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1695, 01 (Gallica)
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91Y=l £enURi-T(W01a-à-4
Udio'm-rhp!n~
DEDIE'A MONSEICNEUR
*A PARIS,
ChezMICHBL BRUNÎT,Grand'Saik
duPalais
1 iu McicuicCalauu
o N donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois,& on le
vendra Trente fols relié en Veau 6c
Vingt-cinq folsen Parchemin..
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,auPalais*dans
la Salle des Merciers,à la Justice.
T.GIRARD,au Palais,danslaGrande
Salle, à l'Envie.
Et MICHEL BRUNET, Grand'SaHe
du Palais, au Mercure Galant.
M.DC. XCV.
Avcç Privilège dti Roy,
AVIS.
QVelques prieresquon ait
faites jufquà present de bien
écrire les noms de Familleemployez^
dans les Memoires qfionenvoye
pour ce Mercure, on ne laifle pas ay
manquer toûjoars. Celaeflcause
quilya de temps en temps quelquesuns
de ces Memoires dont on ne se
peut feTvir. On réitéré La mesme
priere de bien écrire ces noms, en
forte qu'on nes'ypuissetromper. On
ne prend aucun argent pour les Mémoires,
& Vonemployera tous les,
bons Ouvrages à leur tour,pourvû
quils ne de[obligent personne,&
qu'il ny ait rien de licentieux. On
AVIS.
prie feulement ceuxquilesenvoyent,
Ç?fut tout ceux qui n'écrivent que
pourfaire employer leurs noms dans
fCaarrtitciclelededsesEEnniigmes,d'affranchir
leursLettres de poit, s'ils veulent
quon faffe ce qu'ils demandent.
C''e(Ifortpeu dechofcpourchaque
particulier, & le tout ensemble cft
beaucoup pour un Libraire.
Le peur Brunei qui débité presentement
le Mercure, a rétabli les
choses de maniere qu'il est toujours
imprime au commencement de chaquemois,
ilavertit qu'à têtarddes
Jinvois qui se fontàla Campagne,
ilfera partir les paquets de ceux qui
le chargtront deles envoyeravant
que l'on commence à vendre icy le
.A,lercure. Commecespaquetsferont
flufîenrs jours en chemin,Paris ne
laissera pas d'avoir le Mercure
AVIS.
long'emps avant qu'il foit arrive
dans les Villes éloignées, mais aussi
les Villes ne le recevront pas si tard
quellesfaisoient auparavant-Ceux
qui se le fontenvoyerpar leursAmis
fans en charger ledit Brunet, sexposent
à le recevoir toujours fort
lard par deux raifons.La premiere,
parce que ces Amis n'ont pasfoin de
le venirprendre jilo/l quil estimprimé,
outre quille feJta toujours quelques
joursavant que ¿'iJn enfafjele
débit; &autre, que ne l'envoyant
qu'après qu'iis l'ont lû eux &quelques
autres à qui ils le prefient
,
ils
rejettent la faute du retardement
sur leLihraire, en disantque la
vente rien a commencé que fort
avant dans le mois. On évitera çe
retardementpar lavoyedudit Sieur
Brunet}puis quil se charge défaire
AVIS.
lespaquets luy-mesme & de lesfaire
porter à la pofie ou aux Messagers
jans nul intercfl, tantpour les Particuliers
que pour les Libraires de
province
,
qui luyauront donné leur
adresse.ilfera la mesme chose généralement
de tout les Livres fluaveaux
qu'un luy demandera
,
foit
qf/d les débité
, ou quils appartiennent
a d'autres Libraires, (;liU en
prendre pour celadavantage que le
prix fixé par les Libraires qui les
vendront. Quandilse rencontrera
quondemandera ces Livres à lafin
du mois, on lesjoindraauMercure,
afin de n'en faire qu'un mesmepaquet.
Tout cela fera executé avec
ftne exactitude dont on aura lieu
de[Incontent.
~~;;f.
J
J
~f:-
-
tâifOflt
æ ~'C. ""01- J - CA~ -p~~14Y
JANVlER 169f-
7\ r + 7. vo
OICYlasixiéme
année finie de la
Guerre que le Roy
ioutient conrreia plus grande
partie de l'Europe liguée,
& il ne s'en est pane aucune,
fans que ce Monarque aie
pris des Villesconfiderables,
ou gagné pes Baraillcs. Il 2 melme fouvenc remporté ce:
dou bles avantages dans h
mesme année. Ses affaires fc
trouvent encore aujourdthu)
dans unemeilleure fituatior
que celles de ses Ennemis
La plufparc de ses Magasin'
font déjà remplis, & il efl
fcurde fcs fonds pour laCam
pagne prochaine. Iln'en faui
pas davantage pour prouve)
qu'un Prince quia trouvéle:
moyens de soutenir feul le!
efforts de tant de Puissances
unies contre luy,doic avoii
tous-les ntaiens necessaires
pourregner,&. pouc tr iompher
der Tes Ennemis, (Jinocr.
J, -
J'estois bien persuadé que
ce que ma dcrniere Lettre
contenoic des Révolutions
de Siam
, vous donneroit
grande impatience den içavoir
la luite, 6c qu'a prés y
avoir vû les maniérés dont
(e fervent les Ufurpateurs
pour arriver à leurs fins, vous
îouhaiteriez d'apprendre à
quoy se font terminées ces
importantesintrigues,lîfauc
satisfaire vostre curiofué.
Souvenez vous, s' il vous
plaist, Madame, que cteff
toujours l'Officier qui coromandoit
les Troupes de Sa
Majeste dans Bancocp, qui
parle-
SVITE
De la Relation desRévolutions
arrivées à Siamen lannée
1688.
Opra Pitracha ayant appris
maresolution, m'envoy a
un beau Palanquin, pour
titre porté plus commodé-
111enr) & d'autres voitures
convenables pour ceux qui
naccompagnoient. Je ren-
:ontray aux portes de Louvo
in Mandarin qui me vint
:omplimenter de la part du
&oy, & m'invirerdaller droit
Jefcendre au Palais; ce qui
lne (èmbla de mauvais prérage,
& me fit croire qu'on
me vouloic arre ster. je paffay
plusieurs cours remplies de
gens armez, & fus d'a bord
fore bien receu du Grand
Mandarin. Cest ainsi que
Pitracha se faisoit pour lors
appeller dans la Salle où il
donnoit ses audiences; mars
après plusieurs compilions
qu'il me fit sur l'honneur qu
leRoy mon Maistre m'avos
saie, sur mon méritéy&ifu
raffeélion des Siamois, qu'i
difoitquèj'avoisentieranerH
gagnez3ilme demanda conl
me par maniéré deconverfation,
si j'estois bien le maiJ
stre des Officiers &
Soldats
qui estoient à Bancocq , & si
aucun d'eux n'osoit me defJ
obeir.. Je luyrépondis fanji
penseroùilenvouloit venir,;. :que ladifeipline en ce poinci
eftoir fort exactement obfer-j
vée dans les Armées du Roy.
mon Maifire,& qu'il falLoii
uc tousobcifleru à la preuere
parole d'un Commanant.
Le bien,dit itj'en fuis
lien-aile. Le Royvous avoic
nvoyé ordre de monteravec
os Trou pes, pourquoy e flesous
monté ieul avec vostre
ils? Je me tiouvay bien
tonné d'une telle proposiion,
& encore plus, quand
? premier AmbalTadeur,que
e croyois devoir rendre re-<
noignagequ'il avoic laissé à
na li berté de monter (cul)
>uavec tel nombre de gens
lue je voudrois,aifura au con.
raire qu'il m'avoit folhcité
de monter avec toute m;
Garnison. Je vis bien qui
c'estoit un jeu joüé, & j<
n'avois presque plus d'espe
rance de me tirer d'un si mau
vais pas. Et bien, reprit le
Mandarin, n'importe,cilefi
un mal entendu, il faut feulement
que vous écriviez pre.
sentement à tous vos ossi.
ciers& Soldats, de se rendre
auprès devous;vous m'avez
assuré quaucun d'eux n'au.
roit garde de ne vous pas
obéir. Je luy répondis fans
m'émouvoir pour le peril oui
je mecrouvois,quesi j'cftois
1-
dans U PIJce, cela feroic
vray comme je l'avois dit,
mais qu'un Gouverneur hors
de (a Place,(uivant nos coutumes,
n'avoic plus de droic
de commander,& qu'avant
que d'en forcir j'avois avercy
le premier Ambassadeur de
me declarer si le Roy avoic
quelque ordre à y donner,
afin de le faire executcr avant
mon de'part-y&j'ajoûtay,
qu'assure'menc Mrde Verdesalle
n'obeïroit à--.' < aucun. de
mes ordres à moins qu'il ne
me vist prefenc- Mr rAbbé
de Lionne quim'-av.oitaccom: -
pagne,&qui vit bienaufii
le peril où nouseftions, s'approcha
aufli-tost du premier
Ambassadeur, & luy reprefenta
que tout estoitperdu
si l'on m'arreftoit, & que Mr
de Verdefalleestoitun homme
à ne rien entendre, & à
pcuffer ensuite toutaux dernieres
extremitez. Je croy
que cela ne sèrvit pas peu à
les faire changer de resolution.
Ils crurent qu'il feroic
plus à proposde merenvoy er*
gardant mes deux Enfans
pour gage de la parole qu'ils
exigeroient de moy, que je
ramencrois toutes les Troupes)
excepté les malades, s'imaginant
quejen'ymanquerois
pas tant qu'ils feroienc
les maistres de la vie de mes
deux Enfans. Ils me propoferent
enflureune guerre imaginaire
qu'ils disoient avoir
avecles Avas, & que puis que
j'estois venu pour servir le
PvOy de Siam, ils vouloienc
donner à tous les François
cette occasion d'acquérir de
la gloire; qu'ilsyjoindroient
de leur part des Troupes Sia-
- r < moises, & qu'ils me donneroienr,
comme à un homme
1res-expérimenté
,
le commandement
de toute l'Armée
; mais que pour estre
plus en estat de barrie les
Ennemis, il me falloit écrire
à Mr de Bruan de me venir
joindre avec ses Troupes, à
un lieu qu'ilsmematquoient.
Il estoit aisé de voir à quoy
tout celaaboutiflfoit;maisil
estoit difficile dy trouver du
remède. Je leur fisproposèr
que s'ils avoient quelque
soupçon contre nousjepriois
le Roy de nous donner des
Vaisseaux,afin de nous retirer
du Poyaume& de leur oIter:
tout ombrage; mais on ne
faifoic point d'aurre réponse
àmaproposition,sînon qu'il
falloit commencer par faire
monter toutes lés Troupes1,
enfiiitc de quoy on nous
pourroit accorder les/Vaisfeaux
que nous demandions y
si nousnevoulions pasauparavant
rendre Contre les En*
nemis derEfiat les services
que le Roy demandoit dlc
nous. Il m'envoyaircrlfinic&
la copie de laLettreÉjuefè
devois écrire à Mr de Bruan
9 que Pitracha mesme avoir
composée en SiamoisÔr qui
traduite mot àmot en François,
faifoitun galimatias qui
ne pouvoir que faire comprendre
à Mr Bruan que j'eflois
arreflé,& quemes assaires
estoient en mauvais état.
Ce futce qui me fitaccepter
de l'écrire avec toutes leurs
maniérés Siamoises, dont le
Grand Mandarin Ce trouva
latisfaitytout habile homme
qu'ileftoit, mais il ignoroit
nosCoutumesj&c ils"imaginoit
que ce qu'il avoir écrit
en bonne forme en Siamois,
ne pouvoir estre que fore bon
en nostre Langue.
J'appris encore a Louvo,
pour (urcroîtd'afflifhon, une
méchante affaire qui citait
arrivée à nos François
,
qui
avoient esté retenus, & qui
aprèsledépartde Mrl'Abbé
de Lionne, & des Mandarins
Siamois,ci-aignant que jene
voul u fle pas monter , s étoient
rélolus de tout bazarder
pour se rendre à Bancocqlis
prirent pour cela deschevaux
à LouvOj lerendirent
en toute dIligcilce à cinq ou
six lieuës de là
,
Ce faifirenc
d'un Batteau & de quelques
Siamois pour le ramer, e:
forcèrent trois ou quatre
Corps de garde, jusqu'à ce
qu'enfin citant venus proche
de Siam
,
ils se trouvèrent
environnez de près de huit
cens hommes, qui s'eftoienc
affem b lcz detoutes parts
pour les arrester. Quelques
- Mandarins s'approcherenr
d'eux,&: leur donnèrent parote
qu'on ne leur feraitrien
s'ils vouloient rendre leurs
armes,& que le Grand Mandarin
n'avoit envoyé après
eux que pour les ramener à
Louvo, ignorant la cause de
leur fuite) cequi les porta à;
ne se pas défendre, voyané
bien d'ailleurs qu ils ne pourroient
que succomber; mais
les Siamois ne s'en furent pas
plûcoft saisis, qu'ilsles traiterent
d'une manière tresindigne,
fans vouloir fc fouvenir
d'aucune des paroles
qu'ils venoient de leur donner.
Ils n'eurent meime aucun
égard pour mon Filsle
Chevalier, qui eltoit du
nombre, & les ramenerenc
à Louvo. Il y en eut d'assez
brutaux pour n'épargner pas
les cou ps de pertuifane, afin
de flire relever.ceux qui tomboient
accablez d'un si rude
craiccaienc, en forte quUN
de nos François fuccombaj
Il & mouruepar les chemins
Lors qu'ils furent a Louvo
ils les exposerent pendanx
trois heures à la vene d'une
multitude de Coquins qui
leur crachèrent au visage
,
&
eurent poureux d'autres manieres
oucrageantes,aufquelles
ils n'avoient pas sujet de
s'atten d re. Cette hiltoire
donc j'avois déja: appris con'-
fufement quelque choie en
passant par Siam, & qui me
fut raconte'e à Louvo par
le dérail, mefaifoitaflez jugec
get de l'extrémité de nos
affaires, pour cette haine ex- • trême dont le peuple se montroit
animé contre nous. Je
fis donc toutesmes diligentJ
- * - «O
ces pour hâter mon retour à
Bancocq, & fus contraint de
sacrifier mes deuxEnfàps,
qu'onmobligeoitdelajfe
pour ostages* afindejnie
rendre au plus viste oùje
croyois ma presence plusneceffaire
pour l'honneurdu
Roy,&le'bie'n public.
Je rencontray en chemin
MrrEvefquede Mctellopol.is:
que le Grand Mandarinavoic
obligede le rendrea Louvoj
fous pretexte que le Roy
vouloir conférer avec luy sur
des affaires de consequence.
Le dcïfeïn de ce Mandarin
éiloit dès*assurerdesa' Perronfte,
pour Tenvoyér encore à
Bancocq èjiièlqtiétëms après
moy Jafinqiie fï-nonobstant
toutes les raifonsqu'ilmavoit
données,& les gages que j'avoisfaiflez,
je balançois à me
déterminer, il pujftm'intimider
par l'idéedes fuites facheufesqi/
alloit avoir mon
refus; car illuy témoigna dés
la premiere àudience, qu'il
royoitàlavéritéquejepaoa3
feraisavec les TrouRésumais
qu'il-vouloir encoreiç renroyer
après moy poterne deparer
que si je ne montois
pas, il le feroit mettre luy,
les Missionnaires,les Peres, &
tous les Chrestiens à la bouche
du Canon; mais qu'au
contraire, tout iroit bien si je
montois.
Mais cette précautionluy
fut inutile. Nous prismes notire
party dés le jour de la
Pcntecoftè,incontinent apres
que jefusarrivé dans laFortereflede
Bancocq, où j'ex.
pofay-à tous les Officiers le
veritable eitat desaffaires, h
mauvais craitemens qu'on i
voit faitsaux François, & lç
autres bruits qui couroieni
Tous d'un commun accol]
furent d'avis dé perir plûtoj
mille fois que de se mettr;
encre les mains de ces Ba. bares., - > Nous fismes donc aulIitoi
toutes nos diligences pou,
nous mettre un peu en eft4,
de nous défendre, faisant tra vailler à desaffûts,plante
des palissàdes, ôc monterdi
Canon aux endroits les plu
pressez. Je voulus envoyé
oir dans un Baflimcnc Chi-
(Ys
a p cysy partenant ail Roy 1 appartenant au de
iam, qui venoit de paflfer
evant la Forteresse ,& eftoic
ncore fous noftrc Canon, iln'yavoir poinr quelques
Tovifions à acheter; mais
'en ayant receu qu'une reonse
impertinente & extraagante,
je commençay par
aire tirer quelques volées
!e Canon, qui l'incommolèrent
à ne pouvoir plus faire
on voyage pour cette année.
.e foir du mesmejour, je fis
.bandonnerunFortqui étoit
le l'autre collé dela Riviere,
à caufc de rimpoflibilitc où
nous e ftionsde le garder ep
j'ordonnay à l'Officier qui
commandoic dedans, de faire
paflferducofté que nousvoulions
garder toutes les munitions
qui yefloicnt, & de
faire démolir tousks nier Ions
des eJnbrazures, de faire crever
tout le Canon & d'encloiier
celuyqui n'auroit pas
crevé. Il yeut dix huit pieces
deCanon de fonte allez bel*
les qui creverent,&l'on encloiia
le reste, dont il y en
avoit une grosse de cent dix
livres de balle, qui ne creva
pas auiii, quoy qu'on y cuit
donné tous ses foins. Les Siamois
ne tardèrent pourtant
guere à les defènçloiier,& à
les mettre en batterie, ayant
pour cela une a.dresse particulierc.
Nous fiftpçs.fnfyite
brûler unVillage quieftoiç
proche de nos retranchemensj'&
deux ou trois jours
après, voyant que lesSiamois
travailloient à rétablir ce Fore
abandonné,&n'enappercevant
qu'un petit; nombre,
j'envoyayuoCapitainç
, un
'>un Caplt~lnç
Lieutenant & un Enseigne,
avec trente hommes dans
deux Chaloupes) pour tenter
s'il y avoir moyen de les chasfer
dé ce Fort,&de le démolir
de telle forte,que lesEnnemis
nes'enpûfient pasfervïr)mais
à peine ce détachement fut
au milieu de la Rivicre, que
tout ce Fort, & une longue
muraillequilejoignoit, parurent
pleins de gens -armez
poúr.lts atrcndre. Nos gens
iïcanmoins ne voulurent pas
s'en retourner sur leurs pas
fans rien faire, quoy qu'ils
viflent bien que la partien'eftoit
pas égale. Ils mirent pied
àterre,& effpyerenr le feu
t
des Ennemis, & six dentrecuxefcaladerentle
Fort,dans
lequel après avoir tué quelques
Siamois, acca blez par la
multitudeils fc retirerenr,&il
ne resta aucun François, ny
dans le Forr,ny iur lerivage.
Deux furent tuez dans les
Chaloupes, il yen eutQtux
aurrcs de bicflfrz.u
t Nrusfilmesensuite un
grand feu con[re ce mesme
Fort, pour empêcher qu'ils
n' y élevaflent un Cavalier,
auquel ils travailloient, &
qui auroit découvert toute
nostrePlace}ôc nous eûmes
le plaisir deleurdétruire pluifeursfois
tous leurstravaux,
aufquels ils s'opinia ftroienc
toujours, quoyqu'ili perdisfent
un, grand nombre de
gens; & le grand feu que
nous faisions denoftre cofté
ne les empêchoit pas de
changer, & de tirer fans cette
contrenous les Canons qu'ils
avoient defencloiiez,& d'autres
qu'ils avoient faIt venir
dcSiam, avec des Mortiers
&des Bom bes; à quoy nous
ne nousattendions pas, dont
ils ne cefferenc pas de tirer
pendant troisou quatre jours,
ce qui nous donna leuJement
de la peur pour nosmaga-
Gns, & autres maisons qui
n'e ftoient couvertes que de
feuilles.
Il ne se pafToit guere de
nuits qu'ils ne nous vinssent
donner quelque faufle attaque
pour nous laiTcr) & faire
toujours tenir toute nostre
Garnison sur pied, & qu'ils
ne fissent paroistre des mèches
allumées, tantost: d'un
collé, tantost d'un autre, &
quelquefois dans des Bal!ons
qu'ils laissoientalleraupré de
l'eau, pour nous oiter par là
le moyen de prendre aucun
reposj & nous furpreildrcen
effet. Apres tant de fauflfes
attaques, il feroit difficile de
s'imaginer Textremité de fatigues
où nous nous trouvions
tous, tant par les fréquentes
alarmes & par le
travail,) qui estoit presque
continuel, cjuepar le manque
de nourrirure, & par la.
guerre que nous faisoient les:
Maringoins, quenos Soldats
trouvoient plus cruelle que
celle des Siamois ; comme
aufïi par les grosses pluyes
qu'il faisoit incessamment,
pendant lesquelles nous avions
beaucoup aCTaindte
les furprifes3 car les. armes à
teV auroientelié.inutiles,&
oni.o'cust-jpû><distinguer un
Siamois a un pas dieipy.Ce
fut dans un de ces temps qu'il
entra dans nostrePlaeetrois :Soldats Siamois.,qui-par diverscharmes
dont ilsavoient
le corps garny, s'eftoienc
coulez,&avoient entrepris de
venir brûlefc nos maiions &
nos magfiftfts.Une de nos
Sentinelles se sentit plûtost
:
blessee d'un de leurs coups,
qu'elle n'eust pu lesappeeçç,
voir: ayant neanmoins fait
du bruit,on leur fit sentir
que nos armes avoient plus,
de pouvoir que leurs charmes.-
Il en mourut un {ur la
place; un fccond alla mourir
dans les lofiez,&le croificmc
fort blefie alla décromper
ceux quiseconfioient en
ces fortes de secrets.
Nous reliâmesainsilesdix
ou douzepremiers jours fans
pouvoir apprendre la inoindre
nouvelle de qui que ce
fust ,dans la croyance qu'on
avoit fait main-baffe sur tous
les- François peuc-eftrc
autu lurtousJes autresChre*
fliens,& ne sçachant où mettre
notre esperance qu'à nous bl(ndéfendre,&ne pastomber
vifs entre, les mains de
cette cruelleNation; car
nous ne pouvions esperer ny
secours de dehors,ny retraite
ny composition de nosEnnemis.
Dans cette circonftancc
nous réfolûmes de hazarder
une petite Barque appartenante
à la Compagnie^
& quiavoit depuis peu relâché
à Bancocq. Je l'envoyay
fous la conduite du Sieur de
S. Cricq , Lieutenant.) avec
neufou dix Soldats, pour cacher
de paffera& trouver,
s'il -% y avoit moyen, deux
VaisseauxSiamois montez
par des François
,
qu'on
avoit envoyez depuis deux
mois en course contre des
eôrfaires. On voyoir bien
la difficultéquily avoit à descendre
laRiviere; mais dans
lesaffairesdeftfperées5 com,
me les nostres, il falloit beaucoup
hazarder.Cette Barque,
après avoir essuyé quelques
coups de Canon du Fort des
Ennemis3defeendithors de
îoftrc veuë; ensuite de quoy
,lie fut si vigoureusement
.ic&quee, que nos gens ne
)urent empêcher l'abordage.
“e Sieur de S. Cricq, homne
d'une pieté extraordinai- re dont la vertu ne dimiluoiten
rien le courage, fit
)our se défendretoutce qu'-
in tres-vaillant homme peut
aire, & mit enfin le feu luanciré de poudres, &à
outes les grenades qu'il avoic
xnaffées(ur le pont pourdiriper
la multitude dont il
ftoic accablé. La Barque
,nfuite s'estantalléeéchouer,
se trouva encore environnée
d'une infinité de Galiotes.
en forte qu'il ne luy restoit
aucune esperance de -fc tirer
défaire. Le Sieur de S.C-ri'q)
aprèsavoir fait quelques prieres,
SRxhorté ses Soldats à
bien mourir,,les enferma tous
-
dans la chambre, & quandj
JeBaflimencfuEemieremeitCi
rempli deSiamoisquiymontoient
detous côtez en grand
nombre, qu'il fceat - qu'il
n'y en pouvoir plus fR[ter,'
&quilles entendit se réjouir
de leur prétendue vidoire, il
XQic le feu aux poudres
, Se
fit fauter &la Barque, & tpus
les Siamois qui estoient dcC.
fus, qui pour lapluspart moururent
avec luy. Cet gâe d'intrepidité
étonna cette Nation
plus qu'on ne peut dire,
Ôç se répandiçbjen-cost par
(tout le Royaumé. Opra Pitracha defqncôté,
sur la prelnierc nouvelle que
luj avoit écrite le fecondAnv
hafladeur dés qu'il fut arrivé
avec moyàBançqcq,qqc je
faisois difficulté de fppivter,
navoit pas manquéd'envoyer
Mr de Metcllopolis,
comme il s'elloit proposés
mais le Prélat ne servit à
Bancocq que devittime à la
fureur des Siamois, qui irritez
extraordinairement du
nombre de leurs gens que
nostre Canon tuoit inceflamment,
se jetterent sur luy,
pillerent tout ce qu'il avoit
dans fonBalonJuy arrachèrent
faCroix pattorale& son
Anneau,& prirent tous Tes
gensprifonniers,le menaçant
de rexpofer à nostre Canon.
Deux ou trois jours aprcs
mon aarrrr..vveee aà Bancocq, j'avois
écrit une Lettre auGrand
I4andarip,par laquelle jeluy
* Jj ',' e
avois fait sçavoir que tous les
François ayant appris les ou.
trages qu'on avoit faits a ceux
de leur Nation}&cles bruits
quicouroientpubliquement
qu'on ne les vouloit tirer de
ia Fortercfle que pour les faire
tous périr5n'avoient point
voulu accepter le party de
monter, & qu'ils estoient
cous tefolus à vendre bien
:her leur vie, si on les pouffoit
à bout; que ce qu'ils
ivoient fait neanmoins
J
Sc faifoienc encore, n'efftoit
que pour la défendre)
& qu'ils estoient touj
jours prests d'accepter des
Vaiueaux, & de lerccirer pai-
:Gblemenr)sion leuren vouloic
accorder.
