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1702, 06 (supplément, Relations diverses)
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RE.LATIONS •
DIVERS ES, •
CONTENANT
.La Journée de Nimégue, & tout ce. CJUÎ s'e~
palfé depuis ce jour-là à 1' Ar111ée de "Mo1tfeigneur
le Duc de BoLtrgogne.
Lâ fuite du Journal de !'Armée du Roy ca
Italie.
La fuite du Journ:i.l de cout ce qui s'eft pa!fé
à Naples pendant Je fejour de Sa Majcfté ,
Ca1holiquc, & d,epuis [on départ pour -le
Milanez.
D ED I E' E S
'A MON.SEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
~~* •
A PARIS, A.U PALAIS,
Chez 1'11 C.H EL BR UNE r, dans le.
_gr.ande Salle, au Mercure Galanr~
~i. D CC l I .

'
201

, ,
• • -
'
' •

'

-


1

<
;?O 1 Mrn1steno Ciel wlture1



A
MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
• -

~~ ONSEIGNEUR,
· La Jituation où je me
trouve en commençant cette
,., ..
a lJ

C\I
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8f .s::.
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EPI T RE.'
'Epiffre ejl bien d~ferente
de celle où font prefque toÛ·
• • • JOUrs ceux qut entrepren--
nent des E ptjfres De die a ....
toiref. Lor(qu1ils ne rveulent
point avoir recours à la jttterie
, ils trouvent peu de
ces chojes qui frapent d~a ...
bord , & qui .font genera44
lem~nt çonnuës & admi ...
reI u , & n.' aJant pot!• J-t a'
rapporter de faits au.fi rernarquables
que conHam ...
ment 'Vrais, ils Jùbff.ituënt
en leur placp de brjl/4nt&1_

E P 1 T RE.
parolu qui for1nent un dijcours
pompeux, conduit a'
Vec art , (51 foûtenu arvec
lloquence. Ce briUant, quoi
qu·iL (eduijè ) ne laijfe pas
de faire plaiftr au l.1eéteur
qai , parce que fes oreiUeJ·
en font ftatées , croit d·abord
arvoir lû des faits,
qu'il ne trou:ve plu.r aprés
une .faconde leéture. Je dois .
m'eflimer heureux,MO NJ'
El G NEV R, d'arvoir
fait un cboix qui me dijpen
Jè de donner la gêne à
,_, ....
a llJ

'M : 10 de ltura
/
E. P I T R E.
r;ion ejfrit pour compofer de
• ces rtens pornpeux j cependant
je me trou'Ve dans un
ertibarras dont ;'aurai beat~coup
de peine à me tirer. J• ai de grande.1 chofo à dire
J elles font reconnuës pour
teUu, & il fa!fit de lu .raporter
nuëment ft) fans art
pour faire un panegyrique
rnerrveilleux; maù le moyen
dechoijir parmi tant de pro ..
diges qui font dignes des plu.1
gr·an·ds éloges! Voflre efprit
a teUement de'Va!Jcé le n or1;-- • ,


'
E p. l T RE.
hre de roos années, que l'on ·
'VOuJ a roeu un des plUJ fça'
Vans Princes du monde
' dans le tem:s que ceux de
".Voftre âg~ ont à peine la
premiere teinture des fcien-
• • ces.
Je me .fouroiens d' a'Voir .
oui dire à celui à qu~ 'VOUJ'
donnieZJe_fôin de 'VOUJ' apporter
des li'Vres, que 'VOU:r
ne temoigniez.., jamaù plu.t
de joye que lorfque 'VOUJ le
rooyiez_, entrer fai'Vi de plu-
Jieurs perfor1nes qui en é-

,.., ...
a Iilj .
2 1 ~ , isteriQ de Cul ura,
. E Pl T RE.
toient chargées , de ·_forte
qu'on ne pourvoit a_(fe'{ ad- . .. ,, .
mtrer que ce qut a tou1ours
elfra7é les enfans dans leurs
. premieres années, fift vojfre
plaijir le pl!#' fenjible . .Aujfi
peut-on affurer qu'il ny a
• • • rten que rvotn tgnortez.,.'
Toutes les Jèiences 'VOU:/
.font familieres , 'Voçy ne lu
pojfode'{ pa.t en Prince ,
maù en rveritable fçarvant.
}4mai.r perfonne n'a mieux
jèeu tout ce qui regarde
les loix. Vous nïgnote~

1 -
2011 11111 1ster10 de Cultura
E P 1 T RE .
. des beaux Arts que ce qu'un
grand Prince ne doit point
fça'Voir trop à fond ~ & le
d~(Jein eftant nec~(faire à
un grand Capitaine , nul
nef Çauroit ft vanter de de.f
Ji'!er plu.r proprement , de
meiUeur gou(f J & tt'Vec plm
de 1u.fteffe. ·Mau, MONS
E.'/GL'\J EVR,;e pajfelegerement
far toutes ces cho·
fo , ne m'eflant propo/l de
parler prejèntemeut que de
'Voflre premiere campagne.
Jamais coup d'~(fay n'4:


• 0
EPITRE. ·
efté plu-.1· glorieux à aucun
qener~l. l l s, en tr~u'Ve qui
en mettant les armes à la
main pour la premi~re foi!~
ont gagné des bataiOes, &
emporté de fortes Places ,
mai! malgré tou.t ces av an ...
t4ges on n'a ptt.t laiJ?é de
leur reprocher des fautes ,
au lieu qtrt' il ny a eu qu' une
Jèuf~ 'VOiX pour 'VOU! applaudir~
fi) pour rvou1 combler
de Loüanges. Paru efo
tout rernpli des lettres de/: ~trmée
que 'VOU! commandez.,,
lura
E PITRE. '
& eUés con~iennent toutes 1
des éloges de ruoftre rualeur.,
·de 'Vojfre fang-froid dan.r .le
peril, de 'Vojtre in.trepidité,
des lumieres que 'VOttJJ faites
voir dans le métter de la
guerre , de ruo1ffre ·.honnêteté
pour les troupes , & de toutes
les autres parties nccejfaires
à un ~ en_eral que 'V Oui pojft
de ZJ eminemm.t nt .Les bornes
d~une .Epîtrè font trop
rejfarrée-s pour y pou'Voir
parler de toutes Ce! chofo .
.Ainji ne poitruant m'éteN-:
,
' .

?Q11 M11 l$ferto de Cultura
'
'
• E P l T RE .
dre ici fur ce que ces lettreJ
dijènt à rvoftre a'7Jantage,
j'ai cru en devoir employer
quelques rwxtraits dans la
• Relation que je donne au
public de la Journée de Nimegue.
Je ne doi.r paJ oublier que.
les plu.r grands Capitaines,
fait par delicatejfe ou manque
d'attention , ont toû-:
jours logé dans les villes lu ·
plu.r proches de leur camp
lorjqu' ifs ont crû Le pourvoir
faire arvec ftureté ., & fans
M1n1 t r o de .iltura
EPITRE."
' ·q·ue la gloire du armes qu'ils
1 c.ommandotent en pujf re-:
cevoir aucun prejudice.
Votu ave~ crû , MON-.
SEIGNEVR ~que e-vou.t
devie~ agir autrement.
Vo~f y avez en'Voyé loger
~es Officiers Generaux ~e
'Vos troupes , & rvoU! a._vei.,
'Voulu coucher dans un ha-
, meau fa.ns entrer dan$ Cle ....
rvu , a.fil'! d> e(fre à portée de
touteJ chofo , ~) de demeu ...
rer au centre de rvos troupes,
perfuadf que VOM Ttt dor:

2011 M ntisterio dé Culturc1


EPITRE.
f}firieZ:, pa>s avec moins de
(cureté- au milieu des compagnons
de voJ!re gloire. Il
eft rvrai que leur amour &
leurrvaleur ne meritentpt:U
moins de conjidnce que les
plU:t fermes remparts. (' eft
tôujours par leur Jang que
fon gagne des batailles J fi}
que t·on monte au fai.fte de
la gloire que font aquerir
les armes; mai! ils ne le rvetjènt
:1 ce fang , qui tantoff
faurve des Etats & tantoft
Jèrt à les agrandir , ce fang
,

EPITRE~
par le moyen duquel on a
fondé les plm grands empires
, & fans qui /es noms
des r!Alexandres fr) des Cé(
ars_(eroientperis tt'Vec ceux
qui les ont portez..,; Ils ne le
rverfent '·dis-je _, ce Jang fidelle
& genereux _, que lor_f
que les Princes pour qui ils
le répandent font dignes
qu~ils le facrifient pour eux,
ft} que lorfqu' ils connoijfant
leur bonté, leur valeur_, &
leur amour pour les troupes
qui leurobéifent . .Ainji c·eft.
.
E P 1 T R E.1 •
aux Princes qui les commandent
qu'eft duë toute
la gloire des grandes chofes
que les troupes executent 1
pui[qu'eUes ne font ces actions
de valeur , & ne prodiguent
leur fang qu'autant
qu'eUes trouvent en eux
d'arnour pot1-r eUes , & de
qualiteZJ capables de leur
Jair.e affronter la mort pour
les faire triornpher.. C'eft
par-là , ~ 0 N SE/ ...
GN EVR,que LOV 1 S
LE GRAND que 'Vom
• • tmttez.,
e 1 u

EPITRE.
imite\ Ji pa~faitement a 'VÛ
tombcrprefJ.ue à [es premiers
regards les murailles des
plus fortes Places. C'e/f par
là qu'il a prit plus de viUes
que n'ont jamai.r fait les
Legions Romaines L C' eft ce
_qui lui a fouvent procuré
le Jenjible plaiflr d'en rendre
à fes ennemi.; , & d'en
,faire reftituer à [es aUiez., ~
plafftr qu'on ne peut ftntir
·au/Ji 'Vivement que ce M ·o.. ..
· . nt1rque , fans a'Voir une
ame 11ufo beUe: & un dej-
· ~ e

_011 Ml'ltster ode Cult~Jta
EP I TRE:
interejjement au fi hero'ique:
(~e fant ces mefmei mdniere
s que rvous obfervez aujourd'
huy , & avec lejque!
les vous charme~ les
troupes , qui (ont caufe· que
vo(fre Augufte Pere a tou-.
jours veu fiJ.ir devant lui
les ennemi.! de l'Etat, tant
en .AUemagne qu'en Flandre,
où par de lonc.~Ûes marches
il Les a fouvent chajfeZJ,
fans qu'ils ayent ofé tourner
la tefte pour le regarder
un moment , tant ils 1-
-

'ister de C u

'
EP IT RE .
. -· toient faifis de frayeur. _Je
ne dir. rien>' c:Jt(O N SE f ...,
GNE'VR, des JJlaces que
ce digne Fils de L 0 V 1 S
LE CRAN_D a remportées
en fuirvant (on exem ..
ple. C'eft . parce qz;f,e rvou.r
imite~ en tout ces deux
grands Prin.ces qu'une ar ...
mée dv~ moins auj!i' nom-.
breufe que ·la 'VOffre, Ji elle
ne l' eftoit ptU· darvaritage ,
'Vient de fuir de'v.ant rvous,
& de chercher un aZJile
fous les remparts de,. , N. ime- ' - ' . e lJ
2011 M r1sl~r10 de Cuttura

E P I T RE:
gue. Le.f ennemi.! tt'Voient
1ipris com6ien 'Vous 'Vous
eftieZJ d'abord fait aimer
des troupes qui compojènt
l'armée qui eft fous vos
ordres. ils fça<Voient que
rpous marchiet:.., far - les
traces de L 0 V 1 S L E
GR A ND , et) far cet.:
les de rvo(fre ed.ugufte Pe·
re. ils n'ignoroient p41 ce
que peu'Vent les troupes
Françoifes fous un Prince
qui les aime, fl7 qui en e(j
aimé, & que leur ~ele lès
E P 1 T RE~
rend invincibles.
..
Le Roy d' Ejf agne qui
doit vous connoijfre mieux
qu'un autre , & qut fçait
dequoi fon fang eft capable, . . .
marqua une tmpattence tnconceva6le
de (e voir .à la
tefte de jèJ· troupes , jitoff
qu'il eut apris que r(Jo-as étiez.,
parti pour l'armée,.
fl!!elle glorie!f'fe émulation !
Quelle ardeur de gloire !
Heureefe France, Heureu-
.fe E(/;agne ! Que voJ peuples
doivent e[f re conten~
E P 1 T · RE.
de leur bonheur , & cou2
rverts de gloire to·ut cnJèm-
6le ! Le fang de Bourbon
,, mêlé d~ ·ce que te fang
d'Autriche a de plu,,s pur,
'Va: perpetuer le bonheur de
-la _France, & rétablirl'Ef :
pagn,e dans fa premiere
folendeur. L'Europe devra
d<flns peu fa tranquiUité à ce
· fang , p~iftJue la ftn decet- t
te guerre fera le commence- t
ment ~e fan repos. ~OVIS
LE GRAND l'a fourvent c
pacifiée, & Jon repos dure~ r.
::011 M1r1steno de Cultura

EPITRE.'
·roit e11core ,fi les jaloux de
la gloire de cè lMonarque
n'a'Voient pa! repri.r lés ar ...
mes. Mais l'union de la
France et) de .l' Ejpagne em-.
_pejchera qu'îl nrfait de nou-
. 'Ueau troublé qu~nd ils l'au~
ront une fou affermi , puijqu'il
y aurait trop de rijque
4 courir pour ceux qui t·entrepr~
ndroient. Vot# mettrez.,~
GRAND PRINCE
~ la d:erniere main à
cet ou'Vr.age ; maû ce ne fè... '
ra pas fans arvoir fait 'Ver ....

"JQ11 M n1steno de Cuttura

-
E P 1 T RE.'
fêr .du larmu qui doirvent
rμoui ejfre bien Cheres J &
.qui rvoif:s fo.nt bien glo~ieufts.
le RoJ en lifant 'VO$ ~
lettres, -a paru attendri.
VoHre ~ugu.rte ep_ oufe en
remarquant la tenârejfe de ·
S. M. ft} le fajet glorieu~
qui la cau(oit, n'a pû rete ... ·
nir flj· larmes. Son amour
pour_ rvous , .& fa joye les
ont fait couler. Cette joye
qu'on n'a faJ encore bien
dejinie , eft un fltttiment .
mêlé de tendrejfe & de
• crainte . .. ...
"011 rv11n1steno de Cultura ·

• EPITRE .
: crainte. On jè re.Joüit de la
. glotre dont Jè couvre laper,
(Onne qu'on aime:> & l'on
·craint en même tems les pe:
rils où elle s'expojè. C!Ainji
: ,/'amour & la crainte pro-duifent
cette joye. Elle nou1
fait fentir que nous prenons
· autant d'interêt au~"f: lauriers
de celuy qui s'en ejf
couvert :> que fl nous les avions
nous-mêmes cüeillis ~
que nous fammes penetrez.,
d~une gloire qu'aquiert un
11 autre nou~-meme , parce -
• l
'
c e C t

r
EPITRE .
• •

E P 1 T RE.
té , ·cela Jù(jit. Elles con~
î noijfent la rvaleur de voflre
~Jfang, Conflr'Vez.., ~le pour
"e.' t··t ntere/1 t de ces rne/1 mes trour:
.. pes·, afin que rvous. p11t-ifieZ,
'
r' {{!ntinuer les bonteZJ ' que
Cf'î/OUs temoignez., pour elles.
~t Confervez.,; -l( pour n~ p~int '
rudonner d'aUArr;ie.s aux ·
~Jgran,ds Princes dont vous
eJfortez. Leur fanté qui vous
r&. doit eftre prtcieufè , (!) q~e
~ 1 nous acheteri()n:s aux dépens
eJ de nos. rvîes, en flroit'alte..-
rt rée. Conferve1:_.-le,, pour leur . ~ ..
~ . 1 lJ
,,
' '
:'.2011 r>.'l ister.10 de ~ultura


·EPI T RE~
aporter 'Vos lauriers à la fin
de la Ca1npagne , & pour
en coùronner rvoftre- Augt4}
te & tendre époufl. Cqn·
'
ftr'VeZ:,le enfin pour 'Vous .
. mefme, afin qu'il puijfa met·
tre e_ncor·e une foi.r LOV IS
.LE <j RAND en étal
d)impoftr la. paix aux ja· ·
loux de fa gloi're ~ & d' e11
faire pour la cinquieme foi;
pr·~flnt à l'Europe. Ce fon1
les 'VoeUx , non Jèulerneni
\ . ' de tous ceux a qui 'Vojfri
. p'flryonne eft :here, mais au) , ,


'.?O 11 l\,1 1r'1Steno de cu'1tura
E P 1 T RE.
1n âe tous les peupleJ· de pluw,
r fieurs Nations qui ne rejfitj-
rent qu'aprés u~e, Paix gen
· nera1e, & qut L attendent
·s· du honheur de 'VOS armes.
~t· Je foi; {/,rrJec UJi tres-p rorsfond
refjeéf , . .
al
a.

•tJ
n.
... o
MONSEIGNEUR,

Vofrre crcs. humble , &
tres-obéïffanr fcrvi teur,
D2v1z.i' •

~~0~0~0~0~0~0Q0~<Q~~Q0~
@~~~@~®s®g
G~t0t0tùG0üûGùt0t0t~G0
· ·AU LECTEUR·
Eux ·qui ne s' attacl1ent
_ qu'à la fu perficie ~ & ·
1 qui ne voulant {ça voir· à fond
ny les affaires , ny les nou.
velles , font con{ift:er tout
leur plaifir plt1fiofi dans la
not1veauré qt1e dans le detail,
& dans une verité qui
efl: toûjot1rs in1parfaite dans
les premiers bruirs qui co11.
re11t d'un évenement, diront
d'abord qu'ils [çavent tout
ce que ce volun1e contient,
..
1 r.Aln1st r o cie ttur
AV LECT E,·V R-.
parce qu'ils on~ vû quelques
le erres , . & quelque·s pecit5
. articles imprirnez qui par...:
-lent des melines chofes. On ·
peut leur .répondre que ce
qu'ils ont vû ne pet1t efire
affez ainple , & affez fuivi
pour for.mer. ,u.n corps où ·il
n~ rnanqt1e r1en quand les
aétio1is {ont i1nportantes ; étant
itnpoffible que ceux qui
mandent les premieres ·nouvelles
d'une afüon ~n foient
a!fez bien infor.mez pour ne
rien mander que de veritable~
& pour n'oublier aucune du
gran~ nornbre decir.conftan •
' •
~
2011 M r1ster10 de Cultu â
4V LECTEVR.
ces qui acçqmpag11cnt les
moindres é,1enemens. Enfin
il a toû jours paffé pot1r conf.
tant que les pre1nieres nottvell~
s d\111e ·aél:ion en ra portent
peu de particularitez, &:
' f-0nt trop peu jufies pour
qu'on y pui!fe ajoû_cer une
e11tier~ foy. li fattt laiffer
1neurir les nouvelles pour en
bien fÇavoir la ver!té, & quel<
jUefojs trente Relations ne
iuffi!ènt ~é\s pour en former
une bien circonfianciée , &
purgée d'une infinité de fau{~
ferez qui fe répandent d'abofd_,
On a beaucoup parlé
' O 1 V11n1 te 10 de C ltura

A'() LE CTEV R.
d~ la Journée de Ni1nêgt1e, -
do't1t on pourrait faire u11 volume
entier , cependant on
n'e,11 a pas donné irente lignes
au Public. Les ennemis
n~ fe font pas crûs obligez.
de la metti·e da11s t111 beau
jot1r, & ceux qui do11nent ici
des i~ot1velles font reiferrez
_ dans des bornes rrop éti:oites
pour pot1vc,ir ei1trer dan.s.
t~us les details que den1a11•
dent l€s grandes aCtions. Je
puis affurer que les trois
quarts des cliofes que l'on
trouvera dans ce volun1e ,
paroiittont nouvelles , quo~




~O 11 M r1sterlo de CUILura
'
.A'ëJ LECT E 'lJ R.·
que les évenemens <JllÎ ont
donné fieu à les décrire ne
fuient pas nouveat1x. On a
rap0rté fort peu dè chofe ju{:
ques à prefent du !iege de
Cafiiglione , & cependant
on e11 trouvera jci une Relation
affez ample, & ainfi du
- refie.
Comme il ne s'eft peutefire
ja1nais rien vû de fi e;x ..
traordinaire en fait de fiege,
que celt1i de Keiferswert, je
fuis fortement follic1té de
donner u11e Relation qui le
contienne tout entier. Ainfi
je prie cous ceux qui en {~au.;

• •
AV LECTEV R.
tont quelques particularitez
de me les envoyer ,de quelque
nature qu'elles puiffent
efl:re. On recevra leurs memoires
, & on s'en fervira
quand mefme le port n'en fep
roit pas affranchi. On peut
envoyer jufqt1'à la inoindre
circonfl:a11ce des cl1ofes que
l'on lçaura cane du dedans que
du del1ors de la place, & on
les prie {ùr tout de ne pas ou ..
blier les noms, bien lifiblen1ent
ecrirs' de ceux qt1i fe
feront diftinguez , ainG que
de cet1x qui a~ront été tuez
pt1 ble,(fez en fe fig11alant, &:
'
• . .

'


' '
, ~A ·v . LE CT'E V It-~
:$de détailler aurant qu'on le
pourra · toutes leurs aél:ions.
On y joind~a tous les travaux
qui 6nt efié fJits dans la 1)1ace
, tant pour la deffendre
qt1e pour f e garantir des bom.
bes. Il èfl: jufie de JaiCTer u11
fi beau morceat1 d' Hifioire à
la pofiericé.
' •


• •
• • -
, •

• ..
• ,
'
d.e c t a

'•
JOU'RNE'E .
. • ( •
' D E . ·
' P REMI E'RB P AKTIE.
- P E IN E Mon- .
\
~::-- ;:!§ feigt1eur le ,Duc
de Bourgog11e
"=====2. ~ .a - t~il efi6 en
~ge de cont,oifrre de.quel
·Juin 1702. Jl. P. A


:2' .c:R.elations
Sa11g il:a l'avantage d'~8tro
né, qu'il a fe11ty to9s les
1nouve1nens qu'il lui pouvoit
infwire1·. L' e.xemple
de Loüis le Gra11d,
& celuy de f611 Augufl:c
Pere luy 011c fait fouI1.ai~
..~r avec la plus vive ardeur
de; pouvoir un jour
·marcher fur leurs traces,
& il en artendoit les occali-
011s · ave~ u11e in1 pa"!
ti~1ccr dig11e de la f ple114
dtu~ de ce Sa11g. Les
Gft~ifôS co1n1nençal\i~ à fe
j • • \
c u
'
dirverfe1. - ~
broüiller pe11da11t que ce
P. rince vifi.toit 1, an11ée
derniere quelques Pr.o.vinces
de ce Royaume ,
&; qu'on luy donnoit
de galantes & agreables
felles d~11s les pri11cipales
Villes de Fr~11ce' ,_ ~il
écrivit au Roy pour avoir
la pern1iffio11 de reve11ir.
& d'aller fe 1nettre à l~
tefie des trau.pes ~e . Sa
'Majefié. Il ne l 1obtiet .
pas d, abord ; in~is e11fin
les affaires s' aigrilfant de
. A ij


4 t'J\elatio'ns 1 plus e~ pl(ls , 'le R·oy
co11fe11tit -à fot1 ·retou1·.
' Ce j'eu11e P1 .. i11ce qu'ïta
les plaifirs ave·c a11'tant
de joye qùe ~eux de f on
.~g,e ont d' e1npre!femei1t
·~ ·1es rèc11ercher. 011 l L1 y
ayoit .~prepa're une i.nfi:
i1!ité de ~ divertïif e1nèns
daris le~ Villes qu'il avoir
éncore à viGter. Il s'efroit
fait mef me de douces f • •
idées des dernier-es feftes
qu'on luy prepar·oit ;
n1ais dés qu'il eut appris


-
di 'Vérfl !:. ·J
qt1e. I; Roy .. · 1t1y , av:oi_t
.defi,:111e .le. C91:}}111a11qe.
n.~~ o..t qLl'il.: av oit foul19iité
~~a vec ' ta11t d ardet1r , .,j.l
ou~l~a t:o.us le.s ·plaifi.fs
~u-'li rl'.avoit ·rega1~dez ,}~r.
qu e.~~-1 ~ , qu.e c o 1n111_€ -des
_a,i n t1fe c11'e 11s. 11 i1 c vôu- ~ ~·,
Jq~ plu~ qμ'o11 lt1y fit d'~·Ll.-
§1f;e.s 11·y _ fai~·e de -fej,Q,~f
d!l,L1s les V illës, &,, 11 _eut .
pl Lls l.' i111 a. giç_ario11 1·e 11i,~
plie qt1e de la joye qu'il
.a u.roit en. cq11.rri bt1,ant :à
la glqir.e du· l~?Y & au a· iij
' •
::::o 11 'iAlr 1ster10 de Cultura
\
1
tS 'R..elationJ \
bie11 c1e l'Eftat ~ ne dou .. 1
1
ta11t point que les grands 1
1 exemples qu,îl avoit de- .1
1 vant les yeux, feco11dez 1
dL1 Col1rage qu'il fe fe11- 1
1
coit ne luy fourniffent 1
1
,Jes moyens de ~e fig11a- 1
1
~er. Ce Pri11ce partit en \
-pofie afi11 de reLnplir plû .. · 1
toft l'avidit6 de fes g.e• 1
1
nereux & .i111patie11s de- 1
firs) 111ais les aftàires 11e . .s' efta11 t pas trot1vées à fo11 • I •
-~rr:1vee t11core ent1ere- ·nient diîp~[é~.s. à t111e •
te e
àiver.fis. 7
rt1pture , il fut obligé
d'attendre .que ce:ux q.t1i
' fa.11s il.1Jet . cl1erchqie11t. à
fe declarer e1111e1nis dtt
Roy, eu!fent encore fait
que lqt1es dé1narcl1~s co11-
craires, au repos dont ils
joüiffoient &. (lo11c . ils
pouvoie11t c6ri11t1er long ..
temps de joüir s'ils 11et1{:.
fent efi:é lllal confcillez,
& trep jaloux dt:1 bo11 ..
l1eur de la Fra11cc::, Mo11-
fc:igneur le Duc de Bourgogne
trouva donc que
A iiij
8 7\elations
le cl1an1p de la goir·e
1 uy e.fl:oit e11core fermé;
n1ais ce Prince s'en con.
1
{o I a , parce que c' efi:oit
en faveur de la paix. Ce.
pendant· il ne laiffa pas de 1
coin pter roû jours fur la i
n1auvaife écaille de ceux \
{}UÎ avoie11t rcfol11 de .re- '
.con'lu1e11cer la guerre, & 1
.e11fi11 cette écoille les \
for ç.'a de ~11 ett rc le S iege .dev~i1t Kei(èrfvcrr. le Roy voya11t alors. fa pa- t1. e11ce, {"a ge11ero fiu e, , 8' ,

diverfes. 9
fa prudei1ce pouffées à
bout ~ crL1t qu'il efioit
teLnps pour fon l1011neur,
ainû. que. pot1r le bie11 de
fon Eftat, de n1ettre f~s
troupes. e11 1nouv.eme11
& de f~ire partir Mo~feig11e11r
le Duc de Bou1·;.
gog11e. 11 le propofa .à
fo11 co11feil; & le depart
tie ce l~ri11ce y fut· arrefié.
Mr . le. Dt1c de
.Beauvilliers qui f~a v.oic
tnt.e ux qu' at1ct111 autre
l'i1npatic11te ar.deur q~'il

[
-----------------------1
i o Relation1 · \
avoit depuis long-re1nps i
de fe difringuer à la tc:fi:e
des croupes de Sa Ma.
jefté, & de ma·rcher fur ~
les ttaces du Roy & de \
WV!onfeigneur leDauphin,
du Confe1l avant qu il
fut finy, po.ur lur aller \
atJ11oncer ce qua ve. I
nait d'y efl:re refolu. Il eut à peine pro11oncé les pre111ieres paroles de ce qu'il avoit à luy dire , qt1e ce Prince e t1 •

. -_:.:.::__:_-----------~--------
tlirve~s. ir
s fic paroifrre une joye
: qt1'il eft impoffible d'ex.. . pri111er. Il courut incon-
• tinenc, 0L1 plûcofi: il vola
chez Mada.tn.e la Dtt•
c.heife de Bourg0g11e pour
Juy e11 faire part. 011·
pe·ut dire que l'a joye de·
cecre Pri11ceife parut fort ·.1
grande, quoy-qu' elle fût j
co1nbatuë par Ia·ce11dref4
îe que cecte 11ot1velle
fern bla redoubler. Mo11-
fe igt1-eur le D aupl1in éta11r
à Me~1do11 ce jot1 r4:

• 1
j
t"1. ~il/arions j
Jà ,, M011fc.ig11eur 'le-Du«
de BourgO"gne luy écrivit 1
pour luy apprendre l'a.
greable i1ouv1el.le qu'il
a voit: _ r:e~ ûë _par. Mr le
·Duc de Beat1villiers, ~10 ~
doutant poi11c que ce ~
Pri11ce ·n'y< fut trés-fe11fl, ~
ble. Cet·to nouvelle s'é- )
ta11t· Cfllfuite repanduë
ôa11s tot?te · la-Cour ·, 011
11
7 eut pas lieu d'on dou ~
ter .e11 voy, a11 t Mo11 fe î .1,
g11eur. le Duo de Bourgogne
, ~ puifqu'011 lifoit
~

de lt
. di'Ver[es. t1
c d:ans fes yeux tous les
t 1nouven1ens de j0-ye &
.. de gloire do11t ce f.>rj11ce
il èfroit, a-git'é.' l~ ;fut -. réfoe
lu qu'il pa1·ciroit ea po!l:e,
o & que fa maifo11 n~ par~
: ?"irait que quelqùes ·jours
~ apr-és -luy. Ea è~ec:, il
.. partit 1e '2. 5. A vtttl ~ ·dix
~ heur~s du ~n~rin pour alt
ler couc·her a Pero1111e.
~ Je 11e vo-t1s éliiS rien-de~ ce
. qui fe pa~a aùK adieux
qùi fe tire-rit la -veille. Il
eft plus aifé de ~e ·t'i1na ..


-
l4 ' Relations ,
gine1··qt:Je de le décrire, ~
La 11oble ·fenGbilité du ~
Roy eft co11t1uë; la te11~ ' ~
_ ·dreffe cle M'or'lfei.gneut G
le D.-auphi"1l ne l~ efl: pas ~
1noi11s , & l'on n'aura G
pas de peine à· d'Cvi11e;r ~
c'e que peut re1fe-ntir, ~. 1
dire dans <!_es 1nonleps , ~
une femme t~ndre & ge.. d
·nereufe ,,qt1~ aime la gloi ..
r~,. &: quj a tO·U~ l'efpr.Îi
du ll)Q11de ..
Je tJ~ dis rien de tout
ce qui Ce paJfa pendan·t 1:\


dirrJerfês. 1)
~. route de Mo11feig11eur Je
J Duç de Bourgogne juf~
· qù·~ l'armée. Ce Pri11ce
c traverfa co1111ne un éclair
s tous les lieux où il eftoit
1 obligé de palfer pour fe
'\ : rendre' <l>U eftoient: les
. Troupes. Il y arrj,v~ le;
trois May à 011ze heures
du inati1' , açcompagn6
de MonGeur le Ma.r-échal
GÇ! Boufilers , &:. <;l'uu
grand nombre d'Offi -
ciets qui eftoient venus
au deva.nt de luy. 11

,
M rode L ltur
t'l; R·c'latiorf s .
. fut · ~~çû avec to.u·.cc;~ les
<len1oi1fl:r~tions de joye
quç l'on .peut s'·-i1n~giner .
~oy-que ce 'P.ri11ce àût
1ëftre · fàtigué d~q11.e · n1ar..
che de h.uit ~jqurs; ·pen.
dan t .. lc\qi:telle il 11' '}Voit
prJ·s ai;icuri' r·epos, Ja ~j~ye
qu,il eut d'efti:~ arrivÇ
.cl.ans·· un 'lieu où il ·avoit - - ,.. -..
·tant fouhaité de fe ·y oir,
ne .. luy pern~it ·pas de fe
repo(er. qn mon1ènc. D,és
ce jour 1nê:n1e. il :vifita la
'gaùc. '·h ' e .d· e ,1 ·' a-rmeI e q, u1• ·cI~•
..

~011 M ntstenQ de Cultura
-
' divtrfès--. 17
~ tol.t c. ~11~pe/e a' Soe1..0f1 ~b· eck ,,
e & .le le11.de11iaii..1. il vi:Gta
:. .1.a drp.i.te qoi eftoit à.Sà11 ...
t te11. Le. r , ce Pri11.ce or~
· do11i1x ~11.r1 f-0t1r.:age où .lil .
'. fe trouva en pe.rf 01111.e '
t 'Ai11fi: l'.0-11 pel1t dire· <.i):tle
; pe.i1clutlt' ce·s. trois. p.. r -e:r-
~ 111i~rs . ïouts--de fot1 ~rri.J. ·
; vé-e;-il ne plit ~p.â,s -.t1n fettli '.
, ~01ne.11t ;àe ~ep.os, ay411t ·
·' TC' 'o ~u':', J• ot1rs ~.<li1l"- ~I . .. .l. ...]. .--a-~1.s l) ! -ac ...
tiol!l!~ 'il.-nn -t0titl 001 rqill~il :
~ pdt p'0u,r· a~tiret 'd.am:s .Jâ i
pl!ii1e l~-s -'c.nn-éLnis qU::i;
Juin 17oi.. l ]. P.. Bo -
~O 1 ~1111ste•10 de Cultura
18 Relations
eftoié11t derri ère Cleves
afin de les co1nbattre. li
détacl1a. Mr. le Co111re de
Coignies avec trois cens
~ardes du Corps & deux
111.ille fept c·e11s chevaux
pour· les aller recori11 0η
tre, & pot1r le's exargi~
i1er ; 1nais les i11ouve-1
111ehs qtl'ils firei1t inar·
querent plus de crai11te
.q.ue (1'a·r·deur pour e11 v-c, j
ni.r aux mai!ls ~ Çe J>.rin-
, et fit faire_ e11c.ore plu.
fieurs ·grands fGur~ges l
• • •
O 1 M 1ste 10 de Gultu1 a
diverfts: 19
où il lè trouva roüjonrs
e11 perfo11ne, fat1s que les
e1111et11is qui éil:oient alfez.
forts pour l'i11qt1ierer, fe
donna·lfe11 t at1ct111 111ot1-
ve111en r pour cela. Sa.
prefe11ce leur i11fpiroic
• u11e cra11)te un peu tr'Op
refpeétuet1[e pour des
gc~1s de gllerre ; 1nais ils,
• • 1·e111arqqo1el1t ~u~ n1ou ...
ve1t1~i)s ~~~ c~ Princ.ct f~
do1111oit ~ ~ t:oqt ee qu,il
faiCoiç poi1r les ar:tirer au1
cop.1b~t q,u/il !Çroit difû"'.
B ij~

10, •. Relations
cile de reGfl:er à la valeut d
·des . troupes q·u'ii co111- I
exen1 ple les a11imeroit• t
D'ailleurs la ·defertio11 s' b y.
tan~ lll ife da11s: les leur1S a~
& particuliei:e1ner1-t· par:. r~
1111y les· ... t\11glois, il ne fe f~
palfoit· aucu11 jour Caris t~
qt1'il eri v·inft. que.Igues!' ru
u11s· <l.a~s 1~ camp. de Sa~~ t~
ten~ c. efi' ce· q~11 a -obl1~ a~
gé de, n0h1n1er des Çapi~ cJ
taines. AnglQis pour faire gj
des Co111p~g'lliçi ·de ces d.1
'
· 11 '\ill 1~l rode ul ura
di.Vet{ts. . '2.i·
llt de(ercet1r~. Mor,feigneur·
11" le Duc. de_ Bourgog11e all1.
gl·Lr1r al'it: tôl"lJ'O -UrS., &· r 11 ?et -
t1 ta11t pas fatisfait d'av-oir·
é- vû fepareme11t les deuX!
r-s ~it1es de l';ar1née, fit: u11e
r :. i:e.vet1e.. :genera.1 e , ou' pali
fe (es . 111aL1ieres ei1gage.an.1o
1s tes , & par fes ho11oe ..
s. fi-etez pour: toutes fes· . /,
:i- tr0upes ., _ proporti.011ne:es
i .. ~u1 .. ra11~ & . au 1nc:rire clië ·
i.1 chac1un., il .a.chev.a de ga- ~
~e gner ·tous los. coe.urs, &
:s 4.e faire con1;1oift-r-e. -par··
c

~!; Relations
res d·t taiJs Oll il entrait. 9
& par les ordres qu'i ~
'1on11oit,. qu'il arvo'Ït el r
d.e bo11·11es leço11s., qu'ot .
pou voit con1battre feure· ;ï
1ue11t & glori~uf~1~e1~1 p1
fous luy, & qu.011 aveu J~
pett vù. dt! Ge11erat1x fain a
paroitl:re aut.anc o'habi. H
leté dans Ieùr preinien
ca111pag11e. ,5011.A . .E. dt {(
Bramdebot1rg fe-trol:lv·atl!
d~ns )le voiûi:tage de Mot} cl
f.eig11eur l~ Dt1c de '.Bé>t1r. t
gogne,cnvoya~cePri~
• •



àiver(is. 2=t
it, ce dèuK cerfs qu'il <ivoic-
11i pris à la. chalfe. Ils fL1·
e~ re11t agréablet11e11.t reçt1s ,,
ot &. co111n1e ayat1t efté e11-
re voyez par 011 grar:1d Pri11-
111 ~e. 011 d011na cit1q-ua11te·
~11 Joüis <l~or à. teux q·ui le s.
:n app-0rt@iei1t , & 1' l11t·er ...
)η prete fut auffi reg a lé
n d't111e at1tr.e fo1nme eil:
di fo11 partricu-lier •·
n1 Mbi11feigneur le Duc
~· de Bourg0g.t1-e· efl:ant -at-:
r· re11tif à toutes les cl1ofes.
n'. q_ui pourroi.~11t i11q,uie.ter,
j
~~ Rèlati()ns·
les e1Îni:tniS ', .,qtti ·'cm. ~
p>1oyoie11t tot1t ce qu'il
fçavoie11t de l'art· de h 1
guerre a évite-r le cotn
b'a.t , n ,e '_.lt pasp.l u" to ft ir ç•u heJ
que qu~tre ba~a1ll0ns dei ci
e11n eL111s .. ~' ètl:o1é:11t· poftei d
vis-à-vis de S011 ca·inp d1 . . fi
1' at1çr<t ao_ft-é ~u, Rlii11, tl
~~'il ordonn~ qu'ôn ame, .
n~ft la. nuît vi~,gt piece1 c
~e ca11on·J,1& q_u'On l~po· féj
f.â~ ~11 · b~r·r~rrié~ l dlCi' ~befr~ ti,
de ce pet.te ·camp des en· P
11~mis '·ce qui fu-c ·e·xect1te
avec


o M ter o c ltura
• diver(ès. t)
' avec beaucoup de dili~~
· ge.nce·fa11s que les er\ne ..
1!1 1uis s' e11 apperçL1ife11t.
li €es batteries ~ fL1re11·c ei1

111' efl:ar de tirer dés deux
Çu heures du ' i11ati11. Elles
lei caufe·rc11u beaucoup de
:~i de[ordre p,ar1ni les ennc ..
?t n1is, dont e'lles tueretlt
111 un alfcz 1g~ra11d no111bre,
~e, & les obligere11t de fe re ...
.ci culer derriere u11e chauf4 -

~~ fée qui regt1e eri ces quare
tiers là le long du Rhin t
n~ pour empêcher nue daiu
te } · · 1 ....
c'c UllZ 1702.. 11.. P. c •4

~. "" ra J ul ur
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1

' ~~ R"&/;t(~O~S
l~s rÇé~ord~_m-Çl~§ .c.ç Fje.v . .
ve'.n'i11ond~,~Les 1ter1·çs ~j .
_· font fo.rt b.al.f es. . l-
· :. · Mo.of.e~go.G1!J·t Je O:~ .J ~~ .. "do __ ~o.9rgog9·e, a_,pl·6s a.
•, ·I • I
\'.Olfr te~\1.0J_g-t1.e par to·lil:t ~
, ,li L ,.1
~ces · "-'elll,~r.c1,es, <i~ 1 ·~11 crh .e l·c11.1 _o~• t qu) a\ en_gag.P ·
'les· .e1111ein~s !Jain;S un~, a~ ·t
faire genet·ale , & ·tes efl
'lemis ~ yailt fait -voi.r g l
.l<ur ·ca.fté qu'ils tJie çlieJ
c.hQ~l1~ q4'â l'évi~~~· , ,,G
P1;i.lïlc~ ·re(<;>l·l,ft d~ f~it .
w.u$ - 1.ç~ p~s. ~ ·d.';il~(;r l .
.. . ··} ~ ·- .i
~ . ... . .. ... ~ \ ..
?Q 1 Ml lsteno de Cultur13
di-verfe1. t. 7
eu· eux; mais comtne il 11e
~ çroyoir pas qu'il~ le vou ..
lulfent a;ttendre. , il priu
,,~ pour les f urpre11dre tou ..
a tes les mef ures qu'i,1 c~u~
ite propres po\1r y reuilîr.
l,11 Je dois vous dire ava11ç
;g~ que d'er1tre1· da11s le' dé~
ai tail de ce qui s'eft pa!fé
er e11 cette occafion , que
: d l' Arn1ée co111mandée par
ileJ Mo11feîg11eur I.e Duc de:
, .< Boutgog11e eftoit C·a111-
aü pée à Santer! 1 & que cel~
:r le des e1u1e1nis que coin'":
Cij
••
'

c

.,.8 Re;latiohs ·
1na11doit Mr le. CG>.1ntc -t
d' A('hlo11e , eftoit. ,f01l!!
Cleves ayant u11 bois de· c
vant e·\le, & de-u·x retran1 e
ch.emens à fa droite &'a a
fa gau,he.. Or1 11rete11d i1,
q·q.'e 'ces deux a rnl écs l1!e. t·t
- ~oie1}t cit:1'à fept ou l1ui1 ,tI
h·eu,. res l' u11 e· de-' l'a..t 1 tre •. ~ ~
;- Le 9 J u i1'1 , M 011fei· J:
g11eur le~ Duc de . Bour. c
gog11e do1ina o·rdre à Ml il
d~.P.1 le.gre de par·tir à 11x S
heures du-fair, du Cat11~ d.
de S·at1ten avec l1uit eeni n


20111\1 n1steno de Cult1,1ra

..
diver(es~ 19
ttt tl1evat1x & ci11·q· ce11-s·
ll! Gte11adiers, pou1J s'avâ11:..
!e. cer le lo11g. de -la· N iers
in. c:11~rc Goçh & Guer1ep· ,~
: a ahL1 de réCOrlnoiflte s'il
1a 11e fo-roi.t pas i1o~Iible de"
,·e,· tro' uv.er d es ,... · p a f1~g es aa
lil travers de la Forefi de
.,CJçye$, de1·riere laquelle
!Î. l'Ar111ée e1i11'en1ie c(loit
lr- ca1npée. rYlr le Pri11ree de
'11 ·Bour11011ville, & Mrs ·de·
1x Sot1ter11on, de Villaine>,
1p de Silly , & des Fourl1!
na't1x,, des Gélird·es cftoie11t·
. c iij
,.
, ode .utt,ura
•39 · Rel~tionJ
détachez avec luy. ·
Le même j0ur, .ou plü. '
·. it:oit le 10 , car il eftoi1
.dett)'( heures apréS- tnl. '
11 uit , Monfeigneur. 1
. Duc de Bourgogn~ qu
.ayoit ordon11é q~t' 011· l'e
' -veillât à cette be.ure là
-eneêndic la. Melf~ ,. mon ·
~a à cheval à une heur s
,, -- & de1nie, & fi:t i11archei
·l' Ar111ée-fans at1cun figna · ··
, & fans ca1nbours n1 1
trompettes. Ce jour là ·
· ce Pri11ce demeura dix


• •
diveifts. 31
heures à cheval II ar>rit
:û. à la petite pointe dt1 j9t1r
J'ÎI qu1t Mr d'A]egre ~voit
L11 '.détaché Mt: de Liile Ca.!
pitaint; at1x Gardes , la
JU veille à ~ept heures dt1
.'e foir, àvec deux ce11s Grela
na-Oiers feuleme11t; pour
'n ·aller forc:er un defilé qui
lD cft prcche d'une -flaque
1e: d'eau e11tre deux mouJa
· ti11s :_de papier à ùne
11) liettë & den1ie du Carnp
là des ennemis. Ce defi.lé •
ix eftoir gardé par ttx vi11gc
c iiij
'

'
·--
1
3'2. '1\.tlationJ \
ho~:imes foûrcnus ·parûx G
c:cn:s a-utres qui oc;cUi- ~,
pote11t des peftcs derri.ere -r1
_cc inême defilé • lequel l
s'ils avoie11t ell la précau ..
· tion de fe recrancl1er , ~
11'~t1roit pft éîlrc- forcê ~
.par ae11x n1i1le 110 lllll'lCS, · 1
~F dét,ache1neçc des cent
.ci~qua11t~ Grenaci·iers clu · I
_J{egimenc des Gardfs .
Fra11çoifes ,. Suiffes. & des
~e11c Drago1is , ell:nn t a· ~
. va11cé, Mr de Clilfo11 ac- 1\
taqua le· dêfi 1~ à la cefle ~


~ e o e


, · ., àt·V'er j& •, ~3
îx· de quarre - vi11.gt · G.rena~..1
u/ .di_dl)s~· feu1e·ment ,,; & s'e1,1:
r~ .{et1s:i.ic tnaifire ;1qu~y-q-uer
lel J~s ~t1nen1is , 6OEer1t t1h
u. ,a_fifçz. .granC:i ferr. II en ttl1a.'
~~1 QUÏtC· ~tt dix., & fi't quel ..
:6 .ques prif 01111iérs. · ., '
~s. , Mot1~eig.neur le .Buc ~
tlt .de · ,Bourgo.gi1~· a prit ' a·
tu .NPrguie-.na -pa:t· M ~ ,d~-Al~
~8 ~grt ,·'Gtu,il n'cftoit·pa's pôf: '
~) fi b le d.e, p.e 11 et r e i· . -a tt·~ t t'al- ·
•· Vôl'S. crlc ~ la J F 0 r"ett·· av·eè·
~- J' t.\rrnée ; pot1r arriv.ér Llttir'·1
',e cette 1 d~s , eh1ie11nis Ji ' rG;e J
• •


' j
1'4 Reldti·ons·
Prince le renvoya ft1r 1
cha1ùp avecf on détach6
me11t & q oatre cens che
'Vaux de plus· pour s' avan ~
. cer le 1011.g de la Forefi
& pour voir fi on p~U
voit aller à eux en n1ar
· ~hant par les bruyeres d
Moock, tJUi eft à l'cxtre
· mité· de ce·crc Foreft d1
·cofré <;le Grave & de Ni J
meguc. Il trouva fur lô
hoit heures du. foir à ttni
lieuë & demie du ca1n1 J
des enne1nis le defilé don:
'

O ni er o de C 1 ura
diverflJ. ~·f
· 1 on vient de parler, qu,tl
l1c fic artaqtter & qu1il prie.
fu Cômme la.. 11uit appro.;
an, cl1oit , i,1 ne j u g·ea pas à
!fi propos de palfer ai1 .. délà_
JU fa11s eftre i11for1né aupa-
1ar ravant des croupes que
d les e1111e11'lis pouvoiént y·
:re avoir ,-ce qui 11'eO:oit pas.
d1 aifé à découvrir ;- car il~ ..
Ni eftoient {ur une hauteur·
le &. luy- dans- le bas.. Il
1ni crut donc devoir atte11-
111 dre jufqu~au lendemail\
>11: >11. à <lecider le parti q_u'il
..
'

j Ô 'R.ilations 1
·devoit, pi:et1dre. c ·epen1
damt ce de6Ié occupé lt1y
. fut tF~S· utile ;rcar: c~Ia luy ~
dôt1a li.et1 de de1tacber Mr c\
le Marqt1is de Silly, Bri. ~
g~d1er de cavalc:rie qu~ é.
toit avec 1 ury, à la cefre 1
de trois ~en·s· chevat1x: 1 ~
pou.r s·' av'at1cer a' l'~ ntreJ e qd
.rl.~ la br-uyere de Mç)o'ck •
. à détacher, ·de1v~t'lt · lt1y ·
Mr le Cl1eva·lier d~ Vil~e- 8
m.é ~è D·ragons dâ11 ~ le 1
~~ f:giri1c1it de Li-ft~110is, 9


o 1 .,,, 1st.er1 êl C..ultui

dive.rfas. 37
111 qui fe~t à Mr d' Aleg.re
JY. d'Aide d~ . _C~tn:p ,, . avec·
.ly une .. tr.ot1.pe pour appr.o~
11 ~l1er , l' Arlné·e ~i1.r1ei,n-:i 6
·i. p~r . Cr~nembourg , c·ê
é• qu'on a~r0it -d.iffic-ile . .!,
[e 11'leL1t pu f ai·r~ fi 1, 0'11 · ~1:~1- 1
:l voit. pas, e:tl:·é Lnaiftr.es de ~
' 1 :~ ce défi.lé , pav~e que l~s 1
.. e11nell1is a-u1=oi.e11t ·pa --yr1
... 14' y. raire paffer u~1 C0rps ,
: &:. nous pre11dr~ pàr 11 ~.s ~
.... . deriricres. Cela.leur 'doa--·
: 1iia u11e telle inquiet'u11.: e ,
,. qu~ils yiareni ç.lellx.. Oll •


'
,,t! ' de Cul,ura

0
38 R'llations
trois fols pc11da11t 1a 'nur l
·recot1n~iftre fi .on les oc 1
-eu poit cou j-0·t1rs,. A ll p·o ·'l
:tit jou"r ~ .Mr.<l'Alegre fu1 i
) .
averry qu 011 ·ne voyo~
plus rie-i1 par-0ifire fur 1:
. l1auteat au d·e là· d-t.i dé6·
lé , & .Y ~fta11·t allé lL1y.
~11ê111e apr-és av·oir fai1
avancer quelques Ca va·
liers 8ç Di·ago11s- f u1· ce tu
hatJt~ur , Ol1 n'y t~ouv~ ,
plus au,,cu1) des en11e111is,
Da11s ce n10111ene Mi
d'Alegre apprit .par M1
• -

. Jh.;·çrft.$. . j·f .
ui1 ·le Cheval~ie.r de .) V.111~
:>c· .tlou·v,el , qu~il l\'e·m.oit de ·
~·~ voir l' Arp:1ée er1111er:mâ;e·:.èn
fui marche qui a·YO>rut .u110
o~ viL1.q;ta·Î~'le de ·tro·tlp·e.s-r·1a1
~, r: 1 ..
11 vai1cees tu·r a . .Bru.yet.o
~6'. .envi1ron à une. pet.ire ~
iy, mi.e lieu,ç du lie:11 ()1Ù Mtt
ài1 ~' Alegr~ !~ft111ir~ l:l .en~
1~· voya (u+ 1ie ,cl1a1ii p· t:n
tt\ da11ner il-Vit$ :.à. Mot1fei't' - '
.y~ gneur. 1-e Duc dç Boun~0,.
.is, gne ~à Mr le Mart!fcbal
~1 de BGçi.fle:rs, ·qu'on .trout.
~1 v~ déja ·~a m~rcl1.e ·.à la
- •
\ •
• •
20 .,,te•lo de cur,ura
••

40 Relationt . \
tefl:è ,., de l' A r1née p0u1 .~
s' avaircer vers luy, & en .. l
meft11e ten.1ps · il i11anda \
à Mr ·de S:illy qui cfl:Di1 ~
à un derny quart de li,euc j
de .l
1
à, de s'ava11ce~ du ~
côte des troupes qui p~- -~
roüfoient, & marcha e11- 11
faire pour I.e Cuivre avec
tout f on décachen1ent. si
Il apperçut bic11-toft les
e1111e1nis , & jugea pac1
l~'ur 1na11·oeuvre qu'ils avoie11t
delfein de {e retii ·~1
rer , ce qui luy don11a. .fq
• • •

· di'Verjè1. :~t
iut -lieu· de 1narcl1e-r. à ct1x:
en. an gra11 li trop.. l ls p-rir~ l!t
da }e part.y de fe retirer de
)Ü tnefn1-e au gros- de leur
uë rAf.111,ée, & il les t·roava à
iu u111€ g1:a·ndie cl eLnie -l ieu1ë
~- de là daA-s .la. ~.,la-i11-c~, a-yat1't
11· la tefte to·urt1 t e du- côt·é
~c de Gra.ve~- · Mr d.'AlegFe·
t.1 s·' e n a'p·pr0c l:'i a. ''a .u t:i u_] e m y
~s q.uar-t d~ l'i'eu'ë p-ré'S, a ya111t
1
lC qiuelqu.es· geA·S·Ôcvant l1uy
l· dtétache;z po.u J: e.fca'..rn1oui-
·~I1er & les àmu1f.er. ll prît
a ..fuü1 rd,e ·[~ pla-eJtt. fu.r dés. '
Juin I]Ol.. 11. P. D

• • 4.'?; - lJ..cla:tio.ns
;ha-uteu.rs Qtl ils 1,_e -pn311.
4V1oi1~ ~1.t Y (@ i.r oe ~q1ud !è ~pat
.,,f0 -i·Ç;ç i€ r {)~ t:j: l tl r ,.&t>cl{l>t1 ~ l l
' . 1 A . I •
~Vi~ yo.tt t ClU:t e .e u:r: n;'t··mto
"l J '1 • I ~ll 5 if!, -a.r,-gJ•t, & e.t~Jl': d l•t 1Jr10 I \
'.&f lion t !, . ·&_ t ii 1}:-t· :~r C!eit& ·
4r~ l~ èr1i1t1 em.is1 r.Clt foJ,
''·igr'a-n~.t~fpelt,.pa·rçe q~'·û .
{Rr@}!~iPnt .. que. rç:.ieft,_oit J
, ~~Pft~ dti iJt">~fi::.r:e· 4·~mét·
·~~~a, ay~n:t d~J1.,,é ;avu
"'\MPJJ(e,i,~ne~i -le DuiC id
j ~ ~ l;fr grpg1il 6 4 -çe lRril1<
·~\}f. : ~~111~ri Mr ·le .rn~ -
~t; .~ i~~ ~V. -'C. ~- ~ '-
• J . - •
• -
"'011 Mir 1:,:;terld ue Cultur<.1 ,
r di·verfès; -43
~t1· .gime11c de Dra.go111 . &:
ah ious le"S.Carabini~rs p.ou·r
n.1 le,foute11ir' e11 cad que les
éo ènnemis· euf(ent marché ·
~1 ~ luy, & do11na. · fes or-.
. nt11 ·-Ores p0Jt1r .faire 1narcher·
:)[ toute 1'~·rtnée avec ,rlus~
.'ü ·<le ·diligei1C€.Les et11:i~tl\ÎS
~l ayant bien jμgé qu'.e Mr
f~ -el' Alegre nef~ feroic-point. -
i~ . ~ppropht ·fi prés d~eu~
~ · ~'il n?<?ft-0in ~f oivi, d·e. tôul'
-te~ Plc:gs .rr-6t1pcs, .. au. lie-u:
>u ,.de lveJ.II!rr- l'âttaqu1!I· , ~if~
"1?.0~t.c11.11 loor ~ mat-efiie
. '
JD• ÎJ·, '


1 ~ 1.,,teno drë Cultur11 /

44 Re!atinot -
pour fe retirer cla c~t
de N it11eg ue qt1 i c·froi
, derriere eux, palice qu,e1 , .
con t Îrn.u aL1 t le wr (n a.rch1
du côté d.e Grave , il ~
·efl:oie11t L1ans Je riCqt1e ·d
•. perrdre lettr Arrnée. M
:.le D11;.1c de Gui<::he en :
· voya <lire à Mo11.l~igfteU
·le Dt.1c de BourgogG
:q.ue les enne1nis paroi(
..foi.e11:t da11s la plai11~. ~
icette 11oi1.velle ce Pri11c1
.. ordonna à l' ârtillei;ie d'a
1 -:Yanc~er en toute diligea
l a ~



1 JitVt:r(i.r. , ·4Jf
":.'1 ~1 E' e•7 , & a' 1li' I11cr at1rer1..' e1 ' d
, • c:
oi prefl1èr fa t11-ar.che• & p.à·v-
, eJ tit a a · ga ~op pou i." .J.o.in-· _
;h d'1"e .M r le D·u-c d;e ·G ni~
_il tl1e , fans qu»Oll .pÛt le
d 1Jetet-1i~. 1'.l ~ ne fil't · pas
M , 111ai!l:re de· trouver à iO.rt
:il ~.arfiv;~·e t;e qu'il~ fonha~ ~ ,
!~ toir ,. &' on' luy retllOJl\ t'r·a
;ni qu'il faloit att:end-re ,l' lt1·-
fif fanterie. Les en·11elnis
~ pe'11 daJAt ~e ' temps· - ~ ,,
IC( ga-gi1ere11~· fOUjoU·fS ' àu
:'~ lerrai:n> totit · en· bo-tt or;.!
:n:. - dr~ . po.ut.. fe ~efugier à!.
· Nimeg_ue·.. . -


4~ Re111tion.r J
, Ce .d1étail eftant tire J
de pluûeurs Lectre~ écr\. ~
tes par des 0 ffi.ciers Ge·
nerau~ .1ncfmes ~ ne pe.ut
cftre qu~ tr~s-vçrita_ble i
mais quoy-qu'1l .n'y ai1
tien de faux , il Jl~
s'enfuit: pas q u·'il 11~y ait
rien d~oublié , c'Çfr ce
qtUi .in'oblige d,~jo;utet
içy l~ar.t:icle .f ui.v.~11 r.. 11
cft auffi tiré· ~ la .ReJ~,
~ion 4' \.lU <Wft ~rio-çjp~us
Oflic.ier:s '<J~ l' Ar.mé~. r~y
crû ~e jp 1iev;Ois icettc
o•J .Wt;, ••• •

diverfl!;. 41·
ir~ e:dJition. à la gloii:e· de·
:,r i. .ceu~· qui. y (-et1t- nornr-:-
:ie· .mez ..

