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Uu

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MERCURE
SEPTEMBRE us9S.
ChezMICHAELPBARSU-N1E5T'G,Gtarnadn.djjUSalele
~a P.\3.~i , 2,11
}Ac.:1:CUI.C G.1:11UON
donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois,& on le
vendra Trente sols relié en Veau 8c
Vingt cinq sols en Parchemin. I
A PARIS,
<~nc~ t>-c LUY NE
, au Palais, dans t. laSalle des Merciers, AUJuftiçc.
T. GIRARD,au Palais,dansla Grandes
Sailes à l'Envie., EtMICHELBRUNET, Grand'Salic.»
du Palais, auMercure Galant. 1
M. D.C. XCV. I
Avec Privilege du Roy.
C,~v-R1JECALANT
SEPTEMBRE1695.
T9V4-.
ES grandes actions
du Roy me fournissaru
tous les mois de
quoy faire l'Elogede Sa Majcfté
au commencement de
chacune de mesLettres,jeme
contenteray de laisser parler
ce moiscy un illustre Etranger
que l'on entendit dernierementen
faire untrèsjuste,
& en fort peu de mots, dans
une très belle Compagnie. Il
dit aprés avoir eu l'honneur
de parler au Roy; Que ee Monarque
navoitd'Ennemis que
ceuxqui ne lwoient jamaisvû.
On trouve dans ces paroles
une verité qui prend d'abord,
&.ceux qui connoissent les
manieres toutes charmantes
de SaMajesté,&labonté de t:
son ame, ont toujours publié
que c'estoie le plus aimable
Prince du monde. Qnand J
il ne s'agit que de Juv donner
le nom de Grand
,
il n'est pas
necessaire de le voir pour cela
,
puis que toute la terre
convient il y a longtemps,
que (es surprenantes actions
luy ont acquis ce glorieux
Titre.
Comme dansl'abondante
matiere que le Roy fournit
de jour en jour à tous ceux
qui ont quelque talent pour
écrire, nos Poëtes, donc les
manieres de parler figurées
sont le partage, ont accoutumé
de se répandre surl'éclat
nouveau qu'il donne à
nos LIS, vous nelerez pas
fachée de voir ce que Mr de
Cipierevient d'écrire sur ces
Fleurs. Sa Lettre est d'autant
plus curieuse
,
qu'elle nous
apprend en mesme temps,
l'origine des Tournois, des
Armoiries, des Devises, ôc I
des Fleurs de Lis, qui sont en I
usage depuis fort longtemps.
On luy fera plaisir de lacri- tiquer,afinque g par des ré- 1
ponfes La chose en question i
s'éclaircisse,&que ces réponses
donnent lieu à quelques I
nouvelles découvertes. Il tà- F
chera derésoudreles difficul- j
1 tez qu'on luy fera,outémoignera
se rendre aux raisons
qui luy feront opposées sur
- cequ'ilavance.Voicycequ'il
a écrit.
A MONSIEUR BELLET.
MOMSIEVR.
Comme jemepus(oujours bien
trouvé de vous avoir confultéjur.
mes conjures, je vais vous en
proposerunesur l'origine desFleurs
de Lis que nos Rois portent dans
leurs Armoiries, cir vous enf-Ilire
une petiteHijîoire enrejet tant
premièrement ce queiesvieiuesgem
disentsur les Armoiries des trois
ouquatre premiersRois de France.
MChifflet, dansfon AnafUfis
Childcrici, croit que ce qu'on
voit sur les iJMedailles trouvées
dans le tombeau de Childericludtrième
Roy de France, qui viv.oit
en8lequel tombeaufutdécouvertàTournay
en i6/j. il croits
dis- jf, que c' ejloittrots Abeilles. tjWaisMxde S, Amant, dans
la réponse qu'il a faiteà ce Livre
lÀ, pretend que ce fonttrois
Fleurs de Lis. Et moy ,
j'ay à
;
répondre à ce dernier, que 1 Hif--
totre de FranceattribueaC.vvit,
c
SitcceJJ'-e-u,r de-- <, ,- 1. l~. - ) ce Childeric tinvention
des Fleurs de Lis, qu'il
portasans nombre}&queChurles
VI.reduisità teois;ce àtousdeux
jerépondrajy que fiChildericavoit
desAbeilles dans sesMédaillés,
1
ses Meda
cejloitsansdoutepourreprejenter
quelque aélionilluflrc: quilavoit
faite, ou quelque événement remarquablearrivéfousson
regne9
car c'estia tout lesujet du revers
des Médaillés;&jamaisïAntiquite'.
n'a seeu ce que c'efloir que
lEcu de nos Armoiries &la
difliniiion de nos Emaux. Tout
le mondefrait encore qu'on n'en
j porta que quand en vit en Occi,
dent injlituer les Jeux Equefiresy
où chaque Cavalierfe diflinguoit
par qurlque marquesur son Ecu,
ou dans lescouleurs de ses httbits,
ou des bouffes de son cheval
, ce qui
efiarrivé^ ou/fieclesapréslamort
de ce Chidcric, comme je diray
bien-tofl• mais je ne comprens pas
quesi ce Prince avoitdes Atmoi.
rri1eess,, il ne les teuuàf'l pas mifes dans.
fcn Cachet, qu'on trouva auJft
dans son tombeau,&Jur lequel
ily avoit feulement de gravé,
Sigillum Childeiici Régis, 1
sans aucune figure.
Vencns aux dtverfes opinions
surloriginede ces Fleurs de Lis.
Le PertJourda-n, -Jesuite,dansi
Jon Hifloire de France ou tori.
ginede laMaiflrt Rcryalc, veut
quelles ne fo ent qu un ornemenç
desSceptres&des Couronnes de
nos Rois
j
qui a paJJê dans leurs
ArtlJoiries; CM ilte croitsur ce
que dans quelques Sceauxon"voit
encore que la pointe du SceptreJe
partage en trois branches) cc qui
ci quelque re/jemblance avec les
Lis de la terre. Il ajoûteque Da.
gobert commença Àle lerlJir d'un
Scepte de cette façon, pour marquer(
juilauoit réuni enJa personne
lestrois Rojaumtsde France
3
Neustrie, ^Bourgogne, ér
y^uflrape. ilcroit enccre que ccs
Fleurs de Lis peuvent venir d-s
lfeurons ou des fleurs du lien, du
cercle& du cordon attaché à la
Couronne, lequelJenommoiten
vieux FrançoIs, Lis, lie, lien,
liferte,lifeati, qui veut dire
cordon eu ceinture, çy*juel'équivoque
leur a donné le nom de lilium.
;
Le sieur jÉudigicr dansson
Histoire de France croit que c: ne
font queles bouts de ces fortes
d'armes qui font appel/ies desLys
dans les CommentairesdeCéfary
icaufe quellesfontfemblablesaux•
fleurs de ce nomj&il ajoute que :
nds Rois commencérentà les porter
dans les Tournois> où chacun
Je dijlinguoit parson Ecu; & il
a raijon, car je ne crois pasqu'on
r?c i':n Ilemontrer une monnaye oiï iJfleursdelis,qui
ily ait des fleurs de lis) qui aaiitt
ejlê frappée avant leur inj/ifu.
tzon.
Voicy ce qu'ils pourraitnt encore
dire, e ce que je diraispour
confirmer leur opinion. Lesfleurs
de lis ont cfié un des plus anciens.
ornemensqu'ily ait eusfoit
Jans les habits, [oit dans tArchiteéture,
foit dans les meubles.
Ily en avoit sur le chandelier'
dor qui eftou dans le Tabernacle
des Hebreux, grpeutejtrc, comme
vous me disiez l'autre jour
i Adonfieur que Moise avoitprh
la figure de ces lis du Lotus, qui
en est une ejj>ece,£<r qui croist en
abondance en Egypte yfuivant
Htrodott, z. Les Cb.tpiteAuX
desdeux Colonnes dairain,nomméesJachim
&Boosquiefloient
à l'entrée du Saint, dnas le Temple
de Salomon, estoient en forme
de lis, & ily en avo-it en relief
sur les bords du Vaijjeaunommé,
la Mer. Pour les habits, vous
fçave%
,
Monsieur
,
que Judithi
entre tous les autres ornemensx
quelle prit le jour quelle pajfa*
dans le Camp des jijjyriens, elle
prit, dit 1 Ecriture, (ès fleurs de
lis, qui efioient ou des aiguilles
de tejïe
}
ou quelque collier, car je
ne puis pas mimaginer que cesufl
autre chose entre les divers or-nemens
des femmes, dont le Prophete
Isaie afait une agek ex*- éleénumerationycbap.$dans la.
quelle on njoii que les Dames de
[on temps n'efloient pas moins
magnifiques que celtes de nojlre
fiede
; à moins qu'on ne dise que
c'estoit quelque robe femic dj ces
fleurs j tar on en porta ainÇi dans lantiquité9&sans doute que c' iJl
des suifs que les Grecs apprirent
a les mettre dans les habits. On
en voit de peintes & de menées
avee des animauxsur la robe de IupiterOlympien,ainjt que l'ont
décrit Pausanias & tous nos
Voyageurs
, & Aic Chevreau
aprèseuxdans son Hiftoirt du
monde, Tom. 4. ou ilparle de
lupiterdOlympic. Mau pour
revenir au certain
,
ou pour le
raoins, au moinsincertaini il fil :
confiantqu'onnep'ortapoint dar-,
motries qu'après l'institution des (
Tournois qui ont pris leur naif
-
sance des leux qu'on célébra dans 1
l'ancienneTroyetdans la Grece,t
(7[uivanf Stace, dans le Cirque :)1
deRome. Tertullien en attribue linvention k Circé3 dont ilfait
,vtnir le mot de Cirque, qui vient
'Veritablement du Grec Kuklos,
dont on a fait Kirklus, Circus eCirculus.
Les Maures & les Arabes les
renouvAlerent en Espagne fous
une forme peu diffèrente. C'est
d'euxau moins qu'efl venue l'inruention
des cbijfres &des livrées
dlont i'1lsornè1rent 1leurs armes &
les houffis de leurs cbeviux
,
rp;.
toutes ces applications myfterieu-
(es des couleurs c des pieces du
Blason.Cbarlemagne qui les
battit en Eïfagne çydans les
Gaulrs, apprit d'eux lamanière
de ces Tournois &de ces Carrou-
Jets Peut fflre n'efi ce que Louis
le Débonnaire qui les institua en
France à leur imitatlon" 'Vers le
huitième (tecley car ilfaloit qu.il
y en euflen ce temps làypuifque le
rpape Eugène11. qui vivoit
pour lors, excommunie tous ceux
quis'ytrouvent. Henry ÏOijeleur,
Ducde Saxe) (;J'depuis Empereur
,
les wiroduifit ou les renouvela
en Allemagne, en l'an
,
P3+ Ce font les Allemans qui ont
ajouté aux Ecus des Cavaliers
les cimiers,les mages de Héron,
lcs.aigrettes, gr tous les autres
orntmens, hormis les machines
qui viennent des Italiens. C'efl
de ces 1eux que fort la Noblrjjc
en AllemagneJoù ily a tant de
Princesaujourd huy même on
y prouvelaNoblcjfe en fifant
voir par les Hfoire* des Tournois
que leurs Ayeuxy ont combatu
Geofroy 11. Comte d'An.
jou) & Seigneur de Prully, les
apporta d'Allemagne
, & les rétabliten
Fran.'e
,
après une grande
interruption l'an mil soixante
six
, & ce qui prouve fortement
que c'efi des ilemans que
nous avons reçu le Blason,c'en
que le mot mesme de Blason 0*
les termes dont on Je Jert dans
l'art Heraldiquefontpresque
tous &.Allemans.
Ce ne peut cfle donc qu'an
huitièmesiecle où nos Rois entrant
dans les Tournois ont pû porter
des Ecm avec desArmoiriesdessus,&
deux raisons peuvent leur
avoirfait prendredesfleursde lis
d'orsurla^ur.Premièrementt
parce que les lis fortifient la NoblejJe
de laperfonney que leurcouleur
d'or (n reprtjente lafigejje,
la magnificence,& la liberalité,
& que le bleu sur lequel ilsfont
pofe%,enfrrntfie U bontét tarni-.
lié) (JiC. ainJiqu'on peut le Tj.r
dar.sz
Uns lescinq livres des Hieroolybiques
des végétaux des Planes,
(;J' des AnimauxparM1.
ar vousIfavez
y
Monsieur, que
r* couleurs & les figures qui
SoientfurlEcu du Cavalier, en
evoient representer l'zntention
u les aElions. Secondement nos
lois peuvent avoir pris les lis
arallusion 4la Loy Salique
,
qui
Kclut lesfemmes de la Couronne;
f parce qu'il efl dit dans tEcrivre
Sainte, que les lis ne trataillent
ny ne filent. Et en effet,
's ont pris pour DevïseL-s méfiés
paroles qui font rapportées
ansl'Evangile de S. Mathieu,
Lilia non laboranr) neque
nent. Il est vray que la Devi--i
Je n'a pdS effè sitost en usage,&
que /4 premiere qu'on ait vue a *
ejîécelle de Guillaume de Hay--'(
nault, Comte dOftrevant
)
filsi1?
Aisné du Duc de Bavierequtiml
tlU Siegedeewaroc,en l'ani prit pourDevise une Herje A'Vt'Q'J'J
ces mots: Evertit & æquac. £//ô\lj
4bbat & applanit. Charle^
VIII. Roy de France, dans l'ex >,,
pedition qu'ilfit à Naples en l'an*
J4$4, en avoit misunedans ~'?.
Drapeaux. Ondit aussi que de
panCharles lr-jusqu'k Charité
IX.lalettre K. a eslé la Devins
de nos KolS; mais quoj qutl en
foit de la Devise,qui vraj ftmblablement
n'aeslé inventée que
quelquesJiecles après les Armoi-
, ries) il me semble qu'on doit attribuer
à la fécondé Race de nos
Rois
,
l'invention des Armoiries
qu'ils portent .Aujourd'huy
, &
quils ont&peuteflre parallujion
à laLô$Salique) C à ce
que le Nouveau Tejlamentditde
ces lis. Vous aure% ,
s'il vous (flaiftla bonté,Monjieur, de me
*direvofirefentimentlà-dejj'tu,&
Je ne veux pas que vous vous en
deenfiezfur une modeflie afecîtée
) car entre amis il ny a ny
humilité ny refpeél politique. Il
ny a que cette liberté & cette
Jmccrtté avec laquelle je fuis.
Koftre, iyc.
La galanterie qui fuie est
d'un Cavalier que l'amour a
rendu Poëte, & qui s'estant
trouvé la deriiit fois aux
Eaux de Bourbon, plus pour
son divertissement que par
le besoin qu'il avoir d'en
prendre, prit de l'attachement
pour une Dame d'un
fort grand merite,à laquelle
il écrivit cette Lettre mêlée
deVers&de Prose.
A MADA MED*** IRIS) je voua ay veue> à* cefi
affez^ifoua dtre
V,ue .i y* lAmour veut enpn que pour
voua je soupire.
Les traits que vos beaux yeux font
par tout redouter,
Xefontpoint de ces traits que l'en
suiffe éviter.
Envain celibre aveu tientvofJre
ame alarmée.
Je fuisnèpouraimer> & vous pour
ejlreaimée;
+
Etpar lesnoeuds feerfti d'un mutuel
accord,
C.tft à chacun de IIOUI-t remplir ni*
tre fort.
'fCIJJ rizuttrs Contra moy [croient de faiblesArmes,
.En feriez^vous briller moins dat*
traits,moins de charmes ?
Et pourfuir ces rigueurs quels que
fuffint mes (oins,
Estant belle toujo.rs,vofls ilimeroisje
moins,.
Croyez^moy
,
la révolté efl toujours
condamnée.
> [depinie,
N'allons ni vous ni moy contre la
Et tachonsdéviter ce quon court
de hasard, [ plus tard.
A rejetter fIn ordre, ou se rendre
C'est sans aucun regret, 1RIS,
que je vous aime>
Faite pour estre aimée>agréez^le
demesme.
Tous deux avec ïAmour tachons
d'en bien user, ] nifer.
Er ne Cobligeons point à nous tyran-
Qui îevft creu, quandfe(loisMaistre
encor de mon ame,
due le sejour des Eaux m'en feroit
I undelfame,
Et qu'ainsi tout d'un COtlp, par un
charme vainqueur,
Oà J'on guérit les corps, on deust
blesser mon (oeUT!
C'en e(lfait, je me rends, mais da
moinsquand iecede,
La cause de mon mal peut efire mon
remede.
Je J'ay fris a votiâ voir ,
& quel
* quenfoitlecours,
le feray foulage, si je vous voii
toàjours : Afaisnen consultez, point ce douce-
+ reux Critique,
CelgriantdiqSpuéceu[latteifreniefarustsxe ^p*y*
Qui toujoursreserve, toûjours mif-
A peine à vous Jaisse, la liberté
des yeux.
Si fin qwen dira-ton empesche
*'
[•
qu'on vous aime,
Vousvoyant sans Amant
,
qu'en
direz-vousvousme[me,
Li que vous fervira d'avoir avec
le jONs,
Keceul'heureux talent de donner
de l'amour?
De [es froides leçonsfuyantîindignepiege*
louijjez^ malgré luy d'un si beau
pr;v:!:ge,
Et prenantsurmon coeur un fouvsir
absolu,
Veiiittez^ce que de vous 11 forta
rtfolu.
t je sçay bien, Madame, que
c'est prendre quelque foin ni
de mon repos, que vous obstiner
à vouloir que je regle ol
sur les termes de la bonne
amitié l'ardente passion que
vous m'avez inspirée.Vous
estes faite dune maniere à ne
laisser jamais vos esclaves en
pouvoir de rompre leurs fers,
& je conçois aisément qu'il
n'y a rien de plus dangereux
que de vous abandonner la
liberté sans reserve.
L'amour quejay pourvous par
a mille inquiétudes fait dèjn sentir cequil m'en
f
doit coûterx
Et sur un ton bien haut vous me
fetez^chanter,
Sijem'en rapporte aux préludes.
Dans la mer où je vogue il efimille
rochers,
Dont pajliroient les plus hardis
Nochers ;
flfAis la peur d'y perir trouble peu
mon courage.
Mon coeur fous les dangerss'enfle
d'un noble orgueil,
Et par la beauté de îécueil ilfaitvanitédu naufrage.
Ainsi,Madame, unions
s'il vous plaist, les chosesau
point où elles font; si mes
chaînes font trop lourdes à
porter, vous me les verrez
traîner avec joye, & il n'y a
rien de si détermine de ma
part, que l'hommage éternel
de ma servitude.
De mesynauxje voy le gouffre, ,It Et qu'avant qued*enmouriry
Ce quil mereste à souffrir
Passerace queje souffre:
Mais quel que [oitletourment
Qui mattende en vous aimant,
Ji n'a rien que fapprebende.
Je me plais dans mes ennuis,
Et tout battu que je fuis
Jeveuxbien payer l'amender.
Comme il n'y a des peines
que pourmoy, il me semble
que le scrupule vous prend
mal à propos. Ceque vous appellezamitié
quinetirepoint
a consequence
, a des lan-
+ gueurs bien incommodes, &
je doute fojc que vous les
ayez examinées, quand il
vous a pris envie de l'établir
entre nous.
u^giyons de bonne foy , La main sur la conftitnce,
£amitié sans consequence
Est-elle de bonaUoy,
Peur qui, comme vous & nioy,
In connoifl la nonchalance l
Si fous ce terme adoucy
De quelque amonteux soucy
L'ontient l'intrigue secrete,
Le terme vous efi permis;
jMais^degrâce*cfies- vous fais,
Pour n'avoir que des 4mis?
Non,Madame, vous estes
trop belle & trop aimable
pour consentir à n'estre pas
toujoursaimée de la plus noble
maniere donc on puiifc
aimer; & les charmantes qualitez
qui vous donnent tant
d'avanta- ges-par-m-y-celrles de1
vostresexe, me fonttrop
connuës, pour me laisser jamais
en estac d'affoiblir
,
le
parfait amour que je vous ay - voué. D'ailleurs,
Aprh avoir,fanimenriendite*
Mangé moncoeur fous vofref cmfire*
Si de fies (oinl jamais vous vous
1
lall^»
r.0f41 mobligerk le reprendref
Croyez7vous que ce foit asser,
k
Que votes offrira me le rendrei
Ilest juste que vous le gardiez,
puis que vous en avez fait vostre conqueste
, & il
n y auroit point de tirannic
pareille à la vostre, si vous
prétendiez l'assujettir àsedétacher
des sentimens passionnez
qui l'attachent tout à
vous. Ne faites point là-dessus
un essay du pouvoir que
vous avez sur luy. Aussi bien
ce feroit un ordre fort inutile
que celuy qu'il enrecevroit,
&il ne pourroit produire autrechose,
qu'un secret dépit
de l'injuste contrainte que
Vous m'en voudriez imposer.
Quanà deux beaux yeux de leur
gloire jaloux»
Etaienttout ce qui feutflairet
Vn pauvre coeur qui les revere,
Eji obligé de filer doux,
Et pour luy^quoiquilpuiffe faire
Pour se défendrede leurs coups,
L'amour est un mal necessaire.
- .A voir le viféclat de vos divins
attraits,
£enprens plus quonrien prit jd..
mais
Chaquefois que je vous regardez
Comme il naiss de vojîre beauté,
SJil voui dèplaifique je legarde,
Oflez m'en la necessité.
C'estce que vous ne fçair
riez faire, puis qu'il n'est
pointen vostre pouvoir de
n'estre pas la plus aimable
de toutes les Femmes;mais
comme il n'est pas moins
hors du mien de cesser d'estrele
plus amoureux de tous
les hommes,
Necorrigeonsrienaux Planetes,
Par qui nos jours[emblcnt conduits.
Soyet^ toujours ce que vous t(les.
Et moy toujours ce que je fuis.
Ce que vous allez lire,est
la fuite d'une petiteDissertation
employéedansma Lettre
du mois de Juin dernier.
REFLEXIONS
Sur laCritique de Tertullien
au sujet du Sexe des Ames.
J S n'approuve pas l'opinion de f rtulhen sur lesexe des Ames,
maisaujjtje ne la condamne pas
tout àfait
) & ne vois pai que
celuy qui a entrepris de 1-i refitter
, foit armé de fortes raisons
f
pour venir à bout de son dcjJàn.
Si celles qu'on 4/'PO', te pour détmontrcr
lesexe desamesfont foii
bles, i celles qu'on app-ortr au con. traire ne [ontzueresplus fortes.
Les ames dit-on, n'ont pas d'or.
ganes qui mettent cette différence
entrelies. J'avoue que ce font des
eflresJîmples, qui riadmettent
pas de compojttion de parties, Ër
quainft il nefçauroity avoir la
diftinflion qui fait le sexe corpo.
rel; maisnes'enpeutilpastrouver
un spirituel, puisque nous
voyons un mariage d'ejprit aujji
bien que de corps; ede là vient
que deux esprits se recherchent
& s'aiment par une secrette
fyrnparhie, On dit que cestes
union ne produit point d'autres
ames ,mais tous les corps de,i
différent sexe en produisent-ils i
d'autres ?Ilse trouve des infeÛes
qui fontproduitspar leurfembUble
sans secours du sexe. Il ejl
des animaux parfaits qui ont le
sexe, &qui ne sçauroient produire.
Les Adules & les Mulets
font de ce genre. Cenefera donc
pas une rafonconvaincante quil
ny a pasfdesexe dans les ames9
À cause que leur union n'en produit
point dautre
; ce qu'on ne
(fait point bien encore, car ne
\ConnoiQant point bien lesjfprits,
ton n'en ffauroit connoijlre aujji
Soutes lesfacultez,, cm quand on -
dira, comme Tertullteu> qu'ils
peuvent engendrer leurfemblabley
put]que les tnfans de Dieu font
devenu amouieux des filles des
hommes
)
qu'ils en anjoent pris
pour femmes celles qui leur flaisoient
le plus, Cm qu'ilsenavoient
engendré des Geants, C que ces
cnfns de Dieu font les linges,
comment montrera ton que non?
S*-Ambroife>S. Basile
,
Loélan.
ce Qajfteny l^AbbéRupertJont
de mefinc [entlment. Le mfme
Tcrtulïienpourprouverque 1 homme
engendre l'ame d'un 4utre aujjt;
bien que le corps, se fert pourexemple
de la production de la;
Femme Quand Dieu la tira dei
la cofte d'.Adam, ilnefouflapointî
dessus pour l'animer; il ne créa
donc point d'ame pour elle; il ne
fit que multipliertelle de l'homme
en multipliant son corps. Qui efi
ecluy qui ne prendroit pas cette
produàïionpourlemodèle de toutescelles
qui Je font faitef depuis?
Amoins que l'autorité de l Eglise
ne nous redresse; on ferott obligé
de le croire mais comme elle explique
le contraire, jemy range
aulJi sans y estreréduit par les
raisons de l Auteur de la Dissertation.
