Colombe, capitaine reformé
de cavalerie de Bourgo
gne. 500. 1.
Salandre. Major de cavalerie de
Toulouse. 500. 1,
Sainte-Croix. capitaine de cavalerie
deSchelledon. 500.l.
Santis. capitaine de Touraine.
1 : 400. l.
Saint-Esteve. capitaine d'Infanterie
Dauphin. 400.l.
Saint-Mauris. commandant le troisieme Bataillon du Royal.
300. 1.
Saint-Leon. lieutenant des Grenadiers
de Poitou. 200.l.
Villiers-le-Morbier. Major des
Dragons de la Reine, outre sa
pension de300.liv. 800. l.
J^illerviUe.lieutenant colonel
du Mettre de Camp general
des Dragons, 800. 1.
Vaucocourt. ca pitaine de Carabiniers.
500. L
VVaton. capitaine de cavalerie
deCourlandon. 400.l.
Valgrand. capitaine du Mestre
de Camp general de la cavalerie.
500. l.
Vautela. lieutenant colonel de
cavalerie de Quintin. 600. l.
Vau'{e/l. Major de cavalerie de
laValliere. 500. 1.
Verseil. ci-devant ca pitaine de
cavalerie Dauphin, à present
capitaine de Houssarts a 300.
livres de pension; & d'augmentation.
300.l.
Yaffan. capitaine des Grenadiers
de Charost. 400. l.
Valadon. Major de Mortemart.
400.'L
Varclery.capitaine d'infanterie
de la Reine. 400. I.
Vinotte. Lieutenant reformé de
Fourquevaux. 400. 1.
Veaux. capitaine dans Tessé.
40°. L
Quoy que ces deux Listes
contiennent les noms &les
qualitez de plus de six cent
soixante Chevaliers de Saine
L(-Iüisb le Roy ne s'est pas
seulement donné la peine de
la lire, mais Sa Majesté a
lûaussi, & examiné les rn.
moires de leurs services, &
& de leurs actions qui. rendoient
ces Liftes dix fois
plus amples que celles que
je viens de vous donnner.
S. M. a aussi examiné les mémoires
de plus de mille aittres
Officiers de distinction
qui afpiroient à l'honneur
d'estre nommez Chevaliers
de saint Louis, & quoy que
ce Prince n'ait pû les contenter
tous, il n'a pas laissé
de leur rendre justice, en
déclarant publiquement que
le nombre de ceux qui meritoient
la Croix de Saint
Louis e & à qui iln'avoit pû
la donner, égaloit du moins
le nombre de ceux qui venoient
'destre nommez Chevaliers
de cette Ordre; ce
qui leur donne lieu desperer
qu'ils rempliront les premieres
places vacantes, ce Prin.
ce s'estant donné la peine
malgré le travail continuel
que luy cause la situation
des affaires presentes de lire
avec attention les memoires
de leurs services, & de leurs
actions. Quel plaisir de servir
tous un si grand Monarque.
Eh sous quel autre
Prince
,
pourroit on se promettre
les avantages que
l'on trouve en le servant.
Ce qui suit fera voir que
le Roy ne repand pas ses
graces moins à propos sur
les Ecclesiastiques,que sur
les braves & qu'il n'est pas
moins bien instruit de la
pieté des uns que delavaleur
des autres.
Lettre d'un Capitaine du
Regiment de Carlux y
au Major du Regiment
de la Force.
, A Sarlat ce 5. Janvier 1703.
APrésl'éloge que je vous en tendisfaire
de l\.Ab~
bi de Chulne, lorsque nous
aprimes par laqatlle'il vc.
noit d'estrenommé à l' Evccbe de
Sarlat
,
je ne vous jurprendray
pas Aîr en vous écrivant les
merveilles quil'ont fait admt*er
depuis qu'ilest arrivedans fou
Diocese; elles ne laissent pas
neanmoins d'être desplussurprenantes
,
vous en jugerezpar ce
que je vais vous dire. Il n'y a
pas encore un mois qu'il efl dans
cette Ville, où nous avons h,,,,,
reusement nostrequartier, & la
face en paroict déja toute changét,
attirant tous les coeurs à
l,my dés le moment qu'il s'est montré,
ilsemble les avoirtousreu*
ms entre eux. On auroit de la
peine à dire si les anciens Catholiques
luy sont plus devouez que
les nouveaux. Il est constant du
moins qu'il y a déja tellement
gagnée ceux - 9 , que quatre on
cinq desprincipaux &qui
avoientpasâ les plus endurcis,
publient hautement qu'iln'a pal
ejie en leur pouvoir de se Jeffin.
dre contre la force de ses raisonnemens
, & les charmes de sa
conversation.%*Apitsquelques
conférences particulieres, ilssont
revenus à luy de leur propre
mouvement pour remettre des
livret heretiques, & luj donntrdes
nouvelles assurances de
la sincerité de leur changement, Japprens dans ce moment qttuu
de ceux làfondant en larmes invite
ses amis à prendre partà
lagrâce que le cielvient de luy
faire en les désillant surseserreurs
, par le Ministre du
nouveau Prélat Quelques Officiers
de nostreRegiment q'ù
avoient eu le malheur d'estre
éL'PeZ dans la Religionprotestrnte
ont donné des marques encore
plus éclatantes de leur conversion
; ils ont fait publiquement
leur premiere Communion
À la teste destreize compagnies
qui sont if] Cette Conqueste
vous paroist elle peu gbrieuse
pour celuy dont Dieu s'est
voulu servir pour la faire &
qu'est ce qui pourra luy résister
aprés ce coup d'ejjy
,
altfJi nj a
) tii
t'il pas home là ses premiers
soins. Il commença une mission
sur le milieu de l'Avent uniquement,
disoit il d'abord,enfaveur
de nos Soldats, mais nousavons
bien veu qu'il n'envouloit pas
moins aux Officiers qu'aux
Troupesqu'ils commandent,
aussi nous a t'ilconduits tous
également à son but il faut
avoir esté le témoin de ses pieuses
industries
, pour bien juger des
talens que Dieu luy a donnez
J
afin de ramener les gensà la bonne
voye. Il prenoit soin luy-t
même de rangernos Soldats datrs
l'Eglise CompagnieparCompagnie,
mettant aux deux exile-
Tllitt'{ de chaque rang des Ecclesiastiques
où des Religieux
pour men¡df/' le silence & l'Attention
des Troupes, &
pour les Cathechiser dans le
particulier
,
aprés l'exhortation
qu'il faisoit à toute l'assembléé
de dessus le degré de l'Autel. Il
a un don tout singulier de s'expliquer
aw dignitè é1 AVtC
force surtoutes choses sans préparation,
comme les plus habiles
pouroientlefaire aprésy avoir
bien pense. Il nous convainquoit
,
il nous touchoit, il nous
entrainoir, apres qwy ilfaisoit
monter en chaire le jesuite qui
Préchoit l'Avent dans sa Cathedrale
, & quiparloità peu
prissurlamême matiere:désqu'il
avoit achevé, le Prélat reprenoit
en peu de mots ce quivenoit
Ifestre dit; mais avec une autorité
& une onélion qui faisoient
sur les eqrits une impression touse
nouvelle. L'action finissoit par
line Prière pour le Roy
, & en
-
certains jours de la semaine par
la benedicton du Saint Sacrement.
Ilfaloit mettre des (jar..
des aux portes de l'Eglise pour
rieftre pas accablépar la foule
ilefivny 9 que le SpeÛacle estoit
tI!st nouveau de voir cinq ou
six cens Soldats aujji modesles
que des jeunes novices
5
pendant
plusieurs heures que duroit l'instruction..
Cet exercice continué
jusques à la derniere des Fejïes
de Noëly avoit disposéles Tros.
pes à la participation des Saints
Afipcrcs On commença donc
ce jour là les Confessions,personsonnene
s'en dlrpenfiJ mais
pour aller audevant des profaz
nations qu'on pouvoitcraindre,
lesage Prélat trouva à propos de
faire distribuer par les Confifol
feurs à leurs Penitens des billets
qu'ilsrepresenteroient en s"aproi *
chant de là sainteTable. Le
Dimanche juinjAnt noteApô
tre,carj'ay bien raisondel'ap
peler ainsi à nostre égard
,
ctie.
bra Pontificalemen; ,la Mt:/J:
, pendant laquelle tous le Régi,
ment communia avec des mar
ques de pieté &une modestie qui
jettoient dans l'admiration les
Corps de ville ajpmbu%, on
donnoit à chacun à mesurequ'il
allait Communier, un des Chape
lets que le Celebrant avoit benis
immédiatement avant la MfUe.
Pendant tout le temps de U
Communion, qui dura environ
une heure, le Prédicateur fie
dans la chaire les actes de &eli.
gion convenantes dont l'ajjemblcc
paroissoittouteattendrieaussibien
que de pieté du Prélat. 4 deux
heures apres midy, le Regiment
sans armes,comme le marin, se
rendit dans la même Eglise Paroissiale,
(y en sortit en Procession
pour aller à la Cathédrale dans
un ordre e avec une dévotion
que l'on ne remarque que dans
LeReligieux les plus,rcfËormeZ.
On voyoit marcher les Soldats
deux à deux teste nue
,
le chtpc
let à la main, lesyeux ba,iJ]t
a- dans un profondsilence, p'e
cedt'\, d'une partie de leurs Ossiciers,
& suivisde l'autre, au
milieud'unmonde defecéisieursi,
tant de la Ville que dela Campagne,
qui bordoient lesruës &
qui avaient bien de la peine à
retenir leurs larmes dans une
marche si nouvelleà desTroupes.
L4 piete du Prélat qu'on avoit
point njtu encore dans une pareille
ceremome nédifioit pas moins
le Public.Cetle belle journéese
termina par la Predication, 0k
l'on nous exhorta à la perseverance
,par des prieressolemnelles
pour le Roy, &par le Salut;
mais graces au Ciella dévotion
de nos Soldats ne finit pAS là ,
car depuis, ny nom ny les Bout*
geoisn'avons nulleplainte àfaire
de leur conduite, C ilssont des
plus assidus à tous les exercices
de Religion. Nous avons nJme
remarqué qu'ilsparoissoient
plus contcns de leur état, 0*
qu'ils témoignent plus d'ardeur
pour le service du Roy, aussi ne
dois je pas oublier que le Prélat
n'apasmanquéde lesyexhorter
tres souvent, & laveillemême
de la grande action il voulut bien
proposer au Prédicateut avant
qu'il descendit de Chaire, divers
cas dontlaresolution devoit tendre
à affermir lesTroupes dans
leur devoir,tant 4 l égard d»
Prince, que des Officiers,& dt4
Public. Par ces commencement,
vous ilagireziWr
,
de ce que l or*
asu jet d)attendre dans la [tint
d'un Evesque en qui Dieu a mis
tous lestalens necessaires pour
remplir dignement toutes lesson
ctions de l Apostolat, & de quel
avantageilseroit pour gens de
noslremétier detrouversouvent
dans nos quartiers, des Prelats
de ce caractere. J'ay crû que je
devois à celuy cy ces marques de
ma reconnoissance: elles font
bien foibles, je vous prie de vous
joindre à moy;&depublier
par tout qu'ilny a pas un Pre-
14t plus aimable dans le monde
, nyplusdignedes premieres places
de l'Eglise. Je fuis,Monsieur
vostre très humble &trèsobeis
serviteur.
On dit souvent que les
uns pleurent pendant que les
autres rient, & que la plus
grande joye est souvent trou.
blée par desavamuresimpreveues.
L'Article que vous
venez de lire, & celuy qui
fuit en fournissent des exemples.
Pendant que les Trou
pes qui sont en Garnison à
Sarlat, pleuroient leurs pechez,
les Dames de Caën
moins grandes pecheresses
, ouvroient le carnaval. Cin
quante des plus vives, & des
plus propres pour l'execution
du dessein qu'elles avoient
projeté,s'habillerent enAma.
zones, &armées d'épées,
de pistolets, &de demy-
Picques, & bien montées
ayant deux Trompettes &
deux paires de Timballes à
leurteste,s'assemblerent dans
la grande Place, & après en
avoir fait le tour elles défi
lerent en bon ordre,& ailerent
à Harnagc qui est à deux
lieues deCaën. Ellesfirent
mettre dans une tres belle
plaineune teste au bout d\tn
poreau ,
& la R"jne qui conduisoit
cette belle;", galante
,
& guerriere Troupe
,
& qui
a infiniement etdpf kj nom
mec Madame du Poscq,don
na à Madame Richardle
Prix qui avon este proposé,
& qu'elle avoit eu l'avantage
de remporter, On dîna
après la Course, & l'on remonta
enfuice à cheval La
marche fut troublée peu de
temps a prés par un différent
qui survint entre plusieursde
ces belles Cavalieres
, &
elles s'échaufferent tellement
qu'ily eutcinq coups
de Pistolet de tirez. La Rei.
ne qui estoit àlatestetours
na bride, fit separer les plus
obstinées, & leur fit mettre
pied à terre. Il se trouva une
de ces Dames blessée à la
main, une autre à la cuisse
,
& un cheval tué. Le
djfferend fut accommodé,les
belles querelleusess'embras
serenr. la marche continua,
&ces Damesrentrerentdans
la Ville en très- bon ordre.
Ellesen firent le tour, & se
rendirent dans la Place ou
elles firent leurs décharges ,
elle conduisirent ensuite la
Reine chez elle, & finirent,
en la remerciant, cette bril.
lance & sanglante journée.
Je croy que l'Air qui fuit ne
déplaira pas à ceux qui ai
ment la Musique.
AIR NOUVEAU.
f*Arie toy, bien Bumeur inji.
gne,
De te déclarer contre l'eau,
Sans elle on voit languir U vi
gne
:
l'on a pasde vin nouveau, -
.( élément sert en débauche,
ù. contreunvinfumeux il def,
fendlaraison.
on ne va pas de droiteàgauche,
ou Cabaret à la maison.
Une belle personne &
de qualité devant Quester
pour les pauvres le jour d'une
grande Feste dans une celez
bre Paroisse de Paris, un de
ses amis envoya à ce sujet le
Madrigal suivant à un Ma
gistrat de distinction qui des
voit s'y trouver.
A. M. D. M. D. R.
VOusestes tendre & charité
ble)
GarJtZ vous des appasd'une
Quefteufe aimable,
Dans un jour, dans un lieu,
confacrtZ au Seigneur,
Où le pauvre attend d'elle une
riche ressource,
Le seul amour divin doit estre
levainqueur.
Lamelle enveut à vostre bource,
Et n'en veut pas à vostre cceurs
Mr Boisot,Procureur Gene..
ral du Parlement de Besançon
à esté nomme par le
Roy à la Charge de premier
President, vacante par la
mort de Mr Jobelot. Mr
de Boisot est un Magistrat
d'une grande réputation &:
dont les lumieres & l'exacte
probité l'ont toujours fort
distingué dans ce Corps.
L'attachement qu'il a toû-
:
jours marqué pour la France,
dans les revolutions que la
guerre eau se,luy fit meriter
laconfiance de laCour. D'ail.
leurs l'estime dont l'honore
Mr le Cardinal d'Estrées, &
la liaison qu'il conferve avec
cette Eminencesuffisent,pour
prouver le merite de ce Magiftrac,
puisquece Cardinal
n'honore de (on eftimc & de
son amitié que ceux qui le
meritent par les qualitez de
leur cfprit & par la droiture
de leur cceur. M' de Boifoc
a plusieurs enfans dont laik
né est destiné aux premieres
Charges de la Magilirature,
M* l'Abbé de Bofot à present
au Seminaire de faine
Magloire qu'il édifie par là
pieté & par sa modestie, est
aussi Ion fils, il eut il y a
-
quelques années
,
l'Abbaye
du Monc Sainte Marie vacante
par la more de Mr
PAbbé de la Feuillée. M'
de Boilot a un Frere Pressi
dent au Parlement de Befaaçon
qui est regardé comme
un tres habileMagiflirat. Feu
M' l'AbbéBoifot,Abbéde
faine Vincent de Besançon
estoit aussi son Frere. Il
estoit fort connu dans la Ré.
publique des Lettres; il travailloit
quand il mourut à
l'Histoire du Cardinal de
Granvelle, sur lequel il avoit
de tres bons Mémoires. Il
est fâcheux que lesSçavans
soient privez de toutes les
productions de son efprir.
Il nous reste de luy quelques
lettres écrites à feu Mr Pellisson
de l'Academie Françoise
, en forme de Relation
sur une grotte merveilleuse
de Franch.Comte, La Famille
de Meilleurs Bvifot est
ancienne dans la Franche
Comté ellea donné pliffieurs
Magistrats & plusieurs Officiers
de valeur à ses Princes.
On a toujours remarqué
qu'un rare desinteressement
a fait le caractere de ceux de
cette Maison:on en fera perfuadé
lorsqu'on sçaura de
quelle maniere Mr de, Boisot
a eu la nouvelle dignité dont
il vient d'êtrerevêtu& dont
tout le monde le juge si digne.
Il a environ soixante
cinq ans: âge qui marquela
macuriré de son esprit t &
l'experience qu'il est si necesfaire
d'avoir dans un poste
aussi important que celuy
où il vient d'estre elevé.
En vous parlant le mois
paffé de la mort-de Mr Jobelot,
premier President au Parlement
de Besançon
,
donc
Mr Boifot a esté nommé
pour remplir la place; je devois
ajouter que ce défunt
premier President avoit plusieurs
freres,dont l'uneestoit
établi à Gréz : c'estoit un
homme d'un grand mérite &
fort confideré par la noblesse
de la Province. Feu Mr Jobelot
avoit un autre frere
Grand Vicaire de Besançon.
Employ qu'il exerce depuis
plusieurs années avec un applaudissement
général. Le
défunt avoit plusieurs neveux
collateraux dans le Parlement.
Il perdit sa femme ily
a quelques années. Elle estoit
de la Maison de Saint Mauris
Fallerans. une des plus anciennes
de la Province. Il
n'en a point eu des enfans.
Cette Dame estoit soeur de
Mr de Chatonas qui avoit
épouséMessire N de Dois
rans, C hevalier S' de Cha!onas,
frere de feu Mr le Comte
de Bona,mort en Suisse, ac
de Dame Loüise de Dortans.
veuve en premieres noces de
Mr de Leez
t
Gentilhomme
du Bugey,& en secondes de
Mr de Tricaud, Lieutenant
general du Bugey. Une des
filles de Madame deChatonas
,mariée à un Gentilhomme
de Franche-Comté
a eu des legs considerables
de ses deux Tantes; l'une
paternelle, l'autre maternelle,&
de Madame Louise de
Dortans, Dame des Marches,
veuve deMr de Tricaud &de
Madame la première Presidente
Jobelot.
Il y a des Articles dont on
ne peut trop parler, à causè
des bonseffets qu'ils peuvent
produire,& celuy de feu Mr kochwboikt
,
Curé de Saint
, Vincent
Vincent du Mans estantde
ce nombre
5
je me trouve
d'autant plus obligé de vous
en parler une seconde fois
qu'il y avoit quelques faits
dansle premier memoire qui
ne se trouvent pas veritables.
Je vous envoyé ce que j'ay
reçu depuis,que vous trou
verez tres bien écrit, & très
édifiant.
Feu MrRocheboûet estoitsoûtenu,
de la grace fins qu'an homme eu
dinaire, on n'en peut disconvenir :
mais ilfaudroit qu'il en eust effectivement
VeeN)j'il n'avait mangé
qu'en huit jours une fois
, & cela
depuis huitàneufans. Cette austerité
ne trouveroit gueres d'exemples,
&-je doute quellefujlpojjîble,sans
un secours ftrnaturet. Quoy quîil en
soit, feu. JvLî Rocheboüet estoit homme
L'élévationdeson esprit, la
fermeté de son coeur ,
la droiture de
sa raison ,
l'aneantissement où il
az;,oit réduitses sens,n'avoient à la
vérité rien d'humain; mais on luy
voyoit un corps, &s'il n'en avoit
nullespassions, il ensentait les befoins.
Comme il ne vouloitprécisementquevivre,
nos repasreglezluy
parurent bientostun desordre d'habitude.
il s'accoutuma peu à peu à
rienfaire qu'un en vingt-quatre
heures, & enfin en deux jours. Ce
n'estoit pas aA7,. Ennemi déclaré
de ce qui estoit recherché, ou de ce
qui pouvoit leflatter, ilbannit de
sa table les mets lespluspermis, Ba
painquelquefois mêlédefruits oude
racines & de l'eau chaude en faifiient
toutes les delices. Ne traye,
pas que cette austerité le renditfarouche.
Jamaisilnefutplusguay
& plus content, &sa joye auroit
esté parfaitesisa maniere de vivre
n'avait estéfçuë que de son imitateur
Mr du Guast & luy. Mais qu'il est
difficile de cacher une vertu extraordinaire.
Elle éclata maigre luy>
ses
*
amis t'apprirent, & non sans
craintepoursa vie qu'il ménageoit
si peu. Ils ne le menaient pas
moins que d'une mort prochaine &
une assemblée degens de merite qui sefaitsouventchezun illustre Abbé,
dont il avoit la confiance & l'estime,
quittaplus d'unefoisses occupations
pour le prier deseconserver
aelle, Ilseseroitrendu ,sans doute,
àses avis, s'il n'avait consulté que
les hommes, mais s'il estoitdoux &
facile, ce n'estoitpas pour lu.!;& il
craignoit bien moins la mort que
le relâchement de son zele ou deses
jeûnes, Au.ffi nefinirent-ils qu'avec
sa vie.Ila quelquefois mieuxmange
que chezluy
, mais jamais plus
souvent qu'ilsel'estoit prescrit depuis
quelques années. C'est à tort
qu'on le méne dans un boisyfaire
penitence de deux ou trois repas,
oùilavoit
)
dit-on, interessé
sa fanté & sa devotion. En..
icolrsi on n'avoit, dit quesasanté ) n'estpassurprenantqu'un estomac
accoûtumé aiè pain seulement ne le
soitpas avec des mets d'unfestin ;
mais on ajoûte, sa devotion. Loin
qt/tin repas aitpu la ternir, elle
nefera pas ébranlée des coups decet
officieuxHistorien, &on diratoujours
de feu Mr Rochehoüet qu'il
estoit le modele d'une pieté solide
,
d'une charitéparfaite, d'un amour
sincere pour lespauvres, d'unentier
desinteressement, enfin d'un vray
renoncement de foy.niéme.
j'aurois dû vous parler dés
le mois passé des articles suivans
; mais le trop de matière
m'obligea de les reserver
pour celuy cy.
M' de Ramsay
,
Gentilhomme
de la Province de
Poitou & l'un des plus zelez
pour la nouvelle Religion
est mort dans son Chateau
de Claeau après avoir abjuré
ses anciennes erreurs, & reÇû
les Sacremens de l'Eglise;
avec coures lesmarques d'uneveritable
t & sincere con.
version. M' du Chastelier
Curé de saint Laurent , de la
Salle au Diocese de la Rochelle
a fait une Elegie sur
cette mort, toute remplie
d'erudiction
,
&- d'unesainte
onction. Cet Ecclesiastique
a autant de Pieté que de
sçavoir, & d'amour pour les
belles lettres. Je vous aurois
fait part de son Ouvrage,s'il
n'estoit point trop long, &
si je n'estois pas obligéde
reserver pour le mois prochain
plusieurs articlesHistoriques
qui doivent estre
préférez aux Ouvrages d'esprit.
Mr Emery, Conseiller à
la Cour des Aides est aussi
decedé, il estoit sort âgé
sur la fin de ses jours:ilestoit
devenu aveugle. Il avoit
fait paroistre une grande soumission
aux ordres de Dieu
dans un accident de cette
nature qui prive presque de
toute consolation, ceux qui
en font affligez. Mr Emery
estoit fils de feu MrEmery
aussi Conseiller à la Cour
des Aides, oùil avoit acquis
une grande estime par sa
probité, par sa sufifance
,
&
par les lumicres que son travail
luy avoit saic acquerir
dans les fonctions de sa
Charge. Mr Émery laisse
les biens qui font foie considerables
à MrEmery son
Neveu, Conseiller au Parlement.