!.Ut .
le; .M·,r . ~' Al.egr:e dé'cac.~
• aH .d'eux Pàr-cis f P'US le coi~
Jl~ mandeme11t de Mr des.
' aJ~ Jlo?iie:rs, Lieutenant C:o-
·'c la>11cl des Drag-ons ,.& un.
:et ;Ex;emrt~ des Ga.rd.es· du.
Il .COrps,pour reeonnoiftre·
~' Jes pafftt~~~ d~ns- ~a .f,o...
~~ -reft de· Oleve:s'" Le Sa;..
ay JJl~dy il~· ~J.;1: tnatin, ·Mt
té Je ~r~phAJ. de Bouflers .

• •'
!48 " RElttrions 1
r&. Mr le Duc--du MraÎ1\!
"SÎavëN1c:er~1:ir avec ti1;i ·âe, 1
racl1.e111e11t <.le Ca.ra-hi 1
niers jufq11'à Keifel au 1
.~e ià de ta N i:ers. i.''A r. 1
-mé_e qui. les av.·oi·t fuivll · I
~cibo1t den1el.1tée ~tl h1alte1 J
.fur ce que rappor1:ere11t I
Jcs Par.tiis q:ui a..vo4·e11·t efl:é 1
fort prés dtt Q:a:i11p des I
cnr1c1ni:s , domt l'Exemt .des ·Gard~s d·u Corps -po.uffi une Gard~ ·' &
Mr die' Roziers prit que~- 'l u~s ~Ia r a.u d c u rs-. M·o fr.i . , he.U! '

· divtrjè"S. '49
.î111 fieur 1e Marefchal prit le
de party d.'aller à eux &
rbi de faire avancer l' A·rn1ée.
au Mr d, Alegre s' ava11ça a.:.
\ r. vec fon détache1ne11r à
v~i . la tefte de tout. On luy
r~ dont1a encore deux cens
:nt Carabiniers & ·deux ce11s
• fié MaiO:res. U11e partie du
~es décache1ne11t d' lnfa11rent
rie re11tra dans leurs Rep4
g i 111e11 s , & i 1 11 c 1t1 y r ef t a
& que celuy de la Brigade
~1r. des Garde~ d'environ c·e11c
~ hotntnes. L' A~r1nte deJ.
1" Juin 176'L. 11. P. . E ....
. '


~----~~ '


'jo Rel~tion
met1r.a à Norgi11a. Les e11 ..
!1emis ay?-J1t efié c.l1affe1 ,
par. Mr d' Alegre d't11.\
~elle qti:ils avoieJJ·~, fe rèi. 1
ç1reret1t a u11 autr.e un peu
plus éloig11é. lis gardeten.
c leurs pofi:es tau-tel~
~1,-ll.Ït ! q·.Ùoy qt1' ils 11'.e1uf.
fc::nt ·plus 11y poudre 11x
balles. Mr d' Alegre dé.
t~cl1a Mr de Silly , qoi
efi:oit Bt.i,gadie·r dç _Cava,
lerie dét·ach~ ave~ 1.uy,
-accon1pagné de crois cens
cll-evaiu~ .pour aller f11r .la
• •





~ · -· 7ai'ile;pj. ~ j~
~., Bruy~r~ ~~e .Moo:€~ .,'rej.
cz tëot111oifbre le~. pa·OEàscs, ~
11.~ .pour 1LV~ir cles .,1:iou.veilêsi· .
e1. ,d « ~s . ei1n~rn 1.. :s. A 1) a ,pd:. t"'·.rLJQ't. l~!;
~u iJ.u jol1lr M.r de Si11y ën.. . !
e. voya dir~ qù'ils· efroie11.~
l~ .déeat111pez, & qu~ils 111·irtG
c11oie1l1t. Mi· d'·Alegre· en
ir, -do~1~1~ '<lVis à Mrle 1Ma1-:ef~
é. -clia'l & ·fic i11ii·c.·her foi ' .
ui <}éta~~hen:1er1t p7ol!tr·les fù'Îl
a, vre,; Mr de Sillv s·ellioif
. ' " 1
r ) .ava11oé ·\i~ers eux. 1011 pa«:.
l~ '.fa .un. ·défilé·, ap1:.és le·qùèll
la QJl tr:ouva pllifieùrs l1a~
.E ·ij

• , 1$ 10 de C_μltura
'
Ji- ~elatio.ns;
teur,s & ·ravins ~ue i•on
pa!fa au galop & e11 ba~
. ·c~ill~. Toute la Cavale1
r te eiloic at11fi e11 ba.ta1l.
le .à plus .. d'u11e gr~nd~
lic:ù~ de Ni megue , fai.
fant une cfpece de po .
.te11.ce vers une hat1c eur
qui .eO:oit ·au flanc di·oit
de noilre Arn1ée, & dont .•
i1 paroiifoit qu'ils avaient
delfei11 de s' e{1:iparer. L~
P aïs eftoit furt <:OU 'lerr,
. . ·& o·n n'e voyoi·r p·a·s 1leur j
In. fan.. terie quj avoit ~ou·


e u
1 ' • ·. àiver(eJ~ ji
:>n j-ours marcl1é. Ü·n €on,
a. nué bien - toit leur ~ef~1
~] {ein ~ pt1if qu'ils Ce re1n.i:.i
1
· rcnc e11 colo1111e ·de· n1a ..
de. n·iere à ·pouvoir fe metï
;tt. rre e11 ~araille , & ga~
0· gi1oie1:)t che1nit1 · vers Ni-.
~·r i11egue ; Mr le Duc de
>Jt Gt1iche & Mr le· Che-.,
nt vali c:r clu Rofel ame11ent
1·e11t , , 1es Carabi11 iers~
w~ &; detJX R egitn et1 s .de'
·r, V Dr~go 11 s , l't1n defqucls
ur efio1t le Mefl:re <.te Camr
u• Ge11eral. Mr d' Alegre
I ' E iij
• ••


1·t · c:R.,elatipnsàveG
ces troupes.-" & aveG
fo11 détachetne11t fuivit
toqjours les e11nemis qui J
~o 11 tin u·oie11 t <.-le f e reti .

.1. ·e-r et1 fort bo11 ordre,
Mr le Duc du. Mai11~
arriva avec la Cavalerie
. ~e la gauche de la pre·
n1iere lig11e qai avait· fait
l'avant - garde. Cet.te. li·


. g11e a ya11t 111arcl1é par la j
gaucl1e com111e elle s'e· toit ca1np·ée , la Maifon
dt1 Roy i1e tnarcha qu'a·
prés l~lr1fa11teri.e. La fc~

1s' o ~ua
• , diverfls. 5 $
ec conde Jig,ne avoir mar ..

11' ché de ·1nef1r1è ;. n1ais p11 .
• 1ll lit d'ot\ b}er la Ca valeriè
• :t. de · 1a droite , qui ayant
~' paffé l~lnfa11terie, arriva.
·~e pref qt1e au ffi-toft c.1ue la· ·
1e Cavalerie de l·a gauche;·
~· la Maifo11 du Roy··& la
ut Cavalerie de la d1~o ite de
li. la pren1iere ligne 11'ayant
~a pas . fait ce mo'tl ve111ent
e· au ffi _t o 8: , 11 e pure t1 t ~ r-
>ll i·i ver q Lle long - tetn ps
~· aprés.
e- Il ne 1ne re~e plus à

E iiij
• •



J·~ ~lationJ
votl'i parler qt1e d·e !C~ qui
s'~ft palfé l'or1zié111e_Juin1
];·at1ro is piu ,c0tnpo.fer·ut10
Relatio11 fur les douze
• • qt1e 1e vous envoye; mau
· le f uccés de la Journée
.cle Cre1no11e qtii, en con~
teno·it pl-u!ieurs, tn'a· fail
rel11arquer qt1e 1a 4iver·
fi té des R elati.ons. fur un • •
·1nefi.11e fu j.et fait bçau.~
coup d.e i-1l:i. i Gr à ceux
qui ~im.eot les. 11ouvel.
l'es. 011 peut e11 do11n er
plu!iet1r.s raifo11s. Une

'



---~~

dirvtr'(e .t: · , 5~
u{ Rc:1atio11· u11jq u·e ,. . ql1oj(
11, que tirée de q~a11rité
1C d'autres ne paro-Îlt a Vot(
ze cité faire q~e par tll'lë
lÜ feule perfon11e , & il
ée fe1nble qu,on n'y voit
11· poi11t côrn1ne e11 plu ....
tir fieurs differe11tes. R~la ..
• :r. t1ons, ce que coute une
Jn Arn1ée pe11fe d~ut1e 'ac~
U· rion. Celle. do11t il. s"agic
JX n'efl:a11t pas ·longue, pat ..
:!. ce que je. vie11s de vous
er C'11 do1111 er ·u11 e , fui vie
ne de ce ·qui s'efl: pa!Té les

• - •

• •


1
1
,.s~ Relations 1
deux: jours qL1i l'ont pre~ ·~
c~dé·e , doit avoir qtrel. j
q·~e chofe _.de f lL s_. vi~. \
C eft ce qui- 111 ob1'1ge ~ 1
v-ous en do11ner plufienrs, \
f1.ar .tout , pa1·ce. que la 1
plûpart ·de' celles qμ~ je \
vous envoy.e ont t1n. cer· 1
... taÎtl fel qui 11e pruc tn a11~ 1
quer de plaire. Cela vi·et1r \
Ele ee q u~il efl: it1oü i : 1
q ll 1u11e A rL11-ée a.uift for cd q,u.e celle cl.ont elle e-ff, poutf u'ivie a-it. pris la ft1i- te, & (e foit lai:lfé bcrtt re . . • •
• • o e ut t •
di~erfs. '59
i. fo us les· rem.p·at•ts d'u11.6· . Flace fort e.. J·e n'aura.i s
: p~ vous 111arquer cela
r qu'Ui1e fois, fi je 11e voùs.
; a·vo1.s do nn~I qu' tlne R e ....
l~tion ,. au lieu que vous.
. le verrez differe1n Lne11t
&. agreablen1ent tourné
! d~11s la plûpart des. Re.
latjon.s .q.t1e j.e vous enr;
voye q:ui 011t prefque.
toures de certaÎL'lS· bril-·
1 la11s , & des faits di+f ei;
e m111e 11 t exptiquez qt1e.
da11s u11e feule Relatio11,, .




• •
. . ]
.. , .• 1
6p R1e attons 1
je n'aurois pu vous faire j
enter1dre qu~ a'une. feu.
le· 1na11iere •. D'ailleurs,·
' I • ceux qt11 ont ecr1c ces 1
R'elat,,io11s 11e fero11t. peur. )
1 ·efire pas · fâcl.1 ez que le ~
Fublic aie -le plaiG.r d~ les. ~
voir. Les voi.cy .. Je 11e ~
n1ectray rien encre cha. j
ct111e,,, afi11 de vous . lailfe ~
la iioerté de faire vo~
rcflexion·s •.
.... • (



0
' .
• •


. " .
, . • •

·diruerfès. f6r
• ...
1 T o s T "que /4 tef!e dt
nQS 1roupes fa~ à po~têe._,.
~ nu'il 'Y eut feulement quel-
7. d I ~· ! '!"e bat11.iOon 'arri-ve , Monfaigneu1
le <])uc de B ourg~g11e
ordonna, qu'on fuivit t· Armée
ennemie alJeç • un peu f IUJ de
tvivaciré, .ce qui fat e xecut'é' en
/otte qu'elle fat pouJ!!e !.$plu:.
fieurs de. leurs troupts culbuterz
;ufque far le gL.iciJ de Ni.
megut, a"(Jer: bea!leoup d'aûdace
~ de f'{)a/eur ile la part '4et
'troupe$ du Roy. L' Infanterie
~ l'artiUerie efiant enfaite artz..,
ées ,. Monjèigrzeur Je Duc dl
• •

• •

~i Relations
Bourgogne le1 fit approcbe11; '·
('t) fit cannoney @f- harceftt p
l'ennPmypar l'Jnfanttrie d'u.
n~ 'manier.e Ji "Vil?e} qu'i/1 fit; e
rent obligrz de fè jetter dam '
,/e oherri·in ~ou-vert e:J danJ lei ~
fojfez.. de Nimegue t§ de pajfi1 ·f
en fuyant au t~al!ers de li
Pille. No.UJ ar.vo,tz~ ,p-erl/41 dM o
monde pa+- le. canon de la VJOt,
dont .Je /tu fa! rvtf. op· ,n1
cruit pas pourtant que · éela ai01
~ plm de qf1.arjlnte ou cinquanu
hommes de- trie~, (f!f quatn,
ttJzngt blejfez.. On tient 9ue li
pette des en.nemil mont'C à plld
de dou'Z.! cens ·hommes. · v.
~


s o eClu

JirrJerfès. ,f;3
'/' De(èrteur 4 di! , .qu'il y a t,.
[~ particufterement quatre Regi ..
u. mens de leur Ca111.1rlerte .prefque
ql e11tierç111ent défai1s par ,~oflie
itt; &l•ll~n. On ieur a. ·fait 1,,nrozran
{tJ cent prifanniers, p.lrmy leflJue/1
ft1 fft un Lieuttnant Colonel d1
/~ Carvalerze (5 quelques Ojjicie.rs.,
lh ~uwe up .€t~naa1 t que le R~gi- .
711 ment dt Du1' tU, ~ont le Colo-
111 ne! s'e{l fart dtfltYJgt~é leur 4
'.Dt prit, on leur a .pris trois cens
itt cb1&riot1 d4rtillerie fi) de b~ga"
e· ges, & plas de mtite cherr;a,ux ..
t~ .F.nfin 'quoy qu'il n'ait pr.u ef.lé
,
114 poffible de battre cette Armée,
~· parce qu'elle s.'eft toujours reti:



c

·,~ 'R_elation.r
rie en pletne· ba'taiUe, EUe 1 1fié tout à fait mal menée, ~ d
on ne èroit fdl q~'t! y' ait .d.11.
'Xtmple qu'une ../ 11m ét entie~ ~
IZit ~fle pou'iJée ·ju/que far h à!
' tonttifca1pe d·u,ie JJ J14ce; qu' eU1 ~
JI ait 1.flé ·a1taqu fe de manier( l
à la forcer à fi j etter aans jeJ
fo[fèz fJ dans ·les chemins !ou.
'Verts , ne f>OU<rJ.Jint plut tetJJI d
c~ntre la mouf queterif · et. /1
canon qui Luy eftuit oppo1t 11
A peine [•Armée âe Mon}~~ ~
gneur le ~uc de Boui g ignt
eflott · eLI e au!J! farte que Cti/1
de Mr d' Alhlone , ne s·tftatri
pointflrrv1 dù 6'otps de troupe;



1
..... 1 -
• " ·di.V.erfis~ ~ f
ù de Mr le ~,, 1~,te de Talldrd ·qu.~·
't, "ni rft.)it a Cu.lc4r, ny de C;ttlf1·
'ri de Mr .de ·ca.ra111ant qui e(io~1· ·
li à Vr'Z\,,e, 9ut1 e. trois b:.1tttillonr.,
Ûi fi deùx efladr1Jns qu'on at'{)oft·
~,,· latffi'Z... flOUr l'ifèorte. .de·s·· b1&,._,,- ·
~ g:i,ges. ·
1u. Enfin nom a.rriw/1nz-es ~ là·
~;/ demi portée du. caï'Jon des. enne- ·
Ji 111is11.. . zti eftoient' tous en: bata·rlle~.
se. Jls ar'{)oieni pofté toute leur c~~
'~ rp,al~rie.(u,r Le gl.J.cis de Nîmegue ><
rm ~ leur tnfa-nte ~ Îe tDUt· atJpris;;'
'1]1 du · cb~n1jn cou:<vert. Auf!i~tojf/"
im 'U!e 111J.ets fi2mes arrirvez, ils noufDtl
foluerent ,.de ~(}ute [pur ba.tterié~
• "" t • qui ne nous ftt pas grand mal~:·
zuin 17oz. ! 1. P.. i;~



'~- c:t rlQ de Cultura
'
••




6·6 Relations·
Noj/re · artillerie n'arri"P.tt qt.l8
prés d'une demi heure aprés,
] A . ' .\ q..ue la 1.e·ur eu,t .commence a nou~
ba.tt1't , ft) nous efiions en pte·
fance à on~e heu,res du matin,
Jil!!,and noftre canon fa& arri~l
no/ire feu fat fort foperieur au
li~r. Il· n'y. av.oit. piis· 11n deleurt
efcadrons, qui pût demtu.
r (ir un rtJomen,t formf;. Nous fo
mes des dftacb.emens de nos ha.
tazllonr de quatre hommes par . . ,,.
<Eompagn1e , &: puts apre·s un·
autre encore de quatre , ce qui
fit huit hommeî par Compagnie,
qui firent trois ou quatre dé.
chArges far /eur1 efladron1 .à. l~


dîverjès. 67
portée du piffelet. Ils fe retire-·
11nt at1Ji to{i que nos decha1ges
.for~nt faites f.:1 rervinrent fi' .
repreflnter de fort bonne grac~ •
pour elfayer nos décharges .. qui.·
/iur 0J1t tué beaucoup de monde. •
.Leur dejfain eftoit d'attire1 tou.:..
te. noftre i1~ntcrie , f5 noftre
caq;aLerie pour nous faire if-.
f uy.er le fe-u. de leur infanterie
qui s' efloit jet.tée dans le clie-
1 min couvert, (i.tofl qut nos bat,.
' . .
l rertes a.fC/otent commence a tirer.
! Jls nous auroient certain1ment
ru~ beaucoup de monde à q:ay
on ne fittgea.· pas à propos ~e
t:exp.oflr. De tout le R.Egimen1.
~ iJ. . •
68 Relati(Jn s
du Roy·, il n'y eut le qt1atrilnït
b.itaillon qiii Jôujfrit Le plus du
ca..non. Nous . demeurdm·es en
biltaille en'V'iron une· heure fJ
dtn1ie cxp(Jj'iz.., à la batterie qui
nous tua beaucot'P de Soldats,
mais pa&"Un fiu! Ojfitier. R
paffi. entrautres. un boulet·, ~n·
ire Mr Marais es mqy., qui tua
trois Soldats immédiate1nerit
dfrriere nous & qui ne nouî
fic aucun mal.
Monfieur, le Duc du Maine
·1ftan[ à la gauche, & Monfii~
g~eur le Duc de Bourgogne à J4
droite, firent charger les trouJ
pts , qui pêle.· mi.le entroien~

1 ode c ..
1
diver(es: 6~1
tL.ns ld ViUe., ~ noflye · artillerie
dont on ·n,it en trts·ptù•
de temps trente piece-s en bat.-\
utie ·en a tué plJIJ de mille~~
a(os tJ'oupes fembloient rvou.·
loit prendr.e la ·Ville d'ajfauttan.
t el/e-S marquoien.t , de rva.leur.
Jdmaû aftion n'a efté fo
rvigoureufa · ny, fi hardie. Les
faldats ont. fi1,it. beaucoup· de butin
, \ @} Mr 'le Comte de-
DuraJ a pris un €tendart pré~
Je la C(}ntre-efèarpe. '
Noflre Inf'ant~ie eftant' a.r.i.
riwée à une lieuë. &. demie d-e-, • fl(imegue , marcha en bataille·
~tant q.ue. Le te.rrain /1 pou:.·



10 Rela·tions
' 'VOÎt permet~re; elle arrirva a l
onrze heitres far le glaciJ dt j
oet_te Ville. No(tre· armée fi -mit far deux lignes , noft11 j
Cava;/erie far /,5, a1Les. Toutt
leur Infanter~e is'.efloit retirée j
dam le cheniin courvert. Leur
Ca:val"erie for.nioit plufieurs éJ..
cadrons , (5 faifoit bon.ne con.
tenance dervant leurs palflfa·
des. - On établit deux batttries.1
de canon > une de dou'Z,,! et) une
de dix devant noftre R't-giment
qaj .foifoit le ctntre. On en
établit un( autre beaucoup plus • for L~ gauche. Ils furent fort•
inco111modt~ d~ nofire. cano1JJ


011 ~' 1ster o de ultura •


'
·diveefes. · 7 t i
fJl4Î fat bien {tr-vi. NGUI '1'oyiont"J
tout mement leurs efcadt oni•
Ji rompre· @}- fa rallier· plu-.
Jieurs fair. O·n .p1·it· un dit~!.
chr111ent de Grenadiers eJ de·
Fujiliers pour les aller ejéarmoucher
.. Ils elfuyerent U·~ dJ. '
cJ34rge de. Carabiniers fi fl
r-etirerent aufi t.oft~ La oanonadr,
a duré 4epuis on~e heurer ,
jufqu' à deux.. Le combat finit
fautt dt Combattans. 1 ls fi
rttirerent à une he"rè (J nous
m fifmes· "1Utant à deux-. Nom·
no114· mifm.es hors Je ./a portée
du. &4nofJ , @f nom coucha}me$
"" BiortJac~.NOHJ parti.fines hier.-
• •
1 ura
• 1

1
1
• 1
fi'L . B.etations- 1q
à. huit, heur.es pour rvef:lir cou• -'I
cber ·dans le Camp qu'ils occu . .
p aient arvant nou.r~ Il a part~ ~
f grt 11ou'}J.eau de mener, c~mme ~
otz a fait foixante ejèadrons ft). ~
ruingt·Jèpt bataillons 11t fourche· r\
af1 derriere far unè co11trefcarpe1 gi
@f de. dcmeur.er trois he14res en
ba,taille à la demy portée du ca. i
n.on dune Ville ,. ~ d~fJbliger 1
taus les ennemis à. fe. cacher .,1
camme des mal-heurerJ.x~ Aujft ,\
Monftigneur le Duc dt Bour. ·~
gqgne les a.-t'il traité'Z 11.rvec un •. ~
mfpris infi1Jy. lis arvoient laijfé tr~nte ou trente cinq ~~ariots
atti/iciels que not's nommons deJ1
ch.ariots


Jlv,er(e1. 7t
'ChJrr~tteJ co'mpo~ées , , {tir une
'· ·éleiv"tton pr é1 de N imege, qui
:. fouterent en l'air., f"!ZtiiS' dont pêr-
11 fonne.,/a tfté la dupe. Qn leur a
!t prù ce ma1i11 dans leur m4,rche.,
'-) deux cfns <.:hariocs -bien diffe
·e· rens de ceux-là; ils rftortr,Jt chaire
· gez. de routes J ortes de m11nJ1 ions;
IJ
1
· Vqy1ue les Ennem~ fuf
r r·rit pojlez. (otM leur pla-
~ -<e , Leiu n·e111pecha ftU de les 31
z cb,ir~~er,. Les I'roupes d.e M.
• d' 111(,gre q!;if1t'llt(lienc uni· è{pece
.2,, <ie premicre Ligne·, C:Jmmencer<'nt
11 ' fcs efc.irrriouchel", & les t 1 nir
J, h rt pres , ce qui donna p.'M de
~1 J11in 17oz.. G

'
1 u a
'
:; 4 -R~la1i·~ns ...
;fdcilité à M-.de if4ontré'7Jela~.~ 1 :fa Ligne .de les cha.rgcr.. Il y-r!
~'abord quelq~l'S Efcadr-0ns 4 ·
leurs q.ui fe frefe'nterent .de bon~
_ .,graceàL'a8,ion;, mais cel>a n'en/
péc.ha p?U ~ile fa rvigueur des ni
-Jres ne les poufât 1ufque fur ./
[o~tre(èa ·:Pe. Cof{!me '()~' ord
. gnoi.t qu"zls n'e ~Jfen t .un gr~s coq
_ tJ.'lnjanterie d< rri'f~e,.le1tr Ljgrie·i
Carvalerie, 1!1. le ,Mar!/cha( !
rvit nbligé de J'l'Jodere~ l~ aJ"d eu1 i
. 'nos T roupes , @7 a." att:fnd~ e !
, M aifan du ·R.oy ·& le refte'4
·. .noftre aîle gea~che , ·~onl M qi
fleur le D1Jc du i14 t:tine a1ïoit ·
·c.ommar;dc.ment , joir11 au gra~
• -
_011 "A t'lsterto de Cultura '
• •
.'âiverfe:r. · . . -'~
"UA 1cfitmin qu*il a'Voit à Jttire pour le-t
e~ 4pprocher. ·Tout c-ela enf mb'te
~ . 'nou.J':S'tà è a~.a'n t~e q-uenous po}tn~
'VionJ preridr( fur fa.mr.inier:e-dont
~m ~ ~ ils s, effoirnt poftez. , (;r l.· on, doi't
nt ~croire 1itie Ji tot1tès ' nos Tr~upe$
r 1 a'vvi'nt eftt poflée.s , cett~ a[fion
r41 ~UroÏt/U J.e (uccés du mondt fe pf us
)1 /9e~rtf1X JamaÎ5 apparetlCe rde
el Comba·t ne mon·tra.un1 plus belle
~j1 ' i'rhag.e., ni .uti plus beaufpeêfàclc
· de guerre .. Tous les mou'\Jemens
e 1 qué'les Enr1em~ (.iJ' r1ous , 4<-von;
e'l.f.' • d ~ . . J
1
atfJS , n ont paJ ·Onne n1ozns qe
r n/, (,, . d l . r d• a .rt •
1
.t 1 u~et e p az;rt que trJ.fJ., ·u,·c..ian
:tr, , .aux ,~ens du m~~:er. .. '
à Noflt·e lnf a·nterJe -eftant enfin
G ij,
'
t~ ode Cultu·a
,
7l, Rel11tio1iJ
ttrriroée, on marchad euxdéter•
.1ninément, & !•on refo!ut d'arta·
9ue.r tout ce 1ui faroit hors .de id
.portée du feu de la Place; m~~
.dés· 1u'1ls apperçurem ·noflre ln·
fdnterie ,.ils Je fer1erent Ji fort fa1
lt (jlacis ,, qu.il n)' eut pa-s moyen
de les pouvair ctborder Jans bea11·
coup de pet•te. c·eftce quiobizge~
M. le M.are(chal de rttenir L'em
pre!Jèmmt des Trotipes, dont l'a·
bord eft.oit d'une fi belle efperancei
fans la raifon .d'un fi gr~ri-d rljqu1
-(t} fi app.arent , y 1! eft -vraY"
femblable , que nous ai1rions rem·
porté un plus g1 an.d. avantage(~
eux: Celan1em11êeha p~J1!.on·
jeigneur le Duc de c.Buurgogne dt

- · J!ver(es-. 77 ·
·~ faire deta1:h·er cinqu.intc Fitfilitrr·
'a· /'"' Btttrazllon, de tous les Regi-
'4 mens, de z~ ga~c he d'C la prt·mzere
ia~ L1gY1e, qui s" a'Vancerent ~la por-,
(~. tée d11 piftolet de Leurs 'Dragon;
foi ({/;" de leur C'av ttlerie , .& qui
1ea pdr les décl1arges qu· ils firent Leur
4ff· tuerent .un gr.11nd· nombre a'hom~
;e' 111es & tle chevaux.
·n1· - .l es: Pelotons d'etachez de !tt
'111 'brigade du Roy, <JUi con1rrrence-
1ce, rtnr L'efoarmouche , incommodequ1
'fient exrrememen·r leurs Tror1pes
i>i. qui e1101ent for le glacis de la P orre
m· de Cle-ves ,-@ leur tuerent 'lue~fu!
ques OflcierJ de rnarque. Le·Ca:..·
!ln· tlP/1.-l}!i e.florP dans le centfe de
d1 G .. iij 1 , --
1


.,.S Relations
l"lnf4ntcri:e ':fit ~rttnd 4efardre) J
leur [avalerie par Les boule is, 1#i
donnant d<Jns les ~/cadrons, a/-..
/oient les eclJiner dans les .Contre,
efc~rpes où eftoit refugiée touit
leur lnjanterzr. Ce feu de canon
r:ommença à midy ,,@f fir,zt à deu~
J1rures cr dcm;e. O~, a appriJ
5u'1ls ont perdu 1111lle ou douz.t
cens hornmrs ., beauCf?Uf de che~
. ' 1'aux & au moins deux cem
CharifJts dè l~ur Antit.lfr1e a\>tc
leurs munitions. Not4s a1·0111 1
perdu au pl1-1s cetJt hommes, (J
tnî.Jiron cinquante che'V.aux. Dd~I
' que.fq uc .mouvement que no/tre
~a."Valerie & noftre lnfanteJlt
~
' , '

M :.tèr o de ultura

· dirverf s~ 79 ·.J je {oient portter , {;.1it e'n ttppra- ~; chant JU en charg«ant /'Ennemi •. :·f.i T oure ,.. .d.rm'e eae1' e,r a'Vt.e de iv..iz.i • !'1 Mon(eign'r'r le 'Duç ~e 'Bo~rgo,.., I~ !!1r fa f orter par tout en dQnnanf Dn /es Ordres,. r:tJ montri1nt la con- ':< tendnce d~un hornm~ accoutumé à • YlJ )oir d~s affions. Jl rie faut pttô ~t ab11ter qi1e celle- cy n"aJt caufé· c,. be.1ucoup 1/e dof!Jm·a~e (;r birn d'fl 1
1
n1 la honte à leur~ l-1.;,utes-'Tu1f!ttn~ 1
•f( cer 1 J pui(tj_ue·Je puis a'V,1nccr 1ue 1
t1/ re que let Sold,tts ont pitié aux. 1 1 y UJ'VJr?ni de N1megue , monte à 1
1 NI ['lus de ci,=tcpcens mtLlr ec:us ; ~ il 1
re 1 paro1flfort extraordinaire, qu-'un~ 1
fi( 41n,J.e plus. forte en. Ca11alerie, 1 1
G iiij 1
1
1
1
• 1
• 1
0 (' ultura 1

1
So R'ff!ations·
4'~tll\ t'roir ou quatre Batallloni
moirJs q·ue .nour ; fe /oit !ai[Sé con. 1
trai'fldre à rentr• r dans N imegur 1
a'1)ec tant de hauteuY On at taqu4, 1
les Ennemis en)Jiron fur les onze l
b:eures ,.cr tout eftott fini à troir, 1
l l
Oftre 1 nfanterie eftant 1
·. . arri 1Jte , Monf eigneur le J
Duc de Bourgogne fic faire un dé ... 1
tacbement à cinq,uante yu~lze'ls ~
par Bataillon 4es Regimens 9ui s~a)).arJcerent à la portée du pifloleti de Leurs Dragons & de leur Ga· v ale rie , f:t} q.ui les chargerent, 1uoyque fur le Glacis, er leur l}I e.rent un gr and .nombr~ a, hom",· e
dlver(és. 8! 111 mts & de c/9evaux. LA Br"igade
'J. du Roy-@! du Regimentdes Gar- '.If th.1, donne-1 ent a.u!Ji du côte de la ~4 Porte de [leve5 , @;r leur tuerent \ "t> pareillement be"u.coup de monde ..
." Le canpn, eflo1t dan-s le centre de !f,
/•Infanterie, 11 fit un rrer-grand 'it diford re ddns léur Ca1Jaler1e-pa1'
le lés boulets,<Jui donnant clans leurs .•., E(cadron; alloie-nt en échiquie1"> 1
'! dan.r les <;omre{carpes où étolt refu~ 1
• f}ee toute leur l.nfan!erie. Mon: l lt
•t fligneur le Duc de Bourgogne fe· 1 .. mit à la tefte de 1"1M di/on duR.oy
1
(!14 marcha par la droite, mais les. l Ennemis ne 'Voulurent· point l,at-
t~nd~e ,_(;)"fa·r etirerenr._JL ny 4, 1
1
1
• 1
1
1


qtte le C~riorJ des Ennc 1t1!s, qui dit
~fé i'attaq~er, &qui en a empor.
te'trois & bJ~[Sé quinze ou .fèiz.e
#[eZ.,prés de ce Prince :VJ1ai1ce
qμi rfl inf ame aux Ennemis ,.c'eft
1ue le~rs E{cadrons {urpaffoient
l
en nombre lrs noJl~es , (!)' que
noftre 1 r1
4aT.tlr:e n" ejloi·t fup crleu- I
re ~la J,ur; 1ue,. de deu~ o.u trois
1iataillons. ]Js ont pertJu on\ e 4 j
Jouz.e cens /Jornmet, l.,,f!s •Soldats j
ont pillé 4/1-IOtJrde Nimft,ue paitr J
pl~s de cinq cens rmlle écus, & 1
le~r ont prz.s plus d~ vinft mille be/les , beaucou/J d~ Ch4riots pfelnsde poudre :. de bagages eJ)
tl'e'iuipt:g,es de gtJerre_ ;. enfin j~ ...


e 1 ra
diver(f s. 8,J
'd rpais ar}t1ot~ ,rip Ji1r plus brillante.
r.
:~ Oflre~ Infanterie c/lant
r:t arri'Vée, on tn fit a'\JAncer·
fl Mne f4·rtie jufqu"à la portée d,tl
at mouf1uet du. cJ;emin ·cou~e>t, où
ie Monfieurd''Altgre~'VOtfCU ~rdr~
de s,a\>~nccr avec /on dirache-
. mtnt. On 'J fit en mêrrie temhs ah- .If f f
À proch, rune p1111ie de noftre canor:,
IJUÏ tir:A une /;eurç du.r4·nt {1tr cette
Ca'Vaierie. On.ne ffau.roit affez
loiicr la ffrmtte d'un Regimenç
.Angloif OE} Danois, quz Jôutinrent
cclafans s» ébranftr , ft) i!t
nelefurent1u.e par le fi~ de: nos
grcT1adiers que J' on fjr a'Va7'cer 4
r
Ïe
tJ
-)
• •
-·~-

-
lu
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
\
1
;
~4 R.'elat ions,
jo~-ante pas de la tf/l~ du dêta~
chemenr de M o.nfieur 'Dalegre1 & de 1uel9ues.-uns de- n<JS Efc~,
drons , d'où ils tirerent fur ceu-.~
iles Ennemis , ce qui le.s mit ab fer
fument en deroute. 'Une partie fi
je tta dan5 le ch·e.min couvert, leur1
Soldat' ay.ant arraché tjuelqut1
pal1JJ4des pourfe faire des paffe·
ges , & le 1efte ayant coule k
long dù glacis pou1' fe retirer entrt
là Ville (f) le Vahal. P e11dan1
tous ces mou'\Jemen·s ,. on difpofa
(.ut le R.empartde la Ville des bat;
teries de canon qui·nous incommo·
doîent (J.ffe~ Nos Troupes ont
demeuré prés~de deuxheures dam_
• ( .
1 '1 1st o e Cul ura •

~ Jlrvetfes. .S'}
~. lfctte fttt.eation.. La C rJ/Valer:ie enrt,
nemie qui eftoit fu r le Glacis a efté
~· tTJtierement renver{ée. On fit re..:.
=tx tirtr nos T roupes hors Je la po>''
Q. tee du Canon de la Place, où elles
fi P'ffirent la nuit arvcc beaucc 1-1p
in l1ncommodtté ., par le manque
:tJ d'eau & de fourrages , tour -ce
4• payJ--là n'{ fiant que Br~eres. .
k On aUa en[u1tè car11per au ·mr(me.
·rt lieu où les e·nnemis ~'Voient campé..
nt l is pafferertt le Vahal, & ' fon·t
fa aUe'{ dans L' !fie de Be1thae1. Pour .
:1- "Vous reprefenter a!Uec.quelle 1ndi.
O· gniré ils Je font lai[Sé traiter, il Il y
~t 4qu' d. 'Uot~s fgurer qù'ils avoient
ns {oiXâtJte & t-tn Ejcadrons cr

,
• •
"'86:· . 'J<,el,atlons
.rvingt · {e.ft 13atai«ons, ·@'. 9111
:..notJs avionrr:inquarite-huit Efe~·
'd:rons et) ttè nre - '{ix 13at ~1/ldnt,
M le Comte de T aUard-a'~QitlU
(jy drc pendant noft1'e rn'(J,rche , dt
pàttir d'att.ptés de TJuffildorffe
~)J·ec fan .cdrtJp, co1npose de trent!
I (cadrons (!) trïize .Batai/lo'm
le (otrg du R. l-iin; du tofie de Cal·
éà·r fi) de C le:v.es. 11 jif une âi/f.
ge.nce 'ét-onhctnt( , 'm11i • .il ne pm
~cpe ndant,at"river qu .. a une {ret;è
& .demie de nous a:vec fa Cav~·
lc~ié,@7 dan (le .ter11-ps qu.enÔ·tJ'I
· ajf 4zrfi n1/joit.. · ,
• •


2011 Mrn1sterio de Cultura.


' UI ' ... lnf4nte;ie eftant 4~;,irv.qe
. ~in (i «J#e '!Jdftre. Can on ;
11, 1
e11 iVJ cr.if eigneur te Dtt·C de Bo'U'l-f>Odt
gne fi't -mar.che.r .le. dê1a'ch1men.t
ffi Jei trou ce.ns M aiflres die la f'vf {;t
;fi fa.n dti. Roy, & quelqu~ .tro11;peJ
·ni de Ga1·abin.ierJ @ de ( a ipal'erie
If· du détachemer1t de M,. ·d' A leg,rq,
z. ,pour a1ler ch(jriger ler Enn:mu.
111
. L·o~d1'e efl-0it de Lai~ijer j:ttiJ•rt lies
\è B_ataillons dans lts ir. ter<v 4/es •
. La Jl,1aif'O·YJ_ du Roy & la [a'V<t-
11rie ft-r le rfl tj me mo.u'Vtment de

Leur c~fté. 'On jit a"'Pa; eer ncJjlre
[ t:tnon Jt qui incomrnoda fort les
1
Ennem~, çt;lfi-tr tPUt un Regi-
'

Rel'lttian! n
ment de C uiraj]iers D anoi5, d;~I
laplùparr des Ca'1.1a/iers:ont tfli
demonre-z. ou ·tl-lt'~ Le cahof
a_yant ·t.ir.é quelque temjJs , qp Ji
avancer des pelottorzs de G:-ena.
d1ers, 1ui a'préJ arvoir e!Juye 11
fiu de·s Bataillons e'!nFmÙ 1 f atj·
gueza'a10eursp41· noftre ca non1
Je retire1ent en defardre par lew
droztede 1·autrecofte de la ViUt j
le long de ./eur chtmin coW'oe11,
lis ont pe rdu leurs chàriofj d' Ar·
till~rie cbarge-z. de leu1 poudre(!}
autres munitions, & la pliugran·
de pat rie de leurs Equipagts. Il
tJ'y a eu per(onne de conh'deration
de tué ni b(epé de nof!re coftr,,
'Ji'verfe1. 89 ~~m mtJis il y a eu en'Viron cent hom- eflc mes tuezou ble.lfiz du canon a( '1p~ Nimrgu , tant de la M aifo11 du 1ft/ RoJ'Cjttedetoutfefrfte des Trou- 1~. pts. Je croy CjUC c' e fi la preniie»e ? /, foiJ q/11' on ait tt.tta1üé une Armée lfi· pre(que au (fi fo11e ·que la fonne Jn, fatMle feu a' une Place, @qu'on e111 Fait r:nversée · dans (on che111irt 1
ï/11 èou)Jert • . Me(]ieurs d~·Alegre et) ]
'"/,
fr·
(!)
~/
on
~11
Je Soute1·non 011 .t ; ccrr aimrnent 1
beaucor-tp brillé.. On ne f 'Ut lt tJr 1
tefu/èr la ;u~ice de dire qu'ils ont 1
11'Ute l'hab1LP.té poflible. L·es Sol- 1
tlats ont pillé à mervl'il/f dims 1
tou~ fe.fays. -,f.Vous p-a[S-a ,;;ef /4 1
'llHit • aupré.s de- N ir11egue ., &:, 1
H . 1
- 1
1
1
1
'o R elati1Jns·
'l!lOUS femmes 'Venus caraper d-ant
/e Camp quf Les J:.nn'imis ont
quitté. //) ont pafe' le Rhi.n @.
fùnt ~ans L' Jjle de B f'tau .. N ouJ
fommes lk1 aiflres de tout le pays
de Cl1 1JFs. Nùflre (u/Jjiflar;ce efl

. devenuë fort. aJ.·ér ; Cd/'f quoyque
les Ennem.ir aytnt campe d,~ns ce
Camp affez lon~-ltmps ,.,ils n'y,
ont pas cattpé un feu! poil de fou•
rdgr , de (01te 'lue nous:Jommt'
danJ L' ab.011dancf o - -
• :;;4 • '1
Û1Jlme l' / TJfanterir eflç~
_,,,. 1 xce /Ji'Uement f al iguee de
la f!Ja rche rerrzb ' t]U'i Ile 11enoi1 dt
faire 1 l'on ne put 4r1a~ue1 les En;,
i • '
o M ro'deC J

d1ve1 (e1. 9'' '
m 11emi6 qu· à /4. vûè· de N imcgtfe, nt jo11s le feu .de laqu:lle Ville ifs (t ~ rrfJgierqnt. E{Je {4/ua nos Trou- us pes de beaucoup de coupJ de C ,,_ Yt non, qu,on Luy rt·ndtt peu aprés. ~fl Leur Jnf ant erie fe fott,rt a lâci1e- ~e mpn1 danr le cl1tmi'l cou'\>ert, @r·t (~
y•.
1• du Maine la fit J1arger f"r.._ie.1 1
lfJ C:,'arabJnil' r.r .à n<'.ftrr gaucl?e ,-@f 1
• Mon(Ï(n-ur[e Duc dtB,ou ·ga- 1
.' gnc a la d1aite , P.ar la M aijun 1
'~ J., Roy. Nu/ire A r tilleri~ ~ui 1
it tfloit J..1 n ç le crnrre (!)" (ur ttf(t 1
li barue:Ur J~r Jo dl'ottt' ;fit fair.e~-n · /
~ P.'" d~ r1mp s u11r: terrzk con;i-.
1
' - •

0 de 1 Urâ
H i1· 1
1
1
1
1
'oe. RelâtifJ11s ·
n.a.nce à la C alJaleYie Ennemie 1
q.ui d·un.coftéejto.(t pouf.ee par/4
M aifon du •R.oy., & de l'ttutrt -
par les .[a~ab1nii:rs @;- par. l~Jn.
fdnterie. E n1'in prés de trois heu.
res s·écoulerent avant 'lu'ils pu{-
Jent trave·f ria Vrlle t't11/e Y/Jet·
·tra à. co~'rJert. 1... . 'on. affure qu'ils ~
·ont peirdu, flu.s de douze cens h'1fJl·
mes. J4mttis on. n'a veu des Trou·
pes .marcher d'une contenance plu1
-triompJ1ante. Elles ont pillé p/1,J
de deux cens c~a.riot.s , & · enlt1Jt
dans .le pays, /ans ex tigeration•i
plus de lJingt mif/,. hefies , il y d
me(me de$ ,Çu/d~ts qui. ont tN
':Win.g~~ cin'l _-mille ~eu~ ~ 1uatre,
l

_ 1 ode c
J~:rJtr{èj. · 9? ,
~t D~a.x c/ù Reginzent ik Mt de Bëriwld
ghen~~n t donné à :fo·n Vâlrit de ch·4~
6re pli# de mille·Louis à-leurg;arder;.
rr1 zefb [r aprés dvoiri,..Jijité-les environ,;.
n. ·de Nimegue , -Monfei[;neur te DJtc
U• J]outgtJ[{J'l"' (e r-etiftt-, & campa d la
.r portée dt1, >Canon de ce-t.te V<t'lle , & lt'
1,~
I l· àtroz·s bfttr·e~ fa genera./e 6attit..;
'l· lcJ Tiompéttes (onnere?Jt 1-e 6011tteil1
folle~ ies & ·eignes & les Etendart1>
11· forrnt dêployez.·, & tes Trot.tpe s frçnt
~· ar leur mleuxpouf'o6ltgetM'rs a' At.;
lone &de Tilly de venir c~mbattre : .
rçs Ils n<>us fa'lutfrent dèquelques coupS'
'JJ de tdnon (a-ns- attcttf} dommage; nousi
Ut avons e.tt ·dett,x Mix1(quetaires blef-
1', faz 4u tftnon d;tng'f!r-r:ufament, poin~
a de t,ue'l._; Vingt Garde.r ont e.fté au.fli.
~;J iteffez J::a pet·te{e monie à cent hom~
mes •
'8-, .L.'q·de.IJ;in deMpnjèigneur le D-N~
' I
• •



n •

<l A:;

jJou'!,ogn·e efto_it de fuirl!'att,,tqaer.fet
Bnnemir da111 lettr Ca;n11. N JJjh1 If
Armle devait occrtper tout le revt'1J c
& le jltl1Udr.01t. fVlrde· Talldr,J qui
a·V.Jit d:;c..znzpé de 1dev . tnt Key(e~f'u·, '
1.1ert ~e l o devoit llottr joindre, &
donnerp etY te le flancgat.tche avec dix "
1niil(' ho-n-ne1 qrt'il avoitavllc lur1
MrdeCa.ra1na11quivenottde Dij C
ll'lJt'C cinq 111ille hom ·vze; , .ar·iva ,1 P
c1nqhettrcs Ju ,fofr à Ntmegtte)&dt. r
voit nous joindre entre neu 6' d11 ~
heurer à Cronem6 ~ttre:, ~ & b""ttrc litt d
lhnemi<f de fiont; le p ~ojef ejl.()ttbe,14
& ·eut ej}é bien executJ fi L'on 11011
a· oi t 1ltendu leurfutte n'e.ft pa1
r1111ins <t..lfJr·eu(e pour les armes ~
R oy. J}s déc~m"'lerent le 11 ji-tD! ~
9ue le _1ou_.,. 'Jatut, lett1 dejJein e/101(
d' 1.!lerà Grive N1(tre m~1rche pr?
&tpttèe Jcqr fit prendre lé &hv11tin J -
1 ur
••
1
1
diver(e1 9''
·lt! Nimegue Mr i.e Marquis d'Aleg;re ·
/hi qui comm.1ndr;it mille chevu1'x ,
•rri ch"rz·ea pl1tfieur1 E(c,idron:J de leur
1
,11 Cllvaler 1:, farts qu'il / euft 6e11u'
V~ co11;p de perte ny d'11n cojfé ny d'autre
6 t:Lzns pluji.eurJ' petit-J com·6atJ qui .fe
dix rendirent. Vn de let6rs E(cudruns
1.u y, 'V yant un de J no'J4" re r ;;rJarcher à lu1./1 ,
li fl celui qu1 le comrn.1nd'lit d t ·ffezhar1t~
11 J pour rftre entendu. Meïlîeurs,ne ri-
· dt. roos point. Les F ranc;oi~ fonr d''
dix honêces gens, met t~)n·s l'épée à Ja,
· ln main, fe 6attirent avecv 1v<Jcité.
e.i• Les Ennemis eftant arr~ve:z... 4.
20fl Nimegue , y irntrerent par tft!l'4tfe
P4! Portes,&. le rejle campa en z,fg ac
.
1 ~ far le rr,l-tcis ; no(lre Annie fa
·-ft} ttJit vis .. J-vis d'eux , à pr;rtée du.
!/lo~ CantJn de la Ville ou ils nous 01'/.t
P'I· 111é cent hommes. L'on fit venir
:n' 1ren1e pie,es de_ Cano1z ~u.i 'oit-

,
9t; - . l
perent en morceaux qtta~re Ffcd·
aron1 des Ennemis , f.on fit deta·
cher tous les Cavaliers de l'Ar·
. rnée , & le Pïqttet pottr alle1 ti1~
far l' Jnfàntçrie. Q_11and ils v11e1,
ve11i1 ces troupes d. ettx , ils fa Cil·
re.ut perdui ·, & ar1acherent dl
Paliffedes du che1nin cortv.ertp(1r1
.. l'o1i les vit. e11trer con111ie des Ri.
natds;au.(/i lc1:r donne -t-on à'prefn
' I.e nom, dei' Arrnéo des Renardr.
A prés roures ces Relatio
du 011ziéme , je croy devoirn
n1r par une ({.elario11 qui con·
tient ce qui s'efr p-a..ITé 'pend~~
fes trois jot1 rs, & qu~ par co&
fequeoé renferme l'aaion entiere
,: Elle efr fort abreg~
n1ais elle efr tres- biet1 ftiivfr
· t.'l donnè u11e ·idée fore diüi~ 1
~ae du tout enfemble.-
SUIT?
.' l
1
.
11(
1e1,
~lîl·
~
• .J Ot
If r,
~Oil'
<lal
Coll'
e&
1 :gce
• •
1 VII
ifri,
!Tt
! .., .
• - r
SUITE
1 DE LA JOURNEE
DE N l ·M E G' U E.
' •
Ous partîmes -de Sanren
+e-10. de ce mois
à drux l1et1re~ du n1atin. La
g~t1cl1e de nôtre armée avoit
marcl1é dés le Vendredy 9.
au fuir - f.ot1s les 'Ordres de
Monfi.et1r le Duc du Maine.
La n1aifon d~1 Roy qui étoit
campée à Capelle, vint nous
joindre dans les p·laines d'Ud.
cn, Nol1s ~rrivât11es fttr le
A

- ~ Btlations
f oir prés de la bruyere de
MooK , celebre par un~ batilille
qui s'y donna entre les
Efpagnols & les Hollandois
au commencement de leur
revol:r:e. Nôtre gauche étoit
appμyée au rrnlrais de MooK,
la droite au vieux camp des
ennemis , & le quartier ge ..
neral à un Chafieau voifin. • 1
L'armée eut ordre de deme.u.. ]
rer en bataille fur quarre co4
1onnes. A prés trois heures
de repos , Monfeigneur le
Duc d.e Bourgogne monta_à
cheval , & nous entrâmes
dans la bruyere de Moo~ .

