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1694, 05
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R£'11RC1%URJ1~"4..
CMAT 1694-
APARIS,
Chtz Michél Erunet, GrandSalle
du Palais, au Mercure çalut,
.0 N donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois,& on le
vendra Trente fois relié en Veau &
Vingt- cinq fois en Parchemin.
A PARIS,
Chez G. DE LUYNE,auPalais,dans
laSalle des Merciers, àlaJustice.
T. GIRARD,auPalais,dansla Grande
Salle, à l'Envie. EtMICHEL BRUNET, Grand'Salle
du Palais, au Mercure Galant.
M. DC,XCIV.
(AvecPrivilegedn. RoI,
AVIS. QVelques prières qu"on ait
faites jufquà present de bien
tentelesnoms de Famille emptoye",-
dans les Mémoires qu'onenvoye
pour ce Mercure, on neLaisse pasCLy
manquer toujours. Cela est cause
quily a de temps en temps quelquesuns
de ces Mémoires dont on ne se
peut servir. On réitéré la mefmc
priere de bien èenre ces noms. en
forte qu'on nt s'ypuisse tromper. On
ne prend aucun argent pour les Metnotres,
6 J'on employera tous les
bons Ouvrages à leur tOUT, pourvut
quils 'ne defobltgentpersonne,gjp
qu'il riy ait rien de Ucentieux. On
AVIS.
priel'iltceu.,c qui lesenvoyent,
&[ur toui ceux qui n'écrivent que
four faire ollploJtT leurs noms d"ni
l'article des Enigmes,daffranchir
leurs Lettres de fort,s'ils veulent
quonfaffe ce qu'ils demandent. C'efl
fort peu de chose pourchaqueparticulier
,
& le tout ensemble est beaucouppourunLibraire.
Le peur Brunet qui débité pie.
sentement le Mercurera rètablytes
choses de maniere quil est toûjours
imprimé au commencement de chaque
mois.Ilavertit qu'à £égarddes
Envois qui se font à la Campagne,
il fera partir les paquets de ceux qui
le chargeront de les envoyer avant
que l'on commence à vendre icy le
-Mercure. Comme cespatjfletsferont
plusieurs. jours en chemin, Paris ne
laissera pas davoir le Mercure
Avis.
^long-temps avant qu'ilfoit arrive
dam les Villes éloignées, mais art/Ji
les Villes ne le recevront passi tard
qu1elles fiifoientauparavant.Ceux
qui selefont envoyer parleurs Amis
sans en chargerleditBrunet, s exporent
à le recevoir toujours fort
tardpar deuxraisons. La prem.c;(',
parce que ces Amis n'ont pM foin de
le venir prendresi-tot quilestimprime
, outre qtlittefera toujours quel.
ques jours avant qu'on en faffe le
débitj & l'autre, que ne L'envoyant
quaprès quils L'ont letr, eux d- quelques
autres à qui ilsletressent, ils
rejettent la faute du retardement
sur le Libraire, en disant que la
vente rien acommencé que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardementpar la voye dudit Sieur
BruneI, puis quilse charge defaire
AVIS,
lesfaquets luy me[me & de lesfaire
forter à la poste ou aux Messagers
sans nul interess, tantpour les Particuliers
que pour les Libraires de
JProvince
, qui luy auront donne leur
adresse. Ilfera la me[mechosegenetalement
de tous les Livres nouveaux
qu'on luy demandera, foit
quil les débité ,ou quils appartien.
nent à d'autres Libraires, sans en frendre pour cela davantage que le
prix fixé par les Libraires qui les
vendront. Quand il se rencontrera
qu*on demandera cef Livres à lafin
du mois, on les joindra au Mercure,
afin de n'en faire qu'un mesme saquet.
Tout cela feraexecutè avec
line exactitude dont on aura lieu
d'ejtrs content.
MERCURE
!GALpeir
-
efi1AY 16p 4.
T
£k+
L n'y a personne qui
ne demeure d'accord
queleRoy estle plus
grand Prince que Dieu ait
jamais donnéà la terre. Ses
qualitez toutesmerveilleuses
surprennent toujours, & ne
causent pas moins d'admiration
que d'étonnement. Ainsi,
quoy quela plus grande
partie de l'Europe foit declaréecontreluy
)
s'il a beaucoup
de Nations à combattre,
c'est, pour ainsi dire,
sans s'estre fait d'Ennemis,
toutes les Puissances ligliées
l'estant bien plûtostcontre
sa gloire,qu'elles ne le sont
contre sa personne. Aussi
voyons-nous que les Etrangers
n'ont pas moins d'ardeur
à le louer, que ceux qui vivent
fous sa domination. Le Sonnet
Italien que je vous envoye
enestune preuve.est
ildel Cavaliere Nicolai.
ALLA SACRA
REAL MAESTA
di Ludovico Magno.
SONETTO. HEroe guerriere,il cui valor
foutano
ZaFamaognornelTuntverfo in.,;.
tuona y
Soggetta altuovoler faita i Bellona,
OznipotentAa terefifieinvano.
Ingewma ognor la tUII vittrice
mano
Deli) Imperto de Franchi la Corona3
Sadora il tuo gran nome in ogni
Zona,
Z?arbitro futtofeidelnumeGUno.
Zauri cternialtuo crincinge la
gloria,
Ogni clima nemico atesi cole,
Che nato a un partD fei con la
vittoria ; -
JBgia fpennatatAqnilaftduolet
Con le llli penlltferivera thiftoria
Z'inattdito valor del Franco Sole.
Vous lirez avec plaisir
cet autre Sonnet, vous
qui estes dans unecapprehention
perpctuelle que les fatigues
où Sa Majesté s'expose
dans chaque Campagne,
nalterent une santé si prétieuse
à l'Etat.
AU ROY, TVte trouves,grand. Prince,
au sommet de la gloire,
L"élll' ou tu te vois efl le plm élevé
Où jamais icy-bas Mortelfoit arrivé
Et cependan)t tu courssans etffe à 14
Viftoire.
Feux-tu que sur les murs dsTemfiede
Memoife
Autre nom: que le tien ne piuijd
estre gravéf
Q..uoy,poIU toucherDauphinriau^
rois tu refervc
Que t'unique plaifirde lire ton
Miftoue?
Jvîets-luyla foudre en main, & iuy
laisse le foin
Deporterilsepeut^tesconquestes
fluî loinî Tuvois pour les Combats le bean
feu qui le brille.
Il-semble quk ttaa gloire il nemmaan.n- queaujourd'huy^ - Jipres avoir dompte plus de Afonsires
quH.-;,càle,
Que de fçavtÚ,
,
grand Roy, te
borner comme luv.
Il
Il semble que l'Auteur de
ce Sonner aitpre'vu,en le faifanCjCjûe
le Roy nommeroit
Monseigneur le Dauphin
pour aller en Flandre,où ce
Monarque luy a remis le
commandement de son Armée.
Je vous parleray. du
départ de ce jeune Prince
avant que de finir cette Lettre;
& pour ne pas finir Gtost
unarticle qui regatde la
gloire de Sa Majesté, je vais
vous faire part d'une Lettre
écrite parMrl'Abbé des Lan.
des ,Grand Archidiacre &;
Chanoine de Treguler.Tout
ce que je vous ay envoyé de
luy vous a paru plein dérudition
& d'invention, & connoissant
la justesse de vostre
discernement. j'ay sujetde
croire que vous ferez fatisfaite
de ce que vous allez
liré.
A M. LE CHEVALIER
DES LANDES.
1 QUe j'ay eu de joye , mon
cherNeveu,de 'voir icy
landevos O- Jj-i-ciers - ! ~VCon~tejfiefCs~
heureux défairevotre Novtliat
de Mannefous desMaijlres qui
nefesomentpoint d autrepassion
que celle de donner leurs applications
JeurJang&leur vit, pour
soutenir avec éclat le &eone de
Louis le Grand.
Mais que poutre^-vmspen.
fer de ma curiositésCet Officiera
laijjéfesTablettes dans monCabinet.
Jy ay trouvécefragment
ilmaparusi bien pensé, que j'ay
crû vous le devoircommuniquer.
Souvenez,^ vous quevousm'avez,
appris qu'ilfautprofiter de toutes
cbofes. Voicy lefragment.
Les n,uf Soeurssepromenant
un jour dans une charmante allée,
Je firent un désy à qui feroit le
mieux un Idille à la gloire de
Louis le Grand il fut arrefle
qu'elles choisiroient desfujcts diffirrns
par rapport aux Victoires
Ci aux admirables quali,
tc7,de cegrand Monarque. Dans
ce moment l'une de ces aimables
Filles apperceut Apollon (yMars
qui s'alloient retirerà lafraijcbcur
dansunefrotte qui efifituiedans
un Valon au dejjous du Parnaffi.
Àb
,
dit cette aimable Fille
, Apollon & Marsontvouluotivent
Jçavoir de nosfecnts
,
ejl
sayons à nostre tour d'apprendre
de leursnouvelles Tironsauforty
mettons huit Roses & un Lis
dans cette corbeille& ccit tllt à qui
l à le Lis tomberafiroU la main olt
gjijftraf 0* nous redira ce qu'ils
(ontallezdériderdans cettegrotre.
Celle a qui le Lis tomba Jous
la main s'estant cachée fous un
Mirthe proche 'de la grotte ,
elle
entendit Jppollon>qui contÍnuant
(on diftoltrs,"disoit À VHars qu'il , ne trouvoit point de Fleros
au mondejplusdigne de leslime
des Dieux, que l'Empereur des
François. Cegrand Princeréunit
fo~<~~o~
<7~~ se?*
< toutes vos belles qualite^j^Trtfoou~--
tes les miennes.Ah, pour moy,
dit Mars, en enfonçant Jcn
casque,saime ce Guetrnrcomme
mon Camarade;vousfçdve^ ce
que nousfçavons faire & dans
peu vousverre? cette belle Ligue
crAuJbourg s'en aller en fumee.
Puisque vous me parlez de cette
Ligue,reprit Apollon, ilfaut que
je nous fassi part de mes réflexions.
La Ligue d'Aujbourg efl
un Corps Politique quiefl monstrueux
puifqu'il efl composé de
membres quifont anime^de dif
ferens eflrits.
L'Empereur des AUemansy le
Rej d'Espagne & les autres AI-
/úzdlunerllefme Religion ont crû
qu 'unanimementla Ligueriavoit
pour fin que l'ajfoibliffement de
la Monarchie Françoise c'efl le
piege que lona tendu. Mais qui
ignore que le vraydessein de la
Ligue estladéfituflionde la Mai.
fin d'Auflricbe,qu'on se fert
defis propres armespoursa ruinef
La Franceejlpresentementleseul
rampart qui rejifle aux Protef*
tans; la Franceestl'uniqueakile
de la Religion ; les Autels neJub.
siflent plus queJoué la proteélion
des Lis. 'Un Usurpateur Joutenu
dés Protcfians comme le party
leplus fort
,
na en vue que l'anéantijjementdelaReligion
Ro.
maine. L' Empereur d'Allemagne
& le Roy dEspagne font fort
trompe^ en s'imaginant que le
Prince d Orange les ménageroit,
silavoit l'avantagesurla France.
Ilsfraient les premières anctimes
deJon ambition. tLe bon
fcns ne doit ilpas leur diéler qu'-
unUsurpateur n'aura pas plus
d'égards pour des Princes Ailemans
&Espagnols,qu'il en a eu
pQiir le Roy d'.dng-,'ci-errefon Onde&
Jon Eeau-pere?Peuvent-ils
si flatter qu'il en ufira mieux
avec eux, parcequ'ils ont estéfis
Complices danssa premiere usurpation?
Pour moy)jefuispersuadé
qu'il na que du- mépris pour
ces Espagnols & ces Allemans
qu'il tient dans sa dépendance3 &
dontilconnoifl laj-oiblejfe. llflaut
1 1 je. Ilf-aut
à cejujet que je vous montreun
rare tableauqu'un Genie m'apporta
ily a huit jours, Ilyavoit
aux champs Ehfées un differend
entre tous les Peintres qui avoient
excellex à qui feroit le plus proche
du siege d'appelles:je donnay mon
Ordonnance en faveurdu Brun.
Ce fameuxPeintre ayant/çû que
je ne regardois qu avec indignation
un Prince FJurpateur qui
troubloit la tranquillité de l Vni-
'Vers, C- dont toht le deffiln efloit
d'ajfujettirlaMaison d tAutriche,
voicy l'idée que ce Peintresi
celebre s'est fOrmée.pour servir
d*inflru£lion aux Minières ^nlemans
0-Efyagnols, Regarde^
ce Tygrecachéfousdesfeuilles.A
le voirions croirieZqu'il dort,
ou qu'il ne pense qu'à si repofir.
Voye%plus loin cetjïlcphantqui
se croit enfeurcté
,
il ne se défie
de rien. lifautquevousffachiez
que le Tygre & l'Elepbant font
ennemis paratitipatbie. LeTygre
sçait bien que sa force efl inutile
pourfurmonter lEléphant.LElepbant
a deux terribles armes,
ses dtjfenfes &fà trompe. Cette
trompe cfl encore plus à craindre
queses dtjfenfes.QuefaitleTygretllfeglisse
de butffonenbuif
son ; ilse cache fous les feuilles,
& dés le moment qu'il peutfurprendre
tElephant 3ilse jeltesur
sa trompe, le déchiré & le dévoré.
Si vous voule^ favoir com..
ment on asceu aux Champs Elisées
que je navois aucune eïlime
pour la Mai/ond'Aujlricheyparce
ocelle a obry à un Princequelle
devoit regarder comme son
Sujet}voicjcommentse passa la
chofe-
Trois célébrésOèfervateurs
qafJetJdy, , Descartes e Ticorbrahé,
ayant remarqué quelque
interruption dans mes rayonssur
quelques rochers, menvoyèrent
prier, de leur en dire la raison.
Comme faj de l'estime pour ces
Physiciens,je leur manday qu'à
l'heure de leur observation,sa.
vois eu honte de voirl'empreeiment
de Dom Pedro Ronquillo,
AmbaJJadeur du Roy a"Efpione,
qui s'alla jetter à la botte du.
Prince dOrange,& le féliciter
avec desdémonstrationsàl'Efpa*
gnole
,
sur son avenement à la
Couronne d'Angleterre. levous
l'avoue
)
je retiray mes rayons
nevoulant pas les rendre complices
de lamauvaifefoy de cet Ambajja
deur, qui écrivit à son Mai.
stre
y
que dans cette révolution la
Religion Catholique n'nvoit point
foujfert.
rouffert.Cependant lors quilenvoyoit
un Courier, le Peuple avoit
fille, ruiné,détruit la Chapelle
le cet Ambassadeur, &celles de
toute la fille de Londres furent
iémolies;on fitrevivre lesLoix
Sanguinairescontre tous les Ca- ocontre caîhohques
CF on en fit une pour
rxclure à jamais de la Couronne ïAngleterre tout SucceJJeurCa
tholiqHe.
juge:Cmaintenant de la bonne
roy de Dom Pedro de Ronqulllo,
lors qu'il aJJure l'Empereur des
Allemans,re le Roy defpagne,
que la Religion Catholique niaI'
voitrienJoujfert dansce changement.
En ce me{me temps,desMinières
amusoient leurs MaifireSt
comme de bons Princes, à qui ils
perfuadoient que ce mouvement
ne si faisoit contre le Roy d*Angleterre,
que parce qu'il s'estoit
rendu garant de la Paix de IVimrguc,
ce qui efioit une autre
fausseté. Le Roy d'eAng,lcterre
ricfloit passurleTronc quandla
Paix de Nimegue fut conclue.
Sur de pareils contes le Prince
^Allemand & le PrinceEspaznol
Je font endormis fort tranquillement.
Ces Princesontbientofl
oublieladélivrancemiraculeuse
de Vienney au Siège que les
Ottomans en firent en 16Sj.
Comment osent-ils s'unir avec
les Ennemis jure% de cettesuprêmepuisance,
qui a détourné ce
terrible coup defoudre?
Ce feroit s'aveugler de s'imaginer
que ces Ennemisayent auccuunn-
eebboonnnneeiinntteennttiioonn.i. Ills-laapgiitt
feulement d'examiner un article
qui est de laderniersconsequence,
Si dans la Ligue d'jéufbourg les
Catholiquesyfont lesplus forts.
Cilest icy où i on remarque la
jalonfie de la Aîaifon d'^ufiricbe^
qui aime mieux hasardersapropre
ruine, que de voir l'Empire
des Franfois dans [éclat) dans
l'abondance
, (7 dans la tranquillité.
Ily a quelques jours qu'un
MiniflreEjpagnol,dont lesavis
ne pltirent pas aux Proteflans
de la Ligue, me parlant de celle
d"Aufbourg, me di/oit:EUe doit
eflreappellée une Ligue Proteflante
,puis que le Corps politique des
Proteflansy est le plus puissant.
Pour ce qui eil des forces de mer,
ilny a nulle proportion entre les
deux puijjances,caronpeut prejl
que compter pour rien ce quen
ont les .Catho!zques
,
tandis que
les Proteflans en ont de conflderMes*
-.
Je l'engageayinsensiblementà
me parler des forces maritimes)
Zfj* voicy à peu- prés ce qu'il fflt
dit. La Navigation r/f le plus
nobleeffet de l'industrie des hom-
mes la plus illuflre marque de
la fermeté de leurs courages
L'ancienne politique nous a
appris que les Romains nesefont
rendus les maistres du monde que
par les forces navales. Ifssûbjuguerent
iEfpagne (7 la Sicile,
fous prétexte de les proteger. Les
Carthaginois s'eslans mis en mer
pour disputerauxRomains tEm.
pire de l'eunivers
,
l'nn vit un
prodigeincroyable. Les Romains
voyant qu'ilsagijjoit de la Mo.
narchie universelle
3
mirent à la
voile cent soixante Vaisseaux,
pour U conflruftion de/quels le
premier coup de coignée ne fut
j - donnéque deux mois auparavant,
four abattre les bois qu'ony de*
voit employer. En effet
, cette
premiere guerre Punique leur
ayant réussi, ilsvirent augmenter
leur puijjance & leur ambition
de telle firre, qu'en moins de
deux censans l'Empire du monde
fut entre les mains de ceux qui en
cinqsiecles avaient eude lapeine
ÀJe rendre maijlresdel'Italie,
jiufli leur politique ne trouva
point de moyen plus ajfurtpour
conservercettegrandeurimmenft,
que de tenir toujours deux Arméeseneflat>
dont l'une avoit
son posse à Brundufi, pour saire
la loy à tout l'Orient,e l'autre
à Ranjenne> pour tenir en bride
les Peuplesd'Occident; & nous
remarquons en la décadence de
cet Empire, qu'ilny a eu que les
Villes maritimes quiayent donné
le moyend'arreflerles inondations
des NationsSeptentrionales.
L'Empire des Ottornans n'a-
'Voit qu'une grandeur mediocrey
tant qu'il eftoltrenfermé dans les
mauvaises rades de la Mer noire,
tSf il s'efiaccru en cent ans après
la prise de la Morée& de Con.
flantinople}plusquilnavoitfiait
en six cens ans auparavant. Ne
fust ce pas par les figesconftds
d'un Mimfire que Charles le Sa.
ve^Empereurdes François, drejja
une Arméenavale qui luyservit
à chasser les Anilois, & à Je
rendre le Roy de la mer? Fut. il
jamais une puifijanceplusabattue
que celle des Venitiens,aprés la
fiinglante journée de la Giraddade,
qui leur fit perdre tous leurs
Eflats de terrefirnle? Mais ayant
confervêleurslfleseleurs Villes
maritimes, ils ne refiflerent pas
Seulement à cetteformidable Lirue
quiavoitjuré leur perte^mais
ils chajJerent peu de temps après
les Princes ligue£ de toures leurs
conquefies.
Malthe qui riefl qu'un écucil
fortifié,cm une Ijle que l'ancienne
Géographieneconnoijjoitpresque
pas ,
tient aujourdhuy en échec
lescofies du plus formidable Empire
du monde. Cefut à cetendroit
que ce Ministre Espagnol
s'arrefta quelque temps, &puis
il me dit ensoupirant; On m'eufl
laisé njivreje mefiots contente
de parler en général des forces
maritimes
9
mais tranlforté d'un
njray Z;le pour ma Religion &
pour ma Patriej je reprefntay
fortement au Conftil,qu'une premitre
faute n'estoit pas un enga.
gement dj'tn fraire une fé<-condé;
qu'il efloit de l'honneur, de la
v-loireede la grandeur du Roy
d'Efpagne} de se retirer de cette
Ligue. Et continuantmon difcours
des forces maritimes je
m échauffay en disant. que cefloit
fort inutilement que ton s'opiniatroit
de prétendre ajfoiblir l'Empire
des François.Jefis ouvrir
les Archives, C je fis leélure dc
la Ligue que toute l'Europe avoit
faite contre U France en 1283.
l/EsPagne estoit la plus animée,
& elle ne doutaitpoint delà, def
rruélion de cette Monarchie. Je
fis remarquer que pour lors la
France navoit point la mesme
étendue. La Bretagneelfoitfoumise
àjonPrince, qui ne portoit
que le titre de Comte de Bretagne,
0* qui pour avoirméprisé les
recherches dEfpag-ne, & pour
avoirserviifdellement laFrance,
de Comtefutfait Vue.
Cette formidable .Liguey où
generalement toute l'Europeavoit
entre ,sans en excepter le Souverain
Pontife, se dijjipa avec honte
par laftule Viftoire que l'Empe..
reur des François remporta par
mer furlesAnglois, qui avaient
cru que leur FIole, commandée
par Edmond,Frere de leur Roy9
devaitajfujetrir tout IVnivers,
&enmadreQant à certainsMinifIres,
je leur dis
,
Li/è'{ vos
Archives9 approcheZ& vle7,
side cetteformidableFlote c.Angloift
,
il demeura un sêul Vais.
seauy & de là jugeZde la puifsance
de la France dans lessas
preftnt. Si ce premierarticle ne
plut pas 3 en voicy unfécond qui
plut encore moins.
Nous avons pre/quevu la petite
&foibk'naifance de la Re.
lublique Houandoife. Nous 4-
,4 01 vons
vuen me[me temps les proyre^
de ce morceau de terre à demy
noyé)dans l Europe & dans le
nouveauMonde, progrez, sifurprenans
qu,cesRepublicains ont
forcé lEfpaçne maigrefafierté de
traiterde Souverainsceuxquelle
njoulott chast er comme des Sujets
rebelles, 0* ils ne ly ont forcée
que par cette feule raison que Ix
Hollande ejisi puissantesur mer.'
triaispour mieux comprendre
quel effet peut avoir mesme sur
terre,cette superioritésur mer,
en na qu'à se souvenir de quelle
maniéré la Monarchie d Espagne
fil déchue depuis le temps quese.
forces maritimes furent delfaite;,
en l'année ifiïj.
jûu regard des forces de terre „
les Protejlansfont les plusforts,t
car sansjy.comprendre la Suedr
&leDanemarkyles autres Proteflansfontfuperieurs
enpuiffance,
efiant en plus grand nombre,
plus richesefiant bien mieux intentionnel
pour leur Seéîe que
les Catholiques pour leur Reli.
gion. Ceflcependant le zelt: pour
cette Religion qui a placesur le
TrônelaJMaîfondlduftriche.
Nemeparlerpoint,ditMars9
de ces Princes de la Alaifon d'jittjriche
dont je connois mieux la
oiblejje que personne. Parlez-rnoy
duftojt de l'Empereur des FtanrOM,
leplusgrand Roy de la terre.
Mais dites
- moy ,
d'où peut
venir une charmante voix qui
menchante ? IIfaut, dit Apollon
, que ce [oit quelqu'une des
neuf Saurs quisefoit retirée à
lécart pour mediter
, & qui si
divertit en chantant Ce fera
peut-ejlrecelle qui avoit choisi le
Duc de Savoye poursongaland,
&qui touchée de compassion pour
ce Prince
#
médité quelque ouvra.
ge pour luy envoyery& pour luy
servir d'mflruclton & d'averrifsement.
Ilya quelque temps que
les neuf Soeurs proposèrent de Je
choisirà chacune d'elles un galand
de la Cour de France, le Ducde
Savoyeyfutcompris. Cesffavantes
& aimables Filles nesi
contenterentpas defaire des Vers,
de composer des Airs qui expliquent
les qualitek de ceux qu'el.
les nomment leurs galanâs;comme
elles sçaventparfaitement la.
PeintureJelles ont des Tableaux
en forme d Emîmes, evoicy le
Tableau qui doit efireenvoyéàce
Duc, qui luj fera bien mieux
entendre qu'aucun Orareur, les
malheurs qu'ilseflattire%parfin
mprudence. CeTableaureprefene
l'Amour dé0guisé on changé en Sauvage CJ ou Satyre. Cet Amour
iéguifé en Sauvage a un bandeau
rur lesyeux. Ilaunflambeau de
cire)mais ce flambeau eflrenverse
&qui se consume en sassant
une agitation violente. -.Au bas
du flambetCu, on lit ces paroles de
Plaute qui expliquent merveil.
leufment bien l'état prejent où cft
réduit ce pauvre Prince. Quod
nutrit,extinguit.
Si la dévotion porte toujours
les vrais Fidelles à se
trouver aux Ceremonies ordinaires
de la Religion Ca.
tholique,Ja curiosité yattire
assezsouvent ceux mesmes
qui en professent une contraire
, quand la nouveauté
les accompagne. C'estce qui
cft arrivé depuis peu dans la
celebration de la premiere
Messe de Mrl'Abbé d'Auvergne,
dont vous allez lirele
détail. Je l'ay tiré d'une Lettre
écrite par un Bourgeois
de Strasbourg, à un de ses
Amis de Paris. Illa finit par
ces termes.
