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O f
N donnera toujours un Voirma
nouveau du Mercure Galant 111
premier jour de chaque Mois,& on M1
vendra Trente fols relié en Veau &!S
Yingt cinq sols en Parchemin.
A PARIS, ,si Chez G. DE LUYNE,au Palais»dans:
laSaledes Merciers, à laJufticc.X
T. GIRARD,au Palais,danslaGrandes
Salle, à l'Envie. EtMICHEL BRUNET,Grand'SalIc: du Palais, au Mercure Galant. ;
M. DC. XCV. F
AvecPrivilège aH ROJ,
GALA\NT
x^iOUST 169^
E Sonnet qui commence
cette Lettre,
est un de ceux qui
disputerent le Prix dansle
temps que la celebre Compagnie
des Lanternistes de
Toulouse les examina
, pour
sçavoir à qui elle devoit l'adjuger.
Il est duPere Raphaël
ImbercdAix, Augustin Déchauffé,
& il nous donne une
si juste peinture du Roy, que
vous vous ferez sans doute
un fort grand plaisir de voir
dequelle manière il a renfermé
en quatorze Vers les
plus éclatantesactions decet
Auguste Monarque.
A LA LOUANGE
DE
LOUIS LE GRAND.
NSONNET. 'Avoirenguerre enpaix,
que la raison pourguide,
A terre,inmerJoin, près,vaincre
detoutes Etendre fin Empirety mettre des
remparts,
faire qu'en sa faveur le Ciel
toujours decide.
AuTempledcUgloire aller d'un
pas rapide,
En fageffi) en valeur surpasser
les Ctfars,
Seul contre centLigue^aumilteu
des hazars
Estre toujours heureux
,
invincible
1
intrepidc.
jiuxplusclignes Sujets donnerles
, grands Emplois,
Pour détruire l'Erreur faire de
faintes Loix
> Parsa vereu ,
des fiens éloigner
les tempeitesj
Tranquille regarder tant de Peuples
divers)
S'efforçant, mais en .'Vain
,
de
borner ses Conquestes;
C'cjtl'histoired'unRoyqu'admire
t - Univers.
Tous les Ouvrages d'érution
que je vous ay envoyez,
vous ont toujours plû,aussibien
qu'à vos Amis. C'est ce
qui moblige à vous faI'l'e--arc
de celuy qui fuit.
DLE,. LA FERMENTATION. A Fermentation n'estautre
chose qu'unmouvement
violent qui arrive à un
corps,ou bien à deux corps
qu'on mesle ensemble) sansaucune
cause manifeste. On
reconnoist cette proprieré,
principalement dans les sels
acides & alkali, car si on les
mesleensembleIl se fait une
agiration considerable,&un
mouvementviolent, qui en
~qûleve, en divise, & atténuë
lesparties. Il y a une autre
espece de fermentation, qui
arrive aux mixtes, & qui n' est
pas produite par le mélange
artificiel des selsacides & alkali,
comme celle qui arrive
au vin. Il y a pourtant apparence
qu'elle dépend de l'union
de ces mesmes sels qui
se trouvenr dans le vin.
Les Anciens ne se sont pas
fort occu pez à connoistre la
nature de la fermentation,
ce terme mesme leur estoit
inconnu,& Sennette qui vivoit
il'n'y a pas longtemps,
a estéun des premiersquia
parlé le plusau longdecette
matiere. Ca esté cette negligence
qui les a empêchez
d'en chercher & d'enrcconnoistre
la cause, & ce n'est
que dansce dernier siecle que
les Philosophes un peu plus
curieux,ont tâché de reconnoistre
avec foin d'où pou.
voit venir un effet si surprenant.
Mais comme les genies
font differens, ilestarrivéque
leurs sentimens l'onr aussi
éste;de force qu'on les trouve
fort partagez sur cette matière.
MrGassendi,qui dans ces
derniers rem ps a fait revivre
les sencimens de Democrite
& d'Epicure, quiestoient restez
comme dans l'oub i pendant
plusieurs siecles,a cru
qu'il yavoitde certains corps
fort subtils & fort deliez dans
les mixtes, qui avoient naturellement,
6c comme d'euxmesmes.
une certaine pente,
& comme une espece de desir
de se mettre en mouvement,
ce qui luy fait dire que ce sont
ces mêmes principes
,
qui
estant envelopez,& mis dans
les parties grossieres des mixtes
qu'ils composent, fort
effort pour semettreenïîLerté,
& pour recouvrer ce mouvement
qu'il pretend leur
estre si naturel, de maniéré
qu'employant alors toutes
leurs forces
,
ils brifent &c
écartent les costez des prisons
où ils estoient renfermez, &
produisent des mouvemens
tumulrueux dans les corps
qui se fermentent. C'estainsi
qu'il explique toutes les fermentations
qu'on appelle
spontanées,&quinedépendent
pas du meslange artifïciel
des fels acides & alkali;
êdçcptfcfnjeirrel)'explicationdecette
il d t que ces fels
ont entraîné avec eux dans la
distillation,des partiesignées,
lesquellesse trouvant renfermées
dans ces sels, tâchent
continuellement de s'en dégager
pourrecouvrer leur
premiere liberté; de forte
que le choc que font entre
eux les sels acides &alkali,
ors qu'on les mesle, ouvre
les petitesprisons oùcescor-
~pu scules ignez estoient renfermez.,
ainsitrouvantune
petite issuë pour s'échaper,
ils le font avec grande vîtesse,
dilatentmême les trous&les
costez de leurs cellules en
sorte qu'ils dissolvent le sel
qui les renfermoit. & c'est
en cela que consiste la fermentation.
L'une & l'autre de ces explications
répugne évidemment
à un des principaux
axiomes de Physique quiest
fort clair, & que les meilleurs
Philosophes admettent
auj ourd huy ; c'est que les
corps doivent rester dans l'état
où ils sont, à moins qu'il
n'y ~art une cause externe qui
les fasse changer,& pour expliquer
cela plus au long, il
n^è'pas possiblequ'un corps:
quiest déjaen re posée mette
en mouvement, s'il n'y a une:
cause externe qui luy en communique
; & ainsi ces principes
volatiles que Mr Gasfendi
pretend se mettre dans
le mouvement d'eux, mêmes,
par quelque penchant naturel
qu'ils ont à le faire, font
purement chimériques &répugnent
à la raison ; car s'ils
sont, comme il avoüe
, une
fois en repos, ou du moins
dans un petit mouvement,
ilsne peuvent en acquérir un
plus grand par eux-mêmes,
parce que tout ce qui est en
mouvementestmû parun autre.
L'explication qu'il donne
pour la fermentation des acides
& des alkali se détruit
> par la même raison
,
puisque
ces corps ignez estantenrepos
, ou du moins dans un
tres petit mouvement dans
ces sels
,
ils ne peuvent se
mettre dans une grande agitation,
quoy que le choc mutuel
deces sels leur ouvre un.
passage
,
puis qu'il faudroit
pourcela une cause externe
qu'il ne reconnost pas.
11 yen a qui pour expliquer
la fermentation,croyent que leseulchoc des acides contre
les alkaliestsuffisant. Ils disent
qu'il ne faut pas estre
surprisqu'on voye les parties
del'alkali le diviser,puis que
les acides heurtant contre
leurs costez, les enfoncent ôc
les font soûlever en leur communiquant
de leur mouvement,
Cetteexplicationn'est
pas plus raisonnable que la
précedenre
,
& elle est contraire
à la mesme raison de
Physique, puis qu'ileftaussi
vray qu'un corps qui est dans
un petit mouvement, ne peut
point de luy-même en acquérir
un plus grand, qu'il est
certain qu'un corps qui est
dans un parfait repos ne peut
point du tout se mouvoir de
luy même, Ainsi ce ne peuvent
pas e lire les sels acides
qui par le simple mouvement
de liquide qu'ilsont,mettent
en agitation les parties de l'alkali;
laquelle agitation est
quelquefois si grande, qu'on
ne peut pas tenir la main sur
les costez du vaisseau où se
fait la fermentation, à cause
de la grande chaleur, puis
qu'il est feur que le petit mouvement
que les parties de l'acideavoiententre-
elles, n'approche
pas de beaucoup prés
de celuy que l'on reconnoist
sensiblement dans cette
effervescence.
Il faut donc chercher une
autre cause que nous reconnoissions
capable de produire
le grand mouvementquel'on
remarque dans la pluspart des
fermentations,&il faut voir
si dans le monde il ne se trouvera
pas quelque matière
propre à causer cet effet.
Nous enconnoissons de deux
fortes
,
donc la vérité peut
estre prouvée par les effets
qui arrivent dans ce grand
monde. La premiere est la
matiere lumineuse
; on en
reconnoist le grand mouvement
par la dissolution que
nous voyons qu'elle fait, lors
qu'elle est ramassée par un
miroir ardent, des corps les
plus durs. La seconde n'est
pas moins connuë par ses effets,
puis que nous appercevons
des mouvemens fort
considerables
,
qui doivent
dépendre d'une causeexterne
que nous ne voyons pas, &
que nous ne pouvons pas
-
soupçonnerestre deseffets de
la lumiere,puis que c'est dans
des en droits où elle ne se
trouve pas, comme parexemple,
dans les entrailles de la
terre On prouve plus évidemment
son existencepar
-
la necessité qn'i1 y a qu'il te-
, -
trouve
trouve une matière fort subtile
pour occuper les espaces
que les globules de la lumiere
laissentenrre-eux. Aristote
la reconnuë fous le nom de
matiere étherée,& c'est à elle
qu'on a recours pour expliqner
le ressort des corps, &
d'autres effets semblables.
C'est donc cette matiere extrêmement
subtile, & tresagitée.
qui penetre les corps
même les plus durs & les plus
solides, que nous devons reconnoistre
pour veritable
cause de la fermentation. Il
n'y a presentement qu'à déterminer
la maniere dont
elle la produit, & ce qui la
faitmettredans un si grand
mouvement,pouragiteravec
tant de violence les corps qui.
':se fermentent.
M' Descartesa crû que
les acides entrant dans les;.
pores des alkali,à cause de:
-
la petiresse de ces mêmese
pores, ils ne pouvoient être
accompagnez que delaseule
matiere du premier élement
desorte que cettematiere
-tres subtileletrouvant feubà
dans les pores de l'alkaliavec
lesacides, & réparée doi
globulesde la lumiere qui
interrompentàtous momens
son mouvement,ellesemeut
fort librement & entraîne
avec elle les acides qu'elle
pousse avec violence contre
lescôtez des pores de l'alkali,
lesquels à cause de leurSolidité
lesécartent, les divisent,
ôc les mettent en mouvement.
Ainsi ce celebreModerneconsiderecettematière
subtilequifait heurter
les acides contrelesparois
del'alkali,comme uneriviere
qui passant fous les arc hes
d'un pont sans entraisner
aucun corps solide, n'y fait
aucune violence
,
mais si elle
emmene avec elle une poutre,
ou quelque gros glaçon, elle
l'ébranle fortement,&quelquefois
même elle le fait
tomber, lors quelle vient 3.
pousser cette poutre ou ce
glaçon contre les arches du
pont.
Cette explication n'a rien
quede mécanique, cependantil
me semble qu'elle a
quelque chose d'obscur, ôç
qu'elle suppose même des
choses qui ne font pas incontestable,&
nous ferons
d'autant plus portez à la quitter
pour ce lle que je m'en
vais proposer, que celle-cy
paroist plus simple & plus
naturelle. Je n'estime pas qu'il
faille expliquer diversement
l'action de la matiere subtile
dans le mouvement de fermentation,
quedansceluy du
ressort..Or pourexpliquerce
dernier on dit seulement que
les pores externes du corps
élastique ayantesté fort dilatez
, & les internes au contraire
fort refferrez
,
ils forment
une espece d'entonnoir,
en forte quela matière
subtile entrant en grande
quantité par les pores externes
,& ayant une grande vitesse,
ellene peut pas paffer
si librement par les pores internes,
àcause du rerrecissement.
C'est pourquoy elle
acquiert un plus grand mouvement,
de lamême manière
qu'une Riviere qui va d'un
grand lit dans un petit,&elle
communique ce mouvement
aux côtez des parois du corps
qui fait rcflbrt-, en forte quelle
l'oblige à reprendre sa ¡
premiere figure, si la force
extérieure ne continue pas
d'agir, ou qu'elle lefaflepW'
faiblement;carilestaiséde
concevoir que sila matiere
subtilepeut faire ouvrir les
pores internes , qui avoient
citéretrécis,elle feramettre
le corps danssonpremier état.
Je croy donc qu'il faut concevoir
que la matière subtile
agit de la même maniere dans
la fermentation: carles acides
estant des corps pointus
mêmedes deuxcostez,àpeu
prés comme des fuseaux,ils
ne peuvent pas entrer dans
les pores de l'alkali, qu'ils ne
les bouchent plus dans un
endroit que dans l'autre,sçavoir
vers le milieu; de forte
que de cette maniere la matiere
subtile entrant en grande
quantité par les endroits
où font les pointes de l'alkali,
elle ne peut pas continuer son
mouvement avec la même
facilité à l'endroit où le milieu
de ces pointes se trouve
placé. Ainsi dans ce retrécissement
de passage, elle acquiert
beaucoup plusde force,
qu'elle communiqueaux
costez des parois de l'alkali,
& parce qu'elle y heurte avec
Yioleace, ellelessecouë, les
écarte, & les met dans un
mouvement d'autant plus
grand, que Ion passage se
trouve plus retréci & embaraffé,
parce qu'elle agit alors
en plus grande quantité, &;
par confcquent avec plus de
force sur les costez de l'aikali.
Un* Philosophe moderne
explique la fermentation d'une
maniere différente de celle
que nous venons de rap porter.
Il prétend que la matiere
subtile agit dans la fermentational'égard
de l'acide &
*Le cclcbrc Baigle,deTonlanfe.
de l'alkali d'une manière à
peu prés semblable à celle
que la matiere magnetique le
faitàl'égard de deux A imans
que l'on approche par leurs
Poles homogenes,carelle les
repousse & les fait reculer
l'un de l'autre, parce que la
matiere magnetique qui fore
des pores d'un de ces Aimans
ne trouve pas ceux de l'autre
disposez de la manière qu'il
faut pour les traverser, de
sorte que donnant contre les
parties solides,elle lesire
pouffe
,
& en même temps
l'Aiman qu'elles coinpofcnr.
Ainsi il supposeque lors qu'-
on mesle un acide avec un
alkali, & que celuy-làs'engage
avec celuy. cy ,
les pores
deces deux sels rit se répondent
pas les uns aux autres:
ce qui fait que la matière fub*
tile touchant les pores de ces
deux se ls, & rencontrantdes
,
parties solides quis'op posent
à son mouvement, elle fait
effort pour passer plusavant,
*
divise & détache les partit
cules de l'acide & de l'alkali,
qui luy font obstacle) & c'efi:
dansceteffort& dansce bri.
f sement qu'elle fait des partits
de ces sels, que consiste la fermentation,
qui continuë jusqu'à
ce que lamatièresubrile
le soit fait un passage libre
dans ces deux sels, pour passer
librement de l'un dans l'autre,
leurs pores se répondant
mutuellement; & c'estaussi
alors qu'il se fait un coagulum
des deux sels , leurs
parties restant unies & sans
mouvement les unes auprés
des autres.
Quoy que cette explication
foit bien trouvée, nous pouvons
assurer qu'elle a plus de
difficultez, & qu'elle est p!u&
composée que la précédente.
D'ailleurs, puis que l'Auteur
qui la donne, suppose que les
parties se brisent& changent
par consequent de figures
pendant la fermentation, il
s'ensuivroir qu'on ne pourroit
pas retirer l'acide avec la
même force qu'ilavoit auparavant,
quand il s'est fermenté
avec l'alkali, & qu'il s'cil -
uni avec luy;ce qui est faux,
puis qu'il y a plusieurs Chymistes
qui retirent l'huile de
vitriol du tartre vitriolé, avec
autant de force qu'il avoit
avant qu'il fermentast. On
peut retirer tout de même le
vinaigre distilé des cristaux
de Venus avec toute sa forcep-,
& en continuer l'operation
plusieurs fois. Enfin,
si l'onversedel'esprit de nitre
sur son sel fixe, on l'en retirera
avec toutes les proprietez
qu'il avoit auparavant.
Apres avoir explique la cause
de la fermentation, & la
maniere dont elle fc fait 5il
faut que nous touchions presentement
une des plus considerables
questions que l'on
fait surcettematiere. On demande
si des acidesnepourroient
point fermenter avec
des acides, oubien si la fermentation
llC., se trouve jamais,
sans qu'il y ait un acide
&unalkali, qui en soientdu
moins la causeoccasionnelle.
.11 yades Auteursquicroyent
queJe^, acides peuvent fort
bien fermenter, Bi.; pour le
prouver ils se serventde la -
seule ex perience de l'esprit de
vitriol qui fermente avec
Jon,huile; mais puis que c'est
le seulexemple qu'on puisse
apporter,ily a grandeapparence
quel'ons'y trompe,
quel'huilecontientquelp
que corps étranger qui est
propre à fermenter avec l'esprit.
Eneffet elle contient
des parties vitrioliques, ou
martiales, selon le métal dont
elle se trouve chargée; & c'est
avec ces parties métalliques
que l'esprit fermente
, lors
qu'on lemesleavec l'huile de
vitriol. On ne doutera pas
que ces parties de cuivre ou
de fer que levitriol contient,
ne puissent monter avec l'huile
devitriol dans la force du
feu qu'on employe pour le
tirer, puis qu'il dure si longtemps,&
avec une violence
extrême.Mais la raison la plus
convaincante,c'est qu'on a
trouvé le moyen de separer
les parties métalliques de
l'huile de vitriol, ce qui
nous rend certains qu'elles
y sont, & que c'est seulement
avec elles que l'esprit
fermente. -
Il y en a d'autres qui affurent
hardiment qu'il ne se fait
point de fermentation sans le
concours d'un acide & d'un
alkali. Ceux-cy ne sont guere
moins à blâmer que les precedens,
car comme ileft vrai que
la pluspart des fermentations
artificielles qui arrivent d'elles-
mesmss, dépendent de
l'action de l'acide sur 1 alkali,
soit qu'on les mesle ensemble,
soitqu'ils se trouvent déja
dans le n1ixte, il cft cependant
certain qu'il y ena
beaucoup qui fermentent où
ces deux-fels ne serencontrent
point. Ainsi par exemple,
lors quel'eau regale fermente
avec l'or & qu'elle le
dissout, peut-on dire de bonne
foy que ce soit avec le
selalkali que l'or contient,
qu'elle fermente? La force
& étroite haHon qui setrouver
entre les parties essentielles,
& qui est à l'epreuve de
tous les dissolvansqu'onapu
trouver jusquaaujourd'huy
nérepugne-t-ellepas , evidemmentàcela,&
qu'est-il necessaire,
jevous prie,derecoruiir
à un sel alkali chimérique
qu'on pretend se rencontrer
dans l'or, pour expliquer cette
fermentation?La seule dispoficion
des porcs de ce
mecal ne suffit-elle pas pour
cela, puis que ce n'estqu'à
cause de cette mesme difposition
que l'acidefermente
avec l'alkali, de lamaniéré
que nous venons de dire?
Ainsi comme je crois que la
pluspart des fermentations
spontanée,comme celles qui
se trouvent dans la production
des minéraux, dans
la génération & dans lanourriture
des végétaux, & dans
celle des animaux, & dans
plusieursautres, reconoissent
pour cause la jonction
des acides avec les sels alkali
qui setrouvent dans la terre,
& dansles liqueurs des corps
qui ont vie, je ne doute
point aussi du tout qu'elles
ne puissent arriver quelquefois,
sans qu'ilsoitnecessaire
d'y supposer ces deux sels.
En effet, il suffit qu'on conçoive
le cours de la matiere
subtileintercepté, afin qu'elle
soit capable de produire
une fermentation dans les
corps qui se corrompent.
Quoyque je croye que ce soit
les sets dissouts qui ont fermenté
les premiers, & qui
ont commencé à dissoudre
le mixte, je ne doute pas
que dans la fuite, le remuement
des autres principes
ne les obligeàfermer le passage
que la matiere subtile
*
s étoit frayé
,
& quainsiils
l'obligent à faire des efforts
considerables qui font que lemixteest plûtost pourri,
parce que sa substance enest
plûtôtdétruite. Il en est de
rnefme de la fermentation
quiarrivedans les sucs desvegetaux
,
& dans les humeurs
des animaux.
On divise la fermentation
en spontanée, qui arrive au
mixte sans ancun mélange
que l'on fasse des sels dedifférentes
especes,&en artificielle,
qui dependdumélange
qu'on faitde cesdifferens
fels. Il y a beaucoup de fermentations
fpontanées,comme
celles des mineraux, celles
des végétaux & celles des
animaux Celledes minéraux
se fait dans les entrailles de
,
la terre, par le mélange de
quelques sucs acides, avec
des parties salines fixes; ou
bien ce sont des parties fui.
phureuses qui par le sel acide
qu'elles contiennent pro<
dussent le mesme effet, de la
mesme maniere que le soufre
commun dissout & fermente
le fer. Or dans ces fermentations
selon la proportion
& la différence des
principes qui fermentent &
des autres qui s'y joignent
dans la precipitation, il se
faittantôt un minéral, tantôc
un autre. Si on demande la
cause de ces fermentations
qui se sont dans les entrailles
de la terre, ce ne peut estre
autre chose que la matiere
subtile,qui ayant beaucoup
plus demouvement dans les
pores de la terre que dans
l'air a cause qu'elle n'y perd
presque point de son mouvement,
par la resistanceque
lny font les costez solidesdes
conduits
conduits dela terre,elleen
detache en passant quelques
parties acides, ou bien quelques
parties filphureuses &
quelques parties alkalines,
qui s'unissant ensemble font
des mouvemens fermentatifs,
qui donnent occasion à la
production des differens mineraux
sélon les fermentations
intérieures de la terre,
&ce font ces fermentations,
lors qu'elles font considera.
bles, qui font les tremblemens
de terre.
La fermentation des végétaux
dans leur génération &
dans leur accroissement, dépend
de l'union des sues
salins & sulphureux qui se
trouvent dans la terre, qui
developent les membranes
de la semence, dilatent les
pores du germe, le rarefient,
montent au travers de ses
fibres, & fervent à produire
ainsilevégétal & à le faire
croistre. Le suc desvegetaux
fermente non seulement.
dans la terre,*cAe qui le raicj, introduire dansleurs pores
mais encore il fermente dans
leurs tuyaux fibreux, où il
circule à peu prés comme lesl
humeurs dans les animaux.
Ainsi c'est là qu'en circulant,
il se fermente, il se digere &
cause la maturité des fruits,
qui se détruisent enfin
,
parce qu'il ne vient point de
1
nouveau suc, & que celuy
0.
qui y estoit allé s'évapore,
ou que leurs fels se fermentent
par la trop grande humidité
& font dissiperainsi
les autres principes. La
fermentation est tout à fait
évidente dans les animaux,
elle depend de l'union des
differens principes qui composent
leurs humeurs. Elle cLl:
lacause de leur génération.
lors que la semence fait fermenter
L'oeuf, & qu'elle le
fait éclorre, de leur nourriturc
& de leur accroissement,
lors queleurs humeurs se fermentant
d'une maniere reglée,
font qu'elles se trouvent
propres à ieparerôc augmenter
le corps des animaux. Elle
cfi k cause de leur mort, lors
qu'estanttrop grande, les
parties spiritueuses & volati-.
les se dissipent, en forte que
ce qui fair jouer le principal
ressort de la machine manque
pour lors, je veux dire les
esprits animaux. Enfinelle
estla cause de leur entière
dissolution après leur mort,
lors que les princi pes salins
se dissolvant dans l'humidité,
se fermentent & détruisent
entierement la tissure du
corps dont ils faisoient la
composition.
On divisè encore la Fermentation
par les différentes
circonstances quiraccompagnent.
Ainsi il y a des fermentations
qui iont chaudes,
d'autres qui font froides; il
yen a qui font accompagnées
de petillemens,les au.
tres d'écumes, les autres de
vapeurs. Pour ce qui regarde
les deux premieres différences,
il ya apparence quelles
dépendent de la différente
détermination que prennent
les parties des corps qui se
fermentent dans leurs mouvemens,
en forte que cellescy
nous causent de la chaleur,
& les autres de la froideur,
parce qu'elles font des impressionsdifférentes
sur les
fibres nerveuses de nostre
main;& il y a quelque raison
de conjecturer que celles qui
produisent lachaleur se meuvent
circulairement autour
de leur centre, quoy qu'assez
inégalement, comme on le
peut voir dans la * Differtation
que j'ay donnée sur la
nature du Feu; au lieu que
celles qui nous causent le
froid, semeuvent sans doute
'* d'un mouvement direct. Le
petillement qui arriveà quelques
fermentations, dépend
de ce que quelques-unes des
parties solides du corps qui
fermente s'élevent en l'air, où
elles continuent leur fermentation,
de forte que leurs cô-
* MerclIredumoisdeMars 1694.
tez s'écartent avec violence,
&font faire des collisions&
des tremoussemens à l'air
qu'elles repoussent, & c'est
en cela queconsiste le petillemenr.
L'écume reconnoist pour
cau se les parties d'air qui
estant-enfermées dans la liqueur
qui fermente,s'enéle.
vent, & estant envelopées
des parties fulphureufes, produissentainsi
des bulles; car
il est necessaire que les parties
qui environnent l'air qui
est dans l'écume, soient sulphureufes
& glutineuses, autrement
elles se separeroient
fort facilement, & l'air en
fortiroit d'abord; d'où vient
que pour faire de grosses bouteilles
avec de l'eau, il y faut
mettre du savon. Enfin la vapeut
qui survient à decertaines
fermentations, vient de
ce qu'il s'en éleve beaucoup
de parties assez grossieres fort
prés les unes des autres, au
lieu que les parties qui s'éleventtoujours
des autres fer-
,
mentations sont fort subtil es,
fort deliées, & fort rares.
Ainsi, par exempte,l'haleine
qu'on rend en [fié) elt fort
rare, parce que le grand mou.
vement de l'air enattenuëles
parties, quile fontdéjàassez,
de forte qu'on ne la voir pas
forcir, au lieu qu'on la remarque
fort sensiblement en hiver
,parce que les parties font
plus grossieres, ou du moins,
parce que l'extrême froideur
de l'air en approche si fort
les parties, qu'elles font capables
d'obscurcir l'air.
Il y a des fermentations
qui se font dans un certain
temps, & les autres dans un
moment; cela ne vient que
de ce que les principes termentatifs
font plus ou moins
embarassez. Ainsi la bile ne
fermente que quelque temps
aprèsqu'on y a jetté des perles
, ou versé de l'esprit de
nitre, parce que les sels qui
doivent servir à la faire fermenter,
se trouventenvelopez
dans d'autres principes,
& qu'il faut qu'ils en soient
dégagez, avant qu'ils puissent
fermenter: aulieu que l'huile
de vitriol fermente dans le
moment qu'on la verse sur le
sel de tartre, parce que les
principes de la fermentation
font dégagez.
Examinons presentemens
les effets de la fermentation,
dont le plus considerableest
ladissolution des cor p s qui se
- fermentent. Il y a de deux
fortes de dissolutions : l'une
est insensible, lors que les
corps se dissolvent comme
d'eux mêmes par la desunion
de leurs principes: la seconde
est sensible, & c'est ceHe
qui arrive aux corps, lors qu'-
on les met dans une liqueur
qui se trouve propre à lesdiviser&
àles dissoudre.Lapremière
efpece de dissolution
est causée par la fermentation
intérieure, qui arrive aux
sels qui composent le mixte,
lesquels venant à se mettre
en mouvement, divisent &
separent lesautres principes,
en sorte qu'ils les font évaporer.
La dissolutionsensible
est celle qui arrive à un corps
dans une liqueurconvenable.
On appelle cette liqueur
Menstruë, qui est different,
selon la différence des corps
qui doivent estredissous,car
toutmenstruë ne dissout pas
toutesfortesde corps,&toutes
fortes de corps ne peuvent
> pasêtredissousdansunmême
menstruë.
On peut reduire toutes fortes
de menstruës, ou de difsolvans,
à quatre generaux,
qui font les acres, les acides,
les sulphureux, &lesaqueux.
Les acides & les acres estans
des selsresous dans du phlegme
dissolvent les corps terre- -fire-s,&. salins, les sul phureux
dissolvent les corps résineux
qui abondent en huile,&les
aqueux dissolvent les corps
satins, & les gommes & les
resines.
L'eau regale & l'esprit de
sel armoniac font des dissolvans
acres; celle-là dissoutl'or
que l'esprit de nitre ne pcuc
diviser. On ne peut attribuer
cette différencequ'à la diversité
des parties des diffolvans.
L'eau regale, par exem ple,
dissout l'or, parce qu'ayant
ses parties plus grosses que
l'esprit de nitre, elle est capable
d'intercepter de la maniere
que nous avons expliqué
plus haut, le cours dela
matiere subtile,en s'insinuant
dans les pores, de forte qu'-
elle luy donne occasion d'entrer
dans un grand mouvement,
qu'elle communique
aux costez des pores de l'or.
L'esprit desel armoniacest
un dissolvant purement alkali.
Il dissoutle cuivre donc
il retire la teinture, mais sans
fermentation, parce qu'il
n'embarasseque peu le cours
de la matiere subtile
, par ses
parties raboteuses & inégales,
&ainsi la matiere subtile ne
fait pas de gran ds efforts; de
forte qu'il ne sefait point de
fermentation sensible.
Quelques Chymifles ont
prétendu que l'eau regale ne
dissolvoit l'or, que parce
qu'estant composée de parties
acres, elle estoit trespropre
à diviser le souphre
que l'or contient en abondance.
Cette opinion paroistra
insoutenable, si l'onconsidereque
si l'eau regale difsolvoit
le soufre de l'or, comme
on le prétend, on pourroit
l'en se parer, ce quicependant
a esté imossible
jusqu'icy. Ce n'est pas que je
nie que l'or contienne du
fou fre,aussibien que les autres
métaux,maisilest si uny étroitementavec les autres
principes, que le dissolvant
ne sçauroit le diviserqu'il ne
separe en même temps leg,
autres principes avec lesquels
il se trouvoit joint. Nous
avons des preuves que l'or
contient des soufres ; car
Borrikius a observé que si
l'on broyoit longtemps de
l'or dans un mortier de marbre,
il s'en élevoit des corpuscules
qui sentoient lesoufre.
,
Cette crasse que l'argent
laisse sur lesCOfpSJntefi autre
chose qu'une partie grossiere
du soufre de l'argent, &cette
pellicule rougeâtre qui s'éleve
duplomb qu'on fait bouillir
pendant longtemps, & qui
s'enflâme quand on lajette
dans le feu,n'cil: autre chose
que les parties sulphureuses
quiestoient dans le plomb ;
& qui en font separées par
cette violente action du feu.
L'esprit de nitre est un des
plus universels menstruës
acides que nous ayons, il
dissoutl'argent, ce que l'eau
regalene peut pas faire. L'esprit
de vinaigre est un autre
dissolvant acide fort en usage.
On s'en sert pour la dissolution
du plomb
,
del'étain
des , coraux &c. Tous ces
differens Menstruës ne difsolvent
les corps, que parceque
leurs parties s'infinuanc
dans leurs pores, fontobstacle
à la matieresubtile, laquelle
se mettant dans un
grand mouvement, le communique
aux côcez des pores
du corps qui se dissout, &
c'est ainsi que ces menstruës
agissent sur les corps qu'ils
dissolvent.
Un des plus considérables
dissolvans sulphureux & un
des plus employez, c'estl'espric
de vin; celuvcy est propre
pour la dissolution des
resines, & des parties résineuses&
fulphureufes des racines
&des autres parties desvégétaux.
Il est trespénétrant,
& quoy qu'on laisse les parties
de la racine avec un travers
de doigt d'épaisseur, il
ne manque pas d'en retirer
laresine. C'estsans doute pifce
qu'il est composé de parties
fort délicatesquis'in sinuenttres-
aisement dansces
corps. La maniere dont il
separe,c'estou parceque par
fts selsvolatiles, en passant
& repassant, il arrache Ôc emporte
lessoufres qui font dans
la racine,&ceuxde laresine;
ou bien c'est parceque ces
mesmes sels volatiles s'insinuant
à travers les parties
branchuës des mesmes soufres
,ils embarrassent le cours
de la matiere subtile, la quelleacquerant
plusde mouvement
,ébranle & détache
les parties que l'esprit devin
entraîne avec luy, par son
mouvement de liquide.On
peut encore concevoir que
l'esprit devinestant composé
de petitesbranches, quand
il vient à s'unir avec les parties
sulphureuses du corps,
qui doi estre dissous,il y
bouche les passagesdela matière
subtile, laquelle entrant
dans un plus grand mouvement
qu'à l'ordinaire, separe
& desunit ces mêmes parties
pour s'y faire un libre passage.
Les dissolvans sulphureux
qui contiennentun selacide,
tel qu'est le soufre commun,
qui dissout le fer, l'huile commune
quidissout le cuivre,
& l'huile essentielle d'anis,
qui tire la teinture des coraux
, ne dissolventces corps
que par ce même sel acide
qu'ils contiennent. Il reste
encore une difficulté sur cette
matiere; sçavoir pourquoy
les menstruës sulphureux
s'insinuent si aisément dans
les corps fulphureux& oleagineux
, &r. non pas dans les
terreibes salins & metalliques
Je ne crois pas qu'on
en puisse attri buer la cause
qu à la conformité de fulastancequi
le trouve entre le
dissolvant &le corps dissous,
qui fait que la matiere subtile
les traversant de la même
maniere, ne pouffe point les
ddT lvans
,
lorsqu'ils le presentent
po r entrer en des
corps qui font de mesme
nature
nature queux. Enfin pour
lesmenstruës aqueux, nous
avons l'eau.; c'est le dissolvantpropre
des sels, mais
elle dissoutaussi les gommes.
Nous avons déja ditque l'eau
ne pouvoir pas dissoudre les
fels par son seul mouvement
de liquide. Ainsi
, par exemple,
lors qu'en mouillant des
cables qui soutiennent des
poids considerables
,
ils les
font élever,ilestimpossible
que ce soit le seul mouvement
des parties de l'eau qui
entrent dans les fibresdeces
cordes, & qui les dilatent, qui
produisent cet effet, puis que
la force qu'elle a n'approche
pas à beaucoup prés decelle
qui eH: necessaire pour cela.
C'est pourquoyil faut recourir
à la matiere subtile,qui
trouvant les interstices des
fibres occupez par l'eau, augmenteconsiderablement
son
mouvement, qu'elle communique
aux fibres qu'elle
fait dilater, & de cette maniere
les cordes se raco-ur-i
cissant, les parties de l'eau':
s engagent fort avant clans-1
leurs fibres,&les poids mon-f
tent.
'!
L'eau ne dissout les gommrs
& les résines que par
accident, carestant compofées
de beaucoup de soufres,
il semble que l'eau ne devroic
point y avoir de prise; cependantelle
les dissout, & cela,
parce que les gommes & les
résinescontiennentaussiassez
de parties salines,d'où vient
qu'elle estcapable de rompre
& de diviser la tissure des soufres.
Ainsi les selsalkalifixes,
dissolvent le soufre commun:
& generalement parlant,les
soufres se dissolvent assez facilement
par les sels alkali,
ce qui est tres-aisé à concevoir
: car comme les sels al-
Jcali font cornparez de parties
raboteuses,âpres & inégales,
en passant& repassantau
travers des parriesbranchuës
& embarassantesdes soufres,
ils font fort propres à les
arracher, à les diviser, &
ainsi à rom pre la tissure des
corps oleagineux.
A présavoir parlédeladissolutionsensible
des corps, &
des differensmenstruës dont
on se fert pour cela, il nous
resteàexaminercomment on
separe les corps dissous d'avec
lesdissolvans,c'estàdiré,comment
il fautretirerdes dissolvans
les corps qui sefont précipitez
au fond. Ces précipitations
se font en plusieurs
maniérés. Il yenauneespece
qu'on peut appeller spontanée,
qui arrive après que deux
corps ont fermenté, sans qu'il
foit necessaire cTy jetter un
troisiéme pour servir de précipitant,
comme il arrive à
l'esprit d'urine,&àl'esprit de
vin,aprèsqu'ilsont fermenté
ensemble; il se fait un
coagulum
, parce qu' a près la
fermentation. les parties du
corpsdissous n'ayant plusun
si grand mouvement, elles
s'accrochent &s'unifientensemble,
lorsqu'elles viennent
à se rencontrer: ainsi elles
forment des molécules plus
grosses qui tombentaufond
duvaisseau.
L'eau peut servir pour précipiter
les corps dissous par
des acides, comme la dissolution
du Bismuth; ou du
Mercure dans l'eau-forte, &
celaparce qu'elle dissout facilement
les pointes des acides,
qui font fichées dans les
parties du corps dissous : de
forte que quand les petites
pointes quitenoient separées
les parties du corps dissous
viennent à estre ôtées, pour
lors les parties du corps disfous
ense rencontrant s'unissent
ensemble
,
& par leur
pesanteur se précipitent au
fond dudissolvant.
L'eau précipite encore les
resinesque l'on dissout avec
l'clprit de vin, surtout celles
que l'on retire des plantes,
par infusion ,& elle ne produit
cet effet, qu'en ce que
ses parties ne pouvant pas
s'unir avec les oleagineuses,
elles ne font que glisser par
dédias, heurter contre leurs
costez,&les pouffer les unes
contre les autres ce qui leur
donne occasion de s'unirensemble,&
de former desmolecules
assezgrosses, lefqueï*
les ne pouvant pas se soutenir
dans la liqueur, fontobligées
d'aller au fond. Cette explication,
quoy que trèsseure,
ne paroist pas cependant
s'accorder avec ce qui arrive
à la teinture du Benjoin, dans
l'esprit de vin, que l'on appelle
lait virginal; car quand on
laverse dans de l'eau,le Ben.
join devroit se précipiter, puis
que ce n'est qu'une résine dissoute
: néanmoins celan'arrive
pas, & l'eau, bien loin
d'unir les parties du Benjoin,
&de les précipiter,les divise
d'une telle maniere, qu'une
grande quantité d'eau, dans
laquelle on ne verse qu'un
peu de teinture, s'en trouve
tour a fait colorée. Certe experience
ne repugne point
du tout à ce que Je viens de
dire; car il eftvray que l'eau
unit les particules du Benjoin,
qui avoient este divisées par
l'esprit de vin, & en même
temps elle les divise; car le
Benjoin ellanc composé de
parties extrêmement volatiles
, qui peuvent se diviser
jusqu'à une extrêmepetitesse
par l'esprit de vin, elles se rapprochent
l'une de l'autre lors
qu'on verse la teinture dans
de l'eau,mais elles ne se précipitent
point, parce que
quoy qu' e lles se soient approchées
,elles ne forment pourtant
pas, à cause de leur legereté,
des molécules assez pesantes
pour se précipiter au
fond, elles se placent seulement
en differens endroirs de
l'eau, d'où réflechissant beaucoup
de lumiere,elles produssent
le sentiment de blancheur
qui paroist occuper
toute la liqueur, parce que
c'est une couleur plus vive
que celle de l'eau.
On se fert aussi des corps
qui font opposez aux dissolvans
pour la précipitation
des corps dissous, c'est à dire
que si le menstruëest un acide,
on se sert d'un alkali.
Ainsi quand on fait dissoudre
de l'ordans de l'eau regale,
1 on le fait précipiter par le
moyen de l'huile de tartre,
ou du sel armoniac, ce qui
ne peut arriver que parce que
ces alkali s engagent dans les
pointes de l'acide, dont Jcâ
parties du corps dissous font
traversées, &ainsi s'unifiant
avecelles, ils les rendent affëi
pesantes pour les faire précipiter;
aussî voit onque si l'on
fait dissoudre trois onces d'or;.
le précipité en pesera bien
quatre; ce quiest une marque
quequelque corps étranger
!y est uni, qui en augmente
la pesanteur. C'est la même
raison pour les dissolutions
faites par lesalkali, qu'on
précipite par le moyen des
acides.
Il y aune autre précipitation
, qui se fait par un corps
presque de même nature que
le dissolvant, comme quand
on se sert de l'esprit de vitriol,
pour précipiter la dissolution
des coraux par le vinaigre
distilé, dont on peut rendre
raison ,en disant que les parties
acides du vinaigre ayant
desuny les parties du Corail,
& enayant ouvert les pores
les .cfprhs acides du vitriol
quifont beaucoup plusgrosfiers,
s'y insinuent&s'y fngagent,
de sorte qu'augmentant
la pesanteur de ses parties
, elles peuvent vaincre la
resistance du liquideoù elles
nagent, & se précipiter au
fond. On ne doutera pas de
cette action, si on confidere
que ce précipitéestextrêmement
piquant, & qu'il a befoin
de plusieurs lotions, au
lieu que la même chose n'arrive
pas,si l'on fait la précipitationdu
seldetartre.
Voicy une Fable quivous
apprendra pourquoy l'Aurore
est Amie de Venus, &
d'autres choses à quoy il est
avantageux de faire reflexion.
Elle a cAé faite par celuy qui
a pris dans plusieurs aurres
Ouvrages,le nom de Berger
de Flore.
FABLE DU SOLEIL
& de l'Aurore. LE Dieu du jour
Dont la grande ame
Tohm de lumiere & tieflàme,
A de grands fancham à i-amour,
Syeftoit laific toucher aux IlpplU
d'une Belle,
Dontle teint frais & ¿elicdf.,
JBrtlloit aun blanc de laity & d'un
vif incarnat,
Et qui, bien que mortelle,
Arvoit d'une Pallai l'ai', lefort &
Féclat.
ilse fiai[oit à soupirerfour elle
Malgré le fort infortune
Qjttl avoitéprouvé dans l*amour
deDaphnr. 1Pucelle,
jiminte, cest lenom de laimable
Qu'il essayoit de ?acqatrir.,
Ne demandoit! rien qu'à courir,
Aimoitla Cbaffe5 haliioit la
cabane»
Avoit de la douceur, fin grand
foqd de bonté,[de beauté,
Tout autant d'iunocence enfin que
24ais elle avoit aNssi sur lAutel
de Dianot virginité.
JFait dinfi que Dttphné, voeu de
Ce Dieu nignoroit pa* cet incommode
ohfiade,
Au [accès de sa pa/lion.
C'efîoii en èelairant ce célébré fpeilacle.
Qjili'eftoitapperceudeson tffe-
Hion.
Il avoit pourtant esperance
due sa galanterie & [a perfeverauce
Pourroient £Aminte allumerles
desirs,
Et luy faire au devoir préfertr les
plaifin.
JI scavoit bien aujjï quelle escit
l'tnjuftice
Du dejjein qu'il vouloit tenter;
JAais y fermant les yeux, il prenoit
pour supplice
LA gloire de se surmonter,
Et sil prévit le précipice,
Au penchant de son coeur forcé de
succomber, il le trouva si beau, qu'il, voulut
tomber.
Préférant donc 4 tout fts belles
amurettes,
.Aux pieds de nofire Nimphe il
mettoit ses grandeurs.
Tantoifcomme Phcebus*illuycontoit
flenrettes,
Et lus disoitmilledouceurs.
TantoifcommeApolionilchefchoit
ses faveurs
Par le son de sa Lyre & pat ses
chansonnettes,
Et pour la divertir employait les
neufSoetirs,
Avec Pegase, & fei courbettes,
Ou la suivoit au bois fatmy d'au-
* très Chasseurs.
Puis, comme Afire du jour, [on
foin dans [a carriere, -
Estoit de ïéclairer de toute sa lumitre,
Afin de luy montrer ses brillantes
ardellrs,
Etde tâcher,farcette belleflâme,
De chasser le froid de fou ame.
Ce Dieu joua tout un Printemps
Ces officieux perfonnagesy
Mais voyant qu'il perdoit son
temps, ilJelassade rendre tant £hommages
»
El sa chaleur s'augmentant par
ÏEftèy Jlresolutdepaffersansremise
De l'amour souple & doux /<~
mour emporté. [ prise,
La refohtiunrien fut pas plûtofi
Que Cupidon qui guettoit cet Amant
2 Ne différa pas d'un moment,
Suivant l ordre teceu d'en avertir
sa Mere.
Alors la Reine de Cithere
Z,it par CAfl'e du jour s'eftoitvuê
outrager,
27e souhaitoit rien tant que de
pouvoir vanger
L'affront le plusfavglant quon
puissejtmais faite,
Lors que jalouK delle- &dtMjn
il avotte. plein jour à cent fatheux
regards
Exposé leur secrei miflere.
Elle oull donc L'avis que [on Pils
apportoit,
Avec tout le plai/il que tire la
colere
Desespoir de se (atiJ/airt)
Et dit à fort Ami ce quelle frojlJloit,
Pour punir leur grand advelfaire.
g
Marsapprouva le dessein de si'e..
nus.
- La Deesse part Ik-dessus>
Se lend auprès d'Aminiei& luy difsl
BelleFille,
Oh Dieux! qu'on voit en vous degrace
& de vertus 1
Que de merite y brille!
J'en suis charmée : il faut les conserver,
Et pour pela voicy te qu'il faut observer.
Je sçay que leSoleil vous aime,
Etqu'en vain en aimant iltâche à s'adoucir.
1
Les effets ttop certains de son ardeur
extrême
Sont debrûler, de hâler, de noircir.
Vostre beauté vers luy n'est pas en assurance
Et qui pis est, vostre honneur encor
moins.
Las que vostre vertu luy fasse resisstance,
Ila tant de dépit d'avoir perdu ses soins,
Qn'il a perdu la patience Et , , veut pour s'en vanger vous faire violence.
Nimphe, e'est un avis & d'Amie &
d'Ami.
Redoutez son approche,
Ayez pour luy le coeur de roche,
Vous n'avez point de plus grand Ennemy.
Fuyez-le, mais fuyant gardez-vous de
vous rendre
Aux. pieds de la Dcesse où se rendit
Daphné,
Elle ne pourroit vous défendre
Contre cet Amant déchaisné,
Sans vous causer quelquefacheux cc..
clandre
, Dont vostre esprit feroit longtemps
gesné.
Au lieu donc de courir au Temple de
Diane,
Retirez-vous dans celuy de Junon;
Cette Reine des Cieux n'entend pas
qu'on profane
Les endroits qui portent son nom,
Jusques à Jupiter tout craint de luy déplaire,
Son pouvoir n'a point de pareil,
, Il vous tirera mieux d'affaire.
Aminte écouta ce conseil
S'en tint bien obligée a l,a belle
Dtefje,
Et le suivit, comme plein de fageffr
Aussi-iofldoncquellevoit leSe*
leil
Eclater à ses yeux, & venirauprès
d'elle
La frayeur qnelle a du danger,
De perdre en demeurant ce qu'(Je
a de plus dur,
Luyfait tourner le dDJ, d" luy prête
son aile
>
[ & plus leger.
Pour fuir d'un pas plia prompt
Le Soleil vainement l'appelle,
,elle court devantluy, riennepèut
Farreflet»
L'e Dieu craignant quelle nechape
A ïamour qui le presse
,
& qu'il
veut contenter,
Il faut dit-il, qu'au plûtost je l'attrape,
Car Diane pourroit par un triomphe
entier,
Comme Daphné, la changer en
laurier.
Ces
Ces mots font fuivts desa courses
biais avant qu'il J'attaque elle
gagne un Autel,
Ou Junon recevoit un culte solemnel
>
Et la nommant [on unique re-
(ource)
EUe se met avec dévotion
Sous sa proteïlion.
Ze Soleil transportè de l'ardeur
qui l'anime) (
27e prend pas garde au changement
de lieNJe; Il oublie en courant que les plus
grands des Dieux
Ne choquent point Junon sans
crime;
- Et ce clairvoyant na de; yeux.
Que pout l'innocente viïhme
Qu'il pretend immoler
ylufeudont il se fent brûler.
En peu de tempsJ'ayant atteintt,
Toute éperdue & tremblante de
crainte, ilh prend visse par le bra*,
Za tire de £Autel, l'éloigne de
trois pas,
Rien ne le retient,ill'embrasses
Et veut abfolvment
Que la pauvrette fatisfaffey
SansrefpeH du saînt lieu
,
sans
delay d'uu moment,
Sonamoureux, emportement.
r.Aminte en fait rertlS, &se meten
deflnfe.
Jl en vient à 14 violence.
JE(ledemande à Iunon du secours.
Jlien rit, il s'efforce à pouffer ses
amours
Aussi loin queJon eeiance.
Z" Deesse survient, arrefie flrement
Ce redoutable Amant.
Lu, reproche son insolence,
Ses mépris, son incontinence;
ElPDUT J'en punit hatJttmenf,
Paifant de Ion supplice honneur à
la (Ageffe
,
EDeJleve la Nimphe au celefie
[ejour,
Z<~ donne le rang de Deeft,
La place à la porte dujour,
Accroifl sa force & sa vi/tlft.
BI Illf prefait sa marche& son
retour.
Puisredoublant encore la fraifebeur& l'éclat des roses &
des lis,
Qui la rendoient femllable à
Flore, [épris,
1;1 dont leDieu brillant efloit leplus
$lle la changeenfin eu la charm¡,INle
AllrfJre.
u4pre'sCela regardant le Soleil>i
ei.e luy dit, raillant de /.1 fOtif.
1 rra11cr iCectc B1elle , 1 a causé mille fois ton
réveil,
Et déformais sa vigilance
Sçauratetirerdusommeil.
Je ne t'oste pas sa presence,
Joüisenlibrement,conte-luy ton amour;
Il t'est permis de luy faire la cour.
Voy de combien d'aurairs brille son
beau visage.
En vis-tujamaisdavantage?
Mais, insolent,n'espere pas
De joindrede prés tant d'appas.
On te verra courir d'une course
éternelle,
Tout brûlant d'amour après elle,
Et tu perdrastoujours tes pas,
launais, au grand jamais, tu ne
l'attraperas.
*ë qui fut dit
,
se fait> le Soleil
court sans cesse
Après l'Auroresa Maifttefle,
Maii son travail estvaIn, ellese
rit de luy,
Sa courseprécédéla sienne,
Et pour lllY eauferpltu d'ennu
llrieft pointdematin quellene fs
souvienne
Du salutaire avis
Que lrlf donna la divine CyprjW,
Ettqru'einbrecuonenoissance elle ne con"
Par une vertu qquu''eellllee iinn/luuëë,,
A rendre heureux les Favoris
Et J'tlle, & de son Fils.
Le Soleil quile0scait, en estplué
miferabls
> Et le fera tant qu'il fera Soleil,
L'exemple efl grand & sans ptt-:
reiL
Amii,fait Miftoire^foit Fable
Nous en tirons cette moralité,
Rue l'on doit s'ahftcnir d'un amour
reprochable,
Et ne pas offenfc, uneDivinité»
Dont la puissanceetfredoutable,
Et qui nous peut punir tonte uns
éternité.
La Lettre qui fuie explique
le Jeu duTrictrac dans une
méthode aisée & agreable.
Il y a des remarques & des
reflexions curieuses, & toutes
les loix de ce beau Jeu
font rapportées avec tant de
netteté, qu'il n'y peut arriver
aucune contestation qu'elles
ne décident.
A MADEMOISELLE***
~VOus avez, yaifon
y
Ma~
demoiselle, de vouloir apprendre
le Trictrac. C'ejl unjort
beAuJeR, & qui efiplus à la ma.
deque jamais. On le joue beau,
coup à la Cour& àParis à cau-
Je deJa noblejje & desa diftinélionJ&
qu'ilyregne une grande
sincerité. Gensralementen Fran.
ce, le beau monde qui a de la polite/
Je en fait son Jeu favory.
On ly préfere à diversJeux qui
Je jouent autre part:sçavoir le
Bjverquer en Angleterre & en
Hollande, le ToccadillecnEfpagne,
&leToutetable, &le Sbal
rahir en Italie. Je neferaypoint
de recherchessur le temps deson
origine,& je ne vous diray point
non plus, si les FrAnfoisfont
mieux fondez que les dllemans,
dans la gloire que les uns & les
autres se donnent d'en eflre les
inventeurs. J'aime mieux vous
remarquer que le Triélrac covient
particulièrement aux
Personnes
de vostre Sexe, parlees
rapports qui s'y rencontrent. Il
tfi tout composé de DAmes. Il represente
leur pouvoir à exciter
tespajîions, & leur inclination
à Aimer lavariété, & les changemcns
de Scene. Ilya des traits
de leur pudeur,dAns lefoinquon
a de ne les pas laisserdécouvertes:
ily en a aussi de leur viva.
-
cité & de LUTGAYETÉ9 dans la
mantere legere& agreable queJe
joue le Triélrac. Il est vray que
ce cercle de Dames n'ejîpassans
bruit, sansinquiétude; elles
changent deplaceà toutmoments
& il arrive des incidens qui leur
CAusent de fréquentes agitations;
maiscela mesmeafonusage^puif.
que leplaijir qui naijide ces mouvemens
9
entft plus sensible &
plus piquant..
