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1695, 07
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rJ,ULNr
DEQli' A MONSEIGNEUR.
A IARI2,
XhczMICHEL BRUNIT,Grand'Salie
du Palais, au Mercure Galanto
N donnera toûjours un ^foiumî
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois,& on le
rendra Trente fols relié en Veau &
<yingt-cinqfolsenPaçphemin.t
n
_ 9
','
A PARIS,
Chez-G. DE LUYNE,auPalais>daJ
la Salledes Merciers,àlaJustice.J
T. GIRAR,D,au.Palais,danslaGran«
Salie» à l'Enviç.j JEeMICHELBRUNET,Grand'Sa!]|
duPalais,au MercureGalant-
M. DC. XCV.
Avec Prhijege rJlIJ!loJ.
'M
AVIS. QVelquesprieresquon aitfai
tes .i¡u(qu'à present de bieii
Vcrire*ites noms dfe £amniue empptoye,
tians les Mémoiresquon envoye tour ce Mercure , on ne lazlfe ptU
Wy manquer toijouri. Cela est eaufe
yu'il" a de temps en temps quelques
8ns dtcesMtmoues dont on ne (è
Oeut servir. On réitéré la mcfme
Qritre de bien écrite ces noms> en
Torte quon ne s'y puisse tromper. On
ne prend aucunargentpourles Memoires
l'onemployera tous les
tonsOuvrages à leur t0141, peurveu
qu'ils ne desobligentpersonne
,
&
fyuil ny ait rien de licentieux. On
prie feulement ceux qui les envoientt
e5. surtout ceux qui riécrivent que
pourfaire employer leurs noms dans
/article des çnl'gmesd'affranchir
leus Lettres deport, s'ils veulent
quon faffe ce auils demandent.
C'est fort peu de chose pourchaque*
Particulier & le t'.utenfembîe cjft
beaucouppourunLibraire.
Le Sieur Brunet qui débité pre-~
sentement leMercure, a rétablileu
choses demanière quil efi toujours
imprimeau commencement de cha
que mois,ilavertit qu'àl'égard de.
Envoi* qui se font à la Campagne
ilfera partir les paquets deceuxqui
le chargeront de les envoyer 4Vdn,
que l'on commence à vendre icy Il
MtrCtlft.Comntt ces paquets serom
flufieurs jours en chemin, Paris ne
laissera pas d'avoir le Mercun
longtemps avant quil sott arrive
dans les Villes èloignéest mais aujji
les Villes ne lerecevront pasfitard
ijrtelle* fdifoient auparafant.Ceux
qui se lefontenvoyer par ltuYJAmi4
sans en charger hdit Brunet, sexpofent
à le recevoirtoujours, sott
tard par deux rtli/ons. LaPiemiefe
parce que tfirimis n'ont pas foin de
de venirprend)cjiivjlquil est impri-
\mè,)oure qui..l, l1ef,étu :sny,'un quell-
>quesjoursavant queL'on enfajfe le
,débit^ & Catttie, que ne
l'envoyant
\qùaprès qutls l'ontla eux & quelques
auttes à qui ils le pressent, ils
rejettent la faute du retardement
sfur le Libraire, en disant que la
rvente n'en a commence que fort
savant dansle mois. On évitera ce
retardement par la voye dudit Sù*,
iBrunet, puis quilse charge defaire
lespaquetihy*mefme%&de lesfaire*
forterà la Posse ouaux Meffagersyj
sans nnlinterefty IAnt four les Par-"
ticuliers que pour les Libraires dcï
Province, qui luyauront donne Jeuni
adreje.ilfera la mesmechose gene
ralement de toué les Livres nais-,,
veaux qu'on luy demandera, foià
quillesdébité, ou quilsappartiens
nent à d'autres Libraires, sans e*\
prendre pour cest davantage que 1.\
frixfixé par les Libraires qui /t"J'
vendront. Quand il se rencontrera
quondemandera ces Livres à lafià
dit mois, on les joindra au Mercurev
afin derien faire qu'un mesme pib
quet. Tout cela fer<i execute avev
une exactitude dont on aura lie,%
desire content. -
*CALpnt"Y
JVILLET 169J.
1
A
E vous marquay ,
Madame,
dans ma Lettre du
mois de Mars, les Boutsirimez
que la Compagnie
.des Lanterniftes de Touîoufe
;avoir proposezà remplir à
lia gloire du Roy, pour le Prix*
qu'elle dévoie distribuer le 24^
du mois passé, jour de laFe,,
fie de Saint Jean.Baptiftc.
Ce jour-là ceux quila conu
posent s'estant aflemhlez cm
laJnapiereaccourumée chezs
Mfde Lucas, Conseiller aw
PPaarrllement de Toulouse, la, ementdeToulou se, lo mSecrecaire de cette Compa-j
gnie ouvrit la seance par unn
Discours, où ilexposà quea
pour bien juger des Ouvra..J
ges dePoésie, il en falloini
connoiftretous lesagremens2j
& toute la finefle.Ils'écen-i
dit enfuice sur les divers ca1
ra&eres de chaque especedes
Poësie, & particulierement
sur le progrés des Boutsrimez.
Il finit par l'éloge du
Roy,& fit voir que cen'efioit
qu'à la faveur de ce nom facré,
que les Bouts-rimez s'eftoient
acquis une si. haute
réputation, &qu'ils ne fçauroient
manquer de plaire en
publiant les heroïques vertus
du plus grand Monarque qui
fut jamais. Ce Difcoursfiny
la Compagnie,declara , que le
Sonnet que vous allez lire,
avoic remporté le Prix. Il
contient un éloge si juste Se
si parfait de SaMajeité)que
je ne doure point gtte cette
ledrure ne vous faire autant
de plaisir, quelle en a donné
à ceux qui Pont juge digne
d'efirc préféré à tous les.nacres.
AUROY.
< SONNET. DAns la route brillante ou la
-
gloire te
-
guide,
Vingt Souverains piloux en vain
de toutes parts,
Elevent comte toy mille orgueilleux
Rempars.
Toujours en iafaveur laViHoire
décide.
itj» Qui pourroit s'opposer à ta valeur
rapide?
Surpayant en un-jour ConLintins &Cesars,
Agiildnt 6 tranquille au milIeu
des haz::rs,
Rien ne peut ébranlerton courage
intrepide. intrépidje.
Que la sçais bien remplir tes augufief
Emploisi
Pere de tes Sujets, Protecteur
des Lobe,
Les flots ont beau gronder, nous
bravons les Tempestes.
rp* v-jUA Si la fui-jols lecours de tes CKnloUs
divers,
De F AuroreauCouchant tu ferais
des
t
Conc'i. r :s.
Mais, grand R:¡f) tu ne veux que
calmer l* Univers.
PRIERE POUR LE ROY.
De tonaile> Seig neur, daigne
couvrirmonRoy,
Répanstoujours sur luydes rayont
de ta gloire,
Puisquece Conquérant ne cherche
la Victotrei
Que pourfairerégner & ton NfJm laL0y.
Ce Sonnet est de Mademoiselle
l'Héritier JeVillandon
,donc les heureux calens
font connus detousceuxqui
aiment les belleschofes. Elle
a écrit dés sa p'us grande jeunefle
,& fait beaucoup d'Ouvrages
eltimez. Feu îvTTHc- liciOer, (on Pere, s'estoitac--<
clûÍsune grande réputation
par ceux qu'il a donnez au
Public3 & sur tour, par son
excellente Traduction des
Annales & des Hiltoires des
Troubles des Pays bas,composez
en Latin par le fameux
Hugo Grotius. Les Boutsrimez
propolez par Mrs de
la Compagnie des Lanrcrniftes
3
ayant fait l'année
derniere ledivertiflement de
laCourôcde toute la France,
9
il y a sujet decroire,aprèsun
succes si glorieux, que ceux
qui viennent de paroistre j
pour la dispute du Prix, feronc
receus aufli favorable.
ment.Quelque recherchées
qu'en soient les rimes, la
grandeur & la richesse de la
rnaciere, les ont rendues
comme naturelles. l.. 4
Enfin je vous envoyé une
réponseàla Lettre de Mrde
laBrosse,emp!o)ée dans le
Mercure du mois de Mars de
l'annéederniere. Je disenfin,
parce qu'en jettanc les yeux
a
sur sa date, vousconnoilîrez
qu'il y a du moins un ah que
vous devriez l'avoi r. Elle fut
perduë dans le temps que Mr
Laurifol de Delauré, Doéreur
MeHe'cist'deSainte Livrade
d' A genois, qui en cft l'A uteur,
me l'envoya, & rayant
heureusement recouvrée depuis
un mois, je vous en fais
part, pourfatisfaire l'emprefsement
de ceux de vosAmis,
qui vous ont obligée à me la demander plusieurs fois.
RESPONSE
A laLettre deMrdelaBrosse,
a
inferée dans le Mercure <|
du mois de Mars1694.•
touchant la Fièvre Mali-1
S^e*
A Sainte Livradc ce 15. May1694.. NSIEUR,
Comme la cnriofité ma porté
à lire le Mercure Galant du mois
,
daetteMntaiorsnpdaertrinciuelri,èrjeaàjvfaojiitreLuntte~
rresur la fievre maligne;j'en ay
admiré le tour& lafînesse, (7
si jeprens la liberté dj vouloir
répondre,cefl plútojl pour en recevoir
un plus grandéchtircijjc~
ment, que pour la censurer: &
dans cette veuè vous ne trouvere'(
pas mauvais que jlee vvooluiss eelni
dije mon fentiment^quCyqu'ilpanifiecontraireauvojlre
;(fY pour
commencer.Jeremarqueque vous
dites dans la page 14, de vojlre
Lettre
,
que c'est l'ciprit aricnical
qui est la vcrirable
cau se dts fièvres ma lignes
5ccontag/'eaiesjmaissfijeprens
tardé que, pir saquaiué moidicante&
corrosive,quevoun
luy donne7, dans la 13. page, iAi
doit rompre (j* brifir latifJurc dests
parties,tantfohdes quhumorales
cet ejf-et me piroiflbiendiffe~<
rent de celuy qur vous ltry don-i
ne7, dans la pag, 29ou VOUSmar-1 i**cc^ansc^* coagiM
lé par ctes ftls acres & cor-i
rofifs: mais pour ne prendre pau,
ce. mot avec équivoque, on doiiv
entendre par coagulation
)
l'uniom
laplus étroite des principes qu'um
corps étranger liefortement, comto
me le lait en figé & coagulépath
lesacides; au heu que ladijjolu
Mon efl une totale dejunion de.
mefmcs principes ;
d'où vient 11'1:
dans celle-cylesprincipes subtils
écbapensdans Li fermentation}&
que dans celU-làtous ressent dans
lleemixte3 a moinsquecece nn~eJ{ooiltt
v.npeude fcrojtté qui e.l:pc p.:r
Uprcjjun des principes ramcnx
& pejants.fkns néanmoinsabandonner
le tout;&si la dijjoLiicn
.Jans le ~~rr eq.* dans fan^ ejlordinairem;ni.
c;, d) (l' ¡ Suivie A*une grojjùrcîéLMISes
me/mesangs ce riejtpaspoun.iht
coagulation, mais un cpaijijjc-
Wient
>
& il ejl rendu tel p:zr la
ïerre &dijjipation presqueloiaie
dts principes volatiles. nyrejiant
^ourlors que des corpuscules biulez
& terrejires
>
sans li4ifon& 4
sansordre. Cequi est lacaufede * lunt ne peut eflre celle de l'autre,
( d'autant que ce font deux effets
formellement drfferens, equefe- -
Ion lePbdofophcy l'effet doitejlre$
de mesme nature que la cause.;
Voyons cependantyjevous enprie,,
quels font les principes qui peu--
vent produire ces deux change
mens dans la majJè dufang. Lak
Chjmienous apprend tous Lesjour
quelcsfermons qui coagulent fontXx
tous acides,£<r que ceux qui diyi~\
fintfOnt tous acres ou alkali..il
Nous en avons dans le lait unmv
preuve inconcevable.Tout acideh
kcoagule, &lejel de tartre, qy*
tfi acre le dzjJout, quelque
1
caillé
qu'il (oitj(7 pour nt m'écarter
pas de nostre fang qui est toujours
exjwfé à la fureur de la cause morbifiqu:,
vous fçave^ quon n'a
qu'à v introduire une liqueur aci
de,corame du vin-tigreoude t ejp
it de vitriol pour le voir bientost
figé & arrefié dans ses vaif.
féaux par l'ejfroyablecoagulation
que ces agem y produifcnt; 'Ty'
qu'au lieu que si on venoit ày
jeetttteerr de ll''cjprit-devin ou de bayes
1
de genevrterquiejlacre
,
il feroit
suividune entiere desunion des
principes. Par la vousconvenez
que ces deux effetsformellement
differens viennentde l aclion différente
des fermonsdrffey.ns c?sef
J J ,)J .J
l'eee, puis - que lun {p acide &
l'autreacreon dl, qui seton
tous les Cbjmijiïs,foaides prin-
,: ,
cipes, qui dgjËjcennttl'1unn juriautre.
Apres ces raisons convMnc.intes,
vous ne voulez pa6 que le
sel acre&eortopf, que vous dcaneK.
à voflre effiritarsenical
,
foit
capable de tous ces effets forrnedc.
ment. differens
,
pour n'en faire
pas le (¡'u' principeaBis: il est
vray qu'il nyen aquunfui àproprementparler,£$
rfejjtlefprituni.
ou£rfll) quiJeul donneiernouvement
à tous lef corpssublunaires,
& quelesel & l'eau) le foujfre
&la terre enfont les pâjffs : mais
les uns plusque les autres&s'ils
^gij^entalternativement l'un sur lautre, ce n'efl que par l'aflion
que leur communique cet esprit à
qui Dieu dans la creation a donné
tous les mouvemens Leur d:/:-
rent mélange fait la droerjitédes
hvains
,
acides
J & acresy dont
1 action ne tend qu'à raréfier en à
condcnjer) (7 Ion qu ils font
poufje^ avec plus d'aéhvité
,
ils
d-fondentoucoagulent la liqueur
du/a»g,
Pourmieuxappujerce rayonnement
, ne ffl4vcz Izlouspai que
la piqueure du fcorpion/y la morfure
de la njipcre figent & arrefient
le fang dans la partie blejjee
qui tuméfié d'abord; que le vi.
triol en fait de mesme dans les
petits 'vatffeaux, dUjJi. bien que
danslesgrands, sily eflporté en
quantite, & arrepc les bemorra.
gies3 lors qu'il cfi appliquésurla
partie? mais pour l'a*finie d:
mesme que le sublimécorroff, il
rend lefang plusfluide
, & appliqué
sur les playes , bien loin
d'arr.esterlefangt il nefatt que le
fubtihfcr davantage
, (y en ronn'f
jer les bords en les mortifiant de
,mesme que la pierre cauftiqHe.
Coucluons donc que ce quist
paffe dans la Chjmie, & dans
l''OS poisons ordinaires, peut aufjt
arriver au dedans de nous par les
soisonsmorbifiquesynon cit potior
ratio unius quàm alterius,
& cdufrJfelon que la matière
eftplusou moins agtjjantetceque
nous appelionsrarefaàlion&con.
bdenfation. C'rft Jufttment ce que
mous éprouvons danscettecontrée
depuis quatre ans dans les maladies
populaires, qui font en cer.
taines faisonsaccompagnées d'e.
ïxanthemes -noirs.-violets, rou.
ges&fouvent de parotides cruel--
les. ts4wji donc fajfure avec*
fondement qu'il doityavoirplus t
d'une cause, qui dans le tempsde%]
coagulation5 tient du poison dm
scorpion, de la vipère, 0* du vi~1
iriol malin, que j*appelle esprita-i
cide vitriolique}& avecVvil–)
lisi coreora falino- (ulfurea::
& celuy qui fait la dissolu-n
tion est Acre, cr cauflique lor^v
que la mortificationdelapariièti
arrive-; car nousvoyons que czi-k
le-cy est ordinairement fuiviedh
la gangrené. Ceferadonc cet ej\*
pritvitriohque) Acide) malin, €%
set esprit arsenical ou caujliquc^
Ht feront Ideux feules &veri-
Mes causes des fievresmalignes
'$* contAgieufes^félon que lefang,
ms de son estat
3
fera dissous ou
oagulé, dans l'un desquels il tome
necejjairement lors qu'il ifl 4/-
r rre.
Dans la fuite de rvoJÎre Letre,
page 8. vous avanceque
DUS les végétaux & animaux
tnfemble ne font pas capables
dinfefrer l'air & de le
rndre contagieux, & tel qu'il
luiflfe causer des maladies
îontagieufes. Cependantvous
¡'"t)oûeZdans lafuite quetousles
wps font comPofe% de mesmes
principes : de manière que tous
contiennent en putffance toutes'
lesfortes dé poijons.Il rieft donc\
P.16 impofJible, Monfieur, que:
dans le dégagement des prin.
cipes ,foit dans les alimçnsfur\
tout corrompus frit dans 1$ pour--,
riture des corps morts ,il ne s*en»,
gendre des corps malins par la*
combinaifôn. qui se peut fairn.
des principes duJet & dufoufre^
quifuis font Ja diverftédespoi- i
fons, Ë7 qui *exhalentcontinuel
ltment de lapourriture des coeps,iq
comme la mauvaiseodeur nous er\i
faitfoy
,
qui porte^ au dedans dk
nouspar le moyen de l'air que nouM
rejpironsfjcausent jelon les difr
ïojitions qu'ils ytrouvent de
:ruelsdcfordres. C'ejl ce qu'on éïrouve
aprèsdeofndantes batailles,£
srcest ce que M: Corneille
si bien exprimépar ces quatre
Vers.
- Ces montagnes de morts piivéi
, d'honneurs fupiêmes, Que la nature torcc àle venger
eux^mefrnes
, Et de leur troncs pourris exhale
t
dans les vents
: De quoy faire la guerre au reste
des vivans.
p D'ailleurs, tsHonfieur, on ne
veut pab nier une mutuelle communicationde
lairavec les corpi
& qu'il efi bien difficile, que l'une
foitinfeflêsans que l'autre ne sem
rejjente, d'autant que tairrreçoia
les exhalaisons de tous les corps x & que tous les corps ne font en--
tretenus que par LtAi, qui leun
fournit leur plia nobleportiony dd
mefmeque lhommepour la gene..
ration dufoetus, O* que l'un &,i
Vautre font
,
principium IÎIOJ
vens,félon le PhilojOpht) qui dm
de plus, que fol & leo gene..:
ranc leonem, O* je dis par W
mesme raison, que fol & pl ants:
gcneranc fructus. Ainft(tles
uns &lesautressitrouventgan.i
yeneç, tout de mesme que les elJ-t
sans font tachez par les peres
3 s'il efl infeEJ¡; aufJi les fruits de
la terre, qui font les enfansde ïair,fontpareillement rendus mal
fains) s'il efl corrompu, nàmab
infanis infani fiunt yditHippo*
crate. Dans cet eflat, comme nous
sommes indispensablement obiiY"e;c
pour noflre entretien, den user,
ils nemanqueront pas de faire ef.
fort sur les humeurspar la difjo-
Ihtionde leurs principes malIns,
& de les corrompre yJî elles ne se
trouvent pas dans eette loiiable
crudité, dont parle Hippocrate.
Enfin vous dites dans lap. 60
& 7. que dans l'homme mef.
me il Ce produit des fcls qui
causent des accidens femblables
à ceux que produisent
Jes vapeurs malignes de l'arfenic
,
mais qui terminent
leur malignité dans le sujet
qui les produit, sans se communiquer
à quelque autre.
Prcnc% vous biengarde que
IOUS esses contraire à vousmefme
dans la pag. 35& 36. où vous
dites, quelesefpritsfontplûtost
dillinguez en cette fievre?
Aussi font-ils tant d'effort
qu'ils subliment & font
sortircet,esprit malin&,fubtil
par la peau avec quelque
peu dela fleur dufang. Et
dans lap 77. que la malignité
ne manque pas de iortit.
Donc par voflre aveu, ce venin
efiant unefoispougi vers lafu*
perfide de la peau) CMtranspirant
ensuite, foit par la force des
remedes ou de la nature, ne peut
que c harger fair, cm de là paffer
dans le corps de ciux qui approchent
les malades; ce qu'il eftaisè
de voir dans lesgrossesfamilles,
où les maladies ont toujours des
fuites. Je latffe plusieurs faits
y
queje pourrotsalleguery pour faire
connoistre que la cause des maladies
eontagieufes & malignes,
vient de la corruption des alimens, £7* corps inftéls, aufJi
-
bien
que de ïair ; maIS commejenia]),
perçoisquejeferoittroplong, je
fuis forcémalgré moy
,
de rej]errer
ce discours, (ansoubliernéanmoins
d'autoriser cette fécondé preuve
par une des Loix que nostre illuftre
Hippocrate nous fournit dans
[on Livre dcDioet & Flat.lors
qu'ildit,ex aere & cibo corrupcis
morbos fieri. Ce que
j'explique bien au long dans mon
traitédes Ftevresdu temps.
En dernier lieu, le répons a la
demande que vous faites dans la
Paà>e$7' Sicertains Médecins
ont quelque railon de faire
saigner en cette maladie?
Et je disque comme lefanghors
defon eflat naturel ne peut pecher
que par trop defluidité, ou par
trop de confidence
,
l'un de ces
cbangemens ne peut pas arriver,
qu'en même temps les njaifjcaux
ne Joient confiderablemcnt goft.
flez; car s'il a trop de fluidité) ce
ness que par le violent mouvement
que ïefpritacre& matin a
communiqué 4 toutes lés parties
des humeurs qf4il a écartées '&
la chosesepasse de mejme que dans
les corps fluides, ra.rrfte'{par la
chaleur dufeu; e ainsilefang
occupe plus tfefpacf quaùparavant
r nam corpus omne; quod quiefcit
, auc minu's :
movetur,semel ,aucviolentermotum
, majus spatium
requirit quàm anccà. Ce rieft
pas qu'ilyair icy une plusgrande
quantité defang, quoy qu'il ait
acquis plus defurface par ladiUm
tation defis parties j mais on ne
peut pas nier quil ny aitplenitude.
S'il a trop de confidence,
c'rft parce qu'il Jetrouve avec
moins daftion parlembarasque
l'tifrit acide malin porte dansses
parties: de jorte quil circule
lentement dans ses l'aijjeaux,
les charge de plusenplus, recevant
a tous momens le chile,&
fait comme ïejlomach des mélancoliques
,qui plus appecunt
quàm digercre poflunc- Est
effet,.cefang une fois epaijji reçoit
plusqu'il ne digert c'efli
dire, plus qu'il ne fournit aux
parties de nourriture,& d'esprit
AU cerveau Vousjuge^doncpar
là, Monsieur ,qu'il si trouve
toujours en profit dans ee commerceyque
sa quantitéaug.
menteà chaquemoment,jusquà
remplir extraordtnairement les
vaijjeaux.
slpréscela, MU*yrpeut- on éVvii
«
ter afaigneet&blâmere%- 'VOUS
Unehperationsanslaquelleilme
paroitf difficile de venir À bout
de la cause d'un si grand mal*
car par la saignee, vous ott%
une certainequantité de fang,
qui dans la difjolution modéré
Caélion tumultueuse des parties
fermentifcibles)lefquelîesperdent
toute leurforce, lorfquelles nefont
pas fcparées les unes des autres,
(Nam vircus unita major se
ipla difpeda;cr qui dans la
coagulationsacilite lélargiJJement
des partiei du fang; &luy donne
un mouvement de liquide plus
librej cess à alre) que par elle on
condense plus facilement h fang
dans sa volatilité, & on le volatihfe>
lors qu'il a trop de , consïstence
i &cest la veue que nous
devonsavoirdans la cure des Fievresmalignes
:Cùm contrario.
rum oppofita fit ratio. Pour
cet effet on employeaujji les rafratcbiffemens
ttmpereZ dans la
dissolution, parce qu'il s'agit icy
dincrajjer; f5 dans la coagulation
vous mtttrez en ujage avec
fuccts les cordiaux les Judonfiques
, parce qu'ils'agit tcydediviier,
ce que vous neferiez pas
aveclemêmesuccés dans la dissolutionpuis
que ceferoit}àpropre.
ment parlermettre de l'huile
dans lefeu pour léteindre. Cetlt.
pratique n'efl pas plus heureuse;
que quand elle est accompagnée
{
de la fÃignéti Cm je joindrayencore
l'experience à la raison, que
toutes itssaignées nousontprofitéi
& que les abondantes hémorragies
de neZ, &lessecours
périodiques que pour l'ordinaire
la nature accorde aux Femmesf
ejloient un remede infaillible aux
maladies de l'un e. l'autre[exe.
Pour ce qui regarde le purgatif,
je garde le Jîlence,vojïrc
Lettre ne me donnant pas lieu
_dt,'n parler. Du rejle c'est mon
intiment,queje ne UiJJepas de
roumettre au njoftre, n'ayant pas
de plus forte paffton que de profiter
de vos lumieres, & de vous
témoigner que je fuis avec fincentéy
vojlre, &c." tà
voflrc, cmc.-
f
Je vous appris dans nia
Lettre du mois pasle, la mort it MrF-elibie'n. C'estoit un
10mme illustre, dont tous
es Ouvrages font à recher-
:her. Ceftcc qui m'ena fait
demander la IUle., que les
furieux recevront sans doute
tvec plaifîr* Voicy les titres
de ce qu'ilafait imprimer en
differens temps.
Paraphrase sur le Cantique:
des trois Enfans, & sur le:
Miserere.
En 164.4. Paraphrase sur les;
Lamentations de Jeremie-
En la mefmt année,Confb–
lation à Madame d'Aumonc,c
sur lamort deM1 leMarquiSé
d'Aumont, sonMary.
En 1650- Relation de ce quii
s'e st passé, en Espagne à lax
disgrace du Comte Duc d'Olivarez,
traduit de l'E(pagnoI..J
Deux Lettres de la Defcri–
Ption de Vauxle-Vicomte.
Dialogue de 1origine de la
Peinture.
Entretiens sur les Vies Se
rur les Ouvrages des plus ex-
:ellens Peintres anciens &;'
ïiodernes,encinq volumes.,
commencez à imprimer en
[666. & achevez en l'année
1688. La fécondé Edition du
mesme Ouvrageaesté faite
en deux volumes.
t Description de r Arc, detriomphe,
fait à l'Entrée du*
Roy à la Place Dauphine.
Abrégé de laVie de Gre,
nade.
1 Les Reines de Perse auxx
pieds dAlexandre,
Le Portrait du Roy.
Les quatre Elemens mis
en tapiflferie.
Les quatreSaisons de l'annee.
LaFcftedeVersailles,de
1688.
En 1669. Les Conférences
de l'Academie Royale de
Peinture.
LeChasteau intérieur de
l'ame de Sainte Therese, traduit
de l'Espagnol.
Description de rAbbaye
de la Trappe.
La Vie du Pape Sixte V.
traduite de Htalien.
1 Description lommaire du;
Chasteau de Vcriailles en
M74
Les DivertiÍfemens de Ver-1
failles) donnez par leRoyen
la mesmeannée.
r Descriptionde la Grotte'
de Versailles.
|
Les principes de l'Architecture*
de la Sculpture, de
la Peinture) & des Arts qui
en dépendent, avec un Dictionnaire
des termes propres
a chacun de ces Arts. Imprimé
pour la premiere fois en
r676.&pour la fécondé en
1690.
En 1684..Le Songe drPlii-
Jomarhc, qu'on a aufli jointi
au dernier volume des Entres
tiens, & mis dans un recueil1
imprimé in 8". l'an 1686.
LesTableaux,lesStatuës, &;,
lesBulles des l\iaifonsRoyales,
imprimez au Louvre.
Les Infcnptions gravefes
,
dans la cour de l'Holtel de
Villede Paris, depuis 1660.
jusqu'en 1686. font de la composition
du mefmc Mr Felibien.
M1 Felibien
,
son Fils,
receu en survivance,a faitle
Livre intitulé, Recueil hiflori.
que de la Vie Cm des Ouvrages des
plus célébrés Architeftes, im primé
en 1687. Et un cahier inticute,
Monumens antiques3 qui
confientune Diflcrtanon sur
le Tombeau de Caius Latatius
Catulus.