Il dit que la difference
qui se trouve entre tome d'un
homme C celle d'une femme, ne
vient que de la différentedifpofi*
lion du corps, comme il Arrive a
l'eaud'efire ronde ou quartéeyfé-
Ion la figure du vaifeau où elle
eji contenue. Voilajuflement dequoj
comprendre que l'ame cft
mafle &femelle
, car comme le
sexe neconffle que dans la diffojttion
de certains organes, lame
prenant cette difPofirion, comme
l'eau est ronde ou quarrée
5
félon
le vaisseau, la voila maf/e ou femalefilon
le corps où elle cfiinam
quod recipitur ad modum
recipientis recipitur. Mais
tants'enfaut que l'ame prenne
cette disposition du corps,c'ejl le
corps qui la prend de l'ame ; car
cette disposition ne vient quede
la forme fubjlantielle, le corps ne
peut se 14 donner, il est indiffèrent
de luy mesme
,
mais la forme efl
l'intelligence qui le détermine à
eflre tel. Ceferoit donc de l'ame
queviendroit cette différence d'organes
*, ce feroit donc elle qui de*
termineroit le sexe, & par conséquentquiferoitellemesmemâle
ou fmelle, car comme on ne
donne point ce qu'on na pas, il
faut que l'ame ait le sexe avant
'* que de le donner au corps. Les
passages qu'on allegue n'infirment
point cette opinion. Saint
- Paul dit de J. C•qu'il n'cft ny
mâle ny femelle. Or il le dit de
tout J. C. ou feulement du corps
ou bien de lame Ce n estpas du
corps,car il efl certain qu'il aïoit
par là le sexe mafcuhn. Si ceji
de lame celafait mtfme pour Tertullicn
, car en dijant cela de ta'-
me de 1 C Saint Paul aprétendu
dire quelque chose d'extraordinai.
re qui ne luy fust pas commun
aveclereste des hommesafin
que cela foitilfaut que lesames
du resse des hommes Joient mâles
ou femelle félon l'individu frnon
il eufl esié inutile de le dire de
I. C. Cetsfpojlre ne nous eufl
rien appris làdessus de nouveau,
mais
à»I maispour mieux dire, je croy que
Saint Paul l'entendoit de tout
/* C. cejl à dire que la personne
compojee de deux natures, divine
& /jumaine, eji unique,r:!r,
qu'il ne peuty en avoir de semblable
à quelques organes près
quifintla différence dufexepou>r
en produire d'autres du mesmeordre.
Cela nefaitrien, ce mefem*
île., contre TtruÛlien
, non plus
que ce que dit I.C. que dans la
'Ciel on nesemarierapat. Lavirginité,
le célibat ne me paslesexe
9 nu contraire, illesupposè.Ainji
V. C. na pas voulu diï-e qu'il
riy aura pas desexe dans le Cicl,
caril en certain queles corpsglorieuxy
entreront & ces corps
feront de Saints&de Saintes0
4 prejrentqu'ilnj a qae des amesy
excepté Itcorps de 1. C &celuy
,
de la Vierge3 il faut queces amej
soientmâles yfemelles,pHifquc
flous lesinvoquons par le nom
iespïerts qui le marquent.
MrdeVerd4u11 elejeuneesItl'
Auteur du petit Traité quij
suit. La facisfa&km que-Vou-ç,
m'aveztémoignée avoir reu:
cej de tous lesOuvrages <JU4I
je vous ay envoyez de luy
m'obligeàvous faire partdcchty-
cy. -
D'OV FiENTQVIL
, ya des Animaux dont les
yux paroijjcnt lumineux la
nuit
4 romm, si ctftott un
-
Phosphore. LEsAnimaux qui peuvent
wis lanuit,ont lesyeux
11 11 I:Oli[ éclatans ae tumiere,
Bans les tembres, ou lors
Ru'iIs se tiennent dans un
Lieu sombre&obteur. Quelquesxins
prétepdentque cet.
se lumiere n'est pas exterieuse
mais qu'elle se trouve
naturellement dans leurs
yeux, a cause au grandmouvement
des humeurs & des
esprits. Pournous assurers'il
est vray que les yeux des Animaux
qui peuvent voir la
nuit, sont remplis de lumiere
lor£ qu'ils sont dans un
lieu où il n'yen a aucune,
nous mîmes unChat dans;
une petite chambre bien fermée,
où la lumiere ne pou-
VOlt entrer: nous avions
une lanterne sourde aveCD
nous. Nous remarquâmes
que les yeux du Chat,qui
estoit dans un des coins do:
la chambre, ne brilloien
point du tout. Mais h• tosk
que nous eûmes découvert
un peu la lanterne pour- envoyer
quelque lumiere vers
e,les yeuxduChat,nous a pperçûmes
pour lors qu'ils éclairoient
commedeux chandelles
allumées. Cette experience
nous fit conclure qu'il
n'est pas vray , comme on le
dit, que les yeux du Chat,
& des autres Animaux qui
peuvent voir dans lestenebres,
éclairent la nuit dans
un lieuoù il n'entre point de
lumiere- Nous vîmes encore
que cette lumiere éclatante
qu on apperçoit dans leurs
yeux, lors qu'ils font dansun
lieuobscur, cil extérieure. Il
ne faut donc pas croire que
les Animaux qui distinguent
les objets la nuit, les voyenr,
parce qu'il se trouve une lumiere
naturelle dans leurs
yeux,quien fort comme d'un
flambeau pour aller éclairer
ces objets, mais il faut plûsostattri
buer cette puissance
rie voir dans l'obscurité &
dans les tenebres, àlastrudure
particulière de leurs
yeux.. Par exemple, ce qui
fait que le Hibou apperçoic
si-bien la nuit, c'est que son
oeilest d'une structure singuliere,
toute differente de celle
qui se trouve dansles yeux
|des autres Animaux.. Premièrement, sa cornée
jest si mince& si delicate, ôz
en mcrfme temps si transparente
,
quon peut appeicevoir
jusqu'au sond de ioa
oeil, & distinguer les moin.
dres parties de laretine. 2.Sa
+
prunelle est si large & si gran-
(. de,que les rayons de lumiere
ne peuvent manquer d'y entrer
en soule, lors que cet
Oiseau est exposé au grand
jour. 3. Les humeurs sontextrémement
claires&transparentes.,
il y a beaucoup d'humeur
aqueuse. 4 Le nerf optique
est épais, &la retine
qui est un épanoüissement
de ce ners,est aussi fort épaisse)
mais toute sa tissure
est extrémement fine &delicate,
& capable de recevoir
beaucoup d'ébranlement des
rayons de lumiere. 5. Il faut
remarquer que la choroïde
qui est toûjours noire dans la
pluspart des Animaux, est
dans l'oeil du Hibou
, & de
tous les Animaux quivoyent
la nuit, d'un beau bleuargenté,
qui reluit comme le
fond d'une nacre de Perle.
Voilà quelle est la Mécanique
de l'oeil du Hibou.Reprenons
un peu toute cette structure
pour en examiner lesusages.
La cornée estant mince, delicate
& fort transparente
aussî bien que les humeurs, la
,
lumiere qui se presente pour
entrer dans l'oeil,ne se réfle-
* chic qu'en petite quantité,
t car ilsereflechit toujours un
: peu de lumiere de tous les
corps transparens, comme le
( sçavent ceux qui ont étudié
laDioptrique. Toute cette
lumiere qui entre dans l'oeil
da Hibou doit donc ébranler
fortement sa retine; car
puis que toute celle qui combe
sur la cornée entre dans
son oeil, sans sereflechir,elle
doit tombersurtous les filets
de la retine, & faire une impression
beaucoup plus forte
que dans l'oeil des autres A ni.
maux. On voitdéjala raison
pourquoy le Hibou ne peut
supporter le grand jour. Son ¡
oeil qui est extrêmementclair
à cause de la transparencede
la cornée &des humeurs, rççoit
trop de lumiere de tous
: les co stez; & comme ilne
se fait point d'om bres qui
temperent l'action de tous
ces rayons, il est ébloüy, &
cet Oiseau ne pouvant supporter
la force des rayons de
lumiere qui ébranlent trop
vivement sa retine, fuit le
jout
,
bres&.cherche les tene-
On peutregarder son oeiî
comme une chambre bien
: claire, donc on a fait laver
tous les chassis; comme ilne
faut que peu de lumiere pour
l'éclairer, iln'en faut guere
aussi pour 1oeit d'un Hibou.
Mais au contraire, sile Soleil
vient à donner dans cette
chambre, elle fera trop éclairée
jusqu'aux moindres coins
& recoins,& ceux qui feront
dans lachambre, feront bles
sez de ce grand jour, qui les
empêchera de bien appercevoir
les objets, principalement
si cette chambre est
rapissée de Cartes
, ou qu'il
y ait des glaces par tout, ou
plûcostquellefoit toute blanche,
parce qu'elle réfléchira
mieux la lumiere. De la même
manieré roeil du Hibou,
qui est une chambre trop
: claire,ne peut manquer d'estre
blessé par le vif éclat des
rayons. du Soleil qui se répandent
par tout dans cette
chambrequi trouvent au
: fond la choroide, qui est un
miroir poli, qui les refléchic
en les ramaÍfant tous sur la
retine. La prunelle qui est encore
fort large dans le Hibou;
laiiTc entrer la lumiere en fou.-
le; ainsi remuant fortement
tous les petits filets de laretine,
qui est, comme nous
l'avons remarqué, fort tendre
& delicate, il doit arriver dans
le cerveau un grand mouvement,
les nerfsdoivent ouvrir
tous leurs pores, &tous
leurs tuyaux, de sorte qu'il
doit couler beaucoup d'esprits,
non seulement dans les
muscles des veux, mais aussi
dans les autres muscles du
corps, comme dans ceux des
jambes, qui fervent à faire
fuir cet animal, pour éviter
la force de la lumiere qui luy
bitffe lesveux.
'- Mais lors que ccr Oiseau
est dans un lieu obscur, le
peu de lumicre qui se trouve
dansl'air suffit pour le faire
voir, parce qu'elle entre sans
se reflechir, jusqu'au fond de
son ceil,& les rctr.1ionsqu9-
elle souffre dans les humeur,
qui sont d'une grande transparence,
la rassem blent tou-
: te sur la retine,sans qu'il s'en
perdeaucunsrayons. Aquoy
il faut ajoûter que les rayons
qui viennent tomber oblique.
ment vers les costez du fond
de l'oeil,ne deviennent pas
> inutiles; parce que lachoroi-
+ de qui lesreçoitn'étant noire, point commedans lesautres
animaux, mais d'une belle
couleur, éclatantecomme le
fond d'une nacre de Perle,
c'est, pourainsi dire,un miroir
de métal, qui les reflé.
chic&les renvoye tous sur la
retine,oùl'impression qu'ils
font alors surcette membrane
, est feulement suffisante
pour faire voir. l'animal
,
sans
Iny causer d'incommodité,
commeilarrive à une trop
grandelumiere
, parce que
pour lors les rayons entrant
en fou l e danssonoeil, la retine
est si fortement ébranlée,
qu'il s'en déchire peut,
estre quelques filets. Il ne
faut donc pas s'étonner que
le Hibou ne puisse souffrir la
grande lumiere. Son oeil,
commenous venons devoir,
cil une chambre trop claire,
les chassis en sont nets & bien
avez, il se trouve au fond
une place qui renvoye trop
de lumiere de tous costez.
D'ailleurs, la cornée du Hibou
pardevant est fort sensible,
parce que cette partie
elt toute tendineuse. Elle eH:
donc capable, lors que la
lumiere est forte, d'entrer
en convulsions; & si la fumée
peut irriter nos yeux
jusqu'à en tirer des larmes,
pourquoy s'é, tonner decequ'une
forte lumière blessesi
l'oeil du Hibou pnis..que saxîl
cornée ell tendineuse, &>ei
pour ainsidire,toute nerveuse z
dans sa partie transparente ? :
Nous remarquerons à l'occasion
de la choroide, que
tous lesanimaux qui l'ont
comme le Hibou, d'une belle
couleur bleuë & argentée,
comme une nacre de perle,
3
ont les yeux brillans & tout
éclatans de lumiere ior&qu-h'f
ils sont d'-in-a l'obscuriré,parce
que les rayonsquirencontrent
la choroide sont ccfla*-à
chis parcemiroir au dehors,
ddee llamAêmemanie're qu'en
presentant un miroir aux
rayons duSoleil,on peut les
renvoyer vers plusieurs cotez
en inclinant le miroir,
& les faire voir à ceux qui
passent, en leur presentant,
pour ainsidire,ce Soleil devant
les yeux.
Vous ne ferez paf fâchée
d'apprendre des nouvelles de
lia guerre. Je ne vous en diray
pourtant que d'Allegori-
ques , qui serviront à1 vous
divertir. Voicy ce qui s'est
trouve dans la Lettre d'un
Officier, donc il n'est pas necessaire
de vous apprendre le
nom. 8 NOJlre General la Raifen,
irrité dl s dégaps que l'Amour
fait dans ion pays depuis
quatre mois, a pris enfin la résolution
de le combattre & de le
chajjer Pour cet esset, nous nous
mismes en campagne le ij. de ce
mois, avec nos meilleures Troupes.
Apres quelques jours de marche
un Deserteur des Ennemis vint
se rendre
, & nous apprit que
l'AmourfatiguédeJcs courses .se
fepcjoit dans la VaREt du Chagriny
à une pente lieue de noflrc
Camp
,
en attendantsonArmée
que le pillage avoit dtfPerfée, cm
qu'il n'eflolr IIccompagnéque des
Regimens des Pleurs, dela Conf-,
tance, (if de l'Erptrance. Sur cet
avis la &,Àif,ôn fit partir à l entrée
de la nuit un Sergent avec
quinze Grenadiers du Regiment
de Dépit mortel, pour aller aux
nouvelles. Nous nous mismes en
marchepresque en mesmetemps.
+
Noftrc Sergent nous confirma le
rapport du Deserteur, cr nous
tjjxra que tout paroijjoit tranquilledans
le Camp del'Amour,
que que lonyvijl beaucoup de
feux. AuJfi- tost la Rai/on rangea
Jon Armée en BatAille. Dépit
mortel commandaitnojîre Aïe
droitey & Tranfjtort jalouxy
tAtle gauçhe. Nous marchâmes
en cet ordre aux Ennrmis, &
nous les chargeâmes vivement à
lapointe dujour. Jenevousferay
point le détail decette aélion, je
vous diray feulement que tout
l'honneur a esté de nostre cojlè
, & que nous eufjtorisinfailliblement
fait lAmour prisonnier,]i
fin z\'p!}ment de lEfime ne sufl
arrivéfort à prOpfJ pour luy. Ce
secoursimprévu nous étonna, (7
nous rmpefcha de po,4rfuivrenortre
kriéloireNous nous retIrâmes
donclefoirdans noslre Camp
en bon ordre,&sans avorperdu
aucun Officier de marqut. Dépit
mortel CT Transportjaloux ont
fait des ptodigesnoflre Generalejlcharmc
de la naleur de ces
deux Braves Etrangers. Voicy
çe que nous fçavons dt la perte
des Ennemis.
La Confiance blejjé 0* fait
prisonniêr,sonRegimententière-
+ ment défait, des Pleurs, Brigadier
d' Infanterie,Legerement blejjcatt
coin del*oeil, son Regimentdéfait.
UEJperance blessé à mort, son
Regimenttailleen pieces. L'EJIU
fne a reçuune legerecontufiond'un
éclat desoupçon. Ondit que cene
fera rien , mats que lesmoindres
Coupsfont dangereux dans la Ca*
niculr. Son Régiment n'a point
fluffert. tAdteu, mon Amy,je
fuis fatiguédu Qombat,£7*'vais
me coucher. Je te manderay de*
main quelque chose de nouveau,
ïlnfenfible DuCamp de la RaifinJ
le2.4. Juillet.
Rien n'est si cruel que de
perdre ce qu'on aime
, vous
en jugerez par les choies
tendres & passionnées que
vous trouverez dans l'ouvrage
dont je vous fais parc.
ELEGIE.
DAnsïaimableSaisonquune
vertepeinture
Ome Les bois, Les champs) embellit
la nature,
Q¿e le Soleilbrillant d'une fltu vive
ardeur
Donne une ame nouvelle à la plus
riche fleur;
!S#r le bord d'un ruisseau dont les
eaux argentines
\Çonfervent la fraischeur de deux
c?o(lesvoiifnes,
&efpfitlibredefoins,&lecoeurfans
amour, [d'alentoury
¥ècoutoù les concerts des oiseaux
Qjuana du pied aun vieux Sauld
une voix affoiblie,
Vint troubler par ces mots, leur
douce melodie.
Doux Chantres de nos bois>animauxinnocens,
,AUc,/latler plut loin £oreille dei
passans»
Faites dans le chagrin où monamt
se noye,
Vn plus heureux morteltémoin d6
voflre joye ,
Ousi vous demeurc'{ dans les lieux,
ou le fuis
, Daigne^,pe.its ciséaux,part.i*e\\
mes enru/J.
Angéliquenejl plus > une jitVrft. cruelle.[Belles
Al*aràeuiïdemesfeuxaravi cettv
Et Linjufie deflm
J
jaloux de ?::o<
bonheur»
4 fait depuis faux jours cetteplaye
à mon coeur.
Helas I combien de fois assis fous
ces ombrages
>
[ ramages !
4vons: nous admirevosdifferens
Helas l combien de fois dans ceS
Valons cheris,
Brûlâmes nous des feux dont vota
efiiez épris !
Vousy pajjions les jours à payer
nos tendresses,
De tout ce qu'ont de doux dïinnocentes
caresses
>
Et dans tous les plaisirs que vous
pouviez^gouter,
Vous n'avions autre foin que de
+ vous imiter.
Jetemps, cet heureux temps,trop
10ft suivi d'un autre, Hend mon fort aujourd'huy bien
différent du voftte.
Amoureux 6 contons > tout reponik
vosvoeux
pous vous applaudtffez^du bonkeuw
de vosfeux,
tandis que mit & jour Pâme ail;,:
ennuis ouverte,
J"se fuis à (eMpirer, effrayé de ma pen te. lplNn
Infortuné Tirets
*
Ançeltquerie^
Ah! mes platfîrs pa/fe" quefteJI«
vous devenu*?
Et toy, Tyran des coeurs, Amotx
impitoyable
,
Que ne lafaifois-tu moins belle,6
moins aimable
Ousituluy donnois ce trait toâjouv,
vainqueur, t
Pourquoy ne ïarmtr pas J'u;.
froide rigueur?
Mais non, cette Beauté digne <£
sre éternelle
Ivoit pour moy l'ardeur que jese1 n1 '
tois pour elle*.
kJeft icy quanime d'un rayon de
ses yeux,
7 mèprifois les biens de la ferre &-
des deux.
"efloitsur ce gascon quelle aimoii
à mentendre
;.y jurer un amour aussi confiant
que tendre
tque dans se>s regards elle mt
laissoit voir
V que mon feu sur elle avoit prit
de pouvoir. [ vie»
ila Parquefunefie au repos dema
7ans la fleur de ses ans ne me t'Cllft
f pat ravie, haux lieux vous nous verriez^ an
gré de nos desirs
"oujours de nofite amour faire tous
nos plaisirs>
Mais la nuit du tombeaula dérobé
à ma vûë,
Ah!macberemoitié,quesses-vofùs
devenue!
Je ne vou* verray plus, mon mal*~
heureux enoir
Ne fftJuroit se flater du bien de%\*
vous revoir,
Et de ce beau feiour la retraittiw
tranquille, l ble ~<"
Ne nous pressera plus [on chaTita-¡,'
Encore si vostreOmbre allen ve & *
ma voix
Pouvoit se rendre icy pour la der-w:
uiere fois,
Quelle pllft un moment s'assoit fuK'îy
cette couche, f
Que je pu/Je imprimer un baiferjuftn\
sabouche!
Mais elle fuit du fort /'implacable
courroux,
,2»; veut quelle me foit plus cruelle
quevous. p toy3 charmanlRuisseau) qui mnrmures
sans cesse,
htlufpens un peu ton cours, tu ria*
rien qui te presse.
sAvant que du Soleilles feux soient
amortis, [ Thetis.
tra te via reposer dans le lit de
TJSenjible à ma douleur, dans ton fein
pacifique,
\JFaismoy,petitRuisseau,retrouver
Angelique >
LSans ce saule ombrageux,
, z/0/)£;j
dé ces roséaux,
FÀVous avons vû cent foia [on ptr-
|* trail ddnstes eaux. Mais loin de soulager ma trijleffe
profonde, Je ternis par mes pleurs le cristal
de[on onde,
Et moy-mesme, ennemy de mon contenitment,
.1edonne de laforce à fonfoiblepanchant.
[ trine opptefjêe
rd >
cours, à la Mer. SII poi-
Refusa de donner le jour à sa pen- t
fee» 1
Et son amour ardent pa, de der~ J
nieri efforts t 1
Détachason esprit des liens de fin
corps.
De ces lieux déley, deux Nimphes
boccageres,
Couvertes trifiement de mousse, 6
de fougeres
t Vinrent dun pied légerau bord de 1
ce Ruisseau, 1
Et de leurs belles mains creuserent
Pourfmginartdoeémrbdmeeasuo.nonomirunee lo,nIgue 1I
Elles eurent lefoin d'y
graver son
1
hiflotte»
Et les oiseaux touchez^ de ses cui-
1 sans fouets ,~
Chanteront aux Ecos Finfortuné
Tircis.
On voit tous les jours arriver
des choses entieremenr
éloignées de ce qu'ona crû
qui devoit estre, mais jamais
peut-estre il n'y a rien eu de
plus extraordinaire que ce
que je vais vous dire d'un
Cavalier fage &plein de raison,
à qui l'usage du monde
-
avoit fait faire de grandes experiences.
Il estoit âgé de
trente cinq ans, & comme il
joignoit beaucoup de bien à
toutes les qualitez qui font
l'honneste homme, il s'estoit
offert pluficurs Partis dontil
n'avoit pu s'accommoder.
Aprés avoir examineà loisir
la diversitédescaracteres des
Femmes
,
il entendit parler
avec beaucoup d'avantage
de l'union de deux jeunes
Soeursqui sembloient n'avoir
qu'une volonté, & qui vivoient
fous la conduite d'une
aimable Mere, qui s'étoit
acquis d'autant plusd'estime.
qu'allant demeuree Veuve à
vingt ans, elle avoit refusé
divers Partis considerables,
pour se donner touteentiere
au foin de bien élever ses
Filles. Comme elle avoit
trouvé dans l'une & dans fl'autre un excellent naturel
r qu'il n'avoir fallu que cultiver,
elle y avoit-parfaitement
;
réussi, & leur docilité à la
[ croire sur tous les avis qu'elle
I leur donnoit
,
jointe à leurs
i bonnes inclinations les rendant
dignes de tout sonatta-
> chemenc
,
il s'estoit formé
entr'elles une tendresse reciproque
qui n'étoit distinguée
à l'égard des Filles que par le
respect qu'elles avoient pour
leur Mere. Le Cavaliertrouva
moyen d'avoir accés dans
cette maison, & il fut charmé
de tout ce qu'il remarqua
de noble& de peu commun
dans ces trois personnes. La
Mereestoit encore assez jeune
& tres. bien faite;& si elle
n'avoit pas ce vif éclat que
donnent les belles années,
elle conservoit de la beauté
dans ses traits;& d'ailleurs il
yavoit un tel agrément dans
son esprit, qu'on ne pouvoit
jamais s'ennuier en la voyant.
L'aînée de ses Filles eftoic
dans sa dix septiémeannée.
C'estoit une Blondeaimable;
enjoüée, qui avoit en toutes
choses des expressions heureuses,&
qu'on écoutoittoujours
avec plaisir.LaCadette
quiestoit Brune, & moins
âgée d'un an que saSoeur,
avoit quelque chose de plus
doux, & dans son elprit &
dans son visage,& quoy qu'-
elle fust d'une humeur plus
serieuse, ses manieres étoient
si piquantes, qu'il éstoit bien
mal aisé de ne s'y pas rendre.
La politesse ôc l'honnesteté
estoient égales dans l'une &
dans l'autre,& le Cavalier ne
put les voir si bien élevées
sans donner mille loüangesà
celle qui avoit pris foin de
leur éducation. Comme il remarquoit
qu'elle leur donnoit
l'exemple sur toutes les
bienseances, il eut pourelle
une estime singuliere; & la
Mere qui le connut bien-tost
pour un homme avec q'u
il yavoit beaucoup à profiter,
soit pour l'esprit
,
foit pour
la pratique du monde
, ne
fut pas fachée qu'il s'attachât
à ses Filles, avec qui il avoit
souvent en sa presence des
conversations vives & fort
agreables. Insensiblement il
se rendit familier en cette
iiiaifon,& laMere ne se plaisoit
pas moins à le voir que
ses deuxFilles. Leur sagesse&
l'amitié tendre qu'elles se
marquoient l'une à l'autreen
toutes fortes d'occasions, furent
des charmes pour luy
qui l'engagerent à une assiduité
extraordinaire. Il entretenoittantostl'Aînée,
tantost
laCadette, selon que le hazard
lés,luy, faisoit rencontrersre.
parément, & onremarquoit
à ses manieres qu'il
estoittoujours également satisfait.
Cependantcomme ses
visites commençoient à faire
bruit sans que l'on pust dénu
sler de laquelle il estoit le
plus touché,de la Blonde ou
de la Brune, la Mere se crue
obligée de le faire declarer,
afin que s'il n'en vouloir à
aucune d'elles, il s'accoutumast
àcare moins assidu,&i
qu'il se bornait pour elles
aux simplesdevoirsd'Amy.