M 1ster de CL 1 u a

di~e;fes. J
On 'avoic déracl1'é dés le foir
Monfieur le Marquis d'.Alegrit
avec douze cens cl1ervaux,
& cinq .ce11s grenadiers,
pat1r recannoiitre les
~nnemis , à qt1i on voulait
ofl:er la connoiifance de 11Ô-

tre· marcl1e , & auili pour·
occuper les paOE1ges qt1i na11s ·
écoient de co11feq uence po11r
aller à eux. Il lit oonner é(!vis
quci1s marchaient par lel.lr
droice, ce qui fic.croire qu;iJs
.. pren<Dierit la routé de Grave.
Monfeigneur le Duc .de
Bourgogne -détacl1a Mr. le
Duc d~Gu.iche avec les dra-
A ij
~ Relation.;
g~ns du Colonel general &:
u,ne brigade de carabiniers,
poil fo ûte11ir Monficur d'Alegre,
& f..iire croire aux ennemis
que toute l'armée é ..
toit là.. Mo11fieur d'Entra ... •
gues, envoyé par Monfieur
de Guicne, dit qu'il paroi[.. .
foit vingt-cinq troupes des
ennemis , & qu'on al1oit les
cl1aPger. Auflicofl: noftre'Ge.neraliOE;
nic fic avançer à cou- .
t.e bride. Nous trouvâmes à
quelque diGance de là un
défilé affr~ uxà la gauche d'u·n
éta11g fort profond ; nous y
perè:lîmes beaucoup de ten1s •



diverjès. J
Si les ennemjs cu!fent arra-
. qué & culbuté Monfietrr «1' A ..
·legre , comn1e il leur éo.o.it
fore aifé à cau{è de la îi.1perioricé
de ]eur armée cantre
un petit corps , ils auraient
-pû fans peine défaire la tête
de nôtre armée, fe f.1ifi r de
ce défilé , & n1 ettant let1r
droire à la Meute , & leur
gauche au hois de Cleves ,
nous ernpe{èbcr de palfer outre
; mais la contenance flere
de Monfieur d' Alegre &
fes mouvemens leur impofant
, ils ne fongerent plus
qu'à fe retirer ves Nimeg~te
A iij
eC u
o R elations
L\infi nous · déboucl1âmes ce
défilé fans aucun obfiacle
qt1e celui que la nature du ~
Jjeu pût caufer' & nous arri·
vâmes dans les bruyeres de
Nitnegue. A mefure que la
gauche arrivoit , ~on fèi- 1
gneur le Duc de Bourgogne
faifoit ranger fes troupes en
bataille fur ,la pente d'une
tolline , la t ête fur la l1aureur.
C~pen da nt les Enne.
inis fe retire rent , & Mon. ·
fieut d' Alegre les fui vit; n1ais
avec tant de difi:ance de Ja
p remiere ligne , qu'il aurait j
'té . ~ ifficile de lefoûtenir, _1
-

-
' di'Verjès. 7 s'il euft été attaqt1é. Corn- me on vit qu'ils fe retiroieJ1.t fort vifre , 011 les fuivit de' même, quoy qu'on n 'eufr ni infanterie , ni canon , ni la rnaifon du Roy , qui faifoic ce jot1r-là l'arriere garde. Ginq de let1rs efcadrons s'é.. rant avancez fùr nofire gau. 1
che, on les chargea. L' affai- /
re fut entamée par t1ne trou. 1
pè meD.ée du Regimenc dt1 1
Roy & de Co~dé. La qt1et1ë 1
fut foûrenuë par le ,d e rn~er 1
efcadron du RegimenE dt1 1
Roy, & le Regiment de Dtl- /
~as s'avança, & fit des n1et- 1
A iiij i
tu
,


1
1
1
1

J
! Relationr
veilres. MonGeur de Dur~ J
fort avec fon e[cadron en
cl1argea le premier deux -dos
ennemis, & co1n1n~il en ve, ..
noit encore d' a~tres , le fecond
éro.it .un peu, en defor.:- I
dre. MonGeur dti: la· B.oula-ye
fit faire alte ,. & mettre l'é. 1
pée à la n1ain. L'officier en.. J
nemy à qui il avoir affaire 1
fut tué du premier coup,&. 1
Monfieur de la Boulaye eut 1j
un petit co.up qui ne fit que J
l'égratigner. Il y eut trente ou quarante hom1nes du Re· giment de Duras tuez ou
bleffez , & environ autant 1

diverfê!. J
de celuy du Roy.
L?rfq l1e la 1n-ai(on du Roy,
l'infanterie & le canon furent
arrivez, ce fur une joye univerfelle,
quoi que nôrre in·fantcrie
full fatiguée par la
marcl1e con rinuelle qu'e lle avoir
faite, & par une poulfjc_
re affreufe dans un p-ay1
s où
l'on ne trouvoit pas de l'eau
pour de l'arge11t. Toute l'ar ..
mée s'étant mife en bataille,,
defcendit dans la plaine. Le
canon de la ville tiroir de
rems en te1ns. Le nofire commença
à cirer, & fL1t bienfervi.
On voyoit leu.rs efcadF0n$
• ____ ,_
-10 Relations s, ouvrir à tout mon1ent. On
ne doure pas qu'ils n.'ayent
perdu plL1s de douze ceoi
l1ommes. NoL1s en avons per;.
du environ cent. Une grande
partie de leur canon a donne
dans la maifon du Roy ; t1ne
feule. brigade de çavalerie a
cl1argé les ennem'is 'el le étoi'
commandée par Mr. le Duc
deMonfort& par M.deM or.
nay, Marefcl1aux de Camp.
Toutes l~s lecrres qui font
venuës de l'armée depuis que
Monfeignettr le Duc deBour.
gogne y eil a-rrivé,011c faic des
éloges ·de ce P~inae. Voici i
• -
'
'
::::o l 1 M1r1sterJo de Cultura.
1
1 diq;erfes. JI n ce que porte une de ces let~ .1 tres du 31 . May~ . .! Hier au 1narin nôtre Ge- r. neral fit la revuë de fes trou- . c pes, mais avec tant d, affabili ... I .e té, d'l1onnefl:eré, & de grace, c que vous et1ffiez regardé avec a eronnen1ent l'an1our & la • 1) joye dt:'i {àldacs & des 0 ffi ... 1
c ciers pe1r:1ts fur leurs vi{àges. 1
• Il n·y a ici qu 1 0•• t1ne voiK à fon l
J, égard , & depuis le Prince l . 1
lt jufqu'au . ...•. il efi aimé&: 1
re adoré. 1
. 1 Les eloges qui fuivc-nr font
· 1
S tirez des le ttres écrites depuis 1 • 1
Cl L la journée de Nimegue, le l
1
1
1
l
• l
,'l de U1 lJ a
1
1
1

-
12 Relations
premier de ceux que vous al,
lez lire fe trouve dans une let.
tre de M. le Marq L1is d'A. ri
legre.
On ne fçauroit a!fcz volis
dire à quel point on efl: cl1ar.
mé de Monfeigneur le Duc de
Bot1rgo,g r1e. Il [croit fQrt djf.
ficile de n1arquer plus de fer·
meté. Il a ell:é fort expofe au
canon, & a fàit peu de cas des
- avis qu'on lui a voulu donner1
pour l'éviter. Il étoit de fang
froid , & donnait [es ordres
co1nme aurait pû fajre un
homme d' u11e experience
co11!ommée & cela étoic_ ac. ·
diruerfes 1.J '
, compagné de difcours gra-
:. cieux & honnefies à cout le
.· monde.
Tous les éloges qui fui-
11 v.ent font cirez de differentes
r. lettres écrites par des per
·c {onnes de difiinél:io11 de l'arft
i· n1ée que çe Prince co1nman ..
·. de.
u
:s Monfeigneur le Duc. de
ff Bourgogne a ravi toute l'arg
mée, le voyant fe porter par
~s tolit en donnant fes ordres &
n montrant la contenance d'un
;e homme accoûiu1né à voir de
;. · pareilles aélions.
14 · Relations
L'on e(t cl1ar1né ici de ?vfon.
feigneur le Duc de Bourgo.
I ) • • g11c , excepte qu on a troavi
qu'il s' eft trop expofé , c1r
nous n'étions qu'à la petitt
demi portée dt1 canon , & ce.
, la qe l'a pas empefché de paf.
fer à la refte de tous les ba.
taillons de la premiere ligne1
& mefme dans les endroitsot
le' canon foüettoit davanta.
ge.
Monfeignet1r le Duc d!
Bourgogne a eu des gardei
& des chevaux tuez a {ès cô.
I . , ' te.z, &·a mrque une in·trep~
o· 1 Mini èrlo de Cul ura
1
• di'Ve1jêJ~· IJ'
. dicé que nos troupes ont ad-
• I . m1ree. •
1 L'on ne pet1t aifez loüer la
t maniere dont Monfeigneur
~. le Duc de Bourgogne s' efr
(. porté par tout; fon deGr de
a. V©ir, & de faire; le fang froid,
e1 &: l'air naturel avec lequel il
)t donnoit fes ordres & enfin
a. dtcou..vant en lui toutes le~
parcies neceffaires pour de~enir
un grand homme de guerdc
re.
Ici Monfeigneur le Duc de
tô. Bourgogne a efié d'une conpi
· .fiance & d'une fermeté fans
u

!o Relations •
Çgale , il a mefine eu du 111on.
de tué à {es côcez & derrierc
lt1y.
Monfieur le Duc du
Mayne fit cl1arger les enne.
1:i1is par fes carabiniers à nô.
tre gauche, & Monfergneur
lç Duc ·de Bourgogne à la
droite par la n1aifun dl:l Roy.
i1 alla à la portée du pilto.
let dt]. glacis , tra,verfà.r\t
n~efm e à la telle d',une petite
troupe de la droite à la gau.
che .avec un fang froid mer.
ve.il leux.

On



1
t
e
],
• •
n

diveifés. · 17
011a pris t1n exrréme plaifir
à voir Moni~1gneur le Duc
de Bourgog11e aller de rar1-g
en rang comme un Turenne
donner {es ordres à la tefre
des trot1 pes & au mi 1 i e: u d·u
feu du canon d~s ennen1is Le
Dieu Mars n 'a jamais eu tànt
de fierté peinte fur le vifagë,
ny tant de doucet1r dan~ laparole.
Sa ferrne re & fon intrepidiré
inf pi:roient aux tr r upes
tant d'ardeur qu il- fall oi.c les
contenir. Les foldars & rous
ceux qui fe lo·nr.rrouv-ez à Get- .
te aél:1on ne {€ {e11r0i<:nt pas
de j.oye de voir ia con·tcna·ncll.
B
,


· J S Rela1ions
On eût dit,à les voir tous; que
NimcgL1e ne fàifoic l1u'uo féu
Ae joye.
• M onfeigneur le Duc de
Bourgogne fit n1archer le dé~
tacl1ement de trois cens
.. n1a1fi1 es de la rnaifon -du l~o1
&que!questroulJesde carabt .
:niers & de cavalerie du déra.
chernenr de M.d'Alegre pour
. .aller ch lrger J'enne111i,& l'or.
drc éroir de la1ifer pJiler les
bataillons dans les inrerv-4Jrs, 1
Ce Prince po{ra lt1i rnefi11e 1
ces troupes , & effL1ya plu. 1
h et1r.s coti ps de canon. J ama~ I
ril n~ p~tat G gay qu'il l~, fqt /
1 r.J11nrs FIO çte L.lt , a
diver(et, 19
route 1-:t jotJrrtée, & fur tout
dans ce mo1nenc.
Monfeigneut le Duc de
Bourgogne fe fait adorer. Il
efr bon, affable, bienfaifant,
genereux, carefTant, & refifie
mieux que perfonne à. .toutes
les fac1gues.
lJref que toute l'infanterie
étant arrivée> alors on la difpofa
à droite & à g,auche, lai{:
fant le cenrre poL1r l'artillerie,
la tnaifon du Roy à la droitè',
les carJ biniers à la gaucl1e, &
la cavalerie air fi de rneln1e ,
Monteigneur leüuc l~e Bour ..
gogne p~ifanc de la d1 91te à la
B 1)

1


e u
20 Rela..t ions.
g lut·he d't1ne grace & d'un
air à cl1arrner route 1' JFmée.
Le foldat efl:· ch4rmé de
~1011{è1gneur le Duc de Bour.
gogne qui a rot1jours confer.
ve1L1n grand fang froid,& une
g1 ande g.ayeté, & a effuyé
bien du c.anon. Ce Prin~e ~ I
vot1lu ~l Ier par t otlt ot1 Mon·
fieur .de Bouffiers a efté.
On n.e peur rien aj-0ûter
à toL1s. cès éloge1. fmop.qu'ils
fo 11r finceres. 1.11 1coh1·ment
ne le !eroicnr-i ls pa·s·? l.a ve.
ri ré feule a fair ~>arler ceux qui
ont ecrit dclt1S le tems qt1 ifs
ont mandé à lel1rs a1n1s <;e
• •
di'Veps. 21 qn'llsont vc:a, ne conranrpas. iJUe leurs lett res f eroien! \!euë.s , & que les extraits en rerourneroient'à l'armée. Ils ont eu· raifon de donner. à Mon.fi..igneur Je Duc de Bour.. gogne les loüanges qui font Jépaflduës dans: routes .leurs lcrrrés. 011 y remarque toue 1
ce qùe ce P1 i1nce avoit judî- 1
cieufement concerté pour en- 1
f!ager une aét1on gene.rale. ll 1
fit partir des détachemcns le 1
foir ~ & marcha lni- mein1e à; 1
1
lcntrée de la nuit~ Il envoya, de$ trout1cs à propos p(llli 1
fortifier c.el~es qu'1l avoir fait /

e 1
1
1
1
1
1
1
'il 2 Relations
.marcher les pren1ieres. Des
"t{Lte Monfieur d 'E ntragu~t
fur arrivé de la. part de M. le
Duc de Guich.e pour .lui dir~
que les ennemis paro1ifoient,
iJ .pdtcit ao galop plein_ d'ar.
deur & de joye pour aller a~
devant d'eux , & donna des
ordres preffa ncs pour f.1ire a~
'lancer l'arrillerie & l'1nfance.
rie. Ce Prince ay ant rec0n11tt
que les ennemis {e rer ireroit'
l'lt, & vo L1 loien r éviter ie
combat , marqL1a un ext1 ê1ne
d t fir de les.attaquer ; mais fa
prudence prevalur quand o~
lui eur fair voir qu'il r.if que~
- • •
1

diverfes. .2~
roit la gloire des armes du
Roy s'il donnoit ~va11r que
l'arrillerie & 1'1nfanrerie fuf..
lent artivées. Tant que l'armée
a efié expofée au feu d\1
canon , il n'a point ceifé de
,donner fes ordres, & comme
il [e trot1voit par rout , il éroit
.encore p1us expofe que les
troupes. Il n'a po111r pa-ru fa·
tigué ;~prés avoir demeuré
dix neuf heures à cl1eval. S'il
avoit aprehen ..1. é le fet1 des en~
nemis·il auroit paru plus acca ...
blé de far igue.
Le.foir de l'aétion, Monfejg11eur
le. Otic de BoL1rgo ...

ode ultura '
1
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l
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1

24 Relations
gne dit à M. de St1rville qui ·
comn1:inde le Re~imenr du
Roy , ~ït n'a-voit point '1)t1
dans toute L'armée d·o jficiers ,
ljuÎ er1fent l'air plus alerte que
cèux de· ce re~iment , @f qu'il r
efloit f;,ché de ne Les arvoir pas
t ou.r reconniis , parce qu'ils t.
toient en 11efte. La chaleur éro.
it fi grande quïls avaient
toL1s ofié leurs juil:e au corp~.
On connoifi f)ar ce qu~
è·rt Mon{eigneur le Duc d~
Bourgog!.'le à M. de Survilte .
qt1e ce l>rince eO.oit par tour,
& q L1e malgré tot1s les perils .
c:iu'1l y avo1t à. efTl1yer , il ·
• voyo1t

eC u - • l
di'Verjès. 2f
voyoit tour par lui-rn~me.On
doit auffi reinarqt1er qt1e les
Officiers du reg1 l11en t dL1 Roy
ne reffem b lenr pas à ceux q•1i
fe garniffenr beaucoup les
t jours qu'ils ·croyenr combattre
, parce qt1' il e!l con fta nt ,
Gue les ve{te1nc11s e111pel'...
chent fouvenr les éf ées de penecrer
auffi avant qu'ellt·s fe- ,
roient , fi on eltoit rnoî11s
vcfl:u,
Co1111ne en décr1vânt une
. aél:ion ge11eral e , on 11' en r re
pas dans le detail des aétions
. parcicL1lier~s 1 parce qu'en in~
· terrompant le fil d'L1ne gran- '
c
t
.26 Relations
• •

• -
1 rv1tt 1 erto de Ct..ltu .., ' . . _ ,
âirucrfts. 2z regiment pttjfa la nuit botté au pied de Jès che11aux , f.!J' n1arcl1a à la pointe di1i jour fuirvant un fécond ordre -qu'il reçût ; n14is 'f'e!que diligence quïl fift. , la peur qui arz:oit dor;né- des aifles 1,ux ennemis ,jit qu'on/es trou- 'Va décampe~ M. le Couite de Montrervel,animé dudefirde la 1
gloire qui lui efl ordinairq ,fit 1
marcher arvec une dilige11ee in. 1
1Jt1ie un detachenzent de l'armée. /
VnefcadronduregimentduRoy 1
qui eftoit pour l'arrierogarde fa 1
·mit à 14' tefle. Ces troupes firent /
,cinq Jieui!s en moins de qu_atre 1
heures ,. -et) aprés arvoir joint 1 . c ij 1
1
1
1
1 d C •lk.rcJ 1
--~~- 1

2K Relations .
l eft ennemis· qui eftoient beau-'
cou]J plia forts que Lu noftres,
ils ft bat tirent l'épie à la main.·
M Le 'Pt ince de Monlort, Ca- .pit~i~e da~s le_ rtg~ment du Roj~ qui n aroott poznt encore trourve
d' accafton de faire 'Voir qu ïl ne
d eme,ztira pas le fang dont il eft [
né , affronta en Je diftinguant
avea· beauçoup de rvalcu1 les perils
où il jè trou-va expofé, de '
n1aniere quïl ne peut s'en eftre
tiré fans un bonherJraccompagné
d u~e grande conduite@}- d'une ]
grande intr~pidité. Il receut j
plujtèurs coups d'épée :qui ont
percé fas habits,@}- tJn coup Je

I
di=-uerjeJ. 2 9
fibre dont la pointe a porté far une montre qui Lui .a fauroé la rr.;ie Jl a efte penclant une demie heure meflé ,aroec les ennemis, @f me}me prir par trois carva- _ fiers , mair M. Rodarel honimt de condition , (5 de roingt an- 1Jées de ferroice qui ne quitte p.iint ce 'Prince, non plus qu'un ctt.~alier de la compagnie , 111-i 1
ont aidé à je tirer du peril @f- l
l'ont ramené. M Rodarel a. eu 1
un c~erval ttJé jotu lui , f5 plu- 1
fours coups dans jes habits. S. 1
M. a fair l'honneur à Macla- 1
n1e la Princeffe ·d'Harcourc 1
de lui dire: ~'il faOoit fl re ...
1
1
, c ii j 1
,
l
1
l
l
' • 1
30 Relations J
jaüir avec elle de la 'tlaldurqut
J on fils mofi.troit, quoique l'on
duft bien attendre que de pa-
1ieils commencemens eftoient fort 1
, agreables, & que tous les Gene- 1
raux- avaient mand! ,beaucoup
1
1
de b'ien de fan J'ils , qui joignait
bèaucoup de modeflie à fa bra- 1
'Voure naturelle.
Je pourrois rapporter ici
le-s lt tc re.s de M. de Mon-tre.
vel, dè M. de Broglio, & de
M. de Cc>ignies ; n1ais je crois 1
que le cémoiQ"nage de S. M. 1
iuffir. "'
~1. de Montrevel corn- \
mandoir 11 b1·igade dont é-


diverfes. J 1 toit le regimenr du Roy. Il n'y a eu qu'u11 efcadron de ce r'egimenc qui a combatu. Il a eu affaire à Gx efcadrons des enn~111is , & quoiqne cc fuft le dernier de ce corps, M. de Broglio ne làiifa pas de fe mettre à la re{te , & de charger le premier d'une n1a- nierc G vive que fa valet1r a 1
fervi d'an grand exemple à /
ceux qui ont combatu fot1s j
lui. I
. On a beaucoup par!è de
· I'aétion extraordinaire de M. l
le Comte de Duras qni s'e!t /
cxcrême me11 t difiin gué , & 1
. Ciiij J

e
1
1
l


,32 Relations
l'on en parle enco_re tous les
jours. Toute l'armée a fait
des élogès de ce Con1te,. &
M. le M,1récl1al [on pere en \
a receu des complimcms de 1
1J
toute la Cour. Voici ce que J
l'on er1 écrit de l'armée. )
Le regi n:ént de Duras ayant
eu affaire à cinq efc_adrons , il lts
ftt piier & 'retirer en àefordre.
M. le Comte de Duras à la tef
te de fiin efcadron eut affaire à
deitx ; iM. de la Boulaye fan
.Lieutena1zt-Colonel en eut troü
.à combattre. Ce font de l'ar111ée
en-;iemie les feuls efcadrons qui
4yent fait face ; M. le {omte
• -
M n1 er cle

• diver:fès. Jll;
de DtJras y a couru rifque d'y
perif plu/t'eurs fois , f5 mefine
toute l'armée le croyoit blejfé.
(e Comte eflant donc à la·
tefte dt fan ifcadron, fS voyant
-venir à lui Les deux efcadrons
ennemis arJec la contenance du
rnonde la plru fiere & la plas
affurée, il les attendit a1Jec fa
t1'oupe le fabre à la main. Les
ennemis aj»Aocherent le moufqueton
haut, (!;)de part ft) d'autre
aUoient a.u pas , ft;) s'eflant a ..
rva11Ct'{ ajfaz prés, le (ommandant
'Voyant rvenir d lui M. le_
Conite de '1Jura,s (!;) les fiens
le fibre à la maitt , .dit à fan
• • •
r



.; 4- Relations ·
pre111ier rang: Nous avons af~
faire à des François bravesge11s,
qu'il ne foie pas die que
llOLlS combattions en arn1es
inégales, Jl fit mettre mouf.
que ton bM à fan premier rang, 1
ft) lui fit mettre le fabre à fa
main. e5'J1, le Comte de DurtU
arvoit à fon cofté M de {orneau,
ft) de l·~utre M de Longue<Vi!Je. 1
Les Officiers ennemis s·ape.rceu- ~
rent que ce Comte eftoit le (ommandant
de cette troupe , ~ j
s' eflant joint troi.1 rr.;inrent fan.
dre far lui. Mejfieurs de l onguerville
(!;) de Corneau s'aper·
ceurent de ce dejfain .

de l;UI u
dirverfes. 3.f
M. de C()1'1·zeau , att 111oment
que celui qui eftoit dervant lui
voulut porter un C1Jt1.p da fabre
d ce Comte ; s ',1/longrafor fts é~
trie'{, f5 p.orta un coup d'Jp!e
J et prrmier qJt ïl lui plongea fi
a-pant dans. Le c~rpr que la vou ..
lant reti1·er , il tira hot'S de fan
·cherval celui à qui il a/tJoit don..
né le coup , f5 qui tombant pt
c4/flr l'épée, rlont la moitié demeurtt
dans fan corps. L'ojficier
tnnen~y qiti eftoit du cdté de
Monfleur de Longue'l'ifle , '11e-
1111nt à Monfieur le Con1te de
'Duras de /4 mime maniere qu't
le premier, M onjieur de Lon·

r o a C ltura
1
1
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1
1
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. 1
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1
1
1
1
1
1
1
1
1
1

. Jef _ Relatio'n.> · l
gue('{)ille étoit Ji attentif à c1 j
que cet officier ennemy a-voit
fait, qu'au moment q11,'if app~·o.
1 cha de Monjieur le Comte le fa - ~
b;·e haut , il luy déchargea un
- coup de fàbre qui le fit p.an. 'J
cher fur le col de Jo1i cherval qui
recnla quelques pas, (!) enfin
tomba. Le troifiéme qui étoit J
d(rvant ce Comte luy allongea
un coup qu~il para , de fit'tf
qu'il n'eut que fan gand coupt,
· {:f c'eft ce qui a_fai t croire qu'il' J
ttlloic eflé blcJJé; ~ l'on f!,Voit
eu raifan de je l'imaginer, pui{.
que l'on: arvett "9Û les trvis ".lft· cier.s j oints rvenir fondre fi#'
'
diverfes. j 7
luy. Le choc eftant fini, e5 les ·
ennemid fa retira;zt, ~. le 'Comte
d'é Durtu eftant à cofté de M.:
le Comte de Clermont, un boulet;
de canon pa!fa entre- eux -deux.
M. de Belair eft mort dix heu-_
res apré s l' allion tl:Jant rectu un
coup de piftolet dans l'aine qut
pajfoit de L'autre c(Jflé. M de La
Boula:ye à eu un coup d'épe'e au
dejjiJtn de la niammelle clroite ,
111aiJ Leger. M. de Chamont a e~
un coup de piflole t au bras ; m;..is
il n'a rien eu de cajfé. Â-1. du Cou.:,
riar efl fart blejfé. M de la Tour
a eu un petit doigt de coupé. M.
de La Li/ètte efl blejf i au bïtU •



j S. Relations
M. de RÏJr"Pot a perdu fan, che'!Ja!
ayant eftrf tuJ fau.r lui, de meJ
nie .q»e Mejfteurs de tM.at~pas&
d'Aigremont. M.deMaefa.natué
ûn homme qui s'àttachnit à tue11 •
M.le Comte de 'J)uras . .u.. d'En~
flry ~ d' Aigremont ont pri~un
étend~rt ; ft) un Brigadier d8
M. dt la Boulaye a pris un,Lie~·
tenant-Colonel prifannifir , .et)
quatorze autres prifanniers que
M. le ·Comte de 7Juras a fait
menel' à Monfligneur le· Duc de
iBvurgogne a~ec J'itendart qu'il
lui fit porter.
Le lendemain ·de cett~ aéiion
~n rervenaiJt rm fit un ft furieu~
,

_011 "Al 1steno ue Cultura
1 '
· di'Verfts: 3y
pillage-, qu/ilny arvoit point de
charnbrée qui n'edtdeux')7acbes.
Jln'eflpas concervable la quanti_ ..
té.de meuble ,de linge, de vaijfalled'étain
f5 d'argent.,f§. deche'
tlaux qui ont efté pillez.., & quel~
le abondance i ! y·tt; dans le eamp~
M. de :J{e,,,rviOe tua dervant M.
de la Bf'JUL:a_ye eelui qui lui donna
le c-oup d'épée dont il .efl parlé
cy-deroant. Il le rvoulut per- ·
cer de· fan épée, mais la pointe
lui re.l'[)int à la· garde , de forte
que le croyant maillé il prit fan
pijiolet @f le tua ;, ·~ faurva par
çe moyen M. de Ja Boulaye •

t rro de Cultura •
'
'
-4-ô Relati·ons
Ce ciui fuir ne voL1s .d on~
_neta pas mqins de t1laifir que
~e que vous venez de lire. ·,
Ayan~ trourvé les ennen1is ',
partie fur la bruyere de Mooch,
w 'partie en plaine ' range'Z en
lJàtaille, on refolu.t de les a.tta·
.q ur.r : ma.ls comme l 'o . n tarda ,
parce qut n~tre. infanterie n'e-
- '.toit pàs arri,rvée ~ r:t:) qu'ils Jè
retiroient à mefu.re qu'onehap:
prt;cho'it '· on fit aiJancer l'aile
droife qt!i ~tozt iJne brigade du
Ji.1/y comp:;fie des . regimens dt
. Dûrq,s f!)·. de Rojè. Ce premier
(t)'ant 1n1trché arvec une diligence
' -
,
2011 "A 1sterio de Culcura • •
di'Verjès. 41
(C extraardinaire , trourva cinq
ejcadrons opp 'J(e'Z aux deux
fie11s , @} qui farvorifoient Les
chariots des ennemis cha1ge'Z de
.poudre, balles (!;) in/lrumens à
remuer la terre , ils les chargea
.brufquement. Jo.-1. le {omie de
Duras ayant fait· parottre plus
de bon Jens fJ) de jugement qu'on
n'en peut efaerer à fôn J,,çe ,fit
charger les enneTr1is le fabre à la
main; ce qu'ayant rveu le Commandant
des e/cadrons oppofaz,
dit d'une <Voix h~ute àfas troupes:
11 p' efl: pas jufie que ~ous
l}ous battions avec arn1e ~ inégales
: le fabre à la main ; je
D

no de C1 ltura
1
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1
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1
- .
~2 Relations
vbîs· bien que nons avons-trf~
' f~irè à· de braves gens. Arne~
1me 'tems. M.. ie Cott1te de D.u rds
ayant fait charger, on fi mefla,
@ l'on fa btittiif d'ime ·roigueut•
pe.u pareille. Leurs •ejèttdrons fu'
~ reni rompus , ~ fè re tireren-t a.
tt>ec urtè ,vftejfe -introy-able. Com.
f'° ' , - ) ' · me ott.n etozt qii a quarante pàs
des ènn·e1niJ , ils eurent le tems
~ ·de ·nous reconnof tre. Trois Offt-

ife·r~ a-z:.taquet~n't ' .M. le Cèrinte
de Duras ·, ·iL en tua un, M. de
· Longt-t(. ville en1erva f:a moitié de
·/a tefle à tin autre qui q;enoit tê.
te baif[ée , ,f§ prit d' enfonce'/
jôn épée dans Je eorps Je -.M.- le

"011 'vllt'tsterio de Cultura
dieverfes. 4-.J Con1te de Du1·as ; f5 l'autre fut t1'é par M: Corneau ~ par le bon homi11e Mif:rfàn > qui lui fan- -dit la te fie d'un coup de fabre. Lo Commandant de ces troupes a efté tué par M.. de Neurville, qMi fl 'Vengea fur l'hettre de ce IJu'un officier '11.enoit de fàire J, Id de la Boulaye. Jl n'eft pre_f- 1
iJUC point reclJapé des 01jicie11s 1
ennemis, ciï2q fùr1t dcmrure:z far 1
le cha1np de bataille , (t) les au- 1
tres morts en .fè fau·vant , ou é- 1
tant e~tratf1ez par leurs_ che- 1
*t'aux. M. I.e Comte de Duias 4 1
efié blrjfé legerement à La nzain, 1
{on gand ayant ejlé CJupé d1 1
D ij 1
o e 1 Jtura • •
1
1
1
1
1
:44 Relation! .
·coups de fabre. On ne parle que
du regiment de Duras , il faut
ajoûter 4 fa glo.ire qu'il acz;oit
marché dix heu'res le jour p1ece~
dent, que le mime jour de l'ac.
tzon , il avait.fait Jix lieuëJ au
gal ..J p, f5 qu'il a11oit80 mattres
en detachement.
' •
.
, Je i1e pL1is m'e1npefcherde
·vous faire encore part de ce
q ui fuit. , ,
'
M . le Marquis de MontreA
:vel étoit à La d·roite, f5 comme
il ap/;erceut plufieurs ~/èadrons
- ..qui marc/Jvient à nflire gau.chc,

,


dirverfes. 4-f
o~ le regiment de <DuraJ. étoit
precifament : car il fermoit L'aile.
M . de M 1.Jnt1'e<r:el rvoya'rlt ~
cela , courut pour je troutVcr ~
la gauche , mtf,is comme zl n'y a"
Poit pas de tcms 4 perdre , le
regi1nent de Duras cl1a1gea arvant
qu'il f-12t arri'V~ Les deux
efcad1·ons du regi.ment eurent affaire
à cinq· ef èadrons des ennc- \
mis, dont il.Y en a'l?ozt un des
Gardes du Roy d'Angleterre, &
unde C1-t·rabiniers Ji chtirgeal'épée
d. la main d'une grande 'Vigueur.
Monfaign ewr le Tttc dB
B .urgogne ri·it l'aéliün. M de
MOnt·reiJel La vit de jàrt prési' ·
'
,:,~6 Relation! .
":t.5 plu{teurs· Dj/iciers Gene.tau.~
/.a roirent.'!'u!ft. Les .ennen1is <Vin.
Yent d ce regiment de fort bonne
..gracf!', 1@f tuu.t entra pélemefle
les ùns.dans les.autres. Le regi.
•i»entfit" tout ce ·qu'on peut at,.
ot:e.ndre d'un bon regiment , -ca1:
fans que fan (olonel s1en'Jbaràf
/ât fi Les e11.nemis eftoient Jupe .
. rie$14"& , il ch3rgea par tout , ·et) 1
tepoujfa les :ennemis far le gla.cis
de J(_integu11. Tout le monde f/Jrid

1bien j:ttfiice d ce regiment ) iL a
perdu ~ingt- deux· carvaliers e5
quinz..e bleffez.. , z. 5. chef!laux f5
onze bl~lfaz... M de l 'h.;imont
(apitaine· bi~n blejfé. M· de

_Q 1 r M1nister10 de CultUI a
di.veifès. · 4-7
Btlt ir Ayde.#.11jor tuJ. M. de
la Tour (apitaint blejfé d la
main. M· du Coudar Lieute ..
ntJJrt hlejfé à mort ('!)fan che.
-pal tué. M. Da!iz.,.et Maréchal
des l<,gis fort blejfé 11,u bras. Le
cf,e-pal de M. de Va!Je'Vi&e bleJ-.
fa. Lt che11aL de M . de Clermont
(4pitaine reformé blejfé. Celui
de M de 1v1aupas LieutenJJ.nt
tué Celui de M.. de Porus tué.
Lt cl1cval de M. de la Fouriere
Lieuten,int refo rmé bLejfé , ('!)
celui de la 'RoJe M.at'échal. des
logzs fort blejjë.
V-0us trouverez dans la
10 de 1.,1 ura
1
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1
1
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1
1
1
1
1
1
1
1
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1
1
'4S RelatioJ:J.r
R'elarion fL1ivante les no·ms
des Regi1nens & des Officiers
ennen1is contre Jefquels le
Regiment de Duras a corn.
battu.
: ~ On ne s'entretient que de
l>allion beOe ~hardie que Af,
le (0111t! de rr>uras a faite à lrt
11Ûë de ioute l' arm;e , (t) particulie.
rement de M Jnjezgneurle
Duc de Bourgogne qui n'en étoit
qa' à une portée de carabine
V n des P a:~e s de ce Prince
a ajf'(tré qu'il en arv(•it m.,irqué
tôures les circonftanceJ , qrt,Ïl
prenoit.plaijir de les dire à. toz~t
le
1 Min èno de"< t1ltura
iiverfes. 4> ,
k tn011de. On ne peut pas voir
•nt plus belle marche , ny plus
fierc que celle que firent les ejèa -
drons du Regiment ·de Duras ,
ruraller aux ennemis' qui leur
ép~1-gnere'!t une partie du chemin.
M· de la "B oulaye crid à
M.. le Comte de D~ra.s qu'il les
falloitcharger) f5 que le moment
prejfoit , atJ/Ji remarqua. t il
qu'ils commènçvient à faire un
n1ourve,11ent pour l 'attaque-;· de
front~' e~i flanc. M. lcComtede
Duras eut ht!aucou'p âe deftrence
.fXJ1-11 les a<Vis de M. de la Boulaye.
Ce jeu ne (o lone l qui ne s '1-
toz.t ençore tr.ou<Ve/ ' 4t attcune
E
)


o oe ltura
• 1
1
. 1
1
1
1
1
1
1
1
1 1
1
1
1 1
1
1

f O Relations
"6tion, (it rvoir dans cette 1en;
centre auta'fJ,t d'e xperience que de
bmrvoure , et) de. prefe12ce. d'if.
prit. Les jeunes carr;alier-s de ce
Regi1nent y ont fait des merveilles,
tJ) sy .font p-refque tous fi·
gnalez... à /'exemple de leur(olonel.
Le Mai.fore de Camp Froi.
demont @f faint Eftienne font
dangereufement blejfez...M.. Biron
efl mort de /ès blejfurts_ .()rz
lui ~ trourvé dans le bras pe'on
lui a c9upe' une: tefle de cloud,
DesM.oulins,Cavalier font bief.
fez.., Montmortncy a euuncherval
bl1fé. Mirepoix Yilneurve Gen.
till;omme tué ~ faint.Mauric1~



dirverft s: j i;
• La perte des ennemis a eflé
plus g;·ojfè que nous ne croyons
J,' abord. ~ous le recomzuijf ôns
par les habits d'o Jfi~·iers q1-1,j fon t
d~ns le 7<!_gitnent, f:J dont nos
CrJ,--Paliers dumqnte'{ ont p1·oftté
fous compter cet.tx qi font dans
le Regime11t de 'JV!Je qui efto1t
proche de nous @- qui ne put ar.:.
ri~er .affez.. tdt pour arvoir part J
l'aftion: Voici Les noms des Regi-
, mens ennemis artJec qui les traùpes
du Roy ont eu affiiir~.
Regiment des gardes de Friji 2.
tfcadrons. Le premier Colonel efl
tM. le (omtede NPjfau .. Cola nèl
en jecond cvmn-;andant ledit
E ij
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
. 1
OO tu ra 1
1

/ 2 RelationJ
Reginrent M. le Comte·de · lif
b?as , c' eftce R egim~nt qui étqit
des plus betiux, arvec qui -M · Je.
t!omte de Duras a eu affaire. Vtz
Reg1ment de carabin/ers à che-
11al nommé d' 0 b da111 comman-
. dépar un ~a;;orgeneral compofé
de deux ejcadr( ns.
- Vn I\egiment de zrenadiers
· ~ c!Jcrval nomrné d 0 bdermale
com;1riandé par LR Comt e. du n-it
ime 'fJ.Om compofé d'un efcadron,
ces deux derniers ont eu affaire
çontrc l'ejcad'ron de M de la Baula;•
e. (Jn 4 fieu ces noms par un
~ cor11ette di,, R~giment des gardes
· de Frtfa dont la meflre de ,·amp
.
'

'
di>verfls. .f 1 t#t /' ltendart, lequel efl blejfé
dt deux coups. lladitque c'é- to1ent les meilleurs R c gimet1'S de l'arn1ée qui -en fàifoient 1~arriere garde;& qu'il fallait que nos Meflieu rs fu1Tenr des
cfiaoles. M. le Comte de 'Du- 'f'1s et) 'M. de la Boulaye l' 011t tflé rvoir~ lui ont fait offre ·de .
1
firrvice. Les blejfures de M. Cou- 1
âa! es de k! J)aliz._et rvont de 1
tnl tux en mieux. .. 1
J'. u~liois de rvous dire que /oJ /
efcadrons enrzemis que nt.J~s a.- 1
wns ~hargez étoient de trois /
compagnies par chaque ejc'adron, 1
tJ le1 compagnies ME4~ .. m1tij:. /

de 1 u
llj 1
1
1
1
1
1
1
1
- •
5'4 Relations .
tres.' 'Dornojàc , Brunel, Chant!.
palu ., S Pierre @}- S. Mic8el
tous bons {ra.peurs e'toient com-. I
mandft'Z. 1 J
Qqclque intrepidité qu'- . J
aye11r tàir · paroÎtPe tous les J
Officiers , & ge11eralement J
toutes Jes troupes , ainfi que J
cet1x donc je viens de vou's
marquer les aétions extraor~
dinaires, r.ien n.'aprocl1e de ce
q~'a fait Monft!igneur le Duc
-de Bourgogne, & de fon înrrepidité.
Ce Prince p affa de
Ja droite à. la gaucl1e de l'a rmée
pour la vifirer pen rlant
qu'el.le éroit expoféeau fet1 du
• •
di'7Jerfes .ff canon de Nii:neg.t1e, & fe mit
àlatefte de la maifon du Roy,
où il demeura pen,dant quatre
_heures & demie expofé
au·feu du mefme canon. Auffi
fa prefence animoit-elle tellement
les troupes <qu'on -eut
toutes les peines du monde
·à les empefcher-d, aller atta- •
quer les ennen1is juf qt1es dans
le chemin couvert dç Nime ...
. 1
1
1
1 gue. I
Le 12. Jt1in Mo11feignet1r le 1
Duc deBotirgogne qt1itta fon 1
Can1p de Heffe à la porte de 1
Nilnegue & vint ca1nper à /
Deniburgen ent~e Nin'1egue 1
E iiij


. 1
1
1
1
1
1
J
ftf Relations •
& Cleves. , ,
Le 13. Ce Prince pourfe d~. ~
laffer , employa une partie dç 1
1a jot1rnée à écrire. J
Le 14. il alla vifiter quel. J
qu~s poJl:es prés de Cleves,, J
& vit aux portes de cette vil.. J
le-13. fan1s y entrer un arbre fa. J
• rneux, où par le moyen de-la J
charpente qu'o,ny a ajoûtéc
on a fait deux étages ou l'on
peut l;>oire & manger. Cetar ...
bre efr un vieux tilleul pour
lequel les hapi~a11s de Cleves onr·u11e grande veneracion.
Le 15 Monfeigneur le Duc
de Bourgogne alla vifit:er la
I • •
tli1.Jerfts. Jfr
droite de J'ar1née. Il vit ~un
tetit jardin aifez propre, pa~
raport au pays, aparrenant a
S. A. E. de Brandebourg.
Le 16. il écrivit & ne for~ . - tir point.
Le r7. Ce Prince alla vifÏ~
ter la gauche de l' arn1ée~
Le 18. il .apprit que les ma.;
raudcurs ayant paffé le Rnin
avoient penfé furprendre le
fort de SeKinK , & qu'ils l~aui
roien~ emporté s'ils av~ien~
efré. feulètnenr trois cens.
Le 19. Monfeigneur le Duc
l de Bot1rgogne monta dés le
n1atin à chéval pot1r aller à la,
'





J S Relation.t ·
gaucl1e de l'armée voir le
-châl>eat1· de B . n~n . qL1i avait
e1té pillé·, & d'où l'on voyoit
l'armée e11nemie audelà du
fort de ScKinK. voici_.cc qu'on
a n1andé du pillage de· ce cl1â.
te au.
O.nclit qtte des maraudeurs
ayant envie d' enc~er dan'l ce
châreau qui cil: a!fez fort, &
dans Ieq L~el on avait crû met.
tre en iûreté tout ce qu'il y
. avoit· de plus preci~ux d~ns
le voifinage , & n' efl:ant pas
affezforts pour pouv9ir efpe~
rer de l'emporrer en l'atra .
quant dans les forme~, ils s'é.
J
dirverfes. Jf)
toient fep arez en deux trou:.
pes; rur1e defq1:1eJlcs ft·ignoit
être èompofée de Hollandais.
donr quelques u11s parlaient
la lang11e_; que les deux troupes
s'eftoienc r~ncontrées &
bartuës à la vet1ë & fort prés
de ce cl1âteau; que plufieurs
de~feintsHoilan doi-ss'étoient
lai1fez tomber con1me morts;
que le refi:e avoir pris la fuite
vers ce cl1afieau & qu'ayant
crié en Hollandais qu'on leur
ouvrît la riorre , elle leur avoit
e{l:é ouverte , qt1'ils
s'efroicnt jetrez deda11s , &:
_ que les vainqueurs qt11 les lui ...