Apres qu'il eut receu ma
Lettre, & les autres nouvelles
que les Mandarins luy
firent sçavoir de nostre en.
tiere détermination, il voulut
tenter encore un dernier
moyen, qui fut de me faire
écrire par mes Enfans qu'il
avoit faitmettreaux fers avec
les autres Officiers Fiançois
quiestoientâLouvo. Illeur
didta luy-même la Lettre,qui
portoit qu'il n'y avoir plus
de vie a ciperer pour eux, si
je ne montois cpnformcmtnc
à la parole que je luy avois
donnée, & que creftoit encore
une grâce qu'illeur faïfoie,
d'avoir differé leur châtiment,&
de leur avoir permis
de me fairesçavoir l' état
&le peril où ils seirouvoient.
Je leur écrivis pour répGnfc,
que je donnerois volontiers
mavie pourconferver la leur,
mais que lors qn'il s'agiffoic
de l' honneurdu Roy,& de la
conservation de ses Troupes,
il n'y avoit nul interest qu'il
ne falluft facrificrj qu'il leur
devoit suffire pour leur con.'*
folation de n'avoir point der
crimes,&quele Roy Içauroit
bien venger, quand il
luy plairoit,les outragesqu'OOE¡'
leur pourroit faire. Pitracha*-
n'attendoit pas nne réponses
de cette nature. Les nouvelles
qui luy venoient inceflammenc
de la maniere
dont nous nousy prenions,
le firent entierement defefperer
de nous avoir par aucun
de ses artifices, & l'obligerent
apparemment à se repentir
de ne m'avoir pas ar.
relié quand il m'avoïcentre
ses
es mains. Il jugea bien d'ailleurs
qu'il ne luy(croie pas
.acile de nous avoir à force
Duvercc, par tous les travaux
lu'on luy rapportoit que
vous faisionsinceflammenr.
1 avoic à craindre que s'il
aifoit donner quelque affaur,
k qu'il y perdift un grand
lombrede Siamois ,cela ne esdégoûtafi
, & ne leur fist
)eut.efiretournercontre luy
a fureur qu'il ,avoit allumée
oncrenous.Ilcrue donc qu'il
f avait moins de hazard pour
uy t
ôc qu'illuy feroit plus
acile pour le prefenc de travailler
ale défaire des Prit
ces, car il en avoit un enci
ses mains, & avoit envoyé
; y avoit deja quelque temj
- un Grand Mandarin* non
meOpropolotop , qui efto
à sa dévotion
, avec milj
Soldats ,.& ordre d'en levc
encore mille dans la ville c
Siam,prétendant qu'ili
-
avoit là des Seditieux. Il i
voit aussi détache plufieui
Mandarins affeaionnez a JPrince qui estoitencorec
-,cetteVilléj-pourles envoya
à Bancocq cofrtre nous , i
avoir de plus fait arrester foi
l, : '1
b f ,.W V* , * v 4 ta
Mivers pmefctes les principaux
Mandarins de qui il
! pouvoit se défier; de forte
qu'il sVftoit rendu par Ces
adresseslemaistrede la Ville
&du Palais de Siam,&- avoit
mis le Prince quiy-estoit,
hors d'estacde luy rcfiflér.
Il fit donc assemblér les principauxMandarinsqui
étoieht
à Louvo, se plaignant devant
euxfortement des Princes ,
^leurdifantqu'ilatôit appris
pour ctrtain, que pourr«-
merciment des bons services
qu'il leur ayoit rendus ,ils
avaient feiolttde'se d*C'ffqirc
de luy ; leurdemandant ce
qu'ils penfoienc là-dessus.
Je fmsperfuadé que pour lors
: beaucoupid'çu.xvirent bien
oùil- eaLv-puloit venir; mais
-
,"là pujfÇance. c-floit trop gran- de,pourîqu'aucun ofaftrien
/;f4irçjpaioifce .qm puft en
attirer IUÏ\\mauvais party.
: Il avQÎÇïCU!£bia d'engager les
principaux,
,,
en leur faifanc
,encrer de nouvelles Charges ^"(digni^,z;;&p'avoicmis à
la t-çâ..ç dpftsTrpupes,&àJa
gardé de§ endroits les- plus
dç,cqfifçquence,que ceux
qu'il fjaypic. bien estre en-
"Tt f
défcmenc à luy.Ilscqnclurent
donc queles Princes:
estoient des ingrats » qu'il
falloit punir. Il envoyaauflïtost
Tes ordres pour sefijifir
deceluy qui elîoit àS'iam^l
&; l'amener à Louvà,&
enfuire il les envoyai tous!
deux à une certaine Pagode
prochedeThelipoufTonne»>
pour les faire mourir à coups
de bois de Sandalle,enveloppez
dans des [acs d'écaflate,
suivant la coûrume du
Royaume de se défaire des
Princes du Sang.
Voiià commecet adroit
Politique souvroic inceflam-î
raçndeichetanpour monterj sur le Trône-ouil,afpiroit.i Oi'le ou 1 irolr.*
Quoy que l'on nepuisse nier
qu'iln'aie eu bien du bonheur
d'avoir pu mettre tant
doTeftes à bas, fans exciter, lemoindre remuement dans
le Royaume
, on ne sçauroit
aiilïi:douter qu'il ne s'y foie
prisrbrcadroiccmenc
>
& en
hommede; grand cfprit; ce
quis'esttrouvécontraireàce
que m'avoic die le Sr Conftance,
en parlant de luy, que
c'estoit une beste incapable
derten faire réüllIr. Il avoic
* -
me au plus lur, & de la ma- -
icre qu'il s'y elloiipris
,
s'il
'avoic pu s'emparer de la
Couronne fans trop se hazarer,
il auroic pû se contenter
le la feconde placeduRoyau..
ne, quine pouvoit luy- manluer
fous le Regne desPrinzs.
L'ancien Roy eftoic enore
envie.quandils'en dé- it.Ilmourut lej durfuivanrs<
iprés quoy Pitracha donnai
le grandes-Charges ài tous
reux qui lawoiènr .ferVjry
flevatous les Mandarinsqu'il
ivoit* quelquefois- interest de
ménager, Õ(:, délivra mefaia
E iiij
tous ceux qu'il avoir tai
arrcfter prisonniers, pou
le gagner le couurde tou:
par ccs adlions de clemcnce
Il soulagea le Peuple de se:
servitudes , & ordonna quc
l'on fist des aumosnes publiques,
qui, quoy que de pet
de dépcnfe, ne laissoient pa:
de le faire beaucoup louci
ôc estimer, de force qu'iln'efl
pas arrivé dans le Royaume
la moindre (édition & revol
leà fonoccafion.
Pour la Princesse ,il aitra
mieux la garder pour en faire
son Epou{e, que de luy faire
le mesme party qu'il avoit
fait aux Princes, Il s'attacha
à tafeher de gagner ses bonnes
graccs ; on croyoit qu'il
la relerveroit pour son Fils,
mais il aima encore mieux
la prendre pour luy. On dit
que cette Princesse refïentit
une douleur extrême de la
mort de celuy quieftoic, ou
qui devoit estre son Epoux,
& que dans ses emportemens
elle ne gardoit nulle mesure
contre celuy qui en eftoic
l'auteur, 8( se repentoit fort
d'avoir esté si contraire aux
François; mais apres tout,
I
elle a mieux aimé vivre Reine
que de mourir malheureule.
La Cérémonie publique du
mariage n'efioit pas encore
faite avant noltre depart ,
mais on ne doute pas que la
chose n'aie esté faite.
Pitracha n'eut pas plutost
pris le party de travailler à
se défaire des Princes, qu'il
pensa à trouver un moyen de
s'accommoder avec nous,&:
de nous faire sortir de son
Royaumeen paix. Il ferefolu
t pour cela de m'envoyer
mesenfans, comme une marque
de la consideration qu'il
voit pour moy. Il les fit
onc venir devantluy,& les
yant d'abord voulu intimier
par la vuede lai-nort,pour
prouver leur confiance
,
il
;ur ditqu'il se fentoic élnû de
ompailionpour eux, & qu'ih
onnoiffoit d'ailleurs la droiire
démon ccéurfçavoit}
ieii que je n'ellois pas Ca-;
.able de iÚanquer à ma. pa-j
:>le
; mais que c'estoit les
"rou pesqfous des terreurs
aniques n'avoient pas voui
obéïr; qu'il leur donooic
i vie, & qu'il vouloir bien
ne les renvoyer, & par eslime
pourmoy,& par amitié poui
eux. Il neleurfitpourcani
point encore aucune proportion
pour nous faire.
La réponse que j'avois faire
àl eur Lettre lesrencontra en
chemin, & fut neanmoins
renduë au Grand Mandarin.
Ils revinrent à Bancocq le
jour de S. Jean Baptiste,apportantavec
eux une grande
joye à toute la Garnison, qui
les avoit crus morts, auflibien
que tous les autres François#
qui estoient entre les
mains decetteNation. J'çus
de la peine à concevoir pourquoyle
GrandMandarin en avyooiitcuuCfeéddeecceetttteclotbrrtree,,
ddcalnnssuunn
temps oùnousnenousattendions
à rien moinsqu'a ce la ;
mais dans là luire ayantappris
la prise Ôc la more des
Princes,je conjeeluray qu'il
avoir voulu par cette action
de genero-sité
;.
s'ouvrir un
chemin à lapaisavec nous,
& les deux Mandarins que
nous avons interrogez sur ce
poincmorçç confirmé dans
mon fentimçnc.
Depuis ce tempslà,le feu
ceflaun peu de parc & d'autre-
Il se fiediverses propositiôns
d'accommodement. L
temps, le feu mis à la Barqu<
&la mort des Princes ralenti
; soientbeaucoup la fureur de
Siamois contre nous,qui dan
les commencemens eftoic j
grande & si generale
, qu
jusques aux Femmes mefm
venoient de leur bon gré d
par dévotion -'apporter 8
préparer à manger aux Sol
dats
, & autres qui travail
,
loient à leurs Forts, voulan
par ce moyenavoir part l
<
nofire défaite. Toutefois de.
puis le commencement de h
guçrre.jusqu'à noare entière
forcic, qui ne fut que cinq .,,ja- *"nous'n avons Jamais
eftéun temps Qù il n'y
eût à craindJç,& oùil ne fallit
ttoujours tenir presque toute
la Garnison sucpied,nonob-
[ftant les paroles &: les afftarances
qu'ils nousdonnoienj,
& qu'ils retra&oienc aussi
:
quand iljeurplaifoiç.Il cou- :roit desbruits si forts qu'ils ne
f nous parloient d'acommodet
ment que pour nous tromper nous furprcndre, par leurs
gartificesy,que nous-,ne)nous
1 pouvions tenir assurez de
-
rien.Jecroy que lapluscru£1.
le chofc qui foie au mondé,
est de se voir, comme noui
efiions, en ncceffité de traitei
avec des gens, en la parole
defquelson fçaic qu'on ne se
peut pas fier.
Sur la fin deces Ion guesôc
ennuyeufcs negociarions)
pendant lefquellesje trouvay
le secret de garnir la Place
de vivres, arriverenc en rade
les deux Vaisseaux montez
par des Françoise qui se rendirent
avec nous dans la Place.
On nous rendit aulIi les
OfficiersFrançoisqui avoient
cflé jusque-là. détenus prionniers;
quelques autres en-
:ore qui estoient à Louvo
lU à Siam, trouvèrent aufli
5 moyeni AGL reveotuLayec
fOUS. Nousapprîmes.pour
[>rsendétail tous les tuauvais.,
raitemens qu'lls.avoienr reeus
des Siamois, I&I perle
ution que les Chr'etlren\
iamois, Pcgons, Portugais.,
: autres avoient lotifferte-
)uffroient encore dans l'eflavage
où on les avotc!>^-
uits ; que le Seminaire de
lonfieur l'Evesquede Mcîllopolis]
avoit estéeniiere*
lent pillé, & qu'ils,avoienc
exàg©:ou:prispar force du
Camp Portugais de. jeunes
filles chrestiennes pour en faire des! Concubines- On
fçcutauffi par pn Miffionnai,
re qui avoïcesté pris & mis
àla Cangue avec tous les
Chreitieris,-d'une Province,
nomméeEbrcelone, qui est
alexcrénlite' du Royaume,
que dés le mois de Janvier
ils avoient esté sur le point
d-'feftcearrestez,& que depuis
on navoic point ccffé
de les intimider par ce qui
est arrivé
,.-
dans la fuite, ce
qui marqua qu'il y avoir
mg-temps que Pitracha aoic
pris fcs mefurcs pour
tirocëqu'it a exetutc deuist
-1' f
-
- J
..1JOl'
t Nous'apprifrnes aulli par
m François qui ayoiceH".
%k pïiÛMvnier -à jvirx^uy,.
(Ue M1'Bru'ani, &< les F atirj
fois qui eftoienc fous son:
commandement
, avoienc
buffert un.aÍfaut!,& que manluant
d-eàtr,écelianc c.om;.'¡
ftapdéz dans leur place par
jne- batterie que les Fran-.
(ois avoient faite; ilss¥-i
:oient retirez itrlavm le-;
feu deslEftïïemis,&Vcestoient
emparez dun vailieau di
Roy de Siam.
:
- Peu de temps apres,,,noui
eûmes nouvelle de rarrivéc
du Vaisseaudu Roy l'ori.
flânlC, qui demeura assez
long-temps à la rade fore en
peine de ne recevoir aucunes
nouvelles de nousni des
Officiers qui cftoienc defcendus
des Provinces3&que
les Siamois, qui sçavent mentir
6c fourber autant que
Nation du monde, avoiene
fait adroitement conduire
à Siam fans passer pardeyanc
noAre Fortcrcfle, ni
leur rien dire de tout ce qui
estoit arrivé. Si nos affaires
n'euffenc pasestéenestac
d'accommodement, Ics-Of-,
Sciers ôc la Chalouppe' auroient
couru grand hazard;
k ce Vaisseau ne nous auoit
pu donner le moindre
ecours
, par rimpoflibilice
DUilestoit d'entrer dans la
civière; &.d'avoir niefme la
noindre communication arec
nous, ce qui marque
:ombien le poste où nous
rftions estoitmai situé & peu
ivantageux, & que tost ou
:ard nous aurions esté obli- ,
,
gez dtHabandonner.->
Sur ces entrefaites, i' nous
arrivaune nouvelle affaire*
qui pensa de nouveautouts
rompre,. La femme du fieutf
Confiance, après avoir efhé
cruel lement tourmentée
pour !uy faire declarer tous
les effets de son mary, &
avoir souffert plusieurs autres
outrages, tant de la part
de ces miterablesBrafpeitits,
ausquels on avoit confié [al
garde , que de celle du filsde
Pitracha) qu'on nomme
à present le Prince, qui s'en
trouva brutalement paffiortle,
avoir trouve-le.moyen
le s'enfuir & de .deicervdre
! Bancocq,,ce qui.fuefeeu
les Mandarins & ensuitedu:
toy
,
qui nous fiedecl^rer.
lui n'y avoit aucun accamnodement.
à moins qu1cLa
le la rendist. Ils craignoicm:
ju'estant hors duRoyaume,:
rlle ne s'emparait & ne leur
îft perdre les deniers que son
nary en avoit fait sortir.;
Quoyque je fusTe extrêmes
mène inquiété de cettemauvaifeaffairequi
s'estoit faite
fans ma participation,ôc
qui venoit dam un - contre-.
temps cres-fâcheux, 1esSiamois
nous retenant à la considération
les Matelots,cables
& ancres, & autres cho.
Tes qui nouseltoient ablolument
neceflaircs pour nô.
tre [ortie, & que j'avais eu
toute la peine du monde à
mefna^cr• je crus pourtant
que je ne la pouvois rendre
fans pourvoir à si fureté. Je
voulus nufine tenter
d'obtenir
du Roy sa [orlie; mais
on ne voulut point écouter
ma propofirion3& la guerre
alloit fc rallumer tout de
nouveau plus cruellement
que
ue janlais. Onavoïc deja
lie arrester à Siam le Sieur
eret, que j'y aVOl,S envoye
our achever nos affaires,
)us lesMissionnaires & un
ere jesuite qui y refloit en.
)re,&on menaçoit de cruels
îailimens tous les Parens
s cette Veuve donc les Sialois
s'efioient saisis, de Torque
sa Mere mesme n/éivit
& me pria inilammenc
accommoder cette arfaire,
: que je fis dans un traité
e
Lr lequel le Roy de Siam
efme engagea sa parole
j'il la .Jaifferoit, & toute
sa famille en liberté de con
science,ôcde se marier avei
qui elle voudroit,&empef
cheroit qu'il ne lui fust fai
aucune violence par qui qui
ce sufl:, moyennant quoy j< larenvoyay.
Enfin nos affaires s'eftarli
diverses fois rompuës & rac.
commodées,lesSiamois s'ac
corderent à nous donner troi
Vaififeaux, des vivres, & tou
ce qui nous estoit necefiar
re, avec deux grands Man
darins en otage, pour nou
conduire jusques hors do
Royaume, & nous promit
nes de ne faire aucun mal a..
eurs Places; & d'en forrir
:ambour battant; mefchc
tilumee | avec armes & bajages,
ce que nous fismes le
our des Morts. On disoit cn-
:orc,que les Siamois nous at-
:aqueroient infailliblement
ians nostre sortie ou dans la
iefeente de la Riviere, mais
10US nous tenions toûpurs
ur nos gardes,&ilsn'entremirent
rien. Ils nous firent
eulement une nouvelle chi-
:anne:» après que nous fûmes
en rade, nous retenant
quelquesMiroies où il y a*
voie metme ae noitre canon,
qui avoient échoiié dans une
basle eau. proche de leur
Fort, ce qui nousa fait retenir
les Mandarins qui nous
r-cconduifoient & devoient
nous répondre de tout nostre
bagageil
est presque incroyable
combien de travaux ils ont
esté obligez de faire contre
nous, outre ce Cavalier de
cerre, que nonobstant nostre
Canon ils. avoient élevé les
nuits sur le Fort de l'Oued
dont ils estoient maistres. Ils
nous avoie>nc de plus environnez
de palliflades à une
petite portée de Canon, &
ensuite inveihs de n-cuf Forts
qu'ils avoient garnis de Canon,&
qui nous battoient de
veuë dans toute la place. Ils
avoient fait aulîidepuis-Bancocq
jufquà l'emboucheure
de la Rivière, des Forts,
pour emptfcher le secours
qui nous pouvoit venir de dehors.
Il y avoir dans ces Forts
plus de 14 pieces de Canon
en batterie qu'ils avoient fait
descendre de Siam, & ils avoient
pour cela ouvert un
bras de Riviere pour n'efire
pas obligez de les pafierl
nortre veuë. Ils avoient eni
core par un travail terrible
garni route la barre par ou
tous les Navires peuvent entrer,
de cinq ou six rangs de
gros arbres qu'ils y avoient
plantez de baffe mer, &qui
tenoienc si fort,qu'il n'eftoic
pas possible de paner par
dessus, n'y ayant laifle qu une
pane qu'ilspouvoient ai.
fémenr fermer avec une cbaî.
ne de fer,&y retenant toujours
grand nombre de Galères
armées pour la garde.
Afluremenc on nauroic pas
;rû ces Peuples capables de
ioutes ceschofes. Il eftvray
jue presque tous les Etrangers
qui estoient dans le
Royaume les avoient beaucoup
aidez contre nous; ils
avoient des Anglois sur leurs
ballimens pour les commander
& pourgarderl'entrée
de la Rivière, avec desHollandois
pour tirer leurs bombes,
& nous estions bloquez,
outre l'armée des Siamois,
par les Pegons, Malais,
Chinais.Mores,& autres, qui
avoient chacun leurs Forts
où ils estoientretranchez.
A la verice, il eust elte racil
d'empcfcher la conftrudtioi
de ces Forts, si nous euffion
eu de la poudre en abon
dance, mais nous n'en au
rions pas eu pour huit jours
si nous eu ffions voulu fair
jour &muit le feu qu'il nou
auroit salu faire pour les cm
pescher d'avancer leurs tra
vaux, & ainsi quoi qu'ils le
continuassent toûjours,mel
me depuis le renvoi de me
enfans,& dans le temps qu
ils faisoient des proportion
d'accomnlodenlcnr, ce qu
les rendoit fort fufpe&es
'aimay mieux ménager la
coudre & gagner du temps,
lue demexposer à nous voir
tu bourde peu de jours hors
l'estat de les repouffcr s'ils
;n venoient à un assaut,
k la fuite a bien fait voir
lu'on ne pouvoit prendre
in autre party dans les cir-
:onfianccs où nous efiions.
1 estoit à lavérité fort doueux
& incertain, si leurs
>ropofitions estoientfîneees,
mais il estoit encore plus
ertain que c't fioit tout per-
Ire que de ne les pasécoucr3
& c'estoit ce qui me
faisoit fbuvent dite à la piaf
parc de nosOfficiersqui n<
respiroient que le feu, qu<
nous ferions toujours à temp:
de faire le coup de desespoir
mais que le temps pourroii
enfin apporter ce que nou?
ne pouvions esperer de cou.,
les efforts que nous aurionî
pû faire.Je faiioisafTezfça:
voir à nos Ennemis par le;
Lettres que je leur écrivoisj
ques'ils n'agissoient de bon.
ne foy, & ne m'accordoieni
mes d emandes,je commen.
ccroispar faire faurcrleurs
forts
J crever tous leurs caons
de fonte que j'avois en
na disposition
; & qu'avec
outema Garniion j'irois son-
Ire sur eux, leur demandant
n ce cas Tunique grace de
le faire quartier à aucun
:rançois, de mesme que je
eur promettois de n'en
àire à aucun de ceux
iiii rem beroient entre nos
nains ; mais je ne croyois
las qu'il en faluft venir là
[u'à la derniere extrémité,
;c quand il n'y 'auron plus
l'espoir d'aucune meilleure
:ompofition. La fuite m'a
)ien confirmé, que quoy
quon nevoye aucun moje
de se retirer d'une mefchar
re affaire, il n'en faut jamai
defcfperer, mais au contrai
re se flatter toujours que L
temps y pourra apporte
quelque changement.Ce
luy qui arriva à la mort de
Princes, commençaàmettre
nos affairesen meilleurestat
La resolution que nous leui
faisions sçavoir où nou:
estions tous, & dont le Sieui
Saint Cricq leur avoit donn(
des preuvesne ftrvic pa«
peuàles intimider; mais je
dois avouer enfîniffant cette
1
dation,que la cramte de
vengeance de nofire Auisle
Monarque
,
donc les
mbaffadeursSiamois a-
>ient vu la puiffaticè., a
)nrribué plus quetoute
itre chose, aux conditions
'antageu{ès qu'ils ont esté
m*craintsrde .nous accor- Ceux qui feront reflexion , l' ce morceau dTliltoire, le
puveront fort considerae,
puis qu'on ydoit rearquer
que TUfurpateur
1 Royaume de Siam a cra-
^illé pendanc un fort grand
nombre d-années a tout c<
qui pouvoit-contribuerà Je
faireRoy (ans que personne
s'en foit apperceu, à quo)
il a réussi en feignant de fî
vouloir enfermer avec lei
Talapoins dans un CJoifire.
Il a trouvé moyen de se défaire
du Prince que le Roy
élevoic pour luy fucccder,
de Mr Confiance Favory
qu'il a fait mourir, ainsi que
les deux Frères duRoy,agisfanc
en tout cela avec tant
d'adresse, qu'il a obligé les
Grands de l'Estat à opiner à
leur more ôc forcé la Prini
ësle à répoufet- pour se faire
ndroità ta Couronne. Ce
ju'ily/àldfc fore surprenant,
est que toutes ces choses
e font faites fans Guerre ci-
'ile,'& fans avoir répandu
l'autre fang que celuy de
:eux auiipouvoienc regner.
iniîn on doit demeurer d'ac-
:ord que cet Ufurpateur le
)eut disputer en clprlC, en
ineÍfe & en conduite à tous
:eux de son caraétere
,
de
quelque Nation qu'ilssoient.
Quoy que l'ouvrage que je
eous envoye, paroisseeftrc
in peu de vieille datee, il n'a
.e
point encore paru dans le
monde.M'de la Neuville qui
en est auteur^&dont vous en
avez déja vu autrefois quelques
autres dansmes Lerrres,
s' écoit engageafaireun IJille
sur les Montagnes, fcmblapIe
à ccluy que vous verrez
aujourd'huy sur les Bois) &
tous deux à limitation de
ceux de Tilluftre Madame des
Houlicres, dont il avoit l'avantage
d'estre connu,mais
on dit qu'il a tourne ses foins
sur une occupation plus se.
rieuse que celle de la PoëGc.
Je vous en entretiendray
quand
[uand sonouvrageaura palfé
e son cabinet dansce lu y de
:samis.
L E T T R E
A Mademoiselle D. B.
p Ourquoj me demandir si
obligeamment, Afademoifel-
>
rIdiUt desBon qui vous
)partient mieux qu'à rnoy
)
puiste
jene lay fait quepourvous,
rqu infpifé de vous;Crïtowme
cet honneur ne fujjifQii paspour
mpltr toutemon ambition^njous
outez encore, que VWsyoîile^'
apprendre >quepo^rne ïoMiçr
- i ,
jamais, &mesmelefaire vo
à noflre illustre Amie Marian
des Hotilieres, à qui nous avo\
r
l'obligationJ'avoir.ranJent"si
le ParnasseFrançois, ce genre <
poësie galante j£$r morale 11
nefloitplus connu que de tApo
Ion Italien., le n'oje vous di;
icy
,
Mademotfelle
, tout ce qe
faysenty en lisantvostre char
mant billet; igr quoy que voi
me flattie'{ de vouloir apprend\
mon idille,je vous avouede bot
neJoy que le plaisir d'occuper ut
place dans vojtre memoire
J
sen
fkloit ne me plusfujfîre,0* q- eujjantplus loin ma bonnefil
ne,j'ay bien osé défiter pafier
vofhrt fouvenirjusques dans
flre coeur. Voila ce que ccjl*
ïademoifeilt
3 que dt mannoyiun
bonheur qui devroit borner
m ambition & mes jÕuhtAÏts ;
lis non content de et qm pour- itsatisfaire mes desïrsyje chere
encore à l'augmenterpar thonurde
vous plaire aufft bien que
r le plaijtr de vous obeir.