Je profite du rejle de mon pa2
fier, pour vofts apprendre une
touveHe. Le 25. de Mars, jour
la l'Annonciation de la Vierge9 c) ~f *cc ~V~r~ ~crgne
, Chanoine Capitulairede la
Cathédrale decette Ville, celebra
(a prerniereMejJè avecungrand
?clat.MeJJJeursdel estat Major,
& duMagijlratyajjiflerenty
auffubien que toutceqiiilyavoit
de plus diflinguédanslaVIYee
dans la Garnison. L'on nese fouvient
pas d'avoirjamaisvu un
concours si prodigieux, bien des
gensy estant venus de dehors, &
beaucoup de Luthériens seslans
joints aux Catholiquespourvoir
une Ceremonie quin"avoit point

milly, Gouvernante de la Place,
communitrent, ainjtque beaucoup
d'autrts Personnes de confiderAtion
de l'un & de l'autre Sexe,
sans compter tous les Seminarif.
tes. CePrince officia avec la
mesme modejlie le refle du jour,
la Semainefainte,£7* les Fesses.
Il a fous sa conduite le Prince
Frederic fin Frere, qui n'a pas
plus de douzeans, &qui promet
beaucoup. Cejeune Prince ayant
eslé elû Chanoine Domiciliaire de
lSatramjbesomuerg Eglise Cathedrale de
le 1$. de Février,fut
mis en possession de fin Canoni-
CAr parMle Grand Doyen* en
presence des principaux Officiers
Je la Ville. Je fuis, ManfieurJ
vAoflvre r,&ilc1.A6S9tr4ajb.o.urg le if. ; Je pourroisajoûter beaucoup
de choses à cet article
touchant la hautenaissance
de M' l'Abbé d'Auvergne,
&la vie exem plaire qu'il a
roujours menée,si d'un cofté
quelqu'un ignoroit dans le
monde que la Maison dela
Tourd'Auvergne tire foa T~ -origine des ancCXi—ens Comtes
Souverains d'Auvergne, qu'-
elle a des alliances avec toutes
les Couronnes del'Euro--
le,qu'elleatoujours produit,
les hommes rares, & qu'elle
'oHede encore à present de
~randes Charges; & si d'un
ucre costé cet illustreAbbé
le mettoit pas sa gloire à meiter
plûtost des éloges qu'à
es entendre, estant si attaché
à son estat, que quoy
qu'on l'ait vu devenir l'aîné
le saMaison, avant mesme
que d'avoir ny Ordres sacrez,
my Benefices, on ne l'a pas
vû pour cela balancer d'un
moment dans le choix qu'il
pouvoit faire,ou du monde,
ou dereglise. Il eU demeuré
ferme dans sa vocation, &
il ya tout lieu de croire qu'il
la remplira jusqu'à la fin à
l'édification du Chapitre de
Strasbourg, qui est le plus
noble qui soit en Europe, &
où l'on a besoin d'une haute
naissance pour y estre admis.
L'habit ordinaire du Choeur
répond parfaitementà la dignité
des Chanoines, leur
robe estant de velours rouge,
avec desagrémens d'or, &le
Camail d'hermine. L'Eglise
est une chose admirable pour
la delicatesse de l'Edifice, &
sur tout de la grandeTour,
qui
lui n'a pas sa pareille en Europe.
Ellea couté des sommes
immenses à bastir, & on y a
employé plusieurs siecles. La
Ville de Strasbourg est pareillemeut
recomman d a b le
par. son ancienneté, sagrandeur
,
son commerce, & sa
force, mais encore plus par la
Foy, estantune des premieres
Villes qui ayent embrassé
la Religion en Allemagne;
car on voit un de ses Evesques
dans un Concile de Cologne
des le quatrième siecle.
Il est vray que la Religion
Catholique a eu s'il faut
ainsi parler, les renebres, &
comme seséclipses dans cet- teCapitale d'Atlace, puis que
le Sénat ayant abrogé, oit
plûtost suspendu la Mesme en
1518. les Chanoines en furtno.
chassez jusques x l'Intérim. de.'
Charles Qunt, à la faveur
duquel ils y rentrerent sur lap
fin de l'année1549 mais aviant
qu'on fuit en estat d'y
celebrer la Messe, ils levirent
une secon de fois contraints
d'ensortir, par une insulte
qu'on leur fit au commencement
de l'année 1550. Ils y
furent neanmoins rétablis la
mesme année par l'ordre de
l'Empereur.Cependant comme
presquetout le peuple
avoit embrassé le Lutheranifille
, on leur fit tant d'avanies
, qu' ils se trouvèrent
obligez dix ans après de l'abandonner
entièrement Jufques
à ces dernieres années,
qu'elle leur fut renduë par le
Traité que le Roy fit avec la
Ville, & qui subsiste encore
aujourd huy.
Je vous envoye une Satyre
don.t l'Auteurm'est inconnu.
Vous y trouverez btaucoup dechoses, dont ceux quiont
à choisir une profession, doivent
profiter.
A MONSIEUR DAMON.
SATYRE. AMyjeune &prudent,qui dès
ta tendre enfance
Des plus hautes venus nous donnais
l'efpciance,
Et qui dans làge encore ou mille;
vains de/trs
2fous font toutnégligerpourcourir
aux plaisirs»
Animé feulement de J'amour de la
gloire,
Fais tout pour conserver ton nom
Qta memoire,
Appliquesans relâche à débrouiller
les Loix,
Tu peux déjà remplir les plus vaJles
emplois.
Pour condamner le crime, à* fauver
l'innocence
Tes mains peuvent déjà soutenir
la balance.
Damon,nOlls te verronshabile Scnateur
4 la Cour de Themisparoistre avec
honneur.
Dans tes premiers ConseilsbriDera
la sagesse,
2-4e donne rarement la derniere..
vieiUeffe; [le-tez,, taDèesseadmirant toutestesquar/
rn jour fera sur toy pleuvoir ses
dignité
r^n jour des Orphelins tu ferai le
refuve>
On trouve en ta personne un veritable
luge.
Za prudence, l'esprit,laprobité, la
foy,
Xéquité, ladouceur3 tout se rencontre
en toy.
T- limiteras point ce luge mercenaire,
Que l'orpar (on éclat rendfacile
ou severes
Qjuun regard amoureux a toujours
desarmé,
Par qui le Pauvreenfin est toujoursopprimé.
Rien ne te fléchira que lu feule innocence,
En tout temps, en tout lieu tu prendras
sa défense.
Vourfuisdonc, cher Damon, pourfuis
sans balancer.
Cesi Ici le seul party que tu dois
embrajjer.
Les unsfont pour laPaixjesauttcs
pour la guerre,
LuKcmbaurg de Louis peut porter
le tonnerre.
Talon, dans le Palais le digne
appuy deS Loix,
Peut aux luges charmezfaire entendre
sa voix.
Qjtinun
'1
à qui le fang & l'amitié
(engage,
Lors que qutlques Printemps aufont
meury son âge,
fourra le fer en main, comme tous
ses Ayeux
Chercher, nouvel ,Achille, un dessin
glorieux.
Quant à toy, dans un Camp tu ne
dois point paroistre.
C'ej?pour la feule Paix que le Ciel
t'a fait naiflre.fflans,
Ne VA pas imiter ces esprits inconJQui
dans leur propre ejîat ne font
jamais contens. JjUnnè pour le Barreau, dont il
serois la gloire,
YeUI dans les champs de Mars
voler à la tiifloire.
Vautre,dont la vigueur pourroit
vanger les Rois Aime à , nous ennuyer d'un long récit
de Loix.
VnMifantrope affreux vient parmy
le beau monde,
Lors quil devroit chercherquelque
grotte profonde.
Vn jeune Damoiseau qui ne vit
que d'amour,
Pour aller dans un Cloiflre abandonne
la Cour,
Et de tous ses defers traîneavec luy lefeorte.
Enfin on voit par tout des e/frits
de la forte.
Si je farlois de tous, ce long dénombrement
Pourvoit lasser R** qui parle incejfomment.
Que ces mots font divins! Prens
foin de te connoistre,
Voy quels font tes desirs, & ce que
tu peuxeftre.
L'homme devroit toujours les porter
dans ion coeur,
Soit que de la retraite il cberchatf
la douceur)
Soit que ïHimen pour luy parust
avoir des charmes,
Ou qu'un bouillant transport III,
misi en main lesarmes.
Prens foin de te connoitfre. Après
quun trait cruel
Ettt du Fils de Thetis (rape tendroit
mortel,
Therfitenevintpas,sans coeurjani élotjflence)1
Sur le vaiUantAjaxbriguer la
preference,
Et demander un p-rixqùyhjfe
chancelant
N'osôit aux yeux des Grecs demander
quien tremblant.
L'un prétendauxChrestiens annoncer
l Evangile
Etleur tracer du Ciel laro,ute difficile.
Se connoist-il luy-mesme A-t-il
réglé ses moeurs?
Croit-ilqneses di[cours toucheront
les Pecheurs?
Peut-il comme Boz/edu, Seanony
& Bourdalouë,
Meriter quen tous lieux on l'admire
, on le louë 1
\Ah!iilricfi toutauplus quun C**
qu'un P.»
Dont l'unique talent riefi que dt
crier haut,
il ne doit pas aller fous de mauvais
auspices,
Par de fades Sermons faire la
guerre aux vices.
Cet autre de Bartole endossant le
hatnois,
Sepromet au Palais de glorieux
exploits.
Peut-il par le secours dune vive
éloquence
D'un llabirinthe affreux retirer innocente
Peut.ilsedistinguer de ces Grimaux
glace^
Qui dtns leurs, Plaidoyerstoujours
embarassez,,
Sans expliquer le fait vont battre
la campagne,
Tantoft dans le Japon, tantofidans
l'Allemagne?
Ne le verrons-nous pas encor après
vingt ans,
Secacherinconnuparmy les écoutanJl
Ilou vient qu'on entreprend plus
auon ne devroit faire ?
Je ne puis un moment demeurer
foliraire.
Quoy, pouravoir un froc ne m'est
il pas permis
D'avoir quelque amourette, Se de
voir mes Amis ?
On nepeut vivre seul
,
pourquoyse
faire Moine? -
Pourquoy comme D-..vouloir estre
Chanoine,
Si l'on ne veut jamais en remplir
le devoir,
Si ion ne voit le Choeur que pour
s'y sairevoir?
A Matines, grand Dieu! qui moy?
qu'osez vous dire?
Est-ce donc une Loy qu'on me
doive prescrire ?
se vais jusqu'à minuit joüer, faire
l'amour,
Puis. je a près m'éveiller à la pointe
du jour *
Encor si j'esperois au retour de
l' Aurore
Trouver dans nostre Choeur la
Beauté que j'adore,
J'irois par des regards encor pleins
de langueur
Me rendre adroitement le maistre
de son coeur.
Voila, voila les foins où son ame
est sensible j
Heureux
,
si connoissant son fanchant
invincible,
Au pied de nos Autels il nentfpai
fait des voeux, Dontlamort feule à droit de délier
les noeuds.
Mais quoy
, me dira~t>on> vousqui
parlez en maistre,
Qui voulez que chacun apprenne
à se connoistre
, - Vous connoiffez-vous bien? On
diroit à vousvoir
Prendre à nous diriger un absolu
pouvoir, Qu'ainsi qu'un Dépreaux vouspouveznous
réprendre.
Et ne craignez-vous pas d'oser trop
entreprendre?
Pense-t-on que mesVersriauront
pasdeLecteursi
27otts voyons tous les jours mil/l
méchanstuteurs,
Apes quelques Sonnets fifl-,z,far le
Parnasse,
Jusques au Poëme Epique élever
leur audace,
Et qui (fachant à peine ébaucher
quelqtteJ traits,
Se flouent digaler les plus hardis
Portraits.
Vn jour dans un employ quand tu
se as tranquilley
Tu m'as ,he;.toy
, Damony promis
un doux az, ne
La sans ambition, &sans craindre
la (atm,
Sur les Peintres fameux je formeray
ma maIn.
Tantofl pourte louerjepoliray mes
rimes,
Et liray quelquefois lever lemasque
aux crimes,
Et des coeurs vicieux pénétrant les
secrets, - Contre tous les R. faiguiferay
mes traits.
Les Maladies sont si frequentes
& si malignes cette
année, quelles causent une
infinité de morts. C'est ce qui
m'engage à vous parler dés lecommencement de cette
Lettre de quelquesunes de
celles qui sont arrivées depuis
ma derniere.
Messire Michel Phelypeaux
de la Vriliere, Archesque
de Bourges, mourut icy d'u- j
ne mort subitele28. dumois
passé. Ilavoiresté auparavant
Conseiller au Parlement de
Paris,&Evesque d'Usez, ôc
il estoit Abbé de Nostre-
Dame de l'Absie, de Saint
Vincent
,
de Quincy
,
de
Niort,& deS.Lo. Il defeen*
oit de Remond Phelypeaux,
r d'Herbaut,de laVriliere,
du Verger, qui ayant esté
ecretaire des Finances, puis
ecretairedu Roy, Tresorier
es Parties Casuellesen1590.
enfin Tresorier de l'Eparne
en 1591. s'estoit acquitté.
letous ces emplois avec tant
l'honneur & de probité,qu'aprés
lemort de Paul Phely-
>eaux, Sr de Pontchartrain,
Secretaire d'Estat,son Frere,
e feu Roy luy fit remplir
cette grande Charge, & luy
donna le département des
Affaires étrangeres en 1626.
Il mourut àSuze en I629.
& eut entre-autres Enfans
de ClaudeGobelin,sa Fem-*
me, Balthazar & Loüis Phelypeaux.
Le premier fut Conseiller
au Parlement de Paris,
puis Tresorierde l'Epargne,
& enfinConseiller d'Estat;&
mourut eu 1663. Loüis Phelypeaux,
SrdelaVriliere&de
Chasteauneuf sur Loire, fut
premièrement pourveu de la
Charge de Greffier du Privé-
Conseil en 1619. & l'année suivante,
de celle deConseiller
d'Estar.Ensuite il s'attacha
avec une si forte application 1
uprés de Remond Phelyeaux
son Pere, & fit paroitretant
d'intelligence& de
conduire dans les affaires,que
e Cardinal de Richelieu
ayant jugé digne de luy
succeder en la Charge deSecretaire
d'Estat, luy en fit
accorder les provisions en
1619- par le feuRoy,quile
nomma Prevost & Grand-
Maistre des Cérémonies de
sesOrdres en 1643. Il avoir
épouséen 1635. Marie Particeiii)
Fille de Michel, Sr
d'Hemery &deThoré,Sur-
Intendant des Finances, &
il en a eu plusieurs Epfans.
C'est de ce mariage que sont
sortis Mr l'Archeveique de
Bourges quivient demourir,
& Mr le Marquis de Chasteau-
neuf, aujourd'huy Secreraire
d'Estat& des Ordres
du Roy, receu en 1669. en
survivance de la Charge de
Mr de la Vriliere
,
son Pere,
mort en 1681.
Messire Jean Bentivoglio,
Abbé Commendataire de
Saint Valery & de Nant,
mourut le2. de ce mois, age
de quatre-vingt-neuf ans.
Il estoit Neveu du Cardinal
GuyBentivoglio, si fameux
par ses grandes qualitez
,
&
par les Ouvrages qu'il a donrez
au Public. Les plus im-
)orrans sont l'Histoire de
Flandre, la Relation de France,
des Lettres & des Mémoires.
Ce Guy Bentivoglio
ayant esté envoyé Nonce en
Flandre, & ensuite en France,
s'acquitta si-bien de ces emplois,
que le Pape Paul V.le
fit Cardinal. Le Roy Loiiis
XIII. auprès duquel il estoit
alorslechargea de la protection
de France en la Cour
de Rome, & l'estime quil
s'acquit par tout fut telle,;
qu'on ne douta point qu'il ne
duit estre élevé dans la Chaire
de S. Pierre après la mort
d Urbain VIII arrivée le 29.
JuilletI644. mais estant entré
dans le Conclave, les grandes
chaleurs de cette saison
luy causerent une insomnie
qui luy donna la Fièvre, &
il enmourut le 7. Septembre
de la mesme année,âgé de
soixante & cinq ans. La Famille
des Bentivoglio
,
l'une
des plus nobles & des plus
considerables de toute l'Italie,
tire son nom d'unBourg
ans le Boulonnois du cossé
e Ferrare, appelle Bentivolio,
& a eu assez longtemps iSeigneurie de laville de Boogne.
Antoine Bentivoglio,
aussi riche quevertueux, fut
extrêmement considere sur
ta fin du quatorziéme siecle.
Il eut de Zanna, sa Femme,
Jean Bentivoglio I. du nom,
qui s'estant rendu maistre de
laVille de Bologne en I400.
fut tué vers l'an 1402. aprés
avoir perdu une Bataille. Les
Bentivoglio s'estant rétablis
depuis, Annibal Bentivoglio
i Ce rendit encore maistre de
i
Bologne, & y commande
jusque vers l'an 1445. qu'il fut:
assassïne' dans l'Eghfe de Saint
Jean, par les Cannetules &
les Gifleri. Jean BentivoglftT
II. du nom, fut sonFils. La
politique l'obligea de
-
faire,
mourir plusieursdes Malvez-
.:zi, & de chasser les Marescotti,
àcause des secretes cabales
qu'ils faisoient pour luy
oster le Gouvernement.Ilfut
: chasséde Bologne avec toute
saFamillepar le Pape Jule II.
& il se retira, les uns disent a-
Milan,&les autres à Bassetti
dans le Parmesan, où ilmourut
ut en 1508. âgé de soixante
lix ans. Le reste de la Famille
Bentivoglios'établit à Ferrac.
CornelioBentivoglio,qui
ut deux fois Lieutenant en
Italie pour le Roy deFrance,
&qui eut beaucoup deparc
dans l'estime des Princes de
laMaison deGuise, s'acquit
une grande réputation dans
les guerres deToscane,&fut
depuis Generaliiffmed'Alphonse
II. Duc de Ferrare.
Il épousaElisabeth Bendadei,&
il en eut entre autres
Enfans Guyentiîvo"gli>o,Car- dinal,ode MarquisBentivocommencement
de ce mois.
Son corps fut porté avec
beaucoup de pompe de l'Editede
SaintEustache à celle
les Capucines, où elle a esté
nhumée.Elleestoit Gouverlante
de Mademoiselle, s'ap.
pelloit Charlotte deMornay,
5c estoit Fille de Pierre de
Mornay,S1 de Villarceau, ôc
l' Anne- Olivier deLeuville.
Elle avoit épousé en 1648.
Jacques Rouxel, Comte de
Grancé & de Medavi, Veuf
de Catherine deMonchy, Soeur de Charles, Marquis
d'Hocquincourt, Maréchal
de France, qu'il avoit époufée
en 1614. FeuMr de Grancé,
son Mary
,
fut fait Marechal
de Camp en 1636. Gouverneur
de Gravelines en
1644. Lieutenant General., &
Maréchal de France en 1651.
Il fùt étably nsuite Gouverneur
de Thionville,&créé
Chevalier des Ordres du Roy
en 1663. Ila eu de sa première
Femme,Pierre Rouxel Il du
nom, Comte de Grancé
,
&
de la fécondé, dont je vous
apprens lamort,M'l'Abbé
de Grancé premier Aumônier
de ManGeur; Marie-
*
LoûisseRouxel
,
mariée en
665. àJosephRouxel,Comte
je Marey
,
Cori Coufin
,
qui
fut tué au Siege- de Candie
en 1668. trois Filles Religieuses,
l'une àVignats, ôcles
deux autres à l'Abbaye da
Gomer-Fontaine, & Marie-
Loüise de Grancé, Dame
d'Atour de la feuë Reine d)EC
pagne. Madame la Comtesse
de Marey aesté nommée par
Monsieur,
- pour remplir la
place de Gouvernante de
Mademoiselle, quepossedoit
feuë Madame la Maréchale
de Grance, sa Mere. -
La petite Verole, qui n'a
pas moins regne cette année
que les Fièvres malignes, a
emporté dans ce mesme
temps Madame la Marquise
de Barbesieux, âgée seulemmeennctddeevvininggttaannss,,
EElllleeaavvooiicr
tout cequ'on peut souhaiter
enuneFemme, pour la rendre
aimable & pour vous
faire son éloge en peu de
mots, je vous apprendray
que le Royadit en parlant
d'elle, que&~' de Barbesieux
ne perdoit passeul à cette mort,
mais que toute laCoury perdait
aujji. Aprés untémoignage si
vantageux je dois metaire,
mis que je ne pourrois rien
lire qui fust plusà sa gloire.
avoit beaucoup d'amour pour
les belles Lettres, &laconnoissance
qu'il en ayoit, luy
avoit fait entreprendre les
tradu&ions deJuvenal & de
Perse,qu'iladonnées au Public
en Vers François, Les
Notes dont il a embelly ces
, deux Ouvrages font fort eurieufes&
tres-estimées,Ilestoit
honneste, bienfaisant,
-
bon Amy
,
& la droiture de
son ameégaloit la beauté de
son esprit.
J'ayencore à vous apprendre
la mort de deux perfonnes
devostre Sexe,Ltine est
Dame FrançoiseBriçonnet,
ille deMessire Thomas"Brionner,
Conseilleren laCour
es~Aidcs3& de Dame Marguerite
le Picard
, & Veuve l1e Meîïïr-eP,-^ené le Tellier,
eigneur de Mordan, d'Oiou,&
autres lieux.Confeiler
du Royen sa Cour des
Aides de Paris, & Fils de
Charles le Tellier, Maistre
les Comptes. Ce Charles le
Tellier estoit Frere de Michel
eTellier, Conseiller en la
Cour des Aides, & Pere de
Mrle Chancelier le Tellier.
L'autre est Dame ElisabethCatherine
de Rousselet,Femme
de Messire Robert Cousinet,
Conseiller du Roy,
Maistre Ordinaire en sa
Chambre des Comptes de
Paris.
LeConte que vousallers
Vlire eist ldelMercFoeurnrierfd.e
GROS-JEAN ET SON CURE'
J CONTE. cE rieft point âaujourrthUJ que
CIgnorant censure
Les productionsdeïefprit.
Les meilleures souvent tproúvent
I*morsure :
De force Son que le bon sens
aigrit.
Le Conte quifuit doit t'injhaift,
Letteur> de cetteverité. lpeut faire plaijtrà qui voudra
le lire,
Et guérirunCerveaugajle
Du sot enteflement de dire
Son fenttment préCiPite.
En lun desBourgs de Sologne
Logeoitcertain Payfan,
Nommé Gros-Iean,
Homme de bonne humeur,passablement
yvrogne,
Qui sçavoit lire en FranfDis, en
Latint
Chantoit fEpiPre à la grand
Melfe,
Etjounïssoit comme pardroitdai"-
De lIntcridar.ce du Lutrin.
Avec ces beaux,talcns boufi de
vaine gloire,
llfecroyoït un e/prit sans pareil,
Zeplusfeavant quieust vu le rivage
de Loire,
Depuis qu'y luifoitlc Soleil.
Ze Curé de[on Bourg,homme d'un
vray merite,
DoReur de Vniverftte*
Plein de vertus ,
Jeprobité,
Paroijjoit à Gros-Iean de science
petite.
Ce Curé fit un Sermon
Zejour de la Dedicdce;
Tout ce qu'zl dit fut fortbon,
JIpreJchd mesme avec-grace,
Et fondifeours si bienravit,
Que p-endantquildurapersonne
ne dormit,
Chose pourtant fort difficile à
croire, Car Bourdalouëa vu plus dune
fois,
Malgré sa Rhetorique&sa charmante
voix,
Dormir gens de sen Auditoire,
Enfin href, le Sermonfiny^
Le bon Curé va changer de chemise
Puis revien,t dans la chambre, où
la table ejoitmire,
Et le bufet pour lafoifhien garni.
D'abord on applaudit à sa haute
science,
Et sur sa Dèelamation
Chacuntacha de mettre en èvin
-
dence
vCe.qsuiol sçnavoi.t eln cette occa- aucunefesie',
Gros-Jean qui ne manqua jamais
Estoit aussi monte pour estre du
repas i
JEtquelqu'un remarquantqu'il fecouoit
la teste,
jFiaujfoit l'épaulej & riapplaudiffoit
foi 3
Decette piece £éloquence,
Luy dit-il, là, que penses tul
2Aoy,dit Gros-Jean! fay siquic
quand jy pense,
Bile ne vaut pas un feflu. *
Jdardè,tenè, le beau prèchage,
1entendions tout ce quil disoit;
,Pal,fanguiéfaut-ilpu estre unfin
parfonnage
Peur farmonner comme il faisoit?
pour moy ,
j'aime bian mieux
Monsieur nostre Vicaire,
le ne fçavom ce quil nous
dit;
7 ria pas dit trois mots,bredouillant
[on affairey
Que tout le monde sassoupit.
Vous voy-ez, ce que cess de parler,
on d'écrire,
Reprit alors le bon Pajleur. le VOllf parois affe^ bon Orateur,
Et je fuis pour Gros-Jean un sujet
de Satyre.
Dés quau public on j'ell livré, j
Ons'expose à la censure.
Tel mérité estre admire,
Qui d'abord reçoit injure
D'un ignorant avéré.
Ce rieft nouvelle avanture
Detrouver que Gros-Jean remon-
Ire à fort Curé.
Le Comté de Soüabe eftj
une Region où les Armées
ontroulé pendant plusieurs
Campagnes, & particulièrement
la derniere. Le Sieur de
Fer a cru que les Officiers,
aussi-bien que les Curieux,
ne feroient pas fachez d'avoir
ce beau & malheureux
Pays fort bien détaillé en
quatre feülles, avec une
Carre tres -
particu liere du
Duché de Wirtemberg, en
une grande feuille. C'est ce
qu'il vient de donner auPublic,
en attendant dans peu
de jours sa Mappemonde sur
es nouvelles. O bservations,
lasixiéme partiedes forces
e l'Europe. Ces nouvelles
Partes se trouvent chezl'Aueur,
dans l'Isledu Palais, à.
