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\,%le4'neTURh~'ln*
A PARIS,
Chez MIeHEL BRUNET;Grand*Jallc
duPilais, au McrcureGalama ,
o q
N donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois3 & on le
vendra Trente fols relié en Véau &
Viiigt-ciiiq fols en Ptrchemm. -
A PARIS, f
Chez G. DE LIJYNE,auPalais,dani
laSalle des Merciers, à la Jullicc-, -If T. GIRARD,au Palais,danslaGrandi
Salle,àl'Envie.XI
EtMICHEL BRUNET, Grand'SalIn
du Palais,auMercureGalant. 1
M. DC. XCV. I
A'W,c Priïilege Ân ROJ. 1
AVIS.
QVelquesprieresqu'on aitfai*
tes jusqu'k present de bien
cnre les rioyns de Famille employer,
iass les Mémoires qu'on envoyé
.tJQ,' ce Mercure
3 on ne laisse pM r, manquer toujours.Cela e/l cause
ru'ily a de temps en temps quelques
ins de ces MtmOlreJ dont on ne se
ïeut servir. On réitéré lame(me
>riere de bien écrire ces nomsj en
rorte quon ne sy puisse tromper. On
ie prendaucunargent pourles Menoires,
& l'on
employera tout les
Sons Ouvrages à. leur tour, pcurveu
fuils ne defohligent personne
,
&
çuil n'y ait rien de Itcentieux. On
AVIS.
prie feulement ceux qui les envoies
6- surtout ceux qui riécrivent q
pourfaireemployer leurs noms d*
£article des Enigmes,àdffrand
leurs Lettres deport, sils veult
qu'on faffe ce auils demanda
C'efi fort peu de cbofe pour chaq
particulier, & le tout ensemble
beaucoup pourun Libraire.
Le SieurBrunei qui débité pi
sentement le Mercure, a rétabli i
cbêfes de maniéré quil est toujo*
impriméaucommencement de ch
que mois,ilavertit qu'à l'égard a
Envois qui se font à la Campagh
ilferapartirles paquetsdeceux q
le chargeront de les envoyer ava\
que l'on commence à vendre icy
Mercure.Commeces paquetsfero\
plusieurs joursen chemin, PaisP
laissera pat davoir le MeTClI,
AVIS.
ng-temps avant qu'illoit arrive
ms les Villes éloignées, mais anjji
i Villes ne le recevront pas(ttard
tellesfaisoient aupdravant-Ceux
iise lei-nt envoyer farleursAmis
ns encharger ledit Brunei, sex*
,fent à le recevoir toujours sott
rrdpd' deux raisons. La premiere
trce que cesAmis riontpas foin de?
venir prendreJi/oft qu'il eÍI imprit,
outre qu'il le feratoujours quelvesjoursavant
que l*on en faffe le
ebit; & tautre, que ne tenvoyant
uaprès quils l'ont lu eux & quellesautres
à qui ils le pressent, ils
rjettent la fauteduretardement
tr leLibraire, en disant que la
ente n'en a commencé que fort
vant dans le mois. On évitera ce
ttardementpar la voye dudit Sieur
Vrunet, puis quilse charge de faire
AVIS.
lespaquetsluy~mefmey& de lesfaire
forter à la Polie ou auxMeffagers,
fansnulinterefti tant pour les Partuuiiersque
pour les Libraires de
Pïevince, qui luy auront dennè leur
adresse.ilfera la mesmecbofe généralement
de totu Us Livres nouveaux
qu'on luy demattdera, fait
quilles débité, eu qu'di appartiennentà
d'antres Libraires, fans en
prendre pour cela davantage que le
prix fixé par les'Libraires qui les
vendront. Quandil se rencontrera
qrfon demandera ses Livresàlafin
démetsy on lajoindraau Mercure%
afin de rien faire quun mesme paquet.
Tout cela fera execwè avec
une exaflitude dent on aura lieu
destre contenu
1.1~ Rcii-RE,.'
CAv~wPiiU(~T
DECEMBRE i6^t
T1
E ne vous repete point,
Madame
3 ce que je
vous aydit déjà plufieuts
,ois& qui est à la cannoilance
de toutel'Europe. Jamais
on n'a vû d'Etats attaquez
par un si grand nombre
de Puiffancesliguées,que1cft
aujourd'huy la France. Elle
n'a pas feulement à défendre
ses Frontieres, mais encore
les Terres qu'elle possede
dans les Pays les plus reculez,
&leRoy par sa prévoynce &
par (es foins y met si bon IQ-fdre,
qu'il y triomphe [ouvenc.
C'est ce qui vient encore
d'arriver à l'égard d'un Fort
qui est dans le GofpRede
1
Hudson en Amerique,lx.que
je vous ay dit que les Anglois
avoient surpris sur lesnoftres
en pleine paix. Ce Fore ahuit
iafiions,&:non pas quatre,
comme je vous le manday
dans ma Lettre d'Oaobre
dernier, & si les Anglois s'y
estoient maintenus depuis
leur conqueste
,
c'est parce
qu'il n'y a qu'un certain ;
p temps favorable à prendre
pour s'en approcher à cause
des glaces qui font presque
continuelles en ce paysJà.
Mrdlbcrville5 Capitaine de
Frégate legere) y estant arrive
l'année patTée au commcncernent
de l'Automne, avec
les Vaisseaux du Roy, le Poly
&la Salamandres trouva un
endroit propre à mettre ses
Mortiers en batterie)&plu':
sieurs pieces de Canon de
quatre livres de balle,à quatre
cens pas du Forr,quejes
1Ennemis avoient appelle le
YForc d'Yorck. Les traînées
qu'il avoit fait faire n'ayant
pu servir,il fallut les emmener
sur les roues des affuts de
campagne, la terre estant si
gelée qu'on avançoit peu à
travailler LesBatteries furent
enfin achevées le 13. dtOétobre
malgré quantite decoups
que tirerent les Angloi$lur
nos Travailleurs. L'effee n'en
fut pas considera ble,ôw'comme
ils virent par la contenance
des François qu'ils avoient
a faire à des gens fore
intrépides o
, cette fierté les
épouvanta de telle forte, que
M1 diberville trouva à propos
d'envoyer dire au Gouverneur
de ce Fort, qu'il
avoir or dre de les bombarder
& canonner,&de les reduire
A en cendre,s'il n'acceptait une
honneHe composition, qu'il
vonloir bien faire à fà Garni.
son, si par Ion opiniâtretéà
fevouloir defendreinutilement,
iln'efloit pas cause du
fang qui se répandroit de chaque
coite. Cette sommation
suc faire par MrdelaForest,
qui rapporta que le Gouverneur
Anglois envoyeroit le
lendemain à huit heures du
mann, les conditions qu'il
avoic à demander. Lanuitfc
passa à faire bonne garde,ôc
le jour suivant sur les neuf
heures, le Lieutenant Anglois
vint trouver Mr d'Iberville,
avec un autre qui rortoit
le Pavillon blanc. Les
condicionsqu'on arrefta furent,
qué le Gouverneur ôc
sesOfficiers logeroient dans
le Fore, & que sa Garnison
feroic traitée comme les François;
que ce même Gouverneur
& Tes gens (croient maiftres
de ce qui leur a ppartenoie;
quel'Este' prochain au
retour des Vaisseaux en France
ou en Canada, ils y leroient
menez; qu'ils demeureroient
maistres de leurs
Papiers & Livres de compte,&
en donneroient lecture
ou copie, si on le fouhaitoit
, & qu'on remettroit
le Fort à Mr d'iberville
à deux heures aprèsmidy.
Sur les trois heures
,
Ms du
Tas en alla prendre poflef-j
lion, après que le Gouverneur
en fut forti, &
-
sa Garnison
fans armes. Ce jour-là, Mr
d'Iberville alla coucheràson
ctabliflement, où le Gouverneur
J
& plusieurs autres Ossiciersallerentauffi
coucher Le
15.jour deSainte Therese,Patrone
de laRiviere deccnom,
quiest proche de ce Fort,
Mr d'Iberville, quin'y avoit
point esté le jour précedent,
y entraavec le Gouverneur
Angleis-, & après que le Te
Deum eut elle chanté, on
nomma ce Fort
,
jeFort
( Bourbon leplan Je vous en envoye gravé.
Voicy la fécondé partie
d'une Réponse, dont la premiere
est dans ma Lettre du
mois pasle. Celle. cy traite de
la triftefTé de Jesus.Christ, &
de la compatibilité de ses
souffrances avec la Gloirepar
sa suspension. M
ONSIEUR,
Comme l'Argument tiré
de la triftefTe de Jcfus-Christ

(si le plus pressant qui ait erté
opposé à vostre objeaion,
contre la Doétrine de Mr
Descartes touchanr les sensationsy
puilque vous convenez
vous-mesme que l'Arne est
l'unique sujet de la triftefle,
laquelle est aussi inalliable
avec la vision beatifique que
la douleur, vous avez eu raison
de le combattre par tous
vosefforts.
Vous commencez par attaquer
les PaflagcsduNouveau
Testament qui vous ont
eslé ra p portez ,
Tristis rJ1 anima
mea ujque dd mortem. Coepit
contrifiari & moeflus effi)enl
y opposant ces PalTages de
l'Ancien Testament.Nonerie
trijlis & turbulentus. Non concrifiabit
jitjhim qnidquid ei acciderir
,& vous dites que cetrc
contrariété apparente ne se
pueaunt tàconcilier qu'en actru
l'Aine dejefusChrist,
mesme en cettevie, un bonheur
fans mélange de peine,
& à son Corps (cul la capacité
de tout (ouffrir.
Mais vous Íçavez mieux
quemoy, Monsieur, que la
tristesse attribuée à J. C. par
son Evangeliste
3
& qu'il a
marquéeluy-même àsesDif.
ciples, eftoic unetristesse
purementnaturelle dans la
veue des maux qu'il alloic
souffrir; au lieu que la tristesse
dont parle Ifaye, est unetrifteffemauvaise,
ccft à dire,
un chagrin d'impatience &
dcmporcement qui ne peut
fc foumectre à rien souffrir,
comme il paroist par le moc
de turbulentus joint à celuy
de trijîis, bien opposé au caraétere
que J. C. se donne luymesme
de doux &:humble de
cceur.Ainsï l'endroit des Proverbes,
lvoncontreabit justum
quidquid ci acciderit, ne veut
pas dire qu'aucun juste, ny
celuy même qui l'est par excellence,
duft eilre infenfible
à latrifhffe,, mais feulement
qu'il ne devoit pas se
taiiTer abattre, & surmonter
par elle) puis qu'à la vue de
les jtourmem s'estant abandonné
au découragemenr,
jusqu'au point de demander
d'en estre délivré, ilavoitdie
auffitoll, non tamcn voluntas
mea fiAt" fed tit*; c'e(H dire,
que ma volonté comme hu.
maineJcede à la vostre : ou
pour mieux dire> à la mienne
même comme Dieu, puis
que le Pere & le Fils n'onc
qu',une même voleontés dRe.,
pour marquer encore que [OAl
courage ne se reduisoit pas à
de simples paroles, il alla
auflicolî au devant de sesEnnemis
se découvrir à eux en
prévenantleur recherche, &
se livra de luy-même à toute
leur fureur.
Apres avoir tenté inutilement
par une prétenduecontrariété,
de donner atteinte
aux passages de l'Evangile
qui vous ont eslé opposez,
vousvoudriez bien, Mon.
lieur, en changer le sens.
Cependant estant convenu
que lame est Tunique iujet
de la trifteffc, je ne puis
comprendre ce que vous dites,
que le mot d'Ame se prenant
le plus souvent pour
tout l'homme, on doit prendre
latrifteife donr J. C. parle,
pour un abattement de
Con Corps. Je conviens avec
vous de cettefaçon de parler
de l'Ecriture, il y avoit
tant d'Ames, c'elt à dire, tant
de Personnes. Je demeure
aussi d'accord que ce qui ne
convient, à proprement parler,
qu'à une partie d'un com.
posé, s'attnbuë ordinaire.
ment au toutytottém pro pdrtc.
Ainsi) comme l'homme est
tout enlcmble corps & efprie,
on attribuë également
à l'homme toutes les qualités
qui peuvent convenir à ion
corps & à son efpric; mais ce
n'est pas une raison pour attribuerà
une partie celle qui
ne peut convenir au tout qu'a
causède la partie
@
opposée.
Ainsit comme on ne peut
attribuer à Famé ce qui appartient
uniquement au corpsy
on ne peut non plus attribuer
au corps la tristesse, qui
appartient uniquement à lame.
A la verité, par les loix
de l'union de lame & dit
corps, oes deux patries fc
communiquant réciproquement
les différentes impreffionsquelles
teçoivent du
dehors, comme les impref
fions violentes que reçoit le
corps caulent de la douleur
à l'amc, il arrive aussi que la
tristesse de lame jette le corps
dans l'abattement,mais i). ne
faut point confondre la cause
& l'effet; l'abattement du
corps, &la tristesse de lame
qui causecetabattement, ny
les fonctionsde ces deux parties
si opposees; car comme
l'ame est invulnérable aux
-
playesau corps, quoy qu'elle
les fente,onne dit pointauffi
que le corps devienne triste
par la tristefTe de l'ame, mais
abattu, chacune de ces par.
tics agissant toujours de la
maniere qui ell convenable
à sa nature, & nen pouvanc.
point changer.
Il n'y a que lecas de cer^
1 .,"" tains termes equlvoqufs,cm.{
ployez pour lignifier tout ensemble
des qualitez spirituelles&
corporelles, par exemple,
la force, la grandeur;C°
car comme il y a une force
& une grandeur d'efprir, &
une
ane force & grandeur de
:orps, quand on dit qu'un
nomme csi grand ou fore,.il
n'y a. quela fuite du difeours
qui puisse faire comprendre
si c' est de grandeur
ou force
xTefpric qu'on parle, ott de
grandeur& force de corps.
I Lemotd'Arne encore peut
avoir deux significations dif-
Terentes, ou par opposition
au corps, lors qu'on là con.
Videre dans ses fondions purement
intellectuelles & in-
)dépendantes du corps;auquel
)casceux qui veulent oster
Jl'équivoque,disentplûtost,
1efpric ; ou l'on entend le
mot d'Ame par application
au corps, en tant qu'elle est
faite pour l'animer, & luy
donner lavie par leurunion,
& en ce cas c'estun terme
relatifsi propre à l'homme,
qu'il ne convient point à JAnge
, parce que c'est un
purefpric,nondeihnéà estre
uni à aucun corps pour l'animer-
mais cl-s differens sens
du mot d'Ame ne la conson.
dent point avec le corps, à
l'effet qu'en puisseavecraiiora
luy attribuer ce qui ne convient
qu'à elle.
F Quantàcesparoles de J.C. rSpin/us.quidem promptus efly
caro auteminfirma, vous poujvez
bienvoie, Monsieur, de iFendrait de Saint Mathieu,
d'où elles font tirées, que J CIne les a point dites pour
1uy
J nydour marquer J'abat-
Mementrlcson Corps par la
tristesse,mais pour l'in flru-
1
<5Hon de ses Disciples qu'il
avoit trouvez endormis pendant
qu'il prioit dans leJardin
des Olives. Il leur dit
donc,Veille^ & j#ie%, afin
que vous ne tombiez point àanf
14 tentation, l'cfpritetfprompt.
mais la chair tpfoible; c'est à
dire,le Démon,leTentateur
efl. subtil) & a mille ruses capables
de vous seduire,ifvous
vous tairez abattre par la
foiblefledevostrechair, cVil
pourquoy ayez recours à
Dieu par la priere.JDautres
par Tefprit entendSnt feulement
i'cfprit de l'homme,
expliquant ainsîcepassage,
Vous, mes Apojfres, ne vous fieZ
pas trop à cetteardeur sensîble
que vous me térnoignez
,
sur la-.
quelleuouscreez, troplegtre
ment pouvoir-toutfaire & tout
fottffrirpourmoj3 maissentant
\'tJQflre foiblesse implore^ kfe~
icours du Tout-puijjanty pour dt:
^quérir uneforce quevousnefçat^- ,~o~~ cfy~Mme%
avo r de vous mêmes, dont
s/vous allet bien rostfaire de trif*
[ tes épreuves par lescandale que imes ignominies Crriesfoiiberan-
» ces vous vont causer;
Je ne puis encore entrer,
Monfienr3 ctans laconi paraison
que vous faites de J. C.
avec les Bienheureux qui fonc
dans le Ciel, donc le bonheur
n'est puintakeréparnos fouf.
Srances & nosmiferes, quelque
charité qu'ils ayenr pour
nous; d'où vous voulez conclure
que la charité qui afait.
souffrir J. C. pour le (aluedes
hommes,ne dévoie pas permettre
que l'impression de
ses souffrancesallafrjusqua!
son trône,afin que son bonkeur
n'en fust pointiroubte;
- car quoy que J.. C. fust
déslors
aufli
excellemment
Comprehenteur qu'ils lefonc
maintenant, suivant S. Thomas,
il est certain qu'ils ne
foot plus Voyageurs, estant
parvenus à la celeste Parrie;
mais J. C. qui pouvoic feul
allier en luy deux états si opposez
,
& inalliables en de
ours hommes.. par l'union de
Les deux Natures, estantaufFà-P
jicniVoyageur queCpmpre-
.icnfeur,ayant estechoisi de
Dieu pour nous feryirde guide,&
ayant choisi la voye des
souffrances pour, nous con*
duire aufatut, il devoit estre
dans uneautre fuuiuon, s'eftant
fournis aux souffrances
dont les Bienheureux font
presentementaffranchis-,mais
il n'y potivoit estre fournis,
suivant [Oil decret,&les rendre
meritoires pour luy &
pour nous fans y estre senG.
ble
, quoy qu'il puft y estre
fenfiblefans en estre EroubJé,
(inon de ce trouble volontaire
dontil parle dans S. Jean,
ch.2.2,.v.17. duquel ilestoit
entierement maistre. i
Quoy que rame deJ.C. comme
vous le dites, Mr, eût plus
de force que n'en avoit celle
d'Adam dans le Paradis terreftre,
pour arrester les senrimens
prevenans & involontaires
dont nous sommes
orcLnairen1enct'ra pez 1
qu'il
puft même empêcher que
l'impressionn'en paiïafl:jufqua
(on ame, quoe immsta
rumens omnia movcvAt,ila elle
r-'111us convenable à safagefle
jf& à sa bonté de ne point user
I-de cette force-, en laquelle
ç Adam s'estoit trop confié;
mais s'en dépouillantauconrraire,
il s'eil revestudecout
tes nos foiblesses, pour don-
H ner plus deprifefur luy àtou-
* ces les pointes de la douleur,
*ayant eitimé plus digne de
",f) ch lri[éde vJincre (a pro. sa c hirité Jevaincre(a proy-
priî f-fifibiliti en s' y a b an- »donnant par son choix, par
:: une patienceinouïe, que de
se rendre insènsible à la dour
- leur; &c'est par cette raison
J que Saint. Paul die, que ce qui
paroist enDieuuneroibleffe,
est plus fore que toute la force
des hommes.
Enfin, Monsieur,vouset>
revenez à vostre premier rationnement
,
qui vous fait
oster la fcnfibilité à l'ame .de
J. C. pour ne pas troubler
Ion bonheur, plûtoftque de
fufpen dre ce bonheur, pour
donner lieu à sa sensibilité
dele mettre en cit at dela
faire (ouffiir, par l'incompatibilité
de la bcaritude «3c
des souffrances. Mais quoy
qu'il foit vray , comme vous
dues, f2..y'une Ame defoj indivisibleestantfrappée
Je douleur,
nepuisse pasjouir en mesme temps
d'un bonheur parfait, cela ne
peut estre veritable que des
joyes vaines & pafrTageres de
ce monde, lesquelles, si vives
qu'elles foienr, ne font pas
feulement diminuées, mais
tout à fait troublées, & si
suivant vos [ertl1es, il nJ a
point de Saint icy bas
,
estantex*
tajièt ctu'uneincisionlegere nefajJt
revenirà/oy,ilnes'enfuitpas
que la Proposition que vous
* avez meslée avec celle-cy ,foit
I soutenable: Quesi les Saints
[ dans le Cielfentotentde LA donleur,.
telle qu'on la peutsentiren
ce monde, ils en feroient moins
heureux, parce que le Fini
estant ablorbé dans l'Infini,
avec lequelil n'a aucune proportion)
il eil absolument impossible
que les douleurs les
plus vives qu'on peut sentir
sur la terre ,
diminuent le
moins du monde la joye infinie
dont les Bien. heureux
jouïssent dans le Ciel, non
plus qu'une goutce d'eau douce
tombant dans lamer, n'en
peu: diminuer l'acrimonie
,
& comme un simple chacouïllement
n'a pas aflez de force
pour causer de ladouleur,mais
qu'il cause plustostune espece
de petit plaisir,par le sentimenr
que l'on a de sa force
à y refiiter
, un Bien- heureux
en Corps& en Ame dans le
Ciel
j
qui se trouveroic attaqué
de ces douleurs passageres,
auroic comme un plaisir
de les voir noyées dans l'abiC
me de joye qui l'environne,
& le torrent de delices qui |le remplit. Qu'on imagine
i
mefmc une douleur capable
s'il se pouvoir en cet cftar,
1 de tuy ofttr Ja vie du corps,
ï comme Dieu qu'il possede
est la feulevie de sonAme,
laquelle donne bien lavieà
son Corps, mais qui ne la reçoit
point de luy* elle la quitteavec
la mesme facilité que
l'on dépouille un habit. Donc
si lesPeres ont crû que l'Arne
de Jelus-Christ pendant sa
vie voyagere, n'a pas eu feulementl'assurance
, mais encore
la jouïssancea&uelle de
la Gloire, il v a eu necessité :
suivant leur pen fée^ d'en lu i-.
pendre l'effet entier, pour le:
pouvoir rendre ftnfible à lai
triflefle, aux opprobres, &:
aux humiliations qu'il dcvoica
[oúffrir pour nous, pour accomplir
la volonté de son Père,
plustost que d'y rendre son
Ame imknfïble
*
de peur d'en
troubler la [eliciré. Ainsi
Monsieuravous , vous tfouveriez
vous rncfrnc opposé à S.
Thomas, & quasi à tous les
Peres, qui ont eu recours au
miracle de la fufpenGon,comme
vous le dites vousmesme;
dequoy ils ne se feroient pas
avilez, s'ilsavoientcrûcommevous,
quon puftdépotiiller
l'Ame de Jelus-Clirift de
(asensibilité
, pour la reduire
toute entiere & fans diminution
a ion Corps, jusqua Iiiy
faire Icntir les opprobres &
l'ignominie dont il eftoiraufli
peu capable, que detriftefTe,
& cela d'une manière suffifante
pour pouvoir meriter
le salut des hommes, ce qui
devrait; ce me semble, vous
faire plus de peine, que vous
ae m'en donnez, de me trouver
d'un fenciment contraire
5 Melchior,Canus, & autres
grands Hommes donc vous
avez oublié le nom.
Reste à examiner vostre
Réponse à ce qui vous a esté
objeaéJque les douleuis de
Jesus Christ n'ayant estequen
son Corps, (an Sacrifice
auroit esté purementmatériel.
Vous dites à cela3 que
quoy qu'il n'euit souffertqu'<*
en son Corps*, son Sacrifice
n'enauroir pas estémoins fpirituel)
par racceptation volontaire
qu'il avoit faire aboriginemundi,
deshumiliations^,
des opprobres,& de la mort
luême-,mais je répons à cela
que si cette oblation faite
dés le commencement du
monde a esté toute spirituel.