LES BOIS.
1DILLE,
DEja lebelAstredujou,
Avoit rendu par Ion retot A nos Prelieurémailt à nos BfJ
leur verdure,
JEt deja les Bergtrs , dans cet he:
reux sejour,
.De concert avec la Nature,
Sembloient ne respirer que la jo"
& l'amour,
QuandIris & Daphné,Nimph
jeunes & belles,
Que le tendre Damonconduift
*
ces lieux,
Se dérobèrent à ses yeux,
Pour s'allerperdre enfemblc t
des routes nouvelles.
Damon quiles (tliVDit dans les Bois
de*Balfy,
Sousun feuillage obscur s'alla tâcher
prés d'elles.
EtIk ces deux Nimphes fideUes)
Se croyantfanstémoins difcaura.
rent ainsi.
Daphné fut la premiere à rompre
Je silence
> Et dit, en embrassant Iris,
Puis que dès nostretendreenfance,
L'amitié joint nos coeurs ainft que
noie[prits,
Reçois la tendreconfidence
De tout ce que je sens, de tout te
que je pense.
Et vous, tranquilles Bois, dont
nous troublons la paix,
* C'est le nom de leur TAUX.
.Ecoutez..nos Jouptrs > &nenfartez
jamais.
Nousfuyons toutes deux &la Ville
& les hommes,
Aimables Bois
,
confolez^ nous.;
Jadis vous n'avity, que des
Loups,
Maishelas! au temps où nous
sommes
Paris , ena bienplusquevous.
Vostreprofond repos a pour vous
tant de charmes,
Qtfil calme ce jufie couroux,
Que causent les AmansJesMaris,
les jaloux,;
Mais pour mieux revenir denos
trifies alarmes,1
Le coeur gros de soupirs, les yeux
baignez^delarmes*
NOIIJ vous le dirons mille (où,
ConfoltKrwous, aimables Bois,
1. Ce feeret nous est dimportance,
Qjtoy qu'il n'égale pas la grande
confidence^
Que tant de Bergers tous les
jours,
Vous font de leurs tendrel dmours,
Dont vousfçavez^ la.violente.
Souvent les oiseaux, plus heureux
Que les lJergers.-& les Bergeres,
Néprouvant point d'amour les
teurmens rigoureux,
Vous font. aimables Bois9 les
seulsdèpositaires
De leurs petits foins amoureuip.
Tout demeure chez,vous dans la
pwte nature :
Rien ne sy fait à l'avanturet
Vous avoy, cemme vous »
& vos jours) & w* nuitsy
A/iais netas> comme nous, v*n
n'avez, pas d'ennuis;
C'ejt ce qui fait nostre murmure
L'uniquedessin des humains
Nous paroist&cruel& rude.
Si nous cherchons,au fort denoftr
inquiétude,
Pn discret confident, tous nos effort
font vains>
Bois, on n'en trouve fins que)
voflre solitude.
Onne voit pluspartoutailleurs,
Que perfidie & qu'inconfiance.
jLes bomnies,pouravoir des coeeirs.
N'ont pas plus dereconnoissance,
'Le plus foible dépit> 14 plus légert
absence
Borne dans un iour leurs douleurs
Ih font i ingénieux à craindre des
rigueurs,
Qu'ils
Qjtîls ne craignent quen apparence
,
Et fans faire la différence
rs doux empressemens & desjombres
froideurs
Ils tombent dans l'indiffer9ence
Qui lesnoutrit dans leurserreurs*,
Ainsiifnit leur efperanct.
detnd le Lierre une Ion se'joint
a quelque Ormeau, il s'y joint pour toute sa vie;
k les charmes nai/Jans d'un nouvel
Arbrisseau,
'e font fa* naifireen luylaplus
Jegere envie r
De quelque engagement nouveau.
fuit les mouvemens de la fculs
nature.
Lors que FArbre seche surpiè ,
LeLierre commeparpitié,
Le veut couvrir desa verdure.
kt si par sa vieillelfi il tombe
pourriture,
Le Lierre3 quand il efl lièt
Æ/J tombant avec luyprendla me
ipe popsre.
Le Palmier na~t*il pas deparei
mouvement?
Quand d'un autre Palmierilvet
joindre les Palmes,
Alors ces deux Palmiers aman.
Etroitement unisparoissent bie
plus CdImes,
Qu'ils ne feftoienl tous deux dan
leurs e/oignenuns.
feut-ontrouverquelqu'un dans l
siecle où nous sommes)
Qui s'attache pour plué d'm
jouri
Won , les hommes font toujour
hommes>| - Vnmomentproduit leur amour
Vinfiantqui Je fuit, le détruità
sontour.
ibjâtle plu* aimé, ïobjet le plus
aimable,
"Ne devientil pa* haissable,
lors qùil ne leur paroifi plus
6'tll* !
r rencontre souvent de quelque
objet nouveau,
Peut-estrè un peu plut ayreable,
JWetleur amour dans le tombeau
Ou jj/f lont encore fidelles,
Maigri cei changement divers,
I voiîcon un dans i Pnive's,
vandla Parque a romputant de
chaifnes si belles
)
ui ne cherche auB-tost à porter
dautres fersï
On voit tout changer sur faj
terre,, h
Les OiseauXi de bocage, &U
Ruiffeaux, de lit
Zes Prez^changent de fl,eurs, e
les fieurs de pdrierre,
Tout tombe, touts'ensevelit,
Vne loy fttale &feverey
Contraint chaqueebofe4 chan
ger)
Zes moutons changent de Ber,
géré3
Et la Bergere de Berg".
• Jris ,
qufjimesme esprit anime,
Ditàson tourà fo Dafknè,
Zes hommes, commeà toy,mont
à la fin donne
Tant de mépris pour leur efiimei
Que jeetoitois commettre un crime
De ne pa*applaudir à ce jour
fortunét
04 mm coeur aconnu quilefioit
subornè.
-
*tireur qui me flatoit efi enfin
dijTipèt
»
e renonce aux douceurs de leur
perfide amour,
Je ne veux plus estre occupée
[a* aescharmesnaiffans de ce
charmant fejouri
Et puis que Les [ombres bocages
fontàprefent, Daphné,C(Jhiet de
Ils desirs
> 'oiiil!ons toutes deux des me[mes
avantages,
Et goûtons les mesmes plaisirs.
Bois, forefis
;
de qui la verdure
\emble
,
quand eUe nalfi> réjouit
la nature>
C'efi à vous seuls à qui j'en veux,
leceve2^ leur dit elle,aujourd'hMJ
tous mes voeux.
Onnevoit quevonsdeconfia
Xoin de changer jamaisfarbre
votuàttache,
Jlfautpourlequitterquel'ont
en arrache ,
Et que fonrompe ainsi de telt
gagemens.
Si vous avq quelqueinconfai
C',p pour obéiraux faifont,
L'hiver feul avec ses glaçons
Vous fait changer en apparet
Mais le Printemps qui fuit, v
rend des sa rtaiffance
Voflre verdure &vos boutons
Zt fait connoifire aUrsquelle
voflre innocence.
On ne vous voit jamais>Bois ch<
mans ,
heureux Bois,
Quitter les liellx qui vous si
., naiflfe',
£t si par de funefies ioix
y
,oui estes oblige^d"en sortit uni
foti,
, Le Kojiyiol a beau paroifire^
rota n'yretournez^ plus ouïr 14
douce voix.
l'os dèpokilles noua fontUtiles
Dant nos matfonstfur nos Autels,
font servez, à parer les Palais de
nos Vtlle, ,
}tt offrevosodeursaux QécuXtaux
Immortels.
NI vos NimpbeSiny vos Drya-
* des,
N'ambitionnent pat le defiin des
dr-ayddes:
On ne
jés entend point sur d*infi~
deDes tons,
Chanter pour d'autres Dieax, que
pour leursDitiox-chimpedres,
27y sentefiant pour des Tritonty
Joindre leurs chiffres à lei
noms,
Et les graver aux troncs des h
sires.
Si vos Faunes & vos Sylvain.
Plus heureux dans leun fers que
font les Humains,
Nefoufirentp-lus que pour eU
S'ils font aussi conflans quelles le
tinl pdeUeJ,
Ils riappréhendent plus leurs j
gueurs, leurs dédains,
- Mlles ne craignent plus de voir let
feux tteintJ,
Et dans leurs fiâmes *#ueeei
S'ils ont quelques rivaux, ce fo
les seuls ZephifS,
Qui font témoins de leursplaifi
Si vos Nimphes toujours fin
rest
PATfagent vostre fermeté,
JZes Dieux noua font bien plus
fevetes,
lt traitent bien plus mal la faible
humanité.
Les hommes rebelles, perftdes,
Font gloire de leur trahison,
:t par un mouvement autant hors
defais
Qjiils font &fo)ibles, &timides:
Zes sens qui deviennent leurs
guides
Leu, font ouilierlarairon.
L'homme qui n'est point néparjureID
Pour suivre sa foiblesse &fin tempéramenty
Par son fanchant au tbangemeut,
Faitviolence à la nature.
Cequil veutaimeraujourd*huyt
Ill'aime fans nulle mefNre..
Demain cene fera pius lay, u',
Et son coeur changeant defigun
Sçait faire à ses fiaifin fnccèdt
son ennuy.
Après un grand nombre d'armées
Za mort qui vient$le surprend
Paroisià luy comme un torrent\
Qui£entraifne bien tost à d'autre,
de[lineeu
Ce coup plus craint dans tVnivers
Qjton ne craint celuy du Tonnerre,
Par un sînistre &promptreversi
.Le précipite fout la terre.
Rarement la poflerite,
Vantent-elle long temps son nom, ny
sa memoire.
Lors que l'homme estvivant .,¡l efA
couvert de gloire,
Mais l'homme après sa mort ef&
dans Cobfcuritè.
OoÀr * vous efies heureux malgré
p*
vofireviciUejJe
rQMS eaufezi une feinte & venerable
horreur ; Ide la t'ifieffi;
Maisîhomme en fin déclinna que
Chacun le fuit» chacun le laisse
-,Saprudencesechange enteur, »
Et [onesprit tombeeufoibleffe*
Voila de tant de foins, bêlas i le
trifie fort,
Quifontaimerla vie, redouter
la mort.
Arbres»vofire âefiin el plus digne
d'envie,
Vouspouffe^pendantvofire vie,
Des feuilles, des fleurs
,
d" des
fruits.
Etquandfouslefaixdes annies
Vous fimffexjvos dessinées,
Vous mourez^ fans regret»fans remors
yfansennuis>
yofire encens sur l'autel, pendat
nos sacrifices,
Rendflexibles les Dieuxànos hun
bles [ouhaits
Et vous parfumez^nosPalais,
MlIil du feul homme
,
helat! qf4
teste-t-ili les vices,
De qui le souvenirnepeut périrj*
mais.
Ces deux Nymphes inconfola
bles,
Sur tant deâifferens malheurs9
Qui rendent les hommes coupA
blest
Sortirent de ce Bois les yeux bai.
gnez^dcpleurs.
X'une& lautrejidelle) & toutes
deux aimables,
Par un fermait nouveau, jurèrent
que leurs coeurs Seroienttoujoursins,eparables.
( Il me [ouvient) Madame,
ue je vous ay oûy demaner
autrefois, s'il faloic dire
ordeAUX ouBourdeaux
1. en
^rlapt de sa.Ville Capitale,
e Guyenne. La Lettre qui
lit éclaircira vostre doute.
A MONSIEUR ***.
LL, AV quejii*on que vous mefaites9
Monsieur
,
s'il faut
ire) Bordeaux ou Bourdeaux/
\e fait souvenir de eAie-que fit
utrefouPompée aux Beaux-
Vfrits deHome,poursçavoir
il faWih mettre dany linfcrï-
< 4
ftion deJes titresauTempledi
Uyifloirc, tertio ou tertiùm
Consul. CiceronJefit une occupaiion
grave dy'penser, pour
en donnerferieufmentsonaruisl
qui nous efi rapporte par jiulugelle
dans fort.belouvrage,intitulé
Nodles Atticae. le ne me fins pas moinsoblige que l'Orateur
Romaindavoir de l'application
pour la Critique du nom d'une
des principales villes du Royaumt,
&qui par le Teflament de
Charlemagne efi qualifiée une
des Métropoles de son Empire.
levatf donc vous en écrireavec
foin (Uns cetteLettrey eny Met,
Wt d£ U doxuïf en quelques titmraits,
f*our orner un peu le ne * *1T.firou de 14
Umille du deffuntTrejident dé
\ordeaux,quifut ^mhajjadeur
v Angleterre, fwurroit prendre
arty pour Bordeaux, afin d'a~
icir un nom commun avec unt
rande & belle Fille; mais ni
tous ni moy,riavonscet intetft
particuliery au préjudice du
on choixquilfautfaire.
Une pretendue étymologie 4
lonné lieu au doute. Ilyatien
les gens qui lisent 0* écrivent
Bordeaux
*
fer l'imagination
qu'ilsout3 que le nom de cetli
Ville, Itty vient du Bord Jc<
eaux,(7qu'ainsiilput en con.
formis-é, la nommer Bordeaux.
Ctttt origine n'ift pas de diftin
Bion,&de plus elle rieflpas rai
fOnnAblt. Ce nejlqu'une petiti
allusion qui viint d'abord à la
boucht)&qui nejlant pas veri.
table, ne fàlt nulle conf>cjuena
pour la dénomination de la Ville.
A suivre le cours des grandes
Rvuiere¡ de France, £r de la
Garonne en particulier
,
depuis
la fourte jusquàFembouchurei
ilyA plusieursVilles bâties sur le
bas des eaux: Ce qui estsi comun^
nefl pasplus propre ànomer
cette Fille queles autres Jl
&mefme quelqne turpitude dans
tte originequ'il faut Uifftr à
s lieux de débaucl$e
,
qu'on dit
! avoir efll appelle% dans le
leux ftiley.Borècfrx, à cause
te ces loges de proflitution ont
lê.autrefoissur le bordde l'eau.
iceron en faitmention. Ad
artem Iiuoris pofitis taberaculis
castraLu>uri$e col-
Icaverar. Apres avoir fait
reficr des Tances sur un enroic
du Riyage
,
il y avoic
lacé le camp de la luxure.
nfin, Burdigala le mot Latin,
estant plus ancien que lem
Françoist car on le trouve 44
..Al+ftne)Burcligala eftnata
foluni,&c. il n'y a aucune Jj
lakc qui donne la moindre là
du bord de l'eau. Il n'en tftp
demesme dafis vligues-morte
où le Latin contient& expriJ:
les eaux du nom François Aqu,
morcuae. Ilfaut donc chercher lorig
ne du mot FrAnçois dans Bui
digala LAtin. Ellesiprejente
<
deux gros ruiffiaux Bourd<
& Jalles, qui nesint pas élo
gne% de la Vtilt3 &quià l'et
droit où ils entrent dans U G,
omne, qu'on dit tîxre à presens
nà l'Eglift de Saint Pierre,
it marqué celuy où la Ville a
le bafiie. Or on 'Voit dans ce
•emier UuijjeauBourdeftl
lut dire Bourdeaux
, e2r non
ts Bordeaux. Le fleuve de U
ijdée1qui de deux FontainesyJor
l' Dan, 4 ejle nomme en Latin
^rdancs, ejinommé en tran.
is Jourdain.
Le mot Burdigala mesme
ns l'étimologe, ffi favorable à
Durdcaux,pareequelo>Jque le
atinsouffre une converjîon de
'tres au Français, u,si change
i•Udiphtongue ou. Exempleï,
cubitus coude: curvus courbt
dulcis JOUA;: turma troupel
& non pas trope qu'on trouv
barbare dans Ronjard: nutris
nourmce , & non pas nortice
lit"on ne peutfluffrir dans plu.
fleursfemmesJe Paris; de mefmi
Burdigala faitBordeaux.
Ily a un double exemple où lA
"Garonneentredansl*Océan curris
Corduana, TourdeCordouan
Les autres Villes changent de
mesme u en ou. Turones,
Tours: Bituriges, Bourges, &c.
Le Palais du Roy, Lupara, le
Louvre &lenom mesmeduRoy
Ludovicus, Louis. Il ne faut
aÆ. oter à BOUTdeaux la dignité
"estre en communautédunediphpngur,
douceavec des Villes con-
IjLerables,&avec des noms J4U- eS.
,
Une nouvellepreuve paroist
lans le nom Grec de la Ville rapportépar
Strabon, qui vivoit du
.emps d'Auguste. On lit au qua.
trième Livre de sa Geograpbie,
Bourdégala. Or le François
ayant beaucoup d'affinité avec le
grec, doit retenir4adiphtongue
ou pour Bourdeaux. Les Latins
mesme ontesiéjaloux de la douceur
de cette dibptongue dans les
Grecsl'ontquelquefois imifée
troispis dansunmesmemol
prononçant Lucullus, comme s'i
y avait Loucoullous. Noflfi
LLaanngguueellaa-ccoonnfperrvvceddaasns1sCe.1.
grands noms9 Bourges, Boùrgagne;
il faut pareillement la
conserver dans la-grande Fille de
Bourdeaux. j
-
Ily a des Auteurs qui tiennent
que fs Habitansontcfiéautrefois
appelle^Bituriges, parce
que des familles de Bourges,en
ont eslé lespremiersQtoyens; e
que de Bituriges onafubjlitué
dans la baffe latinité par contraction
Bourga ou Bourgi.
Tout cela établit lenomde Bourdeaux.
l'
On doitjHjJpojcr que les Haitansfoveqt
le nom de leur
Çtlleycommc un fils sçait le nom f fin pere. Or il ce confiant
ri/oS dijoievt Bourdeu dans le
ricux langage, (y* depuis ilsdu
ent Bourdeaux, comme il paoipdans
la Chronique Bourdeoifet
& dans ses Archives de
camilles,
';
Elie Vinet, ceffdvant homme
qui fit honneuràl'Université
JelaVillt,preftntA àCbarlesIX,
rn i ^6 4 les AntiquitrZ de la-
VIlle de. BQurdeaux) & aude-
Vant deJôndifeours, on voit une
Estampe de la fille, où ily a en
hautBourdeaux.
CJeft l'affaire 4ts Gcograpbt
de sçavoir.Les nopts des failles
aujji bien que des Montagnes d
des Rjvieres. On lit dans le,
Cartes de Samfons de Duvult
& de Fer Bourdeaux : &
Mr Audifret qui donna L'année
pafîée avec de petites Cartes la
Çeographie Ancienney ^doderne
& Hiflorique
, a mis dans fini
difcoiirs,&gravé dans la Carte
Bourdeaux.
Enfin pour achever de vuiderentièrement
le partage qui
depuis quelques années est dans
le Monde entre Bordeaux ee
Bourdcaux} on peut alleguer
en
faveur du bel usage troisAtirs
illustres. CM.l£ Mais/ret
neux Avocat du Parlement de
iris ydansfort Plaidoyer xxix.
4e d'uneDame qui fait, dit.
compassion à roue Bouraux.
Ai. Teliffon dansjon
lflonc de l'AcadémieFranrret)
l)adN 1l-'aarrttiicclle de M. le Comte
e M, Servien dont il ras'oortc les
j i 'es,y met celuy de Premier
efidtnc au Parlement de )URDEAUX.Et le Pire
uhours, dont les nouvelles Rcrqt,.,,
s sur la Langue Fr;,fnl
re peuvent estre jointes a celles
augela4
, comme de la Bro.
derie sur du velours
,
dit 44
BOURDEAUX.C'est di
son premier entretien qui est dej
vYer. Au contraire à la côj
de BOURDEAUX LE flux4
de sept heures. Il me fcml
que voila le nom de Bou |
PEAUX,bienfoûtenu
l'exclusion de BordeAux, qutl
A/î. le Maïflre en anjoit fait u
plaidoyer, VJf. PeliJJon u,
Histoires&le T. Bouhours 4
Entretien, Jefuis,&c.
Je vous parlay le mois de
ttier duDifcours queMIrI
vesque & Comte de Noyoi
Pair de France, fitàrAcade
iè Françoile,lejour que cet
astre & sçavantPrélat fut
ceudans ce Corps celebre.
)us avez remarqué dans ce
ifcours, dont la Prose vive
ferréedit beaucoup en peu
t paroles, avec quelle forfôc
quelle éloquence ce
nie merveilleux parle du
trdinal de Richelieu & de
Maison de Sorbonne, donc
est Doéteur. Elle en a
:é si penctrée de reconiffance,
qu'elle a nommé
siDeputez pour l'enrerner.
:r &le felicirer en mesme
mps sur son éloquence &
ion difcoursy&: sur les applau
(diflcmens qu'il en a receus
C'est avec beaucoup de julti
ce, puis qu'outre la beaut.<
de l'expression,il a seeu con
ferver dans ce me(me Dif
cours le caradlxre de Prêta
,& d'Academicien. En effefl
il ne luy convenoic pas de
sortirentièrement de ccluj
qu'un homme élevé dans les
plus hautesdignicez de l'Eglise.
doit- toujours garder,
C'est une, remarque qui a
estéfaite fôrtjud icicukmem
par les gens d'e{prir&.debcn
goust, qui 'pa..rrny toutesks
- a 1
eaUtez du Diicours de Mr eNoyon,en ont remarqué
i luileffe, l'art & la prudeile.
Audi n'elt-ce pas dau-
Htrd8hu y qu'ilfait briller
)n esprit autantque sa naiflnce
,
puisquen'estant cnore
qu'Abbé de Tonnerre,,
remplissoit avec diftincHon
's premiere Chaires de Pas,&
prefehoit au Louvreevant
leurs Majestez des
vents <k des Carefmes eners.
Cet article de l'Academic
rançoife rne fait [ouvenirde:
ous dire que rien ne vous
doit empescher de faire ach
ter son fameux Diûionnain
si vous n'avez point d'aura
raison de différer à l'avoii
que l'avis qu'on a donq
dins les Nouvelles publi
ques ,
qu'il s'imprimoit ei
Hollande avec beaucou]
d'augmentations. Il est aisi
de juger que cette nouvelli
eil faite à plaisir. Le Didion
naire de l'Academie Fran
çoife est un Ouvrage qui doi
faire autorité, parce qu'i
est composé par un trèsgrând
nombre de personne:
entièrement confbmmee:
ins la connoissance de la
angue,& si jamais nous le
>yons augmenté, il le fera
ir la mesme Compagnie
ni la donné au Public. S'il
ritoit par d'autres, que [er..
roic d'y trouver de nou-
:aux termes & de nouvelles
içons de parler, puisque ces
iditions ne feroienc point
écifives, & qu'onne pour- rit,estreautorité à s'en fertr,
par le peu de poids qu'au-
)icnt les Auteurs qui les
iroienr infvrées, Il faut rearder
ce Ditlionnairc, tel
ue le débité le S' Coignardj
comme un Livre conlacr
auquel il ne peuteftrc pe
mis de coucher. LaLccc
fuivanrevous fera connoist
le sentiment qu'on en de
aVOIr., 1
A MONSIEUR,..
V Otu me demande^ si j'ay 'i
le Diftionnairc de fACAt
mieFrançoije ? Qûy,Afonflei
iel'ayIÛ,cmic vais vous re
dre compte de l'attention avec 1
quelle je l'ay confideré.
ily- a des livres à qui l'on dl
de lhonneur & de lafoûnJiffi
yommë aux Puissances. Ils ont
en cauïfterc d'autorité, qui leur
vient dugrandnomdeleurs AU- •»>u-
'.CNrs. Le Diflionnaire que LAademieFrançoise
vient de don.
1er au Pallie, cft de ce rang là;
,,r de plut, il mérité de !/l)'.¡nef.
ne &deIbn propre fonds d ejlre
eaucoup efitmé. Dans quelque
our&fousquelque idée qu'on le
egarde}toutyparoijl tres beau
'<rtrès bon
C'ifl un édifice) ou pour ainsiire,
le jardinai deHjehelieu, ce
lenie si fublimr:, a, mis la. prenerepierre.
Lesfondemens en ont-
§e'poCe^ par des Académiciens
illujîres, Mefieurs, Chapelain
Ba/{Ac, Corneille, Patru,Ablan
court, Vaugelas, Aîeferayy Con
rart, PelzjJon) &c. tous, desétoi
les de la premiere grandeur. 01
a tenu beaucoup de seances, &oi
s'est donnédwerfes occupation
pour faire le recueil des terme
de la Langue Françoise
, & 1
choix de les pbrafes;pourj
vinifeénrenrenlets.Ernemfinarquesquiycon ,aprèsavoi ,8 taillé toutes les pierres&poly k
marbres, il s'en efl formé ut
Corps dugufte de la 'L4ngu
Franfoife, quifaitvoirsa beau.
tétfon éleganceysa pureté &si
namere noble &cornac de s'exlrimer.
Touty est dans une telle
terfeflion, qu'on diroit que les
Académiciens qui ont finy ce
rrand Ouvrage dans le Louvre,
uperbe Maijon Royale, ont colié
leur modele, ontconflruit
on Palais à nostreLangue.