' . •

I
oo Relations
voient de prés y eitoienr aufli
entrez~ ~ que ~·e fi a nr tous--
. rendus mai11:res. dt1 chalteath l
ils l'avoient pillé & qu'ils y
avoienc trouvé 4 0 0000. liv,
On dit at1ffi. que les. maraur t
d~urs . du Regiment de la
Couronne ot1t gagné z.5000
écus à ce pilla&e , & que le
Gentilhom111e a qui il appar.
tient fejecrct par les feneftres
dans i1n fo{fé rempli d·eau,
& fe ·fauva à la nage.
Le 20. Mo11 feigneur le Duc
de Bourgogne receut par un
courier extraordinaire des let.
tres. du Roy & de toute la .~ .
... • '
- -
• '
- •
ri . . âtrverf!s: . '4' 1w
i .. C~ur q~ l~ fel1.c1to1ent ·fpr
~ la Journee de NJmegt1e. Ce
li Prifüce· écriv.it rou't le jour
r: Four ,.faire rép?qfe à ces let-.
tr.es. Le fqir M . . le Marquis
,h de Blainville arriva de Kei~
r~rwert & eut 't'honneur de le
~' faluer. . ~e
. Le21 ce Marqt1iseut l'l1on-
.• neur de .dînet4vec ce Prince,
~s qui lui fit r'o·ut · 1, accüeil ql;le .
~ meritoit fa conduire &. fa va-
-c leur. Il l'inierrog~a pend«J.nt
deux heures-que le diné dura.
: Ce Marquis .raconta des
la all;io11s digr~es de n1emoir~
-· qu~ f~ font faites à ce fiege •
..
' •
r de Cultu.ra •


-
eC u
·àiver(es: -°DJ
r; avoit reçûë du Roy, & lûi dit,
'.s t i._u' il arvoit de la j aye d<! ce qu'il
.e rece-Poit cette commiJ!ion par fis
~- mains , qu'il croyoit qu'il ne lui
le ff.iuroit pas mau<vais gré de l'a~
rvoir fait a11ertir. de fi bon matin,
it rtJ que fans cela il auroit p~is
d'autres mefùres. Ces man.iele
res enct1a11terent tous ceux
le qui efroient prefens , & qui
ir donnerenr· dans leur coeur
le mille loi.iangës à ce Prince.
t· La pluye l'empefcl1a de for-
1. cir ce jour-là.
1. Le 2 4 . la pluye ayant con ..
•n tinué, il ne fortit point Le
'il · foir du mefme jour M. d'A ..

eC '
\ .
~+ Relations
re1nber&.le vint falûer. Il a.~
voir ·efre éch~ngé c"ontte un Lieute11ant Colonel. Il dit',
~'ilétoitdàns Nimegzte leiour
qz-ee les ennemis prirent la fuite
~de ce coflé id. , .ri) que l.a co1if.
ternativn arvoi t • efté Ji .g1'ande
da~s la 'Ville , que les gens che?,.
qui il. était rvinrent lui demander;,
fa protef;tiotJ , que 'tous 'les
habitans fourvoient Leurs effets [
_de l'autre cofté âu Rhin , (!}
qu'ils com_ptoient que l1.' rviOe
aUoit '!tri prifa'd' ajfaut'.
ie ~ 5. Mon!eig11eur le 1
Dae de Bot1rgoC1DC fit dire t> à des ha t1tbois qui joiioient
des
1
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1
' )'
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àiverfès. 6j . .èeJ airs tendres p«:nd~nt fon ~în.er que ces airs ne conve- )\Oient que pour le quartier d~ fourage _au mois d'Oéto- bre, & quïls joüafîenc des .airs de guerre. Le 26. Monfeignc:ur le Duc. de Bol1rgogne fit. un fourrage prés d'Emeric. ll ne /
s'y paffa rien q~ confidera- I
,h.le. M. '!e Mar~ùis d;·~non- 1
ville revint ce JOt1r la (le. la 1
~our, il marqt1a la joye ,que 1
Je Roy & Monf eigneur a- 1
\'QÎenr reffenrie en apprenant /
tout ce qui s·eiroic paifé à la I
joul"nÇe dç Nin1eg4e, & dit 1

u
' i; 1
1
1
1
1
' '(fr) 'JJ..elatiorts
que èet~e joye eil:oit fi gran1•
tle , qu'élle augmentoit ·dt
'bea-t.lcoup la fa11té de ce M6·
l1 àrqt1e, & de Mortfeigncur,
· ·Le L 7. Monfeigneur le Duc
-qe Bourgogne ne {ortie point,
5& fit les depefches.
j
r Le 1.8 ce Pribce· fiè dé·s ·Je j
rnacin \a reveuë de Ion Re
·gi1nént .. Corr1me il n'eftoit
pas éloigné de (on Camp,
~e Prin~è fur de retour lut
ies 01ix: l1eures. ll alla à la Me;(:
· fè con1 ine il en fortoir M de
Vjr-iett vint lui dire qu~ir s'e~
toit p3!fJ une adlon à la gau•.
cl1e don.t voici le fait •
r •

1 i,11 1st 0 de eu. u a
di1Jerfes, 67
Monfieur P l1ilippe, Exerbç
des Gardes d~ Corps qt1i a
brevet de Colonel ayant· fous
lui M. de Curly, Exempt·dans le mefme corps , <X Lieutenant
Colonel reformé, a voit
efié détaché le i7. de Juin à
huit het1res dt1,foir pour aller
à la guerre at1x enviro11s d~
Nimegue . . Son détachement
eL1oit de trois cens q uarrevingt
dix maiftres , iÇavoir
~ens carabiniers , [oixante
Gardes du Corp, vingE Grenadiers
à cheval , dix Mollfquetaires,
dix Cl1evat1x Iegets
ou Gendarmes> le refie cava ..
. F ij

..
-~-------
\
1


6 S Relations
lerie de l'armée; troupes \Val.
l_onQes & dragons , ce .qui
faifoïc e1l cour l1uir troupes.
M. Philippefe troL1va le 28.à
Ja pointe tiu jour à la nau.
teur de Grave , ay.ant éité é.
garé tfar fon guide Il revint
vers le n1ot1lîn de Groifbec,
-oii il y avait treize troupes
d'ennemis qui efiant ~n plus
grand 1101nbre, & de bordant
les noftres, voulurent les en.
·ve!op per çn ver1ant faire leurs
decharges .) ce qui fembloit
leur e.fir\. facile, puifqutjls a_
voicnr cing troupes de plus .
. _ Cependant 1\1. Philjppt
1 Mir 1 erio de Cultu a

( l .
· ·di1Jerfts. , . V"' .
rrâuva n1oyen. ae les en ein ... '
· pefc'~~r. · ·ch~~tie, l">art'y r!l~r ..
cl1a .d abord a l e11n e 1n1 .en
forr bot)ne conren~nce. ~es
• enn e·mis fi , ent hal.te les pret
m·iers fi tôt qu'ils virent nos ,
.rro11pes d'e· pré·s'·. 'Le.s nofties
1 ·s, ar' rcrA[te - reht.. rf". ' ! V at1111. Les enne ..
. mi's fi rent une de ch a ~ge plrl,e,f ·-
que à. la -portéè du e'1{'tolkt
ia.ns tùer ,ny bletfer perfdnné. ,
Leurs decl1arges fait'e~,les,nb.~
tres attaquèrent aveé tanr 'de
·vigueur' çiu'ils les._ro.rnpitènt~ ~
. ·& perê·èrenr juft:iu'àla feco!i'..
de l.igne. Alors on enteî:îdit
q~1~1ques uns d'entre eux qu~

o de Cultu•a
fo Relations
di1 ent a!fez hat1t, Nous fom~
mes perdus. Ils fe rallierent, &
vinrent une feconde fois à la
charge , ce qui mit un peu
en de!ordre les dragons de
la dro-ire ; m.its ils ft1rent tres
bien fotitcnus par les cara bi.
niers qui leur don11 erent le
te1nps ·de fe ral~ier . 011 fè
.J;l1e-ila avec les ennemis, &
l'épée à la 1nain ils ne tinrent
p1·s contre nos trot1pes. Ils
voulurent Ce rallier t1n~ troifiéme
fois ; m1is voyant les
noilres prefts à tomber ft1r
eux en .bon ordre , ils jugetent
à propos de ie retirer,
no de ltura
• •

. diverfes. 7i
&d'abandonner le champ de
bJtaille. M. Pl11 lippe les fu~..;
vit pen·danÉ qL1e.lques tems~
"n1ais comL"'le ils efroient pro~
che d't~n petit bois, il ne ju~
gea pas à propos d'y entrer
de ct·aince qt1'1l ny eût de
l'infanterie. M. de Ct1rly ,
ayant ett fon tl1eval tué , à
e!té pris dans la meflée, aprés
avoir tué le Commandant
d'une des rrou pes des ~nne ..
n1is. Deux cavaliers ayant
pris un horr1me de difiinél:ion
fort confideré parmi les ennemis
di f puterenr à qui il den1eureroit
> 'X- l't1n d'eux le
1 e
7~ Relations
tua afin· de termi11er le difÎe.;
rent. M. Philippe qui fut le.
~~re1nent hlclfé à Ja 1nain de.
Jneura maiftre du cl1amp de
b~taillc où 11 paiîa p~u s d'une
heure , & fit retire·r les bief.
fez. Pendant ce tems les en.
mis qt1i efroient hors de la
~portée tn baraille, n ·o{erent
revenir à la charge, quoique
plus forts pref que de moil1é.
Mon lieur Graveifen,Colo. ·
·ne 1 du Regirnent âe ·Frife,
éomi11andoit ce parti. L'action
s' efi paiîé fur les brt1ye.
res de M ooci à rlne bonne
lieuë de N i~nrgt1e. L~ riquet
de
c
diveifes. 73
Je la gat1che de nofue ar ..
. mée· y n1archa fi_ tôt q u1il
eut fceu qu'il y avcit une
aéèjon ; tnais l'affaire e.ftoit
li11ie lorfqL1ïl y arriva. M .
. Bhilippe fè loüe. fort de fo11
parti, & .des troupes'"' allonnes
le. fils de Monlieur de
.Curly, M·oufqu~etaire, qui étoit
à cerce aél:ion, ne voyant
~plus fon pere , fit des, cl1of es 1
furprenantes pour 'tâcher à 1
le rroL1ver. II alla fix fois à. la 1
charge , &,. fe mêla aurant;dc 1
. fois parmy les ennemis. l\tf; 1
Philippe dit à Monfeigneur .1
le Duc de B~urgogne , en
,' •

u
G
. 1
1

7 4 Rclati'on1
parlant de lui , qu'il efioit
fL1rpris de ce qu'il n'efioit pas
mort mille fois, pu if que nbn
content d'avoir efié tanc de
fois c-l:1erch e ~ fon pere au mi ..
lieu des enqemis, il a voit retot1rné
cous les morts les uns
aprés les autres. .
Les Gardes du Corps n'ont
perdu per[onne en cette action.
Voici les noms de ceux
qui ont efl:é bleifez ou pris.
Monfieur d'Arnonville blef.
, fé>fon cheval tué.
MonGeur .d'Artignac Brigadier
blelfe à la main. ·
lvionfi.eur Poulans ble!fét


• •
• .
di<tJerfes. 7 5
Nionfi e11r de Marais i1ris.
Monfiet1r de Rocl1epot
bleffé , & (on cl1eval bl~!fé
auOE.
Monfieur Guyot Sous-bri.
gadier blefle. •
Monfieur.d' Angenne bief..
fé, & fon cheval bleffé auffi.
Mon!ieur de Curly·Exe111pc
prif onnier. ·
Monlieur de Liart blelfé.
Un Gendarme bleffé.
LesCl1evaux Legers n'ont
rien perdu.
U 11 ~.1 ot1fquetaire pris, &
un aticre bleffé.
Celuy qui efi prifo nier s,aG
ij

1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1

1

7 o Relations
pelle Ifaguier, & celui quièfi
bleifé fe notnme Bagein. lis
fane cobls det1x Gafcons; n1ais
il 11y avoir poi11r de gafcon.!.
11ade dans leur. bravoure.
lf n Mouf quetaire noir pris
avec fon cheval.
Un Maréfèl1al des .logi~
des grenadiers, bleifé •.
· Quatre grenadiers bleffez.
Cette Lifte ayant efré envoyée
auOE tôt apr~s l'aél:ion,
peur-ètre qu'une partie de
ceux que 1'011 a crû pris ou ·
t uez font revenL1s.
Le i.9 J ui11 Monfeig11eur
le Dt1c de Bourgogne alll


di'Verfes.
vifirer l' atti1leri·e. ·
717.
'
Le 30. il pafla par la dlioi.J
re de Cranenbourg alla prés'J
du moulin- de Groiib~cK &:.
gagr1a les brl1yeres de hltoocl(
li revint enfuite fur la g'aucl1e
d'où il découvrit le· re--·
tranc'heme11t qt1e les ennemis
fai[oient devant Nimegue, de
là. ce P.rinc·e vitir jl:tLèfJ.e~.(l,lr
les bords de la Meufè pré&dtt
chafieau de Bt1e1n. Il eftoit
parti ft1r lès neuf l1eures du ,
mari11 a:vec i\t!QnGeur le Ma- ·
refcl1al de Bouffi.ers. '
L~ 1. J1:1illet il fe prepara
pour faire fes devotions le len:
1


rio de Cultura
I
71
demai11.

·.Relation-s •
~ Le i..:qui efloie,--Ie jour de
l':i' Vifitario11 , il comrnunia &
a·1lf1 fe promener l'a prés dî.
née; il dit au retot1r de Ja pro:
:rnenade ' qu'on decamperoit
le lendemai1r. . ~ .Le 3 . . ce Prince mo11ta a
cheval. à rro!s l1eures do tna,.
-.,..4*rr;t~d;nna à Mon.Geqr
dç l' Appara , de fàire - co~-
. firuire un pont à. Hefperen
fur la Niers , & deux fur la
-~eu fe prés de Heiden , qui
· eft u11 t'eu at1 deili1s de Ge~· !.
nep. I~ fic inarchet fo11 atn1~e
fur cinq colo_nnes. Dans le

?Q 11 "Jlln~teno de Cultura

.
div~~f?s. · 7g
centre à -la droire ·e(toit la ·
colonne qui fptmoit les gros
éqiiipages. Elle efroic recouverte
par t1ne colonne ' des
troupes que menoir cePrinçe. '
A !â gaucl1e le~ mulets, ~l~s
petits éqt1jpages en for-
• ' • I • • mo1ent encore un~ qui etott:
recouverte ·par une autre co~
1011ne. Mori{eigneur le Duel
d~ Bourgogne paflà la Niers
au l1ameau· & moulin de Vil ..
dreent~e ' Nergneaù, & Keffel,
&; arriva d'affez bonne
heure à H;ifL1m où-eitoit le •
, centre dé la. ligne; car la gau,.:
chede l'armé~ étoit àHe,ydçn
• -
'
rro de Cultura - ,
'

8 o Relations
ou Heyê11, & la droite à He(.
peren ptés de la Meufe, en- 1
tre Heyden & Haffurn .
• Led-· Monfeigneur le Duc
de Bourgogne fit u11 détache. ment par bataill·on poùr tra':'
vailler à un ouvrage à corne
qu'il avoit ordonné à M. de
l'Appara de tracer: pour cou.
- vrir la tefte des deux ponts
de.la Meufe:Ce Prince mon.
ta à cheval à quarre 11eures
aprés midy pour y aller
Le 5. on fit un détache.
ment de qui11ze cens chevaux)&.
de douze cens hom·
mes d'infanterie pour paffer
' la
1 Ml 1st:er10 de Ct..I ura
1
diverfes. S 1
Ja M eufe & voir ce qui fe pâffoic
de r·autre côté. Ils allerenc
juft1u ?.aux portes de Gra- ve, & ils ne trouverent rien.·· Cc détachement était corn- mandé · par Meffieurs c{e Montrevel & de Courte- bonne. Monféigneur le Duc de /
Bourgogne ne fortir point le 1
'· à .catife du mauvais ten1s., 1
le 7. ce Prince monta a 1
cheval à fix heures dt1 marin 1
pour voir encore les polt.es 1
des ennemis , & {i on avait · I
achevé de démolir la Redou- 1
te qui efl auprés de Wt:eze 1
H 1
. (

10 e 1 ltu a

/
1
1
1
1
1

'
S 2 Relations
de i·autre cofté de la Niers.
Il paifa de là à Heyen à la
gauche pour voir les ponts de
la .tVteu{e ., & fi les bateries
de canoh & i·ouvrage à cor,
/ . ne ero1ent avancez.
Le 8. fept bataillons de
l'armée de ~1onfeigneur le
Duc de Bourgogne & deux
regimens de cavalerie n1ar.
éherent pour aller en Allemag11e.
M: de Caraman les
, devoir comn1ander; mais.s'e.
t~ nt trouvé incommodé , le
Colonel dt1 regiment du Roy
, les a conduits jtJ {qu'à Namur.
LÇ,_s deux Regimens de cava.
,
~ .,,t o de


· . diveifes. •
kric font ·Anbullon & Royal Pi~mont. Les
b.uai.".ons [one crois de la Rcyoe , dèwc
dç Poitou , un- de Cbarrrcs & nn d'I -
fonguio, & pour rem placer ces troupes j l en
ar ~va douze de · Ven lo dol'lt Ja plufpai:c ?rtt
cfté dans Kcifervverr. Le meûne jour Mou!cigocut
le Duc de Bourgogne moura à chc:val ~
Yit dc61cr Je Regiment de M octcmart Je Colo1lel
cffant à Ja telle, les aurrcs cfianc arrivez plus
rard, cc Prince ne vie que celui-là. U fi~ donner
doubli; radon à toutes ces rroupes pour les
zcmcttrc. Il envoya une gr:uilic:ition à M. de
Curly afin qu'on el'tc Coin de Il.li parce qu'on o.'avolt
pû le cxanCP.orrer de Nin1cguc à cau[e de
fco bkffures. Il en fic auffi donner une à (on fils.
Le 9. ce Prince monta à cheval l'aprés dînée.
Il alla. du collé de la Nicrs, & revint tombe~
à Gencp. Le foir du mcfmc jour on fic un
èc1achemenc de quinze cens chevaux qui paffrrcot
la Meu[c , & prirent des vivres pout
deux jours
Le , o. Monftigneur le Duc Bourgogne ne
fonlt point.
Les cnnc1nis ont pa!fé le \.\1 ahal , & [ont cam·
pcz entre Nimeguc & Grave. Ils ont leur gauche
à Nimc:~ue.
L'oni•l:me MonfcigP.cur le Duc de Bottrgogne
mor.ta à cheval un peu aprés cinq htures , p:?lfa
l:i Nicrsau dclfus d'Helperen , 1raverfa les bois
dt Clcves , où if lira , quclq,ucs pieces de gi-•


e •
• L---~~--


S.f Relations
bicr, !X. aUa juCqu'auprés de Cleves m~me.Cc
Prince revint par Goch. Sur le (oil:. il y cucj:t
chez !ni.

Le 1 :i.. il monta à cbc:val immccliatcmcnt oprés
fon d.îoé, & aUa au pont de l• Mcufc vât
• les ouvrages qui font acha~t. •
Le 13. il apprit que M. de Chamaranteavoit
joint M. de Surville, & que leurs croupes joill·
tes cofemblc faifoicnc plus de douu b:uaillccs,
&. quinze efc:tdrons. Il avoir eu avis qu'il 6coi1
forci de Grave quarre mille chevaux .commaa.
dez par M. de Virrembcrg. Il avoir cnvoy~,
co1n1nc fai déja marqué, M. d' Arembcr~U(C
trois ou quatre cens maillrcs , pour co avoir du
nou'l'clks. Il en donva Je 13. aprl!s diné , & fa
Jeccn.: porroir qu'aprés avoir paflè par Payx ,il
a:voi r joinr à E yndhoücn une garde avancée de
M. de Virrcmbcrg , qu'il l'avoir fait chiirgcr1
qu'on en avait nlé qnelques-uns & pris HOÎ!1
qu'on les avoir poullèz au delà du village le
Srryp, & que !'ou a voie appris par des payfaJ
> & par le Curé du lieu , t1u'ils fc: reriroin11
par Bolduc pour rega!%ner G:ayc. M. d'Aitm·
bcrg ajo.û·oic qu'é•ant re1lé pour obrcrvct «
<jlll (c patferoÎt , iJ avoit faÜ arrecer On (OU•
rier qui alloit à Maflri c, qlt'il lui avoirrrou-.
vé de5 letlrcs qn'il n'avoir pas voulu ouvrit;
n1ais qu'il les a voit envoyées à M. de Survi.lci
pà:ee qu '_il pourroit eu ürec que'. que av.11iragc.
!:> UlTE

O 1 M1n1 • no d"' ltura ·
• - ' r
...
u
• :'. ~ SU 1 TE
1,
~ OU JOU.RN AL
' 1 ~ DE . l-!A R MEE
fa •
t EN l TAL I E.
.
nr SECONDE PARTIE.
cc
Ill· •
If i
tic,
Ot
ll E T

'
E ti.er11 ier article de
.., ce Jour11al ,,· qt1i fe
A
CL.I u a


\ •
~ Relatims
trouve da11·s i11·a lerrre 'du •
i1101s de May , eftoit du
vi11gtién1e du_ 111ê1ne 1nois.
Ei1 vo.ic;:i la fu itG.
• . j \ 1
Le l. 1. Mdnfreur le Duc
\de V e11d~~ne ,, qui ~v,oit
pris tOtlties le~_p1·ec~~ipns
11eceffaires. pour' pà1fe·r la
Cljiiefe , s'étoit inuni de
v ;v·res da11s le doute de ce
qu'il tr6uve1"oit au-delà de
• • ce1.t. ve. · riv1ere.' ·
.. 1
Il fe1nbloit que les énne111is
dû!fen·t li âetfendre
vigoureu(e1ne11t, pui.Cqu_'~
..
• ..
-
...20 1 M1n1sterio de Cul ura
'
diverfès. j
ils avoie11t fait répa11dre le
bruit, qu'o11 y trouveroic
des.retra11cl1e111e.ns devant
lefquels ïl f.e .roir difficilè
que 'nofitre àrm,ée paliafr.
lls' avoie11t mê1ne publié
qu'o11 ~vciit, a~ttu beau
·coup de _b~i.s -pour ëet ef..
fet, & éru·e la Cava'lerie
·ti·ouveroit tot1t ce qui eG:
le long des bords de la ,
Chiefe 6 e1nbaraffé , q.tt('il·
lui feroi-t i1npoffible d'a ...
va11cer. Mo11fieur le Duc •
de Ve11d6m.e pouvoir ren"'.:
- _ A ij

4 RelatÏ{)nJ
co11rr.er tous ces obfi:acles
' qui lui au roie11t f-ait perdr~
be,au,ot1p de n1011de J &
• . f\ " .qui a·uro1e11t i11eLne i)U
l~eo.1pêcher de palfe1·. ll
pouvoit .auffi trouver u11 ·
pays ruït1é cxprés par les
. ~11 ne1nis, &.,dans lequel il
i1'~uroit .pû fub{ifrer. c~
pend~11~ c.e )?ri11çe ~ 110!1•
.obfl:;lll~ toμc )ce qu'on av.
oit pris ,gran.d foin de .pl.J·
\)l~e1: _, afj11 .d.e l'it1quieter.,
· & L1-iéme de lui faire ftJL·
p.er~cJ;ri: fSt 111ar;Che? palfa ~

"O 11 ~itl1:oter10 .:le Cultu1 a •
rli'Verfes. f
Cbiefe le i.1. aprés avoir
trol11pé les e1111en1is qui
croy·oient qt1'il devait
marcher dt1 côté de Mon ..
· tcchiaro, parce qt:1'il a voit
de1nandé da11s le Breffa11
douze guides pour l'y conduire.
So11 art11ée était
pourveüe de rou t ce qui
lui étoit necelfaire ; elle
avoit alfcz de courage
pour attaquer _, & pour
vai11cre les ennert1is, & affez
de provifions pour ne
!lla11quer de rien aprés fot'l
A iij

tf Relat~ons
p=1 ffagè. Mo11GeL1r le Duc
de Ve11dôn1e aya11t heu ...
reL1fet11ent rraverfé la troi ..
fié111e riv iere, qui fa ifoit
la dernierc refiource des
cn11e111is ,, & do11t ils avoic11t
pt1blié pe11da11t fi
Ion g - te ms q L1 'ils de.ffe11·
droie11 t le palfa ge , alla
. ca111per à C ~\fal - Nloro,
d,o,Ù il détacl1a M le Marquis
de Villep io11 avec
trois Brigades d'Infa11te-
, r ie , quatre R egi111e11s ~e
Drago11s & detlx pieces de

divcrjès. · · 7
cano11, potJ raller attaquer
Caftelgiufré. Le z,2..l'art11ée fà1·tit des
terres de la RepubliqL1e de
Veni fe , & alla ca111per à
Medoli da11s le Mat1toüan.
Pe11da11t [a 1narcl1e , u11
parti de Cavalerie de ce11c
ci11qua11te l101u1nes duRegi1ne11t
deTaf to111badans
u11e de fes colon11cs. Leur
Co111111 a11 da11 t q L1Î éro it
Bourguig11011, & Capitai~
ne de Cuiraffiers da11s le
Regitne11t de Raffi11 fut



• •
8 Relations
pris.011 leur tt1a une qt1i,11 ..
zai11e de Cavaliers; il y en
eut cinq ot1 Gx de pris 8G
quelqu<!:s chevat1x.
Le 13. Cafl:elgiufré fè
rendit à difcretion, aprés
avoir· et1Ltyé beat1coup de
coups de ~an o n. Ce pofie
.étoit ava11tageux, & affez
bie11 fortifié , & deffè 11d11
par trois cens 1101nmes >
ta11tAlle1nans que pai[a11s,
que M. le Prince E11ge11e
avoit fait lever pendant
. ~u'il éi:oi t le 1naiftre du


O 1 M 1.,te o de ul ura
. àiver(es. J
pays. Le Gouver11et1r et1t
beaucot1p de pel11e àfe re11-
dre prifon11ier de gt1erre a~
vec fa gar11ifo11 ~parce que
le pofte étoit bo11 ; 1nais
Mo11Geur de V endô1ne ne
voult1c pas qu'o11 lui fift
d'autre ço111pofitio11. Il fit
co11dt1ire cette gar.11ifo11 à
Cretnone.Ce Prince avoit
la i1uit précede11te déta·
ché deuxpart1s pour couvrir
fa n1arche, fç avoir M.
le Mar·quis de R uffé à la
d1·oite1&M. leC01ntc d'lJ.._ - . -- . _.
• ,
d C 1 Ufd
. 1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
. 1
1
1
1
. Io Relations
{ez à la gauche. Voyo11s le
1101nbre de troupes que
(;esC0111~na11da11s avoi e11t>
&. ce que fire11t ces deux
partis; M. le Marquis .de
Ruffé fL1t détaché avec
quatre ce11s cl1evaux,deux
ce11s Drago11s, & qtiatrevi~
gt - di.l( GendarL11es ·J
co1ntna11dez par . l\~. le
Comte de Cli.ar11 il:1y. Ce
corps aya11t 111arché tot1te
la 11uit , M. de R utté dé·
tacha cir~qua11te Drago11s pour aller garder un ponc. •
o M r 1steno de ltu -
diverfts. :Ii Sescot1 reurs découv:rire11t 11n petit corps d~ garde do Cavalerie e1111emie ~ qui .fe rêtitra d'abord à t111 villa:.. gequ'il avo1t derriere lui,·
& da11s lequel éto1ent d'autres trol1pes. M .. de Ruffé lit 1nettre aufli.. 1
1 tôt les Ge1111es en bataille, 1
da11s le deflei11 d' a tre11dre 1
1 les e11ne111is e11 cas qu~ils 1
Vot1luffe11t vt:11ir l'atta· 1
• quer, 1na1s ne voya11t a·
va11cer . a.ucu11e troupe
pot1r le co111batrre-) il pri~

• ltura
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
11 Relations
de fo11 décacl1e111e11t cih~
quante drago1is & cent
chevaux qti'11 envoya avec

tln Lieure11a11t Colonel·
pour fouler le village,
battre la ca1n pag11e , &
voir s'ils ne decouvriroient
rien. Aucu11es troupes
n ' ayant part1 011 c~L"l t
2 > • ' I que ce n etott qu un tres
l)etit déracherne11t de leur
ar1née qu'ils avoie11t e11-
voyé pot1r recor:1noiftre la 111arcl1e de la n8tre , &
que voyant l'ava11t~ gard~
er d C 1 u •
- diverfl1. 1~ ~]
àe nofl:re détache1ne11t, ils
s'étoie11t i1nagit1ez q ue
c'etoit l'armée enticre q ui
marchoic de ce coCté-Jà.
Ain fi .on de1n,eura per!Ùa·
clé qu'on 11e ver1·oit ce jour
là aucunes troupes enrter
mies , cep.endan( fur les
011ze heures du 1natit1,
lorfque .celles de ce party
écoie11_t le plus e11 repo s ,~
ne fo11geoie11t qu'i fe reci ...
rer pour rejoindre l'artnée
dans fa i11archc , M de
lluff6 :voulut ~ll~r vifs.,..
....J

ura
14- Relations
ter la garde de dragons
dot1t j'ay déja parlé qu'il
avait fait pofrer fur fa
po11t à une portée du Ca ..
-11011 da gros de fo11 déra~
-ëhet11e11r. Lorfquïls fu ..
ret1t à moitié c:hemin) ils
.'e11tendire11t tire·r fur la
gauche. Mo11fietir de Ruf ..
l'é y co,t1rtl-t d'abord , &
-dit à M. de Charnifay de
faire ava11cer les ge11dar ..
1nes qu'il co1111na11doit ,
·& qe les pofter da11s l'enM

1 V. 1ster10 de r. Jtu 3

di'7Jerfes ... :r J droit qu'il croiroit ~tre le plus i1eceffaire , pe11da11t qu'il iroit à la gat1che. Dans le tems qge M. de Char11ifây faifoit for1ner fes ti:oape5 -OQ.as un gefilé pour. n1archer où .il en. · tendr0i~ tirer , il vit q,ue 1
le1. dra go11s qui étoie11t fu1· 1
la dro1te a voil'nt efté obli- /
gez de · ~·eder aprés un.e 1
longue refiftahce , u11e /
grolfe troupe de cuiraf- 1
fiers , & d'autre cavalerie 1
étant tom bee f\.1r eux. /
ua
1
1
1
1
1
1

I ,•
:,1 Relati()nJ ,;'
.Auffi t&t que les dragot1s
fure11t fortis dt1 che1nin,
il I.e fit auffi re111plir par
fa premiere troupe de ge11~
da1·mérie fous le feu des
cuiràffiers , & leu1· .fit ti ..
.r~li pltJ1i>:urs coup~ d~ ca•
:rabit;l.e ppμr les éloigner.
Mais éo1n1ne elles ne s'é ..
bra11ieret1t paç pour, cela,
~ & qt1'elles nre11t bon11e
·CQ11t;1~\1ce ~ M. de Ct1ar·
11ifay 11e perdit pojnt de
tems, & dés qu,il vit que
fa feconde trot1pe éroit
-for ti.c.

Jirverfli~ 17
fortie du defilé & pouvoit
le foûtenir il inarcha droit
à eux ; 1n1is à pei11e fe
fure11t-ils aper~ûs qu'il
s'ébranloit , qu'ils lâch.erent
le pied. Les e1111e1nηS
perdire11t et1 cette. occaiion
plus de 50. ho1n-
1nes & ·b·e·a ucott p dê c11e_.
vaux. 0 t1 let1r C11 prit
I1uit & 011· fi·t quatre p.rifo1111iers.
l\tl. de Cha111i-·
fay et1t for1 cl1eval tué d.e
quatre coups de .feu·: Il- y
eut cinq drago1ïls tuez &
. 13

.\
1

1 S . Relations
di:x ble!fcz. Les e1111e111is
ne i1ous prire11t poi11t de
• • .. cl1eva11x , & 11e fi1·e11t: au.
cu11s prifo1111icrs. Co1111ne
-on 11 ' avo1. t po1.1 1t e11core
veLl de dét~.iil de cette
aél:io11 , j~ai cru e11 devoir
âo11ner u11.
Le (econd détacl1e111ent
'qtli fL1t fait e111nê1ne te11'ls,
& qui éroit co1111nandé
par M. le Co111te d'Ufez
étoit de deux ce11s cheva11x
feule1ne11t. Il ren··
contra un gros party da11s
'

• ,

~10 de i...ltura
• dif"()erfts. ï g
le villa.ge de la Volta , &
prit le corptna11da11t qt1i
cft Capitcli11e du RegimeL1t
de Co111tnercy avec
, dix cuirailiers & quinze
chevaux.
Da11s le 1nefn1e tems
u11 party de Cai111etto e11
trouva u11 autre des ltnperiaux
da11s t111 village 1
prés de Marcaria dont 1
plt1fieurs furent tuez:> & 1
quatre faits prifon11iers. 1
011 aprit par ces prifo11- 1 ~1iers que les Regit11ens d~ 1
Bi}



1 o Relations
cavalerie d' Herbeville, & J
de Gronsfeld., que M. le
. Prit1ce Eugéne attendoit J
d' Alle1nag11e > l'a voient J

.joint. , ~
Le 2.3· Mo11lieur le Duc
de Ve11dofi11e alla à Goito
où il mit fa gauc.11e, &fa
droite à ~ivalta , de forte
que tout le cofté de
Manto.uë fe trouva--tibre,
les et111e1nis ayai1t abando1111é
Aqtta-Ncgra, Marcaria,
& Tor-d'Oglio au
dela du Mincio , & au.


aiver(es.: ~1
~eca d<e Martnirolo ~· Ma11~
J
· tiiano, la Spi11ofa, & quel;
ques autres poftes.
Le 14. Mo11Cieur le Dua
de V ei1dofine alla à Mar·
mirolo où il avoit do1:iné
rendez-votlS à M. le c:om~
te de Te!fé qu.i 1 ui .dit que
les ei1J..1e1nis c11 a ba11do11 ...
na11t ce pofte, & qu~lques
autres ~ les avoient quitrez
avec ta n·t de p.tecipitacio11
~ qu,ils avoient laiffé
beaucoup de fari11e & de
pair1, jet_té !e.u,rs mu11itions



~i Re.lations
clat1s l'eau , &. 111is le feu
au Palais du .DL1c ; mais
qu'il avoir été étei11t par
1.11~- parti qui était allé de
çe coft.é-1' , .& qt1i y· efi:oit
e11tre/ au· ffii -to/\ t aprc/s 1e ur
{ortie ; que la v1lle & la
ga1111fon de I\).antouë etoie11t
et1 tres-bon état;
que l,es chevaux a voient
t111 peu fouffert: faute de
fourages , i11ais qt1'il y a, ...
1 voit encore aflez de viv.res
pour fournir du pain ~l'ar ..
tnée pe11da11~ quelques
• _JO Ur~. .
.201"'1 M "'1steno de Cultu a
'diverfts. ~j
Le mêlue jot1r M. de
Beaujeu Brigadier &Cap1-
tai11e-Li·eute11a11t de Gen~

dar111erie, qui a voit 1narcl1é
avec fix cer1s chevaux
fur i·ar111ée e1111e111ie , re~
vi11t le foir a prés avoir été
jufqu'aux gardes des e1111e-
111is, &·s'être 111is & tenu
Jong-te1ns en bataille devant
eux~ fans qu'ils euffc11t
fait at1cu11e déinarche
pour l'attaquer.
C.. e ine" tne 1. our , M on-,
1ieur le Duc de_ Vendô1ne;
I


'24- Relation.f" \
& Monftet1r le Comte dé
,T eif é éta11t partis de Mar.
1nirolo ,. arriverent fur le
foir à Mantot1ë. Son Altef..
fe > & toute la Bou1·geofte
allerent au deva11t de ce
Duc. Les accla1n,a.tio11~
furent grandes, & 1espeuplescriere11t
à plofiears reprifes
:- Vive les. Rois de
France ft} d' EJPagne.
· Il y a fi 1011.g-te1ns qué
vou·s entendez. parler tle
Matl·touë, qu~j'ai crû ~ue
,vous 11e de.C:-ipprouveriez
. l?a~

de

'difl.Jeps: 2)
p·as quelques re1narques
}1iil:oriques que je vous e11-
voye fur cette ville, do11t
le blocus a fixé fuir elle le&
J·egafds de toute l'Eu1·ope,
& fur tout des Ultra111011 ... . .
tail1s. Ma11touë eft u11e ville
· d'Italie fituée da11s ' le
païs qu'ori i101n1ne Lo1nbardie.,
& capita~e dtt Duché
de ce i101n. Le Ma11-
toüa11 efi aux det1x cofte·z
du Pô, ei1 t re l'Etat de lvlo~
dene,l'Etat Ecclefiafiique,
les terr·es l1e laRepubliqu~
c
ltur
• 'il Re!aticnï
de Ve11ife , & celles du
• Duche de Milan.Mantouë
e!l: co11i}ruite fur le 1nilieu
du lac que for1ne le fleuve
de Mincio , de 1naniere
qu'elle n'~fr acceffible que
·par deux ponts'. La ville
eft belle , Q:1·a11de & bien ._,
baftie ; le Palais des Ducs
e11 fait u11 des principaux
or11e1n.e11s; c,efi.l'édificele
plL1s regulier & le plus fu~ .
perbe que 1'011 voy.e dans
les villes voiGnes. 01111e
peut rie11 voir de· fi i-icl-ie
,

1
,
airuerjèJ~ - ~?
& àe fi r11ag11ifiqμe que
l't:.glife Cathedrale ( c'e(t
l'Eglife du ÎJ01ne ) La:
veuë ne peur fol:lte11ir l' éclat
de la ·voûte qui eft
toute dorée & azuree, les
yeux e11 fo11t éblot1is. Novallara
.. , Gufi:alle, sabio-
11e·tte, Bozole, Cat1iglion
delle .ftivere· & Solari110
fo~1t des places&des terres
·qui étaient autrefois de l'a
dépe11da11ce de l'Etat de
Ma11toüe, & qui fo11t aujourd'h.
uy co111prifes da11s
c ij

iS e o e Cultura
-
.z! Relations
l'appa11age qui a efi:é èlon~
11é aux Cadets de cette il-
• l u.fl:re 111aifo11. Celle de
Go11zague eft· eftablïe â
Mat1toiie depuis le com-
1ne11cement du quarorzié.. 1
i11e fiecle, , ce fut ei1 .ce
telns qu'elle e11 chaffa les
Tyrat1-s. Louis fils de Guy
de Got1zague fttt le pre-
111icr de fa tnaifon qui
co111111ar1da à Ma·11toi.ie,
aprés e11 avoir fait inou'"'
rir le Tyra11 Bo11acolza
qt1i y a voit f4i t des rnau;<

'

'
dircJerfls. 29
ihn11 is & exercé des crl1au.
tez ii1ouïes. Le ravilfemeL1t
qu'il a voit fait de.la
1 fille d'u11 ho1111ne de qua·
, lité qui n'avoir pû trou-
1 ver u11 azile d~11s l'Eglife
Catl1edrale, eau fa fa c.hl'tte.
La Nob!eife &le peuple
ii1d ig11ez (f'L111 pare'jl
attentat, apellere11t da11s
leL1r ville Louis de Go11 ...
' zague qui ~11 obti11t li
Seig11eurîe fous le titre de
Vjcariat de l'E1npire , a ...
prés la i11ort du Tyra11.
. c iij
10 e Cultura
\
30 Relations •
Ses defce11dans t1' eure11t
que Je ii1nple .1101n de.Ca ..
pi,~ai11e,, & i1e s' e11' don.. ,
11e1·ent poi11t .d'autre, jt1f..:
qu'àJea11 Fratl~ois qui i1'é_.
ra11tpas fatisfait de ce i10111
i116.d efte, e111·echercI1a un ' ' de l1 Er11perel1r Sigifi11011d ,
"uprés de qt1i il' 9toit. fort
e11 f.1veur : qui co11vi11t
J11ietlx à fes de!fei11s a1nbitiet1x.
Jl agjc e11 effet û
· p uifiàt1111je11~ auprés de
cet Etnpereu,r , qt1'il le
créa Marqtiis e11 1433. C~

.:G: 1 Mr 11pterio de Cultu a. \
. di'Verjès.' .J 1 ne fut pas fans de gra11cls
1néco11te11te111ens tle là.
, pa.r. t des ha.b itai1s de M a11- \ cotte , qui accoutu111ez a
une do111i11atio11 n1 0Î11s
faflueure ~ 11e pouvoie11t
digerer ce cl1angetne11t.
C I >fl. \ c11t a11s a prcs , c CLL-a.
dire ' e11 I r30. Charles- 1
~i11t érigea e11core cet
état e11 Duché.
Au co1111ne11cet11e11t du
dix-feptié111e fiecle, le Duc
de Ma11toüe n'auroit pas
~cfifté à la fureur avec la- c iiij ~
• d •
J .z Relations
qt1elle les Alle111a11s latta~
quoie11r,fans la proteétion
de la Fra11cê. Ils luy firent
la guerre en 16z,9. & affie ..
gere11.t 111efn1e fa ville Ca~
,pi tale, 1nais Louis X 1 II.
la fecouruc avant & aprés
la Paix de ~iras , & fit
fe11cir aux Alle111ands quel
~ bonheur c'eft pour les
Pri11ces d'Italie d'être al ..
liez de la Fra11ce; & da11s
quelle feureté ils vive11t
fous fa proteétio11. Colalto
ce fa111eux General de l'ar"t ~ ~ - -'
1 0
di'Ver:fes. 1J
inée de l'E111peret1r ·, prit
cette ville & y fit des dé ...
[ordres i11croyables · 1·a11
1630. Il y a à Ma11touë un
ordre des Chevaliers du
Sa11g de Cl1rift que le
Duc Vi11ce11t i11ftitua en
1608, le Souverai11 de
Ma11touë e11 efi toûjours
le chef & leGrand-Maître1
Cette ville a produit de
gra11ds l10111111es. N ot1s a~
vo11s par111y les Poëres La ...
tins de l'a11t1quité Virgile
qui parle luy-1nê1ne de
,


.S4 Relation1
Ma11touë dans fes Ouvrages
co111111e du lieu de fa
nai!fance. Par111y les mo ..
dernes le TaOEe efloit de
Ma11touë. Jea11 Baptifie
Ma11 rua11Car1ne&fa1neux
Poëre dt1 16e. fiecle ei1:oit
auffi deMa11touë. 01.1 ço1n ..
pa1·e fes Eglogues à celles
de Virgile. Aprés qu'il fut
entré chez les CarL11es il
· voulut ft1pritner l.es Ouvrages
de gala11terie. qu'il
avoit fait~, c'eft ee qtti e11 a
te11dt1 les exe1nplaires fore
• n1 efo e-C 1 ur2


diver(es. J r rares, ~'E vefque de Ma11- .
rouë a de beat1x droits ;
entre autres celt1y de .ne .· relever a l:le du Sai11r Siege~
~ ~
011 affe111bla dans cette
ville u11 Cô11cile pour con-.
fir1ner & pour fot1tenir l'éleétion
d'Alexandre I I ..
qui e!loit conteftée par
l'ELnpereur He11ry IV. qui
avoit o·ppofé à ce Souve~
rai11 Po11tife t111 A11tipape.
Ce fut u11 peu aprés le 11'li ..
lieu de 1'011zié111e fiecleJ
Da11s le q t1ir}z.~é111e Piel I~'
.__..



30 Rc:lation!.
y ti11t une affcr11blée de
quelques Evefques, & de ~
qu.elqt1es Pri11ces pot1r
ço11eerter les 1noye11s de
faire la guerre aux Turcs, j
Le D uc de Maritouë d,aujot1
rd'ht1y fe 1101nL11e Fer_ j
di11ar1d Cl1arles de Gonza ..
g11e, il eft arr ere petit fils
· d~ Cl1arles de Gon·zagt1e
Duc de Ma11tot1ë, de Ne-
vers & d~ Rl1etelois qui
ft1cc eda au Di1ché de
Manto ~J ë à fo11 couULl •
Yi11cent l- I. Il a bpoufé 1..
· 'dirverfis~ 37,
fabelle fille de Ferdi11a11d
de Go11zague Pri11ce de
Guaftalle. La 111ai!on de
Go11zagt1e efi très illufi:.re.
Elle a do1111é gra11d 00111 ..
bre de Cardi11aux au Sacre
College & de .gra11ds
Capiraines.àl'Europe.Cette
1naifo11 a produit dans
le feiziér11e fiecle louis de
Gonzague Jefuice , qui
efta11t l'aî11é de fa 111aifo11

quitta le n1011de .. par le
co11feil de fai11t Charles.
Pie V.l·a bearifié, 1l 1nou ..


0


• j .S Relatt.on! .
'J rut âgé de qüatre .. vingt
deux ai1s. ·
· Aprés vous ·avoir fait
· u11 derail de la ·n1arche de
Mo11Geur, le Dué de Vendô1ne
jufqu'à Ma11touëJ &
des avantages qu'il a ren1.
portez pei1dant cette 1narcl1e,,
je dois VQrUS dire que
I • des que M.ie Prince E~ge·
ne, qui s'était avancé juf ..
qu'àU,fl:ia110 avec tour::fon
armee' ,e:ut rec011111uq ue par
ladilige11cede la n1archede
l-'ar111ée dts deux couro11es,


' 011 M 1st r o de Cultu a
\
rliverfe1~ -;,!}
ell~ av.oit paffé e11 tln 111ê~
1ne j·our 1'9glio, & s·l était
re11duë 1naîtreîfe du patfa ..
ge de la Mela, il retnar-chà
auili-tôt d'Ufi:iar10 où eftoit
arrivée fo11 ar111ée à
Capetuo' , où il pa1lfa la _
<'.:l1iefa ~ & de-là .s'apr0cha
de Ma11·tqiie , aya11t 111is ~ ·
deva11t ltÎi la ·folfa 1naëC.
tra. Le le11de1nai11 il fit 'a·t...:
taquer u11e redoute qui eft .
. / au bout de la chaulfee, qui .
aboutit à la porte Ce,refe;
Jaquellefute1npo·rtée a prd~
'


ste lQ de Cultura
\

1-0 Relations
.beaucot1 p de r~fifi:a11ce dé
la pa.rt· de la gar111fo11 de
Mat1toüe. 11 fe rettat1cl1a •
at1 bout de cette cl1at1!fée,
& y' fit i11ettre pluGèurs ·
p ieces d~ ca11011 ei1 batte ..
i·ie. Après cette ex_pçdi
·tiol'l J il fit co11fi:rtll re qt1a-
- tre po11ts ft1r le Mit1cio entre
Gouvert1olo & Mail--
. t0iie fur le[q uels M. le
Pti11ce ·éle Co1111nercy
ayant paifé a.vec t1oe partie
qe 1·ar111ée , catnpa la
· droit€ vis-a-vis Goito,&,
' la

2011 M1''ISt€riO de Cullurq

âiver(es: 41
la gauche tirant du c6té de
. . lVlar111irolo. .
Moi1fi.et1r le Pri11ce Eugene
établit fo11 qt1artjer
à Courtotone, à la tête dt1
ql1el eft u11e to or où ei1: I ·é ...
clufe, qui eft au bot1t de la
fofa maejfra fia11qu~e d'un
retra11che1nent qui aboutit
fur le lac. La dro ite
col111nen~e à ce11t pas du
village 7 & elle s'éte11d jufqu'à
M0nta11ara <lerriere
la fo(fa ma~flra, qui a de- ·
ya11t u11 foifé affcz large,
D
• •



,
42 Relations
, fo·rt profo11d:; & qui duré
jufq t1'à Bo.rgoforteo Ils fi:.,
1"ent deux .batteries ei1 •
tre Cou·rteto11c & Mon~
ta11ara.. QL1ai:1t au p9î..
te de Borgoforte. · Le
Cl1âreau efi: 0 11 peu éleyé,
· e11tou r~ d'u11 raveli11 .qui a
Ul~ para p·et gazo11116 ;J aUw
tour duq t1el ell t111e palif..
fade fort épaiilè: Il y a une
d /\ ;;;' d p f\. • porte u cot c u ~ qu1
eft la 1naître!fe porte , où,
· ~ft u11 folft aîfez large. Du
cofiè di..1 Palais fo11t deux
'
• '

) . .
-D~1 M nisteno de Cultu a
'

dirver:fès: 41
foffez 'larges qt1i reg11e11~ ,
tOUt a l'en tOlll" ,, OÙ il y a un petit pont de bateaux
pour _la ,co111 L11 u1~icatio11
du Chaiteau au Palais, Ils
011t fait un foifé autot1t·
de ce Palais avec des crënaux
da11s la 111uraille. La
gra11de porte qui eft du
cofté du Pô efi entre deux -
retrancl1eme11c, à la tefte
defquels efi t111 autre retrar1chen1en
t qui aboutit
fur le Pô. A cofré de ce
retra11chè1ne11t il y a u11e
· D ij
ode Cul ura

4-4 .R.e!ationi
T o Llr qtii ell: l'Eclufe deS'
eaux des foffez d·e Borgo ...
fo1 te q11i i11011de11t la cat1l·
pag11e ~ u deifous dt1 Cl1â·
teati. cette T 0L1r 11'a rie11
devant e~le _, no11 pa~s i11ef.. ·
in·e 011 po11t levis. Il y a
t1ne ifle da11s le rnilieu dtt
Pô vis-,à-vis du Palais ·où
ils 011 t fait. des i·etràn·
' .
cheL11e11s a~l~ trois a11gles
à la teil:e O·Ù fo11t des bat ...
• • •
te1~1 es pour quatre p1eces
de ca11 011. 11 y a u11 autre
- retra11chernent plL1s bas

. . • •
2011 Mt lster o de Cul ura
âi'Verjès: 41
tout u11i & qt1i croife l'ille. Le po11t de ce bras co111 ...
n1ence ei1tre les deux re... rra11c he111ens, il couvre la. •
porte du C~âreau~& abol1~
rit e11tre les dellX retra11 ...
che111ens de l'ifle; derril,re
le der11ier _rccrancl1e111ent -
il fitca111per u11 ba aillon
de Lorai11c, audeff<)US du ..
quel on fit 1111 gra11d 111a""
gazit1 de foin lu r <l cux pil~
les a la tefie de l'1fle. 011
pla11ta da11s le Pô tro is
ra11gs de pil~tis .fo1·r gro~

'ifô Relations
avec des chaî11es de fer qt1i
traverfe11t tout le fleuve,
il faut palfer au travers de
l'itle. pou,r aller fur le p·onc·
de l'autve btas qui efl: ·fortifie
d'un retr~11cl1e1nent
de l'atitre cafté de l'ifle.Les
pofte~ qui font e11tre la .
porte C.er~ze & Courra~
to1111e {011t. gar11is de reci-
ancl1e1ne11s co11tii.1 uels
jufqu'à la 'Chartreu fe, 011
e11 fit ui1 retra11che111ent
t1~11qt1é de trois a11gles
~ve~ .des batt~ries où 11 r1'y


• . '
_o 11· Mln, 1ster10 de Cultura • 1

dirverft1. '4.?
avait pas ei1core du ca1101l
avec t111e a!fez gra11d~ place
d'arn1es. De1·riere il ya
un au tr.e pofte au prés de
fai11t Frâ11çois qui eft e11~
core ineilleur. 011 y fit un
bon retr~11chen1e11t .avec
• des bateries de ca110 11 qui
y fo11t au '1101nbre de qua ...
tre. Il y a une place d' ar~
mes fo rt gra11d.e derriere
le retra11ch e111e11t , aprés ·
quoi 11 11y a poi11t de re""'
tra11che111e11t de là au
mouli11 ; il fit 1nettre de-~ . ~
1


· 41 F.:elatt.ont
pofre-s de cavalerie derrie~
xc les caffi11es. A cofté du
111o"tilin où efl le gra11d
che111i11 de Ma11toüe àBor .. ~
goforte~ Il y a u11 retrancl1e1ncnt
fur u11e hat1te11r
,à .1nairi droite où l'o111nit
' , , tleux pieÇes' de ca11011. Il
.}· en a u11 autre plgs bas
.a~ u '1 d~1n y inille de là,dans
Jeqt.1el il fir.1nettre d~ux re.
gi 111e11s d'j"1fanterie· ca1n·
pezdevantVirgiliéltia da11s
UIJ e11droit n1arecageux
· qui eft tout plei11 dr; fau·
- · - les.


odeC

di'Verjès 49
les, Il fit àu!Ii 111ettre de
l'i11fanterie avec un retra11.:..
cl1e1ne11t qu'il fit faire ru~
la· droite qui eft fur le
Mj!1ci.o. Le marais reg11c:
de ce cofté-là jufqu'à cinq
ce11s pas du 1nouli11 do11t
j'ay parlé, ~prés quoi il 11;>y
en a plus jufqt1'à celle 'de
la porte Cere[e .qui va.
jufq~'au· de·ifot1s qe ,curtoto11e.
· '
Quoique ce ca111pe1nent
foit fort ava11tageux, il eft ·
à re111arquer, q Lle c' cfi t111.
. E

1 ,,l:C'no de Culrura
'
JO Relations
trifle ava11tage à des ·ge1~
qui fot1t ve11us pot1r co11-
quer1. r 1:111 E tat, d'e" tre o~
bligez de fe cacl1er pour
11'être point attaquez. Il
eft fi vrai qu'ils n'oferoient
de:ineurer hors de leu.r po·
!te , que M. le l)rinte de
Com1nercy, qui avec un
grand corps de cavalerie
s'étoit ava11cé à la hauteur • de Ma·r1nirolo, ay~11tap.ris
laarrivée de l'armée des
Alliez à Goito , i·ejoig11ic
pro111tetne11t M. le Prince


tiiverfts. .rz
Euge11e, aprés avoir repaf-.
fé le Mi11cio. ·
Mo1~fiet1r le Duc de
Vè11~61ne, aprés avoir vû
Mo11fieur le Duc de Man ...
toüe, & l'état de la place~
alla reconnoître le ca111~
des e1111emis,& courut i·if..
que de la vie e11 exa111i11a11t
leurs travaux avec atte11 ...
tion. Un bot1let de ca11011
pa!fa fott prdcl1e de lui.
Quoique le long blocus
de Ma11roü~ d11t en avoir
affaibli la gar11ifon , ·il
~ E ij


5 2 Relations
trouva qu'elle avoit efte
·groffie par u11 gra11d11om ..
bre de deferteurs. ll 11e
lailfa pàs d'ordonner que
les recruës qui avoientefté
e11voyées de France , &
qui efi:oie11t de1neurées à
Cre111011e, les joiL1droie11t
le i7.
Quand M. le Co1nte de
Telfé, qui efioit acco1npagr:
ié de M. de Surlaube11,
vint trot1ver Mo11fieur le
Dt1c de Ve11d61ne à Mar-
111i·rolo ,, il avoit avec lui



=
di'lJerjè.1. 53 . cent houffarts du no111bre de ceux qui s'étoie11t vo: Jo11taire1ne11t re11dus à
Mantoüe penda11t l'hiver,
donc la garniConcoûte aux enne1nis deux 1nille qua- .rre ce11s' hon11nes, qui ont efté tuez ou faits prifon- niers de guerre, ou qt1i 011t 1
deferté , & ce qu'il y a de 1
re1narquable, c'eft que la 1
· gar11ifon de Ma11toüe n>a j
pas perdu cent hom1nes 1
pe11dant tout I~ teins que j
le blocus a dure. Monfieur j
E iij 1
l
1
1
1
-··---
J 4 Relatz'ons
le Duc de V~11d81n~ fut
conduit à Ma11roüe avçc
1nille chevaux & 1nille
fa11 taffi11s de cette g;:ir11i·
fo11. 11 avoir efté co111pli·
1ne11ré à Goito de la pa(t
de Mo11Geur le Duc de
Mantoüe p~r M. le MJ.r"'
quis d~ B~rerta, qui lui fit.
des cç1np-li111~11s fu{ l'l1eu·
reQx cotnrne.rtc~\Uen_t d'u.. .
i:1e ca 1t1pag~1e qui lui d.e"'
voit êcrefort glor·ieyfe. Ce
gr-and f4~~és ~voi.t doJ1né·
t:a11E de joye à l\:'lorifteur l~
.,.1 1-.1 a
dirverfts. J.f
Duc de M~J:1toüe, gu 'il la
fic paroiftree11 eLnhrafL1.11t
celu}' qui luy aprit Je
pre111ier le paifage de la
Cl1iefe. Cette joye ne ven9it
pas de ce que ce paf ...
fage re11doit Ma11tot1ê
plus libre ; il y avoit e11-
core de la gloire à acquerir
pou1· ce P1·ince , pour
M. le Cotnte de Teifé, &
pour la garnifon de ceçte
place , fi le blocus eût dui-
é plus long-tems ; inais
Mo11fieur le Duc de Man-
B ii ij


1
1 l
1
1
1
1
1
1
1
1
1
f d' Relations
touè efl:.oit ravy de voirles
troupes du Roy tri0Lnpha11tes
dés leur.pre1niere
de1narche.
Quoi que le titre de cet~
te Relatio11 doive vous
faire atte11d1·e u11 jou.r11al,
ne foyez point furprife fi·
.vogs ne trouvez pas chaque
jot1r inarqué par quelque
aétion. Je 11e parlerai
poi11t des jours dont je ne
vot,1. s pourrais rie11 dire
qu e11 · vous i11arquant
qu' 011 n'a rie11 fait ces jours-
,
di'Verfes. 57 I~. Cette reper.ition feroit inutile, & e11nuyeufe. Ce
11'efi: pas qu'il fe trouve
beaucoup l-{e jours où l'on foit de1ueuré da11s l'inac- tio11, ii l' 011 peut dire qu'un Ge11eral foi t dans l'i11ac- tio11 les jot1rs où il 11·e bat /
pas fes e11ne1nis, & où il 1
ne fait pas de in.arche. Ce /
qu'il prepare ces jours-là eft 1
quelquefois tres-co11fide- /
rable,&lors qu'on ti~~1t t1n . 1
enne111i ferré, on fait fou- /
vent beaucot1p; quoi qu'il 1

0 u
1
1
1
1
1
1
1
JS Relations \
ne pa1·oi!fe pas qu, onagi!fe.
Les enne111is qui a voient J
mis des troupes dans c~ .. 1
11etto ·,, afin que cette.1)la- J
çe et1 arreftan t Mon!ienr
1 1 le Duc de V endofine da11s ~
fa 1narche pufr leur don-,
11er IH.oyen de fuir avec
plus de feureré, & i11oins
de precipitatio11 , e11 avo'ient
auffi jetté da11sCaf.
tiglio11e d'elle ftivere dans
la n1efi11e pe11fée que cette
place arrefteroit auffi l'armée
des alliçz. Ca11ettofe •
o 1 ~ e o e ultu
.
-ài<Verft!. J9
re~1dit à-la feule ve41ë de
nos traup&s , coi,11me il ~
deja efié. i1narqt1<6, & Caf..
tiglio11e 1:1' efioit p1lS fl'lCOJ"re11dti,
parce qù' l 11'avoitt
pas encore e{l:é atta.q"Ué ..
Le z.7. May Mo11fiet1r
le Duc de V e1-idoG11e e11~
vnya u11 'd~tacl1e1ne11cpour
c:~t,te expedition .. ll
efr0iit co1nm.a11dé pat' M~
le Cc.111te de Revel Lieu ...
te11a11t Ge11eral, qui a~oit?
avec ruy Mo11fiett1.v de
Mo11go1l' ·., Marefchal de



t rio Je Cuttura

• • •
oo Rel1ttion1'
Ca1np , M. d·é ~-lancy,
Brigadier, M. le~ Marquis
de Buffi , Lie.ute11a11t des
. Gend~r1nes de Berry , &
M. le Chevalier de Luxe1nbourg
avec fon Re ..
. gi1ne.nt d'infanterie; trois
Colo~1els , fçavoir 1'1e~
fieurs de Mal19~1i , de Si:.
gerat & de Bourg, quati·ë
pieces de gros canon,. qua.
t .re ce11s grenadiers, cinq
ce11s cl1evaux,& trois ce11s
<lrago11s. Tout cela inarcha
le z.,7. & arl'iva à trois

' . •
'.2011 M n1stcno de Cultura
'
;'

di'Verjès. 01
heures aprés 1nidy deva11t
la place. Les 11ouifards· qui
y eiloient e11 gar11ifon en étoien
t forcis pour aller et1
party. 011 efcar1noucha
quelques teins e11 faifa11t
les aproches , & e11fi.11 011
les po':l!fa de maniere
qu'1l~ furent co11traints de
gag11er les hautet1rs ·pour
rentrer par les derrieres.Le
no1n·bre des troupes efl:a11t
trop petit , 011 fut obligé
de t1e bloquer qt1e du cofté
de la ville & du donjo11,
'{


ô..z Relations
& pour cet effet, 011 s'ch
faifit av~c quatre ce11s grc-
_n~dier.s_, & trois c;:ens ho111 •
• mes qut y entrere11t en
cha!fa11t toûjours les enne-
1nis deva11t eux. 0 r1 ft1t le
.inefine jour 1naift1·e d'une
porte de la ville. Les en-
11e111is fire11t un gra11d.feu,
ta11t de çi11q pieces de canon
qu"ils avoie11c,quç de
la inoufqt1eterie.
Monfieur de Richera11d
. . Inger1 iet1r e11 chef, & des
plus l1abiles dct fa profef-
0 • '

• .di7Jcrfes. d'j
fion , alla recon11oifire
le Châeau , qu'il trouva
beaucoup meilleur qu'il
i1e l•a vo•tt cruA , & apreI s
l'avoir exami11é il fit pofte.
r le cano11 clap,s . des e11-
droits qui ,pouvaient i11-
cotn1noder les e11ne1nis. Il •
11e pût ·e-fire e11 batterie le
le11de.m .a i11 mati11 co1n1ne
011 ~yo it crû , le te·rrain
i1' efiant q~ pie1~res, & les
gret1adie·rs n'aya11t pû par
la ville pouffer leurs .trava
11 x jufqt1'à la porte· de
• •
,

t ode Cultlira

1 •
~ 4- Relatio.f/J .
l' .E1npereur,ceqt1i fut eau..
fe que M. de Revel de-
1na9da. du renfort. Moi)~
.fieur le ·Duc.de V-endÔL11e
detacha M. le Chevalier
, de Maulevrie1· avec. det1x
• •
111·ille fa11taff111s;, tr>oi~ c~ns
~l1evaux , h1zlit pi~ces de
ca11011 !J des n1u11itio11s, &
-des vivres. .
"' · L ~ meA1 ne 1• our que la
ville Ce 1·e11dit, M. le Pri11-
ce Euge11e, qui n'a voit pas
auffi bonne opi11io11 ~es
· 'trôupes qt1i écoie11t dans
le
1 '

.2011 M1r1.,ter1c· de Cultura
di'Verfès. 65
le Château de Cafi:iglio11e,
qu'il fe111 bloit qu'il dt1fl:
vraifemblable111ent e11 avoir
à cau[e de let1r gra11d
1101nbre , & de la bo11té
du pofi:e qu~elles avoic11t à
deffe11dre , e11voya trois
ce11s chevàtlx pour e11 re..:
tirer, & pot1r efcort:er la .
gar11ifon : mais ils n'a:va11cere11rpas
aya11t trouvt:
le Cl1âteau où ils alloie11r
i11vefri. lis re11-
contrere11t e11 s'e n rerourna11t
M. de la CoL1rtade
• •
F
'
'
oô Relations
Lieute11a.nt- Colo11el du
Regime11t de Melu11, qt1i
efcortoit fix-cer}.s 111ulets .
de$ vivres avec ct~1t ci11~
quante cavaliers , & ci11·
qua11te drago11s.Les e1111e-
1nis a ya11 t exat11iné qt1e le
11on1bre de ces ~roupes ef:.
toit beaucoup i11ferieur ~
leur corps , & qt1e d'ail.
leurs elles Cc tt6t1veroie11c
fort ei11 baraffées des fix
• cer1s niL1le.ts dont elles
voudroie11t e111p.êcher la
prife,11e bala11cerent point
• ..