Il y a eu de cette
Famille des hommes de
lettres qui l'ont renduë sort
recommandable.UnSebastien
Emery dans le quinzié.
me Siecl fut un célé bre
Avocatdu Parlement de Paris.
Il se distingua par son
attachement à la bonne
cause. Il ne voulut jamais
se charger, lors du différent
dela Duchessed'Angoulêrne
avec le Connétable de Bourbon
, des interests de cette
Princesse, & il fit même une
Satyre sanglante, contre
Poyet, qui fut depuis Chancelier
de France, parce que
dans cette occasion il avoit
lâchement encensé à la fortune
: cette piece fit beau.
coup de bruit&causamême
la disgrace de l'Aureur
qui eut ordre de sortir de la
Cour. Il se retira dans le
Bourbonnois, & dechagrin
de ne pouvoir plus retourner
à laCour, il entra en
effet dans l'Ordre: de Saint
François,d'ou il sortit ensuite
par le désirdune plus grande
réforme pour entrer dans
celuy des Chartreux, dont
on le voulut faire General
quelques annéesaprès : mais
la resistance qu'il fit futsi
grande qu'on fut obligé de
lelaisser dans sacellu le, dont
il se fit une regle inviolable
de ne jamais rompre la solitude
par la Communication
avec les seculiers.
Vous avez entendu parler
d'un combat qui se donna,
il y a quelque temps, sur la
code de Portugal entre deux
Fregates Angloises & un
Vaisseau Marchand,nomme
la Ville de Saint Malo Je
vous en envoye une Relation
faite par M' Heurtault de la
Villemorin, jeune Officier
qui n'a pas moins d'esprit &
de politesse que de va leur,
vous enjugerez parla manie.
re dont il décrit ce Combat
dans la lettre suivante adref
fée à un de ses amis.
A Cadix le 12. Novembre 1702,
JjE ne croyoispas,Monsieur, la derniere fois queje vous écrivis
de Cadix que vous dujjiet^ recevoir
encore une lettre de moy dattée de
la mesmeville. Nous estions par*
iis Dimanche dernier 5. decemois,
avecun ventaffeï^favorable, dans
la résolution d'di/eT à eigo, ne
scachant pas encore l'accident, qui
y est arrivé. Nous ne doutions
pas que nostre voyage ne fut heureux,
& que nous ne profitassions
beaucoup de l'arrivée de la Flotte
d'Espagne, Nous nousslations de
cette espe-rancc, lors qui'estant fut
les costesd'Algarve, Province du
Royaume de Portugal, nous apperceumes
le 6. sur les onze heures
du soir, deux Vaisseaux qui nom
parurent plus forts que nottsi
Nous résolumes de gagner la terre
pendant la nuit; le calme nous en
erMpîcba.I.esdeuxP^aijfeaux,qui
nedoutèrent pas que nous ne prissionsceparty,
nous previnrent, &
se trouvèrentà la pointe du jour
entreSacre & le Cap Saint Vincent.
Ces deux Vaisseaux dont
l'un estoit de cinquante pieces de
Canon &l'autre de trente six
estoient Anglois, nodreVaïjjçau
déficit que de trente Canons &
de cent hommes d'équipage. Amsi
voyant que nos forces essaient fort
inegaies à celles des Ennemis
>
MC/.J:
tâchames à nous retirer sous la
Yorterejfe de Sacre dans ¡'e.lperlIce
d'y trouver un azile ; mais les Angloss
ne nous en donnèrent pas le
temps, ils vinrentfondre sur nous
à toutes voiles, <& nous firent une
furieuse décharge de toute leur
Mousqueterie, & de tout leur Canon,
Nous les receumes en braves
gens, &ilsfurentsisurpris de
nostre manoeuvre qu'ilsse retirerent
unpeu, voyantbien que nous n'estions
pas dhumeur de nous rendre
sans Combat. Après avoir concerte
de quelle maniere ils nous attaqueroient,
ils revinrent à la charge
, résolus de nous enlever. Ils
nous canonnerent vigoureusement
pendantplus de trois heures & demie
, &- cette canonnade ne finit
qt/à dix heures ff demie du ma
tin : nos masts & nos voiles en
souffrirent, &nous eûmes quelques
manoeuvres coupées; mais nous
n'eumesqu'unseul homme legere.
ment bîejjé, qui fut lejeune Trequintin,
brave Officier. Vne résistance
si opiniastre déconcerta les
Anglois ; ils prirent le large &
coururent une bordée au vent de la
Forteresse de Sacre. Nous crûmes
qu'ils estoient contens de nous , &
qu'ils ne revienderoient pas, nous
nous trompâmes, ils ne s'éloignerent
que pour tenir Conseil d"" pour
mieux concerter leur attaque.
Le petit Vaisseau sur lequel ily
avoitquelques compagnies de Troupes
réglées, eut ordre d'en venir h
l'abordage&de nous enlever,pendant
quelegrandVaisseau le soutiendrait
de tout son canon. ils
y'approchèrent de nous dans cette
âi/pojttion. Comme la pluspart de
nos Officiels & de nos Matelots
s'estoient accoutumezaufeu dans la
derniere guerre, ilsne furent point
effrayezdelarésolution des Anglois
Mr de la Chesnais-Gardin jfioftre
Capitainest monter toutson monde
sur le Pont, & nous nousy tinfmes
à découvert, pour mieux recevoir
les Ennemis. Une contenance
sifiere tint lesAnglois dans le respect.
LepetitVaisseau nous accrocha;
mais aucun de ceuxqui
estoient dessus n'osasauter dans nostre
Vaisseau.Nouscombatimes
bordàbord avecunefureur que je.
ne puis vous exprimer, nous chargions
a bout portant, jamais feu
n'd estényplus vifny plus terrible
Canons, Moufquetadts ,
Grenus
des, toutportoit. Le gros Vaijjeau
rangeant fort camarade & criant
Vive le Roy, vint nous prendre
par Pavant de nostre Vaij]eau,il
fitsur nous de terribles décharges de
son canon &de sa Mousqueterie.
Nos gens firentface de ce costé la 6 luy répondirent le mieux qu'ils
purent. Nous fûmes expo(e à
cette terrible tempeste, pendant une
heure & demie que dura ce dernier
combat. Comme ils virent que leurs
Ponts se remplissoient de morts &
de blessez,ils se rebuterent de nostre
opiniatreté&ne songerent plus
qu'à se retirer, ce qu'ilsfirent en
nous tirant deux volées de canon
par derriere. Ils prirent la route
de Lisbonne ,& nous etlie de Cddix
où nous arrivantes hier jori
maltraitez comme ve11* lr po..¡¡'r.
juger, aprés unsirudecombat.
Nous avons eu dixhommes tuer,
& vingt cinq h!e/Je'{. Tous nos officielssesont
diflingue""dans cette
action, qui a estè des plus chaudes.
De huit que nous éstions
,
il n'y a
eu que Mr de la Chesnais-Gardin,
nostre Capitaine, Mr de la Canardiere
& moy qui n'ayons pas
tjîê bIelle, tous les autres ont esté
tuez ou blejfcx^ Le Pré-Thinois
& la Vicairie sont du nombre des
premiers. Celuy qui est leplus dangereusementblesséest
le Chevalier
de la Vicomté. Il areceuuncoup
de fusil dans les reins, il a esté atteint
d'un icLtS de grenade à la
cuisse
, un autre èci>atluy a coupé
le pouce de la main gauche, & un
bouler de canon luy a [rz(é le ventre
& hy afait unegrosse contusion.
La perte dece Gentilhomme nousseroitfortsensiblecarc'est
un tres brave
homme &un bon Officier. Nous
venons Rapprendre que le petit
Vaisseau à eu quatre vingts hommes
tuezsur son bord & vingt
bleffe\% Nous ne sçavons pas ce
que le grand a perdu, nous allons
reparernos pertes &nous remettre
en mer le plustost que nouspourrons.
Jefuis &c.
Je vous ay mandé la maniere
avec laquelle les Religieux
de l'Abbaye de Saint
Victor avoient reçu le Roy
d'Espagne, quand il
,
passa à
Marseille, & la satisfaction
qu'avoit témoigné ce Prince
d'avoir visité cette illustre
„
Maison, mais comme je n'eus
pasle temps de vous en parler
fort au long,vousne Ce".
rez peut estre pas fâchée d'apprendre
plusieurs particularitez
remarquables qui regardent
sa fondation.:
Son antiquité remonte jusqu'aux
premieres années du
Christianisme;ce futCassien
qui en jetta le premiers fondemens
à son arrivéedeConstaminople
à Marseille, où il
fonda deux Monasteres, l'un
d'hommes, quiest à present
cette Abbaye; & l'autre de
Filles qui subsiste encore aujourd'huy
à Marseille. Le premier
fut d'abord peuplé dune
infinité de Saints Personnages
qui se soûmirent avec
zele à cet saint Instituteur,
& qui selon un Historien fidele,
se trouva peu de temps
aprés Pere de cinq mille Religieux.
La regle de Cassien y fut
observée jusqu'a prés la mort
de Saint Benoist qu'on suivit
celle de ce dernier avec une
regularité, &une pietéexemplaires,
mais en l'année 1599,
les Religieux de cet Ordre
ayant demandé à estre miti
gez. Jules III. leur accorda
une Bulle de mitigation telle
qu'ils la souhaiterent pour
leur conduite,qui i
est
celle qu'on o bferve encore
aujourd'huy fous l'Ordre de
Saint Benoist. Cette Bulle
fixa le nombre des Religieux
de ce Convent à quarante.,
en y comprenant l'Abbé.
Ilsavoientlaliberté dedisposer
pendant leur vie de leur
revenu,& même de se choisir
des successeurs par resignation.
,; ï*
On voit encore danscette
Abbaye,comme je vous ay
déja dit deux Eglises
,
l'une
superieure,& l'autre insérieure
; elles furent consacrées
par Saint Léon l. élu Pape l'an
440. Ce grand Pontiseconsacra
la superieure fous le titre
de Saint Pierre & Saint
Paul. Elle fut appellée Bajîlica
Apostolorium Petri !rPa.li, &
l'inferieure fut dediée à l.
Saint Vierge gsr à Saint Jean
Baptiftt. Les,Reliques de l'Illustre
Martin Saint Victor,
que l'on conserve dans cette
Abbaye, l'ont faite appeller
communément dans la suite
des fempï, l'Abbaje Saint
Victor. Elle a toujoursesté
rempliedes sujets d'uneéminente
vertu, puisqu'elle a
donné deux Pa pes & des Cardinaux
àl'Eglise, & un grand
nombre dEvêques à divers
Dioceses.
Le Pape Urbain V. estoit
Religieux de cette Abbaye,
& il en estoit Abbé lorsqu'il
fut élevé au Pontifica?.C'est
luy qui a achevéd'embellir
cette maison de h maniere
qu'on la voit à present, tout
revêtue de pierre de taille
ornée de plusieurs belles,
Toi:ri
Tours quarrées d'une gros.
feur & d'une élevation extraordinaire
, ce même Pape,
qui mourut à Avignon,vou
lut yestre enterré. Il est inhumé
à costé du MaistreAutel,
où quantité de lampes
brûlent continuellement.
Tout le monde convient
qu'il n'y apas en France d'Abaye
plus ancienne ny plus
celebre
, oy qui ait plus
d'exemption
, ny de plus
beaux privileges. Leon X. la
fournit immédiatement à
l'Eglise Romaine, comme
aussi toutes les Maisons
1
Prieurez, Offices, Benefices
réguliers tant d'hommes que
de femmes, qui en dépendant,
designa les bornes du
districtdel'Abbaye, dans lequel
l'Abbé pourroit exercer
sa jurisdiction conformement
à la Bullede 1368. par
laquelle il soumet à l'Abbé
& à l'Abbaye Saint Victor,
les Eglises & les Habitans de
ce district, & les tira de la
jurisdiction de l'Eglise de
Marseille. Illaisse encore la
libertéà l'Abbé& au Monastere
de faire c hoix de tels
Evêques qu'ils oudroient
pour faire dans l'Abbaye &
dans les lieuxdesa dépendance
, ce qui estoit du Ministeredel'Evêque.
Tous ces
beaux privileges ontestéconfirmez
paruneinfinité de
Bulles qu'on garde avec foin
dans cette Abbaye,
Parmi ce nombre de qua
rance Religieux il y a quinze
Dignitez qui peuvent estre
resignées. Elles ont des revenus
considerables, parce
qu'il y a des Prieurez qui y
font attachez; celle d'Aumôniers
qui est la sécondé ;
a dix mille livres de revenu. -
Il y a enfuice vingt-quatre
places Monachales qui ne
peuvent pas estre resignées
&dont la nominationappar-,
tient à l'Abbé. Leur revenu
est moindre que celuy des
Dignitez.
La Manse Capitulaire a
aussi de grands revenus à
cause de laquantitéde Prieurez
qui y font attachez L'union
en fut confirmée par
Sixte IV. en 1479,
Parmi une quantité de Reliques
que l'onconserve dans
le riche tresor de cette Ab.
baye, la Croix de Saint André
est une des plus remarquables.
Ce fut par les liberalitez
de Messire N deJarente
la Bruyere,Camerier
de cette Maison,quelle fust
revêtue dun ouvrage d'or sévrerie
dontilavoitluy même
apporté le dessein d'Italie,
& quiest si finidans son genre,
que Sa Matefié Catholique
n'a pus'empêcher de la
loüer. Cet illustre Abbé estoit
fort estimé en Cour de Rome,
oùilest mort nomméau
Gouvernemenc de Lorette.
& regretté de tous les gens
qui l'ont connu, 8; sur tout
des Cardinaux Altieri & Je
Janson, ausquels il estoit extrêmement
arraché. Sasolide
pieté, sa profonde erudition
& son merice personnelluy
avoient attiré Teftime d'une
Cour où l'on sçait que fouvent
les plus habiles trouvent
leur écüeil Les grandes
occupations où il avoit esté
engagé durant sa vie, l'ayant
empêché de perfectionner
son projet, il laissa sa vaisselle
d'argent pour estre employée
à finir l'ouvrage qu'il
avoit commence, & c'est i
Messire George d'Emery son
Ami & ion Successeur a la
dignité de Camerier, qui est
une des premières & des plus
considerables de l'Abbaye,
qu'on en doit l'accomplissement,
pour la perfection duquel
iln'a épargné ny ses
foins ny son argent ;il y a
même ajouté des embellissemens
du fonds de sonimagination,
fertile dansces fortes
dematieres. Cet Ecclesiastique
outre les belles qualitez
qu'il poOEedeJaun goust par-
@ ticulier pour ces fortes d'où- r
vrages,il fait éclater son genie
danstout ce qu'il entreprend
; on l'a vû s'acquitter
toujours dignement de toutes
les fonction pour lesquelles
son Chapitre l'a nommé.
Il est même à present un des
Grands Vicaires de Mr l'Evèque
de Marseille ; preuve
certaine de son merite, &
Inefm de celuy de tous les
Grands Vicaires. Sa Majesté
choisissant depuis un tem ps
parmy ces Messieurs la plus
grande partie des sujet s qu'elle
éleve sur le Trône Sacer.
dotal. Ainsi quand je vous
ay mandé que ce dessunt
Camerier avoit donné sa vaisselled'argent
en entrant dans
l'Abbaye; je nesçavois pas
encore qu'ils eussent du bien
à disposer, ny de la maniere
qu'ilsviventaujourdhui.
J'oubliois de vous dire que
cette Abbaye estans fort distinguée
par tout ce que je
viens de vous apprendre. Elle
n'est donnéeaussiqu'à des
Princes, ou à des personnes
d'un merite & d'unenaissance
distinguée. Les derniers
qui l'ont possedée dans le
siecledernier, sont
; An
toine de Bour bon, fils naturel
d'Henry IV. Louis Cardi.
nal de la Vallette, Alphonse
Louis du Plessis de Richelieu,
Cardinal de Lyon, le Cardinal
Mazarin ; Monsieur le
Grand Prieur de France en
est le dernierAbbé. ,'. n
Je vous tiens parole&
vous allez voir ce qui manque
au Journal que je vous
ay envoyédu passage du Roy
d'Espagne par la France.
Les Con su ls & Affelfeurs
de la ville d'Avignon, députerent
Mr le Marquis du Castelet
pour aller faire compliment
à Sa Majesté Catholi
que ,
àMarseille & pour
presenter à ce Prince une
lettre de leur part. Voicy
la réponse de ce Monarque
quia esté traduite de l'Espa.
gnol.
LE ROY.
Consuls & Assesseurs de
la ville d'Avignon,j'ay veu
avec plaisirlestémoignages
de vostre affection que m'a
donnez en vostre nom le
Marquis du Castelet, vostre
premier Consul, à l'occasion
de mon passage pour retour
ner en Espagne, par la Provence.
Etcomme vous me
donnez les mêmes édTurances
dans la lettre qu'ilm'a rendue
de vostre part, j'ay voulu
vous assurer de la reconnoissance
quej'en ay, & que
je souhaite de vous donner
des marques de ma bienveillance.
De Marseille ce
28. Novembre 1703 LEROY.
Ce Monarque n'ayant
point voulu qu'on luy sist
d'entrée dans toutes les Villes
de France, où il a passé,
n'y a point esté harangué
suivant IJufàge qui s'observe
lorsqu'un Souverain passe incognito
dansl'Etat d'un autre
Souverain: cependant
comme le zele des François
est grand pour Sa Majesté
Catholique
,
& que les &cz
tions de ce Prince fournissoient
une ample & belle
mateire à ceux qui auroient
esté chargez de ce soin, plusieurs
n'ont pas laissé de la
mettre un oeuvre pour leur
propre satisfadion.Mrl'Ab.
bé Viany
,
Prieur de Saint
Jean ,a estéde ce nombreJ&
s'il ne luy fut pas permis de
prononcer son discours devant
leRoyd'Espagne,ileut
du moins l'avantage de leluy
présenter lorsqu'il reçut ce
Prince dans l'Eglise de Saint
Jean. En voicy une copie.
HARANGUE
AU ROY D'ESPAGNE,
Par Mr l'AbbéVIANY,
Prieur de S. Jean d'Aix.
SACRE'E
MAJESTE,
Il ne manquoit au bonheur de
l'Ordre de S.Jean deJerusalem en
France, que devoir dans cette Eglise
un Roy d'Espagne plus brillant
par cet amas de vertus, qui fait
l'admiration de tout l'Univers, que
par les nombreux Diadèmes dontle
Ciel a couronnéson auguste Teste.
Nous avons vû, Sacrée Majesté,
les Serenissimes Ducs de Bourgogne
&de Berry, vos illustres Freres
, au pieddeses Autels; ilsy ont
observé ces Monumens de la memoire
de vos illustresAncestres nos
anciens Comtes de Provence, Fondateurs
de cesaint Edifice. C'estpar
eux que cette belleProvince estvenue
au premier Duc d'Anjou Frere
de Saint Louis. Ce Prince peu
content de ce partagey ajoûta les
Royaumes de Isfaples C7- de Sicile:
mais ce miracle d'j la réunion d' ees
deux Royaumes à la Royale Maison
de France, avec toute la vasse
Monarchie d*Espagne estoitreservé
à un troisiéme Duc d'Anjou, petit-
Fils de Louis le Grand.
Le droit du Sang a produit cette
surprenante révolution; mais elle ne
doitsasubstance qu'à,vostresagesse
qui l'anime, & qu'à vostre valeur
qui lasoûtient.
Que toute l'Europe jalouse de ce
prodige, couvre les Campagnes de
ses Armées & toutes les Mers de
sesVaisseaux.Que tant de Potentats
employent tout ce que leur puis
sance& leurpassionréünies font capables
d'entreprendre pour ébranler
vos Couronnes, & pour attaquer
vostrePersonnesacrée
,
l'Ange tutelaire
d'Espagne, qui vous mene
comme par la main, renversera toujours
leurs projets
,
dissiperapartout
leurs Armées,&faisantéclater
leurs noirs desseins,jie leur en laissera:
que la honte pour lesconfondre, gS
à PropreMayfiè lagloire de leur
pardonner,
Cremone prise & reprise au même
moment;la conspiration de Naples
découverteeétouffée en mêmetemps;
le Blocus de Mantouelevé; Crostollo
rougie du fang des Ennemis; la
ViBotte de Luzzarra 5 la réduction
de cette Place, & de tant d'autres)
,en sont les presages assurez.
Heureuse dessinée pour la France,
mais plus heureuse pour cette Province,
degoûter les delices deposseder
quelque temps un Prince quia
merité que deux Mondes l'ayent
presque enlevé de l'augujqe Sein de
Louis le Grand, pour le faire regner
& triompher tout ensemble.
Que vostre valeur nous permette
de vousfaire ressouvenir qu'estantné
pour faire fleurir deux pm[Jantes
Nations,Vostre Majesténedoitpas
s'exposer aux affreux périls quela
fhtsJanglanteguerre ouvre fifoiiventàvostrevaleur,
quiafçu fart
de tromperl'attention de vos Généraux
d- de vostre Garde occupée,
mais inutilement ,à empèchtrque
VostreSacrée Personnenesetrouvast
aucentre du danger.
Le plaisir de regner tranquillement
au milieu d'une Cour n'apu
amollir par ses charmes le sang
génereux &guerrier de Bourbon.
LtEurope &l'Afrique vous ont vît,
passer & repasser les Mers sans
craindreses écüeils & ses tempestes
3 & courir rapidement d'un Royaume
à Vautre, pour conserver par vos
Victoires un Sceptre que vos ennemis
tentent en vain de brifer.
Les Rois vos devanciers laissoientseulement
au Soleil le soin
d'éclairer sans cesse leur vaste
Empire5 mais au/Ii ardent &
auf/i vigilant que cet Astre
, vous
nedemande, Monarqueinfatigable
) aucun repos dans vostreactivité.
, C'est pourtant ce repos que vos
Royaumes désirentpour affermir leur
honheur;ils vous demandent ce glorieux
repos auprès d'une grande &
illustre Reine , qui vous a voulu,
fuivte au travers les Mers, comme
uneautreMarguerite de Provence,
épouse de Saint Louis; vos Peuples
esperent deson heureuseseconditéleur
fclijiéparfiitc..
Sicettepieuse Reine a levécontinuellement
les mains au Ciel
quand 3 VOTK eftiez^à la teste dcsAr.
méeJJ elle vient à son tour de manifester
à presquetoutes les forces du
Nordrassembléespourassiegervostre
Trône, qu'elle y regnoit avec le
genie & le coeur heroique de Votre
Majesté.
Q'ejïao.ffî ce qui asuffipourobliger
ces puissans ennemis de se montrer
& de disparoistre presque en
même temps, & de laisser la gloire
immortelle à cette digne Reine d'être
sortis de leurs terres pour estre plutost
les témoins de lafermeté deson ame,
que les conquerans des Qofies de
l'Espagne.
Cette courageuse Reine n'a t-elle
pas encoreoffert,avecunegenerosité
invincible au zele de vos Sujets le
secours desespierreries,pour aider
elle-même àdissipercette Ttoupe
heretique, à l'exemplede Beatrix
de Provence, dontvous tlefcy le
Tombeau
,
lors de la conqueste de
Isfaples.
Nousl'avonsvuë, nousl'avons
admirée, Grand Roy
, cette magnanime
& genereuse Epouse, que
les graces ontformée) que vostregénie
conduit, & que vostre. valeut.
accompagne ; ellevoulut bien recevoir
de nos mains une portion deS
plussaintesReliques de l'Eglisede
Malthe) & les conserver comme un
augure deson heureux voyage.
Fasse le Ciel, que Vostre Majesté
joüisse longuement, avec cette illustre
Princesse, de toutes les Benedictions
du Sacrement qui vous aunis, &
qu'aprèsavirachevè d'abattre vos
ennemis ,sous le nombre de vos Victoires
, ils nese relevent que pour
recevoir de vostre triomphante main
la Paix, ce digne fruit de vos
grands &heroïques Travaux.
MI'l'Abbe Viany est le
mesme qui haranguaavec
un très grand succez
,
Messeigneurs
les Ducs de Bourgogne
&de Berry, ainsi que
vous avez vu dans ma Lettre
du mois de May 1701. & qui
a donné des Pseaumes allégoriques,
& plusieursautres
ouvrages inferez dans mes
Lertres. »;
Je passe à l'arrivée du Roy
d'Espagne dans la Ville de
Narbonne, dontje ne vous
ay encore rien dit. Ce Prince
y cintra,le neuviéme du mois
de Décembre dernier à onze
heures du matin. On ne luy
fit point d'entrée pour obéir
aux ordres positifs & reïrerez,
de lerecevoir sansaucune ceremonie.