On ne sçauroit mieux faire
pour vous apprendre ceJeu charmant,
& vous le rendreintelligible)
que de vous en décrire le
Cours; enfuite vous expliquer
la Conduite quilyfaut tenir,
£7* les veuè'squ'ilyfaut avoir.,
(7 enfin j vous rapporter les Loix
que J'llfage en a établies. Ces
trois articles vous donneront toutes
les idéesduTriêlrac, evous
mettront dans le train de le pratiquerenjoueusefçavante.
Vous
y trouverez des leçons pour vous
y bien arranger; les Principes
pour faire les coups quifont bons
pour vous , pour prévenir ceux
qui vous font contrairespour
donner lieu a ceux qui peuvent
nuireàl'autre.Enfin vousfçanreZ
prendre voflre party de Id,
maniéré la plusavantageuse.pour
remporter la viéïoire.
Ilfaut commencer à vous dire,
que le Triftrac ou le Damier
eslansletheatre de ce Jeu merveilleux
,on doit le choisirgrAnd
& beau, & comme les Poctes
font le char de la Lune, ce à
dire, dy'voire & d ebene.
Les Pieces separées 3font qmn-
'{; Dames de chaque cofté, deux
Dez,, &deux Cornets. Ony
éjoiite trois lettons ou trois Louis
qu'on tire de sa bourft, pour cri
marquer les Points; É7 deux Fi.
cbes, pour en marquer les Trous.
Les De7, doivent eflre bien
quarre% , pour tomber droitsur
leur cube: on les prend de mediocre
grandeur ceux qui font trop
grosfont un bruit incommode&
ne roulent pas ajfle^ dans le Cornet
pour se diversifier. On doit
prendre garde qu'ils ne soient pas
f4UX; e charge^sur legros Otl
sur le menu de mercure ou de
plomb, pour piper.Ceux qui si
fervent de cettefraude, merite.
roient J'estre punis de,grossêsamendes,
violant lefort de ces pttitesmajjesdyvoire9
lequel si
,
doit expliquerpar Uchute for-
.tuite de leurs nombres) conformément
à l'origine des Dez, : car
leurnom de Dé, rvientdu vieux
Gauloisyjus de Dé, jjuuggeemnieenntt
de la providence
, le terme de
Dé
,
estant alors en usage pour
celuy de Dieu.
On cedeordinairementpar honnesteté
les Dames blanchesymaï$
je croirois que l'on devroitvous
donner les Dames noires, pour
faire l'ombre du tableau, jeveux
dire pour ejîre enoppojition à des
mains3aufqudles on peut appliquer,
ce qu'on a ditde celles d'têne
grande Princesse
Elle avoit aubou, t de ses
manches,
Une paire de mains si blanches,
Que je voudroisen verité,
En avoir esté soufleté.
On met d'abord les Dames en
masse sur deux ou trois piles dans
la premiere jleche du Triclrac. Il
ejl de ïu/àge & de la bienseance,
quellesjoient tournéesducoftédi4
jour, pour commencer leJeu avec
la lumiere. jil'ouverture du Jeu, ilfaut
jetter les DeZ avec le cornet, &
compter les nombres qu'ils fonu
Quand cess par doublet
,
deux
As si nomment Ambes As;
deux Deux, doubles Deux;
deuxTrois, Ternes: deuxQuatre,
Carmes: deux Cinq, Quines
: deux Six, Sennes. Les
nombres qui viennent impairs,
je nomment simplement, mais il
fautcommencerpar le gros. On
dit Deux&As, Trois 0* Deux,
&c, & non pas, As &Deux:
Deux & TroisJ &c.Au contraire
dumouvement des Dames,
ou ton commence à les placer par
le moindre nombre.Ily a de petits
mots rime%,que l'on applique
aux doublets
,
Ambes As
Ne font pas grand fracas.
Tous les deux
,
Quelquefois
heureux. Ternes, Lanternes;
Carmes, Donnent l'alarme;
Quines, Grise mine, Sennes,
Grosses étrenes.
tAyant.compté les nombres
qui fuÚnntnt avec les T)e^
, on
dispose les Damessuriesflèchesfé-
Ion ceqtl'ilsportent,cequifenomme
au commencement A bbattre
du bois. On compte lesflèches
en commençantaprès celle de la..
quelle on part ; ainji
, au nombre
de quatre & trois, on place les
Damessur la trojiième 0* quatrièmeflèche
à compter depuis la
Pilt, & qt44nd ily a plusieurs
Dames Abbatuïs,& que le Jeu
s'avance
, toutes les Dames que
Ion place par les nombres des
.JfZ, doivent se compter après
celles qui les précédéet Il dépend
de vous de jouér les deux nombres
avec les deux DÂmes
, ou
avecmefeule,félonquel'Avantagesy
trouve. Il riyenapomt"
au commencement si les àzux
nombres n'excedent lept.
Quand les nombres venus le
permettent, on doitjoindre Jeux"
dames ensemble
9
ce qui s'appellecaier.
Oncommenceordinai<
rment à caser dans la première'
Table, on continue dans la Jeconde,
& mesmedanscellesde
l'autre cofté3 quand le progrés du
jeuy conduit.
Lscoups de deK qui tombent
sur une dame découverte de lautre,
autrement qui est feule valent
dans la premiere Table Six
par doublet, & quatre autrement.
Les points augmentent,
quand le coup porte par chaque
nombre du dé, &par le nombre
ajJemblé, ce qui fait trois articles
y
ilvaut alorstroisfois autant
de points; &dou'{t de mef
me, par l'un & l'autredoublet,
simple & assembleZ Si "vous
ùtihliez de marquer les points qui
font pour vous, l'autre les marquepour
luy, cequi s'appelle,envoyer
à Iecole. On marque
fis pointsfut les flèches avec des
jettons ou des Louis,jusques à
ce qu'on en ait aJu'{/Alors on
gagneun trou feulement, que Ion
marqueavecunefichesur le bord
élevé du Triélrac, quand l'autre
a marqué des points depuis vous:
£7* quand on afait douze points
de fuite sans interruption, on g#*
gne deux trous, ce qui se nomme
Bred ouille, Quuaanndd lleessccoouuppss
de de'{frapptnt une dame découverte
}
sans trouver pafjage^ etsi
à direylorfcjut les deux nombfes
des de'{ tombent chacun sur des
dames couvertes, ce qui senommeyJin
qui ne peuc ,
les
points à marquer font pour celuy
quia les damescouvertes.
Toutes les rafts de la premiere
table achevées
, ce quise nomme
le Petit-jan,ou le Peut- plein,
si la derniere caféJefait par doublet
on marque six e quatre
autrement•• si cefl avecr deux
nombres
, on marque huit, &
dou\;,sie'est aveci trotsnombres,
ou en trois façons, & autant si
c'ejl avec le doublet en deux ma.
nieres :& tant que l'on (cnftrw
le Petitjan ,on marquesix par
doubletquatreautrement.
Le Petit-janeslans rompu,
ou non fait,ilfautfélon les coups
du Dé
,
passer les Dames dans
l'autre table,gry enferleplusqu'on
pourra : sur tout ilfaut
prendre au plutost son coin de
repos: alors si on frape avec les
autres Dames celuj de l'autre
quil n'a pas fait, on gagne six
points par doublet, & quatre
autrement•&quand on a rempli
toutes les cafes de cette fécondé
Table, ce qui est le grand plein,
<mgagne tant qu)on U-conferve
JN.me!nJfSptÚnts qu'auPetit jan*
Leplein venant à se. rompre;
en ne compte plus de points par
ce trJoyen, &si le jeu Je continué
sans le'Vft, on passe les Dames de
l'autre cossé
,
quand le passage
ejllibre, dans la premïere table
de lautre, s'il n'apoint faitJon
plein
, ou qu'iljbit rompu ,
sans
lepouvoirfairede nouveau, ou
bien dans lafécondetable. Si 1 on
ne peutpajjerpar le coup du Dét
chaque Dame perd deux points.
Enfin quand au jan de retour
on cft parvenu à remplir toutes les
cafés dela derniere table, on marque
pour ce plein, tant qnon le
co'nferve, les mesmes points que
pourlesprécelens.S'ileJsItrroompu, ,np
on Itvc les Damesàchique coupâ
felon le De, hors du Tri{lrac. On
compte quandona tout levé
,
(ix
par doublet, & quatre autremmt.
On remet alors ses Dames
chacun de son cossè dans la maffi
des piles, & on recommence à"
abattre du bois, à caser, à mar-
14 ire dquer despoints, & Âfairedee-ss
pleins,jusquà ce qu'on ait gagné
les douze trous qui composent le
tout, où if/le gain de la partie.
Le cours du jeu doit (fire accompagned'unegrandeconduhe*
Voicy les principalesmaximes qui
peuventyservir.
En abattant du bois au commencement
,
si le Dévient ouva
deux ou trois foisdefuite, eJJaje^
de faire le Petit jan; ce rieft
qu'une vetille, mais avec laquelle,
pour ainjidire,ondérobeuntrouy
&quelquefois deux.
,
Si cejl l'autre qui paroistvouloir
faire son Petzt-jan) & que
vous ayc% le Dégrosyavance^
autant que vous pO'urre'{ les Darnes
bien avant dans la fécondé
table, pour tacher à le ¡raper,,(7
à gagner les points d'un trou, (7
peut estre bredoüille, avant qu'il
ait eu le tempsdefaire son Petitjan.
S'il afaitson Petit-jan}&
que
que njous ayel^ huit ou douze
points,avec lautre coin,ne caflZ
pat, matsétale% vos Dames feules
,car il y a plus de coups par ce
moyen à frâperfon coin, que par
doublet.
Afin d'êtreprompt à placer
les Dames,'<*r à marquer les
points, il faut observer que le
nombre pair tombe sur une flèche
de mesme couleur que celled'où
l'on part. ou que l' on compte,&
l'impairftrune couleurdifférente.
Il ny a pasde prudence à celuj
qui jouëaprès l'autre, déjouer
d'Abord, tout d'une Dame sur
tout3 si le premier a amenéun
gros Dé. On peut tenir découvertes
quelque temps les darnes quifont
éloignées du jeu de l'autre
,
mais
celles quifontproches ne doivent
.p.tS efl-re exposées, quand on peut
l'éviter.
Si danslespremierscoups vous
faites des caps avancées, vous
lene.( l'autre enrefpeélvous
pourre^ frâper quelques dames;
maisd'autre part, vous coure.,r,
risque de ne prendre passi-tost
vofirecoin.
On dolt toujours avoir loeil
sursonproprejeupour bien caflr,
&pournepasmanquer lespoints
que ton a gagnez •*
&far le jeu
de l'autre,pourobfrver fesmtnieres,
(gf les fautes qu'il fuit,
A-fin d'enprofiter. S'il efi timide
& mAlheureux, ilfautpoufjcr
en avant, & bavarder. S'il efi
hardjqui'lait le dé heureux.
ilfaut se tenirsursesgardes,Ir:
précautionner, & demeurer clos
&couvert.
C'ejl une précautionimportante
defeconferver- taujotas des
six àjoiier, quandon lepeut. Cel"
aide à cafert & empêche que le
jeu ne se gâte en entajjant des
Piles de dames.
ilj a de l'habileté& de l'avantage
à faire toujours les cafés
lesplus éloignées, quand le dé&
ladisposition des dames nous en
donnent le choix.
Cefontdescoupsfâcheux que
ssiiJxs e& ttrrooisi,sCsifx 0* quatrer
quandUi reviennentdeux ou trois
fois defuite. Ilejlfort difficile de
de les joiierbien.
On levé ordinairement le Petitjajraprèsle
gain du Trou, ou
de la Bredouille ; car/il arrivât,
après que vous le confrvaffie%
un coup otn dtuxt sans pouvoir
achever,& qu'une de vos d-snî, s
sxejlpasédans ladernieretable
de lautrey vous courez rifque%
par le sejour qu'elley feroit, de
perdre là beaucoup de points &
de trous, outre que cette dame
paféeeflune dame de moins pour
fairevoflrePlein.
On doit prendre bien tojl le
coin bourgeois, car il fert beauj
t -
-'
coup àprendre le coin de repos]
mais hors de ce CAS- là tenez le
plâtoft vuide que plein; la cafe
est embarajfantefacbeufe,eUc
prejje le jeu,&ôte les six.
On appelle descafts du vii. &'
du x lecafedeldiavoio^parce
qu'ellesfont difficilesàfaire\Je
trouvant dans une certaine diftancedelapilequi
leurêteles six.
Ainsi ilfaut les faire par préference
aux autres.
DonneZ toujours dei*air à
vostre jeu, de peur queslans avan.
cé, vous ne [oyez accablépar des
coups terribles qui se suivent
quelquefois,desftnnes^es quines,
des six&cinq.
Pour [favoir si vous devez,
tenir ou demeurer, quand vous
A'Vez gagne le Trou ou la Bredouille
y
faites comparaison de vostrejeu
avecceluy de l'autre, pour
juger lequelefilemieux compose,
&l<-plus avancéj lequel aleplus
de bois abattu,&le plus de cafes
faites: lequel des diuxenfin efi
en meilleur eflar. Sicefl le ruoftrtJ
& que Je' plus] vous '9'eZ des
points de refle, tenez) autrement
joüeZi& s'ily a de légalitédans
l'un& l'autre jeu, ou que vous
luy donnie^ plusieurs points> <?/-_
lek-vous en avec la prérogative
du dé qui vous demeure.
Quand l'autre a huit ou dix
points, &queJon jeu est mauvais,
tene^ le voflreferré, &
ne laifle% aucune dame découverte
quifoitaJaportée, cars'il
rvicnt la fraper,& qu'il ait affe7,
de pointsj pour gaoner le IrouJ il
.lerue, & ilstfauve.
Comme la fortune ne va que
de de en dé
y
il nefaut pas manquer
de metire à profit , de
faire valoir le coup qui se presente.
Mejúre':{ bien les coups qui
vous restentJ & ne rene:(, pas
vofireplein plus longtempsqu'il
nefaut,pour ne vous pas exposer
à ttnplade,&si eslansprefé par
quelque gros coup, vous trouve%
une ouverture dans le jeu de
l'autre, paffe;C y une dame,afin
de vous confcrver des coups a
jouer d'autres dames.
Les damespafîtespeuventfraper,
<2r efire frapées par celles
quise rencontrent ion marque les
points de la table,félon que le
dévient doublet,ou autrement.
"Qelziland on a besoin de points
pour pouvoir tenir Jon plein, il
faut laijjer au derriere des dames
découvertes
,
qui putjjent eflre
frafles; & au contrAire) ilfaut
les tenir éloignées, ou couvertes,
quand on aura aJqeZ de points
pour lever.
On s'oftc lessix en pass,âni les
dames dans l'autre table3afin que
s'il envientunjlvousépargne une
dame àjouerf qui ne vous coute
que deux points, (9 parcemoyen
vous tenck davantagevojlre
plein.
- En rompantvoflre plein, s'il
'Vous 'Vient cinq & quatre ou
quatre & trois) décou'VreZl'lûtost
deux dames au ha"^a>d de
perdre quelques points, que dv
laijjerJt tossa l'autre unpajpige
qui luj Jerviroit a garder plus
long tempsjon pleinàvojlre préjudice.
Quandvojlre jeu efl devenu
dangereuxpar plusîeursgroscoups
defuite,qui vous ont maltraité,
(y* qui 'Vousprejjent, s'il ne vous
rlle qu'une cafe àfaire pour votre
Plein, mette si wus le pouvez
, une dame dedans, au peril
de perdre le trou CF wepne
irebo'ùille, pour prévenir de perdre
la partie, car il rvaut mieux
perdre un trou ou deux, que le
Tour.
Qirand l'autre a beau jeu) 0*
quily a pourtant quelques coups
contre luy, quipeuvent le ruiner
ou l'incommoderfort, comme un
Sennes, un Quinesy ou un Carmes,
ne manque^pasde les luy
donner. En tout ejîat de jeu,
ter.de- des pieges à l'autre par le
jan qui ne peut.
Quand Cautre a sonjeufort
avancé, C7* quil ne pourra pas
tenir deux coups, sans rompre
fonplein,si vous ltry donnezdes
points avec lesquels il acheve, il
nefaut pas luy laisserfaire l'ecolc,
ave,tiffe^ le de marquer le
Trou.
Lorfquon passi au javtde retour,
& qu'il refk peu de dames
à l'autre aujftbien qu'àvous,pi'éfirez
à d'autre coups, cduy de
Jortir de vostrecoin, de peur que
vous ne le puijjie% pas faire une
autrefois, & que cela vousenipefebe
de faire voflre plein
, ou
quille rompes'il efl fait.
Ilfaut de lafcicnce&del'application
pour le jan de retour:
pour choijïr les dames
,
qu'il faut
pajfcr: pour faire avantageufement
les cafes, foit les proches,
(oit les éloignées, pour fermer le
pajjage aux dames de lautre
y
pourJortir devofirecoin à prOpCls.:
pourJe préparer à remplir le plein
d'une ou de deux) ou trois manie,
res: enfin, pour arranger vojlre
peu à pouvoir lever le premier.
Ily a certains embarras qui obli.
gent quelquefoisd'avanturer un
ptufon jeu-, comme de mettre dedans)
de pajjer une dAme) de
laijjer plusieurs dames découvertes
; mais hors de ces situations
surprenantes
,
il faut eflrefage,
Celuy qui jouë dans l'ordre &
fplon la iegc,mmérite d*avoirledé ,,ri t e d"avoi?
le dé'
favorable, e de gagner.Àussi
a-tilplus de coups à tfpcrer pour luj,& àla longueilaura infailliblement
l'avantage.
Ilya deux extrémiteZ dejeu
tres facbeufes pour celuy qui sj
trouve exposé. La premiere 9 quand vous ave% vofire jeu si
refardé, que vous navezpasencore
vofire coin, au contraire de
l'autre qui a son jeu si avancé
quefion Plein efl déjà jait. LIlors
à chaque coupdedéil marquedes
pointssur vous en>jrapantvofire
coin 5à moinsqu'il n'améne un
- 1
tU)& quilnaît pas une lroifiéme
damesur la fiécbedefoncoin,
*9*ïlprend encore despoints dans
on propre jeu,en marquant chalue
fois la valeur de son Pltin,
Néanmoins ce nefî.là qu'un petit
triomphe pour luj, c- ce riejl
pas voslre défaiteentiere. Ce
progrés ne va ordinairement qu'à
quelques trous ,
çjjr ne pouffe pu
jusquesau tour>Cequevousave%
àfaire) c'est deprendrevoflre coin
auplutost, mefmc en découvrant
une Dame,pourluj boucher cette
source de points
, (jr de mettre
dujji dedans, pour faire vojire
plein) on pour luy fermer le passage,
C le faire rompre.
Laficçnde extremité est toute
opposéeyquandvostre jeu est trop
alvancé1 que vous avek déjà
rompu voflreplein, &que l'autre
n'achève le fien, qu'uncoup
,-
ou deux après. C'est le grand
triomphe pour luy}& vojlre cléroute
totale, quifenomme Ensi.
lade, un Efyagnoldircit; Il renegado.
lij'^ua ordinairementdu
tourenfaveur de celuy qui a eu le
jeu retardé. Il marque tncefJam.
ment des points, ô*chaquefois
au troisiéme coup,& quelquefois
au fécondy bredoüifle. Il force
pour ainji dire, vojlre camp; il
entre dans l'une&l'autre de vos
tables: enfin il vous bat enruine
le touscojle£ri/ remporte ordinairement
la victoire complété.
Laressource >silyenapourvous,
est dans lede
t AU cas QU'ilaminé
souventgrospour ïautrejolivent
petit pour vo<iS
3 cr que
cela donne lieu à la rupture de son
plein, avant qui'lfoit au dernier
trou (7 à un passâgepour vousy
afin daller retirer dansson jeully
a vingt un coups ditferens
dans les de7,
,
lix par doublet
x 0*quinze autres, ce quifaitune
sigrandediverjité de manieres de'
jouer, qu'on ne peut pas donner des
avis surtout. On en doitprendre
aelaconjonrluredu jeu defaprn
pre experience , & de lexemple
des habilesjoueurs, tr quelquefois
mesme s"attendre a la fortune,
Car dans un Jeu de mouvement
Rien n'etf un fondement
solide.
Jouez bien
,
jouez sagement,
Le caprice du Dé leplus fouvent
decide.
LïEconomie du jeuefl d'ab.
battre du bois3 de profiter du
Petit. jan s'ilsepresente par la
faveur du dé
?
autrement de ne
vousy pas amuserj de tacher à,1,,
j
irendre le premier vostre coin de
repos; d'avancer toâjours vojlre
jeu; defaire les çafes les plus avantageups
• de n'estre njtimide
en ferrant tropvojlre jeu, pour
nt donneraucuns points; nji temeraire
,
en étalant plusieurs Dames
découvertes à perdre point-s
(y trous ;
de ious tenir dansune
jituation a faire moins de gain*
que de p'rtes; de vous donner le
grand nombre des coups du dé;de
viferàfaire bien tast vojlre plein;
£7* de ménager les cafes quiy
conduisent; de mettre à piopos
une Dame dedans9fi- l'autre n'a
pab de peints ou riena pasassez,
pourygagner le trou; eque ce.
lane préjudivie pointàvoflre bredouilla
; de diftofer vos dames k
remplir de plusieurs façons; sur
tout, d'avoir des six tout prrfts;
defairevaloir vostre plein le plus
qu'issepourra fanspotirtant s'exposer
à l'enfilade; (7 d'erire applique
& exaéï à marquer les avantages
qui vous viennentjant
de vostre jeuque de celuy Jetau
- tre.Au travers de tout cela, il
faut donner quelque choft au havard
, & s'abandonner à quel.
quescoupsd'esperance
,
puisque le
succés du jeu arrive partiepar la
science&partie par lefort.
On ne dait pas négliger les petits
profits Marque^ quatre
points tpour le jan de trois coups:
quatre points pour lejande deux
tables, &six pardoublet; quatre
points,si n'ayant que deux
damesabattuës quifont entrées
dans vostrecoiny<vousvene% à
faire un as, ç^r six points, si
vous faites deux as. Au contraireyfi
l'autrefait un as,nayant
que les deux dames de son coin,
(7 le njoflre estant fait, il perd a
voflre profit quatre points, &
six,s'ilfaîtambes as.
La Pilote malheur ne gagne
plus) c'est à dire, quand n'ayant
pû ptfjer aucune dame au jan de
retour dans le jeu de l'autre,elles
se trouvent toutes (ntajJées
sur la derniere fleche où est vojire
coin : ny le jan de rencontre ne
se joue plus: il njaloitautrefois
px par doublet, quatre, alltnmuJt,
àceluy qui amenoitau
commencemtnt du jeu un coup de
de semblable à celuy du premier.
Adargot la fendue perdoit autrefois
dlUXpOlnts; on ne les marque
plus. Au refle le rnot de jan
appliquéàplufteurs coups,vient
félon nioy, de Janus, à qui les
Romains donnoient plufteurs faces.
On 1 a mis en usage dans le
TriSlrac pour dejigner symboliquement
la diversité desfaces de
ce jeu.
Pour ne faire ni écoles ni pertes,
0* que vofire jeu ne reçoive
point de préjudice hson honneur
& à son profitt il vous fautsçavoir
le tarif du Tnclrac comme
les Financiers celuy des monnoyes:
nen ignorer aucunarticle, Ci l'a
-
•voir present-à chaque coup-dinji
on accumule des pointsy Ci onfait
des acquets de trous, posir emporter
la partie.
Ily 4 quelques privilèges
qu'il faut faire valoir, Le premier,
de lever si vous vouie£
ayant gagné le trou; lefécond
,
d'avoir le dé en recommençant; * le troisiéme, de prendre vojîre
coinparpuissance
, autrement
avec le coup de dé qui donnesur
le coin de l'autre; le quatriéme,
quand on leve les Dames au jan
de retoury de lever le cinq sur le
quatre, le quatre sur le trots,
(27V. pour avoirplutoflfait; le
cinquième, de changerde deK lors
queparunefuite decoupsfâcheux,
vouscroje^ qu'ils vous portent
malheur, de me/rnc, lorsqu'ils
semblent trop favorifercelujavec
qui vous joue
Uufage permet d.ég.iyer le jeu
avec
4Vcc depetitsquolibets, quand ily$grandnombre de damessur
unemesme cafe:Voilà, dit on,
le baudet bien chargé. Lors
que le jeu est pregé pour avoir
faitdes cafes trop proches
, on
nomme cela, brider le cheval
par lar queue. Desdamesfeules
ne pouvant se couvrir par le
nombre que le de aamené, on dit
enraillant, Couvrez tour. On ,
dît de mesmei lorsque le coup du
dé tombe sur une cafe vuide entre
deux damts découvertes
Margot la fendue Quand i„l
y a trois cafés écarte/tes, quon
nomme le Rateau on dit du
Rateau le jeu n'en eitpas
beau. Et quand ayant a couvrir
une dame par rxempie, a
U r.c:.v:cmelfèche}£*7* ayant A--
mené cinq e qua:re, 'Vous pre.
Mc~«? une dame à pcrtcc du cinq 1 ciWq-Litre&vous
en
..b,tt.-
c;~ .-r,L/ ~'c'/;y f~ ~--
te%unemurede la p'J.e, qui isti
faire pardeux d.unes) ce quer"¡),'us"(
.pouviezfl;ire par une Ui1 bunJ
ChJrpciuKTj dit on) aucO'CJ
faittu'unc i¡; (',.
'- J ,',. l i
l, Í -. ',~
L'", .',1 ;r"," '1 ftr L;''-t vas \o'4€fan "1T"',, J - -
,', ,r ~:.,i.trac Lïr.iCiViCnt!es* <-ivcc ,y'td" - c:'
r
celafcroîtennuieux çycontreta*1. \.! ," t fJ. ~, ,.. L..i
f,"'> lu /<1 nature du f'.,t VI' .1:¡, JI,. , e. oui d.mande de lan C'ejl un jeudeprefency
d'esprit, & où tout se fût impromptu.
Le bruit qu"on fait en
maniant les dtlmfS) est pour rutil-
1er(y*pourempêcherune attention
Jombre& trop forte. On a prétendu
que de ce bruit luy venoit
le nom de Triétracy comme It nom
sdetaffttMdubruit qui se fait en lemarnant. Onpourroit luy trouver
une origine plus noble, en U
tirant de deuxpetitsmotsGrecs,
Tris trakus, qui ftgnijie trois
fois diffciL; pourmarquerque
ce beau jeu donne beaucoup de
peine à le penerrer.eàfe défendrede
l mpire dt*Déqui r¡ran.';si,
(7 qui romptjouvent le* mc(<4> es
les mieux prifts. Il ne faut pas
aussi le jouer avec précipitation
,
de peur de faire un bruit
qui étourdijfe,quifajje manquer
des coups, 0*aller à l'école Delà
vient que lors que les Triélracs
font extrêmement grands, on
drape les dames.par dejjous pour
en diminuer le bruit. Un autre
expedientplairoit davantage,si
les doigtsavaient l'adnjjede manier
lesdames aussi agréablement
que les touches d'une Epinette,ou
de compofcrunefymphonieavecle
bruit du Tncîrac,à l'exempledes1
^ma^oncs, qui à l'entrée de leur
Reine dans Babyloneyfçavoient
si bien mesurer lefifttment de leurs
fléchésy qu'il en refultoitune harmonie
comparable à celle d'un
Luth. On ne dolt pas joiier trop
longtemps,la tesie ne s'en trouveroit
pas mieux3 & l'application
en feroit moins extéle. Chacun
ffait sa portée, mais on ne je méprendrapoint
deje borner a cinq
ousix Tours au plus.
Les ltoix du Jeu succedent à
09
la conduite, ilfaut lessçavoir,
car elle en dépend, Ci on cfl obligé
de s'y conformer.
La Dame touchée doit frire
jouée.à moinsquonriaitfût la
doube.
On 17I[fl point relevépar la niir'njre ci ùioiir to'uche ffne d¡sme
ileurtiïitdv-tïe,r:tova:tecelle là ';,-¡, jx.y < il. ) ¡ ,,/ r.ej'U''to:ntU r c. ,l'" que !onavoit
, j) l
,~ a j :., ¿,.r f.. V oule PICin q.J( on IlOn fx<t ioù r U
l j dame touchée,çjrs ily a heu l*on
envï-ycal'lé' col, ed1es points cjuel!''on
Avoir marque^
,
(7 le Plein ne Je
faittpas de cccoup Ik. ç *r..! t c' ;:.: 1 .,,'" r j ci r'-: ;.,: 1 ; ¡ v ) ;"(f# {* Ç.1 r.7 •?V•-1-V f.. , J- J :
t*Mcnc% '1 1 1 { 9 on peut fJr'f? osr^c o:s dc là, 0:4 d.., e demeurer aJ cu, dejc'ùerd'une
feule dame le nombre des deux
De^y s'ilse peut Ilfaut jetttr rondement les
DCSqu'ils aillent AUfc;:ddu
Tr;cïf^c qui les n n voye. Pc cette
f: :',¡(1 i',~ue-i e
9
fo>:e il ny a Ooim defupcnhnie,
comme il Arrivelors qu'on Laiffi
couler doucementksde^pouramenermenu,
filon le besoin quon en
t()CArsa ct'ifjc qui efisur les gros
poïnts,lesFAIî Îcmberfurceseubes,
&il en vient deux&asitrois& deux,&cil
;uf '1' point lever les De7,
R- * , 1/ si
•
-sÎ:RJNÎ(FIEJOIIEZ, carflon
~'i ¡"j" j" ~~,
F.' ;c:;vïcnt p.is du coupdes De^
C>' q*il ny ait passa de té'ïioins,
celuy qui a joué, a droitde l'emporter}.
commc il A nomme AUparavant.
Onpeut romprequelquefois 1er
Dez que l'autre jette, mais il
ne faut pas avoiri)eu ce qu'ils
portent, c'efi contre l'honnefttté.
c' est marquer de U défiance de le
faire trop foulent.
Le Dé qui piroüette peut estre
arrêté avec ltcornet)ou par une
chiquenaudey& il cft bon.
Un Dé qui fort duTriélrac,
ouqui n'eppas bien droitsurson
cube3 nevautrieniilfaut le jetter
de nouveau.
Quandle Déestsuspendu ati
bord de lA dame& du TriaracJ
ilfaut queceluj qui l'ajetté tire
ladame, grsilj demeurt, il efl
ion.
Ilfaut avant que de jouer les
darnes marquer les points que l'on
gagne:iln'tft plus temps après :
il
faut que cefoit droit sur les fléches,
deux sur deux, quatresur
quatre, &c.
Onenvojeà l'école celuy qui
ne marque pas les points qu'ilgagne
1
ou ceux qui luy viennent par
une Infautet autrement Jean qui
ne petit.
Après avoir marqué les points
de jan de trois coups^vousrieftts
pas ôbhgéde lefaire.
On nesspointobliged'envoyer
àlécole; mats quand ony
envoyéy ce doit tftrt de tous tes
foiuts.
On j)n-!c vous jlire mv quer
le. j'Oin.S Cjit "';:0'/5}on /- 1 ;" (.,I.,.(~,~,~)
(ifiixq<c i ona-ousan,tnc.
C-.iuyOyAij\(t'ifur,eerreurdde
ca!c:<!q-i^ritIïo'j,ou
* <? i 7 ,. ', 1 ff]'7 c ïji àiondo\, ° (j* ,
..¡ .., n (' ,-. )' ,; : 1) il tr; ejï en-v ycwali"c0o.e.
1.' '1'¡' !
A
SiJuraierrur dl,e~ CAi!i'Ciilrt
croyantavoiracbt-vé*voxivont ", c,:onr.<Qi:*envoyNc i •» ïi V." , ,i.s r. • :- •
T Y .., -
,- - >
c; )';- '{., ; .: '!, -~
,,-..-..!
, 'J.) SiAUtt\n»iebe-„
v: pa»s le•trou. Onn .n,--ï'oy)e~yic"rît&* lle<>cmr Ó', .L.,.
trou) lry à lecotede11- T.;r;t
, l 1 quon a la m.r-yi? a la main. on
pc"t s nJUr, /wjtf qu'on ta
pa c-c v ';; Licejour marquer des
l 1 1 Pli aï, o/i ,jtojh^cde rcnlr.
cp~j{r rIJrrr¡e¡A ta bredouille, il
faut queleÓsÓpremiers points ayent cjic,}avec un deuxième
jetton
,
autrement on n'a qu un
tre:i.
Ce ''-}'J::it On ii.terro:'?Vlà
'- t , ¡. ;- i 1. l , -~,.,' '-
¡! ,l V^'r ", 1A ! yl.^
1 t # - ,,~ "',..: ','>-
j"!',)Í.
Cr -•!r"ya;ir, ,es r'" !,., \.,J 1;,. ".,.. ,¡ t ,f; ~", : '; J
t' i ne d:>n>irq-icp&s ff [esL.tU.-es Jli avoir <z-c né le tio.c,
en csï cnv:>S} c
")(J 3 01 1. 'J
4v t f TCJ.1f. ,.1 oute; les jo:s q,'{ o:i le'j:> on
perd les points qui rejlent.
Lors que vous tene% o;o/?r^
Petit jan, on ne peut pas vous
contraindre de paffer une dame
dans la tableduPe.itjan del Mi-
Ire, s'il le peut encorefaire.
Si vous pouve^ prendre vcjlre
coin par vous.mefmc, il ne vous
est pas permis de le prendre par
puissance.
On n'entre dans le coin Jt:
reposquavecdeux dames, &on
enfort de mcfme-
Quoy que l'autre ait seulson
coin, vous ny fçaurie% entrer,
ny avec une dame, nj avec
deux.
Quand on rfl forcé au jan d;
retour de sortir de jon coin ony
peut encore rentrer pour ftuver
lespoints que lautre marquerait
en le frapant.
Aujan de retour le Plein se
rompt, si on n'a point d'autres
dames à joürrque cellejdu coin,
& qui nenpeuvent cftrttirées ,o;ïunnombr,:
enfaïfant un as you un nombre
qui trouve le pajjfermé par les
dames de l'autre.
On peutcontraindredfpajfer
les d^rus (L11s l'autre jeu,foi?
pour cor;ferver le Petitjan yfoit
pourrompre le Plein.
On nepeutpas an jjn de re-.
tour leversix sur cinq; cinq sur
quatre>quatresurtrots &c. tant
quily a encore des dames dans
l'autre 'Table,nysix sur quatre,
&cinqsur trolS, Ji VOK* anjc-^
un cinq & un quatre à jouer.
Unedamene peut pointS'-M*-
refltr d.tns le jeu de l'autre tant
qti il peutfaire son Plein-
GHTATI'Ionne PEUT[\isjouerIJS
dam,-saujandereiOkr,les double!
sn> fer riait paSpiUk qn'aniretntr.
t, pour une durnec deux,
bcp'nrodeu:x.dm,irescritJH.itre, .J (' (' 1 C!iX a.'>:fo nt prtfns pM vent
l'fin. pris pourj'i^soupourtémoins
m¡¡&S ils ne doivent POINs
l J r' d'eux mefma donner d'dvis, NY
enjuif-Unt,nypuraucunJtgn?. fMa
demotfctte,sans -ans
pbi'ofot,jer davarJ^ sur le Triélrac
ajje^demattsttp ourvous
exercer, C pour en tirerla Lonnc!,
j(1t'',nce c\r,c nous !!1{l't'.rt.':( d!ece
l 1 - 1 ,,;
~, .,.. l '7 6. ---" (J
bi«hICA quincfl ujilêqu'tn:rc les dt n')J(/"f CT I,.r re,, , t'Ja.f I!i J le'1 purnieeiélwtjî'rvirmjyeeCL'u£iltp.trotslt' avoir d'aïer d cls iJ'1
,- ri'
Í~
:. ¡' r,J J'7
l r - "'1!-' t ¡; v, L,. Ij.<i-iï;e L.?C,'--trsd unlanuiJ :.-", ''; ;"'!- ",JI J "J
J lj r~ l,.,,-,-'" r:).i":.': ; p!:'-irsc.--.'a a. fMH- en °- J ,¡ ."1.' ; !' 1;>l: .1' S r 0 ¡,; c 5 i:.-:tx:p!i:.jla:-rs•'01':cS
) ji';'
îanicj.i d»?:autre}(ypo^rd.vtrs
Jtvjets}trotsPleins à nrnflir'tn
diverses tables:uneconduite COM.
posée d'une infinitéde maximes,
& qui ne peuvent pas toujours
çftresuperieures,puis que lafor.
tune décide en partie du succés;
quantité de termes fingu/itrs, une
multituded'incidens qui étonnent,
un Tarifde points, un Code de
loix ; enfin un corps de plusieurs
parties inconnues auparavant;
tout cel,t assembléparoiss rebutant,
£j$rfait peur, comme si ton
ne pouvoit jamais y parvenir.
Cependant ony arrive avec un
peu ae docilité. A mesure qu'on
prend racine dans cejeu ou:cela
vient mfenfiblement lun après
l'Autrt, &ona leplaisir d'éprouver
qu'après une pratique continuée
durant quelque temps, on
se trouve enfin avoir dans la tcflet
pour iiinfi dire, C-, dans les mAins
iascience de cet admirable leu.
Ouy, Mademoiflllt, l'attenron
au difcoursdecette Lettre J'usare
du leu, &lesleçons&les confcils
des habiles loueurs qui auront
l'honneur dy'avoir le tesse à repc
avec vous , vous en faciliteront
l'étude cria pratique en fort peu
de temps. La droite raison) le bon
Jens>lefj)ritjuste, trois partiesott
veut dUeZdeUfuperiorité, ache.
veront de vous inllruire parfaifancnt
pour efire rompue dtns le
¡e:l
,
&*y rafinerautant que per-
Jonncfat:s vous étonner dj voir
i-?sprit cr le jugementtoujours
a<u~x~ p~rri-jes avec la pmffan~cce~ &
les évenemens du fort. Vous en
découvrirez.[iar cc moyen lefin
(7 lesmi'si.res dans toutel'étendu;
du manègec :vous poffcderekle du Ieu avec la conduitrftge
telairce qu'ily faut tenir, (cfr
votsy ricqinTc^ IÂ belle habitadd:,'
àà le jon:rfnsppininee,, l/ef~gerfr~em<e'Mntf,,'
sans m-iri(e
,
toujours félon les
principes &la rt^l'',&yégalant 1
s maifles.Il me rtfte à dire que
le Jeu du Trifirtc efi d'unujatr
Symbolique dans lavie. Platonau
10 livre desa République, l'a dit
en général du Feu où il y a des
Dc{. Il faut, dit-il, prendre
conseildesaccidensdelavie,
:.&: comme dans lejeu desDez,
r|égler nos affaires sur ce que Uhasard nous a envoyé, en
nous servant de toutes les
lumieres denostre raison; &
comme il nous semble que
c'eitje meilleur party. Terence
danssesAdelpbesafaitla même
reflexion. Sçavez vous que
dans les affaires de la vie il
faut tenir la même conduite
que dans le Jeu des Dez ; s'il
arrive que vous n'ameniez
pas les points qu'il vous faut,
c'est àvous à corriger parvostre
adresse celuy que le hafard
vous a envoyé. Voicy un
exemple particulier du Trictac,
qui est rapporte par ~Teineuira.
Les Indiens avoientenvoyéaux
Persans un Ieu d'Echecs, pour
Leurfaire connoistre U nature des
choses du monde, où la guerre efi
continuelle, cm où pour bien prendre
son party, on a besoin d"une
prudenceconfornmée. LesPersans,
afin de leur rendrepresent pour
present, moralité pour moralité,
leur envoyerentuneu detrictrac,
pour leur donner à entendre qut
dtns les affairesde la.vie civile,
outre le secours de l'ejf>rit ey* de
la raison, onavoit be/oindesfaveurs
dela fortune
; m4is comme
1?sfaveurs ne regnent pasfeules
&que les disgraces leurfont IljJaciées,
ilsatis au jeu du Triélrac
avoir de la modération & de U
patience. Ily a des coups defortune&
des coups de malheur. On
arrive quelquefois au Portà
pleines voiles, par les avantages
fortunez qui se multiplient; &
quelquefoisonyfait naufrage par
un orage(y*unefuite demauvais
coups qui uowfont perir. ily*
des coups de îi-uqucs? qui ., viennentàVQ.ntn;?/mê, cF ji
heurehx3 q:ion (;1 n'um:b: av;ç tx,c'Lwidtion1ilyaJ<;:<!risColiUS 1 .¥. (.,. 'J (Ot,' --
'.J~.,. r
fil ru les &jîtcru-tlcs rjr nuo» ne
., 'N ¡. J f.. -./ ~~, .,."to .,' J
cro"olt jci;-rjiï j>o<-jorjtrrjer$ 'f 1 ..A J i V , .., \,. J qu ils ac1 tion,j'nt d1 [( jcrcr.t,
JLnunsejr lesajms deccs caps
peuvent ejhe le^.ird Z aiec
quelque surprise. mais îli ne iuivent
pointird^.jporter hcjire tjimt
horsd; son apette,nypourle
,'V, r ,
J7l'a 1 di"
-~,, vcr9 ny pour l'abattre. 11i non d,s caprices y des révolutions
du Jeu miu les loix& des
réglés de la .f";t;r¡je &de 14 vertu,
focu~> rJeconsercv> a' dins le calme £<F
14 tranquillité qui luy convienncnt
JcJïiisavtcreJfecl&c-
-
Le 26. du mois passé,enrre
trois & quatre heures du
matin,il s'éleva une tempes
te si prodigieuse à Poissy, qui
est à une lieuë & demie de
- S. GermainenLaye, qu'après
plusieurs grands coupsde tonnerre,
la foudre tomba avec
des éclats tres-furieux
,
sur
l'Eglise del'AbbayeRoyale
de S. Louis de Pouly/Ordre
de s. Dominique.L'embra-
-fèmeru fut très grand en un
:issi.omenc) en forteque cette
magnifique Eglise,qui passoit
pourestre un des plus beaux
& des plus grands monumes
duRoyaume,fut consumée en
moins de trois quarts d'heure.
Lesdeux clochers tomberent.
Les Cloches furent fonduës,
& toute la charpente brulée.
Une grande & superbe voure
paroist le soutenir encore
quov qu elle soitouverteen
plusieursendroits. Vous sçavez
,
Madame
, que c'estla
Soeur deMr 1. DucdeChaunes
qui gouverne cette Maison.
Son zele & les soins pour
fconlervaciJîluy 1 rent
donner
donner de si bons ordres,
que ceviolent incendies'est
terminé à l'Eglise. On avoit
sujet de craindre pour cette
Abbaye, dans le refectoire
de laquelle s'est tenu fous
Henry IV. le fameux Colloque
de Poissy.
Vous ignorez peut-estre
le lieu oùelleestbastie. Ccstoit
autrefois un Chasteau
Royal,où les Reines alloient
souvent faire leurs Couches.
SaintLoüisynaquit,&yfut
baptisé. De là vient qu'il se
saisoituntres-grand plaisir de
s'appeller Louis dePoissi. Ce
saint Roy fut canonisé par le
Pape Boniface VIII. fousle
regne de Philippe le Bel son
Petit-fils
,
lequel voulant
honorer le lieu de lanaissancede
son saine Ayeul, y fit
bastir l'Eglise & la maison
qu'on voit à present sousle
tirre de Saine Loüis. Onobserva
en la bastissant de placer
le grand Autel au meïme
endroic où estoit le lit de la
ReineBlanche, sa Mère,ce
qui fait que cette Eg'ifen'cH
pas tout- à- fait orientée
,
J
comme elle devroit l'estre
,
& comme le font toutes
les autres. Philippe le Bel
n'ayant pas avant sa mort
achevé de la bastir,les Rois
sesEnfans & fèsSUCCLifeurs,
prirent foin de faire mettre ladernieremain à un Ouvrage
si digne de leur pieté & de
leur grandeur. Quand elle
fut dans sa perfection
, on en
fit la dédicace fous le regne
de Philippes de Valois, qui
en fit toute ladepense. Il alIi.
sta à la Ceremonie, accompagné
de toute sa Cour ran,
1330. Ce saint lieua toujours
esté en si grande vénération
par les raisons qu'on vient
d'exposer,que plusieurs Princesses
de l'augusteSang royal
s'y sontconsacréesàDieu,&y
ent fini leur vietres-~faincement
dans Tecac religieux que
l'on y prosesse. Leurs corps
reposent encore dans cette
Eglise,aussi-bienque le coeur
du Roy Philippe le Bel, son
Fondateur; le corps du Prince
R obère
,
l'un des Fils du
mesme Roy, &celuy du Prince
Jean, Fils du Roy Philippe
deValois.
Les Princesses qui ont saic!
profession dans ce Monall:e-.
re, ôc dont on y conserve
précieusement lescorps,l'oilr-l
Madame Marie de Clermont,
Petite-fille deSaint
Louis, & Fillede Robert,.
Comte de Clermont, dernier
FilsdecesaintFRoy, &
Chef de la Branche royale
-
de
-
Bourbon.
Madame Margueritede
France
>-
Fille du Roy Jean.
Madame Marie deFrance,»
FilleduRoyCharlesVI.
Madame Isabeau de Valois,
Fille de Charles de Vators,
Frere du Roy Philippe
le Bel, & de Catherine,.
Veuve d'un Empereur do
Con stantinople.
MadameIsabeau d'Artois,
petite Nicce deS. Loüis.
Majame Marie de Bourbon
, Fille de Pierre, Duc de
Bourbon.
Madame Isabeau d'Alençon,
Niece de Madame Marie
de Bourbon.
Madame Isabeau de Bourbon
- Vendosme, Fille du
Prince Jean de Bourbon, &
de Catherine de Vendosme.
Madame Catherine d'Harcourr;
donc la Mere,Carherine
de Bourbon, estoutPrinceffe
du Sang.
1 MadameMarie deBretagne,
Filled'Artus) Duc de
Breiagne. Il y a quantité
d'autresPrincesses, & Perfora
nes Illustres, dont les Mo*
! numens Sont dans l'Eglisede
I Saint Loüis de Poissi
,
mais
je les parte fous silence, comme
une infinité d'autres par.
ticularitez qui rendent cette
Eglisetres-considerable.
, Je fuis en estat de satisfaire
voltre curiosité en partie,
touchant la prétendue Comtesse
de Nassau dont les Gazettes
d'Amsterdam & de
Bruxelles,ont parlé plus d' une
fois, & qui après avoir
attrapé de gros Bourgucmef.
tres de Hollande, alla duper
les Francomtois, fous ce
mesme nom. Elle se rendit
de I^L à Nantes) où elle sVft
fait connoistre en le qualifiant
Comtefle d'Elmont.
A la de scente du batteauelle
se mit dans une gargorte du
Port Maillard, où elledemeura
prés de deux mois
incognito. Pendant ce tempslà
elle étudia le terrain, prit
des domestiques fabriqua
des lettres de crédit. Un bon
Flamand du Pons, fut assez
peu éclairé pour s'y laisser furprendre.
Il luy presta sur ses
lettres septà huitmille livres,
donc la Comtesse s'etf fait
!
honneur. Sitost qu'elle se
vit accréditée, elle allachez
le sieurCottineau, Marchand
de la granderue
,
leva des
habits nlagnlfiques, &le pria
> de luy faire trouver quelque
maison ou elle pust attendre
-
commodement son équipage.
Heureusement pour cette
fausseComteffcMadanie le
Bon, femme de l'ancienPrevost
de Nantes , se trouva
chez le sieur Cottineau dans ,:t.--
le temps que laComtefle luy
parloit, & après luy avoir fait
civilité, elle luy offrit la moitié
de sa maison qu'elle n'occu
poit pas. La Comtesse ravie
d'une conjoncture si favarable,
luy répondit d'une maniéré
à l'engager. Elle accepta
l'offre qu'on luy faisoit
d'une maniere si obligeante,
& aprèsavoirvisiré cet appartement
, elle le trouva
tout-à-fait à sa bien séance.
La Dame le luy fie meubler
fort. proprement , & s'empressaàluyfournir
favaiffelle
d'argent,&« luy faire trouvertoutcequ'elle
souhaitoit.
La Comtesse ne fut pas plutoll:
dans cette maison,qu'elle
commença à faire bruit
dans le quartier à s'y distinguer
par ses grands airs&
par les grandes aumosnes qu".
elle y faisoit. Les Dames du
voisinage allérent la voir. Elle
les receut en femme qui
avoit dessein de leur faire
croire qu'elle estoit d'une
qualité des plus distinguées.
Son teint d'une blancheur
éblouïssante, ses airs aisez &
naturels,& samaniere de parler
fine & spirituelle
, charmerent
ces Dames qui en sirenc
un recic si avantageux,
que routes les autres s'empresserent
d'aller lavoir Elles
voulurent bien passer sur le
Ceremonial, dont laComtes
se estoit fort jalouse, car elle
ne donnoit à toutes ces Dames
que des sieges à dos
pendant qu'elle se conservoit
le fauteuil. Elle tenoitle cercle,
sa courgrossissoit de jour
en jour, & la Premiere Presidente
de la Chambre des-
Comptes fut la feule qui refusa
de s'y trouver. La Comcesse
les amusa assez longtem
ps par Ces beaux discours,
mais enfin (on Mary & son
précendu équipage ne paroiflanc
point, elle prit le party
de s'absenter le 17. de Juin
dernier. On s'en apperceut
d'assez bonne heure. On en
avertit les Incereffez, &
on leur donna chaudement
l'allarme. Ils le mirent en
devoir de la suivre
, &
l'un d'eux sur assez heureux
pour la trouver au marché
habilléeen devote qui sedis.
poloit à monter à cheval
pour prendre la route de
Vannes. On l'arresta
,
mais
elle ne voulut pas suivre les
Officiers de Justice, qu'on ne
luy eut amené un Carosse,
de peur de déroger à sa qualité.
On cuit cette complaisance
pour elle, & dans cet
équipage on la mena en prison,
oùelleest presentement
dans la dernière désolation.
Les Dames qui sont naturellement
curieuses & complasantes3
conrinuër.tà la voi r
dans cette prilon, où par
leurs foins elle ne manque
de rien, estant toujours vêtuë
tres-magnifiquement. Elle
ne les entretient que de sa
qualité & de ses malheurs.
Elle se dit Princesse de la
Maison de Montmorency,
de la branche deFlandre
Femme , en premières nopces
d'un SeigneurEspagnol,qui
luy a laissé de grands biens
enCatalogne;& en secondes
du Comte d'Elmont,
Officierdu Regimentd'Ar.
tois, qu'elle a épousé. malgré
sa famille. Les Juges ont
écrit à toutes les personnes
qu'elle leur a nommées
,
ôc
ont reglé (on Procès à l'extraordinaire.
On verra dans
peu de temps le dénouëment
de cette histoire, qui fait l'entretien
de toute laVille.
Le 2,6 dece mois, Mr l'Evêque
Comtede Noyon, Pair
de France, Conseiller ordinaire
du Royen son Conseil
d'Etat,eut l'honneur de haranguer
Sa Majesté à Trianon
, au nom du Clergé de
France, estant assiste deMrs
les Archevêques, Evêques&
autres Députez de l'Assembléegénérale,
quis'est tenuë
à S. Germain en La)e Vous
sçavez, Madame, ce qui est
reconnu de tout le monde,
que MrdeNoyon cli un des
plus sçavans Prélats que nous
ayons eus depuis pl ufieurs
siecles, & dont l'érudition
est la plus profonde. Il écrit
aparté en homme de son caraôtere
,
c'e st à dire, qu'il
s'attache plus à la matière
qu'il trai te, qu'àl'Eloquence
sterile qui ne renferme fouvent
que des paroles bien
arrangées sans avoir rien de
solide.Après avoir fait connoistre,
d'abord que l'Fglife
de Dieu avoit toujours esté
une même & perpetuelle Eglise
dans les differens estats
des Ombres de la Loy de
Nature fous les Patriarches,
des Figures de laLoy écrite,
fous les Prophetes, & des
misteresdelaLoy de Grace
fous le Sauveur du monde;
que le Prophete Royal divinement
inspiré,traçant aussi
d'une main les caracteres de
l'Eglise Juifve 1& jettant de
l'autre les semences de l'EgliseChrestienne
,nous inG.
nuoit en mesme temps que
l'Eglise Catholique
, qui elt
l'Eglise de J. C. devoit estre
reunie dans l'Evêque, le Cler.
géJ&lePeuple pour fonder
lenouveau culte d' un Sacri.
sice plus parfait, & que c'estoit
en consequencede cet- teTraditionlegale, Apostolique
& Primitive qu'il falloit
continuer l'oeconomie
de l'Eglise presente sur la forme
de l'ancienne,dans l'autorité
de l'Evêque, dans le
Conseil duClergé,&dans le
consentement du Peuple ;
Autorité spirituelle
,
poursuivit-
il, que nous emplryons) Sire,
pourfaire honorer & craindre la
souverainepuissanceque Dieu a
mise entre vos mains;Confilordinairequenous
appelions aufccours
indispensable des presans
besoinsdelaReligion &del'Etat;
Consentement unanime prouvé
par des contributionsplus cordiales
quecapitalesquenous voudrions
égaler & mesmesurpasser,il dit
que l'ordre suprême de la
Hiérarchie meritoit d'autant
plus la protection de la Monarchie
Chrestienne, que le
principe, l'interest & le sort
du Sacerdoce & de l'Empire
estoient communs ;
le principe
dans Dieu, qui en est
l'Auteur; l'interest, dans le
partage de tout le monde;
le sort, dansle calme ou le
trouble de l'Egale & de
1
l'Etat: à quoy il ajoûta
que tant de raisons heureusement
réunies promettoient
auClergé, au nom de qui il
parloit, une audience tàvo.
rable de Sa Majesté, sur la
matiere im portante des Conciles
Généraux, Nationaux,
&Provinciaux,ou l'Episcopat
solidairement assis dans la
Chaire d'unité, foutenanc
l'intégrité de l'exacte Discipline
que le Roy aime, expliquoit
la vérité de la doctrine
qu'ilcroit, conservoitla pureté
de la Morale qu'il suit,
& triomphoit du relâchement
de l'erreur & de lacorruption.
