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Il11

1
t
If r '
{MERCURE.
A l'AiWS,
Chez MICHLL BRUN ET, Grande Salle du
Palais au Mercure Galant.
~ON donneratoûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque mois, '& on le
vendra trente sols relié en Veau , &
yingt-cinq fols en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNES, au Palais, dajîl
la Salledes Merciers, à la Justice.
fit MICHEL BRUNET, grande Sali*
du Palais, au Mercure Galant.
M. DCC.
AvecPrivilégedu Roy«
t\.U LECTEUR.
esté mis depuis tantd'années
aucommencementde chaque
Volume du Mercure, puis
que malgrélesprieres réiterées
qu'on afaitesd'écrire en
caracteres lisibles les noms
propres quisetrouvent dans
les Memoires qu'on envoye
pourestreemployez, on neglige
de le faire, ce qui est
cause qu'il y en a quantllÍ
AU LECTEUR.
de dejj£urezL>>eJlant impossible
de devinerlenom d'une Terte,
ou d'une Famille7 il
n'est bien écrit. On prie de
nouveau ceux qui en envoyent
d':y prendre garde,
s'ils veulent que les noms
propressoient corrects. On
avertit encore qu'on neprend
aucun argent pour ces Aie~
moiresque l'on employera
tous les bonsOuvrages à leur
tour,pourvu qu'ils ne dedobligent
personne (f que
ceux qui les envoyeront en
affranchissentle port.
y lîE,~R-~re4-\ui,
CALANT
FEVRIER. J7°0.
~VOus avez bien vû des
Portraits du Roy dont
vous m'avez paru fort contente.
Je ne sçay cependant,
Madame, siona pû en faire
un qui dise autant de choses
en aussi peu de paroles, que
vous en allez trouver dans cër?
luy qui fait le commencement
de cette Lettre. Il sort
des mains de Mr l'Abbé des
Poissy,donton peut direque
le Pinceau de licat ne produit
que des chef-d'oeuvres.
PORTRAIT DU ROY.
LOuis ria point cïégal}fisEnnemis
le disent,
DefisfaitS éclatans ilssont tous
ébloüis;
Mais sans nombrer iry ses Exploits
inouis,
Pourfaireson Portrait ces cjtiatrs motsjujfifent\
On estime
, on revcre ,
on aime,on
craint L0V1S. -
Je vous ay parlé plus d'une
fois de Mrl'Archevêque de
Besançon, au sujet de sa nomination
à l'Archevêché, &
de la joye que toute la Ville
marqua lors que le Roy le
choisit pour succeder à Mr de
Grammont, son Oncle. Cet
Archevêché estoit éleit-tife 6c
le Chapitre, l'un des plus anciens
& des plus illustres de
l'Eglise, honoré d'une infinité
de beaux privileges par les
Papts & les Empereurs, avoic
droit d'éliresonArchevêque;
dont le rang elt considerable
dans le College des Princes
d'Allemagne. Je vous ay entretenuë
des habits de Choeur
& de Ville des Chanoines, &
je ne vous repeteray rien autre
chose, sinon qu'ils sont
vêtus comme les Cardinaux le
font dans le temps de Carême,
& qu'ils officient avec tous les
ornemens Pontificaux. Après
lamort de Mr de Grammont,
le Chapitre ceda au Roy son
droit d'élection, & le fit d'une
maniere qui fit bien connoistre
combien il se sentoit hotooïQ
d'estre fous la domiration
d'un Prince qui met toute
son application à remplir les
premieres places de l'Eglise,
de Sujets dignes de les occuper,
& ca pables d'édifier ses
peuples, Sa Majesté y nomma
Messire François Joseph
de Grammont
,
Evêque de
Philadelphie
,
Haut
-
Doyen
de Besançon, Maistre des Requestes
du Parlement de cette
Ville, Neveu du défuntArchevêque
, & qui depuis un tres.
long temps faisoit les fonctions
Episcopales, à cause
de l'infirmité de Mr son Oncle
qui avoit perdu la veuë, êc
se trouvoit dans un âge extrêmement
avancé. Il estoit
d'ailleurs d'une Maison qui
avoit rendu pl usieurs services
considerables au Roy&àl'Etar,
alliée à ce lles de Poitiers,
de Rys,de Beauffremont, de
la Baume, & à quantité d'autres
des plusillustres de France
& d'A llemagne, Frere de
Mrs les Comte & Marquisde
Grammont, tous deux Maréchauxde
Camp. Le Chapitre
&laVille de Besançon marquerent
par des illuminations
& par des feux combien ils
ferpeétoiellt le choix de Sa
Majesté
,
& combien il leur
estoit agréable. Au mois de
Decembre dernier, le nouvel
Archevêque; qui avoit receu
le Pallium des mains de Mr
l'Archevêque de Paris
,
préta
le ferment defidélité, & partit
aussitost pour se rendre à
son Eglise. Le 7. du mois de
Decembre, quatre Deputer
du Chapitre allerent le recevoir
à la sortie de sa Salle, &
le conduisirentàcelle du Chapitre,
où il se plaça dans un
fauteüil. Il pria ensuite la
Compagnie delemctcrccn
possession, & de commencer
par la lecture des Bulles &du
certificat de Mr de Paris,
comme il luy avoit donné le
Pallium Toute l'Assemblée
opina du bonnet, & l'on se
mit en marche en chantant
le Veni Creator, suivant l'ordre
ordinairede la Procession. Mr
l'Archevêque estoit précedé
de Mrl'Abbe de Santau,
Grand Archidiacre, qui estoit
en Chape
,
& portoit le Chef
de Saint Agapit, & il estoit
suivi par les Grands Officiers
de l'Archevêché, qui sont le
Grand Maréchal,entreautres,
Suivant l'usage des Princes de
l'Empire, Ces Grands Officiers
sont tous de Maisons
tres distinguées. Mrle Comte
deSaint-Amour, de celle de
la Baume, estGrand Maré-
,cKaI7TCïrTeComtejelaTour,
Mr le Baron deSaone
,
& Mr
de Villars Vaudey possedent
Ifls autresCharges.Les Juges
del'Officialité paroissoient enfuite,
& la marche estoit fermée
par Mrs les Comte &
Marquis d&&~mïM~, accompagnez
d'un grand nombre
de Noblesse & de Perfondesconsiderables.
Ala porte
de l'Eglise, M' l'Archevêque
s'agenoüilla sur le premier
degré, & fie le premier ferment
entre lesmains de Mrle
Grand Archidiacre, & sur le
Chefde Saint A gapit, fuivanc
l'ancien usage. On entra enfuite
dans la Chapelle du Saint
Suaire, Relique précieusequi
s'est conservéejusqu'icy par
un miracle que l'on ne peut
révoquer en doute, & qui
attire deux fois l'année une
foule incroyable de peuple
des pays les plus éloignez.
Pendant que l'on y adoroic
le Saint Sacrement, les Timbaies,
les Trompettes &
les Tambours se meslerent
au bruit des Cloches, & la
procession se rendit dans le
Choeur. Mr l'Archevêque y
prit sa place de Haut Doyen,
dont le Pape, par une grace
singuliere, luy a permis de
conserver la dignité pendant
trois ans. Mrle Grand Archidiacrecelebra
laMesse, assisté
de Mr)o.be^ot.Frere de Mrle
premier President du Parlement,&
de MrdeGrammont,
Parent de M1,Archeveque.,
en qualité de PersonatsdeFavernay
& de Sallins, La Messe
finie, Mr l'Archevêquerevêtu
de ses habits Pontificaux se
rendit à l'Autel, &y presta
le second ferment ; ensuite
de quoy ayantesté instalé
dans son Trône,il yentonna
le Te Deum,qui fut chanté
par la Musique, pendant que
tous les Chanoines vinrent
en capes détroussées embrasser
Mrl'Archevêque. Cette
ceremonie faite, on le conduisit
au Palais Archiepiscopal,
dont on luy presenta les
clefs, & peu de temps après
M1 de^ljjtowick de Monteloy,
Abbé de Charlieu, vint
le complimenter à la teste de
six Chanoines députez. Il receut
erfuite les complimens
de tous les Corps de laVille,
& le lendemain, Feste de la
Conception de la Vierge, fondée
par feu MrArchevêque,
Mrson Neveuofficia pontificalement,
& ne crut pas pouvoir
mieux commencer ses
fonctions, qu'en répondant
à la pieté & à la devotion de
feuMrsonOncle t& qu'en solemni
santune Feste,sous la
protection de laquelle est particulierement
la Province du
Comté de Bourgogne. Le meme
jour au soir,il y eut des
illuminations, & des feux par
toutes les ruës, &la Ville en
fit tirer un d'artifice avec tout
le succés que l'on pouvoit esperer
d'un spectacle, où elle
faisoit éclatetsamagnificence.
Vous ferez sans doute fort
édifiée de ce que vous allez
ïipe, Je vous en fais part dans lumêmes termes que je lay
receu:
RELATION EXACTE
de c:: qui s'estpassé à la
more & aux Funerailles du
FPM,rC^Avioty-,, Capucin
Prédicateur.
Traduite du Latin
à
& envoyée
de Vienne. LEPv,P.Marcd'A-ûana,,.
revint en cette Ville de
Vienne au mois de May dernier
1699. avec le P. Laurent
d'U tino, qu'il avoit esté obligéde
prendre à la place du P.
Cosme deCastroFranco, son
Compagnon ordinaire
,
demeuré
malade en Italie. La
maigreur qui paroissoit plus
qu'à l'ordinaire sur son visage,
faisoit voir si peu de santé
qu'ilestoit souventobligé d'a-,
vouër luy- mesme qu'il ne se
porroit pas bien. La diminution
de ses forces & de sa fanté
ne diminua cependant rien
de son assiduité
,
foit pour
prescher
,
foit pour celebrer
les saint Misteres, ce qui luy
attira d'autant plus de loüanges.&
de benedictions de la
part de Leurs MajestezImperiales,
de toute la Cour & de
tout le Peuple, qu'on avoit
sujet de croire, que si dans
l'estat où il estoir il ne se dispensoit
jamais ny de l'un ny
de l'autre, ce n'estoit que pour
ne les pas priver de la consolation
qu'ilsen avoient dans
leurs ames. Il ne laissoit pas
d'avoir de temps en temps des
audiences de l'Empereur;mais
en y gardant toujoursla bienseance
& la modestie que demandoit
la saintetéde l'habit
qu'il portoit; & s'il a eu l'avantage
d'avoir auprés de luy
tout l'accés & tout le credit
qu'il pouvoit souhaiter, il a
eu celuy de ne s'en estre jamais
servi que pour procurer
la gloire de Dieu, le bien public,
& le soulagement des
,
affligez.Sa maladiecependant
augmentoit si fort dejour en
jour par ses continuellescoliques,
qu'il se vit obligé de ne
pas refuser plus longtemps le
secours qu'il pouvoit esperer
des hommes.
L'Empereur fie voir combien
la santé de ce Pere luy estoit
chere, par le foin qu'il eut de
luy envoyer les Medecins les
plus experimentez, &mesme
les siens propres, avec ordre
de prendre dans le Laboratoir
re, ou dansroSceImpena!,
tous les remedes qu'ils jugeroient
necessaires, quelque rares
& quelqueprécieux qu'ils
pussent estre. Il porta mesme
sa bonté jusqu'à commander
à Mr le BaronScalvinovi,
.- Conseiller de la Chambre Imperiale
,
& Tresorier de Sa
Majesté, de se trouver tous les
jours, foir & Inatin, dans la
chambre du Malade, pour
s'informer exactement de son
estat, afin de luy en faire le
rapport, &sur tout pour
prendre garde que rien ne
manquast de ce quipouvoir
contribuer au retablissement
de sa santé Cependant ny la
science des Médecins, ny la
venu des remedes ne servirent
de rien, non pas mesme
le bain d'huile,qu'on employa
comme une chose assezextraordinaire,
pour en esperer du
soulagement, parce que l'heureux
moment approchoit qui
devoit achever de delivrer
cette ame de la prison de son
corps, pour la mettre en tiberté
d'aller joüir pleinement des
chartes embrassemens de son
Epoux, & de recevoir de sa
bonté, aussi bien que de sa
juClice,.
Justice,larécompense de ces
actions si saintes&si grandes,
qu'il avoit faites durant sa
vie.
Si son corps ne receut point
de soulagement. durant les
quinze jours que continua sa
maladie, il n'en fut pas de
mesme de son esprit, & l'on
ne peut pas douter que si
quelquechose fut capablede
luy donner quelque consolation
, ce futprincipa lement
& l'honneur qu'il receut des
visitesdes Eminentissimes
Cardinaux Collonirz & Grimani,
& le bonheur qu'il eut
de voir à genoux au pied de
son litle Nonce du Pape, qui
luy causa tant de joye par l'indulgence
pleniere qu'il luy
donna au nom de Sa Sainteté
à l'article de la mort, quelle
ne servit pas peu à prolonger
pour quelques mo.
mens le peu de forces qui luy
restoit
,
& à retenir un peu
plus longtemps sur la terre celuy
qui ne cherchoit qu'à la
quitter.
Plusieurs autres Personnes
du premier rang voulurent
avoir aussi le triste plaisir de
luy rendre visite, & tout ce
qu'il y a de grand en auroit
fait de même, s'ils navoienc
mieux aimé s'en priverselon
l'ordre des Médecins, que
d'avoir quelque choiea se reprocher
sur l'augmentation de
la maladie. On,ne dit rien des
dispositions intérieures avec
lesquelles il receut le Saint
Viatique, & les autres Sacremens,
qui ne sont connuës
que deceluy qui pouvoir penetrer
dans ce Sanctuaire;
mais si l'on en veut juger par ta ferveur& la devotion avec
laquelleilfitsaprofession de
foy. & renouvella les voeux
ceux qui y furent presens en
furent si touchez, qu'ils n'eurent
pas de peine à se persuader
qu'elles sur passoient autant
cellesqu'on a coutume
d'y apporter, que la sainteté
de sa vie surpassoit ce lle du
commun des hommes.
L'Empereur &Tlm peratrice
estant avertis qu'ilestoit
en danger, firent la résolution
de l'aller voir, comme ils avoient
déja fait avec rous leurs
Enfans peu de temps auparavant
,
à la Feste de Nostre
Dame des Anges, y estant:
portez par la grandeur de
l'estime& de l'affectionqu'ils
avoient pour luy; mais lors
qu'ils apprirent le 12. d'Aoust
au foir qu'iltournoit à l'extrémité,
ilsne differerent pas
davantage, & partirent le lenmatin
sur les dix heures, du
Palais appelle Favorite, qui
est au Fauxbourg, pour se
rendre au Convent des Capucins
qui font dans la. Ville.
Ils virent le Pere Marc, &
luy parlerent l'espace d'un
quart d'heure. Ils ne purent
le quitter sans avoir d'ua
coste le coeur pénétré de la
douleur qu'ils avoient de le
perdre, & de l'autre, bien
de la consolation d'avoir
pu recevoir encore la benediction
qu'ils luydemande
rent.
A peine Leurs Maiefler-,
Imperiales furent-elles montées
dans leursCarosses, qu"--*
on vint leur dire que le Pere
Marc estoit à l'agonie. Elles;
retournerent à sa chambre,&
bien loin de s'effrayer de la
veuë d'un objet que les Grands
ont assez foin d'éviter, elles
voulurent s'approcher de son
lit. Comme elles le trouverent
sur le point de rendrel'esprit.
le Cierge bénit à la main, elles
ne purent faire autre chose
que de se mettre à genoux
comme les autres,& de faire
voir leur douleur par les gemissemens
dont elles accompagnoient
les derniers soupirs
de ce moribond. L'Empereur
même eut la bonté de dire
avec le P. Gardien, les Oraifons&
les Prieres que l'Eglise
prescrit pour ces derniers
temps de la vie,, & tous continuerent
ainsi dans ces exercices
de pieté jusqu'au moment
qu'il expira. Ce fut sur
les onze heures qu'arriva cet
heureux moment pour luf;
mais il le reccut avec une
tranquillité de corps & d'efprit
si grande, qu'on n'eut
point de peine il juger qu'il
sentoit déjà par avance les
douces im pressions de sa bienheureuseéternité.
Les paroles
qu'il prononça avant que de
mourir, estoient si pleines &
si animéesdel'esprit&de la
ferveur de sa foy, les maniéces
de baiser le Crucifix, de le
regarder & de l'embrasser furent
siéloquentes, si vives&
si tendres, que bien loin de
paroistre comme des mouvemens
d'une, dévotion assez
ordinaire à ceux qui font en
cer estat, on estoit obligé d'y
ressentir &: d'y reconnoistre
tous les caracteres & tous les
traits de ces commerces intérieurs
& sacrez que sainteté
de sa vie luy
procuroit
habituellement
avec son Dieu.
Lors que l'Empereur ôc
l'Imperatrice, après avoir
baisé les mains du défunt, &
fatifait à tout, ce que leur picté&
leur devotion leur inspiroit
dans cette rencontre: furent
partis,on porta lecor ps,
qui paroissoit encore plein de
vie, dansla Chapelle intérieure,
qui tientau Dortoir.
des Religieux, où il demeura
exposé le reste du jour, & la
nuit suivante;car pourobéir,
à l'ordre que l'Empereur envoya
désJe grand matin, on*
le
transporta
dans l'Eglise, &
on l'expola dans l'enceinte du
grand Autel ,oùMrle Nonce
dituneMessebaffe, & où les
quatre Archiduchesses serendir
nt l'apréfdînée,s'estimant
trop heurcufes de luy baiser
les mains, & de ramasser com- !
me quelque chose de bien
pretieux,les fleurs qu'on avoit
jettées sur luy de costé & d'autre.
On ne peut s'imaginer
combien de Dames, deNoblesse
& de Bourgeois eurent
la dévotion de luy baiser les
mains &lespieds,quiestoient
d'une blancheur à les faire
croire d'Albastre Les peuples
y vinrent en si grande foule,
&avec desmouvemens sicmpressez
de luy donner quelque
marque de la profonde veneration
qu'ils avoient pour luy,
que les Soldats eurent bien
de la peine à garder les portes
où on les avoitmis pour les
empêcher d'en approcher
comme ilsauroient voulu; &
rien ne fut plus propre à faire
connoistre l'inclination & la
disposition que ces peuples
ont pour la pieté, que la dévotion
& l'empressement qu'-
ils faisoient paroistre, pour
avoir quelqu'une decesfleurs
qui avoient cité mises sur font
corps. 1
Ce fut pour favori fer ce
grand concours que l'Empereur
envoya défendre de l'enterrer
le 14. jour d'Aoust au
soir, comme on en estoît
convenu, & voulut qu'on disférast
jusqu'au Lundy hivanc
17. du mesme mois. Durant
cetemps-là,l'Empereur envoya
de grosses sommes d'argent
dans des Eglises disse.
rentes, pour y faire dire des
Mettes
, & cet exem ple fit
tant d'impression sur l'esprit
des peuples,qu'il n'y eut pas
jusqu'à un grand nombre de
pauvres gens qui donnerent
de leur necessaire pour contribuer
par des Messes au soulagement
de l'ame de ce bienaimé
défunt, quoy qu'on eust
autant de sujet qu'on en peut
avoir pieusement, de leregarder
comme estant déjà au
nombre des Bienheureux.
Toutes chosesestant donc
disposées pour faire les Funerailles
au jour que l'Empereur
avoir marqué, il partit de ion
Palais la Favorite, avec l'Imperatrice,
le Roy des Romains
,l'Archiduc & l'Archiduchesse
, pour se rendre à
l'Eglise desCapucins.Lecorps
du défunt estoit exposé de.
vant le grand Autel, nonseulement
renferme dans une
balustrade qu'on avoit faite
exprés, mais encore par des
Soldats de la Garde de l'Empereur
& de la Ville
,
poilez
de telle maniere
,
qu'on pouvoit
en défendre l'entrée à
tout le peuple,& la permettre
seulement aux Dames & aux
Personnes de qualité, & à tous
les Officiersde la Cour.
Il n'y eut pour lors que le
Roy des Romains qui alla luy
baiser les mains,aussitost qu'il
fut entré dans l'Eglise. Ils
monterent ensuite dans laTribune
pour entendre la Messe
solemnelle des Morts, quifut
chantée par Mr l'Evesque de
Vienne, Prince du Saine Empire
, & par un Choeur des
principauxMusiciensde l'Empereur.