Sphere Royale. Tous les
Ouvrages du S' de Fer ont
sté si bien receus jusques à
present, qu'ilsuffit qu'on
çache qu'il en ait mis de
nouveaux au jour, pour les
vouloir acheter.
Vous avez souvent oüy.
varier des Tableaux de feu
Vlr de Vandermeulen, qui
epresentent les Conquestes
lu Roy. Rien n'est si bean
en ce genre, & comme ils
font à Sa Majesté, & trop
grands pourestre copiez, ils
ont esté gravez la pluspart,
pour satisfaire les Curieux,
& les Etrangers. La veuë de
Luxembourg
3
qui ne l'avoit
pas esté du vivant de feu
Mr de Vandermeulen, vient
de l'estre par le Sr Nicolas
Bonnart l'Aîne, qui la debite
à laruëS. Jacques, à l'Aigle
d'or, avec toutes les autres
Estampes de ce Peintre ingenieux.
Les nouvelles Reflexions
ou Sentences & Maximes

yrages ausquelson court avec
tant d'empressement,nesont
jamais mediocres
, tout le
Public ne se pouvant abuser,
& rien n'estant assez fort pour
détruire l'estime que l'on a
justement pource qui est
universellement approuvé.
La troisiéme Edition dont je
vous parle a esté faite par le
Sr Amaulry, Libraire à Lyon,
& il la fait debiter à Paris chez
le S' Lambin, ruë S. Jacques, àl'Enseigne du Miroir.
Le fort&la marque des bons
Livresestans d'être imprimez
plusieurs fois, il ne faut pas
s'étonnersi les Entretien sur
sa pluralité des Mondes - de
M1*de Fontenelle, ont eflc
imprimez pour la troisiéme
fois, augmentez d'un nouvel
Entretien. Ils se vendent chez
le SrBrupet au Palais, aussibien
que les Dialogues des
Morts,imprimez pour la quatrième
fois, & tous les Ouvrages
du mesme Auteur.
C'est pour lesSçavans de
vostreProvince,qui aiment
les découvertes de Physique,
que je vous envoye la petite
histoire anatomique qui suit
cet article. Elle estdeMrPoupart,
quiadéjà fait plusieurs
Traitez curieux,que le Public
a fort bien reçus.
L'ANALYSE
DesVaisseaux prolitiques
du Limaçon de Jardin.
JE nefçaurois donner une idée
pins claire desVaiffeaux Prolifiques
du Limaçon, qu'en les
comparant a un magnifique groupe
que la fçavante main du Sculpteur
a tiré d un seulblocde matière,
LUterus ou l'O'VaireJ le
Canal que j'appelle Préparantrraiffeux,
qui se va perdre dans
lefoye
, un gros morceau degraise
qui fait t'office de projiates
, un
tllicule & son vaisseaudéférant
,deux petits arbresfort branchus,
la verge,ses deux hgamens,
&* un cul-de-sac dans lequel
est renfermée une èpçe écail- leuje,font les organes que lanature
a tirez, d'un même tronc pour
la perpetuité de l'espece du Limaçon.
L'Ovaire ou Vutérus a deux
pouces de long. C'efl un large canalfraisé
qui va percer le col de
l'animal, tout auprès desa bouche.
Il efi enveloppedans une membrane
déliée,cTva finiraucommencement
d'ungros morceau degraiss.
se blanche. C'est dans ce vasse
canal que font en-veloppe7, les petits
Limaçons avec leur coquillef
que l'animalenfante dans une
faison favorable. Le Limaçon
participe si également de l'un &*
de l'autresexe,qui'l n'a qu'un
ovaire toutsimple,eun testicule
Çituefous le coeurassissurun
gros morceau de graijfcblanche
qui le tientsouple, onùiueux,&
luy fert de coufFnet. Ce tefiiculc
ness point un lacis, ou un entor",
tjllement de rvaiffiaux comme
dans
lans l'homme; ce riest que lefond
lilaté de son njaijfeau aefferAnt.
"Ze canal defferant efi/ong de dente
»oncesjl rampefous la membrane
le l'ovaire auquel il est attaché
Par plusieurspetits vaisseaux oit
igamens. Dans le temps des anours
de cet animaljon teftzculr est
nos comme un petit pois,(èf rem-
,si d'une matieresiépatJJe &fi telace
qu'ilauroit esté tmpoffible qu'-
elle eust pu coutr dans de si longs
,anaux, s'ils rianjonrn pat eslé
rraiffe^d'une humeur onélueufc
r que leurfournit le canalpréparant
rraifeux. Ce canal cft long de 4.
Douces. 11rambe (ouf il mtmbra*
ne de iovaire,&puis il va pAf
fer au travers dun gros morceau
degratffeblanche, a la sortie de
laquelle il rft tortillé&ondedans
l'effact de deux ou troislignes,
après lequel il entre dans lefoyey
où isse perd. Ce canal & le defferant
aboutirent à un conduit
commun ,
long d'environ six lignes
,£7*finit à celuy de l'ovaire.
Ces deux derniers ont encore un
tuyau commun qui vasortir par
le col de l'animal pourfaire Centrée
de l'utérus. Voicy lusage
ducanal préparant graisseux. Le
foye dans lequel il se perd, efl la
source danslaquelleilpuije lavertu
prolifique : aussi ellt luy efl toute
semblable en couleur & pr,Jque
enconfifiance Enchemin sassant
elle rencontre le canal dfferant9
dans lequelelle tombe parsonpro.
pre poids3d'oùelle efl portée dans
le testicule. La graijje au travers
de laquelle pajje ce grand canal
fait l'office de proflates.Ell: luy
fournit une liqueur onElueufi Ixquelle
est portée dans les canaux
par où doit couler Ihumeur prolifique
pour lesrendresouples &
glifJàns) afin que toute epatjje &
tenace quell efl,ellejy puffe aisement
couler Les deux arbres
blancsfont plante^sur le cornmcnccment
de l'ovaires leurs troncs
Je divft'enten centpetits rameaux
flotans &sans attaches Cefont
descanaux,carquand on les laijje
tremper dansïeauyilsfe remplirent
&deviennent asJe' gros. Je préfumeque
ïhumeurprolifiquepourroit
bien recevoir des preparations
en circulant dans ces labyrintes.
La vergeaquatreou cinq
pouces de long EUe ej1 confiruite de
plusieurspetitesfibres}fituées pref.
queparallèlement, (y creusées tout
au long, de maniéré qu'onypeut
aisément introduireunegrojjefojye
de cochon. Elle efl lue à deux
grands muscles ou ligamensJ dfitans
l'un de l'autre de trois ou
quatre lignes. Vn de ces muscles
ifl attaché vers le coftégauche de
l'animalytujacmembraneux qu'il
porte sur son dos. L'autrepasse
tout proche l'ccfophage, au travers
de quelques membranes qui
luy fontjaire un aNIC luy
fervent de pouliepourtirer obliquementcomme
faitle grand oblique
de l'oeil.
Leur
situation me *tr~. ~f~r /r~o~ ~jf
fait croire qu'un de ces muscles
fîrt à tirer la verge en dedans:
lors quellet est sortie, &que l'autre
aide à la faire sortir dehors
quand il efl necejjaire.J'aj vu
dans le temps de l'automne5 tout
AU long de la 'Verge la me/me humeur
qu on trouve dans le teflicule
de animal.Lefourreaublanc&
cartilagineux a la figure d'une
petite poirelonguette. Il renferme
unt épde blanche, écailleuse, rahotuëcomme
du chagrin longue de deux ou troisligneos, extrêm0ement
pointue ,C$7"4[plantée dans
unepetiteglande. C'eftaveccette
epée qu'ilpique& qu'ilaiguillonne
l'animal quand il efi marié,
parce queflantfort lent&parefflux,
O* la matiere prolifique
tpaiffe & tenace, les blefifures
qu'il en reçoit le réveillent
,
le
,
mettent enjeu, en Amour) Cm en
nouvement.Jî rie veux point
ie l'honneurqui ne m'appartient
hts.MxLifter? delà SociétéRoyale
des Sciences de Londres, 4 va
réple êcailleusesortie de l'animal,
mais il neJçait ce quelle devient
lors quelle ell rentrée. ilaconnu
la vergepins l'examiner autrenIent,
& que cet animal estoit
hermaphroditeparfin mutuel ac~
couplement.
Je vous feray sans doute
plaisir en vous faifanc part
d'une avanture des plus fihgulieres,
contenuë dans une
Lettrede Londres. Il y a peu
de Villes où leVin deCanarie
soitplusaimé, & où l'on
en trouve davantage. Un
Particulier en ayant une Pipe
à sa Cave, qui contenoir plusieurs
muids, fut fort surpris
lors qu'on luy vint dire un
jour, que son Vin ne venoit
plus. Ce Vin estoit excellent,
&il y avoit si peu de tem ps
qu'ilestoiten perce, qu'ilne
put croire ce qu'on luy disoit.
Il courut à son tonneau,
frapa contre, & le son qu'il
rendit luy fitconnoistre qu'il
n'estoit pas vuide. Il fourra
un ballonpar le bondon, &
ce baston trouva de ia resistance,
Aprés avoir ouvert
encore une fois lerobinet,
sans que le Vin coulaft, il
voulut sçavoir ce qui pouvoie
en eltre la cause. Il fit
défoncer la Pipe. Quelle furprise,
lors qu'on vit un Espagnol
qui estoitassis dedans!
Il avoir le teint fort frais, la
barbe bien faiteàl'Espagnole,&
la Gonilleautour ducol.
On l'examina avec grande
attention, & on découvrit
enfin qu'il avoitestéassassiné.
On en a fait graver des Portraits
, qu'on a envoyez dans
toute l'Espagne.
Autre avanture dont vous
trouverez les circonstances
dans laLettre que vousallez
lire. Elle fera faire de grands
raisonnemens
, & excitera
bien des disputes. A la vérité
elle contient des choses bien
surprenantes, & ce qui me le
paroistdavantage, c'est qu'-
elle a unair deverité qui doit
embarasser les plus incredules.
L'affaire est recente, les
lieux sont nommez >
& les
témoins aisez à trouver. Pour
moy,je ne prens aucun party,&
n'ay garde de decider
entre les Parlemens, qui ne
reconnoissent point de Sor,
ciers, & ceux qui les condamnent
àmort.Je vous envoyé
feulement la Lettre dans la
mesme simplicité naturelle
quelle a este écrite. Elle efl;
d'un Commis des vivres.
A Beauvais, ce 25. Avril 1694. JE me fèrois. rendit tcy plutojl
sans le desordre qui tft arrive
dans léquipage de Bonnifùy,
qui efl a Gournay, mais je me
fuis jugéplusnecessaire à chercher
le remede qui convenait à Uguerison
de vos Chevaux
, c- à
force de courir je ftry trouvé. En
voicy les particularité
Ily avoit vingt,cinq Chevaux
de cet équipageenfôrcele^,
&îlnen auroit rechapeaucun
siJe neufjefait la découverte duy
J\darejchalde'Saint Germer, qui
cft ecluj qui entreprend de les
definforceler ; plusieurs Maréchaux
que fayfait affimbler des
plus experimente^\de laProvince
j navoient pu rien decidersur
leur maladie,& ne saccordoient
en rien.Dans cet intervalle de
temps, il vom cJ1 mort quatre
Chevaux. Ce Mareschal, quoy
que contre mon opinionPle
pour l'ennemydesSorciers, Voicy
comme illy estprispourdeviner
(a cause de la maladie de ces
Chevaux. Vn Cierge benit Cde
l'Eau benite, avec un Jeau
d'eau & des paroles, ont fait
l'affaire. J'estois present à cette
belleexpéditionJe tenvule cierge.
Le Adarefchal fit tomber quatre
ou cinq goutes de cire dans l'eau,
qui formèrent en mesme temps
des couleuvres,& enjuite le ciergefe/
oujfabrusquement. Je vous
avoue que les cheveux me dref-
Jerent à la teste, en craignant que
le Diable neJe méprift. Je fortis
au plus viste de la Chambre où
l'on avoit fermé tQut, avec une
bonne resolution de ny plus rentrer'
%*Aprés cela, le Mareschal
en quefiionfit ouvrir les Chevaux
mortsenfit prendre les coeursy
quifurent coupeZchacun en quatre.
Il en sortit des couleuvres
'i.Ji'"uantes) ce qui avoitefléfiguré
auparavant par les gouttes decire.
Cela s) eji fiait à la vûë de
vingtperjonnes, & de vos Officiers,
de forte que le charme A
cefijé, à l'exception d'un Cheval
ou deux, de la guerison desquels
ilne répondpasprécifmcnt,parce
que le fortefl trop invétéré. Le
mejme Aîarefcha!avoitfaitplus.
LeJieur Vernier) Receveur de
Ai/'AbbéJacquier}avait tous
ses bejlt'aux enforcele^depuis peu
de jours. Le MarefihaldeSaint
Germeratrouvé le secret de faire
'venirles Sorciers cheZlesrVrrnier
mesme. Ils ont essé arreflez
& conduits depuis quinzejours
aux prijons de Gournay) où ils
ont avoué leurs crimes. Ce Marefcbal
nous a dit AUjJi qu'il fera
venirjusques dans la court d EL
beufJ'auteurdu sortilege. Si A/r
l'AbbéJacquier vouloit se don.
ner la peine djé~crire asronReceveur3
il en apprendra encore davantage.

e composent, il auroit salu
es faire parler eux-mesmes,
)U du moins attendre que le
commerce avecces Maistres
dela parole, luy eustdonné
quelque legere teinture de
l'Eloquence, il dit que le silence
eust esté le seul party
qu'il auroit dû prendre, s'il
lay eustestépossibledese raire
au milieu de tant de sujets
de loüanges qui s'offroienc
à luy de toutes parts. Il fit
voir qu'encore que le Cardinal
de Richelieu eust droit
de pretendre à l'immortalité
par les grandes actions qu'il
avoit faites,il se l'estoit moins
assurée par l'ordre qu'il avoit
rétabli dans les differens
Corps de rEflat, & par la
crainte qu'il avoit inspirée à
nos Voisins, que par l'établissement
de l'Academie,
ayantmoinsfait poursagloire,
en abattant cette espece
deRepublique, que l'Hereste
avoit formée au milieu du
Royaume, qu'en rassemblant
les Musesdispersées, animant
luy-mesmeleursconcerts,&
par ses bienfaits les encourageant
à chanter les merveilles
qui se faisoient par ses
conseils, & les préparant à en
celebrer de plus grandes qui
devoient venir après luy. Il
n'oublia pas, selon la coutume
,
l'Eloge du Chancelier
Seguier, second Protecteur
de l'Academie, que les premiers
emplois de laJustice&
-
delaGuerreréunis pourla
premire fois en sa personne,
avoient rendu moins digne
d'un titre si glorieux, que
des talens cultivez dans l'A..
cademiemesme; qu'une éloquence
qui soutenoit toujours
la majesté de la parole
du Prince dont il estoitl'organe;
qu'un discernement
admirable, qui dans les Assemblées
des Académiciens,
le faisoit décider aussi sainement
sur les Ouvrages d'esprit,
qu'il le faisoit dans les
Conseils sur les fortunes des
Particuliers. Il passa de là au
Roy, qui en se declarant Protecteur
de l'Academie
,
n'a
point cru indigne de luyune
qualité qui avoit esté possedée
par les Su jets.A prés avoir
dit qu'Alexandre n'a point
eu plus de rapidité dans ses
Conquestes, ny Cesar plus de
sagesse dans la conduite de
sesArmées,&quel'Eglise n'a
jamais trouvé ny plus dezele
pour son agrandissement
dansConstantin,ny plus d'attachement
à ses regles dans
Theodose;Icy,continua-t ilot
nous voyons nostresiecle vangé
de ces \;lc'{ défenseurs de ïAntiquité.
Ilsnecontestent plus son
avantage sur les autres siecles.
S'ilsdoutentqu'ilait celuy de
donner des louanges
,
ils sont force'{
Jy reconnoistreceluy de les
meriter. S' ils sont trop modestes
pour avouer l'un, la verité a trop
de force pour ne les pasfaireconvenir
de l autre: En vain cbçr.,
cheroit.t.on dans les temps pdjfe%y
quel exemple trouver dunPrinceque
toute tEurope conjuree ne
peut ebranler, qui seulenvironné
d'Ennemis innombrables3 force
des placesJ gagne desBatailles,
fait dans une feule Campagne des
Conquefles dignes d'acquérir le
titre de Conquérant à des Princes
qui en feroient autant dans
tout le cours 'de leur vie.Afprc*
cbe^-en de plus prés, MeJjieurs,
ne craignrien; par tout il est
dans Jon point de veuë. Ce ne
fontpointdecesjaujjesgrandeurs
dont léloignement cache les imperfections
p~ Ce nefont point de »y~f ~c
ces foibles béante% dont la diflahce
confond les lraits. Vous leverrt'{
par tout le mesme; dansJes
Conseils où la Iuflice prejide tou.
jours; au milieu deses Courtisansyécoutant
leurs prieres, rendant
les uns heureux en leur accordant
les grâces, lesautrescontens,
mejme en les refusant; à la
tesse de ses Arméesfaisant trembler
ses Ennemis, tournant des
yeux de Pere sur un Peuple qui
fôujfre tous les maux inseparables
de la guenre; trouvant la,
gloire bien çhere a ce prix, &
disposé dans son coeur à donner
fourlefoulagemmt deles Sujets
ceque tant de Princes ligue^
contre luy ne pourroient jamais
luj arracher.Mrl'Abbé de
Caumartinfinit par les louanges
deMrdelaVau,sonPrédecesseur,
Amy vif & empressé,
en qui on a toujours
reconnu une vivacitésurprenante,&
toujours nouvelle
pour toutcequi luyparoissoit
regarder la gloirede
l'Academie, &ilassura cette
Compagnie, qu'en imitant
celuy à qui il succedoit, dans
rattachementextrême qu'il
avoir toujours eu pourelle,il
tâcheroit de se rendre digne
-. --- -- de
de l'honneur qu'elle luy avoit
fait de le choisir pour remplir
sa place.
auroit paru incomparable,
s'il n'avoit point estésuivyde
celuyde l'AugusteProtecteur
de l'Academie, où son éloquence
s'étoitélevée en quelque
sorte jusqu'àla hauteur de
son sujet. Illaissa auxvaillans
hommes, qui ontsuivi le Roy
dans ses conquestes, & sur
qui s'est répanduë une portion
de lagloire dont ils l'ont
vu tout environné) le foin de
dire la sagesse & la beauté de
son commandement, qui
porte l'ordre,la confiance&le
courage;&à ceux qui ontle
bonheur de le servir dans des
emplois qui les approchent
de sa Personne, la joye de publier
sa bonté, sa douceur ôc
sonaffabilité,quifont trouver
plus de charmes à luy o beir
qu'à commander par tout
ailleurs, &qui dans le mesme
temps qu'elles semblent l'abaisser
au rang de ses Sujets,
le rendent encore plus Auguste,
& l'élevent au dessus
de tous les autres hommes.
Les Académiciens font deqtinez
à cultiver l'art de la parole;
& comme il partait devant
une Assemblée qui en
fait son étude & ses delices,
i! nevoulue regarder le Roy
que ducoite decesublime&
précieux avantage C'estàce
Monarque
3
dit-il
,
qu'a esté
donnéparticulierement leglorieux
privilege de régnersur lesesprits
par la force de la parole. Sesdiscours,
torijours dans les bornes d'une
brieveté majestueuse,&dont
on ne fiauroit rien retrancher,
comme on le disoit de ceux de Demostene,
de mesme qu'on riy peut
rien ajoûter) comme on l'aditde
ceux de Cictron, renferment en
peu de mots plusdechojes
,
plus
defnbfiancje, quetoutl'ambitieux
amas des periodes nombrepfes des
Orateurs. Il rijentre de parolesqu'autant
qu'il en faut pour exprimer
la pensée,demejme qu'on
n'ernplcrye autour des Pierres pretieufs,
qu'autant(ïor quilen
faut pour les mettre en oeurure.
Telle est l'éloquence? lors quelle
part d'une ame du premier ordre,
lors quelle efllefruit de laf*-
l/De, ou plutofl quelle en eflla
fleur, qui s'épanche au dehors.
Qrion regarde toutes ces profitfions
de grâces qui tombent sans
cejjedeses mains hberales sur la
vertu &sur leméritéy on rien
verra point
,
quelque grandes
quellesToient}qui valentlamanitre
dont elles fontfaitesqui
ne soient accompagnées deparoles
cent fois plus prétieuses que le
bienfait mesme.Qu'on interroge
ceux qui reçoiventses inflruélions
sur les affairesdontilles charge;
- ilsdiront qu'aprèsles avoirrcfûcs,
ilsfesonttrouveT^ comme chan.
ge%en d'autres hommes,tant les
paroles dIt Prince avoient répandu
de lumiere dans leur rfPrit:t&
y avoient faitgermer de grandes
& de nobles pensées. Consultons
ceux que le meritefait entrer dans
ses Consèils,ilsavoueront que
leur furprift, loin de diminuer,
augmente tous les jours à lavette
defiasagesse9 quiprévoit tout,
pourvoit en mcfme temps,
dont les projets ne manquent jAmais
leur effet aux momens qu'il
leur a marque%, & que leur
feule execution découvre aux
jeux des hommes. Ils confejjent >qu/étonne^ de la facilité, avec
laquelle il pénétré les affaires les
plus ohfcures, &démesle les plus
embarassées, ils comprennent en.
core moinsavecqtiellenetteté
avec quellepréafion il les décide.
QuefiletémoignagedesesSujets
nous efloit fufipeél^ nousn'aurions
aua écouterceluy de tant d'Am.
baffadeurs, qui venus avec des
Infiruflions pleinesd'adrrjfe politique,
ont (fié déeoncerte^ des lA
premiereAudzence, qui fesontvus
doucement contraints de quitter
leur proprevolontépourprendre
celle du Prince qui leur parloit,
0* qui reroHrneZ en leurs Pays
nese lassènt point de redire les
merveilles quils ont ouies dest
bouche?Jans (flre jamais contens
de l'idte qu'ils en donnent. Après
Avoirremarqué l'usâgemerveilleux
que nojlrePrincesçaitfaire
de laparole, n'oublionspas de dire
qu'il ne luy arrive jamais d'en
Abufr,&quejamais,parce qu'il
en connoifl trop elaforce Cm le
poids, il ne lapressée ny à sa
colereyny a fion mépris. Si mon
dificours n'a pas forméune assez
grande idée de ce Heros, il ne
faut que jetter les yeux sur la
siruation où ilsi trouve. Le Ciel
a permis que toute l'Europesi
fioitsoulevée contre luy,quelaSterilitémesme
fioit venue encore le
cornbattre., &il ne l'apermis que
pourfaire voirqu'il l'a combléde
vertus fiupcrieures, a tant d''ennemis)&Àtoute l'inclemcnce
des Saisons.C'est unjpetlacle que
le Ciel donne à lUniversvpour
faireéclaterlemérité &la gran.
deur de Jon Chefd'oeuvre ; fipeélaclequiferabien
toflfuivid'un
tutreplusglorieux encore, ou nous
verrons la Paixaccompagnée de
abondance, couronner les tra.
vaux beroïques, répandresur
nous tous les biens quelle peut
donner à la terre.
Toute l'Assemblée, qui
estoit illustre & nombreuse,
donna de grands applaudissemens
à ces deux Discours,
& ne sortit pas moins facisfaited'une
traduction en Vers
du Miserere
)
faite par Mr
Boyer, que leut ensuite Mr
l'AbbéTallemand.

cez. L'Assembléeyfutnombreuse
& choisie. La Planche
n'c st pas moins considerable
par la dépense
,
qu'e lle est
agréable par l'invention. La
Figure principaleest une Dame,
quia l'air, où l'on voit la
Majesté mêlée avec la douceur,
& qui par ce mélange
heureux, represente l'Académie.
Elle tient en sa main
droite une Plume, & en sa
gauche un Livre, qui est le
Recueïl des Pieces d'Eloquence
& de Poësie, faites
par les Académiciens, à la
gloire du Roy, comme le
Pere des Lettres, &le modèle
des Monarques, figuré cous
lesymboleduSoleil,dontles
.rayons éclairent le Temple
: de laGloire. Le dehors pompeux
& magnifique de ce
-i-emple, luy est montré par
L un petit Genie, qui tient la ;devise de cette Academie)
dont le corpsoit uneRose de
Diamans
,
& qui a ces mots
pour ame, Jïïdutuo clarefcimus
igne.La Barbarie paroJt rcn-.
versée fousde vieillesmarures
dtArchitetture ancienne.On
apperçoit dans rair au dessus
* duTemple,laRenommée qui
embouche une trompette,&
qui en tient une autre pour
s'en servir tour à tour dans les
deux Mondes en faveur de
LOUIS LE GRAND,
& pour y publier ses nouvelles
Conquestes. CommecetteTheseestdediéeàMrsde
l'Academie de Villefranche,
on a pris foin de graver aux
quatre costez des Conclusions
de Philosophie,sur des
branches de laurier, les armes
,les noms, & les qualités
de Mrs les Académiciens.
Mr d'Hautmont, l'un des
Académiciens de cette Compagnie
, a fait le Sonner qui
fuit, pour la médaillé du Roy
propofce par Mrs les Lanternistes
de Toulouse
,
sur leurs
Bouts-Rimez. Vous vous
souvenez de ce que je vous
ay dit de ces Lanternistes
dans l'une de , mes dernieres
Lettres.
ALAGLOIREDU ROY.