Le ftontifPice en est auguJle,
lans lEpijlre au Roy
, e dans
aPréface,deux pieces achevéesy
,,.Ignes d1es mc-itl"lê-u",îîAJAiàl.H.;!rJc.î dJeI
, d v£ à
Iantiquité. LA Langue Franoisey
est mise en oeuvre avec
ant de dignité, de force & de
olitejje, qu'il paroistbien, qu'on
i vouluy donner un vray exempic
rie la Languepion iujage di
Dilonnaire
CeDictionnaire a retenu l
mesme ordrequegardent ceux de - difciphnes &des feiencès. Com
me les Dictionnaires Grecs é;
Latins) il commence par lesRa
-
cines des mon, il s'avance ai
tronc de larbre, & il en ejlent
ensuite toutes les branches, char
gées de quantité de termes qui el
naijjent. Ainsi 1-a Langue Fran
foistypAroist dans une elpece d
Cjenealogie.
Le Dictionnaire de lÂcade.
mieftirpaffemefnzele-s-Grecs
le-sLa.,Ins,en cc que les Auteur:
'u ont .compoje ces. derniers,
'c{lolent ni Detnetrïus de Phare
, ni le doéïeHarron. C a ejlé
[obert & Henry Eflienne
,
à qui , s deux Languesejloient étranges
,tyquineles pojjcdou'nt "t '4inparjaiiement. De plus, c'elf
'4e le-travail tfloit trop sonpour
n homme Jcul3 & que mesme
iria pj& entièrement pénétré les
,angues Grtçque (7 Latine Le
avant Traducteur des Epiflres
Cictron à Atticus3 dit dans
Préfacé avec preuvedexemes,
qutljades termes dans ces
pijïres, quiontunJensdifférent
:
celuj qu'on leur donne or.Ji.
nairement : & cesensnese trou
ne point dans les Dictionnaire
Latins. Il n'en est pas de mifm,
du DiElionnaire de ll.Academit
Françoise. Les personneshabile:
qui l'ont composé, sçavoienta
fond toute l'étendue decetteLan,
gue, & ils ont exprime tous les
sens des termes. Âujji ont-ils eu
lsavantage defe trouver dans les
beaux jours de la Langue Françoife,
qui est dans le periode desa
jîlrndeur.ll-Y a aujfi dans les
Dictionnaires Latins des termes
& des manières de parler de U
kajje latinltt) cequi efi de mauvais
exerllfle. Il ny a dans le
)i£ltonnaire de l\Acadomie
'ranç$ïfe\ quedes termes & des
amctes dt parler,flIon la pu-
'té 0* l'elegance de la Langue
'raticoife, ce qui est tres bon à
mter- Elley aJesmagajtns &
s trejors, & tout ce qu'on en
rree,,eestflbbieiennccoonnddiittiioonnnneé&&' dd''uu-.
Le Diélionnairedel'<^Acadefie
est une belle Ànatomie du
orps. de la Langue Françotje;
wtes les parties en fontseparêes
vec beaucoup de fimplicirééit de
tftejje, e au lieu que l'Anatolie
du corps humain augmente
e
dcfiruilionycelle du Corps de
la LangueFrançoijey en faijant
mieux connoijlreles termes détachez)
tft propre & utile à les
faire rentrer dans un Discours
d'Hiflojres,de Morale ou d'Eloquence.
Le nombre efl grand de ceux
qui ont travaille à ce Diélionnaire.
Ce font les Quarante de
l'Âcademit Françoije],Janscompter
un plusgrand nomine de
leurs Predeeejjeurs ,quij onttous
contribué de leur Application CT
de leursjoins,pour le ruât, c dans
l'ejtu (y la forme eu il fjl- Le
nombre luj acquiert une grande
diftinéhon3&le titie glorieux
du
du Dictionnairedes Quarante
)
comme ondit, laVersion des
Septante.
11faut encore considerer dans
ces Quarante i& dans tous lesautres
qui les ont précédé^
)
les
differens carafteres de leurs personnes.
Ily en a tU) pefur awfi
dire jJes trois Ordres
,
du Clergé,
de !a NoblfffiJ ce du TiersEjlat.
Ain(i le Dictionnaire de 1'c..Aeaicmie
efl comme un Ouvragedes
Estatsafjemble% de la.Rrpublilue
des Lettres.
-
Un demj Siecle a esiénecefrairt
pour l'ébauche, IÀ centii.
Mation3&la perfeéltondk vi..-
ciionnaireyqui doit durer autant
ejue la Monarchie Françoise.Ce
qui coûte beaucoup detemps en efl
plussolide, & d'une plus longue
durée. Les fruits ausquels la na-,
ture met le plus de temps à les
produire(jr* les meurir, ont une
meilleure & plusforteconfiflance
que les autres. Ils ne font pas
jujets àse gâterdans leurfiifon,
& mesme ils se conservent jufques
au delà de l'hiver. Ily a eu
encore de lafagejje & de la pru.
dence à retarder la fin e la publication
du Diélïonnairede l'Academie.
Depuis cinquante 4ns
qu'on a commence à travailler,
ily A eu une grande évariation
dans la Langue FrMlfoife. Le
grand nombre de gens habiles &
polis qui ont régnédans le monde
duranttoutcetemps la,yquianjoient
un bon goust fjr t oreille fine
£7- ddicatt, balançoitplusieurs
termes & plufiew¡srxprtjJions
;
en quoj la Langueestoitftmbla- ib»tle làacatnaetiaoignu,i&lle aimantPée qui a comme l'agitation
dure quelque temps) il afallu
attendre que le mouvement au.
quel estoit la Langue Fra'nçoifi,
suflfixe, avant que d'en declarer
le bel usage, ïufagepublic,autorité,&
fcellepar l'Academie.
EnfinyleDiélionnoiredehA
cademie F&nçoifè a eu Ja naif-
JancefAIlS unegrande&Jocureufe
confiscation,lors que le. Soleil sir
la France cfl- dans son apogée.
Autrefois Virgile, pour donner
un air de grandeur à les Georgiques,
ouvrage merveilleux
,
quil
afinyjayant mis U. derniers
main, en marque le tempspâ? les-
Victoires d't^Augufie.
Hazc super arvorum cultu,.
pccorumque canebam,
Et super arboribus, Csfàr
dum magnus ad aitum
Fulminât Euphratcm.
Je travaillons, dit.il, à mes
Georgiques sur la culture des
champs & des arbres, & iur
Ile loin quon doit avoir da,,
ibeflailY lors que le Grand
ICe{ar tailoicrcrenrir du bruit'"
'de ses armes les rivesde l'Euphrate.
L'académie Françoije peut se
donner la gloire d avoir compose
C2Tachèvejon Dictionnaire^ dans
le temps que Louis le Grand rend
Jon nom redoutable sur les bords
ide la Sambre, de la Adeuje, &
du Rhin sur tOcean, &sur
la Méditerranée, lors qu'il prend
degrandes filles avet leurs Forterejjes
qu'ilg.igne defameuses
Batailles en Flandre, en Ifaite&
en Espagne; lors que toute
l'Europe retentit du bruit éclatant
de fis Conquestes & deses
victoires.
Tout ce que je viens, Mon.
fleur, de remarquer sur le Dictionnaire
J. l\*AcademieFranflJifè,
se faitrvoir dansunegrande
élevarion. Il fera désormais le
Tribunal où les doutesc, les Jifferens
de la LangueFrançoisedoivent
eflre porter, pour y eflre
jugez,fouverainement. linefaut
plus consulter autreparttnychercher
ailleurslarégléy lufage,&
l'autoritédesToëtes &des Ora.
teurs. LesHiForiensLes Pbitofopher,
&tous cçux (fui varient
bienparler & bien écrire,
doivent se soumettre absolument
,au Diélionnaire de l'Academie
Françoise
, & reconnoiflre [es
Décidonssur les termes &sur
¡les expressions , commt sur une
jloy universelle& inviolable. le
fuis,e^rc.
Ila paru depuis quelque
temps tant de differens Ouvrages
pour & contre ceux
qui ont la tentation de se
marier, que ce su jet est devenu
la maticre de lamusement
publie. C'elt ce qui a
engage Mrde Vin à faire l'Epiltre
en Vers que je vous
envoyé.
L'AMANT
RAISONNABLE.
JB vous aime,Phllis & vous
maimez au/Ii.
Que dem,,indez,.- vous davantage?
EtpOllrquoJ me presserainsi,
Defcelîernolire foy du seau de mariage
?
Vous laffetiezçvous d'elle, 6 d'un
si lourd fardeau
» gui peut vous avoir dtt quelle ria
rien a craindre i 6
h, fous lu, voulez-voupffflouf'
L fertjr l'esteindre,
[da lict nnptial en faire le tomj*
beau/
,Ah!'le vous croyoii plus fidellet
.EtfaUlJisautrefoisjuré
t'nne flamme qui fut (7si tendre Kfi\beUe«
ijntoenutersd*ielle-mefme, auroit tou- ,ourdusraéU'C..
J-Ielas!si vous matmie^enceve-,
I^ausricxigeriez^ rien de plus,
Et de mon coeur qui vous ador;
Vous loueriez les fages refi ; 1Carenfin l/Ja main dans la zi t e
de tous, les moyens le plus peinicieux
Vvtirviousaffeurorlun de VCI
Et loin de nousen trouver Mt~
en-tost à latiedeur nos feu/. ",- dent la place
1\9 verrions l'hymen odi
"Dans nos coeurs engourdis z
toute sa glace. glufquaux sacrez, Autels q
l'amour a e*ndût cof
Et le Gdant & la Mltifl" il rejîe au milieu d'eux fei
toute la nuit
Et leur fait goûter le
fruit
De leur vieille & longue
dresse;
'Maid dès que le Sfileil a rame
jour, il va noüer ailleurs une inti
nouvelle,
Et s'envolant à tire d'aisle
Leurfaitnufours en vain ai
dre son retour.
Ainsices espoux farsa fuit
iïdndonnez^,laiffez^àleut^ropre r condnite, , -
r prefssaez,ècependantfatla necef"
de j'ai-mer certaine
seance, bienseance,
tes espoux, dis-je, alors sentent la
1 dureté
Ou lien que ferra leur commune
k imprudence,
Et se faisant di leur maison
Vne affteufe & trifle prifin,
Ve peuventl'un de J'amireegvyep
| la pre's1encie.
L'Homme ne pour la liberté
Sent revolter son ceur contre ce qui
le force
Et du joug bien-tofl dégoùté.,
il ne fait plu*de voeux que pour un
prompt divorce,
Jlejj^vray qneInymen avoitq
la que douceur
Quand de moins dures loix en
meitoient l'urage.
Paur lorsàla tnùindtej
deur
Ofi.en ronripoit lesnoeuds,on [0:
d'efclavdge,
Ety toujours librespar ces lo
Sans se gesnerlun l'autre, on
foit àfancbvix
&emariage en mariage.
jUqÀt- des noflresthelas, la cr
rigueur
A cet u'eureuK commerce ob/i
mtmioppofe,
Et du divorce enfin nous bte la
veur,
l'tlel affreuxdesespoir quand
, nom tmpofe suntircerité
brouter malgré foy fendant
faute si vie
,
plus sot qu'unechèvre>on s attache,
onse liei
adorer ce lienyqui par tout reffetii
vdamne j,usqu'aux voeux faits
pour lalibertéj
nofer de ses fers murmurer ny
se plaindre,
leivoird'autant plus nous ferrer9
nous eflreindre
le plus,pour s'en sauver,on veut
faire deffort,
Zt dans sa dure Q- longue peine
Tour feul & dernier reconfort
D'attendre que la feulemort
enne à pas trop tardifs romffe
& brifer la chaîne
Dont,Artisan trop malheureuxt
*5oy'Wèmeonaforme les noeuds.
Trop fous le poids qui les acca
ble
De leurs cris importuns font reten
tir nos bois
j A leurs tristes concerts ne messon
point nos voix,
EtJoil à ses dépens qui voudra mi
ferablt.
Zaiffons l'hymen aux j4rtifans
Ilrieftproprei Philis3 qu'à de lem.
blables gens,
Qui fçavent en tirer un solide a
vantage.
l'ne femme &plusieursenfans
Sont pour eux un secours dans leun
besoinsprefjans>
St le feul interest fous son joug lej
engage.
De leurs divers travaux font-ih
l',e!se" ou las
,
tufji-tofl chacundeux tour à tour
t les foulagei
outagit, tout se ment dans leur
R'
petit minage.
4infi, loin d'essuyer ce cruel emr
barras
Zue
nous ferait sentir un fécond
mariage, :. Plus ils ontde mains & debras,
Plusl'ouvrageentre euxsepat'
tagey
Vlus la besogne avance, <&•par
bonne raison
PlusCarientvientklamaifan.i a j
Enfin silfaut eflre fincéipe,
< le vous diray de bonnefoy
Que t'hymen ne vaut rien ny pouf,
vous ny pour moy.
A vostre égard, PhilisJ voustic
fçavexqueplaire.
Tout vofire patrimoine est dani
vofttebeauté j
Vous riave^run de mon cote
Mon b:*n est médiocre ; asnfi, que"
vous en femble*
Serait-il de bon [ens de nous unir
ensemble l
yous espouser feroit le plu* douxi
demes voevxx
Et malgré ce Rien qui mutreste
Bien-tofl pour noflre hymen vous
verrlty7, mamainvre/îe,
Si le peu que j'en ay
jujffifoit
pour
r¡01148dtux.
lManparnostre unionlilfaloitde
md bourse
Puiser encor pour voué à la petite
source
Qjtoi-quemesme à m'entretenir
Eue neputfie hcLis,tquavec fane
fournir ;
Qrulle ferait v.cflrg icffourcc l
y!h!bien10^ dam en HÕj}uûl
JVous irions vous & moy pleurer
de compagnie,
Etipeu fages espoux dansunfort si
fatal,
Moudreprccl)cr petit.è/lre une si
jrijte vie.
Peut-eftie quede mon malheut
Je voua regarderons comme le (eul
Auteur.- Vous me dlrleZduffipe'ut-estre
Que du don de ma main jefioii
l'unique maiflre;
Que, loin de votu en accufer Il , dèpendoit de moy de voua la re.
fuser,
Et que si sur mon bien jeufie eslè
piué sincere
Surnoftrehymen piejle vous euelef,
pû vous taire.
En un mot notij ptalgnanJ, vous de
moyt moy de vous,
Qui nous confoleroit? qui prendroit
foin de nous,
Et dans ce dur ejiat de commune
foiblejje
Que deviendraitnojlretendresse1
a
Il efi vray quautrefo/s il fut un
temps heureux
Ou le combien a-t-il, & lecombien
a-t'effe,
Efioit par les Amans traite de bagatelle,
Quonsuflpour Ion ou riche, ou
gueuxy
$aimerc'e/loit ajjez^poursemettre
en menage..
Et d'un contrat de mariage
L'amourfeul\, alors genereux,
Dreffifut & les loix & les clanses,
Qonfuitoit peu la Dot, & regloit
toutes choses,
AufR cessoit un tempsoùfanspeine
&fans foin
La terre fournissoit d'une main libérale
Tout ce dont on avoit beJoin>
Mais depuis qu'il ejl une haSe
Où tout au poids de for&s'achète 6 se vend
, Pne Belle en vain non; étale
Ce quelle peut avoir d'appas &
dagrément;
Si fan bien ne (oletient ce charmant
itarlage
(ltft autant de perdu
; toujours
prudent &fae
On s'a a.entavec, elle au feul titre
d'Amant,
Tl maintenant on la marchande
Comme chez. un boucherquelque
morceau deviande.«
f£f >T
0siecle! o tempi !o mwurs!o fleuve
de Lz(rnoY'
,,. , Sur tes bord; t9oujours vers estoit-ott
mercenaire *
Parle, dis-nous5 1011 Celadon
jiimoit ilainifsa Bergere,
Et sa Jendreffe menagere
Songeoit-eûe à son bienl Non, ce
noble Pasleur
Brùloit d'une ardeur moins commune
Et, fans p,enser à sa fortune
2Jevouloit d'elle , que (£ln coeur, Man, bêlas,me/mefins baf- ff#
On regardes>w)ourdhuy la Dot de (aMaijîrcffe
Ettquricoinmque voeudnroitten user au"
Verioit enpeu do mois refroidir sa
cuijibe,1 :,
Et dans te me[me monument
Trois ou quatre jotas defamine
Reduirotent £Amante & ÎA-
• Hiant.
(-~~
Tant%qucn n'tjl que qcircon&
fille
Chacun fait de son witux & ron
vit cotnme onpèut ;
Mctts des auon fàrme urie ja- mille
,Pt que plua vite qu'onne veut,
Vnc femme tin peu trop féconde
Dtj enfuis quelle fait embamtjfe
leMonde3 •
Ah ! Philis^eif-iltemps defeplaindredu
fort,
Æt, trop prefié par famifere,
.Faudra-l-iJ quun mâlhevreux
perey
Pour mieux vivre à son aise> en
souhaitè la m0111
Non, croyez^moy ,
l'Hymen rieft
point ce que l'on pense ;
Plusîeurs sur cette Mer s'embarquent
fans bifeuit,
Et peu fondent à la àjpence
Qui le precede, ou qui le fuit.
Cependant il efl bon de prévoir
toutes cbofej*,-
Car qui n'en voit que le plaisîr
S'expose souvent à cueillir
.Bienplimd'ipines que de roses.
MAOWvoushianflez
Mai* vous 61anjle, la tefie,o""
vous avez, tout J'air.
Zsay fautilun détailpourvous
petfuaàei ?
Entrons-yt(oit,avant quen puisse leconclure ilfaut à l'Epouse future
Envoyer de riches presens,
Et quand on pouttoit <£elle en avoir
la difyenfe,
On fçatt que Meilleurs ses parens
aurotent pat la mesme indulgence.
OnpourroitleJfltchir) me direz^
vous; erreur. ival quartier là dessus, autrement
on presume
Que nos feux ont peu de chaleur,
Et vouloir neghger cette vieille
couflume
Ce feioit s1expofer à toute leur fureur.
Ainji depeur de lenr déplair;
Comme ils en font la lOf, cepresent
nuptial,
Malgré qu'on en ait, doit se
,sal'Ye.
Matsfans les mettreen jeu, parlons
en getetal.-
jba Belle qu'on pourfuit fous le nom
deytatftreffe
Juge par luy de nous>elle s\nfait
honneur,
Le montre a, s¡e; s voi;sti;'ns, ;1.'["r{YC'à sra
richesse
¡ Et son mérite &noftreardeur,
E,(u, le piedde sa va leur
onne,oa refusesatcvdrcffc.
, Si cequon offre e/l degk:nd
prix,
On nous careffc, on nous fait
fesiey
Si mediocre»quoy -qubennc/ie,
On nous reçoit avec mépris,
Et l'on nous le jetteà la te/le.
C'est
,
dit elle,infulêer les
gens)
'est en ufer fort mal
,
& cejl luy
faire lnillre.
t propre vanité, celle de ses païens
lt/4 jotte que la sienne
,
aujjî-tofl
en murmure,
Et l'Amanl, contraint d'emprunter
, uand, encor pli$ sot queux, il
veut les fatfairey
Bien-totf commence à regretter
es ruineux presensquon l'obligede
faire
Et souvent mêmeàdéteftet
La fcemhmeequre.n lu, vend si
L, ¿ 1
S -
d Il'
i
L'argentà les JSijouxdelivre^avec
peine,
Pourfurcrvitf de chagrins onparle
des habits.
Chers ou non, n'importe, à tek
prix
Qnilssepuijjent monter, ilfauk
vêtirenReine
:Lafemme quonprend moins qu"on,
ne tacbete.Enfin,
Aux habits, aux presens, succede
le feflin.
Autre dépense à faire,à payer au..
tre (omme.
,
Ce régale qu'on doit àses nombreux
parens
Se fait encor à nos dépens,
EtfufllAmant bailleurs*bienfait,
•-fige,hortnefle homme,
Mfiil un Contrat bien fignè,
rà*nnss cceellaa point dy'mh en., & fani
ceremonie
Vn brusqueé? fer congé donné
£0//deprès(on Oéconomie.
Que si tAmant elîaffez,sot
iplour vouloir jusquau bout prodiguerfafolie,
Helas ! on y confient
,
mais qu'il
neffache en un mot doit plus compter, le pur
quilse marie,
h Que sur la moitié de la dot,
Etque lerefièdesavie,
m faste, en vanitei, tautre moitié
périe
Luy fera pleurersonamour,
les presens, ces habiticefunesle
jour.
, 19
7e riefl pas tout encor > l'habitude
est formée.
-
Etdès cemefmejour à de richeshaJ
bits
LajeuneEpouseaccoutumée
Ne veut plusen porter quisoient de
moindre prix.
JSien loin, dès qùilparoift une mode
nouvelle Elie , cft cbez^le Marchand la premierf
à courir Et mèprisant btentofi ,la jupe.V plus
belle,
Dès quelle en veut une autrè,ïifant
la luy fournir.
De là qu'arrive-t..¡t? d'habitsainsi
munie
Veut-elle se resoudre à garder la
mai/on,
< .4 veiller sur (es gens,à coudre, à
filer? Non,
De compagnie en compagnie
Elle chenheàse (air, voir,
Et dès le malinjusqùau foir
[JY()';.'enant sa magnificence
, Se voit frcfcju'en tous lieux con-
> trainte 4e jouer. Iltdepayerenfinparcetie cLil!Jplai.
sance
.Le plailsiroquelleipriendeà s'ernun.dre
Comment aptes celasoutenir un me.
nage!
Mittra- t-on ,pourle défrayer,
Sansfonds.èJ. fans credit, l'un après
l'autre en gage
Ces meubles fJrccrcux, ces boucles,
ce collier
Que L'on doit
,
& qu'il- faut
payer!
Que faire? par quels artifices
Elever des enfans , cornentet des
nourrices ,
iii
Des fervantes, & des Laquais>
Quoy, la Coquette enfin par[es galanteries
Et fEpoux indigent parses fripon.
neries,
De leurtriste maison fourniront-ils
aux frais ?
,Ah! ne m'en parlez^plus* tout cela
m épouvante.
Lemieux que nous pourrons passons
nos plus beaux jourst
Etfuyant de l'hymen la charge trop
pesante,
ContenIons-nous,Philis s
de nous
dimer toujours.
L'amour cft ingénieux
pour reunir dans ses encreprises,
mais il n'est pas cou- ; jours heureux dans les
moyens qu'ilchoific pour
parvenir à ce qu'il fouhaire,
&vous en demeurerez d'accord
, quand vous fçaurez
lavanture que je.vais vous
raconter. Un Cavalier tout
plein de merite fut appellé
pour quelque affaire assezimportante
dans une des
meilleures Villes du Royaume.
Il y passa quelque temps,
& comme il avoit des maniérés
très-polies, & tout
l'agrémentd'efpric qf.
peut (ouhaiter,il ne luy fut
pas fort difficie de trouver
accès chcztoutes les Dames.
Les plus fieres le recevoient
avec toutes les marques d'eftirne
qu'il en pouvoit especer;
mais il s'attacha fùr tout
à voir une,
aimable Veuve,
qui quoy quâgée de plus de
trente ans, avoit certains
traits qui la faisoient paroistre
fort jeune. Elle estoit
vive
,
enjouée
J
& avolt je
ne fçayquoy de piquant qui
la faisoit rechercher de tout
le monde. Le Cavalier la
troutt fort à son gré. Il avoir
fort peu de bien, & s'il ëust
pu rengagerà l'épouCK,,r,c'efioit
un party avantageux qui
l'auroit
auroit accommode. Ainh il
:mployarous ses foinsà se mer-
:re bien dans ion esprit, mais
zc n'ejtçicpasassez.Iifalloic
semettre bien dans ion coeurJ 1
ze Qui neftoic pas aisé. Depuis-
huit ou dix années de
veuvage, elle n'avoit poitijc
voulu se remarier, & illuy
fembloie que rien neHOlf
prefcrable au plsifirde ie
voir libre, & de pouvoir foutenir
ians embarras les cdpenses
convenables aux personnes
qui ont quelque rançr.
Cependant le Cavalierftc
persuadé quen le rendant
extrêmement assidu/il lac.
-
coutumeroit si bienau plaisir
qu'elle prenoit à levoir, que
ne pouvant plusy renonce
elle feroic obligée de l'arre*
fier par le mariage. AinfilorS
que les affaires furent
rcri
minées, il ne voulut point
quitrerla partie, & demeura!
dans la mefmc Ville jusqu'à
ce qu'il eust vu décermlnéJ
ment ce qu'il pearrroitobte«
nir de l'aimabfe Veuve. ln
fcnfiblement il enestoit de
venu fort amoureux, & il nq
luyfut pasdifficile
desapj
percevoir avec letemps qu'il
nenestoit pas hay. Comme
til avois de; felprit, & qu'il
/çavpic tourner finement les
xhofesjquoy qu'il luyeufl:
avoué plusd'une fois qu'il
:n'cftoit pas riche*il nelaiflà
-pas de, luy témoigner adroirtement
qu'iln'avoit point de
[.bonheur à efpet-er, s'il "ne
iiplaflbit sa vie avec elle; à quoy ajoûtoit quelquefois, querelle
pourroit plus mal faire
que de.lechoiiir préferablement
à d'autres Amans, qui
ne cachoient point leurs prétendons.