Le Cavalier qui connut bien
qu'il falloit parler
,
se trouva , dansun fort grand embarras. I
convint quel'interest de ses
illes demandoit qu'il s'exliquast;&
il affura d'abord
a Mere, que si elle vouloit
accepter pour Gendre, il
stoit prest de la contenter
ur cet article;mais en même
emps il luy avoüa qu'ayant
découvert dans ses deux Files
mille qualitez aimables
qui l'avoient charmé, iln'a-
~voit pû s'empêcher de les
~imer toutes deux, & que
cie voulant se marier que
pour posseder entieremenc
le coeur de la personne
qu'il épouseroit, il la conjuroit
de pressentir laquelle de
la Blonde ou de la Brune seroit
la plus disposée à estre
sensible à son amour. Il
ajoûta qu'il ne les vouloit
contraindre ny l'une ny l'autre;
que la disproportion de
son âge au leur pouvoit leur
donner quelque eloignement
pour cette alliance
, & que
s'il estoit assez heureux pour
estre veritablement aimé de
l'une d'elles, il n'auroit aucune
peine à conclure si tost
qu'on l'en auroit assure. La
Mere se trouva embarassée
son tour par cetteréponse
Le Cavalier estoit un Party
avantageux qu'elle voyoit
n'e stre pas à negliger. Il falloit
satisfaire ~sa delicatesse
sur ce qu'il ne vouloir point
d'engagement qu'il ne fust
leur d'estre aimé,& l'égalité
de satendresse pour sesFilles,
dont l'âge estoit fortpeudifferent,
la portoit à ne vouloir
rien résoudrequ'après qu'elle
auroit connu de quelle maniere
chacune avoit le coeur
disposé pour leCavalier. Elle
parla d'abord à l'Aînée, qui
voyant un établissement considerable
dans ce mariage, ne
balança point à vouloir le ceder
à sa Cadette Ainsi elle
assura aussi-tost sa Mere qu'-
elle connoissoit ses plus secrets
sentimens,&qu'elle luy
avoit vû un si fort panchanc
pour le Cavalier, qu'elle ne
pouvoit douter que sa perte,
s'il arrivoit qu'illuy échapafi,"
neluyfustuncoup sensible;
qu'à son égard il ne falloic
point apprehender quelle se
fistune peine de voir marier
sa Cadette la premiere;qu'au
contraire, comme elle l'aimoit
tres tendrement, elle
feroit ravie qu'on sist réussir -..
la chose à son avantage; &
qu'elle en auroit d'autant pl us
de joye, qu'elle nese sentoit
rien pour le Cavalier qui passast
l'estime,&que si on la
vouloir obliger à l'épouser.
l'inclination y auroit bien
moins de part que l'obeissance.
La Mere luy dit en
l'embrassant qu'elle ne luy
ordonneroitjamais rien sur
le mariage qui fust contraire
aux sentimens de son coeur,
& sans approfondir davantage
si elle parloit sincerement,
elle l'envoya à sa Cadette, la
chargeant du foin de menager
l'affaire avec elle. Cette
aimable Fille parla lamesme
langueàsa Soeur,& saCadette
rrornpée par la fausse
indifference qu'e lle temoigna
pour le Cavalier, ne fie
point difficulté de luyavouër,
que sesbelles qualitez avoient
fait assez d'im pression
sur son coeur, pour luy faire
écouteravec plaisir la proposition
qui luy estoit faire,
maiselle luy dit en mesme
temps que si absolument elle
vouloit renoncer à luy, ce
qu'elle avoit peine à luy conseiller,
parce qu'il estoit fore
riche & tres-honneste homme
,
la tendresse qu'elle avoit
pour elle, & ce qu'elle
luy devoit comme à son Aînée
, ne permettoient pas
qu'elleconsentistà l'épouser,
qu'il ne fc fustpresentépour
elleun party qui luy convinst.
Ce combat d'honnesteté obligea
la Mere à dire quesi
l'inclination de l'une ôc de
l'autre estoit pareille pour le
Cavalier, il feroit juste que
l'on preferast traînée, mais
qu'ilfalloit craindre queleur
contestation ne le blessast
en luy marquant trop d'inditterence
& que le party
luy sembloitassez avantageux
pour ne se pas arrester
aux formalitez accoutumées.
Le Cavalier qui sceut quelque
chose de ce qui les empeschoit
de se déclarer, fit
à la Me-re une plainte delicate,
& dit qu'ilvoyoitregner
beaucoup d'amitié entre ses
Filles, mais qu'il remarquoic
peu d'amour pour luy. Cependant
la dispute des deux
Soeurs ne finissoit point.
L'Ainéequi avoit connu que
sa Cadette aimoit veritablement
le Cavalier, se montroit
toujours
toujours indifferente
,
& la
Cadette disoit que quand il
seroit certain que sa Soeur
sust telle pour luy qu'elle
ouloit le paroistre, la bienseance
luy deffendoit de se
narier avant sonaînée. Ce
droit d'aînesse estant le plus
grand obstacle qui se pre senast,
la charmante Blonde se
crut obligée de le lever
, ce
qu'elle fit en fc retirant dans
~n Convent,d'où elle déternina
de ne point sortir qu..
île n'eustveu sa Cadette maiée.
Sa retraite leur ayant
ait croire a tg*"uelle n'é..
toitattachée auCavalier que
du costéde l'estime,onpensa
serieusement à faire lemariage
qui la dévoie mettre en
estat de revenir. Le Cavalier
convaincu de n'en estre point
aimé, par la resolution qu'elle
avoir prise,réunie pour une
feule les sentimens de ten.
dresse qu'il sentoit auparavantpour
toutes les deux, &
la Cadette ne luy cachani
plus qu'il pouvoit tout lu
Ion coeur, il s'abandonn.
si fort à sa passion, qu'il
pressa la Mere de ferm
ner promptement la chose
Déja le jour estoit arresté
pour la eonclurre, & l'Aînée
toujours devouée aux
interests de sa Soeur, avoic
promis de se trouver à la
feste, quand cette Soeur qui
se dévoie marier deux jours
aprés, sentit tout d'un coup
de grandes douleurs suivies
d'accidens qui dénotérenc
d'a bord une dangereuse maladie.
Le mal se déclara dés
le lendemain pour la petite
vérole,&ce futuneaffliction
extraordinaire pour la Merc.
Le Cavalier qui la partagea
très sensiblement,tâcha de la
consoler en l'assurant que
quelque changement quiarrivait
au visage de sa Fille,
comme il n'en pouvoir arriver
aucun nyàlon coeur ny
à Ton elprir, il seroit coujours
empressé également à
la vouloir epouser. L'aînée
ayant eu cette fâcheuienouvelle,
pressa beaucoup pour
sortir de son Convent, afin
deveniraffifier saSoeur, mais
la Mere qui craignoit le mesme
malheur pour elle, ne le
voulut point souffrir. Lemal
devint d'une violence qu'au.
cun remede ne put appaiser
& la fièvre estanttres-forte
il fut suivy de la mort en quatre
jours. Le Cavalier en demeura
consterné, & rien ne
peut égaler le deplaisir de la
Mere. On déguisa d'abord
la chose à la Soeur, mais enfin
il fallut luy avouer la perte
qu'e lle avoit faite
,
& le faitel,
que ne trouvant point
de larmes,elle parut comme
insensible
,
& dans un accablement
qui luy osta presque
la connoissance de toutes
[ choses. Quand elle fut un peu
revenue à elle.mesme,elle se
soulagea en pleurant, mais
la douleur avoit fait de tels
efforts qu'elle n'y put resister.
On la mit au lie, & on douta
plus d'un mois, si elle seroit
plus heureuse que sa Soeur. Il
est aisé de juger du triste estat
où estoit la Mere
,
qui, ne
pouvant aller voir sa Fille,
n'osoit la faire venir chez
elle
)
non-seu lement de peut
de luy nuire en la faisant
transporter, mais à cause du
mauvais air dont sa maison
luy paroissoit inférée. Elle
n'avoit point d'autre consolation
que les visites du Cavalier,
qui l'aimant autant
qu'il l'estimoit
, ne la quittoit
presque poinr. Les remedes
ayant esté em ployez, avec
succés,elle respiraenfin sur
l'assurance qu'on luy donna
que sa Fille estoit sauvée
, &
ce fut alors qu'elle ouvrit son
coeurau Cavalier, en Iny demandant
pour elle ce qu'il
avoit esté prest de faire pour
sa Cadette. Il la rendit maîtresse
de ses voloncez, pourveu
qu'elle voulull bien luy
laisser le remps de sefaireaimer,
ne voulant point épou-
,
fer sa Fi)te\ pour peu qu'elle
témoignast de répugnance à
y consentir. La Mere se chargea
de sçavoir ses sentimens,
& quand elle fut toutàfait
guerie & en estat de se montrer
à la grille, ils allérent
* l'un & l'autre mesler leurs
larmes aux siennes. Cette
premiere visite sur pleine de
douleur, ôc de regrets, &
cette aimable personneayant
témoigné dans deux ou trois
autres, des sentimens tresparticuliers
de consideration
& d'estime pour le Cavalier,
la Mere souhaita l'entretenir
seule,ne doutant point qu'étant
prévenuë pour luy aussi
favorablement qu'elle l'étoit,
elle ne voulust bien déferer
à ses conseils, sur le mariage
qu'elle souhaitoit. Elle
la pria d' envisager les avantages
qu'elle recevroit de cette
alliance, soit pour le bien,
Ifoic pour le repos d'une vie
heureuse, & comme il falloit
une réponseprécise, parce
que tout ce qu'elle luy disoit
lIluy estoit connu, sa Fille luy réponditqu'il n'estoit point
fquertion de luy peindre le
mérité du Cavalier pour luy
faire voir qu'il méritait qu'on
l'aimast;qu'elle vouloit bien
ne luy plus cacher que son
coeur avoit toujours esté fortement
touché pour luy
,
&
qu'elle ne l'avoit cedé à sa
Soeur que par un excez d'amitié
pour elle,ayant découvert
que ce seroit luy faire
plaisir. La Mere l'interrompit
pour luy témoigner la
joye quelle ressentoit de ces
dispositions, qui mettroient
le Cavalier hors d'inquietude,
sa délicatessele portant
à souhaiter, si ellevouloit se
donner à luy, quece sust sans
se faire violence.SaFille l'interrompitàsontour,&
l'ayant
priée de l'écouter jusqu'au
bout, elle ajoûta que si elle
avoit à semarier, ce seroit au
Cavalier préferablement à
tout autre, mais que la mort
de saSoeur & la maladie qui
luy étoit survenuë enfuice
avec danger de mourir
,
luy
avoient fait faire de si serieuses
reflections, sur le peu
qu'étoient les choses du mon.
de,qu'elle avoit résolu d'y
renoncer, & de se donner
toutà fait à Dieu. Cette déclaration
fut un coup de foudre
pour la Mere : mais eIre
eut beau faire, ses prières ny
ses pleurs ne la purent obliger
à changer de sentiment
,
8c
tous les efforts qu'elle employa
pendant plusd'un mois
furentinutiles. Ilfallutenfin
lui permettre de prendre l'habit
de Religieuse,&on la vit
s'acquiter de cette cérémonie
avec des marques de joye
qu'on ne sçauroit exprimer.
Comme on se flate toujours ,
la Mere espera que l'austerité
du Noviciat la dégouteroit,
mais la grace qui la soûtenoit
, luy donna toûjours de nouvelles
forces, & élisfit profession
avec le même détachement
desvanitezde la terre
qu'elle avoit reçû l'habit. Le
Cavalier continua de voir la
Mereavec de grandes assiduitez
,
& comme elle luy imputoit
un jour de luy avoir
ôté une de ses Filles
, qui
nauroit jamais songéà entrer
dans le Convent, si elle n'eût
pas voulu luy faire épousersa
soeur, il luy répondit qu'il
ne pouvoirréparer la
@.
perte
qu'elle prétendoit qu'il luy
eût cau sée, qu'en se donnant
tout à elle, & l'épcufant elle
même, puis qu'il n'avoit pû
épouser aucune de ses deux
Filles. La Dame semitàrire
de la proposition, & ce qu'elle
écouta ce jour là comme
une plaisanterie
,
devint peu
de temps après une chose
serieuse. Le Cavalier qui
étoit charmé de sa vertu & de
sa conduite, l'avoit aimée,
si tôt qu'il l'avoit connue.
Elle avoit encore de la beauté,
& ils étoient tous deux du
mêmeâge.Illuy remontra si
fortement qu'ayant perdu ses
deux Filles, elle n'avoit plus
les mêmes raisons que ra..
voient obligée de renoncerà
insecond mariage,qu'insensiblement
elle se laissa persuader.
Le Cavalierétoit revenu
de toutes les folles passions
quientrainent la jeunesse,&
son humeur douce& complaisante,
jointe àunesolidité
d'esprit peu commune, ne la
laissoient pasen état de craindre
qu'on pût condamner son
choix; Ainsi après avoir resisté
un peu de temps ,
elle
con sentit à être sa femme, & l'onad mira la bizarerie dela
destinée, qui ayant rendu le
Cavalieramant des deux Filles,
dont il sembloit devoir
épouser l'Aînée,après la mort
de la Soeur,luiavoitfaitenfin
épouser la Mere.
Je ne puism'empêcher de
vous parler encore une fois
de la découverte de laStatue
de Mercure,qu'on afaiteauprés
de laVille deBeauvais,&
dont je commençay à vous
entretenir dans ma Lettre du
mois de Juin dernier. Voicy
ce qu'en a écrit le Pere la
Porte, Minime, qui est dans
une tres-grande réputation
parmy les Sçavans.
A MONSIEUR***
MONSIEVR.
Pour répondreÀlaLettre que
vous m'ave^ fait [honneur de
m'écrire touchant la Statue de
Mercure nouvellementdécouverte,
jecommence parvous dire
que nous devons nous en rapporter
aux- Curieux qui nous ont
dépeint cette Statue3 o* communiqué
Llnfcriptlon
,
quoy que [tlonlesvujoit on pourrait con/e.
êlurerpar les ifgures des pierresy
si elles ont cflé aufrontifnice de
quelque Temple
, ou feulement
à quelque Autel privé. Je ne
croispas mesmequ'ilfoit zmpolJi.
ble de découvrirpar lafinejje on
par lagrojjieretédestraits de lune,
0* par la rcgularité ou le peu de
politefft des lettres de l'autre, le
siecle auquel elles ont eslé faites,
observant quayanteslésans doute
exposées aux injures du temps&
auxcorrosions des esprits que la
terre renferme danssonfeinJeur
finejje (y* leur beauté peuvent en
cere alterées; maisUrs que la figure&
linfcriptionfont auiJiconnoijfablesque
celles que nous exa.
minons3 il refletoujours quelque
idée dugeujt queues ont eu en
sortant des mains de l'Ouvrier9
& comme le goust a subi le fort
des Sciences (9" des beauxt,4rts
9 dontonaraifon de fixer l'Epoque
de leur décadence au tefnps de
Galien,ilse pourroit que lafigure
feroit antérieure au Regne de ces
Empereurs) ainsi que jevous infinueray
)en'Vous expliquantle mot
AVGVSTOI& que du bongouss
qu'ellesauroient eu dansleuynaf
Jance (si vous me permetteZ de me
servir de ce terme) les divers
inconveniens que je viens de toucher
lesfcroient paroifired'ungoujl
mediocre.C'eji aux Connoijleurs
quifont sur les lieux ànous dect,
derce point.
SACRVM.
MERCVRIO. AVGVSTO.
CAIVS. JVLIVS. HEALI.I.
S.S.VSVS. L. M.
&Antiquité ne manque point
assiz d'agrémens pour ne devoir
pas se difyenfier d'en donner de
nouveaux ÀfisBijoux* C'estles
défigurer que de les embellir, &
nous luj devons une vénération
ajfe%>&raride pournerien changer
aux presens quelle nous fait, ny
rienymesler de moderne. Voila
pourquoj avant que d'en venirà
l'explication de lInficription , on
me permettra de me récrier contre
le Copiée qui a mis neuf U &
deux J modernes à la place des V
&des 1 anciens. Ce n'est pas là
néanmoins quondoit uniquement
s'arrejler, mais sur ce quajant
observé les ponéluations, on ria
pas reflecby que pour donner une
connoifJance plus claire de l'1nftription,
on auroit dû marquer la
figureenoter laplacedecespoints.
Ce n'eppoinr une delicatrfJe) mais
unenecejJité,parce que nousvojons
dans les Inscriptions que nous
avons dans Narbonne, des Empereurs
^AugujiefTrajan,Adrieny
&c. que les points ont différentment
la figure ronde ou triangulaire^
ÇyjontdivtrfementfilueZ
après les mOlS) félon fufage des
temps quelles ont cftéfaites. Ily
a peu de gens qui se donnent le
Join dedescendre jusqu'àlesparticulariftr;
aujji en voit onpeu qui
conjeéfurent bien de Epoque, lors
que l Inscription ne la marque
point, laquellepourtant la diverse
configuration des points peut nous
faciliter.
SACRVM. Il efl necessaire,
Monfeur" pour éelaircir mieux
le fait enqUfftzon de vous faire
fouvenirque lemot SACRvMa
souvent esté pris pourfigmfier des
sacrifices @} des Temples, pour
dessacrifices quelquefois publicsJ
quelquefois parciculiers aux familles;
les plus Anciens.Auteurs
fontfoy de cette 'vérité.
MERCvRIO. Jene fçaurois
donmr dans l'opinion de celuy qui
a cruquepar ce mot, onpourrolt
entendre lEmpereur Adrienfous
la figure de ce Dieu: car bien
qu'ilfoit certain quon a vu dans
l'antiquitépayenne beaucoup de
PrincesJprendre lenom de divers
DlcUX, il cft encore plus certain
qu'on ne leur a point dreffédes autels
, des temples, C,des jiatues
fous desnomsemprunte^
,
cfôus
d'autresfigures que celles qui leur
cfîoitnt naturellescr ordinaires.
Laflaterie voulant trop bien perpetuer
IfSfxce'Z de fajuperflition,
ne les exprimoit pas d'une maniere
qui puft les rendre douteux à la
poflerttéJesçay bien que l'Em.
pereur Commode fut asséz fou
pour sefaire nommer HerCtlle,
quitter les ornemens de sa dignité
pour prendre ceux de ce demy
dieu^faiïCmettre afaMonnoyc
HERCVLI ROMANO mais dans
l'autre face il déclarason nom &
ses qualiteZ L. AEL. COMM.
ÀVG.Cequ',i*' l pratiquoit é1crivantauSénat
; de forte que linfcnption
ription de Beauvais ne nommant
point d'Empereur
,
elle ne
}oitpas s'entendredAdrien3mais
lu Dieu Merctere. le n'ignore
oint ( puis qu'onl'avoue dans le
Mercure Galant) que la barbe
ijoutée àlastatuë a donné lieu à
ette conjecture : j'djoûte même
ivecdu Verdict>quil a étéle pre.
nier des Cesars qui l'a portée.
Cependant il ne l'a point dans
leux Médailles que j'enay)dont
l'une efl de lafécondé année, Ër
rJautre de la troijiéme qu'il fut
Consul, c'est à dire lafécondé&
troijiéme deson EmpireJlejlvray
qu'ilrégna encore vingt& unan,
H auroit pu Jefaire peindre avec
U barbe, mais celane nous est point
r/lanififté par aucune de fis si.
gures.
AVGVSTO. QeTitreneparticnlarifantpas
le-enpertur Adrien,
jedis premièrement qu'il est don..
néà Mercure, parce qu'ilefloit reprefentéavecl'addition
delà barbe,
d'autant que comme au raport de
Gahen, on le dèpeignoit ordinairement
jeune, l'augmentation
qu'on afaire à cettefigure, nous est
exprimée parLeterme AVGVSTO.,
ab augendo
,
caravantquQcîavianCefarfujî
honoré de a
titre
3
on le prenoit si fouvem
Uns cefens^auOvidejfaitallu1.
îon lorsqu'ilfutdonnéà ce digne
Empereur.
Hujus&augurium dépendet
origine verbi,
Et quodcumque suâ jupiter
auxitope,
Augeac imperium nostri
Ducis, augeatannos.
1 Or nevoyant point que depuis
juil devint hereditaire aux Empereurs
,
ce nom ait eslédonné à
tucun Dieu, je presume par cet
r\VGVSTO
) que t'infcriptlon cir
sa figure ont esté faites avant
yu'Oéîavian l'eûtreçu du Senat.
Secondement
,
je dis que cet
AVGVSTO nousindiqueque cette
Image & cet Autelejhienj publies
& avaient eslé çonfacresç
qvcc les cérémonies Accoûtumées.
Je dis publics, à la différence des
Autelsprivc^ <& partiçuliers;
qu'on ne dedioit pas toujours fo- -lemnellement.Le mêmePoète nouïI uredifayt.
Sacra vocanc Augus-ta -Pattes,
Augusta vocantur
Templa Sacerdotum rite
dicata manu.
On pourroit mobjecter que
le
mot AVGVSTO devroit doncsi
rapportera sacrum, & nonpal
('i Mz&cvRio.tfflaiscettedifjij
ultési refoutaisément, sil'on
onfidere que la proprefignificatiort
le cenomeji unechop fainre,
âcree & pleine de majefié,
elle qtfeftoit la Statue dédiée à
Mercure3 avec la barbeftmbla-
?le à celles que Ciceron rernarjiuoit
dans lesImages & Statue*
anciennes. Sed illa horrida;
; barba)quamin ftatuis anti-
Itiis & Imaginibus videmus;
Outre que la Statue ayant eslé
sacrée par les Pontifes, on a dit
pour exprimer sa conficration)
MERCVRIO AVGVSTO.
CAIVS IVLIVS HEALI. Ces
deux premiers motssentent trop
bien lestile Romain,pourpouvoir
dire que cefoit un nom Gaulois,
commeonfveut nous l'insinuer dans
le Mercure.Pour HEALI. j'tftime
que c'ejl le nom de la Famille de
celuy quirétablitle Temple decet
Idole,e que la lettre 1 de ce nom
envaut deuxen cet endroit,comme
Chorier l'a remarqué après
lusse Lipje.Ilfautparconséquent
prononcer HEALII.
Quant aux explicationsque
Mrs les Abbe^ Villain& le Pe.
rilleux donnent àlinfçription
J
je
les revere comme les produélions
de deux beaux efyrriittss,pour lef- , pour lesquels
j'auraj toujours une eflimc
ligne de leurprofonde ;rudition;;
71ais comme vous me
demande
mes sentimens
)
le dots vous dire
naïvement}quoutre et qu'ils ont
dejacensuré l'un contre l'autre
dans le Mercure Galant, (It, pre.
miere portantCAIvs. Iv LIvs.
HEALIS. SVSCEPTVM.VOTVM.
SOLViT. LIBE-NS. MER1TO.
Premierement, iln'y a,point d's
dans l'infeription AU mot H EALI. ilnefautdoneptâ l'ajoutertmais
direHEALI,non pas healis.
Second, mentionafuprimèlalettre
i quifuitHEALI
,
cequ'onnawoit
pas dufuis qu'il falloit l'e.xpriml'
&l'expliquer.Trojitémementon?'
petit pasformer SVSCEPTVM
de deux différentes s. s. & du
mot vsvs. les pontfuations ne le
fluffrant pas. Quatrièmement,
cteft dénaturer les S.S.&V5Vs. que
de /irtru[cepturnvOtum.Jamais
on ne trouvera dans l'antiquité
que ces deux mots soient figureZ
par s.s.&vsvs. Cinquièmement,
si lepremier v du motvsvs,veut
dire votum , & la premiere f.
solvit, comment expliquer le dernier
v avec l'Çf On a fort bien
fait de les taire dans cette explication.
Sixièmement, en bon latin
on ne dit point) Faire un voeu
ye sacquitter d'un voeuP fufci:
pere votum ,
folyere votum.
Septiémement) ce libens merito
disentfuncontre l'autre de gran -
desfuperflutez On rie 'Voit pas
que dans les Anciennesinferipfions
de l'espece de celle ry , ces deux
mots sesuivent, du moins je ne
lay pas v'u dans près de trois
cens que jen ay de la Ville de
Narbonney nj dans les Antiquaires
les plus curieux.
Pour la féconde explication
qui porte CAIV.S. IVLIVS.
HJRES.AVLI.LEGAVIT.
IN. SACRORVM. VSVS.
LIBRAS. MILLE. supple
frumenti, je dois vous faire
observerpremièrement que nul
point ne separant dans le fiiot
HE ALI, les deux premières lettres
HE d'aVCC ALI. on ne peut
pas prendre les lettres H E pour
heres. 2.0Que nul v neftant
dans le mot Iieali delInscription
onpouvoit sepajj'er de dire AVLI.
qui l'admet f. Qu'on dit bien
en latin Aula.,au]cTum,aulis.,
CJJT*aulon,mais non pas aulum,
nj Aulus, comme on le prendicy
pour un substantif, & quaulus
n'a jamaisesléqu'un proenonQsi
je puis m'énoncer de la forte
,
de
maniere que ne se trouvant pas
seul dans lHistoire
)
de mejmt
lu-on le fait dans cette explication
; mais toujours en précedant
quelque nom, ou preced
d'un autre5cejl gratis cfuon l'a
inféré. 4°. Qu'encorequeles deux
S. S.puiiffientfignifier quelque fingulier&
r quelqueplurier3pourvu
que lesignifiéfinguiterlesrenferrne)
elles nedoiventpaseflre pointees
comme celles-cy.