Vos Amis, àqui vous faites
part de mes Lettres, ne
feront pas fâchez que je
vous parle de deux nouvelles
découvertes, très-utiles &
necessaires pour la Navigation.
La premiere cftune Aiguille
d)acier, d'un piedSe
demy de long, non aimantée,
qui tourne vers son p.ole, à
laquelle la variation de 1ai-j
mant,ny larouille ne peuvent]
faire perdre sa détermination;
au nord. Lexpericnce en aj
esté faite en presence d'un
grande nombre de personnes
de qualité, d'érudition&de
probité, & pour desabuser
ceux qui croyoient que cette
aiguilleestoit aimaoréè, on
la fit rougir dans un brafier)&
l'ayantlaifféerefroidir,
on la remit sur son pivot ou
elle tourna comme auparavant.
L'autre découverte est
une Probete marine à l'usage
de l'estime desvcnts,au moien
de
de laquelle on içaic au julte
la diftindtion de la force ou
relâchemenc des vents par
proportionsgraduées, & de
cette maniere les bons Pilotes
feront pleinement convaincus
combien par chaque
air de vent on peut faire de
lieuës par heure, plus ou
moins, en faisant les difiraétions
proportionnelles, par
.rapport à la force ou à la
foiblefle du vent. Mr de lucas,
ConseillerauParlement
de Toulouse,&Doyen de*la-
Compagnie des Lanterniftes,
eu l'Inventeur de ces nonvelles
découvertes) & doiu
les donner bicn,tofi au Public-
q
Vousavezvu par quelques
Lettres que je vous ay envoyées,
que les opinionsfontl
differentes sur le nom de !s
Villede Bordeaux.Voicy cc
qui en a esté écrit denouveau
par MrB. L. L-T. !
j
A Mr FERRACHAT
Avocat au Parlement.
-
p 4 Uiî queIvousvouleZ,Mon.i
[leur, que je dise mon {en!i..:
m*•• mtQ-t touchant les deux dÉl./,J.,e. rcn..
*
tes Lettres qui ont paru dans le
Mercure Galantyfur la prononciation
& l'Etymologie de Bordeaux
J je croy que MSarrau a
raison de vouloir qu'on prononce
Bourdeaux
)
à cause du gtnie&
de l'origine de noftrt Langue9
& que M: Leidet, Conseiller
auPrejîdial decette filley a l'afage
pour luy; car vous (ç:vuc'{-
quJaujourdthuyparmy les bonnefies
gens (j* le beau Sexe on pro.
nonce Bordas) e on écrit Bordeaux.
Les tuteursanciens&
modernes font p-trtagez sur lorthographe
de ce mot, & ils ne
peuvent rien contre l'usage
; ainji
je ne marrejteraj point ivowIcs-,
xiter.
Pourcequi est de l'Etymologien
je nefuis pas de l'avis de Ad"
Sargau, qui a suivi le bon Du.,
plex,
riy de celuy deMLeidetn
qui fçait tropdEfpagnol quiï
n'a voulu que faire honneur aux\
Dames deJonPays.Jetiensqu'em
jmatiere d Etymologie, il lafauti
chercher dans laLangue naturega
&originale de chiqoue Pays, o.
de celle desColonies quifont r¡)(.
nues l'habiter-y mais dans l'an-;
tienneLangueCeltique, quk
.jqoet celle qu'on ptrloït dans lesi
Gau!es
)
laGermanic, la grandea
Bretagne, &c. Bourg , ou
Burggauts, [îgnifit la Villedef
GAU/OU, nom qu'on a donné k
Bordeaux,parce que les Gaulois
qui efloient diufei^desAquitains
par la Garonne
y
pajjerentcette
Riviere) & s'établirent au deçà.
Unesemblable raison a fait ap.
peller Burgus SanronunJJ lA
Villede Bourg, qui efl une Colonie
desSantones qui s'établirent
plus bas sur cette Riviere. Le
nom de Burg eflfort usitè dans
les noms des Villes de tout le pays
du Nord,reilfignific Castrum,
Sedcs, urbs, habitatio, &c.
GefaraappelleBituriges VibPles,
les environs de Bordeaux,
& ce n'cft que Strabon,&Au.
fone après luy
,
qui ont latinisé
Burg gauls)&en ontfaitRurdigala-
Or ce mot s'efl formé,ainjîque
celuy de Linguadokunl) qui
vient de Lingua Gottoruni,
nom qu'on donne à4a Gaule Narbonnoift)
où les Goti s'établirent
au quatrième Jtecletfous l'Empereur
Honorius. Les François
appeilerent cePays Langue des
Gots, ou Langue des Kots,
car le G & le K se changent
souvent l'un en faurrt, gf quand
on avoulu latimfer cenom, "ep
dire, tourner le François en latin,
ona dit Linguadokum,
leforte qu'ily a eu dajouté l'arpcle
du génitif, tout ainji qu'il
restintroduit dans ÏEfpagnol,
'Italien, & Anglois- De Burgpegauls
nous en avons enfnite
forménojtre Bordeaux, comme
de Langue des Gors s'est fotmé
Languedok
,
où vous voyez
luiy a uneJilUbe retranchée.
Voicy une remarque que jilty
faite sur la formation des noms
François qui se font par contraction
des noms propres anciens.
Les nomsancienslatini/e^,ou il
y a un D au milieu
,
qui ricfl
point article du génitifyont laijfei
le Den devenant Franfois)com",
me Andegavum
>
Anjou; Cadurcum
,Cahors; Clodoveus,
QlovisO Louisj Lugdunum,
Lyon; R hodanus, le Rbofne,
Cyc. Mais lors que le D a ep¡
prxfixumdugénitifiiljeflreJieg
comme dans Linguadokum,
Languedoc, Burdigala
,
Bordeaux>&
c. Il effacile de trouver
de cesfortes de noms.
Voule^vous, Monsieur,queje
tire encore une autre Etymologie
de"Bordeauxtensuivant la meÇme
régléquej'ay étAblie, (y l'hifioireancienne>
Dans la langue
GauloifiJ Celtique, Saxorie éJ.
mesmeTudesque, aujourd'huy
,
Bordftgnifie extrémité&riva~
ge. J sepeut qu'on a donné le
nom de Bordgauls à la ville des
Gaulois établissur les rives de U
Garomne ducofiédes Aquitainsj
CiTquepourrendre Latin cenom
on a dit Burdegalà. Voilà qui
tp fort naturel & qui rieft pas
troptiré. Combien y a t il de
paysqui ont pris leur no/n dès ri-
'lJ4ges de la mer, ou de quelque
rivieref On dit que Aquirania
fîgmfic Aquarurn reglo. Armorica
en Anglois (ignifie regio
Maricima. VAttique en
Grece, rcgio Littoralis ,Ji je
puis meservir de ce terme3 parce
qu'elle efltouteenvironnée demer.
L'lonie ,le Pont, la PIJrygiepar
la mesme raison. Le Portugal efl
le Port des Gaulois. On trouve
encore aujourd)huy beaucoup de
Villes maritimes ou sur les bords
des rivieres qui ont pris leur nom
de leursituation En France com.
me le Havre-de Grace, Bayonne,
&c. & les Villes ou le mot
de Port se trouve joint. EnHollande)
Vtrech & Maflrechtont
pris leur nom de Trajectus, paffage,
ou Ville au delà En Angleterre,
quantité de Vdies. En
ItalieyOstie, &c.
Vous jugere^, Monsieur, de
ces deux Etymologies-yvous chou
firt7, celle que vous aimer,eZ le
mieux
, & vous laftre^ voir à
ces Messieurs
,
afin qu'ils en jugent
euxmefmcs. Vous leur diyé:()
s'il vous puifl, que quoy
que je les estime beaucoup tous
deux,la libertéde la République
des Lettres me permet de méloit
gner de leurs jentimens jufiues à
ce qu'ils m'ayent rapporté d'autres
raisons.Jefuis, &c.
Ce quron m'a conté depuis
quelques jours, a des
circonflances p1ai[anres quii
mcricenc que je vous en faile
parc. Une Veuve a fTez jolie,
vivoic sans inquiétude,
& ne songeoitqu'à se diver- l tir. Elle brilloit dans les Compagnies
par une humeur enjouée,
qui la faiioitécouter
avec plaiftr , & ceux qui la
connoifToient failoient peu
de partiesagrea bles sans (ouhaicer
qu'elle, en fuit. Elle
alloit mesme au devant pour
s'en faire mettre,& les promenades
aux environs de Paris)
l'O péra, la Comedie,
quand on l'y vouloir mener,
cftoienc toûjours de ion
goust. Elle avoit du bien, &
l'independance où elle vivoit
luy paroiffanc un efiat
heureux, luy avoit fait déclarer
assez bautement qu'elle
renonçoit au mariage. On
l'approuvoit en cela
,
mais
on condamnoit en elle une
épargne trop marquéesur de
petites dépenses qu'on est
quelquefois obligé de faire.
On la regaloit par tOUt: elle
mang-oit fort louvent chez
ses Amies, & (es Amies ne
man geaient jamaischez elle.
Cecie iorte d'avalice faifoic
peine a quelques-unes, &
quand on luy en faisoit de
legers reproches, elle répondoit
en plaiiantant, que la i
qualité de Veuveraflujettif-i
foit à une vie retirée qui ne]
permettoit aucun éclat. Cependant
comme elle aimoit
fort à voir le monde, elle
demeuroit rarement chez el.1
le, & estant allée un jour
chez une Dame qu'elle trouva
avec une Amie commune,
elle apprit d'elles qu'elles devoient
aller le lendemain à
Versailles, par la (impie curiofité
de voir à loisir toutes
les beautez de ce lieu charmant.
Elle demandaauflï.
tost à titre dela partie,&
la Dame du logis luy ayant
dit que l'Abbé ion frere les
menoit dans son carosse
,
il
entra toutà propos pour luy
offrir une place. Ce surcroist
de compagnie luy fit plaisir,
parce que la Veuve estoit
d'une humeur rejouiuanre.
La question fut defçavoiroù
mettre un habit fort riche
dont elle vouloit eltre parce,
& qu'elle c-raignoit de gaster
sur le chemin. L'Abbé luy
die que ne pouvant le montrer
quenhabit long aVerfailles)
il auroit unevalifeou
tout ce quellevoudroit porter
leroit rangé proprement.
Le lendemain la partie s'executa.
La Veuve fit apporter
son habit, qu'elleprit foin
elle-mesme de placer dans
lavalifé. Les deux autres Dames
qui donnerent moins
dans la parure,monterenr en
carrosse avec l'ha bit mefrne
qnaelles voulurent avoir pendant
levoyage. IlfLJt de qua.
tre ou cinqjours. Comme
l'Abbé avoit quantité d'Aniis,
ilsregak rent tour à tour
lès Dames qu'il avoit menées,
& la jolie Veuve se fit quantité
d'adorateurs par {on cfprit
enjoué, qui contribua
beaucoup à faire regner la
joye dans tous les repas. Sort
habit fut admiré. Non feulement
il estoit fort riche,
mais d'un très ben goust.
L'étofcmesme en estoit particuliere,
& il luyfaifoit une
taIlle fine qui luy donnoit
beaucoup d'agrément. Les
Dames avec qui elle estoit
venuë, tombèrent d'accord
avec l'Abbé que les plaisirs
la suivoient par tout, taritelle
estoit propre à les faire
naiQre) à quoy l'une d'elles
ajouta,quesi elle s'en faifoid
accompagner, cestoit
toujours
aux dépens des aucres-1
& qu'il estoit surprenant qu'étant
de toutes les parties de
divertissement de les Amies
qui la retenoient fouvenc à
manger chez elles, & ayant
du bien qui la mettoit en
eftatde leur rendre quelquefois
lés mesmes honneftetez
qu'elle en recevoir,elle ne
leur fist iamais le moindre
regale. L'Abbérépondic que
la maniéré agréable dont elc
payoit de sa personne dans
:es fortes de parties, la dif-
)enfoit de payer encore de
a bourse, & riant ensuite
l'une malice à luy faire qui
uy tomba dans l'esprit
,
il
Ljoûta que si elles vouloient
e feconder, il leur prometeoit
un grand repas, donc
elle feroit les frais aussi bien
que les honneurs. Les Dames
syantconfentiàtout, & s'é.
tant offertes à donner leurs
foins pour le succés de ce
qu'il entreprendroit, il leur
dit qu'il fè chargeoit de faire
voler l'habit de la Veuve à
leur retour J
aprèsquoy il
leur dévoie eltre aise de l'obliger
à le racheter pour la
moitié de ce qu'ilvaloirj que
cet argent feroit suffisant pourj
le l'egale, & que la seile ne
feroit pas Uns plaisir. Ce qui'
fut dit. futexccuté. Onre.
tourna à Paris, & comme
on estoit parti exprés fort tard
de Versailles
, on n'y arriva
que quandil fut nuir. On
navoit parlé sur le chemin
que du triomphe de la jolie
Veuve, qui paroifloit fort
contente delle-mesme, mais
elle perdit sa belle humeur;
lorsquel'ayant remenée chez
elle, l'Abbe ordonna que
l'on défittlava'lilè,afin qu'on
en tiraft son habit. Cette
vaille ne se trouva poinr, &
un des Laquais vintdire,
qu'on avoit coupé les courroyes
qui l'attachoient au
derriere du carrosse, & qu'il
falloic que le vol eust esté
fàit aux approches de Paris,
puis qu'il eftoic toûjours demeuré
assis deÍfusJ & qu'il
n'estoitdescendu qu'à rentrée
du Cours. L'Abbé fit
venir les autres Laquais, contre
qui il feignit une colère
extraordinaire de ce quils
avoient abandonné la valife-
Comme ils croyoienc qu'effeaivement
elle avoit esté
votée, le secret n'estant connu
que du premier qui avoic
parlé, ils se regardoienc l'un
l'autre
,
& toutconsternez,
ils se tenoient éloignez des
coups qu'ils apprehendoienr.
Chacun s'exeufoit sur son
compagnon qu'il ne croyoit
pas estre defeendu, mais si
l'Abbé parloit haut, la Veuve
faisoit beaucoup plus de
bruic. Son habit luy revenoit
à plus de trente louis,, ôc
ablolument elle ne vouloir
point en porter la perte. Elle
pretendoit qu'il estoit jufie
que ceux qui l'avoient
laissé voler le payaffcnt, & il
ne falloir leur faire aucune
grâce- L'Abbé luy dit qu'il
ne sçavoit pas ce qu'elle devoit
à fou Laquais, si elle
vouloir s'indemniser sur ses
gages,mais que le foin qu'il
avoir de payer les fiens de
mois en mois,ne luy laifloic
pas une grosse somme entre
les mains; qu'il feroir mettre
des gens en campagne,
pour tâcher d'avoir des nou.
vellesde la vaille voléeI-&;
qu'il y avoit interest aufll
bien qu'elle. On se separa
après avoir essuyé de longues
plaintes qu'elle recommença
le lendemain avec les detix
DImes qui l'allerent voir. El.
lene pouvoic se consoler d'avoir
perdu sonhabit.Cequ'il
luy avoit courte luy revenaie.
a toute heure dans l'esprit, &
outre le chagrin de ladépense,
quand elle en auroitvoulu
acheter un autre,illuy paroiffoit
qu'il ne feroit point
sibien aflbrti pour elle. Huit
jours se passerent s1ans qAu"ele
puft rien découvrir du vol,
juelques perquisitions qu'eleen
fist faire. Enfin les Danes
qui avoient contribué à
:e vol) l'ayant obligée d'aleraux
Tuilleriesun peu plu-
:oft que le beau monde n'a
lecoûtume de s'yafftmbler,
ïlles. furent à peineau bas de
a grande allée, que la Veu..
reayant jetté les yeux d'afez
loin sur trois Dames qu'el.
e ne voyoit que par derrie-
'Ci crut appercevoir (on habit
sur l'une d'elles. Ses Amies
qui observerent l'agitation
ou elle estoit luy en
Ayant demandé la cause, eu
le leur fit remarquer qu'une
de ces Dames avoit ion habit,
&doublant le pas pouc
s'éclaircir mieux de la vérité
en s'approchant, elle aÍfcura
qu'elle ne se crompoic point.
Les Dames luy dirent que
quand ce feroit la mesme étoffe,
il ne falloit pas con~
clurre que ce fust le melme
habit: mais pluselles'attachaà
l'examinerde prés, plui
die fut confirmée dans ce
qu'elle avoic pensé.Cene*
non pas feulement la mcim.c
e pfFjc'çlloit la mesme dotti
Jfefc
leure
,
la mcfme façon, &
îesme elle leur fit voir une
Lche qu'elle avoit faite à l'un
es costez dans un des repas
u'on leur avoit donnez àVer-
Lilles. Elle ne put plus se
ontenir, & abordant tout
'un coup la Dame qui avoic
habit, elle la pria fort civi-
:ment de luy vouloir dire
hez quel Marchand elle aoitchoifi
cette belle étoffe,
c ce qu'elle en avoit payé:
ar elle ne croyoit pas qu'il
liftdelapoliteflfede luy dire
[uelle le reconnoissoit pour
a habit de revente. La Da.
me inconnuë la regarda sans
répondre,& une fécondé demande
qu'elle luy fit. ne luy
ayant atti-ré, encore qu',unregard,
une des deux Dames;
qui l'accompagnoient luydie:
qu'elle ne dévoie pas s'eftonner
de son silence, que c'efioit
une DameAngloisè venuë
depuis quatre jours de:
S. Germain , qui ne fçavoiq
que fore peu de mots François
,
& qu'il eftoic inutiles
que l'ons'adreflafl: à elle poua
ce qu'on avoit envie de ravoir.
Alors la Veuve expliqua
ce qui luy eftoic arrives
a
en revenant de Versàilles, &
dit qu'elle ne pouvoit comprendre
commenc son habit
ertoit tombé entre les mains
del'Angloise. Les Dames luy
dirent que comme elle l'avoit
apporté de S. Germain,
& qu'il venoit fort bien à sa
taille,elles ne pouvoienc douter
qu'il neust cfté fait exprès
pour elle: que cependant
puis qu'on affeuroit qu'il
avoit esté volé, illeur feroic
fort aisé d'apprendre ce qui
en estoit en questionnant sa
femme de chambre, qui parlote
fort bien François. La
- Veuve qui sçavoit le nom d'une
de ces Dames qu'clle connoilfoitde
veue,convint d'une
heure avec elle pour l'aller,
trouver le lendemain. Tout:
fut conduit avec tant d'adress.
s•e ôc de vray-semblance quei
rien ne parut avoir esté con^l
certé.L'Angloiseestoit une
femme de chambre qu'on avoit
jugé à propos de faire
passer pour étrangere.de peur,
qu'en parlant plus qu'on1
nauroit voulu, elle n'euf):
fait soupçonnerla trompe- 1
rie. LaVeuve ne manqua pas j
d'aller deux jours
aprèschez*
la Dame, qui luy apprit
que l'habit en queflion pou..
Voie bien estre le ficn, puis
qu'il cftoit de hazard*qu'il
avoir esté porté chezl'Angloise
par une femme inconnue,
& que le grand marché
Tavoit obligée de l'acheter;
qu'elle en avoir payé dix
louis, & qu'encore qu'illuy
I~ fafchaft fort de s'en défaire)
clic le rendroiten recevant
ce quilluy avoit cou fté. La
I Veuve demanda inutilement
t qui estoit la femme qui lavoit
vendu. Elle n'en put avoir
de nouvelles, & le seul
parti quelle eut à prendre,
ce fut)ou de renoncera [on.
habit, ou de rendre les dix,
Jouis qu'on prétendoit avoir*
débourrez.. Elle les donna,
& se tintheureuse de voir sa.
perte si diminuée. Chacun la
felicitad'en estre quitte pour
si peu de chose: & l'Abbé
entre les mains de qui largent
fut remis, dit que la
rencontre étoit pour luy d'un
fort bon augure, & qu'il efperoit
reconnoistre au premier
jour son habit long sur
le dos de quelque Abbéqui
lauroit eu à bon compte. Cependant
pour luy mieux marquer
la joye qu'il avoit de
l'heureusedécouverte que le
hazardluy avoit fait faireil
luy donna un repas fort propre
avec les deux Dames qui
avoienc esté de la partie de
Versailles.On beut d'abord
à la fanté de la jolie Veuve,
comme estant la Reine de la
feste
,
puis qu'on la faifoic
pour elle, & parmi les choses
agreablc-s qui furent dites
, on la loüa tant de fois
de la propreté du repas qu'on
Idisoit toûjours qu'elle donnoie,
qu'ayant compris qu'elle
y avoit plus de part qu'elle
n'avoit crû, elle dit que l'oit
pouvoirs'expliquerplus clairenlent)
qu'elle entendoit
raillerie; qu'ellevoyoitbien
qu'elle faisoit les frais de la
Feste, mais qu'elle s'estoit si
bien divertie pendant le fejour
qu'elle avoir fait à Ver.
failles
,
qu'elle ne pouvoic
payer assez les plaisirs qu'on
luy avoit procurez,^qu'ainsi
elle abandonnoit sans aucune
peine les dix loiiis rendus
à la Dame Angloise.Chacun
plaisanta sur sa penetration
, mais sans luy rien avoüer.
Le lendemain,l'Abhé
qui estoit galant, & qui
fçavoic vivre, luy envoya un
Prestre inconnu quiluy remit
dix louis entre les mains
comme une restitution, sans
quelle duft s'informer de qui
venoitcet argent. Elleestoit
trop éclairée pour ntencendre
pas ce que cette prétenduerestitution
signifioit. Elle
pasTa quinze jours sans en
rien dire ni à rAbbé ni aux
Dames, après quoy elle les
engagea à faire avec elle une
promenade dont elle choific
le lieu. Ils y trouvèrent un
Ambigu magnifique, qui
leur fut servi dans le temps
qu'ils ne fongeoienc qu'à
s'en retourner. Elle en fie les
honneurs ouvertement J
&
ditauxDamesen riant qu'elle
trouveroit peuteftrc moyen
de leur donner quelque jour
de l'inquietude, comme il
leuravoic plû de luy en donner
sur son habit. On ne fie
plus mistere de rien, & les
Dames la prièrent d'execucer
la menace le plûtoftquelle
pourroit>afin qu'elles puffent
l'imiter. dans la vangeance..
Voicy uu Ecrit, dont les
Religieux de la Trappe ont
crû à propos de laifler voir
des copies. sv&ce que nousavons appris
que des gens malinforme%,
ottmalintentionnel^, repandoient
dans le monde, queU
vie que nous n'avons embrasée
&soutenuë jusques icy que par
le mouvement del EJprit de Dieu,
&par un pur regard deJa miftricorde
3
commençait a nous eflre
a charge; que lejoug de la penitence
nousestoit devenu pesant,
jusquau point de fairedejirer À
pluseurs d'entre nous de quitter
leur propre Maison, defeJeparer
de leurs J^reres
, & de chercher
ailleurs une maniéré de "vivre
plus douce, plus molle & plus
relâchéej nous avons cru pour
nojlre propre consolation, mais
particulièrement pour la gloire de
Jefuj-ChriftJ quipar une com.
pajJion dont nous nefiions pas di.
gnes9 nous a retirez, du milieu
du monde pournousengagerdans
unesolitude fainte
, e nousy
cacher dans le secret desa face,
que nous devions faire la declaration
(uivante; ce quenous fai.
fons en sa prefenct dans une IL
hertetouteentiere^fans aucune
autre leiic ,
ny autre confider..
tion que celle de faire croire U
vérité de nos sentimens. iRENOVVELLEMENT
: de Voeux.
JEfus- Christ
, vray Dieu,
vray Homme, Verbe du
Pere, Fils de la Vierge,Sauveur
du monde, par la grâce,
& pour i'amour duquelnous
avons renoncé au fitcle3 à Tes
biens, à la fortune, à ses occupatiens,
a (es vanitez, à Tes
plajfirs, ôc choisi pour nos
demeures ces folicudes écar..
tées nous vous conjurons
par le droit que vous nous
avez donné de nous adreflfer
à vous dans nos besoins (&
avec cette confiance vous
ne refusez rien) de former
dans nos coeurs par l'opération
de vostre Saint Erprir ce
que nos lèvres vont exprimer,
& de presenter à vostre
Pere cette renovation de nos
engagemens, quenousavons
pris aux pieds de vos sacrez
Autels, en presence de vos
Saints Anges, & dansce jour
de benediaion, où nous celebrons
l'Exaltation de vollre
Sainte Croix,quienla figure
& le modele de la vie que
nous devons mener sur la
terre, puis que les Saints qui
ont parlé & agi par vofire
efprir, regardent noftreeftac
comme un crucifiement veritable..
Nous vous promettons)
Seigneur, de garderin.
viola blemenc voftie. fainte
règle dans toute KétenduëÔc
l'intégrité qu'il nous fera pof-
{ibIe,&sans nous arrefterny
aux raifons, ny aux coutumes,
ny aux interprétations
contraires, de maintenir par
toutes fortes de voyes légitimes
les pratiques établies
dans ce Monastere
,
confor-
• mes a ce que nous avons appris
par lesinftru&ions&par
les exem ples des Saints nos
Peres &nos Instituteurs, entre
lesquelles les principales
font, la quaHte& l'auflerité
de lanonrriture)l'txaétitude
des j unes, la patience dans
les maladies, le (ilence
,
les
veilles, letravail des mains.
la solitude, la fuite des gens
du siecle, l'amour de la pauvreté,
l'ulàge des proclamations
j
les mortifications interieures
& extérieures ,cette
amitié pure&sincere, cette
fbumifïïon cordiale des Fre.
res les uns envers les autres,
cette tendresse
, cette obeifsance
prompte, cet abandonnement
sans reserve dans
la main de celuy que la Providence
& la bonté de Dieu
nous a donné, & nous donnera
pour Pere & pour Conducteur,
tant qu'il aura vostre
esprit, & qu'il fera amateur
de vosveritez & de vostre
fainte Loy; enfin le mépris
de tout cequjpaffe l'ef
perance de ce qui est éternel.
le desir & la continuelle me.
dication de la mort.
Nous renouvelions, Seigneur,
tous ces engagemens
que nous avons pris àvostre
fcrvice
, avec d'autant plus
d'ardeur & de zele que nous
y sommes portez par la conjoncture
& la iftuation prefente
où se trouve le monde
par ces playes si profondes
dont il a plu à Dieu de l'affliger,&
par l'obligation que
nous avons d'implorer sa mifericorde
pour le foûrien de
son Eglise, qui est si cruellementperlecutee
par la sur
reur de (es ennemis, pour la
profperitédcrEftatj & particulierement
pour la perfonne
du Roy, qui par une fermeté,
& une magnanimité,
dont on n'a point encore vu
d'exemples, protège seulla
¡Foy & la Religion Catholi,
que contre presque toutes
les Puissances de l'Europe
: unies ensemble pour la dé-
| truire, par la conjuration la
plus animée & la plus'violence
qui fut jamais. Heureux
si par la grandeur de
nos pénitences &de nos aufleritez
nous pouvons abregcr
nos jours en defendanc 1
auprès de Dieu une cause si
juite& siiàintc, pendant
que tant de milliers d'hom.
mes periflfent par le feu &
par le fer pour les mefmea
interests & pour la mesme
querelle.
Nous erperons) Dieu de
miserïcorde, fous la protection
de voftrc fainte Mere,
par les mérites de vostre
Croix adorable, que nous
sommes resolus de porter jufqu'au
dernier soûpir,à la manière
qu'il vous a plu de nous
en charger, que voilre bras
îout-puifljnc fouticndra no-
Ilrcfoiblertcjqu'il nous donnera
la force & la confiance
fteceflaire pout perseverer
dans une observation fidelle
de vos faintes voloncez, ôc
que malgré la corruption des
temps ,
le relâchement de
cettemultitude presque infinie
de Religieux & de Solitaires
, qui ont malheureusement
abandonné la voye
qutvofire misericorde leur
avoit tracée,malgré les mauvais
de(Teins des hommes,la
conspiration des démons, &
nos propres malignitez, nous
finirons nos jours dans une!
paix profonde, & dans une
vive attente de ce jourbicnJ
heureux, auquel vous dev
felon vos promesses,vous remontrer
au monde dans 1état
de vostre puissanceS^de vo.
Rte gloitc, pourfcftre à jamais
la coniolation de vos
Servireurs, &)aconfu(ion de
vos Ennemis.
