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Uu


A PARIS, --
ChezMIeHEL BRUNET,Grand'Sali
du Palais, au Mercure Galamo
N donnera toujours un Volume
nouveau du Mercure Galant le:
premier jour de chaque Mois,& on le;
vendra Trente fois relié en Veau &<"
Vingt cinq fols en Parchemin.
APARIS,
ChezG. DE LUYNE,auPalais»dan*
la Salle des Merciers, à la Justice.
T. GIRARD,au Palais,dansla Grandi
Salle, à l'Envie.
Et MICHEL BRUNET, Grand'SalIlJ
du Palais, au Mercure Galant.
M. DC. XCIV.
'^4vecPrivilège dn Roy.
o AVIS. Velques prieres qùon ait
mfaites juJfauatrefentdebien tertre Les noms de¿ Fam1 ille1 em- plo- y-e-z-.;-..
dans les Mémoires qiton envoye
tour ce Mercure,on ne laifje pas d'y
manquer toujours. Cela e-Ji cause
qiïilya de tempsentemps quelquesuns
de ces Memoires dont on ne se
>eut servir. On réitéré la mesme
'Jriere debienécrire ces noms, en
forte if")onnely puisse tromper. On
ie prend aucun argent pour les Menoires,
& l'on employera tous lei
'°ns Ouvrages à leur tour,pourvît,
juils ne defobligentpersonne, &
iutl riy ait rien de Jirelltieux. On
A V 1 S.
priefeulement ceux qui les envoyent
& sur tous ceux qui riécrivent qui
fsur faire employer leurs noms dan,
J'article des Enigmes,d'affranchi,
leurs Lettres de port, s'ils veulen
quonfaffe ce qu'ils demandent. Cef
fort peu de chose pourchaqueparti
culier
,
& le tout ensemble efi beau
coup pourun Libraire.
Le sieur Brunet qui debite pre
sentement le Mercure,rètably le.
choses de manitre quil est toûjour,
imprimé au commencement de chaque
mois. Ilavertit qu'à/'égardde
Envoi? quise font à la Campagne
il fera partir les paquets de ceux qu.
le chargeront de les envoyer avanl
que J'on commence a vendre icy h
Meicure. Comme ces paquetsferon
plusieurs jours en chemin,Paris nI
laissera pus davoirIt Mercuil
AVIS.
long-temps avant quilfoit arrivé
dans les Villes éloignées, mais aufli
les Villcs ne le recevront pasJîtard
qu'ellesfat(oient auparavant.Ceux
qui selefont envoyerfarleursAmis
fans en charger ledit Brunet, sex~
fofent à le recevoir toujours fort
tardpar deuxraiforts.Lapremiere,
parce que ces Amis riont pas foin de
levenir prendre (i-tbt qu'ilep imprime
,outre qu'ille fera toujours queL
ques jours avant qI/on en faffe le
débit
;
&l'dutre
, que ne £envoyant
quaprès qutls l'ont leu, eux &quelques
autres à qui ils lepre/ient, ils
rejettent la faute du retardement
sur le Libraire, en disant que la
vente rien a commence que fort
avant dans le mois. On évitera ce
retardementpar la voye dudit Sieur
Brunei, fuis quilse charge defaire
A V IS.
lespaqaetsluy-mesme & de lesfaire
p-orter à la poste ou aux MejJagers
fans nul interess, tant pour les Particuliers
que four les Libraires de
Province ,qui luy auront donné leur
adresse.Ilfera la me[me chosegene.
ralement de toiut les Livres nouveaux
qu'on luy demandera, foit
quil les débité ,ou qu'ils appartiennent
à d'autres Libraires, fans en
prendte pour cela davantage quele
prix fixé par les Libraires quiles
vendront. Qutind il se rencontrera
qu'on demandera cet Livres klafin
du mois) on lesjoindra au Mercure.;,
afin de n'en faire qu'un mesme pa->
quet. Toutcela fera eXtcute avec:
une exactitude dont on aura liem
defirg cwtent*.
JT*EST une choie quon
ne sçauroit aflez admirer
, que depuis
l'ouverture de la Guerre que
le Roy soutient aujourd'huy
contre toute l'Europe, en
faveur de la Religion, il ne
s'est palfé aucune Campagne:
lans que ce Prince ait pris
des Places considerables à
ses Ennemis^ & gagné desBatailles.
Cette reflexion a don.
né lieu à Mr Roubin,de
l'Academie Royale d'Arles
d'adresser à Sa Majesté le Ma.
drigal que vous allez lire.
c AU ROY. Esi trop v2?f,Ydefang sur L
teru d' fut l'onde
, --. Pour ton propre interefi tu le dot,
épargner.
Grand Roy, sur qui veux.ti
regner1,
Si ton bras dépeuplé U mgnac si
Ces Ligueurs que ta gloire a rendus
si jaloux
N'ont que trop ressentitéclat de Ion
courroux N'achevepiU, de les dttruÍre.
Stit est vray que le Ciel qui benit
tes projets,
De ce vafie Vnivers te reserve
l'empire,
Perdre tes ennemis) cest perdre les
Sujets.
Toutce que je vous ay envoyé
deM'Verduc le jeune,
s'etftrouvé rempli de choses
si curieuses, & vous m'avez
rémoigné en estre si satisfaite,
que je ne puis croire
que vous ne lisiez l'Ouvrage
iuivant avec le mesmeplaisir
l
que vous avez fait les au
tres.
999929~2',E
EXPLICATION
Des principaux Meceores.
ParM'Vcrduc le jeune.
De la Nature des Corps
terrestres. LEAu est un corps liquide
composée deplusieurs partit
longuesy unies &giflantes,ron
des &pliantes comme de petifit
cordes, environnées tout aienton
de la matiere jubule, qui Û
plie&meut Jeparement lune at
l'autre.
La Glace ejlun corps dur, compose
des petites parties de feauJ
qui s'arrtftent confusément les
unes contre lesautres3Àcaufeque
la matièrefuktilc
-
qui lestouche-,
estant beaucoup moins agitée&
plus subtile qu'à l'ordinaire, nA
pas la force
de
les fipArer
, ny
fnefme^jfi 4 lesplier, et qui
fait quellessi jÑgntnt& sen.
tre/affin: eltfemble, pouvant
néanmoins fortaisément eftrtJeparées,
a cause que noyantpoint
de branches, & estant aujjifort
glijfmtes
)
elles peuvent côtdcr
&sidémêler l'une de l'autre>
la mesme maniéré que plujie
anguilles jointes & entrelaji
ensemble venant àse remuer.
separent les unes des autres.
La Terre, les Métaux
3 pierres
,
le bois) &genrralemt
tous les corps durs,fontcomJ
fez de plusieurs parties de diVi
se grcjfeur & figure, quicc
'l.Jiennent toutes enM qu'elles si
inégales, e comme éparses
plujieurs branches qui se lient
'Vec celles des autres. Exemp
Le Boisn'ejlqu'uncomposé;
plusieurs partiesbranchué's
inégales, liées ensemble de mejç.
que les branches des arbrisseaux
qui croijjent dans une baye. Il en
efl ainsi de la terre,& de tous
les autres corps durs. Toute la
différence quonyremarque vient
de la diversitéquise trouve dans
la grâïeur.,lafigure.,lafolidité.
le mouvement & l'arrangement
de leurs parties.
LHuile est un corps liquide
compose de petites branches, qui
ne s'entrelajjent que fort peu en*
fcmble yfans se lier comme celles
qui composent le bois3& les au.
tres corps durs3 à cause que leurs
rameaux font si delieque la
matièresubtile qui efl en grande
quantité dansleurs pores, les pli
aisément dusens qu'il faut pou
les mouvoir separémentïun d'
l'autre.
LïAir efl un corps rare,liquidé
& transparent) compose depetin
rameauxsidélieque lam^fien
subtile a toujours ajje% defora
pour les mouvoirseparément tU}
de l'autre, &quifontaujjï avii
cela si courts, qu'ils nefiauroicm
s'entrelajjcrenjembleycommeson
les petites branches dbulle.-
Le Sel est un corps fort fixa
composé de parties longues Ëj
unies>quifont rondes comme t) petitscylindresfigrojfcs,m
la matièresubtile qui pliecelles de leau, ne sçauroit les plier,ny
mesme les agiterfans l'entrernift
de ces plus petites qui composent
les eaux douces: d'oà"vient que
lors que ces plusgrossesfontfeules
, elles s'arrangent plusieurs
ensemble en certainsens, &forment
depetits corps cubiques, qui
- font autant de grains defil.
Les Vapeurs font de petites
parties d'eaujiforr agitées, qu'au
lieu dese plier&s'entortiller ensèmble)
comme elles font lors qu'-
ellescomposentl'eauyelless'étendent
de tôute leur longueur,tournant
enrondfort promptementde
tous cojte%3 en forte que chacune
chasse d'autour defoj
3
celles qui
tendent en la pÙitesPhere quelle
décrit.
LesExbalaifonsfont depetites
parties que Idchaleurfait fortt'r
descorps quifontgrashuileux.&
sulphureux
,
lefquelleseflant en.
fuite fort agitées par la matière
subtile, tournojent & voltigent
en l'air de tous coflez,se chas
fant toutes les unes les autres, ce
qui leurfait occuper beaucoup d'ef
pace. Par exemple, lors quon
expoft une phiolepleine d'cfprit de
viny ou d'Eau de vie, à la chao
leur du Soleil) il efl certain qu'il
stertélevé- plusieurs partie; que airemporteendifferensendroits*
De mejme, quand on met boiïih
lirde l'huilesur lefeuJa chaleur
de ce feu échauffant les ptfrtie!r
m faitfortir plusieurs avec tant
le vîtejje
3
cpt elles font élever'
huileparbouillonsy &ce/outres
fortes de parties quart doit
proprement nommer des exhalaisons
j afin de-les dijhnguerdes<v&-
*eurs.
11japtrmettre au nombre def
xboelaifons les (tl, volatils, dont
is pariies ne montentguetesenair}
quenvtloptesdr? petites*
tranches*CL-,
UEfprit de fil efl composé de
parties plates pliantesspointuës&
tranchantes par les deux Agitées Côtez à phées par la matiere
Jubtile qui efl dans leurspores
j&
Jemblables AUX üides dr la plante füiUes de plante
qu on nomrne Flambe ou Glayeul.
Remarque^ en passant que la
pluspart desliqueurs que lesCbymisses
appellent dis Sels volatiles,
font composées départiespliantes,
pointues ee tranchantes, mais
diverfemcnt figurées ,felon Li difsérence
des fels d'où ell. sse tirent.
Ily a encore de plus aremarquer
que ces parties doivent efïrefns
iranithes
>
à cause que les parues
desfels rien ayant point, ce
eflant aufiffort grosses &fort
dures, eiles peuvent mieux s applatirqmsedivtfer
en b>anches9
de mefmt qunfte verge de fer
7 qu'on bat surlenclume à grands
coups de marteau, se change en
lamet au heu qu'enfrapantsur un
seiond&fttry ilse divifv en plusieurs
fîlrs;.coerles partiesdesfels
ne ebangnr leurs figurer que lors
quellesfontagitée* par uneviolente
cb\kuP qui lesfait heurter
les unescdn'rt tcsittitres.
Le Fentautreebostque»
la ddar.uËoY! des vapeurs, Ufquelles
tardant*aoccuperun efpact
beaucoup plusgrand que celuj me
elles [e trouventrcfferiées,pajjenr
du lieu où elles font dans ce'uyoù
il leur esl plus aisé de continuer
leurmouvementpouffant devant
Joy tour l'air qui est en leur cheminles
exhalatfonsquiyfont
mêlées.
LesNuesJeforment lors que
les partiesdesvapeurss entretouchent}&
que l'a.:r froid qui les
environne empêche leurseparationt
ce qui fait qu'elles campofent
de petites. gouttes d'eau,oubien
des parcelles de glace:
Les gouttes d'eau (e forment
lors que lamaticrcfabule qui efî
amourd'unevapeur, Payantpat
*j]e7£ de force pour laijfertoutes/
fei- parties étendues enligne droite
en a encore ajfe% pour faire que
routes cellesqui se rencontrent,se
joignent &soeccumul.ntenfem>
ble en une boule.
Pour les Nuescomposées de
parcelles deglace-,eUes se formnt'
lers que lairok eUes font estfr
froid, que les partiesde Uvapeur
qut sentretouchent ne pouvant•
efire pltéesparlamatierefubûle>
demeur nt jointes ensemble les?
m s contre les mitres ; & sile
froidqui lesgele les rencontre, lors-.
lu'eure ont encorelaformç d-snevapeur
ellesse joignent en long,
& composent de grands filets de
glacefort deliez ; mats sil survient
au moment qu'elles commencent
à Je plier & se joindre
plusieurscnjcmbleillesgele avant
quelles s'unfjent aJJe{ étroitement
pour composer des gouttes
deau. dinfi tUn•forme de petits
noeuds degacey qui font velus
&couverts depetits petis, à caufr
que les parties de la vapeur qui
ne seplient pM au(fi* tofl que les
Autresy demeurent jointes toutes
droites
,
£r ces petifs noeuds
de glate doivent ejlrefortlégers;
car les poils qui les couvrent Us
soutiennent,&aident en quelque
façon àlesfaire monter plus haut,
de la mesme forte qrlzl arrive aux
fleurs des chardons, que le vent
enleve fort haut, & emporte
quelquefois dans les Pilles
,

elles f rvent de jouer aux Enfms
qui les nomment des Barbes À
Dieu
Eilfin, si le froid nefltrvient
qu'après qu'elles ont fome des
gouttes d'eau,illes gelc en les
laifjjint toutesronde*, au moins tiln'efipoint accompagnédevent,
qui les rende unpeu plates du cojlé
qu il les rencontrt.
La Nttge est un wnM de plu*,
fleurs petits pelotons de glace"
jointsensembley gr hstasoufloccons
qui nfultcnt delajjernblagc
de plusieurspetitsnoeuds de glace
se rencontrant plusieursensèmble,
deviennentajjt^pefanspourtomber
jufquà terre quand l'airpar
où ils pajjmt efl trop froid pour
lesfondre.
La P!uyeJeforme lors que les
floccons de neigt rencontrentun air
chaud qui les fond en goûtt s.
d'eaui car il est certain que plus
ils approchentde la terre-
5
&plup-
Pair quilsy t-ouvent-efl- chaud r & il l efl rre/que toujours ajje^,
mifme c»bivtr, peur lesfondre
ér?
en faire de la pluye.
Pour le's nues composées de
outtesd'eau, elles se changent
n pluye, lorsque leurs gouttes
rencontrent plufieurî ensemble,
groffeent-, & deviennent af.
î3£-pejantes pour vaincrela rc-
¡tance de l'air.
La Gresle ejlcomposée deboutes
à*eau
,
gelées par un vent
roid qui aceompagne le plusfouvent
lesfortespluyes. Si lesgrains
le gresle font blancscomme du
rucre, cestune marque que levent
froid survient avant que lesfioccons
de neigesesoient affè\fondus
vourcompojerdes gouttesdeau.
-
Les BrouilUrs font comporez,
comme lesnues, de gouttes leau,
ou bien des parties de la "vapeur
que l'air froid qui est autour de
la terre. Tçele & arrête les unes
auprès des autres.
Les 'Brouillars compost'{ de
gouttes d'eau venant à s'abaisser
forment la rosée. Il faut remar~
quer quece qui les faitainji descendre
,eflou /'airdede(jousqui se
condense,ou les vents quifurvenant
aux lieux où ils font, les
abattent3 &fontdefctndre en
rosée.
La plus blanche seforme lors
que les parties de la vapeur si.
gelent à mesure quellesapprochent
de la terre. La gelée blancbe
, ou
le[rimat qu'on remarque l'hiver
au haut des puits, Je forme
encore des vapeurs qui en fortenty
- car l'airfroid qui lesentoureJes
gele à mesure qu'elks s élevent de
l'eau du puits.
Le Serein est compose d'exbxsaisons
subtiles & pénétrantes,
lesquellesfont un peu plus grosfîeresque
les vapeurs,nes'élevent
qu'aux Pays chauds, & aux
beaux jours, puis ensuite retombent
aujJi-tost que la chaleur du
Soleil efl pafée, & que 1 air où
ellesfontse refroidit.
La Manne,& les autresfuel
qui dépendent de l'airpendant la
nuit, se composent d'exhalaisons
que lachaleurditSoleilfait ordinairement
sortir de ces plantes
balsamiques C odoriferantes qui
contiennent un suc épais, 'Vif
queux&gluantcomme le miel;
cestpourquoy il ne s'en forme que
dans les Payschauds, comme la
Taiefine}l'Arabie,l'Egypte, la
Calabre, & d,autres, où ily a
quantité de ces fortes deplantes.
Les Tempefles que les Mate.
lots nomment des Travadas,&
qu'ils appréhendent tant dans
leurs grands Voyages,principaUment
un peu au delà du Cap de
Bonne Esperance
,
sefont par la
chute d'unegrande nue épaijFeCfort
pejanteylaquelle descendant
deforthaut& trèsvite^chaffc
avec vttejjel'air& les exhalaifons
quifont au défions,lefqutlles
s'embrajant parcett. violenteagitation,
viennent enfins'attacher
aux cordes &aux mats des Naviresy
lorsque la nue acbeve de
defeendrey&compofnt cesfejtx
n&mm,e;C de S. He/me, ouautre*
ment Castor & Pollux, quand
ily en a deux.
LesArdans, ou Feux foietfr
siforment par le mélangé de deux
dinjerfes exhalaisons) dont l'une
efi composée des parties desfels
'volatiles, çjr l'autre de celles des
butles ou du soufre; car les Jels
volatilesefiant fort penetrans,
entrent aisément dans les pores
de celle qui efifulphureufe, en
separant les lurticsf & les aglJ
tant fort promtement, cequi efi
cauje qu'ellcs s'cnflamcnt.
Les flarr,esquon voit sur les
cheveux des EnfAns, sur le crin
des chevaux, &aux pointes des
piques des SoUUts3feforment encore
demefmc aueles drdans' ex- jJi ceptéqueles cxhalaijôns dont el/es
seçomposentfont quelquepeuplus
grojjîeies; ceflpourquoyelles s'attach,
nt aux corps qui ont Jur
leur fuptrfcie quelque matière
graffe (7 huileusè; dou uienr
quelles s'arrestent fort fouventy
comme nous 'venons dedire,aux
cheveux des EnjFrulS! au crin des
chevaux3 & aux pointes des
piques qu'on a fretces d'huilepour
les nettoyer.
Les Etoiles errantes fontdes
exbalaifbns fubttles quijont AH
haut de l'air, lesquellesoccupant
quelque étendueenlongueur, senflamment
successivement l'une ad
prés l'autre, en forte quon leï
prendrait pour des Etoiles que
tombentduCiehCîiij
- Le Tonnerre ejl le bruit que
fait une nue qui tombe sur une
autre, quiest audejjousd'elle. Par
fxemple, lors qu'ilJe trouve un
airplus chaud autour d'une nue
juperieure,quautour dune insérieure
,
il cJf évident que la chaleur
de cet air la peut condenser
&tappefanrir peu à peu,enforte
que les plushautesdesespartiescommençant
les prtmicres a descendre,
en entraîneront d'autresf
l&fquelles tomberontsur l inferieurey
&chajjantlairavec L,îteffè
produiront ce grand bruit qui
s'appelle le Tonnerre.
L'Eclairest la famé qui
'Ort des exhalaisons qui sembrarent
entre deux nues, dont lune
tombeJurl'autre.
Les Tourbillons & la foudre
re forment) lors que la nuëJuperteure
tombe toute entierey &
fort ttlÍte sur linférieure; car il
Càut remarquer que les extremi--
f,e^ doivent s'abaeer plus vîte
que lemilieuy à cauje que l'airqui 1 1 a qui
il au dejjousayant moins de
,heniln à faire
,
leur cede plu*
aisément & qu'ainsi venant à
toucher la nue inferi«eplusvite
que le milieu, il s'enferme beaucoupd'air
entre deux3 lequel
tjlant chaPé avec vîttffe par le
milieu de la nuëfuperieurc, qui
lcontinue à descendre, doit rompre inférieure3&aprèslavoir rompue3
il defeend avec tant de vîteffevers
la terre, que larefiflance
de l'air l'oblige à rournoyer.
Les effets de la foudre fonty
par exemple, de raser le poilfans
nuire au corps, de rompre les os
fans endommager les chairs,e
de fondre Npéefansgâter lefottseau.
Lors que la famé de lafoudre
ejl legere &0ubtile, eUe ne ffauroit
guere s'arrefler qu'aux corps
fief, ttife':{ a brûler, commefont
les habits "les cheveux
>
la barbe»
rjrLe poil desparties naturelles.
e/11ais si parmy ces exhalaions,
ily en a defortsubtiles&
entrantessemblablesaux esprits
orrojifs
}
la foudre rencontrant
neepeepourrabien lafondrefans
oucberaufourreautà caufequéwt
d'une matieremolle&obeis.
tntej ilcederaàson ejforty &
e mesmerompre les os fansenommager
les chairs, s'il arrive
rielle: tombe sur le corps d'un
omme ou d'une beste.
LecélébréAi1Robault ditque
feule agitation de Pair dontse
mpoje le bruit effroyable dit
1onnerreppeut
rompre les oscfcun
homme fans rien toucher aux
chairs. En effets "si la-violence
desvents ejlquelquefois aJJe'{;
grande pour rompre e déraci.
ner des arbres, pourquoy à plus
forte raison, la grande agitation
de l'air feul qui compose le
bruit du Tonnerre
, ne pourra-
,.elle pas rompre les os dun homme
3
fans toutefois toucher aux
chairs, à cause queflantfoupies
& molles, elles plierontfansse
rompre.
L'arc- en Ciel paroiss lors que
le Soleil àson lever ou àson coucher
,envoyeses rayons dans les
gouttes de pluye, où la lumière
fiant différemmentrompue &
ejïcchie3ilsjformecette grande
iverjité de couleurs que nousy
emarquons,
Voicy un Ouvrage noureau
de Mrde Vin. Vous conîoiflfez
son heureux talent
)our la Poësie, & je croirois
uy faire tort, ainsi.qu'àvoire
difcernemenc, sije vous
lifois rien de plus pour vous
?réparer àfaire une agréable
e&ure.
LE VIN DE BRIE.
T j4bbè •.
efloit de ceux
Dont Dieu dit autrefois, Faites
ce qutls vous dl/ent,
Et des choses qutls font 6. qui
vous jcandulifent
Fuyez, J'exemple dangereux.
Asesallionsprèsfort talent Ordtoire
Dont il tiroit beaucoup de gloire,
D'auditeursaffamez^de'sesdoHes
Sermons
Remplz/solt chaque jour l'Eglise
toute enllere,
JEt s'il touchoit les coeurs, sa brillante
manière
Charmoit également & Icunes &
Barbons.
Surce queparla voix publique
En fceutent les Marchands de
Vin,
De leur part leurs JUTezallerenl
un matin
Le charger du Panegyrique
De leur Patron,Saint NIcolas,
Et l'obligeant Abbé ne les refusa
pas.
Ce jour qu'avec impatience
ils attentioient, venu, ce grand
Predicateur
Voitde(on premier pointapplaudir
l*Eloquence,
Et pour le fécond iAuditeur
S'impose
,
après un bruit flatteur,
rn avide & nouveausilence;
Mais l'Abbc qui toujours des
mJxlions du Fin
- Fut l'Ennemy le plus chagrin,
En fit une si vive & si forte Sdtire,
Que
3
toutmordantquefut le Juvenal
Romain, il n'auroit pu jamais écrire
TDlltce qu'à celuy-cy la colere jît
dire,
La Chaux, la Celle de Poisson,
Le Sel, la Fiente de Pigeon, LeVerjusitoutcela répandu sur
son fiili
yn feuquil crût en vain Ivy devoir
efire utile,
Et des maux endsrez,le triste fouvenir
Surces foifonsluy fit vomir
Toute la fureurdesa Bile.
Comme l'on avoit crû du Saint
Entendre uniquement le beau Pantgyrique,
yfieJtvehemente&sichaudecru
tique
DJplÛI À$Affdùem qui se vif
trop bien peint,
Ht quipourtarîtkSôràiïïaiff
£nessuya les trait* [ans dessein der nel
Cependant de la Chaire attffitefî
quilfaftpt\
Ces lntti., cachant leurdèpist
2?'enUièererpp poesMoins- sa afitpieufeEloquence,,
.lt ne lai(ferait par dTaff&r far
bïevtfcanor
Zapayer dès le fandeffîafa
De dcvzgMoMcifret de Vin- [£'Abbé qui l;¡'pf.úJ!r: que nomdonnr
hffaiie
jïitiïoit à voûter ïa dôttcettr
JEp qui crut que ce yin.devait
eftre• admirable
, *
Se mit à son afpecl d'une Ji"belle
humeur,
Que,dès ce mesme jour k dîner il
convie
De quatre bons Vivans l'aimabh
compagnie.
Zes Conviez. venus ,ahise récria~
t-on>
Ces Bouteilles, Abbé) valentbien
ton Sermon.
Quelles font grandes! elles tien-
,. nent Tinte &,chopine, dit l'un d'eux)
JEt de la.part qu'elles te viennent
Qui doute que le Vin n'en (oitde- -
haeux l
lVfdÎJ voyons, tâtons-en-Aces
mots Belle brune,
Ses Gmtnds ôtez,en dècoêffeuner
Ht vtrft0.ahlabelle couleur
$'defi".t'-il? hom, cetteedeur
Ibetruit de fil bonté le premier tè*
rttoignage
) Et fen tire un méchant prèsage,
Mais goûtons. Ahquelleacreté !
Qtielgoût plat! quelledureté !
Tu railles, dit l'Abbé,non,jeme
d/onrie an Diable,
jene raillepc^t ;,fy, jamafà
A-t'ônbu Vin plus detefiable
Et Montteùii enpext-ÏÎ donner ci?
plus mauvais ?
27on,morbleuy sipourtant*tw n?
Èien,Izigesentomencroire,
a,:-- - Tien, j1ige'J £7îto^-mbrne0Ah!Raccord5
queldéboire!
Reprit l'Abbè\tïtle disbien,
«ZUT* foy>ce Vin-lanevaut rien, en fuis farprs$,j- prisc
J&anylelircfcntauon men a niII
Cette Bouteille enfin a peut-tjhf
esié mi(e,
Et je gagerais bien qùunGardon
maladroit--
Voyons, interrompit Gregoirer
Si cesi une beveiiey & et qu'onen
doit croire;
Nous tapprendrons par ceïle-cy
On en gouste ,6 cettefécondc
Pareille 4 la premierc, étonnant
tout le monde,
Fit craindrepour le refit, & crier
i encor fy.