Aprés que l'on eut fini
en noir toutes les lugubresceremonies
du Sacrifice, par les
prieres
,
les aspersions & les
encensemens que l'Eglise veut
qu'on fasseaux funerailles des
défunts, Mr l'Evesque de Nitrieen
celebra une seconde
avec la mesme solemnité,mais
avec cette difference neanmoins,
qu'il la dit revestu de
blanc, à l'honneur de la fainte
& immaculée Vierge Merede
Dieu.
Toutes les personnes de la
fuite de l'Empereur estoient
sorties del'Eglise, auflibien
que les ReligieuxCapucins,
dans la pensée que Leurs Majestez
alloient aussitost monrer
en Carosse mais elles descendirent
avec toute leurauguste
Famille, de la Tribune
dansl'Eglise,pour baiser encore
une fois les mains du dé.
funt, qu'ellestrouverentaussi
flexibles & aussi maniables
que celles d'un homme vivant,
tout le monde estant
dans l'étonnementdevoir les
veines pleines de sang, & encore
plus, de ce que depuis
cinq jours qu'itestoit mort>
il n'exhaloit aucune mauvai(
e odeur, quoy que ce fliflr
dansletem ps& dans les chaleurs
de laCanicule.
Toutes les fleurs qui avoient,
pour ainsidire, servi à l'ornement
du défunt, & qu'on renouvelloit
tous les jours par
lessoins de l'imperatrice ,surent
ramassées avec la derniere
exactitude.On en fie
plusieurs bouquets, que les
jeunes Demoiselles,destinées
feulement pour assister à la
Pompe sunebre des Empereurs
, portoient dans leurs
mains
, autant par devotion
que par ceremonie.
Lors que les Religieux surent
rentrez dans l'Eglise,ils
couvrirent le Cercueil, &
l'ayant enfermé dans une boëte
de noyer, ils le mirent avec
les autres dans la place, que
selon le rang il devoit avoir
assez proche de la Scpulture
des Empereurs.
A presdes marques si éclatantes,
d'affection
,
d'estime
&. de veneration
,
que Leurs
Majefttz Impériales
,
leurs
augustes Enfans
, tous les
Grands yôc tous les Officiers
de l'Empire ,tolis les Etats&
tous les ileup,es avoient fait
paroistre pour le Pere Marc d'Aviano,ilsembloit qu'on
nepouvoit plus rien imagi
ner qui puft ajoûter quelque
choie à l'honneur qu'on luy
avoir htc,a donner quelque
nouvel éclat à sa memoire.
Cependant il faut avoüer
que rien n'est plus capable de
l'immorraliter que l'Epitaphe
suivante, Epitaphe d'autant
plus illustre qu'elle est l'ouvrage
d'un Empereur, qui a
cru devoir mettreaurang des
soins qu'il prend pour la felicité
de ses Peuples, celuy de
conserver à la posterité la memoire
de ceReligieux par un
Monument si autentique, qui
d'ailleurs porte assez les caraacres
de cette no ble grandeur
qui paroist dans toutes
les productions des Testes-
Couronnées.
A LA MEMOIRE
Du P. Marc d'Aviano,Capucin,
predicateur,
Doué des Vertus Evangeliques,
Mort à Vienne
Dans lapaix&les douxembraffememens
de son Dieu.
Leopold Empereur,
L'Imperatrice, &leur Royale
Familleont dressé ce Monument
Comme un trisse soulagement
De leur douleur,
Leiy. d'Aoust 1699.
Dieu donne le repos
Et la lumière Eternelle
J4UR P. Marc d Aviano,
Kraj Serviteur de Jejùs Christ,
Dieu toujours grand, roujours
bon, àqui rien nest caché
de ce qui le passe dans le
coeur de l'homme
,
connoisfant
la parfaite & la spirituelle
union qui eLtoir enrre Leurs
MajestezImpériales & ce servent
Serviteur de Dieu , a
permis pour leur consolation,
que ses cendres reposassent,
non seu lement dans la Vile
de Vienne,comblée dans les
derniers temps d'une infinité
de bienfaits spirituels de ce
Pere, mais encore dans une
Eglisefrequentéetres fouvenc
de Leurs Maje(tez>& de tous
les Grands de laCour, comme
citantun moyen plus efficace
& plus assure pour rendre de
jour en jour la memoire de ce
Religieux pluscelebreque ne
pourraient faire les Plumes
& les Langues des Orateurs
les plus éloquens.
Voicy une Lettre quevous
trouverez fort curieuse, Llle
estdeMrl'AbbédePoissy.
..,
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY.
quelque chose
,
Made*;
moise,est dignedenostre
admiration
,
c'est la Pendule
que Mr Pcrrauls vient;
d'inventer. Cet illustreAca--
démicien a trouvé un secret
inconnuà la sçavanre Antiquité.
Nous luy devons de la;
recoanoissance
,
puis qu'il 1J
travaillé
travaillé pour l'utilité publi.
que: mais sans nous amuser
à loüer l'Auteur, passons à
l'Ouvrage.
La description que vous
allez voir,Mademoiselle, vous fera connoistre que si la
Pendule en question ell rare
1& curieuse, elle eit encore plus utile.
Cette Pendule a cela de
particulier, qu'une même aiguille
marque en même temps
sur deux differens Cadrans qui
l'environnent, les heures ordinaires
,
& les heures inégales.
Onappelle heures inégales,
les douze heures du JOUrnf
artificiel, que l'on compte de.),'
puis le lever du Soleil jusqua|
son coucher; & les douze
heures de la nuit, que l'on
compte depuis le coucher du
Soleiljusqu'àson lever.Comme
lesjours & les nuits vont
toujours en croissant & en
diminuant, les heures qui les
composent, & qui font toujours
au nombre de douze,
croisent ou diminuent;ainsi
toujours à proportion. Ilest
encore a remarquer que cet
accrossement & ces diminutions
sont inégales entr'elles,
r;.:. font beaucoup plus grandes
ers les Equinoxes, que vers
es Solstices; de forte que ce
l'a pas esté une petite difficulté
de faire que la même
aiguille qui marque toujours
également les heures égales,
narquast inégalement les
heutes inégales.
Ce quiaempêchéjusqu'icy,
Mademoiselle
,
qu'on n'aie
trouvé ce secret, c'est que
ceux qui l'ont cherché, tâ.
choient de faire en forte que
l'aiguille augmentait ou diminuait
de vmffe chaque jour,
pour se rendre plûtostouplus
tard sur les heures qu'elles
avaient a marquer, selon que
les jours estoient ou plus
longs, ou plus courts; mais
tous les efforts qu'on a faits
de ce costé là, ont elle inutiles
;
il auroit sa lu autant de
differens mouvemens ,
qu'il y
a de jours dans une année.
On s'est enfin avisé de faire
faire aux heures ce que l'on
vouloir que fist l'aiguille. On
a rendu le s heures mobiles, &:
on les a rendues mobilesd'une
tellefaçon, qu'elles s'approchent
ous'é loi gnent lesunes
des autres, seIon que les jours
ou les nuits croissent ou diminuent.
Ainsi l'aiguille allant
toujours son chemin,elle ma1r..
que sur un Cadran nos heures
ordinaires, &surun autre Cadran
les heures inégales,qui
viennent chaque jour en douze
partieségales, & la nuit en
douze autres parties égales,
Vers le bout de l'aiguille il
yaun petitSoleild'or, sortant
de derriereune plaque brune,
qui represente lanuit,au moment
que le Soleil se leve, &
quise cache fous cette même
plaque au moment que leSoleil
se couche. Le fond du
Cadran teprefente le jour dans
sa partie d'enhaut, qui eu
d'argent;&la nuit dans la
partie d.en bas, qui est d'acier
couleur d'eau, damasquinéo
d'étoiles d'or. Ces deuxparties
croissent ou diminuent chaque
jour, selon que le demande
la saison où l'on est.
On dira peutestre quecette
Pendule est curieuse, mais
quellen'est d'aucuneutilité,
puis qu'il n'im porte guere de
sçavoir à quelle heure précis
sément le Soleil se levé & se
couche, & que d'ailleurs on
n'a pas besoin d'unePendule
pour enestreavertiOn
repond que lors qu'il
pleut, ou que le temps cft:
couvert,onne peutsçavoirprécifément
le moment du lever
ny du coucher duSoleil,&qu'il
est quelquefois im portant de
le sçavoir. On est bien-aise
lors qu'on voyage,de n'ignorer
pas quand leSoleilse leve,.
&combien de jour il reste
jusqu'au coucher du Soleil,
Elle peur estre aussi d'un trèsgrand
usage à l'Armée pour
les marches, les campemens,
,
&plusieurs autres expédition,
où il estim portant de n'estre
pas surpris par lanuit.
- La Regle de Saint Benoist
porte, que les Religieux
de son Ordre doivent co/amencer
tous les jours les Matines
au moment que le Soleil.
se leve,& les Complies au
moment qu'il se couche, de
de disposer les autres parties
du Service divin,enforte qu'
elles soient également distantes
les unes des autres dans
l'espace du jour artificiel.Saint
Benoist& ses Religieux, qui se
conduisoient sur le cours du
Soleil, n'avoientpas de peine
à distribuerainsileur Service;
mais dans la fuite des temps,
ces Religieux estant venus habiter
les Villes, où ils ont
trouvé des horloges qui ne
sonnent que les heures égales,
sans marquer ny le lever, ny
le coucher du Soleil
,
ils ont
abandonné leur Reglesur ce
point, si ce n'est qu'ils disent
encore les Matines plutost , & les Complies plus tard en
Esté qu'en Hiver. S'il leurprenoit
envie de se reformer,
sur cet Article, ils le pourroient
facilement avec le secours
d'une horloge construite
sur le modele de cette Peru.;
^ule. --'
En Turquie & par tout oll
s'observe la Religion de Mahomet,
le Service le fait pas
rapport aux htures inçgaiesi
Il commence au lever du So
leil,&laderniere de leurs
piici
res se fait quand le Soleil fé
couche.Cette Pendule leur
fe|
roit tres utile, non-seulement
à l'égard de leurs Prestres qnt
montent auxMinarets,paul
les avertir: mais aussi pour
Peuple qui seroit bien aise
d'aï
voir des horloges qui les ave
tissentde toutes les heures oj
se font les Prieres Les heur
Italiques&Babiloniqueson
£dumumarqluéees su.r cette Penf
Au dessous du Cadran efi:
¡ une Lune qui faitson cours,
| & qui marque tous les âges;
de cet Astre.
Au dessous detous ces Ca-î
[ dransest un basreliefdes qualtre
Saisons de l'Année. Mr Coypel, Fils, en a donné le
dessein
,
& Mr Cassiere,Fils
t- * l'a modelé&ciselé.La*b- oere
est ornée de sculpture de bronze
dorée, dont MrGirardon a
fait tous les modeles. X~utr
des costez est une ttfte d'Apollon
avec une pente de festons
de tous ses attributs ;àl'autre
costéily aune testede
Diane avec un feston pareilde
sesattriburs. A ponon represente
le jour, & Diane la
nuit. Sur lemilieu du fronton,
il y a une teste de Saturne,
avec deux aîlesaux deux cotez,
L'aîle qui est à droit est une
ailed'Aigle, qui reprefcnte le
jour, & l'autre qui est à gauche
est une aîle de chauvesouris,
qui figure la nuit, pour
marquée que le Jour & la
Nuit sontcomme les aîles du
Temps, sur lesquelles il vole
sans jamais s'arrester.
- La Pendule est couverte
¡,run Dôme, aussi orné de
bronze dore, où font deux
Timbres d'un ton différent,
donc l'un sonne les heures
égales, & l'autre les heures
inégales.
je me crois obligé devons
dire, Mademoiselle
, que le
dessein qu'on avoit de faire
executer cette Pendule,ayant
esté communiqué au Directeur
général des machines
des Mines de Suede, homme
d'une capacitéprodigieuse
dans les Mathematiques, &
particulièrement dans les machines,
non seulement il devina
les moyens que l'on setoit
imaginez pour en venir à
bout, mais il en fit un modele
en carton de sa main, le mieux
travaillé du monde,&faisant
toutl'effetque l'on en pouvoit
attendre. Cemodeleafourni
un très- grand nombre d'expediens
pour faciliter l'execution
de la Pendule. L'Horlogeur
qui l'a commencée, &
qui l'a presqueachevée,estle
sieur Far-doual, dont le genie 5
& l'adre sseont peu de sem blables
pour l'invention,&pour
l'execution des machines. Ses
affaires l'ayant obligé de pasLfer
en Angleterre, il n'a pû y
1 mettre la derniere main. Le
sieurleHoir>Horlogeurtr"-
i habiter tres-ingenieux ,l'a ientièrement achevée
,
& y a
rois son nom, suivant l'usage
! observé parmy les Horlogeurs.
Le sieurCucci, desGobelins,
quis'estrendu 11célébré
par les beaux ouvrages qu'il a
faits pour le Roy, a construit
laboëte quiest d'écaille de
Tortuë noire & de Lapis, avec tous les ornemens de bronze
doré, dontelleestembellie.
Tout ce qui est dans cette t
Pendule qui regarde les motivemens
, & tout ce qu'elle
marque se peut renfermer
dans une Montre de poche.
Faririviïtidoualen a fait une de cette
qualité, avant que de passer
en Angleterre. Il l'a emportée
, & l'a fait voir icy à plusieurs
personnes.
Je finirois ma Lettre, Mademoiselle,
mais je m'interesse
trop à la gloire de nostre :
Ami, pour ne pas vous faire:
parc d'un Impromptu, qui j
m'est échapéausujet decette ;
Pendule.
A MLMKRAULT. - ILlustrebien
autre chose
Quedefaire desVersque d écrireenProse,
Tupossedeslesplusbeaux Arts.
Si là-dessus quelqu'un est incre..
-
dule
Perrault, qu'iljettesesregards
Sur ton admirable Pendule!
Je fuis avec une estime respectueuse.,
Vostre, &c>>
L'Ouvrage qui fuit vous
: plairoit sans doute,enapprenant
qu'il est de Mademoiselle
Lheritier, mais il vous plaira
beaucoup davantage ,,quarid.
vous fçaurez qu'il est fait sur
le retour de la santé de Son
Alcesse Royale, Madame lai
Duchesse de Lorraine;
ID~.—IwM<aM<~~-. L L E. vEnus au desespoir que la Prin--
cesse Elile
Gracieuse, touchante , & dans (es,.
plus beaux jours,
Regnastsur tous les coeurs, tinst la
41 raison soûmise , Sansemprunter jamais sonséduisant
secours;
Se resolut dans sa colére
De ravir à cette Beauté
Les attraits qui sans art la rendoient
propre à plaire.
Venus avoir le coeur dés longtemps
irrité
De ce qu'avec éclat la Princesse-cha-r1-
mante
Avoit rendul'Amoursi docile à sa
voix,
Qu'oubliant son humeur inquiette
inconstance, Ilestoitfixésousses loix.
D'accord riaevuecxlc'Hhiomiexn,[ppaor uurnegllloe-
,."-.,.. Ce Dieu vainqueur avoi t formé
Unechaîne,donc les - beaux noeuds
Luy~ûnérentl'ardeurfidelle D'un
iei:ne^,-a s
~Ouirendpar ses bontej>eneiCU*, ~Etconsacreaux
Venusquiregardoitavecunoeilja-
Verlnoiusxardente: LaFlameardente&
Decesdeux
Voulut faire éclater sa haine
Contre l'aimable Souveraine,
Et rendit le Destin complice de ses
coups.
De tous les maux qu'on vit éclore
De ce funeste amas qu'enfermérent
les Dieux
Dans la Boëte de Pandore,
Il n'en est point de plus pernicieux
Qu'un feu qui mêle au sangunvenin
odieux,
Et qui,l'écueïl du teintparse„ s cruel.
~E1t _,tr--.C%esGraccs, epouvante
des a.ours.
Pour
sèrvÏril, DelaDéessedeIl 11,c Co!Icte
UnAstredominant,pleind'unpoinsonfatal,
°'- PDi,*
Lance (ur la Priocem
Un si fUlIeile. mal.-
Les Plaisirs innocens dés le même instant
meurent,
Les Graces font en deüil,les tendres
Amours pleurent,
Et par leur zele ardent vivement
soutenus
Songent à s'opposer au courouxde
Venus.
Minerve les prévient. Cette sage
Déesse
Avoit marqué dans tous les temps
Sa tendre affection pour la belle
Princesse,
Et luy fut prodigue sans cesse De toutes ses venus & de tous ses
talens.
Dés qu'elle voit souffiir sa digne Fa-,
vorite,
Par un essor divin sa science médite
Des moyens a (Tarez de chasserprom.
prement
- Le mal de cet objet charmant.
Elle verse aussi-tost sa sublime lumiere
Dans l'esprit pénétrant del'admirable
Mere
Dont Elise reçut le jour.
Princesse
,
qui toujours genereuse
agissante
Sçait par une vertusolide & bienfaisante,
Engager la raison & le coeur tour à
tour,
Et du plus grand des Rois enchante
La polie & nombreuse Cour.
Cherissant noblement son augustes
Famille
Loin qu'un vulgaire effroy la portes
en d'autreslieux,
Sans craind re les horreurs d'un~aim
contagieux
Elles'attache auprès de sa charmanre
Fille,
Et luy donne des soins tendres te
gracieux,
Autant qu'ils sont judicieux;
Minerve quitoujours & la guide t£fl'inspire,
Et sur l'aimable Elise a sans cesse les
yeux,
Veut que sans Esculape un fang si
beau transpire.
D'un venin menaçant elle éteint la
fureur.
Puis le Ciel touché de la peine
Et des voeux que formoient avecque
tant dardeur
Philippe, tendre Pere
, autant qu'-
heureux Vainqueur,
Et Leopold,e(pair des Peuples de
Lorraine,
Délivre Elite enfin de sa trisse langueur;
-
- Et par le pouvoir de Minerve
De les brillans attraits tout l'éclat se
conserve.
Alors les Ris, les Jeux, les Graces,
les Vertus,
Sentent un doux transportdansleurs
coeurs abatus.
L'aîné des Amours & ses Freres.
Ravis d'un tel succés, sans plus long ;
examen , AbandonnentVenus à ses douleurs
ameres,
Et plus fort que jamais s'unissent à
l'Himen,
Pour donner de beaux jours à l'au-
-
guste Heroïne,
Qui par la grandeur d'ame & lagrace
divine
Qu'elle sist éclater en soy,
Fait tant dhonneur au Sang du fameuxGodefroy,
Dont:
Dont son charmant Epoux tire son
origine.
Les Graces, les Vertus, les Amours
enchantez
De voir qu'une Princesse&si jeune
& si bell ,
A mille grande qualitez,
Et mille solides clartez,
Qu'on n'a guere quandon esttelle,
D'un beau mouvement transportez,
Occupent leur Troupe immortelle
A former à jamais pour elle
De brillantes felicitez.
Le 16. du moispassé,Messire
Jean Louis Habcrc, Seigneur
deMontmor,Comte dules Lays
&autres lieux, Intendant géneral
de Justice,Police & Finances
des Galeres de France,
& fortifications du departement
de Marseille, Conseiller
d'honneur au Parlement de
Provence, & Maistre des Requestes
ordinaire de tHocet
du Roy,Fils de Messire Henry-
Louis Habert, Seigneur de
Montmor,leFargis, le Peray,
Saint Loüee, Avenel
,
Lille..
Moreau, & autres lieux, Baron
de Maincourt, Comte du
Mesnil-Habert, de Hauteville,
Marquis de Marigny,
Conseiller ordinaire du Roy
en son Conseil d'Etat, &
Doyen des Maistres des Requestes,&
de Dame Henriette
Buade de Frontenac, épousa
Mademoiselle dsu 1a Rcj^nieç<'<<
Fille deMessireGabrielNicolas
de la Reynie, Conseiller
ordinaire3u~Roy en. son Conseil
d'Etat, & de Dame Gabriellede
Garibal,sonEpouse.
La cerernonie dumariage fut
faite par Mr l'Evêque de
Blois.