Ce sçavant Prelat
fit voir ensuite combien la
necessité des Conciles Généraux
eir pressante en certaines
occasions, soit qu'ilfaille
donner de nouvelles forcesà
l'Eglise languissante, &établir
la discipline de la vocation
à l'Episcopat
,
des biens
consacrez à Dieu, del'Ordination
des Diacres, & de la
liberté des Gentils,soitqu'il
foit question de défendre la
Doctrine, & de conserver au
Pere Eternel la même subfiance
de Ion Pere
yà
J.C. la
singularité de la PersonneDivine
subsistante dans l'oeconomie
de deux natures, deux
volontez ôc deux opérations
différentes pour former le
chef d'oeuvre de l'Homme-
Dieu; au Saint Esprit la Divinité&
la Procession du Pere
& du Fils; aux Images le culte
relatif; aux Princes& Miniltrès
de l'Eglise & de l'Etat,
l'autoritéspirituelle & temporelle,
ôc aux Sacremens
leur nombre & leur vertu;
foit enfin qu'il soit necessaire
de relever la Morale, & d'en
purifier les maximes. Il dit à
l'égard des ConcilesNationaux,
que laDistribution de
l'Empire de Constantin en
avoir fait nai stre l'occa sion,
&que les Loix formelles des
Empereurs Chrestiens en avoienc
établi la discipline
dans les principales Eglises
de l'Orient&del'Occident;
mais que l'Eglise Gallicane
en avoit surpassé la gloire
par le privilege singulier d'uneFoy
herediraire, conservée
dans les trois Races de
nosRois,&augmentée fous
le regne religieux de Sa Majesté,
Eglise illustre, &dont
les
les Lis avoient fait le plus bel
ornement du Tabernacle de
Mojfe& du Temple de Salomon
; que quant aux Conciles
Provinciaux, les motifs
en devoient e stre dignes des
personnes, des lieux & des
emplois,& consequemment
,divins par rapport à la gloire
de Dieu, Canoniques pour
l'honneur dei'EglHe,6c même
politiques en faveur de
l'Etat. Il ajoûta que l'honneur
de l'Eglise, inseparable de
celuy deDieu,avoittoujours
esté si cher & si précieux, que
les Conciles l'avoient souvenu
préferé aux Canons, suivantcette
belle&charitable
maxime de Saint Augustin;
Nous sommes Evejques pour les
Cbreftiens,saisons donc denoflrc
Episcopat tout ce qui fera plus
utile pour lesalut des Chrrftiens.
En effet> Sire> continua-t-il
,
que de Sacrifices des plus anciennesdifeiplinesà
l'unité, à lafaintets,
à l'étendue & à lasùcces
flan de ïEglise! Et combien de
fàois a t- on vu l'esprit prévaloir
la lettre, lors que la lettre riétoit
pas ajftz rpiritutfle ? Sacri- 1
sice à l'unité de lEglisej S. F -ël
ménage la delicatefe des Juif*
le Concile de Nicée adoucit U
peine duScbifme des Novatiens,
& Saint Auguflin 0- trois cens
Enjefques d'Afriquey n'ont. ils
foi offert leurs Sieges aux Donatistes}
pourenfaciliter le retour
& la conversion ? Sacrisice
à la Sainteté delEghfey &
qui doit commencer par la reformation
de l'Ordre Episcopal> en
telle forte que nous mesmes reconnoiffions
estre reformables par nos
relâchemcns, que nous [oyons reformez
par nos reglemens, que
nous devenions reformateurs par
nos exemples,& que nous approchions
de plus prés desgrands
& saints Originaux que les-
Conciles de Cartâge nous propo-.
fent. Sacrifice à l'étendue de l E-.
glise3 qui craignant d'eflre abre--
géepar le refus de la jouferiptiom
dequelquesEvejquesd'Egipte ài
lafioydu Concile de Calcedoinen
prit le fage parry dusilence, çyftt
contenta des promejjes & cautions
d'en faireprefeber & recevoir
le dogme. SacrificeàliaJucce/
Jtonde l'Eglise5 & que Smnt\
Aunt(linregarde comme la Pitr:
re>de touche) & h caraciere r/~
senties d'un véritable (:7 parfoil
Catholique3attache pardeshtn.
ind-jj'olubhs à la perpetffcUe'Çmi
nuniondesSuccesseurs de Saint
0terre ;'Vnitf de l Eglise sans dipijrion
Saintetésansprofanationtenduësans
diminution;succession
sans interruption. Aprés;
s'estre étendu d'une manière
fort vive sur ce que la Politique
n'avoit pas moins d'interest
dans la cele bration des
Conciles Provinciaux, il dit
que le titre sacré de Roy très-
Chrestien, qui élevoit le,
Roy, le chargeoit en mesme
temps ; qu'ill'élevoit
,
puifqu'estant
la première Ouille
du Troupeau des Fidelles
& le Fils aîné de l'Eglise il
pouvoit luy procurer des Pasteurs
& des Peres, ce qui
estoit un trèsgrand honneur
pour sa Couronne; mais qu'il
chargeoit aussi Sa Majesté
de l'indispensable obligation
de presenter des Sujets dignes
de ces faintes & grandes qualitez,
ce qui estoitun grand
poids sur sa conscience.Il finit
en disantque l'Histoiredela
Genese nous apprend, que le
Patriarche Jacob & sesEnfans
prirent simplement l'humble
nom de Pasteurs des Troupeaux
, & de Sujets du Roy
d'Egypteen sa presence, sans
se prévaloir &sedistinguer
par aucun titre pompeux, &*
convenable àceluyque Dieu
avoir choisi
, en sappellant
le Dieu de Jacob; que cependant
l'estatPastoral estoit
d'autant plus honorable qu'il
avoit servi de fondement à
l'estat Royal, & que les premiers
Rois d'Israëlenavoient
esté tirez, pour apprendre à
tous les Princes qu'ils doivent
gouverner les Peuples
selon les regles de la charité , dela justice & de lasagessey
vertusadmirables, naturelles,
¡
& propres à Sa Majeftc»
L'estat de sujetion, ajoûta-t-ili
ness pas moinsavantageux fous
un Roy tel qu'il a pl" à Dieu de
nous donner, & qu'on ne peut
trouver ailleurs; un Roy plus
victorieux que David, & qui
malgré les vainsefforts de tant
d'Ennemis conjurt'{, deviendra
le pacifiqueSalomon; unRoy par
excellence comme le Saint Effrit
le propose, & digne deservir de
moc/ele à tous les Rois,s'il efloit
imitable; un Roy ProteHeur de
l'EghJêréunie dans lEpiJcopat
relevé, le Clergé honoré3 & le
Peuple à la veille destre enfierementfoulage.
Mais nousy Sirey
plus glorieux0-plus heureux que
Jacob &[esEnfans, nous furpassons
l'exemple du Texte sacré
dans une mesme confonélure)
en finissant ïAj]emblée générale
du Clergé de ioJire Royaume,
convoquée dans l'un de vos Palais.
Nous sommes les Pasteur;
des Troupeaux dej C.lePontife
éternel,l'Evesque de nos ames,
&le Prince des Papeurs. Nous
sommes les Sujets * Louis
,
lesublimegyvaflegénieeflsudpoen-t
rieur à tout,Payeurs de l'Eg,lift
Gallicane) Sujets de G~ l'Empire cf~ /'E~~c
François3 c'cft tout dire à l'honneur
de la Hiérarchie cr de la
Monarchie.
i
Je vous parlay dansmaLettre
de Juin dernier, de la découverte
d'une Statuë de
Mercure, faite auprès de la
Ville de Beauvais. Depuis ce
temps-là j'ay fait graver la
figuredecetteStatue. Jevous
l'envoye
,
& pour vous renouveller
la memoire de ce
que je vous ay déjadit sur ce
iujv'tj je vous fais part d'une
aurre Relation quim'enaesté
adressée & qui doit estre
d'autant plus exacte, qu'elle
a esté écrite par Mr duCaur- 1
coy,Docteur en Medecine, à
qui appartient la terre où
cetteStatue aété trouvée. M
ONSIEVR.
Puisque vousvousJerve^du
Messager des Dieux pour porter
à tous les Curieux de l'Europe
des nouvelles de ce quiJe passe
dans le monde déplus singulier
0* de plus rare , vous ne fire'{
pas fâchéd'apprendre la découverte
que fay faite en ce Pays
d'une Image du Dieu dontvoflre
Àtejfager porte le nom. Je ne doute
pas quevous nen ayek eu dÍja
qUt/que Relation
; mais la crainte
quej'ay quelle nait pas efiéfiddeellllee,
mm)'Oobblige de 'Vouset) mar~ ioe vous en mar.~
quer moy-mejme toutes les partie
cularite^.
Ayant acquis depuis peu de
tempsquelque héritage auxpj*tes
de cette Vlile de Beauvais,j.y
ejîé averty deux jours etprés.
dans une piece de vigne
9
qui en
fait partie, fife au vignoble de
MarifJèl) diflante de cette Ville
du cofté de la porte de Bresle, J'en;
viron deux cens pasJur une petite
hauteur, on avoit autrefoi1
vu assiZ avant dans la terre une
çrossepierre. Cela m'obligea de
fairçfouilleren prefemeàp-ujieurs
endroits dans cette piece de
vigne, ou enfinjUjidécouvert une
pierre ajJeZu,Jle 9>environ quatre
Àcinq pieds avant dans la terre,
de cinq à six piedsdelangueur,
surplusde deux & demi de largeurs(
y*ayant fait renverser Id,
pierre àforce de monde.,ray apperceu
lafigure d'un Mercure en
bas relief, auffientierequ'isse peut
voir, pour le grandnombred'années
qu'ily a que cette Image est
dans laterre.
Ce Mercwe aievifâge afje7,,
ouvert, le. tesie libre
,
dégagée&
hardie, lescheveux courts O*
crefpus, un peu de boerbe autour
-du msrnm 'gpfurIçs-joues, les
oreilles assez grandes, les jeux
bien ouverts&fendus, la mine
fîere&majeflueufe.Ilasursa
tesse un bonnet rond avec deux
ailes au dejJus,ajJeZ ouvertes,
sa gorge efi découverte & bien
dégagee. Il porte surses épaules
un manteau à la Romaine, arreflé
d'un bouton sur lépaule droite,
qui fait ptufcurs petits plu depuis
le milieu de la poitrine\uf~
que vers le milieu des cuijjcs, où
la figure manque. Ce manteau
couvre le brasgauche,e iltient
de cette main qui est découverte>
& paffe fous le manteau, un caducée
de plus de deux pieds &
demi de haut, orne de deux ailes
au dessous des ftrpens, &pose le
poignet sur U hanche dp mesme
cossé, Le brasdroitelfentièrement
nud
,
n'ayant feulement qu'un
petit coin au cieffus de l'épaule
couvert à l'endroit du bouton du
manteau, qui mefmelaijfe voira
nud le cofté droit de la poitrine,
fous le bras, le manteau ejîant
ouvert en cet endroit. Il tient de
cette mainparlemilieu une bourse
ajje^grande & profondes il
pose la mainfermée, & l'appuyé
sur la hanche du mesme coPé. Le
refle d: la figure depuis le milieu
des cuisses> où elle est. cAssée, juf1
quau bout des pieds, manqué,
Aujfibien quelefond de labourft,
qui a esté emporté dans la fra.
élion de la pierre.
Cette figure auroit bienseptà
huitpieds de hauteursi elle efioit
entiere ;mais il nous en mAnaue
plus d'un tiers. J'ay dessein. après
la recolte, de faire travailler à
chercher le rejle sans pourtant
beaucoupd'elierance de r/üjJir
,
* parce que fay eu depuis, plusieurs
avis quon avoit enlevé de cet
endroit. quantité de pierres, qui
ont efiéemployées par des Vigne- 1
rons à plusieursouvrages, ily a
plus de cinquanteans,dont je ne
,uis rien découvrir
*, ce qui fait
roire qu'ily a en en ce lieu quellue
Temple ou Chapelle où ce
Dieu estoit adoré, avant que la
vFoy eiuflntfté pclantéee en.cette Pro- Il s'ejl aussi rencontré auprès
de cettefigure, une bafe de Colonnedepierreparfaitement
belle, &
d'une elegante nioulure,dont taf
ftette a bienvingt ponces en carré,
& l'entrée de la Colonne, dowçe
pouces de diarnettrc, Selon queh
ques
-
uns, cessoit la bafe de la
colonne qui soutenoit la table
ou l'autel où on Jacrifioit à cette
Divinité ; &felon quelques
autres, c'efloit la bafe d'une des
Colonnes qui efloient aux deux
cofleZ de cette figure.
Ce Mercure, comme je vous
try dit, Monsieur, efi taillé dans
cette gro/Je pierre, qui a prés de
deux pieds d'epaijjeur, & il est
couvert d'un chapiteau que forme
la mefmc pierre) Joutenti
aux deux extrémité% d'une manieredecon/
ole, qui regne jusqu'en
bas. CeChapiteauefldans
sa bafe aussi large que toute la
pierre, qui contient plus de deux
pieds & demy de largeur, comme'
jevous l'ay déjamarque,efinit
<
enpointeparen haut, Sur ce C/Mpiteausontécrits
cesmotsenlettre
Romaine tres. belle. SACRVM
pour la premiere ligne, MERCVRIOAVGVSTO,
pour laseconde;
C. IVLIVS HEALISSVS. V. S. L.
M. pour la troisiéme. Plusieurs
Sçavansdonnentdifférentes explications.
à cette legende en faisantpresque
autant de MQts) qu'il
y a 'de lettres dans HEALISSVS;
mais pour moy , ne remarquant
aucun point entre aucune de ces
lettres,je ne puis pas lire, comme
ily en a quifont HErèsAuli
Lucii In SSacrificiorum vsvs.
LibrasMille-, ny comme d'autres
Heres AlsisLiciniSilvantSvscepcumVottimSoWicLibens
Merito. ny comme d'autres, Hères
Et AmicusLiciniiStellati
Silvani Viri Summi. v-S. L.M.
ny mesme Hanc Erigens Aram
LIberto Suo SVmpcibus Suis.
- V.S..L. M;Maisjelisfeulement,
SACRVM. MERCVRIO. Av-
GVSTO. C. "IviIVS HE^LISsvs.
Votum Solvit Libens
Merito. Chacunconvient de
l'explication des quatre dernières
lettres , & personne à morpfensne
Idolvitiednotuter du reste. encoreuneautrechtfea
1
confidererfur les deux cvjle% de cettepierre,
Smle cojlégauchean deffousdu
Chapiteaueftlafigured'un
ferpenten bas relief,plié en rond
,
qui eleveJatefleen hat4t,maLS¡;ette
teste est aUe'{groj]e&ronde,&
ellefertdornement à laconsolequi
soutient le chapiteau, comme j'ery
dit. Sa queue tombe en bas&fi-,
nit en maniéré de losange allongé.
jÉudtffous de ceserpentfont deux
poijjons aste'{ gros
, un peu courbes
y
fort bien faits, la teste en
bas
,
qui tournent le dos l'un à tautre,approchant de la figure de
deux gros Rouges ou Dauphins
,
au dessous desquels se uoit une
mamete de plat ou assïette
, que
les Anciens appellotint paiera,
dont ile se servoient dans leurs
sacrifices, qui occupe toute l'épuiffeur
de la pierre qui porte plus de
vingt à vingt deux pouces.Au.
dejjous de ce plat, commence une
queue d'un gros poijjon
,
dont les
barbillots s'étendent &s'ouvrent
d'un cossé & d'autre ; mais la
fraflion de 1,4 pierreempcfcbe de
voir le refle qui manque à cet en.
droit. Du coftèdroit tfl un "Iutre
serpent qui fait la mesme figure'
que l'autre cossé
, au dejjous duquelest
unglobe,&enfin encoreun
plat,mais qui a efléunpeu maltrai.¡.
té du temps, (jr lafiraéîionempef
ihe de voir le resse qui manque.
Le nom d*Auguste qu'on donne
tcy à Mercure, son air fier &
majestueux,sa barbe 0* ses che-
Veux frife%tJon manteau à Ii
Romaine, e plusieurs autres
choses, causent le partage de nos
SfavanJ. Les unsveulent que ce
foit un voeu fait & acquité à
CMercure
, en reconnoissance de
quelque favorable succés dans
quelquevoyage
9
entreprise, oit
négociationDautres prétendent
quecefoit une Image de CMercure
adoréautrefois en ce lieu là,
à qui lesIdolâtresfaisoient même
des sacrifices
,
fondeZfur lespateres
qui font aux ,ôtez. sur les
faillons (7 autres auimaux qu'on
njerroit sans doute si on avoit
la pierre entière, (7 sur les
apparences qu'ily aeu en ce lieulà
quelque TempleouChape!!e.
D'autres enfinavecquelque raison
fonticnnent qu*e cette Statue a estéérigée en l'honneur delEmpereur
Adrien
,
fous le nom de
Mercure, comme voulant dire} à
l'Empereur Voyagetir En effir,
l'Emperenr Adrien a traversé
plufteursfois toutes les Gaules,
0* a parcouru pre/que toute la
terre. Vion ditde luyqu'ilfut le
premier Empereur quilaijft crolfirçJa
barbe, e mesme cette figure
gure a quelque reffimblance aux
viïiedaillesquerions en gardons.
Quelques Unspoudroient que ce
fust quelque autre Empereur,
maas le nom &la qualité deMercure
Auguste paroijl peu leur
convenir, outre plusieurs difficultez
qu e l'on trouveroitdans le
temps &le lieu.
Comme vostreMeJptgeriA^onpeur,
porte le nom de celuy des
Pieux,quefonauguste nom
estrévéréparmy les Curieux du
fier:le, avecqui il a l'avantage
de converser foitsouvent
, vont
,voulez bien me permettre de le
prier de les entretenirquelque
moment de la haute efiime que les
hommes de lantiquitéavoient au.
trefoispour le premier defin augufie
race&s'ilapprendquelque cbo.
jedecurieux dans leur entretien,
nous vous prions de vouloir bien
luypermettre de nous enfairepart,
tantsur l'explication de cette /c*.
zende, quesurlesujet du *vait9
eu de l'érection de cette Statue, du
culte qu'on pouvoit [uy rendre en
ce pays, & enfin dusujet &du
temps de ÏEclipfè fataiei la divinité.
Je fuis, Adonfieur, voftrcJ
&ç.
Comme vous avez un gous-t
merveilleux pour les Ouvrajcs
d'esprit, je ne fçaurois
vous donner une meilleure
nouvelle qu'en vous appretant
que le SI Jean Villette
libraire de la ruë S. Jacques.
commence à debiter un second
volume des Poësies de
l'Illustre Madame des Houieres.
Tout ce qu'elle a fait
est d'une beauté & d'une for-j
ceà laquelle on ne peut rien
tioûtcr., & son nom qui ne
peut manquer de vivre éteracllement,
est mis avec beaucoupdejustice,
parmy ceux
le nos plus grands Poëtes.
Ce second volume contient
aussi quelquespieces de Mêdemoiselle
des Houlieres, sa
Fille, enfaveur de qui je ne
vous diray qu'uneseulechose.
*
C'est qu'encore qu'elle
ait tout l' esprit qu'on peut
avoir, ce qui se rencontre en
peu de personnes, cet avantage
effc en elle beaucoup
moins considerable que la
bonté de son coeur, &la droiture
de les Centimens.
Onvend aussi depuis quelques
jours un livre nouveau,
qui merite vostre curiosité.
Ilest intitulé Rome Galante ,
& divisé en deux parties.Dans
la premiere l'Auteur a suivy
pas à pas Jules Cesardans ses
conquestes d'amour,qu'il dit
avoir esté aussi rap idesque
celles de guerre, & comme
; cet Empereur n'avoir pasde
Cour fixe, cela fait que sa
• Scene y change à tous momens.
Dans la seconde Par.
tie, on trouve un enchaisnement
des avantures des personnesconsiderablcs
, dont
la Cour d'Augusteestoit
composée.L'Auteur ne se
nomme point, & fait seulement
entendre qu'on doit
beaucoup excuserd'unCavalier
sans étude,& qui n'a eu
d'autre employ que celuy des
'J
armes. Cependant son stile
est fort agreable, & ceux qui
s'appliquent le plus à don.
ner un tour aisé à ce qu'ils
écrivent, ne le font pas bien
souvent avec autant de succés.
Enfin il n'y a rien qui
foit plus capable de divertir
due cette Histoire secrette de
quantité d'événemens particuliers
,
arrivez fous les regnes
des deux Empereurs que
je viens de vous nommer.
Elle se trouve chez le S' Jean
Guignard Libraire au Palais,
à l'entrée de la grand' Salle,
à l'Image de S. Jean.
Le favorable accueïl que
le Public a fait à la Mappemonde
du S' deFerluy a fait
continuer son édessein, qui est
de donner une grande fuite
de Cartes Geographiques,
sur les nouvelles Observations.
La magnifique Europe qu'il
vient de mettre au jour fait
connoistre qu'il n'est pas impossible
d'accorder les Cartes
qui ont esté déja faites
avec celles qui se font aujourd
'huy
, en diminuant les
longitudes selon les nouvelles
& vrayes Obfervations de
Mrs de l'Academie Royale
des Sciences. Ceteffay hardi
n'a pas mal reussi, félon ce
que disent les plus habiles.
Lesornemens de cette Carte
font tres-utlles,puisqu'ils
donnent tant en description
qu'en figures tres-bien defllnées
& gravées, les moeurs, les forces., les richesses
,
les
habits
,
les genies, les qualitez
,
les armes, & les Villes
Capitales de chaque nation
de cette partie du monde
,
avec une description Geographique
d'une nouvelle
methode.
Le mesme vient de mettre
au jour un Plan de Namur
avec ses nouveaux Ouvrages.
Les environs de Namur
trèsparticuliers,depuis Charleroy
julejua Liege.
La Carte des nouvelles &
anciennes Lignes de la Lis à
l'Escaut, tres-curieuse.
Le Bombardement de Bruxelles
) avec le Plan de cette
malheureuse Ville. Tous ces
Ouvrages se vendent clvz
l'Auteur, à Paris, dans rIfle
du Palais, sur le Quay de
l'Horloge, à la Sphere Royale.
Surla fin dumoispasle;
Mr Guenec
,
Seigneur de
Franqueville
,
Conseiller du
Parlement de Rouen, & l'un
des meilleurs partis de la
Ville, épousa Mademoiselle
de Machonville
,
Fille
de Mr d'Anviray de Machonville,
Président à la
Chambre des Comptes de
Normandie, Seigneur du
Grumefnil, Baron de Baudemont,
&autreslieux&de
Dame de Bec de lievre.,
Soeur de Mr le Marquis
d'Ocqueville, premier Préfident
de la Cour des Aides; de
MrdeBrumare, President au
Mortier,de Madame le Guerchois,
Veuve de Mrle Procureur
General de ce nom,
& de Madame la Marquise de
Cani. Cette nouvelle Mariée
est très jeune, & d'une caille
agréable, quoy que mediocre.
Tous ses traitsfont beaux,
& elle a le teint d'une blancheur,
qui vajusqu'à ébioiiir;
mais ces avantages sont encore
beaucoup au dessous de sa
douceur & de son esprit.
Mr d'Anviray
, Pere de
Mr lePréfixent de Machonville,
est mort Doyen
du Parlement de Roüen.
Mr Giienei qui vient d'époufer
sa Petite Fille., n'a
encore que vingtquatre ans,
& par la grande application
qu'il a à bien remplir tous les
devoirs de sa charge, & par
ses manieres aussi insinuantes
que civiles
,
il s'est acquis à
cet age l'estime de tous ceux
qui leconnoissent.
Le 12. de ce mois,on fit
dans l'Eglise. Cathédrale
d'Auxerre, un Servicefolemnet
donc la magnificence &
les particularitez meritent
que le Public en foieinformé.
Mr l'Evesque d'Auxerre,
avec tout son Chapitre,voulant
donner des marques {ln.
gulieres de l'estime qu'ilsonc
toujours euë pour feu Mre Cesar
Philippe,Comte deChastellux,
mort le 8. Juillet dernier,
firent prier en leur nom
toutes les Communaurez de
tous les Corps de la Ville
d'agiter à ce Service, où il
ne fut obmis aucune des cérémonies
que l'on observe en
ces fortes d'occasions.Ce qui,
y parut encore de pluslingulier,
c'est qu'on avoir exposé
sur le Mausolée du dessunt,
une épée, un baudrier, un
surplis, & une aumusse, pour
marques du droit qu'il avoir,
en qualité de leur premier
Chanoine hereditaire, daf.
sister à tous leurs Offices
en cet habillement
,
qui
donna lieu au Roy, quand Sa
Majesté passa par Auxerreen
1683. de s'informer des raisons
que ce Comte avoit de paroistre
en cet équipage dans
l'Eglise Cathédrale, où la
Cour entendoit la Messe.Mr
le Duc de Noailles,alors de
quartier,ne manqua pas d'en
avertir Mr le Comte de Chaftellux,
qui se trouva au disner
du Roy,& luy apprit que ce
droit estoit venu dans sa fa*
mille par un de ses grands
Peres, Claude deChastellux,
Mareschal de France en 1418.
qui acquit pour luy & pour
sa posterité, cette qualité de
premier Chanoine Hereditai.
re de l'Eglise Cathedrale
d'Auxerre, avec droit d'assister
à tous les Offices ;en surplis
& en aumusse,l'épée au
çoitéabottejéperonné, &un
Oiseau sur le poing , pour
avoir remis libéralement la
Ville de Cravant, quiappartenoit
à ce Chapitre, après
en avoir soutenu le Siege,
pendant six semaines à ses dépens.,
&avoir enfuite gagné
laBataille,dite de Cravant,
oùil avoit fait prifonnierde sa
main le Connétable d'Ecosse,
General des Assïegeans. Le
Roy donna de grands éloges
àMrle Comte de Chastellux,
& luy dit que cestoit un droit
à conserver foigneufemenc
dans une famille, comme une
chose tres. honorable. Meslieurs
duChapitre ont voulu
a prés sa mort luy rendre un
honneur qu'ils devoient en
quelque façon à un de leurs
Confrères, d'une qualité aussi
distinguée par sa naissance ;
mais ilsont fçû en mesme
tem ps- qu'ils le rendoient à
un veruable Saint, dont la
vie fait l'admiration de tous
ceux qui l'ont connu. Feu
Mr le Comte deChaltellux a
pasTé tout le temps de sajeuneile
à la guerre,attaché particulièrement
à la personne
de feu Mrle Prince, quiluy
donna le commandement de
la Compagnie de ses Gensd'armes,&
qui le sieOfficier
général dans les Armées-
Aprés avoir servy dignement
& avec distinction dans cous
ces emplois, il se retira chez
luy à Chastellux en Bourgo.
gne, ou il a mené pendant
trente ans une vie si fainte
& si exemplaire, qu'on peut
dire avec justice qu'il est mort
en odeur de Sainteté.Ilalaissé
Dame Judith de Barillon
sa femme, avec sept enfans,
quatre garçons & trois filles.
Sa Filleaînée Bonne de Chat
tellux, a épousé MrleComte
de Saint Chamans. Son Fils,
aîné Philbert-Paul
Comte
de Chastellux, à present premier
Chanoine hereditaire
de l'Eglise d'Auxerre, eut
l'hiver dernier le Regiment
deTulles d'Infanterie. Celuyqui
le suit est Henry de Chaitellux,
Capitaine dans leRegiment
de Normandie; André
,Chevalier de Chastellux,
sert sur mer; Guillaume-Ailtoine
de Chastellux n'est
point encore - dansleservice. Inereste de Fillesàétablir
que Mademoiselle Annede
Chastellux,Marie-Judith de
Chastsllux estancChanoinesse
de Poulangy.
Il y avoit lieu de croire que
les Ennemis,aprés avoit bombardé
Dunkerque sans effet
l'année derniere, prendroient
desprécautions si justes., qu'-
ils réusiroient mieux cellecyev
dans cette mesme entre.
prise. Cependant le succés
de leurs Machines a encore
esté plus malheureux queceluy
des précedences, Je vous
envoye une Relation que
vous n'avez point encore luë
dans aucunes Nouvelles im-
1 primées»
LES Ennemis qui estoient
mouille% à 1entrée des
JSancs,appareiue1frentleI 111n 11. aAoujt
àfej)t heures du matin, pourentrer
en cette Rade. Leur détachement
eftoitdefoixante Voiles lljavoit
quinze Fregates de trente à cinquantepieces
de canon, plusieurs
Brûlots ou Machines, dix
-
huit
Galiotesy & ils commencèrent à
nous tirer des Bombes ejlont à la
voile-Elles ne vinrent quauprès
du Chasteau de Bonne Efyerance.
Les (jaliotes s'approchertnr, Çj7*
momllerent àneusheures envi on àmilletoises duFort.Elles continuerent
de tirer jusqu'àsept heu-
* res du foir, ÇJT* je croy qu'elles
nous ont bien faitpresent de douze
cens de leurs Bombes, dont aucune riadonne sur le Chasseau de
Bonne EsPerance. Deux ou trou
porterent sur le Chasseau Verd9
gronde dans leltjjban,oùily
eut un Capitaine dlnfanterie tue.
C'efi le plus grandtort que toutes
les BombesdesEnnemis nous
ayentfait. Sur les trou heures
après midy, le Commandant fit
mettre un Pavillon rouge à son
tnafl d'avant. PlusieursFrentes
autresÏÏaftimens mirent en meme
temps à lavoile} £sr huitgosses
Chaloupes s'avanccrcnt le long
de U terre. Neufdes nostres,
commandées par e/Hr de Montgon&
M1de S. Paul, efloient
mouillées à quelque distance du
Risban àl'Ouest. Les neufautres,
commandées parM le Marquis
de Chafteaurenaud, & Mcle-
Chevalierde Luynes3 ejloienta
J'entrét deslettfes.Lors queMde
Relinguesapperçutle mouvement
des Ennemis, il s'embarqua dans
celle de M1 le Chevalier de Luynes
,qui est une de cellesà canon
Jesix livres de balle IIenprit trois
Autres aussi à canon de mesme,&
Mde Chafleaurenaud lejuirvit:)
& cinq autres sans canon. &il
dUa joindre Ai1 de Montgont
auquel il donna ordre de demeurer
au mejmc heu pour obfirver
les mouvemens des Ennemis.
Dans ce bel ordre de bataille
on alla canonner leurs Chaloupes
qui s'tfloient avancées, &
quelques Gahotes qui estoient les
plus proches. Quelques Fregates
qui tfloient mouillées auprér) &
d'autres àla voile tirerent beaucoup
de coups de canon, & les
Galiotes) des Bombes avec peu
d'effet, caril nyeutqu'unSoldat
tué dans la ChAouue de Mr de ( Relingue, pellesdes Ennnemisse
retirerent
retirerent fous le Canon de leurs
Vaigeaux.,les neufautres revinrent
à l'entréedesj'ettées,&Aic
de JMonvondemeura toujours
moUiTléau mefmt endroit.4 quatre
heures les Ennemis nous enuoyerent
l'un après l'autre quatre
Brûlots. Toutes nos Chaloupes
allèrent au devant, avec une
extrême vivacité ; & obligevent
ceux qui les commandoient
dj mettre le feu d'un peu loin de
nos Forts, & aux Bastimens ou
&,Wdcbines à su. Lors qu'ils
commencèrent à bruler nos Chaloupfsy
allèrent avec beaucoup
d'assurancesy jetter des prAbins
pour les remorquer&les empescher
d'aborder les Forts. Ilyen
eut deux qui échouèrent auprès
du fort d,e l'Ouejl,& les deux
autres auprès de celuy de lEjl.
JJon ne peut agir avec plus de
conduite & de valeur que Mrs
de Cba^eaurinAud e de Saint
Paul3de la Brujerey & de Lamon*,
QUIcommandoient les Cha- aloupes, ontfait dans cette aflion,
oùilfalloit beaucoup de fermeté,
dans l'incertitude oul'onefloit si
ces 'B..iflimtns enflame% riefioient
pas remplis de poudres, bombes,
& autres fortes d'artifices. A,
sept heuresles Ennemis levèrent
tous l'ancre, &se mirent a dériverpourfortir
dela rade.Levant
efiant du cossé de l'Ouest. Nord-
Ouest) peu fort, trois Galiottes
,
un autre petit Bafliment,6-r tàic
Fregate de trente pieces de Canon,
èchouerent sur le Ban brack
,
an
commencement de la nuit. Nos
18. Chaloupes allérent pour les
chercher3mais la ntsit('ex.
traordinairement obscure ,qu'il
fut impojjîble de les trouverfdonî
ceux qui les commAndilentfurent
fort ftche'{,ca.r ils avoientgrand:
envie de les brûler. Elles revinrent
aprtsminuitrejoindreMLe
ComteduMontai, qui atrcndoÙ
M de Relingue, au bout desJette:
s.Il senalla au Rijuan oùil
a toujours couché pendant que les
ennemis ont eslé en prej\n:e. Au
d , , point UJour env.t que ccs bâti-*
mens qui avoient (fié Ù;/;oue{ s'éroient
relenjcLes Gahottes
avoicntgagnéà lOueft, mais Id,
Fre^aie efiant encore auprès de
nosjorts
,
ellefut obligée d'en ap.
procher en louvoyant>elle
anoit pl:<jwurs Chaloupes qui
luy a: Joieat (JM deRei .: 'i 1" (.,/ t L. -') ¡.
Jomtainsifj'îeAi de S. Pdpl
a%cchsftx Ch iloupes de C.l:"J:
, &l'on tira jortjuste e fX1 a
propos du Fort de bonne Elllc,'.;;z.
surlaFrcgate5 /an quellefut
a la portée du Canon. Tout ccla
l'embarajfafort h:y fit manquer
de vevirer, Elle i échouaune
fécondepisfreflueau ménze en
droit. Les ennemisyenvoyèrent
beaucoup de g*'°fj?s O* Petites
Chaloupes. Lorsquellefutà la
banc
3
les dix huit noftrcs alle- rentdrsoit a cette r~ Fregateprenant
un peu lesde la marée.Ily
avoit quatre Frégates de 4.0 à JDpieces
mouillées à demy portéede
canon de l'échouée. Cela ne les
empêcha pasd'y allersans retardement
MrdeS Paul&Mrde
U Briycre
,
ausquels Mr de Re.
L:librie avoit donné ordre dymettrclefeu
j
firent tirer le canon de
la chaloupe que commandoit Mr
deU%xjtym£y(urplu/ieurs de celles
des ennemis qui n'en (fiaient quà laporttedupiifoht.LeCapiraineÓ-.;
o les Officiers qui (fiaient
dans la Frégate
, gr tous ceux
qui_estoientrefle^ dedansdemandèrentquartier.
Airde laBruye.
re entrafiul dedans, fit embarquer
dans nos Chaloupes tous les
Hollandois qui y efloient au nom-
Pire de soixante, mit le feu en
arriere e. en avant, efê reti.
ra avectoutes les autres Qhaloupes
hors la portée du canon des ennemis,
('7 ils demeurertnt rnouillrZ
jufquà ce que la fregatesufltoute
en feu. On a esié fort heureux
dans cette aBion^tiyayant eu que
deux Matelots tIU:Z e un blesé
dans la Chaloupe de ÂérdcChj^-
ross.Après cette expédition les ennemis
sortirent de la rade & rejoignirent
lefàir les PaviUons qui
ejloient demeure/^mouilleZà tyus
detroislieuesJticy. Ilsontlevé
l'ancre ce matin, pourgagner la
marée du cote du pas de Calais.
Mr du Montai est tresconr
tent delamarine3 & généralement
tous les Gouverneurs des
Placesd*autourqui éîoientà cette
aftion, rendent justice a tous les
Cjjiciersquiontparfaitementfait
leur devoir.
Les têtesdesjettèes de cePort
quifontleplus exposéesaufeudes
ennemis,efloient commandées par
Mrs Bart& St Clair, Capitaine-
aeVa01eaux ciuRoy. Lon
nepeutmieuxfaite quilsontfait-y
lesaisseaux des ennemis quis'en
font un peu trop approche^ ont
eu lieu de s'en repentir. On ne pourvoit
pas choisir deux plus braves
Ofifciers, pour le commandement
decesdeuxpofles :
carihfontaujjî
délicats quefortificationquifoit
aumondej grpour le mieux con*
noiftre, on n'aqu'à Jefigurerdeux
forts de bois sur l'eau expofe^ au
feu des brûlots, du canon, des bom*
bes
)
67* Autres machinés deguer.
r-c Afans queles autres fortificat-
ionsdu Port Pug-entlesfoulao-er
ny deffindre en aucune manierequsJ
ceJoit.
Quoy que cette Relatign
foie fort ample ,je ne laisse
pas d'ajoûtericy denouvelles
particularitez, tirées de quelques
autres Relations qui
font voir le peu d'effet des
Bombes des Ennemis.
L'armée ennemieayant appa-*
teille Içii,aumatin pour'sauMo>
f 1 B. cher desBatteriesavancées cornnurça
àbombarder entre huitÇJJ*
neufheures, & s'appliqua uni.
comment À tirersur le RijLwj ÇJJ*
sur les Chafleaux d'EFpcrance (y*
Chafteau-,vert. Il ne tom ba que
dix Bombes dans le Rjban)dont
deux eu trots feulement firent
quelque dommage au bajîiment,
&sur tout aux toits (y aux
planches. Les autres tombèrent
furies Plates-formes, ou elles refirent
que leurs trous Ilnetomha
qu'une Bombe dans le Chafleaunjert,
qui ne fit autre donmage
que de percer la Plate foi me} 0""
faire un trou de quatre À ci(711
^icds dans les fafeinages. Il en
-"mba plufteurs autour du Cba.
(Jeun d'Efperance&surles bermes,
mais il y/en tomba aucune
dans ce Chajleau.
Toutes leurs 'Bombes torllberent
1 decinq cens pas du
corps de la Place,les Galtotes des
Ennemis ne s'efiant point pofiées
du cofté de l'Est, d'où ellespou.
'voient bombarder la Place; elles
n'eferentsi engager,decrainte
d'estresurprises par les marées,
qui auroient pu ne pas permetne
à celles qui s'y feroientexposées,
de retourner à leur corps de Î ef.
rve quiestoit àlOucfl.OncfJJ.a
de tirer de parr& d'aulreJiif ¡'e>
fx heuresdttfoir
, parce que les
Courans de la marée perdante
favoriserent la retraite des Vaif*
Jeaux ennemis; maisenmesme
temps ilscaujerent la perte d'une
Fregate de quarante canons, de
deux Çaliotes à bombes, & de
ieifx Brigantins,qui tous quatre
échouerentfurie Ban Srack,visd
vis dde nosBBzîicr.ies a""vaï.:Cc,es.
Dam le fort du combattes Ennedmoins
t eqnuveo!ynèureensutqnusantrje!<"BnrwûilQotiseynt
àde n a1"sderr-ii?cà-vir.
à {l vt
C' [1( 'ci
t <JI dt 11 i ,ot , C> cs* c J; ? •' :'i(''1-
nm al. "? -
qa.tnte toifcs du Risban; les deux
autres tombèrent AUgrédes Courans,
&furent pouffeZ devant
les deux Çbafteaux.Ils vinrent
échouerAÏEfldu Chasseauvert,
CriesCbAloupes du Roy vinrent
avec une intrépiditésans égale
détourner l'effetdec-eser
Voie71 Extraie d'uneautre 1 ICI Relation.
Les Ennemis ont jettédou^e
çe:isvingtsept bombes, lasieuî-s ries cir bouletsrouges.Neuf
bomhes font tombées dans le R.zfban;
jçvvoir cinq dans les loge,
7 J 2
mrns ,fjyifirent leur trou
, &
cptetic(Uns les plarfs"formes,
ro riinee & seize cens
toïjes.
A onze beureso-demie, huit
,x Naviresdeguerre de quarante à
cinquante canons, commencèrent
à tirer sur le Fort de 'Bo.nne..,
, Efferance, donnant leurs bordées
en passant de L'Ouefià l'Est,&
rrecv~ef~na~nMtdfe/'E-Jîàl'Ouest,cca~t ce qui
continua sans effet jufquà cinq
heures dufoir, avec le plus beau
feu que les Ennemis pâssent desirer.
Les Forts çy le Rifban firent
grand feu sur ces Navires, particulièrementle
Fort de lEJ]>erdncc,
oÙ Mrs du Montai&de
Relinguesefloient preflns. Ces
Navires furent fort endomma-
E/'{) perdirent bien dumonde.
Sur lestroisheuresils détachertnt
ij. brûlots) pourabordernos
Forté,à dcjjein d'yattacher Iturs
machines àlafaveurdelafumée)
mais nos dix huit Chaloupes qui
les obfervoient,s'eslans avancées
pour empêcher la retraite de ces
brûlots, les obligèrent dj mettre
le feu de lOIn, ede les abandonner;
cc qui donna lieu à nos Chaloupesdelesfaire
échouer à vingt
ou trente toises de nos Yorts. 1
Parmy nos dix huit Chaloupes
il > en a quatrequi ont un canon
dejtx livres déballé en manière de
courrier-
A quatre heures la Fregate
qui efloit échouée au Bracb se*
fiantremije k flot, & voulant
pajjer de lEJl a l'Ouefl pour rejoindre
l'Armée, nos Forts IJf,
canonnerent de si bonne graceJ *qu'ils l'obligèrent d'échouer une
Jeconde fois sur un autre baJc.
NosChaloupesyallèrent à cinq
heures du matiny 0* malgré le
grandfeu de quatre Navires de
guerre qui nefloient qu'à demi.
portée du canon, Air deS.Pault
Capitaine de Vteiffiau,.abordala
ïregate ,sur laquelle Aïrde
iJays, IrlAndais, &e./Hr. dt
Trovhmortcn, jKnglois5 monte.
rent des premiersleJabre À 1,4
main. Soixante& trois hommes
de l'équipage fiurentamenek. dans
la Ville, avec le Capitaine & le
Lieutenant,& on brûla la Fregate.
Les Ennemis ont tiré plus
de deux mille coups decanon.
cLes Ennemis s'estant Ore'.
tirez de devant Dunkerque,
parurent le mesme-jour 13. à
la Rade de Calais,&y moüil--
lerent l'ancre. Une de leurs
Fregates de trente canons,.
vint en fairetirer dixvolées
Le temps estoit beau, -& .i!i
avoient le vent favorable. Cependant
ils en demeurerent
là. Le vent leur devint contraire
la nuit. Le 16. ils commencerent
à se retirer, & le
17. on ne lesvit plus.
Voicy l'Extrait d'une Lettre
deCasal, écrite au commencement
de ce mois.
tJÏÏir le Duc de Savoye, -'&
tous les Généraux de cette^Atmee
nous comblent d'honnefiete
J'eus lhonneur hier de dîner encore
cbeZS.A.&.ou\ j'avois ejlé
plusieurs fois receu avec beaucoup
d'ouverture de coeur. Il me
fit la xrace de s'entreteniravec
moy a lijfaë du dîner pendant
plusdune heure. Nous avons
cflêaujourdhuy regalez chez
c,Wr de Leganr'Z au Camp des
Espagnols, ounousnoussommes
trouveZ à table avec les Lou..
,-vignies, les Comtes de las Torres,
le Duc de Sesso, le cJHarquiJ
dHAguilar3 les Palavicins
,
les
Pfi'hantels, les"Borromées & les
Trivulces. Nos mines & nos
fourneaux font merrueilles, (;7
une infinité d'Ouvriers travaillent
à la démolition de cette Pla.
ce. S. A. R.mtajJura hier que
cela feroit finy dans un mois,c
que dansce tempsAi ellt nous
mettroit sur les Yrontieres de
france.
Mr le Prince Charles de
Brandebourg
,
age FreredeMrlE- d'environ vingtquatre
ans ,
ejl mort icy d'un
excés d'amour pour une Dame de
TuriniVeuve qui a des Enfans9
beaucoup décrit, & d'une mediocrebeauté.
Ce Prince prêterdoit
l'avoirépousée
, &sur le
bruit de ce mariage,Mr de Sivoj/
eayantfait mettre cette Dame
dans un Couvent, ce jeuns
Princeaudesespoir dé ne pouvoir
plus voirsanouvelle Epouse,fut
surpris d'abord de fièvre, 0* rien
autre chojene l'a, fait mourir que
JAUaffion dcmefurée.
Vous avez appris la perce
que le Diocese de Paris a
faite de Messire François de
Harlay de Chanvalon, son
Archevêque, Duc & Pair de
France, Commandeur des
Ordres du Roy, nommé par
SaMajeste' au Cardinalat,Proviseurde
la Maison de Sorbonne,
& Su périeur de celle
de Navarre, Abbé de S. Pierre
de Jumiege, & l'un des quarante
de l'Academie Françoise.
Il mourut subirement le
Samedy 6. de ce moisâgé
de soixante & dix ans moins
huit jours, en sa maison de
Conflans
,
à deux lieuës de
Paris, ayantesté-six heures i
l'agonie. Le soironapporta
son corps à Paris,&le lendemain
Dimanche 7. il futex- -posé coûte la journée sur un
Lit de parade dans une des
chambres de son Palais Archiepiscopal
,
où tout Paris.
l'alla voir en foule. Il estoit
en Soutanneviolette,enRocher&
en Camail violet,avec
la Croix pectorale,&le Bonnet
quarré. Ily avoit quatre
couffins aux quatre coins du
Lie, deuxauchevet, & deux
aux pieds. Sur les deux du
chevet estoient sa Croix Archiepiscopale
à la droite, &
saCrosse à la gauche; & sur
ceux des pieds, son Pallium
&sa Mitreà la droite, & son
Cordon avec la Croix de
l'Ordre du SaineEsprit sous sa:
Couronne Ducale,à la gauche.
Aux pieds, du Lit estoit
uneCredence, sur laquelle
on avoit mis un Crucifix, quatre
Chandeliers d'argent, &
un Benitier. Tout cet appareil
estoit élevé suruneestrade
de plusieurs degrez, avec*
soixante
soixanteciergessurdes chandeliers
d'argent, & plusieurs
Lustres de cristal remplisde
bougies, quiestoient (ulpendus
en divers endroits de la
chambre. Aux deux costez
du Lit estoient deux Autels
où l'on dit des Méfies toutle
matin, & l'on avoit préparé
plusieurs sieges&bancs pour
un grand nombre d'Ecclesiastiques,
qui prioient continuellementen
Surplisautour
du corps. Le soir, on l'embauma
,&on le mit dans un
cercueil deplomble jour
suivant cecercueil futexposé
sur le mesme Lit de parade;
couvert d'un Poële develours
noir; croisé d'étoffe d'argent:
& bordé d'hermine
,
le tout:
disposé comme le jour pré-.
cèdent, à l'exception que ce:
Lit&tout l'apareil estoient de:
deüil,les honneurs couverts;
decrespes, toutes les cham--
bres,les salles,lacour& laJ
porte du Palais tendus de:
drap noir, avec les Ecussonsa
de ses Armes sur des litres des
velours noir, sur les cierges
sur tous les paremens, & eni
divers autres endroits. Tout
le peuple eut encore la liberte
de le venir voir jusqu'au
foir du lendemain Mardy 9.
les Gardes & Suisses faisant
paffer tout le monde par une
porte^ sortir par l'autre pour
,éviter laconfufion. L'on dit
pareillement des Messes sur
les deux Autels pendant ces
deux jours. Le Chapitre de
Nostre-Dame luy vint jetter
de l'Eau benite, de mesme
quel'Hostelde Ville, les quatre
Mandians,&quantité de
Communautez.
l' Le Mardy neuviéme, sur
les huit heures du soir, se fie
le convoy de son Palais Ar£$
iepifcopalen-¡',Eglm Me.2
tropolitaine de nôtreBÏlfle.
gh l'ordre qui suit. Les
vres petitsenfans trouvez, en
surplis. Les enfans grisde
l'Hôpital General.
Lesenfans
bleus de la Trinité,&les ensans
rouges portant chacun
un Flambeau de Cire blanche•>
Les Peres Capucins,
les Cordeliers
,
les Jacobins,
les Augustins, & lesCarmes,
tous un Cierge à lama-in. fui."
vant chacun leur Croix , qui
é,to, itraccompagn,éeddeddeuxl
Flambeaux de cire blanché,
la grande Confrairie de notre:
Dame aux Seigneurs , prêtrcs,
& Bourgeois de Paris,
chacun en surplis
3
marchand
deux à deux
, avec quantire
depérisenfansdhôpitauxà
côté,portant desFlambcaul
pour les éclairer.Le de nôtre-Dame allant pareillement
deuxàdeux,éclairé
de même par de petits enfans
d'hôpitaux, qui portoient des
Flambeaux. M" de la Jufïice
de nôtre Dame en Robesdu
Palais, & tous les Officier*dô
Mr l'Archevêque en longs
manteaux de deüil. Après
venoit l'Ecuyer de , ce Pré*
lat, en Epée, & en long
manteau, dont la queuë étoit
portée par un valet de pied.
Il tenoit un Coussin
,
sur lequel
étoit le Cordon & la
Croix de l'Ordre du S. Esprit,
avec la Couronne Ducale,
le tout couvert d'un grand
Crespe & autour de luy
étoient les quatre premiers
Aumôniers du dessunt,ensoûtane
,
Rochet & Manteau
long. Le corps de M' l'Archevêque
suivoit
, couvert
d'un poîle de Velours noir
herminé par les bords, &
croisé de moire d'argent. Il
étoit précedé de son Confesseur
en Robe de deüil, & porté
par huit Ecclesiastiques en
surplis, environné de soixante
petits enfans de choeur aussi
en surplis, portant chacun un
chandelier d'argent avec un
cierge, où estoient attachées
les Armes du deffunt, &
quantitédevalets de pied en
deüil avec des Flambeaux.
Le Crieur qui avoit disposé
tout l'ordre de cette cé.
remonie lugubre, venoit enfuite
enRobbe du Palais, de
drap noir
, & conduisoit les
Parens du deffunt, à la tête
desquels étaitneMre Achille
deHarlay
,
Comte de Baumont,
premier Président du
Parlement
,
& Mre Nicolas- S
Auguste de Harlay
, Comte
de CeG, Conseiller d'Etat. ;
Apres le deüil suivoient les
amis, entre lesquels étoient
Mr l'EvêqueComte deNoyon,
M l'Archevêque d'Aix, Mr
l'Evêque de S. Malo,Mrle-
Prince de Courtenay ,
M'
Molé de SteCroix,& quantité
d'autres personnes de la premiere
qualité,tour ce correge
éclairé par un grand nombre
de valets. en deüil, portant
des Flambeaux de cire blanche.
Le Corps estant arrive à
nôtre Dame, fut mis au nli"
lieu du Choeur, sur une
estrade, & sous un Dais de
Velours noir frangé d'argent
avec armes, & après les prieaccoutumées
,
il fut inhumé
devant l'Autel
,
vis à vis, la
Chaire Archiepiscopale, auprés
du corps de M" Hardoüin
de Perefixe, Archevêque
de Paris, son prédecesseur.
Le Jeudy II. de ce mois,
le Chapîtredenôtre.Dame
célébra un service pour le
Repos de son ame. Le Choeur
del'Eglise,laNef,&les portes
estoient tenduës de drap
noir, comme le jour du Con.
voy , avec un rang de Cierges
sur le Jubé, & deux Litres
d'écussons sur la façade
de la principale porte du parvis.
La representation du
deffunt étoit au milieu du
Choeur fous un riche Dais ,
couverte d'un Poisle herminé,
& environné d'un grand
nombre de cierges sur des
Chandeliers d'argent:le tout
aux armes du deffunt. La
Chapelle des Dames estoit à
la basseVoute du Choeur, du
côté de l'Archevêché, tendûë
de même de drap noir,
l'Autel paré de riches Ornemens
de deüil, avec grand
nombre de cierges & écussons.
Mrc Jean Baptiste de
BongueretleBlanc
,
Doyen
de nostre-Dame
,
célébra la
Messe, deux Chanoines servant
de Diacre & de Sousdiacre.
Les Archevêques & Evêques
de l'assemblée du Clergé
, & les autres qui estoient
à Paris y vinrent. Ils étoient
au nombre de trent-neufen
Camail, Rochet, & Bonnet
quarré. On les avoit plicçz
proche l'Autel àcosté de l'Ëvangile
sur des fauteuils, &z
on avoir mis au devant de
chacun d'eux, un pliant avec
un carreau de drap noir;• les
Abbez de l'assemblée,&plusieurs
autres Abbez de qualité
estoientaprès eux en îoutanes
,
& longs manteaux.