.
1 1ste o d~ ul u a
diverfes. 07
a les attaqt1er ' perfuadez
qu'ils les déferoie11t, q u·ils
em1ne11eroie11t les fix ce11s
mulets, & qt1e cet avantage,
reo1porté les co11fole ...
roit de ce qu'ils étoie11t arrivez
trop tar,{ pour retirer
la gar11 iîo11 du Cl1âteaL1
de Caftiglio11e,, afi11 d'e111-
pêcl1er qu' tlle ne fC1t faite
prifo11niere de gL1erre. l l s
attaquerent do11c M. de la
Courtade d ,Lln air q lli 1na rquoit
qu,ils (e croyoie11t
a!fîirez de vaincre ; i11ais
Fij

' o S Rela·tions . ,
' le~ François 11'ota·nt~ja1n~i(
éro1111ez par la fuperidnt\
de leurs e1111etnis,, &.,s'en
faifa11t au co11t.raire _ u11é
joy~, p~t~ce que cette. fuperiorit~
fert à augmc11rer
leur gloire·, les re~ûre11t a~
vec tat}t 'd·e vigueur qu'ils
, Ie·s r·e11verfe.~eJ1t~ ce qui·fut
c·aufe qu'au li,eu de fo11ger
à vai11cre, ils ne pe11 fere11t
.b'ie11t&t plus <.1u'à fuïr. 011
leut t.tl.a t.rente cavaliers,
&:i .oh . en· blefl-a e11viron
dè:ttX:,'fÔis at1ta11t. 11 faut
• •


..

::011 Mlrlsteno de Culrura
r

di'Verfes. 6 y.
remarquer qt1e le 11otnbre
des bleffez , ei1 qu ~lque
occaG011 que ce foit , cfi:
ordinai ren1en t plus de
deux fois auffi grai1d que
celui des ·tüèz. U11 Çapitai11e
de drago11s du regi.,
n1enr de Serini , & plufieurs
cavRiiers fure11t .. pris
avec u11 affcz gra11d 110111-
bre de chevaux. Ce qu'il l
y a de furpre11a11t c ft que
les eJ.:!11e1nis 11e prire11t pas
un feul 111t1let.
Le renfort que M. de


7Q Relations
Revel avoit dema11d6 éi ~-
t a-11 t arriv.é le 2.8. au .. foir.1 ~
il fut <:l'abord pofté derrie.
re la 111011tag11e du· c8té du
lac de Garde, où les ei1ne.
n1is a voie11t u11e porte li~
bre. le canon fut 111is en
.bate1je le Iende111ai11; mais
les pieces etant trop petη
tes, & 11e pouva11t battre
e11 brecl1e, 011 en e11voya
ci11q autres de Cafrel-Giufré
qui fL1_re11t 111ifes en baterie
le 30. Elles firent peu
de cli.ofe ce jour:là, Le 31.
1 r"11n1 r10 de Gui ,t_Ha
-
dîverjès. 7 J.
le ca11on rafa le - parap~t
juCqu' au cordon. M. .de
Ricl1era11d fit co111 ina1>1der

u11e ·g~a11de quantité de
fafc ines pouf comb!e.r les
foffei. Les affiegez voya11t
cet appareil eure11c p·eur
d'être e1np-ortez, & battire11t
la cha111ade le premier
J ui11àfept11eures d ù
i11ati11. 011 e11 fut d,auta11t
plus furpris , q.u,ils pot1-
voient ~e11ir ei1core nuit
ou dix jou1·s , ·puifque le
Châteaù avoic trois ei1-

ce111~es.


7 2 Relations
Il fut arrêté par la Ca:
pitulation.
~e la.· gar11ifo11 fer oit
prifo1111ierc de guerre:.
Q.9e l,011 accorderoitles
arn.1~s aux Officiers , &
·que le$) payfans- fe rendroie11t
à: difcret'ion. . .
Sur les onze h.eures du
·mati11 on !nit toute la g,:ar·
V
11ifo11 da11s les foûterrai11s)
& les payfa11s dar1s les priions:
Il y a voit da11s la pla.
è·e •· . U' n Co1n1nanda11t.
Dix~fept
'
1 •
'
~O 1 ''v11:'11sterio de CUl.:ura

âi11eifès~
Dix-fept Officiers:
U11 At1lnÔ11ier.
U11 Co111111iifaire
13 '
des
guerres.
Deux Go111111i1faires des
vi• vres.
. Douze Bot1~a11gers.
Quaçre ce11s qt1ara11te
ci11q fa11tafi!11s.
Cit1quan te.ci11q cavaliers.
U11 Liet1te11a11t de cavalerie
, &. fon fils qui
11'étoie11t poi11 t des troupes
de la gar11ifo11, & qui
fetrouv ere11r da11sJa place.
. G



-
-
74- Relationi
Soixa11te cl1evat1x.
DetlX ce11s payfa11s ar:
111e~ & ci11qÙa11te ·ble!fez
à i11or-ç qui ~froie11t dept1is
1011g-te_111s rebelles au
Prince de Cafiiglio1111e.
· Ht1ît ca·nons de fo11te~
U11 111ortie1·.
Trois ce11s qu.atre-vingt
q u·iL1ze boulet·s:·
Trois ce11s;bo111be.s .'
DGuze ce1~s gre11ades:
Si-x ce11s n1ot1fql1ets od
ft1G1st
Sept 1nilliers .& de:
011 Mr"'tsterio de· Cultura
' -

tli'Verjès: · 7i
n1i de poudre: ,
~euf 1nilliers de plo1nb~
Six qui11taux d~ 111eche.
Bea tlcou p d'à fta11ciles
neceffaires da11s t11J.e 11lace.
Oet1x i11ille facs de fari11e
& beat1cot1p de pai1'1.
U11gra11d1nagazin de vi11
pour l' ar111ée l111periale.
La plus gra11de partie
de ces 111t1nitio11s, & de
ces provi·fio11s f1.1t ei1v~oyée
à Ma11touë > · & 'dix dra-
11eat1x qL1i fe trot1verc11t
da11s la olace fure11t ei1-
.1. G jj
' ode c• 1tu a
7b Relationi
voyez au Roy.
Le refte _de la jot1r11ée
fe paffa à pre11clre po!fef~
fio11 dt1 Château & de
tot1t ce q11i fe trouva de~
da11s.
La prife de cette place;
par laquelle 011 de1neure
111a1ftre des 1·ivieres de
t ot1t le pays depuis Ma11-
r.ot1ë jt1fqu'à Cre1none, n'~
cot1fl::é qt1e trois .Q fficicrs
& rre11re foldats tuez ou
bleffez, Mo11fieur le Duc
de V ç11dofi11e a 111a11dé au-

dirr;er(es. 7 7 Roy é1u'11' i1 'y e11 au ro1t pas et1 ur1 fet1l , fi l'it11pa- tie11ce que les François 011t de combattre , lors qu'ils croye11 t c11 a voir
tr611vé les 9ccaG~11s 3 i1 e les eût fait ava11cer t10- 1
11obfia11t les deffe11fes con- 1
traires qL1'ils e11 avoie11t.
Ce Pri11ce aauffi111andé à
Sa Majefié qu'avec trespeu
d'arge11t 011 pourrait
· faire de Cafi:iglio11e t111e
des pl 11s fortes places de
l'EL1rope. Les In1periaux
G iij
Q
C ltur J
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1

7 S Reiations
e.~1 rcilè11tiro11t d',1tltJnt
plL1s la perte,q u, elle lct1r Ôte
rot1tc forte de co111111u11i~
catio11 avec le lac deGardc;
qu'ils n,e: 11 011t i1lt1s de ce
cotl:é-là avec l' Alie1nagl1e,
& qt1•i\ i1e leur rcfte •1ucu11
pofl:e e11 deça dt1Mi11çio,.
ce ql1Î obligea M. le Prin·
cc Et1get1e de f~ire co11f..
truire u11 po11t (l1r le Tar ..
taro, & . U.1i; aL1.tre fui: 1 ~Adige
à C:a!telbaldo , qo11t
il fit prer1dre la route à
qt1elqt1es tr~upes qt1i lt1y
.
1 M1 1_ erlQ d& Ci..,ltura -

\
diverfes. 7 g
vi11re11t d' Allet11ag11e , M.
le Co111te de Cafielbarco
. ~ arriva e11 L11eme t e 111~ au
ca1np I1nperi al, pet1 C1tisfait
de fo11 voyage ; les
Pri11ces & lesRepubliqt1es
d'Italie ay·ar1t ref'ufé de
payer les contribut1011s
qui leur a\1 oie11t efié de-
1na11dées tie la part de
l'E111pereur. Ces Puiffa11-
ces 011t co1111t1 par là qu'elles
i1e de·\ro ic11t jan1ais .laiffer
e11trer les troupes de
l'E111peret1r e11 Italie , &
G iiij
1
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1

3 o Relations ·_
qt1e fi elles étoie11t affez
puilfa11tes pour e11 cl1affer
les troupes de Fra11ce &
d'Efpag11e, l'E111pereuré.
te11droit fa do111i11atio11 fur
tot1t le pays, au lieu qt1e
le Roy d'Efpagi1e fe co11 ..
tentera toûjours de ce qui
luy aparcient , & ne de-
1nandera jat11ais c.le co11tri ..
bL1tio11s aux Pui!fances
Sot1verai11es . di1 mefi11e ~
pays qtte' la guerre defole
aujourd'l1uy pour 11'avoir
pas bien ei1te11du lei1rs in~
' •
diveifes. S 1
terefrs; & i1e s'être pas-L111is
pour les défe11dre.
Le II. J ui11 M. de Bi1ffy
fut cl1argé de co,r1duire
les pri(onn iers à C rer11 011e.
011 luy .do1111a deux i11 ille
cinq ce11s chevaux, det1x
ce11s drago11s, & fix ce11,s
ho1n1nes de pied. Les pri- 1
fo1111iers qu•il a voit ù co11~ /
<luire co11liftoie11t ta11t en. 1
1 I > 1 troupes reg ees q u er1 1
payfa11s & e11 f e 111111es, e11 /
plus de douze ce11s per~ 1
fo1111es, 1
1
,
e c ltura
' 1
1
1
1
\ 1
1
1
. j
S .z Relations
Le 11. Mo11fieur le Mar~
qt1is de Te!fé qui écoit par- j
.ri de Ma11touë aprés y a.
voir veu ei1trer Mot1Geur
le Duc de Ve11dofi11e > pa·
r11t au lever du Roy qul
lt1y do1111a 1111e at1dia11ce
favorable. Il plût beaucoup
à toute la Cour par
fon efprit, par fo11 juge·
1ne11t > & par fa fage!fe.11
i·epo11dit tres jufre ,1 ·routes
les que_flio11s que le Roy & \
les Pri11ces ltl\' fire11t, on

do1111a de grands éloges a
011 ~ ISterio de vU 1 ura
diverfes. !3
M. 1~ [)uc de Mo11touë,
011 parla lte la l1at1te e11:i ..
n1e de ce Duc pour le Roy,
def:1 fer111eté, & de fa joy·e,
lors qt1J1l a prit l'arrivée de
l1ar1née des Alliez à Goito.
le Roy· dit agreable111e11t
qu'il avait à[~ tJla i11dre de
M.le Co111te de Tcffé. Ce
Ma1:quis,, qui co1nprit ce
qut: Sa MaJe!l:é voulait di ...
re , rcpeta pl t1 lieu t·s fois
t}tle fon pere rl'avoit poi11c
quitté la place , & qt1'il
s'étoit batt1.J aux porteSo
• •
1
1
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1 l
1
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1
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1
1
1
1
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1
J
· S ~ Relations j
0 11 par la de la valeqr de J
la gar11ifon ·, & particulie. J
re1ne11t de célle de .Mon· 1
fieur de Surlauben, ainfi j
que de fo11 zele , & l'on
. dit que le foldat partait j
avec confia11ce & reve11oit 1
~vec joye fous fes ordres. J
Qt1elqt1es jours a prés le J
Roy do1111a u11e gratifi. j
catio11 de cinquante i11ille J
livres à Mo11Geur le Coin· J
te de Telfé, & deux 1nil· ~
le écus au Marquis i1our
[011 yoyage. ~
\

M 1s .o de ultu


di'7Jerfts. tJ
le i11eft11e jo~1r troifié-
1ne de J Llit1 Mo11fiet1r le
Duc de V ei1dofi.11e fic partir
l,a1111ée de Goito pour
ve11ir fe poft.er vis-à-vts des
enoe111is, qui s"~toie11t re ...
tra11chez derriere la Fojfa
maeftra. E11 arriva11r les
carabi11iers qui étoieL1r detacl1ez.
à la- teft·e, pou!fe~
rent un co1·ps de houffards
can1pe.z à la c.:JrC adona
del gratie. Ce corps
fe retira ~vec beau .. J
coup de precipitatio11 à

• f d' Relations
Cu rto·to11e, à la droite de
l,ar111ée dez en11e111is. lh
.lailfe1·efl t. quelqL1es · cl1ariots
qui ft~ rent pris par
1,i11 fat1terie. Les carabi-
11iers fe ti11re11 t et1 bataille
- pe11da11t qt1elqt1e te111s à la
portée du 111oufquet des
J·er ra11chc111e11s des e1111e-
1nis , pe11da11rit que Mon·
fieur le Dt1c de V ei1dof.
111e fai foit i11a rqt1er le
ca111p ; co1111ne ils den1ru·
i·ere11 t expofez pe11dant
tot1 t ce re111s-là , il y en ,
..
'dirver:fès: ! ;; .
eut trois qt1i f1..1re11t blelfcz
legere111e11t , & t111 qt1a ...
crié tne da11gereufe111c11t.
L'ar1n·ée ca111pa {dr det1x
lig11es, la droite appt1yée
fur la F offa maeflra, & fe
j e à Mont anar a da11s
u11 N aeviglio qui fe fepare
e11 det1x bra11ches , do11t
l'u11e va de ~ontanara 1
to1nber da11s le P& à Bo.r~
goforte, & l'autre ~a11s le
lac de Ma11touë à Curtoto~
ne. Ce N aeviglio ell fot1cc-
11u depuis c5'reontanara
'
'
'I ! Jlelation.i
jufqu'à Curtotone par une
. gra11de cl1aL1!fée d'e11v iron
dix-I1uit pi~ds de 11aur.
C'efl: derriero cette cl1aur.
('/ > I1 I I' I J.ee qu Çtt. car11pee ar111ee
des e1111e1nis , laitfant le
N aq;iglio de 11ofire colt.
Colu.me le pays efi.fort
coupé,Mo11Geur le Duc de
Ve11dofine jugea à propos
de 1nei1er la cavalerie à
l'i11fa11terie , de forte que
t ot1te l'ar111éc eft ca1npée,
t111e brigade de cavalerie,
& t111e d'i11fa11te1·ie , fur
deux
..
âi'Veifès: S JJ
'dct1x Jig11es aya11t la droite
vis-à-vis <le M ontanara
appuyee fur le Naq;iglio
qui a efi:é 111·arq~é c.y-deffu
s. La gaucl1e de la n1oi-
. tié de l' ar1i.1ée aboutit à la
Madona del gratie , & fe
replie en potence J de 111a-
11iere q-ue toute la gat1cl1e
vie11t aboutir à Rievalta
où eU: le q11artier gencral.
E.l le a u11 po11t ft1r le l\1i11- . cto pour co1n1n11111qt1er
avec Ma11to11e qt1i 11'efr
qu)à u11 1nille de Riv~lta
H

1 ltu a
• •
yo ReltJtions
e11 re111011ta11t le Mi11cio,
à peL1 prés à i'e111bouchu.
i·e de cette ri viere da11s le
lac de M~11tot1ë. Il y a un
corps de cavalerie, & un
corps d'infanterie ca111pez
à la tefte de ce po~1t.
Le retra11cl1et11e11c que
Mo11fiet11· de V ei1d0Gne a
.. fait faire ,"'S'éte11d depuis le
N aruiglio où eil: apt1yée la
droite de l'ar1née, jufques
fur lt! bord du lac de Man·
tot1ë où eft la Jvladona del
g;r·atie 1 & où aboutit la
ec •
âiver(es. !Jt
<r~uche,, co1n1ne il vie11t
d'efrre 11).arqué de la i11oi ...
tié de la pre111iere lig11e ;
les retra11cl1e111e11s fo11t
tres .. bo11s, toL1tel'ar1néc y
aya11t . travaillé. ·
J at11ais cl eux a r1nées
11 )0 11t e' te( ir...1 t1roc h es l' u11e
de l'autt•e . Celle c.les alliez
n,eft qu'à u11e port ' e du
cano11 des e1111et11is; 1nais
le pays qui eft e11tre deux
e!tfi. couvert, qt1'on ne fe
voit ny de part i1y d'autre.
Ils i1e peuve11t verr1r aux
l-I ij
t .
p2 Relation1
alliez que par le gra1,-dcl1e:
inir1 de C11rtoto11e, & pa1
Mo11ta11a:ra... ·
Le 6. M. de Cl1artog11e,
Marêchal de catnp? fut ~e~
tacli.é ,avec le Regi111e11t
de dragons deLa11guedoc,
· & vi11t couchei: de Ri ..
vair·a à Ca11etto.
Le 7. il all~ à Cre1no11e
pre11dre les Regit11e11s de
Vauge, de Liffioa, & de
Gy a'Vec- celt1i de dr-ago11s
de Bozelli. ll fe rend~t l~ -
10, a 6a?'..Jal ,maggiore) & '
' .

,
'
::o 1 MlniS no de Cultu.r a
âi1Jerfes: gj~
fut joi11t par le Regi111ent de La11guedoc qu'il avoit
rnvoyé de Canerto à Ro... mer as difiori. Il partit de ( az.,al maggiore à 011ze
l1et1res du foir , & efta11t
arrivé à Viadana, il trou ..
va que les en11e1nis en é~
toie11t .fortis e11viron da11s · l
le .1~~fi11~ teins qu'il étoit.
forty de Cazal Maggiore.
li s'ci11para de la. ville, du
Chareau~ & du petit fo.rt
qu'ils avoiei1t bâty ft1r le
bord du Pô. Tot1te. cette
'
. 'P4 Rélatlons
expedit1011 i1.e leur coûtà
pas u11 feul l101n1ne. ·Les
e1111e1~is rirerei1t qt1elques
coups de 1' aut.re coftt du
P6; inais fa1'1s nul effet.
-Les l1abita11s eure11t rai·
fo11de11e p~s atte11dre i1os
troupes aprés la trahifen
qt1'ils avoient f~ite à 'M,
de Via11tez. C.e C·?lqnel
co1n111andoit da11s Sa-
, bion 11ette,, leshahitans de ,
Viadana lui avoi~nt propoft
de fe joi11·dre a eux
potrrchaffer les cent cin-

\ -
~011"\11~15tero de Cultura ·
diverfis~ yj
quante Alle111ans qt1i eftoient
dans le Cl1âtea11 de
ce lieu-là , il y avoit co11-.
fe11ti apres bie11 des foJii ...
cications ; mais lei11 de
prendre les armes à l'arri ..
vee de l"lOS troupes, ai11Û
qu'ils I>a.yoient pro1nis, 011
ne les ,~it poi11t paraître.
lis avoient fait ve11ir un
re11fort, & l'on affure rnên1e
qu'ils avoie11t dre!fé
une e111bt1fcade à Mo11~
fieur de V iantez , qt1i 11e
, lai!fa pas cl' attaquer le

..
1
1
1
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1
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1
1
1
1
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1
1
1


'i)~ 'Relations
Cl1âteau. Il recettt t1n
coup de 111oufquet e11 ar-.
racl1a11t u11e pali~ade, &
il ei1 -efè in·ort à Berfelle,
011 a pe1·du dat1$ cette occaG011
environ trente fol.
dats , u11 Capitai11e ~ &
, deux Lieutena11ts, •. Mon.
lieur le Duc de V endofine
e11voya M. du Gua de Bel .
affaire co1n1na11der dans
Sabion11ette.
Les lettres du ca111p
de Rivalra du 8. portoie11t,
que Monfieur le Duc de
Ve11doG11e
' e eC
,
J
- '
· . 'JirueYJès~ · ~?.
· Ve11d61ne y ,avoit fait faire
tre11te fours , & que
l1011 continuait de travail- •
1er à des i·etranche1ne11s
capables de co,11·tenir e11-
viro11 vi11gt-1nille ho111-
• • 1nes , pour i11ettre e11t1ere1neot
à couvert les trot1-
pes qui fo11t· ei1 de~a du
Mi11cio, q-ue ce Pri11ce avoit
fajt faire u11 po11t fi1r ·
c.ette riv.iere prés de lapapeterie,
à l'endroit où cette
riviere entre dans le lac
de M~11touë ·; qu'il avoit
I
10 de Cultura
'

j! Relationi
poilé au delà la cavalerie
qt1i eftoit da11s Ma11touë,
& que M. le Marquis de
Praco11tal, & M. de Bou.
l i gi1eux co1n1:i1a11doient
de ce coft:é .. Ià. •
On apprit auffi parles
1nef mes lettres que c'écoit
le Regime11t de Longt1e.
val qui eftoit da11sCanetto
& dans Çaftiglione , ~
qu'ai11fi un des meilleurs
Regi1nens de l'arinée en·
11~tnie eftoit pr1fo1111ier de
· guerre ; que M. d~ Yi!·
-

Min 1oci l.ltu a •
aive.rfes: 9'g
chariots chargez ar1n.es & d, équipages. que les en- /
ne1nis y avoie11t laiffez ,
1
1
lorfciue la pro1npte mar- 1
che de Monfieur le Duc 1
de V ei1d61ne les avoir o-
1 bligez de fe retirer avec l
précipitatio11. /
lars ~ Colo11el 1·efo1·1né, avoir
efié 110 in111é par M. le
Duc de V end61ne pour
comtna11der dans Cafl:i ...
glio11e; que 1~011 avait pris
à .A.qua N egra plufieurs
Le 8. M. le Duc de Vil .. /
l i j 1
C ftu .. ,..
l
1
l
1
• 1
1

Relations .
100
leroy partit avec quatre
ce11s chevaux pour aller
vifiter le poile de Marca ..
ria , afi11 d'y faire, à l'e11·
droit le plus co1n111ode,
t111 po11t fiar l'Oglio pour
aller . e Cre111011e à Sa .. •
bio1111ette. Le R egi111e11t
de Mo11tferrat fut co111-
111andé fous les ordres de
M. de Cabanac Colonel
refor1ne pour aller· à Mar:
caria & à Bozzolo.
·1\1011ficur le Duc de
Ve11dô111e apr. és avoi.r fa-it

O 1 M1n1 .eno de Ci..ltyra •


• 'diverfts. 101· occuper les pofi:es de Bozzolo
& de V iada11a , fit
faire t111 po11t fur }'Oglio
à Marcaria , de forte que
lesenne1nis11'e11 aya11t plus
aucun e11tre le Pô & l'C)glio
, il a re11dt1 p\lr .. Jà la
commu11icatio11 <le Cre-
1
1npne avec 1,a r1ne' e tot1t- 1
à-fait libre. Les e1111e1nis· 1
firent ro1npre etJ rneline 1
te111s le po11t de pierre 1
qu'ils avoie11t à Gouver- 1
nolo, & 11e fe referverent 1
que celt1i de la Virgilia11a.
1 i ij
e C. 1 ur 1
,


102 Re!ati'on.f
Le 9. ·t1®ftrè droif!e allef
a:u fàurrage par de-là la
Fojfa maeftra ~ lailfa11t
l\JJ 011ra11ar~ fu.r la gauche,
U11 parti de qt1atre-vingc
cuiraffi ers & de tre11re
'
liotl !farts caè l1é da11s u11
petit bois , <lebufqua fur
det1x de 11os efcortes de
40. ho1n111es chacune cavalerie
&dr,ago11s. La pre ..
micre cl1arge 111it la trot1
p,e de ca v-alerie 'un peu e11
defordre; in ais s' eil:a11t ral ..
liée , _ & fe voya11t foûte ..
- ~·
:::'011 M rlsteno· de Cul,ura •
\
'diverfes. 103 •
t1uë des dragons ~0 1n 1na11-
dez p;ir M. ê.1e Lanty, c·apicaine
reformé dans le
Regi111ent de drago11s de
Se11neéterre, elle marcl1a
en avant , & .les chargea
avec tant de vigt1et1rq l1':elle
les re11verfa & les
pourfuivit u11e de1n ie
lieuë , e11 tua tre11 te , c11
prit fept , & vingt-det1x
chevat1x, fans autre perce
que d'un dragol1 tué
&. de deux ble!Tez.
, l\1or1Geur le Pri11ce Et1~
I iii j
1
1
1
1
1 l
1
1
1
1
1
1
1
1
l
• 104 Relatlons

gene do1111ant da11s tout
ce q u•il y a ct'extraordi.
naire , pour i1e pas dire de
rorr~anefqt1e,parce que ces
. forces d'e11 treprifcs fo11t
beaucoup p~rler de ceux
qui fc 111ettent e11 devoir
de les executer , qua11d
111~111e elles 11e 'reiiffiroient
/\ . . \ pas, crut pouvoir ve111r a
bot1t d'e11lever Mo11Geur
le Dt1c de \T ei1dofi-Î1e, fait
que la propofition luy e11
eut été faite par deux defeneurs
& -par le fil~ de la
'
01·1 NI s erio d Cul ur
di'Verjèt.' !Of 111aifo11 où logeait ce P fi11"". ce, ai11fi qu' 011 l) a i11a11dé, fait qu'il iè fût luy-mê1ne
forgé cette cl1i111ere. Pot1r
cet effet, la 11uit dt1 ro. au
11. quatotze ou qui11ze barqt1es chargées d'e11vi- 1
ro11 trois cens ho1111nes 1
cl1oi6s , aborderent par le /
lac de Mantouë à la faveur · 1
de qua11tité de i·ofeaux /
fort épais qui regne11 t le 1
1011g de ce lac , fort prés 1
de Rivalt~ o'Ù efl: Je qt1a r-: /
tier de Mo11fieur de Ve11-. 1

1 d c 1 u
_J 1
1
1
1
1
1
, •
101 Relations
<l8111ë j do11t la inaifo11 ea •
fcitt1ée at1 bat1t de ce vil ..
I.age ft1r ur1e petite l1~uteur
cjt1i dori 11e ft1r le lac par
u11e petite pe11te au glacis.
Les foldats qL-ii\- i·e1nplif ..
foiet1t (:es barques~ écoie11t
co1nrna11dez par un Lieu ..
té11a11t Colo11el qt1J 111it
pi·ed à terre avec qt1i11ze
ho1111nes , da11s le dcffei11
d' ei1lever , Mo11fieur de'
Vendofi11e ,, & Mo116et1r
le Bouchu , qui e.fl:oient
logez dans la inefi11e in ai ..
2011 M1n1steno de Cultu a ' '
1

Jiryerfes. 107
Îon. 11 y a voit de ce cofré-·
l~ un cor~s de g~rde de
dix hon1tnes co1.1 11na11dez
par un Serge11t afi.11 d,e1n ...
pêcher que l'on ne cou ...
pât de fort beaux arbres
qu'o11 y vouJoit co11ferve1·~
ce qui n1a rque qu'il ny avoir
aucu11 fujet d'y aprehender
les en11e111is, pui!:
que fi l'on· a voit crû qu'ils
euffe11~ pû y entreprendre
quelque cl1ofe, 011 auroic
eu foin d'y i11etrre u 11e garde
plus co11fiderable , l~


lu
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
l
1
1
. 1
1
1
1
1

1 o S Relations
Co1n111andant des troupe~
ei111eL11ies avoir ordre de
M. le Pri11ce Euge11e de
défendre à fes ge11s de ti·
1·er i1y fur la fe11ti11elle ny
fur le corps de garde, &
de râcI1er de les furpren·
dre &ç, de les poig11arder.
La fe11ti11elle les aya11t apercet1s,
cria .Q.ui rvi'Vt felon
la coûtu1ne , toutes
leurs reponfes furent juf.
tes, parce que l .. 01111e s1eX·
pofe ·ja1nais e11 de pareilles
9ccations fa11s bie11 f~a-


'
ai'Verfes: /op
voir ce qu'o11 doit repo11-
dre, la fenti11elle fclo11 l'u-fc1ge
ordi11aire ne la iffa pas
d1appeller fo11 Com1na11-
dat1t. Les e1111eLnis fe
croyant découverts oublier.
ent l'ordre qui leur
avoit efté do1111é ,, & fi.. ·
rent leur dechargé do11t la
fentiL1elle & deux foldats
fureL1t tuez. lis tirere11t
n1eG.11e quelques coups
da11s les vitres de la 1naifo11
, s'i1nagina11t qt1 'ils
pourroie11t tuer Monfieur
• . \



r!ci Relations de V et1dô1ne s'il 111ettoit
la tête à la fe11être, ce qw
avoir plus de l'air d'u11af.
faffi.11at que d'u11e aél:ion
d,ct braves ge11s. Au pre·
mier bruit la garde dl1 Ge.
neral ayant battu leta1n·
bour, le Regi1nent de dra·
go11s de Se1111eél:erre & la
Gre114diers de Savoye r [
accoururent , & furelll
bie11-toft fui vis du Piquet
com111andé par M. le Nlar· 1
quisd'Eftrades, ce quiobligea
les e11ne111is à fe reti·
Mln1ster11Q a C 1 u a
••
1 1

diverfes. r I i
rer avec t111e gra11de precipitatio11.
011 tira fur eux
une vingtai11e de coups de
ca11011. Le le11de111ai11 on
· fit refîexion que penda11t
coute la nuit il y avoir eti
des feux à la tour de Cur ..
· toto11e, & 1'011 1·e1narqt1a
J qua11d le jour parut, a prés
que les barques furent retourné.
es au bord du lac
du cofté de la Chartreu ...
·. fe où eft le quartier de M.
: le Pri11ce Euge11e , u11
gros qui paroilfoit d'Offi:
l
'
...
'
'i 12 'Relations cie~s. 011 11e douta point que ce Pri11ce 11eft1_t avec
eux pour attendre l'eve.
neme11t de l'e11trepri(e,
0 L1 a i11eG.11~ fcet1 dept1is
que M. le Pri11cc de Coin·
inercy efloit avec lui. Ileft
hors de doute qt1ellé 11e
pou voit s' executer. Voicy
les propres paroles qt1i 011t
eité di tes ft1r ce fujet par
u1:1 grand Pri11ç~_.à qui la
' verité 11e fçaμroit eil:recachée.
L' entr_eprift far la
perfanne- de Monfieur le
DtlC


'ài'7Je"rfls. 11 J
Vue de.Vendofoe eftoit cl1imerique.
Sa maifon e(loit
entourée d'un bon fojé plein
d'eau. J l aevoit tout au1;rés
un Regiment de dragons &
beaucoup de caevalerie , &
d'infanterie.On nJarvoitmu
des ennemis que qitir1Z!
l1ommes à terre qui n'ao4
voient pas mefme ejf é ju_f
qu'à la barriere. QL1a11d t.ie
pareils fai es fo11t cot1 fia11rs
co1nn1e cet1x ~cy le ~1nt en
etfet, il 11'y a point de raifo1111c111e11s
capables de
K
,

!

114 Relation!
faire douter feule1nent
qu'il y euft de la vrayfen1 .
bla11ce à faire t (;"iiffi1· cette
ei1treprife. J'ajouteray a
cela que l"1011fiet1r de Vendofi11e
11' efloit poi11t coû.
cl1é; qu'il travailloit avec
M. Bou chu , & ql1'1l y a·
voit, ta11t de cc Pri11ce que
de cet l11te11da11t, plus de
c e11t <l.0111eftiques dans la
n1 ai fo11. Je dois pou1·rant
dire u11e cl1ofe à la loüan·
gede M. le Prince Eugene,
& qt1'il avoit a!fez bien
'
t
· 'diverfes. i 1J
pei1f~e ; c'eft qtt'il avoit
cro11vé le 111ayen de faire repa11dre le bruit da11s
Manto11ë qu'il y avait de
l'1ntelligence,qu~il s'y était
formé u11e efpece de ca11fpiration,
& qu'il y devait
envoyer des trot1pes da11s
le mefi11e teins qu'elle devoit
éclater. Il prete11dait
par là que toutel'attentio11
de Mo11fieur de Ve11d8111e
devoir être de ce cofté-là,
& qu'il 11egligerait la garde
· de fa perfon11e ; mais
. K ij

• lu
'

••
I 1 ti Relations ,
aya11t 1·eeonau quê cü
Pri11ce eftojc roûjot1rs éga.
let11e11r gàrdé, il 11e devait
- pas for1ner u11 u11 projet
do11r le fuccés eftoit fi peu
vray fe111b.Jable.
Le rZr. Mo11,fieur le Duc
.de Ma11tot1ë efrant venu
faire fes devo·tio11s à la •
Mado-nna delle gratie ,alla
dît1 er cl1e2 Mo11Ûet1r le
Dt1c de V e11dôl11e. Il vit '
J' I î{' • ai:1nee et1 pa11ar1t.., 011 tira
ce11t ci11qt1a11te volées de
ca11011 , & 011 lui fit tous
1

2011 M r1ster1p de Cul u·a
!!I

· di~eryes: ~ï? · les hon11eurs dûs à u11 Ge- neraliffi1rie. M 011fieu r de Ve11dô111e le fa-lua de l'é... pée: à la tête du Colonel General, & le recondtiifit jt1fqu'at1 de la du po11 t qu'il a fait faire ft1r Je Mi11cio ~ de l'autre coflé duqt1el efi: 1
le ca111p co111111a11dé par 1
M. de Praco11ral pour le 1
couvrir. Mo11Geur le Duc 1
de V e11dô111e lt1i de1nanda 1
l'ordre qt1e Monficur le /
Dt1c de Ma11touë do1111a 1
apre' s s,e n ef\ trc J0 11g-te111~ I1
'

'

1
1
1
1
1
1
,
'i r !, Re1attoni
detfe11du. Il retour11a cou~
cher à -M·a11tot1~ fort· fa.i
tisfait de tout c.e qu'il a..
v oit v.û, & des. ho11L1ête•
tez qcr'o11 fui avoit faites.
_ .L' e11treprife qi1e fit M.
Je Duc de V e11d6me le
qui11ze lui fut plus heu.
Teufe que cellé que M. le
Pri11c·e,Eugè11e avoit fai·
te del'e 11•l ever. Il fit battre à la pointe du jot1r Je
q L1artier de ce Pri11cé avec
douze p1eces de ca11011, ce ,
qt1i çauf a beat1cot1p de
?011 M1r1Sterlo de CuJttJra


dirver(es~ , 1 I!J
defordre dans fo11 ca1np.
Ce Pri11ce & M. le Pri11• 1
ce de Co1111nercy fortire11t ·
de leurs re11tes e11 cl1e1nife; .
& crüre11t que leur ca1np
efloit at·taqut.11 y eut plu-:
fieurs te11tes re11ver fées ,
& e11viro11 cer1t cinqua11-
te perfo11nes tuées tant
h0Ln11)es que fe1n1nes , &
beaucoup de chevaux:
d'Officiers Ge11eraux &
de vivandiers.
Nlo11fieur Je Duc de
Ve11dôn1e alla le i6. àMa11-

12a Relations
touë où iJ. eut l.111e coliqt1e
.11efre·riqu~ qui 1'01<l~g,ea
d'y refler jufqu'au i8. qu'il
· revi11t dat1s fo11 ca1n.p~avec
· u11e partaite fa11té, ce qui
caufa lll1~ joye extrê111e'a
l> I toute ar111ee •. ~
,_ Le '.Lo. on fit e11trer d-ans
Manto11ë deux 'ce11s cin_
qua11tè cl1ariots cl1argez
de vi11 & de' fari11e:
La,. co~npag11ie des cent
l1outf:irts qui eftoit à Man·
'touë efl: prefe11tetne11t a
l,ar111éeo Ils rcnc0ntrere.nt
. le
'
,

2011 l\~1n,steno qe Cultura •



diverfes . · - z 21
le 17. un parti des e1111etnis
qu'ils c~1a rgere11t t res-vive1ne11t.
Ils e11 tuere11t une
vi11grait1e, & fire11 tau ra11 t
de prifon11iers , qt1 'ils ai11c-
11ere11t av c dix-fept chevaux
& 11t1 gros bt1ti11.
M. le Pri11ce Euge11e
fait retrancher les bords
de la Ler1za dL1 cofte.de.
Berfelle , da11s la crai11 te
qu'il a que les alliez 11e faffent
le !iegc de cette place
, où il a i11is fept bataillo11s
avec de la cavalerie~
L
1

122 Relations ·
& beaucoup de canon qu'il a tiré de Mode11e. li
a u11 petit catnp fous cet· te place, que M. de Chartog11e
qui eft à Viadanaa
fait ca11c>n11er.
MonGeur le Pri11ce Eu~
ge11e a detaché cinq cens
cl1eva.ux qui 011t paifé le
Mi11cio à Borg-uetto , &
l'Oglio enft1ite , & fonc
allez da11s le Mila11ez en·
tre Lodi & Pavie. On a
publit que leur deife111 e·
toit de faire qt1elqt1e butin
'
1 •

diverfls. · 12.3
~la queuë des éqt1ipages
du Roy d'Efpag11e. Mo11-
fieur le Duc de Ve11dof-
111e aya11t efté averty de ce
détache111ent, & que foixa11tc
cuiraffiers de cette
troupe avoie11t laiffé leurs
cuira.lfes da11s u11 bois , a
détaché pour les pourfuivre
Mo11Geur deBour11et1f
avec Gx ceGs chevaux.
M. le Marquis d' Aye -
to1111e qt1i co111111a11de les
troupes da11s Cre111011e e11
fortit et1 1nêrr1e tet11s pour
L ij
'
• •
i..ltl ra

• - -
i~4- Relations
le 1neu11 e de!f ei11 a la t~ ..
te de 1nille cl1evat1x~
Je pa!fe à u11e at1tre
matiere qui regarde auffi
les affaires d'Italie.


..
• •
l I ura
' r
diverfts. 125
SUITE
<J)u Journal de tout ce qui
s' eft pajfe à Naples pen- dant le fejour du Roy
d, EJPagne, & depui!fon
4epftrt.
TROJSIESME PARTIE. j
Uoy que je do11ne
à cet article le titre
de Journal , c'eft pluftôt
une fuite de ce que S. M.
C. a dit , ·~/eU , ·& fait de
conGderable, qu'u11e Relatio11où1'
011 fe foit aliu-
- L iîj .
-
126 Relations
jetty à re1npli r chaque
j'Our ~u i11ois c.1e quelques
ll11es de ces cl1o{ès. Ce
i1'efl: pas qt1'1l 11,y ait ei1
q L1elques e11droits plus de
vi11gt jot1rs de fuitte où
l'IL1fi~t1rs chofe.s qt1i regar ..
dc11c leRoy d'Efpagnefont
raporttes.- Mais il ne. fe
petlt que penda11t plus de
fix fe111ai11es que ce Pri11ce
a de111euré à Naples,, il i1e
lè fo it paffé quelques jot1rs
dont 01111e peut rie11 dire,
quoiqtie ce foie11t peut

'
di<Verjès. 117 être ceux qui ont e·flé le plus re1nplis par u11 Mo- , 11arque fi laborict1x : 111ais.
il y a des cl1ofes qt1i doivent
efrre~ co11!àcrees au
' fecret, qt1oi que fouvet1t
elles i1e foir11t pas les
inoi11s cé11Gderables de la
vie des Pri11ces. Je vous ay
1
parlé legere1ne11t da11s i11a /
derniere lettre de ce qui 1
fe paffa le prc111ier jour de /
May 1our de la fefte de S. 1
M. C. Cet article 1ne1·i.te /
bien que je vous en parle 1
L iiij /


ltu a
1
l
1
1
1
1
-
1 i S Re!ationt
u11c feconde fois, ot1 pluf.
tôt qt1ejevous rap-orrece
qu'en 011t dit ceux qui ont
écrit ce qui s'efl: paffé ce
jour là. Er1 voicy une par-
. ..
tte.
il jemble que le Roy ait
une grace particuliere pour
gagner les coeurs de jès /it;'ets,
.Le jour de la Fête de S. M.
les ap'partemens du Palais
qui font en grand nombre
& tres-beaux , ejloient fi
remplis dePrinces3 de Ducs,
,, & deNobleffe Napolitaine,

j

diverfes. 129
qu'on eut beaucoup de peine
a J entrtr ~ & encore plus à
en fa; tir. 0 n rcmarquoit (u.,.
le rvifage de ces Seigneurs
leurs ernpre/femens à evoir
leur Roy, & leur ;aye aprés
lui avoir baifé la main.
edu/fl ce _jour là \::.J'tCon ...
fleur de Marcin luy dit,
S l R E, aujot1rd'huy vos
mains 11e fo11t pas à vot1s.
Tous les corps de eville, &
de Ju.ftice luy prefenterent
un nombre infini de corbeilles
de confitures feches & de_
Ct.ltura •
1
1
1
1
1
l
1
1
1
1
l
1
1
1
1
1

130 Relàiions
.fruits-, arvec des per{onna. to
ges jimboliquès qai reprefen· te
· toient les rve.rtus, toutes tk vi
pâtes d~fucre & tr~'Vaillécs fi
d-'7./ec art, des arbres entiers V
chargez., de leurs fruits de. Io
ja meurs _,fJ)despiramidesde v
fleurs qu'â peine Jix hommes f
pou'Voie"1tporter. Il y'arvoit
même des G alere.r & deJ
'llaijeaux entiers arvecleurs e
rvoites _,le tout de .fleurs. Auf
_ ft les E JPagno!s dirent-ils.
Qt1e ce paY-s eitoit rot1t de
fleurs & que le leur e~9it
' .
2011 M1'rlsteno de Cultura

dirverjè.t. 13 t
tour d'or. le Roy alla en-.
tendre la <::.:J'(( ejfe à S. 1 an'
Vier. L'Eglife.e(foit magni.
fqrJer;1ent pat~e·e arvec des de ...
vtfes tqut à l'entour à l~
hiiange de S. Jvl .. Jl y avoit
un nom6re infini de
peuple, non feulément de
N aple1 , mais de plujleurs
'Uilles d1ltttJie. Le foir il y
eut un ~and concert 4U
Pal~is,~u touJ· les S eigneur.s
Napolitains eurent l'honnett-
r de joÜer arvec S. M.
Aprés le foupé il y eut un
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
~
1
1
1

132 Relations
des plus heaux fe11tx d'art/. q
jice qu'i~(oit pojible de 'Voir, g
il dura demy heure, &fi· p
nit par des perJP.eéti:rves ,(j
pa1" des fontaines .de f!u. les ~
farts le couronnerent par la b
Je charge de toute leur arti~ f
lerie ~ & les cris. de joye dt
tous leJ· jpe!JateurJ· 1 nous
donnerent cnco'flt plus de fa·
ti:faéfion que le feu ne nous
avoit donné de plaijir. Le
R~.Y a ofJe une taxe.far te
pain , & remis au pays et
qui luy efloit dû.Cette mar·
ai'7Jerfis~ I3;
que de bonté a ach~'7Jé de
gagner les plus pa(?tonneZJ
· pour la maifon cf dutriche,.
' E1i evoicy un exemple. Vn
r Seigneur Napolitain a'7JoÜa
1 hieringenument 4 un Fran-.
· çois qu'il acvoit efté le plus
t ~lé fi) le plus empreffet par ...
i· tifan qu'eût cette Maifon;
· qu'ils'eftoirrefolu à ne point
voir le Roy ; que neanmoins
e entendant parler tout le
' monde de la bont/ & de la
1 "Jertu de ce jeune Prince, il
s'était r.efolu à le ruoir paffer
1 a




. l 3 4 Relatio,21s
dans_le s ruës, le vcryant,il
en fut touché. Le lendemau
il aUa au Palais, & L' ayam 1
~eu de plus prés, il alla en.
fin lu:y bai(er La. main, fon
coeur & [es yeux ne purent
reji(f er aux ,~races de ce Mo.
narque qui l'ont tellement
touché & changé, qu'il ~
prefentement aufo zeté potir
luy , qu'il eftoit pafoonne
pour la maifon d' Jutrichr:
IL ejf preflJue arrivé lame·
me chofe à Rome, dJoù l'on
nou5 écrit que l'arrivée d11
u

diver(es. 13 f
i Roy à Naples & tous les
1 grands hiens que l'on dit de
l11y_1 ont fait Le mefme effet . filr le coeur aes Romains qae
~ Jtir celui des Napolitains;
1; que l'on n'y parle que du
1• Roy d' E jpagne & des gra-
11 ces dont il eft accompagné.
~ 1e ne doute point que Ji nous
1r ejlions encore dans le pagaie
ni(me, ils n'en fijjent une de
•: leurs di'Vinitez.,. 1 l ne faut
;. pas s'étonnner Ji Les paurvres
n & les riches font tous pe~
H nettrez de fa bonté Royale,
'

....
' . ,

·136 Relations
ce Prince ayant fait diJ!ri·
huer plus de vingt mille/.
eus aux paurvres depuis fon
arrivée ju[qu~ au premier
jour de May: La di/tri~
6ution s" en eft faite 4anr
tous les courvents de Naples.
Les Je/uites dijlribüent tou1
les jours quatre pijf oles, &
les at4tres cou'Vents à pro·
• portton.
Il y a ici une partie de/a
N obleffe Romaine. Le l'ha·
pitre de fainte Marie ml.Jeure,
celui de faint Jean,
~
âi~erfes: 137
"fi) quelques a,utreJ· ont en'
IJO)f complimen.ter S. M.
Perfonne n'a paru ici a'Vec
· plu; d'éclat que le ( ardinal
· de c.JtCedici1. On ne peut
! rien ajouter à la magniji.
cence de fa faite fi} de fes e,.
quipages. Le nombre :J la rif
cheffe tout le faifoit dtftin-
• guer :J et) marquoit le z..iele
& le dcrvouëment dte grand
~ 'Duc pour le Roy d' E_(f agne
!· & combjen la gloire de ce
:. c.JtConarque luy eft chere.,
i, Le o. on fit ici une pro--
~ . M

1
13S Relations
ceffi'on magnifique que ton
appelle dé faint Gehnnard:
Elle demeura trois quarts
d'heures à pa!fer. Le Roy
'Vit le miracle qui Je fait tous
les ans de la maniere fui ..
rvante. On a dans une phio·
le du fang de (aint J'tl,n'Vier
dur & 1-'igé que l' ~rche-.
'Véque porte en plujieurs
quartier·s de la v~lle. !J.!-ana
it e /f arrivé à un repofoir
) . prepare pour cette ceremo·
nie, il fait quelques prieres,
aproche la phiole proche du


,

diverfesd . 139 chef du Saint , & dans le
moment ou quelque temps
11pré1 le fang fe liPfefie,. ce'
qui am'Va ce jour-là en'Vi ...
ron apréi le tems qu'il faut
pour reciter deux 111iferere. S, -~. 'Vit Le · miracle et) alla de la a'Vec la procefoon· /
jufqu'à la Cathedrale. Les · /
Napolitains qui Le voyoient
1
1
lui donnoient mille loüan- 1
ges. Jly a'Voit à ceitte proçef /
fion u'n nombre infini d~ /
Religieux de tous les Ordres /
Jifferens, qui ma·rchoient]è ... 1
M iJ' . /

' 1
' 1
• ' 1
1
1
· 1
' I40 · R11lationi
Lon leur ancienneté. Les Col· ,
legiales :J ~ les Chapitres
_ 'Venaient en faitte , puis. /es
cbajfes des Proteffeurs de la
'Ville. 'Tous ces Saints (ont
,faits au naturel d'or & d'ar·
gent & enrichis de b·cau.
coup de Pierreries.. Ceux des
·ordres étoientportez.;par des
Religieux de !'Ordre. On
. continua d'admirer le Roy
. qui ·.garda une môdeftie
. d' Ange. Ce Prince a~oit
demandé au Pape qu'ildeçlarâ:
t S. ]tcinv.ier~ Patron
' y •
~· ..
'
2011 Mt 1sterio1le Cultura • •

diverfes: i4i
d1Ejpagne Sa Sainteté luy
' avoit enrvayé le Bref) & le
· Cttrdinat Arche'Vejque le
. lût a'Vant que le miracle ft
fil·
Le 16. le Roy 11e fortit
poi11t, ayat1t toûjours un
peu mal à la gorge. Il y
eut le foir apparte1nent &

JCU.
Le 17,, Sa Majefté garda
e11core la cl1a1nbre. Les
vailfeaux de M. le C omte
d'Efi:rées q ai eftoie11t à
Baya vi11rent 1noüiller à.