Ellerepondoieeu
i
pkufantant
, que s'il eltoit
bien.Vicies Amis:, il ne Voudrait
pas luy eonfeiller de
renoncer au Veuvage, n'y
aya'm pointd'estàt plus heureufc,
nyp4u*agteable pour
une Feitia-tequi avoir: de
quoy se passer de tout le
monde. Le Cavalier?estoit
Obligé d'en-convenir,mais
£> r en mefmctemps il luyôp-|
pofoit qu'ilyavoir fort peu)
de Maris quï demeuraffenti
Amans, comme il l'afluroicj
de teHrecouce savie, & qu'.:
unavantage si particulierme-.
ritoic bien qu'elley fistatten..
tion. Il la jnectoic sur cette;
p 1 - rnariere le plus souventqu'il
pouvoir ,
.&. enfin la pricre
lïqeuès'ilvlursayivssirsrdeena.tliumiyesenxsepliilqaunecr
jdevpnue. fort serieuse ,elle
(uy die quellel'cftimoit, ôc
imefrnel'aimoitallezpour
pouloir bienserefoy d re en
sa faveur, à changer le deffein
qu'elle avoit fait de vi..
vre toujours indépendante &:
.maistressed'elle mesme, mais
, Mais
que le mariage qu'illuy propofoit
devant l'engager aune
double dépense
,
qu'elle ne
pouvoir soutenir feplç "eUe
n'y confentiroit que quand
il pourrôit luy faire voir que
son bien montoic a cinquante
millle écus.. La Dame qui
avoit cru se rirer par là daffaires,
parce qu'elle eftoic inftruice
du peu de fottunedu
Cavalier) fc trouva embarasfée
de ce qu'il marqua efirt
content" pourveuqu'elle tafluraft
que quand il (eroit en
possessîon de cette (omme,
elle luy tiendroit parole. Il
ne la quitta pour revenir à
Paris, qu'aprés qu'il en eut
receu cette assurance. Il s'efioit
mis fous main d'une
affaire où il y avoit beau.
roup a gagner, & a ion
retour il la trouva en fort
bon estat, mais il falloit trois
DU quatte années pour la
consommer, ce qui parois
foie un long terme à son aimour.
Il conta à un Amy,à
qui ilrie cachoit rien
,
rengagement
qu'il avoit avec la
Veuve,& cet Amy voyant
fan impatience pour venir à
bout de ses desseinsluy dit
qu'il sçavoit une voye plus
courte & plus certaine pour
luyfaire avoir cent mille
francs. C'estoit le prix qu'une
Vieille vouloitmettre à un
Mary, pourvu qu'il fust de
ton gotiest & le parcy pouvoit
convenir d'autant plus au
Cavalier
,
qu'outrequ'elle
eftoic d'une fanté fort infirmc,
& d'un âge à ne vivre pas
encore longtemps, elle vouloit
tenir lachoielecrere,&
v trouver un nouveau r~oun:
c ) par le mistere. Elleavoitcertaines
,exrravagances dhumeur
dont il falloit qu'il s'accommodait,
& qui estoient
fort connues, mais il n'en
fut point épouvanté) & la
certitude d'avoir du bien
pour cltre en estat d'époufer
1aimable Veuve prévalant à
ttoouuctecsschc toiofcfcs., il se montra
tout preil de conclurre
, s'il
y avoitapparence qu'il fuffc
-bien-totfretiré de l'esclavage
-
bicn-toft: rcnf édet'eic lava~e
où il vouloir bienfe mettre.
Son Ami s'citanc chargé du
iucces du mariage
, prit un
jour aVv c la Vieille pour leur
entreveue. Le Cavalier plut,
les cent mille francs luy furent
comptez,ôeen peu de
jours l'afhlire fut terminée.
jamais on n'cUteplus de foin
de bien garderun secret. Les
visites du nouveau. Mary furent
réglées, & on souhaita
qu'elles fuflencrares. Le Cavalier
qui eneftoit fort content,
enfeignit que lqueenagtin
pour mitux gagner Telprit
de laVieille. Elle luyparut
en fore peu de temps une
des plus ridicules perlonnes
dont il eust jamais entendu
parler. Cependant sa complaisance
à louer tous ses de.
sauts le rendit digne de ses
liberalitezj&ensix mois el.
les allèrent si loin, qu'il écrivit
à la Veuve qu'il pourroit
bientoll remplirla con.
dition qu'elle avoit voulu
exiger de luy pour leur maliage;
La Dame luy répondit
que la fortune luy fembloic
si prompte qu'elle avoir pcineà
n'en pas douter jqu'illa
trouveroit toujours dans là
résolution d'exccuter sa pro.
mette, mais qu'elle ne pouvoie
luy déguiser qu'un preffentimenc
secret luy faifoic
croire qu'il n'auroit jamais
d'autre nom pour elle que
celuy defon Amy. Le Cavalier
te chagrina de cette réponfe,&
la prit pour un preiagede
ce que laVieille dévoie
vivre si longtemps, que
la parole qu'ilss'estoient donnée
demeureroit fans efxcr,.
mais ce chagrin ne luy dura
guere,&elle mourut un mpis
après,i Elle ertoic dans, une
telle réputation de folie, .&
la meritoit à si bon titre, que
par le cbnfeil de ion Anay il
le dispensa d'enprendre le
deuïlj pour ne pas avoir la
hontede declarer qu'elle efcoit
laFemme. Son amour
imparienc le fit voler vers la
Veuve, qui le reccut de la
maniéré dif monde la plus
obligeante.O Ellelefélicita*fur
le bien qu'il avoit trouvé
moyen dacquerir si promprctn-
éi>ej&l'a(Tu âque quand
la fo-rc îleTauroicmoins farveonritïec.,
qlua'elullceçacvflpioicn^dre'ucnueeilPlairvenoit
de- lamiettreei)j eilat
,derepouferparion (eu).mérité,
& qu'ctk,navoicptu-s rien
à examinerdeçeçpflçrU^e
Cavalier-fy. flentiç,toute,-la
joyeqi/ildeyoit a#.<>ird'une
assurancesi tendre,&cpmiïje
la Veuvedcypic allerà Pans
aupremie-iyjQur pourcede
fuccelTioni,i) la conjura de
ne point partir que leurs affairesnefuiTent
finies. Les
instances qu'illuy fit o btins
rent ce qu'il fouhaitoic avec
tant d'ardeur. Ellefitdetssir
les -articles dont il la laifli
mailtreÍf-eJ & (uç ce qu'elle
attribuoit à la force de l'étoile
le pouvoir qu'il avoic
eu de la faire consentir à un
fecond mariage,a-présle refus
qu'elle avoit saic de plusieurs
parris avanrageux, il luy die
que de son cotte il s'eltoic
relolu pour l'acquérir à faire
une chose qui avoir eité pour
luy la peine la plus cruelle.
Là-diffus il luy fit l'hiltoire
de son mariage, & la Veuve
ayant voulu sçavoir le nom
i
de la Vieille,«lie rougit tout
d'un cou p, garda un peu de
temps le silence, & luy dit
ensuite que ion preflenciment
avoir esté veritable,&:
qu'il ne (croitjamaisq ue ion
amy. Cette vieille eftoic sa
niere. Comme on l'avoit
veuë toujours sujette à des
vidons fort extravagantes, la
Veuve qui estant fille avoit
esté élevéedans un Convent,
d'où (on mary l'avoit menée
en Province aufli-tost a près
leur mariage ,
s'efioit fait
la mesme honte de faire
connoiitre qu'elle fuit fà fille
, quele Cavalier temoignoit
s'en faire de prendre
le nom de Ton mary. AinCi
depuis plus de quinze années
elles n'avoient eu au.
cune correspondance, &
c'estoit fous le nom d'une
Parente qu'elle avoir trouvé
à propos de dire qu'une importante
succession luy venoit
d'écheoir. Il cft impofiibled'exprimer
la douleur
du Cavalier, qui avoic
mis un obstacle invincible à
son bon-heur, par la mesme
voye qUI devoir le rendre indubitable.
Les plus fortes


protcftations que luy fie la
Veuve d'une amÍtié éternelle,
tendre, finccre,& pleine de
confiance.)ne leconfolerenc
point d'un bien qu'il perdoic
par le feul empreflemenc
qu'il avoit eu de le posseder,
&ies regrets convainquirent
ailément la Dame, qu'on ne
la pouvoit aimer avec plus
d'attachement. -
Je vous l'ay dit souvent
1
& je vous en ferày iouvenir
toutes les fois que je vous
envoyeray des Médaillés qui
n'auront pas eslé frapées
pendant la guerre pnCme,
que toutes celles que vous
trouverez dans mes Lettres
qui regardent l'Histoire du
Roy, y font fans ordre,mais
avec.le temps vous les y trouverez
toutes, quoy qu'il me
re fte encore à vous parler
d'un grandnombre.Dans cel.
le que je vous envoye aujourd'huy,
la Fortune cft'debouc
entre deux trophées quelle
couronne de laurier. On y lit
ces paroles:Fortunamanenti&
dans l'exerguCySequaniiteràm
fubaSti167z. Cette Médaillé aeaéfrdppée après la féconde
Conc^uite de laFranche.*
Qo$kc
, pour faire voir que
la Fortune est conftammenc
attachée aux Armes viétorieuses
du Roy. Quoy que
cette Médaillé foit vieille,
je ne vous la donne pas
hors de faison, puis que dans
ce temps, où la paix eil
si necessaire à l'Europe,
les Alliez doivent conuderer
que la Vidloireest inseparable
des armes du Roy,
qu'elle l'a toûjours esté,que
ce Prince a déjadonné deux
fois la Paix à l'Europe en facrifiant
une partie de ses
conquefteSj & quelEspagne
s'estanc jointe à ses ennemis
pour l'attaquer de nouveau ,
a perdu la Franche-Comré,
que ce Prince toujours victorieux
avoit b.ien vou'u luy
rendre,cc qui doit faire voir
aux Alliez que s'ils peuvent
obtenir une fois du Roy des
conditions avancJgeufcs, ils
ne doivent point ie liguer
contre iuy, puisque c ette meC
me fortune queleRoy par
sa valeur attache toujours à
ses armes, leur feroit perdre
de nouveau ce que Sa
Majdlé auroit bien voulu
leur accorder pour faire jouir
l'Europe d'une paix profonde.
: Mrde Fer dont je vous ay
souvent parlé,vient d'achever
ion grand ouvrage des
Forces de l'Europe, quirenferme
environ deux cens
Planches. Il <Lit divilé en
huit parties dont il donna la
premiere en 1690. & il vienc
de mettre au jourla ieptiéme
& la huitième
,
qui font
les deux dernieres parties Il
aterminépar là le grand deffein
qu'il avoit de donnerau
Public les principales Villes
»
fortes de l'Europe,maiscomme
il a encore à parler d'un
grand nombre de Villes &
d'autres lieux considerables,
il espere rendre publics au
commencement de ch ique
année, fous le nom de fupplément,
les Plans fidclles
qui luy feront communiquez,
& il les fera graver, fans en
fixer le nombre. Tous ces
livres se trouveront chez le
mesmeMr de Fer, dans l'Isle
du palais, à la Sphere Royale.
Les Curieux luy doivent
sçavoir gré des grandes recherches
qu'il a faites, &des
dépenses ou il s'estengage
-
pôur leur donner dans un
feul ouvrage a
qui ne conttenc
que huit parties, une
Connoissance parfaite de toutes
les Places fortes de l'Europe.
Je sçay que vous vous plaifez
à lire mes Lettres, plus
vous en trouvez les matieres
diversifiées. C'eil: ce qui
m'engage à vous tnvoyer
lartiQle qui fuit. Il est de Mr
Verduc le jeune.
-it.– ÉXV'LIC ATIOrl9
de pfUfleurs Phénomènes7
: particuliers. *-
* J ; _.- - -
–» V
*D'oùfuient que de petitejs
xigutllcs d' acier que l'on mafur
Veauyy demeurentfans sjirii
foncer
,
"&' pourquoj au xori--
traîred'autres-petitesatguillesSr
lierre ,-depareille gfojjiur'gp
beaucoup plus lettresy vOllt jnf
qu'aufonds. ;
LA Matière subtile qui
fore despores de l'eau
pour passer dans l'air, trouvant
vant endon chemin une pence
aiguille d'acier, dontles
por.es font autrementdiiporez
que ceux de la:r3 doit
necessairement pafïtr par deifus
cette petite aIguIlle, &
ainsi la soutenir sur l'eau..
Pour mieux encenttre cecy ,
remarquez que la matiere
subtile paffe au travers des
corps, en mesme façon que
l'eau d'une" rivicre paffe au
travers des joncs qui croisfent
en son lic3&même qu'-
elle pasTe plus facilement
d'un corps tranfparcnt dans
un autre qui l'cftauflî, que
dans un corps opaque. La
caifonest que les pores de:
deux corps transparens corn
viennent mieux entr'eux que:
les pores d'un corps trans pa..
rent &ceux d'un corps opa..
que, & quainfi elle doit pap-
1er avec plus de facilité dans:
les pores de l'air-, que dans;
ceux jel'aigttillled'acier
, car
premièrement les pores de;
l'aiguille ellant fore petirs &:
diflerens de ceux de l'eau, la.
matière subtilequisortira de:
ces derniers pour entrerdans,
les autres, fera détournée de:
îouçl-iemin par les parties [0-.
«w. i
ïd,cs4c 1aiguille, qui la fe-
OÏII réfléchir vers les Cotez»
bi paifer pardelTus, ce qui
'empêchera de deftfendre.
r
Pourquoy une aiguilledeverre,
1 de pareille grojfeuranune pe-
: tite aiguille
dactê,
va au
:
fond de l'eau, quoj queplus
Legere.
>
( Une petite aiguille de verre
ne peut demeurer sur l'eau, à
cause que la matiere fubrile
qui fort des pores de' l'eau,
pour entrer dans ceux du
verre, où les mouvemens
font moins détournezque
dans l'eau, comme le montre
la refraeftion de la lumiere,
palfe tout au travers, à peu
prés de même que si ellepafiôir
par un feùl corps,cequi
cft cause qu'elle ne peut empêcherque
la petite aiguille
de verre ne touche l'eau immédiatement,
&,, que sa pefànreur
ne* la faiïe aller au
fond.
Obsession.
Si.c'estla faci l ité que la
matiere subtile trouve à paffer
des pores de l'eau dans
ceux du verre, qui fait que
tes petites aiguilles ydeicen-
Oent, comment pourra t-elic
fotneni-r fùr l'eau d'autfts petits
morceauJi de verre, qui
ne font point ronds comme
ces petites aiguilles,mais qui
ont plusieurslup^Scies? &Réponse les
-Ileft certain que la matiere
fubeile qui pafieau travers
d'une petite partie de mariere,
ronde comme un cylin.-
dre
, a moins de chemin à
faire que lors qu'elle pa.fîh
dans une autre petite partie
qui a plusieurs cotez.Ainsï
l'on ne peuc douter que ces
petits morceaux de verre né1 detournent la matiere subu.
le vers plusieurs endroirs,&:
qu'il n'en reft& toujours assez:
qui pasle encre eux Se l'eaur
pour pouvoir les y [ourenir.
D'oùtn touchant {Ui
voulu
en lesi feuilles de la SenÇitivcyelles*
se plient
,
se forment & fe*
omettent unmomentaprès ena
leur eflat naturel.
La Senficive ell: comnofée
comme les aurres plantes,
de plusieurs petitstuyaux:
creux & pleins d'une matief
doat les parties iout fines
k délicates. Ces filées se
sommuniquent pniemble
Jar Jeurs ouverturese en
xjrte que le suc qu'ils contiennent,
pasle des uns dans
les autres, à peu prés de la
mefmc mamere qe le fang
circule dans nostre corps)Ci)
passantdes veines dans les arccres5
& des arteres dans les
veines.
La dilpoficion ou larrerigemenc
de ces tuyaux ca apparemment
la cause de cet ef.
fc t qui fait noflreadmiration,
&pour vous 1expliquer, je
fùppofeque les petits tuyaux
des c
feuilles>rpartenr,^ d'un
point qui tient lieu de centre,
qu'ils^s uniffentic%fcm-'
bIc, qu'ils fonc avec cela tin- ti peu Toupiesque;le mou-j
"tment quon imprime aux
uns se cdtsmunique aux,aù-' très.,ai>ui no*v»
~~(~and on touche. une
feuille, elle se plie en se fernianr,&
a prés le déplie pour
se remettre en son estat na.
turel. La raison est,qu'en
touchant !atfeui')c ;) l'un
érrefIir ces tuyaux dans l'en. 1
droit où on les touche,:ce
qui fait que le lue trouvant
ton paffige, fermé, retourne
versl'endroit d'où il venoit,
& l'on conçoit bien qu'il
faut qu'en retournant il en
rencontre unautre, L'qucllè
refléchiffanc vers le lieu où
il continucroiç clt se mou-
-
voir librementj filon paflàge
n'efiott pas fermé, est
cause que les endroits des
tuyaux qui dcmeurenc ouverts
se gonflent & s'approchent
d'un centre qui leur
fert de point fixe.Mais le
suc qui vient toujours de
1 nouveau, gonflant de plus en
pins ces tuyaux, souvre en:-
fîa le pallage, ôc pouilant
les parues des tuyaux qui avoient
elle pretîees, ne peut
manquer de les mettre dans
leur firuadon naturelle, à
cause que pour lors ils fonc
égalenleno.ouverts par tour.
Il faut remarquer que par
Centre j'encens la fibre ligneuiequiest
au milieu des
feuilles,&qui les parcage en
deux également,i laquelle
s'attachent tous les autres
tuyaux de la feuille. Cette
petite corde eil. un compolé
de tuyaux plus pressez les uns
contre les autres que ceux de
lai feuille.
On remarqueencore qu'-
en. touchant feulement à la
tige, les feuilles se plient &
se déplienr comme auparavant.
La raison cil, que le
mouvement quon luy imprime
en la touchant pasTe
jusqu'aux feuilles
, & fait
couler le suc dans leurs petits
tuyaux en plus grande
quantité qu'àl'ordinaire, ce
qui est cause qu'ils (e gonflent
& se raccourcirent, &
que les feuliles-se ferment;
nmiaaiissqquuaannddration qui faifait
eoulcr le iicdans ces
tuyaux fans aucuoordre eH
paOee, les feuilles le déplient
pour re prendre leur
ellat naturel,â caufc que le
suc qui coule au dedans s'y
diitribue pour lors également
,
& re prend sa route
ordinaire.
A pres avoir explique' cette
propriété des feuilles de la
Sensitive, il faut dire un mor,
pourquoyil n'yen a pas une
femblabîedansles feuil les
des autres plantes. Je croy
que celavfcnt de ce qu' e lles
ont leurs fibres tropdu^
es,pbu(reitfc-phe[ecesspp$~ rrIla'a--
(Stiontldu/i^crqui!Coule, au
dedans^On:peut encore
direqu.'i,lyadans.Iafupcrfi- ciede leurstuy, aux, des pores
assez larges i pour laiifer
paffer, les; plus fùbciles par- tiesdui suc qui s'y élance
avec vitesse, quand on les
presse: plus fort enun endroit
qu'en un autre. Enfin
on ne( peut douter que^la
Sensitive n'ait des redores qui
la rendent capable de
; cet
effet,&qui different de ceux
des tautres plantes,& quoy,
quïlJl[oie. impossible à l'eCprit
humain de démefler tous
ceux qui y contribuenc, toutefois
on peut dire en général
quelle en est la cause,
& mesme l'explication que
j'en ay donnée, peut, ce me
semble. contenter les personnes
railonnables.
Voicy un Ouvrage qui a
fait bruit, & dont le litre
vous apprendra le fujer.
C'elt une imitation des vers
Latins de M' de Santeul,
ChanoineRegulier de Saint
Victor, faite par Mr Diereville.
£S3SSSS££&gSi§S3&
LA VENGEANCE
DE MADAME
LA DUCHESSE
DE BOURBON,
Or
LEPOETEPVNI.
A Moy,Mnfei,ventât e Ciel,
quelledisarace !
Au milieud'un festin on ose moutrager.
Peurprendre tnt deffense a,me,
tout le Pamaffe,
Vous ne (faurieï trop mevenger.
Ab! quellefureurlquellerage1
Pne cruelle main
Parle coup le plus inhumainI
De honte & de douleurfatt rougit1
monvisage, 1
Et parundouble affront
Dtftn verre d'eau (ouvre
mont
fient. I
Apres un tel mépris
5
o Filles d
Memoire, 1
Quipourra refpetter du MontSaeré
la gloire ! 1 Témoins du coup qoe je reçois, I
Lei Satyres, les Dryades
,
Les Faunes & les Nayadcs
De leurs ris éclatans font retentir
i. les Bois.
Tandisquun grandPrince à sa
Table
Mefait un doux accuéil & me
comble d'honneur,
Quelle efl la main barbare, inù
pitoyable
Qui me cause tant de douleur l
Mules) ?où peut venir une telle
fureur?
Par ce coup imprévu
,
dont mort
ame tft surprise»
'letw/» trouble
,
le^jyrdijparoifl
à mes yeux, Confus, fani nzouvemenJ) 4 moy.
mesme Tablejeannuyeux, plus exquise»
le perds legouji des mets les plui
délicieux.
Ce ue fut paf ainsi que d'uneJÎU- - QufîeReine
rn Poèrte i* afutereforis,se vit,1.favo-
EUe (ccutluy mdrque-r.fans peine
Son efhme par un bat/er.
C'efloil ainsi qu'en ?tza douleur trop
vive,
* Alain Charder. '- ;'
Dupluscruelaffront tous ?ves fin.
agiter,,,,
J?Ar les trifiel acccns d'une voix
plaintive
J'invoquois mes Divinité*.
Chagrin & loe* £efitclaf.tble
Des Princesses du Sang Royal,
Je voulais deferter la Table, Et quitter fin lieu fifatal,
ùiafo lors que je veux fuir un si
sensible outrage,
'\Melpomenewïarrefte3 me tient
ce langage.
Ton crime a mérité l'affront dont
III te plains.
Connois-tu la Beauté qui cause tes
chagrins
Du plu* beau fang du monde elle
tient sa naijlance,
C'est la Fille d'un Roy, le plus
grand des Humains,
Celle qui <£un CON D E' dans
l'ordre des Defiins
Par les noeuds de lHJmeu attenf
doit talliance.
La Pitié la [cent retenir,
Elle eufl pu te reduirt en fou- - dre,
( Entre ses mains pour te pllnir
Jupiter avott?nù sonfondre.
7j*°J ! content de parter des beaute%
a de ces Champs>
Zommesitu ceffots de sentir tes talent
Tu ne dis rieu de la Prmceffe
Q^ue des Divinitéz, applaudirent
fans cejje!
Inrenfè, ne devais-ritpu
Dès lemoment que tu Caâ
! vùe,
Chanter les ravissansappas
Dont le Ciel l'a pourvue1
Les Bois par leurstendra ra.
meaux,
Et le doux bruit de louts feuillages
Les Fontaines & Us Ruis-
-
feaux,
Par le murmure de leurs eaux,
EEttIlïabbeeaa!u?ttéé de leurs rriivvaaggeessti
Témoignentà fenvy [ouaces charmans
ombrages
• A la Princesse leur plai/ïr;
Toy feul dans un honteux
loisir
Tu peu* luy tefufer tej chants &
tes btmmages.
Sa presence devoit tinspirer de
£Ardeur,
Qjtcl port!quelair! lunont/d pas
tant de gr-ndeur.
Du plus puissant des Dieux cette
superbe Epauje,
Tolûoiouursiveai,ne,toûjomrs jd-
Envîtoit sa douce fierté;
Venus [Ctllf en naissant luy donner
sa beauté.
Ces Jardins enchante, tiennent
lours charmesdHlley
Mlley répand une grâce nouvelle.
la huer tout l'invitait,
T/n Princeauqufie fexcttoii-,
1"ouinnrs {.(nd tu it tiens dam un
profond silence, Eltaije pourqusy la Princcffe
Coffenfe l
rn tel crime avoit merité
Plies de feVcTité.-
Quastu donc fait t
divin
Poëie5
Du Chalumeau
a
dé la Musette

Dont les fons Fautrejour [ou* ces
feuillages frais
Retentifloient far tout dans ces
sombres forcffs?
Quelle douceur 1 quelle harmonie
!
Tour entendre des chants si
beaux
LaNympheSyL VIE*
Sortoit de ses eaux.
Elle iapplaudijjoiti 6 de toit beau
genie
sldmlrans les talens divers)
j4iec plaisir elle montrait tes
Vers
Dont son Vrne estoit embellie.
DufameuxTHEOPHILE
oubliant les amours La Nymphe tous les jours
* Fontaine de Chantilly.
DugrandSANTEVLse
glorifie.
Pour la Princesse t. te tais
Aptes avoir chanté ces Prexjfa ces
JBoccagesî
C'efi faire à [es charmans attraits
Le piressensible des olJtrélgRf,
De ce méprisJupiter irrité
, Pour ten punir luy mit en main
fort Foudre,
Mais elle ne put se resoud,e
A tuni de duvetéi
Desitemblei armej
Ne convenaient pointàses charmes.
Dans son jufie courroux elle eut
trop de douceur;
Sa main feule fetvit à punir ton
offense,
Deson coup un foutis foulagevit Id
douleur> i
D'une belle Prmcejfe une telle veni
geance
Est bien souventunefaveur.
De crainte que le feu n'en vinjlsur
ton vtfjget !
Le remette yfut appliqué
D'un vcire (ïeautufus masquè,
Ce rieftoit que par bzdinu'^e.
Cette JI,i11(efletn lejettentt
Ne dit-tdepas en rianty
Après le foudie vient l'orage.
1
ChaqueDhfieà ce récit
Par des ris écLitans marque une
joyeextrême>
Commeelles Jupiterenrit,
Dans ma douleur fen ris moymême.
Le
I Le y. de ce mois, 1ouverture
duSenat de Nice se fie
suiVant la coutume. Mr le
Maréchal de Car.iri¡J,accompagné
de M'le Chevalier de
la Fare.,&de quantité dOfifci-
érs,affifla à cette Ceremonie,
à laquelle M' l'Evêque,&
toute la Nobleflefe
trouvèrent aufli. Mr de la
Porte, premier Prtfident,
prononça, à son ordinaire,
un fort beauDifcourSjôcexpliqua
quel doit efite l'ut; ge
de la parole dans la bouche
des Magistrats, avec quelle
dignité,quellenoble liberté
ilsdoiventsen lervirpourle,
(outien & l'admiuiftration
de la jnitice. Il parla de la
prudence dins les discours
même les plus familiers, &¡
s'atracha principalement à
montrer de quelleimportance
il elt que les Juges gardent
le secret de ce quite,
paffe dans leurs délibéracions
,- iuivanc le ferment
qu'ils en ont fait lors qu'ils
ont elle receus. Il fit voir
en passantquelle est la foy
des sermens, i5c avec quelle
religion les Anciens l'ont ob-
(ervée, ce g-u'>çn ont dit En•
nius& Caton', l'exemple de
Regûliisceluy des Prisonniers
d'Annibal
,
apre's la Bataillede
Cannes. Tout cela
y fut tres-bien placée mais le:plusparfait modelé qu'il
prppofa de lufage de la parole
, fut ce luy du Roy; à
qui rien, dit-il, nefl jamais échapé
de ce qui se pajje dans ses Con»
feils, CJT* qui a par excellenceait
dejjus de toutes les personnes du
monde le don deparler avec une
majejlé,unedignité,grune ju-
JlejJequi font tojj ours l'admira"
tion de ceuxqui l'entendentII
cita à ccette occafsioonn.MM'ilI''ÊL,--
vesque de Nice, Prélat d'un
rres. grand nierire, qui dans
le voyagequ'il fit en France,1
il y a quelques années) fut
honoré par Sa Majelté de
tant de marques de sa bonté
& de son estime.