)
à peine de
cassation pour l'une d'elles, ou de
mauvaiseinterprétation.jQ. Pour
donner unsens a l'explication, je
vois bien qu'il afallu expliquer Is
lettreL. qui riefi que penultiemey
& dire legavit ; mau pourquoy
violenter ïInscription 0* en Yin,.
verserl'ordre des lettresf 6° OA
riapointfait difficulté d'ajouter
une autre L. &defous-entendre
frunlenti. Vinfcriptionnoyant
qu'une L. elleJe trouve remplie
par Icgavic; à quoj bon en inventer
une autre,quepourénoncer
libras ? Nouspourrions voir
au reste, si la mesure estoit bonne
du froment, qu"onfous-entend,
&qu'on veutfaire venirkqua.
trefeptiers mesure de Paris, çjT1
examiner en quel temps les Ro.
mainsse fontfrvis de poids &
de mesure pour les grains. Ne
m'oblige%pas}Monjieur, à prononcer
CJT* à vous direlaquelle d:
jets deux explications cft lavcritable,
Vous lepouve% vous mef-
- me) après les observations que
nous. venons de faire, & contentez-
vous que je vous donne
mon explication.
CAIVS. IVLIVS.HEALI. l'
S.S. VSVS.L.M.
CAIVS. IVLIVS, HEALI. INSTAVRAVIT.
SVIS. SVMPTIBVS.
VSVS. LICENTIA. MAGISTRATVVM.
Les trois premiers mots de
rrwn vExplicationne ftuffrant
point de dlJJiçultéJvousJere%sans
doute bien aise que je vousrende
raison pourqvoy jedis vfus licen.
tia MagiHratllum. Ileflcertain
que les Autels & lesTempiesayant
leurs loixfyeciales> il
y en avait plusieurs qui inrerdi.
Joientaux ferfonncsprivéesjufi.
que mifmt aux foins de les tenir
propres, de les orner,&de les reparer.
L'exceç & la delicatejjc
à: la superstitionallaientsiavant
quilriefloitpas permis àtoutparticulier
ay porterJes prejens, ny
à*augmenter -ceux qui leur avoient
ejié déjàfaits3 Jans permission
ou tacite ou exprejje
,
&
lerjque les Templesestoient démolis,
ou les jiutels ruineles
tsfâagijlratsdonnaient cette per.
mifilon. Je pourrais vous prouver
ces faits par la différence des
quatre Tauropoles qui ont este des
ornemens magnifiques de nojlre
Villey dont l'un efloit appelle
Tauropolium NARBonenfe ;
ayant cfté basti par les Citoyens.
cm poureuxseuls. Lefécond ejloit
nommé Tauropolium Provincial
j parce que la Province reffortifiant
de cette Vzlle Met,opo..
litaineton voulut avoir un Temple
quisufl commun à ceux de ce
vaftc pays, que lesaffaires appel.
loient&retenoient àNarbonne;
cm cela, parce que l-e premu r nlétoit
que pour ceux de la Ville. Le
troisieme jut basti par une riche
& puissante Dame apptllée Tymele,&
pour elle ensson pArticu.
lieryaujfi est-il nommé dansl'infcripnowTauropolium
àliguria
Tymcle imitatum) d'autant
quelle l'avoit fait construire sur
leplan des precedens. Lequatrié.
me dont l'inftription ness qu'un
fragment, ne nous indique point
pour qui il avoit rfté basti) nous ytrouvonsfeulement Tauropo-
Jium-Maisvoicj ce quiefk évident.
Si toslquele Sénateut décerné
les honneurs divins à l'Empereur
Aiigujley la Ville de Narbonne
voulant rendre à 1-t mtmoire de
e grand Prince des témoignages
mmortels de [on Amour O* desa,
<econnoijfance}fit baflif unfuptrbc
Temple en son honneur, &pour
tendre mieux[on culte, on decla
.a expressementdans les loix de
a dédicacéde mcore au Palaisde<JMrleCarlinalde
Bon%i,noflre Jrehevejue,
qu'il (fioit permis à un chalan
comme Forçatulie le remarque
,de nettojer tAutel, de /'orner&
de le reparer,djfaireses
yrefem
) & d'augmenter ceux'
quonjferoir, siqvisTERGERE,
ORNÀRE» REFICERE*
VOLET, QVOD BENEFICII
CAVSA FIAT, IVS, PASQVE
ESTO. SI QVIS HVIC ARA,
DONVM DARE,AVGEREQVÆ
VOLET. LICETO. Sans doute
que les loix du Temple de Mercureruinéprès
de la Ville de Beauvais,
ne permettant point à toit-j
te sorte de gens de le reparer
CAIVSIVLIVS HEALI enobtint
lapermission des Magistrats,
que Ciceron appelle des Loix vivantes
; ille repara & le rétablitàses
dépens.Voilà pourquoy
je dis CAIVS IVLIVS HEALI. 1
INSTAVRAVIT SVIS SUMPTIBVS.
VSVS LICENTlA MA-
4
GISTRATVVM , le tout sans
changer
,
ajouter , ny diminuer
rien à l'inscription.Jesuis, Monsieur,
vofbrc^&c.
Voicy encore trois Sonnets,
quiontesté faits surles
derniers Bouts-rimez de M15
les Lanterniftes deToulouse.
Le premier est de Mr Gillet
le Fils,Avocat auParlement
de Dijon; le second deMademoiselle
Chance;& le troisiéme,
de Mr de Schoster. Q~~4 aveulit fureur, quelle
raytvom guide,,
JnfolemEnnemis en vain de ton*
les parts,
Vous pretendex^ pouvoit abbatte
nos remparts j En faveur de Louis la ridoire,
decide.
Vous tItVI(. vu cent fois dans sa
course rapide Par des faits inoüis effacer les,
Cesars;
Comme unffmple Soldat affronter
les hazards,
Et montrer en tous lieux un courage
intrépide.
Toujours fage & prudent par de
fjfe nobles emplois,
.Ilmet la foudre en main à ceuxt qui
fou* ses loix,
rfJnl chercher des lauriers au mi"
liea des - tempestes,
R"endetrvoja, il efl temps ,
mille
Peuples divers,,
Pourvoir un stgrand Prince, &
grofftr ses conquefiess
Sont venus à îenvy du bout de J."
Univers.
II. LOVJS du monde entier pourroiteftrele
guide,
Pourvoir cefameux RoyJ*on vient
de toutes parts,
Son bras a renversè les plus fermes
rempars,
.dfengré dela Paix>de la guerre il dccide.
Le cours de ses hauts faits cft si
beau
,
si rapide,
Qu'il vole au Champ de Mars plus
loin que les Cesars;
Remporte laViBoire au milieu des
hazards,
Prudent à commander,aucombat
increpidc..
Toujours Grand , toujours juste en
sesnobles emplois).
Sapieté s'applique à maintenir nos
loix,
Son foudre est sur la merplfls craint
queUs - tempefies,
Jiïfonarque eut-iljamais destalent
si diver-si
Sil faisoit tous les ans dïauffi belles
conquestes,
On le verroit un jour .MaifJre de
il Univers,
III. sVivex^encore en vain la fureur
quivous
- -
guide
Ennemis obfiine (orte,de (paies
parts,
Et revenez^ en fouie au pied de nos
remparts,
Attendre avec orgueil que le nombre
en décidé.
AffeUe; de marcherd'une Cfor/é v ;rapjdç,.,
: '.¡ rt Ç.,
Jigure^poMd'avoir pour soldats.)
des Cesars
)
JE/ quoy que peu portez^ à braves
les hazards,
Paroifez, animez d'uncouragt
inaepide.
Zouis riinterrompt passesaugufîe}
emplois,
Et de la me/me main quil vous donneses
loix, Ilforme contre vous ses foudres,
ses tempeiles.
Penle", en approchant deses rampars
divers,
QùunHéros» telqueIUYffditgarderses
conquestes,
S'il rie veutles ceder pour calmer - Univers.
Les Vers que vous allez
lire Sont de Mr de Senecé.
Tous ses Ouvrages Sont recherchez,&
l'estime que vous
m'avez témoigné que l'on en
fait dans vostre Province,
m'oblige à vousfairepart de
celuycy. C'estl'imitation d'une
Ode Latine de Mr l'Abbé
Bourard,à Mrle Cardinal de
Bouillon,surlesejour qu'il
fait en sa belle Maison de
Pontoise. RAce des Demi- Dieux) & fou*
»
tien de Egltfe, 1. JivUiUonipourquoybr.liun:de t,4ni
de Dignitéç
,
Préférér a la Cour, de vos venu
éprise,
Le [ejourdes champsêcariczj
Je n'en juispointsurprit. Lot Maifort
fortunée
Quiplaisiàvofire coeury (fr- rit à
vos regards,
Joilit d'un douxclimat, pompeufemOl!
ornêè
Par lenobleftcours desArts.
JÎuymentez^ par vos foins Cr par
vofired-èpenfey Lesif apparte,-nens fous de fuperbiîtoits
[cence
:;.(difputtil' Ltgrace d'" L maynifi-
Aux fui.us rmùnfjezdes Rots-
Là, des premiers Cefats que le
monde vit naître
La riche Galerie offre les traits divers,
Où L0VIS les effdcl, & s'y
montre leur Maiftre>
Comme ils t'(talent de i'Z;nivers. a
La du grand Godefroy la fieufe
viétoire,
Dans des rableaux exquis renaiss
fous la couleur,
Et dans d'autres Turenne embellit
nostre Miftoire
Des miracles de sa valeur,
g
rata-mesme ètincelant dans la
Pourpre Latine, -Au milieu des Heros vous ¡enez
voflre rang,
;EgalÀ ces grands noms d'oùpart
voflreorigine,
Digne héritier d'un Ji beaufang.
Aquoy bon vous parler du Pincer
salutaire
Quifauve de J'ou6ly cent Princes
differens l 1
Z)e vostre illuftie Aycul, de vofire
iUuftte Pere,
Dans temarbre encor refpirans ?
JI vaut mieux celebrer cescharmantes
Terrasses,
Ces Jardins fufptndus de hauts
murs couronne
Qui favoris de Flore, (jr retraite
des Grâces,
Toujours de leurs dons font ornez.
C'est l* quedun coup doeil a/Ix fiperbes
montagnes
, Qui de von* obéir paroissents'cm*
presser, -
Pour vous laisser Pafpect des fertiles
campagnes,
Vom commandez de s*abai(fers
vansunUttranfpatentL0:[elentt%
incertaine,
JBaife les mursfacre^jde cet heureux
sejour,
S'en éloignearegret va direk
la Seine
QuiL efl l'objet de son amour.
L4 Villequi reçoit Jonnom d't la
Riviere ) Forme unAmphiteatreau (omnzt-I
d'un cojieau
,
[ enttere
lit pour se faire voir J'étalant totitt
Rit au magnifique ChllftttlU.
Soit pourlapromenade3oupourla
rêverie,
Miue ormeaux enlace^ prompts à
faire leur Cour,
Ont foin de garantir vostre tesse
cherie,
Des ardeurs de1.4flre du jour.
C'efl pour voua quauprintemps
l*agréable Pomone
Répand[es douxparffuummss dans lei
airs ipuyez,,,
JSt courbant (es rameaux VOM presente
en Automne
Le choiK deses fruitscolorez.
Quefaime laNaïade à vos ordres
docile,
Qttipouffe en se jouant destorrens
de cristaly
£t va morguer la nuê en ondes
moins fertile,
lufquauprès de son lieu natall
D'un Bis impénétrable aux gemeaux
de Latone
Les Dryades en Choeursviennent
de tout coftez^,
,4 ce front plein de pourpre aj"ûter'
la couronne
Des Lauriers que voué meiitez*
Cefi vous ,
BoúiUon, cejlvous5
dont l'illuflre presence
De l'aimable colline entretient la
beauté
, Etpar tout fous vos Pu la trait*
quille abondance
Faitnaistre la felici/é.
Cejt là quefontparvous, Etrangers
DomefliqNc,
Re^alex^t accueillis £un air pteill{
decandeur>
Ce(t là que, de vos champsPaïïegreffepublique
,. you*fufpendezjvoftre grandeur. 1
Chacun de vos talens admire J'exccUellce,
'Le fangtl'heureux genieïefprit
cultivé»
Charmé de voir en vous à la haute
naissance* ? Se joindre un coeur plu* élevé.,
Le Monastere des Peres
Feüillans de la ruë S. Honoré
estant de fondation royale, j
les Personnes de la premiere
qualité se font faitdonneur(
d'y avoir des Chapelles, pour
y élever de magnifiques
Tombeaux,afin de vivre éternellement
dans l'esprit des
hommes, tandis que leurs
ames reposent dans le sein
de Dieu.Je n'entre point dans
ledétail de ceux qui contribuent
à la beauté de cette
Eglise. Je vous diray seulement
que le Sieur Renard
Lorrain, , tres. habile Sculpteur
,
vient d'y dresser un
Mausolée somptueux à la mémoire
de feu Mr le Comte
d'Harcourt,dont lenom est
si fameux dans l'Histoire. Le
R Tombeau est d'un marbre
appelléPortor, à cause deses
veines qui paroissent dor. Il
est sur quatre Consoles de
marbre blanc, sur lequel on
voit un Groupe de trois figures,
dont la principale est la
Gloire du Prince, soutenue
par le Temps couché sur des
trophées d'armes, tenant un
livre en samain,où font gravez
quelques traits de la vie
du Prince.Un Genie est à costé
tenantla Médaillé de Mr le"
Chevalier d'Harcour son Fils,'
le tout d'un seul bloc de marbre
blanc , derriere lequel
s'éleve un Obelisque de marbre
bleu de douze pieds de
hauteur,sur lequeleitun Aigle
de Bronze doré, le fupporc
de l'illustre Maison de
Lorraine. Au devant du Tom.
beau se voit un bas-relief de
bronze doré, chargé d'une
des actions de Mr le Chevalier
d'Harcour, dans le temps
qu'il estoit General des Galeres
de Malte Au dessous entre
les Consoles
,
est un Cartouche
de bronze doré, où
sont gravées les Armes de ces
,
Princes. De chaque cofté de
ce Cartouche fort un seston
de bronze doré, dont l'extrémité
s'attache à un musle
de Lion de bronze dore, qui
couronne la Console. D'autres
sestons environnent le'
Tombeau,& font un ornement
merveilleux au Piede.
stal. Cette Pièce est une des
plusrares du temps. Tous les
Sçavans danscetArt luy ont
donné leur approbation, les
Critiques leurestime& tout
le monde son admiration.
L'on en fera dans la suite graver
des Estampes, pour fatisfaire
les desirs des Curieux.
Il n'y a personne qui n'ai¡.
me les nouvelles découvertes
les Sçavans en sons sourcne,
mais il en est peu de la
nature de celle dont vous
~flftruirala Lettre que vous
~liiezlire.
A MONSIEUR..,.
MONSIEVR.
Je vais vous apprendre une
nouvelle qui vous jurprendra,&
quevous ne crolrek point d*abord;
mais deujjay jepasser dans
voflre tfpritpourun homme bien
credule, &peut eflre bienvifionnatre,
je me hasarde à vous
tannoncer>pcrfltadt quece mau*
mais préjugé ne durera quun moment,
Ër ne tiendra point contre
les illuflres témoignages qui me
ferDiront à la confirmer. Vous
connoifje% M Amontons. Vous
aimek tropla belle Phjfique pour
ignorer le merite &la réputation
d'un homme qui y fait tous les
jours desi belles découvertes. Ila
donnédepuis peu un fort joly Ouvrage,
dédié à Mfffieurs de ïAcademieRoyale
des Sciencestsur
14confir"Ciiond'une nouvelleClepsydre,£
7* de plusieursfortes de
1Jaromelres, Thermometres, çjT*
Uygrometresquinompointencore
paru. Ce n'tft pas de ces nouailles
machines dont je "veux
vous entretenir.Voflrc curiosite
sur celafera bien mieuxsatisfaite
si vous ave% recours àson livre,
quile trouve cheZ le Sieur
Jombert ,sur le Quay des Auguflins
; ils'agit de quelque ebofe
beaucoup plus nouveau & plus
extraordinaire.Il vient de donner
le secret de converser
,
@j- dese
faire entendre presque dans le
momentaune personneabftnle de
cent lieues
,
&mefme davantage;
&pour parlerfélon les termes
de lart, lesecret de faire connoipre
son intention dansun instant
à telle diftance donnée qu'on vouAra,.
Jevoyd'abordouva'voflrt
tfprlf. C'est, din{-'V,OIU
, une
fausseté & une vijion ; ou une
speculation*vainecy impratiquaîleis'ilj
a de la Denté, Ilfaut
qu'il ait àJes gages un rfprttfôllet
qui prenne lapoac,quife
charge deses Lettres Ensuite
faisant reflexion sur texiftcnce
douteusec,incertainede ccs Follets,
&sur le peu de bonne volontéquils
ont pour nous, supposequ'ily
enait, r¡,,'ous preneZ
des idées plus douces& plusnaturelles.
Vous rappelieZ dans
njofïre esprit les pigeons des Feitriens,
les feux noélumes,ifs
tourbillons de fumée pendantk
jour, lescoups de canonm.ilc
autres fortes de ftgnaux,aoKt on
s'ejï quelquefois Jervi pourJane
sçavoir aux personnesintcrcpc.'-^
la prise d'une Villei ou le gain
d'une Bataille: & vous renfermant
dans les inventions de cette
espece5 vousprorejle^ que tout le
reste vousejl JltfpeB ,ou de fauf-
(eté, ou de magie. Pour vous tirer
devojlreem barra-s ,jevousavoueray
d'abord que dans cette nouvelle
découverte ilfautavoir recours
auxsignaux, pourexpliquer
sa pensée;maiscejl unsignal
(impiej unique, qui neJe contente:
pat a exprimer un mot , ou une
pensée lont on est convenu, comme
lessignaux ordinaires que vous
pourrieZ imaginer
5
mais qui peut
rendre une Lettre toute entiers.
Cefl un alphabet réel & véritable,
qui d'une diflance desept
ou huit leiuës, vient parun misi
tere de Phjfifjue jusque dansvotre
chambre
,
jusque sur voflre
table, vous presenter (uccefJi'Utment
les différentes lettres qui
combofent les paroles que voflre
j4mg absentveut vous faire fçavoir
leneveux pas vous déveloper
aujourd'huy cette Enigmet
je riay pas permifflon de rcveler
secret, jcmecontentçrajy de 'Voeu
ire que fontconffyle dans une
laclnnetres-simple& tres-ingeieus,
composce de deux pirces
,
ont l'uneeflvers celuyqui parhy
y l'autre vers celuj qui koute
hjposées detelle in&niere, que fc
nouvant toutes deux en mejrn?
emps à la faveurdune lunette
le longue veuë
, que ['tcouta"t a
yardevers luyt tltes forment par
eur mouvement coricertfrecmer-
Veilleux alphabet dont jt viens de,
vous parler L' Inventeur l'ayant'
meditée lon,Yten)ps &s'en ejïanf
fait unevivedêmonflfation da11S'-
le-Cabinct-y voulut avoitrlepitâiJir
de s'enajjurer pleinement l par expérience. Pour cela il alla le
Lundy zS. de Iutilet àAieudon9
dans la maison d'un particulier
d'où il pouvoit obftrver , commodement
un moulin de 13elleruille,
Vil/tige prés de Paris,& éloigné
de MeudondeJîxmillecinq cens
toises,quifont trois lieuësc- un
quart dechemin. La il dijpoja'sa
machine sur unetableplacée dans
une chambre haute,eayantmis
l'ail à la lunette, il eut la fatisfaéliondevoir
quun homme qui
efloit convenu avec luy dese trou,
njer à certaine heure précise au
moulin marquédeBelleville;que
cet homme? dis jey Luy exprima
clairement,& avec unefacilité
merveilleuse cesparoles :A Dieu
seul honneur & gloire.
MI Hubin,son Ami, qui depuis
prés de,dix ans s'efl fait.
un plaisir de le féconder dans
toutes ses experiences, ayant
vu avec surprise la promptitude
& U fidélité de cette
Machine, crut devoirse donner
lhonneur d'en entretenir
Monfeigneur, qui efloit pour lors
à ,Meudon. Ilconnoifllegoufldu
Trincepour tout ce qu'ily a de
beau &.d'utile
) & cdmme son"
habiletéiconflruireles machines3
&afaire les expériencesdePbyfiquc
luy donnedepuislongtemps
un aact:z,.a/fè'{ favorable à U
Cour, il iuy sur aise d'approcher
Adonfeigneur
,
de l'entretenir de
cette nouvelle découverte
,
& de
ltry infrirer la curiosité d'en voir
l'épreuve. Le jourfutdonnépour
le lendemain à dix heures du ma.
tin, &afin(ju'ort ne pujlfoupçonmraucunejîtpercberie,
Monplaneur
eut la bonté d'écrire defa>
propre main cesparo.'es : Prendray-
je le loup "que je courrav
Jçudy ?Et ayantfait cacheter
lé Bdletfans le communiquer
À perjonne; il l'envoya parun
Valet de pied a eBelltvilley ott
devoit se trouver un Operateur.
Là le Billet fut ouvert à d'x heures
précises, (y l'Operateur ayant
lû ce qu il çontenoit ,fit les mou.
vemens.
Mf j/imontonsqui efioit à
Meudon,attaché à la luneflf
fit , les fiens de concert, etom alla
fibien en prejencede M le COYlI.
te de Bnonne, député pour a/rifler.
à l experience, qne M: Hubm
porta dans le moment à MonseigneurJe
contenu deson billet, ce
qui fut d'une agréable surprise
pour le Prince
, & pour toute /4
Cour, qui en fit ce jour là un desesprincipaux
dÙverlifJemens. La
nouvelle de cette cxperience fut
donnée au Rojpar Monseigneur,
& le bruit s'en ejiant répandu à
laCour,Son Alteffi Royale Madame,
marqua de la curioÇttepour
une nouvelle épreuve.Elle se fit
à Saint Cloud le Mardy fécond
d'j4oujls & réiijjtt comme à l'or.
dinaire. Enfin)Monfieur, on en
fit une troiséme épreuve deux
jours après en faveur def-Mademoiselle,
qui navoitpuse trouver
a celle de Madame. Cette jeun?
& fpirituellcPrincefe voulut
avoir part à lopération Ellese
tint auprès du Speculateur, O*
s1attachant
s*4ttachant à observer le mouvement
de la Lunette5 elle eut le
plaijîr de voirsur un alphabet qui
y estoit attaché, paroiflre fuccef-
Jivement les lettres qui comportent
le billet quelle s'efiolt donné 14
peine d'écrire, où ily avoit ces
paroles: Jesouhaite que cette
nouvelle découvertsioitaussi
utile qu'elle est furprenanre.
lecroy, Monsieur, qu'en vot'U
astr:( pour vdusconvaincre du
fait.Les témoins que je prent
la liberté de citer, ne font pas
d'unrangaestrereeufe% Il nes'a.
9 git que devous dire où tend cette
nouvelle décou'1Jertel,& quelufit*
ge on en peut tirer.Ane regarder
cela que comme une JimpiecuriofÙé,
&unerécréationmathématique
, vous m'a'Voüere:{.qu'il eJ1
fort joli 0* nouveau, que deux
AmisêloigneT^de quatre ou cinq
lieues, ou mesmedavantage,mats
dont les maisons ou Chaffeauxsi
ppeeuu-vveern~tt vvooirr kat la faveur d'un
Telescope,puijjent sentretenir
ensemble à tous les quarts d'heu.
res du four. Cette nouvelle
maniere de rapprocher les perfora,
nes qui s'aiment,e de leur donner
une communication mutuelle
de leurs pensées „dans une abjence
L~
,,
d ins uni fence
réelle Ci effcfhve, doit pamfire
fort ingenieuse & d'un grand
agrément pour ceux qui en font
l'épreuvey mais ce n'a point
ejîé li leseul dejjeindel'Inventeur.
Ilaporté(esveuè's plusloin;
(7ilest aiséde voir que pour peu
que les Souverains voulurent
convenir ensemble, on pourroit
facilçment étAblirune communication
deParisà Rome, à Ma.
drid ,à Vienne9 &c. à la faveur
de laquelle on feroit inflruit pref
que sur le champ, du moins en
peu d'heures
,
de tout ce qui terri.
ve de rtmarquable dansles Proniinces&
les Y, o vinces&Royaumes éloignek;
carsupposéqueje puissefairzconnoijtre
ma pemee À un homme
dans une diftttnce de quatreoucinq
lieuè's,celuy qui la reçoit à cette
dijlance, peut dans un moment U
tranfimettreàun autre également
éloignentautre la peut porter à
untroifiéme;&ainfi de distanceen
dijîance jefiray, pour ainsidire,
<voleruneLettre jusqu'auxçxtré.
mitez de l'Europe. Il ny A quk
établird'efipaceenefipacedesObfer-
*vatoircsavecdesMathématiciens
pourfpiculer. Cette dépensê n'iroit
passiloinqu'onfie peut limaginer,
c
parce quon pourroitfie ifervir des
'Tour.r(:rdes Clochers quifetrouventfréquemment,
sur tout dans
~- - -- -- 1
un paysaujjipeupléquela France.