De la troisïèmeOrgon paffe à la
quatrièmey
Et quand on vit que la sixicme
liftoit toujours du même vin,
,ZAbh* qui ne crut pas quofo
teuftfait à, dessein
Manda l'un des, larer,.- Sans
do%t&
De chezmoy)+ dit-il"M()fIjîeur,
Il faut que ce Vin par erreur
Contre votre ordre ait fris If
router
Car,méchant comme il ejî> fwtons'imaginer
Que vous ayez, pour moy voulu le
deftinerl
C'efi ce que j'durois peine a
croire ;
Goûtes^le*iVo»,Monfeur,répondit
ce Juré,
C'estmoy-mème qui tay tiréS
Onnesejlpointmépris vous
en pouvez, froire
Avec autant de seuretè
Que si d'un bon Bourgeois- ï¡',a»v.ie^ h' vous acheté*
7 t. Vousny trouverez^,jsvowjure,
NI Chauxyny Ç'die de Pol
{'"y
Àinsirien craignez^rien5 il efl de
la façon
Qjienfin
, pour eflre bû,veut qùd
0 foit la Nature3
Et quoy que peut-efire un pee
plat,
Comme il cft le meilleur que pro~
duifelaBrie,
On a crû ce matin dans nofire compagnie
Que, vous en feriez plus £estas:
Quedes grands Vins qùon faififie.
'Ah l ma foy, j'icria7epu
Te voila bienpaye deta folleSatire.
Tutriompbois hier, aujourà"huy9
qu'endis.tu?
'D'line telle risposte as-tu sujet de
rire?
Cependant si tu veux que nous
7$fiions icy
)
Monne-nous promptement du vin
quon puisse boire,
Et par un delicat Tejjy
Fais nous, crois moy, de celuy-cy
Oublier la plaifante* Histoire.
L%Abbe confus, &toutbonteurx
En envoya quérir à trente fous lapinle)
Et par là chèrement sceut détourner
l'atteinte
Des brocards eternelsquil eNftcf
fuyez^d'eux.
Ce ftlt en vain pourtant quil en
fit la dépensè)
Par ces Jurer,,.bien-tofl on faut
Et son Sermon & leur vangeance
5 Et depuis ce temps-là ce pauvre
Abbe ne put
Entendre parler de la Brie
2,4e ,sensible klarailler
ia rougeur sur son front avffi~tû$
ne parN-Itt
On a appris de suirrè que
Madame JaDuehefle de Nev
mours a pris possession de sa."
Souveraineté de Neufchastel
en Suisse,que les Sujets de
ceCornté ont esté au devant
d'elle, & qu'ils tuy ont saic
une Entrée considerable, 8c
témoigné beaucoup d'affection.
Le Comté. de Neuf.
chastel est une Souveraineté
herediraire &indivifîblc.Les
Filles n'y succedent qu'au cleo
faut des Masles , & c'est par
'- - - - k>
la mort deMrleDuc de Lon-^
guevilie
,
arrivée depuisfortpeu
de temps, que Madame
la Duchcffe de Nemours y
est appellée. Ilest situé entre
la Franche-Comté
,
le Canton
de Berne, & les Lacs de
Neufchastel & de Bienne.
L'étendue en est petite) mais
le Pays est extrêmement fertile,
& très- peuplé. Le Prince
jure à son avenement qu'il
conservera inviolablemenc
les Us & Coutumes du Pays,
tant é,crites que non e1cnreSj
& apre's ce ferment il est obligé
d'en demander l'invertiturc
aux Etats. Cette SouverainetéconfifteauxChaftellenies
de Thielle,du Landeron,
& du Boudry
,
& aux Mairies
deNcufchaftel & de Rochefort.
Neufchastelest une petiteVille
située sur les bords
d'un Lac du mesme nom.
Elle est à huit lieues de Laufane
, & un peu moins de
Berne, & défendue par un
Chasteau baity sur le haut
d'une colline. Le Comté de
Valangin releve de celuy de
Neufchastel, quiestalliédes
Cantons de Berne, Lucerne,
Fribourg, Ôc Soleure) & depuis
Fart 1*406. ilyaunTraité
deCombourgeoifie entre, les
Comtesde.Neufchastel ôc le
Canton deBerne, par lequel
ccs Comtes oncfournis à l'arbitrage
du Conseil de Berne
tes dftEeTendsquipourroient
£trrje«3Rentreeux&les Bourgtwit
çJïrNeûfbhaftel. LaJu-
(lier [ùpr.ûWoe du PayseitreprefcitcéÈ
par les trois £tats
-
qui jugent fODveraigt'Ínenc
toutefc lcs Causes dés fonds
fans dittinâton.ils fonccomposez
de douze Juges attachez
au Prince par leurs
Charges3& par des sermens
particuliers. Il y en a quatre
pour laNoblesse,quatre pour
les Officiers, & quatre pour
le Tiers Etat. Leur pouvoir
estoit autrefois limité
, en
forte que l'on pouvoir appellerde
leurs Sentsncesaux
Audiences generales, mais il
est devenu absolu depuis la
suppression des Audiences,
qui estoient des Assemblées
generales
,
composées des
Nobles, des Officiers & Bourgeois.,
& des quatre Banncrets
, à peu prés semblables
aux Etats Generaux des autres
Pays, C'eftlà quefetraitoient
toutes les affaires qui
regardoient le bien du Pays,
Les.Loix&lesReglemens de
Police s'y faisoient, & on y
jugeoit les Procès en dernier
reflort.CesAssemblées n'avoient
aucune seance ordinaire..
Tousles Vassaux avoient
droit d'y affilier, &
la convocation s'en faifoic
au nom du Prince. Comme
elles ne se pouvoient affembler
qu'avec de grands frais,
&que defftiisle changement
de la Religion, les Nobles ne
vouloient pas que les quatre
Bannerets y affiftaffenten la
place des Chanoines,&que
le Peuple prérendoit le contraire
, on les lupprima en
1618. & par Tade de fuppref-
1ion il futarresté que le Prince
pourroit les assembler
pour faire des Loix; qu'elles
ne feroienc composées que
de ceux qu'il voud.roit y appeller,
& qu'à l'avenir les
Etats jugeroient souverainement
toute forte d'affaires*
ce qui a eilé depuis exaûement
obfcrve. 1
Les Comtes de Neufchafiel
font fort anciens, & on
trouve que Memphis pouedoit
cette Souveraineté en
815, SaPofterité dura jusques
à Loüis,Comte de Neufchaflel,
qui mourut en 1573.laisfant
deuxFilles. Isabelle, qui
estoit l'aînée, époufarRodolphe
, dernierComtedeNîdow,
qui (ilcceda au Comté
deNeufchaHel)à la reserve
de laCKTïïxTTenie du Landeroii.,
clu1eut en partage Va..
renneSoeur d'lfab{?lle,&dont
elle luyfit hommage.Conrad,
Comte dejribourg, Fils de
Varenne & d'Egon, Comte
de Fribourg, recueillit la succeiffoad'iiabellc
de Neuf- -
cliâihifà Tante, en 1395. & époufa
Marie duVergi.ll mourrluitt
en 11440077-. laifîaantIsabelle deFribourg
,
qui fut mariée à
Othon, Marquisd"r De ce mariage sortit Jean
d'Hoçberg,quie'poufa Marie
deChalon, dont n'ayant
pointeudVnfans, il infiirua
Rodolphe, Marquis d'Hocberg,
ion heritier, à coriclinon
qu'il porteroit les Armes
de ISlcufchaftel écarceces
avec les ficnnes. Rodolphe
d'-kioeb-erg époula Marguerite
deVienne, dont il eue
Philippe d'Hocberg
>
Marquis
de Rothelin, qui mourut
en 1503. laiflant de Marie
de Savoye sa Femme, Fille
d'Ame, dit le Bienheureux,
Duc de Savoye, & d'Yoland
de France,Jean d'H^cberg,
qui ayant épousé en 1504.
Louis d'Orléans, Duc de
Longueville, luy porta en dot
le Comte de Neufchastel.
Loiïis d'Orleans I. du nom,
jdefeendu du fameux Comte
dFeilsDunois Jean d'Orléans,
naturel de Loüis de
ijFrance, Duc djOrleans,
jAyeul du Roy LoUIs XII.
ffut Pere de'Louis d'Orlean«_ !
11. du nom, Duc de Longueuille,
qui de Marie de-Lorraine,
qui épousa en fécondés
Noces Jacques V. Roy dEcoffejeur
François d'O rleans,
&CharlottedOrl éans,ma.
riée à Philippe de Savoye,
Duc de Nemours. François
d'O rleans estant mort lans
enfans
,
Leonor d'Orléans,
Marquis de Rothelin, son
Coufin,luy succeda,& fut
Duc de Longueville. Alors
Jacques de Savoye, Duc de
Nemours
1
Fils de Philippe
de Savoye & de Charlotte
d'Orléans, prétendit devoir
herirer par moitié du Comté
de Neufchartel. Leonorconsentit
par un accord provifionel
qu'il fuit inverti de la
moitié, mais les Etats du Pays
naccorderent cette invertiture
qu'à condition qu'il n'y
auroit qu'un leul Chef &
Seigneur. Cette condition
n'ayant pas encore esté accomplie
en I5S7. les Etats firent
citer les Ducs de Lon.
gueville & de Nemours de..,
vant le Conseil de Berne,
pour les obliger d'execurer
la condition de l'invefiiture.
& comme ils. ne pouvoient
le conteftcr
,
le Comte de
Neufchastel demeura tout
entier à Leonor,Duc deLongueville,
qui épousa Marie
de Bourbon Duchesse d'Eftouteville
, & eut pour Fils
Henry d'Orléans I. du nom.
Celuy-cy se maria avec Catherine
de GonzagueCleves,
& fut Pere de Henry d'Orleans
II. du nom, quiepousa
en premieres Noces Loiiile
de Bourbon dont il a eu Marie
d'Orléans, Veuve de Henry
de Savoye Duc de Nemours
,& en fécondés Noces
Anne-Geneviève de Bour- -
bon, Soeur de feu Monsieur
le Prince. De ce dernier mariage
font forcis Jean-Louis
d'Orléans Duc de Longuevil.
le
,
& Claude de Parisd'Orleans
,Comte de SaintPaul&
Que de Longueville, depuis
la donation à luy faite par son
Frere aînétqui prit le nom
d'Abbé d'Orlean-s.Au moyen
de cette donation Mrde Longueville,
Comte de S..Paul,
a jouy de la Souverainetéde
Neufchastel,mais ayant esté
tué au passage du Rhin, il y
a eu reversion à l'aîné, par la
mort duquel Madame la Duchesse
de Nemours est entrée
en possessîon de cette Souveraineté.
Le 2J dumois pa(Tér
cette PrinceÍfe fit dire aux
rroisErats) qu'elleavoit choisi
M'du Monter pour Gouverneur
)
& que (on intention
tfftoit qu'ils luy obeissent en
tout ce qui) concefnerohte
pouvoir de sa Charge, cou-»
fermement au bien de i'Eftar*
commeestancrevêtu de fors
autorité;àquoy les trois-
Estats consentirent avec
beaucoup de refpett. Le
mesme jour^ixAmbafïadeurs
du Canton de Berne arrivé'
ent à la Ville, avec un cor-
:ége d'environ quarante peronnes,
tous tres-bien mon-
:ez. Le lendemain vingt-qua-
:re, Madame la Duchesse
Je Nemours leur donna AuiicncérEeChef
de l'Ambaffade
fit sa Harangue en Allemand:
Elle fut expliquée par
l'Interprete ordinaire,& cette
Princesse y répondit en trespeu
de mots, mais avec beaucoup
d'esprit &d'éloquence.
Enluite on alla dîner. Il y
avoit deux tables dressées
l'une d'environ douze , couverts
j
où Son AlteÍfe mançrca
t
avec les six Ambassadeurs,
Madame Manerbe, sa Dame
d'honneurj& Mr Monter
Gouverneur. ,
-
Son Altefle
eftoir au centre de la table,&
trois Ambassadeurs à sa droite,
distinguez par leur dignité
de Banneretj qui font les premiers
de la Ville. Les trois
autres diftihguez auili par
leur dignité& par leurmérité,
eftoiçnt à la gauche de cette
Princesse.L'autretableeltoic
d'environ trente couverts, les;
Gentilshommes de sAmbasfade,
& les Filles d'honneur'
de S. A. y mangerent, Ces ;
deux tables furent tres- bieu
serviesenpoisson.11yenavoit
de monstrueux. On y remarqua,
la propreté3 la delicatefle
& legoust,&onnepeut
rien voir de plus beau que
hit le fruit. Madame la Duchesse
de Nemours voulant
marquer son zele & son refpeét
pour le Roy, commença
en se levant par boire à la
lanté de ce Monarque &de
toute la Famille Royale, ce
qui se fie debout & chapeau
basa l'une & à l'autre table.
On but ensuite p lufieurs autres
santez,ce lles de S. A, des
Ambassadeurs, de Meiffeurs
de Berner des Cantons alliez.
Aprés le dîneron passa
dans la chambre de cette
Princesse,où l'on avoit préparé
du Caffé, du Thé& du
Chocolat, & chacun en prit
félon son goult. On fie une
conversation agreable qui
dura une heure & demie),
aprèsquoy les Ambassadeurs
furent reconduits dans le
mesme ordre qu'onavoitefté
les prendre, c'eû à dire, par
le Gouverneur, les Dames, ôc
les Gentilshommes jusques
aux Carofles de Son Altefle^
qui efioient attelez chacun
de six chevaux, dans l'un defquels
estoit MrdeChery3qui
les remenachezeux,accompagnez
de douze ou quinze
personnes de livrées en deuil.
Le Jeudyils partirent pour
«'enretourner témoignant
citre fore satisfaits de la réception
qu'on leur avoit faite,
Il vint aussi desAmbassadeursdes
autres Cantons, qui firent
leurs corrtplimens à Madame
la Ducheffc de Nemours.
LeVendredy fuivanr^
cette Princelïe fit assembler
le Conseil pour y traiter do:
fcs affaires» S ii
Je vous ay quelquefois
entendu dire que les Vers
irreguliers
,
appeliezautrement,
Vers libres,n'avoient
pas pour vous la mesme
beauté que vous trouvez
dans les Vers dont la cadence
eftégale, & mesuréecomme
font ceux que l'on employe
dans les Tragedies. Si
vous n'avez poinr changé de
sentiment, vous fçaurez bon
gré à celuy qui a fait l'Ouvrage
que vous allez lire.
SATYRE
contre les Vers irrcguliers. EN vain vous rtiaccufet^ d'un
paresseux silence,
le ne puis pour rimermefaire vialence;
Mu(è) vous en fcavez^[ans doute la
raison.
Dois-je aller à t'école en un âge
grifon
En petit voyageurfaypaffema jeuneffe,
£tne paflois pas loin des monts de
la Sflgtjfet
Zors quun vent
agite
par de gros
tourbillons
Vint répandre à m, espiedsplufieun
* de vos brouillons.
le les connus d'abord pour enfant
du Pamaffe
Je les amaffay tort*y,fenfis une liasse,
Qge je conferve encore avec beaucoup
de foin,
Meflatant quelque four de vous
suivre de loin.
le ne (fdJ quel inftinft frevenant
ma fru-dence,
Me fit de vos grands keri, eflime7
la cadence.
Je meformaysibien à cette,gravité,
Que les diminutifs font pour moy
fans beauté ;
Xe Féftnaffe a toujours garaé le
moindre fliî-e
Pour ce qriev gmtfal ta nomme
Vaudeville y
Mais on fatolÎjOtlrJ dît,vitreJexe
leger
lionne dvenè linconfiance
,
(£ se
plaifJà. changer,
Ne croyez^ pas pourtant quicy je
vous imite,
leveux efire confiant,jemenfais
un merite.
Toutes ces nOflvealllt( ne peuvent
maveugler,
2Vy monfoible poumon se laisser déregler.
Entre les Veis de choix que je lis
avec joye,
ïaytoujoursfou* les yeux ceux des
Héros de Troie.
Zà je voy cette grâce, & cestile
pompeux
Qu'on employe en parlant des hommes
belliqueux, [ rebuter
Toujours la majestè, fans quelle se
Honore ces beaux Vers, mefmejufquen
leur chuter
Et chacun d'euxmarchant dans un
richeappareil,
Faitafiez^voir quileftle neveu du
Soleil.
On riyfiuffre jamais la licence sa.
taie
Quiforme chaque Vers de cadence
inégale;
Et je croi qu'un fia/eu, an. Prince
dévoile, [ loué.
Sous un fitle si luù ne. l'a pas bien
Peut-estredirez-vous que legrandy
le jublime,
Ne doitqùaux seuls Héros la
beauté desa rime,
Que pour les grandi Seigneurs,
ceux des moindres rangs, Il faut avoir un (hLe & des vers
differens l
Quon doitpour bien louer regarder
la personne,
Voir
Voirsa vertu répondre à iencens
qu'on Huy donnej en conviens)maÎ4pourtant à tous
momens je voy
Hue de cemesme encens on encense le
Roy,
Et quon a pour objet de cet encens
vulgaire,
Xe plus auguste Roy que le Soleil
éclaire.
Jetais laissons, je le veux,ces magnifiques
Vers
Tour ceux qui font en droit de dompter
tVnivers, [encore
vous deve'{ eonvenir que noua avons
Des Vers plu4 mefure\que le cours
defAurore.
tsareux ne peuuon pas louer adroitement
pani quel'oreil1,l, e en ait aucun dcfagrèment
?
,
Jsfousavions>il eji vrayJillujlre des
Houl/ures,
Qui dans ce rude stile eut de douces
manières,
Et fans faire un faux plU dans ce
champ raboteux,
Sçeut donner de la grace à tout ses
Vers boiteux.
Je ne puis imiter son rare caractère,
Il m'apprendbeaucoup moins àparler
qu'à me taire,
lerien ay ny iejprit ny linclination,
Et vous moffrezjnvain vostreprotection.
Je trouve cependantcefie maniéré
aisee1,
On se laissè tomber où tombe laptn--
fée,
Et faus membaraffer de former le
repos,
Ce stile paresseux me viendroit à
propos.
-On ria jamais besoin de t'art du
doEle Eucltde
Pourtoifer ungrand Vers pour en•
remplir le vuide,
La Rethorique est vaineau Poëte
aujourahuy.
Vn mot, veul-ilrimer, qui se prefente
à luy
Fusi-ilmâle ou femellejlriimporte,
ille place,
ils font tous bien venus, & jamais
il rien cade;
Viennent ils pourrimerjufquà cinq
à lafois,
Pour les obliger tous il les met deux
& trois.[combatre
S'ilsviennent six ou huit,illesfera
SansreJpeEt des arrests3 trois à trois,
quatre à quatre.
Ainsi rien ne demeure> & les plus
malheureux
Rencontrentleurs pareils peurrimer
aveceux.
Cefiainsi qu'aujourdthuy par ce
commode flile
Cet Art laborieux efl devenufacile,
Et tel à peine feait jouer du vio-
Ion)
Qui croit bien imiter la Lyred'Apollon.
Ce talent autrefoissipeu connu des
hommes
J..¡'cft quunamusement dans leJîecle
où nous sommes.
D'abord qu'on (fait penser,
compter jusquà huit,
On peut dans ce bel Arttravailler
avec fruit,
Mdis cette llluflreexcelle, e je
pense, ma Mule,
Quelle peut effacer la célébré la
àue;
Et que fl'heroïque eufl animeson
coeur,
Et Racine
,
&Boileau[everroient
un vainqueur.
Dans tout ce quelle afait on ne voit
point de peine,
Et deson Cabinet coule une autre
Hippocrene.
Elle porte si bien tout ce quelle *
pensè,
Quetout est en sa place,&querien -
riesiforcé.
Je ne veux ptU icyfaire de paralelle,
Toute comparaison defobhge une htlie
Et , ce riest point à moy de juger des
Je cb
eftrits,
Jecherche feulement la douceur des
écrits.
Quand je relis encor ceux de cette
Comtesse,
Que senvoy la douceur) la force,
df la tendresse,
Mon oreille attentive excite son
deJif
, El ne se lasie point d'en goûter le
plaijïr-
Mon eftntd'autre part fans cessese
il contente , voit [am sennttÏe, prévenir Ion
attente , On n'a pas p/utoft leu quon veut re-
(omm/necr,
Et le plu* inquiet ne sçauroit J'en
lajer.
Llt fans avoir toujours tembaraffanteJtude.
De chercher la mesure avec inquiétude,
[ mesurè
On marche avec cadence & d un pa*
Fier de trouver par tout fin repos
ajJuré.
Mais du pile nouveau la cadence
incertaine
Pour l'oeil & pour l'oreille efi toû.
jours inhumaine,
La langue mesme en souffre, onfent
à tous momens
Quelle apeineà choisirses tons, ses
mouvfmens,
Qjie toujours variant danssa peine
ecrette,
Du tour quelle doit prendre elle
semble inquiété.
Ainsi bridant Pefjor de sa narration
Elle perd la,beauté deson expression.
Concluons-donc qu'enfin la nouvelle
methode
Est à nos beaux esprits un obfiacle
incommode,
Le bon mot, il est vray ,
tost ou tard
estplacé,
Maispour le trouver juste on efJembara/
fè. ilfaut bien sattacher au point, à
la virgule,
Pourposer sur ce mot qui desyeux
se recule.
On pense le trouver dans trois ou
quatre Vers,
'Mais on ria rien fans peine en ce
siecle pervers > Ilfaut bien quelquefois en lire douzg
ou treize,
Pour en rencontrerun qui chatouille
& qui plaise,
Et Foreille & les yeux toujours en
aïiion [ tention.
De ïefprit qui les meut lafjentïat-
Yn Lecteurparefîeux qui detefle la
peine
En trouve à retenirfanscefie[on ha.
leine,
Et se plaignant touj ours 011 du long ",
ouducourt,
Ennuyéun Auditeur que Page a rendusourd.
[ tiere coule,
Je veux enfaitde Pers que la ma-
Qu'ilssemblent tom formezjians un
unique moulej
l'ay ïoreillesensible, d***fuis(upforftr
Que mille contre-temps me la viennent
heurter.
Ces bien-heureux Bons-Mots font
pourtant d'ordinaire
Pour nos contusions un baume salutaire
5 Mais telferaguéri qui craint de retomber.
Et dans cette rechute a feur defuc*
comber.
Quelque habile quon joit dans ce
genre d'écrire
VnLeiïeurfatigué négligé denous
lire,
Il veut eflre à son aise en carosse
mene
Et non en bondissant en chariot
traîné.
j'adore le Sonnet> mais du choix de
larime
Dépend tout le bonheurHe la future
estime.
Prenezgardesurtout quilne sonne
fat faux,
On laisse ses beàutez^ pour chercher
ses défauts,
Et liquelquun rimoit, sienne avec
Capitaine
On diroit ce Poète est loin de la
Fontaine.
Mrle Chevalier d'Amanzé
efl: mort sur la fin du mois
pasle.IleltoitOfficier dans le
Regiment duRoy)& n'avoic
encore fait que sa premierc
Campagne C'estoit un jeune
homme parfaitement bien
fait de fâjsedonne,quiavoic
beaucoup'dj".cfrprit, & qui promettoit
par toutes fortes de
belles qualicez
,
de soutenir
glorieusement lesavantages
de sanaissance. Ilestoit fécond
Fils de Jacques d'A-^
:
manzé
,
Comte de Chauffais
autres lieux,&de Dame
; Marie-Anne Rolin sa Fem.
me. Je vous ay déja parlé
dans quelqu'une de mes Lettres
de la Maison d'Amanzé,
qui est une des plus anciennes
du Duché de Bourçogne
; ainli il me suffira de
vous faire souvenir qu'elle
a donné des C,'I-iers du
Saint Esprit, plunCTfrs Lieutenans
de Roy à la Bourgo- j
gne & au Maconnois ,
des
Chevaliers d'honneur au Parlement
de Dijon, des Colonels
& Officiers Généraux ;
dans les Armées du Roy, ôc
plusieurs Comtes en l'Eglisè
de Saint Jean de Lyon. Pour
ce quieitdeMeIaComtefle
deChaussais, Mere de celuy
dont je vousapprens la mort,
elleestFille de Jean Rolin,
Seigneur de Montoux & de
laPallu, & d'Anne Charreton,
Fille de Claude 11. du
nom,Seigneur de la Terriere
&autreslieux. Cette Maison
de Rolinestillustre. Elledef
cend de Nicolas Rolin, qui
eut tant de part aux bonnes
graces de Philippe leBon,
Duc de Bourgogne, qu'il le
fie son Chancelier,&qui fut
Pere entre autres de Jean Rolin,
Evesque de Chalons sur
Saône, puis dAucun, que le
Pape Nicolas V. fie Cardinaf
en 1448. & qui mourut dans
une grande vieillesse. La
Maison d'Amanzé ell encore
alliée decelles deS.George,
d'Albon S. Forgeux) de Damas,
dela Guiche, de Bur:
feüil,Fouldras, Rebbé,Thalaru,
& autres.*
Madame deStaffort, Pau
refle du Royaume d'Angleterre,
estant decedée en son
Hostel à Londres, Milord
Staffort, son Fils aîné & son
heritier, pénétré de dou leur,
damour& dereconnoilffancc
luy a fait faire dans l'Eglise
des Grands Augustins une
Chapelle ardente, tendue de
velours noiravecTes Armes,
& celles de Milord Stafforc
son Epoux. Elle estoit Pairesse
de naiÍfance, & Souveraine
deThorbung&Nennam,
qui font des Souverainetez
qui luy donnoient un rang
&des honneurs, qui ne font
accordez enAngleterre parmy
les personnes de la premiere
& delaplus haute qua- lité,qua elle feule.C'estoit
une Dame d'une vertu parfaite,
& d'une pieté extraor-

dinaire. Son esprit, sa bonté,
& Tes manières nobles & genereufès
l'ont fait aimer,admirer
& regreter de tous ceux
qui l'ont connue, ou qui ont
entendu parler d'elle. Du
temps deCrornvel
, on la regardoit
en Angleterre comme
une veritable Heroïne,ôc
comme la protectrice des
Catholiques, & de ceux qui
avoient pris le party de leur
legitime Souverain. Si on
vouloir parler de toutes les
aétions glorieuses & remarquables
de sa vie, ce feroit le
sujet d'un ouvrage entier,que
:eux qui travaillent àl'Hiftoi-
'e d'Angleterre ne manque-
'ont pas de laiflfer pour exemple
& pour moddle à toute
a posterité. Elie a laifle trois
Fils & trois Filles. Milord
Staffort,qui a choisi la France
depuis plusieurs années pour
(onsejour
, a succedé à ses
Souverainetez
, & a tous les
grands biens, à la reserve
d'une petite, partie, qu'elle
avoit donnée pendant là vie
à les autres Enfans. Elle eut
fous le reçue de Louis XIII.
les honneurs du Louvre, &
le Tabouret chez la Peine
Marie de Medicis, & dans
tous les Pays où elle a ede,
on l'a toujours distinguée par
le premier rang qu'on Iuy a
donné à causè de ion illultre
naiiïance,ôc de sa haute qualité,
qui estassez connue de
tout le monde, & qui d'ail.
leurs estoit accompagnée
d'un grand mérité. Il y a quelques
jour? qu'on dit àla Cour
d'Angleterre,que laMaison
de Norfolbc) de laquelle
estoit (on Mary,efi la Maiion
laplus ancienne & laplus
iIluestle de tout le Royaume
d'Angleterre. Le Roy qui
eftoic prt fcnr, & qui connoift
mieux touteschoses
que personne, eue la bonté
de dire en (a faveur, Nonja
Adaijon de Staffort cft beaucoup
plus grande&plusancienne;ce
qui eil autorisé par tous les
Historiens
,
qui ont fait la
Genealogie desMaisons illusires
de ceRoyaume.