Enfin, retraçant en peu
de mors tout ce qui s'e est paC:
oséla Campagne derniere à la
gloire du Roy, dans cous les
Pays où SaMajelté par la
fagefTe de les ordres, autant
que par la puissance, louticnt
la guerre contre tant d'Enne.
mis3iî s'étenditsur la valeur,
la conduite& udlivitéav^c
,.,
Jefquelies Monseigneur a rendu
inutiles les projets du Prince
d'Orange, & garanti la
Flandre Françoise des Incendies,
& du pillage donc elle
estoit menacée.) Il parla des
Vi&oires & des Conquestes
de Catalogne,fous la conduite
de M'le Mareschal Duc de
Noailles,& repaya en peu
de mots toutce qu'a fait
de considerable dans cette
guerre Mr le Mareschal de
Catinat, dont la modestie
ne souffrit pas peu de se trou.
ver prcfcnt à cet Eloge, Ôc
de s'entendre comparer au
Gran d Fabius. Il fit remarquerquelle
obligation le
ComtedeNiceavoic
au Roy .1 - ComcedeNiceavoicauKoy
commis la d c~cnle
à Monsieur Se Duc de Vendosme
,
qui par des (oins infatigables
& une prévoyance
p'eine de ca pacire 6: de
C!gcCfe, y avoir conUrvé ie
repos aux Peu ples, & donne
d'ai:leurs tant de marques de
fà libéralité & desa nlagnificence.
Il finit en exhortanc
rAflemblce de demander à
Dieu qu'illuy pluft bénir !e
Grand Roy qui feulloutienc
le poids de tantd'im portantes
affaires,qui deffend con- tretantde Nanons, iEmpire
ue'Ia Divine Providence a
fcommis à sa coiiduite& qui
après y avoir rcfoime tanc
d'abus parsesloix ,y fairfleurir
la pieté & les bonnes
moeurs par son exemple., a
F, Depuis Tannée i666.que la
mort de la Reine Mere estarrivée,
MonsieurafaitvoirTon
zele & sa pieté, en se trouvant
tous les ans à l' Annivërfaire
qui (e fait le 10. de ce
mois,pourcette Princesse.
Leurs Altesses Royales y ont
aflifté cetteannée félon leurcoutume.
& la Ceremonie en *1 a eslé faite par)MrdeMaupcou
,Evesque de Castres. il j
'lA Jei me fuis trompé dans
ma Lettre du moispasle 3
lors
qu'en vous parlant de ce qui
s'etf paffé au Parlement &au
Siège de l'Amirauté, emta
reception
.:
de Monfieurule
Comte de Toulouse,en: la
Charge d'Amiral de France,
je vous ay dit que MrBouchart
de Saron avoit rapporté
les Lettres de ce Prince.
Ce fUtMrDoujat,Doyen du
Parlement-,--q- -u' i en fut le Raporteur.
Il
fit
de tres-éloquens
Dilcours, lors qu'on
procéda à ces deux rece ptions:'
La réputation que feu Mr
de Riencourt, Correcteur en
1% Chambre des Comptes ,
s'efl: acquie par son Livre De
la Monarchie Françoije, qui a
déjà elté imprimé trois fois,
vous doit taire apprendre
avec plaisir qu'il a travaillé à
uniabrégéde touttrHtftoirtdt
France,depuisPharamond jufquesau
regne deSaMajefté-
Cet Ouvrage,ou Ce trouvent
tous les Portraits de nos Rois,
commence à se debiter en
f ne volumes chez h: Sr BftinT:
izrx,Libraire, dansla grande
1
Libntir'r,da'tD~
Salle du Paldis. Quoyqu'il
aie deja divers A brégez de
ceute Hiltonrc, comme l'on
trouve toujoursdes circonfoxesdans
l'un qui fDnrou:
b:..et:s dans l'autre, on peut
dire que Ml'deRiencourrnia
pulien faire de plus utile au
Public, qui re (çauroit estre
trop bien informé de ce qui
s'est pasle de plus renlarqua.
ble dans ce Royaume-, d puis
treize SiecIe!'que 1 écabliflement
dela Monarchie a etie
saic.
kMTAbbédeVillicis a saic
mil.Ouvrage.nouveau
,
quia
prur litre, TraitédelàSatire,
joii.Ion examine comment
ion doit, reprendre ion prochain,&
comment ia Satire
peut servir à cet ufige. Cet
[Oûvrage vous paroiiïra de
ifaifon
,
puis que jamaison
ln'an1is au jour un plus gran d
nom bre d'Ecrits fatinques,
& c'est fans doute ce qui a
iidéterminéMsl'Abbé deVil- ;liers àécrire sur cette niatiere,
: qu'ilatraitée non feulement
avec beaucoup de vivacité&
i d'agrément, mais aussi avec
beaucoup de solidité, ayant
parcouru toutes les c hofes
où la Satyre peut eltre employée
, & ayant faitvoir
par des principes folidts ce
qu'elle a de bon & de mauvais.
Il a melme pris la précaution
de ne rien dire qu'on
puisse appliquer avec jultice,
& comme il n'ya- personne
qui ne doive convenir des
principes qu'il avance, il n'y
a aufît*perfbnne qui puiflfe
s'orfenfer de ce Livre, qui
porte, comme tous les autres
Ouvrages de cet Auteur,un
caraétere qui marque aflfcz
qu'il écrit (ans paifion3 &
qu'il ne cherche qu'à inltruire.
Aussi est-ct la le caraétere
que doivent avoir les Ouvrages
d'un homme quis'occupe
particulièrement à la.
Prédication. Le Traité de la
Satyre dont je vous parle, se
vend chez le Sr Anisson ,
Directeur de l'Imprimerie
Royale,rue S. Jacques.
Ildegerte) Nouvelle Hiftorique
dont je vous parlay
le mois patlé, a cité si bien
receue dans vollrc Province,
que jecroy vousfaire ptÜfir
en vous dilant que le Sr de
tuynes> Libraire au PatWfr
-ende-bite une fécondé,
tulee Zulima. Les AvantttV£
en font(urprenantes &far
agrea blemeni:-diver.Íifiées,tlj
forte que ce petit Ouvragl
contient autant de marier]
quai s'en trouvoir aurrefot.
dans un gros Volume dend
anciens Romans. Je ne vôtf
dis rien dutlile; vous leçon,
noiflfez, puis que Zulima 6
Ildegerte font du mefnw
Auteur.
Comme personne au mon
denes"inctreffe plusquevous
au gloire de naître Auguste
Monarque, je ne doute pas
que vous n'ayez ouy parler
dedeux livres qui luy furent
presentez le dernier jour de
l'année fous le titre Des glorieusesConquefles
de Louis le
Grand, f Cet Ouvrage contient
unjournal parPlanches
& Estampes gravées de tous
les Sieges de Ville qui ont
esté. faics, & des Batailles qui
se lont données, escgagnées
avec lesRelations depuis le
commencement du rt gne
du Royjufqua«pre'lenc. Ce
journal fut commencépar rpar
Mr de Beaulieu, le premier
Ingenieur de ton temps, que leRoy vou lut bien honorer
de son Ordre de S. Michel
& de la qualité de Maresc
chai de Camp de les Armées,
pour ion merite, & en con"
sîderation de ses services,
qu'il ne laifla pas de conci.
nuer, quoiqu'il eud perdu
son bras droit d'un coup de
canon au Siège de Pniiif
bourg en 1644. Il a ddlîné
& tracé de la main gauche
l'Histoire de Sa Majerté qu'il
commença de faire graver 1
avec unedépenseextraordinaire.
Mlle Chevalier de
Beaulieu estant moreavant
Faccomptiffemenc d'un si
beau delTein, Madame des
Roches,sa Niece,a eu l'avantage
de lachever autant que
son bien & la rapidité des
Victoires du Roy ont pû luy
permettr.e de le faire. Ellea
dedié cet Ouvrage à Sa Majefté,
qui eut la bonté en le
recevait, de luy témoigner
en des termes très-favorables
qu'Elle en estoit tore
contente. Quoique cette
Dame foit veuve depuis
quatre ans, elle n'a pas laifle
dtt faire graver les Siègespi
les- Batailles de cette ULWÏ.
re avrc ume entiere exa£Utude.
Il n'y, a rien de si beau ni
de si bien écabli, que 1-i
Charité generale de Lyon.
>Cela efl: si vray , que le Souverain
Pontife Innocent XII.
qui remplie aujourd'huy si
dignement la Chaire de Saine
Pierre, a voulu avoir depuis
peu ufle copiedes regles. &
de l'institution de cetteCha.
ritéypour en eltablir une à
Rome sur ce modele. Ua
ÇQnue de Lyon efl [oûjours
le Chef de Messîeurs du Bureau,
qui fontau nombre de
seize.-Un de ces Reâeurs^ à
qui son mérité qui Irty acquiert
une estime generale, a
fait donner dans laChariré la
diretliondesFUtes de Sainte
Catherine, s'efiant trouvé
au mois de Novembre dans
une Aflembîee composée de
personnes de l'un & de rautre
(exe, la conversation tomba
insensiblement sur le jour de
laFeftede cette Sainte quiapprochoit,
puis que l'Eglisela
célébré le 15 du mesme mois.
'Outre que son employ i'engageoic
a faire les trais de
cetteFesie,rà faire orner l'Ee¡
gli[e) à ch* *oisir un Prcdiea.
teur,6: enfin à tout ce qu'il
faut pour une grande cerc.
monie, il eltoic encore dans
l'obligation de faire compoferune
Harangue en forme
de rcmcrciment, pour ellre
recitée devmr Messieurs du
Bureau, Il avoit fait cravaiIler
à la composition de ce
xemercimenc dont il n'elèoic
pas content, & comme une
aimable Fille du quartier de
Saine Nifier, nommée Mademoifeile
Bernard, efiunéc
^do tout lemonde pour ion
efpHtëc pour son merire,
feoftrouvoicu ptefente
, ce
Rettcurrrluy i dit - qu'à
moins qu'elle ne voulust bien
Ycm|loyer à rerouchcr ce
remercimenc,dont il tenoie
la copie.,il ne pourroit avoir
ni la juitcfTc ni l'agrément
que ces pieces deloquences
doivent avoir., Tout le
monde »joignit ses prieres
à cclies qu'il luy fai[oit, &
troisou quatre jours a pres,
cette Dcmoitelleluy,envoya
le remerciaient qui
fuit, fait sur le plan du premier
quonlavoit obligéede
prendre. ';-,
., .,,\ REMERCIMENT
Des Filles de Sainte Catherine,
à Messieurs les Recteurs
de la Charité generale
de Lyon, prononcé
paruneFille de leurCoin.
munauté, le jour de leur
Felte, en l'année 1694. MESSIEVRS)
ghie fxjuve^-HjoitsaujourdnhI uy
attendre de nous qui merite vôt.
re-attention ? Nous ne venons
totnt pour vousfaire un remercient
qui foit digne de vous,
[7' digne des bontez que vous
ive^pour nous. Notre coeur a
€j bien plus de part que notre
(prit, & d'aujjifotblesexpres-
Ions que Ls nôtres, nefçiurotent
amais quimparfait(ment vous
marquer, j,,t)iri- devoir
3
(9*
notie reccnnoifjance.
En lffit, Mcfjicurs, votre
dJiurne, qui'Jdébuts pres dde l¡.:iX
e,,. j;iïp.JJc tout Le cYn f' pratique
aideurs-, fejl/iirpitjjcn cil?.
mefinecette annee. U -risci-s t.:;;1/5
dijjicilei ou le Ciel ajtm> ( niuoir
point d égardJt nos bejoins>
nous Avens trouve en vous de
rentables entrailles de pere. Voftre
fage prévoyance A heureusement
Juppléé au défaut & à la
fierilité de la nature t-Au milieu
dune defètte gencraie, vous a'tleZ
eu le secret de faire regner icy
l'abondance. Cettemiserepublique
n ejîpoint venuejusqu'a nous;
nous ne l'avons connue que parI
ce grand nombre de pauvres c,
de mifirables de toutes les Provincesquevous
a'Ve:( reçus dans
cette Maison, où la faim&le
froid
J
la pauvreté & lindigence
, ne les accompagnoient
quà la porte riy entroient
jamais
jamais avec -aux; nlctlheureuJt: ,heureux du Jtcours
-qu'ih rmoontrment.
i Ctrft ce ^'ele,Mejjteurs
,
si
pur- & si drfintereflé dans ce
temps ou Ion donne tout à lin-
\ttrefl, quifait ladmiration de
ceri-c grande ViÛe3 £r l éronnementdes
Etrangers. CJrft ce Zele,
dis-je,quiejlunepreuveinvincible
de la venté, ey* delàgrandeur
de nojlre Religion. Car, où
trouve-ton que la vertu d1es
Payentmjpire desemblable,f ntimtmf
Lhumilité, la pat/rrice,
le dtjmterejjcment laéliviié *At
'Vtg,dance) la Charitéenunflïvt,
cette Retne des Vertus,nefut
jamais desonpartage. Le Dietl'
que nous adorons eflfeul capable*
de donner un si grand cr un si'
beau Z!le
, comme il tft feul ca.
pable de le recompenfir.
En effet,MeJJtcurs,fairedu
bienfans cejje
3 e croire nen
faire jamaisassiz
3
se fairemefme
enle pratiquant un plaijir Jeses
peines
, ne rejetter aucunes prie,
rcst prévenirsouvent les desirs,
ne manquer jamais aux besoins,
avoir d'autres vues que noflre
bien3 nostreutilité%noj}reinflruction,
r.oflre érablijjement; entrer
pour cet effet dans toutes nos
jiwfirmit,
ecoutertoutes nos demandfs
Jfairejujliceàtoutes nos
plaintes , pourvoir à toutes nos
necejitez,, cvenir enfin icy sa.
baissèr jufquà nous avec tant dattachement & d'assiduité
,
si
ce font-là, Mcssieurs, comme ce
font en effet vos occupations ordinaires
,
quel autre peut vous
mffirerdeJi charitables exercices
qu'un Dieu qui n'est que Charité
&la Charitémesmef
tJMaisnjat'ilpointicy delà
témérité à vouloir peindre avec
Jesi communes couleurs des vertus
Ji peu communes, & pour
nous acquitcrenvers Monfeur le
Comte d'un devoirsiIcgÙimeJ eel
qui réponde en quelque mamere
à son attente
3
de quelles expres
Jtons
,
quelque choilirs quel/es
pmjfenteflre, pouvons-nousrwns fervir\ quinefoient bien au def
Jous & de[on mérité & de sa
vertu r Comme il efl (Tunenaif
fanccilluflre
, & dun rang fort
difingué dans le monde,nour
.a,vons toujours trouvé en luy un Bienfaiteur d'uneJijïtnéhon fin.
grui-tèTre Qui de nous ptttt ignorer qu'ilcftinfiniment bonnefte} ext'emément
gtnereux, (y* trèscharitable?
OU.), MonficurJ ily a des
occdfiQp heureuses. (ST ceneflky
une pour nousy ou nous aurions
lieu de faire voir publiquement,
en parlant de nojtre bonheur dans
la desolation publique, que vous
n'esses pas de ces grands du monde,
crde ces Heureux in Jiécle,
qui contens de leurproprefélicité,
sefondent peu delamiftrt des autres;
& qual'exemple deLouis
le Grand, noflrepieaxgr invincible
Monarque, vous ne trou.
ve% la grandeur confiderableque
par les fréquentes e confidera*
bles occaftons
,
qu'elle donnefans.
cefe d obliger & de bien faire;
mais ny le temps ny le lieuJ ny
vojlrepropremodejtie3 ne nous
permettent pas d'cntrtr dans un
sujet d'une si itafle étendue
; & le meilleur partj que nous
ptÚ/fionsprendre, efl celuy denous
taire.
Se taire! eh le pouvons nous
après tant d'obligations que nous
avons aujji à M. le Presidentf
Qui de nous n'a pas éprouvé si
bontéX., sa generofiiés[ongrand
coeur? Que ne fait-il point pour
nous conjervtr dans nos rpri'j)i-
Irges ? Ne sçait on pas qu'ily
Aonnetous les foins; quil entre
dans tout le détail des affaires de
cette Majfon>avectoute la chaleur
& toute l'application pojfu
ble
5
jufqttà quitter les pennes
propres pourJe donnerentierernent
a nous?
Se taire! eh le pouvons-nous
encore dans cette ùccajionfÙr le
sujet de celuy qui en tant d'autrès
,
parle toujours sifavorablement
pour nous? La richeffi
deJes exprejjions, lafinejjede[es
pensées
,
l'abondance de ses raifans;
les traits de samorale qu'il
employé toujours à roup feur, lorsqu'il
s'agit de nous défendre, &
derepoujjer iinjuflice,meritent
bien que nous luy donnions à noftre
tour quelque peu d'encens,e
que l'onfçacbepubliquement qu'il
7itjl pas homme àse laijjerentêter
de Ji peu de chofc.
Ce que nous aurions àdire de
Al Exconful ne nous touchepas
moins. Tout parle icyde (es bienfaits,
de sesfoins, defan oeconomie,
de son exactitudey ee quand
nous ntn dirionsrun, ces Bâtimens
mm~aggnniiffiiqquueessttoouûj/oouurrss si bien
ent¡-etenus,.(;/ ou riennemanque,
parleioient hautement pour nous.
Adais le moyen de nous acquitter
aujourdhuy par unfeulrcmercî.
ment envers ctluy qui fiait si
bien faire exccuter tou tes ebofes !
kug qu'ily ait peu de temps
que nous ayons lhonneur depoffd"
M le Tresorierdes deniers
d: la Mal/on, nous ne laijjorts
p.j6 de luy eflredéjà beaucoup re.
devables. Ses inclinations bonneftes
y
(;J' bicnfafarues ne nous
donnent pas lien de douter qu'il
ne marche sur les pas de [onPre.
JecejJrur) & nous fontbienconnoijbrcqu'il
n'a pas moins herite
de les vertus, que deJes biens,
puisqu'ilfemble les avoir en corn,
mun avec nous
,
çjr quil les diftribue
dune main toujours (balement
libérale.
Quelles grâces9 quel remercimène
peut nous Acquiur de ce
que nous devons à celuy qu'on
nousafait lhonneur de nous donner
pour DireÛeurde noire Communauté,
CT que n'aurions-nous
pas à dire de tant de peines
) &
de tant de charitables foins qu'il
prend pour nous Joulager
f
pour
nous inflruire, &pour nous établir
? Si nous ne craignions de
blejJersa modeflie, nons dirions
icy qu'il a plus de promptitude à
prévenir nos hejoins
, que nous
n'en avons àles luy faire connaître
; mais comme elle nous
imposeÇilence, & qu'elle ne nous
permet pas d'endire davantage
)
cest'lefeulendroitdenojlrevie
où il nous ejî durdobéir.
Enfin, Mejjieurs
, c: nousfera
toujours une veritable peine que
d' avoir à vous remercier comme
il faut detoutes celles qu: nous
vous donnons toutes en généraly
&chacuneenparticulier dans la
diversitéde vos emplois. Nousle
dirons encore à vojlre gloire
)
dans
ce temps où la Charité efl Aussi
froide que les nuits de la Saison
où nous sommes
,
elle a trouvé le
secret dese rallumer dans vos
coeurs avec autant d'ardeur que
dans les premiers ifecles de l' E..
glift. Vosyellx ,vos oreilLs, &
'Vos mains nr font jamais longtemps
à s'ouvrirsur les miseres
des. Tauvres ; vos yeux à les
voiravecpitié, vos oreilles à hs
écouteravecplatfîr,evos mains
à les feeourir avec promptitude.
Dans toutes vos charité% vous
riejlcs pas mefrnzs charitables à
drmy Nous devons cetémoignage
à la verlté, & ceslouangesavos
vertus. Nousvoudrions bienque
ce F^cm^rcimtnc puft répondre en
quelque maniéré à 1 éclat, CM au
mante de rant d aéhons glorieu.
ses que vous saires tous lesfuurs;
mais' comme nous ne (çaurions
nous acquitter envers vous qu'en
benedifiions>Cen souhaits> 0*
que c'est.là toute la ricbejje des
'Pau-ures
,
fajje le Ciel que les
pauvres Filles de Sainte Catherine5
charmées de vos foins,penetries
de vos charité"^, comblées
de vos bitnfaits
J
sount un jour
toutes occupées à vous faire à,
tous des couronnes dans la gloi.
re.
Vous sçavez, Madame,
la perte que la France a faite,
en la pilonne de François"
Henry de Montmorency
, Duc de Luxembourg & de
Puiey
,
PGir, Marelchal ôc
Premier Baron Chreihen de
France, Chevalier aCommandeur
des Ordres du Roy,
Souverain de Lusse & dAigremonr,
Comte de Ligny
en Barrois, Baron de Dangu,
Seigneur de Precy ,
BlaincourtBlanqueval,
Crevecoeur,
Bourg, Lansac, S. Savin,
Capitaine de la première
& plus ancienne Compagnie
Françoise des Gardes du
Corps, Gouverneur&Lieutenant
General pour Sa Majesté
de la Province deNormandie,
&General de fesArmées.I! fue
attaqué d'une faufle Pleurcfie
leVendredy 31. de l'année
derniere,& tous lesremedes
s' estant trouvez inutiles ils
mourutàVersailles leMardy,
4. de ce mois, avec tous les
sentimens de fermeté & de
pieté que l'on peut souhaiter
dans un grand homme &
dans un veritable Chreltien.
Ce fut le Pere Bourdaloue,
Jesuite, qui l'afliftaà lamort,
& il n'eue pas de peine à le
mettre dans la resignation
qu'il luy inspira pour les volontez
du Souverain Maistre.
La Maison de Montmorency
donc il elloit, l'une des plus
anciennes & des plus illustres
du Royaume, a eu quantité
de grands Officiers de U
Couronne, comme desConneftables
,
des Maretcliaux
.:.& desAmiraux, & plusieurs
-Grands- Mailtres
)
Grands-1 rChambellans,Grands. Bou-,
tetllers,& grands Panetiers de ;France. Bouchard de MoncmorencyjPremier
dt cenom,
vivoicen 955. Il estoit un des
plus considerables Seigneurs
,
de Ton temps il fut Pere de
Bouchard II. Sire de Montmorency
,
& d'Alberic de
Montmorency, qu'un croie
eitre le premier Connestable
de France. Bouchard III. Sire
de Montmorency & dfcicouen
,
Fils de Bouchard
II. laifla Thibaut-&Hervé
de Montmorency. Thi.
baut fut Connestable de
FranceJ &en grand creciic
auprès du Roy Philippe I. &
estant mort fans enfans
Hervé de Montmorency qui,
luy succeda, fut Grand Routeiller
de France. Il laifTa
pour Fils Bouchard de Montmorency
IV. du nom, Pere
de Mathieu de Montmorency
3
Connestable de France
fous leregne de Louis le jeune.
Mathieu de Montmorency
I. du nom, épousa en
prcmieresnopces Anne, Fille
naturelle de Henry I. Roy
d'Angleterre & Duc de Norniandie,&
en [ccondes, Adélaïde
de Savoye
,
Veuve du
Roy Louis le Gros, & Fille
de Humbert II. Comte de
Savoye & de Gille de Bourgogne.
Il eut de Laure de
Hainault,Fille de Baudouin
1 V. Comte de Hainaut,Bouchard
V. Srde Montmorency
, qui fut Pere de Matthieu
II. dit le Grand, Connettable
de France,fous le Roy
Philippe Auguste.Son Fils
BouchardVI. eut. pour Fils
MathieuIII. Pere de Mathieu
IV. de Montmorency,
dEcoucn & de Darnville, Amirai
&grandChanibcIlan de
France fous le Roy Philippe
le Bel. Celuy-cy fut Pere de
Jean de Montmorency I. du
nom, qui de Jeanne Calleror,
Fillede Robert
,
S' de Berne,
val en Caux, laifla Charles
Sire de Montmorency
,
Ma.
réchal de France, qui eue
pour Fils Jacques I. Sieur de
Montmorency,Conférer ôc
Chambellan du Roy Charles
VI.quile fit Chevalier:
en 1380. après les cérémonies'
deIon;Sacre. Jean11.du;
n0 n 1 nom,Fils de Jacques, fut;
pourvu vers l'an 142.5 de lai
Charge de Grand Chambel-j
lan de France, & rendit de
grands services aux Rois
Charles VII. & Louis XI. Il.
eut de 'Jeanne
,
Dame de
Fofleux, Fille aînée,& principale
heri tiere de Jean del'
Foffeux, ConfeilIer&Chambellan
de Jean, Duc de Bourgogne,
Jean de Montmoren->
cy III. du nom, & Louis dcl
Montmorency
,
S' de Fofjeux,
quia donne origine
aux Seigneurs de Foffeux,
ayant estéPeredeRoland de
Montmorcncy
, Baron de
Foireux, qui de Louilè d'OrgemonteutClaude
de Montmorency
, Baron de Foffeux.