IjSONNET.
QP' Temple de la Gloire, fin
w éleve*I, Buste
Do Héros qui centfoisdans l'hori
renr des glaçons9
f\
Cent fois farmy les feux des bru-
Jttntes rnoiffons,
A domptél'Aigle pere, 6 le
Lion robuste.
Lâches adorateurs du crime à de îorgueil,
Qui .suye7., de la Paix Je favorable
accueil>
LOVJS parle, tremble son
bras est noftrt digue.
D'une Ligue infideSe il confond
les ressors,
Et bien test sa valeur en miracles
prodigue,
ya du Monde Chrefiien rétablir
les
> "JI; accords.
PRIERE POUR LE ROY.
Les desseins deL LOUPS tendent à
vojbegloire.
SEIGNEUR, sur ce grand Roy
redoublez,vos bienfaits, t
Et le menant toujours deviHoire en
viïloire>
iCouronnez^ ses travaux par une heu- reusePaix. .,
Cornua peccatorumconfringam,
&exaltabuntur cornua justi. Pf
v:io.
- Unillustre Inconnu,fous
le nom du Chevalier de l'Etoile,
a adresse àces nouveaux
Académiciens, le Sonnet suivant,
qu'il afaitimpromptu,
à la consideration de quelques
Dames sçavantes, avec
lesquelles il eut le plaisir de
dîner ces jours passez.
SONNET.
AVquel de nos Héros tfl dù
rhonneur du Bufle?
C'est sans doute à celuy qui malgré
les glaçons
'De lauriers immoitels fait par tout
des moiflbns,
Et qui finsqu'unAIcide est vaillant
& robuste.
En clemence LOV1S[urpa[je
mesme Auguste,
Cefar sur la valeur prendroit de
ses leçons.
Formons pour luy des 'lIoeNXt redoublons
nos chansons
En l'honneur d'un Monarque & si
qrand &si jufie.
Jlpardonne auxfoàmis
,
mais il
punit t orgueïJ.
Ilfait toûjiursauxifensunfavorable
accueïl)
Il oppose à Fenvie une invinci->
ble digue.
Jl meut sans se mouvoir mille &
miDI. reJTots.
Le Ciel en le formant de (es dons
fut prodigue,
Et ses dons -font en luy de merveilleux
accois.
PRIERE POUR LE ROY.
Nomreconnoissons icy-bas
Louis pour ta fidelle image >
Puisque cesi ton plus bel ouvraget SÏIGNEUR) ne /abandonnepat.
Exaudiet illum de coelo [anéto
ssuo
,
in potentatibus salus dexteræ
ejus.
Mrle Prelident de Resseguier,
l'un des sept Mainteneurs
des Jeux Floraux de
Toulouse, estant mort, Mr
Resseguier leConseilleren fit
l'ouverture par un beau Difcours
à la louange du Roy,
i[le 15. d'Avril dernier; & le
premier de ce mois on donna
les trois Fleurs à Mrs Crozat,
Gourdou,&Colomiez, pour
leurs Chants Royaux & leurs
Sonnets.
J Je vous parlay il y a quelque
temps d'un Essay de
1 Pseaumes & de Cantiques,
que Mademoiselle Cheron a
mis en Vers, enrichis d'un
grand nombre de Figures. Je
ne fçaurois mieux justifierce
que je vousendisd'avantaPar
le merite charmée,
Sauvés les noms ecldtanJ >
Suspens ta voix de tonnerre, Qui redouble 4e la guerre
Le tumultueux effroy i
Et d'un accent plein de grâce
Viens celebrer au Parnasse
Yne Femme comme toy.
Ce beau Sexe dont la flâme
Prend sa fourcedans les Cieux,
2Je captivepointnostre amt
Par le seulplaisir des yeux.
CheZ/flf la delicate{fe\
Le bon goujJ" la politeffe
Regnent don air éleve.
Sans secours &sans culture
Jl reçoit de la Nature
l'n esprit tout cultive.
Des omorcs de deux mille ans.
Et Rome>deSttlpicie
Honore encor les tulens.
La Greque de satenireffe,
Avec art^avecfinesse,
Peint les transports aveuglez^}
Et la Ramaine plus rage,
Des douceurs du Mariage
Charme les espritsrezltzr
Et toy, FIance) dont la gloire
Fournit tantde grands objets,
Pour embellirtonMiftoire
Manqueras tu de sujets
A l'Italie i
à la Greee,
Superbes pour la Noblesse
De quelque nom favory,
Oppose en troupe confuse
Bernard,Det-j-ardins,laSu%e,
Des Houlieres,,Scudery.
Mab
Mais quelle Etoile nouvelle
Brille à mes yeux étonne^
Dont la splendeur immortelle
Rendra nos Fasses o111ez!
.F,/i.(e une chlt/le Dèesset
EfI-ce Anne la Prophetesse}
Soeur & Compagne <£Aron,
Quifous un habit de Mufe,
Par une pieuse rufey
Se fait appeller Chéron l
Cheron
, Mufe, ou Propheteffey
Que1,E(pritSaintdans tes Vers
Affermit bien la foible(Je
Dun c&ur accablé de fers!
Soitquilsdécrivent Latteinte
Du remords & de la crainte
Qui fuitrImpie en tout lieu,
Soit que leur fainte energie
jtfous fdffe VApologie
De laconduite de Dttu.
DAvid, que la repentance
De son crime avoitpurge,
A CameYe penitence
Par us Vers efl rengagé.
Dans le comble de la gloire
Vne touchante memoife
Attendrit ce (age Roy,
Et ta Version fidelle
LilY rend si dculcrtrsibelle,
Qùil pleure encor avec toy.
Les Hébreux dans leurs fouf
frances
Aleury~, Aimçnt par tes remontrances
La peine de leurs pechez..:
Ce Peuple que ta voix fljtê,
N'abhorre plus tant l*Euphratt^
Ennobly de Ils chanfills..
Etvoudroit sur fort rivage - -
Vivre encor dans l'efciavage
Eclairé par tes leçons.
0 beautez,, qui du Tarnaffe
Ave, connu l'art touchant,
A Cheron
,
qui vous efface.
Cedex^lagrâce du Chant.
Leséclatantes merveilles,
Qui font £objet de ses veilles 9
L'èleventjusques aux Cieuxt
Et sa gloire nous devance
t
Comme le Dieu quelleencenfe
Devance les autres Dieux.
Vole,Deesse,oùt'engdge
Le foin de nos intereftSk
Le Rhin, la Meuse, & le Tage,
Frissonnent de nos apprefls.
Recommence la fatigue,
Qjtà la honte de la Ligue
ZOVIStedonneanjourd'huy;
Seul il te met hors d'haleine,
jEt tes cent bouches à peine
Suffifent-elles pour luy.
Les malheurs qui arrivent
tous les jours par les mariages
maKaflbrtis, ne sont
point des exem ples assez forts
;
pour emp e fcher que l'intel'eil
ou l'ambition ne préva-
- lent toujours aux motifs d'estime,
de rapport d'humeur,
(
& de simpatie,qui devroient j
former ces sortes d'engagemens.
Ce que je vais vous,2
conter en est une preuve..
Un Officier revêtu d'unes
Charge très-considerable
dans la Robe,& d'une Familleoùde
grandes dignitez
avoient mis beaucou p d'éclat,
jetta lavue pour se marier
sur une jeunepersonne,
dont lanaissante beauté commençoit
déja à faire force
conquestes, Cet avantage
estoit soutenu d'une fortune,
qui l'auroit fait rechercher
quand elle n'auroit pas en
tous les agrémens qui brilloient
dans (a personne. Il e!l
vray que sa naissanceestoit
assez mediocre
,
mais ce deffaut
n'est pas grand lors que
l'argentadequoy le réparer,
& l'Officier qui estoit avare
le compta pour rien. Comme
il se laissoit conduire à l'interestseul,
il s'adressa à son Pere,
sans se mettre en peine
s'il pourroit toucher le coeur,
de cette jolie personne. Le
Pere qui de son costé s'abandonna
à l'ambition, fut ravy
d'une alliance qui mettoit sa
Fille dans un rang fort elevé,
,& sans luy rien dire de la proposition
qu'on luy faisoit, il
arrefta toutes choses avec
l'Officier, qui ne voulant
point joüer le personnage
d'Amant, pressa fortement
la conclusion' de1 son mariage.
Ainsi la Belle fut
fortétonnée quand on luy
vint annoncer qu'elleestoit
promise, & quelle devoir
estre mariée dans quatre ou
cinq jours. Un terme si court
luyfit frayeur. Quoyqueson
coeur fust uncoeur toutneuf,
qui n'ayant jamais aimé devoit
estre indiffèrent au choix
que son Pere avoit fait pour
elle, illuy parut qu'elle avoit
le principal interestdanscette
affaire, & elle luy dit que
s'il vouloit bien,luy donner
un peu de temps pour s'accoutumer
à la vûë d'un homme
qui luy estoit entierement
inconnu, elle engageroit la
liberté avec moins de repugnance.
Il luy répondit que
c'estoit à elle à obéït, & qu'il
sçavoit bien ce qu'il faisoit,
&la peur qu'il eut que le party
ne luy échapast, luy fit.
user de la pleine autorité de
Pere pour tenir parole à1'0f.
sicier.Toutes les larmes de la
Belle furent inutiles pour obtenir
le moindre delay.Le
mariage se fit presque aussitost
qu'il fut proposé,&vous
pouvez vous ima giner dans
queltristeestatelle setrouva,
lors qu'elle se vit au pouvoir
d'un homme,qui ne l' ay ant,
point choisie par amour, ne
luy fit paroistre dans ses manieres
d'agir, aucun de ces.
tendres sentimens qui peuvent
gagner les jeunes personnes.
Il n'y eut jamais une
plus grande opposition que
celle qui se rencontra dans
leur humeur. La Belle estoit
douce, il estoit fort turbulent.
Elle se sentoit portée à
une dépensehonneste, rien
ne luy ayantesté épargné dés
ses plus jeunes années, & il
se privoit de tout pour faire
toûjours quelque nouvelle
acquisition. Il estoit sur rout
si contrariant, qu'il fuffifoic
qu'elle témoignast avoir envie
d'une chose, pour l'obliger
à ne vouloir pas souffrir,
qu'elle se pust satisfaire. Cette
conduite luy fit prendre
malgré elle un si grand dégoust
pour luy, que tout son
attachement à bien remplir
ses devoirs, ne sur point capable
d'étouffer la secrette
aversion qu'ellesentoit dans
son coeut. L'enjoûment qui
luy estoit naturel se changea
bientost en un chagrin sombre,
qui larendoit insensible
à tous les honneurs que son
rang luy attiroit. Son ceint
vif&éclatant setrouvaterny,
elle devint maigre,& le peu
de soin qu'elle prit d'elle, laissa
évanoüir sa beauté. Elle
passa quatre ou cinq années
de cette forcer ce qui
lafitsouffrir davantage, c'est
qu'estant d'une merveilleuse
propreté,elle ne put par ses
douces remontrances obtenir
de son Mary qu'il prist
quelque soin de se rend re
propre. Enfin une maladie
survenuë fort à propos l'en
delivra, dans letemps que le
chagrin qui la devoroit, la
menaçoit elle mesme d'une
mort prochaine. Quoy qu'-
elleparust fort moderée dans
la joye que ce changement
lui devoit causer, elle gousta
d'autant plus la douceur de
se voir Veuve, que n'ayant
point eu d'Enfans, elle se
trouva sans aucune charge,
& maistresse d'elle-mesme.
Son Pere n'eut plus de pouvoir
sur elle,&tousles partis
qu'il luy proposa bien toit
aprés furent rejettez. Elle se
voyoit beaucoup de bienavec
un rang distingué, &r. pour
former des prétentions encore
plus hautes, elle n'avoic
qu'à attendre le retour de sa
beauté. Le repos & la satisfactiond'espritoù
ellevivoit,
luy redonnerenten fort peu
de temps les vives couleurs
qu'elle avoit perduës,&l'embonpoint
qui luyavoit manqué
dans tout le temps de son
mariage,s'estant joint aux
charmes que la nature avoic
répandus sur sa personne,
elle fut regardée de touscôtez
comme la merveille de
son Sexe. Elle n'avoit alors
que vingt ans, & comprenant
que l'estime qu'on auroit
pour elledépendroit de sa
conduite
,
elle s'oblerva si
bien, qu'il n'yen eut point
de plus reguliere. On la rencontroitchez
les Amies,mais
on la voyoit rarement chez
elle. Les visites assiduës blefsoient
ce qu'elle devoit à sa
réputation, & ce fut ce qui
enflamma encore davantage
beaucoup d'Amans qu'elle
fit. Plus ellemarquoit de retenuë,
plusils s'empressoient
à se trouver dans les lieuxoù
ils sçavoient qu'elle alloitle
plus souvent,& c estoitaqui
pourroitluy donner de plus
fortes marques de la passion
que chacun d'eux avoit de
luy plaire. Elle payoit leurs
galantes declarations partoute
*
l'honnesteté qu'ils pouvoient
attendre d'elle;mais
sans dire qu'elle renonçoit à
un iecond mariage, elle faisoit
concevoirque les chagrins
que le premier luy avoir
causez, la rendroient difficile
sur le choix, & on voyoit bien
que sa conqueste ne (eroiç
pasunechoseaisée. Elleavoit
raifoin de ne rien précipiter.
Son estat estoit heureux,&à
moins d'une fortune extraordinaire,
ou que l'Etoile n'agist,
illuy devoit estreavantageux
de garder le nom
de Veuve. Il y avoit déja
deux années entieres qu'elle
conservoit cette prétieuse
qualité, sans avoireuaucune
tentation de s'en défaire, lors
que s'estant trouvée en un
lieu où l'on donnoit une
grande feste,elle y remarqua
un jeuneMarquis, dont l'air
commença à luy imposer. Il
avoitla taille fine & fort
dégagée,&cequiestoitle
pluscapable de la toucher,
son ajustementestoit si bien
entendu
,
& marquoit une
personne si propre, qu'elle
ne put ré*sister à la curiosité
qui la porta à vouloir sçavoir
son nom. Ce quelleenaprit,
soit pour le bien, foie pour lanaissance, ne put que luy
donner des impressions favorables
au Marquis,qui l'ayant
distinguée dabord parmy
celles de son Sexe, ne fut
pas moins empressé à demander
qui elle estoit. Ce
rapport de sentimens dans
leur curiosité
à en produisit
dans l' estime qu'ils sentirent
l'un pour l'autre des cette
premiere veuë. Le Marquis
la fit paroître en s'approchant
de la jeune Veuve, & cherchant
toujours à luy parler.
Elle répondit avecesprit aux
chosesflatteusesqu'il prit
plaisirà luydire*,&elle lesit
d'une maniere qui ne luy
donna pas lieu de faire diversion.
Lafeste a y ant finy par
le Bal, illa mena danser plusieurs
fois, & s'en acquitta
avec tant de grâce, qu'elle
ne pût se défendre de le regaler
de quelque douceur sur
son air aisé. Comme il n'est
pas difficile de remarquer
quand on plaist, le Marquis
se separa de la Veuvepersuadé
qu'il n'estoit pas mal dans
son esprit. Voulant profiter
de cet avantage, il s'attacha
à luy rendre quelquessoins,
& s'il ne pût l'obliger à luy
permettre des visites aussia(l
fiduës qu'illes*vouloit rendre,
il eut au moins l'heureux privilege
de se faire recevoir
beaucoup plus iouvent que
tous sesRivaux- Il ne put la
voir longtemps sans s'abandonner
àtoutceque fait sentir
la plus forte passion. Comme
il se sentit tres-amoureux,
il resolut de se faire aimer,
& n'ou blia rien de ce qui pou- j
voit luy faire acquerir quel- *
que empire sur son coeur. Il i
eut quelque lieu de se flater
d'avoir réussi Plus l'aimable
-
Veuve le voyoit,plus lesmanieres
polies
,
la converfa- j
tion aisée & gala11te, & sur,
tout sa propreté, ebranloient
,( insensiblement le dessein où
elle dloit denese pointren- j dre. Elle s'en appercevoit,& J
s'accusoit de foiblesse, eji se
demandant àelle-mesmece
qui luy manquoit dans la situation
où la mettoit le Veuvage
, mais en concevait le
péril quellecouroit,ellesen- *
toit bien qu'elle n'avoit pas
: la force de faire tout ce qu'il
faloit pour l'éviter, & quoy
1,
qu' elle nedist rien depositif
jau Marquis, le peu de foin
qu'elle prenoit de le fuir,luy
faisoitassez connoistre que
pour l'obliger à prendre un
entier engagement il n'avoit
b esoin que d'un peu de
temps. Les choses estoient
en cet estat, lors qu'on luy fit
uneaffaire,où un des plus particuliers
Amis du Marquis la
pouvoit servir utilemient.Elle
resolut de le prier de tâcher
à mettre cetAmy dans ses
interests, & quoy qu'elle
sceust que luy vouloir avoir
obligation, c'estoit s'engager
à l'écouter encore plus favorablement
qu'elle n'avoit
fait, elle ne balança point
à luy rendre une visite, afin
que sa priere fust faite dans
toutes les formes. Elle alla
chez luy à neuf heures du
matin,& sesLaquaisluyayant
ouvert l'appartement où entraient
ceux qui avoient à
luy parler, coururent à !a.
chambre de leur Maistre
pour l'avertir de cette \l)i!;te.
Comme elle jugea qu'il n'était
pas habillé, & qu'il la
feroit attendre, elle s'en voulut
épargner l'ennui,&montant
aussitôt qu'eux, elle le
trouva en robe de chambre.
Il se plaignit du mauvais tour
qu'elle luy faisaiten le surprenant
ainsi en désordre,& 1
venant au devant d'elle pour
l'empêcher d'avancer, il la
voulut mener dans un autre
lieu, maisil le voulutinutilement.
Elle prit un siège dans
sachambre, où tout luy parut
si mal arangé 5c si mal propre,
qu'elle fut bien-aise de
s'en imprimer fortement l'idée,
pour trouverparelle la
guerison de son coeur.Il était
lui-mêmedansun deshabillédégoûtant,
quiluifît chercher
en luy ce Marquis toujourssi
paré&si magnifique,
quand il rendoit des visites,
ou qu'il se montrait dans un
lieu public. Ce sur pour elle
en cet état négligé un hommetout
autre que celuiqu'-
elle
A"
elle avaitvûjusque-là,&elle
avoit peine à lereconnaître.
Cet incident luy fit faire de
grandes reflexions. Elle fut
persuadée que sa parure
n'était qu'un effet de sa vanité;
que la propreténe luy
était point naturelle,& que
quand il cesserait de chercher
à plaire, il n'aurait plus
aucun soin de sa personne.Il
ne fallut rien de plus pour la
refroidir dans ses sentiments.
- Le Marquis luy demanda ce
qu'elle venoit luy ordonner,
& sansluy rien dire du besoin
qu'elle avoit de son Ami,
elle répondit qu'elles'était
creuë obligée de payer au
moins par une visite toutes celles qu'elle avoit receuës
delui. Ilne ~sceut que s'imaginer
de cette réponse, &
fut étonné en la revoyant,
de ne plus trouver enelleun
certain air gracieux qui luy
répondait de l'agrément qu'-
elle donnait à ses soins. Il
avaitbeauêtre regulier dans
ia parure Ôc dans son ajustements
tout [cmbloicaffeétation
à la jeune Veuve,& en
se representant son déshabillé,&
le desordre qu'elleavait
~vû dans sa chambre, clic n'etait
plus sensible au plaisir
que luyavoit fait d'abord sa
propreté, qui commença à
luy paraître trop étudiée. La
froideur qu'elle luy marqua
l'ayant surpris, il crut que
c'étaitl'effet d'une humeur
bi zarre, &qu'il ne falloir-p
pour la faire revenir, que luy
donner de la jalousie.Ils'atr
tacha pour cela à une jo-
;- lie personne qui luy convenoit
en toutes manieres, ôc
? il luy fit même des avances
assez fortes, afin que
le bruits'enrépandant,elle
puil: s'en alarmer, cequilui
redonnerait la premiere place
qu'il avoit ~euë dans son
coeur;mais cet artifice n'eut
aucun succés. Le nouvel attachement
du Marquis ne luy
donna point d'inquietude,
êc elle levit, non seulement
sans s'en plaindre, mais sans
changer les manieres avec
lui. Enfin,voulants'éclaircir
entierementdes sentiments de
la Dame, il luy fit dire par
une de ses Amies, que dans
quelque engagement qu'ilse
fût mis, il était prêt de le
rompre,si ellevoulaitconsentiràl'épouser.
Labelle Veuve,
à qui le dégoûtqu'elle avait
pris avoit rendu toute sa raison,
répondit à cette Amie,
que le Marquis avait fait un
tropbonchoix pouryvouloir
renoncer,&que l'amour qu'-
il semblait avoir pour elle
devait d'autant moins servir
d'obstacle à ce que ses interefis
demandoient q6Jïl Estr
que l'heureusequalité de
Veuve, qui laren d aitmaistresseabsolue
de Ces vdon"
rez,luiparaissait préférable
àtour. Cette réponse détermina
le Marquis. Il se maria
qtltlqurs jours a près, & la
Dame s'étant expliquée sur
son avanture, avoüa que ce
qu'elle avait vû de mal propre
dans la visite qu'elle luy
avoit rendue, luy faisantma l
juger là-dessus de tous les
hommes, qui n'avoient attention
ti.9à des dehors apparens
,
l'avait guerie pour
toujours de la tentation de
songer à un second mariage.
Quoi que jevousaïe déja
parlé de l'affaire de Liege,
je n'ay pas prérendu l'avoir
traitée avec toute l'étenduë
que vous attendez de moi,
ny vous avoir expliqué les
diverses circonstances, qui
mises ensemble doivent faire
un morceau d'histoire. Il faut
du temps pour les recueillir.
Il ne s'agissait, quand je vous
en ay parlé, que de satisfaire
uunneeppreremmiiecrree cctu1rriioosfiii[éé,,oquuii:
nedemande d'abord qu'un éclaircissement
general sur ce
qui fait bruit par tout.Je viens
donc au particulier de cciteaffaire,&
je commence par
ce que c'est que l'Etat de
Liege. C'est un Duché en la
haute Allemagne , conlpris.
dans les Pays-bas. Ilest entre
le Brabant, la Meuse
,
& le
Comté de Namur
, & une
partie decelui deGueldre&
du Luxembourg.L'Evêque
dont il dépend, est Prince du
Saint Empire,&prend le titre
de Duc de Builon, de Marquis
de Franchimont, & de
Comte de Lonts & de Hat
bain, qui sont des Seigneuries
dans le Pays de Liege,
où l'on compte cinquante,
deux principales Baronnies,
vingt-quatreVilles clo ses, &
plus de quatre cens Villages.
Les principales Villes sont
TÓngrcs,H11Y
,
Mastrich,
Dinant, Builon, Fumay
Thuin, Saint Hubert , & Rochefort.
Celle de Liege, qui
estlaCapitale detout le Pays,
est très-ancienne, &quelques-
uns croient qu'elle a
a été bâtie par Ambiorix,
Prince Gaulois, dont Ce[ar
parle dans sesCommentaires.
Le Palaisdel'Evêqueest tresmagnifique.
Ses Sales & ses
Galeries font presque à perte
de ~vue, & les yeux ont dequoy
se satisfaire dans la beautéde .
a p partements. Il n'yarien de f~
beau que les Parterres de fc*
Jardins, sans vous parler des
Jets d'eau & des Fontaines.
Au devant de l'Eglise Cathédrale
de Saint Lambert
3 l'une des plus belles & des
plus fparieufes de l'Europe,
elt le Cloistre des Chanoines
, quiont le privilege
d'élire l'Evesque, lors quele
Siege est vacant. CeChapitre,
quiest tres-celebre dans
la Chrestienté, est composé j
de Princes, de Cardinaux, &
d'autrespersonnes distinguées
par la Noblesse ou
par les Lettres. L'Evesché
estSuffragant de Cologne,
&ayantesté premierement à
Tongres, & ensuite à Mastrich,
il futtransportéàLiege
par Saint Hubert, Successeur
de Saint Lambert. L'Election
de 1 Evêque y causa de grands
desordres dans le quinziéme
siecle. Jean de Baviere gouvernant
depuis longtemps
l'Eglise de Liege, lesLiegeois
luy firent la guerre, & l'assegerent
dans Mastrich, où
Jean de Bourgogne le vint
dégager. Il tua trente-six
mille Liegeois dans une Bataille
l'an 1409. & ayant obligé
les autres à se soumettre,
il entra dans la Ville, & fit
précipiter dans la Meuse les
pluscoupables des Révoltez.
Il y a eu aussi dans ce siecle de
grands differends entre les
Liegeois&leurEvesque,&ils
sont connus de tout le monde.
Le dernier mort avoit esté
élu par les brigues du Prince
d'Orange & des Hollandois,
quinevouloient point deces
grandes Familles de Princes
ôc de Souverains d'Allemagne
,quiens'unissantensembleauroient
pû leur tenir telte.
C'estoit un bon homme
fort âgé
> occu pé entierement
à prier Dieu
,
& qui
pleuroit d'autant plus amerement
les malheurs de son
Estat, queMeMean,Grand
Doyen, qui le gouvernoit,&
l'obsedoit,&quiestoit absolumentau
Prince d'Orange,
luy faisoit croire qu'on n'y
pouvoit apporter aucun remede,
D'ailleurs, les Liegeois
n'estoienc pas maistres chez
eux, & lesTrou pes du Prince
d'Orange,dont leur Pays se
trouvoit rempli, n'estoient
pas moins pour les tenir en
bride eux mesmes, que pour
, les garder. La Neutralité les
accommodoit, mais elle n'accommodoit
pas les Alliez.