Il y a peu d'Etats aujourd'huy,
si l'on en excepte la
France,où les Arts fleurissent
davantage que dans ceux de
Sa Serenité Electorale de
Brandebourg. Ce Prince aimelesMïsses
-, & comme il
est sçavant luy me"me,&parfaitement
bon Connoisseur,
il a voulu donner des marques
publiques de l'estime qu'il fait
des Arts & des Sciences
, par
les établissemens considerables
qu'il a faits en leur faveur,
Plusieurs Medailles en font
foy. Je commence par celle
qui fut frapée après la fondation-
de l'Académiedes Arts
& des Sciences, pour servir
de Prix aux Académiciens,
aussibienqu'à toutes sortes
de Sçavans ; & comme elle
devoit representer la liberalité
deSaSerenitéElectorale,
on acru que la Figure d'Hercule
seroit assez propre à l'exprimer,
par laconformité des
circonstances qu'il y a dans
cette action entre ce Heros &
cet Electeur. Comme Hercule,
selonlaFable, après plusieursdeses
travaux, & enrre
autres ,
aprèsladéfaite du
Dragon qui gardoit les pommes
d'or, se reposa
, & que
n'ayant plus d'occasion à exercer
sa vertu heroïque
,
à fça<
voir la liberalité, en faisant
present de ses pommes d'or à
Euristée, de même SaSerenité
Electorale, après avoir fait
trois Campagnes glorieuses
au commencement de la derniere
Guerre, se reposa de ses
expéditions guerrieres,en cedant
au Roy Guillaume
,
le
commandement de l'Armée
des Alliez, qu'elle avoit l'année
1690 & pour ne demeurer
pas oisive danscerepos,
elle songea à s'occuper en
pratiquant quelques autres
vertus, & sur tout celle de la
liberalité.
LeRepos apréslesexpeditions
guerrieres,estrepresenté
par la massuë qu'Hercule
a encore dans la main,mais
qu'il a dans la main gauche.
La Liberalitéest exprimée par
la main qui donner,& par les
pommes d'or, qui specifient
en même temps la qualitédes
presens de Sa Serenité Electorale,
à sçavoir les Medailles
d'or, & l'usage enfin qu'on en
veut faire determiné par le
mot Virtuti præmiaponit.
Sa SerenitéElectorale a fait
fraper quelquesunes de ces
Medailles en or de la valeur
de cent Ducats, &elles doivent
estre distribuées aux Academiciens,
pour les porter à
se distinguer à l'envi par une
loüableémulation.Cette Academie
,qui coute paran quatre-
vingt dix mille livres à Sa
Serenité Electorale
, a pour
Protecteur Mr le Comte de
Wa«#{R&erg* Ses Terres sont
situées dans le Palatinat, &
ont esté depuis peu érigées
par l'Empereur en Comté de
l'Empire. Il est Chambellan
de SaSerenité Electorale.C'est
un Seigneur moins considerable
par sa noblesse
,
qui efl:
pourtant tres-illustre, & des
plus anciennes, que par sa
vertu. C'est aussi sur elle, je
veux dire sur cette vertu, qu'il
compte uniquement. Il a pris
ces paroles pour symbole ,
,
Virtusnobilitat
, ce qu'il n'a
jamaisdémenty par aucune
de ses actions. Sa naissance
pouvoit le fairelegitimement
pretendre aux plus grands
Emplois,mais ilamieuxaimé
n'en estre redevablequ'a son
merite. L'envie qui s'attache
I' ordinairement à ce qu'il y a
de plusdistingué, l'a toujours
respecté,&tout le monde l'a
vû monter ,
non-seulement
sans chagrin, mais encore avec
joye, aux Dignitez les plus
elevèes des Etats de Brandebourg.
Outre sa Charge de
Grand Chambellan
,
quiest la
premiere de tout 1 Etat, ilest
Surintendant des Finances,
des Bastimens & des Menus
Plaisirs;& Protecteur del'Academie
des Arts. Ainsi la distribution
des Medailles, ne
se fait que par ses ordres, par
rapport àcette derniere Charge.
L'Auteur de la Medaille
que je vous envoye gravée, &
de plusieurs autres dont je
vous parleray dans la suite, est
Mr deBresser. Maistre des
Ceremonies de la Cour de
Brandebourg. J'aurois beaucou
p de c hofes à dire de l'invention
& de la beauté de ces
Medailles; mais comme je ne
décide jamais de celles que
j'expose
,
& qu'elles parlent
assez d'elles- mêmes, je me
contenteray de dire que M1
Faltz est le Graveur qui en a fiatlescoins,& queson nom
est assez fameux parmy les
Connoisseurs,pour leur donner
lieu de croire qu'il a bien
réponduàl'intention de l'Au,
teur de ces Medailles.
On a eu avis de la mort de
Messire Jean Bachelier, Seigneur
deMoinigny
,
descendu
en ligne directe de masle
en masle, de Thomas BachelierMaistred'Artillerie
fous
Charles VII. dont le FilsGuillaume.
BâkkeiiÊ.r,, fut encore
Maistre de la troisiéme bande
d'Artillerie fous Louis XI. en
1479. suivant Moreri, ou son
Supplément, Feu MrdeMontigny
avoitesté nourri Page
de Sa Majesté. Il fit la Campagne
de Hongrie en 1664 &
se distingua à la Bataille de
Raab, ou de Saint Gotard. ;,
Ensuite il fut premier Capitaine
& commandant le Re-- giment de Saint Simon Cavalerie
,ouilalervitoujours à
la teste de ce Regiment,dans
toutes les Campagnes de la
premiere guerre. Hcomman"
dal'Arrieban de l'isle de France
fous Mr de Marleen 1695.
La MaisondeBachilierMondgny
est alliée à celles de Chaltnlcm
,
d'Hanillemont,de
Budée,de Vertus,dele Picard,
de Mntigny ,deHa
1fieelde Préaux, CetteMaison
deBachelierporie pour Ar--
pais ,
Ecartelé an premier (y*
quatrième dargent au chevron
d'azur
,
accompagné detroismoletes
degueules, qui cft Bachelier;
au deuxCeiroifiéme d'azurJ'emê 1
de France, au Lion naissant d'ar-
-
gent. Ce dernier Ecusson suc :
donné par Philippe Auguste:
au SrdeMomigny,qui portoic : laComette blanche à laBatail- :
le de Bovine, pour avoir receu j
sur sa pcrfonne lescoupsqu'on à portoitauRoy,quieiloit tom--
bédecheval encetteBataille,
ainsi qu'il est rapporté dans tj
l'Histoire de France.
Dans la Paroisse d'Auvers 2
proche de Carentan en Basses
Normandie, la Femme d'un
nomméElie le François ,
Laboureur
,
accoucha de quatre
Enfans lé jour des Innocens
de l'année derniere
,
sçavoir
d'un Garçon & de trois Filles.
Ilseurent tous quatre Baptême,
& moururent quelques
jours a prés
JevousenvoyéunDiicours
qui fut fait le 3. Novembre
dernier à Mrd.eBezons, Conseillerd'Etat
ordinaire & In-
! tendant pour le Royen
Guyenne,par MrChaltillon^
le plus ancien President au
Prtfidial dePerigueu,recomfâwin.
mandable par sa naissance,par
esa prietué,&dpariutneiporofonnde.
MONSEIGNEUR.
La Paix si desirée, qui s'est si
heureusement répanduë&éta.
blie dans l'Europe,efttomme
une nouvelle vie à tous les
Sujets du Roy dans ses Etats,
une nouvelle vie animée des
devoirs de laReligion Catholique
, ôc des devoirs de la
Jud'ce.
La Paix, selon les Politiques
, & les Sçavans, est désinie,
1a tranquillité del'ordre.
Ouy, tout efi tranquil-
I
le,lorsquetout esi dans l'ordre
dans un Estat.
C'est la fin que nostre Àuguste
Monarque LOUIS
LE GRAND, sest proposée
dans la Paix pour maintenir
la tranquillité, par le bon
ordre dans les Etats
y
de réunir
tous ses Sujetsdans le fein de
l'Eglise Catholique
, pour en
faire de bons & de véritables
Chrestiens, dansun Royaume
tres Chrestien, pour en faire
de bons & de fidellesSujets
réünis à Dieu, & unis à leur
Roy par les mêmes devoirs
de la Religion Catholique &
les devoirs de la Justice.
Quels remercimens pourra
jamais aflfez faire la Guyenne
à Sa Majetté, de luy avoir
choisi pour cette fin un Archevelque
si plein de zele
pour la Religion Catholique,
de laquelle dépend le bonheur
& le fafut de la Province?
Pourra-t elle jamais assez reconnoistre
la grace qu'elle a
reçuë de Sa Majesté d'avoir
continué à vous y confier son
autorité pour y maincenir le
bon ordre & la tranquillité
publique quevous y avezconservé
parvostre sage conduire,
même sur sesFrontières ex- posées aux-Ennemis dans le -
fort de la guerre, au tem ps
queSaMajestéavoitlesarmes
- à la main Elle feule contre tontes
lesPuissances de l'Europe.
-
C'eitencoredans la maison
illustredeBezonsqueSa Majessé,
qui se connoist si bien
er.-nieritea trouvé parmy ses
Officiers Generaux dans ses
Armées, M^deBezoqsvostre
Frere, digne de la distinction
& de l'estime particulière de:
sonRoy.
- Ce fera dans la Paix & par
le zele de ce grand Archevefque
MrdeBezons,aussi vostre
Frere,quelaReligion Catholique
,route triomphante qu'-
elle est dans la France, triomphera
particulièrement dans
la Guyenne,où elle avoit esté
en tant d'endroits deshonorée
par l'HeMfie.
Cefera,Monseigneursfous
la conduite d'un génie superieur,
comme est le vostre
que roue y fera tranquille parce
que tout y fera dans t'ordre.
Cet ordre qui met tout
dans sa fituatron naturelle ôc
tranquille, fera, nous l'avons
déjà dit, comme une nouvelle
vie qui animera toutes les parties
de la Guyenne, des del
voirs de la Religion Catholi-
| que,&des devoirs delajufti-
[
ce; des devoirs de la Religion
Catholique pour y attirer les
; benediâions de Dieu; des
devoirs de la Justice, pour y
joiiir des fruits de la Paix, par
l'application au commerce&
autravail,chacun dans sacondition&
dans son estat
, par
l'abondance qui fera répandue
justement sur toutes les
parties & sur tous les besoins
dela Guyenne.
Mais,Monseigneur, quelques
témoignages que cette
grande Province de la Guyenne
puisse vous rendre de sa
reconnoissance publique
,
il
faut avouer qu'ils feront toujours
au defljus du merite &
de la grandeur de vos bontez,
particulièrement pourcePays,
& pour cette Compagnie;
pour ce Pays de Perigord
privé même du necessaire ,
,
par une disette publique, qui
s'est fait sentir des le commencement
de cette année, & qui
a mis toutes fortes de conditions
dans un estat de foiif
france. -' - -
Ilestvray, nous ne devons
pas obmettre que la Provi-
; dence de Dieu nous a donné
f dans ce besoin un Evêque, un
Pasteur si charitable, qu'il s'est ,
épuisé luy-m ême pour repaistre
ses Brebis & son Troupeau.
On a même vu les Pauvres
des Dioceses voisins accourir
en foule, au secours
d'une charité aussi grande &
aussipleine que l'est celle de
ce bon Pasteur & de ce biensasseur
public,
Mais, Monseigneur
, vous
avez ajouté vostre médiation
auprès de Sa Majesté, vostre
médiation toujours seure, par.
ce qu'elle est toujours juste.
Les aumônes publiques employées
à des travaux publics
par les ordres du Roy, feront
1 toujours en ce pays de doubles
monumens de sa bonté royale,
& de la Charité bien ordon-..
née du meilleur des Rois.
Cette Compagnie estant
toujours dévouée au fervicc
de SaMajesténe sçauroit rien
faire de mieux pourreconnoître
vos bontez que de suivre
vos ordres, de loüer une conduite
aussi juste & aussi louable
qu'est la vostre, que de
s'employer
semployer dans l'étenduë de
son pouvoir, a remplir dans
chaque condition, & dans
chaque estat
,
les devoirs de
la Religion & les devoirs de
la Justice, & vous rendre avec
tout l'attachement possîble
lescres humbles&tresfideiles
services,& son obéïssance.
Vous avez esté fort contente
de la Satire de MrCan-
~na~ Chanoine de l'Église
Metrepolitaine de Bordeaux
contre l'Opera
,
où tous
Vous n'aprouverez pas moins
sans douté le nouvel Ouvrage
de sa façon
, que vous allez
lire.
AUX HOMMESMARIEZ.
F Avoris malheureux des amours
legitimes.
Qui pardivers chagrins en estesles
viftimes,
Et qui par un esprit inconstant &
jaloux
Méprisez de l'Himenlescharmesles
plus doux.
InsensiblesMais.qui passez votre vie
Sanscraindre le méprisJ ny lestraits
de l'envie.
Cherc hez dans vos devoirs un solide
bonheur,
Pour établir chez vous le repos &c
l'honneur.
Ménagez doucement l'Epouse qui
vous aime>
Elle vous est fidelle, agissez-en de
même.
Jamais par des froideuts n'irritez ses
appas
On n'a guere d'amour quand on
n'en marque pas.
Faites qu'à vostreexemple elle soit
toujours sage.
Si vous estes coquet, elle fera volage;
Si vous aimez le Jeu, les Festins,
l'Opéra,
- Dans les mesmes plaisirs elle s'éga-
~ixra.
Maiss'ïl faut qu'en amour vousserviez
demodele,
Ou pourra.t-on trouver une Epouse
fidelle?
Ne voit on pas souvent qu'une injustefroideur
Eteint dans le dégoust vostre première
ardeur.*
L'Epousetrop sensible àcette indifserence,
Paroistsiereà son tour, se rebtiteu
sYfïcnfe ;
- De reproches sanglans accompagne
les ctis,
Et couve dans son coeur la haine &
le mépris.
Rien n'ea(j dangereux qu'un amour
qu'on outrage , Et la vengeance est douce à l'esprit
le plus lage.
Souapçtotnanacnthceteinmgratedn'unta,utre
Elle le rend jtloux,Se' Ce fait un
Amant.
Leurdépit réciproque augmente
leur* querelles.
On ne peut les finir, elles sont immortelles.
Envain pour les calmer s'assemblent
des Parens, [rens»
Eux mêmes divisez en partis diff.;..
Font naistre imprudemment une
guerre civile,
Qoj ne sert qu'à grossir les contes
d'une Ville,
Il faut qu'une injustice éiabhffv k
paix,
En détachant les noeuds que leCielavoit
faits -'/, 1.-
La chicane autor ise une mode barbareJ
Ne pouvant les unir, il faut qu'on
les separe.
Chez un. Juge abusé des témoins
achetez
AnaqÙlcu sa droiture avec cent fauliriez,
-
Et font le malsi grand, qu'enfin a
toute force
On extorque de luy le decret du
divorce.
Cet abus est cruel;&leCielle défend.
Pouréviter un mal on en fait un
plus grand.*
Chaque Epoux dispensédes loix du
mariage,
Redonuble saon ergreur &eson liberti- Et les pauvres Enfansconfiez à l'un
d'eux,
Deviennent orqhelins
, & vivent
malheureux.
Quoy
,
faut-il aujourd'hui sur de
legetes plaintes
Violerdes Contrats, & les loixle, s
plus faintes,
Etdégageant les coeurs des plus sacrez
liens.
Joindre la loy des Turcs à l'erreur
des Chrestiens ?
.On ne laisse à l'Himen que des
noeuds en peinture,
Que ledépit immole au caprice, au
patjure.
C'est le corps & l'espritquije font
subliter, ltefier!
;.Ets'ils font separez, que peut-illuy
On croit taire durer le noeud qui les
engage,
Mais à quoy sert un bien dont onn'a
pasl'usage ?
Quel moyen d'éviter ce malheur de
nos jours ?
C'est de regler d'abord sa Femme&
ses amours.
Evitez lestransports des flâmes induretés,
-
Etne latraitez pas comme on f&z
les Coquetes.
Songez qu'à quelquejeu qu'onprodigue
son bien,
Onsemétauhazard dene lelaülèt
rien.
D'un sieclé corrompu ne suivezpas
lamode,
Sansdevenir jaloux,ny vous rendre
incommode.
Portez la sans contrainte à garder
- sa" maison
,
",
A n'en sortir pas seule&sans bonneraison.-
Evitez du Jaloux lacruelle maxime,
Qui ferre sous des clefs sa Femme
-
qu'il opprime.
Une vertu forcée est un vice ca-
-
ché,
Sile corps en est pur - , l'esprit en est
taché.
jL'eXeraple en est frequent aux riva-
,
gesdu Tybre,
Où l'Epouse s'égaie au momenr qu'-
-
clicest libre.
ILes plus severes loix des plus fiets Gohquerans
Neforcent paslescoeursà chetirdes
Tyrans.
Tout excèsestnuisible,il est toujours
blâmable-,„ Mat.jougde l'Himen il devient otitable.
Il faut quesans soupçon,& sans estre
emporré , La devoir 5c l'honneur reglent sa
liberté.
Mais pour luy faire suivre une regle
li belle,
Bannissez les Amans qu'elle reçoit
chez elle.
Eloigonezfpfroimpcteeimeentucetxhom,me
Qui ménage en secretdes momens
précieux,
Qtji flatevostre Femme, & qui la
préoccupe.
Ilsedit vôtreAmi, mais vous estes sa
dupe.
C'est une étrange erreur des Maris
indolens,
De souffrirqu'une Femme écoute
des galans,
- Etde les laisser seuls avectrop de
licence ,.
Par des discours suspects troubler
son innocence. ---
Quoy
,
peut-onexposer sanschoquer
le bon sens,
Un beau vase fragileà la fureur des
desvents ?
A garder un tresor qui doit jamais
prétendre,
S'il le laisse aux voleurs qui cherchent
a le prendre ?
Cependantc'est la mode,& lebenin
Epoux
Noseroit l'empêcher sans palTer
pourjaloux.
Sottement possedé d'une aveugle
manie,
Il sesaitun honneur de son ignominie.
Doit-il encor souffrir qu'elleaille à
l'Opéra,
Oùdans soncoeurtouché l'amour se
glissera
Nymame,à Pharaon, Jeu charmant
ôc suneste,
Qu'elle perde son temps, & l'argent
qui luy reste?
Sil'onsuivoit l'espritde laloy des
Chrestiens,
On fuiroitces plaisirs que prénoiet
lesPayens. Maison veut s'aveugler, on se fait
d'autres guides , Etcen'estplus le temps des maximes
rigides.
Sivouslesinspiriez,ah, quevous
feriez bien!
Mais pietchez, murmurez,vous ne
gagnerez riene
vous ay parV du Mandement
de plusieurs Archevesques
& Evelcjnes du Royaume
faits dans leurs Dioceses
pour la publication de laconstitution
de N. S. Pere le Pape
Innocent XII. portant condamnation
du Livre intitulé,
Exposîtion des Maximes des
Saints sur la vie interieure, mais
je ne vous ay encore rien dit
du Mandemenr de M l'Evêque
de Noyon, Pair de France,
Voussçavez que tout ce qui
part de laPlumedece Prélat,
est remplid'une profonde érudition
,& qu'il n'estoit encore
qu'Abbé de Tonnerre,& dans
un âge peu avancé,qu'il prêchoitdesCarêmes&
desAvents
entiers devant le Roy. Ille
falioit avec tant de force &
d'eloquence, que ses Sermons
égaloient ceux des Predicateurs
de la plus haute réputation.
Ainsi il ne faut pas
s'étonner si tput ce qu'il écrit
est recherche&applaudy. Ce
dernier Mandement Pastoral
l'est beaucoup. L'en y voit
d'abord une infinité de citations
sur le sujet qu'il traite,
Elles font voir combien - il
possedeà fond les Peresde
l'Eglise&l'Ecriture. Il rapporte
ensuttela condamnation
du Livre dont il s'agît,& dit
après. Cette ConstitionApostolique
a esté unanimement receuë
parl'Eglise Gallicane, cm acceptée
avec les mêmes acclamations
que les Lettres des Saints Papes
Celestin 1 e~ Leon Il adressées
aux Peres des Conciles G neraux àEpbcfc çy de Chalcedoine, y
furentestimées&approuvées L4
Foy de lE^lje a C.i;counl av,c
celle de son Chef, qui en a tIlt
l'Oracle, el'unité de l'Episcopar/
oliaflzrement commun a juge
souverainement avec le Saint
Esprit.
Tel a ejli le succés de nos Af
semblées Provinciales
,
reveftuës
de toute la force d'un Concile
National, quoy que dépouillées
Cr privées de ce nom, mais en
même tempsesperances fondées
,
présages certains
,
semences heureuss,
des fruits plusabondans
d'une doctrine faine, d'une diseiplineexacte&
d'une moralepure,
que l' Eglise de France pourra recueillir
dans la forme plus reguliere
que des Conciles Provinciaux
,par les ordres efous les
abfyices du plus religieux de tous
les Rois,quirenfermeeminemment
ensa. personnesacrée toutes les ad*
mirables qtialitt7que les Oracles
de l' Ecriture, les Monumens des
Conciles, e*r les Annales des Histoires
ont relevéesàl' honneur &
en faveur desplus insignesHeros
qui ayent jamais para parmy les
Juifs,les Chrestiens& les Franfais.