142- Relt!ttÎons
Naples devant lesfenefl:res
de ce prince , &. le faluere11
t de trois 4echarges de
leu1· artillerie. Toute la
ville les alla voir, & M. le
Co1nte d'Eftrées y regala
mag11ifiquement toutes
les Dan1es. Il y eut le foir

apparteinent.
Le dix·huit le Roy
fe rrouva11t e11tieren1ent
gueri de fo11 mal de gor·
ge, e11tendit la Melfe dans
le Palais. Sur les.ti:oisheu·
\ .

e LI
, di'7Jerfes: 14~ res il alla à la chalfe , &
· tua feize tailles. Il y eut
: apparte111enc. à fo11 re~
1 tour.
: , Le dix - neuf f e Roy
i ente11dic la Melfe à fain;
te Gertrude , il alla: à la
r cl1a!fe à l,i!f uë de fo11 dî.-.
ner, & tua quatre-vi11gt:
dix-l1uit cailles.
1
1
1
. 1
; Le vi11gt ce Prince fj.t 1
· fon entrée fole11111elle. l l 1
3 efi: à propos que vous 1
· foyez i11formée de ce

u

1
1
1
-
î 44- Relations
.qui fuit , avant qtte ·de '
voir le detail de cette en.
/ .tree.






DESCRIPTION




t'
• Cl~.11~.S~ ~~À)~~~
e iBâ! IE~g~mg~~ ~$~ ·
. ~-;~~~~~~~Er~

DESCRIPTION
CJ)es <!Arcs; ,d~ Triomphe~
dr.r machines , & des
dec()rations qui e~oient
dans la 'Ville de Naples le
jourdo l'tntree folemneUe
de Sa M ajeffé ( atho/i ...
quePHJLJPPE V~ -
._
1
E Mo11arque de..:
vant faire fo11 e11-
trée publiqt1c par la porte
{ /\



,
2 Relations
Capoüa11e , at1prés de la.
quelle 011 rr-0qv:e la belle
pro111enade de Poggio
Reale , 011 a voit dreffé la
Ten re ou Je Pavillon
Royal de Sa Majeft~ a la
feconde des fo11taines qui
Olï1e11t cet e11droit de Na.
ples par lequel 011 devoi[
co1nt11er1cer Ja Cavalcade.
Ce Pavillon avoit cent
quatre - vi11gt pal111es
1
de
lon,gueur fur quaranre·
deux de largeur. On avoic
· eu fqi11 de le fortifier avecdc

..
,
0 M1nHsrer o }k; C1..dtura •
diverjês. · 3
· bo11nes plar1c}1~s q t1i 1, cne
eouroie11t en dehors J &
o qui e11iip8ehoient.que pera
fot111~ i1'y pût: ,er1rre·r : Il
l elloit couvert cl.'t111e toile ·
a bla11èhe ters-fil1e , fen1ée
i d'u11 bout ~ l'autre de
·• fleurs de lis èl' or ,, entre·
t meflées des ·ar111es ou bla .. .
:. fon de cl1aque · Rqyautne
1t de la Mot1arcl1ie d'Efpa ..
e g11e , aufli dépei11tes &
:· tracées d' 01· , le dedans ét
toit tapiffé de ·riches piec
ces de foy~, dont la varié-
. A ij
. . - •
. 1 r. dC'·Cultura
'

4 . Relations
té re.cteoit la veuë, & l'on
a voit 1ceu re1nedier à l'hu-
1nidité ~u terraiu par un
pla~1cl1er, tout couvert de
beaux tapis. Il y avoit
- da11sle p,lus. i11terieu1· de ce
P~villo11 une efpece _de
redu-ir ou ~·etra11che1nent,
large e11viro11 .G.e· vi1)gt·
·ci11q pal111es fur trente de
1011g, qui efl:oit écla~r~ par
quatre fe11efires avec leμrs
vitres & leurs ride aux, &.
' qui eftoit reveflu d'u11~ t~·
pilf~ri! brochée d'or du 1

_011 t.1 nlStenb-de Cultu a
. - •
diver(es. 5 ) prixc11viron de vingt-ci11q • mille écus : 011 y voyoit '
n au fo11d u11 dais precieux e fous lequel efroit l.e fau- t teiiil de. fa Majefl:é avec ·C u11e petite table à l,un de e fes coflez. •
E11 fartant .de la l)Qrte 1 . ,
1 • Capoiiai1e 011 aperceva it
1

e fur fo11 fror1t ifpice un 1
1 .r grand tableau où le Roy 1
S Pl1ilippe V. eftoit repre- 1 1
~ fenté i cl1eval fous un dais 1
1 - & faifant fo11 entrée dans 1
la ville. 1
. 1
A iij 1
1
l
1
1
1 ura 1
1


'
d Relations
Cette irlfcription efl:oit
fous ce tablc;:au.
Fidelijflmam Vrbem
lmperio Nomini~, & Aufpiciis T11i1
. A ddi éf:ij]imam
Deo dtJce _, /d?-tiri.1- comite,
Ad ptrennem fobditorum tranquilittt- j
ttm _, & gloriam,
:Rex Augz1fijflr11e.
· 1'elicitèr tnr..~>'edere.
E11viro1J à ce11t pas de
là s'c leV'oit u11 arc de
rrio111 pl1e ou portique
couvert, & de figt1re quar ..
1·ée or11é de tres belles peintures , foute11u fur
0 C:l" u u
Q
"
""
diver(es. 7
: quatre gra11ds pila!l:rcs, &
fous lequel t o Ll te la caval.!
cade devoir palfer. Voici
·, les i11fcriptio11s qui étoient
fur le frontifpice de cha~
. cune des quatre arcades
donc il eft.oit con1pofé.
Sur la premiere àrcadc
qui regardait la cavalcade
.
e11 arr1v:t.11t.
PHILIPPO V·
HISPANJ A /l'VM ETNEAl'Ol.IS .r; t:_Gf,
~od m~ri~ ventifqt1-e obftcund,1ntib:is
Ad .Armorum g lorjam , & l tal1&
pctcem
À dvolaverit
Otdo. P. "l.. N. "
Ai iïj
l
l
l
. ll
. l
l
l
l
l
l
l
l
l
S Relations
Sur l'arcade opp,ofee
qui regardoit la porte Ca.
• • pouar1e. .
:PH IL 1 :P P 0 V.
HISPANI.ARlJM REGI,
~od: fietl~ratis Hifpanorum Galla·
rumque opibus
t.&:ternd?- pacis fundamenttt loc~rrif
, Fideliffima Neapolis.
Sur les deux colla terales.
_Ingredere , Ô prefens rerum tutela,
Philippe ,
Toti1~s undeOrbis pendet amic4falus,
Pande coronatas fli~diofa Neapolis
· Arces,
Noflra Philippus adefl gloria,pandt
, fores.
j
j
j
l

' J
J
dirverfès. - .9
. ll y. avoit de chaque
cofté de c~ portique , &
all i11il ieu de leur fro11tifpice
d'autres fe1nblables
EpÏ!gram111es do11t voicy
quelques-unes.
Dumfoperos clari; ~quas virtutibui,
0 Rex,
' Tu potis es noftras foftinu,ij?evices.
1
1
1
Omnis, Te P eragrante orbem , fert 1
omnia Te/lus 1
Sponte fùa, exultat L iber, & almrl 1
Ceres. 1
Miro & enirn. Pater Omnipotens te 1
Lumine cinxit 1
Perge, Philippe, meis nil opus eft 1
radiis. 1
1
1
1
1
1


ro Relations
H~c tibi debet11r merito fades , 'tu~
. namque
Lilia Luce meli i:andidiora micant.
Aux quatre angles' fu.
perieurs de ce port)que
il y a voit au pied de cha..
que pilafire quatre gran.
des fl:atuës de relief doré;
~ aux qt1atre a11glcs in·
ferieurs de ces arcades on
voyoit qt1atre at1 t res tl:atuës
pareille111e11t dorées
thacu11e fur let1r l:>afe qui
pofoit ei1 terre ,, <l.011 t l'une
reprefe11toit le fleuve Se·



diverfes. JI : bec , l'autre la rivîere de Paufilippe ' J la .rr~i{ién1e · efioit ~e fi.111 bole d' A 11 ri- • gna110 , qui ell t111e bour- ! gade aux e1lvirons de Na- .. pies; & la der11iere tenojc • la place de l)agreable Mer- ; gel li11e, lieux les plt1s de- /
.. licieuxenrr~rouJ'Cet1xqu i 1
J fo11t aux erivirollS de cecrc 1
• gra11de ville , la plus de.. 1
s licieufe elle i11ê111e de rou- 1
i tes celles de l'Europe , & /
= fur leur bafe on lifoit les ~ 1
- Epigra1nt11es fuiva11tes. . , /
1 ura
1
1
1
1
1
•( I .z Relations
Sur la pre1niere on
voyoit écriten lettres 1najufcules.
SEBETHUS
11.iferunt NJ·mph~ , & /~tas duxtrt
chor~as,
Vt tua littoribus Lilia vifa meis.
-
• La feco11de.
PA U SI L Y P U S.
O jucunda dies dum fiilget in vf tf,,.
re Titan,
Clarior occiduo fol-n1ih1 ab orbe venit.
La rroifié111e.
MER GELLIN A.
'.A fli11s : atq~e M aro hoc far gant ir.
[
1
J


• tt.

I'l l
dirverfts. :.tJ
lirore : dig;n11s
,Altijônis numeris ecceP hilippus4defl •
Et la der11iere. · .
ANTIN I AN A .

Ver mihi perpetuùm , & nullus fine
ftoribus annus,
Dum novus hanc P hcebus profpicit
. 'ore plagam. ,

Il y avoit ei1core fur
les bafes des quatre gra11ds
pilaftrcs , les inîcriptio11s
fuivantes qui avec la ma ...
jefté du ftile do11 t elles é ...
toie11t co1npofées , .repondoient
ad111irable111e11t à
• •
u
, •
r + Relations
l'èlegance des Epigratnmes
do11t ~11 vie11t de parler:
Sçavnir,
Aux ~eux bafes de de~
val1t.


P H .I L 1 P P o Y •
1 ncljto ,for~nu9 ,
' . . . ' M.agnanirno Prv.nc1pi,
Noftl·d: Urbis Prefrdio,
.Atq,.e Ornamento.
PHILIPPO Y.
Prabitate , [uftitia ,
.Ac wrtutibus omnibus
Jnftgni,
!1.!!J. Ludovici X 1 V .
.Avi


.• ~
di:verfes_.
Veftigiis inhit4·ens,
P erpet11m Jibi decus
Comparavit •
If
Et à celle de la partie
oppofée.
PHILIPPO V.
Domino B eneficentijflmo ,
Ob levatos ')leltigalibm Populos,
Regiafque opes
in egenorum fobjidium ·
profufos.
PHILIPPO V.
Gemini Orbis .M.onarch"
Inviétijflmo , .
Ob
Felic1:tatem
Ne~politano Regno
Reflitur:am.
11[. Relàtions
Quatr-ç a~t-r~s \.i11edaillo11s
ét(6i·~~n~t1~'1:rJ?Ç}fez aux 1
quatre ai1gles de ce Te1nple
:dt! 111anier'e ·qu,ils re ..
gardoie11t le Soleil·, ét~nt t
co1n1ne lui ·da11s -I-~inre. .
rietlf: Co1n1n~ ce fo11r des
' <1_UalitèZ1 ·àu. attributs' dê
cet A~,~:ê .. ~1'.~P.:μçaciçq.:n'en
eft pas diffiètt~ ~ Ici gloire
de p B 1' t I 1P p E1
. v'. Les
c i..- -~, ~
det1x' p·re11}ter~, d·~ ces lne-
. daillons p~ rtoient ces
'deux 1,. nd.ts : Peft nubila;
& l'auri·e : Micat inter
omnes. Toute
:2011 Mil rsterio de Cultura •
dirverfes. 17
l- ·Toute certe po1npeufe
x 1nachine avoit eflé peinte
t" par u11e main f~ava11te fur
~.. une toilé fi11e , & tourè
1t cra11Îparente, et1 Corte que
!.. dura11t les belles ill urnina-
:s cio11s qui fe fi ret1t par t a u"
!e te la ville ; inais (Ltr co·L1t
n aux Geges trois foirées de
~e fi1ite, éra11t 1llu111 i11ée e11
:s deda11s par t1n tres-gra11d
~- no1nbre de la111pe s , elle é~
s clatoit d'u11e lu 111ierr. G
t; gra11de, que depuis le faîer
te de fa pira1nide jt1 Cqu'au
:c B
1.S Rtl'Pltivns
bas , il Cet11blo~t que te fût l'
e11 effet la veri(able refii 11
den·ce du 1iu1i.1ineux ,A p·ol1
1011 , en foi·~ ·qu':!t\1l 1tiiiit!U
d1es te11ebrre:s de 1Ja 11uic ; ·~! t
paroilfoit tant par te T~n1•
. ple que pa1· le grand n~t\~"
, bi·e de.s ffa1nbea ux, dont l
l'i11ter'ieur du fi ege était
éclai1·~ ; que la prefe11ce
d't111 i1ouveau Soleil avait

,
ra111e11€ le p! e"in 111 idy dHnS
116rre l1er11ifp-11ere. .
· ·Cot11111e lei cavalcade
• • devoit palfer eJ:1 fùire p~r
.


~011 'v1lr'uster10 de Cultu1 a
'
dirue'rfes. 1 ~
it l'hoftel d·e ville, qui tient à
i• l'Eglife de fai11~ Laure11t le
j. Majeur, 611 y avoir pre.
u part un gra11d Arc de
il crion1pl1·e tres-riche111e11t
1• ornéde pe111tures, & d'ex·.
~- cellentes tapiiferies , fous
~t lequel étoit la fbtuë éq ue..,
it ftre de S. M. élevée fur t111
;e i11agnifiql.1e piedeGal revefru
d'autres .fiatuës de
Syrenes & Ni1nphes à dc-
111y corps, & fi b1e11 ot11é
de fefl:o11s av.ec d~alltres
lèmbla.bles enjol~ve111e11s-•
• lt
1$
!e
. r
B ij

\
20 _ .R~l(d;tiàn-'
· que 1e s eL1,1 b ·1.'e" t11e's r d'1'r1. p:o'. .
fées de part & .d'autre.,.&
tou~es à la ~oi.ia t1 ge , ·du
Roy fe1nbloie11t yv.ouloir
do1111er. leurs applauçli1feme11s.
L'infèrip.tio11 qt1ie1
toit' au deif us de· la fi a1tuii
du Roy étoit c o 1~ce u.ë 1eLi
ces ter111es. . .l
- • t • ,[
P.H IL lP PO "' V. , , ,
H ifpania1·um, & Neapolis Regi,
S.olemnibUIS 1;otis '
• Expetito;,
.P ubli~is gratulationibJM
Excepto,
Certar;ribU5 hominum ,, Superfawq11~

20 1 Mln1ster10 de Cultu a

') .'
~
. u

ll
.'
JC
'11
.1

•)
JI(
cl.iverfes. 21
· · ftudiis
Sa/1~tato,
Fideli!flma N eapolis,
, . Fclia~tate
"\ ' ., \ . \ .
Çumulata' ,
Benefic.iis auét>~ ·
'triump'1ali ingreflu .f o rtunata
Public11m cultûs, & /e(t1t1~

A rg,umeniurn .
r- ·D. •12. ~


Voici .les deux I11fcriptions
du· piedeftal , qu1 i1e
cede11t à la pré.cedente ny
r · t e11 beatlte > 11y en 11urete
de ftile. ·
PHILIP.PO V.
Hifpan1arum Regi ,
'

'
,
'

Relations
Ob rem frumentariam veEfigali lt·
vdtam,
' Pi1;blicam t.ran'luillit4tem
Terra, marique Ji!'mo pr~fidio com·
, muntPdm ~
Cumulatam falèmni ingtejfo l:etitiam,
Civitas Neafol1tana
GY>atias agit immorta/.es •

P H !Lll'PO V.
Hifpanfarum Regi,
clementi:i, & h11manitate
. Populis caro:
Religione, & pietate Superis accep·
tifJim
Civitas N eapolita~
Projf>eros armo>·um fuccej{us
.A~g,urat11-r.
l
d
c
Toute la grande plâcc i
1 M n1 er o de C 1 '
1
. rliverfts. ·2j
· de l\bofl.el de· ville ·ét'O it
encore rïoble ~n e t\t 0111ée
,. de part & d' a urre d"ut1e
Arcl1itelture ou colot1na.;.
n,
de qui foûtenoit p(·olieurs
portiques, au!quels on avoir
fufpendt1 aL1tà11t d-e
cartouches avec des en1 ..
blêl11es , & leurs de v 1 fes ~ •
e~· Da11s 1·u11eo11 V oy·o it det1x
belles fleu rs de lys fortant

d'u11e n1ê 11:ie ti ge ; l'a111e
ftoit co1icetlë e11 ces tern11es.
/? ar utrique .decar. On
cc. voyoit d~ns u11e a11 t re plu-
-
2+ Relations
fleurs M uf~:s affifes.à l' om· â
, bre d'un lys alfezexauce, v
& joiia11t de leurs infiru· ~
Jne11s : , elles fe1nbloic:nt a , -
çha11ter de nouveau ces
.vers du cel~bre A11nibal
Garo.: l
' . V~nite all' ombra de' grand Gi· l
gli d'oro,
Care Mufo devote a' miei Gia·
• • • c1nti. ·
. 11 fe1nbloit inê111e en
cette occafio11 , que le
Pei11 tre eût affeél:é de
prendre part au reproche
. du

2011 Mtr'lslerio de Cul ura
J

âi'Verfes. 2.f
~ du Cajlelrvetro fur ces det1x
, vers ; car il avoit repre.
fen té les Mufes co111me

t auca11t de Pyg111ées, felon ·
s que cet Auteur le dit ex-
11 prelfe1ne11t : & cela pour
les pouvoir 111ettre tot1res
,.. à la fois fous les fleurs d. e
lys. La devife o~ l'a111c; de
,. cette en1blêtne étoit: Hujus
tut~fub umbrâ. La troi_ ·
:n fiélneprefe11toic u11 cl1a111p
le fe1né de differe11tes fleurs,
le au n1iliet1 defquelles étoit
Je u11 lys dont la tige ft1r-
!u • C

ltu
...
20: Relations
-1no11toir-celles des autres!
Supereminet ornnes. Dans
• une autre 011 appercevott
l' Aurore qui allait par
tout fe111a11t des fleL1rs de
lys , élVec cette devife:
Vmbra rece.fit. Enfi11 clans
la der11iere étoit u11 lys affez
altier. pour refifrer à
l'iL11 pett10Gré d' u11 vent
fa11,s autre appuy, quecelt1i
de fa fermeté 11att1relle:
c'efl:,pourqt1oi ces paroles
' · étoie11t écrites atl de{fus.
Nec ge.lr4t , nec aujfro,
-

ec•
• 1

1
l
t

• •
,•,

:dirbarfès. 27
' Pot1r re.01pl ir la Ggnifi ..
câtio11 d t1 110 111 que polite
le fiege de Mo11ragt1e , on
avoir.for11lé tout àl'e11tour
w1 i11011t cl1a rgé de fiet1 rs
& de toutes fortes de
frL1Î ts , qlli étoie11t couverts
de feüilles d 'or; afir1
.de don11er à concevoir que
l'afpeét ria11t & enjoiié de
cette 1no11ragne , i1e potlvoit
être que l'effe t de l'aver1eqie11t
du Roy àla c 0 11-
ro1111e d'E~pagne,& de fon
l1eureufe arr1 vée ei1 cette
c ij


2K Relatîoni
ville ,.où il a voit fait re11a1~
trela Joyeda11sle coe11rdes
ndeles fu1ers de ce Royau-
1ne.C'étoie11t auffi les idées
qui fe prefe11toie11td abord
à 1 'efprit: , à la pre1niere
leéltlre .des ,i11fcript ions
& des d .!tiques , qtti ét
a ient fufpe11dus à chacu ..
11e des arca.cles de pluGeurs
gra11ds Arcs trio1nphaux
qu'o11 a voit élevez I.e long
de la ru~. Les pri11çipales
· de- ces i11fcriptio11s étoie11t
c.elles de la prec11iere & d;
1
1
1
1
1
1
di'Verjês. 29
la det"11iere arcade, de part
&d'a11tre de ce fi.ege. V oici
co1n111c elles s'explique11t.
• • • Ne mirerrs, vtatoY,
Monrem l1unc
In Hort11m Hefpe,.idum m1~tatu1n ;
Philippus v11nit.
Q.!!Jd nobi s a1~re1'm
Redierit focul11m
!l.!!Jd ftupes ?
Philippus regnat.

· E11 voicy u11e tro.ifi.ét11e,,
qui . i1'efl pas des i11oi11s
bo1111es.
'.Aggeribus jactt-Ît niveisopprejfos, &
altâ.
' c i ij


I
30 Relation.!
Vndiaue conflriéfus "'ons rio-~it
J ,gl act.e • ~
..4 d7.Jenti~, .Rex m"gne , tuo mutatus
ab tllo
A 11rator flores ) aurea poma gerit.
Au dedat1s de ce fiege;
& ~ cofl:6 d't111 gra11d
choeur de 111uGqt1e; s'éle:
voi c la fiatuë du Roy toute
argc11tée ; vis-à-vis de
laquelle au del1ors du fie ..
ge J on ape~cevoic t1ne bel ..
le & delicieufe fo11tai11e
avec 1111 jet d'eau quî faifoi
t p·ar [011 élevatio11 un
n1ervcilleux effet à la vtîë . . - ~ .
di'Verfts. JI Le gra11d fi.ege de Ni- Jo ou LVilo, eil:oit reveilu depuis lehautjufqu'au b Js de riches tapi1Îe ries ; & l'on y ape1cevo it foLlS u11
111agnifiqt1e Dais Je Por- trait de S. M. fL1fpe11dt1 aL1 fo11d de ce fi ege, & da11s .une jutle f y1netrie par rap- · /
porta touslcs aur1·es o lï1î- 1
111ens do11t il efi:oit acco111- 1
pagt1é; 1nais il faut avoüe r, 1
que les det1x g-ra11ds & fu- 1
perbes Arcs de trio111pl1e /
1
quo11avo1•c c1 1e veza\ d et1x 1


c iiij 1
1
1
1
1 . l
\

3 2 Relations
pas d~ ce fiege fur le nou"
eau delf ei11 du celebrc
'13ibiena, faifoie11t encore
u11 tot1t autre effet. On
apercevoit do11c fur leur
fro11cif pice <)eux ttoiles
d'u11e extrêL11~ gra11deur
qt1i dans un cha111p d'afur;
• femé de petites étoiles <le
totites les trois gra11deurs,
&difpofées chacu11eàl'endroit
quil L1ico11venoit,ren·
fer1noienr de l'u11&de l'au·
tre cofié de la gra11de ruë,
les co11fiellatio11s des deux
'
'· M1n1ster10 dé c; ltura

t
l
diverfts. 31 Poles, c'e!l:-à-dire la pec1- ce ourfe avec la q L1euë dt.J drago11 , pour .Gg111fier le Pole aré1iqt1e, & le vaif- feaudes Argonautes pour marquer l' Antarll:ique qu_i étoit de l'autre cofié: On voyoit inefine au def:. .1
fus de ces grands Arcs ;
1
1
que des Re1101nmées avec 1
des aîles fetnbloie11t for- /
n1er leur ci1nier, & faire 1
1 corr1pre11clre q t1e Je i101n 1
de Sa Maj efi:é Catl1oli- /
que s'éte11d auffi bie11 que /
- •

1 Ura
1
1
1
1
1
1
1
34 B elations
·fes Etats da11s l'u11 & l'au. q
:cre 11e111 ifpl1ere & jt1 fqu'a
l,u11 & à l'autre Pole. r
· C' efl: effeél:ivel11 e11 t pour
faire donner daL1s cerre
·idée q u' 011 a voit écrit !ous t
les deux co11fi:ellarions
.. do11t 011 vie11t de parler
ces deux beaux vers' ti- l
·rez de deux Ancie11s Poëtes
& qui 011t un 1nervei1.
Jeux • raport avec elle.
Voici le i1re111ier q Lli était
audeffus de la ço11!l ell3.
tio11 du Pole Arétiqt1e &
' •
0 r,,11 nr t rio <:1e •
· qu'o11
di'Verjès.
a tiré de
3.f
Lucai11
l Te geminum Titan procf!dere vidit in
.Axcm.
r Et foL1s lePo l e A11 tarél:i~
2 • • I •
w que on avoir ecrJt ce pe11-
s ra1netre dt1 Poête Rutilius
s Nu111atia11t1s , qui ioi11t ~
r celuy de Lucai11 co1npofe
.- le plus beau d1tlique,qu'on
:- aurait pû faire exprés •
• •
I
t
• E1ue tuis ortos in tua condit equos,;
Il y avoir de plus fur le
fro 11tifp~ce de ces gra11ds
arcs à cl1acu11 deux fla•
~o , Rçfatio·ns
tuës,& proprer11e11t ·à.celui ~
où Je Pole Arétique étoit
rep-1efer1té , & par leqtièl
dèvoit entrer Jaca val cade,
011voyo1Ccelle5 de la Vertu •
. & de l'Hon11eur avec ces 1
111ots. .Prtf,m.ia rvirtutis,
Honos. sur l'arc du Pole
At1 tall:iq ue -par où là 1nê.
111e cavalcade devoir Cortil·
pour paffer deva11t ce fiew
- ge , eftoient diîpofées les
deux ~utres il:aruës qui re·
prefento1e11t la, Cle1nence
& la L1beralité, avec ces
• •

011 Mu 1sterio de Cultblra
. 'dieverfes:· 37
~1 âutres in0·ts. Potentifjima
~~ do~ inPrtncipe,Libe·ra!itas,
atque Clementia. Ce fo11t
e, ceux-1a" 1ne"1 nes qui. 1c. uren.t
U ai1trt_:"cr o1· s trot1vez gravez
~s ir.u r ~11 inarb · re a' la l o·u ·a 11-
• 1; ge de l'E1npereur Trajan,,
,. & que Lucius Fau11us a.
~- raportez dans fon Traité
:1 r des antiquitez de Roine
C· Livre 4. Chap. 8.
es Entre les colo1111es du
·e·
ce premier de ces arcs
triompl1aux, 011 voyait à
.es d lll~.in roite une Dame

• u
l

i t Relation$.
.appuyée· ft1r une petit~ a
colo1111e qui portait fou~
.{011 bras droit u11e Urne f.
-pleine de ino1111oye & de t
-cl1aÎJles d'or , avec des
. pierrer~es- & d' a utre~fen1· c
b1a.bles b1}o·ux. Ce.s t1:1 ots .
eftoie11t é;c;rits. à [es pied$
.s ecurit~s pubtica! A cofre l
· .de cette Da.tue & ei1 de; •
hors des colo1111es , 011
• apercevoit u11 Me·rcure
·""'·;iffi~ , tena11t: d'u11e i11 a:in
fc
/ .
on Caducee, &. ut1e bour-
~
{e d.e_ l'aμtre , .. 4V,~.c cette
• •
'
2011 ryll111ster10 de Cul u a •
''Ji1Jerfes: .. ~ SJ
:~ devife écrite au delfous;
.11 r:Jr(ercurius Redux. Pour
1e faire co11110Ître que bie11 ...
le tôt le; co1n111erce reprenes
droit fo11 a11cien luftre e11
.1· ce Royau1ne.
rs A cofré gaucl1e , 011
js voyoit au milieu de la cole
lon11ade u11c autre Da111e
e~ qt1i te11oit d't111e 1nain tln<;
>n guirla11de de rofes, & qui
rc s'apL1yoit del' autre fi.11· t111
in timon. Elle tenoit t111e
.r· balle fous le pied avec cetrc
te devife, L~titia public~,

';J..ô. F..~lations
co11forme1nent à ce qu'o11
vo it dans 1° a11cie111)e ine·
daille de Crijpin~ .Augufta.
Il y avoit l1ors de la Colonade
, & a· cofté de cette
Daine , u11 jeu11e 110 111111e
. affis, aya11t u11e ta!fe à la
inain & Olle corne d'abon~
<la11ce fous .. l'autre bras,
avec cette i11 fcriptio11 au
deifou$.-Genius VrbisNea1
politan~.
011 avoit inis dans le J
vt1ide des piedefl:aux de
ces colo1111es , certains écu!
fons

1 M1 1 t<>r o de Ck.l u a •

Jirverfes. 41
cuffo11s pour y fervir d;or ..
ne111ens. Da11s celui de la
droite, étoit l.lne guirlan- de de chefi1e au milieu de
laquelle 011 lifoit ces rnots
Ob Cives flrvatos~ & da11s
l'éculfo11 à gaucl1e,.u11 fotldre
co111n1e celuy qu,011
111et eL1 1nai11 à Jupiter fe
' . voyait depe111t avec ces
paroles , Providentia Philippi,
tirées de la i11edaillc
de l'li.t11pereur A1:-1toi1i11 Je
Pieux où 11eat1t11oi11s 011 lifo
it Pro'Videntia Der;rum, .
D
C 1 ura

• •
42 R~latio~s . . . '
. 011 voy·oit e11core da1is
l ,épa iifet1r des pi·edefiaL1X
de ces Arcs) deux i11edait ..
lo11s da11s l't111, defquels",
fçavoir à droite, le Roy
étoit reprefe11té ço111111e
·parla11 t à fes foldat:s fur un·e
petite hauteur avec cetrè
~pigrafe ~ E xpeditio .!ta·
lt ca ; & da11s le n1e'da1llon
a\ 111a1~1 1 ga tic l1 e , e/ tot.t un
vaiifeat1à1'a11tiqt1e, ayanc
la ForttJ11e Çur fa pouppe
qt1i lî\~11ioit le gouvernail,
;rvec· ces 111ots dar1s l'exer-
' '
' .
'.?011 M11isterro de Cultu Cl


•'

'

l
l


>
'

· di'1Jerfes. 43
gue : ~ d'Ventus maximi
Principis: Co1n1n~ fi l'o11
. ..
eut eu en ·vet1e · CCtt~ inedaille
d" Adrie11 où 1, on
voyoit ces i11ots F elicitati,
Aug. Ot1 y faifoit fa11s
dot1te alluG011 à l'heure Ll ~
fc i1avigatio11 Lle cetEt11pC··
. ) ) reur, qt101 q1J on n eut pas
inis co1n111e ici la Fortt111e
fL1r la pouppc , d'où 1,011.
voit aifé111e11 t avec co111-
bie11 de jufl:eife on a voit
choili, cette inedaille pot1r
l'adapter au trajet i11fi.11i ...
D ij
u

44- Relations ·
1ne11t l1eureux de Sa Ma.
jeil:é, qui e11 dix jours de
navigation a voit fceu fai·
re u11 auffi long canal
qu'efi: celui de Barcelon-
11e à Naples. Cela fait voir
que, le Ciel co11tinuë de
pre11dre un foi11 particu.
lie1· pour la co11krvation
d'ui1 li piet1x & fi gratul
Monarque.
S t1r la fac., ade interieui
·e de l'un de ces 111eGnes
arcs , paroifioient deux
fratües , l'u11e &l'at1tre au


diverfe!: 4-f
· 111ilieu des colonnes. Celle
! de la droite reprefe11toit
~ une Cerés ay.a11t u11 globe
1 e11 111ai11, q11i au i11ilieu de
· la ligne équi11oxiale par
roiffoit entouré d'u11e
~ couro1111e au deffous de Ja: ...
.. quelle étoit écrit: Corona
1 Philippi. A tna111 gat1cl1,e
i il .Y avoit une Daine
preff~11t avec fa 1nain u11
.. lèrpe11t qui fe111 bloit s' ele ..
s ver contre elle. Ces 111.0ts
( étoie11t écrits au dcifous,
.lf.te;·nit as H ijf ana. A cô:

~tf Relations
· cé de ces deux fiatuës ;pa·
.-1·oilfoient affifes celles-la
111efi11es do11t 011 a fait la
-àefcripfio11 dans la fa~ade
exrerieure , fçavoir un
Mercure , & le ge11ie de
Naples ; & da11s les écu[.
fo11s pei11ts fur les p:edef.
tat1x de la colorl11ade , on
voyoit à droite t111e guirla11de
de laurier , ~utour
de laquelle étoient écrits
ces 111ots. Vota Public~.
Et à gat1cl1e il y avoir une
"'Dal11e 111011 tée fur u 11 Ltou
' \
• •
diverjès. . 47
· qu)elle faifoit cot1rir a ya11t
à de plus u11 fot1dre e11 t11ai11.
1a On lifoit a utot1r del' éct1f~
le for~ ,· Jndulgentia Re gis, pa~
n roles tirées d'l1ne 111edaille
le de Severe.
f. La facade interieure de ) :f. l'arc, .où le Pole a11taréti-
>n qt1e étoit reprefè11té, co11 ..
r- te11oit aulli deux fiatuës
~r inferieures , di fpofées e11 ...
. ts treles colo11nes. Celle de 1a
1· mai11 d1:oite étoit t111c Da~
ie me aya11t en n1ai11 det1x
Il Labari , q11i éroie11t des . 1
'
t
48' Relations
ba1111ieres ou ei1feignes·de~
R 0111ains avec ces 1n0ts
Concordia exercituum; le
toutco11for111ement à une
a11cien11e inedaille d'A . •
drien Volufien & de quel.
~ ques autres E111pereurs.
A 111ai11 gauche paroiffoit
11ne autre Da111e qui eue
pû palfer pour la Oéefie
Pallas fi elle eû. t efié ar1neei
ces 1nots étoie11 t ~ fes p'1ed1
Conftantia Philippi, qui efi
u11e rnedaille de l'E1npe·
reu~ Claucle. A cofté de ces
.. deux

-

'dirverfts. 4.?
s ôeux fl:atuës, deuK at1tres
:i paroilfoie11t ~ffifes 11ors les
e colo1111es de la 111e.G11c rna-
1e 11iere qt1,à la façade ex te-\.
1·ieurc. Celle du cofi~ droit
:!. reprefe11toit la Jut1ice
·s. aya11t la balance en ruai11.
•it avec ces n1ots fous elle,
ut .IE.quitas Regis. Du collé
ffe gâuche paroiffoit la Reli:
e; gion fous laquelle 011 a voit
ds écrit, Religio inconcujfa ,
;fi c11fit1 da11s les éct1ifo11s des
·e· piedeftat1x , il y avoit à
€S lnai11 droite u11 ferpe11 t
JX ~
'

• • 1 u a •


.f tJ Relationi ·
dreffé fur u11e bafe ·a.ve·c
ces 1nots S alus publica; &
à 111ai11 gauche 011 voyoit
de petits enfa11s qui badi.. l
11oient fous cette devife:
Feltcitas 'Temporum , le
. tout i111ité d'L111e inedaille
d' Ale,xa11dre Severe & de
Julia c::.YrCammea.
De l'autre c8té de cet
Arc, c'eft-à-dire fur fa fa ..
~adeexterieure, 011 voyoit
peintes e11tre les colo11nes
deux autres ftatuës. Celle
qt1c 1"011 voyoit à 111aiu





••
.t

lt
:s
.e
n
;J,iver(es. j1
droite , étoit u11e Da 111e
• • • qui te1101t e11 i11a1L1 u11e
poigt1ée d,herbes a ppellée
lavande , avec cette ii1fcriptio11
: Spes publica ,
cotnnie da11s les 111edailles
d'Adu1nc11e J d'Alexandre
Severe, & de qt1elques aurres
Pri11ces. U11 a11trc paroiffoit
à 1nai11 gat1cl1e rena11t
u11 Cadt1cée avec ces
n1ots , Felicitas Regni: ·te
tout i111ité d't111e inedaille
d'A11to11in. On voyoit à
droite & da11s l'u11 des é ..
E ij


\

• _ _. __ ~- ·
. f 2 Relati•o ns
ct1ffo11s des p1edeftatlx, fin
Ct1pidon qui co111battoit
• con rre t111 Lion avec cet.
te exergue, Docrus fuffirre ~
labores. Ce qui fàifoit allu. 1 fio11 au gra11d cogragedu
. Roy d~11s u.11 :îge e11core
fi pet1 a va11~é ; & de l'au·
cre côté paroiffoie11t deux
inai11s ferrées ét1·oitc1nent
l'une co11tre l'autre, avec
ces tnots : Fides Exerci .. 1
tuum ; le tout i1nité d'une 1
J11edaille de Nerva ~ d~ 1
Vitellius. 1
1
1 •
1

• 1 e
1
di·ver(es. J'3
l . · Les i11edaillons pci11ts .
t fur le piedcfial , & de la
.• groifet1r del' Arc., repre-
·e fe11t.oie11t 'à 111ain droite e11
l· entraL1t le Roy , qui du
u hat1t de ,. fo11 tl1 r.ô11e pa-
·e ro1lfoit Ja11cer u11 flani-
1· beau allL1111é cc)11rre u11
d1 I • .x gros a111,as ecr1tt1 rcs a t1-
1t tour defquelles on voyoît
!C un gra11d t10111 bre de Specj.
tateurs, avec cette i11fcrip-
1e tio11 : Reliqua 'Vetera Proie
rvincialibus remijfa; parce
qu•à l' exe111 ple d' Adrien,
. E iij .
5 4- Rela..tior;s
en l'honneur duquel ori
frapa u11e fe111blable i11e·
daille, le Roy a re111is pat
ut1 effet de fa libe1·alité &
de fa 11~ag11ifice11ce, tout
le refie de ce que les villes
de cc Royat11ue avoie11t a
pa}·er at1 Fife jt1fqu'à la fi11
de l' a1111ée dei·t1iere. L'e.
:xergue de cette n1edaille
d' A drie11 portoit Reliqua
'Vetera H S no'Vie.s r11illies ·
aboli ta S. C. Le feco11d
medaillo11 q t1i 6to~t ~ c()..
té gat1chc , reprefentoi~


1

r
l
• ••
dirverfts. sr
u11e Da111e qui offroit à
u11e trot1pe de Soldats u11e
po ig11ée de l~l va11de a vcc
cette Epigrafè _, Spes mili4
tum; le tout i111ité'. encore
de plufict1 rs i11edaillcs rres-
.
a11c1ent1es.
Ces det1x grat1ds Arcs
detriornpl1e re11fer1110 1c11t
entre eux e11viro11 1) efpacc
de quara11tc i-1as; & coln-
111e il falloi t qL1e cette éte11-
duë repo11dît à leu1· de!fei11 1
àcau'fe des dellX Poles qui
y e{toierit depei11ts , 011 a-
E. iiij

Jo Relations ·
voit eu foi11 de revêtir (.t'u.. fi
11e toile azurée, fe1née d'é.. c
t~iles & (le flet1rs de lys 1
d'or, les 1nt1railles des 1nai ..
1011s de l'u11 & <le l'autro
ç&té de la ruë qt1 i s' éJa rgit
e11 cet e11droit , en forte
qt1e tot1t cet efpace paroif..
[oit Ull (:iel . aLl 111ilieL1 dè
fes Poles. C'étoit e11 cet ei1-
tiroit qt1' auprès d'u11 gra11d
cl1oeur .de i11uûque, & à
111ain droite e11 enrr:int ,
011 appercevoi t la fi:atuë .
du Roy.cot1te dorée fur u11
iste o• L; ltu a
diverfis. . J'7
fuperbe ~1iedeftal.Elle était
couro111~ée de laurier par U·
neVi61.oireroute arge11tee,
& 1'0 11 voyoit ~t fes pieds
quatre gra11des ftatuës affifes)
& toutes de draperie
arge11t~e. Ces qL1atre fia ..
ruës, difpofees aux qL1atre
ongles de ce piedefral, 1L1Î
fervoie11t d'u11 tres-bel orne111ent.
L·u11e reprefen ..
toit UL1 N eptu11c au def.
fous dt1quel 011 litoit ce~
ll1o ts , N eptunus Confer--.
rvator. L'autre eftoit u11


ltu
·-
5 ! Rf:!ations
Hercule porta11t deux co:
lo11nes.foL1s fes bras, avec
cette devife : Plus ultra.
La· troifîérne figuroit le
Dieu Mars , fur le bou.
clier dt1quel efloient en1·
prei11tes trois fleurs <le lrs
avec ces i11ots , QuirinuJ'
Propugnator. La der11iere
efl:oit ur1e M111erve, au
delfous de laquelle 011 li.
foit c ette i11fcriptio11 :
;f apientia F orrijlimi Prin·
cipis. On Iifoit ei1coreen·
tre cJ1ac11ne de ces ftatuës '


1
1 M n1 rro de 1ltl.lra
di~verfes . .f J)
): trois i11fcriptio11s, do11t la.
:c n1ajefl:é, le il.ile co11cis, ~
a. la i1etteté faifoie11t aifez
le voir 1'1'011 avoit fceu i1n~l
· ter le bo11 got1fi dc' l'a11ti ..
1· q_uité. ô 11 ne doute 11ulleis
me11t que leur Auteur 11e
!1s foit celt1i · qt1i a co1npofé
re avec ta11t d'art les beat1X
tU ineda1llo11s dont ce fiege
i. eil:oit or11é.V ~ici l'i11fcrjp--:
tio11 du 111ilieu.
:"s
P HI LI P P 0 V. RE G 1 :J,
Pio, Fel. Tl·iurnphato1·i. S . .Aug ••
Lu oov1c1 MAGNI Germanie!


• •
d'o Relation1
Batav. N.
' Du,/ c~l]irnie foei 0 rbis tc1'1·a1·11m,
.A dL ez1onesT1·c:n.fpadands profeét11ro1
. P /"rimas cle hojl-e perniciofijjima
lncruentas Viétori41
Tropl1ita q11e de Manubiis Ba1·barids
• P ulchc>1rima aufpicatur
Jlegio Nili Devota Numini 1
Majeftatiqt~e ejus.
Celle d11 c{)ré droit de
la fiat11ë de S. M. efioit
• • .co11ceue ei1 ces ter111es.
PHJLIPPO V. REGI,
Bono Reip. ac Religionis Nt1to,
Conjê>'Vato~·i utrittfque 0 rbis,
~d faétis , con[iliifqeJc
ïacentem J ac penè pejfi4ndatam Ira·
~ Liam~

eC

1
l
e
t
.••
diverfes. lr1
Maxirrsis coa[fis cop1't$
In[anas hoftii*m m111as
Formidare vetuerit,
Niti PortiCU$ L. B. M. P •
La troifié1ne qu'o11 lifoit
à i11ai11 gauche avoit
quelque chofe de fort 111agnifique.
E11 voicy les ter--:
in es.

Magno , l nviéfo,
Omnes retro Principes Virtsfte ,
Et l'ortuna fupergrejfo,
PHIL IPPO V. REGI,
~od e/.E.ternitati Nominis Hijpani,
Profpiciens, Fluét#antes,
Ac longè, latè1ue dijfltas P rovincitts
l-uftravc>·it, m11nierit, conf rm3rit,
Rdations
' Itegio Nili grati animl
Monirnen
' L . P. E .
Au de!fus Je ce piedef.
cal , de gra11ds ft fi,011s at··
.ge11tez te11oie11t fùfpe1'ldus
co11tre la i1111rail.l e deux
gra11ds cartouches ~ qui
faifoie11r 1111 fort bel or11e ..
!11ct1t en cet et1droit. On
y avoir placé les deux inf.
criptio11s fL1 iva11tes , qui
font ei1core d.es produc:
tio11s i11ge11ieu{ès du 11lê·
me Auteu1·: Celle qu1 fe
tvoyoit à la 1nai11 droite

diverfts: 6".J
dtt Roy ceuro1111t par la.
V16toire , portait
• Providerf,ti(f.
~ PH 1 L I P PI V . B 0 RB 0 N I.;t
s ~ cladibus amantij]imi?, Vrbis
V1vino propè confilio fobventum eft,
X DirnidiJ vcéfigal. tritic.
1i In perpetuum remijfe :
... Jud&eis etiam fanfim irrepentil1~J
A bire jujfls
n
f.

Il
,l •
Regio Nili L. M. P. C.
L'autre à mai11 gauche
de Sa lVlajefré faifoit 11re
ce qui fuit.
C PH 1 LI P P O V. RE G 1,
e Opt1mo) ~aximoque Principi •

ltura
••
~+ Relations ,
:Reftitut~l'i -Reip1 ·
R.!!,àd adventu foo trepidttnte1.
Civium a°";;imos conjii•maverit)
.v~·bem te~·rd , r:iari91Je adverfoJ
l19.ft1lrs · . \ ' .
Impetus egreg1e mt1-nier1t,
Regio Nili
:.tJycum duplicem, & fl:atuam
Tempora1·iam B. M. P.
De l'autre cofté de lef.
pace cot11pris e11tre les
det1 x grands arcs, p·aroif.
foie11t trois autres gra11ds
<it1adres fufpe11dt1s égale·
111e11t par des feilo11s ·ar·
gentez, d'111s le vt1ide 9ef.
quels 011 lifo~t ce.s trois
dernieres

1 Mu is erlo C1e ul u a
·S
1
fliq;erfes: 6 5
dernieres i11fcriptio11s.Celle
du 111ilieu étoit ai11G.
toncet.1ê. •
PHILIPP 0 V. REG!i
F1tndatori P acis e-1,Erernte,
~od antiqua Jt~ra ord. Pop. !l_Neap:
Firma, rataque eJfè vol1ierit:
, .îumm~ infoper indulgent id,, atqts.c li -
G beralitate ·
:s
f.
1s
l'·
[.

IS
es
Parvis hifce honoribt1s
Fuerit contentus ,
Fort1inam fuam infra jèpofrttt:rn.
Non fafpiciens, nondefpic1cns
Nifi pôrticusL. M. P.C.
~ .
Celle.qui eftoit ~ Lnai11
droite porroit. . \
F

-
ô6 'Relationi
PHJLIPPO V. BORBONIO
Hijpaniarurn, atque utriufque Sicili~
Reg;i potcntif]imo ,
Jure ctquo f<K.deris
. Confirmatis fibi
Fô~iJJirnis Populis ,
Ac foi3, nominis Majeftate
lmmitibiis hoftibus percufis,
N ili porticus ad Pofl:erit(ftis
Docitmer>titm. P.
Voici celle qt1i fe lifoit
à ~1ai11 gat1cl1e.
P J-I l L 1 PP 0 V . RE G !,
P 1~lilicari~m calamitatum vindici .
0 b ctfleftem , ac pene D ivinan1
E j11s lib.e;·alitatem, atque clcmentiamt
~ibi~s difficillimis Rrip.
T cmp-o.,ibus
• ,
1

âi'Verjès. 6'~
'B eliqua vete1·a ProvincialibuF
Remijit,
Regio Nili majora.merito. P.