Les choses estoient danscette
situation quand l'Evesque
mourut subitement. Les mêmes
interests & la mesme
politique à l'égard du Prince
d'Orange&des Hollandois,
subsistancetoûjours, il estoit à
croire qu'on (è donneroit les
mesmes mouvemens pour
l'Election d'unSuccesseur,&
que les mêmes brigues se faisant
on chercheroit des pré.
textes pour empêcher Mr le
Cardinal de Bouillon, Grand
Prevost de Liege, d'y assister,
tant parce qu'il est fort aimé
duPeuple&duChapitre,que
parce qu'il estoit seur que sa
voix,&celles de sesAmis n'auroient
pas esté pour ceux du
Prince d'Orange. L'Election
ayant estéarrestée pour le20.
d'Avril dernier, Mrle Cardinal
de Bouillon partit pour
se rendre à
Il
Liege, ou du
moins à portée d'y entrer, si
la face desaffaireschangeoit.
Estant arrivé à Huy,accompagné
de Mr Vaillant, treshabile
pour répondre aux
chicanes qu'il estoit hors de
doute qu'on lui feroir, il trouva
qu'il ne s'estoit pas tronv
pé dans ce qu'il avoir prévû,
& c'estce que vous allez voir
dans la Protestationqu'il fie,
ôc dont je vous envoïe la
copie.
PROTESTATION
& Acte d'Appel interjetté
à Nôtre S. Pere le Pape
Innocent XII & au S. Siege
, par son Altesse Eminentissime
Monseigneur
le CardinaldeBoüillon,
Grand Prevost de Liege. AV nom de Dieuffachent
tous ceux qui liront, ou
'verront
, ou entendront lire le
presentAfiepublic,& qu'illeur
foit conhu avec é-vidence) que
danscette année16platroifiérne
du Pontificat de nostre tres-
Jaint Pere le Pape InnocentXII.
indiSlionfécondéy&le neuvième
du mon d'avril est comparu par
devant moy
y
Notaire public
(y Apostolique5étably en la Ville
de HuyJ'Diocese de Liege
?e
les t*émoinsfoulTigneK, SereniJJL
me Prince&Eminentissime Cardinal
Emmanuel Theodose de la
Tourd'Auvergne, EvesqueCardinalifi'is
le titre de tEr)ife &- > E'vefcbc d'Albane. Grand Preilofl,
Trcjorier & Chanoine de
la tres-illujîreEgliseCathédrale
de Lieo-e,eflanr deprejent logé en
ladite Ville de Hrry,dans U rue
des Chevaliers, Paroiffi desaint
Dents;lequel Eminentijjime Car.
dinal de Bouillon a dit&déclaré
devant mcryNotaire C7- les témoinsfôuffignez,
quaujjitojlqu'il
6 appris la mort defin Aiteffe rErvefque & Prince de Liege}
Louis, Baron d'Elderenj dhett.
reussmemoire,i[(sip^rtyfansauZ
cun delay de là Courdu Roytrès-
Cbreflun,& s'est mis en chemin
dés le u. Février dernier, afin de
venir djjiflerinperjbnnek l'élection
Evleueeprincc
de Liege
,
à
laquelle
de droit il
doit assister) commettant du Corps
duditChapitre a cause desa Dignité
de grandPrevoji, qui eff
dans laditeEgliJeUpremiereDignitéaprèsÏEpifcopale,&
encore
de l'Office OH Dignité de Treforter
& de Chanoine qu'ilpofedepaifiblcment
depuislongtemps. Mai*
comme à cause des difficulre.:c des
chemins dans le temps de l'hi ver,
ledit Seigneur Cardinal ne pouruoit
pas faire une si grande diligencefil
avoitdépêchéparavance
un Gentilhomme qu'llavoltilâit
partir en pesle pour tendre une
lettre audit Cbapitre,par laquelle
il luy donnoitanjts qu'il arriveroitbientojl
dansleDiocesetmef~
me dans la Ville de LZfZtJsi cela
luy (floit permis
,
afin qu'ilnese
paj]aft rien sans l'apte'1er touchant
la prochaine élection; mais
les Çcneraux qui commandent les
Troupes dans ladite Ville de Liege,
(7 quiy exercent toute forte
d'empire, ayant rifufé l'entrée à
ce Gentilhomme
,
il a esiè obligé
de rennjoyer lad.te lettre par un
Trompette de la Garnison de Na.
mur à laquelle le Chapitre n'a
fait d'autre réponse
,
si ce n'est
qu'efiantoccupé à la certrnonie
funehre pour les vbfques du dejfant
Evelque.& eflanc employé
à dautres affaires) il ne powvoit
songer à d'autres chofis pour le
prejent.
Et bien que presque dans le
rnefmr tempsJedit SeigneurCardinal
de Bouillon ait vjcrit audit
Chapitre
,
pour luy donner axis
qu'ilefloit arrivé dans la Ville
deHuy
,
qui rft du Dioccfi de
Liège le '7Jingt
-
deuxième du
mois de Fevrier
3
cm qu'il luy
demandoit tres inflamment des
paUèporrs pour se rendre À Lie.
; ge , en ïajjurantquil n'iroit
ér ny demeureroitqu'avec fis
Jeuls domesliques
,
sans Je mêler
d'autres affaires que de celle qui
concernoit l'élection} à laquelle il
'Vou/nit s'appliquer uniquement
pour le bien & l'avantage du
Pays & de lEglJe de Liegey
néanmoins bÚn que legouvernement
du temporel de tEtat appartienne
de droit au Chapitre
durant la vacance du SiègeEpiJ - copAI, & que mesme il s'enJoit
mis en possessionJ ayant aussi-sols
après la mon de lEveJque &
Prince de Liegeexigé le ferment
de fidefité, que le GeneralCommandant
des Troupes qui Jont
dans UFille luy a preslé)&qu'il
ait m-fmc commis des Chanoines
duCorps du Chapitre,pourveill,
rà lagarde de la Citadelle &
des autres FortercjJès & de la
ydie e de l'Etat; &que mi
me tous les pafeports (oIent ac.
tuellement exped1ez par le Commandant
des Troupes, au nom
du Doyen & du Chapitre de
Liege, le Siègevacant ;
toutefois
ledjt Chapitrearefusé d'en accor.
der aucun audit Seigneur Cardi.
nal,e afin que ce refus cust quel.
que pretexte. il a répondu audit
Seigneur Cardinalquil riappartenoit
pas audit Chapitre dedélivrer
lesdits pajjeports, niais qu'il
devoit les obtenir dcs Princes çonftdcre'{
Toutes lesquelleschojes luy ont
tfjJè'{fait connoislre que le Chao
pitre de Liège-se trouvant obsedé
& épouvante par les Troupes
composées la plufparrdeSoldats
d'une Religion opposée à celle de
la veritabe Eglise
,
navoit &
nauroità l'avenir aucune libertédans
ses délibérations
: ce qui a
obligéledit Seigneur Cardinal de
témojgner par otrots lettres confe-,
cutives qu'il a envoyées par lm
mesme Trompette au Chapitre de
Liege, nyayantpasd'auirevoye9
qu'il prendrait volontiers tous les
expediens
éxpediens, & tous les temperamens
qui pouvoient concourir à
maintenir la paix &la concorde;
afin %àeréunir les effirits pour travailler
de concertpour le bien commun
& l'avantage du Pays &
de l'Eglise de Liege; mais tous ce,
avis qui estoient donnek dans un
ej]?>itdepaix ayanteflértjettez,
onasuggeré au tres-illustre Chapitre
de Liege
,
quilfalloit par
touteforte de voye empêcher Centrée
dans la Villc de*Lieze. mcfme
priver ledit Seigneur Cardin
nal de Bouillon de voixaflive
.dans la prochaine éleélion,&ïon
s'efl servy pour cela. du pretexte
d'unprétendu Starut,par lequel
on a prétendu que ne s'eslans point
reprefentéenperfonne}oupar Procureur,
dans le dernier Chapitre
de la saint Gille
j
il devoit efire
traité comme Foran.
».
Ledit Seigneur Cardinala
toujours continuéfesinflancesauprès
dudit Chapitre, afin qu'il
luy fust permis de proposer fei
exceptions&ses dejfenfls, quon
nepeut jamais luy osler, quaprès
les avoir examinées mûrement&
avec uneserieusereflexion : mais
la mesme crainte ($• la mesme
opprejjion que le Chapitresouffre
des Troupes quifont dans la Vaille
J<e~ UZe~goe,<à toutes lés
, prc~ Mf foM~
loix&àla libertéEcclesiastique
il riajamais pûobtenir lapermif-
Jton du Chapitre pour pouvoir
feulement propojeraucune'deffen*
se dans le Chapitre, au contraire
tous les ttmperamens par luy
proposeZavec toutes les seurete£
necessairesont ejtérejette^jufqtii
prejent, Ë7 mesme jufqua aujourd'huy.
Ilse trouve tellement méprisédans
l'éleélion,qi4C le Chapitre
ria patencore voulu le convoquer
pour affifler à léleélion
prochaine
,
bien qu'il foit depuis
prés de deux mois dans le Diocese
de Liege &qui mifme il ait ot
firl tous les pajïeportsneceffaires
à ceux du Chapitre qu'il voudroit
députerpourconféreramiablement
dans la Ville de Huysur les rat-
Jons qu'il anjoit à leurproposer,£7*
qu'il leur ait donnéconnoijjance
d'une Declaration tres-autentique
desaajeflétrès-Chreflien
-
ne qu'ila mesme renduëpublique
j en donnanr ordre quelle ait
cftéaffichée aux portes detEglife
Cathed,ale deLiegeC,dans tous
le* Heux circonvoisins
, par laquelle
Déclarationsa MAj(ftépar
un pur '{fie pour maintenir laliberté
CT l'immunité Eccleftaflique,
accorde une Treve 0- une
entiere neutralitéàtotit le Pays
Cm Eflat de Liege, erune suspension
de toutes fortes d'acles
d'hoftillté durant tout le temps de
tE/eélion & jufqtiau premier
May prochain
> avec des Jaufi
conduitsSauvegardes e-passeportspourtous
les Capitulaires.
Tous lefquds refus faisant bien
voir audit Seigneur Cardinal de
Bouillon, o que dans la prochaine
Eleéîion toutsefera par la crainte
qui neftpas vaine £?*imaginaire,
mais qui peut émouvoirl'esprit de
l'homme le plusconfiant, & qu:
J'ailleurs tout s'y exécutera par
Vimpreffton & lentreprife des
Pu;[Janees Séculierci- afin de ne
fcnt manquerandevoir auquel
il f croit obligé
5
non feulement
en qualité de Grand Prevotf de
fEglrfe de Liege, mais encore en
qualité de Cardinal de l'Egltfc
Romaine3 qui l'engage amainte*
nir les droits & les libertez de rEglift
,
se trouvant enfin contraint
& excité par l'obligation
deJonministere
, & poujïé d'un
défit très-emprejti defaire recou.
ovret à lEglise de Liege sen an.
cienne liberté, C7* afin qu'il nesi
fajft rien de contraire à son droit
&AUX Canons de lEglise;ledit
Seigneur CardinalpioitfttdeMillitêde
tout ce qui aeftefut,fiatué&
ordonné par le tres Jlluflre
Chapitre de Liege, finsytflre ap.
Pl[le, depuisqu'il a cu connoÍfance
dejon arrivéedans son Dioccft.
Néanmoins bien qu'ilfembbe
dangereux dans lA conjoncturede
ces temps difficiles, de pouvoirfaire
une Eleéîion qui puiffi eflre regardée
comme libre& canonique,
0" quainfiilJeroitpeuteflre plus
à propos de saddrejjer au très-
Excellent Nonce du SaintSien
pofloliqueo j4pojiohque qui efl à£ologne
3
£r
sinformer de luy si Nostre très
Saint Prre le Pape Innocent
XII. qui comme un Pere corn*
munfonge à tous les besoins &
aux avantages des Eglifis particulièresyneluy
auroitpoint donné
pouvoir de proroger l'Elettion
dansuntemps plus commode} sile
Chapitre de Liege veut empefeher
que l'Eglise de Liège ne souffre
quelqueinconvénient d'unelongue
'Vl-tcance, eque tous ceux en général
(7 en particulier qui doi.
vent avoir voix active dans l Eleftionprochaine,
veuillentconvenir
d'un lieufeur& ajjeurédans
lequel on ne puiseapprehender
aucune oppression, leditEminentijjime
Cardinal de Bouillon efl
presl
> au Nom de SaMajcflé
tres-Chreflienne, dont il a déjà
envoyéauChapitreune Declara--
tion autentique, defournir toute
forte d'affurancepour tous les Capitulatres,
tant pour venir que
pour retourner, mesme de leur
fournir despajJcportsparticuliers,
&jufquà ce que le Chapitrefoit
convenu d'un lieu feur,comme il
est connu de tout le monde que les
Capitulaires nepeuvent pas dire
leurssentimens nyporterleurssuffrages
avec libertédans une ydie
qui efl remplie de Troupes, & où
la puissance des Princes conftdereZ,
qui n'ont aucune consideration
pour la l.berté Ecclefiaflique,
comme ce qui seflpajjécy-devant'
le juilifie, donne de l épouvante,:
& que le souvenir de ïemprijon
nement violent des Archidiacresi
de laditr Eglisè de Liegeyqui ont.
tfté conduits dans les Prz/ons de'
Àdaflricht fous le pouvoir de U
domination des PuisSances qui:
font attachées à une Religion opposée
à la Catholique, où ils ont
tflé traite^ avec tant de dureté
y
que l'un d'eux, surnommé de Li.
iterlo
,
dont la memoirefera en
benediftion a la poflerité
, par le
%ele inviolablequil a témoigné
pour maintenir la libertéde rE.:.'
glifej cft mort en prison
}
imprimt
une telle terreur à tous les.Capitu'-
[aires, que mesmeilsnofent s'expliquer
entreux si ce n'est pour
dire les ebofes qui peuvent cftrc
agreables & avantageuses aux
Princesconfédéré^.
[Jeft pourqJloy si dans troil
jours prochAins, a compter de l'intimation
qui fera faite des PresentesauChapitre
de Liège, par
la voye qu'en pourr4 prendre, en
telleforte quelles ptÚffint venir à
sa connoijjance, il ne veut convenir
d'un autre lieu ajJùré dans,
lequel tous les CapituUirjs puissentconv
tnir tant en général qu'en
particulier,ledit Seigneur Cardinal
protefledenullitéde l'Election
qui pourraeftrtfaite au préjudice
de la presente interprétation
&prottftation; & en outre, ledit
Seigneur Cardinal déclaré dés.
à present
comme pour lors, en la
meilleureforme de droit qu'il le
peut &quille doit, quil appelle
à noflre très-Saint Pere le Pape
Innocent XII. &au Saint Siege^
pojlohque& à la Cour de
Rome ycornme de fait il appelle
par ces Presentes
, tant des pretendus
Statuts comme nuls&invalida
,en vertu desquels le Chapitre
prétend tempefeher d'assîster,
comme Foran a la prochaine Esession
de lEvesque&PrInce de
Liege; çy en olnreJ du prétendu
Decret prononcépar le Chapitre
de Liege le 17, Fevrier dernier,
par lequelsans l'avoir voulu entendre
,
il l'a déclaréForan
, c
comme tel
)
prétend avoir pu prononcer
cjuilferoitprivé de voix
aéhve dansÏElïélion delEvefi
que & Prince de Liege,, lequel
Decret ne luy a este exhibe que le
jour d'hier-par la Leitre dudit
Chapitre du 7. du prefnt mois
d'avril, f5 quten adhérant il
appelleaujjt de tous les tratre;c
préliminaires & mdiéfions qui
ont eslé faites pour parvenir à
l'Eleflion e,,- sans qu'ily ait l'fit
appelle (y de tous les autn s actes
qui ont estefaits ou peuvent eflrt
faits cy aprts àson préjudice &
AU méprisdesa dignité deCardinal
; qu'il appelleaulJi comme de
dértydeJufiicedelàpartduCha*
pitre, bien quelle luj ait ejlé de*
mandée plusieursfois.
Etafin quomne luy pttiffepM
faire de nouveaux grirfs, il de.
çlare que par toutes voyes, &
dans toutes lesmameres & dans
les formes quille peutfaire, le
plusvalablement& lepluseffm
cacem-nt qu'ilItpeut&le doit.1
,il appelle de tout ce qui s'eflfait
à nostre Saint Pere le Pape9
& à Ion Sie*edpojloliqxe9 &
puotcjlc de nullité de tout ce qui
s'est faitousiferaFar leChapitre
de Liege, dans la prochaine
Eleflion d'unE-vesque&Prince
de Liege,& de tout autre grief
qui en pourroit teflilter contre [Eglise de Lieg*
, contre luy &
çontre ses autres Confreres
, &
qu'en tant q!4e besoin cjtoujeroitjl
tnappelle par ces presentesanoflre
très SaintPere le Papey deman..
iant au Chapitre de Liege une
bremicre fois, une feconde, une
rroifiime, instamment, plus iriframment,
trc$-injlammentyqu'il
luy accorde les Lettres dimijjo.
nales quon appelle Apoires,
pour jon appel, comme il'-efl requis
de droit, & comme le Chapitrey
est obligé; protestantJolemnclicment
de nullité de tout ce1
qui pourroit eflrefait au préjudice
despresentes,Proteflation, Dfclaration
de nullité, cr apfdle.
au S.Sicgejujeju à ce qu'il en ait,
islé autrement flatué& ordonné
par noflrt trcs saint Perele Pape,
&que s'il fait quelque ebofeau
préjudice, il en poursuivra la
nullité comme d'un attentat e
4une entreprise, equ'il les tien-
,
rfr* e reputeranuls Cm de nul
esset5 Je reservant en outre ledit
Seigneur Cardinal de Bouillony
tous les AutreS moyens de Jroitede
fait permis pour reparer 1 s
griefs, Cg, lès nulliteZqui.,(c ren*.
contrent dans le procédédudit
Chapitre f C afin que toutes les
choses cy diffus exposées & declarèespuissentejîreconnuesàtout
lemonde equ elles puijjenteflre
aussi notifiéesauditChapitre de
Lieve ,
ledit Seigneur Cardinal
marequis de drejjer le present
jitte, & de l'infer,r dans rues
minute ,afinquej'en pu Ife faire
une ou phifteurs expéditions qui
fanent partout une planeuren*
t-ierefoy; comme aussi il marequis
que je demandajje à MeJJirurs
les Vemrables le Doyen & les
Chanoines de lEglise Collégiale
de cette Eg/ift de Noffre Dame
de Eluy, & a MefJieurs les
Mayeut3 Echevins&Magistrats
Seculiers de la prefinte VILle,
fqoug'iisl a mandera cet effet dans le
oùil demeure, s'ils n'ont pas
connoijjanced-j ce que drjJus, &
principalement du jour de son arriié'
a HuyJ tous le/quelsfuji
nommez ont répondu unanimementqu
ils ontconnoijjance,&
quilsfont prrfts de l'affirmerpar
tout où befoiqjeta}queleditSrigmftr.
EmincntiJJime Cardinal de
!"Bouillon (si arrivé dans la Vtlle
de Hery le vingtdeuxième Fi,
irier dernier,e qu'ily(sttoujours
demeuré }ufqua present,&
que pendant ce temps il a envoyç
plujîeursLitttes auChapitrede
Liege, dont quelques unes mefrne
ont esté imprimées
y
& que la Declaration
du Roy concernant 1-s
Neutralité accordée au Pays de
Liege, a ejiéaffichée aux portes
des £glifesde cette Ville de Huy.
Comme aulJi ledit Seigneur C#r~
dinalde Bnation marequts dinterroger
pardevant les cy-dejfps
nommeZjUTrompettede 1$Ç#rnijon
de Namur;) lequel Trom*
pete, appt/lé Degranges, a déclaré
qu'il a eJlé cinq fois porter des
Lettres dudit SeigneurCardinal
de Bouillon audit Chapitre de
Liege.
Ledit Seigneur Cardinal m'a
aujJi ordonne de délivrerune expédition
des prejentes au Courier
ou Adejjager qui va porter les
Lettres de Huy à Liege, lequel
Courier,nommé Pinet, payfait
venir; & en presence de tous lesjufnomme^,je luy ay remis
une expedition des Presentes, fignéesrnejmeduditSeigneurCardmal>
comme elle ejl dans la mi.
nuterefiée par deversMI) que
fay mis dans un paquet qu'il a
juré&promis deporter incl:Oamment
au Chapitre d'cLiegé.
J'ay este encore requis par le
Seigneur Cardinald'en remettre
uneautreexpéditionau Trompete
de la Garnison de Namur
,
fuf*
nommé, pour le porter en mejme
temps au Chapitre de Liege, £7*.
d'en remettre aujjt une entre les
mains du Direfleur des Posses de
cette Ville, pour tenvoyer par les
Couriers ordinaires au très Excellent
Nonce du Pape à Qolognes
& qui putjje en envoyer un à
Rome,e queje drejfajje desaéles
dutentiquespourprouvafiaremijl\
qui avoit ejté faitedes-Aéîes ewi
tre les mains "es(u(nQmmc':(
, a:
que fay promisdefaire; ty* on.,:
lesdits Sieurs Doyen& Chanoines,
Majeur,Echevins& Afal
gifîrats
,
Seculiers, ey lefditst
Trompete& CourierouMtflâger,
mefyntle DireÛenr des Pof:
IlS, (tgneenlaminute desiclesi,
avec ledit Eminentijjime Cardin
nal de Boiiillon9 en presence dc\
Mr Jean Chreflien ,ancien Do..
cleur en Medeeme&ancien Con.
fui de cetteVzlledeHuy & d"
LeonardFrançois deera,Clercdu
DÏQîcfç de Liel/, témoins,qui ont
rflémande% à cet ejfct, c- qui wc
Umtconnus, qui ont tous Jignf
rn la Minute originale des Pre-
(entessainsifïgné.
Emmanuel TheodofjodA la
Tour d'Auvergne, Cardinal
de laiaince EgiileRomaine>
Grand Prevost e Chanoine de
l'Eglije de Liege.
Suer.Ducquet, Doyen de
l'eglzft de Huy.
Melhiordelatour,Ckt.,
noine de Huy.
EnglebertLantrfcmcnge,
Chanoine&Ecolaftre. -
,
Jean Mclchior, Cbanoine &Officiai,:v:
W. Federic B.dé Fleron, de;
Melin) C~Mo~c.
O&aved'Ebelfbacht,Cta- noine. 7 - Ancoine Hoex, Consul de.
Huy. ',:
LoiiisPrud'homme, Con..
cilier., v
GilleDe bra,Conseiller.
, Pirrre 1 homas, Conseiller..
Jf'an
-
ConFrsaneçoisilCloellarrd,.,
P A Hauzeur.
Jean FïançoisDufart.
Desgranges, Trompeté.
Marque t d'Antolne,Pinect
Loitrier. net J Lourler!
-.-" Jean
Jean Pierre Chalon, Maistre
«
de laPostedeHuy.
Jean-Christiane Ancion,
Exconsul, témoin.
Leonard Debra,Clerc,témoin.
Parce que moy Francottey Notaire
Public&Apotfoliqueyyay
vu&Assisté à tout cc que dessUs,
&entendu, jeles ay redicez dans
le prejent inflrument
, en ayant
esié prié & requIS) le jour le
mois & an que dessusSigné,
FRÀNCÛTTEJNotaire Afo.
(lohque) in finem.
Je nevous dis rien de cette
Protestation. Sa lecture
vous a fairconnoistre le peu
de fondement qu'il yavoic
derefuseràMr leCardinal de
Boüillon la permission d'entrer
dans Liege; & si supposé
que les raisons du Chapitre
fussent bonnes
, ce quin'est
pas ,
l'entrée de la Ville ne
devoit pas estre interdite à cet
Cardinal, qui a la qualité
de Grand Prevôt duChapitre.
Les premieres rcfbtutionst
desHollandois,& du Prince
d'Orange, furent de faire lot
Grand Doyen Mean, leur
Ami,Evesque. Ilstâterentle
Chapitre,&semerent de l'ar.:.
gent ,
mais ayant apperceu
qu'ils échoüeroient, les Pretendans
estanttrop qualifiez
& trop puissans, ils resolurent
d'agir pour le Grand Maistre
de l'Ordre Teutonique, Beau-frere de l'Empereur
,
contre le Prince Clement,
Frere de l'Electeur de Baviere,
mais pourtantsans se déclarer
ouvertement, pour ne
pas choquer ces Princes, avec
qui ilssontliguez. Ilsestoient
pourtant resolus de n'oublier
aucunes pratiques (ecrettes
contre le Prince Clement,
parce que l'Electorat de Baviere,
celuy de Cologne, la
Principauté de Liege,& le
Governement General des
Pays Bas leur faisoient ombrage
, en formant contre
eux une espece de barriere,
qui les inquiete beaucoup.
Enfin le jour de l'éleaion approchant
,
& chaque party
ayant fortement sollicité
,
il
n'yenavoit aucun des deux
qui n'eust sujet d'esperer que
l'élection luy seroit favorable.
En effet, les voixestoient
assez partagées pour faire
croire à ceux de chaque party
que leurs voix l'emporteroient.
Ainisonse trouvadans
le Chapitre à jour nommé,
qui estoit le 20.d'Avril dernier
, & le Grand Doyen
Mean ayant penetré avant
l'élection de quel costé elle
tomberoit
,
leva le masque
contre le Prince Clement
,
parce qu'ilne pouvoit plus
agir d'une autre maniere, ôc
prit pour cause de la protestation
qu'il fit avec ceux de
son party, que le Bref d'éligibilitéque
lePape Innocenc
XI. avoit donné au Prince
Clement ne valoit rien. Le
party contraire soutint qu'il
.estoit bon, & vingt quatre
s'e stant trouvez pour ce Prince
contre vingt-deux, le
Grand Doyen sortiten disant
qu'il falloit examiner ce Bref,
&, protestant contre l'élection
qu'on alloit faire, ce que
firent aussi ceux de son party.