Les ruës par lesquellesce
Prince passa étoient
toutes rem plies non seulement
de tous les Habitans
de laVille,mais aussi de [ou. telaNoblesse,&detout le
Peuple des environs. Sa MajestéCatholique
alla en arrivant
au Palais Archiepiscopal
qui luy avoir esté préparé
pour (on logement. Ce Palais
estoitornédes plus riches
meubles de Mr le Cardinal
de Bonzi
,
Archevesque de
Narbonne. Sa Majesté Catholique
dîna en public pour
satisfaire à l'empressement
d'un monde entier, s'il m'est
permis de parlerainsi
,
qui
souhaitoit de lavoir. Sa Majesté
estant sortie de table
Mr de la , Fon qui a fait une
étude particuliere de tout ce
qui regarde l'Antiquité&
qil la connoist parfaitement
» luy
luy presenta un Manuscrit
très-curieux des Antiquitez
deNarbonne, avec pluficurs
anciennes Inscriptions, Pieces
antiques,& refies de la
grandeur, Romaine
,
qu'il
avoit ramassées & dessinées.
SaMajesté Catholiquequise
plaist extrêmement à la le£tu2
re de tous les ouvrages des
Sçavans prefera tous les
plaisirs qu'elleauroit pû prendre
pendant le reste de l'apresdinée
à la lecture de ce
Livre, dont elle examina les
desseins avec toute l'attention
d'un parfait Connoisseur,
de manière que le jourcommença
à baisser
,
lorsque Sa
Majesté
,
suivant ce qu'elle
avoit resolu d'abord, voulut
1 de scendre dans le jardin
pour y voir un antique &
magnifique tombeau de marbre
blanc qui y avoic esté
transporté depuis long temps
avec une ancienne niche Jaussi
de marbre blanc,à travers
laquelle les Prestres du
Paganisme rendoient lesOrades
par un trou carré qui paroist
au milieu de cette niche.
Le jour commençant a
finir, ainsi que je viens de
vous le marquer, lorsque
Sa Majesté Catholique voulut
aller au jardin
,
elle se
contenta d'envoyer voir ce
rested'antiquité &entra au
Conseil
, qui dura prés de
deux heures. A l'issuë du
Conseil, Mr de la Roche
luy présenta le Pere Justin,
Bergue, Religieux Recolet,
dont je vous ay parlé dans
trois de mes lettres, & sur
tout au sujet du Sermon qu'il
prêcha en presence de Sa
Majesté Catholique à son
passage à Saintes. Ce Religieux
eut l'honneur de luy
presenter un Ouvrage tres
ingenieux
,
composé exprés
pour Sa Majesté. C'estune
Paraphrase composée sur le
cent dixieme Pseame Qui
habitat in adjutorio altiJJtmL il
a trouvé moyen d'expliquer
dans cet ouvrage les principaux
évenemens de la
Campagne d'Italie
,
& de
faire voir comment Dieu à
toujours protegé leRoy d'une
maniere singuliere
,
chacun
des Versets contient une
élttion. Sa Majesté Catholique
reçut cet ouvrage avec
beaucoup de bonté éi lut le
compliment qui suit qu'elle
trouva à la teste.
SIRE,
Quel bonheur pour moyde
pouvoir unesecondefois aprocher
de VostreMajesté. Je sens une
joje bien plus complete que lors
que j'eus l honneur de Prêcher en
vostre présence. Je voyois pour
lors un lto.J choisi du Ciel qui
alloit prendre possessiond'une
Couronne preparée par le Dieu
qui les distribuë
,
destinée par la
derniere disposition d'un sage
Prince, iplpo/ee par le Droit
d'heritage, gr par leconsentementunanime
des Peuples. ziajourd'huy
je vois ce mesmeRoy,
qui aprésavoircalmé lestroubles
d'Italie
3
déconcerté les Ennemis,
soutenu cette Couronne & consolé
ses Peuples, revient plein
de gloire Ër cheri du Ciel.
Quellesinquietudes, SIRE
iravons nous pas ressenti depuis
vostredépart t quelsfremisse
mentsà la veuë des perils qui
vous environnoient? Quels
voeux n'avons nous pas offerts,
mais quelles actions de graces ne
devons nous pas rendre au Diett
immortel qui vous a conservé
& quipourcalmertousnostroubles,
vous procure le bonheur de
vous revoirencore.
Copte Majestévientde donneràsesPeuples
unegrandeidée
de la bonté de son coeur, mais
sasuprémeMajesté vous a donné
des preuves encore plus éclatantes
de la tendrejje du sien.
La Religion admire la confiance
heroïque que vous avez en Dieu.
Mais ne doit elle pas adorer la
protection sensible dont Dieu
couvre vostre SacrèePersonne.
Ouy »SJRE., la Religion
l'admire, la Religionl'adore
,
cette perfection du Dieu des
Armées: tous le jours elle la
sollicite pourvous. LI Europeentiere
y a fait attention
,
elle * vous a veu muni de secours
Celeste
,
semblable à un autre
David,entreprendre tout, vous
exposer par tout , & réujjir en
tout, maisaussi qu'avieZ'Vou.'
à craindre, Dieu n' estoit il pas
avec,,vous.
SIRE
,
c'est à la veue de
cette intrepidité soutenue de la
protectionsensible duTout puissant
,
que bay Paraphrasè ce
Pseaume cent dixième quej'ose
vous presenter. J'ay cm que
cette maniere d'éloge où Dieu
parleplus&bien mieux que
l homme, plairoit d'avantage à
vostrepieté Jescaymesme que
VostreMajestè dans toutes feS
actions heroïques n'envisage que
la seulegloire de Dieu, l'estendue
de la Religion, 0* le bonheur
des Peuples.
Que le Dieu Souverain
Aiatsïre du monde par qui les
Rois rfunent) les Princes commandent
& les Potentats de
l'Univers rendent la justice,
confirme de si nobles desseins
J c'est luyseulqui nous lesinspire
*
, qu'il détruise devant voflreface
les Ennemis qui vous attaquent, quifortifie un Ttone tlelfJé(u,
la pietéseule, qu'il fajje durer
un regne aussi aurufle autant
que le cours du Soleil. Q.izl conserve
un Roysicher à txm de
Peuples,si prétieuxà i'E:!!(e,
si utile àlaReligion
,
si propre
à cimenter la paix sur la terre,
Ci qu'ille rende digne de regner
un jour dans le Ciel: cesont les
veux , SIRE, que je fais
tous les jours pour Vostre Majesté.
Sa Majesté Catholique
ayant employé toute l'apresdinée
à la lecture
,
& au
Conseil , prit le dlVertilfemenr
du Jeu plustost pour
faire l'honneur aux Dames
de joüer avec elles
,
& pour
leur donner la satisfaction
de le voir pendant le jeu, que
par aucun attachement pour
cette forte de divertissement.
On admira sa fagcdfc; &la
tranquilitéavec laquelle ce
Prince joüa. Il eut la bonté
-
de souper ensuiteen Public,
pour contenter la curiosité
de ceux qui ne pouvoient se
lasser du plaisir dele voir.
Ce Prince ayant fixé son départ
au lendemain huit
heures du matin
,
fortit a
sept heures,traversa la Place
t
& alla entendre la Messe
dans l'Eglise Cathedrale qui
est une des plus belles du
Royaume par la hauteur d:
sa voûte,& par la hardiesse
de sa Structure. Cette EgH.
se estoit ornéede tres belles
rapisseries: celles qui entouroient
le Choeur estoient rehaussées
d'or. Aprés la Messe
le Roy adora la vraye
Croix, dont on conserve une
partie dans un riche Reliquatre,
& s 'en retourna à,
pied, ce Prince monta en
Chaise peu de temps après
& partit en laissant une grande
idée de sa sagesse & de sa
pieté.
Sa Majesté Catholique
quitta l'onziéme de Decembre
dernier la Province de
Languedoc, & entra dans
celle de RouHilion : Elle
coucha au Village de Salsses
où on luy avoit preparé la
maison de M' Ovilier
,
Receveur
des Traites Foraines
dans laquelle la Reine d'Espagne
avoit logé en pâflanc
par cette Province: cette
Princesse eut pour sa Garde
pendant qu'elle demeura
dans celieu
,
la Compagnie
Franche de Mr de Laborie
de la Garde avec son Drapeau
: ce Ca pitaine qui sattendoit
à l'honneur de garderle
Roy,ainsi qu'il avoit
déjà ég;.,celtly de garder la Reine,
n'oublia rien pour yrépondrey
& fit habiller ses
Soldats de neuf, avec toute
la propreté possible, mais
qui convenoit pourtant a
leur employ, ce qui fut d'autant
plustost remarqué que
cette Compagnie n'est remplie
que d'hommes bien
faits. On voit par là de
quelle maniere Sa Majesté
Catholique aesté receuë même
dans les Villages deFrance
& l'attention que chacun
a fait en son particulier, à
rout ce quipouvoit faire honneur
àceMonarque
Je vous entretins le mois
passé d'une Feste magnifique
qu'avoit donné chez luy Mc
l'Ambassadeur d'Espagne e
celle qui s'est faite au commencement
du mois de Fevrier
chez le même Ambassadeur
a esté beaucoup plus
éclatante.Aussi ne l'a-t-il donnée
qu'à l'occasion de l'heureux
retour du Roy son Maîtreà
Madrid. Cegrand Ministre
toûjoursattentif aux
moindres circonstances de
tout ce qui s'appelle ou dci
voir ou bienseance, n'eust
pas plutost apris que le Roy
d'Espagne estoitarrivé à Madrid,
qu'il se prepara de rendre
publique à Paris cette
joye sincere qu'ont témoignéen
Espagne sur le bon
heur de revoir leur Maigre,
tous les Sujets de ce grar d
Monarque. Mr l'Ambassadeur
qui est logé & meublé
magnifiquement
,
voulut
qu'on ajoûtast à ses appartemens
qui font parfaitement
bien disposez&tres brillans;
tout cequ'il y pourroit entrer
d'ornemens nouveaux.
Rien n'y fut épargné; les lustres
,
les girandoles, les miroirs&
les tableaux y furent
distribuez ,& le bon goust
ne parut pas moins que la
magnificence dans cette distribution.
Il y avoit cinquante
femmes ou filles de la premierequalité
;& soixante ou
soixante dix Seigneurs du premier
rang invitez à cette
Feste, Ils devoient se trouver
chez cet Ambassadeursur les
sept heures du foir, & ils
estoient priez dy venir en
masque. On n'a guerevûde
Mascaradeplus magnifique
& de meilleur goust. Les Dames
avoient mis en usage
tout ce qu'elles ont d'art &
d'adresse à s'habiller àleur
avantage, & plusieurs Seigneurs
avoient inventé des
habits de Masques tous nouveaux.
Mr l'Ambassadeur
pour donner plus d'éclat à sa
feste avoit fait faire exprés
un habit de Masque des plus
riches& desmieuxentendus.
Il estoit habillé en grand Sultan.
Son habit meriteroit une
descriptionparticuliere.Tous
ses Gentilshommes & ses
principaux Officiers estoient
aussi masquez fort ric hement
& des François qui lui sont
attachez s'estoient aussi habillezà
la Turque, pour lui
faire un cortege digne de luy.
Tous les invitez arriverenc
depuis sept heures jusqu'à
huit. A chaque Compagnie
de Dames qui arrivoit, il al -
loit les recevoir en masque
sur l'escalier, escorté de vingtcinq
ou trente autres masques
qui marchoient à double
rang au devant de luy le
long de l'enfilade de huit
pieces de plain pied, qui se
terminoità un superbeSalon
des plus ornez & des mieux
éclairez,où devoit se donner
le Bal. A huit heures précises
l'assemblée estant toute
formée
t on commança le
bal. La plus part des jeunes
personnes estoienthabillees àl'Espagnole.CeBalfutdes
plus agréables depuis huit
heures jusqu'à dix & demie,
chacun avoitosté son masque
& dans cet estat on passa à un autre Corps de logis par
une Galerie découverte qoi
separe la cour d'avec le jardin.
De grands Pois de feu
estoientdistribuez dans des
distances proportionnées,
& faisoient une nouvelle espece
d'illumination. On
trouva ce grand corps de
logis presqueaussi magnifiquement
ornée que celuy
d'où l'on sortoit,une ta ble de
cinquante couverts y estoit
destinée aux Dames Elle
estoit en forme de fer à cheval.
Chacune y prit sa place,
quelques personnes de consideration
se mirent dans le
vuide du dedans, & y firent
l'office de Gentilshommes
Servans. Un certain nom bre
de jeunes Seigneurs aima
mieux se tenir autour de la
table pour donner les soucoupes
aux Dames que d'alkr
prendre leur place aux
autres tables qui estoient destinées
à tous les Seigneurs
qui estoient du Soupé. Ce
grand & magnifique repas
meriteroit une de scri ption
particulièreparla quantité,
par la delicatesse, & par
l'arrangement des mets les
plus ex q uis. L'entremets &
le dessert y furent sur tout
regardez avec surprise &ad.
miration, les Vins & les Liqueurs
y estoient d'un choix
proportionné. Jamais repas
ne fut plus magnifique, plus
délicat & mieux entendu &
ne fut servi avec moins d'embaras
& de confusion. On
sortit de tableà minuit &
demie pour retournerau premier
corps de logis. Quelques
Masques de diftin&ion
qui avoient demandé; des
,
billetsyattendoientl'assemblée
dans le Salon destiné
au Bal. Tout ce qu'il y avoic
de gens deconsideration à
Paris, vou lutestretémoin de
cette p,fie, la fvleHdes
gensde nom&de rang, de
l'un & de l'autre sexe, estoit
si fort grossi : à la porte. que
Mrl'Ambassadeur, qui pour
éviter la cohuë
,
navoit voulu
donner qu'un Bal particulier,
fut obligé de le rendre
public,&defaireouvrir ses
portes à tous les Mafques.
Les huit pieces de son grand
apparappartement
se trouverent
remplies en moins d'une demie
heure. Il y avoit tant
de Violons & de Hautbois
pour le grand Bal qu'il ne fut
pas malaisé d'en distribuer
dans les autres pieces du
plain pied. Ainsi dans un
moment au lieu d'un Bal ,il
y en eut huit differens,qui
continüerent jusqu'àcinq
heures du matin. On y entroit
à toute heure & personne
n'en forroit & lorsque
les Violons eurent cessé , les Masques du premier
rang se mirent à danser aux
chansons. On y servit des
rafraîchissemens à tous ceux
< qui en voulurent.Sur les six
heuresdu matin tout le monde
s'en alla conteur, & Ms
l'Ambassadeur eut une preuve
nouvelle du cas qu'onsaic
de luy en France par la rc
tenuë & par le respect de
cette multitude innombrable
de Masques, qui en toutes
choses en userent chez
luy, comme onaaccoutumé
d'enufer chez le Roy.
MrAmbassadeur deVenise
s'est aussi distingué dans
letal qu'il a donné
,
& l'on
assure qu'il estoit des plus magnifiques,
maisilne mereste
nyassez de place ny assez
de tempspour vous faire part
deroe ce que j'ay àvous
apprendre. W l'Envoyé de
Gennes a ëstë du nombre
desMinistes érrangers qui
ont donné des Bals. M' le
Baron de Breteuil en a don.
né à tous ces Ministres. Cela
n'est pas surprenant puirqu'il.
ne se passe point desemaine
sans qu'il leur fasse
voir sa magnificence, &
qu'il tient assemblée exprés
pour eux toutes les semaines
une fois. Je ne parle point
desautres Bals qui se sont
donnez ; je vous diray seulement
que depuis plusieurs
années on n'a point vû de
Carnaval à Paris où l'on se
soit plus diverti. Onne
doir point e stre surpris que la
guerre ne sa(Te pas diminuer
les plaisirs, quelque violente
qu'elle [oit, on est assuré
qu'elle ne peut estre que glorieur",
à la France
,
& qu'elle
n'enfantera que des victoires
fous leregne d'un Monarque,
qui toutesles fois
qu'il a voulu faire laPaix,l'a
imposée aux conditions qu'il
luyaplude la donner,& qui
auroit toujours continué de
vaincre
,
s'il n'avoit arresté le
cours de ses Victoires, pour
le reposée l'Europe.
Quelquespatieux que soit
rHottet de Mr l'Ambassadeur
d'Espagne
, cet Hôtel
nayant pu contenir tous ceux
que ce Ministre s'estoit proposé
d'avoir à la premiere
Feste qu'il donna pour l'heureux
retour do Roy sonMaître
à Madrid,il en donna le
Dimanche gras une seconde
pour ceux qui n'avoient
pas esté de la première. Celleci
ne disseroit de l'autre
que par les dispositions dest
tables
>
& par la différence
qu'il y a d'un Dîné à un Sou.
pét & d'un Bal de jourà un
Baldenuit. Son Excellence
invita donc à dîner des Princesses
, des Duchesses, des
Maréchales de France & des
personnes les plus qualifiées
de l'un & de l'autre sexe';;&
elle eut une vraye aucntioI1 à y faire trouver toutes les
filles de condition
,
qui ont
la réputation d'estre les plus
belles de Paris. Toutes les
tables y furent servies en même
temps. Tout ce qu'on
peut trouverde plusrares
mets y fut prodigué, quelques
nombreux que fussent
les plats & les hors d'oeu.
vre à chaque service, on
n'y remarqua pas plus de confusion
qu'à un repas ordinaire.
Un ne peut estre mieux
servi aussi que l'est cet r1m"
bassadeur, & on trouve dans
tout ce qui l'environne cette
noblesse
, cet ordre & cette
delicatesse qui le suivent naturellement.
Vous avez pû
remarquer dans toutes les re.
lations que je vous ay données
des magnifiques repas
que donne si souvent ce Ministre
, que les desserts font
toujours d'un arrangement
nouveau, & d'une beauté
nouvelle,&que le bon goust
& la magnificence ne peuvent
aller plus loin. Le def.
sert de la grande table où
estoient les Dames estoit si
délicat & si curieux à voir que
ceux qui n'e stoient pas de
cette ta ble, se leverent pour .» l'admirer. On demeura à ta- ¡'
ble pendant plus de deux heures,
& l'on n'en sortit que pour
aller prendre dans d'autres
Chambres, duCaffé, duThé
& du Chocolat. On entendit
un concert fort melodieux de
voix & d'instrumens'. Lfes D.aJmes. du premier rang flt , par
considération pour M1TAmbassadeur,
& par complaisance
pour toute l'Assemblée
,
ne jugerent pas indignes d'elles
de mêler leurs voix à celles
qu'on écoutoit avec tanc
de plaisir dans ce concert:
,, on y chanta, 8c on y joüa 11
premier Acte de l'O pera d'Agis,
aprés quoy on commença
un Bal qui dura jusqu'à dix
heures du foir. Les Danseuses
y estoient choisies & leur bon
air n'y brilloit pas moins que
leur beauté,les Danfeurs y
estoientaussi fort, assortis.
L'Assemblée y e stoit, a ssez
nombreuse sans qu'ily eust
aucune cohuë
, on peut dire
que jamais Bell n'a esté plus
agréable & plus gradux. La
premiere idée de Mr rAm.
bassadeur avaitesté de donner
encore cette Feste, de
nuit ; mais il aima mieux la
donner de jour,d'autant que
tout Paris s'y attendoit, &
que tout le monde se preparoit
à yaller. Son Excellence
n'eust pas demandé mieux
que derecevoir chez luy tous
les François qui témoignent
tantd'empressement a l'honorer
& à luy plaire, mais de
peur que dans la cohué prodigicufe
qu'ilauroit vue chez
luy quel que personne de
marque n'y eustesté avec
trop d'embarras, il aima
mieux se priver & delasatisfacton
qu'il enauroit pû at.
tendre,& de celles que d'autrès
en attendoient. Le succés
du premier Bal avoit esté
si grand qu'il nestoit pas de
la prudence d'en hazarder
un secon d ,où il n'eut pasesié
possible d'y recevoir tout le
monde sans de trop grands
inconveniens. Ainsi tour finit
cejourlàchez luyàdix heures
du soir. LesEspagnolsdedistinction
qui font ici ont vû
ces deux Festes avec admiration
,
& sur tout Mr le Marquisde
los Balbafés dontje
vous parlay le mois passé. Il
estd'unesprir, d'un goust,
& d'une magnificence à pouvoir
en juger mieux que d'autres.
Je vous envoye un Journal
de ce qui s'est passé à
Marly pendant le Carnavalf
où vous verrez quele Roy
sçait bien misquer,mais qu'il
ne sçaitpoint se déguiser.
Sa Majesté alla à Marly le
Mecredy 14. de Fevrier pour
y sejourner jusqu'au premier
Samedy de Carême 24. du
- même mois. Les Muliciens
deSaMajestéchanterent le
soir pour Monseigneur, le
Prologue,&lepremier Acte
de l'Opera d'Alceste, Mada.
me laDuchessedeBourgo.
gneyassista.
Le lendemain qui estois
le Jeudy gras, le Roy cou
fut le matin un Cerf dans Je
ParcdeMarly. Monsei
gneur, Mansieur. leDuc de
Bourgogne & Monsieur h
Duc de Berry s'y trouverent
Madame y courut, ainsi qui
le Roy, dans une Calêch
découverte. Le foir à sep
heures & demie il y eut Ba
dans le grand Sallon, qu'on
peut dire avec justice
,
efin
le lieu de toutes les maison
Royales, le plus commodi
&le plus beau, pour un
semblable Feste. Les Sei
gneurs danfans furent Monseigneur
leDuc de Berry,
Monsieur le Duc d'Orléans,
MonsieurleComte deTou
louseMrle Comte de Brionne
, Mr le Prince de Monaco,
Mrle Duc de Villeroy
Mrle Duc de Luxembourg.
Mefficurs les Marquis de la
Chatres
,
de Grignan, de
Brancas, & Mr le Chevalier
de Sully. Les Dames dansantes
furent Madame la
Duchesse de Bourgogne,
Mademoiselled'Elbeuf
Madame la PrincessedeMo.,
naco)Madcmoifelied'Arma..
gnac,Madame la DuchftTc:
de Villeroy
,
Madame la
Marquise de Brancas, Mademoiselle
deMeleun, Mefdemes
les Comtesses d'Ayen,
de Solre , de Chaumont
Madame la Marquise de la,
Vrillere. Le Bal fut serieux &
sans malcarades. Les Dames
y furent fort parées, mais
sans robes, selon l'usage de
Marly. Madame la Duchesse
de Bourgogne le distingua
fort, & par son air & par sa
danse.
Le Vendredi le Roy courut
à onze heures du matin un
Daim dans le Parc de Marly,
& Madame fut de cette Châtse.
Monseigneur courut un
Loup dans la Forest de Saint
Germain. Messeigneurs les
Ducs deBourgogne & de
Berr y ne sortirent point. Le
soir l'on chanta pour Monseigneur
le second & le troisiéme
AéIe de l'O pera d)AI.
ceste. Madame la Duchesse
deBourgogneyassista. : t. : LeSamedileRoicourutle
matin le Cerf dans le même
Parc de Marly, & Madame
l'accompagna dans un autre
Caléche. Monseigneur &
Messeigneurs les Ducs de
Bourgogne & de Berry n'y
allerent point. Il y eut Bal à
sept heures & de mie du soir
dans leSallon. IllepassadeI
même maniere que le Jeudy,
& finit de même à dix heu..
res. On fou pa à l'heure
ordinaire.Mademoiselle de
Charollois, fille de monsieur
le Duc, parutau Bal pour
la premiere fois, ôc dansa
avec une grâce, & une
justesse surprenante. Elle
soupa aussi avec S. M. Les
Dames parurent avec d'autres
habits que ceux quelles
avoient porté au premier
Bal.
Le Dimanche il y eut le
matin Conseil de Ministres.