Je vous envoyeune Lettre
de Surate, dont la ledture
ne peut quevous faire beaucoup
de plaisir. Les nouvelles
qu' ellecontient fontfeures
,
& envoyées icy à un
homme, qui a une parfaite
connoissance des affaires étrangeres
,&qui par ses lu-
IniercsJCes emplois & ses foins
infatigables3 ne contribuë
pas peuà l'avancement de la
Religion Catholique dans les -
Indes, & dans tous les Pays
les plusreculez.
A Surate le 26. de Mars 1693. JE vous tiens parole, Monsieur,
& je vous écris regulièrement
par toutes les voyes lue
je trouve. L Escadre Françoifc
de lvir dAndenne ajettela terreur
dans les Indes; nos Ennemis
enfontdéconcertez.lenc les
aj jamais vus dans une' plus
grandeconifernation. Les deux
PrisesquenosVatjjeauxontfaitesdans
leur route,leuront donne
de la reputation dans ces Mers,
&les ont fait recevoir à Surate
avec de grands applaudissemens.
Ily a quelque temps que des
Cor/aires Européens courent ces
Mers; qu'ils prennent tous les
Vaisseaux Mores, &qu'ils desolent
& ruinent absolument le
commerce de cette ViUe, la plus
fameusedesIndes. Le Mogol qui
a un trcs grand interest à la confirvcr)
&à la rendreflorifante,
neJçacbant à quije prendre des
insultes qu'onfait à ses SUjftJ).1
défendu toute communication en
sesEtatsk toutes les Nations de
l'Europe. LesFrançoissi trouvèrent
enruelopc'{ dans cette déftnfe
comme les autres; mais le Mogol
ayant appris quils sejlolentrendus
mafïres d'un VaijJeau An- glois que ces Corfaires,qui
mfefient ces mtrs tfloicnt de Ict
mejmeNation
j a non feulement
levé la défnfequ'il avoit
faite aux François, de ne point
trafiquer danslès Etatstmais il
leur a mesmeécrit une Lettrefort
obligeante pour les remercierd'avoir
vangéfesSujets des insultes
qu'ils avoient receus. Ce Prince
est leplus riche&le plus puissant
de tous les Rois des Indes; tous
Jes voifms le craignent, & les
terribles exécutions quil a faites
dans les Royaumes de Bengale,
de Golconde, & de Visapour,
qu'il a conquis cm joints à ses
Etats, l'ont rendu redoutable
dans tout l'Orient. il faitpre-
Jentement la guerre au Fils dit
fameux SevagitJt célébré dans
les Indes, par le nouvel Etat qu'il
y a forme On apprehendoitquil
nenvahifl ce Royaume, mais ce
Prince marchantsur les tracesde
son Pere, se défend vaillamment,
trouvebeureufementaudeffus
deJesaffaires par ia levée du
SievedeGinn.
o c_> Je
vous avois mandé que le
Adogol ajjiegtoit cette Place avec
une puijjanteArmée} quece Sie-,
gé luy coûtait beaucoup
, & que
c~>
quoy qu'ilyait plus de deuxans,
qu'il attaquait cette Placea tinen
efloit guere plus avançé que le
db
premierjour;.Depuis ce temps là
la peste s'estmisê parmy ses Troupes5
&Yapif' un terrible ravage.
Les AfliegeZ se font jxrvis
de cette houreuje conjoncturepour
faire une furieuse (ortie,ils ont
Jurpris les AJjiegeans3& les ont
tous
oustailles en pieces,oudijjtpe^
'près s'eflre* rend1us maijires dJe~l<eu~r
Artillerie. Lafuiteduplus jeune
les Snfans du Mogolne luy cauja
>06 moins de chagrin que la levée
lu Siege de Gingi. Cejeune Priney
qui lIoit tendrement at'mê
lesonPere Jedéroba de l'armée
liivi de quelques uns des prin-
:tpauxOfficiersdesTroupes. Ilfe
nit À la tefle dun petit Corps9
yseretira d'aborddans lester.
mes de Sevagi Le Mogollyfuivit,
esans luy donner le temps
ie se reconnoistre,l'attaqua5 le
mt, le mit en prison. c- fit couper
la ttfie à tous ceux qui l'avoientfiuivi.
Les Portugais, dont le nom a
cflé sifameux dans les Indes, sy'
trouvent presèntement ajJe'{ cmbaraffi:(.
Leurs divisions augmentent
de jour en jour. Le Gouverneur
de Galiane
,
qui est une
Province du e,W,ogol,s'ejî jettl
sur les les Portugais de ïïajjim
,
où il afiait des degafls horribles,
pillant, brûlant & ravageant
tout le Pays.Von fiait monter
la perte qu'ils ontfaite a plus de
quatre millions, i,e, le nombre des
EJclaves qu'ils ont amenek àplus
de fipt ou huit mille Ce terrible
'avâgejointalaprifèdeCanaray
rU,i est le premier des Portugais,
es jette dans de grandes inquieudes.
Les Anglois &les Hollandois
lefont point icy dans la réputaionque
l'on s'imagine en Europe.
Leur commerctyeflprejqueruiné,
y la perte que leur causeïarrU
vee de lEfcadreFrançoije
,
les
ncommoc/cra long-temps. Nos
François font icy ce qu'ilsfont
far tout ailleurs, braves, intre.
ndes, gfnereux, & infiniment
C;le'{ pour l'honneur de leurNaion
& pour la gloire de leur
Prince..Vous en jugere^parune
petite aventure dont jevaisvous
faire part.
Les François receurent sur la
fin de l'année i6gz. des Lettres
d'HifPahan, de BagdattdeBaf
fora;de Tauris&d"Erivan, qui
marquoient que le Roy de France
s'ejloit rendu matjlre de Namur
àla veuê du Prince d'Orange,
qui en auoit ef/e le tranquille
fpeéîateur, quoy qu'ilfust à la
te(le de cent mille hommes. Ils
avoient d'abord de la peine ày
ajouter foy,parce qu'ils navoient
receu aucunes Lettres d'Europe,
qui leurapprirent cette agréable
nouvelle.Ils en attendaient la
confirmationpour en marquer leur
joje par des réjoiiijfances publiques
, & ils l'auroient attendue
tranquillement,siles Arméniens,
qui avoient receu lesmefmenouvelles3
riavoient répandu le bruit
de cette importante conquifle.
Les Anglais & les Hollandois
en furent conJlerneZ, & demeurerent
quelques jours dans un
morne fïLncc;mais quelques uns
d'entre eux ayant reccu des Lettres
qui marquoiem l'entière dé-
'faite de la Flore de France, crurent
qu il falloit s'en prévaloir,
&faire unefeste publique,pour
soutenir en 'quelque façon leur
crédit, que l'arrivée deïEfcadre
Françoise avoitfort diminué,&
pour persuader au Peuple que les
nouvelles des François cfloient
saufleS.
Les Hollandoisvoulurentcommencer
lafejle,&Je fgnaler les
premiers par unfpeflacle.Ilspréparerent
unpetIt Bastiment pour
le brûler avec le Pavillon Franfois
qu'ils prétendoienty arborer.
Les feuxd'artificeJe trouvèrent
prefls au jour marqué, le Vair
seau équipé, Ci le Pavillon
François arboré,pourinsulter la
Nationsur les Vaiffiaux brulez
À la Hogue. Les Hollandois s'af
fmblerent dans le jardin de la
,Compagnie, où ils avoient préparé
un grand repas. Tous les
*Amis sy rendirent, pour prendre
part à lajoye & au plaisirJ
& une joule infiniede peuple accourue
de toutes parts^fe trouva
sur le rivage) pour voir tirer le
feu d'artifice qui devoit bruler 0*
reduire en cendres le phantôme de
la Flore Françoje.i Les François
surpris du bruit que cette fesie
faisoit^eurent d'abord delapeinc
à retenir leur feu, & à moderer
leurvivacité; mais ilsriendurent
plus les maistres, quand ils ap.
ptrceurent le matin le Pavillon
de J^rance arboré sur le petit
Vaisseau.Ils crurent qu'ilyauoit
de lhonneurde la Nation de ne
passouffrir cet affront, &fans
considerer qu'ils nejloient que
'Vingt à vingt-cinq hommescon.
fieplus de soixante Hollandoisy
ils refolurcntdaller arracher le
Pavillon François de ce petit Ba
timent, d"enmettreun autre,&
de brûler le Vaisseau pour marque
de leur victoire.
Cependant pour ne rienfaire
contre les formes, ilsenvoyèrent
declarer au Gouverneur de la
Ville
>
qu'on ninfultoit pas impunement
les François, & que
*
s'il nempêchait les HoUandois de
faire outragea la Nation ils s'en'
feroienteuxmefmts justice, &
brùleroimt h Vaijjeau&la Loge
mesme desHoYandois. Apres cette
déclaration ilsJe mettentfous les
arrrtes,&vont en bon ordre au
jardin de la Compagnie Françoife,
qui est proche de celuy des
JHollandois,rejolus d'enlever
eux mesmes le Pavillon de Franccee
de vive ffo(rce,eSrd'insulter les
Hollandois, si dans un certain
temps qu'ils marquèrentauGon*
verneur, on ne leur donnoirpat
une entiere fatisfaélion. En at.
tendant la reponse du Gauver.;
neur, ilsJe retrancherenty&
dans la crainte que lesAnglois ne simifJent de la partie5ils chargèrentà
cartouche dix ou dou^e
pieces de Canon,qu'ils placèrent
dans des endroitspropres à faire
leur effet.Six des plusdéterminez
de la troupe se disposerent à
enlever le Pavillon5pendant que
les autres prenaientleursmejures
pour infuleer les Elollandois dans
leurjardinyen cas que lesfix premierstrouvaientdelà
résistance.
Le Gouverneur qui vit bien
qur cette affaire alloitmettre toute
la Ville en conjujton, envoya
ordreaux Hollandois d'oficr le
Pavillon de France. Ces e~/f~
feurs voulurentsoutenir lagageure,
C refuserentd'abord de
défereràJes ordres3mais le qouaierneurchoquéde
Uurrefiflance,
leur déclara qu'il ne s'oppoferoit
,.
point audejJein des François,&
qu'il les laïsseroit tous égorger.
Cette menace les rendit dociles
3 & leur fitperdre coeur. Ils oslerent
le Pavillon de France. Les
François contens de cette satis.
faélion, demeurerent le refle du
jour dans leur jardin, craignant
aqeuelesHollandoisnes*avifaffent
remettre le Pavillon. Ils si
remirentfuriefoirfouslesarmes,
& passerent deux à deux devant
le jardin des Hollandois,
tien rejoins dene lespas épargner,
& de faire motin bafjesur ceux
quiferoient ajje^ hardis pour les
injulter; maislesHollandois ne
songerent qu'à se bien baricader
chekeux, & laifièrent tranquillement
passer les François,
qui furent suivisd'une multitude,
infinie de peuple. Ils traverjerent
toute laVille en armes,£sr après
avoir fait une décharge générale
à la porte de la Loge Françoise,
& criéplusieurs fois, Vive le
Roy,chacunse retira che^foy
fort content de ce quivenoit deje
passèr.
Il efl certain que si les Hol.
landois les avoient infultecette
affaire eufleudefacheufesfuites;
car Dom Antonio Macbado?
Gouverneurdu Portpour la Couronne
de Portugal,&grandAmi
des François, Je disposoit à les
soutenir. Ce Seigneur Portugais,
sur le bruit qui se répandit de
l'insulte que les jF/ollandois fepré.
paroient de faire-aux François,
ramajjaauprès de luy cinquante
Chrefliens arme=\, & cent cin.
quante Arabes, Sujets du Roy de
Portugal, pour agirsuivant fis
ordres& ilsi tint prest à monter
à cheval au moindre mouvement
qu'on auroitfait. Comme il
navoitrien ditaux François de
sa reJolution, pour ne les pas am.
mer,ilavoitordonneàdesgens afJi.
dez,de lesavertirlors qu ils entre,
roient en aRion, qu'il les fou.
tiendroit avec trois cens hommes
ce quil auroitassurément executé;
carce Seigneur Portugais, qui a
eu des emplois de diflinflion en
Hongrie dans tAonée de l'Empereur,
&qui montaun des premiers
sur la bréche à l' ajJaut de
73ude, est brave&déterminé,&
très-capable d'une aélion de vigueur.
Vous ne fçaurie% croire
ccoommbbiieenn cette bazatelle a donné olle donne'
bdereputation aux François par-
\my un peuple grossier, qui ne
juge des Nations de l'Europe,
quil ne connoifl point, que par
ces démarches extérieures,
Les Hollandois font conflerne^
de la nouvelle qu'ils viennent
d*apprendre que les Habitans des
iJMoluques ont pris les armes&
Jefont révolte% contreeux. Cette
guerre les inquiétéy car ces Ijles,
qui fontlesfeules au mondeoùse
trouve la noix de MufèAde, leur
valent mieux que des Mines d'or. LesPortugais ontarrejtépar
represailles tous les Vaisseaux
MoresJ poursevanger des ravages
que le (gouverneurdeGaliane
a fait sur leurs terres, &
pourfedédommager des pertes
dquui'itelleur acausées. Cette con.,
a un peu étonné le Mogoly
quivoyantle commerce de Surate
interrompu& presque ruiné par
ces hoftibte'{, aréjolu derétablir
labonne intelligence entre les deux
Nations. On dit mesme que la
Paix eflfaite, &que le Adogol
asatisfait les Portugais.
Je vousay fouvent parlé des
Ouvrages d'esprit qui se fonc àToulouse. VousIçavez que
:lesHabitans de cette celebre
Ville aiment la gloire & les
bcllesLettres,&feplaifencmême
à donner des Prix à ceux
quiréufiilfent le mieux, mais
je ne vous ay encore rien dit
d'une Assemblée de dix Personnes
appelléesLanternt'jlcs,
qui donne tous les ans une
-
Médailléàceluy qui remplie
le mieuxdes Bouts-rimez. Il y
a dans cette AÍfemblée plusieurs
Personnes de qualité,
qui ont acquis beaucoup de
réputation dans les Lettres.
Elle difiribua l'année derniere,
pour lapremiere fois, le
Prix qu'elle donne tous ica
ans. Comme elle va contt
nuer je vous envoyé une
maniéréd'Affiche,que.les
llluilres quicompofexitcette
(çavante Assemblee,viennent
de faire distribuer ace sujet. LEsLantcrniftes tiennent
leurparole;ils ont promis
de donner tous les ans uneMedaillcd'argent
h eeluy qui aura
mieux remply des Bouts.rime7;.,1
em cette Médaillé,frapéejur le
tnoddle qui
,,
est icy representéyJi
donnera précisément le jour de
Saint Jean»Bapajle9 & aux


mesmes conditions que l'année
derniere.
Les Pretendans aux Prixauront
foin d'envoyer, à l'adreffi
marquée plus bas, leurs Ouvrages
cacheter,&fans leur nom,
avec une Priere pour le Roy, en
quatre Vers,& une Sentence en
Latin. Les Etrangersnéanmoins
o
pourront mettre leur seing5& le
lieu d'où ilsfont, dansune Lettre
a part, quon riouvrira qu1apre(s
que le Prix femadjugé. On les
prie encore rJ.'dffranchir leurs paquetsy&
de les fairr rendre huit
jours avant la StaintJean, afin
quon aitle tempsdexaminer leurs
Sonnets. K ij
Cet examensefait avec beau.
coup de précaution&de rigueur.
LesJuges, qui sefont fixtZ au
nombre de dix, nesefient pas à
leurs propres jugemens; ony ap,
pelle des personnesrecommandables
par leur genie,& par leur
qualité. Ils nous aident de leurs
Jentimens , & font témoins de
lexaêlitude avec laquelle on dé..
velope le vraymérité. Ceftainfi
qu'on en ufa la premiere fois a
lfégard de Mr Campistron, qui
eut le Prix. C'efl le FreredeM"
Campistron Auteur de diverses
Pieces de Théâtre, qui ont receu
un .pplaudiJJemenl générai
Vnesibelle institution fut d'abord
approuvte. On eut pourtant
quelque peine à goûter le mot de
Lantfrllifte. C'est un nom de hasard&
defortune,c'etfun titre
que nousfaisonsgloire de porter;
ilefl autorifépar degrands exemples.
Les jicademiesd'Italie> si
belles,(tflorifiantes>ont pre/que
toutes des noms de cette espece.
LesInnornjnati, lesAffordici,
lesOftinati, les Catenati3 les
Hurnorifti.,les Ofcuri, les Infenfati)
les Intronati, cc. Ces
noms fontils plus beaux que celuy
de LAnternifles , qui n'ont
garde desecomparer à ces Illuprts
SocieteK? Ils riy font que pour lenom.
1
Le choix que nous avons fait
particulièrement des 'Bouts-rime^
a donné lieu à quelque legere crttique
parmy les gens de Lettres.
Leur ratfon est la contrainte &
.la difficultéquily aauxVers de
cette nature; mais c'ift en cela
mesme,que ceux quiyréultigent,
ont plus de gloire. Tout devient
aisé par lapplication. Ce r/efi
qu'à force de travai1l a la
,à futur de lefprit, s'il efl permis tiuser de ce tcrnw,,, qu'mpetitV&
nirÀ bout de toutefortede Poésie,
Les dzJficultez qu'onytrouve,
ne viennent que du penchant que
l'on a àne pas se pener Ce riefl
pas la faute -des Bouts
-
rimez,
plusieurs en ont remplybeureujement
&facilement, & les pluS'
fins Connoisseurs ont avoué, que
les Rimes bizarres efloientcelles
qui tmbaraffoi/nr le moins, &
quifournissoient de plus belles
penséesC'efloit autrefois le jeu
& le divertissement de toute la
Cour. Il riy a pas mesmelongtemps
qut lesBouts-rime^ efloient
fort en vogue, & qu'on leur
donnoit des Prix. Cesfortes de
Vtrs font comme les anciennes
modes qui reviennent. Combien
de fois n'ont. ils pas égayé nos
soirées,&rejouy les Mufes, que
nous allions vifittr à la faveur
des Etoiles? N'est-il pas juste,
qu'aprésque lesÏÏouts rimekr,,ous
ont divertisjîinnocemment, nous
tachions de les tirer de l'obscurité
où ils commencentà rentrer?La
reconnoissancenous invite à relever
leur destinée. Nous en devons
attendre des fuites heureuses, par
leftime & la fatisfaélion que le
Public témoigna d'abord en faveur
de nostre étabhjjement3 &
par la multitude des Sonnets qui
nousvinrent de toutes parts. Tou*
presque efloient eompofe%dune
manière
maniéréquinefentoitpointlefflile
Burlesque3nj la contrainte. Cela
se peut éviter en donnant des rimes
aisées &serieusesy comme
celles que nous allons annoncer
pour cette année.
Lestuteursprendront lesujet
qléuu'irls trouveront à propos, on
laifJe cette liberté. Mous recevons
pourtant avec plus dinclination
les Vers quifont faitsà
ia louange du Roy ,pburueu q Wils
soient extremement délicats
#
léi: dignes en quelque forte d un
Prince, qui ne Je diflingue pas
moins par lafinejje & étendue
deJon eJpritJ que parl'heureuse
penctration desa politique & /4
pttijjancedefies armes.
BOUTS -RIMEZ.
Buste.
Glaçons.
Moissons.
Robuste.
Auguste.
Leçuns.
Chansons.
Juste.
Orgueil.
Accueil.
Digue.
Ressorts.
Prodigue,
Tranlports.
On fera l'adrejïe à Toulouft:
che^MzSire,ruedes Chapeliers
À Ronaix,1694.
Il s'est fait depuis peu de
temps une Ceremonie considerable
dans l'Eglile Cathédrale
de Nismes. Madame
de Georges de Taraud de
Lognac ,cy-devanc Prieure
âel'Abbaye Royale desDa*
mes Benediélines de la Font
de N-ismes, transférées depuis
plufkursannéesàBeaucafre,
& à present Abb.ffe decette
niefme Abbaye
,
fut btnite
dés lecommencement du
Careme, par M1TEveique de
Nismes., qui celebra la Mesle
reveflu de ses habits Pontificaux.
Cette Abbeife eftoic
acconlpagnée de Madame
de la Fare, & de Madame
Gabrielle de George de Ledcnon
, toutes deux Religieufes
de la mesme Abbaye.
La derniere est Niece de
cette nouvelleAbbelfe, &
Fille defeu Messîre de Georges
de Taraut, Baron de Ledenon.
l'une des plus illustres
& anciennes Familles de la
Ville de Nismes. LeChoeur
de laCathedrale eltoit tendu
de riches tapifreries. Au cofté
droit del'Autel estoit le Trône
de Mr de Nismes,& vis
à vis estoit la Credence,
garnie de sa Chapelle & de
iesVafesdevermeil pour TEglise-
Il y avoic un peu au
deflousune autre Credence, -
sur laquelle on avoit misles
Cierges, pains& barils dorez
& argentez pour l'offrande
de Madame l'Abbesse; la
Crosle d'argent estoitàcofté
de cetteCredence. Une excellente
Musique chanta la
Mcffc,après laquelle Mr l'Evesque
fit servir deux ta bles
avec beaucoup de magnificence
& de propreté, où
plusieurs personnes de qualité
ftirentinvitees,avectoute
laFamille & Parenté de
Mr le Baron de Ledenon,
Frere de MadanlerAbbtffe.
Il y eut un tres-grand concours
de monde dans l'Eglise3
& sur tout quantité
de nouveaux Convertis, qui
n'avoient jamais vu une pareille
ceremonie danslaVille
de Nismes.
Comme vous estimez fore
tous les Ouvrages deMr de
Calvy,Juge Royal de Grâce,
je ne veux pas vous priver du
plaisir de voir le dernier qu'il
a fait sur les affaires duTenlps;
Vous y trouverez beaucoup
d'esprit & d'imagination.
L'OMBREDE PHAETON
au Duc deSavoye.
LE jour qu'aux champi de la
Marfaille
Le Soleil éclaira cette grande Bataille
,
Ou atmat vainquit ce Prince ail.
dacieux
Que fort bras feait vaincre en
tout IIeux
,
Après une deffaite entiere
Ce Prince alla cacher sa perte &
Ion malheur
;Prés d'un j/tflve) où jadis du Char
de /*.iumiere
Tomba/'orgueilleux Conducteur.
Ll4 de son fort la trifle idée
Ztvroit son ame à mille déplaifin:
L'air se rempll/foit des soupirs
De itnconfolable Amedée,
Qjuandilvit,pénétré d'un si mortel
eririity Z'Ombre de Phaeton paroître devant
luy.
Quelfunefte m.tlheurviensje encore
cTapprendre,
Zuy dit-elle aujourd'huy, Prince,
ay vu defcendre
Tes sideliesSujets en foule cher,les
Morts :
Et je viens avec toy déplorer sur
ces burdt
Les malheurs d'un Etat où repose
ma cendre..
Que je croyois voir de yan*
deur
Durant le cours de ton regne paifiblel
Louis, le grand Louis efioit ton
Protecteur,
Et son bras toujoursinvincible
j4j]uroit à ton Peuple un éternel
bonheur.
Mais helas!je tay veu pdr une audace
exuème,
Tejoindreaux Ennemisdesagloire
suprème5
Vainparti que £Envieaformécoït*
tre luy,
: Et ton orgueïltafait resoudre
A voirsur toy tomber lafoudre
Plûtost que destre heureux par son
auguste appuy..
Ainsi, plein d'un orgueilfunefte9
Pour marquer de.mon fang l'origine
celefle,
To%ay mener un Char où n'oxercit
monter
ZepuiffantMaître du Tonnerre.
le mebrûlotsmoy-mème, &je brûlots
la terre, Quand la foudre en ces lietx me
vint précipiter,
Tu fçavois mon dejiinfifatalàJ'ail.
dace,
Et dès longtemps navois-tu pas
appris
Combien il est fatalaux Princes de
ta race [ Lisî
Ifestre (Jppofez.Ii l'Empire des
Mêlas!side mon Pereun antre eufi
fris la place
>
Et 'lu'ava,nt moy leSouverain
des Dieux
Z'euif foudroyé du haut des
deux,
uyant le Char celefle, &sagement
timtde
*mais de[esCourfiers je n-ellffe eslé
le guide.
fais peut-on excuser tes malheureux
complotsl
a connoissois Louis : tu ffavais
que la France
N'eut jamais un sigrand Héros,
t qui portajisi loinsagloire &sa
putfiance.
Tu vois ou sa valeura réduit tes
Etatsy
Fout est fatalpourtoy, les Sieges, les
Combats
'i le grandCatiynat,feffroJalleS
Provinces y
Animé de tellnÍt du plus fage de.,
Princes, T'a , cent faiiaccablefous l'effort al
son bras.
Je ne veux pas icy de ce bras redoutai-
le
Compter tous ief Exploitsy & te leJI
retracet, i
De tes malheurs Mifioire
dJ.,
plorable
, i Nice & son fier Chasteau
,
For/t.
reste imprenable
,
j!
Qu'encinq jours on luv vit forcen
Malgré (a ferme afjiette&son roi
effroyable, j
Montmelltan conquis & fournis 1
son Roy. J
Deux Combats malheureux pour
10y.
Maisje voi l'Avenir)
cherPrinceXi
& ce qui reste
Meparoit encor pluéfunefte.
Tu devrois entrembler d'ejfroy.
De ce Hérosaussi vaillant que
fage
le (sa, ce que peutle courage,
tvant la vont tomber tesplusferil
mes ramparts. n'etf point de Place si forte
ve-sa valeur e.n peude jours n'emporte.
mt cede, & tes Soldats fuient de
toutes parts.
rrayezdefei coupsilsnofentplus
îattendre,
la Liguepour toy ne peut rienentreprendre.
ux tu te garantir de ce deflmaffreux?