1e,l'immelation aâuellequil
en a faite iur lafin des temps
n'y auroitpas dignement ré.
pondu) si elle navoit este
aussi fpirituellc. Or pour la
rendre spirituelle & méritoire
tout enfernble,il ne suffifoit
pas d'une simple soumisfion
& abandonnemenc dc,,
son corps à des souffrances;
où sen amen'auroic pris aucune
parc.Cestiepartagede
laLoy ancienne, oùles suisse
se'contentoient d'offrir des
victimes étrangeres, quin'a-1
voient pour tout merite quo
leur innocence, puis qu'en
les offrant ils devaientrccaJU
noiftre quec'cftoireux mêmes
qui devoient eftrc immolez
en fatisfa&ion de leurs
pechez:), Mais dans la 'Loy
nouvelle, J.C. eflant le Piestre
& la Viétime tout ensemble,
il dévoie non feu lement
s'offrir en esprit.en se foumc ctanc
aux fauffrances ordonnées
par ion pere, mais il deï-
voir aussi faire paffer l'immolation
des fouffranccs ju fauà
^fonanve, &en porter ladourieur)
la tri(tefle,&toutes les
rignominies;car quoy qu'il ait
dit feulement parle Prophete
? Roy, CorpmMtajiimihiycc n)a
pas c fté pour exclurreionam< de l'immolation
,
mais poui
nous faire comprendre for
humilité prodigieuse davoii
voulu (e rabaisserjusqu'î
prendre un corps passîble&
mortel commele nofire, pOlÎl
se substituerà ces anciennes
viétimes) qui n'avoient qu'un
mérité figuratif du fien
, &
une innocence purementmaceriette,
& qui estoientétrangeres
au coupable, dont il a
pris la Figure pour estre immolé
à (on Pere, pour luy Se
au lieu de Juy. C'cft pourquoy laVersion vulgate des PIeaumes
ne dit pas le motfiêrptts,
mais.,Aures perfecifti mihi
1
&
d'autres, Perforafti
, pour nous
marquer qu'il s'est réduit à la
forme desEfclaves,ausquels
on perçoit ordinairement les
oreilles.
Enfin,si Saint Paul. a dit
que nouseftions fannfiez par
TOblationvolontaire quejefus-
Christ a fait une fois de
son Corps; c'estqu'il s'efi contente
de designer leSacrifice
de JcfusXhnft, par ce qui
lavoit rendu meritoire dans
son principe, qui cft- sa vo-
,Ionté,& par ce quicftpitde
plus visible dans l'immolation
aéluelle
,
qui eftoic la
mort de son Ccrps ; mai, il
n'a pas exclus pour cela la
parc qu'1y a pris son Ame ,
parla douleur, la trilkffe
,
&
l'ignominieicar si on vouloit
tirer la consequence que ce
qui n'cft point exprimé nomme
ment dans ce Passage, est
exclus du Sacrifice de J. C.
on pourroit induire bien des
abiurditez decesmots:lnaua
n)oluntAtc fantfiftcati fumus pjr
oblatiencm Corporis Jesu Cbrifii
fimel. Sçavoir , 10: que cette
volonté feule suffit poarnous
.fanttificr & nous sauver, par
voye d'imputation de ce Sacrifice
,fans aucune coopéra-'
tion de nostre part, contre
ceque Saint Paul dit luy.meC
me en un autre endroit: Aiimpleo
in me qua dfunt PajjionumChrifli
2.°. Que le mot de [emtl, dcvi
oit cmpefcher la réitération
de cemesme Sacrifice dans
l'Eucharistie.
39. Qu'il suffisoit de la fimple
oblation du Verbedivin,
ab origine munit, comme une
manière plus noble & plus
relevéc) de sauver les hommes,
fans en venir a limmolation
réelle & cffcâive, qui
s'est accomplie en luy dans
la fin des temps, d'une maniere
si humiliante & si douloureùfè.
Enfin, ateribuant la fouf.
france au Corps de J. C. fans
que son Ame y eust de part,
celaconduiroità croire qu'il
n'avoit eu qu'un corps phantafiique,
ouemprunré; qu'il
l'auroit offert & immole d'une
maniéré Judaïque, com-.
me un corps qui luy eftoic
absolument étranger,&nofi
comme son propre Gorps, &
qu'il
qu'il n'auroit souffert qu'en
figure, & bien loin de le pouvoir
regarder comme le Chef
o
& le plus grand des Martirs,
non feulement par iadignire,
mais encore par l'étendue
prodigieuse de ses fouffrances,
comme toute l'Eglisel'a
reconnu dans tous les temps,
on ne pourroit le regarder
;que comme un Imposteur
;bien plus blâmable que les
:PhariGens, qu'il reprenoit
>d'imposer aux autres des
'charges insupportables qu'ils
ne vouloient pas feulement
toucher du bout du doigt,
puisque des peines dont son
amen'auroit ressenti aucune
douleur n'auroient pas pu feu
Jement e stre comparées aux
tourmens desmartirsdont le
rccir fait frayeur; mais toutes
les douleurs & ignominies du
Meflic, dont les Prophetes
& lesEvangeliftes s'accordent
si bien dans les deux Teltamens
à nous faire des peintures
si touchantes, se trouveroient
encore n'ellre qu'une
Fable & une impefture; &
Saint Paul, pour avoir tant
relevé la Croix de J. C. quii
eftoir un scandale aux Juifs
leque lesGentils regardoient
comme une Fable, jusqu'à
dire que c'estoit la force &
la sagesse de Dieu, jusquaen
faire l'objet unique de toute
sa science, toute sa gloire &
toutes ses delices,&à la re-
.gdaorndter comme un mistere,
la longueur, la largeur,
la hautenr & la profondeur
font absolument incompre-
,henfibles,ne pourroit paiftr
que pour un rêveur & un
infenféi de toutes lesquelles
choses je fuis persuadé, Monlieur,
que vous avez autant
d'horreur que moy. Bien loin
donc de croire que l'Ame d<
J. C. cust contribué ainsi d'u.
ne maniere plus noble àfon
Sacrifice,je luisfeur quevouj
en jugerez autrement, &de
la même manière que voui
feriezd'un Soldat, qui 1ou
tiendroit avoir eu une pan
plus glorieuseà la Vidoire,
pour sestre tenu bien éloigné
du combat,que s'il s'etoit
jette dans le plus fort de la
mêlée.
Il ne me refle après cela,
MonGeurJ qu'à vous demander
pardon de ma longue &
ennuyeuse Lettre, en quoy
I
néanmoins il ne me paroist
rien de trop pour refondre à
toutes vos Reflexions, que
vous ne qualifiez plus de difficultcz.
je fou haiterois vous
avoir satisfàit- Jevous avouë
que fay cfté fort animé par
la grandeur du fujec, qui contient
ce qu'ily a de plus incomprehensible
dans les
.deux grands ouvrages de la
b D toute puissance & de la bonté
deDieu; sçavoir, la formation
de l'Homme par l'union
de l'ame & du corps, & celle
de l'Homme-Dieu par unat-
(emblage encore plus étonnant
du Créateur avec la
Creature.
Je me fuis reduit aux termes
de voftrcobjcâion,fans
entrer que fort superficiellement
dans l'explication des
sensations d'une maniere phi.
lofophique, ce que vous en- ;
tendrez mieux vous- même
dans lesOuvrages de MrOcr:
cartcs,si vous lesjugez dignes
de vostre lecture, que je ne
pourrois faire par des Lettres
qui ne pourroient contenir
une matiere si érenduë. Ainsi
je finis en vous a{furant,
Monsieur, que je fuis,&c. à
Il n'y a rien dont on ne puis.
se tirer unematière de députe.
C'est ce que vous connoîtrez
par l'Ouvrage que vous
allez lire, dans lequel deux
Bergers examinent silejour

doit remporter ravantage sur
la nuit.
ECLOGVE. uVjour je vis de loin Philidor
& Silene
S'_deoi' nonchalammentsur le bord,
delaSeine Oùpourprendre ,lefr-ais renonçant
au sommeil
, Tous deux efioient venus au lever
du Soleil.
Curieux de (fJ voir ce qui lesyfait
rendre,
Me couvrant £un buijjon jetache
à les entendre
, Au moment que leur Mufe dg/toit
si la nuit
Aplus oumoinsd'apça* que lejour
qui lafuit.
La voix de ces Berge,s)à(Jnl,elen.
tit la rive»
Kendoit chaque Tsfayade autour
d'eux attentivej
Et dans ce lieu tfanqui/le} ou regne
un plein ,epol,
Silène tout à coupcommencepAr ces
mais.SILENE.
N'en doutons point, Berger, tome
n'efl point émue
De ce qui chaque jour se presente
à la veiuë.
Combien defois nos yeux ont-ils vû
leSoleily
Sans avoir admrè a Aftte fans
tareiii
Ah, que plein de rayons ilemre en
sa carriere !
Ce Dieu devant ses pas fait mdr.
cher la lumiere.
rois comyne par son ordre elle ramené
auxfleurs
Tout le long de ces bords mille &
mille couleurs.
A ce feuillageépais elle rend la
verdure;
Dans la plaine voisine, oà!a moisjQIJefi
meure
Elle vient de nouveau redorer les
épis : [ & leprix
Elle est fdelie a rendre & le luHre
Aiort aux Diamans) aux Perles,
au Porphire
>
Et sur le fein de Flore éveillant le
Zephire»
Cet Amantva porter le frais dans
ÏZJntvers
Et de douces odeu,rs parfumer tous
lesairs.
PHILIDOR.
Le Monarque des jours, au mfJ.
ment quil s éveille,
Ressuscite, il efl vray> bien plus
d'une merveille,
Mais enfn au fortiï de l'humide
èlementy
Pourquoy nous cachentilles feux
du Firmament?
Il efl si beau de voir dans la voûte
azjtrèe
MilleAfires éclatans dontelle était
farèe.
Par tout tdrgenl y brille enehaflè
dans ïa^urY
Le jour le Cielriefl point nysi net,
ny si pur,
Et pnisje blond phoebur éclairant
toutes choses
, Montre<£affreuxserpens, comme
il montre des tofes.
S'il fais de cent vertus éclater les
appas, il luit sur ctnt forfaitsquil faudrait
ne voir pas.
Peut-cftrletes malheurs dignes que on Ignore,
Avantquefire éclairez,^ font pieurezPar
£Aurore.
SILENE.
Je le croy, mais aussi cette foihle
clarté
Quont les Aflres> n'cft rien qu'un
éclat emprunté.
On dit que le Soleilfinissant sa carrière
>
Daigne les enrichir de sa propre
lumirre,
A leur retour on voit s'enfuir de
toutes parts,
Loin des lieRK habitez,leNegoce
& les Arts.
Ouy, si-lost que la nuit étend (es
voiles sombres»
Tout ce vafie hemisphere efl cache
fous les ombres.
D'une main elle efface alors chaque
couleur,
Quand de l*autre elle imprime une
horrible noirceur,
Et répandant au loin cette morne
peinturet [ obscure,
Le Cocyte nia point de rive plus
Qjte le fontcent climats dépouillez^
dagrément,
Et qui n'en montrent plus quaux
Hibouxfeulement- :
PHILIDOR.
Se plaint-un que la nuitfoit fombre
er tenebreuse,
Zors qtfon vtut quelle cliche une
intrigue amoureuse ?
Yn jour te beau Tircis, lefins beau
des Mortels,
L'encensoir à la maln sapprochait
des Autels,
Quilaveitélevez^ exprès pour la
DeesseJ
Et disoit i chere Nuit ,
faites que
ma Mai/besset
Qui hesite à se rendre, a voflre
ombre ait recours,
le viens vous en prier de la part
des Amours.
En (ffet, une Belle,en craignant
aefireveuè',
Le jour près d'un Amant a trop
de retenue*
JL es plaisirs dans la nuit se dérobent
bien mieux.
ÇJefi un larcin .qui plaifi au So"
veratn des Dieux,
SILENE.
Si quittantson Epoux Amante de
Cèphale
Allott montrer ailleurs uneardeur
fans égale La DéclicIfavo, il que les plaisirs
-
Ilamour
Valent mieux lors quon peut les
dérober de jour.
De jour voyant un teint, dont la
blancheur vermeilie
Acelle de laRose 6'1'1 du Lis est pareillet
Asuivre un doux transport on est
plus excité ;
Lanuitpour bien aimer a trop d'obicurité.
yailleurs le jour souvent joint la
gloite aux delices.
Jn l'attend pour voler aux nobles
exercices.
,-'e# alors quun Hérosrend des
Peuplesfournis,
S'/7 ne connotif la peur quau front
des Ennemis.
etefJ alors qu'aux Tournois une illuflrejeunesse
, Signale dans lei jeux safore* &[on
adresse, [lesCoYs
Enface du Soleil & les Chiens &
Font trembler le gibier retiré dans
les Forts,
D'oàfortânt,leCbafeurle pourfuit
dans la Plaine,
Etfaitquun trait lance porte une
mort certaine-
Poumons autres Bergers,exerfant
uos efpits,
Le jour aux meilleurs Vers nous
assignons les prix5
C'efi Le jour qued'unpied croisesur
sa houlette
On trztdile, , on essaye un air sur (4
musette,
Puis devant le Dieu Pan en jOllanl
deson mieux,
Quelquefois on l'attire un souris
gratieux.
PHILIDOR.
r Que de detteslabeurs
, que de
rares merveilles,
Doivent tout leur renom a de gavantes
veilles?
remment les traitsd'un habile
Orateur
Quisassant par l'oreille arrivent
)ufqu\iu coeur
Sont leffet merveilleux d'une étude
profonde,
)AIf.Iafit d,1:rsL:,; la nf/if; Itfin dw bruitf mon le.
^leim d'r*>noble dtfir) je crois que
des Guerriers
4fprennent le bel art de cueïllirdes
lauriers
,
lors qiïiïspassem la nuit hfeuilleter
ïHifoire
9êurapprendre quelsfaits Méritent
plus de gloire,
Puis alors le sommeil sur leur fait*
pièrea[fis,
Peignant ces faitsenfonge, en retrace
leprix.
¡'cft la Allil quonsinflruità-biendire,
à bien faire,
la Science& la Glaire ont laNuk
pour leur mere. SILENE.
Jiinfi que dans un champ a*,
deschalumeaux
Des que le j paroifi retourner
les Troupeaux
, Et non moins que VAbeille au levei
de ïAurore
Se répand par ejjain dans lemphi
de Flore.
Dans les Villes demefme, on voii
detoutes parts
Avecque lematinrevenir les beaux
Arts.
Sur les toiles alors les pinceaux si
répandent,
Mille traits après eux prenneni
place & s'étendent,
Et le [çavantSculpteur se plaifi à
retoucher
L'ouvrage que la veille il na pi
qiïébaucher.
PHILIDOR,
Si Ionne peut gagner une gloirt
certaine ,
Quaprès avoir senti le travail &
la peine,
Et si Pallas l'ordonne 4 tons ICI
nourrirons,
Tirons-tn pour la Nuit avantage 1 S* dtfons,
Ce qùaux Cerfs alterez^efiune eau
pure & claire,
Ce q*aux Amans parfaits est un
aveu ifncere,
Et ce quaux indiens ift l'amas des
tresors,
jiufortir du travaille sommeil ïest
aux corps. SILENE.
Ne me le aileJ point j rien riefl
plus effroyable,
L'image de la mort peut,elle estre
ayreableï
Elleefipeintesurnon* quandleplus
froid 4M Dieux
D'un humide pavot appesantit tes
yeux.
On se couche
, on j'èsend,,on ferme
la 1".pte,e)
Nos sens font interdits, noftteame
efi prisonniere,
Et le long de son lit étendu molle,n
ment
Sur son chevetton tombe
, on eg
fans mouvement. PHILIDOR.
Lorfquun cruelsoucy noua trou~
ble &nou*agite*
Et quau milieu des maux que dans
nouâ iiexcite-,
Nofire ansepour sortir fait en vaim
mille efforts
Qite fans pouvoir ,mourir on meurt'[
demille mortsy
Le corps sappesantit
t
[ami ItU
1IIif": i!,l"ff,,;{ft,:
Unfuite avec le temps la paupière
sabbaiffe,
Mais qui nous rend plus forts an
moment du téveill
Qui nous empesche enfinde mourit l
Le Sommeil.
": SILENE.
Je ne puis me talse, de le redire
encore
Rien rieft égalau jour qu'une Iris
que fadore
» Onteftrme
,
onladmitr)on l'aime
1*
en la voyant J Tout charme à son abord
, tout
plaifi, tout est riant,
Cent fois dans mes difeoursmessorfans
de luy pldirt,
Atobjet le plus beau jigalois U
- Bergere.
Aiufije la nomme#belle comme le
jour»
Vn Dieu ne pelll mentir , & sen
croyois L'AmouT.
Le Mecredy, dernier jour
du mois palfé, il arriva icy
une choie qui fait v()ir que
dans les occasions prenantes,
les Dames ne manquent ny
de courage, ny de presence
d'efprir. Madame de Turquantin
,
Femme^S^Sous-
Doyèndu Presidial de Tours
& alliée à tout ce qu'il y a
de plus conliderable dans la
Robe,eHoit depuis deux
mois à Paris*où ellevient de
temps en temps solliciter
des procès pour son Mary,
qui est devenu aveugle. Elle
estoit logée chez MrdeReperson,
son Procureur, rue
de la Harpe, & un Voleur
estant entré dans sa chambre
sur les deux heures après mi.
nuit.elle s'éveilla par le bruit
qu'ilfit en ouvrant la Garderobe.
Il tenoit quelques.uns
de ses habits qu'il pretendoit
emporter,& la Damene (lachant
pas bien ce qu'elle entendoit,
ne laissa pas de se
1
jetter hors du lit, & de se fai- j
sir d'une épée qu'elle a cou.
tume d'avoir auprès d'elle
lojs quelle voyage. Dan j
temps quelle appellôicdufe
cours, le Voleur courut à elle
pour l'empêcherde sortir,ce
qui l'obligea de se défendre,
&:. de luy donner quelques,
coups d'épée dans le corps..
Le Voleuc n'eut point alors
tun
autre parcy à prendre que
de se jetter par la fenestre
de la chambre, qui eftoic unt
premier étage. Quand on eue
a p porte de la lumierc, on -
trouva beaucoup de fang
dans la chambre. sur la fe- f
nestre & dans la rue. Jerapt
porte fimplemenc le fait,Si
kiffe juger de l'aétion, qui.
marque
marque le cceur d'une Amazone-
Je vous ay parlé d'un Livre
nouveau, intitulé, La Vie
d'Adam. Vous ne ferez pas
fans doute fachée de voir une
Lettre à laquelle cetOuvrage
a donné lieu.
A Mr L'ABBE'B.
JE mefowviens, Monsieur,que
vous mavez proposéquelques
doutes fer le Livre qui- a pour
titre, La Vie d'Adam. je ne
sçay s'ils efioicntbien ftrieuxJ&
& si vousave? cru tout de bon
que cet Ouvrage meritafl uoç
reflexions;maissi vous voule^
que je vousen dise ma pensée, il
me suffit de sçavoir, que cest
une Traduction de /'Adamo de
Loredan, pour n'en avoirqu\
une mediocre idée pour le
mettre au nombre des Pieces
plus capables dedonnerduplaijîr
que de l'inflruétion. Ce Noble
Vénitiens'efljoiié visiblementde
fin sujet, omfansrcfpeéîcr- la
fource sacrée d'où ill'avoit tlrt,
il ria fongé qu'à le farderdes
plusvives couleurs de son éloquence9
gr à ïcmbellir desfaits
les plus agrcables que son ima*
ginationluy a pu fournir.
Il a imité dans cette eccajion
ce que, le fameux -Loeede,Ve.t
* T - * fait dans une
Aut,e:-c;¡Au..
teur Espagnol voyant que l'Evangile
avoitrenfermé en trèspeu
de mots tout ce que les Paf
teurs avoient fût, ou pu direà
la Crèche de Bethléem, & au
pijet Je U NaissanceduSauveur5se
rejoint d'en faireun dé..
téiil, & s'imaginant pour cet
effet un certain nombre de Bcrgers&
deBergeres, avec toutce
que la dévotion la plusingenieu-
JeleurpQUvoitsuggererdans ce
moment, il en composa3 dans un
volume ajfiz gros ,
la plus exjcc–
alie-mntePaafilosra;lequ'en verra
C'estainft que fay vu ily *
quelques années un Manuscrit
in folio, composé parun pauvvc
Garçon, sur lEntrelien de M*
fire Seigneuravecles deux Dif-.-
ciples qui alloient en EmmAüs.
Ce jeune Domeflque, qui riavoit
point d'aureétude que quel,
que leêlure qI/il avoir faite de
l'EcritureSainteen Langue vulo
gaire avec beaucoup de ferveur
&depieté, ayantremarque que
Saint Lucs'ejloit contente de dire
en gencral que Jefts-Chrifl avok
inttrprett toutce qu' ily avoit de
figures ér de prédirions de fk
Personne dans les Livres de May.
si)AUjfi bien que dans les P,seaumest
ty dans les Prophetes, prit
le dejjein de former un Dialogue
plus étendu, & de faire expliqiter
par Noflre Seïgnettr à ces
deux Disciples,chaqueendroit de
AncienTeflament qui le regdrdoit
jdinfi par lafeule vrayfemblanct
il trouva le moyen
d'amplifier d'une manicre fort.
agreable unfiul point dHifloire
de. 1Evangile de Saint Luc,
iàvfqu'à- en faireunOuvrageaussi
diffus que je l'ay marqué.
triais pour ne sten pas t,nir
aux exemples que nous fournirent
ces fortes de Pieces, les Langues
Italiennes3 Espagnoles Cm Françoife9
VaUrio,Euêque de Vérone&
jardinai, dans son Ouvrage
intitulé de Rhetorica
Chrirtiana^o#*apprend qu'une
deàcauses des fausses Legendes
des Martyrst a esté la coutume
qui s'obfrvoit autrefois en plujieurs
Afonas/eres, d'exercer les
»
jeunes Religieux par desamplu jfcations Latines quon leur proj
pofoitsur le Martire de quelque
! Saint, ce qui leur donnant la
liberté de faire agir&parler les
Tyrans, £$r les Saints perfecuteQ)
m la maniere qui leur paroijjbit (
la plus vray -
semblable, leur
donnoit lieu en mesme temps de
rompofirsur ces fortes de sujets,;
des especes d'histoires bien plus•
remplies d'ornemens C- d'inventions
que de verité; mais quoy
quelles ne meritajjent pas d'tfire
fortconpierées, celles qui parois
soient les plus ingenieuses & les
mieux faites
, ne laijjoient pas
d'ejlremises k part; enortt
quaprès un long temps
sitrouvant
avec les Manuscrits des (
Biblioti)eques desMonasteres, il
efioit fort difficile de discerner ces
jeux de/prit davec les autres
légitimés&lesbtfioiresvéritables
des Saints qui j'yconstrvoient.
Ilfaut Avouer cependant
que ces pieux EèrivAins efloient
excufablcs, en ce que riayant eu
d'autre dejjeinque de s'exercersur
de faintesmatieres, ilsriavoient
pu prévoir la meprise qui efl
arrivée dans la fuite; de maniere
que si la pojierité srfl
trompée, ça esté plûtost l'effet de
fin peu de discernement, qu'une
preuve de leur mauvaise intention.
Il feroit difficile d'avoir la
même indulgence pour le célébré
Simeon Mctaphrafte3 Auteurj
Grec du neuvièmefiede, qui le
premier musA donné les Vies des
Saints pour chaque jourdes mais
de lannte, puis qu'il efl visible
qu'il n'a pu par cette raisonles
compojer que fort serieusement,
quoy que cependant il les ait
remplies &amplifiéesdeplusieurs
faits imaginairesjau témoignage
même de Bellarmin, qui dit ajje%
nettement) que Metaphrafte a
écrit quelques unes de ces Vies en
la maniéré quelles ont pû estre,
&nontellesquelles ont esié effectivement.
Mais comment cela
neferoitilpas Arrivé À des JF/iftoriens
Ecclejiafliques
, par tilt
pieux Qlc d'honorer les Saints,
cr de rendre leurs Vies agreables
au Peuple, plusporté ordinairement
àadmirerceuxqu'il revere,
qu'à les imiter, puis que cette
liberté s'efioitmême ghfiée autrefois
jufcjue dans laTraduftionde
,
queltptes Livres delA Bible, <2T
que nous apprenonsdeSJerimeg
dans la Préfacefurceluj à'Esther,
que tEditionvulgatedeceLivre
JetEcriture) quise hfoit defon
temps) eflêitpleine de p/ufirurs,
additions}quejenefçaurois mieux
exprimer que par les termes de cc.
méme Tere quem librum"ditilyparlant
du Livred*EJlher9
editio vulgaca lacinofis hinc
inde verborum finibus trahie,
addens ca quae ex temporc
dicipotueranr, &audiri, si.
cuc folitumest icholaribus
difciplinis fumpto themate,
excogitare quibusverbis uti
potuic qui injuriam passus eit,
vel qui injuriam fecit.