En effetLouis le Grand est un
autre David e7 le plus sage des
Princes.
Un Salomon quidonne lapux,
~& dont le Tronc sans égal s'éhye
gr s'affermit tous les jours.
Un~Jebufidelle^ihoifideDieu
pour commander à son Peuple
~& detruire la Maison d'Achab.
Un Josias plein déquiJé,cr.
qui ne s'ecarte jamais dzl rcgjes
deson devoir.
Le nouveau ~Constantin,&
l' Euequeextaleur ordonné de
Ditu pour rendre (Ji conserver 14
paix à tEghfe.
Le Theodose animé de l'iïptit
sacerdotal, (;). par làsi digne de
rt/pe et.
Le Adarcian rempli de ?Je
qui mérita autrefois le sacré nom
dePrestre,
Viflorieùx commt Clovis,foi.
gneux dusalut deses Peuples,Protecteur
de la Patrie, Arbitre des
Notions.
Le puissantTheodebert, dont
les armes ont une puissance divine,
recommandable par l'excellence
de la RcryautéJ ~&la multitudedesdifferens
Peuplesqui luy
sontsoumis,dontla puissancepour
ejlre étendüe,n'estpas moins unie
plus illustrequeChildebert O*
dont la dignitéRoyale en son ail.
guste personne. Surpassed'autant
plus celle des autres Princes,qu'ils
sonteux mêmes an dtJfUJ desautres
hommes.
Le nouveau Clotaire,quia
donné un Edit solemnel pour
reprimer l'audace de ceux qui
oseroient violer l'ordre étably
par l'avis des Evêques (7 des
principaux dt lEtat.
Plus ferme que les Charles à
défendre la libertédel'EgliseGallicane,
Cm qui ne cede en rien à letpiété
exemplaire deS. Louis..
Prince enfinéclairédes lumières
d'ungenie siperieur, & qni:
ayant une parfaiteconnoissance
de lamalignité de l Heresse
, ordonne
avec autorité} pour pariw
le langage de Saint Augustin tout
ce que l'Eglise en peut ~& doit
desirer Eneffet, les Rois remplissent
leurs obligations à l'égard de
Dieu en qualité de Rois,lors qu'ils
font pour son service, ce qu'il n'y
a que les Rois qui puissentfaire.
Et c'est ce qui ôte à nos HerCm
tiqoes
,
aussibien qu'aux Donatistes
,
tout sujetdese plaindre de
tant d Arff/h ~& d'Edits
,
'puis
quesi les Princes malheureusement
engagez dans l'erreur, ont fait
pour rétablir des loix contre la
verité, ceux qui font h¿ureufi.
ment éclairez deses viveslumie
res ,
doiventfaire pour elle con t r
l'erreur, des loix quirendent coupablestous
ceuxqui les méprisent,
estant certain qu'une personne qui
refusedefairecequela divinefferu
te luycommandepar leministre des
Roispour le progrèsde la Religion,
&la*dejlru£liôn de l'iniquite est
justment punie par les hommes,
fons pouvoir trouver ny excuse,
nypardon devant Dieu.
Ce religiuxMonarque
,
aussi
%elé pour maintenir les .loi?, de
l'Eglise,quefournis à ses decisions,
ne pouvoit donner des preuves
plus éclatantes de soninsignepieté,
quecelle de nous laisser dans l'ancienne
~0* canonique pojJrffion des
jfjjemblécs Provinciales, ~&ck
nous avoir permis d'en tenir une
sur le sujet de la presente Constitution.
C'estainsique S. M. fiuiv,ant,
~mêmeJurpaJfantl'exemple des
plussaints Empereurs, a reconnu,
~&soutenu le droit divin, Cm lepouvoir
essentiellement attaché 411
carastere Episcopal, de juger les
questions defoy.
Les termes (if} les clauses d'un
Bref qui nest point adressé aux
jÉrchevefques & Evesques paroistroienf
en quelquefaçon contraires
aux Libertez de tEglz(è
Gallicane ~;oraux du
Royaume, mais (XCl:è,:\par ïextremedesirderépondreaux
inflances
du HÇele du Roy,pressezd'.411.
leursparnostre profond
r
espectpour
le digne Pontife du Siege sfpofîou
lique, nous avons cru qu'ilsuffi
soit desuppléeraudéfaut de laforme
par le mérité dufond.
Ceriejl pas seulement en cette
nouvelle ~& importante occasion
que l'EgliseGallicanr,toutejalousequelle
efl des Privilèges que les
Conciles, ~&particulieremen.t celuy
de Nicée, ont conf,'Ve'{ aux
grandes ri principales Eghfesy
sembleavoiroublié ses Lihette£
pourfaire triompher la vérité&
plus promptement C7 plus sures
ment.
En effet, nen a t el.'r pas usé
de la même manière dans la recept;
on des R,/crlts du Pape Léon
111. du temps de Charlemagne;
c, pour pafltr tout àtin coup des
anciensfaits aux nouvaux ,nat
ellepasaujJi accepte de nos jours
le73refJ InnocentX portantcondamnation
duL'ure de Jansênius,
&laCsnftitKHon dAlexandre rIl. expediée en forme de Bref
pour la filature du Formulaire,
Sa ven,ration riijl* pas encore
moindre à present pour tes Décrétait;
authentiques} quoj que ptt4.
fuuii
fleurs ne soient que desimples lettres
, & des réponses particulières.
Cependant nous aurions deJire
de tout nostre coeur9 & il auroie
eslé plus conforme à la Discipline
primitiveobferméedésletemps
de S. Cyprien) que cette affaire
quiafait tant de bruit&d'éclat
tuR. esieajjoupie
, & terminée
dans le Royaume oùelle efloit née;
•maispuisqueMr*/'Archevefqut
-de Cambray l'a d'abord portée au
fc. Saint Siege,nom avons du moins
cetteconsolation,&mêmeuneextrême
joje desaparfaitefoumif»
fion aujugement ..Apostoliques
soumission qui nous apprend que si
[on e¡ptit s'estoit laisse malheureu,'
ftment séduire par lerreur ,son
coeuf l'avoit hrttrenpm?ntredressê
pour suivre la Verité•foumifjton
qui engage ce Pasteur dam son
Jldandement^dedonneràson Troupeau
jusquaudernier soupir desa
eule ,
l'exemple dune pleine& entiere
obeïssance au Saint Siege ;
Jbumtffton enfin qui a consommè le
gr4nd ouvrage de la Paix -daé
l'Eglis ^troubléepar la nouveauté
àune doctrine dangereuse&illusoire,
(7 qui IUy ejloitincon«i
lauë
0 exemple rare! ô matière </i--
gne d'une singuliere admiration !
Chefd'oeuvredegrace triomphante
,
heureuse.faute, erreur avantageuse
,
aveuglementéclairéf
tromperiepluspassive qitaflive,
tenebres éclatantes, (^r dijjîpêes
par les lumière du Soleil de jujiicel
tablefalutairetrejfourcedunaufra*
ge,fatal écutil, qui eji devenu le
Port dusalut
,
remede plusgrand
quelemal, humiliation glorieuse,
honte honorable) scandale edi.
fiant, chute du jufle relevé &
joutenu parla main deDieu!
Que de succés imprévus ! Le
miflere du Semiquietisme est enfin
decouvert cm révélé
,
lesillusions
sont évanouies, les tempérament
sont reconnus pour des excès, les
expediens pour desinconvtniens9
&les vingt- trois proportions
avancées&soutenuës commema-
ximes des cSttintJ, ont l'fié notées
0e jlêtries avec d'autant plus de
justice, qu'elles donnaient Atteinte
0, la veiné de nos mijleres, À /4
p-uretè des moetrs ,
à l'autorité
de l'Eglise
, pr à l'excellence de lOraison.
Plusieurs grands Prélats, heritiers(^
anime^ de l'espritdenos
saints Prédicateurs
, ont eslé dans
leurs doctes Ecrits lesgenereux desenseurs
des verite^ orthoJloxis%
qW le Semiquietifmeavoit témérairement
attaquées. Et nousiqucf
que le moindre de tous ceux qui
forment le Collège Apostolique G'
Episcopalde l'Eglise Gallic.ine',
avons eu toutefois honneur d'lftre
despremiers a flgnaler/lojlre%tlc
dans noflreLettre PAflorale.
Tel avoit esiêIr glorieux
(
rnphy
desdtbanajes
,
des Gregoires de
Na^ian^c, des Cyrilles (Tdte<
xandrie,&des Leons}pourconfondre
les dctefl*bles erreurs dsrs
.A, iens, des Macedoniens, des
NestloriensJ (7 des Eutichiens,
dansles Conciles Ecumcniques de
Nicée de Constantinople dEpbefe
& de Chalcedoine.•
Ilnenous resse donc plus, mes
chers Freres, après avoir rempli
tous les devoirs de l'autorité, de
la fohcitude & de la charitéde
nojlredivin ministere, qu'à prositer
de la conjoncture presente 'afin
de renouveller les ajJUYAnCeS refpeSlueufes
de nostre siJelie & inviolable
Communion avec U•
Chaire de Saint Pierre, à laquelle,
suivant letémoignagedeSaint
Irenée, ilfoittnecejfairtment que
toutes les Eghfes se réunifient,
tommeala premiere&principale
peissance,
Il adhere ensuite par toutes
"éesraiions au Jugement de inofireSaint Pere le Fape)&
en consequence du Décret de
l'Assemblee Provinciale de
1Reims, il condamne le Livre
intitulé, Explication des max lmes
des Saints sur la Vis m et
rUurt, & lesvingttrois Proposions
qui en ont elle extraites,
avec les mêmes qualifications
de la Constitution
»Apoflolirlue.
Mrs Les Lanternistes de
Toulouse donneront un Prix
cette année, à leur ordinaire.
Voicy ce qu'ils ont fait imprimer
sur ce sujet.
BOUTS RIMEZ
Proso(e'{. par les Lanternistes,
Pourl'année 1700. ON a lieu d'esperer que
nos Bouts, rimez plairont
beaucoup cette année.
On a pris foin qu'ils eussent
quelque rapport à la situation
des choses presentes;&com.
me iln'ya rien de plusagréable
que la Paix, il estoit malaisé
de ne pas l'avoir en veuë
dans le choix qu'on a fait de
ces Rimes. Elles font toutes
propres à inspirer de beaux
sentimens pour la gloire du
Roy, de ce grand Monarque
qui nous a procuré cette Paix
d'une manière tout a fait héroïque.
Le retour de l'innocence
& des solides plaisirs, le
retablissement des beaux Arts
&du Commerce,fournirent
une matiere rem plie dé nouveaux
agrémens. Que demerv|
dttes à décrire !Que de vertus
à representer ! Efl il de
plus doux attrait, de plus
charmante invitation pour les
'Mures?; C'est en travaillant
sur un si noble sujet, qu'elles
peuvent s'acquerir une reputation
immortelle Olive.
EclaJanf.
Temps.
jdtfive.
Attentive,
Contens.
Titans.
, Captive.
Saison.
Óri-zon.
Barriere.
Souunir.
Carfiere,
°..Avenir,
Les Sonnets doivent estre
accompagnez d'une Priere en
quatre Vers pour leRoy, Be
d'une Sentence. Les Auteurs
: mettront leur seing couvert
&.cacheté au bas de leurs
Sonnets, ou dans une Lettre
separée, le tout fous lamême
envelope
,
& rendu franc de
port chez Mr Seré, prés la
Place deRoaixàTou )o'jfe,
huit jours avant la Saint Jean,
Onavertit que lesSonnetsqui
feronten petits Vers, ou à rimes
composées ,nepourrons
; prétendre au Prix.
- Le Sieur Nicolas le Clerc ;
Libraire ruë Saint Jacques, à
l'Image Saint Lambert,debite-
un Livre nouveau, incicufey
Histoire desMouvemens arrivez
dans l'E¡:llfè ausujet d'Origene p*
desa doctrine Origene eit peutestreceluy
des Auteurs Ecclesiastiques,
,
dontonait dit dans
tous les siecles plus de bien &,.
plus demal. Plusieursontécrit
pour faire voir ce qu'on doit,
penser de sa doctrine; d'autrespour
examiner ce qu'on doit.
penser de son salut;maispersonne
n'avoit encore entrepris
de donner une Histoire
complete de l'Origenisme,
-(;'eH à dire des Mouvemens
arrivez dans l'Eglise durant
prés de quatrecens ans , aq.
sujet d'Origene & de sa doctri-
-ne. On peut dire que ces mou.
vemens renferment quantité
des plus beaux endroits de
fHdloirc= Ecclesiastique. La
Vie d'Origene, meslée d'un
si grand nombre d'évehemens
fort singuliers, les rapports
qu'il a eus avec trois ou quatre
Empereurs, les divers caracteres
de ces Princes, les uns
affectionnez à l'Evangile, les
autres résolusà faire perir tous
lesChrestiens,la tristechute de
plusieurs,lesactions héroïques 2
des autres lapluspart Disciples
d'Origene, combattant tous
ses yeux dans trois di fferentes
perfecurions, le malheur de ;
celuy qui *clioic le maistre de :
tant de Martyrs, sa penitence,
,
& la maniéré dont il pleurasa
faure, combien peu il s'en fal-
- lut qu'il nemourustpour J. C..
& le sujet que l'en a de craindcebcju'il
ne foit mort Heretique
; ce qu'il fit en voyant sa
doctrinecon damnée par pref
quetouslesEvesque;l'Apelogie
qu'il publia, sans nean- -
moins vouloir rien retracer,
les jugemens qu'on en fit, les
contentions qui s'éleverent
dellors sur son su jet entre plu.
fleurs Egiiles
,
fournirentà
l'Auteur de cette Hiitoire une
belle & ample matiere, qui
fait le sujet de ses deux premiers
Livres. -
Dans le troisiéme on voit
de quelle maniéré laSecte des
Origenistes commença à se
fermer, comment ses Livres
devinrent à la mode: ce que
firent les premiers hommes
de l'Eglise pour leur donner
vogue; l'ardeur des Solitaires
à les lire & à les répandre;
combien peu de per[oonesi:
découvrirent ce qui en arriveroit
;
lezele & la fermeté des
Saint Pachome, qui se trouvai
presqueseul oppoié à cesfatales
lectures
, ce que Dieu luy
avoit révelé à cet égard; les
mouvemens que se donna S..
Athanase, pour arracher Origene
aux Ariens;. l'artifice
avec lequel ceux cy se décla-
-
rerenc ses Disciples, ce qui
servit infiniment à leur acquetir
del'autorité&de lacréance
dans lesesprits.
Dans le quatrième Livre
on trouve ce qui arriva
,
lors
que lesOrigenistes se furent
accoutumez à ne plus regarder
la chair que comme laprison
de l'esprit, & nullement
comme une peine de nousmêmes,
santifïée par l'uni n
qu'e lle a avec J. C. & destinée
àregner avec luy dans la Gloire.
De là ils. crurent pouvoir
conclurre que les soüillures
de la chair n'estoient pascapablesd'oster
àl'esprit la pu.
reté,nyde le priver de la gra-
'- ce du Createur. Onvoitassez
à quelles abominations conduit
ce déreH:Jh!e principe
qui forma dans l'Orient une
seconde Sected'Origenistes;
si décriez par leurs desordres,
qu'on leur donna le nom d'Infâmes
& de Débordez. Ce double
Origenifme, l'uncharnel
& l'autre spirituel, a pour témoin
Saint Epiphane
,
qui
semble avoir peint dans l'un
& dans 1 autre ce qui est arrivé
de nos jours à l'égard du
Quietisme On y remarque
encore que l'Ori geni lme
chatnel dura tres peu,& suc
abhorré de tout le monde;
ceux même qui en estoient
nfe*5hz n'osant produire aux
yeux des hommesune doétri.
ne si affreuse; au lieu que
l'Origenisme spirituel, dont
lesSectateur,selonSaintEpiphane
mcsme, estoientirreprocha
ines du costé dela pureté,
ne put estreéteint que
deux censansap rés, tantiltst
vray qu'une Her sie charnelle
est moins à craindre pour l'Eglise,
q-,Ic celle où l'onne voit
lien que de tres-reglé dans
les moeurs.
Didyme qui passoit pour
un hommeàrévelation, & q)i
estoit d'ailleursun prodige de
science
,
devint le Chef des
Origenistesde son Siecle. Rufin
, Prestre d'Aquilée d'un
merite extraordinaire, entra
dans ses sentimens, & yengagea
Melanie,dont il estoit
le Directeur. Cette Dame, des
plus anciennes Maisons de
Rome, que quantité d'avions
d'une vertu peu commune
avoient mise dans un treshaut
degré de réputation,
consacra son bien & son crédit
à l'avancement de ce Party
Jean, Evesque de Jerusalem,
voulut que la Palestine
en fust le centre, toujours
néanmoins par dé pendance
: des Monasteresd'Egypte,qu'
uneautorité sans exemple irn
doit plus propres que tous les
autres à persuader la nouveauté.
Saint Jerôme &Saint Epiphane
semirent en devoir d'y
résister, & s'éleverent contre
leserreurs d'Origene. On leur
opposa les témoignages des
Saints Athenodore, Gregoire
Thaumaturge, & de Denis
d'Alexandrie, Pierius, Theognoste,
Pamphile d'A tanaze,
Hitaire, Gregoire de Nazianze,
Gregoire de Nisse, Basile,
Ambroise, EusebedeVerceil,
qui tous avoientfait gloire
gd estre
,
les uns Disciples, les
autresTraducteurs & admirateurs
d'Origene. Rome
,
ôc
tout l'Occident prit partàcet.
te. contestation, beaucoup
moins éclatante pour la quiliré
des personnes, que par
lesartifices dont les Origenistes
se servitent pour opprimer
les deux premiers h ommes
qui fussent alors, l'un
dans l'EgliseGrecque, & l'autre
dans la Latine.
Theophile, Evêque d'Alexandrie,
commence à paroistre
en cet endroi t Il semble
ne vouloir prendre aucun
parti,& puis il panche du
costé de Jean de Jerusalem
,
trompéqu'ilest par le perside
Isidore, dont il ignore les liaisons
secretes avec les Origenistes
Enfin il les découvre
&il éclate , contre eux. L'Eçv*
pte entiere se remuë, tandis
que Rome se déclare presque
toute en faveur d'Origene,&
de Ruffin
,
son Traducteur.
Tout conspire a corrompre la
Foy de cette premiere Eglise,
lors que Dieu su sciteuneFemme
pour la soutenir. Marcelle
découvre les impostures de
Ruffin. Anailifr) si tost qu'il
estelevé sur le Trône de Saint
Pierre, les frape d'anatheme.
Les Eglises d'Alexandrie
,
de
Chypre, d'Aquilée, de Milan,
conspirent à foudroyer Origene,&
àle déclarer Heretique.
Melanie se convertir.
Ruffinest obligé de secacher;
& tandis qu'il cherche à redresser
ses affaires
,
il meurt
plus opiniâtre que jamais;
mais avant que de mourir, il
réüOEe à commettre l'unavec
l'autre ces deuxincomparables
Docteurs, Saint Jei.o-mc
& SaintAu g u ftin. L'Histoire
de leurs differens termine le
Livré
Livre quatriéme
, & elle eLt
écrited'une maniere aussi propreàedifier
qu'à in struire.
Dans le cinquiéme,onvoit
celuy de Theophile & de S.#
Jean Chrisostome,au sujet des
Origenistes.Cetévénement
si celebre & si tragique les que Anciens & les Modernes
ont raconté chacun si diversement,&
lapluspart d'une maniere
peu suivie, est icy dégagé
de tout ce que la passion a raie dire de part & d'autre, &
puis rapporténaïvement sur
la hy de divers témoignages
quon voit bien ne pouvoir?
estre (urpeéts.
Ensuite on voit les liaisons
de Vigilantius & de Pelages
avec les Origenistes Lesder--
& niers combats de Saint jerô,-
mecontre ces deux Heresiar-
- quesjamorcëe l elogedecet
infatigable Ecrivain.
Aprés cela viennent les
avancures de Synefus,qu'on
fit Evesque malgré luy,quelque
chosequ'il puste dire de =
son attachement aux erreurs
d'Origene ; jusqu'à publier
hautement qu'il n'y renonceroit
jamais non plus qu'à fo
femmeàson jeu, &à son équipage
de chasse ; les soins qu'il
se donna depuis pour détruire
ces mêmes erreurs qui subsis
terent néanmoins fort paisi
blement durant prés de cent
ans par la diversionque firent
-
Nestorius & Eutichés, dont
les differentes factions divifées
en cinq ou six branches,
déchirérent si longtemps l'Eglise.