- Nom Prieur) Sous - Prieur;
&Rïhgcux du Monastere de la
Trape,confirmons tout ce qui est
contenu dans le presentrenoitvelkment5
avec'une ferme &
sincere refoltttiond'yperseverer
-
jufqua
ufqtta la mort. Fait ce jourde iExaltation de la Sainte Croix,
14. Septembre 1694.
Cerenouvellement devoeux
lit (ignélemême jour, par
:ous les Religieux de rAb.
)aye de la Trappe, & par
:ous les Freres Convers. Depuis
ce temps-là, Mr l'Abbé
le la Trappe s'est"démis de
:etteAbbaye en faveurde son
Prieur,&il a fait connoître par
là qu'il avoit véritablement
l'humilité, & le détachement
qu'il prêchoitauxautres.
Je vous envoyeune Ode
d'un ffcile aifé& fort naturel,
qui a cité raite à ioccaiion
eLu Jeu desEchcts.
, zz1zal2g-3 9929,Z) 99(21%2
A MONSIEURLE DUC
DE LA
ROCHEFOUCAULT.
JE fuis pendu, grâce, grâce, Je ne tiens flus devant goy,
Et mon tndijerete audace
Sechange en un jufie effroy
Par ma honteafe retraite
Je conftlfe m.a dfiaite,
Ne me demande flus rien;
Du(. nofîreguerre estfinie*
Bfl-cek mon faible genie
Dese mesurer au lien!
Contre moy dans la caritere
A feint tu fais un pas>
Que par ta démarche fiere
Tous mes projetsfont à bp!.
11 voy, dès que tu t'avances,
Cedet toutes mes âèfenfes
, Tomber tous mes champions.
Dans ma resistance vaine
Il Roy, Chevalier,Roc ô Reine,
Sontmoindres quedes Pions. 1
En vain de me battre encore
Tu confetves le desîr,
Du chagrin qui me devore
T. n'aurait plus le plaisir.
Taimerois mieux, je te jure
Par le chaud , par la froidnre»
Courir toutesnosforests,
Etfauter des précipices
En ces rudes exercices
Où tu trouves tant d'attraits.
Ouy,jirois teste baissèe
Sous le foudroyant airain,
FendreFonde couroucèe , De mon [tng rougir le Rhin.
Ce que tu fis pour la gloire,
Quand fiellone& la ViBoire
Tenflamoient devant ton Roy,
Je le ferois tout de mesme,
Agite du trouble extrême
Quimesaisit devanttoj.
Que maudit foit Palamede3
Si des EchecsInventeur,
Du dt/ir quime possede il fut le'premierAuteur.
Aveuglement déplorable1 : Au heu d'un charme agreable,
pourcombattre lechagrin, , il choisit dans sa folie
Ce que la mélancolie j
A de plus mortel yenin.
Invention trop fatale)
Trifie jeu
,
cruel tourment,
Dans la caiferne infernale
Tu pris ton commencement.
Ce mal doit estre en usage
Sur ce tenebreux rivage,
Ouregne un silence affreux.
La cruauté des Furies,
A ses mornes resveries
Condamne les malheureux.
Sansdoute que la Deesse
Patrons du beau Troutti«
j - Pour se vanger de la Grèce
Eut recours à cemoyen-
Tisiphone quelle excite
fabrique au bord du Cotyte ifEchiquier & les Echecs,
Seure que ce jeu funefle
Mieux que la guerre & la pefls
Feroit consumer Ils-Grecs.
Toujours la tuaë arrestèe
Sur des qudrrez, blancs &noirs
Avoir j'lime tourmentée
De crainte &de desespoirs.
Toujoursfis qùk la torture
De quelque horrible avant»re
Chercher à se garantir.
Eh>ficest atnfi quon joue
y- Jxicn est à la roué
Cloiie four se dsivertir.
Vous >loueurSienquij'honore
Cent vertus & cent talens,
Sçachez^ qu'unjeu que j'abhorre
Souille ces dons excelleni.
O vous qui mavezfait prendre
Le trifie tle/lein dapprendre
Ce jeu quifait mon couroute,
De C M. f..---
.Fagr'er,vousdans la rivière,
.Et les Echecs avec vous.
Le fiileOriental vouseftanc
connu, par lesLettres que
vous avez lûës dans les Voya.
ges de Tavernitr)& de quelques
autres,vous ne ferez pas'
surprise de ce que vous trouverez
dans celledont je vous
saisparti
TRADUCTION
DelàLettredu Roy de Per[e;¡
À SA.MAIESTE".
Dieu est le Maiftie de la Gloire. LOUISquatorzième du
nom, Empereur de grande'
rcputationJ qui estes le Souverain
Monarque de plujteurs célébrés •
2{oyaumes& Provinces, comme i
de Normandie,Bretagne, Aqui-•
raine, Gascogne,Poitou,Xainronge)
Limosin, Bordeaux, Dau.
phinej Grenoble,Provence, Perigord)
Touraine, le Maine,
Mivernoist Angoulcfme, Toulouse,
Picardiet Angers) Lionnois,
ChampAgne) Tari*, Chartres,
Ca/ais) Dunhrque, e autres
lieux & Pays en très-grand
nombre.
Vostre Majefiéfçaura quesa
Lettre pleine d'amitié est arrivée
en cette p4rt dans un moment
heureux)& une heure 'fortunée,
ou par la main de la Providence
Jecrete duCreateur du Ciel&de
la terre, laccomplijjement des
défîts tftoit marqué Jur les sept
Sphères des Cieux * en la mejme
maniere que les Dames£Atour
ajencent de leurs mains adroites
les belles Epous/es, les joyaux de
leurs parures dansleCabinetdeftlne
aux ornemens; & comme
dans vos Lettres n.nu1c y--anjçne - -., nju briller les marques de la continuation
devostre union & bonne
intelligence
,
qUI nous a remplis
de Jrrye. & qui a imprimé dans
nostre ifprit des (intiment clamitié
grdereconnoijJancejOHt de mesme
que lespeurs prmtameres des jardins
exhalent des odeurs aulfi
douces que l'ambre
,
fjr auss
agreables que le mxfc dont elles
embaumentl*odorateyle cerveau;
nous avons auJli tost donné ordre
aux Minières de cet Empire,
qui puiffi estre d'éternelle durée,
& nous avons commandé aux
Officiers de cette Couronne, que
Dieu veuille berbetuer iurauà U
i t 7i- fin des sîeclesd'expedier& dcxecuter
de point enpoint les affaires
que vousave%bienmoulu
nous faireconnoiflre en termes si
aïmables&siéloquent dans voflre
agreahle écriture. Et dans l'efpetance
que lamitié& la ftncerité
que vous ave^ pour nous, vous
inviteront à entretenirnostre correfpondance
par des Lettres, qui
serviront de clefpour ouvrir les
portesdu coeur de laparfaite union,,
Vostre Majejlépeutsapurer de
nostre part, que les desirs & les
volonté% qu'elle nousyfera connoiftre,
quiferont conformes aux
divers événement de la fortune«"
& lecours des jours &deFsnuitst
feront en mesmetemps execute^
&accomplis avec l'aideduToutpuissAnt,
lequel nous prions que
le Soleildevojire Regne brille perpétuellement
sur l'borifon de la
Gloire & de la filicité.
Le Clergé de France estant
assemblé à Saint Germain cil
Laye,s'cil cru obligé J'aller
faire compliment au Roy
d'Angleterre, qui eit logé
dans le mesme lieu, & il
s'acquitta de ce* devoir le 4.
du mois pasle, par la bouche
deMr l'Evêque de Soissons.
/"*PDi'plii"-4*- i~r~,;t. au »
,-,-- 1. xwtMV V_»llUtil JUlilUltA
gens du siecle le foin d'admio
rer en ce Monarque cette
increpidité dans les plus
grands périls de la guerre,
qui luya acquis dés les premières
années une réputa.
tion si distinguée danstoute
l'Europe; de parler de cerre
magnanimité qui le (outient
si également..dans l'une &;
dans l'autre fortune; de loiier
cette bonté admirable, qui
le rend-toujours prest à oublier
les égaremens de ses
Sujets, qui n'avoient pu
eftrc dans une Nation si noble,
que l'effet d'une fedu-
6bion artificieuse,&enfinde
nieller dans son éloge rout
ce qui peut mieur tracer l'image
d'un grand Prince; que
le Clergé - qui eftpit dépofitairc
des sacrées verjtez de
l. ,. ",' :." ..:" - '*"
rEvangile, ne loiicroit en
luy que ce qui avoit rapport
à la Religion Catholique, &
qu'il oublierait en quelque
forte' un grand Roy, pour
ne se souvenir que d'un Chrefiien
d'une fidélitési entiere
& si célébré ;
ôcsicélébré;qu'il ne parloit
point dela forte à l'occasion
de l'estat presentoù ce Prince
se trouvait, ny du prétexte de
Religion qu'avoient pris Ces
Ennemis pour luy nuire, &
que son aeffeinestoit uniquement
d'admirer cette pieté
sincere qu'on voyoitreluire
en toutes les actions de Sa
,Maieflé.,ce refpeasi édifiant
qu'Elletétnoignoiten toutes
occasions pour les misteres
sacrez de nostre fainteReligion
, ce goust si Chreftiea
qu'Elle faiToit voir pour nos
augultes Ceremonies, & son
exacte afliduité aux divins
Services,en forte qu'on pouvoir
nommer heureuses les
ames Chrestiennes qui contemplant
ce grand Roy, trouvoient
à la fois dans ses exemples,&
des infiruétions & un
modèle. Il ajoûta qu'il yavoit
fujec d'cfperer que le Ciel
cesseroit bien-tost d'éprouver
une vertu il parfaite., & que
si par unconseil secret de sa
Providence, qu'ileftoicimpossible
de penetrer, il avoic
permis que langlererreeutt
cité surprise, il la rameneroit
bien-tost aux pieds de Ton
cher Prince , puis qu'on ne
pouvoir doucer que les coeurs
des Anglois ne luy susTent
véritablementacquis, si l'on
ne vouloit faire injure à une
Nation, à qui de coûtes les
qualitez que l'on pouvoit fouhaiter
dans les Nations les
plus célébrés, il ne manquoic
que la connoissance de la
rvrayc Religion, Ouy, Sire,
[pourfuivit- il) nous les verrions
iiçy baiser les mainssàcr.ecs de Volftre
Adét)eflc, & verser a (cs
ipieds des larmes dejoje de l'avoir,
s'il faut ainsi parier
y
comme recouvrée
aprèsLavoir perdue par
une maiheureuje fatltlité, s'ils
(ftOltnt aujourdbuy les maijlres
deux-mtfmes;s'illeur efioitauJli
libre de disposer de leurs allions
y
que de leursvolonte^j^* de leurs
coeurs- Et avec quelle admiration
meslée de tendrejje ferions.nous
lesfyeflateurs de la bonté & de
laclemenceavec laquelle vousoublierieztoutes
les fautes dont ils
se reconnoiftroient coupables, fn¡.
core qu'ils ne les ajentcommises
quemalgréeux.Ce Prélat finie
en affurant SaMajeftéquele
Clergé de France ne ctfloic
point de demander au Ciel
une faveur si signalée, &-
qu'il en falroitun des principaux
objets de ses voeux.
Lemefme jour,MTEvêque
deNifmes fituncompliment
de mesme nature à la Reine
d'Angleterre,& dit à cette
Princesse,que l'honneur qu'a.
voit leClergé de France d être
aflfcmblé prelque fous fesyeux
& devoir de prés ces grandes
qualitez que la Renommec
^n'apprend d'ordinaire que
fbiblement, le faisoit acquitter
avec plaisir d'un devoir
qu'ilIuy rendoicavec jufticcy
que lesMiniftres'du Seigneur,
: au nomdefquels il portoit la'
parole devant elle
,
devoient
beaucoup àune Reine, que fk
naissance, sonesprit, sesvertus,
& ses malheurs mêmes,
si on l'osoit dire, rendoient
venerable à toute l'Eglife^âc
qui fidelle à la Loy de Dieu
malgré les tentations du ficele
les plustouchantes,avoit
* sceu faire à sa Religion un
sacrifice de sa grandeur;
qu'en renonçant à l'éclat
dont l'orgueil du monde se
flatoit,elle n'avoit rien perdu
de sa gloire ; que sa foy ne
brilloic pas moins que Tes
Couronnes,& que rien ne faifoit
mieux connoistre le droit
qu'elle avoir de les porter,
que le courage qu'elle avoit
eu de les abandonner pour
J'C, quecetteelpecedenouveau
zele* qui ne pouvoir
tomber que dans un coeur
auflî grand&aufli pieux que
le fien, luy failoit autant
d'admirateurs, qu'il y avoit
devéritables Fidelles dans le
Royaume de Dieu; que par
tout où regnoit la piete, cette
Princesse regnoit indépendamment
de la fortune, &
qu'il n'y avoit point de coeurs
Chrestiens où!a Justice & la
Religion ne luy élevaflent un
trôneinvisible
,
inacctfliblè
aux Ulurpateurs; que pour
prix de la ioumiflionaux ordres
in prênlcs, le Ciel avoi t
virfé dans (on amecesbénédictions
de douceur qui
e ftoicnt les fouaces ou les récorapenles
de la vertu, ce
gouit de la parole de Dieu
& de ses veritez Evangeli*
ques, cette profonde vene.
ration de ses MiLteres, cette
rcfpeétutu[e deference à ses
volontez, quelque rigoureuses
qu'elles pûssent cftre
,
cette
droiture qui la portoit na.
turellement au bien, & ne la
laifloit jamais forcir des voyes
de la verité;cotte bonté qui
la fdifoit pardonner aux uns,
compatir aux aurres )
utile à
pluCicurs, honnelte &charitable
àtous;ces retraites,ou
loin du bruit &du commerce
du monde,elle tiroit du fond
d'une solide devotion & d'u.
ne tranq uille conscience ses
consolations fecreccs;- que
cYftoit par là quelle n'avoic
eslé ny éblouie par lagloire,
ny abartuë par l'adversité;
qu'elleavoit separé dans une
élevation suprême ce qu'il y
avoir dela grandeur de Dieu,
d'avec ce que la vanité des
hommesymêloit,ayantdifce4*-
ne dans les afflictions, parmy
ce qu'ellesavoitntdetnftc^ce
qu'elles avoient de (alutaire,
ôc que dans ces estats differens
toujours égale à ellemême
, elle avoit pratiqué
cet art si difficile & si peu
connu, de mettre à profit
pour réterniré, les proi peritez
& les tribulations de la
VIe; que Dieu avoir permis
qu'elleeust porté de sigrands
exemples dans la France, où
l'on faisoitgloire de les reipedler,
& où la Fiçté du Roy
nous accoulhimoïc depuis
longtemps à reconnoistre &
à louer des vertus roy ales-.
Ce Prelar finiten disant, que
si les voeux de ceux au nom
de qui il parlait, pouvoient
estre exaucez, les nuages que laconfufion&leireuravoient
formez, fc ditfîperoient bien- ,co11.
toit; qu'on verroit les Couronnes
de leurs Majeitez Bri.
tanniques refleurir sur leurs
telles sacrées; que Dieu leur
rendroic le Sceptre qu'Elles
avoientmis en dépost entre
les mains de la Providence,
Se que leurs Peuples éprouveroient
qu'il n'y avoit point
de joug plus pelant que celuy
d'une domination injuste,
êc qu'ils ne pouvoient eftrc
heureux, que fous leurs Prin-
.ces legitimes.
Mr le Maréchal de Choit
seul estant arrivéàCâcn/oii
iiPvenoitpour conserver la
Province, M1 le Doyen de
l'Eglise Collégiale du Saine
Sepulcre de la mesme Ville,
le harangua en ces termes, en
prelence de Mr de Rend,
Lieutenant Generaf,& de
plusieurs autres personnes dz
dilliii&ion.
+
MONSEIGNEUR,
Entre les plus beaux noms
que le RoydesRoisse donne dans
les faintes Lettres)il prend celuy
deDieu desArmées.Ilveut que
nous honorions comme des Dieux
les Princes e les Seigneurs qui
1
combattent pour sagloire, & h
les appelll luy mesme des Dieux.
J'ïly a eu ,
Monseigneur, un
Princesur la terre quiaitmérité
ce nomsi glorieux, c'efl sans doute
nostre grand Monarque.Il est le
Dieu des Princes ligue%, comme
Moyse l'estoit de Pharaon,puis
que Dieul'a armé& reveflu de
I.son zele & de sa puijjance en
ja,veur de la vraye Religion
; &
k comme Dieu s'est servi autrefois
>
de lofué, de David, & mcfme
i deftsAnges pour défaire les Ennemis
deson Peuple, il se fert
i tous les jours de vous, Monfli-
>gneur, comme une Image vivante
desa grandepuissance&un des
plus grandsHéros du monde pour
ryancre les Ennemis desa Reli.
glon , &de cet eflat. Cest pour.
quojtMonseigneur,nous ne de.
qjons pas craindre quilsfassent de
dejcente dans cette Province,puis
que nousavons le bonheurdevous
y avoir pournostre Angetutelaire,
qui nous estenvoyé de la part du
Dieufortqui nous efl donné
par le plus fort de tousles Rois.
C'est aussi) Monseigneur ce qui
nous oblige de venirvous rtndre
nos rcfj>eéls &nosfoumifftons
vous afjurtr de nosvoeux, de ms
,pvrieote[sh, '&fcçdnenfoestvSaactrii&ficnespour pau.i@
Voicy la copie dune Lettre
qui m'cft tombée enrrè
les mains, & dans laquelle
vous trouverez le détail d'uns
parrie des malheurs quifont
arrivezen quel ques Villes
d'Italie,parlestremblentens
de terre. NA Motitefiafcone'le-iz. Juin 169$. - Ous sommes dans le Prt
du Cardinal Barbari^o,*
o
ou nous avons arefse des Barraques,&
nous avons tfié engrand
danger jusqu'à deux heures aprés
midy. La Ville deMontefiafcont
tremble à tous momens. Ceperfi*
dantilneft encoretombéquequelques
cheminées, &quelques pierres
en divers endroits-Jprésplusieurs
flcouffis peu considerables,
CT après quelques jours d'intervalle
jufquis au 10. de ce mois,
cette nuit,sur les 01'l'{e heures
dufoir, on arepenti deuxhorriblesfccoueies,
qui ont reveillé cfaitfuir
tout le monde. Ces tremblemens
ont redoublé plusieurs
fOis) mats fort legerement jufquà
trois heures du matin, qu'ils ont
augmentéavectant de force, que
nous croyions que tout alloit abî
-
mer, mais cependant il ny a eu
autremalque quelques ouvertures
dans la terre. Enfin sur les fiept
heuresy on a senti unefitcousse si
terrible) que tome la Ville a pensé
eflrc renverséejlescloches ontfonné
àellesmefimes, & cettefecoufife
a esté sigenerale, que toute la
PPrroov~inccee ee~n a esté endommagée, ~e oww~~*
La fille de Ba^narée,L,i Ville Baqnareé PPaaitrr4iee de
Saint Tonaq,,er.,ttire, a eslé toute
renversée
5
avec unegrande perte
de personnes. Celano
)
petitefille
vofine de Tagnaréé,aeqe" aussi
ruinée entièrement. Mr le Cardinal
Sachetti, Gouverneurde Viterbe
t ltft retiréde la Ville, &
il demeure dans soncarosse, d'où
il donnefies ordres pour lefiecour
deses Diocifàins. LeLacdeBolfene
s'ejt élevé de la hauteur de
deux piques,& sejtdébordétrois
niilles à la ronde. Ensuite s'eslans
retirey ilalaiséquantité depoif-
Jonssur le rivagey dont tous les
Payfanssi feroient fortaccommo- de si l'épouvante navoitpdS
tflé si univerfclle. Les autres
Villes & Bourgs endommage£
par le mesme tremblement, font
Burmagno, Orvietto
,
Tofcanifla,
Lorvetto ,
Podimonte, le
Graffé.AquaPendentet Lagerdt
GrAdoli,Tonfuino, Livita
Lafltllana> , £? plusieurs autres.
Je ne doute point que vous
* - n'ayez déjaappris lamort de
Messire Louis de Lafcaris
d'Urfé, Evesque de Limoges,,
arrlvee au commencement
de ce mois. Ce digne Prelat
avoit l'honneur d' estre Filleul
du Roy, & estoitl'Aîné de la
MaifonjlUrfé, en laquelle
le Ciel semble avoir uni dans
ces derniers temps la dévotion
avec la valeur& les belles
Lettres. Il avoir paffé à la
Cour les premières années de
sa vie, en qualité d'Enfant
d'honneur auprès de Sa Majore,
mais les grands exempies
de pieté &de vertu que
luy donnoient Mr le Marquis
d'Urféj fonPere, & Madame 1qu1sed-Urfé, sa MCl'c:..1
qquuiieefsttooiitcddeefïtluftreMaison i
d'AlegreJe portèrent à quiter. lemonde peu de temps après
qu'il eut commencé à leconnoiftre.
Dans ce dessein il fc
retira dans le Seminaire de
SaintSulpice, où il se donna
entièrement aux charitables
fondions du Sacerdoce, par
les Inftrudtions familières &
frequentes qu'il faisoit dans la
Parojfle.Quoy que par.cette
retraite, Mr l'Abbé d'Urfé3
son Frere, nommé à FAbbaye
d'Uferche, fust devenu TAîne
desaMaison
,
il profita
moins des avantages que luy
laissoit son Aîné, que du bon
exemple qu'il venoic de luy
donner. Il prit comme luy le
parti Ecclesiastique dans le
mesme Séminaire
& de là
passaen Canada pour travail.
ler uniquement à la converfion
des Sauvages,
& des
Infidellcs.Son troisiéme Frere
entra dans la Congrégation
des Peres de l'Oratoire, où
il est mort; & le quatrième
embrassa aussi le Sacerdoce,
vécut comme ses Freresdans
le m^meSeminaire, & mourut
Doyen de l'Eglise Cathédrale
du Puy, de iorte que les
deux derniers Enfans màlcs
de la Maisond'Urfé, en devinrent
les Àîncz chacun à
leur tour; l'un estant mort
Colonel de Cavalerie:) & l'au.
tre ayant toujours servi le
Royen ses Armées, dans la
Charge de Lieutenant de ses
Gardes:l&de Capiraine-lieutenant
des Chevaux- legers
de Monseigneur , au près de
qui Sa Majesté l'aattaché en
quatite deMenin.
Aprés vous avoir parlé des
differens eftacs des Héritiers
du grand nom d'Urfé., je viens
aux pieuses actionsduPrelac
dont la more donne lieu à cet
article. Ilfut sacréEvêque de
Limoges en 1677. &s'en alla
aussi-tost prendre po-ffeffion
de la vigne oùil devoit tra- «
I vailler, mais pour le faire
avec tout lesuccésqu'il s'eiloit
promis, il se resolut à
une perpetuelle rtfidence,
qu'il a toujours soutenuë,
quoy que iouvent on l'aie
député dans les Affcmblées
4uClergé,cequ'il a tâc-hé
t
d-eluderavec toute la dererence
qu'ildevoità l'honneur
d'une telle dépuration. Pendant
cette résidence il s'est
occupe a vifirer Ion Diocese,
&ày faire des Prédications
continuelles, tantost dans sa
Cathédrale, & tantost dans
les autres Eglises de Limoge.
Ces Inftruehons qui
nourrifToient les ames dans
la pratique des vertus^eftoiert
ordinairement acompagnées
de grandes liberalitez envers
les Pauvres,& sur tout dans
les dernieres années de (avie,
où la difetteaobligé fouvenc
ce charitable Pasteur a épuifer
Ces coffres pour secourir
son Troupeau. Les fatigues
,qu'il se donna dans ces laborieux
exercices, luy cauferenc
edifferentes incommodicez,
dont il se tira) mais plus par
le secours des prieres qu'on
faisoit pour luy, que par celuy
des remedes. La fievrc
tierce qu'il avoit eueendernier
lieu, l'ayant quitté, luy
laiiTa des signes évidens d'un
peril plus grand que celuy
d'où il sortoit, toutes lesextremitez
de son corps estant
devenues noires. Un accident
1
il extraordinaire alarma les
Medecins de la Province, &
l'on eue. recours à l'habileté
de ceux de Paris, mais avant
que leurs ordonnances fuffent
arrivées à Limoges 1 e
mal avoit fait un progrés funefte.
Ce Prélat fentit4 de
cruelles coliques, suivies de'
vomissemens presque conti- J
nuels
3
qui luy laiflerent a
peine la liberté de recevoir !
les Sacremens. Pour s'y pré- f
parer, avant que Mrl'Abbé
son Frere les luy vinft admi-;
niilrer, il demanda pardon à
:
tous les Ecclefiafiiques, & --
mesme à Tes Domestiques,
du mauvais exemple qu'il avoit
pu leur donner, ce qu'il
f fit avec tant de liberté d'elprit.
qu'il réponditauxPriei
res de recommandation de
!f l'ame, en les accompagnant dictes de contrition ,
d'a-
l; mmiotuér de Dieu&de confor- à sa volonté; & comme
; il sentoit diminuer fcs forces,
> & augmenter ses douleurs, il
fit son testament, par lequel
-
f il donna aux Pauvres le relie
Il de ce qu'il avoit, &pria Mr
l'Abbé dUrfé que l'on ne
h luy fist riypompe, ny OraiTon
funcbre5& qu'on l'enterraft
dans la Chapelle qu'il
avoir fait bastir au Seminaire,
immédiatement au dessous
du Cierge qui brûle au lieu
de la Lampe devant le Saint
Sacrement. Après cette difposition
,
il demanda qu'on
luÍt la Passîon de J. C. sur la
fin de laquelle il expira. On
l'exposa dés ce meime jour
dans cetteChapelle, où ion
ne mit qu'un lé de tenture
avec quelques Ecussons de ses
Armes,mais (ans velours &
sansllire.11 étoitrevêtu de ses
habits Pontificaux, dans lefquels
il fut enterré.Le Cierge,
& toutes les Comnmnautez
de laVille vinrent en proceffion
, pour prier autour de
son corps, qu'on porta le lendemain
dans la Cathedrale,
soutenu par huit Ecclefiaitiques
de cette Eglirc. Les Cha*
noines lereceurentavec toute
ia vénération deuë à la mémoire
d'un si digne Evêque,
& après les Prières accoutumées,
on le reporta dans le
Séminaire, parmy les gemit
femens & les cris des Bourgeois&
des Pauvres, dont le
nombre estoit si grand ,qu'à
peine les ruës estoientlibres,
les uns s'empressant à
luy baiser les pieds,lesautres
à y faire toucher des Chapelets,
& tous en général difanc,
les larmes aux yeux:
Adieujnaftre bon Payeury adieu
lePeredes Pauvres, qui ne les
a jamais abandonneCes regrets
, qui valent mieux que
les plus grands éloges, se
font tournez en prieres, que
l'on va faire sans cesse sur son
tombeau.
La Lettre adressee aux
Cartcfiens,&inferée dans la
mienne du mois de Février
dernier, a attiré deux réponfes
que je vous ay ,en.
voyées dans les mois d'Avril
&de May de cette année,
Voicy une répliqué de l'Auteur
de cette mesme Lettre
à ces deux réponses.
MONSIEVR,
Vous ne pouvic^ pas rnieux
iVOltS y prendre pour m'engage
« vous proposer)non de nouvelle5
difjicultez, mau de petitesréflexions
sur voflre réponse à ma
lettredumois de Février dernier*
le me ferois difyenféde le fairesi
ivous m avie% fait part de plupeurs
belles choses que vous me
marque^ avoir encare à dire;
aumoms cfpcray jc,qur vous aure:{
cet égard pour le Public,
de ne les pastenirdans l'obscurité,
& que vous luy communiquereZ
les trtfors de vojlre sagesse cm de
voflrescience sans en-vlre sans
trop prendre le ton de Maist t.
le consens volontiers quevous continuiez
à lefaire à mon égard; &
que sans autre formalaé, vous
tiriez mesmed'abord des conféquences,
pour avoir lieu de vous
rrééccrrii,errr aà Llaa mmaanniteerree oobblligeante c>
que'vousl'avezfait. lemegarderay
pourtant bien de vous imiter
en cela & de suivre à vofirc
égard dautre exemple que celuj
qu'on vient de me donner dans la
belle & fçavante réponse, que
l'Auteur du Mercurepromettoit
au bas de la vostre. Voicy doncy
Monsieur
3
ma premiere reflexion.