Cependant, Monsieur, je vous
permets de regardercedejjein commeunebelle
idéetquiejivrajequi
ejl démonstrative, mau dont l'exe.
cution ejicommeimpoIJiblefur tout
dans un tems où nous [ommes dans
la trisse necessité de nepouvoirpar-
1er à nos voisîns que par la voix
terrible des Bombes &du Canon.
Du moins conviendrez^- vous
qu'il ne feroit pas impossible du
Roy desçavoiràcoup prés, & à
toutes les heures du jour,ce qui
si PaJJe/ur Frontiere, ou dans
une Ville ajjiegéc. il ne pàroiss
pas que cette dépênfejuflconfide*
rablepour un grand Prince. Mr
montons démontre par les supputations
exaéîes qu'ilen afaites,
quelle feroit moindre que celle des
Couriers extraordinaires qu'on
dépêchesans cesse,&qui malgré
leur "{tle pour lefervice du Roy,
font bien éloigneZdefaire lamt.
me diligence;mai6 la Cour efl
fage (jr éclairée,elle est instruite
de cette nouvelle découverte, elle
en tirera l'usage quelle jugera à
propos. Quand cette ingenieuse
nouveauté ne feroit d'autre effet
que de la divertir 0- de l'occuper
agréablement pendant une heure
; .? ou deux, comme il efl arrivé ré.
cmmcnt jufquà troisfoisy lInventeur
s'efhme hturtux,& bien
payé de [application qu'il a eue
à la méditer. Pourmoy> t^Mon-
Jieur^quiconnaisvotre amourpouf
les beaux Arts)& voflre curiosité
pour tout ce quils peuvent
produirede-rare&d'agreabley je
me fuis fait un plaisir de vous
entretenir decette nouveauté. Je
vous en diray davantage à mon
retour dans la PrtYVince. L'heu.
reuse situation de ma maison par
rapport à la voflre, me donnera
,
heu devous en inflruireparvofire
propre
1
eicperience; e pour peu
que ccla vous f!f!è plaisir, une
iijiance de trois lieues ne mottra, 1
point la liberté de vous repeter
pluseurs fois le jour, que jefuis9
Aîonjieur9vostre, &c.
Le 25. du mois patTé, Mrs
de l'Academie Françoisè (o.
lemniserent,selonleur coutume,
la Feste de Saint Louis,
dans la Chapelle du Louvre.
Mr l'Abbé Testu. Mauroy,
l'un des quarante de ce
Corps, celebra la Messe,
-
pendant laquelle on chanta
plusiursMotets de la composition
deMrOudot.Il reussit
à son ordinaire, & la Musique
fut trouvee très bonne.
EnsuiteMrl'Abbe deBellegarde
prononça le Panégyrique
du Saint, & prit pour son
rexte ces paroles du sécond
livre des Rois, chapitre 11.
Accinxiftemesorttrudine ad pr£-
,
~lium,incarvaflirejîjîentes mihi
fubttis
me. Il divisa son di fcours
en deux parties; & après avoir
montré dans la première que
Saint Louis avoir toujours

foutcnu leseffortsde ses Fn..
nemis avec le courage le plus
intrepide, il fit voir dans la
* sécondé que la puifïanceabfoluë
que Dieu luy avoit cem.
mise, ne l'avoit jamais aurorise
à se rien permettre contre
les devoirs d'un veritable
Chrestien. Il n'y à rien de plus
vifque la peinture qu'ilfit des
périls que ceux qui veulent
mener une vie pure & innocente
, ont accoutumé de
rencontrer à la Cour, & à la
honte des Peres & des Meres
qui prennent si peu de foin de
l'éducation de leurs Enfans,
11 n'oublia pas cette pieuse'
maxime de la Reine Blanche,
qui faisoit sanscesseentendre
à sonFils,qu'il devoir plutost
laisser perdre sa Couronne,
ue de rien faire dont la Ma.
illé de Dieu pust estreblesée.
Il dit à Mrs de l'Acade.
mie, quequoy que leurs Ouraçes-
leur assurassentl'immorralité
, cette gloire n'efoit
rien
,
s'ils ne clier.
choient à bien vivre pour
obtenirune sainte mort. Laprésdînée
de ce mesme jour,
'Acadcmie tint une seance
publique pour distribuer les
Prix. On leut les deux Pieces,
qui lesavoient remportez,&:
on donna celuy d'éloquence
à M:Brunel, Procureur du
Roy au Bailliage de Rouen,
qui l'a déja eu une autre fois.
Son Discours reçut de grands
applaudissemens dans cette
Assemblée. LePrix dePoesie
fut donnéà Mrde la Granche,
Secretaire du Roy& Avocat
au Parlement;.
Vous me demandez les
raisons de la dissolution du
Mariage du Prince de Brunsvic-
Lunebourg, & àeJ'a Princeffe
son Epouse. Vous les
trouverez dans le Factum que
je vous envoye.
FACTUM.
1L y a déja quelque temps que
Madame laPrincessecydenant
EpousedeS.sA.le Prince
Elcéloral de Brunpvic - Lunebourg
t a commencé à témoigner
quelque froideur poursadite Ai
tejJè son Epoux, qui ayant eeë
fomentéepar la malice de méchan.
tes gens ,
la porta enfin àaller
trouver SA ferenififme le Duc
George GuillaumeJon Pere-, & i luyfaire des rapports milfondezrurbeaucoupde
choses contre
S.At le Prince Eleéloràl, afin
de colorer en quelque façon son
procédé &(es froideurs,cmpour
émouvoirsadite d. S.son Pereà
vouloir la retirerchtz lrry, où
elle fit voir par toutesfis mAnie.
Tes, que ses intentions pilotent à
une entierefiparation; mats S. A.
ferenifftme le Ducson Pere ne
pouvant approuver une conduite
si étrange,l'exhortaenPere d'avoir
pour S.A.le Prince EleElo.,
ral son Epoux, des égards plus
conformes à ses JevDirs, c-* la
renvoya à Hannovre
,
où Son
ji. Elcéloralede BrunfvicLunehourg
sson Beau pere, nemanqua
pas apffi d'employer de soncojlé
tous lesfoins imaginables auprès
JeMadarne la Princejje, pour la
ramener dans le bon chemin, &
pour rétablir l'union entre le Prin.
ce Eleéloral 0* elle3 à quoj elle
donnoit souvent de grandesesperances
par des promessesréitérées,
mais elle continuadetémoigner
en effet le contraire par sa conduite.
Cependantl'Eslé pAsé, lors
que le Prince Elefloral devoit
eflre bien tofide retour de Berlin,
où il efloit allé pour rendre une
njifiteàSA. Eletlofale Aiada.
me ïEieflriaedeBrandebourgssa
<
&oeyry,Madame- t<a- Princejvp,
- r ., :
bien loin de lattendre,Je-hâta
au contraire de l'évitervoulant
se retirer chek S. A. S. le
Ducfan Pere) il trouva cette
conduite égalementopposée au de.
voir de Madame la Princeffi Eleflorale
,
CM aux exhortations
paternelles qu 'il luy avoit faites
là dessus, £7*te'rejjentitd'unemanièrequ'il
nevoulutpoint lavoir,
mats la fit conduire à un deses
Bailliages nommédhlden.
Pendant leJtjourqueCftiadame
la Trincejje y fit,S.A.
SeremJJime son Pere, auJF bien
que S. A. EUflorale fon- Beau-
I!tre, luyfirent remontrerparleurs
Minières l'injuflice de fort froccdéy
cries inconveniens qui en
naiflroient,maisdemeurant, nonobstant
toutes fortes de remontrances
,ferme danssa resolution
de ne vouloir plus retourner à
Hannovre5on lafit conduiredans
un Bailliage de la dépendance
d'Hannovre, nommé Lavenau.
Depuis ejiant demeurée inébran.
lable dans ce quelleavoitprojet*
tc9 le Prince Electoral a cru que
le liende son mariageavec Ma
dame la Princefe ne pouvoit
fubJifttr, puis qu'elle le dijJol.
voit par une desertion si manifeste
&' a [upplié leurs Altessés
Electorale&SerenijjimesonPcre
&son Beau pere, de vouloir
choisir quelques-unsd'entre leurs
Ministres & Conseillers
, tant
Ecclesiastiques que Seculiers, pour
en former un Tribunalautorisé
de connoiflre de cette affaire,&
d'en décider suivant les Loix &
les Coutumes objervées dansl'Eglisedelà
Confejjiond*Aujbourg.
Sur quojy leurfditesAltejjes Electorale
& Serenifjimc nayant
pu se dispenser de déferer à la
juste demande de SonAltesse le
Prince Elefloral, ils nommerent
chacun deux de leurs ConfeiUers
Ecclejtafiiqucs, deux Séculiers,
& conjointement un Minière
d'Estar, pour en enre le PrcJident,
les constituantpourJuges
dans cette affaireyaprèslesavoir
dtfpenftTiy quoad hune aaum
judicialem
,
du ferment qu'ils
leur avoientpresté, O* après leur
en avoir fait presser un autre
expressément à l'égard de -l'assc
judicial,par lequel on lesautorhmw
siut, *
En vertu de que le Preftdent
&lesJugesà cenomrnez s'eslans;
ajjembleSon Jlltejfe le Prince
Electoral fit intenter devanteux'
par sonAvocat, quilavoit autorisé
pour cela,l'accusationd*'
defertton contre Madame la
PrinceJJe Jon Epouse
,
qui luy
ayant eslé communiquée poury
répondre3 elle perftjla avec la
mesmefermetédans la résolution
de ne vouloir plus vivre avec
Son jilteffe le PrinceElcfloral.
Ce neanmoins on députa quelques
uns des Juges versclic,
PQur tenter encore s' il feroit pof-
Affilede la ramener à d'autresfenùmens,£<
rpour tâcha de rétablir
l'union entre elle & Son jiltejfe
le PrinceElcfloral; mais tout
fut inutile, & MadamelaPrincejje
déclaraenfin une fois pour
toutes,quelle ne vouioit jamais
retourner auprès de Son jïlte[Je
le Prince Eleàloral-, de forte
dqeu'il ne ressoit plusaucunejpoir
la détourner aefA desertion
abftinéc. C'ejl pourquoylesIuges
procederent à la fin dans la causi.,
& prononcèrent la Sentence
publiée le as.Decembré 1694.
À Hannovre, portant dzjJofution
enttere du Mariage entreSon
4,41teffe leTrinceElectoral e
Madame la Princejjeysuivant
les Conjhtutions qui s'observent
dans l'EgliJede la Confejjton
d'Aufbourg., en de pareils cas de
dejtrtion
3
&qui mettent la Par.
tic innocente enpleineliberté.<;
C'est une chose surprenante
que la depense que les
Anglois & les Hollandois
ontfaitecette année pour
bombarder nos costes. Outre
celle de cinquante à soixante
gros Vaisseaux, qui
montent à plusieurs millions,
il leur a falluun grand nombre
de Galiotes à Bombes,
sans compter les Machines
ausquelles ils donnenr le
nOlT.1#tJ!¡"[trnAlts;&que nous
* pouvonsappellerinutiles, puis
qu'aucune ne leur a réussi,
quoy que ces machines ayenc
estéinventéespour renverser
les Villes entieres, & qu'eles,
renferment non feulenent
de grands magasins de
coudre
,
mais encore toutes
es fortes de machines que la
poudre peur faire joüer. Nous
avons vû jusques icy que
toutes leschoses d'invention
nouvelle ont esté perfectionnées
avec le temps, & quece
qui estoitpeu considerable
d'abord, l'est devenubeau-,
coup dans la suite;maisles
machines nomméesInfernales
ont eu un sort tout contraire
, &depuis qu'on a commencé
às'en servir,leur eiïet>
aesté moins gran d d'année
en année.Sielles en ont fait
quel que peu à Saint Malo il
yatroisans ,
ellesn'ont pas
eu le moindre succés depuis
ce temps-là. Auiïr les Hollandois
ont-ils esté simal
satisfaits de tous ces Bombardemens,
qu'ils ont déclaréqu'ils
rienvouloient plusfaire,
qu'ils ne contribueroient plus à
cette dépense, e qu'ils ne renvoyeroient
plus leurs Galiote à
tombes.Il est vray que nous
avons si bien sceu nous pré-|
cautionnercontrecette forte 1
d'hostilité,que nosEnnemis.,
sont
J


sont forcez de convenir, que
nefme quand nous n'armons
pas, toute leur puissancema-
~itime ne sçauroit nous apporter
aucun dommage.
Je vous envoye le dessein
rune Carcasse que les Angloisont
jettée à Dunkerque,
& qui aestétrouvée
~ruide sur le fable. Elle pese
rois cens livres route vuide
Le 16. du mois passé il lê.
passa une action des plus éclatantes
dans leCollegedes
efuites de Bordeaux. MrDe-
~lis, fils de Mr le Procureur
général du Parlement de
Guienne, soûtint une These
dediée à Monsieur le Comte
deToulouse, AmiraldeFrance
, Gouverneur de Bretagne,
& tous les Corps de la Ville
avec tous leurs Chefs, se sirent
un honneur de témoigner
leurzele pource Prince,
en se trouvantà cette aébon.
Elle commença par une harangue
du Répondant, que
ce début fit admirer detoute
cette illustre Assemblée. Le
sujetestoit cette question de
Philosophie,d'oùvient que les
Parcns ont quelquepenchant p*r~
ticulier pour quelques-uns de leurs
enfans.La question donna
liêéi à dire des choses fort
avantageuses au Prince, que
chacun sçait estre fort aimé
de Sa Majesté
,
puisque l'inclination
n'est autre chose
que lasympathie, ou la ressemblance
de qualitezéminences,
de sublimité de Genie,
de grandeur dame, de
douceur de moeurs, &c. Li
These gravée exprès par Je
SrDrevet,estoit magnifiq ue.
Ellerepresentoit au naturel
la personne du Prince , en Bustesur
un beau Piédestal, &
elleavoit cfié. gravée d'après
un Portrait fait par Mr de
Troye. LesDames à l'exemple
de Madame la Procureu-
[e Generale, ont fait enchasfer
ce Buste dans un quadre
doré ; de forte qu'à l'heure
qu'il est, il n'y a point de Maison
de qualité à Bordeaux où
l'onnevoye le Portrait decet
aimable Prince. La These de
Satin magnifiquementornée
foc placée fous un richedais,
dresse au dessus d'un fauteuïl
à deux carreaux de velours
sur une grande estrade. Mr
le Marquis de Sourdis,Commandant
dans la Province,
£z Mrl'Intendant estoientau
bas de l'Estrade avec les Officiers
de guerre & laNoblesse.
Mr l'Archevesque
,
à la
teste des deux Chapitres
) estoit placé dans le SanvStuaïre
de la Chapelle dans laquelleon
estoitassemblé, M1 le
Premier President
,
vis-à-vis
del'Estrade,àlateste duParlement
,faisoit face au dais
& au Répondant. La Cour
des Aidesestois àune extremitéde
l'hemicycle du Parlement;
lesJurats ou Echevins,
à l'autre. L'Université estoit
sur la ligne du Répondant.
Les Tresoriers, le Presidial è
la Bourse, &c. estoient placez
derriere le Parlement, en
l'Hemicicle.
Le Recteur de l'Université,
ancien Docteur Regent
de la Faculté de Droit, fit
l'ouverture de la These. On
y proposa plusieurs questions
nouvelles & curieuses, comme
de /'tAme des 1Jefles, de lA
Poudré desympathie, de lavertu
attractive de l'Aymant, du
vuide
, cc. Le flux & reflux
de lamer n'y fut pas oublié
en faveur de l'auguste Mecenas.
Toutes ces belles &di£
siciles matieres ne servirent
qu'à faire paroistre laconception
heureuse du Répondant,
la pénétration de son esprit,
sa vivaciténoble&temperée,
& enfin Ta facilité rurprcnanteta
esaésnoennocnecrearvaevcecaaggrréemmeennrt..
Il est bien fait de la personne,
& a un exterieur qui convient
parfaitement aux premières
Magistratures ausquelles
ilestdestiné dans la
profession qu'il doit cmbrasser.
Il ne faut pas s'étonner de
ce grand foccés
,
puis qu'il a
l'avantage d'êtreFils d'unPere
crcs-éclaii'é,àquiSaMajcfté•
a témoigné depuis peu par
une grace considerable, la
satisfaction qu'Elle a des services
importans qu'il continuë
de luy rendre, ainsi qu'au
Public, dans la Charge de
Procureur General. Madame
sa Mere,qui est de la Famille
des Pontat, si celebre dans
le Parlement de Guyenne,
joint à tous lesagrémens d'un
esprit gracieux, vif& délicat
au dernier point, une pénétration
, & une solidité peu
ordinaire aux personnes de
sonSexe, mais fore commune
dans celles de cette illustre
Maison.
1
Le ptemier jour de cc
ce mois
,
Mr le Marquis de
Boissiere, gran d Senéchal de
l'Agenois&Condomois, accompagné
dela Noblesse de
cette Ville, prefema au Parlement
les Lettres de Mrle
Duc de C haulnes, Gouverneur
de Guienne, pour les
faireenregistrer. Mr de Bourlemont,
Archevêque de Bordeaux
; Mr de Bezons, Conseiller
d'Etat & Intendant de
la Province,&Mrle Marquis
de Virafel, Maistre des Requestes,
prirent seance. Les
Maires ,
Jurats & Gouverneurs
de laVille, s'y trouverent
aussi; mais d'abord il |
s'éleva un differend encre la
Noblesse & les Jurats. Mr
Cambout, Avocat & Jurar,
ayanttrouvé la place deitinée
aux Jurâts occupée par la
Noblesse, parla sur le cham p
au nom de ses Collegue.
Mr de la Devise,& Mr Fournel
deTayac, tous deux Gentilshommes
& Jurats, ôc fit
un discours tres. fort, pour
faire voir que les Jurats de
Bordeaux elloient nobles par
leurs privilèges,&Commandans
de la Noblesse comme
gouverneurs de la Ville Mr
e Marquis de Boissiere répcndit
quelaNoblesse en Corps
ne dévoie ceder qu'au Clergé.
Mr de la Trene, premier
President, ramassa les voix,
& il fut prononcé que les
Jurats tiendroient la place
accoutumée,&qu'on porteroit
des bancs pour la Noblesse
au costé droit de la
Chambre d'Audience. Ce
différend ayant estéjugé, Mr
d'Uffault,Filsde Mrd'Uffault
la Croix,Conseiller en la
Grand'Chambre,& Petit fils
de feu Mr duffault3sificelebre
par la science & son érudition,
parla sur les Lettres de
Mrle Duc de Chaulnes,&fit
un Discoursplein d'éloquen.
ce, qui luy attira l'apptaudiffement
de toute la Chambre,
devant laquelleil adéja
parlé plusieurs fois, quoy
qu'il ne-foit âgé que de vingtdeux
ans, & receu Avocat
depuis peu de temps.
Je vous envoyé une Fable
de Mr Diereville
,
dont le
riom vous estconnu par plusieurs
Ouvrages d'un bon
goust que je vous aydéja envoyez
de sa façon.
LE ROSSIGNOL
& lesFauvettes. DFputs le retour du Printemps
,
rUn Ko(stgnol&deuxFauvettes*
Aformer al*envi les plus aimabki
chants,
Pajjoient les jours dans leurs ,e,.
traites.
Ces Oiseaux tous d'accord
, par
miSe tons divers
Faisoient retentir les haccdges,
Tous les Bergerscharmex^ de leurs
tendres ramages,
Venaient entendre leurs concerts.
Tout leur applaudissoiti les Nim,
phes des Fontaines,
Pour les entendre mieux calmoient
lebruitdes eaux,'
Et les Zephirspoussoient de plus
douces ha/cines;
ilriefioit permis quauxEchos
De repeter des chants si beaux.
Pour les rendreplus agrea^es,
Zeiflenceregnoit dans cesaimables
lieux
Qjuand un Hibou des plut épouvantables,-
Jaloux de ces concertstendres> harmonieux,
Y mefla [es cris effroyables.
Cet horrible & vilain Hibou,
Caché dans le creux d'un vieux
He(lre,
Et craignant toujours de paroiifre,
Se contentoit de crier far un
trou•
Le Rofiigvol, loin de se fa¡'t,
Dilata son g,¡}Jier, &par des rou-
Lemens,
Mieux soutenus à* plu* charmans
»
Confondit du Hibou Pdudace témeraire.
Ce fit Oiseau de nuit tout boitffi
de colere
D'entendre de si doux accords,
Vient encore à son trou faire des
cris plus forts,
Tache limiter 1"Asne, &comme
luy veut braire.
Le Rossignol ne se tait pas , Le Hibou vainement à le troubler
sapprefte.
Contre les cris affreux d'une silaide
beste,
Les chantt rien ontque flua
d'appas.
II/fait triompher de sarage,
Ses chants font toujours entenciué
j
Mau les Fauvettesiquel dommage
!
Plus timides que luy^ne luy répondent
plus.
Par les plus tendres tons sans cefft
il les engage
Areprendre les chants qui savoient
enchanté3
Mais1en vain il les presse, il rieji pluicsoéutéc:-outé-.« Il senplaint jour & T.uifde boc*
cage en boccage.
HeJIU, dit-ilen jonlangage
Pour elles riay-je tant chanté
Que pour elire privé de leur charmant
ramage l
Aprés un. beau Printemps à
helast
queltrisseEste
pai-je fasser dans fin lien si {aúvoegc?
Èstois celà lepfixque1pavois meritë?
Dans le cruel ennuy dont il efi
tourtomurmenentteé ,
Peut-estre en dit-ilda*vantagot
Dans ces Vers reconnoiffezjvous,
Ennemis des plaisirs des autres.
Qjtand vous en devenex jaloux,
îf'enpouvait pas faire les vo~
très,
Et quenfinvous troublet^ despafje<*
tempssi doux, Àesses-va us asde vraisHibous
?
On aeu avis de Florence
qu'un fameux Rabin, aprèsavoir
estéinstruit par quelques
Peres Dominicains des
veritez de nostre Religion,
renonça au Judaïsme,& fut
baptisé publiquement le 15.
du mois paffé
,
jour de rArsomption
de la Vierge, dans
la grande Eglise que l'on appelle
le Dome, parce que
celle de Saint Jean, dans laquelle
on a coutume de faire
tous les Bacefmes, n'auroit
pas estéassez grande pour
contenir tout le Peuple, qui
voulut estre témoin de cette
Ceremonie. Elle fut faite avec
toute la solemnité possible
par MrArchevesque de
Florenceen prelencedeMonleur
le Grand Duc,qui vouuc
bien faire l'honneur à ce
Rabin d'estre son Parrain,&
Je Mrle Cardinal de Medi-
:i!, avec les deux Princes,
Fils de Son Altesse Serenissime.
Les Peres Dominicains
qui l'avoient èclairci dans
rous ses doutes, furent toujours
à costé de luy pendant
qu'il eut à répondre aux questions
qui luy furent faites. Il
a pris le nom de Cosme
Augustin Medicis
,
Cosme
estant le nom de Monficur
le Grand Duc, & celuy d'Augultin
devant servir à le faire
souvenirde sa conversion,
semblable en quelque ma-
Diere à celle de ce grand
Docteurde l'Eglise. Ilestâgé
d'environ trente-trois ans.
C'estoit le premier Rabin de
Jerusalem
,
le Chef de tout
leur Sanhedrin,& par confe.
quent de toutes lesSynagogues
du monde. Plusieurs
Juifs disoient alors à Florence
que leur Pape s'estoit fait
Chreltien. Il est d'ailleurs;
tres sçavant
, & estimé le
plus habile qu'ils connoisfêne
,
de forte qu'il y a lieu
d'esperer que cette conversion
aura des fuites heureuses.
Si-rost qu'il fut barifé,
Monsieur le Grand Duc luy
donna une bague, de deux
cens pistoles. IleIl: incroyable
avec quelle bonté, &
quelle liberalité ; ce Prince
en a toûjours usé avec ce Rabin
, pour venirà bout de
tous les obstacles qui le pouvoient
empescher de se convertir.
Il n'oublie rien de tout
ce qu'on peutimaginer pour
faire entrer dans le ChriHia.
nisme quelqu'un de ces pauvres
aveuglez à la moindre
occasion qui s'en prefenre.
Parmy les Dominicains qui
assisterent à la ceremonie
donc je viens de vous parler,
estoit l'Inquisiteur de Toulaure)
envoyé par le Pape,à
qui Monsieur le grand Duc
avoir demandéun homme
versé dans la loy Mosaïque.
Le Rabin qui a reçû le Batesme,
estoit venu d'Egypte
il y a un an, pour recueillir
les aumolnes des Juifs, que
l'onsouffre en Italie. Il a fait
present à Monsieur le Grand
Duc de deux volumes, écrits,
à ce qu'on prétend, de la
propre main de David.