Le Roy se promena l'apresdi.
née dans les jardins. Le Bal ne
commença qu'après le souper
S. M. y restajusqu'à minuic
& demi; il ne finit neanmoins
qu'à deux heures
demie. il fut, ainsi que les
deux premiers, serieux & sans
mascarades. Ony dansa comme
aux premiers toutes les
vieilles Danses&celles d'Angleterre.
Mademoiselle de
Charollois y brilla fort, ôc
toutes les Dames y furent m.;j
gnifiquement vêtuës. *
* Le Lundi il n'y eut point
le matin de Conseil ny de
Chasse. Le Roy se promena
le matin & l'apresdinée dans
les Jardins. Le Bal commença
à sept heures & demie,
& finit à dix pour le souper.
Il ne di ffera en rien des precedents.
Le Mardi gras le Roy courut
le matin le Cerf dans le
Parc de Marly. Monsfeigneur
& Madame l'y accompagne..
rent. Sa Majesté fut de retour
à midi & un quart ,
&
Hc promena après son dîner
dans les Jardins. Le souper
fut servi à neuf heures& demie
,
& la Malcaradecommença
à onze heures dans le
Sillon Le Roy deffendit expressement
qu'on y laiffoftrentrer
personne, de quelque
consideration qu'ellefut, sans
estre marquée ,à l'exception
des Garçons du Chasteau
,
ce qui futponctuellement
executé, même après que le
Roi se fut retiré pour se coucher.
Le Roy y entra avec
une Robe de chambre de
gaze qu'il mitpar dessus fo
habit ordinaire, & un
mass:
que. Cet exemple fut fuivj,"
& generalement tous ceux
qui se trouverent à Marly t"
masquerent. Capitaine & Officiers
des Gardes du Corps,
grands & petits Officiersde
la Chambre & de la Garderobe
,
Officiers de la Garde
Françoise & Suisse:en un mot
tous ceux quivoulurent voir
cette Feste. Il y eut plu sieurs
bandes de masques en habits
uniformes. Monseigneur &
Mr le Marquis d'Antin figurérent
habillez en vieux Seigneurs
du temps passé, avec
des pourpoints, des hauts de
chauffes larges & des rubans
aux costez, Perruques grises j
manteaux ,
rabats, & aisles
de moulin sur les souliers.
Monseigneur le Duc de Bour -
gogne, Monsieur le Duc
d'Orléans, & Monsieur le
Comte de Toulouze, entrerent
chacun à la teste de leur
Troupe&Madamela Du.
chesse de Bourgogne conduit
fit la sienne de bonne grace
Les habits de cette Troupe
étoient simples & sans aucune
dorure, ilsestoient develours
,,
bleu avec une ceinture, &
avecune petitecale,avecune
plume sur la teste portée
de .collé. Outre ces Troupes
uniformes, il y eut plusieurs
masques singuliers
de l'un & de l'autre sexe. Les
spectateurs eurent un plaisir
infini de revoir danser des
Dames qui ont trop tost renoncé
à la danse. Madame
la Duchesse de Bourgo gnese
distingua fort, & Mademoiselle
deCharollois furpric tout lemonde.Nosvieillesdanses:
les plus vives, & celles d'An- ;
gleterre furent souvent recorncommencées.
Le Roy se retira
avant une heure, mais
le Bal ne finit qu'après qusu
tre heures.
Le Mercredi il y eut le
matin Conseil de Ministres.
Monseigneur alla passer une
partie de la journée à Meudon.
Le Roy se promena
l'apresdînée. L'on chanta le
foir pour Monseigneur les
deux derniers Actes d'Alce
fte.
J'ay remis à ce mois cy à
vous parler des Maréchaux de
France de la derniere Promotion.
Je tiens ma parole lors
que l'onen nomme plusieu rs
dans le même jour, ils prennent
leur rang du temps
qu'ils ont esté nommez Lieutenants
Generaux , c'est à
dire que le plus ancien Lieutenant
General
,
de ceux qui
font nommez Maréchaux de
France ale pas sur celuy qui
a esté nomméMaréchal de
France en même temps que
luy , & s'il se trouve qu'ils
ayent esté nommez Lieutenants
Generaux en même
temps, le plus ancien Maréchal
de Camp a le pas, &
si le hazard veut encore qu'ils
ayent esté faits Maréchaux
de Camp en mesme jour,
on regle le pas sur le temps
qu'ils ont esté faits Brigadiers
, &: l'on assure mesme
que s'il se renconrroit, qu'ils
eussent tous monté en meC}
me temps à ces Postes d'honneur
,
celuy qui auroit esté
Colonelle premier auroit le
pas sur les autres. Vous verrez
par ce qui fuit en quel
temps les derniers Maré..
chaux de France ont esté
nommez Lieutenants Generaux.
Vous jugerez par làdu
rang qu'ils doivent avoir.
Mrle Marquis de Chamilly.
Le 18.Juin 1678.
MrleComted'Estrêes.
Le 12. Decembre 1684.
Mr le Comte de Chasteaurenaut
Au mois de Fevrier 1688.
Mr deVauban.
Le14.Aoust 1688.
Mr de Rosen.
Le 14 Aoust1688.
Mr le Comte de Tejfi.
Le 17. Avril 1692,
Mrle Comte deMontrevel.
Le 30. Mars1695.
Mr le Comte deTallard.
Le 30. Mars 1693.
JMr le Duc d'Harcourt.
Le30.Mars 1693 :t( Vous pouvez juger par là,
que ce nest ny leur merite
personnel, ny leurnaissance,
ny les grandes actions qui
lesont fait parveniràce haut
degré d'honneur qui leur
fontdonner la preferencedu
pas, & que ceux qui font
nommez en mesme jour, &
qui mericent tous l'honneur
que le Roy leur fait, n'ont le
pas lesuns devant les autres,
que parce qu'il faut une regle
dans toutes les choses oÙ
il s'agit du pas, pour empêcher
les contestations, donc
les fuites sont toujours facheuses
, & souvent dangcses.
Je ne vous rapporteray
point lesactions d'éclat des
dix Maréchaux de France,
dont j'ay à vous parler: elles
rempliroient des volumes
entiers. Il faut s'estre distingué
en qualité de Colonel
pour e stre nommé Brigadier.
Ilfaut qu'un Brigadier sesoit
signaléen plusieurs occasions
importantes pour meriter le
poste de Maréchal de Carnp
êc l'on n'éleve personne à ce-
- luy de LieutenantCeneral,
qu'après une réputation bien
établie & bien soûtenuë,
des actions de valeur, de
conduite & d'éclat souvent
réiterées.Quant au rang de
Maréchal de France, comme
l'on n'en choisi qu'un petic
nombre sur une fort grande
quantité d'Officiers generaux
on peutdire que ccs Messieurs
font l'élitedece que la
France a de plus brave & de
distingué, qu'ils oni fait voir
une extrême valeur condoi..
te avec beaucoup de sagesse,
de penetration & de jugement,
& qu'ilsontcommandeen
chef, pris des Places;
fait lever desSieges, ou desfendu
des Villes avec succés,
puisqu'il faut avoir fait au
moins une partie de toutes
ces choses pour estrenomme
Maréchal de France. Ainsi
vous jugez bien qu'il me
feroit impossible de rapporter
toutes leurs actions dans
une feu l e lettre, quid'ailleurs
se trouvent répanduës
dans prés de quatre cens let.
tres que vous m'avez permis
de vous adresser depuis vingtsept
années. Je vais donc
vous parler feulement de
la naissance des dix nouveaux
Maréchaux de France,
&de leurs premiersemplois,
&quand vous joindrez à cela
toutes les actions qui vous
sont connuës
,
tant parce
qu'elles sont répanduës dans
toutes mes Lettres, que parce
qu'elles ont trop éclaté pour
estre ignorées depersonne t
vous pourrez vous representer
ce qu'ils font, & tout ce
qu'ils ont fait depuis qu'ils
ont commencé à porter les
armes.
Le Roy -ayant donné le
Rcgiraenc de Bourgogne à
Mr le Marquis de Chamilly
en 1670. il s'acquit une grande
réputation pendant dix
années à la teste de ce Regiment.
Il s'endémit en 1680.
en faveur de Mr le Comtede
Chamilly son neveu. Il fut
fait Gouverneur de Grave
pendant la premiere guerre
de Hollande
,
& cette Place
a y ant estéassiegee par le prince
d'Orange en 1674 il en
soutint le Siege pendantquatre
vingt treize jours de tranchée
ouverte, avec tant de
valeur &de conduite, que la
memoire d'une silongue &si
vigoureusedeffense dorera éternellement.
Il eut ordre de
rendre cette Place qu'il auroit
pû deffendre plus longtemps
, mais des raisons importantes
au bien de l'Etat obligerent
la Cour de luy envoyer les
ordres qu'il reçut. Illuy vint
en pensée surla fin de ce
Siege de faireun coup digne
de luy, & qui reparast cette
perte bien avantageusement.
Illuy prit une forte envie de
faire une Sortieavec tout ce
qui luyrestoitd'Officiers&
de Soldats, de mettre le feu
a la Place & de lafairesauter
par des fourneaux, de batrr.
encore un quartier des Affie-1
geans,&des'aller jetter dans
Bosleduc. Il estoit sûr de
réüssir dans ce dessein ; & il
l'auroit executé, s'il avoit pu1
esperer d'estre soutenu comp
me il estoit assuré de (urpren::
dre cette Place; mais toutes
nos Armées en estanttrop
loin,il jugea bienque cette
entreprise toute grande Be
importante qu'elle estoir,ne
produiroit aucun fruit, &
qu'il ne travailleroiten cela
que pour sa propre cloire
ce qui luifît preferer la capitulation
la plus glorieuse
qu'on ait jamais fait en cas
pareil ,à l'execution du plus
hardi projet qui ait jamais été
imaginé. LeRoy recompensa
sa valeur, en le faisant
Gouverneur& Grand Bailly
d'Oudenarde. Il sur ensuite
fait Maréchal de Camp,&il
servit en cette qualité en
1675. sous Mr leMaréchalde
Humieres. En 1678- le Roy
lefit Lieutenant General, &
il servit àYpresen1689. il
servir en Fevrier sousMr le
Maréchal de Duras.En Mars
1692 &en Avril1693, ilservit
en Allemagne. Il avoit eu I&
Gouvernement de Fribourg
en 1679. & celuy de Strasbourg
en Septembre 1682.
Le nom de sa Maison est
Bouton: Elle est tres illustre
& tres bien alliée. Il seroit
mal aisé d'en déterminer l'an.
cienneté. Elle estoit dans un
grand lustre fous les Ducs de
Bourgogne. Elle est de cette
Province, &elle y a toujours
tenu un rang considerable.
Madame la Maréchale de Chamilly
est dela Maison de Ver-
- tafoit. Il y avoit un Philippes
Bouton Favory declaré de
Philippes le Bon, Duc de
Bourgogne. Ce Prince le
combla de biens & d'honneurs
, il luy donna son Or
dre & de grandes Terres,&
l'admit dans sa confidence la
plus étroite. Ill'envoya plusieurs
fois en Angleterre,
pour tâcher d'y rétablir la
Paix lors de ces funestes divisions
qui déchirérent si
longtemps ce Royaume fous
le nom de Factions de la Rose
blanche& de laRose rouge
,quipartageoient de coeur
& d'interest tout le monde,
ou pour la Maison de Lancas-
* -
tre ou pour celle d'York. Le
Bouton dont nous parlons
se trouva à Londres, lorsque
l'infortuné Henry VI. y fut
égorgédans la Prison,ifit la
description de cette funeste
catastrofeen vers elegiaques.
M' le Comte d'Estrées
ayant esté fait Capitaine de
Marine en 1680. servit au
mois de May de la même an.
née sur le Vaisseau l'Excellent,
& au mois de May 1682.
sur le Vaisseau l'Hirondelle.
Le Roy luy donna au mois
de Decem b re 1684 la survivance
de la Charge de ViceAmiral,
à condition qu'n
serviroit encore deux Campagnes
en qualité de Capitaine,
& qu'il serviroit enfuite
trois autres années en
qualité de Chef d'Escadre.
Le Roy luy donna une peifsion
la mesme année. Il servit
ensuite selon l'intention
de Sa Majestéde Chefd'Escadre
dans l'Armée du Ponant
fous Mr le Maréchal
d'Estrées son Pere. En 1691.
il Bombarda Barcelonne &
plusieurs autres Places. En
1693.ilassiega Roses par Mer,
& cettePlace se rendit aprés
huit jours de Siege. Il servit
en qualité de Lieutenant General
au dernier Siege de
Barcelonne, lorsque cette
Place futemportée par Mr le
Duc de Vendôme. Ilaeu
l'honneur de conduire Sa Majesté
Catholique à Naples,
& l'on peut dire qu'il a foutenu
en cette occasion la
gloire de sonrang, & l'éclat
de sa naissance ayant une suite
nombreuse
, une superbe
livrée,& unetablemagnifique.
Sa Majesté Catholique
l'a honoré de la qualité de
Grand d'Espagne.
Sa Maison est originaire de
Picardie. Antoine d'Estrées
qui vivoit en 1560. estoit
Sieur de Vallieu, & fut Pere
d'Antoine qui de Jeanne Dame
de la Cauchie en Boulonnois,
eut Antoine III. du
nom,Grand Maistre de l'Artillerie
de France, qui épousa
Catherine, fille de Jacques,
Bâtard de Vendosme
,
& de
Jeanne de Rubempré
, une
des plus belles personnes de
son temps. Il en eut Antoine
IV du nom, & Françoise
mariée à Philippe de Longue.
val, Seigneur de Harraucourt,
dont MadamelaComtesse
deSenneville cOE issuë;
&Antoine fut sur un grand
pied dans le monde. Il fut
Chevalier des Ordres du Roi
àlapremiereêtreaction qui fut
en 1578 Il fut pourvu au
Camp de Pas en Artois l'an
jj97, de la Charge de Grand
Maistredel'Artilleriequ'avoit
possedé son pere Il en donna
sa demission l'an 1599. Il
épousa Françoise Babou
fille du , Sr de la Bourdaisiere.
Il en eut François Annibal,
la belle Gabrielle Duchesse
de Beaufort, dont font issus
Messieurs de Vendosme,Diane
, feconde femme du Sr de
Balagny, Maréchalde Frangé
ce,JeanneHippolite femme
de George deBrancas,Duc
deVillars
,
grand'mere par
consequent de Mr le Duc &"
de Mc l'Abbé de Brancas, &
de Madame la Pincesse
dHarcouit. François Annibal
merita par ses services le
Baston de Maréchal de France.
Il mourut âgéde prés de
cent ans. Il eut trois, femmes,
sçavoir, Marie de Ba hunes,
Jeanne Habert,fille du Seigneur
de Montmort,laquelle
estoit Veuve duSeigneur
de Lauzieres Themines
,
la
troisiéme fut Gabrielle de
Longueval. De la premiere
il eut feu Mr le Duc (fEfirées
mort Ambassadeur à Rome,
pere du dernier Duc d'Estrées
& de M' l'Evêque de Laon &
grand pere de M' le Duc
d'Estrées d'aujourd'huy. Jean
Comte d'Estrée,Maréchalde
France, aujourdhuy vivant,
quide Dame Marguerite Moriaa
eu entr'autres enfans,
Mr le Comte d'Estrées,qui
vient d'estre fait Maréchal de
France , & qui est parconséquent
le troisiéme Maréchal
de France de pere en fils, avec
cet avantage qu'il n'y a peutestre
point d'exemple que le
pere & le fils se soient trouvez
ensemble élevezà ce hautdegré
d'honneur. Mr le Maréchal
d'Estrées est encore pere de
Mr rAbbë d'Estrées,Abbéde
Saint Claude,ci devant Ambassadeur
ordinaire en Portugal
, & qui l'est presentement
en Espagne. Le premier Maréchal
d'Estrées est pere de
trois fils de son premier mariage
, Mr le Cardinal d'Estrées,
ancien Evêque de
Laon. Ce Princede l'Eglisea
esté nommé o au Cardinalat
par le Roy de Portugal,
ayant l'honneur de luy ap.
partenir du chef de sa premiere
femme, qui estoit de
la Maison de Savoye Nemours,
& sile d'une Vendôme
, issuë de Madame la
Duchesse de Beaufort Gab/
iiflled'F'irées. C'estparle
même et ~droit que ceux de
de cette Maison ont l'honneurd'appartenir
à Madame
la Ouch iïc de Bourgogne
, du ch f de sa Grand mere
Midam.Royale}q:ncftaussi
N, meurs
Nemours & Soeur de la feue
Reine de Portugal. Un plus
long détail sur la Maison d'Etrées
est inutile après ce
qu'en ont dit rant d'Historiens,
ainsi j'y renvoyc les
Curieux. Cependant je puis
affurer qu'il y a. peu de Maisons
à la Cour plus élevées par
les dignitez que cellecy.
Mr le Comted'Estiées
qui vient d'estrenommé
Maréchal de
-
France, a
épousé une des filles deMr
le Maréchal Duc de Noail.
les. Elle cil Dame du Pa-i
lais de Madame la Duches.
le de Bourgogne. Ce nouveau
Maréchal a pris le nom
de Maréchal de Coeuvres,
parce que s'il avoir gardéceluy
de Maréchal d'Estrées.
On se seroit fouvenr trou- • vé erabarasséen confondant
Je pere avec le fils. Lesfils
de* ainez de la Maison d'E..
strées portent ordinairement
le nom de Marquis de Coeu
vres; mais Mr le Duc d'Estrées
ainé de cette Maison
a bien voulu que dans une
occurence si glorieuse à la
Maison d'Estrées. Le nou.
veau Maréchal de France de
de ce nom, portast le nom
de Coeuvres
, tant qu'il y
auroit deux d'Estrées Marechaux
de France.
Mr le Comte de- Chateaurenaut
qui vient destre nommé
Maréchal de France, suc
fait Capitaine de Vaisseauau
mois de Septembre 1671. &
le Roy luy donna le Commandement
de quatre Vaisseaux
pendant l'hiver de la
mesme année. 11 se ddim
gua tellement depuis ce
temps là jusqu'au mois de
Janvier 1674 que le Roy le
fit Chef d'Escadre.
Il eut au mois de May
1677 le commandement de
J'Escadre Garde Coste du Po.
nant.
Au mois de May1680.il
commanda une autre Escadre.
Le Roy le fit au mois de
Janvier 1681. Grand Prieur
de l'Ordre de S. Lazare.
Au mois de Fevrier de
l'Année 1688. le Roy le fit
Lieutenant General de ses
Armées Navales. Ce Comte
avec douze Vaisseaux mic en
fuite au mois de May prés
de la Baye de Bancrie l'Amiral
Hebert qui avoit vingt.
deux VaisseauxAnglois.
Au mois de May 1690 il
passa le Détroit avec sept
Vaisseaux,à la veuë de vingttrois
Vaisseaux Anglois.
En 1691. il fit executer la
capitulation de Limèrick
,
& ramena en France tous les
François, & quinzecensfoldats
Irlandois.
Le Roy le fit au mois de
M'ay 1693. grand Croix de
l'Ordre de saint Louis après
les changemensqui furent
fzaairtes.dduannss ll''Orrdd redesaintLa *
M' le Maréchal de Cha.
teaurenaud esi d'uneancienne
Maison sortie originaire.
ment de Florence,dont le
nom ell: encore aujourd'huy
très celebre en ce Pays-là,
caen Roucellay. La Reine
Catherine de Medicis amena
en France le premier de cet- teMaison,quis'yestétabli.
On sçait avec combien d'habileté.&
avecquelieaurorité
dans le même siecle(c'est à
dire dans le seizieme ) on Horatio
Roucellay mania les
Finances. Il n'y a pas même
Jong. temps qu'un Envoyé
de Florence de ce nom là
estant , en France, fit valoir
des droits qui luy estoient
dûs du chef decesAncêstres
qui avoient cild établisdans leRoyaume La Reie Catherine
de Medicisavoirune
très-tendre affection peur
tous ceux de cette Maison
Elle ne les regardoit pasfeu.
lement comme ses Compatriotes,
mais en quelque mamère,
comme des Alliez,
car les Roucellay avoient
l'honneur d'appartenir à sa
Maison des Medicis, ducôrç
desVisconn,dontilsdescen.
doient par les femmes. Mrde
Chasteaurenaut qui vientd'être
honoré de la dignité de
Maréchal de France, eut l'avantage
de succeder à Mr le
Maréchal de Tourvilleen la
Charge de Vice Amiral,avec
-
un a piau dissement universe
,
il avoir mérité cette dignifé
par ses longs services. L'affaire
de la Havane en dernier
lieu luya fait un honneur
infini. Toute l'Europe
avoit les yeux sur luy pour
voir comment il se tireroit
d'un pas aullidélicat. Il ne
/fallut pas moins de fermeté
,
de prudence & de conduire
qu'il en marqua dans cette
occasion, pour apporter les
tresors pour l'arrivéedef.
-
quels tant de Nations différentes
foupiroienr. Son courage
enfin
,
sa resolution d*
mourir par le feu ou par reau,
plutost que de laisserenlever
lesVaisseaux du Roy, sa pru
dence&sa presence desprit
dans un danger aussi grand
quece luy où il s'e st trouve à
l'affaire de Vigo ont fait voir
dans sa personne un des plus
fermes& des plus experimen;
tezGeneraux qui se soienc vus
depuis longtemps & digne de
l'employ que le Roy lui avoit
confié. Mf de Chasteaurenaut
son neveu, à qui il avoir
donné les prémisses leçons
de la guerre maritime, & qu'il
a pris foin de former luy-
D1ême, marche de jadigne.
ment sur ses pas. Mr le
Maréchal de Chasteaure.
naut cil fils d'une soeur de
feu Mr Daubray, Lieutenant
Civil.
Mr de Vauban a commence
à ferv irleRoyen
1651. II se dirtingua en 1657.
au Siege de Montmedy où il
servit en qualité d Ingenieur
fous Mf' le Maréchal de la
Ferré qui faisoit ce Siege. H
s'attira plusieurs fois des élo.
ges de ce Maréchalqui estoit
plus avare que prodigue de
louan ges n'en donnant qu'au
même, & à la valeur plus
d'une fois éprouvées. On
assure qu'il dit apréslaprise
de Montmedy qu'il n'y avoit
poste d'honneur où le COl).
rage & l'habileté de ce jeune
Ingenieur ne le missent en
estatde prétendre, & que
ce Maréchal s'expliqua en
ces termes lors qu'il en parla
au Roy. Ce jeune Ingenieur
ayanr continue de servir avec
valeur, zele & applicaticn,
le Roy luy donna au mois
de Mars 1667. vingt-cinq mill<
e écus pour anvoir faitJe
Siège de Valencicnne.
Au mois de Juin 1668 Je
Roy le fit Gouverneur de la
Citadellede l'isle. SaMajesté
le sit Maréchal de Camp aufit
mois d'Aoult 1676 11 servic
dans l'Armée de Flandres
fous Mr le Marechal d'Humieres,
& il eue la conduite
des travaux du Siege de saint
Guilain.
En 1678. il recut une seconde
-
gratificationdu Roy
de vingt cinq mille écus.
En 1680. le Roy lefitGou
verneur de Doüay à la place
de Mr Desbonets, & Sa Ma.
jesté luy permit enitSL. de
vendre ce Gouvernement à
Mr de Pomereu. Il en eue
vingt mjlle écus au mois de
Janvier1684 Mr duMetsayant
esié fait Gouverneur de Gravelines,
le Roy donna une
seconde fois le Gouvernement
de la Citadelle de l'isle
à Mr de Vauban, parce qu'il
se [!ai(oic dans cette Citadelle
qu'il avoitfait bastir
& que la connoissantparfaitement
personne n'estoit plus
capable que luy de la bien
deffendre. LeRoy luydonna
au mois de May 1687. une
gratification de douze mille
écus, & en 1688. Sa Majestè
le fit Lieurenant General.
En 1692.. il eut au mois
d'Avril une gratification de
cent mille livres aprés leSiege
de Mons,&une de six vingt
mille au mois de Juin apres le
Siege de Namur. Il fut fait
Grand'Croix de l'Ordre de
Sa'nc Louis en 1693. Il sert le
Roy dans ses Armées depuis,
l'année1651. Il a travaille à la
constructioj n d'un nombre infini
de Places fortifiées. Il a
fait quarante deux Sieges reglez
de Places considerables
qu'il a attaquées & qui se
sont rendues. Il a eu la conduite
de tous les Sieges où
le Roy s'e st trouvé.Iladesfendu
Oudenarde, dont le
Siege a esté levé. Il estd'une
ancienne Maison de Bourgogne.