Ecoute un conseil salutaire.
Que mon [oit alloit ef/re heureux
t
Si j'eusse(agementsuivi ceux de mo
Pere!
Zoùii veut te sauver. Vn Roy.
genereux
Oubliantton orgueilfait graceà t
jtune/se ;
*MaiJ nattens pas que sa mai
vange*e(se
De son courons, sur toy lance l
derniers ITaitS.
Situne les préviens en demandai
la Paix,
La foudre va tomber,&t*perte i
certazne. Alots Bue&Roy fans domdin;
.On te verra courir en cent clima
divers,
Triste JfreBacle aux yeux de ÏP
nivers: j
BI comme un sigrand Prince af]j
toit ta puifiancs
Et le repos de tes Etats,
On avoura quesavangeance
N'égalepointtes attentats.
Vous avez fans doute oüy
arler de quelquesArmateurs
rlandois, qui ontelle pris aec
des Commissîons du Roy
'Angleterre. Le Prince d'Oingeayant
relolu leur perte,
rdonna qU'11:\ feroient mis
ntre les mains de la justice,
cque leur procès leur feroïc
lit. Ils se défendirent d'une
laniere qui embaralfà fort
rurs
~o
Juges, & enfin ces Jues
saviferenc de leur vouloir
prouver qu'ils eftoicnt
coupables, parce que leRoy
s'ertant retiré d'Angleterre,
avoit fait par là une efpecc
d'abdication de la Couronne,
& que les Sujets n'estant plus
obligez d'obéir à ceux qui
les abandonnent, les Anglois
avoienc pû choisir un autre
Roy; qn'lls avoient nommé
le Prince d'Orange, & que
luy devant une obeissance
entiere) ils estoient coupables,
puis qu'ils avoient esté
trouvez l'épée à la main contre
luy. Ces prétendus Cri-j
minels répondirent, que lej
LoyaAngleterrene s'estoit
étiré hors du Royaume, que
our ne pas voir sa vie expose
endemeurant prisonnier
'un Ennemy qui estoit entre
main armée dans TesEtats
our usurper sa Couronne,
ont il avoit/pour ainsi dire,
raité avant que de partir de
îollande,avec ceux des An.
lois qui trahiffoient leur
ouverainlegitinie,, & qui
ftoient convenus de couonner
le Prince d'Orange,
-
[îoyannant quoy 1 ilexecuteoit
les conditions portées
lans leur Traitéi quain(ije
Roy d'A n gleterre, dont il'sJ
avoienr pris des Commisfions,
eltoictoujours leur
vericabie Souverain, & que
pour marque qu'il n'efioic
pas vray qu'il eust quitte le
Royaume dans le dessein d'abandonner
TesSujets,il avoit
paffé en France pour fecourir
ceux d'entre eux qui n'obeifToient
que par force à!
FUsurpateur, pour punir les j
Traistres,&tâcher à ferefaisir
des Royaumes que leur:
perfidie luy avoit livrez. Ce
dernier article fut trouvé si
convainquant,queles JugeSj
rfoierent les condamner à la
mort. Le Prince d'Orange?
sjuivoulant en faire unexemplc
avoit entierement resolu
feur perte, nomma d'autres
Juges t qui luy eflanr
entièrement devoiierr Ice
mt condamnez fans obserrer
les formalicez ordinaires^
J'autres Sujets du Roy d'Angleterre
ont encore ellé-coniamnez
en Ecosse avec auant
d'injufticc. Ilsont coureurs
demeurédans Fille dé
làsyqui n'a point esté founie,,
& trois d'entre cEsgé.,.,
ïereux Sujets ajantefté nri%
* l'ordre du Prince d'Orange
fut que leur procès feroit
aufli-tost instruit, & qu'ils
feroient condamnez à mort
comme rebelles à leur Souverain.
Ils dirent pour leur
défense, que quand mesme
l'élévation du Prince d'Orange
sur le Trône feroic valable,
ce quin'estoit pas>il n'y
avoit point de Loix qui les
pufTenc faire condamner
comme Traistres,&qu'ilsne
manquoient ny au ferment
de fideliré, nyàaucun autre,
puisqu'ils n'enavoientpoint
faitau Prince.d'Orangej &
o
W
ju'au contraire ils avoient
leclarc qu'ils demeureroient
oujours fidelles à leur legiime
Roy. Ils n'one pas laifle
l'estre condamnez, ce qui
renoit d'arriver en Angletere
à l'égard des Armateurs,
tyant fait prendre au Prince
rOrangejle justes mesures
înEcoflc pour leurcondamiation.
Ces deux avantures
onc grand bruit en Angle-
'erre,& ileilimpoffiblede
'imaginer combien est grand
e nombre desfidelles Sujets
lu Roy, qui n'attendent qu'-
îneoccasion favorable pour
!e declarer.
1/Avancure que je vais vous
raconccr vous fera connoître
que ce nrêfi pas fans raison
qu'on ditordinairement qu'il
y a de la destinée dans les ma-'
riages. Un Cavalier des plus
éclairez, & ayant tous les ta1,
lens qui peuvent faireeftimer
un hon-neite homnie, s'abandonna
dans sa premiere jeunefle
à tous les plaisirs donc
ceux qui commencent a entrer
au monde ont accouruméd'cfrre-
lfattez. Les vi~'
fîtes agreables, les parties g'alantes
y
le Jeu, l'Opéra,fa-!
Comédie
)
furent pour lajp
i
les amuiemens qui ne,luf
aiiferent aucun momentvuile
>
& après s'y estre donné
out entier plusieursannées,
:omme il avoit beaucoup de
aison
)
il fit des reflexions
brt serieuses sur regaretnenc
le"Ca conduite, danslaquelle
1 ne fè proposoit jamais que
les choses,qui n'ayant point
ie solidité ne le conduisoient
L rien. Il examina le peu de
sincerité quavoient la plufpart
de ceux qui se difoien:
ses amis, la dissimulation &
la jalousie des femmes qui ne
cherchant qu'à se nuire les
unes auxautresj dechiroienc]
le plus souvent fans nullepitié]
celles à quielles paroifloienti
le plus attachées,& toutes cesi
choses luy faisant connoÎtre1
le tort qu'il avoit de suivre un i
penchant qui le livroit à tous i
les dêsordres où l'on petiti
tomber quand on vit fans
réglé, il prit un teldégoust
pour le monde qu'il resolutde
chercher dans la retraite
le veritaBle bonheur qui luy:
avoit manqué jusques-là.
Ainsi il rompit aVec la plus
grande partie des vivans pour
ne
-
converser qu'avec les
morts,
lorrs, & railant preique ion
nique occupation de la lecure,
il joignit aux lumicres
,aturelles de son esprit, celles
[u'il puisa dans les Ouvrages
les Grands hommes. Aptes
'estre rendu familière la
Morale des plus habiles
?ayens, il fit une étude pariculiere
de l'Ecriture-
,
-& la
:onnoiuance que beaucoup
l'épreuves luy avoient doniéedu
peu que fontles chosesdu
monde,luy faisant envisager
qu'il n'yen avoir qu'- v i ager gu 1
une ablolumentnecessaire
, il pritledessein de senfermec
dans un Gloiltre, & l'auroic
execute,si sa Mere qui n'avoit
que luy d'Enfans, n'y
eust mis obstacle. Elle l'aimoic
avec toute la tendresse
que peut avoir une Mere
pour un Fils; & quand pour
ménager fonefpricilluy proposi
l'envie qu'il avoit derenoncer
toutàfait au monde,
comme une inspiration qu'il
ne«dévoie pas luy estre per-, mis de négtl.iger, elMle l1.aifl'fIu\ ra
sibien que ce feroit la condamner
à la mort, qu'il fut
touché de ses larmes, &ne
put s'empêcher de luy pronettre,
après beaucoup de
rieres qu'elle luy en fit, qu'il
e luy donneroit point le
eplaifir de le perdre. Cetre
romefle ne l'affurant pas en.
ierement. elle songeaàle
larieir, &il crut ne luy maruer
qu'une fimplecomplaitnce
en y confsnrant, puis
u'i[ ne le fitqu'à condition
ue fans nul égard au bien
le choifiroit une persone
dont le caraétere luy
Dnviendroit, & qui feroit
:11equ'ilpouvoit la fouhait.
On luy proposacinq ou
x Partis, mais il connoissoit ;
trop bien les Femmes pour,
n'eltre pas difficileàconten
ter. Lacoquetterieou le peu
d'efprir dans les unes,& le
panchantaux folles dépenses",
dans les autres , ne purent
l'accommoder, & apre'sdivers
refus, enfin sa Mere jetta
les yeux fliteuhe Demoiselle
toute aimable, d'une mode:'
flie charmante, & ayant une:
fagefTe que tout le monde:
admiroit. Il s'en informa, &;
ne trouvant dans tout ce qu"" 1. on luy en dit que des quali-l
tcz dignes de louanges
,
ill
voulutestreassure' par luy--
1
- 1
1
f
nefme si sa réputation eftoic
)ien fondée. Il luy futaisé
le trouver accès chez elle.
D'eftoic une Fille extremenent
reguliere
,
qui vivant
.vec sa Mere, ne recevoit
)oint de visites assiduës. Il
rouva dans son esprit toute
a deliçatcffe qui peut donicr
l'ame àune agreable conrerfation,
beaucoup de droiure
dans ses sentimens, &
ineraisonfortifiée& par la
eéture, & parles reflexions.
1laquitta fort prévenu d'e-
Hme pour elle; mais comme
1 craignoit de s'estre laissé
lurprendre aux honneftetez
qu'on luy avoir fait paroistre,
& qu'il vouloit s'éclaircir à
fond du verirable mérité
de
cette belle Personne, il eut'
dautant piusbeioin de temps
qu'il connut bien que ses
emprtfTemens à la voir n'auroicnt
pas esté receus, (ans
une dcclaration qui la puft
mettre à couvert des mauvais
contes. Il alloit chez
elle dans des temps réglez,
& toute l'attention qu'il
apporta à l'examiner avec
rigueur, ne servit qu'à le convaincre
que le portrait que
onfaifbit d'elle n'etoit point
latte. Il n'y trouvoic rien que
le solide, & comme l'estime
tous conduit fans peine jufc-
[ues à l'amour, il abandonna
on coeur à tout ce qu'elle put
uy faire sentir.Il fallut enfin
lu"ils'expliqtiaft,&faproposi.
ion futecoutce d'unemaniee
extrêmement favorable. La
vlere applaudit à cet amourj
nais comme laBellen'avoit
)resque pour tout bien que
a succession d'un vieil Oh-
:1e dont elle estoit runique
icriciere, il fut questiondaroir
son consentement. Ceiloit
un homme bizarre, qui
s'eflant mis en telle que sur
la re putation qu'il avoit d'estre
encore plus richequ'il
ne l'estoit effectivement,sa
Niece ne pouvoir manquer
de trouver un grand Parry,
ne voulut point écouter ce
qui luy fut dit en faveur du
Cavalier. Plusonfît d'efforts
auprès de luy pour luy faire
approuver ce mariage, plus
il sobstina sur le refus, en
disant toujours qu'il avoit ses
veuës,&:qu'il feroit un choix
quimettroit saNicce dansun
établiflementconsiderable.
ole Cavalier qui avoit pour
Ile une passîon aflez definerelfée
pour ne vouloir que
.,s avantages, ne put se plain-
Ire que de son malheur. Il
roteftaà la Belle que si son
)ncle pouvoit luy tenir pa- ole, quelque chagrin qu'il
uft de la perdre, il verroit
vec plaisir qu'il1elevaft au
ang quilelleineriroit, & qu'il
hercheroit luy-mesme à l'y
lacer, si 1"occasionsenrenontrant
ilne falloir que luy
lire le sacrifice de tout son
'onheur.11 avoit toujours
lontré une ame si droite,
que des sentimens si gencJ
reux firent tout l'effet qu'il
en devoit esperer. La Bellej
luy répondit fort obligeamment,
que la plus haute for.
tune ne
-
la satisferoit point,
li elle devoit luy couter la
perte de sa tendrefie; qu'il
devoit estre assuré que son
Oncle n'avoit aucun dessein
de la marier,maisfeulement
de garder son bien, & qu'-
estant avare, parce qu'il estoit
fort vieux,il falloit attendre
que le temps apportait du
changement à leurs affaires.
Le Cavalier continua ses viices,
& un Marquis, son
imi intime
,
distingué par
on merite &par fanaiflance,
nais tres-ennemi du maria-
;e, aprèsl'avoirraillé pluieurs
fois sur farefolution à
Irendre un engagement
lour toute savie, luy dit qu'il
.voit peine à comprendre
:omment il sçavoit profier
si peu du refus de rOnze,
& qu'il ne meritoic pas
lU'on luy prêtaft cé secours
)our le tirer de l'abisme où
1 se précipitoit. Le Cavalier
ic repoussa ce reproche qu'-
.n luy disant qu'il condamnoit
unattachement quil ne
doutoit point qu'il n'approuvait,
si lemérité qui l'avoit
causéJuy estoit connu; & Id
Marquis répondant toujours,
qu'on pouvoit se faire un
amusèment de rendre des
foins à une jolie perfbnnej
mais qu'un homme raisonnable
ne saveuglnit point jufqu'à
vouloir époufer, il fut ar-
*resté que leMarquis verroic
plusieurs fois la Belle;afin de
juger serieusement si en l'aimant
on se pouvoitempêcher
de longer au mariage. LeCaJ
v,al-ier le mena chez elle) & - t
:omme il y alloit de la gloire
je cette belle Personne, de
uftifier la passion qu'elle a-
7oit fait naistre, la vivacité
l'efpritquelle fit briller dans
a conversation avec tout le
"eu possible,sembla luy don-
1er de nouveaux charnles'.i Le
Marquisdemeura d'accord
qu'elle estoit aimable, mais il
serfifta dans ses premiers senrimens,
continuant pourtant
lia voir, ioit avec le Cavalier,
[oit en luy rendant desvisites
particulières. La Belle de son
:o11é luy trouva un vray
mérité
)
& loiia le Cavalier
d'en avoir fait Ton Ami, parce]
qu'clle remarquoit en luyun
fond d'équiré & de raison,
qui devoit rendre leur amitié
tres-solide. Le Cavalier
eut en ce temps-là le déplaisir
de perdre sa Mere. Commej
il en avoir esté coujours ren.
drement aimé, il sur tressensiblement
touché de sa
more. LaBelletâch^ de l'en
consoler, &, après plu(leurs
jours passez dans un abattement
extraordinaire, qui ne
le laissoit penseràrien,illuy .,
parla enfin du Marquis, &
luy demanda s'il luy rémoitioit
encore. la mesmeeftiie.
La Belle luy dit en riant,
ue s'ennuyant avec elle, il
estoit tiré galamment d'afiire,
en luy disant qu'il alloic
L
fuir, parce qu'illatrouvoic
angereufe, ôc qu'en effet il
voit entièrement cettede la
oir. Le Cavalierravi d'aprendre
que le Marquis se
endoit après avoir fait le
>rave,applaudit la Belle sur
e pouvoir de ses charmes,
k le rencontrant un jour,
Lprés luy avoir fait dire qu'il
ic biâmoit plus son choix, il
ie voulut obliger à raccompagnerchezelle.
Le Marquis
s'en défendit sur quelque pré
texce)ce qu'il fitencore plu
sieurs autres fois, &voyant
que son nom l'embaraffoit, &
qu'ilparoiiïoitdans quelqu9
agitationen l'entendant pro-
*noncer*,le Cavalier le pria dei
luy parler franchement furj
son article.Le Marquis preflej
de s'expliquer, luy avoüa
gu'il
faisoit retraite, parce qu'il
n'eftoic plus en estat de réfister,
&qu'il trouvoit dans la
Belle tant de qualitez touchantes,
qu'illuy feroit impossible
de la cederà tout
autre qu'à un Ami tel que
luy;mais que comme il y
auroit une perfidie inexcufable
à luy vouloirenlever ce
qu'il avoit tant de raison de
chérir uniquement, il ne
pouvoit rien faire de mieux
pour le repos de l'un & de
l'autre, que de fuir une personne
quetout ennemi qu'il
eftoic du mariage, il acheteroit
au prix delà plus grande
fortune-,qu'ainsi illeconjuroit
de ne plus mettre d'obftacle
au foin qu'il prenoic
de se précautionner contre
ce.q ui pourroit le faire manquer
a une amitié qu'il vou.
loic refpeâercourefâvi-c.Le
Cavalier touché du procedé
du Marquis,en rendit comp-j
te à la Belle,& pour luy mar-j
quer qu'il avoit cfté sinceres
en luy protestant que s'il (e
trouvoic une occasion de
J'élever au rang q'uelle meritoit
,
illuy sacrifieroit volontiers
tout son bonheur,
aprèsluy avoir parlé du bien
du Marquis, qui estoit fore
grand, de sa naissance & de
son nlerire, illuy conseilla de
l'époufer, puifqu'aussi bien il
ne pouvoir jamais esperer le
>nfentement deson Oncle,
1 lieu que cet Oncle l'ac-
>rderoit (ans peine au Marils.
Ceconfçil eftoic definreflë
& genereux, mais il
estoit pas d'un homme qui
eust aimer fortement.Auili-
1 fit elle des reproches au
avalier, qui s'obstina à luy
ire qu'il n'estoit pasjufteque
limant p!us que luy-même
nuifift à sa fortune; que
lnt qu'aucunparty ne s éùt
offert9 il avoit gardé les
roits qu'elle luy avoic donez
sur (on coeur3 mais
ue s'aeiffant d'accepter des
avantéicycsclu"elle trouveroiij
dIfficIlementaIlleurs)Il crôiroit
ne pas remplir ce
qu'illuy
dévoie, s'il balançoit à renon-j
cer à ses propres interests. Illa
quitta dans cette resolution,
& comme il sçavoit que l'eftiine
qu'elle avoit pour le Marquis
ne luy feroit voir rien de
fâcheux dans l'engagement
nouveau qu'illuy proposoit:
il alla le voir pour le prier
de ne se plus contraindrel
pour luy,& de suivre le penchant
qui l'entraînoit vers lai
Belie, qu'il obtiendroit facu
lemenc de son Oncle. Il y eue
i
cntr'eux un grand combat
d'amitié, & Tincereft de la
Belle devant prévaloir, le
Cavalier protesta que pour la
laifTer dans l'entière liberté
de disposer d'elle-même il
jalloic faire un voyage,qui emi
pcfcheroit que sa prefencene
jmift de l'empeschement à la
jrefolution qu'elle avoit à
prendre. Le Marquis crut son
amour trop fort pour le laisfer
en pouvoir d'executer sa
menace, mais il fut fort étonné
de ne levoirplus paroître.
Il en alla demander des nouvelles
à la Belle, qui surprise
comme luy de son absence l
ne sceut que penser d'un éloi."
gnement si peu attendu. Ce
furent de part & d'autre des
honneftetez tres-obligeantes,
mais le Marquis voulant gar.
der toutes les mesuresqu'il
dtvoit à un ancien Amy, ne
parla de rien, dont à son
retour il puft avoir sujet de
se plaindre. Il dit feulement
qu'il s'eftonnoic qu'eftantaime
de la Belle, il eust eu la
force de quitter un lieu, où
le plaisir de la voir ne luy
laifloit rien à fouhairer. Ils
demeurerent un mois dans
incertitude qui leur faisoit
le la peine, & enfinle Cavaier
leur écrivitfans leur marjuer
à l'un ny à l'autre où il
estoit retiré. Les Lettres
)ortoient, qu'ils devoient le
egarder comme un homme
nort au monde, mais qui ne
aifleroit pas d'estre sensible
L
leur union, qu'il lesconjuoit
de rendre parfaftee,pair
e mariage qu'il leur avoit
:onfèillé. Cette priere ne fuflfoit
pas à son Ami, qui aprés rexaétes recherches,décousit
que le Cavalier eitoit àné
s'enfermer dansun Monallere,
de Religieux tres-refor,
niez, à trente lieuës de Paris
Il y courut aussi-tofl:, & le
trouva déja revestu de l'habi
de l'Ordre. Tout ce que lu
dit ce nouveau Religieux
fut extrêmement couchanc] - Il luy apprit que les larmes
feules de sa Mere l'ayant dé,
tourné du dessein qu'il avoi
eu de quitter le monde" i
navoit pu levoir par sa mort
dans lalibertéde l'executer,
fans croire qu'il devoit ré.
pondre à ses prmieresinfpirations;
qu'il les avoit d'autant
plûtoit écoutées
,
que
l'obfiacle
obltacle mis a son mariage
uy avoic paru un ordre de
)ieu qui luy défendoic de le
conclure, & que n'ayantaimé
a Belleque pour ellemef.
ne) luy conaoiflfanc un meice
(îpgulier
,
il estoit bien
ife de luy en pouvoir donner
les marques en la dégageant
le ses promesses, afin qu'elle
uft en pouvoir de faire un
meilleur choix. Il ajouta qulie
estoit digne de tout son
mour, le conjurant de voti-
Dir prendre sa place, & de
jy faire tous les avanja^cs
lue
-
meritoit une personne
d'une sagesse admirable
,
&
de la conduire la plus reguliere.
Le Marquis persuadés
qu'un homme aussiéclairé
que luy,n'avoit pas fait
une
pareille démarche pour s'en
repentir, luy fouhaita. coure
forte de bonheur dans le du
genre de vie qu'il avoic choisi
,
& revenant auprès de la
Belle, qu'ildéclara vouloir
époufcr, il n'cut pas de peine àobtenir son confentemenr,
non plus que ce luy de l'On
cle, qui ravy de voirqu'un
parr.y si avantageuxs'offrifl
pour [à Nièce, luyfit sur
les
*
ens qu'il luy dévoie laifTcr
mourant, une avance con.
lerableJ pour reconnoistre
onneur que luy faisoit le
arquis par son alliance.
Comme on n'aime pis
oins dans vostre Province
; ouvrages d'érudition que
s Pieces galantes,&le détail
: ce qui re palfe de nouveau,
vous en envoye un dont la
dure doit plaire aux Sça-
Lns.
SENTIMENT] SENT1MENT"",
De Mr de Hautefeuille écrit
à un de Ces" Amis,(ur le
differend du R. P. Male.'
branche Prestre de l'Oratoire
,& de MrRégis3touchant
l'apparence ce la1
Lune vue à l'Horison & aù
Meridien, avec quelques
particularitez concernant
l'Horlogerie. JONSIEVR,
J
Vousfere%-fans douteJîir[>ris
il'apprendre que je nefuisj)oint du
xout duJentiment du P.ewale.,
branche, & que je ne crois pas
lut la Lune qui est plus loin de
nous étant a ïHorifon
>
paroiffi
néanmoins plus grande que lors
quelle est au Mcridien>parce que
voyantentrelle & nous plusieurs
Terres yelle nous semble plus éloi.
yieeê& que le jugement que nous
fuijonsde cet éloignement nous la
fait paroijlre plus grande. cftfais
vous nefertZ pas moinsétonné
de sçavoir que je ne fuis point
aufJiduftntiment de Ai1 &egis
qui attribue cette apparence aux
vapeurs qui finit dans l'air
, &,
qui y caufienf des Refraélions à
peu présfiemblablesà l'efetdes
ferres convexes.
Le P. Malebrancheafortbien
réfuté dans sa Reponfie lefientivient
de Mr Régis
,
quoy qu'appuyé
de celuydu P. Taquet (gM
de quelques autres Mathématiciens
}
qui ne fie peut à mon avis
fioutenir; mais M1 Régis luy a
fait des objefiions au/quelles il nt.
donne point, ce mefiemble, defiolutionquicontentefiujjfamment!
i l'efyrit.
Les Repliques du P. Malcbrdnche
& l'attejlationdeAlefi
JieurTlFMarquis del'Hôpital
,
Abbé Catelan
,
Varignon&
ïauveur, quatre dts plus fçaians
Mathématiciens de Paris,
ifèrées dans les Journaux des
ïçavans dupremier, du S. & du
ç. dece mois, que vous deve7,
ryoir lus
, ne m'ont point fait
banger d'opinion;& il m'ejf en,
ore
impossible de concevoir qu'un
bjetpuisse paroîtrepluséloigné
ar ïintcrpofîtiond'autres objetsj
?plus grand, parce quelimagitationJe
le rcprefente plus loin*
Y' je fuis toujours persuade que \ilRegis_a raison de dire) que
:ants'enfaut que le jugement
3ue nous faisons que les objets
font éloignez, contribue
à les faire paroistre plus
grands
,
il fert au contraire
à les faire paroistre plus petits.
Si lesfentimi-m dans la Phyfique
Je regloient par l'autarité)
efuivant l'arllúié,tejlirne ciT4 14
1vénération que j'aypour le Pere
Malebranche, un des plus profonds
Theologiens & un des plus
tClaireZPhdofophcs de ce Jîecle,
rnauroient déterminé ily a longtemps
a embrassersonopinion;
mais la raijon l'emporte en cette
rencontre sur l'autorité & sur
l'amitié.Jenepuis croire que ces
ÀdeJJieursayent donné leurattestation
en vûë de leflime & de
Yamitié qu'ils ontpour leP.Male.
branchelnazsféulementparcequils
font pénétré% de Jesraisons ;
& cette attestation ne doit point
rJaJJer dans le Public pour une
déafton & pour un Jugement
définitif de cette question
,
qui
fera encore à l'avenir examinéepar
plufteurs Sçavans,qui
en donneront d'autres explications.
Iln'eflpasvray-Jemblable que
ces"Messieurs ayent prétendu se
constituerlesJuges entre ces deux
Sçavans;ils ontfeulementvoulu
faireçonnoiflreau Publicqu'ils
cjloientdufentiment du P MaUbranche,
ce qui efi permis à tout
le monde ; Adz Régis pourroit
le prendre en ce fins3rapporter
les atteflations d'autres'
Sçavans deses jimis> fans que
personney pût raifonnabltment
trouver à redire; il auroit évité
par là de dire plujteurs choses qui
font hors doeuvre,& qui nefont
rien à la contestation.
Les Rétractations qu'il objefte
ÀM- Varignon nefont pas unfolide
fondement de recusation -&
elles mesemblent un reproche peu
legitime, Lesplus grands hommes
font mraÛe%, grcest en ceta
*fmequ'ils si font rendus plus>
imables. Lors que JJlr Variion
a avoue qu'ils'ejloit trompé,
afaitconnoistrequeplusieurs
avans Aiatbematiciens lef.;.
ient trompe^ avant luy. En se
levant,illes apourainfidire,
levez, çjr cette manière de si
traBer eflgiorieuft.*Vn veri-
Me PhilojOphesi rftraékfans
'ine}&fort éloigné d'imiter ces
frits faux, qui se persuadent
riilyade la gloire aJoûtenirà
irt0*àtraversce auilsontune
ns avancé,ils'applique &tra
iaillea reconnogre-lwy-mrfmefes
erreurs, ou aujfi-tost qu'on luy lee
a donné quelque ouverture &
fans attendre qu'on les luy fissi
appercenjoir évid;emment.