Celuy-cy laifla Pierre de
Montmorency, Marquis de
Thurv7Baronne Foflfcux, Sr
de LauretTe, lx Françoisde
Montmorency
,
S1 de HaMot,
de Bouteville & de Crevecoeur.
Ce dernier tut pour
Fils François II. du nom ,
&:
Louis de Montmorency
,
Sr
de Bouteville& de Presly,
Comte de Lune, & Vice -A-1
mirai de France, qui ayant;
épousé Charlote
-
Catherine'
deLufle,Fille& heritierc def
Cliarles,Coi-nte de Lufle dans]
la Baffe- Navarre, en,eue
François de Montmorency,
Comte de Lusse1) S' dei
Bouteville, quis'eitant ac-'
quis une grande réputation
dans les com bats singuliers,
dont il estoit toujours forty
victorieux, eut enfin la teste
tranchée le 2.1. Juin 162.7.pour
s'estrebattu dans la Place
Royale avec le Comte de
Chapelles., contre le Marquis -de Beuvron, & Henry d'Amboite,
Marquis deBuffi^quifut
tué. Il avoie épousé Isabel de
Vienne, &il en eut François.
Henry de Montmore9ncy
polthume,Comtede Bouteville&
deLulffe3ne.le 7. Janvier1628.
C'eit Mr leMaréchal
Duc de Luxembourg qui
vient de mourir. Il fut receu
Duc& Pair au Pajlemenr le
22, deMay 1662.&le Roy le
fie Maréchal de France le30.
Juillet 1675- Il avoic époulé
en 1661. Madeleine-Charloce-
Bonne-Theresede Clermonr*
Duchesse de Luxembourg,
Fille de Charles-Henry Cier-
.mont_qc Tonnerraa & de
Marie-Charlote de Luxembourg
, Duchesse de Pincy
Comtesse de Ligni, qui eftoic
Fille de Henry de Luxembour,
Duc de Piney, & de
Madeleine de Montmorcn*
cy,Dame de Thloré.Marie-
Charlote de Luxembourg,
DuchefledePiney,Prïncesse
de Tingry & Comtesse de
Lignyen Barrois, se démit du:
titredefonDuchéenmariant
Madeleine-Charlote-Bonne-
Therese sa Fille à François-
Henry dcMontmorcncy donc
je vous apprens-la morr, & elle
en transmit le droit femelle
dans
dans cetse Maïson illustre cil
la personne de ion Gendre,
^conditionde porter le nom
& les ArmesdeLuxembourg,
qu'il a rendu celebre, auflibien
que le Sang de Montmorency,
fameux par tant de
'Grands Maistres
3
Conneftables,
&Amiraux de France,
ayant surpasse par sa valeur
& par ses Emplois jusques à
la mort, les actions mémorables
des Luxembourgs &
des Montmorencis
, connuës
dans les Histoires des
siecles paÍfez. Les marques de
valeur & de courage ouil
avoit données en toutes iortes
d'occasions dans les premièresannées
,
avoient fajc
si bien connoiftce Ton attachement
pour le service du
Roy,qu'après qu'il eut rempli
plusieurs emplois de guerre
convenables àfaqualité,&
à son âge, Sa Majesté lechoifit,
lors qu'Elledéclara la
guerre à l'Espagne en 1667J
pour servir en qualité de]
Lieutenant General de son
Armée en Franche Conlré;
& en la mesme année il le
rendit maistre de la Ville de
Salins) & des Fores confide-j
.rables qui font au" environs
de cette Place, ce qu'il fit en
peu de cemps.. Un succés si
prompt & si heureux ayant
fait voir avec beaucoup de
gloire pour luy, ce que l'on
pouvoit attendrede ion experience
en la guerre, & de
la fidélité,leRoy voulut bien
luy confier le commandementenchefderArnléequ'il
avoic alors sur pied dans ks
Pays de Limbourg & de Luxembourg,
qu'ilioumità !a
contribution; & depuis, Sa
[Majeftéluy don n le mesme
commandement en chef de
l'Armée confederéc,dans la
guerrequ'Elle fut forcée d'entreprendre
contre laHollandc
en 1671 Ilyréufïitaveç beaucoup
d'avantage dans toutes
les entreprises dont il fut
chargéJprincipalement dans
les Sieges de Grool Deven.
ter, Coworden, Sewol
,
Campen3Hardcwick
&Harbourg,
cequi fie qu'on luy remit le
commandement des Conquestes
qu'on venoit de faire
sur. les Hftats Généraux des
Proyinces Unies. Le foin par.
ticulier qu'il prit de confer.
ver les Places çonquifcs; Be
la vigueur quil fit parqiftre a
la levée du Siege deWoerden
, ainsi qu'à la défaite
d'unCorps considerable de
Troupes, commandé par
le Comte de Konifmark,
luy acquit un nouveau mérite
auprès du tmerite Roy, & ce
augmenta encore par
les Services qu'il luy rendit
en qualité de Ton Lieutenant
General en l'Armée que Sa
Majesté commandoiten personne
dans la Franche-Comté,
en l'année 1674. J'oubliois
de vous dire que dans l'hiver
qui suivit la prise de Voërden,
il fit une grande courlc
surles glaces,& prit Sumésden-
-
Vous vous souvenez du
bruit que fie une adtîon si
hardie Ôc si extraordinaire.
En Te retirant de Hollande,
il fie cette belle retraite don*
on a parlé avec de si gran-ds
éloges. & pafla entré les Ar
mées de (Empereur & d
Hollande, qui
-
eftoienc d
soixante- dix mille hommes
a & la sienne de vingt milla
feulement. Il servit sousi
Monsieur à la Bataille de Caf
sel
3
& à celle de Senes, foui
Monsieurle-Prince. Ce fui
luy quiobligea le Prince d'Orange
à lever le Siege de
Charieroyen1674. com- Ch ar!croy en H com-"
mandoitàla Bataille de Saint
Denis, & on peut dire qu'il
en remporta d'autant plusde
gloire qu'il ne devoit *pas
dire iur les gàrdes, puifquil
avoit tout sujet de croire que
le Prince d'Orange, qui avoit
la Paix lÏgnée dans sa poehe,
ne fongeroit pas à l'attaquer.
Je pasle ses autres adtions qui
iont connuës danstoutel'Europe
; comme la Bataille de
Fleurus qu'il gagna en 1690.
& qui fut precedée par un
com bat de Cavalerie; Laffaire
de Leuze en 169u La
»
Bataille de Sceinkerkei en
1 691. celle de Neerwindeen
1693. &la retraite de Vigna-j
mont sur l'Efcaur
,
faite en
J694. en presence des Ennemis
qui ne luy ditputérent
point le passage de la Sambre
3
tiz il eut l'avantage de
les empescher de passer l'Efcaur.
On peut dire qu'il a-*
voit untres gran d ascendant
sur le Prince d'Orange, qu'il,
a battuen toutes rencontres
Aufli a-t-on remarque que
ce Prince qui lapprchendoit,
témoigna beaucou p de chagnn
quand ilapprit, que le
Roy l'avoit nommé pour
commander ses Armées.Ce
qui luy eftoic trèsavantageux
,
c'ert que les Troupe s
avoienc en luy una grande
confiance,en forte quils se
faisoient un p'aifir de le Cuivre
par tout où il vouloit les
mener. Ce General eftoic agréable
aux Princes & à toute 1Armée
j & son fang froid
dans un com bat,auraitené
capable de tout reparer
quand la Vi&oire auroic
cbancelé. rien ne raffuraru
si bien les Trou pes , que la
confiance qu'ils lisent lur le
vmuagc dae ceniuyqdui lees co.m-
Mrle Mareschal Duc de
Luxembourglaisse cinq enfans3
sçavoir-quatre Fils &
*uneFille! L'Aîné eLl: Charles-
François Federic de Montmorency-
Luxembourg Duc
de Montmorency, Pair de
France,Prince de Tingn,
Mareschal des Camps & Armées
du Roy,Gouverneur
& Lieutenant General pour
Sa Majeste en sa Province de
Normandie.
Le fccond est Pierre.Hen..
ry Thibault de Montmorency-
Luxembourg, Abbé
1dHCrurlcampen Normandie
& de Saon en Lorraine.
It ^lVDo6lcur de Sorbonne,
1
&l pourtfeu pa9r Sa Maje1s1té.'
d"tlp-Brevec de Grand Maître
de i'OrdreduSaincEfprit
deMontpellier. : Le troifiéinecilPaulSlgifmond
de MontmorencyÉuxembourgjConne
de Lufk,
BrigadÍcr des Armées du
Roy
.,
& Colonel duRégiment
de Piemont. Madame
la Princcfîe de MeKelbonrg,
saTante l'a taie ion héritier
principal, & luy a donné le
Duché de ChaftiHon sur
Loing
,.
dont Sa MajestéIuy
a accordé des Lerrres.
Le quatrième elt Louis-
Chrillien de^Montmorencv,
Chevalicr deMaire. Il elt âgé
de dix huit ans, & a déjà fait
trois Campagnes fous feu
Mr le Marelchal Ion Père.. Il
a esté fait Colonel du Régi,
ment de Provence que commandent
m1 le Comte de
LufieIon Frere.
Mr le Prince de NeufchafieI,
ci-devant Chevalier
de Soyons, a épousé Angelique
Cunegonde de Monrmorency-
Luxembourg ,fille
de ftu Mr de Luxembourg;
& Madame hPrincesse Ducheflc
de Nemours,la fait
ion hericîer principal en faveur
de ce mariage.
Je ne vous dis rien de la
tMaifon de Luxembourg
,
l'urne
des plus illustres de l'Europe,
qui a eu cinq Empereurs
, dont trois ont elle
IRois de Boheme. Le corps
de MrdeLuxembourg a este
lran(porté dans son Duché
ne Piney prés de Troye en
Cham pagne;où il doit estre
inhumé,&le foin de conduire
la pompe funebre de
ce transport a cite donne
â Messire François DRlu
Picart, Sieur de Villevrarc,
CoùfmGermain de Madame
la CbrntcÍfe de Boute-ville,
Mere de M'de Luxembourg,
quiest encorevivante3&âg€€
de quatre-vingt-huic ans. M1
deVillevrart a toujours fervj
depuis la bataïile de Leas^
avec affiduice & diftinciic*^
fous lçs ordres de ce Gened
rai,qui luy avoit confié l
garde de sa personne si-tQ"
que ltRoy luy eu.t donné le
commandemenc. de ses Ar
mées.
yifiMadaraela Pri-ncefle de
M cKelbourgyiIfcçeeuur',rdd,ee feu
M le tvlarefchal Duc de Luxembourg
, ne luya(urvef.
_, i.~-. eu que peu de joursellant
morte le 14." Je ce mois.
Elle avoit épousé en premieresNocesGaipard
deColigny
IV' dunom,Marquisd"Andelot,
Lieutenant des Camps &
Arjrnées du Roy, & désigné
.Duc deChastillon. Il eltoic
fils du Mareschal de Chaftill?
n, & d'Anne de Polignac,
f
éi ayantabjuré THerehe de
-
Calvin en 1643. il mourut au
ChaiteaudeVincennes le 9.
Janvier 1649. d'un coup de
mousquet qu'il receut à rac.
taque de Charcnrondans les
temps difficiles. Il sur enterré
dans l'Eglise de TAb*.
baye de Saint Denis en France,
& eur un fils polthume,
Henry'Gaspard de Coligny,
Duc de Chaihllon mor, le
2.5. Octobre 1657. Elisabeth
Angelique de Montmorency
)
la veuve ,
prit une féconde
alliance en 1663. avec
ChIiîtÎen.Loüis de MCKCIbourg
Prince des Vandales,
mort depuis quelques années,&
dont je vous ay en*
- 1 !
trctenuc amplement en ce
tem ps-là.,,madamela PrincttTe,
de MtKelbouraavoulu
çitre enterrée à Saine Sulpi.
çe/aParoi(Te, fans aucune
cérémonie.
Sur la fin du mois paffé,
Milord Jacques Seaton,Comte
de Dunlfermling, Chevalier
de l'Ordre de Saine
André, mourut à Saint Germain
en Laye.Sa siiclité inviolable
pour fan légitimé
Souverain, ainsi que les marques
de valeur qu'il avoit
données en beaucoup d'occafions,
luy avoient acquis
beaucoup d'estime.Ce Milord
avoit fiiccedé a déux
hommes d'une valeur surprenante,&
d'une fidélitéà
l'épreùve pour leut Roy.
Ce font les Capitaines Dunclée
& Canon,qui Qnto-ute-
nu si long temps les incereils
duFLoy d'Angleterre
é*ti Ë»ftofl-e se font fait àâmirèr de toute lturopè.¡
L'Ordre de Saint André efli
le plus ancien Ordre d'Efcofle.
-
Voiçy les noms de quelques
autres personnesconfiderables
de l'un & de l'au
tre Sexe,mortes depuis ma
-derniere Lettre.
Messire Louis- François
Gourreau, Seigneur de la
PW"ilnÎcre'&du Boifgillon,
Conseiller'de la Grand'
Chambre, & ci-devant Pr-efi.
dent aùx Enqueftes. Mr l'Abbé
Cadeau eil: monté en la
'Grand1Clïambreen sa place.
Madame, Marguerite de
17larlar, Abbesse de rAb.
bayfc de Port RoyalauFaux-
"bourg-SaintJacques. Elle
cftoit foeur de M1 l'Arche..
vesque de Paris, Sa Majesté
a donnél'Abbaye de Port
Royal à Madame de Breval
sa Niece, qui estoit Prieure
de Saint Aubin prés deGournay
en Normandie.
Messire Thierry Sevin,Sei.
gneur de tuinfy
,
& autres
lieux. Il estoit President en
la Seconde Chambje des En.
quelles.
Mr le Marquis Laurent
Cavallerini, mort d'Apoplexie.
C'estoit le Frere Aifilé du
Nonce du Pape en France.
Messire François Moreau,
Licentié en Theologie, Chanoine
de l'Eglise de Paris, &
Abbé de Foreftmonftier. Il
eftoic Fils de feu M1 Moreau,
premier Medecin de Madame
la Dauphine.
; Dame Elizabeth Largen.
cier.Elleelloit Veuve de Mrc
GabrieldçjaMofrie-la-Mire,
Chevalier, SeigneurdeÀngell,
Avenecourc,&c. Lieutenant
de Roy de laCitadelle
de Pignerol..
Messire Simon de Montlearjc
,
Marquis deJlumonc
Fiomont,Mailoncelle,&au-,
tres lieux.
t Messire Philbert de Berthec,
Seigneurde laj>elle & deGorze, Vicomte de Nagu,
Germolle.
3
& autres lieux.
C'estoit un Gentilhomme
d'une ancienne MalJon originaire
du B'caujollois. Il y
avoitplusieurs annees qu'il
s'eltoic retiré à Mascon,dans
le voisinage de laquelle Ville
il pafTedoit des terres confideiables.
La grande dévotion
dans laquelle il vivoir,
ne l'empeschoit point de paroiftre
agréablement dans- le
monde. Il y avoit déja longtemps
qu'ilestoit veuf de la
Soeur de Mrs les Marquis d'Efprés&
de laRochetuIlon,donc
-fev"ous-ay quelquefois parlé
dans mesLettrcs.illavoitepoufée
avrcdifpenfcjâ cause *
qu'elleetoit sa cousine,ellant
petite Fille de Jacqueline
<Afrrreton de la Terriere,Daine
de la Rochdttillon M:'
Jde là-Salle- Gorze
,
dont je
vous appreos lamort,avoic
téu pour mere Thericiere de
l'a-Salle,du nom deCharreion,
sortie dela brancheAifnée
de cette Maison.Il Jaiife
pLusieurs enfuis de son mariage.
Outre ces alliances, la
Maison de Gorze Berthe^eft
encore allieeacel*lesdeNa- gu-Varenne, Foudras ,rerugny
, de Rcbbé
,
deMaule
y Saint Romain, & plusieurs
autres. Elleporte d'akuràtrois
Gerbes d'or, z & 1.
Dame Jeanne de Pas Feuquieres
,
Sceur de feu M1le
Marquis deFeu^meres, mort
Ambassadeur du Royen Er.
pagne. Elle avoirelle mariée
en premieres nopees à Mcflirc
Louisd'Aumale, Cadet de
cetteMaison-Tà, & en fécondes
nopces, elle avoit épousé
Mcflirc Jean de Montmorency
, Seigneur de Villeroyc
en Picardie., donc elle n'a
point eu denfans. Du premier
miermarugeellelaifla Dame
Judith daumaie, Veuve du
fluSeigneurde Boilgjbaut,
donc elle n'a qu'un Fils, qui
est M' l'Abbé deBoifgibauc
MessireGuydeBar,Lieu-
MessireGuydeBar, Lieutenant
General desArmées
du Roy, Gouverneur des
Ville & Citadelle d'Amiens,
& Grand Bailly de Picardie.
Il estoit âgé de quatre-vinurtonze
ans, & il enavoitpasTé
plus de (oixante & dix dans
le Service. Sa Majdiéadonné
le Gouvernement d'Amiens,&
la Charge de Grand
Bailly de Picardie
,
à M1 le
Marquis de Bar, (on Fils.|
Le 17" du mois pasTé3le,
Roy nomma Mr l'Abbé de
Clcrmonc de Roussillon à.
l'Evesché de Laon, qui luy
donne le titre de Duc & Pair.
Clcrmonc eftle nom de plusieurs
Maisons llluftres
,
qui.
ibnt:divines(n diverks bran-"
ches. Le mtlme jour Sa Majefté
donna un grand nomnombred'Abbayes:,$
ça.c
Voir..%î* L'Abbaye de Prcaux, Ordre
de Saint Benoiil, Diocese
de lizieux,àMr-l'A.bbé d'Efrrees.
Tout jeune qui! estt
il marche sur les traces de Mr leCardinald'Estrées sonOncle,&
lechoixque Sa Majeftéafait
dc luy, pour l'envoyer
AinbafTadtur en Portugal
, marque ion esprit.
"L'Abbaye de Saint Valetry,
Ordre de Saint Benoifî,
IDiocefe d' Amiens, à MrrA b-
(hé de Fenclon.C'eit un homme
d'une grande probiré, &
fort estimé par sa conduire.
L'honneur qu'il a d'estre
Précepteur des Enfans de
France, fait son éloge. Je vous
Darlay de Iuycn ce temps-là,
& lors qu'il suc re^uàTAcademieViançoife.*
j *
L'Abbaye de la Cousture;
Ordre dt Saine Benoist,010
ci se du Mans,àMrl'Abbéde
Chamiliv.j Il clt Neveu de M1
ce Chamilly
x
Gouverneur de
Stralbourg, dont la valeur&
les grands lervices lont con: nus. L'Abbaye de Concbesl,
Ordrede Saint Benoill, Dio
cefe dEvreux ,
à M1 1Abb
d'Auvergne!lc-estFilsdeM!
le Q^ripr^'Auvergne,&
sCahanoine de Srrafbourg, ou fagcffe&sa,pictéontviisa fagcOEc& sa pieté ont edijj
fié mcf-me les Lutheriens. j
L'Abbayme de Saint Lo Ordre de Saine Auguf1int,
Dioc< se de Constance, à Mr
l'AbbédeLangle.Ilesthom-
-– **'f
me de mérité & d'érudirion,
& Précepteurde MrleComte
de Toulouse.
L'Abbaye d'Absie,Ordre
deSaintBenoist ,à MrrAbbélSeRiMoualjrezs.
téI.leesstt AAuurmnôônniteerr de
L'Abbaye de Corbigry
Ordre oicSaint13enoift, , Diocefc
dAutun
,
à Mr l'Abbé
Puceile.ilest Fils de feu M*
Pucerrc.) Premier President
au Parlement dç Grenoble,
& Neveu de M le Mareichal
de Çatinat. LAbbaye de Ginlont,
oldre de Cifléaux, Diocese
d'Auch,à Mrl'Abbe' du
Bourg. Il ell Frcrc de Mr le
Comte du Bourg,Marefclul
de Camp en Catalogne,&
Commandant lesTroupes en
Languedoc, fous M1le Comte
deBrqglip, Lieutenant
General.
L'AbbayedeÇherlieu, Ordre
de Cifteaux, Diocde de
Besançon, à Mr l'Abbé-de
Moncley.
LAbbaye de Saint Vincent
de Bclançon, Ordre de
Saint Benoitt
,
à MrrAbbé
Petit. Il est Confeiiler au Parle-
m--"ernt de paris.
r/Abbaye de Saint pierre
de Nanrz)à Ml I,Lvcfque de
Lodéve.
L'Abbaye de Quincy
Ordre de Ciltcaux,Diocese,
de Langres, à Mr l'Abbé
Coignet de Marmieffe. Il a
esté ChapelainduRoy.
L'AbbayedeBrignon,
Ordre de Saint Benoist,'
Diocese de Poiriers, à mic
l'Abbé de VauroÜy. Il est
Freie des deux Officiers aux
Gardes de ce nom; qui onc
elle tuez dansle (èrvice.
L'Abbaye de Bonnevaux
Ordre deCillcaux, Diocese
de Poitiers à Mr l'Abbé le
Pileur,choisi par Mr l'Arche.
veique de Paris, pour Su périeur
des Dames Religicufes
de la Conception & des Filles
de la Misericorde. Il est
Fils de Messire Jean le Pileur,
Seigneur de Granbonne
, Maistre des Requestes de la
feuë Reine Mere, & Correcteur
en la Chambre des
Comptes, ôcde Dame Catherine
d'Haud^crdu Çuiflon,
Soeur ~d,.e,aM-.I1Id.,¡u..: ,.B--..u0-,.i. sson,
InTendanc desFinances.If aeu
deux Freres Capitaines dans
le Regimenc de Picardie,
dont l'un Mefifire Thomas le
Pilcur, aépousé Dame Conftance
de Caron,Fille de François
de Caron, Chevalier de
l'Ordre de S. Michel& Directeur
General du Commerce
de la Com pagnie des Indes.
DameCatherine lePilcur (a
fixtir,aépouseMe(Tire Charles
Pavioc, Procureur Général"
en la Chambre des Comptes
de Normandie. MtÍsiairs
le Pileurfont d'une ancienne
Famille de pjris,6c
delcendenr par divers degrez
de gencrarionde Jean le
pil eur,M aiilre des Requc. ftcs
de Louis
,
Duc d'Orléans,
qui fut depuis le Roy Louis
XII. Ce Jean lepileur fonda
à paris, ruë de Grenellequartier
Saine Honoré,en1^97.
l'Holpital des Femmes Veuves
pour loger huit pauvres
Femmes, que ceux de cerre
Famille ont droit de nom-
*merlors qu'il yades places
vacantes. Le Bulle de ce Fondaceur
fait en pierre & en robc^
eltelevedans uneGalerie
,
,
qui con duit aux Chambres
de cet Hospital, & au bas
du Bulle font ses Armes au chefdesquellesilyatrois ~lc s il y a trois
pelicans, qui onc donné lieu
à la Devile qu'on y voit écrite,
Âdortuus 4viiio3 ftrmlts Pclicano,
parce que comme le
pclican tire de sa propre
lu bftancedequoy nourrir Tes
petits, il donnoit une partie
de sa Maison pour loger les
pauvres.
lVbbaye de Gentnont
Ordre de Saint - Augufbn,
Diocctè dtNaines,à O M iAb.
bédé Montra^rencv-FolTctix.
J: vous av marqué l'origine
de ceite Maison, en vous
parlant de la mort de M le
Marefchil Duc de Luxembourg.
L'Abbaye de Be!le Etoile,
Ordre de premonstre,Dioccfe
de Bayeux, à M1 rAbbé
de Verneütl. Il cil Chancre
de la Saince Chapelle du
Vivier,
LiAbbaye de SaintThiers
de Soou, Ordre de Saint Au.
gustin
,
Diocrfe de Val cnce, à MTAbbé de SainrAndré.
L'Abbaye de la Frenade,
Ordre de Cilleaux, Diocele
ddeeSaintes, a MR 1Abbe MO- a Ni':
reau. Il eit Fils de la Nourrice
de Monlcicncur le Dau- ophin. L'Abbaye de Saramon,
Ord re de Saine Bcnoilt,
Dioceied'Auch,à Mrl'Abbé
d'Urfé^ II ert Freré de MrJe
Marquisd'Urfé.
LAbbaye du Bouchet a,
M'l'Abbé de Boitgibauc dd' Auçm,.a,]rç.Jevousayceja J vous a y l~eJa
pare de cetAbbé, qui eil
Coufmîiîu de germain de
M-dunrs de
_@
Rebenac Feuquitrçs.
Sa grand'mereestoie
Re benac, & avoit épouse
Mrd'Aumale.
LÎAbbave de la Clarre,
Ordre de Cifleaux, Dioccfe
deTours, à M' l'Abbe' Hemard
de Paron. Il est parent
deMrdeChamlay,&estoie
auparavant Chanoine de
Sens.
L'Abbave de Bellozane,
Ordie de Premonstré, Dioccfede
Rouen, à M1 rAbbé
d"Anrenlieu.
L'Abbaye de Saint Vincent
de N(,ël
>
Ordre de
SaintAugustin,Dioccfe de laRochelle,àM1lA'bbéde
UVriuiêre,Chatvoine.ReeUr^-
lCie°rndguif«giitipiiO,drcdSrea,içduçe^Ga.en^
î^vç, Il cft-Fitsdc Mr le
Mquis Cl,f QhaÛeuuncûf,
Secrétaire d'Efot.
-
L'Abbaye.desRcligieufès
dtzTrcCorjOidre de Cifteaux,
DioceIe«d^PvCnçeroMlladeasm.e.
La naillance
,
la valeur, le
lreasng de Maréchal de France.*
minières nobles & engageâmes
,
& tout ce qui peut
difUnguer un homrué du
rang de Mr le Maréchal Duc *
de ViUcroy ,
luy,ont faitobtenir
de Sa Majeste, la Charge
de Capitaine des Gardes
duCorps, que commandoic
fcu.MrdeLux-embourg.