Voila à peu prés,Monsieur,
la conduite que Loiredamatenue
dansJon Adam. Ilafaitparler
Dieuy Adam, Eve
, & toutce
qu'ily a d"autres sujets de- cette (
Pièce, en la maniéré quii a cru
qu'ils devaient ou pouvaient parlir;
mais ily a mejle encore
plufitursfaits, & quelques circonfianceslain"
ont aucunfondement
dans l Hifloire &qui doiacit
uniquement leur origine à
»
son Inventeur.Telles font3 par
exemple, la naijjance de Cala*
meada avec Cain par le premier
enfantement d Evejcelle de Debora
avec Abel par lefeond}&
telles font aujji les circonfiances
de la mort d'Adam: tlitffibien que
les dernieres paroles quilfait
direà ce premier Pere des Hom
mes; à Seth ,fin troiiféme Fils.
Car quelle plusgrande Fableque
cesdeux Toursqu'il dit qu'Adam
rdonna à Seth de bastir., l'une
mpujlrefifterausen,&l'autre
[ l'eatt ;
Il rienfautpasdavantage,
Adonfieur, pour plaindre le Public,
dese voir Ainsi Abusépar
lespecieux phantomes &de b.
lines imaginations,sur un'point
tujjtserieux de l'Histoire qu'est
a Vie d'Adam. CMais si cette
icenet peut eflreftuffirte
,
fer.
uons nous du moins du Çorreélif
le Saint Augufiin, en nousfouvenant
que cet illuflre Dofleur
~T Défenseur de la véritéyna
amais voulu mêmeautoriser ce
lui s'appelle officieux ou pieux,
mensonges. DisonsJagementavec
luy ces telles paroles qu'il nous-à
UiJSéiS dans fin Livre de la
l'{)rAye Rtligion,Non fit nobis
Religio in phancafmatibus
nostris,meliusest enim qualecunque
verum, quam omne
quod libetquod pro arbitrio
fungipotest.Jefuis,MonsieurJ
wjire, grc.
Le Dialogue qui fuie tft
de Mr de ia Tronche de
Roüen. ---- -
D ALOGVE
De l'Amour&de l'Amitié.
ML'AMITIE'. On Frere, je vous
donne le bon jour.
Je luis ravie de vous rencontrer.
Vous m'évitez toujours
avec tant de foin, que je n'ay
jamais pû trouver l'occasion
de vous dire tout ce que j'ay
sur le coeur.
L'AMOUR.
Moy, ma Soeur, je vous
évite1C'est à quoy, je vous
jure, que jen'ay jamais pense.
LAMITIE'.
N'est.ce pasm'éviter que
de fuir par tout ma compagnie
, & particulièrement
chez les personnes mariées?
Comment donc nommez.
vous cela?
L'AMOUR.
J'ay cru vous faire plaisir
devousybiffer feule,afin que
personne n'y partageait vostre
empire. Nevous plaindrez
vous point aulIi de ce
que je ne vous accompagne
pas chez les Amis & chez les
Parees.
LAMIT1E\
Ce n'cft pas de même.
Vostre presence n'y est pas
nectlTaireJ mais j'ay besoin
de vous dans le mariage.
Sansvousmon regne n'y ell'
pas de longue durée; j'y
deviens languissante, on m'y
fteglige.ll faut que vous m'ai.
diez à entretenir l'union des
coeurs que vous avez joints,
mais vous ntcfits qu'un volage.
L'AMOUR.
Vous m'en devez sçavoir
bon gré. Si je cours de conquestes
enconquefies,n'estce
pas pour les mettre fous
voflre domaine ? J'unis les
coeurs des Amaas, ils s'unifsenc
enfuiceeux-mêmes par
le mariage. Alors je vous les
abandonne.
L'AMITIE\
C'est justement de quoy
je me plains, mais si l'on vous
en croit) je vous en feray
beaucoup à retour. Je vous
fuis redevable de toutes vos
conquettes) vous n'avez vaincu
que pourme faire jouir de
la viftoire,&vous ne travaillez
qu'à m'acquerir de nou.
veauiSujets. Cependanttpus
les jours vous débauchez les
plus fidellesdes miens,vous
ne me les enlevez que pour
en faire vos elclaves. Combien
de force, combien d'Amis
vivoient <ous mes loix,
quevousavez rendus rivaux
jaloux, pour les livrer à la
haine, qui a toujoursesté ma
plus mortelle ennemie.
L'AMOUR.
| Ah,ma Soeur,jevous pro.
telle que quand cela arrive,
c'est contre mon intention.
La haine est autant mon ennemie
que la vostre, & ce
n'cft pas moy qui fais que
deux Amis commencent à fc
haïr.
L'AMITIE'.
C'est que vous estes un
brouillon
, un petit érourdy
qui ne cherchez qu'à satisfaire
vostre caprice à quel-
, , -0 ., que prix queceioit,qui n'examinez
jamais l'avenir, qui
neregardez point auxconfequences,
toujours dans l'a-
<5hon.
L'AMOUR.
Je ne me donne pourtant
pas beaucoup demouvement
quand je veux gagner les
coeurs. Je n'a y
besoinfouvenc
que d'une ceillade,d"un fourire
, d'un je ne sçay quoy.
Pour vous, ma Soeur, qui
estesune grande parleuse.
L'AMITIE.
Je vous prie, mon Frère,
de ne point raire de comparaisonde
vos maniérés avec
les miennes. Vous elles un
fourbe perpetuel,q ui vousservezindifféremment
de toutes
fortes de moyens pour parenir
à vos fins, fans bonne
foy ,fans(inccrité, sermens,
parjures, tout vous est bon.
Vicieux, vous vous couvrez
du manteau delà vertu. Dé-
- - .4
ba-uché,vous faites gloire de
l'estre; lâche,vous vous piquez
de valeur; roturier, vous
ne parlez que de noble(Te;
rempliJe défauts, vous vantez
voIlremerice;fans beauté
,vous avez recours au fard.
Quel visage ne prenez- vous
pas? Aujourd'huy vieux, &
demainjenne,une robe une
épée, rien ne vous fait peine.-
Taisz vous quelque chofeavçcrtfiezion?
EmpretTé&violent
donnez, vous feulement
le temps aux coeurs que vous
voulez unir de se reconnoifire?
Pour nu>y,j'étudicavec*
prudence les Sujets que je
veux ranger fous mes loir.Je
choisis à loisir ceux que je
trouve dignes de moy ;je ne
reçois que le vray mérite.
J'inspire dans cous les coeurs
la vertu & la generofiié,&c
j'ay vu des Amis s'exposer à
lamorr pour leurs Amis-
L'AMOUR.
Je ne vous conseille pas
d'çntrrdans ce détail., Vous
n'y trouverez pasvostre compte,
L'histoire est toute pleine
d'Amans qui ont choisi &
Je même moment pour mourir
, ,& le;, mesme. tombeau
pour c stre mieux unis âpres
eur mort. Ne vous en faites
point tant à croire, les vrais
amis font plus rares que les
verirables Amans. Vostre empire
n'etl rempli que d'infidelitez
& de trahironsJ on n'y
rencontre par tout que de
faux amis.
L'AMITIE'.
Je ne dis pas que vous n'y
en trouviez quelques- uns.
Les hommes fontsi difficiles
à conno&leurs manièrcs
(ontfîtrompeufesrqùe je
ne penie pas estre infaillible
dans le choix que j'en, fais;:
mais
lais si avec toute 1étude &
application que j'y apporte,
; me trompe quelquefois,
[ue ne faites-vous pas, vous
[ui n'y prenez aucune prcaution
>
L'AMOUR.
Si j'cfiais si difficile, mon
mpire feroit bientost deferr.
fos Sujets ne se gouvernent
tas comme les miens. Les
inions que vous faites font
outes (pirituelles les fcns
l'y ont que très- peu de parr;
nais ceux que je fais obéir à
nés loix
,
n'ayant pour ob.
sens, dont le gouR n'est remplique
decapriceô^d'incontlancenes'erteageroientja-
-
mais à aimer, si je leur don.
nois le temps de se connoi-
.fire. Il faut que je leur faffe
violence > qut je les enlevc
avec force, que je lesébloüis.
Cetque je lesenchante.
L'AMITIE'.
'.: Mais aussi, mon Frete,
quand une fois vous les avez
conduits jusqu'au nlariage,
où ils ont le temps de s'examiner
de se connôiftre,
combien die défauts remarquent-
ils qtflls n'avoienc jamais
vus? Que de visagescouverts
de lis & derofes ne vont
point lufqu"aulit nuptial, &
demeurent étalez sur la toilette.<
Combien-..
L'A MOUR.
Ah tout beau
, ma Soeur,
ne maccablez point par vos
reflexions;voila mon uniq ue
chagrin. Si rHimen eftoic
une fois banni du monde, je
me vivrois que dans I* jôye
& dans les pIaiúrs; car ne
croyez pas que ce foie moy
qui engage les Amans à (e
marier; mais quand une fois
ils s'àiment fortement, je n'en
fuis plus le maistre. Ils vont
plus ville que je ne veux, je
ce fçaurois plus les arrefier.
Ils courent au mariage comme
à leur souverain bonheur,
& c'est là où lesinfîdelles me
creusent un tombeau. Ah,
ma Soeur,si vouscitiez bien
informée, vous ne me blâmeriez
pastant de vous Lai/1
fer feule chez les personnes
mariées. Si vous ({aviez de
quelle maniéré ils me rraitenc,
vous me plaindriez. Les
perfides qui avoient pour mpi
quelques jours auparavant
millecomplaisances, quine *
tlaffoient point de me carelier,
quime baifoient cent
roisle jour, ne me difenr pas
une feule parole de douceur.
Ils me dédédaignent,ils me
rabaissent. Enfin fatiguez des
reproches que je leur en fais,
ilsro'étoufferoient &me teroient
mourir tout à fair,si,
je ne prenois la fuite.
LtAMITIEt.
Vous n'avez que ce que
vous merirez; c'est le fruit de
l'ambition qui vous dévore.
Vous voulez cftre le vainqueur
de tout le monde, qu'il
n'y ait pas un canton sur la
terre où voftrc puissance ne
se faffe sentir, que nul mortel
ne puisse échaperàvos
coups; & pour courir partout
l'U nivers ,
il faut que vous
voliez avec une rapidité qui
nevous permette pas d'aitertir
les humeurs, les âges, les
temperamens; ce qui produic
cette monstrueuse bigarure
d'unions qu'on voit dans le
monde; un fou avec !a prudejun
devot avec la coquette,
une jeune personne avec un
vieillard, de la Roture avec
la Noblessejunhommed'ef.
prit avec une étourdie) &
un homme iage avec une
eva porée*
: ! L'AM0-UR.
On ne reprocheraij»majs
à rAmour ces unions si mal
aflbrties. j ri r
L'AMITIE'-:..y
JAI qui voulez-vous donc
qu'onîfeh prenoc? * L'AMOUR.
-; A l'intercit,rnaSoeur.,qui
fait luyfeutpresque tous les
mariages. r t,r LAMITIEZ
Que ne l'obligez-vous a
ne point:entreprendre! fil.,
vos droits, ou que. ne>le
chauèz-vous de l'Univers *
L'AMOUR- i
L'interca est bien plus fort
que vous ne pensez. C'ea le
Dieu le plus aimé de loàLks
hommes; il n'y en a aucun
quine luy dresse des Autels.
Dés le commencement du
monde il s'est si fortement
insinué dans leur esprit,qu'-
ils ne le sçauroientabandonacr;
& lorsqu'on luyveut
faire la guerre,ilsle cachent,
ils le déguisent si bien, que
quoy qu'il foiepar tout, on
ne le fçauroit3 trouver en
aucun lieu, - i
L'AMITIE*.
Je détruirais donc le mariage,
afin que Tintcreft n'eufl:
plus le moyen de vous chagrintear
&tdieovonus.perdrede répu-
L'AMOUR.
Cela ne feroit pas difficile.
Les Mortels ne font pas si
univerfellemenc enteftez de
luy que de l'interest» mais,
maSoeurf pour une raisonneufe
comme vous, qui prévoyez
l'avenir, & qui prévenez
les consequences, je
ne sçay pas comment vous'
me faites cette propofuion.
L'AMITIE'.
[ Pourquoy donc, mon
Frcre? Il L'AMOUR.
Sans le Mariage,ma Soeur,
qu'arriveroit-il de vostreempire
& du mien? Quoy que
j'ayecontre luy tout le dépit
possible,ie fuis pourtant obligé
de le souffrir. Les hommes
eftanti tous mortels, si le mariage
n'avojt pas pour but de
faire multiplier leur espece)
nous manquerions bientost
de nouvelles çrearures, qui
s'elevent pqure stre pour vous
& pourmoy de crcs bons &
trcs-fidelles Sujets.
L'AMITIE'.
Je voudrois bien sçavoir,
puis que vous aimez tant la
propagation du genre humain
l, pourquoy vous avez
tant fait mourir. d'hommes,
foit par les Duels, foit dans
les Sieges & les Batailles; car
on dit souvent que l'amour
en aesté cause. Les champs
Troyens fument encore d'un
nom bre infini d'hommes,
qui turent immolez à la pafl
non que vous infpirâtes à Paris
pour Helene.
L'AMOUR.
Pourquojr prenez - vous
plaisir à m'imputer tout le
mal qui fc fait dans le monder
Ne sçavez-vous pas, ma
Soeur, que l'am bition & le
point d'honneur travaillent
inceffammcnt à détruire vos
Sujets & les miens; que jene
prens aucune part aux que.'
relies générales& particulières;
ce que je fais feulement
infpirc labelle gloire à ceux
qui par la valeur veulent plaire
à leurs Maistresses ? Je fuis
un Dieu pacifique qui aime
la douceur, qui ne me plais
que dans la tranquillité &
dans la mollefle, qui ne trouve
du goustque dans le son
de la Lyre & dela Mufettt,
que les trompettes & les
timbales chassent & étourdissent.
En un mot, je pré.
cens eftrc le Dieu des p laifirs,
& je me piqued'estre le plus
aimable de tousles Dieux.
VAMITlE".
Pourquoy donc, sivous
estes si aimable, vous déguifezvous
pour trouver entrée
dans le coeur d'une jeune
beauté, & pourquoy prenezvous
mon nom & mes manieres
pour le surprendre?
L'AMOUR.
Moy, prendre vos maniérés,
ma soeur? cela ne m'est
jamais arrive. Jeme (ers quelquefois
devoftre nom. Vous
me faites paffer Vous-même
dans le monde pour un petit
badin,qui pour ptu qu'on
récoutc) & s'en fait à croire,
devient entreprenant& hardy
avec le beau Sexe. C'est
ce qui fait qu'à mon fcui nom
une tendre Beauté s'alarme

&s'effraye. Je l'approche fous
Je vofire,mais dans le même
moment elle fent bien qu"-
elle n'a jamais goûté dans l'amitié
ce charme que je luy
fais reffenrir. Elit aime ce.
pendant à se tromper, &
quoy qu'elle s'apperçoive
bien que ce n'est pas vous
qui la preflezjelle iemble le
vouloir croire
y
mais je ne fuis
pas si difficile à connoistre,
& quoy que Frere & Soeur,
la ressemblance entre nous
n'elt pas si grande que Ton
j'y puissè tromper,
L'AMIT1E'.
Mais, mon Frere.
L'A MOUR,
Mais, ma Sosur, vous ne
songez pas que depuis que
nous causons, j"ay perdu plus
-
de temps qu'il n'en faudroit
pour conquerir une Province
entiere. Remettons, s'il vous
plain. la conversation à une
autrefois, car j'entens Mercure
qui le plaint que pluifcurs
Amans se refroidiflenc
par mon absence,&que plusieurs
jeunes coeurs tombent
enfoiblcflfe&dans ledécouragement
depuis qu'ils ne
ressentent plus mes douces
jmprtffions. Je vous promets
de revenir au plûtost pour
vous donner une entièrefas.
«
tisfaétion sur ce qu'il vous
reste à me dire.
L'AMITIE'.
Je ferais bien fachée que
Toftre retardement fusicause
de quelque trouble dans vo..
lire Empire. Adieu, mon
Frere, je fuis voftrc treshumble
Servante.
L'AMOUR.
Ah je veux vous baiser
au paravant.
L'A MITIEZ
Ah
, ce petit fripon, il
n'aime qu'à baiser.
L'AMOUR.
Adieu jusqu'aurevoir.
Le manque de bien fait
prendre souvent aux plus aimables
personnes des refolutions
qui ne s'accommodent
guere aux sentimens de
leur coeur. Une jeune Demoiselle,
qui meritoit tout
par ses belles qualitez, eut le
malheur de demeurer fans
fortune avec sa Mere, qui
l'aimant fort tendrement,
donnoit tous (es foins pour
luy procurer quelque avantage.
Son Pere qui estoit d'u.
ne Maisonaflezdistinguee,
la voyant aflez jolie & topte
aimable) luyavoit donné des
Maistres dés ses plus jeunes
années, pour laDanse, pour
la Musique, pour le Luth, le
Clavessin,&enfin pour toutes
leschofesoùil avoit remarqué
qu'elleaVok-qûelqôe
talent, mais il efloit maJheureusement
entré dans des affaires,
qui aprèsunlon^pro*
cés a-voient ca-ulé saruine entière,&
ilenestoit mort de
déplaisir. La Belle qui avoic
besoin d'appuy dgn-s- -le malheureux
estatoù eUe tftoit,
chercha à se faire des Amisy
& parmy ceux qui s'atta-
-cboient à elle, un Çavalietf
d'un efpric fort doux, & que
la droiture de Ces feruimens
faisoit estimer de tout le
monde, luy rendit des foins
qui se firent remarquer. Elle
les souffrit par le pouvoir
d'une Empathie secrete qui
attiroic son panchant vers
luy; mais en le rendant fort
amoureux, elle conferva toujours
beaucoupd'empire sur
elle. Cettereserve venoit des
difficultez quelle prévoyoic
sur son mariage, quand il
parleroit de l'époufer. Il n'avoit
de luy qu'un bien mediacre,
quineppUYoitfuffirc,:
à lamettre dans un ccabtiCc.
ment assezcommmode pour
la faire vivre heureuse. &
toute son esperance c(loitaux
boncez d'un Oncle fort ri.
che dont il devoit heriter,&
qui temoignoit vouloir luy
faire une avance considerable
en le marianr. Ainsi il
sJagiÍfoit de sçavoir s'ilferoit
d'humeurà consentir que son
Neveu époufaft une personne
qui n'avoit pour dot que sa
vertu, & dont le mérite fai,
foit toute la richesse. Le Cavalier,
que son amour aveugloit,
ne douu point qu'ilne
vinft à bouc de cet obllacle,
& ravidevoir quecettecharmante
Fille voulu est bien ré.
pondre à sa pallion, il luy
promit qu'il employeroitauprés
de îon Oncle des pcrsonnes
si puiÍfaotes, qu'il luy
feroicimpoflible de' les refufer
11luy tint parolerien
ne futoublié détour cequ'il
pouvoit faire pour s'affurerle
bonheuroù il afpiroir; mais
tous tesmbyens qu'il imagina
ne purent gagner cet
Oncle; & non feulement il
s'opposa à l'amour du Cava,
lier avec uneopiniaftreté invrnciblcjiiîais
ayant en veuë
un party qui luy dévoie eftrc
avantageux, il le menaça de
luy ôter sa fuccefïïons'il
continuoit avoir la Belle.Le
Cavalierne put cacher à cette
aimable Personne le mauvais
succés qu'il avoit eu. Il vint
luy en rendre com pte,tout
pénétré de douleur, & sa
paillon s'irritant par lesobftacles,
il voulut luy perfuader
que les menaces dont elle
craignoit les Cuites,n.avaient
esté faites que pour les inti.
mider, & que si elle vouloit
bien souffrir qu'il lepoufaft,
son Oncle Vadouciroit utost
qu'il verroit lachofe faite.
La Belle qui s'aveugloic
moins que leCavalier,& qui
maigre l'tftime qu'elle avoit
pour luy, ne se sentoit le coeur
engage quautant que son
devoir le pouvoit permettre,
luy representa tout ce qu'il
avoit à craindre en s'abandonnant
à un amour qui ne
pouvoit que les rendre tous
deux malheureux. Elle ajoûta
qu'il nestoit pas juste qu'il
renonçait à une grande fortune
qui luy estoit affurec,P
s'il avoit de la complaisance
pour
ponr fonOncIc,& lepria de
- ne la plus voir, puis que ses
visites ne feroient que nuire
à sa réputation, fans qu'il se
miLl à couvert de iadisgrâce
qu'il devoit apprehender. Le
Cavalier com battit longtemps
la resolution qu'elle
prit de ne le plus recevoir
chez elle
; mais enfin il fut
contraint de se rendre aux
fages raisons, qui luy firent
voir qu'il falloir qu'il s'éloignait,&
tout ce qu'ïl en obtint
, fut uneaffurance réciproquequ*
ih denuurcrciet
toujours Amis, & qu'enquelque
lieu que fustle Cavalier,
elle recevroic de les nouvelles,
&luydonneroit des fien.
nes, fans qu'il parustqu'ils
euffenecnlemble aucun commerce
de Lettres. Jamais il
n'y eur douleur si violente
que cellie du Cavalieràcette
cruelle (eparation
; mais ce
fut peu de la ressentir tresvivemenc,
il eut encore de
facheux combatsà rendre.
On ne se contentoit pas du
sacrifice qu'il faifoic de loir
amour, en vouloir qu'il se
difpofaft à;çpoufer la pedon.
ne sur qui 00,avoir jv tee les
yeux, &îl ne put s'affranchir
de la persecution qu'on luy
faisoit pour l'engager à ce
mariage, qu'en demandant
à faire un voyage en Italie,
afin de faire cesser tous les
soupçons qu'on luy témoignoit
avoir, que que lques
promesses qu'il fist détourer
sa passion) il cherchoittoujours
à voir en secret l'aima,
ble Fille qui l'avoit causee.
Son Oncle avoit un procès
fort important à faire juger
dans un Parlement afiez éloigné.
Ce fut là qu'il renvoya
pourenfaire lespourfuitesjôc
par Ton cloignement l'orage
qui s'élevoic contre luy fut
entièrement calme. Cependant
laBelleque d'heureux
talens accompagnoient,s'abandonna
à ce que le Ciel
voudrait ordonner de fade ftinée. - L'absence du Cavalier
fit place à de nouveaux Pretendans
,&unConseiller d'u.
neCour Supérieure fut un des
plusaflidus. Ilavoir beaucoup
de bien,& la Belle ne pouvoit
rienfairede mieux pour
ses avantages , que d'essayer
de toucher ion coeur. Elle y
employa toute son adresse
,
& parut y réunir. Commeil
aimoit la Musique avec paC
fion, il estoit charmé de la
douceur de sa voix, & il ne se
lafToit point d'entendre les
Pieces qu'il la prioit déjouer
sur leClaVfffinou sur ie Luth.
LeCavalier,à quiellefitpart
de cette conquefie, toujours,
amoureux, toujours regrettant
de n'eltre pas en pouvoir
de suppléer à ce qui
manquoit à son merite, se
dcpouilloit de ses interests,
pour ne s'attacher qu'aux
fiens, & luy donnoit des confçi'sutilesfuries
démarches
qu'elle devoit faire pour ne
laifler pas échaper ce nouvel
Amant. LaBelle en fit d'aflez
engageantes, quoy que toujours
fans blefler sa gloire,
pour mettre le Conseiller en
état de ne pouvoir renoncerà
eIle;& quand elle vit son attachemét
au pointoù elleavoir
voulu le porter pour ne craindre
pas qu'il le pull: rompre,
elle luy dit, qu'il luv eftoic
fort avantageux d'avoir un
Ami de son caradlere, mais
qu'il falloic satisfaire le Public,
& que des visitesauflî
assidues que lesfiennes pouVant
faire tort à sa réputation,
elle fecrouvoicobligée de le
prier, ou de cesser de la voir,
ou de déclarer le sujet quil'amenoir,
afinde ne point
donner de orife a lamécliiance.