Tout ce quevous dites d'abord
> avec tant de confiance, feroit mer-
*veilleux
)
si vous av1ez plutost
t montréy que le corps uni afhtellet
mentk l'ame,estincapable defen-
Vation)Cqu'ilnen peut estre au
\plus que linfiniment ou lacaufe
occasionnelle.£'ejloit là, ce ma.
semble
t
le principequ'ilfalloit*
d'abordbien établir,pourrépôn^
irefondement&en droit.fil
}
fairevoirtsivouspouvie^,qpuuui^s
ne trijlejje mortelle nejloitjat' cn:
J. C. incompatible avec unebea^
titudeparfaites&si vous le pou--
viezfairesans recourir au miracledela
Toutepuijjance, avec S,
Thomas&quasi tous les Peres,
ou à la fufpcnfionpa/Jagere de la
félicitéi comme ceux qui croyent
que l'idée du vray bonheur exclut
toute fortedepeinet montrer quil
n'efjt pas de lafyy que sonAme
fainte ait toujours eslè heureuse
depuis
Mefmis le premier moment deJ*
création cm deson unionbypofla-
,;ique avec le Verbe, que qullen
Vise Mclcbior Canus cr beaucoupd*
autres grands hommes.
Vous aurez^ ainsi répondu dans
»toutes les formel, dissipé entiere.
ment mon doute,fait voir que
4ta Philosophie de Mf Descartes
wenfeignerien de contraireaux
Tentimens des Saints Peres & de
Ï>U Tbeologie Chrétienne. Mais
jvenons aux autres reflexions qui
svont firvir de réponse à pre/que
\toutceque vous dites dans evolt,e
lettre.
Vous faites grandfondfur ces
paroles de J. C.Tristis cftànïma
mea ufquc ad mortem
Vousave^jraifon de le faire"Il
rieft rien definsconfiant &deft
indubitable que ce que la Vérité
mifine nous déclaré :maisCette
mesme Vérité, toujours uniforrfrey
&jamais opposée à elle,mesme,
nous ditduSauveur dansIsaie.'
Non cric tristis & turbufenrus;
dans les Proverbes, Non
concriftabit justum quidquid
ci accident; (ydans S.Matthieufeulement,
ccepirconcriftari,
& mceftus effe :ji-birn
quepour tonciher des Pa§ages en
tpparencesi contrAires) & ceurt
, -
j
)qai marquentlavifion beatifique
)dF¡I. C ($ l'excèsdeses tourment*
»cvois pas que cela Je pu
,autrement, qu'en attribuant 4
Voname un bonheursansmélange
t
de peine>&àson corps la ,.pte,..
»
cité de tout souffrir & de tout
endurer; partage également jupe
& ntcejJàire pour accorder [, E- lfriture à l'Ecriture mesme
, &
L
lever lescontrarletez, quijemblent
\fans cela s'y trouver.
Car pour - ce qui cfl de l'endroit
Vur lequel vous appuyé^tanti&
»quiefl en effet leplusprejjant, vû
qurfame cften nous l uniquesujet
de la trifle(Je
9
je crois pouvoir dire
que puis que le mot,anÎma)¿"s iEcrituresi prend plusfondent
pour tout l'homme que pourcette
partie spirituelle qUIejl en luy &
qui le rend raisonnabley latrtflejp:
dont J. C. parle ef/wt plutost en
luy un abattement con<vulfif:i&
une défaillance abîmante defûn
Jacré corps,qu'uneffet de la dov
leur defonamc bienheureuse. Cela
paroisi: parces belles parolesqùil
ditaux Apostres : Spiritus qui.
dem promptus est, caro aurem
infirma
,
p4rle peu de cou.
rage qn montra, & qui l'obli,
gea de prierfan Pere de le délivrer
de la mort) s'il esloit foJfib/e-,:
pïtr les, plaintes.atoourctifisqu'il
tits'-ftt defin délaissement, parle
fècouYï quil receut d'un ulnge
envoyé du Ciel pourle confiery
&sur toutparla sueur defang
qui luj Arfttva dans le jardin des
Olives, ÇjT qu'uneveue vtve
perçanteyentreautres choses, des
tourmentqu'il devaitendurerJuj
causes, par une fuite necejjdire de
tunion desoncorps avec Joname,
dont la perception de ce qui luy
efloit contraire, excitôtt naturellement
en luy les mesmes mouvemens
& les mesmes imprelJions,
que stson ame ntuji pas eslé heureufei
&sielle eustpû estreautretmtntJrapêe
dece quidevoitdrfï*
''Utr Afancorps pendant le cours
.- delapàjpon, que les Bienheureux
le font à Uveue de nos maux&
de nos miseres. Vousfçivc^ que
le bonheur de ceux cy n'en eftpas
-
pourcela moindre,nyplus altéré>
quelque ardente quefoit leurcha.
ritepour nous;pourlu9doncceluy
de 1.C. enferoit ilmoinsgrand&
plus troubleJuj quipour parler
comme S. TbomM, efloitfur terre
aujjiexcellemment comprehenflur,
qu'ils lefont maintenantsans leur
corps dans le Ciel?Leprivilège que
I. C. avoit infiniment à plusjufle
titre, qu'Adam darrejler la comimuniçaùondes
mouvement>félon
\ft>nplàisir> & denJpecher qu'il
tnesufl fraped'aucun sentiment
ffrévenant &iri^Lontaire, ne
yïdjjïjbit
ilpaspourfairequelïmffreffton
naturelle des objets des
^ïevups& des plajes qu'il ; receut # ne pajfajl pas )nfquedans son
ame3qui quoy qu'avertieanoure
r maniéré, de ce qui amvoït dans
il- son corps, pour le porter à la re- cherche
ou à lafuitedes chofts;
IJeIon qu'elles luj convenoienty ou
non-, n'estoitpasfrapée, du moins
de sentiment dedouleur comme
la noflre.C'eflmesme malgré
nous lors que nostre corps
jetrouvaaffeSlê ckqudquexàm^
fre[fion nuifibU(ycontraire 4fort
bien eflre ; de forte quonpettt
dire de jà Éépte orne,toujours
Jitigéeparleyerbc, que inamota
mancnsomnia movebat, quesans
eflre troublée, sans elhre /., emeue ny agitée par tout ce qui
se paffe de tragique dans ce corps
quelle gnimoit, elley regloit tout,
elley conduisoit tout,& k livra
.4fis ennemis&à la mort mesme
quand l heurefutvenue : obla.
tus est,quia ipfevoluit. Cesi
Ainsi, Monsieur
, que lame de
1. C. par rapportason corps,na
tflé occupée, ny mesme frapee
Aaucanefuitedesniomieveitssaîchesxdont
il fut ébranlé ;f*r
uand le partageque vous faith
fortàpropas des ensrapports
tquellc A au Verbeuïvïn,& i
ïpn corps mortel, luy eut impose
tld necefîtte de ressentir de la donleur
lors
que
ccluy
ry patiffoit,
& que cela ne parut pas toujours
impojftble en tant quheureufe ccomprehenfeufe.
Il n'efl pas du
moins concevable comment eslans
defoyindiviJtbleyfon bonheuratfroit
esté aujJi parfait avec elle,
que sans elle, le caraSlere de h
douleureslans de rendre m4.heu.
reux dans letemps qu'on lafovere,
comme celuy du plaisir ejl Jt-.y,en\
dre heureux tandis qu'en legwfte}
D'AiUeurs onnepeutsepersuades
que les douletij^iel'agonie nejohnt
du moinscapablesdansunmefmi
sujet de diminuer 14 joye, pour si
grande&sivive quellefoit,&
je doute fortquesi lesSaints qui
regnent dans le Ciel avec DleuJ
pouvoientencore reffentirles douleurs
de la mort qu'ils ontfouffertey
jedoute, dis je> que leur bonheur
fust aauufjfîit parfait qauuillleI*fc li& que
le torrent de voluptéqu'ilsgoû»
tent, leur paruflégalement delicieux
& charmant. Deux contraires
mesme dans un degré in..
¡filitur)nt peuventnaturellement
yubfîftcrenme/melieusansflcom..
'battre mutuellement, sans que
^fàéiion de ïundiminué à proportion
l'aflivité gr la refiflance de
l'Ailtrr. Vousvle7, donc, Mon.
fleur,quec-elîamoindrirde quelqueebofe
le bonhtur de rame de
C. que de aire, comme vous ,
faites, que parce qu'à l'occasion de
son unionavec leVerbe, elle estoit
touchée de sentimenssiforts &(i
vifstqueceux quellerecevoit à
l'occasion deson corps,pouvoient
la fraperi mais non pas l'occuper,
comment l'experience nevousfait*
elle pas voirquunsentiment de
dvtileur,mefrhe mediocre ) tempm
tûujourt& trslible la joye lajfftà
grande &là plus extrême.Ittiejl
pointd'b&ntôiCjque di$“ ei ~~f~f~~f~ <Aw~~C
Crieravtjjementaitjamaiffo'ufi
set, quejefçacheaucunefecoujfA
onu lleeggeerretinincciisfiioonn- sans revenir 4
fiy, ou ressentir de la diminution
en la joye ineffable que fin ame.
goûroÏt) tant il efl vray , que le
moindrefentimentpartagetoujours
la joye de lame
, en diminue le
plaisir, & lafait, pourainsidire,
changerd'eflat.
Mais si mon fentinient efloit
't)critable) le Sacrifice de I, C.
y)ttsvous,f'croit purement u >Wf(,pm quesonamep#po+fit
WKtiùpé aux douteun de son
orps, (gf qu'elle en eftott mefmc
ncapable,sinon deJQJ
,
du moins
v C4itfe de la félicité des Saints^
Montelle jouijjoit Non^Monjieur^
on Sacrifice n'en a pas eslé pour
cela moins spirituel
,
à cause de
acceptation volontaire qu il fit
\deshumiliations des opprobres,
kles outrages, &de la mort meme
désson entrée dans le monde.
VousJçave^ quaprfs avoirremiercieson
Pert de luyj aa.v-uooiirr ddoonnnné
Mun corps, fins parler dame pro-
tyrpau deJ]e.n q-u'il aruait formé -
de touteéternité de le.sacrifier
corpus autem aptaftivmihb* ydecUreaujjttot qu'ilvientpotii
fairèsa volonté là dessus.. Tune
di-xi - r ; ecce venio;ut faciarrr
Deus ,* voluntatemtuam. Vo
lÓntè qui,comme dit S. Paul, nom
a fanftifie^ par l'offrande que-'I.
C:afaite unefois defincorps. ln
qua volunrare fancffcifîcati ru.
mus peroblationemcorporis
Jcfu Christi semel. C'rjl ainft
que le Sacrifice de cet Agneau immolé
dés l'origine du mondeta
eslé accompli dans la plénitude
des temps enejj>rit& en vérité,
& quefin amey et eu d'autant ~-~~ ~'?,~,' ,..,~ .S~~ï
iïltts de part ,quelley a camn«
)£uéiJ'une maniéré plmnoble &i
®lus relevée.
En voilayCC merlem-ble,assez,
Monsieur,pourne pas rendre
rvoftre attente tout àfait inutile;
~~Tc~ cependant que jinfèreicy
idrnx mots de réponse à la Lettre
gni aparaaprèslavopre/gr que
1lejftime beaucoup.SonAuteurme
ftaroilfavoirpris le chemin le plus
rcourt &leplus aisé, que de nier
xe que les deux partis croyent
WDur Je débarajjtr des difficulté^
vrefque insurmontables a tenir
yiune part, que Carne de I.
ïG.joùiJJoit de lagloire
; & de
Vautre,qu'elle esostenluy,comme
en nour, l'unique sujet desfenfêtions.
Mais jautoisfouhaitéquen
abandonnant si aisément là
tradition & leconfentemtmgênerai
& uniforme des Peres &
des Doéleurs anciens &modernes
)
pour s'ouvrir unecarriers
nouvelle, il eust répondu À ces en.
droits de l'Ecriture, qui autorisent
la véritéqu'il niesur des Tarages
)
ausquels ilfeait bien qu'il eg
facile de répondre. Voicy, À mon
avis
,
les moinséquivoques.
Il eji dit de I. C. dans un
Pseaume, le Psalmiste parlant à
Dieu : Beatus queol clegilH
& affumpfirti5 & ce Sauveur
Mes boffiritparlant de foy, a
vextluftondetout autre3 dit dans
VEvangile,Non autem vidit'
quifcjuam Patrem,niuii3 qui ïlî à Deo, hic vidit Pacrem ;
aegô aucem novi cum, ego
Hciocum. Or voir Cmconnoiftre,
[Dieu ala manièreque I C. le
yvojoit cmleconnoiwbit, cess ejïre
lheureux, & jouirde la vie étertnelJr;
conformément à cet Oracle,
rHæc est vita æterna, ur co.
î gnofcant te, &c. On ne peut
>
donc douter que ces Passages
)
&
i
quelques autres, declarent moins
lafélicité defin ame, que ce qui
arriva sur le Tbabor en decouvritfenfiblewentlavérité,&
nous confirma dans Icfperançç
que nous avons de participer unjour
à celledenostre divin Chef.!
Çar de dire qu'il devoit mériter
la gloire de son ame, aujji bien
qu'il luy a fallu meriter celle de
son corpsplûtofl que d'en eflre revestUs
& que les mesmes raisins
de lun vaillentpour l'autre;cess
vouloir ignorer qu'il ait reçu en
son ame par anticipation hjfet
des mtrites infinis qu'ildevoit
ensuite acquerir ; son corps fut
mcfme en ce sens revejlu degloire
quelques momenssur, le Thabpr.
Quelle merveille donc que l'ame
tqw lanimoiten ait ejkffiitr lou-
\jWPsrwcfiiïè'déslemoment defà
kttque.)ansguelleeustencorerien
i tique.fan$quelleeust encore rien
\fait pour joüirdu prix & de ta
ï couronne qui ne je donn'e à 11) fcohéritiers qu'apré-s le combat.
Jeconviens quil nejt pas de
\Joyexplicite,Cque tout le monde
i
doitpasJçavoir de neceDÙé tUftlur,
que rame de I. C ait cfrê iheureufipendant qu'ilaconversé
1 avec les hommesj maisfay peine
àcroire que cettevériténejoitpas
difoy implicite dansl*Fghjvy
qu on la puljje regarder fùr im
autre pied, à moins que l'Ecri
ture expliquée &entendus Je-I
mtfmepar les Peres&* les -Do-i
fleurss &leurconsentementunanime
surunpoint JedoEtrine, ne
foit plus la réglé de ce que nous
devons croire, le voudrois for
ljlJon me détrompaflsur cery-,&¡
qwon neust pas pasé cet endroit
de ma premlere Lettresans en rien
dire direflement. le finis, Aionfleur)
par cette remarque. Ilmesemble qu'en cette nCCd.
fion les Teripateticiens ne font
pas oblige7, comme les Cartésiens9
de recourir, s'ils ne veulent, au
miracle, ouàlafufyenfion,moins
encore a delaifet: dans unechose
-âulF importante, l'opinioncomt
mune pour deffendre laleur,
Quandon tient, comme ilsfont,
que le corps & /m( eflfufèrepti.
Me desensation
,
on nefer trouve
àcesujetdans aucun de gemens cesmga. ,&s'ilfautpourcvU
t
qu'il [Gît animé
3
c'est quiautrement
lefentimentIny-feroitfuperfill
& innti/e, ny ayant plus de
remede pour lesoutenîr& le (an.
ferver apréslaféparatlon de fame
en nous, ou de la deflruHion dans
les animaux. Si onyprend bien
garde,qu'onfeacbe démefter
ct qui sepa.fïe en nous
,
onsapperfoit
bien- tost
, que comme
lefprita des operations indépen.
dantes, & d'autres dépendantes
du corps, celuy ry en a de mesme
de certaines
,
dépendamment &
d'autres indépendamment de l'efprit
; mais qui cefjept dés leurRéparation
mutuelle
, gr peut eflrc
de la part du corps quelque temps
avant , comme tout àfait inutiles
à la conservation de la vie,
quon est presl de perdre par une'
fuite necessaire du mauvais estat
où ilse trouve
, par la violence
du mal. Voila,Monsieur, ce que
savois à ajouter, £7*quefefpere
qIuee fvouus iasùre^Zpgourrtclgr.éab/e. -
r Je vous envoyay lemois
[paffe Ilordre de Bataille de lrArmée de Flandre,lors qu'-
elle éll: entréeen campagne.-
rvous avez souhaité de voir
l)uceluy de l'Arméed"Alienii,.-
2gne,quand elle a'pasle je-
IRhinpour entrer dans le pay s, xnnemi, & jefitisfais à ce
Dque vous demandez. Je vous
saydéja dit qu'il est malaise
pquecant de corps demeurent.
longtemps cnfèmble,&qu'-
après l'ouverture de la Camoagne
il ne s'en fane pas plusieurs
détachemens pour arnaquer,
pu pour se défendre,
félon l'occurence desaffaires.
Comme il n'a point paru
d'Ouvrages de la compofition
de Madame de Pringy,
donr la levure n'aitdonne
beaucoup de plaisir, je croy
vous en faire en vous apprenant
qu'il en vient de pa.
roiftre un de sa façon
,
intituléylunïey
ou les Sentiment
Romains.Lesexpreflions donc
cette Dame se ferc
,
font si
nobles &si énergiques, qu'-
elle n'a pas eu de peine à
mettre dans leur jourles fentimens
desHérosde fonHiftoire.
Elle se vend çhez.la.
Veuve
1Veuve Coignard, rue de la
Bouderie>au bout du Ponc
Saint Michel. -
Vous sçavez avec combien
ljtapprobation les quarre prermiers
Volumes des Voyages
Historiques de l'Europe onc
esté reçûsduPublic. On a
HéjJ. fait plusieurs éditions
iiu premier & du (econd
,
i5a
cinquième qui vient de paroîcre,
contient tout ce qu'il
Vade plus curieux en Hollande
,&dans le reste des Proivinces
Unies. Rien ne doit
manquer à ce Volume, de
):out ce que le Loueur peuc
fouhairer
,
puisque l'Auteur
ayant demeuré longtemps
en Hollande,ades connoiffances
routes particulières de
ce Pays-là. Cette cinquième
Partie se vend chez le ifeur
le Gras, dans la grande Salle: duPalais.V 1 l, du:Pa!ais. ', M1Duperieu,ancienConfuI
de Bordeaux
) a fait impru"
mer un Pvecueil d'Edits, De.. -', clarations & Arrests concerJÎ
nânt la J.uiifdjdlion Confulaire.
Cet ouvrage est trèsutile
aux jeunes Négociant
L'Auteur y a ajoure plu fieurss
avis&décision.s,p:o.urbeau-]1
coup de conteitat-ions qui arrivait
encre ceux qbuiinneeggoo^,
cient
,
sur tout à l'égard du
* rémps, pendant lequel un
Tireur de Lettre est tenu de
-
remettre (a provision pour
pouvoir se ddïendre vala ble-
ment de garantir la Lettre supposëQue les diligences
ne soient pas faites dans le
temps. Il fait vendre ce Livre
par le fleur Chapuisa
"MarchandLibraire à Bor-
- deaux-
Je' vous appris dans ma
Lettre du mois pasle le mariage
de Médire Jacques
CUircrjSeigneurde Rampan,
Ecuyer ordinaire du Roy,
avec MademoiselledeBra-
-gelongne, FilledeMrdeBragelongne
de Haurefeiiille.
---.
b
Unacciden'--t tpalheureuxconnu
de tout Paris, termina
sa vie sur la fin du mesme
mois, & fie connoistre que
mesme dans les plus belles
années) il n'y a rien de certain
au monde. (,:ur
- Messire Charles de Chtruer;
.Marquis de PontcalleCjComte
de la Porteneuvc, Vicomte
deThienrz, Baron de
Tronchaficau) mourut auOE
sur la fin .'dumesme mois.
Voicy les noms de quelques
.autres personnes confidèrablc?
de l'un & deiautre sexe,
mortes depuis ce tempslà.
Darne Madeleine Bouvoc.
Elle eftoic Veuve de Svfelïire
Léon le Feron,Seigneur des
ToucHeslaVaranne,TouTcfieberdier,
&autres lieux.
MJ le Comte de Romecourt.
Il est morraClialpns,
essënî encore fort jeúne.
après avoir toujours languy.
pendant les dernieres années
de sa vie, ce qui l'avoit,
mis hors d'estat de ren*
dre a ion Prince tous les
ferviccs que son inclination
& le fang dont il (ortoitexigeoient
de Iuy. Il eltoit Fils
de Mr le Comte de Romecourt,
dont les allions de
bravoure font assez connuës
en France>&qui futtué dans leBoulonnoisou ilcommandoit
toutes les Troupes tirées
des garnifcns de cette
Province.,& des Frontières
de Picardie. La Maison de
Romecourt efl" tres-rccom-
Imandable, tant par son ancienneté
, que par les (ervices
quelle a rendus, depuis
jplus de trois censans qu'elle
sert establie en France. File
)efi originaire d'AUemagne,
S& vient de Berthord Duc
xieZering^nydontTuades ---~'des
IDefcendansest Fondateur de
lia Ville de Berne en Suiffe
llaquelle ) porte les armes de
)cette Madon. t MessireMichel de Marilllac,
Seigneurd'Attichy.Il
eciloit Avocat -duRoy au
)Chaftelecde Paris,ou non.
)obf1:ant Ton jeune âgeil fai-
Mbit paroistre une grande.
iintelligence aux affaires; ôc
june vivacité incroyableII
inhume en l'Eglile des Reliii
gieufes Carmelites du grand!
Ccnvent, en la lepulturc de4
ses Ancestres. Madeleine dl,4
Marillac, sa Soeur, est Veuvet
de Messire René-Armand de^
la Fayette,Seigneur,Comtei
dudic lieu, Brigadier des Armées
du Roy, mort à Lan-j
dauen Allemagne le5. Aoust;
1694.d'°ù son Corps fut ap->
porté aux Feiiillans de la rue
S. Honoré. Mr de Marillac
qui vient de mourir,eftoic
fils de Messire René de Marillac,
Seigneur de Dolinville
&AttichyjConfeiller d'Etat
ordinaire, & Conseiller
d'honneur au Parlement. &
de Marie Bochart, Fille de
François Bochart Seigneur
de Saron,Cônîeïïïer d'Etat,
& intendant de Justice à
Lyon; Petit-fils de Michel
de Marillac
,
auiïi Conseiller
d'Etata & de Jeanne Potier
d'Ocquerre, Fille de Nicolas
Potier, Seigneur çTOcquere,
Secretaire d'Etat, arriere-Petit
fils de René de Marillac,
Maistre des Requeffes- ,
qui..
estoit Fils de Michel de Marillac,
Seigneur de Ferr7i»ee-res,
Garde des Sceaux de France,
Personnage d'une probité &
d'une vertuiinguec fai.
fant de grandes cha'itcz aux
Pauvres &ayant beaucoup
contribué de ses foins & de
Ton bien. pour Tétabliflèment
de l'Ordre des Calme.
lires en France. Mr deMarillacJ
Avocat du Roydu Châcelet,
eftoïc aussi Neveu de
Mr de Marillac Curé deS.jac-,
ques de la Boucherieacy- devant
Curé de S-Germain de
t'Auxerrois) dont la piecé.
peutservird'exem pleaux personnes
les mieux reglees. Dea,
Marillac porte d'argent}maçon-.
y.e defable,remplydeJix merlet-
Ys de melme; £7* un croijjant de
4vueults en coeur. Messire Jacques Gaudin,
chanoine de Nostre-Datiie
fle Paris. Il estoitâge de 84.
[ins ou environ , Doreur de
sa Maison & Société de Sorcbonne
des l'année 1646. Ila
:fté Officiai de deffunt Mr de
CPerefixe) Archevesque dé Patr
[TIS. 4-
* Dame Catherine Abrarham,
Eponfe de MessireJules
tdTArnolfiny, Seigneur deMaiggnac
, Chevalier de rOrdrebdc
S. Louis, Mestre de Camp
d'un Rcgiment de Cavalerid
& Brigadier General des Al
mées du Roy, dont elle nrs
point laisse d'enfans. Ell
ertoit Soeur de deffunt Jac
ques Abraham,celebre A
vocat au Parlement, dont cd
le avoit eu de grands biens.
Mefifre Cesar Philippe dq
Beauvoir,Comtede Chafte-1
lus, Vicomte d'Avalonthe. lU
avoit épousé en 1663. Damet
Judith Barillon, Soeur de m't ll''EEvveessqquueeddeeLLuuççoonn. .H
Voicyquelques-uns des
Sonnets sur les Bouts-rimez'
proposez par la celebre Com.
,»agniedesLanterniftes.Vou*
irouverez le nom de l'Auteur
i.u bas de chaque Sonnet.
AU R. 0 YSONNETS.
3 I. Vel heureux fort,grand Royl
vousalltzDieupou, guide.
1 1 U 1ï.ile vos projets, vous juit de
toutes parts.
r^ous vangeyfes Autels) il dessus.
ves remparts,
aandvoflre bras combat, c'est sa
main qui décide.
S -
>'*'ejlîuy qni vous condnit dans la
çourse rapide.
Oùvous aUe, plus loin que n'on
fait les Cefar."
On vit ces Conquerans triomphe'
des hazards:
Mais ilsriêgaloientpasveflrecoeu
intrepide:

ZeCielqui vousdonna lesglorieux.
emploii
De regner e- de vaincre
,
& d'afl
fermir ses Loix"
Vous soutient aujourahuy parmj;
tant de tcmpeffcs
(9 Jjjniezjjardiment cesoragesdivers;
Le Seigneurvous promet (Cèterneh
les conqueftesi
Et s'ilmtarche avecvous,que pourrz Univers
Lçyder
,
Conseiller au Picfidial de
Bordeaux.
G II. Rand Roy, dont lasagesse est
le fideile guide,
2ti armleseontfosrte l.effr.oy de tow parts;
Pattoy la Ligue voit foudroyer
fei renipars;
Par toy ioujourJ le Ciel heureufe-
, ment
-
déride.
La Viïloire jamais ne parut si
ra pide,
Tour cefer Contjuerant, le premier
des Cesars.
Elle,volefour toy; tou coeur dans
les hazards,
^Toujours égal à foy- se fait voit
inuepidc.
La gloire & la vertu partagent tes
emplois.
En vain , pour éviter de tomberï
fous tes Loix, 1
De tous coftiz^ l'Europe élev* des tempcftes.-
Après Avoir fournistous ses peuples!
divers;
T4 valeur doit placer au rang de
les conquestes,
Malgré tous ses efforts
,
celle de t
Univers..
De Bonecamp
,
Medccin à Brest.
L III. Otiis mdtche toujours od la
gloire le guide,
Ses nobles actions brillent de tomes
parts, Jlgagne descombats,ilforce des
rcmpars,
LEttdr tout la fortuneen sa faveur
décide.
iZa rif/oire la fuit, & d'un cours
si rapide,
22.#'ilfaitfrefqùoublier les exploits
des Cesars,
Ttmieux queuxmille fois affro-qtant
les hafsrs,
Wow milieu des périls ilfaroifl in-'
trépide.
ç:'tft au mérité feulquil donne let
emplois,
gouverne îEtatfar desi (dgtl
Loix, de[es Ennemis il brave les
teropeftes. g
ysefifait admirer de cent Peuples
divers,
Et le bruit éclatant de ses grandes
conquestes,
Afaitvoler [onnomau bout de
l' Univers,
D. H. R.
p IV. Ourvu qa'en nos desseins la
justice nous guide,
I il y*• Sl..,u un monde d Ennemis fonde de
toutes parts,
Four defolernos champsJourforcer
nos rempars,,
En faveur de nos voeux toujours le
Ciel décide.
TelA.t-onveu LOUPS Jansrd course
rapide,
Ternirpar ses exploits la gloire des;
Cesars;:
toujours avec faccés affronter les
hasards,
Et signaler par 10ld son courage
intrépide
1De ce Héros Chrestien les plus, ua~
bles emplois
'Sontdefaire observer lesadorables
Loix
-g)e tEstre souverain qui forme les
tempères.