Les Microscopes sont devenus
si à la mode depuis
quelque temps, que vousne
ferez pas fâchée de voir le
Traité qui fuit. Il est de Mr
Verduc le Fils.*
DISCOURS
SUR L'UTILITE'
DU MICROSCOPE.
tp * Army toutes les inventions
de ce fircle, celle du Microfpe
,efl Ians doute 14 plus belle&
lapins ingenieuse,Depuisopecet;
Injlrliment cftenufage, onafait
milledécouvertes dans tLInato,
mie&danslaPhysîque. Qui
nadmireroit pas ce nombre presl
qu'infinid'yeux qu'ondécouvre
avec le Microscope dans l'arai
- gnéeyArrangement &la fitua.
tion de cespetites écaillesqui couvrent
le dos de ce petit infeae qui
perce le bois&qui ronge les étof
ses fghiine feroit pasfurpru, en
'voyant cetteadmirablepeinture,
cette variété de c()uleut;S sur les
ailes d'un papillon
;
les petites
ailes du Coujin, leur couleur ar.
gentée
,
la ftruélure merveilleuse
desatrompe}quiest une petiteseringue
tngte avec laquelle il prend ja
lourriture > Mais dans lesfanerellesquelleadmirableftruéfurc
jue celle de leurspoûmons?Vgez
',outcs ces trachéesy comme ellesJe
ramifient & s'étendent par tout
!cur corps. Quel plaisir pour un
Curieux) qui aime la nAture) de
ïoWuoir examineriJon aisejufjue
dansl'intérieur des ebofes les
blus petites t de voir dans les
cbeillts)far exemple
>
ce petitfac
membraneux%qui contient le miel;
dans Icveràfoye, lesadmirables
contours queformesatrachée artere;
dans le limaçon, qui efi
hermaphroditeyfesjeux quifont
AU 'bout de Jes cornes; de découvrir
mime dans ces yeux, trois
hiimeurs; dy voir des muscles
femblMcs aux nostres ? Enfin je
fcrois infinisije vouloisrapporter
foutes les choses admirables qu'on
découvre avec le Microscope; On
pourra voir ce qu'en aécritlesçav'ant&
curieux Hoëckdans[4
Micrographie.
Q-utcroiroit encore que dans un poux ,.11y eut un coeu-r, un cerveauydes
nerfs, des poûmons, des
ovairesf C'en pourtant une vérité
inconteflable.Enregardant
ce vil infeiïe, dont le corpsparoifk
aussi tranfparcntquedu verreà
qui mfera pas Jurpris de voir
comment lefangquilfuccei mon.
te dans sa trompe f comment il
dcfcenddamfohefiomac ! cornment,
aprèssejlre digéré5 il circule
dans toutes les parties de fan
corps? comment enfin les muscles
& les tendons se meuventî
mais ce qui eftae plus étonnant,
c en de voir dans l'oeufou dans
une lente de paux , ce pointfaittillantparOH
toutes les partiesde
l'embryon commencent afeAevelo,
per. Jemesouviensque LevenhoëK
iceffaruantlhom111e,& ce
grand»\c*neux des pluspetites
cbofiïdeUWature nous appren i
encorebeaucoupdeparticularité^
jurîa génération despuces. Ildit
que cepetit Infetie estsujet au&
mêmesmetamorphefes
que lesPapillons
: qu'ilfortd'abord Jel'oeuf
dune puce unpetit ver; que,
verse renfermedansune coquede
fye, pour [échangerenunenymphe
dorée, &que lorsque rEfit
approche,ilfortde cettenymphe
une véritable puce. Y A.t.i/ rieïp
de plus merveilleux que ceite,me- tamorphoses 1
: Tous ces admirableschangémens,
ou pour mieux parler, tous
ces developemens de parties que
l'onremarque dans les injeftes,
f\eùuisqu'on s'estsibeureafemenf
servi du Aficrofcope,fontbiek
voir l'erreur des Anciens, lys
qu'ils ont crique lesvers &tous s autres InfeRes ne s*engeniroieptque
de pourriture, ils s':r
maginoient qu'un ver,qu'un lir
maçon,riavaientpoint drsemence
pourprincipeA leur génération^
opt ils devaient leur naijptnce a% Iuandquel,uern-atiere
venoit aje corrompre. Matston
aquittécetteancienneopinion;
l'ons'estconvaincu par rnitle exfericncestaujji
véritables quelles
font curieuses., quc,
toutesles.ge~
noations nonte^unmerneprinripe:
que les infectesmêmes dont
lafeulepetiteffe nous porteà les mêpriserengendrentcomme
les plus
grands animaux
,
d'unefemenccy
oud'unoeufque lafemellea pondu,
& que par tout où ils'engendre
des infestes
,
ily a desfernences
3
ou de petitsoeus que ta chaleur
de l'air
, gr la fermentation des
matières où ils font renferme':\,
fait éclorre, , pour enfairefortirces
petits animaux.
Que l'on cesse donc de s'étonner,
si l'on'voit des infecles en
tantd'endroits C~' si l'on en voit
sortir des plantes& des arbres,
Il) a,njoït dans ces plantes &
ia.ns-(fiar-br-e-I,-de-s- nids'cach-e.1t
des oeufs quisefonttclos
,
&dont
les ipfeéles qui en font fortis,se
fontfait jour au traversdesfibref
de la plante ou de l'arbre.Le$
chenilles,par exemple, quel'on
trouve ordinairement jùr l&
sauss
1
renfermées damsles petites
eminencei decet afbre, forcent
des petits oeufs quSinetfpeâe' de
mouchey Uiffe en perçantl'arbre.
Lamoucheeboifit les petits;rkcués
dusauls,quifontlt$ plustendré\
& les plus aifc% à percer-,avec
le bout desonventre,qui finit m
aiguillon, elle perce ces bosses on
ces crainences;&lors que letroté
yfiaJpK grAnd Pour cntWym
siretire au fond de cette petite
chambre, pour ainsi parler ,tBe jj met àfin aise, pourypondre
fis oeufs; après quoy ellefortde
ce tTOU:I & sen va chercher
ailleurs sa nourriture. Letrou
iqruee la mouche avoit fait à l'ar-
9difpamfi enfutte, &s'efface
tmouetn*tààcfraoiitfihmree,sQuureelqquueetïeamrbpres
;'.prls que ces petits oeufs ontesle
pondus, il enfortdepetits versf
qui ent, chacun vingtpieds, Mail
une choseàremarquer, c'est que
ces versy aprèsavoir rongé tout
le dedans du bou pourfenourrir,
Wnepmvam testerrenji\#tè^
>>plt$S\ longtemps dans cetteprifo^
Mspercent avec ïantts lespetius
^ojfeê quilescontiennent>pourse
^déch^rger le ventre de leur* e^-
Ktitemàns;&ne trouvantplus rim
w* manger ils sortent dehors.
Efiant tombez à terre, ils \la.
ïtreu/ên^cTun bon demi pici^poUr
faireune petite sosje,,oùHs -fuissenttravailler leur toile; Elt.
fin ces uers,-aprels avoirdemeure
quelque temps cache%fous fiwj 1
:
tors qu'ilssententvemr 14 chaleur
du Printemps
, (;7 que le sauls
- commence a poujjerses branches
sesfeuilles
, ils se metamorpbofent
en de nouvelles mouches,
qui prennent lejjordansl'air.
C'eftencorc quelque chosed'af.
fe^curieuxpour un Pbyficicn
y
de
sçavoir comment s'engendrentles
vers qu'ontrouve dansl'cfromage.
LA mouche qui les produit,
choijit dansle fromage un petit
trou,pouryfourer le bout de fit
matrice, qui s'allonge en pointe.
jdpres quelle l'a introduit ajJcZ
avant dans ce trou, elle se de..
charge de Jes auf} elle en fait
pour le moins dem cens- Le ver
quifort de ces oeufs s'occupe d'a.
bord à ronger le fromage ; &il
le ronge si bien, qu'il pénétré susi
que dans le milieu, qui efl toujours
plus tendre.
Enfin le Aiicrofcopc fut voir
des choses fort curieuses d4ns cet
inftEle. On découvre parfaitement
bienson cerveaufa mouelle
de lêf'ne,ses nerfJes trachées,
&plajicurs autres parties encore
pluspetites. On admire sur tourt
en examinant les mouches qui
produisent ce ver, la ftruélure
ftnguhere desparties dessinées à
la gtneration; car dans le mafle
cette partie rieft pas comme celle
des autres infeéîes; elle est courbée
comme les filamens des plantes)
quisefrisent ense recoqui/lant,
gr parle bout elle ejtp. rcee dnof
grana trou
1 pour recevoir h
valve,
Mdisal'occasion dinfiflcs,
ilfft bonde raporrer lesentiment
dufameux Svvammcrdam. Il
prétend contreGraéf, qu'il ny a
pointde communication des vaisséaux
deferents avec les vejjicules
sèminaires:il dit qui ces vais
aux sejoignentfeulementavec
un conduit ,particulier qui fert
de vejjiculesfeminaires, É7 qll'.
enfuite ils s'infirenf dans lurette
; c'ejî ce qui se remarque
dans la plùspart des znfectes, cu.
l'on voit que les vaisseaux défeunir
ne communiquent point
kyèt lès rvelJicules, mais plutôt
quilss'inferint fort loin
deces
qu cés
vejficules avec un conduit parti,
iulïerquixnfortypourje réunir
(p un
jeulcanal
commun) qui htù., irJ"
souvrir
tout droit dansl'u- s)y
lljapourtant desinfeélesoti
céconduit quifort des vejjtculesf
se porte droit dans lurette>fani
si joindre avec ledéfirent pour
faire un canal commun cela si
iioit manifejlementdanslesfcar4-
blel
,
ou les veJJJculessêminaires
font beaucoup plus grosses que les
tejiicults.
,.'
Presentement pour parler des
Plantes, combieny a ion decou.
vert de nouvelles parties depuis
l'ujage du Microscopeîl^'ètoitce
pas faute de cet Inflrument
qu'on avoit dit qu'ilJavoit des
plantes qui venoientfansJemence.
En effetavant cette invention il
itoit impossible d'apercevoir ces
Jemences
3
& ces graines invijîbles
quifôntsur ledos desplantes
capillaires. Mais une cbofefort
curieuse" & que fay contemplée
plus d'une fois) c'etf l'admirable
jlruflure de lafemencede la Feu.
gere. Lors qu'on regardeavecun
microfèope; ces petitsgrains, qui
font sur le dos des feuilles de cette
plante, on voit que ce nefont que
plufieu-rs petitesfeuilles arrangées
ettfemble,quiforment une bourse,
dans laquelle ily a de petites
goujjci rondes-qui contiennent la
semence. Cesgraines pourtantfont
imperceptibles à la vue, mais
avec l'instrument chaque petite
goujje paroist attachée dans une
CApfuiepar un petit pied. Cepi
uot ne soutient pasfeulementLt
bouffe dans unseulendroit3 ilfait
aujffi une couronne tout à [Jentour; (e;7 ccee-,qquuiippaaffffeel1'"admirationy ctfi
que tous les filets de la\couronne
quisoutient U gouffe lorsquelle
*fî*nmaturtte}font tous rejfdrt;
i*gwffesecreveparlemilieut
toutes les fernencesse répandent
pourêtresemeessur la terre;de
maniéréqu'ilfaut regardercespetittsgoufltS
comme la main d."
tnoiffonneur qui femelegrainsur
la terre. Vondoitencore remarquer
que chaque gousse contient
quarante graines. Lefçavant
Svvàmmerdam dit aufft,quil
a plstjieursfoisprÜ de la feugere,
&qu'échauffantsesfeuilles avec
fanbaleinettla vûrompre cespetimgtoffe$
y&lafernencesécbaferaveceffort.
Jljf a donc dans toutes ltsft:
t
tytncti une parfit principal* Of.
tientiellt qui en efl^legerme,par
QQlafim.encejedéveloppe,C'efl
ççgewe9cepetitbouton,qui efi lavéritablefemencc ,
;
c'eflluyqui
rçftfe&petoute la plante
,
lesracinés,
la tige,lesfeuillesJesfleurs,
&,c. Pourvous enconvaincrerfi
vous jette^ des graims uns,Je
rlqo\anut.m,^tO^Hesr^Supveeurrdce^tqeum'epleslrtsgpeorumrve#- tielle
Jo
qu.ee koutçn dans lequel U
plantee^rtnùn'^îie
)
foitintïtxk
car/ikpflttonompUyou qu'onhdé*K
çhire avec ïonpe ou autrement,
legrainjepourrira}&neproduira
rien.
le vous ay fait voir que la semence
de lafeugere éroit renfermée
dans depentesgousses;quetontes
cesgoujJesétoient contenues dans
une capfille; que lors qu'elles étoient
meures ,
elles se envoient par le
rejjort de leurs pedicules, & que
la graineJesemois detons cote%\
Mais unechose qui mente mtre
admiration au sujet de cette femence
,
cessl'extrême petitejfc
que doit avoir cettepartie principale
de la grlÛne, le veUx dire
Ion germe}son bouton. Si nous
en croyons 13eckius 0* *vec
tuy plujteursautressçavansPhtlofophes
des plus modernes, cette
partiecjjenttellerieflque*la2S0O.
partie de sa gpufje; cependant
cesstile qui renferme toute la
plante
, non pas feulement en
ppùfjariçe, comme k crojàitl*j4ri+
tiquité, mais aélueltement &'prmellement
,pourufericy librement
des termes de l'Ecole; ceji4dire9
que cette partie, èptof quinfitiiment
petite
)
est une njerïfahle
plante,qui a sa racine, sa tige
9 &sesfeuilles5 comme on le voit
avecle Adicrofcopc.Non'feutenient
cefoetus de plante,pour meservir
de ce terme, est entiçrïwem
organijey mais demesmequeus
animaux quifont encore dans le
fetn de leurs meres,il a sesmembranes
qui l'enveUpent, & me
gelée épaissi qui fert à sa nourri.
ture. Deforte que ce ne font pas
feulement les animaux &les infestes
qui font engendreZ d'un
oeufmaisencore les plantes,puis
que lagraine tfi unveritableoeuf,
qui à des membranes Co des liqueurs,
pourfervir au devebpe*
ment de la plante.
Toutcequenous venons de dire
fait voir que les plantes ont une
flruétureparticulière dans toutês
leurs parties. Véritablement il
fautm txtelient Microscopepoun
UbiendeçQfrvrir;parexemple^
pourrvoir ces grainesde lafeugere^
çts gonfles, & ce petit pied qui
Usattache danslefond de la C4*
pfule. .-'
",' Maintenantjtnom nousar*>
fêtons à conjiderer unpeu ledehors
des plantes [tllrs parties externes
, je majjure que nous ny
tfowverons pas moins de beauii
& d'ornementqu'aux autresparT
lies.Regardons de la Jemence de
pourpied, audetljym-y quelafuperfide
en est belle! que latijfurc
des petits filets de la moussâ eji
finçulitrtl Dans le bege.y q&tdt
petits pores! que de détours! que
de labyrinthes 1 Dans 1 ortiemême
quelle admirableftruaure ny'at-
ilpoint? Lespetits poils ou les
aiguillonsdesfeuillesfont creux
tomme l'aiguillon des mouches
à miel,îlyaàlabafede ces petites
épines, des vejjicules;c- pourpeu
qu'on les comprimeyil enfort une
liqueur acre&corrojrve
3
qui est
seringuée avetviteffe.C'est cttte
liqueurquicause cette démangeaison
0* cette rougeur, quand on
s'estpiqué à des orties.
Au reste, ce n'est passè ulement
dans les animaux & dans les
végétaux que l'on afaitpluseurs
telles découvertesavec leMicroscope
; on en a fait encore beaucoup
danstous les autres mixtes,
quipeuvent estre d'unegrande uti.
lijépour la Phyftque.Pourvous
lefaire voir dans unseul exemple,
lors qu'on bat lefuKil )j'en..
droit du ferque ionfrape rudementavec
lapierre,sefond en
petites gouttes, qui tombentdans
l'air; cettefujton nesscausée que
par les partiesfulphureufes de la
pierre, qui senflammtnt dans le
temps du coup. Quon regarde
avec l'inflrument ces petitesgouttes
demétal, qui tombent d'une
pierreàfu%il, on lesapperce-ur.*
txaflemcnt rondes, & çreufcs
dans le milieu.
Enfin%jinousvouions parco-u..
rit lesgrands progrès que l'on a
faits depuis l'usage du Mlcrofistte
, nous trouverons que nous
devons à cet Infirument la pluspart
des découvertes de ce fiee/te
C'fft par luj que nous connoissons
la firuclurt merveillcufe quilya
dans iorgane du Toucher, dans
Jefoye, dans la rate, le cerveau,
ècC.Silonfçairquela graisse cft
une huilefigéedans de petitssacs
membraneux ; que les poilsfont
de véritables plantesqui ont leurs
racines, CT de petits vaijjeaux
pour
pour lesfaire croître ; que ce qui
fort de la peau, est une partie mu- tile,quidemeuresansnourriture,
de mêmeque lesplumes dans les
Oîfcaux,cejlauMicrofcopeque
nous sommes redevables de toutes
ces découvertes. C'cflaussi par le
moyen de cetu merveilleujfe découverte
que Malpighi, Swammerdam
, e plusieurs autres
sçavans Medecins & PhJofi.
phes ont poussési loin les connois
fances qu'ils avoient, tant dans
ÏArutomie des PlAntes, que
dans celle des Animaux & des
Infestes.
-
La presence de Mrl'Evêque
de Chalons n'estant
plus necessaireà la Cour, où
sa nomination à l'Archevêché
de Paris l'avoit arresté,
ce Prelat en partit leJJ.de ce
mois pour retourner à Chalons.
afin detonner à son
Peuple tout le tempsquiluy
restoit jusqu'àl'arrivée de ses
Bulles, & de se trouver à
l'Ordination qui devoir se
faire aux Quatre-temps^il
arriva sur les sixheuresdu
foir. Tousles Corps de la
Ville estoient dans les Salles
de sonPalais, & il estoitat-
"'-;"',"
tendu dans les courts, & à la
porte, par une infinité de
Peuple qui l'enleva, & fit
entendre un petit murmure
de joye,&desoupirs, excitez
parleplaisir qu'il avoit de
le revoir,. & par le chagrin
que sa perte luy devoit enluite
causer. Ce Prélatmon.
raà ce Peuple ,dont il• eH:
endrementaimé,toute l'afï<
5Hon possible.Il futensuite
narangué de tous les Corps.
Le Chapitre estant le plus
considerable, parla le prenier,
par la bouche d'un de
esChanoines,en l'absence
de son Doyen, & luy dit. M07V5ZIGN.EVR.
JamaisDioceseriA esté ny
plus content,ny plus honoréque
l'a cjlé celuy de Cha/ons,par Vitvantage
qu'il aeu de vous posJe.
der. Les vertus qui rendent un
Dioceji l'exemple & le tllodelL.1
des autres,yregnent, ellesJfrégnent
même avec quelqueforu
J'éclat Prtjque tous les Diocc
pins se portent au bjçn par eux
meines s%excitentaux bonne
oeuvres lesuns les autres. l'élog
4e lEyêcbé est le plus bel élog
qu'on puiffi faire a lEvequc;
&lors que /'Evequcfçmrendre
l'Evêcbé bienorc*éé,talorsl'Evê,-
ché bien réglé ne manque jamats
de rendre lEvêque(quelque rt,
commandable qu'il foit par luymême)
ne manque jamais
y
disje%
de le rendre
,
r*r plus recornmandable
encore&plus cjlïnié&de
Dieu & des hommes ; c- ('cftJ
Monftigneur, ce quevous nous
faites éprouver aujourd IJUY en
loftre Personne, & ce qui nous
ftrviroit de quelque 'effrecedr consolation,
si en vous perdant, queL
que ebofe ponvoit nous confohf,
Adats la Providencejugequec^rjt
aJJeK pour nous que le peu de
temps que nous vous avons poJJecle
; & en effetycejlbeaucoup
e , je- pourvois même dire infiniment,
si'nous enfçavonsprofiter.
Elle vous place à present, cette
adorable Providence, dans lecoeur
de la France, afin que tout le
monde (car Paris efiun monde)
afin donc que tout le monde ionnoiffe
& profite de vos talenSj
que Dieu rend tels aujourd'huyt
qu'ilsnefontplus pour une Ezlife.
Ilsnefçntpluspourplufieurs/nais
ils vont efire pour toutes les Eglisesengénéraly
car comme Paris
doit efire la réglé des autres, il tfi,
en poffiffion deJe faire tntendre
par tout}&vos vertus qui en
dériveront bien tojlcoûterontencore
plus vite cqe'{ tous les gens
de bien du Royaume.CetteJage
Providence, Monseigneur, a
doncordonnévofire translation;
le bien de tEtat, & même celuy
de l'Eglise l'ont dcjiré, l'ontvoulu,
l'ont exigé de vous )
O*
l'ont enfin obtenue devous-même
,
malgrévous-même, j'ne3 efl beau,.qu'il ep rarey & quil
cftsurprenant de ne monter aux
grandes Dignite^quaveccrain*
te, & lors que l'on sy trouvé
cmtramt, & que ces poftesfonfdangereux
,
puis que les grands
revenus & les grands honneurs
quiy font attache?^, font bien
souvent de plus grands écueils
pour ceux qui lespofJedent,4préï
les puijjans motifs qui vous ont
déterminé, devrions nous empê.
chercette IrAn/larion
d
quelque
pertequdie nouscausè) & quand
même nous le pourrions, le dç.
irions nousfairefNon, ilsaur,
Jidonfciçneur
J
vous imiter, 0*
si rendre malgréjoy aux grandes
rai/ons
, & aux raisonsfuperieurcs
que le Roy&vous *ve%
si sagement exanlinées. Sa Majestéen
vousyinvitant) grFastre
Grandeur eny donnant les
mains.lz_e nous reflet il\doncà
faire> aprés"avoir levé lesjeux
C, le coeur vers leciel, pour obtenirses
grâces, çy pour vous
&pour nous• pour vous,pour l*
conflruêlion de l'Ouvrage qtif
vous entreprenez
y
&pour nousy
pour la confcrvationdéceluy que
vous avek achevé. Ce qui nous
resse donc à faire, ejl de vous
demander, Monseigneur,ceque
nous vous demandons avec une
reverence véritablementfiliale&
profondement refpeflueufe
, que
perdant U qualité de nostre Pere,
vous nenperdiel^ pas pour nous
ny les bontek
,
ny l'amour;&que.
vous vous fouvenle7, dans tEglise
de Pans9 que celle de Cha.
Ions doit toujours avoirauprès
de vous audessusd'elle, ïavantage
d'avoir tfiéformée la premiere
de vos mains;& par vos
foins, & qu'il efi d'une équité
naturelle qu'elleressente quelque
grâce de sa primauté
, equelle
jouisse de quelques droits de son
aînejfc;&que comme la beauté
de nos Eglises quevous.ave% ornées;
lefoulagcment denos Pauvres
que vous dvez procuré; le
bon ordrequevous ave; étably
p-ar toutj nous ferafouvenissans
cesse que nous avons eu le Pert
le plusmagnifique, le plus charitable)
leplus applique,& leplus
attentifànos besoins &à noflre
utilité quifut jamais. De même
aujJi, ewonfeigneur, que nofire
docilité, nos reconnoifjances
; &
toutes les tendre/fis denoftre coeur
mous fassentsouvenir que nous
n'cftions pas indignes d'avoir un
tel Pere,&par là que nous ne le
ferons jamais d'occuper quelque
place danssa bienveillance, qui
nous attire dans les renconeres
son entiere proteélion. Voilà)
Monfiigneur, ce que nousavions
kvons dire) &àvousdemander/
Nousjatfons
,
profternek à v
genoux pour tout le Dioceje#dot,
le Chapitre est le premier Corps
protection qu'il neveut, CM h
peut avoir d'autre consolatio
dans la perte que luy va caufc
vostre cloignement que la gMCquil
vous demande..
Depuis la naissancedu Roy,
arrivée à Saint Germain en
Laye le 5 Septembre 1638. il
s'estfait tous les ans à pareil
jour, une seste solemnelle
dans cetteVille,où après le
Vespres on prononce un P.
negyrique à la loüangede S
Majesté; & à l'issuë du Salut,
on allume en ceremonie un
Feu devant le Portail de l'Eglise
Paroissiale. Le soir
,
le
Chasteau est illuminé, les
Habitans mettent des lanternesàleurs
fene rtres, fontdes
feux devant leurs maisons,
passent toute la nuit en réoüissances
& en festins, &
ont boire les passans à la
anté du Roy,& de toute la
Maison Royale.
Comme onchoisit tous les
ans un Predicateur dedistinétion
pour cette solemnité,
on a prié cette année Mr
Garson Curé de Saint Lan.
dry, Docteur & Syndic de la
FacultédeThelogiedeParis.
C'est un Sujet d'un mericc
distingue, qui par le avec autant
de ferveur que d'éloquence,&
qui afaitparoistre
son érudition pendant plusieurs
Avens& Carêmes qu'il
a prêchez à Paris. Le sujet
dont il avoit à entretenir ses
Auditeurs,estoitfortample,
ayant à parler des grandes
actions du Roy, & sesAudi,
teurs ne pouvoient pas manquer
d'estre édifiez, tant de
merveilleuses acTions estant
publiées par un h docte Pasteur
,
qui met en pratique
toutesles vertus qu'il enseigne.
Il prit pour texte ces
paroles du 2.. verset du 149.
Pseaumede David, Filii Sion
exultent in Regesuo,& fit voir
que leRoy a surpassétous les
Rois ses Predecesseurs par sa
pieté, par sa sagesse, & par
ses glorieuses conquestes.