Le Conleiilvrqui ne manquoit
p'asd'el prir, essaya d'abord
de luy faire croire que
pourvu qu'on eust une conduite
innocente
, on dévoie
for peu s'ihquiecer des sots
contes, & voyant que tout
ce qu'illuy disoit sur ce ton..
là ne contentoic point sa deliccteÍfe
,
il ajouita qu'elle
pouvoit bien juger qu'cftanc
toute aimable,on ne pouvoit
lavoirlongtemps fans pren.
dre pour elle tousles sentimens
d'amour quelle infpiroir,&
que dés qu'on s'attachoit
à aimer une personne
anfli vertueuse qu'elle estoit,
ce ne pouvoir estre que dans
des veuës légitimésrque les
fienrlcs n'avoient rien dont
elle putt i/offenser, & qu'il
luy en donneront des marques
solides ficoftqu'il feroic
forti d'une affaire qui estoit
en termes de s'accommoder.
Cette réponse n'ayant rien de
positif, elle s'obstina à le
prtffer,lXil futenfin oblige
deluy promettre qu'illepouferoit
dans un certain temps.
Il luy demanda six mois pour
mettre toutes ses affaires en
estat, & comme elle n'aspiroit
qu'à avoir ses assurances,
elle consentit à-luy accorder
ce'terme, pourvû qu'il luy
fia une promesse avec un dédit
de dixmille écus. Ce suc
unfujcc de longues disputes.
Le Conseiller qui ne cherchoit
qua ga'gner du temps,
parce qu'il estoit bien-aise
de continuer à voir cette
charmante personne
,
qui!
l
n a-Voit aucun d<pueindépoufcr,
nevoulut point donner
le Billetdesdixmilleccus;&
la Belle qui le connoifïoit
plein d'avarice
, auroit pré.
feré 1acq uifirion de somme, cette qui 1auroit mise en
repos, au mariage dont il
la flacroit. Pendant qu'ils
cftoient dans ces concertations
, le Conseiller prétendant
toujours qu'on le devoit
assurer sur sa parole, il arriva
une chosè que l'on peut dire
tenirdu miracle. La Bellene
pouvoit esperer de bien de
sa Famille que par la more de
quatre per[onnes,dont la plus
âgée ne pafloit pas cinquante
ans, & par divers accidens,
ces quatre personnesmoururenten
moins d'un mois ce
qui la fit devenir une tresriche
heritiere. Outre les Terres
& les autres biens en fond,
elle se vit maistresse de plus
de quarante milleécus en ar- ,
gent comptant. Il est aiféde
s'imaginer les empressemens
qu'eut le Concilier pour toutes
les choses qui pouvoient
luy plaire.Comme illuy avoic
donné parole de lepoufer,
quoy quefoiblernent,& fans
intention de lefaire,il secrue
en droit de se flater de (on
choix préferablementà tous
ceux qui s'offriroienr
; & pour
effacer de fonefprit les sujets
de plainte qui luy etloient demeurcz,
if tâcha de reparer par
milleoffres de fervice^le refus
qu'i l sestoit 0bsiiné de faire
de la promesse qu-ellc avoit
voulu avoir de luy ,pour feureté
des paroles qu'il donnoit-
Cependant les succesfions
venuës à la Belle luy
donnèrent des a ffaires. Elle
chejchaà les mettre en ordre
, & il fallut qu'elle allast
danstousles lieux où illuy
sftoicéchu du bien, ce qui
l'occupa pendant toute l'année
de son deiiil. Ellereçevoit
souvent des Lettres du
Conseiller,&elley faisoit réponfe
asséz gfacieufemtnr.
Ses esperances s'estant augmentées
par là
,
elle ne fut
pas sitoit de retour, qu'il
parla de mariage. La Belle
luy réponditqu'il eftoic
temps d'y songer;mais qu'avant
touteautrechose,ilfalloit
pen fer aux meubles qui
luy estoient necetTaires. Le
Conseiller qui crut en devoir
laiflcr le choix à sa volonre,
suc fort surpris quand il vie
qu'elle les portoit jusqu'àla
magnificence. Son avarice en
fournit,&la Belle qui le reconnut
à son air chagrin,iuy
ditqu'il ne devoit point se
mettre en peine de cette dépense;
qu'elle avoit de quoy
y fournirabondamment ÍJns1
qu'il en payaftaucunechofe,
ôcqu'elle luy demandoit feulemenc
ses foins, parce qu'il
avoit le goust très bon, &
qu'elle sçavoit qu'il reroit
faire les choses à bien meilleur
compte qu'elle, qui nVn
çachant pas aflez bien le
)rix)s' expoferoit à e ltre trom-
Jée. Il fut fair comme il suc
dit.Le Conftillerdonna tous -
les ordres,&ceftit la Bellequi
paya. Tout e est-antprest,carrosses,
meubles, habits, il
n'estoit plus queitionque de
la fonélion du Notaire. La
Belle luy dit qu'elle le feroic
venir au premier jour; mais
qu'elle estoit obligéeauparavant
de luy faire une dec laration
qui pourroit ne luy
pas plaire. Cette déclaration
eiloit
, que par toutes ses
maniérés depuis quelleaveie
souffert qu'il la vist assiduement,
elle n'avoit, quetrop
bien compris que s'il n'ciloit
arrivé aucun changement
dans son estat
,
il se feroit
bien gardé de la vouloir epoufer
; qu'elle le regarderoit
toujours comme son Ami&
qu'elle venoit de luy en donner
des marques par toutes lescommissions dont elle a- voir consenti a le charger,
mais que jamais ellene feroit
sa femme, & que la recon.
noiffance l'engageait à se
donner à un homme qui n'avoit
eu des yeux que pour elle
dans la mauvaise fortune;
« que c'cftoic à (on égard un si
grand merire, qu'elle ne
croyoic jamais pouvoir faire
affcz pour luy témoigner
corhbien fori coeur en eftoic
touché,& qu'ainsi la resoluion
qu'elle avoir prifeeftoit
si ferme ,qu'il effayeroic inutilement
de J'ébranler. On ne
fçauroic dire à quel excés de
dépit& de colere ce discours
porta le Confeillcr. Il estoit
au dcfefpoir, non feulement
de voir de grands biens luy
cchaper par sa feule faute,
mais de ne pouvoir jufteraerïc
(c plaiudre du procédé de la
Belle, qui pour sevanger de
son avarice. qui l'avoit empêché
de l'époufer lors que la
chose ne dépendoit que de
luy, l'avoit chargé de beau.
coup de foins, qu'il nauroit
pas pris s'il n'avoit cru qu'il
les prenoit pour luy-mème.
Il s'en plaignit cependant,&
ne la quitta qu'après avoir -'
pouffé son emportement juf
qu'à la menace. Elle n'eut pas
lieu d'enestre inqujete, puis
qu'elle époufoitleCavaliér
qui la metttoit à couvert de
tour. Ils s'estoient toujours
écrit depuisfon éloignenienc,
&sa fortune ne fut pasfiroft
changée,qu'elle luy manda
que la perfonwe & (on bien
feroient à luy
,
dés quelle
aurolt terminé quelques af.
faires qui ladevoien: occuper
pendantquelque tem ps. Cette
generosité fit un effetme-.
veil'cux sur lOncle du Cavalier,
qui loin de s'opposer encore
à [sDoOn rrnnaarrjiJiPi-"rCe,lul-uvv ,ffiitt
une avance dont il eut lieu
destre satisfait La Belle l'époufa
peu de jours après qu-e
le ConfeîHer eut eflp congédié;
Ôe commcil n'y "eut jamais
ny plus de raison dans
deux personnes
, ny plus de
rapport d'humeur, rien ne
sçauroit approcher de l'union
dans laquelle ils vivent.
Je ne vous envoye point
le Plan du Fort de BoucboR,
que je vous avois promis la
derniere fois, parce qu'on le
trouvera dans TAlmanach de
M-Langlois. C'ell un Ouvrage,
qui, si onluy oftc le nom
d'Almanach ,mérite d'estre
regardé comme un très beau
morceau dhistoire en Tailledouce,
à cause de fcs rechefchesexa&
es& curieuses. Au
lieu de ceFort,je vous cnvoy e
I une figure qui doit vous faire,
plaisir. C'est le Planjel'Amphitheatre,
dontjcvousay
déjàparlé & qui a esté trouvé
à Valogne,grochelamaison
dëTrranquPtot. En voicy
l'explication,ielon les lettres
marquées dans la ifgure,
A. LJOrchefire.
B. Premier cercledemu
1 raille qui ferme TOrchjftre.
1 C. Muraille derenfort,où
aboutiffenc les d.. grez.
D. Louvercurc des dcgrez.
E Grosse murailleauhau
des degrez , entre lesquel:
paroist une muraille marquée
F. qui laifle entre elle & la
grosse muraille* un elpace
à placer sept bancs parétage
les uns derriere les aurres.4
G La grosse muraille formant
une demi-ovale.
M. Grosse muraiile qui
Coupe l'ovale.
Murailles avancées au delà de la craverfante
,

eftoic le Pupitre des Anciens,
en Latin Pulpitium, lieu où les
Aâeurs joiioient,&c. ;,
K. Autre Potffceniunv.
L. Greffe muraille fervanc
comme darc boutant.
M. Muraille au deça de la
traverfante, pour renforcer
& soutenir l'ouvrage. 1
N. Muraillerépondant à
celle d'en haut marquée F.
laiflant un vuide entre elle &
rOrcheftre,àmettre septou
neuf bancs lest uns derriere
les autres. 1
O. La place des Spectateurs.
Les petits points noirs
marquent la place des murailles
qui separoient les espaces
qui contenoient fcpt
ou neuf bancs. Ils font ap.
peliez les Palliers,& (ervoient
comme de reposoirs de sept
en sept marc hes,&faisoient
aflez bien la forme de galeries
Les lignes traînantes &
entrecoupées au de(Tus du
Renvoy
)
font des fondemens
&mines couvertes de ronces
& broflailies, d'une groiïiur
notable,qui bornoit la veuë
dciSpetkateurs.
Je vous envoyay le mois
pasle l'Eloge du fameux Mr
Nicole,saie par Mr l'Abbé
.~--~ de
QudeFourcroy.Enn voicy un PreTFredel'OratoircT,
par le
même Abbé, cequi fait voir
qu'il eftfenfibleaumérite des
grands Hommes,& que rien
ne luy eilplus agreable que de rendre justice à leur vertu.
ELOGE
Du PereThomassîn. LA Solitude est le frjour
ordmaire des plus grands
Hommes. Cest lEcole où Dieu
instruit ceux quidoivent estre les
Defenseurs de U Veritè-Il y
MlrÀ^fi^urlHyionnttceti
te Loj c^utdévoie eprerecettede
tout les Peuples du monde. Ily
appcllaElitpourledehvrerdelà* fSuarinetuJreiaenJSi[yMti,j&ieApocuornledfmùjritt.'
le Pràurfeurdefin Fils, &'e^
PredicAttur deta penttence.En
un mQtJ il* toujours mené jet
jiJeUu Serviteurs endeseu
cÓnfacreZauiflenee&4».'«/>«!,*
pour
leurfc*e voir ses beaut^^
g* leltf découvrirsesvolonté
C'estduflpource fuj'ctquilafà
nosjoursinjpirétufavtnïPir*
rTkomtefmdeJe,retirer4ms Congregtttà#
de,lOratoire ,voulantfoire feï
vivre en sa personne les p(uf
grands Hommes dit Çhriflianif-'¡
nie.En effet
3
quel progrès n p^fait cesçavanthomme dans
ffience$.,£j*dansl&_piete depuis
q»ilefitntré dans cette fainte
Compagnie de Preflres, quifça~
liçntjibicnjoindre les occupations
dçi%farthe avecle recueillement
de Marie, & qui n'édifient pat
moins les rIdelles par leur vie
retirée, que parleurs Prédications
& leurs fagesInftruâwns. Les
Ouvrages excellonsquil a,compofe7,
dansla retraite, & qui
Mt recetiun applaudissement
gé-1néral , fonr connoijtreévidemmentquelstiens
on retire dela
jo/itude. Qu'il proit *Mf"
que les ChreJhrns de ce
siecle
f¿ellffent combten il efi doux de
«ouflerleSeigneurdanslefdence
loindutumulte!Ilsnesefor
trieraient pM du Defertuneidéesi
«freufe.MaissiU vieretiréea
dmdavantages,ceneft paicelle
des Phiioftphes, mais la vie de
ceux qui s'cmplojent dans
les
lieux paifMe* & retirez.*<**
rtaflre les obligations des Chrc-
Riens pour s'en acquitterfidellemint9uil
4raredetrouverde
tesSjavansquif^ntunfifamt
ftjagede leur retraite! Combien
AU contraire en voit on quimenent
une vie oisive dans la jolttudefl
ou qui s'appliquent à des chofi*
inutiles ? Le pieux C- sçavant
Prestre dont je parle,n'a jamaià
esié du nombre de cet S^!naires<
oisifs & inutiles, mais d 4 uni
rilude avec la pieté.L'ona toujours
vu dans sa conduite ce qu'il
enseignoit dansfe.9Ecrits.Ileeoit
puifJanren raijons, mais il l'efloif
encore plus en bonnes oeuures, &
s'il est digne de l'admiration de
tous les Sçavans
,
àcause des
grandsftrvicesqu'il a rendus ati
PublicparCes Ouvrages, ilmeriteencore
plus de hii^ngtspour
sapiete'solide.Qj*? nem'est- il
permis devous faire tcy enabrégé
sonnjeritable Portrait! Jevoue
parjerois de sa modefiie, de son
détachement,deson recueiltoment9
de son taffabilitt, desa patience
dans les ~~f~~,C~ deson amiU"
pour le jeûne. C- pour les auflerite%.
Jem'apperfois(yj'avoueen
mesme temps (juelefujetdecet
éloge est au JejJùs de mes forces.
Que toute la terre publie dont
À jtmais Uslouanges de cepieux
&(savant ¡Jrl'f/re)Cf quon rende
à son rare méritétous les éloges
qui luyfont dûs, onnepeutajfe
~~yy,Hiit,J $ix**elusde.
jouangeiparlerefusqu'ilenA
p~r (eh r~f~ qri?/ tn, 4
toujoursfait,Qu'ilvive donc a
j:am-ais /r
)
quesonnomne s'effacp (
pa^delamemoiredesgensde
bien,
,
çjrqueleSeigneur,àquifeulH, avouluplaire,feitlatecompenfè* J(esvertus*$•H
dri eu
ddeetousléstraviux de toute,
tousJestravaux&
toutesÇ
«-» >!«*.»-•
ve,rtuîp
--- t.
T.
1"Vous avez toujours fait
trop de cas des perfonnesdif
jtinguées par des talens ex- traordinaires,pour n'a ppren-
; dre pas avec chagrin la mort
de Mf d'Herbelor,Secretaire,
Inteprete du Koy dans les
LanguesOirentales,& Proflfleur
Royal, arrivée en cette
Ville lejeudy 8. de ce mois.
Il estoitâge de soixante & dix
ans, & l'un des plus sçavans
hommes de nostresiecle. Il
avoit iur touc unevrande intelligence
des Languesorjentales,&
comme il (çavoit
les bellesLettres avec
laplus profonde érudition,
il estoit toujours prest à repondre
sur le champ aux queftions
les plus difficiles.Ainsi
ontrouvoirauprés deluitous
les éclaircitfemens que l'on
pouvoit souhaiter sur toutes
fortes de marieres, câpres
avoir é,couté, patiemment
ceux qui luy faisoient l'honneur
de le venir voir,il les fatisfaifoic
avec une modestie
qui les charmoic, n'estant
pointenflé de routes les
belles connoissances qu'il
polfedoit très-parfaitement.
Sa naifTanceeftoit illultre, &
il avoir l'avantage de voir sa
Famille alliée avec les meilleures
Maisons de Paris. Son
metite ne luy avoit pas moins
acquis d'estime a la Cour que
dans la Ville, & il avoic esté
souvent appellé auprès des
Mjniftrcs. LeRoymêmeIUJ;
avoiïfait t'hpnneurde l'enZ,F-e:-
tenir plusieurs foisàfonretour
d'Italie, & l'avait gratifié
d'une pension de cinqcens
écus. il avou paffé quelques
années à Florence a laCouç
des Grands Ducs de Totca"
ne, oùil futappelle partous
les Princes de cette iluftrç
Maison, qui a toujours esté
.1
la retraite des S çavans. Ils,
l'ont tous honoréde leureHK
me, ëdln'cft forci de çette^
Çour qu'après en avoir esié. icomblé de faveurs. Monficut
(leGrand Ducquirègneà
V
prelent ne 1eull pas- laifle
partir, s'ilu(
ordres tres-précis des Mini- J
ftres qui le rappelloieni en
France. Les Ouvrages qu'il acotnpofèz,* feront des témboiOgnages
éternels de son sçavoir Oil nous a laifTé entre
autres la Bibliothèque Orien* râle',attendu^SFpïïTTTongtemps
, 6c dont l'impression
a heureufementefté achevée
avant fà mort; de forte que
cet Ouvrage fera bien. tost
donné au Public. Il y en a
encore plusieursautresentre
les mains de Mr d'Herbelot,
son Fretè1 qui cherit trop
tendrement (amemoire pour
négliger de lesmettreau jour.
Ce font des tresors dont apparemment
il nous fera parc
dans peu de temps. Outre
tous ces avantages de rcfprir,
Mr d'Herb^lot faisoit admirer
sa pietéja mortification &
sachariré envers les Pauvrès,
& piufîeurs personnes d'un
mérité distingué, & d'une
probité finguhere) peuvent
rendre témoignage qu'il a eu
une alïiduicécontinuelle dans
toutle cours de sa vie à remplir
tous les devoirs d'un
parfait Ph.ilofopheChrcftien.
Joybliay de vous dire dans
ni-a Lettre du mois pane, que
M1 rArchcvdque de Paris voit préré a- fermentde fidélité
entre les mains du Roy, dans
la Chapelle du Chalteau de
Verlailles,&que ce lèrmerçc
devant estre enregitiré en la
Chambre des Comptes, elle
avoit ordonne que cette ex- pediçion se feroit gratis, &
luy en avoit remis les droits,
qui font fort considerables.
Ce Prélat s'estant rendu à
l'Officialité le jour même
qtfilavoir prw-p^fliop: ac
l'Aichcvêché;,,1ony,plaida
une Cause, sur laquelle il
prononça. Ensuite il nomma
trois Chanoinesde son tgbfe
pour le Tribunalde cette JurifdiiSHon-,
sçavoir,
PoursonOfficiai,Mcliire
Claudejgbûcy-RêvantAvfh
eatauParlementa & à prçj»
fent Chantre ,&, Chanoine.de
l'Eglilede Paris, petit fils du,
fameux Antoine.Lojit!>Avocat
au Parlcrnent dORt>..-Ü
nous a donné les sçavans
Opuscules & Mémoires, &
unTraitéHiftoriquedesEco-,
untrai e
rès Epîfcopalcs ^Etfrfefiaftë.
q'u'és pourles^brôksj des
Châncres f Chandeliers '¡'f"&
Ecolaftres des HglifcsCathédrales
de France. «le»i f Pour son Vicegerenr, Met
firc £meric~D7euy,Souehantre
&Chanoine de Paris#
qui joint à une htimeur
douce & affable une intelligence
parfaite dans les assaires."
Ilest frere du deffunt
AvotatGénéral de ïaCham.
bré des COmptes,GUillaume
Dreux] SH^neur de Creuïllj,; &fils Drctix t, &filsde<1S11nonOrcu'x
,
StigneurdeCreiufly,
aussiAva^
car General de la Chambre
des Comptes, & de Geneviéve
Aubery« fille de Clau.
de Aubery
,
Seigneur c£A.Ure,
Maistre des Comptes. PourfonProrruyeur,MeC
fire ClaudeClia£peIier,Cha.
noine dçTEglile de Paris,
quiest d'une devotion tresédifiante,
ne manquant à
aucune fonction dEgl'ie, &
remplissant tous les devoirs
de son érat; pafTanttousles
jours trois heures a conl
fefler les malades Je l'Hostel
V Dieu,à lesaflifter defescon-
[cils & de les chadttz, &
3
faisant d'autres aumosnes fe».
<:
crêtes à quantité de pauvres (
honteux & defamilles necer (
(rteufes..Iiest fils de dlfl'unt(
Henry Chappeher, Conleil.
1er du Roy,&Avocat General
en la Cour des Aides.
On ne peut rien ajoûcer à
lajoye que tout le monde a rémoignée
pour ,la nomination
deMr de NoaiitesaFArchcvêché
de Paris. Il en a receu
les complitnens de diverfcs
Compagnies',& le16.du der'!',
nier mois,l'Univerfuéy
en Corps,ayant à sa:cetteMh-r
RoJlin, qui en est RefteuttI)
estoit accompagné ,aeSJ
Doyens des Facultez & desj
Procureurs des quatre Na.
tionsen habitde cérémonie,
6c fie un Discours Latin à ce
Prelat avec beaucoup déloquence.
Mr 1Archeyeque y
répondit en la memeLangue,
& rnlrqoa^desfentimeus fort,
avantageux pour lUniverfi*-
té. Cela fait voir combien le
-
choix que Sa M.afait de luy
pour remplir unsi grand poûe,
est approuvé de tous ceux
qui sçavent le prix du vray
merite. C'cftlesujetduDifcours
qui fut prononce au
", icommencement
de cemois, , panlePêrc des*
ProfefTcurs de Rhetoriqueau
ColIege de Louis le Grand.
Jamais Assembléene surplus
nombreuse.Une infinité de
gens illustres par leur naiffance,
par leur dignité, ou par leurfçavoirt la compofoicnr-.^
àcçcqu'ily eutde tres remar,
quable, c'estque l'Orareur se
cpnduific avec tant dadreflfe
&deprudence,quece Prêtât
pouvoitsoutenir(on propre
iE-lJbofgfiecfiaanesnelniaêbtitr&e Peomntbifaîrcaafulfxe>.^ fouEelife,le jour de h
Conception de taVierge. &
l'affluencedu Peuple setrouva
si grande pour recevoir sa
bénédiction,que 1on eut
peine à y trouver place.
Vous ne ferez pas fachée
de voir les Vers que je vous
envoyé. Ils font de MIRaOult,
de P,oücn &faitsfusTes
paroles de Job,Æè/ estcequi
mefira la grace, qÍ.4e dans lenfrme/
me vous nu prdtegie%
,&
vous me cachiez,*ce que
'Vostrefureurjoit pafée?
STAN CES.
QZJel lieu pOflrltl, Seigneur, mt
mettre en [euretè,
Contre ce bras qui tient la foudreJ
Et dont votu red,Ji(e"en poudre,
Ceux quivotu onttrop irrite 'l
Helas ! autant de fois que je vota à
mes yeux,
Bciatervofiremainarmée
t Je ,remhle,&mon ame ailarmée,
Frémit dam les plus fomhres lieux.
- s
Je voudronsdammapeurque lantre
leplmnoir,
Laforefl mesme lA plus fçmhte,
Enrnenvironnant de Ion ombre*
Empefchât le Cielde me voir.
g:.
Qjte pour me delivret d'un si terri- hUeffroy^ Jepuffe delaterre5' au centre de la terre,
Mecacher loin de ce tonnerre,
Quevousfaitess gronder sur moy.
01;' > je me cacherais au milieu dan
rocher)
Djtns les Toméeaux, où font les
ondes,
Dans les grottes lesplusprofondel,
S///V»xpouvoient mecacher*
a.
Jevoudrois que m/m cilneuf! jamaisvà
le yur,
Ni U Lune, ni ici Etoiles
y
Ou que lanuit avec ses voiles , M*enfevelift dans son sejour. ..,
Quand du Ciel en couroux le tonnerre
éclatant
Efi tout presl de crever la "*("
Ctluy dont t'ame en est ¿mcuit.