S'il l'a fait reconnoiflre en cent climats
-
divers,
Vemerite-t-ilfas qtfktoutes/es.
conquestes
,V,joigne quelque jour celle de i'.U«.
nivers?
TAMIRilS.T.E»
s V. Actifie à la Paix la fureur quiI
te guide.
Ligue, aux voeux de Louis concours* ?>
de toutes parts,.
En vain opfofes -in de superbes
rempars,.
D* destin de la terrre en arbitre it
decide.
La PiRaire far tout le fuit d'un
cours rapide,
Apetne pour Rivaux fouff,e-l-iJI
les Cesars?
Nilllens pat ton salut du tempsJ
nydes hasards,
Ji efl dans ses projets fage, grand,
Intrepide.

Donneà ta rageencor de frivoles
emplois,
Tofi ou tard ilfaudra tesoumettre
ases Loix,
Et laisser succeder la bonaceaux
tempestes.
Fomente contre luy millecomplots
divers,
il confacn au Seigneur le fruit de
ses conquestes,
T. ne peux quà sa gloire aimer
tout Univers.
PARJAN.
G VI. RandRoy, qui pris toujours
la gloire pourion
-
guide,
Ton nom porte au\ourdbuy leffroy
de toutes parts, T. forces à ton grè les portes> les
rempars,
Du juccts des combats ta prudence
décide.
Ze cours de ta valeur fat de tout
temps rapide,
En vain auprès de toy vante t-on
des Cesars,
Comme eux tu vas braver brufqnement
lés hafars,
Il n'est point de Héros plus fier
plus intrepide.,
AuxConfeihdeThemis tu donnes
tes emplois,
Taclemence retiennes Peuples fou*
tes Loix,
Tes foins fgavent les mettre àcouvert
des tempestes.
IIJecent brasmutines^ tu romps les
coups divers;
lEt ton coeur à la fin lajje de (cr
conquefteSj,
i.Presente encor le calme à ce vasse
Univers,
Dibufty) de Bayonne,
Doéteur en Medecine.
Comme les Bouts- rimez
précedens, dont le premier
estoit 13ufte, après avoiresté
remplis à la gloire du Roy,
félon le dessein de Mrs les
Lancerniftes, l'ont esté enfuite
à l'avantage de Madame
la Princesse de Conti, vous
avertirez, s'il vous plaist,tous
vos Amis de Province, qu'un
Particulier
,
qui a autant de
zele que de reipedl pour cette
grande Princede, en donnera
le Portrait pour Prix à celuy
ou à celle qui aura le mieux
réussi à faire l'Eloge de la meC
me Princesse, pour qui tant de
Plumes delicates se font déjà
fait un plaisir de travailler.
On ne leur propose point
d'autres Bouts- rimez que
ceux qu'ils verront employez
dans ces six Sonnets. Ceux
qui auront travaillé feront
mettre leurs Ouvrages entre
les mains du S' Brunet, Libraire
dans la grande Salle du
Palais,
Palais, au Mercure Galant) * dans le dernier jour du mois
tl'{)étobre prochain. Le Prix
liera donné le 15. Novembre
iTuivant, & alors on declarera
fjuels Juges les auront examinez
,&le nom de la personne
à qui on devra le Prix.
Voicy des paroles qui ont
lîfté faites sur une Gavote de
'Nf[.Ç_harpefttier,si connu par
xs Ouvrages. Comme elle
i grand cours, vous ferez
ioien-aised'en avoir tous les
couplets.
GAVOTE.
c l' Elie quifait tout mon tour*
vient>
Je laime à Id folie:
Depuis longtemps je fuis Amanl
De iaimable Si/vie.
La voir & l*aimer feulement
Est toute mon envie.
Celle qui fail tout mon tourment
le taime à lafolie.
11.•
Zavoir& ïaimer feulement
£,?taure'non envie.
le n'ay fàp-s.fiet un moment
Saistavoir bien servie.
Cellequi fait tout mon toutméntn
(je,


1 III.
Je riay point sa(je demoment
Sans l'avoir bien fetvie.
¡Les maux que je souffre en l'aimant
- -
M* chuteront la vte.-
CAfe quifait tout mon tournent,
- &c. ir.
ZesmAUX queje [ottffre en t'aimant
Me conteront la vie.
'J)isqtujela voy cependanty
MtOn ame en efi ravie.
Celle qui fait tout mOss tONTmenJ)
Je l'aime à la folie.
1x 19. du mois parte, Meffîre
Antoine Cleriadus, Comte
de Choiseul, Marquis de
Beaupré,Liouenant General
;?Oar 1-e Roy en la Province
de Champagne,Colonel du
Régiment d'A genois,&Major
General del'Armée deS.M.en
la Province de Normandie,
épousà Mademoiselle Anne-
FrançoiseBarillon deMorangis,
Fille de Messire Antoine
Barillon,& deDameCatherineMarie
Boucherat
3
Fille
de Me flire Loiiis Boucherat,
Seigneur & Comte de Compans,
Chancelier de France,
& des Ordres du Roy. La ceremonie
du mariage fut faite
par Mr l'Evesque deLuçon,
Oncle de la Mariee, dans la
Chaptllede l'Hollel deBqucherat.
Ensuite laCompagnjc,
qui estoit tres-nombreuie,se
fcpara,&lefoirellefe raflembla
dans le mefmc Hostel,
où il yeut un magnifique repas.
Mrle Comte deChoiseul
est de l'une des premicre-s
Maisons du Royaume ,
(ortie
des anciens Comtes de Langrès,
dont Renier, Seigneur
aethoifcul,etfoitlepremier
Vassal,désl'an 1060.aurapport
de feu MrduChefne.CeRenier
estoit lequatriémeAyeul
de Renart III. Sire dejChûiseul
,
qui eut l'honneur d'époufer
avant l'an mi. Alix de
Dreux
,
Princesse du Sang
Royal, Fille de RobertII.
Comte de Dreux, de Nevers,
& de Braine.&d'Yoland de
Coucy, & petice-Fille de Robert
de France,dicole Grand,
Comte deDreux, du Perche,
& de Braine --' ,
,
quatrième Fils
du Roy Loiiis Vf. dit le Gros,
& d'A lix de Savoye.Ce mariage
donna lanaissance entre
autres à deux Fils. Le fecond
Robert deChoifeui futSire
de Traves; dont la posterité
prit le nom; &l'Aîné Jean I.
SiredeChoifeui,fut Pere de
Jean II. SiredeChoifeui &
dAigremont, qui soutint la
guerre concreFerry, Duc de
Lorraine, -qu'il ËcfonprifonL
nier,Sel'obligea pour seracheter
à luy payer deux mille
livres derançon l'an 12.82r.
puis Robert II. Duc de Bourgogne,
ion Coufin, le fie Ton
Connestable
, & le nomma
l'un des Exécuteurs du certainene
qu'il fit au moisde Mars
ï*97- Ses-Enfans furent Jean
III.SiredeChoifeulJ& Renier
-de Choiseul.Jean III. épousa
Alixde Grancey, & en eut
Guy I.Sire deChoiseul
,
qOir
eut pour Femme Jeanne
uarmedeNoyers,
ditede joigny,,,
qui le rendit Pere d'Ame', Sire :
de Choiseul, de Noyers, & de
Montaguillon, dont la poIrerice
elléteinte dans laMaison
d'Anglure;&de Girard de
Choiseul,Chef dela fecondc
branche decette Maison) qui
epousa Roline, Dame de
Clemont, Ayculc de Guillaume
deCholfcul,Baronde
Clemont, de Langues & de
Montaguillon, quia laiflede
Jeanne du Chastelet son Epoufe
, Pierre de Chpifcul,
Baron de Clemont & de
Montaguillon, dont la polierite
est pareillement éteinte
dans la Maison d'Achey, puis
dans celle de Rouxel Médavy; i&Philberc de Choiseul, Sei-
• gneur de Langues, ConfeillIer
des Rois CharlesVIII.&c
[Loiiis XII. Gouverneur d'Ariras
&deLangres,]Lieuren-int
j genera1 pour Sa Maiesté au
jpây's de Florence, &au Gouvernement
de Bourgogne,
)donc la posterité fabfifte en-
)core dans les personnes des
(Marquis de Langres (aujourxl'huyAînez&
Chefs du nom
I& Armes) & des Barons de
IPrecigny.
Renier de Cholieul, Sira
d'Aigremonc,Fils .pùisné d
Jean IL Sire de Choiieul, efli
celuyquiaformélatroifieïn®
branche de cette Maison. Il
eut pour Femme lfabelle --
Grancey
?
& pour Fils Re-0
nieFfTpere deRenier III. Sirtll
d'Aigremont & de Fresnoy.
quiépoufaIsabellede saJincJ
Dame de Chery, &
en
eu4
Rena.ud deCI-ioifeul-,
Sir
d'Aigfemorit^dont[% pofteritéeft
éteinte dans les Maifons*
d'Anglure & d'Aforemom;^
Pierre de Chcrifeiïî^dit Gallehaud)
Srd'AigrcjTjpftt,d'Ârinancourt
& de
-
Freinoy
*
^yeul de Jean de Choiseul,
Seigneur d'Aigremont,&de
Pierre de Choiseul,Seigneur
BeDoncourt & de Fresnoy,
Puisné, qui a formé la qua-
,!riéme& derniere branche de
xette Mailon, & qui s'allia en
1479. avecCatherine-du Ples. ïis,Dame duPîcffis3Dame
ErTëChavign-y*,don't-'-i-leut Jean
bde Choiseul, Seigneur de
XDhavigny, dont la posterité
Yubfifte dans les personnes
bdes Comtes de Chavignv &
bd'Efguilly ;ècNicolas de
)Choi(epl3Seigneur dePraflain
I&deBarbety, pere de Ferry,
^Seigneur de Praflain & du
Plcflîs, Baron de ChitryJ
Chevalier de l'Ordre duRoy
&Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre, qui laissa d'An-1
nede Bethune (on Epouse,
Dame d'Hostel, Vicomtesse
de Chavignon, Charles de
ChoifeuU Marquis deP/aflain
& Comte de Chavignon,
Lieueenant général au Gouvernement
de Champagne,
Gouverneur de Troyes,
Capitaine des Gardes du
Corps du -Roy,Chevalier de
ses Ordres, puis Maréchal de
France,& Gouverneur de
Xaintonge &pays d'Aunis,
xlontla posterité est éteinte,&
Ferry deChoiseul,Comtedu
iplefîis,Baron deChitry,Cht v.
He l'Ordre du Roy3&Colonel
Lie Cavalerie legere de France3
Epoux de Madeleine Barthélémy
,& Pere de Ferry de
choiseul Puisné> Comte
H'Hoflel, dont la posterité
Tubfifte encore, & de Cesar
He ChoiseulAîné, Comte du
,Qlcffl,s,puis Duc deChoiseul,
?air & Maréchal de France,
chevalier desOrdres du Roy,
lieutenant gêneraide fesAr.
[mees.Gouverneur de la Per- sonneSur-intendant de la
Maison de S. A. R Monfieun
puis Gouverneur de l'Evêch
i
& pays.de: Toul, AyeuldEj
DucdeChoilèul
mortenrat;
née 1684. sans alliance, & péri
d'Augulte Duc de Choifeull
Pair de France, ôc Chèvàlies
desOrdres du Roy. !
Jean deChoifeut.Seignem
d'Aigremoht & de Meuze;
Frere Aîné de Pierre, dont oi;<
vient de rapporter la postéa
rite, fut marié en 1471. aveoi
Ifa beau de Choiseul
,
qui II
rendit peue de PierredeChoii
seulIII. dunom,Baron d'Ai
gremont & de Meuze, qw,
s'àllia avec-Anne de Saint
--Amadour, Dame deB-c-au1pdieéf- £TcJeDompullien,&eneue
FI-iilbe-rtde_Çhoifeul.' Baron
d'Aigremont & d'Ambonvilllee))
dont la posteritt'ésfuubbsfiisftiec
encore5&René de ChoiseuL,
Baron deBeaupré & deMeufe,
Che-valier de l'Ordre duRoy,
& Gouverneur de Coiffy, qui
a laiflTe de Mahaud, Dame'de
Françieres, entre autres En':'-
ssaannss, ttrrooiis FF»illss),l'Aîné Chreftien
de Choiseul, Bar&n de
Beaupré; le fécond Maximi-
Ken de Choiseul
, Baron de
Meuze & de Mervy, & à cause
- dcChrcftienne du Chastelet
son Epouse Seigneur de Forcy
&de Germiny en Lorraine,
où sa posterité fubfifte$
&lesroificlne Jean de Chou
seul
, Baron de Franciercs,
Gouverneur de Langres, &
Capitaine de cinquante hom.
mes d'armes des Ordonnances
duRoy. Ce dernierépoü- 1
là Anne de Saurour,, Dame
d'Iroiier, de laquelle il eut
Loiiisde Choiseul> Marquis
de Frttncieres & Seigneur d'Irouer,
Lieutenant général des
Armees du Roy5 Bailly & 1
Gouverneur de Langres,matrié
a Catherine de Nicey-
[Rpmilly, qui luy a donne
[plufieurs Enfans, dont l'Aîné
>Clauded£.Choileul, Marquis
>de £rancieres
,
Seigneur dI-. ,irouër& de Fontaincbeton,
Xjouverneur&Baiily de Lan..
3gres ,
Chevalier des Ordres
sdu Roy, Maréchal de France,
m'a point d'Enfans de Cathcirine-
Alphonfme dc..Rcn.tyJ
Ton Èpouse.
Chrétien de Choifeut, Ba-
ITon deBeaupré,FilsAînéde
siRené
,
& deMahaud de Fran,
xjeres, fut marie deux foisjU
(premiere avec Antoinette de
Dintevil !e,dont naquitLOuis-T
François de Choiseul, Baron
de Beaupré, doncta posterité
subsiste encoreiôcla feconde
avec Françoise d-AngIL"le,
d'où vint aufli un Fils Antoine
deChoifeul, Baron de
Beaupré, Seigneur de Bourdon&
de Daillccourc,Capitaine-
Major commandant le:
Regiment de Cavalerie de:
feu Monsieur Duc d'Orleans.,
tué à la Bataille de Lens eru
1648.ayant lai(Té de Marie des
Ravenel Jacques-François de
Çhoifeul, Marquis de Beaupre;
Seigneur de Daillecourû
& de Bourdon
, premier Capitaine-
Major du Regimenc
de Cavalerie de feu Monsieur
Duc d'Orléans après son
Pere, puis Lieutenant général
pour le Roy en la Province
de Champagne, Maréchal de
ses Camps & Armées & GouverneurdesVille
&Chasteau
de Dinanc,quiepousa Anne-
Marie duChartelet deFrcfnieres,
sa Çoufme au quatriéme
degré,delaquelleilaeu
François JofephdeChoifeuî,
Abbé de Lannoy puîné,^Antoine
Cleriadus
,
Comte de
Choifeulj-quivientd'é poii fer
MaJemoifelle de Marangis.
Ce Gentilhomme est petit
mais cres-bien fait dansla tail
le,il a beaucoup difprir^&n'a
pas moins de-coeur,s'eitanc
signaléen diverses occasions
conifderables
, notamment
à la Bataille deSceenkerque,
où le Regiment du Roy, dans
lequel il estoit Capitaine, fut
tres mal tmcé,&cn rscompense
Sa Majçlté le gratifia
du Regiment d' Àgenois,
qu'il commande.
La Maison duChastelet,
dont est la mere de Mr le
Comte de Choilejul
, quoy
_que moinsiIIuHrée quecelle
>deChoiseul, n'a cependant
Ipas moins d'ancienneré) tiiranc
fonorigkie d'un Roberr,
iSeiçneurO duChastelet au
IPays d'Artois
,
qui vivoit arvec
Ifabcau de Fiennes Ton
xpoufe
, en 1061. & dont les
xnfans Pierre Seigneur du
)Chaitelet & de Freffay,&
«ueduChaftelec Ton Frere,
Turent faits Chevaliers à la
rprife de Jerusalem,l'an 1099.
ooùils (e fignalerenr, comme
[ils firent en plusieurs autres
[lieux de la Terre-fainte. De
Tierre & de Catherine de
§ -
Hallum. son époüseJefi dess
ceridttHugues, Seigneur du
Chastelet de Freffav& de
Cojlomb« J yen 136.9.
quifut ma.1
rié avec Marguerite de la
Rachie, Fille de Mat-icu,
Seigneur dela Rachie & de
Jeanne deCrequy,de laquel..
leil eut trois fils; le fécond
Robert du Chafielct" mourut
sans enfansde Robine de
la Vicuville son épouse, ayant
esté t-üé à la Bataille d'Azincourt
3
l'an 14,15. Le troifiéme
,
Claude du Chastelet ,
Seigneur de la Flandrie'prés
BethuneJ flwau flitué à la
mcimc Bataille
,
lans laitier
de posterité de ses deux fem.
mesl'alfné Georges Seigneur
du - Chattelçc de [Freffay,&de Colomb^épousa
Marie deCaumclnil, qui
le rendit pere de Jacques,
Seigneur duCi-iattelet de %* Lum bes, de Freftay"; & de
Colomby,l'un des Confeillers
& Favoris de Charles
dernier Duc de Bourgogne, -qui lefie Chevalier à la joucr
néc de Morat. Il combatif
vaillamment à la Bataille
de Nancy, donnée l'an
1477. où le Duc Ton Mai(ire
fut eue. Apre* sa Plprt >
leRoy**!
LouisXI.attira Jacques, dU-;¡$¡
CHaltelec à ion service, com-41,
me il fit la pluspart des Per-H,
sonnes de consideration qui,?
avoient cfté attachées à cel'1
Prince, & le fit Capitaine &
Gourverneur du Chasteau
d'Oise en Cambresis, Place
d'autant plus considerable
alors, qu'elle estoit sur la
Frontiere, ce qui marque la
confiance que ce Monarque
avoic en sa personne. Il n'eue
point d'enfans de Jeanne de
Sains sa premiere femme
,
mais de sa fécondé Jeannede
Conty
oconty , il a laiile Jean, Sciîgneur
du Chaftelec, de Co.
llomby& deFeffray,faitChe.
rvalier à la prise de S. Orner
Ilan 1489. par Philippes de
>Crevec<xur, Seigneur des
>Querdes
3
Mareschal de Fran.
)ce son parent, & qui s'allia
;avec Jeanne deFlechinJdonc
fil eut Charles
,
SeigtTeurdu
)Cpclfielcc,. deColomby &de
IFeffray, marié en 15.33. avec
•LAnroinettejDame de Moyenjcourt,
qui le rendit pere de )Claude du Chastelet I. du
inorn Seigneur de Moycnxourt,
Gentilhommeordinairc
dela Chamb re duRpy
en 1594. marié en premieres
noces en1581. avec Adrienne
de BelIçfouriere-Soyecourr,
dont il n'eut point d'en sans;
&: en iecondes le 10. Avril
1683- avec Loüise de la Chauffee
d'Eu, Fille de Charles.,
Chevalier de l'Ordre du Roy,
Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre, Gouverneur &
Vicomte héréditaire du
Comtéd'Eu
,
Seigneur de
la Chauffée & d'Arrelt
,
&
d'Huberte de Francieres
d'où font , venus entrautres
ensans ClaudeduChaûelet,
Seigneur de Moyencourt, Chevalierde l'Ordre du Roy,
& Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre ( AyculdeMrdç.
Moyencourc, qui épousa le
nioisdeMay dernier, Made..
nioifelle Chepy. Grouches
, Soeur du Marquis deChepy
Chambellan de Monteur,
Frere unique du Roy)Henry
du Chastelet,.Chevalier
de Matee, Commandeur de
:. Fontaine, delaCroix5& de
S. Jean en Tlfle présCorbeiI,
Grand-Bailly de la Morée)
; mort Gencraliflime des Gale-
; rçs de la Religion en 1656. &
L'auront du Ghaftelet , Seigneur
de Frefnieres& de Le-*
vigny, Gentilhomme ordinaire
ck la Chambre du R'oy-
Louis X III. qui a esté marié
deuxfaisa lapremiere en 1614.
avec LoüiCe de Saint Simon,
Soeur de feu Claude, Duc de
S, Simon, Pair de France,
ChevalierdesOrdres du Roy
ôc Gouverneur de Blaye, de
laquelle il n'a point eu d'ensans
;-& lu feconde en l'an-
Déei6t7. avec Catherine
Favier, Fille de Jacques,Ba-
,ron de Mery
,
Maistre des Ré*
queftcS; puis Çônfeiller dF,
tat ordinaire, & de Marie
Çharlec. Ce mariage a donné
làlîaiÏÏance à Jacques duChasteler,
Seigneur deFrefnieres,
ConTeiller au Grand Conseil
( pere de JeanduChaftelcc,
SeigneurdeFrelnîeres,
aujourdhuy Confeiltcr
au Grand Conseil
)
& marié
avec Suzanne -
Geneviéve
Talon) à Charles du Chafie-
IecSeigneur de Levigny,
Capitaine de Cavalerie dansle
Regimenr de Beaupré; à
Gabriel du CJhs.ftelet, Chevalier
de Malte & Commandeur
de Colomiers
,
dit le
Commandeur de Freftieres;
& à«Anne-Marie du ChafreJet,
à presentVeuve de
Jacques i François de Choiïeul
,
Marquis de Beaupre^
dont nousvenons dcparfer.
QuantàhMariée,ellen'eit
âgée que de dix'sepcans,petite,
mais d'une taille fine,
dégagée, & très -
bien proportionnée.
C'est une Brune
des plus agreables, doncref.
pritbrillant surpasse encore
de beaucoup la beauté. Sa
Maison originaired'Auvergne,
s'estrendu<>recommandablepar
Ces alliances, par
les charges & emplois, & par
les iCI vicesconfiderables qu'-
elle arendusàl'Enar,& dans
les Conseils de nos Réis; Jean
Barillon,Seigneur deMur.ac
en Auvergne, & le premier
qui s'eilvenu établira Pans,
fut Conseiller- Secrétaire du
Roy, & marié avec Claude
du Prat, Tante d'A nroine du
Prac,Chevalier,Seigneur de
Nantoiiillec
,
premier Prefident
au Parlement de Paris,
puis Chancelier de France,
de laquelle il eutAntoine de
Barillon, Seigneur de Murar,
puisaAnthenay(n Chsmpagne,
qui epousa Perrerte Oli-M
vier, Dame de Mancy & dei
Mo.r'angis,Niece de Jacquest;
Olivier*, Seigneur de Çouville,
Chancelier du Ducbé:
deMilan, puis premier Prefïv,
dentauParlement de Paris,
cousine-germaine deMeffire
François Olivier, Seigneur
de Leuville, Chancelier de
France. De ce mariage vint
Antoine BarillonIl. dunom,
Seigneur de Mancy, Morangis,
Anthenay&autreslieux,
Maistre ordinaireenla Chambre
des Comptes à Paris, qui
a laifle de Louise Billon son
Epouse, Dame. de Montevroux,&
en parue de Villeparisis;
Jean de Barillon, Seigneur
des mêmes liciix & de
Chaltillon sur Marne, receu
Conseiller au Parlement en
1)8!.,.& marié deux fc-tis;la
premiere avec ClaudeDanés,
qui le rendit pere de Claude
Bai-illon, Femme de Jacques
de l'Hôpital
,
Vicomte de
Sainte mefrnc& de Vaux, &
mere d'Anne de Lhopital,
Comte de Sainte.meCme,pre.,
mier Ecuyer de Madame la
grande Duchesse deTofcane:
& la fécondé fois avec Judith
de Mesmesf Fille de Henry
, Seigneur de RcifTy/Maillrei
des Rcqueftc-s, & Chancelier
deNavarre,& de Jeanne
Hennequin, de laquelleil eue
encore Antoine Barillon.Seigneur
de Morangis ,Confeillcrau
Parlement de Paris en
162.0. Maistre des R.eque stes
en 1625. puisConseiller d'Etat
ordinaire, & l'un des Directeurs
des Finances en 1648.
mort sans enfans de Philbcrte
d'Amoncourc, Ton Epouse,
Fille de René, Comte de
Sa^ignyen Revermont , &
de Perrecte Emonde de la
)Chambre, & Jean-Jacques
[Barillon, Seigneur de ChaMil-
[)on surMarne, Conseiller au
[Parlement:deBretagne, puis
)cn celuy de Piris
,
& Prtfi-
) dencaux En que sies,010rt
)en 164yayant 1a1(Té de Bonne
[Fayetquatre Fils & deux Fil.
nes.Ces Fils font PaulBanllond'Anioncourt
,
Marquisde
[B'¡aôg'és7Stigneur de Mancy
)& de Morangis) Conseiller
sauParlement, puis Maiftrc
) des Requestes, Intendant de
[Juflice en la Généralité de
1Paris, Conseiller d'Ellat or.-
) dinaire,Ambassadeur pour le
v
1.
Roy a Cologne en 1677 pour
negociér la Paix entre cette
Couronne & l'Empire, puis
Ambassadeûr Extraordinaire
en Angleterre, mort au mois
deJuillet 1690. Ilavoit époufé
en 1663. Marie
-
Made!eine
Mangot, Fille d'Anne Mangot
Seigneur de Villarceaux,
Mailtre desRequeftes,&de
Marie Phelypeaux de Pontchartrain
,
de laquelle il a eu
Antoine Barillon, Marquis de
Brançcs,O Confeillerau 'Parlement
,
quiaépou fé N.
Doublet
, N. Barillon
femme deJean. DenisMichel
i
\Amélor, Seigneur de ChatllOt),
Maifire des Requeftcs
3lk N. Ba[ilion,temn1e
x!e Jean Arnaud de la Briffe
, /Maiftre des Requeltes puis
IPrefid^nc au Grand Conseil,
enfin Procureur General
eau Parlement de Paris. Jean
Uacques Barillon
,
Chanoine
xn l'Eglile de Paris, decedé;
JHenryBarillon,Chevalier de
malte, puis Dodteur en Theoillogiede
la.Facu lté de Paris,
?j&c enfin Evesque de Luçon
,
à& Antoine Barillou) Seigneur
)dc Moranjns, MaistredesRépudiés
ordinaire, Intendant
de Julliceà Mets, Pays Mef~
fin, & dans les Gcneralitez
d'Alençon, de Cacn, & d'Orléans
, mort le 19. May 1686.
pere de la Mariée, & d'un Fils
& d'une Fille encore jeunes,
qu'il a eus deDame Catherine-
Marie Boucherac3 Ion
Epou se.
La Maison de Boucherat
n'est pas feulement illuftréc
par la dignité de Chancelier
de France, quoy qu'elle foie
la premiere charge de laRobe,
mais encore par diverses
autres charges, emplois &
dignitez considerables
, qui
iont cite possedées. par plu-
[
(leurs grancUHommes dececte
Maison. Feu Mr du Chef-
\ï\c ,
Historiographe deFra'ntcc",
rayanc remarqué dans
lia fécondé Edition de son
IHiftoire des Chanceliers &
^Gardes des Sceaux de France,
>où il a fait l'Eloge de M' le
.Chancelier Boucherar; &Mc
IHaudicquer de Blancourr,
Kon Gendre, dans son Nobilliaire
de Picardie,&dans son
tfeconi Volume des Roc her-
>eues de l'Ordre,duS.Efpric,
i il me feroit inutile de m'é-
] tendre icy sur ses alliances.
Jeviens aux affaires de la
guerre,&commenceparun
détail fort "eteaGè de tout ce
quis'eit passé àla levée du
Blocus de Caftelfollic en Catalogne.
-
- Monsieur le Duc deVendosme,
qui après son arrivée
à la teste de cette Armée,
n'avoicdonné ses foins qu'à
munir Gironne, comme la
chose la plus imporcance
qu'il avoit à faire, n'eut pas
plûcofl mis dans cette Place
les farines qui y estoient ne.
ceflaires, qu'il se détermina à
marchera Caftelfollic,pour
[le raser; & pour en retirer la
>Garnifon;&comme leterrain
)des environs n'estpoint pVo-
[pte aux mouvémens de la Carvalerie,--
il pritfeulement un
) dérachemenc de nlille,chervaux,
neuf cens Carabiniers,
)&[es trois Regimensde Drajgons,
D3 avec toure ion Infoniterie,
& renvoya le rc fte de
lia Cavalerie avec les Equipages
de 1Arméeà Figuieres,
Hous les ordres de m1deJN[arlbûnne
,
& marcha le 5. de
îsonCamp de Servia pour
wenir le mesme jour camper
&Baeniolcs. Le f>.. il marcha
lurtrois colomnes, les Equipages
au milieu, droit à la
Fluvia, qu'il pasTa dans le même
ordre; &son bon esprit,
sans connoistre beaucoup le
pays, luy fit éviter le défilé
de Serigna, nonobllant les
avis de ses Guides, qui le vouloient
faire passer par cet endroit)
où les Ennemi? lattendoient.