A peine font elles diffipées
que l'Origenisme reparoist.
L'admirable Saint Sabbas
arme tous ses enfans contre
cette hydre renaissante
mais il , a le dcplaifir de la voir
seglisser jusque dans ses Mo:
nasteres,d'où estant presque
parvenue à la Cour, plus l'Empereur
Justinien fait d'efforts
pour la détruire, plus un Evêque
son Ministrelasoûtient
habilement à son insçu. Cela
-,
dure douze ans entiers pendant
lelquels le courage des
Défenseurs de la Foy est mis
à d'étranges épreuves. Enfin
ce que les hommes ne peuvent
faire, le Toutpuissant le
fait, & tout d'un coup une
Seâc qui estoit l'oeuvre de
plus de trois cens ans est dissipée.
On trouve à la fin de
cet Ouvrage deux choles dignes
de la curiosité desScavans.
La premiere ert un plan
de la doctrine d'Origene dont
les erreurs avoient paru lUe:
qu'icy n'avoir nulle liaison
l'une avec l'autre. Or on démontre
par ce planqu'elles
viennent toutes d'un même
principe, qui n'estautrechose
que lx manière outrée dont
Origene concevoir l'immutabilité
de Dieu.
L'autre piece est un éclaircissement
sur ce que les An.
ciens, ont dit de la condamnation
d'Origene & de ses
Disciples dans le Concilegeneral
, ce qu'on fait voir ne
pouvoir convenir au Concile
tenu en 553. &en même temps
on prouve que le V. Concile
general, suivant l'idée des Anciens
,
estoit composée des
Assemblées tenues en trois
temps dilferens, sçavoir en
536. contre Anthime, en 541.
contre Origene, & en 1))' con.
tre les trois Articles, de même
que le Concile de Trente est
composé de celles qui ontesté
tenuës à diverses reprises fous
trois Papesdifferens dans
l'espace de dix huit ans 1
t
jamais
on
ne s'est mieux
diverty
à la Cour qu'on a saic
pendant le dernier Carnaval.
Les diverciffcruens y ont eité
frequens
,
agréables, ingenieux
, & ont tellement succedé
les uns aux autres, qu'à
peinea- t on eu le temps de se
delaflfer des agréables fatigues
que causent des plaisirs
continuels. Les grands spectacles
tenoient autrefois la place
de cette fou le de petits divertifTemens,
c'etf à dire, les
Balets historiez, divisez en
plusieurs parties, &mestezdes
reçus, dont leRoy donnoits
chaque Carnaval àsa Cour, un ou deux avant que lamode; des Opéra,eust commencé.
Cetre mode n'eut pas si tost
commencé à estre goûtée
quele Royen fie faire tous les ans pour le divertissement
de la Cour,d'une magnificence
digne de luy. C'esttout
dire, jamais Souverain n'ayanc estésimagnifique. Quoy que
ces divertissemens ne détournassent
pas ce Monarque de
l'application qu'il donnoic aux affairesdeson Etat,il a Cru
depuis quelque s années se
devoir priver de la pluspart
de ceux que prend sa
Cour. S'ils sont moins grands
parce qu'il ne les ordonne pas
ils diver sissent davantage les
plaisirs d'un long Carnaval,
& sont necessaires pour occuper
une Cour aussi galante &
aussi nombreuse que celle de
France. C'est pour ce la que
le Roy les honore quelquefois
de sa presence
,
afin de
faire connoistre qu'il ne les
delaprouve pas. Voicy ceux
qui ont diverty la Cour pendant
le Carnaval.
Le 7. Janvier il y eut un bal
à Marly qui commença par
un divertissement meslé de
Musique&deDanses, dont le
titre estoit LeRoy dela Chine.
CeRoy yestoit porte dansun
Palanquin, & precede d'une
trentaine de Chinois, tant
Musiciens chantans,que de
Joüeurs d'instrumens. Le S'
des Moulins de l'Opera
, y
divertit beaucoup dans une
Danse groresque
,
representant
une Pagode.
Le lendemain il y eut encore
à Marly lemême divertissement,
& Bal ensuite. Les

Bourgogne estoit riche & ga.t' lant,&ceux des Nymphesdol
sa suite estoient du mêmo
goust. Madame la Princ( fTbl
de Conty Doüairiere,Mesdames
les Marquises qçY.iUe.:I
quier&deChastillonestoient
en Amazones.Madame lacl
Duchctfe deChartres, Madame
la Duchesse, Mademoi
felle d'Armagnac& Made
moiselle de Tourbes,estoient
en Sultanes tres magnifique.
ment vétuës. Mesdames kse:
Duchesses d'Humieres,deSjLi
Simon,&
-
de Lauzun & Ma- -
damela MarquisedeSouvray
~t~
*J1i;i1
c-1,e ii-ttt v
i
1P/1i^Ui/W
4; t4vt-Il~
i
~(M~-
estoient habillées à l'Efpagno.
le de ve lours noir, avec beaucoup
de Diamans. Tous ces
habits avoient elle faits exprés
pour ce jour là. Lors que touce
l'Afftmblée fut placé on vit
paroistre la Mascarade qui
avoit pour titre les Amazones.
UnTimbalierMoremarchoit
i la teste monté sur un Chameau
, puis
-
des Amazones
chantantes, ausquelles des
Sarmates & des Scithcs de
)curs Sujets, donnoient plueurs
dlverClÍfenlcnsJuncorn.
pat de Gladiateurs & des Vol.
ugeurs sur un cheval de bois.
Il yeutaussi quelques Danses
Le bal commença ensuite &1,
& dura jusqu'à une heure.
Le Vendredy le Bal com
mença à la même heure. tvla.£
dame la Duchesse deBourgoc
gne ne mit point d'autre ha-x,
bit que celuy qu'elle avoillt
porté tout le jour. Si tost quoL
toute la Cour fut placée, lé!;
pluspartdes Danseurs & Dann
seuses entrérent en dansant
tous, vêtus à la Villageoise
mais fort galamment. ApreVqu'ilseurent
dansé. quelques
temps,ilss'assirent,&laMas
caradepréparée pour ce soir-là
parut. Elle avoit pour titre,
les Savoyards. Quatre d'eux
portoient des Malles,desquelles,
lorsqu'elles furent posées
àterre, sortirent desEnfans
qui firent une Entrée debal,
let.* Un Arlequin & un Poli,.
chinelle,& Marinette & Zerbinetteleurs
Femmes,danserent
à merveilles, c'estoit le
fïeurjtelotiôçdes Moulins, Le
premier estoitArlequin &
l'autre Polichinelle. Les Femmes
estoient Mesdemoiselles
Varango&Chappe. Une pe- titeArlequinequisortit d'une
des Malles, divertit fort l'Ac:.
femblée par ses petites pof--1
tures. Monseigneur vint cu..J
fuite en Masque avec Madame
la Princesse de Conty y
& plusieurs autres Dames, &
quelques Seigneurs de laCour..
Le Bal finit à une heure.
Le Mercredy 27. Janvier le ,
Roy donna un grand Bal dans
ses grands Appartemens de
Versailles. Il commença àonze
heures après le souper du u
Roy. LaSalleoùsont les Tri..j
bunes pour la Musique, fut
choisie pour le lieu du bal..1
L'on y ajoûta plusieurs lustres,
& l'on disposa tout autour de
grands gueridons sur lesquels
on mit des girandoles, l'on
éleva des gradins aux deux
bouts & dans les croisée,&
& l'on rangea des formes &
des sieges autant qu'il futpossible
,en laissant unespace
pour la Danse.Tous les Princes
& Seigneurs& les Dames
qui devoient danser
, y vinrent
en habitdeMasque.
L'entrée y sur libre pour tous
les Marques, pourvu qu'aux
premieres portes il s'en démasquastun
qui répondistde
saCompagnie. L'on établit
aussi des Violons & des Hautsbois
dans les deux chambres
voisines de la principale Salle
du Bal. Les Masques remplis
soient déja tout l'Appartement,
lors que le Roy arriva
la fouleyestoittres grande,&
l'on eut peine à conserver du
terrain pour la danse. Madame
la Duchesse de Bourgogne
changea trois foisd'habits. Elle
y parut d'abord fous celuy
de Flore, puissousceluyd'une
Laitiere,& enfin fous celuy
d'une Vieille. Monseigneur,
Monseigneur le Duc de
Bourgogne,& Messeigneurs
les Princes ses Freres
,
changerentaussi
plusieurs fois d'ha.
bits
,
ainsi que Madame la
Princesse de Conry, & plusieurs
Dames tant de la suite
de Madame la Duchesse de
Bourgogne, que de la Compagnie
de Madame la Princesse
de Conty. Il y vint beaucoup
de Marques, tant de la
Cour que de Paris. L'on dansa
toujours danstrois lieux differens
L'on apporta une magnifique
Colation a une heure,
dans la grande Salle.LeRoy
se retira à deux heures, &
Madame la DuchessedeBourgogne
àquatre, & leBt11 finir.
Le 4, il y eut Bal à Marly.
Le Roy & la Reine d'Angleterre
y vinrent, & souperent
• après le Bal avec Roy.CeBal
commença à huit heures,&
s'ouvrir par une entrée de
trois Espagnols & de trois Espagnoles.
Madame la Duchesse
de Bourgogne, Madame la
Comreffed'Ayen &madenioi.
felle de Bournonvilleestoient
lesEspagnoles,& Mrle Comte
de Bronne, Mr le Duc de
*Guiche,&Mr le Chevalier Sul les Espagnols L'entrée
futtrès galante & bien execuîéc.
A cetteentrée succeda cel-
A-tfC,.
le de Monseigneur, de Monsieur
le Duc de Chartres,& de
Madame laPrincesse deConty.
Elle representoit un vieux
Maistre d Ecole & sa Femme,
quatre Enfans & quatre Nourrices
qui les conduisoient par
les Lizieres. Le Maistre d'Ecole
estoit Mrle Marquis de la
Vlealliere; sa Femme, Monsieur Ducde Chartres;les quatre
Enfans, Monseigneur, Mrle
MarquisdeVillequier,Mrle
Comte de Brionne, & Mr le
Marquis d'Antin Les Nourrices
estoientMadame la Princesse
de Conty,.Mes j'Epinoy,
t ~-'M
devillequier&de Chaftillon8.
Aprés cette entréel'on vit
paroistre la Mascarade desmm-
- siciens& desDanseurs. Le4ujetestoit
une Noce deVillage,
& les Acteurs
,
le Seigneur& laDame du Village,lesParens
de la Mariée, les Garçons &
les Filles de la Noce.Ilyeut
quatre Scenes en Musique, Be
quelquesentrées de Ballet,
où les Sieurs Ballon & des
Moulins, &Mademoiselledu
Fort firent merveilles. Le Bal
continua a prés la Mascarade
jusqu'à dix heures & un quart.
Le lendemain,ilyeut cn,
core Bal à la même heure-.
Les Danseurs & les Danseuses
n'estoient point en habitsde
Masque. Toutes les Dames
Dansantes furent toujours en
habits de Masque. Un quart
d'heure après que le Bal fut
commencé, , Madame la Du.
chesse de Bourgogne entra en
habit deMagicienne,tres magnifique.
Elleestoit suivie de
Mesdames les Duchesses de
Sully.& deVilleroy,desComesses
d'Ayen&d'Estrées, 6c
de Mesdemoiselles de Melun
& de Bournonville, vestuës du
memegoust.CUde temps
aprés,parut la Mascarade des
Musiciens & Danseurs. Le
lendemain de laNoceestoitle
sujet dece divertissement. Les
mêmes Danseursfirent merveilles,&
ce qui divertit beaucoup,
ce fut un faux Bapaume,
ce Bapaume passe à laCour
pour un plaisant
,
il estoit si
ressemblant à l'original, que
toutel'Assemblée y fut longtemps
trompée. Il y eut encore
uneMascarade fort galante
qui: representoit plU.
sieurs faits de Dom Quichore
de la Manche, le Combat du
Chevalier desMiroirs,la Prin
cesse

prend ordinairement pendant
tout le cours du Carnaval ;
sçavoir ceux de la Comedie,
de la Foire, & du Bal, ce dernier
renfermant les plaisirs
que donne dans cette Saison
la variete bizarre des Masques
gatans, grotesques, & magnifiques
qui y abondent. Tout
se trouva prest pour le jour
marqué. Cependant la Feste
fut differée de neuf jours, à
cause d'un mal de dents survenu
àcettePrincesse. Le jour
destinéà la donner estant venu,
on posta des détachemens
de Suisses dans la ruë & dans
laCour, avec plusieurs Do~
mestiques de Madame la
Chanceliere,en force qu'il n'y
- eut aucun embarras,ny à la
porte, ny même aux avenues
de laChancellerie. Il y eue
outre cela de si bons ordres
donnez, que malgré la con.
fusion qui se trouve ordinalrementaux
portes des lieux où
se font de semblables Festes,
toutes les personnes de difiin..
ébonJpour qui il y avoit des
places marquées, entrérent
avec facilité & furent placèes
demême.Lacourestoitéclairée
,
ainsi que le Vestibule &
l'Esclalier, où il y avoir des
lustres & des girandoles sur
des torcheres;on remarq uoic
d'abord dans la Salle preparée
pour le Bal, un grand Portrait
de Madame la Duchesse de
Bourgogne, quiestoir surla
cheminée, Il y avoit tout autour
decetteSalle des gradins
de trois à quatre pieds de long,
& entre chaque gradin étoient
des torcheres magnifiques
, sur lesquelles il y avoit des girandoles
,outre dix lustres fut:
pendus. On avoit dressé un
grand Amphithéâtre dans la
face du bas de la Salle, pour
cinquante tant Hautbois que
Violons du Roy, tous en habits
de Masque uniformes
, avec des bonnets garnis de
,,
plumes, ce qui formoit un
spectacleaussi magnifique que
nouveau dans ces sortes de
Festes, Il y avoit des formas
tout autour de la Salle,au
dessous desgradins, & au devant
de ces formes, un rang
Xie tabourets,audevant detquels
estoient trois fauteuils,
l'un pour Madame la Duche fde
de Bourgogne, & les deux
Autres pour Monsieur & pour
Madame. Monsieur n'y vint
point à cause d'une légers
indisposition.& Madame
vint sans estremasquée.On
avoit laissé un grand quarri.
reservé pour la danse. A cost
de la Salle duBal, sur le mes;
me palier de l'escalier e stoo
une aurre Salle fort éclairée
dans laquelle il y avoit dci:
Violons & des Hautbois,
cette Salle estoit pour rtcoo
voir les Masques,qui,à caulu
de leur grand nombre ne pouo
voient entrer dans la Salle de
Bal.
Madame la Duchesse
Bourgogne futreçuë à la de:>!

voir, MadamelaDuchesse de
Ie1(1;,gujc;res.Madame la Du.
chessedeSaineSimon,Madame
la Duchessede'Fcix, Madame
la Duchesse de Humieres,
Madame la Maréchale de
Lorge
,
Madame de.Beringhen,
Madame de SaintGeran,
Madame la Comtesse de
Roucy& Madame la Comtesse
AsL-Bhnzwr Madame la
Comtesse de Pontchartrain ne
put avoir cet honneur,àcause
desa grossesse.
Madame la Duchesse de
Bourgogne ainsireçuë, fut
conduite dans la grande Salle
11Omfïïi
du Bal. Monseigeur&Mefseigneurs
les Ducs deBourgogned'Anjou
& de Berry,&
toutes les Princesses& Dames
»!
bien maiquées vinrentpresque
en même temps,&après
| leurarrivée ,MrleChancelier
laissa faire le reste des honneurs
à Madame la Chanceliere.
Il n'y avoit qu'une heure
que ie grand Bal estoit com.
mencé, quand Madame la
Chanceliere & Mr le Comte
de^Jfot\rcharrrainconciuifirent
Madame la Duchesse de
Bourgogne dans un lieu disposé
pour luy donner le divertissement
d'une petite Comedie,
& avant que d'y entrer
, on passa dans une Salle
ornée de Miroirs & de quantité
de lumieres. lln'entra dans
la Salle de la Comedie qu'environ
cent cinquante personnes,
les Princes & Princesses
rdaungS,aensgtanns'y prirent aucun
tous manquez.
Cependant Madame la Du.
chesse de Bourgogne & Madame
se trouvérenc placées au
milieu de la Salle, chacune
dansunfauteül. Madame la
Duchesse de Rourgogne fut
surprise d'y voir un Theatre
avec ses armes & ses chiffres.
Il representoit le Laboratoire
d'un fameux Operateur, & ensemble
le lieu où il enferme
ses drogues.Il estoit orné de
Pilastres, & l'espace qu'il y
avoir d'un Pilastre à l'autre
ettoit remply de tablettes sur
Jefquellesestoient des vales de
Porcelaines à liifaçe des Chi..
misses
, avec des uftanciles
propres à leur travail.Toutes
ces Tablettes n'estoient pas
entierement découvertes. Il
y en avoit quelques-unes à
demy cachées par des Rivaux
qui n'estoient pas tout
à fait tirez Des Squeletes 3c
des Poissons, avec d'autres
Animaux paroissoient attachezau
Plafonds.Onentroit
sur ce Theatre par trois portes,
dont l'une estoit dans le
fonds, & les deux autres aux
deux costez; elles estoient ornées
d'une Architecture convenable
au lieu. Il y avoir sur
tous les Pilastres des demygirandoles
à cinq branches
d'argent Ces girandoles s'at.
tachent, &ontesté nouvelle.
mentinventées parM'Jku^a.
qui avoir imaginé ce Theatre
& donné tous ces soins à 1cmbellissement
de certe Fesie)à
laquelle Mr le Févre Intendant
& Controlleur general des
menus plaisirs & affaires de la
Chambre du Roy, entendu
en ces fortes de divertissemens,
n'a pas peu contribué
par sesavis. Comme lelieuoù
le Theatreestoit dressé ne permettoit
pas que l'on y plaçaft
des lustres
, on avoit trouvé
l'art de l'éclairer par deux ou
trois cens lumieres cachées
)&: dont la réflexion y repandoit
un éclat qui surprenoit
tous lesS pectateurs. Aussi-tost
que Madame la Duchesse de
Bourgognefutassise, un Operateur,
fous le nom du fameux
Bari, vint luy demander sa
protection contre les Medecins,
& après avoir vanté l'excellence
de ses remedes & la
bonté de ses Secrets, illuy offrit
le divertissementd'une
petite Piece telle qu'autrefois
on en faisoit representer à Paris,
& ensuite d'une tres- belle
Simphonie, qui se fit entendre
d'une Chambre voisine. On
representa une petite Comédie
que Madame la Chanceliere
avoit fait faire par Mr Dapcourt
exprés pour cette F, fte..
Il y avoir meslé quelques Scenes
Italiennes, que l'on trouva
fort ingenieuses, & qui furent
agreablement representées
par ses deux Filles. Tous les
Aéteurs qu'onavoitchoisis
pour ce divertissement dans
la Troupe des Comediens du
Roy, excellerent dans les caracteres
qu'on leuravoitdonnez,
& reçurent beaucoup de
louanges.
La Comedie finie, Madame
la Chanceliere mena Madame
la Duchesse de Bourgogne
dans une aurre Salle,où il y
avoit une superbe Colation
disposée d'une maniete ingenieuse.
Onavoitconstruit
dans l'un des bouts de cette
Salle, cinq boutiques qui formoient
un demy cercle. DdnS2C
ces cinq boutiques estoient
cinq Marchands chantans,representez,
sçavoirun Patissier
François par leSrdePuvigné.
Un Provençal, Marchandb
d'Oranges & de Citrons,par
leSrJonquet; une Limonadiere
Italienne, par le Sr Faval- <*1
ly; un Confiturier
,
parleSr li
Courcier; & un Armenien,
Vendeur deCaffé,de Thé &
de Chocolat, chantant en
LangueFranque,parleSrBastaron,
tous de la Musique du
Roy. Ils avoient des habits
qui convenoientaux Nations
qu'ils representoient
,
& des
Garçons pour servir, vo stus
aussi selon la Nationdontils
tenoient lelangage. Lesboutiques
se communiquoient au
dedans les unes aux autres, &:
n'estoient separéesqu'exterieurement.