Parsa pieté, en ce qu'il a
détruitce quirestoit d'Herefie
en France, qu'il ne foutient
la guerre que pour le
maintien:de la 'Religion..,&
quilles'attache qu'au séul
merite pour faire le choix des
Prélats. Par sa sagesse,en ce
qu'il a entièrement aboli &
déraciné lesDuels,quiétoient
frequens parmy la Noblesse;
qu'il a reforme tous les abus
qui s'eStoient glissez dans
l'administration delaJustice,
& dans tous les autres Ordres
de l'Etat , & qu'il a mis le
Gouvernement sur le pied
florissant où nous le voyons.
Etpar ses Conquestes, ence
bqule'iml eanatugmenté considerason
Royaume, &:
qu'il a assurélatranquillité
de les peuples par les bornes
qûil amises à les Etats.
Le Roy & la Reine d'A n.
gleterre assistèrentà l'Office,
& furent presens à ce Panegyrique,
où après le Salut,
Sa Majesté Britannique alluma
le feu en presence de plusieurs
personnes de qualité,.
& d'une abondance prodigieufe
de peuple, qui fit retentir
les airs des cris deVive
leRoy, & qui sémbla redoubler
sa joye le reste du foir,
-' & pendant toute lanuit,animé
par les louanges du Roy
, > qu'un sidocte & si face Paf
tteeunrvdenroeit.d.e leur faire en- T
Nous avons perdu ce.mÇjis>..
cy Mre Loüis de Beaussan-,
ancien President en l'£léction
de Paris. Il eil inhume
à Saint André des Arcs avec
ses Ancestres. Il estoit parfaitement
bon Juge, (te fort
ecl aire. < !
Marie.Elizabeth Huerne,
Epouse de Mre Pierre-Philippes
Levesque
,
Seigneurde
Vaugrigneufe, Conseiller du
Roy, Maistreordinaireen sa
Chambre des Comptes,est
,-aussi décedie. Elle estoit
d'unevertu reconnuë, &viyoit
avec beaucoup de pièce.
-Çljle; sestinhumeeàiS.Nicolas
-dçs Champs.Son Epoux aune
parfaiteconnoissance del'Hiiïoijrej
&paffe pourundes
plus habiles de sa Chambre.
Elle estoit Fille de M ;
Huerne, Auditeur des Com- - ptes,&Soeur deM1Phijippes-
Michel Huerne
,
Çonleiller
du R,oy,&Maiftreordinaire
en saChambre desComprcso •
Messire Martial Chanut,
) JPçcftre ,Abbé dYfïoirç,$eivgr^
eur de L'ivry,Conseiller du !
Roy, Tresorier de France à--A
Riom en Auvergne, Aumônier
dela feuë Reine-Mere
,
& Vificeur General des
Carmelites de Francécit
aussidécedé depuis quelques
jours. Il estinhuméenl'EglisedeS.
Sauveur. 11-adènné
au Public plusieurs Ouvrages
de Pieté
,
& entre autres la
Vie de Sainte Therese, la
Traduction de ses oeuvres de
Perfection, & la Traduction
Françoise du Concile de
Trente. Il estoit Fils du fameux
Mr Chanut, Ambafsadeuren
Suede, dont défunt.
Mr Linage de Vauciennes
nous a donné des Memoires,
tirez de ses Dépesches,ausquellesil
a joint lesDépefchesdedéfunt
Mr Piques,
Conseiller en la Cour des Aides,
que le Roy nomma pour
resideren Suede, pen dant le
voyage que fit MrChanut
pour assisterà la Conference
de Lubeck.
Vous me demandezceque
c'est que leLivreintitulé,
Methode pour apprendre facile.
ment l'Histoire de la Bible. Ce
Livreest d'unegrandeutilite;
& comme rien ne s'imprime
mieux,nyplus aisément dans
l' ef p rit quece qu-on apprend
par formed'Entretien familier,
l'on areduit tOlir:<: l'Histoire
de l'Ancien & du Nouveau
Testament en maniere
de Catechisme,par demandes
& par répon ses. ,CetCc
méthode a beaucoupfacilité
l'instruction de ceux qui
vouloient l'a pprendre, & le
Public a esté si satisfait de
cet Ouvrage, qu'on en a
déja fait troisEditions.
Le même Auteur a composé
un autre Livre, -qui a
pour titre
,
Methode pour apprendre
facilementl'Histoire des
Papes,contenant ce quis'ejtpajse
de plus considerable dans l'Etat
de l'EglisesouschaquePontise
Romain, depuis Saint Pierrejusques
à Innocent XII. tenant à :
present le Saint Siege, avec une
TableChronologique. Onafait
deux Editions de ce Livre, ce
qui marque que tous lesOuvrages
de cet Auteur ontun
grand succés. Il vient d'en
donner un fous le nom de
Pratiques de Pieté pour honorer
&adorer le Saint Sacrement de
l'Autel,avecdesélevationsvers
Jlus Christ caché dans ïEuchastie.
Ces trois Volamssforit
de Mr l'Abbé deFourcroy,
Neveu de Mr de Fourcroy,
célébreAvocat, & le trouvent
chez le Sieur Brunet,
dans la grande Salle du Palais,
àl'EnseigneduMercure
Galant.
Le fameux Comble de Mr
de la Roc he Hercule ,
&
laretraite dans HfL de Ponce,
ayant fait souhaiter à
quelques particuliers de ravoir
à qui appartient cette
Isle,ils ont écrit en Italie,
afin d'en eflre pleinement
éclaircis,& voicy la réponse
qui leur a esté faite.
V/Jlc
LtJjle de Ponce ne dépend pas
du Duché deCaftroymaitrelevé
par amphitheofed'uneAbbaye,
appelléeSainteMarie de Gayette
tu Royaume de Naples,à U.
quelleelle paye une rente annuelle
de quelques livres de cire, fous
peine de dévolution, ou réunion
au domaine delAbbaye àfaute
de payement.
Sous le Pontificat de Paul
III. le Petitfils de ce Pape, Octavien
:farnefi) Fils de Pitrre-
JLoutf,ayant estêinveflidecette
Ijle, à la charge de tamdlOrer,
& de la faire habiter
,
naquit
le différend,sçavoirsi cette Isle
tftmt dépendante du Royaume de
AIapies,ouplutojlde la Campagne
de Rome, ejîantfituéejufl*
vis à 'visdesconfins decetteProvince
e- de la TerredeLabour,
cess à dire, vis à vis de Termine&
de Monte Circelb. Charles
Quint en prétendaitla souveraineté>
comme Roy deMaples;
& Paul III. la prétendoit cor»4.
me dépendante de lEtat Ecclefïafliqiie
;maisilfut arcordéentre
ces deux Princes, que le Petitfils
du.-pape,qui estoit devenu dans
lemefme. temps (Rendredel'Empereur,
jouirait*du domaine utile
de l'/fle, ccmmc invejli par
eAMé. mais que pour le domaine
JirrEl.& desouveraineté, tout
demeureroit en surseance,ju£qu£
cequ'uneustvu s'il appartenait
AHRoyaume de Naples
, eu i
fErat de l'Eglise
: & depuis le
Duc de Parme s'cft toujours
maintenu en cette poJfeffion}fnns
que le dtfferend ait jamais eslE. décidé. 4tt efiC"I
M de la Roche- Hercule ne
s'empara point par force de la
Tourdeïïfle3mais ilyfut receusans
opposition comme en terre
.neutre, par le peu de Soldatsqui
lA gardoient pour le Duc de
-Parme.
Je fçavois bien quile\foitmpossible
que lljlcde Ponce susi
une dépendancedu Duché deCa.
jlro
J
¡lOiJobjfd.nt l'autorité des
Auteurs graves qui/'avoientdéciié
icy , : ce qui nous doit appren.
dre à ne nous guere fier aux
Etrangers,sur le détaildes pays
iloi;srJcZ, quand,mejmc ilsy auraient
voyagé. Je veux écouter
tant que je puis les Naturels de
chaquepays. Tous mes Auteurs
qui trMient duRoyaume deNapies,
i,,c font aucune mention de
l'Ifiede Ponce, en traitant de
c:ill!csouiddépend,ent dJe ce RRoyau-
.:-! l~11 -.,1 (.; Mo J M?»CFccla méfait croire que-le
..ïmvG<&*»«<.Avi Iv 2.69
droit des Napolitains ejlmal
fondéy.l'isle pour sa fitnation
doit pluooji ejlrejugée a Terra, cinem'aGayette-
•m 7/jy&une Islevolfine de Ponce,
que: les Anciens nommoient
Mandataires, célébré par l'exil
detant dePersonnesillustres. On
l'appelle aujoùrdhuy l'Isle" de
Sanaa Maria. Je croy que cest
à cause du Monaflere de Sandta
MM~arriiaa, dont cesJsles dépendent. f '';~ nT- LeRoy a donné l'Evêché
deLimogesàMrl'Abbé de
Canifi, Frere de Mrle Marquis
de Canisi, Lieutenant
de Roy au Bailliage de Coutance.
Cet Abbé est Vicaire
General du Diocese de Lisieux.
Son merite répondà
sa naissance. Sa Maison eil:
tres-ancienne : elle est alliée
de celle de Matignon.
Mr l'Abbé de Foresta Colongues
fut en mesme temps
nommé à l'Evêché d'Apt. Il.
est Prevost de l'Eglise Cathedrale
de Marseille, & Grand-
Vicaire du même Diocese.
Il est homme d'esprit & de
merite,& d'une Nobleffedifr
tinguée.
L'Evêché deSciiczfut donnélemême
jourauPere Soa*
nen, Prestredel'Oratoire,
estimé par une infinité de
Prédications,oùl'éloquence,
l'érudition& la pieté se foni
fait remarquer également.
L'Eloge du Roy qu'il prononça
lors qu'on fit des Prieres
publiques danstoutes les
Eglises de Paris, pour rendre
graces àDieu delasanté de
ce Prince, estun des plus
beaux Ouvragesqu'on puisse
voir de cette nature.
Mrl'AbbédeFlamanville
a esté pourvû de l'Evéché de
Perpignan. Il est Frerc da
Marquis de ce nom,& de
feu Mrle Comte de Flamanville,
quifuttué à la Bataille
de Stafarde. Ces deux Freres
ont servi longtemps dans la
Gendarmerie,&s'y font acquis
une grande réputation.
Mrl'Abbéde Flamanville est
d'une pieté reconnuë, & d'un
zele apostolique, ce qui le
fait regardercomme un des
plus grands Missionnaires
que nous ayons.ll est Grand
Vicaire deChartres.
Le Roy aaussidonnéplusieurs
Abbayessçavoit, celle
de S. Riquier en Ponthieu,
de l'Ordre de Saint Benoît
Diocesed'Amiens, àMrrArchevêque
d'Aix, Frere de Mr
le Marquis de Cosnac. Ce
Prelat aesté premier Aumônier
deMonsieur. L'éloquence&
la politesse luy font naturelles.
Il a remisentre les
mains du Roy l'Abbaye de
S. Taurin d'Evreux, & S. M,
en a pourvû Mr l'Abbé de
Clerambault, Fils du Maréchal
de ce nom. Il a beaucoup
d'érudition, & passe
pour un tres-habileChronologiste.
Il aestéreceu depuis
peu à l'Academie Françoise,
&je vousenparlay alorsplus amplement,
L'Abbaye de Lagny, >ds"
l'Ordre deS.Benoist, Diocesede
Paris,aesté donnée à
Mrl'Abbédela Tremoüille
de Noirmontier
,
Auditeur
de Rote., Frere de Madame
Duchesse de Bracciano. Son
employ
,
qui demande un
homme démérité^d'efprir,
& sanaissance ledistinguent.
Mrl'Abbé de Mailly, Aumônier
du Roy, a eul'Abbaye
de Massy
,
de l'Ordre
de S. Benoist, Diocese de
Bourges. Je vous ay déjàparlé
de cetAbbé lors qu'il fut
nommé Aumônier du Roy,
Il cfl: d'une des plus illustres
Maisons de Piicardie,& Frere
de M' le Marquis de Nesle,
qui fut tué au Siege de Philisbourg,&
de MrleComte
deMaiiiy.
Les autresAbbayes quiont
estédonnées, sont celle dAbfie,
de l'Ordre deS.Benoist,
DiocesedelaRochelle,àMr
l'Abbé Moreau, Fils de la
Nourrice de Monseigneur le
Dauphin.
Celle d'Auberive
,
Ordre
deCisteaux,à Mrl'Abbé-le
,>
Gendre,Fils de Mr le Gendre;
Maistredes Resquestes,cydevantSecretaire
duCabinet
du Roy. Cet Abbé a beaucoup
d'érudition, & cil fort
estimé.
Celle de Sery, Ordre de
Prémontré
,
Diocese d'Amiens
,à Mrl'Abbé de Hautefort,
Fils de Mrle Comte
de Montignac
,
premier Ecuyer
de la Reine. Il a plusieurs
Freres dans le service,
distinguezpar leur naissance,
par leur valeur, & par leurs
grands emplois.
L'Abbaye de Forest. Montier,
Ordrede S.Benoist,DiQ'
cesed'Amiens,à Mr leSelier
de Riancourt,Grand Vicaire
> deMrl'Evêqued'Amiens.
L'Abbaye Nostre-Dame de
Barzelle,Ordre de Cisteaux,
Diocese de Bourges, à M2;
l'AbbéMarion,Bachelier de
Sorbonne, Fils de Mr Marion,
S1 deChamprose, qui
a depuis quararne-six ans le
maniement des deniers des
[ menus Plaisirsdesa Majesté,
payant
eu la place de MrForest
, son Oncle, premier
Valet de chambre du Roy.
L'Avocat Général .M.ar.ion
t .;. —---
droit de cette Famille,qui
est d'une ancienneNoblesse
d'Auvergne.
L'Abbaye de Nofire- Dame
de Vaux enOrnois, Ordre
de Cisteaux, Diocese de
Toul,àMrl'Abbé deSroppa,
Frere du Major de ce nom,
donc le Pcre aestétué à la
Bataille deSenes.
Celle deNifortsou BenissonDieu,
de l'Ordre de Cisteaux,
Diocese de Cominges,
à Mrl'AbbéPean Aumônier
de la Petite Ecurie. Cette
Abbaye est des plus considerables
de laProvince de Bi,.
gorre,& l'Abbeest President
né des Etats. Il y a quinze
ans que Mr l'AbbéPeanremplit
avec exacitude les devoirs
de saCharge. Il a eu
l'honneur d'estre nommé
pour aller au devant de la
Reine d'Angleterre, de luy;
servrx tous lesans depuis ce
tempslà d'Aumônier toutes
les fois que cette Princesse
va à Fontainebleau, & de
suivre toujours Monseigneur
en campagne.
-
Celle de Lanvaux
,
Ordre
de G.ister-ux,DiocesedeLancrcs)
à"ivi l'AbbédesChamps,
Aumônier de Madame la
Princesse.
Cellede S. Paul de Sens,
Ordre de Prémontré, à Mr
l'Abbé Denise
,
Chapelain
du Roy. Il a souvent eu
l'honneur deprescher devant
Sa Majesté.Jevousay deja
parlé de ses Prédications, &
fait connoistre son mérite.
L'Abbaye de S. George
sur Loire, Ordre de S. Augustin,
Diocese d'Angers,à
Mr l'Abbé de Court, Frere
de lvlr de Court, Secretaire
desCommandemensde Monsieur
le Duc du Maine. Cet -
Abbé est de Bourgogne, &
Parent du fameux Mr deSaumaise,
estimé de tous les
Sçavans.
L'Abbaye de Bonlieu, ou1
Nostre
- Dame de Carbonblanc,
Diocese deBordeaux,
Ordre de Cisteaux,âMr le
l'Abbé Blot, Député du
Clergé de laProvincedeLanguedoc.
Il a beaucoup d'esprit
& de conduite.
Celle de Valbonne,Ordre
de Cisteaux,Diocese de Perpignan,
avec lePrieuré de
Saint Felicien,àMrl'Abbé
deMontesquioudePréchacq
Frere du Maréchal de Camp
de ce nom, qui sert dans l'ArJ
mée deCatalogne.
L'Abbaye de Nostre.Dame
de la Realle
,
Ordre de
Saint AugufHn
,
Diocese de
Perpignan, a estédonnée
pour estreunie à cet Evêché,
& Mr l'Abbé Chanut a cfié.
nommé à celle de Noftrc-
Dame de la Roche, prés de
Versailles, de l'Orde de Saint
Augustin, Diocese de Paris.
Le Roy donna dansla.
mesme promotion à Mrl'Abbé
de Valavoire, l'Abbaye
de Lure, Ordre de Saint ger
noist, Dioce le de Silteron. Mr
le Marquis de Valavoire,son
pere qui s'estoit distingué à
Messine ,en qualité de Lieutenant
General des Armées
du Roy,avoiresté Gouverneur
de Valence en Italie,&
avoit si bien deffenducette
Place assiegée par l'A rtnée
d'Espagne qu'illa contraignit
à lever le Siege. Madame la
Marquise sa femme, fit des
choses surprenantes en cette
occasion, en exhortant la
Garnison à se bien deffendre.
,:
Le Prieuré du Chasteau
deHermitage fut donné le
mesme jour à Mr l'Abbé de
Bouf~lfcrs ,• Parent du Mareschal
Duc decenom,&bbaye
de BondevilleOrdrede
Cisteaux, Diocese de Rouën ,
à la Soeur Morel d'Auligny.
Elle est Niéce de Mr rEvcfquede
Rennes, & Fille de Mr
le Marquis d'Auligny donc
Madame d'Auligny la veuve
demeure à Bonne-fontaine
en Anjou.Cette nouvelle Abbesse
estoit Religieuse dans
le mesme Convent de Bondeville,
oû elles'est tellement
fait aimeràcau se de son grand
même
, que les Religieuses,
l'ont demandéeau Roy d'un
commun consentement, à
quoySa Majesté, quine cherche
qu'a recompenser la vertu,
a eu tout l'égard qu'elles
pouvoient souhaiter.**'*•
Le Roy donnaen mesme
temps l'Abbaye de S. Menoux,
Ordre de Saint Benoist 9
Diocese de Bourges, àMadame
de la Chaise
,
Fille de
M' leComtede la Chaise,& -
Soeur du Marquis de ce nom,
qui s'estdistingué en deffendant
la Viiîe. & le Chasteau
de Namur. Cette Dame est
Niece du Pere de la Chaise.'
Sa Majestéa aum'itôrnriflf à
l'Abbaye de Solieres, Ordre
de Cisteaux, Diocese de Lie.
ge. Madame Dumesnil, à
l'AbbayeReguliere de Saint
Pierre de Campredon, Ordre
de Saint Benoist, Diocese de
Gironne, Dom Pouderoux
ci-devant nomméàl'Abbaye,
de SaintGenis.
Il pa oist depuis peu une
Carte d'Echelles Geographiques
de France, où sont les
Evêchez, Archevêchez, Parlemens,
Ports de mer, Villes
fortes,ainsi que lesCapitales
des provinces; celles des
Frontières des pays voisins y
foncaxactemcn: marquées
& ont esté tirées des Cartes
les plus nouvelles, & des
meilleurs Auteurs. Cette Carte
faitconnoistre combien il
ya de lieuës d'une Villeà une
autre. On y trouve ue explication
qui fait connoistre la
situation & le pays de chaque
Ville. Elle a esté gravée
par Mr Roussel, & se vend
chez luy
, au bas de la rue
Saine Jacques, à la Fontaine.
Vous me demandez la cargaifon
desVaisseaux, le Seymour,&
le prince de Danemarck,
qui retournoient des
Indes Orientales, & quiont
esté pris par Mrlemarquis de
Nesmond. Je n'ay encore pû
en estre entierement informé
; cependant je ne laisseray
pas de vous mander ce
que j'en ay appris.
On y a trouvé six mille
quaisses de Salpêtre
,
pesant
chacune cent cinquante livres.
Quinze cens balots de
Mousseline.
Unie mille balots d'étoffe.
Trente-six quaisses de porcel
aines. Vingt
,-
Vingt quaisses de bois
rouge.
-
Vingt quaissesde Laque.
9-9^
Un tachet de Diamans.*
parmy lesquels il y enatren- teneuf fort gros. Onditqu'-
iclsh(oantcdeuqnua.rante carrais
Diverses marchandises à
fond de calle,appartenant à
l'Equipage. On assure qu'ellesontcoutéaux
Indes vingtdeux
millelivresstrelin.
Nosconquestes continuelles
en Catalogne depuis l'ouverture
de la guerre presente,
ayant forr chagriné &inquiece
tcb Epagnols, ils resolurent
de faire des efforts extraordinaires
, pour reprendie
pendant la Campagne,
derniere, toutes les Villes
-
dont nous nous sommesemparez
On fit pour y
rcufTîr
de grands efforts pour lever,
des Troupes danstoutel'Espagne
; & toutes les Provinces,
ou plûtost tous lesRoyaumes
de cet Etat, puis quela
pluspart portent ce titre, en -
ont fourny. On crut devoir
changer le Gouverneur ge-,,
neralde la Catalogne, pour
en donner un plusexperimenté
dans le métier de la guerre,
& l'oncrut que MrdeCastanaga
ayant esté Mestrede
Campgeneral de la Cavalerie
en Flandre, &« Gouverneur
general des Pays bas,rétabliroit
les affaires, & sur cet
espoir il y eutordre de bloquer
Castel-follit&Oftalric,
& de les ferrer de si prés, que
rien ne pust entrer dans aucune
de ces places. Cependant
a peine l'Armée de France
parut elle en campagne,
quetous ces beaux projets
parurent évanouis, &que les
Troupesquifaisoient le bloeus
de ces deux Places furent
obligées de seretirer,cequ'
e llesne firent pas sans beaucoup
de perte. Je vous ay
envoyé le détail de ce qui
s'estpassé dans ces deux oc-,
casions.Mrle Chevalier d"AU'
bererre, qui après s'estredistingué
à ces expeditions,
estoitretourné à Colioure
dont il est Gouverneur, en
repartit le 17. d'Aoust, pour
revenir joindre Monsieur de
Vendosme à l'Armée,-qui
estoit alors à la veuë desEnnemis
au présde Pa lamos. Il
ne fie q-ue trois jours de mar
che avec le Regiment de Cur-
~andon,quatre ou ciuq Compagnies
de Miquelets
,
& un
Regiment des Troupes de
Gouvernement. Son arrivée
donna dela joyeàcause
du secours qu'il amenoit;
mais Monsieur de Vendôme
trouva les Ennemis si bien
postez , & tellement retranchez,
qu'illuyfutimpossible
de les attaquer. Ce Prince
aprés avoir demeuré en prefence
à laportée du mousquet
pendant vingt- quatre
heures, sans eau & sans fourage,
fut obligéde se retirer,
pressé par les Officiers gehc-j
raux : ce qu'il executa le Zlo.
&alla camper à Palo,où M"
d'Au beterre prit çongé de
luy pour se retirer dans [on
Gouvernement. Pendant que
les deux Armées furent en
presence, il y eut divers escarmouches
,
dans lesquels
les Troupes du Roy eurent
toujours l'avantage. sr3i
Le même Mr d'Aubeterre
s'estant apperçû en conduisant
unConvoyconsiderable,
qu'un détachement deFiguieres
, qui devoir faciliter
le passage pour l'Armée àMr
, le Comte deMailly, avoir e âe'
forcé par troiscensmi quelets,
laissa son Infanterie seule à
; la conduite deMr deVivens
1 pour garder le Convoy
,
&
alla les attaquer avec quaran- te Cavaliers ôc trois cens Fusiliers,
&délivra les Troupes
qui composoient ce détachement,
ayant poussé les Mique.
lets avec tant de vigueur,qu'il
leschassa jusques au haut cîeg
montagnes presquesinaccesi
sibles.
Enfinl'AmiralRusselaprés
scflrc fait attendre pendant
trois ou quatre mois, parut
une sécondé sois sur les costes
de Catalogne, sans contribuer
à de plus grandes expeditions
que la première.
Cependant les Troupes le
Peuple témoignèrent beaucoup
de joye, & crurent que
cette fois le pays alloit estre
délivré desTroupes de France;
& l'Amiraltant attendu
ty^ancdébarqué quatre à cinq
mille hommes, le Siege de
patamos fut resolu, & commencé.
Cependant Monsieur
de Vendôme, qui estoitpo-
Ité à portée d'inquiéter les
Ennemis pendant ceSiege,
&même de les attaquer, sit
beaucoup de marches autour
d'eux, tambour battant,ce
qui leur donna de terribles
inquiétudes
, croyant roujours
qu'il marchoit pour les
attaquer. Ils commencerent
par jetter deux mille cinq
• cens bombes dans la Ville
avec dix Galiotes, & ils ouvrirent
la Tranchée le même
) jour. Monsieur de Vendôme,
qui avoit toujours des partis
:?
sur leur Armée, sit publier
dans leur Camp ,
quela Flote
du Roy armée à Toulon, alloit
mettre à la voile. Ce
ce Prince fie même tomber
des Billets entre les mains
,,
des Espagnolsquiparissoient
écrits à Mr de Nanclas,
Gouverneur de Palamos,par
lesquels il luy mandoit qu'il
pouvoit compter feuremenc
sur les recours de l'Armée
Navale du Roy, qui seroit
voile avant le commence.
ment deSeptembre.L'Amiral
Russel appritenmême temps
par une Barque de Pescheurs
prise par une Felouque Napoliraine
sur les costes de
Provence, que l'on travaillais
avec tant de diligence à Larmement
des Vaisseaux du
Roy àToulon,qu'ilsdevoient
incessamment le mettre à la
mer pour le venir combattre.