Le fiege du peuple,
'do11t on a coÛtL1111e d'eri ~
ger les i11acl1i11es , & de
celebrer les fefl:es d:a11s la
ruë de 1 a Sellerie-, à ca tl-fe
qt1'el le cil tres..:fpacieu fe
, & q t1e cc fiege i1' efl:
pasco1n1ne cet1x de la No ..
bleffe expofé at1 pt:1blic,
inais feulen1e11t da11s le
~ · Cloître de·s gra11ds A t1-
gt1 fi:i11s ; ce fieg e ~ dis- e,
F ij


i..I u a
\
tf S Relationi
avoii: quelque chofe de û
po111peux da11s le deffein
de fa i11acl1i11e _,qu'il 11ele
cedoit en rie11 à tous les
at1tres, _, s' 1l 11e les ft1rpaG
foit pas. 011 y voyoit d'a.
bord, e11 tlcfce11da11t de la
fvlo1111oye à cette ruë de
la Sellèrie , u11e fo11tai11e
d't111e eau la _plL1s pt1re J &
do11t la fot1rce e11 la11coic J
e11 l,air u11·e fi gra11de quan.
ticé par plt1fiet1~s jets
& cafcades, qL1'Gn 11e fça .. ·
voit G i'o11 devoir plus ad~

1
âi'verfes~ ff 9
n1irer la i1arure ,.que l,~rt
avec leqt1el u11 gra11d arc
de rrio1nphe, orné de colo1111ades
e11 perfpeCl:ive
avoit efi:é difpofé. Il y
avoit au n1ilieu de ces co~
lo11nades, de gra11des fia~
tues ~ & d'autres ouvrages
en relief , pa nui lef.. · J
quels 011 ad·111iroit au def.
fus d'u11r, pira111ide la fia ...
. tuê dt1 Roy qui eftoit de
la L11eGne 111atiere & qui

· faifo it u11 rres-bel effet. Il
y avait auffi ~u t-le!fus de,
• 1
'
e C ltu a •
?~ Rel4tt"ons
cet arc,&ft1r i-011 fr on tîfpice
beat1coup de fiatt1es pein·
tes, qt1i i·eprefe11toie11t des
Dieux , ayant au i11ilieu
d'eux leu1· Jupiter. Ces
D ret1x fe111bloient s1~tre .
e1npretfez de ve11ir hc110 ..
rer de leur prefence cette
·gra11de fefle , & for111er
c 11 tre eL1x u11e efpecc de
Co11fe1f , do11t Je re!ùltat
paro··ft1i t avoir efié que
cl'1ac 1.1 d·et1x ~'effo rceroit
~ l' ..-11 ''i de celebrer les
loü..i1 Ses de Sa Majefté
• •
1 M rto de c. ltu :i

1

âive~f( s: 71
Catholique ; ei1 effet, les
in tcriptions qt1' 011 a voit:
n1 ;fes- at1 de!fous de cha.-.
cu11e de ces Divi11itezco11-
ve11oie11 t ad1n1rablc111e11t
i à la pe11fée qu'on s'e11 e~
. for111ée.
: Ül1 ar>ercevoit e11fi1it~
: au 111 ilieu de cette ruê .!•
: mais avec un gra11d éco11 ...
: 11eme11t, plt1il:ôt un Te111-
~ plcdes plus acl1cvez qu'L1n
: autre arc de ·rrio1npl1c ..
; Auffi 11e fat1t- ïl pas s' e11 é.;.
; to1111er , pt1ifque c'efr Ul!
• •
• •
e c ltu
1
7 2 Relations l
Taber11aclc , que la de,,o:
tio11 du peuple de cette
Royale ville de Naples
co11facre tot1s les a11s au
vray Diet1, caché fous les
appare11ces du Sacre111ent
de 11os Autels , lors que
li'Eglife e11 fole11111ife la
~.fefl:e. Ce pet1ple qt1i s'eft
toûjours 1no11tré fi fidelle
\ Î. s . ' a ies ouvera1ns ~ i1 <i pas
cru" pouvoi. r ei1 cette occafio11
doni1er à fo11 11ouveau
Mona1·que t1ne preuve
plus iè11Gble de fo11 refpcét'
- • u
âiverfes. jj
pelt: & de fo11 devot1ë111e11t
qu'e11 erigea11t pour le recevoir
la 111efine 1nac'hi11e,
où tous les ans il recoit
~ le Roy du Ciel, do11t ceux
de la terr.e fo11t les plus
vives i111a ges. Il eil: v1·ay
que les 0111e1ne11s de ce
: not1vel Arc conve11oie11t
feu le1ne11t a la fo11él:ior1
1 prefe11re , & c'efl: ce qu'il
· faut décrire. Il eft:oit foû.
te11u par de hautes & fi.1-·
~ perbes colo11nes tot1tes de
~ 1·elief , fu1· lefqt1elles s' ét
G .


r de C .. ltura
T 4 . Relation! l
levoit u11 magnifique Do~ ·
n1e d'u11ê hauteur fi prodigieufe
pour u11e lUêl'hi ..
ne de cette t1ature, qu'il
p~ffoit de beaucoup tous
les édifices. les plus t;Xaucez
de c.ette ville, où il y
a Ull gra11d no111bre de Pa~
lais. -S·ous le_ portique de
ce Tell\ple (car c'efi ail1fi
qu'o 11 do1t -laappeller plût
ô t qu'un arc de t~i omphe)
forte u11 choeur d~ Mufi;.
que des plus 1101nbr.e11x.,

0 :l l.1in1ster o de C~ltura
'
1
1
. 'iiver[es. 7j·
qu'il 11,y cau[oit ~ a11c4r1 ·
e1nba1·as ; il y fervoit au
contraire à\ celebrer avec
un~ i11erveilieufe har1110-
nie les" vertus & le~11 loiia11-
ges du Roy· do11 ·t le po1·~
trait eft·oit platé vis-à-vis·
fot1s u11 mag.i1ifiqu~ Dais.
0~1 v@yoit plufieurs
etnblê-1.nes autour de cc
Do111e avec des devifes
1
tres-iiige11ieufes , & des
. ihfcripti o11s do11t voici l e~
pri11ci pales •

·G ij
ultura •
? ; · , Relations
J> Hl L l P P 0 B 0 R B () N 1 O.
Duplîcis mt~ndi Regi :
M.a-gno in- ortu , majori in Impe1·ioi
maxima in- fa ipfo , ·
C11i aftra dejèrviunt:
~ippe qui
R.eligione, Pr1~dcntid., & fo1·titudin~
A !1,· i s domina tu r :
N ulli non tirnendo,cu11i nt~llum timeat,
N1l-lli non timendo , cum fobditor111~
n1~ll1~r>>
Arn.ore non profequatuY,
1'ideli;IJim~ hu1us civitatis
1' opitla>"is ordinis P Late.a.
]). D. D.
P H 1 L 1 P P 0 /7.
CATI-IOLICO HI SPANIARUJI.( R EG!
1
PoTtNTISSIMD· •
Dclius auricomo Cap11-t exua''t 1g11c,
f a'Uillis
dirvcrfes. 7~
Et tibi ftamrn.1geris indt~at ind~
Caput. •
D umque tonans fol i um con fcendi s .,
ftaEf a tr1fo~·mis
Luna ttios fobettt [emirotunda pedes.
[1ip1ter uni us_, gemint T 11 f ttpiret orbi s,
Bellica nttmque tibi fulmina pr.efti,tt
a'TJttS,
Cernimu's _, Hifpano Te nitnc diadcn1 ,tte
cinéto_,
Lilia fparfa folo _, lilia _, JParfa mari.
Laétea 71~nor~1s fint Lilia~ Lilia muf!d1+s
:E.n colit I-I~jtfçrio fl a.va dica ta /qui .

H E• R CV L I GA LLICO
PHILIPP 0 V.
~i'
-Virti{te Duce, fortund- coniitante 1
./' Jl·)·is annuentibus _,
, AdHefperiditm hortos per11eniens •
Aureum Hi&eric~ Monarchi~ pomum
_G i1j
c ,

7 ! Relation-.;-
Decerpflt •
Fidelis. Pop. Neap.
Au delf us de toutes 011
lifoit d'une part du DoL11e
cet he1nifticl1e écrit e11
tres-gros caraél:ere:
so~us M~R.UIT
REGNARE ROGAT'US.
Y er)té 4ii.t co11ve11oit
~ ' d'aura11t t11.lét1X à u11 fi
grand Mo11arque , qu'o1l
• • • •
11e pot1vo1t r1e11 1n1ag1ner,.
qui fi'1r plus digne de lui>
&:. qui fût 1nieux co11certc;
outre qL1'e11 foi .. 111efi11e
c
dirverfe1. 7 9
la chofe eft {1 évide11tc,
qu'·on i1 ' efi pas obligé d~
s'arrêter à la faire enre11 ...
dre; puifqL1e le n1ot de
Solus e11 11 0 0 feu le111e11 t
u11e exclufio11 pour rot1c
autre , 111ais rneGne u11e
declaratiorl pu rc , & fî111-
ple des {e11ti1ne11s dt1 peuple.
De l'~utre c6ré , 0 11
)ifoit cet at1tre vers, écrit
c11 1uefines caraél:ercs •

JNGREDERE , ET VOTIS JAM
NUNC ASSUESCE VOCARI.
G iiij



S o Relations
Ces paroles fo11t co111:
111~ le fceaL1 du preced·ent
he111ifticl1e, & t111e loLian ..
ge fort ingei1iet1fe pour Sa
M.ajefl:é. Le fieg~ de porte
11et1ve efloit orr1é de tout
ce qtt'il y a voit de plt1s ri ..
ci1es , & de plus 111ag11ifi ..
ques capiiferies de laine
• i11êlée de Coye brochées
d'o1· , & d'~irge11t à la 1110 ..
der11e, c,efr-à-dire de haute-
liffc , & d'u11 travail ex·
quis 3 & d'ailleù1·s les fa-
. milles des Nobles, ql.ti fo11t


c
diverfes. K J
de ce fi.ege , s'étoie11t ex- ....,
rrê1nen1c11r difti11gt1ées e11
faifar1t 1nettre cl1act111e
leurs ar111es pei11tes ft1r de
gra11ds cartoucl1es de toi-
~ L A le, pot1r ·raire co111101tre
à tout le i11011dc qu'elles ·
fe devoüoie11t abfolun1ent
avec let1rs defce11da11s au
fervicc de Sa Majefré ,
do11t u11 gra11d choet1r de
Mufique s'efforca de faire
rete11tir Jes loiianges à tous
les paffa.i1 s , q ll i r1 e pou ...
voie11t a!fez adt11ircr le be--l
1 u a
! 2 Relatt.ons
arra11ge111ent d'architectu1
·e , fa ite ei1 portique,
& 'do11t la place qui efr ~
• \ • I • i
v1s-~t-v1s , eto1t coute en.
tourée. ,
Ce qui arr~toit e11core
pl us la curioficé c.ies fp eél:a.
teurs , éroit de voir avec
-- t i . r. que11e i11agi11nce11ce on
avoir fçû parer le ficge
111efine fous la voûte du ..
quel, toL1te revêtuë qu'elle
étoit d'un cla1nas rot1ge,
auffi bie11 que les murailles
, 011 voyoit fous un
'
c 1

di'1Jer(es. S.J
. Dais 111agnifique la fl:att1ë
du Roy , t ol1te de relief
t avec u11e drapperie d'or:
. a laqL1elle q·t1atre autres
Vertt1s,, élevées fur let1rs
, bafes co111111e ccll ec.iuRoy,
: & toutes argel1tées, fe111 ...
. bloie nt vouloir faire t111 - .. -~
1 cortège , e11 ie reco1111011 ...
" fa11t toutes re11fert11ées. ~
• dans les vertt1s de ce Mo-
~ narque , do11 t elles portoie11t
les n o 111s ,, cl1acu-
-' nes avec reur's attitt1des >
1 & let1rs p·roprietez.

1
S 4- Relatt'ons
Sur les deux arcs·triotn·
pl1aux, ~ui efl:oic11t a l'en~
trée , & à la fortie de cet.
te gra11de place, &'qui fai.
foie11t t111 rres bel afpclt,
on ~percevoi t quelques
i11fcript1ons , par1ni lef.
· quelles 011 lifoit les ~leux
qui ft1Î ve11 t.· ..
..


D ive>'te hùc, l1ofpcs,
P H 1 L I P P ll ,11,,f V.
Hifpaniarrtm M onarcham
Intuere, admir<J>·e:
Jvl.ajeftatem , & pornpttni •
D cco»e7n ,
Et humanitatcm
T orus cmittit;
'


..
-
' s
-
X,
àiever[es:.
Nos unicè amat ,
1 0 rr1-at , & auget .
PH 1L1PP0 V .
CA.t\OLI I 1. HrsPANIARUM Ri:.crs
Reliéto hlAlredi
.Monarchiam , <reminos orbe; ,
Debitaque ji~re fan,guinis R c,gna
Feliciter , humaniterqt1tc
Retinenti,
Beneficiis devinéta
Studiofa N eapolis
n. •
A quelques trois ce11s
pas de ce fiege eiloit celui .
qui efl: appellé le 6ege du_
Pot:t _, à caufe que c1efi:oit
autrefois jufque-là que la.

1..ltura • •

• ·s tf Relations
1ner ve11oit for1ner le port r
de Na,ples. 011 y voyait c
par tout t111e 111ag11ificen.. P
ce, qt1i i1e le cedoit en rien c
à celle des ci11q dont on a n
parlé jt1fques ici, puifquc
n
les inachi11'es· y efi:oient
pour le inoîi1s at1ffi furpre- V
11a11tesput la rareté de leur
· i11ve11tion. E11 effet, on y I
appercev,oit d'abord au
de!fous du portique de ce
fiege , u11e mer , dont les
011des crgttées & agre{lble~
i11e11t111êl·ées d'1111 bleu 111a-
,



ài<Verfes. S 7.
rin avec leur écu111e bla11~
cl1âcre , for1noie11t u11e
per'fpeétive d,auta11t plL1s
' char111a11te,qu'o11 y vo_yoit
oager da11s u11 gra11d éloi:
gi1el11e11t pluGeurs Syre ..
: nes e11 relief, . chacu11e. a~
· vec quelque i11ftru1nent
: de 1nulique de toutes les
: efpeces. 11 fe111bloit q11'elles
voul uLfe11r- enc11a11ter
: quelque· rt·o11 vel Ul yffe ,'
'2 • • 1\ qu111e pouvoir erre autre
. que Sa Majefté 1nê111e, a.
prés le lo11g trajet qtJ~ elle
eC
'
'SS Relations
ve11oit de fai re. ·

0 n li{oit fL1r les det1x f
arcades de ce fiege, où ëec- ~
te 111er cfioit reprefentée, I
les deux. di ftiques fuiva11s 1 c
Pe>' r>Jare SJ•>·enurn tenuit mora nul· 1
la p H I LI P PU ~{.
sailicet hic ventas _, monftra >fa·
lumque reg1r .

Syrenesore, & cant11-: foloore PHI•
. LIPPUS
Mollit Syrenes _, corda virûmque
· fera.
Vis-à-vis de. ce fixié111e :
& der11ier fiegc, paroiifoit
· fous
'
1 M n1ster o de c ltura
-- , ..
·aiverfts ~ S fJ
fousû11 autre portiqt1e une
: ft~uë ei1 relief, & qt1i ·paf-
foit le 11aturel; c, efioit cel,
le du fleuve Sebeth,., co11~ ·
' ché 11onchala1n1ne11t fur
une coll1· 11e alfez bie11 i1naI-
. gi11ée , puifqu> elle efl:oit
t· fei11te a prés 11at11re. · D'une
Urne pa11cl1art~e , que ce
l· fleuve te11oit fous [011 bras
11e droit, fortoit. e11 abo11da11-
ce une eau vive & tres-p11-
re, qui i1e pouvant paifer
1.e avec a!fez d'i111petuoG.té
it par u11 ca11al fi. relferré ,
JS H ,
C ltura
~ o JJ..e!ationi
fe faifoii j1our en inartntt~
ra11t, .& ja.illiffoit de piufieurs
ouvertures ·de cette
collil1~ ; e:t1 forte que fc
réü11ilfant à {à fource prin ..
cipale· , 011 voyoit couler
u11 pe·tit fleuve dans une·
plaine voifi.n.e, orr1ée d'Lt-
11e infinité de pe.ti.te~ plan ..
, tes & .cle fl.eu1·s-,,. do11t la.
f~:akI1eu1· it1vitoit les S.p.e,.
-; 6l:ate11r.s â fe venir repofe:r
aup r.é_s .J'elles.
Les deùx arcades de
-.cette fê.conde inachine ef
::011 'v1 r1sterro de Cultura
' 1
• •
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'
• J
'ài'Vt1j1J. ~ 1
toient fi fort en1bellies &fi
bie11 revétt1ês des riches ta.
pifferies, des prccieux or ...
nemens do11t 011 a fait la
defcripti~11 da11s cel'les des
fieges precedens ,, qt1' on i1e
pouvoir rier1 i111agi11er de
plusriant , ou de plus noble.
On appercevoit fur les
det1x arcades , qui faifoie11
t les dettx faces de
cette 1nachi11e , ces deux
autres diOEiques:
i1&rv1•lus es , fed Iambe pedes , S , ..
b-ethe , p H 1 L ! P P I ;
H ij

e:; tu

92 Relations
Et tibi pa1· tumidâ- non erit !flet
aqua", .
S ebethe ,, in fpecic ni f allere ,, Nym·
pha pH ILI PP U S
N on tua fo>·mofa eft,, crede fèd eJfo
'fovem .
. E11fi11 l' 011 voyoit d'a ..
bord e11tre l'ur1e & l'autre
machine de ces deux por·
tiques u11 bel arc de tlï01?1•
pl1e, qt1i Cous u11 .111ag11i·
fique dais e11touroit u11
portrait de Sa Majeil:é, à
cofié duquel efioit 11n
' choet1r de . mufique.. c~
1

•• •

,•

•'

\
aiverfès: pj
difrîqt1e fervoir de cot1ro11~
\ .
11c111e11t a cet arc t r101n-,
pl1al •
Syder•a ni tangat , ni terras impfeat
omnes
Non hctc effigies ~qua, P IlI Ll~~
P E > tibi,



CAVALCADE
I
d 1 ... ra

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iiverfes. r 1
!

CA V A ~L CADE.
E v.ous ay f~it voir d:abord
de quelle n1aniere e'fioient
decorerz les lieux par o·ù la
Calvacadc devait paire r ,
afin de ·ne poinr inte·rro:n1 pre
l'actenrion que vous devez
avoir à l'ordre de cette -pompeufe
m acche par l-a ·de{criprioa
de-s Ar-es de crio·m phe
& des Machines. '11 faut vous
faire remarquer ·pr~fentementavanc
que d'en commen·
ccr le rec·ir) crue les ruës qu'on
J~in 17oz.. 11. P. A



'


~ . Rî?la,t ion s '
.avoir marquees pour ce pa'f.
,,fage efioient fablées, & hbrdées
par neuf mille hommei
,-d:Infaoterie; q,u·:i!y.avoir ou .
. tre cela d'~t1tre Infanter:it &
delaCavale1 ie en bataille l1ors
~la Porte Ca poüane , par Ja.
quelle S. M. devoit faire fon
entrée.; que rien 1\' efioit plus
magnifiquement par_ê que l~s
.maifons.; quïl n"y avoil point
de boutiques où l'on n'cufi
- fait des An1pl1i·rearr.es, & que ,
jama-is on n•avoic vû dans
Naples U'ne ,fi prodigieu~
folil-e de monde , que .celle
e d
1
Jîl(;·er (es: ·!~
1î. que la prefe-nce du Roy Ca>
r· iholique y à attiré. T~us· l~s
l(S pteparacrfs aya·nt e fié acl1eiU.
vcz , & tordre ayant cfi·if
.& donné quelqùcs jours aup-alri
ravant qu'on ne la1lTafr palier
la- Qucun 'Caroffe piflé mi dy le
~n long de ces ruës J ~ co mme
ius la Cavalèade devait efirè
les faite le aco. May J le Roy eh,
nt tendit ce jour, là la Meoee à
Jft neuf heures. Sa Majefié dîn'a
ue à onze, & monta en Carofr-c
os a une heure a prés midi' ac.
ift compagn é-e du nouveau·Re ..
lie gimCQt ae Cavalerie Napo•
~ita!~e · qu•elle avoit de-p uis
A ij

4 lJ..ef dtioni ·
peu choili pgur fa Garde, & r
;qui cl! cornrnandé par D, u
Fran&~is Gâëcan d' A rragon •
;fils du Duc .de Laurenzano1 '
Ce Monarque fe r,endic à un a
~emi mille de la Porte ,Ga.
' p.oüan~ ; où il ef1oit attendu
par ce~t cinquante fix Ducs
.ou Princçs, par les ca.rdi~l}~
.de Medjcis, de Jan(on ô? d.~
Cantelmy, ~ par quarante.
1:.ro_i~ !!véques, qui le dev,oient 1
tous accompagner avep drs c
'
.-cquipag~s magnifi ques. Sa 1
Majellé en de (c~ n~clnt de
Garoffe, e11cra dans une Tcn· l
te lnaBnifiqtie qui. luy 3a,yoi~ f
••
'
2 1 M n1&ter10 oe ltura
àiver/e1. f
t r~é p1eparée, & fé plaça fut'
, al\ Trône qu;?n y a·voir êl~vê'.-
Ce Prince -avoir~ an hal:>it
1 ,, 'oul~ur de feu brod·é d'or ,
n av.ec une vc fie de toi I.e d'a·r•
gent, un gros Di-amant en
~ fible d'où pendo'it )a-fameu:
s Je Perl<' en poire , appellée
~ Pe.lleg:inA Ce Mon·arque fut
1~ lpe1nc artiv~ que Dom Jean
e. Baiifie Minurolo ,:si.l')dic de
•t la Vi 11 e de Na p1 t s , & qui en
·s Cette qualité re.pretentoic
4 tour )e Corps de cette gran.:.
le dtt \liîlle, 1fe n1it en marche.
· U fur accon-rpagné depuis
J~ fun logis jufq~: à l'Hô·tel d,c
A iiJ
1
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1

~ Rtl-llf.ton'1
. V<iîJç ., p;ir ·te -Prince Sana~
~otto ,.dc ... la F.a.miJI~ dei G«r, c
'-4i''iof i , & p;a-r\, le. ~rince df!:
Cafliglione qui, e-fioienit à, ce
fci5roofirz., aiaG que pluueors,, g.r
Çheva lit>rs Na poli tains. Il fut d.
j.q.il)1t, à: l'H1~el " dè Ville p~rl' li
l~J Elus-., & psr .. q~tre vingt,
r de Jeurs gens .. , .don~ l'é.qui,
pag,e f e tro.uvera. dé.crit cy~
ap{Ç.% ,J aqffi b.ien ·q~r c~lu)\l
drs Ch.ev-aliers qui.l·acco.m. 0
R~gqerent . juf qu'à · la Tente n
ci«; Sa Ma je fie. A prine y r
f~·t il entré, gg'il ·Juy fit un, c
Comp\iment en peu-de mors,
~Jlfu ~Ç' .. d~ q~or. il t'Ut l'hQn.!

- ~ O 1 Mln1stérro dé 1 u •
'
àiv~r{e1~ · 7
~ neur-dè luy baifer Ja main,
~ ce que firent auilft ~4r le Con'" ,
> ~ftable Colonne ,Mr le Prin~
~l C( de s~11ia.no RdiJafcbitrii · ,
1, grand S·.énécl1<aJ, M1 le Prince
: d~ffirp~/lina., grand , Cha nce~
~· li~r, ~ M' le Duc èie VHedJna.·
ti Sjdonifl' grand J ~1f1 ic.ier. Sa
'. ~ja je!l é prit en fui1 e quelques ·
*' rtftaîchillèn1e11's, & monta'"
f•r un g.cnc{t d'E(pagne bay-
' obfcur O\l atlfzan brûlé. J·'è
! ne dis rieri de la grace na\U ;·
relie ciui f.t it ada1irer te Prin· ·
b co, & q-ui luy attir~ tot.is les .
' e<.rurs , n1ais je ne dois pa$
· l)!tb-lier qu 'Il eut b(foi~ de·
A Îji·j· · ". •


8 Rel~tiom ,
beaucoup d'adreife pour tno-: fi
deter les pat d'un cl1eval done h
ceux q.ui on~ p·lus de force· p
ro1is n1ojos, d'adreiTe que ce r
Mcnarq-ue,auroknreu dela
peins:: à venir à bouc, ce qui· v
d-0nna u.t1 11ouv.el éclat à la 1
b-0nne grace avec laq·uelle r
ce Prince' fai·t t oores ch oîes.
l se Sindic· efloif à coflé de S·a·
M.ije{lé. Auffi .toll qu'ellefuc '
~rrivét: î1ors la Porte Capoua~ r
na, le Cardinal de Ca111elmy.
A rch{vê1ue. de Naples, qui·
avait efte accompagné à cet
en<1roit depuis fa Cathe1drale
. par une- nombreuf ~ Proce~ . .
'
.
d'i 'Ve rfe !'. . 9
faon d·e'rout fon Clérge Seca.
lier & Regulier , s'avan~a
1 pour rec evoir Sa ·Majefié ~ quf
rffa.nt d ,(c.:endu~ de ch·eval'k
mit à genou;t & a dora la
vraie Croi:: que le (;ardjnal
lui p;efenra, Ce Monarque
ren1onl'a ~nfuite ·à cheval, &
ks €a1rdrnaHx de Medicis ~
. de Ja·nfon, & c 'antelmi 'mon·
cerent {ur- d-rs mules,~ fuivi.
rent in1mediatement le Rey.
Le Cardinal de Janfon oc-·
cupoi1 l·<? (:\1ilieu ayant·le CardH1al
de Me di<:is à fa droice.
~ 1 e Ca rd i na 1 Gan re t 1n i à fa\
saucll.e. Il efi à remarrqu~r.
e C !tu
• ici · Re latiiJnr
q.ye les. Càrdîn.a·ux· n'on~ de
rJlpg~ e.nJ'r~cQ~· q!Je Gelu·y· d~
·IAu-t reç~p.:tion, 'n'Quc le ClèJ.
'. g~ ferr.err_ra fa.ns a<j.l~çuoe ~re~
J'fl,JQie p,otJt èviter l a .. c.on·fu~
{jpn. -lJ n-'.ei.1t. p!u ~-~·e. riang .. ~l ~
-. l§~~r~I1~-. &~le R-oy · s'avan~at r
j!i"fq·\'1~~ la~ Porte ·C'apouan~. r
e~: (~t f ·I')··cet. endroit qyç h~J<b
ÉJL\l~\lt~D)~.p,u \.,'tz~., ~~~ .re,pre~,
G;nr-0-ie~nt le Cotps de V1llè"·; - s·.tj}~nJ• mi.$ à genoux d·t:\•ancr-
54> Nla·j·r: fié , Don1 Nic·olâ,5;
C.q.ppola ' o -:ic d~ c ·a.nzano"I
i:un d:entre-e.Q:x, fi.t le c·om-·
.RJinJe.~r,.q,~.i fuir· ..
'

~011 111111 1sterio de CUILura


' 1
l '
L,~ i°,J't & la.~f>nfala.tion q•t
J,r,."f À v°.)'lr.e fid1llr·Kïlle. de N "' ,
1 ~tJ . lheflr"';11{e -.1rr.i(tlie, de laper ..
{"flnf faprée. ~~ ~flrt M;i.jeftl,
~ {igra11de, qu'il efl impoffebJe
, ~tn ,p(Juvo.ir- d~nner deJ p1eu'VU·
f#/f4n~ts. NoUJ fapp!i1n1 rret.;
llf':tnb lfmtT}f ·le . Sf.igneuri qu•;t
'Ut11ïUe bien par fa rres grandt·bonté,
notM cionn,er lieu dt conti-.
MUY nos a fiions de g*'Aces tn con.:. .
fit'V'4~·t l'heureufr/anté de ~'Jlre
M~irPé, ~Luy fournijf-ant des
O(f~o.ps d 4.~g'JlrJ.f(r '". g{~ire .


Cie Jultura

r ~ R·efarions
Je (on llluftre Monarch-ie., &,. 'le
nou1 donner des n1ar-q'ue1 àè wflre
royale bren- veillance à noiu ,'VOJ
tres fi·delles Sujets-, qui fa.m_mts
cr /érons toû1ours preft1 Jeverfir
fufèJu ·~ !11 dernitre goutte de ~oftr•
fangpC'ur la'défanjè des dr"its·(!f·
pJtrogatives de Voftrt Majefti.
D. Dominique Crifpana
prefenra eoruice à Sa: Ma je fié
danl un baffin tes Clefs d~or
d.e la V1tle ,. & accompagna
cetre àétion' d·'ull' Compl't•
ment rempli · de :z·e1e & de
ref peét, & qui fut forr court.
Le_ R(>y 1L1y répondit· <f"" ctr
(1efa là efloie.n.t trts feureme111
-
..... ~ ..r.
a1ver1e1. , t-J
fnltf les -mains de :S.u ;et ~fi fi del·
lts,
Sa Majefié fe n1it enfui te
fous le Dais, donc . le§ - l1u·it
.colona;c;s furent. p.orr-ées d'a.
bor.~' par cinq N o b l es ,O~pQ·
rez du Siege C<Jpuaoo , .roos
les autres ,Sieges de Ja .No,
• :blelfe·, dovanc ainfi déf.'uc-~r
cinq Ca:va liet1s .cl1ac-011 de
1
\ leur S~ege ,-à m·efur.e .q1.lc Sa
: Ma.jell.é avanceroit de ·l'un .à
1 J:au-rre. La Gxié-me ·coJoi:J.ne
de ce D~is que l'on fair por·
1 .rertoujours. a celuy à q~i le
Roy.en v.e.ut .f~1re ,l'l1'onneur s;
.~ t!loit pos.~ée· par- l\1f le ·N4t~ ~
'


ter10 de Cu ltu ra
/

r4 Relation-s
quis de Saint George de Ïa
Fa1nille Milaflo -Polrflino. i.L~
·fept-iéme qui ettGic -ce1le du ,
corps des~&a-tdns ·du Royâu.
me ·de Naples , fut portee 1
d'abord p'ar D. ·Gregoire 1
Mtrc4J.o Confi;iller d'Erat, &
apré-s lu.y'P-ar d•aur-rcs Minif. 1
·1res revêcu·s de leurs foges.
La derniere, & huitié~ne co· 1
lonne du même Dais fu-t.por.
tée fucceffi.yement p:ar des
Députe·z dè ·la p!Q-~e du 'I)ell·
pie.
La marche de Sa l\.1:ijefié
eftant commencée dans la
Ville: , on ento11di!r'àuili tôlt




i:li1t) e r{e s. t-~
·nne décharge Gcnerale de-s
·quacre 1 Fort ci ri·!ft~ , Je co~
tesles ·Galeres, & de 1ot1s lets '
Va1OEeall'x qt1i efioier1r dan~
le Port. Cecce Charge Roy·a--
le émut fes coe\lrS , & fic redoubler
l<1s açclarr1arions d.o
,,peu pif".
Voicy l'ordre &· l~ fuite de
la marche.
Quin·ze Capica1ne~ Je Juf. ·
tice, qui font les ·Officie rs
des Arc1:ief"s. •t:le la Vil !e ,
paroilfoient d'abord. 11&
efioient t'es bien n1onr ez , .
& vêtUi de noir à i'E fpagn oJ~.
lis avoient chacun une chai.;,,..


J-6 rc~'lt111.iot11
ne d·or abl cou. lis e·fioi~nt
fui vis de -qua.tr.e Trompettes
, de la \Tille v-êcu~ de da.
mas cran1oify galonné d'or.
Et préc~Q-0.ienr -t~ize Capicai, 1
nes de~ Qllat~c4ers. Les treize t
autres, car il y a vingt neuf
~~rtiers à Na p'.es, elioieoc d
occu;pez auffi bien que lts 1
dix Conf 1.1 ! reurs du Peu pie à c
porter en fon no-m .l'une des V
colon-nes du Dais de Sa Ma.
jefiè,c·omme il~ e!lé marque
cy-deifus. Ces Çapiraincs 1
e!lant auffi habillez à l'Efpa· a
goole, & fuivis· de deux I;.lta.
fiers cha.cun , _avec de tr~s
. 1
t' · àtvtrfee,i~ · ~17·
f ' il .. belles livrées'.. ')..J · • ~
Si'l ''Tromp·ettès 'drc fa Ville
paroi tlbfen-r enfurr:e 4vec des:
îrom-pecces ~ de, ~a 1'.Ma1efré·.
lts pré·c·~d'f?i·enr' cent 'quaran ...
, te fe-pr Ca-va lier s N'a polirai ns
afanéageufem1(?Fl't monte% fu~
des 1 ~nevaux· dreffez cxpré·s ..
Hs efidién't à·· la F'ra·nçoife >
, con1m·e ·Sa-'Majeffé, ces Ca·
v;rli·e·rs~e·ftaient tous tres ma· . ' .
gni.6q.ûëtirent vêtu1 , & l•c;>n
rfll .t tl1re 'qtle t'oure <;._ette
' 1toupe ne fa:i·foit voir q-u•u·nr
amas éblouiif'ant d'or ' &
d'a1gënr:' qui,'fàiitfoit à p~ine
1 atiti n~fier la diverfi.té· des.
J11in '7·0~: 11 P..: ~ . .
. . •
tét10 de Cultura \

li'.3 J Rfêltttton~;~
' • f'l .J étoft.s. Le bri}lant: des Pie1r-e, ,, l'a
p.rec·ieufe:s ~i .fetvoieQt aufii-1 al
à.,l'ornernent de pluficurs del g
ces· Cavaliers -\ -a j.o,utoie-,1enço.. fa
ré. un ·nouv,el é~lat ~~ brillantt r0
c\es ha,bits.. L-es . bouffes &11 a
les haroois- dè leurs-,Chevauil' d
répon~oient .;à c~.t te magni.i au
6cince ,, & lès crins dè - ce,s ~ ~
~ C·h.it.vaui ,é.roient couverts der 1 • •
~.u,,b~n'i ayf.C'1 t<?tlte la g~la;n ..
ter· e.· l~-aüc;npe~· T,oqs:~es Ga, o
vaal r$:· è.il:oÀen;.,,fùivi&;· de fix,. Ill
' Eftafieys., ·chacun., Leur·s li ..,· ~
vrées efioie-nt-D(UVCS·., & de
dlv.er.f<:s. couleurs. Cetr.c a· '1 1
gir~fl.bl~ . ~ivt:rGcé~- a~~it · ~q;, q

'
1


, i . • r

2011 M1 1sler10 de Cultura •

. U" î , f't..'
t1,'itV~r1 'ê5 .~, 1t9:{~ .
l'~ir d'un llar,r-e"rre én1·aillë : ~
&lies ajl r·o j ~nt- 1 c (lé: plus· ma L
gnifiqti.o.! fi Sa. Mrajcilé:nreull:• ,
fait uoe. ,dcifë~fe e.xp(e:lla:à ·
tous ceux-·q ui de.voie.nt. être
ne la Cava leade."' d'avoir plus
. de G1· .Elba.fier's .. cbac.un • f a-ns
a~çun gf\lon · dJ'o·r· ny,.. d~a r ...
. ~~nr.~
· Cet te. ·<:1 if~n fe. fù t" aauf aque
les. P-rioce.s- Ro..mains.qùi·
on.t dc.s. T~rre_s dan-s· le Roy·au.:
1 OEIO· â.e N'a.pies ~, n·a<tiOEeient: ·
~\s,~ la Cavale.ad~.., pa.rcc ·que-:
~ pre.vo;f a'n-c- pars c~tte dé ..
1 ftiQ.fA:·, ils. a.voi.~n-t f:ait fdire: ..
. qe~. Jj~rér.s · to~t-es· couvert.e.s1 ·
}3-!·ij .
. '
20 R.elatio11J· ,
de g~lon$ d'or, & d'argenr'
Cep.enJ-.int ils. doivent eflre· c
loüez de kur depence , de- t'
leur zt te-, & d·e lear fou·rni~ v
fion-, aux orc!r~s d«: Sa Maje-.
fl:é CacotiqttC'.
A· prés cecr.e brilf.inte fonte- .
de Cava.licrs- ~po.litains, on
voyoit par<>ifire tes q.u.tt·te
gra.ncts Officiers ou Magi. a
firafs du Cor.ps de V·iile. Ilr
efioient rt"v.efius de fonguLs
Robes n-oires à la maniere
des Officie~s Roy•ux , Jeurs
bonnets efloient de velours&
à l'an.ciqu("~ Ils 'efio.ient
-1pnds, & applalis par dctfus,
. '
1
~ Ji'ver(é .r. ~t
r u_,e · me~· mr, a' peu pte, s, que·
~· ceu·x de l1os Prtfi·jens à· tv1or-- -
:- titr. tls cfteit·nc· f u1vis àe-
~ Yingt. quatr·e Vaters on Ser-
·• geAs de Vitlle, à pied', dont·
on ai p·arlé cy. deffus . On leur
t- . ~of.lne ~ N·aples. f.e nom d~
n Porttert. lis av·oient cous deJ
,e habits d' écaFlate OU' peurpr~,
i. aV'eC des Tocques de v-elours
lr cr:r'mo1fy , &·portoient de lai
?s ma1n droite une ef pece de
re· Bourdoo où !es Armes d.c la:
rs Ville e fi oie nt arr a-cbées.
r~ Le Maillre des Ceremo'...
lt 1ics de la Ville venoit enfuir·e.
s, ll.3l~rcho1·t fcul 1 & les iept - -

..
Z't · R·el1:1.t~ons ... · •
E~ us- ·ou Deputez~ dli C'orp-~fi· fu
de Villt · v~floi ~nt a prés IQY*" ce
Lwe, p~ll}:i~., à main droi~~ D
cltoi~ -.. l~ O.i~ c. ·de C'tifle'1gfan-.i [e
dine Elû;'Ju.··P~uple, &·les fix~ · ~
autres e fl:oi~·nc..- l~s Peput.e~ A·
dt;s S,ie.ge., ;· de la N1oblelfè 1a
Napolit1li~ . , q·ui b1en que.· iv
redu,it-s prefent'cment au flom" 10
bJ"e de ci.nq ~-iegcs., ne laiifcot d'
p.a~ d1apojr t1n Deputé ~e ca
c~f'uy < qμ~on" 3ppe-lo.i't S-eg~_O•· a
Ji,fo;rcella·y~ qui efr·~ t(·uny à.
c~luy de M? ntîlg1ne où l'on
choi{ir toujours de}lJf ,' D epu-. t
tç~~qt,t.$J t€ts . an&.p.ar un. l}ri~ ~
v.jl~g·e< q~~o-n li.l:y .. a$i~@J.ci9.-.-C}l11·

'


20t1 M r1ster10 de Cultura
diver(es. '2.J
, fuppFima11it le- Siege de For.
~u,, Ceux là e·fi-0ient Dom
Dominique Crifp4nQ, D. Joj
[epb. RJJffe·,·, le Duc de Can·
. ~~o ~ D Fàbrice Spin.elli, O.,
,- André Venato ·, & D: Mattbée"
Cap.uano ... T()us ces Elus
avoie·nt · de Jongues Robes
1oures chamarées . de lames
d'or Lik>ub lées .d~un ·riçhe bror ,
card ." Ces Robes-., quo y que
~e fig\tfe antique avpic.nt •
· autant d'agrément ·que de •
maiellé. Lf;!urs- bonnets é-
. tei~nc de velours cramoi(y
~areils , à c'~"" qui V!i(nnent
~fir~ déctiu. ~
"
ultu a •
~4 Rel~tio11r ~
Ct-s Elus.eitoient·fuivis de c
t}Uarre Portiers du Pal'aii· f
R 0ya 1, doh·r tes· h~bic St-e ftoienc d
d'tlne éc;bfe de foye rouge,' c
~ de- ditap, &er a1êlées en-- f
fem b-' e.
l·ls· porroient d'es MafTes
d:àrgeot , ce ql(.1i1 ma'rqu·e lettf
emptoy. le H·era,ult du mê·
me R"y-aottl'e de NJples
etloit au miheu d'eux. Le
syndi~ gui faifoit' la fon~on
de grao.j Goofc:llonnier i11at.
choit detriere eux ' & portoit"
l'Etandar ou Baniere
Re.y.ale où efioienr les Ar ..
mei"de S.a Majc1'é d~n~·un·
clumpi

u l;J
· ilivtr[e s. Ï)
e- champ d'azur avec trois
1 fleurs .de Lys ·d'or. Le refie
1r de l'Ecenda:rt efloir de· bro.:
·.' card rouge. Ce grand G:>n ..
~ falon nier efioit f uivy de l1bit
Pages ve{(ils à la Françoi(e
·s do11c les habits -e!loi~nt chair
marfz d~ ga!·on d'or. Il ·~fioit
,~ - aulli fuivi de ·fix Ge ntil ~·hon1·
·s mes qui av oient des l1a bics
e d'écarlate fort 1nagn1fi i.1ues.
n Dom Gregorio Pinto y Men.
·• Jofti de 1 a fa tn il I e des P' 1 n ces
·• d'lfc~irella (uivoit imn1ediate·
e· menr i {on pc:re dont le grand
'4 âge ne t1 ermetroit p. 1. s qu~tl
n· fic la fon tl:i·on de fa Cl1arge •.
P' Juin 17_0-:,, I /~ ~. C

• •
tJ.{, Rel11tionr
luy avoic per1nis en certeuc.
· -cafio11 de remp·lir fa place.
Jl efl:oic accon1pagné de p.lu.
·lieurs Huiïlicrs de la Cham\-
bre Royale qni porcoient de
grandes .. Bot1rfes re!"Pplies des
.nouvelles Mon11oyes, frap pées
au Coin du Roy , de la
·valeur d'un Carlin, d'un Tarin
&.d't1n Ecu, c'efi à dire
de la va leu~ de <::i11q, de dix
& de cinquanre fols de Fran·
ce. Le grand Treforic r 1ettoit
à pleines mains de ces
Monnayes au Pel1ple. Le Vi.
-ceroy 4evoir précede r , mais
·~~ jqgea plus à propos qti''il
• . 1
j
1
••
s
e
X
-
15
• 1.
' IS
il
. ~iverfos ~ t7
~:prit ~i e de \1 an t ' ~ fi n d.· e J 0-i -
gner aiofi de Sa Majeft:ê> cette
'fou·-le de peuple que 1·1nfanrerie
en baye ·& la ·Garde
Suî1fe ne pouvoies1t r•ettnir
lorfqu'elle fe mie à ran1aife:r
~ette Monnoye.
OEa'tre des fept grands
Officiers du Roy·aume venoient
enf uice revêrus de
leurs Ro·b·es longues de cou. .
leur de ~ourpr e doublées
d'hermine ·blaoc·he tnoucl1etée
de noir. ·:Ils avoient des
bt>nnets à l>a~.cique. Ce·s qua~
tle grands o·fficiers efioienc
le G-on- -ne-fla.ble de l'ancienn~ ' .. ~ ij


terio de Cuhura

i8 R el;it io11l .
fan1ille des Coilona. Le gra·na
J ufiicier Duc de M'edina Si.
Joni'! · Le gra,nd Cl1ancel1er ,
{.>rince de l' .i:i 'Villin·a de la fa.
• •
mille des Carracoli , ·& le
grand Senéchal , Princ_e d·e
S eitriano de la fa mil le Ba'Vafchiro.
,Les trois aucres grart ds
.Officiers e'floient abrens,
(~avoir le grand Protonora1·
re de la Fan1ille Doria Rtfi.
dentà·Genes,le grand Char11.
bellan qui efioit le Marquis
Del Vafio, & le grand Ami.
rante Duc. de S1J4 qui refide
en Efpagne.
D. Philippe Ferrero, Maî·

• •

Ji11etfe S-. ~'
tr.e des·Ceremonies du Palais,.
fuivoit ces grands Officiers,
& le .\f iceroy de Na pies ,,
Marquis de •fl'ïg,ilc.na , marchoit
a prés lu y. , ayant à. fes
çÔcez deux Herall<lts d' Ar.
mes de ta Çour de Sa Ma,jellé.
Ce Monarq·ue paroi;fl'oic
cnf uite. Je ne répe te point
les noms d.e ceux qui por.
toient le Dais feus leqt1el €0
Prince e fi oit. J a n:i ais i 1 i1 'a
fair voir un a,ir plus grand ny
plus gracreux tout eft fen1 ble.
I.l falüoi1:_ dil- chapeau, mai~
d·un air qui ne luy f~ifois
tien Ferdre de fon rang ,.
- c iij


ode Cllltur
3o R:èldt'Îôni
ioures les Dan1es qui. pa~ pf~roi!foient à fes yeux de parc ~
& d'autre. On entend.oie de .,
tous côtez retentir les cris de r'
Pi~a il R&: , & quelque ecla. je
, tans que fnlfent les concerts p
qui efl:oièot à cous les Arcs
de Triomphe n1ême ceux{}UÎ
e{loient formez par des Jn ..
- firumens de Guerre , ils,
~fioient obligez de ceder aux
acclamations publiques qui l
fe faifoient en c.ore mieux .entendre.
L'Ecuyer de Sa Ma·
j-efié ou.fon Cavelleri~z.o. D.
Garzia de Guf man rnarcl1oic
à.fon c_ôté· droit à p~ed, _ &
• • ,
diverfes, 51
fous le Dais. Il efloit accon1.
pagné de deux Cavaliers Na·
'>olit ain.s qui tenoient les
r~nes dt1 Cheval de Sa Maje
ll é , & q u t e ft oient r ~ 1 e v e ~
par d(ux aurrt s. Nobles à
melure qu'elle s'avançoic
d'un Siege à l'autre . .
Les trois Cardinaux ve.;
~ noienê enfuire dans le niên1e
: ordre qu'il a efl.é 1narqué.
i llselloie'tf fuivis d'un fi grand
• nombre de Gentilsho1nmes
• & de gens de livrées qu1l
• feroic tres malai(é de f çavoi~
c à combien il fe monroit. Le
~ feul- Cardinal de ~1edicii
G iiij
. •



}! Rel11'tionselloic
venu à Naples avec
deux cens perfonnes, parmy
le(quelles. il y avoit quatre. ~
vingt Gen-rilsl1ommes. ·
A prés ces Err1inences pa .
roiiloie nt ':ingt . l'<:pt ?relats
revêcus de Mantelets & du 1
Rochet Epircopal 'elil habits
viole es. ll y a voit encre eux 1
b.eaucoup de Prel ats ·venus
de Roa1e, outre trois Auditeurs.
de la Rotte , f çavoir
Mr de la Trimoiiine pour la
N ation-Fran çoife , M 1 Mo/i.
nos & M r Omagri.i , l'un &
l'autre Ef pagnols de Nation;
aptes eux paroi[ Jient M'.
• '


1 M·inister10 dP- C •
· di ver fe s. J 1·
~ PIJania Chaptlain majeur,
1 ou grand Aumonier de Na.
• plcs.
Enfin les MiniA:res des.
. Tribunaux So.uverains dè Na.
s pies paroi!foient revêtus de
1 la Toque q.ui marquait leurs
s digni.rez. Le Régiment cfe
x la NobletTe Na.pol1caine de la
s Garde du .Roy venait e.nfuiÎ
· te. Tous les Officiers eftoient
r magni fiques & bien rnontet
a & avoien·t le fabre l1all t ainfi
~. que cous leurs Cavaliers. Cej
~ dix Con1pagnies pr~cedoienc
1; crois Caro!fes de Sa Majefié,
r un du. Vic t:.roy, & un cinqui•-·
ec 1
·34 Rè.latio.h1• ,
me quitltoit celuy du Sindlc~ ta'
Iks eil.oient vuid.es:t & on l'es. v(
avoit fai-c. foivre feulemet1t te
'
p~ur la~ pompe. On V'oyoit d
i,rn1ne.diatemen·t a prés l.e Duc .. m
<l,O ff u~·a à ans un nlagnifique a
C-arofre roue garni de velours d
~a ro,o.ifi. brodé d'or, Ile fioit fa
' fuiv i.dc c-~lui d·u Marquis d'E!! d
gri·gny, G'ènera~iffih1e de tou.:
tes les Troupes qui font dans .
le Royalirne de Naples.
· Ce fut en cet ordre qlle la· t
Càvalcade p.affâ' devant la .
Vicairie •. &-de là a.u Sîege
· Oapoano·,, d'où e1le {e rel1dic
à.l'Egl~[e Catl"led~ale. Le .. ~o~,, .

• ::o 11 'M111fsteno de Cu ltu ra
Jiverfes. 3J
rail de cette Eglife c lloit re~
tll depuis le faille juf qa'à
terre, de riches tapi!feries, &
de broderies de loye entremêlée5
de T ropl1ées d'armes
avec on .gr~nd art , & femez
de fl urs de lis d'or, ce qui
faifo ir lln tres bel effet. Au
! de lfus de la gran-de Porte du
milit>u-, efioit un grand Ta..;
: bleau, q111i repre{cntoic le
Martyr Saint J aovier, Pro~
i teéteur de la Vil le de Naples,
1 qu~ Sa \If ajefié a voit reconnu
: que lques jours auparavant
pour le Proreéteur de toute
~ la. Mo narcbie d'EJ pagne ; .


c .lt
36 RelP1tÎon1
voulant ainG feconder la d.. .e ;
votion qu.e lc:>us les Napoli·
tains onr· poar ce Saint. Il
efioit dépei·nt tenant de la· J
main droite un livre,. f ùr le·
quel on voyait repre{encées.
les deux phioles 'on l'on con.
{er•vc fon Sang miraculeux,,
avec cet.te Devife écrite audeiTus
~ ln hoc fig,no vinces. De
1·autre main ce rntme S-ai11t
{outenoic une Couronne au
delfus de laquelle on lifoit
ces mots : q,audium (ff coron-a
mee1 ; & au delfous de ce
Tableau pendoit un grand ~
Carto.uch.e avec c.ctt.e. in(.c;i,. R
ption: -
odeC
dive1'(e s.
P.H 'I L .J P P O

"'>7
·V .
I HJSPANl.ARVM REGI.
1, Jdperpe111am cl"VÎ1'111fi!iciratcm,
• &pa&andamarmu, acvzr1uie
5' ltaliam,
• Inter tjfuftiS omr1iu.r;1 01din f4 m
gta1.ula1iones,
: V rbem Neapol1m l11flran1i
! Sub aujftciis b.rati Jantiar1i
t torius M onarchitt ruzelaru ,
l Me1 ropo.lirana E.cclefia tomepiis
t '7JOl1'S
, •lmmor1alesop1a1 Triumphos.
! Prefq ue auffi coll que Sa
l ~1aje llé fur arrivèe en ce
,. Royaume, l'Egl.i{e Cathedra~

e l.iltura • •
1
;8 ~R tlâtonJ ·
le avoit efié 1ev·.êcuë d'un 'ri. t
c-he damas ch1marré de ga. t
Ions d'or avec des Fefions 1 g
& des Carrouches ou Meda!l. t
Ions a f uf pendus au n1ilieu de
de ·rout~s les arcades des baf· a
f es a îles, outre de grands Ta. c
1
bleaux peints d·un bleu tur. v
quin , qui reprefcncoieot e
quantité ci'aél:ions d'éclat des e
plus.grands C2piraines, & dei fi
Roi's, les plus celebres dans v
l'H ifi.o·iréSainte; on y voyol•
quanriré dïnfcriptions, côu. t
tes à la loüan~e de Sa Majeflé n
Catl1olique J & dansiefque\. d
les on ~aif oit · le .parallele en·

1
· Jiverfer. î9
f.\. tre fes aé'rions .• /& res ver.
f4, tus , & toutes - celle-~ de Ce$
~s, grands Pe.rror1na.gcs de l'an -
... . . ' il. uq u1c e.
de · Dés que Sa Majefié fuc
a~· arrivée avec touce la Cavai~
ra. cade dans la Place qui eft
ur. vis à '{ÎS du grand Porrail ,
~ot elle mie pied à terre, & elt.trlt
!es ent rée dans cecce belle Egl1.
:les fe , bâc ie par les Rois Angeins
~ins, du Sang de France, e !·le
oi; monca dro·it ail maiflre Auju.
tel, où s'e!ta[\) c m·ife à ge.
Ge' noux , elle .fit fa priere. Pen.
el. dant ce temps le C:i rdinal
~n· Archev.êque· de Naples en:

I
'
40 RelationJ
tonna le Te .Deum, qui fut
cpntiné par la MuGqt1e. En.
fuite cette Emineoce recita
quelques Colle ltes , tirëes. l'
des Prieres cle l'Egli[e. A prés
quo y les ·Elus, ou Oeputez de
la ;Ville s'eltant approc hrz,
l'Elu du Peuple tenant en rre
-fes i11air1s le Livre des Confi i.
1ucions de ce Royaume, & le
Secre taire de la Ville t)Or tant
au !Ii tout ouvf rt un .V! e!fel,
Do;n Mat·reo Capoano, Dépu ·
té duSiege de Porranova1parla
au Roy en cerce maniere.
·· Sac1ée e/Waje~é Carholiq11e.
G'eft un pr.ff rrt bien .précieux at

'
1 M11 ist rode .. ltura
di'ver (es. 41
• /4.. fortune, lJUe celuy de i<>t4ir ,
: çomme fait au1ourd'hu_y la Ville
1
dt Naples , de la prifence d'un
au!Ji glorieux M on,irque q·ue
: l'ep V uflre M ajeflé. Ce grand
:- & rare a'Uanrage. , dont n0is
.Jye1'x ont 4u1re foii joui com.
e' me nous , n·a pas tmpe"ch e' le s
i. grands Monarques des Efpt&..
e ines en par-eilles occafions de jt.f."
t ur qu·'il obfer'Ueroient , & fa·
roient ob(e1ve1 tour es les Graces,
,'. us Conftirutions· 1 & le'i Privife.
:· gts, accorde~ au, Peuple de cet te
Capitale. ~oiqut perfonne ru
e. Joute que Voftre M-a.jefté par UtJ.
dt {et de fa t~es grande Clemtnc.c.,
ïuin17oi.l!~P~ · ~
• - •
e
4-t_ . Relations
n:-ait ré{olu non feulem ent d'eb.
Jerver t.outes les g,races 1 qui noU4
Qnt ci de'Vàn-t efté accordées , d1
mais de nous en accorder mim-t m
des nouvelles , ne·anmoins pour le
fU.ivre les anciennes coutum'er, /
je [upplie tres humblement voftre .
M ajeflé au nom de toute ce1t~
V~llc, de ne pas trouver mtiu. p
'Vais Ji. je luy .demande fan fer.· p
ment, d'obfcrver , & de fai1e S
obfer'Ver par (es Miniflres , &
Ojficiers, fan .f a11c11n·e Jnterpret~.. l
1ion [i-n zftre , toutes ,les Gr~ces ,
les Conftitutions, (.?-les Pri11ile:
g~s accorde~ ilÎ 'ette ftdellt Pillt, ~
& ~~1011.~ le Roi.aa~ p11r les~~


.:

. di:.i·er fe r·: 41.. .
· rmifflmes Jt~is fis Prédectjfears,
a (!!en pa1riculierpar ·{e Roy Fer.
, dinAnd le Catholiquede.g1o'iieu[e''
!·e memozre : au/Ji bien Cf''-e toutes
r les-gract'I' . que n<JUS e(perons de
, lii magnificence R'!)4it de Vofl.r~
·e , Ma je/lé . · · · . .
·e A q,11oy· le Roy a y an c ·ré.:
If pondtr par c:es trais mots Ef..~
· pagnols d/Ji· lo jur()", au ffi. toit
ie Sa .Majefié .. fort it de· l'Eglife;
r- & efta·nt= re ru on·t4e à cheval 9
1.. la CavJ.l ~de contimua àe
, marGher dan-s le même.ordre
~: qu'at1pàr-a\lal1t J par lti ruë de
', ~aitlt Laure-nt }of qu'à l' Hê>teJ~
11 de Vil·le. En;fuic~ S·a Majeft-é •
D- ij.
'
• •
1st rio de Cuttura
••
·44 Relation t
paifa devant le Siege de,Mon:
tagne , & dèfcendit par la
Pierra S~él.a , & par la Place
de S. D,omin1.g,uc: le g.rand , ·
jufqu'au Siege de Nido. .
De là Sa Majefié dcfcendit )
par la rl:lë· des Librai r~s ~par
celles de F_o1cella, & de· Saint j
AuguOEin, jufqu'au Siege du J
Peuple, do.nt les Arcs Triom. d
phaux etloient di[pofez) corn. 1
ine on a dit ci deffL1s, dans la
r.uë de la .. sèller·1~. De là Sa. n
Majeil-é cnntinua fa marche
par le Sieg.e de PortA nov•, ~
jufqu'au dernier Siége , ap. v
pe.llé .le Sieg_e du, Port, pour l~

MinJs:terlo de C ... I
~ •
di'ver(es. 4 5'
t:. raifol que nous avotlS dice ,
t d'où la Cavalt::a.de remonta
! un autre fois au Siege de Nif,
, pour s'aller rendre le long de
la ruë d"e Sainre Claire, & par
t le Palais-du DllC de Maraloni ·,
r, dans la grànde ruë de Tolede,
t ju ( 'l u 'a u x Pr i (on s de Sa 1 n t
'' Jacques;,& de J.à Sa Majefié
• defcendit en-droitl!re jufqu'à
la Por t·e du Cha tleaa. O'eu f.
1 On av. oit eu foin de la ce.:
L. nir ferm~e juf qu'à l'arrivée du
: Roy , & quand Sa MaJefié y
.. fut en prefence , Je Gouve
rneur de cette Fortereffe
~ Roy,ale , nemmé D(in 4nto. ·

rode .. !tu a
• 4t: · : R'elations ·
ni<> Crux1 ayant p'a{fé lareGe q
par une pecire fene{lre qui p
donne fur la premiere Porte r
en de>çà des Foffez , cria et1 1
Ef pagnol , ~i en bie"e alla f ri
A quoy· S·a· Majetl:é ayant répondu
cour haut : P-hclzppe q
qu:into·R·ey· dt N apoles, le Gou. d
verneur reprit> Vièngia en horia d
b11ena, & étd nt def ceodu a uflî. p
tafi de fa guerice, il fit ouv1ir a
)a Porte ; & s'etlanr mis à ge· 1
noux avec. les cle.fs du Châ· t
teau , qu'il prefeaca dàns UA L
baffin, il a)ou ta: ..A-·qui eftan h
l"s Claves dtl Cafl1llo, mand~, u
.J.PtrmM ;, los pies de V~ M ageftii'

· diV-e-rfès. 41·
~ que Dios gflarde, Sa Majellé re ..
i partit : l1>reng~ por mi, Enfuie
re elle fe recira, t·andis qu'on·
1 la faluoit d'e coute \:Artille ..
? rie, de·,·qu.anricé de Pierriers 1>
:.. & d1lin·e infinie~ de Boëces , .
1e qu·on ap.pe.Ile. ici Moteretti 9
l· do'nt le bruit· confus , loin
·ie. d'ioGommoder cau{oit da
i. ~laifi-r-. E'n lin la ~ Cà,v.alcade·
ir aya.nt concinué .. fa route pa·r
e. la grande Place de ce Châ-:
à·· teau , Sa M·a.je flé ·rentra au
M Louvre vers les ving_t·. rrois·
ln heures· d~Ir·ali€, c'e!1 à di'te,
, .une demie heure avant la
1 J: nu i.1~.