Les Chanoines denostre-Dame
me laisserent les premieres
chaires du Choeur, pour les
assistans. Les Parens se mirent
à ladroite, ayant en teste
Mr le premier President
du Parlement, & les Amis à
la gauche, dont le premier
étoit Ivre Armand deBethume
,DucdeCharost,Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit;
..& les Officiers se mirent sur
des bancs, aux pieds de la
representation
,
les Aumôniers
& Ecclesiastiques estant
les premiers. La Messe suc
réponduë par la Musiquedu
Chapitre, & après quetout
fut finy
,
les Parens& Amis
allerent jetter de l'eau benite
sur la Sepulture, où Mr
l.'Arrcnhevéêqu.e a esté inhu- ,J'
Quandvouspourriez ignorer
le rare merite decetillustre
Prelat, en qui la profonde
érudition répondoit à une vivacité
d'esprit extraordinaire,
& qui accompagnoit les
dons merveilleux qu'il avoit
reçus de la nature, d'un extérieur
affable, qui gagnoit
tops ceux qui le voyoient,
vousen feriez convaincuëen
faisantreflection sur toutes
les dignitez qu'on a vûës unies
en sa personne. Il fut sacré
Archevesque de Roüen le 28
Décembre 1651. sur la demissîon
de Me ssire François de
Harlay son Oncle, Archevêque
de lamêmeVille,&Abbé
de S. Vjétor lez Paris, l'un
des plus doctes Prélats de son
Siecle, qui mourut deux ans
après, & leRoy le nomma à
l'Archevesché de Paris,le3
Janvier 1671.dont il futmisen
possession le 18 Mars de la me*
me année.SaMajesté l'avoir
nommé Commandeur 10du
SaintEsprit, dés l'année 1661.
&elle le nomma au Cardinalat
en 1690, Il estoit Fils de
Messire Achille de Harlay,
Marquis de Breval & de Chanvalon,&
d'Odette Vaudetar.
Dame de Nerville, & petit
Fils de JaquesdeHarlay Sieur
deChanvalonpremierEcuyer
& Mettre de Camp duRegimeur
des Gardes de François
de France, Duc d'Anjou &
d'.Alcnçon>puJs Chevalier dzs
Ordres du Roy &Gouverneur
deSens en 1581. & de Catherinede
la Mare Dame de Breval,
Fille deRobertIV. Prince
de Bouillon, Maréchal de
France.
Le Roy a donné à Mr l'Evêque
d'Orléans, son premier
Aumônier & Commandeur
de ses Ordres, sanomination
au Cardinalat en la place de
feu Mr l'Archevêque de Paris.
Sa Majesté qui connoist
parfaitement l'importance
de cette eminente dignité,
n'y a jamais nommé que
des personnes recommandables
parleurnaissance & par
leur merite- Vous sçavez que
Mr d'Orléans est dela Maison
du Cambout deCoislin,
qui estl'une des plus grandes
& des plus anciennes Maisons
de France, distinguée par les
Emplois, les Charges& les
Dignitez qu'elle a possedées.
Vous sçavez aussi qu'e lle aJ.
donne & receu de tres-illustres
alliances, commeje vous
l'ay marqué en plusieurs occassons.
j'ajoûteray seulement
icy que Mr l'Evêque
d'Orleans est Frere de Mr le
DucdeCoislin, Pair deFrance,
Chevalier des Ordres du
Roy,qui est universellement
estimé par tout ce qui peut
rendre recommandable un
homme de son rang. Le choix
que le Roya fait en la personne
de cet illustre Prelat,a
esté suivi d'un applaudisse-
1 ment general. La Cour & la
Ville,lesGrands& les Petits
ont parlé le mesme langage,
& il a la satisfaction de se voir
élevéà la dignitéde Cardinal
sans envie. Il s'est attaché au
Roy dés son enfance par la
Charge de premier Aumônier,
& il est si assidu à son
Diocese, qu'il ne peut presque
prendre quelque petite
partie de l'année pour faire
les fonctions de la Charge
auprès deSaMajesté. Ainsiil
paroît que son coeur est moins
à la Cour, qu'au Troupeau
dont Dieu luy a remisla conduite.
Celle qu'il observeest si
reguliere & si exacte, que la
médisance n'y a jamais donné
sa moindre atteinte. Onsçait
quela modestie est son caractere
particulier, quoyquililsoit
magnifique dans lesoccassons
qui le demandent.
Il n'y a point de Prelat dans
l'Eglisequisoitplusaimédans
fbnDiocejfe, que l'est Mr
d'Orléans dansle sien. Il y
donne plus qu'il ne reçoit, en
prenant soin d'y faireregner
les bonnes moeurs & la dis-
Ecc. par sesaumônes, par£>n
affabilité,&parson exemple.
Mrle Duc de Coislin estant
de l'AcademieFrançoise, CCDte
Compagnie n'eut pas plûtost
appris que le Roy avoit
nommé Mrd'Orleansau Cardinalat,
qu'elle députa Mr
Charpentier Doyen, & Mrle
Comte de Crecy , pour luy
rémoigner la part qu'elle y
prenoit.
Ellea fait faire le mesme
compliment à Mr l'Evêque
Comte de Noyon ,
Pair de
France,& Conseiller d'Estat
ordinaire, par MrBoyer, &
Mr l'Abbé Testu-Mauroy,
sur ce que Sa Majesté l'a nom"
mé pour la place de Prelat
Commandeur de l'Ordre du
-,
Saint £fpsic> vacante par la
mort de Mr l'Archevêque de Paris.
Le Roy dit à ce Prelat d'une maniere
tres obligeante, que n'ayant
qu'une seule place de Commandeur
à donner,il avoir jetté les yeux
sur luy pour la remplir. Comme il
y en a peu dans l'Ordre pour le
Clergé, Sa Majesté ne les donne
qu'au grand mérité, & à la haute
naissance.
, Le Docteurs de la Maison Se Société
de Sorbonne , assemblez au
nombre de soixante & treize, parmy
lesquels se trouverent plusieurs Evêques
,
élurent en mesme temps, &
tout d'une voix pour Proviseur, Mr
l' Archevêque Duc de Reims, premier
Pair de France, & Docteurde
la mesme Société depuis prés de
trente années, & ils se sentirent
d'autant plus portez à faire ce choix,
qu'ils sçavoient qu'il feroit trés-agréable
à Sa Majesté. Ce titre met
celuy qui le possede à la tête de la
Sorbonne,&luy donne droit d'am.
ster à toutes les déliberations qui
s'y font. C'est une dignité qui ne
se donne qu'aux personnes de la plus
haute élévation. Mr le Cardinal de
Richelieu
, a qui la Sorbonne doit
tant, en a esté Proviseur.
Mr l'Evesue de Meaux, est
presentement Superieur deNavarre.
C'est la mesme dignité fous un autre
nom. Toutela différence qu'il
y a ,
c'est que la Sorbonne nomme
les Proviseurs , 8c que le Roy nomme
les Supérieurs du College de
Navarre. Il est vray que dans cette
occasion, Mrs deNavarre ontdéputé
à Sa Majesté pour luy demander
Mr de Meaux. Ce Prelat, fameux
par tant de Sermons prêchez
dans sa jeunesse
,
lors qu'il estoit
appelléMrl'AbbéBossuet,a l'avantage
d'avoir heureusement travaillé àlaconversion d'un nombre infiny
d'Heretiques; aussî peut-on dire que
personne n'entend mieux que luy
les matières de Religion.
Levray mérite
,
la pieté sincere,
&les vives lumieres du Roy à connoistre
parfaitement l'un & l'autre.
oIte donnél'Archevêché de Paris à
Messire Loüis-Antoine de Noail-
Jes, Evêque & Comte de Chalons,
Pair de France. Onauroit sceu plûtost
sa nomination, si sa modestie
n'avoit point combattu longtemps
avant que de l'accepter: maisenfin
Sa Majesté ayant voulu absolument
qu'il se chargeaitde conduire un si
grand Troupeau, il n'a pû se dispenser
penser deluyobeir. On sçaisqu'il
dit d'uneFamille toute modelte
-Il toutesage , que Mr le Duc de
Noailles ion Frere, marche surles
traces de feu Mrle Duc de Noailles
leur Perc, &que MadatfieIà"Du-
-cix-flede Noaïllesleur Mure,est encore
aujoud'huy un exemple de
vertu & de pieté:qu'elleestoit Dame
d'Atourde la feuë Reine-mere du
Roy, & qu'au milieu de la Cour où
sa beautéestoit admirée, elleatoujours
fait voir lamesme modestie, la
mesme vertu, & le mesme détachement
du monde.
"Lamorr de Mrl'Archevesque de
Paris ,a esté suivie de celle de Messire
Françoisd'Argouges Seigneur
Baron des Baronnies
Fu
Plçrffis^
d'Argouges,leFay Billot, Gland le Tilvot, les Greves, , & autres
liéux, Conseiller ordinaire du Roy
enses Conseils d'Etat, & au Conseil
Royal de ses finances, qui mourut
aussi d'apoplexie à Versailles, le
16, de ce mois,agé de 73. ans. Son
corps fut apporté le lendemain à
Paris, & fut inhumé en l'Eglise de
saint Paul. C'estoit un Juge trèscapabletrés-
intégre , 6c desplus
éclairez. Il étoit Intendant des affaires
de Madame la Princessede
Conti Doüairiere
, & avoit esté
sur intendant de la maison de la
Reine Mere du Roy
,
Maistredes
Requestes de l'Hôtel de sa Majesté,
& premier Président au Parlement
de Breragne. Il avoir épousé Anne;
de Hodic, fillede Messire Pierre
deHodic
,
Seigneur de Maily, Président
en la quatrième Chambre des
Enquestes
, & de Claude Phel^-J
peaux de Pont ChartrainIllaisse
£Wr*aûffcsenfans,Me/Tire Florent
d'Argouges Maîtredes Requstes,
cy-devant Intendant à Dijon, &
auparavant Conseiller au Parlement
de Bretagne ; Messire François
d'Argouges ,Evefquc de Vannes,
Docteur de lamailon de Sorbonne,
,
Abbé de nôtre Dame de laVal.isle,
& N. d' Argouges EpousedeMessire
Jean deCreil, Chevalier S'igncuc
de Bournezeau < ,Maitredes Requestes,
cy devant Intendant à Orléans,
La place de Conseillerd'Estat
ordinaire, qu'avoit feu Mr d'Argouges
a esté donnée à Mr le Comte
d'A vaux Ambassadeur en Siicdc
& MrAmelot
,
Ambassadeur en
Sniffe,aesléfait Conseiller d'Etat
de Semestre,enla placede Mr le
sentées.* Ce Prince il y Quelques
Comted'Avaux. li.Oni peut avoir
par làla juflic-S-dë Sa Majesté,qui
pourremplir ces grands poste, choi.
fitdesgensqui ont exercé de grands
emplois pendant plusieursannées,&
donc le mérité est confirmé par la
maniere ,dont ils s'en fontacquitez.
Mr DaguesleauConseillerd'Etat
a eu la place du mesme Mrd'ArgongeSj
Conseiller au ConseilRoyal
definances. le n'ay rien àvous en
dire, sinon qu'il dl: si généralement
estimé
,
aussi bien que Mr Daguesseau
son fils, qui tout jeune encor"ëi
est Avocat General, qu'il n'y (al
qu'une seule voix sur tout ce qui le
regarde.Cette place de Conseiller
au Conseil Royal des finances ,est
d'autant plus considerable qu'il r,'y<&
en a que deux, dont l'une est n:,tl1 - ')
plie par Mr Puflort.<>.J.ÍOi. êsnplsup
La petite Galerie du Louvre
qu'on nommoit La Galerie des
Rois3 parce qu'on y voyoit tous les
Portraits desRoisde France ,ayant
esté brûlée peu de temps aprés le
mariage du Roy, Sa Majesté qui ne
cherche qu'à faire fleurir les beaux
Arts, en fit bastirunenouvelle, qui
fut nommée Gai- rie etApollon,Mr
le Brun eut l'ordre, non seulement
d'en faireles Tableaux, mais d'ordonner
de tout ce qui pouvoir servir
à l'embellir&àl'enrichir; & les
plus habiles Sculpteurs y furent employez
On vient de graver les Ouvrges
decetteGalerie, quicontiennent
quarante&une tHampes,auxquelleson
a travaillé pendant huit
années. Ces Estampes qui sontdédiéesàS.
M.lui furent presentées il ya
quelques jours.CePrince les regarda
toutes avec plaisir,marquant ce qui
avoit esté peint, & cequi avoit esté
tirédes Esquisses de Mr le Brun, &
donna beaucoup de loüanges à cc.
luyqui a entrepris un sigrand Ouvrage.
Les Curieux les trouveront
au Louvre, & les Portiers leur marquel
ont lelieu où ellesse doivent
,
vendre.L'Auteur qui n'a en veuë
que sa gloire, & la satisfaction du
Public
,
les donnera pour cinq ecus
neufs
, c herchant moins le profit
qu'à retirer une parrie des frais qu'il
a faits pour un ouvragede huit
années ,& qui contient un si grand
nombre d Estampes.
L'histoire des Révolutions de
Suedeausujet de la Religion,n'étoir
point encoreconnue parmi nous.
Ceux qui en avoient écrit en nostre
Langue, n'avoient presque pas pris
la peine de jetter les yeux surles
originaux,dont peur estre les non-ie-4,
bar bares & le stile les avoient efi.3
frayez
, & par cette négligence; leurs'?
histoiresestoient tellement défigurées,
qu'à peine les principaux évenemensestoientils
reconnoissables
Mr de V. ne les a pas imitez
& il n'a épargne aucun travail pour
s'instruireexactement des faits.Atitri
nousendonne-t-il un grand nombre
qui nous sont tout nouveaux,
La Vie du grand Gustave Vasa.
Chef de la Maison de Vasa, est aussi
extraordinaire, & pleine d'incidens
allai surprenans
, que si elle avoit
esté imaginée pat l'Auteur d'un Roman,
quin'eust eu en veuë que le
Grand & le Merveilleux. Il cil certain
que ce Héros feroit accompli, si
1'on n'avoit à luy reprocher l'éta-
,
blissement du Luteranilme en-
Suede ; encore eut-il sur celaune
conduite qu'on ne peut guere s'empêcher
d'admirer,à ne la regarder
que selon les regles de la politique
& de la prudence humaine. Cette
Vie qui tient presque nous les deux
tômes quiviennentd'estre donnez
au Public, efl assurément un morceau
d'histoiretrès singulier& dont
, nous n'avons eu jU[qi¡';CY aucune
idée exacte Depuis que la Suede a
pris autant de part qu'elle en a presentementauxaffaires
de l'Europe,
les histoires de ce payslà ne pourront
plusnousestre indifferentes,&
enfin il n'y en a point de si éloignées
, & même de si barbares, qui
ne devinrent agréables&attachantes
par le stile de Mr de V. & par
le talent particulier qu'il a de bien
raconter.Il l'avait déjà fait voir par
la CànjâratioÀ de Portugal, mais
on peut dire que dans ce dernier,
ouvrageil s'etf encore beaucoup éIe.
vé. Il sedébité chez le Sieur Brunet,
Librairedans la grande Salle du Palais,
au MercureGal,an'ft. *LeCorps de Ville s'estant allemvrn*O_J ,
blé le seiziéme de ce mois, élue
pour nouveaux Echevins Mr le
Tourneur, Sr duTourneur, Con*-5f;seiller du Royen son Hostel de |t Ville, &
-
Receveur général de ,t
l'Hotel Dieu de Paris & Mr Bju- j xeilcauf-ii Conseiller de Vi(le
, à
sa placede MrsBasin &Puylon. Ce
dernier fie un discourstrèscloquent
pour remercier la Ville de l'honneur
qu'elleluyavoitfait,& marqua son , zele & sareconnoissance d'une n.a-j
niere qui luy attira des applaudis- *
f mens de toute l'Assemblée.Mrle
Picvoft des Marchands fit icU g;
des Echevinsqui sortoient decharge,
& de ceux qui yentroient Mr le
Procureur du Roy parla aussi sur ce
sujet Le 22. MrsdeVille allerent à
Versailles, &. les nouveaux Echevins
prêtèrent le ferment entre les.
mains de Sa Majesté. Le Scrutin
estoit porté par Mr Lambert de Verrivofïi,
Confeiiler au Pat lement.
Il fituntres-beaudifcouis
5
dans lequel
il montrala grandeur du Roy
par le nombre de ses Ennemis. Il
parla ausside la Capitation, & die
que l'exemple des Magistrats rendoitlesordres
du Roy facilesà executer.
Sa M. ayant témoigné la satisfactionqu'Elle
avoit des services
de ceux qui quictoicnt l'Echevinage
,
recommanda à MIS de Ville de
suivre en tout l'exemple de Mr le
Prevolt desMarchands
Mr l'Evêque de Lodeve ayant
porté la parole, lors que les Etats
de Languedoc presenterent le Cahier
au Roy, ce Prélat fit un discours
qui luy attira de grandes
louanges de toute la Cour. Il fit
voir que cette Province avoir toujours
contribué aux besoinsde l'Etat
avectantde plaisir, quec'eftoitellé
qui avoitpropolé la Capitation, 8t
qu'elle citait catile qu'elleavoit esté
établie,'Jout le Royaume.
Mr de Villacerf, Proreaeur de,
l'AcademieRoyale de Peinture
ficdesculpture,écrivitdernierement
àce Corps, que la mort de Mr
Mi,gnard avantfait vaquer la place
de Directeur de leur Academieile
Roy luy avoit ordonné de luy faire
ffavoir que son intention eftoitquils
remplissent ceite place, & que
qupy que par le IJ,article des Statuts
de l'Academie il foit dit qu'.
elle pourra eftie remplie d'une l'er.
sonne étrangère, & qui ne [oit pas
de iAcadémie»Sa Majefie efiant
convaincue qu'il y a dans son
Corps quantité de Sujets dan merite[
înguliet, avoit depré qutlen
sufl choift un dentre eux ; & que
MrCoygely Peintreordinaire, &
Refleuren charge, ayant toutes les
qualité^ ncccfJaires pour remplir
cette place, Sa Majeflé qui efioit
trei, satisfaite de sa capacité
,
dtfAlongue
experience dansson Art, &
des services qu'il luy a rendus depuis
plujîeurs annéesJuy avqit commandé
de leur faire euiendre que
son intention tftoit qu'ils le chatfif*
fent pourDirecteur,& que ce choix
luyseroit tres-agreable. Après la
10Cturcde cette Lettre, Mr Çoyjsel
fut élutout d'une voix, & le tue
avec tant d'agrément, que la plupart
luy dirent que son mérité seul
suffisoit pour le faire élire. Aprèsson
élection il proposa de nouveaux
Reglemens, dont la Compagnie
futtres-satisfaite. Ilaesté Directeur
de l'Academie établiepar le Roy
Rome. Ce posteestconsiderable,
parce que le Directeur a fous luy
ttoursales iEteudianns qtue le Roy yen-w
La Charge de Chancelier Garde :
des Sceaux,vacante aussi par la mort *
de Mr Mignard
,
qui possedoit celle
de DirecteurSi deChancdier, ainsi
qu'avoit fait Mr le Brun Mr de
Villaccrfvcri\icaufîi:à lAcadernïe,
-"quele choixde MrGirardon, Scul--
pteur ordinaire, & Retteur en charge
, feroit plaisir à Sa Majesté. Il suc]
élu de la meime maniere que Mr:
Coypel. L'Academie n'auroit pûi
chôisirde C hancelier que de forn
Corps, l'article XI. de ses Staturs2
portant >que l'Academie choisira
un C hancelier Garde des Sceaux*
entre les Rtiieurs Professeurs on
Qonfeilleu de ladite j4coedemie*
x La derniere Enigme dont lemotii
croit les Ciftaux,
,
a estéexpliquée)
par Mis GarmcrProcureur•J. Pf
d'Agneau ; Marc Antoine de la ruo
Vivienne,Batté de Rouen ; saint
Pereest Filsd Mc:au)': Roiflcl fkuu
deSaint fcft dumême lîei:G.ibnej
Bouillerot du faubourg failli
Mari
cet: le P. iaii de saint Martin de hl
rue Saint Christophe ; Tamuiste dii
la rue de la Cerisaye:l'Aveugle favoryde
la rue Fleurie: le Chevalier
l'Po*iffon.',Ie bon petit Iean delarue
sainte Croix :le poursuivant de Ra-
^chel:l'Amantaflîdudesdeux(ocurs:
de Soissons :legrand Neptune de la
rue Quinquempoix , & Ion infortu-
','né'e Soeur; le Noble Bourguignon
de la longue allée: l'A vocat du buste
"Me pierre: leprocureur Banquier: le
Medecin des nations du fort de Meu-
B lan: & le Berger ruiné du q tay Jt'a
ttoïtrnelle: la petite montagne de
Montfort: le Fovgerondesccrirs de
laVille du Mins. Medemoiselles
Roaviere&Turpin ; des int Laurens
Role fanderiere de la rue sainte
~C'oix
:
la b--Ile Polonoife
:
la Loueu- sedeCoquille dï Qay d*s fondslabelle mof- AngéliquedeD^r.
mans; l'enjouée petite poulette de la
foizc de Richelieu: la PeneUjie
Bourguignone ; la Brunette iz Ig
Treille de larue Quinquempoix : la
Penetrante Dorigny: les douze
Nimphesdela rue: la magnifique
de Meaux : la Nimphe de Repantigny
;& la belle Gueoronette de la
Fontaine saint Michel de Meaux; ,
la belle Inconnue du Faubouig S.
Germain 3Se le plus amoureux de
SQUS les hommes,
La nouvelle Enigme que je vous
envoyé, est de Mrde la Tronche de
Rouen.
ENIGME.
6 ffti*presse toujours pour un 1
champ de baraïUe,
- 1 rON pour un triomphe ae paix,
Four un taudis couvert dçfaille,
GALANT.<o?
Et pour un temple angufie> ou pouf
ungrand palais
Je fuis , propre à L'amour, à la haine3àïenvie
»
Et mêmesur mon fetn, on verroit
un agneau , Dormir à ïombre d'un Ormeau,
Sans crainte que le loup luy pût
bter la vie 1 le croy que vous serez contente
de l'Air que vous trouverez icy
noté.
tt 1
AIR NOUVEAU. AS(e,& trop long-temps, une
importune absence
A trouble nos plud doux plaifirs» il efi temps'16e/1e Jtïs ,
qu'enfinvotre
presence,
Remplisse nos p!us chers defîts.-
- Aprés l'expédition de Dixmude
& de Dante
,
Mr le Mareschal de
VilleroypassalaListe3 decemois,
avecune partiedel'Armée &vint
can per a Desselgem
,
à une lieue
d'Harlebec. Le 4. les Troupes qui
evoient fait les Sieges de Dixmude
& deDeinse
,
le joignirent. Il pedra
l'Iller, &. vint camper sur le bord
de l'Efcault
,
où il sejourna le 5.
Le6ilpassal'EscaultàElcanasse &
"inI camper à Renay. Le 7 à Lessines.
L'Armée fut fort incommodée
de la pluye qui dura pendant
tout le jour. Le 8. elle passalaDendre
& vint camper à Enghien,où
elle tejourna It 9. pour y attendre le
Convoy que Mrle Marquis d'Harcourt
y devoit amener de WI-o-n-
Il consissoit en beaucoup de quaissons
de pain, & de biscuit, avec le
gros Canon ,& les Bombes. - Ce
Convoy estoit composé de cinq
mille Chariots. Le 10 toute l' Ar-'
mée alla camper à Leuve entre Hall
& Bruxelles. Le 11 ellearrivade
bonne heure dans la Plaine d'Anderlecht
,
mais Mr de Villeroy se
trouvant trop éloigné de Bruxelles,
passaleruisseau& canlp1 ùir deux li- -
gnes,la gauche à Berckem
, venant
à Anderlecht, & puis retournant
tour court par un crochet, la droite
sur le ChasteaudeGaybecK. L'Armée
Ennemie estoitcampée sur les
hauteurs de Bruxelles, ayant une
partie de sa droite au Fort de Monterey
Le reste occupoit les derrieres
de Bruxelles jusqu'au Canal de
Vilvorde. Elle estoit de l'aurre costéde
la Senne,sa gauche à Bruxelles,
& sa droite tirant vers le bois
de Soigne. Mr de Villeroyalla re;
connoistre les Ennemis& remarqua
qu'ibcfi-oienr campezainsi que
je viens de vous le dire. L' Armée
demeura en alte pendant tout ce
temps-a, & en attendant qu'on
eust disposé le Camp pour investirla
Ville de ce costé-cy de la riviere,
ce qui se fitdecetteforce. Les brigades
de Cavalerie furent meslées
avec celles d'Infanterie, le rout sur
uNo mesme ligne, la gauche vis àvis
de la Ville, & la droite s'éten.
recevoir 8e. il avoit esté joint par
quelques Troupes arrivées de Normandie.
.on," ~'p ,)h 'H' r>
•-«^Les Ennemis avoient parmy les
leurs, trois Regimens de Refugiez-
François
,
dont cent SoldatsSequelques
Officiers déserterent pour se
rendre à l'Armée de Mr de Villeroy.
Toute l'Infanterie ennemie
estoie en bataille sur le bord de la
Riviere lors que nostre Armée arriva,
maisellese retira bien-tost aj^r
appréhendant d'estre forcée, parce
qu'en arrivant Mr de Villeroy otdonna
de faire des boyaux,pour
mettre à couvert les Batteries
de Bombes& de Canons. On les
fit sur les hauteurs du Villaged'Anderlecht,
où estoitle quartier genéral.
fie - '<'':11
Surles quatre heures après midy,
*
les Ennemis sirentfeu de deux Batteries,
l'une de la Ville
,
8c1 autre
deleur Camp
, avec six pièces de
canon. Leurs remparts estoient bordez
de Bourgeois, qui furent bien,
tost écartez. Ils se croyoient en'
seureté
, parce qu'ils avoient, à leurs
portes une Armée d'environ cinquante
mille hommes bien retranchez
; que l'on avoit inondé le front
de la Ville depuis l'endroit où la
SViïne y entrejusqu'au Foit de
Monterey ; qu'ils avoient fait un
grand retranchement à la portée du
pistolet de leurs barrieres
,
& de
plus de trois toises de hauteur, & son
talus qui avoit un grand chemin
^çteuX qui luy servoit de folIé, 6C
s'étendoir à plus decinqcens toises
dans la campagne. Ce retranchement
couvroit la porte de Flandre,
& il yavoit dedans neuf Barai'lons.
Les Ennemisavoient depui fortifiétrois
moulins sur nostre gauche, le
long d'un petit canal. & tous ces
postes devoient estreforcez pour
approcherdela Pace assez préspour
la bombarder. Plu sieurs pieces de
canon les battirent l'apresdînée,
avant que d'ouvrir la tranchée,qui
le fut le foir du mesme jour à deux
endroits, après qu'onen fut venu
aux coups de main, pour chasserles
Ennemis de tous les portesfortifiez
dont je viens de vous parler; ensuite
de quoy on ouvric la tranchée en
deux endroits, sçavoir à l'attaque
d'eau quiest sur la droite, qui fut
montée par Mr d'Artagnan Se par
Mr le Comte de Lusse,avec lesRegimens
dePiedmont & de Provence,
&dixautres Bataillons. Toutesces
troupes firent merveilles, & emportèrent
un moulinfortifié&une
Redoute, & poursuivirent ensuite
les Ennemis dans un Fort dont ils
les chasserent jusqu'aux portes dela
Ville, où cinq Grenadiers entrerent,
Se furent faits prisonniers. Mr
de Longuerue qui commandoit le
second Bataillon de Piedmont, fut
blcfle
, un Lieutenant du mefmc
Regiment tué, avec quelques Inge.
~ureurs&trente à quarante Soldats.
A l'attaque de la gauche, Mrs de
Rubantel & de FouriIlél""monterent
la tranchée avec les sept Bataillons
des Gardes
, & les cinq Bataillons
qui composentla Brigade du Maine,
dont estle Regiment de Bouillon.
CesTroupes furent soûtenues (Fun
détachement des Gardes du Roy,
en
en cas qu'on en eust besoin pour
l'attaque, quicommença par six cens
Grenadiers détachezdes douze Bataillons
nommez, & par six cens
autres Soldats. Ces douze cens
hommes marchèrent de front, soutenus
des douze Bataillons pourattaquer
leretranchementdont je vous
ay faitla d<:[crlprion. Les Ennemis
ne se défendirent presque pas, 6C
seretirerent après avoir fait lellls
décharges. On les suivit jusque lut
le bord du marais qui regne tout le
long de la Ville. Les détachemens
se posterent le long du marais, tC
les Bataillons dans lescheminscreux
du retranchement où estoient les
Ennemis,qui firent pendant toute la
nuit un grand feu de mousqueterie
de leur chemin couvert, à l'endroit
leplus proche du bord du marais,
de fortequeles détachemensfurent
obligez de se retirer avant le jour
à leurs Bataillons, les Ingénieurs
n'ayant pû pendant la nuir faire
qu'une banquettede nostre-costé,à
la ~elle feulement de l'ouvrage des
Ennemis, qui firent plusieurs Batteries,
dont nous fûmes assez incommodezpendant
le jour. Mr de
Mont pesat,Capitaine aux Gardes,
N,v le Feron,Sous-Aide major;Mr
de Grenu
,
Capitaine desGrenadiers
des Gardes Suisses, & un Ofsicier
de Greder, furent blessez en
arri vant
,
deladécharge que firent
les Ennemis Mr le Ferma-al'épaule
cassée,& Mr le Chevalierde
Mon£ton,C^ pitaine d,eCarabinicrs,
fui tué d,:DS in tranchée,d'un coup
decanon,derriereMr le Duc du
Maine. L'action dura une heure,*
lts Ennemis y eurent environ trois
cens hommes tuez ou bicHez, 8!,'
nous y avons eu.15. Soldats tue)z, &
28-bit(Tez.
Mrde Rosen Se Mr le Comte
de Guichemontèrent la tranchéela
nuit du12au13.avec les Regimens
de Navarre
de Guiche, de H11-
mieres,de Chartres & de Toulouse,
àlateftedixjueTèlVSft Mr1lc'Cornifîde
Toulouse,
l'esponton à la nJin.
Ce Prince donna à souper dans la
tranchée à plusieurs Officiers. On
ne peut se presenter aux perils de
meilleure grâce & avec pI,ts d'intrépiditéqu'il
fait. Un de (es Palfrenierseut
à Dxmude la teste emportéed'un
coup de Canon, derriere
luy. Mr Tripoly, Capitaine
desGrenadiers de Provence , eue
le ii, au soir, le genoüil percé d'un
coup de mousquet. Depuis 11
11. jusqu'au 13. au soir, on travailla
à pousser la tranchée, à l'élargir,
& à la mettre en estat de perfethon,
ainsi que lesbatteries de
Mortiers & de Canon, pour tirer
des boulets rouges, Pendant ce
temps-là les Ennemis montercnt
plusieurs pieces de Canon, & tire-
, rent sur les Cavaliers, qui portoient
des fascines.
Le%;. au foir Monsieur le Duc
du Maine retourna à la tranchée,
comme Officier General
, &: le
pieme soir Mr le Marquis de Crequi
& Mr de Charost la montèrent,
l' un en qualité deMaréchaldeCamp,
el l'autre de Brigadier On ne perdit
cette nuit-là que trois Soldats,
dont un fut emporré pendant que
le Regiment de Bourbonnoismontoit
la tranchée.Le même soir lesbarterres
ayant esté achevéesavec beait^
coup de diligence,&toutestanten 1 état,& placé dans leslieux qui regardoient
les quartiers de la Ville les
plus peuplez, Mr de Villeroy envoya
Mr d' Artagnan dans le Poste
le plus prés de la Ville, pour y
faire faire un appel par un Tambour,
qui avoit ordte de dire à l.f'
sentinelle qui le presenteroit .f"de
faire venir un Officier, & qu'un
des nostresavoir ordre de faire paffer
une Lettre à Mr le Prince de
Berghes, Gouverneur de Bruxelles,
de la part de Mr le Maresc hal de
Villeroy ,dont on attendroit la (é,"
ponse pendant quatre heures. Voicy
la lettre en propres termes.
Le Roy maordonne de conduire
fan Arméeauxportes de Rruxellrs.
& de la bcmbardèr en représailles
des bombâtdémens que les Flotes
ennemies ont flltls) & s'efforcent
tsus les jours de fairedesplaces maritimes
de France. Cependant cette
forte d'hofhhtè répugnésifort aux
inclinations de Sa MajestequElle
m'ordonne de declarer que si l'on
veut de la part des ennemis, neplut
itferk l' avenir decegenredeguerre,
$'iit Majrftê s'en obtiendra avec
joye, 6 m'ordonneen cecas dene
point paffer outre au bombardement
de Bruxelles foui la condition que
dans fîx heures pn me rendra une
rèponse precise
>
dans une forme
si valable &sibien autorisèe, que y puissedèferer. Sa Majefie a eu
particulièrement en vuey en accordant
ce dèlay de (ix heures
,
de don.
ner moyenàMadame fMleftriceds
J&aviere, & à toutes les Dames> de
.•f.ort,irrdeolapVilleO,sielleJsl.e:jug-enta « L'heure accordée pour la réponfe
étant passée, Mr le Prince de Berghes
envoya dire à Mr d'Artagnan j»
que Monsieur de Bavicic""venoit
'• d'arriver à rocCafîoTTïïeTîa maladie
de Madame l'Electrice de Bavière,
qui avoit eu une fausse couchela,
veille, & que si l'on vouloit acr..-
der encore une heure, Mr
l'Eïec.eur
feroit réponse luy même. On donna
encore une demy heure par delà,
laquelle estant expirée, Mr d'Ar-
: tagnanfit sçavoir qu'il ne pouvoir
plusattendre.
On commença donc à tirer quel,
qijes bombes, après quoy on en.
, voya de la part de Mr le Prince de
Berghesdemander à parler à Mr
d'Artagnan
,
qui retourna par ordre
de Mr de Villeroy, & à qui Mr
de Pimantel remitunécritsigné,de
la part de Mr le Prince de Berghes,
contenant que la proportion touchant
le bombardement,regardait
le Roy de la grande Bretagne;quesi
on vouloit donner z4. heures pour le
luycommuniquer, onraporteroit sa
reponse ; qu'au surplus on étoitobli- *$4 l'honnêteté qu'on avoit pour Madame l'Electrice, & qu'ellelogeoit
dansle Palais du Roy : que si
on bombardoit Bruxelles , il n'y
avoit plus de réponse à attendre.
Comme cette réponse n'alloit
qu'à faire perdre du temps, dés que
Mr d'Arragnan l'eût raportée à Mr
le Maréchal de Villet-oy,lesbot«nb,--»s
que l'on n'avoit tirées, qu'une àune,
& en quelque façon pour hâter la réponse,
furent tirées par salvesde 25.
à la fois , & redoublées,de forte que
depuis sept heures du soir }u(qi.es à
dix, que Mr de Villeroy quitta les
Batteries, il y avoitdéjà une grande
partiedelaVille en feu. Ainsi une
Armée decinquante mille hommes
n'a rien osé entreprendre pour son
salut. Il y avoit de plus, plusieurs
détac hemens, au nombre de plusde
30000. hommes , sçavoir dix ai^sordres
de Mr de Virtemberg Aix
autresàceux de Mr d'Atlone,douze
aux ordres de Mr de îhilljr; 8C
neuf qui pouvoient se joindreen
moins de deux heures, tout cela n'a
pasmême fait un mouvement pour
traverser nos convois,qui ont esté
de Bruxelles à Mons, avec toute la
tranquilité imaginable. Il est furprenanc
qu'on ait bombardé le 1 3 le
14 & le 15 Se que tant de Troupes
& tant deGenerauxn'ayent estéque
Spectateurs immobiles du malheur
d'une Ville qu'ils avoient tant d'interestàsecourir.
D'ailleurs il n'estoit
pas besoin de 24. heures pour attendrelaréponse
du Prince d'Orange,
puis qu'il étoit fort prés de Bruxelles,
quand Mr deVilleroy écrivit au
Prince de Berghes.
'^cx J'ay oublié devous manquer dans
ce journal
, que Mon sieur *le Duc
du Maine se donna de grands foins,
afinque l' Artillerie ~sust servie,&
qu'il voulut luy-mesme faire
jetter la premiere bombe.Ce Prince
estantdetranchée, fitdistribuer
du pain &du vin à tous les Soldats
qui la monterent avecluy,& regala
tous les Officiers suivant sa maniere
ordinaire, puis qu'il tient toujours
une des plus grandestablesde l'A r-,
méeIOÙ tous les Officiers sont bien
venus.
Extrait dunsRelation enFlaniand,,'
imprimée à Anvers avec privi-*•
lege du Roy d'Efpag,ne. touchant\
le Bombardement de Bruxelles,
k & ce qui a esté brulè ou dètrxit,
L'Eglise Paroissiale
,
dite la Chapelle,
L'EglisedesBrigitines;avec partie de la ,
maison.
Presque toute la place des Vallons.
,Le Palais du Duc d'Arfchot dela Du- chessede Modene. : Toute la ruë des Freres enterreurs de
morts, dits cellebroers.
L'Eglise denôtre Dame de Bonfecours,
& nombre demaisons.
Toute la rue nomméVollestract, excepté
la maison du Mont de Pieté.
; La grande rue entierequi conduità An-tf
derlecht,depuisl'Eglise saisitGci-i.
L'Eglise & le Convent des Cordeliers
,
& toutes les maisonsqui l'environnent.
Eglise saint Nicolas avec son beau callon.
oute la maison de Ville excepté la belle
tour , qui ell en son entier , quoy
,
qu'on y ~ait tiré plus de 2.000. coups
., de Canon.
~Un grand & beau logis, vis à vis l'hostel
de Ville, bâti par l'Infante Isabelle,
appellé Broothris.
a vieille rue des fripiers entiere.
~e Clostie & l'Eglise dela Madeleine.
.'Hôtel de la Monnoye.
.e Palais du Duc d'Holstein. loi
Chapelle de saint Eloy. -
.:EgIHe &c le Convcnt des Freres Prêcheurs.
..a grande Boucherie,avec toute la rue.
~Le marché aux poulles.
~Le marché aux. trippes.
~Le marché aux herbes.
La Chapelle sainte Anne.
Presque toute la rue Berge ~Seract.
La ruë depuis l'Hôtel de Ville, jusqu'à
l'Eglise Gine Jean.
LLaappeltaictee boucherie.
dé la Puterie.
La rue lange Wacgestract.
La rue Werffiestraet
Le marché auFromage.
La rue des Chapeliers.
L'Eglise saint Jean.
L'hôpital saint Jean.
On a fait sauter une maison dans Iaruea
de l'Hôpital, pour arrester le feu.
Une partie dela place où est la maison Jt
bled, & les petites rues adjacentes.
'•^L'Eglise& le Convent des Carmes,&le~sa
Maisons des environs.
La maison du Comte de Brouay.
UPnoe rptareti.e de lamaisonnommée SICCT
La prison nommée desVrierdt,
La place nommée Nieurelandr.
Le vieux M rcl".
Le marché aux bleds & quelques mai-I.
sons proches.
La rue au beurre.
Le marché au charbon.
La rue de Winckelstraet. ,.
La rue des Boucheries, & les rues adjacentes.
La maison du Comte deBergeych.
La maisondes bonnes gens, c'cft une especed'Hôpital.
Lamaifondu Conseiller VanVCCl1."1
La maison du Greffier Van Boom.
Le refuge de l'Abbaye "dê'^nmbergé1
avec tous les environs. .-
La rue Steenweck. a:•*fT
L.il' -î f.,"¡
On compte environ 2.5o6,-. maisons brû- lées.
Et douze à treize Eglises ou Cloistres.
Pendant queMr deVilleroydécampera
de Bruxelles
, je passe à
l'article de Namur.Aprés la prise
de cette Place
,
le Sr Cohorne,10.
genieur Hollandois Taraitbastir
le ForGuillaume
,
promit aux Alliezqu'il
tcd.uirt/rtleChufkau-eu'
dix-huit jours. On devoit recommencer
à tirer le 6. de ce mois
à midy ,
de forte que suivant la promessedecet
Ingenieur,ce Chasteau
devoit estre rendu le 24. Il avoit
resolu de l'abilmer par les bombes,
&de le mettre en poudre par l'Artillerie.
On en fit venir de tomes
parts, & on alla en chercher jusqu'à
Vesel; on alla mesme jusque dans
'lefEtats de Brandebourg pour en
amenet des Canonniers, & l'Electeur
de ce nom demanda des
Ostages pour le Canon qu'il avoit
au Siege, sans qU{JY il ne permit
point qu'il rarast.Toute laHollande,
& divers autres Etats des Alliez,
furent employez à faire de la poudre,
dont on commençoit à manquer.
Comme il sallo t beaucoup
de bateaux pour faire venir les pro- j:
>
visions de guerre & de bouche
donton avoit besoin au Camp,
on se servit an préjudice de la
Capitulation, de dix
-
neuf bateaux
qui avoient esté envoyez
pour faire revenir à Dinan ceux
de nos Malades & de nos Blessez
quiestoient en estat d'estre tranfportez.
Les Alliez ouvrirent inutilement
la tranchée en divers
endroits pour prendre nos
Fpfts
par derrière
,
ils trouverent le
lac ;de maniere qu'ils furent obligez
d'abandonner leur dessein
,
Se
d'ouvrir latranchée selon les formes.
Le 19. les Troupes qui défendent
le Fort Guillaume,firent une
sortie sur leurs ouvrages; ils comblerentles
deux tiers de leurtranchée,
en sorte que le n. elle n'estoit
pas encore rétablie. Tant de;
mauvais succéslesfirent resoudreà
tirer par la Ville sur le Chasteau.
Ilsavoient déjàeu ce dessein, mais
Mr de Guiscar leur avoit fait entendre
que s'ils l'executoient,il
abilmeroit la Ville.
Cependant desesperant de pouvoir
soumettre le Chansteau sans le battre
ausside cecosté-là,ils reprirent
'- leur premier dessein& tirerent
'n8. pièces de Canon qu'ilsavoient
dans laVille&dans le Fauxbourg
de Jambe. Ils firentaussi un fore
grand feu de 66. mortiers , dont
une partie estoit en batterie sur le
rempart proche la Sambre, derriere
le Convent des Recoltines, &
del'autre costédes Recolets ; mais
ils furent bien fuîpris quand ils v-ilion:
un aussigrand feu du Chasteau
sur leurs batteries. Lesnostres
estoient postées sur le Fort Guil-
Jaume, & sur celuyde Terra ilovai
d'étage- enétage,de maniere qu'on
nelesappercevoit pas estant, toures
deux du costé de la Ville. Les feux
furent si grands & si continuels
,
que de six lieues à la ronde, on
sentoit la terre trembler.Nostre
Canon taschaà démonterleurs batteries
, & le teur s'occupa: à renveriçrles
-du.Gtatfeap,^^
ruina le grand chemindelaVille
à ce Chasteau ; mais nous avions
uqnuei lbeatsteirniecoàmlarsnocrtyieJdaeïc-tes.,cthietmai-n
rent
aussisurla
EQurniliedu'^ieddp
Chàsteau,^ 0\1 iLy: a deux-çu trois
quarrez l'un sur l'autre ,qui desfendent
jusqu'au bord dela Meuse.
Comme les oûirajjljcis fgnv- bafties'-
sistta£Loç
, iln'Va,point-deçhemin
couvert pour entrer dans le
Chalteau. Le25. lesEnnemisayant
fair p~sser cinq milie Grenadiersà
la teste de leur tranchée
,
dont ils
avoient doublé les Troupes,attaquerent
entre quatre & cinq heures
du soir
,
les chemins couverts
de laCassotte,du Fort Guillaume,
& les petitsretranchemens des briqueteries
d'entre la branc he droite
'6,-. ce Fort 8c la Sambre, d'où ils
sur'ètit repoussez deux fois. Ils revinrent
pour la troisiéme fois à la
charge, & l'on jugea à propos de
leur abandonner les retranchemens
des briquetteties, & la petite redoute
casemattée, qui est le long de la
Sambre, afin de soutenir les chemins
couverts, dont ils furent repoussezpour
la troisiémefois. Nous
y sismes joüer quelques Fourneaux
& Fougades, qui firent perdre quantité
de monde aux Ennemis. Nos
gens firent beaucoup de prisonniers,
que Mr de Bavière envoya reclamer.
On neles luy accorda qu'à
condition qu'il renvoyeroit à Dinan
,
le reste de nos malades
, 5C
,.
de nos blessez.
On avoit non-seulement manqué
à la Capitulation, en ne les renvoyantpasplutost,
mais encore em-/'
leurlaissant manquer de toutes c^>-
ses,de forte que faute de remedes,
la gangtene s'est mise aux playes des
plusieurs qui font morts de leurs
blessures. La pluspart estoient couchez
sur la pailledans des lieux fou';'-
terrains, dont le mauvais air n'avançoit
pas la guerison
, &c il n'estoit
pas permis à ceux qui estoient
- plus commodemcnt logez,de tegarder
par leurs senstres XDnnese
contentoitpas deleur fairedestraitemens
si rudes, on vouloir cncove
qu'ils fussentexposezaaufeuduChasteau
sur la Ville,ou du moins qu'-
ils servissentà taire tireravec impunité
sur le Cha(ttaÙ; Les Habitans
ayant fçû que cette resolution
avoir esté prile, & voyant drefTei*1
des batteries pour l'executer
,
de-•
vers le Prince d'Orange
pour le prier d'abandonner ce defsein,
ce qui lellc fut refuséavec tant
de dureté, nonobstant leurs treshumblessupplications
, que plusieurs;
ne purent s'empescher de direallezla
haut, que cePrinceavoit envie de*
faire perir tous les Sujets du 7?~~
d',E(Pa,gne
, par les Bombes, fuif-^
qu'ilavoit (fi- en [on pouvoirU
dempescher le Bomhaîâemwit del
J2raxeltes
,
donlla ruine des principaux,
Habitans portait un grand
,trélydice au commerce de Flandie
&aux assai,er die RoydtEfpa<?ne.
Le feu du Chasteau. que ce Prince
avoit attiré sur 1rs Bourgeois de
Namur, a non seulement cause la
ruine de quantité de leurs maisons,
mais encore lamort de plulleunjil
amelme fait petitbeaucoupdeper—
sonnes de consideration des Trojj-'^
pes des Alliez,du nombre desquelles
est Mrde Rondeau,qui efTojt
Gouverneur du Chasteau de Namur
, avant que le Roy s'en fust
rendu maistre. Jereviensàlafuite des affaires
du Siege. Les Ennemis n'estoient
encore Maistres le 2 8. que dela petite
Redoute casematée
,
qui di: le
ionc- de la Sambre, & d'une maison
palissadée du Faubourg de fTæ¡
Porte de Bruxelles, qu'on avcfltt
jugé à propos de leur abandonner,
jusques auprès de laquelle ils a--
voient poussé leur tranchée. Ilse
avoient le mesme jour 28. une batterie
de trente six pieces de grosz
canon,un peu audelà de cette Redoute,
qui battoirle demy-Bastions
droitdu Fort de Terra nova, quii
estoit touréboulé&ruiné le mesmes
jouir,a-u/îî bien que le réduit de la
porte dusecours qui estau pied Lesz
Ennemis eurent lemesme jour jusqu'à
quatre-vingt mortiers en batterie
, qui jettoientsans ccflc desbombes
; il y avoir aussi cent cinquante
pieces de canon, routes e3"
estat de tirer.
J'avois oublié de vous dire que lai
nuit du26. au 17 le Chasteau frcJ
cinqj
cinq signaux. C'estoit apparemment
pour marquer qu'il avoit entendu
.les cent coups de canon que Mr le
Maréchal de Villeroy avoit fait
tirer le 26àdix heures du foir,
pour marquer qu'il estoit en marche
pour s'approcher de l'Armée Ennenue.
Le 29. les Ennemis continuoient
leur Tranchée àla porte du Bordeau
,&à celle du Chasteau
,
qu'ils
font double pour se couvrir du Tore
Guillaume, quiles voit à revers. Ils
battoient toujours le réduit de cette
Portedu secours, & le demy Bastion
drpiç de Terra nova, qui est joignant
, & au-dessous de la branche
r
droite
,
qui s'étend le long pied & au des deux Corps de Cazernes, squi font dans ledit Terra-nova, dont celuy qui est le plus prés de
cette brancheest tombéavec elle.
Ils battent aussi, les deux Tours
quarrées qui sont au pied de la branche
à gauche de la Porte du Bordeau.
11 paroist qu'ils ont desseinde
laisser derriere eux le Fort Guillaume
, &: ils se flatent sur ce pied là d'estre plutost maistres du Cha-,
steau,
", Je viens au bombardement de
C~is. Les Ennemis mouillèrent
le foir du 26. à la rade du Port,
avec cinquante Vaisseaux & douze
Galiotes, dont il y en avoit à voi.
les. Onfit grand feu toute la nuit
départ & d'autre. Le 27. sur le
midyqui est l'heure de lahauteme-
rée,ilscommencerent à bombarder, (
ce qui dura jusques à quatre heures
aprésmidy. Ils jstterent environ
quatre cent bombes, dont un tiers
ne creva pis, & les autres endommageant87.
maisons
,
sans rien
hlûler, Il n'y a eu que quatre hommes
tuez 8c trois blessez,& le c heval
du Commandant) sur lequel
tomba une bombe. Il y avoit quarante-
cinq pieces de Canon avec
quatre MOItivlSle long de l'Estran ;
de maniere que si les Ennemis avoient
bombardé par l'Ouest, ils
auroient essuyé tout ce feu, & foutceluy
du Fort de bois
,
quî^éft
deux cens toises par delà le Fort
des Jettées,un peu à l'Ouestdeces
Tettées;c'est ce qui les a obligez de
bombarder parl'Est, y ayant moins
d'eau;&c'est pourquoy irsont este
contraints dese retirer quatre heuresaprès
la marée.Ilsauroient pu
retourner avec la marée de la nuit
suivante, mais ilsn'en firentrien.Ils
auraient encore pu y revenir avecla
marée du 28. après midy
; mais is
ne le jugerent pas à propos, & resterentmouillez
pendant toute la journée
du 28. par le travers des jettées
hors la portée du Canon. Une
de leurs bombes mit le feu à l'Hôpital
5
qui fut aussirost éteint. Mr
l'Intendant ayant fait perquisition
see tous les dommages causez par lesbombes, il a trouvé que tout
psiiç estre repaie pour vingt-huit
millelivres.
Le Pere Bouvet,Jesuite, qqtuiii par-
'tk en 1687 pouralleren la Chine,
eu arrivé à Surate avec deux Ma-ndarins,
que l'Empereurde la Chine;
envoye au Roy avec des presens
considerables. Jamais les Empereurs
de la Chine n'en ont envoyé;
à aucun Souverain; & quand ils.
reçoivent leurs Ambassadeurs
,
ils ne les regatdent que comme des
Envoyez de Princes tributaires. Je
1
fuis, Madame
,
vostre3 &c.
A Parti, ce 31. Aovft i6pj.
1 APOSTILLE.
t, Je viens d'apprendre que -::.¿)Ífrc
Armée avoit commencé à passer la
Mehaigne ; que Mrle Duc du Maine
avoit défait entierement vingtdeux
Escadrons des Ennemis; qu'il efr
tenoit dix-huit autres en fermez r
que ce Prince avoit eu uncheval
Desordre Càuiffarlabgdre, 167
Hifioire de la fretendueQomteffe
deNaJJau. 27J
JDifcours fait au Roy par Mr ltEvèque
deNoyon. Je4
Nouvelles faiticnlaritezjouckant
la découverte d'une figure de
Mercur* trouvée k Beauvais.
202
ee-èo-nd vokm des Poefies de Mj
-
desHoulieres, zig
Rome galafite. 12.0
NouvelleCarte de ïEuroj>e,&au-
IrCf ouvrages nouveaux qui si
Mdébaiternticahezg^Mer d*e-2Fer1. *623
Service de Mr le Comte de Charteellmux,
acroqnteunaanbt dleessc*hoxsesit%rès-
Jàumal du Bombardement de DçnqRcrque
,avec un grand nombre
de particularité. touchant ce
bombardement. 2.36
Mort de MrïArchevêque de,pa- ,ris, avec le détaildç toutce qui
sest paffé» lors qu'il aeftè eXfl.ofi
auPublicrà[onCçnvoyt Çr à
finService. 261,
$ir ÏEvèqueifOrléans a?.nommé
farle Royau cardintt'la'l. 180
MrÏEvèqne de Noyorr est nmmi
Commandeur de ïOrdre. 23f
Mr ïArchevêquede Reims élû
rrovifeur de Sorbonne. 186}
MI' A ./J r,EvequeaeMeauxfl" élu 5afeiieur
de Navarre. 187 A
Mr ievéquedeChalons e(lnomme
par le Roy, Arcbevefque de Paris.
188
Ûfort de Mr<£Âr>g*uges. 289.
P¿..(eS,deCon/elll,r dEtatdonnées.
29r JlfrDaytcfjeau cft nomme Confeili>:
r art.tt , au Lo?:fcil Royaldes
nvitnaences. 2 9 1 uneEstampes de lit
sesite Gallerie du Louvre presensèes
au Roy. 293
Jitfioire des révolutions de Suede,
29)
JiUïlion des nouveaux Echevh;s,
qui font ensuite prefènuz au
Roy. zy*r
Eleffton d'un Direfleur & d'un
Chancelier de ÏAcademie de
Peinture & de Sculpture. 299
Article des Enigmes. joz
Journal de iArmée de Flandres
,
avec le Bombardement de Bruxelles.