Le Pape par l'Indult ou Bref
d'éligibilité dont je viens de
vous parler, rend capable le
Prince Clement de posseder «
les Eglises de Cologne ,de
Hildesheim,& deLiege, &
luy donne droit de pouvoir
estre élu Archevesque ouEvesque
de l'une ou de toutes
i
ces Eglises, quoy qu'il n'ait
pas l'âgemarquédans les
Canons, qu'il ne foit pas encore
entré dans les Ordres
sacrez,& qu'il ne foit du
Corps d'aucun de ces Chapitres
3
où il n'a eu jusques à
presenty&n'a pû avoir aucune
voix active ou passive,
conformément à la disposition
des saints Canons, des
Ordonnances,& autres Reglemens
de l'Eglise. Enfin,
quoy qu'il ait déjal'administration
des Eveschez de Ratisbonne
& de FriGngue) il
le rend habile à pouvoirestre
élu pour l'une de ces Eglises
en particulier, ou pour toutes
les trois ensemble, comme
s'il avoit esté Chanoine,
sans que les deux Evefchez
dont il est déja pourvû,puisfenr
porter préjudice en aucune
maniereàson Eledion
pour les autres Cathedrales;
en forte toutesfois qu'au®*
tost que le SaintSiege aura
confirmé son élection pour
l'une, ou pour toutes les trois
ensemble, celles de Ratisbonne&
deFrifingue, dont il est
déja pourvu
,
feront censées
vacantes, Sa Sainteté le difpensant
de toutes les oppositions,
contradictions, empêchemens
à naistre
, &:. generalement
de tous les desauts
qui pourroient rendre
nulle ou défectueuse l'Ele-
6tion qu'on auroit faite de luy.
pour ces Cathedrales.
Voilà la teneur du Bref
d'éligibilité que le Pape Innocent
XI. donna au Prince
Clement de Baviere le 19.
Juin 1688. & c'est ce Bref, où
il est aussi parlé de l'Evesché
de Liege
, que le Grand
Doyen Mean,&: ceux de son
party netrouvent pas bon.
Vous en pouvez voir lescauses
dans le grand nombre de
Dispenses qui y sont marquées,
& toutes de la plus
grande importance, qui sont
accordées au Prince qu'Innocent
XI. vouloit rendre
éligible. Le Party contraire
au Prince Clement s'estant
doncopposé à son élection,
sortit en protestant contre
ce que la partie restante du i Chapitre alloit faire en vertu
de ce Bref que le Grand
,:' Doyen trouvoit defectueux. 1
MrMeanayant quittél'Afsemblée
avec ceux de (on
,
party, les vingt-quatreChanoines
qui demeurerent élurent
le Prince Clement de
Baviere pour Prince de Liège; '-
aprés quoy on alla chanter le
TeDeuma l'Eglise,& mettre ce
nouvel Evesqueen possession.
On le mena de là dîner au
Palais, ou tout estoitpréparé,
&: où il fut salüé Prince &
Evesque de Liege
, par les
Corps de Ville, & mesme par
MrDikwelt,EnvoyédesHollandois.
Le Canon, tira
,
& il
y eut de grandes rejouiuances.
Le lendemain21. d'Avril.
Mr Mean accompagné de
vingt Chanoines alla au Chapitre,
où se trouverent aussi
tous ceux qui avoientélu l'Electeur
de Cologne. Ainsi il
fut obligé de se retirer, a près
qu'ils luy eurent dit qu'ils
avoient droit d'estre auChapitre
aussi-bien que luy, ôc
tous ceux de son party, ôc
que s'il y avoit quelque
chose à faire
,
il falloit aIle.
aux voix, Mr Mean estant de
retourchez luy avecles vingt
qui le secondoient, ils élurent
dans la Salle le Grand
Maistredel'Ordre Teutonique
pour Prince de Liege, &
allerent ensuite se presenter
à la porte de L'Eglisepourle
mettre en possession de rEvesché,
maisdes Gardes qui
l'occupoient leur en refufe-
1 rent l'entrée,&ilsne purent
i
non plus entrerauPalais,où
: le nouvelEvesque les devoit
| traiter. Il n'y eut que le Ca-
; non de la Chartreuse, dont
i le Gouverneur estoit dans ses
j interests qui tira pendant ce
temps. Le IL. les deux Partis
t s'estant trouvez au Chapitre,
J on parla de la seconde Election
faite par Mr Mean dans
samaison,& ceux quiavoient
élu le Prince Clement lacasferent,
avec défenses de reconnoistre
pour Prince de
Liege, le Grand Maistre de
l'Ordre Teutonique.LesPlacards
qui avoient esté affichez
en sa faveur,&qui parloient
decette seconde Election
, furent déchirez par
ordre de l'Electeur de Cologne,
auquel le Grand Maistre
rendit visite
,
suivant les
intentions de l'Empereur,
pour luy dire qu'il ne falloit
pas que leur démestépréjudiciast
à la cause commune,
&qu'ils devoients'en remertre
à la décisiondeSaSainteté.
Le mesme jour ti. Mrle
Cardinal deBoüillonsitprotestation
de nullité,&interjetta
appel au Pape, des deux
Elections faites par le Chapitre
de Liege. Voicy les termes
de cette nouvelle Protestation.
AV nom deDieu3quetout
le mondefçacbe qu'en l'annee
1694troisieme du Pontificat
de noflre tressaint Pere le
»PapeInnocentXIIindiélionféconde
& le vingt deuxième dtt
- mots d'Avril est comparu devant
moy, Notaire public&Apoflolique)
& les témoinsflulfihnez)
'SerenijJirne Prince£7" Eminentijjîme
CardinalEmmanuelTheodose
de la Tour d'LIu'Vcrgrlc
Eve/que Cardjnal x
,
fous le titre
de l'EghJeeEuefchèd!Albane9
ÇrandPrevofl
3
Tresorier &
Chanoine de rEg/lie Cathedrale
de Liege,eslans deprefent demeurantdans
la Ville de Huy, Dio.
ceje de Liege, rue des Chevaliers
9 Ptt-rojJe!aint Dents lequel EminentijJime
Cardinal de Bouillon
m'a déclaré qu'ilejlvenuàfaconno-
jjance,qu'à cauje du tumulte
çausé par les gens de guerre) ce
quise devoirfaire touchant lé-
Lclion d'un Evesque&Prince'
de Liage, félon les, Loix & les
Canons de i Eglife\ s'eifpafé dans
dlaedsCfoarpdietu.&laireUSydDiy-iijeiouln'amyeasmnet
ainîfpermis5pourconfondre ceux
mefrrics qui ont tâché deesmer la
anie; car bienque le Chapitre
de Liege ne dut entreprendre
de proce.def à aucune tlcflion par
attentat aux appellations intér-
)ettées par ledit Seigneur Cardinal>
CTaupréjudice des protestations
de nullité tant defms rettetées
& lignifiées auditChapi.
tre, néanmoins il n'apaslaissede
proceder à une prétendue éhélion
le uing léme du present mois
, au
mépris de la déferenctqi(il devoir
à l'autorité du S. Siege, &bien
que par ce moyen tout le pouvoir
du Chapitre, concernant ladite
prétendue éltflion fust-de fait con.
femme par la publication qu'il
avoit faitfairedeladiteéleflion
A mainarmée&contre touteforte
dedroit,cependant quelques Cha.
noines qui avoient prottfté ledit
jour vingtièmeJûvrA^contre té.
session que lesautresCapitulaires
*vou!oient faire au préjudice dess
dites ProtestationsM nuuité,aappellations
devoluës au Saint
Siège
,
ont entrepris le zï. dï ce
mots du safjembler & deseretirer
dans une maison parriculicrt:
t & là estantAssèmbleZ hors du
Chapitre,ontprocédéaune nouvelleeleélion
duneautre personne
j
qu'ils ont aussi annoncée d,U
peuple3 nonobjlant la difeerde furvenue
entre les Capitulaircs:&
comme cette conduite marque le
schisme qui s' estformé dans CEgIssé
de Liege }&fait aftf{ connoiftrc,
qu'on ne pouvoit procéder'
-J&n; la Ville de Liege3 où toutsi
traite par la force des armes3 cpwtdu
toutfclvnIceloix Ca.nq.od"
niques, à aucune élcéîion quipur
ejtre libre O* CanonIque, ledir
Seigneu.,. Cardinal de Bouillon,
pour ces causes & autres qu'il
prétendexpliquerplus amplement
en temps.& lieu)Je trouve dere.
chef obligé de declarer qu'ilaappelléde
ces deux prétendues électionsj
commenulles
,
invalides &
JchifmanqHes
1,
comme par ces
Prtfintes
,
il en appelle à noflre
tres Saint Pere le Pape Innocent
XII. &ausaint SiegeJpcfloli-
1ue )& à la Cour de l{ome; Cr
afin ci.,!c l Eghfe de Liège3qui de-
'J.
1 01 CJ
meure toujours defiituee d'un legit/
mePasseurJ ne puiffi recevoir.
aucun desavantâge durantce
schismeJ ledit Seigneur Cardinal
de "Bouilloncroyant quil est dû
fin devoir,enqualité de Gïand
Prevofl de ladite Eglise
, tjui te
.conslitttë la premieredignité après l'Eplfiofa.'e,d'empescher que durant
tout le temps que durera ce
schisme, ilnefefaJJerien quipuiffi
blesser les droits & libertez de
ladite EglijeyJe trouve obligé de
protesterd) de nj ullité de o sols les
Decrets, Délibérations, Çonventions
ou TraiteZ qui pourront
effre faits au norn dudit Chapitre
de Liege
,
jufquà ce qu'il ait
plû à nostre tressaint Perele Pâse3fuivantsavigilancepafioralc
sur toute les Eglises, de pourvoir
à l'Adminiflration decelle de Liege,
qui cfl refléc veuve&dépourvuede
Pasleur,&en outre, ledit
Seigneur Cardinal dtclare qu'il
prottfte de nullité de tout ce quia
tftéfait)&Je fera à l'avenir par
ledit Cbapiirc
, C qu'il soppose
formellement à ce qu'on reconnoiffi
les deux prétendu* élus dans la
discorde & dans le fchtfme
, Cqu'on
Lur rende aucune déference
dans ladite Eglise en ladite qua»
lité,sans toutefoismanquer ati
reJJ>eff qui leur efi dû k cause de
leurs autres dignité^, de rielal
& de la Jftendeur de Itttr naïf
tspant'ciel9s$'v&ntreqmuc'ixlMemtttpdeascnhselaàamujij-i
niflration dutemporel&des droits
de ladite Erlzft
,
nfyurant
y
en
tant que besoin cft 011feroit,&en
adhérant Àfis précédentes protestations
& appellations
, que le
Chapitrede Liège luy accorde des
Lettres dimissoriales, qu'il luy
demande, inflammenty plus inf-
Comment (efy~ très.inflamment;&
àfln que le ptejent AEle public
contenant les proteflations réiterées
de nullité,£7* l appellation en
adhérant aux precedentesinter.
jetues par ledit Seigneur CardL
nal de Bouillon) foitfujjlfaniment,
notifié audit Chapitre
3&mifmo
qu'ilpuijïe eflreréitéré & renouvellédansl'uifjembléedudit
Cha,,¡
pitre de Livge Cm qu'on puijfeew
faire drejjer un ou plufteurs aélesT
leditSeigneur Cardinalde <Bouilr
Ion a conflitué & conflitu'é font
Procureurgénéral&{pcciat.
çjrenoutrele Porteur des prcfèn-:
tes, ausquelsà chacun d'eux il &
donnépouvoir&mandementjpe^.
cial defaire tout ce que dejlus
avec toutes les clauses neceflSaires
les plus prejjantes& requjfes dû
droit )& en la meilleure jvrmùi
quellespuissent valoir
J promettant:
tant, &c.obligeant &c Fait
passéenprifènce de Jean Refleau,
&de Leonard François délira,
^Bourgeois de la Ville de Huy ,
témoins à ce prejens &:- appelle
l'an, le mois
,
le jour çr au lieu
cy-dessusdejtgnejiinjiJîgné de
l'original Emmanuel Theodoje de
la Tour d'Auvergne,Cardinal
de Bouillon, grand Prevojè C,
Chanoine Je l'Eglise de Liege9
Jean de Refteau
t & Léonard
Françoisltelffaltémoins&parce
que moy Jean François Francotte,
Notaire Apostolique yay
affijlé a ces presentes, &que j'ay
"vuIlCmentendu lessusdites DeclarationsyProtcftations&
Appe\la~<
tions, fay drejJé le preflnt.AElo'
public, que fay écrit&foufcritv
en ayant isIs requistan, le moisJe
le jour, tannét du Pontificat O*- lindiélion cy -
dessus marquées,.
K.Ainji figne, Jean Francoisi
Francotte Notaire9 pourjairen
foy en public.
Le present AFle a esiè porté aux
Chapitre
,
notifie & publié danJl
îj4fftfnblèe tenuë le 23.At)ril\
1694..
On assure que quand l'Em-
-
pereur apprit lËledHon dm
Prince Clement deBaviere,,
ilen eut un chagrin si violent,
qu'il ne put s'empe-
: cher de le marquer , quoy
qu'il ne foit,nyde la decen-
,
ce,ny de la politique des Souverains
de faire paroistre cc
qu'ils pensent de quantité de
choses qui se font contre leur
gré. Sa Majesté Imperiale a
eu depuisun chagrin encore
plus grand, puis qu'une fiévre
maligne caulée par le mauvais
air qui regne à Liege,
attaq ua le 26 du mesme mois
le Grand Maistre de l'Ordre
Teutonique,&qu"il en mourut
le 4edeceluy cy. Le chagrin
d'avoireumoins devoix

au Prince Loüis- Antoine,
Prince Palatin du Rhin,
qui est ce mesme Grand
Maistre qui vient de mourir.
Ce Duc de Neubourg
, qu'on appelloicPhilippes.
Guillaume
,
Se qui est more
ElecrcurPalatin,avoit épousé
en lecondes Noces Elifabeth
- Amalie de Hc~~
Darmftar,Fille du Landgrave
George, & de Sophie Eleo.
nor. Il en a eu huit Garçons
&cinq Filles; sçavoir Jean-
Guillaume-Joseph.Ignace,
Prince de Neubourg, néen
1658. & marié, en 1678. avec
Marie-AnneJoleph d'Auftricire,
Fine del'Empereur Fer.
dinand III. VolfangGuillaumenéen1659
Loüis-Antoine
qui vient de mourir, né en
1660 Charles Philippe,néen
1661. Alexandre- Sigismond
né , en 1663. François-Louis,
né en 1664. Frideric-Guillaume,
né en 16^5. & Philippe-
Guillaume-Auguste, né en
1668. Il y a un deces Princes
qui a épousé une Fille du
Duc de Saxe Lawembourg,
& un autre qui est Veuf de la
Princesse de Radzewil. n y
en a aussi deux Evesques) lun
de Breslau, & l'autre dAusbourg,
sans compter un premier
Evesque deBreslau, auquelceluy
-cy a succedé.
Les Filles font Anne- Marie-
Joseph
,
née en 1655. &
mariée àl'Empereur Leopold
en 1676. Marie-Sophie-
Elifabcrh, née en 1666.Marie-
Anne née en 1667. Dorothée
Sophie née en 1670. & Hedvige
Elisabeth Amelienée en
1673. L'une de ces Princesses
est Reine d'Espagne, une
autre Reine de Portugal ,une
autre Veuve du Duc de Par..J
me ,& la derniere a épousé
Je Prince Jacques, Fils aisné:
du Roy de Pologne. Charles
de Baviere 3 Electeur Palatin
, Frere de Madame
estanc , mort sans avoir laissé
d'enfans de Guillemette Ernefline
de Danemark
,
Fille
de Frederic III. & Soeur de
Chrestien V. Rois de Danemark,
Philippe Guillaume,
Duc de Neubourg, Pere des
treize Princes -& Princesses
que je viens de vous nommer
,luy succeda à l'Eleél:orat,
la Maison de Neubourg
estanc une branchedecelle
de Baviere, par Estienne de
Baviere second fils de l'Empereur
Robert le Petit, qui
laissa Frédéric & Louis le
Noir. Frederic III.issu de ce
Frédéric, aîné de Louis le
Noir, succeda en 1559. à Henry
Othon
,
Electeur Palatin,
qui estoit descendu en ligne
directe de Louis le Barbu,
Filsaîné du mesme Empereur
Robert le Peut;6e qui estoit
mort sans porterité Celle de
Frédéric III. ayant fini par la
mort de Charles, Electeur Palatin
Frer.e de Madame, on
a esté obligé d'avoir recours
à la branche de Louis le Noir,
fecoud Fils d'Estienne. Ce
Louis leNoir laissa Alexandre
le Boiteux, Duc de Deuxponts,
Pere de Louis II. qui
eut Volfang,mort en France
en 1569. Volfang eut deux
fils, Philippe Louis, tige des
Ducs de Neubourg, & Jean
Duc de Deuxponts. Philippe
Louis, Duc de Neubourg
fut , Pere de VolfangGuillaume,
qui eut grande part aux
affaires d'Allemagne,& qui,
laissadeson premiermariage
avec Madelaine, Fille de
Guillaume, Duc de Baviere,
Philippe Guillaume, dernier
Duc de Neubourg, Pere du
Grand Maistre de l'Ordre
Teutonique, dont je vous
apprens la mort.
Comme vous pouvez ne
pas sçavoir ce que c'est que
cetOrdre,ny ce quiadonné
lieu à son établissement, je
vais vous l'apprendre en peu
demots, Un Allemand d'une
grande pieté
,
s'estant retiré
à Jerusalem avec sa famille.
après la Conqueste de la Terre-
Saince.employa ses biens
à recevoir & à nourrir les Pe--
lerins de sa Nation,qui ve.
noientvisiter les Saints Lieux
dans la Palestine, & qui n'entendoient
pas la Langue du
Pays. Pour pouvoir plus facilement
exercer sa charité,
il obtint du Patriarche de je.
rufalem, la permission de bâtir
un Hôpital avec une Chapelle
à l'honneur de la Vierge.
Plusieurs Gentilshommes Allemans
que poussa le mesme
zele,s'estant jointsàluy pour
cette bonne cruvre, firent
leur uniq ue attachement d'a.
voir foin de ceux que la dévotion
obligeoit à faire le
voyage d'outremer. Quelques
riches Citoyens des Villes
deBremen & de Lubec,
qui estoient en Levant,s'associerent
avec ces premiers
;& vers l'an 1171 ils firent bâ-
Ltir un magnifique Hôpital
en la Ville d'Acre, prenant
tous le Titre de Chevaliers
Teutons,&laRegle deSaint
Augufiin. Ce nom de Teutons
est celuy qui fut donné
aux anciens Allemans
,
voisins
des Cimbres, quihabitoient
les Isles de Fuinen &
de Selande ou Seeland en
Danemark. C'est deces Teutons
que les Allemans ont depuis
eu le nom deTeutach.
L'habit de ces Chevalier:
fut une robe & un manteau
blanc, & ils eurent pour armes
une Croix potencée do
fable, çhargée d'une autr4,
Croix d'argent. 11 y en a qui
affurent que le Roy S Louis
lors qu'il eut passé la mer
ajoûta le Chef de France
portant cette Croix sur ltelto.,
mac. Ils firent profession &'
vceu de pauvreté, de chartete,&
d obéïssance
, entre lej;
mains du Patriarche de Jerusalem
,qu'on nommoit He:
rachus, & composérent leun
Regle sur le modele de celle
des Chevaliers Hospitaliers
de S. Jean & des Templiers,
donc les premierspanfoient
les malades-, & les autres
f avoient foin de tenir les chemins
feurs contre les courses
desSarrazins. En 1195. le Pa:
pe Celestin approuva l'établissement
de cet Ordre Teu-
»
tonique, obligeant les Chevaliers
à dire chaque jour certaines
Prieres, leur commandant
de laissercroistre leurs
t barbes à la maniere des Hermites
de Saint Augustin
, &
: deffendant qu'aucun ne sust
reçû en cet Ordre, à moins
qu'il ne ftrft Gentilhomme
& Allemand. Henry de Valpot
en fut le premier Grand.
Maistre,&ce fut de son remps
que l'on bastit le grand Hô.
pital d'Acre. Othon de Kerpen
luyfucceda, & après sa
mort on élut Herman de
Bart, qui eut pour Succes
feur Herman de Saltza. L'Empereur
Frideric III. ayant fait
le voyage d'outremer
3
demandace
Grand Maistre des
Chevaliers Teutons, qu'il amenaavecluy,
&estanc arrivé
en Allemagne, il leur donna
àconquérir la Province de
¡ Boruffie
,
appellée la Prusse,
- dont les habitans étoient Idolâtres,
& ravageoient & pilloient
souvent le Pays de Sa-
Chevaliers Tcuton~ f~ ,fc
., porterent avec courage àetcteentreprise,
& s'efiant rendusmai
stresde la Prusse, ils y
bastirent laVillede Mariembourg,
& un Temple magnifique
sous l'invocation de la
Vierge. Cette Place fut depuis
le Chef de leur Ordre.
Les Prussiens se révolterent
plusieurs fois, & dés qu'ils
trouvoient l'occasion de secoüer
le joug des TeuronL"
ques, ils retomboient dans
les superstitions du Paganisme.
Enfin se voyant trop
foibles pour resister à cet
Ordre, ils se donnerent au
Roy de Pologne en 1420. Ce
fut un nouveau sujet de guerre
qui couta beaucoup de
fang aux deux partis; mais en
fin les Chevaliers, malgré les
pertes fort considerables qu'-
ils ifrent, ne laisserent pas
de rester lesmaistres,par les
soins de leur Grand Maistre
Loüis d'Ertihusen, quiobtint
la Paix àcondition d'abandonner
la Prusse Royale aux
Polonois, & de leur rendre
hommage dureste.L'an1500.
Volfang, Grand Maistre des
Teutoniques, triompha des
Moscovites, qui s'estoient
jettez dans la Lithuanie &
dans la Prusse. Albert de
Brande bourg, Fils de Frideric,
Marquis de Brandebourg,
ayant esté élu Grand Maistre
de l'Ordre Teutonique vers
l'an 1511. après Frideric de
Saxe, refusa de rendre hommage
pour la Prusse à Sigismond
son Oncle, Roy de
Pologne,ce quiluy attira la
guerre, qui fut suivie d'une
Treve de quatreans. Albert:
ayantmalheureusement goû-
«
- té les nouvelles opinions de : Luther,forma le dessein de les
embrasser, & fit la paix avec
Sigismond en 1525.Tout
l'Ordre y trouva sa perte,
puis que la qualité de Grand
Maistre dePrusse dont il
joûissoit, & qui eiloÏtéleétiye,
fut changée en qualité
seculiere
)
& érigée en titre
deDuché hereditaire,sous
l'hommage du Roy & de la u
Couronne de Pologne. Il se
maria l'année suivante, 6c
les ChevaliersTeutoniques
t
ayantélu Albert deVolfang
pour leur Grand Maistre, furent
contraints de quitter la
prude& de J&.retirerenA1-
lemagne
,
oùils avoient de
grands biens, & des Benefices
dont-ils joüissent encore.
Maximilien d'Aufiriche)Fre..
re des Empereurs Rodolphe
II. &Mathias, succeda à
Volfang. L'Archiduc Leopold
Guillaume qui estoit Evesque
de Strasbourg, de
Halberstadt, de Passau ôc
& d'Olmutz, sur declaré
Coadjuteur de Gaspard de
Stadion
,
Grand Maistre de
l'Ordre Teutonique,àVienne
le 20. Septembre 1639. M
encra dans la regence aprés
la more de Stadion, & il mourue
le20. Novembre 1662. Lei
Chapitre General de l'Ordre
élut en sa place l'Archiduc
CharlesJose ph,Fils de l'Empereur
Ferdinand III. ôc de
rArebiducheÍfe Marie Léopoldine
sa seconde femme
Evesque de Passau & de Bres.
law. Il mourut le27 janvier
1664 & le mesmeChapitre
ayant este convoqué à MatlltJ
riendal en Franconie, élu
pour AdministrateurJean
Gaspard d'Ambringens
,
qui
estoit Commandeur Provincial
du Bailliage d'Autriche.
Ce Prince fit élire pour son
Coadjuteur en 1680. Louis
Antoine, Comte Palatin de
Neubourg, qui par sa mort
taitle la grande Maistrise de
l'Ordre Teutonique vacante.
Onaeu avis que la nouvelle
de cette mortayant esté portée
à Vienne, l'Im peratrice a
obligé Sa Majesté Imperiale
de presser leChapitredeLiege
de proceder à une troisiéme
élection, qui pourroit tomber
surl'Evesque de Bres
lau, Frere decette Princesse.
On dit que les Hollandois
y donnent lesmait par les
raisons que je vous ay expliquées.
Cependant c'est
se declarer ouvertement contre
M' de Baviere
,
leur Allié,
quiaexposé cent fois
sa vie depuis le commencement
de cette guerre, qui
a dépensé des sommes immenses
que le feu Electeur
sonPere luy avoit laissées,&
qui s'est d'ailleurs beaucoup
engagé;mais dans une Ligue
chacun ne regarde que ses
propres


propres interests,&tout le
fruit qu'on en tire eil bien
souvent de l'ingratitude. Apresvous
avoir parléamplement
de l'Ordre Teutonique,
j'ay crû vous faire plaisir de
faire graver la Croix que portent
les Chevaliers de cet Ordre,&
je vous l'envoye.