La menuiserie en
estoit peinte &dotée, & l'on
voyoit alternativement dans
les panneaux du bas des boutiques,
les Armes & les Chu
fres Madame la Duchessede
Bourgogne. Ces boutiques
estoient ceintrées, & des Lustres
pendoient du milieu dCJE
chaque ceintre. Au dessus deje
ces boutiques estoient ecrits
en grosses lettres d'or, lesai
noms deProcope ^de le Coq?tj:
de Benachi, & quelques autreSj
& sur tour le haut, onni
avoit peint toutes les choses
convenables à ce que chaque
boutique devoir reprefenrer,
La Simphonie estoit placée
dans les angles des boutiques, (C
& vestuë avec des habits af-«
sortissans à ceux des Mar- - chands que je viens de vous
nommer. Le fond des boutiqucb
estoit couvert de tabletes
dorées, & le tour efloit
remply de toutes les choses
qu'on y devoit vendre. On y
voyoit quantité de corbeilles
magnifiques, des vases de
cristal,d'argent,& de vermeil
doré, des jattes ,
des bandedeges,
avec desPotceIainest
letoutremplydeliqueuts, de
confitures seches, de dragéest
de patisserie
,
d'oranges, de
citrons de limes douces,&de
toutcequonpeutImaginer
pour une galante Coîauon.
Toutes ces choses efloienc
entremeslées de fleurs & de
girandoles
,
& le rang le plus
élevé estoit tout orné devases
magnifiques remplis de fleurs,
dont il yavoit plusieurs guir- -'
landes sur lestabletes Quoy
que ceschoses fussent brilian- -
tes d'elles nlêlnes, elles ne
laissoient pas de tirer un nonvel
éclat des Lustres qui éclai-
- roient lesboutiques&comme
ces boutiquesétoient separées
par des pilastres,que le derrie-
-
re de ces pilastres estoit tout :
couvertde lumieres,&queces
lumières reflechissoientenco-
-
re sur tout ce qui estoit sur les
tabletes des boutiques, on ne
sçauroit rien s'imaginer de
plus brillant que paroissoit
toute cette petite foire; mais
ce qui est fort à remarquer, il
yavoit un grand miroir dans
le fond de chaque boutique,
qui rappellant tous les objets
qui composoient rassemblée,
les faisoit encore paroistre
dans toutes les boutiques,
outre toutes les choses que
j'ay déja marqué; de maniere
que cetassemblage eHoie tout
à fait brillant, & que les yeux
en pouvoient à peine supporter
l'éclatante variété.Sice
spectacleestoit nouveau, lad
Musique qui estoitdeMr Collace,
l'un des MaistresdeMusique
du Roy, n'avoir pas
moins les charmes de la nouveauté
,
puisqu'onentendit un
Choeurcomposé de personnes
qui parloient diverses langues
& qui ne laissoient pas des'accorder
admirablement bien.
Ce Choeur futsuivydeTrio&
de Duoj & chacun chanta
aussi seul en la langue. Tout
ce qu'on chanta fut à l'hon.
neur de Madame la Duch fleé]
de Bourgogne,&pourinviter
cette Princesse à venir goûter
de tout ce qui estoit dans les
boutiques. A costé il y avoit
un grand Cabinet entouré de
gradins remplis de fruits, de
confituresséches,&dune infinité
de paquets de confitures
nouez avec des rubans
pour distribuer à l'Assemblée
dont le sieur Philbert s'acquit,,
ta avec des mamerc^divertiCsantes
Lesliqueurs yestoient
en abondance Madame la
Duchesse de Bourgogne sortit
tres satisfaite de la Salie de la
colation,&donna force loü,-n.
ges à tout ce qu'elle avoit
-
vû&entendu. Alors tOlS les
Masquesentrérent danscetres:
même Salle, où l'on distribuai;!
toutes sortes de rafraichi£fe--;
mens à ceux qui se prefenté»^
rent, avec une profusion fansz*
pareille,tandis que des 0°_--(
mestiques de Madame la.tJ
C. hanceliere en porte'rencas
toutes les Dames quieftoiencar
sur les gradins, & en offrirencjic
nmiêemmeeàacceeuuxxququiiiienn'edn-dimiiaann----i/
doient point. Madame la Du—i
chessedeBourgogne en for—^
tant de la SalledelaCollationn
ne retourna point dans celles]
du Bal, parce qu'il y avoir un
nombre infini de masques,ôc£j
quesi
: queleBal se trouva un peu
dérangé. Aprés que cette Princesseen
sur sortie, elle retourna
dans celle de la Comedie,
où il se fit un Bal particulier
à toute la Cour. Il dura jusqu'à
deux heuresaprès minuit,
ensuite de quoy ,
elle revint
dans le grand Bal pourvoir le
nombre presque infini de divers
Masques quis'yrencontrérent.
Elle les vit danser &
dansajusqu'à quatre heures du
matin, après quoy Madame la
Chanceliere & Mr le Comte
dePonichartrain l'ayant reconduite
jusqu'au bas de l'efcalier,
cette Princesse leur
marqua en termes fort obligeans
qu'elle avoitprisbeaucoup
de plaisirau divertissement
qu'on venoit deluy don.r
ner, &qu'elle en estoit extrémement
satisfaite. Ainsi finit
cette Feste qui attira beaucoup
de loüangesà Madame
la Chanceliere.
Le Samedy 13. Son AIte£V
se Serenissime Monsieur leîl
Prince donna dans son Apparu
rement de Versailles,ungrand
Bal à Madame la Duchesse de)E
Bourgogne. Cette Princesse
s'y rendit sur les onze heures
dusoir en habit de Sultane.
Une partie des Dames qui
l'accompagnoient estoit masquée,&
l'autre ne l'estoit pas.
S. A. S. reçut cette Princesse
à la porte de son Appartement
dans la Gallerie basse, où i) y
avoit deux Corps de garde
pour empescher la foule-,au(lî
n'y laissa-t-onentrer que les
personnes les plus qualifiées
de laCour, ce qui garantit du
desordre & d-e la confusion.
La principale Salle du Bal
estoit éclairée par un grand
nombre de lustres& de girandoles.
Onavoitconstruitune
tribune au dessus de la porte
& l'on y avoit placé les Violons
&les Hautbois Plusieurs
Termes soûtenoientcettetribune,
fous laquellecommençoient
à régnerdesAmphitheatres
qui tournoient toutautour
de la Salle,à la reserve
de l'endroit où estoit Madame
la Duchesse de Bourgognes
Ces Amphithéâtres estoient
interrompus,&danslesespaces
qu'on avoit laissez de l'un
à l'autre
,
il y avoit des Torcheres
de huit à neufpieds dob
haut, qui portoientdes girann
doles de cristal. Dans la fe^l
conde piece où danserent
ceux qui ne purent avoir cer
honneur dans celle où estoit
Madame la Duchesse de Bourgogne,
il y avoit aussi quantiré
de Lustres & de Torche-
1 res. La troisiéme piece , qui
efloit celle de la Collation,
estoit ornée à la Chinoise.
Dans le fond de cette Salle
il y avoit un magnifique Bufet
qui frappoit d'abord la vûë.
Ce Bufec avoit cinqgradins,
qui estoient tous formez de
glaces séparées en distances
égales, par des conloles de
cinq pouces de haut, dorées
d'orbruny ,& enrichies des
restes, & de plusieursornemens.
Chaque console por^i
toit une girandole de cristal,
& toute laColation estoit pO-.i
icc entre ces consoles. Sur Ieo
premier gradin qui estoit des
trois pieds & demy de large,
& qui servoit de table, il y
avoit des cor beilles dont leskai
unes estoient couvertes, ôt'H
d'autres quine l'estoient pas.
Sur celles qui estoient couverres,
on voyoit des brocardsd'or
& d'argent avec des fonds
de differentes couleurs. Ces
corbeilles estoient ornées de
tissus or &argent dela même
couleur des brocards, & remplies
de paquets de toutes fortes
de confitures seches des
plus exquises. Sur le même
gradin estoit un surtout garny
de plusieurs lumieres.
Le second gradin efîoic
remply de corbeilles dorées
chargées en piramides de
fruits tant confits que crus,
des plus rares pour la saison,
&de plusieurs soucoupes,dont
l'éclat meslé à celuy des lumitres
faisoit untres-bel
c ffet.
Ily avoit sur le troisiéme,
de belles & grandes jactes des
porcelaines, meslées de corbeilles,
remplies decaramels
& de confitures candies
,
S~~
autres.
Le quatriéme gradin estoit 3)
garny d'argenterie,de surtout,
& de corbeilles pareillement JI
remplies de tout ce qui pou i
voit conveniràuneaussi superbe
collation. Tous les vuides
de ces gradins estoient
remplis de petitesporcelaines
où l'on voyoit avec étonne- -
ment despiramides d'uneprodigieusequantitédefleursnaturelles..
j* Il paroissoit dans le milieu
du cinquieme gradin uneespece
de Trône à la maniere de
ceux des Rois de la Chine.
Sur ce Tr ôneestoitassise une
[
figureChinoise d'environ quatre
pieds de haut, & deux petites
à sescostez. Il y avoit sur
le même gradin quatre orangers
dont les tiges estoient
fort hautes, tous chargez de
fleurs& de grand nombre de
fruits. Les caisses estoient de
sculpture dorée, & à jour sur
un fond vert, & la tige cftoïc
entourée de caramels jusques
aux feuilles. Il y avoit entre
ces orangers des seaux de pof-«
celaines armez de vermeil & :
remplis de fleursnaturelles en
piramides. La forme detout
le Bufcc estoit en circulant sur
les deux bouts,&retournant
en face, de maniere que tou
tes les girandoles se trouvant
placées sur lesanglesrentrans,
& saillans,formoient plusieurs
piramides delumieres.Lanape
de ce Bufet estoit d'étofe
des Indes,avec des bordures
regulieres d'ornemens d'or &
de couleur, & l'on voyoit sur
le plein du tout,des grotesques
dont la richesse égaloitcelle
de la bordure, ainsi que le travail.
Alahauteurde cette table,
huit autresmoyennes tablesde
trois pieds de large chacune
en quarré, ornoient le tour
de la Salle. Il sortoit de chacune
de ces tables un oranger
dontonnevoyoitpas la quaisse.
Une petite corbeille dorée
& à jour entouroit la tige de
chaqueoranger, qui sembloit
en sortir,&il yavoit dansces
corbeilles des fruits confits
& des caramels qui mon
toient jusques au haut de la
tige, & touchoient aux feüilles.
Sur les quatre coins de
chacune de ces tables estoit
une porcelaine garnie d'une
infinité de choses propres à
cetteCollation,& toutes plus
exquiles les unes que les autres.
Tous lesorangers étoient
chargez de fruits & de fleurs,
& l'on y voyoit une infinité
de limons, de citrons, & d'oranges.
Toutes ces tables avoient
aussi de riches Indiennes
pour napes. Douze Officiers
de Monsieur le Prince
dispersez pour servir )& vêtus
en Pagodes,estoientassis entre
chacune. de ces tables. Il
y avoic au pied de la grande
table du Bufet, trois Pagodes
jouant des instrumens, & dans
les deux bouts deux autres
Pagodes chantantes. Dans le
fonds de la Salle vis à vis du
Bufet estoient trois grands
miroirs, qui rappelant ce Buflc
le faisoient paroistre dans
les deux bouts. Outre la quantité
de girandoles du Bufet, il
y en avoit autour de la Salle
qui étoient poséessur des consoles
d'Architecture. Quand
Madame sa Duchessede Bourgogne
entra dans cette Salle,
les Pagodes vivantes & les
Postiches remuerent toutes
la teste également, comme
pour saluer cette Princesse,
6c dans le même instant les
douze Officiersvertus en Chinoisse
leverent, & tirerent de
dessous le Buffet plusieurs tables
avec des couverts & des
sieges, où la Princesse & les
principales Dames de sa fuite,
firent colation. Tout ce
qui fut servi sur ces tables
, y
parut tout à coup comme par
enchantement, personne ne
s'estantapperçu d'où il venoit,
rien n'ayant esté pris sur les
gradins du Buffet que quelques
corbeilles. du premier
grad in)lesdouzeOfficiers donc
je viens de parler, servirent à
boire sur quantité de Soucoupes.
Madame la Duchesse de
Bourgogne n'entra dans cette
Salle de la Colation qu'entre
une-Se deux heures. Monseigneur
le Duc de Bourgogne,
Monseigneur le Duc d'Anjou,
Monseigneur le Duc de
! Berry estoient aussi masquez;
| mais Monsieur & Madame
n'estoient point déguisez.
L'ordre estoit si bon,qu'ils
n'y furent point pressez, ce
qui leur donna lieu d'admirer
éc de loüer à loisir la magnificence
& le bon goust de
Monsieur le Prince. Lors que:)
les Princes&Princesses furent
sortis de ce lieu , l'entrée enn
fut permise au reste de TAf-l
semblée, qui n'estoitcompofée
que depersonnes choisies,
& il s'y fie une prodigieuse
distribution de liqueurs, de
fruits, de confitures, d'oranges
& de citrons. Il estoit
deux heures quand le Bal recommença,
&il dura jusqu'à
quatre. Quelque temps aprés
qu'il fut recommencé
, on y
apporta du Café & du Chocolat
sur de grands Cabarets
appellez Bandéges 't en Chinois.
Il falloit deux hommes
pour en porter un ,
&ihles
portoient sur leurs épaules.
Les uns estoientvetus en
Turcs, & d'autres representoient
d'autresNations.Ily
avoit outre cela une grande
Salle de reserve, remplie de
toutes fortes de boissons, &
l'on n'en refusoit à personne.
Comme un bal trop continu
peut ennuyer, & que l'éren..
due de l'A ppartement ne per-*
mettoit,pas à Monsieur le
prince de donner, un autre
spectaclequeceluy de laCollation
, il avoitimaginé sept
differentes petites Mascarades
qui interrom pirent le Bal de
demi-heure en demi- heure.
Touscesdivertissemens
estoient si bien concertez, ôe
se mesloient si naturellement
au Bal, que les Violons
changeoient d'air dés qu'ils
voyoienc entrer les Mascarades
concertées, & joüoient
les airs sur lesquels devoient
danser ceux qui composoient
ces Mascarades. A prés ladescription
que.je viens de faire,
il n'est pas necessairedelouër
la nouveauté, la magnificence,&
lebon goust de cette
Feste, puisqu'il suffit de la décrire
pour faire voir qu'on ne
luy sçauroit donner trop deT
loges. Elle n'en a point besoin,
&ilsuffit denommer le grand
Prince qui l'a donnée pour
persuader ceux qui l'apprendront
,
après les grandes choses
qu'il a déja faites de cette
nature, que ce qu'il vient de
faire est nouveau,ingenieusement
imaginé, & de bon
goust. Mr Berrin a donné ses
soinsà toutcequi concernoit
le spectacle.On connoist son
genie pour toutes ces foriq4
de choses.
J'ayoublié de parlerdequatre
Masques qui divertirent
beaucoup dans ce Bal, & cet
Article ne doit pas estre
oublié. Ces quatre Masques
estoient Monsieur le Comte
de Toulouse, Mr le Comte
d'Evreux, Mr le Duc de Guiée-;&-
Mr le Marquisdela
Chastre. Ils estoientenhabits 4 semblables,sous de grands&
: amples vertugadins de taffetas
qui les couvroient depuis
la teste jusqu'aux pieds. Leur
coëffure en espece de turban «
leur envejopoit toute lateste,
& tomboit sur le vertugadin. !
ils avoient chacun quatre
masques de cire qui les representoient
tous quatre,& qui
leur ressembloient parfaitement,&
comme ils tournoient
leur coëffure à leur gré, &
que parconsequent ils chan.
geoientleurveritablemasque,
ils ne pouvoient se reconnoître
les uns les autres, outre
qu'ils estoient tous quatre de
la même taille, qu'on ne leur
voyoit point de bras, & qu'ils
avoient lamêmechaussure.
Le14. il y eut Bal chez Madame
la Princesse de Conty
Doüairiere. L'affluence des
Masques y fut grande. 1I ny
avoit. point de lieu destiné
pour la Collation, mais elle
fut portée par un grand nombre
d'Officiers, qui en presentérent
à toute l'Assemblée,& ;
qui passerent dans tous les
rangs,en force que chacun i
put à son gré contenter Ton1
goust, & se rafraîchir. Ainsi
malgré la confusion de Mass *
ques ,
personne ne manqua à
desrafraîchissemens necessaires
dans ces fortes d'occa.
sions. Ce Bal n'ettoit point
préparé
,
& pouvoitpasser «
pour un Impromptu ; mais.
quoy que ce ne fust point une
feste, & qu'il n'y eust point de
ces décorations qui en marquent
l'appareil, il ne laiiïk
pas destre magnifique, les
Princes & les, Princesses d'un
certain rang trouvant toujours
chez eux presqu'en un mo-.
ment, ce que les autres ne
sçauroient préparerqu'avec
du temps.
Le lendemain 1 5. Mr le
Marquisd'Antin eut l'honneur
de donner le Bal à Madame
laDuchesse de Bourgo.
gne, où Monseigneûr lè Dauphin
, & Messeigneurs les
Princes se trouvèrent masquez,
Cette feste répondit à
*
ce qu'onattendoitde son bon
goutta du zelequi le portoit
à la donner, Il y avolt sept
chambres toutes brillantes de
lumieres, tant le nombre en
estoict grand. Ellesestoientri--
chementmeublées. Onavoit
placédesViolons&desHauts- , bois dans troispieces. Les au. *1
tres servoientàle reposer. Cel- -
les où l'on dansoit, nettoientji
pas de suite, & il yavoit entre, chaqueSalleduBaluneautre
Salle pour se délasser. La prin- -
cipale estoit fortgrande. Des*:
gradins
gradins étoient toutautour, &
un grand Portrait du Royen
piedàl'un des deux bouts,On
avoitolté toutes les portes, ce
qui empêchoit la confusion.
Toutes lesChambresestoient
de plein pied avec des dégagemens
dans lesqels on pouvoir
aussi se reposer. Il y eut
de si bons ordres donnez pour
l'encréequ'il n'y eut point
d'embarras à la porte de la rue
ny sur l'escalier, quoy que le
nombre des Masques fust
grand. Deux heures après
l'ouverture de ce Bal M1 le
Marquis d'Antin condisit
Madame la Duchesse de Bourgogne,
Monsieur & Madame,
& les Princes & Princesses,
dans le lieu dertiné pour la
Collation. Il yavoit deux maniérés
de grandes loges ceintrées
par le hAu, au fonddes
quelles on avoit éleve des tablettes
jusqu'en haut. Les tablettes
de l'une de ces loges
estoient garnies de cuvettes
d'argent
, & autres ouvrages
qui contenoient tout ce qui
peut servir à une collation
donc on les avoir chargées en
piramides. Sur l'appuy du devant
de laLoge, quiestoiten
f manière de cable, on avoit
f. aussi placé en piramides des
oranges, des citrons, des Ii..;
mes douces) des pommes d'apy,
de toutes sortes de confîcures
seches, & de tout ce que
la Patisserie peutfournir.

Leceintre decette logeécoic
tout couvert de feuilles doranger
, ausquelles on avoic
attache des poncires, des citrons
,
& des oranges; le touc
éclairé par plusieurs girandoles
, & par quantité d'autres
lumieres. La seconde loge
estoit remplie de tablettes
comme la premiere
,
& ces
tablettes estoient garnies dea
toutce que l'on peut s'imagi.
ner d'eaux & de liqueurs. Lésa:
Officiers qui distribuoient
tout ce quiestoit dans cesz.
loges, estoient vêtus à la Tur--j
que,& lorsque les principales
personnes de la Cour en surent
[Pfries, il fut permis d'yv
entrera tous ceux qui voulu
rent, manger & se rafraîchir."
On ne sçauroit trop vanter ladl
propreté des lieux. Larichesse
des-tapisseries,& sur tout lac
quantité de lumiereSJquiaL.J
loir au delà de tout ce que l'oflft1
a encore vû en ces fortes dtoc..t
cassons. Mrle Marquis d'Antin
voulant faire connoistre
que ce Bal n'estoit que pour
Madame la Duchessee de Bourgogne,
le fit cesser dés que
cette Princesse fut sortie. Ce
Bal se passa dans l'Hôtel de
A/Td'Anun qui estoit autre fois
l'Hôtel de Soissons.
Il y eut Bal le lendemain
chez Monsieur le Duc du
Maine, & une grande Collation
servie en ambigu.La ta.
ble estoit de plus de trente
couverts. Il y vint une fort
grande quantité de Masques,
le ne vous fais point la dcCcription
des lieux,touteflma;;
gnifique chez les Princes de
ce ran g.