Il les eust forcez sans
peine, mais sa marche en eust
elle retardée. Ce Prince arriva
ce mesme jour à Bazalou.
Il y avoic quelques Troupes
ennemies sur les hauteurs,&
après les avoir chasTees de
tous les lieux ouil en trouva, .1. il établit (on quartierà Baazlou)&
fie camper Ton Armee
en deçà. Lemême(oirilluy
arriva un convoy confidcrable
de pain, de bifeuit & d'à
voine ,venant de Figuieres.
Lelendemain7.il marc ha
dans le mcfme ordre*, pour
s'approcher autant qu'il pourroit
de Cafielfoltit) & estre
en estat le 8. d'artaquer les
hauteurs) que les Ennemis
gardoient, &par où il falloic
allerà la Place. La colomne
de la droite, qui elloit la Cavalerie,
prit le chernin & le
campement de ytlontaigu
, &::
l'Infanterieledéfilé de Saint:
Jaume,à gauche. Il parutàj
ce défilé une troupe de Cava-.
leric & quelques Miquelets,,
sur lelquels MrdeVendolme:
ordonna à M1 d'Andigné de;
faire tirer quelques cou ps de :
canon,moinspoureiichasser 1
ces gens-là,qui seretirerent si
tost qu'on marcha à eux, que
pour avertir Caftëlfolht de
son arrivée. Ainsi il donna
ordre à Mrs de Renac & du
Cambout, qui eiloient de
jour,depasser ce défilé avec
les Gardesquecommandent:
Mr le Comte d'Ay.cn3 & quelques
Compagnies de Grenadiers,&
de marcher dans la
plaine qui aborde les montagnes
, dont il devoiteHre
question, & fit suivre par ce
mesme chemin toute son Infanterie
, pendant qu'il alloic
passer avec sa Cavalerie par la
droite, pour se venir joindre
à Iatefte de la plaine.
Comme ces deux marches
aboutifloient chacune de son
collé aux endroits que l'on
pourroit attaquer, il jettoit
par là l'Ennemi dans l'embaras
de prévoir par lequel de§
deux l'on pourroit le faire,
luy donnant melme plus de
jalousie du codé de la gaucha,
où ilavoitdisposé toute
son Infanterice,, & -mnieesfmmee ordonné
à Mr d'Andigné de tirer
du canon,que du cofté de
la droite, où il s'estoit déterminé
de lesattaquer-
SL-tost qu'il fut arrivé- à
Montaigu
,
il si[ faire alte à
sa Cavalerie, & reconnut la
montagne qu'irvoutoic attaquer
le lendemain. Ceftoic
celte de la droire)où les Ennemis
s'eftoienr retranchez en
çluficurs endcoics, &où ilpairoifToitmêmesurlehaut
quelque
trou pe de Cavalerie. Sur
[le fommec decette montajgne3
faite en pain de lucre,
ïeftoit une Chapelle que les
[Ennemisoccupoient,& dont
lia Íicuation leur elloit treseavantageufe.
Monsieur de
rVendofmeayant reconnu
xetcemontagne 3
ordonna à
flMr le Comte de Poitiers,
OCionc le Regiment avoit ce
>jour-ià FAvanc-garder de la
)Colonne
,
daller chasser les
Ennemis d'une Maison qui àrentrée de la monta*
gne, & de l'occuper avec
deux censDragons^fitoft que
son Régiment auroit mispied
à terre, & en melme temps il
palTa à la gauche où eftoienc
les Gardes, son Campement,
&toute sonInfanterie;& pour
jetter les Ennemis dans une
plus grande attention, il fie
avancer les Grenadiers auflitost
après son arrivée pour
occuper quelquesmaisons
& quelques autres endroits,
& comme les Enhemis en
le voyant arriver, s'étaient
fort remuez sur la montagnede
la gauche,il ordonna
à M1 Dandigné de leur
~p- faire
traire tirer du Canon. Ensuite
il fit reconnoillre par
IMrde Legall une maison qui
îeftoit sur le bord du chemin)
xjui conduit à Callelfollit
,
S& l'ayant trouvée occupée,
ttinfi qu'il leTouhaitoit, il
rappella tous les Officiers généraux
fous un arbre
,
où il
adonna rordre, après quoy il
leur dit que son intention
xdoit d'attaquer les retranxhemens
de la droitepar trois
xndroits, sçavoir la droite
cpar trois Regimens de Dragons,
la gauche par les Grernadiers
de l'armée, (outenus
de la brigade de Scheifberg,
& le front par deux brigades
d'infanterie de Sault & de
Touraine; de faire soutenir
cela par les Carabiniers* &
d'enveloper dans cet ordre
toute lamontagne, tousleurs
portes, & la Chapelle qui
estoie au haut de cette rnefmc
montagne; que toute cette
difpoÍirion (e lèpareroir à lamaison
qu'il avoic fait occuJ
per par deux cens Dragons'
de Poitiers; que le tout par-:
rlroit une demy heure devancl
le jour ; que la nuit venuej
toute son infanterie pafferoic
:de la gauche à lafdroite^ôc
qu'à minuit il feroitattaquer
la maison qui cil à l'entrée
du défilé qui va à Caftelfol-
1liej par la brigade d'AIface-,
1 pour faire croire aux ennemisque
son attaque feroic
par ce collé là. L'ordre don-
S ne, chacun monta à chcval
; pour venir à Monraigu qui
«eftoit le quartier général; &
comme Mrde Coigny reve.
* noie des premiers pour re-
* connoistre le chemin de la
f droite, qui luyestoit destiné
pour (on attaque; il trouva JqueMr le Comte de Poitiers

ichaliaic de tous ceux quils
(occupoienc.Mr,de t-~M~~</.
1en donna avis à Mr de Ven-
>dofme,& en attendant ilfïc
[mettre pied à terre au Regiimenc
de Bretagne,qui arrirvoic
de l'arriéré garde pour
Iles soutenir. Monsieur de
rVendofme e fiant arrivé prit
Ile parti dé marcher lui-mefime
avec Mr le Comte de
IDrueii tous les Officiers getneraux
à la teste de la brigade
>de Sault par lagauchei 6c
lMr de Coignj3T^^G^cnac
du Cambout avec Jesurà.
agons deBretagne pas la droite.
Mrde Vendosme ordonna
à M' de Courcelles de le
suivre avecTes Carabiniers,1
& à M1 de Sercotirt, avec le
détachement qu'il comman.
doit, & dans cet ordre il
monta la montagne & trouva
les ennemis qui fuioient de
tous codez
J
& abandonnoient
leurs posses. j
Monsîeur de Vendosme
sans perdre de temps, quoy
qu'àl'entrée de la nuit, se
saisît de la Chapelle, & de
toute la hauteur, & s'allon.
gea tout de fuite le long de
la montagne, en defeendani
vers Caftelfollic. il y polra
la brigade de Saule,-&,les
trois regimens de..Dragons à
,pied de Bretagne£aiU£J£,
ôç de J)-pp.l£ill.l) & aussitoli
il fit avertir M1 deCbapuys
de son arrivée par deux Micjuelets,
qu'il envoya dans la
Place. Ce Prince passa la nuic
dans la Chapelle ayant renvoyé
des le foir sa cavalerie au
camp, & fit venir la brigade
de Manuel, pour la poster
entre la Chapelle &le camp.
Le 8. à la pointe du jour,
Mr de Yendofme monta à
cheval '.-ôc ::. renvoya M1le
Marquis de Noailles, Maree.
chai de camp de jour, & dek
cendant la'.mootagne, il en
trouva une autre vis à vis de
luy où les ennemis avoient
quelque monde. Comme ils
incommodoienr delàle chemin
par où il falloir aller à
Caltelfollié, qui est entre les
deux moncagnes, il détacha
milordclaravec son régiment
de Dragons de la Reine d'Angleterre)
& les Grenadiers de
l'armée
, pour occuper cette
hauteur, que les ennemis
abandonnerent) & il envoya
les deux compagnies de Gre*
uadiers deSaulepour^em-
*-"-- parer d'une maison qui eftoic
prés de la Place, sur le bord
du chemin où l'on devoit
paffer, & que les ennemis
occupoient. Mr du Viiier,
Capicaine de Grenadiers" les
en chassa, & ces deux compagnies
& quelques Carabi.
niers de Dragons du Regiment
de Dubreuïl,conduits
par Mr Bouloç,Capitaine de
ce mesme Regiment, chafférent
de la Cavalerie Ennemie
qui les vint chargerjainsi
en moins d'une heure & demie,
MonsieurdeVendosme
/***• _-:r
par ses bons or dres,& par le
bon party qu'il prit, rendit
le chemin de Caftelfollit libre,
& les Ennemis en eurent
tant dehonte qu'ils abandonnèrent
la montagne de-c-la
gauche, & toute leur Infanterie
& Cavalerie se retira à
Aulot. Il envoya en mesme
tem ps des rafraichissemens à
cette Garnilon
,
& des Mineurs
& des Travailleurs,qui;
travaillèrent à la démolition
des Maisons & Fortifications;
de cette Place, il n'y a eu.
que 16. Dragons dePoitierstt
tuez ou bklltz, un Cornette;
de ce Regiment tue, Mf de
Bonnegïtlc,Capicaineau mef
meReginient, un peu brûlé,
Mr d'^rtubjrj Capiraine de
Dragons du Regiment de
Bretcuïl.) le genou caffé.
Mr le Comte d^Poiii^s
s'est tout-à-fait distingué
dans cette adtion
,
& Monsieur
de Vendosme en a esté
très-satisfait aioli que de la
bonne volonté des Troupes.
Sa conduite à apporté par ses
dispositions toute la facilité
que l'on pouvoit souhaiter
pour cette encreprife
, nonseulement
par rapport à l'aélionq-
ui--ae-siéd---e-s-p-l-u- s heureufes,
mais mefrne par rap.
porc aux subsistances3 donc
ladifficulté estoit undes ennemis
le plus à craindre dans
cette expédition
, par la fituationde
nosmagasins& des
entrepôts que nous ne pouvions
pasavoir. Ila surmonté
tout cela par sa prévoyance)
& cette affaireestoit d'une
telle consequence qu'elle a
fait déjà sur le peuplearnlé)
& sur l'esprit des Troupes
Ennemies, comme sur les
nortres,tout le boneffetque
Ton pouvoit desirer. La Garniion,
& ceux qui la commandoient
ont fait parfaitenient
bien leur devoir. Il en
est encore forty de la Place
plus de cent. Mulets de ceux
que Mr de Saint Silvestre y ;avoir jettez.
.Pendant que les choses fc
[paffoient de la maniere que
[je viens de vous le marquer,
iMr d'Aubeterre ayant reçik
>ordre de mTcTDuc de Vcn-
>
dosme d'aller faire unecTivertfion
duconé deCampredon,
safin de favorifcr les attaques
)de l'Armee pour le secours de
)Castci'f(),.lit, partit le 5. de ce
mois pour se rendre icyavçc
le Regimenc de Noailles
Roussillon, deux cens hom.
mes du Bataillon de Navarre,
deux mille cinq cens Sommettans
du Pays, quelques
Compagnies de Miquelets,
trois cens chevaux commandez
par M1 de Courlandon
,
& la Compagnie des
Gardes de M1 le Maréchal de
Noailles. En partant de Prats
de Mollo, le mesme jour,
il eut avis qu'il y avoit sur
la montagne sixcensMiquelets
d'Etpagne pour le recevoir.
Il fit dabord partir ses
Miquelecs avec divers petits
idétachemens de Tes Trouypes
pour aller lesattaquer,ce,
Iqui fut si promptement exetcuce,
qu'en fort peu de temps
[les Ennemis furent chassez
tde leurs postes & pouffez
[jufquesaucol d'Ares, qu'ils
abandonnèrent ensuite. 11 y
aétablic son Camp; &voulant
)en reconnoiltre les avenues,
iil découvritassez prés de 1uy
acinq Escadrons du Kegiment
) d'Eitremadoure, avec un fort
jgrand nombre de Miquelets
> & Paysans qui grolhffoic à
?veuë d'oeil, & de tous les côà
tez,ce qui ht juger quiletoic
neceflfaire de se saisir de
toutes les hauteurs, & particulièrement
de la montagne
appellée le Valfagua, , où il
porta des Troupes. La nuit
du y. au 6. les Ennemis s'approcherent
quatre ou cinq
fois,&attaquèrent nos Gardes
, dont quelques-uns cauferrntun
peu de desordre,
qui futappaise sur le champ
par la vigilance de Mr d'Aubererre.
Le6. se panaen quelques
escarmouches qui n'eurent
pas beaucoup de fuite
3 de mesmeque lanuit fuivan.
te. Le 7. les hnnemis hrcnc
avancer leurs Micjuelets jufqu'à
un Ravin qui borde le
PU jougadou
,
aillez prés de
nostreCamp. Leur Cavalerie
qui avpic avancé pendant la
InuitJ fuivic les Mique lêtS)&
iVinc se portera(lez prés d'eux.
:,Leur grande Troupedifpalrut
, ce qui fit juger qu'elle
leftoit distribuée dans le bois
>& dans les ravins,en embuf-
)cade. Mr d'Aubeterre fie poiller
sur une petite émincnce
xieux petites pieces de Ca-,
tnon de trois livres de balle,
&& fit en mesme renips avan.
cer une partie de son Infanterie,
fourenuë de quelques*
pelotons de Cavalerie, jufques
au bord du ravin, avec
ordre de ne point passer audelà.
Cependant l'ardeur de
nos Troupes les emporta sur
les Ennemis, jusqua la por.
tée du pifioler. Le Canon fie
des merveilles en cette occafion,
& mit le desordre parmy
leur Cavalerie. On crut
tout à couP que l'affaire deviendroit
serieuse, comme
elle l'auroit esté si les Enne.
misavoient faituneautrema
nocuvre. Néanmoins l' cfcarmouche
fut grange &rort e.
chauffée- Les Ennemis apre's
avoirfoutenunoftrc feu pen-
,.dant trois heures) toujours en
se retirant
,
prirent enfin le
party de se poster sur la hauteur
du Pla- j ougadou, leur
Cavalerie au bas. On les y
laifla aprèsy avoir perdu une
trentained hommes morts ou
blessez. Il faut que leur perte
foit beaucoup plus grande,
à cause du fracas du Canon.
La nuit se passa forttranquillement.
Le lendemainau t ;
point du jour, on vit les attaques
de nostre Armée
,
&:.
ap;es un feu de quatre heuces,
on apperçûc les retrancliemens
des Ennemis qui
brûloient, ce qui fie juger
que la Placeeftoic secouruë.
M' d'Aubeurre revint avec
ses Troupes le 8 pourreprendre
le chemin de Collioure,
&en estant à deux lieuës, il
receut un nouvel ordre pour
aller faire une fécondé diverfion
du mêmecôre'. Il revint
sur les pas avec les mesmes
Troupes, & se rendit au col
d'Aron. Cette derniere diversion
de Mr d'Aubeterrc
n'a pas peu contribue à la
-tranquilité de la retraite de
Monsieur de Vendosme; &
n'a pas esté moins utile que
la premiere pour favoriser ton
entreprise, en faisant partager
les troupes des Ennemis,
par la diversion qu'ils ont esté
obligez de faire.
I i Rien n'est si glorieux ny si
heureux tout ensemble que
-cette adtion. Elle s'est faite
ten trois heures, & pourvoie
non feulement durer
rcrois jours, mais couter plus
xie deux mille hommes) la
montagne où les Ennemis
xftoienc retranchez estanc
h
toute couverte de maifôns;
fortifiées. EnfinvoilaCaftelfollk
rafe.On se tenoir si feur
de sa prise à Madrid, qu'on y
a chanté un Te Dettm, où le
Roy d'Espagne s'est trouvé.
Cette joye venoit de ce qu'il
n'estoit entré que la moitié
d'un de nos Convois dans
cette Place. Il faut que les
Espagnols manquent bien de
matiere pour de pareilles ré joüissances, - & que les Peuples
d'Espagne peu accouru-,
tumez à en voir, se réjoiiiffent
pour peu dechofe.«
Ayant à vous parler du|
Bombardement de S. Malo,
je croy devoir faire précéder
ce que j'ay à vous en dire, par
le Journal qui en a esté impriméencette
Ville.là, apre's
quoy je vous feray part de
quelques Extraits de Lettres
de la mêmeVille,où vous
trouverez de nouvelles particularicez.
JOURNAL
DU BOMBARDEMENT
DESAINT MALO.
LE Aicrcredj Tj. dnmois dCJuillusur
le foirnn Armateur qui cftoitparty
lemefme jo*r, rcnfa dans ce port, effarant
qu'il avoit vît 31. a 4.0. Valcs au
dehors du Cap de Frejb, dtftant de 4..
l¡iiCeuJÚess de SS.a1iÍnntt AMî,a'l!toa.. Son rraa.p,tp)Qorrtt cCoonn--
venaItavec c:lt:y de Mr ds Kerjr:* Capitainede
Fregate lettre, Commandant
lajoyeufe,qui avoit pad! le mesme jour
A des Pefcheuys) qui avoient vu les mesmes
Voiles. Peu d'heures aprés au commencement
de la nuit, le Fort des Conchéesfit
des ifgnaux & marqua par là le
nombre de Va'ffcaux quiparoissoient. Ces
feux efiotent reperez par le Fort du grand
Baye,qui est plus proche de la Ville.
Le Jeudj suivant 14. du moissur les
sept heures du matin, l'Armée Navale
Angloise ô- Hïllandotfe parut à la vuede
Saint Malo ,forte de 70. Voiles, dont
zf. 0»30. efioientNavires de ligne,parmj
lesquels il y avoit quatre Pavillons
deux an grand mist
,
& deux au ma'l
d'avant ,de 70 à 80. Canons, 10 à 15.
Galiottes A bombes,deux ou trois 7dzchines,
le reste Fregâteslegerss
, /•-s
eu
>êtt'VitiJ]r:aitx de charg*. LefîHtrdeFonithayeEon
,Armateur, communiant le
\Tigre,entra à la verte des ennemis avec
tune prisèHollando-se chargée d'orge Ó. de
VUff!e.
- Surles dix he.ru, lesennemis Mo,.Il-
Verc,:t en ligne an Non ::!f-f Fort de la
yConchée,&deuxOH trois h'uresaprès,
yèlsat>oecjtterent inutilement ce Fort à
TCoupsde caro, or de bombes, à ejuiy ils
Tntploycrent le refle du jour. 1/s tirèrent
iïfur le Fort eninon deux cens corps de
xanon hors de portée, & po.ir nmins
Mutant de bombe, dont deux feu*cm:;:t
itombèrentfurie Fortfinslendornma<j°r.
La Concl'ée ne répondit a tout ce ci ri
flue d'anf:.'t! coup de bombe: ma s de:<x
Pgahotes Jutttenues de deux n.-vrcs de
yguerre, scjra^t approchées du Fort de
S^avarde pour le bombarder
, lon tira
àdeux bombes de ceFin quitonbcrtnt
toutes deuxsi proche des ennemi qu'ils
lo>q-ncrent.
DIl- le matmd:ce mefm:jour, fîtoïi
que l>.senncrus parurent, deuxGatertt\
dp Ray co:nviandees par Meflieun de lm
Palctru & de LAnreron,s'allèrent pvfisr*
AU Sud-SXECRdela Conchée pour abfcrvem
îlepinspr-'slesennemis
,
Çr leurenlrvm
quelquesga':,otes, l, ¡' '} fI lecalmeOH tloigne*-
m-nt des ços vaeraux le permettaient,,
mais le '"¡JO.! (liantNord-E.siforrfrais, COM
les g-liD/c, fautennés de fortpréspurle*
çrro;i>aijf aux, il ne leur fut pas pajfiblm
tic n'ûjfr dans leurdeffiin, elles ne latf.7
[eY.;>H fourrant pas de les approcher du
fortprés, cr de canonner à coups de courw
tiers les gros vasseaux
, qui leur tinrent
pluJieurs coups de canon de 36. de leim
premiere batcrie.
LAnui;f.avante Jepassasans aucuntr
fiU'On, ma's le l',¡¡dred) 15. ¡uiller fui:%
les cinq heures du matin
,
tlse commenta
lin combat dont le jourprécèdentn'avoir
e(lequ'un, le vent efiant Nord-E"
beau /'vi.j, çr le temps autantfaverahM,
aux ennemis qu'ils lepoy.voient souhaits
ter) tlsappareillerentpourvenir moûtlltè
vdans leposse ,
d'vkHsprojettoienc de bom-
Mwrder> MAlo. Me((icNrs de IA PaLtrie,
Xr de Langeronsoutenus desixd'oubles
Ebaloâpes<tsce Port, remplies de plu-
IÏZUTSOfficiers Garde Marineycommxaniées
par Mon/îeur le Cb'z^/i.r de
7SariteAd..ure,çr Mon/teurD'fcartes,
Ve p"e¡:;;t;ïenr pour deffendre le passage
nux ennemis, dansl'esperance de leuren-
J.ever quelque galiote,si le clt.ne si ordiwa
re de Li fa1fou ft-'venoit: mais le
\*emp< leur ef}..tit deplxs en plus favoïable
& le ver,rrbijfint an lttU de ditmin/
fer, les Commanâans des Galères &
MesChaloupe furentobligez,de seretirer
\yp<tss'efirez,pendant prés de deux
heures
,
les Gulercs ayant tiré plttfieurs
ïïoups de Courciers surces vfjftavx
,
4
mrejurequ'ils s'avançoient, çr les Chaloupes
ayant Approché de fort pris pour
-Leur décharger un canon de quatre I vres
qu'elles avaientchacune. Il salut pour
Jcyj essuyer plusieurs coups de mitr..,Illes,
tfutre les bombes,dont il n) tut qu'un
Matelot legerementblesse.
Les ennemis profitant du vent & du
tempsqnils avoient àleur gré , tiroient
continuellementala voile des bombes &
du canon sur les Forts &surles Galeres,
pendant qfie les plus avancez, commençaientà
bombarder la Jrtlle. lrers lessept
a-.; h1 ;it hJeuresIdu m,atin, exceptequelques
gahotes
,
deux machine* & quatre naviresde['
terreqnils /tt,rr¡;:"Cilt à battre le
r
1)
Fortci: la Conehecposerfsmpéiher d'in-
Comnoderceux qui bombardjroient la
filletils vnr nt tous mouiller en bon
ordr", au S. S.E. (y au dehors de la
pierreappellee la Platte, dans le lien le lcommodes~'V p!avantaq^uxqfi q,'i ti ls ls
pujpntcho
,
enfortequ'ils ejhteni fore - élottrneX duR*::nt de l.i faille
7,
des oV» ,¡", n. - ,-) l.;(j ( Fortsit rrr.::f-Fax•d'e ,d:tver:tBaye,de * laConche,0^---fort,h LavarJe
, çr v
,
¡; :
,., "',' n" v. ent p*r'.,: '<l,-;, .',' t,. exv-i(.f, . qu''a,n.,fL«' t»
¿,-.i.Ci.' 6. a ,'.,¡J.' J-f i-c rde L.Ictte dont 3
iî• avoir:r l,'. ,', ;" po-tr s\fl,-:[ner des (
tut ci Forts, er C;rc a jpvri'cc de, VOI¡:-'
barder de i hJ prJu
Lamarcc, qui po-r Ion cjl'jitmov,e
çrr-ui'-cgrandcorra,-.t, leuref:?tajji
savo-'avleque h temps &le xen , ,fs bombardèrentfortement
S" i,,-oure
la Pr:ile avecenvi'ronquinze (reintte'$ J.6t,e
qui jcttoitnt continuellement d's bon tes
07* descarcasses, enfortequeparle me yen
cis ce grand nombre de f!,aliottfJ, en voro't
presquetoujours eu l'arrfept à huitban-
6fS, quipar la différente pofuionde hurs
S.qaliotes Ci:" par la difpofttion de leurs
mortiersatourillon,efioientportéesrers
les dijferens quartiers de la Ville.Ccfat
continua avec la mefrne force pendant
onï^e heures de temps pour lemoins
)
jufc.
ne vers les cinq a six heures du fair)
parcequelegrandnombre de galiotes des
ennemis leur donnait lieu de remplacer
celles qui setrouveentpar lefeu de nostre canonqui tira to..'jours
pendAiJt cetemps de dessus lef Forts dénommez,,
& par les bombes des gr.vid &
petit B<tye, de la Conchée, de Lillette&
de Lavarde.
Selon les diffère!:J rapports & calculs
de ceux quise trou:ere^tdan; les Galeres>
sur L's murs or a.Heurs, lesennemis
p"euventavilirysi:cenvir.-:: qft/;Jz..,e »rJei-•
Zr cens h',ih'hveut en élire entré"'
d.'!1'!S[¡¡"----tice,;:'¡r{';1 c;nyay,x (en;, dont
jlx MA-.FOPSRLC TI/fi d;valeur ont eslé {;»-[;-
h\s, J - -' env!2o.c•< tjo. uJcommod/es,
, ," .., d'Xex c;-i:z.c f r:\:::s ont c\.Ctuées,
Lefeu Avo-ttr el..: S..-::,'Clsi:-: autres 0:-
d't'o.ts,rr.s ilfut Ci,tnsfo*.*prr.ci-•
pe; Or le bon ordre
1:::: A'r I., Ccnit. de
Polajhon
,
ejui f tretive-it pur tout .zC"--
compagne de M>' le Adareftas dit Guena--
deuc, d:si,f;- deSainte A1.1¡"¡e
,
de Air le
Comtede lrerui deMrs d'Houtefort, de : fvioifet, d,:AU-roles,or antres Ofaersx
déterre or de mer ,de Mrle Connes^ble,
( & deplxfeuys antres Ojjiciers de Vill:
,
la î
preserva du m.t! qui eutpuluyumuer.;
Les navires & galiciteseue les enne--
mit avoient laijf?z> desle f.p: a huit heu- -
res du matin pour ewpécher le feu de l*5
Conchèe
,
continuèrent.i battre ce Fort*
avec le çmon & lesbombessans luyfaire
xttcm mal, feulement une /;ol/,be
tritdans ce Fort, qui blejfi d ux
hommes
, mais 1}OYdlit que ltu><efforts
ejïoicnr nutilcstonnece ¡'t,lrI, & que Mr dela Mar0tuilC qui y
eommandoit,f.nfoittoujours f.u
sur eux, sam se r/ic:treenperte mi
llettr^il.¿s dértacih.èrentdet1 t*A?j'.,<eut*
fies contre ce Fort pour le attriste
ou arrejur (Oll fcu. La premiere
échoua contie un Rocher voifn de
ce Fort quelle couvrit quelque
temps d'une epaissefNmtC, qui luy
déroba la vue dei'Atnyce qui PtJmbardoit.
La fécondé sattacha au
corps du Fort contre i. quel elle creo
va avecquelque bruit, sans luy faire
d'autie mal que de brûlerune cabane-
qui efioit au dessus du Fvft)
& quelques fuftls dans la cabane.
Mrde la Marqtterie & Mrsde
JMontfoyer & de Confolm , ses
Lieutenant & Enfeigne
, voyant
venir cet deti-,e Machines, avaient
redouble leur feu pour les couler,
mats ne £ayant pu ,
IÚ ifrent des
efforts extraotdinaires pour éteindre
celuy que la ditniereMachine
avoitallumé.Airde Confohna este
hleffé à un bias Ô. a eu le vifaçe
bïùlèj en danger de perdre la vue.