Enfin les Ennemis, tant par
la crainte de cette Flote, que
parce qu'ils voyoient Monsieur
de Vendôme toujours
prest à tomber sur eux, & à
profiter de la moindre conjoncture
heureuse pour les
attaquer, leverent le Siege la
nuit du 2.5. au 2.6. d'AOuft^
aprés quatre jours de tranchéeouverte.
L'Amiral Rnffci
fit rembarquer les Trou pes
de la Marine qu'il avoi^ fait
meutreaterre,&lesEnnemis
décampèrent sans tambour
ny trompette,&avec tant de
précipicationaqu'ils laisserent
une bonne partie de leurs
outils & de leur poudre, &
que Mle Chevalier de Courcelles,
que MonsieurdeVandosmeavoitdécaché
pour les
suivre avec cinq cens Chevaux
& Dragons, ne put les
joindre. Ils tseretirerent dans
la Valléed'Ano, d'où ils
estoient partis le jour qu'ils
iuveitirent Palamos.
On a scû depuis qu'il y
avoit eu un grand demessé
entle le Marquis deCastanaga
& rAlniral Russel, à l'occassion
de la retraite de cet
Amiral Mr de Castanaga se
plaignitdu Prince d'Orange,
& du peu d'égards qu'il avoit
pour l'Empereur & pour le
Roy d'Espagne. Russel fic
connoistre que le Prince
d'Orange,comme Chef de
la Ligue, se tenoit au dessus
de ces Princes, ce qui irrita
tellement Mr de Clai stanaga
qu'ils eurent ensemble de
grosses paroles.
Depuis la levée du Siege
de Palamos la desertion est
si grande parmy les Troupes
d'ESpagne, que l'on écrit du
Camp des Ennemis que la
moitié de l'Arméeestobligée
de garder l'autre moitié.
Onajoûte que siaprès lalevée
de ce siege Mrde Caftanaga
avoit esté à Barcelonne,
il y auroit eu quelque sedi-
[ion) ranr les Peuples estoient
irriezcontre luy. Il avoittiré
des subsides extraordinaires
de toutle pays, & leur avoit
promis que dés que Ruffcl fe-•
roit arrivé, il reprendroitpalamos,
roses,&Gironne.Demaniere
que le chagrin davoir
dDpné leur argent mal a propos
,&d'avoir esté trompez,
les mec au desespoir. Le zele.
des Miquelets est tombé, &
l'ancienne affectionqu'ils
ont euë pour la France
> commence
à renaistre.
Nostre Arméeestdans de
fcojis quartiers de rafraifchifsement
,il y a peu de malades,
& comme lebruit court qu'il
y a des Troupes en marche
pour la joindre, les Efpagnok
sont dans une apprehsion
continuelle qu'elle n'encreprenne
quelque Siege avant
la fin de laCampagne.
La deiertion est aussi fort
grande parmy les Troupes
des Alliez en Piémont, &
depuis l'AmnistiequeleRoy
a accordée avec la liberté de
prendre party dans les Regimens
queles Deserteursvoudroientchoisir,
il en esi revenu
juiques à quatre-vingt
a la sois, quiont pris party
dans le nouveau Regiment
deMrPoulie. 1
Monsieur de Savoye
a
en- j
voyé à Madrid le COInce de
Vernon, pour demander au
Royd'Espagne le Gouvernement
perpetuel duMilanois,
de mesme que celuy de Flandreaesté
donné à Monsieur
de Baviere. Il y a' peu d'apparence
qu'il l'obtienne, &
ceux qui souhaitent la continuation
de la guerre, craignent
que le refus n'excite
qPuuelqiusesadenmceselés.entre ces
Le Marquis deLeganez&
Milord Galloway pressent
SonAltesse Royale par ordre
de leurs Maistres d'entreprendre
quelque chose avant
la fin de la Campagne, ôccomme
il est trop tard pour
attaquer quelque Placei,Ils,,
ont propose le bombarde
ment de Pignerol, à quoy ce
Prince scil fortement opposé,
disant quec'elloitune dépensesans
uritiré,lorsqu'on ne
vouloit pas en faire le Siege.
Cepeudant le Marquis de leganez
croyant que la dépens'estcmpeschoitMrdeSavoye
d'y consentir, dit qu'il avoic
ordre de la faire touteentiere
pour l'Empereur
,
& pour leRoyd'Espagne, & envoya
charger des Mortiers & des
Bombes à Pavie Son Altesse
Royale a. neanmoins continué
de s'opposer à ce Bombardement,
alléguant qu'il
ne fait pas grand effet dans
une Place de guerre,sur tout
quand enayant esté menacée
,
elle s'est précautionnée
contre le desordre que les
bombes pourroient causer.
Depuis la grande& longue
maladie que M' de Savoye
eut il y a quelques années
,
ce Prince n'a point joüi d'une
santé parfaite. Il ne se passe
point d'année qu'il n'ait la
,
sievre à deux ou trois reprises,
& depuis deux mois, il ena
esté attaquéplu sieurs sois,
; &c'estencoreune desraisons
qui l'ont obligé à ne point:
consentir au bombardement
de Pignerol, Son Altesse
Royale ne voulant point que
ses Troupes agissent sans
luy.
Vous me demandez ce
que c'estque la Foire de Besons,
dontvous n'avezjamais
oüi parler, & qui a donné
lieu à la Comedie qui a esté
faite sous ce titre. Il y a eu
de temps immémorial une
Foire au Village de Besons,
au commencement du mois
de Septembre Cette Foire
estoit peu connuë à Paris,&
la pluspart des Bourgeoisqui
avoient des maisons, dans les
Villages des environs, & de laNoblesse des lieux circonvoisins
s'y trouvoient seulement,
& le menu Peuple s'y
divertissoit à peu prés comme
l'on fait à la Foire de Vaugirard.
Depuis quelques années
les Assemblées y ont
; augmenté tous les ans, quelques
Dariseurs de l'Opera, s'y estant,trouvez avec de
leurs Amis b,,,s'yestant diver-
'-
tis à danser & à faire danser
l'Assemblée. Ils y revinrent
les annéessuivantes, avec une.
plus grosse compagnie , iX:
quantité de leurs écoliers,
en forte qu'il se sir unespece
de bal fort rejouissant. La
pluspart y ayant esté masquez
,&depuis trois ou quatre
années, les Assemblées y
onttellementcrû que la con.
fusion y a toûjours
fait
naistre
quelque desordre divertissant.
Ce qui a donné lieu à
faire une espece de Comedie
vaudeville
,
& comme rien
n'est plus couru que ces fortes
d'ouvrages J-& que ceue
Comedie s'est trouvée tres.
agreable,&très enjoüée,on
y aestéen foule. Tout aconcouru
à son grand succés
l'agrément , de la Piece, le
plaisir d'y voir deux jeunes
Demoiselles, Filles de l'Auteur
, qui sçachant mieux
qu'un autre ce qui leur convient,
a si heureusementréüssi
,
dans la distribution de
ces Personnages, que ccs
deux jeunes Demoiselles sont
devenuës dans cette Piece,
le charme de tout Paris. Les
airs qui ont esté faits par ML
deGiliers,& les Balets par
par Mrde la Montagne, ont
extremement plû. Ilyalongtemps
qu'ils ont l'un & l'autre
beaucoup de repuration
pour ces sortes d'ouvrages.
Il n'y a pas jusquesàla decoration
quin'air fait beaucoup
de plaisir à voir. Elle representoit
la Foire de Befons.
Elle estdeMr Joachim Peintre
Italien, qui a un talent
tout particulier pour ces sor-
« tes d'ouvrages, où il réussit
parfaitement bien.
L'Enigme du dernier mois
estoit sur la toile d'un Tableau,
appelléeToiled'attente,
quand le Peintre n'y a point
encore travaillé.Voicy les
- noms
noms de ceux qui l'ont devinée
: Mrs le Chevalier de
Beauregard,Ponenard de la
Roche Jabac;ruë Saint Mederic
; Bonart, ruë S. Louis-
Marcel, ruë Quimquempoix; l'Avanturier de la rue du
Bouloy-Gy,Controlleur du
second Poids à la Romaine
de Rouën. L'Enjouée petite
Poulette de la ruë de
Richelieu; la belle Polonoise
; la spirituelleManon
du Carrefour Saint Benoist;
la belle Climene de la
ruë Saint Honoré; la Coquette
de laPlace Royale; laspirituelle
Convalescented'Ar
cueïl.
L'Enigme que je vous er
voy*e vous donnera beaucou! d'exercice
; cependant ell
paroiftra tres-juste à ceux qu
en trouveront le sens.
ENIGME. 6 MA naissance+est farticu
iiere1,
Je ne fuispoint fils de ïAmour , 1 Jeftis sans merc, 6 tiens lejour
£)u fcul ouvragede mon pere.
Riyi n'égala jamais1 E-t
,jy n e,,ga1a jamaismon lu)qre
]!t îay pourtant tant de renom,
Que lors qu'on scait un homme i
lufire,I Qri luy donne aussi-toif mon
nom..
à


On me prise sans me connoiflre,
rt me connoijl fam mavoir vû
fuis pourtant si ytuconnu ,
non doute mesme de mon eflre.
Ç' ~M~ - Je vous envoye des paroles dont
Ûr vous doit paroistre agréable.
AIR NOUVEAU.
E ne voyrien de plua cha/mant
Qjl la jeune Amarante,
lie a l'esprit fort engageant
t l'ame bien faifarue.
p voudrois quAmûur dans son
(oeUf, m
M'eupenfin donnéplace
,fais jufquà prefevt mon atîifo**--
N'a ffû fondre sa glace.
Comme on n'a point eu de ve.
,tfl.blc:s nouvelles de ce qui s'est palséau
Siege de Namur, tant que les
Ennemis ont demeuré devant cette
Place,y 5c que la pluspart des Lettres
de Dinan n'estoient écrites que sur
.le rapport des Deferreurs de l'Armée
desAlliez ,qui venoient s'y
rendre, & que d'ailleurs les Relations
des Ennemis sont suspectes,
j'espere vous donner au premier
jour un Journal exact & fidelle ,
tant du Siege de la Ville que de
celuy du Chasteau, qui vous apprendra
des choses curieuses & surprenantes,
dont vous n'avez point
encoreoüy parler: Cependantje
croy que ce qui fuitdoit vous donner
de ln joye,si vous yfaites quelques
réflexions,
Quoyque le Prince d'Orange
fasse publier dans les Coursdes Al-
,Ï1ez, que la prise de Namur luy
inëra moyen de faire d'au-
5" Conquestes, & mesme de pafen
France
,
il est con stant qu'il
se les Peuples chez qui il fait rcdre
ces 'bl:uirs:.,là
,
afin de lesen-
£er à supporter plus patiemment
t ce que leur fait souffrit la conuation
de la guerre dont ils sont
ablez. Les Ennemis ont faitle
ege de Namur
, parce que c'estoit
feule Place que la situation des
ux leur permettoit d'attaquer,
ats munitions-de-guerre 8c de'
uche pouvant y estre conduites
r-cali, 6c estre tirées de leurs Fla~
s,&les environsde cette Villeestant
inaccessibles. Comme ils
peuvent plus trouver ces avanges
pour faireunautreSiégé,il
ur fera desormaisimpossible d'arquer
aucune Place de conseqent
ce ,
& tous les revenus des Alliez
, ne sussiroient pas, potuirt la ddééppeennfsce.s
des charois qui feroient necessaires
pour voicurer devant une autre Pla-;
ce autant de provisionsqu'il en ell:':
venu pareau à Namur. Quant à la<
situation
, comment pourroient-ils;
se deffendre dans un pays olivertr
d' tftre artaquez dans leurs lignes,
par des Troupes aussi belliqueuses,
que celles de France,qui ne manquant
jamais de battre leurs Enne- «
mis quand ils peuvent les joindre;
outre que les Alliez ne trouveroient
pas toujours un terrain favorable
pour faire retrancher des
Troupes hors de leur Camp. Il n'y
a point de Place où ils en pussent
laisser un aoaï petit nombre que
devant le Chasteau de Namur;
de sorte que ne pouvant faire forcir
es Troupes de leurs lignes, & qu'éint
d'une grande étenduet ilyauoit
une grande facilité à les bacre.
J'ose mesme assurer que cela
rriveroit,puifqu'il y a peu d'excm*
,les qu'on ait attaqué des lignes sans"
es forcer; ainsi ceux qui croyent
ipe parce que lesEnnemis ont pris
Namur ils peuvent se rendre maitres
d'autres Places de cette consequence.
là le trompent grossiere.
ment. Ils ne doivent pas non plus
apprehender par lamesme raison
que les Ennemis puissent penetrer
en France. Çhiand nous n'aurions
point de Places assez fortes pour
les arrefier, nous avons de bonnes
Armées pour leur opposer - c'est
plus qu'il n'est necessaire. Ils n'oseroient
nous attaquer en pleine
Campagne, & s'ils l'entiepienoient
la guerre seroit bien toit hnic à leur
confusion. Ils peuvent se presenter,
nous ne nous sommes jamais retranchez
devant eux, &. ils ont fait
drs retrant hemcns par tour où ils
se sont trouvez ,
dés qu'ils nous ont
vû approcher. D'ailleurs n'avonsnous
pas plus de facilité d'entrer
chez eux, qu'ils n'ont de penetrer
chez nous ;
ils ne peuvent venir
que par un seul endroitallez ferré,
&. qui n'est pas mesme sans Fortereflie
8c nos grandes Conquestes
nous ont ouvert tout leur pavsi
Poiirqucy donc ne pas dire que
mus pouvons aussi entrer chez eux,
la chose n'dl: elle pas réci proque ,
& n'avons,nous pas mesme plus
d'érendtië pour y enrrer? Demeurerions
nous dansl'ina&ion» tandis
qu'ilsagiroient pour encrer en Fran* -
e? Mais pourquoy l'apprehender.
nt ils feulement ore le tenter penlant
que Namurestoit entre leurs
nains? Nous avons une Place de
noins,depuis que les Ennemis nous
)nc repris cette Place
,
mais nous
n'avons rien perdu,puis qu'elle n'é.
Coit pas à nous. Nous avons triomphé
perdant huit années de toutes lesmaniérésnous avons pre.
sentement une de nos Conquelles
de moins, qu'ilauroit peut-estre
mieux valu pour Lurs affaires, qu'ils
n'eussent pas attaquée, tant ils l'ont
payée ci,léiwment. Dans le temps
que nous emportions leurs Placesavec
peu de perte ,
le Piince d'O.
range prenoit le foin de faire publier
que nous ne pouvions rien faire
de plusavantageux pour la Ligue,
que nos Conquestes nousniinoienî,
& quells nous mettroient si bas,
que nous ferions obligez de faire.!!
Paix aux conditions qu'il leur plai.
roit de nous imposer. Nous pourrions
leur dire la mesme cbofe à
prefenr, mais avec beaucoup plus de
raison, puisque nousn'affoibliffions
pas nos Troupes en prenant des
Places,oommeils viennent de faire
4 en se rendant maiflres de Namur.
Ilya une remarqueà faire là dessus
qui prouve ce que j'avance. Toutes
les fois que nous leur avons pris des
Places, ils se font plains du peu de
valeur de leurs Garnilofls, Se dela
lâcheté de leurs Gouverneurs. Nous
en venons de perdre une, on n'entend
parler que de récom penses, Se
depuis le Chef. jusques au de-rnier
SolJac, tout est comblé ou de bienfaits,
ou de louanges. Le Prince
d'Orange, luy- mesme
,
demeura'
d'accord que l'on ne peut trop les
récompenfec, puifqu'il n'a pu voir
loriir la Garnilon sans louer sa valeur
,&. sans dire que si ces Troupesestoient
à luy, il les recompenferoit,
& feroit Officiers la pluspart des-
Soldats. Ce que j'avance estvéritable
, je ne fais rien dire à ce Prince,
qui ne (bit forry de sa bouche ? 8C
comme c'est un fait public, quaprés
la prire de Namur par le Roy, le
Prince de Barbançon
,
qui en estoit
Gouverneurfut acculé de s'erremal
defferdu,ildemeure confiant
que cette Place nous a peu cousté
quandle Royenafait la Gonquefiet
& que les Alliez y- ont fait des pertes
infinies en la reprenant. Les
louanges données à nostre Garnison,&
le procez-intenté contre le
Prince dè Btfbançon, en font fôy.
Ainsi,(ilesConquestes quicojftent
cher,félon ce qu'ont toujoursfoûtenu
les Alliez
J,
ruinent ceux qui les
font, ils le doivent efire davantage
par la ptife de Namur,que nous ne
lavons esté en failanc des Conquefiessureux,
& cet essay leur doit
osterl'envie d'en faire sur nous. Je
vous en feray demeurer d'accord
le mois prochain, en vous envoyant
un détail de nostre Campagne, az
un decelledesAlliez,&quand vous
aurez tout mis dans la balance
5
vous verrez qu'elle leurcoûte beaucoup
plus qu'à nous, & que si l'on
vous donnoit le choix, vous aime- - riez beaucoup mieux avoir fait
nostre Campagne que la leLft
)
bien
•qu'elleparoifiV briller davantage. Quoy que je ne deusse vous parler
qu'à la findujounalque je vous
ay promis , du manque de parole
du Prince d'Orange, en faisant arrester
Mr de Bouflets,je nesçaurois
m'empêcher de vous en toucher
icy quelque chose ; mais jedois
vousdire avant celaqu'on a sceuque
cePrince demanda à Mrde Baviere
de les Gardes pour le faire arrester,
ce que Mr de Baviere luy refusa.
Ce Prince eut raison
,
puis que le
manque de parole feroit tombé sur
luy aux yeux dé toute 1 Europe:ainsi
l'adresse ordinaire du Prince d'O.
rauge ne luy réussit pas en cette occasson.
Quand Mr de Bouflers eue
salué Mr de Baviere en sortànt du
Chasteau de Namur
, & qu'il en fut
un peu éloigné, il fut abordé par
MrDiKvel
,
qui luy fit ur compliment
IOK embarassé,auqu.l Mr de
Bouflcrs nè pur rien comprendre;.
Ille pria de passer àcette. Lt Com
te de Benting, autrement Milord
Porteland, havorydu Prince d)Q,.
range ,
vint ensuite,. Iln'estois pas
inojnsinierditqueMrDikeel. Mr
deBor/fiers leur ditavec une feriçece
aussî heroique que fage, En veuton
à la gloire du Roy en vent-on
à ma personneïexplique^ zcui,.Lot
partie rifft pas é1.ale. Le Lieutenant
des Gaides Hollandoiles du
prince d'Crange, nommé Létang,
parut apiés ces Meilleurs avec quelques
Gardesqui entourereAtMr de
Bouflers. Ce Maréchalluy dit,a'il
eficïtfwprisque le Prince d'Orangefvft
si peu jaloux de sa parole,
& quecetteaïhcnnetourneroit pas à sa gUire. Dans l'inftanr que le
bruit de sa détention surrépandu,
une fureursi grande saisit toute la
Garnison
,
qu'elle parut preste de
charger les Ennemis; mais Mr de
Bouflers imposa hautement silence
à tousces braves, & leur dit, qu'il
estoit plus des interests du Roy de
- conserver fei Troupes, que de les
sacrifier poursonservice. Il futconduit
à Maurie, comme vous avez
sceu,où il a esté traité en Maréchal
de France. Les Troupes, qui par
honneur feulement gardoient ion
logis, ayant monté la garde Enseignes
déployées, & ce Maréchal.
ayant toujours donné le mot. Ily
a tenu une grossetable tant qu'ila
demeuré à Mastric, où il a fait paroistre
une fermeté toute remplie
d'honnsstetez,& beaucoup de magnificence.
Ayanteupermission de
revenir en France,il fut ecorté
jusques à Dinan par un gros Corps
deDragons.Il donra une épée
d'argent à chaque Officier de l'escorte
,& fit distribuer une somme
considerable aux Dragons, qui eurent
c hacun deux Louis d'or.
Nostre Armée de Fland re est
au Camp de Leuze; dont les Enne.
mis sont fort concernez, parce
qu'elle y vit aux dépens du Pays, &.
qu'elle lesempêche de lemeure en
quartier de rafraîchiflemcnt
,
dont
ils ont un grand besoin. Nos Troupes
d'Allemagne quoy qu'en deça
du Rhin, ne laissent pas de vivre
aussi aux~nepem des Ennemis EUes
ont ~dtfoléleterritoire de Mayence,
&tiré beaucoup de contributions.
Les 1 ~etrres de Constantinople
parlert du nouveau Sultan, comme
d'un Prince qui fait concevoir de
grandes esperances à tout l'Empire
Dthoman La premiere fois qu'il
~jarut fousles Tentes avant son départ
,il fit étrangler en sa presence
le dernier Grand Visir. Il risquoit
l'Empire s'il eust esté plus moderé.
CeVisitestoit delafaction du dernier
Grand Seigneur, dont il vouloit
faire regner les Enfans, quel'on
peut dire encore au berceau. Il e:st,
aisé de juger que cela auroit causé
d'assez grands mouvemens pour
perdre l'Empire Othoman dans la
situation où il se trouve. Après cette;
executionil continua àfaire voir h,
mesme fermeté, endisantauxtrou-
Tes, qu'il riestoit point enestat J,'
leurfaireditfribuerles sommes que
les nouveaux Sultans ont accoutumé
de leur donner;qu'il ne ~refusoit poef'
deleur faire ce pr~efem qu'de/roi:'::'
prest de marcher àleur teste po.,.,
JtUer le chercher
3
& qu'ils riavoient
qttà le suivre. Il dit en
mesme temps aux principauxOfficiers
de son Armée, qu'il n'estoit
pas besoin d'avoir de grandséquipages
pour embrasser l'Armee^ &
quilmontreroit l'exemple.Ilajoûta,
què lenombre des mets dtvoit ..afJjJ.i'
eflre retranché, &que pour lUI il
se contentcroit d'un potage deris le
matin, à* d'un le soir. Il joint à
cette fermeté 8c à ces reglemens
beaucoup de politique.Désqu'ilsur
arrivé à Sophieil fitpublier qu'ily
resteroir avec la Sultane sa merc.
Les Impériaux ajoûterent foyà ce
bruit-là,&le Grand Seigneur estoit
à Belgrade, qu'ils le croyoient encore
à Sophie, Illesvientencore de
1
tromper, pour leur cacher sa matrhe
ducosté de la Transilvanie, en
leur opposant un grand Corpsde
Cavalerie, qui leur faisoit croire
que son Armée estoit tranquille
pendant qu'elle avançoit toujours
sa marche.
Le Roy partit le ii. de ce mois,
en parfaite santé
, pour aller passer
une partie de l'AutomneàFontainebleau.
LaCour d'A ngleterre s'y renditle
28. &doit y demeurer quinze
jours. Il y aura Chasse
,
Comedie, ¡ Bc Appartement, pendant tout le,*
sejourque Sa Majesté y fera. Je suis,
Madame, vostre
,
&c.
1t A Paris ce 30. Septembre 1695:
AVIS.
On a proposé dans le Mercure de-' ! Juillet des Sonnets à faire à la gloirede
Madame la Princesse de Conty
Douaiii.ue, sur les derniers Boutsrime
z d s Lanternistes, qui se trouvenr
ao/Ti dans lesMercuressuivans,
mais on n'a pas songé à marquer
comment les Auteurs se feront con.
noistre. Outre les Sonnets quiseront
apportez au Palais, chez le sieur
Brunet Libraire,chacun luy donne
ra un billet cacheté, dans lequel son
nom fera écrit, & ssir ce billet fera
aussi écrit le premier Vers du Sonnet.
Il faus y joindre un envoy,&
il suffira que tous les Sonnetssoient
envoyez dans lequinzième jourde
2fouveD.esparticularitex^fut la découverte
de la Statue de Mercure,
qu'on afaitje aufres la Ville
TABLE.
Jè Beauvais, m
Sonnets sur les derniersBouts rimez,,
139
Traduction de MrdeSn:cce. 145
Maufo'ee dressê à la mtmoire de feu
Mrle Comte d*tiarcourt. iSz
Nouvelle découverte tres-curieuse.
ls6
Ce qui le(Î palle à CAcadémie
Françoifejejour de S. Louis 176
Paf/am. louchant la dtffolution du
mariage du Prince de Brunfvic-
LuneboRrg, & de la Princesse
son Epouje*180
These foutenuc à Bordeaux dediée
à Mr le Comte de Toulouse.
193
Zettre de Mrle D.,de Cbaulnes
Gouverneur de Guyenne>presentèe
au Parlement de Bordeaux.
-04
TABLE.
Table. 104;
Conbverfitonndupslu.s*fam2eux.d0es R9a-
JDifcourssurl'utilité du Microsco- pe.b 115
ReceptionfaiteàChalons à ïEvef*
que de ce nom 4 (on retour de
Paris 2^2.
Fesie qui se fait tous les ans à Saint
Germainen Layele 5. Septembre.
Morts•1/<?2f 2, Metode pourapprendre facilement
L'Hifïoirede.U Bible & PHi(-
toiredesPapes. z6z
Pratiques de Pieté. 16f
> Deï/fiede Ponce. 264
Benefices donnezjtar le Roy. 169
Echellesgéographiques de FrdnCto
2S6
Partie de la cargaifou des Vais
TABLE.
1La Figure doit regarder la page193.
L'Air doit regarder la page 315.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le