Son nom est le Prestre,
Chevalier Seigneur de Vauban.
Ilaépousé Dame Jeanne
Donay, de la Maison des an.
ciens Barons dErpiry. Il a
deux filles dontl'uneest ma- riée à Mrde Valentinay,
Marquis Ducé
,
Controlleur
general de la Maison du Roy,
& l'autre à Mr de Megrigny,
Gouverneur de la Citadelle
de Douay, fameux IlJge
nieur qu'il a pris foin de for.
mer, & qui a servi fous ses
ordres.
Mr de Rosen estant entré
fort jeune dansle service,
& s'estantdistinguédans tou-
, tes les actions où il stenait
trouvé, fut nommé Brigadier
deCavalerie dés l'année
1675 11 fut nommé pour fr.
vir dans l'Arméed'Allemagne
au mois de Février 1676.
Il fat fait Maréchal de Camp
au mois de Janvier 1678.Au
mois d'Avril 1679 '.- il fervîc
fous Mr de Calvo au Paysde
Juliers '¡' & la même année
fous Mr le Maréchal deCre.
qui. Le Roy le fit Mestre de
Camp de Cavalerie en 1081.
11 donna ce Regiment à Mr
de Rottembourg qui épousa
sa si le. il servit fous Mr le
Marquis dela Trousse en
* Piémontau mois de Novembre
1682. & en Languedocau
mois d'Août 1686 Au mois de
Septembre 1688. le Roy luy
donna pour acheter la Terre
de Bousevie10488. livres qui
devoient revenir à S. M. Je ne
parle point des services qu'ila
rendus depuis ce temps là, ce
quis'estpassée dans la derniere
guerre cfttrop récent pour
n'estre pas present à la memoire
de tous ceux qui ne
doivent pasignorer lesaffaires
du monde
Mrde Rosen, est de Livo
nie où sa maison à tenu autre
fois un rang considerable
,
il
n'en faut pasd'autre preuve
que l'honneur quelle a dta..
voir donné des Chevaliers à
l'Ordre des Porte Glaives.
Il vint en France pour s'attacher
à la fortune du General
Rosen, son Parent. Voicy
de quelle maniere la chofc
se passa. Aprés la mort du
Roy de Suede, le Grand
Gustave Adosse
,
le Duc de
Weymar, General de ses troupess'engagea
dans le party
de la France, & emmena avec
luy le Colonel Rosen ( c'èft
aïoli qu'on appeloit dans ce
temps là ce fameux Gene
ral)le Duc de Weymar eut
des quartiers dans l'Alsace &
dans le Brisgaw, & on luy
confiamême la Ville deBrisac.
Pendant le sejour qu'il
y fit le Colonel Rosen s'y
maria & y fit un établissement
fort considerable.
N'ayant point d'enfans mâles
de les femmes, ilrésolut
d'avancer son Parent qu'il
avoit engagé de quitter la
Livonie) il le maria& luy
laissa tous ses biens
il prit
foin de sa fortune & la pous
sa autantqu'il put ,
aprés
quoy M' de Rosen qui avoit
passé par tous les degrez de
la Milice & qui peut se vanter
de nedevoir rien qu'à
son seul merité &à saseule
valeur., monta aux plus hautes
dignitez dont tout le
monde le jugeoit si digne.
On doit remarquer qu'au
Siege de Dole, où le Roy
elloit en personne
,
le Gene.
ral Rosenvint saluer Sa Ma
-jesté. Il estoitmonté surun
Cheval âgé de trente huit
ans, qu'il dit au Roy luy
avoi r sauvé la vieàla Bataillede
Rocroy q.nVefh>u donnée
plus de vingt ansaupa- ravant ce fut alors qu'il
recommandaau Roy son Pa- rent que Sa Majesté luyt
en dit beaucoup de bien;
Quelque tem ps a présce,
vieux General mourut , ôc
laissa une pensionàson;
-
cheval
, avec un Pré, & la libercé.
Quant à MrdeRosen
il n'a pas porté avec moins
d'honneur ce nom que leGe.
neral dont jeviens de vous
parler. Mr le Comte de Rosen
son fils est Maréchal de
Camp. Il. épousa il y a cinq
ou fixans Mademoiselle dcii
Grammont, d'une des plu,)
illustres Maisons de la FraacheComté,
Cette Dame est
-
Parente de Mr l'Archevêque
de Besançon. Il avoit un autre
fils qui fut tué estant Capitaine
dans le Regiment
d'infanterie du Roy. il a unefille
mariée à Mr le Marquis
de Rottembourg, qui est
d'unetres ilmustreMaisonsortie
d'Allemagne.On fait
que Mr de Rosen fit venir il
y a quelque temps des titres
de Livonie qui prouvent que
la noblesse de sa Maison est
tres ancienne. Mr le Maré
chal de Rosen a l'honneur
d'appartenir à laRoyale MaisondeSuede
;&ily a euun
Maréchal de Suede de sa
Maison ;il possede de grandes
Terres en Alsace qui IUf
sont infeodéesC'est en Al*
face qu'est établi son GenJt
dre,sorti des anciens Barons
de Rorembourg.
En1674 le Roy fitMr le
Marquis d'Huxelles Colonel
du Regiment Dauphinaprés
la mort de Mr le Marquis de
Beringhen,dont la mere etoit
d'Huxelles,Colonel du Regiment
Dauphin.
Au mois de Février 1676.
le Roy le nomma Brigadier
o' I'j fd'Uvri'
d'Infanterie. Il servit dans
la mesme année aux Sièges
de Valenciennes,&de Cambray,
& il commanda au mois
d'Octobre à Cassel avec cinq
Bataillons.
Il servit en 1678. aux Sieges
de Gand & d'Ypres, &
dans le Païs deVaës au mois
d'Octobre de la mesme année.
Il eut cette année-là
une pension & une gratification
du Roy.
Il fut fait Maréchal de
Camp en 1683. & servit Sa
Majesté lamesme année sur
la Sarreen cette qualité
.: Il servit en 1684. au Siege
de Luxembourg.
Il deffendit la ville Ide'
Mayence en 1689 & ne se r(n:: ditqu'après quarante jours « detranchée ouverte. Quoy
qu'il fust attaquéavec toutes
les forces de l'Empereur commandées
par feu Mrle Duc de
Lorraine., & avec une si nombreufe
Artillerie, suivant l'u..:
sage des Allemans, qu'il n'y r
a point de Ville qu'elle n'eut
pû reduire en cendre. Vous
sçavez avec quel zele &
quelle activité, il a servi en
qualité de Commandant à
Strasbourg, on ne peut avoir
plus d'intelligence qu'il en
en a pour ces fortes de commandemens,
& l'on ne peut
mieux connoistrelestroupes
ny mieux sçavoir ce qui leur
convient, & generalement
tout ce qui peut les regarder.
Le nom de sa maison
est Dublé, & l'ancien nom
est Laye. Son pere & son
grand pere ont touché de
fort prés la dignité dont il
est honoré aujourd'huy: car
ils eurent le titre de Capi.
taine general, & Mr le Marquis
d'Uxellcs pere du nouveau
Marechal qui fut tué
au Siege de Gravelines en :1 1658.enreceut le Brevet au
lit de lamort, il futmesme
enterré avec les marques de
cette dignité. Leur maison
est sortie de Bourgogne où
elle a tenu un rangconsiderable.
Il y a eu un Grand
Prieur de Clugni de cette
raison & du nom de Dublé
qui fit beaucoup parler de
luy dans sonOrdre: leur famille
avant son establissement
en Bourgogne
,
estoit
enArtoisdont Messieursd'Uxelles
sont originaires. Ils
quitterent cette Province
pour revenir en Bourgogne
& pour y recueillir de grandes
successions. Ils y onr eu , & y po ssedentencore au jouid'huyde
grandesTerres. La
mere deMrle Maréchal d'Uxelles
eftojt Bailleül, soeur de
feuMrle President Bailleül.
On sçait l'origine illustre de
la maison de Bailleül
,
qui
cft sortie d'Ecosse, & que
l'on croit avec beaucoup de
fondement descendre d'un
Roy d'Ecosse.Madamed'Uxelles
avant d'é poufer feu Mr
le Marquis d'Uxellesestoit
veuve de feu Mr le Marquis
deNangis. LamaisonDublé
d'Uxellesa d'illustresalliances,
elleena entre autresune
qui luy procure l'honneur
de toucher d'assez prés à la
maison de Conzagues, &
les anciens Ducs de Nevers
faisoient grand cas de Mes
sieurs Dublé qu'ils alloient
mesme souvent vificer en
Bourgogne dans leursTerres.
Mr le 1Marechal d'Uxelles
n'a que cinquante-six ans.
Ila esté Abbéde la Bussiere
& quitta l'estat Ecclesiastique
à cause de la mort de
son frere aisnée qui fut tué
en Candie au mois dtAquLl:
1669. Le Roy le fitLieutenant
General au Baillage
de Chalons en Bourgogne,
fous le Gouverneur General
de la Province, Gouverneur
General de la Ville & Citadelle
de Chalons ,Bailly &
Maistre des Foires de Chalons.
Ses Provisions ne font
que pour trois ans; mais elles
sont continuées de temps
en temps. Il a eu une dignité
où son pere se vit comme
élevé avant sa mort, &
qu'il ne put regarder que
comme un songe,& --- que son
grand pere manqua de quelques
jours par une mort pre- fnaturee.Airifi1.1 sem bleque
cceettcteeddii£g?nniirtééeetiflooiittllré!giictjimmce"-
ment deuë à ceux de ce cenereux
fang.
M' le Comte de Tessé servit
le Royen qualité d'Aide
de Camp au mois d'Avril
1670.11 futensuite Capitaine
de Cavalerie,& le Roy luy
donna peu de remps aprés un Regiment de Dragons, Sa Majesté le fit Brigadier de
Dragons au mois de Janvier
1678. Il le distingua au CombatdeRinfeld.
Le donna la Lieutenance generale
du Maine & du Perche,
au mois d'Octobre 1680. vacante
par la mort de Mr de
Beaumanoir, Il servitau mois
d'Aoust 1683 dans leCorps de
Troupes envoyé enDauphiné
fous le commandement de
Mrde Saint Rurh.
Au mois de Novembre de
l'année 1684. le Roy le fie
Mettre de Camp General
des Dragons. Il avoit acheté
quarante mille livres la
la Charge de Mestredecamp
L general des Carabins de la
Famille de Mr le Comte de
Quincé Le Roy la supprima
& en attacha les appointemens
à la nouvelle Charge de
Dragons. SaMajestéluydonna
au mois d'Avril 1685. le
Commandement des Troupes
campées sur laChanche.
Vous sçavezque Sa Majesté
luy a aussidonné le Gouver.
nement d'Ypres, qui vaut
cinquante mille livres de rente.
Il s'est tellement distingué
pendant la derniere guerre,
& dans cellequi vientde
commencer, qu'ayant monté
par degrezàtouslespostes
éclatans qui con duisentau
:;, plus haut rang d'honneur où
pussent afpircr ceux quifont
Profession desarmes, il vient
d'y estre élevé avec un appîaudissement
universel. Sa
conduite,&savaleurontbrillé
pendant tout l'hiver der.
nier qu'a duré le Blocus de
Mantouë. Il y a peu de Sieges
qui soientauiconsiderables
que l'a ésté ce Blocus:
Aussi a t il mérité qu'on en
fist un Volume entier, où
l'on voit mille & mille actions
de valeur qui couvrent le
Commandant d'une double
gloire, tant parce qu'ils'est
trouve a pl u sieurs de ces actions
, que parcequ'elles sont
un effet de sessor dresdonnez
judicieuiemenr& à propos.
Ce nouveau Maréchal ne
brille pas moins dans une Ne"
gocianon que dansun Combat
,
& s'il a donné mille
preuveséclatantes de ce qu'il
sçait faire à latestedune Armée,
il en a aussi donné de Coli
des de ce qu'il sçait faire dans
une négociation. Après avoir
contribué par là au mariage
de Madame la Duchesse de
Bourgogne
Jil
fut nommé
par le Roy premier Ecuyer
de cette Princesse
, & ila eu
l'honneur de la conduire en
France. Il est Chevalier des
Ordres du Roy. Sa Maison
dont il est l'aîné
,
est origi.
naire du Maine, où elle a
toujours tenu un des premiers
rangs: le nom de sa Maison
est Froulé. Elle a donné de
tous temps des Comtes à
l'Eglise de Lyon
,
& a toujourseu
entrée dans les Corps
de Noblesse. Mr le Maréchal
de Tesse avoit des on.
cles Comtes de Lyon,& M1
l'Abbé de Tessé son fils l'est
encor aujourdhuy. Madame
la Maréchale deTesséestde
la Maison d'Aunay en baffe
Normandie. Sa mere estoit
Beaumanoir Lavardin
,
soeur
du feu Marquis de Lavardin,
& sa grand'mere Efcoubleau
Sourdis. Sa Maison a eu des
alliances avec celle de Tonnerre
& il n'en est point d'illustres
dansleRoyaume à qui
elle n'appartienne par quelqueendroit.
Mrle Comtede
Froulé oncle deMr le Maréchal
de Tessé,estoitChevalier
des Ordres du Roy. Il
estoit grand Maréchal des
Logis de la Maison deSa Majeité.
ilavoit épauleMade.
moiselle de Neüillan, fille
d'honneur de la Reine Mere,
Soeur de Madame la Maréchale
de Navailles; une
Ayeule de Mr le Maréchal
de Tcfle estoit (ortie de la
tres illustre Maison de la Ferriereen
Normandie. Il n'est
point enfin de Maison dans
la Province du Maine, où il
y a tant de Noblesse, qui ne
se tienne honorée d'appartenir
à celle de Froulé
,
& elle
a toujours esté sur un tres
grand pied dans le Royaume.
Dans la Bataille de
Crecy il y eut un Jean de
Fcoulé qui commandoit en
Corps de vieilles Bandes
qui reçeut vingttrois blessures
,
& qui eut encor assez
de force avant de rendre le
dernier soupir pour plonger
son épée dans le fein d'un General
Anglois qui ne luy survecut
que de demie heure.
Les Anglois firent des indignitez
sur le corps de ce genereux
François qui en mourant
recommanda à sen Fils
r( BaCîta farsd de FÍou1é) qui de luyderépandre
jusqu'à la derniere goute
de son fang pour le service
de son Roy &-de son Mais
tre. Feu M1 le Chevalier de
Tesse qui mourut il n'y a pas
long temps en Italie, c stant
Lieutenant General des Armées
duRoy, & undesmeil
leurs Officiers de France,
estoit Frere de M'le Marchal
de Tessé.
Mr le Marquis de Tessé
fils de ce Maréchal à resté
prés de son pere en Italie
depuis le commencement
de la guerre. Il a passé l'hiver
avecluy dans Mantouë,
pendant le blocus, & s'estant
trouvé dans une occasson
avec leMaréchalson
pere, il fut blesse au près de
luy. Il revint ici pour aller
joindre son Regiment qui est
dans Bonn.
Mr le Maréchal de TcfTe
aune de ses filles veuve de
Mr le Marquis de Varrennés
,dont le fils a eu le Gouvernement
de laFlecheavant
que d'estre né, ce fils estant
posthume.
Mr Je Marquis de Maulevrier,
fils de seuMrle Marquis
deMaulevrier Colbert,Lieutenant
General des Armées
du Roy, & Chevalier de
ses Ordres, est gendre de
Mr le Maréchal de Tessé
, ce
Marquis est Colonel du Regiment
de Navarre,& a fait
la derniere campagne en Allemagne
après s'estre extre
mement diltingué en Italie
où il a servi pendant les campagnes
precedentes.
Mr le Marquis de Montrevel.
Ilest filsdefeuMessire
Ferdinand de la Baume Chevalier
,
dixième Comte de
Montrevel, Marquis deSaint
Martin & de Savigny sur
Orge, &de plusieursautres
grandes terres, Chevalier
des Ordres du R-iy ,,Capi.
taine de cent hommes d'A(.
mes. deses Ordonnances,
Maréchal de ses Camps &
Armées, & son Lieutenant
General, en Brede,Bugey,
Valromey, Gex, &Comte
de: Charolois, & deDav
me Marie Olivier de Nointel,
fille de François Olivier,
Seigneur de Nointel
& d'Angervilliers & de
Françoise Bouhier, delaMai.
son de Beaumarchais.Mrle
Marquis de saint Martin qui
estos.l'aisné dès Enfans de
feu Mr le Comte de Montrevel,
mourut avant son Pere.
Illaissa de Dame Claire Françoise
de Saux de Tavanes,
feu Mr leComte deMontrevel;
qui fut tué à la teste de son
Regiment dans la dermere
guerre, & qui a laissé de Dame
N. de Lanoy, le Corn.
te de Montrevel ,tué depuis
peu, & Mr le Comte de
Montrevel daujourd'huy qui
est petit Neveu du nouveau
Maréc hal.
La maison de la Baume
est sans contredit une des
plus illustres du Royaume,
foit qu'on la confidere par
l'antiquité de sa Noblesse
par ses alliances ; & par ses
grandes dignirez,soit enfin
par les grands biens qu'elle
a possede. En effet, Mr le
Comte de Moncrevel eL1
le treizième Comte de Montrevel.
Le premier Comte de
Montrevel fous lequel cette
grande Terre fut erigée
en Comcé, fut Jean de la
Baume,qui fut faitMaréchal
de France le zi Janvier,
1421. Il estoit Prévoit & Gouverneur
de Paris , Chevalier
del'Ordre de Savoye. Ce fut
à Saint Faronlez Meaux, qu'il
fut élevé à cette dignité avec
Antoine de Vergi,Comte de
Danmartin, à la priere du
Roy d'Angleterre. Ce Maréchal
délivra le Roy Charles
VI. assiegé dans Meaux par
les Anglois. Il eut le Commandement
de l'Armée qu'
on envoya dans le Royaume
de Naples pour soutenir les
droits de Louis de France,
Duc d' Anjou, qui avoit esté
adopté par la Reine Jeanne.
Cette Maison a produit deux
Cardinaux; sçavoir ; Pierre
,
Cardinal de la BaumeArchevêque
de Resançon, &
Claude dela Baume son (je.
veu, qui futsonCoadjuteur
à l'Archevêchéde Besançon,
& qui fut outre celaAbbéde
Saine ClaudeaMaistre desRe.
quelles, & Viceroy de Naples.
CetteMaison a donné à
l'Eglise plusieurs Archevêques
& Evêques. Le dernier
Evêque de Geneve en estoit
sorti. Elle a donné à la Savoye-,
a-u Dauphiné,àla Brefse
& au Bugey,plu sieurs Gou.
verneurs , outreplu sieurs
Licurenans Généraux.
M !s
Mais ce qui distingue le plus
la Maison de la Baume Montrevel
estl'honneur qu'elle a d'être
entrée dans l'alliance de la
Maison de France, par l'alliance
de Jean de la Baume, Seilganneur
de Bonrepos,Chambeldu
Roy Charles VI. Prevost
de Paris, & de Jeanne de
Chalon, Comtesse de Tonnerre
& d'Auxerre. Par ce mariage
Jean de la Baume entra doublement
dans cette Royale alliance,
puisque Jeanne de Cha-
Ion son Epouse, du cossé paternel
estoitissuë. de Jean Comte
de Bourgogne 8c de Salins, &
d'Isabeau de Courtenay, & que
du costé maternel elle avoit
pour ayeule Beatrix de Dreux,
fillede
A
Robert de Dreux premierdu
nom, Grand Maîtrede
France & Prinsce du Sang. Pour
ce qui en: de l'originede certe;
grande Maitbm. Les uns. la;çi-r;
:
rçnc desde, 1fh¡eb"..,:
qui combactoiem en la fae/do;
Légionde Tbebes.D'aurresla
prennent dans la MaisonRoyale
des Princes d'Albanie) qui
ontregné; ert.Cbipce .qn..UJ
avant la peste dz la Macedoine
Quoy qu'il en soit decerte.
neiliVeft pas dans le R~y~.a~;
de plus ancienne Maison,*&,
dignité dontvient d'este. koUKîrté
Mr de, Montrevel n'est pas
seulementdûë à sa valeur&à [Qn
mériterais aussi à sa naillance.
Il fert depuis sa plus tendre jeu
nesse le Roy avec cette activité
&cette fidélitéquifont si DéitU"
relles a ceux de son illustre
fang. Ilavoit épousé en feconres
nôces Madame la Comtesse
d'Uzés, & i1 a épousé en troisiémes
Madame la Marquise de
Grancey.
- Le Roy luy donna en 1675 la
Lieutenance generale de Becife
&deCharollois, sur la démifson
de Mr le Comte de Montrevel
son perequieut un pourvoir
pourcommander savie durant
,
nonobstant sa démission,
quand même le fils viendroit à
mourir. Le Roy le ne la même
année Mestie de CàrrïD du Regimcnc
Royal Caval4,-erie,qui
vacqua par la mort de Mr de
Chenoife. Il vendit ce Regiment
en 1677. à Mr le Comte du
Bourg. Le Roy le nomma la
même année Brigadier de Cavalerie
& Commissaire général
de la Cavalerie, & luy donna
un brevet de retenue de foixan- tequinze mille livres sur la
Charge de Lieutenant général
de Bresse de C harollois. Il vendit
en 1679 sa Lieutenançe generale
de Bresse 171000. livres à
Mrd'Antremont, & Sa Majesté
trou va bon qu'il gardast la Lieu,
tenance generale du Charollois.
Le Roy le nomma Maréchal
de Camp au mois de Septembre
1688. & il vendit dans le,même mois sa Charge de
Commissaire general de la Cavalerie
à Mr le Marquis de Villars.
Il servitenMars 1689. fous
Mr le Maréchal de Humieres.
En Avril 1690, fous Mrle Ma..
réchal de Luxembourg. En
Mars 1692 fous le même Maré.
c hal. Le Roy lenommaLieutenant
general au mois de Mars
1693. 6c il ferv itaumois d'Avril
de la même année fous Mr le
Maréchal de Bouflers.
-
Mr le Comte de Tallard fut
fait Guidon des Gendarmes A11"
glois au mois de Septembre
1667. & en 1662. Colonel du
Regiment des Cravates. En
1669. il vendit quatre cens mille
livres le Guidon des Gendarmes
Anglois a Mr de la
Guiette, & dix ans après il
vendit a Mr de Goueibriant le
Regiment des Cravates. En
1672 le Roy le fit Senechal du
Lyonois sur la demission de fou
pere. Il s'endeffit peude tem pi
après. Il fut Lieutenant General
en Dauphiné,& en 1675.
il fut Lieutenantde Roy à l'Arcenal
de Grenoble. Ces Charges
vacquerent par la mort de
Mr le Marqu is de Ragni, il
en donna quarante mille écus
à Mr le Duc de l'Esdigneres.
Il vendit dix mille livres: la
Lieutenance de Roy de l'Arcenal
de Grenoble, lors que
Mr le Marechal de la Feuillade
en euevendule Gouvernement.
Le Roy le fit Brigadier de Cavalerie
au mois de Mars 1677.
luy donna un Regiment de Cavalerie
,& le Regiment de TaI.
lard sur la denliffion de Mr de
la Baume son pere. Il fut fait
quelques années après Marechal
de Camp, 6c au mois de
Mars 1693. Lieutenant General.
Il joint l'esprit à la valeur,
il a beaucoup de vivacités
& d'imagination
»
& comme
il est propre à plus d'une
forte d'employ
,
il fut nommé
Ambassadeur Extra-ordinaire en
Angleterre après la Faix de
Risvyck.Le Roy le fit Chevalier
de ses Ordres peu de
temps après son retour de cet
te Ambassade & luy a donné
le Gouvernement deFoix qu'avoit
feu Mrle Marquis de Mirpoixavec
permission de le vendre.