De Lauriersecouvreàîinflant•
9
Mais ces carreaux aff-euxquipar*
tent de vos mains,
Ces éclairs, (7 cette temptftey
Dont je ne fuis sauver ma tefie
Font que je fremts & jecrains»
1 9
Lescavernes, les boislesfombrti
deserts, 1
Et la bauge Id plus secrette ,
pour moy riont aucune retrait**
Puis que ces lieux vous font M"
vettf' 'vv'
Lesfeuillages épais,&tesrameaux t0fJ/fiu1
Semblaient cacher le premier
Homme;
Qui pouravoir mordula Pomme..
De son crime devient confus.
Mais quand il voit son Dieu le
paurfuivre de prrs
) , Etquil en connoiji I.t puijjsncer
Ila honte desa prefer,ce,
Trahi de ses propres forefis'
Le lieu le plus obscur ne le foulage
pas 3
En vainil se cache a (oy-même»
Il a de son Auteur suprème,
^Toûjours Cima^e sur ses pas*
Dans l'ttntre des JLioW Daniel iif
jlIÛ, Ponr
Pontluy leur rage se modère.
Mais les Chaldèens au contraire.
Un éprouvent la cruauté. 9
Ainsi pour me cacher
,
les forefis,
les valons#
Où restent lesombres dff,-evfes,
Dans leurs retraites denepreufeie
Ne fflaroient être asser, profonds.
à
Zothàantunantreobfcur%eft vu des
yeux de Dieu,
Sa caverne trahit son crime.
Que Caïn se cache en £ab\(met
Abellepourfuit en tout lieu. 9
Jonaty quoique plongé dans le centre
des eaux,
Voitque ce centre efl infidtlet
Et bien que le fond le rcceUe,
Les ondesfont de clairstombeaux
1 (9
Zt monftrtttux Poisson qui tavoiÇ
englouti^
Sansen hâter les funérailles*
Le revomit de ses entrailles
£t ce Propbeteen est jortie
S -
La Mer même p-erfide enfis fllf
fembrei lieux
, Trahit lei feaets de ses ondesy
£t[esgrottes les plusprofondes>
Découvrent leurfem anosyeçx. g ,-
Quelle fidélité dans leJ.
tombeaux/
affreux !
Les offtmenssen font paroistre,
Z*Echo parle, & tonpeut cm*
uotftrt,
Quelle est. aux antres les pllll
treux*
à 4 ¿.Il bois les plu, uuffm se sinai
I-on jamais ? Lfretour atlne aspre froidure»
QuilesdepoùtSe de verdure>
FMttomber leurombrage épaii, S
Ainftle Ciel, la mer» les antres ;
les forefis,
Pourla frayeur qui me redouble%
Et qui met mon efprtt en
trouble,
27'ontfoi des lit." afiez secrets.
S;ig"tma surete ne dépend que de vota; Po," difliperezjnei allarmes»
Si pour moy mettantbasses armet9
f Vtus oppatfezjjofitt courroux.
- jevous envoye un état go.
lierai de la promotion de Marine,
qui fut faite le2/7.du
mois paflfé. Quoyquerien ne
toic si difficile qued'avoir des
Lifles exactes, quand elles
iontcomposées de tant de
noms, j'oserois presque vous
affurer qu'il nemanqua rien
à celI.e.cy.
CapitainesdeVaijjeaux, tire^
des Capitaines d'Artillerie.
Mrs GombaucjL
De Çrand-pré, •'
^Autres Capitaines
,
tire^ des
Capitaines de fregates.
Mrsde laMothe-Michel.
Chevalier de,Pon.cevee-
Pourrieres.
Chevalierde Muin.
De Bouteville-Sebville,^e*JvU
DeLommée deBlcnac.
DeSève.
DeBonneville.
De.Cargrees.
Autres
)
tirez des Lieutenant
de Vai[féaux.
Mrs de Perruffis
DeChampagnette l' Aifncr. DDeeBBooisisiojolylyddeellaaMMootthhc- cé
Chevalier d^Rancé. v
DeÇarquerannes.
Chevalier de Feuquieres.,114.
LuppedetaMothe.
Chevalier' deBroglio.
De la Maisonfort.
ChevalierdePhelypeau*.
Chevalier deCharo(t.<~-
Capitaines d'Artillerie,tire% des
Lieutenans d'Artillerie.
Mrs Daniel- LangujlJer.
(apitaines de Fregatestc£<encs,
tirek des Lieutenans
JeVAisseaux. j
Mrs de Montagne.
Jrçiardpn. Defgouttes.
ChevalierdeSurgere.
Du Gémeau.
Marquis du Rivau#iffOAAA/au,
De la Roche»Yezançay.
De Champ,moroc.
Chevalier de Courte.. -
Chevalier de Marege.
DeDroiïard.
Chevalier de Mongommery.
De laRocheduVigier. 1 LeVicomte deRochelart.
De la Roque-Madore.
De laGuiburgere.
Du Bois de laRoche.
Caumartin deN4^fy.
Lieutenans de Vaijjeaux,tire%
des Aides- Majors.
MrsChevalier deGlandevcs.
DeSaint Lazare.
Autres Lieutenans ,
tire:C des
Ënseignes de Vatjjeaux.
Mrs Dofmont Malicornc..
Delpirwille.
Chaftellier.
De Voutroa,
Godemard.
Du ConfciL
DeVaujoux-
Dayderville.
De Raoutfer.
DEflonville.
De Beaucaire.
De Pondevois.
De Braçh.
Dela Salle Saint Criq
De Saint Juillien.
De Vignacourt.
De la Barde de Maiaferme.
DeLivernan.
Des Marquc's.
De Montault.
De Sabrari l'Aifncf.
Bcaubec de Boulainvillier*.
Chevalier de Fontages.v- ^covù^-
De Nogenr. '•'])rlAt/wo
DelàÇhaifede Beaupoiricr.
De Montmaur.
De Beaujeu.
De Serigny.
De Radouay.
De l'Allier.
Chevalier de Ferté.
Chevalier de Champagne.~
Beauharnois de la Boiche.
De la Lande saint Estienne.
Le Chevalier de Saumery,,'oÂawne
< DeRicouart.
DeVangengelt.
DeSanzcCriffe.
De laTourLandry.
DuBezi,
DeBresme.
ChevalierdeBethune.
DelaChaflee.
Du Terville.
De Menneville Pon^ Saint
Pierre.
De Montalambert.
Chevalier De Dampierre.
Bart.
jiidesMajors, tirades Enfiignesde
Vaeraux.
Mr.Darcuflia d'Eparon. ç,
Dela Blandinicre.
Lieutenans d'artillerietireçdes
Sous Lieutenans d'Artillerie.
Mr.Pouriceau.
Dcfcoulon.
CapitainesdeBrûlots, tire des
Enfcignes de Vaieraux,
Mrs. David.
Chevalier de la Pomarede.
De Casseras.
Chevalier de Ferrieres
AutresCapitaines de Brûlots,
tirez des Lieutenans de
fregates.
Mr Cochart., Combruch.
Benoiil.
Enfcigncs Je Vàjjeauxytiret
des Gardes de la Marint,de U
Compagniede Rochefort,
Mrs. deLage.
De Mouflac.
t Ces deux estoient Chefs de
Biigade,& les deux qui fui,"
venteftoiem Brigadiers,
De Verbois.
Chevalier de Saint Clair.
jiutresEnfûgnes de VaiJJcaux,
tirezdesSousBrigadicrs.
Mrs. de Beaucliamps
De Grange.
Chevalier deSelctte-
Deigua.
DeClairac.
De laVedan.
Cffevaîier de fEcoiiet du
Bouchet.
Comte de Polignac.
DoeChyafteeleuxu. .
Duboisdelavai.
CharlesduCh,aftelet.
AutresEnfeigncs3 tire%desGar*
des delamefmcCompagnie.
Mrs de Brissac.
De Velaret.
Marquis de Boury.
De la Roche Pontiffac.
Davauçrour.l'-éjeCouû^.
Du Ponot de Veillainr,
Comte deChalais. 1l/,JWh
Dauxy.
Enseignesde Vteeaux, tlrex. dés
ChefsdeUrigtde,delàCompagniedeBrest.
Mrs de Bois David.
DesChampeaux-
Autrestire^des Brigadiers,
MrsEftiennedeTivas.
HeazédeGrammont-
Atitrestire% des fous Brigadiers.
DMrsD'eAViquucrdxeBaaiJiIesuf..
DeSoligny
Chevalier de Rolon.
Feideau de Vangien.
Gouyon de Ravilliers.
DuChafiel Keriec,^
Belle-ville l'Etend art.
Du Renci
D,uTouchée.
DelaMotceCairon.
DeMontville.
Chevalier d'Arcourt.
De laHarteloirc.
DcBufca. ~y~~-
DeGonneville,
Dçi'lflc Adam. i-Û1 : > DcGrouchy-
Enjeignettrt^jlcs Chefs de Brigade
de la Compagnie de
Toulon.
MrsNobile.
Le Fevredu Peltrin.
jiutres tirex. des Brigadiers-
Mrs De la Magdeleine.
Desha\es de Barzcaux.
j4utrestire%desSousbrigadiers.
Mrs de Marcheze de la Garde.
De Quélus/-
De Poncevetf de la Garde.
Chevalier de Jay.
De Vaiife.
Chevalier Sigogne.
Raoufftt de Tournon.
De Dons. x
Chevalier de Griller.
DelaVal..
Chevalierde Forbin.
Chabert. v
Chevalier de Pointis.
Dalmeras.
De Puydora"r. ,' 1J
Mordant d'Hericourr.
Mazan de laVal.
DeSabran.
Marquis de Bonniver.
ChevalierdeRochepierrc.
De Beauharnois.
- Sous Lieutenans d'artillerie.
Mrs Jouan de Loisy.
Chevalier de la Galiflonniere.
Lieutenansde Fregatrs, tirt-K des
Gardesde la Marine-
MrsMarion de Courcellcs.-
De la Marontere.
Mergerec. enevai'i1er..de C_8hatiril--ly
Lelpineau.
De Vilaur.
Capitaines de Fluftcs.
Mrs Gaulette, Ingénieur.
De Sacardle, Garde. marine.
Bide deMaurville.
Dela Balme4 Sergent 'Bombardier.
-FougaflV,Capitaine de Navire VJ{archanJ.
Aides d'Artillerie, tire;C des
Gardes de la Afirine.
Mrs le Marquisde la Roche
du Maine. J' ~'c~
Le Chevalier de .U-Vie'yille. , Le H. de ce mois, le Roy
fit une promotion dOfficiers
de ses Galères. Voicy les noms
de ces Officiers que j'ayrecherchezaavveeccllaammeeslmmeeeexxaacc*.
(! -
tirude que ceux de la promoo;
tion de Manne.
ChefsdEscadres, tire=\. desCa+
pitaines de qalercs.
Mrs le Marquisde Forville.
Le Marquis de Pontevez de
Mauboufquet.
Capitaines des Galeres, tirez, des
Capitaines Lttutenans.
Mrs deCombaulc. < De Manse.
Chevalier d>*Levy.
Capitaines de Galeres, tire;C des
Lirutenans des Galeres. -
De Chaumonc de Tallenlant.,
De Cheflardet de Montil.,
lias. 1
De laRoche deVernassal,
Lieutenans.
De Launay.
Chevalier duReevveeefsttDpaarrcçuuf-l*-
fis. ,-
Marquis de Brancas. ,,~
Le premier estoit AideMajor
; le fécond ,
Sous-Lieutenant
de laReale; & letroisième
Sous -
Lieutenant de
Galere.
Sous LieutenantdeURetlc.
M1lcChcvalier de l'Aube/pin.^
Il elloit SousLieutenant"
de Galcre.
Aide M-tjor.
Mr Darchimbaud. Ileftoic
--- - ",."1
Sous-Lieutenant de Galere.
Sous-Lieutenant.
Mrs le Baron du Bueïl.
Le Chevalier de Thury.
De Boissy.
Le premier estoit Enseigne
de la Reale" & les deux autres,
Enseignes de Galeres.
Enseigne de la Reale.
Mr De Maroulie. 11 estoit
Enseigne de Galere.
Enseignes de Galères.
Mrs de la Gariniere.
De Gotho.
De Maulevrier.
Del*Bouvemelle.
Ces quatre estoient Gardes
de l'Etendarc.
C'tfi avec justice que vous
venez de voir le nom de Mr
le Marquis de Forville à la
telle de cette dernierepromotion,
& quand je vousauray
fait connoistre Tordre iquil avoir establypour7a~cîef«
f,ose de la Ville de Marseille,
en cas que les Flores Enne-
'miesattaquajfTentcettePlace,
vous demeurerez daccord!
qu'il a mérité le rang où il
vient d'efire t'levé, & que la
Cour içaic rendre justiceau
vray merite, Quant à cet ordre
donné pour mettre Marseille
à couvert de Tinfulte
des Ennemis, on peut dire
qu'il n'yen eut jamais de
mieux entendu
, ny de plus
beau, & qu'il auroit esté à
souhaiter pour la gloire de la
France, que les Ennemis euftent
attaqué la Place3mais ils
estoient trop bien avertis par
leurs Espions, de la ifcuation
où toutes choses estoient
pout oserrien entreprendre.
OnyavoicFait<quaunte-deux_1
Compagniesdecinquante
hommescacune;commaadées
par des Gentilshommes,-
ou par des personnes de service,&
composees d'Artisans
qui devoient faire prendre les
armes aauuxxssïiggnnaauuxx ddee-Xsigignneezz
par les affiches. On poftoit ces
Compagnies aux deux feules
Portes qui devoient rester ouvertes,
& les autres à toutes les
ruës & aux Places princIpales,
en forte qu'elles puflfentavoir
communication les unes avec
les autres, & en former un
grand corps,ou plufnurs pe- titcorps,{m* confusion lldevoit
y avoir encorcuneCompagnie
de forxante -Grenadicrs
diers choisis parmy ceux qui
avoient le plus de service.
D'ailleurs,laJ^ill£jdev°it estre
partagée en trentedej^artemens,
a chacunaefquels Revoie
estre un Commandant
sur tou* les Habitansde son
qnarrier. Il ne laissoit qu'un
ou deux hommes dans chaque
maifpn
, & tenon le relie
assemblé en armes dans les
ruës autant qu'il (e pouvoic
faire. Chacun de ces C'ommandantavôît
une Brigade
deseize hommes,Maçons,
Menuisiers,& Forgerons, avec
leurs outils, pour éteindre
le feu devant cliaqu
malson. Ily avoit ausside
tonneaux pleins d'eauautan
que IOnen pouvoie place
avec des féaux & unejjoulu
attacéeavec unecorde, foui
chaque toit pour montej
l'eau. On travailla à vuidci
1Vtoutes les Marchandifes& )c!
maciérescombulhbles. Ceux
qui commandoient aux Portes,
nelailfoieoc sortir que les
vieillards, les femiru s, & les
en fans; &: les hommes
eftoienr employez chacun
félon les forces èz Ion génie
à remplirleur devoir pour la
cause commune. Les Archu
ves& les Papiers des Notais
rcs, forent deposez aux Minimes,
avec des gens établis
pour les garder. Toutesles
Religieules dans les quartiers,
expolezj furent trantportées
en d'autres Convents, pour
leur feurece, conformément
au Memoire que Mr l'Evdque
en avoir donné à Mr de
* Forville- Les Echevins fourmïïoîeht
chaqucj^u^j^ngt^
millerations de bilcuir, tromageôc
anchois auxPauvres& (
b aux Soldats ddes Compacynlcs,b
de laVnle& disterroir,&ces
rations filment transporter
1pal' cinquante mulets deftiuez
pour cet effet. On prépara
beaucoup de bois gras
£< Je Uiment pour faire hu
à toutes les batteries, afin
qua la faveur de ce feu on
pull découvrir lesBastimens
desEnnemis
,
dansiesnuirs
les plus obscures. Il y avoit
aux environs du territoire ou
des dehors de Marseille,deux
Comjpagtiies de Cavalerie
polices au_j^qrdjk^^
laVillea-Li-tunier
pours'opposerau débarquement.
Quaran^Conipagnics
decinquante hommes cfrao-
un». e.,tcompoieer*sdej jetines
P-ayfans,laplufparr Chasseurs,
/osmoientquatreBataillons
det çinqcenshommes &
dévoient estréposte'cs aii
b,orddelamer,pourlamcfmehn.
TJanTles trente-cincj
quartiers duterritoire de
MarléTÍleJil yavoic unComraajïdanc
pour assemblerles
hommes-qui y reftoiens,
il
-
gitoït attentifà empefcher
le pillage & les violences
que l'on pouvoit craindre.
Ces quatre Bataillons etoient
jjodrris par le Munitionnaire
de la Ville sur les vingt mille
Tarions,Mont on a fait mention.
Les Trougewcglées
que l'on pouvoir envoyer,
estoient miles à la telle de
ttoouur.r. HHuui'ttGG,cnnTulsshhoommmmccss
commandoient aux huit
quartiers dea^VillcTtous Mr
de Forvillcqui ne pouvoir
cltre par tour. Il y avoit
huit Aides Majors pris d'entrelesgens
de Qualité, &les
Echevins avec sixhorpmes
chjtcunpojjLUsluivre,outre
les Capitaines de la Ville, &
les Sergcns foudoyez. Ce sur
de cette maniéré qu'on régla
le touc.
i Voicyl'Etat des Batteries
de Canons IkTdcMortiers
quTêlïoient lé-FànL-yde la
Coftc, depuis le Cap de Croisette,
jusques au Cap deMejan.
Canons de ;6. Canonsdei4. Mortiers.
A la Crcifette, z o
A Montrcdon sur le Cap. S ï
ATembouchure de la Riviere
de Veaune. 8 £
Au Cap Gros 9 SurrifledeDoumé,64 l
Au Chasteau d'If. 10
ATlflc deRoroneau, 6 1 1
Au Fort de Rotoneau, 4 1
A llfle de Pomegues. 5
AuFortdePomegues. i 1
ATeftedeMore. 14 6
Ala Major. 1 7
Canons de36. Canins de 14. Mortier's,
Aux Infirmeries neuves. 4
Au Capd'Atêne, 15 3 6
Au Cap de la Pinede, 9 3
An Cap M <rroupianc 8 1
Aile Courbiere
, par
cie-là 1 Eflaque. 8 1
Total ,51 S4 19
Il y avoic outre cela une
Estacade qui s'ércndoitërë.
puiTTcftc de More, jusque
vers l'écucïl de la Major. Elle
eftoic triple
,
faite en angle
(aillant, Se il y avoit dans
cette Estacade, deux gros
Vaisseaux vieux de 60. pieces,
qui efloient rasez,&quifervoient
de Forts florans, dans
lesquels on mettoitvingts
quatre Canons de 36. qui.tiroient
des bombes
, & qui
estoient gardez chacun par
cent cinquante Grenadiers
&cinquante Matelots.Tou,t
estoit soutenu par trente-quatregalcresfixbrulots,,
deux
cctks Batteauxdê^ Pescheurs
armez,quaràïncTTartanes
affilées
en Brulots &sixCha.
loupes à Bombés oiTCarcat
ses;-roù-s-resordres de Mr le
le Marquis de Conrree, & le
Chevalier de MocUne.
Ce qui iuic vous parQÏftra
affczcurieux, & mérité d'estre
jointà ce que vous venc2
de lire.
DENOMBREMENT
* des JM>ufons & Idabitmi
de Afarfeillc,fait à l'occajîôn
de U Carnation.
Maisons. 9166
Hommes. 1539
Femmes. 13961.
Garçons, 16746.
Filles, J5807.
Fi'smariez. 531.
Enfàns au laie.1884*
Veuves. 4774.
Valets. 140J.
Servantes. 1674.
Rehgieufes. 76a.
Preftres. 771. Total,74707.
Bastides habitées,4831.
Il
Si vous n'avez pas encore
appris la mort de Mr TEvet
que de Geneve, la lettre qui
fuit vous en instruira. Elle a
esté écrite par unEcciefiaftique
de Savoye , à un de ses
Amis de Paris.
A MONSIEUR ***
JE nedoute pas
,
Monsieur, que
VOUI naye'T fris beaucoup de
part À la perte que nous avons
faïtedenoflfe trèsdigne Prelat,
feu Mrl'E'Vêq!le de Geneue, qui
et mort après une maladie de
quatre à cinq jours
,
le +.' Juillet
dernier,danslAbbaye d'nbon.
dance>où ilpajjoit en faisant la
'Vijite de son Diocese. Il a eslé
regreté de tout le monde à cause
desa grande pieté,deson7^ele&“
de sa charité,qui le faisoient eftimer
mesme des Flereti^ues. Il
sappelloit3 commevous(ÇAVCT
ican d'Aranthon djtfllcx dune
tres illujfreFamiil?deSavuje,
qui tIf partagteen plu/Ùursbran.
chcs; sçavoir
, Daranthon de
Lucingi dontl-azjnet'siCApi.
tainçdtsGardes du Corpi du Duc
de Savoje, (7 Neveu du feu
Marquisdequi aservi
en France", où tl
A cfié Lieutcnant
Çeneral; Daranthonde
Chafiiilon,Davanthonde Monterte,
celle de nofire Prélat
défunt, dont le Neveu) qu'on
appelle le Comte d'-dilex, a ersé
Prtjîdcntdu ConfliLAU Genevois
cr Secretaire d'Etat du Duc de
Savoy*, pour les affaires de la
guerre. Cette Famillesefretend
Jefcenduë d'unjirdutius deFau"
cïgny, qui estoit Baron feuverain
de Foucigny en l'an 1000.Elleperte
pour armes Bandé de six picccs
d'or & degueules. Aprés que
teluy dontjevous apprens la mort
tut fait fei études à Parispatmy
les Peres de l'Oratot'reyilfut ehotfi
pourpreGouverneur dr v11r
DomAntoinede,$4*voyeyavec
quiildemeura longtempsaRome,
sifon retour à laCour de Turin,
on luy donna les Corrtmanderits de
£>uiers ede CbivM en Piémont,
quifontdel'OrdredeS.Adau-.
wce9 dontleDucdeSavoye ejiU
Çkf Ensuite il fut fait Cha,
notne de la Cathedrale de Saint
Pterre de Genève,£$rvoulut bi(n
inefme, par le Zele qu'il auoit
pourUconverjton des Htretiquest
(e charger d'une petite Cure dr
cinq cens livreç,appellée (ht:1tJ':Y,
au Pays deGex; &commeÏEveché
de Genevese trouva V4-
cant par la mort de tElItqut
Charles AugufîedeSalcs3 Ne.
veu de Saint François de SAles,
il jut choisi par jeuMadame
Cbrtftine de France, qui le nomma
à cet Evêché en ï66o. ayant
f~lftéé'flacréàTTNwri" en1661. L'ano.
vîtsuivante, ilfit le voyage dt
Taris,où il obtint du &l la
démolition des Temples qullJl
avoit au Pays de Gex.j4u(fitofl
qu'ilfutfactéEvêquejl Je proposa
d'imiter Saint Franfois de
Sales, Cg pour travailler plus
efficacement a la rrformation de
[on Clergétilcommença parlétabhfjemeni
d'un Stmmatrc, quil
fondapar l'union qutlfitfaireà
Rome defes deux Commpndtrirs,
qu'ilse fit un scrupule de garder
avec (en Eveché, quoyquil
n'aille pas à cinq mille livres de
rente,depuIS que les Genevois en
ont usurpe lu revenus. Il ajouta
* l'etablifjemcnt de(on Séminaire
lestnfiitlirionssynodales
y
tiréesdieinjîruflionsde
S.Franceiç
deSales, qu'il fii imprimerave
unlfôùvëauRituel, c il a tra-
,V.,Iiaélavec un foin (:J' un zele infatigable
pendant trente cinqans
dEpis:opat, à la njifite de ce vaste
Diaceje>qu'ilafaite cinq fois
rnturt, prêchant pluficurs fois
par jour, confirmantj con/acranc
des Eglises
, s appliquant avcr un
zefr plein de dévotionàlançon,
aliation des ennemis, à laccom.
modement des procès
,
£7* à toutes
les afrtresjonctions les pus peni,
blés de Ion ministerejusqu'au
dernier soupir desavie, qu'il a
finie dans l'exercice de la charité,
ce qui l' afan regarder commeun
homme qui ejfk mort en odeur de
sainteté; enforte que danstousles
lieux où son corps a pAf;, lors
qnon l'a transporté du heu où il
est mort, jufquà dnnejjy, qui
eslccluy de la résidence des Eve.
ques de Gcneve,depuis qu'ilsont
este ch"Oc'{ de cette faille par les
Caivimftesitout le monde couroit
avec emprefîement pour avoir la
consolation de toucherson cercueily ,;
CT plusieurs perfonnis ont cru
pieusement avoir receu de Dieu
parson interccffundivcrfes gr.';
rq'; entreautresun Paralïtique
qiion ajfurravoirtfié guéri.Ilefl
du moins confiant que lon ireit
icyàson tombeau plufieursbequilles,
bre, jambespiedsemairs
de cire5 pour marque de recccn.
noijjancc des guerisons que l'on
attribué a fisprteres C'elf toujours
une preuve delà bonne opi'.
mon qu'on a de la saintetédesa
vie, qui pourra estre un jour un
des motifs par lesquels l Eglise
pourra permettredelhonorercomme
un Saint. En attendant quon?
luy donne un successeur) le Chapitre
4 nommétrois (grandsVicairei,
qui pourvoient bieften cxcrcc^
ItJJurifdiEhon jufquà la Paix.