LeMercredy 17 Février.
le Roy & la Reine d'Angte--
tèrre arriverent à Marly, à i
six heures & demie. Le Bal
commença à huit heures, 8c 3
dé buta par la Mascarade de
Monseigneur, quiavoit esté
imaginée par Monsieur le Duc
de Chartres. Ellerepresentoit
le Grand Seigneur dans sa
Ménagerie. Ilestoit porté par
desEsclaves surun Palanquin,
t
& précédé par un grand nom-- bre d'animaux au naturel
,
tomme des Autruches) des
Demoiselles deNumidie, des
Singes, des Ours) des Perroquetsdes
Papilons. A leur
: fuite marchoient desOfficiers,
des Esclaves du Serrail,& des
Sultanes, quitous ensemble
avec les animaux danferenc
une entrée fort plaisante &
: nouvelle. Mele Marquis d'An.
tin estoit le Grand Seigneur,
&Ces Officiers du. Serrail,
Monseigncur le Duc de Bourgogne,
Monsieur le Duc de
Chartres
,
Mr le Comte de
Bnonne, MrleGrand Prieur,
Mr le Prince Camille
,
Mr te~~
Marquis dela.YaUl^re^ Sdb<
quelques autres. LesSultanes 2
estoient Madame la Princesse 3
de Conty,& Mesdames ^E--
pinoy, de Vlllequirr^ dp
CÎjïlIlJaaJLes habits estoient
propres, & onles avoit faits
exprés. Ceux des animaux a"",J.,
voient esté faits d'aprés nature.
Les Singes, qui estoient
de vrais fauteurs, firent mer- -'
veilles. A cette Malcarade
succedacelledeMrBontemps
le Fils, qui en a imaginé pour
chaque jour de Bal à Marly,
une nouvelle, Une Festemarine
enfaisoit le fujec. A lou,-'-
verture de la porte opposée
aux places de Leurs Majestez,
l'on vit paroistre un Vaisseau
rempli de Matelots, de Mai
telotes, & de Pescheurs, qui
f- en sortirent avec le Pilote, &
&s'avancerent dans le Sallon
pour executer leur divemue-
, ment meslé de Musique & de
Danses. Les Sieurs Ballon &
des Moulins,&la Demoiselle
duFort, de l'Opéra, danserent
de leur mieux;&les DemoisellesVarango&
Chippe,
delaMusique duRoyycRan-
4terent&danfercnt aussi. Les
Pescheurs apporterent du
poisson dans un filet, &le
pre senterentàLeurs Majestez.
Aprésces deux Festes le Bal
continua Les Dames danfansantesestoienten
riches habits
de Masque; Madame la Du..
chesse de Bourgogne estoit
en Sultane,& dansa, & l'on
prit beaucoup de plaisir à la
voir danser. Le Bal finità dix
heures; le soupé à onze, &
Leurs Majestez Britanniques
retournerent àSaint Germain.
Le Vendredy
,
le Bal commença
à huit heures,ainsi que leJeudy
,
& débura par une
entrée de Madame la Duchesse
de Bourgogne, qui futextrémementapplaudie.
Elle
estoit composée des quatre
Rois, des quatre Reines, ôc
des quatre Valets du Jeu de
Cartes, tels qu'ils y font representez
Monseigneur le
Duc de Bourgogne, Monseigneur
le Duc d'Anjou, Monsieur
le Duc, & Mr le Duc de
Villeroy estoient les quatre
Rois. Madame la Duchesse de Bour gogne ,
Madame la
Duchesse de Sntty
,
Madame
la ComtesseNladame
deBournonville,les quatre
Reines. Mt le Prince Camille,
le Duc deGuiche,le
Chevalier-Çlglso,yléComte
dl&JLÇP* les quatre Valets.
Monseigneur le Duc de Berry
& Madame la Comtessed'Estrées
estoient le Marchand
&laMarchande de Cartes.
L'Entrée avoir esté reglée par
le sieurPécourt. & fut trouvée
si galante que le Roy la
fit recommencer. Aprés cette
Mascara le parut le divertissement
preparé par MrBontemps^
le sujet estoit le Jeu
des Echets, & les Personnages,
Momus, Cybelle, & un
Herault d'Armes, l'Echiquier
le Roy, la Reine, les Tours,
les Chevaliers,les Fous & les
Pions. La Musique estoit du
sieur Philidor, Ordinaire de
la MusiqueduRoy, qui avoit
fait celle de tous les divertissemens
précedens. LesEntrées
furent executées par les sieurs
Ballon & des Moulins& la
DanToife11e"duF6rc.Les habits
estoient conformes aux
caracteres. Lesujet delatroisiéme
Mafcirade fut une Venitienne
,
composée de tous
les Personnages du Theatre
Italien
,
d'un Scaramouche,
d'un Polichinelle,d'un Arlequin
,
d'un Briguelle, d'un
Docteur, d'un Pantalon, d'un
Capiran, d'un Amoureux, &
d'unPierrot,& de leurs Femmes
habilléesdumême goust,
avec des habits fort propres
dans leur genre, & faits exprés.
Les Acteurs estoient les Personnes
les plus qualifiées de la
Cour, de l'un&de l'autreSexe, j-
MademoiselleChappechanta l
une Chanson Italienne dans ;
l'Entrée de Ballet, en habit
d'Arlequine. Monseigneur& j
& Madame la Princesse de j
Conty ne masquérent point, I
sur la fin du Bal il y eut encore j
une Mascarade de quatre Moulins
à vent. L'on se mit àtable
à dix heures & un quart.
Il n'y eut pointdedivertissement
le 20. Le21ilveut un
Bal chez Madame la Duchesse
duMaine.Il dura depuis onze
heures & demie jusqu'à trois.
Il y avoitgrand nombre de
Masques. Lors que Madame
la Duchesse de Bourgogne fut
.arrivée.M'd~lala~zi~x fous
l'habitdeSaturne, à lateste
de plusieurs des plus considera
bles des Divinitez, vint réciter
quelques Versà Madame
la Duchesse de Bourgogne,
faits à la loüange de cette
Princesse. LaColation futservie
sur un grand nombre de ;
corbeilles. Cette Princesse a
donné vingt fois de pareils
Bals depuisl'ouverture du
Carnaval. On eut le même
jour 21. pour la seconde fois,
le divertissement donné par
Mrle Comte d'Ayen;C'estoit
une Noce de Village, rnclfée
de Musique&de Danses. Les
Vers font de la composition
11
de Mr Rousseau, & la Mufi*.]
que de Mr de la Lande. Madame
la DucnHTedeBourgogne,
y dansa dans une grande entrée
quitermina la piece. Mesdames
les Duchesses deVille
[roy Madame la Comtesse
lAven.Madame deRavetot,
i& Mesdemoiselles d^Bouc^ nonville & denclun. rvlqnîfelgneur
le Duc de Bourgogne
representoit le Maiié &
Madame la Duchessede Bourf
gogne, la Mariée. Mr le Duc
I de Guiche. m1 deCoëf^um, 1M^Comtedj\ï5£& Mr le
C1kva1ier dcStillyvdansé.
rentaussi.
Voicylesnoms des Person-
,¿nes distinguées, mortes fut la
fin du mois paiTe" & dans ce"',
luy-cy.
Dame FrançoiseHeliot.
Veuve de Messire Gabriel-
Joseph Jolly, Seigneur~d~3
Chasy, Conseilleren laCouru
desAides. Ellelaisse uneFilles
qui a épouséMrleMaistredes
Ferriere
,
Avocat au Parlement,
Fils de feu MrleMaistres
deFerrieres,Conseillerau Parlement,
&elleestoitSoeurdes
défunt Claude H.ç]iotf Côn~f
seiller en la Cour des Aides
qui avoir épousé N.Herinx
,t Dame d'une vie si exemplaire
que sa vie a esté écrire com-
-, «
tneutt modele dela pratique
des principales Vertus, fous le
titre fimplede La Ficde MadameHéliot.
-,
Mrl'AbbéLasseré, âgé de
vingt ansou environ. Il estoit
Frere Cadet de Messire Jean.
GillesLasseréConseiller au
Parlement de la Seconde des
Requestes,&Filsde Messire
Louis Lasseré,Conseiller honoraire
au Parlement, & de
Dame N.leMaistre de Ferrieres.
Dame Sufanne de Baudean
Fille de CharlesdeBF^ûâean^
Gouverneur. de Niort, & de
FrançoiseTiragueau, Veuves
de Philippes de Montaut des
Benace de Foix, Duc de Na.-.J
vailles, Maréchal de France
& Chevalier des Ordres dUIJ
Roy. Elle avoit esté Filles
d'honneur de la seuë Reines
Mere du Roy,& senommoit
alors, Mademoiselle deNeüillan.
Elle se fit tellementdistinguer
par sa vertu ,
qu'estant
devenue Duchessede Navailles,
elle fut nommée Dame,
d'honneur de la seuë Reine.
Ellea eu quatre filles,dont laî-î
née s'est faitReligieuseàSaint
Croix de Poitiers. La seconde
est la troisiéme Femme de Mr
le Duc d'Elbeufdont elleaeu
deux Filles. La troisiéme est
la défunte MarquisedeRotelin,
quia pareillementeudeux
Filles de ce Marquis
,
donc
l'une a esté mariée à Mr le
Comte deClere & l'autre b * Mr le Marquis de Bricque-^
maut ;-& la quatrièmeest Ma.
dame la Marquise dePompadour
qui n'a point d'enfans.
: Feuë Madame la Duchesse de
Navailles n'a eu qu'un Fils
nommé Mr le Marquis deMon-
, taut. Il est mort il y à déja
pleurs années.
n~~J
1
Ykvrét
~~t~
MadameTambonneau,mere
de M' le PresidentTambon-
-
neau, qui a esté Ambassadeur
en Suisse, vient aussi de mourir
âgée de quatrevingt qua- -
tre ans. Elle estoit Fille de Mr
Bojrer, Tresorier de l'Epar-
-
gne & Soeupde seuë Madame
la Duchesse deNpailles, Mere
de Mr le Maréchal Duc de
Noailles,& de Mr l'Archevêque
de Paris. Elle estoit aussi
Soeur de Madame de Ligny,
Mere de Madame la Princesse
de Furstemberg. Feu Mr de
Lagny ,
Evêque de Meaux,
estoit leur Oncle.
Dame Marie-Anne La~o~
rie, Veuve de Messire Oudart leFeronSeigneur dtQfyilJg
&de Louvres en Parisis. Elle
estoit Soeur de Jacques-Paul
Labotie.— Prieur de nôtre Dame
d'Alençon,tous deux en.
sansdeClaude;kabjaiiç
,
Se.
cretaire du Roy, & Avocat
aux Conseils de Sa Majesté, &
de Marie desNoyers. Mrlç
FeronestoitFrereaînéde Jérôme
le Feron, Conseiller au
Parlementdela premiere des
Enquestes,tous deux Enfans
d'Oudart le Feron, Presidenc
en la seconde des Enqueftes,
&Prevost des Marchandscf&
de MargueriteGallard Soeur
de Catherine Gallard, Epouse
de Nicolas PotierdeNovion,
Premier President au Parle-'
ment, ', ment, Il paroist depuis peu de nouveaux
Globes & de nouvelles
Cartes Géographiques. Mr,,de
l'Islequienestl'Auteur,ayant
reconnu par une longue étude
de la Geographie, qu'une
Scienceaussi utile que celle là
manquoit de beaucoup de
choses pour arriver à la perfectionoùil
seroitàsouhaiter
qu'e lle pust aller, & que la
pluspart
pluspart des Cartes qui cnc
paru jusqu'icy sont fort desectueures,
soit à cause de la difficulté
de lamatiere,ouparce
- que le monde jusqua present
ne s'est pas assezdéveloppé;
ces reflexions l'ont engagé à
s'appliquer avec un foin tresparticulier
pendant plusieurs
annéesà procurer autant qu'il
luy a esté possible, l'avancement
de cette belle & agréable.
connoissance
, en quoy il
a esté assisté par un de ses Fils,
qui des son enfance a eu de
l'inclination pour la Géographie
, & s'est acquis par ion
étude & par son travail un talent
merveilleux pourla conscruction
desCartes. Ils entrepris
de donner un Corps en.
tier de Geographie. & il a
commencé par les fil. Cartes
generales. je ne dis rien des
grandes & importantes corrections
qui se trouvent dans
ces Ouvrages, parce qu'il en
est amplement parlé dans le
Journal des Sçavans du 15. &
du 11. de ce mois,qu'elles ont
déja reçu l'approbation de
plusieurs habiles gensdansce
genre d'étude, & que l'Auteur
promet une Geographie raisonnéé,
où il rendra raison de
toutes ces nouveautez.Mais on
peut dire icy qu'outre l'exactitudedont
il a fait (on capital,
il a eu grand foin que l'élegan
ce & la propreté le trouvaient
aussi dans ses Globes,estant
difficile de rien voir qui soit
mieux executé. Il les a fait
,
graver parMrs Simonneau ôc
IBerejr^, tous * deux distinguez
par leur habileté dans la gra-
Iveure,l'un pour les Figures ôcl'autre
pour les Cartes. La
rondeur des boules, &la bc:'au,
téde l'Enluminurene démen.
i
tentpaslerelie del'Ouvrage.
Ces Globes sontd'ailleurs
d'une juste&commode gran- - deur,ayant un pied dedia-
-
metre, & la netteté qui y re-
-
gne par tout, fait que l'on y
trouve avec facilité tour ce
qu'on y cherche. Illes a de--
diez àMr le Duc de Chartresf
aux études duquel il a eu i
l'honneur d'ettre employé s
pendant quelques années. Il
les a pareillement presentez à
l'AcademieRojale desScien- -
ces, faisantentendre à laCom.
pagnie qu'il se croyoit obligé:
d'en user de la sorte, à cause
de la part qu'elle avoir à son
Ouvrage, dans lequel il a ramassé
avec soin les Observationsqu'elle
a faites,&ilsont
esté reçus partout avec l'agré.
ment qu'il pouvoit sou haiter.
1
Il demeure ruë des Canettes,
jj pJréesSaintSulpice. vous ay déja parlé du
Cabinn d'Architecture,Peinture,
Sculpture & Graveure,
cetOuvrage quiest divisé en
trois Volumes
,
contient une l' ,si grande quantitç de choses ddfcrenrts,lOuchant tous ces
Arts, qu'il en impossible que
5 l'Auteur ne le soit trompé en
quelques-une$. C'estce qu'il
avouëluy même danslechan«i
gement qu'ila fait dans la ta—,
blede son troifi&neVolumeJC*
-OÙ il déclare qu'il s'en méprisa
lorsqu'il a dit que les Ouvra..
ges duTombeau deMr LECardinal
de Richelieu ont'esteinventezpar
feu Mr le Brun,,
puisqu'ils ontesté invèntez
faits & posezdans l'Eglise de :
Sorbonne, par Mr Girardon ,, Sculpteur ordinaire duRoy. p
Messire,Pierre Nigot, Sei--
gneur de SaintSauveur, a j
,
épousé Mademoiselle Bolc
SFeililgendeeurMd'eivssriyre-Csularu-dSeeëinoefc,) ,
f Procureur General de la Cour
des Aides, Prevost des Mar.
chands,&cy- devant Conseiller
au Parlament, & de
N. Jacques, Fille de feu Philippes
Jacques, Gressier en
ChefduParlement. La Mariée est Nièce de MrBontejpps,
Premier Valet de Chambre du
Roy, Intendant des Chasteau,
Parc,Domaine & Seigneurie
de Ver sailles,& Nièce de Mr
Morant,Premier President
au Parlement de Toutouse.
Elle a un Frere tout jeune
Jean BaptisteBosc, quia commencé
à entrer dans la Robe,
en se faisant Substitut de Mr
le Procureur General de la
Cour des Aides,& une Soeur
N. Bose, épouse de Charles 2
François Regnouard,dela
Toüanne, Conseiller au Parlement
de la secondé des Requestes.
Mr de Saint Sauveur
a un Frere& deux Soeurs, qui
sont,Zacharie.Nigot, Con--
seiller au Parlement de la premiere
des Requestes.N,Nigot
Epouse de Nicolas deLaistre,(
ConseillerauParlement de la
quatrième des Enquestes, &
Germaine Nigot, Epouse de
Pierre Paul Coigoet, Seigneur
dçla.Thuillcric,Comte de
Courron ,Bailly & Gouverneur
d'A uxerre.
core par unattachement inviolableaux
interests de la f;
Couronne. Je ne dis rien de
celle Mr Talon, dont je vous
ay depuis peu entretenue à
fond en vous parlant de la
mort dece Grand homme.
MrBossuer,Fils defeu Mr
Bossuet,Maistre des Reque- -
fies, Frereaine de Mr l'Evê-
-
que de Meaux, vient d'épou-
-
ser la secondé Fille de Mrde 3 laBriffe, procureur Genrrat,f
(IÕÕITàToéeaesié mariée à M1
demesléFils de feuMrRou., lié eillerd'Etat. , Conseiller d'Etat..
'Quand je vous ay parlé du u
P. du Bue Theatin, dansma
Letiredumois passé,sur.ce
qu'ila prêché cet Aventà
Rome, dans i'Eghfe de Saint
Louis,jenevousayrienavance
quedeveritable, en vous
disant que c'estoit une des sept
Eglises de Rome azotées à la
Nation Françoise, & vous
pouviez gagercontre voftrc
Ami, qui a soutenu en bonne
Compagnie,qu11ny, en avoit
pas un si grand nombre dans
cette Ville-là,puis qu'au contraire
il y en a huit, qui ne
font gouvernées que' par des
François de Nation, Il est vray
qu'il n'y a aucun Royaume
qui en ait autant dans cecce
Capitale de la Chrestienté;
aussï Rome -n'a telle jamais
receu tant de secours d'aucun
Etat que de la France. Ces
huit Eglises font deux Paroisses,
quatre Couvenrs,un Hospice-
deReligieux, &uneEglise
de devotion. Je vous tes
vais nommer toutes, afin que
vdostreoAmiun'entpueisse proin.t Saint Louis, vulgairement
dit Saint Louis des François,
grosseParoisse, située dans le
Quartier de Saint Eustache.
-
Saint Yves des Avocats,
autreParoisse, gouvernée par
des Prestres Bretons, (ïtuée
dans le Quartier du Champ
de Mars. ,
Saint Antoine de Vienne,
dans le Quartier de Monti,
avec maitonhospicaliete,gou.
vernée par des Chanoines Réguliers
de Saint Antoine.
La SainceTrinité duMont,
dans leQuartier du Champ de
Mars,titre deCardinal Prestre,
&Convent de Religieux Minimes
de Saint François de
Paule.
Sainte Marie des Miracles;
dans le même Quartier du
Champ de Mars,avec Con.
vent de Religieuxréformez
du Tiers Ordre à S. Fran.
çois, connus à Paris, fous le
nom de Pic pus.
Sainte Françoise Romaine,
dans le Quartier de Treves,
avec Convent de Religieux
Machurins réformez.
Sainte Marie des Feüillans,
dans le même Quartier de
Treves, avec un Hospicede
Religieux Feüillans.
Saint Sauveur des François,
auQuartier de Saint Eustache,
procheS.Louis. Eglise de devotion
, gouvernée par des
PrestresSeculiers, & dépendante
de la Paroisse de Saine
Louis.
Ce qui fuit est de Mr de
Messange, assez connu plusieurs par Ouvrages que lePublic
a fortapprouvez. Vous
vous souviendrez
,
s'il vous
plaist,Madame, que dans. les
dilputes qui s'élevent quelquefois
entre des personnes
Lettres jene prensjamaisaumaisaucun
parti, & que je
ra pporte fidellement ce que
l'on écrit de part & d'autre.
A MrDE LAFEVRERIE.