Si e.A1f l'Abbé Catelan j'e
trompé3 il rien estpas moins habile
homme.•Mefjieurs Deftar
tes3ÇdJ]endi&2{obaut^3 quelque
célébrésPhilosophes quils
ayent eslé,sefont trompez e
quelques faits particuliers, Sup:
posé que le Pere MalfbrAnd>efe
fusi trompésur cette apparence dei
la Lune à l'Horizon, cela ne1
diminueroit en rien la haute repu-\
tation qu'il s'rftjuftemenr acquifr,
& celle de ces Mejjieurs nefera
as moindre,-pour avoir fignê
meses preuves estoient démon-
Iratives & clairement déduites
les véritables principes de l'Otique.
Quoy que Mf Régissot't
res sçavant
, .& qu.il possede
arfaitement la Philofôphie des
Anciens & des Modernes, je
loute fort qu'il voulufiJoutenir
jtiil ne s'efl jamais trompé, &
1 neferoitpeuteflre pas difficile
l'apporterlespruves du contrai-
't;maisfans les aller chercher dans
es autres. Ouvrages qu'il a donieZ
au Public, a- t. il pu se
lerfuader, fans avoir parole de
tous les hommes, qu'il n'y a
que leP. Malcbrancheà qi^
la voûreduCiel, pareille
comme un demi fpneroidq
applati ? & est-ce une. bonne,
cOllfiquence, que des trois que-j
liions que le P. Maie branche
ioutient contre luy, il en
abandonne deux, parce que
latteftation de ces Meilleurs
ne fait mention quede celle
qui regarde l'Optique?
Je nefiay s'il a voulu parler
de moy lors qu'il a dit, qu'il!
connoist unde ses Amis qui1
parte pour Mathématicien,
& pour verse dans l'Optique,
à qui laligne perpcndiculaie
A
,
D, paroist environ
loublede l'HorifontaleA, B
1)0ryezalanFigcurehdu(P'. .M-alg-_ JeneTuy aj point dit que le
7telne me paroissoitpaspendant:
t nuit comme un demi fpbtroide
pplati, mais feulement que lors
uefavois confideré une etoilt
rés de l'Horifin&derrière quelruestoits,
elle mesembloit plus
roche que celles qui efloient vers
Zenit. Jeluyfis voirunpetit
Scrit avant qu'il eust fait
zs Répliqués
,
dans lequel l'avance
que pour détruire les obje~
tyions de Ad Régiscontre le Pere
IAalebranebey il faudroit dire
que les terres quifont entrenous,
&la Lune nous lafont paroiftre\
plus proche, &qucnoflreimagination
nous la représentant plus*
prés de nous. nous la jugeonsplus
grande,& que l'on enpouvoitl
faire une Demonjlration en si
servant presque des nîefmester
mes du P. Malebranebe^encettê
maniéré, 1
Lorsqu'on regarde leCieldu
li/ieu d'une campagneysaajoute
e paroist point comme b, d, d,
g.,maiscomme B,DD,de
irtc que la ligne perpendiculaire.
i, D,paroist double ou triplede
Horizontale A,B. Atnfilors
ue IoLune est en d
1
elle paroiest
eflre en D :
&lorsquelleejlen b,
elle paroist eflre en B. Or A ,D,
cftplus grand que A
3
B silen rfr
doubleyparexemple. Donc\lors
que la Luneejldans le Meridien,1
fadiflance apparente ejldoublede
celle Jde.lHorison. Donc, quoy I y i que linégalité desimages que la
Lune dans ces deux fituations]
j/r f diffirmtrs, trace dans nosjeux}
Joit comme insensible
,
Jon Diametre
doit paroiflredansl'Horison
deux fois aujfigrand que dans
le Aferidien, puis que les images
des deux corps eflant égales dans
le fond de nosyeux, leurgrandeur
paroiftj Qrdoittoujoursparoiflre
raie a celle de ces corps, s'ils
loient placerréellement à leur
fiance apparente.
Cette Démonslration rialien
ue dans la supposition. que la
,une paroijJe plus prés de nous à
Horison qu' au Meridien;) qui itout lecontraire de ce quedit le
MaUbrjMchtiniJiÙs quoyque -
1 Lune parufi plus éloignée À
Elorifon qu'au Méridien, il ne
enfuivroit pas,que cette appa-:
rnce fiufl produite par l'interpotion
des objets qui font njûs en
lefme tempssur lafttrface de la
erre y- &enfin supposé que rin-.
trpofïtion•des objets interjaccns,
nous reprejentaflla Lune plus
éloignée) ce riefl point une confe.
quenee que cetéloignement appa!j^
rent lafajje voir plus grande,
(7 cefl a mon jens uneveritable
contradifhon) qu'un objet paroiffi
en mesme temps plus éloigné&
plus grand, comme c'en eflune
qu'ilparoijje plus proche& plus
petit.
Pour détruire ce fentiment,
iy pourétablir l'opinion du P.
Adalebranche3 il n'est pas necef.
faire de grandsdijeours 0*d'amples
iJémonflrations tirées de la
Geometrie) de tOptiquey de la
Dioptrique&de la Catoptriquef
[ fufPtque ceux qui lavoudront
ïuteniryrapportent plusieurs extriences
différentes,& desfaits
mi prouvent clairement grévi-
(emmtnt, qu'un objet peut paoijlre
en mesmetemps plus éloiné
& plusgrand, plus proche
y plus petit3 de quelqueforte&
n quelque maniere quilspuisent
tromper l'imagination oit
jar Vinterpofîtion des objets, foit
lar les Reflexions ou les Refralions,
foit par les vapeurs&les
hjferens milieux;il n'importe,
'n un mot, de quellef çon ils le
mifentfaire. Si ills 1" texecuunt je
ne retraélerayfans peine, eja.
'VoûërtfJ de bonne foy que je leur
firay redevable d'avoir compriSi
une chose que je ne puis maintenant
comprendre. Si au contrai
re ils ne peuvent citeraucune ex*
perience dunpa)eileffet
, autrtk
que la Lune &les dfins qui efi
la chose en qucjlion
, ce fera un
grand préjugé que cette explicaH
tion du P. Malebranche,qui tfi
la mesme que celle de M Rohaut
y Partie premiere de sa Phyfique,
chap. 31. arc. iz. efi unel
Pétition du Principeyque ce rietf
point la vritable cause de cette
aparence, e qu'elle efl encore
inconnue aux Pbilofophes.
yay trouve quelquesexpertens
qui prouvent que ïinterpofïmdes
objets en fait paroiflre un
etre plusproche qu'iln'ejl en eft
i que l'idée qu'on Je forme de
proximité d'un objet le fait
iroiflre plus grand , & celle de
Hoignement plus petit; maisje
enfçay aucune pour l'apparence
mraire.Un homme à l'extre^
- lté d'une longuealléedarbres
e dune galleriey ne paroiss point
us grand & plus éloigné que
uns une raft campagne à la
lefme distance. La lumiere des
mternesallumées dans lesrues
e Paris, qui permettent d'en
*voir une longueJutte3 ne paroi
point plus grande dans celles q
font eloignées
, & chacune dimi
nuiftlon les loix de l'Optique &
a proportion de la dijlanceà
loeil.
Lors qu'on regarde un Cloche,
au dessus d'une muraille ou d'ut,
toit,ïinterpoftion de cette mu
radiefaitparoijîre ce Clocherfor
proche, & comme s'il eftOlt im
mediatement derriere, quoy quï
en foit quelquefoistrès-éloigné S4
on ccfjll ddaannss.l1oobbfcurité, £7" qu'om
regarde un objet dont lagrandeur b fou inconnuë", au travers àune
étoffi qui leftfJe rvoir confusément,
on
le juge beaucoup plus grand
il n efi, parce que l'imaginan
se le reprejente plus proche.
s objets que l'on voit avec un
ulaire concave paroifent pe.
r &on les juge forttloigne%-y
les regardant avec une Lutte
de longueveuè',ils semblent
't proches&fortgrands.Il efl
ay que dans ces deux derniers
r, les imagesqu'ils tracent au
îd de Iceil font différentes en
mdeur, mais il ne faut avoir
ird en cette rencontre qu'à l'if
: de l'imagination. Ceux qui
gardent dans leMierofcopecms
les Miroirs concaves, ny
apperfoivent pas les objets égalrrnent
grands ; les uns jugent une
Puce aufJigrosse quunMouton,
d'autres la comparent à un Pigeon)&
quelques uns àuneEcre.
l'isse. Chacun en juge félon son..
imaginationàproportion quil
Je reprejente ces objets plus QII:
moins eloignez; cependant 1-imai.
ge que cette Puceforme dans lei
fondde l'oeildesuns&desautresL
està peu prés égale.É
Je np puis maintenant 'Vo
expliquer l'opinion que fajfurccti
Pbenomene, pour deux raifonsw
La premiere, parce qu'ilfaut que*
je réitéréplusieurs experiences, eJ1'"
ue renfassi d'autres que je riay
oint encore faites. Il eflfacile eseperfttaderfoy-mesme,&il
etrft pas également de persuader
'sautres. L'efp,ritapplanitàluylefme
les diffcultek,éclaircit uilj ce a d'objcur, & dispose les
xpericnces & les raisonnemens
ans leur ordre• e un Letteur
e le faitpoint3 ou du moins ce,
vy qui écrit ne le doit pasfuposer.
En vousexpliquantmonopiionjevousenfeïvneraylemoyen
}evoir la Lune proche de tHaison
fort petite, & en mesme
emps les terres&les objets inter
jacens ; delavoir au mesme lieu
danssa grandeur ordinaire,fans
appercevotr les terres & les mef
mes objets; je vousferay connoiflre
clairement, que le Verre enfume
ne fait point paroistre la
Lune plus petite proche del'HorifonJ
parce qu'il cache les objets
intermédiaires &jevouS*donne.
ray la raison pourquoy un flambeau
alluméparoijt plus grand la
nuit que le jour)diffirente decelle
de MlRohaut3 qui nemeparoist. :
pas tout-à faitjufle.
le vous prouveray mon opi-
-
nion par un grand nombre de
faits & dexperiences, c- Mec*
eu de raisonnemens, ce qui eji
ion sens la veritable maniéré de
hilofopher>que les Anciens n'ont
as toujours suivie. &ce qui les
engagez dans un grand nombr-e
!'erreurs ; que les Modernes ont
lus souvent mise en ufaze) &
e qui leur a faitdécouvrirplueurs
vérité^ dans la Physique.
7 est facile de mediter dans un
Cabinet, edjfitre des raison.
lemens à perte de eveuë ; ils peuvent
mesme eflre bons &fohdes3
nais si on établit un Principe
aux ou obscur, toutes les confi.
]uencesque l'on en tire
j
font
aujjtsmobfmres.iLrieneftpas
de mcfmedes Expériences;ilyen
peut avoir quelqu'une.d'équivoA
que & qui induiseen erreur,
mais unefecondc
, une troisiéme
érune quatrième defabufentpleinements&
il ejlimpojjiile qu'une
explication confirmée par un
grandnombre d'experiencespuisse
eflre fausse) ou n'estre pas vrayftmblable.
Lafécondéraison qui mefait
differer à vous expliquer mon
opinionsurcette apparence) c*eft
que je fuis maintenant,occupe à
un sujet plus agreable& plus
utile. Je travaille à un petit
Traite d'Horlogerie9dans lequel
explique de cet Art tout ce qui a
xfport àla mesure du temps, les
fferens moyens qu on a invenjujquàpresent
pour lemefii.
r avec exaflttude, & les rains
des principes qui donnent la
fllle aux Pendules immobiles Tportatives.
lj donneraylaDc/cription
une nouvelle Horloge, ouMonme
portative, fondéesurun noueau
principe d'égalité, tiré des
'ix de la Nature e du Mouement,
& qui rft disferent du
rincipe des vibrations des Réf.
Irrs. Les9Montres de cettefaçon
'auront point de Roué de rencontre
ny de Rocher, point de Pà
lettes an'Balancier}point deRe}
fort droit ou spiral, ou de touti
autre figure quienreglelesallee
&le* venues par leurs vibra
lions, e elks auront quelque
Autres propriett'{que nontpas cei
les qukfont en usage maintenant
1) enfeignerajaujji la Fa
brique d'un nouvel Instrument
pour proportionner avec une tre.
grande exactitude la Fusee a
ReJJort, qui est une ebofe de l
derniere consequence.Tous II
Horlogersfgavent que la princi
pale difficulté pour rendre m
Montrejufle,confifieàfaire tin
\eressortégalement, &quepour
produire cet effet il faut donner
t la Fusée uneexaélenre
oarfalternent proportionnée à la"
corce duRessorti car il efl indubitable
que si y ReJJort tiroit
toujours d'une mesmeégalité, la
Montreferoittresjufle LaClef
de quatre, que quelques uns emyloyent
pour produire cet effet9
est un moyensi imparfait,quela
plus grande partie des Horlogers
nésen fervent point,& l'abandonnent
comme Ínutile, à cauje
de Ion peu d exaélitude.-
Il n'en fera pas de mesme de
cenouvel Inflrument. Tous les
Horlogers s'en serviront,&Par'l
fin moyenils feront facilement
&en peude temps des
Montres
fortjufles,e*r ils donneront àla
Fusée une figureexacle & par.
fAlternentprop^tionnée À la force
du grand Ressort.-fo/e dire que
cet Inflrument mettra 1 Horlogerie
dans un tres -
haut degré de
prlfeélion, & que le sieur Tomlpeison,
Horloger deLondres, dont
Aiontrcs approchentsi fort de
la jufteJle,&que les plus habiles
de Paris n'ont pu encore imiter
jusqu'àprejent, ny donneraleuis
Montres une ftmblable jujlejje
si , ce ncfl peut. estre à quelqu'une
r bavardy ou par un travail
finy
,
fjj* par lesJoins de quel..
:es Sçavansyoudepersonnes exxordinairement
curieusesd'exlentes
Montres, que le sieur
mpion, disje ,
s'ejijervid'un
mblable Inflrument, quidonne
1e connoijjance certaine 'de la
fleffe d'une Montre, avant
efme que de l'avoir mije en mou-,
ement y &de l'avoirveuë cbeincr.
Sifaj différé jufquà present
r
poursùivrefrnregiflrement du
Wivilcgedont vous fçave7,, que
RDY megratifiai'année dernierey
parce qu'il tsi. fâ,heuJt &
desagreable à un honneste hommi
J'avoir des procez , c- de perdri
fin temps à chicaner, qu'ilpourJ
roit employerplus utilement
; maii
puis qu'il en faut necejfairemeni
paJlèr par là^feJuisrejolu maini
tenant depoursuivre l'enregistre
ment de ce Privilege. Je verray
si on me rendrajustice,&queilel
raisons les Horlogers pourront
avoir de s'y oppojer
3 non feulement
à l'égard des InventionJ
que je leur ay déjàenseignees
, mais aujjià l'égard de-celles dont
.;'
je viens de vous parler.Si on ne
me fait pas juflice
,
je ne publieray
point ces nouvellesInvcn*
0nsfauray cette rai/on ,-
terircedifculpcrauprès dit Pu--
lie & de la Pojferité , de lesvoir
laissées fRrir; & quelques
titres que j'ay imaginéessur dif-
Irenssujets. J'aurayfoin devous
lander l'événement de cette tif
ire; cependantjevous prie d'estre
trfuadé que jefuis Jincerement3
- Wonfieur Voftrc,&c.
-
-
Vous avez eu raifbnfalame,
d'apprehender que la
France neperdift Madame Fa
}ucheffe deChartres-.Onnerfr^
j'eut estreplusmalade ians
Derdre la vie, que cette Princesse
l'a cfté.Toute la Cou
eitoic penetree de douteux
l${ particulièrement ceux qui
cette Princeflc touche d,
plus prés; mais enfin on peu
dire que M' Fagon, premie
Medecin du Roy,afair voi
tout ce que peut Ton Art,er
la tirant des bras de la mort.
On a eu nouvelles qui
Madame de laMcffelicrecf
morte en Poitou
3
le moi:
pasle. Elle estoit Veuve d<
Messire Loüis Frotier, Mar
.q uis de la Meffelière, & s'a p.
pellpit Anne Irland
, dune
ancienne Maison d'Ecoffr,
:tablie en cette Province-là
1 y aenviron cent cinquante
ms. C'estoit une Darne de
)eaucoup de merice & de
rercu, & qui eftoic d'une
grande ccHifideration en Poiou.
Elle eltoit Sceur de Mr
'Abbé de la Vau, qui ell
nort au commencement du
nois de Février dernier, Treorier
deTEglifedeS.Hilaire
e Grand de Poitiers, Garde
les Livres du Cabinet du
Louvre, & l'un des quarante
Je TAcadcmie Françoile.
Elle a laifle plusieurs Fils,
qui font, Mr le Marquis de
la Meffelicre3 Sous Lieutenant
de la Compagnie des
Chevaux- Legers de Monfei.
gneur Ic Duc de Bourgogne,
Mettre de Camp de Cavalerie,
& Chevalier etc l'Ordre
de Saint Louis, qui a elle cyJ,
devant Exempt de la premiere
Compagnie des Cardes
duCorps;MfrAbbé de
la Meffeliere) à qui le Roy
vient de donner la Treforerie
de S. Hilaire de Poitiers,
& qui estoit Doyen de la
mesmeEghfe-, Mr le Chevalier
de la Mcifeliere) Chevalier
deMahhc,&Lieutenan?
'une des Galeres du Roy;
lrle Chevalier -de Chamoeaux
,aufliLieutenant de
ratere, & Mf rAbbé de la
leflfeliere
,
Abbé de Cha-
)Ux. Je vous ay déja fait voir
uand je vous appris la mort
eJylTAbbéde la Vau,que
Maison d'trland cIl: une
es-noble & ancienrre Maiun
ilfuë d'Ecosse. Celle de
roxier n'est pas moins illure.
Elle est établie en Poi-
)u ,
Berry, la Marche &
ouraine depuis un temps
ifiny. Pierre Frotier, Baron
s PreuïHy,Vicomre de la
Guiche & de Monbas; Seigneur
duBknc en Be>ry,ôJ
& d'Aosé le Feron, premiei
Ecuyer du Corp$, & Grand
Maistre de l'Ecurie du Royj
qui est ce qu'on appelle prelentement
le Grand Ecuyed
de France, vivoit fous les..rej
gnes de Chartes VI. & dd
Charles VII. &eut beaucoup
de part à la faveur du dernieij
de ces deux Rois,dont il cftoil
auiîi Chambellan. Ilépousa
Madeleine de.£reuilly,dela
Maison des anciens Comtes
de Vendosme, Tune des plus
nobles & des plus riches Herit";
prPc: ri-'*CrsnrernoS'&fucGou-
4
erneur de Poitiers. Prégent
rotier3 Baron de Prcüilly)
: Chambellan de Charles
Anjou, Comte du Maineôc
>uc de Cafabre, signa au
0eftament de René d'Anjou,
£>y de Naples & Comte de
rovence, ellant un desSei-
[leurs quiy aflifterenc dela
arc de Charles d'Anjou, son
reveu & son herider. Il é-
Jufa N.de Billi delaTour
Aneré. GrifigonelleFrotier
oufa.N. dAmboise» Soeur
i Seigneur 3"eCEaumonr,
rand-Maillre dela Mailon
i Roy}& de George, Cardinald'Amboise,
Archevêa
que de Roücn. Elle elloiq
anflîNiece du Cardinal
d'Amboise, premier Miniftrà!
de Loüis XII. Colin FrotierJ
S' de. la Meffelierc Chamo
ceaux ,
Feugiere
,
Queaux*|
Chafiela,épousa N. deToiiih
leser,GuyFrocier3Seigneurd
la MeÍfeliere,épaula Jeanndj
de Maillé,& ilsfondèrent en
sembleun ConventdeCor-fj
deliers dans leur Terre dela,
Mcffeliere. Floridas .Frotieri
épousaN. de Lesé-Lusignan.j
Charles Frotier
j
Seigneur da
laMcffeliere, Lieurenarit&
enluiteCapitaine d'une Compagnie
d'Ordonnance de cinquante
hommes d'armes,
Chevalier de l'Ordre du Roy,
fut honoré de plusieurs emplois
& commandemens en
Poitou, la Marche, Xaintonge
,
TAngoumois
, commandant
en différentes occafions
dans ces Provinces,
&enparticulier dans les Villes
deXaintes, de LuGgnan,
&de Poitiers, du temps des
guerres des Huguenots, où
il receut plusieurs fois ordre
de se jetter pour y commander.
Il époula N. de Volvire
de Ruffcc. Pierre Froticr
, #J" m ï
Seigneur de la Mefleliere de
Chanioceaux,QueauxCham.
boneau, &c. Enseigne-Lieu-<
tenant d'une Compagnie de
cent hommes d'armes, & en'
fuite Capitaine d'une -Corn..
pagnie d'ordonnance de cent
hommes d'armes, Chevalier
de l'Ordre du Roy, Gouverneur
du Chasteau de Poiriers,
Capitaine de TArriereban de
Poitau
, a eu aufli plusieurs
Commandemens dans ce
Pays-là
,
où il a commandé
I
feul3 & a eu l'infpedion de
toutes les Troupes qui y -J kt41t .pen dan [ oIes guerres
lela Ligue. IlépousaN.de
)aumy. Gafparc Frotier, Seigneur
deCbamoceaux-, l'Eflans,
&c. Enseigne d'une
Compagnie de cent hommes
1armes, & ensuite Mestre de
-..ampd'unregiment d'lnfan.
erie.,Député de laNoblefTe
le la Marche aux derniers Eats
du Royaume,épousa Ifa-
)elle de la Rochefoucauc.
l^oiiisFrotier, Marquis de la.
Vlefleliere, (on Fils"fut nourri
infanc d'honneur du feu
ttoy, avec Messieurs le Duc
Je Morremar, & le Maréchal
duTfeffis. Il eftoic Père de.
- -- ",,- .-J.
feu Mrle Marquis dela Mef1
fesiere, dont Madame de la
Meffeliere qui vientdemourir^
eitoitVeuve..
Mr de Chenedé, Avocat
& Procureur du Roy de lE,
lésionde Paris ,
elt more
auSi, extrêmement regreté
de ceux quile connoissoient.
Il estoit fort estimé dans sa
Compagnie,tres-intelligenc
dans les affaires qui leregardoient,
& fort zel,é pour le frvice du Roy,
Je vous ay déjà mandé la
mort de Madame la Grand'-
DuchefTc Doiïairkre deTofcane,
irte ,arrivée à Pife la nuit
u 5. au 6. du mois paifé,
prés une facheuse maladie
e quelques semaines. Elle
voit receu tous ses Sacrelens
quelques jours auparaant,
avec des sentimens de
ieré & de refignacion à la
olonté de Dieu, qui firent
ileurer tous les affiltans. Le
natin du Samedy 6e coures
es cloches delaVilleannon-
:erent cetre funeste nouvele
,
& pendant que six Genlis
hommes de la Cour, fuient
les ord res qu'ils avoient
eçûs, faisoient diftolcr
tout ce quiefloit neceft
faire pour la Pompe funebre,
tout le Palais fut tendu
de deuil
,
& aprèsquon eut
ouvert ôcem baumé le corps
on le revellic des habits ac-j
couftumez de la Princesse f.
avec ses Pierreries, & lei
foir on lexpofa dans l'anti-j
cham bre, la Couronne Du-1
le en teite, au milieu d'uni
grand nombre de lumières.:
Il estoit sur un lit de parade,
fous un magnifique Dais, &
il demeuîa ainsi exposé jufques
au foir du Lundy
, y,
ayartt continuellement
-
des
L
5reftres, & des Religieux qui
)falmodioient & pnoienrau-
:oùr du lit. Il fut mis ensuite
lans un ccrcueïl couvert d'un
5oeile noir, avec la Cou-
'onne Ducale sur un couffin,
k portépar des Eilafiers dans
aLitiere de laPrincefTe défun-
:e', pour le transporterà l'EelisedeS.
Marc, hors taVitie
ur le chemin deFlorence. La
narche se fit de cette forte.
D'abord parurent les Cuirasrrttrs
dePife,cinq à cinq,en
habits de deuil avec de longs
:refpes Ceux qui terminoienc
chaciue file tenoient des flam
beaux allumez, &lei autres
avoienc l'épée nue.Derrierq
les Cuirafiicrs on voyoit la
CCrrooiixxddeessAAuuoguutsltiinnssddeeSSaaiinnt
Nicolas, dans le diltridl de
laquelleFaroifTe est le palais
du Grand Duc, & derrierq
marchoient les CordeJiers, lesDominiquains,&lesAuj
gu ftins,avec de gros cierges,
ayant à cofre d'eux unetres-j
grande quantité de Freres desj
Compagnies de Florence&j
du Saint Esprit,&d'Eftafkrs
de la Cour, qui tenoienc
chacun un Flambeau attume.
Ils estoient suivis de tout le]
:Jergé'de la Ville, avec leuel
on voyoit marcher les
lobles & les Chevaliers des
Ordres de Pife,les Citadins;
s Regens, les Docteurs, Se
n *nombje inconcevable
Ecoliers, ayanc aufli tous
es flambeaux, qui leur a-
)ient esté dittribuez à la
Dite du Palais.Ils formoienc
= [res-longues files,qu'on
suc dire en quelq ue force
u'on nevoyoic poinc finir.
e Corps paroiuoic enfuite
ir la Littiere donc on a parlé,
.us un Dais porté par les Seateurs.,
Prieurs, & Consuls
de Merde làVille,au'milieiM
cTirntriste cortège de Che-I
vafiers de l'Ordre de Saint
Efiienne, de Gentilshommes
8c de Pactes de la Cour. Les
uns portoientdesBanderoles'
noires avec les Armes de la
deffunte PrincelTe, & les aul
très, chacun une torche à lai
Vcnitienne. La marche eftoicj
fermée par cent Cuirassiers
à cheval avec des flambeaux,;
&onalla danscet ordreavec
la décharge du canon de la
Forteresse jusques à 1Eglise:
de S.Mare,huitGrands-Croix
de la Religion de S. Efiienne,
& successivement huit autres'
- - *
,es! principaux Chevaliers ,
enant,.Ies bords du poesle
ont on avoit couvert le Cerueïl.