Si vous derirek voir leTefiament
de ce défunt Prélat,par lequel il
donne tout son bien aux Pauvres,
eutemployé en legi pieux,
fans en faireaucune part àses
Parens, je vous en envoyeray
une copie, cest unepiece qui meriteroit
destre imprimée.Jefuis,
Àîonfîeurtvo[}re très, erc.
,
D'Annefly le 10. Sept. 169;-
Je ne vous parlay point
dans ma derniere Lettre du
Seryicc qui fut fait à Noftrc*
Dame Ici;.du moispafle pour
Mr l'Archcvclcjucde Paris, à
:ause que le détailne m'en fut
)as donné afftztost. CeService
suc fait par les foins de
Mrs de Harlay parens, qui
foulant le rendre solennel,
:omme ce Prélat estoit more
peu de temps avant les Va-
:ances, resolurent de ne le
Faire celebrcr qu'après la
Saint Martin. Le jour que je
viens de vous marquer ayant
esiépris,on tendit de Drap
noir les trois grandes Portes
de TEglife de Nostre-Dame,
la Nef, le Jabc,&lePourtour
du Cha.ur, à la hauteur des
premières voûtes,& les prin- ,
cipales veues fureuc bou'-):
chées, pour rendre ce lieUs
plus lugubre. On mit deux
lez de velours aux Portes de;:
l'Eglise,à la face du Jubé, Ôçautour
du Choeur, & un lé
dans la Nef, sur lefquels^
eltoient attachées lesArmoi-r
ries dudeffunr, entrelaffées^
de Crosses & de Croix Ar.!
chiepifcopales passées en fau-n
toir, liées d'un Ruban bku^g
d'où pendoit la Croix ~<~
Commandeur des Ordres -dui!
Roy, le tout femé de larmes";}
d'argent; & entre les d£ura
bandes, il y avait de grands^
arfomlics des mesmes Arnes,
de six pieds de haut
ivecde pareils ornemens enrelaflez
sur un Manteau Durai.
On éleva au milieu du
2hoeurune eftradcàcinq devrez,
où cftoitlareprcfencaion,
couverte d'un Poëfledc
relours noir, bordé d Hermiles,
& croisé de moire dardent,
& pardefitis la Couronle
Ducale,1e Cordon bleu,&
[a Croix de Commandeur
fous un crcfpe,avecun grand
nombre de Cierges de cire
blanche, sur des Chandeliers
d'argent pofcz sur les degrc2
de i"estrade,&un Dais develours
noiràcrespines d'argenct
(uÍpendn du hauc de la
voûcc,audeffusde cette ma- chine fùnebre. On mir sur le
ra n d A u-t i-
11
,.,
- grand Autelle* six gro^Cbandelicrs&
la Croix d'argentde
Noftfe-Dame, que toutle
monde va voir paradmiration
pour leur beautéav-,-c d'autres
Cierges sur de pareils'
Chandeliers en élévation au
derrière de l'Autel, &au deffus
un pareilDais de velours
noir à crclpines. L'on micencore
desCiirgeslurdesChan-1
1 POt, deliers
eliers à la face du jubé, &
utÕur.du Choeur sur une fric
qui regne au dessus des
haifes des Chanoines. Tous
es cierges de même que ceux
[d'Autel&de la representaiona
qui montoient à plus de
ixcens, étoient garnis d'Ar..
ooiries,de CroixArchiepifcolaIes,
de Crosses/de cordons
)Ieus,&de croix du S. Efprir,
le la mcfme maniéré qu'ils
Iroient sur les lez de velours.
Dn tendit encore de noir, les
)ortes & lesfales du Palais Ar-
-biepifcopal,avec armoiries,
joor recevoir.Mrs. du ClerMeilleurs
du Clergé croient
iffemblez.Aprésavoijjjcgjn.
:rodutisdansliTale de l'alfemiléc,
il-ss'assirent,& priercn )
Mts. -du Clergé de leur faire$
i^hoiineurd'afFifterauservice,i
Idr. deThÉangeportant la pa^i rëlcs. Mr l'Archevêque de
r«ulouzeyPrésident de lafremklce,
après avoir répondu
tu compliment, & témoigné
,'cRime que le Clergé avoit
porla memoire de Mr. l' Archevêque,
dit que rassemblér:
ncmanqueroitpas des'ycrouv-
erj&auffitôt lesJurczCrieurs
sonnerent de leurs fonftettes,
: leifeui Vailly,l'un d'eux fif
à proclamation en ces termes.
Alojjeigncurs
,
priez, Dieu
ponrlAme deMonfeigneur l'Il.
lujtrijjirpe &Iteverendilfime Pereen
Dieu, MefJire Frauçois de
HtylaylPriez Dieu pour lame
te tJlionfeigneur l IliuftrifJime &
fieverenàijjime Pere tn Dieu;
Aîefjire FrunçoisdeHarlay>Archevêque
de PAris, Duc & Pair
leFrance, Commandeurdes Orires
du RoyJJrovifeur de la Mai-
(on de Sorbonne.cr Supérieurde
:ehe de Na'JJrre,pourtame duquel,
tnjluifaire les prières & ServiGlen
l'Eglifed, Paris. Mardiprorhain
J trois heures aprèsmidi}Je
dirontVespres &Vigilesdes morts
pouryêtfele lendemain dix heuresprécijes
du matin, célébréfon
(eivice solemnel. Priez Dieupour lui,s'ilvousplaît.
- Le Mardimatin2z. dumêr
me mois, Mt illeurs les Paren.
se rendirent enl'EglTi^del
Sainte Chapejle~duPa1ais,ac
eornpagnczcommeau Cler
gé, & allèrentfaire pareille
lemonce à Mrs. duPaTTemenc
de laTTlîâm^eJês^omptes,
de ta CourdesAides, de 1Univcrfice,
du Ghaftelet & de
l'HosteldeVille, & les Jurez
Crieursmenrencore la proclamation
dans le Palais de
l'Archevêché
,
& devant le
Portail deNôtre-Dames
LesVigiles ayantété dires
la prés- dînée, le lendemain
Mrcrcd y 13, Mrs les Parens
se rendirent ààNôôttre ame ureeti*heures du matin,
pourrecevojjiksCompagnies
Mrs. du Clergé furent placez
sur des fauteuils à main droite
ducôté de l'Autel, leParlement&
l'Universitéaux hau.
tes chaises du Choeur à droite
en entrant, la Chambre des
Domptes, la Cour des Aides
k.laVille aux hautes chaises
L
gauche,& Mrs lcsChanôiies
deN. D.aux hautes chaies
(ous le Jubé.Après que les-
Compagnies se furenc placeesvirs.
les parens le
retircrencI
Jansune des (aiesduPalais/
^rchiepifcopa^oùles Cricurs l
les vinrent quérir quand-011 >
Fut prest àdirelamcitc;ilsarriyerent
en PEglile en cet ordre.
53r Premièrement, venoient
cinquante pauvres en robes
grifes&iouliers neufs, marchant
deux à deux,&portant
chacunun flambeau de cire
blanche aux armes du def.:
fane; enfuice vingt Jurez
Crieurs Tonnant de leurs sonnettes,
les Officiers de laJustice
dela temporalitéderArchevrfché
en deuil ,quatre
Aumôniers du defFuntenro-,
chet
,
& bonnet quarré; le
ifeurVaiilyJuré Crieur, qui
avoir le foin de la Cérémonie,
Mr.le Marquis de Tiange, Mr. de Harlay Conseilier d'Etat
& Mr le Chevalier de Harlay,
tous trois ensemble & en
gtanddeuil,&les officiers ôc
domestiques du dcffunt.
Les Parensayant été placezau
collé droit du Choeur
au deffousdelachaifeArchicpifcopale,
avec pluficurs autres
perlonnes dequalité,Madame
la Marqutfe de Tiange
en çr^nd deiiil,quiclloii arrivée
auparavant,aucofté gauche-
avec plusieurs Dames du
premier rang, les quatre Aumoniersaux
quatre coins de
larepresentationJes Officiers
& les Doroeftiques derriere,
on commença la Me(Te, qui
.fut chantée par la Musique de
N.D qu'on avoit fait monter
dans le Jubé, Mr de DonguerecleBlanc
Chanoine &
Doyen deNoire.Dame,cclebrala
meue. Mr. le Gcmc£*
&Mr. Çjiaftelain, aussiChanoines
de Nbtre-Dme,fcivirent
de Diacre & de Sousdia-
,. crc,& le Pere GaillardJvluitc3
fameux Predicaccur, prononça
l'Qraifonfunebre. Apre's
la lllèffe)M1 le Doyen vint à la
Reprefentanon,où ilfit les
pricres ordinaires;ensuite de
quoy les Compagnies se reti. rerent.*ri. rnf'
il Jtayàvous apprendre la
mort de Mr le Maaquis de
Mailly^arrivée dans ta quatre-
vingt- sixiémeannée. Il
estoit Pere de Mr le Marquis
de Néfie,) tué au Siege de PhilïTbourg
,dans le temps que
Monfeigneurle Dauphin prit
cette Place,& de M1le Comte
de Maiîly. Cette Maison, qui
tire Ton nom de la Terre de
Mailly prés d'Amiens,eftune
des plus nobles & des plus
anciennes de Picardie, & a
produit ptufieurs branches,
toutes fécondes en grands
hommes, dont la valeur a
paru avec éclat.Ellen'efi pas
moins illustrepas (es alliances
avec la Maiion de Bourbon-
Condé & uue infinité
d'autres des plus distinguees
Nicolas ,SrdeMaiIIy/c croisa
au commencement du trei.
sieme Slecle, & fut Chef
d'une Escadre de Vaisseaux,
qui fèrvicen uoi. pour la
prise de ConfiantinopIe. Il
eut enrre autre EnfansGilles,
Sieur dcM'ailly^ qui en 1148.
fuivitîe Roy Saint Loüis en
Ion premier voyage doutremer.
Ccluy-cy sur Pcre de
Gilles Il. du nom, qui ayant
epouié Jeanne, Fille de Thi- » Thi-, baut d'Amiens
, eut J^an SF
de MaillyI.du nom, Antoine
qui a fait les branches de
L'Orfignol & de Conry , &
Gilles,tige d?s Sieurs d'Authville
& de Marcais. Jean fut
Pere d'un autre Jean,&Ayeul
de GilJt.sIII. dunom, qui vivoic
en 1360. & qui de Marie
de Coucy laifla entre autres
Enfans Colard ou Nicolas,
SienrdeMaiilly,qui fut tué
en 1415 à laBataille d'Azincourt.
SonFils appelle aufli
Colard) fut tuéa cette même
Bataille.. Il eut un autre Fils
nommé Jean, qui saL
Pere de Jean Sieur deMaijly
IV. dunom,quiaflîfta aux
Eliats tenus à Tours en
1468 & rendu de grands fervices
parla valeur ainRoy
Charles VII. Jean Sieur de
Mailly foaFils,futChambellan
des Rois Louis XI. &
Charles VIII.&laitTad'lfàbeau
d'Ailly,Fille de Jean,
Sieur de Pequigny, & d'Io..
laaddeBourgogne, Antoine
Sieur de Mailly) l'un des plus
grands Ca pitaines de'l (on
temps. Antoine épousa en
1508. Catherine d^AJlarac,
Fille de Jean,Comte d'Aflarac,
& de Marie deChambos*,
ddoonntitlileutReDéCiiivâl ier eut René, Chevalier
deS.Michel,quiledistingua
à le defcnfe deMersen1552..&.
aux Batailles de Saint Denis
&de Moncontour en 156&
en 1569. Il fut Pere de Jean,
tué en 1553 au Siege d Hcfdin.,
& de Thibaut, Baron de
Mailly, qui eut cinq Fils de
Françoile deBelloy
,
dont
l'aisné sur Rene 11. du nom,
Marquis de Mailly" Gouver.
neur de Corbie, qui épousa
Marie Marguerite de Monchy,
-
Fillede Jeoan, Sieur de J Montcâvrel,
fait Chevalier des Or.
dres du Royen 1633. & de
Marguerite de Bourbon ou
de Vendôme, Dame de Rubembré.
Ccft ccluy dont je
vous apprens la mort.
Voicy les noms de quelques
autres personnes mor.
tes depuis ma derniere Lettre.
Mefîïre Simon Picques9
Prestre, Prieur Commandataire
du Prieuré Conventuel
de Grammont de Noftrc.
* Dame de Boulogne lezBlois,
& Supérieur des Dames Carrnelires
des Villes de Bourges
&deBlois. Il a cfté inhumé
à S. Jacques duHaupas;
Messire André le Camus,
Seigneur d'Emery & de Pon- taule.ireftoiTcanieiller
en la
Cot.T.rî^ Parlement de Paris.
Kl<îlire Jacq ues^^agec,
Doyen des Ma1ilreTcfesRequeffesordinaires
de l'Ho.
ftelduRoy.Iln'a Iiifl'équ't)n
Fils qui na point deCharge,
& il eitoit Frere de Mr Pager,
mort Confcilîer au Grand-
Gonfeil
,
qui n'a pareil le.
ment laisse qu'un Fils unique.
Mr Jameron
,
Conseiller
Secrétaire du Roy,Receveur
général des Gabelles & cinq
grosses Fermes, au département
de Provence& de Languedoc.
MeOEre Jacques de Coflart,
Chevalier deTOrd/rdr<voy3
Seigneur desGrange,èc de
Chafteauver, le Ponceu) &
autres lieux, ftsn
;î Messire Euverte Forcadel.
Controllejjr de la Maisonde -1ÀMairen de
SorTXItdTc RoyaleMonfieui
Frere unique du Roy, Duc
d'Orléans. Il estoit Frere de
MrForcadel, Receveur des
Saisies Réelles. û 9
En vous parlant dans ma
Lerrre precedente de ce qui
sJeHoIt pasle le mois dernier
aux Ecoles de Medecine à
l'occasion de la reconnois-
Cance que la Faculté a voulu
'endre publique envers Mr
~Faaggoonn,j'oubliay de vous dire
.,
1 quequelques jours auparavant
,
Mr Burlet;) Professeur
le la melme Faculté
,
avoic
fait unDiscours pour l'ouverture
des Ecoles de Medecine
, dans lequel il fie voir
combien les Arrefls donnez
depuis peu- par le Conseil du
Roy)Beparle Parlement, en
faveur des Medecins de Paris:\,
estoient honorables à tout le
Corps,& ialutaires au Public..
L'Affetublee fut tres-nonu
bceufè. Le Recteur de rUnîc
", verfité s'y trouva R, 1 f:'\ l, 11 ,
& le Dtfr
cours de>MrBurlec reçues
beaucoup dapplaudiflemens.!
Je ne vous rapporte rien de
ce qu'il dit de M'Fazon, donc rEloge devenoit naturel à Fon:
difeours
,
puisque c'est à luy
que la Faculté doit ce qui en
faifoic le fuiec
; de forte que
quand il n'auroir rien dit de
ce premier Medccin de Sa
Majesté
,
tout s'y ferpit rapporré3
fans mesme qu'on le
nommait.Je devoisen vousen
parlant le mois paflfé
, vous
dfre ql'on avoit fait graver
au dclTjus du Portrait de la
Thele qui luy eiioit dédiée,
les Vers que vous allez lire.
Ilsfont du fameux M'de Santeul.
Quem fibi Rex legit medtcum ex
omnibus unum Jam , per vota diu publicA tectus
erat.
Quafortes ! quæ fata vivo concrrdíraJ
J{egni
Dum venit kfalvo principc
tUfA fains.
Voicy uneImitation deces
Vers, qui peint bien ctluy
pour qui ils ont eitéfaics.
Sage plein de (favozr) vertueux » secourable,
De jon Augu-leMatjlre il mérita
le choix.
DJjú le Public équitable
Des longtemps iuy donnait sa
voix
Sur queli Deftius il veille ! & de
quelle importance
Sont les foins ou fermage astjourd'hvv
son empioy,
Puisque le (al., de la France
Est en la famé de son Roy-,
MrCoulau,Bibliorequaire
Col^cMlzTrïn,y fic
Suffi le 17. Je ce mois, b"niJ un très- <cours
p:Jr lequel il fit
connoiitrc avec beaucoup
l'érudition, lebonusage que
on peut faire des Sciences,
k des Livres, & invita les
;çavans à venir travailler à la
Bibliothèque du Collège
Vlazarin.
1
Le IL. de ce mois, le Roy
Jonna à' M1le Marquis de
ttoy9 la confiscation de tous
es. biens dont jouinoic Madame
la PrincessediïJLigne
>a mere, qui mourut le 4. de
Septembrejen son Chaiteau
de Beloeil en Flandre. Elle
îftoitdela mailondeNassau,
& veuve de Mr le Prince de
Ligne, Gouverneur de Milan, r&
Viceroy de Sicile*
,
Gran
d'Espagne, Ch,valiec de 1
Toilon d'or, & Prince du S
Empire. M1 le Marquis d
Moy Ion fécondfils,estfoi
feulhericier en France. M'I
Prince de Ligne, son aisné
est Grand d'Elpagne,Cheva
lier de la Toiion d'or) &.Gou
verr.eur de 1: Province de
Limbourg. Mrle Prince Senefchal
de Ligne,son cadet.,
est Grand de Portugal,Chevalier
des Ordres du Roy ton
maistre, son Ambatfadeur
Extraordinaire à Vienne
, &
Marquis d'Aronchtz. Il a
époui
cpoufe en Rorcugat Tuniqu, e
hericiere de ce nom,Nièce
dcjMrl'Archevefque dcLifbonne,&
d'une des plus illustres
& des plus anciennes
maisons
1
de ce Royaume.
Mr le Marquisde Mov, (on
aiiné, a des biens confidcrables
queluyaenFrance,
&en Lorraine) Hi nry deLorraine,
Marquis de Mov, premier
Prince de cette lliultrc
Matbn,Frère de sa Grand'-
mere. C tre donation porte
LJue obligation de porter le
nom de Marquis de Moy,
& les armes de LorraIne.
M' Coypéllr'jeune a si
<IepûiT"prtrtmTableau <
Suianne
,
d'une si graDe
-beauté.qu'ilaattir_él la curil
sïte de plusieurs perfonri
.du premier rang. MrJe Di
de Charfres
,
M'le Cardin;
djEIlrees, & Mr dePontcha
3jfrain l'ont esté voir,
une Lettre qui fait la deferi]
don de ce Tableau- Elle ci
de Mr TAbbeMenard dç TJI
fanges, &vousen expliquer
toutes les beautez
J
mieu
que je ne pourroisfaire.
A SON EMINENCE
MONSEIGNEUR
E CARDINAL
D'ESTRE' ES. M
OfVSElqNEVR,
Je me souviensd'avoirvil ily
4 long temps dans Rome Votre-
Bmmence,applaudiraux Premieres
ébauches de Mr Coypely &
nous direqu'il promettoit beaucoup
quoy cjue pour lotsenfant,
ilne traçaftencorequedune main
tremblantey ces chefs d'ccuvre des
Caracbes&du Dominicain que
vous aviez dans 'votre Palais;
& que ÏUlvflre Mr Cojptlfon misalv.ctant
delu(tice à la téiedel Academie de
Peinture deceRoyaume, Directeur
alors de cede de Rome propo.
fouason fols, commeles modeles
les plus parfaits sur lesquels il
se devait former Le jugement
qu en a porié des ce temps l'i V.
E. se trouve pnfentement bien
jujhfiè.seforts dccheZJui; &je
fus tellement remplides hcautt '{
d'untableauqu'il 4fait deSufanne3quejenepuis
,1jJi:Z marquer 4
V. E. àquelpoint il machatme.'
Ceparfait imitateur de Raphaël,
& des autres grands hommes de
tantiqullé, a pris le moment ait'
quel les teillards dénoncent au
peuple cettechasle personne, pour
tftre abandonnée à lA'Vlg,ururdiJ
loix (7 lapidée félon la coutume
du Pay>, commeayantejlefurprisi
par eux en adultère. Le plus
insolentdes deux Vledlards occupé
le milieu du tableau) eepant sur
un degréun peu plus elenjé, tient
unemainétenduëfur latefle decet.
te innocente njitlime
,
paroijjant
dire à tout le peuple, la voila.
On voit dans les traits de ce C4-
lomniatèur tt mecbanceté la plus
noire & la plus horrible, peinte
Avec les plusvivescouleurs, Vous
diriez que ce méchant hommeparle
, &que le crimefortdesa bonche,
lorsquelinnocence peintesur
le vifâge de Sufarine> marque
n'attendre que du Ciel sajuftifi- cation. ria t ellefesyeux
tQurn(Z que de ce cojlE, d'où elle
tfpereIon plus solide secours, &
s'il partun soupir dtjon coeurJ ce
rieft que pour penetrer les deux,
& rendre à sa familledejolee
5 l'honneur & le repos quon luj
veut arracher. Sa beauté ejl notle
& grande fans affeElation.
Ses cheveuxépars c- à demy en
defordre3ne paroipenten cet eflat
que pour lafaire trouver encore
flus belle dans laccablement où
elle tp, qui luy fait tomber sir
brasnégligemmentsurellf.nayant
d'attentionque Vers Dieu feul,
qui l'occupe totiteentière cr fait
toute sa consolations car à peine
s'apperçoit
-
elle de l'dffemblce
nombrtufe dont elle efl environsiée.
nevoyant pas mesme sa Flllt
àsespieds qui rembraffi
,
&qui
parun exce d'amour
}
de crainte,
C3r de douleur, dont elle est pene.
tree
,
Derfc un torrent de larmes)
qui fontfacilement connoiflre qU4
çejt le chertnfant de cette men
ACCHfée.
4 main gauche ffi l'autn
Vieillard,qui tout remply def*
pajjîon qui bouillonne entore dan.
fis veines ,&paroist sortir tOUfl
fumante de sa bouche, & de si:
yenxétincelans d'un feu impudi
que, s'efl mis au devant de Su.
Jannc
7
pour jouir encore un mo
ment de la vue de celle quilve-ui
perdre. S'iln'a pas l'air aufftfc&
hrat que celuy qui la dénonce
,
il
marque l'avoirplusfufc<ptible dt
la pafton qui luy a voulu ftirt
commettre le premier crime, £7
qui le fait encore eflre là dm1
teUgenec avec un Paletinji-
Jint, qui par {on ordre arrache
le voile de cette belle per.
sonne afin quil puiOe au moins
contenter parsis desirs avides&
pleins de lubricité
,
ce que lapudeur
de cettechasteFemme lui a
refusé. L'on voit à main droite
touce la famille de 5ufarlne, 14i
efl dans la dtrnicre desolation. Sur
le devant du Tableau, on diflingue
la Mere. qui toute èplorée
jette un regard douloureux sur
cette Fille bien aimée, &qui nt
pouvantfoutenirfa tesie,quitonsbe
sur le bras quelle luypresentsPparoiflmarquer
a toute lj4f$cmbkt
que sa Fille élevée avec tant de
foin (!J' de vertu. ne peut JamaIs
avoir commis une pareille aélion.