Il est fils de feu Mr le Marquise
la Baume, mort à Lyon
en l'Abbaye d'Esnayou il lou
geoit. Le nomde la Maison est
Hostung de Bonne -; elle cit
d'unetres-grande ancienneté
& d'une illustration considerable
Lamaison de Tallard
touche de prés à celle de Villeroy
, puisque Marie de Neuville
filledeCharles de Neuville
, Marquis d'Alincour,
& de Jaqueline de Harlay,&
soeur de feu Mr le Maréchal
de Villeroy
,
& de feuMr l'Arhevefque
de Lyon, épousa en
premiere noces A lexandre de
Bonne Comte de Tallard, dont
est issu par sa mere Mr le
Comte de Tallard qui donne
lieu à cet article. Cette Dame
épousaen secondes noces
Louis de Champlais,Marquis
de Courcelles, Lieutenant Gneral
de l'Artillerie de France
dont Mr le Commandeurde
Gourcelles Officier Genera[
dans les Troupes de France,
est iflli. Mr le Comte de Tallard
a épouséla sourr de Mr
le Marquis de Vireville Gouverneur
de Montelimar- de la
maison de Grolée. Cette Dame
est morte il y a prés de
deux ans en cette Ville dans
de grands sentimens de pieté.
Mr le Comte de Tallard porte
en Cour le nom de Bonne, par sasubstitutian. C'est une des
plus illustresmaisons duDauphiné.
Elle a fort brillé fous
les Dauphins de Viennois. Il
y en eut un qui quitta le monde
avec le dernier Dauphin, &
qurentra avec luy dans l'Ordre
des Jacobins pour ne le
point abandonner, Marie de >
Neuville qui avoit épousé en
premieres noces A lexandre de
Bonne Comte de Tallard, n'eut
de ce mariagequ'une fille qui
épousa feu Mr le Marquis de
la Baume pere de Mr le Comte
de Tallard donc le verita.
ble nom estoitHostung & qui
y joignit celui de Bonne par
la loy & la derniere volonté
de son beaupere A lexandre de
Bonne: ainsi Mr le Marechal
deTallard est neveu à la mode
de Bourgogne de Mr le Maré
chal de Villeroy, & veritable
neveu de Mr le Conmandeur
de Courcelles qui est proche
parent de Mr le Duc de la
Meilleraye) puisque feu MT.le
Maréchal de la Meillerayeeltoit
filsd'une Champlais.Lamere
.de Mr leMareschal de Tallard
estoit de la mesme Maison que
le Connestable de l'Esdiguieres.
LeRoy donnaen1675.à, M*
Je Duc d'Harcourt, qui vient
d'être nommé Maréchal de
France
,
le Resiment <TInfanterie
qu'avoit M1 de Sourches
Grand Prevost: de France. Il
s'acquit en deux années une si
grande réputation à la teste de
ce Regiment que celui de Picardie
ayant vacqué par la
mort deMr de Bourlemont qui
le commandoit, & qui fut tué
à Valencienne, le Roy lui donna
ce Regiment. Au mois de
May 1678.SaMajessé lefitLieu.
tenant General en haute Nor
mandie:& lui donna le Gou-
!
vernement du vieux Palais de
Rouën
,
sur la demission deMr
le Marquis de Bevron son
pere ,
à qui le Roy donna un
Brevet pour commander la vie
durant
,
nonobstant sa demission:
Sa Majesté estant feulement non., informée de lahautèr
valeur de Mr le Marquis
d' Harcourt, qui en donnoi t tous
les jours de nouvelles preuves,
mais aussi de sa conduite judicieuse
, & de la parfaite intelligence
qu il avoitde tout ce qui
regarde la Guerre, le fit Inspecteurd'Intanceriercet
Employ
demandant un homme fage
& intel ligent. Sa-Majesté
le nomma Brigadierd' ififanteterie
en 1683. & luidonna une
pensionconsiderable l'année
suivante. Il fut fait Maréchal
de Camp quelque temps aprés,
& au mois de Mars1695. Lieu.
tenant General. Au mois de
Juillet de lamefme annéeayant
entendu dans son Camp prés
d'Huy le canon de Nervinde,
où Mr de Luxembourg avoit
attaqué heureusement l'Armée
des Alliez il partit en diligengence
pour le joindre avec les
Troupes qui estoient fous ses
ordres, & se vint porter àla
gauche de l'Armée, ayant jugé
que c'estoit le lieu où il seroit
le plus utile. Cette action suc
fort aplaudie, & marqua beaucoup
d'attention au service, de
coeur & de zele. Enfin sa reputation
ayant fait de grands
progrez dans l'esprit du Roy,
autant du costé de l'esprit, de
la prudence & de la conduite,
que de celui de la valeur, S. M.
resolut d'envoyer unAmbassadeur
en Espagne qui eust toutesces
qualitez
,
elle se fit
pourcet effet donner une lifte
par le Ministre des Affaires
Etrangeres de tous ceux qui
pouvoient remplir cet Employ,
selon ses intentions, & ayant
trouvé le nom de Mr le Marquis
d'Harcourt à la teste, elle
ne voulut pas entendre la lecture
des autres noms, & dit
qu'elle avoit trouvé l'homme
qu'elle cherchoit: La fuite a
fait voir la justesse du choix du
Roy, & jamaisMinistren'afait
voir dans l'execution de ses
ordres, dans une conjoncture
aufll delicate & aussi -im.
portante ,
plus de prudence)
plus de sagesse
, plus de conduite,
& plus d'efpric. Ila generalernentplu
dans une.Cour
où il estoit difficile de plaire
,
àcause de la diverftté
des partis, il s'y est fait aimer,
:H s 'y est fait estimer, ily a fait
évanouir l'antipathie que lesEspagnols
avoient pour
les
François
,
il leur a fait connoître
Ion Roy, & leur a fait rendre
la justice (pli estoitdûe à son
ëSangp&(Ice Marquis ameriué
par des services si importantJ
le rang de Duc où Sa Maiesté
l'a élevé, il ne s'effc pas rendu
moins digne par sa valeur du
BâtondeMaréchal de France
ique Sa Majesté vient de lui
donner. Le Royyalçouronnc,
tous ses dons par la Charge de
Capitaine deses.Gardes du
Corps, dont il vient de l'honorer.
Ce choix est d'autant
plus glorieuxà ce nouveau Maréchal.,
que le Roy a près luy
avoir confié ses Secrets & ses
Troupes, lui confieencore sa
propre Personne.
Mr leMaréchal d'Harcourt
est fils de Mr le Marquis de
Bevron , Lieutenant General
pour le Royen Normandie. La
Maison d'Harcourt a tenu un
rang tres-conifderable dans le
monde depuis l'établissement
de la Monarchie les alliances
qu'elle a eu, & les dignitez
dont elle a esté honorée
,
la
distinguentfî fort, qu'on peut
dire hardiment qu'il n'y -ena
aucune dans le Royaume qui
lui foit superieure. Il seroit
inutile de donner un détail Génealogique
de cette illustre
Maison, aprés l'Histoire qu'en
VL fait le sieur de la Roque, auquel
je renvoye les Curieux, aprés ce qu'en a encore die
OldericVitalis en parlant de
son origine & de ces temps reculez
où elle commença à se
~lfaire connoître dans le monde,
Il me suffira donc de dire que
la branchede la Maison d'Harcourt
, dont est chef aujoiîr1-
d'huy Mr le Marquis de Beuvron
, pere du nouveau Maréchal
, fut formée par Philippes
d'Harcourt
,
qui outre la
branc he ù: 13Cuvr0n) fut encor
la tiget dé celle des Sieurs de
Bonnerable & d'Ollonde. Il
étoitun des fils dejean V.Comte dHarcourt &d'Aumalequifut
blesséà la Bataille de Crecy en
1346. & qui depuis ayant esté
surpris avec le Roy de Navarre
dans la Ville de Rouen
, par le
Roy Jean, eut la teste tranchée
parordre dece Princeen 1555. Ilavoit épousé la Comtesse de
Ponthieu qui luy avoit apporté
de grands biens. La branche
aînée de la Maison d'Harcourt
finitlong-temps après en la
personne de Jeanne Comtesse
d'Harcourt, qui porta tous les
grands biens de sa maison dans
celle de Rieux, d'où ils forcirent
encor dans la fuite par le
mariage de Louise de Rieux ,
seuleheritiere de "sa Maison:,
avec René de Lorraine, Marquis
d'Elbeuf. Pour la branche
que forma Philippes, elle a
duré jusqu'à present. Il descendoit
comme aussi toute la maison
d'Harcourt, de Robert premier
Comte d'Harcourt quivivoit
l'anIIQQ. & qui bâtit le
Chateau d'Harcourt, dans le
Comté d'Evreux en Normandie.
C'est du même Robert
qu'Olderic Vitalis fait une
honorable mention. Mrle Ma.
réchal d'Harcourt a épousé
DameN. Brulard de Genlis
&dans le mesme temps qu'il
l'épousa Mrle Marquis de Beuvron
, son Pere épousa en
deuxième Noces la Mere de
cette Dame,qui estoit Fille do
feuMaréchal Fabert, Gouver
neurde Sedan, dont il a en
Mrde Cezanes &Mrl'Abbé
d'Harcourt, si, bien que ces
deux Messieurs, sont freres de
Mere de Madame la Maréchale
d'Harcourt, & en même temps
ses beaux freres. Il y a peu de
maisonssouveraines dans l'Europeausquellescenouveau
Maréchal
n'ai t l' honneur d'a ppartenir.
Il a environ quarante-six
ans
Il paroist depuis peu un livre
nouveau dont le titre est, De
l'Amitié. Il seroit bien difficile
de trouver une matierequi meritast
mieuxd'exercer une plume
delicate
,
puisqu'il n'y a rien
qui puissecontribuer davantage
a la felicité de râ^vie
, que
l'acquisition d'un vray Ami,
quand on est assez heureuxpour
le trouver. Mr de Sacy y~&
qui nous devons ce beau Trai
té, l'a divisé en troisLivres. Il
parle dans Je premier de lanature
de l'Amitié, des qua litez
necessaires aux Amis, des pré..:
cautions à prendredansle choix
que l'on en fait. Le second comprend
les devoirs de l'Amitié,
leurs justes bornes,leur su bordination
aux devoirs naturels,
& le dernier regarde non-seulement
les ruptures, les moyens
de les prévenir, & la conduite
que l'on doit tenir quandon ne
sçauroit leséviter,mais lesobligations
dont les Amis v i vans
sont chargez envers les Amis.
quisontmorts. Toutcelaest
traité avecbeaucoup d'art & de
méthode & d'une maniere dignedeMrde
Sacy, dont le merite
vous est si connu. Tout le
mondesçait combien il s'est acquisdereputation
dans le Conseil
depuis un fort grand nombre
d'années. C'est luy qui
nous a donné l'excellente Traduction
des Lettres de Pline. Il
cil: de l'AcademieFrançoise, &
pouvoit beaucoup mieux qu'un
autre écriresurl'Amitié, puifqu'ilafait
voir en plusieuroccasions
qu'il est un parfaitAmi.
Ce livre se vend chez la Veuve
du sieur Barbin, au Palais,sur le
Perron de la sainte Chapelle.
Mr de Villefort continue à
travaillera la tra d uct ion de divers
ouvrages de Saint Augustin
,
& l'estime que le public a
faite de cellequ'il a donnée du
Livre de la Doctrine Cbrestienne,
& de quelques autres, que debite
le Sieur Coignard > rl1<:
Saint Jacques à la Bibled'or,
vous doit estre une assurance
qu'il n'a pas moins réüssi dans
les Livres du même Saint ylMgu*
Jin) contre les Philosophes AcademicÜns)
qu'il vient de faire imprimer.
Il y a joint le Traitéde
lu Grace & de la Liberté.Labelle
Preface quevous trouverez à
la telle de ce Vol ume vous fera
connoistrequ'il a bien a pprofondi
l'estat où estoit Saint Augustin,
lorsqu'il a entrepris d'écrire
sur cette matière. Son
stile est aisé & naturel, & en
même temps tres pur & digne
d'un homme qui cannoist bien
nostre Langue. C'est à la Fleur
de lis d'or, ruë Saint Jacques,
<]u'on trouve ce livre, chez
le sieur Elie Josset.
1 Les Fables d'Esope sont 4
connuës & si estimées qu'il n'y
a rien à dire à leur avantage.
On en a souhaité une Traduction
plus exacte & plus correcte
que celles qui ont paru jusqu'à
present, & le sieur Michel
Brunet, Libraire au Palais,
vient de la donner en deux Volumes
, & afin que l'on comprenne
plus aisément le sujet
de chaque Fable, il en a fait
graver la Figure pour rendre la
chose plus sensible.L'Auteur y
a ajouté le Sens Moral pour en
faciliter
faciliter l'intelligence de ce que
ces Fables doivent faire entendre.
Il a étendu fort au long
ces Moralitez , on les a diversifiées
en plusieurs manieres differentes
, afin que chacun en
puisse trouver quelques-unes
qui luy conviennent selon son
estat & laportée de son genie.
Les Discours Moraux qui contiennent
l'explication des Fables
tant d'EsopequedePhilelphe,
font suivis chacun de
quatre Vers qui renferment le
sens principal qu'on leur peut
donner. Ces Quatrains fort aifez
à retenir,peuvent faireune
impression utile dans l'esprit des
jeunes personnes qui les voudront
apprendre par coeur. On
trouvera aussi dans ces mêmes
Volumes
,
quelques Fables de
Gabrias, Poëte Grec, qui avoic
mis en Vers celles d'Esope, avec
la traduction du combat des
Rats & des Grenouilles, àquoy
l'on a joint quelques Fables poëtiques
Egyptiennes qui renferment
les secrets de la Nature ,
dela Religion, &dela Morale,
fous des parolesambiguës, &
fous des exemples tirez de l'Histoire
ou de la Fable.
- On trouve chez la veuve Chevillon
sur le Quay des Augustins,
à l'Image de S. Jean de
Dieu, un livre nouveau intitulé
la Tyrannie des Fées détruite, par
Madame laComtessed'Auneuïil
le rang qu'elletientdans lemonde
par sa naissance,&parle nom
qu'elle porte, les agréemens
de sa personne & l'étenduë de
son esprit, la rendent une des
plus accomplies personnes de
ce temps ,
& font desirer (on
commerce à ceux qui en cherchent
de doux & d agreables.
Ce Livre est une fiction ingenieufeécrite
dans le goût qui
regne si fort depuis quelque
tenu parmy les Dames,quoique
cedessein toutefois ne réponde
pas à celuy des autres contes
des Fées; puisque dans cetouvrage
l'on y détrui t le pouvoir
tyrannique de ces Déesses imaginaires.
L'Epître à Madame la
Duchesse de Bourgogne est envers,
& a esté receüe avec
de grands agréemens de cette
Princesse. Ce Livre estécrit
aveccoûte la delicatesse & tou- Kk ij
re la finesse donc ces sortes
d'ouvrages sontsusceptibles,
Les passions y sont peintes avec
beaucoup d'art, & les effets
qu'elles produisent y sontdecrits
tres-ingenieusement : on
y trouve d'excellens portraits
tirez d'après la pure nature,
de belles & touchantes descriptions
: on y parle enfin de
l'amour
, cette passion tyrannique,
dans des termes si propres
& si naturels qu'il y a lieu
de croire que l'on ne parle
point des effets bizarres decette
passion sans en avoir souvent
inspiré de pareils. Les ouvrages
que cette Comtesse donne
tous les jours au public font
connoitre que lors qu'elle voudra
essayer sa plume sur des
sujets plus serieux
,
il n'y a
pas à douter qu'elle ne le salTe
avec beaucoup de succés, &:
qu'elle ne puisse un jour voir
placer son nom parmi ceux
des Scudery,des Houlieres,
des Schurman ,
des Cornaro,
& autres personnes illustres de
ce sexe.
Le mot de l'Enigme du mois
passé estoit L'Eguille, ceux qui
l'ont deviné font, Mrs de Beauvais
de la ruë neuve S. Laurent
, Olivier fils de Mr Oliv
ier Procureur au Chastelet du
cloistre saint Germain, Bardet
& son amy Duplessis du Mans;
Dutartre de la ruë saint Anraine;
Mouget de la ruë du
1Roule,& la dixième Muse
du Fauxbourg saint Germain
sa commere ; le President de
l'ElectiondeMagny, son Epouse
,Se le jeune Notaire; Rééquipas
& Mademoiselle Darguer
du saint Esprit de la ruë
Quinquempois
,
Mr & Mademoiselle
de Preol son Epoufc
ruë S. Julien des Menestriers,
Madame de Billy de la ruë
Beaubour
,
vis a vis le grand
cul de sacq
, Mr Chevalier
marchand de vin, de la ruë
Geofroy Langevinôc Me Jean
Laisné de la ruë Portefoin,
l'infortuné Pigisde la ruë faine
Antoine, le maistredu Grand
chien de la ruë saint Paul, &
le Jeune Lorrain, du cloistre
saint Martial, le gros Bourgeois
de la ruë de Venise;
Dom cadet enfant de la ruë
saint Antoine, & la Bleuë de
la même ruë; les aimables cousins
d'Orleans & de Paris; ÔC
le Hocton de laBastille.
- MesdemoisellesdeRevelois
de Buire, Marie Anne Brigade
la Montagne sainte Geneviéve,
Madelon de la ruë Quinquem
pois;Angelique de rIa;
belle étoille ; la charmante
Manon, Baudoüin dela Fon".
taine sainte Geneviéve
,
& Ic-;
Chevalier; Manon la spirituelle
de la ruë saint Antoine &
Ion fidel amant;l,Aimable Manon
Gerard de Creil; lacharmante
Godon de la ruë saint
Antoine 6c son petit voisin; labelleHiacinte & sa poulette,
la Princesse Mignonette de l.
piaçc de Fourcy, la mere de
Mademoiselle Lon lon
, & le
bonami de la bonne, la Brugnon
de devant faine Mery & son
compere)l'Abbé du mêmelieu,
LJnjgmeque je vousenvoyé
cfl de Mr d'Aubicour.
ENIGME. AKec ma teste sans cervelle Je mets dans son jour une
belle,
Cesi par moy que la ~laide a des
attraits brillans.
le présidesur la Toilette
De la Prude ~&de la Coquette,
Mimesur lesAutels j'exerce mes
talens,
Che, l'un & l'autre Sexe on me
trouve de mise,
cDhoreismseispeasse moins de moy que de ;
Etiptoyque'jefois propreàservir 0
- les humains,
se iCay ny mouvement, ny pieds -
-- ny bras
, ny mains
L'Italie a esté de nouveau
affligée deplusieurs tremblemens
de terre, avec cettedifference
que l'Estat Ecclesiastique
a ressentitoutes les alarmes
j & une partie des maux,
au(quels la Ville de Naples
eftoic autrefois fujete. llfelpble
que le Ciel ait voulu
épargner les sujets d'un nouveau
Roy, à qui l'on a suscité
une guerre injuste où la
Religion est interessée, puifqu'on
a soulevécontre lui tout
ce qu'ellead'ennemis en Europe.
Rome où les nouveaux
tremblemens se sont faits ressentir
a fait voir qu'elle n'est
pas accoutumée à souffrir
, &
l'aprehension y a esté infiniment
plus grande que le mal.
Jamais Jubilé n'y a fait faire
tant de bonnes oeuvres; & tant
de reconciliations
,
plus on
goute avec tranquilité les delices
dela vie,plus on cra i nt
de la quiter
,
& plus les jugemens
de Dieu qui paroissent
prochains causent d'allarmes.
Ces tremblemens de terre se
sont faits ressentirà Rome trois
fois en vingt jours, le troisiéme
qui est celui qui a causé le
plus de fraïeur,arriva le jour
de la Chandeleur. Tout le peuple
qui remplissoit les Eglises
qn sortit pour se rendre dans
les Places publiques où il se
croïoit plus en seureté. Le
Pape & les Cardinaux n'en sortirent
point, & y entendirent
avec beaucoup de resignation
& de fermeté
, ce qu'il plairoit
àDieu d'ordonner de leur
vie qui se trouvoit exposée aux
plus grands périls dans un lieu
où la moindre pierre venant à
manquer pouvoit faire tomber
sureuxune partie d'un bâtiment
pesant & materiel,&qui ne laisse
rien d'entier fous ses ruïnes.
La fraïeurnaturelle à tous les
hommeslors que le danger paroist
évident, fit faire aux premieres
secousses de la terre, quelques mouvemens aux Cardinaux
pour suivre l'exemple
du peuple su yant ; mais aïant
remarqué que sa Sainteté tout
occupée a prier songeoit plus à arrester la colere du Ciel par
sesprieres qu'à prendre la fuite,
ils crurent devoir imiter ce saint
homme, & aucun ne sortit.
Cette timidité auroit pu passer
dans la fuite pour un sujet d'exclusion
pendant un Siege vacant.
On ne peut donner trop de
loüange à sa Sainteté, jamais
PapenJaÏant mieuxrempli toutes
les fonctions de son ministere.
Il n'ordonne pas, ilagit;
il ne fait pas prêcher, il préche
; il faitluymesme ce qu'il
recommande & ce qu'il conseille,
& comme l'exemple à
plus de poids & opere davantage
, on ne doit pas s'étonner
tonner si un Pape si saint fantisiel'Estat
Ecclesiastique.
Pendant que les vents fouterrains
font la guerre aux Italiens,
leshommes continuent à
se la faire, presque dans tout
le reste de l'Europe. Ses Souverains
ne peuventsouffrir
qu'un Prince s'affermisse dans
un Trône qui luy appartient
legitimement, par la feule raison
que sa maison deviendroit
trop puissante. Comme ceux
qui n'aiment que la justice
ont de la peine à croire qu'il
se trouve des hommes qui soient
aflfez injustes pour entreprendre
une guerre contre tout
droit & raison, le Roy ne put
se persuader avant l'ouverture
delaguerre qui desole aujourd'huy
l'Europe que cette guerre
dustjamais estre commencée,
ainsi il ne crut pas devoir répondre
par des armemens aux
menaces qu'on luy faisoit tous
les jours, & quoy que la Politique
semblast l'exiger de luy,
ce Prince crut qu'une plussage
& plus fine Politique le devoit
empêcher d'armer. Ceux qui
vouloient la guerre, & qui n'avoient
de cause legitime pour
la commencer n'auroient pas
manqué de publier, & de faire
sonner bien haut que le Roy
armant pourleur faire la guerre
il falloit le prevenir afin de
n'estre pas accablé par les forces
d'un Monarque qui toutes
les fois qu'il avoit commencé
-
quelque guerre, il afaitunnombreinfini
de conquestes déssa
premiere
- campagne. Enfin le
Roy aima mieux s'exposer à essuyerles
premiers cou ps de ses
ennemis, & les voir commencer
la guerre sanspouvoir alleguer
aucun sujet legitime, que de
risquer à allumer une sanglante
guerre ,
qu'onauroit imputée à
son Armement,&dont il auïoix
pû luy-même [c croire la
cause. Ce Monarque estoit persuadé
que si sesennemis avoient
d'abord quelque avantage, il
les feroit repentir dans la suite
de l'avoir attaqué injustement.
Il mit du monde dans Keysersvvert
, & dans Rhimberg, non
pas dans la pensée de conserver
ces Places:elles sont, tropavancées,
&les ennemisestoient d'abordtroppulissans
pouroser seulement
l'esperer. Le Roy ne
vouloir que gagner du temps &
leur faire perdre beaucou p de
monde pendant qu'il semettroit
en estatde faire repentir ses ennemis
de luy avoir declaré la
guerre. lIen venu à bout de
tout ce qu'il s'estoit proposé,
Kevferfvvert a esté l'écüeil de
leursmei lleures Troupes,ilsse
font épuisez d'hommes & d'argent
devant cette Place. Ainli
ce Prince ne laissoit pas d'affoiblir
Ces Ennemis en se preparant
à les vaincre. Si Rhimberg
leur a moins fait perdre
de monde, il les a occupez
plus long-temps? & les a empêchez
d'avancer pendant plus
d'une année.Ilsontestéobligtfz
de tenir la campagnependanttout
l'Hiver, 8ca'essuyer
les incommoditez d'une saison
qui fait perdre beaucoup de
monde lorsqu'on est obligé de
la passer en campagne. Il y
avoit déja deux mois que Mr
le Marquis de Gramont avoir
reçû les ordres du Roy qui
luy permettoient dese rendre,
lorsqu'il a demandéàca pituler.