Le Corps fut porté les
eux jours suivans de l'Eglise
e Saint Marc, au Convenc
* esReligieufes deMonticel- ,tout proche des portes jJe
lorence
,
acçompagné des
>jiralfiers de Pisc, & d'un,
rand nombre de Prettres &'
l'Estafiers. La triste pompe
vec laquelle*on vint proeflionnellcment
au devant
[ans tous les lieux où ce Conoy
lugubre païTa
,
fut une
narque de l'amour que. les
grandes qualitez de cette
Princesse avoienc inspiré à
tous les Peuples. LeCercuei
aYJntesié posé dans l'Eglifâ
de Monticelli, le foir du Me
credy 10. il fut porté de là
sur les vingt-quatre heures
jusques à la porte de Floren
ce ,
où il ne suc pas plutoll
arrivé que 1on entendit (onner
toutes les Cloches. La
ForrerefTede Saint Jean Baptifte
fit plusieurs décharges
de tout son Canon3 & cela
dura jusques à trois heures,
dans lequeltemps le Corps
arriva dans l'Eglise Collegial
le Saint Laurens. La Croix
le Saint Nicolas & les Pretres
delJife qui l'avaient ac-
:ompagne jusque-là, rayant
aisle fous un Dais à la porte
le Florence, il se fit une nouvelle
Marche dans cet ordre.
1es Cuirassiers de Pife, armez
:omme de coutume,& couverts
de plusieurs crespes
xndans, tenant leurs épées
lues la garde en haut, avec
m Chaperon de drap noir,
marchoient les premiers.
?réceder des Trompettes
ivec des sourdines. LesHuit
fiers fuivoienc en' habit noir
avec des crespes à leurs Maf
ses -d'argent, & une Troupe
d'Eflafiers de Cour en deuil.1
On voyoic ensuite la Croix
de. Saint Laurens avec une
bande de ve lours noir brodée
dargentaux Armes de
la Princeffe
, au milieu de
plusieursflambeaux portez
par les Ertafiers de la Cour en
deuil. Divers Ordres de Reliogieux
de Florence, de Fiefoie
ô» des environs marchoient
ensuite & à cofté
les deux Confrairies de JciuSt
& de SainrBenoifi,au nombre
de deux cens Freres,puis j
: Cierge & les Chapitresde
ainte Félicité & de Saint
aurent, cent Pleureurs, &
ntres-grand nombre d'Ellaers
de Cour,.(ous en deuil^ :tenant, les uns des Cierges
c les autres de gros flameaux.
Aucour du cercueïl
larchoient cent Courtisàns
es plus' Nobles, escortez des
"rabans de la garde à pied, :derriere eux les Pages de
t Cour en habits de deuil.
luit d'entr'eux tenoient des
banderoles noires avec les
Irmes de la deffunre Princese
sur le Cercutïl qui eiloit
porté fous un grand & ric
Dais noir à huit ballons, 6q
soutenu tour à tour par le^
Gentilshommes delaChan1,
bre du Grand Duc & des]
Princes ses Fils.LesMuletsj
quitraînoient la Littiere où,
estoit le Corps, & que le Mui
letier du Corps,qui estoit à,
cheval, conduirait, e ftoienc
enharnachez de deiiil, avec
des houpes. Un grand Pocfle
develours noir, avec les Armes
de cette Princesse d'une
richebrodçrie,couvroir le cercueil,
& les bords du Pocfle
elloient soutenus par ses priaaux
Officiers. Les autres
ficiers de sa Maison maroientapre's
eux, & preceient
trenteSenateurs avec
irs habits de drap noir dou-
17. de violet. Leurs Massiers
Huissiers vestus de noir
irchoient devant, & à leurs
fiez plusieurs Eilafiers de
)uren deiiil. La Garde des
lifles avec des Timbales ôJ
:s Trompettes dont le son
loit lugubre, fermoic
:tte Marche, chacun de
ux qui la composoient teint
un lfambeau. L'Archedque
de Florence, affiflé de
plusieurs Evefqucs., tous en
habits PontificauxreceLI.r,
le Corps à la porte de l'Eglii
se Collégiale de Saint Lau.
rent, quiestoit toute tendud
de noir dehors&dedans. Les;
grands Officiers l'ayant mil
entre les mains desEitafiers,
ceux-cy le placèrent sur uni
fliperbe échafaut que Ton
-avait élevé dans le milieifde
TEglife.LeCardinal de Medicis
arriva dans le mefms!
temps,&après une courre:
oraison qu'il fit au pied de,
l'échafaut, sur lequel il
jer[.1
de FEau benite Jil
alla aiulj
iedieu qu'on luy avoit préaréducofié
de l'Evangile,
Qftant à toutes les prieres
le firent l'A rchevêque &
Cierge,quiavoit accom-
Lgné le Corps. Le Jeudy auatin
ii. du mois, l'Eglise de
une Laurent ayant eité ou-
:rte , on trouva le corps
: la Princesse hors du Cerîeilf
rcveftu de ses habits
'dinaires avec quantité de
erreries, la Couronne Dude
en teste
,
sur un fom-
:ueuxéchafaut, & un tres-
'and Dais noir au deuus.
'échafaut estoit à plusieurs
étages, au plus haut defqucls
on montoit de quatre collez
par plusieurs degrez,couvers
de noir, & garnis de chandeliersd'argentavecde
gros cier.
ges^unetres-grandequantité
d"argenterie. Les huit Pages
tenant les huit Banderoles
noires, eiloient aux deux
bouts de l'échafaut, amd que
deux longues files de cent
Pleureurs à côté avec des
flambeaux à la main,& derrie.
re eux on voyoit la Garde des;
Trabans rangée. L'Arche.:
vesque de Florcncct3ITiliéden
Eveiques venus exprés pouji
J
:te lugubre fonction, oilipontificalenlene,
ôc la
ufique du Palais chanra la
efledeRequiem. Vous vous
aginez bien le concours
craordinaire de monde qui
trouva. LaMessefinie,on
fcendic leCorps, qui suc
mis dans la Biere
1
& porté
.r lesEna fiersàlaChapelle
i font inhumez les Princes
: la Maison de Medicis,
\rchevefque,les Evesques,
toute la Noblesse de la
our raccompagnanr. Là
fut encore tiré du Cercueil, :conGgné avec un aCte pu..
blic par le Marquis Guadai.
gni.Maigre de Chambre de
- la défunte Princesse, au Marquis
Riccardi, Grand Majordome
du Grand Duc, & enfuite
renfermé en un cercueil
de Cyprès, couvert de velours;
noir avec des galons,&quii
en renfermoic un aurre de:
plomb.On cachalateste dans:
une maniéré de capot de toile:
embaumée, ayant par delTuSî
un auare capot d'hermine.^:
puis un troisiéme de velours
noir On les lia tous autouri
ducol, & on luy couvrir lesi
jnains avec les extremitez.. i
)n mit auflisur la teste & sur
L poitrine deux grosses Meailles
d'or ,representant la
Irincefi'e,& au revers saDeife,
qui est une Galatée team:
en ia main une Mercerie,
dans laquelle font trois
terles5 & ces mots, Odor in
mdorc. Derriete la teste au
Irenlier Cercueil on mit une
ame de plomb,surlaquelle
ftoij; écrit en gros caraétees
rittoria-defla R.o'vcrc Mon.
çftltri,Gran- Ducbeffa di Tefana.
Elle fut mile dans le
Daveau deFrançois1.àcosté
luC.rcueil de Ferdinand Il. .-
ion Mary.Elle eftoic née ei]
162.2. le 3. de Février, & efl
morte âgéedesoixante &
douze ans & vingt- neuj
jours. -I
Je vous envoye un Out
vrage qui fait grand bruij
dans une de nos Provinces,
où il aesté vu depuis fil
mois. 1
1
ENTRETIEN
SATYRIQ^JE ET MORAL.
DAMI S. ENfin
, mon cher LictU
5 ton
Hymen se déclaré,
Dei" dans ton quartier lafefte sen
préparé,
On vient de tout cofte,,-pouT fenfeliciter,
Les Bans fontpublier,, la dot se va
compter.
On voit déjà mèlc\les parens delà
ftUe,
Avec toua tes amis 6 toute ta famille,
t rang,
Et fans diftinïïion de mente ou de
Chez toy font confondus le Nohl,
&l*Artisan, j
Mais d'où peut p-rocéder tonaveugle
manie,
Et quel demon conftire au malheur
de ta vie
Vingt mille ècus comptans aurontils
le pouvoir
De te faire oublier ton rang e ton
devoir?
LIeA S.
Tu t'abuses
,
Damid; dans le
temps où nous sommes
Lesfilles des Marchands font pour
lesGentils hommes
j
.La Noblesse &l'argentlôni *lez^aujourâ*huy.
Pive un Noble qui traisne une
quaiffe aprèsluy :
Sans fubfiflanceun fang deviendra*
t-il antique l
Où la trouve-t-on mieux que dans
une Boutique l
Et vit.on rien jamaû qui donne
tant d'espoir,
Comme cej noms charmans, Magasin
& Comptoir
Ces mots. tu le eonfoÏ4)fRPlolent
l'abondance
Que , ne voit pas toujours une iUtlflre
naissance;
Et jefais moins d'eflitde mes vieux
parchemins
, Que d'un simple billet '1.'aD.
dans ses mains. [ titres,
Estime qui voudra ce vain amas de
Ces Panonceauxcharges-ces Poteaux
& ces Lares,
Ces émaux par la pluye & par l'âge
effacer,,
Et qu'on trouva briUans dans les
ifecles p¿tlJe,.
TOllt ce safie pompeux quétale la
Noblesse,
Ne brille point aux yeux commt fait la richesse.
L'éclat dont se paroient mes itQ.
tfres Ayeux
Cede aux vingt miDefilu qui mi
frappent les yeux.
L'on a vû de nos jours de grands
Seigneurs en France,
Epousant de l'argent, mettre àpart
la naissance,
Et [ans croire ternir leur nom ny
leurs lauriers,
S'aDltrsagement à de riches Fermiers>
Et quittant des Héros les maximes
severes
Ensemsesa-aliliranet, sr,ét.a[blirlleiurtseaf-
Pn Noblenajamaisperdusaqua-
Pour
pour un pareil Hymen quil aura
contracté5
Pourpeu dans ses besoins qu'il trouve
de finance
A ïèpoufe quil prend,il donne sa
naissance
, Car suivant ce disson mauvais &
peu nouveau,
On ne voit point la truye anoblir le
pourceau.
Vn Marchand devient noble
usant de safortune.
Acheter une Charge efi la rouie
commuuej [ Roy,
Et tel se fera fait Secrétaire du
Qui fera dans vingt ans noble tout
jl comme moy. joind'*quelque lettre à son nom
qu'on ignore,
Changeant son quatre en chiiJreen
écusson qu'on dore.
Zes pals & les chevrons au htt{drj
blafonnez^,
1
Sur un char triomphantse verront
couronne )
[ ronnie"
Entre par un Decret dans une Ba-i
Et de (un coeur eytflè la roture
ban-j
nie,
D'un Dàtc,mesme d'un Prince, af-j
feftant la grandeur, Jnfolemment son fils l'appellera ,1 Monsieur.j .Le pere autorisantsa noblefîe nouvelle,
appellera lafillean-si, Mademoi-
[elle,
El nommera trois fils (tant il veut
s'oublier)
L'un Baron
,
Abbé rdutre, d*
l'autre Chevalier.
yoilà, mon cher Damis, aujourd'buy
dans le mondé
Je tant de Chevaliers la sourcesi
fécondé,
e qui fait que,fans Croix.)celay
qui prendcenom,
n raillant efi nommé le Chevalier
Citron.
Né fans ambition je riay point lafolie
)egroffirdécufions magenealoole
t fans aller produire à Mahbe
huit quartiers
les enfans , comme moy feront Ions
Ecuyers.
? laisse aux AUemans cette délicateffe,
Vallier fierement le Noble à la
Noblesses
t, n'ayant pas du pain,defaire
plu*deflat
un vieux titre rongequedu meilleur
contrafl.
Avec les quatite'-Z quils prennen
de Meffile,
De Barons, de Marquis, de Corn
tes de l'Empire,
En torm lieux, ces grand noms si
roient bien plué connus,
S'ils efioient ilîufirez^par de bol
revenus.
Cette grandeur fans rien n' est qm
tres-peu de chose
Par elle au Payfanfeulemento
impose ;
,Parmi les gens d'e!prit tin Marqu
est un (ot
Quand il n'a pas dequoy faii
bouillir son pot.
Du He105on(outientmal-aifémtl
la gloire
Quand on est bienlongtemps (aJ
manger & fans boire,
Et je laifje aux Romans vanter c
demi-Dieux,
é
.ui riavoient pas dequoy faire un
repas cheveux,
Mais mon enteflementriallant
point à pretendre
t des titres pompeux que je ne
veux point prendre,
ans vouloirmenyvrer£unefausse
ferté,
efuisbonEcuyer,voilàma qualité;
\t trouvanten Dortjeunehonnefîe
riche(Je,
e membarafîe peu qu'elle ait de la
nobleffe,
"en aysuffisamment&pourelle&
pour moy ,
Stje fuis tres-content pourvu qti
elle aii dequoy.
yoilà
, mon cher Damis ,
le motif
qui niengage
Aconclure aujourdhuy mon heureuxmariage5
.Ltle viux avoir place aux petites
maisons,
f.i les vingt mille ècus ne valent
tes raiforts.
DAMIS.
Vingt mille ècus comptans,Z¡"A/U,
cest une fvmme
9111i remet sur ses pieds un pauvre
Gentilhomme.
Cet arg/nl, je j'avouë,ejqunfort
bon fteret,
Pour dégager tes biens qu'on a mis
au Décret;
Tes créanciers contens fans te faire
la guerre, 1
Te laisseront goûter les douceurs
j
deItlterre, i
Et loin de la Milicet en paix dansj
ton climat,
Tu ne serviras plus pour des Lettres
à'ÀEI,Ît.
Mais,Licas, aprèstout, je penfc
que Dorife,
Fi tu fuis tes projets, se trouvera fmprif
Qitand les vingt mille écus meilleurs
que mes raifbns
La réduiront , aux champsà garder
les otfons.
Vingt mille frans au moins dillipes^
enemplettes,
Plus de dix mille écus, pour ac-
- quitter tes destes,
Ce Carosse sur pied1 les couleurs de
>. tes gens, Tes habits & tes frais»voilà dix
mille francs,
Toy, ta Femme, ton train, rien
ne fera plus lefie5
Je le confoy, licas, mais quturastu
de refle ? [ gager
Et cetteTerreenfin que tu vas dèA
t-elle assez dequoy te donner a
manger? [page?
Q4!Í fera fubfifier tout cebel èqui-
Enfin que deviendront ces gens é*
ce ménage !
Du Bean-pere, pour Gendre en.
ragede t'avoir,
Reverrastu jamais la Ifuaiffe &
le comptoir!
Ce magasin charmant, dont Cbeureuse
abondance,
Autant que ton Hymenfiatoit ton
esperance,
27*aura,t-il point souffert de ces
vingt mille teuf,
Xayant e(te comptequi ne proiftent
plus!
Telle somme souvent fait rouler
un commerce»
Et telle somme btee un trafic se
tenverfej
rel Marchand epuiss dans un hiver
s'est vù ,- 1esenfans mariez,,d'un bonnet vert
pourvû.
;estcus) ilefl vray, font de douces
amorces 5 iaisceluy qui lescomptea furpafie
ses forces,
ït(i J'on n'yprendgarde3un Marchand
aujourd'huy
établit ses enfans avec le bien
d'autruy.
"ingt quartiers retarde<2 quinze
ou vingtFamilles
Jlaceront un garçon> & doteront
deux FIUeJ ;
lt îefcontemanquant, ceji un cas
peunouveau [l/'at/letlfl.
lue de faire à Cadixconfirquer un
Hous voyons tous les jours de ces
tORTSdeIOllpleget
De nos plus fiers Marchands établir
les richesses,
Et le plus 4 son aise
, au mépris de
nos Loix,
S'efi enrichi souvent en manquant
quatre fois.
rne Femme coquette, oujoiieufet
ou gourmande,
Renverse d'un Marchandla fortune
plus gfande,
Et tel pour avoir eu son Fils un
grandfripon, [faux bon.
Afaità son trafic un malheureux
Nous voyons tous les jours de ces
chutes c*uelles,
Entraîner de nos biens la ruine
après ellts,
Et j'en (FdU dix à T. qui n'ont
presque plusrien,
Pour avoir fut-C. le maiflte
de leur bien.
Cependant ce Marchand sourdement
s'accommode,
"Rétablit[oncrédit, redevientà la
mode,
Et d'un tour frauduleux dont le
fripon se fert,
Fait valoir des effets qu'il amis à
couvert.
Déjàdans samailontoutreluit,
tout é, c,late, [ lV, è1 car1l.ate.
Sa Femme porte Cor, e- son Fils
On change sur le front d'un Fils
quon nomme Ahbé,
Le bonnet vert du Pere, en un
bonnet carré.
La Mcre ,en oubliantsa banquerottte
infâme,
Souffrira fans rougirqu'on tappelle
Madame;
Ny Gigofl, ny Robin,n'ont rien de
délicat
)
Fameux Traiteurs.
Dont & foir & matin leur table
n'ait un plat.
ZeMagasinn'a rien de trop beau
pour la Fille
Za croix de Diaman,s sur sa carcajfe
brille,
Dentelles & rubans entassêz,comme ilfaut,
Elevent sa coëffure à deux grands
pieds de haut.
Six maistres tour à tour, pour intfruire
tidole,
Viennentà tout momentjouerchaclin
leut rbley it le Perc, à quinze ans la tirant
du Comptoir, [ troloir.
AVtC vingt mille ècus la met sur le
De toutes parts dija la jeunesse
galante,
Le Noblele Bourgeois à tenvy
se presente )
Et le Noble ècaTté) les Parensont
fait choix,
Pourquatre (acs de plus, du mausj
fade Bourgeois. Un Noble! dit la Mere, ôDieu'
t quelle apparence, 1 A moins que l'on n'en fatfe un Treforier
de Francel
i Un Noble pour ma Fille! helas, la
pauvre enfant,
t Bornée à des dindons, vivroit-elle
un moment?
Quoy! ma Fille élevée avectant
de tendresse,
Iroit mourir aux champs? Ouy, si
j'en fuis maifireffe
, Je choifirayplûtost, faute d'un Tre- forier,[Confeiller.
Un Ouvrier en foye) ou bien un
Et tu prendroj;, Licas ^unetelle
alliance!
Tu ferois lâchement ce tort à ta
nai(sance!
Plongé dans ce bourbier3 outre h
repentir,
Perois^tucetHymen dont tupour
rois rougir?
27on,croy-moy5 quitte là ton de]
/tinpourDortfe,
Ton fang le veut ainsi
,
le publu tautorise,
Zepublic, qui censeur prend tnterej
àtoy, (memoy
Et qui de ton dessein roug)/sott corn
ù'ilfaut que par £Hymen ta vo
lontè te lie,
Puifquilnetientquktoy ,prtn; 1.
fage Emilie:
Vingt millefrancs quelle a, fou âg
& sa raison
» Pourront en peu de temps acquite
ta maison:
7ar, outre quEmilie estnoble, belle,
fdge,
Flle hait la dépense) elle aime le
menage,
it comme si le Ciel te Venvoyait
tien haut
:rnilit estyLicas, le fatty qu'il te
faut.
Je ne vous fais point le déail
des devotions du Roy
iendant la Semaine-fainte.
fous sçavez que Sa Majesté
accoutumé d'assister à tous
;s Offices, & que ces Ossies
(ont longs. Ainsi Elle s'acluitte
par là de toutes les
onétions d'un veritable
Ihrcftien, mais il y en a en'
core d'autres qui font cellej
du Roy ,
dont ce Prince a
remply tous les devoirs delà
maniéré qui leur convienti
c'etf à dire que Sa Majeste
a fait la Cene en lavant les
pieds à treize Pauvresj& en
leur servant à chacun treiz|
platsjavec toute l'humilicd
que demande une si pieuse
Ceremonie.LeSermon qui
ne Mr l'Abbé Boiltau surce
ssuujjeet tddeevvanatntcceeMMoonnaarrqquuee,
fut aussi sur l'humilité, & il
la fit si bien connoistre que
tout la marqua, jufqucs à
son geste meimej de force
luè l'on peut direqu'en prehantl'humilité,
il en faifoic
oir un portrait en sa personie.
Il feroit difficile de bien
xprimer tous les applaudisselens
que receutcettePrédiation3
& sur tout le Compliment
que cet Abbé fit au
Loy. Sa Majesté entendit le
:ndernain le Sermon de la
'afïion du Pere Gaillard, Jenite,
qui a prêché leCarême
,evant Elle avec un égalfucés;
de forte qu'on luy rend
Lîftice en disant
,
qu'il a eu
atvanraçe deréuilir dan< un v^il est rare de plaireà
moins qu'on n'aiemérité Tap-j
probation qu'on y reçoit, Le
Roy fie ses dévotions le Same-jj
dy, & après avoir donné des.,
marques d'une piete'toujoursj
édifiante, il en fit voir d"une
bontéinfatigable enrouchanc
un nombre de Malades, qui
eust paru infiny à tout autre 1
qu'à ce Prince, qui ne se lafle1
point quand il sagit de don-j
ner du foulacrenient-auxmalheureux.
p),¡
1
Leolefine jour,SaMajefié:1
diflribuales Beneficesva-j
cans,afm dene s'occu per ce i
jour là qu'aux feules affaires

Cette railon a esté une des!
princi pales qui ayent porte]
le Royà luy donner l'Arche.
vêché deVienne, qu'il ne,
demandoit pas. C'cil ainsi
que ce Prince choisit desSujers
dignes d'c fire pourveus
de la dignité dont illes hono-*j
re, & quifoutiennent le cara- 1
ébere de Prestre, dEvêque,i
&de Chrestien, comme tous
les Ministres de l'Eghfe devroient
faire.
Sa Majesté donna en mème
temps l'Evesché de Die
à Mrl'Abbé Paj or du Ploüy,
loueur de Sorbonne, dont
's bonnes moeurs & le meri-
: répondentà l'érudition. Il
à Fils de feu M' Pajoc, prelÎer
President de la Cour des
lonnoyes, &allié de MrJe
:hancelierBoucheratJdontla
remiere femme estoit sa prohe
parente. Le même jour,
Abbaye d'Ambournay en
eugey,fut donnéeàMl'Abc
Bouchu" Frere de MrBouhulntendant
enBourgogrfêJ
c Mr l'Abbé d'Eltrées fut
ourvû de ceile d'Evron. Mr
Abbéd'Estrées n"a pas enco.
:vingt-huit ans,&cependant
*;
il y a déja quelques années
qu'il a cité nommé par le Roy
Ambassadeur de France en
Portugal. C'estunemploy
qui demande beaucoup de
sçavoir & de fagefie,& donc
il s'acquitte au gré de l'une
&l'au're Couronne. Une faut
pas sen étonner* puisqu'il a
demeuré deux ans à Rome,
avec M.1leCardinal d'EH:l écs
son Oncle, <kqu'il cft d'une
Maison où 1 on remplit avec
tant de gloire ces grandes ôc
gloneufes fondions,qu'on
pourroît dire que ceux qui en
forcent5 font Ambaflfadcinv
iez. Il est fils de Mr le Maeschasd'Estrées,
& son efprir
l'a pas moins brillé en Sor-
)onne qu'il fait presentenenc
en Portugal.
ii> Le Roy donna aufljl'Abbaye
deSelincourt à M1TAb-
De de Croy, Frere de M1 le
Domte de Solre
,
qui fert le
loy avec autant de fidélité
}ue de valeur & de zele. Il
> d'unedes plus anciennes
Vfaifons des Pays Bas, dont
font fortis les Ducs d'Arf-
:hot & les Comtes&Princes
le Chimay. Les Comtes de
Solre font de la premiere
Branche. Il y a eu un Cardinal
de cette Maison
, un
Grand -Malftre de France,
plusieurs Chevaliers de la
Toisond'or, des Gouverneurs
des Pays- Bas & de Hollande
,
& un Capitaine de la
GareedePhilippesII. & Philippesl
l.Roisd'Espagne.IIse
trouve peu de Mailons en Europe
qui ayent de plus belles
alliances. M1 rAbbé Pugec
eutauffi l'Abbaye de Simore,
Dioeefe dAuch.SaMaison
est diviséeen deux branches,
dont l'une est enProvence&
'l'autre àThouloufe. Elle est
trestrès-
ancienne,&très-illustre
par un nombre infiny d'alliances.
On y compte des
E.vesques
,
des Cardinauxa
ies Tresoriers de l'Epargne,
k desChanceliers. Enfinfoit
îans la Robe, foit dans l'Eoée,
ces deux branches font
ionnues parun nom bre de
Personnages illultres, qui va
Drefque à rinfiny. L'Abbé
ion!: je vous parle,efl: de celle
jleThouîoufe)& a perdu deux
F1rères dans le ServIce, diftin- par la plus intre p i de %,a. tlJtZ laplusintrepidevaleur.
Mrl'AbbédeJ3u(tnvalj
Ionc le Frere est Lieutenmt
General, & Lieutenant çe.
Gendarmes du Roy
, aeu Id
Doyenné de Saint QuentuvJ
vacant par la de'mission purJ
& (impie que Mr rEvefcjuj
deCaftres en a faite entre le
mains de Sa Majefré,& M
l'Abbe'leVaflal,lePrieuré™
Grammont lez-Tours. Il e
Fils de M1le VaflCaljHuiflîeJ
du Cabinet du Roy. Sa.M&
jeliéa aussi donné à M1TAbbe
de la Mçffeliere la TrefqJ
rerie de l'Eglise P'oyale Gl
Collégiale dee3SaintHilaire jLâ
grand de Poitiers,à laquelle]
ce Prince nomme commi
^•ba de cette Egliie. Il cft
epreftnté par le Treforicr,
lui cneft la premiere Dignic,&
qui porte un Rochet
r«iïrme les Evesques fous leur
l Ab
- !urpîîs, avec laMitre,M11*AblédetaMeflelierc
auparavant
toyen de là mesmeEglise
,
Jui-est de Fondation Royale,.
rcjbi-releve immédiatement
ta Siaint Siege.
Le Prieuré de Saint Go- 6r, 0rdre de Saint Benoiflr,
biocefed-claonlacilé donné
Dom LoiiisCharpentief,
Leligieux du mesme Ordre;
Abbaye de Beaurepairc à
Madame de Bufevant
;
celle
d'Iffv lez Paris, à Madame de
Cbavignyj celle de Mon[or:
prés d'Alcnçon, à Madame de
Chafteauregnaut,&: celle de,
Sainte Hoilde prés de Bar-ta
Duc, à Madame d'Alençon.]