Le Royaaufli donneà M1
le Comte de Noailles, fécond
Flis de M1le Maréchal Duc
de Noaillcs, la Lieutenance
generale de Guienne
, avec
la furviuance pour VF le Ma.
rechal ion i\re. On ne pcuc
donner de pLsb.iLs el pe-<
rances qu'en donne cc jeune
Comte. On ne doiILt pas eCnil
ellrciurpiis- il cft d'une Famille
(ù la prudence & la
valeur 11attendent pas le
nombre des ans. .,
Vous voulez sçavoir pourquoy
Mr le Prince Sencchal
de Ligne est icy, & je. satisfais
à ce que vous fouhauez
apprendre, en vous diianc
qu'il va ArnbafTadelir Extraordinaire
dePortugal àVicnne.
Il pasTe incognito, & ne vifiteri
aucun Souverain dans
la@roure; il ne verra pas mê-
(me icsEleaeurs de l'Empire,
qui (ont ies proches larens.
Il (il Frere de Mr le Marquis
de MOÜY
,
& ion Cadet. Je
vous parlay amplement de la
grandeur &de l'éclat de cette
Maison, quand jevops appris
la nomination de M1le marquis
d'Aronchez pour cctie
Ambassade. Cest le nom
qu'il porte en Portugal. Ce
jeune Prince est né avec un
naturel très-heureux. Non
feulement il par le parfairement
bien six ou sept Langues,
mais il est homme de
belles Lettres, aimant les
Sciences, & les cultivant. Il
efl habile pour les Négociations,
& il feroic difficile de
trouver eniemb'e dans un
homme de son rangc& 'de son a(retoutes les qualuezdiftinguees
ouon admire en Iuy. Il
a paffé-quinze ans de la première
jeunetTeà Naplcs&(n
Sicile, donc Mr le Prince de
Ligne ion Pere eitoïc Viceroy.
Il apasle enfuireen Portugal
pour un établiflcment
fort distingue, &on le regarde
comme un homme fait
pour les grandes cholts.
Madame la* Princcfle de
Rohan a accouché d'une Fille
depuis peu de JOUrs.;' Vous
fçavez qu'e lle eftFiHe de Madame
la Duchcfle deVantadour,&
que Mrle Prince dcTurenne
qu'elleavoic épouféen
premicres noces, estant
more fans luy avoir laifle
d'Enfans,elle s'estremariée
avec Mr le Prince de Rohan,
Fils aînédeMr deSoubise.Ce
Prince eftoic cy-devanr Abbé,
mais son Frereaîne eltanc
mort dans le service, il a pris
le party de rEpée pour tourenir
faMaifon, de forte que
l'Heritier de la Maison de
Rohan, & l'Heritiere de la
Maison de Vancadour se font
unis.
Le2,5.de ce mois, Madcmoiselle
Marie de Durasforc,
Fille de M'IcMaréchal Duc
de,. Duras ,3 prie1habic au
C.onvent des Dames Benedidtines
de Conflans, donr Ma-,
dame d'Aumontcil Abbesse.
La ceremonie fut faite parMr,
l'Evêque de Truyes, &la Pre-1
dication parle Pcre GaiUard ,'
Jel"u, ite. Il s'y trouva u,*"n'Y~g- ra-nd;
nombre de Seigneurs &,de,
Dames dela Cour, & tour
&y pasTa avec la magnificence;
dcuën;une perionne delà:
naiilance.
-
<
Enfin la Declaration du
Roy pourlVrabliffement de -
la Capitation» a eltepubliée,
-
Il y avoir longtemps que ceç:
te pu b licationcftoitfoti hiitée,
tant le zelt des Sujets du
Roy est grand pour contribuer
à la gloire& au bien de
l'Erat;en lorteque les taxes
ont paru fortmodiquesàplusïeurs.
Toutle Public a cité
charmé de la maniéré dont le
- Roy parle dans çetee Declaration
qui contient vingt-^
deuxClafles. Je ne vous en
disrien de plus, parce qu'elle
doit eflre presentement im..
primée dans vostre Province, 4
& qu'il n'y a point de Famille
qui n,'a.it 1la curiosfiiré dde 1l'a- t
voiripourëare inftruirc dej
ce qui Iregarde.
(, La srort de la Prince ffe
dO ange a fait trop de bruit
pour eltre ignorée de perionne,
mais peu de gens en
lçaventle détail. La poitrine
de cettePrincessescitant
trouvée un peu ciurg^eôc
embaraffee, son Médecin luy
ordonna l'En-enque avanc
que dela saigner Ceremede
n'ayant pas fait l'effet quM
en attendoit ,elle sur fort
mal pendant toute la nuit
(uivance, & lafièvrecitant
survenuë, ce Medecin luy
trouva le pouls fort engagé;
& comme la fièvre t (toit vioknre,
il commença a craindre
les fuites decènemaladie,&
ne put s'em pêcher de
pâlir. Le Prince, d'Orange
s'en estanc apperecu, le tira
à parc, & luy demanda la
cause de rémotion qu'il venoie
de faire paroistre. Le
Medecin luy réponditqu il
trouvoit cette PrincelFe fort
mal
,
& iouhaita d'autres Me.,
decins pour consulter. Le
Prince d'Orange connut à
l'air & à la maniéré dont le
Médecin luy parla, quela
fanté de laPrinceifc sa Femme!
meestoit desesperee, & tomba
dans un evanouïssement
si grand, qu'il perdit laconnoiflance
pendant une denli.
heure. A peine tut-ilrivenu
de cctceterargie, qu'il envoya
chercher des Medtcins,
&en fit venir jusques au
nombre de dix. On dressa
ensuite par son ordre un lie
de camp pour luy dans la
mesme chambre, d'où il resolut
de ne point (ortir que
la Princesse ne full: morte,
ou hors de danger. Il n'y.
avoit encore alors aucune
apparence depetite veroie,
Peutdire que si ce prince
avoit tceuqUf: laprincdïê
fuit menacée de ce mal, il
n'auroit pas pris la reiolutnon
de ne la point a bandonner
; maisaprès s'eltre déclaré
si hautement,il ettoit
fop politique pour en changer.
D'ailKurs,il avôic de
fortes railons pour estre témoin
de tout ce qui le par
ieroir,* tant a l'égarddt3 la
maladie que des affairesdé
la consciènce de cette princefle.
Il neVouloit pasqu'on
siilparler perlonne autrement
qu'il ne 1 (ouhairoit. .»»-
Il crayon que la prtlence la
rctiendroit
, ou si la force
de la venté l'emportoitdans
ces terribles i-notiiens.il pretendoir
prendre de si jufLs
mclureSjqueles vrais ientiniens&
les dermeres paroles
feroient ignorées, pour cec
effet, il deftendit l'encrée de
la chambre à tous, les Milords
, & ne retint que des
personnes affidées,sçavoir
deux Dames d'honneurdctix
Femmes de chambre,& deux
autres Femmes aulquelles
l'on donne le nom de Gardes.
Les Milordsmurniurcrcnr
beaucoup de ce qu'on
leur deftendoit d'entrer dans
la chambre de cette princefle,
ce qui lelon l'ufagç du
pjys leurelt permis, melmc
quand les Reines d'Angleterre
loncà larricle de la
mort. Le Prince dOrange
Jes ayant priez denepoint
pouffer leurs murmures plus
loin,ils luy demandèrent
qu'unMédecin fuit chargé
de leur venir ren d re com p te
de deux heures en deux heu.
res de la maladie de la princefle,
ce qui leur fut accor.
dé. La pnnceflc de Dmcmark,
sa Soeur, ayant fccu-lc
dangeroùelle titoit
,
vint
auflitoit pour la voir; mais
le Prince d'Orange luy fie
dire qu'elle nYïïoft pas m
t stat de recevoir la visite, &
que si e l 'e le iou bai-uoit, .1
fortiroit luymrlme pour la
recevoir. La Princc fle de
Danemark ne le voulut point
voir, & sen retourna fore
Inécontenté. On remarqua
que la Cour de cette Princefle
yrofliffoit à mesureque
la maladie de la princesse
d'Orange augmentoic. Les
dix Mcdecins ayant fait leur
Orifultation
,
conclurent à
une tannée copieuse) & clic
i/eut par cHé plûcoll faire
,
que cette princefïe commença
à defef pcrer elle-melme
de là fanré La petitevérole,
& le pourpre pa:urcrt eniuice
avec uneeipece d'ercfipele,
qu'on appelle en Angleterre
le feu Saint t-Antoine.
L'Archevesque de Cantorbery
,
qui e(t tout dévoilé
au prince d'Orange, dont il
tient cet Arc heve fché,ayant
eu permiilion denrrer dans
la chambre où estoit la prin.
ceflV d'Orange, afin qu'il
parust qupn y avoit fait entrer
quelqu'un de ceux donc
ona le plus de bcioin dans
les derniers momens de la
vie, luy demanda si elle ne
vouloir point (e réconcilier
avec la prince(Te sa (ccur. La
prinçesse d'Orange luy
1 épondit,
que si cllè osé reconcu
liqi; avec ceux avec qui tlie
-ciloir mal,eilç devon commencer
par se réconcilier
avec (on pçrc, C'elloir là
une belle occasion poururi
.payeur zélé qui auroit voulu
;faire Tondevoir ; mais cet Archevesque nevoulant faire
-.
que (a cour, ne répondit'
runàla Princcfie mourante,
& s'en retourna de crainie1
de chagriner le pri, ce d'Orange
La princ' flemourac
yudt,e tempsaprès,U petite
Vvro l e avant eu dela peine
a iornr. Le pnncé d'Orançe
retomba dans lâ melme foiblesle
où il estoitdéjà tombé
quelques jours auparavant,
& ne fut pas moins de
temps à revenir de ce fécond
évanoiiiflement. Il pleura
ensuite beaucoup, ce qi i le
foulagea; ses Médecins trouverent
neantmoiQs apropos
de le iaigner par précaution.
Il envoya faire des Complimens
à la princessedeDa.
nemarK, ce quifie connoître
qu'i l commençoic à la
ménager Le parlement resolut
de luy faire des Adrclfcs
le jour mesmede la mort
de la princesse sa Femme,
pour luy marquer sa soûmisfion,
& le regret qu'il avoit
de sa morr. Rien ne doit
mieux faire croire l'uninn
d'un Roy d'Angleterre & des
Sujets, & ne la doit p'us perfuader
aux autres Nations;
mais on ne compte pas làdcflus
en Anglererre; les Adit'flcsles
plus hum b lesn'y
coûtent 1 & plus elles
marquent de zele
,
p!us on
:
doit iouvent en craindreks
iuites.
r Jamais Monarque
n'en a tantereceuque le
-:Roy d'Angleterre que nous
voyons aujourd'huy en France.
pendant que le prince
-d'Orange armoitvisiblement
contre TuY
,
il en feçevoit
:tous les jours, & elles étoient
remplies de protestations
de fidélité.« On les
peucvotr en 'origina,! dans
mes premiers Volumes 1qr
lesaffaires duTemps.
La princesse d'Orange estanc
morte, son corps fit auflirost
embaumé & porté à
Witheal où il fut mis sur un
lit de parade
, en atrendanc
que tout fuit en e stat pour
les funérailles. Les(nrrailJes
de cette princesse furent enterrées
dans la Chapelle de
Henry VII. Elle naquit !e 30,
Avril1661.Souvenez.vousque
cette datre & les suivantes
lont Celan levicux Hile. File
épousa lePrincedQrauge le
4. Nov. 1677. & elic en morre
le 2.8. Dec, 16^4- âgée de 31.
ans, le huicieme jour de sa
maladie. Le mcl me jour, le
grand & p-ttt Sceau d'Angleterre
où eltoirnc gravez
les noms du Roy & de la
Reine, furent rompus, & le
Confil donnaordre en mef
me tem ps d'en faire de nouveaux,
où iln'y auroit plus
que le nom du PrincedOrJ.
nge. Il yeue aufli une oro- 1 1 c l arnation du Coimc deNorfo'hc
Maréchal d'Angleterire,
quiparroitun ordre & un
Règlement pour prenire le
deùil, & dessen Joit de met- -
tre surles caroffes, ca té, hes
& chailes aucun cloud verny
,
excepté leurs Altefies
Rovales, & le Duc de Cio",
ceihr. ,.
-Confie le princed'Oran-,
gea beaucoup de Creatures
dans le Parlement,& qu'illuy
clloit im portant pour niain.
tenir 1(SA:1ic.z dans son parry,
que le Parlement parult dans
(es interells comme au paravanr,
(esCréaturesfirentlire
1 acre des quatre Schelings
par Telle, à l'occasion duquel
y adeja quelque eCpeee
de loulevement en queiques
endroits de la Campagne.
Rien ne11 plus fort que cette
TateJ puis qu'elle oblige Its
Anglois 4e payer le CJnquié.
me de tous leurs Biens de
quel q ue nature qu'ils foicnc,
ce qui est exorbitant, joint
à une infinité d'autres Impofts
qui iont prelque égalementviolens.
A peine la nouvelle de la
niutde la princelied'Orange
fat elle iceue en Hollande
3
qu il arriva un Courier
avtc des leitres à l'Amiral
Alit-monde,parle(quelles
.It' Prince d'Orange luy man-
,doit,cic le trouver inceflamment
à Llisi d rcs. Oiï apprit
en mtlnve tefnps que le def-
(cm de el"Ptl-HCè) eit d'avoir.
nn.; Flott Hoîlandoife(urles1
Cotes dAngleterre, à la-quelle
il ne joindra que les Anglois
qu il croirab folumenc
à luy, ce qui chagrinera ceux
en qui ce princen'oiele
fier. Onprétend que cetre
Floreclt necclTaire, pourcmpeichrr
pendantqueleprince
dOrange pa flera enflandrcs
,
luppolé qu'il y puisse
pals.r , que quelque révolte
tfarrive,colnmeceux quine
pouvant plus iupporter le
pofdsdes fiibuâes, qui joints
à la ruipe du Commerce accablentTAngkterre ,
» paroiffçncs'y
djlpofer. Dail-
, leurs, ,
1e Prince, & la viincefle
de Danemark peuvent
le refTenrjTlies mauvais [rai,
tei';e.¥ qu'ils ont cy- devanc"
rcccus. Ils le preparoient à
a' i er faire leurrc (1dence à
Witliealljoù ils.doivent avoir
des Gardes, Ct,ln1me auparavant
, xc qui ie pratique à
l'égard des heriners prefompnfs
de la Couronne. Toutes
ces choies, & beaucoup
d'autres qui donnent occa^
non aux reflexionspolitiques)
font douter-si le Pjmce
d'Orange pourra paffer en
Flan d re.Cepend antles a ffaires
de la gutrre y paroiflenc
[dekfperécs s'il n'y pasle
, pas. Ces Troupes e fhment
[ peu le Duc d'Holltcin Ploen,
& ne voudroirnt pasle lui.
lyre en un jour de Bataille.
'Lb lctUur de Baviere ne voudrun
pas combatre fous lny>
.&: ie PrincedOrange nevourdroit
pas cjuecetElcdteur
jeuit une autoritéablulue.
^Ainfi le Prince d'Orange ne
.peut prendre de panyoui le
pj ujiilc accommo- der, foit qu'il
palle en Flandre, ioit qu'il
n'y pailc pas, & la plus,
grande parne des Troupes)
& de la Flotte quil auroïc
pu faireagir la Campagne
prochaine contre la France,
doivent estreemployées à
veiller, sur lesMécontens
d'Anglererre, que les Créatures
du prince d'Orange
appelle ses EnnemisDomeftiques.
L'embarras de ce
prince cauie beaucoup d'inquietudeà
laHollande. On
y craint que s'il vient à le
remarier, il ne veuille faire:
un de fs enfans Staihouder,
ou quil n'en donne un des
a preienr, si ccux de ion party
ne luy permettent pas de
passer en Flandre; de lortc
que les bons Républicains
a ipirent dautant plus aune
prom p te paix,quils vovepe
la Françe en meilleure firuqnonquejamis.
LIabondance
y a pus Lpace de laddette,
& tous les François le prélpearent
a çonrribuer avec tout zçleimaginable, aux frais
dela gUlrre, ce qui ne doic
pas jmoins faire trembler
leurs Ennemis" que la valeur
de cette Nation.
On apprend par les lettres
de Hollande que les actions
baifîerent aufli-cofk qu'on
y eue appris la mort de la
Princesse d'Orange
, que
les Minières des Alliez alsemblez
à la Haye, y parurent
fort contternez, & dépefcherent
auflitoftdesCouriers
aux Princes leurs Maistres
; que tout cit en mouuement
dans l'Amirauté pour
re'quipement des VaiÍfeaux
que le Prince d'Orange demande,
croyanc empefeher
- par ce moyen que les Nleconi
tensdAngleterren'éclatentv
.que les Eltats(ontassemblez
,,& cherchent les moyens de
"lever de nouveaux lubfidcs,
1 sur ce que le Prince d'Orange
leura ecrit1que la mort
-de-la Princcfle la femme ,
- porvant luy cauler plus d'affaires
quauparavant
,
l'obligeroit
à plus de Jépenfe. Ces -Peuples accabltz de (ubfides
.s'en plaignent hautement
f
& sur tout ceux de la Canipagne,
qui ne gagnant point
«rpanle Commerce
,
se trou- vent ruinez, ce qui fait que
leurs biens ne pouvant plus
iupponerKsjimpofiti^rts
continuehes, & ne vovaoc
aucune apparence de Paix,,
le Prince A dOrange> avanc
saie remarque, r co'-mme un
-grand ex ploit dans la harangue
qu'il tir a 1ouverture du
Parlement d'Anglererrc,gu'll
avoir empclche le progrez
de la France
,
& comme on
ne peut avoir la Paix fans fai.
re des Conquestes sur elle,
ce qui eiî: absolument impossible
, les Hollandois qui ne
Jont pointcréatures du Prince
dOrange voyent bien que
leur malheurdurera toujours,
& que le Prince d'Orange
ne peut ians la continuation
de la guerre ieInaiorennsur
le Trône qu'il a ulurpé.
Les dernieres nouvelles
d'Allemagne marquent lembaras
où le trouve 1Empercur,
ne pouvanttrouvei de
fonds pour la Gampagpe pracliaitit.
Totis ceux quiayoicnc
elle propoiez dans le Con-
{-et! d blp^gne pour le lepours
de laCacatagne n'ont pas
.riüHi) & les VaifïVayxdei'A,-
nvralRuflel se trouvent en
tres mauvais eitat, les glaces
ayant eoipeiche que ceux qui
dévoient leur porter lesc holes
dont ils onc le plus de befoin,
ne(oient parus de Hollande.
Je vous ay parlé de la more
de Mr le Perfidesit de Qdiocy.
Mr Gilberr ,Conleiller de
la mesme Chambre & Gendre
de m1 Dongols,aeHé
pourvu de sa Charge de Preiidenc.
M1 le Marquis de Feuquieres,
Lieutenant General
des Armées du Roy, Gouverneur
de Verdun, diitingué
par la valeur la plus intrépide
, trere aîné de feu
Mrle
Mr le Marquis de Feuquieres,
Lieutenant General des Armées
du Roy, & d'une Soeur
de feu Mrle Maréchal Duc
de Grammont,Se Ambafladeur
de-Sa-Majeité en Suede,
& enEfpàgne,aépousé Ma.
demoilellc d'Hocquincourt,
riche Hericiere,n'ayant qu'un
Frere Abbéi « Je vous ay si
fouvenc & si amplement parlé
de ces deux Maisons que
je ne vous en diray pas davantage
aujourd'huy, sj
-
Je viens d'apprendre la
mort du Pere Coupletjefuite,
ze!e' Millionnaire) & fameux
par ses voyages. LaCourapris le deiiil
pour la mort de Rainuce
FarneseII.du nom, arrivée
aprèsunelongue;maUdie.
Il estoitné.le. 17; Scptembre
16>3o. &<(onFils aîné,
mort depuis quelques années
fans enfans
,
avoir epousé
uneFilledu feuDuc deNeubourg.
11 laifle deuxaurres
Fils,François & Antoine Farnese,
donc l'Aine luy a (uccedé.
LaMaiton^deFarnefe,
que quelques-uns pretcndent
ellre originaire d'Allemagne,&
que d'autres font
.i
»i '.vLi
venir de la Toscane où le
Chasteaude-Farneto près
d'Orvietce. luydonna lenom
qui a eftc changé depuis en
celuy de Farnese, doit (a principale
grandeuràAlexandre
Farnese, FilsdePienxLouis
Farnese &de Jeanne Gaeran,
qu'ayant esté fait pape fous
le nom de Paul111. le 13.
Oélobre 1534. fitPierreLouis
Farnt se son Fils,qu'il avoic
eu avant son pontifîcar
,
D,uc
-deCastro, & enfunede Parme&
de Plaifince- Celui-cy
epousa Jeronime desUrsins.,
& il en eut Q&avioFarnese,
rjui demeura paisîble pofieficur
de parme & de plaisance
par son mariage avec Marguerite
d'Autriche,Fille na-
-rurelle deiTEmpereur Charles-
Quinc. Ce fut de ce mariage
que sortit Alexandre
Farnese, Duc de parme, l'un
des plus grands Capitaines
-de Ton temps ,qui fut Gou.
verneur des Pays basfous PhilippeIIRoy
d'£fpagne,& qui
fïtjeverlesSièges de parisSe
-deKouen. Rainuce Farnefc
I. du nom son Fils
,
epousa
MargueriteAl dobran d jn,njcce
du pape Clement VIL
&il en eue Odoart Farnefc
Duc de parme, qui dè MargueritedeMediçi^*::
lai$j,
Rainuce11.jdqnç':je vous
apprens la mort. Ce prince
eftoic d'unmcruereconnu,
& fortc~n~tgu~~
1f.!tS .talie. ri ::;fi£>-"îhf>i3 1)C>v
," -., ..J, .I),U 1 J.
-w ., ¡tj't' ':
Le sens de l'Enigme du mois paffé
estoitlu4lmanath,Sâ c(:u)(t¡u-iont
trouvéce mordent Mristccb-t-mtede
Quermeno, rAbbé;i^Trpft^lW de
RouenîDcfalles, ancienAvocatau
Prefidialde Limoges; le subtil Lourot^
l'EpitteteFrançoisjle Chevalier
Pacifique ;le Solitaire de lani' Vivien
; le beau Chirurgien dt Elois
le malheureux retenu chez luy
, ie
petit Cocq reveille- matin; le Tabellion
de Brie ; le gros Contrôleur*-
ftQbjet des trois Ri vales. Madeinoiiéllc
Taillefort ; la belle Ton.
line& faicharmante Soeur;sa Belle
-gl'An^gr-ainme, Merite& Loyauté;,
laNyqpphe Cornillau.
jOn avertit qu'on a retranché
«JuWité'de t'ioms,Parce qu'ilyenavoit
de trop ridicules, & d'auttes qui
semblent avoir este faits exprés pour
choquée les pauicutiers qui les entendent:'
Il fera inutile à l'avenir
,d,cac'nvoye. decette nature. k'Enigrçiehouvelle que je vous
cpvoye, mer itcl'applicationdevos
Amies.- '.j f" ,1'


ENIGME.
M - On éclat éblouit leplu4 noble
des feus
ilfaut , ',' me prtffè, pour mefaire j
Si celuy quime faitmepresse trop
longtempst Je redeviens ma propreMe/fr
La Chanson nouvelle que je
vous envoye cftantde faisonvjfelp
re que vous en ferez contente.
AIR. NbUVÊ.'À, t.,r:
QVe îHiver à fort gré defoie la
nature » Quil arrefle le cours de nos charmant
ruisseaux,
Quilfasje taire les oyséaux,
ht mourir dans nos 60is les fleuri
& la verdure;
Quepar de noirs frimats nos champs
[oientobfcurcts ¡
Ce lieftpas ce qui fait ma peine
Les rigueurs de mon mbumatne
J&tedonnent bien d'autres fouets.
- Je fuis. madame,voflre &c.
£JtidounsearirifvléteilsoàeSniam...Sjo7pp
Réputation de la maison de Sor-
,
bonne à MrïEve/que& Comte
,
de No)otj.222
Zeitre touchant le Diéfionnaife d,
ÏAcademieFrançotfe.12j £fiAtmfanltroaisiornneab.l1e.1646.5
Septième e- Huitième Partie des
Forces del*Europe.j$p
Explication de plujïeurs Phenomel
nés particuliers. lyi
LePoètefuny ,
tcul.de Mr de San. loy
Ce qui leli paffèaCouverture du
oenat de Nice. 2 7
sîbregè de l*Histoire de France. 2.1i Traite dela Satyre, 127
Zulima , Nouvelle Hiftoriqne*
230
Journal par Estampes de toutes les
Conquefies du RD" 131
JDifcùuts prononcé dans la Communautè
de la Cbariie generale de
Lyon. 234.
Morts, 253
Bénéficesdonnex^parleRoy.r.90
Charge de Capitaine des G trdes
du (orps donnée à Mr le Ma-
,e/chaiDucdtvtilt,o,. 303;
Lirutnince Gnerale de Gu;ennt,
donnéeA Mr le Comte d.
NotllfJes* 304
jfmvèe à Paris de Mrle Prince
Seneschal de Ligne. 305
Couches de Madame la Princesse
de Rohan. 308
Prise d Hllhit de Mademoiselle de
Vurasfort 308
Décia,atitJnld" Roy pour la CapilallOJT:
.-", 3og
Détailde tout ce qui sefl pafjèà la
mort de la PtinceffedOrange*
1 se
-
dorange.
3I1
Mr Gilbert efi pourvu de la Charge
de Presidentàlafécondé des Enquefies.
336
M«fiage de Mr le Marquis de
Fevquieres. 337
.-, Mort du Pere Couplet. ibtd.
Mort de Mr le Ducde Parme. 338
Enigmes. 433
%sivispour placer lesFigures.
La Medaille doit regarder la page
185.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le