Le Pere ffi tout proche, qui des
deux mainsfe déchirelesvêtemensy
appellant le Ciel,à témoin de fin..
nocence desa pille. LaNomrriceÀUn
des enfans de Ssifanne
,
se
trouveparhafardà ce douloureux
Jj>eétacle, (g* ne songeant d'abord
qu'àremuerfon Alourtijjon qu'elle
a dépouillé, ellesemblen'estre surprije
dans cetmflant
, que pour
demeurer immobile,&nouslaijfer
voir le corps nud de ce petit inorent)
quisortantdu Tableau,
paroist estre de chairvive,fans
que le pinceau ny les couleursy
aycnt aucune part. Plusieurs autres
ferformes de ce coflé s'interes
fent à cetteaélion
, tant par la
Parenté
3
que par la nouveauté
dufait, eflant occupe^
, &ayant
tous des attitudes singulieres
>
qui
nesepeuvent trop admirer. On
voit encore àgauche divers pelotons
de gens quipArlent ensèmble,
ese racontent thijîoire, comme
elle s'tft pAssée
, ou comme ils la
sçavent. Sur tous leurs visages
paroijïent peintes les différences
impressions quefaitche^ CUX.,014
l'horreur qu'ils ont du crime, ou
[innocence pour laquelle ils font
prévenus, les unsregardant Su-
Janne avec indignation
, & les
autres avec douleur cm avec
peine. Parmy toutes ces diffe.
rentes exprejjionsy de haine) de
rage, de mépris, dedouleur, de
roynpafJion, d'amou: Jde crainte,
& de colère, qu'on voit dans le
mouvement ,
la feuleSuzanne
accuféeparoiji tranquillex&dans
Ion noble accablement, femblc
marquer son innocence avec plus
de force que par les difeours les
plus éloquens quellepourrait jamais
faire pour si junification.
Enfin, tJMonfeigmur> tout parle
danscetadmirableCbej-doeuvre9}
Ci il fcmble que le oeU. in de Ra*
pbatl çy le Coloris du Tititny
fotent là d'intelligence pour lejnrt
admirer davantage. Les jours,
les attitudes, larchueElure, le
paysage
?
les lointains
,
l'union
f tomlyiftfibiaucm fibienob[ervêt
qA ilfaudrait un livre entier pour
en décrire toutes les metvetlles.
Pour moy qui ay bbi'eenn vuu des TTaa.
bleaux é.ay lecours demes voyages,
le nepuis dans celuycy qu'
- admirer&me taire) de peur d en
dire trop peu , car s'ily manque
quelque choje
,
ce ne peutefîre que
l'approbation deVostre Emineme,
qo'tjle ne lul rcftifcra pas éflttrémentyJî
elle veut bienJe donner
14 peint df-tag-er doit. Je fui,
Avec tout lattachement &îqut\
le rtfreB pejjiblc9&c.
LeRoyquiaimetoujours< itoujours i à rccorapenferceux qu'ilI
trouve dignes de ses grâces,,
a accordé à Mr dePoiilv.
Conseiller au Parlement, Il j
survivance de la Charge de-
Presidenc à Mortier}qu'exerce
si dignement MrdeMai-
Ions, son Pere, & cette dif- ,
tin&ion luyell: d'autant plus
glorieuse, que Sa Majesté,
<
aprés avoir dit beaucoup de
bien de luy,ajoutaqu'£l!e
accordoit cette survivance
en consideration du mente
de l'un & de l'autre.
II n'y a personne qui ne
demeure d'accord de la beau.
ic des Ouvrages des Auteuas
dont voicy les noms.
Balzac.
Voiture.
Costar.
Durfé.
Scudery.
Gomberville.
Bergerac.
Sarazirf.
A biancour.
Cederniern'cftpasce
l uy
( Cederniern'sa pas celuy
quiatravailié pour leThéâtre.
La pluspart de ceuu qui
aimentàlireM& quiveulent
profiter de ce qu'ils Illent,&
sur tout les personnes qui
compoknr, ou qui parlent
en pnblic, font ordinairement
des remarques sur les
Livres qui ionr de leurgoull,
& vont nlchnc bien (ouvenc
julqu'à faire damp'esextraits
de ce qu'ils y trouvent de
pais beau. C'elt ce qu'agic
IViCoibineili, en sappliquant
à la lecture des Ouvrages
des Auteurs que je
viens devousnommer.Ainsî
ce fera une peine épargnée
à ceux, ou qui les ont lus,
fans en faire des extraits, ou
qui ont deiïein de les lire
pour en faire, puis que ces
ex.raits .oonntt e»stéiimmpprriimmeezzàà
Amtferdam, encinqvolumes,
qui Ce
debîtenroëTîmpression
de Hollande,chez
le S' Jean Jômbert, prés des
Augustins,à l'Image Nostre-
Dame. On rrouve aulli dans
ces. mesmesvolumes d'autres
extraits de phifieursOnvrages
des plus habiles Auteurs
qui ne font point nommez.
Mr Çorbinelli ayant déjafair
la mefmc chose avec succés
à l'égard des Poëtes François,
on doit estre persuadé qu'il
n'aura pas moins bien réussi
sur les Ouvragesen Prose de
1 nos Auteurs les plus estimez.
Je vous ay parlé de luy en
d'autres occasions,&vousay
fait cQnoiltre à fond son mérite.
i Le ficur Brunet l,ibraire au
Palais, commence à debÜef.
unlivre, qui doit attirer la CU"
riofitédetoutle monde. Il ,a,¿..
i -

ces Mémoires ayantelle aportezcfAnglererre
(ans qu'on
ait purien apprendre de plus,
est un homme de qualité, qui
a eu des Iiaifons avec plusieurs
personnes illustres & qu'il
n'a drefleles mémoires de sa
vie, que pour depeindre les
dan gers & les ecueils de la galanrerie,
afin que ceux qui
commencentàparoistre dans
le grand monde, en puiifenc
tirer des Infiruétions.qui leur
faffenf éviter les amorces de
certainsengagemensflateurs,
quiontpresquetoujoursdes
f-uite.snuisibles à leur fortune. "-
Que na-c-on point lieu de
craindre du commerce qui ne
s'établit que irop avec les
femmes coquettes? L'idée de
leurmauvaife conduite, qu'r
on expose en plusïeurs endroits
decet ouvrage, peut
donner (ujet à ouvrir lesyeux
pour n'en estre pas la dupe.;
mais si en decouvrant les intriguesde
ces fortes de personnes
, on fait voir des désauts
dans le beau sexe, celles
quinefont pas de ce carabe.
re, ont fujec d'efire contences,
puisque rAuteur leur
ren d la justice & leur donne
toùsjcs éloges qu'elles méri- O'ù s e
tent.Iln'y aaucune desavarié
tares qu'il décrit qui ne foie
tres-vraifeniblable, & dans
la narure. Il fc peutptàire
qu'il s'en foit donné,quelqu'une
qu'on reconnoiltra
, arrivée à un autre,mais on en
pourra toujours profîrerégalement,
& le changement de
person ncs ne préjudicie point
à la verire. Ce qu'il yade fore
agreable dansce Livre, c'est
1 l' Ir d ; que l'oii palle de matière-en > nutiere
,
(ans que l'Adteur.
principal le perdedeveuë.
:
le vous ay déJa appris la
ruiffance de Mr le Prince de i
Dombes. Cette naiÍfance,
ayant répandu unejoye generale
dans la Souveraineté,
les Peuples ravis de se voir
toujours fous la domination
de Monfieurle Duc du Maine
leurSouverain, qui y est extrémement
aimé, se fontempressez
de la faire paroistre
par des réjoiiifTances publiques.
Tous les Corps furent
convoquez au Dimanche II.
de ce mois. Le Parlement ;
suivi du Corps de la NobLfle,
coiripofée de plus de cent
Gencilhomxwes ..& de tousles* k
autres Corps,affina au Te*
Deum, qui fut chanré (olemnellemenc
en l'Erçl*iseCache- draie,avec une Manque &
uneSimphonie tres-agreable.
De làilallaallumerun grand
feu d'artifice,du fameuxVillette.
Mr de Seve, piemier
!
Preifdentde ce Parlement,
qui avoir a sa gauche Mrde
Damas, Marquis d'Antigny,
Gouverneur de laSouveraineté
, ymit le feu.LeParlement
donna un grand Soupe
aux Dames & à toute la
Noblesse, & enfuireLunBal
magnifique à Madame la
>.
Gouverliante
, qui fil de l'illuflrc
Maison de la Baume
-
Mon.
trevel. Mr le premierPrcfi.
dentenfit les honneurs avec
un air de qualité & de politelle
quicontenta toute lat
[emblée.
Vous attendez fans doute
que je vous parle du nouveau
Parlement d"Angleterre,mais l
avant que de vous en entretenir,
je dois vous apprendre
pourqtioy le Prince d'Orange )
a caffe le dernier. Trois raifons
l'y ont engagé. La preniieré
est connuë de tout le
monde, & des qu'on vit cc
Pârletfient arraquer ses crca-i
cures,&le Prefidenrde forM
Conseil, pourleur faire rendrçcompte
des sommes qu'-!
ilsavoienrinjufiemenrreçufi2
de la Compagnie desIndes
pourobtenir de nouveiïcsa
Chartes,on ne douta pèinn
qu'il ne fust bientost caffé;'
Le bruic courut mefmeaîorsa
que le Prince d'Orangeavoiti
luy-mesme touchéunè partife
de ces deniers. Il est certaine
que Milord Portland, autrè^--
ment le ComtejteRentejnvJ:
autrefOIs son Page,&prefrn r
tement son Favory ,cn avoia
touché une grande partie,
r
C'est un homme insatiable*
qui saic argent de tout
)
sil
m tft permis de parler ainsi,
2k qui en fait paflfcr en Hollande
, le plus qu'il luy est
possible. Deux raisons luy
font à prendre ce parcy
l'une-, qu'on a fouvenc déliberédeprier
le Prince d'O.-
irange de l'y renvoyer, àClufe
Id
c les exa ét irns, & des mau.
vais conseils qu'on prétend
qu'il donne à ce Prince ; l'autre,
qu'il apprehende qu'il
:n'arrive quelque revolution
en An.Cleterreoqui oblige le
Prince dOrange à retourner
iuy-mesmeenHollande. Un
Etat qui se trouve dans cette
situation,est bien malheureux.
Il estexpoféaupillage,
le Souverain ruine Ces Sujets
plus qu'il ne les aimej il est
toujours en defiancejil cherche
a tirer jusques au dernier
fol de (es Peu ples, pour les
affaiblir afin qu'ils n'ayenc
pas dequoy luv fJire la guerre,
s'ils viennent à se repentir de
leur tral-ilfon & qu'il puissè
se lervir des lommesqu'il aura
imass,!es, pour ledeflRnd/.e
contreeux.AinsilesPeu ples
qui ne font pas gouvernée
par leurs Rois légitimes, fdril
toujours malheureux, & les
Souverains qu'ils se (ont faits,
appréhendant qu'ils necbee.>
chent qu'à rentrer dans leur
devoir, Ce qui arrivetoftoïi
tard, les regardantcomme
devant eftrc un jour leurs
Ennemis; de forte que ces
fortes de règnes ne font jamais
paisibles, mesme quand
ils paroissent jouir de la plus
grande tranquillité.
La fcconde raifort qui a
obligéle Prince d'Orange,à
casser le Parlement, vient de
ce que l'urage des Parlemen:
d'Angleterre, est d'accôrdei
tout aux Rois, dans leurs pre
mieres Seances,afin de me
:
riter des grâces & des pendons
de la Cour. Il n'en efi
pas de melme des derniercs
Les Membres de ces Parle
r
mens commençant a crain
dre les reproches de ceux qu
les ont élus, prennent autan lepartydes Peuples,qu'tlson
pris celuy des Rois, dans 14
Commencement.AinsilePrin
ce d'orangequi voyoit le der
nier Parlement dans le poin
où il devoit prendre les intc
(t,j'
ttfts de la Na-tion ,ajuge a
proposdelepalier,afindevi.
.-ter-l?rnalqu'illiijy devoirlaire
dans les dernièresSéances-$C
dejouirdubien que fonr coti-
JouFS'ICSvicauxParicmens
aux So^veraiasd',\çgleterre.
0" Ily a une croifiérue raison
,rdecettecaiTacio.ndu Parle- letpcnr.Ç'estqifelej?r,ince
dvQrang,eiestennwmentN
-
da.ns le pJfCy des Non
con
.formiiies autrement Puri-j
tains ,ou Froceilans, contre!
I1l1ceu.xf! 4.< U Religion Angliçaa
nev<& .ç'cU:,1,e p2try des Princes
Proc-estansde la Ligue
>
qui ont resolu débattre - Ta
Religion Anglicane, contre
laquelle le Prince d'Orange
cbnfpire, quoy qu'illuy doive
son établissement, & que ce
Prince aiejuré dela maintenir;
mais son interest prévaut en
cette occasion) & encore que
les Anglicans soient en plus
grand nombre, les Puritains
font les plus puissans,laplus
i
legsrande partie de ceux qui ont meilleures bourses estanc
(de
cette Religion. Ainsi les
'brigues de la Cour ont esté
grandes,afin que le nouveau
Parlement en fustprelqueenfièrementcomposé,&
C'coqit
pour favoriser les élections
que le Prince dOrange à
feint quantité de promenades
chez des• Particuliers.
Cela fait que l'Anglererre &
trouve malhcureule, puisque
les NonConformâteseliant
en plus grand nombre dans
le Parlemenc) leurs voix l'emporteront
pour faire accor.
der des (ommes au Prince.
lesquelles ac hèveront derui*
ner*l'A ngleterre ; dans le
temps que lé bruit de ces
sommes la fera paroilireplus
opulente qu'elle n'est. Ccft
ce que souhaite le Prince dO-»
;ra,n.gc. Il veut que les AUicza
jeroyent quelleettenettat de
soutenir une longue guerre,Sa
souhaite en me i nie temps ques
fcs forces ne luynermettena
•jamaisd'oser rien¡ tntrcpren-
“drecourre luy. Les ete~ionsz
ayantelle faites3 & ce Parlement
estant afïembie, voicy^
Je Discours que ce Prince luy ,&t.:.,
MILORDS ET MESSIEURSH
J'aybeaucoup de joye de mt
voir icy au milieu de euaust't
cjiant afflurede trouvermon P&r-
-
lemtnt lien àifpojé, aprèsavoir
eu de si grands témoignages de
faffiElion de mes Peuples
,
tant
par leur conduite durant mon ahjeneequedepuis
mon retour.
- Je me Juis engage dans cel. t4e Guer5re ,, ~f , par ravis de mon
premier Parlement qui la crut
.-
necelfalrepour la dejfenjï de nostre
,
4 Religion,*0*pourlaconfervatioy
delàlibertéde Europe. Ledermejç
Parlementmafoumy volontaire*
ment lesmoyens de lapoursuivre;
çjr je ne doute pointque l'iuteretf
que vous prenr':{ à la fureté publique
3
ne vous oblige 4 contribuer
tous de concert CT avec %eley
d la continuer, Jefuisd'ailleurs
bin aise que par les avantage
qxe nous avons remporte%
cette anntt, nous ayons heud'
peter raisonnablement Je nott.
lut,àuxfiice à l'avenir. y ne
fçattrois
en cette occt.
fion mempefeher d: faire mention
du couraged?labravoure
¡.'ue les Anglots ont faitparoistre
Esté dernier. Je puis dire qu'ils
ont repondu à' U plus haute rEfll.
tation quilssesoientjamais
ac- tfttifr,de forte (:rion ne sçauroit
difeonvenir, quilfcroitimpofftbte
darreficr l'ambition gr ta grandeur
de la France,fans leseçourt
Je lA Valevr de lA Puijyance
de lAngleterre.
Mtflieurs de la Chambre
des Communes.
Je regarde comme un grand
malheuryque depuislecommencement
de mon regnetfaje eslé contraint
de demander souvent de si
grands subsides à mon Peuplcë
mais je fuis perJuadé que vous
çon'ViendrcZa"luc moy quepour
continuer la guerre cette annéepar
mer&par ttrre, il en faudra du
moinsd'aujfî considerables que
ceux qui furent donnez, dans la
derniere Seance; d'autant plus
que nos Enrtemis augmentent leurs
îroupfs
, & quil est évidemment
neceflalre,daugmenteraujjt
nostreFlote.
Lesfonds qui ont tfitry devant
Accerdt^yne je jont pat trokvek
fufjifans à beaucoup P'es LEtat dé la dépense de ma
:Maison rfl tel5qu'il me fera im- pofftblede lafouicnir.,.t moinsque
wons nen preniez/oln,
Laconip-tliion m'oblige a tons
parler du ~~AL~
Françoisqui fouffrcnt
pourtïftrReligionCejlp&urquoy^
je vous recommande trèsforte.
menttMejjieurs de foupmr dtl
fuhfides proportionne^ à tous ça
differens besoins.
Il faut aufft que j* fiJffi remarquer
l'embarras (f la peine
cm nous sommes presèntementpar
ledef&rdre des Efpesc*&Ar%ent\
auquelilfieradifficilederimrdKr-,
fans qitil en coûte à ta Mation;
mais cestuneaffaire q&hnnrejfe l
sigénéralement le- TuUiC,& qÛI
est d'une si (grande conférence-,
quej'ay trouvé àpropos detatailfer
entièrement à la corfideration
(
de mon Parlemint
se re,:ommanday Amon der.
nier Parlement de faire quelque
Bill avantageux pourencouragera
les i^fdtelots cr pour en aug*
menrer le nombre. Ifipertlueli
vous ne laifhere%pasJimr ctttei
Jeance,fansfairequelqueprogre^ 1
dam cette affaire : que vous fierendes
Loixpropresà avanceri
le Commerce,& quevous aurt
desrgards particuliers pour celuj
des Indes Orientales afin dcmpefeber
que la Nation m le perde.
Et puis que la guerre nous obige
à entretenir une Armtt au dcii
de la e./I1cr,y foubaiterots qu 'on
pût trouverquelques moyn* de
lever les recrues nectjjaires Jans
donnerjujet de plaintes.
.:
L'envie quefavoïs eTajJzmtt^
mon Peuple en un nouveau Par.-
limentyaefiécaùfe quecetteSéante
a commencéforttard. J'tfptrc que
vousy aure%égards&que cela
OVOUS. obligera à expedier attjji
promptement qu'il fèrapossible les
grandesaffairts qui fout devant
vous;&quevous vous fouvien*
dre:Cquepar lalonguecontinuation
de ladernierefiance,nous ne perdîmespasfeulement
desavantage*
que nous aurIons pu remporterau
commencement de la JernlereCam.
Pagne,mais que nous donnâmes ocr
calton aux Ennemis dentreprcn•
ire des cbofes qui auraient pi
nous estre très faciles. Je fuis
d'autant plus engage a preJJ.r cc
point, que les François font de
grandspréparatifs,pourse mettre*
de bonne heurs en Campagne.
MILORDS.
J'ay receu tant de témoignages
*
de vostre bonne AJfetlion
, & je i
fuissicontent du choix que mon 1
Peuple afaitdevous) Me(Ficurs
dela Chambre des Communes,
que jeme promets une hea-
reuse tfjuèdecetteSeance^àmoins

que vous nevous ldifiez entrai-
-
ner À des disputes &à des diviJtons,
3 qui font Punique esperances
de nos Ennemis;&par cetteraifin
je ne JOUle pas que vous n
Aes enjruftric^ entièrement par
vojtre prudencey e pir l'amour
quevous devezavoirpourvoftre-
Patrie.
.., Qufand leJ Brinc-eMd'Otrange
a fait cette harangue,ilne
s'est pas souvenu qu'il y a
long-tem ps que ses Alliez&
luy tiennent un tout autre
langage. Ils ont soutenu dan,s
cent di fcours publics) &
dansun nombre infini d'c"- crits ils (outiennent encore
tous les jours, que le Roy
a rompu la paix en commencane
cette guerre. Cependant
on ne peut dire le contraire
en termes plusformels, que le
Prince d'Orange vient de faire
dans si Harangue, comme
vous pouvez le remarquer
par ceux cy. Je mefuis engagé
damcetteguerre par l'avis de mon
Tarlement Donc le Prince d"-
Orangeest l'agresseur,purs--
qu'if n'etf point question de
prendre des avis, quand il s'agnittéde'sedeffendre.
La necefl'emporte
alors, on ne dé.
libere poinçon ncprcnd point
fde conseil, on coure à la defsense
quand on est attaqué-i
la prudence le dtmande, la
raison leveuc, & la necessité
y oblige ,au lieu que l'agrct
feur délibéré& prend des avis
comme on voir qu'a fjitle
Prince d'Orang^mais quand
il ne sedcclareroit pas luy
même Auteur de cette guerre
,commeil fait dans lecommcncement
de cett: haran.
gue, linvaGon qu'ila faite de
la- Couronne d'Angleterre ,
n'étoic-elle pas une déclaration
de guerretNatraquoitil
pas par là un Prince, Parent &:
•Alliedw_Roy, tojgsj
lesRois, enatraquantunSouj
^verain,-çlont devoient'toua
; prendre ladeffense,si des ;interdis particuliers ^ne drse
jen,euflenc empêchez, q.uqy>
:1.
queces intereils -euflencdûi
avoir moins,de pouvoir ftin
ï,eux , que.rhonneurdu Dia--
Pdême, & la (curetéde leurs;
PersonnesSacrées,&de Etats, qui pourroienc tous lesi
,,,I,o.urs élire attaquez par ceux Ï qui fuivroient l'exempledu
Prince d'Orange. Les Alliez:
n'ont pas fourenuavec moins'
- dechaleur,que cette guerre
en'eùc)it pas une guerre de religion.
Le Prince d'Orange iadit ltiy même ,& tous ceux
de Ton parti le (oûtiennent
?tous lesjours. Cependant;ce
'Prince après avoir dit , qu'il
n'aentrepris cette gurrre,que
par l'avis de (on prertiier Parlement,
adjoûre en parlant de
ce Parlement, qu'il U crué nzcejjvire
pour la drffinft de leur
Religion. Ils'agitdonc de Religion
dans cette guerre, ou
^plutôt c'en est le principal
motif, puis que la Religion
Ta fait entreprendre. En effet
cleft fous ce manteau de Relïgion,,
que-k- Prince d'0*|
rangeàpafle en Angleterre
avec des secours d'argent de,
tous les Proceftans de l'Europe,
afin d'accabler la France.
Ainsi un Roy crés.Chrê.
tien,un Protedeur de la Re.
ligion Catholique
, un Fils
Ailné de t'Egale, a du prendre
les Armes pour la défense
de la Religion & pour celle
de ses Etacs.
Le Prince d'Orange qui
veut nrer de ~Targ.:r des
Anglais, les flate dans sa Ha-.
rangueaux déptns de la gloire
des Troupes des AlItez", "t m- doncj
Sont il semble faire peu de
cas, comme il paroist pitr les paroles(uivantes.
ï* DeJorte qu on neJcoeyroitdif*
convenir qu il ftroit impofjwle e -
Jarrefierl'ambition, & lA £ an-
>Jeur de la Francefans le Jecours
1Sde la Pullance d Angleterre. > On ne doLieraIraffalre jointque
des Monnoves nVmîbarafle
'beaucoup ile prince
'd'Orange, si on fait refle-
:xion à rArticle que vous allezlire.
-' t Ilfaut aujjî que je vous fajfe
',remarquer lembaras & la peine
iêù nous fbmmes presentement.
farleàcfordte dcsejpecesd*aignt\
auquelilfera difficile dertmtfèrrJ
fans qutl en conte à :IA iSfadom
C'est une éffairt qui intertjje j
Igeneralement le Public,£J7*quk
- iji d'une si grandeeonfequence
que jVy trouvé À propos de /J
laijjer entièrement à la ccnfidermy
tion de mon Parlement.