Le Roy a nommé les Genei,
raux, les Lieutenans Gene-j
raux:J & les Marc'chaux de
Camp, qni doivent ferviu
dans ses Armées pendant!
cette Campagne. Les Mart!
chaux de France qui doivent
çommandcrenFlandre font;
JMr le Maréchal Duc de Lu'~
xembourg. [ro53
Mr le Maréchal Duc de VilleJ
- ; M
jrl1leMaréchal de Joyeule.
i Lieutenans Généraux.
vifdeRubanrel.
vlonfieur Te Duc.
vfonÍÎeur le Prince de Conty.
gonfleur le Duc du Maine,
vlr de Rosen.
v4r deBufca.,,bk
4r de Vaiteville.
vil de la Yalctte.
vF Ximenes.
ylr de Feuquieres. ïé*.
^onfieur le Duc de Barwiçk
j
Maréchaux de Camp.
yIrsle Duc deRoquelaure.
*e Chevalier-deGaffion.
3cVandeiïil.
Le Comte de Marfin.
De Pracontal. ,.,.
Mrs delaMotte.
De BrefTey.
DeLanion.
,", Le ComtejeSolre.
Mrle Marec'i-iaf-dêtLoror'eses, ôc^prr
Mrle MaréchaldeCThoileul,
cômmarvderGnc en Allemagne/
Lieuttndns Çeneraux.
M" de 14Feiiiilée.
Le MatquisdeT~hamiI!y.
Le Marquis d Uxélles.
Le Comte de Melac.
LeComte deRevcl.
Le Comte de TallardQ^^t^,
- De la Brétesche.
Le Marauîs de ViHars/
Milord Moncaflel.
Maréchaux deCamp.
Mrs le Duc de la Fercé.
De Barlxfiere.
Le Comte du Bourg.
De laSerre.
Le Marquis deVaubecour
De SaineFremonr.
L'Armée d'Italie fera corn
mandée par M1leMarécha
deCarinar.
Lieutenans Generaux-
Monsieur deVandolme.
MleComce deTcffé.
Mr le MarquisdeVins.
Mr de Larray.
Monsieurle£ïrand-Prieur.
MaréchauxdeCamp.
Mrsd'UfTon.
Le"Chevalier de Tefle.
De Bacheviliers.
LeMarquisde Vgrennes.
Le Comte de Meàa^id.
M' le -Maréch.alDuc de
Noailles commandera en
Catalogne.
LieutenantGénéraux.
DeRaynac.
De Préchac..
MilordComte de Stafïorc
epoula au commencement
de, ce mois, la fécondé Fille
de Mrle Comte de Gramonr,
Seigneur deSei-néacHibos,
Sauroiiille
,
Gouverneur du
Pays d'Aunis, & Frere de feu
Mrle Maréchal Duc deGramonr,
& de Mr le Comte de
Tpulongeon. Il estOncle de
M le Duc de Gramonr, Souverain
de Bidache, & Gouverneur
cfe Bearn. Certe Maison
est fort renommée dans
1Hiitoire de Navarre , &
celle de France non parlera
pas moins avantageusement.
Elleadonné des Cardinaux,
des Archevêques, des Ducs
&Pairs5 & des Maréchaux de
France,& l'on ne peut fou.
tenir une grande naissance
avec plus d'éclat quelle a
toujours fait, ny (e faire djf.
tinguer par plus d'efpric. Mr
leCotutc de Gramontaépouosé
Mademoilelle d'Hamilton,
d'une des plus iïlulires Familles
d'Ecosse. Il n'y a pcrsonne
quiconielte savertu&
sonmente,& c'clt ce qui se
trouve afLz rarement. La
nouvelle Mariée a esté Fille
d'honneur de Madame là
Dauphine. Jenevous dis rien
deMilordSrafforc
-'
Jevousen
viens de parler^nvous apprenant
la mort de Madame la
Comtesse deStaffort^ saMere.
Le 10e decemois Mrle
^Duc de Villeroy époufaMar
dcmoilelle de Louvois. Il eit
': Fils de M' le Duc de Villeroy !
Pair&Mareschalde France,
& petit-Fils de feu M' leMa- :
re'chalDucdeVileroy,Pairde
France, Gouverneur duRoy, 1
Chtfdu Conseil des Finances
& Gouverneur de Lyon.

-
i
refchal de France. lIa- é1p-ouré
Dame.Marguerite de Codé,
Fillede Louis de Cofle Duc
de Brissac& de Catherine de
Gohdy1 dont il a eu M' le
Marquis d'Alincourt
,
Duc
deViJJeroy ,quivient d'epoufer
MademoiiélledeLouvois,
petiteFille de M1leChancelierleTellier,&
Fillede Mr
le Marquis de Louvois, Mi.
niftre& Secretaire d'Etat,&
d'Anne de Souvré, Marquife
de Courtenvaux, Fille
& unique heritiere de Charles
de Souvre
, Marquis de
Courtenvaux
, 6c de Marguéritede?*
intfn.Cette
éune épouseest lecliarme de
ouscçux qui la voyent,&;
1 feroic mal-aise de trouver
me personne mieux faire,
madame la Chanceliere le
Cellier donna àJîner à toute
a Famille le jour de laBeneliaion
Nuptiale, &:• le foir
madame deLouvois la regaa.
Ilyavoit trois tables cha- *
:une devingt couverts. Le
epas fut magnifique, délicat
bien entendu, & tous les
ppartemens de l'Hostel de
youvois parurent meublez
le-bon gcuft)& âvec.une
iage magnibceliCc. Mr le,
Mareschal de Villeroy, Ml.i
rArchevefque de Rei^ns
â
&
Mrs les Marquis deCourrcnvaux
, & de Barbcfieux ont"
depuis donné des repas di-t
gnes de personnes de leur,
rang.
Vous attendez fans doute
de moy un grand dérail de,
la perte de la plus riche, &
plus forte partie de la Flote
que les Anglois & les Hollan.*
dois envoyoient,tantenItalie,
qu'à Smirne. Cette perte
est grande, & félon les Lcrtrès%
dElpagne elle monte
moins a ux millions dé-
-
s. Cependant ellen'est pas
ilcmentconsiderable par
grandeur de cette somme,
lis encore par pl ufieurs cirnfiances.,
qui la rendent
ereufeauxParticuliers,de - --
15 préjudiciable à l'Angle-
M& à la Hollande dans la
njonaure presente,qu'eln'auroit
esté en d'autres
nps. Il est à remarquer que
Flotes Angloise & Hol-
Ldoife partirent l'année
rniere pour -
Smirne. Il y
oit dix huit mois qu'il n'en
PIC party pour ce voyage-,
tout a.hue important à f'un<
& à l'autre de ces Nations, à
cause de leurs draps, doni
ils se défont, & des soyes
qu'ils rapportent en retour.,cc
qui entretient le travail d'une
bonne partie des Ouvriers
d'Angletcrre, sur lesquels ils
font encore de gros gains]
en envoyant ces ouvrages de
foye dans le reste de 1Europe;
deiorteque depuis deux ans.
& demy ils ont non-feulement
fait de grandes perte;
&"manqué à gagner sur les;
retours que leur devoient]
rapporter leursmarchandifes*
1
iais5 ilsont'encore perdu
>ut l'argènt que leur a coûté
équipement des deux Flos,
dont aucune n'a pu paflfer
adix
3
les François estant à
'aindre par tour,où ils peu-
,nt joindre leurs Ennemis,
remportant par tout la'
ivoire. Les Anotais & les
[ollandoisavoient resolu,
Dur les éviter cette année,
e faire partir leurFlote dans
nefaifon, où ils n'avoient à
: d outer que la tempefte ,*,
101ns formidable pour eux
ue les François, & voicy ce
ui leurestarrive. CetteFlote
compoiée d'environ"-fol
xante. dix VaIÍleaux) tant Ata
glois que Hollandois
,
do101
il y avoir quarante-cinq Vati
féaux marchands.estant pàF
tie de Cadix le 27. de Février
alla jusques à la hauteur d
.Malague avec le plus beau
temps du monde
,
mais elii
fut surprise par un si furie
orage, que ne pouvant po
suivre sa route dans la Medij -teranée, elle fut contrains
- de faire vent arriéré pour da
cher d'en sortir, & se mett
au large en gagnant l'bce
L'orage continua à eftfeforl
iolenc, & ille fut de celle
orte qu'il jetta une bonne
)arcie des Vaisseaux de cette
:lote {ur Gibraltar. On n'a
amais vu de tempeftefiterible
en ces quartiers-là.
ïile survint par un vent Sud.
iud Lft accompagné de tonlerre,
d'éclairs,•& de pluye,
k ne et(Ta point jufquJau
roifiéme de Mars. Il y eut
)lufieurs personnes renverée-
s & d'autres brûlées par
a foudre, & la mer estoit
ellement enflée, qu'on ne
a "pouvoir qu'à peine difl
:erner d'avec l'air à la liuur
*
P
des éclairs, ce qui fut caufc
que les Vaisseaux furent longtemps
separez' les uns dea
autres. Voicy les nomsdei
Navires qui ont péry.
Vaisseaux de guerre Anglais.
- Le Sussex, Amiral de cetrc
Floce, commandé par lui
Chevalier FrançoisWhecler"
Il eiloit de quatre-vin^tOif
nons, & de sixcens homiiiel
d«, , , d'équipage., qui onttoustftÉ
noyez,à la reservede deu*
Mores. Le corps de l'Amiral
aesté trouvémort sur le faJ
b!e pre's de Gibra-ltàr, ou
temptite l'avoir jette, il-j" i
avoit (urceVaisseau. sept à
- huit cens 'mille livres pour le
Duc deSavoye & pour le
Marquis de Leganez.
>
Le Cambrige, de soixante
&dix Canons, monté de quatre
cens hommes, dont il ne
s'est fauve que quelques Ma-
[elots. Il estoit commandé
par le Capitaine Warc. Il
échoua à deux mlll"è-s"dêGi.
braltar.
Le Chasteau de Dondey,
de soixante &dix Canons.- :
,r Le Chasteaude Lemeley,
de cinquante, six Canons-,
commandé par le Capitaine

gifler3 se brisapréside Cam--
brige où il échoua; il ne s'ert
est fauve que quatre-vingt^
dix hommes. 1
Le Serpent3l'Entendu, laj
Carcasse, la Bombe, la Maii^
Ketche, la Kerche, le Guil-",
laume
, ont tous pery avçcj
tous leurs. équipages à troi*
hotpmes prés.Laplulpara
eltoient chargez de Bombes^
&de vivres. Un Yacht d"avisl'
Qx. un Brûlot ont^auflieftéj
perdus. ;
VaisseauxMarchands jdngjois.; Marchal'lds 1ng/Ois; l'
Le Grand George,chargé
i
pour Smirne. Le Capitaines
a cité 1
este noye avec soixante &
ix hommes.,& quatre Marhands
Polonais. Il efioitde
uarante Canons & de six
ens tonneaux f-, chargé'de
eux mille puquets de drap.
La Fadeur d'Alep, de
ingt-six Canons) commané,
par le Capitaine Forefi,&
: Berckshire
,
commandé
ar le Capitaine Filforcjonc
erdu tous leurs équipàges.
Le Marchand d'hahe.com.
lande par le Capicainc
laenni.
Le Cîold.
LeWillem.
La Fregate dorée, de seize
Canons.
Vaijjeaux Hollandois.
L'A nne.Marie, de quarante
Canons. EtîcanoïcaSmirne.
11 ne s'en ert fauve que quinze
hommes.
La Princesse Royale d'Alep,
de trente Canons, qui
alloit à Alexandrette. Elle
eltoitcommande'e par leCapitaine
Hans Roos, & il ne
s'en elt pas fauvevingt hommes.
Le Roy David,dessiné pour
¡
Livourne, de dix- hliitCanons.
Il ettoitcoiiimandép ar:
e Capitaine Elderc-Stoffelle.
lui s'est fauve avec sepe
sommes.
L'Elisabeth,dequarante
fanons, chargée pourSmirîej
commandée par le Capiaine
Cornelis du Pon, s'est
auvéeavec quarante- deux
lommes.
Les Armes de Seville.
I,a Hollandia.
Le Vice- Amiral Calem-
3Qurg jugea à propos de(e
etter avec les Vaisseaux qui
:ftoient prés de luy, dans la
Baye de Gibraltar, parce
quec'estoit le rendezvous
arrêté au cas de feparatiofi
Il y titre confei),ôe il fut re
solu d'aller a Cadixy parci
que l'onne se croyoit paseï
seureté à Gibraltar, & qu'04
apprehendoit que Ml le Corn
te çTEftrées ne fust en mer
Quoy que danslaliftequey
vous envoye il puisse man
quer quelques Bastimens peu
dus, vous n'en trouverez P4
neanmoins de si ample j
beaucoup prés,ce-lle-cyay
i
esté tirée de plusieurs L
très. Ce qui-rend la perted
Ennemis encore plus gran
c'elt qu'ils avoient charg
ar plusieurs de leurs Vaiseaux
les marchandises qui
voient esté sauvées de
eux que Mr de Coètlogon
trûta l'année derniere dans
p Rpjrt de Gibralrar, & que
es marchandises ont pery
lans la tempefle oùje viens
le vous marquer que leurs
tus riches Vaisseauxontcfté
•erj us.
Ce naufrage a fait faire
Ju(ieurs banqueroutesà Caix,
non feulement d'Anglois
c de Hollandois, mais méfie
d'Espagnols qui eftoienc
- [î&çreffçzsurles Vaisseaux
qui ont pery. Cela estcauie
qu'on murmure fort en cette
Ville-là contre la guerre, &
qu'on y fait des souhaits pour
la Paix d'une manière aflez
hardie, pour embaraner ceux
qui travaillent à y mettre
o bltacle.-t, La Bourse d'Amsterdam
souffre beaucoup de ce nau-'.
frage. A peine lanouvelleen
fut-elle rcceuë en Hollande)
que la pluspart des Assureurs,
& un des Directeurs duCom-,
merce de Levant, firent ban-1
queroure. Elle ne produit
pas de meilleurs effets en An-*
¡
;"lleettecrrrree.. Elle sfiitr dd''aabboorrdd rrfcnn--.
herir les Soyes de dix Scheins
par livre, &le Chevalier
touvey^ quiavoitvingt mille
lyres :sterlin sur la Flore,
yanc appris que le malheur
Hoir tombé sur les Vaisseaux r lefquelsil avoit miscette
omme, se pendit de defef
loir. Il y eut en même temps - 'tuteurs bourses fermées à
Jondres, de celles qui avan.
oient de lardent au Prince
l'Orange suru les nouveaux mpolt©s, parce que la perte
jue le naufrage leur a causé,
es met hors d' cftac de faire
ces avances. Lanouvelle de
ce defaitre eflant parvenuë jurques à Gènes, on ya laifle
protester pour cinq millions
deLettres de change, parce
que Ion y a appris que les
Tireurs avoient de grandes
Tommes sur les Vaisseaux ris; pé- ce qui a fortaffligé le
Duc de Savoye & le Marquis
de Leganez
, pour qui
eiloit cet argent; & sur tour le Duc de..Savoye, qui par le malheur arrivé à la Flote,
manquoit non feulement à recevoir 1argent qui avoit
]Pery,&celuy qu'il devoitcirer
des Lettres de change
protefiées, mais quife voyoit
encore privé par là du secours
de Vaisseaux qu'il avoit demandé
,pour empêcherla
communication de Toulon
& de Marseille avec Ville-
Franche&Nice.C'efl:ce quia
obligécePrince àdépêcher
*IesCourievs en Angleterre,
& en Hollande, pour demander
qu'on luy envoyait de
nouvel argent, 6c de nouveaux
Vaisseaux pour la fin
du mois de May, fans quoy
il ne pourroi.t soutenir plus
longtemps la guerre. Il s'cft
tenu là-dessus plusieurs confeils
en Angleterre & en
Hollande. Onaresolu de le
satÏsfaire, mais les moyens en
font difficiles, moins encore
à l'égard de l'agent qu'à l'égard
desVaisseaux,quipourront
estre arrestez par les Er.
cadres de France. Ce naufrage
coûte cher aux Enne-o
mis. Il leur fait rom pre les
mesures qu'ils avoient prifcs
pour agir dans la Méditerranée.
Il leur fait perdre l'argent
qu'ils envoyoient en Savoye,
dont on n'est pas fort
content à Londres, où l'on
ne veut point que les especes
furrenc, & la Flote délabreV
n'achevant pas son voyage,
les; marchandises qui n'ont
point- pery, ne font guere
plus utiles à ceux a qui elles
appartiennent
, que si elles
avoient esté perdues. Depuis
deux-ans &demy ils devroient
avoir fait profiter deux fois
legain qu'ils auraient fait par
sesretours, qu'elles devraient
leur avoir rapportez. Il n'y
a pas jusques au dernier Paquet-
bot pris par un de nos
Armateurs, dontla perte n'ait
elle facheuse. Elle a cau&
beaucoup de chagrin en Anglererre,
parce qu'il y avoit
pour quarante mille écus de
foye, qui auroienc pu fournir
de l'ouvrageaux Ouvriers qui
en manquent. Ces soyes se
font rrouvées appartenir à
des Membres de la Chambre
des Communes, qui ont fait
voir qu'ils fupportoient impatienuiient
une guerre, qui
ruinant le commerce chez
eux, ruine par consèquent
l'Angleterre.
-
Les Nouvelles publiques
vous ont appris que Mad. la
Princesse Doiiairiere de Con-
,déZZ?-estmorte au Chasteau de
Chaûeauroux âgée de soixante
& six ans. Je ne vous dis rien
du grand Prince qu'elle avoit
eu l'honneur d'epoufer; toute
l'Europe l'a toujours regardé
avec étonnement &
admiration. C'efioit un prodige
de valeur,& sonintelligence
dans le métier de la
guerre alloit aufli loin que
son courage. Il eltoit reconnu
pour un des plus vifs &
des plus beaux genies du fieclé)&
les plus grands esprits
ne luy cedoient pas moins
que les plus grands Capitaines.
Monsieur le Prince son
Fils marche sur ses traces.
Il ne se ménage point dans
les perils, comme on l'a vu
à Namur. On ne peutestre
de meilleur gouit, & Ton ame
genereufea toujours porté la
magnificence au plus haut
point. Madame la PrincelTe
sa Mere, qui vient de mourir,
eftoic Fillede Mr lIee mMaattéécclhiaall
deMaillé-Brezé, Viceroy de
Catalogne,Go.uverneurd'An.
jou
,
qui avoir servi au Pas
deSuze, & aux Combats de
Carignan &deCaftelnaudary
,
(ècouruHeidelberg,I
pris Spire, gagné la fameuic
Bataille d'A ucin,& remisfous
l'obeissance du Roy lesVilles
deLens &deBapaume.
La tempeste ayant causé aux
Ennemis les pertes dont jevousay
déjà parlé dans cette Lettre
,
1avaleur
des François ne leur fut pas
moins préjudiciable quelques jours
après. Mr Renaud) Capitaine de
Vaiiïeau, dont le profond sçavoir
est connu en ce qui regarde la Ma-
• rine,ayant fait construire un Vaisseau
d'une invention toute particuliere
, & qui contient un tiers plus
qu'un autre de pareille capacité,
quoy qu'il nefoir ny plus long, ny
plus large, eut ordre du Royd'aller
croder avec ce Vaisseau autour
,du Port Louis, pour attendre Mr
Si
cTAndenne, qui revenoir des Isles
avec des Prisesconsiderables.Apiér
qu'on l'y eut trouvé) Mr Renaud]
alla croiser dans la Manchelurks
costes d'Angleterre, où il donnai
chasle à plusieurs Navires, que Jecalme
l'empêcha de joindre. Le 2-7-J
de Mars à neuf heures du matin, la]
Garde d'en hautapperceut un Basti-Î
ment àcinqousi-xlieuésqlli faifoit]
Nord-Est, afin d'enrrer dans làj
Manche,le ventefiantSud- Sud EftJ
Sur l'avis qu'elle en donna onmic:
toutes voiles hors pour luy donner
chasle par le chemin le plus courr.
& à deux heures aptes midy on nes'en
trouva qu'à demi-Heuc. Le
Vaisseau du Roy qui avoir mis Pa..
villon Anglois, l'ayantreconnu:
pour eihe ennemi, on fit la priere
-
&- une exhortation, & on dispersa
hacun dans sonposte. Ensuiteon
'ouverna droit surluy,& lors qu en
n fut à deoli-ponée de piftolct,
out le monde ventre à terre, on
mena le Pavillon Anglois, Se on
nit Pavillon blanc- On alloit deL
is dans l'intention de l'enlever,
Drs qu'il tira sa bordée, qui mit dix
u douze hommes du Vaisseau du
loy hors de combat. Le Vaisseau
u Roy fit en mefmc temps la déhargede
son Artillerie, après en
voir fait une demoufqueteiie,qui
ietttoya presque le pont du Vaitrau
ennemi, où l'on ne vit plus
croistre personne. Ce Vaisseau
yant mis le vent sur ses voiles,
îluy du Roy, dont les grapinsne
urent tenir, se trouva éloigné
une portéedemousquet, ce oui'1
t croire aux Ennemis qu'on renonçoit
à les attaquer, & (bit de
joye , ou pour donner de la crainte,
ils commencèrent à joüer des fanfares
de Trompettes& deHautbois.
On revira de bord sur eux pour
venir à l'abordage & Mr Renaut
commanda la manoeuvre si a propos
, & fit gouverner si juste, que
l'Ennemi fut joint dans sa hanche à
bas bord. Les Canonseftant pointez
en avant firent de fort grands
effets j & comme l'on estoit prest
de se donner la main l'un à l'autre,
les décharges se firent. On j-tta des
Grapins, Se IVn continua à canonner
,
à tirer, Se à jetter des Grenades..
L'Ennemi se défcndoit de
son Artilleriede tout son pouvoir.
La mcufqueierie blefla plusieurs
de nos gens, Se après qu'il eut
amené on Pavillon, qui est un
c
J
gnal que l'on se rend, il le re.
îsla presque aufli tost
, 8c le Com.
at dura encore une demie- heure.
10U5 eusmes soixante & quatorze
ommes tuezoubleflez Mr d'Hr..e,
; ,Capitaine en (econd, qui avoit
né bleslé d'un éclat au bras, ne
lisTa pas de fairetrès, bien, en
emeurant sur le Pont. Il auroit
îeime faute à l'abordage,ainsi que
4r de“l'fc&jiette E nseigne, & Mr
Ïoffon
,
si Mr Renaud ce les en
ua empêchezacaufeoe. leurs blefjres.
Mrs de Mqmçlair ,de Fon.
enay ,
8c de laSauvagere faÚ-terenc
l'abordage les Gardes-matines
* signalerent. Mrs Ceberet & Caf-
[ni eurent chacun une jambe cmportée
>
& Mr Grcuchijquiaesté
l ,,
qui a estë
>age de Madame la Princesse de
Donty
,
fauta à l'abordage n~c:
une contusion à la jambe qu'ilavoîi
receuë MrdeBeauvoillier, Filsdu
Gouverneur deBlaye,&3^îrs Tris
familierSe Salier firent paroiftoi
Beaucoup d'intrépidité&de vakearj
Cependant, il estoit fort difficil.
de fauter sur le Pont ennemy,à
cause dela distance qu'il y avoi^
entre les deiix Vibords, ce qui fijj
que des Bombardiers qu'on envoya
sur la Vergue de mizaine
3
paflereni
la grenade à1%main, sur celle dJ
fEnnemy. Ils le defamparerent à
coups de haches d'armes
,
jeneren
leurs grenades
>
& descendirent e
bas. Comme ils furent fecondes
par les Officiers, les Gardesmarine
&. les Volontaires, Soldats SC M
tclots, ils se rendirent enfin mai-
ftres du Vaisseau ennemy ,
appelle
leBarklayCaftel. La passion queles
équi pages ont pour le pillage, pensa
causer un fort grand desordre. Outre
que de tous cofiez le feu estoit dans
ce Vaisseau par les eftoupins
3
les
Canons estoient démarez
,
les Sabords
ouverts, & les maneuvres
coupècSjce qui faisoit craindre qu'il
ne le perdift
,
à cause que la mer
groffifloicextrêmement. Aucom.
mencemenc de la nuit, les Officiers
qui estoient entrez à l'abordage,
employèrent toutce qu'il yavoit de
Bombardiers 5c de Matelots à metle
VailTeau en estat de prendre la
ienTorque. Illa priteffectivement,
mais elle rompit bientost aptes. Le
fécond Greslin que l'on renvoya , tint bon. Le vent chargeoit les deux
Navires à la Cofte d'Angleterre,
qui estoit à six ou sept lieues à vail- levent. LeVaisseau du Roy prit
lof pour lof, afin de gagner le large,
mais Mr Hereayant fait connoistre
par un lignal qu'il estoit incommodé
, on remit encore à l'autre bord.
S'il avoit esté en meilleur cflat, Mr
Renaud y auroit pallé avec le refle
de son équipage, & auroit brûlé lé
Bon qu'il montoit
,
afin d'amener en
France Jun Vaiflfeauchargé de cinq
cens mille livresfteilin. La Prise
faisant toûjours del'eau, Mrd,Heie
demanda les Calfats & les Charpentiers
,
qui luy furent envoyez
fans qu'on en retinft aucun, quoy
que le Bon fistaufTî beaucoup d'eau.
Le mauvais temps qui nefir qu'aug..
menterau Sud pendant la nuit,affuloit
toujours à la Code d'Angle.
terre. La Prile perdit ses deux balles
Voit es, qui estoient les (truies qu'elle
pua porter. Cela causa de foit
grands roulis, qui félon les appa.
rences ,
firent sortir le Poivre des
Greniers où îleftoit, sur le salpestre
qui (e fondit, ce qui engagea les
quatre pompes de telle maniéré
qu'elles , ne purent avoir oue du
Poivre. L'amarre rompit aussi, & le
Bon mit cofté au travers pour attendre
à la pointe du jour MrdHete.
Mrs deCciloa^f Grouchi^do.nt
le premier servoitdeLieutenant,
Se l'autre d'Enseigne, parurenten
avant, & tâcherent de faire entendre
qu'ils couloient bas. & qu'il
falloit leur envoyer la Chaloupe.
Mr Renaud ne balança point à
hazarderTes mats pour la mettre
hors. Mr de la Sauvagere s'embarqua
dedans.
,
& ayant débordé dans
le commencement d'un grain terrible
) il gagna malgré le gros vent,
&. s'approcha de la Pouppe du Barklai
Caltel. Mr d'Here s'embarqua
avec plusieurs defesgefis, par une
corde qui rompit
3
de forte qu'il fut
retiré de l'eau à demi-noyé. On fit
encore troisvoyages, dans lesquels
onacheva"defàuvcr lereste de l'cquipage.