306
Suite du SiègeduChnfteau de Nantir.
317
.Bombardement de Calais. 3^8
Mandarins Ch-incis en'Vo)'"z en
France- 340
Défaitede quaran's E[cadrons des
Ennemis au paJJdge de li Me- 341
N donnera toujours un Voirma
nouveau du Mercure Galant 111
premier jour de chaque Mois,& on M1
vendra Trente fols relié en Veau &!S
Yingt cinq sols en Parchemin.
A PARIS, ,si Chez G. DE LUYNE,au Palais»dans:
laSaledes Merciers, à laJufticc.X
T. GIRARD,au Palais,danslaGrandes
Salle, à l'Envie. EtMICHEL BRUNET,Grand'SalIc: du Palais, au Mercure Galant. ;
M. DC. XCV. F
AvecPrivilège aH ROJ,
GALA\NT
x^iOUST 169^
E Sonnet qui commence
cette Lettre,
est un de ceux qui
disputerent le Prix dansle
temps que la celebre Compagnie
des Lanternistes de
Toulouse les examina
, pour
sçavoir à qui elle devoit l'adjuger.
Il est duPere Raphaël
ImbercdAix, Augustin Déchauffé,
& il nous donne une
si juste peinture du Roy, que
vous vous ferez sans doute
un fort grand plaisir de voir
dequelle manière il a renfermé
en quatorze Vers les
plus éclatantesactions decet
Auguste Monarque.
A LA LOUANGE
DE
LOUIS LE GRAND.
NSONNET. 'Avoirenguerre enpaix,
que la raison pourguide,
A terre,inmerJoin, près,vaincre
detoutes Etendre fin Empirety mettre des
remparts,
faire qu'en sa faveur le Ciel
toujours decide.
AuTempledcUgloire aller d'un
pas rapide,
En fageffi) en valeur surpasser
les Ctfars,
Seul contre centLigue^aumilteu
des hazars
Estre toujours heureux
,
invincible
1
intrepidc.
jiuxplusclignes Sujets donnerles
, grands Emplois,
Pour détruire l'Erreur faire de
faintes Loix
> Parsa vereu ,
des fiens éloigner
les tempeitesj
Tranquille regarder tant de Peuples
divers)
S'efforçant, mais en .'Vain
,
de
borner ses Conquestes;
C'cjtl'histoired'unRoyqu'admire
t - Univers.
Tous les Ouvrages d'érution
que je vous ay envoyez,
vous ont toujours plû,aussibien
qu'à vos Amis. C'est ce
qui moblige à vous faI'l'e--arc
de celuy qui fuit.
DLE,. LA FERMENTATION. A Fermentation n'estautre
chose qu'unmouvement
violent qui arrive à un
corps,ou bien à deux corps
qu'on mesle ensemble) sansaucune
cause manifeste. On
reconnoist cette proprieré,
principalement dans les sels
acides & alkali, car si on les
mesleensembleIl se fait une
agiration considerable,&un
mouvementviolent, qui en
~qûleve, en divise, & atténuë
lesparties. Il y a une autre
espece de fermentation, qui
arrive aux mixtes, & qui n' est
pas produite par le mélange
artificiel des selsacides & alkali,
comme celle qui arrive
au vin. Il y a pourtant apparence
qu'elle dépend de l'union
de ces mesmes sels qui
se trouvenr dans le vin.
Les Anciens ne se sont pas
fort occu pez à connoistre la
nature de la fermentation,
ce terme mesme leur estoit
inconnu,& Sennette qui vivoit
il'n'y a pas longtemps,
a estéun des premiersquia
parlé le plusau longdecette
matiere. Ca esté cette negligence
qui les a empêchez
d'en chercher & d'enrcconnoistre
la cause, & ce n'est
que dansce dernier siecle que
les Philosophes un peu plus
curieux,ont tâché de reconnoistre
avec foin d'où pou.
voit venir un effet si surprenant.
Mais comme les genies
font differens, ilestarrivéque
leurs sentimens l'onr aussi
éste;de force qu'on les trouve
fort partagez sur cette matière.
MrGassendi,qui dans ces
derniers rem ps a fait revivre
les sencimens de Democrite
& d'Epicure, quiestoient restez
comme dans l'oub i pendant
plusieurs siecles,a cru
qu'il yavoitde certains corps
fort subtils & fort deliez dans
les mixtes, qui avoient naturellement,
6c comme d'euxmesmes.
une certaine pente,
& comme une espece de desir
de se mettre en mouvement,
ce qui luy fait dire que ce sont
ces mêmes principes
,
qui
estant envelopez,& mis dans
les parties grossieres des mixtes
qu'ils composent, fort
effort pour semettreenïîLerté,
& pour recouvrer ce mouvement
qu'il pretend leur
estre si naturel, de maniéré
qu'employant alors toutes
leurs forces
,
ils brifent &c
écartent les costez des prisons
où ils estoient renfermez, &
produisent des mouvemens
tumulrueux dans les corps
qui se fermentent. C'estainsi
qu'il explique toutes les fermentations
qu'on appelle
spontanées,&quinedépendent
pas du meslange artifïciel
des fels acides & alkali;
êdçcptfcfnjeirrel)'explicationdecette
il d t que ces fels
ont entraîné avec eux dans la
distillation,des partiesignées,
lesquellesse trouvant renfermées
dans ces sels, tâchent
continuellement de s'en dégager
pourrecouvrer leur
premiere liberté; de forte
que le choc que font entre
eux les sels acides &alkali,
ors qu'on les mesle, ouvre
les petitesprisons oùcescor-
~pu scules ignez estoient renfermez.,
ainsitrouvantune
petite issuë pour s'échaper,
ils le font avec grande vîtesse,
dilatentmême les trous&les
costez de leurs cellules en
sorte qu'ils dissolvent le sel
qui les renfermoit. & c'est
en cela que consiste la fermentation.
L'une & l'autre de ces explications
répugne évidemment
à un des principaux
axiomes de Physique quiest
fort clair, & que les meilleurs
Philosophes admettent
auj ourd huy ; c'est que les
corps doivent rester dans l'état
où ils sont, à moins qu'il
n'y ~art une cause externe qui
les fasse changer,& pour expliquer
cela plus au long, il
n^è'pas possiblequ'un corps:
quiest déjaen re posée mette
en mouvement, s'il n'y a une:
cause externe qui luy en communique
; & ainsi ces principes
volatiles que Mr Gasfendi
pretend se mettre dans
le mouvement d'eux, mêmes,
par quelque penchant naturel
qu'ils ont à le faire, font
purement chimériques &répugnent
à la raison ; car s'ils
sont, comme il avoüe
, une
fois en repos, ou du moins
dans un petit mouvement,
ilsne peuvent en acquérir un
plus grand par eux-mêmes,
parce que tout ce qui est en
mouvementestmû parun autre.
L'explication qu'il donne
pour la fermentation des acides
& des alkali se détruit
> par la même raison
,
puisque
ces corps ignez estantenrepos
, ou du moins dans un
tres petit mouvement dans
ces sels
,
ils ne peuvent se
mettre dans une grande agitation,
quoy que le choc mutuel
deces sels leur ouvre un.
passage
,
puis qu'il faudroit
pourcela une cause externe
qu'il ne reconnost pas.
11 yen a qui pour expliquer
la fermentation,croyent que leseulchoc des acides contre
les alkaliestsuffisant. Ils disent
qu'il ne faut pas estre
surprisqu'on voye les parties
del'alkali le diviser,puis que
les acides heurtant contre
leurs costez, les enfoncent ôc
les font soûlever en leur communiquant
de leur mouvement,
Cetteexplicationn'est
pas plus raisonnable que la
précedenre
,
& elle est contraire
à la mesme raison de
Physique, puis qu'ileftaussi
vray qu'un corps qui est dans
un petit mouvement, ne peut
point de luy-même en acquérir
un plus grand, qu'il est
certain qu'un corps qui est
dans un parfait repos ne peut
point du tout se mouvoir de
luy même, Ainsi ce ne peuvent
pas e lire les sels acides
qui par le simple mouvement
de liquide qu'ilsont,mettent
en agitation les parties de l'alkali;
laquelle agitation est
quelquefois si grande, qu'on
ne peut pas tenir la main sur
les costez du vaisseau où se
fait la fermentation, à cause
de la grande chaleur, puis
qu'il est feur que le petit mouvement
que les parties de l'acideavoiententre-
elles, n'approche
pas de beaucoup prés
de celuy que l'on reconnoist
sensiblement dans cette
effervescence.
Il faut donc chercher une
autre cause que nous reconnoissions
capable de produire
le grand mouvementquel'on
remarque dans la pluspart des
fermentations,&il faut voir
si dans le monde il ne se trouvera
pas quelque matière
propre à causer cet effet.
Nous enconnoissons de deux
fortes
,
donc la vérité peut
estre prouvée par les effets
qui arrivent dans ce grand
monde. La premiere est la
matiere lumineuse
; on en
reconnoist le grand mouvement
par la dissolution que
nous voyons qu'elle fait, lors
qu'elle est ramassée par un
miroir ardent, des corps les
plus durs. La seconde n'est
pas moins connuë par ses effets,
puis que nous appercevons
des mouvemens fort
considerables
,
qui doivent
dépendre d'une causeexterne
que nous ne voyons pas, &
que nous ne pouvons pas
-
soupçonnerestre deseffets de
la lumiere,puis que c'est dans
des en droits où elle ne se
trouve pas, comme parexemple,
dans les entrailles de la
terre On prouve plus évidemment
son existencepar
-
la necessité qn'i1 y a qu'il te-
, -
trouve
trouve une matière fort subtile
pour occuper les espaces
que les globules de la lumiere
laissentenrre-eux. Aristote
la reconnuë fous le nom de
matiere étherée,& c'est à elle
qu'on a recours pour expliqner
le ressort des corps, &
d'autres effets semblables.
C'est donc cette matiere extrêmement
subtile, & tresagitée.
qui penetre les corps
même les plus durs & les plus
solides, que nous devons reconnoistre
pour veritable
cause de la fermentation. Il
n'y a presentement qu'à déterminer
la maniere dont
elle la produit, & ce qui la
faitmettredans un si grand
mouvement,pouragiteravec
tant de violence les corps qui.
':se fermentent.
M' Descartesa crû que
les acides entrant dans les;.
pores des alkali,à cause de:
-
la petiresse de ces mêmese
pores, ils ne pouvoient être
accompagnez que delaseule
matiere du premier élement
desorte que cettematiere
-tres subtileletrouvant feubà
dans les pores de l'alkaliavec
lesacides, & réparée doi
globulesde la lumiere qui
interrompentàtous momens
son mouvement,ellesemeut
fort librement & entraîne
avec elle les acides qu'elle
pousse avec violence contre
lescôtez des pores de l'alkali,
lesquels à cause de leurSolidité
lesécartent, les divisent,
ôc les mettent en mouvement.
Ainsi ce celebreModerneconsiderecettematière
subtilequifait heurter
les acides contrelesparois
del'alkali,comme uneriviere
qui passant fous les arc hes
d'un pont sans entraisner
aucun corps solide, n'y fait
aucune violence
,
mais si elle
emmene avec elle une poutre,
ou quelque gros glaçon, elle
l'ébranle fortement,&quelquefois
même elle le fait
tomber, lors quelle vient 3.
pousser cette poutre ou ce
glaçon contre les arches du
pont.
Cette explication n'a rien
quede mécanique, cependantil
me semble qu'elle a
quelque chose d'obscur, ôç
qu'elle suppose même des
choses qui ne font pas incontestable,&
nous ferons
d'autant plus portez à la quitter
pour ce lle que je m'en
vais proposer, que celle-cy
paroist plus simple & plus
naturelle. Je n'estime pas qu'il
faille expliquer diversement
l'action de la matiere subtile
dans le mouvement de fermentation,
quedansceluy du
ressort..Or pourexpliquerce
dernier on dit seulement que
les pores externes du corps
élastique ayantesté fort dilatez
, & les internes au contraire
fort refferrez
,
ils forment
une espece d'entonnoir,
en forte quela matière
subtile entrant en grande
quantité par les pores externes
,& ayant une grande vitesse,
ellene peut pas paffer
si librement par les pores internes,
àcause du rerrecissement.
C'est pourquoy elle
acquiert un plus grand mouvement,
de lamême manière
qu'une Riviere qui va d'un
grand lit dans un petit,&elle
communique ce mouvement
aux côtez des parois du corps
qui fait rcflbrt-, en forte quelle
l'oblige à reprendre sa ¡
premiere figure, si la force
extérieure ne continue pas
d'agir, ou qu'elle lefaflepW'
faiblement;carilestaiséde
concevoir que sila matiere
subtilepeut faire ouvrir les
pores internes , qui avoient
citéretrécis,elle feramettre
le corps danssonpremier état.
Je croy donc qu'il faut concevoir
que la matière subtile
agit de la même maniere dans
la fermentation: carles acides
estant des corps pointus
mêmedes deuxcostez,àpeu
prés comme des fuseaux,ils
ne peuvent pas entrer dans
les pores de l'alkali, qu'ils ne
les bouchent plus dans un
endroit que dans l'autre,sçavoir
vers le milieu; de forte
que de cette maniere la matiere
subtile entrant en grande
quantité par les endroits
où font les pointes de l'alkali,
elle ne peut pas continuer son
mouvement avec la même
facilité à l'endroit où le milieu
de ces pointes se trouve
placé. Ainsi dans ce retrécissement
de passage, elle acquiert
beaucoup plusde force,
qu'elle communiqueaux
costez des parois de l'alkali,
& parce qu'elle y heurte avec
Yioleace, ellelessecouë, les
écarte, & les met dans un
mouvement d'autant plus
grand, que Ion passage se
trouve plus retréci & embaraffé,
parce qu'elle agit alors
en plus grande quantité, &;
par confcquent avec plus de
force sur les costez de l'aikali.
Un* Philosophe moderne
explique la fermentation d'une
maniere différente de celle
que nous venons de rap porter.
Il prétend que la matiere
subtile agit dans la fermentational'égard
de l'acide &
*Le cclcbrc Baigle,deTonlanfe.
de l'alkali d'une manière à
peu prés semblable à celle
que la matiere magnetique le
faitàl'égard de deux A imans
que l'on approche par leurs
Poles homogenes,carelle les
repousse & les fait reculer
l'un de l'autre, parce que la
matiere magnetique qui fore
des pores d'un de ces Aimans
ne trouve pas ceux de l'autre
disposez de la manière qu'il
faut pour les traverser, de
sorte que donnant contre les
parties solides,elle lesire
pouffe
,
& en même temps
l'Aiman qu'elles coinpofcnr.
Ainsi il supposeque lors qu'-
on mesle un acide avec un
alkali, & que celuy-làs'engage
avec celuy. cy ,
les pores
deces deux sels rit se répondent
pas les uns aux autres:
ce qui fait que la matière fub*
tile touchant les pores de ces
deux se ls, & rencontrantdes
,
parties solides quis'op posent
à son mouvement, elle fait
effort pour passer plusavant,
*
divise & détache les partit
cules de l'acide & de l'alkali,
qui luy font obstacle) & c'efi:
dansceteffort& dansce bri.
f sement qu'elle fait des partits
de ces sels, que consiste la fermentation,
qui continuë jusqu'à
ce que lamatièresubrile
le soit fait un passage libre
dans ces deux sels, pour passer
librement de l'un dans l'autre,
leurs pores se répondant
mutuellement; & c'estaussi
alors qu'il se fait un coagulum
des deux sels , leurs
parties restant unies & sans
mouvement les unes auprés
des autres.
Quoy que cette explication
foit bien trouvée, nous pouvons
assurer qu'elle a plus de
difficultez, & qu'elle est p!u&
composée que la précédente.
D'ailleurs, puis que l'Auteur
qui la donne, suppose que les
parties se brisent& changent
par consequent de figures
pendant la fermentation, il
s'ensuivroir qu'on ne pourroit
pas retirer l'acide avec la
même force qu'ilavoit auparavant,
quand il s'est fermenté
avec l'alkali, & qu'il s'cil -
uni avec luy;ce qui est faux,
puis qu'il y a plusieurs Chymistes
qui retirent l'huile de
vitriol du tartre vitriolé, avec
autant de force qu'il avoit
avant qu'il fermentast. On
peut retirer tout de même le
vinaigre distilé des cristaux
de Venus avec toute sa forcep-,
& en continuer l'operation
plusieurs fois. Enfin,
si l'onversedel'esprit de nitre
sur son sel fixe, on l'en retirera
avec toutes les proprietez
qu'il avoit auparavant.
Apres avoir explique la cause
de la fermentation, & la
maniere dont elle fc fait 5il
faut que nous touchions presentement
une des plus considerables
questions que l'on
fait surcettematiere. On demande
si des acidesnepourroient
point fermenter avec
des acides, oubien si la fermentation
llC., se trouve jamais,
sans qu'il y ait un acide
&unalkali, qui en soientdu
moins la causeoccasionnelle.
.11 yades Auteursquicroyent
queJe^, acides peuvent fort
bien fermenter, Bi.; pour le
prouver ils se serventde la -
seule ex perience de l'esprit de
vitriol qui fermente avec
Jon,huile; mais puis que c'est
le seulexemple qu'on puisse
apporter,ily a grandeapparence
quel'ons'y trompe,
quel'huilecontientquelp
que corps étranger qui est
propre à fermenter avec l'esprit.
Eneffet elle contient
des parties vitrioliques, ou
martiales, selon le métal dont
elle se trouve chargée; & c'est
avec ces parties métalliques
que l'esprit fermente
, lors
qu'on lemesleavec l'huile de
vitriol. On ne doutera pas
que ces parties de cuivre ou
de fer que levitriol contient,
ne puissent monter avec l'huile
devitriol dans la force du
feu qu'on employe pour le
tirer, puis qu'il dure si longtemps,&
avec une violence
extrême.Mais la raison la plus
convaincante,c'est qu'on a
trouvé le moyen de separer
les parties métalliques de
l'huile de vitriol, ce qui
nous rend certains qu'elles
y sont, & que c'est seulement
avec elles que l'esprit
fermente. -
Il y en a d'autres qui affurent
hardiment qu'il ne se fait
point de fermentation sans le
concours d'un acide & d'un
alkali. Ceux-cy ne sont guere
moins à blâmer que les precedens,
car comme ileft vrai que
la pluspart des fermentations
artificielles qui arrivent d'elles-
mesmss, dépendent de
l'action de l'acide sur 1 alkali,
soit qu'on les mesle ensemble,
soitqu'ils se trouvent déja
dans le n1ixte, il cft cependant
certain qu'il y ena
beaucoup qui fermentent où
ces deux-fels ne serencontrent
point. Ainsi par exemple,
lors quel'eau regale fermente
avec l'or & qu'elle le
dissout, peut-on dire de bonne
foy que ce soit avec le
selalkali que l'or contient,
qu'elle fermente? La force
& étroite haHon qui setrouver
entre les parties essentielles,
& qui est à l'epreuve de
tous les dissolvansqu'onapu
trouver jusquaaujourd'huy
nérepugne-t-ellepas , evidemmentàcela,&
qu'est-il necessaire,
jevous prie,derecoruiir
à un sel alkali chimérique
qu'on pretend se rencontrer
dans l'or, pour expliquer cette
fermentation?La seule dispoficion
des porcs de ce
mecal ne suffit-elle pas pour
cela, puis que ce n'estqu'à
cause de cette mesme difposition
que l'acidefermente
avec l'alkali, de lamaniéré
que nous venons de dire?
Ainsi comme je crois que la
pluspart des fermentations
spontanée,comme celles qui
se trouvent dans la production
des minéraux, dans
la génération & dans lanourriture
des végétaux, & dans
celle des animaux, & dans
plusieursautres, reconoissent
pour cause la jonction
des acides avec les sels alkali
qui setrouvent dans la terre,
& dansles liqueurs des corps
qui ont vie, je ne doute
point aussi du tout qu'elles
ne puissent arriver quelquefois,
sans qu'ilsoitnecessaire
d'y supposer ces deux sels.
En effet, il suffit qu'on conçoive
le cours de la matiere
subtileintercepté, afin qu'elle
soit capable de produire
une fermentation dans les
corps qui se corrompent.
Quoyque je croye que ce soit
les sets dissouts qui ont fermenté
les premiers, & qui
ont commencé à dissoudre
le mixte, je ne doute pas
que dans la fuite, le remuement
des autres principes
ne les obligeàfermer le passage
que la matiere subtile
*
s étoit frayé
,
& quainsiils
l'obligent à faire des efforts
considerables qui font que lemixteest plûtost pourri,
parce que sa substance enest
plûtôtdétruite. Il en est de
rnefme de la fermentation
quiarrivedans les sucs desvegetaux
,
& dans les humeurs
des animaux.
On divise la fermentation
en spontanée, qui arrive au
mixte sans ancun mélange
que l'on fasse des sels dedifférentes
especes,&en artificielle,
qui dependdumélange
qu'on faitde cesdifferens
fels. Il y a beaucoup de fermentations
fpontanées,comme
celles des mineraux, celles
des végétaux & celles des
animaux Celledes minéraux
se fait dans les entrailles de
,
la terre, par le mélange de
quelques sucs acides, avec
des parties salines fixes; ou
bien ce sont des parties fui.
phureuses qui par le sel acide
qu'elles contiennent pro<
dussent le mesme effet, de la
mesme maniere que le soufre
commun dissout & fermente
le fer. Or dans ces fermentations
selon la proportion
& la différence des
principes qui fermentent &
des autres qui s'y joignent
dans la precipitation, il se
faittantôt un minéral, tantôc
un autre. Si on demande la
cause de ces fermentations
qui se sont dans les entrailles
de la terre, ce ne peut estre
autre chose que la matiere
subtile,qui ayant beaucoup
plus demouvement dans les
pores de la terre que dans
l'air a cause qu'elle n'y perd
presque point de son mouvement,
par la resistanceque
lny font les costez solidesdes
conduits
conduits dela terre,elleen
detache en passant quelques
parties acides, ou bien quelques
parties filphureuses &
quelques parties alkalines,
qui s'unissant ensemble font
des mouvemens fermentatifs,
qui donnent occasion à la
production des differens mineraux
sélon les fermentations
intérieures de la terre,
&ce font ces fermentations,
lors qu'elles font considera.
bles, qui font les tremblemens
de terre.
La fermentation des végétaux
dans leur génération &
dans leur accroissement, dépend
de l'union des sues
salins & sulphureux qui se
trouvent dans la terre, qui
developent les membranes
de la semence, dilatent les
pores du germe, le rarefient,
montent au travers de ses
fibres, & fervent à produire
ainsilevégétal & à le faire
croistre. Le suc desvegetaux
fermente non seulement.
dans la terre,*cAe qui le raicj, introduire dansleurs pores
mais encore il fermente dans
leurs tuyaux fibreux, où il
circule à peu prés comme lesl
humeurs dans les animaux.
Ainsi c'est là qu'en circulant,
il se fermente, il se digere &
cause la maturité des fruits,
qui se détruisent enfin
,
parce qu'il ne vient point de
1
nouveau suc, & que celuy
0.
qui y estoit allé s'évapore,
ou que leurs fels se fermentent
par la trop grande humidité
& font dissiperainsi
les autres principes. La
fermentation est tout à fait
évidente dans les animaux,
elle depend de l'union des
differens principes qui composent
leurs humeurs. Elle cLl:
lacause de leur génération.
lors que la semence fait fermenter
L'oeuf, & qu'elle le
fait éclorre, de leur nourriturc
& de leur accroissement,
lors queleurs humeurs se fermentant
d'une maniere reglée,
font qu'elles se trouvent
propres à ieparerôc augmenter
le corps des animaux. Elle
cfi k cause de leur mort, lors
qu'estanttrop grande, les
parties spiritueuses & volati-.
les se dissipent, en forte que
ce qui fair jouer le principal
ressort de la machine manque
pour lors, je veux dire les
esprits animaux. Enfinelle
estla cause de leur entière
dissolution après leur mort,
lors que les princi pes salins
se dissolvant dans l'humidité,
se fermentent & détruisent
entierement la tissure du
corps dont ils faisoient la
composition.
On divisè encore la Fermentation
par les différentes
circonstances quiraccompagnent.
Ainsi il y a des fermentations
qui iont chaudes,
d'autres qui font froides; il
yen a qui font accompagnées
de petillemens,les au.
tres d'écumes, les autres de
vapeurs. Pour ce qui regarde
les deux premieres différences,
il ya apparence quelles
dépendent de la différente
détermination que prennent
les parties des corps qui se
fermentent dans leurs mouvemens,
en forte que cellescy
nous causent de la chaleur,
& les autres de la froideur,
parce qu'elles font des impressionsdifférentes
sur les
fibres nerveuses de nostre
main;& il y a quelque raison
de conjecturer que celles qui
produisent lachaleur se meuvent
circulairement autour
de leur centre, quoy qu'assez
inégalement, comme on le
peut voir dans la * Differtation
que j'ay donnée sur la
nature du Feu; au lieu que
celles qui nous causent le
froid, semeuvent sans doute
'* d'un mouvement direct. Le
petillement qui arriveà quelques
fermentations, dépend
de ce que quelques-unes des
parties solides du corps qui
fermente s'élevent en l'air, où
elles continuent leur fermentation,
de forte que leurs cô-
* MerclIredumoisdeMars 1694.
tez s'écartent avec violence,
&font faire des collisions&
des tremoussemens à l'air
qu'elles repoussent, & c'est
en cela queconsiste le petillemenr.
L'écume reconnoist pour
cau se les parties d'air qui
estant-enfermées dans la liqueur
qui fermente,s'enéle.
vent, & estant envelopées
des parties fulphureufes, produissentainsi
des bulles; car
il est necessaire que les parties
qui environnent l'air qui
est dans l'écume, soient sulphureufes
& glutineuses, autrement
elles se separeroient
fort facilement, & l'air en
fortiroit d'abord; d'où vient
que pour faire de grosses bouteilles
avec de l'eau, il y faut
mettre du savon. Enfin la vapeut
qui survient à decertaines
fermentations, vient de
ce qu'il s'en éleve beaucoup
de parties assez grossieres fort
prés les unes des autres, au
lieu que les parties qui s'éleventtoujours
des autres fer-
,
mentations sont fort subtil es,
fort deliées, & fort rares.
Ainsi, par exempte,l'haleine
qu'on rend en [fié) elt fort
rare, parce que le grand mou.
vement de l'air enattenuëles
parties, quile fontdéjàassez,
de forte qu'on ne la voir pas
forcir, au lieu qu'on la remarque
fort sensiblement en hiver
,parce que les parties font
plus grossieres, ou du moins,
parce que l'extrême froideur
de l'air en approche si fort
les parties, qu'elles font capables
d'obscurcir l'air.
Il y a des fermentations
qui se font dans un certain
temps, & les autres dans un
moment; cela ne vient que
de ce que les principes termentatifs
font plus ou moins
embarassez. Ainsi la bile ne
fermente que quelque temps
aprèsqu'on y a jetté des perles
, ou versé de l'esprit de
nitre, parce que les sels qui
doivent servir à la faire fermenter,
se trouventenvelopez
dans d'autres principes,
& qu'il faut qu'ils en soient
dégagez, avant qu'ils puissent
fermenter: aulieu que l'huile
de vitriol fermente dans le
moment qu'on la verse sur le
sel de tartre, parce que les
principes de la fermentation
font dégagez.
Examinons presentemens
les effets de la fermentation,
dont le plus considerableest
ladissolution des cor p s qui se
- fermentent. Il y a de deux
fortes de dissolutions : l'une
est insensible, lors que les
corps se dissolvent comme
d'eux mêmes par la desunion
de leurs principes: la seconde
est sensible, & c'est ceHe
qui arrive aux corps, lors qu'-
on les met dans une liqueur
qui se trouve propre à lesdiviser&
àles dissoudre.Lapremière
efpece de dissolution
est causée par la fermentation
intérieure, qui arrive aux
sels qui composent le mixte,
lesquels venant à se mettre
en mouvement, divisent &
separent lesautres principes,
en sorte qu'ils les font évaporer.
La dissolutionsensible
est celle qui arrive à un corps
dans une liqueurconvenable.
On appelle cette liqueur
Menstruë, qui est different,
selon la différence des corps
qui doivent estredissous,car
toutmenstruë ne dissout pas
toutesfortesde corps,&toutes
fortes de corps ne peuvent
> pasêtredissousdansunmême
menstruë.
On peut reduire toutes fortes
de menstruës, ou de difsolvans,
à quatre generaux,
qui font les acres, les acides,
les sulphureux, &lesaqueux.
Les acides & les acres estans
des selsresous dans du phlegme
dissolvent les corps terre- -fire-s,&. salins, les sul phureux
dissolvent les corps résineux
qui abondent en huile,&les
aqueux dissolvent les corps
satins, & les gommes & les
resines.
L'eau regale & l'esprit de
sel armoniac font des dissolvans
acres; celle-là dissoutl'or
que l'esprit de nitre ne pcuc
diviser. On ne peut attribuer
cette différencequ'à la diversité
des parties des diffolvans.
L'eau regale, par exem ple,
dissout l'or, parce qu'ayant
ses parties plus grosses que
l'esprit de nitre, elle est capable
d'intercepter de la maniere
que nous avons expliqué
plus haut, le cours dela
matiere subtile,en s'insinuant
dans les pores, de forte qu'-
elle luy donne occasion d'entrer
dans un grand mouvement,
qu'elle communique
aux costez des pores de l'or.
L'esprit desel armoniacest
un dissolvant purement alkali.
Il dissoutle cuivre donc
il retire la teinture, mais sans
fermentation, parce qu'il
n'embarasseque peu le cours
de la matiere subtile
, par ses
parties raboteuses & inégales,
&ainsi la matiere subtile ne
fait pas de gran ds efforts; de
forte qu'il ne sefait point de
fermentation sensible.
Quelques Chymifles ont
prétendu que l'eau regale ne
dissolvoit l'or, que parce
qu'estant composée de parties
acres, elle estoit trespropre
à diviser le souphre
que l'or contient en abondance.
Cette opinion paroistra
insoutenable, si l'onconsidereque
si l'eau regale difsolvoit
le soufre de l'or, comme
on le prétend, on pourroit
l'en se parer, ce quicependant
a esté imossible
jusqu'icy. Ce n'est pas que je
nie que l'or contienne du
fou fre,aussibien que les autres
métaux,maisilest si uny étroitementavec les autres
principes, que le dissolvant
ne sçauroit le diviserqu'il ne
separe en même temps leg,
autres principes avec lesquels
il se trouvoit joint. Nous
avons des preuves que l'or
contient des soufres ; car
Borrikius a observé que si
l'on broyoit longtemps de
l'or dans un mortier de marbre,
il s'en élevoit des corpuscules
qui sentoient lesoufre.
,
Cette crasse que l'argent
laisse sur lesCOfpSJntefi autre
chose qu'une partie grossiere
du soufre de l'argent, &cette
pellicule rougeâtre qui s'éleve
duplomb qu'on fait bouillir
pendant longtemps, & qui
s'enflâme quand on lajette
dans le feu,n'cil: autre chose
que les parties sulphureuses
quiestoient dans le plomb ;
& qui en font separées par
cette violente action du feu.
L'esprit de nitre est un des
plus universels menstruës
acides que nous ayons, il
dissoutl'argent, ce que l'eau
regalene peut pas faire. L'esprit
de vinaigre est un autre
dissolvant acide fort en usage.
On s'en sert pour la dissolution
du plomb
,
del'étain
des , coraux &c. Tous ces
differens Menstruës ne difsolvent
les corps, que parceque
leurs parties s'infinuanc
dans leurs pores, fontobstacle
à la matieresubtile, laquelle
se mettant dans un
grand mouvement, le communique
aux côcez des pores
du corps qui se dissout, &
c'est ainsi que ces menstruës
agissent sur les corps qu'ils
dissolvent.
Un des plus considérables
dissolvans sulphureux & un
des plus employez, c'estl'espric
de vin; celuvcy est propre
pour la dissolution des
resines, & des parties résineuses&
fulphureufes des racines
&des autres parties desvégétaux.
Il est trespénétrant,
& quoy qu'on laisse les parties
de la racine avec un travers
de doigt d'épaisseur, il
ne manque pas d'en retirer
laresine. C'estsans doute pifce
qu'il est composé de parties
fort délicatesquis'in sinuenttres-
aisement dansces
corps. La maniere dont il
separe,c'estou parceque par
fts selsvolatiles, en passant
& repassant, il arrache Ôc emporte
lessoufres qui font dans
la racine,&ceuxde laresine;
ou bien c'est parceque ces
mesmes sels volatiles s'insinuant
à travers les parties
branchuës des mesmes soufres
,ils embarrassent le cours
de la matiere subtile, la quelleacquerant
plusde mouvement
,ébranle & détache
les parties que l'esprit devin
entraîne avec luy, par son
mouvement de liquide.On
peut encore concevoir que
l'esprit devinestant composé
de petitesbranches, quand
il vient à s'unir avec les parties
sulphureuses du corps,
qui doi estre dissous,il y
bouche les passagesdela matière
subtile, laquelle entrant
dans un plus grand mouvement
qu'à l'ordinaire, separe
& desunit ces mêmes parties
pour s'y faire un libre passage.
Les dissolvans sulphureux
qui contiennentun selacide,
tel qu'est le soufre commun,
qui dissout le fer, l'huile commune
quidissout le cuivre,
& l'huile essentielle d'anis,
qui tire la teinture des coraux
, ne dissolventces corps
que par ce même sel acide
qu'ils contiennent. Il reste
encore une difficulté sur cette
matiere; sçavoir pourquoy
les menstruës sulphureux
s'insinuent si aisément dans
les corps fulphureux& oleagineux
, &r. non pas dans les
terreibes salins & metalliques
Je ne crois pas qu'on
en puisse attri buer la cause
qu à la conformité de fulastancequi
le trouve entre le
dissolvant &le corps dissous,
qui fait que la matiere subtile
les traversant de la même
maniere, ne pouffe point les
ddT lvans
,
lorsqu'ils le presentent
po r entrer en des
corps qui font de mesme
nature
nature queux. Enfin pour
lesmenstruës aqueux, nous
avons l'eau.; c'est le dissolvantpropre
des sels, mais
elle dissoutaussi les gommes.
Nous avons déja ditque l'eau
ne pouvoir pas dissoudre les
fels par son seul mouvement
de liquide. Ainsi
, par exemple,
lors qu'en mouillant des
cables qui soutiennent des
poids considerables
,
ils les
font élever,ilestimpossible
que ce soit le seul mouvement
des parties de l'eau qui
entrent dans les fibresdeces
cordes, & qui les dilatent, qui
produisent cet effet, puis que
la force qu'elle a n'approche
pas à beaucoup prés decelle
qui eH: necessaire pour cela.
C'est pourquoyil faut recourir
à la matiere subtile,qui
trouvant les interstices des
fibres occupez par l'eau, augmenteconsiderablement
son
mouvement, qu'elle communique
aux fibres qu'elle
fait dilater, & de cette maniere
les cordes se raco-ur-i
cissant, les parties de l'eau':
s engagent fort avant clans-1
leurs fibres,&les poids mon-f
tent.
'!
L'eau ne dissout les gommrs
& les résines que par
accident, carestant compofées
de beaucoup de soufres,
il semble que l'eau ne devroic
point y avoir de prise; cependantelle
les dissout, & cela,
parce que les gommes & les
résinescontiennentaussiassez
de parties salines,d'où vient
qu'elle estcapable de rompre
& de diviser la tissure des soufres.
Ainsi les selsalkalifixes,
dissolvent le soufre commun:
& generalement parlant,les
soufres se dissolvent assez facilement
par les sels alkali,
ce qui est tres-aisé à concevoir
: car comme les sels al-
Jcali font cornparez de parties
raboteuses,âpres & inégales,
en passant& repassantau
travers des parriesbranchuës
& embarassantesdes soufres,
ils font fort propres à les
arracher, à les diviser, &
ainsi à rom pre la tissure des
corps oleagineux.
A présavoir parlédeladissolutionsensible
des corps, &
des differensmenstruës dont
on se fert pour cela, il nous
resteàexaminercomment on
separe les corps dissous d'avec
lesdissolvans,c'estàdiré,comment
il fautretirerdes dissolvans
les corps qui sefont précipitez
au fond. Ces précipitations
se font en plusieurs
maniérés. Il yenauneespece
qu'on peut appeller spontanée,
qui arrive après que deux
corps ont fermenté, sans qu'il
foit necessaire cTy jetter un
troisiéme pour servir de précipitant,
comme il arrive à
l'esprit d'urine,&àl'esprit de
vin,aprèsqu'ilsont fermenté
ensemble; il se fait un
coagulum
, parce qu' a près la
fermentation. les parties du
corpsdissous n'ayant plusun
si grand mouvement, elles
s'accrochent &s'unifientensemble,
lorsqu'elles viennent
à se rencontrer: ainsi elles
forment des molécules plus
grosses qui tombentaufond
duvaisseau.
L'eau peut servir pour précipiter
les corps dissous par
des acides, comme la dissolution
du Bismuth; ou du
Mercure dans l'eau-forte, &
celaparce qu'elle dissout facilement
les pointes des acides,
qui font fichées dans les
parties du corps dissous : de
forte que quand les petites
pointes quitenoient separées
les parties du corps dissous
viennent à estre ôtées, pour
lors les parties du corps disfous
ense rencontrant s'unissent
ensemble
,
& par leur
pesanteur se précipitent au
fond dudissolvant.
L'eau précipite encore les
resinesque l'on dissout avec
l'clprit de vin, surtout celles
que l'on retire des plantes,
par infusion ,& elle ne produit
cet effet, qu'en ce que
ses parties ne pouvant pas
s'unir avec les oleagineuses,
elles ne font que glisser par
dédias, heurter contre leurs
costez,&les pouffer les unes
contre les autres ce qui leur
donne occasion de s'unirensemble,&
de former desmolecules
assezgrosses, lefqueï*
les ne pouvant pas se soutenir
dans la liqueur, fontobligées
d'aller au fond. Cette explication,
quoy que trèsseure,
ne paroist pas cependant
s'accorder avec ce qui arrive
à la teinture du Benjoin, dans
l'esprit de vin, que l'on appelle
lait virginal; car quand on
laverse dans de l'eau,le Ben.
join devroit se précipiter, puis
que ce n'est qu'une résine dissoute
: néanmoins celan'arrive
pas, & l'eau, bien loin
d'unir les parties du Benjoin,
&de les précipiter,les divise
d'une telle maniere, qu'une
grande quantité d'eau, dans
laquelle on ne verse qu'un
peu de teinture, s'en trouve
tour a fait colorée. Certe experience
ne repugne point
du tout à ce que Je viens de
dire; car il eftvray que l'eau
unit les particules du Benjoin,
qui avoient este divisées par
l'esprit de vin, & en même
temps elle les divise; car le
Benjoin ellanc composé de
parties extrêmement volatiles
, qui peuvent se diviser
jusqu'à une extrêmepetitesse
par l'esprit de vin, elles se rapprochent
l'une de l'autre lors
qu'on verse la teinture dans
de l'eau,mais elles ne se précipitent
point, parce que
quoy qu' e lles se soient approchées
,elles ne forment pourtant
pas, à cause de leur legereté,
des molécules assez pesantes
pour se précipiter au
fond, elles se placent seulement
en differens endroirs de
l'eau, d'où réflechissant beaucoup
de lumiere,elles produssent
le sentiment de blancheur
qui paroist occuper
toute la liqueur, parce que
c'est une couleur plus vive
que celle de l'eau.
On se fert aussi des corps
qui font opposez aux dissolvans
pour la précipitation
des corps dissous, c'est à dire
que si le menstruëest un acide,
on se sert d'un alkali.
Ainsi quand on fait dissoudre
de l'ordans de l'eau regale,
1 on le fait précipiter par le
moyen de l'huile de tartre,
ou du sel armoniac, ce qui
ne peut arriver que parce que
ces alkali s engagent dans les
pointes de l'acide, dont Jcâ
parties du corps dissous font
traversées, &ainsi s'unifiant
avecelles, ils les rendent affëi
pesantes pour les faire précipiter;
aussî voit onque si l'on
fait dissoudre trois onces d'or;.
le précipité en pesera bien
quatre; ce quiest une marque
quequelque corps étranger
!y est uni, qui en augmente
la pesanteur. C'est la même
raison pour les dissolutions
faites par lesalkali, qu'on
précipite par le moyen des
acides.
Il y aune autre précipitation
, qui se fait par un corps
presque de même nature que
le dissolvant, comme quand
on se sert de l'esprit de vitriol,
pour précipiter la dissolution
des coraux par le vinaigre
distilé, dont on peut rendre
raison ,en disant que les parties
acides du vinaigre ayant
desuny les parties du Corail,
& enayant ouvert les pores
les .cfprhs acides du vitriol
quifont beaucoup plusgrosfiers,
s'y insinuent&s'y fngagent,
de sorte qu'augmentant
la pesanteur de ses parties
, elles peuvent vaincre la
resistance du liquideoù elles
nagent, & se précipiter au
fond. On ne doutera pas de
cette action, si on confidere
que ce précipitéestextrêmement
piquant, & qu'il a befoin
de plusieurs lotions, au
lieu que la même chose n'arrive
pas,si l'on fait la précipitationdu
seldetartre.
Voicy une Fable quivous
apprendra pourquoy l'Aurore
est Amie de Venus, &
d'autres choses à quoy il est
avantageux de faire reflexion.
Elle a cAé faite par celuy qui
a pris dans plusieurs aurres
Ouvrages,le nom de Berger
de Flore.
FABLE DU SOLEIL
& de l'Aurore. LE Dieu du jour
Dont la grande ame
Tohm de lumiere & tieflàme,
A de grands fancham à i-amour,
Syeftoit laific toucher aux IlpplU
d'une Belle,
Dontle teint frais & ¿elicdf.,
JBrtlloit aun blanc de laity & d'un
vif incarnat,
Et qui, bien que mortelle,
Arvoit d'une Pallai l'ai', lefort &
Féclat.
ilse fiai[oit à soupirerfour elle
Malgré le fort infortune
Qjttl avoitéprouvé dans l*amour
deDaphnr. 1Pucelle,
jiminte, cest lenom de laimable
Qu'il essayoit de ?acqatrir.,
Ne demandoit! rien qu'à courir,
Aimoitla Cbaffe5 haliioit la
cabane»
Avoit de la douceur, fin grand
foqd de bonté,[de beauté,
Tout autant d'iunocence enfin que
24ais elle avoit aNssi sur lAutel
de Dianot virginité.
JFait dinfi que Dttphné, voeu de
Ce Dieu nignoroit pa* cet incommode
ohfiade,
Au [accès de sa pa/lion.
C'efîoii en èelairant ce célébré fpeilacle.
Qjili'eftoitapperceudeson tffe-
Hion.
Il avoit pourtant esperance
due sa galanterie & [a perfeverauce
Pourroient £Aminte allumerles
desirs,
Et luy faire au devoir préfertr les
plaifin.
JI scavoit bien aujjï quelle escit
l'tnjuftice
Du dejjein qu'il vouloit tenter;
JAais y fermant les yeux, il prenoit
pour supplice
LA gloire de se surmonter,
Et sil prévit le précipice,
Au penchant de son coeur forcé de
succomber, il le trouva si beau, qu'il, voulut
tomber.
Préférant donc 4 tout fts belles
amurettes,
.Aux pieds de nofire Nimphe il
mettoit ses grandeurs.
Tantoifcomme Phcebus*illuycontoit
flenrettes,
Et lus disoitmilledouceurs.
TantoifcommeApolionilchefchoit
ses faveurs
Par le son de sa Lyre & pat ses
chansonnettes,
Et pour la divertir employait les
neufSoetirs,
Avec Pegase, & fei courbettes,
Ou la suivoit au bois fatmy d'au-
* très Chasseurs.
Puis, comme Afire du jour, [on
foin dans [a carriere, -
Estoit de ïéclairer de toute sa lumitre,
Afin de luy montrer ses brillantes
ardellrs,
Etde tâcher,farcette belleflâme,
De chasser le froid de fou ame.
Ce Dieu joua tout un Printemps
Ces officieux perfonnagesy
Mais voyant qu'il perdoit son
temps, ilJelassade rendre tant £hommages
»
El sa chaleur s'augmentant par
ÏEftèy Jlresolutdepaffersansremise
De l'amour souple & doux /<~
mour emporté. [ prise,
La refohtiunrien fut pas plûtofi
Que Cupidon qui guettoit cet Amant
2 Ne différa pas d'un moment,
Suivant l ordre teceu d'en avertir
sa Mere.
Alors la Reine de Cithere
Z,it par CAfl'e du jour s'eftoitvuê
outrager,
27e souhaitoit rien tant que de
pouvoir vanger
L'affront le plusfavglant quon
puissejtmais faite,
Lors que jalouK delle- &dtMjn
il avotte. plein jour à cent fatheux
regards
Exposé leur secrei miflere.
Elle oull donc L'avis que [on Pils
apportoit,
Avec tout le plai/il que tire la
colere
Desespoir de se (atiJ/airt)
Et dit à fort Ami ce quelle frojlJloit,
Pour punir leur grand advelfaire.
g
Marsapprouva le dessein de si'e..
nus.
- La Deesse part Ik-dessus>
Se lend auprès d'Aminiei& luy difsl
BelleFille,
Oh Dieux! qu'on voit en vous degrace
& de vertus 1
Que de merite y brille!
J'en suis charmée : il faut les conserver,
Et pour pela voicy te qu'il faut observer.
Je sçay que leSoleil vous aime,
Etqu'en vain en aimant iltâche à s'adoucir.
1
Les effets ttop certains de son ardeur
extrême
Sont debrûler, de hâler, de noircir.
Vostre beauté vers luy n'est pas en assurance
Et qui pis est, vostre honneur encor
moins.
Las que vostre vertu luy fasse resisstance,
Ila tant de dépit d'avoir perdu ses soins,
Qn'il a perdu la patience Et , , veut pour s'en vanger vous faire violence.
Nimphe, e'est un avis & d'Amie &
d'Ami.
Redoutez son approche,
Ayez pour luy le coeur de roche,
Vous n'avez point de plus grand Ennemy.
Fuyez-le, mais fuyant gardez-vous de
vous rendre
Aux. pieds de la Dcesse où se rendit
Daphné,
Elle ne pourroit vous défendre
Contre cet Amant déchaisné,
Sans vous causer quelquefacheux cc..
clandre
, Dont vostre esprit feroit longtemps
gesné.
Au lieu donc de courir au Temple de
Diane,
Retirez-vous dans celuy de Junon;
Cette Reine des Cieux n'entend pas
qu'on profane
Les endroits qui portent son nom,
Jusques à Jupiter tout craint de luy déplaire,
Son pouvoir n'a point de pareil,
, Il vous tirera mieux d'affaire.
Aminte écouta ce conseil
S'en tint bien obligée a l,a belle
Dtefje,
Et le suivit, comme plein de fageffr
Aussi-iofldoncquellevoit leSe*
leil
Eclater à ses yeux, & venirauprès
d'elle
La frayeur qnelle a du danger,
De perdre en demeurant ce qu'(Je
a de plus dur,
Luyfait tourner le dDJ, d" luy prête
son aile
>
[ & plus leger.
Pour fuir d'un pas plia prompt
Le Soleil vainement l'appelle,
,elle court devantluy, riennepèut
Farreflet»
L'e Dieu craignant quelle nechape
A ïamour qui le presse
,
& qu'il
veut contenter,
Il faut dit-il, qu'au plûtost je l'attrape,
Car Diane pourroit par un triomphe
entier,
Comme Daphné, la changer en
laurier.
Ces
Ces mots font fuivts desa courses
biais avant qu'il J'attaque elle
gagne un Autel,
Ou Junon recevoit un culte solemnel
>
Et la nommant [on unique re-
(ource)
EUe se met avec dévotion
Sous sa proteïlion.
Ze Soleil transportè de l'ardeur
qui l'anime) (
27e prend pas garde au changement
de lieNJe; Il oublie en courant que les plus
grands des Dieux
Ne choquent point Junon sans
crime;
- Et ce clairvoyant na de; yeux.
Que pout l'innocente viïhme
Qu'il pretend immoler
ylufeudont il se fent brûler.
En peu de tempsJ'ayant atteintt,
Toute éperdue & tremblante de
crainte, ilh prend visse par le bra*,
Za tire de £Autel, l'éloigne de
trois pas,
Rien ne le retient,ill'embrasses
Et veut abfolvment
Que la pauvrette fatisfaffey
SansrefpeH du saînt lieu
,
sans
delay d'uu moment,
Sonamoureux, emportement.
r.Aminte en fait rertlS, &se meten
deflnfe.
Jl en vient à 14 violence.
JE(ledemande à Iunon du secours.
Jlien rit, il s'efforce à pouffer ses
amours
Aussi loin queJon eeiance.
Z" Deesse survient, arrefie flrement
Ce redoutable Amant.
Lu, reproche son insolence,
Ses mépris, son incontinence;
ElPDUT J'en punit hatJttmenf,
Paifant de Ion supplice honneur à
la (Ageffe
,
EDeJleve la Nimphe au celefie
[ejour,
Z<~ donne le rang de Deeft,
La place à la porte dujour,
Accroifl sa force & sa vi/tlft.
BI Illf prefait sa marche& son
retour.
Puisredoublant encore la fraifebeur& l'éclat des roses &
des lis,
Qui la rendoient femllable à
Flore, [épris,
1;1 dont leDieu brillant efloit leplus
$lle la changeenfin eu la charm¡,INle
AllrfJre.
u4pre'sCela regardant le Soleil>i
ei.e luy dit, raillant de /.1 fOtif.
1 rra11cr iCectc B1elle , 1 a causé mille fois ton
réveil,
Et déformais sa vigilance
Sçauratetirerdusommeil.
Je ne t'oste pas sa presence,
Joüisenlibrement,conte-luy ton amour;
Il t'est permis de luy faire la cour.
Voy de combien d'aurairs brille son
beau visage.
En vis-tujamaisdavantage?
Mais, insolent,n'espere pas
De joindrede prés tant d'appas.
On te verra courir d'une course
éternelle,
Tout brûlant d'amour après elle,
Et tu perdrastoujours tes pas,
launais, au grand jamais, tu ne
l'attraperas.
*ë qui fut dit
,
se fait> le Soleil
court sans cesse
Après l'Auroresa Maifttefle,
Maii son travail estvaIn, ellese
rit de luy,
Sa courseprécédéla sienne,
Et pour lllY eauferpltu d'ennu
llrieft pointdematin quellene fs
souvienne
Du salutaire avis
Que lrlf donna la divine CyprjW,
Ettqru'einbrecuonenoissance elle ne con"
Par une vertu qquu''eellllee iinn/luuëë,,
A rendre heureux les Favoris
Et J'tlle, & de son Fils.
Le Soleil quile0scait, en estplué
miferabls
> Et le fera tant qu'il fera Soleil,
L'exemple efl grand & sans ptt-:
reiL
Amii,fait Miftoire^foit Fable
Nous en tirons cette moralité,
Rue l'on doit s'ahftcnir d'un amour
reprochable,
Et ne pas offenfc, uneDivinité»
Dont la puissanceetfredoutable,
Et qui nous peut punir tonte uns
éternité.
La Lettre qui fuie explique
le Jeu duTrictrac dans une
méthode aisée & agreable.
Il y a des remarques & des
reflexions curieuses, & toutes
les loix de ce beau Jeu
font rapportées avec tant de
netteté, qu'il n'y peut arriver
aucune contestation qu'elles
ne décident.
A MADEMOISELLE***
~VOus avez, yaifon
y
Ma~
demoiselle, de vouloir apprendre
le Trictrac. C'ejl unjort
beAuJeR, & qui efiplus à la ma.
deque jamais. On le joue beau,
coup à la Cour& àParis à cau-
Je deJa noblejje & desa diftinélionJ&
qu'ilyregne une grande
sincerité. Gensralementen Fran.
ce, le beau monde qui a de la polite/
Je en fait son Jeu favory.
On ly préfere à diversJeux qui
Je jouent autre part:sçavoir le
Bjverquer en Angleterre & en
Hollande, le ToccadillecnEfpagne,
&leToutetable, &le Sbal
rahir en Italie. Je neferaypoint
de recherchessur le temps deson
origine,& je ne vous diray point
non plus, si les FrAnfoisfont
mieux fondez que les dllemans,
dans la gloire que les uns & les
autres se donnent d'en eflre les
inventeurs. J'aime mieux vous
remarquer que le Triélrac covient
particulièrement aux
Personnes
de vostre Sexe, parlees
rapports qui s'y rencontrent. Il
tfi tout composé de DAmes. Il represente
leur pouvoir à exciter
tespajîions, & leur inclination
à Aimer lavariété, & les changemcns
de Scene. Ilya des traits
de leur pudeur,dAns lefoinquon
a de ne les pas laisserdécouvertes:
ily en a aussi de leur viva.