I L'affaire des Subsides fut
enfin terminée en Angleterre
le 4 de ce mois, & le Prince
d'Orange,qui n'attendoit
autre choieJ&qui s'interesse
peu dans les Actes & les Reglemens
qui regardent le
bien de l'Etat, ne manqua
pas le lendemain5. de proroger
leParlement. Il remercia
les deux Chambres
J
ôc:
particulierement celle des
Communes, des grands se-
,
cours qu'elles luy avoient
donnez;&ce n'estoit pas sans
raison, puis que cette Chambre
avoit surmonté les plus
Í grandes difficultez, & employé
toutes fortes de1
moyens, quelque onereux
qu'ils sufient, pour lesatisfaire.
Ces circonstancesnéanmoins
font assez connoistre
l'épuisement & le mauvais
estat où les Anglois ont elle
reduits par celuy qu'ils orcchoisi
pour le Restaurateur
de leurs biens&de leurs libertéz.
Onenétoitdéjaconvain.
cu par la quantité d'argent ôc
d'hommes qui sont sortis du
Royaume,&qui n'y rentreront
jamais, par la perte de
plus de2000.Vaisseaux depuis
~y.
ou6années, de par ce lle de
plusde cent millions que les
Marchands de ce Royaumelà
ont faire. Mais deux p articularitez
qui regardent les
Subsides accordez au Prince
d'Orange,en font encore une
preuve très-évidente. La premiere
consiste dans la longueur
des délibérations que
le Parlement a employées
pour trouver ces Subsides
,
& la seconde dans les mauvais
fonds surlesquelsilsfont
établis. Il est certain qu'au
commencement de la guerre,
les Anglois s'estant enrichis
par la liberté du commerce,
dont ilsavoient joüy presque
sans interru ption depuis plus
de trente ans, les fonds des
Subsides estoient trouvez &
reglez presque aussitôt qu'on
les demandoit, sans prendre
aucune précautionsur le bon
ou le mauvais usage qu'on en
pouvoir faire; mais depuis
trois ans les choses sontbien
changées,& il a fallu y apporter
bien plus de ceremonies,
à cause des difficultez
que le Parlement trouvoit à
lever tant de millions, qui
n'ont servi qu'à maintenir
l'Usurpateur
,
qui en a seul
le profit, &à ruiner presque
entierement le commerce
d'Angleterre. On a obligé le
PrincOe d'Orange à comOmuniquer
les Trairez faits avec
les Alliez, afin de sçavoir ce
que chacun estoit obligé de
fournir& de regler lesSubsides
sur ce pied-là; à donner
des Liftes des forces de mer
& deterre qu'il devoit avoir,
&àfaire voir l'estat des dépenses
de chaq ue Campagne.
Ces précautions ont
donné lieu au Parlement de
n'accorder que les sommes
necessaires, mais elles n'en
ont pas empêché la destination
en faveur des Alliez,
.& des Creatures du Prince
d'Orange.Elles n'ont pas
non plus empêché les plain.
tes d'une infinitédegens ruinez
pour avoir fait des fournitures&
desavances,&prêté
leurs Vaisseaux
,
dont le fret
leur est encore dû depuis la.
guerre d'Irlande;ny que ce
Prince ne soit redevable de
plus de six millions de Lff. Ces
desordres ont enfin obligé le
Parlement à nommer [cpt
Commissaires pour examiner
de plus prés les comptes de
la recette & deladépense.
Cependant il atravaillé sans
relâc he à établir les fonds des
Subsides
,
mais avec cette
difference, que l'impuinance
où les peuples sont reduits,
prolonge tous les ans de plus
en plus les Seances & les délibérations,
ce qu'il est aisé
de connoistre par la comparaison
des quatre dernieres
années. En 1691. toutes les
affaires furent terminées, &
le Parlement prorogé dés le
15. de Janvier. En 1692. il ne
fut congedié que le 4. de
Mars. En 1693. il ne fut separé
que le 24. du mesme mois de
Mars, & en 1694. les fonds
n'ont esté trouvez, & le Parlement
n'a esté prorogé que
le 5. de May.
A l'égard des fonds surlesquels
les Subsides ont esté
établis,ilssont tousextraordinaires,
àcauseque prefquc
toutes sortes d'imposts avoient
esté pouffez au plus
haut point qu'ils pouvoienc
aller. Les Subsides pourcette
Í année montent à environ
cinq millions cinq cens mille
livres sterlin
, en y comprenant
quelques non valeurs
qu'il a fallu rempla.
cer. Les moyens dont on a
resolu de se servir pour les
-
lever sont de deux fortes. Les
premiers doivent produire le
capital d'un peu plus de la
moitié des Subsides, sçavoir
la taxe sur les terres; deux
millions sterlin,& lataxe par
teste unmillion;maison sçait
par l'experience faite lesannées
précédentes (ces taxes
aussi odieuses qu'onereuses
& dont personne n'est exemt
ayant esté employées tous les
ans) qu'ellesnerendront pas
les trois quarts de ce qu'elles
font estimées. Les autres
moyens ne pourront fournir
que les interests des deux mi!.)
lions & demy restans, & qu'il
faudra emptunter par divers
artifices
)
dont l'un est une
Lotterie d'un million de livres
sterlin, établie aux con-,
ditions suivantes.
Cette Lotterie fera composée
decent mille billets de
dix livres sterlin chacun. Les
particuliers pourront prendre
tant de lots qu'il leur
plaira.
Il y aura pour l'amorce
2500. lots, qui feront composez
comme il s'ensuit. Ce.
luy qui tirera le premier billet,
soit que ce billet soit
blancou rempli, aura par an,
outre la somme qui fera specifiée
dans lebillet, uneautre
somme de cent cinquante
liv. sterl. de rente pendant
seize années,cy150. 1. et.
Le gros lot fera de mille livres
sterlin de rente par an
iooo- livres,
Neuf lots, chacun de cino
cens liv. si. de rente, 4500. II
Vingt lots, chacun de cenr
liv. sterlin derente,2000.Il
Quatre-vingt lots, chai
cun de cinquante livres sten
lin de rente, 4000. 11
Quatre
-
vingt
-
dix lots
chacun de vingt-cinq livre:
sterlin de rente, 2250. 11
Trois cens lots, chacun de
vingt livres sterlin. 6000.
Deux mille lots, chacun
de dixlivres sterlin, 10000 il
Celuy qui tirera le dernier
billet, soit qu'il soit blanc ou
empli, aura en outre une
omme de cent livres sterlin
de rente, ioo. I.
t
Deuxmille cinq cens lots
pu billets remplis, 40000.1.st.
:
Quatrevingt-dix-septmille
;inq cens billets blancs.
Tous ceuxqui auront tiré
des billets blancs, recevront
l'interest de leur argent à quatorze
pour cent chaque anpee,
pendant seize ans. Ainsi
se temps estant expiré
J
leur
capital fera rentré en leurs
mains,& ils auront eu largement
uninterest de (ix pour
cent pendant ce temps. Cetce
Lotterie se doit tirer X
Londres le 18. Octobre, supposc
qu'elle soit remplie
, a
quoy peut servir d'obstacle las
crainte que ceux qui y porteront
leur argent, doivent
avoir de le perdre, si la situation
du gouvernement d'An.'J
gleterre vient à changer.
Le second moyen est un
emprunt de trois cens mille
liv.st. à fond perdu, à quatorze
pour cent d'interest; c'est
à dire presqueau denier sept
Le troisiéme est une Banque
ou Caisse des emprunts de
douze cens mille livres sterlin,
à huit pour cent d'interest,
mais avec cettecondition,
que ceux qui fourniront
les sommes necessaires pour
la remplir, ne pourront que
dans onze ans retirer leurcapital.
On peutjuger par avance
combien tous ces fonds
font mauvais par la lenteur
avec laquelleon porte de l'argentàl'Echiquier;
quoi quece
soit l'usage que ceux qui sont
les premieres avances, font
aussi les premiers remboursez;
maisonsçait par experien.
ce,commeje l'aydéjadit,que
les taxes sur les terres,& par
teste n'ont pû produire ce
qu'on les avoit estimées à
plusieurs millions prés, dans
des temps où le commerce
estoiten bien meilleur estat,
& l'argent beaucoup plus
commun, & qu'ainsi ceux
qui seroient les dernieres avances
courroient risque de
n'estre jamais remboursez,
ou du moins de ne l'estre de
longtemps. Onconnoistaussi
le peu d'avantage que les Alliez
ont remporté sur laFrance,
qui au contraire a conquis
tant de Places imprenables,
& que par consequent la suite
dela guerre pour causerla
ruine du Prince d'Orange.
Ainsi il y aura sans doute une
infinité de gens qui ne voudront
pas s'interesser dans
une Lotterie qui ne pourroit
leur produire leur capital,
avec un mediocre interest
,
que dans seize ans,à la referve
des billetsnoirs qui n'en
font que la quarantiémepar-
; tie,& dont mesme il n'yen a
f que dix sur cent mille qui
puiiïent rendre un revenu un
< peuconsiderable. C'estla mêmechose
de lacaisse des einprunes,
où peu de gens veulent
mettre leur argent pour
ne le retirer que dans onze
ans, pouvant le faire valoit
dans le commerce avec plus
de profit, & en estre toûjours
lesmaistres On pourroit faire
plusieurs autres reflexions
sur la nature de ces fonds::
mais ce lles-cy suffisent pour
faire connoistre que le Prind'Orange
en tirera moins da
secours que de ceux des années
precedentes, quoy qu'ill
en ait plus de besoin que jamais,
&qu'il fera dans de fort
grands embarras 1 année prochaîne
pour o b tenir de nouveaux
tufcrfides.
de feu nofire tres-chere Confine la
Dttche/Je de Beaufort-, Nous aflrions
pour bonnes, grandes & importantesconfiderattons
iceluy légitimé
par nos Lettres Patentes
données à Paris au mois de lanvier
JfPf- lesquelles ont e/ié verifiees , legiftrées ou befotn a este > ensuite
de quoy nous aurions fait don à
uoftre-dit Filsdperpetuite, pour luy
&ses ensansnezjnloyal mariage du Duchéde Fendofme ,
>
membres»
appartenances, & dépendances d'iceluy,
qui tft une des premieres &
plus anciennes Pairies de nostredit
Royaume
}
de l'ancien patrimoine 6 domaine dela Branche & maison
Royale dont nous sommes iffusy
de laquelle comme nous avons voulu
que Itty & les fîens prissent &partajfeni
à l'ayemrleNom&UsArmes
& poffedaffent ledit Duché,
ainifquil estforte par nos Lettres
de Donation, auJJi avons nous pré.
tendu que luy & fe/ditsenfans
jokiffent des prééminences, grades , & rangs, appartenant audit Duché
& à ladite Pairie; & bien
qu'en cette con/îderation
, comme
pour avoir l'honneur d' efire foriy de
Nous,
tels droits de preffeance ne
luytpuiffent efire légitimement debatus
& contenezparaucuns Princes
, ny autres personnes de quelque
qualité & conditionquelles soient
en cettuy noflre Royaume après les
Princes de noflre Sang, auxquels
nous entendons que luy & les (lfns
-ce4ent comme les autres ,
îçavoir
fatsansque nous
,
de(îrans fairerevivre
le nom & la tige des Duade
Vendosme, de laquelle nomJomnus
fortis, en lapersonne de noflreditt
fils Le Duc de Vend«{me, la perfetuer
en (a pojiemé, & luy témoigner
de pitté en p/tu nostre paternelle
dffeEfton, pour /efyerance que*
flous avons qu'd se rendra toujours
plu utile au bien de nostre Service,,
de celuy de no/ire tres-cher & trèsamé
bon Fils le DAllphul, commtv
de nos autres enfuns, de lloftre< ditRoyaume. A CES CAUSES
Wota avons de no/ire propre mou..
ventent, certaine science
,
pleintw
JPuiffance&autoritéRoyaletdit
déclaré, dtfons & declarons, vou..¡
Ions & nous platft, que dorefna.-i
vant nostredit fils le Duc de Ve".-,
do(me & fefdits ensans
,
qui neiniront
en loyalmariage
, ayent, tient
neeut, & poffeâent le premier ran^ la prejfeance immédiatement
aprU les Princes denofîre Sang dcvant
tous les autres Princes & Seigneurs
de nostreditRoyaume
, en
tous lieux aiïes d- endrollJ, tant
militaIres, qu'aux Ceremonies publtques&
privées
,
tIu/quelle; on a
accoujlumt, & ferarequis de tenir
rang, nonobjiant toutes autres Déclarations
de prééminences cxpediées
en faveur dequelques personnes,
& pour quelque cause que
ce foit, que ne voulons empefeher
l'effet de cefdites Presentes. SI
donnons en Mandement à nosame
&féaux les Gens, &c. Données à
Paris le quinzièmejour£Avril mil
six cens dix, & de nostreRegne le
vingt.un. Signé, HENRY, &
sur le replyJ Parle Roy, JBjulart.^
d" feeliées du grand Sceau de cire
Jallne,
EXTRAIT DES REGISTRES;
de Parlement, v'E V par la Cour
,
lesGrand'--
Cbambre, Tournelle, & de2 tEdit assemblèes
:
les Lettres Pd.
tentes duif. de ce mois ,parle[quel-J
les pour les causes y contenues, in'
Roy .veut & ordonne que son PZ/Il'
naturel & légitimé Celar Duc dn
Fendofme, &c.
Tout cànfïderé, la Cour a ordonfiedpordonneque
lesdites Lettres
feront lues
,
publiees, & regiftrèesv
en icelle, oui le Procureur Generalv
du Roy, pourjoiiirpar i'Impétrants
& ses enfans qui naiftront en loyak
mariage, du contenu en icelles,félon*
lewforme &teneur. Faiten Parlement
le trentième Avril,milfit*
cenft
eetli dix, Signéa Voisin. -
Collationné à l'Original par moy
Conseiller Secrétaire du Roy,
& de ses Finances. Loys. LOVIS parla grâce de Dieu
Roy de France & de Navarre
: A tous ceux qui ces frefentei
Lettres verront,S'alut. Le rang
quont toujours tenu dans le Royaume,
les enfans naturels des Rois
nos Predecesseurs
,
& CaffeBion
qui est si naturelle que les Pereî
ayent pour leurs enfans,ayant obligé
le feu Roy Henry 1 V. noflre
Ayeul de tres-glorieuse memoire
d'ordonner par les Lettres , patentes
duif Avril1610. que noflre trèsrher
& bien-amè Oncle le Duc de
rendorme, 6" (es enfans qui ndif.
troient de luy en loyalmariage, tien"
droient le premier rang immédiatement
après les Princes de nofitet
Sang
,
e- auroient la freffèance em
tous lieux & aiïes sur ici Prince±
des Maisonsétrangères établie
dans le Royaume ,
&sur tous lei:
autres Seigneurs de quelque quali..j
té qutlspujjent estre, ces Lettre.*
furent enregifirées en nofirc Cour dû
Parlement de Parts le 4, May\
sùivant) & no/lredit Oncle le Du,\'
de Vendosme a joui de cette pre/\
jeance enphficurs Lits de Justice
(} en beaucoup datitra stances dt
occupons>& quoi que nous neuffîonw
pas besoin d'txempler peur donner
des rangs & deshonneurs qUI dépem
dent si particulièrement de lapuij\
sance RoÙde) néanmoins commv
nous aimons encore mieuxfonder
sur la juflice, & me/me sur t'urage
que sur notre autorité,des grâces que
nous faisons aux personnes qui nous
font les plus cheres, nous avons,
esiè bten-asses de suivre J'exemple
ti'un sigrandRoy
,
&de declarer
en la me(me maniere qu'itlefit en
J6JO. à L'égard de noftredtt Oncle
le Ducdefendofme, noftrg, intention
sur lerang qui appa*tienty&
que notU vouions que tiennent dans
nofire Roiaume nos tres, chers&
bien amez^ Fils naturels &légitimez^
Louis Augure deBourbon
Duc du Mainei & Louis Alexandre
de Bourbon, Comte deTou*
loufe, dr nous le fatfons d'autant
plus volontiers, que les grandes
qtlalitefuqrlJJ4 plû à Dieu de mettre
en IturSperfonnesfont aisément
reconnoifttf le fang dont ils ont
Fhonneur d'ejire i/Jus, & que les
epreuues que nous avons de leur
valeuren pluJieurs occAsions, font
juger aufft avantageusement des
Jervices qu%ilsfontcapables denous
b
rendre, (}di'Etat. A ces causes,
6. autres considerations à ce nous
moiévant, denoflre grâce fpectale,
pleine puissance & autorité roiale,
Nousavonsdit & déclaré, disons
e-declaronspar ces prefentes signèes
de noflre main
»
voulons & nous
plaip que nosdits Fils naturels>
Zoiiis Auguste de Bourbon
, Duc
du Maine ,
& Louis Alexandre
de Bourbon, Comte de Toulouse,
Afent) tiennent ¿t¡- possedent en tous
lieux & Afier, le premier rang
immédiatement aptes les Princes
de noflre SAng) & quils précédéront
entous lieux) cetemonies &
yiffemblèes fuliques & particulièrer
& mesme en noflre Cour de
Pa,lement deParis, & ailleurs,
en tous Aïles de Pairies, qu'ils en
auront tous les Princes qai auront
des Maisons,qui ont des Souverainetez^
bors de noflre Roiaume,
-è,- tous autres SeigneNTs, de quelque
qualité & dignité qu'ils puissent
eftte, nonohJlant toutes Lettres
d-declarations, siaucunesyavoit
à ce contraires quand les Pairies
des Princes & Seigneurs se
trouveraient p-lusanciennes que
celles de nosdits Fils naturels &
légitimé^ & de leurs Enfans. Si
donnons en mandement à nos ame,'!\.
&féaux Con(eiUers,/es Gens tenant
nostre Cour, &c.
Donné à Verfailles le yMay*694..
&denofite Regne le cinquante &
unième-Signé
,
LOVIS. Et plus
ha-s\ Phelypeaux. Et jcellèdu grand
Sceau de cire jaune.
Veu les Lettres & la Requefle
presentée à la Cour par
ledit Mefine Louis Augufle de
Mourson, Duc du Maine, afin
denregiftrement<£tcelles, le tout à
moi communiquéJe nempêche pour
le Roy lesdites Lettres patentes
tjire enregi[îrèes au Greffe de la
Cour, pour jouir parledit Messire
< LouiJ Augufie de Bourbon, Duc -
du Maine, & Louis Alexandre de
* Bourbon
,
Comte de Toulonse, 6""
leurs Enfans qui naîtrontenlegiii•
-
me mariage
,
> de leur effet & conte- - d* titre executées felon leter.,
forme & teneur. Signé delà Briffe,
( Procureur General.
L 0 VI S par lagrâce de Dieu
Rai deFrance& de Navarre, A
ton* ceux qui ces presentes Lettres
verront,Salut. Nostre trèscher &
bien amè Fils naturel & legitime,
Louis Auguiïe de Bourbon,Duc
du ill,,tii,,elà nous aiant reprefeniè
que feue nostre très,entre & trcsamie
CoufineAnne Marie Louifc dû leans estant preste d'acquerir
lc"Cvmtè
- Pairie d'Ea
,
dont on
r0str(uiv()il la 'l.JenÎe par decret en
nostre Cour de Parlement de Paiis,
Nouslui aurions accordé par nos'
..Lutrespatentes, données à S' lean
de Luz^le 1J. May 1690.enrsnftreesen
nostredite Cour le}<?. Juillet
fmvant la continuation pour elle
&ses hoirs <%*ayarit cause, maies
femelles du Titredu Comté&
pairie siEu pour en jouit au mefme
rang & honneur que Us dncienSi
< omtcs d'Euavoientfait depuislai
premiers ercElion de 14/8.&ctJm..
mesi elle y efioit venue par voye dei
fuccejjîon^que noftredtte Cousines'em
efiant rendueadjudicataire le vingt*,
Aoufl de la mesme année,fous Ir.
Titre de Comte & Pairie, elle Lu
luy auroit venduë avec lumefmex
qualitéleFévrier 16Su patdevant
chuppitz & son compagnonx
INotaiTes au Chaflelet de PtlYi.1,:
moyennantleprix de 1600000. liv..
6" s'en trouvant ainsî ptfjefftun
far mesme voye d'achatquenoj?redite
couJine, il nous a très-humblttnent
suppliê de vouloir bien iuyi
accorder la mesmegrâce,&de luy\
en continuer l'ancien Ture ,
& covi
me l'attachement que nofiredit Fils,
naturel& légitime, L oftit- Attgujl&
de Bourbon Duc du Maine,a pour
nojlre Perfunne3ses bonnes quaiite,
& lesservices qu'il nota rend dans
nosArméesdepuisplufleurs années,
avec une valeur digne de sa naissance>
& une capacité qui surpasse
beaucoupfan âge, mentent que nous
luy donnions en toute occasion des
marques de noflre estime,aussî bien
que denoflretendrelle.Aces Causes
,
& autres conjidetations à ce
nou4 mouvant, de noflre grace speci-
iie, pleinepuissance
,
& autorité
Royale,Nous avons par ces PTefentes
(tgnteJ de notre main, concedé
& accordé à nostre Fils naturel
Louis-Auguste de Bourbon Ducdu
A4aine, la continuation pour luy
les heirs & ) ayans cause
,
mules &
femelles, du Titre ancien du Comté
& Pairie d'Eu) pourenjouir d'àrefnavant
aux rangs, droits, honneurs
,prérogatives
1
&prééminences
,
~J semblables que no¡ÎYe..
ditefeueConfine
,
& avant elle nos
feus Cousins les Ducs de soyeuse &
de Guise,&leurs Ptedeceffeursmâ-_
&femelles,Comtes & Comtesses
d'Eu, & comme si leditDuc du
Maine en efioit devenu propriétaire
par voye de fucceljton, aux termes
dudit ancien hahltflement sans
aucune rejlriclion ny limitation. Si
donnons en MJndementà noi ame-,
&féaux Conseils.rs les Gens tenant
nofire Courte. Donneà Verfailles
le 5. May 1694. Et de nojlrcrègne
le51.fîgnè, L0V1Sph-s bas
Phelypeaux. Et scellè du gr.ln,¿
sceau de cire jaune.
Vtul?[dites Lettres &la R'I"!-/!! LettresRJIt'/:
firt Louis-AugujledeBourbon
Duc du M(line)ajin d\nrepfirementZiceqesle
toutà.moy commu-
1 1. 1 niquées
,
je riempefche pour le Jtoy
lejdites Lettres patentes tftre enrefiflrèes
au Greffe de la Cour, pour
jouir par ledit Messire Louis-Angufte
de Bourbon Duc du Maine,
de leur effet & contenu,& estre exe..
cutèes félon leurforme & teneur.
LSignnét, drealalB.riffe>Procureur Ge- .w-st
Mr le premier President
fit un fort bel éloge de Monsieur
le Duc du Maine i & de
Monsieur leComte de TDHlouse
, & il ne dit rien dont
ils ne fussent tres-dignes, puis
que peutestrejamais n'a-t,on
vû de Princes, qui dans un
âgesi peu avancé sesoient
trouvez en tant d' occasions
perilleuses. Ils furent reconduits
par un HuilIierJ pour les
distinguer des Ducs &- Pairs,
qui ne sont point reconduits.
Mrl'AmbassadeurdeVenise
ayant eu son Audience de
congé du Roy, &; de toute
la Maison Royale, alla rendrevisite
à l'un & à l'aucre
de ces deux Princes
)
aprés
avoir esté chez les Princes du
Sang. Il y a quelque temps
que Mrle Nonce fitla même
chose, mais non pas en pareille
occasion.
Vous avez sans doute oiïy
parler du mariage deMrle
Marquis de la CI-laftre& de
Mademoiselle de Lavardin.
Ce Marquisest Colonel d'un
Regiment qui porte son nom,
&s'clt acquis une estimegenerale.
Mademoiselle de Lavardin
est Fille de Mrde Beaumanoir,
Marquis de Lavardin
,
Lieutenant General en
haute & basse Bretagne &
Ambassadeur Extraordinaire àRome,&elle lsi: sortie de
son premier mariage avec
Mademoiselled'Albert,Fille
aînée de Loüis Charles d'AI.
bert,Duc de Luines, Pairde
France. LaMaidondelaChastre,
aussi ancienne qu'illujftre
, a pris son nom d'un
grand Bourg du Berry, appellé
la Chastre,surla riviere
d'Indre,vers lesfrontieresde
la Marchç. Sans parler de
Pierre de laChastre, Archevesque
de Bourges, & d'Aimeric
de la Chastre
,
Chancelier&
Cardinal de l'Eglise
Romaine
, mort en 1148. Philippe
dela ChastreChambellan
du Comte d'Anjou, vi:
Voit en 1350. & laissa Guil
laume de laChastre, Chambellan
duComre de Poitiers,
& Pere de Jean de la ChaC.
tre. Pierre de la Chastre
Ss de Nancey , Fils de Jean,
surCapitaine dela grosse
Tour deBourges;& des Gardes
du Corps du Roy Charles
VIII. & eut de Catherine
deMenou,Gabriel de la Cha.
stre ,qui posseda les mesmes
emploissousLoürs(XII. &
FrançoisI.GabriellaissaJoa-
£him&Claude de laChastre,
qui ont fait deux Branches.
Jôïchirh qui efiÓit: ruÎnê
fut Ca pitai-nJ e des Gardes du)
Roy, Prevost de l'Ordre de
S. Michel, Gouverneurd'Orleans
, Bailly de Thien, ôc
Pere de Galpard de la Chastre,
Chevalier de l'Ordredu
Roy, & Capitaine de ses Gardes.