Jamais affairen'a plus erus
barafle le Prince d'Orange
que celle-là, & ellele diiw
grine d'autant plus qu'il n'o<
feroit expliquér tout le sujet:
de Ton chagrin
a parce quoI
sofi connoiftroic que la Citera
re qu'il entretient pour fd
imaintenir sur leTrône, ne
fçauroicdur-er encore long-
*
temps /ansruiner l'Anglerer,
re. La plus parc des Troupes
desAlliez font à la solde
du Prince jd'Orange ; ilne
peut les payer que de J'ar-
* gent clureçoit du parlc-
! ment, & cet argent n étant
t!'{ point de la valeur pour la- quelle il luy est donné,. &
f cause que les e fpecès font
i
rognées en Angleterre.il t est obligé de fournir le surplus : aux Alliez) & d'emprunter
r pour le fournir, ce qui l'c- r puise tellement, que cette
affaire est une des choses qui
iuy causent le plus de chagrin
dans le cours de cette Guer-
- re. Jugez par là de 1état où
se trouvent ses Finances, &
de l'épuisement de toutes
celles d'Angleterre. Cette
Nation ne peut soutenir la
Cuerre presente fans que son
argent se répande par toute
l'Europe;elle n'a point d'Alliez
qui luyen donne,& son
Commerce luycourte plus
qu'il ne luy rapporte. La h
France au contraire ne paye
point dtAIIKZ, & son Commerce
nidl point ruine, par..
,
ce qu' ellea chez elle dequoy
(subsister. Elle prend des
jVailféaux richement chargez
j & quand elle en perd,,
|€.e qui arrive rarement., oiv
ine luy prend que des Arma.
Ireurs.. L'Angleterre refltrnt
[vivement ks pertes qu'elle
fait de ce côté là. Ses murmures
[ont éclatans là-dec-
:fus. Nous avons ruïné fort
Commerce de la Baye de
IHuJfon, ce!uy des Indes-
Orkntai es a fait tant de
[pertes, qu'il aura beaucoup
xlepeine à s'en re lever;cetuy.
xie l'Amérique n'stf pas en
meilleur état, & l'on peut
dire que les derniersavantages
que Mrde Gennes y a.
remportez le ruinent entirJ;
0' -" renient.•' "l, ¡;.
Tous les Bastimens que
nous rencontrons n'oferoknt
tenter le combat,à forces
égales, &= nous en prenons
iouvenc qui font une fois
aussiforts. Cela elt encore
arrivedepuis peu > comme
vous pouvez voir par la Let,
tre dont je vous envoyé une
copie.
A Marseille le 14 D CC. 1695, H1erarriva en cePort le
VaijjeauJeS-ViftQriAriquain
,
commande*par Jean-
SaptifleParcon de catc VdIe,
pi avoitarméen' coursejlj a
'roism^îs Ce Vaijfcaitayoit cent
sommesdequipt^et dix piecesde
zanon,& tfcft de deuxcens tonneaux.
Qommefisvivresejîoient
zonfume^,ilvenoit pour fie ravitaille-
t., rangeant la cofte de Prorvcnce.
Dimanche aumatinIl.de
xc fnois a la pointe du jour, un
Va.-(Teau Anglais de deux cens
cinquante tonneaux, arme ar.
vingt quatrecanons &d'autant!
demortiers, grdesoixante&dix
hommes déquipage ayantparu91
le CapitaineParcon s'en Appro-"
cha,Le VaiJJeau4nglois fuifoitî
feu tant deses canons que deses 1
pimers-, mais le Sieur PatconA
ordonna à sen Equipage de ne i
point tirerdit qu'ilfalloitaller*
à l'abordageJans le rnarchander,
c
ce qnil fit avec beaucoup de«
l,succés.Il jetta dedans quarante :
hommes, qui en une demi heure •
Je rendirent matflres du Vailleait
ennemi,aprèsavoirtué le Capi-
-
taine Cmvino-t-deux hommes de
?
~yi"rmon~- eéqquuiippt-gigeLeLre,SSiietuurrPPaàrrcceonn
':Y a perdu son Capitaine en-je.
condy qui fut empdrtéduncoup
de canon &deux Matelots tue%
surlafin du combat. La Trifc
entra hier en ce Port. C'est un
Vaijjiau neufquieflfaitàprindre)
& qui vogue avec dou^e
rames de chaquecofté On \croit
qtiil na pas efiéfabriquéàLon*
drei pouruniiue livres.
OIl avoit chargé eu cette fvaiillllee ll~à
pour Sale &pour Tetoùan
il s'est trouvé chargé de cuirs,
détain, deplomb, de cuivrey de
cire, de cochenille, de quelques cais.
Jesde plumes dAutruche9 &il
auoit a Livourne. Iln'a qu'un
pont, 0* il s'appelle Caçnper-
Galey. Lts Armaitvrs
Jein de l'armer, & ils fcri.
Ufwf à -la, Cour pouravoirun-
yermijfion ci
,.
;7:r en- course
jufjua lafin de Aïi;s. Comme
il vient de Barbarie, il faut qu'il
fujje
-
quarantaine
J çy AujoUr.,
d huy on débarque les marchandisesJ
i aux Inprmtties.CV|î une
Prisequivautenvirondeyx cens
mille livres. Comme l Ecrivain
deslé tuit&qu'il avoir jettefis
Papiers à la mer , on ne scait pdî
encore ldy a de largent, mats il
y.en peut avoir, parce quil a
touché a Cadix.
"Voicytes noms des car. *
linauxdeclarez par le Pape uConsistoire du n. de ce
nois.
vt.r?lJon compagno Arch. de -HôTogne, Romain.
vi-Tanàra.,Nonce à Vienne,.
Bolonois.
IF Cavallerini, Nonce en
- France
,
Romain.
tir Caccia Nonce en Espagne,
Milanois.
4' Del'Vorme".Evecque de
, Fano, de Plailance.
rit Fcrrari Jacobin
,
Me du
Sacré palais, Napolitain-
4r Spinola, Gouverneur de
- Rome, Genois.
Mr Taneggi
,
Auditeur de
Rotte* d'Orviecte.
M SfodraJe,Abbé de S.GaiT
Milanois.
Mc Noris,Aumftin de Vcronne,
fous 81 bliotecaire.
Mt Sacripanti icus.Dataire,
vRomain.
MrIeMarquis d'Arauien,pere
dej la Reine de pologne.
Vous sçavez que la première
Promotion de Cardinaux
que font les Papes est
d'ordinaire pour eux, & que la
leconde est pour les Couronil-
Cs. Si vous tsouvez M' le
Marquis d'Arquien, danscdlecy,
iln'apoint esté nommé
pour la Couronne de po.
logne
,
mais comme père
d'une Reine, à qui en cette
qualité on ne pouvoir rc fuser
le Chapeau. Les Nonces de
France
,
de Vienne&Td'Efpagneontcité
faits Cardinaux,
parce quec'eiï tufage
de les nommer, quand la
Cour de Rome eacontenCe1
de leur miniltere. Parmy
ceux qui viennent ddire
pommez il y a des gens d'un
grand merire & d'une profonde
érudItion. U iuffiioit
avant ce Pontificat d'efirl
pourvu des Charges
- qu'il,
possedoient pour obtenir un
Chapeau, parce que ces Chaa
ges venant à vaquer parleu
nomination, cftoientenfuit»
venduës au profitdelàChann
bre Apoltolique
,
mais S¡¡
Sainteté a voulu imiter le Rojr
qui donne gratuitement le:
Charges de (es Aumonicrst
AinsiElle ne choific que do
bons Sujets pour les exerceri
fans permettre qu'on les
vende comme l'on faifoini
auparavant. Le Pape s'effi
reservé In petto la nominal

cette Maison font si grands, i
& je vous en ay parlé tant àci
fois qu'il me feroit inutile d'yÀ
ritn ajoûter. 1
Mr l'Abbé de Noailles a4
cfté nomméàl'Evesché de
Chalons
,
qui est Comté &
Pairie. Il cit Frere de M1 le
Mareschal Duc de NjQailles
& de M1 rt\fcheveique de.
Paris. Le Roy a prévenu les
Voeux de tout le Dioccfe de
Chalonsqui le (ouhaicoit
avec ardeur* non feulement
pareeque la vertu,la sagc(Te
& la conduite le trouvent
dans cette famille avec la
oaiflfance, mais parce que
Êous ceux quivont eltre fournis
à, sa diîciphne font pirfuadcz
qu'il marche sur les
traces de mc l'Archevdque
de paris son Frere, auquel il
fucccde dans cet Evesché, &
que mefme ils en ont des
preuves. Cet Abbé est - au
Séminaire de Saint Sulpicc, il mené une vie tre'sexemplaire.'
Il y a fait toutes
les fondions qui peuvent
édifier
,
& marquer une pieté
firicere, en inftruifant les
pauvres, & faifanr fouvenC
des exhortations. Vous remarquerez
qu'il n'y a en
France que (ept Evefchez
dont les Evelques soient•
pairs) & que d,e ces sept il < y
en a cinq dans les Maisons de
Tonnerre*-*& de Noailles,croisj
dans celle de Tonnerre,
Noyon, Laon & Langres &
deux dans celle de Noailles,
paris & Chalons.
L'Abbaye de Landrevec a
cflédonnéeàMri'Evesque de
Léon, la Tresorerie de rEglise
de Tours à Mr l'Abbé
de pezeu ,
dela Maison de
Choiseul, & l'Abbaye de
Sainlenne à M' 1Abbe de
-..-- .-:.-'
)ruys, Frerc de Mr depruys,
Rendre de Mr du Monral) &, )t-hcier Gener-a-l~qu!Ri iIe.rt en
Catalogne.
Lemoc de lEnigme du mois
affé estoit une Peau d'Jfnc,
cceux qui l'ont trouvé,l'onr,
irs Henry leJeune, du Bueau
du papier delàDoiïaney
Æorlat deMontour le Fils;
-alive Maistre de l'OrangeieRoyale
de la ruë de Greielle,
Fauxbourg Saint Geroain;&
le Paysan de la mènéruë;
le Pere Au biner & sa
here Soeur Roufïcau ; le Peit"
bon homme Tobieda
Collège de Reims;leparfait
Quietilte d'auprès les Capucins
du Marais; le Marquis
de la ruë Thibantaudit; le
charmant Mircy desMarchees
de la rue des Machurins, & le
Beau de mereila jeune charmante
de S. Maur; le grand
Tuchince,autrefois les pris par Algeriens deChartres; le
Sédentaire de la Rochelle; P.
desEssars,& l'incomparable
Marote R de Rouen. Mefdemoilellcs
Javotte Buirette
deSoiflonsjla belle Polonoi.
.',
se; Fanchon & sa Soeur de laita
Nicole la maistresse &PierarnylabelleAubergiftcdela
rue Charticre; labelle Citoyenne
de mfampart de
Soldonsi Catin la Prude, &
Rosette (aPedagogue; laBelle
Irrelolue dela ruë de Grenelle,
Faubourg S. Germain-, 1incomparableMariane
du quartier
S. André; la jeune Brune
devote du miroir de vertu;
la charmante Veuve de Nevers,
Ton Frere leChevalier,
& son parfait Ami le pacifique,
la belle Aminee, & ta
charmante Leonor des quatre'
vents, &laLifettcde la
rue S.Denis.
LEnigme nouviib que je
vous envoyé,vient de bon
lieu,& pourra fcivir à divertir
vos Amies.
ENIGME.
j'tfl:('Jc!'; delic.-lttlfe
Sun heu dont je fais £ornement
J'y vtens tou]ours tout deucemens,
Et l'on menchasse avec vitesse.
On feroit fortfâche de ne mepbint
avoir: Souvent fon 7ns desire Avec¡m!lIuence
Mais si tofi ) que je veux prendre
un peu ma croissances
On me traite avec violertee
»
Et dans le heu de ma naiffauce
On ne sçauroit se refondre à me
voir.
Quand je paroisl'onveut paroi.
ftreftge,
S"ans pour cela souventquou lefoit
davantage,
Vembellis,j1enUtdis
, ton maime»
l'on me htit,
Et l'on me fait lors que l'on me
défait.
Des gens de piete profonde,
Pour me garderforteni dumonde.
Tout le refle du genre humain
Me traitetour àtour d'une façon
severe
» Maismalgrétout ce qu'onfent
faire,
On me chasseaujourdhuy, je reviendrai
demain.
- t
Je vous cnvoyea mon or-j
dinaire un Air nouveau d'un
denosmeilleurs Musiciens.
AIR'NOUIVEAU. MAIb';v()(tte Prophetie.
- ,
Me(Sieurs les Ma,chnnds""
deVlTl,
Par l'abondance du raifin
2Jofire douleti*ejiadoucie*
Quel malvous font les faveuli de t
, Bacchùs, Q-« Eji v.Jt,ez- roiti moins tous nos
tCNf.
• Si tous ceux qui font des
fouhairs, pensoientaufli ingenieufement
quel'Auteur
;, des Vers que vous allez lire,;
chacun


chacun auroit envie d'en
entendre faire souvent. Je
rous envoye ces Souhaits
Jour vos-hftrennes. Vous
courrez en recevoir de moins
igreables-
SOUHAITS POUR IRIS. Q"je vos jours par Clotho ~f~
-dot & de IOlt,
., ,q,u m-ilieu d,es plia*ififi coût1yent-£
toujours en lote,
"Sdtis que d'aucun malheur voflre
fort [oit atteint,
Et que le temps enfin qui détruit
tomeschoses,
Rtfpille, s'ilfeftut, & ces lis,
sa ces roses
t
Bâtitla nature feule a pari ""}/I,,,
teint. : Qu'on seplatfe a vous voir,& plus 1
à vont entendre.
Soyer,par tout aiméevivez^fani
amour; Dorme, toute la nuit , travaillet,
peu le jour,
Gllrdt, avec grandfoin ce qu'on ne
peut vous rendre.
Zaiffez^parler le mondet & faites
toujoursbien.
Ne prefiezpoint
,
nemprunte{.
rien,
Toujours égaleytoujours faine.
VII revenu commodey- &desplai*
fin fans peine.
Soye^ devote fansexcès,
27ulUaffaire5 point de procès
,
Exempte de haine cf. d'envie,
J?/ contenttde vofliefort,
Vivez^fam crainte de la mort,
Mourel-f-insregretter la vie.
vV/V ,
lIoila les voeux que mon coeut
faitpour voué. S'tlsnerépondent point aux vô.
t'el. Parlent Itty fera pins doux
Et plué dzsé dïenfaired'autresy
Il paroill unLivre nouveau
Dore agréable,itititulé, Hifloirc
Secrette du Conneftable de 1Jour.
bon. 11contient toute )a Vie
)te ce prince, dont aucune
>lesa£Hons n'est oubliée,
x l'on en voit les motifs
slans l'inrerefl: que prennent
in luy la ComtessedAngoulcmc
,
Mere de François. I,
& la Princesse de Valois sa
Fille. Touceilmanié &conduit
avec tant d'art, que l'on
croit voir arriver les choies
à mesure qu'elles font décrites.
La vertu& les grandes
qualittz du Connestable
s'y montrent par lout dans
un grand éclat, & Ion tft
melmecontraint de le plaindre
lors qu'il se flvolte)tant
l'Auteur donne des couleurs
plaufibies à cette faute. Le
ililcdoritil U Íerc cil aite,
natu el & hiitoricjue, & les
sentim ns dd coeur y (ont ex.
pnmez avec beaucoup d'agrément.
Ce Livre se vend
chez le S' de Luynes au Par
lais, dans la Salle des Mer*
ciers à la Justice.•-
Mrl'Abbé Rjchard a pu!I é;
un Difcç^rsJjjj-uneHiitoire
quil promerde nous donner,
& qui fcrad"une grandeutilité.
Cest celle des FondationsRoyalts
& dcsl?tiEïîîr<rmens
fairs (ousleregnedir
R.oy,en faveur delaReligion,
JelaJuftice^cks Sciences, des
beaux Arts, de la Guerre & du
Commerce. Il doitcorninencer
par la fondation du Mona*
fiere des Annonciades de
Meulan, qui luy a donné
sujet d'entrer dans les particularittz
de la miraculeuse
naissance de Louis le Grand,
prédite à la Reine Anne dAuftriche , par Soeur Charlotte
du Puy,& declare qu'il
a déjà de la matiere toure
preste pour remplir un premier
volume d'une grandeur
raisonnable, dans lequel-' il
donnera d'abord UMe petite
Diflfertation sur les Academies,
doncÏJferavoirTorigi.
ne3 ranciquiré
,
le progrez,
ôc l'utilité. LAcademieFranjailertefera
pas oubliée, norç
plus que cellesqui ont esté
eftabhgsà on-imi.ion dans
les VilteTcIe"SoiffbnSjdeNif»
mes, de Villefranche,d'Angers.
de Grenoble, de Toulouse,
de Roucn, & de toutes,
lesautres Villes du Royaume
qui se font distinguees par la
noble envie de faire fleurir
les belles Lettres, & la purete
de ftoffre Langue. Il doitalau.,
rçràl'Histoirce? de toutes ces
Académies, celleduJournal
desSçayans,déjàRcpublique
des Lettres & de TAflem,-
b Î --- Il blée- du Cabinet,après quoy
il parlera de lafamcuf-è Academie
formée enj_68fi, par le
conseil diPPëreCpttûi£lji»
Corde!ier,&par les(oins de
M' rAbbé Laurent, & de M1
de Guenegaud Maistre des
Requestes,furJe_m^dçle^de
celljîjdeJV^cnife. Il prometde
direaussiqutlque c hose des
Academies Etrangères & des
Socictezde-- b- e- -ll-e,-s) Letrres
quPontestéfaites sur les noftres
à Turin par Son Airelle
Royale dans ion Palais; en
Allemagne par un Prince de
la Maison d'Anhalc, fous. le
nom de la Compagnie Fruetrnante
-, en Angleterre par la
Compagnie RoyaledesPhy.
ficiens
,
& des Académies
-
d Italie, qui font appellécs de
* differens noms ,
Intronati à
Sienne; Della Crufcai Floren.
ne; Humorifti a Rome Otioji
j à Bologne ;
v/ldornlentati à t Bo l ocne ,..,I
Genes
, &c. Je ferois trop
long si le voulois parcourir1
t* .tRouicthlelrdd,efftin de MrrAbbé
qui est tres-varte &:
Í tres digne d'un Génie auni
¥» étendu & aulli beau que le •ïf tien. Les Curieux pourronten
apprendre davantage dans le
Discoursqu'il a fait imprimer
surcette Histoire des Fondations
Royales) & qui se trouve
chez les fleurs Jacques le
Févre, Libraire, ruë de la Harpe
auSoleil d'Or, & chez le
S' Osmont, dan la Salle du
Pal1a.is, a'1l''EEcutde rFrance.
Le Pape a fait publier un
Jubilé Universel qui est déjà
commencé à Rome pour la
Paix générale encre les Princes
Chrestiens
,
Sa Sainteté
ayant d'autant plus cette Paix
à ccxur, qu'ElIe connoiftque
la guerre qui trou ble toute;
l'Europe ,est une guerre de
Religion,&qu'eneffet laRe- i
ligionenpourroitsouffrir,si
la France avoit du defavaRtage.
LeRoyafaicunCliefd'Ef
cadre d'augmentation. C'est
Milord Grand Prieur,que
l'on appelloitauparavant Mi.
lord Fits James. Il est Fils du
Ro^'Angleterre*
Je ne vous dis rien ordinairement
du détail des Priies
que nous faisons sur mer,
parce que les Nouvel!es publiques
en parlant p'ûcoft
que moy,& que je nerepcte
jamais ce quiest déjà sceu)à
moions que je n'aye denouvelles
parcicularitez à y ajouter.
rCependant je ne puis
m'empêcher de vous faire remarquer
la grande iuperioriré
que la Francea, mesme.
dans l'année qu'ellen'apoint
armé, iur deux puissantes
Nnions, qui chacune feparémeucCecroyoien
tmaiftrefl
(es dela mer,&comptoieat
la France pour rien. On peut
ajouter au nombre presque
infini de prises qu'elle a faites
cetteannée, celledequatorzeVa-
ilfeaux-m-arch-ânds
Ho11a^ndoïT/queTës^Â1 rma~ teurs viennenc dde fca.ise, ôc

-~ Celuyquiasra remporté le
prix des Bouisjj.,- prixdes^Bouc^j^rncZjremplis àlaoirede-sonA. S. Mada-
-:M,eaPrincessedeConti la
Doiiairiere,trouvera son Sonnet
dans leMercure prochain.
Ils'etf glifleplufieurs fautes
d'imprefîion dans[aarreépoonnssee
du fccond CartcHenTa la Répliqué
duPeriparcricicn
,
in.
ieree dansrralctire du mois
deNovembre, & comme ci. Ales auront pu embarrasser ce-
Iuyàqui cette lettreestadreffée,
jeme luis crûs obligé de
vous en donner un Errata.
page96,ligneJO)bablt, lisez
habile.
p. id. 1.14. regarder, 1. regArdera.
p.id. 1. derniere3eslé,1 cru.
p. 100.1.6. rempliry 1. remplir,
P-104.1. penulc.les, 1-fes.
p. 113. 1.6.buil,1.qu'il.
p. iij.après la troisiéme ligne,
on a oublié ce qui fuir)comme
hommeyilfaut encore dijZ,
tinguer celle qu il avoit.
p. 116. 1. 7 opposer,1 operes.
p.d.1. ii proportion31.proportion.
p. id.1. derniereJi, 1. la.
p.117 115 a prèsajoutezwr.
p.116.l.io le,Ife.
p.U7-nous,
p.id. 19
étabhjjcment. 1.
]ai\lï{Jerncnt.
p.130. 1. J.ruxi 1. AUX. ':'J
p.131.1.14. avecen;
p.133-11.4un9\.sro;n. ,
, p.~L~~J.
0.14% avec 1. qMc:
aynfcdusoftd'Iork en Amerique.
Seco ndepartie d'unereponfi> dent
4 premiere tfi dans le %^iercurt
du mois pttfJé. tf
Eglogue. f5
Avanture. 70
Lettresur le Livrede la vied'Adam.
71
Dialoguenouveaude l'Amour&
delAmitié. 87
Hifloire.. it+
"Beaumorceau de utile douce, xfo
s
Eloge du Pere Thomajjtn, 144
MortdeMr-Dberbelot. ic
Plusieurs articlesconcernantM
ïArcbcvepptdeParis. ij
StAnces. 16
Listes exatles des promotions d
Marine iy•
Particularité^ curieuses
, touchantl'étatoùétoit
Marseille
fendant la demiereCampagne.
190
Lettre touchant la mort de JM* lEve/que de Geneve. zoj
ServicefaitàNofireDAme. tz1
Morts, a¡6
Discours prononcé à l'ouverture
desEcolesdeMedtcine.
Vers de M de Santeul
, pour
mettre au dessous du Portrait
de M' Fajoa. 1f7
Imitation desme[mes Vers. 2.38
Discours prononcé au Cojlege
Ma^arin. 238
Conîffcation donnée par le Roy a
Mle Marauis de Moüy. 2.39
,Lettre à Mf
le CardinaldEf
trées, touchant le Tableau de
M' Coypel. 142»
Survivance de la Charge de Prefident
au Morrier, donnée i
Mr de Poifîy.154
Extraits de tous les beaux tn*
droits des ouvrtges des plus célèbres
Autheurs. lyj
Memoire de Uvie de Mrle Comte
de * * * rédigé par M de
S. Evremont. 159
Rejouissances faites pour la naïf
fancede M1le Prince de Dom.
bes dans cette Souveraineté z63
Lettre de Jftiarfeille;19j
Promotion de Cardinaux. 2,99
ïïenefices donne% parle Roy. 303
Trois Pairs Ecclefiaftlques dans
la Maison de Tonnerre, & f
deux dans celle de Noailles.
3°3
Articles desEnigmes, 310
^Souhaits pour iris. 315
Le Connejlab-e de Bourbon. 3ij
Dijcours sur l Hifioire des Fondations
Royales. 317 JubiléVmverfcL 310
Prises. 311
Strmentprepépar AflcAfarquis
de Dangeau. 313
ApoQïlle.
Dans l'article où il efl parlé de
M"let^iarc^uis detwoüy ;
par tout où tly a de Moy,
lifez, de Moüy.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le