Mr de Cosson & [esVolontaires
revinrent dansle dernier. Mr
de Cofibn s'efioit rembarquéavec
des artifices pour mettre le feu au
Bai fclai.Castel, maisle voyant prest
à couler à fond,il s'alargua le plus
promptement qu'il put. Ce fut un
fort grand bon heur de ne pas perdre
la Chaloupe qüand on la mit
à l'eau;si cela fust arrivé, le Bon
n'auroit pas esté en estat de naviger
, mais tout alla bien dars la
fuite. Leventeftant fauté au Nort-
Ouest, fit porter en route, & le
VaifIcaLï
-
j
Vailieau arriva heureuiement le
lendemainà la rad. de Brest. Cette
aftion est d%utant plus glor'eule
,
que le VaisseauAngloistftoit bien
plus gros que celuy du Roy ,qu'il
avoit dix Canons deplus, Se qu'il
estoit A trois ponts, cequiluy don.
noit beaucoup d'avantage, parce
qu'il battoic de haut en bas. Le piltoge
qui s'est tait feulement entre
les deux ponts, felon ru fage, efl
estimé centmille écus, ou envron;
& cela, parce que les VailTeaux qui
vont aux grandes Indes font toujours
beaucoup plus richjs, à ciufs
que les Matelots ytrafiquent, Se
que ce qm leurappartient se trouve
entre les deu3?ponts. C'cfcoitle
dernier voyage que le Capitaine y
dévoie faire
, ayant gagnécent
[mille écue dans ceux qu'il-y avu.t
fafrs. Ce Capitaine, qui a eu le br;u
cafsç encetre cceasion, & tous les"
bldlez estant arrivezà Brest, Mr
J^joau^-oidonna qu'on en eust
grand foin', Seles alla visiter enfile
,
de forte qu'ils font charmez,
& dubontraitement qu'ils en onç
rcceu , & de fcs civilitez Le Capi-t
tatne luv remit en main quand il fut
piis, <ept parries de Diamans bruts.«
Mr Renaud eftagt venu en Cour
rendiscompte au Roy de ce qui
s' e
ftoit palféJ &c prendre denou-
, veaux ordres
,
prefenra ces Diamans
à Sa Mijeflé,eui avec la bontégenereure
qljlILiyeft ordinaire
les luy renditen dilanc qu'ils luy
estoient dûs. Le mesme Mr Renatid
ayant reccu
per/lantlepillage
unefoitbelle bague d'un M-atelôt^^
cjuife retira pour achever de piller3
.i1nnss-3-viovirodiorndnoénJenétel,mepstedm¿ 1pesld:e-l< narquerje pillage efiant cétfe,MrJ finaud fit assemblerlesMacdors*
Payant découvert avec bien de la jeînecduy qui luy avoitdonneh -
)ague,ilItiy en fit prefcm. Jevous
y àq* marqué que la charge du s raiifeau estoit de cinq cens roiIre
vrcs sterlin, qui font cinq InilJionsÍ edomy. On ne s'en étonnera pas iiaird -onTçauraqu'il y avoi t beaaoup
de poudre d'or & dw* Dialans.
Mr de la Vallée, Poitevin,qui
smmiïIiTcf en course un Navire de
ordeaLx,dequarante.six Canons-,
raot rencontré un Vaiflcau An:
ois,qui accompagnoit celutfq,,i
coulé J, fond aprèsavoir cfté cris -
fr Wr^Renaud ,sest'batru lonn-.
nips cO.t1[reLiy
3
& i'awoircirlrvé
£msl'obfîacle du gros temps, q lit manquer ses grapins par tire
diverfrs foisqu'il alla à l'aboidag
Mrdeja Val^ce croic que l'Anglof
q;.in'elîot pas moins richeme,
chargé que CtLiy dont Mr Renal
s\ft..,it rendu maistre
, a auïhcou
à tond.
Ceux qui ont expliqué rEnign
du mois passé sur le mot, 50uri
en ont trouvé le vray ferrs. Ce foi
Jvhs deBell.Bac le Fils, de l'Ifli
Nostre Dame; Gnillard delaPla(
dej ViEroires; Juliot Aisureur d
C"mté de Bcnon; Binot de la Plac
Royale; Olivier deCTinchant l
la
i
h irmanteChampfleury
; 4
Rue.)
,
Reperireur en Hébreu 841
Syrnque * de P.irfort; Mamn
jeupe
, ces tfoîs dernieis de S Le;
le p^iii la &udie de la rué de Bern -1
Bruneau de la rue S. Loüis. Br te
beau de la Peiriere de Berry, dJ-la.
rue deTôïïfraine'i le Comte de
Quermeno; le pent Coq ievei!iematin
)
de Ja Porte de Richchetij
Didier; le Chetfnlie*passionné,oc
Chartres: le Chevalierpacifique:
le Chevalier de la Langue docile :
le gros Contrôleur
:
le Chfdes
complimensde la-les Drlli.,
des du Quav de h M gitsene• 1-2
JardinierdeL luholll g •1 CK
- valier de l'indiférence:leNvu
à bonnes fortunes,du Klaus: 1$
Humains de la longue allée ,SC
J'Afflige du Marais; la Compagnie
gernrale des AUurances deTnrîc:
delà rue Quirqtietr.poix: le grbd
Bucephale delà mefrne rue- 1f»; t- rry en Tutellede la Porte deBull: Illa Garnison du ForideMeulan
: is
volage S.Aubin de la rue-SL Anp
toinei le Propreté Samuel & son
,Camarade -voIJgc; le Médecin Mousquetaire dela rue aux. OLlrs,
.& (es troisvoiifiiies.du -rendez-^
LJVO-Wi -yle MeckcinTnalgjc I-uydeJa^
rpefme tue,&ton Procureur Ban-«
;
quier ;le Pere de l'agrcable Fnm*l-,
Je, Se Mesdemoiselles des ForcfbA
J &: Tetis ses filles- Bihorrreautaîné;
- -- delaTreille * ; Hubertle Bon;Bef-]
tbier Marchand de*Vtn; le pru
dent
"STTage Alnat ; Prudhomme 4'A.k
trologue sincere, diferet &: véritableAmy
,5d le jeune Mirron, ton-s
du Fauxbourg S. Germain. Mefdemoiselles
Mariamne de S. Va] E^
ry: la charmante & fage Gallofi d
Chartres,&TonfidelleR. P. T. la
souriante & trop charman(e Babel
de fHofid«': l'aimable i.
Bmnette de la rue des FoffezVà
ËAnagramme
, Le temps ffeffé ;
la confiante à l' Anagramme, fiky
îefperanceonhetrreuxBerger*
la jeune spirituelle & aimable Ai
Miroir de vertu, de la Croix du
Tiroir: la courtoise du Diogërye:
l'aimable Brune au coeur bktfé, èz
4a rue d'Enfer: Angélique Ro{etre>
Robihecte &Catin, de,la rue Qumquempoix.
Vouspropbfercz à vos Amirs
'),-fnigme nouvelle que je vous
eDvoye.
t. - #.',
ENIGME.
Rlenquassez de bruit n/itç(om.
pagne, Je fuiségalement 6 la yiSe e, la
Cour5
J'aime Cair,&jefuistoujours J
la campagne,
Habillé simplement,fans[userbeatour.
®
J.XW,s*a I#-$U"re ejlil eexxttrraavvadggadnntetye,
j'ay les bras plus longs que le
corps
Quand je magite Q me tour-,
mentt, 8,
On ferait contre moy etinutiles ef- j
forts. |
Dans leur prompt mouvement f4-
me la plus hardie
Ne sçàuroit de ces bras approcher
fans effroy j
Aulli ferait-ceunefolie
Que de vouloir sibattre contre
moy,
J'efliere que vous ferez satisfaite de
l'Air nouveau que je vous envoye.
AIR NOUVEAU.
LE Printempsflatetoutd'une
douceurcharmante
Par (onagreableretour;
Maisde tant de faveurs mon ame
efi peucontente, - a
Mien ne m'enchantt
Que mon amour.
Enfin la Campagne va s'ouvrir.
., Nos Ennemis ont publié pendant,
roue l'hiver que leurs Troupes fe-
- roient beaucoup superieures aux
rostres,ils'remblent presentement
par tour. Le Duc de Savoye envoyé
Couriers : fui Couriersaux A l'rez,
pour leur dire qu'il ne pourra resister
si les François entrent en Piémonr.
Les Elpagnols voyant quenous fom- !
mes maistres de la Méditerranée
, tremblent en Catalogne
,
& comptent
peu sur les nouvelles levées;
faites en Espagne, aucun Soldat de
',ces nouvelles Troupes n'ayant j,t.;
mais porté le mousquet. L"mpe- |
reur est fort embarassé Les Turcs
depuis la piifcde B--Ilegrid.- n'ayant
point quitté le Pays, font piefts
d'entrer en Campagne, rrois mois
plutost qu'à l'ordinaire, &moins faif
tiguez
,
leurs principales forces
estans sur lesheux.C.lles qu'il leur
faut opposer doivent faire dégarnir
le Rhin,où l'on apprehende fort
que les François ne tafient quelque
Siège On en craintmême en Flandre
, quiest le lieu où les Ennemis
doivent eftrc les plus forts. Ces
forces ne doivent corvlifter que dans
un plus grand nombre d'Anglais,
l'état de guerre de Hollande
n'ayant esté reglé que (ur le pied
de l'année derniere. Ces Angles
ne font pas tous arrivez,& il manque
encore prés de quarante millions
de fonds pour leur ftibfiftancr.
Le Parlemehr d'Angleterre, las de
surcharger les Peuples, ne sçait fin:
.quoy les lever. Vingt affaires ont
esté proposées, il faut trois Bils pour
.les faire paffer, & elles ont esté toiirtes
tejetrées au deux ou troisiéme,
Cela fait voir qu'on ne lçauroit plus
trouver de fonds pour faire des le.
véeslur le Peuple. Il y a deux mois
que ces fonds efloieni taits l'année
dernieie. Jefuppofequecetteaffiie
(etet mine pendant que je vous écris,
des fonds#ne font pas levez il tost
qu'ils font accordez, (ur tout lois
qu'ils font sur des entrées. Il faut
des Traitans pour faire des avances,
& c'est ce qui commence à d, venir
difficile. Les buurics se ferment à
cause de la ruine du Commerce.
D'ailletirs le mois d'Avril est un des
termes où lesvMarchands se dtffonc
de leur argent, & le réste du fubfide
ayant cfié accoi dé plus tard.
fujpolé qu'il l'ait esté
,
le Prince
d'Crange aura peine a trouver dps
avances.Joignez à cela qu'il en
1
trouvera peu dans les bourses au
party de la Religion8Anglicane,
puifqu'il favorite entièrement les
Presbyteriens, & que pour les iatis.
faire, il a changeleLieutenafct de
Londres, &plus de quarante Ossi.
ciers dans la milice,qui font tous Anglicans.
Les Troupes ne font point
payées, & le Regiment deLejàHon
ayant refusé de s'embarquer avant
que d'avoir reçû sa paye,le Colonel
fut obligé de t-er trois Cavaliers de
sa main pour"les faire marcher. Il
faut qu'il y ait des gensdesesperez,
ècque la miserepousse à bout à
Londres ceux qui la (ounrent
, puilque le Prince d'Orange par On
cen:ietemps qui pârdifïpeupoliticpic
, a demandéauParlementune
somme pour ceux quonttransporté
des Troupes en Iilande, lors-quele
R-Ôy d'Angleterre y eftoir. LaHol^
lande ne [e. pas moins son mal,"
& plusieurs Marchands d*Amftctf=-
dam ayantappris la perte qu'ils aM
voientfaite sur la Flote de Smiine ,*
allèrent à l' Amirauté,& dircmqire
puiique la guereestoit si préjudiciable
à leur Commerce , il falloitlecesserjjusqu'à
ce qu'il pluft à Dieu
leur donner la Paix. L'affaire de
Dannemarik qui n'dl- point accommodée
chagrine fort la Hollande.
Les vingt Vaiffeal!x que le Roy de-
DanemarcK fait cquiper^empêchcnc
qu'eller ne trouve des "Matdors
, de maniéré que de ircnte-sixVai
féaux qu'elle devoit joindre à la
Flote d'Angleterre
,
elle n'en promet
plus que trente, & les Anglais:
onr fait feavoirqu'ilsnVn pouvoientfournir
que cinquante-dcux du pre- 3
ier rang. Le retardement de lac-à
immodement avec le Danneaick
3 fait çencherir les bleds en ollande dVn'cinquième; il ny
i croist poipt, t>( l'a guerre avec
Dannemarck incommoderoitforc.
s Vaisseaux qui leur en apporter
lient-
Je-viens à l'affaire de Liege donc
vais feulement vous raconter le
it, vous fçrez enluice vos refle,
ions. Le ÎO. de ce moistors les
hanoines le trouvèrent au Chapie
ainsi qu'il avoitesté resolu. L'atation
y fut grande,& sur les dix
-
*ures le Grand Doyen Mean (ortie
y vingt deuxième
,
en protestant
)fUre' tout ce qui s'alloit faire. Il
'-
Qa vingt cinq Chanoines dans le
hlia:ippiittrree qui eéluurent Mr l'Eleveur, ?Cologne. Le Cançun annonça
aufïitôtcetteélection 5-onallaÉlianter
le Te Heum à iEglise
, & mettre
le nouvel Evêque en possession. On
le mena de là au Palais, ouilavoit
fait préparer un grand repas Le
Gland Doyen convoqua le loir tin
Chapitre Genetal pour le lendemain
, lesdeux Parris s'y tenditeni.
Celnydel'Eletteuf de Colognedemanda
à l'autre ce qu'il venoit faire.
Il répondit qu'il estoit venu- pour
élire un Eveique. On iuy dit que
FE'eÊttonestoit faite,& ilfut obligéde
seretirer. Ilallachez le Grand'
Doyen,à la reserve d'un Chanoine
,qui ne voulut point le fuivie.
Ils éleurenr danslaSalele Grand.
Maiftie de 1 OrdreTeutonique ,.
chantercnt le Te Deum, & se prefenterent
ensuite à la porte de i'Jïglise
t où ils -voulurent mettre
fctr
fécond Evesque en possession. Ils
la trouvèrent occupée par une Garde
,quiles empêcha d'y entrer. Ils
allcrenc ensuite au Palais, où cet
Evesque leç devoit traiter, mais
l'Elefreur de Cologne avoit ordonné
qu'on enchadaftceux qui von.
loient y préparer ce repas. Pendant
ce temps, le Canon de la Char.
treufe, oùest le quartier des Holdandois
,ie faisoit (eulement entendre.
Les deux Evesques firent jet-
,ter de l'argent aux Troupes & au
Peuple, 8c coulcr force Vin. On
prit l'argent, & on but à la fanté
des deux Eveiques. Le foir. les
Envoyezde l'Empeieur, aunombre
de troiç) firent des Iluminations
au devant de leurs Logis, & des
feux de Joyej & le Party de l'E!eflcur
de Cologne donna aufli de
«•;.>n-.ï,nmciaes de (on aiifgrene.
l ! ,-) }.: ij.s. Madame
,
voCue, &c.
^-! "f',,U/J le 33()0.A-'vril 16¿(/-,<>
sevous envoye une Leme-tle
JLicgequivienc de tomber entiw
ipes mains. J'ay cru n'y devoir ras
changei un (euî'moc.
ALieze^ce 10.Avril1604.. i eee, ce i 0. ï ESu Chanoines de Lirge
saffemb erent au Chapitre
au nombre de quarante six pour
faireEleéiion,onfit lesformalité^
requfes
3
on procéda à la nomination
des Scrutateurs, & les
icixeflantrecueillies, lefort tomba
fir l'archidiacre Surjet,sur
Ai FaesClercx ÏEfcolatre.
Enfiïte on proposa quiferait la
Publication, on dit qu'il ejloit d#j
devoir de Mr l'Efcolatre de # la
faire M Meunsy opposa
) &
dit que l'archidiacre Surfat eflant
leplus digne entre les trois Scrutateurs
j
la Publication luj appartenoit
,
furquoj on proceda
aux voix&lEfcolatre l'emporta
pour vingt-quatre voix XeMr
Surlet nent eut que vingt deux.
On parla des "Bre du Papc
d'éligibilité. M. Mean dit que
celuy que le Pape avoit donnéen
faveur de lEleéleur de Cologne
nè valoit rien s & l'autre par;y
soutintquilefioit bonilsur
avpopixrocuovnétrebovninpzart-vdienugxt.quaiy^
C /4 lcontre ,t iOdeux.
efiant faittJfti. MeanJevoyant
courtpartout, chicanoitedeu.
toit le terrain pendant que les au*
tres disoient quilfaloitallerdit
Scrutin & à l'Eleflion. Mr
Mcm disoit que ledit 13ref du
dejftintPape Innocent XI. enfaveur
de L'EleE/eur de Cologne ne
valoirrien. On luy répondit que
vingtquatre vix ïavoient approuvé
contre vingt-deux contraires.
CM Mean n'en pouvant
plus, & voyant qu'il ne
pouvoitarriver àson but, quitta
sa place, &fitfigne * MI Surlet
de le suivre
, ce qu'ilfit
, &
dit en sortant qu'il faloit exa.
miner le Bref On lu.yy rreéppoonndidtit
qu'on proceaeoit à l'elcllion en
[on absence, & que le Chapitre
estoit affcmblé pour ccla. Cependant
MlMeanJortit disant qu'il
protefloit contre l'EleÂion. Les
autres de [on party le Juivirent
enproteflant de meJme, a la re-
Jerve de Mr FJfoet, Prevojl de
Tbuin qui déclara ne pdtprotejlerf
mau qu'ilJerepentoitJTeflrevenu
au Chapitre
)
&qu'il n'J.¡
viendroit jamais.
CM1 Bocholt n'cftoit prejent
que par Procurationf ainji le parry
de M' Mean sortit au nombre
de vingt-un
, & les vingt*
trots du partj de Bavièredemeurerent
au Chapitre. La vingt-
-
quatrirfne voix efioit celle de M1
Lihoy Penitencier, qquuii rniyy efiloit
tiufJi prejent que par Procuration.
Celaefiantfiait3lesvingt quatre
voix efiant refiées au Chapitret
firent un autre Scrutateur à la
place' de MrSurlet
,
qui s'en
efioit alléhvecMÂdeanifiant
desonpdïty.
VElefleurde Cologneifutfiait
Prince de Liege par les vingtquatrevoixprefêntes.
Ilif<;:irrité,
publiécommeélu, cr n:c:J;::t
pourtel.Lesvingt-quatrevoix
qui lavoient éluchoisi le menerent
dîner au Palais ou tout:
efioitpréparé. Le Canon tira, tr
les rejoiHjJancesfaites5 l'EleEltùr
de Colognefutfalué comme Prince
de Liege ,
des Corps de faille, .cmesme de M Dickvvelt,
Envoyé des Hollandois.
L)EleElcurde Cologne eflantélu,
« MAfeanyalla au Chapitre avec
finparty, au nombrede vingt, car
.,
M VVoetne voulut plus paroi.
tre. Ceux qui avoientfait lePrinces'y
trouvcrentaujJi i ce quisurprit
e~ Mean, qui ne s'yattendoit
pas, &qui leur dit quilsne
,
devoient faseflre troublez)ajoû.
tant: Mejjieurs
y
puisque nous
vous avons laijjé faireunPrince
,
hier, laiffe^noas en faire un anjourd'huy.
Les autres dirent qu'ils
avoient droit d'estre au Chapitre
aussi bien qu'eux,&que s'ily
avoit quelque choseàfaire>ilfaloit
aller aux voix,
Aîx Meansortit encore, £<r mena
Ion parry danssonlogis.Les autres
refierent &firent tout ce quily
avoit À fairey ordonnant premie.
rement de fermer lesportes du Pa-
Jai5
à
où Ionavoit commencéd'apporter
des viandes pouryfaire
difter le Grand Maifire de l'OrdreTeutonique
, que le partyde
MfMean avoit projette dé faire
Prince de Liege.dinfi les préparatifs
du disnerfurentrenvoyer
che^
chez le Grand MaistreJqui dvoit
cru aujjieftre Prince dans lavue
que le party de l Eleéleur de Cologneneferoitpoint
siferme.
Cet Eleêleur ejlantfaitPrince
de Liège, pria les vingt trois Seigneurs
à disner au Palais
, e
,M Meanen colere de tout cela,
fit élire (ypublier dans sa maison
le grand Maistre pour Eve/que
& Prince de Liège
,
ly fit conduire
par les vingt desonpartyt
& ilsydisnerent.
Aujourd'huizz.leChapitre
composé des deux Partis srest afsemblé
,
où il a esté queflionde
parler de lafécondéEletfionfaite
par MiAiean>danssamaison,
mais le party àsvingt-quatre
a cajje ladite Eleélion,& a-lait
defj-ense de reconnoistre autre Prince
élu que l'Eleêleur de Cologne.
NOMS
Des vingt - quatre Chanoines
pour ÏEleffeur de Cologne.
i. Antonius Hieronimus ex Co.
rnitibus de Duras de la Fone,
quondamEpiscopi principis
Cancellarius
,
Aixhidiaconns
Hannonix, PlxpofitusFlucti.-
fis.
7, Joannes Petrus de Rosen
,
Archidiaconiis
Famenia, Prxpoiftus
S. JoannisEvangeliOîC. 3.Fetdinandiïs Maximilianus Cornes
de Bcdoo, Prarpofitus
-, TanzoinufisArchidinconus.
4,
JoannesHermenius
ArchidiaconusBrdaebSatonctkieamc.,
)' Gaspard de Srockem9Archidiaconus
Condrofi.
(. Michaël Clerex3 Archidiaco.
nirs Heibani<r, Plxpo!Îru) S.
Dionyhi & Offic.ialîs Luo-
¿ient1s.
y. Hcn:icus Ddmonr, Sacerdos,
Theologus Abbas fecularis Amanienfis.
8.Guillelmus Bernardus de HinneklaeljSacei
dos, Canror &. ad
Semeram Erneem Præpofitus.
5. Godefridus Udalriclls, Baro de
la Margelle,Sacerdos, Pircpositus
Bentae Virg.Xiajeétenfis.
10. Petrus Aloysius Rofiuis de Liboy
, Sacerdos, Prxpofitus 5.
Perri Poennentianus.
11. Cornelius Faes, Sacerdos, Vicarius
Generalis Leodien fis.
12. Joannes Peulls de Buréman,
Sacerdos, Eleaus fuffragam
AlomeniÏs.
IJ. Ludovicus Roflîus deLtboy.,,
Sacerdos.
14.Fabius Defchel, Sacerdos.
15. Thomas FranciscusVVoet_
Detrixhe.
16. Franciscus Erneftus,Baro de
Surlct* ---
17. Petrus Franciscus Roffius
-
de
Liboy. --
1 8. MaximilianusHenricus Cornes
de Poitiers, Abbas Divx Virg.
in Cheminon, &c.
19. FranciscusRoflîus de Liboy.
10, Mathias Clerex^ ScEôTafticus,
71. Franciscus Egon Cornes deBetloo
de Hofemonr. il. VVakerusdeTivSrloo.*
z3. Nacalis TaboIet.~*
24- Petrus Erneftus de Charnux,.
N .0 M S
Des vino-t- deux Chanoines du
party doeM-- eanour leGrand
Maîtrede l'OrdreTeutonique.
J. JoannesFerdinandus de Meant
Decanus, PrxpofittlsS.Pauli.
2.. joannesErnefttis, Barp de
Suilet,Archidiaconus Ardennix,
Abbis Vifitenfis.
3. Petrus VVoet, Saccrdus rmpofiais
Thadinenfis.
4. Constantinus de WernenuSy
B.iro de Guimenich, Saccrdos.
5. Hubertus du Fresne3Sacerdôs*
Michaël Franciscus de Selis,
Sacerdos. -7.BertrandusJoannesdelaNaye*
Sacerdos,
8. Arnoîdus Philippus Selis, Diaconus,
Prfepoiitus Maslconfis.
9. Erafmus, Baro de Stuler.
10. Joannes Petrus de Spirimont,
Abbas Cinafeniis.
11. Joannes Arnoldus, Baron Bochok.
ii. Joannes de Mean.
13. Arnoldus Bernardus VVcet de
Malonc.•--
14. Martinus de Fofles, S. Bartholomaei
Præpofitus.
15. JoannesRenatus deNeufcourt,
PrxpofitusTongrcnel;.
16. GuilleJmus Arnoldus Baro de
Loye in VViffen.
i-j. "Joannes* Edvvardus
,
Baro
d'Outremonr.
18. LaurentiusdeMean.
19. Lambertus Vanderheyden.Ablifia
PræpoficLJs B. M. Virg.
ad gradus Coloniensis.
zo. VVilhelmus Franciscus Bertrandus,
Baro de Nerhelrode
de Rofleren 3 Dominus Int
hcinû VyegbergThcfevirariusCathedralis
Monafterien.
fis.
21.BartholdusdcVyanfoultjOfficialis
Capiruli.
il. Franciscus Guillelmus,Baron
de VVarnenre.
Lreef.VindeBrie.$8JO
Prise de fofjeffion de la Souverai- neté de Neufchajiel,p-arJÇÎe la
DuchessedeNemours. 4.8
Satyre contre Us fetrirreytlitru
M.f!/J.8168 Ltttre de Surate contenant des
nouvelles des Indes tres-curieufis.
9j
Prix preposè par ïAffemblce des
Lanterniftes de Thoùloufe.123
Cérémonie faite à Ni[mes, \12$
IlOmbre de Phaëlon au Duc de
Savoye. 727
£elles Reparties faites à lelirs lugey^
par des Angloisfidelles à leur
Roy, j2f
Hifioire. J.::2
Ouvrage curieux touchant tappa*
rence de la Lune, vue à l'HorU
son & au Meridien.. ij2
Retour de la fantè de Madame la
DuchessedeChartres. 20;
jiutreArticle de Morts.206
JPompe Funebre de Madame la
GrandDllche/se de Tefcane. 261
Entretien Satirique 6 Moral de
Damis. 277
Dévotions du Roy. 2ff
.Benefices donne\ par Sa Majestè.
- V*
Zieutenans Généraux & Mareschaux
de Camp nomme\fat le
Roi pourfervit cette Campagne.
268
Mariages. 274
Détail des pertes eaufées par la
tempeste à la Flote de Smirne.
280
Mort de Madame la Princesse
Doiiairiere de Condé. 200
Relation d'un Combat donneparun
Vaisseau duRoi,commande par
Mr Renaud, contre un Ntvire
AngloisvenantdesIndes. 300
Combat d'un Vaijfean commandé
par Mr la salèe,Poitevin, contre
un faiffeau Anglois^venant
aussi des Indes. 31j
Enigme. j20
Nouvelles de divers endroits contenant
la fitttation presente de la
Ligue. 322
Elections faites à Liège.S27
Apofliîle contenant de nouvelles
particularitéz sur essélections.
cAvis pour placer les Figures-
La Medaille doit regarder la page
114.
L'Air doit regarder la page 311.
Qualité de la reconnaissance optique de caractères
Soumis par lechott le