Henry de la Chastre, Fils
de Gaspard, eut de sa premiere
Femme Marie de la Guesle,
Edme de LaChastre, Maistre
de la Garderobe du Roy, &
ensuite Colonel General des
Suisses,qui mourut des bles
fures qu'il avoir receuës à la
Bataille de Norlinguen en
1645- laissant de Françoisede
Cugnac Louis de la Chastre,
Gouverneur de Bapaume,tué
àGigeryen Afriqueen 1664.
C'estoit le Pere de Mrle Marquis
de laChastre, quivient
de se marier. Claude de la
Chastre,Fils puisné de Gabriel
qui a fait une autre
Branche
,
laissa Claude de la
Chastre III.du nom,Chevalier
des Ordresdu Roy &Maréchal
de France,qui eut de
JeanneChabot,FilledeGuy,
Sr de Jarnac,Louisde laCha-
IlCê Baron de Maisonfort,
Chevalier desOrdresdu Roy,
CeLoüis de la Chastre fut
ç fait
aussi Maréchal de France erJ.
..-
1616. cc mourut en 1630. ne
laissant d'Elisabethd'Estam.
pes, Fille aînéedeJean, Srde
Valençay, qu'une feuleFille,
mariée en troisiémes Noces
à Claude Pot, S' de Rhodes,
Grand Maistre des Ceremoqui
la fit mere de Mari-e-
Louise Henriette Aimée Pot,
quiépousaen 1646. François-,
Marie del'Hofpical, Duc de
Vitry.
- Le 10. de ce mois, Mr le
Duc de Roàan,comme Procureur
de Dom Alphonse de
Vasconcellos. Comte de Cal--
hera, fiança Emilie Sophro' -
nie deRohan
)
Fillede Mrle
PrincedeSoubise. Il y avoit
peu detemps quelle estoit
sortie d'un Convent, où elle
avoit esté élevée des sa plus
tendre jeunesse., M1 le Cardinald'Estrées,
son Parent, 6c
Protecteur des affaires de Portugal
àR ornentiacérémonie
desFiançailles dans le Cabinet
du Roy, en presence de
Sa Majesté)des Princes dela
Maison Royale, &; des personnes
les plus considerables
de la Cour,
-
Je n'ayrien à
ajouter àce que je vous ay
dit plusieurs fois de la grandeurdelaMaisonde
Rohan,
Mrle Comte de Calhera est
Fils aîné du Comte de Castelm—
e—hor, Grand de Portugal,
Conseiller d'Estac & Grand
Maistre de la Garderobe du
Roy de Portugal.
Les emplois de Mr de S.
Olon, Gentilhomme ordinaire
de la Maison de S. M.
m'ontsouvent donné occasion
de vous parler de la maniéré
dont il s'en est acquitté.
C'a été toûjours avec une telle iitisfa&ion du Roy, qu'il le
nomma l'année derniereAmbiiKuicur
auprès du Roy de
Maroc. Non feulement il a
rendu un compte exact & si.
delle de sonAmbassade, à
Sa Majesté ,mais il vient de
donnerau Public un livre, sur
l'état present de cet Empire.
Ce livre est remply de neuf
figures en taille- douce, contient aussî tout ce qui s'est
passé aux Audiences qui luy
ont esté données par le Roy
de Maroc ,
plusieurs lettres
de ce Prince, & de ses Ministres,
& beaucoup de particularitez
touchant sa personne,
avec des Observations
qui peuvent [crvir de Memoires
pournegocierencette
Cour. Quand on acquiert en
si peu de temps de si parfaites
connoissances de l'Etac
où l'on est envoyé
, on est
bien digne d'un pareil employ.
Vous devez recevoir presque
aussitost que ma Lettre,un autre
livre intitulé lesParoles remarquables,
& lesBons Mots
des Orientaux. Cet Ouvrage
renferme une seconde Partie
,
où l'on trouve un grand
nombre de Maximes des
mesmes Orientaux. On y voie
quelest leur esprit , & leur
genie. Les paroles remarquables
font connoistre seulement
la droiture, & l'équité
de l'ame, & les Bons mots
marquent la vivacité, la subtilité
, & mesme la grossiereté,&
la simplicitéde l'efprir,
sur tout un penchant à railler
& à p.laeù. L-Auteur-*al
distingué ces deux cara&eres,
qui font bien differens l'un
de l'autre. On pourra connoistre
par ce double titre
que les Orientaux n'ont pas
l'esprit moins droit, & moins
vif que les Peuples du Couchanc,
& l'on remarquera'
que sous lenom d'Orientaux
rA uteur ne comprend pass
feulement les Ara bes, & les*
Persans
, mais encore les
Turcs
, & les Tartares, &
presque tous les Peuples de;
l'Asie, jusques à la Chine. lU
ajoute des remai"Iiues pleines;
d'érudition, qu'il cernés necessaires
pour l'intelligences
entiere des paroles remar-.
quables
,
& des Bons Mots,
ce qu'il y a de plus curieux
dans les livres Arabes, Persans
& Turcs, ainsi que dans
leurs manuscrits, & nomme
les Auteurs des uns & des
** autres
autres. Il marque les temps
ausquels vivoient les Calises,
les Sultans & les Princes qui
ont ditles paroles remarquables
,
& les bons mots qu'il
rapporte,ce qui apprend une
partie de leur Histoire d'une
maniere fort agreable.
On ne vit jamais tant d'érudition
dans un livre qui ne
semble fait que pour amulet-
& pour divertir. On y apprend
sans y penserl'Histoire
de plusieurs siecles, en
forte qu'il faudroit plusieurs
années de lecture pour faite
autant de remarques qu'on
en trouvera en ce seul ouvrage.
Parmy le grand nombre
de Maximes qui font dans la
Seconde Partie, il y en a
quantitéd'une tres grande
beauté,& l'on a tout lieu de
croire que le Public ne fera
pas moins content de ce
Livre que plusieurs Sçavans
de Cabinet & du monde, qui
en ont lû le manuscrit avec
un extrêmeplaisîr. Il est de
MGalant, qui ayant demeuré
pendant plusieurs années àConstancinople, doitmieux
connoiltre qu'un autre lamaticre
qu'il a traitée,ce quiluy
a fait trouver plus facilement
les Auteurs qui enont parlé,
&fait faire le grand nombre
de remarques remplies d'erudition,
dont ila embelly son
livre. Il se vend aussi bien que
l'Etat presènt de l'Empire de
Maroc,à l'Enseigne du Mercure
Galant, chez le S' Brunet,
qui les a fait imprimer-
Il débite aussi un autre Ouvrage
fort à la mode, qui se
vend à la rue S Jacques, chez
e SI Benard, aux Armes du
Roy & delaVille. Ilestinticulé,
Histoiresecrete de Bourgogne,
C'est un Roman, où
l'Histoirese trouve ingenieusement
meslée avec les agremens
de l'imagination. Il elt
attachant, & rempli d'inci.
dens qui font plaisir, Se
de plusieurshistoires, dort
la variété est tres - agreable.
On y trouve des pensées
neuves,&un stilefort vifen i
beaucoup d'endroits, fut tout 3
quand il s'agit de passion.
Ainsi l'on ne doit pass'étonner
du grand succés de cet
Ouvrage, & de l'approbation
que laCour luy a donnée. Il
semble qu'ilne seroit pasaisés
de trouver une matiere sur
laquelle on n'ait pasfait de
Livres,cependantpersonne
nes'estoit encore aviséd'écrire
contre le luxe des coef.
fures, donc il paroist depuis
peu un Traicé fort ample.
L'ardeur du zele de l'Auteur
l'a emporté loin contre les
Dames qui parent leur telle
avec excès. Elles peuvent ne
pasdemeurer d'acord de tout
ce qu'ilavance, & peutestre
ontelles de bonnes raisons
pour se défendre d'une partie,
mais l'A uteur n'ayant travailléique
pour remplir Ton
ministere
J ne peirt.'taeHter
que des louanges.
Voicy lesnoms de quelques
autres personnes consxiderables,
mortes depuis quelque
temps.
Me/lire Pierre Savary,Seigneur
deSaint Jgff,de Boutevilliers,
&autres lieux. Il'
estoit Grand Maistre general
des Eaux& Forestsde France
au département de Norman
die.
Messire Antoine le Maistre,
Seigneur de Bellejamme. Il
estoit Fils de feu Messire Jerôme
le Maistre de Bellejamme,
President aux Enqueftes.
MessireLouis Brice, Seigneur
de Mirmon, Lieutenant
pour leRoy,&Commandant
en rissede Rhé-
MessirePhilippe Chapelier
de Bournonville, Abbéde
Belle Etoile,& ancien Chanoine
de Saint Germain rAu- xerrois.
Messire Eustâche de Senechal
de Kercado, Evesque &
Comtede Treguier, Abbé
deGeraston- il est mort subitement
à Paris, où il citoic
Député desEstats de Bretagne.
Avant qu'il fuit parvenu
à l'Episcopat, on l'a veti,
longtemps Aumônier ordi-Tnaire
de la feuë Peine-inere :
du Roy. Il avoit un Frere & :
deux Neveux, qui le sont fi-
1 gnalez au service ce Sa Majesté,&
il ne re ste plus qu'un i
de ses Neveux. i
Messire AlexandreGaspard,
ComtedeColigny, NllHre
Camp duRegimentde Cavalerie
deCondé,mort dela
Fiévre à Reims, âgé seulement
de rente-deux ans. Il
estoit Chef du nom & des
Armes de la Maison deColi--.
gny,Fils du fameux Comte
de Coligny,quicommandait

quel Successeur il a eu dans:
l'Electorat, cet Electeur étant
mort sans laisser d'enfans.
Aprés vous avoir parlé de
tant de morts, il faut que je
ressuscite un homme utile au
Public. C'est Mf Gervafi ou
Gervais. M1 Gervais Medccin
estanc more, la ressemblance
du nom à donné lieu à tes
envieux de faire mourir Ml"
Gervasi au lieu de luy. Vous
sçavez que jevousentretiens
rarement de personnes qui
ont des secrets, & que mesme
j'y ajoute peu de foy.
Ainsi quand cela m'arrive,
c'est avec une cntiere certitude
de la verité. Mr Gervafi
a guery plus de six mille per.
sonnes de toutes les tumeurs
froides qui sont confonduës
fous le nom de louppes, &
de toutes fortes d'excrefcences
de chair, renfermées fous
differens noms, en forte que
les cures éclatantes qu'il a
faites à la Cour, luy ont attiré
l'honneur d'en estre felicité
par Sa Majesté. Il loge au
bout de la rue Guenegaud,
joignant la rue Mazarine.
L'Enigme du mois pasle a
esté expliquée sur le Moulin,
qui en estoit le vray mot, par Missi
Giraud, Marchand £anti|i Passa
meur, proche les Qiunze-vingts;
& son Ami Babille; l'AbbéLoci
ques de la Ville d'Eu ; les de!H:' Jmi(confiâtes & véritables Amis iAJ
Loüans & de Chevilly
-
l'agreable
Ronflel & sa Silvie, leChevalier de
làlanguedecide Chevalieramoureux
de Nemours; le Chevalier dei
bonne foy ; l'Amant transi; le Sotï-i
taire & l'agrea ble Brimette; les;
Curez de Bonneboft
)
Faguçor lkj
rmfct Se le iDanûis Dauviihe«s
Bouillerie de Rumcni*d^s '1"
:èë Corbon duDrocefedeLiGeiXiij
l'Amoureuxtranquille; le Bergen:
amant de la Rosç de S. Hilaire;le
Pétir coq réveillematinde la porto
S. Jacques ; l'Abbé Irlandpois des
Quimporté enBretagne; l'Abbéè
Sr Martini Baffcti Fournier; lat
Compagnie gaillarde du chapeau
boutonné de Rouen ; Dom Jouan
de Bragmordo, Nobled'Espagne;
rftinâni de labelle Assurée , &la
Blonde au petitoeil mourant ,
de
Rouen ; le jeune,sobre & modeste
du Miroir de Vertu; l'Amoureux
de la belleCecile de laMoutonniere;
le gros controlleur;la Cabale degeoffedépense
de la rue du Mou.
ton,le Pere del'agreable Famille;
Je Philosophe diferet i Barbé le fils
Peintre, Be[a Femme; Berihter
Marchand de vin; Hubertle bon3.
Chretien & bon voisinleprudent
&sage Halnast la Chapelle j le
galant Micron; Prudhomme;
l'Astrologue sincere, honneste Se
diferet, tous de.la rue du Sépulcre
Eauxhourg S. Germain; l'Amant
révoqué, & l'Amante insensible.
Mesdemoiselles Bago)du Chasteaus
de Bonne bost; de Rouviere: de
Toraltier Janson de Troyes : la
belle Bernièré"-du College de la
Marche: la Belle du Carré Sainte
Geneviéve,la Belleà l'Anagramme
aimer est sa vertu : la Gonstante à
YAp&gïzrc\mzfal'esperance,&. (on
..v*JheureLix Berger ; les fages Demotselles
de Forest &. de Thetis : les
charmantes du Cloistre Sainte Opportune
;les charmantes Soeurs Cybelle
& Thetis;la petite Veuve du
bout de la rue Percée, & son aimable
Finette; la voltigeante Dorigny:
les Solitaires de la longue allée: la
Mélancolique de la Traillele: l'Engageante
du Diogene: la nouvelle
Mariée de la rue du Cygne: la
dolente Bourguignon:laVeuve
du cul de sac S. Magloire : les quatre
Bergeres à l'ombre de la noble épine
du Bois de Vinceunes: Angélique
Bobinette, Rosette & Catin de !a
mesme rue: les quatre indifferentes
de larue desFossoyeurs:la Blondine
le Noir à la teste naissante
, rue
S. Honoré,&les quatre Héroïnes
d'Aufons, de la rue Quinquempoix.
L'Enigme nouvelle que je vous
envoyé est de Mr Fautrart de
Loudun. ..-,,,--
ENIGME.
MAlvvè le dessin e,, le fort
leleve des vent sur leTrône;
l'en réduits d'autres à taumône)
Et je fais revivre le mort.
Vous ferez sans doute contentez
de l'Air nouveau que je vous envoyé.
AIR NOUVEAU. cVeillez^,cueillez^, jeunes A.
mans,
"LeJ fleurs de L'armahle Printemps,
We perdez,ptf une faisonjîbelle>
Quand l'Amour vous appellet
Cou,eî les chttrmanteJdoUCtUTH
,4?mer, tend,-escoeurs.
Les beaufe,de Flore
Commencent d'iclorre.
Aimez^; la faison des Amours,
Ne dure pas toujours.
Les Seances du Parlement d'An.
gleterre estant finies, comme je
vous l'ay marqué, le Prince d'Orange
part i t de Londres pour se
rendre en Hollande, ayant receu
divers Coriersparlesquels il apprit
que sa presence y estoit absoument
necessaire, parce que l'on y
parloir fort de Paix dans l'Assem-
;)!ée des Ministres des Alliez, 8c
qu'il estoit à craindre qu'on n'y prist
quelquesresolutions contraires à ses
nterests avant son arrivée. Cependant
estantsur le point de s'embarquer,
il fut contraint de revenir à
Kinsington, les vents n'ayant pas
avorifé l'ardeur qu'il avoit de passer
a mer.Ils changèrent après luyavoir
!Ré deux fois contraires, il s'cmjarqua,
& il eût lieu d'en estre assez
content jusques à huit lieues de
erre, qu'ils l'empêcherent d'avancer.
La crainte d'estre obligé de
retourner en Angleterre luy causa
d'autant plus dinquiétudeque
sur le point de s'embarquer, il
avoir receu de nouvellesLettres de
Hollande, par lesquelles on luy
mandoir que le Ministre de l'Empereur
avoit declaréqu'il ne pouvoit
plus continuer la guerre, à moins
qu'on neluyaccprdafidesSubfides
extraordinaires,& quantité d'autres
choses que l'Angleterre , & la Hollande
ne sont pas en estat de luy
donner. Ainsi le Prince d'Orange
jugant sa presence entterement
necessaireà la Haye, fit remplir
douze Barquesde mousqueterie,se
mit dans l'une, u arriva le 17 de
ce moi s, sur les cinq heures du soit à
Orang-Polder. Il soupaàHonstardii
k.d'où il se rend it à une heure
après- minuit à la Haye, tantil avoit
d'impatience d'y arriver. On n'a
pas encore sceau ce qu'il a dit aux
-Alliez
, pour les engager dans la
continuation d'une guerre qui le
fait regner ,
pendant qu'elle ruine
tous leurs Etats
, & l'Angleterre
mesme, où le party des
Protestans
> cy devant appeliez
Non Conformistês
,
qui est entierement
opposé à la Religion Anglicane
, ayant eu le dessus dans le
dernier Parlement, a fait donner la
pluspart des grandes Charges & des
grans Emplois à ceux qui le suivent;
ce quia tellement mortifié les Anglicans,
qu'ilest hors de doute que
ces deux Partis jetteront la Nation
dans de nouveaux malheurs, dont le
Prince d'Orange fera cause, puis qu'-
au préjudice de ses sermens il a si peu
d'égard pour la Religion Anglicane.
Il.a trouvé plus d'affaires en Holandc
qu'il navoit cru. Ses Emissaires
avoient exageré les maux que lat
disettede bleds a causez en France
ôc ils s'estoient efforcez de faires
croire qu'elle ne s'en pourroit jajnaisi
relever:mais il a appris à son atruvéeà
la Haye,que l'on y avoit
sceu que de tous costez il arrivoit 3
des bleds dans ce Royaume, &:
que de plus tous les biens de laterre
y estoient si beaux, qu'il y avoir:
lieu d'efpercr que la recoltey seroit; ;
plus que double, ce quifaisoitd'au-
-
.', tant plus souhaiter la Paix aux Hoi..
landois, qu'il yavoir apparence que
la France seroit encore cette année
fuperieute àses Ennemis par toutoù
les Alliez ont des Troupes. One
elfcé bien surprisàla.Haye d'apprendre
queTAmiralJljifleLeftok paTti:
avec quarante Vaisseaux , pour se
rendre devant Brest, & empêcher
Mr deGhafteauï.çnau&d'en sorir
dans le temps qu'il doit arriver au
Dérroit. C'est une beveuëpareille
à celle que l'Amirall'année
derniere.LesAnglois se peut,!
vent promener dans l'Océan
,
où il
n'y a rien à faire pour eux, toutes
nos Costes estant bien gardées, SC
nos Places bien munies. Il y a par
tout de bons Commandans
, & le
Roy vient de nommer Mr le Comte
deServonpour commander dans
Brest. Mr de Vauban
**
commande,
les Troupes qui font enBretagne,
Bc Mr le Mareschal de Choiseul,
celles qui font sur les Colles deNorrnandie.
Pendant que l'armement
[ des Anglois & des Hollandois dl: si
peu avancé, Mr de Chafteaurenault !doitestrearrivedanslaMedïcerra'- tftrearrivc' dans la e iterra;..
nce. Mr le Maréchal de Tourvillcl
sortit de Toulon le ide"cem67s*<
avec l'Escadre de Vaisseaux qui y(
ont esté armez) & le mesme jour
les Galcres du Roy partirent des
Marseille
,
de forte qu'iln'y as
point à douter que les Troupes des
S. M. n'ayent presentement commencé
un Siege en Catalogne, ces
quiest honteux aux Espagnols,toute a
l'Espagne s'estant préparée depuis?
un an à faire dans cette Campagne;
des efforts extraordinaires en Ca}",
talogne :cependant il ne paroist pas
qu'elle y puisse avoir plus detreize
mille hommes. Les Peuples y de.
mandent la Paix, le Roy Catholique
la souhaite, & les deux Reines,
s'y opposent, l' une ellant Soeur de~~
l'Empereur, & l'autre Soeur de
l'Impcratrice. Peut-estre qu'elles
changeront bientoit de sentiment.
L'Empereur commençanr à soubaiter
la Paix, le Peuple de Thurin
qui l'a sceu
, a marqué publiquement
la joye
, & le Duc de Savoye en a
paru chagrin. Il fair travailler nuit
5c jour, Festes& Dimanches
5 aux
fortifications deThurin. Il a faitla
reveuë des Troupes qui doivent
composer son Armée, &les a trouvées
en fort mauvais estat. Il y a des
Compagnies qui n'ont que trente
hommes. LesEspagnols &. les Al.
lemans ne font ensemble que quinze
mille hommes, ôc les Troupes de
Savoyedix mille.
Monseigneur le Dauphin est parti
aujourd'huy à une heure du matin,
pour aller coucher à Guise. La traite
est longue
,
mais lors qu'il s'agit
d'acquerit de la gloire , ce Prince
ne malche pas, il voir.
Le Jeudy 27. de ce rr,ais,il se
une Procession tres-solemnelle, ou
les Chasses de Sainte Geneviève Se
de Saint Marcel furent portées avec
toutes les cereironiesquis'oblervent
dans ces fortes d'occasions.
C'est le Roy qui a souhaitéqu'elle
se fist. On ne defeend jamais la
Chasse de Sainte Geneviève que
pour des besoins prenans, & commeon
avoir eu de la pluye si-tost
qu'on l'eut découverte, & que les
biens de la rerre estoient devenus
fort beaux, on peut dire que cette
Procession ne s'est faire que pour
emercier Dieu des grâces qu'il a
bien voulu accorder par l'intercession
de la Sainte.
Je croyois vous donner dans
cette
cette lertre un détail de laprise des
êc des Forts de Senega 8C de Gorée; dont J'ay une Relation
gres-curieu(e
5
mais le temps & la
_tace qui me manquent, m'obligent laremettie jusqu'au mois pro- foaîn. Jesuis, Madame, vostre,
d Parts le 31. MtY jé$4.
quand on le defcenditpourUmettresur
les brancardi de la Litiere.,
&non pas dans la Litlere. On At; ditlaConjrairie de Florence,poun
la Confrairiedes Florentins, ej~
au lieu des Chevaliers de l'Ordn)
de Pisc, on a dû dire la Nobleffedk
lafaillefuisqu'il n'y a aucun Ort
dre de ChevalerieenToscane quv
feluy de S. Eflienne. On# aublii)
les Trabans dela Garde àpied, A
Page aiValigia^uiejtleprewïal
Page,Le Lance ipezzace )ql\1
font des Gardes à cheval,
Carro/Jes drapez de la Princeff\
On a aujjt -oublié de dire que A
Clergé de Piscportoit degrand
flambeaux de cire blanche àla
Venitienne; Connba rien ditdu
Chapitredel Duomoycejlàdirey
Je la Cathédrale.Ceux dont ce
ChapitreejlcomposétJont au nombre
de trois cens, &ils aboient
lousd,-sflambeaux de cire blanche.
Quand on aparle de la Couronne
Ducale, on a pretendu faire entendre
la Couronne des Grands
Ducs de Toscane, &non pas une
Impie Couronne Ducale. Par le
mot de ChaperonJ qui. a eslé mis
mparlant des Cuirassiers, on a
voulu dire l'Etendart de laCom. * lagnie. Le Dais futporté, non
eulement par les Gentilshommes
de la Chambre du Grand Duc,
&des Princes ses Fiîs, mais aujjt
par ceux des autres Princes desa
1 Maison. Les robes ordinaires des
Çenateurs, qui dans cette occafton
ejîoientdedrap noir,àcause qu'îls
ajjijloient à une Pompefunebre,
Jont de moirerouge. On n'apoint
ditqneplus de mille Gentilshommes
Florentins, tous vejlus de
deüil, accompagnerent le Corps,
portant desflambeauxde cire blanche
; ce quifaijoit unfort grand
Jpeêlacle. LesHuijJiers dont ona
parJé,cftoient Huijjiers du Conseil.
Onavoit dressé un Trone Cnon
pas un Priedieui au lieu où le
*' ï
Cardinal de Medicisfutconduit.
Pendant* la fonction à laquelle il
assista, çy qui dura jusques à deux
heures après m:dyytoute la Garde
a cheval3 en écharpes dedeuil,
demeura en bataillesur la Place.
Au lieu de Capuchon d'hermines,
il faut lire d*Armoisin. Le mot de
la Devijede la Princesse n'est pas
Odor in candore) mais Dos
incandore.


TABLE.
Analyse des faiffeoeuxp-rolifiques
du Limaçondejardin. 9J
Avanture tres-fnyiliere.JOJ
Autre très furptenante. jo6
Ce qui s'el; paffé a i'Acaderme le
jour de la reception de Mr Abbe
de Caumartin. 112
Service fait par l'ordre de Mrs de
rAcademiedeVillefranche. 131
TbefesfouienuêsàLyon. idem.
Sonnet pour la Médaillé du Roy,
proporee par Mrs de Academie
des Lanternifies de Toulonfe.ijf
Autre. 138
DiftoNrs fait à la louange du Roy,à
touverturedesjeuxFloraux. 14°
Ode. 141
JFîifloirc. 14S
Dttait de tout ce quissjl paffé touchant
l'Evesque de Lilge.. ce
qui a suivi cette élection*& ce
TABLE.
qui regarde sOrdreTeutonl.
que. 17-f
Article très- curieux touchant les
(uhjides d'ingleterre. 26f
Explication de la Lotterie d'Angleterre.'
274
Ce qui se{i paffé au Parlement à fégArd de Monsieur le Duc du
Maine & de Monsieur le Comte
de Toulouse
, avec les Declarations
de Henry IV.& du Roy.
28?
Vifocrendue à Monfteur le Duc
au Maine&à MonJieNrle Comte
de Toulous
, par ïAmbajfa- e
dcur de Vcnife.JDO
Mariages. 3°2
Etat de tEmpire de Maroc. 308
Paroles remarquahles, S* &ens
mots des Orientaux.//o
HipoircfecreitedeBourgogne.3/5
TABLE.
JLnxe des coeffures, yi7
Mons. 31S
Faujje mort. 322
Article des Enigmes. 323
Situation des affaires de tEurope.
3i<?
..A.vis pour placer les Figures-
La Medaille doit regarder h page
265.
L'Air doit regarder la page 318.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le