Ila obtenu unecapitulation des
plus honorables, tant les ennemis
avoient l'empressement
d'entrer dans cette Place. On
peut dire que le Roy l'a gardée
tant qu'elle lui aesté utile
,
les
projets qu'il a formez pour
cet:te cam p a::ner,e pouvant
eitre aiTc:Uvp•r tics Màcqs 1
peu considerables. Les Alliez
ne s'attendoient pasqu'ill'ouvriroit
de si bonne heure en
Allemagne, mais le Roy sen
mestoit lui-même,& cela suffisoit
pour faire réüssir ses projets
,quelque difficilequ'en fust
l'execution. Pendant que l'on
preparoit touteschoses pour
le faire reüssir
,
Mr l'Electeur
de Baviere preparoit de son
costé tout ce qui luy estoit necessaire
pour la prise de Neubourg
sur le Danube, Capitale
du Duché du même nom, appartenant
à l'Electeur Palatin.
Mr l'Electeur de Baviereauroit
pû s'en emparer à la fin de la
derniere Campagne pour se rendre
par là le Danube entierement
libre, & pour fermer aussi
par là l'entrée dela Baviere.
Elle n'a cependant pas voulu
prendre cetterésolution,pour
faire mieux connoistre la sincerité
de ses intentions pour la
conservation de la Paix, & pour
cet effet elle a bien voulu [e
contenter des simples assurances
qui lui ont estédonnées
tant de la part de Madame l'Electrice
Doüairiere qui fait sa
résidence audit Neubourg que.:
de la Regence du Pays,qu'on
ne feroit aucune innovation,ôCf
quetoutresteroit dans l'état.,
Mais ayant vu avec douleur
que malgré ces assurances,
& au mépris des égards queSon
Altesse Electorale a fait voir
pour ce Duché & pour la Ville
de Neubourg, on n'y a pas seulement
introduit une fortegarnison
, qui a d'abord commencé
à s'y fortifier, mais qu'en même
temps on se preparoit aufll d'executer
par le moyen de ce passage
,le dessein qu'on avoit concerté
il y a longtemps d'envahir
les Etats de Son Altesse Electorale
,
elle a cherché tous
les moyens qui pouvoient etnpêcher
d'envenir à des extremitez
& luy donner lieu de
pourvoir à sa seureté parles
voies de douceur ; mais voyant
que tout ce quelle a fait amiablement
representer à ce sujet
n'avoit rien produit, & connoissant
l'importance du danger
éminent dont ses Etats
e fcfoient menacez, s'estvuë enfin
contrainte de s'adurerdj
ce Poste par la force de ses armes,
Se pour cet effet elle c hargde'Aa
rcMo r le Maréchal Comte
de tous les preparatifs
necessaires pour cette ex pedition
, ce qui fut executé avec
tant de foin & de diligence,
qu'au bout de huit jours les
Troupes, l'Artillerie, les munitions
de guerre, & les autres
provisions se trouverent au jour
nommé aux environs de Neubourg.
Les Troupes destinées
pour l'attaque cantonnerent à
l'entrée de la Ville, tandis que
le General Major Vvollsframstorff,
avec un corps de Cavalerie
, & quelque Infanteriese
posta de l'autre costé du Danuble
, pour empêcher le secours
d'un gros détachement de l'Ar
mée du Prince de Bade, que
conduisoitMr le Maréchal Comte
de Styrum,& sous luy Mr le
Comte de Gronsfeld, Mr le
Duc de Vvirremberg, & Mr le
Marquis d'Anspach. Son Altesse
Electoralearriva à Ingolstat
le 29. de Janvier d'où elle
dép ec hale len demain Mrle
Comte de Rechberg Genti lhomme
de sa Chambre à Madame
l'Electrice Palatine Doüairiere
, pour luy representer les
sujets que S Altesse Electorale
avoir de se plaindre d'une demarche
si contraire à ses promesses
,
luy offrant encor de ne
rien entreprendre contre Neubourg
, si elle en vouloit faire
sortir la garnison & ruiner le
pont, SonAltesseElectoralela
: prioit en mesme tem ps en cas
qu'elle fustobligée malgré elle,
d'en venir à la derniere extremité
pour la seureté de ses Etats,
qu'elle voulust: bien ne point
exposer sa personne aux desordres
& aux incommoditez du
Siege, & qu'elle choisiroit la
retraite qui luy conviendroic
lemieux
,
où Son Altesse Electorale
auroit foin de la faire accompagner
avec toutes les corn,
moditez & tous les respects dûs
à sa personne. Le 31. Janvier
Son Ahelfc Electorale le rendit
an village de Feldkirchen
à la portée du , oii canon de NCll- Mr le Comte de
Rechberg lui apporta la réponse
qu'on lui avoit faite, sçavoir
que les Troupes estoient arrivées
à Neubourg
,
sans que Madame
l'Electrice en eust euconnoissance,
qu'elles y estoient
entrées sans son consentement,
& que le Commandant n'estant
pas à ses ordres,elle estoit bien
fâchée de ne pouvoir faire ce'
que TEIe&eur demandoit ,&
ce qu'elle desiroit elle-même.
Son Altesse Electorale voyant
que les negociations feroient
inutiles, ordonna dans l'instant
l'attaque du Fauxbourg, que
les ennemis avoient environné
de retranchemens , & qu'ils
deffendoientavec presque toute
la garnison. Dix-huit cens
hommes furent détachez pour
s'en emparer l'épée à la main,
la faison ne permettant pas de
remuer la terre, ny d'user des
précautions
précautions dont on se sert en
pareil cas. Mr le Comte de Tattembach
General de Bataille,
marcha avec six cens Fusiliers
ou Grenadiers à la droite de
l'angl du Retranchement de
la Porté de Feldkirchen.Mr
le Comte Emanueld'Arco 3
Co.
lonel du Regiment du PrinceElectoral
, avec un pareil
nombre, ciré ordre d'attaquer
dpear la gauche, & Mr le Comte Sanfré, Lieutenant général
les souténoit avec le reste du.
détachement
,
pendant que les
autres Troùpesestoientrangées
en ordre de Bataille au
village
de Feldkirchen. L'avion commença
à sept heures du soir. La
clarté de la Lune & la neige
favorifoient les ennemis, qui
pouvoient découvrir jusqu'aux
moindres mouvemens. On marcha
en Bataille à découvert
jusqu'au pied du retranchement.
Les ennemis firent une
fai ve generale, mais la marche
audacieuse des Troupes de
Son Altesse Electorale les ébranla
tellement qu'ils plierent
presque tout aussî-tost. Mr le
Maréchal Comte d'Arco estant
à cheval poussa à la teste des
Troupes pour les animer, on franchie le fossé
,- mais l'escarpe
du retranchement estoit si
glissant
, qu'on avoit toutes
les peines du monde à y monter.
Cette difficulté favorisa la fuite
des ennemis, qui eurent le
temps de se sauver dans la Ville.
Mr le Comte de Tattembach
les pouffa jusques à la porte du
Danube, ou il prit poste dans
les maisons les plus voisines. Mr
le Comte Emanuel d'Arco s'étant
jetté sur la gauche; trouva
un retranchement dans le Faux
bourg que les ennemis deffendoient
encore. Mais ayant fait
percer les maisons, il les envelopa
de tous costez, &les chargea
si vivement qu'ilsfurent
contraintsde l'abandonner. Cependant
Mr le Comte de Sanfré
s'empara du reste du Faux.
bourg, &seposta de maniere
à se pouvoir porter par tout où
la necessité le requereroit. Son
Altesse Electorale qui s'eftoic
avancée pour voir l'attaque, arriva dans le Fauxbourg aussitostque
ses Troupes, & sans
perdre un moment alla Mr avec le Maréchal Comte d'Arcoreconnoistre
les lieux les plus
plus propres pour les batteries,
on 1uÏ fit rapport que le plus
foible de la -Place eltoiç rn droi t oùlamurai lle de la Ville
se joint au Chasteau mais patir consideration pour Madame l'E.. 1c).."1 ne vou l ut pas ex poser *,vou)l1t exposer
son Palaisaudangerdes coups t
& aux décharges de rArtjllc
rie, & il ordonna que l'attaque
le fistà la Porte de Feldkirchen,
où l'on travailla à faire deux
bateries.Ilen ordonna aussi une
troisiéme au bord du Danube
qui pouvoit battre le pont &
ruiner les retranchemens que
les Ennemis avaient dans une
petite Isle quecepont traverse.
La Garnison faisoit feu de
tous costez, & tâchoit de retarder
le travail des batteries
que lesAssiegeans faisoient avec
toute la diligencepossîble.Son
Altesse Electorale voulant encor
témoigner quec'étoit à regret
qu'on lacontraignoit d'en
venir à cesextremitez
,
écrivit
pour la seconde fois à Madame
l'ElectriceDoüairiere, & lui
manda que si les Troupes vouloient
se retirer de la Ville &
détruire le pont,qu'il feroit de
son costé retirer les siennes,
elle ordonna enmesme-temps à
Mr le Comte de Tartembach
d'avertir le Coloneld'Isselbach
Commandant de la Garnison
> que s'il n'acceptoit des conditions
si avantageuses
,
il devoit
s'attendre à tous les malheurs
d'une place prise d'auauc. La
réponse de Madame l' Electrice
fut à peu prés en Inemes. termes
que la premiere ,
&le
Commandant écrivit
, qu'il ne
voyoit pas qu'ilfutencor temps
de capituler; on l'avoit flatté
d'un puissant secours,&il
attendoit d'un moment à l'autre
de le voir paroistre. Le second
jour à sept heures du matin
,
les batteries tirerent avec
succés; ce pendant SonAltesse
Electorale jugea à propos de
les faire avancer encore plus
prés) ce qui fut executé d'abord
à la faveur du feu continuel
qu'on faisoit. A l'attaque
de la gauche, ou* estoit Mr le
Comte Emanuel d'A rco , on
pouffa les deux batteries à la
portée du pistolet ,l'une dela
porte, & l'autre d'une tour
qui la flanquait, & à la droite
le Comte de Tattenbach en fit
dresserune à vingt pas des pa.
lissades qui sermoient les avenuës
du pont, Mr le Maréchal
Comte d'Arco
> pour avoir
l'oeil à tout, se logea à dix pas
des batteries, Mr le Comtede
Sanfré fous ses ordres,agisoit
detous costez,&Mr Pol Ajut.
dant General, chargé de tour
le détail de l'attaque, s'enacquitta
avec tout le courage &
toute l'activitépossible.Enfin
le lendemain Doutes les batteries
ayant fait l'effet qu'onen
pouvoi t attendre, les brec hesse
trouverent dans un état à faire
juger que l'apresdînée roit donner onpour- l'assaut. Mais comme
Son AltesseElectorale alloit
donner ses ordres pour ce- la
,
les Ennemis firent battre la
chamade, & lui envoyerent
par un Trompette une Lettre
de Madamel'Electrice
, & une
autre du Commandant pour le
Comte de Tattembach) on lui
demandoit par ces Lettres les
mêmes conditions qu'il avoit
avoic offertes, & Mr d'Isselbach
s'y soumettoit enfin
, disoit-
il , par respect pour les
instances de cette Princesse; mais Son AltesseElectorale en accordant tres - obligeamment
tout ce qui pouvoir regarder
Madame l' Electrice, fit 1- signisierau
Commandant,qu'ayant
laissé venir les choses à uneextrémité
si grande, elle ne le
recevroitqu'àdiscrétion, &..
que d'abord que le Trompette
seroit rentré dans la Ville, on
continuëroit l'attaque; toutes
Îcî bacteries recommencerent
aussi-tost. La Tour qui deffendoit
la porte estant prSrlc
de tomber en ruine, l'épouvente
fut si grande parmi les Assiegez
,qu'ilssesoûmirentà tout
ce que desiroit Son Altesse Hicctorale
3 deux Majors sortirent
pour otage. On livra d'abord
le pont & la porte de la Ville,
où les Trou pes de Son Akeflc
Electorale se portèrent , & s.
dite Altesse Electorale alla visiter
les ouvrages du pont; &
ayant donné ses ordres à Mr le
Maréchal Comte d'Arco pcun avoirfoin du reste
, monta et
ccareosse avec l'Envoyé de Fran- celui de Savoye, quj
avoient l'honneur de l'accompagner
,
& s'en retourna à Im
golfladt. Mr le Maréchal Com
te d'Arco pour marquer ami
Officiers la generosité du Prin
ce auquel ils s'efioient rendust
les renvoya tous avec armes &
bagage, à la reserve de quatre
ou cinq qu'il a fait arrester,jusqu'à
ce qu'on ait rendu quelques
Officiers des Troupes de
Son AltesseElectorale qu'on
retient en prison depuis quatre
mois, sans aucun droit; &
avant que l'on eust commencé
la moindre hostilité. La garnsson
composée du Regiment
Palatin de Mr d'Isselbach qui
yestoitentré fort de neuf cens
hommes
, & d'un détachement
desept cens hommes des Troupes
du Duc de Vvircemberg,
a esté conduite à Landshut.On
a perdu en ce Siege du costé
de S. A.E. Mr de Polens Capitaine
de Grenadiers, mort de sa
blessure,unLieutenant de Grenadiers,
un Lieutenant d'Artillerie
, un Ingenieur, & 60.
soldats, dont piufieurs nefont
que blessez. Mr de Ramoski,
Major du Regiment de Mr le
Prince Electoral qui commandoit
la fausse attaque , a esté;
blessé dangereusement par un
soldat qui ne le reconnut poinr.
Le 5. de Fevrier, Son AIteffe
Electorale
,
sur les nouvelles
qu'elle avoit receuës que ]e
Troupes destinées pour le [
cours de Neubourg,marchoient
pour se joindre à celles d4
Franconie, dansle dessein d'at
taquer laVillede Vvembdind
appartenant à Son Altesse Elè
éiorale, & de faire ensuite uné
invasion dans le Haut Palatinat
»
partit pour aller coucher
à Donavvert, & y observer les
mouvemens de Mr le Comte de
Styrum. Toutes les Troupes
de S. A. E. tinrent la mesme
route , avec une gayeté & une
diligence extraorôinaire; mais
S.A.E.ayantapris àDonavvert
que lesImperiaux s'étoient éloignez
par une contremarche, e].
le en repartit, & ordonna à Mr leMaréchal Comte d'Arco de
distribuer
distribuer les Troupes dans des
quartiers, & de les poster
, de
maniéré qu'elles fussent en état
de se rassembler aisement pour
tomber sur les premiers qui
feroient la moindre démarche
contre ses Etats. Cette expedition
dans la plus rude faison
de l'année, a çfte conduite &
executée avec toute la prudence&
toute la valeur possible;
iez par cette prise faite si à propos
, on a deconcerté les projets
dangereux formez contre
Son Altesse Electorale;&la Bavière
) doit ce coup paré à la
fage prévoyance & au courage
de son Prince qui soutient si
dignement les droics Souverains
& la libertéde l'Empire.
Il est important à son AlrëÍfc
Electorale de Baviere que
cetteRelation qui a deja esté
renduë publique se repandè
par toute la terre, non feu
lement pour la gloire de ses
armes, maisaussiparce qu'elle
peut luyservirdemanifste:en
effet on ne la peut lire sans admirer
ce Prince. On y remarque
sa bonté & ses honnestetez
pour Madame l'Eleclrice
Doiiairiere Palatine, & les
égards qu'il a pour la tranquillité
publique, & pour le
repos de l'Empire,en s'offrant
de ne point prendre Neubourg
pourveu qu'on le mette en état
de ne luy point nuire; cette
moderation doit estre doublement
admirée pendant qu'on le
menace d'entrer par plusieurs
endroits dans ses Etats, & que
l'on arme puissamment pour
joindre leseffetsaux Olcnaces.
Je vous marqueray à la fin de
ma Lettre ce que cet Electeur
a fait depuisla prise de Neubourg
qui luy estoit d'une extrême
im portance à cause du
pont que cette place a sur le
Danube.
Pendant que les Troupe
Bavarroifes agissoient de leur
costé,celles de France eÆ!:ülCOj:
en mouvement pour l'execution
d'un dessein important, &
celles qui avoient hiverné e#
Alsace & en Franche-Comté
estoient en marche ainsique
l'Artillerie, & l'Hopital,ce
qui faifoic croire que l'entreprise
deyoit estre considerable,
chacun voulut la deviner, &
la plus commune opinion fut
qu'on alloit assieger le Fort de
Kell, & qu'on seroit un pont
proche de Srasbourg;mais lors
que l'on eut apris que nos troupes
marc hoient vers Hun ingue,
on ceflfa d'avoir cette pensé,
parce que l'ons'éloignoit de
vingt lieuës du fort de Kell,
Ii. que pour descendre de ce côté.
là, outre ces vingt lieuës
qu'il y avoit à faire, ilfalloit
passer avec un grand traia
d'Artillerie,plusieurs rivieres,
un pays coupé par plusieurs
ruisseaux
,
des defilez impraticables
,
sur tout dans cette
faison. Il falloit de plus passer
entre Brisack&Fribourg,ainsi
qu'entre un nombre infini de
Forts, & s'emparer ensuite de
plusieurs retranchemens avant
que de pouvoir investir le Fort
de Kell : de sorte que voy ant
toutes ces difficultez
,
il n'atilIDi
t plus esté possible de pctàfuader
que Mr de Villars,eust
dessein de l'attaquer, plusieurs
choses contribuerentencore À
faire croireque l'on n'avoit pas
ce dessein, tous les Colonels
estoient à la Cour, & n'ayant
receu ordre de partir qu'après
que Mr le Maréchal de Villars
eut commencé à marcher,
on ne crut pas qu'uneArmée
sans Colonels pust commencer
l'execution d'un si grand pr()
jet. Dans le même temps on
assura exprés à la Cour, que
Mr de Villars. n'avoit point
d'autres ordres que de joindre
Mr l'Electeur de Baviere
, &
ce Maréchal pour le mieux
faire croire donna des ordres
que l'on fit passer pour des ordres
secrets
,
& qui furent
pourtant rendus publics, de retressir
tous les chariots de son
armée, parce que ces chariots
estoient trop larges pour pasfer
par les voyes par lesquelles
on devoit joindre Mr lEr
le&eur de Baviere; de maniere
que Mr le Prince de Bade
trompé:, tant par ce qui se publioit
icy & qu'on mandoit en
Allemagne, que par les ordres
de retressir les chariots, qui
sembloient confirmer ceque l'on
voulait qu il crust, donna dans
lepiège qu'on, luy tendoit >,&
envoya des troupes dans- les
gorges & dans les passages des
montagnes par lesquellesil s'é*- toit imaginé que Mr de'ViMaM
devoit joindre Mr de Bavjere:,
pendant ce temps ce Maréchal
descendit le Rhin,&s'étantr
trouvé au bout dequatre jours
devant le fort de Kell, ilécrivit
la Lettre suivante à Sa Ma
jesté. Cette Lettreest dattée du
s19.SiFev*IrierR..SIERE-9):' Ce riefl point, le gain d'une Bataille
que Mr le Chevalier delà
Vriliere aura l'honneur d'apprendre
à Vostre Majestè; mais u.n'
événementplus important, &d'autant
plus heureux que sans qu'il
en coûte une goutte defangà.aucun
sujet de Vostre Majesté
,
les Troupes
de ses Ennemis Jont difperretJ ,1 le Fort de Kell investi en la presence
de Mr le Prince de Bade,
e- ce Prince mesmeayant vû tous
les Forts du Rhin abandonnezdans
plusieursdesquelsily avoit du canon
, a laissé les Redoutes qu'il
avoit faitconstruire sur la Kinche
gardéespourcouvrirsaretraite. La
pluspart de ceux qui les gardoient
ont estéfaitsprisonniersdeguerre,~
plusieurs ont esté tuez, ou pris en les
abandonnant, On auroit suivi Mr
le Prince de Bade, sans que les
Gués rompus depuis long-temps nous
ont un peu arresté; enfin
,
Sire, la
profondesagesse qui regne dans tous
lesordres & les projets de Vofire
JWajejîé a estè suivie d'une exccution
(i- exacte, que son armée c'.:
tombée au milieu des quartiersd'bver
des Ennemis sans qu'aucun de
leurs Generaux en ait cdè averti,
onasuivi douzeBataillon s comman- dez,par le General Bibrac pendant
quatre heures, & ce General ne
pouvant plus tenir les Troupes ensemble,~
desesperant de les ¡;lttvcr,
a pris luy-mesme les Drapeaux,
laissant auxsoldats la liberté de se
jetter dans le boit. On auroit plifaire
un plus grand nombre de pru
sonniers sans le dessein de suivre le
premier objet, & ne pas donnerle
temps au Prince de Bade dese placer
derriere la Kinche
, que jesçavois
retranchée. Une lettre du Com:.-
te de Furstemberg au General Bibrac
qui me tomba entre les mains
mefitcomprendre la necessitè de m'avancer,
& f4 esté "ffheflrcuftment
pour que le Prince de Bade
arrivéd'hierà Kell, d'V qui r.,ffèm.
bloit tout, riaiteu que Le temps de
visiter les retranchemeus & Les
abandonner. il ya donc, Sire,plus
de cinquante Forts ou Redoutes
abandonnez, ou sur le Rhin ousur
la Kincbe. Dans plusieurs de ces
Fortsily a du canon,quantitéde
grenades,&de munitions de guerre,
onpeut donner des quartiers d'hiver
aux Troupes de Vostre Majesté dans
le pays Ennemi. Le Siège de Kell
sera fait avec toutes sortes de commoditez.
Vos Troupes, Sire, font
dansle meilleuresat qu'ilsoitposfblei-&
l'on épargnera à VefireMa
;ePi les dépenses de fourages d'avoinesi
excessives pour cet hiver,
Vastre Majesté est bien persuadée,
que les contributions seront bien
estenduës. Nousallons donner tous
nos soins à l'avancement de la prise
de la Place peut-estre la plris importante
de Voftve Majefiè.
Le Maréchal DE VILLARS.
.,' La Lettrequi suit efl du même
Maréchal, elle est adressee
à la mere de Madame la Maréchale
de Villars.
¡. Vous neserezpasfâchée Madame
d'apprendre que l'Armée du
Roy ayant passé le Rhin sur le pont
de Neubourg, a fait une Marche
si secrette , & en mesme temps si
diligentequelles'esttrouvée au milieu
des quartiers d'hiver des Ennemis
sansqu'aucun de leursgénéraux
en ayent esté avertisix heures
d'avance, de maniere que le
General Bibra commandant toutes
lesTroupes repanduës entre BrifltcÆ)
Fribourg, le Fortde Rell & Offem-
110urg
, n'a eu que deux heures pour
se retirer. On l'a suivi pendant
quatre heures
, & ce Colonel riefierantplus
desauver les Troupes,&
ne pouvant plus mesme les tenir
ensemble, apris luy-mesme les Drapaux
& les a emportez. Les Soldats
sesont jettez dans les bois,
douzg Bataillons ont estè tous disperft'{,
on pouvoit mesme faireplus
de prisonniers ; mais les lettres interceptées
des Generaux Ennemis
qui estoient sur la Kinche & qui
mandoient que le Prince Louis de
Badey arrivoit luymesmerassemblanttout,
nous ont obligezà ne
rien obmettre pour les prevenir.
L'Armée du Roy a paru sur la
Kinche vers le midy,& a appris
par
par les pisonniersque le Prince
Louis de Bade y estoit arrivé. On
a eu de la peine 4 trouver un
gué a cause des précautions que les
Ennemis. avoièntpris pour les rompre
, cependant on s'est servi du
premier endroit qui a paru praticable.
La Cavalerie du Roy te
passé ,les Redoutesont tfte abandonnées,
on a pris la pluspart de
ceux qui les gardoient, & suivi
Mrle Prince de Bade,lequels'e.
stoitretirédeuxheuresauparavant.
Enfin voila plus de cinquanteForts
où Redoutes que l'ona fait quitter
aux Ennemis deniere la Kinche
où le long du Rhin; dans plusieurs
Forts ily avoit du canon,quantité
de grenades,de munitions de guerre
& desfarines.Noussommesaumilieudu
meilleur Pays du monde
des contributionsprodigieuses, &
tout celasans qu'il en coute un bommeAURoy.