NOtij ne pouvait pas fcAvoir quel
cfi le dommage CN la perte des Enntn.
iI, m,ti; il e/f apparentquelle
cfiires-cor;fideroeblc, puisque sur les
crq àsi" heures du foir le vent continuant
toujours Nord-E(l,beau>
frais&favorable a leur dessein
,
ils
app-treille*entfubitemem laifjant
dam leur mouillage plufituYî ancres
& cables. Dans le me(metemps
nous appe'fûmes une Quliote qui
:
louvoyoit. LesEnnemisymirent le
ftu qui dura longtemps
,
ttte fut
'l°"f/;e par le vent tiers la cosse de
S. Lunaire, ou l'on afduvè deux
mortiers de fonte ejirme, dix. mille
ixuâ* qui efioient dedans. Uneautre
Galiote a échoue veri tjfle de
Se^imbre
,
où ceux qui efloient de
garae ont fan plusieurspi/luges.,&
quelques chaloupes &pluficurs.Corps
morts onÍcfJe tro,*ver,fornoi rivagej.
Le Samedy matinj6.le vent j'e.
fiant tourné un peu plus au Nord
,
mais loueurs beau temps, Mrs de
Sainte Maure, de la Puletne &
Ji Lungçr&#, essayerent enèore
avec leuts Galeres &doubles chaloupes,
d'enleverquelques gahoiet.
Les galeres tirèrent defort prèsplu* _A(ifdeCourtiers. Mr de Lt
tfHUirteeïïtfon mast d'avantcsljè
-hrïjleviu
&. une rame coupée, mais personne
nefutblejjè•
Sur les neufheures les Ennemis
appareillerent pour se mettre au
large S* se retirerem peu à vendtux
ou trvis lzeuës au dehors de Sez l'mâre,
à 1.4 vue de la Ville
,
où ils
refieremle Dimanchefui.vant 17.
Ce Dimanche au foir vers les
quatre a cinq heuresils detacherent
dix- huit varies ,parmi lefquelles
(i", Navires de guerre &
jtx galtotes cwrurent quelque
temps du cossê de la Cench.e?, mais
on reconnut bien- lost qu'ils en voulaient
à Granville.
LeLundy 18 levent estant S SE.
frais & favorable pour les emmener
i ili dilparurent, on ne les
voyait plus àmidy~.*r.<. NOM avom apprisaujaurd'huy
20. du mois, par un Officier de nos
Corsaires,que les Ennemis, ont débarque
vers Granville
, comme ils
avaient promis, que l'Amiral de
l'ArméeEnnemieriefioit pas content
de (on expédition,riayant vit.
lefeu que dans un seul endroit de la
Ville
,
ou il uavait pas continue ;
que dans le VaII/e.lu où il cfiout il
avoit vû huit ijommes empwriez.
d'un seul coup de canon, que huit
eu dix autres efioientbleffez^> que
les Pilotes de GerzJ& de Grenezg
avoient dit piufteurs fois en bas
Normand qu'ils avoient bien promis
aux Anglois qriils ne feroient
ttin*
Voicy les extraits des Lettres
touchant le bombardement
donc je viens de vous
1 parler.
Le lendemain Vendredy, voyant
que l,es Eniemisci?}fjIcrroient à cumcey,
dr,01lIîx chuloupes l'avancè- rent devantlesGale1es} (y.J- lleur alf(-"
f>uerenile terrein> en(orteqtieues
eIci f-irent reculer, les bnrumis, de ,
ifient fin feusi coIIIÚ;h','"i de
kvthres> qu'on fut obligédes<loig,,¡
o. 1L) riloarntrent sur la Ville»
où ils en jetterent une fou grande
qUunlilé, dont la pîufpiirt ne crevefent
pas > mais elles cassèrent
quelques vitres ,
& endommagèrentplusieursm.
iifons, Laplufpart
ne pénétrèrent pas plus avant que le
secot.d étage & plusieurs d meureicn•
t-aurt,01fitime. L,e foiy une Ma- *i
la yilt Ils la mirent dans la marie
,
efçerant quelleiroitpafmy
les yaiffeaux quiy essaient
,
mais
Dieu en ordonna autrement >
à* tUe
ne fît Aucun md l
Le Samedy matin les Galeresrecommencerent
encore leur attaque >
ce quiefioit beau à voir. ilfaisoit
un calme fort r¡.Ydnd qw les favo*
rifoitles Giliolcs furent obli.
gées de le rerirtr. On a iijlurèd- puis,qtellesnejioient plus en e/ÎAt
de nrey.
Le f u a pris d trois ou qutire
end-oitiSsla VIDe) mais ily avoit,
IP; si!>'"> or "f que les siun-mus ne
fuient saf>pe7c--voirque d'u1 enàioit.
Lc• /?~ jhiznt conduits
PAR >O:II p.ir lctr Cola CL & lf-/' )Officia;.,pourèteind-ele feu.
On a jette lqUIl¡re-¡.itnl/ ùuin±.
bes dans le Frtt de Id Concbie, và
il rien est entre' que deux. Lapremieten'a
faitaucunmalt la seconds
a tlle un Soldat,
Leif. les Ennemis retommefixèrent
a bombarder le Fort de la
Coiichée.UnNavire de ligne luf
tira routes [es bordèes, 6 a lafaveur
de ce Navire,deuxAtticbi~
fies approchèrent & fautèrent eit lair, sans avoir fait autre chott
que mettre'le feu à un logement.
Ce feu futéteint enme(me temps,
Pendantdix à onze heures,dott-
%e à treiy,:, cens bombes ont cfté jetttes,
& il n'en eflpas entré la moi.
tié dans la l't.U.Quatre de ces
bombes ont remply 14 grande Eglise
de fiertés LesEnnemisjettêrent
pour surprendre
,
moillt homhes",
motttè carcajfes, ce qui a tft; cause
qui ly tt..111 quelquesÇerfomes hlef
Jeu t peu* sejirecxpejèes trop icft
afin d'êuindre tefeu, croyant que
ce neftoit que des bembes. il riyd.
.e.. que -quatre ferformes tf/lu) un
&x>Ldatf41fatitftn&tneJleÂevantle
Chtlfil!tt#l, un Paysan au dehors, &
un ?01114$lie\ctnq maisons brûlées
vêts le petit Placitre» parce que les
fortes efioient fermées, & quilfalloit
du tempspour les ouxrir, La
fixume efl tombée à la c>ur de Betgos
,
où le Commijjaire du quartier
ne put setrouverpourfaireéteindre
le feu, < "e¡lotl une vieiLe matfcn de
bois. On a tfouvè au rivage dela
greve un grand mast d'artimon
pufieurs , rames , une double chaloupe,
& des cotfs morts , ce qui
marque quily a eu des gens tue^
en leurs Navires, car lors qu'en
canonna la Conchee , les canins
eûantà demy portée, ne laijferenf
pari defaitedufracas»
Le Prince d'qrugc n'cpt
pas plûcoit fait învdlir Namur,
que MrleMaréehaï de
Vilieroyrepassai'E£aut,Ô£
aila campera PorceSt pour vivre
aux dépens des Ennemis. Ilenvoyaenmelme temps
de la Cavalerie à Mons, à
Charleroy, Maubeuge, Jumonr
& Philippeviile, pour
les harceler dans leurs four.
rapes & dans lairs Convois.
Ce Maréchal ayant ensuite.
ffLerrmnié',.Jedesseindeclurcher«
i~ 1
à combattre l'Armée des Enn'crois,
en tint laresolution
si fècretc5 6c marcha avec
tantde diligence, qu'étant
.party le Mardy n. à dix heures
du ioir de son Camp de
Pottes,il arriva le lendemain
à neuf heures du matin, sur
quatre colomnes> à Rolbec
fùr la Mandelle, qui n'elloit
qu'à une lieue & demie des
Ennemis, passa quatre Rivieres
,
força les Challeaux
d'Ingelmunlter, Meulc bec,
&Marekeghem,& prit leurs
Garnisons) fortes de plus de
six cens hommes
,
à difcre-
tionj' faas que les- Enneoeiji
Wï «affenc aucnnavis
parquelques maraudeurs oui
ctakreeurs. CoinmeiL eut f-aib
faiirealte sur la Jtiandcljc
pour donner le loisirauxSol>^
dats & aux Cavaliersde-tfct
reposer dune si grande rracJ
che9 on euravis par
quelques
Partis que rAnnéedes Enne--,
mis fjifoit un mouvement.
Mc deVilleroy marcha furie:
rhamp pour s'en approchera
idavanrage, &estreà pouées
de profiter de tous ceux qu
tlle pourroit faire. On arrivai
a l'encrée de la nuit sur une:
hauteur vis à vis levillage de
iDauterghem, d'oïlk Prince
.tl.e Vaudemont
,
qui y avoiCJ
tlon quartier généré
,
décampa,
y hiffanc néanmoins un
corpsconsiderâbledeTrou-
[pes. La nuit ayant pris les
Lnoftres dans cette firuarion,
Ilon ne jugea pas à propos de irien entreprendre; mais feu. [lemenc de fcmettre en diCpot
Grion d'attaquer les Ennemis
;à la pointe dujour. A pres ;avoir paflfé toute lanuit fous
[ les armes,si tort que le jour
f parut, on fit avancer les Gar-
>
des du Camp & quelques
Dragons pour reçonnoiftrej
si la diipofîcion des Ennemis^
estoit toujouis la me[me.Oni
vie qu'ils avoienc abandonna
le village Daucerghem ,r6çj
qu'ils avoient leur droite an]
villaged'Arfeîe,&Ia gauche
à la Mandelle, en Ce rcpiianc
sur Grammont à Gothens.
Aussi-tort MrdeVilleroy fie
mettre l'Armée enmarche,
generale pour aller occuper
le village de Daurerghem
Y' rTZD qui luy parue neceuaire pour
attaquer lesEnnemis.Toute,
la journée se paffaà enregler
les dispositions pour le lendemain
à la pointe du jour,
&comme le pays cft cres- difficile
pour se communiquer,
on ne içauroit exprimer les
peines &la fatigue des Officiersgénéraux,
&{urtout du
Chef,pourvificer les endroits
où il elioit le plus possible d'aborderles
ennemis.Dsavoienc
la mesme attention à leur désense
car dés six heures du matin
ils travaillerent à recracher
tout le front de leur Armée,
& firent ce travail en tres. peu
de temps; mais ces travaux ne
dumnuerencrien de l'ardeur
des Troupes, & de l'envie
dartaquer les tnnemis Comi
me touc se disposait, & que
Mrde ViHeroy, coannueliement
à cheval, veillait sur
tousles mouvemens qu'ils fai-
[oient,on s'apperceut sur ies
six heures du loir qu'il s'en
failoit quelques-uns dans leur
Cimp. On crut d'abord que
c'eltoic feulement changement
de disposition de Troupes;
mais on reconnut bientost
qu'ils se retiroient du
coite deDeinfe & de Gand.
Dans le mefme inftanton fit
monter à cheval, & l'Infanterie
alla droit au retranchement
des Ennemis. On le
trouva abandonné, & l'on
s'avança avec les Dragons &
ta Maiion du Roy avec tant
de viteflc, qu'on arriva à une
demi-heure de jour sur l'arriéré
garde des deux colomnés
des Lnnemis
,
l'une de
Cavalerie,& l'autre d'Infanterie.
La premiere difparuc
en un moment, par la grande
précipitation qu'elle eut à
se retirer, & les Dagons
d'Assed, de Fimarcon!& de
laRenetom bcrenftur celle;
d'infanterieavec tant de vigueur
j qu'ils renverserent ôc
défirententieremem les- quatre
premiers BaraHloAs. M*
d'Asfeldy fie des merveilles
avec trois Escadrons de {on
Regiment. Ils prirentquatre
Drapeaux, plufieirrs
Soldats&Officiers, & en
tuerent un grand nombre.
La nuit qui iurvint sauva le
reste de cette arriéré-garde,
qui auroit cfté asseurément
toute défaite, si ron eull eu
plus de jour.
Cette châtie donnée
aux Ennemis a fait tant de
bruit, que j'ay cru devoir
ajoûterà cetre Relation les
Extraits
Extraits de plusieurs autres,
afin de vous faire connoistre
de quelle forte chacun parle
de cette affaire.
Le Courier maconfirmé ce
que ton nous avoit mandé de la
défaite de ïArrièregarde des Ennemis.
Il. dit qu'ily a eu plus de
six cens hommes tuez sur la place,
sans les blrffez
, & que le
nombre des prisonniers, noncompris
ceux des trois Chafieaux
,
montent à plus de huit cens hommes,
parmy lesquels il y a trois
Colonels
,
dont lun efl Flançois
&nommé de Lus, des Milordsy
& autres Officiers de confideration
L'on a. prk quatre Dr*^
pitux&deux Etcndars.. Les
TAI°^S de Lunebourg ont beau*
cOftp foujfcrt en celte occApxm,
Non* n'avonsperdu quequelques,
Dragons,& deux Officiersfui?al*. ,temeizJ^f.de f/auttfiïille Co~
loncl de Dragons deLa Reineyà,
tfté Legerement bleJJé.
-, Autre Extrait.
Nojiregauche que Monfieurle
Duc du Maine comnlande,
marchala4. une heure avantle*
jour
s & joignit la droitesur les
six heures
,
après quoy Ai de
f^illerojfitmarcherfonInfante
rie en bon ordre au bout d'm
ruidu a la portee du Canon
des Ennemis. Nojtre gauche- alla
se pojlcrà la portée du CAnon du
dernere de leur droite, ce qui leur
fitprendre la rejolution de décamper
de jour. Ils uouloient attendrelanuit,
mais craignant d'ejlrc
>attacjui^ils précipitèrent leur ;marche, &firent tout ce qu'ih
lPurtnt pour nous la cacher. Leur iInfanterie commença à marcher
i
le 14. vers les
r" heures dufoir.
Ils firentparoistreleur Cavalel
1rie en batadle à leurfront & à
Ileur derriere, & mesme leurs
iTravailleurs continuerent à traj
>vaillerfortement. Ce fut a noflrc
gauche- que nous dpperçumes
leur déçampement, nonobfiantles
arbrescjui'cathoienteffectivement
leurmarche.JiïdonfieurleDàcdu
JAjàÏMfit aujjitot montera chtval.
&marcha à leurretranchement iI-,
vcctroisBataillonsquilavoit &
la Ca/valerie) Cr envoya en ce mer.
mentun4idedeCamp avertirM?
de VilUroy ,qui ne pouvoit voir
leurmarche Ce Adarejchal prit
ltufJi-topleparry demarcher,
détachaauxEnnemis en tOtltt
àîhgence'laRegimensdeDra 1 ~c Dr
gànsde lafreiné&dAsj"eld, qui i *
joïgn(refittÀYïieregarde>compoifie
déqUassè'BMAllionsqyils S? f,
firmt. Les Ennemifr'voytnt que
leur Infanteriefeiçcix icfanedç
Bataillon tn "BasaibnJircntalte,
formèrent une ligne;çe qui
strreftanos Dragons, Cependant
nofire.Infanfwefit touteU dili-
1lflce.possible avec la Adaifondft
Roy; enarrivant a la partie du
Canon la nuit survint
y
ce qui
sauva les Ennemis. Encore une
heure dejour, toute IçurInfanterie
compcfée de cinquante- cinq
Bataillons3ejîoit tailléeenpieces.
Les EnnemisJe mirèrent en de..
(Ordre, &Jîprécipitammentqu'on
peur dire que cesi une veritable
déroute Dés que M1de FilUrop
commença d'attaquer à hofire
gautheJ nous en fismes dé The/me.
Toutlenfuirà toute bride par des
chemins toutfourre^ , oit l'on ne
pourvoit lesjoindre. Noms lespourfui'Vismes
toute la nuit en biin
ordre; on fit alte à la pointe du
jour à une petite lieuê de Gand,
où ils s'efioient retireLeur
trouvante & leur de/ordre ont
islésigrands que nos Maraudeurs
<-> ont eslé à une petite demy lieue de
Gand dételer les chevaux de leur
Artillerie
, & ont pillé jusques
auprès des Faubourgs
,
ç$rpris
des redoutes. Ily a cent heures
que nous sommes botteZ&à che..
lnuitrdormirque
p4r intercale deux heuressur .1"
terre de temps en temps-
,
Vonvientd'apprendreque les
Carabiniers& les Mau/quetains
du Roy ayant rejoint M{e
Adtrichaide Villeroy le 11 ilje
mit enmarchepours'approcher de
l'Armée des Ennemis, campée
auprès de Deinfe;quelei^- à la
pointe du jour il fit attaquer le
Chasteau dlngbeflmunjlèr
>
dans
lequelilyavoittroiscens hommes
depiedevinot Dragons quony
avoitlaifle^pour porier des nouvelles
quayant faittirer quelânes
coups de deux canons Je Cornmandantserendit
ïdifcretion. En
continuant la marche.on fit attaquer
aujfi le Chajleau de Hoojbck
f:Yceluy deVakene;dans le premier
desquelsiljavoitijo hommes& ij.Dragons,&dans lautrejjo
hommes & 30. Dragons
,
quise
rendirent Prisonniers de-g,ueyre,&
quenotreArmée étantarrivéeàU
vue de celle duEnnemis.qui ne s'y tattendonntguere, AI de Yaudemont&
M de Virtemherg mi*
rent leurs Troupes en bataillerai.
Jant neanmoins travailler à des
retranchemens de t-erre(sidefaf
cines; qu'ensuiteilse fitdesmou.
vemens dans leurArmée9 comnlf
s'ilsavaient M envie de combat*
tr-t., aulwi dequoy M'de Vau- ,démontfufoit dtjiler les Troupes
fwjis dcrrieres du cossé de Gand,
&quevoulant retirerfesdemier(
S'tTroupes quifaisoientl'arriéregarde.
ils mirent lefeu dans plusieurs
maisons, afin que lafumée
MYcou-vrtr& cacher leur mardje
; mais que Mi le Aiarèchal
deVtllcroy en ayant eslé avertyf
fit marcherde lInfanterietayant
àsa ltfte des Dragons & les Ca.
labiniers, pour tâcherck donner
aumoinssur tarriere- garde; qu'-
ayant joint fur les huit heures du
fiir trots Regimens d'1nfanterie,
ils voulurent mettre leurs drmesi
bas, mais que n.'$ Troupes Us*
chargèrent,pins les tcouter) avec
tant de fureur, qu'ils en tuçrcnt
h plus grande partiej que i JieurS se noyerent en voulantJe
sauverque d'autres s'estant
iettt7, dans trois grojjes Censes,
ony mit lefeu
, & que tout ce
qu'ily avoitdedansfut brûlé,&
que de trois Regimensqui ontislé
entièrementdéfaits9 il n) a eu que
cent cinquante-deux Prisonniers,
entre lesquels font troisColonels
&fîx autres Officiers, la plufpurt
blejjeOn compteque les Ennemis
ontperdueneetteoccjfîon prés
We quatre mille hommes tuez.,
UtJJcTZy Ou Trijonniers, en comptantceux
qu'on a pris dans les
Cèafleaux qui jefont rendus à
Sfcrëtion. jamais les Ennemis n'ont
fait tant de pertes en détail
que cette Campagne; celle
d'une grande Bataille les auroic
moins affoiblis. M1 le
Marquis dçBouflers, & Mrs
les Comtes de la Motte & du
Montai ont battu pluiTeùrs de
leurs Corps, lors qu'ils ont
osé approcher de nos Lignes
& de la Kenoque.Plusieurs de
leurs Bataillons ônt eJlé taillezen
piecés lors queMx de
Vitkroyatfonné la chafPe'à - l'Armée du Prince de Vaudenionc
j&ceuxde nos Trolipes<
j ironneput reteniraftéi
cette aclion
,
défirent un
grand nombre des leurs, qui
fatiguez dela marche qu ils
avoientfaite en fliyants1cftoieur
mis à l'écart pour se
reposer dans des lieux ou ils
necroyoiencpointeflre pour.
fuiuis. Il y eut en cette occasion
plusieurspersonnes de
marque tuées, & beaucoup
d'Officiers faits prilonniers.
Si jamais les Ennemie n'ont
tant perdu de monde- dao,s
une Jeule Campagne, sans
avoir donné de Bataille, ils
n'oiu jamais-aufli perdu tant
d'argent. Je ne vous feray
-
point Icderail-de la belle
adtiondeMrSauvage, parce'
que vous la fçavezdéjaJ*.vous
diray feulementque lesjoooo
écus qu'il a enlevezjoints à ce
que M' H odrigue, qui n'a que
le nom d'Espagnol, a enlevé
duConvoy qui alloit à Namur,&
qui (e monte à beaucoup
davantage,& aux quatre
cens migeFlorins qui font
cinq cens mille livres, qui
estoient dans le dernier Pa-;
quetbot que nos Armateurs
ont pris, doivent avoir forci
incommodé les Ennemi*Les,
Barbets croyoient les vaiïgerj
de toutes ces pertes en entai
vant le tresor de l'Armée que
l'on conduisaitàPignerol.Ils
avoient fait un détac hement
de quatre cens hommes, qui
s'embusquerent sur le partage
; M'leMaréchal de Catinat
ne manquant point defpions
,un Tambour de son
Regiment en donna avis à
MrDels, Capitaine au mesme
Corps, qui en fit aufli-tost
avertie M1 deeLignyqat
commande à FeD'eH:relles.r
)Ce Commandant envoya
îdes. ordres de posse en patte
jjufques aux Traverses
;
les:
IBarbets furent coupez, &
poursuivis par M1leMarquig
xie Novion, Colonel du. Rc-U
gimencdeBretagne; de marmiere
qu'ils furentobligez de:
jpafTer au defilé du col de Sau y
)OÙ MrdeVau^renan
,
Colo-1,
inel du ReLeimeInt de Milice de IFranche Comté ,
les chargea
tfi vigoureuicment,qu'ilyen
)eur cent de tuez Lenombre
)des blessez futà proportion,
mais on ne fit que douze Prufonniers.
Les Barbets n'e ftant:
jamais venus en si grand nom#»
bre, n'avoienr pointencorex
faitune perte si considerable..
Pendant tout Ihiver icsi
nouvelles publiquesont par-.
lé avec beaucoup d'xageration
dans les Cours des Ailliez
,
de l'Armeenombreu--
se qu'ils devoient avoir en:.
Allemagne- Cependanc celle
du Roy a ouvert Ja.
Campagne en passant le:
Rhin, lansque celle des En-
- nemis ait oLé paroifire; ny
pour inquiéter ion passage
,
tny3!pour/Tempefclier de
rvivre dans le Pays, & de le
tfaire contribuer tant que
UckRoy* a juge à propos
mutité y demeurait.Duiaïu.
itaut ce tem ps. la
,
les En-
[Dfmis ont beaucoup foufatferc,
estanc enfermez dans
KJes retranchemens
)
oùils
imanquoient de toutes cfaoses
,lors que l'Armée du Roy
pouvoit s'étendre par touc
DÙ il luy plaisoit. Celle des
Ennemis estanc devenueTu-«
perieure àla nostre , après
avoir reçu des Troupes de
loutes parts, n'a osé nou^f*?
laqueraette areraisà nous
bàtrrelorsque nous dédataperions
pour paÍfer le Rhin.
Nous l'avons paflfé le'i3^de
ce mois, sans qU'eHé'¡àic
tiré un seul coup sur nous.
Le Prince de Bade détacha
feulement sixmille hommes
avec du Canon. Ils avoient
ordre de reculer si nous les
attaquions, afin de nous en.
gager à les suivre
, & à tomber
dans leur Armée, qui avoit
pris ses avantages; mais
nous ne fismes aucun mouvement
pour aller après ces
six mille hommes, qui nous
^yifentj;, déeamper sans",faire
unpas, ny tirer;un seul coup.
1.
Le PrincedeBade nedévoie1
!fjpas.croirqquMUe:*«;»»n*-=o*«u- s fL1({JOllS eez dupes pour donner darçs
ce,piège. LesTroupes qui te
retirent n'attaquentjamais,
c'eltl'usage de la guerre,il
est trop habile pour l'ignorer
)
& s'il avoir eu envie qe
se battre) il n'auroit pas attendu
que nous l'eufiions attaqué
,
sçachant bien quo,n
n'attaque jamais en ces fortes
d'occasions.
Ceux qui ont expliquél'Enigme
du mois paffé sur k Ba/JÙl à Barbs,
énont tiouve le vray mot. Ce font
Mrs Ba.réde Rouen
;
Robin Ayo.
car au Conteil
; de Santeul Payeuc
des rentesjle vieux Commandeur;
Petit- (ean pere&: fils; Nicolasde
Fontenay au Bois; Maistre Ber..
cault. le Stoïcienj les Avantmiers
delà rué Qninquempoix s le Naturaiste
amoureux; le Chevalier de
l'indiffèrence de la rue de la Tonnellerie
de Chartres; le Medecin
de la garnison Flamande du Fore
de Meulan ; les troisAmans des
deux Soeurs de la rue du Cimetierei
le grandAvocat de Bâsle ; le Procureur
Bacquier ; le Medecin Moufqueiaire
> le Commandeur de Vincennes
; l'Abbé Pensionnaire de la
rue du Cimetiere. Mefdemoiielles
Rote de Sens, derrière la rue fainte
Cloix; Catindelaruedel'Ourfine;
.AngeliquedeVincennes .'lesbelles
fineries de Chartres; Fanchon la
Logicienne» les crois Nymphes de
la Fontaine de Tilmond.
La nouvelle Enigme que je vous
cnvoye, doit occuper agréablement
vos Amies.
t oENIGME.
D Eux freres> en tout
fort égaux
, Quun lien très-foitde af/emhle,
Dont tres-parfaitement t'un à l'autre
re/femhle
s Et qu'on prendroit tout deux pouf
eflre deux jumeaux, (
Si t'Art bienplua que la Nature,
Ne prenoit part en leut firn«
Bute9
,Sont cependantstnfalheuteu^
QU'À bondroit on lemfajfe proche »»yr- honteux, ftvS
Et quévidemmentcbacuavoye
,
Maigre leur ètroile anion,
<
h Quepartout où l'oit lés empUye,
Ils portent la divijion. f
On debite à Paris, dans la rue S.
Jacques,chez les sieurs Simon Benard
, au Compas d'orj ôc Jacques
Co!Iombat.. au Pelican j un Livre
nouveau, intitulé Histoire secrette
dtHenry IV. RtJyde Caftilîe, (ur..
nommè£ImpuiJJant- Ces Histoires
secrettes excitant ordinairement de
la curiosité, on a lieu de croire que
celle cy n'en excitera pas moins
querHiftoire lecrette de Bourgogne,
dont le succésaesté forr grand.
Celle de Henry de Castille renferme
un des plus (înguliets événeîtfens
de;l'Hifloire d'Elpagne,Se
c'cft ce qui lny donnera pour Lecteurs
tous ceux qui aiment à trouver
dans ces fortes d'ouvrages, des tableauxfidelles
de la bizarrerie de
T Amour. La Préfacé de ce Livre
marque que cette Histoire a elté
trouvée parmy les Papiers d'une
Dame que nos meilleurs Auicuis
- ont toujours regardée comme l'arbitre
des Ouvrages d'esprit.
En vous apprenant le Siege de
Dixmude, je vous apprens en mê-
[ me temps sa prise,dont Mr le Mar-
) quis de Blanchefort apporta la ncu.
rvelle a-u ii Ui i 1
Royle30. dece mois. Cet-
3te Place est toute environnée,
) d'eaux ; elle a un double chemin
xoavettJ 8c encore un avant.faiTe)
letoutfraisé&pallifladé. Erlleeftoît
défendue parhuit Bataillons & par
un Régiment de Dragons. Le Gouverneur
ertoit Danobj-fit Geneial
Major. Ceu: un des premiers degtez
d'honneur parmy ceux deSa.
nation, & qui marque qu'il dévoie
avoir de l'acquis, du coeurJ & de
l'experience ;
mais tout cda fert de
peu de chosecontré les Flançois.,
Mr du Montai a fait ce Siege. Son
Quartier qu'on nomme le Quartier
generalteitait aux Capelles,du
cofté de la Kenoque. La Place
ertoit investie de ce cofté-làjufques
à Beert3 parce que si elle eust
eu besoin de secours, c'cfioit par là
qu'on yen pouvoir jetter. La Place
ertoit encore invertie depuis Beeft
jofques à Eflcne, & ilvavoirauflr
des Tfoupes depuis
Eflene
dcs Troupes deptiis F er,-e jj«ttiifqires 1 à
a Roullelar,oùdtoit la grande Arti?