QUi que vous soyez, Monsieur,
qui sansquej'aye
l'honneur de vous connoistre
en aucune forte, m'avez fait
celuy de parler de moy, dans
laDissertation quevousavez
publiée dans le Mercure Galant
du mois de Décembre
dernier, sur la question de la
fin du Siecle, sur laquelle on
avoit déja tant écrit, & dont
le Publicestoit si las & si re- -
battu
, permettez que par rcconnoissance,
& pour vous
remercier des sentimens de
bonne volonté que vous téf
moignez avoir pour moy, je
vous dise que j'ay eu du déplaisirde
voir que dés le commencement
de vostre écrit ,
vous tombez en contradiction
avec vous- même ;¡lors
qu'aprés avoir dit que cette
Questionn'est point decidée,
en même temps vous ajoutez
que vous laissez au livre que ;j'ay fait sur ce sujet, toute la
gloire de sa décision. Vous
revoyez, Monsieur, que ces
termes enfermenr évident
ment une Antologie,puisque
vous ne pouvez pas, sans vous
contrarier, dire quclvous*men
laissez la gloire d'avoirdecidé
un point,qui,à ce que vous
prétendez, n'est pas décidé
Comment est ce qu'un habile
hommecomme vous, peutse
donner si nettement un démentyàsoymême,
en faveur
d'un homme qu'il ne connoist f
poinr? C'est pouffer trop loin
la civilité Il valloit mieux,ce
me semble,vousdispenser de
mettre en jeu une gloire que
vous ne pouviez ny me don-
-
ner ny m'oster. Je fuis touché
de vous voir si bon que de :
vous nuirç à vous-mêmepour
m'e faireunhonneurque je ,ne vousaypojnc^emanJé,
:
& qui (.Ll,.li! pêne dans mon
estime yqueqyand vous auriez
pu me leprocurer,je
crois qu'il n'auroit pasyaki/a
censure à laquelle vous avez
(
eu la bontéde vous exposer ,
pour cela dans IVpritdes
Çqppoiffeurs. On dira peut»
estre queje fuis trop bon mpvmesme
de le prendre si honnêtement,
ôe que dans le
fond vostre procedé est moins
: un desir de m'honorer, qu'une
enviesecrettede railler mon
petit Livre sur letitrequ'il por--
te de Zuefliondecidée. Quand
cela seroit - Monsieur, jene
laisserois pas encore de vous <
plaindre doublement. Premierement
d'estre susceptible des
petits déplaisirs secrets, d'où
naissent ordinairement ces
fortes de railleries, & ensuite
d'avoir si malheureusement
pris vos mesures,que de quelque
maniere que l'on prenne
vostre contradiction
,
elle ne
peut que vous faire tort;car,
ou vous y estes tombé par
mégarde, ou de propos déliberé.
Si c'est par mégarde
,
c1,est une imprudence, qui,
comme vous sçavez,n'honore
pas beaucoup son homme:
; & si vous l'avez fait de prof'
pos deliberé, au lieu d'une
faute vous en avez commis
deux; la premiere de vous
e stre imaginé que j'avoisman-
* qué donnant à mon Livre le
titre deDécision;& la seconde
* d'avoir crû bien faire vousmême
écrivant sur cette ma-
J tiere
, comme vous le dites
sans dessein de la decider. Ce,
k font deux erreurs qui partent
d'un même principe, qui est
de n'avoir pas compris que
la question quevoustraite
& que j'ay traittée ayant yog-u étantMathématique,puisque
c'est un calcul
,
ne,pçpt,êtrci
maniée raisonnablementqu'
avecdecision, parce qu'il (Ch
superflus.& inutile d'agiter un&
problême sans le résoudre
qu'écrire sur des lujets/J<>h
cette nature sans ^efflindb
les decider, c'est abuserdes
Mathemaciques,quiqntpou r
but ladecision, parce.quebicm
differentes des autres fcicnco;
dont souvent la plus grand
clarté n'estque tenebres, çlle-il
font toujours évidentes& par
consequent
-
essentiellement
decisives
; de maniére que
traiter leurs questions sàns
avoir envuede les resoudre;
c'est courir sans vouloiravancer,
faire la guerre sans dessein
deresister,ou pour demeurer
davantage dans leur ressort;
c'est commesi l'on voulue
mesurer un Champ sans vouloir
en connoître l'étenduë,
ou calculer une somme sans
vouloir en aprendrelavaleur.
En ce cas
#
si vous travaillez
pour vous,c'est vous moquer
de vous même
, ou vous moquer
du Public, si c'est pour
luy que vous écrivez Enfin,
Monsieur, quelle qu'ait été ,
vôtre intention à mon égard,
,
vous voyez non-seulement le :
mauvais effet qu'elle a pour -
vous, mais encore le peu
d'effet qu'elle a par raport à
inÓy. Ainsi quand il seroit
:
vray que vous auriez eu envie
de faire une mauvaise plaisanterie
sur le titre demon Livre,
je fuis sûr qu'après ce que je
viens de vous dire, vous en
feriez faché à vôtre propre
consideration & qu'à la mienne
vous vous condamneriez
encore d'avantage, particulièrement
:
rement si je vous avois a pris
de quelle maniere il est arrivé
que ce petit traité air porté le
nom dequestion decidée, dont
les termes font vray semblablement
la cause de cette legere
teinture de fiel déguisé, que
l'on croit apercevoir à la teste
de vôtreécrit. Ce titre,quoy
qu'il soit effectivement celuy
de mon Livre,n'est pointcependant
celuy que je luy ay
donné. Quelque dessein que
j'eusse ,comme je devois l'avoir,
de decider la question;
& quoique j'osasse peut être
mè flater de ce succez peu considerable;
j'avois assez menagé
les esprits f: nfibles aux piqures
de l'émulation, pour me bien
garder de faire prendreà mon
écritun air si cavalier, Sachant
avec quelle fureur pareilles
mouches font capables de faire
cabrer ces sortes d'esprirs, favois
donné à mon Ouvrage
un nom vague; & je m'étois
contenté de le nommer examen
de la question, ~cre. Deux
de mes amis, dont l'un est
Avocat du Royau Bureau des
Tresöriers de France dans la
Province de Champagne, &
l'autre Commissaire dans la
Villeou est le Siege de cette
Compagnie, tous deux gens
d'esprit& d'érudition, entrerenc
chez mon Libraire comme
on faifoic épreuve de la
premiere feuille. Ils lûrent
mon manuscrit; &par malheur
ayant jugé le titreun peutrop
modeste, l'un des deux donna
celuyde questiondecidéequi plut
au Libraire, parce qu'illuy
sembloit propreà favoriser le
débit. Je n'eus pas un petit
combat pour lors à soûtenir
contre luy. Je vins à bout de
luy faire promettre qu'il ne
mettroit pointce nouveau titre
; mais je ne pusgagner sur
Itiy de me tenir parole, & je
ne fus pas forci, qu'il tira la faille avec le titre qui l'avait
charmé. Je vous donne, Monsieur,
pour témoin de ce que
j'avance, non - feulement le
Libraire qui peut en être crû,
mais encore les deux personnes
de consideration qui firent
malgré moy ce changement,
& qui ne feroient peut être pas
difficiles à trouver si vous vouliez
vous en mettre en peine.
Recevez cecy ,
je vous prie,
avec bonté, commeun Collyre
oui me semble avoir une venu
naturelle contre lablessure que
cette inscription, plus fanfaronne
que je n'aurois voulu &
que mon humeur ne souffre,
peut vous avoir faite. Je fôur
haitequ'ilpuisse être bonaussi
à tous ceux qui feront attaquez
du même mal. Si
ce remede ne vous sussit pas,
achevez de vous guerir
,
en
considerant que mon Livre
n'est pas le seul qui sur cette
matiere porte untitre dedécision.
D'autresavant luy su-r
le même su,et en ont porté un
pareil,& l'ont portédu choix
de leurAuteur,sans peut-estre
qu'ils y eussent plus de droit
que le mien,témoin tel Traité
surcettequestionau frontifpice
duquel on voit la Solution
du Problême. Toute la dif.
serence de ce titre au mien
difference qui , peut estre cil
cause que vous ne vous estes
adressé qu'à moy,c'est que le
mien se trouve conceu en des
termes plus intelligibles que
l'autre au commun du peuple;
car Solution du Problème, &
Question décidée ne font qu'une
même chose en differensmots.
Ainsi titre de Solution;& titre
de Décision ne font qu'une même
forte de titre, dont les termes
font synonimes, l'un plus
Latin,l'autre plus François.
Or qui estce qui connoist les
Lettres, & peut ignorer que
l'usage universel est de donner
le titre deSolution,&par consequent
de Decision,à tous les
ouvrages qui traitent les Problêmcs.
ou ce qui en la même
chose,les Questions Mathématiques,
Et de quel Pays
vient on, quand ons'avise de
trouver à redire à un pareil
frontispice? Quel livre a t on
lû sur des sujets de cette nature?
Enunmot,enquelleécoleat
on appris à écrire ian
les matieres dont on veut se
mester de parler& de juger?
Soyez en, Monsieur, vousmême
le Juge, par rapport à
ce que j'ay l'honneur d'en ex- -
poser à vos yeuy;&voyez si
c'est ce titre qui a besoin d'A- -
pologie,ou la personne qui le
reprend Aprés cela sidevant
estre plus que satisfaitde plu-
- sieurs manieres; cependant
vous ne l'étiez pas encore,
pour achever, faites-vousla
justice de regarder, que vousmême
en cette occasion vous a
avez porté des airs d'autorité :
plus haut que personne,&
que dans vostre fruit d'arrierefaison,
je veux dire dans vostre
Dissertation sur la fin du Siecle,
quoy que vous nous disiez
que vous n'ayez pas dessein de
decider, & que vous ne donniez
de vous-même aucune
rraifon décisive, le dis de vous-
'! même; car celles que vous
;' donnez ne font pas de vous,
& même, selon vous, n'ont
rien decidè quand les autres
lesont données. Cependant
vous decidez en Souverain,
& vous tranchez la
question despotiquement par
ces paroles, qui sont vos ter-i
mes : Nousvoicy
,
dites-vous.
dans cette Année Sainte ou dt&i
grand Jubilé, qui ne commence
pas le Siecle, comme s'imaginent
la pluspart aes. Chrestiens, maL
qui le finit. Aprés cet Arrest
que peut on faire autre chofol
que baisser les yeux& se rerirer.
Vous voyez , au reste :
qu'en cela vous vous trouver,
encore contraire à vous mê.à
me. J'irais trop loin, si je vou Il
lois suivre du même pas COUIL
ce qui s'offre à ma vue sur vô
tre eCritt & je m'engageroi
: peut-estre sans y penser à VOUS
tire plus que leremerciment,
ans les bornes duquel j'avois
rabordeu dessein de me renprmer
C'est pourquoy reve.
iant à ma premiere pensée &
cftime que j'ay pour vous,
uoy que l'on en puisse dire,
pe sassant pencher à croire
ue vous avez peché par inadvertance,
plutost que par mauaise
intention, je fuis bien ai-
2 de finir du même ton que
,ay commencé; vous(up-
'.liant de recevoir favorable.
ment mes adions de grâces,
nour la gloire que vous avez
rvez voulu me laisser, & de regarder
comme une preuve dL
ma reconnoissance très humrn
ble la franchise avec laqueili
j'ay l'honneur de vous dini
messentimens surce point.
LeLundy22.de ce mois 11
Roy donna dans son grann
A ppartement un Bal fembls;L
ble à celuy qu'il avoir donnai
plusieurs jours auparavantn
Toutes les Chambres & la G«;£
lerie e stoient éclairéesautanu
qu'il eiloir possible. L'on avoiQ
ainsi que la premiere fois,chou
si la plus grande Salle pour
III
lieu duBal,&l'on yavoit mis lstf
Juafldiins ordinaires.L'on avoit
établi dans les croisées
Ifes deux Chambres voisines
[sViolons & des Hautsbois
our faire danser lesMasques
luine pourroient pasparvenir ffqu'à laSalle du Bal. Il yeut
jeaucoup d'ordre & d'exactiodeaux
portes,& les Masques
irenç obligez de se faire con-
Diftre à celles de la Salle des
rardcs, de l'Antichambre &
2 laChamb'rhe du Roy. Le Bal ommençaà onzheuresapres
souper du Roy. Madame la
îucheffe de Bourgogne s'y
:nditun peuavantS. M. Elle
eltoïc vétuë en Magicienne. avec m: habit fort riche, tres-galant & orru
de pierreries. Monseigneur, Mono
seigneur le Duc de Bourgogne•«,
Monsieur le Prince de Contyy viniv
renc aussi de bonne heure, & fool
bien masquez, & se mirent en db
places qui empêchèrent qu'ils ne fujl
fent reconnus. Messeigneurs II
Ducs d'A njou & de Berry yarrmvj
tent en habits serieux & sans mi.
ques Madame la Duchesse de Cha;n
très,Madame la Duchesse, Madame
la Princesse de Conty, & plusieurs
Dames du premier rang avoies
des habits de marque,des plus mm
gnifiques. Les jeunes Dames de 3,
fuite de Madame la Duchesse :
Bourgogne c stoientaussi vétues
Magiciennes. Madame deZantziis
doiff,Feinme de l'Envoyédel'En
bereur,&, Mademoife!!ej~{!ane~m,
Fille de celuy de Mr l'Electreur de
le Brandebourg, y estoient galamment
&noblement habillées. Le
Balcommençasi-tost quele Roy fut
ntré Onne peutexprimerlenomvre
des masques quj vinrent à cette
Feste. La Galerie Se les premieres
• °i,ees de l'Appartement en estoient
lem plies, & l'on convint qu'il y en
'-voie incomparablement davantage
de plus beaux que la premiere fois.
sapresse fut grande dans les deux
Chambres où estoient les Violons.
Madame la Duchesse de Bourgogne
y les Prince (Tes nechangérent point
n'habit
;
mais Messeigneurs les Princes
masquérent. Il y eut une mafcasade
extraordinaire d'une Fontaine
« de six Ifs taillez comme ceux du
~atterre de Versailles. On servitun
peu aprés minuit une très grandes.
Colation
, & le Roy se retira demie—
heureaprés. Le Bal continua encores
jusqu'au départ de Madame la Duchesse
de Bourgogne
, qui !entrain
chez elleàdeux heures & un quart.
Le Mardy iy Monseigneur don..n
nale Bal dans son Appartement. llll
avoit fait ôter le lit de la grando~
chambre,& des gradins avoientestés
élevez tout alentour. Les Violon~sin
& les Hautsbois furent placez dans
\cs croisées. Cette chambre fut éclairée
par plusieurs beaux lustres. & picui
quantité de girandoles posées surde
grands guéridons dorez. Elle paroissoitun
peu petite encomparaisond~
celle où le liai du Roy s'estoit fait las$
veille,mais par le bon ordre qui y suus
apporté,&la peine que se donna M';||
le Duc de la Tiiûiouilie
,
Premiers
-- .-
[ Gentilhomme de la Chambre en atvnée,
qui resta toujours à la porte,
:
ainsi qu'il avoit fait le jour precedent
chez le Roy, iln'y eut point de *coni.
fusion
,
& l'on conserva toujours une
place suffisante pour dan fer. Qjoy
qu'ily vinst une grande afluence de
masques, la presse ne fut que dans
> l'antichambre qu'on avoit décorée 8t éclairée de même que la Chambre
&où l'on avoit placé des Violons SC
des Hautbois. Le Bal commença à
onze heures. Monseigneur ne masqua
point,mais Monseigneurle Duc
de Bourgogne & Messeigneurs ses
Freresy vinrent déguisez. Madame
la Duchesse de Bourgogne
, & les
Dames de sa Trou pe e stoient en
Egyptiennes.Madame la Ducbdlè:
de Chartres,Madame la Duchesse,
| Madame la Princesse de Conty, éc
Mesdamesd'Epinoy ,de Villequier^j
& de Chatillon avoient deshabits 4
tres-galans,& qui n'avoient point Ji
encore paru.Ily eut unegrande prp--
fusion feulement de liqueurs & de
s
glaces, a cause du Caresme où l'on a
estoitentré, Le Bal finit à une heu--]
rc& dernier Monseigneur recon- J
duisit Madame la Duchessè de Bourgogne
jusqu'à la porte de sa Salledes
Gardes. Elle travesala cour à piedle
suivie de toutes ses Dames, & allazi
chez Madame la Duchesse du Mai..
ne,où il yavoit des Violons. Com—il
me la Chambre de cette Princesse
n'est pasgrande,& que son itOft
dont elle ne fort point, en occupestj
une bonne partie. La confusion y futiii
extréme, parce qu'à la sortiedu Balsi
de Monseigneur »beaucoup de Mafji
ques y passerent. Madame la Du—ij
chesse de Bourgogne en sortitun peu
aprés deux heures,& allaà la grande
Ecurie chez Mr le Grand. Elleyfut
reccuëaubas de l'Elcalier par Mr le
Comte deBuemiG & Mr le Prince
CamiJJc. Elle traversa une premiere
Salle remplie de Masques, où l'on
danfoit
, & entra dans leprincipal
lieudu Bal, qui bien que spacieux
, estoitsiplein de Marques, qu'on s'y
portoit. Ourre les deux chambres
où l'on danfoit, qui estoient éclairées
avec excès; il y en avôit encore
trois autres qui l'estoient de même.
Dans l'une estoit étalée une prodigieusequantité
de liqueurs, d'oranges,
de citrons, de limes & de pommes
*d'Apy Madame d'Armagnac
fit passer Madame la Duchessede
de Bourgogne dans deux de ces
chambres pour s'y reposer, 81 pour
y prendre dufrais, dont elle avo~
besoin, à cause de la chaleurexceffive
qu'elle avoit soufferre dans les
Bal. Messeigneurs les Princes y vin—
rentdéguisez,& generalement toUS!;,
les Seigneurs, Princesses & Dames:
de la Cour. Le Bal finit à quatre
heures.
Je viens de m'appercevoir que jei
vous ay dit que Monsieur le Princesses
avoir donné le Bal le Samedy ij,£
Ce fut le Vendredy 12.
Le mot del'Enigme du mois pafTéàT
estoit les Pincettes. Ceux qui l'onun
trouvé font, MrCharles de la fUeL
de l'Arbre-sec; MrslesAbbezGail—li
lard & Soupez: le Complaisantpou~ •laLotterîëlie Philosophe de la ruel.::
le Saint Laurent; l'Amant sans ef-l
poir du même quartier ': l'heureux
Masque:les Freres rivaux de la~rum
Saint Louis. Mlle Javote "Ogiejr, du
coin de la rue de Richelieu: Susanne
Moran: Mesdemoiselles duBoisde
larue S. Antoine: la charmante Mimy
du quartier S. Martin :
la Mere
aux sept Amans: la Belle indifferente
de la ruelle de S.Laurent, avec sa
charmanteAmiede Beauvais.
Je vous envoye une Enigme nouvelle,
à mon ordinaire. Elle ne doit
pMasembarEassNer IbGeauMcouEp v.os Amies. On fort est singulier, je suis
masse & femelle*
- - Sans qu'Hermaphoditeonm'appe/
lr.
Dansceterrible jour qui cause tant
d'effroy,
Malheuràquisefert demoy.
- Je suis, Madame,&c.
A Paris ce 28, Février 1700.
TABLE.
p
Relude.
Portrait du Roy. ,,/
Ceremonies observces,àlaprisede posses
jion de M. l'Archevesque de Besançon
Relation de tout ce qui s'estpasséà la weni
&auxfuneratlles du Pere Marc rin
viano Capucin. t5;t
Lettre tres- cuneuse à Mademoiselle dik,
Scudery. 4^
1dtUe. 6 JMartâge.7;~ Morts. 8.
Disçours prononce à Perigueux' 8-8j
Avis auxhommesmariez.,par M. de
Cantenac.
Mandement de M. que Comte
Noyon,Pair de France. ico
Nouveau Prix proposè par la Compag».- ",<
des Lanternistes de Touluufe.1r
TABLE.
Mouvemcns arriver, dans l'Eglise au
sujetd'Origene, & desa Doctrune. 132
MascaradedesChinois. 154 Mascarade de Flore cfT desasuite.155
MAscarade des Amazones. 157
Les Savoyards,Mascarade. 159 laI donné dans les grands Appartemens
de Versailles, &tout ce qui s'y papt,
160
Mascarade des Espagnols & Espagnoles.
164
Jidafcarade du vieux Maistre d'Ecole &
desa femme. 165
Mascarade de la Noce de Village. 166
Mascarade du lendemain de la mesme
Noce. 168
MascaradedeDomQuichose 168
Bal donné aMadamt la DuehejpdeBourgogneparMadame
la Choenceliere. 169
Bal donnéà Madame la Duchesse deBourgogneparS.
A.S- Monsieur le Prince194.
TABLE.
Bal chez, Monsieur le Duc duMaine,un
Mascarade du Grand--Seigneurdans sîti Ménagerie. zm
La Feste Marine,Mascarade.214
LeJeu des Echets,Mascarade. nSï
La Vénitienne,Mascarade. 2.1yç
Bal chez, Madame la Duchesse du Maine.
131
Seconde Noce de Village, Mascarade. xi.
Au,le Article des Morts. 233,
Nouveaux Globes & nOl/VIlles CfF/er Géographiques.240
FMautearépraréiea. ges.246z*$,
Eglises Françoises à Rome. 2. ; Lettre de M. de Messange. 2 S5
GrandPaldonné parle Roy.276
Alsfcarade de px Ifs çrd'areFontaine.,
2-9
Bal donnéparMonreigneur.280
BE-dnchezi, Mg.mle Gr.etJ/ds. .235283
LaMcdaiiledoit regarderlapage 75.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le