-
cité & de LUTGAYETÉ9 dans la
mantere legere& agreable queJe
joue le Triélrac. Il est vray que
ce cercle de Dames n'ejîpassans
bruit, sansinquiétude; elles
changent deplaceà toutmoments
& il arrive des incidens qui leur
CAusent de fréquentes agitations;
maiscela mesmeafonusage^puif.
que leplaijir qui naijide ces mouvemens
9
entft plus sensible &
plus piquant..
On ne sçauroit mieux faire
pour vous apprendre ceJeu charmant,
& vous le rendreintelligible)
que de vous en décrire le
Cours; enfuite vous expliquer
la Conduite quilyfaut tenir,
£7* les veuè'squ'ilyfaut avoir.,
(7 enfin j vous rapporter les Loix
que J'llfage en a établies. Ces
trois articles vous donneront toutes
les idéesduTriêlrac, evous
mettront dans le train de le pratiquerenjoueusefçavante.
Vous
y trouverez des leçons pour vous
y bien arranger; les Principes
pour faire les coups quifont bons
pour vous , pour prévenir ceux
qui vous font contrairespour
donner lieu a ceux qui peuvent
nuireàl'autre.Enfin vousfçanreZ
prendre voflre party de Id,
maniéré la plusavantageuse.pour
remporter la viéïoire.
Ilfaut commencer à vous dire,
que le Triftrac ou le Damier
eslansletheatre de ce Jeu merveilleux
,on doit le choisirgrAnd
& beau, & comme les Poctes
font le char de la Lune, ce à
dire, dy'voire & d ebene.
Les Pieces separées 3font qmn-
'{; Dames de chaque cofté, deux
Dez,, &deux Cornets. Ony
éjoiite trois lettons ou trois Louis
qu'on tire de sa bourft, pour cri
marquer les Points; É7 deux Fi.
cbes, pour en marquer les Trous.
Les De7, doivent eflre bien
quarre% , pour tomber droitsur
leur cube: on les prend de mediocre
grandeur ceux qui font trop
grosfont un bruit incommode&
ne roulent pas ajfle^ dans le Cornet
pour se diversifier. On doit
prendre garde qu'ils ne soient pas
f4UX; e charge^sur legros Otl
sur le menu de mercure ou de
plomb, pour piper.Ceux qui si
fervent de cettefraude, merite.
roient J'estre punis de,grossêsamendes,
violant lefort de ces pttitesmajjesdyvoire9
lequel si
,
doit expliquerpar Uchute for-
.tuite de leurs nombres) conformément
à l'origine des Dez, : car
leurnom de Dé, rvientdu vieux
Gauloisyjus de Dé, jjuuggeemnieenntt
de la providence
, le terme de
Dé
,
estant alors en usage pour
celuy de Dieu.
On cedeordinairementpar honnesteté
les Dames blanchesymaï$
je croirois que l'on devroitvous
donner les Dames noires, pour
faire l'ombre du tableau, jeveux
dire pour ejîre enoppojition à des
mains3aufqudles on peut appliquer,
ce qu'on a ditde celles d'têne
grande Princesse
Elle avoit aubou, t de ses
manches,
Une paire de mains si blanches,
Que je voudroisen verité,
En avoir esté soufleté.
On met d'abord les Dames en
masse sur deux ou trois piles dans
la premiere jleche du Triclrac. Il
ejl de ïu/àge & de la bienseance,
quellesjoient tournéesducoftédi4
jour, pour commencer leJeu avec
la lumiere. jil'ouverture du Jeu, ilfaut
jetter les DeZ avec le cornet, &
compter les nombres qu'ils fonu
Quand cess par doublet
,
deux
As si nomment Ambes As;
deux Deux, doubles Deux;
deuxTrois, Ternes: deuxQuatre,
Carmes: deux Cinq, Quines
: deux Six, Sennes. Les
nombres qui viennent impairs,
je nomment simplement, mais il
fautcommencerpar le gros. On
dit Deux&As, Trois 0* Deux,
&c, & non pas, As &Deux:
Deux & TroisJ &c.Au contraire
dumouvement des Dames,
ou ton commence à les placer par
le moindre nombre.Ily a de petits
mots rime%,que l'on applique
aux doublets
,
Ambes As
Ne font pas grand fracas.
Tous les deux
,
Quelquefois
heureux. Ternes, Lanternes;
Carmes, Donnent l'alarme;
Quines, Grise mine, Sennes,
Grosses étrenes.
tAyant.compté les nombres
qui fuÚnntnt avec les T)e^
, on
dispose les Damessuriesflèchesfé-
Ion ceqtl'ilsportent,cequifenomme
au commencement A bbattre
du bois. On compte lesflèches
en commençantaprès celle de la..
quelle on part ; ainji
, au nombre
de quatre & trois, on place les
Damessur la trojiième 0* quatrièmeflèche
à compter depuis la
Pilt, & qt44nd ily a plusieurs
Dames Abbatuïs,& que le Jeu
s'avance
, toutes les Dames que
Ion place par les nombres des
.JfZ, doivent se compter après
celles qui les précédéet Il dépend
de vous de jouér les deux nombres
avec les deux DÂmes
, ou
avecmefeule,félonquel'Avantagesy
trouve. Il riyenapomt"
au commencement si les àzux
nombres n'excedent lept.
Quand les nombres venus le
permettent, on doitjoindre Jeux"
dames ensemble
9
ce qui s'appellecaier.
Oncommenceordinai<
rment à caser dans la première'
Table, on continue dans la Jeconde,
& mesmedanscellesde
l'autre cofté3 quand le progrés du
jeuy conduit.
Lscoups de deK qui tombent
sur une dame découverte de lautre,
autrement qui est feule valent
dans la premiere Table Six
par doublet, & quatre autrement.
Les points augmentent,
quand le coup porte par chaque
nombre du dé, &par le nombre
ajJemblé, ce qui fait trois articles
y
ilvaut alorstroisfois autant
de points; &dou'{t de mef
me, par l'un & l'autredoublet,
simple & assembleZ Si "vous
ùtihliez de marquer les points qui
font pour vous, l'autre les marquepour
luy, cequi s'appelle,envoyer
à Iecole. On marque
fis pointsfut les flèches avec des
jettons ou des Louis,jusques à
ce qu'on en ait aJu'{/Alors on
gagneun trou feulement, que Ion
marqueavecunefichesur le bord
élevé du Triélrac, quand l'autre
a marqué des points depuis vous:
£7* quand on afait douze points
de fuite sans interruption, on g#*
gne deux trous, ce qui se nomme
Bred ouille, Quuaanndd lleessccoouuppss
de de'{frapptnt une dame découverte
}
sans trouver pafjage^ etsi
à direylorfcjut les deux nombfes
des de'{ tombent chacun sur des
dames couvertes, ce qui senommeyJin
qui ne peuc ,
les
points à marquer font pour celuy
quia les damescouvertes.
Toutes les rafts de la premiere
table achevées
, ce quise nomme
le Petit-jan,ou le Peut- plein,
si la derniere caféJefait par doublet
on marque six e quatre
autrement•• si cefl avecr deux
nombres
, on marque huit, &
dou\;,sie'est aveci trotsnombres,
ou en trois façons, & autant si
c'ejl avec le doublet en deux ma.
nieres :& tant que l'on (cnftrw
le Petitjan ,on marquesix par
doubletquatreautrement.
Le Petit-janeslans rompu,
ou non fait,ilfautfélon les coups
du Dé
,
passer les Dames dans
l'autre table,gry enferleplusqu'on
pourra : sur tout ilfaut
prendre au plutost son coin de
repos: alors si on frape avec les
autres Dames celuj de l'autre
quil n'a pas fait, on gagne six
points par doublet, & quatre
autrement•&quand on a rempli
toutes les cafes de cette fécondé
Table, ce qui est le grand plein,
<mgagne tant qu)on U-conferve
JN.me!nJfSptÚnts qu'auPetit jan*
Leplein venant à se. rompre;
en ne compte plus de points par
ce trJoyen, &si le jeu Je continué
sans le'Vft, on passe les Dames de
l'autre cossé
,
quand le passage
ejllibre, dans la premïere table
de lautre, s'il n'apoint faitJon
plein
, ou qu'iljbit rompu ,
sans
lepouvoirfairede nouveau, ou
bien dans lafécondetable. Si 1 on
ne peutpajjerpar le coup du Dét
chaque Dame perd deux points.
Enfin quand au jan de retour
on cft parvenu à remplir toutes les
cafés dela derniere table, on marque
pour ce plein, tant qnon le
co'nferve, les mesmes points que
pourlesprécelens.S'ileJsItrroompu, ,np
on Itvc les Damesàchique coupâ
felon le De, hors du Tri{lrac. On
compte quandona tout levé
,
(ix
par doublet, & quatre autremmt.
On remet alors ses Dames
chacun de son cossè dans la maffi
des piles, & on recommence à"
abattre du bois, à caser, à mar-
14 ire dquer despoints, & Âfairedee-ss
pleins,jusquà ce qu'on ait gagné
les douze trous qui composent le
tout, où if/le gain de la partie.
Le cours du jeu doit (fire accompagned'unegrandeconduhe*
Voicy les principalesmaximes qui
peuventyservir.
En abattant du bois au commencement
,
si le Dévient ouva
deux ou trois foisdefuite, eJJaje^
de faire le Petit jan; ce rieft
qu'une vetille, mais avec laquelle,
pour ainjidire,ondérobeuntrouy
&quelquefois deux.
,
Si cejl l'autre qui paroistvouloir
faire son Petzt-jan) & que
vous ayc% le Dégrosyavance^
autant que vous pO'urre'{ les Darnes
bien avant dans la fécondé
table, pour tacher à le ¡raper,,(7
à gagner les points d'un trou, (7
peut estre bredoüille, avant qu'il
ait eu le tempsdefaire son Petitjan.
S'il afaitson Petit-jan}&
que
que njous ayel^ huit ou douze
points,avec lautre coin,ne caflZ
pat, matsétale% vos Dames feules
,car il y a plus de coups par ce
moyen à frâperfon coin, que par
doublet.
Afin d'êtreprompt à placer
les Dames,'<*r à marquer les
points, il faut observer que le
nombre pair tombe sur une flèche
de mesme couleur que celled'où
l'on part. ou que l' on compte,&
l'impairftrune couleurdifférente.
Il ny a pasde prudence à celuj
qui jouëaprès l'autre, déjouer
d'Abord, tout d'une Dame sur
tout3 si le premier a amenéun
gros Dé. On peut tenir découvertes
quelque temps les darnes quifont
éloignées du jeu de l'autre
,
mais
celles quifontproches ne doivent
.p.tS efl-re exposées, quand on peut
l'éviter.
Si danslespremierscoups vous
faites des caps avancées, vous
lene.( l'autre enrefpeélvous
pourre^ frâper quelques dames;
maisd'autre part, vous coure.,r,
risque de ne prendre passi-tost
vofirecoin.
On dolt toujours avoir loeil
sursonproprejeupour bien caflr,
&pournepasmanquer lespoints
que ton a gagnez •*
&far le jeu
de l'autre,pourobfrver fesmtnieres,
(gf les fautes qu'il fuit,
A-fin d'enprofiter. S'il efi timide
& mAlheureux, ilfautpoufjcr
en avant, & bavarder. S'il efi
hardjqui'lait le dé heureux.
ilfaut se tenirsursesgardes,Ir:
précautionner, & demeurer clos
&couvert.
C'ejl une précautionimportante
defeconferver- taujotas des
six àjoiier, quandon lepeut. Cel"
aide à cafert & empêche que le
jeu ne se gâte en entajjant des
Piles de dames.
ilj a de l'habileté& de l'avantage
à faire toujours les cafés
lesplus éloignées, quand le dé&
ladisposition des dames nous en
donnent le choix.
Cefontdescoupsfâcheux que
ssiiJxs e& ttrrooisi,sCsifx 0* quatrer
quandUi reviennentdeux ou trois
fois defuite. Ilejlfort difficile de
de les joiierbien.
On levé ordinairement le Petitjajraprèsle
gain du Trou, ou
de la Bredouille ; car/il arrivât,
après que vous le confrvaffie%
un coup otn dtuxt sans pouvoir
achever,& qu'une de vos d-snî, s
sxejlpasédans ladernieretable
de lautrey vous courez rifque%
par le sejour qu'elley feroit, de
perdre là beaucoup de points &
de trous, outre que cette dame
paféeeflune dame de moins pour
fairevoflrePlein.
On doit prendre bien tojl le
coin bourgeois, car il fert beauj
t -
-'
coup àprendre le coin de repos]
mais hors de ce CAS- là tenez le
plâtoft vuide que plein; la cafe
est embarajfantefacbeufe,eUc
prejje le jeu,&ôte les six.
On appelle descafts du vii. &'
du x lecafedeldiavoio^parce
qu'ellesfont difficilesàfaire\Je
trouvant dans une certaine diftancedelapilequi
leurêteles six.
Ainsi ilfaut les faire par préference
aux autres.
DonneZ toujours dei*air à
vostre jeu, de peur queslans avan.
cé, vous ne [oyez accablépar des
coups terribles qui se suivent
quelquefois,desftnnes^es quines,
des six&cinq.
Pour [favoir si vous devez,
tenir ou demeurer, quand vous
A'Vez gagne le Trou ou la Bredouille
y
faites comparaison de vostrejeu
avecceluy de l'autre, pour
juger lequelefilemieux compose,
&l<-plus avancéj lequel aleplus
de bois abattu,&le plus de cafes
faites: lequel des diuxenfin efi
en meilleur eflar. Sicefl le ruoftrtJ
& que Je' plus] vous '9'eZ des
points de refle, tenez) autrement
joüeZi& s'ily a de légalitédans
l'un& l'autre jeu, ou que vous
luy donnie^ plusieurs points> <?/-_
lek-vous en avec la prérogative
du dé qui vous demeure.
Quand l'autre a huit ou dix
points, &queJon jeu est mauvais,
tene^ le voflreferré, &
ne laifle% aucune dame découverte
quifoitaJaportée, cars'il
rvicnt la fraper,& qu'il ait affe7,
de pointsj pour gaoner le IrouJ il
.lerue, & ilstfauve.
Comme la fortune ne va que
de de en dé
y
il nefaut pas manquer
de metire à profit , de
faire valoir le coup qui se presente.
Mejúre':{ bien les coups qui
vous restentJ & ne rene:(, pas
vofireplein plus longtempsqu'il
nefaut,pour ne vous pas exposer
à ttnplade,&si eslansprefé par
quelque gros coup, vous trouve%
une ouverture dans le jeu de
l'autre, paffe;C y une dame,afin
de vous confcrver des coups a
jouer d'autres dames.
Les damespafîtespeuventfraper,
<2r efire frapées par celles
quise rencontrent ion marque les
points de la table,félon que le
dévient doublet,ou autrement.
"Qelziland on a besoin de points
pour pouvoir tenir Jon plein, il
faut laijjer au derriere des dames
découvertes
,
qui putjjent eflre
frafles; & au contrAire) ilfaut
les tenir éloignées, ou couvertes,
quand on aura aJqeZ de points
pour lever.
On s'oftc lessix en pass,âni les
dames dans l'autre table3afin que
s'il envientunjlvousépargne une
dame àjouerf qui ne vous coute
que deux points, (9 parcemoyen
vous tenck davantagevojlre
plein.
- En rompantvoflre plein, s'il
'Vous 'Vient cinq & quatre ou
quatre & trois) décou'VreZl'lûtost
deux dames au ha"^a>d de
perdre quelques points, que dv
laijjerJt tossa l'autre unpajpige
qui luj Jerviroit a garder plus
long tempsjon pleinàvojlre préjudice.
Quandvojlre jeu efl devenu
dangereuxpar plusîeursgroscoups
defuite,qui vous ont maltraité,
(y* qui 'Vousprejjent, s'il ne vous
rlle qu'une cafe àfaire pour votre
Plein, mette si wus le pouvez
, une dame dedans, au peril
de perdre le trou CF wepne
irebo'ùille, pour prévenir de perdre
la partie, car il rvaut mieux
perdre un trou ou deux, que le
Tour.
Qirand l'autre a beau jeu) 0*
quily a pourtant quelques coups
contre luy, quipeuvent le ruiner
ou l'incommoderfort, comme un
Sennes, un Quinesy ou un Carmes,
ne manque^pasde les luy
donner. En tout ejîat de jeu,
ter.de- des pieges à l'autre par le
jan qui ne peut.
Quand Cautre a sonjeufort
avancé, C7* quil ne pourra pas
tenir deux coups, sans rompre
fonplein,si vous ltry donnezdes
points avec lesquels il acheve, il
nefaut pas luy laisserfaire l'ecolc,
ave,tiffe^ le de marquer le
Trou.
Lorfquon passi au javtde retour,
& qu'il refk peu de dames
à l'autre aujftbien qu'àvous,pi'éfirez
à d'autre coups, cduy de
Jortir de vostrecoin, de peur que
vous ne le puijjie% pas faire une
autrefois, & que cela vousenipefebe
de faire voflre plein
, ou
quille rompes'il efl fait.
Ilfaut de lafcicnce&del'application
pour le jan de retour:
pour choijïr les dames
,
qu'il faut
pajfcr: pour faire avantageufement
les cafes, foit les proches,
(oit les éloignées, pour fermer le
pajjage aux dames de lautre
y
pourJortir devofirecoin à prOpCls.:
pourJe préparer à remplir le plein
d'une ou de deux) ou trois manie,
res: enfin, pour arranger vojlre
peu à pouvoir lever le premier.
Ily a certains embarras qui obli.
gent quelquefoisd'avanturer un
ptufon jeu-, comme de mettre dedans)
de pajjer une dAme) de
laijjer plusieurs dames découvertes
; mais hors de ces situations
surprenantes
,
il faut eflrefage,
Celuy qui jouë dans l'ordre &
fplon la iegc,mmérite d*avoirledé ,,ri t e d"avoi?
le dé'
favorable, e de gagner.Àussi
a-tilplus de coups à tfpcrer pour luj,& àla longueilaura infailliblement
l'avantage.
Ilya deux extrémiteZ dejeu
tres facbeufes pour celuy qui sj
trouve exposé. La premiere 9 quand vous ave% vofire jeu si
refardé, que vous navezpasencore
vofire coin, au contraire de
l'autre qui a son jeu si avancé
quefion Plein efl déjà jait. LIlors
à chaque coupdedéil marquedes
pointssur vous en>jrapantvofire
coin 5à moinsqu'il n'améne un
- 1
tU)& quilnaît pas une lroifiéme
damesur la fiécbedefoncoin,
*9*ïlprend encore despoints dans
on propre jeu,en marquant chalue
fois la valeur de son Pltin,
Néanmoins ce nefî.là qu'un petit
triomphe pour luj, c- ce riejl
pas voslre défaiteentiere. Ce
progrés ne va ordinairement qu'à
quelques trous ,
çjjr ne pouffe pu
jusquesau tour>Cequevousave%
àfaire) c'est deprendrevoflre coin
auplutost, mefmc en découvrant
une Dame,pourluj boucher cette
source de points
, (jr de mettre
dujji dedans, pour faire vojire
plein) on pour luy fermer le passage,
C le faire rompre.
Laficçnde extremité est toute
opposéeyquandvostre jeu est trop
alvancé1 que vous avek déjà
rompu voflreplein, &que l'autre
n'achève le fien, qu'uncoup
,-
ou deux après. C'est le grand
triomphe pour luy}& vojlre cléroute
totale, quifenomme Ensi.
lade, un Efyagnoldircit; Il renegado.
lij'^ua ordinairementdu
tourenfaveur de celuy qui a eu le
jeu retardé. Il marque tncefJam.
ment des points, ô*chaquefois
au troisiéme coup,& quelquefois
au fécondy bredoüifle. Il force
pour ainji dire, vojlre camp; il
entre dans l'une&l'autre de vos
tables: enfin il vous bat enruine
le touscojle£ri/ remporte ordinairement
la victoire complété.
Laressource >silyenapourvous,
est dans lede
t AU cas QU'ilaminé
souventgrospour ïautrejolivent
petit pour vo<iS
3 cr que
cela donne lieu à la rupture de son
plein, avant qui'lfoit au dernier
trou (7 à un passâgepour vousy
afin daller retirer dansson jeully
a vingt un coups ditferens
dans les de7,
,
lix par doublet
x 0*quinze autres, ce quifaitune
sigrandediverjité de manieres de'
jouer, qu'on ne peut pas donner des
avis surtout. On en doitprendre
aelaconjonrluredu jeu defaprn
pre experience , & de lexemple
des habilesjoueurs, tr quelquefois
mesme s"attendre a la fortune,
Car dans un Jeu de mouvement
Rien n'etf un fondement
solide.
Jouez bien
,
jouez sagement,
Le caprice du Dé leplus fouvent
decide.
LïEconomie du jeuefl d'ab.
battre du bois3 de profiter du
Petit. jan s'ilsepresente par la
faveur du dé
?
autrement de ne
vousy pas amuserj de tacher à,1,,
j
irendre le premier vostre coin de
repos; d'avancer toâjours vojlre
jeu; defaire les çafes les plus avantageups
• de n'estre njtimide
en ferrant tropvojlre jeu, pour
nt donneraucuns points; nji temeraire
,
en étalant plusieurs Dames
découvertes à perdre point-s
(y trous ;
de ious tenir dansune
jituation a faire moins de gain*
que de p'rtes; de vous donner le
grand nombre des coups du dé;de
viferàfaire bien tast vojlre plein;
£7* de ménager les cafes quiy
conduisent; de mettre à piopos
une Dame dedans9fi- l'autre n'a
pab de peints ou riena pasassez,
pourygagner le trou; eque ce.
lane préjudivie pointàvoflre bredouilla
; de diftofer vos dames k
remplir de plusieurs façons; sur
tout, d'avoir des six tout prrfts;
defairevaloir vostre plein le plus
qu'issepourra fanspotirtant s'exposer
à l'enfilade; (7 d'erire applique
& exaéï à marquer les avantages
qui vous viennentjant
de vostre jeuque de celuy Jetau
- tre.Au travers de tout cela, il
faut donner quelque choft au havard
, & s'abandonner à quel.
quescoupsd'esperance
,
puisque le
succés du jeu arrive partiepar la
science&partie par lefort.
On ne dait pas négliger les petits
profits Marque^ quatre
points tpour le jan de trois coups:
quatre points pour lejande deux
tables, &six pardoublet; quatre
points,si n'ayant que deux
damesabattuës quifont entrées
dans vostrecoiny<vousvene% à
faire un as, ç^r six points, si
vous faites deux as. Au contraireyfi
l'autrefait un as,nayant
que les deux dames de son coin,
(7 le njoflre estant fait, il perd a
voflre profit quatre points, &
six,s'ilfaîtambes as.
La Pilote malheur ne gagne
plus) c'est à dire, quand n'ayant
pû ptfjer aucune dame au jan de
retour dans le jeu de l'autre,elles
se trouvent toutes (ntajJées
sur la derniere fleche où est vojire
coin : ny le jan de rencontre ne
se joue plus: il njaloitautrefois
px par doublet, quatre, alltnmuJt,
àceluy qui amenoitau
commencemtnt du jeu un coup de
de semblable à celuy du premier.
Adargot la fendue perdoit autrefois
dlUXpOlnts; on ne les marque
plus. Au refle le rnot de jan
appliquéàplufteurs coups,vient
félon nioy, de Janus, à qui les
Romains donnoient plufteurs faces.
On 1 a mis en usage dans le
TriSlrac pour dejigner symboliquement
la diversité desfaces de
ce jeu.
Pour ne faire ni écoles ni pertes,
0* que vofire jeu ne reçoive
point de préjudice hson honneur
& à son profitt il vous fautsçavoir
le tarif du Tnclrac comme
les Financiers celuy des monnoyes:
nen ignorer aucunarticle, Ci l'a
-
•voir present-à chaque coup-dinji
on accumule des pointsy Ci onfait
des acquets de trous, posir emporter
la partie.
Ily 4 quelques privilèges
qu'il faut faire valoir, Le premier,
de lever si vous vouie£
ayant gagné le trou; lefécond
,
d'avoir le dé en recommençant; * le troisiéme, de prendre vojîre
coinparpuissance
, autrement
avec le coup de dé qui donnesur
le coin de l'autre; le quatriéme,
quand on leve les Dames au jan
de retoury de lever le cinq sur le
quatre, le quatre sur le trots,
(27V. pour avoirplutoflfait; le
cinquième, de changerde deK lors
queparunefuite decoupsfâcheux,
vouscroje^ qu'ils vous portent
malheur, de me/rnc, lorsqu'ils
semblent trop favorifercelujavec
qui vous joue
Uufage permet d.ég.iyer le jeu
avec
4Vcc depetitsquolibets, quand ily$grandnombre de damessur
unemesme cafe:Voilà, dit on,
le baudet bien chargé. Lors
que le jeu est pregé pour avoir
faitdes cafes trop proches
, on
nomme cela, brider le cheval
par lar queue. Desdamesfeules
ne pouvant se couvrir par le
nombre que le de aamené, on dit
enraillant, Couvrez tour. On ,
dît de mesmei lorsque le coup du
dé tombe sur une cafe vuide entre
deux damts découvertes
Margot la fendue Quand i„l
y a trois cafés écarte/tes, quon
nomme le Rateau on dit du
Rateau le jeu n'en eitpas
beau. Et quand ayant a couvrir
une dame par rxempie, a
U r.c:.v:cmelfèche}£*7* ayant A--
mené cinq e qua:re, 'Vous pre.
Mc~«? une dame à pcrtcc du cinq 1 ciWq-Litre&vous
en
..b,tt.-
c;~ .-r,L/ ~'c'/;y f~ ~--
te%unemurede la p'J.e, qui isti
faire pardeux d.unes) ce quer"¡),'us"(
.pouviezfl;ire par une Ui1 bunJ
ChJrpciuKTj dit on) aucO'CJ
faittu'unc i¡; (',.
'- J ,',. l i
l, Í -. ',~
L'", .',1 ;r"," '1 ftr L;''-t vas \o'4€fan "1T"',, J - -
,', ,r ~:.,i.trac Lïr.iCiViCnt!es* <-ivcc ,y'td" - c:'
r
celafcroîtennuieux çycontreta*1. \.! ," t fJ. ~, ,.. L..i
f,"'> lu /<1 nature du f'.,t VI' .1:¡, JI,. , e. oui d.mande de lan C'ejl un jeudeprefency
d'esprit, & où tout se fût impromptu.
Le bruit qu"on fait en
maniant les dtlmfS) est pour rutil-
1er(y*pourempêcherune attention
Jombre& trop forte. On a prétendu
que de ce bruit luy venoit
le nom de Triétracy comme It nom
sdetaffttMdubruit qui se fait en lemarnant. Onpourroit luy trouver
une origine plus noble, en U
tirant de deuxpetitsmotsGrecs,
Tris trakus, qui ftgnijie trois
fois diffciL; pourmarquerque
ce beau jeu donne beaucoup de
peine à le penerrer.eàfe défendrede
l mpire dt*Déqui r¡ran.';si,
(7 qui romptjouvent le* mc(<4> es
les mieux prifts. Il ne faut pas
aussi le jouer avec précipitation
,
de peur de faire un bruit
qui étourdijfe,quifajje manquer
des coups, 0*aller à l'école Delà
vient que lors que les Triélracs
font extrêmement grands, on
drape les dames.par dejjous pour
en diminuer le bruit. Un autre
expedientplairoit davantage,si
les doigtsavaient l'adnjjede manier
lesdames aussi agréablement
que les touches d'une Epinette,ou
de compofcrunefymphonieavecle
bruit du Tncîrac,à l'exempledes1
^ma^oncs, qui à l'entrée de leur
Reine dans Babyloneyfçavoient
si bien mesurer lefifttment de leurs
fléchésy qu'il en refultoitune harmonie
comparable à celle d'un
Luth. On ne dolt pas joiier trop
longtemps,la tesie ne s'en trouveroit
pas mieux3 & l'application
en feroit moins extéle. Chacun
ffait sa portée, mais on ne je méprendrapoint
deje borner a cinq
ousix Tours au plus.
Les ltoix du Jeu succedent à
09
la conduite, ilfaut lessçavoir,
car elle en dépend, Ci on cfl obligé
de s'y conformer.
La Dame touchée doit frire
jouée.à moinsquonriaitfût la
doube.
On 17I[fl point relevépar la niir'njre ci ùioiir to'uche ffne d¡sme
ileurtiïitdv-tïe,r:tova:tecelle là ';,-¡, jx.y < il. ) ¡ ,,/ r.ej'U''to:ntU r c. ,l'" que !onavoit
, j) l
,~ a j :., ¿,.r f.. V oule PICin q.J( on IlOn fx<t ioù r U
l j dame touchée,çjrs ily a heu l*on
envï-ycal'lé' col, ed1es points cjuel!''on
Avoir marque^
,
(7 le Plein ne Je
faittpas de cccoup Ik. ç *r..! t c' ;:.: 1 .,,'" r j ci r'-: ;.,: 1 ; ¡ v ) ;"(f# {* Ç.1 r.7 •?V•-1-V f.. , J- J :
t*Mcnc% '1 1 1 { 9 on peut fJr'f? osr^c o:s dc là, 0:4 d.., e demeurer aJ cu, dejc'ùerd'une
feule dame le nombre des deux
De^y s'ilse peut Ilfaut jetttr rondement les
DCSqu'ils aillent AUfc;:ddu
Tr;cïf^c qui les n n voye. Pc cette
f: :',¡(1 i',~ue-i e
9
fo>:e il ny a Ooim defupcnhnie,
comme il Arrivelors qu'on Laiffi
couler doucementksde^pouramenermenu,
filon le besoin quon en
t()CArsa ct'ifjc qui efisur les gros
poïnts,lesFAIî Îcmberfurceseubes,
&il en vient deux&asitrois& deux,&cil
;uf '1' point lever les De7,
R- * , 1/ si
•
-sÎ:RJNÎ(FIEJOIIEZ, carflon
~'i ¡"j" j" ~~,
F.' ;c:;vïcnt p.is du coupdes De^
C>' q*il ny ait passa de té'ïioins,
celuy qui a joué, a droitde l'emporter}.
commc il A nomme AUparavant.
Onpeut romprequelquefois 1er
Dez que l'autre jette, mais il
ne faut pas avoiri)eu ce qu'ils
portent, c'efi contre l'honnefttté.
c' est marquer de U défiance de le
faire trop foulent.
Le Dé qui piroüette peut estre
arrêté avec ltcornet)ou par une
chiquenaudey& il cft bon.
Un Dé qui fort duTriélrac,
ouqui n'eppas bien droitsurson
cube3 nevautrieniilfaut le jetter
de nouveau.
Quandle Déestsuspendu ati
bord de lA dame& du TriaracJ
ilfaut queceluj qui l'ajetté tire
ladame, grsilj demeurt, il efl
ion.
Ilfaut avant que de jouer les
darnes marquer les points que l'on
gagne:iln'tft plus temps après :
il
faut que cefoit droit sur les fléches,
deux sur deux, quatresur
quatre, &c.
Onenvojeà l'école celuy qui
ne marque pas les points qu'ilgagne
1
ou ceux qui luy viennent par
une Infautet autrement Jean qui
ne petit.
Après avoir marqué les points
de jan de trois coups^vousrieftts
pas ôbhgéde lefaire.
On nesspointobliged'envoyer
àlécole; mats quand ony
envoyéy ce doit tftrt de tous tes
foiuts.
On j)n-!c vous jlire mv quer
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trou) lry à lecotede11- T.;r;t
, l 1 quon a la m.r-yi? a la main. on
pc"t s nJUr, /wjtf qu'on ta
pa c-c v ';; Licejour marquer des
l 1 1 Pli aï, o/i ,jtojh^cde rcnlr.
cp~j{r rIJrrr¡e¡A ta bredouille, il
faut queleÓsÓpremiers points ayent cjic,}avec un deuxième
jetton
,
autrement on n'a qu un
tre:i.
Ce ''-}'J::it On ii.terro:'?Vlà
'- t , ¡. ;- i 1. l , -~,.,' '-
¡! ,l V^'r ", 1A ! yl.^
1 t # - ,,~ "',..: ','>-
j"!',)Í.
Cr -•!r"ya;ir, ,es r'" !,., \.,J 1;,. ".,.. ,¡ t ,f; ~", : '; J
t' i ne d:>n>irq-icp&s ff [esL.tU.-es Jli avoir <z-c né le tio.c,
en csï cnv:>S} c
")(J 3 01 1. 'J
4v t f TCJ.1f. ,.1 oute; les jo:s q,'{ o:i le'j:> on
perd les points qui rejlent.
Lors que vous tene% o;o/?r^
Petit jan, on ne peut pas vous
contraindre de paffer une dame
dans la tableduPe.itjan del Mi-
Ire, s'il le peut encorefaire.
Si vous pouve^ prendre vcjlre
coin par vous.mefmc, il ne vous
est pas permis de le prendre par
puissance.
On n'entre dans le coin Jt:
reposquavecdeux dames, &on
enfort de mcfme-
Quoy que l'autre ait seulson
coin, vous ny fçaurie% entrer,
ny avec une dame, nj avec
deux.
Quand on rfl forcé au jan d;
retour de sortir de jon coin ony
peut encore rentrer pour ftuver
lespoints que lautre marquerait
en le frapant.
Aujan de retour le Plein se
rompt, si on n'a point d'autres
dames à joürrque cellejdu coin,
& qui nenpeuvent cftrttirées ,o;ïunnombr,:
enfaïfant un as you un nombre
qui trouve le pajjfermé par les
dames de l'autre.
On peutcontraindredfpajfer
les d^rus (L11s l'autre jeu,foi?
pour cor;ferver le Petitjan yfoit
pourrompre le Plein.
On nepeutpas an jjn de re-.
tour leversix sur cinq; cinq sur
quatre>quatresurtrots &c. tant
quily a encore des dames dans
l'autre 'Table,nysix sur quatre,
&cinqsur trolS, Ji VOK* anjc-^
un cinq & un quatre à jouer.
Unedamene peut pointS'-M*-
refltr d.tns le jeu de l'autre tant
qti il peutfaire son Plein-
GHTATI'Ionne PEUT[\isjouerIJS
dam,-saujandereiOkr,les double!
sn> fer riait paSpiUk qn'aniretntr.
t, pour une durnec deux,
bcp'nrodeu:x.dm,irescritJH.itre, .J (' (' 1 C!iX a.'>:fo nt prtfns pM vent
l'fin. pris pourj'i^soupourtémoins
m¡¡&S ils ne doivent POINs
l J r' d'eux mefma donner d'dvis, NY
enjuif-Unt,nypuraucunJtgn?. fMa
demotfctte,sans -ans
pbi'ofot,jer davarJ^ sur le Triélrac
ajje^demattsttp ourvous
exercer, C pour en tirerla Lonnc!,
j(1t'',nce c\r,c nous !!1{l't'.rt.':( d!ece
l 1 - 1 ,,;
~, .,.. l '7 6. ---" (J
bi«hICA quincfl ujilêqu'tn:rc les dt n')J(/"f CT I,.r re,, , t'Ja.f I!i J le'1 purnieeiélwtjî'rvirmjyeeCL'u£iltp.trotslt' avoir d'aïer d cls iJ'1
,- ri'
Í~
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l r - "'1!-' t ¡; v, L,. Ij.<i-iï;e L.?C,'--trsd unlanuiJ :.-", ''; ;"'!- ",JI J "J
J lj r~ l,.,,-,-'" r:).i":.': ; p!:'-irsc.--.'a a. fMH- en °- J ,¡ ."1.' ; !' 1;>l: .1' S r 0 ¡,; c 5 i:.-:tx:p!i:.jla:-rs•'01':cS
) ji';'
îanicj.i d»?:autre}(ypo^rd.vtrs
Jtvjets}trotsPleins à nrnflir'tn
diverses tables:uneconduite COM.
posée d'une infinitéde maximes,
& qui ne peuvent pas toujours
çftresuperieures,puis que lafor.
tune décide en partie du succés;
quantité de termes fingu/itrs, une
multituded'incidens qui étonnent,
un Tarifde points, un Code de
loix ; enfin un corps de plusieurs
parties inconnues auparavant;
tout cel,t assembléparoiss rebutant,
£j$rfait peur, comme si ton
ne pouvoit jamais y parvenir.
Cependant ony arrive avec un
peu ae docilité. A mesure qu'on
prend racine dans cejeu ou:cela
vient mfenfiblement lun après
l'Autrt, &ona leplaisir d'éprouver
qu'après une pratique continuée
durant quelque temps, on
se trouve enfin avoir dans la tcflet
pour iiinfi dire, C-, dans les mAins
iascience de cet admirable leu.
Ouy, Mademoiflllt, l'attenron
au difcoursdecette Lettre J'usare
du leu, &lesleçons&les confcils
des habiles loueurs qui auront
l'honneur dy'avoir le tesse à repc
avec vous , vous en faciliteront
l'étude cria pratique en fort peu
de temps. La droite raison) le bon
Jens>lefj)ritjuste, trois partiesott
veut dUeZdeUfuperiorité, ache.
veront de vous inllruire parfaifancnt
pour efire rompue dtns le
¡e:l
,
&*y rafinerautant que per-
Jonncfat:s vous étonner dj voir
i-?sprit cr le jugementtoujours
a<u~x~ p~rri-jes avec la pmffan~cce~ &
les évenemens du fort. Vous en
découvrirez.[iar cc moyen lefin
(7 lesmi'si.res dans toutel'étendu;
du manègec :vous poffcderekle du Ieu avec la conduitrftge
telairce qu'ily faut tenir, (cfr
votsy ricqinTc^ IÂ belle habitadd:,'
àà le jon:rfnsppininee,, l/ef~gerfr~em<e'Mntf,,'
sans m-iri(e
,
toujours félon les
principes &la rt^l'',&yégalant 1
s maifles.Il me rtfte à dire que
le Jeu du Trifirtc efi d'unujatr
Symbolique dans lavie. Platonau
10 livre desa République, l'a dit
en général du Feu où il y a des
Dc{. Il faut, dit-il, prendre
conseildesaccidensdelavie,
:.&: comme dans lejeu desDez,
r|égler nos affaires sur ce que Uhasard nous a envoyé, en
nous servant de toutes les
lumieres denostre raison; &
comme il nous semble que
c'eitje meilleur party. Terence
danssesAdelpbesafaitla même
reflexion. Sçavez vous que
dans les affaires de la vie il
faut tenir la même conduite
que dans le Jeu des Dez ; s'il
arrive que vous n'ameniez
pas les points qu'il vous faut,
c'est àvous à corriger parvostre
adresse celuy que le hafard
vous a envoyé. Voicy un
exemple particulier du Trictac,
qui est rapporte par ~Teineuira.
Les Indiens avoientenvoyéaux
Persans un Ieu d'Echecs, pour
Leurfaire connoistre U nature des
choses du monde, où la guerre efi
continuelle, cm où pour bien prendre
son party, on a besoin d"une
prudenceconfornmée. LesPersans,
afin de leur rendrepresent pour
present, moralité pour moralité,
leur envoyerentuneu detrictrac,
pour leur donner à entendre qut
dtns les affairesde la.vie civile,
outre le secours de l'ejf>rit ey* de
la raison, onavoit be/oindesfaveurs
dela fortune
; m4is comme
1?sfaveurs ne regnent pasfeules
&que les disgraces leurfont IljJaciées,
ilsatis au jeu du Triélrac
avoir de la modération & de U
patience. Ily a des coups defortune&
des coups de malheur. On
arrive quelquefois au Portà
pleines voiles, par les avantages
fortunez qui se multiplient; &
quelquefoisonyfait naufrage par
un orage(y*unefuite demauvais
coups qui uowfont perir. ily*
des coups de îi-uqucs? qui ., viennentàVQ.ntn;?/mê, cF ji
heurehx3 q:ion (;1 n'um:b: av;ç tx,c'Lwidtion1ilyaJ<;:<!risColiUS 1 .¥. (.,. 'J (Ot,' --
'.J~.,. r
fil ru les &jîtcru-tlcs rjr nuo» ne
., 'N ¡. J f.. -./ ~~, .,."to .,' J
cro"olt jci;-rjiï j>o<-jorjtrrjer$ 'f 1 ..A J i V , .., \,. J qu ils ac1 tion,j'nt d1 [( jcrcr.t,
JLnunsejr lesajms deccs caps
peuvent ejhe le^.ird Z aiec
quelque surprise. mais îli ne iuivent
pointird^.jporter hcjire tjimt
horsd; son apette,nypourle
,'V, r ,
J7l'a 1 di"
-~,, vcr9 ny pour l'abattre. 11i non d,s caprices y des révolutions
du Jeu miu les loix& des
réglés de la .f";t;r¡je &de 14 vertu,
focu~> rJeconsercv> a' dins le calme £<F
14 tranquillité qui luy convienncnt
JcJïiisavtcreJfecl&c-
-
Le 26. du mois passé,enrre
trois & quatre heures du
matin,il s'éleva une tempes
te si prodigieuse à Poissy, qui
est à une lieuë & demie de
- S. GermainenLaye, qu'après
plusieurs grands coupsde tonnerre,
la foudre tomba avec
des éclats tres-furieux
,
sur
l'Eglise del'AbbayeRoyale
de S. Louis de Pouly/Ordre
de s. Dominique.L'embra-
-fèmeru fut très grand en un
:issi.omenc) en forteque cette
magnifique Eglise,qui passoit
pourestre un des plus beaux
& des plus grands monumes
duRoyaume,fut consumée en
moins de trois quarts d'heure.
Lesdeux clochers tomberent.
Les Cloches furent fonduës,
& toute la charpente brulée.
Une grande & superbe voure
paroist le soutenir encore
quov qu elle soitouverteen
plusieursendroits. Vous sçavez
,
Madame
, que c'estla
Soeur deMr 1. DucdeChaunes
qui gouverne cette Maison.
Son zele & les soins pour
fconlervaciJîluy 1 rent
donner
donner de si bons ordres,
que ceviolent incendies'est
terminé à l'Eglise. On avoit
sujet de craindre pour cette
Abbaye, dans le refectoire
de laquelle s'est tenu fous
Henry IV. le fameux Colloque
de Poissy.
Vous ignorez peut-estre
le lieu oùelleestbastie. Ccstoit
autrefois un Chasteau
Royal,où les Reines alloient
souvent faire leurs Couches.
SaintLoüisynaquit,&yfut
baptisé. De là vient qu'il se
saisoituntres-grand plaisir de
s'appeller Louis dePoissi. Ce
saint Roy fut canonisé par le
Pape Boniface VIII. fousle
regne de Philippe le Bel son
Petit-fils
,
lequel voulant
honorer le lieu de lanaissancede
son saine Ayeul, y fit
bastir l'Eglise & la maison
qu'on voit à present sousle
tirre de Saine Loüis. Onobserva
en la bastissant de placer
le grand Autel au meïme
endroic où estoit le lit de la
ReineBlanche, sa Mère,ce
qui fait que cette Eg'ifen'cH
pas tout- à- fait orientée
,
J
comme elle devroit l'estre
,
& comme le font toutes
les autres. Philippe le Bel
n'ayant pas avant sa mort
achevé de la bastir,les Rois
sesEnfans & fèsSUCCLifeurs,
prirent foin de faire mettre ladernieremain à un Ouvrage
si digne de leur pieté & de
leur grandeur. Quand elle
fut dans sa perfection
, on en
fit la dédicace fous le regne
de Philippes de Valois, qui
en fit toute ladepense. Il alIi.
sta à la Ceremonie, accompagné
de toute sa Cour ran,
1330. Ce saint lieua toujours
esté en si grande vénération
par les raisons qu'on vient
d'exposer,que plusieurs Princesses
de l'augusteSang royal
s'y sontconsacréesàDieu,&y
ent fini leur vietres-~faincement
dans Tecac religieux que
l'on y prosesse. Leurs corps
reposent encore dans cette
Eglise,aussi-bienque le coeur
du Roy Philippe le Bel, son
Fondateur; le corps du Prince
R obère
,
l'un des Fils du
mesme Roy, &celuy du Prince
Jean, Fils du Roy Philippe
deValois.
Les Princesses qui ont saic!
profession dans ce Monall:e-.
re, ôc dont on y conserve
précieusement lescorps,l'oilr-l
Madame Marie de Clermont,
Petite-fille deSaint
Louis, & Fillede Robert,.
Comte de Clermont, dernier
FilsdecesaintFRoy, &
Chef de la Branche royale
-
de
-
Bourbon.
Madame Margueritede
France
>-
Fille du Roy Jean.
Madame Marie deFrance,»
FilleduRoyCharlesVI.
Madame Isabeau de Valois,
Fille de Charles de Vators,
Frere du Roy Philippe
le Bel, & de Catherine,.
Veuve d'un Empereur do
Con stantinople.
MadameIsabeau d'Artois,
petite Nicce deS. Loüis.
Majame Marie de Bourbon
, Fille de Pierre, Duc de
Bourbon.
Madame Isabeau d'Alençon,
Niece de Madame Marie
de Bourbon.
Madame Isabeau de Bourbon
- Vendosme, Fille du
Prince Jean de Bourbon, &
de Catherine de Vendosme.
Madame Catherine d'Harcourr;
donc la Mere,Carherine
de Bourbon, estoutPrinceffe
du Sang.
1 MadameMarie deBretagne,
Filled'Artus) Duc de
Breiagne. Il y a quantité
d'autresPrincesses, & Perfora
nes Illustres, dont les Mo*
! numens Sont dans l'Eglisede
I Saint Loüis de Poissi
,
mais
je les parte fous silence, comme
une infinité d'autres par.
ticularitez qui rendent cette
Eglisetres-considerable.
, Je fuis en estat de satisfaire
voltre curiosité en partie,
touchant la prétendue Comtesse
de Nassau dont les Gazettes
d'Amsterdam & de
Bruxelles,ont parlé plus d' une
fois, & qui après avoir
attrapé de gros Bourgucmef.
tres de Hollande, alla duper
les Francomtois, fous ce
mesme nom. Elle se rendit
de I^L à Nantes) où elle sVft
fait connoistre en le qualifiant
Comtefle d'Elmont.
A la de scente du batteauelle
se mit dans une gargorte du
Port Maillard, où elledemeura
prés de deux mois
incognito. Pendant ce tempslà
elle étudia le terrain, prit
des domestiques fabriqua
des lettres de crédit. Un bon
Flamand du Pons, fut assez
peu éclairé pour s'y laisser furprendre.
Il luy presta sur ses
lettres septà huitmille livres,
donc la Comtesse s'etf fait
!
honneur. Sitost qu'elle se
vit accréditée, elle allachez
le sieurCottineau, Marchand
de la granderue
,
leva des
habits nlagnlfiques, &le pria
> de luy faire trouver quelque
maison ou elle pust attendre
-
commodement son équipage.
Heureusement pour cette
fausseComteffcMadanie le
Bon, femme de l'ancienPrevost
de Nantes , se trouva
chez le sieur Cottineau dans ,:t.--
le temps que laComtefle luy
parloit, & après luy avoir fait
civilité, elle luy offrit la moitié
de sa maison qu'elle n'occu
poit pas. La Comtesse ravie
d'une conjoncture si favarable,
luy répondit d'une maniéré
à l'engager. Elle accepta
l'offre qu'on luy faisoit
d'une maniere si obligeante,
& aprèsavoirvisiré cet appartement
, elle le trouva
tout-à-fait à sa bien séance.
La Dame le luy fie meubler
fort. proprement , & s'empressaàluyfournir
favaiffelle
d'argent,&« luy faire trouvertoutcequ'elle
souhaitoit.
La Comtesse ne fut pas plutoll:
dans cette maison,qu'elle
commença à faire bruit
dans le quartier à s'y distinguer
par ses grands airs&
par les grandes aumosnes qu".
elle y faisoit. Les Dames du
voisinage allérent la voir. Elle
les receut en femme qui
avoit dessein de leur faire
croire qu'elle estoit d'une
qualité des plus distinguées.
Son teint d'une blancheur
éblouïssante, ses airs aisez &
naturels,& samaniere de parler
fine & spirituelle
, charmerent
ces Dames qui en sirenc
un recic si avantageux,
que routes les autres s'empresserent
d'aller lavoir Elles
voulurent bien passer sur le
Ceremonial, dont laComtes
se estoit fort jalouse, car elle
ne donnoit à toutes ces Dames
que des sieges à dos
pendant qu'elle se conservoit
le fauteuil. Elle tenoitle cercle,
sa courgrossissoit de jour
en jour, & la Premiere Presidente
de la Chambre des-
Comptes fut la feule qui refusa
de s'y trouver. La Comcesse
les amusa assez longtem
ps par Ces beaux discours,
mais enfin (on Mary & son
précendu équipage ne paroiflanc
point, elle prit le party
de s'absenter le 17. de Juin
dernier. On s'en apperceut
d'assez bonne heure. On en
avertit les Incereffez, &
on leur donna chaudement
l'allarme. Ils le mirent en
devoir de la suivre
, &
l'un d'eux sur assez heureux
pour la trouver au marché
habilléeen devote qui sedis.
poloit à monter à cheval
pour prendre la route de
Vannes. On l'arresta
,
mais
elle ne voulut pas suivre les
Officiers de Justice, qu'on ne
luy eut amené un Carosse,
de peur de déroger à sa qualité.
On cuit cette complaisance
pour elle, & dans cet
équipage on la mena en prison,
oùelleest presentement
dans la dernière désolation.
Les Dames qui sont naturellement
curieuses & complasantes3
conrinuër.tà la voi r
dans cette prilon, où par
leurs foins elle ne manque
de rien, estant toujours vêtuë
tres-magnifiquement. Elle
ne les entretient que de sa
qualité & de ses malheurs.
Elle se dit Princesse de la
Maison de Montmorency,
de la branche deFlandre
Femme , en premières nopces
d'un SeigneurEspagnol,qui
luy a laissé de grands biens
enCatalogne;& en secondes
du Comte d'Elmont,
Officierdu Regimentd'Ar.
tois, qu'elle a épousé. malgré
sa famille. Les Juges ont
écrit à toutes les personnes
qu'elle leur a nommées
,
ôc
ont reglé (on Procès à l'extraordinaire.
On verra dans
peu de temps le dénouëment
de cette histoire, qui fait l'entretien
de toute laVille.
Le 2,6 dece mois, Mr l'Evêque
Comtede Noyon, Pair
de France, Conseiller ordinaire
du Royen son Conseil
d'Etat,eut l'honneur de haranguer
Sa Majesté à Trianon
, au nom du Clergé de
France, estant assiste deMrs
les Archevêques, Evêques&
autres Députez de l'Assembléegénérale,
quis'est tenuë
à S. Germain en La)e Vous
sçavez, Madame, ce qui est
reconnu de tout le monde,
que MrdeNoyon cli un des
plus sçavans Prélats que nous
ayons eus depuis pl ufieurs
siecles, & dont l'érudition
est la plus profonde. Il écrit
aparté en homme de son caraôtere
,
c'e st à dire, qu'il
s'attache plus à la matière
qu'il trai te, qu'àl'Eloquence
sterile qui ne renferme fouvent
que des paroles bien
arrangées sans avoir rien de
solide.Après avoir fait connoistre,
d'abord que l'Fglife
de Dieu avoit toujours esté
une même & perpetuelle Eglise
dans les differens estats
des Ombres de la Loy de
Nature fous les Patriarches,
des Figures de laLoy écrite,
fous les Prophetes, & des
misteresdelaLoy de Grace
fous le Sauveur du monde;
que le Prophete Royal divinement
inspiré,traçant aussi
d'une main les caracteres de
l'Eglise Juifve 1& jettant de
l'autre les semences de l'EgliseChrestienne
,nous inG.
nuoit en mesme temps que
l'Eglise Catholique
, qui elt
l'Eglise de J. C. devoit estre
reunie dans l'Evêque, le Cler.
géJ&lePeuple pour fonder
lenouveau culte d' un Sacri.
sice plus parfait, & que c'estoit
en consequencede cet- teTraditionlegale, Apostolique
& Primitive qu'il falloit
continuer l'oeconomie
de l'Eglise presente sur la forme
de l'ancienne,dans l'autorité
de l'Evêque, dans le
Conseil duClergé,&dans le
consentement du Peuple ;
Autorité spirituelle
,
poursuivit-
il, que nous emplryons) Sire,
pourfaire honorer & craindre la
souverainepuissanceque Dieu a
mise entre vos mains;Confilordinairequenous
appelions aufccours
indispensable des presans
besoinsdelaReligion &del'Etat;
Consentement unanime prouvé
par des contributionsplus cordiales
quecapitalesquenous voudrions
égaler & mesmesurpasser,il dit
que l'ordre suprême de la
Hiérarchie meritoit d'autant
plus la protection de la Monarchie
Chrestienne, que le
principe, l'interest & le sort
du Sacerdoce & de l'Empire
estoient communs ;
le principe
dans Dieu, qui en est
l'Auteur; l'interest, dans le
partage de tout le monde;
le sort, dansle calme ou le
trouble de l'Egale & de
1
l'Etat: à quoy il ajoûta
que tant de raisons heureusement
réunies promettoient
auClergé, au nom de qui il
parloit, une audience tàvo.
rable de Sa Majesté, sur la
matiere im portante des Conciles
Généraux, Nationaux,
&Provinciaux,ou l'Episcopat
solidairement assis dans la
Chaire d'unité, foutenanc
l'intégrité de l'exacte Discipline
que le Roy aime, expliquoit
la vérité de la doctrine
qu'ilcroit, conservoitla pureté
de la Morale qu'il suit,
& triomphoit du relâchement
de l'erreur & de lacorruption.