4
LaRelation qui fuie, &qui
vient du Camp de Mr le Maréchal
de Villars, entre dans
quelques détails dont ce Maréchal
n'a pas crû devoir parler
dans ses lettres. -,
Mr le Maréchal de Villars
ayantfait passer l'Armée du Roy à
Huningue & à Neubourg
, a pris
en passant à Huningue environ
vingt pieces de Canon, deux de
vingt-quatre, & les autres de huit
& de quatre , marcha en descendant
le RhinparleBrisgau, passa la
Kintche entre Fribourg& Brisack
, à une lÙNë de cette. dernierePlace,
au pied de la Montagne. Il traversa
cette riviere à un gué, à la
teste de l'Armée, n'ayantfaitpasfût
devant luy qu'un seul Dragon
pour lasonder.Lesennemis quin'avoient
eu aucun avis de cette marche
fort épouvantez,, prirent la
fuite, & abandonnerent leurs retranchemens
,sans gaster ny les vivres
ny lesfourrages qu'ilsyavoient
amassez.Ils quitterent cinquantedeux
Redoute,oupetits Forts,qu'ils
avoient construits tant sur la Kintche
quesur les bords du Rhin, dans
tous lesquels ils avoient mis du Canonyensortequedans
unseulonen
a trouvé dIJZt pieces. L'Officier
qui commandoit les Troupes de ces
tetranchemens, nommèBibrac, les
excita lui-même à se sauver, &Je
chargeades Drapeaux qu'ilfitporter
devant luy ; mais deux de fti
Bataillons
3
qui estoient au nombre
de quatorze , prirent la fuite avèi
tant de précipitation
,
qu."ilslaifleirent
les leurs dans les Retranchemens.
Ces Troupes estoient du Cercle
de Souabe; Mr le Prince de
Bade, ayant,sur l'avis,que. nôtre
Armée passoit le Rhin, en oyé Iti
Troupes de l'Empereur dam lesgorges
& lespassagesparlesquels il
s'estoitimagine que Mr deVillars
vouloit joindre Mr de Baviere.
JSfoftre General faisant toûjours
marcher la Cavalerie la premiere,
a descendu jusqu'au Fort de Kell,
qu'il a investisans aucunobstacle
> Mr le Prince de Bade n'en esfoit
sorti que le matin.
J Outre ce qu'on apprit à la
Cour par des Lettres & par la
Relation que vous venez de
lire. Mr le Chevalier de la Vrilliere
qui les avoic apportées
dit , au Roy,qu'àson départ quatre
mille pionniers travailloient aux
lignes de circonvallation & que
beaucoup d'autres devoient les joindre3
que Mrde Villarssaisoitfaire
deux Ponts, l'un au dejpis l'autre
au dessous de Strasbourg
, & que le
dernierestoitachevé; que l'on devoit
ouvrir la tranchée la nuit du 14 ou
celle du 25qu'ily avoit quatre mil.
le hommes dans le Fort de KeZl)
& que par consequent la gamison
estoitplus forte de la moitié que l'étenduë
de la Place ne le requeroit,
& qu'elle alloit estre fortincommodée
des Bombes qu'onse proposoitd'y
jetter en prodigieuse quantité; que
nos Soldats1?esie;ent qge trop dans
Vabondance, & que nos Offîcien
feroientce Siegecommodement, qu'ils
pourront dîner à Strasbourg, avant
que d'aller monter la tranchée. Ÿ
Mr le Chevalier de la Vrilliere
dit aussi; que Mrs de Druyr%
du Rosel, & Chamarande
}
Offî*
ciers Generaux, estoient arrivez À
l'Armée, lors de son départ, £7* que
eefloit Mr Tarade) Ingenieur&
Entrepreneur, le même qui a fait
construire cette Place, qui en conduisoitleSiege.
Il dit auru ,
quela,
garnison n'estoitaussi forte, que
parce que quelques - unes des Troupes
quigardoient les retranchemens
Jo & sur tout les deux Bataillons
dontil estparlé ci-dessus, Il estoient
jettezpoursesauver.
Quoy que Mr Tarade connoisse
parfaitement bien le Fort
dont ils'agit, puisqu'ill'a fait
construire fous
les
ordres & sur
les desseins deMr le Maréchal
de Vauban, on n'a pas laine de
faire partirMrde Lapara. Cette
Place estant si forte & si re..
guliere, & la pierre dont elle est
construireestant si bonne, sidure
& si épaisse,que l'on a jugé
qu'il falloit plus d'un habile
Ingenieur pour aider à la re.
duire.
- Je crois devoir ajouter icy
J'actionsuivante.
Une partie de nostreArmée
ayant passé le Rhin à Huningue,
un Lieutenant du Regiment
de Livry cavalerie, fut détaché
avecvingt Cavaliers pour
aller reconnoistre. Il rencontra
aussi un Parti d'environ vingt
Houssards, qu'il poussa;mais
en ayant trouvé plus loinune
ci nquantaine,le Lieutenant fut
pris, & les vingt Maigres furent
repoussez vivement. Mr
de Villars détacha un autre
Lieutenant du même Regiment
avec soixante Cavaliers, qui
sut attaquépartrois cens Houssards;
il fit ferme de tous côtez ,
en combattant vaillamment, &
fut dégagé par trois cens GrenadiersqueMrde
Villars avoit
envoyé pour le foûrenir.
Aprés que Mr le Maréchal
de Villars eut passé le Rhin,
ildità ses Troupes que le Roy
leur donneroit le Pain & la
Viande gratis, &que les ustencilles
& les revenans bons du
Quartier d'Hiver leurs feroienc
payez comme s'ils y estoient,
pendant letemps que dureroit
J'expedition qu'ils avorent à
farre, & en se mettant a leur
teste il deffendit fous peine de
la vie, à qui que ce soit des'écarter
de son Corps, &.< leur
ordonna de menager les vivres
&de ne faire aucun dégast dans
le Païs par où ils passeroient,
attendu qu'on en pourroit avoir
besoin au retour; mais la marche
de ce Maréchal a esté bien
plus favorable qu'il ne pouvoit
jamais se promettre, les Ennemis
en prenant la suite,ayant
laissédans les Postes qu'ils occupoient
plus de vivres qu'il
n'enfaut pour la subsistance de
quarante mille hommes pendant
plus de sixmois. Il ne
faut pas s'étonner si l'abondance
de Munitions, de Fourages
&de vivres est si grande de ce
costé là
, pendant que l'argent
dont l'Empereur a un extrême
besoin,luy fait manquer de beaucoup
de choses, le Fort de
Kell appartient à Mr le Prince
de Bade, & il a depenséplus
de cent mille écus à la maison
de plaisance qu'il a à Rastar.
Ces raisons estoientassez fortes,
outre qu'il craint toûjours que
terre ne lui manque,pour l'engager
à faire venir de ce costélà)
la plus grande partie de ce
que toute l'Allemagne pouvoit
fournir pour faire subsister les
Troupes pendant la Campagne
prochaine.
Tout ce qui est bon par foymême,
& qui ne peut manquer
de plaire au Public, en est infiniment
mieux reçu,lorsqu'il
luy est donné dans le temps
qu'il le souhaite 5 c'est ce que
vient de faire M'de Fer, en mettant
au jour le Plan de Strasbourg
& du Fort de Kell, avec
les environs de ces Places.
Mr le Maréchal de Vauban
estant arrivé de Flandres pour
pour prêter Serment, ainsique
les autres Maréchaux de Fran
ce ont fait, Cllt l'honneur de
saluer 1g Roy au ssi-tost a pres
son retour, 6c dit à Sa Majesté
qu'il la prioit instamment de
l'employer, & de le Jaiifer.
aller au Siege de Kell,qu'il prétèndoit
la servir de son metier
sansconsideration de sa djgité,
- & qu'il esperoit qu'elle na
le frusteroit pas de cet honneur.
Mr de Vauban assura le Roy
quelefort de Kell ne pouvoit
estre secouru. mais il dit eD
mesme cernp s à Sa Majesté que
la Place estoitbonne, & que si
la Garnison ne manquoit de
rien, & ne s'ennuïoit pas, elle
pouvoit tenir quelque temps.
Aprés vous avoir fait part
des Lettres de Mr le Maréchal
de Villars apportées par Mr le
Marquis de la Vrilliere, parti
après que l'Armée du Roy eust
passé le Rhin, & vous avoir
mandé ce qui a esté rapporté
verbalement par ce Marquis,
je dois vous faire part des nouvelles
qui vinrent ensuite. Elles
apprirent que les Ennemis
avoienc
avoient abandonné les trois villes
Imperiales d'Offembourg ,
de Gengenbach
, & de Zell, situées
danslaValléede Kinche,
&qu'ils étoient aussi forcis de la
Ville de Vvilstet, & de celle de
Rastas, dans le Marquisat de
Bade. Les mêmes nouvelles portoient
qu'on avoit trouvé vingtquatre
pieces de Canon dans
Offembourg
>
& qu'on avoit
aussitrouvé &amené au Camp
le Canon du petit Corps que
commandoit le General Bibrac,
auquel il avoitordonné desedisperser.
Onapprit aussique plusieursSoldatsn'étoient
point revenus,
jamais occasionde deserter
n'ayant esté plus favorable.
Ce même Courierrapportaaussi
que Mr le Prince de Bade avoit
fait prier Mr le Maréchal de
Villars d'épargner sa maison de
Rastas en consideration de leur
ancienne amitié; mais qu'il n'avoitpointécrit
à ce Maréchal,
ainsi que le bruit en avoit couru.
Enfin les troisiémes nouvelles
reçuës de Mr le Maréchal de
Villarsquiestoient du 24. Février,
& qui arrivèrent le 28, àVersailles, portoient que l'abondance
estoit si grande dans
l'Armée du Roy que les Vaches
ne s'y vendoient que dix fols,
& qu'il s'en estoit même donné
une assez grandequantité pour
cinq sols; que les Troupes
estoient contentes, qu'ellesne
demandoient qu'à en venir aux
mains avec les ennemis, que la
pluspart des Colonels estoient
à lateste de leurs Regimens, &
qu'ils feroient arrivez assez à
temps pour passer le Rhin avec
l'Armée,s'ils n'avoient esté arrestez
sur la route par le manque
de chevaux, que les lignes
estoient achevées, ainsique les
batteries au nombre de trois que
l'on en faisoit une autre dans
l'Isle du Rhin, qui seroit servie
par la garnison de Strasbourg
,
que ces batteries tireroient en
même tem ps que l'on feroitl'ouverture
de la tranchée, que Mr
de Villars avoi t esté dans les
Montagnes jusqu'à Fortzem
& les débouchez , ,qu'il n'avoit
trouvé personneen son chemin,
que le Siege alloit estremené
avec vigueur, & que l'on ne
perdroit aucun momentny nuit
flv jour, pour le faire avancer.
Voila les nouvelles apportées
à la Cour par Mr le Marquis
de la Vrilliere, & par
les deux Couriers Extraordinaires
qui l'ont suivy. On mande
aux particuliers quiontreçû
des Lettres par l'Ordinaire,
que Mr le Prince de Bade a laiue dans le Fort de Kell un
Prince de Bade Dourlac pour
y commander,qu'il y a environ
trois mille hommes de -car,.
nsson ,mais que les soûterrains
qui font dans la Place ne pouvant
en contenir que quinze
cens, les autres pourroient difficilement
se mettre à couvert
des bombes. Il y a mesme des
Lettres qui portent qu'iln'y a
pas tant de munitions & de canon
dans ce Fort; que l'on s'é
toit d'abord imaginé; mais je
ne vous garantis pas que ces
Lettres parlent juste.
-
Ces
mesmes Lettres ajoûtent que M*
le Prince de Bade publioit hautement
qu'il avoit écrit plusieurs
fois à l'Empereur,qu'il
craignoit que le Fort de Kell
ne fust assiegé; mais que le
Conseil de Sa Majesté Imperiale
n'enavoit rien voulu croire
,
qu'il s'en lavoit les mains,
& qu'illaisseroit aller les choses
comme elles pourroient aller,
& ne feroit rien. J'ajouteray
à la fin de ma Lettre ce
que j'apprendray de nouveau
de ce Siege.
Le Courierque le Roy reçût
de Mr le MaréchaldeTallard
le dernier de Fevrier, portoit
que ce Maréchal après avoir à
dessein laissé affoiblir les Ennemis
devantTraerbach avoit
paru sur les hauteurs voisines,
avec l'Armée qu'il avoit assembléeà
Thionville, &- qu'à Ji
veuë de cette Armée les Aille.
geans avoient quitté leurs quar-.
tiers, & qu'en les abandonnant
avec autant de desordre que de
précipitation
,
ils avoient laissé
tous leurs malades & tous leurs
blessez dans le Bourg de Traben
qui effc au bas de la montagne, &
qu'ils avoient usé inutilement
une tres -
grande quantité de
poudre, &consommé beaucoup
de munitions de guerre pendant
un mois qu'ils avoient demeuré
devant ce Château. Le Roy
loüa beaucoup la conduite
le Mr le Maréchal de Tallard,&
la valeur de Mr Baravi,
qui commande dans Traerbach
, que le feu des Ennemis
, quoy que grand & continuel
n'avoit pu obliger à fer
rendre, 6c qui par sa longue
resistance avoir fait perir une
partie des Troupes qui l'avoient
assiegé.Lesmêmes Lettres portoient
qu'a près la levée de ce
Siege, les Allemans avoient
pris leur chemin d'un cofté» &
les Hollandois d'un autre.
Mr de Quelus qui commanmande
à Diest sur le Demer ,
ayant eu pertniffion du Roy
de lever une Compagnie Franche
de Dragons de cent Hommes
, il a elle si heureux dans
le choix des hommes qui 14
composent
}
qu'ayant envoyé
cette Compagnieen parti, elle
a penetré si avant dans le païs,
qu'elle a fait plus de quarante lieuës. Elle a enlevé des Bailsiss
& des Bourguemestres,
dont elle a tiré bde grosses
rançons, &elle a faitprisonniers
de guerre plusieurs Oflîw
ciers qui passoient d'un quar- tier à l'autre.
Le feu avant- pris à quelques avantLn;Lau,rom
, Mr
jMagazins de Limbourg Reignac qui commande dans
cette Place, crut que les Ennemis,
qui avoient peut estre parc
a cet incendie, chercheroient
à en profiter; & se proposant
detirer de l'avantage du maliieur
quiluiefloit arrivé, il fit
sortir une partie de la Garnison,
qu'il fit cacher dans des desilez.
Les Ennemis ne manquerent
pas de venir, ils furent
surpris & repoussez vivement ,
& l'on en tuaun très- grand
nombre.
Le 25 Janvieràdix heures du
foir on ouvrit la Tranchée devant
le Fort de Kell
,
à demie
portée du fusil de l'ouvrage à
corne, on avançabeaucoup,les
Ennemis n'ayant point tiré pendanttoute
lanuit. Ilssortirent
le matin de leurassoupissements
Cependant il n'y eut qu'un
homme tué de leur feu, & un
autre blessé. On travailla. le
26. à dresser des batteries pour
battre l'ouvrage à corne, qui
n'estseparédu Fort que par
le chemin;demaniere que cet
ouvrageétant pris,on retrouvera
fort proche du Forr. On continuë
de mander que l'on croit
qu'il y a trois mille cinq cens
hommes dans ce Fort, ou environ
, &que lessoûterrainsaïant
esté faits particulièrement pour
mettre lesmunitions à couvert,
il y restera peu de place pour
la garnison
,
& qu'ainsi la plus
grande partie demeurera exposéeau
feu des bombes. On commence
à dire avec plus de certitude
qu'on n'avoit fait d'abord
,qu'il y a peu de munitions
dans ce Fort
, parce que
l'on en a tiré beaucoup pour le
siége de Landau.On a ssure inê.
me qu'on en a aussitiré des
canons de bronze,& que c'effc
par cette raison que la plus
grande partie de ceux qui s'y
trouvent presentement sont de
fer. On ajoûte qu'on avoitresolu
de pourvoir ce Fort de
toutes les choses necessaires
pour soûtenir un Siège; mais
que les mauvais chemins &la
prompte arrivée de MrdeVillars.
en avoient empêché, si
toutes ces choses ne font pas
vrayes ,
elles font du moins
fort vra y semblables.
Toute laville de Strasbourg
paroist comme une foire ouverte,
les soldats y ayant vendu
tout ce qu'ils ont trouvé
au delà du Rhin.
On mande aussi qu'il y a eu
dix mille pionniers employez
aux lignes de circonvallation Ôc
de contrevallation de Kell, &
quejusqu'à present Mrle Prince
de Bade n'avoit pu rassembler
que cinq mille hommes deses
Troupes qui ont estêdispersées
càhla'aldpperoche de Mr le Maré-
Villars.
Pendant que l'on a pris grand
foin de publier que l'on alloit
attaquer la Baviere par trois
endroits
, & que le Roy des
Romains, & le General Schlik
alloient marcher pour l'execution
de ce grand projet
Mr l'Electeur de Baviere s'emn
paroit d'Eberndorf dans levoisinage
de Passau
, & de la ville
de Vveiden dans le haut Palatinat
ainsi que de Neustadt-
Kell,sesTroupes entroientaussi
dans le Roïaume de Boheme
pour
pour éloigner l'orage dont on
menaçoit ses Etats; cependant
comme son armement tend
moins à entretenir la guerre
qu'à affermir la paix de l'Empire
, il n'y a fait aucun acte
d'hostilité , & ses Troupes ont
payé tout ce qu'on leur a fourni.
Cet Electeur a fait demander
au Cercle de Suabe deux
mille chevaux pour la remonte
de la Cavalerie, & à l'Evêque
d'Ausbourg un passage dans ses
Etats pour un detachement de
sesTroupes.Ce Princeestensuite
allé à Munich afin de laisserà
ceux qui peuvent avec lui contribuer
au repos de l'Empire, le
tems de prendre des resolutions
qui le puissent affermir 5 cependant
cette sage tranquilité
ne l'a pas empêché d'envoye
de tous costez pour prendr
langue afindedécouvrir si le
effets repondoient aux mena
ces de ses Ennemis, &si le
Armées nombreuses qui de
voient inonder son Pays avan
çoient, maisonn'aaperçû au
cunes Troupes,le SiegedeKel
ayant empêché l'execution d
tous les Projets qui avoien
esté formez pour cette Campa
gne par le Conseil de l'Empe
reur.
Sa Majesté Imperiale fait toû
jours solliciter auprès des Etat
Generaux des secours d'argent
de troupes, & de munitions
mais ses instances n'ont aucu
effet, les Hollandois nevoular
pas se dépoüiller de leurs force:
& mettre leur propre Paysà
découvert, ils manquent de
blé, & ont fait proposer d'en
acheter en France pour plusieurs
millions, ce qui leur a.
estérefusé, parce que l'on a sçu
qu'ils en avoient tres-peu tiré de
Dantzic, & que ce blén'estant
point propre à faire du biscuit,
leur Flote en pourroit souffrir.
Pendant que l'on a travaillé
auxapproches du Fort de Kell,
Mr de Villars s'est avancé dans
le Pays avec deux mille hommes
, mille Dragons, & deux
milleGrenadiers, & la marche
de ces Troupes à jetté de
la terreur quarante lieuës au
delà du Rhin.
On a eu des nouvelles plus
particulieres de l'ouverture de
la tranchée devant le Fortd
Kell. Elle fut ouverte, ain
que je l'ay marqué, le 25. à di
heures du soirpar Mrsde La
banie & de Marivaux,Officiel
Generaux de jour, & par
Brigade de Navarre, qui
poussaquinze ou seize cens pas
sans que les ennemis s'en appe
çussent. Ils ne tirerent que
matin, mais avec peu d'effet
puifqu'il n'y eut que deux So
dats tuez ou blessez.Ellefut r
Jevét1Cz6- parMrle Comte
Bourg, & le lendemain par h
de Magnac. LeSeptièmeàmi
lesEnnemis abandonnerent ni
Redoute de terre. Il n'y a
que sept hommes tuez & dix
huic blessez pendant les tro
premiers jours de tranché
Elle se trouva pousséele huitiéme
jusqu'à quarante toises
de la Contrescarpe. Nos Batteries
n'avoient pas encorecommencé
à tirer ce jour-là. Un deserteur
a rapporté qu'il yavoit
beaucou p de munitions dans la
Place, peu de canon, & point
de mortiers: cependant oeau.
coup de gens demeurent persuadez
qu'on n'avoit encore pû
remplacer celles qu'on en atirées
pour le Siege de Landau
& que quarante milliers de poudre
qui ont esté trouvez dans
Offembourg
,
devoient estre
conduits dans cette Place. Je
fuis, Madame, &c.
A Paris ce5. Mars1703.
A PO S T I L L E.
Six cent soixante&sept noms
de Chevaliers de Saint Louis.
avec leurs noms & leurs qua- litez, &. l'estat de ceux à qu
le Roy a accordé des pensions
& l'abbregé de l'histoire des
dix nouveauxMaréchaux de
France remplissant la plus grande
partie de ce volume,l'Auteur
s'est trouvé obligé
,
ainsi
qu'il l'a esté dans le Mercure
dernier,de reserver encore plusieurs
articles historiques pour
le volume de Mars qu'il ne
donnera qu'a près les festes de
Pâques, la Semaine fainte devant
estre employée à d'autres
TABLE.
faite par Mr le Chevalierd'Infreville.
8
Prise d'Habit. 10
Morts. 15
Article concernant le nouveau premier
President du Parlement de
Bretagne. 44.
Relation de l'Abjuration de MadamelaPrincessedeVirtemberg.
61
Moralitezcaricuses sur les six premmiers
joours nde ladCreéatio.n du 69
Mariages. yj Listedes OjJicle-rs1.Je, terrenommez
parle Roy, Chevaliers de Saint
Louis dans la promotion du mois
de Janvierdernier. 88
Pensions accordéesparleRoy àplusieurs
Chevaliers de SaintLouisy
lepremierF~,i <
Lettre d'un Capitaine du Regiment
TABLE.
de Carlux au Majordu Regime
delaForce.
Course de testes faite par les D
mes deCaën. i
Madrigalà une belle Questeuse. I
MrBoisotest nommé premier Pn
dentau Parlem. deBesançon, i
Nouvel article de la monde Mr
CurédeS. VincentduMans. I
SecondarticledesMorts. 1
Relation d'un combat donné en
deux Fregates Angloises, &
Vaisseau marchand, nomme
Ville de S. Malo. 3 Particularitezremarquables tt
chant la fondation de l'Abbé
de S. Victor de Marseille,
Suite duJournal du pajJage du j
tP Ëfbî'Z*? P^rya r',r,,;J'¿[i' :
Festes »?."?rjifc&fS données l'dr.
l'Ambassadeurd'Espagne, et
TABLE.
: queplusieursautresBals. 255
journaldu Carnaval de Marly. 277
Article concernantla Maison &
les Emplois des dix Maréchaux
de France, depuis qu'ilssont dans
leservice. 185? Del'Amitié.380
Traductiondes LivresdeSaint Aitgustincontre
les Philosophes Aca- demiciens.583
TrtiduîliondesFablesd'Esope. 384
La Tiranniedes Fées, détruite. 386
ArticledesEnigmes. 388
Tremblemens de terre.393
Affaire de Rhimherg. 397
Relation de la prise de Neubourg,
surleDanube.402
Passage du Rhinpar Mrle Afaréchal
de Villars avec un Journal
detout ce qui asuivi ce 'Pd./fdge,&
deux lettres de ce Maréchal. 41j JPlan de Strasbourg,441
TABLE.
Ce que Mr le Maréchal de VlJUban
dit au Roy aprés son retour
de Flandres. 44,
Villes abandonnées par les Allemands.
444
Suitedesaffairesd'Alemagne. 445
Levée du Siege de Traerbach. 449
Belle action des Dragons de Quelles,
45I
Siege de Kell. 453
Affaires de Baviere. 456
Demandesfaites aux Hollandois
par S. M.I. 478
Course faite par Mr le Maréchal
de Villars. 479
Ce qui s'estpassé pendant les trois
premiers jours de Tranchée demee*'
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Apofnlieicj-p'ri nt.;jr_4^*
Le SiftcneHet Ll ""Jn.n'J'.1'"
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