1
2 ,te•10 de Cultu•a
48· R.eltttfonr
Auffi -toft qne cecre nuit a1
fut devenuë un peu obfcure, Jl1
on peur diçe fa.ns exagera. ~
tion, que Naples ne perdit ~
rien de fa (plendeur par l'ab. ~
fence du Soleil, qui l'avoir k 5

bier1 écfair~e durant ce beau ·
J jo11r ~ route cetee foirée , 1llf- c
que bien a:vanc dans la nuit, 1.
auOE. bien que les deux fui. n
va11tes , elle parut coule en 1
feu par k nombre prodigieux cj
des illulninations , qt:Ji i'y fi. c
ren;t dans toutes lt's ruëi, où 1
l'on voyait un nombre infini e
de fl-ambeau·x de cire blan'. b
che attachez à touces les. fe-.
- nêcrcs
••
1
lliverfe!. 49
1< t1!tt"es , & allX balcons des
~, Edifices de quelqtYe confide-:
~· ration "> ou,tre quantité d'al1.
n rres lun1iercs de routes les
'· forres > paî 1-efquelles cl1,acun
fi s'efforçoit de témoigner fa
u joye en -cerce occafion. ~1ais
f- c'efi:oir une chofe affrz eu:'
rieufe à voir que le grand
1• non1bre de ces lumieres,donc
n les Glleres de Naples, &
11 celles du Grand Duc de Tof .. ~
1; cane , qui avoient conduit
'~ leur Cardinal ~n ce {>ore,
:1l efioienc coutes couverces d'un
1' bout à t•autre, auffi.bien que
:-. celles de F1 an ce , & lei gro~
:s Juin170?..ll.P~ E
~o ·Relations
Vailfeaug de l'Efcadre de'Mt t
--Je Comte d'Etrées gui a voient
ap.porcé le ·Roy depuis Bar. j
celonne jufqlj'à'Na ples. Tous t
ces Bâ1 in1ens, dis .. je,offroienr
·à la veuë quelque chofe de fi j
riant au milieu des orn bres 1
-Oe la nuit__, qu'avec les ·trois
faives de toute leur .artillerie,
ils attirere·nt à la marine un
tres.graod .nombre de Peu.
pie qui s' empre!Toit de joüir '
d'une li charmante ·nouveau.
ré. li fen1bloit aulli que les
Fortereffes Royalei -fuffenc
t out en feu , non feulement
.~ _cau~e de 'leurs décharges 1
1
u
·di'Vtrfei. ·.~r
fcequentes, mais auffi par le
c granà noa1bre de feux de
• joye & pcrr les lampes arden.
s tes , dif pofées le long de leurs
c murailles, dont on comptojr;
~ juf ques à neuf mille {ur -cels
les du Cl1·âteau neu·f. li y en
s avoit quantité qui formaient
~, en Efpagnol les cara6teres de
Il Vt'V.J il 1\.?_ Phelippe quinto •
:. & qui ferv6ient de beaocoup
r à faire fouvenir les fpeél:a ..
• I • • • teurs , que c·erott uniques
ment pour un fi glorieux Mo.
c narque, qu'ils devoiem de,;
c fornlais reffencir au fond de
.s leurs- .c oeurs les mêmes eiîe·ts
E ij
~t , R"e lationi l
de ·tendreffe, dont il s'eff"rJ
çoit de les prevenir: 0 n paffe
icy l{'geremeot fur les illu. ~
minat1ons qui f e firent par
rot1!S les Sieges de la Noblef~ e
fe, ainfi qu'à ce-ll1y du Peu· t
pie , où elles ne le cedoient ~
.c:n r-ien à celles de la Marine,
& des ·C!1âceaux : mais fans j
,rcperer ce qui a efié dit com.
me en paliant , lors qu'o11 a
fclit la defcription d11 Siege
Capoa.no ; j'a.jouteray feule. c
, . .
ment qu on n e poi1vo1t ri en
vo.ir ni de mieux imaginé, ni
même de plus pompeux, &
pe plus riant tout eofem ble~
f ,î,
àivtr(es. "J
Le 11· Sa Majeflé Catholi~
fe que fe rrouva un peu indifpo ..
j. fée, elle garda le ' lie , -& fuc
ir fà igRée. Ce Prince voulant
f~ épargner ài fes Sujecs· l•inquie.
u· tude que cette fa ignée auroit
n·t pû leur cauftr·,.ge voulut pas
e, qu'elle fût fceuë. Le même
ns jour fur les trois heures a prés
n. midy J q~ aEre Galere s de sea
cile arriv·erenr dans Je Port
ge de Naples : Elles elloient
.e. comm·an<lées par Do·m M-a·..
~n nuel de Silv.a , Ger1eral des
ni G-aleres de ce Royaume là·.
& Ce Genera1 fuivy de fes Of.
fi,iers eut 1'11onneur de ba~ • •- . 1
E iij
~~ R1l1111ion-i ..
fer , dé' le même jour , la
maïa de Sa Majefie, nonob:
fiant fon indifpoficion.
Le 12i·Ce Pirince ne; fe Ievà
' point. , mâis quoy qu'il eût
un grand mal de tête , il ne
Jailfa pas de fe faire lire, & de
trav,a.illcr. Le. foir du tnêm.c.
jour M r le Cardinal legat ar.
rjva. Il e.ltoic dans f e premier
Carotfe de la Cour da-ns le·
quel M' lç Cardinal de ·Me.
dicis avoir eilé le pre!J.dre a
Pozzolo avec Mr de Sobra.
mante introduéteur des Am.
haffc1deurs. 11 y avoir eu
quelque diflic~ ltÇ fur ti: .. Cc:'I -. ...
-
tliverfê1: ~"
1 rern·oni:al. Ce Legat avoit de~
~ mandé , q·l!le f el on l'ufage,
un Prince Par-ent· du R:o,y·
~· vine l-e 4 rfcevoir. Le •R.oy :J1'en
~ ·avoit point à Nap'les, &· le
~ Confeil fe trouva ambira·ifé.
! Sa Ma'jeflé pro_pofa d·•cl1e ..
~ ~ mên1e ~n .n-pedia~nt , & dit'-
qt!e ·Mr 'le Cardinal de" .Mer
dicis fe trouvant à Nllples, &,,.
eftant (on· Parant , il fallait:'
> luy deman.Jcr s'il vouloit bien 1
a aller recevoir M r le L~gar:~ .
. La propo{ition du Rtoy fuc··
. applaudie. On parla à Mr l~
i . Cardi·nal de Medicis·, qui 'f·
.~. c~nf(ntiit· de la meilleure ..
E iiij
~ isteno de Culrura

~& R:tlation/
grace du monde, & qui exè:
c.uta de mêm.e ce ql1,1l av.oit
pron1is. Mrs les Cardinaux
de Janfon , &. de Cantel·mi
allerent à fa rencontre !ur la
roure avec un tres•grand
Cortege de l?relats & de Sei·
neurs. Les,GaJeres fur lef quel·
les il e lloic venu al letent à
Pulfol à cau(e que les Gale·
ies du Pape ne [aliient ja ..
• mais.
Le i3, le Roy pr.it- medeci.
ne , & fe trouva tout à fait
. gu er)'·
ll fe leva le 14, &. entendit
l~ M elfe dans. [on Palais. Il
diver(e1. ~'f
~ tiflt Confeil l'a pr~f dinée , &·
t les apparcemens ,rcco1nmen.
ic cerent le foir .

1 Le 25 le Roy tint Con[eil
a à neuf 11eures du matin , &
l reçût enfuice- Mr le Comte
-· d'Efl:rées Gfa.nd d'Ef pagtie de
~· la premirre Claffe. Cè Cam.
il te fit crois r-everences à l'Ef..
• pagnole en s-'app rocl1ant de
,,. Sa Majefie qui efloit dans t1n
fauteüil fous un Dais , & luy
:· baifa la m·ain .. Le Roy lt1y dit
1c en Ef pagnol , cou'Vrez. 'VOUS,
Il fe couvr·Ît, & parla au Roy
un n1on1énr co uvert. A prés
1'. 'lue S.a. Majefié luy cur ré~
ltu a

~8 Relatio'1's
pondu, il ôra fon cl1ap('au;
Juy bai[a ia main une fecon•
de fois, & s'étant reciré à re~
culons, il fe plaça prés de la
muraille où plufieurs autres
Grands efrojen[ ayant leur
chapeau fur la tête.
Sur le3 cinq heures du
foir , des Seign eurs tifrez du
Royaume de Naples fe ren.
dirent avec de magnifiques
équipages dans l'Eglife Me.
tropolitaine , où le Roy affis ·
.dans fon faute i.iil élevé fous
un riche Dais de brocard
d'or, & affifl:e des Cardinaux
d~ Medic-is , de Cantelmi & ..
• •
0

· di'Verfes. ~9
de JaJ;l fon, re~ût les Ser mens
de fidelité , & de Via1Telage
'fur lè Li~re de l'Evangile cent:&
par t•Arct1evêque de Salerne.
Ces Sermens furent pretez
entre les n1ains de Sa Ma·
jefié par tous les Seigneurs ·
& Barons .du R0yaume qu·i
efi: 0ient ·pour lors à Naples, ·
& par tous les Depute:r. de
divers Cbrps qui efl:oic:ntab.
fens. Sa Majellé promit de
1. leur conferver leu rs Privileges
, & aprés avoir ferre de
{es d !! UX m.ains celles de ceux . . ' . . .
~ ·<tilt veno1e11t a matns JOtntes
· la~ fatü~r , elle leur donna
~
,


l,o Rela-tioti 1'
l.'accolade , & fa n1-ain à ba1\
fer. Cerce Ceremonie ayan<
eflé fort longue, 8ç, le Roy
cllant revenu fbrt tard, il n'y
eut point ce joùr::là d'apar:.
te ment.
te iG. au ma.tin on. vit
paroi!lre J.e Decrct du Conft
il d'Etat , qui fixo ic le départ
àe Sa M.ajc ll è au· {econd de
Juin, & qui portoir que les
Galeres qui avaient am~né
Mr le C: ardinaJ de Med1cis,
forrn eroie n t l'avantgard.e ;
qu'elle feroient fuivies de l'Ef·
cadre de Si·cile; que la Capi ..
~ane de Naeles q~1 porteroit
-,jj, i·ver (es. 6 {
le Roy auro.rt à fa droice fa
Capitane de l't.G:adre d~
France, & à fa g.auche celle
de l'Efcadre de· ·Sicile { que
les autre-s Galeres de France
& de Naples, fu ivroien r , &
que l'Ef cadre du Duc de Tur ·
fis formerei[ l'arriet~garde.
Sa Majefté Catholique
don 1la Je mème jour Audien.
ce aux Ambaffadeu rsde Luc ..
ques qui le tomplimenrerent
au nom de leur Republi.:
que.
Le 17. Mr 1e Cardinal de
Janfon prit congé du Roy &.
des Cardinaux de Medicis &

'-!llnlsterio de c t
,1
6z. "'R elaticnJ
Canrelrrt1. Le même jour Sa
M~jefiè vifira pour la premie.
- re fois~ ~e Cha fleau neûf, &
doni:1a law Jiberré à quarre·
vingt- dix Prif onniers qL1°011
y detenoit pour la derniere
rebelJion. Il y en avoir plu·
lieurs qui a voient efie con.
damnez à n1ort.
- Le 27, le Bailly Spinola;
nouvellement forti du Generalat
des Galeres ·de M'alte,
& Ambalfadeur àe ·la Reli •
gion auprés de Sa Majefté
Catholique, eut fa premie'e
Audience publigue .. 11 efioic
fu.ivi de quarante ·Efia·fiers

. .
te der tu èl

âiei·er (e r: 6-l
eooverts de l·ivré~s chan1ar.
rées d'or, de-{ix Pages d'l1on- j
neur, avec cl.es li·vrées cr.core
plus magnifiques, & des ve 1-
tes brocl1ées d'or,. & de Gx
Mau res fuperbemen t vérus à
la Turque avec des colliers
d'argent:
Le i8. à dix heures du foir,
il y eut u11e Proceffion qui fe
fait ordinairement le Samedi
Saint, mais les Peres CorJe.
liers cl1ez qui efl: la Con.frairie
des Pc nitens q uî la fon r,
l'avoient f-aic d"ifferer à caule
de Sa Majeilé Catholique.
Tous les Co11freres efioienc
h-abi-llez comme le font ordi.o-
1t 1sterio de Cul u•a.

64 Relations
nairc ment les Peni rens fc
Vendredy Saint. 0 n y vit
tou11 les M ifteres de la Paf ..
fion de nôtre Seigneur & de
la Vierge, repcelentez au na.
turel. Le premier eftoit la
'To·ur de ·David. Le fecond,
la Cité de David •. L-a Na ti ~· i.
té, la Prefe·ntacron au Tem.
ple , l' A.ono11ci ation, la Re.
furreéîion, les Pellerins d'E.
maü, l'AfcenGon, & la Pen.
te<eoll:e. On v·oyoit enfuice
11 ne rn a chine f e nl b 1ab1 e à un
Char de trion1 pl1e , au l1a ut
de laquelle paroiffoit S. François.
li y avoi.t dou~e Mu!i:

dlverfes. · 6)
tiens fur ce Cl1ar , que qua~
rance. huit l1on1mes port-
oient. li av,oit environ quarante
pieds de i1·JUt. Tous· res
Mill:eres elèoienr illumineZ;
d'une i11fini té du lumieres-.
Cl1aque M·ifiere efioit prece--'
de ·p-ar vingt· cinq ou trente
Muficiens, & il y a voit vingt.
cinq de ces Mifieres. Cette
Confrai rie rentèrme toutes
fortes d'Etats. Cen-t de celuy
des March:a r1 d~. marcl1oieot
des premier1 , cent du Bureau
les f uivoieAt, & precedoient
ceux àe- ~a Nobleffe qu~
cft.oieot plus de cinq cens ..
Juin 17oz.. l / .P. E


rs e de c ..
6 {, · R"iClatio111
La jeune Noblcffe paroiffôit
enf uice , puis les Cb7evaliers
de C~latxava & ~e S. Jacques,
fuivis des Cordelier~. Le
Roy vie p~lfer cette Procef.
fion pendant det1x heu.res ~
de mie qu'elle dura.
L~ i~:-.= Sa .M,ajçflé déclara .
Mr le Co,mte de Lem<».s Vi ..
uroy ~e Sardaigne , Mr le .
Prince de montefarchio Ge.
neral des Galeres de Naples
E.lle çoofc:ra aulll à ce-PrJnce
l'ordre de la Toifolil d'or, &
le 6~ Grand d'Ef pagne. Cc
que le Roy fic en cette ocCêfign
p~u! . rç~onnoiilJ::e. le~
M ir1 rsiterio de C , r
Ji'ver{è.r. 67·-·

fèrv·ic.es d'un· fuj,et fi fidelle ,
& fi z.eLé luy auira · n1i·lle.
louanges &· n1ill·e b.enedic·
tions. D Carlo Carafîa fut •'
tàit e~ · même temps Gouver•
neur &· Ca·pi(a~îne Gen.eral
dl·Oran ~Mt le Pri11ce de 1Ca f. ·
ri·glin(}ft:le A·q.uin.o General.d1e ·
la Ca~alerie ~·a polit·ai:Oe , &
tv11 le -Prince Santt> Buo,no.•
Oaraét:i:oli . fut nommé Am.:
balf~cleu·r. à Vent(~, &· Mr le ·
Prince B:o.r gl1ef~ Atnbatfa.
deur ex-traar.d·it:Ja.i,re ~ Ro.me
po•Ut r~me.rcit> r Ca Sain·teté du. ,
Legat à 1 '/...a1<ere q·u' ~·l'le à .enVGyé.
à: ... N~ples pour faire .
~ ij 1
f\11 n1ster10 de C'Liltura

• 68' R·efations, .
,com.pliment à Sa Majell:é quii
donné!! ordre le mên1 e jour à
Mr l€ Duc-d' Atry de retour.
μer en; Abb-rufé , avec le ca.
r.aéμet:e de V1icaire. Sa M:ajef.
té l'.e ~éclara. aaffi G.ene-raJ de
. · Eataille pour c.omi:na.nder en,
cl1e{ .les troupes régl~e!-.& les.
Mtlic.et .
.. -, .Le mef me joar 2:9i te Cardi.
din.al . Cl,1arle:s· Barber in fit1
_·fon entrée Pub·~ique c~ -qua~
lJié d·e Legat à- Lat,ere~ ,. il Ce·
r€.a.d.ît h-0rs1 la. porce Chiaja
en', il, rhonta1 fur un .. fiege ~le~
é d~ plu,fieurs. degrez~ Il l'e~
fllt .. leSc l .ef pe~-- du, Clergé·
J
-011 l\i11r1ster10 de Cultura
Jiver ftJ. ~~9
if qui alla en Proceffion aude.
à vant de l~y & il donna à tous
. laBencd1èlion,lè Roy a.c.com ·
l· pagné comme le jour de la.
r. Cavalcade fo!em 11elle, & fui ·
e vi duRegimi:nt de fesGardes·,
n alla à un-e porcée de rooufs.
quet d.e la Vill.e aud evant clu
Cardinal Legat qai(e décou·
,~ vric le prem1.er fi_ rofi' qu'il
c- l'eut ape rç.u S. M.Aprés lces
- corn plimenc-s reciproques il
è· fe placea à la gauci1e de çe
a Monarque- f0us un Dais de
• B·rocard d> A·rgent , le Roy
- à cheval & le Cardinal
é ~~ une Haq~ené~ blanche!

7"<> R'èlati·ons ..
T~ut· le Clerg,:6 , tant déS'~
~glifes Collegiares que dçs
Paroiffes -, & de la Cat.edra le.
comtnenç.~ la marah:e. Il.,étoir
fuivi d'une Com·pagnie dcs1
G.ardes du V·icero·y. Qg_aran.
' te Mlllets par·oiffoienc enfui.
te avca._d es c.ou. vertures de
vrlours-..eù. . efl:oient le-s af'me~r.~
du Legat ·broché.es d'or &-
.d'argent;~ Ils efi@ient· fuivis .
de fes Palfreniers, de fes FJfla.
nets de ·fes .. Pa 0"-eS &.de plu..1 ~ t> '
Ûet1rs de fes Gfficie·rs. La No··
bleffe N·apol icaîne &··t·O\JS les ..
. Officîers de l·a V•1lle, &.-0€ Ju~
~ioe patoi~oi.cnt ap~és i<ux,
,
2011 M rlsterio de Cultura
. dt'Verfes. jl"
&· marchoienc en même or ..
dre qu•à: l'efrtrée de Sa "Ma ..
. jefié Catholique. On voyoit
rnfuice quelques Prelats &
' quelques . Officiers. Les uns. .
porc oie nt 1 a Croix.., des C 1 cf s
d'or, des Mgtfes, & une main
de JL1fiice. Les cinq prt> miers ,
Offi'ciers du Royaume ve.
noient enfuite , puis Sa Ma·je.
fié , & le"". Cardinal Legat
donnan-t la beoedill:îon A·
poil olique à ·tous .Jes fpeéla'"\
· teurs. Les Cardinaux de Me.
dicis & Cantelmi fuivoient
immediatement, & a prés eux-1
environ-. c;inquante J>J;el~!s ~
lsterto de uttura
'
'1t. lte!titiilnr·
avec le· Cardinal qui .'va en li·
Chine. li.es Ca.roifes du Roy
feifaifofent remarquer anfuice
a ffi bien que doui.e du Le.g~
t ~la plu.fita·rr .... rernplis· d·1Eci..
Glefiafiiq.ues de fa fuite, pnis.
I~s Caroifes des A mbaifa,.
"qeur.s & d.es S-eigQèur.s , ùesC:
l1evaux de main , & unè' •
·c;:o.mpa gp1e de. Gas:des qu~1
fkrmoit la marcl1e. Les ruës • • eftoieot· bo,rdées de Soldati• • •
L~s N.a p.o.litains ne pou\.
v..oient fe. ~la!fer de voir nos • • • Tr:t>upes. Ils a.drniro·ien,t, fur
.tout uqeCotnpagni edçcenc ,
~a(p.e~1• M~\~nes, ,._ ~ops. v~ê:ru,s
. .. de:
~,
2011 "v11"1t::sterro de 'C ultura
diruerfes. . 7 f
1
• de rouge avec des plumecs .
, fut leur c-11apeaux & pref qoe
~ cous d'une mefme grandeuc
. & marcl1anc a·vec un·e gra:ce
. n1eD ée d't1ne noble fierft.,
5, qui faifoit plaiftr à voir. ·Il
• n·y avoir -pas même j'ufqu'aux
5• Sold~ts François qu·i n'attira f.
~- fent p~rciculiere·me:,nt leurs
i rega rd·s , quoy qu'habillez
s uni me·nt , &. r ~ur s cheveuy;,
1 dan-s des bourlcs , ave-c de s·
1. cocardes ·à leurs c-l1apeaux re.
s troulfez.
r La n1arc.l1e (e fit en cet
i ordre }ufqa'à l'Egli[e Mecro •
. s polica.ine , oq le Roy & le
; Juin17oi. . ll'.P. · G

• '1ster ode Cul'ura

7 4 . Rel;t1ions
Cardinal Lega' mirent pied
à terre. Sa Majefté prie congé
du L.egar. Elle monta ~.,n.
fu~e en. Caro!fe, & re~our~a
au Palais· accon1pagoee feu.
lemeot d~ fes Gardes. le
Cardinal Legat entra dal)s
l'Eglï.fe ,.& a prés avoir fclit ~es
prieres d,r:va11t le graqd ~ure!,
il (e mit fur· un Trône placé
fur une Eflrade où elloient
deux Sieges pour le·s Cardi ..
natJx de Medi~is & Canrelrr,i.,
& donna fa benediétio11 au
Peuple. li monta. enfuice dans
. f~S- Caroffes, & vine au 1P4-
lais dans l'i\ p.parcement qui

'
e lfà •
diverfes. 7)
luy avoit efie preparé.
Le 30. le Cardioal Legat
• eur fa pren1iere Audit'"nce. Sa
· Maj efié Cacl1oliqùé alla le '
• · rec evoir à l'Ancichambre de
: la Sa lied' Au dience, & lé con.
i duî fit jùfqu'au ·fauteü1 l qui luy
• eftoir p~é'par~ àcollè du Gen ,
, où il s'a.ffit, fc cou\.·ric, & luy
I
! parla penda'nt plus d'uc1 quart
t d'h etzre. J,l lui fic enfuire le
" prefent du 'Pape qui conG!le
, et1 une Croix d'argent gar11ie
' de pierr~s precieufes. Le
; Chriil: eft d'or, & le toue rra•
: vail\é ~vec une cres grande
l delicateffe. c· e-{l un pre{ent
. G ij


1.,teno de Cultura
• ~ S . ··Rel tJ'fiionJ · .
tj:utit'lfi~ ~o:y ~d@ '*f 'Fano€Pa ·fà~~
~fltrefè'is à11utf.. Qaif'è·'-~SUAI
di@nlc~"'ftiiie, te 1fl'.a;r!ô<it-latl1 ·n~
g'.à~: ere·f~nt âlà ·Stt ·~.ra je~é-Giti.i
cholique·.plufie111rsl Prekics ·~
f e!s ©1\E:rc;i e rs~qu Ï-:6'1lr eii c1 l' bb.tir.?
fl1e:tilfJlt:ie' i~N')1 f.b:fi(/fr_' }:Q 0l'i1~'Î'W}
Sa Majelté conl~®·i·li r:t ititil'l!i~
lrtÎ11e;Rce pu1fqulaut l}e.u. où elle
i'avoiic re9uë. . - ) · · .1 . •
·· t•apré·fd·imée dp n:1ên)~ffj~
2'<) • les ~e·igneLtr.s. ..N a po~ra~·5
d~nnerl··nt au Roy le~di'Y·:4ït iÇ..
.f€tn-<t nt·d~un Car..ol.l'fe 1 ma gi1~
.Ji~~e_-~ans ·la Pl~c~ ctlu~ Psa lrJn1
Je..:vat·S -v.ous em·fa1re u.n~de{l.
tr~ption ab·r.eg,ec , -en· a.tt~fl~
LO 1 1'1fsfer10 de Culturà
. Jî~erfes. .77
dant qu~ je vous c:n ,.doone
une plus ample , n:_ayant pas
le,ccmps d;ent~er al1j~urc\'huj
d~ns tl'n g~nd & exaél:,, dé-;
rail, & o'efianc pas d'aillel1rs
biei1 info.rmé de beaucoup
ck c·bofes qtlC je foul1aiterois
f f~VOli! à fun a. 1
· ·Ce Car0iufel C.fammenfa fur
les 5. 1, e tl r es du [ o i r, U 11 P ri n c c
N~poli1ain. prececl.é de de.ux
r.ron1 pettes & de ~c llX tin1 b,a..
lcs,àc plufieurs M ulers cl1'ar~
gez de . fleches & de jave ·
IQts, de rrt.nte Valets de pi~d•
&. de.: fi.x .P:.ages, dolJt les lia·
. biil's ~ft,oi.eor t~ut. çhamarrei • • G iij -


~1n1ster10 ae C t



7~ Relations
d~or & d'argent entra dans-la
~l~ce qui e{~oit parf.aitement•
bien· ornée, ·~ bien rem plie1,
Ce Princ-e en fit Je tour , &
vint faire une profonde reve.
re nce au Roy, qui elloit à un
· Bc.a.lcon du Palais. Il fe mit
f11fuite à la teil:.e des Quadril.
les, ,ll y en .avoit quatre qui
eitoicnt d'une tres • grande
......... 47,..:G,...,.,._,.. '"'~ux at'o:en~
.-s1a5"-•:~';""'-'1'-''-'• ,_,~ ' 1 , .
cl1oiiî le rouge poar leur cou.
leur 1
, & les deu:x; auttes le
bleu·. Eilt>S:' eftoie nt compo·
fées de douze Cavaliers chacune.
Les galons de le~rs
,h~rbics -ne f e fai[c)ie nt rias . feu~

• '
• .di1.1e.rf e J. 7 ~
}~ment difi:ingucr ·par leur.
t1iol1 e ff~, m.ais ~eJtcore par J~
malFrÎqi:~ 1-dtffr..-vrertte-clu rr.avaiil ~
9"1i né.fcri foit "pas ·moins can ..
t1tiltftre. cll'-0 ~ ~e ~~ cln'llè q'ue
, l-e.s , c~u'.l.f"tl !TS qu'elles por • .
toi en·el Ei les ·y· ,en cr;erten l ·C l1acu
ne~pa nurro~P or r e. t1 i ff-e rente.
la f.> l ~ ce e~n ayan·t· qua t·~e. Cès
Quadrilles efioienr rrecedécs
:· d~"' leurs .Tin·1bal les:. Trom,. •
petres , Efta6ers & Mulets.
@lies fi rent .. cbacune le. cour .de
la Place . a-prés avoir fait la
reveren t .e au R0y , puis s'é.
larY-tl "'otites ret irées par Ja
1 mên1e Porce pa.r laquel1~
G iiij .
~ "11Sterlo de Cultura
• 1
. :20 . . /!eldti~n~ . j
.• elles eft,01en t ën.tre~s , tlPe~
. pa,rqrent p.eu d.e tentrs a prés
. fJ r. 'd•autres chevaux.,&. dan~
neirent pendant une derny.
heure an forll grand plailir. ~ .
··r·oute l' Alfembléë en cou. 1
r .ant ·caato'f1: au grandia·lop,
en fe n1e1lant le!! unes- a\!ec
.les autr.es , & en. retournant
à le u.rs P'1>ftes.
· Tantofi el-les mar.choient '
t '<Jllte·s de fsont ,tantôt douze à
•.. '1oLl;ze , quatre àq.uacre, fix à
.. Gx, Yingt· q,U:at>re à vingt.qua,
· t-!~· "Tou tes les Quad.ri!les p'a
·•r.urenr eo.co.re moncécs fU.r de
' ttoiG~mes Che'.Z.aQx ~ & tou_.
tes enftmbl~ don.ncten.t de . -
'
_011 J\~ltitsteno de Cultura

dirv,_e 1 fo s.. _ 81
n.9\,lveaux divercilfemens tout . • 1
,.d1iifer.ens -.9eJ p ~emie~s , ce ·
.~J\i dJtr~ ~ç9c.gr1e.1.~~e d'eqi1e
.heu.re,, ~pr~t~lq~o.y .~lfes~ fe
, r;lt;lgerer;tt en l!gne; ayant e'i1-
ç.ore ,~n <:, foi:s. 'Loitcé Yeù,rs
1 ~h~~~aqx t>our 1ç_n1wo91c:r/J:'aù ..
. t~s AaLefiqiçoc exercez. à la
cour~fc de..s T c fies. If y en a voit
q,uatre poffes fur des poteaux
de la hauteur du plut grand
homme , & deu:x à terre. ~acre
Seigneurs fe rangerent
~upç~$ d_ç~ T ~lJe$ qui e.doient
~ux q,Qa.cre coios de. la Place~ .,. 1'- J
Ils eilpjçnt armez d'on~ Jan·
ce> d'un javelot, & de deux
'
M n1ster10 de ultura
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
8t Relations
piftolets. Le lignai cflant
donné , les SeigneurS' qui
e fiaient arm·ez de· lan·~-es fi.
' rfnt queJques caracols1i i& ,
couru1ent les Telles fuivant
l'ufage ordinaire. _Mr le Prin.
ce de Belveder en enlevél' t'r©is
de (ui re. S·on pifiolet mani.
qua La quatrié111e. Il tira fon
autre pifiof et qui ne . man·
qua ,pas ion toup. Il cfioit
.de Ja Quadrille bleu ë, au.ffi
'bien que M1 le Duc de Po·po&
1i. o·n courut enfuire ·ld ba.
gue ; mais la nuit ne donna
pas le t.emps de finir cette
co.urfe. ·

-
di'Vt'l{eJ. 8 ~
le premier Juin , les En"!
\tovcz de 'Get1nes fe rendi.: ...
renr à l• Antichambre du Roy .
à'Ef pagne , accon1pagnez ,
(cavoir 1 M r Grimaldi de cinq
jeunes Gentilshommes J &
Mr Brignolé de cinq autres;
les fix premiers fuivis de
vingt Ellafiers dont les 11a-- ·
bits d'écar l~te eftoient chamarez
de g~tons à'étrgent· ;
& de galons bleus veloutez,
les Gx aucr<:s auffi. de vingt.
Eflafi ers dont les l1ab'1ts d' écarlate
efioienc cl1an1arez de
galons d'or nlêlez de galons
v,.e_rs v.elourt·z. La porte de la



84 ReltJ1ir;n1
Chambre ·du Roy- leur: • fut
ot1vefte à_ ,qqator~e l1e-0res·.,
Les deux Env.o.yez "Cxpofe,, ,
ren t le [ujet de leur Gorrimïf~
fion , & fu.pplier~nt Sa Ma.
jefl:é d'honorer leur Republ'f·
que àe fà préfenco.à fon p_af~
fage, & de vouloir bien leger
dans le PaJais quïls .Iuy ·a.;
voient fdit prepar.er. Le Roy
leur rép.ondir avec fà bonté·
ordinaire , & les dix jeqoes.
Genti!sl1ommes eurent l'h<J flr·
neu.r de luy baiier la main1'•
Les Vaifièaux du R.ey pal' "'
tirent ·le .mê1ne jout pournre~
tc., urner à.Toulon ; m.:èis~co1nt: ~

: divef(es. ~)'
·rn~ 'le vent n' eftoiJ: pas fa vo.
rgb~ il~ fure'nt remorquez
t'-at<}~J~-a1è res • ftJJl1u=a fa l·1aLt·
tèlfflde PoufoJ.--
.,,the i~o lès . ·E11vovez de
~
fitq}.fi{'s priret1t- con g~ de Sa
~eijfft<e f &Jmirên.t ~ la Vt)Ïfe
-po.u~ · i<ècéu rrfer r e11d re com.
·pte"' de ~leur· Cdln1niffion à
leur Maifircs. Sa tvlaj t tl:é
QOfn.mUA~a-·le m·ê1nei0ur ) &
all à~. cinq heure-s à S Gel1n,
nard de·n1an der à Dieu , f)J'f
lïnttrce-ilion de ce Saint ; ra
gr.aqe\.d©1it ·tous le ~ Souve·
r~in~ ortt 'befoin pour bien
gouverner .; a prés quoy 'e1lc·
M1n1 no de c 1..ltura



86 R elt1tions
s'embarqua fur _ les Galeres.
Je vous ay déja m~rqué le
rang que de·voient avoir rou.
tes les Ga leres ~ & ce·JJe que
devoir nronrer Sa Majelré.
Le Pape envoya le rnên1e
jour à Civiravecl1ia un regale
·tres. ma gn1 fiqt1 e de to,ures
fortes de rafraicl1 iifer11ens
pour ei1re prcfenré ~ ce Prin.
ce lor(q11 "i l pafieroir à cau{e
que l'on cr-0yoir qu'il pouroir
y toucher, ou du moins
pafTer à la vûë de ce Porrl
mais le vent ~yant ci1é tresfavorable
., Sa Majeflé en
profita ; de {or te que fes Ga-

âici•er{r!. 87
lercs n'cO:anc approc11ées àe
terre qu'à quinze n1i Iles de
difiance, 1~ regale ne put lu.y
çll,re prefenté. ·
Le 8 f u r 1 es dix· 11 u i t h e t1 •
res d'ltalie, ce Prince ayan t
pa!fé la nuit à Porto ·Ferrarr o.,
arriva dans le Pore de Li ..
·voor11e. A (on, arrivée, on fic
rrojs falves generale!I tl~ tOllte
l'artillerie du ~1 ole & de~
Cl1âteaux &. de r o11 re la
Mo1J(querer1e. Cl1aque falve
~ut de ·JOO coup~ .le Canon.
Comn1e on avoic crû qt1e le
Roy debarqueroit, on a_voit
confiruit un P-ont qui alloic


• ,

'


~8 Relatiôns .
de la ConfigJe jufql11à l''E •
·cüeil qui eft: au · milieu da
porr. On av oi c.auffi fair pr_e·
parer le Palais qui e·A: dans
fa grande l'lace' & les meu ..
bles qu'on y a voit mis écoienc
d'ur1e Ii grande magnificea•
ée, qu'on eft verru en fou1e
de plt1fieurs endroits pot1r,les
V'O Î r. 0 n pa r·Ie fur cout de la
riche{fe des Co1omnes, & du
fond du lit. l\.1 1 le Grand Duc
s,efioit lôg·é dans la Forte ..
relfe anciênne. Tous ces ap·
prefis qui ne fervirenr point
ue ]ailferent pas de faire
conndrftre .l'extrême dcfrr ~
• • '


dkletfas.. g~9
qμe le Grand o ·uc avdit d·e
reeevoir Sa Majeflé Catl10-
lique dans Ces Etats avec roue
l'.éclat 1, & tous les honneurs
qui {one dûs à un fi grand
Roy. Sa Majefié irnparie11te
de le rendre à la telle de fon
Ar.n1ée en Lombardie, avoic
refolu de ne. pa~ demeurer
o\us de trois heures devant j
Livourne. A peine fut elle ar.
rivée a Ja pointe du Mole,
où on jecca i' An.cre , q l1'elle
fut co1nplimenr ée au nom du
G1and Duc par Mr le Baron
de Nero , Sergent General
de Bacaî ll e. Le Grand DllC
Juin 17 0 :.. I 1. P. H
• '
o e C 1 u
'90~ Rèldtt~ni .
s.'y rendit enfuite accompà.
"gné du Prince ·de Tofcane,
~ lie la Princeffe Vîolante
' Beatrix de Baviere , foeur de
'feuë Madame la Dauphine,
& 1 an.te de Sa Majefié Ca.
1:holique. Ce I>rince ·les fic
fa! i.i e ~ de flUatre COllps de
·canon d·e toutes les Galerès
lorfquîls monterent fur la
'liènne, & l·es fe~û·c avèc cou.
~es lçs demonfl:rations poffi.
: hies de conGderat·ion., & d•a ..
'initié. La Princeffe s~ ell:ant
t inclinée pou.r luy baifer la
'main , Sa Majefié la baifa à
-Ià Jouë •. Le Grand Duc efioit
• + ...

• •
1 Mtnt • 10 cf
'
. . eli'Verfes. 91
~-ccompagn6 des principales
perfonnes de la Cou,r qui eur5
·nc roures l'l1onneur d~ fa ...
lue r S. M a je {té C. & de lu y
baiîer la main. Le Grand
Doc fic connoifl:re à ce Prince
qu'il luy avoit fait preparer
·bea·ucou p de divertilf-e~
me11s ep c~'S qu'il eufi voulu
mettre pieti à terre Sa Majef.
té.parut fenfible à cout ce que
lq Gr~nd Duc a'voit fait tài·
1e pour fa re·ceprion , &
pour fon divcrtitfemenr , &
luy marq.uèl en mefme temps
que la firuation de fes aff~i-
: r.~s n~ l~ry- _p,c~ll,'!ctroit pas ,,4c
. H ij



9.i . R-el'1ti{)ns
prendre tou.s )es plaiGrs qu•!t
avoit voulu. luy proè.urer. La
fépara'tion fè". fit avec toutes
tes marques. 1d'ut1e affeél:ion
r,ëciproq11e s & la PrincelIC
s~attendrit G fore en ce mo..
ment que les larmes luy en
'\ti.nrénr~aux yeux , 'en forte
qu~elle- eut de la peine à. pro ..
eoncer les. deroiwes paroles
qJJ'elJe dit à Sa. M·aj.c:fté qui
leur d.ot1Jla. l'Alcelfe.. ·
On. ne" pe.Ùt rien ajou'tct
à fa. mAg,nificeuce d11_ régale
ab.ondaru:.que le Grand Duc
e.n\loya à Sa Majefié €ath.o-i
liqû.é."&. ~ coute fa Çuite .. t .. Le~


• ti~V.ttfift . .cfJ~
t:i.OE.,e ~ -q~~.i e~ on.,ç cp,'l,r.,y_ Dit
fe raportent pas .. Il' 'l a des- .. ~ "*" 1 I > <l;:i.t JI J1" 11
;i.r.~icl_es~ 9-a.ns. les· u~.e~s q.s.i p,e
fon_t pas. crans les autr! ~1.J <' <+ re no1nbre. . des chG>fes env;,
1ées 11e f e trouv:~ pas ~ég:;J.·
Y..o icy. c.e. . qu·e porre.. ~ t S,\lÇ&î
t}J..les u.n, es .de cçs li·fte~: • .1 lfff]f
..... ftf.o. ·Y:ef.l111 .rnong_ap~p._ Çp
(qQJ ·p.~s4 y. eaux · gui p.nc ;e...fli
~Y>pr~i,s, 9tç_J1~~9.~. ~ .wr:nf si·t\_~
1ama1s m;,Ug~tA · t.n.nob ~u,f
j 6Ç>'{""~ucr~,s y5~~x;r ... lt()
1..i.o_q. f?..~tJ fs~ .... ':l ;t • .i • , -~
~..s.ào.,,~qyconA t4&~1il9f'lm~
d !1,ancau.x , . • ,, . ~ -1Q"O"' "11lj~ ... •·~ , •Loi 11_ ~ ol ~ ·'
"·~OO lj8~~QO}l~ ,. ~~J,!.~tJ.e fr' l

'111 ""'ISterio de Cultura
I

9·4 Relâtion t ·
1000. Chapons gras: -
. .
1000. p.tgeo.os patus.
. Une fort grande quant ité
de faifàns · & de p.~rd1 ix· rou .•
ges & grifes. .
10 0 0. fron1ages ma-rroii ns~·
Plufieurs fromages.de Par.
n1 efan. ·
400. n1 ortadelles.
Soo. c·âitfes de vins le~ p.lus
t::xquis. ' ,
. - ·i.o<o barils de vin du Pay·s
pour.1fes ·équipages ~ &·la
Chiourme. ,
\
JO. caffettes .de cireJ. '
10. ca!fettes. de fruits cpn·
fi ' '- J ts. 1
• u c, .1f 1 "·" , •


"
div~r'(es. 9,
4. calfertes de chocolateo
+.. d'e!fences.
14. d'11uillcs· de baumes.
précieux & guantité de remedes
de la fonderie du grand
Duc. ·
• ll eiloit venu à Livourne
une G grande ql1an~icé· .de-·
Noblelfè , & de Peuple pour
voir Sa Majefl:é Carholique
que tout le Mole en efl:oit
c0uvert. Ainfi dés qtJC ce
Prince ·fe mo11troic à.la· poupe
de fa Galere on encen ..
doit de continuelles acclama-
• • t1ons.
· Sa Majefté Cathcrlique

95 Re-la1ions -
n'aya11t p.û· partir da.ns le·
t;emp~ qi..1elle · avoic c.rû ,.
· -ellt le. pl ~ ifir de. voir Je
foir tou.ce la Ville & le. PoJt • •
illuminez. le lendemain
neuviéme le Grand ·Duc alla
fo.uL1aiJ:('r. un heure.ux. voyage
à. Sa • ~vl aj e ll:é q.ui luy térn.oi."
gna beau.c.vup de {ati~fàltio 11
de fe.s .. préfens ,. &' fur cout
. d~un. boaquet de Pierreric.s
c.omp.of é de pierres de di.ver ..
fes c,ou leurs qu,c: les Prince Cl"
fes avoirnt envoyé pour la
Reine à'Ef pag.ne. ll parti-t
enfuièe, & fut falué de troi~
falves Gcneral.es . co1nme il
- l' avo.it
_ 11 M1~isteno de Cultura

diverfes, 9 7
,.a voit -efié ~n arrivant. 1 orfque
Sa Mai-efté fut arriv·ée·
au Go1pl1e de la tS p.e·tra., Elie•
y rrouv.a deux Galeres de
Gennes avec fix nouvea-ux
Envoyez de ~a Republique,
du n<>n1bre defquels cfioie11cMt
Auguflin Ce!1turron cydevanc
Envo}1é de la Replt".
bli ~ue à la Cour d'Efpagne ,.
&. ~fr ltnperia.le .fon N~v·eu. ·
l~i efioient accomtJagnez .do
plafieu.rs G~ntil~l1ornmes, &
:rvoient quaxanre lifiafi.ers.
~JJ:.5.l.es \.l1abiti< eiliQ-ie n c ·cLu·
~r~z Git: go:Làms :.d·or & d'ar~
gt llt. ' (\;es Envoyez -eurent
Jt1in17ot,/l. P. l
c 1tu
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
'


98 Relatio11s
J'honneur d6 falüer le Roy;
& de fu pp lier de nouveau Sa
Majefi:é d'accepter un Loge.
ment que la Republi~ue Iuy
avoit fait preparer. Il efioic
· comp-ofê de t~eote Cham.
bres dont les Ameub lemens
enoietlt plus magnifiqùes
les uns que les atJtres. Cont·
me ces A ppartemens efioiçnt
compofez de ceux de plu~
lieurs M ai[ons, on a voie pre~
paré des Ponts de comrnu~
nication d'une Mai(on à J'au~
tre , & la mani-tre dont cela
fut pratiqué eft:oit fi indu~
fir~e~fe , qu'~n ~~ po~y~!~

diver(es: P9
·s'apperccvoir que cène fuft
pas .la même Maifon. La Re.
publique avoit aufii depêché
trois autres G~lcre s pour fe
joi~_dr~ a.ux deux pr~nlieres,
& accompagnfr Sa Majeflé
Catholique jutqL1'à fon dé~
barquemet1r.
Le Samedy 10. lorfqu.e tou ..
te. la Flore fuc VJ~· à vis de
.Savone , on fic t(ois' falves
Royales à bo\1lets , au moins
dans les endroits qui ne pou.
voient ·caufer de pre1ud1ce
dans le Porr , & elles furent
fuivies des hommages des
ya·i!fe~~~ qui s'y trouvercntt
·- l ij


I ~o Relation1
Il y e.n'4V9"it un Fran~ois qui
portoic deux cens cinquante
Deferceurs Alle.mans en,
·France.
Madarrie la Marquife de
Grillo, & Madame la Du.
chelfe Doria fa fille , fe fer•
virent de l'occafion, & s'é~
tant flit porter à quinze milles
en mer pour arriver à. la
Galcre · qui portoit le ~oy.
Sa Maje!lé eut la bonté de
faire lever les Rames , & de
tourner la Preuë vers la Fe·
Jouque de ces Dames , qui
ayant n1onté à !•aide de plu. ..
fi~u~s G~al.!ds ?'1;.fpagnt ,
<

di'Vet[es. rot
furent l'honneur d·e bai fer la
main de Sa Majefié & luy
préfante rent le jeune Doria,
âgé de huit ans, que Je Roy
trouva tres aimable. C'efi luy
qui a le Brevet de General des
Galeres, Mr le Duc fon Pcre
qui efioic préfent ne faifant
què celle de LieuEenanc. Le
Roy luy commanda de pren~
dre les Dames dans fa Galere,
& de les ramener à Gen·
ncs , à quo y il obei t. 11 fe
préfenta autour de )a Gale ..
re du. Roy quelques autres
Felouques avec de5 Dames
~e ceice ~épublique pour
a

toi Rel"tions
voir SA' Ma/e fré. On les S0f~
licita d·y monter, mais t1,é .•.
tant pas vêtuës d·une ma-oiere
co~venable, e}}es f e coo~en~
tereoc de fatisfaire leur ctJrio.
ficé > le Roy ayant eu la bon.
té de fe laiffcr voir au Ba-lcon
de Ja Galere·. ·Il y avoir·parmy
ces Dalnes 1 Madame Thère·
fe de Negroni, Fe1nme d'un
Senacewr Neuveu· du Caird·i.
nal de ee nom. La fille de
ceïre Oan1e eftoit avec elle:
el l e e f1 Fe n1 a11e d e Iv1 r Ser a ,
Utl des Envoyez de la R. éptt·
bliq ue de G enn~s qui c!1o!t
pré!cn.r. ·




diverfe1 l O J
La Mere & la Fi lle de Mr
, Grav-elli, Baron de l'Empire
· eurent la mef me cur io fi~é. r
' Quelques autres l)a.mes eurent
le chagrin de ne pouvoir
' arriver qu' environ à deux mil.
~ les des Galeres , ce qui les
r mortifia infinirnent. Sa Ma.
jeAé fut complimencée d.a11s
1 le rnef me lieu par quatre
• Depucez de la République
... pe Lucques. ·
: Ce Monarque a11a dormir
• QU delà de Savonne dans le
: Port de Vado, mais fàos dé ..
t barquer il ·en partit Je Di·
t!l~~l!~~~ ~ ~!~ fept P-e~r~~ pou~
• •

104 · Relations
aller à Pi11<Jl où il .. demetlra
juf ql:l'au le-adem.:iïn 1a.;, ~e l~
qt1es ·Otl]c;iers Allerr1ands qui
avoient ~fié .fJits Pri(onr1ier'S •
à Cafiiglione ,·s'y ef.tao·t trotJ·
vez , ce Prince leur dir qu'il'
·ne falloit pas que .fa- pr~1 en€
e leûr ~ttfi 1nutile, & ~u'1l
leu.r donnoit la liberté. Et\
même cen1ps, il leur ordon ...
na de dir~ à l\4r le Ptince Eu• •
gi:ne qu'il le ver0it dàns.for..o
peu de temps.
Je vot.1s envoyeray le ntoi~
·pr.ocl1ain la fujre- d,e ~e j~u~,
JiaJ~ , J
~ · 'F IN,,
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le