Ce sçavant Prelat
fit voir ensuite combien la
necessité des Conciles Généraux
eir pressante en certaines
occasions, soit qu'ilfaille
donner de nouvelles forcesà
l'Eglise languissante, &établir
la discipline de la vocation
à l'Episcopat
,
des biens
consacrez à Dieu, del'Ordination
des Diacres, & de la
liberté des Gentils,soitqu'il
foit question de défendre la
Doctrine, & de conserver au
Pere Eternel la même subfiance
de Ion Pere
yà
J.C. la
singularité de la PersonneDivine
subsistante dans l'oeconomie
de deux natures, deux
volontez ôc deux opérations
différentes pour former le
chef d'oeuvre de l'Homme-
Dieu; au Saint Esprit la Divinité&
la Procession du Pere
& du Fils; aux Images le culte
relatif; aux Princes& Miniltrès
de l'Eglise & de l'Etat,
l'autoritéspirituelle & temporelle,
ôc aux Sacremens
leur nombre & leur vertu;
foit enfin qu'il soit necessaire
de relever la Morale, & d'en
purifier les maximes. Il dit à
l'égard des ConcilesNationaux,
que laDistribution de
l'Empire de Constantin en
avoir fait nai stre l'occa sion,
&que les Loix formelles des
Empereurs Chrestiens en avoienc
établi la discipline
dans les principales Eglises
de l'Orient&del'Occident;
mais que l'Eglise Gallicane
en avoit surpassé la gloire
par le privilege singulier d'uneFoy
herediraire, conservée
dans les trois Races de
nosRois,&augmentée fous
le regne religieux de Sa Majesté,
Eglise illustre, &dont
les
les Lis avoient fait le plus bel
ornement du Tabernacle de
Mojfe& du Temple de Salomon
; que quant aux Conciles
Provinciaux, les motifs
en devoient e stre dignes des
personnes, des lieux & des
emplois,& consequemment
,divins par rapport à la gloire
de Dieu, Canoniques pour
l'honneur dei'EglHe,6c même
politiques en faveur de
l'Etat. Il ajoûta que l'honneur
de l'Eglise, inseparable de
celuy deDieu,avoittoujours
esté si cher & si précieux, que
les Conciles l'avoient souvenu
préferé aux Canons, suivantcette
belle&charitable
maxime de Saint Augustin;
Nous sommes Evejques pour les
Cbreftiens,saisons donc denoflrc
Episcopat tout ce qui fera plus
utile pour lesalut des Chrrftiens.
En effet> Sire> continua-t-il
,
que de Sacrifices des plus anciennesdifeiplinesà
l'unité, à lafaintets,
à l'étendue & à lasùcces
flan de ïEglise! Et combien de
fàois a t- on vu l'esprit prévaloir
la lettre, lors que la lettre riétoit
pas ajftz rpiritutfle ? Sacri- 1
sice à l'unité de lEglisej S. F -ël
ménage la delicatefe des Juif*
le Concile de Nicée adoucit U
peine duScbifme des Novatiens,
& Saint Auguflin 0- trois cens
Enjefques d'Afriquey n'ont. ils
foi offert leurs Sieges aux Donatistes}
pourenfaciliter le retour
& la conversion ? Sacrisice
à la Sainteté delEghfey &
qui doit commencer par la reformation
de l'Ordre Episcopal> en
telle forte que nous mesmes reconnoiffions
estre reformables par nos
relâchemcns, que nous [oyons reformez
par nos reglemens, que
nous devenions reformateurs par
nos exemples,& que nous approchions
de plus prés desgrands
& saints Originaux que les-
Conciles de Cartâge nous propo-.
fent. Sacrifice à l'étendue de l E-.
glise3 qui craignant d'eflre abre--
géepar le refus de la jouferiptiom
dequelquesEvejquesd'Egipte ài
lafioydu Concile de Calcedoinen
prit le fage parry dusilence, çyftt
contenta des promejjes & cautions
d'en faireprefeber & recevoir
le dogme. SacrificeàliaJucce/
Jtonde l'Eglise5 & que Smnt\
Aunt(linregarde comme la Pitr:
re>de touche) & h caraciere r/~
senties d'un véritable (:7 parfoil
Catholique3attache pardeshtn.
ind-jj'olubhs à la perpetffcUe'Çmi
nuniondesSuccesseurs de Saint
0terre ;'Vnitf de l Eglise sans dipijrion
Saintetésansprofanationtenduësans
diminution;succession
sans interruption. Aprés;
s'estre étendu d'une manière
fort vive sur ce que la Politique
n'avoit pas moins d'interest
dans la cele bration des
Conciles Provinciaux, il dit
que le titre sacré de Roy très-
Chrestien, qui élevoit le,
Roy, le chargeoit en mesme
temps ; qu'ill'élevoit
,
puifqu'estant
la première Ouille
du Troupeau des Fidelles
& le Fils aîné de l'Eglise il
pouvoit luy procurer des Pasteurs
& des Peres, ce qui
estoit un trèsgrand honneur
pour sa Couronne; mais qu'il
chargeoit aussi Sa Majesté
de l'indispensable obligation
de presenter des Sujets dignes
de ces faintes & grandes qualitez,
ce qui estoitun grand
poids sur sa conscience.Il finit
en disantque l'Histoiredela
Genese nous apprend, que le
Patriarche Jacob & sesEnfans
prirent simplement l'humble
nom de Pasteurs des Troupeaux
, & de Sujets du Roy
d'Egypteen sa presence, sans
se prévaloir &sedistinguer
par aucun titre pompeux, &*
convenable àceluyque Dieu
avoir choisi
, en sappellant
le Dieu de Jacob; que cependant
l'estatPastoral estoit
d'autant plus honorable qu'il
avoit servi de fondement à
l'estat Royal, & que les premiers
Rois d'Israëlenavoient
esté tirez, pour apprendre à
tous les Princes qu'ils doivent
gouverner les Peuples
selon les regles de la charité , dela justice & de lasagessey
vertusadmirables, naturelles,
¡
& propres à Sa Majeftc»
L'estat de sujetion, ajoûta-t-ili
ness pas moinsavantageux fous
un Roy tel qu'il a pl" à Dieu de
nous donner, & qu'on ne peut
trouver ailleurs; un Roy plus
victorieux que David, & qui
malgré les vainsefforts de tant
d'Ennemis conjurt'{, deviendra
le pacifiqueSalomon; unRoy par
excellence comme le Saint Effrit
le propose, & digne deservir de
moc/ele à tous les Rois,s'il efloit
imitable; un Roy ProteHeur de
l'EghJêréunie dans lEpiJcopat
relevé, le Clergé honoré3 & le
Peuple à la veille destre enfierementfoulage.
Mais nousy Sirey
plus glorieux0-plus heureux que
Jacob &[esEnfans, nous furpassons
l'exemple du Texte sacré
dans une mesme confonélure)
en finissant ïAj]emblée générale
du Clergé de ioJire Royaume,
convoquée dans l'un de vos Palais.
Nous sommes les Pasteur;
des Troupeaux dej C.lePontife
éternel,l'Evesque de nos ames,
&le Prince des Papeurs. Nous
sommes les Sujets * Louis
,
lesublimegyvaflegénieeflsudpoen-t
rieur à tout,Payeurs de l'Eg,lift
Gallicane) Sujets de G~ l'Empire cf~ /'E~~c
François3 c'cft tout dire à l'honneur
de la Hiérarchie cr de la
Monarchie.
i
Je vous parlay dansmaLettre
de Juin dernier, de la découverte
d'une Statuë de
Mercure, faite auprès de la
Ville de Beauvais. Depuis ce
temps-là j'ay fait graver la
figuredecetteStatue. Jevous
l'envoye
,
& pour vous renouveller
la memoire de ce
que je vous ay déjadit sur ce
iujv'tj je vous fais part d'une
aurre Relation quim'enaesté
adressée & qui doit estre
d'autant plus exacte, qu'elle
a esté écrite par Mr duCaur- 1
coy,Docteur en Medecine, à
qui appartient la terre où
cetteStatue aété trouvée. M
ONSIEVR.
Puisque vousvousJerve^du
Messager des Dieux pour porter
à tous les Curieux de l'Europe
des nouvelles de ce quiJe passe
dans le monde déplus singulier
0* de plus rare , vous ne fire'{
pas fâchéd'apprendre la découverte
que fay faite en ce Pays
d'une Image du Dieu dontvoflre
Àtejfager porte le nom. Je ne doute
pas quevous nen ayek eu dÍja
qUt/que Relation
; mais la crainte
quej'ay quelle nait pas efiéfiddeellllee,
mm)'Oobblige de 'Vouset) mar~ ioe vous en mar.~
quer moy-mejme toutes les partie
cularite^.
Ayant acquis depuis peu de
tempsquelque héritage auxpj*tes
de cette Vlile de Beauvais,j.y
ejîé averty deux jours etprés.
dans une piece de vigne
9
qui en
fait partie, fife au vignoble de
MarifJèl) diflante de cette Ville
du cofté de la porte de Bresle, J'en;
viron deux cens pasJur une petite
hauteur, on avoit autrefoi1
vu assiZ avant dans la terre une
çrossepierre. Cela m'obligea de
fairçfouilleren prefemeàp-ujieurs
endroits dans cette piece de
vigne, ou enfinjUjidécouvert une
pierre ajJeZu,Jle 9>environ quatre
Àcinq pieds avant dans la terre,
de cinq à six piedsdelangueur,
surplusde deux & demi de largeurs(
y*ayant fait renverser Id,
pierre àforce de monde.,ray apperceu
lafigure d'un Mercure en
bas relief, auffientierequ'isse peut
voir, pour le grandnombred'années
qu'ily a que cette Image est
dans laterre.
Ce Mercwe aievifâge afje7,,
ouvert, le. tesie libre
,
dégagée&
hardie, lescheveux courts O*
crefpus, un peu de boerbe autour
-du msrnm 'gpfurIçs-joues, les
oreilles assez grandes, les jeux
bien ouverts&fendus, la mine
fîere&majeflueufe.Ilasursa
tesse un bonnet rond avec deux
ailes au dejJus,ajJeZ ouvertes,
sa gorge efi découverte & bien
dégagee. Il porte surses épaules
un manteau à la Romaine, arreflé
d'un bouton sur lépaule droite,
qui fait ptufcurs petits plu depuis
le milieu de la poitrine\uf~
que vers le milieu des cuijjcs, où
la figure manque. Ce manteau
couvre le brasgauche,e iltient
de cette main qui est découverte>
& paffe fous le manteau, un caducée
de plus de deux pieds &
demi de haut, orne de deux ailes
au dessous des ftrpens, &pose le
poignet sur U hanche dp mesme
cossé, Le brasdroitelfentièrement
nud
,
n'ayant feulement qu'un
petit coin au cieffus de l'épaule
couvert à l'endroit du bouton du
manteau, qui mefmelaijfe voira
nud le cofté droit de la poitrine,
fous le bras, le manteau ejîant
ouvert en cet endroit. Il tient de
cette mainparlemilieu une bourse
ajje^grande & profondes il
pose la mainfermée, & l'appuyé
sur la hanche du mesme coPé. Le
refle d: la figure depuis le milieu
des cuisses> où elle est. cAssée, juf1
quau bout des pieds, manqué,
Aujfibien quelefond de labourft,
qui a esté emporté dans la fra.
élion de la pierre.
Cette figure auroit bienseptà
huitpieds de hauteursi elle efioit
entiere ;mais il nous en mAnaue
plus d'un tiers. J'ay dessein. après
la recolte, de faire travailler à
chercher le rejle sans pourtant
beaucoupd'elierance de r/üjJir
,
* parce que fay eu depuis, plusieurs
avis quon avoit enlevé de cet
endroit. quantité de pierres, qui
ont efiéemployées par des Vigne- 1
rons à plusieursouvrages, ily a
plus de cinquanteans,dont je ne
,uis rien découvrir
*, ce qui fait
roire qu'ily a en en ce lieu quellue
Temple ou Chapelle où ce
Dieu estoit adoré, avant que la
vFoy eiuflntfté pclantéee en.cette Pro- Il s'ejl aussi rencontré auprès
de cettefigure, une bafe de Colonnedepierreparfaitement
belle, &
d'une elegante nioulure,dont taf
ftette a bienvingt ponces en carré,
& l'entrée de la Colonne, dowçe
pouces de diarnettrc, Selon queh
ques
-
uns, cessoit la bafe de la
colonne qui soutenoit la table
ou l'autel où on Jacrifioit à cette
Divinité ; &felon quelques
autres, c'efloit la bafe d'une des
Colonnes qui efloient aux deux
cofleZ de cette figure.
Ce Mercure, comme je vous
try dit, Monsieur, efi taillé dans
cette gro/Je pierre, qui a prés de
deux pieds d'epaijjeur, & il est
couvert d'un chapiteau que forme
la mefmc pierre) Joutenti
aux deux extrémité% d'une manieredecon/
ole, qui regne jusqu'en
bas. CeChapiteauefldans
sa bafe aussi large que toute la
pierre, qui contient plus de deux
pieds & demy de largeur, comme'
jevous l'ay déjamarque,efinit
<
enpointeparen haut, Sur ce C/Mpiteausontécrits
cesmotsenlettre
Romaine tres. belle. SACRVM
pour la premiere ligne, MERCVRIOAVGVSTO,
pour laseconde;
C. IVLIVS HEALISSVS. V. S. L.
M. pour la troisiéme. Plusieurs
Sçavansdonnentdifférentes explications.
à cette legende en faisantpresque
autant de MQts) qu'il
y a 'de lettres dans HEALISSVS;
mais pour moy , ne remarquant
aucun point entre aucune de ces
lettres,je ne puis pas lire, comme
ily en a quifont HErèsAuli
Lucii In SSacrificiorum vsvs.
LibrasMille-, ny comme d'autres
Heres AlsisLiciniSilvantSvscepcumVottimSoWicLibens
Merito. ny comme d'autres, Hères
Et AmicusLiciniiStellati
Silvani Viri Summi. v-S. L.M.
ny mesme Hanc Erigens Aram
LIberto Suo SVmpcibus Suis.
- V.S..L. M;Maisjelisfeulement,
SACRVM. MERCVRIO. Av-
GVSTO. C. "IviIVS HE^LISsvs.
Votum Solvit Libens
Merito. Chacunconvient de
l'explication des quatre dernières
lettres , & personne à morpfensne
Idolvitiednotuter du reste. encoreuneautrechtfea
1
confidererfur les deux cvjle% de cettepierre,
Smle cojlégauchean deffousdu
Chapiteaueftlafigured'un
ferpenten bas relief,plié en rond
,
qui eleveJatefleen hat4t,maLS¡;ette
teste est aUe'{groj]e&ronde,&
ellefertdornement à laconsolequi
soutient le chapiteau, comme j'ery
dit. Sa queue tombe en bas&fi-,
nit en maniéré de losange allongé.
jÉudtffous de ceserpentfont deux
poijjons aste'{ gros
, un peu courbes
y
fort bien faits, la teste en
bas
,
qui tournent le dos l'un à tautre,approchant de la figure de
deux gros Rouges ou Dauphins
,
au dessous desquels se uoit une
mamete de plat ou assïette
, que
les Anciens appellotint paiera,
dont ile se servoient dans leurs
sacrifices, qui occupe toute l'épuiffeur
de la pierre qui porte plus de
vingt à vingt deux pouces.Au.
dejjous de ce plat, commence une
queue d'un gros poijjon
,
dont les
barbillots s'étendent &s'ouvrent
d'un cossé & d'autre ; mais la
fraflion de 1,4 pierreempcfcbe de
voir le refle qui manque à cet en.
droit. Du coftèdroit tfl un "Iutre
serpent qui fait la mesme figure'
que l'autre cossé
, au dejjous duquelest
unglobe,&enfin encoreun
plat,mais qui a efléunpeu maltrai.¡.
té du temps, (jr lafiraéîionempef
ihe de voir le resse qui manque.
Le nom d*Auguste qu'on donne
tcy à Mercure, son air fier &
majestueux,sa barbe 0* ses che-
Veux frife%tJon manteau à Ii
Romaine, e plusieurs autres
choses, causent le partage de nos
SfavanJ. Les unsveulent que ce
foit un voeu fait & acquité à
CMercure
, en reconnoissance de
quelque favorable succés dans
quelquevoyage
9
entreprise, oit
négociationDautres prétendent
quecefoit une Image de CMercure
adoréautrefois en ce lieu là,
à qui lesIdolâtresfaisoient même
des sacrifices
,
fondeZfur lespateres
qui font aux ,ôtez. sur les
faillons (7 autres auimaux qu'on
njerroit sans doute si on avoit
la pierre entière, (7 sur les
apparences qu'ily aeu en ce lieulà
quelque TempleouChape!!e.
D'autres enfinavecquelque raison
fonticnnent qu*e cette Statue a estéérigée en l'honneur delEmpereur
Adrien
,
fous le nom de
Mercure, comme voulant dire} à
l'Empereur Voyagetir En effir,
l'Emperenr Adrien a traversé
plufteursfois toutes les Gaules,
0* a parcouru pre/que toute la
terre. Vion ditde luyqu'ilfut le
premier Empereur quilaijft crolfirçJa
barbe, e mesme cette figure
gure a quelque reffimblance aux
viïiedaillesquerions en gardons.
Quelques Unspoudroient que ce
fust quelque autre Empereur,
maas le nom &la qualité deMercure
Auguste paroijl peu leur
convenir, outre plusieurs difficultez
qu e l'on trouveroitdans le
temps &le lieu.
Comme vostreMeJptgeriA^onpeur,
porte le nom de celuy des
Pieux,quefonauguste nom
estrévéréparmy les Curieux du
fier:le, avecqui il a l'avantage
de converser foitsouvent
, vont
,voulez bien me permettre de le
prier de les entretenirquelque
moment de la haute efiime que les
hommes de lantiquitéavoient au.
trefoispour le premier defin augufie
race&s'ilapprendquelque cbo.
jedecurieux dans leur entretien,
nous vous prions de vouloir bien
luypermettre de nous enfairepart,
tantsur l'explication de cette /c*.
zende, quesurlesujet du *vait9
eu de l'érection de cette Statue, du
culte qu'on pouvoit [uy rendre en
ce pays, & enfin dusujet &du
temps de ÏEclipfè fataiei la divinité.
Je fuis, Adonfieur, voftrcJ
&ç.
Comme vous avez un gous-t
merveilleux pour les Ouvrajcs
d'esprit, je ne fçaurois
vous donner une meilleure
nouvelle qu'en vous appretant
que le SI Jean Villette
libraire de la ruë S. Jacques.
commence à debiter un second
volume des Poësies de
l'Illustre Madame des Houieres.
Tout ce qu'elle a fait
est d'une beauté & d'une for-j
ceà laquelle on ne peut rien
tioûtcr., & son nom qui ne
peut manquer de vivre éteracllement,
est mis avec beaucoupdejustice,
parmy ceux
le nos plus grands Poëtes.
Ce second volume contient
aussi quelquespieces de Mêdemoiselle
des Houlieres, sa
Fille, enfaveur de qui je ne
vous diray qu'uneseulechose.
*
C'est qu'encore qu'elle
ait tout l' esprit qu'on peut
avoir, ce qui se rencontre en
peu de personnes, cet avantage
effc en elle beaucoup
moins considerable que la
bonté de son coeur, &la droiture
de les Centimens.
Onvend aussi depuis quelques
jours un livre nouveau,
qui merite vostre curiosité.
Ilest intitulé Rome Galante ,
& divisé en deux parties.Dans
la premiere l'Auteur a suivy
pas à pas Jules Cesardans ses
conquestes d'amour,qu'il dit
avoir esté aussi rap idesque
celles de guerre, & comme
; cet Empereur n'avoir pasde
Cour fixe, cela fait que sa
• Scene y change à tous momens.
Dans la seconde Par.
tie, on trouve un enchaisnement
des avantures des personnesconsiderablcs
, dont
la Cour d'Augusteestoit
composée.L'Auteur ne se
nomme point, & fait seulement
entendre qu'on doit
beaucoup excuserd'unCavalier
sans étude,& qui n'a eu
d'autre employ que celuy des
'J
armes. Cependant son stile
est fort agreable, & ceux qui
s'appliquent le plus à don.
ner un tour aisé à ce qu'ils
écrivent, ne le font pas bien
souvent avec autant de succés.
Enfin il n'y a rien qui
foit plus capable de divertir
due cette Histoire secrette de
quantité d'événemens particuliers
,
arrivez fous les regnes
des deux Empereurs que
je viens de vous nommer.
Elle se trouve chez le S' Jean
Guignard Libraire au Palais,
à l'entrée de la grand' Salle,
à l'Image de S. Jean.
Le favorable accueïl que
le Public a fait à la Mappemonde
du S' deFerluy a fait
continuer son édessein, qui est
de donner une grande fuite
de Cartes Geographiques,
sur les nouvelles Observations.
La magnifique Europe qu'il
vient de mettre au jour fait
connoistre qu'il n'est pas impossible
d'accorder les Cartes
qui ont esté déja faites
avec celles qui se font aujourd
'huy
, en diminuant les
longitudes selon les nouvelles
& vrayes Obfervations de
Mrs de l'Academie Royale
des Sciences. Ceteffay hardi
n'a pas mal reussi, félon ce
que disent les plus habiles.
Lesornemens de cette Carte
font tres-utlles,puisqu'ils
donnent tant en description
qu'en figures tres-bien defllnées
& gravées, les moeurs, les forces., les richesses
,
les
habits
,
les genies, les qualitez
,
les armes, & les Villes
Capitales de chaque nation
de cette partie du monde
,
avec une description Geographique
d'une nouvelle
methode.
Le mesme vient de mettre
au jour un Plan de Namur
avec ses nouveaux Ouvrages.
Les environs de Namur
trèsparticuliers,depuis Charleroy
julejua Liege.
La Carte des nouvelles &
anciennes Lignes de la Lis à
l'Escaut, tres-curieuse.
Le Bombardement de Bruxelles
) avec le Plan de cette
malheureuse Ville. Tous ces
Ouvrages se vendent clvz
l'Auteur, à Paris, dans rIfle
du Palais, sur le Quay de
l'Horloge, à la Sphere Royale.
Surla fin dumoispasle;
Mr Guenec
,
Seigneur de
Franqueville
,
Conseiller du
Parlement de Rouen, & l'un
des meilleurs partis de la
Ville, épousa Mademoiselle
de Machonville
,
Fille
de Mr d'Anviray de Machonville,
Président à la
Chambre des Comptes de
Normandie, Seigneur du
Grumefnil, Baron de Baudemont,
&autreslieux&de
Dame de Bec de lievre.,
Soeur de Mr le Marquis
d'Ocqueville, premier Préfident
de la Cour des Aides; de
MrdeBrumare, President au
Mortier,de Madame le Guerchois,
Veuve de Mrle Procureur
General de ce nom,
& de Madame la Marquise de
Cani. Cette nouvelle Mariée
est très jeune, & d'une caille
agréable, quoy que mediocre.
Tous ses traitsfont beaux,
& elle a le teint d'une blancheur,
qui vajusqu'à ébioiiir;
mais ces avantages sont encore
beaucoup au dessous de sa
douceur & de son esprit.
Mr d'Anviray
, Pere de
Mr lePréfixent de Machonville,
est mort Doyen
du Parlement de Roüen.
Mr Giienei qui vient d'époufer
sa Petite Fille., n'a
encore que vingtquatre ans,
& par la grande application
qu'il a à bien remplir tous les
devoirs de sa charge, & par
ses manieres aussi insinuantes
que civiles
,
il s'est acquis à
cet age l'estime de tous ceux
qui leconnoissent.
Le 12. de ce mois,on fit
dans l'Eglise. Cathédrale
d'Auxerre, un Servicefolemnet
donc la magnificence &
les particularitez meritent
que le Public en foieinformé.
Mr l'Evesque d'Auxerre,
avec tout son Chapitre,voulant
donner des marques {ln.
gulieres de l'estime qu'ilsonc
toujours euë pour feu Mre Cesar
Philippe,Comte deChastellux,
mort le 8. Juillet dernier,
firent prier en leur nom
toutes les Communaurez de
tous les Corps de la Ville
d'agiter à ce Service, où il
ne fut obmis aucune des cérémonies
que l'on observe en
ces fortes d'occasions.Ce qui,
y parut encore de pluslingulier,
c'est qu'on avoir exposé
sur le Mausolée du dessunt,
une épée, un baudrier, un
surplis, & une aumusse, pour
marques du droit qu'il avoir,
en qualité de leur premier
Chanoine hereditaire, daf.
sister à tous leurs Offices
en cet habillement
,
qui
donna lieu au Roy, quand Sa
Majesté passa par Auxerreen
1683. de s'informer des raisons
que ce Comte avoit de paroistre
en cet équipage dans
l'Eglise Cathédrale, où la
Cour entendoit la Messe.Mr
le Duc de Noailles,alors de
quartier,ne manqua pas d'en
avertir Mr le Comte de Chaftellux,
qui se trouva au disner
du Roy,& luy apprit que ce
droit estoit venu dans sa fa*
mille par un de ses grands
Peres, Claude deChastellux,
Mareschal de France en 1418.
qui acquit pour luy & pour
sa posterité, cette qualité de
premier Chanoine Hereditai.
re de l'Eglise Cathedrale
d'Auxerre, avec droit d'assister
à tous les Offices ;en surplis
& en aumusse,l'épée au
çoitéabottejéperonné, &un
Oiseau sur le poing , pour
avoir remis libéralement la
Ville de Cravant, quiappartenoit
à ce Chapitre, après
en avoir soutenu le Siege,
pendant six semaines à ses dépens.,
&avoir enfuite gagné
laBataille,dite de Cravant,
oùil avoit fait prifonnierde sa
main le Connétable d'Ecosse,
General des Assïegeans. Le
Roy donna de grands éloges
àMrle Comte de Chastellux,
& luy dit que cestoit un droit
à conserver foigneufemenc
dans une famille, comme une
chose tres. honorable. Meslieurs
duChapitre ont voulu
a prés sa mort luy rendre un
honneur qu'ils devoient en
quelque façon à un de leurs
Confrères, d'une qualité aussi
distinguée par sa naissance ;
mais ilsont fçû en mesme
tem ps- qu'ils le rendoient à
un veruable Saint, dont la
vie fait l'admiration de tous
ceux qui l'ont connu. Feu
Mr le Comte deChaltellux a
pasTé tout le temps de sajeuneile
à la guerre,attaché particulièrement
à la personne
de feu Mrle Prince, quiluy
donna le commandement de
la Compagnie de ses Gensd'armes,&
qui le sieOfficier
général dans les Armées-
Aprés avoir servy dignement
& avec distinction dans cous
ces emplois, il se retira chez
luy à Chastellux en Bourgo.
gne, ou il a mené pendant
trente ans une vie si fainte
& si exemplaire, qu'on peut
dire avec justice qu'il est mort
en odeur de Sainteté.Ilalaissé
Dame Judith de Barillon
sa femme, avec sept enfans,
quatre garçons & trois filles.
Sa Filleaînée Bonne de Chat
tellux, a épousé MrleComte
de Saint Chamans. Son Fils,
aîné Philbert-Paul
Comte
de Chastellux, à present premier
Chanoine hereditaire
de l'Eglise d'Auxerre, eut
l'hiver dernier le Regiment
deTulles d'Infanterie. Celuyqui
le suit est Henry de Chaitellux,
Capitaine dans leRegiment
de Normandie; André
,Chevalier de Chastellux,
sert sur mer; Guillaume-Ailtoine
de Chastellux n'est
point encore - dansleservice. Inereste de Fillesàétablir
que Mademoiselle Annede
Chastellux,Marie-Judith de
Chastsllux estancChanoinesse
de Poulangy.
Il y avoit lieu de croire que
les Ennemis,aprés avoit bombardé
Dunkerque sans effet
l'année derniere, prendroient
desprécautions si justes., qu'-
ils réusiroient mieux cellecyev
dans cette mesme entre.
prise. Cependant le succés
de leurs Machines a encore
esté plus malheureux queceluy
des précedences, Je vous
envoye une Relation que
vous n'avez point encore luë
dans aucunes Nouvelles im-
1 primées»
LES Ennemis qui estoient
mouille% à 1entrée des
JSancs,appareiue1frentleI 111n 11. aAoujt
àfej)t heures du matin, pourentrer
en cette Rade. Leur détachement
eftoitdefoixante Voiles lljavoit
quinze Fregates de trente à cinquantepieces
de canon, plusieurs
Brûlots ou Machines, dix
-
huit
Galiotesy & ils commencèrent à
nous tirer des Bombes ejlont à la
voile-Elles ne vinrent quauprès
du Chasteau de Bonne Efyerance.
Les (jaliotes s'approchertnr, Çj7*
momllerent àneusheures envi on àmilletoises duFort.Elles continuerent
de tirer jusqu'àsept heu-
* res du foir, ÇJT* je croy qu'elles
nous ont bien faitpresent de douze
cens de leurs Bombes, dont aucune riadonne sur le Chasseau de
Bonne EsPerance. Deux ou trou
porterent sur le Chasseau Verd9
gronde dans leltjjban,oùily
eut un Capitaine dlnfanterie tue.
C'efi le plus grandtort que toutes
les BombesdesEnnemis nous
ayentfait. Sur les trou heures
après midy, le Commandant fit
mettre un Pavillon rouge à son
tnafl d'avant. PlusieursFrentes
autresÏÏaftimens mirent en meme
temps à lavoile} £sr huitgosses
Chaloupes s'avanccrcnt le long
de U terre. Neufdes nostres,
commandées par e/Hr de Montgon&
M1de S. Paul, efloient
mouillées à quelque distance du
Risban àl'Ouest. Les neufautres,
commandées parM le Marquis
de Chafteaurenaud, & Mcle-
Chevalierde Luynes3 ejloienta
J'entrét deslettfes.Lors queMde
Relinguesapperçutle mouvement
des Ennemis, il s'embarqua dans
celle de M1 le Chevalier de Luynes
,qui est une de cellesà canon
Jesix livres de balle IIenprit trois
Autres aussi à canon de mesme,&
Mde Chafleaurenaud lejuirvit:)
& cinq autres sans canon. &il
dUa joindre Ai1 de Montgont
auquel il donna ordre de demeurer
au mejmc heu pour obfirver
les mouvemens des Ennemis.
Dans ce bel ordre de bataille
on alla canonner leurs Chaloupes
qui s'tfloient avancées, &
quelques Gahotes qui estoient les
plus proches. Quelques Fregates
qui tfloient mouillées auprér) &
d'autres àla voile tirerent beaucoup
de coups de canon, & les
Galiotes) des Bombes avec peu
d'effet, caril nyeutqu'unSoldat
tué dans la ChAouue de Mr de ( Relingue, pellesdes Ennnemisse
retirerent
retirerent fous le Canon de leurs
Vaigeaux.,les neufautres revinrent
à l'entréedesj'ettées,&Aic
de JMonvondemeura toujours
moUiTléau mefmt endroit.4 quatre
heures les Ennemis nous enuoyerent
l'un après l'autre quatre
Brûlots. Toutes nos Chaloupes
allèrent au devant, avec une
extrême vivacité ; & obligevent
ceux qui les commandoient
dj mettre le feu d'un peu loin de
nos Forts, & aux Bastimens ou
&,Wdcbines à su. Lors qu'ils
commencèrent à bruler nos Chaloupfsy
allèrent avec beaucoup
d'assurancesy jetter des prAbins
pour les remorquer&les empescher
d'aborder les Forts. Ilyen
eut deux qui échouèrent auprès
du fort d,e l'Ouejl,& les deux
autres auprès de celuy de lEjl.
JJon ne peut agir avec plus de
conduite & de valeur que Mrs
de Cba^eaurinAud e de Saint
Paul3de la Brujerey & de Lamon*,
QUIcommandoient les Cha- aloupes, ontfait dans cette aflion,
oùilfalloit beaucoup de fermeté,
dans l'incertitude oul'onefloit si
ces 'B..iflimtns enflame% riefioient
pas remplis de poudres, bombes,
& autres fortes d'artifices. A,
sept heuresles Ennemis levèrent
tous l'ancre, &se mirent a dériverpourfortir
dela rade.Levant
efiant du cossé de l'Ouest. Nord-
Ouest) peu fort, trois Galiottes
,
un autre petit Bafliment,6-r tàic
Fregate de trente pieces de Canon,
èchouerent sur le Ban brack
,
an
commencement de la nuit. Nos
18. Chaloupes allérent pour les
chercher3mais la ntsit('ex.
traordinairement obscure ,qu'il
fut impojjîble de les trouverfdonî
ceux qui les commAndilentfurent
fort ftche'{,ca.r ils avoientgrand:
envie de les brûler. Elles revinrent
aprtsminuitrejoindreMLe
ComteduMontai, qui atrcndoÙ
M de Relingue, au bout desJette:
s.Il senalla au Rijuan oùil
a toujours couché pendant que les
ennemis ont eslé en prej\n:e. Au
d , , point UJour env.t que ccs bâti-*
mens qui avoient (fié Ù;/;oue{ s'éroient
relenjcLes Gahottes
avoicntgagnéà lOueft, mais Id,
Fre^aie efiant encore auprès de
nosjorts
,
ellefut obligée d'en ap.
procher en louvoyant>elle
anoit pl:<jwurs Chaloupes qui
luy a: Joieat (JM deRei .: 'i 1" (.,/ t L. -') ¡.
Jomtainsifj'îeAi de S. Pdpl
a%cchsftx Ch iloupes de C.l:"J:
, &l'on tira jortjuste e fX1 a
propos du Fort de bonne Elllc,'.;;z.
surlaFrcgate5 /an quellefut
a la portée du Canon. Tout ccla
l'embarajfafort h:y fit manquer
de vevirer, Elle i échouaune
fécondepisfreflueau ménze en
droit. Les ennemisyenvoyèrent
beaucoup de g*'°fj?s O* Petites
Chaloupes. Lorsquellefutà la
banc
3
les dix huit noftrcs alle- rentdrsoit a cette r~ Fregateprenant
un peu lesde la marée.Ily
avoit quatre Frégates de 4.0 à JDpieces
mouillées à demy portéede
canon de l'échouée. Cela ne les
empêcha pasd'y allersans retardement
MrdeS Paul&Mrde
U Briycre
,
ausquels Mr de Re.
L:librie avoit donné ordre dymettrclefeu
j
firent tirer le canon de
la chaloupe que commandoit Mr
deU%xjtym£y(urplu/ieurs de celles
des ennemis qui n'en (fiaient quà laporttedupiifoht.LeCapiraineÓ-.;
o les Officiers qui (fiaient
dans la Frégate
, gr tous ceux
qui_estoientrefle^ dedansdemandèrentquartier.
Airde laBruye.
re entrafiul dedans, fit embarquer
dans nos Chaloupes tous les
Hollandois qui y efloient au nom-
Pire de soixante, mit le feu en
arriere e. en avant, efê reti.
ra avectoutes les autres Qhaloupes
hors la portée du canon des ennemis,
('7 ils demeurertnt rnouillrZ
jufquà ce que la fregatesufltoute
en feu. On a esié fort heureux
dans cette aBion^tiyayant eu que
deux Matelots tIU:Z e un blesé
dans la Chaloupe de ÂérdcChj^-
ross.Après cette expédition les ennemis
sortirent de la rade & rejoignirent
lefàir les PaviUons qui
ejloient demeure/^mouilleZà tyus
detroislieuesJticy. Ilsontlevé
l'ancre ce matin, pourgagner la
marée du cote du pas de Calais.
Mr du Montai est tresconr
tent delamarine3 & généralement
tous les Gouverneurs des
Placesd*autourqui éîoientà cette
aftion, rendent justice a tous les
Cjjiciersquiontparfaitementfait
leur devoir.
Les têtesdesjettèes de cePort
quifontleplus exposéesaufeudes
ennemis,efloient commandées par
Mrs Bart& St Clair, Capitaine-
aeVa01eaux ciuRoy. Lon
nepeutmieuxfaite quilsontfait-y
lesaisseaux des ennemis quis'en
font un peu trop approche^ ont
eu lieu de s'en repentir. On ne pourvoit
pas choisir deux plus braves
Ofifciers, pour le commandement
decesdeuxpofles :
carihfontaujjî
délicats quefortificationquifoit
aumondej grpour le mieux con*
noiftre, on n'aqu'à Jefigurerdeux
forts de bois sur l'eau expofe^ au
feu des brûlots, du canon, des bom*
bes
)
67* Autres machinés deguer.
r-c Afans queles autres fortificat-
ionsdu Port Pug-entlesfoulao-er
ny deffindre en aucune manierequsJ
ceJoit.
Quoy que cette Relatign
foie fort ample ,je ne laisse
pas d'ajoûtericy denouvelles
particularitez, tirées de quelques
autres Relations qui
font voir le peu d'effet des
Bombes des Ennemis.
L'armée ennemieayant appa-*
teille Içii,aumatin pour'sauMo>
f 1 B. cher desBatteriesavancées cornnurça
àbombarder entre huitÇJJ*
neufheures, & s'appliqua uni.
comment À tirersur le RijLwj ÇJJ*
sur les Chafleaux d'EFpcrance (y*
Chafteau-,vert. Il ne tom ba que
dix Bombes dans le Rjban)dont
deux eu trots feulement firent
quelque dommage au bajîiment,
&sur tout aux toits (y aux
planches. Les autres tombèrent
furies Plates-formes, ou elles refirent
que leurs trous Ilnetomha
qu'une Bombe dans le Chafleaunjert,
qui ne fit autre donmage
que de percer la Plate foi me} 0""
faire un trou de quatre À ci(711
^icds dans les fafeinages. Il en
-"mba plufteurs autour du Cba.
(Jeun d'Efperance&surles bermes,
mais il y/en tomba aucune
dans ce Chajleau.
Toutes leurs 'Bombes torllberent
1 decinq cens pas du
corps de la Place,les Galtotes des
Ennemis ne s'efiant point pofiées
du cofté de l'Est, d'où ellespou.
'voient bombarder la Place; elles
n'eferentsi engager,decrainte
d'estresurprises par les marées,
qui auroient pu ne pas permetne
à celles qui s'y feroientexposées,
de retourner à leur corps de Î ef.
rve quiestoit àlOucfl.OncfJJ.a
de tirer de parr& d'aulreJiif ¡'e>
fx heuresdttfoir
, parce que les
Courans de la marée perdante
favoriserent la retraite des Vaif*
Jeaux ennemis; maisenmesme
temps ilscaujerent la perte d'une
Fregate de quarante canons, de
deux Çaliotes à bombes, & de
ieifx Brigantins,qui tous quatre
échouerentfurie Ban Srack,visd
vis dde nosBBzîicr.ies a""vaï.:Cc,es.
Dam le fort du combattes Ennedmoins
t eqnuveo!ynèureensutqnusantrje!<"BnrwûilQotiseynt
àde n a1"sderr-ii?cà-vir.
à {l vt
C' [1( 'ci
t <JI dt 11 i ,ot , C> cs* c J; ? •' :'i(''1-
nm al. "? -
qa.tnte toifcs du Risban; les deux
autres tombèrent AUgrédes Courans,
&furent pouffeZ devant
les deux Çbafteaux.Ils vinrent
échouerAÏEfldu Chasseauvert,
CriesCbAloupes du Roy vinrent
avec une intrépiditésans égale
détourner l'effetdec-eser
Voie71 Extraie d'uneautre 1 ICI Relation.
Les Ennemis ont jettédou^e
çe:isvingtsept bombes, lasieuî-s ries cir bouletsrouges.Neuf
bomhes font tombées dans le R.zfban;
jçvvoir cinq dans les loge,
7 J 2
mrns ,fjyifirent leur trou
, &
cptetic(Uns les plarfs"formes,
ro riinee & seize cens
toïjes.
A onze beureso-demie, huit
,x Naviresdeguerre de quarante à
cinquante canons, commencèrent
à tirer sur le Fort de 'Bo.nne..,
, Efferance, donnant leurs bordées
en passant de L'Ouefià l'Est,&
rrecv~ef~na~nMtdfe/'E-Jîàl'Ouest,cca~t ce qui
continua sans effet jufquà cinq
heures dufoir, avec le plus beau
feu que les Ennemis pâssent desirer.
Les Forts çy le Rifban firent
grand feu sur ces Navires, particulièrementle
Fort de lEJ]>erdncc,
oÙ Mrs du Montai&de
Relinguesefloient preflns. Ces
Navires furent fort endomma-
E/'{) perdirent bien dumonde.
Sur lestroisheuresils détachertnt
ij. brûlots) pourabordernos
Forté,à dcjjein d'yattacher Iturs
machines àlafaveurdelafumée)
mais nos dix huit Chaloupes qui
les obfervoient,s'eslans avancées
pour empêcher la retraite de ces
brûlots, les obligèrent dj mettre
le feu de lOIn, ede les abandonner;
cc qui donna lieu à nos Chaloupesdelesfaire
échouer à vingt
ou trente toises de nos Yorts. 1
Parmy nos dix huit Chaloupes
il > en a quatrequi ont un canon
dejtx livres déballé en manière de
courrier-
A quatre heures la Fregate
qui efloit échouée au Bracb se*
fiantremije k flot, & voulant
pajjer de lEJl a l'Ouefl pour rejoindre
l'Armée, nos Forts IJf,
canonnerent de si bonne graceJ *qu'ils l'obligèrent d'échouer une
Jeconde fois sur un autre baJc.
NosChaloupesyallèrent à cinq
heures du matiny 0* malgré le
grandfeu de quatre Navires de
guerre qui nefloient qu'à demi.
portée du canon, Air deS.Pault
Capitaine de Vteiffiau,.abordala
ïregate ,sur laquelle Aïrde
iJays, IrlAndais, &e./Hr. dt
Trovhmortcn, jKnglois5 monte.
rent des premiersleJabre À 1,4
main. Soixante& trois hommes
de l'équipage fiurentamenek. dans
la Ville, avec le Capitaine & le
Lieutenant,& on brûla la Fregate.
Les Ennemis ont tiré plus
de deux mille coups decanon.
cLes Ennemis s'estant Ore'.
tirez de devant Dunkerque,
parurent le mesme-jour 13. à
la Rade de Calais,&y moüil--
lerent l'ancre. Une de leurs
Fregates de trente canons,.
vint en fairetirer dixvolées
Le temps estoit beau, -& .i!i
avoient le vent favorable. Cependant
ils en demeurerent
là. Le vent leur devint contraire
la nuit. Le 16. ils commencerent
à se retirer, & le
17. on ne lesvit plus.
Voicy l'Extrait d'une Lettre
deCasal, écrite au commencement
de ce mois.
tJÏÏir le Duc de Savoye, -'&
tous les Généraux de cette^Atmee
nous comblent d'honnefiete
J'eus lhonneur hier de dîner encore
cbeZS.A.&.ou\ j'avois ejlé
plusieurs fois receu avec beaucoup
d'ouverture de coeur. Il me
fit la xrace de s'entreteniravec
moy a lijfaë du dîner pendant
plusdune heure. Nous avons
cflêaujourdhuy regalez chez
c,Wr de Leganr'Z au Camp des
Espagnols, ounousnoussommes
trouveZ à table avec les Lou..
,-vignies, les Comtes de las Torres,
le Duc de Sesso, le cJHarquiJ
dHAguilar3 les Palavicins
,
les
Pfi'hantels, les"Borromées & les
Trivulces. Nos mines & nos
fourneaux font merrueilles, (;7
une infinité d'Ouvriers travaillent
à la démolition de cette Pla.
ce. S. A. R.mtajJura hier que
cela feroit finy dans un mois,c
que dansce tempsAi ellt nous
mettroit sur les Yrontieres de
france.
Mr le Prince Charles de
Brandebourg
,
age FreredeMrlE- d'environ vingtquatre
ans ,
ejl mort icy d'un
excés d'amour pour une Dame de
TuriniVeuve qui a des Enfans9
beaucoup décrit, & d'une mediocrebeauté.
Ce Prince prêterdoit
l'avoirépousée
, &sur le
bruit de ce mariage,Mr de Sivoj/
eayantfait mettre cette Dame
dans un Couvent, ce jeuns
Princeaudesespoir dé ne pouvoir
plus voirsanouvelle Epouse,fut
surpris d'abord de fièvre, 0* rien
autre chojene l'a, fait mourir que
JAUaffion dcmefurée.
Vous avez appris la perce
que le Diocese de Paris a
faite de Messire François de
Harlay de Chanvalon, son
Archevêque, Duc & Pair de
France, Commandeur des
Ordres du Roy, nommé par
SaMajeste' au Cardinalat,Proviseurde
la Maison de Sorbonne,
& Su périeur de celle
de Navarre, Abbé de S. Pierre
de Jumiege, & l'un des quarante
de l'Academie Françoise.
Il mourut subirement le
Samedy 6. de ce moisâgé
de soixante & dix ans moins
huit jours, en sa maison de
Conflans
,
à deux lieuës de
Paris, ayantesté-six heures i
l'agonie. Le soironapporta
son corps à Paris,&le lendemain
Dimanche 7. il futex- -posé coûte la journée sur un
Lit de parade dans une des
chambres de son Palais Archiepiscopal
,
où tout Paris.
l'alla voir en foule. Il estoit
en Soutanneviolette,enRocher&
en Camail violet,avec
la Croix pectorale,&le Bonnet
quarré. Ily avoit quatre
couffins aux quatre coins du
Lie, deuxauchevet, & deux
aux pieds. Sur les deux du
chevet estoient sa Croix Archiepiscopale
à la droite, &
saCrosse à la gauche; & sur
ceux des pieds, son Pallium
&sa Mitreà la droite, & son
Cordon avec la Croix de
l'Ordre du SaineEsprit sous sa:
Couronne Ducale,à la gauche.
Aux pieds, du Lit estoit
uneCredence, sur laquelle
on avoit mis un Crucifix, quatre
Chandeliers d'argent, &
un Benitier. Tout cet appareil
estoit élevé suruneestrade
de plusieurs degrez, avec*
soixante
soixanteciergessurdes chandeliers
d'argent, & plusieurs
Lustres de cristal remplisde
bougies, quiestoient (ulpendus
en divers endroits de la
chambre. Aux deux costez
du Lit estoient deux Autels
où l'on dit des Méfies toutle
matin, & l'on avoit préparé
plusieurs sieges&bancs pour
un grand nombre d'Ecclesiastiques,
qui prioient continuellementen
Surplisautour
du corps. Le soir, on l'embauma
,&on le mit dans un
cercueil deplomble jour
suivant cecercueil futexposé
sur le mesme Lit de parade;
couvert d'un Poële develours
noir; croisé d'étoffe d'argent:
& bordé d'hermine
,
le tout:
disposé comme le jour pré-.
cèdent, à l'exception que ce:
Lit&tout l'apareil estoient de:
deüil,les honneurs couverts;
decrespes, toutes les cham--
bres,les salles,lacour& laJ
porte du Palais tendus de:
drap noir, avec les Ecussonsa
de ses Armes sur des litres des
velours noir, sur les cierges
sur tous les paremens, & eni
divers autres endroits. Tout
le peuple eut encore la liberte
de le venir voir jusqu'au
foir du lendemain Mardy 9.
les Gardes & Suisses faisant
paffer tout le monde par une
porte^ sortir par l'autre pour
,éviter laconfufion. L'on dit
pareillement des Messes sur
les deux Autels pendant ces
deux jours. Le Chapitre de
Nostre-Dame luy vint jetter
de l'Eau benite, de mesme
quel'Hostelde Ville, les quatre
Mandians,&quantité de
Communautez.
l' Le Mardy neuviéme, sur
les huit heures du soir, se fie
le convoy de son Palais Ar£$
iepifcopalen-¡',Eglm Me.2
tropolitaine de nôtreBÏlfle.
gh l'ordre qui suit. Les
vres petitsenfans trouvez, en
surplis. Les enfans grisde
l'Hôpital General.
Lesenfans
bleus de la Trinité,&les ensans
rouges portant chacun
un Flambeau de Cire blanche•>
Les Peres Capucins,
les Cordeliers
,
les Jacobins,
les Augustins, & lesCarmes,
tous un Cierge à lama-in. fui."
vant chacun leur Croix , qui
é,to, itraccompagn,éeddeddeuxl
Flambeaux de cire blanché,
la grande Confrairie de notre:
Dame aux Seigneurs , prêtrcs,
& Bourgeois de Paris,
chacun en surplis
3
marchand
deux à deux
, avec quantire
depérisenfansdhôpitauxà
côté,portant desFlambcaul
pour les éclairer.Le de nôtre-Dame allant pareillement
deuxàdeux,éclairé
de même par de petits enfans
d'hôpitaux, qui portoient des
Flambeaux. M" de la Jufïice
de nôtre Dame en Robesdu
Palais, & tous les Officier*dô
Mr l'Archevêque en longs
manteaux de deüil. Après
venoit l'Ecuyer de , ce Pré*
lat, en Epée, & en long
manteau, dont la queuë étoit
portée par un valet de pied.
Il tenoit un Coussin
,
sur lequel
étoit le Cordon & la
Croix de l'Ordre du S. Esprit,
avec la Couronne Ducale,
le tout couvert d'un grand
Crespe & autour de luy
étoient les quatre premiers
Aumôniers du dessunt,ensoûtane
,
Rochet & Manteau
long. Le corps de M' l'Archevêque
suivoit
, couvert
d'un poîle de Velours noir
herminé par les bords, &
croisé de moire d'argent. Il
étoit précedé de son Confesseur
en Robe de deüil, & porté
par huit Ecclesiastiques en
surplis, environné de soixante
petits enfans de choeur aussi
en surplis, portant chacun un
chandelier d'argent avec un
cierge, où estoient attachées
les Armes du deffunt, &
quantitédevalets de pied en
deüil avec des Flambeaux.
Le Crieur qui avoit disposé
tout l'ordre de cette cé.
remonie lugubre, venoit enfuite
enRobbe du Palais, de
drap noir
, & conduisoit les
Parens du deffunt, à la tête
desquels étaitneMre Achille
deHarlay
,
Comte de Baumont,
premier Président du
Parlement
,
& Mre Nicolas- S
Auguste de Harlay
, Comte
de CeG, Conseiller d'Etat. ;
Apres le deüil suivoient les
amis, entre lesquels étoient
Mr l'EvêqueComte deNoyon,
M l'Archevêque d'Aix, Mr
l'Evêque de S. Malo,Mrle-
Prince de Courtenay ,
M'
Molé de SteCroix,& quantité
d'autres personnes de la premiere
qualité,tour ce correge
éclairé par un grand nombre
de valets. en deüil, portant
des Flambeaux de cire blanche.
Le Corps estant arrive à
nôtre Dame, fut mis au nli"
lieu du Choeur, sur une
estrade, & sous un Dais de
Velours noir frangé d'argent
avec armes, & après les prieaccoutumées
,
il fut inhumé
devant l'Autel
,
vis à vis, la
Chaire Archiepiscopale, auprés
du corps de M" Hardoüin
de Perefixe, Archevêque
de Paris, son prédecesseur.
Le Jeudy II. de ce mois,
le Chapîtredenôtre.Dame
célébra un service pour le
Repos de son ame. Le Choeur
del'Eglise,laNef,&les portes
estoient tenduës de drap
noir, comme le jour du Con.
voy , avec un rang de Cierges
sur le Jubé, & deux Litres
d'écussons sur la façade
de la principale porte du parvis.
La representation du
deffunt étoit au milieu du
Choeur fous un riche Dais ,
couverte d'un Poisle herminé,
& environné d'un grand
nombre de cierges sur des
Chandeliers d'argent:le tout
aux armes du deffunt. La
Chapelle des Dames estoit à
la basseVoute du Choeur, du
côté de l'Archevêché, tendûë
de même de drap noir,
l'Autel paré de riches Ornemens
de deüil, avec grand
nombre de cierges & écussons.
Mrc Jean Baptiste de
BongueretleBlanc
,
Doyen
de nostre-Dame
,
célébra la
Messe, deux Chanoines servant
de Diacre & de Sousdiacre.
Les Archevêques & Evêques
de l'assemblée du Clergé
, & les autres qui estoient
à Paris y vinrent. Ils étoient
au nombre de trent-neufen
Camail, Rochet, & Bonnet
quarré. On les avoit plicçz
proche l'Autel àcosté de l'Ëvangile
sur des fauteuils, &z
on avoir mis au devant de
chacun d'eux, un pliant avec
un carreau de drap noir;• les
Abbez de l'assemblée,&plusieurs
autres Abbez de qualité
estoientaprès eux en îoutanes
,
& longs manteaux.