ée. La tranchée fut ouverte la
nuit du Z5. au 2.6. par le RegirI\ent
de la Marche & de Tessé & les
Officiers Généraux estoient Mrs de
Brdlé & de Sorlaube. On avança
autant qu'on VUuluF,car on ne fut
point inquicié par les Ennemis qui
netiierent qu'une centaine de cou ps
de moufcjuet, dont il n'y eut qu'un.
Soldat blesse, Cependant le temps
n'estoit point couvert, la Lune
estoit dans son plein,& ils povoienc
voir. nos Travailleurs. Ils firent
grand feu le lendemain, & jette..
rent quanrité d~ bombes) mais nos
j gens avoient déjà des batteries en
[ estat. Ce jour-là 16. la tranchée suc
ouverte par le Regimenc-de Poitou,
ayant Mr le Duc de Villeroy pour
Officiergénéral. Le-"7"ê"GÕuver.
neur fit sortir toutes les femmes, 8C
fcnibla se préparer à une vigoureuse
neliftance. Il ne Iaifla pas de faire
battre la chamade l'apreldinée. Les
Oiages furent donnez, & après
quelques conreftations, le Gouverneurconsentit
à se rendre prifonni.er
de guerre,-avec toute la gamiion,
montant environ 25-300. hommes.
On a trouvé dans la Place 25. piecesde
canon de fonte aux Armes d'AnJ
gleterre&:50. milliers de poudre. La
garnison doit d'abord cftreconduite ,
à Ipres. Elle consiste en quatre Bataillons
Anglois,trois Allernans,.un
Danois, & un Regiment de DragonsAnglois.
J'apprensencemoment
qu'aussi toit après la prise
dc_Dixmude,Deinfeouvrit ses portes
aux Troupes du Roy, fcqu'il
yavoit dans la Place cinq. Régimens,
faisant environ deux mifls
cinq tens hommes, qui se font
rendus prisonniers de guerre.
Ilya peu de Places dans le monde
dont on ait plus parlé que de
Catal, & qui dans ce siecle ait fait
échouer plus souvent la puissance
d'Espagne. Les Espagnols raffiegerent
fous Goniçalés de Cordouë au l commencement dieI laii|npfnfiei^ieprm-1629.
rapproche de l'Armée de Louis
X-IIL les obligea à se retirer pendantla
nuit. - En 1630. ils l'assîege'
rent encore fous Splq^la, mais cette
Place fut bien défenduë par le Marquis
de~Toir s. En 1640. ils l'afîie-^
gerentde nouveau fous le Marquis
de Leganez
,
& le Comte deHar__
cour les en chassa le 29. d'Avril, ac
^TSUrfenleva leur Artillerie & leur
bagage, après leur avoir tué deux
mille hommes. Enfin ils le prirent
en 1651.& il tue depuisrenduau Duc
de Manrouë,qui y rit entrer les troupes
duRoyen 1682.fidS. M. vient
d'ordonner à Mr le Marquis de Crenan
,
qui en estoit Gouverneur, de
remettre cette Place à ce Duc, avec
tous les droits Souverains qui luy appaniennent,
& de faire pour cet effet
un traité avec Mr le DLC de Savoye
S£ lesGenerauxdesAlliezIleftregjé
parce traité que la garnifonenlera
titée aussicost que la démolition de
foutes les forti ncations/ancde laVille
que de lacitadelle,& du Château,
fera achevée; quela garnison fera
conduite en toute seureté à Pigntrol
avec les provifior.s&munitions,
&la quantité d'Artillerie ftipuléc»
qu'il fera permis aux François établis
A Casal de sortir avec leurs ef.
fets En conséquence de cette capi,
tilation ,
les troupes du Roy, &
celles du Duc de Savoye travaillene
con jointement à ruinerlesfortifications
; les premieres, celles du
cor ps de la Pkce
,
& les autres, les
ouvrages de dehois, & il y aura
cefiaiion darmes de part & d'autre
pendant tout le temps qui fera employé
à cette démolition.
Pour satisfaire à l'impatienceque
vous avez dc'lçavoir desnouvelles
du Siege de Namur
,
j,: pafleray par
dessus tous les détail des marches faites
tant pour l'ailieger que pour prévenir
la marche des Ennemis, en y
jctrant du secours.Vous en avez déja
v.û plusieurs Relations,ainsi je me
renfermeray à ne vous dire que des
choses qui n'ont point eité pubices,
& à vous décrire les quatre ou cinq
attaques & sorties qui se font faites,
qu'on peut dire avoir este autant de
batailles
,
puifqu'il s'en est souvent
donné de moins fanglanres..Rien
n'dl: égal à la diligence que Mr de
Boufflers a faire-pouf avoir partT
l'honneur que la Garnison de NaJ
mur a remporté en toutes ces occassons.
Ce Mareschal creva pluceurs
chevaux pour se. rendre dans
la Place, & joignit à son a£Hvité ordinaire
,tout lejoifonnement d'un
grand Capitaine
,
qui luy fit tenir
une route plus longue
,
jugeant bien
que les autres endroi ts ertant les plus
prochesdel'Armée ennemie, feroienc
les premiers investis.Ilne se
trompa pas, & entra dans Namur
parlecossédu Condros, quin'eftoic
pas encore invefii. Les Ennemis
firentune grande faute*en cetteoccasson
3
5c qui leur-acousté cher.
On ne doitpoint invertir de Place
qu'on ne l'invertide en metènc
temps par. tous les cndroits-pa,,- où
le lecours y peut enrrer.-C'efi ce -que fie le Roy quand il voulut en
foimer le Siege. Sa Majesté1 inveftit
d'un colté., Monsieur le Prince
d'un autre3Se Mr deBouffit1sd'un
autre. 11 y a lieu de croire qu'on
pourra dire un jour que cette faute
que les Ennemis ont faite, & la
diligence de Mr d'l- Bouflcrs, auront
beaucoup contribué à fauv-er la Place.
Le Prince d'Orange ayant employé
quatre jours à s' établir dans
Ion Camp fittravailler le quatrième
à faire des fafeines Se à dreÍfer des
batteries.Scia nuit du 11. au 12. il
fit ouvrir la tranchéeparle mefmc
endroit que le Roy avoit attaqué la
Place, mais elle s'ouvrit si loin qu'à
peine s'en apperçût on dans la Ville.
ou il y eut un gros demele entre les
Dragons & les Grenadiers, chacun
soutenant que l'honneur de la piemierefortie
appartenoit à Ton corps..
Il fut jugé qu'ils panageroient la
gloire & le peril de la premiere
occasion, Dés les premières journées
de ce Siege, le Baron de Plettemberg,
Neveude l'Evesquede Mun.
fier, & Favory du Princed'Orange
qLirJvoit fait M?jorgénéraldelà
Cavalerie bleue, en dînant dans sa
tente3 eut la teste emportée d'un
boulet de canon. Cette mortxhar
grina d'autant plus le Princed'Orange
, que ce Baron retenoit l'Evêque
de Munster son Oncle dans
le party des Alliez, & l'avoit engagé
à leur donner des troupes cette
année, à quoy il avoit eu de la peine
à le resoudre. Le General Fagel fui
auflï blesle à la gorge, & l'on -publiaque
sa blessure estoitmortelle.
Il n'y a de nouvelles certaines ny
de sa mort, ny de sa guerison. Il
est Fils du Pensionnaire Fagel, fort
ami du Princed'Orange
,
& sur qui
ce Prince fit tomBeftechoix pour
la place de Pensionnaire que poffedoit
le Pensionnaire Vihr. Dans le
moment que le Sr FageÏTut bleslé,
le Prince d'Orangese nomma Lieutenant
gênerai
Lanuitduii.au13.les Ennemisat.
taquerenc une maiton qui est au devant
du retranchement fait entre les
dcuxRcdourcs. On avoit percé cette
maison de creneaux pour l'accommoder
en forme de Redoute, & on
avoit élevéautour uneefpcce de parapet
de pierre seche avec de la rerre.
Lapluspart des Relations se font mat
expliquées., & ont pris ceue maison
poiirle retranchementdont il fera
parlé dans la faire. Les Ennemrs
perdirent-quatre ou cinq cens hommes
en trois alIaurs qu'ils donnèrent
à certe maison Ils révinrent avec
des forces nouvelles pour en donner
un quatrième
,
mais Mr de Bouflers
ayant ordonné aux troupes defè
retirer, ils entrerent dans cette maison
sans trouver aucune refifiance,
- A, peine commençoienrils à s'y
loger, que l'artificeque Mt -de_Boufleis
y avoit fait enterrer, fit fauter
en l'air un grande partie dun Régiment
des Dragons djBrr-ndcbourg
& du Régiment de Dumont. Les
Assiegez ayant profité du desordre
que ce feu mitparrr-y les Ennemis,
donnèrent sur eux l'épée à la main,
en tuèrent huit à neufcens, & les
pousserentjusques bien'avant dans
leur tranchée, dont ils comblerent
une partie. Ils ne perdirent que qua--
ne ou cinq personnes dans. cette
occasion imais Mrie Comte d'Albert
receut une grosse contufîen^a
la teiledans les premieres anaques.
Les Ennemisavancerent lentement
leurs travaux jusques au 15 que voulant
faire une Batterie entre Sambre
& Meuse
,
les Assiegez "firent
une@fortie-dans laquelle ils leurtuerent
plus de deux cens hommes,
& détruisirent tous leurs
-
ouvrages.
Dépuis le premier decemois jusques
au 18.l' Armée des Affieo-eanseftoic
affoiblie de prés de cinq mille hom
-
mes La déienion a esté grande
parm.y leurs troupes, toute l'Armée
ayant dit hautement qu'on enrreprenoitun
Siegequi la feroit pair.
Si on joint à cela les morts, les-malacies
& les blessez, on ne doutera
pas de la diminution que je viens
de marquer. La.fuite a esté bien
,
plus cruelle pour les Ennemis,&
ils ont tant fait de grosses pertes,
qu'on n'enfîçauroit parler sans qu'il
paroisse de l'exagération.
LeiS voulant Le retrancher dans
lesjardins de Fauxbourg de jim.be
&ydresser une batterie, ils y firent
couler cinq cens hommes à la faveur
d'un broiiillard
s
dans des ravins-
)
5c derrière des hayes du mesme Faubourg.
La plu[part de ces Troupes
estoienttirées des Regimens de
Brandebourg. MrdeBouflers en
-- - - ayant esté averty, fit un détachement
de seize hommes par Compagnie
des deux Rcgimems de Dragons
)
qui font dans la Place, fça.
voir ceux du Rcy;&dAsreld Les
DrJgons au nombre de deux cens
fouirent (ur les dix heures du matin
)& allèrent au galop ccuper ces
cinq cens hommes, dont ilstuèrent
quatre cens, & firent quatrevingt
prisonniers. Ces cinq cens hommes
estoient soutenus par six escadrons
ennemis, qui nemanquèrent pas
de charger nos Dragons
,
qui luivant
l'ordre qu'ils en avoient, feignirent
de prendre la fuite, pour
les attirer dans une embuCcade. Ils
y donnèrent de maniere que les Relations
disent qu'ils furent passez
par les armes : on n'en peut douter ;tpuifqu'il y avoit mille Moufquetai- resembusquez. L/allarmeayantefté
L portée au Camp des Ennemis, les
* Troupes les plus en estat de marjeher
accouuircnt au secours. PlufleursVolontaires
sy joignirent gc
quelques Officiers Généraux.* IISJ
donnèrent dans une feconde em.
bukade, où la tuerie fut grande &
dont ils eurent bien de la peine àse,
retirer.Ils perdirent en èetxc occasion
plusieurs Officiers de marque,
& entr'auties Mrs deGlçvaux
,, Steinvehr, de Neuhot, & de Bodmcf.
nSîonsrv^orïscuen cette oc-
-ctrfnm que deux Dragons ruez, SÇ;
-
Mr le Comte de Morfiein, Colonel
edu Regiraenr de H.tinatili
,
qui a–
voit obtenu d'estre dans toutes leS!
..oocafians,afin d'efire mieux in–
struit de tout ce qui s'y pafferoic x
- pour faire un journal du Siege al1-
quel il travailloit.
Le mesme jour sur les 7. heures:
du foir, le Princed'Orange voulanir
faiîe.attaquer leretranchement doJ
la hauteur de Bouge , que dffieti---
doit Mr de Reignac, fie joindre
aux Troupe–"de"fëur tranchée
qu'on ne releva poiot,celles qui la
devoient monter ce foir là, avec
un autre corps de leurs meilleures
Troupes. Cette petite Armée marcha
vers le retranchement dont les
nostres sortirent pour aller au devant
d'eux
,
l'ép&e à la main, la
bayonnette dans le safil
, & avec
des faux emmanchées à revers- Les
Ennemis, quoy qu'au nombre de
it. à 15. mille hommes, furent si
furpns d'une resolution si hafjdie
, qu'ils ne se. deffendirent que tresfoiblemcnt
, en forte qu'il y en eut
un très- grand nombre de tuez, mais honteux. de se voir battus par
un si petit nombre,ilsreprirent
couraollz forcérent le retranche.
ment que les noires "emporterenc
sur eux jusques à deux fois., ils&en
feroient demeurez les maifttes si
Mr deBouflej^n'avoitjugé à propos
de le faire abandonner. Les
noflres eurent tant,de peine à s'y
réloudre qu'il ftvt obligé d'aller en
personne pour les contraindre à se
retirer. L'affaire durajusqu'à dix
heures du loir. Les Ennemis yeurent
cinq milie hommes hors de
combat, tant tuez que bJeffez
»
SC
regretterent fort Milord CutsJqui.
fut tué, en cerre occasr..ion,ou nous
avons perdu Mr le Comte d..: Maulevrier
Colbert, & Mr le KTarqtris
de Vieuxbouig
,
dontle corps n'a
point esté trouvé. Comme lesAnglois
ne voulaientpoint marcher,
le Prince d!Qr<mge les fit enyvrer
de Brandevin, en forte qu'ils se
tuoient lesuns les autres sans se reconnoistre.
Nous n'avons pas eu plus
de sept à huit cens hommes tuez ou
blessez en cette occasion. Tout ce
qui s est dit depuis cette affaire n'efiantfondé
que sur le rapport des
Deserteurs, je ne croy pas vous en
devoirpailcr JevousdirayfenJemenc
que les Lettres du 13. portent que
les Ennemis nayoient encore fris
aucune redoute jufqtïà ce jour-là)
quilsembloitquilsneles vouluffen§
point prendre
,
puifquilsfoufjoient
leur tranchée le long de la Mcufe ,
CT avancoient une autre tranchée
.) entre les deux Redoutes, comme
pour se joindre dans le fends
11
&
enfermer la Redçute de J^alard,
qui efl laplfut proche de la Meuse
La mesme Lettre porte qu'ils ont
flufieurs batteries , au delà de la
Menseducoftè duCondfos dpnt ilS,
baitent A revers La Porte S. Nicllas
,
les Dames des fof/e" & t»ut
les Ouvrages 'de ce cofte là ;qu'ils
font aufJt des batteries en remontant
la JSAcufe&l*hfcaut
, lefuitlnW'^
de Jambe a dtoite, comme four,
battreJeCbafteau& laBaffeViKi
par cet endroit ¡Ii.-
Cent Lettres de Dinan & des
environs parlent d'un grosse aérion
qui s'eltpassee le 25 nais ne la (cachant
que sur la foy"dc=s Deserteurs, jepalll*àceque je viens d'apprendre
du dedans de la Place, que Mr Le
Chevalier de Mons
>
Captaine
d'Infanterie daos se Regiment Dauphin
,
n'a rendu que lez6 l'une
des Redoutes qui estoient a près le
retranchement dont je vous ay parlé.
Elle avoit esté entourée d'une
tranchée qui oftoit la communication,
Il y a eu dans ce poste trois.
censhommes prisonniers de guerre.
Le 27 les Ennemis cfioient encore
à quarante pas du premier chemin
couvert. Ils avoient 43. pieces de
groscanon,qui continuaient à battre
1attaque de S. Nicolas; ils ont
aussiplusieurs petites pieces qui tirent
dans les ouvrages du Ghafteau,
Le Regiment Bleu des Gardes du P.d'Orauoeceluyde^olys^deux
autres ont^flé renvoyezTMaftric,
estant hors de service ; ces Regimens
ne faisoient pas ensemble deux
cens hommes. On-a fait plusieurs
retranchemens dans la Ville.U y ena
un entr'autres qui va depuis lTEglife
de S. Nicolas jusques à là porte dé
fer, passantau corps de Caiernt, La
grande quantité de fafeines que Mr
de Guiscardfit faire par ses troupes
avant le Siege, font d'une très grarade
utilité pour les retranchement
La nuit du 17 au 28. les Ennemi
commencetenc à dixheures dufoir
l'arcaquedu chemin couvert de la
Ville. Le Pnnce d'Orange avoit
commandé pour cette attaque deux
cens hommes par Regiment de
toute l'Armée,2e les Moufquetai.
res de Brandebourg. L'attaque dura
sans
difeontinuer
depuis dix heures
du foir jusques à trois heures dti
matin,& les Ennemis furent tou.
jours repoussez, quoy que rafraîchît
par de nouveLles Tioupes ; leur perte
est si grande, qu'on ne peut encore
la dire. Ils feignirent en mesme
temps d'attaquer un retranchement
du cofté de la Calfatee, qu'ils ne
prirent pas, non plus que le chemin
couvertmais le mesme jour
ils prirent l'Abbaye de Salccne,où
nos Dragons firent merveilles, 8C
se retirèrent en bon ordre. -
Les Deserteurs affurent que les
Ennemis ont eu un si grand nombre
de blessez à l'attaque du chemio,
couvert, qu'ilsontvu 500.chariots
qu'on appreftoit pour tes mettre. Ils,
ne peuvent avoir eu moins de trois
mil hommes tuez en cetteocafion,
suivant feftimationdes plus experts
dans le métier.
Les Anglois & les Hollandois-
.ont inutilementcette année courvert
la mer devaisseaux.L'A»niée
jde R^iifTel n'a servi qu'à débarquer
itrois mille cinq cen, hommes en
JCaralogne; aprèsquoyelle a emfiloyé
tout le reste dela campagne à
Te ruiner. Elle manque de toutes
ïhofes, n'ayant pris que poufdeux
nncis de vivres quand ellceftpartie
Me Cadix; les vents l'ont jettée dans
ieGolfe de Palme en Sardaignkcm
l'ait clt toujours empesté,&lebruit
a mesme couru que la peste efiolt
dans ses L quipagrs. L'Amirai. Bar-"
krOlav n'a pasesté plus heureux 7ans
cean; il avoit cru reduire Saine
Maloenceridres'jôc l'avoir ditaun
Armateur qu'il prit un peu avant le
Bombardement. Cet Armateur a£-
fute qu'il a-quitté cette Place en
donnant des marques du defcfpoir
qu'il avoit d'avoir manqué son
coup. Il alla ensuite à GranvilJe-
où , il brula deux maisons couverte-s
de paille,8c où il perdit une Galiote
-
qui fut enfoncée par une bombe..
Les bonnes nouvelles arrivant en
foule,je ne dois pas oublier- de vous
- dire queMr delaCroix partisan du
-Luxembourg a attaque un convoy
venant de Liege
,
Be qu'il. a coulé à
ronds t7. bateaux chargez de vivres
-& de munitions. Les Ennemis n'ont point atteniu
Mr de
-
Vandolme devant Oftalric.
Ucft campéeà4oMl, aflamer fous cette
^lace,qu'il fait raserCOMIIII- Caltelj-
ollit Les Ennemis se font retirez à
i:inq lieues de luy. Mr de Caftafl-fÇ*-
zft campé à z. lieues de Barcelone. Jeviens d'apprendre que fAr.
rnée du Roy a profité de plus de
mille chevaux qui estoient dans
Dixmude, & qu'on fait raser cette
9lacef d'où l'on fera voirurer à
:Lf'urneiss& à Ipres quantité de Pon. devi n gt millepalissades.
III y a eu 15. ou ;o. hommes tuez
ou bleflçz à ce Siege, deux Offii:
iers & un Ingénieur font du nomore
des derniers. J'avois oublié de
vous dueque quelques. jours avant
Siège de Dixmude, les Moufquetaircs
& les Grenadiers du Roy
avoient fait trois cens Prilonnkrs.
dans les Redans de cette Place.
C'elt à l'Avant chemin couvert
de la ttfie qui conduit au Bastion
de Saint Nicolas: que les troupes
des Alliez ont donné l'assaut dont
je vous ay déjà padé.Le)nouvelles
les plus seures portent qu'ils ont
laissé en cette occasion prés de
deux mille cinq cens hommes sur
la place - sans compter les bleiïcrz
, qui font en très- grand nombre, en
forte que l'on compte de cette feule
action quatre mille hommes hors
de combat.
Je dois ajouter icy que l'on a fait
plus dedeux mille quatre cens Prifonniers
dans Deinfe
t
qui s'est rendu
prefqueà la veuc de Mr leMarquis
1
juis de Feuquieres, que Mr deVil.
icroy avoit envoyé pour l'ihvWTr,
k que l'Armée profitera de beau-
:oup de chevaux On compte dix
fnille priionniers faits sur les Ennemis
depuis le iz. de cc mois jtJfgues
à la fin. On en auroit moins
Dris dans une grande bataille, dont
,e gain auroit coûté beaucoup de
,7ang Il n'a salu que 39. Bombes
pour prendre Dixmude3Se 55. heures
de tranc hée ouverte, sans qu'il
ait esté besoin de faire de lignes.
La Place cftoit remplie de Peuple
xles environs, & il y en avoit
rauffi beaucoup de divers endroits
ide Flandre parce qu'il y avoic
june Foire dans la Ville le jour
jqu'ellefutinvestie,de forte qu'etflant
sans souterrains, les bombes
ry firent beaucoup d'effet. Jamais
grolie Uarnilon na tait voir moins,
de courage) elle n'a pas fait une for-«
tic, ce qui a fort chagriné Mr du
Montai. Un Regiment Anglois;
jettâla poudre dans les Fossez, 8C
dit qu'il ne vouloir pointcombatte.
On a par grâce laifle l'équipage aux
Officiers, quoy qu'ils soient tous
plifonniets dj guerre, aussi bien
que la Garnison. On écrit d'fpres
qu'on l'a vue entrer qu'elle estoit de
plus de six mille hommes. Cette
Phce éloigne les Ennemis de nos
Lignes, & nous ouvte un grand
P.ys.
Je dois vous dire, avant que
de fermer ma Lettre) que c'dit
Mr de Gtaifcard qui a réponde
les Ennemis*à1attaque générale
qu'ils ont-dpnnécau chemin couvent
& "u Bastion mesme dont je vousay * •i
larle.. Jl est à remarquer que çè
laÛion est détaché du corps de là
Jac^ r-8£ qu'il faut encore passer le
^ofledu corps de la mesme Place-,
ieffenlu de ses Bastions , derriere
efquels se. trouve l'ancienne entinte
de la Ville, après laquelle les
nnemis trouveront plusieurs reanchemens.
Depuis les premies
nouvelles de la perte des Enn^«i is ,on a appris qu'ils ont en quatre
mille hommes "tuez sur la Place y t que depuis le jour que la Villt
esié investie jùsques au 19. les
Assîegez n'onr perdu quèfeizetens
tiommes. Je fuis, &c.
A Paris, et 31. Juillet 169y.
APOSTILLE.
Les Lettres du dedans de I^Plsce,
du28.&29.portent que \c17.a.
dix heures du foir le Prince d'Orange
fit attaquer lacontrelcarpe de lac
Porte S. Nicolas & que bien qu'il,
ne fust pas nlaifirede l'avant-chemin
couvert ,
les Troupes avoienn
non feulement attaque les deuio
contreicarpcs, mais qu'ellesavoieno
mesme pouffé jusqu'au corps de lae
Place. Elles ont montéjusqu'à trois
fois àl'attaqueauBastion Saint Nicolas,
& toutes les trois fois elles
ont eilé repoussées avec une telles
furie que les Ennemis y ont perdu,
entre trois à quatre mille hommes:
enfin après* un combat de cinq heures
,
elles (e font logées à la pointes
de la contrescarpe
,
Se à la pointes
de lacontregarde. Ces Lettres ajou-i
tenr que nous y avons perdu ceno
cinquante hommes;& que nous airons
eu trois cens blcffez. Mr de
Quélusyaesté blesle legerement,
Mr delaForest> Capitaine de Mineurs:
btëtrrrmort.
Le retranchement que Mr de^
Bouflers a fait faire dans la Ville est
întierement achevé.
Le Prince d'Orange a fait atta..
quer nos postespar douze à quinze
mille hommes à la fois; ainsi quatante
à quarante-cinq mille hommes
doivent avoir combattu dans
les trois assauts qu'il a fait don.
ner.
Voicy ce que portent d'autres
Lettres dauées du mesme jour.
Les Ennemisont attaqué le 27.
à trois heures après midy
3
la Contrefcaipe
& les ouvrages qui font
vers la porte S. Nicolas. Cette
aïhon a dure près de cinà heures
par trois fois, les Ennemis ont renouvcûèleur
aitaque, & ontefic
repoitjez,lis ne fontlogezquesur
lesAngles de la première Contre.. e[carpe,aulongde cette RivitrcJ
&sur la pointe de la petite Contreefearpejoignant
laditeMeuse9 où
efila D-imequi (outtent les eaux
du (ossé
, & qui joint au demy-
Bafiion de S. ,aulong de la
Meuse. Pendant cette attaque les
Ennemis firent le pafijge de la
Sambre vis à vis la maisondelà
Balance, où nous avions cinquante
Dragons»qui seretirèrent ilsont
fait un logement dans cette massin
,
& un pont sur la Sambre dans
cet endroit. Ils augmentent toujours
leurs Batteries.
Je v.iens d'apprendre que les
troupes du Roy ont paflc te canal
de Bruges, pour faire payer les contributions,
& qu'elles ontpris dix
mille Vaches.
Unde nos Armateurs de Brest
efiant allé sur.lesCostesd'Irlande après y avoir combatu longtemps le,
Henry
,
Vaisseau Anglois
, revenant
des Indes,celuy-cy le voyant
- fort pressé, mit le feu à les poudres.
La charge estoit de cinquante mille
livres sterlin quand il partit d'Angleterre
, Se estoit estimée quatre
millions à cause du retour, le lieur Brunet vend le Siegede
la Ville & dïTCKafteau de Namur,
fait par le Roy. Ceux qui voudront
-
le conflonteravec celuy que font les
Alliez
, pourront se donner ce plaisir.

Ouvrages de Mr Velibien. 41
Nouvelles découvertes. 47
Lettre écrite sur le nom dela Ville
deBordeaux, f9
Histoire. fy
RenouviIlement des voeux des Religieux
de la Trappe. 3r
Ode à Mr le Duc de ld Rochefoucault.
18
T,,,d,,rÍion d'une Lettre du Roy de
Perse à Sa Majestè. 203
Extrait de* Harangues faites 4
leurs MfljCjit'{ BntannultltS.,
par Mrs les Evesques de Soiffons
6 de Nismes.JO8
Discours fait à Mr le Marefcbal
de Cbatj-t.J. 122
Lettre touchant le dernier tremblement
de terrearriveen quelques
Villesd'Italie. 125
Mort de Mr d'ZJrfé Evesque de
Limoges. 129
Lettre adreffèeaux Carteftens.i*o
Junte
> ou les sentimens Romains.
16%
Cinquième Volume des Voyageshtftoriques
de VEurope. 169
JMorts. 171
Sonnets sur les deriïrehB&uts-ric
mcz,j 1
180
Prixp*opof?pour remplir les mefmes
Bouts.rime^ à la gloire de
Madame la Prwefe de Conty.
191 Mariage de fotrle Comte de ChlJi. jeMul o&rdae Mnlgle iIùs,,.,Uj"l^I.de Détail de tout ce quisefl pallé à.
la levée du blocus de Cafit/folla. *JOJ!11Jd{ duBombardement 131 Malod.esaint 162.
Jjtt chajje donnée àMrle Prince dè
Vaudemont. 280
Pertes faitespar les Ennemis, 2.99 Passage du Rhln. 304 Article des Enigmes. 3°7 Htjltire ftcrettf de Henry y,
Roy de CafliUe, 310 Siège de Dixmude.
Traite pour remettre Casal entre
L'ordre de Bataille doit regarder la
page 167.
L'Air doit regardala page 194*
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le