Les Chanoines denostre-Dame
me laisserent les premieres
chaires du Choeur, pour les
assistans. Les Parens se mirent
à ladroite, ayant en teste
Mr le premier President
du Parlement, & les Amis à
la gauche, dont le premier
étoit Ivre Armand deBethume
,DucdeCharost,Chevalier
de l'Ordre du S. Esprit;
..& les Officiers se mirent sur
des bancs, aux pieds de la
representation
,
les Aumôniers
& Ecclesiastiques estant
les premiers. La Messe suc
réponduë par la Musiquedu
Chapitre, & après quetout
fut finy
,
les Parens& Amis
allerent jetter de l'eau benite
sur la Sepulture, où Mr
l.'Arrcnhevéêqu.e a esté inhu- ,J'
Quandvouspourriez ignorer
le rare merite decetillustre
Prelat, en qui la profonde
érudition répondoit à une vivacité
d'esprit extraordinaire,
& qui accompagnoit les
dons merveilleux qu'il avoit
reçus de la nature, d'un extérieur
affable, qui gagnoit
tops ceux qui le voyoient,
vousen feriez convaincuëen
faisantreflection sur toutes
les dignitez qu'on a vûës unies
en sa personne. Il fut sacré
Archevesque de Roüen le 28
Décembre 1651. sur la demissîon
de Me ssire François de
Harlay son Oncle, Archevêque
de lamêmeVille,&Abbé
de S. Vjétor lez Paris, l'un
des plus doctes Prélats de son
Siecle, qui mourut deux ans
après, & leRoy le nomma à
l'Archevesché de Paris,le3
Janvier 1671.dont il futmisen
possession le 18 Mars de la me*
me année.SaMajesté l'avoir
nommé Commandeur 10du
SaintEsprit, dés l'année 1661.
&elle le nomma au Cardinalat
en 1690, Il estoit Fils de
Messire Achille de Harlay,
Marquis de Breval & de Chanvalon,&
d'Odette Vaudetar.
Dame de Nerville, & petit
Fils de JaquesdeHarlay Sieur
deChanvalonpremierEcuyer
& Mettre de Camp duRegimeur
des Gardes de François
de France, Duc d'Anjou &
d'.Alcnçon>puJs Chevalier dzs
Ordres du Roy &Gouverneur
deSens en 1581. & de Catherinede
la Mare Dame de Breval,
Fille deRobertIV. Prince
de Bouillon, Maréchal de
France.
Le Roy a donné à Mr l'Evêque
d'Orléans, son premier
Aumônier & Commandeur
de ses Ordres, sanomination
au Cardinalat en la place de
feu Mr l'Archevêque de Paris.
Sa Majesté qui connoist
parfaitement l'importance
de cette eminente dignité,
n'y a jamais nommé que
des personnes recommandables
parleurnaissance & par
leur merite- Vous sçavez que
Mr d'Orléans est dela Maison
du Cambout deCoislin,
qui estl'une des plus grandes
& des plus anciennes Maisons
de France, distinguée par les
Emplois, les Charges& les
Dignitez qu'elle a possedées.
Vous sçavez aussi qu'e lle aJ.
donne & receu de tres-illustres
alliances, commeje vous
l'ay marqué en plusieurs occassons.
j'ajoûteray seulement
icy que Mr l'Evêque
d'Orleans est Frere de Mr le
DucdeCoislin, Pair deFrance,
Chevalier des Ordres du
Roy,qui est universellement
estimé par tout ce qui peut
rendre recommandable un
homme de son rang. Le choix
que le Roya fait en la personne
de cet illustre Prelat,a
esté suivi d'un applaudisse-
1 ment general. La Cour & la
Ville,lesGrands& les Petits
ont parlé le mesme langage,
& il a la satisfaction de se voir
élevéà la dignitéde Cardinal
sans envie. Il s'est attaché au
Roy dés son enfance par la
Charge de premier Aumônier,
& il est si assidu à son
Diocese, qu'il ne peut presque
prendre quelque petite
partie de l'année pour faire
les fonctions de la Charge
auprès deSaMajesté. Ainsiil
paroît que son coeur est moins
à la Cour, qu'au Troupeau
dont Dieu luy a remisla conduite.
Celle qu'il observeest si
reguliere & si exacte, que la
médisance n'y a jamais donné
sa moindre atteinte. Onsçait
quela modestie est son caractere
particulier, quoyquililsoit
magnifique dans lesoccassons
qui le demandent.
Il n'y a point de Prelat dans
l'Eglisequisoitplusaimédans
fbnDiocejfe, que l'est Mr
d'Orléans dansle sien. Il y
donne plus qu'il ne reçoit, en
prenant soin d'y faireregner
les bonnes moeurs & la dis-
Ecc. par sesaumônes, par£>n
affabilité,&parson exemple.
Mrle Duc de Coislin estant
de l'AcademieFrançoise, CCDte
Compagnie n'eut pas plûtost
appris que le Roy avoit
nommé Mrd'Orleansau Cardinalat,
qu'elle députa Mr
Charpentier Doyen, & Mrle
Comte de Crecy , pour luy
rémoigner la part qu'elle y
prenoit.
Ellea fait faire le mesme
compliment à Mr l'Evêque
Comte de Noyon ,
Pair de
France,& Conseiller d'Estat
ordinaire, par MrBoyer, &
Mr l'Abbé Testu-Mauroy,
sur ce que Sa Majesté l'a nom"
mé pour la place de Prelat
Commandeur de l'Ordre du
-,
Saint £fpsic> vacante par la
mort de Mr l'Archevêque de Paris.
Le Roy dit à ce Prelat d'une maniere
tres obligeante, que n'ayant
qu'une seule place de Commandeur
à donner,il avoir jetté les yeux
sur luy pour la remplir. Comme il
y en a peu dans l'Ordre pour le
Clergé, Sa Majesté ne les donne
qu'au grand mérité, & à la haute
naissance.
, Le Docteurs de la Maison Se Société
de Sorbonne , assemblez au
nombre de soixante & treize, parmy
lesquels se trouverent plusieurs Evêques
,
élurent en mesme temps, &
tout d'une voix pour Proviseur, Mr
l' Archevêque Duc de Reims, premier
Pair de France, & Docteurde
la mesme Société depuis prés de
trente années, & ils se sentirent
d'autant plus portez à faire ce choix,
qu'ils sçavoient qu'il feroit trés-agréable
à Sa Majesté. Ce titre met
celuy qui le possede à la tête de la
Sorbonne,&luy donne droit d'am.
ster à toutes les déliberations qui
s'y font. C'est une dignité qui ne
se donne qu'aux personnes de la plus
haute élévation. Mr le Cardinal de
Richelieu
, a qui la Sorbonne doit
tant, en a esté Proviseur.
Mr l'Evesue de Meaux, est
presentement Superieur deNavarre.
C'est la mesme dignité fous un autre
nom. Toutela différence qu'il
y a ,
c'est que la Sorbonne nomme
les Proviseurs , 8c que le Roy nomme
les Supérieurs du College de
Navarre. Il est vray que dans cette
occasion, Mrs deNavarre ontdéputé
à Sa Majesté pour luy demander
Mr de Meaux. Ce Prelat, fameux
par tant de Sermons prêchez
dans sa jeunesse
,
lors qu'il estoit
appelléMrl'AbbéBossuet,a l'avantage
d'avoir heureusement travaillé àlaconversion d'un nombre infiny
d'Heretiques; aussî peut-on dire que
personne n'entend mieux que luy
les matières de Religion.
Levray mérite
,
la pieté sincere,
&les vives lumieres du Roy à connoistre
parfaitement l'un & l'autre.
oIte donnél'Archevêché de Paris à
Messire Loüis-Antoine de Noail-
Jes, Evêque & Comte de Chalons,
Pair de France. Onauroit sceu plûtost
sa nomination, si sa modestie
n'avoit point combattu longtemps
avant que de l'accepter: maisenfin
Sa Majesté ayant voulu absolument
qu'il se chargeaitde conduire un si
grand Troupeau, il n'a pû se dispenser
penser deluyobeir. On sçaisqu'il
dit d'uneFamille toute modelte
-Il toutesage , que Mr le Duc de
Noailles ion Frere, marche surles
traces de feu Mrle Duc de Noailles
leur Perc, &que MadatfieIà"Du-
-cix-flede Noaïllesleur Mure,est encore
aujoud'huy un exemple de
vertu & de pieté:qu'elleestoit Dame
d'Atourde la feuë Reine-mere du
Roy, & qu'au milieu de la Cour où
sa beautéestoit admirée, elleatoujours
fait voir lamesme modestie, la
mesme vertu, & le mesme détachement
du monde.
"Lamorr de Mrl'Archevesque de
Paris ,a esté suivie de celle de Messire
Françoisd'Argouges Seigneur
Baron des Baronnies
Fu
Plçrffis^
d'Argouges,leFay Billot, Gland le Tilvot, les Greves, , & autres
liéux, Conseiller ordinaire du Roy
enses Conseils d'Etat, & au Conseil
Royal de ses finances, qui mourut
aussi d'apoplexie à Versailles, le
16, de ce mois,agé de 73. ans. Son
corps fut apporté le lendemain à
Paris, & fut inhumé en l'Eglise de
saint Paul. C'estoit un Juge trèscapabletrés-
intégre , 6c desplus
éclairez. Il étoit Intendant des affaires
de Madame la Princessede
Conti Doüairiere
, & avoit esté
sur intendant de la maison de la
Reine Mere du Roy
,
Maistredes
Requestes de l'Hôtel de sa Majesté,
& premier Président au Parlement
de Breragne. Il avoir épousé Anne;
de Hodic, fillede Messire Pierre
deHodic
,
Seigneur de Maily, Président
en la quatrième Chambre des
Enquestes
, & de Claude Phel^-J
peaux de Pont ChartrainIllaisse
£Wr*aûffcsenfans,Me/Tire Florent
d'Argouges Maîtredes Requstes,
cy-devant Intendant à Dijon, &
auparavant Conseiller au Parlement
de Bretagne ; Messire François
d'Argouges ,Evefquc de Vannes,
Docteur de lamailon de Sorbonne,
,
Abbé de nôtre Dame de laVal.isle,
& N. d' Argouges EpousedeMessire
Jean deCreil, Chevalier S'igncuc
de Bournezeau < ,Maitredes Requestes,
cy devant Intendant à Orléans,
La place de Conseillerd'Estat
ordinaire, qu'avoit feu Mr d'Argouges
a esté donnée à Mr le Comte
d'A vaux Ambassadeur en Siicdc
& MrAmelot
,
Ambassadeur en
Sniffe,aesléfait Conseiller d'Etat
de Semestre,enla placede Mr le
sentées.* Ce Prince il y Quelques
Comted'Avaux. li.Oni peut avoir
par làla juflic-S-dë Sa Majesté,qui
pourremplir ces grands poste, choi.
fitdesgensqui ont exercé de grands
emplois pendant plusieursannées,&
donc le mérité est confirmé par la
maniere ,dont ils s'en fontacquitez.
Mr DaguesleauConseillerd'Etat
a eu la place du mesme Mrd'ArgongeSj
Conseiller au ConseilRoyal
definances. le n'ay rien àvous en
dire, sinon qu'il dl: si généralement
estimé
,
aussi bien que Mr Daguesseau
son fils, qui tout jeune encor"ëi
est Avocat General, qu'il n'y (al
qu'une seule voix sur tout ce qui le
regarde.Cette place de Conseiller
au Conseil Royal des finances ,est
d'autant plus considerable qu'il r,'y<&
en a que deux, dont l'une est n:,tl1 - ')
plie par Mr Puflort.<>.J.ÍOi. êsnplsup
La petite Galerie du Louvre
qu'on nommoit La Galerie des
Rois3 parce qu'on y voyoit tous les
Portraits desRoisde France ,ayant
esté brûlée peu de temps aprés le
mariage du Roy, Sa Majesté qui ne
cherche qu'à faire fleurir les beaux
Arts, en fit bastirunenouvelle, qui
fut nommée Gai- rie etApollon,Mr
le Brun eut l'ordre, non seulement
d'en faireles Tableaux, mais d'ordonner
de tout ce qui pouvoir servir
à l'embellir&àl'enrichir; & les
plus habiles Sculpteurs y furent employez
On vient de graver les Ouvrges
decetteGalerie, quicontiennent
quarante&une tHampes,auxquelleson
a travaillé pendant huit
années. Ces Estampes qui sontdédiéesàS.
M.lui furent presentées il ya
quelques jours.CePrince les regarda
toutes avec plaisir,marquant ce qui
avoit esté peint, & cequi avoit esté
tirédes Esquisses de Mr le Brun, &
donna beaucoup de loüanges à cc.
luyqui a entrepris un sigrand Ouvrage.
Les Curieux les trouveront
au Louvre, & les Portiers leur marquel
ont lelieu où ellesse doivent
,
vendre.L'Auteur qui n'a en veuë
que sa gloire, & la satisfaction du
Public
,
les donnera pour cinq ecus
neufs
, c herchant moins le profit
qu'à retirer une parrie des frais qu'il
a faits pour un ouvragede huit
années ,& qui contient un si grand
nombre d Estampes.
L'histoire des Révolutions de
Suedeausujet de la Religion,n'étoir
point encoreconnue parmi nous.
Ceux qui en avoient écrit en nostre
Langue, n'avoient presque pas pris
la peine de jetter les yeux surles
originaux,dont peur estre les non-ie-4,
bar bares & le stile les avoient efi.3
frayez
, & par cette négligence; leurs'?
histoiresestoient tellement défigurées,
qu'à peine les principaux évenemensestoientils
reconnoissables
Mr de V. ne les a pas imitez
& il n'a épargne aucun travail pour
s'instruireexactement des faits.Atitri
nousendonne-t-il un grand nombre
qui nous sont tout nouveaux,
La Vie du grand Gustave Vasa.
Chef de la Maison de Vasa, est aussi
extraordinaire, & pleine d'incidens
allai surprenans
, que si elle avoit
esté imaginée pat l'Auteur d'un Roman,
quin'eust eu en veuë que le
Grand & le Merveilleux. Il cil certain
que ce Héros feroit accompli, si
1'on n'avoit à luy reprocher l'éta-
,
blissement du Luteranilme en-
Suede ; encore eut-il sur celaune
conduite qu'on ne peut guere s'empêcher
d'admirer,à ne la regarder
que selon les regles de la politique
& de la prudence humaine. Cette
Vie qui tient presque nous les deux
tômes quiviennentd'estre donnez
au Public, efl assurément un morceau
d'histoiretrès singulier& dont
, nous n'avons eu jU[qi¡';CY aucune
idée exacte Depuis que la Suede a
pris autant de part qu'elle en a presentementauxaffaires
de l'Europe,
les histoires de ce payslà ne pourront
plusnousestre indifferentes,&
enfin il n'y en a point de si éloignées
, & même de si barbares, qui
ne devinrent agréables&attachantes
par le stile de Mr de V. & par
le talent particulier qu'il a de bien
raconter.Il l'avait déjà fait voir par
la CànjâratioÀ de Portugal, mais
on peut dire que dans ce dernier,
ouvrageil s'etf encore beaucoup éIe.
vé. Il sedébité chez le Sieur Brunet,
Librairedans la grande Salle du Palais,
au MercureGal,an'ft. *LeCorps de Ville s'estant allemvrn*O_J ,
blé le seiziéme de ce mois, élue
pour nouveaux Echevins Mr le
Tourneur, Sr duTourneur, Con*-5f;seiller du Royen son Hostel de |t Ville, &
-
Receveur général de ,t
l'Hotel Dieu de Paris & Mr Bju- j xeilcauf-ii Conseiller de Vi(le
, à
sa placede MrsBasin &Puylon. Ce
dernier fie un discourstrèscloquent
pour remercier la Ville de l'honneur
qu'elleluyavoitfait,& marqua son , zele & sareconnoissance d'une n.a-j
niere qui luy attira des applaudis- *
f mens de toute l'Assemblée.Mrle
Picvoft des Marchands fit icU g;
des Echevinsqui sortoient decharge,
& de ceux qui yentroient Mr le
Procureur du Roy parla aussi sur ce
sujet Le 22. MrsdeVille allerent à
Versailles, &. les nouveaux Echevins
prêtèrent le ferment entre les.
mains de Sa Majesté. Le Scrutin
estoit porté par Mr Lambert de Verrivofïi,
Confeiiler au Pat lement.
Il fituntres-beaudifcouis
5
dans lequel
il montrala grandeur du Roy
par le nombre de ses Ennemis. Il
parla ausside la Capitation, & die
que l'exemple des Magistrats rendoitlesordres
du Roy facilesà executer.
Sa M. ayant témoigné la satisfactionqu'Elle
avoit des services
de ceux qui quictoicnt l'Echevinage
,
recommanda à MIS de Ville de
suivre en tout l'exemple de Mr le
Prevolt desMarchands
Mr l'Evêque de Lodeve ayant
porté la parole, lors que les Etats
de Languedoc presenterent le Cahier
au Roy, ce Prélat fit un discours
qui luy attira de grandes
louanges de toute la Cour. Il fit
voir que cette Province avoir toujours
contribué aux besoinsde l'Etat
avectantde plaisir, quec'eftoitellé
qui avoitpropolé la Capitation, 8t
qu'elle citait catile qu'elleavoit esté
établie,'Jout le Royaume.
Mr de Villacerf, Proreaeur de,
l'AcademieRoyale de Peinture
ficdesculpture,écrivitdernierement
àce Corps, que la mort de Mr
Mi,gnard avantfait vaquer la place
de Directeur de leur Academieile
Roy luy avoit ordonné de luy faire
ffavoir que son intention eftoitquils
remplissent ceite place, & que
qupy que par le IJ,article des Statuts
de l'Academie il foit dit qu'.
elle pourra eftie remplie d'une l'er.
sonne étrangère, & qui ne [oit pas
de iAcadémie»Sa Majefie efiant
convaincue qu'il y a dans son
Corps quantité de Sujets dan merite[
înguliet, avoit depré qutlen
sufl choift un dentre eux ; & que
MrCoygely Peintreordinaire, &
Refleuren charge, ayant toutes les
qualité^ ncccfJaires pour remplir
cette place, Sa Majeflé qui efioit
trei, satisfaite de sa capacité
,
dtfAlongue
experience dansson Art, &
des services qu'il luy a rendus depuis
plujîeurs annéesJuy avqit commandé
de leur faire euiendre que
son intention tftoit qu'ils le chatfif*
fent pourDirecteur,& que ce choix
luyseroit tres-agreable. Après la
10Cturcde cette Lettre, Mr Çoyjsel
fut élutout d'une voix, & le tue
avec tant d'agrément, que la plupart
luy dirent que son mérité seul
suffisoit pour le faire élire. Aprèsson
élection il proposa de nouveaux
Reglemens, dont la Compagnie
futtres-satisfaite. Ilaesté Directeur
de l'Academie établiepar le Roy
Rome. Ce posteestconsiderable,
parce que le Directeur a fous luy
ttoursales iEteudianns qtue le Roy yen-w
La Charge de Chancelier Garde :
des Sceaux,vacante aussi par la mort *
de Mr Mignard
,
qui possedoit celle
de DirecteurSi deChancdier, ainsi
qu'avoit fait Mr le Brun Mr de
Villaccrfvcri\icaufîi:à lAcadernïe,
-"quele choixde MrGirardon, Scul--
pteur ordinaire, & Retteur en charge
, feroit plaisir à Sa Majesté. Il suc]
élu de la meime maniere que Mr:
Coypel. L'Academie n'auroit pûi
chôisirde C hancelier que de forn
Corps, l'article XI. de ses Staturs2
portant >que l'Academie choisira
un C hancelier Garde des Sceaux*
entre les Rtiieurs Professeurs on
Qonfeilleu de ladite j4coedemie*
x La derniere Enigme dont lemotii
croit les Ciftaux,
,
a estéexpliquée)
par Mis GarmcrProcureur•J. Pf
d'Agneau ; Marc Antoine de la ruo
Vivienne,Batté de Rouen ; saint
Pereest Filsd Mc:au)': Roiflcl fkuu
deSaint fcft dumême lîei:G.ibnej
Bouillerot du faubourg failli
Mari
cet: le P. iaii de saint Martin de hl
rue Saint Christophe ; Tamuiste dii
la rue de la Cerisaye:l'Aveugle favoryde
la rue Fleurie: le Chevalier
l'Po*iffon.',Ie bon petit Iean delarue
sainte Croix :le poursuivant de Ra-
^chel:l'Amantaflîdudesdeux(ocurs:
de Soissons :legrand Neptune de la
rue Quinquempoix , & Ion infortu-
','né'e Soeur; le Noble Bourguignon
de la longue allée: l'A vocat du buste
"Me pierre: leprocureur Banquier: le
Medecin des nations du fort de Meu-
B lan: & le Berger ruiné du q tay Jt'a
ttoïtrnelle: la petite montagne de
Montfort: le Fovgerondesccrirs de
laVille du Mins. Medemoiselles
Roaviere&Turpin ; des int Laurens
Role fanderiere de la rue sainte
~C'oix
:
la b--Ile Polonoife
:
la Loueu- sedeCoquille dï Qay d*s fondslabelle mof- AngéliquedeD^r.
mans; l'enjouée petite poulette de la
foizc de Richelieu: la PeneUjie
Bourguignone ; la Brunette iz Ig
Treille de larue Quinquempoix : la
Penetrante Dorigny: les douze
Nimphesdela rue: la magnifique
de Meaux : la Nimphe de Repantigny
;& la belle Gueoronette de la
Fontaine saint Michel de Meaux; ,
la belle Inconnue du Faubouig S.
Germain 3Se le plus amoureux de
SQUS les hommes,
La nouvelle Enigme que je vous
envoyé, est de Mrde la Tronche de
Rouen.
ENIGME.
6 ffti*presse toujours pour un 1
champ de baraïUe,
- 1 rON pour un triomphe ae paix,
Four un taudis couvert dçfaille,
GALANT.<o?
Et pour un temple angufie> ou pouf
ungrand palais
Je fuis , propre à L'amour, à la haine3àïenvie
»
Et mêmesur mon fetn, on verroit
un agneau , Dormir à ïombre d'un Ormeau,
Sans crainte que le loup luy pût
bter la vie 1 le croy que vous serez contente
de l'Air que vous trouverez icy
noté.
tt 1
AIR NOUVEAU. AS(e,& trop long-temps, une
importune absence
A trouble nos plud doux plaifirs» il efi temps'16e/1e Jtïs ,
qu'enfinvotre
presence,
Remplisse nos p!us chers defîts.-
- Aprés l'expédition de Dixmude
& de Dante
,
Mr le Mareschal de
VilleroypassalaListe3 decemois,
avecune partiedel'Armée &vint
can per a Desselgem
,
à une lieue
d'Harlebec. Le 4. les Troupes qui
evoient fait les Sieges de Dixmude
& deDeinse
,
le joignirent. Il pedra
l'Iller, &. vint camper sur le bord
de l'Efcault
,
où il sejourna le 5.
Le6ilpassal'EscaultàElcanasse &
"inI camper à Renay. Le 7 à Lessines.
L'Armée fut fort incommodée
de la pluye qui dura pendant
tout le jour. Le 8. elle passalaDendre
& vint camper à Enghien,où
elle tejourna It 9. pour y attendre le
Convoy que Mrle Marquis d'Harcourt
y devoit amener de WI-o-n-
Il consissoit en beaucoup de quaissons
de pain, & de biscuit, avec le
gros Canon ,& les Bombes. - Ce
Convoy estoit composé de cinq
mille Chariots. Le 10 toute l' Ar-'
mée alla camper à Leuve entre Hall
& Bruxelles. Le 11 ellearrivade
bonne heure dans la Plaine d'Anderlecht
,
mais Mr de Villeroy se
trouvant trop éloigné de Bruxelles,
passaleruisseau& canlp1 ùir deux li- -
gnes,la gauche à Berckem
, venant
à Anderlecht, & puis retournant
tour court par un crochet, la droite
sur le ChasteaudeGaybecK. L'Armée
Ennemie estoitcampée sur les
hauteurs de Bruxelles, ayant une
partie de sa droite au Fort de Monterey
Le reste occupoit les derrieres
de Bruxelles jusqu'au Canal de
Vilvorde. Elle estoit de l'aurre costéde
la Senne,sa gauche à Bruxelles,
& sa droite tirant vers le bois
de Soigne. Mr de Villeroyalla re;
connoistre les Ennemis& remarqua
qu'ibcfi-oienr campezainsi que
je viens de vous le dire. L' Armée
demeura en alte pendant tout ce
temps-a, & en attendant qu'on
eust disposé le Camp pour investirla
Ville de ce costé-cy de la riviere,
ce qui se fitdecetteforce. Les brigades
de Cavalerie furent meslées
avec celles d'Infanterie, le rout sur
uNo mesme ligne, la gauche vis àvis
de la Ville, & la droite s'éten.
recevoir 8e. il avoit esté joint par
quelques Troupes arrivées de Normandie.
.on," ~'p ,)h 'H' r>
•-«^Les Ennemis avoient parmy les
leurs, trois Regimens de Refugiez-
François
,
dont cent SoldatsSequelques
Officiers déserterent pour se
rendre à l'Armée de Mr de Villeroy.
Toute l'Infanterie ennemie
estoie en bataille sur le bord de la
Riviere lors que nostre Armée arriva,
maisellese retira bien-tost aj^r
appréhendant d'estre forcée, parce
qu'en arrivant Mr de Villeroy otdonna
de faire des boyaux,pour
mettre à couvert les Batteries
de Bombes& de Canons. On les
fit sur les hauteurs du Villaged'Anderlecht,
où estoitle quartier genéral.
fie - '<'':11
Surles quatre heures après midy,
*
les Ennemis sirentfeu de deux Batteries,
l'une de la Ville
,
8c1 autre
deleur Camp
, avec six pièces de
canon. Leurs remparts estoient bordez
de Bourgeois, qui furent bien,
tost écartez. Ils se croyoient en'
seureté
, parce qu'ils avoient, à leurs
portes une Armée d'environ cinquante
mille hommes bien retranchez
; que l'on avoit inondé le front
de la Ville depuis l'endroit où la
SViïne y entrejusqu'au Foit de
Monterey ; qu'ils avoient fait un
grand retranchement à la portée du
pistolet de leurs barrieres
,
& de
plus de trois toises de hauteur, & son
talus qui avoit un grand chemin
^çteuX qui luy servoit de folIé, 6C
s'étendoir à plus decinqcens toises
dans la campagne. Ce retranchement
couvroit la porte de Flandre,
& il yavoit dedans neuf Barai'lons.
Les Ennemisavoient depui fortifiétrois
moulins sur nostre gauche, le
long d'un petit canal. & tous ces
postes devoient estreforcez pour
approcherdela Pace assez préspour
la bombarder. Plu sieurs pieces de
canon les battirent l'apresdînée,
avant que d'ouvrir la tranchée,qui
le fut le foir du mesme jour à deux
endroits, après qu'onen fut venu
aux coups de main, pour chasserles
Ennemis de tous les portesfortifiez
dont je viens de vous parler; ensuite
de quoy on ouvric la tranchée en
deux endroits, sçavoir à l'attaque
d'eau quiest sur la droite, qui fut
montée par Mr d'Artagnan Se par
Mr le Comte de Lusse,avec lesRegimens
dePiedmont & de Provence,
&dixautres Bataillons. Toutesces
troupes firent merveilles, & emportèrent
un moulinfortifié&une
Redoute, & poursuivirent ensuite
les Ennemis dans un Fort dont ils
les chasserent jusqu'aux portes dela
Ville, où cinq Grenadiers entrerent,
Se furent faits prisonniers. Mr
de Longuerue qui commandoit le
second Bataillon de Piedmont, fut
blcfle
, un Lieutenant du mefmc
Regiment tué, avec quelques Inge.
~ureurs&trente à quarante Soldats.
A l'attaque de la gauche, Mrs de
Rubantel & de FouriIlél""monterent
la tranchée avec les sept Bataillons
des Gardes
, & les cinq Bataillons
qui composentla Brigade du Maine,
dont estle Regiment de Bouillon.
CesTroupes furent soûtenues (Fun
détachement des Gardes du Roy,
en
en cas qu'on en eust besoin pour
l'attaque, quicommença par six cens
Grenadiers détachezdes douze Bataillons
nommez, & par six cens
autres Soldats. Ces douze cens
hommes marchèrent de front, soutenus
des douze Bataillons pourattaquer
leretranchementdont je vous
ay faitla d<:[crlprion. Les Ennemis
ne se défendirent presque pas, 6C
seretirerent après avoir fait lellls
décharges. On les suivit jusque lut
le bord du marais qui regne tout le
long de la Ville. Les détachemens
se posterent le long du marais, tC
les Bataillons dans lescheminscreux
du retranchement où estoient les
Ennemis,qui firent pendant toute la
nuit un grand feu de mousqueterie
de leur chemin couvert, à l'endroit
leplus proche du bord du marais,
de fortequeles détachemensfurent
obligez de se retirer avant le jour
à leurs Bataillons, les Ingénieurs
n'ayant pû pendant la nuir faire
qu'une banquettede nostre-costé,à
la ~elle feulement de l'ouvrage des
Ennemis, qui firent plusieurs Batteries,
dont nous fûmes assez incommodezpendant
le jour. Mr de
Mont pesat,Capitaine aux Gardes,
N,v le Feron,Sous-Aide major;Mr
de Grenu
,
Capitaine desGrenadiers
des Gardes Suisses, & un Ofsicier
de Greder, furent blessez en
arri vant
,
deladécharge que firent
les Ennemis Mr le Ferma-al'épaule
cassée,& Mr le Chevalierde
Mon£ton,C^ pitaine d,eCarabinicrs,
fui tué d,:DS in tranchée,d'un coup
decanon,derriereMr le Duc du
Maine. L'action dura une heure,*
lts Ennemis y eurent environ trois
cens hommes tuez ou bicHez, 8!,'
nous y avons eu.15. Soldats tue)z, &
28-bit(Tez.
Mrde Rosen Se Mr le Comte
de Guichemontèrent la tranchéela
nuit du12au13.avec les Regimens
de Navarre
de Guiche, de H11-
mieres,de Chartres & de Toulouse,
àlateftedixjueTèlVSft Mr1lc'Cornifîde
Toulouse,
l'esponton à la nJin.
Ce Prince donna à souper dans la
tranchée à plusieurs Officiers. On
ne peut se presenter aux perils de
meilleure grâce & avec pI,ts d'intrépiditéqu'il
fait. Un de (es Palfrenierseut
à Dxmude la teste emportéed'un
coup de Canon, derriere
luy. Mr Tripoly, Capitaine
desGrenadiers de Provence , eue
le ii, au soir, le genoüil percé d'un
coup de mousquet. Depuis 11
11. jusqu'au 13. au soir, on travailla
à pousser la tranchée, à l'élargir,
& à la mettre en estat de perfethon,
ainsi que lesbatteries de
Mortiers & de Canon, pour tirer
des boulets rouges, Pendant ce
temps-là les Ennemis montercnt
plusieurs pieces de Canon, & tire-
, rent sur les Cavaliers, qui portoient
des fascines.
Le%;. au foir Monsieur le Duc
du Maine retourna à la tranchée,
comme Officier General
, &: le
pieme soir Mr le Marquis de Crequi
& Mr de Charost la montèrent,
l' un en qualité deMaréchaldeCamp,
el l'autre de Brigadier On ne perdit
cette nuit-là que trois Soldats,
dont un fut emporré pendant que
le Regiment de Bourbonnoismontoit
la tranchée.Le même soir lesbarterres
ayant esté achevéesavec beait^
coup de diligence,&toutestanten 1 état,& placé dans leslieux qui regardoient
les quartiers de la Ville les
plus peuplez, Mr de Villeroy envoya
Mr d' Artagnan dans le Poste
le plus prés de la Ville, pour y
faire faire un appel par un Tambour,
qui avoit ordte de dire à l.f'
sentinelle qui le presenteroit .f"de
faire venir un Officier, & qu'un
des nostresavoir ordre de faire paffer
une Lettre à Mr le Prince de
Berghes, Gouverneur de Bruxelles,
de la part de Mr le Maresc hal de
Villeroy ,dont on attendroit la (é,"
ponse pendant quatre heures. Voicy
la lettre en propres termes.
Le Roy maordonne de conduire
fan Arméeauxportes de Rruxellrs.
& de la bcmbardèr en représailles
des bombâtdémens que les Flotes
ennemies ont flltls) & s'efforcent
tsus les jours de fairedesplaces maritimes
de France. Cependant cette
forte d'hofhhtè répugnésifort aux
inclinations de Sa MajestequElle
m'ordonne de declarer que si l'on
veut de la part des ennemis, neplut
itferk l' avenir decegenredeguerre,
$'iit Majrftê s'en obtiendra avec
joye, 6 m'ordonneen cecas dene
point paffer outre au bombardement
de Bruxelles foui la condition que
dans fîx heures pn me rendra une
rèponse precise
>
dans une forme
si valable &sibien autorisèe, que y puissedèferer. Sa Majefie a eu
particulièrement en vuey en accordant
ce dèlay de (ix heures
,
de don.
ner moyenàMadame fMleftriceds
J&aviere, & à toutes les Dames> de
.•f.ort,irrdeolapVilleO,sielleJsl.e:jug-enta « L'heure accordée pour la réponfe
étant passée, Mr le Prince de Berghes
envoya dire à Mr d'Artagnan j»
que Monsieur de Bavicic""venoit
'• d'arriver à rocCafîoTTïïeTîa maladie
de Madame l'Electrice de Bavière,
qui avoit eu une fausse couchela,
veille, & que si l'on vouloit acr..-
der encore une heure, Mr
l'Eïec.eur
feroit réponse luy même. On donna
encore une demy heure par delà,
laquelle estant expirée, Mr d'Ar-
: tagnanfit sçavoir qu'il ne pouvoir
plusattendre.
On commença donc à tirer quel,
qijes bombes, après quoy on en.
, voya de la part de Mr le Prince de
Berghesdemander à parler à Mr
d'Artagnan
,
qui retourna par ordre
de Mr de Villeroy, & à qui Mr
de Pimantel remitunécritsigné,de
la part de Mr le Prince de Berghes,
contenant que la proportion touchant
le bombardement,regardait
le Roy de la grande Bretagne;quesi
on vouloit donner z4. heures pour le
luycommuniquer, onraporteroit sa
reponse ; qu'au surplus on étoitobli- *$4 l'honnêteté qu'on avoit pour Madame l'Electrice, & qu'ellelogeoit
dansle Palais du Roy : que si
on bombardoit Bruxelles , il n'y
avoit plus de réponse à attendre.
Comme cette réponse n'alloit
qu'à faire perdre du temps, dés que
Mr d'Arragnan l'eût raportée à Mr
le Maréchal de Villet-oy,lesbot«nb,--»s
que l'on n'avoit tirées, qu'une àune,
& en quelque façon pour hâter la réponse,
furent tirées par salvesde 25.
à la fois , & redoublées,de forte que
depuis sept heures du soir }u(qi.es à
dix, que Mr de Villeroy quitta les
Batteries, il y avoitdéjà une grande
partiedelaVille en feu. Ainsi une
Armée decinquante mille hommes
n'a rien osé entreprendre pour son
salut. Il y avoit de plus, plusieurs
détac hemens, au nombre de plusde
30000. hommes , sçavoir dix ai^sordres
de Mr de Virtemberg Aix
autresàceux de Mr d'Atlone,douze
aux ordres de Mr de îhilljr; 8C
neuf qui pouvoient se joindreen
moins de deux heures, tout cela n'a
pasmême fait un mouvement pour
traverser nos convois,qui ont esté
de Bruxelles à Mons, avec toute la
tranquilité imaginable. Il est furprenanc
qu'on ait bombardé le 1 3 le
14 & le 15 Se que tant de Troupes
& tant deGenerauxn'ayent estéque
Spectateurs immobiles du malheur
d'une Ville qu'ils avoient tant d'interestàsecourir.
D'ailleurs il n'estoit
pas besoin de 24. heures pour attendrelaréponse
du Prince d'Orange,
puis qu'il étoit fort prés de Bruxelles,
quand Mr deVilleroy écrivit au
Prince de Berghes.
'^cx J'ay oublié devous manquer dans
ce journal
, que Mon sieur *le Duc
du Maine se donna de grands foins,
afinque l' Artillerie ~sust servie,&
qu'il voulut luy-mesme faire
jetter la premiere bombe.Ce Prince
estantdetranchée, fitdistribuer
du pain &du vin à tous les Soldats
qui la monterent avecluy,& regala
tous les Officiers suivant sa maniere
ordinaire, puis qu'il tient toujours
une des plus grandestablesde l'A r-,
méeIOÙ tous les Officiers sont bien
venus.
Extrait dunsRelation enFlaniand,,'
imprimée à Anvers avec privi-*•
lege du Roy d'Efpag,ne. touchant\
le Bombardement de Bruxelles,
k & ce qui a esté brulè ou dètrxit,
L'Eglise Paroissiale
,
dite la Chapelle,
L'EglisedesBrigitines;avec partie de la ,
maison.
Presque toute la place des Vallons.
,Le Palais du Duc d'Arfchot dela Du- chessede Modene. : Toute la ruë des Freres enterreurs de
morts, dits cellebroers.
L'Eglise denôtre Dame de Bonfecours,
& nombre demaisons.
Toute la rue nomméVollestract, excepté
la maison du Mont de Pieté.
; La grande rue entierequi conduità An-tf
derlecht,depuisl'Eglise saisitGci-i.
L'Eglise & le Convent des Cordeliers
,
& toutes les maisonsqui l'environnent.
Eglise saint Nicolas avec son beau callon.
oute la maison de Ville excepté la belle
tour , qui ell en son entier , quoy
,
qu'on y ~ait tiré plus de 2.000. coups
., de Canon.
~Un grand & beau logis, vis à vis l'hostel
de Ville, bâti par l'Infante Isabelle,
appellé Broothris.
a vieille rue des fripiers entiere.
~e Clostie & l'Eglise dela Madeleine.
.'Hôtel de la Monnoye.
.e Palais du Duc d'Holstein. loi
Chapelle de saint Eloy. -
.:EgIHe &c le Convcnt des Freres Prêcheurs.
..a grande Boucherie,avec toute la rue.
~Le marché aux poulles.
~Le marché aux. trippes.
~Le marché aux herbes.
La Chapelle sainte Anne.
Presque toute la rue Berge ~Seract.
La ruë depuis l'Hôtel de Ville, jusqu'à
l'Eglise Gine Jean.
LLaappeltaictee boucherie.
dé la Puterie.
La rue lange Wacgestract.
La rue Werffiestraet
Le marché auFromage.
La rue des Chapeliers.
L'Eglise saint Jean.
L'hôpital saint Jean.
On a fait sauter une maison dans Iaruea
de l'Hôpital, pour arrester le feu.
Une partie dela place où est la maison Jt
bled, & les petites rues adjacentes.
'•^L'Eglise& le Convent des Carmes,&le~sa
Maisons des environs.
La maison du Comte de Brouay.
UPnoe rptareti.e de lamaisonnommée SICCT
La prison nommée desVrierdt,
La place nommée Nieurelandr.
Le vieux M rcl".
Le marché aux bleds & quelques mai-I.
sons proches.
La rue au beurre.
Le marché au charbon.
La rue de Winckelstraet. ,.
La rue des Boucheries, & les rues adjacentes.
La maison du Comte deBergeych.
La maisondes bonnes gens, c'cft une especed'Hôpital.
Lamaifondu Conseiller VanVCCl1."1
La maison du Greffier Van Boom.
Le refuge de l'Abbaye "dê'^nmbergé1
avec tous les environs. .-
La rue Steenweck. a:•*fT
L.il' -î f.,"¡
On compte environ 2.5o6,-. maisons brû- lées.
Et douze à treize Eglises ou Cloistres.
Pendant queMr deVilleroydécampera
de Bruxelles
, je passe à
l'article de Namur.Aprés la prise
de cette Place
,
le Sr Cohorne,10.
genieur Hollandois Taraitbastir
le ForGuillaume
,
promit aux Alliezqu'il
tcd.uirt/rtleChufkau-eu'
dix-huit jours. On devoit recommencer
à tirer le 6. de ce mois
à midy ,
de forte que suivant la promessedecet
Ingenieur,ce Chasteau
devoit estre rendu le 24. Il avoit
resolu de l'abilmer par les bombes,
&de le mettre en poudre par l'Artillerie.
On en fit venir de tomes
parts, & on alla en chercher jusqu'à
Vesel; on alla mesme jusque dans
'lefEtats de Brandebourg pour en
amenet des Canonniers, & l'Electeur
de ce nom demanda des
Ostages pour le Canon qu'il avoit
au Siege, sans qU{JY il ne permit
point qu'il rarast.Toute laHollande,
& divers autres Etats des Alliez,
furent employez à faire de la poudre,
dont on commençoit à manquer.
Comme il sallo t beaucoup
de bateaux pour faire venir les pro- j:
>
visions de guerre & de bouche
donton avoit besoin au Camp,
on se servit an préjudice de la
Capitulation, de dix
-
neuf bateaux
qui avoient esté envoyez
pour faire revenir à Dinan ceux
de nos Malades & de nos Blessez
quiestoient en estat d'estre tranfportez.
Les Alliez ouvrirent inutilement
la tranchée en divers
endroits pour prendre nos
Fpfts
par derrière
,
ils trouverent le
lac ;de maniere qu'ils furent obligez
d'abandonner leur dessein
,
Se
d'ouvrir latranchée selon les formes.
Le 19. les Troupes qui défendent
le Fort Guillaume,firent une
sortie sur leurs ouvrages; ils comblerentles
deux tiers de leurtranchée,
en sorte que le n. elle n'estoit
pas encore rétablie. Tant de;
mauvais succéslesfirent resoudreà
tirer par la Ville sur le Chasteau.
Ilsavoient déjàeu ce dessein, mais
Mr de Guiscar leur avoit fait entendre
que s'ils l'executoient,il
abilmeroit la Ville.
Cependant desesperant de pouvoir
soumettre le Chansteau sans le battre
ausside cecosté-là,ils reprirent
'- leur premier dessein& tirerent
'n8. pièces de Canon qu'ilsavoient
dans laVille&dans le Fauxbourg
de Jambe. Ils firentaussi un fore
grand feu de 66. mortiers , dont
une partie estoit en batterie sur le
rempart proche la Sambre, derriere
le Convent des Recoltines, &
del'autre costédes Recolets ; mais
ils furent bien fuîpris quand ils v-ilion:
un aussigrand feu du Chasteau
sur leurs batteries. Lesnostres
estoient postées sur le Fort Guil-
Jaume, & sur celuyde Terra ilovai
d'étage- enétage,de maniere qu'on
nelesappercevoit pas estant, toures
deux du costé de la Ville. Les feux
furent si grands & si continuels
,
que de six lieues à la ronde, on
sentoit la terre trembler.Nostre
Canon taschaà démonterleurs batteries
, & le teur s'occupa: à renveriçrles
-du.Gtatfeap,^^
ruina le grand chemindelaVille
à ce Chasteau ; mais nous avions
uqnuei lbeatsteirniecoàmlarsnocrtyieJdaeïc-tes.,cthietmai-n
rent
aussisurla
EQurniliedu'^ieddp
Chàsteau,^ 0\1 iLy: a deux-çu trois
quarrez l'un sur l'autre ,qui desfendent
jusqu'au bord dela Meuse.
Comme les oûirajjljcis fgnv- bafties'-
sistta£Loç
, iln'Va,point-deçhemin
couvert pour entrer dans le
Chalteau. Le25. lesEnnemisayant
fair p~sser cinq milie Grenadiersà
la teste de leur tranchée
,
dont ils
avoient doublé les Troupes,attaquerent
entre quatre & cinq heures
du soir
,
les chemins couverts
de laCassotte,du Fort Guillaume,
& les petitsretranchemens des briqueteries
d'entre la branc he droite
'6,-. ce Fort 8c la Sambre, d'où ils
sur'ètit repoussez deux fois. Ils revinrent
pour la troisiéme fois à la
charge, & l'on jugea à propos de
leur abandonner les retranchemens
des briquetteties, & la petite redoute
casemattée, qui est le long de la
Sambre, afin de soutenir les chemins
couverts, dont ils furent repoussezpour
la troisiémefois. Nous
y sismes joüer quelques Fourneaux
& Fougades, qui firent perdre quantité
de monde aux Ennemis. Nos
gens firent beaucoup de prisonniers,
que Mr de Bavière envoya reclamer.
On neles luy accorda qu'à
condition qu'il renvoyeroit à Dinan
,
le reste de nos malades
, 5C
,.
de nos blessez.
On avoit non-seulement manqué
à la Capitulation, en ne les renvoyantpasplutost,
mais encore em-/'
leurlaissant manquer de toutes c^>-
ses,de forte que faute de remedes,
la gangtene s'est mise aux playes des
plusieurs qui font morts de leurs
blessures. La pluspart estoient couchez
sur la pailledans des lieux fou';'-
terrains, dont le mauvais air n'avançoit
pas la guerison
, &c il n'estoit
pas permis à ceux qui estoient
- plus commodemcnt logez,de tegarder
par leurs senstres XDnnese
contentoitpas deleur fairedestraitemens
si rudes, on vouloir cncove
qu'ils fussentexposezaaufeuduChasteau
sur la Ville,ou du moins qu'-
ils servissentà taire tireravec impunité
sur le Cha(ttaÙ; Les Habitans
ayant fçû que cette resolution
avoir esté prile, & voyant drefTei*1
des batteries pour l'executer
,
de-•
vers le Prince d'Orange
pour le prier d'abandonner ce defsein,
ce qui lellc fut refuséavec tant
de dureté, nonobstant leurs treshumblessupplications
, que plusieurs;
ne purent s'empescher de direallezla
haut, que cePrinceavoit envie de*
faire perir tous les Sujets du 7?~~
d',E(Pa,gne
, par les Bombes, fuif-^
qu'ilavoit (fi- en [on pouvoirU
dempescher le Bomhaîâemwit del
J2raxeltes
,
donlla ruine des principaux,
Habitans portait un grand
,trélydice au commerce de Flandie
&aux assai,er die RoydtEfpa<?ne.
Le feu du Chasteau. que ce Prince
avoit attiré sur 1rs Bourgeois de
Namur, a non seulement cause la
ruine de quantité de leurs maisons,
mais encore lamort de plulleunjil
amelme fait petitbeaucoupdeper—
sonnes de consideration des Trojj-'^
pes des Alliez,du nombre desquelles
est Mrde Rondeau,qui efTojt
Gouverneur du Chasteau de Namur
, avant que le Roy s'en fust
rendu maistre. Jereviensàlafuite des affaires
du Siege. Les Ennemis n'estoient
encore Maistres le 2 8. que dela petite
Redoute casematée
,
qui di: le
ionc- de la Sambre, & d'une maison
palissadée du Faubourg de fTæ¡
Porte de Bruxelles, qu'on avcfltt
jugé à propos de leur abandonner,
jusques auprès de laquelle ils a--
voient poussé leur tranchée. Ilse
avoient le mesme jour 28. une batterie
de trente six pieces de grosz
canon,un peu audelà de cette Redoute,
qui battoirle demy-Bastions
droitdu Fort de Terra nova, quii
estoit touréboulé&ruiné le mesmes
jouir,a-u/îî bien que le réduit de la
porte dusecours qui estau pied Lesz
Ennemis eurent lemesme jour jusqu'à
quatre-vingt mortiers en batterie
, qui jettoientsans ccflc desbombes
; il y avoir aussi cent cinquante
pieces de canon, routes e3"
estat de tirer.
J'avois oublié de vous dire que lai
nuit du26. au 17 le Chasteau frcJ
cinqj
cinq signaux. C'estoit apparemment
pour marquer qu'il avoit entendu
.les cent coups de canon que Mr le
Maréchal de Villeroy avoit fait
tirer le 26àdix heures du foir,
pour marquer qu'il estoit en marche
pour s'approcher de l'Armée Ennenue.
Le 29. les Ennemis continuoient
leur Tranchée àla porte du Bordeau
,&à celle du Chasteau
,
qu'ils
font double pour se couvrir du Tore
Guillaume, quiles voit à revers. Ils
battoient toujours le réduit de cette
Portedu secours, & le demy Bastion
drpiç de Terra nova, qui est joignant
, & au-dessous de la branche
r
droite
,
qui s'étend le long pied & au des deux Corps de Cazernes, squi font dans ledit Terra-nova, dont celuy qui est le plus prés de
cette brancheest tombéavec elle.
Ils battent aussi, les deux Tours
quarrées qui sont au pied de la branche
à gauche de la Porte du Bordeau.
11 paroist qu'ils ont desseinde
laisser derriere eux le Fort Guillaume
, &: ils se flatent sur ce pied là d'estre plutost maistres du Cha-,
steau,
", Je viens au bombardement de
C~is. Les Ennemis mouillèrent
le foir du 26. à la rade du Port,
avec cinquante Vaisseaux & douze
Galiotes, dont il y en avoit à voi.
les. Onfit grand feu toute la nuit
départ & d'autre. Le 27. sur le
midyqui est l'heure de lahauteme-
rée,ilscommencerent à bombarder, (
ce qui dura jusques à quatre heures
aprésmidy. Ils jstterent environ
quatre cent bombes, dont un tiers
ne creva pis, & les autres endommageant87.
maisons
,
sans rien
hlûler, Il n'y a eu que quatre hommes
tuez 8c trois blessez,& le c heval
du Commandant) sur lequel
tomba une bombe. Il y avoit quarante-
cinq pieces de Canon avec
quatre MOItivlSle long de l'Estran ;
de maniere que si les Ennemis avoient
bombardé par l'Ouest, ils
auroient essuyé tout ce feu, & foutceluy
du Fort de bois
,
quî^éft
deux cens toises par delà le Fort
des Jettées,un peu à l'Ouestdeces
Tettées;c'est ce qui les a obligez de
bombarder parl'Est, y ayant moins
d'eau;&c'est pourquoy irsont este
contraints dese retirer quatre heuresaprès
la marée.Ilsauroient pu
retourner avec la marée de la nuit
suivante, mais ilsn'en firentrien.Ils
auraient encore pu y revenir avecla
marée du 28. après midy
; mais is
ne le jugerent pas à propos, & resterentmouillez
pendant toute la journée
du 28. par le travers des jettées
hors la portée du Canon. Une
de leurs bombes mit le feu à l'Hôpital
5
qui fut aussirost éteint. Mr
l'Intendant ayant fait perquisition
see tous les dommages causez par lesbombes, il a trouvé que tout
psiiç estre repaie pour vingt-huit
millelivres.
Le Pere Bouvet,Jesuite, qqtuiii par-
'tk en 1687 pouralleren la Chine,
eu arrivé à Surate avec deux Ma-ndarins,
que l'Empereurde la Chine;
envoye au Roy avec des presens
considerables. Jamais les Empereurs
de la Chine n'en ont envoyé;
à aucun Souverain; & quand ils.
reçoivent leurs Ambassadeurs
,
ils ne les regatdent que comme des
Envoyez de Princes tributaires. Je
1
fuis, Madame
,
vostre3 &c.
A Parti, ce 31. Aovft i6pj.
1 APOSTILLE.
t, Je viens d'apprendre que -::.¿)Ífrc
Armée avoit commencé à passer la
Mehaigne ; que Mrle Duc du Maine
avoit défait entierement vingtdeux
Escadrons des Ennemis; qu'il efr
tenoit dix-huit autres en fermez r
que ce Prince avoit eu uncheval
Desordre Càuiffarlabgdre, 167
Hifioire de la fretendueQomteffe
deNaJJau. 27J
JDifcours fait au Roy par Mr ltEvèque
deNoyon. Je4
Nouvelles faiticnlaritezjouckant
la découverte d'une figure de
Mercur* trouvée k Beauvais.
202
ee-èo-nd vokm des Poefies de Mj
-
desHoulieres, zig
Rome galafite. 12.0
NouvelleCarte de ïEuroj>e,&au-
IrCf ouvrages nouveaux qui si
Mdébaiternticahezg^Mer d*e-2Fer1. *623
Service de Mr le Comte de Charteellmux,
acroqnteunaanbt dleessc*hoxsesit%rès-
Jàumal du Bombardement de DçnqRcrque
,avec un grand nombre
de particularité. touchant ce
bombardement. 2.36
Mort de MrïArchevêque de,pa- ,ris, avec le détaildç toutce qui
sest paffé» lors qu'il aeftè eXfl.ofi
auPublicrà[onCçnvoyt Çr à
finService. 261,
$ir ÏEvèqueifOrléans a?.nommé
farle Royau cardintt'la'l. 180
MrÏEvèqne de Noyorr est nmmi
Commandeur de ïOrdre. 23f
Mr ïArchevêquede Reims élû
rrovifeur de Sorbonne. 186}
MI' A ./J r,EvequeaeMeauxfl" élu 5afeiieur
de Navarre. 187 A
Mr ievéquedeChalons e(lnomme
par le Roy, Arcbevefque de Paris.
188
Ûfort de Mr<£Âr>g*uges. 289.
P¿..(eS,deCon/elll,r dEtatdonnées.
29r JlfrDaytcfjeau cft nomme Confeili>:
r art.tt , au Lo?:fcil Royaldes
nvitnaences. 2 9 1 uneEstampes de lit
sesite Gallerie du Louvre presensèes
au Roy. 293
Jitfioire des révolutions de Suede,
29)
JiUïlion des nouveaux Echevh;s,
qui font ensuite prefènuz au
Roy. zy*r
Eleffton d'un Direfleur & d'un
Chancelier de ÏAcademie de
Peinture & de Sculpture. 299
Article des Enigmes. joz
Journal de iArmée de Flandres
,
avec le Bombardement de Bruxelles.
306
Suite du SiègeduChnfteau de Nantir.
317
.Bombardement de Calais. 3^8
Mandarins Ch-incis en'Vo)'"z en
France- 340
Défaitede quaran's E[cadrons des
Ennemis au paJJdge de li Me- 341
Qualité de la reconnaissance optique de caractères